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Full text of "Bulletin de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France"



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BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATURELLES 

DE L'OUEST DE LA FRANCE 



BULLETIN 



SOCIETE 



SCIENCES NATURELLES 

DE L'OUEST DE LA FRANCE 



T03IE 5 

ï»I?,ElwŒIÈI?,E F-A.TITIE 
1895 



Secrétariat au Muséum d'Histoire Naturelle 



NANTES 



IMP, — JULES PEQUIGNOT FILS, NANTES 



LISTE DES MEMBRES 

DE LA ^^ 



SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATURELLES 

DE L'OUEST DE LA FRANCE 



COMPOSITION DU BUREAU POUR L'ANNEE 1895 



Présidents d'honneur 

MM. CLEIFTIE, préfet de la Loire-Inférieure. 
RIOM (Alfred), maire de Nantes. 
Le GÉNÉRAL VOSSEUR, commandant le Xl« corps 
d'armée. 

Président 

Ch. MÉNIER 

Vice-Présidents : Em. Gadeceau, Aug. Dumas. 
Secrétaire général-Trésorier : D"" Louis Bureau. 
Secrétaire : D"" Em. Bureau. 
Vice-Secrétaire : G. Ferronnière. 

Membres honoraires 

1891 S. A. S. Albert ï", prince de Monaco, membre corres- 
pondant de l'Institut. 

1891 BouDiER, président honoraire de la Société mycolo- 
gique de France, correspondant de l'Académie de 
médecine. 

1891 Bureau (Edouard), professeur au Muséum de Paris. 



VI MEMBRES HONORAIRES 

MM. 
1891 Crié (Louis), professeur à la Faculté des sciences de 

Rennes, correspondant de l'Académie de médecine. 
1891 DouviLLÉ (Henri), professeur à l'Ecole des mines. 
1894 FiLHOL professeur d'anatomie comparée au Muséum 

de Paris. 
1891 Gaudry (Albert), membre de l'Institut, professeur au 

Muséum de Paris. 
1891 GuERNE (le baron Jules de ), ancien président de la Société 

zoologique de France, 6, rue de Tournon, Paris. 
1891 FouQUÉ, membre de l'Institut, professeur au Collège 

de France. 
1891 Lacaze-Duthiers (Henri de), membre de l'Institut, 

professeur à la Faculté des sciences de Paris. 
1894 Lacroix, professeur de minéralogie au Muséum de 

Paris. 
1894 Lortet, directeur du Muséum, doyen de la Faculté de 

médecine de Lyon. 
1894 Marion, directeur du Muséum, professeur à la Faculté 

des sciences de Marseille. 
1891 Michel-Lévy, ingénieur en chef des mines, directeur 

du Service de la Carte géologique détaillée de la 

France. 
1891 Milne-Edwards (Alphonse), membre de l'Institut, 

directeur du Muséum de Paris. 
1891 Munier-Chalmas, professeur de géologie à la Faculté 

des sciences de Paris, 
1891 OusTALET, assistant au Muséum, 55 rue de Buffon, Paris . 
1894 Perrier (Edmond), membre de l'Institut, professeur 

de zoologie au Muséum de Paris, directeur du labo- 
ratoire de Saint- Vaast-la Hougue. 
1891 Vaillant (Léon), professeur au Muséum de Paris. 
1891 Wallerant, professeur à l'Ecole normale, à Paris. 



MEMBRES TITULAIRES VII 

Membres fondateurs 

MM. PARTS 

1891 GuiBOURG DE LuziNAis (Emest-Fraiiçois-James), 
sénateur, ancien maire de Nantes, rue de l'Hc- 
ronnière, à Nantes. 1 

1891 Bureau (le docteur Louis), directeur du Muséum 
d'histoire naturelle de Nantes, professeur à l'E- 
cole de médecine, correspondant du Muséum de 
Paris. 2 

1891 Chevreux (Edouard), membre de la Société zoolo- 
gique de la France, à Bône, rue du Cap, (Algérie). 1 

1891 Laennec (le docteur Théophile) , directeur de l'Eco- 

le de médecine, correspondant de l'Académie 
de médecine, 13 boulevard Delorme, à Nantes. 1 
t 1894 Léchât (Charles), industriel, ancien maire de 

Nantes. 1 

Membres titulaires à vie 

1892 Bureau (le docteur Maurice), médecin sup' des 

hôpitaux. 
1891 Bureau (le docteur Emile), professeur sup' à l'Ecole 
de médecine, chirurgien sup' des hôpitaux. 

Membre correspondant à vie 

1891 M. Kerviler (René), ingénieur en chef des ponts et 
chaussées, à Saint-Nazaire (Loire-Inf^e). 

Établissements et Sociétés ayant leur siège 
à Nantes 

1891 Bibliothèque publique. 

1891 Bibliothèque de l'Ecole de plein excercice de médecine 

et de pharmacie. 
1891 Cercle des beaux-arts, rue Voltaire. 

1891 Cercle pédagogique du département de la Loire-Inf''e. 

1892 Comice agricole de la Loire-Inf''«, 34, rue de la Fosse. 

t Membre fondateur décédé. 



VIII MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

1891 Grand cercle, place Graslin. 

1891 Ecole préparatoire à l'enseignement des sciences et 
des lettres. 

1891 Laboratoire d'histoire naturelle^de l'Ecole de médecine. 
9 1891 Laboratoire de matière médicale de l'Ecole de 

médecine. 

Établissements ayant leur siège hors Nantes 

1892 Muséum d'histoire naturelle de Rouen. 
1894 Bibliothèque universitaire de Rennes. 

Membres titulaires 

MM. 

1891 Abadie (Pernand), vétérinaire, 5, rue Franklin. 

1891 Allaire (Joachim), pharmacien, chef des travaux 
pratiques de physique et de chimie à l'Ecole de 
médecine, 1, rue des Petits-Murs. 

1891 Andouard, professeur à l'Ecole de médecine, corres- 
pondant de l'Académie de médecine. 

1894 Aumaître (le docteur Gaston), 1, rue, Saint-Julien. 

1891 Baret (Charles), ancien vice-président de la Société 
française de minéralogie, 2, place Delorme. 

1893 Barreau, médecin major, 17, rue Desaix. 

1891 Bastard (Ambroise), professeur, 12, rue de Flandres. 
1891 Benoist (Arthur), ancien président du Tribunal de 

commerce, 2, boulevard Saint-Aignan. 
1891 Bertrand-Geslin (le baron Henri), 4, rue du Bocage, 

ou à la Foucaudière, commune de Saint-Laurent- 

des-Autels (Maine-et-Loire.) 
10 1891 Besset (Louis), ingénieur, 27, rue de la Bastille. 
1891 Beyne (Maurice), agent de la Compagnie de Vichy, 2^ 

avenue des Folies-Chaillou, 4, 
1891 Blanchet (le docteur F.), 3, rue du Calvaire. 
1891 Blanlœil (P.), droguiste, 3, rue Saint- Vincent. 
1891 Blanlœil (Emile),5, place Dumoustier. 



MEMBRES TITULAIRES IX 



MM. 



1891 BoiFFiN (le docteur), professeur sup' à l'Ecole de mé- 
decine, chirugien sup' des hôpitaux 1, rue Gresset. 

1891 Bois (Henri du), 2, avenue Launay. 

1891 BoNAMY (le docteur Eugène), médecin des hôpitaux, 
1, place de la Petite-Hollande. 

1891 Bonjour (Ernest), 23, passage Saint-Yves. 

1891 BoRGOGNO (Célestin), négociant, 5, rue d'Orléans. 
20 1895 BoNNEL (F. J.), chef des travaux pratiques d'histoire 
naturelle à l'Ecole de médecine, professeur de 
sciences naturelles au Lycée. 40, bis rue de Rennes. 

1891 BouRNAT (le vicomte Fernand de), 4, rue Sully, ou à 
la Miltière, par Montrichard (Loir-et-Cher). 

1893 BoussiNEAU (André de), 4, rue Prémion. 

1891 Bouvais-Flon, fabricant de conserves, Ville-en-Bois. 

1891 Bruneau (Paul), horticulteur, 12, rue des Hauts-Pavés. 

1891 Bureau (Etienne), ancien juge au Tribunal de 

commerce, 15, rue Gresset. 

1892 Bureau (Benoni), pharmacien, 8, rue d'Orléans. 
1891 Chachereau (le docteur Marie-Paul-Emile), 1, rue 

Dugommier. 

1891 Chaillou (F.), membre de la Société française d'archéo- 
logie, 70, quai Fosse. 

1891 Charon (J), naturaliste, 11, rue d'Orléans. 
30 1891 Chartier (le docteur), professeur à l'Ecole de méde- 
cine, 22, rue du Calvaire. 

1895 Chrétien, ancien instituteur, 1, rue Saint-Pierre. 

1891 CocHARD (À.), chirurgien en chef des hôpitaux, 2, rue 
Voltaire. 

1891 CoQuiLLARD, architecte, 18, place Bretagne. 

1891 CouiLLAUD (Paul), banquier, 15, rue Deshoulières. 

1891 David (Louis), 77, rue de Paris. 

1891 DiANOux (le docteur Edouard) , professeur à l'Ecole de 

médecine, 1, rue Affre. 

1892 DiARD (Auguste), 12, p" rue Saint-André 
1891 Dominique (l'abbé J.), 8, rue Saint-Donatien. 
1891 Douault (Maurice), 5, rue des Cadeniers. 



X MEMBRES TITULAIRES 

MM.* 
40 1891 DouAULT (Alfred), 28, avenue Launay. 

1891 Dumas (Auguste), inspecteur des bâtiments au chemin 

de fer d'Orléans, 6, rue Sully. 
1893 Fée, docteur es sciences et en médecine, professeur 

agrégé des Facultés de médecine, directeur du service 

de santé du XP corps d'armée, tenue Camus. 
1891 Ferronnière (Georges), licencié es sciences naturelles, 

Vieux chemin de Couëron. 
1891 Fleury (Léon), conseiller d'arrondissement, 5, rue des 

Cadeniers. 
1891 Fontaine (A.), délégué départemental pour le service 

du Phylloxéra, 14, passage Bonnamen. 
1891 FoRTiNEAu (le docteur), 67, rue de Rennes. 
1891 Gadeceau (Emile), 11, rue des Hauts-Pavés. 

1893 Gault, négociant, place Graslin. 

1894 GouiN (André), ancien agent de change, propriétaire, 

1, rue Lafayette. 
50 1891 Guillemet (le docteur Victor), professeur à l'Ecole de 
médecine, 7, quai Brancas. 

1891 GuiTTON (l'abbé Joseph), 36, rue Saint-André. 

1891 Hervouet (le docteur), professeur à l'Ecole de méde- 
cine, 15, rue'Gresset, 

1891 Heurtaux (le docteur Alfred), professeur à l'Ecole 
de médecine, correspondant del' Académie de méde- 
cine, 2, rue Newton. 

1891 Ingrand (Emmanuel), pharmacien, 4, rue Racine. 

1894 Jaczynski (Thadée), pharmacien, 62, quai Fosse. 

1893 Jannin (l'abbé), 6, rue Malherbe. 

1891 JoLLAN DE Clerville (le docteur Adolphe), 9, rue de 
Bréa. 

1891 Josso (le docteur Paul), 28, rue de Strasbourg. 

1891 Laganry (Pitre), architecte, 1, place Delormé. 
60 1891 Le Cour Grandmaison (Charles), sénateur, conseiller 
général de la Loire-Inférieure, 2, rue de Bréa. 

1891 Ledoux (Alphonse), pharmacien, 1, rue Bon-Secours. 

1891 Lefeuvre (Alfred), 7, passage Louis-Levesque . 



MEMB.HES TITULAIRES XI 

MM. 

1892 Lelorrain, percepteur des Contributions directes, 21, 

rue Mondésir prolongée. 
1891 Lemut (André), ingénieur civil, 13, rue Mondésir. 
1891 Lerat (le docteur Fernand), professeur à l'Ecole des 

sciences, 4, rue Thiers. 
1891 Letourneux (Emile), commandant en retraite, 10, 

rue Ogée. 
1891 Levesque (Louis), 21, boulevard Delorme. 
1891 Levesque (Jules), 20, rue Marceau. 
1891 Levesque (Rogatien), 3, rue Copernic. 
ro 1891 Levesque (Georges), 3, rue Harrouys. 
1891 LiNYER (Louis), avocat, 1, rue Paré. 
1891 LisLE DU Dreneuc (Georges de), petit boulevard le 

Lasseur. 
1891 LuNEAU (le docteur), 64, rue de la Bastille. 
1891 Mahot (le docteur Henri), médecin des hôpitaux, 6, 

rue de Bréa. 

1891 Malherbe (le docteur Albert), professeur à l'Ecole de 

médecine, 12, rue Cassini. 

1892 Marchand (Ernest), 51, rue Saint-Jacques. 
1891 Masseron (René), 2, rue Jean-Jacc^ues Rousseau. 
1891 Ménier (Charles), directeur de l'Ecole des sciences, 

professeur à l'Ecole de médecine, rue Voltaire. 

1891 Migault (Jules) , inspecteur de la voirie municipale, 4, 

rue du Haut-Moreau. 
80 1891 Moussier, opticien, 24, rue Crébil'on. 

1892 MoYON (Marcel), pharmacien, 1, rue du Calvaire. 
1891 Naudin (Prosper), 2, rue Bonne-Louise. 

1891 Ollive (le docteur Gustave), professeur à l'Ecole de 
médecine, 9, rue Lafayette. 

1891 Orieux (Eugène), agent- voyer en chef honoraire, 9, 

passage du Nord. 

1892 Péan, rue Félibien. 

1891 Perdriel (Alexandre), entrepreneur, 16, quai de 

Barbin. 
1891 Perrion (Charles), 1, quai Duquesne. 



XII MEMBHES TITULAIRES 

MM. 

1891 PiEL DE Chuhche VILLE (Heiu'i), 6, rue de Clermont. 

1891 PiEL de Churcheville (Théophile) , 6, rue de Clermont. 
90 1891 Pineau (Alfred), 9, rue Santeuil. 

1891 Poisson (le docteurLouis), 12, rue Lafayette. 

1891 PoNTBRiAND (du Breil, comte Fernand de), député, 
conseiller général de la Loire-Inférieure, 228, bou- 
levard Saint-Germain, à Paris. 

1891 Poulain (Clément), passage Louis-Levesque, 

1891 PoYDRAS DE LA Lande (Julien), 2, rue d'Argentré. 

1891 PuY DE Clinchamps (Gustave du), agent d'affaires, 9, 
rue Meslé. 

1891 Quiquandon (Jules), 5, rue des Pénitentes ou à Sainte- 
Luce (Loire-Inférieure). 

1891 Rappin (le docteur), chef des travaux de bactério- 
logie à l'Ecole de Médecine de Nantes. 

1894 Riboulleau, passage d'Orléans. 

1891 Robert (Alphonse), ancien notaire, 27, rue du Calvaire. 
100 1891 Rousseau fils, 18, rue de la Verrerie. 

1891 Rouxeau (le docteur), chef des travaux de physiologie 
à l'Ecole de médecine, 4, rue de l'Héronnière. 

1891 Sautot, naturaliste, 8, place du Commerce. 

1891 Schiffer (Eugène), brasseur, 1, rue Deurbroucq. 

1892 Tapie, licencié es sciences naturelles, 2, rue Piron. 
1891 Tenaud, pharmacien, 118, rue de Rennes. 

1891 Thoinnet de la Turmelière (le comte), conseiller 
général de la Loire-Inférieure, 54, rue de Gre- 
nelle, à Paris. 

1891 Trémant (Paul), 11, rue de la Rosière. 

1891 Trochu (Armand), 74, rue de la Bastille. 

1891 ViAUD, pharmacien, 2, rue de Rennes. 
110 1891 Viaud-Grand-Marais (le docteur Ambroise), professeur 
à l'Ecole de médecine. 



XIII 

Membres correspondants 

MM. 

1892 Abot (Gustave), 30, rue d'Alsace, Sauiimr (Maine-et- 
Loire). 

1891 Allair (E), entrepreneur, à Savenay. 

1891 AuTissiER (Alexandre), ingénieur civil des mines, 
directeur des ardoisières de Rochefort-en-Terre 
(Morbihan) . 

1891 Barbin (Henri), pharmacien, au Lion-d'Angers (Maine- 
et-Loire) . 

1891 Baron (Camille), pharmacien, à Luçon. 

1891 Barrois (Charles) , professeur à la Faculté des sciences, 
37, rue Pascal, à Lille. 

1891 Barteau (le docteur Pitre- Alexandre), à Mussy -sur- 
Seine (Aube). 

1891 Baudouin (le docteur Marcel), secrétaire de la rédac- 

tion du Progrès médical, 14 ,boulevard Saint-Ger 
main, à Paris. 

1892 Beaurepos (le vicomte de la Croix de), château- 

de Porcaro, par Guer (Morbihan), 
10 1891 Bergeron (Jules), docteur es sciences, professeur à 

l'Ecole centrale, 157, boulevard Haussmann, Paris. 
1892 Berrehar (G.), pharmacien, à Saint-Renan (Finistère). 
1891 Bezier (T.), directeur du Musée géologique. 

1, rue Châteaudun, à Rennes. 
1891 Bigot, professeur de géologie à la Faculté des scien- 
ces de Caen (Calvados). 
18Ui Bochet (Léon), ingénieur au Corps des Mines, 29, 

rue Singer, à Paris . 
1894 Bogaert (Luis), ingénieur, à Santiago (République 

dominicaine) . 
1891 Bourgeois (Léon), lauréat de l'Institut, répétiteur à 

l'Ecole polytechnique, assistant au Muséum, 1, rue 

du Cardinal Lemoine, à Paris. 
1891 Brunaud (Paul), avoué, juge sup' au Tribunal civil, 

71, cours National, à Saintes (Charente-Inférieure). 



XTV MEMBRES COKRESrONJ->ANT> 

MM. 

1892 Cailleteau (le docteur Em.), médecin, à Saint- 
Plîilbert-de-Grandlieu, (Loire-Inférieure) . 

1891 Camus (le docteur Fernand), 1, avenue des Gobelins, 
à Paris. 
20 1891 Chabirand (l'abbé Léandre), curé de la Verrie, par 
Mortagne-sur-Sèvre (Vendée) . 

1891 Ghambert (Louis), agent-voyer, à Couhé (Vienne). 

1891 Charrie R-FiLLON (Arsène), à Fontenay-le-Comte (Ven- 
dée). 

1891 Chartron (Clémentin), membie de la Société géolo- 

gique de France, à Luçon (Vendée). 

1892 Chatellier (Paul du), lauréat de l'Institut, correspon- 

dant du Ministère de l'Instruction publique, château 

de Kermuz, Pont-l'Abbé (Finistère). 
1891 Cheux (Albert), 47, rue Delaâge, à Angers. 
1891 Citerne (Paul), docteur es sciences et en médecine, 

41, rue Maubeuge, à Paris. 

1891 Clément (S.), directeur du Musée d'histoire naturelle 

de Nîmes (Gard). 

1892 CoRBiNEAU (F.), pharmacien, à Saint-Nazaire, (Loire- 

Inférieure) . 
1895 CossMANN (Maurice), ingénieur, chef des services 

techniques de la Compagnie des chemins de fer du 

Nord, 95, rue Maubeuge, à Paris. 
30 1893 CoTTEREAU (l'abbé Elle), vicaire à Laigné, par Saint- 

Gervais (Sarthe). 
1891 Danton (D.), ingénieur civil des mines, 11, avenue de 

l'Observatoire, à Paris. 
1891 Dautzenberg (Philippe), 213, rue de l'Université, à 

Paris . 
1891 David (l'abbé Félix), avenue de Traponnière, aux 

Sables-d'Olonne. (Vendée). 
1891 Davy (Louis-Paul), ingénieur civil des mines, chef du 

service de la Société des usines de Trignac, près 

Saint-Nazaire, à Châteaubriant (Loire-Inférieure). 



MEMBRES CORRESPONDANTS XV 

MM. 

1891 Davy (Léon), naturaliste préparateur à Fougère, par 

Clefs (Maine-et-Loire). 

1892 Delante (Albert), pharmacien, à Authon-du-Perche 

(Eure-et-Loir) . 

1893 Delat'nay-Larivière (René), pharmacien, à Mortain 

(Manche) . 

1894 Derouet (Léonce), à Herbignac (Loire-Inférieure). 

1892 Desalay (Lucien), pharmacien, à Vassy (Calvados). 
40 1892 Deséchaliers (l'abbé Henri), sous-directeur du Petit 

Séminaire de Séez (Orne) . 
1891 Desmaziéres (Olivier) , 26, boulevard Daviers, à Angers 

(Maine-et-Loire). 
1891 Doré (Joseph du), château de la Faverie, par Sainte- 

Pazanne (Loire-Inférieure) . 
1891 DouTEAu (G.), licencié es sciences, professeur sup' à 

l'Ecole de médecine de Nantes, à Chantonnay 

(Vendée) . 
1891 EsTOURBEiLLON DE LA Garnache, (le marquis Régis de 

T), inspecteur de la Société française d'archéologie, 

rédacteur en chef de la Revue historique de l'Ouest, 

24, rue du Drezen, à Vannes (Morbihan). 

1891 Etrillard, juge de paix, à la Gacilly (Morbihan). 

1893 Fabry (Joseph de), 23, rue Madame, à Paris. 

1893 Fallourd (Emile) , pharmacien, à Niort (Deux-Sèvres) . 

1893 Farcy (Paul de), rue de la Poste, à Château-Gontier 

(Mayenne) . 

1892 Fleuriot (de), propriétaire, à Oudon (Loire-Inférieure). 
50 1892 FoNCHAis (l'abbé Erik-Marie-Joseph des Clos de la), 

château du Bois-du-Loup, en Augan, par Campénéac 
(Morbihan). 

1891 Fournier (A.), préparateur de géologie à la Faculté 

des sciences de Poitiers. 

1892 GABORiT(rabbéLouis), à Notre-Dame-de-Riez (Vendée). 
1892 Galard (F.), pharmacien, à Paimbœuf (Loire-Infé- 
rieure) . 

1894 Galard (Elle), pharmacien, à Candé (Maine-et-Loire). 



XVI MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 

1891 Geay (l'abbé Henri), supérieur du Séminaire des 
Sables-d'Olonne (Vendée) . 

1891 Gentil (Ambroise), professeur de sciences physiques 
et naturelles au Lycée, 18, avenue de Paris, au Mans. 

1891 Gerber (Charles), pharmacien en chef des hôpitaux, 
professeur supp' à l'Ecole de médecine de Marseille. 

1891 GiNOUXDE Fermon (le vicomte Georges) , conseiller géné- 
ral de la Loire-inférieure, maire de Moisdon-la- 
Rivière, à Moisdon-la-Rivière (Loire-Inférieure). 

1891 GouGis (Jules), à Ernée (Mayenne), 
oo 1891 GuERPEL (Henry de), à Plain ville, par Mézidon (Cal- 
vados.) 

1891 GuiLBAUD (René), pharmacien, 5, rue Porte-de-Paris, 

à Thouars (Deux-Sèvres). 

1892 Guillemot (Jules- Auguste), sous-agent administratif 

de la Marine, 42, rue du Lucet, à Tourlaville 
(Manche) . 

1891 Guimbretière (François), médecin, à Boussay (Loire- 
Inférieure) . 

1891 Hamon ville (le baron J. C. Louis d'), conseiller général, 
au château de Manonville, par Noviant-aux-Prés 
(Meurthe-et-Moselle) . 

1891 Hervé, ancien notaire, à Morlaix (Finistère). 

1891 HoDÉE (l'abbé), chanoine honoraire, 2, rue Monfort, à 

Rennes. 

1892 Joubin (L.), docteur es sciences et en médecine, profes- 

seur adjoint à la Faculté des sciences, 19, rue de la 
Monnaie, à Rennes. 

1894 Lalane (Gaston), docteur es sciences, au Castel 
d'Andorte, le Bouscat (Gironde). 

1892 Lallier (Francis), aux Sables-d'Olonne (Vendée). 
70 1894 Lambert (le docteur E. A.) ; 87, rue du Pont-de-Ma- 
yenne, à Laval. 

1892 L amoureux (l'abbé Eugène), vicaire à Précigné{Sarthe). 

1893 Le Clerc (Jean), 10, rue Mansart, Versailles (Seine- 

et-Oise). 



MEMBRES DÉCÉDÉS XXI 

MM. 

1892 Paratre (René), 29, rue Nofcre-Dame-des-Champs, à 

Paris. 
20 1891 PiCQUENARD (Charles), étudiant en médecine et sciences, 

15 bis, rue Albert, à Rennes, ou à la Palue, en Loc- 

tudy (Finistère). 
1891 Viattd-Grand-Marais (Henri) étudiant en médecine, 

4, Place Saint-Pierre, à Nantes. 

NOTA.— Les membres dont les adresses et dénominations seraient in- 
exactes, sont priés d'adresser les rectifications d'une manière 
impersonnelle, comme toute correspondance, à M. le Secrétaire général 
de la Société des sciences naturelles de l'Ouest de la France, au Muséum, 
de Nantes. 

Membres décédés 

MM. Lechat (Charles) industriel, ancien maire de Nantes, 
membre fondateur. 
PoucHET (Georges), professeur au Muséum de Paris, 
directeur du laboratoire de Concarneau, membre 
honoraire. 
Delorme (l'abbé Joseph), membre titulaire. 
GuEZENNEC, membre titulaire. 
Larabrie (le docteur de), professeur à l'Ecole de 

médecine, membre titulaire. 
Poirier (Paul) , ingénieur civil des mines, membre 

titulaire . 
Rouxeau père (le docteur Ch.), membre titulaire. 
CoTTEAU (Gustave), correspondantde l'Institut, juge 
honoraire au Tribunal civil d'Auxerre, 
membre correspondant. 
Decroix (Adolphe), sénateur, vice-président du 
Conseil général de la Loire-Inférieure, membre 
correspondant. 
Quinquarlet-Debony (Félix), membre de la Société 
polymathique du Morbihan, membre correspon- 
dant. 



XXII 

LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

DE LA 

Société des Sciences naturelles de l'Ouest de la France 

(Muséum d'histoire naturelle de Nantes) 



10 SOCIETES FRANÇAISES 

Abbeville, Somme. — Société d'émulation d'Abbeville. 
Acjen, Lot-et-Garonne. — Société d'agriculture, sciences 

et arts d'Agen. 
Alais, Gard. — Société scientifique et littéraire d'Alais. 

Amiens, 5o?nme.— Société linnéenneduNorddelaFrance. 
Angers, Maine-et-Loire. — Société d'études scientifiques 

d'Angers. 

— Société nationale d'agriculture, sciences et arts 

d'Angers. 

— Société industrielle et agricole d'Angers et du 

département de Maine-et-Loire. 

— Académie des sciences et belles-lettres. 
Annecy, Haute-Savoie. — Société florimontane d'Annecy . 

(Revue Savoisienne) . 
Arras, Pas-de-Calais. — Académie d'Arras. 

Aiitun, SAone-et-Loire. — Société d'histoire naturelle 

d'Autun. 
Auxerre, Yonne. — Société des sciences historiques et 

naturelles de l'Yonne, 
Avranches, Manche. — Société d'archéologie, littérature, 

sciences et arts d' Avranches. 
Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées.- Société Ramond. 

(Explorations pyrénéennes). 



XXIII 



Bayonne, 

Beauvais, 

Beltort, 

Besançon, 



Béziers, 



Blois, 



Bar-le-Duc, Meuse. — Société des lettres, sciences et arts de 
Bar-le-Duc. 
Basses- Pyrénée.s . — Société des sciences et arts 

de Bayonne. 
Oise. — Société académique de l'Oise. 
— Société belfortaise d'émulation. 
DO'Uhs. — Académie des sciences, belles-lettres 

et arts de Besançon. 
Société d'émulation du Doubs. 
Hérault. — Société d'étude des sciences naturel- 
les de Béziers. 
Loir-et-Cher. — Société d'histoire naturelle de 
Loir-et-Cher. 
Bordeaux, Gironde. — Société limiéenne de Bordeaux. 
Boulogne-sur-Mer, Pas-de-Calais. — Société académique 
de Boulogne-sur-Mer. 
Ain. — Société d'émulation de l'Ain. 

Société des sciences naturelles du département 
de l'Ain. 

Finistère. — Société académique de Brest. 

Corrèze. — Société scientifique, historique et 
archéologique de la Corrèze 

Calvados. — Société linnéenne de Normandie. 
(Mémoires et Bulletin) . 

Lot. — Société des études littéraires, scientifiques 
et artistiques du Lot. 

Nord. — Société d'émulation de Cambrai. 

Alpes-MaiHtimes. — Société scientifique, litté- 
raire et des beaux-arts de Cannes. 

Carcassonne, Aude. — Société des arts et des sciences. 
— Société d'études scientifiques de l'Aude. 

Châlons-sur-Marne, Marne. — Société d'agriculture, com- 
merce, sciences et arts du département de la 
Marne. 



Bourg, 



Brest, 
Brive, 

Caen, 

Cahors, 

(iambrai, 
Cannes, 



XXIV 

Chambéry, Savoie. — Société d'histoire naturelle de Savoie. 

Ghâteaudun, Eure-et-Loir. — Société dunoise. 

Cherbourg, Manche. — Société nationale des sciences natu- 
relles et mathématiques de Cherbourg. 

Cliolet, Maine-et-Loire. — Société des sciences, lettres 

et beaux-arts de l'arrondissement de Cholet. 

Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme. — Académie des scien- 
ces, lettres et arts de Clermont-Ferrand. 

Coutances, Manche. — Société académique du Cotentin. 

Dax, Landes. — Société de Borda. 

Digne, Basses-Alpes. — Société scientifique et littéraire 

des Basses-Alpes. 

Dijon, Çôte-d'Or. — Académie des sciences, arts et belles- 

lettres de Dijon . 

Douai, Nord.— Société d'agriculture, des sciences et des 

arts, centrale du département du Nord. 

Draguignan, Var. — Société d'études scientifiques et archéo- 
logiques de la ville de Draguignan. 

Elbeuf, Seine- Inférieure. — Société d'étude des sciences 

naturelles d'Elbeuf. 

Epinal, Vosges.— Société d'émulation du département 

des Vosges. 

Evreux, Eure. — Société libre d'agriculture, sciences, arts 

et belles-lettres du département de l'Eure . 

Gap, Hautes-Alpes. — Société d'études des Hautes- 

Alpes. 

Grenoble, Isère. — Société de statistique du département de 
l'Isère. 
— Académie delphinale. 

Guéret, Creuse. — Société des sciences naturelles et ar- 

chéologiques de la Creuse. 

Havre (Le) Seine-Inférieure.— Société géologique de Nor- 
mandie. 
— Société hâvraisp d'études diverses. 



MEMBRES CORRESPONDANTS XVIl 



MM. 



1891 Lemaitre (Athanas), pharmacien, à Montaigu (Vendée), 
1891 Lemonnier (Paul), ingénieur, 194, rue de Rivoli, à 
Paris. 

1891 Leuduger-Fortmorel (le docteur) à Doulon, près 

Nantes. 

1892 Letacq (l'abbé), 27, rue du Mans, à Alençon (Orne). 

1891 Letard (Léon), pharmacien, à Saint-Gilles-sur- Vie 

(Vendée) . 

1892 Letard (Emile), pharmacien, à Talmont (Vendée). 

1891 Léveillé (l'abbé Hector), professeur, ancien mission- 
naire, secrétaire perpétuel de l'Académie interna- 
tionale de géographie botanique, directeur du Monde 
des Plantes, 104, rue de Flore, au Mans (Sarthe). 

1891 Levesque (Donatien), aquiculteur, au domaine de 

Paimpont, par Plélan (Ille-et- Vilaine) . 
1891 LiMUR (le comte de), ancien vice-président de la Société 

française de minéralogie, à Vannes. 
1891 Maes (Albert), au château des Muids, à laFerté-Saint- 

Aubin (Loiret), ou 39 bis, rue duLandy, à Clichy-la 

Garenne (Seine). 
1891 Maisonneuve (le docteur Paul) , professeur à la Faculté 

libre des sciences, 5, rue Volney, à Angers. 

1891 Marais (l'abbé Ernest-Joseph-Samuel), membre titu- 

laire de la Société botanique des Deux-Sévres, à 
Villemort, par Saint-Savin (Vienne). 

1892 Martin (René) , avocat, au Blanc (Indre) . 

1895 Ménager (Raphaël), industriel, membre de la Société 
botanique de France, à Beaufai, par Aube (Orne). 

1892 Méresse (Gabriel), banquier, 2, rue de l'Hôtel de 
Ville, à Saint-Nazaire (Loire-Inférieure). 

1891 Mignen (le docteur G.), à Montaigu (Vendée). 

1891 Milon (Jean-Marie), directeur de l'Ecole primaire su- 
périeure, à Guingamp (Côtes-du-Nord) . 
I 1891 MiTRY (le docteur Félix), médecin militaire au 19^ d'ar- 
tillerie, à Nîmes (Gard). 



XVIIl MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 

1891 MoNNiER (Charles), pharmacien, à Saint-Père-en-Retz 
(Loire-Inférieure) . 

1891 MoNTAiGU (le comte de), château de la Bretesche, com- 
mune de Missillac, Loire-Inférieure, ou 10, rue de 
Martignac, à Paris . 

1891 MoiNARD, pharmacien, rue de Nantes, à Saint-Nazaire. 

1892 MoREL (E.), lieutenant de vaisseau, 29, rue Saint- 

Yves, à Brest. 
1892 NiEL (Eugène), 28, rue Herbière, à Rouen (Seine-Infé- 
rieure) . 

1892 NoRMANDiNE (A.), pharmacien, à Bagneux, près Sau- 

mur. 

1891 Oberthur (Charles), imprimeur, faubourg de Paris, à 
Rennes. 

1891 Odin (Amédée), pharmacien, aux Sables-d'Olonne. 

1891 Œhlert (Daniel), conservateur du Musée d'histoire 
naturelle, 29, rue de Bretagne, à Laval. 
100 1895 Olivier (l'abbé Henri), curé, à Bazoches-en-Houlmes 
(Orne). 

1891 Olivry (Gustave), à la Chapelle-sur-Erdre, (Loire- 
Inférieure). 

1891 Pelletier (le docteur Paul), à Bouin (Vendée). 

1893 Péquin (Léon), filateur, président de la Chambre de 

commerce de la Roche-sur-Yon, à Hucheloup, 
commune de Gugand (Vendée) . 

1891 Pérotin (le docteur Eugène) , à Breuil-Barret (Vendée) . 
1893 PiEL DE Chuecheville (l'abbé), à l'Abbaye de Saint- 
Vincent, à Senlis (Oise). 

1892 PizoN (Antoine), docteur es sciences, lauréat de l'Ins- 

titut, professeur d'histoire naturelle au Lycée 
Janson de Sailly, à Passy (Seine). 
1891 Plantard (le docteur), au Mont-Saint-Bernard, à 
Nantes. 

1893 Poirault (Georges), docteur es sciences, 16, boulevard 

Saint-Germain, à Paris. 



mp:mbres correspondants XIX 

MM. 

1891 Prulière (J. B.), naturaliste, 4, rue Coutellerie, à 
Marseille. 
110 1891 Prunier (l'abbé Pierre), supérieur de l'Institution 
Richelieu, à Luçon. 

1891 Ricard (Samuel), 4, rue Evrard-du-Fouilloy , à Amiens 

(Somme). 

1892 Rivet, médecin, à Vertou (Loire-Inférieure). 

1895 Roche-Macé (Maurice de la), au château de la Roche, 
commune de Couffé (Loire-Inférieure). 

1891 RoQUENCouRT, directeur des ardoisières de la Rivière, 

près Renazé (Mayenne), ou 11, ruePortalis, à Paris. 

1892 RoLLiNAT (Raymond), à Argenton-sur-Creuse (Indre). 

1891 Rousseau (Philéas), instituteur à la Mazurie, par 
Aizenay (Vendée). 

1891 RoussEAux (Aimé), commis des Postes et Télégraphes 
à Chartres (Eure-et-Loir). 

1891 ScHRAMM (Georges) , Sociedad Vizcay a, à Bilbao (Espa- 
gne). 

1891 Skrodzki, membre de la Société géologique de France, 
à Bayeux (Calvados). 

120 1892 SucHETET (A.) , château d' Antiville-Bréauté, par Goder- 
ville (Seine-Inférieure). 

1894 Tardy (Charles), membre de la Société des sciences 
naturelles de l'Ain, à Simandre (Ain). 

1891 TROussiER(Louis), propriétaire à Noirmoutier (Vendée). 

1891 Vasseur (G.), professeur de géologie à la Faculté des 
sciences de Marseille. 

1894 ViOLLEAU (l'abbé E.), professeur au Séminaire de 
Montmorillon (Vienne) . 

125 1891 Viret (Georges), sous-préfet, à Châteaubriant (Loire- 
Inférieure). 



XX 

Membres affiliés 

MM. 

1893 Badreau (Joseph), préparateur de chimie et de phar- 
macie à l'Ecole de médecine, 8, rue Santeuil, à 
Nan tes, 

1893 Benoist (Emilien), étudiant en médecine, 66, rue de 

la Bastille, à Nantes. 

1894 Berthereau, interne en pharmacie, à l'Hôtel-Dieu, à 

Nantes. 
1891 Bois (Jehan du), 2, avenue Launay, à Nantes. 

1893 BoNAMY (Edmond), étudiant en médecine, 1, place de 

la Petite-Hollande, à Nantes. 

1891 Bonjour (Samuel), étudiant en médecine, 23, passage 

Saint-Yves, à Nantes. 

1895 BouRGET, étudiant, 4, rue Beaumanoir, à Nantes. 

1894 Chollet (Paul), étudiant en pharmacie, rue Vidie, 13, 

à Nantes. 

1892 Delebecque (Paul), place du Marché aux grains, à 

Josselin (Morbihan). 
10 1891 Desmars, (Joseph), étudiant en droit, 9, rue Lanjui- 

nais, à Rennes. 
1892 Gaboriau {M'^'^ H.), étudiante en pharmacie,?, chaussée 

de la Madeleine, à Nantes. 
1891 Garnier (Auguste), étudiant, à la Barbinière, en 

Vertou (Loire-Inférieure). 
1891 Guellec (Armand-Louis-Jules), étudiant en médecine, 

30, quai de la Fosse, à Nantes. 
1891 Jeannin (Cyrille), interne des Hôpitaux, 48, boulevard 

Saint- Aignan, à Nantes. 
1891 Lefloc, étudiant en médecine, 9, avenue du Clos- 

Jaunet, à Nantes. 

1891 Même (Henri le), interne des Hôpitaux, à Nantes, ou à 

Quimper (Finistère). 

1892 MicHONNEAU (René), étudiant à l'Institution Richelieu, 

à Luçon (Vendée) . 
1894 Orgebin (Léon), étudiant en pharmacie, 4, rue Morand, 
à Nantes. 



XXIX 



Allemagne 



Berlin. — Gesellschaft natursforschender Freunde. 
Bonn. — Naturhistorischer Verein der Preussichen Rhein- 

land und Vestphalen's. 
Brème. — Naturwissenschaftlicher Verein, Bremen. 
Cassel. — Verein fiir Naturkunde, Cassel. 
Hanovre. — NaturhistorisclieGesellschaft, 2 Sophienstrasse. 
Hambourg. — Naturhistoriclies Muséum. 
Kiel. —Naturwissenschaftlicher Verein fur Schl.eswig- 

Holstein. 

Angleterre 

Belfast. — Natural history and philosophical Society. 
Cambridge —Philosophical Society. 
Londres. — Linnean Society. 

Autriche- Hong rie 

Brùnn. — Naturforschenden Vereines in Briinn. 
Prague. — Naturhistorischer Verein "Lotos". 
Trieste. — Società adriatica di scienze naturali. 

Belgique 

Bruxelles. — Société royale de botanique. 

— Société royale malacologique de Bruxelles. 

— Musée royal d'histoire naturelle. 

— Société belge de géologie, de paléontologie et d'hy- 

drologie. 
Liège. — Société royale des sciences. 

Danemark 
Copenhague. — Naturhistorisck Forening i Kjobenhavn. 



XXX 

Hollande 

Amsterdam. — Koninkligke Akademie Van Wetenschappen 

te Amsterdam. 
Gi'oiiingue. — Natuurkundig genootschap te Groningen. 
Haiiem. — Société hollandaise des sciences exactes et 

naturelles. 

Italie 

Florence. — Società entomologica italiana. 

Modèiie. — Società dei naturalisti. 

Padoue — Società veneto-trentina di scienze naturali. 

Pise. — Società toscana di scienze naturali. 

Rome. — R. Comitato geologico dltalia. 

Turin. — Accademia reale délie scienze. 

Norwège 

Berçjen. — Muséum. 

Russie 

Helsingt'ors. — Societas pro Fauna et pro Flora fennica. 
Moscou. — Société impériale des naturalistes. 
Odessa. — Club alpin de Crimée. 

— — Société des naturalistes de la Nouvelle-Russie. 

Riga. — Naturforscher-Verein zu Riga. 

Saint-Pétersbourg. — Académie impériale des sciences de 
Saint-Pétersbourg. 

Suède 

Uspal. — Kongl. Universitetet i Upsala (Geologiska Institu- 
tionen). 

Stockliolm. — Kongliga svenska vetenskaps-akademiens : 
Handlingar (Mémoires). — Bihang (Supplé- 
ment aux Mémoires) . — Ofversigt (Bulletin) . 



XXXI 



Suisse 



Berne. Naturforschende Gesellschaft. 

— Société helvétique des sciences naturelles. 

Genève. — Société de physique et d'histoire naturelle. 
Lausanne. — Société vaudoise des sciences naturelles. 
Neufchatel. — Société des sciences naturelles de Neufchatel. 
Saint-Gall. — Naturwissenschaftlichen Gesellschaft. 
Zurich. — Naturforschende Gesellschaft. 



ASIE 

Batavia. — Koninklijke natuurkundige vereeniging in Neder- 

landsch Indië. 
Calcutta. — Asiatic Society of Bengal, 57, Park Street. 



AFRIQUE 

Algérie 
Bône. — Académie d'Hippône. 

AMÉRIQUE DU NORD 

Canada 
Ottawa. — Geological and natural history Survey. 
Etats- Unis 

Boston (Massachusetts). — Society of natural history (Proce- 

edings). 
Cincinnati (Ohio). —Society of natural history. 
Minneapolis (Minnesota). — The geological and natural 

history Survey of Minnesota . 
Philadelphie (New- Jersey). — Academy of natural sciences. 
Portland (Maine). — Portland Society of natural history. 
Saint-Louis (Missouri). — The Missouri P.otanical garden. 



XXXII 

Washington {Culambici). — Smithsoniaii Institution. 
— Geological Survey . 

Mexique 

Mexico. — Sociedad mexicana de historia natural. 

— Sociedad scientifica « Antonio Alzate ». 

AMÉRIQUE DU SUD 
Brésil 
Rio de Janeiro. — Museu nacional. 

Chili 
Santiago. — Société scientifique du Chili. 

Uruguay 
Montevideo. — Museo nacional de Montevideo. 

OGÉANIE 

Australie 

Adélaïde. — Royal Society of south Australia. 
Melbourne. — Royal Society of Victoria. 
Sydney. — Royal Society of New South Wales. 

— Linnean Society of New South Wales. 

3° PUBLICATIONS PÉRIODIQUES 

QUI FONT ÉCHANGE AVEC LA SOCIÉTÉ 

Françaises : 

Caen, Calvados. — Bulletin du laboratoire de géologie 

de la Faculté des sciences de Caen ; directeur : 
M. Bigot, professeur à la Faculté des sciences. 

Cahan, Orne. — Revue bryologique. (Bulletin trimestriel 

consacré à l'étude des Mousses et des Hépati- 



XXV 

Lille, Nord.— Société géologique du Nord. 

Limoges, Haute- Vienne. — Sociétébotanique du Limousin. 
(Le Règne végétal et Revue scientifique du 
Limousin, publiés par la Société). 

Lyon, Rhône. — Société d' anthropologie de Lyon. 

— Société d'agriculture, histoire naturelle et arts 

utiles de Lyon. 

— Société linnéenne de Lyon. 

— Société botanique de Lyon. 

— Muséum d'histoire naturelle. (Archives). 

Màcoii, Saône-et-Loire.— Académie de Mâcon: Société 

des sciences, belles-lettres et agriculture . 

Mans (Le), Sarthe. — Société d'agriculture, sciences et arts 
de la Sarthe. 

Marseille, Bouches-du-Rliône. — Académie des sciences, 
lettres et arts. 
— Muséum d'histoire naturelle. (Annales). 

Mende, Lozère. — Société d'agriculture, industrie, 

sciences et arts du département de la Lozère. 

Montbéliard, Doubs. — Société d'émulation de Montbéliard. 

Montauban, Tarn-et-Garonne . — Académie des sciences, bel- 
les-lettres et arts du Tarn-et-Garonne. 

Montmédy, Meuse. — Société des amateurs naturalistes du 
Nord de la Meuse. 



Montpellier, Hérault. — Académie des sciences et lettres de 
Montpellier. 

— Société d'horticulture et d'histoire naturelle de 

l'Hérault. 

Nancy, Meurthe-et-Moselle. — Société des sciences de 

Nancy. (Ancienne Société des sciences naturel- 
les de Strasbourg). 



XXVI 
Nantes, 



Nevers, 
Nice, 
Nîmes, 
Niort, 

Orléans, 
Paris, 



Loire-Inférieure. — Société académique de la 
Loire-Inférieure. 

Société archéologique de Nantes et de la Loire- 
Inférieure. 

Société de géographie commerciale de Nantes. 

Société nantaise d'horticulture. 

Nièvre. — Société nivernaise des lettres, sciences 
et arts. 

Alpes-Maritimes. — Société des lettres, sciences 
et arts des Alpes-Maritimes. 

Gard. — Société d'études des sciences naturelles 
de Nîmes. 

Deux-Sèvres, — Société botanique des Deux- 
Sèvres. 

Société de statistique, sciences, lettres et arts 

du département des Deux-Sèvres. 
Loiret, -- Société d'agriculture, sciences, belles- 
lettres et arts d'Orléans. 
Comité des travaux historiques et scientifiques 
près le ministère de l'instruction publique 
{Cinq exemplaires du Bulletin). 
Muséum d'histoire naturelle. (Bulletin). 
Société entomologique de France, 28, rue Serpente. 
Société my cologique de France, 84, rue de Grenelle . 
Société philomathique, 7, rue des Grands-Augus- 

tins. 
Société zoologique de France, 7, rue des Grands- 

Augustins. 
Société d'anthropologie, 15, rue de l'Ecole-de- 

médecine. 
Société linnéenne, 12, rue Cuvier. 
Revue maritime et coloniale. 
Société de biologie. 



XXVII 

Paris, Société centrale d'aquiculture de France, 7, 

rue des Grands- Augustins. 

— Société nationale d'agriculture, 18, rueBellechasse. 

— Société nationale d'acclimatation de France, 41, 

rue de Lille. 
Pau, Basses-Pyrcnces. — Société des sciences, lettres 

et arts de Pau. 

Perpignan, Pyrénées-Orientales. — Société agricole, scienti- 
fique et littéraire des Pyrénées-Orientales. 

Poitiers, Vienne. — Société académique d'agriculture, 
belles-lettres, sciences et arts de Poitiers. 

Puy (Le), Haute-Loire. — Société agricole et scientifique de 
la Haute-Loire. 

Reims, Martie. — Société d'étude des sciences naturelles 

de Reims. 

Rennes, Ille-et- Vilaine.— Société scientifique et médicale 
de l'Ouest. 

Rochefort-sur-Mer, Cliarente-Infériem^e.— Société d'agri- 
culture, belles-lettres et arts de Rochefort. 

Rochelle (La), Char ente- Inférieure.— Académie des belles- 
lettres, sciences et arts de la Rochelle. 

Roche-sur-Yon (La), Vendée.— Société d'émulation de la 
Vendée . 

Rodez, Aveyrnn. — Société des sciences, lettres et arts 

de TAveyron. 

Roubaix, Nord. — Société d'émulation de Roubaix. 

Rouen, Seine- Inférieure. — Société des amis des sciences 

naturelles de Rouen . 

Saint-Rrieuc, Côtes-du-Nord. — Société d'émulation des 
Côtes-du-Nord. 

Saint-Dié, Vosges.— Société philomathique vosgienne . 

Saint-Etienne, Loire. — Société d'agriculture, industrie, 
sciences, arts et belles-lettres. 



XXVIII 



Semur, 

Tarbes, 

Toulon, 
Toulouse, 



Saint-Lô, Manche.— Société d'agriculture, d'archéologie 
et d'histoire naturelle du département de la 
Manche. 

Côte-d'Or. — Société des sciences historiques 
et naturelles de Semur. 

Hautes-Pyrénées.— Société académique des 
Hautes-Pyrénées . 

Var. — Académie du Var. 

Haute- Garonne. — Société d'histoire naturelle 
de Toulouse. 

Société française de botanique. (Revue de botani- 
que). 

Académie des sciences et belî es-lettres de Tou- 
louse. 

Indre-et-Loire. — Société d'agriculture, sciences, 
arts et belles-lettres du département d'Indre- 
et-Loire. 

Aube. — Société académique du département de 
l'Aube. 

Morbihan. — Société polymathique du Morbihan. 

Meuse. — Société philomathique de Verdun. 

Haute-Saône. — Société d'agriculture, sciences 
et arts de la Haute-Saône. 
Vitry-le-Français, Marne. — Société des sciences et arts de 
Vitry-le-Français . 



Tours, 



Troyes, 

Vannes, 
Verdun, 
Vesoul. 



2° SOCIÉTÉS ÉTRANGÈRES 
EUROPE 

A Isace-Lorraine 



Golmar. — Société d'histoire naturelle de Colmar. 
Metz. — Académie de Metz. 



XXXIIl 

ques); directeur M. T. Husnot, à Cahan, par 

A,this, Orne. 
Ghâteauroux, Indre. — Bulletin trimestriel du Musée muni- 
cipal. 
Lille, Nord. — Revue biologique du Nord de la France, 

11, rue Nicolas-Leblanc. 
Moulins, Allier. — Revue scientifique du Bourbonnais et 

du Centre de la France ; directeur : M. Ernest 

6livier. 
Paris, Bulletin scientifique de la France et de la Belgique ; 

directeur : M. A Giard, 14 rue Stanislas. 

— Feuilles des jeunes naturalistes ; directeur : M. A. 

Dollfus, 35, rue Pierre-Charron. 

— Service de la carte géologique détaillée de la 

France, 60, boulevard Saint-Michel. 
Poitiers, Vienne. — Le Botaniste ; directeur : M. A. Dan- 
geard, à la Faculté des sciences. 

Étrangères : 

Ghambesy, près Genève, Suisse. — Bulletin de l'Herbier 

Boissier ; directeur : M. Eug. Autran. 
Lisbonne, Portugal. — Communicaçoes da commissao dos 

trabalhos geologicos de Portugal. 
Palerme, Sicile. — Il naturalista siciliano ; directeur : 

M. E. Ragusa, 89, via Stabile. 



4° PUBLICATIONS PERIODIQUES 

REÇUES AU MUSÉUM 

Cette, Hérault. — Miscellanea entomologica ; directeur : 

M. Barthe. 
Mans (Le), Sartlie. — Le Monde des plantes ; directeur : M. 

l'abbé Lé veillé. 



XXXIV 

Paris, Comptes rendus hebdomadaires des séances de 

l'Académie des sciences. 

— Annales des sciences naturelles (Botanique). 

— d» (Zoologie). 

— Archives de zoologie expérimentale. 

— Revue générale des sciences pures et appliquées ; 

directeur : M. Louis Olivier. 

— Annuaire géologique universel. 

— Journal de conchyliologie. 

— Bulletin des bibliothèques et des archives, publié 

sous les auspices du ministère de l'instruction 
publique. 

— Revue des travaux scientifiques publiée par le 

ministère de l'instruction publique. 

Rouen, Seine-Inférieure. — L'Ami des sciences naturel- 
les. 

Londres, Palseontographical Society. 

— Quarterly journal of the geological Society of 

London. 



XXXV 

EXTRAITS DES PROCÈS-VERBAUX 



Séance du 4 janvier 1895 
Présidence de M. Viaud-Gravd-Marais, président 

M. le Secrétaire général, en l'absence du secrétaire de séance, 
donne lecture du procès-verbal de la dernière réunion dont la 
rédaction est adoptée. 

M. le Président annonce le décès de : 
t M. Decroix, sénateur, vice-président du Conseil général de la 
Loire-Inférieure, membre correspondant. 

Correspondance : 

M. le Secrétaire général donne lecture des lettres de 
MM. Edmond Perrier, membre de l'Institut; A. F. Marion, 
directeur du Muséum de Marseille; D^ Lortet, doyen de la 
Faculté de médecine de Lyon ; Lacroix, professeur au Muséum 
de Paris; lettres remerciant la Société de les avoir nommés 
membres honoraires. 

Ouvrage offert à la Société : 

Gaudry (Albert). — Les Pythonomorphes de France. 

Acquisitions de livres : 

1" Nouvelles archives du Muséum de Paris, 20 volumes. 

2° Mémoires de l'Académie des Sciences de Turin, 1 vol. 
contenant deux importantes monographies : 1° Les Tubéracées, 
par Vittadini ; 2° Les Nostocacées, par Meneghini. 

Communications verbales : 

M. Cha-Illou présente à l'Assemblée un superbe exemplaire 
de la Rosalia alpina, capturé par lui, ainsi que deux autres 
individus appartenant à cette belle espèce de coléoptères, dans 
la cour de sa propriété des Cléons (Loire-Inférieure), en 1890. Il 
offre ce bel insecte au Muséum. 



XXXVI 

M. Du Bois a signalé la capture cFun sujet à Machecoul ; 
M. Nicollon, 3 exemplaires pris aux environs de Nantes, sur les 
saules ; M. Le Beau l'a également capturée à Couëron ; enfin, 
M. Marchand dit en avoir vu un seul individu dans l'île Forget, 
près le pont de la Vendée, en Saint-Sébastien, sur un vieux 
tronc de saule. Cette espèce, certainement la plus belle des 
cérambycides français, parait acclimatée dans cette partie de la 
vallée de la Loire. Sa véritable patrie serait les Alpes, où 
d'ailleurs, on la trouve peu abondamment. 

M. L. Bureau remercie M. Chaillou, au nom du Muséum, 
du don gracieux qu'il vient de faire à cet établissement. 

M. Nicollon présente, en les accompagnant de quelques 
renseignements, diverses espèces et variétés, rares ou peu 
connues, de mollusques pulmonés, du genre Hélix, propres à 
la région de l'Ouest. Toutes les espèces présentées par 
M. Nicollon ont été vues par M. A. Locard, le savant conchylio- 
logiste. — M. Nicollon offre au Muséum un lot de coquilles 
représentant la plupart des espèces qui ont fait l'objet de sa 
communication. 

M. E. Gadecfau rappelle que dans la séance du 7 Décembre 
dernier, il exprimait l'opinion que la fougère trouvée par 
M. Ménager, sur un mur, au Faou (Finistère) se rapportait 
probablement à une monstruosité horticole du Polypodium 
vulgare, cultivée sous le nom de cristatum. 

Cette opinion a été depuis confirmée par M. C. B. Clarke, 
président de la Société Linnéenne de Londres, auquel un décal- 
que de cette fougère a été adressé par les soins de M. 
Gadeceau. 

« Votre plante est celle, abondamment cultivée au Jardin de 
» Kew, sous le nom de var. cristata. Dans nos ouvrages anglais 
» sur les Fougères on ne croit pas que ce soit autre chose qu'un 
» " gardener's monster " ». 

Enfin, M. D. Bois, assistant à la chaire de culture du Muséum 
de Paris, a reconnu lui aussi le Polypodium du Faou pour le 
Polypodmm vulgare var. cristatum., « quelquefois cultivé dans 
les jardins ». 



XXXVII 

A propos de plantes cultivées, M. Gadeceau montre un 
échantillon d'un joli sous-arbrisseau d'ornement, cultivé à 
Nantes depuis quelques années, sous le nom de Diplopappus 
chrysophyllus et figurant, sous ce nom, au catalogue des horti- 
culteurs. 

Or il était aisé de reconnaître que cette composée ne pouvait 
appartenir au geme Diplopappus qui doit avoir, comme son nom 
l'indique, l'aigrette double ; plus difficile était d'arriver à une 
détermination rigoureuse. Après bien des essais et des compa- 
raisons, même dans l'herbier du Muséum de Paris, notre 
confrère avait dû y renoncer. Il avait classé provisoirement la 
plante dans le genre Ozothamnus. 

Profitant récemment d'une occasion pour la soumettre à 
M. Crépin, le savant Directeur du Jardin botanique de 
Bruxelles, celui-ci la renvoya avec l'étiquette : Cassinia 
Vaiivilliersii Hook f. fl. N. Zel. 133, ayant pour synonyme : 
Ozotlimnnus Vcmvilliersii, Hombron et Jacquinot ex. Decne. 
Bot. voy. Astrol. et Zel. 38. 

Cette espèce n'est pas représentée à l'herbier du Muséum, 
mais la description du Cassinia Vauvilliersii lui convient 
parfaitement, d'après M. Bois. 

Enfin M. Gadeceau donne connaissance de certains passages 
des lettres qu'il a reçues de M. W. Trelease, Directeur du Jardin 
botanique de Missouri, concernant sa" Note sur les Platanes", 

M. Trelease est trop compétent et trop bien placé pour avoir 
une opinion à ce sujet, pour que nous négligions de reproduire 
ces renseignements dans le prochain numéro du Bulletin. 



Séance du P' février 1895 
Présidence de M. Viaud-Grand-Marais. président 

M. L. Bureau, Secrétaire général, excusé par suite d'un 
deuil récent, est remplacé provisoirement par M. E. Gadeceau, 
vice-président, qui donne lecture du procès-verbal de la 
dernière séance. La rédaction en est adoptée à l'unanimité. 



xxxvin 

Présentations : 

Membre correspondant : 

M. Olivier (l'abbé Henri) curé à Bazoches-en-Houlmes, Orne. 

Ouvrage offert à la Société : 

Bureau (Edouard). — Révision du genre Catalpa. 

Communications verbales : 

M. Viaud-Grand-Marais fait part à l'Assemblée d'une demande 
qui lui a été adressée par M. le professeur Vaillant, du Muséum 
de Paris. Ce savant naturaliste désirerait recevoir des vipères 
péliades vivantes. 

A ce propos, M. Viaud-Grand-Marais fait remarquer que cette 
vipère qui jadis était assez commune dans la région, tend à 
disparaître, elle semble se réfugier plus au nord, cédant la 
place à la vipère aspic. M. Viaud-Grand-Marais attribue, en 
partie, cette rareté actuelle à la guerre qui lui est faite par les 
aigles Jean-le-Blanc, qui en sont très friands. 

Notre savant président qui a étudié tout spécialement ces 
reptiles, donne d'intéressants détails sur la façon de les capturer 
et les moyens de les conserver en cages. — Une cage qui 
remplirait bien les conditions nécessaires pour éviter la morta- 
lité, si fréquente en captivité, de ces ophidiens, serait une cage 
dans le genre de celles servant aux ostréiculteurs : fond de bois 
et treillage de fil de fer ; le fond recouvert d'une couche de 
sable grossier, de petits cailloux ; un petit baquet avec eau 
limpide, un amas de mousse permettant à la vipère de se 
dérober aux regards, enfin une branche de sapin ou d'arbre 
quelconque à écorce rugueuse devrait en compléter l'ameuble- 
ment. — M. Viaud-Grand-Marais appelle l'attention de ses 
collègues sur les recherches récentes faites sur le vaccin du 
venin de la vipère. D'après la théorie, une seconde morsure 
serait moins dangereuse qu'une première ; une enquête serait 
nécessaire, et il y aurait lieu de recueillir les renseignements 
fournis par les chasseurs dont les chiens sont si fréquemment 
mordus. On verrait si réellement leurs animaux sont moins 
sensibles à l'effet d'une deuxième morsure. 



XXXIX 

M. Méniek présente à la Société des écliaiitilloiis desséchés 
et une aquarelle de Sarcoscijpha coccinea Jacq., qu'il a 
rencontrée presque sous la neige, le 14 janvier dernier, sur les 
coteaux de Clermont-sur-Loire. 

Un seul échantillon, à peine reconnaissable, avait été déjà 
signalé par lui à Mauves, en 1893. Il est probable que cette 
jolie pézize doit se rencontrer çà et là sur tous ces coteaux. On 
ne l'a pas signalée ailleurs. Il ne faut pas confondre cette 
plante avec la Peziza coccinea Schaff., signalée par les anciens 
botanistes nantais et (jui est très différente. 

Muséum : 

Les objets suivants, rentrés à l'établissement depuis la 
dernière séance, sont présentés à l'Assemblée: 

1° 17 boîtes de la collection régionale d'insectes coléoptères, 
provenant des dons de MM. Citerne, Edouard Bureau, Chauvet, 
Piel de Churcheville frères. Ce lot comprend les familles des 
Cerambtjcidae, Chrysomelidae et Coccinellidae, classées 
d'après le Catalogue de Reiter par nos collègues MM. Piel de 
Churcheville. 

2° Un tatou, Cachicama novemcincta, offert par M. Marmy, 
directeur du Jardin des Plantes. Ce tatou a été monté en 
squelette avec sa carapace. 

3° Une pie, Pica caudata, var. albine, provenant de la Loire- 
Inférieure, acquise par le Muséum. 

4° Un lot de 24 oiseaux exotiques, en peau, offert par 
M. Maës. 

5° Un lot d'oiseaux, en peau, offert par le Muséum de Paris. 

6° Un lot d'épongés, d'origines diverses, déterminées par 
M. Topsent, provenant des dragages faits par M. Chevreux et 
offertes par ce dernier. 

7» Un bloc d'amiante, provenant de la Cazetta (Corse) ; un 
mouchoir tissé et brodé avec cette roche ; du papier composé 
d'un mélange d'amiante et de mica, le tout offert par M. Lassort. 



XL 



Séance du 8 mars 1895 

Présidence de M. Viaud-Grand-Marais, président 

M. le Secrétaire général donne lecture du procès-verbal de la 
dernière séance dont la rédaction est adoptée. 
Par suite du vote de l'Assemblée, M. le Président proclame 

Membre titulaire : 
M. Chrétien, ancien instituteur, 1, rue Saint-Pierre, à Nantes. 

Membre affilié : 
M. BouRGET, étudiant, 4, rue Beau manoir, à Nantes. 

Sociétés correspondantes ; 
Cannes. — Société scientifique, littéraire et des beaux-arts. 
CouTANCES. — Société académique du Cotentin. 
Mende . — Société d'agriculture, industrie, sciences et arts 

du département delà Lozère. 
Stockholm . — Kongliga svenska vetenskaps akademiens. 
Upsal. — Kongl. Universitetet i Upsala-Geologiska Institu- 
tionen. 

M. L. Bureau, secrétaire général trésorier, fait l'exposé de 
la situation financière de la Société pour l'année qui vient de 
s'écouler ; il soumet à l'approbation de l'Assemblée ses comptes 
de gestion pour l'exercice 1894. 

M. le Président, au nom de la Société, remercie M. L, Bureau 
de son excellente gestion et se fait l'écho de tous ses membres 
en attribuant la plus grande part du succès qu'elle obtient, ainsi 
que l'état satisfaisant de ses finances, au tact et au dévouement 
de notre secrétaire général trésorier. 

L'ordre du jour appelant les élections pour le renouvellement 
partiel des membres du bureau, exception étant faite pour le 
secrétaire général trésorier dont le mandat n'est pas expiré, le 
président donne lecture de la liste proposée par le bureau 
sortant. Après scrutin, le résultat suivant est proclamé : 
Président: MM. Ch. Ménier; 

Vice-présidents : E. G-adeceau, Aug. Dumas ; 



XLI 



Secrétaire : Emile Bureau ; 

Vice-secrétaire: G. Ferronnière; 

Communications verbales : 

M. Viaud-Grând-Marais fait une intéressante communication 
sur le morne boisé du Pélavé, à Noirmoutier, et sur ses Cladonies. 

Après avoir indiqué les dispositions du sol du Pélavé composé 
au nord d'une mince couche de terre reposant sur des argiles 
souvent colorées en rouge vermillon, au sud par des rochers de 
quartzite à sabalites, entassés les uns sur les autres, il rappelle 
les divisions des Cladonia en : Pycnothelia, à thalle primitif 
crustacé; Cladina, où le thalle primitif fait défaut ou est 
évanescent, et Cenoniyce. ou Ctodonza proprement dits, où il est 
squameux. 

Les Cenomyce se divisent eux-mêmes en Cenomyce à 
apothécies brunes (phœocarpœ) et à apothécies rouges (erythro- 
carpœ), les premiers se subdivisent en clausœ et perviœ 
suivant qu'ils ont des scyphus fermés, ou que leurs scyphus, 
quand ils existent, et leurs aisselles, sont perforés. 

Il décrit ensuite 16 espèces (sans compter leurs variétés) 
vivant au Pélavé et indique leurs stations respectives. Il ^ignale 
le service que rendent pour leur détermination la solution de 
potasse et celle de l'hypochlorite de chaux, donnant pour 
certaines d'entre elles une coloration plus ou moins jaune, 
pouvant même aller jusqu'à la teinte ferrugineuse et pour 
d'autres aucun changement de couleur. 

M. le docteur Boaamy présente à la Société la minute d'une 
lettre adressée à Bernard de Jussieu par son aïeul le docteur 
Bonamy, qui publia en 1782 le Florœ Nannetensisprodromus, 
premier ouvrage qui ait été fait sur la flore de la région. — La 
lecture de ce document, faite par notre collègue M. E. Gadeceau, 
a beaucoup intéressé l'Assemblée. Il y est fait mention du 
fameux Magnolia de la Maillardière, le premier introduit en 
Europe, et du Platane d'Occident que l'auteur de la lettre croît 
avoir été planté dans cette propriété en même temps que le 
Magnolia. 



XLII 



En raison du caractère historique de cette lettre, il est décidé 
qu'elle sera reproduite in-extenso au Bulletin. 

Muséum : 

M. L. Bureau présente à l'Assemblée : 

1" Une série des archives du Muséum de Paris, qui manquait 
à la collection, acquise tout récemment. 

2° 25 volumes de la Palaeontographical Society. — Cette 
publication est actuellement complète. 

3" Les volumes du Quarterly journal de la Société géologique 
de Londres qui manquaient à la collection de cette importante 
publication. 

40 Les Oiseaux éteints des îles Mascareignes; par M. A. Milne- 
Edwards. 



Séance du 5 avril 1895 

« Présidence de M. Ch. Ménier, président. 

M. Viaud-Grand-Marais, président sortant, avant de pro- 
céder à l'installation du nouveau bureau retrace, en quelques 
mots, l'œuvre accomplie par la Société sous sa présidence ; il est 
heureux de remettre, dans d'excellentes conditions, entre les 
mains de son dévoué et savant collègue, M. Ménier, le soin de 
diriger les travaux de la Société des sciences naturelles de 
rOuest. 

Il est procédé ensuite à l'installation des nouveaux membres 
du bureau . 

M. Ménier prend possession du fauteuil de la présidence et 
remercie M. Viaud-Grand-Marais des paroles qu'il vient de 
prononcer. Il espère que pendant les deux années que durera 
sa présidence la Société continuera à suivre la voie qu'elle s'est 



XLIII 

tracée et qu'à l'expiration de son mandat il la laissera à son 
successeur dans un état toujours croissant de prospérité. 

La parole est donnée ensuite au Secrétaire pour la lecture du 
procès- verbal de la dernière séance. Celle-ci n'ayant donné lieu 
à aucune observation, le procès-verbal est adopté. 

M. le Président a le regret d'annoncer à l'assemblée la 
mort de : 

t M. QuiNQUARLET, membre correspondant, à Carnac 
(Morbihan) . 

Présentations : 

Membres titulaires : 

MM. Rlot, Georges, !«"" commis à la Manufacture des tabacs 
de Nantes. 
Boisseau, Ch., pharmacien, quai de la Fosse, 83. 
Dubois, pharm., Basse-Grande-Rue. 
Grosseron, Thomas, pharm., rue de la Bastille. 
Imbert, pharm., rue Bon-Secours. 
Jeanneau, Joseph, pharm., rue Mondésir, 25. 
Perrouin, a., pharm., place Lamoricière, 1. 
Réby, Gaston, pharm., rue Royale, 2. 
Robert, Etienne, pharm., place Louis XVL 

Membres correspondants : 

MM. Jeanjean, pharmacien, à Savenay (Loire-Inférieure). 

Laroche, d» , rue de la Grenouillère, à Chau- 

tenay-sur-Loire. 

Membres affiliés: 

MM . BoucARD, Gustave, étudiant en pharmacie, place Bretagne, 
16, à Nantes. 
RocHARD, Léon, étudiant en médecine, Haute-Grande-Rue, 
22, à Nantes . 

Sociétés correspondantes : 
Charleville. — Société d'histoire naturelle desArdennes. 



XLIV 

Pauis. — Société française de Minéralogie. 
Bruxelles. — Société entomologique de Belgiqne. 
Gênes . — Museo civico di storia naturale di Genova . 
Vienne — K. K. naturhistorischer Hofmuseums. 

Ouvrages offerts à la Société : 

Janeï (Ch.). — Etude sur les Fourmis, 5e note; par l'auteur. 

— Sur les nids de la Vesim crabro . Ordre d'appa- 

rition des alvéoles; par l'auteur. 

Angers. — Société d'études scientifiques . — Collection complète 

de son Bulletin 
(tome 3 excepté) . 
Acquisitions : 

1" Académie des sciences. — Comptes rendus hebdomadaires 

des séances, 75 volumes. 

2° Société entomologique de Belgique. — Annales, années 1881 

à 1892. 

'S'^ Société linnéenne de Normandie. — Bulletin, 10 premières 

années. 

Correspondance : 

Il est donné lecture de deux lettres des Sociétés scientifique 
d'Angers et nationale d'agriculture, sciences et arts de la même 
ville, invitant la Société des sciences naturelles de l'Ouest à 
prendre part au Congrès scientifique régional que les Sociétés 
savantes angevines organisent à l'occasion de l'Exposition 
nationale pour les 13, 14 et 15 juin prochain. 

La Société décide qu'elle se fera représenter par plusieurs 
de ses membres. 

Présentation de mémoires : 

PiEL de Churcheville (H. et Th.), — Matériaux pour servir à 

la faune des Névrop- 
tères de la Loire-Infé- 
rieure . 



XLV 



Dominique (abbé J.). — Contributions au catalogue des Hymé- 
noptères-Fouisseurs de la Loire- 
Inférieure . 
— • Quelques mots sur la ptérologie des 

Mellifères . 

Viaud-Grand-Marais (Dr). — Mes voisins. 

Communications verbales : 

M. Emile Bureau présente à l'assemblée un certain nombre 
d'échantillons du Crocus vernus, récoltés par lui le 21 mars 
dernier, au village de la Mirais, sur la route de Treillières à 
Sucé. Il fait remarquer que cette localité, qui n'est pas citée 
dans la dernière édition de la Flore de l'Ouest, est distante de 
près de une lieue et demie à vol d'oiseau de la localité classique 
du village de la Vrière,près la Chapelle-sur-Erdre. 

M . Lassort présente du sucre d'érable qui lui a été envoyé 
du Canada. 

Muséuin : 

M . L. Bureau présente les objets suivants rentrés à l'établisse- 
ment depuis la dernière réunion : 

1° Un certain nombre de boîtes renfermant des Hyménoptères 
de la collection générale (famille des Sphégides), classés par 
notre dévoué collègue M. l'abbé J. Dominique. Une tribu 
importante de cette famille, les Pompilidœ, possède des 
spécimens appartenant à des espèces nouvelles, le Muséum 
les doit au legs de M. Bar. 
2° Six ammonites nouvellement acquises : Amm. racliatus, illus- 
tre, insignis, Oppeli, BirchiLJuî^ensis. 
3° Quatre espèces de Modioles, nouvelles pour la collection, 
offertes par M. Ph. Dautzenberg: Modiola arcuata Hanley, 
provenant de Karikal ; Mod. glaberrima Dunker, draguée à 
Port-Jackson ; Mod. Capax Conrad, de San-Diego (Californie) 
et Mod. Philipparum Hanley, des îles Philippines. 
4" Un Desman des Pyrénées, Myogale pyrenaica ; offert par 

M. Gourdon. 
5° Un Busard Saint-Martin , Circus cyaneus, cT ; offert par 
M. Baron, pharmacien à Luçon. 



XLVI 

6° Une Lotte commune, Lota vulgaris, pêchée dans TErdre, à 
Sucé ; offerte par M. Olivry, 



Séance du 3 mai 1895 
Présidence de M, Gh. Ménier, président. 

M. Em. Bureau, secrétaire, donne lecture du procès-verbal 
de la dernière séance qui est adopté sans observation à l'una- 
nimité. 

Présentations : 

Après proposition et par suite du vote de l'assemblée le 
Président proclame 

Membres titulaires: 

MM. Rautureau, pharmacien, rue Saint-Pierre. 
Bruguières, id , rue de Paris. 

Membre correspondant. 

M. Bouvet, directeur du Jardin des Plantes et du Musée 
d'histoire naturelle d'Angers. 

Sociétés correspondantes : 

Edimbourg. — Royal Society of Edinburgh. 
Luxembourg. — Institut grand-ducal (Section des sciences 
naturelles et mathématiques). 

Ouvrages offerts à la Société : 

Gentil (Ambroise). — Inventaire général des plantes vascu- 

laires de la Sarthe (supplément) ; par 

l'auteur. 

Angers. — Société nationale d'agriculture, sciences et Arts. — 

Un certain nombre de volumes de son Bulletin, 

ce qui, avec les acquisitions antérieures, rend 

cette collection presque complète. 

Mémoires : 
Chaillou (F.). — Influence du milieu sur la coloration arti- 
ficielle d'une coquille fluviatile . 
L'auteur donne lecture de la note ci-dessus et fait passer sous 



XLVII 

les yeux de ses collègues un certain nombre de coquilles de la 

Physa acuta, mollusque qui a fait l'objet de ses observations. 

Il est heureux de les offrir au Muséum, accompagnées de 

4 exemplaires de la Physa hypnorwn ; cette dernière assez rare 

dans le département. 

Camus (D^ Fernand). — Sur une Mousse du département des 
Côtes-du-Nord considérée jusqu'ici 
comme le Dicranum vwide. 
Cette note, émanant de notre savant correspondant, est 

résumée par M. Em. Bureau, secrétaire de séance. 

Co7n7nunications verbales : 

M. Ch. Ménier fait une intéressante communication relati- 
vement à des Morilles qui lui ont été adressées par diverses 
personnes, puis il donne lecture d'une note sur un nouveau cas 
d'empoisonnement dans la Loire-Inférieure par ÏAmanita 
phalloïdes. Trois personnes de Saint-Nazaire ayant simplement 
goûté à leur dîner d'un plat de champignons, entièrement 
composé de cette espèce très toxique, ont éprouvé le lendemain 
matin les accidents ordinaires consécutifs à l'ingestion de cette 
espèce. 

M. Ménier fait observer que presque tous les empoisonne- 
ments bien constatés dans l'Ouest de la France sont dus à cette 
espèce et qu'il lui parait de plus en plus probable que l'empoison- 
nement de Noirmoutiers, qui s'est produit il y a quelques 
années et qui a coûté la vie à deux personnes, doit être attribué 
à cette espèce et non à 1'^. pantherina comme on l'avait pensé. 
Cette opinion résulte de la connaissance et de la marche de 
l'intoxication, telle qu'elle a pu être reconstituée par les rensei- 
gnements fournis par la famille et le médecin. 

M. E. Gadeceau rend compte à ses collègues d'une excursion 
faite par lui, tout récemment à Belle-Ile, où il a pu récolter 
VIsoetes Hystriœ, et mieux encore découvrir à son retour, 
dans les environs de Quiberon une nouvelle station de cette 
plante difficile à apercevoir. M. Gadeceau signale également 
VOphioglossum lusitanicum abondant à Belle-Ile, mais fort 
peu d'échantillons sont fructifies. 

M. Viaud-Grand-Marais dit que d'après les renseignements 



XL VIII 

qu'il a pu obtenir de M. l'abbé Guyoïivarc'h la plante, assez 
abondante à l'île de Groix, semble fructifier en septembre. 
Muséum : 

M. le D"" L. Bureau présente à l'assemblée les ouvrages 
suivants acquis pour la bibliothèque : 

1" Catalogue of scientific papers (Collection complète). 

2'^ Les Arachnides de Belgique ; par Becker (tome i et atlas, 
tout ce qui a été publié). 

Il est ensuite présenté : 

Une nouvelle série d'Hyménoptères, de la collection géné- 
rale, classés par les soins de M. l'abbé Dominique. 

Un Chevrotin meminna, Tragulus meminna Erxbben, 
provenant de Ceylan et une Perdix thoracica Temm., de 
Chine, offerts par notre généreux collègue M. Olivry . 

Enfin, un Tragopan de Temm. offert par M. Paul Martineau. 



Séance du 7 juin 1895 
Présidence de M. Ch. Ménier, président. 

M. Em. Bureau, secrétaire, donne lecture du procès-verbal 
de la dernière séance. La rédaction en est adoptée à l'unanimité. 

Sociétés correspondantes : 

Lisbonne. — Academia real das sciencias de Lisboa. 
Flèche (la). — Société des lettres, sciences et arts. 
CouTANCES. — Société académique du Cotentin. 

Correspondance : 

M. L. Bureau, secrétaire-général, donne lecture d'une lettre 
du Comité d'organisation du Congrès scientifique d'Angers, 
fixant comme suit les dates de séances des diverses sections : 

Jeudi, 13 juin. — Sciences médicales ; présidents MM. le 
D"" Gripat et Labesse, pharmacien. 

Vendredi, 14 juin. — Sciences appliquées; président 
M. Bouchard. 

Samedi, 15 juin. — Sciences pures; président M. le 
D"* Maisonneuve. 

Les membres de la Société qui auraient l'intention de faire 
des communications devront en donner le titre, dans le plus 
bref délai, aux présidents des sections. 



XLIX 



Coi)i7nunications verhdU's : 



M. E. Gadeceau, qui est allé herboriser il. y a quelques jours 
dans la vallée de la Divatte, annonce à ses collègues qu'il a trouvé 
entre Barbechat et Guénard : 

1° La Bistorte, Polygonum Bistorta L., dans les prairies bor- 
dant la rivière. Cette plante n'avait été signalée que dans une 
seule localité de la Loire-Inférieure, à Rougé. — D'après Lecoq 
elle a une dispersion géographique assez étendue, on la trouve 
dans les plaines et les montagnes ; elle passe même pour aug- 
menter la valeur des prairies. La Bistorte est mangée par les 
bestiaux, le cheval seul la refuse. C'est une plante à rechercher 
dans notre région où elle pourrait se rencontrer sur d'autres 
points. 

2° Le Turritis ijlabra L., cette plante qui a été trouvée récem- 
mentàVertou parM. Ménier,n'estsignaléedansladernière édition 
de la Flore de l'Ouest qu'entre Oudon et Couffé, dans la vallée 
du Havre. Le Turritis glahra peut donc encore être considéré 
comme très rare dans le département ; la localité signalée par 
M. Gadeceau est la troisième. 

M. Ch. Ménier signale la présence de V Œnanthe peucedanifo- 
lia Poil, dans l'intérieur du département. Cette ombellifère a 
été trouvée par notre collègue à Bouaye. aux Cléons, et entre la 
Haie-Fouacière et Saint-Fiacre. 

M. Viaud-Grand-Marais rend compte à l'Assemblée du résul- 
tat des courses faites par nos collègues MM. Piel de Churcheville, 
dans le nord du département, à la recherche de la Vipera derus, 
où cet animal semble s'être réfugié. Plusieurs bois et forêts 
furent fouillés inutilement, ce n'est que dans la forêt de Teille 
que nos collègues purent en capturer quelques individus. Gar- 
dées en captivité pendant plusieurs jours les péliades se mon- 
trèrent plus farouches que les aspics et cherchèrent un refuge 
dans l'eau d'un petit bassin dont leur prison était pourvue. 

Muséum : 

M. L. Bureau présente à l'Assemblée : 

1° Un lot important de brochures relatives aux diverses bran- 
ches des sciences naturelles, brochures obtenues par échange de 
M. Ad. Dollfus. 



2'^ Un lot de squelettes de maiiimifères et reptiles, ainsi que 80 
brochures offerts par la famille de feu M. Arth. de l'Isle. 

3° Une collection de coquilles (42 tiroirs) offerte par M. 
J. Simon. 

4° Une météorite offerte par M. Raoul Morisset, notaire à 
Talmont (Vendée), au nom de Madame Amédée Mercier, récem- 
ment décédée. 

Ce remarquable échantillon du poids de 5 k. 290, dont l'étude 
reste à faire, tomba près du château de Grammont dans la 
commune de Rocheservière, sur la limite de la commune des 
Lues (Vendée), le 5 novembre 1841. M. L. Bureau se propose de 
recueillir sur la chute de cette météorite des renseignements 
dont il donnera connaissance à la Société. 



Séance du 5 juillet 1895 

Présidence de M. Ch. Ménier, président 

M. Em. Bureau, secrétaire, donne lecture du procès-verl)al de 
la dernière séance. La rédaction en est adoptée. 

Présentations : 

Membre affilié : 

M. Alliez (Georges), 2, quai du Marais, à Nantes. 

Correspondance : 

M. le Secrétaire-général donne lecture d'une circulaire minis- 
térielle invitant les Sociétés savantes à vouloir bien participer 
à la rédaction du programme du 34^ Congrès des Sociétés savan- 
tes dont la séance d'ouverture est fixée au 7 avril 1896. 
« 

Communications verbales : 

M. Gast. Réby présente à l'Assemblée deux spécimens de 
Lézards de palmiers, Uromastrix acanthinurus , achetés au 
marché de Biskra par un de ses beaux-frères, lors d'un récent 
voyage en Algérie. L'un des deux échantillons, d'une taille remar- 
quable, 33 cm. de longueur totale, est offert par notre collègue 
au Muséum d'histoire naturelle. 

M. Viaud-Grand-Marais donne communication d'une lettre 
de son trisaïeul à son bisaïeul maternel, datée deSaint-Gervais, 
22 août 1767, dans laquelle il est fait mention de la capture d'une 



LI 



tortue gigantesque dans la baie de Bourgneuf, en ces termes : 
«... il Est surprenant qu'une tortue de la pesenteur de celle que 
vous me marquez soit venue se faire prendre dans votre Baye, 
j'aurois Bien désiré voir vu pareil animal. . .» 

Étant donné l'étonnement causé par la capture de cette tortue 
monstrueuse, il est probable que l'on avait Siiïâire k un Spharg is 
Luth, laquelle capture ne se trouve enregistrée dans aucun 
ouvrage scientifique, à moins, cependant, de la rapporter à celle 
signalée par Paul Gervais, dans " A.ivdtomie du S phar gis Luth'\ 
comme pêchée le 10 juillet 1765 sur les côtes de Bretagne, ce qui 
est improbable, la lettre communiquée à la Société étant écrite 
en réponse à une missive du 14 du même mois. 

M. Ch. Ménier présente à la Société les plantes suivantes qu'il 
a rencontrées dans ses dernières herborisations : 

1° Malva jmrviflora L., plante de la région méditerranéenne, 
au voisinage d'une ferme près Roche-Maurice. 

2° BupLevrum ^yrotractum Linck, au même lieu. 

Il n'a été trouvé qu'un seul pied de chacune de ces deux plan- 
tes étrangères à la flore du département de la Loire-Inférieure. 

3" Les aquarelles de deux Orchis hybrides récoltés à Arthon, 
au milieu des Orchis coriophora var. fragrans, 0. niaciilata, 
0. conopea et 0. latifolia. 

Tous deux accusent une parenté avec 0. coriophora var. fra- 
grans. L'un d'eux paraît voisin de l'Orchis décrit par M. E. Gade- 
ceau ' sous le nom d'O. alatoides. 

40 Ornithopus Martini Giraudias, — Lloyd, FI. de l'Ouest, 
•4e édit., p. 106. — Hybride de 0. perpusillus et 0. compressus, 
trouvé pour la première fois dans île département de la Loire- 
Inférieure, à Arthon au milieu de 0. perpusillus et 0. compres- 
sus. Signalé dès 1856, dans les Deux-Sèvres, par M. l'abbé 
Guyon, qui l'envoyait à M. Lloyd sous le nom d'O. compressus 
var. (iepauperata ; à Romorantin par M. Martin ; à Saint-Paul- 
Mont-Pénit (Vendée) par M. Giraudias ; à Montendre (Charente- 
Inférieure) par M. Foucaud. 

Enfin, une très jolie petite espèce de Le^zoto, trouvée dans les 

1. — E. Gadeceau : Notes sur quelques Orchidées de la Loire-Inférieure, in 
Hull. Soc. se. nal. Ouest Fr., 1892, II, p. i-10, pi. 1. 



Lir 



serres chaudes du Jardin des plantes de Nantes. Espèce qui 
devrait rentrer dans le nouveau genre créé par M. Patouillard 
pour des formes analogues trouvées dans des serres: genre 
Leucocoprinus . 
Ouvrages offerts : 

Cheveeux (Ed). — Amphipodes terrestres et d'eau douce prove- 
nant du voyage en Syrie du D"" Th. Barrois, ainsi 
({ue deux autres brochures relatives à l'étude des 
crustacés ; par l'auteur. 

JoLY. — Remarques sur la nomenclature bryologique. 

Muséum : 

M. Louis Bureau présente les objets olferts à cet établisse- 
ment depuis la dernière réunion. 

1° Un lot de minéraux, par M. le professeur Lacroix. 

2" Une série de roches et minéraux des Pyrénées, par M. Mau- 
rice Gourdon. 

Séance du 8 novembre 1895 

Présidence de M. Em. Gadeceau, vice-président 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté à l'unanimité. 

- Présentations : 

Membre correspondant : 

M.BouL (C. le), [courtier maritime à St-Servan, Ille-et-Vilaine. 

Membre affilié: 

M. Gauthier-A^illaume (Ptay mond) , étudiant, 8, rue de Rennes, 
à Nantes. 

Correspondance : 

M. le Secrétaire-général donne lecture d'une lettre de M. le 
Préfet annonçant le maintien de la subvention de 500 francs, 
accordée à la Société par le Conseil général du département. 

Sociétés correspondantes : 
Chalon-sur-Saône. — Société des sciences naturelles de Saône-et- 

Loire (Bulletin). 
Liège.— Société géologique de Belgique (Annales). 
Londres. — Royal Society (Proceedings). 
Saint-Hélier (Jersey). — Biological Station (Journal of Marine 
zoologii and microscopy). 



un 



Ouvrages offerts à la Société : 

Association française pour l'avancement des sciences. — Un 
lot important de publications diverses, et C. R. de la 21« 
session (Eteu). 

BouLAY (abbé). — Cinq études sur la flore pliocène ; don de 
M. P. de Lisle. 

Janet (Ch.). — Études sur les Fourmis, les Guêpes et les Abeil- 
les, quatre notes offertes par l'auteur. 

Léveillé (H.). — Petite flore de la Mayenne, Laval 1895, vol. 
in-12o ; par l'auteur. 

Marmy.— Index seminum Horti botanici namnetum, par l'auteur. 

Com?)mnications : 

M. le Secrétaire-général donne lecture d'une note adressée à 
la Société par notre collègue M. l'abbé J. Dominique : 

Sur U7ie nouvelle localité de Speciilaria SjJecuhiînBC. 

(( Nous signalons aux botanistes une importante station de 
cette élégante et rare campanulacée que nous n'avons vue indi- 
quée nulle part. La 4^ et, jusqu'à présent, dernière édition de 
l'excellente Flore de M. Lloyd donne seulement comme habitats 
de cette plante : C. de la Chébuette à la Varenne, quelques pieds 
çà et là dans les sables de la Loire. 

» Specularia speculmn DC. est extrêmement commune dans 
les moissons, autour des fermes de l'^courte et de la Salle, 
appartenant à la famille de Montbreuil. Ces fermes dépendent 
de la commune Carquefou, mais confinent à celles de Mauves et 
deThouaré. 

» La plante ci-dessus nommée y est tellement commune qu'elle 
est considérée par les cultivateurs comme un véritable fléau. — 
A l'époque de sa floraison, les guérets, envahis par elle, sont 
transformés en une mer de fleurs violettes qui étouffe le bon 
grain. » 

Présentations de Mémoires : 
CossMANN (Maurice). — Mollusques éocéniques de laLoire-Inf. 

M. Dumas qui présente le mémoire de notre éminent confrère, 
fait remarquer que le premier fascicule de cette étude contient 
la description de 55 espèces des familles appartenant aux Cépha- 
lopodes, aux Pulmonés et aux Opistobranches, Les espèces 
comprises dans ces familles, et connues jusqu'ici dans la Loire- 
Inférieure pai- les listes de Caillaud, Dufour, et de M. Vasseur, 
s'élevaient au nombre de 23 ; c'est donc une augmentation de 32 
espèces pour notre Éocène et, sur ces 32 espèces, 19 sont entiè- 
rement nouvelles pour la faune éocène générale. — Tous les fos- 
siles cités ou décrits sont figurés. Trois planches, dressées sous 
la direction de l'auteur, et d'une exécution parfaite, accompa- 
gnent ce premier fascicule. 



LIV 



Bonjour (Samuel). — Notes lépidoptérologiques. 

Sous ce titre notre collègue a réuni quatre observations inté- 
ressantes. La V^ est relative à la capture de la Dian thœcia fili- 
granima Esp.; la 2« signale une aberration dw Sphinx convol- 
vuii L. à anneaux abdominaux colorés en jaune-chamois ; la 
3^ constate un cas d'hermaphrodisme chez Colias Ediisae Fal. ; 
enfin, la 4"^ observation mentionne la capture d'un Agrotis leuco- 
gasterYv., espèce qui n'avait pas été capturée dans le département 
depuis une dizaine d'années. 

Communications verbales : 

M. Em. Gadeceau rend compte à l'Assemblée d'une visite 
faite par lui au magnifique Arboretum créé par M. Allard, à la 
Maulévrie, près Angers. Il doit à l'amabilité de ce savant ama- 
teur d'arboriculture une belle collection d'espèces du genre Qiier- 
cus, principalement américaines, qu'il tient à la disposition de 
ceux de nos collègues qui voudraient la consulter. 

M. Louis Bureau signale la présence du. Lézard vivipare dans 
les prairies basses, coupées de douves, du château de Coislin, 
commune de Campbon. 

M. E. Marchand présente, dans de l'alcool, de nombreux 
exemplaires du Palaemon Edwardsi, capturés à Vertou, près 
l'écluse. Ce crustacé, amené par les fortes marées d'équinoxe, a 
séjourné près de six semaines dans cette localité, de la mi-sep- 
tembre à la fin d'octobre ; cette chevrette qui habite ordinaire- 
ment les eaux saumâtres de l'embouchure de la Loire, se pêche 
assez fréquemment au Pellerin, à Couëron et parfois à Basse- 
Indre. Son apparition en Sèvre avait déjà été constatée par les 
pêcheurs, mais c'est la première fois, d'après eux, qu'elle y 
séjourne aussi longtemps et en aussi grande abondance. 

Muséum : 

M. Louis Bureau présente à l'Assemblée les objets ci-après : 

l" Un exemplaire 9 du Neniohius lineolatus Brullé, rare 
orthoptère, ofi'ert au Musée par notre collègue M. Joseph de 
Fabry. Cet insecte a été capturé par lui sous les pierres, au bord 
de la Loire, près le Cellier (Loire-Inférieure), à la fin de septem- 
bre 1895. L'individu donné par M. de Fabry offre un intérêt tout 
spécial : les auteurs décrivent comme aptères les deux espèces 
du genre Nemohius, or la femelle qui vient enrichir notre collec- 
tion régionale est complètement ailée. 

2° Trois lépidoptères nouveaux pour la faune départementale, 
capturés et offerts par M. Paré : 

Hybernia Defoliara CL, novembre et décembre, au Petit- 
Port ; 

Eugonia Alniaria L., juin-juillet, au Petit-Port ; 

Acidalia Litigiosaria Bdv., juillet, boulevard Saint-Félix, à 
Nantes. 



LV 



o*' Un beau spécineiii de Voluta Elliotl Sow., d'Australie, 
offert par notre collègue M. C. Borgogno. 

4° La collection générale des Mellifères, classée par notre 
savant confrère M. l'abbé J. Dominique. Cette collection com- 
prend actuellement 122 espèces, dont 36 de Cayenne, provenant 
du legs de feu M. Bar. Les Mellifères exotiques, confiés à M. le 
D"" Pérez, pour la détermination, lui ont fourni 10 espèces nou- 
velles. Ce sont des types uniques qui deviennent précieux pour 
la collection du Muséum : Melipona bomboides Pérez, Trigona 
Dominiquella Pér., Enloma maronietisis Pér., Centris Domi- 
quella Pér., Centris zonalis Pér., Cœlioxijs eœcisa Pér., Stelis 
tricornis Pér., Stelis seœtuberculata Pér. Oœœa nigricincta 
Pér. et Thalestria longiventris Pér, 

5° Un superbe renne, Tarandus rangifei' Gray, tué à l'état 
sauvage en Norwège. — Acquisition. 

6» Deux boîtes de coléoptères de la Loire-Inférieure offertes 
par M. Godart. 



Séance du 6 décembre 1895 

Présidence de M.Cli. Ménier, président 

M. Em. Bureau, secrétaire, donne lecture du procès-verbal de 
la dernière séance. La rédaction en est adoptée sans observa- 
tion. 

M. le Président a le regret d'annoncer à la Société la mort d'un 
de ses membres correspondants : 

t M. le vicomte Georges Ginoux de Fermont, conseiller géné- 
ral de la Loire-Inférieure, maire de Moisdon-la-Rivière. 

Société correspondante : 
KiEW. — Société des naturalistes de Kiew {Mémoi7^es). 

Ouvrages offerts à la Société : 
Camus (Fernand). — Glanures bryologiques dans la flore pari- 
sienne. 
— Note sur les récoltes bryologiques de M. P.Mabille en 
Corse. 

Ces deux brochures offertes par l'auteur. 
Orieux (Eug.) et Vincent. — Histoire et Géographie de la Loire- 
Inférieure, tome l«^ 
Jacob de cordemoy (E.). — Flore de la Réunion ; par M. le D^ 
Ed. Bureau. 

Correspondance : 

M. le Président donne lecture d'une lettre qui lui a été adres- 
sée par M. le Maire de Nantes relativement à un rapport de M. 
Marmy, directeur du Jardin des plantes, sur la première fruc- 



LVI 



tiiication, observée au Jardin botanique, du Glngho hiloba L. — 
11 est également donné lecture de la copie du rapport annexée à 
la lettre ci-dessus mentionnée ' . 

M. Ch, MÉNiER signale, au nom de M. l'abbé Hodée, membre 
correspondant, la capture à Montfort (Ille-et-Vilaine) dune cre- 
vette d'eau douce, la Caridina Desmarestii Edw. — D'après la 
communication de notre collègue c'est la première fois que la 
présence de ce crustacé est constatée dans les eaux de la Meu. 
Cette espèce, signalée en 1831 par Millet dans les eaux du Loir, 
de la Mayenne et de la Sarthe, semble aujourd'hui répandue 
dans un assez grand nombre de régions. 

Présentations de Mémoires : 

Davy (L.-P.). — Contribution à l'étude des environs de Chalon- 
nes-sur-Loire (Maine-et-Loire). — Terrain silurien 
supérieur. 

— Contribution à l'étude géologique des environs de 
Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). — Terrain 
tertiaire {Miocène supérieur). 

— Note sur l'existence probable d'un gisement tertiaire 
à Choisel, près Châteaubriant (Loire-Inférieure). 

— Note sur l'Ilot tertiaire de Ch^senon, près Blain 
(Loire-Inférieure). 

DoLLFUs (G.) et Dautzenberg (Ph.). — Description d'une nou- 
velle espèce de Chlmnys des faluns de l'Anjou. 

Communications verbales : 

M. le D"" Fée dit avoir vu à l'œuvre un insecte destructeur, 
sur lequel les auteurs sont muets : le Lepisfna saccharina. 
— Ce thysanoure a mis hors d'usage des cartes géographi- 
ques et dévoré des cartes de visite renfermées dans un 
tiroir, rarement visité, il est vrai. Le Lépisme du sucre ronge 
avec avidité les cartes de visite dont l'enduit a une saveur dou- 
ceâtre. 

