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Full text of "Bulletin de L'Institut Archéologique Liégeois"

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V. - 



, LS 



BULLETIN 



DE 



L'INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE 



l.liBOE01S. 



1 
I 



BULLETIN 



DK 



niifi 



Lî T TOT AE HE 




E 



LIÉGEOIS. 



TOME IX. 



LiiOB 
IMPRIMERIE DE J -G. CARMANNE. 



1868 




issr^ 



STATUTS CONSTITUTIFS 



ART. I. — Une Société est fondée à Liège pour rechercher, 
rassembler et conserver les œuvres d'art et les monuments 
archéologiques, particulièrement ceux de la province et des 
anciennes dépendances du pays de Liège. 

Elle prend le titre i^lmtiiuX archéologique Liégeois et corres- 
pond avec les Sociétés savantes, belges ou étrangères, insti- 
tuées dans des vues analogues. 

Art. il — L'Institut se compose : 

10 De seize Membres eflfectifs au moins et de vingt au plus ; 
ils doivent être domiciliés dans la province ; 

2» D'un Président et d'un Vice-Président honoraires, à savoir 
le Gouverneur de la province et le Bourgmestre de la ville de 
Liège; 

3» De vingt Membres honoraires ; 

4» De cinquante Membres correspondants ; 

S"" De Membres associés. 

Art. III. — Les places vacantes pour le titre de Membre 
effectif, honoraire ou correspondant, seront mentionnées sur les 
convocations afin que l'on puisse procéder aux présentations 
de candidats. Ces présentations devront être faites par écrit et 
signées par trois membres effectifs. L'admission, décidée par 
bulletins secrets et à la majorité absolue des sufllrages, aura 
lieu dans la séance qui suivra celle oti auront été faites les 



— 6 — 

présentations, et dont elle devra être distante d'au moins 
huit jours. 

La moitié au moins des membres effectifs existants devra 
être présente pour pouvoir procéder à l'élection d'un membre 
effectif, et le tiers après une seconde convocation. 

Lorsqu'il y aura lieu d'augmenter le nombre des membres 
effectifs , conformément au § 1 de l'article II, il faudra une 
délibération expresse de l'Institut avant de pouvoir procéder 
à la présentation de candidats. 

ART. IV. — Les réunions ordinaires ont lieu mensuellement, 
sauf pendant les mois d'août, septembre et octobre. Le bureau 
fixe le jour et l'heure des séances. 

Les membres effectifs qui, dans le courant de l'année, n'auront 
pas payé leur cotisation seront, après avertissement, considérés 
comme démissionnaires. 

Aucune résolution ne peut être prise si le tiers des Membres 
effectifs existants n'est présent à la séance. 

Les Membres honoraires, correspondants ou associés peuvent 
assister aux séances. Ils ont voix consultative. 

Toute discussion étrangère au but de l'Institut est interdite. 

Les décisions sont prises à la majorité des voix. En cas de 
parité, la proposition est rejetée. 

Sur la demande de trois Membres , on procède au scrutin 
secret. 

Art. V. — Le Bureau se compose du Président, du Vice- 
Président, du Secrétaire, du Conservateur, du Bibliothécaire 
et du Trésorier. 

Les fonctions des Membres du Bureau sont annuelles. 
Les Membres sortants sont rééligibles. L'élection a lieu dans 
le courant du mois de février. 

ART. VI. — Le Président veille à l'exécution du Règlement; 
il dirige les travaux et les discussions des réunions. 

En cas d'absence du Président et du Vice-Président, le 
Membre le plus âgé en remplit les fonctions 

Art. VIL — Le Secrétaire tient les procès-verbaux des 
séances, la correspondance, etc. 



- 7 — 

Tout procès-verbal ou décision de la Société est signé par le 
Président et par le Secrétaire. Ce dernier signe seul les pièces 
qui n'impliquent aucune décision de la Société. 

En cas d'empêchement du Secrétaire, ses fonctions sont 
remplies par un membre que désigne le Président. 

Le Secrétaire a la garde du sceau et des archives de la 
Société. 

Il présente chaque année, au mois de janvier, un rapport dé- 
taillé sur les travaux de l'Institut, sur les acquisitions faites et 
sur les objets et livres offerts. 

Art. VIII. - Le Conservateur a la direction du Musée 
provincial. 

Il dresse, tous les ans, un inventaire qui est vérifié et 
approuvé par le Président. Cet inventaire indique la provenance 
de chaque objet et l'époque de son acquisition. 

Pendant les trois mois de vacances, le conservateur peut, 
avec l'assentiment du Bureau, faire les acquisitions qu'il croira 
utiles. 

Art. IX. — Le Bibliothécaire tient un catalogue des livres 
ofiferts à l'Institut ou acquis par lui. 

Il rend compte chaque année des accroissements de la 
bibliothèque. 

Art. X. — Le Trésorier est chargé des recettes et des 
dépenses. 

Il n'eff'ectue de paîment que sur ordonnance signée par le 
Président et par le Secrétaire. 

Il rend compte de sa gestion dans la séance du mois de jan- 
vier de chaque année. 

Art. XI. - Les recettes de la société se composent de la 
cotisation annuelle des Membres effectifs et associés, et des 
subventions à obtenir de l'État, de la Province et de la Commune. 

La cotisation annuelle des membres effectifs et des membres 
associés est fixée provisoirement à la somme de dix firancs, 
payable chaque année dans le courant du mois de janvier. 



— 8 — 

Art. XII. — Les objets réunis par la Société forment un 
Musée qui est la propriété de la Province. 

Les moindres dons sont reçus avec reconnaissance. Le nom 
du donateur est inscrit sur l'objet offert et dans un registre 
ouvert à cet effet. 

Les objets qui se trouvent en double au Musée ne pourront 
être échangés qu'après une délibération expresse de l'Institut et 
du consentement des donateurs (cet article ne s'applique pas 
aux monnaies ni aux livres). 

Tout objet, même en double, auquel se rattache un souvenir 
personnel, ne pourra être échangé. 