Muséum : 

M. LouisBuREAU présente les sujets suivants, récemment acquis 
par rétablissement : 

1° Un Bouquetin de Sibérie, Capra sibirica (Mey.) 

2° Une Chèvre égagre, Hircus œgagrus Gray, que l'on consi- 
dère comme étant la souche de nos chèvres domestiques. 

3° Un Bouquetin Beden, Capra nubiana Fréd. Cuv. 



4. La leUre. la copie du rapport ainsi que le croquis représentant la drupe et 
deux formes de noyau observées chez le Gingko biloba, sont conservés aux 
Archives de la Société sous le N" B L — 1893. 



^loU de 91c. ^,fi. WU 



EuiJ. Soc. Se. Nat. C 






• • 




pliùiiiyces niiilaliilis Viil. 
var. tlocciger Tul. 



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K. I.Mir„spoius Vi 





;5. K. ina.ulatus Vil(. 





E. cyanospijiiis Ti 





0. E. vaiiegâTus Vilt. 






E. graniilatiis Vill 



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is Vit(. 



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ELAPH0MYCE3 DE LA LOIRE-INFÉRIEURE 



d Camiiy, 33, c. Halle. Pa 



ASCOMYCETES HYPOGES 

de la Loire-Inférieure 

(KLAPHOHYCÉS. TUBÉRACÉ3. CSNOCOCCÉS) 

par M. Ch. MÉNIER 
PL I. 

fôt mnrs isusj 

pe Famille. — ÉLAPHOMYCÉS [Elaphomycei Tul.) 

ELAPHOMYCES NeCS 

Champignons hypogés, globuleux ou subglobuleux. Couche 
externe (voile) rigide, crustacée, lisse ou verruqueuse. Couche 
interne (écorce) plus épaisse, discolore, homogène ou marbrée. 
Masse interne (glèbe) charnue, veinée, formée d'hyphes et de 
capsules (asques ou thèques) sphériques ou ovales contenant de 
1-8 spores sphériques, colorées, rarement réticulées, en général 
lisses ou paraissant très finement aculéolées ^ . Glèbe se résol- 
vant à la maturité en une masse pulvérulente de spores entre- 
mêlées de filaments soyeux adhérents à l'écorce. 



1. Les spores des Elaphomyces sont revêtues d'une membrane incolore et 
lisse. Au dessous de cette couche hyaline, dans un certain nombre d'espèces (E. 
vmtabiiis, maculatus. variegatus et granulatus) on constate, à un fort 
grossissement du microscope, et en faisant varier la mise au point, des 
aiguillons serrés appartenant à la première enveloppe colorée. C'est ce qui a 
fait, sans doute, décrire ces spores tantôt comme lisses, tantôt comme scabres, 
granuleuses, verruqueuses ou aculéolées. Celle de l'E. anthracinus, très opaques, 
paraissent seulement furfuracées. 



NANTES. —BULL. SOC. SC. NAT. OUEST 



Clef analytique des Elaphomyces de la Loire-Inférieure 

/Champignon pourvu d'une base distincte. 

a ( Spores réticulées 5. E. cyanosporus 

(champignon dépourvu de base distincte. .. . b. 

l Voile noir, terre d'ombre ou bistre c. 

j Voile jaune, orangé ou fauve f . 

\ Mycélium blanc 1. E. mutabibis 

) Mycélium d'une autre couleur d. 

\ Mycélium brun 4. E. anthracinus 

I Mycélium vert de gris ou jaune vert e. 

\ Très petit (5 à 10 ""j. Spores presque hyalines. 2. E. leucosporus 

I Diamètre (10 à 20 '"'"). Spores colorées 3. E. maculatus 

j Voile hérissé de verrues pyramidales serrées. 

\ Écorce marbrée a l'intérieur 6. E. variegatus 

) Voile couvert de verrues fines et espacées. 

( Écorce homogène 7. E. granulatus 

1. — E. mutabilis var. flocciger Tul. Fungi hijpoo. 
t. m, lig. 1, p. 103. 

Globuleux ou plus ou moins comprimé, enveloppé d'un épais 
mycélium floconneux blanc. Voile noirâtre, finement tuber- 
culeux. Écorce un peu molle, bleuissante. Spores sphériques, 
(12 à 13 p) gris bleuâtre, lisses. Odeur de menthe. 

Hab. — Forêts du Cellier, de Princey, de Mâchecoul, du 
Gâvre ; bois de la Jarrie, près la Bernerie ; parc de 
Maubreuil, en Carquefou ; Savenay. 

Obs. — Cette espèce remarquable par son épais mycélium 
blanc, très adhérent, son écorce bleuissante et son odeur de 
menthe, est bien conforme aux échantillons types récoltés par 
Tulasne et conservés dans l'herbier du Maséum de Paris. 

2. — E. leucosporus Vitt., Monog Lycop. p. 71, t. m, 
fig. 1. — Tul., Fung. htjp., p. 104. — Pat., Tab. anal., p. 69, 
n» 159. 

Globuleux, ovoïde ou elliptique (Dim : 5- 10""°^). Voile brunâtre 
lisse avec des traces d'un mycélium vert de gris. Écorce mince 
brune. Glèbe blanche puis légèrement roussâtre. Spores 
sphériques, (17-19 pt), lisses, hyalines, puis légèrement teintées 
de jaune pâle. 



GH. MENIEK. — ÂSCOMYCETES HYPOGES . à 

Hab. — Parc de Maubreuil. RR ; la Louinière, commune 
fie Treillières. — Dans les taillis de Châtaigniers. 

Obs. — Dans cette rarissime petite espèce, les spores sont le plus 
souvent recouvertes de courts illaments assez adhérents qui 
pourraient les faire paraître comme réticulées sous le micros- 
cope. Les échantillons récoltés par Vittadini et Tulasne sont 
identiques à ceux de la Loire-Inférieure. 

3. — E. maculatus Vitt., Monog. Tub., p. 66, t. iv, fig. v, 
etMonog. Lycop., p. 73. — TuL, Fimg hyp.,i^. 104 et^nn. 
se. nat., 2» sér., t. xvi, p. 20, 1. 1, fig. 1, et t. m fig. 2. 

Globuleux (10 à 25""" de diamètre). Voile brun noir, lisse, avec 
des taches mycéliennes jaune vert. Écorce blanchâtre. Glèbe 
blanche puis olivâtre. Spores sphériques (35 ;x) lisses, d'un 
brun olive. 

Hab. — Forêt du Cellier ; parc de la Chauvinière, en St- 
Herblain. RR. 

Obs. — L'E. Leveillei TuL, Fung. hijp., t. m, fig. vu 
et t. XIX dont quelques auteurs font une variété du précédent 
me paraît très distinct. Les nombreux échantillons que 
M. Boudier m'a fait récolter à Montmorency sont très nette- 
ment granuleux à la surface, le mycélium est plus localisé dans 
des fossettes arrondies et les spores beaucoup plus petites (20 
à22fx.) 

Je ne l'ai pas rencontré dans le département. 

4. — E. anthracinus Vitt., Monog. Tub., p. 66, t. m, fig. 
vni ; Monog. Lyc, p. 72. — TuL, Fung. hyp., p. 106, t. xix. 

Globuleux, environ 10 ™°» de diamètre, souvent déprimé ou 
ombiliqué, avec un petit mamelon au milieu. Voile brun noir, 
lisse. Mycélium brun. Écorce blanchâtre. Spores sphériques 
(18-20 u) d'un brun noir, furfuracées. Odeur de rave. 

Hab. — Forêt du Cellier. RR. 

Obs. — Bien distinct des précédentspar son mycélium brun, 
ténu et fugace, visible surtout à l'état frais, ses spores et son 



4 NANTES. —BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. O. 

odeur de rave qui persiste sur les échantillons desséchés, même 
au bout de plusieurs années. Difficile à reconnaître dans 
l'humus à cause de sa couleur foncée, il devient couleur terre 
d'ombre, par la dessiccation, et très cassant. Je l'ai trouvé une 
seule fois au pied d'un chêne. 

5. — E. cyanosporiis TuL, Fung. hyp.^ p. 113, t. m, fig. v. 

Globuleux déprimé ou même ombiliqué au sommet {10 à 
20°»"™ diam.) et présentant une sorte de base stérile mal déli- 
mitée, mais bien visible. Voile d'un noir bistre, verruqueux, avec 
traces d'un mycélium bleu noir, peu apparent. Écorce épaisse, 
dure, noirâtre ; glèbe bleuâtre. Spores sphériques (23 à 25 /x) , 
réticulées, d'un bleu cendré. 

Hab. — Forêts du Cellier, de Toufîou, de Machecoul, du 
Gâvre. 

6. — E. variefjatus Yitt., Monog. Tub., p. 68, t. iv, flg. iv et 
Monog Lyc, p. 76. — var.;3. liirtus TuL, Fung. hyp., p. 108. 

Sphérique ou subsphérique (?0 à 30™™ diam.). Voile jaune, 
jaune ochracé ou fauve, hérissé de verrues pyramidales 
serrées. Mycélium jaune, tugace. Écorce épaisse, charnue, 
ferme, d'un brun rougeâtre marbré de blanc. Glèbe d'un brun 
pourpre très foncé. Spores sphériques (20-22 /^t), lisses, brunes. 

Hab. — Forêts du Cellier, de Touffou, de Princey, de 
Machecoul ; parc de Maubreuil ; bois de Barbe-Bleue, du 
Petit-Port, de la Bigeottière, de la Chauvinière, des Dervallières, 
de la Louinière ; Sucé ; le Bois-Briand ; Orvault ; le Plessis- 
Tison ; St-Sébastien ; la Houssinière ; St-Joseph-de-Portricq ; 
Sautron. AC. 

Obs. — D'après l'examen des échantillons de l'herbier 
Tulasne, tous les échantillons recueillis jusqu'ici dans la Loire- 
Inférieure doivent être rapportés à l'^". variegatus var. /3 hirtus 
Tul. La var. « cœlatus du même auteur n'en diffère que par ses 
verrues pyramidales plus larges et obtuses. 

La troisième variété y pallens Tul. diffère des deux précé- 



CH. MÉNIER. — ASCOMYCÈTES HYPOGÉS. 5 

dentés par son voile plus pâle et finement verruqueux granulé 
qui rappelle celui d'E". granulatus. 

7. — E. granulatus Fries, S. myc, m, p. 58. — Vitt., Monog. 
Lycop., p. 78, t. m, fig. 7. — Tul. in Ann. se. nat. 2« série, 
t. XVI, p. 22, 1. 1, fig. 3, t. II, fig. 7 et t. iv, fig. 3. — E. leuco- 
carpus Vitt. Mon. Tuber. 

Vulg^ TRUFFE DE CERF. 

Globuleux ou globuleux déprimé (20 à 30™"^ de diamètre). 
Mycélium jaune, fugace. Voile jaune, puis jaune ochracé ou 
brunâtre, finement verruqueux par des papilles obtuses géné- 
ralement un peu espacées. Écorce charnue, aqueuse, homogène 
non marbrée, blanche sous le voile dans la partie externe, 
rougeâtre dans la partie interne, et conservant ces teintes après 
dessication. Glèbe très noire à la maturité. Spores sphériques 
(28-30 tx), lisses, d'un brun noir. 

Hab. — Forêts du Cellier, de Touffou, de Princey, de 
Machecoul, du Gàvre ; Maubreuil en Carquefou ; St-Etienne- 
de-Mont-Luc ; La Jarrie près la Bernerie ; Bois-Briand en 
Ste-Luce; le Chaffaut en Bouguenais; la Louinière ; Sucé; 
Orvault; La Chevrolière ; Sautron; Savenay, etc. AC. 

Obs. 1. — Cette espèce était autrefois employée en médecine 
sous le nom de Bolet de Cerf, comme aphrodisiaque, propriété 
attribuée aussi aux Truff'es et à d'autres champignons. 

Elle est toujours plus ou moins contractée par la dessi- 
cation. 

Obs. 2. — L'E. asperulus Vitt., Monog. Tub., p. 69, t. iv, 
fig. VI ; et Monog. Lyc.,]^. 77, est très voisin du précédent. 
Tulasne * fait suivre la description qu'il en donne de l'obser- 
vation suivante : 

« Cette espèce est beaucoup moins voisine de l'^". variegqtus 



I. Fun^i hypop;fPi p. 110. t. m, W'j.. xi 



6 NANTES. —BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. —T. 5. 

» auquel M. Vittadini la compare, que de ÏE. granulatus dont 
» elle nous paraît à peine différer; elle s'en distingue seule- 
» ment par la couleur du peridium qui est blanche dans ce 
» dernier (seulement chez les individus desséchés), tandis 
» qu'elle est d'un rose vineux obscur dans le champignon dont 
» il s'agit. Cette dernière teinte, qu'on trouve ordinairement 
» avec une faible intensité dans la partie la plus profonde du 
» peridium de VE. granulatus appartient au tégument tout 
» entier de l'^^. asperulus sauf au cortex qui demeure jaune à 
» l'intérieur comme chez 1'^. granulatus. Cette différence de 
» coloration n'est pas moins constante et facile à apprécier dans 
» les individus desséchés que dans ceux qui ont été récemment 
» arrachés de terre ; néanmoins il est vraisemblale qu'elle ne 
» caractérise [que des états différents d'une seule et même 
» espèce. Nous n'avons pas constaté d'ailleurs, comme M. Vitta- 
» dini que les spores de YE. granulatus fussent beaucoup 
» plus petites que celle de YE. asperulus; les unes et les autres, 
» vues ensemble, sur les divisions du micromètre, ne diffèrent 
» point par le volume; leur diamètre commun varie entre 
» 0™'», 025 et 0™°», 03. » Après ces lignes on est naturellement 
amené à se demander pourquoi Tulasne l'a conservé comme 
espèce distincte. Je n'ai jamais rencontré cette variété parmi les 
nombreux échantillons de YE. granulatus que j'ai récoltés dans 
la Loire-Inférieure. 

Obs. 3. — Les Elaphomyces vivent dans nos bois au 
milieu d'essences variées, chêne, châtaignier, bouleau, charme, 
pin, et généralement à une faible profondeur dans le sol. Il 
convient de les rechercher dans les terres fraîches et riches en 
humus. Sous ce rapport les E. variegatus et granulatus^ les 
plus communs de tous, se montrent moins exigeants que les 
E. cyanosporus, anthracinus, leucosporus,maculatus et muta- 
Mlis. Ce dernier semble avoir besoin pour son développement 
d'une couche assez profonde d'un humus léger, où le fait vite 
reconnaître son épais mycélium blanc. L'E. cyanosporus se 
rencontre dans des conditions assez variées : Dans la forêt du 
Cellier, dans l'humus des parties où croît le Molinia cœrulea 
(guinche) ou bien sous les épais coussinets d'une mousse, le 



CH. MENIER. — ASCOMYCETES HYPOGES. 7 

LeuGObryum glaucum, recouvrant les vieilles oépées. Dans la 
forêt du Gàvre on le trouve aussi à la surface, mais alors sous le 
couvert des grandes futaies. Pour la récolte des ElapJiomyces, 
il importe de prendre quelques précautions bien indiquées par 
M. Boudier*, comme par exemple celle de racler l'humus 
plutôt que de le retourner. Il est nécessaire d'opérer avec pré- 
caution pour ne pas les endommager. Les espèces à voile jaune 
sont faciles à voir; il n'en est pas de même de celles qui sont 
brunes ou noirâtres et dont la couleur se confond avec celle du 
sol. On est averti de la présence de quelques unes par un 
mycélium coloré, vert de gris ou vert jaune (E. leucosporus, 
maculatus), brun (E. anthracinus), blanc (E. mutaMlis). 
L'hiver e4 le printemps paraissent les époques les plus favo- 
rables à leur recherche. 

IP Famille. — TUBÉRACÉS (Tuberacei Tul.) 

ÏUBER MiC/l. 

Champignons hypogés plus ou moins globuleux, charnus ou 
coriaces, glabres ou tomenteux, lisses ou verruqueux. Chair 
(glèbe), charnue, marbrée de veines sinueuses pâles (stériles) 
et colorées (ascigères). Asques ovoïdes ou globuleux renfer- 
mant de 1 à 8, plus souvent 4 spores. Spores ellipsoïdes ou 
sphériques, réticulées-alvéolées ou épineuses. 

T. sestivum Vitt., Monog. Tub., p. 38, t. ii, fig.iv. — Tul., 
Fungi Jnjp., t. vu, fig. in. —Quel. Ch. Jura, 2« p., t. iv, fig. 9. 
Vulgi Truffe d'été, Tî-u/fe de la St-Jean. 

Irrégulièrement globuleux, de la grosseur d'une noix à celle 
du poing ; brun noir, couvert de grosses verrues pyramidales 
crevassées en long et ordinairement finement striées en travers . 
Chair blanchâtre, puis brunâtre, parcourue par des veines 
blanches nombreuses, et très ramifiées. Asques sphériques ou 



1. Voir Bull. Soc. Bot. France 1876, p. 116: Du parasitisme probable de 
quelques espèces du genre Elaphomyces et de la recherche de ces Tuhé- 
racés ; par M. Boudier. 



» NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. O. 

ovoïdes, à 4 à 6 spores courtemeiU elliptiques, alvéolées- 
réticulées, d'un jaune brun. 

Hab. — La Freudière f commune de la Chevrolière, sous des 
tilleuls. (DeBelle-Isle). 

C'est la seule localité actuellement connue de cette espèce dans 
le département. Les truifes reçues par Genevier et signalées par 
lui à la Société académique de Nantes, il y a une vingtaine 
d'années, comme provenant de la Chevrolière appartenaient, 
sans doute, à la même espèce et à la même localité. 

J'ai récolté cette truffe à la Freudière à la fin de Juin 1887, et 
j'en ai encore reçu des échantillons au commencement de 
Novembre 1894. Elle était à une très faible profondeur dans le 
sol d'une allée ; un simple raclage la mettait à découvert. A 
cette époque elle avait déjà le volume d'une noix, les pyra- 
mides de la surface bien développées, une odeur faible qui 
devenait, par la dessication spontanée, très aromatique et péné- 
trante. J'ai vu des échantillons récoltés fin de l'automne qui 
avaient le volume du poing. Elle parait devenir rare dans 
cette localité. Elle peut être utilisée comme trufi'e de second 
ordre. 

D'après les anciens naturalistes nantais on aurait trouvé 
d'autres truffes dans la Loire-Inférieure. 

Moisan (Flore nantaise, 1839) en décrit une espèce dans les 
termes suivants : « Plante à surface lisse et unie, ayant une 
» couleur grise, la chair d'une consistance savonneuse et 
» exhalant une forte odeur d'ail: Ticber griseum. truffe 
» GmsE. Pers. De C, Cord. p. 234, à la Maillardière. 
» La Truffe grise, vulg. truffe à l'ail (Paul.) a été trouvée dans le 
» bois de la Maillardière, en Vertou, par M. le marquis de la 
» Bretesche, amateur de botanique très distingué. Elle n'est 
') pas moins estimée que la truffe comestible. C'est surtout 
» comme assaisonnement que l'on en fait usage. » 

Cette description nous semble désigner suffisamment le 
T. magnaùumPico. ; TuL, fimg. hyp., t. vi, fig. 3 et t. xvii, 
fig. 6. — Truffe grise de Borch, truffe blanche, truffe à l'ail du 
Piémont. Assez commune en Italie, on ne l'a signalée en 



CH. ■MENIER. — ASCOMYCETES HYPOGES . i) 

France qu'aux environs de Tarascon (Tulasne), d'Aix 
(Chatin), et sa var. grise (De Borch), à Piégut, Dordogne 
(Chatin). Elle vient en terrain argileux. 

Il me paraît très douteux qne le T. magnatum ait été 
rencontré dans notre région. Moisan l'a sans doute confondu 
avec une autre espèce à surface lisse. 

D'après Pradal on aurait également trouvé la vraie truffe 
comestible. Son Catalogue des plantes cryptogames recueillies 
dans le département de la Loire- Inférieure publié en 1858 
en fait ainsi mention : 

» Tuber cibariuni Bull. t. 356. — Hab. au Portereau 
» (Pradal), Maillardière (Delamare), St-Etienne-de-Mont-Luc 
(Hectot). (la truffe). » 

La planche 356 de Bulliard se rapporte en effet d'après 
Tulasne au Tuber brumale qui était alors confondu avec la 
vraie truffe noire, le T. 7nelanosporum , et il semble à priori 
assez difficile d'y rapporter une espèce comme le T. œstivum. 
Cependant le doute est encore permis. Il paraît certain que 
Pradal n'avait pas à sa disposition des moyens de détermina- 
tion suffisants. Les T. brumale et fnelanosjjorum viennent en 
terrain calcaire et les localités citées par lui sont essentielle- 
ment siliceuses. Enfin, depuis l'époque déjà ancienne à laquelle 
Pradal publiait son catalogue, on n'a jamais, à ma connaissance, 
trouvé de truffes noires dans le département. 

Il paraît toutefois qu'on a récolté des truffes sous un chêne 
vert à la Maillardière ; mais à quelle espèce appartenaient ces 
truffes? Elles ont disparu depuis longtemps et je tiens du 
Df Delamare lui-même, cité par Pradal, qu'il n'en a jamais 
récolté ni vu dans cette localité. Je n'ai pu obtenir aucun 
renseignement concernant les truffes trouvées à St-Etienne- 
de-Mont-Luc. Au Portereau, ni les anciens propriétaires, ni le 
jardinier, attaché depuis 17 ans à la propriété, n'ont souvenir de 
truffes recueillies sur leur sol. L'existence des T. brumale ou 
melanosporum (truffe noire) reste donc très problématique, 
tandis qu'il est au contraire vraisemblable que si des truffes de 
couleur foncée ont été récoltées dans ces différentes localités 
elles doivent appartenir au T. œstivum. 



10 NANTES . — BULL. SOC . SC . NAT . OUEST . — T . 5 . 

Je ne sache pas non plus que des essais de culture de la truffe 
aient réussi dans le département 

me Famille. — CÉNOCOCCÉS {Cenococcei Tal.) 
CENococcuM Pries 

Sphérique. Voile lisse, noir. Écorce crastacée, dure, noire, 
Glèbe, ni filamenteuse, ni pulvérulente à la maturité, constituée 
par un tissu plus lâche, moins noir, semblant continuer 
l'écorce. Spores sphériques, noirâtres, presque opaques, lisses 
ou parfois réticulées (Tulasne). Genre voisin des deux précédents 
mais bien distinct par sa structure interne. 

G. geophilum Fr. — Caractères du genre. 

Obs. — Ressemble à de la graine de radis ou à de la grenaille 
de plomb. Il adhère quelquefois à son mycélium brun noir qui 
disparaît bientôt, laissant le champignon réduit le plus souvent 
à une coque sèche et cassante sans traces d'organisation interne. 

Son étude est loin d'être complète. 

Hab. — Commun sous les mousses dans les bois. 

Les Ascomycètes hypogés n'avaient été jusqu'ici l'objet 
d'aucune recherche spéciale dans la Loire-Inférieure et même 
dans l'Ouest de la France, aussi toutes les espèces décrites ci- 
dessus, à l'exception de VElaphomyces variegatus (Coll. 
Dominique) sont nouvelles pour la Flore mycologique du dépar- 
tement. 

Dans la Bretagne, Talabardon * , ami des Tulasne, a dû faire, 
à l'instigation de ces derniers, quelques recherches autour de 
Rennes d'où il leur envoya VElaphomyces variegatus et une 
autre intéressante et rare espèce, YE. decipiens. 

Pontallié ', également cité par Tulasne, a récolté fréquemment 
dans la forêt de Rennes l'E. cyanosporus. 

Les frères Crouan' auteurs d'une '^ Florule du Finistère '' 



1. Tulasne: Fungi hypogœi. p. 108 et 109. — Paris, 1862 

2. Tulasae : loc. cit., p. 113. 

3. P. L. et H. M. Croiian : Florule du Finistère. — Brest. 1867. 



CH. MENIER. — ASCOMYCÈTES HYPOGÉS. 11 

et bien connus par leurs travaux sur les cryptogames de cette 
partie de la Bretagne, ne signalent que trois espèces de ce groupe, 
les E. variegatus, granulatus et le Ticber nitidum Vitt. Au 
total, pour toute la Bretagne, on ne compte d'après les travaux 
publiés, que cinq espèces parmi lesquelles les deux Elupho- 
myces les plus répandus. 

Il est certain qu'on doit en trouver d'autres dans la région ; 
cependant mes recherches étant restées infructueuses depuis 
l'hiver de 1886-87, pendant lesquels j'ai pu réunir ces différentes 
espèces, je me décide à en faire connaître les résultats. 

La publication de ce petit travail contribuera, je l'espère, à 
appeler l'attention sur ces curieux cryptogames et à en faciliter 
la récolte. 

J'ai soumis les espèces décrites à un examen scrupuleux, en 
m'aidant des remarquables monographies de Vittadini et des 
Tulasne, des travaux et des conseils de mes savants collègues 
MM. Boudier, Patouillard et Quélet. Enfin j'ai pu les comparer 
aux types de Vittadini et des Tulasne conservés dans l'herbier 
du Muséum d'histoire naturelle de Paris, grâce à l'obligeance de 
M. P. Hariot à qui je suis heureux d'exprimei- ici toute ma 
gratitude. 



12 NANTES . — BULL . SOC . SC . NAT . OUEST . — T . 5 . 



EXPLICATION DE LA PLANCHE I. 



\. a. — Elaphomyces mutabilis var. flocciger Tul., de grand, nat. 
et revêtu de son mycélium. 
b. — Coupe transversale (la fig. 1, c appartient à E. cyanosporus). 

2: a. — E. leucosporus entier, de grand, nat. — b. coupe 
transversale. 

3. a. — E. maculatus Vitt. entier, de grand, nat. 
b. — Coupe transversale. 

4. a. — E. anthracinus Vitt. entier, de grand, nat. 

b. — Coupe transversale. 

5. a. b. — E. cyanosporus Tul. entier, de grand, nat. 

c. d. — Coupes transversales. (1, c spore X 700). 

6. a, a. — E. vat'iegatusWilt. entier, grand, nat. 

b. — Coupe transversale. 

7. a, a. — E. granulatus Vitt. entier, grand, nat. 

b. — Coupe transversale. 

Nota. — Les figures 1 a ; 2; 3 a, a; 4; 5 a, a, b ; 6; 7 a, a, sont des 
reproductions de photographies d'après nature par les procédé» photo- 
typiques. 



ETAT D'AVANCEMENT 

de la Feuille géologique d'Angers 

au S0,000' 

Rapport à M. le Directeur 

du Service de la carte géologique détaillée de la France 

par M. Louis BUREAU 



L'état d'avancement de la feuille géologique d'Angers permet 
de se rendre compte de la disposition des terrains primaires qui 
en occupent l'angle S. 0. 

Deux grands synclinaux : au nord celui d'Angers; au sud, le 
prolongement de celui d'Ancenis, séparés par un vaste anti- 
clinal, formant lui-même des plis secondaires, donnent à cette 
feuille son caractère spécial. 

Le bassin d'Angers contient les dépôts du Silurien supérieur 
et du Dévonien inférieur. 

Le bassin d'Ancenis ne présente que le Silurien supérieur et 
la houille de Beaulieu, prolongement de la bande carbonifère de 
la Basse-Loire (grauwackedu cul ni), le Dévonien s'arrêtant dans 
la feuille d'Ancenis. 

Deux failles importantes, formant Y et correspondant l'une 
à la Loire, l'autre à la Maine, se rencontrent à Sainte-Gemme- 
sur-Loire; elles divisent en trois segments les terrains primaires 
de cette feuille qui revêtent des caractères propres, en raison 
des pressions différentes auxquelles chacun d'eux a été soumis. 

Deux autres failles, de moindre importance, s'observent, 
l'une sur la rive droite de la Maine à Grezillé, l'autre sur la 
rive gauche à Saint-Barthélémy. 

J'examinerai, dans l'ordre stratigraphique, les terrains 
rencontrés, en commençant par les couches les plus anciennes. 

Précambrien. — Le Précambrien forme, au nord de la 
Loire, 5 bandes dirigées N.O.-S.E., comme toutes les couches 
paléozoïques de la feuille. Ce sont, du nord au sud : 



14 NANTES. — BULL. SOC. NAT . OUEST. — T. 5. 

1° Le prolongement du grand anticlinal de Châteaubriant, le 
Lion-d'Angers, Juigné-Bené, composé de schistes argileux, avec 
lits intercalés de grauwaches grossières. Au sommet de l'étage 
se voient des poudinguesquartzeuxà petits et moyens éléments 
(Montreuil-Belfroy, la Cerclaire au nord d'Angers). 

2° L'anticlinal du château de la Plesse, au S. d'Avrillé, qui 
se termine au bord de la Maine, dans les jardins de l'Hôtel- 
Dieu d'Angers. Des poudingues quartzeux intercalés se 
montrent au S. du château de la Plesse et dans les bois de 
l'étang Saint-Nicolas, au S. de la Haie-des-Bons-Hommes. 

3'^ L'anticlinal de Beaucouzé qui traverse la Maine et atteint 
la rive droite de la Loire à Saint-Aubin. 

4° et 5° Au S. de Beaucouzé, deux bandes qui traversent la 
Maine et se continuent dans la pointe de Sainte-Gemme-sur- 
Loire. 

Au sud de la Loire, le Précambrien est réduit à deux bandes : 
l'une étroite, passant à l'est des moulins de la Roche, au S. des 
Ponts-de-Cé, l'autre plus large occupant l'espace compris entre 
la Fontenelle et Erigné. 

Précambrien (jranulitique. — Le Précambrien granu- 
litique se montre à l'angle S.-O. de la feuille. Il se rattache au 
grand massif qui s'appuie sur les terrains cristallins de l'Anjou, 
de la Vendée et de la Loire-Inférieure. 

Grès pourpré. — Le grès pourpré fait le plus souvent 
défaut au-dessus du Précambrien. Il se montre toutefois, avec 
des caractères typiques, au flanc sud de l'anticlinal de 
Pruniers, sur les bords de la Maine qu'il traverse pour gagner 
la rive droite de la Loire à l'hospice de Sainte-Gemme. Sur la 
rive gauche, on le retrouve à la Roche-de-Mùrs, d'où il se 
dirige sur le moulin de Prince. 

Grès armoricain. — Le grès armoricain forme de 
nombreuses bandes. On peut en compter 9 principales sur la 
rive droite de la Maine et 8 seulement sur la rive gauche. Au S. 
de la Loire, elles se réduisent à 4. Les bandes qui ont fourni 
des Bilobites sont celles de Montreuil-Belfroi qui passe à la 
tranchée des Granges au nord d'Angers, de Saint-Léonard près 
Angers (un Bilobite, coll. de M. Cheux), de Pruniers, d'Erigné. 
La bande du Ronceray n'a encore fourni que des Scolithes. 



L. BUREAU. — FEUILLE GÉOLOGIQUE D'ANGERS 15 

Schiste ardoisier. — Le schiste ardoisier forme 6 
bandes distinctes sur la rive droite de la Maine et 3 seulement 
snr la rive gauche. Ce sont, du nord au sud : 

1° La bande ardoisière du bourg d'Avrillé comprenant deux 
niveaux: les schistes ardoisiers ordinaires, à la base, les 
schistes à nodules avec Calymetie Trisûani au sommet. Cette 
bande traverse la Maine et se continue vers l'est avec les 
mêmes caractères, à l'exception toutefois de la couche à 
nodules qui n'a pas été retrouvée à l'est de la rivière. 

2» La bande qui passe au sud du bourg d'Avrillé, dans 
laquelle est ouverte l'ardoisière de la Désirée, actuellement en 
activité et l'ancienne carrière du Moulin-Cassé. 

3<^ La bande très étroite de la Beurière, au sud de la précé- 
dente, et sans applications pratiques. 

4° La bande de l'étanij; Saint-Nicolas qui fournit des ardoises 
en échalas de très grandes dimensions. 

5° La bande de Beaucouzé, sans applications industrielles, 
qui traverse la Maine et atteint la rive droite de la Loire. 

6*^ La bande de schistes non fissiles, située au nord de Bouche- 
maine, qui traverse la Loire et reparaît à la Roche-de-Mùrs. 

Sur la rive gauche de la Maine, les bandes de la Désirée, de 
la Beurière et de l'étang Saint-Nicolas se fusionnent en une 
large nappe tout en conservant les caractères qui leur sont 
propres. Au nord, se voient les couches qui fournissent les 
ardoises d'Angers. On y reconnaît trois veines exploitables 
connues sous les noms de: Veine du nord, Veine du sud et Veine 
de l'extrême sud. Ces couches exploitables se retrouvent à 
Juigné-sur-Loire. Au sud des bancs fissiles sont les ardoises en 
échalas qui viennent de l'étang Saint-Nicolas et se poursuivent 
également au sud de la Loire, par Juigné et Saint-Jean-des- 
Mauvrets. 

Silurien supérieur. — Le Silurien est représenté, dans 
les deux bassins, par des schistes gris, verts ou rouges avec 
lits intercalés de phthanites à Graptolithes qui dessinent à la 
surface du sol des bandes parrallèles dues à des plis. 

Au-dessus de ce niveau, on voit, dans le bassin d'Angers, 
celui des sphéroïdes à Cardiola interrupta (le Fléchay, près 
Avrillé). Il fait défaut dans le bassin d'Ancenis. 



16 NANTES. —BULL. SOC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Dévonien inférieur. — Le J3évonien inférieur offre un 
beau développement aux environs d'Angers. Il y est représenté 
par deux niveaux : le grès à Orthis Momiieri et le calcaire 
d'Angers dont la position stratigraphique, au-dessus du 
calcaire à Athyris undata, est aujourd'hui bien établie par les 
travaux de M. Œhlert. 

1'^ Le grès à Orthis Monnieri s'étend, sur la rive gauche de 
la Maine, depuis les Fourneaux, près Angers, jusqu'à 
Verrières, au nord de Trélazé. 

Sur la rive droite, où il n'était pas connu, il m'a fourni, au 
Fléchay, près Avrillé, un gisement fossilifère. 

2'^ Le calcaire d'Angers se montre sur la rive gauche de la 
Maine, où il accompagne le grès, dans toute son étendue. 

Carbonifère. — Le Carbonifère, prolongement de la bande 
de la Basse-Loire, se montre au sud de Beaulieu où la houille 
est exploitée. Il appartient au niveau de la Grauwacke du culm. 

Pliocène. — Le terrain pliocène est représenté par des 
sables rouges sans fossiles. Il est particulièrement abondant au 
sud de la Loire, sur les communes de Mozé, Vauchrétien, Brissac. 

ROCHES ÉRUPTIVES 

Les roches éruptives de la région explorée sont : 

Granité. — Le granité aurait été rencontré à Angers dans 
les fondations du pont de la Basse-Chaîne et dans celle de 
l'abattoir. Ces gisements ne sont plus visibles. 

Diabases. — Les diabases et porphyrites en filons-couches 
se voient dans l'étage des phthanites au sud de la Loire. 

Orthophyres. — Les orthophyres forment des filons de peu 
d'épaisseur intercalés dans les schistes précambriens. On les 
voit à Beaucouzé, à la Rive sur la rive droite de la Maine, aux 
environs de Ste-Gemme-sur-Loire et à la butte d'Erigné. 

Porpliyroïdes. — Les microgranulites schisteuses ou 
porphyroïdes s'observent dans l'étage des phthanites, au sud de 
la Loire, de Denée à Mozé. 

Quartz. — Le quartz se montre au bord ouest de la feuille, 

au nord de Beaucouzé, où une vaste éruption se rattache aux 

émissions granitiques de Bécon à St-Lambert-la-Potherie 

(feuille d'Ancenis). 

Nantes, 1^" Décembre 1894. 



UN CAS DE SOCIABILITÉ 

Chez l'HIRONDELLE de CHEMINÉE (HiriiMo rustica) 

par M. F. CHAILLOU 

(31 mars I8'J3J 

Les animaux ne naissent pas ennemis implacables de l'homme, 
car on les a vus plus d'une fois, dans des contrées jnsqu'alors 
inconnues, s'approcher de lui sans défiance. C'est le besoin de 
vivre, le puissant instinct de la conservation, qui pousse les uns 
à l'attaquer pour s'en repaître, les autres à le fuir afin d'éviter 
ses coups. Mais, tout pressant que soit cet universel instinct, il 
s'efface cependant devant une volonté plus impérieuse encore de 
la nature : la reproduction de l'espèce. 

La faiblesse relative des êtres ici mis en cause, leur légèreté, 
leur grâce, les services qu'ils nous rendent, les aimables légendes 
dont nous avons entouré leur existence apporteront peut-être à 
ce récit quelque intérêt ou quelque charme- Il s'agit des hiron- 
delles. 

Nous avons tous apprécié la familiarité de ces charmants 
oiseaux ; nous les avons tous vus fréquenter nos villes, le 
voisinage de nos habitations rurales, pénétrer jusque dans les 
étables et les greniers à fourrages pour y construire leurs nids ; 
mais nul n'a pu, sans doute, se rendre témoin d'un fait analogue 
à celui que je vais essayer de raconter. 

Étant à la toilette par une belle matinée de mai de 1894, je 
vis une hirondelle de cheminée — Hirundo rustica — passer et 
repasser en voltigeant avec persistance aux carreaux de la 
croisée de ma chambre à coucher. Je m'approchai sans la faire 
fuir ; j'ouvris la fenêtre ; elle entra. 

Mon étonnement fut grand de la voir alors, comme elle le 
faisait au dehors, continuer de s'agiter à l'intérieur de la pièce, 
volant au dessus de ma tête et m'enveloppant dans un inextri- 
cable enchevêtrement de circonférences et de courbes, aux rayons 

2 



[S NANTES. — JiUlJ,. SOC. se. NAT. OUEST. — T. 5. 

raccourcis par les dimensions assez restreintes de rappartement. 
Elle chantait en même temps sans interruption. Ce n'étaient 
pas ces cris stridents et brefs que l'hirondelle effrayée lance au 
moment du départ, mnis une sorte de doux ramage exempt de 
toute inquiétude, et semblant invoquer la protection et la pitié. 

Intrigué de plus en plus, je sortis de la pièce en laissant à la 
porte une faible ouverture afin de ne rien perdre de ce qui 
devait se passer. 

Elle s'abattit dans un coin de la chambre, sur le haut du 
chambranle d'un placard servant de vestiaire, qui faisait sur le 
mur une saillie de 6 centimètres ; puis demeura quelques ins- 
tants sans plus chanter ni se mouvoir. Bientôt, une seconde 
hirondelle arriva se poser près d'elle, et commença ce gazouille- 
ment familier, témoin de la satisfaction la plus grande, jointe 
à la plus complète sécurité. Le mâle et la femelle, dans un but 
que je définissais mal encore, s'entretenaient simplement de 
leurs petites affaires ; et, la conversation terminée, ils s'enfui- 
rent ensemble à tire d'aile. 

Profiter à la hâte de leur absence, saisir une chaise et m'élever 
à la hauteur du chambranle fut l'affaire d'un moment, tant 
j'étais désireux de bien connaître la cause qui les attirait en ce 
lieu. Quelle ne fut pas ma surprise en apercevant quelques 
béquées de vase qui, disposées en rond les unes à côté des 
autres, donnaient la preuve indubitable qu'un nid, encore 
rudimendaire, était, à mon insu depuis la veille, ébauché dans 
cet endroit. 

Le travail fut continué vivement ; et comme il s'accomplissait 
dans la première partie du jour, la femme de chambre reçut 
l'ordre de ne vaquer que plus tard aux soins du ménage, avec 
toutes les précautions nécessaires pour ne pas gêner l'heureux 
couple. Chaque matin les gracieux visiteurs attendaient mon 
réveil pour pénétrer dans la chambre qui leur était immédiate- 
ment ouverte ; et, il s'était établi dans notre vie commune une 
telle intimité que j'allais et venais sans m'occuper de leur 
petit manège, et sans qu'ils parussent faire la moindre atten- 
tion à moi. 

Au bout de quelques jours, la femelle garda le nid plus long- 



F. CHAILLOU. — HIRONDELLE DE CHEMINÉE 19 

temps. Un soir, à mon coucher elle s'y trouvait encore ; je 
fermai la croisée sans qu'elle y prit garde et nous passâmes la 
nuit ensemble. L'incubation était commencée. 

Le lendemain, mettant à profit une des rares absences de la 
mère, et désirant vérifier l'état des lieux à loisir, je fermai la 
croisée. Hélas! elle ne devait pas s'ouvrir le lendemain comme à 
l'ordinaire, et l'instant est venu d'avouer ce que j'ai considéré, 
depuis, comme une erreur. Il fallait sacrifier la peinture du 
placard, la tapisserie du mur et la propreté de la pièce ; il 
fallait tout abandonner à cette pauvre mère, et passer même 
de longues heures auprès d'elle, pour se livrer, sur ce couple si 
familier, à une intéressante étude de physiologie animale. Il 
eut été facile alors de déterminer, avec une scrupuleuse exacti- 
tude, et dans les moindres détails, l'instant et les intervalles de 
la ponte, sa durée totale et celle de l'incubation, le temps d'édu- 
cation des petits et vérifier, une fois de plus d'une manière 
irréfutable, la question du retour de la même hirondelle au 
même nid l'année suivante. 

J'ai regretté plus d'une fois de ne l'avoir pas fait. Mais, cher- 
chant à réunir, dans une intention louable, la série des œufs 
d'oiseaux du département j'avais besoin de ce nid. Les cinq 
œufs qui le gai'uissaient furent donc enlevés et placés dans la 
collection dont ils font encore partie. 

Le nid, fait à la hâte, était resté pour ainsi dire à l'état 
d'ébauche, et il fut impossible d'en rien conserver. Il se compo- 
sait d'un petit talus de boue desséchée, qui le limitait circulaire- 
ment, sans que l'on vit au fond aucune de ces matières fines et 
soyeuses qui en garnissent le plus souvent l'intérieur. Les œufs 
étaient simplement déposés sur le bois même du chambranle. 
Un premier nid construit ailleurs avait été sans doute détruit 
par une cause accidentelle, et l'oiseau pressé par la ponte avait 
dû se réfugier au premier endroit qui lui parut sur et convena- 
ble, pour accomplir le vœu de la nature avec la rapidité et la 
confiance qui viennent d'être constatées. 



CORRECTIONS ET ADDITIONS 

AU 

CATALOGUE 

DES 

HÉMIPTÈRES 

de la Loire-Inférieure 

par l'abbé J. DOMINIQUE 

^.5/ mars 1S9SJ 

C0I^I^ECTI01^TS : 

Page 115, après Araeopus pulchellus Curtis, ajouter : 

STENOCRANUS FiCb. 

s. lineola Germ. — Pré humide près le château du Breuil, 
en laHaye-Fouassière. AC. — Nantes, Clissoii, Pornic, dans les 
lieux herbeux. Août-octobre. — Basse-Goulaine, mi-octobre 
{Piel de C.) 

Modifier ainsi les lignes suivantes : 

KELisiA Fieb. 

K. guttula Ger/)i . — Pré humide près le Breuil, en la Haye- 
Fouassière, en septembre. R. 



ADDITIONS ET OMISSIONS: 
I. — HETEFCOF>TERA. 

l>-e Famille. — PENTATOMIDES 

ACANTHOSOMA CuHiS 

A. hsemorroïdale Lm. — Forêt de Touffou ; novembre 

(Piel de C.) 



22 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

4me Famille. ~ LYG^IDES 

oxYCARENus Fieb. 

O. modestus Fall. — La Chapelle-sur-Erdre, en mars 
{Piel de C.) 

RHYPAROCHROMUS CvrtlS 

R. antennatus Schill. — La Chapelle-sur-Erdre, au com- 
mencement d'avril. Un seul exemplaire {Plel de C.) 

TRAPEZONOTUS Fi.eb. 

T. agrestis Fall. — Un seul individu cf. macroptère, en 
avril. Foret de Touffou (Piel de C.) 

scoLOPOSTETHus Fieb. 

s. pilosus Reut. — Un exemplaire, pris à Basse-Goulaine, 
le 14 octobre (Piel de C.) — Bien caractérisé par les longues 
soies dont les élytres et le pronotum sont hérissés. Les deux 
premiers articles des antennes sont jaunâtres; le second légère- 
ment noirâtre à l'extrême sommet. Le troisième est noirâtre 
seulement dans sa moitié apicale. Le quatrième entièrement 
noirâtre. Les deux angles postérieurs du pronotum sont blan- 
châtres. La base est rousse. Les élytres sont noires avec^des 
taches et des lignes blanches. Les fémurs antérieurs sont brun- 
foncé, jaunâtres en dessus. L'épine est située au tiers basai. Les 
fémurs postérieurs sont jaunâtres avec un anneau brun. Tous 
les tibias sont jaunâtres. La membrane est très raccourcie. 

GASTRODES WeStlCOOd 

G. ferrugineus Lin. — Forêt de Touffou, en octobre. {Piel 
de C.) 

^^^ Famille. — TINGIDIDES 

SERENTHIA SpiU. 

S. femoralis Thotns. var confusa Puton. — Sur les joncs, 
dans les marais. Sucé. Mi-septembre {Piel de C.) 



J. DOMINIQUE. — HEMIPTERES 



CAMPYLOSTIKA Fiel). 



G. verna Fall. — Brachyptère. Sous les mousses à la uii- 
mars. Chapelle-Basse-Mer {Piel de C.) 

DICTYONOTA CurtîS 

D. crassicornis Fall. var. erythrocepliala Garh. — 
La Haye-Fouassière, mêlée au type. — Sucé {Piel de C.) 

MONANTHiA Lepellctier 
M. simplex //. 5. — Ba'sse-Goulaine, en iniWet (Piel de C.) R. 

lO-ae Famille. — REDUVIDES 
PYGOLAMPis Germ. 

P. bidentata Fourcroy. — Nautes, en juin. — Bords du 
lac de Grand-lieu, en septembre {d' Antessanty). 

ISn'e Famille. — CAPSIDES 

PHYTOGORIS Fall. 

p. Tilise F. — AC. sur les peupliers. 

P. SIgnoreti Perris. — Sucé, en juin. RR. {Piel de C.) 

DiCYPHUs Fieb. 

D. (jlobulilei* Fall. — Sur les Ononis, prairies de la Loire, 
à Thouaré ; lisière de la forêt de Toufifou. PC. {Piel de C.) 

ORTHOTYLUS Fieb. 

O. viridinervis Korb. — Nantes, en septembre {Piel de C.) 

HETEROCORDYLUS Fieb. 

H. Genistse Scop. — C. sur les Genêts, au printemps. 
MACRocoLEus Fieb. 

M. Tanaceti Fall. — C. sur la Tanaisie, Basse-Goulaine, 
en juillet {Piel de C.) 



2i NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

AMBLYTYLUS FieÙ. 

A. affinis Fieb. — Basse-Goulaine, en juillet. RR. (Piel de C.) 

PSALLUS Fieh. 
P. diminutus Korlj. — La Haye-Fouassière, en été. R. 

CAMPYLOMMA Reut. 

G. Verbasci H. S. — Environs de Nantes. R. 

C. annulicornis Sign. — Saint-Aignan, en août {Piel de C.) 

sTHENARus Fleb. 

S. ociilaris M. R. — Basse-Goulaine, en juillet. R. {Fiel 
de C.) 

S. Roseri H. S. var. vittatus Fieb. — Sur les saules; 
Thouaré, en juin {Piel de C.) 

ASCIODEMA Reiil. 

A. obsoletum Dougl. — La Haye-Fouassière, en été. RR. 



II. — îiOlVIOI^TER.^^ 

a. - AUCHENORHYNCHA 
2«>« Famille. — FULGORIDES 

MYNDUS Stâl. 

M. musivus Germ. — Basse-Goulaine, en août. AR. 
{Piel de C.) 

STiROMA Fiel). 

S. albomarginata Curt. — Prés humides, près le Breuil, 
en la Haye-Fouassière, septembre-octobre. R. 



.1. DOMINIQUE. — HÉMIPTÈRES 25 

PTYELUS Lepell. 

P. spumarius Lin. var. pallidiis Schr. — Environs de 
Nantes. PC. 

iDiocERUs Lewis 

I. adustus H. S. — Environs de Nantes. PC. La Haye- 
Fouassière. — Touflfou. (Piel de C.) 

PENTHiMiA Germ. 

P. atra Fabr. — Pornic — LaChapelle-sur-Erdre, Toiitï'ou, 
PC. (Piel de C.) 

CHiASMUs Mis. et Rey 

C. translucidus M. et R. — La Bernerie [D^ Puton). RR. 

GRYPOTES Fiel). 

G. pinetellus Boh. — Touffou, en octobre. RR. {Piel de C.) 

THAMNOTETTix Zetterstedt 

T. fenestratus H. S. — La Haye-Fouassière, en septembre, 
dans les taillis de Rochefort. —Forêt de Touffou (Piel de C.) RR. 

T. splendidulus F. — Taillis de Rochefort, à la Haye- 
Fouassière. RR. 

T. vitripennis Flor. — La Haye-Fouassière, en été. R. 

ATHYSANUS BUVm. 

A. striola Fall. — Tourbières de Montoir, en septembre. 
PC. (Piel de C.) 

ZYGINA Fiel). 

' Z. lunaris Mis. et R. — Prairies de la Loire, à Thouaré, en 
été {Piel de C.) 



26 NANTES. — BULL. SOC. SG . NAT . OUEST. — T. 5. 

b. — STERNORHYNCHA 
1« Famille. — PSYLLIDES 

APHALARA FOrStCV 

A. Galthse Lin. — Quelques exemplaires, pris en été à la 
Haye-Fouassière. 

psYLLA Geoffroij 

P. Pruni Scop. — Saint-Aignan, à la fin d'avril {Piel de C.) R. 



PREMIÈRE LISTE ADDITIONNELLE 

FLORULE DU CANAL MARITIME 

de la. Basse -Lioir-e 

par M. E. GADECEAU 

De nouvelles herborisations, faites par moi, à diverses 
époques de l'année, depuis la publication des « Promenades 
botaniques au canal maritime de la Basse-Loire ' », m'ont per- 
mis de noter un certain nombre de plantes non recensées dans 
ce travail. Quelques unes de ces espèces ont pu échapper à mes 
premières recherches, d'autres ont dû apparaître plus récem- 
ment. Je me bornerai, pour l'instant, à publier la liste de toutes 
les plantes observées dans cette localité me réservant d'en 
reprendre plus tard l'étude raisonnée ^. 

Je dois, toutefois, établir dès maintenant les limites de cette 
florule, qui comprend les alluvions récentes créées par les 
dragues, les terrains vagues, sablonneux, d'alentour, le chemin 
qui longe le canal, les talus pierreux et les fossés, en un mot, 
les stations nouvelles offertes à la concurrence vitale par les 
travaux du canal. 

La nomenclature est celle de la Flore de l'Ouest ; les plantes 
rares ou localisées dans le département de la Loire-Inférieure 
sont marquées X ; celles déjà recensées en 1892 * ; ma liste de 
1892 énumérait 103 espèces ou variétés ; celle-ci en comprend 
237. 



1. Voy. : Bull. Soc. se. nat. Ouest, 1892, t. 2. p. 11. 

2. M., le D' L. Bureau m'a communique obligeamment les récoltes qu'il a 
faites en 1892 dans une herborisation au canal maritime. 



28 NANTES. — BULL. SUC. SO . NAÏ. OUEST. — T. 5. 

Batrachium aquatile (dans les eaux). 
Ranunculus scelemtus L. — GC. 

» repens L. 

» Borseanus Jord. 

» philonotis Retz. 

Ficaria ranunculoides Roth. 
Papaver dubium L. 
Brassica Cheiranthus Vill. 

* Sinapis nigi^a L. — CC. 

Sisymbrium officinale Scop. /S- leiocat^um DC. 
Erysimum cheiranthoides L. 
Barbarea stricto Bor. 
Nasturtium silvestre R. Br. 

* X )) palustre DC. — GC. 

» amphibium R. Br. ' — CG. 

Capsella Bursa pastoris Mœiich. — CC. 

» rubella Reut. 
Coronopus Ruellii Dalécharap. 
Reseda luteola L. 
Dianfhus prolifer L. — PC. 
Lychnis vespertina Sibth. 

» F/os cuculi L. 
Sagina patula p glabra Lloyd. 

Spergidaria rubra Wahl. — (Ecluse des Champs-Neufs) 
ArenaHa serpyllifolia L. ^ Lloydii Jord. 
Stellaria média With. 

* X Malachium aquaticum Fr. — R. 

Cerastium triviale Link. 
Malva moschata L. 

» silvestris L. 

» rotundifolia L. 
Althsea officinalis L. 
Hypericum perforatum L. 
Géranium dissectum L. — CC. 
» purpureum L. 
» mo/Ze L. 
Erodium prxtermissum Jord. sec. Boreau. 



1. iV. amphibinm R. Br. — varie à feuil. profond., pinnatifidcs nu à feiiil. 
•ntièros o» peu dentées. los doux variétés croissent côte à cnto. 



E. (iADKCEAC. — ILOKULE DU CANAL MAUITIMK <J9 

Ulex européens L. 
Genista tinctoria L. 
Sarothamnus acoparius Koch. 
Medicago lupulina L. 

» falcata L. ^. 

» média Pers. 

» cinerascens Jord. — (L. Bureau). 

» macvlata Willd. — C. 
Melilitus officinalis L. — G. 

)) arvensis Wall. 

» alba Desr. 
Tnfolium i^epens L. 

» incarnatum L. 

» )) S Molinerii Balb. 

» arvense L. 

» pratense L. 

» maritimum Huds. 

» resupinaium L. 

» fragiferum L. 

» striatum L. 

» campestre Schreb. 

» filiforme L. 

» mmws Smith. 
Lofus corniculatus L. 
Ftcia saa'va L. 
» angustifolia var. y uncir.uta Desv. 
» Cracca L. 
Ervum hirsulum L. 

» tetraspermum L. 
Lathyrus hirsuhis L. 

» pratensis L. 
Ra'jus cxsius L. 
Potentilla Anserina L. 

» reptans L. 
Agrimonia Eupatoria L. 
Rasa andegavensis Hast. 
Epilobium hirsutum L. — AG. 

» tetragonum L. type, Mutel fig. 103 ! — GC. 



1. Un pied près l'écluse de la Martinière. probablement descendu du haut dt 
Loire où Boreau le dit commun. 



80 NANTES. — 13ULL. SOC.,SC. NAT. OUEST. — T. O. 

* Œnothera suaveolens Desf. — AC. 
Mxjriophyllum spicalum L. — (dans les eaux). 
Lyihrum Salicaria L. 

Eryngium campesh^e L. — R. 
Anthriscus silveslris Hoffm. 

* Torilis helveiica Gmel. 
Daucus Carola L. 

X Petroselinum segetum Koch. — (Champs-Neufs). 
Conium maculatum L. 
Helosciadium nodiflorum Koch. 
Sium latifolium L. 
Œnanthe si'aifolia Bieb. 

» crocata L. 
Paslinaca sylvestris Mill. 
Heracleum Sphondylium L. 
Galium palustre L. 
» Apai'ine L. 
Valeriana officinalis L. * 

Valerianella oliloria Mœnch. 

* Dipsacus sylvestris L. — AC 
Tussilago Farfara L. 

£eZ/«s perennis L. 

Erigeron canadensis L. — CG. 

* /«wZa dysenterica L. 

* Bidens tripartita L. 

» cernua L. — PC. 
Filago montana L. 

» germanica L. 
Gnaphalium uliginosum L. 
» luteo-album L. 

Arlemisia vulgaris L. 
Tanacetum vulgare L 
Achillea Ptarmica L. 
» millefolium L. 

* Anthémis mixta L. 
Chrysanthemum inodorum L. 

M Leucanthemum. L. 

» segetum L. 

* Senecio vulgaris L. 

» Jacobœa L. 
» aquaticus L. 



E. GADECEAU. — FLOKULE DU CANAL MARITIME ol 

Senecio sylvaticus L. 
Cirsium lanceolatum Scop. 

» arvense Scop. 
Lappa minor DC. — C 

» major Gaertn. — C. '. 
Centaurea pratensis Thuil. 
Lapsana communis L. 
Thrincia liirta Roth. 
Leontodon autumnalis L. 
Helminthia echioides Gasi'tn. — C. 
Tragopogon porrifolius L. — R. 

)) pratensù L. 

Hypochœris radicata L. 
Taraxacum officinale Wigg. — CC. 
Lacluca Scariola L. — GG. 
Sonchusasper Vil. 

» arvensis L. — A G. 
Crépis taraxacifolia Thuil. 

» virens Vill. 

)) fœtida L. 
Hieracium PUosella L. 
Xanthium maa^ocai^um DG. — R. 
Campanula Rapunculus L. — R. 
Couvolvulus sepium L. 
» arvensis L. 

Symphytum officinale L. 
Solanum niyrum L. — AR. 

» Dulcamara L. 

Scrofularia aquatica L. 
Linaria striala DG. 

» vulgaris Mill. 
Vcrjmca Anagallis L. — CC. 
» Beccabunga L. — PC 
» hederifolia L. 
» arvensis L. 
Lycopus europœus L. 
Lamium purpureum L. 
Galeopsis dubia Leers. 



1. Une forme intermédiaire à ces deux Lappa, découverte par moi en 1893, 
est actuellement à l'étude. 



NANTES. — BULL. SUC. SC . NAT. OUEST. — 1 

Stachys palustris L. 
Scutellaria hastifolia L. — R. 

» galericulata L. 

Lysimachia Nummularia L. 
Plantago major L. 

» lanceolala L. 
Amaranlus ascendens Lois. — (Champs-Neufs). 
Chenopodium ruhrum L. 
» album L. 

» » var. paganum Lloyd. — CC. 

» » var. concatenatum Lloyd. — CC. 

» glaucum L. 

Atriplex angustifolia Smith. 
» Lalifolia Walh. — C 
Rumex maritimus L. — (ça et là). 
» pulcher L. 
» oblusifolius L. 
» Eydrolapathum Huds. 
Polygonum lapathifolium L. — CC. 
)) Persicaria L. 
» dubium Stein. 
» amphibium L. 
» arenastrum Bor. — (Carnet). 
Euphorbia mosana Bor. = £^. £^suia Lloyd, F/. 0. 
Urtica urens L. 
iSaiix aiôa L. 
» undulata Ehrh. 
» viminalis L. 
» Seringeana Gaud !, — R. 
» cinei^ea L. 
Populus canadensis Desf. — (planté). 
Elodea canadensis Rich. — (dans les eaux). 
Alisma Plantago L. 
Sagittaria sagiltifolia L. 
Potamogeton perfoliatus L. — (dans les eaux). 
iVaias major Ail., — (dans les eaux). 
Typha latifolia L. 
Jns Pseudo Acorus L. 
Juncus effusus L. 
» gl'iucus Ehrh. 
» acutiflorus Ehrh. 



E. GADECEAU. — FLORULE DU CANAL MARITIME o8 

Juncus lampoccij'pus Ehrh. 

» compressus Jacq. 
Scij'pus Tabernxmontani Gm. 
» carinalus Smith. 
» tnqueler L. 
» marilimus L. 
Carex divisa Good. 
» vulpina L. 
» muricata L. 
» riparia Gurt. 

» » var, gracilis. Goss. et Germ. fl. Paris. 

» Azr/a L. 
Panicum Ci^s galLi L. 
» sanguinale L. 
» » p ciliare Roth. 

Selaria viridis P. B. — (Ghamps-Neufs). 
Phalaris arundinacea L. 
Anthoxanlhum odoralum L. 
Phleum pratense L. 
Alopecurus pratensis L. 
» bulbosus L. 
» geniculatus L. 
Leersia oryzoides L. 

Polypogon monspeliensis Desf. — (à partir des Ghamps-Neufs). 
Agj'ostis alba L. 
Phragmites communis Trin. 
Holcus lanatm L. 
Arrhenafherum bulbosum Presl. 
Poa trivialis L. 
» p)'atensis L. 
Glyceria spectabilis M. et K. 
» fluitans R. Br. 
» airoides Reich. 
Daclylis glomerata L. 
Festuca Pseudo Myuros Vili. 

)♦ sciuroides Roth. 
Bromus racemosus L. 
» woiù's L. 
» sien7is L. 
Gaudinia fragilis P. B. 
Triticum repens L. 
Loliurn perenne L. (L. cristatum Pesn. CaL). 



Lettres de M. W. TEELEASE 

Directeur du Jardin botanique de Missouri 
à M. E. GADECEAU 

STJn 3L.ES I»L.iftuT-A..N-ES 



M. E. Gadeceau communique les extraits suivants de deux 
lettres qu'il a reçues de M. W. Trelease et qui renferment sur 
les platanes américains d'intéressants renseignements. 

S' Louis, Missouri, 20 décembre 1894. 



.... « Le Platanus orientalis, var. acerifolia, est de beau- 
» coup préférable pour planter ici à notre espèce indigène 
» attendu qu'il est d'une meilleure croissance et que son feuil- 
» lage est moins sujet à une maladie, très destructive parfois, 
» causée par un champignon. 

» Son caractère habituel est d'avoir plusieurs boules de fruits 
» sur chaque pédoncule pendant que V occidentalisa autant 
» que je l'ai observé, n'en a jamais plus d'une. Il est certain 
» que Vacerifolia n'est jamais spontané dans ce pays. Nous 
» avons, vers la côte du Pacilique, une ou deux autres espèces 
» qui s'accordent avec Vorientalis par le fruit en grappes mais 
» qui en sont complètement distinctes : et [en dehors de certaines 
» différences dans les feuilles et sans tenir compte du fait que 
» pendant que Vacerifolia perd son écorce exfoliée tous les ans 
» presque jusqu'à terre (même quand il atteint jusqu'à deux 
» pieds de diamètre), V occident alis ne perd son écorce que sur 
» la partie supérieure du tronc et sur les branches], le pédoncule 
» à fruit solitaire du dernier le distingue très clairement selon 
» moi, et je pense qu'aucun botaniste américain ne le réunirait 
» à Vorientalis, à moins qu'il ne fût très radical dans sa 
» réunion d'espèces. 



36 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

» Je crains que cette note vous parvienne trop tard pour vous 
» être utile dans la préparation de votre mémoire. » 

La, Note sur les Platanes, avait paru, en effet, au moment où 
M. Gadeceau recevait cette lettre et M. Trelease, peu de temps 
après, lui accusait réception de ce travail dans les termes 
suivants : 

S' Louis, Missouri, 31 décembre 1894. 

« Merci beaucoup pour votre mémoire sur les Platanes que je 
» viens de recevoir, précédé par votre lettre du 11 décembre. 
» Vous êtes complètement d'accord avec mes vues sur les 
» espèces et variétés dans votre notice. Je regrette que ma lettre 
» ne vous soit pas parvenue à temps pour vous assister, mais 
» cela prouve que vous n'aviez pas besoin de cette assistance. >> 

Signé : W^™ Trelease, 
Director of the Missouri botanical garden. 



HERBORISATIONS 

dans nile-et- Vilaine, le Morbihan et le Finistère 

d'octobre 1892 à octobre 1894 
par M. Ch. PICQUENARD 

(31 Mars 1895) 

Voici la liste des observations sur les plantes bretonnes qu'il 
nous a été donné de recueillir pendant ces deux dernières 
années. 

Nos collaborateurs habituels ne nous ont pas fait défaut ; de 
nouveaux ont bien voulu se joindre à eux et nous guider, au 
besoin, dans une des parties les plus pittoresques de notre 
pays : nous sommes heureux de leur offrir à tous le témoignage 
d'une vive reconnaissance. 

Si nous nous abstenons, dans l'énumération suivante, de citer 
les Muscinées dont nous avons noté un certain nombre de nou- 
velles localités, c'est que nous comptons en faire l'objet d'une 
note ultérieure. 

Nous aimons à nous rappeler les services qui nous ont été 
rendus par M. J. Lloyd dans la détermination des plantes 
embarrassantes : nous avons suivi aveuglément ses avis et nous 
le remercions de son utile et bienveillant concours. 



Ranunculus auricomus L. — I Ile-et-Vilaine: bois de St- 
Thurial (Abbé Hodée et Nob.). 

R. nodiflorus L. — Ille-et- Vilaine : St-Thurial. 

Diplotaxis muralis DC. — Finistère : AC. entre Penmarc'h 
et Guilvinec. 

Nasturtium pyrenaicum DC. — Ille-et- Vilaine : Mordelles. 



38 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Crambe maritima L. — Finistère : jetée de Plovan. 

Astrocarpus Clusii Gay. — Ille-et- Vilaine : St-Thurial, 
Monterfil (J. Oberthur et Nob.). 

Spergula nodosa Fenz. — Morbihan : Guidel. — Finistère : 
de St-Vio à PouJdreuzic. 

Elatine hexandra DC. — Finistère : W^ de Kerfridin, en 
Plonéour. 

Hypericum hirsutum L. — Ille-et- Vilaine : Bois-Roux, près 
Gahard. 

Ononis reclinata DC. — Finistère : ça et là, palue de 
Plomeur. 

Lathyrus sylvestris L. — Ille-et- Vilaine : Bonnemain (H. 

Cron). 

Rosa moUissima Fries. — Finistère: c'est cette espèce et 
non R. tomentosa FI. de l'O. édit. 4, qui existe à 
Kérangall, en Ergué-Armel. 

Sorbus torminalis L. — Finistère : forêt de Carnoët, Qué- 
blein, Locunolé. 

S. domestica L. — Ille-et- Vilaine : buttes de Coësmes (Abbé 
Hodée et Nob.) ; St-Grégoire (Abbé Hodée). 

Epilobium hirsutum L. — Ille-et- Vilaine : les Gayeulles; 
la Bellangeraie (Abbé Leclair).— Finistère : près 
Trunvel. 

Hippuris vulgaris L. — Finistère : M'" de la paluc, près 
Penmarc'h. 

Scleranthus perennisL. — Ille-et- Vilaine : Laillé (P. CoUeu); 
coteaux de la vallée du Rohuet, en St-Thurial, et 
Monterfil. 

Bupleurum tenuissimum Bartl. — Finistère : Langourou- 
gan, St-Jean-Trolimon . 



PICQUENARD. — HERBORISATIONS 39 

Sium angustifolium L. — Finistère : M'" de la palue, près 
Penmarc'h. 

Œnanthe Lachenalii Gmel. — Finistère : c'est cette plante, 
bien plus que Π. peucedanifolia Pollich., 
silaifolia^ioh., qui habite les prés salés à Quim- 
per, Loctudy, l'Ile Tudy. 

Œ. silaifolia Bieb. — (Œ. peucedanifolia FI. de l'O. édit. 4, 
non Poil.). — Ille-et- vilaine : prés humides, bord 
des marais : AC. surtout dans le calcaire. 

Œgopodium Podagraria L. — Ille-et- Vilaine : Hédé. — 
Finistère : Glohars-Carnoët. 

* Scabiosa maritima I^.' — Finistère: s'est montré en 1893 

dans les luzernières du Cosquer, en Loctudy. 

Tussilago Farfara L. — Ille-et-Vilaine : Bois-Roux. — 
Finistère : Clohars-Carnoët. 

Lactuca Saligna L. — Ille-et- Vilaine : entre Rennes et Chan_ 
tepie (Abbé Hodée) ; Rennes ; la Chaussairie, près 
Bruz. 

Phaenopus muralls C. et G. — Ille-et-Vilaine: bois de St- 
Thurial (Abbé Hodée et Nob.). 

Barkausia taraxacifolia DC. — Ille-et-Vilaine: Bréquigny 
(Abbé Leclair et Nob.) . 

* B. setosa Vil. — Ille-et-Vilaine: très répandue entre St-Ger- 

main-sur-Ille et Quenon, et prés de la carrière des 
faluns d'Apigné. 

Phyteuma spicatum L. — Ille-et-Vilaine : Monterai (J. 
Oberthtir et Nob.). 

Monotropa hypopithys L. — Ille-et- Vilaine : bois de Vaux, 
Bonnemain (Abbé Hodée). 



i. Le signe * indique que la plante est naturalisée. 



40 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

Yinca minor L. — Finistère : bois de Kerlut, en Plobannalec. 

Lithospermum officinale L. — Morbihan : Guidel. — Finis- 
tère : St-Maiidé. 

' Veronica peregrina L. — Ille-et- V Haine : est apparu en 
1894 au Jardin botanique de Rennes. 

Lathrsea Clandestina L. — Ille-et- Vilaine : Ercé, près Liffré; 
bois de St-Thurial (A.bbé Hodée et Nob.). 

Nepeta Cataria L. — Finistère : Kermabec, en Tréguennec. 

Centunculus minimus L. — Finistère : Clohars-Carnoët ; 
Kéranbourg, près Quimperlé. — Ille-et- Vilaine : 
Bonnemain (Abbé Hodée) . 

'Amaranthus retroflexus L. — Finistère : Kérandouret, 
en Loctudy. 

Daphne Laureola L. — Ille-et- Vilaine : AC. dans le centre. 

Euphorbia stricta L. — Ille-et- Vilaine : Châteaubourg (P. 
Colleu) ; St-Grégoire. 

E. dulcis L. — Ille-et- Vilaine : bois de St-Laurent. 

Mercurialis perennis L. — Ille-et-Vilaine : AC. dans le 
centre. 

Carpinus Betulus L. — Finistère : AC. Québlein et N.-O. de 
la forêt de Clohars-Carnoët. 

Quercus sessiliflora Ehrh. — Ille-et-Vilaine: quelquefois 
les feuilles sont très velues en dessous, p. ex. au 
bois du Trémelin, près Paimpont (J. Oberthiir et 
Nob.). 

Potamogeton acutifolius L. — Ille-et-Vilaine : le Pont- 
péant ! (P. Colleu). 

P. plantagineus Ducros. — Finistère : près Trunvel, en Tré- 
guennec. 



PICQUENARD . — HERBOKIUATIONS 41 

P. perfoliatus L. — I Ue-et- Vilaine : le Pont-péaiit mêlé à 
P. lucens L. — Probablement AC. dans le dépar- 
tement. — Finistère : Trunvel. 

Epipactis lalifolia Ail. — /^/e-e^F27«me ; Bonnemain (Abbé 
HodéeJ. 

E. palustris Crantz. — Finistère : St-Vio, près Tréguennec. 

Spiranthes aestivalis Rich. — Finistère : environs de St-Vio ; 
C. lande Clohars, près Quimperlé. 

' Fritillaria Meleagris L. Ille-et- Vilaine : dans un bois près 
St-Grégoire (Abbé Hodée). — Etant donné qu'il y 
a un parc dans le voisinage, nous ne considérons 
ni l'un ni l'autre, cette plante comme spontanée 
dans la localité. 

Allium ursinum L. — I Ue-et- Vilaine : bois de St-Tliurial 
(Abbé Hodée et Nob.). — Est loin d'être C. à St- 
Jacques, ainsi que l'a indiqué, par erreur sans 
doute, l'abbé de la Godelinais. — Rare en Ille- 
et- Vilaine. 

Simethis planifolia G.G. — Finistère : bois de Tréouguy à 
Pont-l'Abbé. — Ce n'est pas à Ste-Marêne, mais 
bien à la Clarté, en Combrit, que nous eussions dû 
le signaler dans notre Exploration botanique dv 
littoral S.-O. du Finistère. 

Asparagus offîcinalis L. var. maritimus L. — Finistère : 
dunes arides et landeuses à l'île Tudy.— Retrouvé 
à l'anse de la Torche en compagnie de nombreux 
T^iQdi'& à.' Astragalus bayonensis Lois. 

' Narcissus incomparabilis Mil. — Ille-et- Vilaine : à fleurs 
simples, semi-doubles ou doubles aux environs 
de St-Grégoire, de Cesson, etc — 

* N. Pseudo-Narcissus var. obœsus G. G. — Ille-et- Vilaine: 
environs de Rennes, etc. . . . 



42 NANTKS. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. ") . 

N. bicolor Curt. — Itie-et-Vilauie : dans les localités du Nord 
du département on trouve aussi bien cette forme 
que le X. Pseudo-Narcissus L. f. concolor. 

Juncus pygmseus Lam. — I Ile-et-Vilaine : étang du Tré- 
melin (.T. Oberthûr et Nob.). 

J. coïïipressus Jacq. — Finistère : Tiunvel près Tréguennec. 

J. tenuis Willd. — Finistère : environs du bourg de Clohars- 
Carnoët; Kéranforêt près Quimperlé. 

Rhyncospora alba Vabl. — Jlle-et- Vilaine : Bourg -des - 
Comptes (P. Colleu et Nob.). — Finistère : près 
le bois de la Mare en Tréméven; C. lande de 
Clohars. — prob. AC. dans le département. 

Scirpus pungens Roth. — Finistère : répandu de Trunvel en 
Tréguennec à Penhors en Pouldreuzic. 

Garex disticha Huds. — Finistère: Clohars-Carnoët. 

C. stricta Good. — Ille-et- Vilaine : le Pont-péant ! (P. Colleu). 

C. vulgaris Fries. — Ille-et- Vilaine : Sud de Betton. 

Crypsis aculeala Ait. — Finistère : Léchiagat, loc' h Kergalan 
enTréogat. 

Polypogon maritimus Willd. — Finistère : C. marais lon- 
geant les dunes entre l'île Tudy et le village de 
Kermor. 

Aira uliginosa Weihe. — Finistère : C, lande de Clohars près 
Quimperlé. 

Poa compressa L. — Ille-et- Vilaine : découvert il y a long- 
temps à Rennes (où M. l'abbé Hodée nous l'a fait 
recueillir en 1893) par le cardinal Saint-Marc. — 
le sous-sol de la localité est formé par les schistes 
de Rennes (Archéen). 

Festuca arundinacea Schreb. — Finistère: AC. littoral de 
Loctudy ; prés, pelouses à Pénanguer en Penhars 
(1886). 



l'JCyLiENAKD . — HERBORISATIONS 4o 

F. Poa Kuntli. — Ille-et- Vilaine : Pléchatel (P. Colleu et 
Nob.) ; St-Thurial, Monterfil (J. Oberthur etNob.). 

F. tenuicula Kunth. — Ille-ef- Vil aine : Monterfil (J. Ober- 
thur et Nob.). 

Bromus giganteusL. — Ille-et-Vilaine : Bonnemain, Pler- 
guer, (Abbé Hodée) . 

Taxus baccata L. — Finistère : bien spontané, selon nous, 
dans les endroits les plus sauvages de la forêt de 
Clohars-Carnoët, ainsi qu'aux environs de Scaër, 
de Bannalec et dans les Montagnes-Noires. 

Equisetum Telmaleïa Ehrh. — lUe-et-Vilaine: Bois-Roux. 

Isoetes Hystrix Durieux. — Finistère : presqu'île de Ker- 
morvan près le Conquet, en compagnie d'Ophio- 
glossum lusitanicum L. ! (R. Ménager, 29 novem- 
bre 1892). 

Ceterach offîcinarum Willd. — Ille-et- Villaine : Montfort 
(Abbé Hodée) ; St-Germain-sur-Ille, Hédé. 

Polystichum Oreopterls DC. — Ille-et-Vilaine: Monterfil 
(J. Oberthur et Nob.). Finistère : forêt de Clohars- 
Carnoët; AC. dans les vallées qui descendent de 
nos montagnes. 

Blechnum Spicant Roth. 

a) var. lotifoUum^oh. — Ille-et-Vilaine: b©is 
des GayeuUes, forêt de Rennes. 
e) var. irregulare Nob. - Ille-et-Vilaine : la 
Meunerie en Cesson. 



POUR SER\IR A LA 

FAUNE DES NÉVROPTÉRES 

de la Loire-Inférieure 

ODONATES ou LIBELLULIDÉES 

par 

MM. H. el Th. PIEL DE GHURGHEVILLE 
fSO Juin I89SJ 

Dans le domaine ouvert aux travaux des naturalistes, il est 
des sujets d'étude particulièrement délaissés. Nous citerons par 
exemple, dans la classe des insectes, l'élégant ordre des Névro- 
ptères. Cette partie de nos richesses entomologiques est assu- 
rément des plus intéressantes. Pour peu que les personnes qui 
s'intéressent à l'étude de la nature, veuillent y arrêter un instant 
leur attention, elles verront que ces gracieux insectes ne méri- 
tent pas rindift'érencc avec laquelle on les a traités jusqu'alors 
dans notre région de l'Ouest. 

Nous pensons que ce qui a pu détourner ou décourager de 
cette spécialité, c'est la difficulté qu'on éprouve à maintenir à 
un certain nombre de ces insectes leurs couleurs particulière- 
ment délicates. Ces difficultés sont, nous nous empressons de 
le dire, bien exagérées ; d'ailleurs le coloris, chez les Odonates 
est chose assez secondaire pour qu'on puisse facilement s'en 
passer pour l'étude. Cependant il est toujours préférable, quand 
on le peut, de conserver, dans les collections, les individus à 
l'état le plus naturel. 

Il existe plusieurs procédés pour la fixation des couleurs chez 
les Odonates ; celui que nous employons n'est pas parfait puis- 
que les couleurs se ternissent chez certaines espèces. Mais il a 
l'avantage de ne pas déformer l'animal et de lui conserver 
intacts tous les caractères scientifiques. On fend l'animal en 
dessous dans le sens de la longueur avec une petite paire de 



46 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. O. 

ciseaux. On retire ensuite, avec précautions, les viscères qu'on 
remplace par un peu de coton coupé en menus morceaux. 
L'opération faite, les bords de l'incision se rapprochent d'eux- 
mêmes. Il faut bien se garder de toucher aux deuxième et quatre 
derniers segments de l'abdomen, de crainte d'endommager les 
organes sexuels, indispensables pour l'étude de ces insectes. 

Ce procédé ne peut être pratiqué sur les Lestes ni sur les 
Agrions dont le corps est d'une extrême ténuité. Laissons-les 
donc ternir leur couleur ; mais avant tout sauvons l'animal en 
passant des crins dans l'abdomen de façon à lui donner plus de 
résistance et de rigidité. 

Aucun ouvrage spécial n'a encore été publié sur les Névro- 
ptères de la Loire-Inférieure, aussi avons-nous pensé qu'il se- 
rait bon de donner la liste de ceux du groupe des Odonates 
signalés jusqu'à ce jour. 

Dans l'importante collection entomologique laissée au Muséum 
de Nantes par le B^ Citerne se trouvent quelques Odonates, 
mais malheureusement sans indication de localités. Nous 
n'avons donc pas pu les mentionner. 

M. R. Martin, avocat au Blanc, nous a particulièrement aidés 
pour l'étude des Névroptères ; c'est un devoir pour nous, autant 
qu'un plaisir, d'exprimer à ce savant et bienveillant collègue 
toute notre reconnaissance pour ses utiles conseils. 

Pour la détermination des Libellulidées, nous recommandons 
son ouvrage sur les Odonates de France ' ; mais celui qui veut 
approfondir cette étude doit avoir recours à la Monographie et 
à la Revue de MM. de Sélys-Longchamps et Hagen ^, puis à 
l'Histoire naturelle des Névroptères du D"" Rambur ^ 

Millet a décrit 50 espèces d'Odonates de Maine-et-Loire ''. 



1. R. Martin, Faune de France (Névroptères) ; Feuille des jeunes nalura- 
lisles, "28« an. 1887-88 n. 207, 209. 211. 215 et 216; 29« aji. 1888-89 n. 219, 222, 
223, 224 et 226. 

2. E. de SiiLYS-LoNGCHAMPS, Monographie des LibeUulidces d'Europe, 
Paris 1840. 

E. de Sélys-Lonc. CHAMPS et Hagen. Revue des Odonates oti Libellules d'Eu- 
rope, Bruxelles 1850. 

3. P. Rambur, Histoire nat. des insectes Névropt., Paris 1842. 

4. P.-A. Millet dk la Ti'rtavdière. Faune des invert, de Maine-H-Loirc. 
Angers 1870. T. 1". 



PIEL DE CHURCHEVILLE . — ODONATES OU LIBELLULIDÉES 47 

Notre liste n'en contient que 48, mais elle n'a pas la prétention 
d'être absolument complète. La Loire-Inférieure est éminem- 
ment favorable à l'habitat de ces insectes, et nous avons 
beaucoup de raisons de croire qu'elle en contient quelques 
espèces de plus que le département voisin. Les marais de la 
Basse-Loire, de la Sèvre, de l'Erdre, de Grand-Lieu, etc. sont 
excessivement bien dotés sous ce rapport. 

Nous avons poursuivi V.^schna grandis dans les marais de 
Basse-Goulaine sans pouvoir la saisir ; cette espèce est facile à 
reconnaître au premier coup d'œil, à sa grande taille et à ses 
ailes roussàtres. 

l^'^ Famille. — LIBELLULID^ 
1" Sous-Fam. - LIBELLULINES 

DiPLAX Charpentier 

1>. sanguinea J/«^/er. — Très commune partout, spécia- 
lement aux bords des étangs et des mares ; 12 juin-30 nov. 

D. flaveola Linné. — Un individu des marais de Grand- 
Lieu, en St-Aignan ; 5 juill. 

E. Fonscolombii de Sélys. — Un individu pris le 23 oct. 
sur la lisière de la forêt de Touffou, commune du Bignon. 

D. meridionalis de Sélys. — Très commune sur notre 
littoral : Bourgneuf, Pornic, Saint-Michel-Chef-Chef, brières de 
Montoir, etc. Devient moins abondante en avançant à l'intérieur: 
Sucé, Haute-Goulaine, Petit-Port près Nantes, etc. Du 8 juill. 
jusque vers la mi-octobre. 

Tous les ans, à peu près du 20 sept, jusqu'au delà de la mi- 
octobre, M. H. du Bois remarqua à Ste-Marie-de-Pornic des 
quantités de libellules passant sur les bords de la mer par petites 
bandes ou groupes de quelques individus seulement. Ces 
passages qui duraient presque tout le jour se prolongeant jus- 
qu'au crépuscule, se faisaient toujours de l'ouest à l'est. Aux 
quelques exemplaires saisis au passage qu'il nous a apportés, 
il nous fut facile de reconnaître la D. meridionalis. 

D. sti'iolata Charpentier. — Pullule partout, du commen- 
cement de juill. au 23 nov. 



48 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

criocoTHEMis Brauer 

G. erytliraea BruUé. — Cette belle espèce, qui fait l'admira- 
tion de tous, est peu commune. Elle se rencontre autour des 
étangs et dans les marais, du 12 juin au 16 sept. Dans un jardin 
de Nantes, près de l'Erdre; bords du Cens, à Petit-Port; marais 
de Grand-Lieu, à Bouaye. 

LiBELLULA Linné 

L. cœriilescens Fabricius. — Un peu partout, plus com- 
mune sur la Gèvre au pont de la Verrière, commune de la 
Chapelle-sur-Erdre ; 25 mai-27 juillet. 

L. cancellata Linné. — Une femelle capturée le 19 juin 
1891 à la Sénégerie, Bouaye. 

L. depressa Linné. — Tout le monde a vu cette espèce un 
peu partout au voisinage des haies et des buissonb : elle aime 
surtout à voler sur les eaux stagnantes. Très commune ; 22avril- 
fln août. 

L. quadrimaculata Linné. — Plusieurs couples capturés 
le 22 juin 1890 sur les bords du Cens à Petit-Port ; n'a pas été 
aperçue depuis. 

« C'est à cette espèce qu'il faut rapporter une migration d'un 
certain nombre de ces insectes, dont l'ensemble formait comme 
une nuée, qui partant des environs du lac de Grand-Lieu (Loire- 
Inférieure) se dirigea vers le Pouliguen ; et c'est en examinant 
quelques unes de ces voyageuses aériennes, tombées à terre 
pendant le trajet, qu'il fut possible à un négociant du Croisic, 
amateur d'histoire naturelle, de constater son identité ' . » 

On voit dans la Revue des Odonates de M. de Sélys - que 
plusieurs auteurs, tels que Charpentier et Hagen, parlent de la 
migration de laZ,. 4-macuIata. M, de Sélys explique queces pas- 
sages pourraient être attribués soit au dessèchement des étangs, 
soit au manque de nourriture. 



1. P.-A. Millet de la Turtaudière, Faune des invert, de M.-et-L., T. l" 
pag. 316. 

2. E. de Sélyf-Longchamps cl Hagen. Revue des Odon. nu fAhrU. d'Eur. 
pag. 7. 



PIEL DE CHUROHEVILLE . — ODONATES OH LIBELLULIDÉES 49 

L. fulva Millier. — Localisée à la Chapelle-sur-Erdre, du 
6 mai au 29 juin. Affectionne tout particulièrement la lisière du 
petit bois de la Hautière, près le pont de Forges. 

2» Sous-Famille. — CORDULINES 
coRDULiA Leach. 

G. seiiea Linné. — Se trouve un peu partout, dans les che- 
mins, sur les buissons et les haies. Très commune ; du 22 avril 
jusque vers la fin de juin. 

En 1893, les chaleurs ayant été très précoces, la C. œnea a 
paru dès le 19 février. 

soMATOCHLORA (le Sélys 

s. metallica Vander Linde^i. — Trouvée en juin dans les 
taillis à Petit-Port et au Chêne- Vert, près Nantes. Très rare. 

S. flavomaculata Vander Linden. - Seulement deux 
exemplaires de cette bonne espèce à signaler, 28 mai et 26 juin. 
Dans les taillis qui bordent les marais de Forges, Chapelle-sur- 
Erdre ; bords de la Loire, Thouaré. 

oxYGASTRA de Sélijs 

O. Curtisii Dale. — Un couple capturé près du village de la 
Rivière, en Basse-Goulaine ; 12 juin 1892. 

2' Famille. — /ESGHNID^ 

1" Sous-Famille. — GOMPHINES 

oNYCHOGOMPHus de Sélijs 

o. forcipatiis Linné. — Une femelle capturée accidentelle- 
ment dans un jardin de Nantes, non loin de l'Erdre ; 4 juill. 1889. 

GOMPHus Leach. 

G. vulgatissimus Linné.— Une femelle à Basse-Goulaine ; 
1" juin 1890. 

G. piilchelliis de Sélijs. — Commun sur les petits cours 
d'eau; juin et juillet. 

G. simillimus de Sélys. — Une femelle sur les prairies de 
la Loire, en St-Sébastien ; V' juin 1890. 



50 NA.XTE8. —BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

UORDULEGASTEH LeClCh. 

G. annulatus Latreille. — Localisé dans l'espace boisé que 
traverse un filet d'eau, affluent de la Gèvre, près de la Verrière. 
A été trouvé aussi, mais très rarement aux alentours de Nantes, 
Petit-Belle-Ile et Petit-Port. Le mâle est assez commun et la 
femelle très rare ; 10 juin-8 juillet. 

2' Sous-Famille. — ^SCHNINES 
ANAX Leach. 

A. t'ormosus Vander Linden. — Très commun sur les 
étangs et les cours d'eau; depuis le commencement de juin 
jusqu'en septembre. 

BRACHYTRON EVCmS 

B. pratense Miïller. — Peu commun. Basse-Goulaine, 
Chapelle-sur-Erdre. 11 mai-ler juin. En 1893 le ^. j;r«/e>ise a été 
pris le 19 février. 

.*:scHNA Fabricius 

JE. cyanea Midler. - Observée depuis le 29 juin jusqu'au 
21 sept. On la trouve partout, dans les lieux secs aussi bien 
que dans les lieux humides, dans les chemins, les bois, les 
jardins, etc. Elle vient jusque dans les rues de Nantes. 

IEa. niixta Latreille. — La plus abondante de nos yEschna, 
quoiqu'une des plus difficiles à capturer. La ^.miœta se réunit 
parfois en groupe composé d'un grand nombre d'individus et 
plane ainsi à quelques mètres au dessus du sol dans un rayon 
de soleil sans presque changer de place. Mauves, Bouguenais, 
etc. Depuis la fin de juillet jusqu'aux premiers froids. 

^s. rufescens Vander Linden. — Très rare. Quelques 
exemplaires trouvés du 23 avril au 18 mai sur les bords de 
l'Erdre : à la Renaudière et à la Chapelle-sur-Erdre. 

FONSCOLOMBiA de Sélys 

F. irene de Fonscolonib. — Un mâle sur la route de la 
Chapelle-sur-Erdre près de la Verrière: 29 juin 1890. 



piel de c hurche ville . — odonates ou. libellulidées 51 

'^^ Famille.— AGRIONID^ 
1" Sous-Famille. — CALOPTÉR YGINES 

CALOPTERYX LeClCU. 

C. spleiidens Harris. — Très abondante sur les ruisseaux 
et sur le bord des rivières ; l^rjnin-SS juill. 

C. virgo Lmné. — Moins commune que la précédente. Voie 
sur les petits cours d'eau ; 6 mai-28 juill. 

2= Sous-Famille. — AGRIONINES 
LESTES Leach. 
L. viridis Vander Linden. — Très commune sur étangs et 
fossés ; 3 juill. -28 sept. 

L. nympha de Sélijs. — Assez rare. Marais de Loigné, en 
Sucé; 8 juill. -30 oct. 

L. sponsa Hansenimm. — Rare. N'a encore été observée 
qu'au mois de juill. ; Petit-Port et marais de Sucé. 

L. virens Charpentier. — Rare. Marais de Sucé et de Basse- 
Goulaine; en juill. 

L. barbara Fabricius. — Quelques exemplaires seulement 
capturés en juill., à Sucé ; Ste-Marie-de-Pornic (//. du Bois). 

SYMPYCNA Charpentier 

S. fusca Vander Linden. — Très abondante en automne. 
Une partie de cette génération se cache pendant l'hiver pour 
reparaître, en moins grand nombre, aux premiers beaux jours. 
Elles disparaissent ensuite peu A, peu, non sans avoir déposé, 
avant de mourir, le germe fécond de la génération d'automne. 

L'hiver lorsque le soleil chauffe un peu, il suffit, par exemple, 
de battre les bruyères de la forêt de Touflfou pour faire lever la 
S. fusca qui s'y était réfugiée. 

Elle est, croyons-nous, la seule Odonate qui hiverne. 

PLATYCNEMis Charpentier 
P. acutipennis de Sélys. — Commune sur les bords du Cens, 
de la Chézine, de la Gèvre, etc. La Haye-Fouassière ^aJM 
Dominique). Depuis le 25 avril jusqu'en sept. 



52 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAÏ. OUEST. — T. 5. 

P. latipes Rambur. — Un mâle capturé à la Balisée en 
Basse-Goulaine ; 22 juill. 1894. 

P. pennipes Pallas. — Cette espèce semble localisée dans 
les prés marécageux du pont de la Verrière et sur les bords de 
la Loire à Couëron, où elle est très abondante. Mi-mai-21 juin* 

Var. bilineata de Sélys. — Dans les mêmes lieux que le 
type et aussi commune que lui. Commence à paraître dès 
le 17 mai, mais alors elle est très rare ; peu à peu, à mesure que 
le type disparait, elle devient abondante. Elle n'a pas encore été 
observée au delà du mois de juill, 

ERYTHROMMA Cfiarpentiev 
E. viridulum Charpentier. — Commune en juill. sur les 
bords des étangs et petits cours d'eau : Basse-Goulaine, Sucé, etc. 

PYRRHOSOMA Charpentier 

P. minium Harris. — Très commun partout ; 3 avril-6 juill. 

P. tenellum de Villers. — Est localisé au Petit-Port où il 
vit en grand nombre au mois de juill. sur les joncs d'un fossé 
marécageux du champ de manœuvres. 

iscHNURA Charpentier 

I. elegaiis Vander Linden. — Très commune partout, vient 
jusque sur les pelouses des jardins de Nantes. Mi-avril-fin juill. 

I. pumilio Charpentier. — Un exemplaire pris en juill. 
aux environs de Nantes 



AGRiON Linné 

A. pulcliellum Vander Linden. — Très commun dans les 
marais autour de Nantes ; 5 mai-fin juin. 

A. puella Linné. — Extrêmement commune, partout; 
depuis avril jusqu'en juill. 

A. scitulum Rambur. — Assez rare. Marais de Sucé et de 
Basse-Goulaine ; j uill . 

A. mercuriale Charpentier. — Vit en compagnie du 
Pyrrhosoma tenellum dans le fossé du Petit-Port. Commun. 

A. Lindenii de Sélys. — Très rare. Petit-Port et Basse- 
Goulaine ; juill. 



1. Nous avons \p reprit rio ne pouvoir pr-pcisor davantaçrp l'habitat de cette 
espèce. 




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NOTE SUR LA CAPTURE 
d'un 

ESPADON ÉPÉE, Xiphias gladius 

à l'embouchure de la Loire 

par M. L. BUREAU 

PI. II. 

, .70 Juin i895j 

Un Espadon, poisson connu aussi sous les noms d'Épée, Dard 
ou Empereur, capturé à l'embouchure de la Loire, près la sous- 
préfecture de Saint-Nazaire, dans le grand trait, le 25 mai 1894, 
fait aujourd'hui partie du Musée de cette ville. 

Ce poisson, assez répandu dans la Méditerranée, remonte 
accidentellement le long des côtes de l'Atlantique jusque dans 
le golfe de Gascogne. Les captures faites au sud de la Gironde 
sont déjà fort rares, et, plus au nord, elles deviennent tout à fait 
exceptionnelles. On en peut citer, cependant, dans la Manche, 
dans la mer du Nord et même jusque dans la Baltique. 

Les circonstances dans lesquelles s'est laissé prendre le sujet 
dont il est ici question, et dont le poids atteignait 47 kil. 500, 
m'ont été communiquées par M. Sautot, naturaliste à Nantes, 
qui ks tenait du Secrétaire général de la mairie de Saint- 
Nazaire, témoin de cette émouvante capture. 

M. Huguet, préposé des Douanes, péchant des boucauts 
(Crangon vulgaris) à mer basse, à l'aide d'une grande chevro- 
Hère, sentit tout à coup, dans son filet, un énorme poisson qui 
venait de s'y engager. Il crut d'abord à la présence de plusieurs 
saumons, l'eau vaseuse ne lui permettant pas de reconnaître 
la nature de sa capture. Mais, voyant bientôt que, réduit à ses 
propres forces, son butin va lui échapper, il appelle à son 
secours des pêcheurs qui se trouvent dans le voisinage. Pendant 
ce temps, l'animal se débat avec force etparvientainsià s'échap- 



")4 NANTES. — BULL. SOC. SC. XA T . OL'EST. — T. ô. 

per du lilet trop faible et trop étroit pour le contenir. Par un 
heureux hasard, l'espadon, en fuyant sur un fond sans profon- 
deur, enfonce profondément son épée dans la vase. L'heureux 
pêcheur se précipite sur le poisson ainsi arrêté dans sa fuite, le 
saisit à bras le corps pendant que les voisins accourent à son 
aide et lui prêtent main-forte pour transporter au rivage l'animal 
qui vécut sur la grève pendant près d'une heure. 

L'Espadon est assez connu pour qu'il n'y ait pas lieu d'en 
donner une description complète. Notre figure du reste en tient 
lieu. Je me bornerai donc à relever sur ce spécimen quelques 
caractères e'xtérieurs au sujet desquels on trouve dans les 
auteurs certaines divergences d'opinions. 

Malgré la taille assez grande du sujet qui nous occupe, on 
peut constater encore la persistance de petits tubercules disposés 
en une série régulière suivant la ligne latérale du corps. Ces 
tubercules, très petits, appréciables au toucher, et visibles prin- 
cipalement à contre-jour, sont espacés d'un ou deux centimètres. 
On sait que, très accusés et disposés suivant plusieurs lignes 
longitudinales chez les jeunes, ils s'atténuent chez les sujets 
plus avancés en âge, puis disparaissent à l'état adulte. 

L'Espadon possède une nageoire dorsale et une nageoire 
anale. Depuis longtemps déjà on a constaté que ces nageoires, 
entières chez les jeunes, sont l'une et l'autre divisées en deux 
chez l'adulte qui semble ainsi pourvu de deux nageoires dorsales 
et de deux anales. C'est sous ce dernier aspect que se présente 
le sujet dont il est ici question. 

La disparition de la partie moyenne de ces nageoires est 
généralement attribuée à l'usure complète des rayons et de la 
membrane qui les unit. C'est en effet ce qui semble, au premier 
abord, exister chez notre sujet; mais un examen attentif et 
mieux encore une dissection superficielle montrent qu'il en est 
autrement et donnent l'explication de la transformation qui 
s'est produite. Les rayons, peu visibles il est vrai, n'ont cepen- 
dant pas disparu et conservent même une longueur d'un à deux 
centimètres. Sous l'influence de l'atrophie et de la rétraction de 
la membrane qui les relie, ils se sont couchés en arrière suivant 
la ligne dorsale et se trouvent aujourd'hui masqués par la peau 
qui semble s'être dédoublée graduellement pour les recevoir et 



L. BLIREAI'. — i:si'AL)OX EPEE OO 

SOUS laquelle ils font une légère saillie. Leur situation étant 
devenue sous cutanée, il devient par cela même impossible de 
les redresser ' . 

La coloration de ce spécimen que nous avons pu examiner le 
surlendemain de la mort ne concordait pas non plus avec celle 
que l'on attribue généralement à l'espèce. 

Suivant les auteurs, la coloration de l'Espadon est d'un hleif, 
foncé sur le dos, d'un argenté brillant sur le ventre. 

Chez notre sujet, la coloration des parties supérieures et des 
nageoires rappelait celle de la Scie, du Marteau, et du Centrine 
humantin. Le dessus du corps était en effet d'un Wun assez 
foncé, les flancs d'un brun plus clair et des tons argentés se 
montraient sur les côtés de la tête et les parties inférieures du 
corps. 

Il mesurait : 

Longueur de l'extrémité de la lance au milieu de l'échancrure 
caudale 2"" 27 

Longueur du milieu de l'œil à l'extrémité de la lance . 86 

Diamètre de l'iris 05 

Les documents relatifs aux captures faites sur les côtes 
océaniques, au nord de l'embouchure de la Gironde, sont peu 
nombreux. Nous les énumérerons ici : 

Charente-Inférieure : 

« Espadon commun, XipMas gladius Lin. ; très rare, il vient 
accidentellement dans nos parages. On en a péché en 1819, en 
juin 1858 et en juillet 1860. » (Beltrémieux, Edouard. — Faune 
vivanle de la Charente- Inférieure, 1884, p. 96). 

Vendée : 

« R. R. Remonte accidentellement de la Méditerranée dans 



1. Par comparaison, nous avons sous les yeux un jeune sujet, du Muséum de 
Nantes, provenant de la Méditerranée et mesurant O^QO. de l'extrémité de l'épée 
à l'échancrure médiane de la queue. Il offre, à cette taille, une nageoire dorsale 
complète, à rayons courts dans la partie médiane et semblable à celle du sujet 
figuré pif RIoch : Naturgesch, d. in-u. Ausland. Flsche, Helft3, taf, lxxvi. 

Notons aussi que malgré la faible taille de ce sujet, nous ne constatons pas 
trace de tubercules sur les parties latérales du corps. 



56 NANTES. -^ BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. -) . 

nos parages ; est péché de temps en temps sur les côtes de la 
Vendée et de la Charente-Inférieure. Eté. » (Lemarié, Eug. — 
Poissons des départe?nents de la Charente, de la Charente- 
Inférieure, des Deux-Sèvres, de la Vendée et de la Vienne, 
Niort, Saint-Jean d'Angély, 1866, p. 16). 

« On m'a assuré qu'il avait été pris ici un Esoce espadon, 
{XiphiaÈ gladius Lin.) ; mais je ne l'ai pas vu. » (Piet, F. — 
Recherches sur Vile de Noirmoutier, 2^ édit. publiée et anno- 
tée par J. Piet, son fils. Nantes, 1863, p. 241). 

Loire-Inférieure : 

Comme nous le disons plus loin, un sujet fut capturé à l'em- 
bouchure de la Loire en 1777. Voyez Duhamel du Monceau: 
Traité général des Pesches et Histoire des Poissons qu'elles 
fournissent, tant pour la subsistance des ffom?nes que pour 
plusieurs autres usages qui ont rapport aux Arts et au Com- 
merce. Paris, 1769-1782, p. 334). 

Morbihan : 

« L'an IX, on en captura un à la mi-prairial, dans la rivière 
de Vannes, sur les côtes de Rhuys. » (De la Blanchère. — 
Nouveau dictionnaire général des pèches, 1868, p. 296). 

M. le baron d'Hamonville a offert au Muséum de Nantes, la 
tête d'un Espadon pris à Billiers, à l'embouchure de la Vilaine, 
il y a quelques années, dans de singulières conditions. L'animal 
avait engagé son épée dans une fente de rocher dont il ne put 
se dégager à temps et fut ainsi surpris par la marée baissante. 
Cette tête mesurait 0™74du milieu de l'œil à l'extrémité de l'épée, 
ce qui laisse supposer un spécimen d'environ V^^ô de long. 

Finistère : 

Un sujet péché à Concarneau figure au Muséum de Paris. 

Du prétendu Xiphias imperator de Bloch. 

Sous le titre que nous transcrivons ici, Cuvier et Valenciennes, 
dans leur Histoire naturelle des Poissons, t. 8, p. 203, parlent, 
dans les termes qui suivent, d'un XijMas gladius, péché à 



L. BUREAU. — ESPADON P^PEE OV 

l'embouchure de la Loire, décrit par Duhamel et que Bloch eut 
le tort d'ériger en espèce nouvelle. 

« Bloch, dans son Système posthume (p. 93, et pi. 21), a 
introduit une espèce de Xiphias qu'il nommait imperator, 
et qu'il ne fait reposer que sur une figure de Duhamel (sect. 9, 
pi. 21, fig. 2), donnée comme celle d'un poisson péché à l'embou- 
chure de la Loire en 1777, que Ton montrait à Nantes pour de 
l'argent. Duhamel raconte en effet {ib., p. 334) que ce dessin lui 
fut envoyé de Nantes avec cette indication par un M. Bonamy ^ ; 
mais nous pouvons affirmer, nous, que Bonamy ne fit point 
faire son dessin sur nature, et qu'il se contenta de copier celui 
qu'Aldrovande 2 donne comme la représentation du Xiphias 
ordinaire. 

« Il est arrivé ici ce que l'on a vu dans plusieurs autres circons- 
tances. Aldrovande a donné, comme pour beaucoup d'autres 
espèces, une figure fausse; Bonamy, qui ignorait l'ichtyologie 
et peut être le dessin, voulant faire comprendre à Duhamel ce 
que c'était que ce poisson inconnu que l'on montrait à Nantes, 
a calqué la première figure qui lui est tombée sous la main ; 
Duhamel qui, malgré son gros livre sur les poissons, ne les 
connaissait guère mieux que Bonamy, a répété purement et 
simplement ce que ce dernier lui avait envoyé ; Bloch a répété 
à son tour l'article de Duhamel, et c'est ainsi que l'on aurait 
bientôt dans tous les ouvrages d'ichtyologie, un Xiphias impe- 
rator avec de petites ventrales et d'autres caractères, tous 
dérivés originairement d'une mauvaise figure d'Aldrovande. » 

1. Bonamy, dont il est ici question, est, sans aucun doute, le botaniste estimé 
qui fit paraître en 1782, le Florœ Nannetensis Prodromus. 

2. Fisc. p. 332. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE II. 



Fig. 1. — Espadon épée ^ 

Fig. 2. — Dague vue par la face inférieure g 

Fig. 3. — Coupes de la dague. 



ICHNEUMONIDES 

DE LA 

FAMILLE DES PIMPLARI^E' 

capturés dans le département de la Loire-Inférieure^ 

par M. l'abbé J. DOMINIQUE 

f50 Juin 1H95) 

EPHiALTEs Grav. 

E. tuberculatus Fourcr. — Nantes et environs. 
E. imperator Kriechb. — Nantes. PC. 
E. rex Kriechb. — Nantes, la Haie-Fouassière. AC. 
E. divinator Rossi — Une 9, de la Haie-Fouassière. 
E. gracilis Grav. — Un cT, de Nantes. 

PERiTHOus Holmgr. 

P. varius Grav. — La Haie-Fouassière, 6 et o" sur les 
ombelles de Daucus en juin et juillet. 

THERONiA Holmgr. 

T. flavicans Fab. — Nantes, les Trois-Moulins en Rezé, 
sur les haies, en été. Une 9 prise en décembre. 

piMPLA Fab. 

P. instigator Panz. — C. o^ et 9 aux environs de Nantes. 
Fréquemment sur les fleurs des Ombellifères. Mai-octobre. 



1. HoLMGREN, Monographia Pimplariarum Sueciae. 

2. Tous les insectes mentionnés dans cette liste ont été revus par M. Marshall 
qui a bien voulu mettre sa science des Ichneumonides à notre disposition. 



Hf» N'ANTES. — BULL. SOC. .SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

P. turionellse Lin. — Nantes et environs. La Haie- 
Fouassière sur les Daucus. Printemps, été, jusqu'en novembre. 
AC. 

P. rufata Gmel. = varicornis Gr.,Ratz. — Bords de la 
Sèvre, jardins autour de Nantes, sur les Daucus. Juin-août. PC. 

P. scanica Vill. — Nantes et environs. Riaillé, la Haie- 
Fouassière, sur les Daucus (a" et 9). Juin-août. AC. 

P. oculatoria Fàbr. — Deux ç prises en juillet, sur les 
Daucus, à la Haie-Fouassière. 

P. graminellse Schr. — Une Ç, de Nantes. 
P. stercorator Fa}). — Nantes, en été (9). PC. 
P. brevicornis Grav. — Nantes, la Haie-Fouassière. Mai- 
septembre (9). PC. 

POLYSPHINCTA GrUV. 

P. tuberosa Grav. — Une 9, de Nantes. 

CLYSTOPYGA Grac. 

G. incitator Fab. — Une 9 prise en juillet sur Daucus, à 
la Haie-Fouassière. 

CLYPTA Grav. 

G. ceratites Grav. — Nantes, une 9. 

G. hsesitator Grav. — Quelques 9 prises à Nantes, en 
juillet. 

G. bif oveolata Grav. — Une 9 de la Haie-Fouassière, prise 
en juillet sur Daucus. 

G. incisa Grav. — Une 9 également prise en juillet sur 
Daucus, à la Haie-Fouassière. 

scHisTOPYGA Grav. 
S. varipes Holmg. — Un o^ pris à Nantes. 

LissoNOTA Grav. 

L. variabilis Holmg. — Une 9 prise en juin, sur Daucus à 
la Haie-Fouassière. 



J. DOMINIQUE. — PIMPLARIA] 61 

L. parallela Grav. — 0" et 9 sur les Ombellifères, à la 
Haie-Fouassière. Juin-août. AC. 

L. bellator Gr^ac. — cr' et 9 CC. Sur les Ombellifères de 
juin à septembre. Nantes, la Haie-Fouassière. 

L. commixta Holmg. — Une 9 de Nantes et deux o" pris en 
juillet sur Daucus, à la Haie-Fouassière. 

L. cylindrator Vill. — Un cf pris à Clisson, en septembre. 

L. sulphurifera Grov. — Un o^ pris à Nantes. 

L. \ers\co\ov Holmg. — Plusieurs 9 prises à Nantes, en été. 

MENiscus Schiodte 

M. impressor Grav. — Nantes, la Haie-Fouassière, sur 
Daucus. (cT et 9). 

PHYTODi^Tus Grav. 

P. segmentator Grav. — Un cf pris le 18 avril, à la lisière 
de la forêt de Touffou (Piel de C). 

P. polyzonias Grav. — Une 9 prise en juillet sur Daucus, 
à la Haie-Fouassière. 

GRYPTOPIMPLA TttSCh. 

C. blauda Grav. — Une 9, prise en juillet sur Daucus à la 
Haie-Fouassière. 

XYLONOMus Grav. 

X. precatorius Fah. — C. à Nantes, toute la belle saison. 
(o^et9). 

X. pilicornis Grav. — AC. à Nantes, en été. (o^ et 9). 

X. filiformis Grav. — Nantes, la Haie-Fouassière, juin- 
août. AC. (9etc/'). 

xoRiDEs Latr. 

X. nitens Grav. — Nantes, la Haie-Fouassière, de juin à 
septembre. AC. (cf^ et 9). 



r)I-A.C3-3SrOSE 

d'une 

ESPÈCE NOUVELLE DE TENTHREDINIDE 

VIVANT AUX ENVIRONS DE NANTES 

par M. le pasteur Fr. W. KONOW 

(Extrait et traduction de : Wiener Entomologische Zeitung. XIII 
Jahrg, III. Heft ; 31 Mars 1894). 



Priophorus discors n. sp. 

o' et 9. Niger, subtilissime griseo-pubescens ; tibiis tarsorum- 
que basi albidis, tibiis posterioribus postice tenuissime nigro- 
lineatis ; antennis tenuibus, abdomine parum longioribus ; ver- 
tice longitudine suâ fere triplo latiore, medio sulco profundo 
diviso ; fronte subpunctulata, area pentagona distincta ; alis 
subhyalinis, stigmate fusco, costa maxima parte albida. Feminae 
vagina apicem versus haud dilatata, apice auguste rotundata. — 
Long. 5-6 m. m. 

Patria : Germania borealis et Gallia (Nantes). 

Die Spezies sieht dem Priophorus tener sehr ahnlich, istaber 
an der Bildung des Scheitels und der weiblichen Sagescheide 
leicht zu unterscheiden. 

Nur wenig Exemplare liegen mir vor aus Mecklenburg und 
Alsen. Auchein bei Nantes, vom Herrn Abbé Dominique erbeu- 
tetes Exemplar habe ich gesehen. 

Noire, à très fine pubescence grise ; tibias et base des tarses 
blanchâtres ; une très fine ligne noire sous les tibias postérieurs; 
antennes grêles, à peine plus longues que l'abdomen ; vertex 
presque trois fois plus large que long, divisé au milieu par un 
sillon profond ; front subponctué à area pentagonale distincte ; 
ailes subhyalines, à stigma brun ; la nervure costale en majeure 



64 NANTES. — BULL. SOC. SU. NAT. OUEST. — T. 5. 

partie blanche ; gaîne de la tarière (9) non dilatée vers le sommet ; 
celui-ci étroitement arrondi. 

Long. 5—6 m. m. 

Patrie : Allemagne du Nord et France (Nantes). 

Cette espèce est très voisine de Priophorus tener mais elle 
s'en distingue aisémentpar la configuration du vertex et de la gaîne 
de la tarière serriforme des femelles. 

J'en possède seulement quelques exemplaires provenant de 
Mecklembourg et d'Alsen. J'en ai vu aussi un exemplaire pris 
aux environs de Nantes par M. l'abbé Dominique. 



Une nouvelle TENTHREDINIDE 

de France 
par Fr. W. KONOW 

{Revue d'entomologie, t. IIII, i894, p. 284J 



Allantus Dominiquei u. sp. 

cr' et Ç. Niger et tlavo-varius ; capite et thorace haud dense 
punctulatis, pallido-pubescentibus; hoc pone oculos subdila- 
tato ; vertice longitudine sua duplo latiore ; clypeo subtriangu- 
lariter exciso, haud deplanato ; fronte sub anteniias acute 
carinata; mesonoti scutello subelato, densius punctulato; alis 
flavescentibus, stigmate tlavo, unicolore; abdominis dorso 
subopaco, subtillissime punctulato et transversim striatulo, 
subcoriaceo. Ore, antennarumbasi, pronoti lobis, tegulis, meso- 
pleurarum litura, pedibus, ano flavis; coxis nigris, subtus 
flavo-maculatis ; femoribus basi, tibiis anterioribus apice nigro- 
niaculatis ; tarsis anterioribus maxima parte, posticis apice 
nigris. 

a"" Abdominis segmentis dorsalibus interraediis fusco-rubris, 
basi nigris ; apicalibus usque a segmenti sexti medio et toto 
ano flavis. 

$. AU. flavipedi simillima ; sed abdominis segmentis, 
1» latins, 2° et 3» tenuiter, ceteris latius flavo-marginatis, seg- 
mentis apicalibus usque a septimo fere totis flavis ; scutello 
interdum flavo-maculato. — Long. 10-12 mill. 

Patria : Gallia et Hispania. 

d" et<^. Noir, varié de flave; tète et thorax à ponctuation 
fine et peu dense, à pubescence pâle ; tète un peu dilatée en 
arrière des yeux; vertex deux fois plus large que long; 
clypeus presque triangulairement échancré, non aplati ; front 
muni d'une carène aiguë au dessous des antennes ; meso- 
notum à écusson un peu saillant, plus densement ponctué : 



66 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

ailes flavescentes^ à stigma flave, unicolore ; dos de l'aM07nen 
presque mat, très finement jjonctué et fme?nent styié en 
travers, presque coriace. Bouche, base des antennes, lobes du 
pronotwn, écaillettes, litiire des 7nesopleures, pattes et anus 
flaves ; hanches noires, tachées de flave en dessous ; base des 
fémurs, apex des tibias antérieurs, maculés de noir ; tarses 
antérieurs en majeure partie, les postérieurs à Vapex noirs, 

cf. Abdomen à segments dorsaux intermédiaires d'un 
brun-rouge, noirs à la base ; les segments apicaux depuis le 
milieu du sixième et Vanus en entier /laves. 

9. Très semblable à celle d'Ail, flavipes; mais: le premier 
segment abdominal largement, les deuxième et troisième 
faiblement bordés de flave ; les segments apicaux, depuis le 
septième, presque entièrement flaves; écusson quelquefois 
'maculé de flave. Long. 10-12 mill. 

Patrie: France et Espagne. 

M. l'abbé J. Dominique a découvert ' cette belle espèce dans 
les environs de Nantes (Loire-Inférieure), sur les fleurs de 
Brassica oleracea L. et de Raphanus raphanistru?n h., en 
avril et mai, dans deux localités du bord de la Loire et du bord 
de l'Erdre : Thouaré et la Chapelle-sur-Erdre. Je l'ai dédiée à 
l'excellent entomologiste à qui l'on doit déjà de remarquables 
découvertes pour la faune de son pays. 

L'espèce est voisine d' Allantus flavipes Geoffroy; elle s'en 
distingue : par le clypeus non pas en arc, mais presque trian- 
gulairement échancré, par le front caréné, par le scutellum 
sphérique et par la sculpture du dos de l'abdomen. 



1. C'est en effet M. Tabbé Dominique qui a soumis à M. le pasteur Konow la 
nouvelle Tenthrédinide. mais la capture en est due à MM. Piel de Churchevilie, 
nos zélés collègues. 



SUR UNE MOUSSE 

DU 

Département des Côtes-du-Nord 

considérée jusqu'ici 

comme le Dioranum viride (SuU.) 

par 
M. Fernand camus 

{30 juin isy-tj 



Le 9 juin 1875, J. Gallée, de Rennes, découvrit sur de vieilles 
souches de châtaigniers dans la forêt de Coëtquen (Côtes-du- 
Nord), un Dicranum stérile remarquable par ses feuilles pour 
la plupart brisées. Gallée examina sa plante avec la conscience 
qu'il apportait à tous ses travaux et aussi avec les moyens 
d'étude malheureusement peu nombreux dont On disposait 
alors. Il la rapporta au Dicranwyi viride (Sull.). Quelques 
confrères auxquels il communiqua sa découverte acceptèrent 
ou confirmèrent cette détermination. En 1876 j'étais avec 
mon ami Brin, mort depuis comme ce pauvre Gallée, en 
garnison à Rennes et ce dernier nous montra dans son herbier 
ce Dicrmium que les circonstances ne nous permirent pas 
d'aller voir sur place. Au départ de Rennes en novembre 1876, 
J. Gallée confia à Brin un important paquet de mousses en le 
chargeant de les soumettre à M. Bescherelle qui avait encou- 
ragé avec beaucoup de bienveillance les débuts bryologiques de 
Brin. Désirant conserver le seul échantillon de D. viride qu'il 
eût gardé de sa première récolte, il fit une nouvelle course à 
Coëtquen, et ce furent ces échantillons, recueillis en novembre 
1876 qui passèrent sous les yeux de M. Bescherelle. D'après 
Brin, M. Bescherelle reconnut que la plante de Coëtquen 
n'appartient pas au D. viride et supposa qu'elle n'est qu'une 
forme rabougrie du D. Scottianum. Or, je reviendrai plus loin 
.sur le fait. Brin a certainement dans la circonstance brouillé 



68 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

les numéros d'ordre de plusieurs des Dicranum qui lui étaient 
confiés et il est impossible d'admettre qu'un bryologue ayant 
l'expérience de M. Bescherelle ait pu songer au D. Scottianum 
pour la plante de Coëtquen. Si j'insiste sur ce point c'est que 
Brin en a distribué des exemplaires à ses correspondants et 
qu'elle figure peut-être sous un nom erroné dans quelques 
herbiers. 

J. Gallée n'accepta pas cette identification et pour cause. 
Il se demanda s'il avait bien récolté en novembre 1876 la 
même plante qu'en juin 1875 et ne pouvant voir dans son 
Dicranum un D. Scottianum, il en revient à l'idée du 
D. viricle. En août 1878, voulant terminer le débat, il envoya 
à Lamy de la Chapelle son échantillon original. Les bryologues 
étaient alors rares en France. Lamy avait récolté au Mont-Dore 
et dans la Haute-Vienne une série remarquable de Muscinées 
qui avait fourni la matière de deux Catalogues suivis de deux 
suppléments. Il jouissait d'une notoriété bryologique bien 
justifiée. Sa vue lui interdisant l'usage du microscope, il confiait 
la détermination de ses récoltes à tous les bryologues éminents 
d'alors. Peut-être eut-il tort dans la circonstance de trancher 
lui-même la question à la simple vue. Il renvoya à J. Gallée 
son échantillon avec l'annotation suivante : « Sans nul doute, 
c'est ici le Dicranmyi viride, le Scottianum a des feuilles plus 
allongées, moins roides et moins fragiles. » 

Le nom de D. viride fut donc définitivement adopté pour la 
Mousse de Coëtquen, et c'est ainsi qu'elle est désignée dans les 
ouvrages suivants : 

De la Godelinais, Catalogue des Mousses, Hépatiques et 
Lichens du département d' I Ile-et-Vilaine, 1881, page 4. 

}l\x^noi. Flore des Mousses du Nord-Ouest, 2^ éd. 1882, p. 47. 

Id., Muscologia gallica, fasc. I (1884) p. 29. 

Boulay, Muscinées de France, 1884, p. 493. 

Fr. Morin, Anatomie comparée et expérimentale de la 
feuille des Mousses, 1893, p. 37. 

Depuis Gallée, la plante n'a été revue sur place, à ma 
connaissance que par M. Fr. Morin , de Dinan, qui m'en a envoyé de 
beaux exemplaires en me demandant s'il avait bien récolté la 
même espèce que Gallée. En lui répondant affirmativement sur 



F. CAMUS. — SUR UNE MOUSSE DES CÙTES-DU-NORI> (J9 

ce dernier point, je faisais mes réserves sur l'exactitude de la 
détermination. La question en effet ne m'avait point paru tirée 
au clair et je me proposais de faire moi-même de cette mousse 
une étude sérieuse que les circonstances ont ajournée bien 
longtemps. L'occasion s'en est enfin présentée dans le courant 
de cet hiver et je suis arrivé à cette conclusion inattendue que 
le Dicranum de Coëtquen est, sans doute possible, le D. strictum 
Schleich. 

Les Bicranutn strictwn et viride ont un faciès très voisin, 
dû à leurs feuilles brisées dans la partie supérieure. Tous deux 
sont d'une taille moyenne ou petite pour le genre. Ils forment 
des touffes roides et se crispent à peine ou même nullement 
par la sécheresse, caractère qui permet déjà de les distinguer 
sur place des D. flagellare et monùanum croissant dans les 
mêmes conditions, et du D. Scoitianmn qui est plutôt saxicole. 
Le strictwn est d'un vert foncé ou jaunâtre, le viride d'un vert 
qui tend à brunir. l^'ë^iihhiQviridis, justifiée quand la plante 
était rangée dans le genre Campylopus, devient sans valeur 
dans le genre Dicranum et ne vaut pas les noms de thraus- 
tophyllum (Spruce) et thraustum (Schimper) inspirés par la 
fragilité des feuilles. L'examen microscopique est assez délicat, 
d'autant que le B. viride ne fructifiant qu'exceptionnellement 
et le B. strictum étant lui-même habituellement stérile, cet 
examen porte uniquement sur les feuilles caulinaires. Celles-ci 
sont bien rarement complètes, si ce n'est sur les jeunes pousses 
où leur tissu plus tendre est moins favorable à l'examen ; les 
sommets brisés des feuilles restent en tombant au milieu des 
touffes et on les trouve facilement parmi le feutre radiculaire 
qui garnit les tiges. Ces fragments détachés des feuilles déve- 
loppent fréquemment au niveau de la fracture des poils radi- 
caux roussâtres et des filaments protonématiques, probablement 
susceptibles dans les circonstances favorables de produire des 
bourgeons. Il semble donc qu'ils puissent servir à la propaga- 
tion de l'espèce et suppléer à sa stérilité ordinaire. 

Indépendamment de leur port, nos deux Dicranum se 
rapprochent par leurs feuilles longuement effilées et dont la 
nervure se dégage du limbe sur une certaine étendue. A la 
base de la feuille, cette nervure a sensiblement la même 



70 



BULL. SOC 



N'AT. OUEST. 



largeur dans l'une et l'autre espèce (environ un quart de la largeur 
de la base) ; elle est cependant un peu plus large dans le D. viride. 
Je résume dans le tableau suivant les caractères différentiels 
qui permettront d'établir le diagnostic. 



D. strictum. 



D. viride. 



Oreillettes bien délimitées , 
rousses, séparées de la nervure 
par plusieurs rangées de cellules 
semblables à celles situées plus 
haut (ces cellules peuvent aussi 
être colorées en roux). 



Cellules de la partie inférieure 
de la feuille longues en moyenne 
de 0""035 à — 045, en rectangle 
allongé (1 : 4 - 1 : 7) un peu plus 
étroites le long de la nervure, 
mais sans qu'il y ait une diffé- 
rence très marquée. Plus haut, 
leur longueur absolue et leur 
longueur relative diminuent et 
elles se rapprochent peu à peu 
de la forme carrée. 

Le limbe de la partie rétrécie 
de la feuille n'est épais que d'une 
seule couche de cellules, sauf 
tout près de la nervure. 

Coupe de la nervure. — Nervure 
plutôt simple: une rangée mé- 
diane de 6-8 (rarement plus) 
grandes cellules fDeuterJ. Entre 
celles-ci et les assises extérieures 
dorsale et ventrale, quelques 
cellules peu nombreuses, à lu- 
mière peu rétrécie, se distinguant 
difficilement des cellules super- 
ficielles. En un mot uniformité 
presque complète du tissu de 
la nervure (à l'exception bien 
entendu de l'assise médiane). 
Vers la base de la feuille, les 
cellules intermédiaires sont un 
peu plus nombreuses et leur 
calibre tend à se rétrécir, sans 
qu'elles arrivent à mériter le 
nom de stéreides ^ 



Oreillettes rousses, moins 
bien délimitées, se continuant 
vers la nervure par un tissu 
hyalin formé de cellules un peu 
plus lâches que celles situées 
plus haut et à parois plus 
minces. 

Cellules de la partie inférieure 
de la feuille de façon absolue 
bien plus courtes (longueur mo- 
yenne O-'-Ol'Z-O^^OiS), en rec- 
tangle proportionnellement bien 
moins allongé (1 : 1 1/2-1 : 3), 
mêlées d'autres cellules presque 
quadrangulaires. Plus haut, le 
tissu formé de cellules toutes 
carrées et petites est plus opaque 
que celui du D. strictum. 

Le limbe dans la partie rétrécie 
est épais de deux assises de 
cqWvAq?, fCrassidicranumJ. 



Nervure plus complexe: rangée 
de cellules médianes généra- 
lement 8-9, même 10. Entre 
celles-ci et les assises exté- 
rieures dorsale et ventrale, série, 
doublée et triplée par places, de 
cellules à lumière rétrécie (sté- 
reides). Donc complexité du tissu 
de la nervure qui offre trois 
sortes d'éléments bien différen- 
ciés. 



1. Je crois inutile d'exposer les différences spécifiques tirées par les auteurs 
des organes de la fructification. Je n'ai d'ailfeurs pu les vérifier moi-même sur 
le D. viride. 



F. CAMUS. — SUR. UNE MOUSSE DES CÔTES-DU-NORI> 71 

Parmi les espècesbretonnes voisines, le Z>icrant«mmon^crnwm, 
d'un vert gai plus mat, se reconnaît à ses feuilles fortement 
denticulées et papilleuses sur le dos au sommet. En Bretagne, 
le D. montanum ne quitte guère les vieilles souches de 
châtaigniers, dans les taillis où cette essence est exploitée pour 
ses rameaux (cerclières) ; elle y abonde parfois. Je ne l'ai vue 
qu'exceptionnellement sur le chêne et le pin, jamais sur les 
rochers. 

Le D. flagellare, qui n'est que peu crispé à l'état sec, porte 
souvent des jets flagelliformes auxquels il doit son nom. Ses 
feuilles ont de la tendance à se déjeter d'un seul côté surtout au 
sommet des tiges. Elles sont notablement plus courtes que chez 
les D. viride et stricium, progressivement et bien moins 
rétrécies; leur nervure disparaît ou ne se distingue pas 
du limbe au sommet qui est fortement et inégalement 
denté, etc. Le B. flagellare recherche les même stations 
que le B. montanum, et on les rencontre souvent côte à côte 
sur la même souche. 

Le B. Scottianwn croît d'ordinaire sur les rochers, rarement 
sur les vieux troncs d'arbres ; il est certainement exceptionnel 
sur les vieilles souches et je ne me souviens pas de l'y avoir vu. 
Sa taille dépasse habituellement celle des B. viride et 
B. strictum. Par la sécheresse, ses feuilles se crispent forte- 
ment. Celles-ci sont plus étroites (absolument et relativement), 
leur effilement est progressif et marqué, quoique la partie 
effilée soit moins prolongée que dans les deux espèces en 
question. La nervure se dégage du limbe au sommet qui est 
entier ou porte à peine quelques dents. Dans la partie infé- 
rieure de la feuille, le tissu se compose de cellules rectangu- 
laires allongées et de taille très différente, à parois épaisses, ce 
qui les fait paraître distantes, à contour un peu sinueux. Plus 
haut, le tissu est formé d'éléments irréguliers, carrés ou trian- 
gulaires, à angles émoussés, ovales ou arrondis, et paraissant 
toujours distants, en raison de l'épaississement de leurs parois. 
Les auteurs décrivent les feuilles du B. strictum comme 
entières. C'est effectivement presque toujours exact. On 
rencontre cependant des touffes portant des feuilles plus ou 
moins denticulées au sommet. Tel est le cas de la plante des 



72 NANTES. — BULL. SOC. SC. XAT. OUEST. — T. 5. 

Pyrénées trouvée par M. Renauld dans la vallée du Mercadau 
(ex Limpricht ^r?/;;^. Ftora). J'ai constaté le même fait sur 
quelques feuilles d'un D. strictum récolté en Styrie par 
M. Breidler. Sur la Mousse de Coëtquen, il n'est pas rare de 
trouver des feuilles à sommet nettement denticulé sur les 
bords et même raboteuses sur le dos. Ces dents sont régu- 
lières, mais peu profondes. Il n'y a point là matière à l'établis- 
sement d'une variété, ces feuilles dentées coexistant dans les 
mêmes touffes avec les feuilles entières. Cette denticulation est 
bien moins profonde que chez les D. flagellare et montanum, 
dont la feuille est d'ailleurs tout autrement conformée au 
sommet. 

Rien n'est plus difficile que de faire disparaître une erreur, 
surtout quand elle a déjà pris pied dans la science, et on ne 
saurait, pour convaincre définitivement le lecteur, apporter trop 
de soin à lui mettre sous les yeux toutes les pièces du procès. 
C'est, je crois, ce que j'ai fait. C'est aussi l'explication et la 
justification des développements dans lesquels je suis entré. La 
flore bretonne ne perd d'ailleurs rien à posséder le Bicranmn 
strictum au lieu du B. viride, la présence de l'une ou l'autre 
des deux espèces ofi"rant au point de vue de la géographie bota- 
nique régionale un égal intérêt. La dispersion générale des deux 
mousses n'est pourtant pas la même. Le D. viride est, il est 
vrai, signalé en France dans un nombre plus restreint de loca- 
lités, mais le D. strictum est une espèce incomparablement 
plus rare. 

Voici d'après les ouvrages classiques de MM. Boulay et 
Husnot la distribution en France des deux mousses. 

D. Strictum: Pyrénées, chaîne des Alpes (des Alpes-Mari- 
times à la Haute-Savoie), Plateau central (Mont-Dore, Forez). 

D. viride : Pyrénées (une localité). Allier, Nivernais, 
Vosges, Haute-Saône, Doubs. 

Coëtquen est encore la seule localité de France, et de l'Europe 
moyenne, où le D. strictum ait été trouvé en plaine. C'est là un 
fait important qu'il est bon de faire ressortir. La forêt de 
Coëtquen en effet n'atteint pas 100" d'altitude dans son point 
le plus élevé. On peut ajouter le D. strictum à la liste 
des espèces, généralement caractéristiques des montagnes 



F. CAMUS. — SUR UNE MOUSSE DES CÔTES-DU-NORD 73 

moyennes, signalées jusqu'ici dans la Bretagne et la Basse- 
Normandie. Il est permis de croire que la localité de 
Coëtquen n'est pas isolée et que des recherches ultérieures 
feront découvrir de nouvelles stations de cette mousse inté- 
ressante. Pour l'instant, c'est une des plus remarquables 
espèces de la flore bryologique bretonne, si riche et si curieuse 
à tant d'égards. C'est aussi une des meilleures trouvailles de 
J. Gallée, l'un des premiers en date des bryologues bretons, à 
qui l'on doit la découverte dans la presqu'île et même en France 
de plusieurs bonnes espèces et qui eût enrichi la flore bretonne 
d'autres raretés sans sa mort subite et prématurée. L'occasion 
de rappeler le souvenir d'un ami regretté, le désir et l'espoir de 
provoquer de nouvelles recherches en Bretagne sur le D. 
strictum feront excuser la longueur de la présente note. 

J'ai dit plus haut que les numéros d'ordre de plusieurs 
Dicranum confiés à Brin avait été brouillés. D'eux d'entre eux 
présentent pour la flore locale un certain intérêt. Deux échan- 
tillons, l'un de la Quémerais en PontRéan, l'autre de Vitré sont 
revenus avec les déterminations suivantes: pour le premier, 
Dicranum Scottianum ; pour le second, Catnpylopus fleœuosus. 
Or, il y a évidemment eu dans la circonstance interversion 
complète des échantillons. 

La plante de la Quémerais est un Campylopus fleœuosus 
incontestable. Gallée, alléché par le D. Scottianum et ne 
pouvant le reconnaître dans l'échantillon en question, est allé je 
ne sais combien de fois, dont une avec moi, le 7 août 1878, à 
la Quémerais, toujours à la recherche du vrai D. Scottianum 
qui ne paraît pas y exister. Il en a envoyé à Lamy un échan- 
tillon, actuellement dans son herbier, et Lamy n'a pu qu'y voir 
le Camp, flexuosus. Cette erreur a trouvé son écho dans le 
Catalogue de la Godelinais, à qui sans doute Gallée avait 
également soumis ce faux D. Scottianum. ("Voir p. 5 du Cata- 
logue). 

La mousse de Vitré appartient bien au D. Scottianum. 
Gallée qui ne gardait jamais de doubles et qui, dans son 
herbier, représentait assez chichement les espèces par des 
échantillons peu nombreux, n'a pas du garder cette plante; 



74 NANTES. — BULL. SOC. SC. NÂT. OUEST. — T. 5. 

du moins je ne me souviens pas de l'avoir reconnue dans son 
herbier lors de la révision rapide que j'en fis en août 1878. 
J'ignore si elle existe dans l'herbier de Brin. Elle existe 
heureusement dans mon herbier. Lorsque, après des années 
d'interruption, je me remis à la bryologie, je n'eus aucune peine 
à reconnaître le D. Scottianuni dans la plante de Vitré, et j'en 
gardai soigneusement l'échantillon. Vitré est en effet la 
seule localité où, pour l'instant, l'existence de l'espèce soit 
sûrement prouvée en Ille-et- Vilaine. Elle est bien indiquée aux 
environs de Fougères d'après Sacher; mais de la Godelinais, en 
rapportant cette indication dans son Catalogue (p. 4) ajoute: 
je n'ai pu trouver cette plante. Etant donné que l'herbier Sacher 
renfermait, sans indications de provenance toujours suffisantes, 
plusieurs espèces étrangères à l'arrondissement, on ne peut 
jusqu'à nouvel ordre tenir pour certaine à Fougères l'existence 
du D. Scottianum, bien qu'elle y soit très probable. L'existence 
bien constatée de cette mousse à Vitré et d'autre part à 
Mortain plaide fort en faveur de cette probabilité. De Brébisson 
qui, dans son Exsiccata « Mousses de la Normandie », cite 
Fougères pour plusieurs espèces, ne fait pas mention de cette loca- 
lité sur l'étiquette du D. Scotticmum (échantillon n° 182) . Ce sont 
Delise, De Brébisson et surtout Guépin qui paraissent avoir 
communiqué à Sacher (Victor) cette série de mousses, qui de 
son herbier a passé dans celui de son frère, Sacher (Jean- 
Marie). Elles sont, je crois, actuellement, quelques unes du 
moins, dans l'herbier de J. Gallée, qui fait partie des collections 
de la Faculté des Sciences de Rennes. La mort ayant surpris 
Gallée inopinément, il est bon de rappeler l'origine de ces 
plantes dont plusieurs sont étrangères au département et 
même à la Bretagne. 



LETTRE 



François Bonamy à Bernard de Jussieu 



(1765) 



La lettre que nous avons la bonne fortune de pouvoir repro- 
duire nous a été communiquée par notre confrère M, le D'' 
Eugène Bonamy, arrière-petit-fils du signataire de ce document 
intéressant ,à plus d'un titre ; il nous rappelle, en effet, la 
mémoire du premier botaniste de valeur qui ait publié une 
flore de notre contrée, en même temps qu'il nous fournit 
quelques détails fort curieux sur le fameux Magnolia de la 
Maillardière. 

D'après une opinion fort accréditée à Nantes ce Magnolia 
grandiflora serait le premier arbre de son espèce introduit en 
France et peut être en Europe. Dans une notice très détaillée, 
ayant pour titre : « Documents inédits sur le Magnolia de la 
Maillardière ' », M. le D"" de Rostaing de Rivas a fait remarquer 
judicieusement avec quelle réserve Bonamy évite de se pronon- 
cer à cet égard. 

Si bien placé qu'il fût pour résoudre la question il se borne à 
écrire en parlant dudit Magnolia: « nous en avons un des plus 
» grands et des plus beaux qui se voie dans toute l'Europe^. » 
La lettre qu'on vient de lire n'est pas plus explicite à ce sujet 
que celles dont nous parle M. de Rostaing de Rivas : l'une 
adressée au baron de Poëderlé fils à Bruxelles en 1769, l'autre 
à Duhamel du Monceau, vers 1770. 

Mais la lettre à Bernard de Jussieu, antérieure à ces 
dernières, vient confirmer la date de 1732 ou 1733 pour la plan- 
tation du Magnolia grandiflora de la Maillardière et notre 



\. Annales de la Soc. Académ. de Nantes, 1862, p. 58. 
2. Florae Nannetensis Prodroraus, p. 75. 



76 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

arbre historique n'en demeure pas moins l'un des ancêtres des 
nombreux individus de son espèce qui décorent aujourd'hui les 
parcs et les jardins de la France et même de l'Europe. 

Nous n'avons pas besoin de signaler l'attrait particulier qui 
s'attache à la correspondance du plus ancien Aoriste nantais 
avec l'illustre savant dont le nom apparaît associé à celui du 
grand Linné, et nous croyons répondre au sentiment de tous 
nos confrères en saisissant avec empressement l'occasion qui 
nous est offerte de remettre en lumière dans ce Bulletin, 
essentiellement consacré à l'histoire naturelle de la région de 
l'ouest de la France, la sympathique figure de l'auteur du Flora 
Nannetensis Prodromus, publié à Nantes en 1782, de l'ancien 
Recteur de l'Université de Nantes, Doyen de la Faculté de 
médecine de la même ville, du botaniste désintéressé quia 
frayé le chemin, et qui a « enseigné pendant 45 ans consécutifs 
» la botanique à Nantes, à ses propres frais, et sans avoir reçu 
» ni dédommagements ni récompense. » 

E. G. 



Monsieur, 



Je profite d'une occasion pour vous faire tenir un paquet de 
quelques graines que jay reçu depuis peu de Tameriqne. On 
m'en avoit annoncé un plus grand nombre de la guadeloupe 
qu'on m'envoyoit dans un navire qui a malheureusement péris 
dans lequel même j'avois quatre barriques de sucre fit qui sont 
entièrement perdues pour moy ayant manqué de les faire 
assurer. Je ne manqueré pas. Monsieur, de vous faire part de 
toutes les graines et plantes que je pourré recevoir tant de 
l'amerique que de l'afïrique, marquei moy seulement s'il vous 
plaît par quelle voye vous souhaité que je vous les fasse tenir 
affin d'en éviter les frais de port. 

Faite moy scavoir je vous prie si il y à une nouvelle édition 
des gênera plantarum de linneus imprimée depuis celle que jay 



LETTRE DE M. FRANÇOIS BONAMY 77 

qui est {holmiœ 1754, et au cas qu'il y en ait une si elle vaut la 
peine d'en faire l'acquisition ainsy que de la nouvelle édition 
de ses species plantarum. Je ne scay si ce dernier ouvrage est 
imprimé à Lyon. M^linneus devroit bien se contenter de donner 
séparément les additions et corrections de ses ouvrages en forme 
de supplément sans obliger les particuliers à acheter toutes les 
nouvelles éditions qu'il donne. Ces livres étant d'ailleurs assei 
chers. J'avais fait demander en Hollande la dernière édition du 
systema naturge qui doit être ainsy que vous m'avei fait 
l'honneur de me le marquer de l'année 1759 et je n'ay reçu que 
celle de 1756 lugduni Batavarum' apud theodorum haenke En 2 
vol. qui reunis ne forment ensemble qu'un bon et seul in 8°. 

étant allé me promener il y a un mois à une terre voisine d'un 
quart de lieiie d'une petite maison de campagne que jay à une 
lieue de la ville de Nantes, je fus agréablement surpris de 
trouver en pleine terre un magnifique et très grand Magnolia ou 
laurier tulipier, il à plus de vingt pieds de haut, le tronc est de 
la grosseur d'un noyer ordinaire, il pousse une très grande 
quantité de branches et il est assei chargé de fruits. Je vous en 
envois trois dont l'un me paroit presque parvenu à maturité. 
Je vais essayer de le multiplier par la bouture et par les 
graines ; si vous scavei Monsieur quelque autre moyen de le 
faire, je vous serei obligé, de me l'enseigner, et au cas que je 
réussisse je vous Enenvoiré si vous souhaitei des productions. 

Cette terre est depuis plusieurs années entre les mains d'un 
fermier qui na jamais fait aucune attantion à cet arbre, ne le 
distinguant point d'un laurier cerise. Les paisans voisins m'ont 
seulement dit qu'ils avoient souvent considérer avec admiration 
que sur la fin de l'été il etoit chargé d'une très grande quantitei 
de fleurs comme des espèces de lys. 

Cette terre appartenoit cy devent à un nommé M^ d'arquis- 
tade Négociant de cette ville qui je crois procura un pareil arbre 
avec un platane d'occident au jardin Royal à paris En 1734 ou 
1735 et que vous addressa feu M"" du plessis mon confrère, il se 
pourroit bien faire que le notre eut été mis en terre Environs 



1. I.Yon des Bataves (Leyde). 



78 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

dans ces temps la. il est toujours certain qu'il y à du être 
planté il y à un grand nombre d'années. Ce qui prouve que cet 
arbre s'accomode très bien à notre climat ayant du supporter 
plusieurs rudes yvers quoique planté dans un assei mauvais 
terrain et très ombragei par plusieurs autres arbres. 

Je finis ma lettre par vous remercier de la complaisance que 
vous aval eiie de mettre les noms en phrases botaniques aux 
plantes sèches que j'avois pris la liberté de vous addresser Je 
vous demande s'il vous plait la continuation de toutes vos 
bontéi à mon égard. Soyéi persuadéi que rien négalera jamais le 
profond respect et la vive reconnaissance avec lesquelles jay 
l'honneur d'être 

Monsieur v. très h. et très ob. serviteur 

BONAMY 

à Nantes le mars 1765. 



Je n'oubliré pas Monsieur de faire ramasser dans la saison 
de la graine du silène portensis de linnaeus et de vous l'envoyer. 



NOTICE EXPLICATIVE 



Feuille géologique de Château-Gontier 

par 
MM. L. BUREAU et D.-P. ŒHLERT 



La feuille géologique de Château-Gontier au 80.000« publiée 
par le Service de la Carte géologique détaillée de la France, 
vient d'être livrée au public. Nous donnons ici la Notice expli- 
cative qui l'accompagne, avec quelques détails complémentaires 
qui, faute d'espace, n'ont pu prendre place dans les marges de 
la feuille. 

Les explorations et les tracés géologiques ont été faits de 
1888 à 1893 par M. Louis Bureau pour les bassins d'Erbray, de 
Segré et l'anticlinal de Château-Gontier; par M. D.-P. Œhlert 
pour le bassin de Laval. 



INTRODUCTION 

La feuille de Château-Gontier appartient au Plateau méri- 
dional de la Bretagne. Les bandes qui la traversent conver- 
gent en plusieurs faisceaux vers son angle S. E. Leur direction 
générale est E. 18° S. et leur ensemble constitue un plateau 
dont la pente est vers le Sud. 

Les cours d'eau offrent deux directions différentes : les uns, 
dirigés E. 0., suivent la direction des plis, les autres, orientés 
N. S., normalement à la direction des couches, coulent dans 
des vallées dues à des failles (la Mayenne, l'Oudon). Les eaux 
de l'Ouest de la feuille se rendent dans la Vilaine, celles 
de l'Est, dans la Mayenne. 

DESCRIPTION SOMMAIRE DES ÉTAGES SÉDIMENT AIRES. 

a^ Les alluvions modernes occupent le fond des vallées; 
une argile brune, avec cailloux roulés, s'observe au-dessus du 



80 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

calcaire miocène de Noyai. On y trouve des ossements de cerfs 
et autres animaux actuels. Un dépôt de tourbe existe au N. E. 
d'Entrammes, près du Breil-aux-Francs. 

a'^'Les alluvions anciennes se voient dans les vallées de 
la Mayenne, de l'Oudon et de la Chère à l'Ouest de Château- 
briant. Elles forment des terrasses au-dessus du niveau actuel 
des eaux et constituent des amas de cailloux roulés exploités 
pour les routes. Ces mêmes dépôts se rencontrent dans la 
vallée de la Jouanne et dans celle du Vicoin, près de son 
embouchure. 

a*" Le limon des plateaux et des pentes qui est 

indiqué au N. E. de la feuille, forme des dépôts assez épais ; en 
général, il couronne les hauteurs et se distingue de la terre végé- 
tale par la présence de fragments de roches arrachés aux terrains 
environnants, ou plus souvent de cailloux de quartz arrondis, 
provenant des graviers (p') sur lesquels ils reposent en les 
cachant plus ou moins complètement. Des grottes creusées dans 
le calcaire de Laval sont remplies d'un limon qui a fourni des 
ossements appartenant à la faune quaternaire. 

p' Sables, graviers et argiles. Des sables rouges et des 
galets quartzeux, parfois cimentés par de la limonite, attribués 
au terrain pliocène, se présentent çà et là sur toute l'étendue de 
la feuille. Vers Ruffigné, Saint-Aubin-des-Châteaux, Louis- 
fert, Erbray, se montrent des blocs volumineux de brèches et 
poudingues à pâte ferrugineuse. Ce niveau contient de 
nombreux gisements de minerai de fer hydraté. 

Au N. E. de la feuille, ces dépôts sont bien représentés, 
principalement sur la rive gauche de la Mayenne ; ils se dis- 
tinguent par la grosseur de leurs éléments de certains sables 
éocènes qu'ils surmontent et ravinent. 

m^ Les faluns à Terehratula perforata appartiennent à la 
partie supérieure du Miocène moyen. Ils forment des 
lambeaux situés à Erbray (Loire-Inférieure), la Prévière, 
Noëllet, Noyant-la-Gravoyère, Noyai, Chazé-Henry (Maine-et- 
Loire). La roche, généralement compacte, parfois friable, est 
composée de coquilles brisées, polypiers, bryozoaires agglutinés 



L. BUREAU ET D.-P. ŒHLERT. — FEUIL. CHATEA.U-GONTIER 81 

par un ciment calcaire. On y trouve des ossements d'ffali- 
theriumy des dents de poissons : Carcarias, Oxyrhîna, Lamna; 
des mollusques : TereWatulaperforata, Hinnites Duhuissoni. 
La plupart des gisements sont exploités pour la fabrication de 
\2i.Qhd,\ï^àïie chaux de terre, k Beaulieu, ferme de la Cheva- 
lerie (Mayenne), un sable jaune siliceux contient, suivant 
M. Tournouer : Cyprœa europea (minor), Marginella subcy- 
prœola {minor), Conus Dujardmi, C. Aldrovandi, Pleurotoma 
interrupta ? var., Typhis tetrapterus. 

e* Sables et grès à Sabalites : Ce niveau est représenté 
au N. E. de la feuille par des dépôts de sables, des graviers, ou 
par des blocs tabulaires, épars à la surface du sol et qui tendent 
à disparaître par suite de l'extension de la culture. Ces grès 
généralement sableux, à grains de grosseur variable, sont 
souvent très fins et ordinairement mal cimentés; exceptionnel- 
lement, ils ont pu être utilisés pour le pavage, mais leur exploi- 
tation a dû être abandonnée depuis longtemps (S. E. d'Entram- 
mes, rive gauche de l'Ouette). On y trouve parfois des traces de 
végétaux et surtout des cavités laissées par des racines. Ces 
dépôts occupent le flanc des coteaux, et se rencontrent dans la 
vallée de la Jouanne et dans celle de l'Ouette. On doit sans doute 
rattacher à ce niveau les argiles blanches kaoliniques provenant 
de la décomposition des schistes carbonifères pétrosilicifiés 
7rhv_vi} du Culm, au S. E. d'Entrammes. 

h,va Schistes carbonifères de Laval : Ces schistes qui 
occupent la partie terminale du Carbonifère, sont situés au 
centre du bassin de Laval ; on les voit bien développés au Nord 
de Parné ; ce sont des schistes argileux noirs, superficiellement 
devenus gris ou jaunes. 

h.vb Le calcaire carbonifère de Laval forme une bande 
qui traverse le coin N. E. de la feuille; il est noir, souvent 
schisteux, et se divise dans ce cas suivant un plan oblique par 
rapport au plan de stratification. Il est généralement plissé, 
ainsi qu'on peut le voir près de Parné, où il est exploité pour la 
fabrication de la chaux ; ordinairement il ne renferme pas de 
fossiles, ou du moins ceux-ci y sont très rares. 



82 NANTES. — BULL. SOC SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

h,vc Le grès carbonifère, parfois feldspathique, forme 
une bande épaisse, parallèle au calcaire de Laval, dont il est 
séparé par des grès fossilifères tendres, de couleur jaunâtre, 
passant à la grauwacke. Il se dirige du N. 0. au S. E. et forme 
une crête peu fertile allant de Forcé vers Maisoncelles. Son 
épaisseur sur la carte est augmentée par une série de plis dont 
on constate l'existence dans les vallées de la Jouanne et de 
rOuette. Il est parfois assez dur pour servir à l'empierrement 
des routes. Il contient quelques fossiles et en particulier des 
Productus spécifiquement indéterminables. 

hv_vi-Trhv_vi Cet ensemble est constitué par des schistes, des 
poudingues, des brèches schisteuses et des grès, de nature très 
polymorphe. Ces couches qui forment la base du Carbonifère 
dans le bassin de Laval sont très puissantes ; elles correspon- 
dent aux dépôts analogues qui existent sur le flanc Nord du 
synclinal, ainsi qu'aux couches marines (schistes et calcaire) de 
ce même flanc. En général, on rencontre à la base une roche 
plus ou moins schisteuse, à pâte sériciteuse, prenant parfois un 
aspect gréseux par suite de l'abondance de grains de quartz 
bipyramidés ; cette roche (Blaviérite y^hv-vi) est en relation avec 
une venue de microgranulite qui n'apparaît pas à la surface du 
sol ; on l'observe sur la route de Nuillé à Entrammes, près du 
pont de la Trappe, sur la rive gauche de la Mayenne. Au-dessus 
viennent des poudingues, puis des schistes et des brèches schis- 
teuses à la base desquels se trouve une couche d'anthracite 
exploitée à Montigné-Lhuisserie (feuille de Laval) et dont le pro- 
longement sur la feuille de Château-Gontier a été reconnu au 
N. E. de Nuillé (les Landes) et à 2 kilomètres S. E. d'Entram- 
mes, près de la cote 9L Son tracé probable a été indiqué par 
une ligne pointillée. Les schistes et les brèches schisteuses sont 
modifiés et deviennent pétrosiliceux (7rhv_vi) sur des étendues 
considérables. Ce métamorphisme est particulièrement développé 
sur les bords de la Mayenne entre l'écluse de Bonne et celle du 
Port-Ringeard, aux environs d'Entrammes, et au Nord de l'écluse 
de la Bênatre sur la rive gauche de la Mayenne : il parait dû à 
la présence d'un porphyre pétrosiliceux (ttv') qui est intimement 
mêlé aux couches. 



L. BUREAU ET D.-P. ŒHLERT. — FEUIL. CHA'JEAU-GONTIER 83 

Dans la vallée de TOuette, au Sud de Parné, les schistes qui 
environnent les orthophyres prennent souvent une teinte 
violacée avec développement de cristaux de feldspath kaolinisés. 

La transgressivité du Carbonifère sur le Dévonien et une 
partie du Silurien est évidente : les schistes et les calcaires du 
Dévonien inférieur (d^^) sont complètement recouverts; le grès 
à Orthis Monnieri est également en partie caché et ne montre 
que des lambeaux isolés ; enfin, dans toute la région située sur 
la rive gauche de la Mayenne, on retrouve des couches puissan- 
tes de schistes, de brèches et de poudingues du Culm, qui 
s'étendent au delà de l'anticlinal du Silurien supérieur (s''~^) et 
s'avancent jusqu'au grès ordovicien (s^**) qui lui sert de limite. 

Les schistes du Culm contiennent parfois des traces de plantes 
(le Bégon) près Entrammes, la Petite-Haie (Nord de Villiers- 
Charlemagne) . Ils ont été autrefois exploités comme ardoises, 
la Pommerais (Ouest d'Entrammes). 

d^" Le calcaire d'Erbray à Spzri/er Decheni, exploité pour 
la fabrication de la chaux, se voit sur une longueur de près de 
2 kilomètres. Il appartient au Dévonien inférieur, étage Coblen- 
zien, et comprend plusieurs niveaux : à la base, un calcaire bleu 
avec Cryphœus pectinatus k.Rœm., Bronteus Gervillei Corda, 
Megalanteris Deshayesi CailL, M. inornata d'Orb., Spirifer 
Decheni Kays., S. Trigeri de Vern., iS. Davousti de NQYH.^Aihy- 
ris undata Defr., A. concentrica V. Buch.; au sommet, un 
calcaire blanc cristallin avec Harpes venulosus Corda, Athyris 
undata Defr., A. concentrica V. Buch., A. ferronesensis 
d'Arch. et de Vern., Meristella circe Barrande, RMjnchonella 
nympJia Barrande, Poteriocrinus Verneuili CailL, Acervu- 
lariarenetensis Barrois. Au village de la Mogonnais, à l'Ouest 
d'Erbray, une fouille a donné des fragments de calcaire litholo- 
giquement semblable à celui d'Erbray. 

d' Le grès à Orthis Monnieri, dans le bassin de Laval, 
apparaît au N. E. de Montigné, mais il est bientôt recouvert par 
la trangression du Culm. Sur la rive gauche de la Mayenne, 
entre Entrammes et Villiers-Charlemagne, on remarque deux 
bandes subparallèles séparées par des schistes et des quartzites 
(s''"^) et qui indiquent l'existence d'un anticlinal dont le flanc 



84 NANTES. 7- BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Sud, en majeure partie caché par les dépôts du Culm, se relève 
pour laisser de nouveau apparaître les schistes (s'"^) au Sud de 
Briassé. Ces deux bandes, interrompues brusquement à leurs 
deux extrémités, viennent butter contre des failles dirigées 
N. E.- S. 0., parallèlement au cours de l'Ouette au S. O. de Parné, 
et à la déviation brusque qui existe dans le cours de la Mayenne 
au Sud de l'écluse de Briassé. Le grès à Orthis Monnieri est 
généralement fossilifère et forme des crêtes peu fertiles. 

s'"^ Les schistes et grès supérieurs offrent des caractères 
qui diffèrent suivant les synclinaux: 

1° Dans le synclinal de Martigné-Ferchaud, s'observent des 
schistes contenant {Sp.) des sphéroïdes à Orthocères (Sud du 
moulin de la Pile et la Coëfferie près Coësmes, le bois Gui Est 
de Thourie, Sud de Saint-Saturnin, le Maçonnais Sud de la 
Boissière, Montguillon, la Roche Nord de Chenille) et [Am.) des 
ampélites à Graptolithes (la Pillais Sud de Thourie). Au-dessous 
sont des grès blancs contenant parfois des ampélites à Graptoli- 
thes (la Landais Sud de Martigné-Ferchaud ; 

2" Dans le synclinal de Noyai, des grès surmontés par des 
schistes et des argiles multicolores avec {Sp.) sphéroïdes à 
Orthocères, Monograptus Hisingeri Carr., se voient dans la 
tranchée du chemin de fer au Nord de la station de Noyai ; 

S** Dans le bassin d'Erbray, on reconnaît, de haut en bas, 
la succession suivante : 1° Schistes gris, verts et rouges avec 
{Sp) sphéroïdes à Orthocères (N. 0. de la Bélair prèsErbray, la 
Treffiache près Saint- Vincent-des-Landes ; 2° {Am.) ampélites 
à Graptolithes (le Val de Caratel en Saint- Vincent-des-Landes), 
avec : Monograptus Halli Barrande , M. colonus Barrande ; 
S*' {Ph.) phthanites à Graptolithes (la Delinais en Louisfert, 
forêt Pavée, la Bélair et la Mogonnais en Erbray), avec Mono- 
graptus loMferus Mac-Coy, M. subloMferus Barrois, Climaco- 
graptus scalaris, L. var. normalis Lapw. 

Dans le bassin de Segré, les schistes et grès supérieurs sont 
en discordance sur les niveaux inférieurs. Dans un même syn- 
clinal, ils reposent tantôt sur les schistes à Irinucleus, tantôt 
sur les schistes à Calymene (Coësmes, Martigné-Ferchaud). 

Dans le bassin de Lavai, on a réuni sous ce signe l'ensemble 



L. BUREAU ET D.-P. ŒHLERï. — FEUIL. CHATEAU-GONTIER 85 

des schistes argileux alternant avec de petits bancs de 
quartzites noirs, au milieu desquels existent de nombreux 
pointements de diabase, et qui se trouvent entre le grès à 
Orthis Monnieri et les schistes de l'Ordovicien supérieur ; ils 
comprennent par conséquent certaines couches qui peuvent se 
rattacher à la base du Dévonien inférieur, mais la majeure 
partie appartient au Silurien supérieur. L'uniformité qu'on 
observe dans tous ces dépôts et l'absence ou la rareté des 
fossiles, n'ont pas permis d'établir de division dans cette 
masse. A la base, on trouve en général des bancs de grès, noirs 
(G) assez épais qui jalonnent la limite inférieure de cet 
ensemble ; ces grès sont bien visibles au moulin de la Roche 
(N. E. deNuillé) où ils sont très plissés. Les ampélites à Grap- 
tolithes (Am.) se rencontrent sur la rive droite de la Mayenne 
pi es de l'ancien moulin du Bois ; des nodules calcaires à 
Orthoceras et à Carcliola interrupta (Sp.) ont été trouvés en 
abondance dans les fondations de l'écluse de Briassé; enfin 
des schistes à Ceratiocaris sont assez fossilifères au Sud du 
moulin de Regereau. 

Ces schistes et quartzites sur la rive droite de la Mayenne, 
présentent de nombreux plissements au milieu desquels appa- 
raissent les schistes (s-c) et les grès (s-") de VOrdovicien ; il en 
de même dans la région comprise entre Entrammes et Villiers. 
Au contact des diabases ces roches sont à peine modifiées. 

Les schistes ardoisiers à Trinucleus forment, dans le 
synclinal de Martigné-Ferchaud, une seule nappe avec les 
schistes à Calymene Tristani qui leur sont inférieurs. Cette 
masse ardoisière, plissée nombre de fois, fournit des 
faisceaux dans lesquels on reconnaît tantôt le niveau à Tri- 
nucleus, tantôt celui à Calymene. La présence de grès fossili- 
fères intercalés entre ces deux niveaux n'a pas été constatée 
avec certitude dans ce synclinal; toutefois des lits gréseux 
alternent avec les schistes à Trinucleus. Ces derniers sont 
fossilifères à la carrière du Plessis près Coësmes, à la gare de 
Martigné-Ferchaud, aux carrières de TAubinière près Renazé. 
Ils donnent d'excellentes ardoises. On ne les connaît pas dans 
le synclinal de Noyai ni dans le bassin d'Erbray. 



86 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

Dans le bassin de Laval, les schistes à Trinucleus sont 
ardoisiers ou plus souvent quartzophylladiques et prennent 
dans ce cas un aspect rubané ; ils forment une large zone qui se 
décompose en plusieurs bandes par suite de plis anticlinaux 
au milieu desquels apparaît le grès s^^. Sur la rive gauche de la 
Mayenne, ils disparaissent sous les dépôts de Culm. On a 
cherché à les exploiter comme ardoises au N. E. de Montigné. 

s^^ Dans le bassin de Laval, une puissante assise de grès 
(grès à Calymenella) sépare les deux niveaux de schistes 
ardoisiers ordoviciens ; elle se compose à la base de grès 
compacts, surmontés par des grès micacés en plaquettes, 
renfermant la faune de Saint-Germain-sur-Ille; à la partie 
supérieure on trouve des grès tendres ferrugineux, avec les 
mêmes espèces, auxquelles vient s'ajouter un Trinucleus. Cette 
assise est fortement plissée, ainsi qu'on peut le voir dans la 
tranchée de Montigné, sur le bord du Vicoin, au N. E. de 
Nuillé, et sur la rive gauche de la Mayenne près de l'ancien 
moulin de Sées. Tantôt ces plis en divergeant laissent dans 
leurs synclinaux des lambeaux de schistes s^^^ {entre Nuillé et 
Origné), tantôt ils forment des anticlinaux qui apparaissent 
au milieu de ceux-ci, (Nord de Nuillé, rive droite de la Mayenne). 

Ces grès sont souvent accompagnés ou coupés par un large 
filon de microgranulite. Aux environs d'Origné et de Villiers, 
ils prennent par place un aspect cireux et se transforment en 
une roche à pâte sériciteuse, avec quartz se présentant en 
grains bipyramidés ou en éponges et cristaux de feldspath : ce 
métamorphisme est dû à la présence d'une micropegmatite à 
structure pœcilitique à laquelle ils semblent passer graduelle- 
ment. 

Les grès s^<^, par transgression, cachent aux environs de 
Villiers les schistes s^^ et le grès armoricain. 

Dans le synclinal de Martigné-Ferchaud, MM. de Tromelinet 
Lebesconte ont signalé à Thourie, un grès contenant: Balmanites 
incertus Desl. sp., Tigillites 2^i^(^cylindricus Trom., Orthis 
redux Barrande, 0. Budleighensis, Dav., Furca bohemica, 
Barr., que ce dernier auteur considère comme intercalé entre 
les schistes à Trinucleus et les schistes à Calymene. 



L. BUREAU ET D.-P. ŒHLERT. — FEUIL. CHATEAU-GONTIER 87 

L'absence de fossiles dans les schistes avoisinants n'a pas 
permis de confirmer cette situation. 

s^^ Les schistes ardoisiers à Calymene Tristani s'obser- 
vent dans les synclinaux de Martigné-Ferchaud et de Noyai et 
dans le bassin d'Erbray. 

Dans le synclinal de Martigné-P'erchaud, ces schistes sont 
représentés par deux niveaux. Au sommet sont des schistes 
esquilleux à nodules fossilifères : la Grasserie en Coësmes, le 
Toulon Ouest de Forges, tranchée du chemin de fer N.-O. de 
Forges; Launay près Sainte-Colombe, Boterel et Laignières 
près Coësmes, Moulin des Grées en Martigné-Ferchaud ; 
Soulvache. A la base, ces schistes deviennent ardoisiers, parfois 
même exploitables pour ardoises à couvrir : carrière de Roche- 
pierre -en- la- Couy ère, Taillepied près Martigné-Ferchaud, 
carrière au Sud de Bois-Pépin près Renazé. 

Dans le synclinal de Noyai s'observent des schistes nodu- 
leux, fossilifères à Rougé et des schistes exploités pour 
ardoises aux carrières de la Forêt et de Misegrain près Segré. 

Dans le bassin d'Erbray, ces schistes à nodules prennent une 
grande extension et sont fossilifères sur nombre de points. La 
faune de ce niveau est bien connue. 

Les schistes à Calytnene Tristani, sont peu développés dans 
le bassin de Laval; ils forment, sur la rive droite de la 
Mayenne, une bande étroite qui est cachée sur la rive gauche 
par les grès s^*"; ces schistes sont en général ardoisiers, très peu 
fossilifères et contiennent de rares nodules. 

s^" Le grès armoricain généralement blanc, passant 
souvent au quartzite, forme quatre bandes principales qui sont, 
du Nord au Sud, celles de Saint- Aubin-sur-Roë, Fercé, 
Pouancé, Saint- Aubin-des-Châteaux et de nombreuses bandes 
et lambeaux secondaires. Toutes ces bandes sont fossilifères : 
Bilobites, Scolithes, Vexillum, Lingules et nombreux Pélécy- 
podes. Des lits de minerai de fer anhydre cf, intercalés dans les 
couches, ont été exploités aux environs de Segré. 

Dans le bassin de Laval, le grès armoricain n'est représenté 
avec son faciès habituel que par quelques bancs gréseux à 
Lingula Lesueuri, etc. ; ces couches correspondant au niveau 



88 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

supérieur du grès armoricain, nous considérons les schistes qui 
leur sont immédiatement inférieurs comme faisant partie de la 
même assise. 

Au Nord de Montigné, toutes les couches de l'Ordovicien 
sont renversées, ainsi qu'on peut le constater dans la tranchée 
du chemin de fer au Nord de la gare ; cette allure peut égale- 
ment affecter les différentes assises du Dévonien et de la base 
du Culm (mine de Montigné) dans la même région. 

s^* Les schistes pourprés n'ont de représentant authen- 
tique que sur les bords Nord et Sud du bassin de Segré et le 
bord Nord de celui d'Erbray. 

Sur le bord Nord du bassin de Segré, cet étage va en dimi- 
nuant de puissance de l'Ouest à l'Est. Dans la tranchée de 
Sainte-Croix, près Rhétiers, où il offre son plus complet déve- 
loppement, on voit, de haut en bas : 1° des schistes rouge lie de 
vin à surface bosselée, se débitant perpendiculairement aux 
bancs avec : Scolithes, Bilobites, Fucoides RouauUi, Vexillum; 
2° des poudingues rouges à galets de quartz, de grès et de 
schistes, alternant avec des lits de grès et de schistes. A l'Est 
de Saint-Aignan, les schistes pourprés disparaissent ou 
perdent leurs caractères typiques. Cependant, au Nord de 
Châtelais, sur les deux rives de l'Oudon, on les retrouve 
associés à des poudingues. A la Jaille-Yvon, au-dessous du 
grès armoricain se voient des schistes blanc verdâtre, micacés, 
dont l'assimilation aux schistes pourprés reste douteuse. 

Sur le bord Sud du bassin de Segré, des schistes verdâtres, 
en grandes dalles, se montrent entre Ruffigné et Pouancé. A 
Segré, sont des schistes blanc verdâtre, micacés, analogues à 
ceux de la Jaille-Yvon. 

Sur le bord Nord du bassin d'Erbray, cet étage offre un 
très grand développement. Il se compose de schistes verts en 
grandes dalles avec Lingula Lesueuri (carrière du Margat à 
l'Est de Châteaubriant) et de schistes pourprés typiques avec 
Vexillum (Juigné-les-Moutiers). 

Sur les bords Nord et Sud de l'anticlinal de Bouillé-Ménard, 
qui sépare les synclinaux de Martigné-Ferchaud et de Noyai, 
le schiste pourpré n'a pas de représentant authentique : au som- 



L. BUREAU ET D.-P. ŒHLERT. — FEUIL. CHATEAU-GONTIER 89 

met des schistes précambriens, on observe des schistes argileux 
ocreux ou rougeâtres, alternant avec des schistes grisâtres aux- 
quels succède le grès armoricain. 

La succession des schistes pourprés au Précambrien paraît 
se faire d'une façon graduelle (anticlinal de Chàteaubriant). 

X Les schistes précambriens forment trois bandes anticli- 
nales parallèles séparant les synclinaux siluriens. Ce sont du 
Nord au Sud : les bandes de Château-Gontier, de Bouillé- 
Ménard et de Chàteaubriant. 

L'anticlinal de Château-Gontier, prolongement des schistes 
de Rennes, permet de reconnaître, sur son bord Sud, particuliè- 
rement à la tranchée de Sainte-Croix, près Rhétiers, la succes- 
sion suivante, de haut en bas: 1° schistes verts en grandes dalles, 
fossiles suivant la sédimentation ; 2° schistes roses ou jaunes, avec 
poudingues et grès sombres ; 3° schistes gris verdâtre terreux 
avec grès sombres et grès argileux grossiers, devenant ocreux et 
friables à l'air et lits de poudingues (P) à galets de quartz blanc 
et rares galets de quartz enfumé, situés à différents niveaux, 
formant des bandes plus ou moins continues. Les poudingues 
ne se voient qu'à l'Ouest. Des calcaires gris bleuâtre, passant au 
calcschiste, se montrent à la Guerche. Les deux premiers niveaux 
n'ont qu'une faible épaisseur; le troisième forme la presque 
totalité de l'anticlinal. Il est le seul qu'on observe sur son bord 
Nord. 

Les anticlinaux situés plus au Sud, ont à peu près la même 
composition. Il n'y a de poudingues, dans l'anticlinal de Bouillé- 
Ménard, qu'aux environs de Chazé-Henry. Celui de Chàteau- 
briant, au contraire, présente des bancs de poudingues 
quartzeux sur toute son étendue. Un de ces bancs termine 
souvent le sommet de l'étage (la Prévière) . Les traces organi- 
ques reconnues dans les schistes précambriens sont probléma- 
tiques. 

v^ La porphyrite micacée ne forme qu'un pointement 
isolé, dans le Culm, au N. E. d'Entrammes. 

v' Orthophyre, albitophyre. Ces roches se présentent en 
filons très nets qui traversent les couches du Culm ; par méta- 

7 



90 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

morphisme les schistes et les brèches deviennent parfois pétro- 
siliceux dans leur voisinage ; tantôt, au contraire, ils conservent 
leur faciès schisteux en prenant alors une teinte violacée, 
avec cristaux de feldspath développés dans la masse. 

Tzv' Des porphyres pétrosiliceiix à microperthite sont si 
intimement mélangés aux schistes et brèches du Carbonifère, 
qu'il est difficile de les en séparer sur la carte ; ils se présentent 
sous la forme de petites veinules ou de couches interstrati- 
fiées TTv'hVv,. 

ij. Un pointement de mélaphyre se rencontre à la base du 
Culm, au Nord du moulin de la Benâtre, sur la rive gauche de 
la Mayenne. 

y^ Les microgranulites sont répandues dans le Précam- 
brien (x) entre Visseiche et Cuillé et dans les environs de 
Nuillé-sur-Vicoin, Quelaines, la Houssaye. Des micropegma- 
tites se voient à la ferme des Groisays, près Quelaines, et au 
Sud de Saint-Sulpice sur la rive droite de la Mayenne. 

Les microgranulites et les micropegmatites sont assez abon- 
dantes vers la limite du bassin de Laval ; tantôt elles forment 
des traînées importantes interstratifiées dans l'Ordovicien, 
tantôt elles coupent les différentes assises de ce terrain, sous 
forme de filons ; au voisinage de la Mayenne, ces roches pren- 
nent une structure pœcilitique et modifient les grès s-". 

Les filons qui sont indiqués sur la rive gauche, entre Villiers- 
Charlemagne et Saint-Germain-de-l'Homel, sont remarquables 
par le développement de sphérolithes d'orthose. 

y^v^ Un important filon de microgranulite passant à 
rortliopliyre s'observe dans le S. E. de la feuille, entre Lou- 
vaines et Chambellay. Il se distingue principalement des filons 
d'orthophyre du Lion d'Angers (feuille d'Ancenis), qui en sont 
voisins, par une plus grande abondance du quartz bipyramidé 
et de celui de seconde consolidation. 

7* La granulite se voit seulement sur un point, au bord 
Nord de la feuille. Elle est la continuation du massif du Pertre. 
C'est une roche massive, à moyens éléments, exploitée pour 
pierres de taille. 



L. BUREAU ET D.-P. ŒHLERT. — FEUIL. CHATEAU-GONTIER 91 

£v Les diabases et les porphyrites, qu'il est souvent 
impossible de distinguer entre elles sur le terrain, occupent dans 
le Nord et principalement dans le N. E. de la feuille, deux 
régions distinctes. 1° Dans les schistes du Silurien supérieur 
(s''"^), elles constituent des pointements très nombreux se 
rattachant souterrainement les uns aux autres, paraissant 
alignés suivant la direction des couches, et donnant souvent 
naissance à des dômes. Souvent elles ne sont indiquées à la 
surface du sol que par la présence de roches terreuses avec 
vacuoles, qui ne sont que des salbandes de la roche éruptive. 
Les diabases ne possèdent qu'exceptionnellement la structure 
ophitique (la Baudelière, la Volue, château du Grand Val au 
Nord de Quelaines) ; 2° dans le Précambrien (x), des roches 
analogues se montrent en filons qui, tantôt suivent la direction des 
strates (Quelaines, la Houssaye), tantôt au contraire les coupent 
suivant une direction qui oscille autoui* de la ligne N. S. ; leur 
nombre augmente au voisinage de la rivière de la Mayenne. Ces 
roches se présentent souvent à la surface du sol sous la forme 
de masses sphériques ; elles sont connues dans la Mayenne 
sous le nom de Mzeul. 

CULTURES 

Les schistes précambriens forment, par décomposition, des 
vallées particulièrement fertiles et propres à la culture des 
céréales, des pommiers à cidre et à l'élevage des bestiaux. Le 
grès armoricain dessine, au contraire, les lignes de faîte de la 
feuille. Il donne un terrain maigre habituellement couvert de 
forêts ou de landes aujourd'hui cultivées. Les autres terrains 
produisent des céréales. 

DOCUMENTS ET TRAVAUX CONSULTÉS 

Travaux géologiques et minéralogiques de MM. Barrois, 
Blavier, Cacarrié, Cailliaud, Davy, Desvaux, Dubuisson, Dufré- 
noy , Hermite, Millet, Œhlert, deTromelin et Lebesconte,Vasseur. 

Les minerais de fer ont été tracés par M. L.-P. Davy. 



92 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Les cartes géologiques consultées pour cette feuille sont : 
La Carte liydrologique du département de Maine-et-Loire, 
dressée par Renou (1796), éditée par M. L. Davy en 1880; la 
Carte géognostique du département de la Loire-Inférieure, par 
F.-R.-A. Dubuisson (1832) ; la Carte géologique du département 
de la Mayenne, par Edouard Blavier (1837) ; la Carte géologique 
générale de la France, par Dufrénoy et Elle de Beaumont, ingé- 
nieurs en chef des Mines (1842) ; la Carte géologique du départe- 
ment de Maine-et-Loire, par de Montmarin, Lechatellier et 
Cacarrié, ingénieurs des Mines (1845) ; la Carte géologique du 
département de la Loire-Inférieure, par Durocher (1856^ inédite ; 
la Carte géologique du département de la Loire-Inférieure, par 
F. Cailliaud (1861) ; la Carte géologique du département d'IUe- 
et-Vilaine, dressée par M. Massieu, ingénieur général des Mines 
et M. Durocher, ingénieur en chef des Mines (1866) ; la Carte 
géologique de l'arrondissement de Laval, par J. Triger (1828- 
1867) éditée par M. D.-P. Œhlert en 1882; la Carte géologique et 
hydrotimétrique de l'arrondissement de Château-Gontier, par le 
D"" F. Mahier (1869) ; la Carte géologique de l'arrondissement de 
Segré, Maine-et-Loire, par M. L.-P. Davy (1879). 



INFLUENCE DU MILIEU 

SUR LA 

COLORATION ARTIFICIELLE 

d'une coquille fluviatile 

par M. F. CHAILLOU 

f30 Juin 1895) 



En considérant les coquilles, au point de vue de leur colora- 
tion, sous les trois grandes divisions : marines, terrestres et 
fluviatiles, on constate que le brillant coloris dont un grand 
nombre est revêtu, présente son maximum d'intensité dans les 
premières, qu'il s'affaiblit sensiblement chez les secondes, 
tandis que les troisièmes en sont à peu près dépourvues. Cette 
sorte de livrée naturelle, produite au moment même de la for- 
mation du test par le bord antérieur du manteau de l'animal, 
varie quelquefois de dessin dans la même espèce, et son coloris 
peut s'affaiblir jusqu'à se rapprocher d'un albinisme presque 
complet, comme cela se voit dans la trop commune Hélix 
aspersa. 

Une couleur artificielle, provenant de l'influence du milieu 
dans lequel les animaux ont vécu, peut aussi se substituer, ou 
plutôt se superposer à celle que la nature, abandonnée à ses 
seules forces, leur aurait imposée. Si l'identité respective de ce 
milieu ne permet pas de constater le fait dans les coquilles 
marines et terrestres, il n'en est pas ainsi pour les mollusques 
fluviatiles qui vivent dans des eaux provenant de sources 
variées et pouvant contenir en dissolution des matières diffé- 
rentes, dont l'action sur le test se manifeste d'une façon quel- 
quefois énergique. La même espèce, jaunâtre dans les cours 
d'eau ordinaires, devient blanchâtre sur les fonds sablonneux, 
verdâtre dans les marais stagnants ou limoneux et noirâtres 
dans les eaux qui reposent sur les terrains vaseux ou tourbeux. 



94 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

Le plus souvent la coquille est surchargée d'un dépôt hétéro- 
gène dont une grande partie disparaît au premier lavage ; mais 
il arrive aussi, que, sous l'influence acide ou calcaire des eaux 
enveloppantes, s'opère une combinaison, ou tout au moins une 
adhérence intime des parties supérieures du test avec la matière 
superposée, qui rend cette dernière absolument insoluble. Si le 
dépôt ne modifie pas sensiblement la couleur naturelle, ou s'il 
n'a pas une persistance suffisante, il passe inaperçu; mais, 
dans le cas contraire, il produit l'effet curieux et bien tranché 
que nous avons sous les yeux, et sur lequel il n'est peut-être pas 
inutile d'attirer l'attention. 

Un des genres assez répandus des coquilles fluviatiles de la 
Loire-Inférieure est le genre Physe, dans lequel, Cailliaud qui 
ne peut être accusé de multiplier les espèces à plaisir, en avait 
noté trois pour notre région, toutes bien caractérisées : Physa 
hypnorimiy Physa fontinalis et Physa acuta. La dernière est 
la plus commune et comporte des variétés nombreuses. On la 
trouve épaisse ou fragile, à spire plus ou moins aiguë ; la 
coquille, dans son ensemble, est allongée ou raccourcie, blan- 
châtre ou jaunâtre, plus rarement roussâtre ou noirâtre. 

Nous l'avions rencontrée, depuis longtemps, très décolorée et 
pour ainsi dire blanche, dans les dunes de la Vendée, sur l'eau 
des mares creusées en plein soleil pour abreuver quelques 
bandes de moutons qui circulaient, avant les semis du pin 
maritime, dans ces immenses plaines de sable aride et desséché; 
lorsqu'il y a un certain nombre d'années, dans une excursion 
à Chantenay près Nantes, elle nous apparut, en quantité consi- 
dérable, dans un petit ruisseau d'eau courante voisin de la 
Loire. Ce fossé, supprimé dans les transformations qu'a subies 
le quartier pour l'établissement des tramways, a cessé d'exister, 
du moins dans des conditions identiques. Il recevait alors, avec 
des eaux descendant du coteau de Chantenay, celles qui s'écou- 
laient d'un établissement industriel paraissant être une tannerie. 
Les physes qu'il recelait étaient toutes recouvertes d'une couleur 
franche et bien nourrie, assez vive et donnant tout à fait le ton 
que représente sur la palette du peintre le brun-rouge. 

L'eau du ruisseau n'était pourtant pas colorée ; mais elle se 
trouvait, selon toute apparence, assez saturée de tannin pour 



F. CHAILLOU. — COLORATION ARTIFIC. D UNE COQUILLE 95 

déposer avec le temps, sur la surface des coquilles, des couches 
successives dont la superposition a produit une épaisseur très 
appréciable de matière rouge insoluble, résistant au lavage et 
même au frottement le plus énergique. Il faut, pour l'enlever, la 
gratter non sans insistance, avec une lame aiguisée finement; 
encore persiste-elle, sans jamais s'écailler, dans toutes les 
anfractuosités de l'extérieur. La surface de la coquille apparaît 
alors, brillante, mais presque aussi blanche que l'intérieur, ce 
qui donne à penser que cette espèce, soustraite à toute influence 
particulière de milieu, demeurerait à peu près incolore. 

Il ne serait pas impossible que l'eau du ruisseau, du moins 
pour la partie provenant du coteau granitique de Chantenay et 
qui d'ailleurs n'a pas été analysée, contînt une certaine quantité 
d'oxide de fer dont la tendance à se déposer sur les corps 
voisins est fort grande ; et qui serait venue se combiner avec le 
tannin. Si l'on considère l'intensité, l'épaisseur et la persistance 
de la couleur rouge qui s'est produite, il est même permis de 
penser que la réalisation de cette hypothèse est infiniment 
probable. On sait, du reste, avec quelle facilité le passage de 
certaines eaux dans le sous-sol, colore les parties sablonneuses 
qui se prêtent le plus aisément à leur infiltration. Le cas se pré- 
sente fréquemment dans nos fouilles archéologiques des Cléons, 
où, des masses profondes de détritus de coquilles constituant le 
sable fossile, ou bien des couches épaisses de petits grains 
de quartz roulés par la mer tertiaire, se montrent complètement 
rougies par le contact prolongé de ces eaux ferrugineuses, et 
sont agglomérées au point de constituer d'énormes blocs com- 
pacts, dont la résistance est telle que la pioche n'en triomphe 
qu'avec la plus grande difficulté. 

En présence d'une anomalie aussi frappante, il convenait de 
rechercher si quelques coquilles de différent genre n'avaient pas 
revêtu le même aspect ; mais nulle autre espèce ne se voyait 
dans le ruisseau, et toutes les physes, dont on pouvait en peu 
de temps recueillir plusieurs centaines, présentaient la même 
coloration. Le test est relativement épais et solide, la spire 
courte ou allongée, la columelle très résistante et le péristôme 
fort accusé, aux temps d'arrêt qu'a subis le développement du 
mollusque. Toutes ces dispositions, qui ne modifient en rien les 



96 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. ■"') . 

caractères génériques de l'animal lui-même, ne permettent pas 
de considérer cette physe comme espèce nouvelle, mais seule- 
ment comme des variétés accidentelles de ses congénères, ren- 
dues plus intéressantes encore par cet insolite et singulier 
coloris. 

Malgré les constatations précédentes, un doute subsiste tou- 
jours, et il parait indispensable de vérifier si quelque fait ana- 
logue s'est présenté d'une manière aussi tranchée dans des loca- 
lités différentes. Les matières en dissolution dans l'eau, peuvent 
elles modifier à ce point la coloration d'une coquille, sans porter 
une grave atteinte à l'existence même du mollusque ou tout 
au moins à sa puissance de reproduction? La question, posée 
depuis une année à nos savants confrères de V Intermédiaire 
des chercheurs et curieux, n'a pas encore reçu de réponse. 
Nous la reprenons donc aujourd'hui pour la résoudre sans 
hésitation par l'affirmative. 

Oui, la chose est possible dans les cas où la nature des corps 
en dissolution dans l'eau n'est pas absolument exclusive de 
l'existence des êtres organisés. De même que Cailliaud produi- 
sait artificiellement, chez les hélices, par une substitution 
d'animal, des soudures et des alliances extraordinaires, on 
obtiendrait vraisemblablement, par la dissolution de certaines 
matières dans les ruisseaux d'eau courante, des colorations de 
coquilles fluviatiles tout à fait fantastiques. Les principes colo- 
rants agissent alors sur les parties inertes de l'animal sans 
intéresser son corps lui-même qui s'en débarrasse avec facilité 
par ses contractions et sa nature visqueuse ; ils se superposent 
peu à peu à la surface de la coquille, comme les dépôts calcaires 
sur les divers objets que l'on plonge dans les sources ou fontai- 
nes qualifiées de pétrifiantes. L'observation attentive de nos 
physes le prouve surabondamment: toutes accusent la même 
teinte, mais les vieilles seules la montrent dans une uniformité 
complète, avec toute son épaisseur et tout son éclat; tandis que 
les petites sont d'autant plus teintées qu'elles avancent plus en 
âge, mais toujours inégalement: le premier tour de spire étant 
le plus foncé, le dernier au contraire se rapprochant de la cou- 
leur normale. 

Le fait dont nous présentons un exemple n'est ni le seul, ni 



F. CHAILLOU. — COLORATION ARTIFIC. d'UNE COQUILLE 97 

• même le premier qui se soit manifesté dans le département. 
Cailliaud l'avait vu près d'Indret, à la Montagne, sans Tavoir 
signalé, croyons-nous, d'une façon spéciale. Il existe, en effet, 
sur un de ses cartons, faisani partie de la collection régionale, 
des physes complètement noires et provenant d'Indret. Après ce 
qui vient d'être dit, il parait hors de doute que ces coquilles ont 
été recueillies dans des eaux contenant une forte quantité de 
poussier du charbon des forges. Là comme à Chantenay l'influ- 
ence du milieu s'est fait sentir, et la couleur dont il était plus 
ou moins saturé s'est successivement déposée sur la coquille, 
au point de lui donner avec le temps une force de coloris supé- 
rieure à celle du milieu lui-même. 

Il peut paraître intéressant de rapprocher nos échantillons 
rouges des exemplaires noirs rencontrés par Cailliaud, et nous 
les offrons au musée avec le plus vif plaisir. A titre de prove- 
nance des Cléons, nous nous permettons d'y joindre, pour la 
collection régionale, quelques coquilles de la Physa hypnorum, 
que Cailliaud a justement notée comme la plus rare de notre 
département. 



Note de M. Ph. daUTZENBERG 



Bull. Soe. Se. Nat. Ouest. 




LISTE DE MOLLUSQUES MARINS 

PROVENANT DES ILES GLORIEUSES 



par 

Ph. dautzenberg 



Notre confrère M. Louis Bureau ayant pu se procurer derniè- 
rement, pour le Muséum de Nantes et grâce à l'aimable inter- 
vention de M. Alexandre Viot, armateur à Nantes, un lot de 
coquilles recueillies aux îles Glorieuses, a bien voulu me 
charger de l'examiner. Toutes les espèces qu'il renferme sont 
connues et ont été signalées, sauf deux exceptions, (Clanculus 
rarus Dufo ; Tellina seryiilœvis v. Martens) sur de nombreux 
points de l'Océan Indien. Mais l'origine bien authentique de 
ces matériaux présente un réel intérêt au point de vue de la 
distribution géographique, car il n'a été publié jusqu'à présent 
aucune liste de Mollusques des îles Glorieuses. Il est à 
souhaiter que d'autres envois plus importants puissent 
permettre de faire connaître bientôt d'une manière plus 
complète la faune de ces îles et de fixer ses affinités ou ses 
divergences avec celles des terres les plus voisines. 

Les dictionnaires de géographie les plus importants se 
bornent à mentionner les îles Glorieuses sans leur faire les 
honneurs d'une description quelconque. C'est ainsi que 
M. Reclus dans sa « Nouvelle Géographie Universelle, t. xiv, 
p. 134 » dit seulement: « On pourrait considérer aussi 
comme appartenant géographiquement au groupe des Comores 
les récifs qui se succèdent au Nord-Est de Mayotte,' parallè- 
lement à la côte de Madagascar et qui se terminent par 
la traînée des petites îles inhabitées dites les « Glorieuses. » 

Dans ces circonstances, il m'a paru intéressant de grouper 
ici les renseignements fournis par la direction générale des 
Services Hydrographiques et ceux obligeamment donnés à 
M. Bureau par M. Victor Basset- Villéon, de Nantes, qui a eu 



100 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

l'occasion de visiter les Glorieuses lors de son séjour à 
Mayotte. 

Les îles Glorieuses se trouvent à 140 millesdans l'E. N. E. 1/2N. 
de Mayotte et à 110 milles dans l'O. N. 0. du cap d'Ambre, 
pointe Nord de Madagascar. Elles comprennent deux petites 
îles: lo l'île du Sud, la plus grande, appelée lie Glorieuse, a 
environ un mille de longueur et autant de largeur ; son sol qui 
ne s'élève pas à plus de douze mètres au dessus du niveau de la 
mer, est revêtu d'une couche de terre végétale qui, malgré son 
peu d'épaisseur, a permis à de grands Cocotiers et à d'autres 
arbres, d'essences diverses, de se développer ; 2° l'île du Nord, 
appelée Ile du Lise, est un simple îlot situé à cinq milles au 
N. E. de la grande île ; son centre est occupé par un lagon qui 
^a divise presqu'en deux ; sa côte Nord est bordée de falaises et 
sa pointe Sud se termine par une dune de sable qui est la 
partie la plus élevée de l'île (10 mètres). 

Comme on peut s'en rendre compte par l'examen de la carte 
ci-jointe (PL III), ces deux îles reposent sur un récif madrépo- 
rique d'une largeur moyenne de un mille et d'une longueur de 
neuf milles, qui s'étend du N. E. au S. 0. A un mille et demi 
de la grande île, le récif se rétrécit beaucoup et supporte trois 
roches, nommées Roches Vertes, qui n'émergent que de 90 centi- 
mètres. Les sondages effectués par VAlert, de la marine 
anglaise, ont démontré que le récif lui-même est établi sur un 
banc de forme triangulaire dont l'île Glorieuse constitue le 
sommet. Sur ce banc, la profondeur de la mer varie de 10 à 16 
mètres. 

Le dénivellement, aux marées des syzygies, est d'environ 
trois mètres et alors le récif est presqu'entièrement à sec; mais 
une étendue sablonneuse, située au N. E. des Roches Vertes, 
découvre même aux marées ordinaires. Ces conditions 
paraissent particulièrement favorables pour la recherche des 
animaux marins. 

En 1882, il existait sur l'île Glorieuse un établissement qui 
fut bientôt abandonné à cause du peu de fertilité du sol et du 
manque d'eau douce, les puits ne fournissant que de l'eau 
saumâtre. Elle resta ensuite inhabitée et ne fut fréquentée qu'à 
certaines époques par des habitants des Séchelles et de la 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 101 

Réunion qui y venaient pour faire la pêche. Ils mouillaient 
leurs goélettes dans les petites baies dont l'île est découpée et y 
séjournaient parfois pendant quatre ou cinq mois. 

Le 23 août 1893, la France a pris officiellement possession 
des îles Glorieuses et elles ont été concédées, pour l'exploita- 
tion, à un capitaine de la Réunion, M. Calteau et à son associé, 
M. Rousseau, de Nantes, qui y ont attiré des pêcheurs. Ceux-ci, 
au nombre d'une soixantaine, malgaches et créoles noirs de la 
Réunion, habitent actuellement des cabanes construites en bois 
et en feuilles de Cocotier ; ils se livrent à la culture du Mais, du 
Manioc, de la Patate douce, du Haricot et d'autres plantes de 
petite culture. Le Poisson, très abondant dans ces parages, 
constitue, avec les Tortues de mer, le fond de l'alimentation 
des habitants dont l'unique commerce est celui du Poisson qui 
est préparé, séché, puis transporté à Mayotte et à Nossi-Bé. 

Les îles Glorieuses relèvent du Gouvernement de Mayotte 
qui y envoie de temps en temps un employé d'administration à 
bord d'un aviso de l'Etat. Les navires de guerre de la station de 
Madagascar mouillent plusieurs fois par an à l'île Glorieuse, 
tant pour le service de la poste, que pour subvenir aux besoins 
des habitants. 

Dans la liste suivante, j'ai adopté la classification du D^. P. 
Fischer et j'ai indiqué, pour chaque espèce, la référence origi- 
nale ainsi qu'une bonne figuration. 



OASTEROF^ODA 

Melampus lividus (Deshayes). 

1830 Auricula livida Deshayes Encyclopédie méthodique, 

t. n, p. 91. 
1878 — — Reeve Conchologia Iconica, pi. vu, 

fig. 58. 

Reeve a attribué la paternité de cette espèce à Linné. Il 
existe, en effet, dans la lO"»® édition du « Systema Naturae » 
un Bulla livida devenu ensuite Voluta livida dans la 12™e 
édition du même ouvrage. Mais la description originale de 



102 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

cette espèce linnéenne est si peu précise qu'elle peut convenir 
également bien à des coquilles de genres différents. D'autre 
part, la seule référence indiquée (Gualtieri pi. 25 fig. B) repré- 
sente certainement un Marginella. Enfin, l'étude de la collec- 
tion de Linné n'a pu fournir à Hanley aucun élément pour 
reconnaître cette espèce qui doit, par conséquent rester dans la 
catégorie des douteuses. 

Solidiila sulcata (Gmelin). 

1790 Voluta sulcata Gmelin SystemaNatur8e,edit. xiii, p. 3436. 

1842 Tornatella glabra Reeve Proc. Zool. Soc. p. 60. 
1865 — — Reeve Conch. Icon. pi. i, fig. 4. 

Bulla Adamsi Menke. 

1850 Bulla Adamsi Menke Zeitschrift fiir Malakozoologiep. 162. 
1855 — australis A. Adams (non Gray, nec Sowerby), in 

Thésaurus Conchyliorum, t. 

II, p. 576, pi. cxxii, fig. 64-66. 

Terebra (Subiila) maculata (Linné). 

1758 Buccinum maculatum Linné Systema Naturse edit. x, 

p. 741. 
1860 Terebra maculata Lin. Reeve Conchologia Iconica, pi. 

I, fig. 4. 

Terebra (Siibula) muscaria Lamarck. 

1822 Terebra muscaria Lamarck. Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 285. 
Ig60 — — Reeve Conchologia Iconica, pi. m, 

fig. 9. 

Terebra (Subula) albula Menke. 

1843 Terebra albula Menke Moll. Nov. Holl. p. 30. 

IggO — hastata Reeve (non Gmelin) Conchologia Iconica, 
pi. XVIII, fig. 81 bis (tantum). 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 103 

Ce Terebra considéré par Reeve, puis par Tryon comme une 
simple variété du T. hastata Gmelin, nous paraît mériter d'être 
maintenu à l'état d'espèce spéciale. Il est, en effet plus allongé ; 
moins pupoïde ; ses sillons longitudinaux sont plus nombreux, 
plus faibles, et disparaissent souvent sur la partie inférieure 
des tours ; enfin, sa columelle est plus brusquement tronquée 
et ne possède pas à la base le double pli spiral qui contourne 
celle du T. hastata. A ces caractères vient s'ajouter une consi- 
dération importante, c'est que le T. hastata vit au Brésil et sur la 
côte occidentale d'Afrique (Tryon), tandis que le T. albulaestun 
Mollusque répandu dans l'Océan Indien et, dans l'Océan Paci- 
fique, jusqu'en Australie. 

Terebra (Abretia) cerithina Lamarck. 

1822 Terebra cerithina Lamarck Anima.ux sans vertèbres, 

t. VII, p. 288. 
1860 — — Lam. Rreve Conchologia Iconica, 

pi. x, fig. 38^38^ 

Conus bandanus Hwass. 

1792 Conus bandanus Hwass in Bruguière : Encyclopédie 

méthodique, p. 611. 
1846 — — Kiener Iconographie. Genre Cône, p. 

6, pi. 4, fig. 1. 

Considéré par Tryon comme une variété du Conus marmo- 
reus Linné, le C. bandanus est constamment orné de taches 
claires plus irrégulières, souvent confluentes et de coloration 
rose tandis que celles du C. maîvnoreus sont d'un blanc pur. 
L'épiderme mince, jaune, lisse et transparent est le même chez 
les deux espèces. 