La proposition d'échange devra être portée à Tordre du jour 
un mois avant la délibération, afin que les membres puissent 
prendre connaissance des objets. 

Tous les Membres sont invités à faire hommage de leurs pu- 
blications à la Société. 

Art. XIII. — L'Institut publie un recueil intitulé Bulletin de 
rinstitut archéologique Liégeois. 

Une Commission spéciale, composée de trois membres, élus 
à l'époque du renouvellement du bureau, est chargée de tout 
ce qui a rapport à la publication du Bulletin. 

Le Bulletin est distribué à toutes les catégories de membres 
de l'Institut, aux institutions publiques qui l'encouragent et aux 
compagnies savantes avec lesquelles l'Institut entretient des 
relations. 

Les auteurs des articles publiés ont droit à vingt-cinq tirés à 
part, qui devront porter sur le titre cette mention : Extrait du 
Bulletin de flnstitut archéologique liégeois. Ils sont du reste 
autorisés à faire tirer à leur frais un nombre indéterminé 
d'exemplaires. 

Les tirés à part ne peuvent être distribués qu'à dater du 
jour de la mise en vente de la livraison du Bulletin d'où ils sont 
extraits. 

Art. XIV. — Le présent règlement ne pourra être changé 
que sur la proposition écrite de cinq membres effectifs ; toute 



— 9 — 

modification devra obtenir l'assentiment des deux tiers au 
moins des membres effectifs existants. 

Après révision des (tisposUians organiques des 12 avril 1850, 18 
janvier 18S2 et il janvier 1857, les présents stattUs ont été adoptés 
par t Institut archéologiquej réuni en assemblée générale , à liége^ 
le 20 décembre 1867. 

Pour copie conforme : 

Le Secrétaire , Le Président , 

S. BORMANS. Ch. GRANDGAGNAGE. 



TABLEAU 



DES 



MEMBRES DE L'INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE 



PRESIDENX HOMOilAlltE. 

LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE. 

« 

DE LUESEMANS (Charles), 0. $, ^ , (^) ancien membre de 
la Chambre des représentants, ancien bourgmestre de 
Louvain, etc. 

VIGB-PRBSlDBlVr HOIVORAIRE. 

LE BOURGMESTRE DE LIÈGE. 

d'ANDRIMONT (Jules), conseiller provincial, etc. 

BUREAU DE LA SOCIÉTÉ POUR 1868. 

Président ^ Ch. Grandgagnage. 
Vice-Président, baron E. de Sélys-Longchamps. 
Secrétaire, S. Bornans. 
Conservateur-Trésorier, J. Alexandre. 
Bibliothécaire, L. Fabry-Rossius. 



(*) Signe des décorations : ^ Ordre de Lëopold , »i< Croix de fer, "^ Légion 
d'honneur, ^ Lion néerlandais. 



— 12 - 



MEMBRES EFFECriFI». 



ALEXANDRE (Joseph), docteur en médecine, etc. 

BORMANS (J.-H.), 0. ]gc, professeur émérite à l'Université de 
Liège, membre de 1* Académie royale de Belgique, de la 
commission royale d'histoire, etc. 

BORMANS (Stanislas), conservateur-adjoint des archives de 
l'Etat , secrétaire de la Société liégeoise de littérature 
wallonne, etc. 

CAPITAINE (Félix), O. ]g(, ancien président de la Chambre et 
du Tribunal de commerce de Liège, ancien membre du 
Conseil provincial, etc. 

CAPITAINE ( Ulysse), administrateur du comptoir de la Banque 
nationale, membre du Conseil supérieur d'industrie, etc. 
Secrétaire honoraire. 

DEJARDIN (Adolphe) capitaine du génie, membre de plusieurs 
Sociétés savantes, etc. 

DEYROYE (T. J.) ig[, chanoine et grand chantre de la Cathé- 
drale de Liège, vice-président delà Commission provinciale 
des monuments, etc. 

DOGNÉE (Eugène M. 0.), 3^, avocat, conseiller de l'Académie 
d'archéologie de Belgique, membres de plusieurs Sociétés 
savantes, etc. 

FABRY-ROSSIUS (L.), agrégé à l'Université de Liège, corres- 
pondant de la Société française pour la conservation des 
monuments historiques, etc. 

GRANDGA6NA6E (Joseph), G. 0. ®, premier président de la 
Cour d'appel de Liège, membre de l'Académie royale de 
Belgique, etc. 

GRANDGAGNAGE ( Charles ), ig[, ancien membre de la Chambre 
des représentants, président de la Société liégeoise de 
littérature wallonne, etc. 

HELBIG (Jules) peintre, secrétaire-général de la Société d'É- 



— 13 — 

mulation et de la Commission provinciale des monu 
ments, etc. 

HENROTtE (Nicolas) aumônier de THÔpital civil de Liège , 
chanoine honoraire de la Cathédrale, etc. 

LE ROY (Alphonse), professeur ordinaire à TUniversité et à 
rËcole normale des humanités de Liège, etc. 

MAYNZ (C), professeur ordinaire à l'Université de Liège, etc. 

D'OTREPPE DE BOUVETTK (Albert), O. « , conseiller hono- 
raire à la Cour de Liège et du Conseil des mines, membre 
de la Commission provinciale des monuments, etc. Prési- 
dent éChcnneur à vie. 

SGHOONBROODT (J. 6.), docteur en droit, conservateur des 
archives de l'Etat à Liège , ancien membre du Conseil 
provincial, etc. 

DE SÉLYS-LONGCHAMPS (baron Edmond), %, sénateur, 
membre de l'Académie royale de Belgique, de la Société 
royale des sciences de Liège, etc. 

UMÉ (Godefroid), architecte, vice-président du Cercle artis- 
tique et littérature, secrétaire de la Société des Architectes 
de la province de Liège, etc. 



liBIIBRfiS HOMORAIRBS. 



DE CAUMONT (A.), O. jJc, *, fondateur et directeur de la 
Société française pour la conservation des monuments his- 
toriques, etc., à Caen. 