Conus (Stephanoconus) lividus Hwass. 

1792 Conus lividus Hwass in Bruguière : Encyclopédie métho- 
dique, p. 630. 
1846 — — Kiener Iconographie. G. Cône, p. 29, 
pi. IX, fig. 2. 



104 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Conus (Puncticulis) arenatiis Hwass. 

1792 Conus arenatus Hwass in Bruguière : Encyclopédie 

méthodique, p. 621. 

1846 — — KiENER Iconographie G. Cône, p. 38, 

pi. X, fig. 1, 1% l^ 

C;onus (Goronaxis) ebraeiis Linné. 

1758 Conus ebraeus Linné Systema Naturse, edit. x, p. 715. 
1822 — hehraeus Lamarck Animaux sans vertèbres, t. vu, 

p. 451. 
1846 — — KiENER Iconographie Genre Cône, p. 45, 
pi. IV, fig. 2. 

Conus (Goronaxis) minimus Linné. 

1758 Conus minimus Linné Systema Naturte, edit. x, p. 714. 
1846 — — Lin. Kiener Iconographie Genre Cône, 

p. 44, pi. XIV, fig. 1 à 1«. 

Conus (Coronaxis) miliaris Hwass. 

1792 Conus tmliaris Hwass in Bruguière Encyclopédie métho- 
dique, p. 629. 

1846 — — KiENER Iconographie Genre Cône, p. 42, 
pi. XIII, fig. 1. 

Conus (Rollus) tulipa Linné. 

1758 Conus tulipa Linné Systema Naturae, edit. x, p. 717. 
1846 — — Lin. Kiener Iconographie Genre Cône, 

p. 346, pi. xii, fig. 2, 2\ 

Conus (Rollus) geographus Linné. 

1758 Conus geographus Linné Systema Naturœ, edit. x, p. 718. 
1846 — — Lin. Kiener Iconographie Genre Cône, 

p. 345, pi. xii, fig. 1. 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 105 

Conus (Rollus) obseuriis (Humphrey mss.) Reeve. 

1843 Conus obscurus (Humphr.) Reeve Conchologia Iconica, 

pi. XVI, fig. 82. 
1847 — — Reeve Kiener Iconographie Genre 

Cône, p. 347, pi. 
LXVIII, fig. 2. 

Tryon considère le C. obscurus comme synonyme du 
C. violaceus Reeve (Conch. Icon. pi. xliv, fig. 247) et adopte 
ce dernier nom. Ne connaissant le C. violaceus que par la figu- 
ration du « Conchologia Iconica », il nous est impossible de 
contrôler cette opinion ; mais, en admettant qu'elle soit fondée, 
Tryon a eu tort de ne pas adopter le nom obscurics qui est le 
plus ancien, puisque la planche xvi sur laquelle il a été repré- 
senté a été publiée en 1843, tandis que la planche xliv qui 
contient le C. violaceus ne l'a été qu'en 1844. 

Conus (Rollus) striatus Linné. 

1758 Conus striatus Linné Systema Naturae, edit. x, p. 716. 

1846 — — Kiener Iconographie Genre Cône, p. 280. 

pi. xLvn, fig. 1, 1». 

Conus (Rollus) gubernator Hwass. 

1792 C071US gubernator Hwass in Bruguière : Encyclopédie 

méthodique, p. 727. 

1847 — — Kiener Iconographie Genre Cône^ 

p. 281, pi. XLviii, fig. 1 àl*»; 

pi. XLVii, fig. l^ 
Cette espèce est représentée dans la collection des Iles 
Glorieuses par une magnifique série d'exemplaires comprenant 
toutes les variétés de coloration figurées dans l'Iconographie de 
Kiener. 

Conus (Dendroconus) figulinus Linné. 

1758 Conus figulinus Linné Systema Naturae, edit. x, p. 715. 
1846 — — Lin. Kiener Iconographie Genre Cône^ 

p. 76, pi. xxviii, fig. 1, 1% l^ 

8 



106 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

Coiius (Deiidroconus) betuliniis Linné. 

1758 Conus betulinus Linné Systema Naturae, edit. x, p. 715. 
1846 — -- Lin. KiENER Iconographie Genre Cône, 

p. 74, pi. XXXVIII, fig. 1,1% l^ 

Trè.s largement représenté dans la collection des Iles Glorieuses 
par des exemplaires de tailles et de colorations fort diverses. 

Goniis (Deiidroconus) qiiercinus Hwass. 

1792 Conus quercinus Hwass m Bruguière ; Encyclopédie 

méthodique, p. 681. 
1846 — — KiENER Iconographie Genre Cône, 

p. 93, pi. XXXII, fig. 1. 

Nombreux exemplaires ; mais tous de petite taille. 

Conus (Lithoconus) millepunctatus Lamarck. 

1822 Conus millepunctatus Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 461. 
1846 — — Lam. Kiener Iconographie Genre 

Cône, p. 64, pi. 

xvm, fig. 1. 

Conus (Lithoconus) tessulatus Born. 

1780 Conus tessulatus Born Mus. Oses. Vindob. p. 151. 
1846 — tessellatusKiEisii^R Iconographie Genre Cône, p. 68, 

pi. ^vii, fig. 1. 

Plusieurs auteurs ont indiqué Bruguière comme étant le 
créateur de cette espèce, bien qu'elle soit incontestablement due 
à Born qui en a donné, dès 1780, une fort bonne description 
accompagnée des références de Lister, Gualtieri et Martini, 
parfaitement concordantes. 

Nous ferons remarquer à cette occasion que la monographie 
des Cônes, dans l'Encyclopédie méthodique, n'est pas de 
Bruguière ; mais bien de Hwass. C'est à celui-ci qu'il faut 
attribuer les espèces établies comme nouvelles dans cet 
ouvrage. Bruguière dit, en effet au début de son introduction au 



PH. DADTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 107 

Genre Cône : « Le travail que je présente ici sur les Cônes m'a 
été communiqué par M. Hwass, conseiller de Justice du Roi de 
Danemarck « etc., et il a soin de faire suivre les espèces 
nouvelles du nom de ce naturaliste et non du « Nob. » qu'il 
emploie ailleurs. 

Gonus (Rhizoconus) virgo Linné. 

1758 Conus virgo Linné Systema Naturse, edit. x, p. 713. 
1846 — — Lin. Kiener Iconographie Genre Cône, p. 95, 

pi. XXXVI, tig. 1. 

Conus (Rliizocomis) capitaneus Linné. 

1758 Conus capitaneus Linné Systema Naturae, edit. x, p. 713. 
1846 — — Lin. Kiener Iconographie Genre Cône, 

p. 85, pi. XX, fig. 1. 

Gonus (Rhizoconus) maldivus Hwass. 

1792 Ç071US maldivus Hwass in Bruguière : Encyclopédie 

méthodique, p. 644. 

1846 — generalis var. Kiener Iconographie Genre Cône, 

p. 123, pi. XXX, fig. 1<= 
(tantum) ; pi. xxxi fig. 2, 2*. 

Ce Cône est assez voisin du generalis pour que Kiener n'ait 
pas hésité à le rattacher à cette espèce, à titre de variété. La 
forme est, en effet la même : elle est à peine plus élargie au 
sommet; ce n'est donc guère que par la coloration qu'on peut 
distinguer les deux espèces. 

Gonus (Cylinder) episcopus Hwass. 

1792 Conus episcopus Hwass in Bruguière : Encyclopédie 

méthodique, p. 748. 

1847 — — Kiener Iconographie Genre Cône, p. 

319, pi. xci, fig. 1, la (tantum). 

Les figures l** et 1»= de la planche xci de Kiener nous 
paraissent devoir être rapportées au Conus pennaceus Born. 



108 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Conus (Cylinder) omaria Hwass. 
var. convoluta Sowerby. 

1858 Conus convolutus Sowerby Thésaurus Conchyliorum, 

t. m, Gen. Conus, p. 44, 
pi. xxiii, fig. 564. 

Le Conus convolutus paraît, au premier aspect, très différent 
du C. omaria, tant par sa forme que par sa coloration et nous ne 
nous serions certainement pas décidés à le rattacher à cette 
espèce, à titre de variété, si les matériaux que nous possédons 
et ceux qui nous ont été communiqués par M. Sowerby, ne 
nous prouvaient qu'il s'agit là des deux extrémités d'une série 
ininterrompue. La collection des Iles Glorieuses comprend trois 
exemplaires parfaitement caractérisés et de différents âges du 
C. convolutus». Ils sont d'une forme cylindrique allongée, un 
peu comprimée au milieu du dernier tour ; leur coloration est 
d'un rose carnéolé clair orné d'un réseau bistre foncé, à 
mailles très larges. 

Conus (Hermès) nussatella Linné. 

1758 Conus nussatella Linné Systema Naturse, edit. x, p. 716. 
1846 — — KiENER Iconographie Genre Cône, p. 

299 ; pi. LUI, fig. 2. 

Oliva (Strephona) tremulina Lamarck. 

1822 Oliva tremulina Lamarck, Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 420. 

1835 — - Lam. Duclos in Chenu : Illustrations 

Conchyliologiques Genre 
Oliva, p. 17, pi. xn, 
fig. 1 à 8. 

La collection des Iles Glorieuses renferme un grand nombre 
d'exemplaires de cette espèce appartenant à plusieurs variétés 
de coloration. 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MAWNS 109 

Oliva (Strephona) tigrina Lamarck. 

1822 Oliva tigrina Lamarck. Animaux sans vertèbres, t. vu, 

p. 432. 
1835 — — Lam.DucLos m Chenu: Illustrations Conchy- 

liologiques Genre Oliva, p. 25, 

pi. xxni, fig. 7 à 12, 17, 18, 19; 

pi. XXX vi, fig. 13, 14. 

Les exemplaires des Iles Glorieuses sont de coloration plutôt 
claire et de très grande taille ; ils se rapportent parfaitement 
aux figures 13 et 14 de la pi. xxxvi de la Monographie de 
Duclos. 

Oliva (Strephona) episcopalis Lamarck. 

1822 Oliva episcopalis Lamarck. Animaux sans vertèbres, 

t. Yii, p. 422. 

1885 — — Lam. Duclos m Chenu: Illustra- 

tions Conchyliologiques 
Genre Oliva, p. 15, 
pi. XI, fig. 11, 12. 

Oliva (Strephona) lepida Duclos. 

1835 Oliva lepida Duclos in Chenu : Illustrations Conchyliolo- 
giques Genre Oliva, p. 28, pi. xxvii, 
fig. 15 à 20. 

Espèce représentée par un très grand nombre d'exemplaires, 
la plupart d'une coloration plus vive qu'aucun de ceux figurés 
par Duclos. 

Oliva (Strephona) guttata fiamarck. 

var. mantichora Duclos. 

1835 Oliva mantichora Duclos in Chenu : Illustrations 

Conchyliologiques Genre 
Oliva, p. 19, pi. XVI, 
fig- 7, 8. 



110 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — 1. Ù. 

La variété mantichora diffère de \'0. guttata typique, non 
seulement par sa coloration plus variée, composée de points 
bruns entremêlés de taches noirâtres; mais aussi par la 
présence, sur le dernier tour, d'un bourrelet décurrent qui 
prend naissance au sommet de l'ouverture et enfin par sa forme 
plus trapue et sa spire moins haute. Il faut avoir sous les yeux 
une suite importante d'échantillons pour se convaincre que ce 
sont là deux formes d'une même espèce. 

Harpa ventricosa Lamarck. 

1822 Harpa ventricosa Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 255. 

1843 — — Lam. Reeve Conchologia Iconica pi. 

I, fig. 2. 

Harpa minor Lamarck. 
var. crassa Mœrch. 

1852 Harpa crassa Mœrch. Catalogus Conchyliorum quse 

reliquit Comes de Yoldi, p. 125. 

1853 — soUdula A. Adams in Proceedings. Zool. Soc. of 

London pi. xx, fig. 10. 

Mitra cardinalis Gmelin. 

1790 Mitra cardinalis Gmelin Systema Naturse, edit. xiii, 

p. 3458. 

1844 — — Reeve Conchologia Iconica Genre 

Mitra, pi. iv, fig. 26. 

Mitra (Ghrysamej coronata (Chemnitz). 

1795 Voluta coronata Chemnitz Conchylien Cabinet, t. xi, p. 24, 

pi. CLxxvni, fig. 1719, 1720. 

1844 Mitra — Reeve Conchologia Iconica, pi. xiv, 
fig. 104% 104^ 

Mitra (Strigatella) paiipercula (Linné). 

1758 Voluta paupercula Linné Systema Naturae, edit. x, 

p. 731. 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 111 

1844 Mitra paiipcrcula Lin. Reeve Conchologia Iconica, pi. xii, 

fig. 84. 

Mitra (Pusia) pardalis Kûster. 

1841 Mitra pardalis Kuster Conchylien Cabinet, 2""' édit. 

p. 105, pi. XVII, fig. 14, 15, 16. 
1844 — — Kiist. Reeve Conchologialconica, pi. XXX, 

fig. 240. 

Mitra (Callitliea) turben Reeve. 

1844 Mitra tm^ben Reeve in Proceedings Zool. Soc. of 

London. 
1844 — — Reeve Conchologia Iconica, pi. xxvii, 

fig. 213. 

Fasciolaria filamentosa Lamarck. 

1780 Fusus fllarneniosus, lineis parallelis nigricantihus 

cinctus Chemnitz Conchylien Cabinet, t. iv, 

p. 158, pi. cxL. fig. 1310,1311. 

1822 Fasciolaria filamentosa Lamaruk Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 120. 
1847 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Fasciolaria, pi. ii, fig. 4% 4^ 

Vasum cornigerum (Lamarck). 

1822 Turbinella cornigera Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. vu, p. 105. 

1847 — — Reeve Conchologia Iconica G. 

Turbinella, pi. viii, fig. 40. 

Nassa arcularia (Linné). 

1758 Baccinuni arcularia Linné Systema Naturaî, edit. x, 

p. 737. 
1853 Nassa — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Nassa, pi. iv, fig. 25% 25^ 



112 NANTES. — BULL. SOC. 8C. NAT. OUEST. — T. 5. 

Nassa coronata (Bruguière). 

1792 Buccinum coronatum Bruguière Encyclopédie métho- 
dique, p. 227. 
1853 Nassa coronata- Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Nassa, pi. m, fig. 20% 20'' 

Columbella (Pusiostoma) mendicaria (Linné) . 
var. unifasciata nov. var. 

1758 Voluta mendicaria Linné Systema Naturse, edit. x. p. 731. 
1841 Columbella — Kiener Iconographie Genre Colom- 

belle, p. 48, pi. vi, fig. 1^ 

La variété que nous appelons unifasciata est caractérisée 
par la présence d'une seule bande décurrente jaune, située au 
milieu du dernier tour, tout le reste de la coquille étant noir. 
Kiener, puis Tryon (Struct. and Syst. Manual of Conch. p. 196) 
ont fait connaître cette variété: mais sans lui attribuer de nom. 

lopas sertum (Bruguière). 

1792 Buccinum sertum Bruguière Encyclopédie méthodique, 

p. 262. 
1822 Purpura — Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 243. 
1846 Buccinum — Reeve Conchologia Iconica, Gen. 

Buccinum, pi. vi, fig. 42*, 42". 

Sistrum cancellatum (Kiener). 

1835 Purpura cancellata Kiener Iconographie Genre Purpura, 

p. 25, pi. VII, fig. 16. 

Sistrum undatum (Chemnitz). 

1795 Murex undatus Chemnitz Conchylien Cabinet, t. xi, 

p. 124, pi. cxcii, fig. 
1851, 1852. 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 113 

1880 Ricinula (Sistrum) undata Tryon Manual of Concho- 

logy Struct. and Sy st. 
p. 189; pi. Lix, fig. 
259-268, 270. 
Tryon en employant le nom qui a été donné à cette espèce par 
Chemnitz dit qu'il le fait avec quelque hésitation parceque cet 
auteur ne s'est pas servi régulièrement de la nomenclature binaire. 
Cela est vrai pour les dix premiers volumes du Conchylien 
Cabinet où les espèces sont désignées par une phrase descriptive; 
mais il n'en est plus ainsi dans le onzième volume où la nomen- 
clature binaire est constamment appliquée. C'est donc le nom 
undatum Chemnitz qui a été le plus anciennement attribué à 
l'espèce dont nous nous occupons et qui doit être conservé. 

Triton (Simpulum) clilorostomus Lamarck. 

1822 Triton chlorostomum Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 185. 
1844 — chlorostoma Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Triton pi. viii, fig. 25. 

Triton (Gutturnium) cynocephalus Lamarck. 

1822 Triton cynocephalum Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. vn, p. 184. 
1844 — cynocephalus Reeve Conchologia Iconica, Gen. 

Triton, pi. vm, fig. 26. 

Distorsio anus (Linné). 

1758 Murex anus Linné Systema Naturae., edit. x, p. 750. 
1844 Triton — Reeve Conchologia Iconica Gen. Iriton, 
pi. XII, fig. 44. 

Cassis (Casmaria) vibex (Linné). 

1758 Buccinum vibex Linné Systema Naturœ, edit. x, p. 737, 
1848 Cassis — Reeve Conchologia Iconica Gen. Cassis, 

pi. VII, fig. 15, 15^ 



114 NANTES. — BULL. .SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Cassis (Cassidea) rufa (Linné). 
1758 Buccimmi rufum Linné Systerna Naturse, edit. x, p. 736. 

1848 Cassis rufa Reeve Conchologia Iconica Gen. Cassis, 

pL VIII, fig. 20% 20^ 20c. 
Nombreux exemplaires adultes et jeunes. 

Dolium olearium (Linné). 

1758 Buccinum olearium Linné Systema Nature, edit. x, 

p. 734. 

1849 Dolium — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Dolium, pi. VIII, fig. 14. 

Dolium (Perdix) perdix (Linné). 

1758 Buccinum perdix Linné Systema Naturœ, edit. x, p. 734. 
1849 Doliutn — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Dolium, pi. VI, fig. 9. 

Dolium (Malea) pomum (Linné). 

1758 Buccinum, pomum Linné Systema Naturse, edit. x, 

p. 735. 
1848 Dolium — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Dolium, pi. IV, fig. 6. 

Ovula ovum (Linné). 

1758 Bulla ovum Linné Systema Naturœ, édit. x. p. 725. 

1822 Ovula- oviformis Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 366. 
1865 Oimluin ovum Reeve Conchologia Iconica Gen. Ovulum, 
pi. I, fig. 3. 

Cyprsea argus (Linné), 

1758 Cyprœa argus Linné Systema Naturse, edit. x, p. 722. 
1845 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. Cyprœa, 
pi. m, fig. 8. 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARLN'S 115 

Cyprsea isabella (Linné). 

1758 Cyprœa isabella Linné Systema Natur?e, edit. x, p 722. 
1845 — — REEVEConchologialconica Gen.Ci/i)rrt?«, 

pi. XII, fig. 51. 

Gyprsea carneola Linné. 

1758 C7/i7r<;m 6Y^/';^eoto Linné Systema Naturse, edit. x, p. 719. 

1845 — — REEVEConchologialconicaGen. C?/i9r«?«, 

pi. VI. tig. 19. 

Gyprîea liiruudo Linné 

1758 Cyprœa hirimdo Linné Systema Naturse, edit. x, p. 722. 

1846 — — REEVEConchologialconicaGen. Cî/pr«?a, 

pi. XIX, fig. 104. 

Cyprsea (Aricia) histrio Meuschen. 

1787 Cyprœa histrio Meuschen Muséum (îeversianum, p. 404. 

1885 — — Roberts in Tryon Manualof Conchology 

Struct. and Syst. t. vu, p. 175, 
pi. VIII, fig. 25, 26. 

Le C. histrio a été souvent mal compris. C'est ainsi que 
Kiener figure sous ce nom le C. reticulata de Martyn et que 
Reeve l'indique comme synonyme de la même espèce. Le 
C. histrio se distingue des autres Cyprœa du même groupe 
par sa forme ovale, atténuée aux deux extrémités, moins 
aplatie du côté de l'ouverture, ainsi que par la présence d'une 
tache brune sur la spire. 

Gyprsea (Aricia) moiieta Linné. 

1758 Cyprœa moneta Linné Systema Naturse, edit. x, p. 723. 
1845 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. Cyprœa, 

pi. XV, fig. 74. 



116 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Cyprsea (Luponia) vitellus Linné. 

1758 Cijprœa vitellus Lm^K Systems Naturse, edit. x, p. 721, 

1845 — — Reeve Conchologialconica Geu. Cz/^rû^a. 

pi. V, fig. 14. 

Cyprsea (Luponia) asellus Linné. 

1758 Cyprœa asellus Linné Systema Naturse, edit. x, p. 722. 

1846 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. Cyprœa, 

pi. xviir, lig, 98. 

Cyprsea (Luponia) clandestina Linné. 

1767 Cyprœa clandestina Linné Systema Naturse, edit. xii, 

p. 1177. 
1846 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Cyprœa, pi. xix, fig. 106. 

Cyprsea (Luponia) undata Lamarck. 

1828 Cyprœa undata Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 393. 
1846 — — Kiener Iconographie Genre Porce/ame, 

pi. 21, p. XXX, fig. 3, 3=' 

Exemplaires de petite taille et de coloration claire, correspon- 
dants à la figure 3* de Kiener. Reeve a donné à cette espèce le nom 
deC. diluculum (Conch. Icon. pi. xiv, fig. 65) sous le prétexte 
qu'il existe un C. undata plus ancien, de Chemnitz. Mais, 
comme nous l'avons dit plus haut, la nomenclature binaire n'a 
été appliquée par Chemnitz que dans le onzième volume du 
Conchylien Cabinet ; c'est, d'ailleurs, en vain que l'on 
chercherait dans le l^^' volume qui renferme les Cyprœa une 
espèce portant le nom à.' undata. Celle dont nous nous occupons 
ici est bien figurée pi. xxiii, fig. 226 et 227 et est désignée 
comme suit: « Porcellana simpleœ conglobata, crassa,parva, 
tribus in dorso vel dilute carneo vel castaneo fasciis undu- 
latis, ventre et laterWus luteis, nigro-punctatis » . 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 117 

Gyprsea (Luponia) lynx Linné. 

1758 Cyprœa lynx Linné Systema Naturse, édit. x, p. 721. 

1845 — — Reeve Conchologia Iconica, Gen. Cyprœa, 
pL IX, fig. 33. 

Gyprsea (Luponia) erosa Linné. 

1758 Cyprœa erosa Linné Systema Naturae, édit. x, p. 723. 
1845 — — Reeve Conchologia Iconica Gen . Cyprœa, 
pL XI, fig. 43. 

Gyprsea (Luponia) lielvola Linné. 

1758 Cypœa helvoUi Linné Systema Naturae, edit. x, p. 724. 

1845 — — Reeve Conchologia Iconica Gen . Cyprœa, 
pi. XV, fig. 72. 

Strombus lentiginosus Linné. 

1758 Strombus lentiginosus Linné Systema Naturae, édit. x, 

p. 743. 
1851 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Strombus, pi. xiii, fig. 31. 

Strombus (Monodactylus) auris-Dianse Linné. 

1758 Strombus auris-Dianœ Linné Systema Naturae, edit. x, 

p. 743. 

1851 — — — Reeve Conchologia Iconica Gen . 

Strombus, pi. xv, fig. 36*, 
36" (tantum) . 

Strombus (Ganarium) floridus Lamarck. 

1822 Strombus floridus Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. vu, p. 211. 
1850 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Strombus, pi. vu, fig. 11^ 

(tantum) . 



118 NANTES. — BT'LL. SOC. SC. NAT. oUEST. — T. 5. 

Sti'ombus (Canariuni) trideiitatus Lamarck. 

1788 Strombus samar, testa sennalafa lœvi etc. 

Chemnitz Conchylien Cabinet, t. x, 
p. 221, pi- CLYii, fig. 1503. 
1822 — i^r?rfen;^«^MS Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 209. 
1851 — samar ensis Reeve Conchologia Iconica Gen. 

St.ro7nhus,^\. xix, fig. 53. 

Strombus (Canariiim) terebellatus Sowerby. 

1847 Stro7nMis tereheUatu.s Sowerby Thésaurus Conchy- 

liorum, t. i, p. 31; 
pi. IX, fig. 84, 85. 

1850 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Strombus, pi. vi, fig. 
10% 10^ 

Strombus (Conomurex) mauritianus Lamarck. 

1822 Strombus maîiritianusLAMMiCK Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 206. 

1822 — cylind7Hcus Swainson Zoological Illustrations, 

t. II, pi. lui, fig. 1,2. 

Pterocera aurantia Lamarck. 

1822 Pteroceî^a aurantia Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 198. 

1851 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. 

Pterocera, pi. v, fig. 7. 

Solarium (Torinia) variegata (Gmelin). 

1781 TrocJius perspectiviunculus variegatus etc . 

Chemnitz Conchylien Cabinet, 
t. V, p. 134 : pi. CLXxiii, 
fig. 1708, 1709. 



PH. DAUTZENLiERG — MOLLUSQUES MARINS 119 

1790 Trochus variegatus Gmelin Systema Naturse edit. xiii, 

p. 3575. 

1880 Teretropoma P^rr/er^ Rochebrune . Sur un type nouveau 

de la Famille des Cijclosto- 
7nacea in Bulletin Société 
Philomatique. t.v Çt'^^ série) , 
p. 108, pi. I. 

Solarium (Philippia) hybridum (Linné). 

1758 Trochus hyhrldus Linné Systema Naturse, edit. x, p. 757. 

1887 Solarium (Philippia) hybridwn Marshall in Tryon 

Manual of Concho- 
logy , Struct. and Sy st, 
t. IX, p. 14, pi. V, 
fig. 59-62. 

Natica (Ruma) mamilla (Linné). 

1758 Ncrita mamilla Linné Systema Naturœ, edit. x, p. 776. 

1855 Natica — Reeve Conchologia Iconica Gen . Natica, 
pi. VII, fig. 27^27^ 

Natica (Ruma) melanostoma (Gmelin) . 

1790 Nerita melanostoma (3f^TELm^ysiem2i. Naturae, edit. xiii, 

p. 3674. 
1855 Natica — Reevf Conchologia Iconica Gen. 

Natica. ^\. viii,fig. 30^30^ 

Natica (Ruma) Simiae Deshayes. 

1781 Ruma Simiœ etc Chemnitz Conchylien Cabinet, t. v, 

p . 285 ; pi . cxxxix, fig. 1938. 

1838 Natica — Deshayes in Lamarck. Animaux sans 

vertèbres, 2°'eédit. t. viii, 
p. 652 (erreur typogr. 552). 



120 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Pyramidella acus (Gmelin) . 

1790 Voluta acus Gmelin Systema Naturse, edit. xiii, p 3451. 
1855 Obeliscus punctatus A. Adams in Sowerby Thésaurus 

Conchyliorum, t. ii, p. 

806;pl.CLXxi.fig.l4,27. 

Cette espèce est souvent citée à tort sons le nom de P . punc- 
tata Chemnitz car cet auteur ne lui a donné qu'en allemand le 
nom « der punctirte Nadel » tandis que sa phrase latine 
commence par les mots : « Turbo lœrÀs » 

Phasianella (Orthoinesus) variegata Lamarck. 

1822 Phasianella vatnegata Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VII, p. 53. 

Trochus (Infundibulops) cariiiifer (Beck) Reeve. 

1842 Trochus cariniferus Beck in Reeve Conchol. Syst. 

t. II, p. 165, pi. ccxvm, 
lig. 8. 

1880 — — P. Fischer in Iconographie de 

Kiener Genre Troque, 
p. 229, pi. Lxxv, 
fig.1,2. 

Glanculus rarus Dufo. 

1840 Trochus rarus Dufo Ann. des Se. nat. 2« série, t. iv, 
p. 188. 

1880 Clanculus flosculus Fischer in Iconographie de Kiener 

Genre Troque, p. 300 ; 
pi. xcvi, fig. 1. 

Très jolie espèce, encore rare dans les collections, ornée de 
cordons décurrents perlés, articulés de blanc et de noir qui 
alternent avec d'autres cordons d'une nuance havane claire 
uniforme. Le sommet de la spire esttehîté de rose vif. 



PH. DAUTZENBERG. — MOLLUSQUES MARINS 121 

Spoiidylus aurantius Lainaick. 

1819 Spondylus aurantius Lamarck Animaux sans vertèbres, 

t. VL p. 192. 
Valves roulées. 

Lucina (Codakia) punctata (Linné). 

1758 Venus jyundata hi^iiÈ Systema Natura-, edit. x, p. 688. 
1850 Lucina — Reeve Conchologia Iconica Gen . Lucitm, 
pi. I, tig. 2. 

Tellina (Tellinella) semilsevis von Martens. 

1865 Tellina semilœvis von Martens Annals and Magazine of 

Nat. Hist. p. 428. 
1871 — _— Kuster Monogr. m Syst. Conchylien 

Cabinet, 2^ édit. t. x, p. 63; pi. 
XVIII, tig. 1-4. 

Tellina (Arcopagia) scobinata Linné. 

1758 Tellina scobinata Linné SystemaNatur?e,edit. x,p. 676. 

1866 — — Reeve Conchologia Iconica Gen. Tellina, 

pi. XIV, tig. 64. 



CONTRIBUTIONS 

AU 

CATALOGUE DES 

HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 

de la Loire-Inférieure 
par M. l'abbé J. DOMINIQUE 

(50 juin 1895). 

AVANT-PROPOS 

Nous n'ignorons pas que la dénomination de Fouisseurs 
appliquée à tous les hyménoptères mentionnés dans la liste 
suivante est loin d'être d'une exactitude rigoureuse. Comme le 
fait remarquer M. André dans ses observations générales sur 
les insectes de ce groupe, si cette dénomination s'applique 
judicieusement à un grand nombre d'espèces qui, creusant des 
nids dans le sol sont véritablement nées terrassières, elle ne 
saurait convenir à certaines autres qui abritent leur progéni- 
ture dans des branches sèches ou dans des nids de terre 
construits hors du sol. 

C'est pourquoi, aujourd'hui, rejetant le vieux terme de 

Fouisseurs, imposé par Latreille, on divise généralement les 

insectes de ce groupe en plusieurs familles absolument 

distinctes : 

Mutillidœ 

Scoliadœ 

Pompilidœ 

Sphegidœ 

Toutefois, en présence de l'absence regrettable d'un catalogue 
systématique complet de ce groupe important d'hyménoptères, 
nous nous sommes décidés à suivre de tout près celui que 
M. le D"" Franz Friedr. Kohi, l'éminent spécialiste, a dressé des 
Fouisseurs de la Suisse (Die Fossorien der Schv^eiz < ) , ce qui 

1. Bulletin de la Société eutomologique suisse, octobre 1883. 



124 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

nous a conduit à maintenir avec lui le vieux nom dû à 
Latreille. 

L'étude des Fouisseurs est encore hérissée de nombreuses 
difficultés. On sait que les insectes parfaits se nourrissent des 
sucs des fleurs, tandis que leurs larves vivent du gibier que leur 
mère a rapporté de ses chasses et qui consiste en insectes de 
divers ordres, même en arachnides pour certaines espèces ^ 
Mais les mœurs de la plupart sont encore enveloppées de 
mystère. 

Quant à la systématique de cet important groupe d'hyménop- 
tères, elle est des plus embrouillée et des moins définitivement 
établie. Certains genres ont subi tant et de tels remaniements 
de la part des divers auteurs qui les ont étudiés, que leur syno- 
nymie est devenue des plus touffue et des plus obscure. Nous 
pouvons citer pour exemple le genre Crab7^o créé par Fabricius 
et, depuis, étrangement morcelé. 

Les Pompilides ofi"rent aussi des difficultés désespérantes 
qui en font généralement délaisser la recherche et l'étude et en 
limitent la connaissance approfondie à un très petit nombre de 
spécialistes. A la tête de ceux-ci s'est placé M. Franz Fr. 
Kohi, conservateur-adjoint au Muséum impérial-royal d'Histoire 
naturelle devienne. Ce savant naturaliste a bien voulu examiner 
et nommer la plupart des Pompilides cités dans les pages qui 
vont suivre. 

MM. E. André, H. Tournier et Konoio nous ont également 
prêté avec une extrême bienveillance le secours précieux de leur 
science. Nous leur offrons tous nos remerciements ainsi qu'aux 
entomologistes qui nous ont fourni des matériaux par leurs 
chasses. Nous nous sommes fait un devoir de citer leur nom, 
après la mention de leurs captures. 

Nous serons heureux si cette liste, encore bien rudimentaire, 
donne à de zélés chasseurs et à des studieux que ne rebutent pas 
les difficultés, l'inspiration de la compléter. La moisson est 
riche autour de nous, il ne manque que des ouvriers pour la 
recueillir. 



1. Voir pour les mœurs des Fouisseurs, les intéressantes observations de 
M. Fahre consignées dans ses Souvenirs entomologiques. 



CONTRIBUTIONS 



CATALOGUE DES 

HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 



Loire-Inférieure 



Famille. — GRABRONID^ 

Gen. CRABRO Fahr. 

Subgen. clytochrysus Moraw. 

C. sexcinctus H. Sch. — Environs de Nantes, la Haye- 
Fouassière. Juin-octobre. Sur les fleurs, surtout des Ombelli- 
fères. PC. 

G. planifrons Ihoms. — Une 9, prise dans un jardin, à 
Nantes. (Piel de C). 

C. chrysostomus Lep. — lapidarius Panz. — Nantes, 
la Haye-Fouassière, sur les Daucus et autres Ombellifères. 
Juin-septembre. AC. 

C. lituratus Panz. — Nantes, sur diverses fleurs. Juin- 
août. PC. 

Subgen. solenius lep. 

S. vagiis Lin. — C. aux alentours de Nantes, de juin à 
octobre. 

Subgen. crabro Dahlh. 

G. quadricinctus Fàb. — Nantes, sur les fleurs, surtout 
des Ombellifères. Juin-octobre. PC. 



126 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

Subgen. thyreus Lep. 

T. clypeatus Lin. — Nantes, la Haye-Fouassière. — La 
Bernerie (PieldeC). C, surtout le o^, sur les Ombellifères. 
Juin-octobre. 

T. vexillatus Panz. — Un d", pris à Nantes, en juillet. 
Subgen. thyreopus Lep. 

T. cribrarius Lin. — CC. partout, sur les Carduacées, les 
Ombellifères, etc. Juin-octobre. 

T. peltarius Schrad. — La Haye-Fouassière, sur les 
Daucus. Juin-septembre PC. 

Subgen. ccelocrabro Thoms. 

C. capitosus Schuch. — La Billardière, près Vertou. 
Août-septembre. 

G. leucostoma Lin. — Environs de Nantes, bords de la 
Sèvre. AC. Sur les Ombellifères : Daucus, Petroselinu?n, etc. 
Juin-septembre. 

Subgen. crossocerus Thoms. 

C. palmipes V. der L. — Un seul (f. Nantes, en juin. 

C. varius Lep. Une seule 9, de Nantes. Juillet. 

C. anxius Wesm. — La Haye-Fouassière. Juin-sep- 
tembre. R. 

G. elonçjatulus V. der L. — Environs de Nantes. 
Juillet-août. R. 

G. Wesmaëli Lep. — Un exemplaire, pris à Vertou, en 
août. 

Subgen. hoplocrabro Thoms. 

H. quadrimaculatus i^«^r. — Nantes, sur diverses tleurs, 
surtout celles des Ombellifères. Juin-septembre. PC. 

Subgen. blepharipus Lep. 
B. vagabundus Panz. — Nantes ; juin-juillet. AC. 



J. DOMINIQUE. — HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 127 

B. signatiis Panz. — Nantes, un exemplaire 9, pris en 
juin. 

B. serripes Panz. — Nantes, juin-juillet. AC. 
Subgen. lindenius Lep. 

L. albilabris Lin. — CC. sur les fleurs d'Ombellifères. 
Nantes, la Haye-Fouassière ; tout l'été. 

L. pygraseus Lep. — Un exempl. de Nantes, pris en 
août. 

Subgen. entomognathus Dahlb. 

E. brevis V. der L. — CC. partout sur diverses fleurs, 
surtout sur les Ombellifères. Juin-octobre. 

Subgen. rhopalum Kirby. 

R. clavipes Dahlb. — Un seul <f, de la Billardière en 
Vertou. Août. 

R. tibiale Fabr. — Nantes, un seul exemplaire, pris en 
juin. 

Famille. — TRYPOXYLID^ 
Gen. pisoN Spin. 
P. Jurinei Spin. = ater Schuch. — Nantes, la Haye- 
Fouassière, sur les fleurs d'Ombellifères. R. 

Gen. TRYPOXYLON Latr. 
T. clavicerum Lep. — Nantes, la Haye-Fouassière. Juin- 
octobre. AC. 

T. figulus Lin. — C. partout, voltigeant autour des vieux 
piquets, des vieilles palissades. Mai-octobre. 

Famille. — PEMPHREDONIDiË 

Gen. PEMPHREDON Latr. 

Subgen. cemonus Jurine? (aut). 

G. unicolor Fabr. — CC. de juin à octobre. Nantes et 
partout. 



128 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT, OUEST. — T. 5. 

C. Wesmaèli Moraiv. = lethifer Thoms. —Sur les fleurs 
de Daucus, de Rubus, etc. La Haye-Fouassière. Juin-septembre. 
Mêlé au précédent, mais plus rare. 

Subgen. pemphredon Latr. 

P. lugubris Fabr. — C. toute la saison chaude. Nantes, la 
Haye-Fouassière, etc. 

Gen. sTiGMUS Jur. 

S. pendulus Panz. — Nantes, Vertou. Juin-octobre. 
Voltige le long des vieux bois. 

S. Solskyi Moraw. — Nantes, la Haye-Fouassière. Mêmes 
mœurs que le précédent dont il diffère à première vue par ses 
calus huméraux blancs et son abdomen noir en entier. 

Gen, CELIA Schuck. 

C. troglodytes Schuch. — Nantes, autour des vieux 
piquets, des vieilles barrières. PC. Juin-octobre. 

Gen. DioDONTUs Curt. 

D. tristis F. der L. — Nantes, Vertou. Juin-septembre. AC. 

D. luperus Schuck. — Un seul exemplaire 9 de Nantes, 
pris en juin. 

Gen. PAssALŒCus Schuck. 

P. gracilis DahW. — Un exemplaire 9, pris en juillet, sur 
les Daucus, à la Haye-Fouassière. 
P. monilicornis DahW. — Nantes. Mai-septembre. PC. 

Gen. MIMES A Schuch. 

M. unicolor V. der L. — Deux 9, prises à la Haye- 
Fouassière, en juillet, sur Daucus. 

M. Dahlbomi Wesm. — Nantes (une 9). La Haye- 
Fouassière (une 9). En juillet, sur les ombelles de Daucus. 

M. equestris Fabr. — La Haye-Fouassière, sur Daucus, 
Petroselinumy etc, en juillet, août. Moins rare que les deux 
précédents. 



.1. DOMINIQUE. — HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 129 

Gen. PSEN Latr. 

P. atratus F(^&r. =pallipes Panz. — LaHaye-Fouassière, 
(a^et9), sur les Ombellifères. Juillet, août. R. 

P. Dufouri DahW. — La Billardière, en Vertou, (9). 
Nantes {&). Juin, août. 

P. concolor DahW. — Une 9, prise en août à la Billar- 
dière, près Vertou. 

Famille OXYBELID^E 

Gen. oxYBELUS Lat7\ 

O. quatuordecimnotatus 01. — Un (f, pris en mai, sur 
le Reseda, au Jardin botanique de Nantes. 

O. nigripes 01. = trispinosus Dahlb. — AC. de mai à 
octobre, sur diverses fleurs, aux environs de Nantes. 

O. uniglumis Lin. — CC. surtout sur les Ombellifères, le 
Reseda, toute la belle saison. Nantes, la Haye-Fouassière, etc. 

O. bellicosus DahW. — Un cr', pris en mai, sur le Reseda, 
au Jardin botanique de Nantes. 

Famille. — CERGERID^ 
Gen. cERCERis Latr. 

C. Rybiensis Lin. = ornata La^r. — AC. toute la belle 
saison, sur diverses fleurs : Ombellifères, Scabieuses, etc. 
Environs de Nantes, la Haye-Fouassière. 

G. arenaria Lin. — CC. tout l'été surtout sur les Ombelli- 
fères : Baucus, Levisticum, Eryngium, etc. 

C. quadricincta V. der L. — Clisson, Pornic, la Haye- 
Fouassière, environs et jardins de Nantes. Mai-octobre. C. 

C. labiata i^«ôr. —Nantes, laBernerie, la Haye-Fouassière. 
— Thouaré {Piel de C). Juin-septembre. C. 

C. quinquefasciata i2055ï. — Nantes, la Hayé-Fouassière, 
sur les Ombellifères surtout. Mai-octobre. AC. 



130 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

Gen. PHiLANTHUs Latr. 

p. coronatus Fahr, — Préfailles, Pointe Saint-Gildas 
{Coll. Citerne). RR. 

P. triangulum Fabr. — La Haye-Fouassière, sur les 
Eryngium, en septembre. — Pornic {d' Antessanty) , en 
septembre. R. 

Famille. — NYSSONIDtE 

Gen. NYSsoNLo^^r. 

N. spinosus Forst. — Un cr' pris à Bouguenais, en juin. 
{PieldeC). 

N. niger Chevr. — La Haye-Fouassière, sur les Daucus, en 
juillet, août. R. 

N. trimaculatusi?ossi. — La Haye-Fouassière, surdiverses 
Ombellifères. Juin-août. R. 

N. maculatus Panz. — AC. sur les Daucus, Levisticum, 
Petroselinum, à la Haye-Fouassière. 

Gen. GORYTES Dahlb. 

G. campestris Lin. — Un cT, des environs de Nantes; 
pris en juillet. 

G. mystaceus Lin. — Sur diverses Ombellifères. Nantes, 
la Haye-Fouassière. PC. Juin-septembre. 

G. dissectus Panz. — La Haye-Fouassière, sur les fleurs 
de Daucus. cr' et9. Juin-août. AC. 

G. sulcifrons Costa. — Une 9 de la Haye-Fouassière, 
prise en juillet, sur Daucus. 

Gen. HOPLisus Dahlb. 

H. quinquecinctus Fabr. — Nantes, la Haye-Fouassière. 
AC. Juin-septembre. 

H. eburneus Chevrier. — Une ç, prise à Nantes, en juin. 

H. laticinctus Schuch. — Nantes, sur les Ombellifères. 
Juin-août. PC. 



J . DOMINIQUE . — HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 131 

H. latifrons Dahlh. — Un o\ pris dans un jardin, à 
Nantes, en juin. 

Gen. HARPACTES Schuck. 

H. tumidus P^n^. — La Haye-Fouassière, sur les fleurs de 
Dauctts, en juillet. Un seul cf. 

H. laevis Latr. — La Haye-Fouassière, sur les Daucus. 
Juin-septembre. PC. 

Famille. — BEMBECID^ 

Gen. BEMBEX Latr. 

B. rostrata Lin. — Nantes, en juin. — Pointe Saint-Gildas, 
Préfailles (Coll. Citerne). — Bouaye, fin juillet (Piel de C). 

Famille. — MELLINID^ 

Gen. MELLiNUS Fabr. 

M. arvensis Lin. — CC. partout, surtout sur les Ombelli- 
fères. Juin-septembre. 

Famille. — LARRID^ 

Gen. TACHYSPHEx Kohi. 

T. unicolor Panz. — Sur les fleurs de Daucus et de 
Petroselinum. La Haye-Fouassière. Juin-août. PC. 

T. pectinipes Lin. — La Haye-Fouassière, (9), sur les 
fleurs de Daucus. Juin-août. PC. 

Gen. ASTATA Latr. 

A. boops ScJirank. — Nantes, la Haye-Fouassière, sur les 
fleurs d'Orabellifères, ou courant au soleil dans les lieux 
sablonneux. PC. 

A. Vanderlindeni Roi). — Une 9, prise à Vertou, lande de 
la Billardière, en août. 



138 NANTES. — BULL. SOU. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Famille. — SPHEGID^ 
Gen. PSAMMOPHILA Dahlh. 

P. viatica Lin. — N'est pas rare, de juin à octobre, dans 
les lieux sablonneux, sur les chemins, les talus des fossés 
exposés au soleil. Pornic, la Haye-Fou assière. — Saint- 
Brevin-l'Océan (iVf"e p, Leroy). — Bourgneuf, Thouaré {Piel 
de C). — Sainte-Marie {Du Bois). 

Gen. AMMOPHiLA Kirby pro parte 

A. Heydeni Bahlb. — Mêmes mœurs que la précédente. 
Pornic {cC Antessanty) . — Saint-Brevin-l'Océan {M^^^ P. Leroy). 

Diffère à première vue de la suivante par ses pattes anté- 
rieures presque en totalité rougeâtres. Elle parait propre à la 
région maritime. 

A. sabulosa Lin. — CC. toute la belle saison dans les lieux 
secs, sablonneux, ensoleillés. Nantes, Clisson, la Haye- 
Fouassière, etc. 

Famille. — POMPILIDyE 
Gen. AGENiA Schîoedte 

A. carbonaria Scop. == punctum Fabr. (Pseudagenia 

Kohi). G. partout, de mai à octobre, sur les fleurs des Ombelli- 
fères, sur les feuilles des charmilles, des haies exposées au 
soleil. (o^etÇ). 

A.bifasciata-Fa&r. (PogomusZ>a/i^6.).— Vertou, (or^etç), 
en août. PC. 

Gen. PRiocNEMis Schîoedte 

P. affinis V. der L. — La Haye-Fouassière, sur les fleurs 
de Daucus. Juin-juillet. (9) R. 
P. variegatus Fàbr. — Une 9, prise à Vertou, en août. 
P. fuscus Fahr. — Nantes, une 9, capturée en mai. 

P. propinquus Lep. — Deux exemplaires 9 pris : l'un en 
lisière de la forêt de Touffou, l'autre à la Chapelle-sur-Erdre, 
en avril. {Piel de C). 



J. DOMINIQUE. — HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 133 

P. exaltatus F<2&r. — G. dans tout le département, (o^ et 
Ç). Il se prend sur les fleurs d'Ombellifères, sur les 
haies, les charmilles, pendant la saison chaude. 

P. minutus V. der L. — Une 9, de la Haye-Fouassière, 
prise en juin, sur Daucus. 

P. notatus Schench. — Une 9, prise à Nantes, en juillet. 

P. ohtusixenivis Schioedte. — Nantes, la Haye-Fouassière 
cr' et 9), en été. 

P. pusillus Schioedte. — Un o^, capturé à Nantes, en juin. 

P. parvulus Dahlb. — Nantes, la Haye-Fouassière, sur les 
Ombellifères. Mai-août, (o^ et 9). AC. 

P. variabilis Rossi. — Les Moutiers, dans les polders, en 
août. (o^et9). (Pielde C). 

P. hyalinatus Fabr. — Nantes, la Haye-Fouassière (o^ et 
9). Assez commun en été, surtout sur les Ombellifères. 

Gen. poGONius Dahlb. 

P hircanus Fabr. — (Agenia Schioedte). — Nantes, 
deux 9 capturées en juin et juillet. 

Gen. poMPiLus Latr. 
P apicalis V. der L. — Environs de Nantes. PC. 

P. rufipes Lin. — Un exemplaire cf de Saint-Brevin- 
rOcéan (ilf"« P. Leroy). Août. Une 9 prise à Thouaré, sur 
Carduus, fin de juin {Piel de C). 

P. alljonotatus V. der L. —Nantes, la Haye-Fouassière. 
AC. sur Daucus, de juin à septembre, (cr' et 9). 

P. quadripunctatus Fabr. var. octopunctatus Panz. 
Polders de Bourgneuf {Piel de C). Une seule 9. 

P. melanarius Dahlb. — Environs de Nantes, en juillet. 
Deux C3^. 

P. sericeus Schioedte. — Un cf, pris à Nantes, en juin. 

P. cinctellus F. der L. — Nantes, Vertou. Juin-juillet. R. 



134 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. -- T. 5. 

P. plumbeus V. der L. — (cr') Nantes. — Saint-Brevin- 
rOcéan [cf et 9) (iV/"e p, Leroy). Le Pouliguen (o^) {de Gaulle). 
La Haye-Fouassière, en été (0^ et 9), sur les Daucus. 

P. concinnus Dahlb. — Une seule 9, prise à Nantes, en 
juin. 

P. castor Kohi. — La Haye-Fouassière {(f et 9). Juin- 
juillet, sur les Daucus. 

P. neglectus Wesm. — CC. (o^ et 9). Nantes, la Haye- 
Fouassière, sur les Ombellifères, en été. 

P. spissus ScMoedte. Un cf pris sur les fleurs de Daucus^ en 
juin, à la Haye-Fouassière. 

P, trivialis Z>«/i?&. — Nantes, la Haye-Fouassière, sur les 
Ombellifères, en été. CC. 

P. chalybeatus ScMoedte. — La Haye-Fouassière, sur les 
Daucus, de juin à août, (cr' et 6). — Saint-Brevin-l'Océan, en 
août (9) Jkf"e p, Leroy). 

P. fuscus /-/m. = viaticus aut. — Machecoul, (9), le 27 
avril. — Nantes, la Haye-Fouassière (cr' et 9), sur les Ombelli- 
fères, le long des talus en terre exposés au soleil, sur les 
chemins. CC. toute la belle saison. 

P. pectinipes V. der L. — Une 9, prise à Clisson, en 
septembre. 

Gen. HOMONOTus Dahlb. 

H. sanguinolentus Fabr. — Un seul o^, pris en mai, dans 
un jardin, à Nantes. 

Gen. APORus Spin. 

A. bicolor Spin. — Une 9, prise à la Bernerie, en août. 
{Piel de C). 

Gen. CEROPALEs Latr. 

C. maculata Fabr. — CC. surtout sur les Ombellifères. 
(o^ et 9). Nantes, la Haye-Fouassière. — Saint-Brevin-l'Océan 
(jj/iie p. Leroy). Juin-septembre, 



J. DOMINIQUE. — HYMÉNOPTÈRES FOUISSEURS 135 

G. variegata Fabr. — Une 9 prise en juin, sur Daucus^ à 
la Haye-Fouassière. 

F.VMILLE. — SAPYGID^ 

Gen. SAPYGA Latr. 

S. cylindrica Schenck. = guttata Jur. = pacca Fab. 
Nantes, Pornic, la Haye-Fouassière (cf et 9). Assez communé- 
ment sur les fleurs de Daucus. Juin-août. 

S. clavicornis Lin. — Environs de Nantes, en été. PC. 

Famille. — SCOLIID^ 

Gen. scoLiA Fabr. 

S. bifasciata V. der L. — La Haye-Fouassière, en août, 
sur Eryngium campestre. R. 

S. liirta Schrank. —Pornic, en juin. R. 
S. quadripunctata i^a&r. — La Haye-Fouassière, sur les 
Daucus. Juin-août. PC. 

Gen. TiPHiA Fabr. 

T. femorata Fabr. — CC. sur diverses Ombellifères, de 
juin à septembre, avec sa variété minor. 

T. villosa Fabr. — Beaucoup plus rare. Egalement sur les 
Ombellifères, en été. Pornic. 

T. minuta V. der L. — Nantes, la Haye-Fouassière, sur 
Daucus. Juin-août. 

Famille. — MUTILLIDiE 
Gen. mutilla Lin. 

M. distincta Lepelletier. — Une 9 prise sur un chemin, à 
la Haye-Fouassière, le 24 juin 1894. {Piel de C). 

M. europsea Lin. — Forêt de Touffou, en mai (9) {Piel 
de C). 

M. rufipes Latr. — La Haye-Fouassière. C. Le cf se prend 
fréquemment sur les ombelles de Daucus. Juin-août. 



136 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

M. msiura. Lin. — Dunes de Saint-Michel-Chef-Chef. PC. — 
Exemplaires de la Loire-Inférieure, dans la collection 
Citerne, sans localités précises. 

Gen. MYRMOSA Latr. 

M. melanocephala Fah. (cf) : Nantes, laHaye-Fouassière, 
sur les Z)«MCws en juin-juillet. (9) dans la terre, le long d'une 
haie à la Haye-Fouassière. — Un cT, pris à Thouaré, en juillet, 
sur la fleur de Carduus hemorroidalis {Piel de C.) . 

Gen. METHOCA Latr. 

M. ichneumonoides Latr. — Un a^, pris en juillet sur 
Daucus, à la Haye-Fouassière, jardin du Pâtisseau. 



RÉCAPITULATION 



Famille. — Crabronidae 1 genre 26 espèces 

» Trypoxylidae 2 » 3 » 

» Pemphredonidae . . . 7 » 16 » 

» Oxybelidae 1 » 4 » 

» Cerceridae 2 » 7 » 

» Nyssonidae 4 » 14 » 

» Bembecidae 1 » 1 » 

» Mellinidœ 1 » 1 » 

» Larridte 2 » 4 » 

» SphecidsB 2 » 3 » 

» Pompilidae 7 » 35 » 

» SapygidsB 1 » 2 » 

» ScoliadaB 2 » 6 » 

», MutillidaB 3 » 6 » 



Total. 36 genres 128 espèces 



QUELQUES MOTS 

SUR LA 

PTÉROLOGIE DES MELLIFÈRES 

par l'abbé J. DOMINIQUE 

(30 Septembre fSO.ïJ 



La classification des Mellifères, comme, du reste, celle de 
tous les autres Hyménoptères, trouve des caractères distinctifs 
précieux dans la disposition des nervures des ailes, surtout des 
ailes antérieures. 

Il nous a semblé intéressant et utils pour les personnes qui se 
sentiraient portées à étudier cette curieuse famille et à augmen- 
ter, par leurs recherches, le nombre des espèces signalées dans 
notre Catalogue comme habitant la Loire-Inférieure, d'exposer 
ici les principales données de la ptérologie des Mellifères. 

Nous nous bornerons aux notions indispensables à posséder, 
pour classer ces insectes d'après l'état actuel de la science. Une 
étude détaillée et complète nous entraînerait beaucoup trop loin, 
étant donnée surtout la multiplicité des noms créés par les 
auteurs, pour désigner les nervures al aires et les cellules 
qu'elles forment. 

Moses Barris, savant anglais qui publia, en 1782 son 
Exposition of British insects, passe pour avoir, le premier, 
chercher à diviser par le moyen des différences qu'il observait 
dans la nervature alaire, certains genres linnéens en divers 
groupes et sections. Son ouvrage est illustré de figures d'ailes 
grossies, remarquables par une exactitude qu'on était alors bien 
éloigné de donner aux dessins entomologiques. Toutefois le 
savant anglais se borna à figurer les nervures des ailes sans 
leur donner de nom, pas plus qu'aux cellules qu'elles forment. 

Jurine, en 1807, comprit, d'après les mêmes principes, la 
classification des Hyménoptères et les exposa dans l'introduction 

10 



138 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

de son ouvrage: Nouvelle manière de classer les Hymé- 
oioptères. Il donna, aux nervures et cellules alaires, des noms 
qui, pour la plupart, ont été généralement conservés. 

Latreille, compléta encore ce système qui fut désormais 
adopté, avec telle ou telle modification par tous les auteurs qui 
écrivirent sur la classification des Hyménoptères. 

Si l'on considère la figure ci-jointe, qui représente l'aile droite 
de la première paire d'un mellifère du genre Nomada, on voit 
que le bord supérieur ou antérieur de cet organe du vol est 
formé par une nervure nr, qui porte le nom de nervure 
radiale. 

Parallèlement à celle-ci, et à très peu de distance au dessous, 
court la nervure cubitale^ nc. 

La cubitale et la radiale vont se perdre dans une tache à peu 
près triangulaire, plus ou moins opaque, formée par un 
apaississeraent de la chitine du parenchyme. C'est le stigma, s. 

Après le stigma, toujours en suivant le bord antérieur de 
l'aile, nous trouvons la cellule radiale ou marginale.^ cr. 

Au dessous du stigma et de la cellule radiale, on remarque 
trois cellules fermées contiguës, de forme vaguement trapézoï- 
dale, ce* cc^, cc^. Ce sont les cellules cubitales ou sous-margi- 
nales. Elles peuvent n'être qu'au nombre de deux. 

Plus bas encore, au dessous des cellules cubitales, se trou- 
vent deux cellules plus grandes qui occupent à peu près le 
milieu de l'aile. Ce sont les deux cellules discoïdales, cd*, cd^. 
Elles peuvent être au nombre de trois, ec alors la troisième 
atteint le bord de l'aile. Dans notre figure cette troisième figure 
est incomplète. 

Au-dessous de la 1"^^ cellule discoïdale , s'étend la cellule 
brachiale cb, limitée postérieurement par la nervure anale ^k. 

Les nervures r* et r^, qui viennent aboutir aux deux der- 
nières cellules cubitales, se nomment première et deuxième 
récurrentes. Elles ont une importance majeure pour la classifi- 
cation des Mellifères. On note en effet avec soin, le lieu précis 
de leur insertion sur les cellules cubitales. Ce point varie 
suivant les genres et quelquefois suivant les espèces. 

En F, se trouve une bifurcation importante de la nervure 
exter no-médiane ne m. On l'appelle la fourche (furca). 



J. DOMINIQUE. 



PïÉROLOGlli DES MELLIFEUES 



139 



De la nervure anale, part, le plus souvent presque à angle 
droit, une courte nervure qui la relie à la nervure externo- 
médiane. C'est la Qiervure transverse ordinaire ou par abré- 
viation la nervure ordinaire no. On observe la position, par 
rapport à la fourche, du point où elle atteint la nervure externe- 
médiane, soit avant la fourche, soit après elle, soit à l'angle 
même de la bifurcation et, dans ce cas, elle est dite intercalée 
(interstitialis). 

Dans notre figure, la nervure ordinaire vient s'insérer assez 
loin après la fourche. 

•La nervature des ailes inférieures sert très rarement de carac- 
tère distinctif pour la classification des hyménoptères melli- 
fères, aussi ne nous y arrêterons-nous pas dans cet aperçu très 
sommaire. Notons cependant la nervure anale, c'est-à-dire la 
nervure longitudinale la plus rapprochée du bord postérieur de 
l'aile inférieure qui sert à la distinction des genres Andrena et 
Cilissa. Dans le premier, elle est distincte jusqu'au bord de 
l'aile, tandis que, dans le second, elle disparaît bien avant 
d'atteindre ce bord. 

Nous espérons que les explications données ci-dessus , 
quelques rudimentaireset incomplètes qu'elles soient, pourront 
dispenser les commençants de recourir à des ouvrages ordinai- 
rement difficiles à se procurer et faciliteront la détermination 
des insectes de la si intéressante famille des Mellifères. 




NR nervure radiale. 

NC nervure cubitale. 

NB nervure basale. 

NEM . . . nervure exterao-médiane. 

NA nervure anale. 

r' 1" nervure récurrente. 

r' 2°"' nej^vure récurrente. 

NO nervure trausverse ordinaire. 

F bifurcation ou fourche de la 

nervure externe-médiane. 



s Stigma. 

CR cellule radiale. 

ce' — 1" cellule cubitale, 

ce- ... . 2"" cellule cubitale. 

ce' 3°"' cellule cubitale. 

CD' ... . l'' cellule discoïdale. 

cd'^ 2""= cellule discoïdale. 

CB cellule brachiale. 



Note de M. E. GADECEAU 
ill. Soc. Se, Nat. Ouest. 




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'>^.^A. 



« Ce dessin a été fait par permissidn spéciale du 
Conseil de la Société linnéenne de Londres, 
d'après l'échantillon même, nommé de la main de 
Linné, dans son propre herbier: fnlypodium 
nimhiieum ■ 

Sitfné : C. B. Ci.akkk 

P' of. tlic l,in. Soc. 



Note de M. E. GADECEAU 
Bull. Soc. Se. Nat. Ouest. 



T. V, PI. IV" 




E. Marchand, 



nsro TE 

SUR LE 

POLYPODIUM CAMBRICUM 

par M. E. GADECEAU 

PI. IV. 

[30 Septembre I895J. 

Dans la séance du 7 Décembre 1894, M. Raphaël Ménager, 
notre confrère, appelait notre attention sur une curieuse fougère 
trouvée par lui en Bretagne et qui a été reconnue depuis pour 
le Polupodium vulgare var. cristatum hort.' 

M. E. Marchand, de son côté, faisait ressortir les contradictions 
des auteurs en ce qui concerne le Pohjpodium cambricum de 
Linné et je présentais moi-même à l'assemblée un échantillon 
d'un Polypodiimi cultivé à Nantes sous ce dernier nom, en ajou- 
tant qu'il se rapportait bien à la plante de Linné. 

Désireux de pouvoir produire un document péremptoire sur 
le sujet, j'ai été assez heureux pour obtenir, grâce à la haute 
intervention de mon aimable et savant correspondant M. C. B. 
Clarke, l'autorisation de faire dessiner à Londres, sur l'échan- 
tillon même de l'herbier de Linné, la fougère interprétée par les 
auteurs de façons si variées. 

La vue de notre planche en dira plus long que toutes les 
descriptions, que tous les commentaires. 

Je serai donc très sobre de détails me bornant à faire remarquer 
que la plante cultivée à Nantes chez M. Lizé fils aîné, route de 
Vannes, est absolument identique à l'échantillon linnéen, ainsi 
que je l'avais reconnu. 

1. Voir Séance du 4 Janvier 189d Bull. T. o p XXXVI. 



142 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Nous pouvons donc voir et cultiver tout à notre aise ce 
Pohjpodiu7n cambiHcum véritable. 

M. Lloyd, a bien voulu me communiquer quelques recherches 
bibliographiques que je crois utile de reproduire : 

1764. =: Linné spec. plant, éd. 3. p. 1546. 

Polypodium frondibus pinnatifidis : pinnis lanceolatis lacero- 
pinnatifidis serratis Gouan monsp. 527 . Huds. angl. 387 . 

Polypodium fronde pinnatifida : foliolis lanceolatis sinuato- 
pinnatifidis. Ilori. cliff. 475. Roy. lugdb. 499. 

Polypodium cambro-britannicum, lobis foliorum profunde 
dentatis. Moris. liist. 3 p. 563 f. 14 t. 2 f. 8 bene. 

Polypodium cambro-britannicum, pinnulis ad margines 
laciniatis, Raj hist. 137. angl. 3 p. 111 . 

Filix amplissima, lobis foliorum laciniatis, cambrica. Pliih. 
alm. 153. t. 30. f. 1. 

Habitat, in Anglia, Monspelii. ' 

1696. = Plunenett Alm. 153. 

On voit que cette fougère était signalée par Plukenettdès 1696 
et la iigure qu'il en donne T. 30 f. 1 rend très bien l'échantillon 
de l'herbier de Linné, mieux que celle de Morison | 14T.2 f. 8, 
cependant Linné qualifie cette dernière de bene. 

1715. = MorHson hist. plant, vol 2 p. 563, à la suite d'une 
description de dix lignes ajoute : 

« Cette plante élégante m'a été apportée pour la première fois 
« en 1668 par Richard Kayse de Bristol qui l'a cueillie sur un 
» rocher (rupe silvatici) près du Dennys Powys Castle non loin 
» de Cardiflf, Glamorganshire, Wales!» 

« Morison termine en disant 

» dont l'abondance et la fraîche verdure pendant tout l'hiver 
» forme dans les jardins un ornement élégant. » 

1724. = Ray syn. I p. 117. reproduit la localité citée par 
Morison et nous dit de plus : 

« Ad nos sœpius missum est pro planta indica et nonnullis 



E. GADECEAU. — POLYPODIUM CAMBRICUM 143 

» Polypodium phmwsiim, nescio quam ob causam, dictum 
» est. » 
=: KocJi syn. flor. germ et helv. p. 974 (1843) dit : 
« monstrosa progenies, apiid nos non nisi in hortis colitur. » 
La plante a du être cultivée de bonne heure, il serait inté- 
ressant de savoir si elle existe sauvage, au même état, au pays 
de Galles (Wales). 

Les auteurs anglais Babington, Hooker, Lindley n'en disent 
que quelques mots signalant la différence des folioles. 

En résumé, quelle que soit l'origine de l'échantillon dans 
l'herbier de Linné, c'est bien la plante répandue dans les cultures 
comme ornementale; rjous ne l'avons pas à l'état sauvage et l'on 
peut répéter avec Koch : 

« monstrosa progenies, apud nos non nisi in hortis colitur. » 



Note de M. E. Gadeceau 

Bull. Soc. Se. Nat. Ouest. T. V, PL IV bis. 



Cuscuta Godronii (de l'Ouest). 




^^^^^^ 



;r>>^ 





îu? 




Cuscuta minor. 






5 



NOTE SUR UN CUSCUTA LITIGIEUX 

de la Flore de l'Ouest 

par M. E. GADfXiEAU 

PI. IV bis. 

fôO Septembre tS9oJ 



Dans ses Herborisations de 1876, 1877, j). 9, M. J. Lloyd 
signalait à l'attention des botanistes « un petit Cuscuta vu par 
» lui à l'île d'Yeu, sur les coussins de Plantago carinata. Il 
» n'avait pas pu, disait-il, l'étudier suffisamment pour savoir 
» s'il appartenait à C. Godronii Desm. ou si c'était une forme 
» de notre C. minor, rapetissée par l'àpreté du vent de mer, 
» ainsi qu'il arrive en pareilles localités à nos plantes de l'inté- 
)) rieur et même au Plantago sur lequel vit ce Cuscuta. » 

Instruit par cette publication, j'herborisais le 4 juin 1892 à 
Belle-Ile-en-Mer, sur les coteaux maritimes de Port-Donant, 
quand j'aperçus sur les coussins de Plantago carinata Schrad. 
un petit Cuscuta en fleurs. Je m'empressai de le recueillir. Les 
jours suivants, j'explorai la côte de Belle-Ile, du nord-ouest au 
sud-est, de la Pointe des Poulains à Locmaria, sans l'apercevoir 
de nouveau ; partout, au contraire, les ajoncs étaient envahis 
par les fils rougeâtres du C. minor DC. ; Lloyd FI. 0. (C. Ulicis 
Godron) qui ne portaient ni fleurs ni boutons. 

Ce n'est qu'à mon second voyage à Relie-Ile, le 13 mai 1894, 
que je retrouvai mon Cuscuta, sur un autre point de l'île : à 
Locmaria. Il était là, déjà presque en fleurs, assez répandu, 
toujours sur le Plantago carinata, et ne s'étendait point sur les 
Uleœ voisins. En gagnant les hauteurs de Kersau je constatai, 
sur les Uleœ, les fils beaucoup plus robustes et sans aucune 
trace de floraison prochaine du C. minor, évidemment bien 
plus grand et plus tardif que son congénère quoique à la même 
exposition. 

J'ai rapporté vivante de Belle-Ile cette espèce litigieuse ; 



146 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAÏ. OUEST. — T. O. 

nous avons donc pu, M. Lloyd et moi, en suivre le développe- 
ment par la culture et l'étudier tout à notre aise. 

J'ai de plus entrepris une série d'excursions et d'expériences 
en vue de résoudre les questions ci-après : 

1" Les Plantago carinata de l'intérieur, si répandus chez nous 
sur certains schistes des environs d'Ancenis, sont-ils attaqués par ce 
même parasite ? 

Le 19 juin 1892, d'Ancenis à Rocheblanche, je ne vois pas un 
seul discuta sur les Plantago carinata très communs depuis 
la Censerie ; les Ulex et les Sarothamnus en sont également 
indemnes. 

Le 4 Septembie 1892, de Moisdon à Grand-Auverné, je vois C. 
minor très abondant sur les Uleœ : à peine deux ou trois pieds 
de Plantago carinata, situés à proximité, sont-ils atteints par 
quelques fils du parasite, mais je n"ai point aperçu de discuta 
spécial, sur les nombreux Plantago carinata rencontrés là 
dans la journée. 

2" Le Cuscuta minor est-il modifié par les espèces qui lui servent de 
(' substratum » ? 

Le 24 Juillet 1892, j'ai suivi le C. minor de Fouillé à Maumus- 
son, sur Uleœ europœus ; Sarotluminus scoparius ; Achillea 
millefolium ; Centaurea decipiens ; Teucrium Scorodonia et 
je l'ai trouvé identique à lui-même sur ces différents supports. 
A la Motte, près Maumuss£)n, il semble préférer les espèces pré- 
citées au Thymus dont il est environné. 

3" Le Cuscuta minor est-il rapetissé ou modifié par l'âpreté du vent 
de mer ? 

Le 31 Juillet 1892, de Préfailles à la Pointe de S'-Gildas, je 
vois C. 7ninor très commun sur les buissons d' Ulex europœus 
nain et rabougri par le grand vent de mer, et même sur le pla- 
teau le plus exposé de la grande pointe, il n'est nullement modi- 
fié. 

Le 25 Août 1892, je revois de M. l'abbé Guyonvarch un dis- 
cuta de l'ile de Groix, croissant sur les Uleœ et, « s'étendant par- 
fois sur les Plantago carinata voisins » : c'est notre forme de 



E. GADECEAU. — UN CUSCUTA LITIGIEUX * 147 

l'intérieur non modiiiée. Cet observateur consciencieux, m'écrit 
qu'il n'a pas remarqué jusqu'ici, dans cette île, qu'il connaît bien, 
un Cuscuta spécial au P. carinataK 

4" Comparer les Cuscuta de l'île d'Yeu et de Belle-Ile entre eux, et 
avec C. Godronii du Midi. 

C'est ce que j'ai pu faire, par des dissections minutieuses et 
nombreuses, grâce à M. Lloyd qui a bien voulu me communi- 
quer des échantillons de l'île d'Yeu parfaitement conservés en 
alcool, grâce aussi aux envois de C. Godronii vivant, du midi 
de la France, que nous devons à la parfaite obligeance de nos 
correspondants MM. Flahault et Mandon, de Montpellier. 

Les caractères sont identiques dans les Cuscuta de Belle-Ile 
et de l'île d'Yeu et les différences que j'ai pu constater entre 
ceux-ci et la plante de Montpellier sont trop peu importantes 
pour que je croie devoir les séparer spécifiquement. 

En résumé, je suis porté à conclure de ces études que notre 
Cuscuta insulaire de l'Ouest n'est autre que le C. Godronii Des- 
moulins qui, d'après l'auteur, remplace C. lyiinor dans tout le 
Midi de la France '^. Cette espèce viendrait ainsi grossir la petite 
phalange de ces plantes méridionales qui, grâce au climat mari- 
time, trouvent dans nos îles océaniques leur extrême limite 
boréale. 



1. .Je crois qu'il serait i)on, cependant, lic revoir, en Juin, les coussins de Plan 
L(igo carinala si nombreux à Groix. 

2. Desmoulins ; Etude sur les Cuscutes — Toulouse 18o3, p. 60. 
Voir aussi Loret ; Flore de Montpellier, éd. 2 p. 332. 



148 NANTES. — BULL. SOC. SC. XAT. OUEST. — T. 5. 

— C. Godro7iil Desmoulins : Etud. org. sur les Cusc. 1853. 
Tige rougeâtre ; fleurs blanches, quelquefois légèrement rosées, 

petites, en glo'mérules d'environ 3 à 5 miHimèfres de diainè- 
tre, accompagnées d'assez nombreuses fleurs avortées ; péri- 
anthe pentamère ou tétramère ; calice dressé, i^resque cippliquc 
contre le tube de la corolle qu'il dépasse unpeu ; sépales ovales- 
lancéolés, très fortement épaissis dans les 2/3 supérieurs, à 
pointe obtuse ; corolle très-petite (2 millimètres de diamètre), 
en godet, à gorge très-ouverte ; pétales ovales-triangulaires, un 
peu épaissis au sommet en pointe obtuse, souvent un peu corni- 
culés, ascendants, noyi étalés ; étamines à anthères ordinaire- 
ment jaunes, quelquefois un peu pourprées, presque incluses, à 
filet très court ; styles linéaires ; stigmates d'un jaune verdâtre, 
souvent crochus ou divariqués ; écailles en coin, frangées au 
sommet seulement, fermant le tube de la corolle, séparées par 
un large sinus arrondi. Fleurit bien plus tôt que C. minor ! — 
sur Plantago carinata Schrad. 

Vendée : île d'Yeu ( Lloyd) 

Morbihan : Belle-Ile (Gadeceau) 

— C. minor DC. ; Lloyd FI. 0. ; diffère par les gloméî^ules 
de 5 à 9 millimètres de diamètre, le calice obconique évasé, 
paraissant plus court que le tube de la corolle, par suite de la 
pointe des sépales qui est étalée ; les sépales ovales-triangu- 
laires, un peu épaissis et très élargis au dessus de la base, à 
pointe subobtuse, étalée ; la corolle assez grande (4 à 5 milli- 
mètres de diamètre) campanulée, à gorge ynoins ouverte : les 
pétales ovales-triangulaires, acuminés en pointe subaiguë, très 
étalés, parfois même à la fin réfléchis, les écailles largement 
spatulées, fimbriées dans leurs 2/3 supérieurs, séparées par un 
sinus plus étroit mais nettement arrondi ! 

— C. einthymwm L. qui m'a été envoyé du Gers par M. 
Dufïort a bien les caractères de notre C. minor et je n'ai pas pu 
y constater les différences signalées par Godron entre C. epi- 
thymum et C. Ulicis : fleurs un peu moins grandes, tube de la 
corolle plus court, mais les écailles sont bien celles de notre C. 
minor ainsi que tous les autres caractèj-es. 

— C Godronii Desm., de Montpellier, ne diflëre de la 
plante de nos iles, ci-dessus décrite, que par les pétales un peu 



E. GADECEAU. — UN CUSCUTA LITIGIEUX 



149 



plus allongés et la gorge bien moins ouverte, (corolle urcéolée 
Desm. ; Loret) : Il croît, d'après ces auteurs, sur un grand nom- 
bre de plantes ; je l'ai reçu de M. Mandon, des environs de Mont- 
pellier, sur Satureia montana L ; Thymus imlg avis L ; Euphor- 
bia ! nicœensis AU. ? 



Tableau comparatif 



G. minor DC. 



Glomérules . . de o-9 m/m de diamètre. 



Calice obconique évasé, parais- 
sant plus court que le tubt 
de la corolle. 



Sépales . 



Corolle 



Pétales 



ovales -triangulaires, un 
peu épaissis et très élargis 
au dessus de la base, à 
pointe subobtuse, étalée. 

assez grande (4-5 m/m de 
diamètre) campanulée, à 
gorge peu ouverte. 

ovales-triangulaires, acu- 
minés en pointe subaigûe, 
très étalés, souvent même 
réfléchis. 



Écailles largement spatulées, fim- 

briées dans leurs 2/3 
supérieurs. 

Étamines ... à filets assez longs ; lon- 
guement exsertes. 



C. Godronii (de l'Ouest) 

de 3-5 m/m de diamètre. 

dressé, presque appliqué 
contre le tube de la corolle 
qu'il dépasse un peu. 

ovales-lancéolés, très for- 
tement épaissis dans les 
2/3 supérieurs, à pointe 
obtuse. 

très-petite (2m/m de diamè- 
tre) en godet, à gorge très 
ouverte. 

ovales - triangulaires, un 
peu épaissis an sommet 
en pointe obtuse, un peu 
corniculés, ascendants, non 
étalés. 

en coin, frangées au som- 
met seulement. 



à filets très courts ; pres- 
que incluses. 



150 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. —T. t», 



EXPLICATION DE LA PLANCHE IV bis 



Cuscuta Godronii (de l'Ouest). 



1. fleur entière 

2. ovaire et styles. 

3. corolle 

4. calice 

5. corolle ouverte. 

6. écailles 



gross' — 



Cuscuta miner 

1. fleur entière gross' 7 

5 

2. ovaire et styles » -^ 

3. corolle.. » — 

4 

4. calice » -;- 

4 
3. corolle ouverte » — 

6 

6. écaille » — 



Nota. — Les grossissements indiqués sont approximatifs 



SUR LA FAUNE DES ODONATES 

DE LA LOIRE-INFÉRIEURE 
par M. René MARTIN 

(r^o Seplcmbre IS9;;J 



MM. Piel de Churcheville viennent de publier dans ce Bulletin 
la Liste des Odonates de la Loire-Inférieure. C'est un travail 
d'autant plus intéressant que nous n'avions, sur la faune des 
Libellules de l'Ouest, que le livre, très bien fait du reste, de 
Millet, d'Angers. L'examen de cette liste, encore incomplète, 
nous suggère quelques réflexions sur la distribution géogra- 
phique des Odonates en France. 

La faune entomologique de chaque département français 
ressemble beaucoup à celle des départements voisins et même à 
celle de tous les autres départements. Pourtant, chaque région 
de la France comprend un certain nombre d'insectes plus ou 
moins spéciaux, et la liste des espèces habitant une localité de 
Bretagne ou des Vosges sera certainement assez différente d'une 
liste établie d'après les insectes des Landes ou du Lyonnais. 
Môme, si on compare la faune des coléoptères, hyménoptères et 
lépidoptères de Nantes ou de Bordeaux et la faune de Provence 
qui vit sous un climat particulier, on trouvera des différences 
encore plus accentuées. 

Les Odonates, eux, sont plus que tous les autres insectes, 
uniformément répandus en France. Une espèce est parfois loca- 
lisée sur certains points et quelques-unes ne dépassent pas 
ordinairement une limite septentrionale ou orientale, mais 
d'une façon générale presque tous les Odonates véritablement 
français habitent la France entière ou une large contrée du 
territoire français. 

Si nous laissons à part les espèces Allemandes ou Suisses 
qui peuvent faire des apparitions sur nos frontières, Leu- 
corhinia duMa Linden, Leucoî^inia alMfrons Burm. Sijtnpe- 



152 NANTES. — BULL. SOC. SC . NÂT. OUEST. — T. 5. 

trwn pedemontcmicm KWionï , Orihetrimi alMstylimi Sélys, 
Somatochlora alpestris Sélys, Epitheca Umaculata Charp., 
Go)nphns flavipes Charp., .^Eschna juncea L., et Nelialennia 
speciosa Charp., qui toutes ont été prises en France, mais n'y 
habitent pas véritablement, nous comptons 68 espèces indi- 
gènes. Encore devrait-on en retrancher Leucorliinia rubicunda 
L., et Ophiogofnphus serpentinus Charp., qui s'égarent parfois 
en France mais ne s'y reproduisent pas ou bien rarement. Il 
resterait donc 66 espèces, et nous allons voir qu'à peu d'ex- 
ceptions près, ces 66 espèces habitent, tantôt en grand nombre 
tantôt en petit nombre, à peu près tous les départements. 

Il est d'abord 51 espèces sédentaires d'un bout de la France à 
l'autre, et si elles n'ont pas été observées partout, chaque 
entomologiste pourra les trouver un jour ou l'autre dans 
quelque localité de son département. 

Ce sont : 

1° Sympetrum sanguineiwi Millier dont la larve vit dans 

les mares et dans les fossés. 
2" Sympetrum flaveolum L. (mares et étangs). 
3° Sympetrwn scoticum Donov. (étangs et lacs). 
4° Sympeiriwi Fonscolombil Sélys (étangs). 

5° Sympetrum îiiéridionalc Sélys (étangs, fossés, maré- 
cages ) . 

6° Sympetrum striolatum Charp. (étangs, très peu dans les 
ruisseaux et rivières au cours lent). 

7° Sympetrum vulgatitm L. (étangs et lacs). 

Toutes ces espèces ont été observées sur tous les points de 
la France, même le S. vulgatum, bien plus localisé 
que les autres. MM. Piel de Churcheville n'ont pas 
encore trouvé dans la Loire-Inférieure -S, vulgatum et 
scoticum, mais ils trouveront à coup sur le dernier, 
observé aux environs de Paris, en Normandie, en Bre- 
tagne, dans l'Ouest et dans le Centre, et peut-être 
S. vulgatum, si voisin de S. striolatum, et rencontré 
sur bon nombre de points. 



R, MARTIN. — FAUNE DES ODONATES 153 

8° Crocothemis erythrœa Brûlé (étangs) espèce qui était 
considérée comme méridionale , mais qui se trouve 
partout en France, sauf peut-être dans 6 ou 8 dépar- 
tements du Nord, et dans ceux de la Basse-Bretagne. 
Elle n'avait pas encore été signalée dans la Haute- 
Bretagne. 

9" OHhetrmn cœrulescens Fab. (marécages, étangs, ruis- 
seaux lents, peut-être rivières lentes). 

10° Orthetruni brunneum Fonsc. (marécages, étangs). 

110 Orthetrum cancellatum L. (étangs). 

12° Lihellula depressa L. (petites mares, petits étangs). 
,13° LW. quadrimaculata L. (étangs). 

14° Lih. fulva Millier (étangs, rivières, et surtout ruisseaux 
lents). 
MM. Piel de Churcheville donnent les 0. cancellatum et 
L. quadrimaculata comme rares. Cette dernière doit 
être plus commune qu'ils ne croient, elle est répan- 
due absolument partout ; mais, pour l'O. cancellatum, 
il est possible que l'espèce, si commune dans le Midi, 
dans l'Est, dans le Centre, dans l'Ouest et même sur 
beaucoup de points du Nord, se fasse plus rare en Bre- 
tagne et en Normandie. Quant à 0, brunnetim, il est 
plus méridional, mais il se trouvera, je pense, dans 
la Loire-Inférieure, car on l'a observé presque partout 
en France et il est même excessivement commun dans 
l'Ouest et dans le Centre. 

15° Cordulia œnea L. (étangs). Les auteurs de la Faune de 
la Loire-Inférieure ont observé un fait anormal en 
voyant voler cette espèce le 19 février. De règle, elle 
éclot seulement dans les derniers jours d'avril. 

16° Sor/iatochlora metallica Vanderl. (étangs et rivières) 
jolie espèce toujours rare, bien qu'on l'ait prise partout 
en France. 

17° S. flavo}naculata \-dndev\. (rivières, peut-être étangs ? ); 
rare partout en France, commune en quelques localités 
du Centre, du Midi, du Nord. Elle ne paraît pas non 
plus commune en Bretagne. 

11 



154 NANTES. — BULL. S(3C. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

18° Oxygastra Curtisi Dale. (rivières) commune partout en 
France, excepté dans les départements du Nord. Elle 
est rare en Bretagne. 

19° Onycliogomx)hus forcipatus L. (rivières). Partout en 
France. MM. Piel de Chu rche ville feront certainement 
de nouvelles captures de cette espèce, de même que de 
l'espèce suivante. 

20'* Gomphus vulgatlssimus L. (rivières) très commun 
partout au printemps. 

21° GompUus jmlchellus Sélys (rivières et étangs) partout. 

22° Gomphus smiiUimits Sélys (rivières) local, mais ha- 
bitant presque toute la France. 

23° Copclulegaster annulât us Latr. (cascades et ruisseaux ra- 
pides, parfois ruisseaux lents). Observé partout, mais 
assez localisé. C'est aussi ce qu'ont remarqué MM. Piel 
de Churcheville. 

24° Anax formoaus, Vandel. (étangs, rarement rivières). 
Partout. 

25° Anax jmrthenope Sélys. (étangs). Partout en France, 
excepté dans les départements du Nord, et peut-être 
dans ceux de Bretagne. 

26° BrachytronpratenseWûl. (étangs). Partout. 

27° Œschna cyanea Lat. (rivières). Partout. 

28° Œschna mixta Latr. (rivièreset surtout étangs). Partout. 

29» Œschna rufescens Vanderl. (étangs, rivières). Observée 
partout en France, doit-être rare dans les départements 
du Nord. 

30" Calopteryx splendens Harris. (rivières). 

31° Calopteryx virgo L. (ruisseaux et cascades), bien plus 
locale que sa voisine. 

32° Lestes viridis y ^nàQY\. (étangs). Partout. 

33° Lestes nijinpha Sélys. (étangs). Partout. 

34° Lestes sponsaUdin?,. (étangs). Partout. 

35° Lestes virens C\ï3iV]i. (étangs). Partout. 

36° Lestes larhara Fab. (étangs). Pai'tout. 



]{. MARTIN. — l'AUNE DES ODONATES lOO 

37<' Sympecma fiisca Ycindei'l. (étangs, rivières). Partout. 
38" Platijcnemis pennipes Pallas (rivières). Partout. 
39" Eri/thro/iitnci viriduhi/)i ChâYT^. (mares, fossés, étangs) 
très local, mais partout, sauf dans le nord. 

40° Erijthromma naias Hans. (étangs, beaucoup plus rares 
rivières). — Local, paraît rare dans plusieurs départe, 
ments du midi. Doit nécessairement exister dans la 
Loire-Inférieure ; il existe du reste dans la Sarthe et 
dans Maine-et-Loire et il est excessivement commun 
dans les départements de l'Ouest et du Centre. 

41" Pyrrhosoma minium Harris. (étangs, rarement rivières 
et ruisseaux). Partout. 

42° Pyrrhosoma teneUum Devillers (étangs, rarement ruis- 
seaux) ; manque peut-être dans quelques départements 
du Nord. 

43° Ischnura pamilio Cliarp. (étangs). Local, mais trouvé 
dans un grand nombre de départements. 

44» Jschnura elcgans Vanderl, (étangs, plus rarement cours 
d'eau). Partout. 

45" Enallagma cynthigerum Charp. (étangs). Il existe 
nécessairement dans la Loire-Inférieure comme partout 
en France, sur les étangs. 

46'' Agrion pulcheAlum (étangs), à peu près partout. 

470 Agrion puella\di.MQY\. (étangs). Partout. 

48° Agrion hastulatum Charp. (étangs). En beaucoup d'en- 
droits, local. 

49" Agrion scitulum Ramb. (étangs). 

bO'^ Agrion ?nercuria le Charp. (étangs, ruisseaux lents). 
Partout. 

510 Agrion Lindeni Sélys (rivières), rare dans le Nord. 

En résumé, des 51 espèces que nous considérons comme 
existant à la fois dans tous ou presque tous les départements 
français, la Faune de MM. Piel de Churveville en compte 45 
mais il est évident que, des 6 autres, ils auront à ajouter sûre- 
ment .9. scoticum, E. najas, E. cyat}iigeru7n, très proba- 



156 NA.NTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T." 5. 

blement 0. brunnewn et Anaœ parthenope et peut-être S. 
vulgntum. 

Les autres espèces françaises dont nous n'avons pas parlé 
peuvent se partager relativement à la distribution géographique 
en 4 groupes : 

Le 1" groupe comprend seulement VŒsclma grandis ( ri- 
vières et canaux), et les Leucorfiinia pectoralis et L. caudalis 
(étangs) trois espèces communes à tous les départements fran- 
çais, sauf aux 25 du Midi, où elles ne paraissent pas avoir été 
observées. UŒschna grandis doit figurer dans la Faune de la 
Loire-Infre • la caudalis et la pectoralis peuvent s'y rencontrer ? 

Le 2« groupe comprend le Cordulegaster bidentatus, espèce 
spéciale aux montagnes, dont la larve vit dans l'eau des ruis- 
seaux et des cascades. 

Le 8^ groupe renferme 3 espèces absolument méridionales, 
Calopteryx hœmorrhoidalis. Lestes macrostigma et Agrion 
cœrulescens, les deux dernières du reste excessivement rares. 

Le 4*' groupe comprend huit espèces communes aux dépar- 
tements du Midi, de l'Ouest et du Centre où, sauf une ou deux, 
elles sont également répandues. Trois d'entre elles remontent 
jusqu'en Bretagne. 

Ces 8 espèces sont : Sijmpetrtun depressiiisoclian, (étangs) . 
Macromia splendens Pictet, { mares , 
^. ruisseaux lents). 

Onychogomphus uncatus, (ruisseaux). 
Gomphus Graslini, (rivières) . 
Œschna af finis, (étangs) . 
Fonscolo?nbia irene, (rivières) . 
Platycnemis latipes, (rivières) . 
Platycnemis acutipennis, (rivières) . 

Les 3 dernières espèces figurent dans la faune de la Loire- 
Inférieure, mais nous ne serions pas étonné que nos habiles 
collègues rencontrassent également chez eux S. depressiuculum , 
G. Graslini et Œ. afftnis, surtout les 2 dernières espèces. En 
levanche il est à peu près certain qu'ils ne verront jamais eu 
Bretagne VO. uncatus et la rare macromia européenne. 



K. MARTIN. — FAUNE DES ODONATES 157 

Selon nous, la faune de la Loire-Inférieure établie sur 48 
espèces s'augmentera sûrement de 4 espèces, et peut-être de 
7 ou 8 autres, et plusieurs espèces considérées aujourd'hui 
comme rares y seront plus tard décrites comme assez com- 
munes. 

Si on compare 4 faunes de l'Ouest et du Centre; celle de 
Maine-et-Loire par Millet qui comprend 50 espèces, celle de la 
Loire-Inférieure par MM. de Churcheville avec 49 espèces ( y 
compris Œ. grandis), celle de l'Indre par M. Martin avec 
62 espèces, celle de la Charente d'après MM. Delamain et 
Martin avec 53 espèces, on constate que les quatre dépar- 
tements ont 43 espèces communes. 

Les 49 espèces de la Loire-Inférieure se retrouvent toutes 
dans l'Indre, où S. metallica QiE. viridulmn sont très rares ; 
toutes, sauf *S. Jlavomaculata, S. Fonscolombii et Œ. grandis, 
dans la Charente ; toutes aussi dans Maine-et-Loire, sauf les 
3 mêmes que dans la Charente et VA. pumilio. 

Elles se retrouvent également, sauf S. metallica, dans la 
Vienne ; et se retrouveraient aussi, sauf la seule Œ. grandis, 
dans la plupart des départements du Midi. 



•12 



(I) 



légp:nde de la plaxchj<: v a). 



1-2. BELOPTt;RA BELKMNiToiDEA, Blaiov. |j;raiid' naluf. })Ois-Gou(H. 

3-4. Belemnosis anomala, [Sow.] ^'rossie 1 fois 1/2 « 

ii-fi. Beeosepia Dukouri, Vasseur; grand' natur. ^) 

7-9. Belosepia Blainvillei, Desh. grand' natur. » 

10-13. Vasseuria occidentalis, Mun. Ch. grand' natur. » 

14-15. Li.MN.EA Bourdoti, Gossm. grand' natur. » 

16-1'?. Hélix Stueri, Gossm. grossie 5 l'ois » 

18. BuLLMUs DuMASi, Gossoi. grossi 1 fois 1/2 La Close. 

10-20. LiMN.EA nouETENsis, Gossui. grossie 2 fois 1/2 Bois-Gouël. 

21-22. LiMiN.EA ovuM, Brongn. grossie 2 fois » 

23-24. LiMN.EA ADELA, Cossm. grossie 3 fois. » 



Fi. I 
Bull. Soc. Se. nat. Ouest T. V, PI. V 




13 



•) ^ ^ % i 



19 



)0 21 



23 24 



Moll. éoc. de la Loire-Iiifeneure 



(II) 



J.É(iENL)E DK LA PLANCHE VJ (U). 



1-5. AuRicuLA MoNTHiERsi, VassGU T ; i^iand' natup. Bois-Gouët. 

6. AuRicuLA si.MPLEx, Gossiii. grand' natiir. » 

7-8. AuHiGui.A DouviLLEi, VasseiiT ; grand' natur. » 

9-10. AuRicuLA Lamarcki, Desh. grossie 1 fois 1/2 « 

11-12. AuRicuLA ciTHARELr.A, Gossm. grossie 1 fois 1/2 » 

13-14. Marinula labrosa, Gossni. grossie 4 fois » 

I0-I6. Marinula Pfeifferi, [Desh.] grossie 4 fois » 

17-18. Ophicardelus smuosus, Gossm. grossi 2 fois >> 

19-20. AuRicuLA HouDASi, Gossm. grossie 6 fois » 

21. AuRicuLA DouviLLEi, Vasseur ; grand' natur. » 

22-23. ScARABus BoNNETi, Gossni. grossi 2 et 3 fois » 

24-26. Planorbis subangulatus, Laml\. grossi 6 fois » 

27-29. Planorbis mtidulus, Lamk. grossi 6 fois » 

30-31. Scaphander tenuistriaths, Gossm. grossi 2 fois )> 

32-33. I*lanorbis Baudom, Desli. grossi 6 fois » 

3't-3B. Planorbis Ghertieri, Desli. u:rossi fi fois » 



PI. II 
Bull. Soc. Se. nat. Ouest T. V, PI, VI 




OC ti ^il 



17 18 19 20 21 22 23 



24 



^ 







34 



'â;l^ 30 



^ ^ «^^ 




28 



33 



35 



Collier et (^;utip> 



Moll. éoc. de la Loire-Inférieure 



(III) 



LKGENDE UJ^] LA PLANCHE Vil (lllj. 



1-2. AuRicuLA LuDovici, Vasseur; grossie 2 fois La Close. 

2-\. AuRicuLA NAMNETicA, VasseuT ; grand' natiii'. Hois-Goiiel. 

5. EoATLAiNTA spiRULOiDEs, [Laiiik.] grossie 4 fois. » 

6-7. SiPHONARiA GRANicosTA, Cossm. graiid' natur. » 

8-9. Plicobulla Dumasi, Cossm. grossie 4 fois Coisliii. 

10-11. Bullinella brachymorpha, Cossm. grossie 5 fois Bois-Gouët, 

12-13. AuRicuLA OVATA, Lamk. grand' natur. » 

14-15. Crenilabium sutur.vtum, Cossm. grossi .3 fois ^) 

16-17. Gyuchnella Bouruoti, Cossm. grossie 2 fois » 

18-19. SiPHONARiA TouRNouERi, VasseiH', grand' natur. » 

20. Amphisphyra subcylindrica, Cossm. grossie 10 fois » 

2L AcROSTE.MMA coronatum, [Lami<.] grossi 2 fois » 

22. RoxANiA ovuLATA, [Lamk.] grossie 2 fois » 

23-24. AG'r.*;oN Bezançom, Cossm. grossi 5 fois » 

25-26. AcT.'EON OcTAvii, [Vasseur] grand' natur. » 

27. AcT.ïON suBiNFLATUs, d'Orb. grossi 4 fois Campbon. 

28. Action Bevaleti, [Baudon] grossi 4 fois Bois-Gouët. 
29-30. RiNGicuLA MoRLETi, VasseuF, grossie 5 fois » 

31. RiNGicuLA RiNGENs, [Lamk.] grossie 5 fois Campbon. 

32. AcT.EON Dumasi, Cossm. grossi 4 fois Bois-Gouët. 
33-34. ScAPHANDER Ai.TAviLLENsis, Desh. grossi 4 fois » 

35. BuLLA GLOBULUs, Desli. grossie 5 fois » 

36. BuLLiNELLA RiDELi, Cossm. grossic 6 fois. » 
37-38. BuLLiNELLA GYLiNDROiDES, [Dcsh.] grossie 2 fois » 

39. Agrostemma Bezangoni, [MorlelJ grossi 4 fois » 

40. BuLUNELLA (iONioPHORA, [Dcsh.] grossie 4 fois » 

41 . Bur.uNELLA Bruguierei, [Desli. I grossie 2 fois » 



^ICcmouc de 9ÎC. ^o^Mnann 

PI. III 
Bull. Soc. Se. nai. Oués- T. V, PI. YIl 





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^^ 12 13 14 15 

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23 



24 25 



27 28 



29 30 31 32 33 34 

Ë 0^ 6 & I 



35 36 38 



40 41 



liidt'l el Pi.<saira, phol. 



Sohier et Canipy 



Tv/r^n ^„„ j., T„ T -,:„„ x-,. -ca,^;„,. 



MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 

DE LA 

par M. COSSMANN 



L'étude stratigraphique, publiée eu 1881 par M. Vasseur sur 
les terrains tertiaires de la Bretagne (') devait, d'après l'auteur, 
être accompagnée d'une autre étude paléontologique, dans 
laquelle seraient décrits tous les fossiles de l'Éocène des [environs 
de Nantes, du calcaire marin et des faluns de Rennes, provenant, 
pour la plupart, des fouilles qu'il avait entreprises dans cette 
région, avec l'appui financier du conseil municipal de Paris. 

Par suite de circonstances dont nous nous bornons à enregistrer 
les conséquences, l'atlas seul de cette publication paléontologique 
a, jusqu'à présent, été partiellement publié par M. Vasseur ; et 
encore, lorsque nous employons le mot « publié » c'est en lui 
donnant une extension un peu plus large que celle qu'on lui 
attribue habituellement, attendu que les planches phototypées (^) 
des fossiles du Bois-Gouët ne se trouvent pas dans le commerce, 
et que les rares personnes qui en possèdent, des exemplaires, les 
doivent, pour la plupart, à l'aimable obligeance de notre savant 
confrère. 