DE DECKER (P.) C. ®, ancien ministre de l'intérieur, ancien 
membre de la Chambre des représentants, membre de l'Aca- 
démie royale de Belgique, etc., à Brtixelles. 

GACHARD (L.-P.), C. «, jJc, afc, archiviste-général du 
royaume, membre de l'Académie royale de Belgique, secré- 
taire de la Commission royale d'histoire, etc., àBruxelks. 

DE GERLACHE (baron E.-C), G. C. », *, C. jJc, premier pré- 



— 14 — 

sident honoraire de la Cour de cassation, président de la 
Commission royale d'histoire, etc., A Bruxelles. 

HOFFMANN (F.-L.)» homme de lettres et ancien censeur, à 
Hambourg. 

DE LAFONTAINE (G.-F.-J.), ^, ancien gouverneur du grand- 
duché de Luxembourg, associé à l'Académie royale de Bel- 
gique, etc. y à Luxembourg. 

LE CLERC (V.), C. 3^, doyen de la Faculté des lettres de 
Paris, membre de l'Institut de France, etc , à Paris. 

LECLERCQ (M.-N.-J.), G. C. igi, ancien ministre de la justice, 
ancien membre du Congrès national, procureur générai 
près de la Cour de cassation, etc., à Bruxelles. 

DE MERCY-ARGENTEAU (comte F.-J.-C.,). G. 0. ^, G. C. % 
ancien chambellan et ministre plénipotentiaire de Napoléon 
1«% ancien grand chambellan du roi des Pays-Bas, etc. 

PARIS (Paulin) s^c, professeur au Collège de France, membre 
de rinstitut, etc., à Paris. 

VAN DEN PEEREBOOM (Alphonse), 0.«, G. 0. ^, ancien 
ministre de l'intérieur, président de la Société archéologique 
d'Ypres et de l'ancienne West-Flandre, etc. 

PITRA (Son Emin. le cardinal J.-B.), à V abbaye de Solesmes 
(département de la Sarthe). 

QUETELET (L.-A.-J.), G. 0. *, 0. jJc, secrétaire-perpétuel 
de l'Académie royale de Belgique, directeur de l'Observa- 
toire, etc., à Bnucelles. 

m 

RAIKEM (S.), G. C. ]g(, ^. C. )$(, ancien ministre delà justice, 
procureur général honoraire près la Cour d'appel de Liège, 
etc^àUége. 

R06IER (Ch.), G. C. ]gc , ^,G. C. )$(, membre de la Chambre des 
représentants, ancien membre du Gouvernement provi- 
soire, ancien ministre, etc. 

ROULEZ (J.-E.-G.), 0. ®, professeur d'archéologie à l'Uni versité 
de Gand, membre de l'Académie royale de Belgique , de 
l'Institut de France, etc., à Gand. 

DE WITTE (J.), :S(, )$(, membre de l'Académie royale de Bel- 
gique , de l'Institut de France, de l'Académie royale de 
Berlin, etc., à Paris. 



- 18 — 



■IBIIBRBS CORRBSIK>lVDAlirr0. 



B0R6NET (A.)» 0. :gc, professeur ordinaire à FUniversité de 
Liège, membre de FAcadémie royale de Belgique, de la 
Commission royale d'histoire, etc., à Liège, 

B0R6NET (J. ), %, conservateur des archives de l'État à Namur, 
secrétaire de la Société archéologique de cette ville, etc. 

DE BORMAN DE SGHALKHOVEN (Chevalier C), conseiller 
provincial, membre correspondant de la Commission royale 
des monuments, etc., à Schalkhoven. 

DE BUSSCHER (E.), ]gc, secrétaire de la Société royale des 
beaux-arts de Gand, de la Commission royale des monu- 
ments, etc., à Gand. 

GHALON (R), 0. igt, membre de l'Académie royale de Bel- 
gique, président de la Société royale de la numismatique 
Belge, etc., à Bruxelles. 

GORBESIER ( N. ), vérificateur à l'administration de l'Enregis- 
ment et des Domaines, etc., à liège. 

DE COSTER (h.)^A\VQ0iQ\xv&<à\2iRevuedelanumi9mat%quehelge^ 
correspondant de la Société archéologique du Luxem- 
bourg, etc., à Bruxelles. 

DE CRASSIER (L.-D.-J. baron), 0. ^, s^c, conseillera la Cour 
de cassation, membre du conseil héraldique, etc., à 
Bruxelles. 

DELAHAYE (A.-J.), 0. ^, ancien ingénieur en chef, directeur 
des ponts et chaussées de la province de Li^e, etc., à 
Namur. 

DELHASSE (F.), membre de la Société des Bibliophiles lié- 
geois, etc. 

DESNOYERS (J.), ^, bibliothécaire au Muséum d'histoire na- 
turelle, secrétaire de la Société d'histoire de France, etc., 
à Paris. 



— IO- 
DE THEUX DE MONTJARDIN (chevalier Xavier), docteur en 
droit, président de la Société des Bibliophiles Belges, etc., 
à Bruxelles. 

DE VILLE-THIRY (Emile), membre de la Société de géographie 
de Paris, etc., à Liège. 

DEYILLERS (L.)» conservateur-adjoint des archives du Hai- 
naut , membre de la Société scientifique et président du 
Cercle archéologique de Mons, etc., à Mans. 

DIEGERIGK (J.), ^, secrétaire de la Société historique de la 

ville d'Ypres, correspondant de la Société d'Emulation de 
Liège, etc., à Ypres. 

FIESS (J.), ]S^, conservateur de la bibliothèque de l'Université 
de Liège, président de la Société des Bibliophiles Lié- 
geois, etc., à Liège.. 

GROTEFEND, professeur à l'Université de Heidelberg, etc. 

HAGEMÂNS, ((>.)» membre de la Chambre des représentants, 
vice-président de l'Académie d'archéologie de Belgique,etc. , 
à Bruxelles. 

HELBIG(H.), secrétaire de la Société de l'Espérance, de la 
Société des bibliophiles liégeois, etc., à Liège. 

d'HERIGOURT ( comte Achmet), ^, vice-président deTAcad^ 
mie d'Arras, membre de la Société historique et littéraire 
de Tournai, etc., à Souchez, près Arras. 