1. Recherches géologiques sur les terrains tertiaires de la France 
occidentale. Stratigraphie !'• partie : Bretagne. Thèse soutenue devant la faculté 
des Sciences de Paris le 2 Juillet 1881, par G. Vasseur. Paris G. Masson, 1881 ; 
432 pages, 6 cartes, 29 figures. 

2. Voici le titre exact imprimé sur la couverture bleue,' dans laquelle sont 
encartées ces douze planches : Recherches géologiques sur les terrains tertiaires 
de la France occidentale. Paléontologie par G. Vasseur. Atlas : pi. Mil et 
V-XI. Je possède on outrr les planches IV et XI\. 



100 NANTES. — JJULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5 . 1-4 i 

Au moment où, à l'étranger, sont éditées d'importantes 
monographies qui mettent à jour la Paléontologie des pays 
voisins et même d'outremer, il est certainement regrettable 
qu'une faune aussi riche et aussi intéressante que celle des 
terrains tertiaires de la Bretagne, attende encore son histo- 
riographe. 

Cette situation nous avait déjà frappé lorsque nous avons 
entrepris le « Catalogue illustré des coquilles fossiles de VÉocène 
des environs de Paris », où nous avons dû comparer 
fréquemment les espèces parisiennes avec celles du bassin de 
Nantes. Malheureusement le résultat des fouilles productives 
exécutées par M,. Vasseur n'étant pas à notre disposition, dans 
un grand nombre de cas, il y a eu pour nous une réelle incertitude 
dans l'assimilation ou la séparation des espèces, par suite de 
l'insuffisance inévitable d'une comparaison faite avec des figures, 
si soigneusement phototypées qu'elles fussent. 

Dans ces conditions, avec le concours dévoué d'une dizaine 
d'amis, amateurs zélés de Conchyliologie, nous avons conçu et 
réalisé le coûteux projet d'une fouille renouvelée, au Bois-Gouët, 
dans le terrain contigu à celui qui avait été profondément excavé 
par M. Vasseur. Cette fouille, dirigée avec succès par notre 
obligeant collègue M. Dumas, qui habite Nantes, a été assez 
fructueuse pour nous permettre de retrouver toutes les formes 
signalées par M. Vasseur, et d'en découvrir beaucoup d'autres 
nouvelles. Sans l'obstacle d'un éboulement, malheureusement 
survenu au moment où l'on extrayait dans l'eau la meilleure 
couche de sable fossilifère qui est au fond, le résultat eût été 
encore plus important. 

Quoi qu'il en soit, avec les matériaux'équitablement partagés 
entre les promoteurs de l'entreprise, nous nous trouvions en 
mesure de dresser un catalogue à peu près complet de la faune 
du Bois-Gouët, et surtout de rapprocher chacune des espèces de 
celles du bassin de Paris, dont la classification est désormais 
fixée. Or notre but était précisément, non pas de prendre date 
avant notre ami et confrère M. Vasseur, — souci qui doit être 
inconnu d'un paléontologiste exclusivement épris de la science — , 
mais seulement d'établir entre ces deux faunes les rapproche- 



ô M. COSSMAXX. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 161 

ments fondés sur la connaissance que nous avons de celle du 
bassin de Paris, depuis vingt-cinq ans que nous l'étudions. 

D'autre part, la Société des sciences naturelles de l'Ouest a bien 
voulu donner l'hospitalité à ce catalogue, et le Muséum de la 
Ville de Nantes nous a ouvert ses vitrines pour compléter, avec 
la coHection Cailliaud et celle de Dufour, les matériaux fournis 
par les fouilles dont il vient d'être question : il en résulte que 
notre travail comprendra, non seulement la faune du Bois-Gouët, 
dans le bassin de Satïré, mais encore celle du bassin de Campbon 
(Coislin et la Close), et enfin les fossiles dolomitisés d'Arthon, 
sur la rive gauche de la Loire, où notre confrère, M. Dumas a 
fait, à plusieurs reprises, d'intéressantes récoltes. 

Un premier examen de ces coquilles nous a confirmé dans 
l'opinion que bon nombre d'entre elles ont, à tort, été assimilées 
avec des espèces parisiennes : leur faciès est peut-être le même, 
mais elles présentent des différences spécifiques qui, par leur 
constance, en justifient la séparation sans que l'on soit cependant 
fondé à les considérer toutes comme distinctes, ainsi que le 
pensait et que l'a écrit Dufour, qui les attribuait primitivement 
à l'Éocène inférieur, tandis qu'elles sont en majorité de la partie 
tout à fait supérieure de rÉocène moyen. 

Le travail que nous entreprenons n'est pas de ceux que l'on 
termine en quelques mois ; d'ailleurs l'étendue qu'il présentera 
ne se conciliei-ait pas avec la publication du texte et des planches 
dans un seul numéro d'un Bulletin ayant le format in-S». Cette 
monographie sera donc nécessairement divisée en fascicules 
successifs, dont le premier, portant la date de 1895, comprend 
seulement les Céphalopodes, lesPulmonésetlesOpisthobranches. 

Nous avons, autant que possible repris les noms proposés par 
M. Vasseur, bien que son travail paléontologique n'ait pas été 
publié, et que les règles de la nomenclature nous eussent autorisé 
à exclure des dénominations seulement appuyées par des figures 
qui n'ont pas été livrées à la publicité et que n'accompagne 
aucune diagnose. Il est bien entendu toutefois que les noms 
simplement indiqués dans les listes de fossiles que comprend 
son étude stratigraphique, ont dû être laissés de côté, pour éviter 
toute erreur, surtout quand il y a plus d'une espèce dans le 



162 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. ") . '6j 

même genre. Toutes les espèces énumérées dans notre mono- 
graphie sont, sans exception, figurées sur les planches (') jointes à 
notre texte, que ces espèces soient nouvelles ou déjà connues ; 
quant à celles qui nous ont paru identiques aux espèces déjà 
décrites dans le bassin de Paris, outre la figure, quelques lignes 
d'observations dans le texte résument les résultats de notre 
comparaison avec les types parisiens et font ressortir les 
différences même légères que peuvent présenter ces coquilles. 
Enfin nous avons pris le soin d'indiquer minutieusement la 
provenance (gisement et collection) du type ou du plésiotype 
figuré ; afin d'éviter une répétition des indications synonyini- 
ques déjà connues, nous nous sommes borné, pour les espèces 
communes avec le bassin de Paris, à renvoyer le lecteur à la 
page correspondante de notre Catalogue de l'Éocène (Catal. 
Éoc. etc.). 

Septembre IS95. 



(1) Les planches portent une double numérotation, par exemple VI (11) ; le 
premier chilïre VI se rapporte à la planche du tome du Bulletin de la Société, le 
second chiffre (II) est numéroté dans l'ordre qu'occuperont les planches des fasci- 
cules successifs de cette monographie. 



MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 



LOIRE-INFERIEURE 



DESCRIPTION DES ESPÈCES 



CEPHALOPODES 

Nautilus umbilicaris, Desh. lig- A. 

(1892. Catal. Éoc. V, p. 14). 

RD.(') D'après les indications de M. Vasseur, et d'après Cailliaud, les 
moules de Nautilus que l'on trouve dans le calcaire grossier de 
Bretagne appartiendraient à N. Lamarcki; je ne suis pas de cet avis: 
les deux échantillons du Musée de Nantes, qui m'ont été communiqués, 
et dont l'un est étiqueté de la main de Cailliaud, ont le dos et les flancs 
beaucoup plus convexes que cette espèce, et par là ils ressemblent 
davantage kN. umbilicaris, d'ailleurs beaucoup plus répandu. Il ne faut 
pas perdre de vue que N. Lamarcki; n'était connu qu'à l'état de moule, 
figuré seulement dans le premier ouvrage de Deshayes, et que par 
conséquent on était tenté, avant l'apparition du second ouvrage, de 
rapporter à cette dernière espèce tous les moules de Nautile que l'on 
trouvait dans l'Éocène, et àiV. umbilicaris plniàt, les fragments de test; 
or, la description de iV. Lamarcki indique que la face dorsale porte une 
quille, moins anguleuse il est vrai que celle de iV. parisiensis, tandis 
que les individus des environs de Nantes que j'ai sous les yeux ont une 
face dorsale arrondie en demi cercle, et que leurs cloisons sont à peine 
sinueuses, caractère distinctif de N. umbilicaris; enfin la position du 
siphon, visible sur un fragment détaché de l'échantillon principal, est 
bien subcentrale, comme l'indique Deshayes dans la description de cette 



(i) RD. Abréviation de •' Rapports et Différences 



164 



NANTES . 



BULL. SOC. se. NAT. OUEST. — T. O. 



L8] 



dernière espèce. Pour toutes ces raisons je n'hésite pas à les rapporter à 
cette dernière espèce. 

DiM. Diamètre probable, 12 à 15 cent. ; épaisseur, 6 à 7 cent. 

Plésiotype et Loc. Arthon, Fie, A. coll. du Musée de Nantes. 




FiG. A 1/2 gr. nat. 



Belemnosis anomala, [J. de Sow.] PI. V (I) lig. 3-4. 

1828 — Beloptera anomala, 3. Sow. Min. Conch.VI, p. 384, pi. DXCI, fig. 3 
1849 — Belemnosis plicata, Edw. Pal. Soc. p. 40, pi. II, fig. 3. 
1849 — Belemnosis anomala, Gray. Gat. moll. Brit. Mus. p. lo8. 
X'&èV — Belemnosis anomala, Newton, Syst. List. Edw. coll. p. 289. 
1894 — Spirtt^trosfra anomala. Newton et Harris, Brit. Eoc. Gephal. 
(Proc. mal. Soc, vol. I, n" 3, p. 124, fig. A-B). 

Forme subconique, non rostrée, obtuse au sommet, compri- 
mée, un peu incurvée dans le sens longitudinal ; phragmocone 
à contexture fibreuse, faiblement enroulé à son extrémité 
postérieure, largement dilaté en avant ; cloisons horizontales 
sans sinus siphonal ; siphon ventral ? Enveloppe cariée, triangu- 
lairement entaillée sur la paroi ventrale, où elle découvre le 
phragmocone presque jusqu'au sommet, bombée sur la paroi 
dorsale, où elle porte la trace des cloisons, munie de deux 
rebords obtus sur les flancs, et d'un renflement hémispliéri(jue 
vis à vis la dernière loge. 



SI. COSSMANN. — :\rOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 165 



Di.M. Longueur, 12 mill.; largeur, G mill.; épaisseur, 3 1/2 mill. 

Obs. Le genre Belemnosis a été proposé par Edwards pour une coquille 
unique et mal conservée de l'Éocène inférieur d'Highgate, sur laquelle 
existe une perforation, probablement accidentelle, vis à vis de la dernière 
loge du phramocône, de sorte que cet auteur en concluait qu'il existe, 
dans les Belemnosis, une ouverture ventrale, dont l'explication était une 
véritable énigme. Tout récemment, MM. Newton et Harris, frappés de 
l'analogie qui existe entre cette coquille et le genre Spirulirostra, d'Orb. 
ont fait remarquer qu'on obtient une perforation ventrale en admettant 
que la saillie supérieure de l'enveloppe cariée, correspondant à l'extré- 
mité spirale du phragmocùne, ait été usée ou cassée, et ils en ont conclu 
que Belemnosis est une Spir}ilirostra Aonl le rostre a également disparu 
par le fait de l'usure. 

Cette explication me paraît tout à fait plausible en ce qui concerne la . 
perforation qui existe sur l'individu d'Highgate, et qui n'existe pas sur 
celui du Bois-Gouët, en tous points semblable au précédent, mais 
beaucoup mieux conservé; de sorte que je suis complètement d'accord 
avec MM. Harris et Newton pour faire disparaître l'anomalie de diagnose 
qui représente les Belemnosis comme des Céphalopodes à loge initiale 
perforée, ce qui eût contredit le rôle du siphon et empêché ses fonctions 
pneumatiques. 

Mais je ne suis pas d'avis de considérer comme synonymes ces deux 
genres, ainsi que le proposent nos savants confrères du British Muséum: 
en effet Spirulirosti-a possède un rostre pointu qui n'existe pas dans 
les Belemnosis; je ne puis admettre que ce rostre ait accidentellement 
disparu par usure ou fracture, attendu que l'individu du Bois-Gouët a 
le sommet obtus, arrondi, et fraîchement carié. La question me paraît 
donc réglée à ce point de vue : les Belemnosis sont des Spinilirostra 
sans rostre, et à phragmocùne moins spiral, c'est-à-dire un genre bien 
distinct; toutefois elles appartiennent à la même famille Belopteridse. 

Flksiotype et Loc. Bois-Gouët, unique, pi. V (I) fig. 3-4, coll. Bourdot. 

Beloptera belemnitoidea, Blainv. IM. V (1) fig. 1-2. 

1892— Beloptera belemnitoidea, Cossm. Catal. Éoc. V. p. 12. 
189o — Beloptera belemjiitoidea. Newton et Harris. Brit. Eoc. Cephal. 
loc. cit. p. 122. 

Obs. Les individus du Bois-Gouët ne diflèrent pas sensiblement de 
ceux du calcaire grossier parisien: leur forme générale est un peu 
courbée, anguleuse sur la partie dorsale, excavée à la joncticn du rostre 
avec le phragmocùne, les ailes sont elliptiques, minces et carénées à 
leur contour; les cloisons à peu près horizontales forment une sinuosité 
ventrale, visa vis le point d'attache du siphon sur lequel elles s'emboî- 
taient probablement. La coupe longitudinale de la cavité du phragmo- 



166 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. llO] 

cône visible sur l'un des individus ligures, montre la courbure des 
dernières loges, à l'extrémité postérieure et conlirme le rapprochement 
qui a été fait entre les Beloptera, les Spirulirostra et les Belonnosis, 
qui sont évidemment de la même famille. 

DiM. Longueur, 37 mill. ; largeur, 20 mill.; épaisseur, 8 mill. 

Plésiotype. pi. V (I), fig. 1-2, coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, extrêmement rare. 

Belosepia Blainvillei, [Desh.] PI. V (I) fig. 7-9. 

(Catal. Éoc. 1892, V, p. 11). 

Les échantillons du Bois-Gouët sont dans un état de conservation bien 
supérieur à celui des individus des sables moyens, généralement roulés, 
usés et presque méconnaissables ; leur rostre est plus ou moins incliné 
vers l'apophyse dorsale, mais sa base en est invariablement séparée par 
une cavité arrondie, de sorte que le profil du rostre fait un angle 
d'environ 43" avec le contour inférieur de l'apophyse. La lame en 
éventail est profondément festonnée par des dentelures assez régulières ; 
la surface ventrale du phragmocône est ornée de sept rangées longi- 
tudinales de granulations, qui ne deviennent irrégulièrement cariées 
que du côté postérieur, sur l'apophyse. 

Plésiotype. PI. V (I), fig. 7-9, coll. Cossmann. 

Loc. Bois-Gouët, commune. 

Belosepia Dufouri, Vasseur. PI. V (I) fig. 3-6. 

1881— B. Dufouri, Vass. loc. cit. pi. I fig. 5-6 et pi. XIX, fig. 1. 

Forme étroite, peu dilatée en avant ; rostre assez court, assez 
grêle, faiblement incurvé, arrondi du côté ventral, subcaréné du 
côté dorsal ; phragmocône en cornet courbe, à cloisons déve- 
loppées en arc de cercle du côté dorsal, presque anastomosées du 
côté ventral ; apophyse dorsale très comprimée, peu détachée du 
rostre, fortement cariée ; lame ventrale en arc de cercle festonné, 
plissée par des rainures rayonnantes. 

RD. Elle se distingue assez facilement de la précédente par son 
apophyse plus comprimée latéralement, terminée en arrière par une 
saillie qui se raccorde presque tangentiellement avec le rostre, au lieu 
de faire un angle avec lui ; par son rostre plus mince, moins courbé, 
quoique bien moins droit que celui de B. sepioidea ; elle ressemble 
davantage à B. Curieri, quoique son rostre n'ait pas de renfiements 
latéraux à la base, mais son apophyse est plus comprimée en arrière; 



;ll M. COSSMAXX. — MOLLUSyUES ÉOCÉNIQUES 1H7 

son rostre n'a aiicnne analogie avec celui de B. tricarinata, dont l'apo- 
physe fait d'ailleurs un angle droit avec lui. 

Type. PI. V (I), fig. 5-6, coll. Cossmann. 

Loc. Bois-Gouët, moins commune que D. Blainvillei. 

Vasseuria occidentalis, Mun. Ch. PI. V (I) lig. 10-13. 

18S0 — ]'. occidentalis, Munier-Chalnias, ('/( coll. 

1881 — - Vasseur, loc. cit. pi. I, fig. 8-15 

1882 — - Fischer, Man. Conch. p. 359, fig. 137. 

Rostre dentaliforme, plus ou moins évasé à l'orifice, à pointe 
pleine, un peu émoussée ; i^albe généralement conique, rarement 
infléchi; section ovale, un peu plus comprimée sur une face que 
sur l'autre. Surface extérieure finement cariée sur toute la partie 
antérieure, striée longitudinalement vers l'extrémité du rostre, 
ornée de rainures plus profondes et irrégulièrement écartées, - 
quoique symétriques. Cavité du phragmocône dépassant 
beaucoup la moitié de la longueur, contenant la trace de cloisons 
nombreuses, légèrement convexes du côté dorsal, déclives du 
côté ventral, où les deux branches se réunissent en V très ouvert, 
dans l'angle duquel est un petit écusson qui est la trace des points 
d'attache des cornets emboîtés composant le siphon. 

Di.M. Longueur, 'S-i mill. ; grand diamètre, 5 mill. ; ))etit diamètre, 3 
3/4 mill. 

Obs. Ce genre de Céplialojjudes, localisé dans l'Éocène de Bretagne, 
et représenté par l'espèce type, a été classé par Fischer dans les 
Belopteridœ, plutôt que dans le voisinage des Belemnitidœ dont on serait 
tenté de le rapprocher de prime ahord : mais la forme des cloisons n'est 
pas du tout la même dans les Vasseuria que dans les Belemnites. 

Plésiotvpk. pi. V (1) tig. 10-13, coll. Dumas (Bois-Gouët). 

Loc. Bois-Gouët, assez commune ; Campbon (flde Vasseur) ; Arthon, 
coll. Dumas. 



168 NANTES. —BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. [12] 

GASTROPODES 
Pulmonés 
LimnaBa Bourdoti, not. sp. PI. (V) fig. 14-15. 

Taille assez grande ; forme ovale, irrégulière; spire acuminée, 
médiocrement allongée, à gî^lbe conique, à embryon obtus ; 7 
tours un peu convexes, dont la hauteur dépasse la moitié de la 
largeur, séparés par des sutures linéaires, imperceptiblement 
bordées ; dernier tour grand, un peu ventru, à base ovale arrondie, 
imperforée ; surface lisse, marquée par des accroissements 
obliques et irréguliers. Ouverture courte, arrondie, à labre mince 
et assez oblique ; torsion columellaire très allongée, peu sail- 
lante, s'effaçant sur le bord externe qui est très mince et bien 
appliqué sur la base. 

DiM. Longueur, 15 1/2 mill ; diamètre, 7 1/2 ; hauteur de l'ouverture, 
8 mill. 

RD. Dans l'impossibilité de rapporter exactement cette coquille à 
aucune des espèces connues dans l'Éocène moyen ou supérieur, je me 
résigne à ajouter une nouvelle espèce à la liste déjà bien longue des 
Limnœa. Elle se distingue en effet: de L. elata par sa spire moins 
allongée, par son dernier tour moins disproportionné et par sa forme 
plus ovale ; de L. Bertillei par sa spire moins longue et surtout par 
son pli columellaire moins calleux ; de L. Michelini par sa forme plus 
ventrue et par son ouverture plus arrondie ; de L. omim par ses tours 
moins convexes et par sa forme moins ventrue ; de L. contexa parce 
qu'elle n'a pas le dernier tour disproportionné ; enfin du groupe de 
L. arenularia et acmninata par sa spire bien moins allongée. 

Type. PI. V (I) fig. 14-15, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, très rare; coll. Bourdot et Dumas. 

Limnaea ovum, Brongn. PI. V (1) fig. 21-22. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 335). 

RD. J'ai séparé de l'espèce précédente quelques échantillons du Bois- 
Gouët qui sont plus ventrus, qui ont les tours plus convexes, et l'ou- 
verture plus allongée que la spire : leur columelle est presque rectiligne, 
avec un pli très obsolète, à peine saillant et très oblique ; le bord colu- 
mellaire est calleux et détaché de la base, le labre est à peine oblique ; 
l'embryon est court et papilleux. Tous ces caractères se rapprochent de 
ceux des individus de Ducy (bassin de Paris) que l'on rapporte ordinal- 



118] M. COSSMANX. — MOLLUSQUES ÉOCÉNiyUES 1(39 

rement à L. ovum, Brongn. ; comme je n'ai d'ailleurs vu, sur trois 
échantillons de la Loire-Inférieure qu'un seul en très bon état et de petite 
taille, (7 mil!. 1/2 sur 4 niill.) je crois prudent de ne pas les séparer 
de L. omim, quoiqu'ils proviennent d'un niveau stratigrapliique plus 
ancien. 

Plésiotvpe. Pl.V (I) fig. 21-22, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, coll. Bourdot et Dumas. 

Limnaea gouetensis, nor;. sp. PI. V (I) fig. 19-20. 

Taille assez petite; forme étroite,, ovoïdo-conique ; spire un 
peu longue, à ^embryon papilleux, à galbe conique ; 5 tours 
convexes, dont la hauteur dépasse un peu la moitié de la largeur, 
séparés par des sutures linéaires ; dernier tour ovale, un peu 
ventru, à base arrondie, très étroitement perforée ; surface 
entièrement lisse. Ouverture courte, anguleuse en arrière, ovale 
en avant, à péristome épais ; labre presque vertical et rectiligne, 
mince à son contour, épaissi à l'intérieur surtout en avant ; 
columelle droite, faiblement renflée en arrière par un pli très 
obsolète ; bord columellaire calleux, détaché de la base, dé- 
couvrant une fente ombilicale très étroite et se raccordant au 
contour supérieur. Section Buliniiiœa. 

DiM, Longueur, 6 3/4 mill. ; diamètre, 3 1/4 mill. ; hauteur de l'ou- 
verture, 3 1/2 mill. 

RD. Par son péiistome épaissi, cette espèce appartient à la même 
section que L. crassula et Diichasteli : mais elle est beaucoup moins 
ventrue que la première et elle a la spire jjIus allongée et plus conique 
que la seconde ; elle se rapproche davantage de L. brachijHtoma des 
sables de Chenay, quoiqu'elle n'ait pas l'ouverture aussi courte. 

Type. PI. V (I) fig. 19-20, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, très rare, coll. Bourdot, Dumas, Bonnet, Dautzenberg, 
et Cossmann. 

Limnaea adela, noc. sp. PI. V (I) fig. 23-24. 

Taille petite ; forme ovale ; spire peu allongée ; tours très 
convexes, à sutures profondes, et dont la hauteur atteint les 
deux tiers de la largeur ; dernier tour arrondi, gonflé ; surface 
lisse. Ouverture courte, ovale ; labre mince, vertical, antécurrent 
vers la suture ; columelle un peu excavée, à peine renflée par un 



J70 NANTES. — BULL. SOC. SC . N\T. OUEST. — T. 5. - 14 

pli obsolète ; bord columellaire mince, détaché de la base et 
découvrant la fente ombilicale. 

DiM. Longueur, 3 1/2 mill. ; diamètre, 3 inill. ; hauteur de l'ouverture, 
3 mill. 

HD. Plus globuleuse et plus ombiliquée que la précédente, elle s'en 
distingue surtout par sa base arrondie et par ses tours plus convexes ; 
son péristome n'est pas épaissi, mais peut-être n'est elle pas adulte. Elle 
a l'ouverture plus courte que L. Duchasteli et s'en distingue par sa base 
ombiliquée. Néanmoins j'ai hésité à la décrire, n'en connaissant qu'un 
individu, et je lui ai donné un noni qui rappelle cette incertitude (ao///or 
douteux). 

Type et Loc. PI. V (I) iig. 23-24, unique, Bois-Gouët, coll. Cossmann. 

Planorbis subangulatus, Lamk. Pl.YI (II) fig. 24-2(1. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 339). 

RD. Les échantillons du Bois-Gouët ne difïèrent de ceux du bassin de 
Paris, et en particulier de ceux de Neauphlette, que par leur ombilic 
taillé un peu plus carrément ; ils possèdent bien les deux angles 
périphériques qui caractérisent cette espèce, mais l'espace compris entre 
l'angle supérieur et celui qui circonscrit l'ombilic est un peu plus large 
et la rampe de cet ombilic n'est pas obliquement déclive comme dans 
les individus parisiens : je ne pense pas que cette petite difïérence 
motive une séparation d'espèce, d'autant plus que tous les échantillons 
du Bois-Gouët ne sont pas absolument identiques entre eux. La face 
supérieure est à peu près plane, les tours de spire sont au nombre de 5 
ou 6, à peine convexes, séparés par de profondes sutures, souvent marqués 
par des renflements curvilignes, qui indiquent les arrêts de l'accroissement 
de l'ouverture; celle-ci est quadrangulaire, plus large contre la spire 
qu'à la périphérie. 

DiM. Diamètre, 3 1/2 mill. ; épaisseur, 1 mill. 

Plésiotype. pi. VI (II) fig. 24-26, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, assez rare, coll. Bourdot, Dautzenberg, Cossinann, 

Planorbis nitidulus, Lamk. PI. Il fig. 27-29. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 339). • 

RD. Ainsi que* je l'ai indiqué dans le Catalogue de l'Éocène, cette 
espèce est très voisine de la précédente et ne s'en distingue que par 
l'absence de carènes périphériques ; les individus du Bois-Gouët ont 
l'ombilic taillé aussi carrément que celui de P. subangulatus, la spire 
est aussi plane et les proportions sont les mêmes ; cependant, malgré 



15, M. L'0«8A1AXN. — MOLLUS<iUES ÉOCÉNU^UES 171 

cette similitude des principaux caractères, il est très aisé de séparer 
quand elles sont mélangées, attendu que celle-ci n'a pas la forme 
bicarénée des Orbis, comme la précédente. 

DiM. Diamètre, 3 mill. ; épaisseur, 1 mill. 

Plésiotype. pi. VI (II) fig. 27-29, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, plus rare que la précédente, coll, Bourdot et Gossmann. 

Planorbis Baudoni, Desli. PI. VI (II) fig. 32-:«. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 339). 

RD. Cette petite espèce est évidemment une variété de /'. nitidulus ; 
je ne l'ai pas réunie parce que, dans la comparaison des individus du 
bassin de Paris, j'ai constaté des différences qui sont moins trancliées 
qu'entre ceux du Bois-Gouët : ainsi l'aplatissement de la coquille, que 
j'ai indiqué comme l'un des caractères distinctifs, n'est pas plus grand 
chez les P. Baudoni du Bois-Gouët, que chez P. nitidulus, il y a même 
des individus dont la base est plutôt un peu plus convexe ; mais, comme 
l'ombilic est généralement beaucoup plus rétréci, je crois qu'on peut, 
à la rigueur, admettre cette espèce, qui a la périphérie obtuse, non 
carénée; quant à la paroi ombilicale, elle est taillée à angle droit avec 
la base ; l'ouverture n'est pas triangulaire, mais seulement en ovale 
atténué ; le dernier tour croît rapidement et sa largeur est, à proportion, 
plus grande que celle de P. nitidulus, c'est d'ailleurs ce qui contribue à 
rétrécir l'ombilic. 

Dij\i. Diamètre, 2 1/2 mill. ; épaisseur, 1 mill. 

Plésiotype. PI. VI (II) lig. 32-33, coll. Dautzenberg. 

Loc. Bois-Gouël, excessivement rare, un individu cuil. Dautzenberg, 
un autre coll. Dumas ; Campbon {fide Vasseur). 

Planorbis Chertieri, Desh. PI. VI (II) fig. 34-36. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 342). 

RD. Je ne puis rapporter qu'à cette espèce un petit Planorbis du Bois- 
Gouët, qui a une forme beaucoup plus aplatie et plus carénée que P. 
concavus, avec une face moins concave du côté de la spire ; elle ne peut 
se confondre avec P. inflatus qui a le dernier beaucoup moins large, 
tandis que, dans notre échantillon, connue d'ailleurs chez le P. Chertieri 
de S'-Parres auquel je le compare, le dernier tour atteint la moitié du 
diamètre total ; la seule différence, outre la taille de l'échantillon du 
Bois-Gouët qui est plus petite, c'est que la face ombilicale est peut-être 
un peu moins profondément creusée, et encore cela tient probablement à 
ce que l'individu est plus jeune. Son ouverture est très découverte du 



172 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. —T. 5. | 16j 

côté de la base, exactement comme dans les Adeorbis ; la carène 
périphérique, d'abord très anguleuse sur les premiers tours, s'émousse 
sur le dernier, aux abords de l'ouverture. 

DiM. grand diamètre, 3 1/2 mill. ; petit diamètre, 2 'à/i mill. ; épaisseur, 
1 mill. 

Plésiotype. pi. VI (II) fig. 34-36, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, unique. 

Hélix Stueri, Cossm. PI. V (I) flg. 16-17. 

1889 — Hélix Bouryi, Cossm. Gâtai. Koc. IV, p. 361, pi. XII, fig. 27 29. 
1892 — Hélix Stueri, Cossm. Catal. Éoc. Suppl. V, p. 79. 

RD. Bien qu'il y ait quelques différences entre les échantillons de 
Neauphlette et ceux du Bois-Gouët, ces derniers étant dans un état de 
conservation qui ne permet pas de les prendre comme types d'une 
nouvelle espèce, je préfère les rapporter provisoirement à l'espèce 
parisienne ; leur forme est un peu plus conique et leur surface est moins 
fortement plissée par les accroissements : d'après un fragmentd'ouverture, 
le péristome paraît moins épais, moins étranglé et moins réfléchi ; enfin 
l'ombilic serait un peu plus largement ouvert. Le nombre des tours est 
le même, cinq dans les deux formes, ils sont également convexes, mais 
les sutures sont moins profondes sur les individus de la Loire-Inférieure. 

DiM. Hauteur, 2 1/2 ; diamètre, 3 mill. 

Plésiotype et Loc. PI. V (I) fig. 16-17 ; 3 individus, coll. Bourdot ; 
Bois-Gouët. 

Bulimus Dumasi, nov. sp. PI. V (I) fig. 18. 

Forme étroite, pupoïde ; spire un peu allongée, subulée ; 7 
tours peu convexes, dont la hauteur égale les deux tiers de la 
largeur ; le dernier égal à la moitié de la longueur totale, ovale, 
à base atténuée et imperforée. Ouverture courte, à péristome épais 
et réfléchi ; labre à peine incliné ; columelle munie d'un pli 
dentiforme antérieur; bord columellaire étroit et calleux, appliqué 
sur la base. Section Dry plus. 

DiM. Longueur, 15 mill. ; diamètre 5 1/2 mill. 

RD. L'unique échantillon de cette intéressante coquille est mal- 
heureusement dans un état qui laisse beaucoup à désirer ; toutefois le 
péristome est bien entier et la columelle présente bien la disposition de 
celle de l'espèce vivante B. fulminans, que Tryon classe dans la section 
Dry plus. 

Type et Loc. PI. V (i) fig. 18. La Close, coll. Dumas. 



1/ M. COSS.MANN. — MOLU'SC^iUKS ÉOL'ÉN'K^iUES 11'» 

Auricula namnetica, Vasseur. PI. VII (III) fig. 3-4. 

1881 — A. namnetica, Vass. loc. cit. pi. IX fig. 61-63 et pi. XIX, fig. 3. 

Taille assez grande ; forme comprimée, étroite et allongée, 
ovoido- conique ; spire longue, à galbe légèrement conoide ; 10 
ou 11 tours un peu convexes, dont la hauteur atteint et dépasse 
la moitié de la largeur, sé]»arés par des sutures linéaires, que 
borde en dessus un étroit bourrelet obsolète et perlé; dernier 
tour peu supérieur à la moitié de la longueur totale, ovale, 
imperforé à la base ; surface irrégulièrement plissée par les 
?,ccroissements qui produisent des granulations sur le bourrelet 
suturai. Ouverture peu élevée, ovale; labre un peu incliné à 
gauche de l'axe, du côté antérieur, peu épais, sans aucun ren- 
flement interne ; columelle excavée, portant un pli épais et 
oblique tout à fait à l'extrémité antérieure, et un pli lamelleux, 
plus transverse, vers le milieu de sa hauteur; bord columellaire 
large, mince en arrière, calleux et détaché de la base en avant. 

DiM. Longueur 30 mill. : grand diam. 12 1/2 mill. ; petit diam., 10 
mill. Diamètre d'un autre fragment 18 mill. (Musée de Nantes). 

RD. Beaucoup moins subulée que .4. Judœ, elle s'en distingue par 
sa spire plus allongée et son ouverture beaucoup plus courte, par son 
labre moins épais, non renflé à l'intérieur, par ses deux plis écartés et 
par l'absence d'ornementation spirale, tandis que ses plis axiaux sont 
au contraire plus forts. 

Type. PI. VII (III) fig. 3-4, coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, coll. Dumas, Cossniann, Musée de Nantes. 

Auricula simplex, nor. sp. PI. VI (II) fig. 6. 

l'aille grande : forme comprimée, ovoido-conique ; spire 
manquant sur l'unique individu pris comme type de l'espèce ; 
dernier tour ovale, peu ventru, très atténué à la base ; surface 
entièrement lisse, sauf les accroissements irréguliers, et une 
varice obsolète du côté opposé au labre. Ouverture grande, assez 
étroite en arrière, peu élargie au milieu, amincie en avant ; labre 
presque vertical, épaissi à l'intérieur et dénué de dents, non 
bordé à l'extérieur ; columelle excavée, portant deux forts plis 
écartés ; bord columellaire calleux, recouvrant complètement la 
fente ombilicale. , 

13 



174 NANTES. —BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 18] 

DiiM. Grand diamètre, 23 mill; petit diamètre, 18 mill ; liauteur de 
l'ouverture, 32 mill. 

RD. Il n'est pas possible de confondre cette coquille avec A. namnc'ica, 
car elle a l'ouverture beaucoup plus longue, plus pointue en avant ; sa 
.surface lisse et son péristome non bordé la distinguent de A. Heberti. 
Elle parait donc nouvelle, quoiqu'il soit surprenant que, malgré sa 
grande taille, elle ait échappéaux recherches des paléontologistes qui se sont 
occupés de ces gisements. Dans les listes qui accompagnent son étude 
stratigraphique, M. Vasseur a, il est vrai, cité deux espèces nouvelles, 
A. cambonensls et Davidi ; mais, comme ces espèces n'ont été ni décrites, 
ni figurées, il n'est pas possible d'en attribuer le nom, au hasard, à la 
forme ci-dessus décrite. 

Type. PI. VI (II) fig. 6, coll. Cossmann. 

Loc. Bois-Gouët. 



Auricula Heberti, Vasseur. fig. B. 

1881. — A. Heberti, Vasseur, loc. cit. pi. IX, fig. 36-38; pi. X, fig. 38 
et pi. XIX, fig. 4. 

Trèsgrande taille ; forme comprimée, ovale, allongée ; spire lon- 
gue, à galbe conoïde, à sommet corrodé ; 8 tours convexes, dont la 
hauteur n'atteint pas la moitié de la largeur, séparés par des 
sutures garnies d'un bourrelet supérieur et très saillant qui est 
isolé par une rainure profonde ; dernier tour grand, ovoïde, à 
peine perforé à la base par une étroite fente ombilicale ; surface 
chagrinée par de petites costules serrées et dichotomes, que 
croisent des filets peu saillants ; deux rangées latérales de fortes 
varices. Ouverture grande, subrhomboïdale, à péristome épais 
et réfléchi; labre presque vertical, non denté à l'intérieur; 
columelle excavée, portant 2 plis très obliques et écartés, quelques 
dents pariétales irrégulières, disposées en arrière sur une côte 
longitudinale. 

DiM. Longueur, 78 mill. ; grand diam., 37 mill. ; petit diam., 24 
mill.; hauteur de l'ouverture, 44 mill. 

RD. Beaucoup moins ventrue que A. auris-Midœ, à laquelle Vasseur 
la compare, elle ressemble plutôt par sa forme étroite à A. Judœ, mais 
s'en écarte par. ses (tours plus convexes et moins subulés, par ses 



[191 



M. COSSMANN. — MOLLUSQUES EOCENIQUES 



175 



bourrelets suturaux etc. On en trouve fréquemment des fragments, mais 
il est extrêmement rare de la recueillir entière. 

Type. fig. B. coll. Dumas. 

Loc. Rois-Gouët, coll. Dumas, Cossmann, Dautzenberg. 




Fig. B. 

AuricuLa Monthiersî, Vasseur PI. VI (II) fig. 1-5 

1881. — .1. Monthiersî, Vasseur loc. cit. pi. IX, fig. 48-53. 

Forme ovoïde, trapue, comprimée; spire à galbe extraconique 
chez les jeunes individus, conoïde chez les adultes ; environ 12 
tours, convexes, d'abord très étroits, finalement plus élevés 
et dont la hauteur atteint le tiers de la largeur, plissés et subno- 
duleux vers la suture inférieure ; dernier tour ovale, arrondi à 
la base qui est perforée, portant une varice opposée à l'ouverture, 
orné d'accroissements rugueux, qui s'anastomosent en arrière et 



176 NANTES. — BULL. «OC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. j^Ol 

produisent des nodosités régulières sur le bourrelet suturai. 
Ouverture courte, assez étroite»; labre vertical, mince à son 
contour, épaissi à l'intérieur, avec un renflement dentiforme en 
arrière ; collumelle courte, excavée, portant deux plis très écar- 
tés, lamelleux et transverses ; une dent pariétale isolée, dans 
l'angle inférieur, complète les caractères de la section Pijtlnopsls. 
Variété Vasseuvi, nob. plus allongée moins trapue. 

DiM. Longueur, 23 mill. ; grand diamètre, lo mill. ; petit diam., 11 
mill. ; hauteur de l'ouverture, 12 mill. Variété, 20 mill. sur 10 mill. 
gr. diam. 

RD. Il n'est pas possible de confondre cette espèce avec les jeunes indi- 
vidus d'i. Hébert i : sa dent labiale la place dans une autre section et 
d'ailleurs ses plis noduleux n'existent pas dans l'autre espèce, qui est 
en outre spiralement chagrinée, tandis qu'i. Monthiersi n'a que des plis 
axiaux. La variété ne se distingue du type que par ses proportions plus 
étroites et s'écarte d'i. ovata par son ornementation. 

Types. PI. VI (II) fig. 1-2 ; individu adulte, coll. Dumas ; fig. 3-3 
jeune individu et variété, coll. Bourdot. Bois-Gouët. 

LoG. Bois-Gouët, coll. Bourdot, Bonnet, Cossmann. Dumas, Dautzenberg. 

Auricula citharella, nov. sp. PI. VI (II) fig 11-12. 

Forme biconique ; spire allongée, à galbe extraconique, à tours 
convexes, croissant d'abord rapidement, mais dont la hauteur 
n'atteint finalement pas le tiers de la largeur ; leurs sutures sont 
peu profondes, bordées d'un étroit bourrelet limité par une strie ; 
ornementation composée de plis pinces et réguliers, se corres- 
pondant d'une suture à l'autre, persistant sur tout le dernier tour, 
qui est gonflé en arrière, obliquement atténué à la base. Ouver- 
ture subrhomboidale ; labre presque vertical, un peu curviligne, 
coudé en arrière, assez mince, épaissi en biseau à l'intérieur, avec 
un léger renflement dentiforme ; columelle très courte et très 
excavée entre le pli antérieur qui est obliquement tordu, et le pli 
inférieur qui est lamelleux et transverse ; renflement pariétal très 
obsolète ; bord columellaire bien appliqué sur la base, se raccor- 
dant par une sinuosité avec le contour supérieur. 

DiM. Longueur probable, 15 mill. ; diam., 6 1/2 mill. 

RD. La forme élancée et l'ornementation de cette espèce la distinguent 
d'i. Monthiersi, quoiqu'elle appartienne au même groupe ; il est proba- 



[21] M. COSSMAXN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 177 

ble que les o ou tj échantillons que j'en ai vus, ne sont pas complètement 
adultes et que la dent labiale se développe à mesure que la coquille avance 
en âge, de même que le bord columellaire se modifie. 

Type. PI. VI (II) (ig. 11-12, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, coll. Bourdot et Dumas. 

Auricula Ludovici, Vasseur. Pi. VII (III) fig. 1-2. 

1881 — A. Ludovici, Vass. loc. cit. pi. IX, fig. 37-60. 

Taille petite : forme ventrue, biconique ; spire courte, à galbe 
un peu conoïde et subulé; environ 10 tours très étroits, à peine 
convexes, séparés par des sutures linéaires et bordées d'une strie, 
ornés de guillemets d'accroissement plus ou moins visibles; 
dernier tour grand, lisse, subanguleux en arrière, atténué et peu 
convexe à la base qui est imperforée. Ouverture à peu près 
égale à la moitié de la hauteur totale, grimaçante et rétrécie par 
les plis et les dents du labre et de la columelle ; labre incliné à 
gauche de l'axe du côté antérieur, non bordé à l'extérieur, taillé 
en biseau et rapidement épaissi à l'intérieur, portant une série 
de crénelures plus ou moins nettes, généralement divisées en 
deux groupes ; deux plis columellaires assez rapprochés sur la 
partie excavée de la columelle ; une ou deux dents pariétales. 
Section PytJiiopsis. 

DiM. Longueur, 10 mill.; diamètre, 5 1/2 mill. 

RD. Gett3 espèce se distingue à première vue par ses crénelures, 
labiales, par son dernier tour subanguleux et par sa forme non compri- 
mée ; ses guillemets d'accroissement effacés sur le dernier tour, ne 
ressemblent pas aux plis noduleux d'.4. Monthiersi, et permettent de la 
séparer des jeunes individus d'-4. Douvillei qui ont la même forme, mais 
qui ne sont pas aussi biconiques et dont le labre ne porte qu'une seule 
dent. 

Type. PI. VII (III) fig. 1-2. La Close, coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, assez rare; la Close, coll. Dumas et Cossmann ; 
Campbon, Musée de Nantes. 

Auricula Douvillei, Vasseur. PI. VI (II) fig. 7-8 et 21. 

1881 — A. Dourillei, Vass. loc. cit. pi. IX, fig. 30-35. 

Forme ventrue, ovoïdo-conique ; spire courte, subulée, à 
galbe à peu près régulièrement conique, à sommet corrodé ; 



178 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. [2^ 

9 ou 10 tours, à peine convexes, croissant lentement, dont la 
la largeur égale cinq fois la hauteur, séparés par des sutures 
linéaires, avec un étroit bourrelet limité par une strie qui dispa- 
raît sur le dernier tour; celui-ci est ovale, arrondi à la base qui 
est imperforée; surface lisse, irrégulièrement plissée par les 
accroissements, plus serrés près de la strie du bourrelet. 
Ouverture assez grande, très étroite en arrière ; labre presque 
vertical, un peu antécurrent à la suture inférieure, non bordé à 
l'extérieur, taillé en biseau et muni d'un renflement interne 
dentiforme vers le tiers de sa hauteur; deux plis lamelleux, très 
écartés, entre lesquels la columelle est profondément excavée ; 
dent pariétale très allongée, ressemblant à un pli chez les 
adultes, souvent munie d'un contrefort longitudinal et quelque- 
fois séparée de lui ; bord columellaire mince en arrière, calleux 
et détaché en avant de l'entonnoir ombilical qui est fermé. 
S ection PijtJi iops is . 

DiM. Longueur, 21 à 23 mill. ; grand diani., 12 1/2 mill. ; petit diam., 

10 mill. ; hauteur de l'ouvert., 13 ou 14 niill. 

RD. Se distingue d'i. lamarckl par sa spire plus courte, par son 
ouverture plus grande et par ses tours moins élevés; elle atteint une 
taille plus grande et se reconnaît assez facilement à sa forme trapue, 
quoiqu'un peu variable dans ses proportions; le contrefort de la dent 
pariétale s'allonge ijarallèlement à la limite du bord columellaire; les 
individus non adultes sont habituellement dénués de cette dent et de 
son contrefort; au contraire, sur les individus adultes la dent a l'aspect 
d'un troisième pli, qui s'enroule sur la i)aroi de la base; mais, si l'on 
brise un de ces échantillons on s'aperçoit que ce pli cesse à une distance 
de quelques millimètres. 

Types. PI. VI (II) fig. 7-8 et 21, coll. Dumas, Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, très commune; la Close, coll. Dumas ; Campbon fÇide 
Vasseur) ; Goislin, Musée de Nantes. 

Auricula Lamarcki, Desh. PI. VI (II) Jig. 9-10 

1881. — A. Lamarcki, Y ass. loc. cit. pi. IX, fig. 44-47. 
1889. — — Gossm. Gâtai. Éoc. IV, p. 348, pi. VIII, fig. 37. 

RD. Moins, trapue que la précédente et beaucoup plus rare dans les 
gisements de la Loire-Inférieure, cette espèce peut en être séparée sans 
ditTiculté parce qu'elle a la spire moins courte, plus conoïde, le dernier 
tour moins ventru, les autres tours moins étroits, leur hauteur étant à 
peu près le tiers de leur largeur; en outre, deux caractères importants 



[23] M. COSSMANX. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 179 

permettent de la distinguer au milieu d'un groupe d'écliantillons 
d'i. Vouvillei : d'aljord ses sutures ne sont pas bordées en-dessus par 
une strie spirale; en second lieu, son ouverture est beaucoup plus 
courte, le labre un peu bordé à l'extérieur se renverse plus du côté 
antérieur et surtout il se contracte plus subitement dans l'angle inférieur 
au-dessous de la dent; les plis columellaires ne sont pas exactement 
semblables, celui du haut est épais et souvent bifide, la dent pariétale 
paraît dénuée de contrefort longitudinal. Si l'on compare les échantil- 
lons du Bois-Gouët à ceux du bassin de Paris (Neauphlette et Vaudan- 
court, ma coll.) on constate qu'ils ont exactement les mêmes proportions, 
mais ces derniers ont la strie spirale qui fait défaut à ceux de la Loire- 
Inférieure : comme cette petite différence n'a qu'une importance secon- 
daire, puisque presque tous les Auriculidœ ont les sutures plus ou 
moins bordées, on peut conclure, en résumé, que l'assimilation 
spécifique, proposée par Vasseur, est exacte. 

Plésiotype. pi. VI (II) flg. 9-10, coll. Bourdot, Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, assez rare ; la Close, coll. Dumas et Cossmann ; 
Coislin, Musée de Nantes. 

Auricula ovata, Lamk. Pl. VII (III) lig. 12-13 

1881. — .4. omta Vass. loc. cit. pl. IX, fig. 39-43. 

1889. — — Cossm. Catal. Éoc. IV, p. 345, pl. VI, fig. 12-13. 

RD. Cette espèce est caractérisée par sa forme étroite et régulièrement 
ovale, par son ouverture à peu près égale à la moitié de la hauteur 
totale; elle se distingue par conséquent d'.-l. Lamarcki par sa spire 
plus longue et par son labre non contracté à la partie inférieure; mais 
en outre, on la reconnaît aisément, par ce que sa base est plus arrondie 
et plus convexe, perforée d'une fente plus ou moins ouverte, qui n'existe 
jamais dans l'autre espèce. La dent labiale n'est pas toujours bien 
visible: particulièrement dans la variété qui a l'ouverture inférieure à 
la moitié de la longueur, le labre parait mince et dénué de renflement, 
même chez les individus adultes; il n'est jamais bordé à l'extérieur. 
Quant aux plis columellaires, ils sont peu écartés, égaux, lamelleux, 
et l'on n'observe pas sur le pli antérieur l'épaississement bifide qui 
existe toujours chez A. Lamarcki. 

Quoiqu'elle soit moins commune, dans les gisements des environs de 
Nantes, que A. Douvillei, elle est cependant assez fréquente et très 
variable, de sorte qu'il n'est pas toujours facile de la séparer d'.4.Lawrtrcfci, 
si l'on n'examine pas minutieusement les caractères différentiels que je 
vien^' de signaler ('). 

(1) Je ne catalogue pas la coquille figurée par Vasseur sous le nom Melampus 
britaunus (pl. IX. lig. 54) : c'est probablement une iauae Auricula Douvillei, 
dont la plicalion coluinellaire est encore incomplète. En tous cas. cet échantillon 
auriculiforme ne ressemble guère aux Melampus vivants qui ont la base ombili- 
quée et le labre sillonné à l'intérieur. 



180 NANTES. —BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. —T. . L^-tj 

Cette espèce est le type de la section Pijthiopsis, proposée par 
Sandberger, en 1872 : cependant ce n'est pas celle dont la dent labiale 
est le plus développée, ce caractère qui distingue les Puthiopsis des 
véritables Auricula est beaucoup plus accentué dans les espèces précé- 
dentes, dont quelques unes sont mêmes tout à fait grimaçantes, par 
exemple .4. LudoticL 

Dm. Longueur, tomill.; grand diam., 8 mill. ; petit diam., 7 mill. 

Plésiotvpe. pi. VII (III) lig. 12-13, coll. Bourdot; Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët. 

Auricula Houdasi, «or. .sp. PI. VI (II) lig. 19-20 

Taille très petite ; forme ovoido-cylindrique, spire très courte, 
à bouton embryonnaire saillant et à galbe extraconique ; 5 ou 6 
tours étroits, convexes, séparés par des sutures linéaires ; der- 
nier tour égal aux cinq sixièmes de la largeur totale, atténué à 
la base ; surface entièrement iisse. Ouverture très étroite en 
arrière, un peu arrondie et subéchancrée à la base ; labre à peu 
près vertical, à contour un peu saillant au milieu, épaissi à l'inté- 
rieur avec un renflement dentiforme ; columelle courte et exca- 
vée, avec deux plis parallèles et -peu saillants, plus une dent 
pariétale très enfoncée à l'intérieur de l'ouverture ; bord colu- 
mellaire calleux, largement étalé sur la base qu'il recouvre her- 
métiquement, se raccordant par un coude avec l'échancrure 
sinueuse du contour supérieur. 

DiM. Longeur, 3 1/2 mill. ; diamètre, 1 3/4. mill. 

RD. Je ne connais aucune forme dWuricula qui puisse être comparée 
à cette petite coquille qui a complètement l'aspect d'une Tornatina, sauf 
sa plication columellaire. La section Siona, Ad. est indiquée comme pré- 
sentant à peu près les caractères de notre espèce: le type est .1. avenu. 
Petit, dont je n'ai pas d'individu ni de figure sous les yeux ; il m'est donc 
impossible d'affirmer que A. Houdasi est de la section Siona. 

Type et Loc. PI. VI (II) fig. 19-20, unique, coll. Houdas ; Bois-Gouët. 

Scarabus Bonneti, noc. sp. PI. VI (II) fig. 22-23. 

Taille petite ; forme ovoïdo-conique ; spire plus ou moins allon- 
gée, à galbe conique, à bouton embryonnaire aplati ; 12 tours, 
dont la hauteur n'atteint pas le quart de la largeur, plans, 
subulés, séparés par des sutures linéaires ; dernier tour grand, 



[35 j M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 181 

arrondi, subperforé à la base ; surface entièrement lisse, 
dénuée des rangées de varices ou plutôt de cicatrices qui 
existent sur certaines espèces vivantes. Ouverture courte, grima- 
çants ; labre à peine incliné, mince et faiblement réfléchi, épaissi 
à l'intérieur assez loin du bord, et muni d'une crête de quatre 
dents rapprochées : columelle courte, portant 3 plis, l'antérieur 
très oblique tout à fait à la base, les 2 autres épais et lamelleux; 
en arrière, sur la base, est en outre une crête pariétale, souvent 
divisée en 3 dents ; bord columellaire très mince, se détachant 
en avant de la perforation ombilicale. 

DiM. Individu allongé, S mill. sur 4 1/2 niill. ; individu trapu, 6 1/2 
sur 3 1/2 mill. ; hauteur de l'ouverture, 3 1/2 mill. 

KD. Cette petite coquille a bien tous les caractères de S. scarabonis. 
Lin. vivant actuellement : c'est la première espèce signalée à l'état fossile, 
à ma connaissance, car Sandberger, ne cite pas ce genre, ni son syno- 
nyme Polyodonta. Elle est assez variable dans ses proportions, mais 
comme il existe des intermédiaires, il n'est pas possible d'y distinguer 
plusieurs formes. M. Vasseur a cité, à Campbon, un S. Heberti qui e'<t 
peut-être notre espèce ; mais, comme il n'y a aucune certitude, je n'ai 
pu reprendre ce nom de liste. 

Type. PI. VI (II) fig. 23, individu allongé, coll. Bonnet; lig. 22, individu 
trapu, coll. Hourdot. 

Loc. liois-Gouët, assez rare. Campbon, an ead. sp. (Vasseur) ? 



Ophicardelus sinuosus, noi\ sp. PI. VI (II) fig. 17-18. 

? 1889 — .1. Lamarcki (jeune) Cossrn. Catal. Éoc. IV, p. 346, pi. VIII, 
tig. 37. 

Forme ovale, plus ou moins trapue ; spire courte, subulée, à 
galbe tout à fait conoïde, avec un petit bouton embryonnaire ; 
6 ou 7 tours étroits, peu convexes, se recouvi ant les uns les autres, 
à sutures linéaires ; dernier tour gi'and, ovale dans son ensemble, 
subcylindrique au milieu, imperforé à la base ; surface entière- 
ment lisse. Ouverture étroite ; labre mince, s'appliquant dans un 
plan tangentiel à l'avant-dernier tour, à contour curviligne, avec 
une sinuosité rétroCurrente près la suture; columelle très courte, 
excavée, portant un pli antérieur un peu oblique, et une lamelle 
inférieure horizontale, très saillante : bord columellaire calleux. 



182 NANTES. — BULL. SOC SC . NAT . OUEST. — T. 5. '26] 

recouvrant hermétiquement la base, et se raccordant par une 
sinuosité versante avec le contour supérieur. 

Di.M. Longueur, 8 mill. ; diamètre, li 1/2 mill. ; liauteur de l'ouvert., 
5 1/2 mill. 

RD. Cette espèce diffère d'O. australis, type vivant du genre Ophicar- 
dehis, Beck, par sa spire plus courte et sa sinuosité labiale plus pronon- 
cée ; quant à la fente ombilicale et à la carène qui la circonscrit^ d'après 
la diagnose du Manuel de Fischer, j'ai des individus d'O. australis qui 
ne présentent pas ces caractères ; mais tous ont le labre tangent à l'avant- 
dernier tour et un peu sinueux à la suture : cette assimilation générique 
n'est donc pas douteuse. C'est probablement à la même espèce, et en tous 
cas au même genre qu'il y a lieu de rapporter la coquille du bassin pari- 
sien que j'ai autrefois confondue avec nn jeune individu d'.4. Lamarcki : 
comme la spire est souvent raccourcie par un emboîtement accidentel 
des sutures, la coquille paraît alors plus trapue. 

Type. PI. VI (II) fig. 17-18, coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, très rare, cinq individus, coll. Dumas, Bourdot 
et Dautzenberg. 

Marinula Pfeifferi, [Desh.] PI. VI (II) fig. 13-16. 

1881. — Pedipes Pfeifferi, Vass. loc. cit. pi. IX. fig. 53-56. 
1889. — Mat inula Pfeifferi, Cossm. Cat. Éoc. IV, p. 330. 

RD. Une comparaison minutieuse des individus du Bois-Gouët avec 
ceux de la Ferme de l'Orme, dans le bassin de Paris, m'a fait constater 
l'identité des deux formes : c'est une coquille un peu allongée, ovale, à 
spire courte et obtuse, moins ventrue que M. Lon-ei et ayant le dernier 
tour moins développé ; un bourrelet obsolète, limité par une impercep- 
tible strie accompagne les sutures ; la base est jjerforée d'une étroite 
fente ombilicale, et le labre est muni, comme dans les individus pari- 
siens, des quatre plis internes qui n'existent pas dans les espèces 
vivantes ; mais comme la plication columellaire est parfaitement' typi- 
que, un petit pli antérieur, un second médian qui se raccorde au 
précédent, enfin un troisième postérieur, mince, lamelleux et oblique, 
qui encombre l'ouverture, je persiste à penser qu'il n'y a pas lieu de 
distinguer, au point de vue générique, les Marinula de l'Éocène, de celles 
des mers actuelles. Ces plis labiaux sont d'ailleurs un peu moins saillants 
et plus enfoncés à l'intérieur, dans les échantillons du Bois-Gouët que 
dans ceux du bassin de Paris. 

DiM. Longueur, 4 1/2 mill. ; diamètre, 2 1/4 milL ; hauteur de l'ouver- 
ture. 2 1/2 mill. 

Plésiotvpe et Loc. PI. VI (II) fig. 13-16 coll. Bourdot ; peu rare au 
Bois-Gouët. 



[27, M. C08SMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 183 

Marinula labrosa, noi\ sp. PI. VI (II) fig 13-14. 

Taille petite ; forme ovale, ventrue, un peu turbinée ; spire 
courte, à galbe conique, à sommet corrodé ; 5 tours, dont la hau- 
teur égale les deux cinquièmes de la largeur, séparés par des sutu- 
res linéaires, avec un étroit bourrelet limité par une strie très obso- 
lète ; dernier tour très grand, ovale, gonflé, à base presque imper- 
forée ; surface entièrement lisse. Ouverture large et dilatée en 
avant ; labre oblique, un peu sinueux, épaissi à l'intérieur et 
taillé en biseau ; columelle oblique, peu excavée, munie de trois 
plis, l'antérieur petit, le médian transversal et plus épais, se 
raccordant par une courbe à son extrémité avec le précédent, Tin- 
férieur mince et obliquement ascendant ; bord columellaire cal- 
leux, appliqué sur la fente ombilicale. 

DiM. Longueur, 6 uiill. ; diamètre, 3 1 2 niill. ; hauteur de l'ouverlure, 
3 1/2 mili. 

RD. Il est impossible de confondre cette espèce avec J/. P/ei/^er/, prin- 
cipalement à cause de l'ahscnce de plis à l'intérieur de la paroi de son 
labre, ce qui fait que M. labrosa se rapproche davantage des formes 
vivantes, dont elle se distingue cependant par l'épaississement du labre. 
Il y a encore d'autres différences entre M. labrosa et M. Pfeîfferi : notre 
espèce est à peu près imperforée à la base, son pli médian se raccorde avec 
le pli antérieur par une virgule beaucoup plus obsolète et moins coudée, 
la lamelle inférieure encombre moins l'ouverture par la saillie, les sutu- 
res sont moins largement et moins nettement bordées en dessus. Si on 
la compare k M. Loiret, elle est moins globuleuse et a les tours moins 
subulés, plus convexes. En résumé, l'existence de cette espèce, qui n'est 
pas complètement du même groupe que les formes vivantes, ni du même 
groupe que celle de l'Éocène parisien est une confirmation de l'opinion 
que j'ai émise à prosos de M. Pfeîfferi, à savoir qu'il n'est pas possible 
de diviser le genre Marinula en sections, ou du moins de proposer 
pour ces groupes des noms qui surchargei aient peu utilement la nomen- 
clature. M. Vasseur a cité, dans les listes accompagnant son étude stra- 
tigraphique un Pedipes Bezançoni de Campbon ; mais, comme il m'est 
impossible, faute d'une figure ou d'une description, d'affirmer que ce 
soit la même espèce, je suis dans l'obligation de négliger cette dénomina- 
tion. 

Type. PI. VI (II) fig. 13-14, coll. Dumas, Bois-Gouët. 

LoG.-Bois Gouët, aussi fréquente que M. Pfeifferi. 



184 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. :28j 

Siphonaria Tournoueri, Vasseur. PI. Vil (111) iig. 18-19. 

1881. — S.Toiu'noiieri, Vasseur, loc. cit. pi. X, fig. 8-0. 

Forme ovale, assez élevée, à galbe arrondi en prolil ; sommet 
central, indiqué par un bouton très obtus ; surface ornée de douze 
côtes rayonnantes principales, entre lesquelles s'intercalent trois 
côtes secondaires, celle du milieu ramifiée plus près du sommet ; 
vers les bords, ces côtes sont à peu près toutes égalisées. Péri- 
trême assez mince quand la coquille n'est pas usée ; impressions 
musculaires écartées du bord, terminées par des cicatrices 
étroites et triangulaires ; branche de gauche, interrompue vers 
le milieu de la hauteur, par une large dépression rayonnante qui 
modifie le contour de la coquille: lobe isolé, demi-elliptique; 
ligne supérieure courte et droite. 

DiM. Longueur, 2 mill. ; largeur, 18 mill. ; hauteur 91/2 mill. 

RD. Moins arrondie que .S'. spectabUis de l'Éccène parisien, elle s'en 
dislingue par ses côtes beaucoup moins nombreuses et plus Inégales ; 
elle ressemble par sa forme élevée et ovale à S. costari.a d'Anvers, mais 
elle a moins de côtes plus régulièrement subdivisées, et surtout sa gout- 
tière pulmonaire est située beaucoup moins en avant ; elle n'est pas digi- 
lée comme S. crassicosta, qui est d'ailleurs tout-à-fait surbaissée et n'a 
pas le galbe arrondi du profil de l'espèce du Bois-Gouët. 

Type. PI. Vil (III) iig. 18-19, coll. du Musée de Nantes. 

Loc. Bois-Gouët, Musée de Nantes, coll. Bourdot, Dumas et Bonnet. 

Siphonaria granicosta, nov. sp. PI. VII (III) (ig. 6-7. 

Forme ovale arrondie, médiocrement élevée, à galbe légère- 
ment conoïde en profil ; sommet central, indiqué par un bouton 
obsolète ; surface ornée d'environ quinze côtes subnoduleuses, 
entre lesquelles s'intercalent peu régulièrement d'autres costules 
qui n'atteignent pas le sommet ; les granulations rugueuses dont 
elles sont irrégulièrement chargées, sont produites par les 
accroissements du test. Péritrème festonné par les côtes, assez 
mince; sillon pulmonaire peu distinct, rayonnant vers les deux 
tiers de la hauteur ; impressions musculaires effacées par l'usure. 

DiM. Longueur, 16 mill. ; largeur, 13 mill. ; hauteur 5 1/2. 

RD. J'ai hésité à séparer cette espèce de S. Tournoueri qui n'est connu 
que par des exemplaires adultes, tandis que celle-ci est représentée 



"29 -M. COSSM.VNX. — .MOLLUS(,»UES ÉOCÉNKJUES 18.") 

par des échantillons de plus petite taille ; néanmoins les caractères dis- 
tinctifs qu'elle présente ne paraissent pas se modifier avec l'âge : elle a 
plus de côtes rayonnantes, moins régulières, portant des rugosités dont 
on n'aperçoit pas la trace sur S. Tonrnoiien ; en outre, elle est un peu 
moins élevée et son sillon pulmonaire rayonne nn peu plus en avant ; 
enfin son galbe est moins hémisphérique, quoiqu'il ne soit pas aussi coni- 
que que celui de S. crassicosta. Il s'agit donc bien d'une espèce nouvelle 
qui mérite une dénomination distincte. 

Type. PI. VU (III) lig. 6-7, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, coll. Bourdot, Dumas et Cossmann, cinq individus. 



Actaeon Octavii, [Vasseur] PI. VII (III) lig. 23-26. 

1881. — Tornatelki Octacii, Vass. loc. cit. pi. X, lig. 20-22. 

Taille assez grande ; forme ovdïdo-conique ; spire longue, 
pointue, à galbe conoide ; 7 tours à peine convexes, dont la 
hauteur n'atteint pas la moitié de la largeur, séparés par une 
rampe étroitement canaliculée ; derniei' tour peu ventru, ovale à 
la base ; surface ornée, sur chaque tour, de 10 sillons ponctués 
et inégaux, à peu près équidistants, sur le dernier tour, de 25 
sillons et sur la base, de larges rainures décussées par les 
accroissements, séparées par des cordons plats et bifides, plus 
étroits que ces rainures. Ouverture courte, arrondie et un peu 
versante à la base ; labre arqué, un peu échancré sur la rampe 
suturale ; pli columellaire très bifide ; bord calleux largement 
étalé. 

DiM. Longueur, 23 mill. ; diamètre, 10 mill, ; ouverture, 14 mil!. 

RD. Contrairement à ma première opinion (Catal. Éoc. IV, p. 303) 
fondée sur la comparaison des figures, cette espèce est distincte d' .4. 
Gmelini : sa forme est moins étroite, ses tours sont beaucoup moins 
hauts, son ouverture est plus longue et son pli plus profondément bifide ; 
enfin le sillon qui surmonte la rampe suturale, ne se transforme pas, 
comme dans l'espèce parisienne, en une rainure plus large que les autres. 
Je passe l'embryon sous silence : c'est peut-être accidentellement qu'il 
est moins saillant dans l'individu d' A. Oclatu que je viens de décrire. 
au lieu de former une crosse comparable à celle d'4. Gmelini. 

Types. PI. VII (III; fig. 23, coll. Cossmann.- Fig. 26, coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, peu commune. 



186 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 30j 

Actaeon subinflatus, d'Orb. PI. VII (III) fig. 27. 

(Gâtai. Éoc. IV, 1889, p. 302.— E.ssais de Paléoconch. 1, 1895, pi. I, fig 1). 

RD. L'échantillon de Gampbon que j'ai fait reproduire, est, en tous 
points, identique à ceu.x du bassin de Paris ; il a le dernier tour 
régulièrement ovale, médiocrement ventru, orné de sillons équidistants 
à interstices cloisonnés ; l'embryon est peu saillant, et le pli columellaire 
est simple et arrondi. 

DiM. Longueur, 5 mill. ; diamètre, 2 1/2 mill. 

Plésiotype. pi. VJI (III) fig. 27 ; Musée de Nantes (Gampbon). 

Loc. Gampbon, unique. Bois-Gouët, 3 individus, coll. Bourdot ; 2 
individus, coll. Dumas ; un individu, col), Dautzenberg. 

Aciaeon Bevaleti, [Baudon] PI. VII (III) fig. 28. 

(Gâtai. Éoc. IV, 1889 p. 307. - Essais de Paiéo. 1, 1895, pl. I, fig. 2-4). 

RD. Gitée par Vasseur au Bois-Gouët, celte espèce y est rare ; les 
échantillons sont à peu près identiques à ceu.K du bassin de Paris ; leur 
forme est trapue, leur spire étagée, leurs sillons sont réguliers et 
cloisonnés par les accroissements ; le pli columellaire antérieur est 
e.xtrêmement saillant, tandis que le pli pariétal est réduit à un renflement 
obsolète et peu visible ; la base est subperforée. Sous-genre SoUdula. 

DiM. Longueur, 4 mill. ; diamètre, 2 1/4 mill. 

Plksiotype. Pl. VII (III) fig. 27 ; coll. Dumas (Bois-Gouët). 

Loc. Bois-Gouët, peu commune ; Arthon, coll. Dumas. 

Actaeon Dumasi, nov. sp. Pl. VII (III) fig. 32. 

Taille petite ; forme ovale, ventrue ; embryon hétérostrophe, 
à nucléus complètement empâté ; spire courte, à galbe conique ; 
6 tours convexes, dont la hauteur égale le tiers de la largeur, un 
peu étages à la suture, ornés de 3 sillons plus serrés en arrière ; 
dernier tour ovale, grand, munis de 8 sillons, dont 2 rapprochés 
au dessus de la suture, et les autres très écartés, cloisonnés par 
les accroissements ; base arrondie, avec un grand nombre de 
larges rainures concentriques et cloisonnées, que séparent des 
cordonnets beaucoup plus étroits. Ouverture assez large, arrondie 
en avant ; labre un peu arqué ; pli columellaire supérieur, très 
épais, très saillant et arrondi ; pli pariétal très écarté du 
précédent, peu saillant; bord columellaire mince, découvrant la 
fente ombilicale. 



[olj -M. COSSMAXX. — MOLLUSQUES ÉOCÉXIQUES 187 

DiM. Longueur, 3 mill. ; diamètre, 3 1/4 mill. ; ouverture, 3 1/2 mill. 

RD. Beaucoup plus ventrue qu'A. Bemleti, elle s'en distingue, en outre, 
par ses sillons plus écartés, par les larges rainures de sa base, par sa 
spire plus courte et par ses tours plus étroits. Sous-genre Solidula. 

Type. PI. VII (III) fig. 32 ; coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, unique. 

Actaeon Bezançoni, Cossm. PI. VII (III) fig. 23-24. 

1889. — Act. sphœriculus, var. Bezançoni, Cossm. Cat. Koc. IV, p. 308, 
pi. VIII. fig. 34. 

Taille petite : forme ovale ; spire à galbe conique, à tours 
convexes, dont la hauteur égale la moitié de la largeur, à sutures 
peu profondes ; dernier tour ovale, orné de nombreux sillons, 
réguliers et cloisonnés par les accroissements. Ouverture ovale, 
assez large ; labre presque vertical, épaissi par un très large 
bourrelet ; columelle presque droite, portant au milieu un petit 
pli ; bord coluniellaire presque nul, découvrant une étroite fente 
ombilicale. 

DiM. Longueur probable, 4 1;2 mill. ; diamètre, 2 1/4 mill ; ouverture, 
2 1/4 mill. 

RD. L'individu de la Loire-Inférieure que j'ai fait reproduire étant 
identique à ceux de Grignon, que j'avais précédemment séparés comme 
une variété d'.l. sphœriculus, je me décide à ériger cette variété en une 
espèce qui se dislingue de celle de Deshayes par sa forme moins globuleuse, 
par son pli coluniellaire plus saillant, et par sa fente ombilicale presque 
close. Sous-genre Semiactœon. 

Type. PI. VII (III) lig. 23-24, coll. Gossmann. 

Loc. Bois-Gouët, coll. Gossmann, coll. Bourdot. 

Creni" .bium suturatum, noi:. sp. PI. VII (III) (ig. 14-Io. 

Taille très petite ; forme étroite, aciculée ; spire allongée, à 
embryon hétérostrophe, obtus et empâté, à galbe légèrement 
conoïde; 6 tours convexes, dont la hauteur atteint les trois quarts, 
de la largeur, séparés par des sutures étroitement et profondé- 
ment canaliculées; dernier tour ovale, étroit, atténué à la base qui 
est imperforée ; surface brillante, très finement ornée d'impercep- 
tibles stries spirales, qui sont un peu plus visibles sur la base. 
Ouverture ovale, rétrécie en arrière, peu dilatée en avant ; labre 



188 NANTES. — BLLL. SOC. SC . NAT . OIEST. — ï. 5. :W 

mince et vertical, re^^lié ù la suture contre lavant-dernier tour ; 
columelle excavée, dénuée de pli ; bord columellaire étroit, 
caréné à l'extérieur, sans traces de crénelures sur sa surface 
médiane. 

, DiM. Longueur, 5 1/4 mill. ; diamètre, 1 3 4 mill. ; hauteur de l'ouver- 
ture, 2 1/2 mill. 

RD. Beaucoup moins ornée que C. crenatum de Barton, elle a l'ouver 
ture plus courte et le bord columellaire lisse ; elle n'a pas les sillons 
aussi marqués sur la base que C. aciadatum de Cuise, et en outre ses 
sutures sont bien plus canaliculées. L'absence de crénelures labiales tient 
peut-être à ce que le bord columellaire n'est pas très complet sur le type 
que je viens de décrire ; quant à la columelle, elle est fendue précisé- 
ment à l'endroit où il pourrait y avoir un renflement pliciforme ; on ne 
peut donc aflirmer qu'elle en soit absolument dépourvue. 

Type et Loc. PI. VII (III) fig. 14-lo, unique, coll. Bourdot; Bois-Gouët. 

Scaphander altavillensis, Desh. PI. VII (III) lig. 33-33, 

(1861. — Desc. anim. sans vert, bassin de Paris, II, p. (344). 
Forme oVale, un peu bombée au milieu, atténuée à ses deux 
extrémités ; spire invisible, étroitement perforée en entonnoir ; 
dernier tour embrassant toute la coquille, orné de sillons à peu 
près équidistants, écartés, un peu plus serrés vers la base et le 
sommet qu'au milieu de la surface, finement ponctués par les 
accroissements. Ouverture étroite en arrière, dilatée en avant ; 
labre peu arqué, faiblement entaillé à sa jonction avec le som- 
met ; bord columellaire excavé, bien appliqué sur la base, se 
terminant en pointe incurvée à l'extrémité du contour supérieur, 
DiM. Longueur, 4 mill. ; diamètre, 2 mill. 

RD. Les individus, d'ailleurs très rares, qui existent au Bois-Gouët, 
sont d'une taille beaucoup plus petite que ceux du Cotentin que Deshayes 
a séparés, avec raison de l'espèce parisienne; mais ils sont absolument 
identiques, ainsi que j'ai pu m'en assurer en les comparant à un échan- 
tillon de 14 mill. de longueur, que je possède d'Hauteville. lis diflèrent 
de S. coiiicus du bassin de Paris, parleur foruie moins étroite, par leur 
bord columellaire moins détaché de la base, par leur labie moins échan- 
cré au sommet ; de S. Brongniarti par leurs sillons plus écartés, par leur 
labre moins oblique et moins arqué ; enfin de S. parisiensis par leur 
ouveiture plus dilatée et par leurs sillons plus écartés. Si on compare 
cette espèce au type vivant, S. lignarius, on trouve qu'elle n"a pas la 
même forme conique, ni l'ouverture aussi découverte, et que sa spire est 



OO; M. roSSMANN. — .MOL[.USl>)lES KOCÉNlQUKS 18!» 

lierfol'ée, non recouverte par la callosité qui caractérise les individus 
adultes de la Méditerranée. 

Type. PI. VII (III) fig. 33-34, coll. Bonnet. 

Loc. Bois-Gouët, rare, coll. Bonnet. Cossmann, Dautzenbertr. 

Scaphander tenuistriatus, noi-. sp. PI. VI (II) lig. 30-31. 

Forme ovale, un peu atténuée en arrière, dilatée en avant ; 
spire visible, au fond d'un étroit entonnoir, avec un petit nucléus 
et une suture canaliculée ; dernier tour embrassant toute la 
coquille, très finement orné de stries spirales serrées, à peine visi- 
bles quand la surface n'est pas fraîchement conservée. Ouverture 
grande, étroite en arrière, largement dilatée à la base ; labre 
arqué, avec une échancrure profondément rétrocurrente à la 
suture ; bord columellaire peu calleux, appliqué sur une rainure 
ombilicale, qu'on n'aperçoit que lorsqu'il est accidentellement 
enlevé. 

DiM. Longueur, 11 mill. ; diamètre, 6 mill. 

RD. Se distingue de la plupart de ses congénères du bassin de Paris 
par la finesse de ses stries, et surtout par le développement que prend la 
partie visible de la spire ; toutefois, outre qu'elle a bien la forme générale 
et le bord columellaire des Scaphander, elle s'écarte desAmphisphyra 
par son labre beaucoup plus échancré à la suture. En particulier, l'espèce 
d'Hauteville que Desbayes a désignésous le nom altavillensis, a des sillons 
bien plus écartés et plus profonds, le sommet à peine perforé etc. . . 

Type. PI. VI (II) fig. 30-31 coll. Dumas. 

Loc. Bois-Gouët, rare ; coll. Dumas, Bourdot, Cossmann, Dautzenberg. 

BuUa globulus, Desh. PI. VII (Ill)lig. 35. 

(Gâtai. Éoc. 1889, IV, p. 321). 

Cette espèce parait aussi rare dans la Loire-Inférieure que dans le bassin 
de Paris : sa forme lisse et ovale, sa columelle régulièrement courbée, son 
bord columellaire caréné du côté de la base, sa perforation apicâle étroite, 
paraissent confirmer l'assimilation que je propose avec le type autrefois 
décrit de la Ferme de l'Orme. C'est la seule espèce éocénique qu'on puisse 
rapporter avec vraisemblance au véritable genre Bulla, et encore y a t il 
lieu de remarquer que la columelle n'a pas une courbe aussi régulière 
que celle de B. ampulla vivant. 

Plésiotype. PI. VII (III) fig. 35, coll. Cossmann. 
Loc. Bois-Gouët, coll. Cossmann et Bourdot; Arthon, coll. Dumas. 

H 



190 NANTES . — BULL . SOC . SC . NAT . OUEST . — T . 5 . [34] 

BuUinella Bruguierei, [Desh.] PI. VII (III) fig. 41. 

(Catal. Éoc, 1889, IV, p. 316). 

Les individus du Bois-Gouët atteignent à peu près la même taille que 
ceux des environs de Paris, environ 8 mill. de longueur ; lorsqu'ils ne 
sont pas usés, les stries spirales, toujours visibles sur la base, où elles 
sont plus profondes, s'aperçoivent sur toute la surface ; leur columelle 
peu excavée porte le même pli antérieur que la forme typique de Grignon ; 
l'échancrure postérieure du labre est peut-être un peu moins profonde, et 
les plis d'accroissement, d'ailleurs irréguliers, sont seulement un peu 
plus marqués : je ne vois pas d'autres différences. 

Plésiotype. pi. VII (III) fig. 41, coll. Bourdot (Bois-Gouët). 

Loc. Bois-Gouët, commune. 

BuUinella goniophora, [Desh.] PI. Vil (III) fig. 40. 

(Catal. Éoc, 1889, IV, p. 316}. 

RD. Il est impossible de confondre cette espèce avec la précédente, parce 
qu'elle est beaucoup plus étroite, et qu'au lieu d'un pli antérieur à la 
columelle, elle porte un petit renflement postérieur ; sa surface paraît 
entièrement lisse ; l'entonnoir de la spire est étroit et tronqué, mais sa 
périphérie n'est pas toujours aussi anguleuse que dans le bassin de Paris. 

Plésiotype. pi. VII (III) fig. 40, coll. Cossmann ; Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, 3 individus, coll. Cossmann ; un échantillon, coll. 
Bourdot ; Coislin, coll. Dumas. 

BuUinella brachymorpha, nov. sp. PI. VII (III) fig, 10-11. 

Taille petite ; forme ovoïde-cylindrique ; spire assez étroite- 
ment perforée au sommet avec un sillon spiral ; surface entière- 
ment lisse. Ouverture peu rétrécie en arrière, médiocrement 
dilatée en avant, où elle est arrondie et subéchancrée ; labre 
arqué, faiblement écliancré en arrière ; columelle oblique, pres- 
que rectiligne, avec un imperceptible renflement sinueux, vers 
le milieu ; bord columellaire étroit, calleux, recouvrant presque 
entièrement la fente ombilicale. 

DiM. Longueur, 3 1/2 mill. ; diamètre, 1 3/4 mill. 

RD. Plus courte et plus trapue que B. Bruguierei, elle a la spire plus 
étroitement perforée, quoique munie du sillon spiral qui caractérise l'es- 
pèce de Deshayes et les BuUinella typiques ; elle s'en distingue en outre, 
par sa surface tout-à-fait lisse, par son labre plus arqué, par l'absence 
d'une torsion columellaire à la base, enfin par sa fente ombilicale à peu 



35" M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 191 

près close : il est donc aisé de séparer ces deux formes lorsqu'elles sont 
mélangées. Si on la compare à Z?. Lebrani, elle est beaucoup moins étroite 
et a l'ouverture moins rétrécie en arrière, moins subitement dilatée en 
avant. Enfin elle est plus ovale que B. goniophora, plus trapue, moins 
tronquée au sommet, et elle a la columelle plus oblique, moins excavée. 
M. Vasseur a cité, dans les listes accompagnant son étude stratigraphi- 
que, deux nouvelles espèces de Campbon, BuUa nticulaei B. namnetica ; 
comme j'ignore s'il a voulu désigner cette espèce ou l'une de celles que 
j'ai décj-ites ci-après, je ne puis reprendre ces dénominations incertaines. 

Type. PI. VII (III) fig. lO-il, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, rare, coll. Bourdot, Bonnet et Cossmann ; S'-Gildas, 
coll. Dumas. 



Bullinella cylindroides, Desh. PI. VII (III) fig. 37-38. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 317). 

Cette espèce étant assez variable dans le bassin de Paris, il ne faut 
attacher qu'une importance relative aux petites différences que l'on 
constate entre les échantillons du Bois-Gouët et ceux de Grignon, par 
exemple : leur columelle est un peu plus tronquée et le bord columellaire 
est moins bien appliqué sur la fente ombilicale ; beaucoup d'entre eux 
se rapprochent davantage de la variété trapue que j'ai signalée dans le 
calcaire grossier supérieur que de la forme typique, qui est au contraire 
la plus répandue dans les environs de Paris ; leurs stries spirales sont 
beaucoup moins visibles, mais cela tient à l'état d'usure de la plupart 
des échantillons. Quoi qu'il en soit, on les distingue par leur sommet 
étroitement perforé, et par leur forme générale, cylindrique au milieu, 
ovalement atténuée aux extrémités. Section Cylichnina. 

Plésiotype. pi. VII (III) fig. 37-38, coll. Dumas (Bois-Gouët). 

Loc. Bois-Gouët, assez commune ; Coislin, Arthon, coll. Dumas. 



Bullinella Rideli, nov. sp. Pl. VII (III) fig. 36. 

Taille petite ; forme ovoïdo-conique ; spire assez étroitement 
perforée ; surface ornée de très fines stries spirales aux deux 
extrémités du dernier tour. Ouverture étroite, à peine dilatée en 
avant ; labre presque vertical, un peu arqué ; columelle excavée 
en arrière, tronquée à la base ; bord columellaire étroit, ne 
recouvrant pas complètement la fente ombilicale. Section 
Cylichnina. 

Dim. Longueur, 3 1/4 mill ; diamètre, 1 3/4 mill. 



192 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. o6 

RD. Plus courte et plus conique que B. cylindroides, ella a la columelle 
plus excavée, la perforation apicale moins étroite ; elle se distingue de 
B. conulus et Caillcfti par sa forme moins conique, par son labre non 
contracté au milieu, par sa columelle excavée en arrière ; on la reconnaît 
surtout à son galbe subitement atténué, vers le quart de la hauteur, du 
côté postérieur. 

Type. PI. VII (III) fig. 36, coll. Bourdot, Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, rare ; Coislin, Arthon, coll. Dumas. 



Acrostemma coronatum, [Lamk] PI. VII (III) fig. 21. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 318). 

La forme typique du bassin de Paris est aussi la plus abondante dans 
la Loire-Inférieure : on la reconnaît invariablement à son galbe étroit, 
légèrement conoïde en arrière, à sa couronne de plis apicaux, deux ou 
trois fois crénelés autour de l'entonnoir de la spire, qui est étroit et 
profond ; surtout à sa columelle à peine excavée, non tronquée à la base, 
recouverte par un bord calleux qui laisse apercevoir la fente ombilicale, 
et se raccorde au contour supérieur; une douzaine de sillons, souvent 
peu visibles, s'enroulent en spirale sur la base. Tel est l'ensemble des 
caractères qui permettent d'isoler, sans difTiculté, la plupart des individus; 
toutefois quelques uns sont un peu plus cylindriques et leur couronne 
est quadricrénelée, de sorte qu'ils se rapprochent davantage de la variété 
Boutiliieri du bassin de Paris et de Barton ; mais, comme il y a de 
nombreux intermédiaires, et que leur columelle est absolument identique 
à celle du type, je ne crois pas qu'on doive ériger cette variété en espèce 
distincte. 

Plésiotype. PI. VII (III) fig. 21, coll. Dumas, Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, assez commune ; Coislin, Arthon, coll. Dumas ; 
Campbon, Musée de Nantes. 

Acrostemma Bezançoni, [Morlet] PI. VII (III) fig. 39. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 319, pi. XI, fig. 12). 

RD. De même que dans le bassin de Paris, cette forme, beaucoup plus 
rare que A. coronatum, se distingue du type et de ses variétés, non 
seulement par sa forme un peu plus ovale et plus courte, mais surtout 
par la troncature de sa columelle qui est plus arquée ; le bord columellaire 
qui est appliqué sar la fente ombilicale, ne se raccorde au contour 
supérieur qu'après avoir fait une sinuosité qui correspond à l'inflexion 
de la columelle à la base. Il est extrêmement difficile de distinguer les 
stries basales, à cause de leur finesse ; quant au bourrelet qui couronne 



,37 M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉINIQUES 193 

la périphérie de l'entonnoir apical, il est étroit, très peu saillant, peu ou 
point crénelé par des plis axiaux. Tous ces caractères, propres à l'espèce 
parisienne, se retrouvent sur les échantillons de la Loire-Inférieure. 

Plésiotype. pi. VII (III) fig. 39, coll. Bourdot. 

Loc. Bois-Gouët, rare. 

Roxania ovulata, [Lamk.] PI. VII (III) fig. 22. 

(Catal.Éoc. 1889, p. 320.— 1895. Essais Pal. comp. p. 98, pi. IV, fig. 20-22) 

Il n'y a presque aucune différence entre les échantillons du Bois-Gouët 
et ceux de Grignon qui paraissent seulement un peu plus ventrus, et 
encore cette forme arrondie ne s'acquiert-elle qu'à l'âge adulte; c'est 
bien la même ornementation, composée de sillons écartés et alternés, 
plus profonde aux extrémités qu'au milieu, s'enroulant dans la fente 
ombilicale qui est assez large; leur columelle est bien excavée en arrière, 
coudée et terminée en troncature amincie sur le bord de l'échancrure 
antérieure de Touverture ; enfin le sommet est étroitement perforé comme 
celui des lioxania typiques. Les individus de Barton que j'ai cités dans 
mon Catalogue comme appartenant à la même espèce, sont plus conoïdes, 
plus allongés : peut être sont-ce eux que M. Newton désigne sous le 
nom Atijs regularls, Edw. mss. dans la liste systématique de la collection 
Edwards. 

Plésiotype. PI. VII (III) fig. 22, coll. Dautzenberg; Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, rare, coll. Dautzenberg, Houdas, Dumas, Cossmann ; 
Arthon, assez commune, mais douteuse à cause de son état de conserva- 
tion, coll. Dumas. 

Sous-genre Plicobulla, Cossm. 1895. 

Type : P. Dumasi, nov. sp. PI. VII (III) fig. 8-9. 

RD. Comme on le verra par la description de l'espèce type, cette 
nouvelle coupe se distingue des Bidla et Acrocolpus par son pli columel- 
laire lamelleux et saillant, dont la carène se raccorde au contour supé- 
rieur de l'ouverture; des Cylichnella, par l'absence d'un second pli 
columellaire et par la forme plus versante de l'ouverture ; des Roxania, 
par l'existence du pli columellaire et par l'absence de troncature à 
l'extrémité antérieure de l'ouverture ; des Bullinella et Cijlichnina par la 
saillie lamelleuse du pli, qui ne se réduit pas à une torsion coudée de 
la columelle. Dans l'impossibilité de rattacher cette forme nouvelle à 
aucune des coupes existantes, je me vois dans la nécessité de lui imposer 
un nom nouveau ; elle prendra place dans la sous-famille des Cylichninae, 
à titre de sous-genre de Bullinella. 

Il en existe une autre espèce, Bulla bitruncata, Meyer, dans l'Éocène 
de Jackson (Mississipi), ma coll. 



19 i NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. -3. l38j 

PlicobuUa Dumasi, nov. sp. PI. VII (III) fig. 8-9. 

Forme ventrue, ovoïdo-globuleuse ; spire étroitement perforée 
au sommet ; . dernier tour embrassant toute la coquille, lisse 
sauf à la base qui porte une dizaine de stries spirales, un peu 
onduleuses et serrées, s'enroulant jusque dans la fente ombi- 
cale. Ouverture assez étroite, à peine plus élargie en avant où 
elle est versante ; labre épaissi à l'intérieur, formant un bec 
avant de se raccorder au sommet ; columelle excavée, portant 
au milieu un fort pli lamelleux et transversal qui se raccorde au 
contour caréné du bord columellaire ; ce dernier se détache de 
la fente ombilicale et rejoint le contour arrondi du bord supérieur, 
qui ne présente aucune trace de troncature de la columelle. 

Dm. Longueur, 4 12 mill. ; diamètre, 3 mill. 

RD. L'espèce ci-dessus décrite ressemble beaucoup à sa congénère de 
l'Éocène des États-Unis; toutefois, autant que je puis en juger par l'uni- 
que échantillon de Bulla bitruncata que m"a envoyé M. Meyer, notre 
fossile a le bord columellaire moins étalé et moins calleux, laissant 
apercevoir une fente ombilicale qui ne paraît pas exister dans la coquille 
de Jackson. Sur les individus très frais, on distingue, autour de la 
perforation apicale, deux ou trois filets concentriques, presque impercep- 
tibles. 

Type. PI. "VU (III) fig, 8-9, coll. Dumas; Coislin. 

Loc. Coislin, 5 individus, coll. Dumas; S'-Gildas, coll. Dumas; la 
Close, coll. Cossmann. 



Cylichnella Bourdoti, nov. sp. PI. VII (III( fig. 16-17. 

Forme ovale, ventrue ; spire étroitement perforée ; dernier tour 
formant toute la coquille, atténué à ses extrémités, à galbe 
ovoïde ; surface lisse seulement plissée par les accroissements du 
côté postérieur. Ouverture étroite, peu élargie en avant, versante 
à la base ; labre peu arqué, rétrocurrent et subéchancré près de 
la perforation apicale ; columelle munie d'un pli transversal 
placé très bas, excavé au dessus de ce pli, portant en avant un 
second pli tordu et très oblique ; bord columellaire épais, calleux, 
un peu détaché de la base, se raccordant avec le contour supérieur. 

DiM. Longueur, 8 mill. ; diamètre, 4 1/2 mill. 



[39] M. COSSMANN. — MOLLUSQUES ÉOCÉNIQUES 195 

RD. Moins cylindrique et moins lra\nie que C. vasatensis dn Miocène('), 
elle est caractérisée par la saillie plus grande de ses deux plis 
columellaires ; la découverte de cette espèce par notre confrère et ami 
M. Bourdot, recule l'époque d'apparition de ce genre, ou tout au moins 
conlîrme l'opinion de M. Dali sur son existence dans l'Éocène, (voir 
Essais de Paléoconchologie p. 97). Si on compare cette coquille à 
Acrocolpus plicatus qui a les plis disposés presque identiquement autour 
de la perforation apicale, on trouve qu'elle s'en distingue essentiellement 
par ses plis columellaires qui la placent dans un tout autre genre. Très 
rare. 

Type. PI. VII (III) fig. 16-17, coll. Bourdot; Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët ; Arthon, coll. Dumas. 

Amphisphyra subcylindrica, nov. sp. Pi. VII (III) fig. 20. 

Taille très petite : forme ovoïdo-cylindrique ; spire tronquée, 
un peu rétuse, formée d'un nucléus embryonnaire en goutte de 
suif, que circonscrit la suture canaliculée du dernier tour ; celui- 
ci, plus atténué en arrière qu'en avant, embrasse toute la 
coquille ; surface lisse. Ouverture étroite en arrière, dilatée et 
ovale en avant ; labre arqué, un peu proéminent en arrière, et 
et rétrocurrent vers le canal suturai ; bord columellaire mince, 
excavé, se raccordant avec le contour supérieur. 

DiM. Longueur 2 1/4 mill. ; diamètre 1 1/4 mill. 

RD. Beaucoup moins dilatée que A. assula et pulcIieUa de l'Éocène 
parisien, elle a le test moins mince et la surface dénuée de stries spirales ; 
elle a le bord columellaire plus excavé que A. assula, la spire plus 
largement ouverte et la suture plus profondément canaliculée que A. 
pulchella ; son gros embryon déprimé est tout-à-fait caractéristique. 

Type. PI. VII (III) fig. 20 ; coll. Cossmann. 

Loc. Bois-Gouët, unique. 

Ringicula Morleti, Vasseur. PI. VII (III) fig. 29-30. 

1881 — R. Morleti, Vasseur, loc. cit. p. 253 (non fig.) 

1882 — — Morlet, Monogr. Ringic. 2' suppl. p. 16. 

Taille petite ; forme peu allongée, ovoïdo-conique ; spire assez 
courte, à embryon obtus, à galbe conique; 4 tours croissant 
rapidement, séparés par de profondes sutures, ornés de 5 à 6 

(1) Il existe aussi, dans l'Oligocèae de Gaas, une Cyliclmella (Bulla plicatula, 
Grat.), à sommet plissé : mais elle a le pli antérieur bien moins saillant et sa 
base porte plusieurs sillons spiraux assez écartés. 



19G NANTES. — lîULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. • J . iO 

sillons spiraux et peu marqués; dernier tour grand, arrondi à 
la base, portant, ainsi que celle-ci, une quinzaine de sillons 
inégalement écartés, les trois inférieurs rapprochés de la suture, 
ceux du milieu plus espacés, les autres plus serrés sur la base. 
Ouverture assez large, canaliculée en arrière, profondément 
échancrée du côté antérieur ; labre vertical, épaissi par un 
bourrelet externe saillant et arrondi qui s'attache vers le milieu 
de l'avant dernier tour; les crénelures internes du labre sont au 
nombre de 10 environ sur toute la région antérieure qui est plus 
épaisse ; bord columellaire armé de trois plis convergents, 
l'antérieur plus épais, les autres lamelleux, avec une callosité 
basale qui rejoint le labre en arrière et circonscrit en avant 
l'échancrure antérieure de l'ouverture. 
DiM. Longueur, 3 mill.; diamètre, 2 mili. 

Obs. J'ai conservé le nom proposé par Vasscur pour celte espèce, 
bien que cette dénomination ne soit mentionnée que dans une liste, 
parce que ce nom a été adopté par Morlet dans sa Monographie et qu'il 
n'y a pas d'hésitation possible sur la détermination des individus du 
Bois-Gouët. 

RD. C'est avec raison que Vasseur a séparé cette coquille de R. rlnrjcns 
qui existe d'ailleurs aussi dans la Loire-Inférieure, non seulement 
parce que sa taille est plus petite et que ses tours sont moins nom- 
breux, mais surtout parce que son ornementation est différente, les 
sillons spirau.K sont moins nombreux et moins réguliers; en outre 
l'ouverture est plus large et ne forme pas une fente oblique, comme 
celle de R. ringens; ses plis columellaires sont un peu moins épais 
et le pli inférieur ou pariétal est moins parallèle à celui du mUieu; 
enfin les crénelures du labre sont plus fortes et s'étendent davantage 
sur la callosité. 

Type. PI. VII (III) lig. 29-30, coll. Houdas ; Bois-Gouët. 

Loc. Bois-Gouët, peu commune, coll. Dumas, Cossmann, Dautzenberg, 
Houdas; Arthon, coll. Dumas. 

Ring-icula ringens, [Lamk.] PI. VII (III) lig. 31. 

(Gâtai. Éoc. 1889, p. 322, pi. XI, fig. 19. — 1895. Essais de Paléoc. 
p. 113, pi. III, fig. 12-14). 

Placés côte à cùte, les échantillons de Campbon sont identiques à ceux 
de Mouchy, dans le bassin de Paris : ils ont également 5 tours, non 
compris l'embryon hétérostroplie, chaque tour porte 8 stries spirales, 
il y en a une vingtaine équidistantes sur le dernier tour et sur la base; 



41 yi. rOSSMAXX. — .MOLLUSC.tUES éocéniques 197 

les plis lamelleux sont un peu moins épais que ceux des individus 
parisiens, mais il faut tenir compte de ce que les échantillons de la 
Loire-Inférieure sont moins adultes ; le labre est un peu plus incliné 
sur l'axe vertical. 

Plésiotvpe. pi. VII (III) lig. 31, coll. du Musée de Nantes; Campbon. 

Loc. Campbon, Musée de Nantes ; Coislin, un fragment, coll. Dumas. 

Eoatlanta spiruloides, [Lamk.) PI. VII (III) fig. 5. 

(Catal. Éoc. 1889, IV, p. 302, pi. X, fig. 63-64). 

Je ne vois pas de différences entre l'individu du Bois-Gouët et ceux 
que je possède de Grignon ; peut être les accroissements y sont-ils plus 
faiblement indiqués du côté dorsal, mais les proportions et l'enroule- 
ment sont identiques, de sorte qu'on peut en conclure que c'est bien 
l'espèce parisienne. 

Plésiotvpe. PI. VII (III) lig. 5, coll. Bourdot. 

Lon. Bois-Gouët, unique. 



Contribution à l'étude géologique 

DES 

ENVIRONS DE CHALONNES-SUR-LOIRE 

(Maine-et-Loire) 
TERRAIN SILURIEN SUPÉRIEUR 

par M. L. P. DAVY, 

Ingénieur civil des Mines 

(31 Décembre IS95) 



Les auteurs de la carte géologique, feuille d'Ancenis au 80 
millième, ont figuré dans l'angle sud-est de ce rectangle une 
longue faille {10 kil.) qui s'étendrait de l'Est à l'Ouest, depuis le 
hameau de la Maison-Neuve, situé sur la rive gauche de la Loire 
à peu près à moitié distance entre Chalonnes et Montjean, jus- 
qu'au village de la Chapelle, au nord de Rochefort-sur-Loire. 
— A l'extrémité est de cette faille, entre la Maison-Neuve et la 
Loire, ils figurent un lambeau isolé de terrain silurien supérieur 
avec phtanites. 

D'autre part, M. L. Bureau rendant compte d'une excursion 
géologique qu'il fit, en 1890, de Chalonnes à Montjean dit^page 
215, que la grauwacke à plantes carbonifère repose en stratifi- 
cation discordante sur le calcaire dévonien et un peu plus loin, 
page 216, il apprend, qu'après avoir suivi les bords de la Loire 
en se dirigeant de Chalonnes vers Montjean et avoir constamment 
marché sur les grauwaches à plantes, il a constaté, au point 
précis où lès phtanites sont indiquées sur la carte, que cette 
grauwake ne repose plus sur le Dévonien mais sur les phtanites 
du Silurien supérieur et il ajoute : « Une faille dirigée est-ouest, 
« situé au nord du calcaire a ramené, ici, au jour le Silurien 
« supérieur entre le calcaire dévonien et la grauwake carbonifère. 



1 Excursion géologique de Chalonnes à Montjean (Maine-et-Loire). Bulletin de 
la Société sérient ifiq IIP d'Angers, XIX« année, 4890. page 2\'i. 



200 NANTES. —BULL. SOC..SC. NAT . OUEST. — T. 0. 

« La faille semble s'étendre bien loin sous le lit de la Loire, 
« dans la direction de l'est, etc. » 

.Te me propose de démontrer dans cette note, qu'aux environs 
de Chalonnes : 1° Les grauwakes à plantes ne reposent jamais 
directement sur le Dévonien. 2" Qu'une bande de terrain silurien 
supérieur se trouve constamment placée entre les grauw^ackes. 
et le Dévonien. 3° Que la grande faille figurée n'existe pas et que 
si l'on trouve en ce point une ou plusieurs cassures il est 
convenable de leur donner une direction toute dilïérente. 

Si, placé au point où les phtanites sont tracées sur la carte 
(tombeau Leclerc), on regarde l'ouest, on voit, au millieu du ter- 
rain d'alluvion qui sépare l'observateur des carrières de calcaire de 
Chàteaupaune, un îlot rocheux occupé par la ferme de Montillais, 
cet îlot est formé de roches appartenant au Silurien supérieur. 

Si, partant du même point on marche vers le sud-est, en se 
tenant sur le sommet du coteau, et laissant toujours au sud 
l'emplacement probable du calcaire dévonien et au nord les 
grauwaches, on ne tarde pas à dépasser le plan de la faille sup- 
posée et cependant on constate que les phtanites affleurent 
encore fort longtemps. Elles sont noyées dans les schistes noirs 
décomposés. Leurs traces se font, il est vrai, de plus en plus 
rares, mais on trouve encore un bel affleurement à plus de 1500 
mètres du point de départ. 

En se tenant toujours à petite distance au nord du calcaire 
dévonien on voit, qu'en descendant le coteau au point où la 
route de Chalonne à Montjean traverse normalement les strates, 
entre le four à chaux de St-Vincent et celui des Pierres-Blanches, 
les grauwackes sont séparées du calcaire par des roches schis- 
teuses siliceuses contenant des noyaux de lydienne et des 
nodules siliceux. 

Plus à l'est, les moulins de Chalonnes sont bâtis sur ces mêmes 
schistes avec traces de lydienne. 

Les exploitants de la carrière de St-Anne ont pratiqué, pour 
l'écoulement de l'eau, une tranchée profonde allant du calcaire 
dévonien vers les grauwackes, cette tranchée profonde, de plus 
de 100 mètres de longueur, est toute entière creusée dans des 
schistes verticaux, noir-bleuâtre, au milieu desquels se trouvent 
des lentilles de phtanites et des nodules. 



L. p. DAVV. — TERUAIN SILURIEN SUPÉRIEUR '-201 

Entre la carrière St-Anne et le cimetière de Chalonnes, on 
marche constamment sur des schistes durcis qui occupent une 
place étendue entre les grauwackes et le lieu que devraient 
occuper les calcaires. Ceux-ci n'affleurent pas dans cette région. 

Le chemin en tranchée, dit de la Planche-d'Armanger, qui 
passe à l'ouest du cimetière, fait voir ces mômes schistes avec 
des lambeaux de phtanite. 

En continuant toujours vers l'est on traverse la route de Cha- 
lonnes à Chemillé et là, à quelques pas au nord de cette route, 
à la naissance du coteau, ou peut constater l'existence d'un ban« 
puissant de quartz lydien, très fossilifère, autrefois exploité pour 
l'entretien des routes. 

Un peu plus loin, sous le chalet de M. Leclerclesphtanites sont 
remplacées par les schistes noirs très ampéliteux. Cette roche 
noire se suit sans interruption, pétrie de graptolites, de part et 
d'autre du chemin qui mène à la ferme de Moulierne. Avant d'y 
atteindre une masse de lydienne, en magnifique affleurement, se 
fait voir sous le sol du sentier qui aboutit au Grand-Fourneau. 

Au delà de ce four à chaux les calcaires sont tellement voisins 
des alluvions du Layon que tout affleurement de roches de con- 
tact disparait. 

M. Bureauaconstatélui-mêmel'existence du Silurien supérieur 
au nord du calcaire dévonien de Chaudefonds. 

Une bande continue de terrain silurien supérieur sépare donc 
le Dévonien du Carbonifère depuis Chàteaupaune jusqu'au delà 
de Chaudefonds, les couches de ce terrain s'approchent de la 
verticale comme le font les assises du Carbonifère à leur contact 
au nord et le terrain dévonien à ce même contact au sud. 

Cette arête du Silurien supérieur placée d'une façon continue 
entre le Carbonifère et le Silurien est intéressante à étudier en 
détail. Du côté du nord les grauwackes à plantes se voient sans ' 
interruption jusqu'au four St-Charles. 

Au sud, au contraire, les roches certainement dévoniennes, 
exclusivement composées de calcaire avec fossilei, n'apparais- 
sent que sous forme de grosses lentilles sans continuité, pas 
plus en direction qu'en profondeur, sans stratification nettement 
définie, noyées dans du schiste tendre, noir, brisé en tout sens. 
Des traces de cassures, presque normales à la direction générale, 



2(J2 NANTES. — BULL. «OC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

se voient dans toutes les carrières. Rien n'est moins exact que 
la bande continue représentant sur les cartes le calcaire dévonien . 
Si l'on veut décrire une quelconque de ces lentilles on la trouvera 
limitée, en tous sens, brisée par des cassures longitudinales et 
transversales, composée de calcaire massif bleuâtre confusément 
stratifié au centre de la' lentille et sur le bord nord, dans ces 
parties massives les polypiers abondent, l'ensemble donne l'idée 
d'une roche bâtie. La stratification est souvent moins confuse 
sur le flanc méridional ; là, les assises sont plus nettes, le cal- 
caire alterne avec des bancs schisteux, les lamellibranches se 
font voir, on comprend que l'ensemble du terrain plonge au nord 
en s'appuyant sur le sud. 

Quant aux accidents qui, en mille endroits, transforment le 
calcaire en dolomie, il m'a été, jusqu'ici, impossible d'en décou- 
vrir les lois. Le calcaire bleu devient brusquement de la dolomie 
jaune clair très pure, d'autre fois ce même calcaire se transforme 
en une brèche formée de fragments de calcaire cimentés par de 
la dolomie. Ces roches magnésiennes forment des petites lentilles 
irrégulières dans les grands lentilles calcaires et se voient tantôt" 
au nord, tantôt au sud, tantôt, et le plus souvent, dans la masse 
centrale. Toute trace de stratification et de fossiles disparaît dans 
cette dolomie. Il est cependant utile de noter que la dolomie 
diminue de volume à mesure que les carrières s'approfondissent. 
C'est ainsi que l'on a constaté que les grandes masses de dolomie 
citées par Dufrénoy au Grand-Fourneau n'ont pas eu de racines. 

J'ai dit plus haut qu'une profonde tranchée reliant le calcaire 
à la grauwacke a été creusée par les exploitants de la carrière 
St-Anne ; les roches traversées se composent de schistes tendres, 
noir-bleuâtre, feuilletés, presque verticaux, au milieu desquels 
s'intercalent des bancs calcareux au voisinage du calcaire, des 
lentilles de lydienne un peu plus loin, puis des grès grossiers, 
puis des schistes rouges. Dans cette masse profondément altérée 
il est impossible de savoir où finit le Dévonien, où commence 
le Carbonifère, qu'elle est la part qu'il faut attribuer au Silurien 
supérieur, et cependant l'étude de ces trois terrains, en direction, 
établit nettement qu'ils sont bien là tous les trois côte à côte. 

Cette difficulté de détermination est encore augmentée dans 
les points où il n'y a pas de tranchée et où le calcaire n'existe 



L. p. DAVY. — TEPdlAJX SILURIEN SUPÉKIEUP. ^208 

plus. La roche schisteuse, enjambant l'espace qu'il devrait occu- 
per, se répand au sud comme au nord de l'axe du terrain dévonien. 

On arrive alors à la conviction qu'il a eu, lors de l'effondrement 
des couches, passant de l'horizontale à la verticale, des efforts 
mécaniques tels que tout ce qui était malléable a été broyé et 
confondu en un magmas et qu'il ne reste plus pour nous gui- 
der que les roches qui, grâce à leur dureté, ont pu conserver leur 
forme primitive. 

C'est ainsi que dans les mines d'anthracite de la Basse-Loire 
on constate que les couches de combustible ayant pour épontes 
des roches tendres ont été brisées, laminées, étirées comme elles ; 
qu'elles ne conservent plus aucune trace de leur origine sédi- 
mentaire en eau tranquille, tandis que celles que le hasard a 
placées entre les bancs solides capables de résister aux plus grands 
efforts, ont conservé, malgré qu'elles soient devenues quelquefois 
verticales, leur régulai'ité d'allure, leur structure stratifiée, leurs 
feuillets durcis régulièrement intercalés etc. 

J'arrive ainsi à conclure que des grandes failles est-ouest, 
parallèles à la direction des strates, en nombre jusqu'ici 
indéterminé, ont précipité en profondeur des tranches du 
terrain et en ont relevé d'autres. Le synclinal dévonien 
ne possède plus que son bord sud. Le Silurien supérieur 
est compris entre deux failles. Les grauwackes à plantes ont été 
affectées de la même façon. Le terrain anthracifère lui-même 
fait voir à chaque pas, dans les travaux souterrains, des traces 
de ces grandes fractures du sol. 

Ces cassures parallèles aux axes des plis ont eu pour consé- 
quence la formation d'autres brisures perpendiculaires aux 
premières et dont les traces sont encore visibles à la surface du 
sol ; le ruisseau de la Planche-d'Armanger allant de St-Laurent 
à Chalonnes en est une ; une autre est celle occupée par le lit du 
ruisseau qui se jette dans la Loire entre le tombeau Leclerc et 
le hameau de Montilais. 

Je dois à l'obligeance de M. Barrois la possibilité de donner 
ici la nomenclature des graptolites que j'ai recueillies dans les 
phtanites des environs de Chalonnes, elles appartiennent à l'ho- 
rizon de Mal ville-en-Saffré (Loire-Inférieure) , ce sont : Monograp- 
tus spiralis Gein. ; Monograptus lobiferus ? Mac Coy ; Mono- 



204 NANTES. — JJULL. SOC. SC. NAT. OUEST. —T. 5. 

graptus cyphus ? Çlimacograptus normalis (c'est Tespèce la 
plus commune du gisement) ; Cephalograptusfolium His; Diplo- 
graptus sp. 

De nombreux géologues tels que Dufrénoy, Wolski, Cacarrié, 
Millet, Rolland, MM. Edouard et Louis Bureau, Œhlert, Barrois 
etc. ont étudié la géologie des environs de Chalonnes, mais ce 
petit coin est tellement compliqué et intéressant que beaucoup 
reste encore à en dire. 

\ 



MES VOISINS 

par le D"" Viaud-Grand-Ma.rais 

professeur à l'Ecole de Médecine de Nantes 
(51 décembre 1895) 

Ils sont tout de noir habillés. 

De ma fenêtre, j'en compte des centaines, des milliers même, 
et leurs croassements détonnent sur le son harmonieux des 
cloches, près desquelles ils sont nichés. 

Toussenel, dans son Ornithologie passionnelle, n'est tendre, 
ni pour eux ni pour leurs congénères les corbeaux, les groUes 
ou freux à reflets cuivrés, et les corneilles mantelées. 

Il les appelle des oiseaux en général très laids, très criards, 
très pillards, voraces, porteurs d'une rode noire, qui vire 
facilement au gris. 

Voilà de bien gros mots pour de pauvres bêtes ne dépassant 
guère la taille d'un geai et qui ne sont pas sans vertus. Elles ont 
au moins la fidélité conjugale, qualité attribuée bien à tort aux 
pigeons qui, s'ils s'aiment d'amour tendre, sont autrement fin de 
siècle. Que de réputations usurpées, bonnes et mauvaises, ne 
tenant pas à l'examen ! 

Mes voisins, on les appelle Choucas, Petits corbeaux, Corvus 
Monedula L., Monedula turrium. Par cette dernière déno- 
mination, on les sépare des corneilles, auxquelles ils ressemblent 
par la forme des ailes, des pattes et de la queue, et dont ils 
difî'èrent par leur bec court, fort, légèrement recourbé et renflé 
en dessous. 

Ils sont très laids I affaire d'appréciation; je les trouve beaux 
quand je puis les observer au repos, gardant le silence, conditions 
peu communes, il est vrai, l'agitation étant leur vie, et le bavar- 
dage un de leurs défauts. Ils ont bon air avec leur robe noire 
lustrée, à reflets violets chez le mâle, leur tête gris cendré en 
dessus, leur iris blanc à reflets bleuâtres, leurs pieds et leur 
bec noirs. 

15 



206 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Il n'y a ni trou, ni fente, dans la vieille église et dans la ruine 
voisine servant d'évêché qui n'en renferment quelques couples. 
Chaque Choucas a son gîte à part ; il sait le retrouver au retour 
de ses migrations hivernales. Il n'en permet l'entrée à nul autre 
que sa compagne, et tous les deux défendent courageusement 
leurs œufs. De là de nombreuses disputes, en Mars et Avril, 
saisons de leurs amours. 

Les petits restent tant qu'ils le peuvent au logis paternel ; ils 
y reviennent le soir après leurs premières sorties Quand ils 
seront en âge de s'accoupler, ils iront nicher ailleurs. N'est-ce 
pas le meilleur moyen d'avoir la paix en ménage ? 

Quand leurs parents les jugent capables de voler, ils les poussent 
sur le bord du nid, afin que, dans un faux mouvement, ils 
tombent dans l'espace. Ils leur montrent, non sans de bruyantes 
explications, comment ils doivent se servir de leurs ailes. Les 
petits se décident enfin ; mais parfois, ayant trop préjugé de 
leurs forces, ils tombent dans une galerie, sur un toit, où ils ne 
sont retenus que par une dalle. Le père et la mère inquiets, 
agités, viennent leur rendre courage, leur apporter tour à tour 
de la nourriture, leur rappeler comment il faut voler. Bientôt le 
jeune oiseau s'élève avec eux dans les airs, enivré d'espace et de 
liberté. 

Au printemps, dès Taube, et mieux encore le soir avant le 
coucher du soleil, je suis, d'une fenêtre de la rue de l'Evêché, 
témoin de véritables assemblées délibérantes, où tout se passe 
non sans bruit, mais avec assez d'ordre. 

Un chacun a fait sa ronde avec sa chacune, lui a parlé d'amour 
et tous les deux ont visité des couples amis, non moins bavards. 
Dulces sub nocte susurri. 

De tous les points de l'horizon sont arrivés à grand vol, 
séparément ou par groupes, ceux qui n'ont pas de demeure à 
eux. Tous les clochetons, les pierres saillantes ou branlantes 
sont envahis, ainsi que les sommets de la cathédrale et de 
l'évêché. Cela ne se passe pas sans quelques bousculades, des 
cris, des coups de bec échangés ; mais quelle assemblée populaire 
en est exempte ? 

Les derniers venus juchent comme ils peuvent, sur les toits, 
voisins, les arbres, en particulier l'acacia du cercle des officiers. 



VIAUD-GRAND-MARAIS. — MES VOISINS 207 

De là, ils voient quelque chose et s'ils ne peuvent prendre part à 
la discussion, ils peuvent au moins protester, crier. Que d'occasion 
de le faire ! un ami leur pile sur la patte ; d'autres font plier la 
branche sur laquelle ils sont perchés ! 

Que peuvent-ils se dire ? * 

Il y a des orateurs écoutés plus que les autres parce qu'ils 
sont plus criards et qu'ils savent obtenir le silence à coup de 
bec. Si j'étais le concierge chargé de sonner l'angelus, je voudrais 
arriver à saisir leur lexique et leur grammaire. Pas besoin de la 
cage à l'aide de laquelle un savant anglais dit avoir saisi les 
secrets du langage des singes, selon lui nos arrière-cousins. 

Djaer, leur mode d'appel, ne peut exprimer la même chose que 
Kraeh leur cri ordinaire, que Tian-tian qu'ils répètent sans 
cesse, quand ils volent en bandes au dessus des tours. 

Brehm dit qu'à la saison des amours, ils font entendre un 
babil charmant et que leur voix est flexible et étendue. Elle 
est même si flexible que nul autre oiseau ne reproduit avec plus 
de pureté, de netteté les modulations de la voix humaine. 

Colin, cité par lui, a donné la phrénologie des corbeaux. Il 
leur trouve les bosses du choix des aliments, du choix des lieux, 
de la destruction, de la ruse, de l'imitation, de la persévérance, 
etc. Sous le rapport phrénologique, circonvolutions à part, ils 
n'ont rien à nous envier. 

Le colloque terminé, ceux qui ne doivent pas passer la nuit 
dans la cathédrale, ou sur les ormeaux des Cours, s'organisent 
en bandes nombreuses et font plusieurs fausses sorties. Ils sont 
rappelés pour recevoir de dernières instructions ; puis, à un cri 
poussé, ils partent à la suite d'un chef, les uns vers l'est, dans 
la direction des bois de Maubreuil ; les autres, au delà de la Loire, 
dans celle de Basse-Goulaine. 

Il est impossible de ne pas voir dans ces faits un gouvernement, 
dont les chefs sont ceux qui ont le plus d'expérience et de force. 
Ils n'interviennent pas dans les querelles sans conséquences entre 
particuliers. 



1. S'il leur arrive, entre temps, de parler des hommes, ne les traitent ils pas à 
leur tour d'animaux en général très laids, voraces, très criards, très pillards et 
ordinairement vêtus de noir ou de gris ? 



208 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Mais qu'un autre oiseau : un hibou, un geai, une chouette 
vienne à s'introduire dans la communauté, ils donnent un 
signal et tous les Choucas se précipitent sur l'intrus, en poussant 
de grands cris. Heureux pour celui-ci s'il s'en tire vivant. 

Ceux qui sont restés à Nantes se lissent mutuellement les 
plumes et rentrent dans leurs nids. Le calme s'est établi ; aucune 
voiture ne circule dans les rues; alors s'entend un bruit étrange, 
assez prononcé pour que les voisins de mes voisins se lèvent pour 
s'en rendre compte. On dirait le souffle puisssant d'un ivrogne 
étendu sur le trottoir, ou celui d'un homme qui agoniserait dans 
la rue. 

Est-il dû à des milliers de respirations isochrones se faisant 
entendre dans le silence de la nuit ? ou produit par des couples 
nichés dans les cheminées ? Je pencherais pour cette dernière 
explication. 

De quoi se nourrissent mes voisins ? De tout : de souris, de rats, 
d'insectes, de limaces, de petits oiseaux, de leurs œufs. Aussi 
les moineaux et les hirondelles fuient-ils les vieilles tours et les 
pigeons n'osent s'y loger. 

On voit parfois les Choucas en compagnie des freux, rares 
oiseaux, avec lesquels ils s'entendent, parce qu'ils ont le même 
cri d'appel. Dans les champs fraîchement labourés, ils se livrent 
à la recherche des vers blancs et des lombrics ; malheureusement 
ils s'attaquent aussi au blé à peine germé. 

Les lézards, les crapauds, les petits rongeurs des champs, tout 
fait ventre. Et les fruits donc ! Mes pillards dévalisent un cerisier 
en moins d'une heure. Le dessus des voûtes de la cathédrale est 
couvert de noyaux dont quelques uns germent donnant naissance 
à déjeunes arbres qui, malgré l'abondance du fumier, n'auront 
pas longue vie, à cause de la sécheresse et du vent. 

Que peuvent bien chercher, après la pluie, les Choucas quand 
ils donnent des coups de bec dans les lichens des toits ? Sans 
doute des Collema et des NostocJi, se développant sous l'influence 
de l'humidité. 

Ne sont-ils que voraces et ne peut-on pas les accuser d'être de 
mauvais plaisants ? A. une fête, où l'on devait illuminer la façade 
de la cathédrale, le custode, alors M. l'abbé Hubert, crut se mettre 
en avance, en faisant placer, dès la veille, des godets remplis de 



VIAUD-GRAND-MARAIS, — MES VOISINS 209 

suif sur les corniches des tours. Quand on voulut allumer les 
lampions, impossible de le faire ; les Choucas en avaient dévoré 
le contenu. 

Le bruit des cloches à toutes volées ne leur est pas agréable ; 
mais ils paraissent s'y habituer. Il n'en est pas de même de la 
fête nationale. A chaque coup de canon, leurs troupes affolées 
tourbillonnent au dessus du monument, en poussant des 
croassements de terreur. Le bruit cessant, ils reviennent dans 
leurs trous, pour repartir non moins épouvantés à la détonation 
suivante. C'est bien pis à l'heure du feu d'artifice. Quelle nuit 
pour eux I 

Leurs nids ne sont pas seulement établis dans les 
galeries et crevasses de la cathédrale ; les Choucas utilisent 
les cheminées, où l'on ne fait plus de feu. 'Pour cela, ils brisent 
les branches des arbres voisins (ormeaux et acacias surtout), 
quelques unes la grosseur du petit doigt, et les portent 
dans les pots placés sur les toits. Ils les entassent dans les 
cheminées jusqu'à ce qu'ils arrivent à interrompre le passage de 
la fumée et à se constituer une base solide. Ils mettent alors dessus 
de la paille, du foin, des plumes, puis pondent leurs œufs au 
nombre de 5 à 7, de la grosseur de ceux de la perdrix, d'une 
teinte bleu-tendre lavée de vert et ordinairement marqués de 
taches grisâtres. ^ 

Il en résulte que les voisins de mes voisins, quand ils veulent, 
à leur retour de la campagne, se servir de leurs cheminées y 
mettent le feu ou sont aveuglés par la fumée. Un ami, habitant 
rue d'Argentré, ayant fait monter un couvreur, vit retirer d'une 
de ses cheminées deux pleines brouettes de brindilles. 

Pendant les chaudes nuits d'été, la plupart de mes voisins 
couchent à la campagne, et les crevasses de la cathédrale ne 
renferment que les individus chargés de les garder. 

A l'approche de la froidure, ils se divisent en deux 
groupes. Les mieux installés hivernent sur place ; les autres, en 



1. Les sacristains de Saint-Pierre font sans pitié des hécatombes de ces œufs. 
Mes pauvres voisins finissent en effet par devenir gênants par leur nombre, leurs 
cris et leurs déjections. 



210 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

plus grand nombre, partent à la recherche d'un climat plus 
clément. 

Ceux qui n'émigrent pas sont curieux à observer. Ayant 
fait leurs provisions pour les mauvais jours, ils ont recours à 
leurs cachettes. 

Par une des plus froides journées de 1889-1890, M. Niel suivait 
de sa fenêtre, rue du Muséum, les évolutions d'un Choucas 
fouillant avec son bec sous les tuiles de l'atelier d'un charpentier. 
L'oiseau ne s'y reconnaissait plus à cause de la neige. Une dernière 
recherche lui fit enfin retrouver son grenier de réserve, et notre 
ami le vit portant dans son bec quelque chose ressemblant à une 
noix ou à une grosse châtaigne, s'envoler joyeux dans la 
direction de Saint-Pierre, sans doute pour partager ce fruit avec 
sa compagne. 

En Septembre dernier, un jeune Choucas s'élançant de la 
cathédrale pour gagner un balcon de la place, calcula mal la 
distance et ses forces. Il vint tomber au pied d'un brave cœur qui 
l'emporta chez lui. 

Celui-ci possédait déjà une chatte blanche et une petite chienne 
qui était venue se donner à lui. 

Malgré le proverbe, ces deux animaux vivaient en parfaite 
union, le caniche étant toujours prêt à défendre son amie. Un 
lapin leur fut adjoint et, chose étrange, devint leur maître. Il 
levait les deux pattes de devant sur eux et leur donnait la 
chasse, dès qu'ils s'approchaient de ses feuilles de choux. Un 
matin, il lui advint de faire un trou énorme dans une chemise 
laissée sur une chaise ; il fut sacrifié. 

Ce fut le moment où M® Jaco fit son entrée dans la maison 
hospitalière. Il s'y posa rapidement en maître, mordant les 
oreilles de la chienne, tirant la queue de Mirzaet n'admettant 
pas qu'il y eut de faveurs pour d'autre que pour lui. La chatte 
prenait mal la chose, mais au lieu de se défendre grimpait sur 
les armoires ; le caniche jouait avec l'oiseau et se laissait enlever 
des os de la gueule. Jaco devint de plus en plus familier. L'instinct 
du vol et la déplorable habitude de cacher le fruit de ses larcins 
le fit renfermer tout le jour. Il n'en fut que plus braillard, surtout 
à l'approche du mauvais temps. 

Il montrait de l'amitié pour son maître, imitait tout ce qui se 



VIAUD-GRAND-MARAIS. — MES VOISINS 211 

disait autour de lui, se moquait des cris de la chatte en amour, 
et appelait, quand on le laissait .seul, la petite chienne : Cara, 
Cara, avec les inflexions de voix les plus drôles. Bientôt il sut 
dire : As tu déjeuné Jaco ( — Portez arme ! — Présentez arme ? 
etc. ^ 

Il fallut l'envoyer au loin, car il troublait par ses cris toute la 
maison. 

Jaco est à Nozay. Qu'y est-il devenu? — Ce qu'on peut lui 
prédire c'est qu'il mourra de maie mort comme tous les 
corvidés captifs. Les uns tombent dans un puits, les autres dans 
le feu, d'autres se font écraser. L'idée de suicide vient de suite à 
l'esprit. 2 

Toussenel dit quelque part, sans citer ses sources : que les 
Anciens mangeaient les Choucas, parce qu'ils étaient persuadés 
que la chair de ce petit corbeau communiquait le don de prévoir 
les choses futures. Heureusement qu'elle n'a pas ce pouvoir. 
Nous devons être reconnaissant envers DIEU de ce qu'il ne nous 
permette pas de savoir ce que nous réserve l'avenir. L'existence 
deviendrait intolérable; tandis que l'épreuve donnée à petites 
doses chaque jour est supportable ; d'autant plus que, pour tous, 
elle est accompagnée de moments heureux. 



1. Les perroquets eux mêmes parlent-ils toujours à tort et à travers ? Il y a 
quelques jours, dans une maison amie, chacun s'agitait se sentant en retard pour 
une cérémonie. Le perroquet prenant un petit air gouailleur se mit à chanter : 

Ah ! qu'il est doux de ne rien faire, 
Quand tout s'agite autour de nous. 
Toussenel n'avait-il pas raison quand il parlait de l'esprit des bêtes ? 

2. Note envoyée pendant l'impression. —Jaco peu de jours après son arrivée à 
Nozay, n'ayant plus autour de lui ses bons amis, s'est laissé mourir de faim, dans 
le jardin où il avait été laissé en liberté. 



I-.ISTE 

DES ' 

LÉPIDOPTÈRES RHOPALOCÈRES 

DE MAINE-ET-LOIRE 
par M. A. CHEUX 

f5l Décembre i895J 



Papilio Podalirius L. 

Machaon L. 
Leucoma Cratœgi L. 
Pieris Brassicœ L. 
Rapœ L, 
Napi L. 

var. Napœœ Esp. 
Daplidice L. 

var. Bellidice Ochs. 
AnUiocharis Belia Cr. 

var. Ausonia Hubn. 
Cardamines L. 
Leucophasia Sinapis L. 

var. Diniensis Bdv., Bois de Milly. 
var. Erysimi Bkl., Bois de Milly. 
CoUas Hyale L. 

^cZt«s« Fab. 

ab. Hélice Hnbn. 
Wiodocera Rhamni L. 
TJiecla Betulœ L. 

TF. album Knoch. 
/^ècè5 Esp. 
Quercus L. 
^^<i!yif L. 
Poluomrnatus Dorilis Hufn. 
Phi (l'a >< [.. 



214 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Lycœna Bœtica L. 

Argiades Pal. 
^gon Schiff. 
Bâton Bgst. 
Lycœna Astrarche Bgst. 
Icarus Hubn. 

ab. Icarinus Scriba. 
Bellargus Rott. 
Corydon Poda. 

ab. Syngraplia. 
Argiolus L. 
Minima Fness. 
Semi-argus Rott. 
Cyllarus Rott. 
Alcon Fab. 
Arion L. 
NemeoMus Lucina L. 
Apatura Ilia, ab. Clytie. 
Limenitis Populi h., Forêt de Combrée. 
Camilla Schiff. 
SyMlla L. 
Vanessa C. album L. 

PolycMoros L. 
Urticœ L. 
/o L. 

Antiopa L. 
Atalanta L. 
Cardui L. 
Melitœa Aurinia Rott. 
Cinxia L. 
Phœhe Knoch. 
Didyma Ochs. 
Athalia Rott. 

V. Pyronia Hnbn. 
Parthenie Bkh. 
Argynnis Selene Schiff. 
Euphrosyne L. 
Z)ia L. 



A. CHEUX. — LÉPIDOPTÈRES RHOPALOCÈRES 215 

Argynnis Lathonia L. 
Aglaja L. 
^ Adippe L. 

ab. Cleodoœa Ochs. 
Paphia L. 
Pa^idora Schiff. 
Melanargia Galathea L. 

ab. Galène Ochs. 
ab. Leucomelas Esp. 
Satyrus Hermione L. 
Briseis L. 
Semé le L. 
Arethusa Esp. 
Statillnus Hiifii. 
Z)ry«s 8cop. 
Poraroe Mœra L. 
Megœra L.- 
.^geria L. 
Achine Scop. 
Epinephele Janira L. 
Tithomis L. 
Hyperanthus L. 
Cœnonympha Arcania L. 

Pamphilus L. 
Syrichtus Carthaml Hubn. 
Alceus Hubn. 
MaU:œ L. 
S«o Hubn. 
Nlsoniades Tages L. 
Hesperia Thaumas Hufn. 
Lineola Ochs. 
Acteon Rott. 
Sylvanus Esp. 
Comma L. 
Cyclopides MoriJheus Pal. 
CarterocepJialus Palœmon Pal. 



Coup d'œil sur l'état actuel 

DE 

r Entomologie légale 

par l'abbé J. DOMINIQUE 

[51 Décembre 1895 j 



Dans le courant du mois d'août dernier (1895), l'un des plus 
éminents praticiens de notre ville, chargé par la justice de l'exa- 
men d'un cadavre d'enfant nouveau-né trouvé dans un grenier 
de Nantes, nous fit l'honneur de nous demander notre avis, 
comme entomologiste, au sujet des diverses espèces d'insectes, 
larves pour la plupart, qui pullulaient dans les cavités du fœtus, 
et du parti qu'on pouvait tirer de la connaissance de leur évolu- 
tion biologique pour arriver à déterminer, avec quelque exacti- 
tude, la date de la mort de l'enfant. 

Rien en effet, en présence des dénégations de l'auteur présumé 
du crime, ne pouvait éclairer sur ce point le médecin légiste, si 
ce n'est la date du journal (4 Juin) dont était enveloppé le 
lugubre paquet et qui faisait corps avec lui par des adhérences 
de sang desséché. 

L'examen des larves qui dévoraient par milliers le cadavre, 
nous permit d'y reconnaître celles d'un Dermeste. Un seul 
individu à l'état parfait se trouvait mêlé à ces larves et à leurs 
excréments. Son état d'usure forçait à hésiter entre les deux 
espèces : Frisclii Kug. et Mcolor F. 

A ces larves vivantes et aux débris de leurs enveloppes, se 
trouvaient mêlées quelques coques vides, de diverses grandeurs, 
papyracées et noirâtres, d'où s'étaient évidemment échappé des 
diptères. 

Une partie du ventre, restée seule humide, offrait des larves de 
beaucoup plus petite taille, appartenant à l'espèce P/îor« (Trineu- 
ra) aterrima F. 

Cette nouvelle application de l'entomologie nous intéressa 



218 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

vivement. Nous fûmes heureux d'en continuer l'étude dans un 
récent ouvrage ' que M. le D"" Jouon voulut bien nous commu- 
niquer après s'en être éclairé lui-même pour les besoins de son 
expertise. Certaines réserves faites, certaines erreurs signalées, 
on peut considérer ce livre comme résumant l'état actuel de la 
science sur une question tout à la fois scientifique et juridique. 
Nous avons pensé qu'une mise au point analytique de celle-ci, 
d'après l'ouvrage précité, serait bien accueillie de nos collègues. 



Les anciens croyaient à la génération spontanée des insectes 
qui se développent dans les cadavres. 

Virgile nous donne l'état des croyances fabuleuses de son 
époque dans le IV^ livre des Géorgiques. 

Du sang corrompu des victimes, des flancs d'un taureau im- 
molé sans déchirer sa peau, on voit, au bout d'un certain temps, 
sortir des essaims de mouches que le poète prend pour des 
abeilles et qui n'étaient sans doute que des diptères de taille et 
de couleur analogues. 

Aspiciunt liquefacta boum per viscera toto 
Stridere apes utero et ruptis effervere costis, 
Immensasque trahi nubes - 

D'après lui, les abeilles nées du cadavre du taureau sont plus 
douces de caractère que celles engendrées par la corruption des 
chairs du lion. 



1. La Faune des cadavres, application do l'enlomologie à la médecine légale, 
par P. Mégnin, membre de l'Académie de médecine ; Un vol. in 12 de l'encyclo- 
pédie scientifique des Aide-Mémoire. Paris, Masson et Gauthier-Villars. 

2. Géorgiques, livre IV, vers 555-557. 

La question des soi-disant Abeilles issues des cadavres de taureaux a été 
récemment étudiée par le naturaliste allemand Osten Sacken. 

Il rapporte ces insectes à l'espèce Eristalis tenax L. de l'ordre des Diptères. 

Cf. Osten Sacken C. R. On the Oxenborn Bées of the Ancients {Bugonia, 
Bugones) and their relation to Eristalis tenax, a two winged insect. (Heidelberg, 
bei J. Hœrning. 1894). 

On peut consulter aussi le Mémoire suivant dudit auteur : 

Eristalis tenax in Chinese an Japanese literature (Berlin Entom. Ztschrft. XL, 
1895. page. 142-147). 



J. DOMINIQUE. — ENTOMOLOGIE LÉGALE 219 

Pendant bien des siècles après Virgile, le vulgaire crut aux 
générations spontanées. Ce ne fut qu'au XVII^ siècle que les 
observations d'un savant italien révélèrent la véritable genèse 
des insectes mangeurs de cadavres. 

Ce savant avait nom Francesco RecH. Il naquit à Arezzo en 
1626. Poète et naturaliste à la fois, il fut honoré du titre de mé- 
decin des grands-ducs Ferdinand II et Côme III, jusqu'à sa mort 
arrivée en 1698. 

Toutefois, ni Redi, ni Orflla qui, de nos jours, ajouta de nou- 
velles et consciencieuses observations à celle du naturaliste toscan , 
ne découvrirent cette loi, d'une importance frappante pour la 
médecine légale : « Les travailleurs de la mort n'arrivent au 
festin que successivetnent et toujours dans le même ordre^ 
jusqu'à ce que la sentence portée par le Créateur ait été accom- 
plie : Tu es poussière et en poussière tu retourneras ». 

Qui ne voit l'importance de cette découverte pour l'expertise 
judiciaire ? 

Un corps en décomposition est trouvé plus ou moins longtemps 
après que la mort en a fait un cadavre. La justice a besoin de 
connaître la date où le crime a été commis. Qui lui apprendra 
cette date, à défaut de tout autre indice ? Les insectes qui seront 
trouvés se repaissant du cadavre au moment de sa découverte. 

On connaît le laps de temps après lequel le travail des insectes 
étant terminé, aucune trace de ceux-ci, que leurs excréments et 
leurs débris, ne demeure dans le cadavre. On sait que ce laps de 
temps est partagé en périodes dont chacune répond à l'activité 
d'une série de travailleurs, d'une escouade, suivant l'expression 
hoisie par le docteur Mégnin. 

Aucune de ces séries n'est identique à la précédente. Il sera 
donc possible, à l'aide de cette chronologie naturelle, de remon- 
ter avec toutes chances d'exactitude à l'époque de la cessation 
de la vie ; du crime, si crime il y a eu. 

Et la lumière se fera pour l'instruction de la cause. 

Il y a lieu de distinguer la Faune des cadavres laissés à l'air 
libre, de celle des cadavres soustraits par une prompt sépulture 
à l'action des insectes qui se meuvent dans cet air ambiant. 

Il y aurait une étude à faire de la Faune des cadavres immer- 
gés, mais celle-ci ne concerne point l'entomologie, ce sont les 



220 XANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

crustacés et les poissons que la nature charge de faire disparaî- 
tre les restes des noyés. Rien d'ailleurs dans cette étude ne saurait 
avoir d'utilité pour la médecine judiciaire. 



Faune des cadavres laissés à l'air libre. 

l^''' ESCOUADE. 

Les insectes de cette première série de travailleurs appartien- 
nent tous à la famille des Diptères. 

Plusieurs d'entre eux commencent leur œuvre même avant la 
mort. Il est avéré que, averties par leur instinct, des derniers 
moments d'un moribond, les mouches cherchent à déposer 
leurs œufs dans les cavités découvertes et y réussissent 
fréquemment. 

Les premiers diptères rendus à la curée appartiennent aux 
genres Musca et Cyrtoneura. Citons d'abord Miisca domestica 
Lin. Elle n'est autre que la mouche domestique qui infeste en 
été nos aliments et nos provisions et nous obsède de ses impor- 
tunités. 

Elle a pour compagne Cyrtoneura stcibulans FU. 

Viennent ensuite des mouches appartenant aux genres Calli- 
jphora et Anthomya. 

Tout le monde connaît Calliphora voniitoria Lin., l'horrible 
mouche bleue qui dépose ses œufs sur nos viandes et fait le 
désespoir des boucheries et des cuisines. 

Son évolution biologique s'accomplit à peu près dans le même 
temps que celle de la mouche domestique : huit jours à l'état 
de larve et de huit à quinze jours en coque, selon la température. 

2*' ESCOUADE. 

A. peine les insectes précédemment nommés ont-ils accompli 
leur tâche, qu'ils sont remplacés par de nouveaux convives 
toujours à deux ailes, c'est-à-dire de la famille des Diptères : les 
Lucilia et les Sarcophaga. 

Les Lucilia figurent parmi les plus brillants insectes. Elles 



J. DOMINIQUE. — ENTOMOLOGIE LÉGALE 221 

sont revêtues d'une livrée offrant les plus vives couleurs métal- 
liques, mais elles doivent en même temps prendre rang parmi 
les ennemis de l'homme. 

Ce sont ces mouches surtout qui lui communiquent des conta- 
minations infectueuses quelquefois mortelles, grâce à leurs 
habitudes qui les mettent en contact incessant avec les plus 
immondes matières. 

L'espèce que l'on observe d'habitude parmi les travailleurs du 
deuxième groupe est Lucilia Cœsar Lin. dont la larve dévore 
le cadavre pendant une période de 15 à 20 jours, après quoi elle 
se métamorphose et sort enfin de sa pupe après un laps de 
temps égal. Sarcopliaga (Myophora) carnaria Lin., gros dip- 
tère rayé de noir et de gris d'argent, ainsi que sa congénère 
Sarcophaga (Phorellia) arvensis Rob. Desv., susceptibles 
d'avoir trois générations daîus l'année, paraissent et disparaissent 
en même temps que les Lucilia. 

3^ ESCOUADE. 

Les diptères vont maintenant abandonner momentanément 
la place aux coléoptères et aux lépidoptères. 

Les liquides du cadavre ont été à peu près entièrement absor- 
bés par les deux premières séries de convives. Un nouveau ban 
est convoqué par la nature, pour consommer la destruction des 
parties solides du corps en proie à la décomposition. 

Les coléoptères du genre Dermeste arrivent à la rescousse et 
bientôt leurs larves pullulent dans les cavités splanchniques du 
cadavre. 

Ces larves, hérissées de longs poils, portant sur le dernier 
anneau dorsal deux aiguillons légèrement uncinés à la pointe, 
changent plusieurs fois de peau, — 2 ou 3 fois, suivant 
les observations de Herbst, jusqu'à dix fois, selon celles de 
Goëdart — durant les quatre mois qui s'écoulent entre l'éclosion de 
l'œuf et le passage à l'état nymphal. Cette métamorphose s'effec- 
tue par la contraction de la larve dans un abri quelconque, 
mais sans fabrication de coque. 

Au bout d'un mois de cet état, l'insecte parfait apparaît. Il lui 
faut donc cinq mois pour accomplir son évolution biologique. 



222 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Trois espèces de Dermestes ont été signalés dans les cadavres 
humains : B. lardarius Lin, D. Frischi Kug. et D. undulatus 
Brahm. Il est à croire que d'autres espèces y seront également 
rencontrées, 

Les lépidoptères de la 3^ escouade appartiennent à la famille 
des Pyrales et aux genre Aglossa. Ils sont sont de ceux qui, 
vulgairement appelés Teignes dévorent nos étoffes de laine et 
nos pelleteries. 

lu Aglossa pinguinalis Lin. pond en juillet, passe un mois à 
l'état larvaire et' vingt jours à celui de nymphe ou chrysalide, 
à moins qu'elle n'hiverne pour devenir papillon parfait à la belle 
saison suivante. 

4^ ESCOUADE. 

Les diptères reparaissent. Ils sontj-eprésentés dans la nouvelle 
équipe de travailleurs de la mort par la mouche bien connue 
dont les larves, reconnaissables aux sauts brusques et capricieux 
qu'elles exécutent, pullulent dans certains fromages : Piopliila 
casei Lin. 

La métamorphose complète de cet insecte s'opère en un mois 
environ. 

Notons aussi lés Anthomija de la famille des Muscidées. Les 
transformations de cette mouche suivent la même loi que celles 
des Callipliora. 

Les larves à'AnthOinya, issues d'œufs absorbés avec le bol 
alimentaire, se développent parfois dans l'intestin de l'homme 
vivant, parfois aussi dans les abcès et les plaies. 

Des coléoptères jouent également leur rôle dans les travaux de 
cette escouade. Ce sont les Corynetes, de la famille des Térédiles, 
représentés par quatre espèces, surtout C. cœruleus de G. et C. 
(Necrobia) r^uficoUis. Oliv. 

On les trouve dix mois environ après la mort, dans les acides 
suintant du cadavre. 

5e ESCOUADE. 

La cinquième escouade comprend, comme la précédente, 
diptères et coléoptères. 
Diptères: Thyreophora cyanopliila Panz., furcata Még., 



J. DOMINIQUE. — ENTOMOLOGIE LÉGALE 223 

anthropophaga R. Desv. ; Lonchea nigrimana Mg ; Ophyra 
cadaverina Még. ; Phora (Trineura) aterrimaYsh. 

A cette époque, nous voyons arriver les véritables coléoptères 
nécrophages, c'est-à-dire des espèces variées des genres, Silpha, 
Necrophorus, Hister, Saprinus, dont les mœurs et les transfor- 
mations sont bien connues de tous les naturalistes. 

6® ESCOUADE. 

La scène change. Un nouvel ordre d'insectes se met au travail. 
Les acariens vont achever d'absorber les liquides dont le cadavre 
reste encore imprégné après les opérations des précédents ou- 
vriers. A eux est confiée la dessication ou momification complète. 
Ils ne respecteront que le tissu conjonctif. Les téguments con- 
servés présenteront la consistance et la sonorité du parchemin, 
avec une couleur testacée sombre. 

Ces acariens appartiennent à plusieurs genres de la famille des 
Gamasidés. 

Les Uropoda sont plus voisins des coléoptères que des arach- 
nides. Ils sont hexapodes et offrent des palpes labiaux. 

\J Uropoda nummularia Mégnin pullulait dans les tissus 
sous-cutanés d'un cadavre de femme trouvé à Nantes dans une 
cave. 

Le genre Tradiynotiis est représenté par T. cadaverinus 
Mégnin. 

De nombreux travailleurs de la 6^ escouade sont fournis par 
la famille des Sarcoptides, tribu desTyroglyphinés. 

Ce groupe offre la curieuse particularité de produire des nym- 
phes adventives(/Jî/^o^î«^es Mégnin), résultat d'une métamor- 
phose spéciale de la nymphenormale, sous l'influence de certaines 
circonstances, la famine, par exemple. 

Ces nymphes, agents de dissémination de l'espèce, se trouvent 
attachées aux téguments de toute sorte d'animaux, surtout de 
mouches, par le véhicule desquels elles arrivent sur les cada- 
vres. Elles y reprennent la forme normale et s'y reproduisent 
par milliers. 

7e ESCOUADE. 

La momification est accomplie ; il n'y a plus champ d'action 
pour les agents microbiens desfermentationsputrides. Cependant 



224 NANTES. —BULL. SOC. SC . NAÏ. OUEST. — T. ô. 

la tâche des travailleurs de la mort n'est pas finie. D'autres 
vont venir ronger les tissus parcheminés, les ligaments, les ten- 
dons comme résinifiés, dévorer les poils du corps et les cheveux. 

Ces nouveaux venus seront les mêmes qui s'attaquent à nos 
étoffes de laine, à nos tapis, à nos fourrures. 

Ce sont des coléoptères et destinéides. 

Citons parmi les premiers certains Dermestes, et surtout 
Attagemis pellio Lin., insecte noir, marqué d'un point blanc sur 
chaque élytre, dont la larve hérissé de poil est le fléau des 
collections zoologiques. 

Citons aussi Anthrenus musœorumlAn., petit dermestide de 
forme presque discoïdale, varié de diverses couleurs, que l'on 
trouve par centaines sur les fleurs des Ombellifères et des 
Composées. La larve de cet insecte n'est pas moins redoublable 
pour les collections que celle de V Attagenus pellio. 

8*^ ESCOUADE. 

C'est la dernière équipe de destructeurs. Ils vont faire dispa- 
raître tous les débris laissés par leurs devanciers et terminer la 
besogne commencée par ceux-ci. 

Ce n'est guère que trois ans après la mort, que, derniers con- 
vives, il prennent place au lugubre festin. 

Ce sont deux coléoptères : Tenebrio obscurus Fab. qui vit de 
débris d'insectes, de peaux desséchées de larves et de coques, 
et PHnus driinneus Duft., très petit Térédile à longues antennes 
dont les mœurs sont celles des Antlirènes. 

II 

Faune des cadavres enterrés. 

Les cadavres inhumés sont également la proie de divers 
diptères, coléoptères, lépidoptères et acariens. Les œufs de ces 
insectes ont pu être déposés sur le corps pendant Fagonie, ou 
avant la mise en bière. Le plus ordinairement ils le sont sur la 
terre des tombeaux, ils y éclosent et donnent des larves qui 
pénétrent jusqu'à l'intérieur du cercueil. 

Ces larves appartiennent aux espèces que nous avons énumé- 



.T. DOMINIQUE. — ENTOMOLOGIE LÉGALE 225 

rées ci-dessus, sans qu'on puisse les diviser aussi nettement en 
escouades successives. 

Un nouveau coléoptère estcependant à signaler : Rhizopliagus 
parallelicollis GylL, petit Nitidulide qui se trouve d'ordinaire 
sous l'écorce des arbres. 

Parmi les diptères, nous devons signaler Ophyra cadaverina 
Még. et Pliora aterrima F. déjà cités. Les larves et les insectes 
parfaits on été trouvés en nombre sur des cadavres d'un an de 
sépulture, au cimetière de Saint-Nazaire. 

A. l'exhumation de cadavres de deux ans à Issy, on vit sortir 
de la bière des nuées de Phora aterrmia, tandis que des my- 
riades de larves du même insecte étaient occupées à dévorer le 
corps. 

Ce n'est que sur des cadavres de deux ans d'inhumation, 
riches en matières adipeuses, que l'on a trouvé RhizoïJliagus 
parallelicollis et sa larve. 

Au bout de trois ans de sépulture, on n'observait plus à Issy 
que des squelettes dont les creux sont remplis de débris d'insec- 
tes sarcophages à toutes leurs phases biologiques, mais plus 
aucun insecte vivant. 

Nous le répétons, l'âge des cadavres inhumés ne saurait être 
établi avec autant de chance de vérité que celui des cadavres 
exposés à l'air libre, car l'absence d'insectes caractéristiques de 
telle ou telle escouade peut être due à bien des circonstances qui 
ne se rencontrent pas pour ces derniers. 



* 
* * 



Nous avons essayé de résumer, avec le plus de fidélité qu'il 
nous a été possible, l'état actuel de ce qu'on peut appeler l'ento- 
mologie légale. 

Il est manifeste que le savant et conciencieux ouvrage de M. 
Mégnin est loin de donner le dernier mot de cette intéressante 
question. A notre avis, il n'a fait qu'ouvrir la voie et préparer 
de nouvelles recherches qui aboutiront sans doute parfois à des 
résultats quelque peu différents. 

Déjà, à notre coimaissance, l'examen des insectes du fœtus de 



226 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5 . 

Nantes dont il a été question aux premières lignes de cet article, 
a conduit M. le D'' Jouon, en ce qui regarde l'évolution des 
Dermestes, à des conclusions qui ne concordent pas avec celles 
de l'auteur de la Faune des cadavres. ' 

Il convient donc d'étudier encore et longtemps peut-être, avant 
de proposer à la science une chronologie entomologique de l'his- 
taire des cadavres, fondée sur des observations irréfutables et 
propre à éclairer d'une lumière sûre les expertises judiciaires. 



1. M. le Df Jouoû se réserve de publier à son heure ses propres observations 
sur ce sujet. 



DEUXIÈME PARTIE 



EXTRAITS ET ANALYSES 

BIBLIOGRAPHIE, NOUVELLES 



LISTE DES COLLABORATEURS 
CHARGÉS DES ANALYSES 



ZOOLOGIE : Mammifères. —P. Maisonneuve (P. M.). 
Oiseaux. — L. Bureau (L. B.)- 
Reptiles et Batraciens. — P. Maisonneuve et H. et T. 

PiEL de ChURCHEVILLE (P. DE C). 

Poissoiis. — L. Bureau. 

Insectes. — L'abbé J. Dominique (J. D.), R. Martin 
(R. M.), H. et T. PiEL DE Churcheville et E. Marchand 
(E. March.). 

Invertébrés {Insectes exceptés). —S. Bonjour (S. B.), 
Ed. Chevreux (E. Gh.) et G. Ferronnière (G. F.) 

BOTANIQUE : Phanérogames. — Em. Gadegeau (E. G.). 

Rhizocarpées, Fougères, Lycopodiacées, Equisétacées, 
Characées. — Ch. Ménier (Ch. M.). 

Mousses. — Em. Bureau (Em. B.) et F. Camus (F. G.). 
Lichens. — A. Viaud-Grand-Marais (V.-G.-M.). 
Champignons, Algues. — Ch. Ménier. 

BOTANIQUE FOSSILE : Ed. Bureau (Ed. B.) 

GÉOLOGIE: L. Bureau, L. Davy (L. D.) et Aug. Dumas (A. Dum.). 

MINÉRALOGIE : Ch. Baret (C. B.) et Léon Bourgeois (L. Bourg.). 



BULLETIN 

DE LA 

SOCIÉTÉ DES SCIENCES NATURELLES 

DE L'OUEST DE LA FRANCE 
EXTRAITS ET ANALYSES 



I — ZOOLOGIE 

NotesuruneBalœnoptera Sibbaldii échouée à Ouessant; 

par M. Beauregard. (Comptes rendus lieMom. des séances 
et mé?n. de la Soc. de biologie^ 9^ sér. t. v, 1893, séance du 
11 mars, p. 274). 

(( Le 23 Février, M. Rideau, commissaire de l'Inscription maritime au 
Gonquet, informait par dépèche M. le Directeur du Muséum qu'un 
Cétacé long de 30 mètres venait d'échouer à Ouessant. Le service de 
l'Anatomie comparée, immédiatement prévenu, demanda de plus 
amples renseignements, d'où il résulta, sans doute possible, que le 
Cétacé échoué était une Balœnoptère de l'espèce B. Sibbaldii appelée 
encore Baleine bleue. 

« Le cabinet d'anatomie comparée du Muséum possédant déjà de très 
beaux squelettes mâle et femelle de cette espèce, M. le professeur 
Pouchet ne jugea pas à propos de faire les dépenses considérables 
qu'auraient exigées le dépècement et le transport du squelette de l'indi- 
vidu échoué sur nos côtes. 

« Toutefois, en raison de la rareté de l'événement, nous avons cru 
devoir faire connaître à la Société de Biologie cet échouement et lui donner 
en même temps quelques détails complémentaires qu'a bien voulu, sur 
notre demande, nous communiquer M. le Commissaire de l'Inscription 
maritime au Conquet. 

« L'animal, qui mesurait 30 mètres, était un mâle ; l'endroit de 
l'échouement est situé au sud de l'île d'Ouessant, sur la grève de 



4 NANTES . — BULL . SOC . SC . NA T . OUEST . — T . O . 

Hoharo, à l'entrée Est du petit port de Porsguen. Le Cétacé est tombé 
la tête au Nord, fait que nous observons constamment, ainsi que nous 
l'avons fait remarquer déjà à jilusieurs reprises. La couleur du dos est 
d'un noir bleu. Les fanons, complètement noirs, sont de petite taille : 
les plus grands, en effet, ont de 0'"90 à un mètre de long sur Û^SS à 
O^So à la base. — 11 existait 130 grands fanons ; 58 moyens de O^GO de 
long et 360 petits de O^SO environ. 
« La baleine a été vendue 2,750 francs à un industriel de Brest. » 

Beauregard. 



La forêt d'Andaine (Orne). Myriapodes ; par M. H.-W. 

Brolemann. {Feuille des Jeunes naturalistes, iii« sér. 25 année, 
1894, p. 19-21). 



Dans cette note M. Brolemann rend compte des récoltes de Myriapo- 
des qu'il a faites dans deux jours d'excursions dans la forêt d'Andaine. 
Ses recherches viennent s'ajouter à celles publiées par M. Gadeau de 
Kerville sur les Myriapodes de Normandie, recueillis principalement 
dans les environs de Rouen. 

Les espèces citées dans la forêt d'Andaine par M. Brolemann, s'élèvent 
au nombre de 22. 



Ce sont : 
Lithobius forficatus L. 

» piceus L. Koch. 

» tricuspis Meinert. 

» muticus C. Koch. 

» calcaratus C. Koch. 

» pelidtms Haase. 

» microps. Meinert. 

» crassipes L. Koch. 
Geophilus ferrugineus C. Koch. 
» carpophagus Leach. 
Scolioplanes actiminatus Leach. 



Scolioplanes crassipes C. Koch. 
Schendyla nemorensis C. Koch. 
Scolopeudrella im maculala. 
Glomeris marginata Villiers. 
» hexasticha Brandi. 
Polydesnms complanatus L. 
Chordeuma gallicum Latzel. 
Blaniulus venustus Meinert. 
Julus albipes C. Koch. 

» sp. 
Polyzonnmi germanicwm Brand. 



L. B. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 5 

Les Idoteidae des côtes de France ; par M. Adrien 
DoLLFUs (in Feuille des jeunes naturalistes, no^ 289-92, 
l«r nov. 1894— 1er fév. 1895). 



M. Adrien DoUfiis, vient de terminer dans l'excellente Revue qu'il dirige 
avec tant de compétence, la description des espèces françaises de cette 
famille d'Isopodes. — Le mode de description employé par l'auteur, 
complété parles figures qu'il donne des caractères essentiels qui avaient 
amené Leach et Risso à établir des coupes génériques d'une valeur réelle 
dans l'ancien genre Idotea, coupes ayant pour base le degré de coales- 
cence de l'abdomen fpleonj avec le segment caudal ftelsonj, rend 
l'étude de ce groupe aussi facile qu'attrayante. 

Nous croyons donc rendre service aux amis des sciences naturelles en 
reproduisant ici la description des espèces de cette famille, qu'ils ne 
manqueront pas de rencontrer, pour peu qu'ils se donnent quelque 
peine, au cours de leurs excursions, ou séjours, sur nos côtes bretonnes 
et vendéennes : 

« La famille des Idoteidae, comprend les crustacés Isopodes de 
» forme allongée, d'assez grande taille, atteignant parfois jusqu'à 5 
» centimètres de longueur. Elle forme avec les Arcturidae un groupe 
» spécial celui des Fo/rfifae (Stebbing =^ Idotéides (Milne-Edwards =: 
» Isopoda Liberatica, s. tribu II (Spence Bâte et Westwood), caracté- 
» risr surtout par le dételoppement tout particulier que prennent les 
» Uropodes (flg. 1, u). — Ces membi es postérieurs forment une paire de 
w volets qui recoucrent complètement comme un opercide les paires de 
» pattes branchiales. 




FiG. 1. — Idotea tiHscupidata ; partie postérieure du corps vue en dessous. 
u, uropode ; ne, expodite de l'uropode ; p, patle du dernier segment péréial : i, 
coxopodite ; ià 7 articles de la patte: (i (propodite). formant avec le dernier, 
7 daclylopodite, un organe préhensile. 



6 NANTES . — BULL . SOC . SG . NAT . OUEST . — T . 5 . 

» Les Idoteidae se distinguent des Arcturidae par leur corps plus ou 
» moins aplati au lieu d'être cylindrique et par leurs pattes péréiales, 
» qui sont toutes préhensiles, tandis que chez \qs Arcturidae, les pattes 
» antérieures sont grêles et poilues. » 

L'auteur s'étend ensuite sur les caractères anatomiques extérieurs, 
que nous ne pouvons reproduire dans ce simple extrait. Cependant, 
pour que notre but soit atteint, il nous est impossible de passer sous 
silence ce qui est relatif aux mœurs de ces intéressants crustacés. 

« Les Idotées, dit M. A. Dollfus, sont des animaux carnassiers qui se 
» nourrissent de poissons morts, de vers, de mollusques, etc. Ils vivent 
» en général sur les algues fixées ou flottantes, mais ils circulent ou 
» nagent facilement, et, ainsi que l'avait déjà observé Polydore Roux, 
» ils quittent leurs abris à la nuit pour rechercher leurs proies. 

» Plusieursde cesisopodesprésententdescasdemimétismetrèscurieux 
» mais qui ne sont nulle part aussi frappant que chez Idoteatriscupidata; 
» chez cette espèce, qui vit sur des algues très diverses, la couleur de 
» l'animal varie avec celle de l'algue qui lui sert d'abri. Un savant 
» allemand, M. C. Matzdoriï, a fait une étude spéciale de ces change- 
)) ments de couleur et les attribue à la présence de chromatophores 
» susceptibles de dilatation et de contraction. » 

A l'appui de son dire, l'auteur donne 6 figures représentant le 2' 
segment péréial chez différents spécimens d'Idotea triscupidata (de sa 
collection) pour montrer les diversités de coloration. Grâce à son 
obligeance il nous est permis de les reproduire ci-dessous: 




FiG. 2. — Deuxième segment péréial chez différents spécimens d'Idotea tricu- 
pidala, pour montrer les diversités de coloration (d'après des spécimens de la 
collection Dollfus). 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 7 

Tableau synoptique des genres et des espèces (') 

Pleotelson formé par la coalescence de tous les segments du 
pleon avec le telson (fig. 3, A) I Stenosoma 

Deux segments du pleon distincts du pleotelson et un troisième 
indiqué par une fente incomplète (fig. 3, B) II Idotea 

Trois segments du pleon distincts du pleotelson et un quatrième 
indiqué par une fente incomplète (fig. 3, C) III Zeuobia 




Fig. .3. — Partie postérieure du corps ; X. Slenosoma cajnto, Rathke sp. : 
B, Idotea triscupidata Desm. ; C. Zenohia prismatica Risso; pe'. T segment 
péréial ; co, coxopodite de ce segment ; pi \ pi -, pi ', segments pléonaux distincts: 
plt, pleotelson. 

I. — Genre stenosoma Leach 

A. — Corps peu convexe, faiblement caréné, coxopodites petits. 
Pleotelson allant en s'élargissant jusqu'au 2/3 puis se rétrécissant 
brusquement en une pointe subobtuse. S. lancifer Leach. ms. 

Hab. : Océan, algues (assez rare) ; Roscoff, Concarneau, le 
Croisic, (J. Bonnier). Coll. Dollfus : Sô-Vaast-la-Hougue, le 
Croisic, île du Linet St-Goustan (Chevreux). 

Corps très convexe, étroit et très lisse, coxopodites très étroits et 
à peine visibles sur une vue dorsale. Pleotelson s'atténuant en 
pointe subobtuse. Couleur ambrée S. acuminatum Leach. 



1. Nous ne faisons entrer dans ce cadre ((ue les espèces capturées dans les 
eaux littorales de la région de l'Ouest, de l'estuaire de la Seine à l'embouchure de 
la Gironde. 

E. March. 



BULL. SOC. se. NAT. OUEST. 



T. 5. 



Hab. : Océan (rare), Concarneau {^ . Bonnier). Coll. DoUfus 
Saint-Vaast-la-Hougue, sur les varechs siliqueux (Dollfus) 
le Croisic, dragué aux roches de Basse-Hergo (Chevreux). 




FiG. 4. 
Stenosoma lancifer Leach. 



FiG. 6. 
Idotea linearis Linné sp. 



FiG. o. 



stenosoma acumina- 
tum Leach. 



H. — Genre idotea f stricto sensuj = armida Risso 

Pleotelson à sommet échancré A 

Pleotelson à sommet arrondi ou terminé en pointe B 

— Coxopodites bien apparents sur une vue dorsale, mais ne 

dépassant guère 1/3 de la longueur des côtés des segments A' 

Coxopodites très développés et bordant toute la longueur du 

côté des segments A" 

— Corps présentant un faible relief latéral et sur le pleotelson une 

carène longitudinale peu dictincte. Pleotelson s'élargissant de 
la base au sommet jusqu'au 2/3 de sa longueur, puis se rétré- 
cissant jusqu'à l'échancrure apicale qui est mucronée au 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 



9 



centre. Yeux grands. Antennes longues, fouet de 20-25 
articles. Couleur variable, d'un gris ambré, plus ou moins 
distinctement marquée de lignes longitudinales brunes. 
Longueur (exempl. de la Méditerranée et de l'Océan) atteignant 
jusqu'à 35 mill. ; les exempl. de la Manche sont plus 
petits I. linearis Lin. sp. 

Hab. : Toutes les côtes de France, sur les paquets d'algues et 
d'hydraires et les morceaux de bois flottants ou rejetés. 
Villers, Beuzeval, (Dollfus) ; Granville (Potel, Gadeau de 
K/ville) ; lies anqlo-normandes (Norman, Bonnier) ; Saint- 
Lunaire, Zostères (Dollfus) ; Morgat, Concarneau, le Croisic, 
(Bonnier, Chevreux). 




FiG. 7. 
Idotea emarginata c/" Fabricius 



Ldotea emarginata 
Fabricius. 



Q Idotea triscupidata Desm.. 
à droite, extrémité posté- 
rieure du même (jeune). 



Corps assez large, présentant un dimorphisme marqué: chez le cr', 
il est lisse et les coxopodites sont très larges, le pleotelson va 
en s'atténuant progressivement de la base au sommet échancré. 
Chez la 9> le relief est plus accusé, les coxopodites sont étroits 
sur les segments antérieurs, et le pleotelson présente un élar- 
gissement vers la moitié sa longueur. Couleur, jaune ambrée 
chez le o", plus ou moins brune ou olivâtre, uniforme ou 



10 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

marquée de taches blanches chez la 9- Dimension, cf jusqu'à 
35 mill. de long, et 14 mill. de larg. ; 9 d'un 1/3 plus courte et 
moins large I. emarginata Fabric. 

Hab. : Cette rare et belle espèce, plus pélagique que la précé- 
dente n'a encore été trouvée que sur un point des côtes 
océaniques de France ^ Elle est signalée sur plusieurs points 
des mers britanniques, ibériques et jusqu'en Algérie, d^ 
le Croisic, banc de la Barre, sur des algues flottantes 
(Chevreux). 

B. — Sommet du pleotelson à angles accentués en pointes qui sont 

fortement ou à peine dépassées par la pointe médiane C 

Sommet du pleotelson arrondi et atténué aux angles, de façon à 

ne présenter qu'une pointe apicale D 

Sommet du pleotelson largement arrondi aux angles et à 

pointe apicale très courte ou nulle E 

G. — Angles apicaux du pleotelson fortement dépassés par la pointe 

médiane ; coxopodites très développés C 

Angles apicaux moins accentués ; coxopodites très étroits sur les 
premiers segments C" 

C. — Corps subconvexe, assez large, un peu caréné sur le pleotelson, 

Antennes à fouet d'au moins 15 articles. Yeux moyens. 
Coxopodites très développés et occupant toute la longueur 
du côté des segments. Pointes angulaires du pleotelson beaucoup 
moins développées chez les jeunes que chez les adultes. 
Couleur extrêmement variable, présentant sur un fond ambré, 
rougeâtre ou noirâtre, des ponctuations noires, et des taches, 
marbrures et bandes blanchâtres. Les <f adultes sont généra- 
lement ambrés, unicolores. Dimension, (f adulte (de Concarneau) 
34 X 11 millimètres I. triscupidata Desmarets. 

Hab. : Toutes nos côtes océaniques, de la mer du Nord à la 



1. Dans lo n° 290. du 1" décembre 94, le savant auteur des Idoleidae des 
côtes de France, ayant par suite d'une erreur indiqué Alger comme provenance 
d'origine des échantillons d'/. emarginata qui lui avaient été expédiés de cette 
localité par noire éminent collègue, et savant carcinologue, M. E. Chevreux, disait 
en parlant de cette espèce: «.... n'a pas encore été rencontrée sur les côtes 
océaniques de France, mais il est certain qu'elle doit s'y trouver. » Pour le judi- 
cii'ux naturaliste, la présence de ce cruslacé dans les eaux anglaises et espagnoles 
lui en faisait prévoir la capture dans nos eaux lillorales; elle serait, cependant, 
d'après lui plus répandue dans lu Méditerranée. 

E. March. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 



11 



frontière d'Espagne, très commun sur les algues flottantes ou 
fixées. 
C". — Corps étroit. Coxopodites des segments 2 à 4, très étroits et ceux 
des segments 2 à 3 n'atteignant pas la longueur du côté du 
segment. Couleur peu variable ambrée ou verdàtre. Dimension 
19 X 3 l/2millim., ex. ©^(du Croisic)!. salinarum nova species. 
Hab. : Cette espèce nouvelle paraît propre aux marais salants ou 
aux étangs d'eau salée de l'Océan et de la Méditerranée. Coll. 
DoUfus : Marais salants du Croisic (où elle a été découverte 
par M. Chevreux) ; La Teste, réservoirs à poissons. 




FiG. 11. 
Idotea marinaPennani sp. 



FiG. 10. FiG. 12. 

Idotea salinarum n. sp. Idotea pelagica Leach. 



Corps subconvexe, peu large, faiblement caréné vers la pointe du 
pleotelson. Yeux moyens. Antennes assez longues, à fouet 
d'au moins 15 articles. Coxopodites médiocres, atteignant à 
peine la longueur du côté des segments 2 et 3. Pleotelson 
atténué en pointe apicale et sans angles apicaux. Couleur assez 
variable, le plus souvent rougeàtre ou ambrée, dimension, o^ 
adulte (du Havre), 26 X 6 millim. I. marina Pennant fnec 
Linné) sp. 

Hab. : Sur les algues fixées, très commune sur toutes nos côtes 
océaniques ; moins allante que 1'/. triscupidata, avec laquelle 



12 



NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. O. 



bien des auteurs l'ont confondue, malgré des caractères bien 
tranchés, elle vit surtout dans les endroits formant abris, 
touffes d'algues, pieds de laminaires, etc. 

E. — Pleotelson arrondi et mucroné au sommet E' 

Pleotelson à sommet arrondi tronqué E" 

E'. — Corps trapus, à rugosités assez fortes. Goxopodites étroits sur les 
segments 2 à 4, et atteignant à peine la longueur du côté des 
segments 2 et 3. Yeux très gros. Antennes courtes, fouet d'au 
plus 10 articles. Pleotelson plus court que dans les espèces 
précédentes, à sommet arrondi et mucroné. Couleur variable, 
généralement gris-olivâtre foncé, plus ou moins marquée de 
clair. Dimension : 14 X 4 millim. (ex. c/" de Villers-sur- 
Mer) I . pelagica Leach. 

Hab. : Cette espèce paraît être commensale (ou parasite) des 
balanes, et semble uniquement océanique. On la trouve parfois 
en abondance sur les rochers couverts de balanes et de moules. 
Coll. Dollfus. Villers-sur-Mer, rochers des Vaches-Noires (très 
commune de 1882 à 1887 ; elle a presque disparu de cette 
localité); St-Vaast-la-Hougue, k la pointe de Saire ; Royan, 
rochers de Pontaillac et épaves avec balanes, sur la Grande- 
Côte. 




-«*% 




FiG. 13. 
lânlen metallirn Rose. 



FiG. 14. 
Zowhin prmnaMcn Rigso. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE lo 

Corps à reliefs accusés, pubescent. Yeux très gros. Antennes 
courtes, à fouet d'environ 10 à 12 articles. Coxopodites très 
larges et presque triangulaires en dents de scie. Pleotelson 
tronqué au sommet à angles arrondis. Couleur à l'alcool, d'un 
gris-olivâtre foncé uniforme ; à l'état vivant, le petit duvet 
qui couvre le corps lui donne un reflet d'un bleu métallique 
très particulier. Dimension : cf de Villefranche-sur-Mer) 
22 X 6 millim. 1/2 I. metallica Bosc. 

Hab. : Cette espèce absolument pélagique, mériterait bien 
mieux que la précédente, qui parait tout à fait littorale, le nom 
de pelagica. Elle nage à la surface de l'eau, souvent à une très 
grande distance des côtes et est à peu près cosmopolite. Coll. 
Dollfus, à 30 milles des Glénans (Chevreux), sur des débris de 
filets flottants. 



III. — Genre zenobia Risso 

Corps étroit assez convexe, à côtés parallèles, pubescent à l'extré- 
mité postérieure. Yeux petits, linéaires, situés plus en avant 
que dans les espèces précédentes: Antennes externes courtes, 
fouet d'environ 5 articles. Coxopodites très étroits, ceux des 
premiers segments à peine visibles sur une vue dorsale. Pleon 
à 3 segments entièrement distincts du pleotelson ; celui-ci 
raplati vers l'extrémité apicale qui est arrondie. Couleur gris- 
olivâtre, plus ou moins marquée de zones claires ou 
foncées Z. prismatica Risso . 

Hab. : Cette espèce habite des morceaux d'algues ou des 
brindilles de bois dont elle se fait un fourreau. Elle est assez 
répandue sur les côtes océaniques et méditerranéennes jusqu'à 
une grande profondeur. Coll. Dollfus: Villers, Luc, Sainl- 
Lunaire (Dollfus); Sc^^n^GoMston (Chevreux). 

L'auteur fait suivre sa description des espèces françaises de consi- 
dérations synonymiques d'une valeur réelle et termine en donnant une 
liste des auteurs cités par lui. Les naturalites qui voudront poussera 
fond l'étude cette petite famille feront bien de consulter le travail de 
M. Ad. Dollfus. 

E. March. 



14 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 

Courtes notices sur les Hirudinées ; parM, R. Blanchard. 
{Bull. Soc. zool. Fr. 1892, t. xvii, p. 173-182). 

Glossiphonia marginata (0. F. MûUer). — M. R. Blanchard donne la 
description plus détaillée et plus exacte, qu'on ne l'a fait avant lui, de 
cette espèce assez répandue du reste en Europe. 

Comme localités de l'Ouest, il cite : la Maine à Angers, l'Erdre à une 
dizaine de kil. en amont de Nantes. 

Glossiphonia sexoculata (Bergmann). — Cette espèce, répandue 
partout en France, est décrite également avec détails. 

Localités de l'Ouest: Nantes, Angers. 

L. B 



II — BOTANIQUE 

Catalogue des plantes vasculaires de l'arrondisse- 
ment de Domfront, avec notes critiques et observations 
biologiques ; par Auguste Chevalier. 

Bien que l'auteur ait la modestie de nous parler de sa « jeune et 
faible expérience », ce catalogue est établi avec méthode et montre qu'il 
est dû à un vrai botaniste, à un naturaliste déjà versé dans l'étude des 
diverses branches de l'histoire naturelle. 

Après avoir rappelé en quelques pages, très clairement écrites, les 
recherches antérieures relatives à la région qui l'occupe, M. Chevalier 
nous donne une Bibliographie botanique domfrontaise etun Apetxu sur 
la distribution des plantes dans V arrondissement de Domfront dont la 
partie géologique est traitée avec un certain développement. 

« Cette esquisse de la géologie locale, dont je ne pouvais me dispenser, 
» montre, dit-il, suffisamment qu'il existe une grande variété dans nos 
)) terrains, ce qui ne les empêche pas d'être tous entièrementsiliceux.... 
» Le manque de calcaire ne rend pas suffisamment compte de la pau- 
» vreté relative de notre flore. Le climat y est également pour quelque 
» chose. 

)) Je suis même porté à croire que pour le département de l'Orne, 
» c'est autour de Domfront que les influences septentrionales se font le 
» plus sentir. C'est en effet dans cet arrondissement seulement (entre tous 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 15 

» ceux du Nord-Ouest de la France), que l'on a trouvé jusque là : Andrœa 
» petrophila (muscinée) et Phegopteris polypodioides \ 

Les observations qui suivent sont fort intéressantes au double point 
de vue biologique et géographico-botanique. 

La Comparaison de la Flore domfrontaise avec la Flore occidentale 
de la France mérite d'être reproduite : 

(( Au point de vue, dit l'auteur, de la géographie botanique, notre 
» région se rattache à la partie occidentale de la France. Elle a de très 
» grands rapports avec la flore intérieure de la Bretagne. Les plantes 
» les plus caractéristiques de cette région : Batrachium Lenormandi, 
» Hypericum linarifolium, Wahlenbergia hèderacea, Sibthorpia euro- 
» pœa, Potamogeton polygonifolius, Narthecium osslfragum, Carex 
» binervis, Carex lœvigata, etc., ne sont pas rares pour la plupart. 

» Je dois pourtant ajouter que l'arrondissement de Domfront marqie 
» pour ainsi dire la limite de la flore de l'Ouest. Les espèces les plus 
» caractéristiques deviennent plus rares vers Alençon pour disparaître 
» dans la région parisienne. Notre Hymenophyllum du Ghatellier 
» atteint même, pour la France, sa limite extrême vers l'Est, dans notre 
» région. 

Le chapitre « Herborisations » constitue une sorte de guide, pour le 
botaniste, dans l'arrondissement de Domfront; il signale les points qui 
méritent le plus d'être visités. 

« La nomenclature et l'ordre suivi s'écartent peu de la Flore de 
» de France de Grenier et Godron. Grâce aux savantes indications de 
» M. Corbière j'ai cependant apporté quelques modifications dans l'ex- 
» posé des espèces. J'ai emprunté également un grand nombre de 
» variétés à Brébisson (Flore de Normandie), variétés que j'ai rele- 
» guées pour la plupart au rang de simples formes '. » 

On remarque, en effet, qu'à l'exemplede la plupart des flores récentes, 
M. Chevalier a transporté le sous-embranchement des Gymnospermes à 
la fin des Monocotylédonêes, immédiatement avant les Cryptogames vas- 
culaires. 

Catalogue: des notes critiques et des observations biologiques accom- 
pagnent souvent l'énumération des espèces. 
Nous signalerons surtout celles qui ont rapport aux : 
Batrachium aquatilis (Ranunculus L.) 



1. Noté aussi à Vire (Lenormand) localité d'ailleurs très rapprochée de l'arrondis- 
sement de Domfront. 

2. M. Chevalier, n'adopte pas la nouvelle acception accordée au mot forme par 
MM. Rouy et Foucaud, il n'y voit, avec la plupart des botanistes, qu'une expres- 
sion s'appliquant à des modifications do peu d'importance E. G. 



16 NANTES. — BULL. SOC. SC, NAT. OUEST. — T. 5. 

Berberis vulgaris L. 

Cardamine pratensis f» Lebelii Chevalier. 
Sous-genre Melanium DG. {Viola tricolor L.) 
Géranium molle var. villosum Bréb. non Tenore. 
Potentilla suberecta Zimmeter. 
Epilobiiim obscurum Schreb. 
Hedera Hélix L. (très intéressantes). 
Centaurea decipiens Thuill. 

* Erica Watsoni Ben th. (avec E. ciliaris et E. tetralix) RR. Lassay 
(Mayenne). 

Ilex aquifolium L. 

* Linaria ochroleuca Bréb. 

* Mentha Corbierei Chevalier (aquaticoXarvensis). 
Blechnum Spicant Roih. 

Nous nous sommes plu à analyser en détail ce Catalogue, malgré la 
région très restreinte qu'il comprend, parce que nous le considérons 
comme pouvant servir de modèle à des travaux du même genre, par le 
soin, l'exactitude et les observations substantielles qu'il renferme. 

E. G. 



Contribution à l'étude de la flore de la Mayenne ; 

par M. Lucien Daniel, (Le Monde des Plantes, t. m, n» 43, 
1er juillet 1894, p. 346-355). 

« Dans cette liste, nous dit l'auteur, j'utilise les notes manuscrites 
» laissées par Duclaux, mes documents personnels et les renseignements 
» que m'a fournis mon vieil ami M. Rousseau, instituteur à Aron. » 

Les plantes nouvelles pour le département, d'après M. Daniel, marquées 
du signe * sont les suivantes : 

Nigella arvensis L. — Ghantrigné (Rousseau) vue CC en cette station 
pendant huit années consécutives. 

Sagina filicaulis Jord. — Laval (Duclaux). 

Myriophyllum verticillatum L. — Oubliée dans le catalogue de 1838. 
— Laval (Boullier, 1826). —Eaux de la Mayenne? (Duclaux). — Bavouze, 
commune d'Azé (15 juillet 1893). 

Specularia hybrida DC. — Moissons : de Douce à Jablains (Chédeau). 

Physalis Alkekengi L. — Chemazé. dans les haies; près le Grand- 
Auteux, en Loigné. — Rare. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 17 

Veronica prœcox AU. — Champs sablonneux en friche à Thévalles ! 
(Mercier). 

Carex dioica L. — Landes de Malingre (Crié). — Celte localité, qui 
figure dans la Flore de l'Ouest de Lloyd et Foucaud, n'a pas été repro- 
duite dans le'cataloguede M.'Reverchon. 

Cette liste contient, en outre, de nombreuses localités nouvelles. 

E. G. 



Inventaire général des plantes vasculaires de la 
Sarthe ; par M. Gentil. (Bull. Soc. agric. se. et arts de la 

Sarthe, t. xxxiv, p. 285-332). 

Ce fascicule contient les Monocotylédonées jusqu'aux Cypéracées 
inclusivement. 

Nous ne tarderons donc pas à posséder en entier ce travail dont nous 
nous sommes efforcé de faire ressortir, dans nos précédentes analyses, 
toute l'importance au point de vue de la botanique sarthoise. 

E. G. 



Le Carex axillaris dans le département du Calvados; 

par M. Ernest Malinvaud. {Bull. Soc. Lin. de Normandie, 
4« série, 7evol., 1893, p. 60-61). 

« Cette rare espèce, récoltée par M. Bardel dans les marais de 
» Mézidon (Calvados) n'est pas nouvelle pour la France, ni même pour 
» la Flore de Normandie ; car sa découverte, faite le 16 mai 1858 par 
)) M. Crouzet, de la Neuve-Lyre (Eure), dans un fossé de la forêt de 
» Bréteuil, au milieu de nombreuses touffes de Carex remota et de 
» Carex muricata fut annoncée à la Société botanique de France, en 
» 1864, par le savant Duval- Jouve, qui consacra à cette curieuse plante 
» un article substantiel ' ». 

L'auteur rappelle les localités du Carex axillaris constatées en 
Angleterre, en Belgique et dans le nord de l'Allemagne, partout extré- 



1. Bull. Soc. bot, Fr., t. xi, p. 15, séance du 25 Janvier 1804. 



18 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. - T. 5. 

raement rare. Il relate les caractères qui le séparent du Carex remota 
et les nombreuses et vives discussions dont ce Cai^ex a été l'objet, pour 
lesquelles il renvoie à l'article de Duval-Jouve. 

)) Mentionné par divers auteurs comme espèce propre, considéré par 
» d'autres comme hybride (C. muricato-remota Ritschl ; G. remoto- 
» vulpina Grép.) le Carex axillarls ne serait, suivant Duval-Jouve (loc. 
» cit.), qu'une forme stérile du C. remota, à côté duquel on l'a toujours 
» trouvé ». 

E. G. 

Société botanique des Deux-Sèvres ; (Bulletin de 
Vannée 1893). 

Cette publication continue à présenter de l'intérêt au point de vue 
de la botanique de l'Ouest. Le numéro que nous avons à analyser com- 
prend notamment : 

= 1° Les procès-verbaux des séances où nous trouvons mentionnés : 

Erucastrum Pollichii Schimper — Curçay (J. Richard). 

Veronica triphyllos L. — S' Gyr-la-Lande ; S' Martin-de-Sauzay 
(Duret). 

Astragalus monspessulanus L. — Exoudun (Souche). 

Festuca ovina L. — Exoudun (Souche). 

Linuni corymbulosum — S' Florent (Duret). 

Campanula rapunculoides L. — Vienne : Avanton, Migné (Didier), 
rare et intéressante espèce ! etc. 

=: 2° De nombreux comptes rendus d'herborisations dans lesquels nous 
remarquons surtout les plantes suivantes : 

Verbascum blattarloides — L'Auderie (Souche). 

Anémone Pulsatilla — Commune de Sauzais (Duret), etc. 

= 3° Trois notes de M. B. Souche sur des plantes de la région qu'il 
habite. 



Recherches historiques sur les botanistes mayen- 
nais et leurs travaux ; par M. Lucien Daniel, docteur 
es sciences, l'"® partie. Notice sur J.-B. Denis Bucquet, suivie 
de la Topographie médicale de la ville de Laval, de cet auteur 
(Extrait du Bull. soc. cVét. scient. d'Angers, année 1893). 

« Le but principal de ce travail, c'est de préciser, dans la mesure du 
» possible, la part qui revient aux divers naturalistes de la Sarthe et 
» de la Mayenne dans la découverte de nos produits indigènes, et de 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 19 

« rendre un hommage bien mérité à ta mémoire des botanistes, qui 
» ont formé les divers herbiers que possède le Muséum de Laval. 

» Cette étude est faite d'après les documents déposés au Muséum et 
» à la Bibliothèque de Laval, documents mis très gracieusement à ma 
» disposition par M. Œhlert, et ceux qui m'ont été fournis, avec le 
» plus aimable empressement, par les membres des familles Bucquet, 
» Boullier, Duclaux, La Bauluère et Le Tissier. 

» Grâce à l'obligeance de mon premier maître en botanique, M. Louis 
» Crié, professeur à la Faculté des sciences de Rennes, j'ai pu me pro- 
» curer des renseignements précieux sur les plantes que M. Crié père, 
» pharmacien à Sillé-le-Guillaume, a découvertes dans diverses com- 
» munes de la Mayenne, sur les confins de la Sarthe. 
Et plus loin : 

» La botanique, dont je m'occuperai tout spécialement ici, attend 
» encore un travail d'ensemble 

» L'histoire de la botanique mayennaise a été trop négligée. Faute 
» de remonter aux sources et de compulser divers matériaux inédits, 
» on a cru que les premières recherches sur la Flore de la Mayenne 
» sont dues, d'une part, à M. Desportes et ses correspondants \ de 
» l'autre aux auteurs du Catalogue de 1838 2. » 

L'auteur rappelle que dès 1680, Le Clerc du I-Uécheray donne quelques 
indications sur l'histoire naturelle locale et qu'on trouve au Muséum 
et à la Bibliothèque de Laval, entre autres matériaux intéressant la 
botanique locale, l'herbier d'un botaniste oublié jusqu'ici, M. Bucquet, 
docteur en médecine, professeur à l'Ecole Centrale de la Mayenne, qui 
a récolté ses plantes dans le cours de l'an IX et de l'an X (1801-1802). 

« Cet herbier, le plus ancien document de ce genre que nous possé- 
» dions sur notre flore locale, contient une centaine de plantes mayen- 
M naises, dont plus d'une espèce rare. » 

Suit une intéressante biographie de M. J.-B. Denis Bucquet né à 
Paris, en 1771, mort à Laval en 1841. 

E. G. 



1. Desporles. Flore de la Saithe et de la Mayenne, Le Mans, 1838. 

2. Catalogue des pi. monoc. et dicot., etc., par une Société de botanistes, 
Laval, 1838. 



20 NAXÏES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — ï. 5. ^ 

III — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 

Le Palet de Gargantua et les oscillations du rivage 

de la mer ; par M. Boissellier. {Soc. des se. nat. de la 
Charente-Inf., pour 1893, p. 71-74) . 

Tous les mégalithes de l'île d'Oléron, à l'exception de l'Affùtoir d'Ors, 
dit Palet de Gargantua, sont en calcaire à Radiolites lumbricalis. Tout 
auprès se voient des grattoirs en silex noir de la craie, des fragments 
de haches polies, des ossements, des cendres, du charbon, des poteries. 

La mer s'est élevée jusqu'au pied du dolmen d'Ors et même plus 
haut, puisqu'il est entièrement enterré par un cordon littoral de galets 
calcaires. 

L'une des tombes de Charras est située au niveau des alluvions 
marines qui entourent l'îlot de Fouras. 

A Noirmoutier, la table d'un dolmen est submergée pendant les 
hautes mers. 

Dans l'île d'Oléron, sur la plage méridionale, entre Rémigeas et la 
Perrocheet vis-à-vis Domino, il existe des dépôts de tourbe formée de 
plantes marines et d'eau douce, dans lesquels M. le D' Pineau a trouvé 
des Lymnées et des Planorbes, qui sont situées à 2 ou .3 mètres au- 
dessous des hautes mers de mortes eaux. 

Ces observations montrent que, depuis l'époque néolithique, il s'est 
produit, sur les côtes de la Vendée, de l'Aunis et de la Saintoiige, des 
oscillations du rivage, antérieurement auxquelles la mer s'était peut- 
être retirée complètement du pertuis de Maumusson, entre la pointe 
d'Ors et la pointe du Ghapus. 

En tout cas, dit M. Boissellier, certains points du rivage qui étaient 
habités à l'époque Robenhausienne, dans l'île d'Oléron, à Noirmoutier 
et dans l'îlot de Fouras sont aujourd'hui submergés. 

L. R. 



Minéralogie de la France et de ses colonies . — 

Description physique et chimique des minéraux. Etude des 
conditions géologiques de leurs gisements ; par M. Alfred 
Lacroix. 1. 1, première partie, un vol, in-8" de XX- 304 pages 
avec figures (prix 15 fr). Paris, Baudry et C'^, 15, rue des 
Saints-Pères, 1892. 

Quoique la bibliographie minéralogiquc française comprenne un 
certain nombre de traités généraux, au premier rang desquels se place 
1 excellent Manuel de minéralogie de M. Des Gloizeaux, malheureusement 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 21 

encore inachevé, l'on y aurait vainement clierché jusqu'à ce jour un 
ouvrage spécial passant exclusivement en revue les minéraux qui se 
trouvent dans le sol de la France, ouvrage qui eût correspondu à celui 
qu'un illustre savant russe, M. de Kokscharow, tout récemment enlevé 
à la science, avait consacré à la description méthodique des richesses 
minéralogiques de son pays. Pour qu'une tâche pareille pût être entre- 
prise fructueusement, il fallait que son auteur joignit à l'érudition pro- 
fonde, à l'esprit de suite, à la précision extrême dans les détails, un 
pénétrant coup d'œil d'observation sur le terrain comme dans le labo- 
ratoire ; il fallait que les derniers perfectionnements des procédés d'in- 
vestigation y fussent mis à profit. Nous sommes heureux aujourd'hui 
de présenter aux lecteurs du Bulletin le premier fasciculed'un livre qui 
nous paraît répondre à toutes ces conditions. 

Dans son introduction, M. Lacroix expose qu'il va s'elïorcer de détruire 
cette opinion fort répandue que la France serait un pays pauvre en 
minéraux, fait bien peu vraisemblable, si l'on considère l'étendue qu'y 
occupent les diverses formations des roches cristallines tant éruptives 
que sédimentaires (cristallophylliennes.). 

Rien n'est moins exact, et tout observateur qui, comme l'a fait M. 
Lacroix pour la chaîne des Pyrénées, veut bien se consacrer à l'étude 
approfondie d'une de ces régions de terrains cristallins, ne tarde pas 
à se convaincre que, sous le rapport des minéraux, notre sol n'est pas 
moins bien partagé que celui des Etats voisins. Du reste l'emploi du 
microscope permet de reconnaître bien souvent des minéraux parfaitement 
définis alors que l'œil n'aperçoitqu'une masse amorphe et indéterminable. 
L'auteur a illustré son texte de nombreux clichés, inédits pour la plupart, 
et l'a rédigé de telle sorte que le lecteur n'ai; nullement besoin, pour le 
comprendre, de se reporter à un traité de minéralogie générale. Un grand 
nombre des observations qu'il cite lui sont personnelles, et il s'est attaché 
à toujours présenter l'étuctetlus minéraux microscopiques des roches en 
même temps que celle des cristaux filoniens de même nature visibles à 
l'œil nu, les seuls qu'enregistrent le plus ordinairement les traités 
classiques. En même temps, il montre comment les formes dominantes 
de chaque minéral se modifient dans les divers gisements géologiques, 
ces formes étant sans aucun doute une fonction des conditions physiques 
et chimiques qui ont présidé à la production du cristal. 

Ajoutons qu'il n'a pas borné le cadre de son ouvrage dans les limites de 
la France continentale: d'une part les régions circonvoisines ont été mises à 
contribution toutes les fois qu'elles forment le prolongement géologique 
de régions françaises et, d'autre part on n'a eu garde d'oublier les 
gisements souvent très remarquables situés dans les colonies ou pays de 
protectorat. 

La Mméndofjk de la France doit comprendre deux volumes dont le 
premier est relatif aux silicates et titanates; le fascicule offert aujourd'hui 
au public, formant la première partie du tome I, occupe une étendue 



22 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

qui est le quart environ de celle de l'ouvrage entier. On y trouvera la 
description des silicates basiques comprenant les espèces suivantes: 
staurotide, dumortiérite, calamine, andalousite, sillimanite, topaze, 
disthène, datliolite, tourmaline, carpholite, bertrandite, groupe des 
humites, ardennite, groupe des épidotes, idocrase, groupe des péridots, 
phénacite, groupe des grenats, dioptase, chrysocole, prehnite, axinite, 
friedélite. Pour chacune de ces espèces, les diverses propriétés sont 
décrites dans l'ordre que voici: faces observées, macles, angles mesurés, 
faciès des cristaux, déformations mécaniques, clivages, dureté, densité, 
coloration, inclusions, propriétés optiques, pléochroïsme, composition 
chimique, essais pyrognostiques, altérations, diagnostic, gisements et 
associations. 

A mesure que paraîtront les fascicules suivants de cette belle publication , 
nous nous empresserons dans rendre compte dans ce Bulletin. 

L. Bourgeois. 



Notice explicative de la feuille géologique de Dinaii, 

1893 ; par M. Ch. Barrois. 

La Feuille géologique de Dinan, au 80.000' exécutée pour le Service de 
la Carte géologique détaillée de la France, sous le N" 60, vient d'être 
publiée. Nous reproduisons ici la légende qui l'accompagne. 

INTRODUCTION 

La feuille de Dinan comprend deux régions distinctes : à l'ouest, ter- 
minaison de longues bandes granulitiques de la Bretagne, à apparence 
laminées, dirigées N.-E. à l'est; origine des bandes granitiques moins 
resserrées de la Normandie, dirigées E.-O. : Cette différence est 
encore accentuée par la localisation du limon quaternaire, à la moitié 
orientale de la feuille . 

L'ensemble de ces formations constitue un plateau argilo-schisteux, 
qui s'abaisse conformément vers le nord où descendent directement 
toutes les rivières, normalement à la direction des couches ; les dépôts 
diluviens et récents qui ont comblé peu à peu la Baie du Mont-Saint- 
Michel jusque vers Chàteauneuf, montrent qu'il n'en fut pas toujours 
ainsi, et que ces cours d'eau suivirent primitivement la direction des 
couches vers le N.-E., avant de les traverser : ainsi la Rancc passa à 
l'est de Chàteauneuf, avant de couler comme de nos jours, à l'ouest de 
cette localité, vers Saint-Malo ; elle avait alors pour estuaire la Baie du 
Mont-Saint-Michel, qu'elle creusa avec ses allluents le Couesnon et la 
Selnne, pour finir par l'envaser et la combler de ses alluvions. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GEOLOGIE ET MINERALOGIE 5^ô 
DESCRIPTION SOMMAIRE DES ÉTAGES SÉDIMENTAIRES 

Des dunes (A) forment des accumulations peu étendues sur les côtes 
de Frehel, Rothéneuf, exposées au N.-O. 

a2 Argiles et cailloux accumulés sur les rives convexes de la plupart 
des rivières ; parfois tourbe, comme en divers points de la côte à marée 
basse. L'argile à cailloux qui couvre le sol vers Dingé, au faite de par- 
tage des bassins de la Manche et de l'Océan, a été rapportée, sans raisons 
sutTisantes ; au même âge. Les deux divisions suivantes ont été distin- 
guées dans la Baie du Mont-Saint-Michel : 

a^b. AUuvions marines du marais de Dol, formées du III« au VIII* 

siècles, argiles fines, gris-bleuâtre, calcaireuses, avec débris de coquilles 
marines, exploitées sous le nom de tangue pour l'amendement des terres ; 
des lits de tourbe alternent onrore avec ces sédiments marins du marais 
de Dol, d'après M. Sirodot. Cet envahissement marin s'est fait sentir 
dans les autres vallées de la région, on a trouvé dans la vallée de 
l'Arguenon, des coquilles marines, dans un puits creusé au Château de 
l'Argentaie, ainsi qu'en divers points de la vallée de la Rance jusqu'à 
la Ville-ès-Nonais. 

a'*. AUuvions tourbeuses et tourbes avec troncs d'arbres, atteignant 
5m d'épaisseur dans la baie du Mont-Saint-Michel; elle est antérieure au 
IIP siècle de notre ère, et repose sur une argile grise compacte, calcareuse, 
sorte de tangue d'origine marine, datant probablement de l'époque du 
renne. Des sondages ont montré à Durocherque ces tourbes ne s'étaient 
pas formées au N. du marais du Mont-Dol, à la latitude de la digue, où 
on ne rencontre que des sédiments marins; inversement M. Sirodot a 
reconnu que la tourbe existait seule, au fond de la baie, à l'ouest de 
Lillemer et Saint-Guinoux. De cette dispositon on peut conclure, que 
le marais de Dol est un ancien estuaire de la Rance, à une époque où 
le seuil granitique de Chàteauneuf n'était pas encore tranché par les 
eaux de cette rivière au Port-Saint-Hubert et à la Carrée; elles se rendaient 
alors en ligne droite, de Dinao à Chàteauneuf et au marais de Dol. Les 
progrès de l'érosion ouvrirent naturellement la brèche de Saint-Hubert, 
et la Rance se partagea en deux bras: le nouveau bras correspondant à la 
valléeactuelle coula vers Saint-Malo, allant toujours en s'approfondissant ; 
l'ancien bras, suivant l'ancienne vallée, devenue trop large pour son 
nouveau débit, vit son lit se combler lentement par la tourbe, et se 
transformer graduellement, à mesure que les eaux s'ouvraient une 
brèche plus large de l'autre côté, en un marais tourbeux, qui s'étendait 
jusqu'à la mer. Le bras nouveau qui franchit le seuil de Saint-Hubert 
n'eut pas à creuser toute l'étendue de son cours jusqu'à Saint-Malo; ses 
eaux durent profiter du lit de la petite rivière qui drainait ce pays, 



2i NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

parallèlement à la rivière voisine de Landelle, qui se je-tte encore de 
nos jours à l'est de Saint-Malo. 

a"». Limons jaunes, fins, homogènes, mais à lits distincts, atteignant 
l'épaisseur de 8m. et s'élevant plus haut que les alluvions anciennes 
limitées aux vallées (a^».); ils recouvrent les coteaux comme un manteau, 
dont l'épaisseur est inégale dans la région, sur leurs différents flancs, 
le versant exposé au nord en portant toujours l'épaisseur maxima. Leur 
distribution topographique dans la région est sans relation avec l'extension 
des lambeaux tertiaires conservés, mais présente au contraire une relation 
évidente avec le bassin hydrographique de la Manche : leur origine 
paraît aussi imputable aux boues glaciaires qui encombrèrent la Manche 
à l'époque interglaciaire; elles n'ont pas été toutefois déposées par les 
eaux, sur les coteaux bretons, où leur mode d'accumulation subaérienne 
est mis en évidence, par les débris de plantes et les grains charbonneux 
distribués en tous sens dans la masse et par les petits cailloutis toujours 
en relation avec la roche sous-jacente qui s'y trouvent (quarz dans les 
parties granitiques, schistes dans les régions schisteuses). 