KAUSLER (E.-H.), conseiller intime, archiviste général du 
royaume de Wurtemberg, à Stuttgart. 

KEMPENEERS (A.), ancien professeur de droit canon au 
grand Séminaire de Liège, etc. 

LAYALLEYE (E.), ancien professeur d'histoire et d'archéologie 
à l'Académie des beaux-arts de Liège, etc., à liège. 

DS LIMBOURG (H.), propriétaire et maître de forge», à Theux. 

LOUMYER (N.), )gc, chef de division au ministère des affliires 
étrangères. 

MARTIAL (Ep. ), avocat, membre de la Société liégeoise de 
littérature wallonne, etc., à liège. 



— iT — 

MULLER (G.), ]£, membre de la Chambre des reprë&eatants, 
ancien membre de la Députation permanente du Conseil 
provincial, etc., à Liège. 

NAMUR (Â.), conservateur-secrétaire de la Société royale ar- 
chéologique du Luxembourg, etc., à Luxembourg. 

NAUTET ( G. ), imprimeur-libraire, directeur de la Feuille du 
Dimanche, à Venners. 

NEYEN (Aug.) membre fondateur de la Société royale archéolo- 
gique du Luxembourg, etc., à Wiltz. 

DE NOUE (A. ), docteur en droit, membre de la Société d'archéo- 
logie Rhénane, etc., à Malmédy. ^ 

PERREAU (A.), agent du trésor, président de la Société scien- 
tifique et littéraire du Limbourg, etc., à Tongres. 

PETY-DE ROSEN ( J. ) banquier, membre de la Société royale de 
la numismatique belge, etc., à Grum, 

RÉMONT (J.-E.), ®, professeur d'architecture et de construc- 
tion à l'Académie des beaux-arts, membre de la Commis- 
sion royale des moouments, etc., à liège. 

RENIER (J.-S. ), peintre d'histoire, professeur h l'Ecole indus- 
trielle, etc., à Verviers. 

DE ROBIANO (comte MO» &» sénateur, membre du Gonsei 
héraldique, etc., à Bruxelles. 

m THIER (C), juge près le tribunal de première instance de 
Liège, ancien secrétaire de l'Institut, etc., à Liège. 

VAN DEN STEEN de JEHAY (comte X. ), membre de la Société 
royale de la numismatique belge, de la Société des anti- 
quaires de Picardie, etc., à Bassines. 

VAN DER STRAETEN-PONTHOZ (comte F.), vice-président de 
la Société archéologique de la Moselle, membre de l'Aca- 
démie de Metz, etc., à Metz. 

VAN HULST (F.), ®, avocat, professeur^ agrégé à l'Université 
de Liège, ancien directeur de la Revue de Liège, etc., à Liège. 

VISSCHERS (A. ), 0. Se, membre du Conseil des mines et de la 

2 



— 18 — 

Commission directrice des Annales des travaux publics de 
Belgique^ etc., à Bruxelles. 

WARZËE (A.), chef de division au ministère des travaux pu- 
blics, membres de plusieurs Sociétés savantes, etc., à Bru- 
xelles. 

WURTH-PAQUET (F.-X.), an,ancien ministre de la justice, ancien 
président de la Société royale archéologique du Luxem- 
bourg, etc., à Luxembourg. 

ZOFPL (H.), professeur de droit à l'Université de Heidelberg, 
conseiller du grand duc de Bade, etc. 



MEMBRES ASSOCIÉS. 

ANGENOT (F.), chef de division au gouvernement provincial. 

BURY (Auguste), avocat. 

GAUMARTIN (L.), homme de lettres. 

DEBRUN (G.-L.-E.), juge-de-paix, à Waremme. 

DEJARDIN (L. ), docteur en médecine. 

DELEXHY (M.-B.-J.), ancien conseiller provincial. 

DOREYE (L.-A.-J.), 0. ]g[, président à la Gour de Liège. 

DUMONT(B.-A.), ®, notaire. 

FALISSE (L.), industriel et consul de Russie. 

FICK-SIMON, conseiller communal. 

FORGEUR (Joseph), G. ®, avocat et sénateur. 

FRANKINET (T.), avocat. 

GLOESENER (M.), 0. ®, professeur émérite à l'Université. 

DE GOER DE SPIRLET (baron), propriétaire. 

DE HEMRIGOURT de GRUNE (comte Arthur), docteur en droit. 

HENNEBERT (Armand), ingénieur. 

LEQUARRË (Nicolas), professeur d'histoire à l'Athénée royal. 

DE LOOZ-CORSWAREM (comte H.), sénateur. 



— 19 — 

NOPPIUS (Lambert), architecte provincial. 
D'OTREPPE (Frédéric), 0. )$«, propriétaire, 
d'OTREPPE (Adolphe), propriétaire. 

RICHARD-LAMARCHE, <H.),«. *, propriétaire. 

DE ROSSIUS-ORFAN (C) , C. ® , jjc , Président de la Société 
d'Emulation. 

DE LA ROUSSELIÈRE (baron Gaston), propriétaire. 

THIMISTER (Olivier), chanoine honoraire de la Cathédrale. 

DE TOMBAY (Fr. Jos.), sculpteur. 

WAUTERS-CLOES (Hyac), propriétaire. 

WHETNALL (baron Ed.), secrétaire délégation. 

Membres décèdes depuis la fondation de Mnstltut (1850-1868). 

DAVREUX (Charles), ®, agrégé à l'Université, ancien profes- 
seur à rÉcole industrielle de Liège, membre de la Commis- 
sion administrative des Hospices, secrétaire de la Commis- 
sion médicale provinciale, membre de TAcadémie royale de 
médecine, etc., né à Liège le 10 septembre 1800, décédé en 
cette ville le 11 avril 1863. 

DUVIVIER (Chevalier Charles), i», *, curé de St-Jean , 
aumônier général des décorés de la Croix de fer, ancien 
professeur au petit Séminaire de Liège, correspondant de 
l'Académie impériale de Mâcon, des Sociétés philotechnique 
de Paris, d'Émulation d'Abbeville, de Cambray, etc. ; né à 
Liège en 1799, décédé en cette ville, le 1*' féviier 1863. 

HOCK (Félix) capitaine pensionné, trésorier de l'Institut ar- 
chéologique et conservateur-adjoint du Musée, né à Liège 
en 1807, décédé en cette ville le 3 mai 1867. 

HOUBOTTE (Jacques), ®, ingénieur en chef, directeur des 
ponts et chaussées de la province de Liège, né à Liège en 
1813, décédé à Sclessin le 5 avril 1867. 



— ao 



MEMBRE» HOlVORAmES. 



DE BEAUFORT (comte A.-L.-L.), C. ®, 0. >^, inspecteur gé- 
néral des beaux-arts, président de la Commission royale 
des monuments, membre du Conseil héraldique, du Conseil 
d'administration de la Bibliothèque royale et du Musée 
royal de peinture de Bruxelles ; né à Tournai en 1806, 
décédé à Bruxelles, le 29 juillet 1858. 

BOUCHER DE PERTHES ( J.), 0. yf^. Président de la Société 
impériale d'Émulation d'Abbeville, etc., né vers 1786, 
décédé en juillet 1868. 

DE RAM (P.-F.-X.), 0. )gc, recteur magnifique de l'Université 
de Louvain, membre des Académies royales de Belgique et 
de Munich, de la Commission royale d'histoire, de l'Aca- 
démie théologique et de l'Académie de la religion de 
Rome, etc. ; né en 1804, à Louvain, décédé en cette ville le 
14 mai 1865. 

SCHAYES (A -G.-B. ), ®, conservateur du Musée royal d'ar- 
mures et d'artillerie, membre de l'Académie royale de 
Bruxelles, des Académies d'archéologie de Belgique et 
d'Espagne, des Sociétés archéologiques, et historiques 
d'Utrecht , Leyde , Trêves , de la Morinie , du Luxem- 
bourg, etc. ; né à Louvain en 1808, décédé à Ixelles le 
8 janvier 1859. 

DE STASSART (baron G.-J.-A.), G. 0. ®, ^, G. 0. >8r, envoyé 
extraordinaire et ministre plénipotentiaire , chambellan de 
S. M. l'empereur d'Autriche, gouverneur des provinces de 
Namur et de Brabant , président du Sénat, membre de l'A- 
cadémie royale de Belgique, de l'Institut de France, etc. ; 
né à Malines en 1780, décédé à Bruxelles le 10 octobre 1854. 

WARNKOENIG (L.-A. ), «, conseiller intime de S. M. le Roi de 
Wurtemberg, ancien professeur aux Universités de Liège, 
de Louvain, de Gand, de Fribourg et de Tubingue, etc., né 
en 1794, décédé à Stuttgart le 19 août 1866. 



— 21 - 



:IIBIIBHK9 GORRESPOIVDA1IIX8. 



BÂILLEUX (Fr.), avocat, conseiller provincial, secrétaire de 
la Société liégeoise de littérature wallonne, etc. ; né à Liège 
en 1817, décédé en cette ville le 24 janvier 1866. 

BARON (A.-A.), 0. ®, ^, professeur émérite à l'Université de 
Liège, membre de l'Académie royale de Belgique, ancien 
professeur à l'Université libre et à TÉcole militaire de 
Bruxelles, ancien préfet des Études de TAthénée de cette 
ville ; né à Paris en 1794, décédé à Ans-et-Glain le 24 
mars 1862. 

CARTON (C.-L.), ®, chanoine de la Cathédrale et directeur 
de rinstitut des Sourds-Muets et des Aveugles de Bruges, 
membre de l'Académie royale de Belgique, président de 
la Société d'Émulation de Bruges, etc. ; né à à Pitthem en 
1802, décédé à Bruges le 8 mars 1863. 

DE CLOSSET (Léon -, ®, professeur ordinaire à l'Université de 
Liège, ancien précepteur des fils de Léopold P^; né à Liège 
en 1827, décédé en cette ville le 31 août 1866. 

COMHAIRE DE SPRIMONT (baron C.-V.), ancien membre du 
Conseil provincial de Liège, de la Société de numismatique 
belge, etc.; né h Liège en 1817, décédé à Bruges le 6 
mars 1861. 

DELVAUX (H.-J.-B.), géomètre-apenteur, ancien bourgmestre 
de Fouron le-Comte, auteur du Dktionnaire géographique 
de la province de Liège ; né en 1796 à Fouron-le-Gomte, 
décédé le 22 avril 1888. 

DE SAINT-GENOIS (baron Jules), ®, conservateur de la Bi- 
bliothèque de l'Université de Gand, membre de l'Académie 
royale de Belgique, de la Commission des monuments , 
directeur de la commission directrice de la Biographie na- 
tionale; né à Lennick (Brabant) en 1813, décédé à Royghera 
(Gand) le 10 septembre 1867. 

DEWANDRE (H), 0. ^, avocat, ancien membre du Congrès 



- 22 - 

national, ancien bâtonnier, président de la Société libre 
d'Émulation, membre de la commission administrative du 
Conservatoire royal de Liège, de la commission provinciale 
des monuments, etc. ; né à Liège en 1790, décédé en cette 
ville le 30 septembre 1862. 

DINâUX (Arthur), )^, directeur des Archives historiques du 
Nord de la France et du midi de la Belgique, membre corres- 
pondant de TAcadémie des Inscriptions , de la Société des 
Antiquaires de France, etc. ; né à Valenciennes en 1798, 
décédé à Montalaire (Oise) le 15 mai 1864. 

KERSTEN (Pierre), ®, directeur-propriétaire dix Jourtial his- 
torique et littéraire , ancien professeur à l'Athénée de 
Maestricht; né à Maestricht en 1789, décédé à Liège, le 
3 janvier 1868. 