L'importance du limon sur cette feuille, réside dans le fait qu'elle nous 
présente la terminaison vers l'ouest, de la grande masse limoneuse du 
bassin parisien; au delà, le limon estlimité à une étroite bordure littorale, 
restreinte aux baies de la côte septentrionale de Bretagne et manquant 
sur la côte bretonne de l'Atlantique. 

a^^ Alluvions anciennes: Sable grossier souventferrugineux, nettement 
fluviatile, à stratification entrecroisée et à éléments roulés, appartenant à 
toutes les variétés de roches des bassins hydrographiques des cours d'eau. 
Ils s'élèvent jusqu'à l'altitude de 55 m. au dessus du niveau actuel dans 
la vallée du Gouesnon, de 40 m. dans la vallée de la Rance, près d'Evran, 
où ils sont associés à des argiles brun-rougeâtre, qui ont fourni au 
Quiou, Elephas primigenius. 

Nous réunissons ici deux formations d'origine et peut-être d'âge 
différent: le diluvium des vallées, qui précède, et le diluvium des plages 
soulevées. On observe ces plages, dans l'anse de Saint-Cast, à la Pointe 
Muret, aux Ecarets, où elles s'élèvent jusqu'à cinq à six mètres d'altitude, 
dans la baie de Mont-Saint-Michel, où ellesarriventàl2m, au dessus du 
niveau moyen actuel, et où elles ont fourni à M. Sirodot 800 dents 
d'Elephas primigenius 

p^ Sables rouges, atteignant 15 m. d'épaisseur, avec bancs de 
graviers de quarz, parfois agglutinés par de l'oxyde de fer. Ils recou- 
vrent les faluns de Saint-Juvat, mais les dépassent transgressivement, 
à Saint-Juvat même, où ils reposent directement sur les schistes du x. 

m3. Faluns de Saint-Juvat, synchroniques deceux de l'Anjou, formant 
à des altitudes pouvant atteindre 95 m. des lambeaux discontinus, 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 25 

dont l'épaisseur est inférieure à 8 m. : Mastodon angustidens, Ostrea 
crassissima (Miocène moyen). 

d'. Les grès de Gahard, alternant avec lits schisteux sont réprésen- 
tés dansle coin S.-O. de la feuille. 

s*. Les schistes d'Angers ont été autrefois exploités commes ardoises 
dans le S.-O. de la feuille. 

s"». Legrès armoricain paraît représenté au N.de la ligne ardoisière 
précitée, par des blocs de quarzite siliceux ali^'nés, masqués par des 
éboulis. 

s' . Grès feldspathiques et poudingues d'Erquy : Grès feldspathiques de 
couleur rose, à gros grains, épais de 400 mètres, en couches peu incli- 
nées, activementexploités pour pavés et identiques aux grès feldspathiques 
de Normandie ; ils alternent avec lits plus grossiers passant à l'arkose 
et avec lits plus fins passant au schiste rouge. Ils présentent vers la 
base plusieurs lits de poudingue à galets de quarzite noir, blanc, rose. 
Ces grès sont formés aux dépens des quarzites précambriens et des 
syénites (yx^). 

s''\ Poudingues pourprés de Fréhel, épais de 30 mètres, discordants 
sur les étages inférieurs, et renfermant des galets de quarz blanc, 
quarzite gris et rose, phtanite noir et de toutes les roches diabasiques 
de l'étage des cornes (x^^s). Ils reposent à Fréhel sur la syènite, trans- 
formée au contact par dynamométamorphisme, en schiste pourpré, oli- 
gistifère. 

x'":. Schistes cornés amphiboliques : Etage complexe, formé de schis- 
tes verts dominants, à actinote, épidote, chlorite, alternant avec cornes 
vertes compactes (schistes pyroxéniques), résultant de transformations 
de roches massives basiques, et qui alternent avec schistes argileux gris 
et grauwackes subordonnés. Denombreuses roches basiques sont associées 
aux précédentes, sous forme de lits de tufs, brèches, ou coulées interstra- 
tifiées, et présentant une composition qui varie depuis l'épidiorite (diaba- 
sesouralitiséesjjusqu'auxporphyrites à pyroxène, brèches porphyritiques, 
et même aux péridotites (Villetéhard en la Bouillie). Certaines porphy- 
rites microlitiques sont à structure homogène, et passent à des diabases 
ouralitisées à grain très fin, exceptionnellement elles deviennent vario- 
litiques, elles sont parfois associées à des schistes pourprés, résultant 
de leur décomposition. Cette série, analogue à celle de Trégorrois, ap- 
partient à l'étage des schistes et poudingues de Gourin (x''), dont elle 
nous offre un épisode éruptif local. 

x*. Les Phyllades de Saint-Lô comprennent des schistes gris-bleuâtre 
plus ou moins satinés, alternant avec bancs de grauwacke feldspathique 
grisâtre. Us forment trois zones sur cette feuille : la première, dirigée 

3* 



2fi NANTES. — BfJLL. SOC. SC. NA.T. OUEST. — T. 5. 

du S.-O au N.-E. de Plédran à la baie de la Fresnaye, présente un 
beau dévelopement de quarzites et phtanites charbonneux, instertra- 
tifiés, en lits de quelques mètres (Gr) ^ La deuxième zone, de Jugon à 
Cancale, formée de schistes argileux bleuâtres, souvent micacés, avec 
lits de grauwacke souvent quarziteux, micacés ne présente qu'excep- 
tionnellement des lits siliceux graphitiques. La troisième zone, de Plé- 
née-Jugon, à Dol et à Bazoug3s-la-Pérouse, formée de schistes bleus 
et grauwackes grises, souvent rendus tachetés, noueux, par l'influence 
des massifs granitiques de cette région ; ou n'y observe plus de 
quarzite graphitique. 

TERRAINS ÉRUPTIFS ET MÉTAMORPHIQUES 

s'. Diabase à structure ophitique, formée de microlithes de labrador, 
ou de petits cris-taux de labrador, avec grilles de fer titane, moulés par 
des plages de pyroxène diallagisant; parfois elle présente en outre, mica 
noir et exceptionnellement de grands cristaux porphyroïdes d'anorthite 
(Ville-Guillaume en Combourg). Elle forme comme sur la feuille voisine 
d'Avranches, des filons de plusieurs kilomètres de longueur, épais de 1 à 
10 mètres, qui traversent toutes les formations paléoziques delà région, 
y compris les massifs granulitiques, postérieurs au carbonifère, mais 
antérieurs au houiller. 

Ces filons de diabase, recherchés pour l'entretien des routes, sur toute 
la feuille, sont souvent jalonnés à l'intérieur du pays, tantôt par des 
moulins à vent, ou par des lignes de sources, ou dans les champs par 
les plus belles rangées de pommiers ; dans les falaises de la côte, ils 
déterminent des couloirs à murs verticaux, où s'engouffre la mer. Ces 
filons sont toujours plus ou moins altérés dans les affleurements super- 
ficiels, leur altération étant toujours plus avancée dans les encaisse- 
ments schisteux que dans les granitiques ; ils donnent habituellement 
naissance par leur altération à une argile brun-rougeâtre, fertile, et 
dans les schistes imperméables, à des poches de minerai de fer, autrefois 
recherchés pour l'exploitation. 

• Ces dykes de diabase, à caractères uniformes peu variés, donnent à 
cette feuille un caractère propre. Le nombre en est infiniment plus 
grand en réalité que nous ne l'avons indiqué sur la carte de cette 
région, cultivée et très pauvre en affleurements, mais il est cependant 
suffisant pour prouver que ces cheminées volcaniques ont dû recouvrir 
le pays, à l'époque houillère, de coulées continues de diabase, 
rappelant le basalte de nos plateaux d'Auvergne. Or, il n'est resté aucun 
témoin, de cette nappe d'épanchement diabasique. 



1. Cette bande est la continuation de celle de Coutances à Saint-Lô, où l'on 
retrouve les mêmes lits de phtanites, exploités, (Lande de la Varde, Crucy, Belval). 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 27 

L'ablation complète par dénudation, de tous les produits superficiels 
de cette émission nous donne une notion sur l'état orographique de la 
région au moment des éruptions. Cette contrée devait être une plaine 
ou un plateau peu découpé, où les coulées ont pu s'étaler en une nappe 
étendue, au lieu de s'accumuler dans des vallées ou dépressions 
préexistantes du sol, réservoirs qui nous auraient été conservés en 
quelque point, sous forme de culots massifs irréguliers. De ce fait, 
dérive l'une des conclusions suivantes : ou le sol précambrien n'a pas 
été découpé profondément par les dénudations subaériennes, antérieu- 
rement à l'époque des éruptions carbonifères, ou bien, ces dénivella- 
tions ont été antérieurement rasées par une invasion marine, qui 
n'aurait pas laissé d'autre trace de son passage : ces deux hypothèses, 
dont la seconde paraît seule admissible, sont également en désaccord 
avec l'idée généralement reçue, d'après laquelle ces massifs précam- 
briens de la Bretagne formaient des continents et des rivages diverse- 
ment découpés pendant les époques paléozoïques, depuis le cambrien 
jusqu'au carbonifère. 

Les mouvements du sol qui depuis ont relevé et ridé les bassins 
houillers de la Bretagne, ont fait aussi subir leur influence aux dykes 
verticaux de diabase de la feuille de Diuan ; ils sont souvent versés 
et présentent un pendage dominant à l'ouest. 

7^ La granulite forme des venues parallèles aux plis du terrain 
précambrien, qui étaient donc déjà redressés et plissés à l'époque de la 
venue granulitique : son gisement correspond aux lignes anticlinales de 
la feuille, suivant lesquelles elle s'aligne en trois bandes principales : 
1° Bande granulitique de Saint-Castà Lamballe(7^x).2°Bande de Saint- 
Malo (y'ç"^) ; 3° Bande de Dinan, qui présente des caractères divers sur 
les différentes portions de son parcours ('/'x-y'-y'r^-y^ç-yj-'/'x) et montre 
seule, aux environs de Bobital, un massif grenu à 2 micas, à grain 
moyen, de couleur blanche, la muscovite et la tourmaline y sont parfois 
très répandues, les variétés pegmatites rares. On observe en outre dans 
la région divers autres massifs granulitiques de peu d'étendue (Mont- 
Dol, Yvignac), ainsi que des dykes aplitiques, rapportés sur les anciennes 
cartes à la microgranulite. 

v'x. La granulite feuilletée présente un aspect typique dans les 
schistes précambriens, on l'y peut souvent distinguer de y^Ç^ parce 
qu'elle a une structure fibreuse, schisteuse, au lieu d'avoir une 
structure lenticulaire: elle se prête mieiîx par suite à la division 
en dalles et est préférée à celle-ci, pour les moellons de construction. 
Celte granulite feuilletée a conservé l'allure régulière et le plongement 
des schistes: son injection adoncététranquillecommeunelenteimbibition, 
produite en profondeur, sous la pression de couches encaissantes, qui 
n'ont pas cédé. Les différences de caractères du y'x et du y^i;^ injectés 



28 NANTES. -- BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

par un même magma, sont attribuables d'une part, aux différences 
lithologiques des roches pénétrées, et en outre à ce que la granulite 
avait déjà traversé la partie inférieure ç^ avant de pénétrer la partie 
supérieure x. Ces schistes feldspathisés offrent ainsi parfois tous les 
caractères des gneiss anciens, mais on y reconnaît toujours des lits 
alternants de schiste micacé qui ont échappé à la gneissification, et de 
schistes francs où se sont développés des cristaux glanduleux isolés de 
quarz ou de feldspath. On en distingue plusieurs bandes sur la feuille: 
1°. Bande de Saint-Cast, continue vers Henan-Bihen et Lamballe, 2°. 
Bande de Plancoet qui ne se distingue du y'ç^ que par les lits inters- 
tratifiés du quar^ite graphitique, 3" Bande de Plénée-Jugon, 4°. Bande 
de Châteauneuf: ces deux dernières bandes montrent de puissantes 
alternances de chistes. 

y'-^^. La granulite feuilletée, passantauxgneissgranulitiques, forme 
deux puissants massifs: celui de Saint-Malo et celui de Dinan. Dans le 
premier, magnifiquement exposé dans les falaises, et remarquablement 
uniforme dans son ensemble, l'injection a été si intime que les micaschistes 
et gneiss sont réduits à l'état de débris, parfois anguleux, brèchoïdes 
(Rothéneuf, Pointe du Décollé, Saint-Briac, la Vicomte), plus souvent à 
l'état de tissus discontinus, riches en deux micas, sillimanite et tour- 
maline ; ces tissus donnent à la granulite une structure entrelacée, où 
des membranes micacées, ondulées, séparent des nappes lenticulaires de 
granulite grenue, empilées les unes sur les autres, comme les briques 
d'un mur: c'est ce niveau de la formation cristallophyllienne, que la 
granulite paraît avoir imprégné de préférence. 

y^Ç^7,. La granulite granitique feuilletée de Dinan passe également 
au gneiss granulitique avec débris et tissus de mica noir, rappelant 
l'existence du Ç^ et le mélange de ces micaschistes à la granulite. 
Toutefois ces roches ne sont pas identiques à celles du Massif de Saint- 
Malo (y^Ç-) de même âge et de même origine, elles sont plus grenues, 
plus riches en mica noir, plus pauvres en mica blanc. Cette différence 
est attribuée à la présence du massif granitique, de Bonnemain, qui, 
pensons-nous, devait se prolonger à l'ouest jusqu'à Dinan, pénétrant 
intimement l'étage 'ç^, de Tressé à Dinan, el donnant naissance dans 
cette région, à du gneiss granitique (?^y,) : la granulite de Dinan, plus 
récente, ne s'y est donc pas injectée dans du i:'^, mais bien dans un 
gneiss granitique (ç^y,), où tlle a superposé son action à celle du 
granité (y^ç^yj. 



feldspath en petits cristaux, passant à des micaschistes plus ou moins 
gneissiques, à grains fins. Une première bande à l'ouest, suit les gneiss 
granulitiques de la baie de la Fresnaye ; une seconde bande plus étendue, 
longe au nord les granulites gneissiques de Saint-Malo; une troisième 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 29 

bande la longe au sud, enfin un dernier aftleurement, autour du massif 
granuiitiquedeBobital, a moins d'importance. La seconde bande décrit 
vers Pleven une courbe synclinale, où les phtanites charbonneux sont 
transformés en quarzites graphiteux cristallins, identiques à ceux qui 
ont été tracés sur la feuille de Vannes y Des filons de pegmatite et de 
granuliteà grains fins, trop minces pour être représentés utilement sur 
la carte, traversent souvent ces micaschistes. 

fy^ Micaschistes et gneiss granulitiques, formant deux bandes: 1' 
Bande de Pleurtuit y compris le Grouin de Cancale ; 2" Bande de 
Peudihen. La première bande est beaucoup plus granulitique que celle 
de Pleudihen; parla proportion du feldspath contenu; la roche domi- 
nante est un gneiss, tandis qne l'autre est à l'état de micaschites et de 
schistes micacés feldspathiques. Lès gneiss granulitiques de la première 
bande passe absolument aux granulites feuilletées {y*ç-), dont on ne 
peut les délimiter avec précision ; la granulite au lieu d'envahir toute la 
masse des micaschistes et gneiss, sous forme de lentilles juxtaposées, 
est limitée à des couches, joints et filons, à structure grenue, souvent 
aplitique : les caractères anciens cristaliophylliens sont donc mieux 
conservés que dans la division (y'r^) des granulites gneissiques 2. Dans 
la bande de Pleudihen, on ne peut distinguer les schistes micacés 
feldspathiques (ç^v') de ceux du (xy'). 

7,Ç^7^ Granité feuilleté granulitisé de Dinan à Tressé, peu distinct 
de la granulite granulitique feuilletée (y'?^-/,) de Dinan, par la teinte 
brune, rouillée, moins pâle de ses arènes, et par l'appauvrissement 
graduel en mica blanc vers Tressé, où il passe au granité franc (y,). Dans 
cette portion occidentale du massif de Bonnemain, le granité a injecté 
la roche en place (avant la superposition granulitique), tandis que dans 
le reste de ce massif, il l'a disloqué et recimente ses débris, dont la 
masse paraît à peu près égale à celle du granité lui-même. 

y,x*''. La syénite de Coutances, grenue ou gneissique, riche en am- 
phibole, avec fer titane, apatite, oligoclase, anorthose, et parfois mica 
noir et quarz, est identique à celle du massif de la Fresnaye, qui en 
est d'ailleurs la continuation. L'atïleurement de ce granité étant limité 
à celui des cornes amphiboliques, qu'il disloque et enclave en toutes 



1. Sur cette feuille de Vannes, ils ont été attribués par nous à tort, au Ç^ : nous 
n'avons donc pas réussi sur notre carte de Bretagne à suivre exactement la limite 
du X et du y^, que l'on devra rechercher de nouveau, 

2. La structure de cet étage {y^c'-) ^^sl grossièrement exprimée par l'image d'un 
massif de maçonnerie, où les briques représenteraient la granulite, et le ciment 
les lambeaux micaschisteux ; inversement, il faudrait pour le gneiss granulitique t 
(.y2>.)). comparer la granulite au ciment, et le schiste aux briques. '^ 






30 NANTES. —BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

proportions, on doit attribuer sa richesse en amphibole, à une récep- 
tion de ces roches amphiboliques. Dans les filons minces de la périphé- 
rie du massif, il présente des variétés pegmatites où les cristaux d'amphi- 
bole atteignent 4 à 5 cent, de long, ainsi que d'autres variétés, passant 
à des microgranites, riches en chlorite et en quarz, limitées aux filons 
les plus minces. 

x'V/ . Schistes amphiboliques feldspathiques de la Fresnaye : Les schistes 
cornés amphiboliques et les roches qui leur sont associées dans cet 
étage x"'£, sont disloqués par le granité et intimement mélangés avec 
lui, sous forme de brèche, à éléments alignés, anguleux, parfois l'injec- 
tion se fait en filons distincts transverses, ou plus souvent suivant les 
couches, qui sont pénétrées dans toutes les directions et en toutes 
proportions. Il n'y a pas de limite exacte, on le conçoit, entre cette 
division et les voisines, sur la carte. Les schistes cornés perdent leur 
caractères propres, et passent à des schistes amphiboliques feldspathi- 
sés, ou riches en épidote et chlorite, qu'on ne peut plus distinguer 
de certaines amphibolites de l'étage des gneiss (0) ; des lambeaux 
schisteux plus étendus, ont parfois conservé leurs caractères primor- 
diaux (X<^£). 

y,. Granité appartenant franchement au type classique du granité 
de Vire, à grain moyen, d'un gris bleuâtre, riche en orthose blanc, avec 
oligoclase verdâtre, microcline, quarz et mica noir prédominant sur le 
mica blanc : il forme les trois massifs principaux de Saint-Marcan, de 
Bonnemain et deDingé et y fournit de la pierre de taille. Il a percé les 
gneiss et disloqué les phyllades, dont il enveloppe des lambeaux et des 
masses considérables, de plusieurs kilomètres, notamment dans le 
massif de Bonnemain. Ces blocs pinces sont transformés en leptynolithes 
et en schistes feldspathisés gneissiques. Le granité des massifs de Saint- 
Marcan et Dingé s'enrichit régulièrement en mica blanc, en approchant 
des contacts, où on ne le distingue plus de la granulite. 

xy,. Les schistes micacés au voisinage du granité présentent deux 
auréoles métamorphiques concentriques : la plus éloignée, atteignant 
trois kilomètres, irrégulière et capricieuse, est caractérisée par le dévelop- 
pement de taches noires, charbonneuses ou micacées dans un schiste 
feuilleté, dont la structure n'est pas modifiée ; l'auréole interne, seule 
distinguée sur la carte, présente des roches plus modifiées, compactes, 
ayant perdu leur schistosité et pouvant être employées pour l'empierre- 
ment des routes (leptynolithes, maclines, grauwackes micacées). Le quarz 
a recristallisé en gros grains, le ciment contient du mica noir, on y 
trouve en outre, du charbon, des noyaux micacés clairs séricitiques et 
parfois de la chiastolithe. Les grauwackes, qui alternent normalement 
avec les schistes de cet étage, se chargent ici de biotite; elles présentent 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 31 

en outre orthose, plagioclase, zircon et quarz dont les gros grains brisés 
sont récimentés par des grains quarzeux plus fins de seconde formation. 

).. Gabbros de Trégomar: Vaste amas, à la limite des feuilles de 
Dinan et Saint-Brieuc, ne montrant pas d'affleurement continu, mais 
seulement des monolithes isolés, dans les landes envahies par la végé- 
tation, et dont le sol est formé pau une arène très altérée, mal exposée, 
de couleur claire. La roche grenue, massive, formée de plagioclase et 
pyroxène, renferme en outre dans l'étendue de ce massif, pléonaste, 
olivine, labrador en grands microlites ou plus souvent anorthite, hy- 
persthène, enstatite, diallage, amphibole hornblende et trémolite abon- 
dante les variétés basiques à péridot ou à hypersthène, ne paraissent 
former que des accidents, dans oe massif de gabbros à pyroxène et amphi- 
bole. 

3'. Amphibolites sous forme de lits lenticulaires, sans importance, 
interstratiflés dans les micaschites granulitiques (y^'ç^); elles sont en 
général schisteuses, à grains fins, avec labrador, oligoclase, sphène, 
actiuote, quarz; elles sont parfois remplacées par des lits d'une véritable 
pyroxénite (Ville-Glé en Plessix-Balison, Trégon, Saint-Lunaire, Peret 
en Saint-Igneuc), où le développement du pyroxène est dû à l'action de 
contact de la granulite sur l'amphibolite. 

Q. Les filons de quarz gras sont nombreux dans les phyllades au voisi- 
nage du granité; un filon de quarz argentifère a été exploité à Cabrac en 
Saint-Judoce. 



REMARQUES STRATIGRAPHIQUES 

Cette feuille offre la terminaison occidentale du grand manteau de limon 
du bassin parisien. 

Le coin S.-O. de la feuille, montre une amorce de la bande synclinale 
siluro-dévonienne deGahard (feuille de Rennes); le coin N.-O. présente 
dans les falaises d'Erquy, une autre bande paléozoïque, qui continue la 
bande synclinale de Lessay (Normandie), reposant transgressivement 
comme elle, sur les formations antérieures. 

La structure fondamentale de la feuille est déterminée par les deux 
grandes ondes anticulinales de Saint-Malo et de Dinan, qui ramènent les 
strates schisto-cristallines primitives, entre des couches siluro- 
précambriennes à disposition synclinale. La première onde anticlinale, 
celle de Saint-Malo est dirigée N. 55" E., comme d'ailleurs toutes les 
formations de la moitié occidentale ou bretonne de la feuille : c'est de 
plus, la direction des venues granulitiques régionales. La seconde ride 
anticlinale, celle de Dinan, oblique par rapport à la précédente, est d'abord 
dirigéeN. 65" E. et s'infléchit ensuite graduellement vers l'E., pour prendre 



32 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. — T. 5. 



la direction E.-O., dans la moitié orientale ou normande de la feuille: 
cette direction coïncide de plus avec les venues granitiques de la contrée. 
C'est dans le coin synclinal, compris entre ces deux lignes anticlinales, 
qu'a été ouverte par dénudation fluviatile, la Baie du Mont-Saint-Michel. 

La comparaison de cette feuille, avec celles du Plateau-méridional 
(Vannes, Quimper, etc.) montre que les venues granulitiques n'affectent pas 
de direction caractéristique propre mais qu'elles sont liées aux lignes 
anticlinales, qu'elles jalonnent constamment: étant dirigées au N.-O. au 
sud de la Bretagne; au N.-E. au nord de la Bretagne, deDinan au S.-O. 
de Pontivy. 

Les mouvements qui ont déterminé le relief du sol, bien retouché 
encore depuis par les dénudations, ont certainement eu lieu après l'intrusion 
de la granulite et de la diabase, dans les terrains paléozoïques, car ces 
roches ont subi les déformations de l'époque houillère, comme les terrains 
encaissants. D'autre part, la disposition orographique actuelle était déjà 
tracée à l'époque miocène, dont les dépôts sont limités aux dépressions 
actuelles, suivant la vallée de la Rance. 



REMARQUES HYDROGRAPHIQUES 

Les eaux atmosphériques traversent les bandes granitiques perméa- 
bles, mais sont arrêtées par leurs encaissements micaschisteux, imper- 
méables, dont la limite correspond à un alignement de sources. Les 
cours d'eau ont par suite suivi d'abord les directions des strates, 
comme l'indiquent encore les. accumulations diluviennes, ce n'est que 
plus tard par suite des progrès de l'érosion, qu'elles ont raccourci leur 
parcours, en coupant à travers bancs. 

Une seconde série de sources correspond sur la feuille, aux nombreux 
dyckes de diabase, qui remplissent dans la région l'office d'un véritable 
drainage. 

Travaux consultés : MM. Durocher, Lebesconte, Massieu, Rouault, 
Sirodot, Tournouër. 



EXTRAITS ET ANALYSES. 



GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 33 



Contributions à l'étude de la faune jurassique de 
Normandie. 1" Mémoire : Sur les Trigonies, par M. A. 

Bigot. {Mé?n. de la Soc. lin. de Normandie, xvii^ vol., 
2« sér..!''" vol. 1893, p. 261-346, pi. viii à xvii). 

Le mémoire de M. Bigot est consacré à l'étude des Trigonies rencon- 
trées dans le Bajocien, le Bathonien, l'Oxfordien et le Kimmeridien de 
la Normandie. 

Les espèces étudiées se répartissent ainsi : 

Répartition stratigraphique des TRIGONIES 
dans le Jurassique de Normandie. 

BAJOCIEN INFÉRIEUR 

(Couches à A. Murchisonœ). 



GostatsB . 



Glavellatae 



Trigonia bella Lycett. 

» Feuguerollensis, n. sp. 

Trigonia striata Millev. 
ff formosa Lyc. 
» signala Ag. 



BAJOCIEN SUPERIEUR 



Gostatae . 



Glavellatae. 



Trigonia costata Sow. 

» lineolata A g. 
» » var. denticulata Ag. 

)) » var. Brevillei, var. nov. 

» teniiiscosta Lyc. 

» angustula E.-E. Desl. mss. 

» bipartita, n. sp. 

Trigonia Moutierensis, Lyc. 
» Adeli, sp. 



BATHONIEN INFERIEUR 

(Fullers earth). 



GostataB . 



Trigonia zonata ? Ag. 
» Castor d'Orb. 



34 



NANTES. 



BULL. SOC. se. NAT. OUEST. 



T. 5. 



BATHONIEN MOYEN 

(Oolithe miliaire). 

Costat» . ! Trigonia pullus Sow. 

I » gregaria ? Lyc. 

Undulatse Trigonia, s p. ? 

Clavellatae Trigonia Painei Lyc. 

BATHONIEN SUPÉRIEUR 

(Couches à Z. Cardium). 

Trigonia pullus Sow. 

» Langrunensis E.-E. Desl. mss. 

Costat» ( » striatissima E.-E. Desl. mss. 

» Ranvilliana E.-E. Desl. mss. 
» Castor d'Orb. 

Semi-Laeves Trigonia Eudesi n. sp. 

I Trigonia Clytia d'Orb. 
» detrita Terq. et Jourdy. 
» Eugenii n. sp. 

Scaphoïde» . . S ^'^•'5'^'*^^ fia«/tomca Lyc. 

( )) Berge roni, n. sp. 

Clavellatœ { Trigonia Painei Lyc. 

l » /lecto, Morris et Lyc. 

OXFORDIEN INFÉRIEUR 

(Gallovien). 

i Trigonia elongata Sow. 
( » Œhlerti, n. sp. 

Scaphoïdeae .... Trigonia Snaintonensis Lyc. (?) 

j' Trigonia Scarburgemis Lyc. 
( » Bizeti, n. sp. 

OXFORDIEN MOYEN 

(Villersien). 
\ Trigonia elongata Sow. 

uOSlal2B \ -B,-'* 

/ » Meriani Ag. 

Scaphoïdese .... Trigonia Sniintonensis Lyc. (?). 

„ , , Triqonia Heberti E.-E. Desl. mss. 

Clavellat» l ^ , . . 

» perlata Ag. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 35 
OXFORDIEN SUPÉRIEUR 

(Corallien). 

Gostatae Trigonia Glosensis, n. sp. 

Trigonia Woodwardi Lyc. 

» Bronni Ag. 

» Hudlestoni Lvc. 

Glavellatae / , 

\ » Jarryi, n. sp. 

/ » Kerfornei, n. sp. 

i » Fischeri, n. sp. 

KIMMÉRIDIEN 

Gostatae Trigonia papillata Ag. 

Scaphoïdeae .... Trigonia Baylei Dollfus. 



Glavellatae 



/ Trigonia Lennieri, n. sp 



Bronni Ag. 

Choffati,n.sp. (-muricata, anct. nonGoldf.) 

Pellati Mun.-Ch. 

L. B. 



Compte -rendu d'une excursion géologique entre 
Rennes et Saint-Grégoire; par M. Seunes. {Bull. Soc. 
scient, et médic. de V Ouest, 1893, t. 2, p. 93 à 98, avec coupe). 

Sous ce titre, M. Seunes, rend compte d'une excursion faite pour l'en- 
seignement de la faculté des sciences de Rennes. Le gisement miocène 
de St-Grégoire (lUe-et-Vilaine) a déjà été l'objet de plusieurs travaux 
que l'on pourra consulter avec fruit. Ce sont: 

TouRNouER, Bidl. Soc. géol. de Fr. 2' sér. t. xxv, p. 367 et 389. 

Lebesconte, Bull. Soc. géol. de Fr., 3° sér. t. vu, p. 451. 

Bazin (abbé), Bull. Soc. géol. de Fr. t. xii, p. 34. 

Vasseur, Ter rains tertiaires de la France occidentale (Thèse). 

L. B. 



Sur un gisement pliocène à Brévands (Manche); par 

M. de Lapparent. {Bull. Soc. géol. Fr. Compte-rendu 
sommaire, séance du 10 nov. 1893). 

A Brévands sur la rive gauche de l'estuaire de la Vire M. de Lapparent 
a observé sous quelques décimètres de limon un conglomérat qui ren- 
ferme des ossements très abîmés d' Halitherium ainsi que des cailloux 



36 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

roulés corrodés. Le gisement doit être assimilé à celui de Gourberville et 
représente une ancienne plage pliocène avec ossements empruntés au 
Miocène. 

L. D. 



Sur un gisement pliocène à Saint-Clément près 
d'Isigny (Manche); par M. Skrodzki. {Bull. Soc. géol. Fr. 
Compte rendu sonimawe, séance du 4 déc. 1893). 

M. Skrodzki fait connaître à St-Clément près d'Isigny d'un gisement 
phosphaté semblable à celui de Brévands. Ainsi les traces d'anciennes 
plages pliocènes se retrouvent sur tout le pourtour de l'estuaire de la 
la Douve, de la Taute et de la Vire. 

L. D. 

I» 
Sur l'existence de terrains glaciaires dans les envi- 
rons d'Auray; par M. Tardy. {Bull. Soc. géol. Fr. 
Compte rendu sommaire, séance du 18 déc. 1893). 

M. Tardy a observé dans le vallon ou se trouve la rampe du chemin 
de fer d'Auray sur la route allant de Notre-Dame-d'Auray à la Chartreuse- 
d'Auray, de gros blocs de rochers ainsi qu'une surface presque polie et 
moutonnée. Cet ensemble rappelle les terrains glaciaires anciens privés 
par la pluie de leur limon ; dans les vallées ce limon existe. Entre le 
niveau des hautes mers et l'altitude de quinze mètres une bande de 
terrains erratiques, moins bien caractérisée qu'elle ne l'est à Auray, se 
voit sur tout le littoral de la Bretagne depuis Brest jusqu'au Croisic. 

Au Sud on retrouve ces cailloux vers Tonnay-Charente où ils passent 
sous la ville de Rochefort. Le dépôt de cailloux est ainsi, à Rochefort, 
antérieur à la plaine qui supporte la ville. A Auray ce dépôt est anté- 
rieur au dernier approfondissement des vallées. Il semble ainsi devoir 
se placer vers la fin de l'âge quaternaire. 

L. D. 



Coupe suivant le profil en long de la voie ferrée 
de Saint-Médard à Saint-Germain-sur-Ille ; par 

MM. Seunes et Lebesconte. {Bull. Soc. géol. Fr. Compte 
rendu sommaire, séance du 22 janvier 1894). 

Les auteurs de cette note complètent et rectifient la coupe donnée par 
M. Delagedans sa Stratigraphie des terrains primaires dans le nord du 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 37 

département de l'IUe-et-Vilaine entre Saint-Médard et Saint-Germain- 
sur-Ille. 

Les sept tranchées que présente le profil de la voie ferrée oiïrent la 
succession suivante en allant du Nord au Sud. 

Tranchée I de la halte de Saint-Médard. 

1° Schistes noirs, parfois subardoisiers avec quelques rares nodules 
gréseux et ferrugineux. Plongement Sud. 

Trinucleus ornatus. .= Ordovicien supérieur. 

2° Grès parfois argileux et micacés présentant deux lits de schistes 
noirs, subampéliteux. Plongement Sud. 

Le prolongement des schistes ampéliteux présentent sous le village 
de Saint-Médard : Monograptus priodon etc. =: Base du Gothlandien. 
Même horizon que celui du Rocher d'Andouillé et de la Ménardais 
situés plus à l'Est, et qui renferment en outre Diplograptus palmeus. 

Ces grès ne sont pas inférieurs aux grès de Poligné. 

Tranchée II dite d'Heuzé. — Schistes avec lits de grès argileux et rares 
bancs de grès quartziteux, renfermant des graptolites indétermi- 
nables. Plongement Sud — Partie supérieure du Gothlandien. 

Tranchée III dite de Gris-Beslin. 

1° Schistes et quartzites dévonien inférieur, niveau des schistes et 
quartzites de Plougastel. Plongement Sud. 

2" Grès en lits minces avec quelques bancs de grès blanc-jaunâtre. 
Faune des grès deGahard. 

Tranchée IV dite du Bois-Marie. 1° Grès blanc et jaunâtre, avec 
faune des grès de Gahard. Plongement d'abord au Sud puis au Nord. 

2° Schistes argilo-gréseux décolorés, parfois ferrugineux. (= Grau- 
wacke des géologues bretons). Ehonetes sarcinulata, Orthis, débris 
d'Encrines, etc. = Calcaire de Néhon. Plongement Nord. 

Tranchée V (petite tranchée située un peu au Sud du ruisseau du 
Bois-Marie). —Schistes noirs, argileux, presque verticaux, plongeant 
légèrement au Sud. Moules de Productus, Spirifer, débris d'Encrines. 
= Dinantien. 

Tranchée VI dite du Moulin-Neuf. — Schistes gréseux ou grès 
argileux verdâtres, avec bancs de grès très grosiers au Sud. Plonge- 
ment Sud. = Dinantien (faciès culm). Cette formation s'étend dans le 
Bois-Marie et se rencontre à l'Ouest du canal d'Ille-et-Rance. 

Sous ces couches détritiques se trouvent 100 mètres environ de 
schistes noirs, presque verticaux renfermant Calimene Tristani, Placo- 
paria, Dalmanites etc. = Ordovicien moyen. Ce niveau est marqué le 
long de la voie par des alluvions. 

Tranchée VII dite de Saint-Germain. — Grès de Saint-Germain: grès 
quartziteux, grès argileux plus ou moins friable de couleur grise, gri- 
sâtre, gris-noirâtre et même noire, présentant des intercalations de lits 
de schistes noirs secs et micacés. Plongement Sud assez variable. 
Quelques bancs renferment des Orthis d'assez forte taille différant pro- 



38 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

bablement de ceux des grès de May, ils ont fourni à l'époque du creuse- 
ment du canal des échantillons incomplets de Calymene Bayani. 

Ces grès semblent intercalés entre les schistes à Calimene Tristani 
et les schistes à Trinudeus ornatus ; mais jusqu'ici on n'a encore 
relevé aucune coupe montrant cette succession. 

Les auteurs terminent cette note par quelques observations sur le 
prolongement des couches à l'Est et à l'Ouest des tranchées. 

L. D. 



IV. - SUJETS DIVERS 

FORMULES ET PROCÉDÉS TECHNIQUES 
Du formol ou aldéhyde formique 



Le formol ou aldéhyde formique, introduit dans la technique histolo- 
gique et zoologique par M. J. Blum, conservateur au Musée Senckenberg, 
à Francfort-sur-le-Mein, mérite de fixer l'attention de tous les natura- 
listes. On le trouve dans le commerce, sous forme d'une solution à 40 
pour 100 ; il n'est pas inflammable et est notablement moins cher que 
l'alcool, sur lequel il a une incontestable supériorité. 

Étendu de 10 à 20 fois son poids d'eau, c'est-à-dire en solution 
au titre de 2 à 4 pour 100, il conserve admirablement les tissus 
les plus divers, les animaux entiers, sans que ceux-ci perdent 
rien de leurs couleurs naturelles ou subissent le moindre ratatinement. 
Les éléments histologiques restent intacts. Le seul inconvénient notable, 
et ce n'en est pas un dans tous les cas, tient à ce que les tissus se 
durcissent plus ou moins. De nombreux observateurs ont fait connaître 
le résultat de leurs essais, et tous se prononcent hautement en faveur 
de ce nouveau liquide conservateur. 

Mon expérience personnelle a porté intentionnellement sur les 
Hirudinées les plus colorées, aux teintes les plus vives ou les plus 
délicates ; je les ai laissées en pleine lumière dans une solution à 5 
pour 100, sans qu'il m'ait été possible de noter, depuis un an environ, 
la moindre décoloration, sauf peut-être pour certaines nuances jaune 
clair. J'ai vu également divers Céphalopodes, rapportés de Villefranche, 



1. Extrait du Bull. Soc. Zool. de Fr., 1895. t, xx, p. 93. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 39 

par M. Joubin, qui avaient conservé le même aspect qu'à l'état vivant. 
Récemment, MM. Kœhler et Lumière fils ont appliqué ce même 
liquide à la conservation des cadavres et à l'embaumement. Les 
pièces traitées par le formol, laissées à l'air libre, se dessèchent sans 
modification sensible de leur forme, conservent leur rigidité et 
demeurent imputrescibles. Si on injecte à un Cobaye, dans le tube 
digestif, par la bouche et par l'anus, et dans la carotide, des doses 
variant entre 50 et ISO""" d'une solution de formol au 1/5, renfermant 
par conséquent 8 pour 100 de formol, puis qu'on suspende l'animal 
dans un endroit sec et qu'on l'abandonne à l'air libre pendant quelques 
semaines, il se conserve sans la moindre déformation. L'expérience 
a porté sur une durée de huit mois, et l'on peut dire que la conser- 
vation est indéfinie. 

R. Blanchard, 



I. — ZOOLOCtIE 



Les Carabes de l'Orne; par M. Dupont (A?ni des Se. 
nat., l^e année, 1894-95, n»* 6-7). 

L'auteur donne le nom de 9 espèces capturées par lui dans le dépar- 
tement de l'Orne ; liste que nous reproduisons ici: 

Procustes coriaceus ; Carabus auratus, nemoralis, granulatus, 
convexus, intricatus, pwpurescens, monilù et cancellatus. 

M.Dupont termine en rappelant que M. Fauvel, l'entomologiste bien 
connu, cite comme ayant été trouvés dans le même département: 

Carabus auro-nitens var. Putzeysi et Car. glabratus. 

E. Marc. 



Note sur des larves marines d'un Diptère du groupe 
des Muscidés acalyptérés et probablement du genre 
Actora trouvées aux iles Cliausey (Manche) ; par 

M. H. Gadeau de Kerville (Ann. Soc. entomol. Fr., 1894, 
1" trim., l»"" fasc. {Congrès annuel), p. 82, et fig. 1,2 et 3). 

Au cours d'une campagne zoologique faite pendant l'été de 1893, dans 
la région de Granville, le savant naturaliste normand a eu la bonne 
fortune de trouver des larves marines d'un Diptère, en août, sur du 



40 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

sable vaseux, près du rivage et au nord de la Grande-Ile du petit 
archipel Chausey. 

Ces larves communiquées par l'auteur à M. J. Mik, l'éminentdipté- 
riste autrichien, lui furent retournées, accompagnées d'une lettre de 
laquelle les passages suivants sont extraits : 

« Selon toute probabilité, les larves de Diptère que vous m'avez 
communiquées appartiennent à V Adora œstminiMeig. La larve de cette 
espèce est exclusivement marine, et, à ma connaissance, n'a pas été 
suffisamment décrite et n'a jamais été représentée. Le D' Gustav 
Joseph, qui a obtenu l'insecte parfait en élevant cette larve, dit qu'elle 
ressemble à celle du Scatophaga stercoraria L., mais qu'elle est plus 
grosse. Il est vrai qu'il trouva la larve de VActora œstumn parmi des 
Fucus vesiculocus L. du rivage, que le flux laissait quelque temps à sec; 
mais il est possible qu'elle se nourrisse aussi de vase. 

« VActora œstuum se trouve sur les côtes de France. Avec lui, on 
ne peut citer, comme espèces françaises exclusivement marines à l'état 
de larve que les 3 suivantes : Cœlopa frigida Fall., C. pilipes Halid. et 
Fucellia arenaria R.-D., qui appartiennent, comme VActora œstuum, 
a ce groupe fort nombreux des Muscidés acalyptérés. Il n'est pas 
impossible que vos larves soient celles de l'une des 3 espèces en 
question, bien qu'elles me paraissent un peu trop grosses. » 

M. Gadeau de Kerville sur le conseil de M. Joseph Mik donne la 
description de sa larve en l'accompagnant de 3 figures. Description très 
nette que nous regrettons de ne pouvoir reproduire ici; les clichés nous 
paraissant indispensables. 

L'auteur espère pouvoir se procurer de nouvelles larves auxquelles il 
prodiguera les plus grands soins, afin d'obtenir l'imago de cette 
intéressante muscide, la détermination spécifique étant à faire. 

Nous rendrons compte dans ce " Bulletin " des résultats obtenus par 
M. Gadeau de Kerville. 

E. Marc. 



Note sur les Acariens marins (Halacaridœ) récoltés 
par M. Henri Gadeau de Kerville sur le littoral du 
département de la Manche (Juillet-Août 1893); par 

le D"" E. Trouessakt (Bull. Soc. amis se. nat. Rouen, 
3« série, xxx^ année, l^r sem,, 1894., p. 139-175, pi. vii- 
XI et fig. dans le texte). 

L'objet de l'étude M. le D"" Trouessart est fourni par les Acariens 
marins recueillis par M. H. Gadeau de Kerville pendant sa campagne 
dans les eaux de Granville et aux îles Chausey, en 1893. 

Les dragages effectués à une profondeur de 9 mètres ont permis à 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 41 

M. Gadeau de Kerville de réunir 22 espèces, dont 6 sont très rares ou 
nouvelles. 

En voici la liste générale : * 

1. Rhombognathus pascens CC. 12 3 4 

2. — Seahami •. AC. 12 3 4 

3. — magnirostris G. 1 2 3 4 

4. Simognathus leiomerus (n. sp.) RR. 3 

5. Halacarus striatus R. 3 

6. — spinifer GC. 1 2 3 4 

7. — ctenopus R. 1 

8. — actenos AC. 1 2 3 

9. — anomalus {n. s\i.) AR. 1 

10. — Fabricii R. 1 2 3 

11. — glyptoderma RR. 1 

12. — rhodostigma C. 1 2 3 4 

13. - tabellio {n. sp.) AR. 3 4 

14. Halacarus oculatus AC. 1 3 4 

15. — gracilipes C. 1 3 4 

16. — gibbus (2var.> 1 2 3 

(2Yar.) 

17. — Chevreuxi ... C. 2 3 4 

18. Agaue brevipalpus AC. 3 4 

19. — microrhyncha AR. 3 

20. Leptognathus falcatus AC. 12 3 

21. — Kervillei (n. sp.) AR. 3 4 

22. Scaptognathus Halkzi RR. 1 

L'auteur rappelle que des matériaux provenant de diverses localités 
du littoral français lui ont passés dans les mains, localités dans 
lesquelles nous relevons pour la région : Saint-Vaast-la-Hougue, 
M. Malard ; Granville et îles Chausey, M. Gadeau de Kerville ; rade 
de Brest et île Tudy, M. Bavay ; le Croisic, M. Chevreux ; île de Ré, 
M. Ph. Rousseau. La plupart des espèces littorales anglaises décrites 
par Gosse, Hedge et Brady ainsi que celles que Lohmann donne aux 



* Les chiffres ci-dessous^indiquent les dragages. 

1. — Dragages à l'Ouest et près de Granville, par 1 à 9 m. au dessous des 
plus basses mers; fond d'algues vertes et rouges (Juillet-août 1893). 

2. — Dragages sur fond de vase noirâtre, à l'Ouest et près de Granville, 
par 1 à 5 m. 50 au dessous des plus basses mers ; algues vertes et brunes 
(août 1893). 

3. — Corallines récoltées à marée basse dans des flaques d'eau, sur les 
rochers entre le Casino de Granville et la pointe du Roc (29 août 93). 

4. — Iles Chausey, à marée basse, dans l'eau ; fond d'algues vertes et 
rouges (août 93). 

4* 



42 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

côtes de la Baltique se trouvent sur les côtes de France, mais le plus 
grand nombre des espèces. 11 sur 22, récoltées par M. Gadeau de 
Kerville n'ont pas encore été signalées sur les côtes d'Angleterre, ni 
dans la mer Baltique. 

Les conditions défavorables dans lesquelles le naturaliste normand 
a opéré ses dragages, lui ont cependant permis d'enrichir la faune hala- 
carienne. Aussi doit-on désirer avec le savant auteur de la Note que 
des explorations plus complètes soient faites sur le littoral français. 

Pour la diagnose des espèces nouvelles nous renvoyons à l'excellent 
travail de M. Trouessart. 

E. Marc. 



Etude monographique des spongiaires de France : 
Tétractinellides; par M. E. Topsent (Arch. Zool. expé- 
rim., 3« sér., t. ii, 1894). 

M. Topsent commence une étude générale sur la faune des spongiaires 
de France. Il publie dès maintenant ce qui a trait aux Tétractinellides : 
ce travail, accompagné de planches d'une exécution parfaite, où l'auteur 
a dessiné avec le plus grand soin les caractères spécifiques, permet de 
déterminer sûrement les espèces de ce groupe. 

La terminologie, toute spéciale, employée pour l'étude des spongiaires, 
jointe à l'impossibilité de donner des figures explicatives, nous 
obligent à notre grand regret à donner seulement ici la liste des espèces 
recueillies dans l'Ouest de la France, renvoyant pour leur étude à 
l'excellent travail du savant auteur. 

Les échantillons provenant de Belle-Ile, du Croisic, de l'île d'Yen et 
de Sainte-Marie, près Pornic, ont été procurés par MM. Chevreux, 
Maisonneuve et NicoUon. 

Classification adoptée par l'auteur : 

Classe Porifera 

Sous-classe i. Calcarea, spicules calcaires. 

— II. Triaxonia, spicules siliceux ou fibreux à 3 axes. 

— III. Demospongise, le reste des éponges. 

Sous -classe Demospongise 

Ordre i. — Tétractinellides mégasclères siliceux à 4 rayons. 

Ordre ii. — Carnosa pas de spicules ou ayant seulement des micros- 
clères à 4 rayons ou en étoiles (asters). 

Ordre m. — Monaxonida mégasclères siliceux à un seul axe. 

Ordre iv. — Monoceratina, pas de spicules. Squelette fait de fibres 
cornées. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 43 

Dans les Tétractinellides, seul ordre qui nous occupe aujourd'hui, 
nous trouvons à relever : 

Fani. Geoghd^ 

Packymati.sma Joknstonia : Iles normandes ; Saint-Malo ; Roscoff ; 
Saint-Jean-du-Doigt, niveau des très basses mers. 
Cydonium Millier i -.lies normandes ; niveau des basses mers. 

Fa m. Stellid^ 

Pilochrota lactea: Luc; Roscoff, niveau des très basses mers. 
Stelleta Grubei : Iles normandes : Roscofi, niveau des très basses mers. 
Stryphnns ponderosus : Roscoff (grève). 

Str. ponderosus \ar. rudis : parages de Belle-Ile et du Croisic (lOO" de 
profondeur). 

Fam. PACHASTRELLID.t 

PœcUlastra compressa : Roscof[(Ouest de l'île de Batz,50" de profondeur). 

Fam. Tetillid.*; 

Craniella cranium : Roscoff (environ 30° de profondeur) ; large de 
Concarneau. 

Nous suivrons attentivement la publication de cette monographie afin 
de tenir au courant les naturalistes de l'Ouest sur cette partie de la 
faune marine régionale. 

G. F. 



n. — BOTANIQUE 



Les marais de l'Erdre près Nantes et le « Malaxis 
paludosa » Sw. ; par M. E. Gadeceau. {Extrait du 
Monde des Plantes, t. iv. p. 105-112). 

« Un botaniste arrive à Nantes vers la lin de juillet, où le conduirons- 
nous ? — Certainement à nos beaux marais de l'Erdre et, puisque nous 
sommes en la saison propice, à la recherche de la plante la plus rare, 
la plus difficile à trouver, la plus désirée, en un mot, de ces riches loca- 
lités : le Malaxis paludosa. 

» C'est à une excursion de ce genre que je convie les lecteurs du 



44 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

Monde des Plantes, heureux de leur servir de guide; partons donc, sans 
plus tarder. 

» Nous pourrions prendre le train de Châteaubriant, qui quitte la 
gare d'Orléans à 8 h. 30 du matin et arrive à Sucé à 9 heures, mais 
l'attrait d'une promenade matinale, en bateau à vapeur, sur une rivière 
très pittoresque, nous fera choisir, sans aucun doute, ce dernier mode 
de voyage. Gagnons le quai Ceineray, ombragé de très beaux platanes 
(Platanus acerifolia Willd.), et prenons place sur l'un des bateaux dont 
les départs se succèdent fréquemment pendant les mois d'été. 

» Après avoir franchi les faubourgs de Nantes, on passe sous le nou- 
veau pont du Général de la Motte-Rouge. Laissant à droite les casernes, 
on aperçoit bientôt, sur les coteaux, les longues toiles blanches des blan- 
chisseries voisines, qui sèchent au grand soleil. Arrivés au pont de la 
Tortière, les beaux cèdres de la Houssinière et son enceinte crénelée, les 
petits chalets bourgeois de la Trémissinière, agglomération de citadins 
en villégiature, ne peuvent manquer d'attirer l'attention. Puis vient à 
gauche la baie du Petit-Port, formée par l'embouchure d'un ruisseau : 
le Cens. 

» En remontant ce ruisseau, on trouve, à un kilomètre environ, le 
champ de manœuvres du Petit-Port, qui constitue en même temps un 
magnifique champ de courses. 

» Une ceinture de Phragmites communis, Glyceria spectabilis, Sciiyus 
lacustris, Typha latifolia, laisse apercevoir çà et là une ombellifère 
vénéneuse : Cicuta virosa, tandis qu'un tapis d'Hydrocharis Morsus 
ranse, de Polygonum natans et de Limnanthemum nymphoides s'avance 
jusque sous les roues du bateau dont le mouvement fait tourbillonner 
et disparaître les rosettes élégantes du Trapa natans elles larges feuilles 
du Nymphœa alba. 

» Voici la Jonnelière, joyeux rendez-vous des canotiers, d'où nous 
apparaît l'arche hardie du pont du chemin de fer de Châteaubriant enca- 
drant un délicieux paysage. 

)) C'est ici, au pied des ruines de l'ancien Château dit de Barbebleue, 
ruines se distinguant à peine des rochers voisins, que débouche le 
marais de la Verrière formé par un ruisseau qui prend sa source à 
Vigneux'. La proximité de Nantes de ce marais lui a valu d'être minu- 
tieusement exploré par nos devanciers qui n'avaient pas à leur portée 
les nombreux moyens de locomotion dont nous disposons aujourd'hui. 
Il renferme beaucoup d'espèces intéressantes parmi lesquelles je citerai: 

» Mentha Lloydii; Potamogeton Zizii ; Pilularia globulifera ; Erio- 
phorum gracile ; Isnardia palustris; Menyanthes trifoliata ; Utricularia 



1. Depuis quelques années l'entrée de la baie de la Verrière est fermée par des 
chaînes, et il faut une permission du propriétaire pour y pouvoir pénétrer. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 45 

vulgaris et intennedia; Peucedanum palustre; Comanim palustre; 
Polystichum Thelypteris ; Drosera rotundifolia et intermedia; Rhyn- 
chospora alba ; Wahlenbergia hederacea ; Elodes palustris ; Myrica 
Gale; Carex canescens, elongata, paniculata, stricta ^ 

» C'est à la Verrière que le Malaxis paludosa fut trouvé, pour la 
première fois en France, par Hectot, en l'an 1800, et je suis heureux 
de pouvoir, grâce à l'obligeance de M. Lloyd, établir, en passant, 
l'historique de cette découverte, persuadé que ces détails intéresseront 
mes compagons de voyage. 

« Le Malaxis paludosa n'est pas mentionné par les Flores françaises 
« de De Candolle (1815), Duby (1828), Loiseleur (1828). Cependant cette 
« plante avait été trouvée par M. Hectot. Les échantillons qu'il 
« avait recueillis restèrent dans son herbier parmi les inconnus, 
« jusqu'au jour où M. Lloyd retrouvait la plante en août 1836, à la 
« même localité « Baie de la Verrière ». Et lorsque M. Lloyd, au milieu 
« de ses récoltes de commençant, la présenta à M. Hectot: C'est mon 
« orchidée de Van huit! s'écria-t-il vivement. Grâce à la flore anglaise 
« de Withering, M. Lloyd put reconnaître que cette petite orchidée 
« était le Malaxis paludosa, et M. Pesneau, après avoir acquis 
« la certitude que ce nom était correct, en recevant la même plante de 
« M. Kirschleger, qui venait de la signaler à Bitche, dans son Prodrome 
« de la Flore d'Alsace (1836), M. Pesneau dis-je, l'inséra dans son Cata- 
« logue des plantes de la Loire-Inférieure (1837). » 

» Depuis, M. Lloyd a retrouvé le Malaxis dans les marais de Naye et 
de Logné où nous l'avons tous cueilli. Plus tard, l'abbé Delalande le 
récoltait dans le Morbihan, aux marais de Valory, en Saint-Dolay, et du 
Petit-Rocher en Théhillac, où je l'ai revu moi-même en 1884, M. Des- 
mars le signalait au lac Murin, près Massérac (Loire-Inférieure), et 
M. G. deLisle à l'étang du Loch, en Grand-Auverné (Loire-Inférieure). 
Enfin, j'ai découvert, en 1886, une nouvelle station de cette plante dans 
un petit marais à Sphagnum, au pied de la tour d'Elven (Morbihan). 

» Mais le bateau marche et nous sommes déjà bien loin de la Verrière : 
voici la façade du Château de la Gascherie, où René de Rohan reçut 
fastueusement, en 1537, cette sœur de François I", Marguerite de Valois, 
qui nous a laissé les fameux « Contes de la Reine de Navarre ». 

» La rivière devient de plus en plus pittoresque ; elle s'élargit à mesure 
que nous en remontons le cours; c'est maintenant comme une succession 
de lacs: tantôt, s'étendanten une vaste nappe argentée, tantôt resserrée 
entre les coteaux, l'Erdre offre de fréquents détours qui « tiennent sans 
« cesse la curiosité en haleine et plaisent, par là môme, comme les 



1. Les noms d "espèce cités dans celte note sont ceux de la Flore de l'Ouest, 
4» édition, ce qui nous dispense de les faire suivre du nom de l'auteur. 



46 NANTES. — BULL. SOC . SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

« petits sentiers tournants des bocages ^ >'. La variété des constructions 
qui bordent le rivage ajoute aussi beaucoup de charme au paysage : 
« Après l'humble cabane dont le toit noirâtre se découvre à peine sous 
« l'ombre des bocages, on est presque étonné de voir ces façades 
« élégantes 2.» 

)) Aujourd'hui, il faut bien l'avouer, beaucoup de ces humbles chau- 
mières ont fait place à des « villas » moins poétiques assurément, avec 
leurs pelouses et leurs corbeilles de fleurs à peu près toutes conçues sur 
le même modèle. Cependant, le contraste signalé par Richer se retrouve 
encore ça et là. 

» Les châtaigniers des bords de l'Erdre atteignent souvent des dimen- 
sions énormes ; les collines sont presque toutes décorées de magnifiques 
spécimens de cet arbre si pittoresque. 

» Après avoir dépassé la Chapelle-suy-Erdre, on arrive devant le Port- 
Hiibert. Si l'on veut visiter le marais de Naye, il faut se faire débarquer 
ici. C'est dans ce marais que j'ai cueilli pour la première fois \e Malaxis, 
le 31 juillet 1864, guidé par mon bien cher maître, M. J. Lloyd. Je fus 
plus heureux que certain botaniste nantais qui, conduit par notre émi- 
nent floriste à cette même localité, ne pouvait apercevoir la minuscule 
orchidée. Cependant M. Lloyd décrivant avec sa canne un assez petit 
cercle : « Il est là ! » dit-il. Nouvelle recherche infructueuse de son com- 
pagnon qui n'était cependant point un ^ conscrit». Posant alors son 
chapeau sur la plante: « Il est là! » répéta M. Lloyd. 

» J'aurais cru manquer aux devoirs de tout cicérone, en passant sous 
silence cette petite historiette. 

» Il est 9 heures et demie quand nous arrivons à Sucé. On peut y 
déjeuner à l'ombre des tonnelles et les aubergistes du bord de l'eau 
excellent dans l'art des «fritures», « beurres blancs», etc. Le poisson 
passe d'ailleurs directement du vivier dans la poêle, sous les yeux du 
consommateur, et le botaniste ne peut guère se dispenser de goûter aux 
châtaignes d'eau (fruits du Trapanatans), qu'on lui servira sans doute 
au dessert. 

» Nous avons pu remarquer, pendant le trajet, combien la rivière de 
l'Erdre est favorable à la formation des tourbières : pente très faible, 
courant nul, lit plat, très large en certains endroits. Si j'ajoute qu'une 
écluse, établie dans la ville de Nantes, maintient le niveau d'eau néces- 
saire à la navigation et que le fond de la rivière est formé de schistes 
cristallins recouverts de sable, on comprendra que la plupart des petites 
vallées latérales soient occupées par des marais tourbeux. 



t. Kd. Richer . Description pittoresque du départevient de la Loire-Inférieure 
p. 37. 
i. Ibid., p. 63. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 47 

» C'est un de ces marais, celui de Logné, que nous avons pris pour 
but de notre excursion. 

» Traversant l'Erdre sur le pont de Sucé, nous suivons la route de 
Garquefou sur une longueur de 2 kilomètres environ. Quelques pieds 
àeQuercus Toza nous apparaîtront ça et là, et sur les talus nous verrons 
les jolies guirlandes de VArenaria montana. 

» La route coupe le marais en deux parties : à notre droite il se 
poursuit jusqu'à l'Erdre, où il se déverse : c'est le marais de Far qui 
contient abondamment le Carex filiformis ; à gauche, il s'étend sur une 
assez grande largeur et présente une suite de marécages flottants, avec 
une large mare environnée de nombreuses touffes de VEriophorum 
vaginatum : c'est le marais de Logné qui recèle le fameux Malaxis. 

» N'essayons pas de l'aborder de front, car nous serions vite arrêtés 
par les nombreux fossés qu'on y a multipliés depuis quelques années 
dans un but d'assèchement. Nous suivrons les champs voisins qui sont 
à gauche, jusqu'à ce que nous trouvions un endroit favorable pour 
pénétrer au cœur du marais. 

ï> Ce n'est que par de nombreux tâtonnements suivis de fréquentes 
reculades qu'on arrive à gagner les environs de la mare centrale : 
d'ailleurs, telle partie, accessible une année, ou à une époque déter- 
minée, devient inaccessible l'année suivante ou à une date un peu 
différente. L'important est d'éviter de trop nombreux fossés et de bien 
manœuvrer à travers les îlots de Canx stricta ou de Cladium Mariscus, 
aux feuilles coupantes, et entre lesquels s'étend une vase molle assez 
dangereuse. On évitera soigneusement de mettre le pied dans le voisi- 
nage des feuilles de Nymphœa, ou de Nuphar, où l'eau est générale- 
ment assez profonde. 

» Enfin, au prix de quelques bains de jambes, nous voici sur l'épais 
tapis de Sphagnum qui recouvre un lacis de tiges et de racines. Sur ce 
sol flottant se développe tout un monde végétal spécial qu'on cherche- 
rait vainement en dehors de pareilles stations ; sur ce terrain, composé 
de détritus végétaux, sans cesse humectés par une eau limpide, sur ces 
tourbières en voie de formation, le Myrica Gale se donne carrière et 
répand au loin ses exhalaisons aromatiques, tandis que de charmantes 
fleurettes, d'une délicatesse et d'une grâce infinies, émaillent le gazon 
velouté des Sphagnum. 

» Drosera aux feuilles de corail, où scintillent en môme temps les 
gouttes de rosée et les insectes brillants, victimes de ces pièges animés; 
Wahlenbergia aux élégantes petites clochettes d'un bleu céleste ; 
Rhynchospcn/a aux capitules argentés; Eriophorum aux aigrettes 
soyeuses ; Oxycoccos aux rameaux flexueux portant à la fois des corolles 
d'une finesse exquise et des oranges minuscules ; opulents épis dorés 
du Narthecium, éventails luxuriants de VOsmunda ; touffes finement 
découpées des Polystichum, rien ne manque au décor, et l'artiste 



48 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

autant que le naturaliste trouve ici à admirer 1 La végétation de ces 
marais est tellement caractéristique que le profane lui-même en est 
frappé: c'est vraiment un monde végétal nouveau pour celui qui ne 
connaît pas les marais tourbeux. • 

» Mais le trésor convoité, le rare Malaxis, est plus modeste. Loin 
d'attirer les regards, il se dérobe de son mieux à notre convoitise et il y 
réussit souvent, grâce à sa petitesse et surtout grâce à la livrée verte 
qu'il semble emprunter, par une sorte de mimétisme, aux Sphagnvm 
sur lesquels il vit. 

» Tachons donc d'apercevoir sa petite tige grêle, supportant un épi 
de très petites fleurs d'un vert jaunâtre, le tout d'une longueur de 
8 à 10 centimètres à peine. Le voici, aux abords de la grande mare, et 
maintenant que nous l'avons « bien dans l'oeil » suivant l'expression 
consacrée, nous allons, sans doute, en retrouver quelques échantillons. 
En effet, à force de recherches, nous en retrouvons trois autres (1891), 
toujours dans le voisinage de la mare et sur les Sphagnum. 

» Nous devons nous estimer heureux ! 

» Cependant, si cette ardente recherche, qui fatigue à la fois les 
jambes, la tête et les yeux, n'a pas trop épuisé nos forces, poussons une 
reconnaissance vers la partie nord du marais. 

» Une petite chaussée, empierrée et étroite, qui conduit à quelques 
fermes situées sur la hauteur, nous barrera la route. Nous la fran- 
chirons ; c'est là, tout auprès de la chaussée, que, le 17 août 1890, j'eus 
le plaisir de faire récolter jusqu'à six échantillons de Malaxis, en société 
du Pinguicula lusitanica, à M. de C..., ardent botaniste, qui s'était 
arrêté à Nantes tout exprès. 

» L'excursion peut être considérée comme finie, et quelques instants 
de repos ne seront point de trop, avant de reprendre la route de Sucé. 

» Profitons-en pour dresser la liste de nos récoltes. Nous avons 
successivement recueilli ou noté les plantes suivantes dans notre 
marche à travers le marais de Logné. 

Nymphaea alba. Epilobium palustre. 

* Drosera rotundifolia. — tetragonum. 

* — intermedia. — parviflorum. 
Elodes palustris. Hydrocotyle vulgaris. 
Tormentilla reptans. Sium latifolium. 
Comarum palustre. Carum verticillatum. 
Œnanthe crocata. Orchis bifolia. 
Peucedanum palustre. * Spiranthes œstivalis. 
Galium palustre. Malaxis paludosa. 
Wahlenbergia hederacea. * Narthecium ossifragum. 
Erica tetralix. Juncus heterophyllus. 

— ciliaris. CladiumMariscus. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 49 

* Vacciiiium Oxycoccos. Rhynchospora alba. 
Menyanthes trifoliata. * Eriophorum vaginatum. 
Hottonia palustris. * — angustifoliuin. 
Scutellaria minor. Carex stricta, 

* Pinguicula lusitanica. — paniculata. 
Anagallis tenella. — ampullacea. 

* Myrica Gale. — vulpina. 
Polaiiiogeton polygonifolius. — (Ederi. 

Osmunda regalis. 
* Polystichum spinnlosum 
— Thelyptoris. 

Etc., etc., etc., etc. 

» J'ai marqué du signe • les espèces plus ou moins caractéristiques 
des tourbières d'après Ch. Martins '. Nous pouvons constater, avec ce 
savant botaniste, dont les travaux ont beaucoup contribué aux récents 
progrès de la géographie botanique, que la végétation de nos tourbières 
de l'Ouest, aussi bien que celle des tourbières du Jura neuchâtelois, • 
offre un caractère nettement boréal. 

» Terminons par quelques remarques relatives à l'aire de dipersion 
du Malaxis paludosa. 

» Lloyd, nous l'avons vu, énumère plusieurs localités de cette rare 
orchidée dans l'ouest de la France ^ ; Cosson et Germain la notent 
comme disparue des environs de Rambouillet (Seine-et-Oise), où elle 
avait étédécouverte par A. de Jussieu, en 1835 3; Camus la cite avec 
doute dans la Somme ■• ; Kirschleger mentionne plusieurs localités 
dans les Vosges ^ : Corbière, dans sa récente et excellente Flore de 
Normandie ^, lui en attribue trois dans ses limites " ; enfin, la plus 
méridionale de toutes les stations françaises connues et probablement 
de celles d'Europe, est l'étang de Léon, dans les Landes. Il est à 
craindre que le défrichement croissant des tourbières restreigne de 
plus en plus l'aire du Malaxis. 



1. Observations sur l'origine glaciaire des tourbières du Jura neuchâtelois, etc. 
Bull. Soc. bot.Fr., t. XVIII, p, 406. 

2. Flore de l'Ouest, éd. 4, p. 344. 

3. Flore des env. de Paris. 

4. Catal. des pi. de Fr., p. 276. 

5. FI. d'Alsace, t. II, p. 149. 

6. FI. de Normandie, p. 548. 

7. La Petite Flore de la Mayenne de H. Léveillé mentionne aussi la plante à 
Pré-en-Pail d où des faiseurs de centuries, gardant jusqu'ici pour eu.\ le secret de 
cette localité, l'ont presque fait disparaître. [Note de la Rédaction;. 

5* 



50 NANTES. — BULL. S(JC . SC. NAT . OUEST. — T. ô. 

■) En Europe, < il s'étend 1" du nord au sud : de la Suède à la 
Hongrie; 2» de l'est à l'ouest: depuis la Russie médiane jusqu'à notre 
France occidentale, soit environ du 64° degré au 46° de latitude nord, 
et du 8° degré de longitude ouest au 30' de longitude est. C'est à peu 
près la zone des tourbières qui, d'après Lapparent ^, ne peuvent pros- 
pérer au sud du 46° parallèle, du moins en dehors des régions monta- 
gneuses. Il est cependant curieux de noter que la localité des Landes est 
au-dessous du 44" degré de latitude. 

» En Asie, le 3Ialaxis paludosa paraît n'avoir été constaté jusqu'ici 
qu'en Sibérie ^. 

» D'après certains botanistes, le Malaxis serait parasite sur les 
Sphagnum ; cependant, M. Lloyd, qui a vu et revu la plante et l'a 
étudiée avec le soin qu'on lui connaît, n'a pas pu constater ce parasi- 
tisme. 

« Pendant la fleuraison, nous dit-il, il se développe sur la tige, à la 
« base de la gaine de la feuille supérieure, un bulbe qui sert à 
reproduire la plante pour l'année suivante, tandis que celui qui a 
« donné naissance à la tige et qui est placé beaucoup au-dessous du 
« nouveau, se dessèche et périt ■''. » 

» Outre ses bulbes et ses graines, cette curieuse petite plante possède 
encore un autre moyen de reproduction, d'après Kirschleger ^ : a Le 
« sommet des feuilles est ordinairement garni de très petites pustules 
« bulbilleuses qui rendent la feuille âpre ou scabre au toucher. Ces 
« bulbilles, comme dans le Cardamine pratensis, peuvent se déve- 
« lopperen jeunes plantes pendant l'espace de deux années et multiplier 
« l'espèce à l'infini, indépendamment de l'innovation par des bulbes 
« ovoïdes-ancipités naissant à l'aisselle des feuilles limbaires. » 

« Après une journée aussi bien remplie, il ne nous reste plus qu'à 
regagner Sucé où nous prendrons le train de 6 h. 21 du soir qui arrive 
à Nantes à 6 h. o4. 

» En prenant congé de mes compagnons, je les prie d'être indulgents 
pour leur cicérone dont les récits ont pu leur paraître un peu longs. 

« Em. gadeceau. » 



1. Nyman Consp. Flor. Europ. p. 68G. 

2. Géologie, éd. o. p. 336. 

3. Ledfbour, Fi. Ross., v. 4, p. u4. 

4. Lloyd, FI. 0., éd. 4, p. 344. 
0. Fi. Als., p. 149. 



EXTRAITS ET' ANALYSES. — BUTANIl^UE 51 

Résultats des herborisations dirigées en Anjou par la 
Société d'études scientifiques en 1893 ; par M. E. 

Préaubert {Bull. Soc. études scient. Angers, 1893, p. 155-169). 

Nous extrayons de ce rapport un certain nombre d'observations et 
d'appréciations fort intéressantes. 

:= Na)xissus « La spontanéité des Narcisses indiqués en Anjou est 
M plus que douteuse, à l'exception du N. pseudo-Narcissus L. bien 
)) certainement indigène sur divers points du Choletais. » 

=: Muscari Lelierrei. D'après l'auteur ce Muscari ne serait au fond 
qu'une forme culturale évoluée de M. botnjoides DG. Il se trouve 
toujours en Anjou au voisinage des monastères. « Ce sont les fumiers 
» de jardin qui ont encore été là le véhicule de la propagation à une 
» époque plus ou moins ancienne. » 

= Orchis incarnata + maculata. 

A Turbilly on trouve une forme ambiguë qui parait à M. Préaubert 
adultérine et mérite l'appellation de X Orchis incarnata + maculata. 

=: Ra7iu7iculus co7ifusm Godron. 

Le Batrachium rapporté par Boreau au. Ranuncidus triphyllos 
Wallr. et signalé par ce floriste dans l'étang de BaUce près Chaloché, a 
été reconnu par l'auteur, aidé des recherches[de M. Bouvet, comme iden- 
tique au R. confusus de Godron. 

= Salix cinerea -\- aurita: sur les bords de l'étang de la Goutte, 
dépendant de l'ancien prieuré de Chaloché, on peut recueillir toute une 
série de formes curieuses mais bien embarrassantes de saules gris. Si 
l'on fait des séries continues, on trouve tous les passages entre S. cinerea 
et S. aurita. Il n'y a qu'un moyen de se tirer d'affaire c'est d'admettre, 
avec des degrés différents d'influence des deux parents, le groupe 
X Salix cinerea + aurita. 

= Andropogon IschœmumL. manque autour d'Angers. « Il est parfois 
» apporté de la Touraine par le courant de la Loire sur nos levées. C'est 
» ainsi que la Société en a constaté une jolie station aux Ponts-de-Cé. » 

= Verbascum htjbrides. 

On se procure assez facilement en Anjou V. nothum Koch (X F. thap- 
siforme + floccosum) ainsi que Y. Bastardi (X V. Blattaria + thapsi- 
Jorme). 

V. macilentiiniFrainchel. (X V. Blattaria -{-floccosum) est beaucoup 
plus rare : recueilli à Doué. 

Le territoire de Brain-sur-l'Authion à fourni jadis à M. Préaubert 
V. adulterinum Koch. {V. thapsiforme + nigrum) et V. Schottianum 
Schrad. (F. nigrum + floccosum) hybrides qui n'ont pas été retrouvés 
cette année. 

Equisetum littorale Kuhl., hybride des E. arœnse L. et limosum L. a 
été trouvé dans une station nouvelle, près la Ghénurie, commune de 
Brain-sur-l'Authion. E. G. 



52 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT . OUEST. —T. 5. 

Les noms des plantes du livre d'heures d'Anne de 
Bretagne ; par M. Jules Camus {Journal de bot., novembre 
1894, p. 325 etc.) 

Les miniatures qui décorent les marges de ce manuscrit sur vélin 
exécuté au commencement du XVP siècle et conservé actuellement à la 
Bibliothèque nationale de Paris, sont au nombre de 337 et forment un 
véritable herbier peint par un artiste de talent. Elles sont dues au peintre 
Jean Bourdichon. 

« Déjà Antoine de Jussieu, ayant obtenu du jeune roi Louis XV, la 
» permission d'emporter chez lui et d'étudier à son aise le précieux 
» manuscrit en fit l'objet d'une communication lue à l'Académie des 
)) Sciences le 14 novembre 1722. Elle a pour titre: Réflexions sur diverses 
» dénominations françaises des plantes qui sont dépeintes dans un 
» manuscrit du Cabinet du Roi. 

» En 1839 M.L. Curmer a publié avec un luxe extraordinaire la repro- 
)) duction en chromo-lithographie du Livre d'Heures d'Anne de Bretagne, 
» en y ajoutant un^pcond volume qui contient la traduction française 
» des prières et un travail de M. J. Decaisne sur les plantes représentées 
» dans les encadrements. 

» Cette magnifique édition, tirée seulement à 850 exemplaires a été 
» exécutée avec le plus grand soin. » 

. M. Jules Camus, dans la suite de l'intéressant travail dont nous 
venons de reproduire les premières lignes, discute avec une compétence 
visible les interprétations, les étymologies, les déterminations de M. 
Decaisne. Il conclut que l'étude de ce savant botaniste « a été faite avec 
)) la plus grande insouciance et qu'elle fourmille de fautes de tout genre.» 

C'est sans doute par inadvertance, ajoute-t-il, que M. Lalanne (qui 
a publié le mémoire précité d'Antoine de Jussieu en 1886 dans le 
Bulletin historique du Comité des travaux historiques) dit en parlant 
des déterminations données par Jussieu et par Decaisne (c autant que 
» j'ai pu m'en assurer les identifications des noms sont les mêmes chez 
» les deux auteurs. » 

D'après M. J. Camus c'est le contraire qui est vrai, et « il y a plus 
» de quarante miniatures pour chacune desquelles Jussieu et Decaisne, 
» ont indiqué des genres tout à fait difïërents et souvent très éloignés. » 

Ce sont ces diverses considérations qui ont engagé l'auteur à reprendre 
à la Bibliothèque nationale, l'étude des plantes peintes dans le fameux 
Livre d'Anne de Bretagne. 

Grâce à la bienveillante recommandation de M. L. Delisle il a pu 
obtenir d'avoir à la fois sous les yeux (ce qui n'est pas facile) le manus- 
crit original des Heures, le catalogue inédit de Jussieu, celui de Decaisne, 



EXTRAITS ET ANALYSES, — BOTANIQUE 53 

i 

la reproduction chromo-lithographique de Curmer, et la publication de 
M. Lalanne. 

Si nous ajoutons que M. J. Camus a pu, dans certains cas, fortifier ou 
rectifier ses vues personnelles par le concours amical de M. le D' Edm. 
Bonnet, dont la compétence sur de pareils sujets est notoire, on com- 
prendra que la publication que nous avons le plaisir d'analyser offre de 
grandes probabilités d'exactitude. 

Nous renvoyons donc nos lecteurs à l'ouvrage lui-même avec la confiance 
que botanistes, archéologues, linguistes, ou même simples bibliophiles, 
en tireront profit. 

Nous avons crû devoir nous étendre quelque peu sur ce sujet en raison 
de l'intérêt spécial qu'il présente aux Nantais qui possèdent de 
nombreux souvenirs de la « bonne duchesse » en particulier son cœur 
longtemps déposé dans le tombeau de son père et de sa mère (chef d'œuvre 
de Michel Columb). 

Les vieux noms français des plantes contenues dans le manuscrit si 
bien étudié par M. Camus, en constituent au point de vue botanique la 
partie la plus intéressante. 

Terminons par quelques exemples : 

« P. 204 — Aluysne — Àbsinthiwn — A7'temisia absinlhium L. 
» absinthe aluine. 

» Ce dernier nom français vient de aloen, ancienne forme de aloes, 
» l'amertumedel'absintheayantétécomparéeàcellederi/oe -cwjf/ans L.K. 

» P. 169 — Apoustumee — Boraginum sUveslre — Echium vulgane L. 
» Vipérine, herbe aux vipères. — L'ancien nom Apoustumee vient de 
» ce que les tubercules qui couvrent la tige et les feuilles de la vipérine 
)) ont été comparés à de petits apostèmes. 

)) P. 203. — Blanche putain. — Fatoleri (1. Catoleri ?) — Vibiirnum 
» opulus L. — Viorne obier, que Jussieu appelle « Pain mollet » 

« P. 13o — Blanche futaine. — Catoleri — Viburnum lantana L. 
» Mancienne. La Mancienne était appelée au XVP siècle, blanche pute 
» et blanche putain iDc!L\echam\>.) — Cafoien est probablement un dérivé 
» de Catus, comme Catolleria (voy. PuUan). 

)) P. 26. — Blé de Turquie — Bladus Turquie — Polygonum Fago- 
)) pyrum L. — Sarrasin. — Autant que je sache, nous avons ici la plus 
» ancienne mention du sarrasin en France. Du reste cette plante avait 
» été introduite en Europe peu de temps avant la Renaissance (voy. de 
» Candolle, origine des plantes cultivées, p. 280), Dans la chronique de 
» J. Stavelot, écrite à Liège vers la moitié du XV' siècle, il est parlé 
» de « bleis persiens » qui probablement ne sont autres que nos blés 
» sarrasins. » 

Etc etc 

E. G. 



54 NANTES. — BULL. SOC, SC . NAT . OTEST. — T. 5. 

Bulletin de la Société botanique des Deux-Sèvres; 

1891. 

Celte société, assurément l'une des plus llorissantes de la région de 
l'Ouest, continue à apporter d'importantes contributions à la llore, sous 
l'impulsion d'un chef- aussi compétent que M. B. Souche. 

Nous résumons ci-après, pour l'instruction de nos lecteurs, les décou- 
vertes, les observations qui nous ont paru les plus intéressantes. 

M. Duret a herborisé à Aiffre et Fors où il a constaté la présence de 
VOphrys Scolopax, bien plus abondant que l'O. Arachnites. 

M. J. Roux a découvert à la Grippière,en S'Maurico-la-Fougereuse, le 
lîanuncnlus nodifiorus. 

M. B. Souche a découvert au même lieu le Trigonella ornilhopo- 
dioidcs, et sur la limite des communes de Genneton (D.-S.) et de Claire 
(Maine-et-Loire) le Cardaminc parviflora, plantes nouvelles pour la 
flore des Deux-Sèvres. 

M. Grelet a trouvé le Junciis anceps aux environs de Vallans. 

M. Poirault, directeur du Jardin botanique de Poitiers, a découvert, 
dans la Vienne, le Poasndetica Haenck qui descend du plateau central 
avec les alluvions. 

M. Gamin a découvert VElymas europœus dans les bois de Virollet. 

M. A. Didier a récolté une plante très rare i)our le Haut-Poitou : le 
Valerianella Morisonii aux environs de Parçay (Vienne). 

E. G. 



Cataloçjue des plantes vasculaires et spontanées 
du département de laVendée, recueillies par Pontaklier 
et Marichal, augmenté de la liste des plantes trouvées depuis 
1889 jusqu'à ce jour. {Revue des Se. nat. de l'Ouest, t. iv. 
p. 37-64, 107-136). 

Dans un court avant-propos nous trouvons la déclaration suivante 
qui explique bien les motifs qui ont dicté cette publication : 

(( Certes, pour les botanistes, les citations sans cesse répétées de a Pon- 
» tarlier et Marichal » dans la Flore de VGuest de M. Lloyd ont conquis 
» depuis longtemps à ces adeptes convaincus et ultra-modestes l'admira- 
» tion et l'envie de tous les travailleurs. Pour nous, la plupart élèves 
» du Lycée où ces deux professeurs enseignèrent plusieurs générations, 
» nous voulons plus, nous voulons mieux. Consacrer à jamais leur 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 00 

» mémoire en fixant et en imnioi-talisant leurs travaux, c'est la tâche 
» qui nous incombe et que nous sommes heureux aujourd'hui de remplir, 
» à la gloire de ceux dont nous nous faisons honneur de continuer .les 
» traditions. » 

E. G. 



Description d'une nouvelle Campanule découverte 
aux environs de Vire (Calvados) ; par M. Emile 
Balle. {Le Monde des Plantes, 1894. p. 49-50). 

MM. Hector Leveillé et Emile Balle ont trouvé jjrès de Vaudry une 
campanule dont l'auteur donne une description sous le nom de Campa- 
nula pulliformis Rouy (groupe du G. rotundifolia L.). 

E. G. 



Une plante nouvelle pour l'Ouest de la France : 
Polypodiuni Dryopteris ; p;ir .1. Douteau (Revue des Se. 
naf. de rOuest, t. IV, p. 185-186). 



L'auteur rappelle la note insérée Flore de l'Ouest relativement à cette 
espèce : « indiquée commune à la forêt de Villecartier (Ille-et-Vilaine) 
» par Despréaux in herb. Degland et par Bonnemaison, n'a pas été re- 
» trouvée malgré des recherches très attentives. » 

M. Douteau, a trouvé cette fougère sur un talus du chemin de fer de 
l'Etat, près de Bournezeau (Vendée). Après avoir douté de la sponta- 
néité de cette plante des forêts, ainsi installée « sur les revêtements 
d'une tranchée de voie ferrée », notre confrère s'est enquis de l'ori- 
gine des matériaux employés dans la construction de la ligne en 
question et il a acquis la certitude qu'ils provenaient des environs de 
Bournezeau et de Saint-Vincent Puymaufrais. 

Ainsi que le fait remarquer M. Douteau il serait fort intéressant de 
rechercher si le Polypodium Dryopteris ne se retrouverait pas dans les 
environs, ce qui conlirmerait tout à fait son indigénat.eii Vendée. 

E. G. 



56 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT . OUEST. — T. 5. 

Remarques au sujet du Medicago découvert par M. 
Foiicaud dans l'excursion botanique du 9 juillet 1893 aux 
environs de Saintes. — Rapport par M. le D»" Termonia 
(Annales Soc. se, nat. de la Charente- Inférieure, n^ 30; 
Tome I, 1894, p. 69-70). 

L'auteur ayant reçu de M. Foucaud un fragment de l'unique exem- 
plaire de Medicago WilldenowH Bœnning. trouvé par celui-ci dans le 
marais de Bas-Lormont, l'a comparé à de nombreux échantillons de 
Medicago lupulina L. type. 

« Les gousses de Medicago Willdenouii sont velues-glanduleuses, 
» celles de M. lupulina sont tantôt glabres, tantôt pubescentes ; elles 
» présentent même ces deux aspects sur le même pied. 

» Quand on songe qu'il n'y a pas loin de la pubescence à la villosité, 
» qu'un peu plus de l'une et un peu moins de l'autre entraîneraient la 
» similitude, ne peut-on se demander si ce caractère, d'ailleurs caduc, 
» a une importance réelle et s'il suffit pour créer même une simple 
» variété ? « 

E. G. 



Les Fossombronia de l'Orne et leurs stations; par 

Aug. Chevalier. (Bull, de la Soc. lin. de Normandie, 
Juillet 1894). 

Les espèces que l'auteur a observées se rapportent à 3 types : Fossom- 
bronia Dumortieri Lindb. répandu sur la vase des étangs de la région, 
étangs du Chatelier, de Fiers, de Juvigny-sous-Andaine ; Fossombronia 
cristata Lindb. plus rare, récolté près de Domfront dans un champ de 
trèfle; Fossombronia pusilla (L) Dumort., var. dccipiens, Corb. a 
Domfront, au bord de la roule d'Alençon. 

Em. B. 



Quelques espèces de Muscinées nouvelles pour le 
Nord-Ouest de la France; par M. Thériot. {Revue 
bryologiqiœ, 1894) . 

M. Thériot a récolté le Fissidens Osnmndoides Eedw . le 28 mars 1894, 
à Saint-Julien-le-Pauvre (Sirthe). La plante de la Sarthe présenterait 
quelques légères différences avec la forme considérée comme type. Cette 



EXTRAITS ET ÂiNALYSES. — BOTANIQUE 5/ 

espèce a déjà été signalée dans l'Ouest, en plusieurs localités de la 
Loire-Inférieure par MM. Em. Bureau et Camus. 

Le Mnium marginatum Pal. B. qui n'avait pas encore été signalé 
dans le Nord-Ouest existe dans la forêt de Tancarville (Seine-Inférieure), 
localité où M. Thériot l'a recueilli sur un talus humide et ombragé. 

Le même bryologue a récolté le Lophocolea spicata Tagl. espèce 
nouvelle pour la France, dans la vallée de Saint-Aubin-Routot, non 
loin du Havre, cette espèce n'avait été signalée que dans la Grande- 
Bretagne. 

Em. B. 



Index bpyologicussiveenumeratiomiiscoriimhujusque 
cognitorum adjunctis synonymiadistributioneque 
geographica locupletissiinis; par G. Paris. {Société 
Linnéenne de Bordeaux. 1894, et Pars I, gd in-S" de 
324 p. Paris, 1894. Librairie Paial Klincksieck). 

Ce nouvel Index, qui sera complet jusqu'à nos jours, dont M. le 
général Paris vient d'entreprendre la publication, dépassera de 
beaucoup en étendue le seul ouvrage analogue, mais qui n'est plus à 
la hauteur de la science actuelle, le Gênera et species Muscorum de 
Jœger etSauerbeck. M. le général Paris, qualifié par de longues études 
spéciales, était désigné mieux que tout autre pour entreprendre ce 
difficile ouvrage. 

Em. B. 



Wluscologia gallica. Descriptions et figures des Mousses 
de France et des contrées voisines ; par M. T. Husnot. 

2 volumes in 8" de 470 p. et de 125 pi., contenant environ 
6000 fig. Cahan 1894. 

Ce très important ouvrage qui a obtenu le prix Montagne à l'Aca- 
démie des Sciences et qu3 le rapport qualifie de véritable monument 
élevé à la Botanique française vient d'être terminé dans les derniers 
mois de 1894. M. Husnot aura de nouveau doté la science d'un beau 
travail qui se recommande tant par la clarté et la précision des 
descriptions que par l'exactitude des figures. 

Em. B. 



58 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. ô. 

Monographie des Clianipignons recueillis pour la 
plupart dans le canton de Mareuil - sur- Lay 
(Vendée) envisagés au point de vue botanique, 
alimentaire et toxique ; par Edouard Rigaud. (Revue 
se. nat. Ouest, 1893, n»^ i, ii et m). 

Ce long mémoire sur les espèces rencontrées par Tau leur dans une 
région très circonscrite n'apporte que de faii)lcs matériaux à la llore 
mycologique de la Vendée. 

Ch. M. 



Les Clianipiqnons de la Mayenne (3* supplément) ; 

parM. Lucien Daniel. [Bull. Soc. scient, et niédie. de f Ouest, 
1894, t. m, p. 267 à 286). 

Ce mémoire est divisé en trois pari les : 1" Espèces noureUes pour 
le département, au nombre de 108 se répartissant entre : Basidiomycètes 
46, Ascomycôtes 40, Urédinées 17, Ustilaginées 3, Péronosporécs 1, 
Phycomycètes 1. — 2° Stations nouvelles d'espèces rares dans la Mayenne 
ou non encore signalées dans le Nord de ce département. — 3° Considéra- 
tions sommaires sur l'habitat et la distribulion géographique des 
Champignons dans la Magenne. D'après M. Lucien Daniel la florule 
mycologique de la Mayenne a pour caractère le plus saillant de présenter 
certaines espèces considérées comme spéciales à la région méridionale 
ou montagneuse ', ou au littoral de l'Ouest. Comme espèces méridionales 
M. Daniel cite Pleurotus olearius, Yoltaria gloiocephala et speciosa, 
Pleurotus Eryngii, Tricholoma Georgii, PisoUthus arenarius, Clathrus 
ruber, etc.; comme espèces montagneuses Sparassis crispa, Hijgro- 
phorus pratensis, Nyctalis parasitica, Hlarasmius alliaceus, M. porreus, 
Cortinarius sublanatus, Psilocijbe uda, Naucoria melinoides, Boletus 
calopus, Polyporus applanatus, Marasmius graminum, etc. 

Au point de vue de la distribution des espèces dans la Mayenne, 
M. Daniel fait observer que le climat et l'altitude ont moins d'importance 



1. La plupart des espèces de champij,'nons si^'nalées dans ce mémoire comme 
méridionales ou montagneuses se rencontrent aussi dans l'Ouest de la France ; 
le Sparassis crispa en particulier est assez fréciuent dans l'île de Noirmontier à 
quelques mètres seulement au-dessus du niveau de la mer ; le Pleitrotii.'i 
olearius se rencontre en Loire-Inférieure de même que le Tricholnnia Geurf/ii 
qui me parait indilïéreni à la nature du terrain. 

Note (te M. Ch. M. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — BOTANIQUE 59 

ici que clans la végétation phanérogamique; la nature du terrain et celle 
du support ont un rôle prépondérant. 

Certains champignons sont calcifuges et se rencontrent dans tous les 
terrains siliceux de la Mayenne, {Tricholoma columbetta. Thelephom 
ten-estris, Sderoderma cuUjare, Geaster hygrometricus, Pisolithm 
arcnarius, etc.). D'autres semblent préférer les calcaires primaires des 
environs de Laval. 'le Tricholoma Georgii est localisé dans ces terrains, 
le Peziza coccinca et les diverses morilles y sont seulement plus 
communes. 

Ch. M. 



Note sur quelques espèces rares de cluiuipiqnons ; 

par M. Le CovEc, {Bull. Soc. .scient, et iDjkUc. de V Ouest, 
1895, t. IV. n« 1). 

Cette note résume les observations de M. Le Covec sur la végétation 
et les propriétés de quelques espèces alimentaires ou rares, rencontrées 
dans rille-ct-Vilaine. l^spèces citées : Hydnum repandiwi, Pleurotus 
ostrealuft, Psilocybe ericœa, Uoletus edulis, Àmanita cœsarea, lioletus 
nigrescens, Bolctus strobilacem. B. ranegatus, B. p aras i tiens, Giie- 
pinia merulina, Phallu.'< caninus , P. impudicus , Tremellodon 
gelatinosum, Psalliota angusta, Peziza ve.si ulosa, Tremella mesen- 
terica, Nyclalis asterophora et :V. parasitica, Tremella lutescens . 
Corticium quercinum, Gyrophila palmata, Boietns luridus, Ladaritis 
deliciosus. 



Liste des Chainpiqnons trouvés dans le département 
d'Ille-et-Vilalne; par M. Le Govec, (Bull. Soc. scient, et 
médic. de l'Ouest, 1895, t. IV. n" 1). 

Cette liste comprend 282 espèces disposées dans l'ordre alphabétique 
et appartenant presque en totalité au groupe des Hyménomycètes. Les 
espèces les plus rares ont été indiquées dans le mémoire précédent \ 



1 L'Arniillaria mucida signalé seulement dans les Côtes-tiu-Noid était 
iliontianl il y a quelques années sur les vieux hêtres du jardin public de Vitré. 

Note de M. Ch. M. 



60 NANTES. — BULL. SOC. S(J. NAT. OUEST. — T. 5. 



m. — GEOLOGIE ET MINERALOGIE 



De l'existence de nombreux débris de Spongiaires 
dans le Précambrien de Bretagne; par L. Cayeux, 
préparateur à l'Ecole des Mines, etc. {An7i. de la Soc. géol. 
du Nord, 1895, t. xxiii, page 52). 

Déjà l'an dernier (page 97) nous n'avons eu l'occasion de faire 
connaître deux ouvrages dans lesquels M. Cayeux établit l'existence de 
nombreux Radiolaires et Foraminifères dans les phtanites précambriens 
de Lamballe. Continuant ses travaux, M. Cayeux nous apprend mainte- 
nant que les Spongiaires n'étaient pas moins nombreux que les Radio- 
laires et à cette époque reculée. 

Ayant constaté que la faune des Radiolaires des phtanites précam- 
briens de Bretagne est grandement différenciée il est arrivé à formuler 
cette proposition qu'il s'agissait de vérifier : les Radiolaires ne sont 
parvenus à un pareil degré de différenciation qu'après un temps ti'ès 
lonfj pendant lequel d'autus organismes ont pu faire leur apparition. 
Partant de là et continuant ses patientes études il n'a pas tardé à cons- 
tater l'existence de nombreux débris de Spongiaires dans les mêmes 
phtanites. 

Il décrit et figure une grande variété de spicides appartenant à : 
1° Monoactineliidœ. 2° Tetractinellidœ. 3° Lithistidœ. 4° Hexactinellidœ. 

Ces débris sont quelques fois assez gros pour être distingués à la loupe. 
Il étudie leur mode de fossilisation et établit que les spicules, siliceux 
à l'origine, ont été épigénisés par la pyrite pour revenir à l'état siliceux 
lors du métamorphisme delà roche; dans ces transformations succes- 
sives, beaucoup de débris organiques ont complètement disparu où 
sont tellement modifiés qu'il est impossible d'en reconnaître l'origine. 

La manière d'être des fragments dans la roche a permis à M. Cayeux 
de certifier que ces débris ont été fracturés avant leur fossilisation, 
les spicules ont donc été soumis à des courants assez violents pour les 
briser, ces courants ne pouvaient exister que dans une mer peu profonde. 

M. Cayeux conclut en ces termes : 

1° Il existe dans les phtanites précambriens de Lamballe des spicules 
d'Épongés aussi nombreux que variés. 

2° Tous les ordres de Spongiaires à squelette siliceux sont déjà repré- 
sentés dans le Précambrien de Bretagne. 

Si les Riadolaires et les Foraminifères sont différenciés les Spongiaires 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 61 

ne le sont pas moins ; on est donc autorisé à conclure que la faune des 
phtanites de Lamballe n'est pas la plus ancienne. 

Les études de M. Cayeux ouvrent de nouveaux et vastes horizons à la 
géologie générale. 

L. D. 



Note sur la zone à Ammonites zigzag et A. ferru- 
gineus dans le détroit du Poitou ; par Jules Welsch. 
{Bull. Soc. gcol. de France, 1891, t. xxii, page 537). 