LIBERT (Harie-Amie), botaniste et archéologue, membre de la 
Société Linnéenne de Paris, de la Société des antiquaires 
du Rhin, etc.; née à Malmedy en 1782, décédée en cette 
ville le 13 janvier 1868. 

MATERNE (J.-F.-C), C. ^, ►!<, C. jjc , envoyé extraordinaire 
et ministre plénipotentiaire, secrétaire-général du Ministère 
des affaires étrangères; né à Uuy en 1807, décédé à 
Schaerbeck, le 18 avril 1860. 

MOTTIN (P.-B.), archéologue, échevin et secrétaire deHannut; 
né à Hannut en 1794, décédé le 30 juillet 1889. 

DE RENESSE-BREIDBACH (comte L.-J.), 0. ®, vice-président 
du Sénat, membre de la Société royale de la numismatique 
belge, etc. ; né en 1797, décédé à Bruxelles le 28 mars 1863. 

DE REUME (Auguste), ^, major d'artillerie, membre des Aca- 
démies de Besançon et de Bordeaux, de la Société histo- 
rique d'Utrecht, etc.; né à Maestricht en 1807, décédé à 
Bruxelles le 2 juillet 1868. 



>î«<o* 



LE TOMBEAU DE REGINARD 



ÉVÈQUE DE LIÈGE. 



Reginard, que l'on croit issu de la maison de Bavière, succéda 
en 1024 à Durand sur le trône épiscopal de Liège. L'abbé Rupert 
et Cilles d'Orval ont écrit qu'il acheta l'évéché à l'Empereur ; 
mais dans une savante dissertation écrite sur ce sujet, le doyen 
Devaux a pleinement justifié Reginard de cette accusation. 

Quoiqu'il en soit, le nouvel évêque administra le diocèse et 
gouverna la principauté naissante avec beaucoup de zèle et de 
sagesse. Une grande disette jointe au fléau de la guerre ayant 
affligé le pays, les pauvres accoururent de toutes parts à Liège 
pour implorer des secours et échapper aux horreurs de la faim. 
L'évéque en nourrit à lui seul jusqu'à trois cents par jours 
et répartit les autres dans les villes de Huy, Dinant et Fosses. 

La violence des esLUt ayant enlevé le pont construit sur la 
Meuse, Reginard le fit reconstruire en pierres,et en même temps 
exhausser les rues de la ville. Il fit élever une église à St-Nicolas 
évêque de Myre, fonda les paroisses de St-Martin en Isle et de 
Si-Nicolas aux Mouches et augmenta le chapitre de St-Barthe- 
lemy de douze prébendes. 

A cette époque le monastère de St-Laurent était réduit à une 
extrême pauvreté. Reginard le prit sous sa protection, agrandit 
les bâtiments et y fit construire une église spacieuse qui fut 



24 - 



consacrée avec beaucoup de solennité le 3 novembre 1034 par 
Pelegrin, archevêque de Cologne, assisté de Févêque Jean, légat 
du pape. 

A la mort de Reginard les religieux de St-Laurent réclamèrent 
les dépouilles mortelles de leur bienfaiteur et lui accordèrent 
la sépulture dans Téglise même qu'il avait fait édifier. Ce 
tombeau était situé dans le chœur, devant les degrés du maître 
autel ; il portait pour épilaphe les vers suivants : 

Huic domus, hœc judeXy liœc ejus tota suppelleXj 

Nec minor judicio cultus episcopio. 
Tollitur hic vonis perfuncta sorte decembris. 
Par et ei introitus par erat et reditus. 
Àtmo Domini MXXXVl, obiit dominm Reginardus venerabUis 

Leodiensis episcopus. 

Vers le milieu du douzième siècle Everlin de Fooz, abbé de 
S. Laurent (élu en août 1181, mort le 21 décembre 1182) crut 
remplir un devoir de piété et de reconnaissance en ornant cette 
tombe des vers suivants qui étaient incrustés en lettres d'or : 

FloSy decus, ecclesiœ pi^œsul, speculumque sophiœ 
Hic, ReginardCy jaces, corpore jam cinis es. 

Nos quia frumenti satias pingueditie duki, 
Paseua sint cœli centuplicata tibi. 

Te rapit a tenebris mundi lux quinta decembris^ 
Splendeat in requie^ sol tibi justitiœ. Amen (0- 

Cinq siècles s'étaient écoulés depuis et le tombeau de Regi- 
nard avait échappé aux vicissitudes et aux ravages du temps, 
lorsque le prince d'Orange à la tète de ses troupes vint camper 



(') Historia imignis mmasterii S. Laurentii, dans l'Ampli ss. coUectio, t. IV, 

p. ioeis. 



— M — 

ato faobourg de Ste-Walburge le 28 octobre de Tan 1568. Il 
avait déjà par(M)oru la principauté semant le pillage et Tincendie 
dans les abbayes et les édifices religieux. Liège avec ses nom- 
breuses églises et les richesses qu'elles renfermaient» était une 
proie bien propre à tenter la cupidité des farouches novateurs. 
Le prince d'Orange songeait, disait-on, à surprendre la ville 
lorsqu'il sollicita du Magistrat la liberté de la traverser avec ses 
troupes. Mais les Liégeois, après lui avoir opposé un refus 
formel, avaient pris les armes et défendaient leurs remparts 
avec courage. Le prince, pour se venger de cet échec, mit le feu 
à l'abbaye et à l'église de S. Laurent. Langius, auteur contem- 
porain, décrit ainsi cet événement : 

« L'abbaye de St-Laurent ne put échapper à la furieuse rage 
» des Huguenots lorsque, faisant mine d'assiéger la cité du 
» costé de Hasbain sous la conduite du Prince d'Orange l'an 
i> 1568, ils prindrent une honteuse fuite talonnés par le duc 
» d'Albe. Et prenant vengeance sur les lieux sacrés ils mirent 
» le feu au beau monastère de St-Laurent le 4 de novembre. 
» L'église fut entièrement brûlée sans qu'ordre se put mettre à 
» la véhémence du feu, à cause de l'écoulement du plomb dont 
9 la voûte, la nef et la tour étaient couvertes. Puis la flamme 
» glissant de lieu en lieu consuma une grande partie de la mai- 
» son, restant seulement les murs droits. 

» La dite maison se va reparant journellement et se réduisant 
» en sa première beauté. L'église aussi petit à petit se remet en 
» ordre. La diminution des revenus, suite des malheurs du 
» temps, ne permet d'achever de sitôt l'œuvre commencée, v 

Le tombeau de Reginard enveloppé dans ce désastre était 
sans doute fort mutilé ; Tannée suivante 1569, le 19 février, on 
en fit l'ouverture. On trouva le corps de l'évéque entier avec ses 
habits pontificaux, la crosse et un calice d'argent sur lequel la 
rouille n'avait presque pas exercé ses ravages. Ces objets 
remarquables étaient accompagnés d'une lame de plomb sur 
laquelle on lisait l'inscription suivante : 



— 26 - 

EGO REGINARDVS LEODIENSIS EPISCOPUS EXCESSI 
DE VITA ANNO AB INCARNATIONE DOMINI MILLESIMO 
TRIGESIMO OGTAVO, INDICT. QVINTA, NONIS DEGEMBR. 
ET SEPVLTVS SUM IN BASILICA S. LAURENTII, QVAM, 
ADJUVANTE DEC, CONSTRVXI (i). 

Ge ne fut qu'en 1 604 que le tombeau fut rétabli par les soins 
de l'abbé de Lonchin. 

Lorsque nous nous sommes rendus à Gharleville pour dessi- 
ner les tombes liégeoises, conservées avec soin dans le parc de 
M. Roulé, juge au tribunal de cette dite ville, nous avons trouvé 
celle de Reginard dépouillée d'inscription funéraire. De là les 
conjectures que nous avons hasardées dans le Bulletin de Fins- 
tiiut archéologique Liégeois tome VI, p. 65, avec planches), pour 
découvrir le nom du personnage qui s'y trouvait représenté. 

Depuis, nos doutes ont été entièrement dissipés par une dé- 
couverte faite par M. le chanoine Henrotte. Tout en poursuivant 
avec le zèle le plus louable ses laborieuses recherches sur les 
tombes de notre ancienne principauté, M. Henrotte vient de 
rencontrer sur un dessin fait par le héraut d'armes Van denBerg 
l'inscription dont était entourée la magnifique tombe dont 
nous nous étions occupé; celle inscription qui l'entoure a 
dû être gravée sur une bordure séparée de la pierre tombale et 
aura été perdue ou abandonnée lors du premier déplacement. 
Comme preuve évidente de rapport qui existe entre le monument 
et la bordure qui le complétait on remarquera le nom du sculp- 
teur, Martin Fiacre, répélé sur les deux objets ; voici la lettre 
et la forme du second : 

( f ) Fisen, Historia^ pars. I, p. i80. 



— 27 — 



R. D. OGERVS DE LONCHIN ABBAS 38. 



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-0100 iiiao waiaow iaO ihoioahisnoo 



— 28 — 

Cette iuscription fait descendre Reginard des ducs de Bavière 
mais cette opinion ne repose, jusqu'à ce jour, sur aucune auto- 
rité solide. Nous ferons encore remarquer que la date de la 
mort de Févêque est indiquée de deux manières : la lame de 
plomb dont nous avons fait mention ci-dessus et Lambert le 
Petit donnent Tannée 1038, tandis que Gilles d'Orval et Tinscrip- 
tion de Tabbé Lonchin rapportent la mort de Reginard à 
Tannée 1036. 

En 179S, époque fatale pour nos monuments, la pierre sépul- 
chrale de Reginard ne put échapper aux investigations des 
vandales modernes qui dévalisaient notre patrie. Elle fut enlevée 
de l'église S. Laurent et déposée provisoirement à St-Denis, à 
Liège, ainsi que celle de Tabbé Cromois pour être expédiées à 
Paris. 

Pour établir les frais de transport, on évalua le poids qui fut 
trouvé être, pour chacune de ces pierres, de 10,000 livres (i). 

A ces renseignements qui nous sont communiqués avec tant 
de bienveillance, nous ajouterons que, suivant Tobservatioa 
d'un de nos honorables collègues, les mots grecs de la tombe 
de Reginard pourraient bien se lire : 

AicOBAEitE TEAOZ (respice finam) 

Le sculpteur aurait fait un A du premier a 6t, renversant la 
lettre, aurait transformé le s en N. 

( 1 ) Notices tur les égliset du diocèse de Uége, par Jos. Daris, 1. 1 . 



NOTICE HISTORIQUE 



SUR 



GRAND-LOOZ. 



ÉGLISE DE GRAND-LOOZ. 

Le territoire de Grand-Looz était, à Torigine, compris dans la 
circonscription de la paroisse de Looz. Il en fut démembré et 
érigé en paroisse distincte déjà avant Fan 1875. Dans l'acte de 
démembrement, l'évéque avait réservé au curé de Looz le droH 
de conférer la cure de Grand-Looz et d'administrer aux pa- 
roissiens les sacrements de baptême et d'cxtréme-onction et le 
S. Viatique, ainsi que le droit de célébrer leurs obsèques. II est 
même probable que l'évéque avait maintenu l'obligation' qui 
incombait aux habitants de Grand-Looz de contribuer aux 
réparations de Téglise de Looz. 

L'église était dédiée à S. Servais. Elle ne comprenait aucun 
bénéfice simple. La cure était peu dotée et n'avait pas de pres- 
bytère. Aussi avant le XIX« siècle aucun curé de Grand-Looz 
n'y a habité. La plupart des titulaires étaient en même temps 
chanoines ou bénéficiers à Looz où ils résidaient. Les dimanches 
et jours de fête, ils se rendaient à leur paroisse pour y remplir 
leurs devoirs. 



- 30 — 

Jean Dickere est le plus ancien curé connu. On le trouve 
cité à Fan 1397. 

Math 1 AS Boes cité en 1477. 

Jean Expalude (Uyttenbroek) mourut en 1846. Il était chanoine 
jubilaire du chapitre de Looz. 