Il existe dans le Détroit poitevin une série de calcaires, quelquefois 
dolomitiques, quelquefois remplis de rognons siliceux qui ont comblé 
l'intervalle compris entre le Massif limousin et le Massif vendéen. 

A leur base on trouve le Toarcien, à leur sommet le Callovien, ces 
couches sont donc bajociennes et calloviennes, les fossiles y sont géné- 
ralement rares. 

M. Welsch décrit un certain nombre de gisements dans lesquels il a 
reconnu l'existence de Am. zigzag et Am. ferrugineus ce sont, en allant 
du Massif vendéen vers le Massif limousin, non loin de l'anticlinal de 
Montalembert : 

Gisement de Vaussais. A 2 kilomètres de Sauzé (Deux-Sèvres), 
carrières dans la vallée de la Péruse. 

Gisement de Bannière. A 6 kilomètres au Sud de Vaussais dans le 
vallon des Efïes, on retrouve la zone à Am. zigzag à la tranchée de la 
route de Sauzé à Villefagnan et dans les anciennes carrières du chemin 
de fer de Niort à Ruffec. 

Gisement d'Eparon. A 3 kilomètres environ à l'Ouest de Bannière 
dans le même vallon des Efïes, contre la route de Tessé à Monljean et 
au Sud, il y a une carrière où l'on tire des pierres de taille ; on y trouve 
les deux ammonites en question. 

Forêt de Ruffec. La zone à Am. zigzag existe dans la dernière tranchée 
à droite, avant la sortie de la forêt, sur la ligne du chemin «de fer de 
Bordeaux à Paris à 4 kilomètres au Nord de Ruffec. 

Vallée de la Charente-Bois-Regnier. Au Nord-Est de Ruffec, la route de 
Taizé-Aizie à Bioussac montre sur la rive gauche de la Charente la zone 
à Am. zigzag. 

Roc de la Voulème. Cette zone se retrouve sur la rive droite de la 
Charente, au Nord du gisement précédent, en aval du village de Roc de 
Voulême où il y a de nombreuses carrières. 

. Vallée de la Charente-Comporté. Plus au Nord, sur la rive gauche de 
la Charente, à la montée de la route qui va de Comporté vers Civray 



b'-i NANTF.S. — BILL. SOC. «C . NAT . OUEST. — T. 5. 

on exploite des calcaires qui, tout à fait au haut du coteau, contiennent 
Am. ferruyhieus. 

Gisement de Trafigère. Dans le vallon qui va de Lisant à Genouillé, là 
où lechemin de la Gourjandrie à la Trafif,'ère entaille le coteau de la 
rive droite il y a une petite carrière où l'on trouve ,4m. zigzag. 

Le travail de M. Welsch étaJjlit la continuité d'une zone fossilifère 
accompagnée d'un banc caverneux nommé rocquart et d'un niveau de 
grosses ammonites. 

L. D. 



Le Lias et le Jurassiciue moyen en bordure à l'Ouest 
du Plateau-Central; par Ph. Gl.\ngeaud. {Bull. Soc. 
gcol. de' France, 1895, t. xxiir, p. 10). 

Dans ce mémoire, qui n'a pas moins de 33 pages, M, (îlangeaud 
étudie la stratigraphie et la tectonique du Lias et du Jurassique moyen 
dans une région qui s'éloigne des limites auxquelles notre Société a 
borné ses études et n'y touche que sur ses confins, je crois cependant 
utile de faire connaître le plan général de cet ouvrage important. 

L Stratigraphie. 

Infra-Lias. Comprenant: 1° Rhétien. 

2" Hettangien et Sinémnyien. 

3" Cliarmouthien. 

4" Toarcien. 
Dans les départements de la Corrèzc, la Dordogne, la Charente, la 
Vienne, les Deux-Sèvres. 

JURASSIQUE MOVE.N 

Bajocien comprenant les zones : 1" à Ludicigia concata. 
2" à Sphœroceras Sauzei. 
3" à Cœloceras Dladgeni. 
4° à Cormocems garant iammi. 
• o" Faciès divers du Bajocien 

moyen et supérieur. 

Bathonien. 1° Fades à céphalojmdes. 

2° Faciès oolithique. 
Dans les mêmes départements. 
IL Tectoniq^ue. 

Des failles à l'Ouest du Plateau-Central. 
Existence de Horsts dans le bassin de V Aquitaine. 

L. D. 



EXTRAITS EP ANALYSES. — ZOOLOUIE 63 



I. — zoologip: 



Sur un Halichœrus tué sur les côtes de Normandie ; 

par M. Joyeux-Laffuie. {Bull. Soc. lin. Normandie, 4° série, 
8«vol.,1894, p. 144-48). 

Un Halichœrus qriseus mâle est venu se faire tuer au Banc des 
Oiseaux à l'emboucliure de l'Orne. Cet animal assez âgé mesurait 2°'2o 
de long et r'2o de circonférence à la partie la plus large. Il était de 
couleur gris-cendré et devait, au moment de sa capture, changer de 
fourrure. 

Pour M. Joyeux-Lafïuie ce serait le premier individu de cette espèce 
tué sur les côtes de Normandie et peut-être de France. 

VHalichœrus griseus habite la Baltique et la mer du Nord où il devient 
de plus en plus rare. 

G. F. 



Contribution à la Faune des Entomostracés de la 
France ; par M. Jules Richard, (Feuille des jeunes natu- 
ralistes, lir- sér., 25" année, no^ 294-96). 

En 1891, l'auteur, dans la troisième partie de ses Recherches sur le 
.système glandulaire et sur le système nerveux des Copêpodes libres d'eau 
douce ' en décrivait 35 espèces, les seules connues à cette époque. 

Aujourd'hui, M. Richard ajoute 4 Gopé|)odes nouveaux à la liste de 
ceux précédemment signalés , et complète l'inventaire des Entomo- 
stracés en donnant la liste des Cladocères et Phyllopodes qu'il lui a été 
donné d'étudier. 

Le travail de l'auteur, spécialiste d'une autorité réelle a, à nos yeux, 
un grand mérite : celui de montrer aux personnes qui s'intéressent à 
l'étude de la Faune française, l'immense surface du champ qui reste à 
explorer dans cette spécialité, car les matériaux employés par M. 
Richard lui ont été fournis par 23 départements seulement, y compris 
la Corse, encore ces départements n'ont-ils été visités que sur un petit 



i. Ce travail _a été analysé en son temps, dans ce Bulletin, par noire savant 
collègue M. Ed. Chevreux. T. 11, •1802. Extr. et Anal. p. 38-40. 



64 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAT. OUEST. — T. 5. 

nombre de points ; le reste du territoire n'a été l'objet d'aucune re- 
cherche. 

Nous pensons êtfe utile à nos collègues de la région en donnant ici le 
relevé des espèces capturées dans les 4 départements de l'Ouest men- 
tionnés dans le travail de M. Richard. 

Calvados : 

Villers-sur-Mer, 1891 (M. Schlumberger ). 

Cyclops biciispidatus Claus (antennes à 17 articles). 
Canthocamptus sp.? T R. 
Eunjtemora lacinulata Fischer, cf 9, A G. 
Ceriodaphnia reticulata J urine, T R. 
Simocephalus tetulus 0. F. Mu lier, T R. 
Scapholeberis mucronata 0. F. Muller ff. lœvij T R. 
Alona costata Sars, R. 
Chydorus sphœricus J urine, G. 

Loire -Inférieure : 

Lac de Grand-Lieu, juillet 1891 ; (M. E. Chevreux). 

Sidacrystallina 0. F. MuUer T R. 

Eurycercus lamellatus 0. F. Muller T. R. 
Lac de Grand-Lieu, 4 novembre 1891 ; (M. E. Chevreux). 

Cyclops viridis Jurlne, T R. 

— streiiuus Fischer, R. jeunes 

— fimbriatus Fischer, 0^9, TR. 
Canthocamptus sp., débris, T R. 
Ceriodaphnia pulchella Sars, 9, A G. 
Bosmina longirostris, 0. F. Muller, 9, G. 
Alona affinis Leydig, 9, T R. 
Chydorus sphœricus Jurine, 9, R. 

Corderie Péan, à Nantes, 2 novembre 1891. Température de l'eau: 
30" c. (M. Ed. Chevreux). 

Cyclops prasinus Fischer, c/' 9, T R. 

Diaptomiis cœruleus Fischer, 0^9, A C. 
Mazerolles, rivière canalisée de l'Erdre, près Nantes, 31 mars 1892 
(M. Ed. Chevreux). 

Cyclops sp., jeunes, R. 

Ceriodaphnia reticulata Jurine, 9, R. 

Chydorus sphœricus Jurine, R. 
Rivière du Don à Issé, 22 mai 1892 (M. Ed. Chevreux). 



EXTUAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 65 

Cijclopg fuscus Jurine, R. 
Sida crytallina 0. F. Muller. 
Ceriodaphnia sp. ? T R, jeune. 
Bosmina cornuta Jurine, R. 
Pleuroxus naniis Baird, R. 
Étang d'Issé, 22 mai 1892 (M. Ed. Chevreux). 
Cyclops albidus Jurine, R. 
Diaptomus gracilis Lars, o^ç, T C. 
Diaphanosoma brachyurum Liévin, AR. 
DaphniaJardinei Baird, R. 
Ceriodaphnia pulchella Lars, A G. 
Bosmina cornuta Jurine, C. 

— longirostris 0. F. Muller, C. 
Pleuroxus personatus Lcydig, R. 

Vendée : 

Noirmoutiers. M. le D' Blanchard ayant fait de nombreuses récoltes 
dans cette île au mois d'août 1891, l'auteur désigne par un numéro 
chacunes d'elles pour indiquer les espèces trouvées ensemble. 

1° Cyclops strenuus Fischer, çf 9, R. 
Daphnia pulex de Geer, ç, R. 

— magna Straus, cr' 9, T C. 

2» Cyclops sp., T R. jeunes indéterminables. 
3° — strenuus Fischer, T R. 

— serrulatus Fischer, T R. 
Daphnia magna Straus, cf 9, T C. 

4° Cyclops serrulatus Fischer, <y 9, T R. 

Daphnia pulex desur, 9, T C. 
5» Cyclops strenuus Fischer, o^ 9, A C. (surtout jeunes). 
6" Daphnia magna Straus, 9, A C. 

Moina macrocopus (Straus), Robin, 9, R. 
7" Cyclops strenuus Fischer, R. 

Ceriodaphnia megops Sars, R. 
8° Cyclops serrulatus Fischer, R. 

Daphnia pulex desur, A C. 

Simocephalus exspinosus Koch, R. 

Ceriodaphnia megops, Sars, R. 
9° Daphnia pulex de Geer, T G. 
10° — magna Strans, TR., jeunes, 



66 



BULL. SOC. se. NAT. OUEST, 



Charente-Inférieure : 

A.— Iled'Oléron, abreuvoir, septembre 1894 (M. Ed. Chevreux). 
Cyclops strenuus Fischer, G. 

— prasinus Fischer, A R. 
Moina rectirostris 0. F. Muller, G. 
Daphnia pulex de Geer, A G. 
B. — Fossés, au bord de la grande route de la Rochelle, à Rochefort, 
septembre 1894 (M. Ed. Ghevreux). 

Cyclops Leuckarti Sars, cr'9, A R. 

— prasinus Fischer, (yç, G. 
Diaptomus gracilis StàTS, (f <^^ A G. 
Diaphanosoma brachyurum, $, R. 
Daphnia longispina Leydig. 
Ceriodaphnia reticulata Jurine, Ç, G. 
Alona intermedia Sars , Ç, T R. 



Si, dépouillant le travail de M. J. Richard, nous dressons le tableau 
suivant, nous constatons que les quelques localités de l'Ouest qui ont 
été visitées possèdent presque la moitié des espèces mentionnées dans 
la Contribution à la Faune des Entomostracés de la France : 



COPEPODES 



Calanidse 



II . •— Harpactidse 
III . — Cyclopidae 



1 Diaptomus 7 esp. 

2 Poppella 1 

3 Eurytemora 2 

4 Bradya 1 

1 Canthocamptus ... 5 

1 Cyclops 23 

Total 39 



2 esp. 

)) 

1 



14 



1. La 1" colonne indique le nombre d'espèces signalées en France, la 2« celui 
des espèces signalées dans les 4 départements de l'Ouest. 



EXTltAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 67 

CLADOCÈRES 

I. — Sididae 1 Sida 1 1 

2 Holopedium 1 » 

II . — Daphnidae 1 Daphnia 5 4 

2 Ceriodaphnia 4 3 

3 Moina 2 2 

4 Macrothrix 2 » 

5 Bosmina 3 2 

6 Simocephalus 2 2 

7 Scapholeberis 1 ^ u%"!^n 

III. — Lynceidae 1 Eurycercus 1 1 

2 Chydorus 1 1 

3 Pleuroxus.. 8 2 

4 Acroperus 1 » 

5 Camptocercus 1 » 

6 Alona 8 3 



41 22 

PHYLLOPODES 

I . — Branchiopodidœ 1 Chirocephalus — 1 » 

Aux naturalistes que cette étude tenterait on peut sans crainte 
affirmer que de nombreuses découvertes leur sont réservées , étant 
donné ce qui reste à explorer. 

E. March. 



Contribution à l'histoire naturelle des Ampharétiens 
français; par M. Pierre Fauvel {Mém. Soc. nalicn.d.sc. na- 
tur. et mathém. de Cherbourg, 1892-95, S" sér., IX, p. 329-348). 

On sait que la famille des Ampharétiens fut créée en 1863 par 
Malmgren (Nordiska Hafs-Annulater, p. 361) pour des Térébelliens à 
segments peu nombreux; corps divisé en 2 régions ; branchies filiformes 
ou subulées 3 ou 4 paires ; tentacides nombreux, filiformes, sortant de la 
bouche ; pourvus ou non de palées et à plaques unciales unisériées, 



68 XAXTES. — BDLL. SOC. SC . NAÏ. OUEST. — ï. 5. 

■pectlniformes, distribués antérieurement au travail de Malmgreu dans 
les genres Amphicteis, Sabellides, Melinna, Crossostoma, Samytha, et 
connus seulement dans les mers arctiques et la Caspienne. 

M. Fauvel, d'accord en cela avec M. de Saint-Joseph, est d'avis que 
les caractères de la famille doivent être revisés et discute les points sur 
lesquels doit porter la révision. 

Les Ampharétiens sont très rares en France ; l'auteur a trouvé à 
Saint-Vaast-la-Hougue Ampharete Grubei Malm. AG. et Amphicteis 
Gunneri Sars 1 exempl. dans les zostères en 1894-95. H. a attribué à la 
persistancb des vents du nord, au moment de sa récolte, la présence sur 
nos côtes de ces 2 espèces arctiques, nouvelles pour la France. 

En 1863, Claparède a trouvé à Saint-Vaast BranchiosabeUa zostericola, 
Clap., 1 exempl. ; en 1869 Grube a trouvé à Saint-Malo Melinna palmata 
Gr., et en 1894 M. de Saint-Joseph a récolté à Dinard 1 exempl. de 
Amphicteis curvipalea Clap. 

Tels sont les seuls Ampharétiens trouvés jusqu'ici sur nos côtes de la 
Manche. L'auteur fait remarquer qu'aucun représentant de cette famille 
n'a été péché sur les côtes océaniques. 

G. F. 



Les Annélides polychètes des côtes de Dinard ; par 

M. le baron de Saint-Joseph (Ann. d. se. nat. — Zool. ; l'^part. 
1887, 7e sér., I, p. 127 ; 2^ part. 1888, 7^ sér., V, p. 141 ; 3« part. 
1894, 7e sér., XVII, p. 1 ; appendice [4^ part.J, 1895, 7^ sér., 
XX, p. 185). 

M. le baron de Saint-Joseph vient de terminer son important mémoire 
sur les Annélides polychètes des côtes de Dinard. 

Ce travail est le résultat de longues recherches sur le terrain (de 1874 
à 1891) et d'études minutieuses de détermination et même d'anatomie ; 
on peut donc dire qu'il fixe définitivement la faune des Annélides du 
nord de la Bretagne, et servira de guide indispensable pour l'étude de 
ces animaux dans toute la région de l'Ouest. 

L'auteur a observé et décrit 207 espèces, dont 133 nouvelles et 4 larves 
indéterminées : 

100 habitent le rivage, 4 sont pélagiques et 103 sont spéciales aux 
fonds de 4 à 27 mètres. 

34 espèces sont pro'pres aux côtes de Dinard, mais sur ce nombre 33 
sont nouvelles ; on doit donc espérer les retrouver sur d'autres points 
des côtes de notre région. Déjà, d'ailleurs, sur les 20 autres espèces 
nouvellement décrites par l'auteur, 7 ont été retrouvées dans la Manche 
et 7 dans l'Atlantique. 

Quant aux autres espèces déjà décrites : 108 sont connues sur d'autres 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 69 

points de la Manche (en en exceptant les espèces habitant seulement le 
Pas-de-Calais) et 61 sur les côtes françaises de l'Atlantique. 

M. le baroiî de Saint-Joseph termine en signalant 40 espèces trouvées 
autrefois à Dinard par Andouin et Milne Edwards, Quatrefages etGriibe, 
et non retrouvées par lui, ce qui porterait à 247 le nombre des espèces 
de ce rivage. 

Tous les naturalistes s'occupant de la faune de nos côtes seront heu- 
reux d'apprendre la complète publication de ce mémoire qui fait faire 
un grand pas de plus à la connaissance des animaux marins de notre 
région. 

G. F. 



Description d'une nouvelle espèce de Modiola, 
ModiolagalUca Dautz. provenant du littoral occidental 

de la France; par M. Ph. Dautzenberg [Feuille, d. j. 
natur., 1895, N» 295, p. 97-99). 

Le Modiola que l'auteur décrit sous le nom spécifique de gallica n'est 
pas, ainsi que l'on pourrait le croire, une forme restée jusqu'ici inconnue 
des conchyliologistes, et dont la découverte serait récente. 

En 1865, F. Cailliaud. alors directeur du Muséum de Nantes, signalait 
dans son Catalogue un Modiola modiolus L. habitant les plages avancées 
en mer de la Bernerie : « C'est, disait-il, la var. minor que nous n'avons 
rencontrée que très rarement. » 

En 1888, M. A. Locard dans sa Révision des espèces françaises apparte- 
nant au genre Modiola publiée dans le Bulletin de la Soc. malacol. de Fr. , 
avait assimilé la forme en question au Modiola ocalis de Sowerby. 

En 1893, M. Dautzenberg même, dans une Liste des Mollusques 
marins recueillis à Granville et à Saint-Pair, l'avait citée, dans le 
Journal de Conchyliologie, sous le nom de Modiola culgaris Fleming, 
avec Mod. modiolus L., var. minor Cailliaud comme synonyme. 

Mais depuis, l'auteur, ayant eu occasion de comparer de nombreux 
échantillons provenant de différents points de nos côtes \ reconnût la 
constance des caractères de ce Modiola, jusqu'alors confondu, tantôt 
avec l'une tantôt avec l'autre des espèces voisines, au gré des auteurs, 
et n'hésita pas à l'élever au rang d'espèce. 



1. Tous les Modiola de la coll. Cailliaud. ainsi que ceux d'autres provenances, 

appartenant au Muséum d'histoire naturelle de Nantes, ont été obligeamment mis 

à la disposition de l'auteur par le directeur de cet établissement, M. le D^ L. 

lîureau. 

E. M. 



70 NANTES. — UULL. SOC. SC. NAÏ. OUEST. — T. 5. 

Après examen des rapports et différences, M. Ph. Dautzcnberg 
termine comme suit sa note : 

« En résumé, c'est du Mod. modiolus que le 3Iod. gallica se rapproche 
le plus, et Cailliaud avait bien compris cette affinité en le rattachant à 
cette espèce à titre ce variété minor. » 

Une magnifique planche phototypée représentant les Mod. {jallica, 
otalis et barbata, accompagne la note de l'auteur et permet de recon- 
naître, d'un simple coup d'œii,la difi'érence de taille et le faciès particulier 
de la nouvelle espèce. 

E. March. 



11 _ BOTANIQUE 

Lichens récoltés ;"i Vire, îV Mortain et au mont Saint- 
Michel ; par M. l'abbé Hue. (Bull. Soc. linn. Normandie, 
1894 et tirage à part de 39 pages, Caen, 1895). 

Ces trois localités de la basse Normandie, Vire avec la forêt de Saint- 
Sever, Mortain et le mont Saint-Michel ont déjà été l'objet de nombreuses 
explorations de la part de lichénologues célèbres; la première a été 
parcourue par Delise, Lenormand et Pelvet ; la deuxième très probable- 
ment par les mêmes et par de Brébisson ; et enfin M. Malbranche a été 
au moins une fois au mont Saint-Michel. Néanmoins, M. l'abbé Hue, en 
passant seulement quelques heures dans chacun de ces endroits, a eu 
la bonne fortune de rencontrer plusieurs espèces qui n'y avaient pas 
encore été signalées, par exemple le Lecanora gangaleoidesNyl. à Vire, 
le Pertusaria deaibata Ach. dans la forêt de Saint-Sever et à Mortain, 
le Phlyctis argena Walh. à Car\ï\\e,'\' Ephebe pubescens Fr. à la cascade 
de Mortain et le Lecidea coniopsoidm (Hepp.), qui lui est nouveau pour 
la Flore normande. D'autres douteuses jusqu'alors pour la Normandie, 
comme le Nephronitimi lœvigatum Nyl. et le Lecidea ritulosa Ach. lui 
appartiennent certainement, puisque la première a été récoltée dans la 
forêt de Saint-Sever et la seconde sur les rochers du Grand-Séminaire 
à Mortain. Le mont Saint-Michel même, quoique n'ayant fourni que 
29 Lichens en a donné 3 qui n'étaient pas encore inscrits dans les cata- 
logues normands : Lemnora dimera f. ecrustacea Nyl., récolté précé- 
demment par Nylander à Pornic, Lecanora mkrothallina et Verrucaria 
niicrospora var. muœsida observés pour la première fois par M. Weddell 
dans l'île d'Yen. 



EXTRAITS ET AxNALYSES . — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 71 

En 1836, Delise a publié un Catalogue des plantes spontanées de 
r arrondissement de Vire renfermant 327 Lichens ; le mémoire de 
M. l'abbé Hue n'en a que 132. Rien d'étonnant à cette infériorité, car ce 
dernier n'a fait que passer et de plus un certain nombre des bonnes 
localités existant du temps de Delise ont été détruites par la culture. Le 
but principal du voyage de M. l'abbé Hue était de retrouver un des 
Lichens les plus rares, non seulement de la Normandie, mais encore de 
la France, le Ramalina floccosa Del. ou Dufouria floccosa NyL, trouvé 
par Delise en 1821 sur les rochers de Cadhol. Personne à Vire ne 
connaissait ces rochers ; on a supposé qu'il pouvait être question des 
rochers de Cathéolles, situés effectivement sur le bord de la route de 
Vire à Caen. Cette plante n'a pas été retrouvée; a-t-elle disparu ou les 
rochers de Cadhol existent-ils véritablement? La question reste indécise. 
Disons en terminant que le travail de M. l'abbé Hue renferme 213 espèces 
de Lichens, 132 de Vire et les environs, 62 de Mortain et 29 du mont 
Saint-Michel. 

V. G. M. 



111 — GP^OLOGIE ET MINERALOGIE 

Sur un (fisemeiil d'osseiiierits de mammifères de 
l'époque Pléistocène découvert à Orval (Régneville) 
Manche; par M. Raoul Fortin. {Bull. Soc. géologigue de 
Normandie, XV. 1891). 

La découverte dont il s'agit a été faite à Orval près Coutances (Manche). 
On y exploite le calcaire carbonifère recouvert par un manteau formé 
par les dépôts pléistocènes et modernes. — 

Le dépôt qui contenait les ossements forme le sous-sol d'une contrée 
élevée, marécageuse, traversée par la Sienne avant d'aller se jeter dans 
le havre de Régneville. Le terrain où l'on a extrait les ossements peut 
se trouver à 15 ou 18 mètres au dessus du niveau de la mer. 

Le calcaire carbonifère, altéré à la surface, présente de nombreux 
ravinements et de larges fissures dont les parois sont corrodées. — 
Ravinements et fissures sont comblés par des pierrailles arrachées au 
calcaire, noyées dans un limon très fin, jaunâtre, quelquefois bigarré, 
qui recouvre le calcaire sur une épaisseur de 1 m. à 1 m. 25. Au dessus 
du limon, une couche de sable gris, épaisse de 70 à 80 centimètres, 
nivelle le tout et forme le sol naturel. — 



72 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Les ossements se trouvaient au fond des poches, ils ont été déterminés 
par M. A. Gaudry. Ils appartiennent à l'ère moyenne de l'époque 
pléistocène caractérisée par Elephas primUjenms et Rhinocéros tichorinus. 
Époque Monstérienne de l'archéologie préhistorique. 

On y a trouvé : 

HyœnaspœleaGoldiuss ; Rhinocéros tic}wrinusC\i\iei';t:quuscaballus. 
Linné ; Cerrus elephas Linné ; Bison priscus Bojanus, et un os d'oiseau. 

L. D. 



Sur l'évolution des magmas de certains granités à 
amphibole ; par M. Michel Lévy. (C. 7?, Acad. cl. se, 
22 juillet 1895, t. CXXI, p. 228 et, siiiv.) 

« C'est à M. Fouqué' que la science doit la première constatation précise 
de l'acidité relative, dans les roches volcaniques, des plagioclases de 
seconde consolidation, par rapport à la composition moyenne des plagio- 
clases de première consolidation, qui se présentent le plus souvent sous 
la forme de grands cristaux à zones d'accroissement. multiples. 

» Ces zones elles-mêmes montrent, en général, une acidité croissante 
du cœur du cristal à la périphérie ; il semble donc que la ségrégation 
dans les magmas éruptifs ait une tendance à isoler d'abord les minéraux 
les plus basiques, de telle sorte que le restant du bain fondu s'enrichisse 
continuellement en silice. 

» Mais cette loi simple ne s'applique pas toujours ; il suffit de citer à 
litre d'exception l'exemple des diabases à structure ophitique dans 
lesquelles le bisilicate (pyroxène) moule des plagioclases souvent très 
acides. Il y a plus, les grands cristaux des plagioclases zones présentent 
parfois une structure complexe en opposition apparente avec la loi 
d'acidité croissante. 

» J'ai déjà cité-, à ce point de vue, l'exemple instructif de granité à 
amphibole de Vaugneray près Lyon et j'en ai induit qu'au cours de la 
ségrégation du magma de ce granité, il avait subi une influence basique 
momentanée extrêmement intense. L'étude des granités à amphibole du 
Beaujolais, du Puy-de-Dôme, de Flamanville, etc., montre d'ailleurs 
avec exidence* que la nature des salbandes assimilées par les granités, 
pendant leur ascension dans les strates de l'écorce terrestre, réagit sur 
la composition du magma ; quand les granités traversent dos couches 



1. Sanlorin et ses éruptions. Paris, Masson ; 1879. 

2. Etudes sur la détermination des feldspaths, p. 67; 1894, Paris, Bnudi 

3. Gravite de Flamanville (Bull, de la Carte géol. de Fr. n" 36. i893). 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 73 

calcaires ou marneuses, ils les transforment en éclogites, en amphibo- 
lites, en pyroxénites, et se chargent eux-mêmes de silicates basiques. 

» Le perfectionnement récent des méthodes de détermination des 
plagioclases en plaque mince permet d'affirmer que l'association, pré- 
sentée par le granité à amphibole de Vaugneray, n'est pas une exception: 
un grand nombre de roches granitiques, de régions et d'âges très variés, 
contiennent des plagioclases dont le cœur et la périphérie, relativement 
acides, sont associés à une zone intermédiaire de feldspath beaucoup 
plus basique. 

)) Voilà les résultats de l'examen i)récis de quelques-uns de ces types: 

Granité à amphibole de Vaugneray, près Lyon. 

Anorthite Silice 

pour 100 pour 100 

a. Zone périphérique mince 32 59 Andésine. 

b. Large zone 53 iio Labrador. 

c. Large zone 86 entre 46 et 47 Anorthite. 

d. Cœur souvent développé. 53 55 Labrador. 

)) ir y a tous les passages entre la zone a et b : au contraire, la zone c 
constitue un changement assez brusque pour que les réflexions totales 
se produisent entre elle et ses voisines. 

Granité à amphibole de la Hutière, près Vézins-la-Tour (Vendée). 

Anorthite Silice 

pour 100 pour lOO 

a. Zone périphérique 22 63 OUgodase. 

b. Large zone 27 62 Oiigoclase. 

c. Zone mince, très continue 46 .52 Andésine-Labrador. 

d. Cœur très développé 39 58 Andésine. 

)) La zone c est nettement isolée; les autres zones passent par grada- 
tions insensibles de l'une à l'autre. Ce granité contient du microcline 
en grandes plages qui moule et engloble les plagioclases. 

Diorite quartzifère de la Nouzillière près la Plaine-Coron (Vendée). 

Anorthite Silice 

pour 100 pour 100 

a. Zone périphérique 34 60 Oiigoclase- Andésine. 

b. Large zone '45 57 Andésine-Labrador. 

c. Zone mince 57 54 Labrador. 

d. Zone mince très nette 73 50 Labrador-Bytotrnitc. 

e. Cœur 45 57 Andésine-Labrador. 

)) Seule, encore ici, la zone d est nettement séparée des voisines. 

D'après M. Bochet, à qui M. Michel Lévy doit ces deux roches de la 
Vendée, la diorite quartzifère n'çst qu'un accident dans le granité à 
amphibole et y passe par gradations insensibles. 

» M. Michel Lévy donne ensuite l'analyse des granités diorites et 
diabases quartzifères de la Grande Galite qui ont été communiqués par 
M. Vélain. 



74 NANTES . — BULL . SOC . SC . NAT . OUEST . — T . 5 . 

» Ces divers exemples, ajoute l'uuteiir, siifflsent pour prouver que, 
dans bien des cas, l'évolution des magmas granitiques passe par de 
brusques modifications. Leur composition chimique doit varier subite- 
ment, car il est remarquable que, lorsqu'une zone intermédiaire vient 
rompre la dégradation normale des plagioclases vers l'acidité croissante, 
cette zone tranche avec netteté sur les voisines qui, tout au contraire, 
passent de l'une à l'autre par transitions très ménagées. » 

L. B. 



ZOOLOGIE 



La Hochequeue d'Yarrele comme espèce et sa 
reproduction dans l'Oise ; par M. Xaxier Raspail. (BuU. 
Soc. zool. Fr. 1894, t. XIX, p. 102). 

Le fait intéressant contenu dans cette note est la reproduction de cet 
oiseau dans le département de l'Oise. M. Raspail rapporte en efïet qu'il 
a eu l'occasion d'examiner un nid de H. Yarrele, qui était établi presque 
à fleur d'eau dans un trou de mur de soutènement des berges du canal 
de Chantilly. Cette espèce est rare dans l'Oise. C'est la première fois 
que l'on signale sa reproduction sur le territoire français, l'espèce res- 
tant confinée dans les îles Britanniques pendant la période de reproduc- 
tion. 

L. B. 



Sur un Luvarus iniperiaUs, Ralinesque, venant des côtes 
du Finistère; par M. L. Vaillant {Bidl. Mus. liist. nat., 
1895, NM3, p. 238-39). 

« Ce curieux Scombéroïde, d'après les renseignements fournis par 
M"' Deyrolle-Guillou, à la générosité de laquelle nous sommes redevables 
de cet objet précieux, a été pris dans des filets tramails très près de la 
côte, aux environs de Concarneau. Il mesure 1 m. 13 de longueur totale 
sur m. 35 de large et m. 20 d'épaisseur. La coulmir était grise et 
bleuâtre ardoisé sur le dos, argenté sur les flancs et le ventre, avec 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 75 

quelques teintes rosées sur la tète et les opercules ; la caudale et les 
pectorales d'un rouge brillant. 

» Bien que des eaux françaises, ce Poisson est une espèce des plus 
rares et n'est signalé que dans un très petit nombre de collections. Le 
Muséum ne le possédait pas encore ; dans le Catalogue de M. Gùnther, 
il n'est pas indrqué comme existant au British Muséum, et c'est à Gênes 
que M. E. Moreau, lors de la publication de son ouvrage sur les Poissons 
de France, a dû se rendre pour en étudier un spécimen. 




» La localité de ce nouvel exemplaire est également intéressante à 
noter. 

» Signalé en premier lieu de Sicile par Balinesque, indiqué par Risso 
de Nice, le Lutarus imperialis est avant tout un Poisson méditerranéen ; 
les rapports connus entre les faunes font comprendre que Lowe l'ait trouvé 
à Madère, mais il devient plus étonnant de le voir dans le golfe de 
Gascogne. Déjà, en 1826, on en avait capturé à l'île de Ré un individu 
long de 4 pieds et demi (1 m. 46) pesant 130 livres, dont un nommé 
Journal Rouquet, employé des douanes de cette île, envoya à Valenciennes 
une excellente description, qui ne laisse aucun doute sur l'identité 
spécifique. Depuis il ne paraissait pas avoir été de nouveau signalé dans 
ces régions. 

» Comment expliquer cette rareté singulière sur tous les points où la 
présence du Luvanis a été signalée ? Le faciès de ce Scombéroïde, le 
développement de ses nagepires pectorales et caudale, qui indiquent un 
puissant nageur, ne portent guère à penser que ce soit un poisson des 
grands fonds. Il a plutôt l'aspect pélagique et l'on peut admettre 
qu'habitant la haute mer, c'est par accident qu'il se rapproche des 
rivages. 

« L. Vaillant. » 



76 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

L'Industrie de la Sardine en Vendée ; par M. le D^ Marcel 
Baudouin {Rev. se. nat. Ouest, 1893, III, 289-336). 

M. le D' Baudouin, qui en 1888 publiait la 1" édition de cette note 
importante dans Xa-Remie scientifiqye, vient d'en donner une 2° édition, 
très aui^mentée et remaniée. 

Ce travail consciencieux devra être consulté par les personnes qui 
s'intéressent à la prospérité de l'industrie sardinière sur notre littoral. 

E. Mauch. 



Liste de Coléoptères trouvés dans les environs de 
Cherbourg ; par M. F. Nicollet {Mém. Soc. nation, d. se. nat. 
et mathém. de Cherboui^g, 1892-95, 3« série, IX, p. 53-78). 

Plusieurs années de recherches ont permis à l'auteur de dresser une 
1'° liste comprenant 200 espèces réparties dans les diverses familles 
de cet ordre d'Insectes. Nous espérons que d'autres listes viendront auf? 
menter l'inventaire coléoptérologique de cette jjartie de la presqu'île ; le 
Cetoniaaurata n'ayant pas encore été trouvé par M. Nicollet ! 

E. March. 



Coiltribution à la Faune entomologique de l'Ouest. 
■ — Coléoptères de la Vendée ; par M. Ch. Blaud {Rev. 
d. se. nat. Ouest, 1895, V, p. 1-13). 

Sous ce titre, M. Blaud, instituteur à S'-Germain-le-Prinijay, donne 
une liste de 550 espèces de Coléoptères capturés en Vendée. — Cette 
Contribuiion à la Faune entomologique de lOuest, n'est malheureusement 
qu'une simple énumération, l'indication des localités où les captures ont 
été faites ayant été omise. 

Espérons que dans les listesadditionnelles qui suivrontnécessairemenl, 
— la faune coléoptérologique de la Vendée ayant encore de nombreuses 
espèces à fournir— M. Blaud réparera cette fâcheuse omission. 

E. March. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 77 

Sur les métamorphoses de laCecidomyiadestructor 

Say, et sur le pupariwn ou enveloppe de sa larve avant la 
transformation en chrysalide ; par M. A. Laboulbène (C. R. 
Acad. d. se, 1894, CXIX, p. 297-300). 

Le diptère faisant l'objet rie la note de l'antour, et dont les ravages 
étaient inconnus dans notre région de l'ouest, a l'année dernière causé 
de sérieux dommages aux cultivateurs du Bocage vendéen ainsi qu'à 
ceux du sud du département de la Loire-Inférieure. 

La Cecidomyia destructor est connue dans les deux mondes pouT sa 
nocuité à la culture du blé. Redoutée des Américains du nord sous le 
nom de Hessian-Fly (Mouche de Hesse), elle n'avait été signalée en France 
que dans le Languedoc, dans certains cantons de l'Isère, de l'Aveyrou , 
de Seine-et-Marne et de l'Aube. 

« L'Insecte nuisible a deux générations par année. Vers la fin de mai 
et en juin, les Gécydomyies destructives se montrent à l'état parfait, 
adultes, pourvues d'ailes. Les femelles déposent leurs œufs sur les 
nervures médianes et supérieures des feuilles du blé ; les larves éclosent 
rapidement et se rendent entre la gaine foliaire et le chaume, pour se 
fixer au-dessus des derniers nœuds, à la base de la tige. Chaque larve, 
avant de se métamorphoser en nymphe, revêt une forme tout à fait 
spéciale ; elle devient brune, luisante, allongée en ellipsoïde irrégulier 
ou plutôt en petite massue, plus amincie à une extrémité dirigée vers le 
haut de la tige, tandis que l'autre extrémité opposée est élargie, placée 
en bas près d'un nœud du chaume. La nymphose a lieu sous cetteenveloppe. 
Les insectes adultes en sortent et paraissent dès la fin d'août jusqu'en 
octobre. Les femelles pondent leurs œufs qui éclosent avant l'hiver, et 
les larves s'enkystent dans leur coque brune, et résistent pendant la 
mauvaise saison pour éclore au printemps. 

» Plusieurs auteurs, entre autres Fitcb, surtout Packard, ont comparé 
la larve devenue brune et luisante à la graine de lin {Flax seed state) et 
ils l'ont désignée sous le nom de puparium, la regardant comme la peau 
durcie, rigide, pupiforme, semblable à celle que revêt la chrysalide des 
Muscides. Mais, récemment, M. A. Giard a considéré cette forme spéciale 
comme résultant d'une sécrétion surajoutée, d'une sorte de cocon, 
entourant et la larve, et plus tard la nymphe incluse. » 

M. Laboulbène donne une description détaillée de la larve de cet 
insecte, puis le résultat de ses observations sur la nature du puparium. 
Les expériences chimiques, l'examen microscopique auxquels l'auteur a 
soumis le tégument protecteur, viennent confirmer l'opinion émise par 
M. le professeur A. Giard quant à sou origine. 

E. March. 



78 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. —T. 5. 

Sur la Cecidomyia destructor et ses ravages actuels 

pour les récoltes de blé sur pied dans plusieurs endroits du 
nord-ouest de la France ; par M. Laboulbène {Bull. d. séances. 
Soc. nation. d'agricuU. de Fr., 1894, 1 JV, p. 418-425). 

A la séance du 13 juin 1894, M. le D' Laboulbène présentait à ses 
collègues des spécimens vivants de la Cécidomyie destructive, obtenus, 
par éclosion de tiges de blé qui lui avalent été adressées de Vendée. 

M. Laboulbène cite les cantons de ce département qui ont eu le plus à 
souffrir de la présence de ce diptère, et indique les moyens qui lui 
paraissent propres à combattre ce tléau, nouveau pour nos agriculteurs 
de l'Ouest. Car c'est la première que l'on constate avec certitude son 
apparition dans l'ouest de la France. 

Cependant, d'après un renseignement qui lui a été communiqué, la 
commune de S'-Gervais, canton de Beauvoir-sur-Mer, aurait été ravagée 
il y a une dizaine d'années par la Ceyidomyia ? 

E. Marcb. 



Sur les Diptères nuisibles aux Céréales, observés à la 
Station entomologique de Paris en 1894; par M. Paul 
Marchal (C. R. Acad. d. se, 1894, CXIX. p. 496-499). 

Parallèlement aux ravages qu'exerçait dans l'Ouest la Cecidomyia 
destructor Say, ' qui anéantit dans certains points la totalité de la 
récolte du blé, dit l'auteur, un Diptère du même genre dévastait les 
avoines du Poitou et de la Vendée. 

Cet insecte fut signalé de Poitiers, à M. Marchal. le 8 juin. Les 
échantillons présentaient encore quelques larves blanches, mais le plus 
grand nombre étaient à l'état de puparia, parfaitement comparables à 
ceux de la Cecidomyia destructor. Cette ressemblance disparaît si l'on 
ouvre le pupai^ium: la spatule sternale n'étant de même forme chez les 
deux insectes. 

La multiplication de la Cécidomyie de l'avoine a pris un développement 
considérable, en 1894, sur une très grande partie du Poitou et de la 
Vendée. 

L'auteur a trouvé jusqu'à 21 pupes au pied d'une même tige ; la plante 
parasitée se renfle à sa base en un bulbe plus ou moins gros suivant le 
nombre de pupes qu'elle abrite, soit au niveau du collet, du premier. 



1. Voir A. Laboulbène : Sur les métamorphoses de la Cecidomyia destructor ; 
note analysée ci-dessus. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 79 

du deuxième ou plus rarement du troisième ou du quatrième nœud ; son 
développement s'arrête et elle se dessèche après avoir atteint quelques 
centimètres de hauteur. 

M. Marchai se demande s'il a affaire à une espèce nouvelle de Cecidomyia 
ou à un cas de dimorphisme larvaire dû au changement de la plante 
nourricière. C'est ce que l'éclosion de l'insecte parfait lui apprendra. 

La Cecidomyia desttmdor ne fut pas seule en 1894 à exercer des ravages 
dans notre région de l'Ouest, des épis de blé reçus de la Roche-sur-Yon 
par M. Marchai se trouvaient attaqués par un insecte du même groupe, 
la Cecidomyia tritici Kirby ; contrairement aux mœurs de la C. destructor 
qui confie à la base du froment le soin de nourrir sa larve, la C. tritici 
dépose ses œufs dans la fleur même, afin que les jeunes larves, à leur 
éclosion, trouvent dans l'ovaire tendre et sucré une nourriture nécessaire 
à leur développement. 

Le déficit causé par ces minuscules insectes peut, pour le seul Bocage 
vendéen (c'est-à-dire pour les 2.3 du département), être estimé à moitié. 

Un autre diptère fut également adressé de Vendée à M. Marchai, cet 
insecte s'attaque aux avoines comme la Cecidomyie mentionnée plus 
haut, mais c'est au sommet de la plante que la larve demande sa 
subsistance, sa transformation en pupe a lieu entre les gaines foliaires. 

Cet insecte a été reconnu par M. Gazagnaire, à qui M. Marchai avait 
demandé une détermination : c'est Osciiiis pusilla Meigen, gentille 
inuscide d'un millimètre et demi de longueur. Le développement de ce 
diptère, en 1894, dans l'ouest et le midi de la France, eut lieu, d'après 
l'auteur, sans grand dommage pour l'agriculture. 

E. March. 



La Cecidomyie de l'avoine (Cecidomyia avense, nov. 
sjh) ; par M. Paul Marchal, {C. R. Acad. cl. se, 1895, CXX, 
p. 1283-85). 

L'auteur dans une note publiée en 1894' se demandait si la Cecido- 
myie qui exerçait ses ravages sur les avoines du Poitou était un nouvel 
ennemi que l'agriculture allait avoir à combattre ou une forme restée 
inconnue de la Cecidomyie destructive adaptée à cette graminée. 

Des expériences étaient nécessaires, M. Marchai les a faites et il en 
donne aujourd'hui les résultats : 

« 1" La Cecidomyie destructive ne se développe pas sur l'avoine ; 



1. Voy. Paul Marchal, Sur les Diptères nuisibles aux céréales, observés à 
la Station entomologique de Paris en I89L 



80 NANTES. — BULL. SOC. SC. NAÏ . OUEST. — ^T. ô. 

2" La Cécidomyie de l'avoine ne se développe pas sur le blé. 

Ces deux Cécidomyies forment donc deux espèces distinctes l'une de 
l'autre. » 

Voici, d'après l'auteur, les caractères distinctifs qui permettent de les 
différencier, à l'état de larve et à l'état adulte, l'idendité des pupayia 
rendant à ce stade la spécificafion impossible : 

(( i" Larve. — i^aj Cecydomyia destructor Say. — Stapule sternale 
bifurquée ; segment anal se terminant par un prolongement charnu dor- 
sal, bilobé, qui porte les papilles dorsales situées quatre à quatre sur 
chacun des deux lobes. 

» fbj Cecidomyia avenae M. Marchai. — Spatule dorsale terminée par 
une pointe impaire, hastiforme ; le segment anal ne se termine pas par 
un prolongement bilobé, et les papilles dorsales sont implantées direc- 
tement sur le segment lui-même. 

» 2" Adulte. — ('aj Cecidomyia destructor. — Dernier article du palpe 
d'un diamètre à peu près égal dans toute sa longueur. Côtés de l'abdo- 
men sans poils d'un blanc grisâtre. 

» fbj Cecidomyia arenae. — Dernier article du palpe fortement rétréci 
dans le tiers apical. Poils raides, d'un blanc grisâtre formant une bande 
de chaque côté de l'abdomen. » 

Les recherches de l'auteur permettent donc aux diptéristes d'ajouter 
une espèce à leur catalogue, elles indiquent aux agriculteurs qu'ils doi- 
vent désormais compter un nouvel ennemi de leur culture d'avoine 

Mais, laissons parler M. M. Marchai. 

« Heureusement, cette fois, le fléau se trouve enrayé ; car les avoines 
qui m'ont été envoyées récemment de la région contaminée, ne contien- 
nent qu'un nombre de larves relativement faible, et beaucoup d'entre elles 
sont parasitées par des larves de Platygasters et de ChalciJiens. Ces para- 
sites ont une influence capitale, et c'est peut-être à eux seuls que nous 
devons de voir le fléau prendre fin. Ayant, en effet, recueilli en mars 
1895, aux environs de Poitiers, des chaumes de la récolte de 1894 
restés sur pied pendant l'hiver et qui renfermaient une énorme quan- 
tité de pupariums de Cécidomyies, je n'obtins dans les bocaux où 
je les avais renfermées, qu'une nuée de parasites de l'ordre des Chalci- 
dides, qui vinrent à éclosion jusqu'à la moitié du mois de mai \ Cette 



1. Le 28 mai 189i, uotre collègue ^L Baron, pharmacien à Luçon, adressait par 
la poste au Muséum de Nantes un échantillon de blé du Bocage {Château 
Gnibert], atteint, ûisail-il dans la carte annonçant l'envoi, d'un ver, qui est noir, 
et qtii se trouve aux nœuds inférieurs de l'épi. — Le ver noir sur lequel M. Baron 
attirait notre attention n'était autre que lepuparium de la Cecidomyia destruc- 
tor Say. A notre demande, M. Baron nous adressa le 31 du même mois des échan- 
tillons plus nombreux de blé attaqué. Sur une seule tige nous trouvâmes, tant à 
hauteur du collet qu'au niveau des ih'rniers nœuds, 11 puparia ; lenfermés 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIK 81 

remarque est importante, car elle montre avec quelle circonspection on 
doit procéder au brûlage des éteules après la moisson. Si le temps d'éelo- 
sion de la Gécidomyie est passé, il pourra, en effet, être très nuisible de 
brûler ces chaumes qui contiennent toute une légion de parasites prê- 
te à combattre les générations suivantes et à réduire le nombre de leurs 
représentants à une quantité négligeable. Appliquée en temps opportun, 
et sur l'indication formelle des entomologistes compétents, cette mesure 
pourra, au contraire, avoir une grande efficacité et reste le principal 
moyen d'action qui soit à notre disposition pour nous opposer au.x rava- 
ges de la Gécidomyie. » 

Laisser les éteules sur pied, afin de permettre aux parasites delà Ccci- 
domyia aoenae d'arriver à l'éclosion, nous parait, en elTet, un excellent 
moyen pour combattre sa reproduction et arrêter l'extension du 
fléau, et bien supérieur, selon nous, à celui indiqué en septem- 
bre 1894 par M. Marchai dans la première note concernant la Gécido- 
myie de l'avoine, procédé consistant à brûler les chaumes restant sur 
pied après la récolte. 

E. March. 



Sur un Diptère marin du genre Glunio Haliday ; par 
M. R. Chevrel. {Arch. de Zool. expérim. et gén., 3« série, t. 
II, 1894, p. 583). 

Gette espèce assez abondante sur les plages du Galvados semble diffé- 
rer du C. marinus et du C. adriaticm, L'auteur propose de lui donner 
le nom de (\ Sijziigialis. ^ 

L. B. 



dans un luljo.en septembre les éclosioDS de la deuxième génération commenrérent : 
sur les H pupes, y seule donna une Cécidomyie destructive: 8 donnè- 
rent naissance à des hyménoptères du groupe des Chalcidides ; 1, un Plalygasler, 
la mort survint avant la métamorphose de la il''. — Ainsi, sur 11 pupes de Cecido- 
myia destructor 9 étaient parasitées ; il y a donc, comme le dit très bien 
M. Marchai, un réel intérêt à étudier d'une façon sérieuse l'éthologie de ces 
petits êtres. D'après ce que nous avons observé le remède suivrait le mal et le combat- 
trait plus efllcacement que tous les moyens préconisés jusqu'ici. Pour se débarras- 
ser des Cecidomyia destructor et avenae. les cultivateurs devront jusqu'à plus 
ample information, faciliter le développement des ennemis des Diptères nuisibles 
à leurs cultures en s'inspiraul des conseils de M. Marchai. 

, Note de E. March. 

7* 



82 NANTES. —BULL. SOC. SC. NÀT. OUEST. —T. 5. 

Contributions à la Faune des Crustacés podophtal- 
maires du littoral de Pont-l'Abbé (Finistère) ; par M. 
Ch, Picquenard (Bull. Soc. scient, etmédic. de V Ouest, 1895, 
IV, p. 53-59). 

M. Ch. Picquenard donne le résultat des recherches faites par lui sur 
le littoral de Pont-l'Abbé, de juillet à octobre 1894. — 25 espèces 
appartenant aux différentes familles de cet ordre ont été capturées par 
l'auteur 

E. March. 



Révision des Cladocères ; par M. Jules Richard {Ann. se. 
naû. -Zoologie, 7^ sér., XVIII, 1875 p. 279 et suiv.). 

« Il existe depuis longtemps déjà à l'étranger des travaux consacrés 
spécialement à l'étude des Cladocères de telle ou telle contrée de l'Europe, 

il n'y en a point d'analogue en France C'est pourquoi on a pensé 

que le moment était venu de faire une révision générale des Cladocères 
dont le nombre augmente toujours. » 

Ainsi s'exprime l'auteur dans l'Introduction à son mémoire. En effet, 
aucun ouvrage didactique n'avait, en France, été écrit sur la matière et 
cependant rien n'est moins connu que la richesse faunique de notre pays 
en représentants de ce groupe d'Entomostracés, puisque dans un pré- 
cédent travail \ M. J. Richard ne comptait pour 23 départements, les 
seuls qui aient été explorés sur quelques points, que 41 espèces, réparties 
en 15 genres. 

Des clefs analytiques d'une grande clarté conduisant aux familles et 
genres, des descriptions minutieuses, des planches figurant un certain 
nombre d'espèces, faciliteront certainement l'étude de ces intéressants 
animaux dont la recherche a été négligée jusqu'à présent. 

L'auteur en écrivant sa Révision a rendu un réel service à la science 
française, et les zoologistes lui sauront gré d'avoir comblé une lacune. 

E. March. 



1. Contribuiion à la Faune des Entomosiracés de la France (Feuille d. j. 
nat. 23'' année) analysée dans ce vol. p. 63-G7. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — ZOOLOGIE 8B 

Note sur la présence du Buceplialus Haimeanus dans 
le Tapes decussatus (Linné) et dans le Tapes pullastra 
(Montagu) ; par M. Achille Vaullegeard {Bull. Soc. lin. de 
Normandie, i^ sér., VIII, 1894 p. 8-14). 

L'auteur signale la présence de ce parasite dans des Tapes demssatux 
etpidlastra recueillis par lui en août 1893 à Luc-sur-Mer ; les mollusques 
parasités se trouvaient dans la proportion de 7 pour 100. 

Il n'existe aucune différence extérieure entre un Tapes sain et l'animal 
atteint, ce n'est qu'en ouvrant le mollusque que l'on reconnaît la présence 
du parasite, indiquée par la consistance molle et jaunâtre de la masse 
viscérale. 

Ce cercaire n'avait pas encore été signalée chez les Tapes ; VOstreaednlis 
et le Cardhnn rusticum étaient les seuls hôtes connus de cet helminthe. 

E. March. 



Métamorphoses et migrations du Tetrarhynchus 
ruficollis (Eisenhardt) ; par M. Achille Vaullegeard {Bull. 
Soc. lin. Normandie, 4« sér., VIII, 1894 [1895], p. 112-143). 

M. Vaullegeard dans une note publiée en 1893' annonçait la découverte 
d'un cestode parasite de VHijas aranea Lin., pour lequel il proposait le 
nom de Ca-nomorphus Joyeuxii, l'helminthe trouvé ne pouvant être assi- 
milé à aucune des espèces connues. 

« Des travaux nombreux, dit l'auteur, entrepris dans ces dernières 
années, ont démontré que certains cestodes vivent à l'état de scolex dans 
les invertébrés, à l'état de strobila dans les vertébrés. » 

La note de M. Vaullegeard a pour but d'apporter un nouvel exemple 
de ces métamorphoses et migrations. Le cestode trouvé par lui, et signalé 
en 1893, commence, en efiet, son développement dans les crustacés 
décapodes marins et le termine dans les poissons plagiostomes 
{Àcanthias tidgaris et Mustellus vulgaris). 

Les études anatomiques auxquelles l'auteur s'est livré sur la larve et 
Vadidte lui ont fourni des preuves irréfutables que le cestode décrit par 
lui, il y a 2 ans, sous le nom de Cœnomorphus Joyeuxii (A. Vaullegeard) 
était le scolex du Tetrarhynchus ruficollis (Eisenhardt). 

De nombreux dragages faits, de septembre 1893 à avril 1894, par M. 



1. Voy. Bull. Soc. se. nat. Ouest Fr., 1894, IV. Ext. et Anal., p. 39. 



84 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 

Vaullegeard pour rechercher ce parasite, lui ont permis de constater sa 
présence chez divers crustacés : 

Nous donnons ci-dessous la liste des hôtes connus de cet helminthe: 

Portunus depurator, Hyas aranea, Stenorhynchus longiwslris, Sten. 
phalangium, Inachus scorpio, Pagurus Bernhardus ainsi que dans un 
Carcinus menas capturé à basse mer sur les rochers de Luc, le 28 août 
1894. 

MM. Giard et Bonnier ont trouvé une larve identique chez PHumnus 
hh'tcltus péché sur la côte de Wimereux. 

Une planche accompagne la note de l'auteur. 

E. March. 



II — BOTANIQUE 

Petite Flore de la Mayenne, contenant l'analyse et la 
description sommaire des* plantes vasculaires de la Mayenne ; 
par Hector Léveillé. Un volume de 252 pages. Laval, librairie 
Goupil 1895. — Prix 5 francs. 

Ce petit livre, d'un format portatif, énumère environ 1000 espèces dont 
il donne une description sommaire. Des dichotomies conduisent au nom 
du genre et à celui de l'espèce. 

L'ouvrage comprend les Phanérogames, les Cryptogames vasculaires 
et les Characées. Les Phanérogames sont sectionnées en Dialypétales, 
Gamopétales, Apétales, Monocotylédones et Gymnospermes. Un voca- 
bulaire des termes techniques et une table alphabétique complètent cette 
publication qui rendra service aux botanistes herborisants de la Mayenne. 

Nous souhaitons que l'appel fait par l'auteur dans sa préface, à la 
bonne volonté de tous, soit entendu en vue d'améliorer cette œuvre 
« et de préparer une seconde édition plus complète », car M. Léveillé a 
l'intention de nous donner, plus tard, " une Flore générale et complète 
du département de la Mayenne ". E. G. 



Contributions à la flore de la Mayenne ; {Le Monde 
des Plantes, IV, 1895, fasc. N°« 60, 63, 64, 65, 72.) 

Les matériaux contenus dans les numéros précités du " Monde des 
Plantes " constituent une contribution notable à la flore de la Mayenne. 

En présence de l'activité déployée par des botanistes tels que MM. //. 
Léveillé, l. Daniel, R. Ménager et L. Mercier on est en droit d'espérer 



EXTRAITW ET AxNALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 85 

que la Petite Flore de la Mayenne sera prochainement considérablement 
augmentée et que le département de la Mayenne cessera d'occuper une 
place relativement arriérée parmi les régions botaniques de l'Ouest. 
L'honneur en reviendra aux zélés travailleurs dont nous venons de citer 
les noms. 

Nous n'entrerons pas dans le détail des découvertes, nos lecteurs les 
trouveront énumérées dans le journal cité, en même temps qu'ils y 
verront quelques additions à la flore de la Sarthe. 

E. G. 



111. — GEOLOGIE ET MINERALOGIE 

Sur la succession des faunes du Lias supérieur et 
du Bajocien iniérieur dans le détroit du Poitou : 

par M. Jules Welsch (C. R. Acad. d. se, 1895, CXX, p. 1291- 
1294). 

« Le Toarcien est représenté le plus souvent par des marnes d'un gris 
bleu alternant avec des calcaires marneux en bancs qui indiquent la strati- 
lication ; l'épaisseur est de lO"" environ, et elle peut se réduire.. 

•) 1^ Zone à Àmmonitefi falciferum. — Dans le sud-est du détroit, à 
Nanteuil-en-Vallée (Charente), on voit reposersurleLias moyen des marnes 
grises avec un banc calcaire pétri de À. fHarpocerasJ falciferum Sow. ; 
cette zone est là nettement inférieure à la suivante. 

» Le même type d'Ammonite se retrouve, dans le milieu du détroit, à 
Fontaine-le-Comte, près Poitiers, dans un calcaire à oolites ferrugineuses. 
Il existe aussi à l'ouest, contre le massif paléozoïque vendéen, entre Saint- 
^Varent et Airvault, dans la vallée de la Cendronne, à 2o''° au-dessus des 
roches. cristallines, dans un calcaire marneux et gréseux à oolites fer- 
rugineuses. 

« Cette zone n'avait pas encore été distinguée dans le Poitou. 

» 2" Zone k Ammonites Lerisoni et A. bifrons. — Près de Nanteuil-en- 
Vallée, à !"■ au-dessus de l'Ammonite précédente, on trouve un banc de 
calcaire marneux pétri d'oolites ferrugineuses avec Harpoceras bifrons 
Prug., H. Letisoni Simpson, Dactyloceras Holandrei d'Orb. et d'autres 
espèces à déterminer. Dans la même région, cette zone se montre en de 
nombreux points ; elle se reconnaît facilement à ses oolites ferrugineuses 
qui existent le plus souvent, mais peuvent manquer, comme à Saint- 
Gervais, non loin de Nanteuil. 



86 NANTES. — BULL. SOC. SG. NAT. OUEST. — T. 5. 

» La zone à Amm. Levisoni existe dans le milieu du détroit poitevin, 
aux Croix-Basses, près Smarves, au sud de Poitiers, avec des oolites 
ferrugineuses, pauvres en fer oxydé. Son existence a été depuis long- 
temps reconnue le long du massif vendéen, à l'ouest du détroit du Poitou. 

» 3° Au-dessus, viennent les marnes bleues, formant la masse princi- 
pale du Toarcien du Poitou, avec les Ammonites suivantes : Grammoceras 
toarcense d'Orb., Grammoceras fallaciosum Bayle, Grammoceras qua- 
dratum Haug, Haufjia voisin àe Haugia illustins (Denckman), Lytoceras 
sublineatum Oppel, etc. 

» Cette zone existe partout dans le détroit poitevin ; il est difficile de 
le subdiviser paléontologiquement, en zones superposées. Cependant, la 
faune est variable, au moins par localités. 

» 4» Zone à .1. radians. — A la partie supérieure des couches précé- 
dentes existe un niveau schisteux pétri d'Inocérames, avec de nombreuses 
espèces d'Ammonites, principalement du genre Diimortieria surtout 
Dum. radians Rein., conforme aux figures données par Dumortier sous 
le nom d'Am. radiosus. Ce niveau est particulièrement visible dans la 
vallée de la Vienne, près de Goix, sur les bords de la Charente, près 
de Châtain, dans la vallée de l'Argentor, près Nanteuil, etc. Dans le milieu 
du détroit, à Ligugé, j'ai trouvé les couches à Dumortiera, avec Cattullo- 
ceras Dumorticri Thiollière. 

» La zone à A. radians existe aussi à la Cueille-Poitevine, près Saint- 
Maixent. 

» Cette assise paléontologique n'avait pas encore été distinguée, les 
auteurs ayant cité bien souvent des Ammonites différentes sous le nom 
de A. radians 

» Au-dessus, la partie supérieure du Toarcien est constituée par des 
marnes bleues quelquefois plus dures que les précédents ou par des 
marnes jaunes sableuses avec bancs calcaires intercalés. C'est le gisement 
principal de Ostrea Beaumonti, Terebratula diverses, et Rhynchonella 
cynocephala, avec des Ammonites variées, qui sont plus cantonnées que 
les autres fossiles. 

» o" Zone à Amm. Aalensis. — A la base, on trouve d'abord les cou- 
ches à Harpoceras Aalense Zieten et Harp. mactra Dum. avec de nom- 
breuses variétés et formes voisines. Elles existent partout ; je citerai en 
particulier Goix, dans la vallée de la Vienne, Châtain, sur la Charente, 
Nanteuil, etc. Au sud de Poitiers, près de Vivonne, au bas de la montée 
de Jouarenne, cette zone renferme Am. Lotharingicus Branco, conforme 
au moulage du type. 

" Cette assise parjît être le principal niveau de Ostrea Beaumonti. 

» 6° Zone à Amm. opalinus. — J'ai pu séparer cette zone dans tous les 
points que je vais citer, point où elle repose sur la zoneprécédente fossi- 
lifère. Elle est représentée par des calcaires marneux bleuâtres près de 
Nanteuil, ou par des marnes jaunes à Goix, à la base des couches à Rhynch. 
ciinocephala. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 87 

» Lioceras opalinum existe dans le milieu du détroit du Poitou près de 
Vivonne à 2" au-dessus du niveau principal de A. Aalensis et À. Lotha- 
ringicus, près de Mezeau, et à Croutelle, dans les calcaires marneux, 
gréseux et jaunâtres, avec Gresslya pinguis Ag. 

» A l'ouest du détroit, elle existe à la Cueille de Saint-Maixent, etc. 

» On trouve la forme typique avec les stries fines, l'ombilic étroit et 
les côtés qui retombent carrément sur l'ombilic. Je possède des exem- 
plaires adultes du Pont-de-Barrou, près Airvault, montrant l'absence 
presque complète de carène, et aussi un individu âgé dont la région 
externe est complètement arrondie. 

» Dans cette zone j'ai trouvé des Lytoceras très voisins de ceux figurés 
par Quenstedt pour le môme niveau du Jura-souabe. 

» Bajociex. 1° Zone à Amm. Murchisonœ. — Elle est représentée aussi 
bien à l'est et au milieu du détroit que vers l'ouest. Quelquefois c'est 
par des calcaires marneux ou siliceux, bleuâtres ou jaunâtres, épais de 
quelques décimètres, sauf près de Poitiers où l'épaisseur est plus grande. 

» Souvent les petits fossiles de cette zone sont silicifiés et difficile à 
dégager autrement qu'à l'acide ; la faune est très abondante et 
très variée ; j'en possède de beaux exemplaires venant de Saulgé, 
sur la Gartempe, grâce à M. Morel qui m'a indiqué ce gisement en 1891. 
Il y a des Pleurotomaria, Chemnitzia, Natica, Cucullea, Astarte, Trl- 
gonia, Ostiea, Terabratuli, Polypiers divers, Rhabdocidaris coproides 
Desor, avec .1. Murchisonœ Sow. Cette assise à fossiles silicifiés existe 
aussi près de Nantejjil-en-Vallée, à Peupoussant ; mais à Nanteuil, elle 
est représentée par des calcaires marneux à oolites ferrugineuses très 
abondantes, avec Luduigia Murchisonœ Sow. que l'on peut confondre 
avec la zone suivante. 

» Dans le milieu du détroit, on trouve Amm. opalinoides Mayer près 
la gare d'Iteuil. A Mezeaux, celte zone est représentée par des calcaires 
marneux et sableux identiques auxcouchesài/nw.apoiiHM5,toujoursavec 
Gresslya pinguis Ag. 

» Près de Saint-Maixent, au-dessus de la zone à A. opalinus, on trouve 
les fossiles petits silicifiés avec de grands exemplaires de Ludicigia Mur- 
chesonœ Sow., conformes au type de Sowerby, refiguré par S. Buckman, 
avec Luduigia Baylii S. Buck. et Tmetoceras Hollandœ S. Buck. ; cette 
dernière espèce est très rare. 

)) Cette zone renferme des Sonninia à Nanteuil, à Saint-Maixent, etc. 

i> 2" Zone à Amm. concarus. — Elle est représentée par des calcaires 
marneux ou siliceux, grisâtres ou bleuâtres, épais de quelque décimètres, 
dans l'est du droit, avec Lioceras concavuni Sow., forme typique à om- 
bilic étroit ; sur les bords de la Charente, où les calcaires renferment des 
oolites ferrugineuses ; à Saulgé où je l'ai trouvée au-dessus de la zone pré- 
cédente avec Galeropigus Marcou Desor; près de Nanteuil, etc. La faune 
en est très riche, avec de nombreuses variétés de A. concavus et aussi 



(S8 NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. O. 

Ludwùjia rudis S. Buck., Ludicigia cornu S. Buck., des Hyperlioceras, 
Ery cites, etc. 

' » A la partie supérieure de la zone, j'ai trouvé Diunortiem grammo- 
ceroides Haug., jusqu'ici spécial à l'Angleterre. 

» Vers le milieu du détroit, on trouve A. concavux, sur la Glouère, entre 
Gençay etChàteau-Larclier, dans un calcaire grossier, dépourvu d'oolites 
ferrugineuses. 

» Cette zone est représentée à la Cueille-Poitevine de Saint-Maixent, 
par un calcaire à oolites ferrugineuses avec de nombreuses Ammonites 
du genre Sonninia et une variété de r.4. concamis, mais pas la forme 
typique avec le méplat caractéristique autour de l'ombilic. 

)) En résumé, il y a dans le détroit Poitevin, à la base du Bajocien, un 
niveau à oolites ferrugineuses qui peut se montrer dans l'une des deux 
zones précédentes ou bien manquer comme dans les environs immédiats 
de Poitiers. Près de Saint-Maixent, la partie supérieure de la zone à 
A. Murchlsonœ renferme déjà les oolites ferrugineuses de la zone au-dessus. 

» 3" Zone à Amm. Sauzei. — A la base, il y a un niveau d'Ammonites 
phosphatées en mauvais état, près de Nanteuil-en-Yallée, où je citerai 
seulement Sonninia sulcala S. Buck. ; puis viennent des calcaires mar- 
neux durs, quelquefois siliceux avec Amm. Sauzei d'Orb., Sonninia 
propinquans Bayle, Amm. Humphriesianus Sow. et surtout A7nm. 
Bi'occhii Sow. qui est probablement l'espèce que l'on cite habituellement 
comme A. polyschides Waagen, ou encore A. polijmerum Waag. 

» Certains Sonninia de cette assise se retrouvent dans le milieu du 
détroit du Poitou, sur les rives de la Glouère, et Amm. Vrocchii existe 
en bas du tunnel de Poitiers. 

» La même Ammonite se trouve à la Cueille de Saint-Maixent dans un 
calcaire analogue à celui de la zone à A. concavus du même point. 

» 4" Dans la vallée de l'Argentor, près Nanteuil-en-Vallée, j'ai trouvé, 
à la base des calcaires à silex de la zone à .1. Blagdeni, une espèce très 
spéciale, A. Sonninia furticarinatns Gu., au-dessus des couches à A. 
Sauzei. 

» Les couches de passage du Lias supérieur au Bajocien existent dans 
le détroit du Poitou, oii elles sont représentées par des assises très peu 
épaisses ; jusqu'à présent, aucune assise ne parait manquer. Le passage 
du Lias au Bajocien est insensible ; nulle part je n'ai vu un indice d'arrêt 
de sédimentation. - « J. Wei.sch, » 

Sur les Triiiucleiis de l'ouest de la France ; par M. 

D.-P. Œhlert. {Bull. Soc. géol. de France. 1895, XXIII). 

Jusqu'à ces dernières années le genre Trinucleus semblait confiné en 
France dans la partie supérieure de l'Ordovicien connue sous le nom 
dliorizon des .'ichistes ardoisiers à Trinucleus, au-dessous de l'assise 
gréseuse des grès dits de Mav. 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 89 

M. L. Bureau a découvert des Trinî/clleus dans, les schistes d'Andouillé 
(Mayenne), M. Lebesconte dans les grès du Bas-Pont près Vitré. M. Ker- 
forne dans les schistes intercalés dans le grès de May, M. Bergerondans 
rOrdovicien de la Hague. 

Les documents sur ce genre, en France, sont devenus assez abondants 
pour qu'une étude spéciale ait lieu d'entre être faite. 

Trinucleus Bureau!, n. sp. — Cette espèce nouvelle se rapproche par- 
ticulièrement du Tr. ornatus de Bohême, le limbe devient rectiligne au 
front, franchement concave sur les côtés et muni d'angles frontaux très 
accusés et très caractéristiques. Les cavités du limbe sont un peu moins 
nombreuses que dans Tr. ornatus et les pointes génales sont plus 
divergentes. Le renflement de la glabelle est plus excessif par rapport au 
niveau des joues tandis que les sillons et les bourrelets postérieurs et 
occipitaux y sont encore plus réduits. La taille est bien plus considé- 
rable, largeur m. 33 au lieu de m. 27. 

Le Tr. Goldfussi diffère beaucoup plus de Tr. Bureaui; son contour 
céphalique est semi-circulaire, son limbe très incliné est dépourvu du 
petit talus marginal qui porte la dernière rangée des petites cavités, les 
dimensions de ces cavités sont beaucoup plus petites sur toute l'étendue 
du limbe, ce qui en augmente considérablement le nombre (320 au lieu 
de 240 à 260), l'angle génal au lieu d'être coupé court, presque à angle 
droit, comme dans Tr. ornatus, se prolonge très loin, constituant comme 
une base très élargie des pointes génales sur lesquelles se continuent les 
rangées de cavités du limbu. 

Le Tr. Bureaui occupe un niveau spécial dans l'Ordovicien du massif ar- 
moricain. AAndouillé on le trouve au-dessus des premières faunules des 
schistes ardoisiers inférieurs constituées par Nucules CtenadoiUes, C. 
Tristani, C. Àragoi.Placoparia Tourneminei, Illœnus Sanchezi , Asaphus 
nobilis, Beijrichia Guillieri, Primitia simpl€.v, Orthis aii. Budleighen.sis 
et de nombreux lamellibranches. 

Il est plus spécialement abondant dans le bois de la Touche sur la 
route d'Andouillé à la Bacconnière, dans une couche de quelques centi- 
mètres d'épaisseur, il s'y trouve associé avec C. Tristani, Piacoparia 
Tourneminei , Illœnus Sanche::i, d'autres ostracodes Grthis Budleighen- 
sis etc. 

Au-dessus des schistes à Tr. Bureaui sont placés des grès tendres, 
jaunâtres, très puissants. 

Trinucleus Grenieri Bergeron. — Il provient des schistes d'Écolgrain 
(Manche) où il est associé à C. Tristani et C. Lennieri remarquable par 
sa grande taille. 

Ce Trinucleus se distingue de toute les espèces connues dans l'ouest 
de la France par la forme de son limbe et de sa glabelle. 

Trinucleus Pongerardi Rouault. — La figure schématique deRouault 
est très bien faite. Le limbe a un contour parfaitement circulaire, sa coupe 
rappelle celle d'une lentille biconvave. Les pointes génales sont souvent 



90 NANTES . — BULL . SOC . SC . N AT . OUEST . — T . 5 . 

déforme bifurquée (2 fois sur 5), la bifurcation peut se produire dans 
un endroit quelconque de l'étendue de la pointe. 

Certains auteurs ont nié l'existence de ces bifurcations ; pour eux 
elles ne seraient que des accidents mécaniques provenant de la fossili- 
sation, des mouvements de la roche, de la superposition fortuite des deux 
pointes appartenant à deux individus différents. M. Œhlert combat cette 
manière de voir et démontre l'existence réelle des bifurcations au moyen 
da l'étude de coupes successives des pointes pratiquées parallèlement 
les unes aux autres à petites distances. Cette étude apprend en outre 
qu'une section droite d'une pointe génale a la forme d'un quadrilatère 
élargi transversalement, que cet appendice présente donc quatre arêtes 
dont les deux latérales sont les plus développées ; un canal central vide 
s'étend d'une extrémité à l'autre. 

Trinucleus Goldfussi Barrande, T. ornatus Sternberg. 

M. CEhlert n'est pas arrivé à établir l'existence certaine de ces espèces 
ordoviciennes dans le massif armoricain. Ce sont deux formes de l'étage 
D de Bohême. 

La différence entre ces espèces sont les suivantes : 

Le limbe a un contour arrondi dans le T. Goldfussi tandis qu'il forme 
une courbe aplatie dans T. ornatus, de plus cette partie de la tête est 
fortement inclinée chez le premier, chez le second au contraire elle est 
presque horizontale sur toute son étendue et porte vers la périphérie un 
bourrelet sur lequel se trouve une rangée de perforations. Les pointes 
génales sont aussi plus divergentes dans Tr. ornatus et enfm la longueur 
de la tète serait moindre par rapport au corps dans cette dernière espèce. 

Le Tr. Pongerardi se rapprocherait plus de Tr. Goldfussi que de Tr. 
ornatus. 

Limbe. — L'existence d'un limbe orné de nombreuses cavités alvéo- 
laires est générale chez tous les Trinucleus, elle se retrouve quoique 
moins accusée dans les deux genres voisins Dionide et Harpes et ne se 
voit pas chez les autres trilobites. 

Jusqu'ici tous les auteurs, tels que Murchison, Beyrich, Barrande, 
Woodward, Salter, Marie Rouault etc. tous, excepté Loven (1845), ont 
considéré ces cavités comme des perforations traversant le limbe de part 
en part et rejoignant celles de la doublure. 

M. OEhlert a étudié des sections faites dans le limbe de Tr. Bureaui 
et, grâce à la fossilisation siliceuse de cette espèce à Andouillé il a pu 
constater que les alvéoles qui couvrent la surface du limbe sont oppo- 
sées parleurs sommets aux alvéoles de la partie inférieure et ne constituent 
pas des perforations complètes. Les téguments des deux faces se 
continuent sans interruption et s'ils se touchent aujourd'hui il est probable 
qu'ils n'étaient pas ainsi lorsque l'animal était vivant; ce n'est qu'après la 
disparition du tissu qui séparait les deux surfaces et sous l'influence 



EX'J?kAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 91 

de la pression que celles-ci se sont affaissées pour se mettre en contact 
par les sommets des cellules. 

Suture. — Les différentes pièces qui forment un trilobite se trouvent, 
le plus souvent, séparées dans la roche. Pour la tête des Trinucleus la 
séparation a lieu suivant la ligne de suture (qu'il serait mieux d'appeler 
ligne dedéliiscence). Cette ligne, ayant pour but de faciliter le dépouil- 
lement de la carapace céphalique au moment de la mue, est toujours en 
relation avec les yeux lorsque ces organes existent, aussi estTelle désignée 
sous le nom de sutiCi^e oculaire; la place qu'elle occupe entre le lobe 
palpébral, qui reste attaché à la joue fixe, et la surface oculaire qui fait 
toujours partie de la joue mobile, rend ainsi la préservation des yeux 
mieux assurée au moment où les téguments se détachent. Ce rôle est 
rendu très évident chez les trilobites dont l'œil est très saillant et devient 
pédicule, on voit alors la suture remonter le long de ce grand prolonge- 
ment pour suivre la même marche, permettant ainsi la séparation du lobe 
palpébral et de la surface oculaire, par suite facilitant le dégagement 
de l'œil. 

Chez les trilobites aveugles la suture n'ayant plus de rôle spécial à 
jouer tend à devenir de plus en plus marginale. Ce déplacement est 
frappant dans deux espèces voisines, l'une C. striatus pourvue d'yeux, 
l'autre C. Sulzeri aveugle. 

La suture atteint chez Trinucleus le pourtour de la tête, sauf aux pointes 
génales ; on lui a donné le nom de suture marginale pour la distinguer 
de la suture faciale. 

Yeux. — On n'a jamais constaté chez les Trinucleus de l'ouest de la 
France l'existence des tubercules, dits oculaires, qui ont été signalés 
ailleurs sur des individus appartenant à cette famille. M. CEhleit rend 
compte des études de Barrande et J. Clarkesur les yeux des trilobites, ce 
compte rendu, accompagné de figures, ne saurait être résumé sans cesser 
d'être intelligible. 

Enroulement. — L'enroulement a pour but la protection des organes 
ventraux. Marie Rouault est le premier qui ait appelé l'attention sur le 
mode particulier de reploieraent du pygidium des Trinucleus ; ce pygi- 
dium est replié à plat contre l'abdomen qui à son tour vient s'appliquer 
contre le céphalothorax, l'animal se trouve ainsi trois fois replié sur 
lui-même. C'est ce que Barrande désigne sous le nom d'enroulement 
discoïde du second degré. Chez quelques spécimens le pli est simple. 

Distribution. — Le genre Trinucleus peut-être considéré comme carac- 
téristique de rOrdovicien. (On signale cependant Tr. fimbriatus dans le 
Silurien supérieur d'Angleterre, à Stockdale). 

Voici, d'après MM. Munier-Ghalmaset de Lapparent la liste des formes 
qui se succèdent en Angleterre depuis le bord de cet étage jusque vers 
son sommet : 



ÎYJ 



NANTES. — BCLL. SOC. SC. NAT. OUEST. —T. 5. 



o. — Hirmaut. 

4. — Bala et Caradoc. Tr. seticornis, Tr. caractaci fconcentricusj 
Murchi. non Eatoiï^ 

a. - Llandeilo \ *^- f • ^'f''-*^^»^- 

/ a. Tr. farus, Tr. Lloydii. 

2. — Lanvirn Tr. Etheridgii, Tr. Ramsyi. 

l.-Arenig ) ^- Tr.Gibsii^ 

I a. Tr. Sedginckii, Tr. Murchisoni. 

En Bohême chaque division de l'Ordovicien (=^ D) n'est pas caractérisée 
par une espèce de Trinucleus, mais on retrouve cependant une série non 
interrompue de Trinucleus répartis dans les différents niveaux. 

Tr. RpAissi appartient à d', avec d- apparait Tr. Goldfussi qui remonle 
jusqu'en d' Tr. ornatus se trouve dans d' et d\ enfin Tr. idtimus et Ti: 
Bucklandi se rencontre dans d'. 

La partie supérieure de l'Ordovicien est la région la plus riche en 
Trinucleus, tant comme espèces que comme individus. 

Dans l'ouest de la France, Marie Rouault ('1847) a signalé Tr. Pongc- 
rardi à Poligné. — Dalimier (ISfil) Tr. or^îafwsà la' Sangsurière (Cotentin) 
pa rtie supérieure de l'étage D. — Bonissent( 1870) donne de nouveaux détails 
sur la Sangsurière. MM. de Tromelin et Lebescon te (1873-76) établissent 
deux horizons ardoisiers l'un à Calimene, l'autre à Trinucleus, mais la 
place des grès de May, par rapport à eux, reste douteuse. Les Trinucleus 
sont: T)-. Pongerardi, Goldfussi el ornatus (Risdan, Cœsme et Renazé). 
Dalimier divisait l'Ordovicien en trois assises : 1° Les schistes infé- 
rieurs à C. Tristani. 2° Les grès de May. 3" Les schistes supérieurs à 
Trinucleus. 

En découvrant à Andouillé (Mayenne) un Trinucleus associé au C. 
Tristani, M. Bureau (1883) conclut que dans cette localité le grès de 
May, accident arénacé dans l'Ordovicien, n'est pas venu troubler la 
sédimentation et que la faune a évolué lentement sur un même fond 
.vaseux. Cette conclusion est discutable car, s'il est exact de dire avec M. 
Bureau qu'à Andouillé aucune assise gréseuse ne vient séparer l'horizon 
à Trinucleus de celui des schistes ardoisiers inférieurs, on ne saurait 
admettre que cette lacune corresponde au grès que l'on voit à May. On 
sait que cette puissante masse n'est homogène ni dans sa composition 
ni dans sa faune. Vers le milieu se trouve une faune spéciale contenant 
Trinucleus. Au dessous on observe deux horizons distincts, dont le plus 
inférieur contient C Tristani. M. Kerforne (1893) a étudié les fossiles 
des schistes intercalés dans le grès des carrières de May, il les a trouvés 
analogues à ceux des couches schisteuses inférieures, sauf le Trinucleus 
qu'il assimile à l'espèce de Riadan et Poligné. Le grès de May supérieur 
devient, pour lui, l'équivalent des grès ordoricicns culminant?, ou grès 
azoiques. 

Le fait d'une intercarlation schisteuse fossilifère au milieu des grès de 



EXTRAITS ET ANALYSES. — GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 9o 

May signalée par M. Kerforneaélé retrouvé par M. QEhlert aux environs 
de Villaines (tranchée de Villeray). Il existe à St-Sauveur-le-Vicomte. 

La découverte par M. Kerforne d'un Trinucleus dans le grès de May 
est intéressante, mais M. Œhlert ne peut admettre, comme le prétend 
M. Kerforne, que la couche schisteuse de May soit l'équivalent des schistes 
à Trinucleus de Riadan ; il préfère conserver le nom de grès de May 
aux couches supérieures (Belvédère-Andouillé) au-dessus desquelles se 
placeront les schistes à Tr. Pomjerardi de Renazé etc. 

M. Œhlert expose que les caractères pétrographiques des roches per- 
mettent de distinguer, sur le terrain, les assises ordoviciennes. 

Grès armoricain, très connu. 

Schistes inférieurs, dont la base et le sommet sont gréseux et la 
partie moyenne franchement schisteuse. Nodules fossilifères au sommet. 

Grès ordoviciens moyens, moins quartzeux que les grès armoricains, 
souvent micacés, contenant des fragments de schistes ardoisiers. 

Schistes ardoisiers supérieurs, ne renfermant pas de nodules et alter- 
nant avec des grès. 

Grès supérieurs, très quartzeux, en général noirs, cette assise est le 
plus souvent peu épaisse et recouverte immédiatement par les schistes 
à ampélites. 

Le Tr. Bureaui d'Andouillé se trouve dans les assises qui se relient à 
celles des schistes à C. Tristani. 

Le Trinucleus de May est voisin de celui d'Andouillé, mais il est 
séparé des couches à C. Tristani par l'assise inférieure du grès de May 
qui n'est qu'un accident gréseux local. 

M. Lebesconte a trouvé dans les grès tendres de Bas-Pont, près Vitré, 
un Trinucleus [Tr. Goldfussi ?) qui iiourrait caractériser un troisième 
niveau intermédiaire. M. Œhlertest arrivé au même résultaten étudiant 
le flanc sud du bassin de Laval, aux environs de Montigné. 

De Verneuil et CoUomb (1852) ont signalé en Espagne un Trinucleus 
qui, par son association avec C. Tristani semble représenter un niveau 
analogue à celui d'Andouillé. 

En résumé, M. Œhlert établit une espèce nouvelle, Tr. Bureaui, il 
démontre que le limbe des Trinucleus n'est pas perforé et que l'espèce 
Tr. Pû.igerardi, à pointes génales bifurquées, doit-être maintenue. 

Il prouve que le genre Trinucleus n'appartient pas seulement à 
rOrdovicien supérieur de Bretagne et de Normandie, qu'il se retrouve dans 
ces pays dans plusieurs niveaux de cet étage avec des formes différentes 
caractéristiques. Il fait voir enfin qu'une même assise ordovicienne se 
rencontre tantôt avec le faciès gréseux, tantôt avec le faciès schisteux. 

L. D. 



TABLE DES MATIERES 

DU CINQUIÈME VOLUME 

DU BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES SCIENCES NAT^IRELLES 

DE L'OUEST DE LA FRANCE 



Liste des Membres de la Société III 

Liste des Sociétés correspondantes XXII 

Extraits des Procès-verbaux des séances XXXV 

I - ZOOLOGIE 

Bureau (Louis). — Note sur la capture d'un Espadon épée, 

Xiphias gladius, à l'embouchure de la Loire (pi. II) 53 

Chaillou (F.). — Un cas de sociabilité chez l'Hirondelle de chemi- 
née {Hirundo rustica) 17 

— Influence du milieu sur la ccloration artificielle d'une 
coquille fluviatile 93 

Cheux (A.). — Liste des Lépidoptères rhopalocères de Maine-et- 
Loire 213 

Dautzenberg (Ph.). — Liste des mollusques marins provenant 

des Iles Glorieuses (pi. III, carte) fl9 

Dominique (abbé J.). — Corrections et additions au Catalogue des 

Hémiptères de la Loire-Inférieure 2.i 

— Ichneumonides de la famille des Pimplariae, capturés 
dans le département de la Loire-Inférieure 59 

— Contributions au Catalogue des Hyménoptères fouisseurs de 

la Loire-Inférieure 123 

— Quelques mots sur la ptérologie des Mellifères, fig 137 

— Coup d'oeil sur l'état actuel de l'Entomologie légale 217 

KoNow (pasteur Fr. - W.). — Diagnose d'une espèce nouvelle de 

Tenthrédinide vivant aux environs de Nantes 63 

— Une nouvelle Tenthrédinide de France 65 

Martin (René). — Sur la faune des Odonates de la Loire-Infé- 
rieure 151 

PiEL de Churcheville (H. et Th.). — Matériaux pour servir à la 
faune des Névroptères de la Loire-Inférieure. — Odonates 
ou Libellulidées 45 

Viaud-Grand-Marais (docteur). — Mes Voisins 205 



TABLE DESMÂTIÈRES 95 



II. — BOTANIQUE . 

Camus (Fernand). -- Sur une mousse du département des Gôtes- 
du-Nord, con .idérée jusqu'ici comme le Dicranum viride 
(Suli.) 67 

Gadegeau (Em.). - Lettre de François Bonamy à Bernard de 

Jusjijeu '1765) f 75 

— Première liste additionnelle à la Florule du canal maritime 

('-^ la Basse-Loire 27 

— ^ Lre de M. W. Trelease à M. Gadeceau sur les Platanes.. 3o 

— iNote sur le Polypodium cambricum. (pi. IV) 141 

— Note sur un Cwscwia litigieux, (pi. IV bis) 145 

MÉNiER (Ch.). — Ascomycètes hypogés de la Loire-Inférieure. — 

Elaphomycés, Tubéracés, Génococcés (pi. I) 1 

PicQUENARD (Gh.). — Herborlsatious dans l'Ille-et-Vilaine, le 

Morbihan et le Finistère, d'octobre 1892 à octobre 1894 37 

III. - GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 

Bureau (Louis). — État d'avancement de la feuille géologique 
d'Angers, au 80.000'. — Rapport à M. le Directeur du Ser- 
vice de la Carte géologique détaillée de la France 13 

Bureau (Louis) et CEhlert (D. - P.). — Notice explicative de la 

feuille géologique de Giiàteau-Gontier 79 

Coss.mann (Maurice). — Mollusques éocéniques de la Loire-Infé- 
rieure (pi. V (I), VI (II) et VII (III) 1.^9 

Davy (L. - p.). — Contribution à l'étude géologique des environs 
de Chalonnes-sur-Loire (Maine-et-Loire). — Terrain silu- 
rien supérieur 199 



Extraits et Analyses 

I - ZOOLOGIE 

Baudouin (D' Marcel). — L'Industrie de la Sardine en Vendée.. . 70 
BEAURi-.iARD (H.). — Note sur une Balœnoptera Sibbaldii échouée 

à Ouessant 3 

Blanchard (R.). Courtes notices sur les Hirudinées ' 14 

Blaud (Ch.). — Contribution à la Faune entomologique de l'Ouest. 

— Coléoptères de la Vendée. 70 

Brolemann (H.- W.). — La forêt d'Andaine (Orne). Myriapodes. . 4 

Ghevrel (René). — Sur un Diptère marin du genre Clunio Haliday. 81 
Dautzenberg (Ph.). — Description d'une nouvelle espèce de 

Modiola, Modiola gallica Dautz., provenant du littoral 

occidental de la France 69 

DoLLFus (Adrien). — Les Idoteidae des côtes de France (fig.) 5 



9(j NANTES. — BULL. SOC. SC . NAT. OUEST. — T. 5. 



Dupont. — Les Carabes de l'Orne 39 

Fauvel (Pierre), — Gt)ntribution à l'histoire naturelle des Ampha- 

rétieiis français 67 

Gadeau de Kerville (H.). — Note sur des larves marines d'un 
Diptère du groupe des Muscidés acalyptérés, et probable- 
ment du genre Actora, trouvées aux îles Ghausey (Manche). 39 

Joveux-Laffuie. — Sur un Halichœnis tué sur les côtes de Nor- 
mandie 63 

Laboulbène (D' a.). — Sur les métamorphoses de la Cecidomyia 
destniclor Say, et sur le puparium ou enveloppe de sa 
larve avant la" transformation en chrysalide 77 

— Sur la Cecidomyia destructor et ses ravages actuels pour 
les récoltes de blé sur pied dans plusieurs endroits du nord- 
ouest de la France 78 

Marchal (Paul). — Sur les Diptères niîisibles aux Céréales, 

observés à la Station entomologique de Paris en 1894 78 

— La Cécidomyie de l'avoine [Cecidomijia avenae nov. sp.). . . 79 
Nicollet (F.). — Liste de Coléoptères trouvés dans les environs 

de Cherbourg 76 

Picquenaro (Ch.).— Contributions à la Faune des Crustacés podoph- 

talmaires du littoral de Pont-l'Abbé (Finistère) 82 

Raspail (Xavier). — La Hochequeue d'Yarrele comme espèce et sa 

reproduction dans l'Oise 74 

Richard (Jules). — Contribution à la Faune des Entomostracés de 

la France 63 

— Révision des Gladocères 82 

Saint-Joseph (baron de). — Les Annélidespolychètes des côtes de 

Dinard :. .' 68 

Vaillant (L.). — Sur un Lararus imper ialis, Rafinesque, venant 

des côtes du Finistère 74 

Vaullegeard (Achille). — Note sur la présence du Ducephalus 

Haimeanus dans le Tapes decussatus (Linné) et dans le 

Tapus puUastra (Montagu) 83 

— Métamorphoses et migrations du Tetrarhynchus ruficolis 
(Eisenhardt) 83 

Topsent (E.). - Étude monographique des spongiaires de France : 

ïétractinellides 42 

Trouess.\rt (D'E.). -Note sur les Acariens marins (Halacaridae) 
récoltés par M. H. Gadeau de Kerville sur le littoral du 
département de la Manche (Juillet-Août 1893) 40 

IL - BOTANIQUE 

Balle (Em.). —Description d'une nouvelle Campanule découverte 

aux environs de Vire (Calvados) 35 

Camus (Jules). — Les noms des plantes du livre d'heures d'Anne 

de Bretagne ' 32 

Chevalier (Auguste). — Catalogue des plantes vasc'ulaires de l'ar- 
rondissement de Domfront, avec notes critiques et obser- 
vations biologiques 14 



TABLE DES MATIÈRES 97 

Chevalier (Aug.)- — Les Fossombronia de l'Orne et leurs stati ons. 56 

GovKC (le). — Note sur quelques espèces rares de champignons. . 59 

— Liste des Champignons trouvés dans le département d'IUe- 
et-Vilaine 56 

Daniel (Lucien). — Recherches historiques sur les botanistes 

mayennais et leurs travaux 18 

— Contribution à l'étude de la flore de la Mayenne 16 

— Les Champignons de la Mayenne {3' supplément) 38 

DouTEAU (J.). etc. — Catalogue des plantes vasculaires et spon- 
tanées du département de la Vendée, recueillies par Pon- 
tarlîeret Marichal, augmenté de la liste des plantes trouvées 
depuis 1889 jusqu'à ce jour 54 

("lADECEAU (E.). — Les marais de l'Erdre, près Nantes, et le Malaxis 

paludosa Sw 43 

Gentil (Amb.). — Inventaire général des plantes vasculaires de 

la Sarthe 17 

Hue (abbé). — Lichens récoltés à Vire, à Mortain et au mont Saint- 
Michel 70 

HusNOT (T.). — Muscolorjla gallica. Descriptions et figures des 

Mousses de France et des contrées voisines 37 

Lkveillé (Hector). — Petite Flore de la Mayenne, contenant l'ana- 
lyse et la description sommaire des plantes vasculaires de 
la Mayenne 84 

Lkveillé (H.), Daniel (L.), etc. — Contributions à la flore de la 

Mayenne 84 

Malinvaud (Ernest). — Le Carex axillaris dans le département 

du Calvados 17 

Paris (G.). — Index briollogicus sive enumeratio muscorum 
hujusque cognitorum àdjunctis synonymia distributione 
que geographica locupletissimis. .."....." ; 57 

Préaubert (E.). — Résultats des herborisations dirigées en Anjou 

par la Société d'études scientifi({ues en IS9;-5 31 

RiGAUD (Edouard). — Monographie des Champignons recueillis 
pour la plupart dans le canton de Mareuil-sur-Lay (Vendée) 
envisagés au point de vue botanique, alimentaire et toxique. 58 

Société botanique des Deux-Sèvres (Bulletin de l'année 1893). . . 18 

— (Bulletin de l'année 1894) 34 

Termonia (DO- — Remarques au sujet du Medicago découvert par 

M. Foucaud dans l'excursion botanique du 9 juillet 1893 

aux environs de Saintes. — Rapport 56 

Thériot. — Quelques espèces de Muscinées nouvelles pour le 

Nord-Ouest de la France 56 

III. - GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE 

Barrois (Ch.). — Notice explicative de la feuille géologique de 

Dinan '. . 22 

Bigot (A.). — Contributions à l'étude de la faune jurassique de 

Normandie. /" Mémoire : Sur les Trigonies 33 

Boissellier. — Le Palet de Gargantua et les oscillations du 

rivage de la mer 20 

8* 



98 NANTES. — liULL. SOC. SC . NAT. OUEST. —T. 5. 



Gayeux (L.). — J)e l'existence de nombreux débris de Spongiaires 

dans le Précambrion de Bretagne • 60 

Fortin (Raoul). — Sur un gisement d'ossements de mammifères 
de l'époque Pléistocène découvert à Orval {Règnetille) Man- 
che 71 

Glangeaud (Ph.). — Le Lias et le Jurassique moyen en bordure 

à l'Ouest du Plateau-Central (j-Z 

Lacroix (Alfred). — Minéralogie de la France et de ses colonies. 
— Description physique et chimique des minérau.x. Etude 
des conditions géologiques de leurs gisements 20 

Lapparent (A. de). — Sur un gisement pliocène à Brévands 

(Manche) :tô 

LÉVY (Michel). — Sur l'évolution des magmas de certains grani- 
tés à amphibole 72 

QEhlert, (D. - P.). — Sur les Trinucleus de l'ouest de la France. 88 

Seunes. — Gompte rendu d'une excursion géologique entre Rennes 

et Saint-Grégoire 35 

Seunes et Lebesconte. — Goupe suivant le profil en long de la 

voie ferrée de Saint-Médard à Saint-Germain-sur-Ille 3(i 

Skrodzki. — Sur un gisement pliocène à Saint-Glément, près 

d'Isigny (Manche) 36 

Welsch (Jules). — Note sur la zone à Ammmiites zigzag et Am. 

ferrugineus dans le détroit du Poitou ." (>i 

— Sur la succession des faunes du Lias supérieur et du 

Bajocien inférieur dans le détroit du Poitou.. 85 



IV. — SUJETS DIVERS 

Blanchard (R.). — Formules et procédés techniques. — Du for- 
mol ou aldéhyde formique 38 

Liste des Gollaborateirs chargés des Analyses 2 

Extraits des Statuts et Règlement îtit 



Date de publication des numéros trimestriels 



NM. 


31 Mars 1895. , 


t' Partie 


:pp 


. 1-40, 


pl 


. I. .2' 


■Partie: 


pp. 


i-24 


N"2. 


30 Juin 


» 


)> 


)) 


41-104. 


pi. 


II-III. 


» 


)) 


25-48 


WZ. 


30 Sept. 


)) 


)) ' 


» 


105-156, 


pl. 


IV-IV bis 


» 


» 


49-64 


N"4. 


31 Dec. 


)) 


» 


» 


157-226, 


pl. 


V-VII 


» 


» 


65-98 



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