Raes Huberti obtint la cure en 1S16 et le bénéfice de la 
S*^ Trinité dans l'église de Looz en 1827. Il résigna la cure 
avant 1839 et mourut en 1842. 

Lambert de Cellis cité en 1839. 

Guillaume Van Entbroeck nommé curé en 1842, résigna la 
cure en 1849. 

Guillaume Van Alken, qui avait obtenu en 1836 le bénéfice 
de tous les saints dans l'église de Looz, obtint la cure de Grand- 
Looz en 1849. Il résigna la cure après 1866 et mourut à Looz 
en 1879. 

Gaspar Pétri de Houpertingen mourut curé de Grand-Looz 
en 1879 et eut pour successeur : 

Jean Strauven, maitre-ès-arts. 

Arnold Pulixx cité en 1889. 

Guillaume Egidii (Gielkens ou Gielis) est cité curé de Grand- 
Looz en 1896. 

Pierre Hassart, chanoine de Looz, fut nommé curé en 1602. 

Lambert Cell cité en 1611. 

Arnold Trekels, chanoine-chantre à Looz , était curé de 
Grand-Looz en 1613, quand l'archidiacre en fit la visite. La mense 

des pauvres possédait à cette époque un revenu de 8 muids 
d'épeautre. Le curé mourut en 1644 et eut pour successeur : 

Jean Van Entbroeck; né à Looz de Conrard Van Entbroeck, il 
y reçut le 13 septembre 1628 la tonsure du Nonce Pierre Louis 



— 31 — 

Caraffa. Il fit ses études à rUniversité de Cologne et obtint en 
1641 uu co-canonicat dans Téglise de Looz. 

Corneille Loeffelt était curé de Grand-Looz , quand Tarchi- 
diacre en fit la visite en 1658. Celui-ci trouva le mobilier de 
relise dans un état satisfaisant, mais l'église elle-même avait 
besoin de réparations. Au mattre-autel, il y avait un assez beau 
tableau. La population de la paroisse était de 90 communiants. 
Les revenus de la cure ne montaient qu*à cent mesures de 
seigles dont la moitié était absorbée par les taxes royales. La 
fabrique avait un revenu de 20 mesures de seigle et la mense 
des pauvres possédait six à sept muids de seigle, mais au té- 
moignage du curé, la communauté avait engagé quelques terres 
de la mense pour payer les contributions militaires. Martin 
Tercaefs en était le mambour. Les comptes se rendaient devant 
le curé et la communauté. Ce fut sous le curé Corneille 
Loefiëlt, avant l'année 1712, que les sœurs Marie et Elisabeth 
Copis léguèrent un capital de SOO florins pour la fondation 
d'une messe quindenale en l'honneur du S. Sacrement. 

Le curé était en même temps recteur du bénéfice de S. André 
k Looz. Il mourut en 1712. 

Arnold-Henri De Roest, de 1712 à 1724. 

Louis de Robst naquit à Looz de Frédéric de Roest, mayeur 
de la Cour et lieutenant-drossard du district. Il obtint en 1712 
le bénéfice de S. Eloi dans l'église de Looz et le 20 mai 1724 la 
cure de Grand-Looz. Il mourut à Looz le 1 août 1741. 

Jean Hubert Van Herck de Looz était recteur du bénéfice de 
S. Odulphe à Looz et curé de Grand-Looz. Après avoir résigné 
ces deux bénéfices en faveur de son neveu, il mourut à Looz le 
14 février 1784. 

Hubert Van Herck naquit à Looz le 20 janvier 1751. Pendant 
la révolution française, il prêta le 23 octobre 1797 le serment de 
haine à la royauté. Mais il le rétracta publiquement, dès qu'il sut 



— 82 ~ 

qu'il était illicite. Il administra sa paroisse, tout en résidant à 
Looz, jusqu'au 24 janvier 1831, jour de sa mort. 

N. Strybos, 1832-1839. 

M. Glaessbns de Rotbem, 1839-1 8S1. 

J. J. BoRMANS, 1851-1864. 

J. N. Ltbaers de Pael, 1864. 



IL 



COMMUNAUTÉ DE GRAND-LOOZ. 



Le nom primitif du village était Niel-S, -Servais, Hous ignorons 
à quelle époque on a commencé à l'appeler Grootloon^ Grand- 
Looz. Niel était une seigneurie du chapitre de S. Servais à 
Maestricht. La justice y était rendue par une Cour dont les 
raayeur, échevins et greffier étaient nommés par ce chapitre. 

L'église de S. Servais possédait, déjà à une époque très- 
ancienne , les seigneuries ou villages de Niel-S.-Setvais , 
Tweebergen, Vlytingen, Hees, Mechelen-Sur-Meuse^ Zepperen, 
Coninxiieim, Sluse, Heer-et-Keer, Berg et Berneauw. Ils sont 
connus sous le nom des onze bancs de S. Servais On les trouve 
énumérés dans la bulle du 31 mars 1139, par laquelle le Pape 
Innocent II confirme toutes les possessions de l'église de 
S. Servais. 

Ces villages suivirent naturellement le sort ou l'état de 
l'église de S. Servais sous le rapport de la souveraineté à 
laquelle elle était soumise. Il n'est pas sans intérêt d'en dire 
ici un mot. 

L'Empereur Henri IV affranchit, par son diplôme de 1087, 
l'église de S. Servais de tout pouvoir d'un souverain subalterne 
et la déclara libre et impériale, ne reconnaissant au-dessus 



-S3- 

d'elle que rautoriié de FEmpereur ; il annexa la prévôté à la 
dignité de chancelier de FEmpereur et se réserva ainsi qu'à ses 
successeurs Favoueriede l'église. (Mirœus IV. 186.) 

Le roi des Romains, Henri V, confirma en H09 les anciennes 
exemptions et privilèges dont jouissait Féglise de S. Servais 
avec ses biens et ses personnes ; il déclare, entre autres, que 
les mayeurs, échevins et autres fonctionnaires des villages de 
Féglise, ainsi que ceux de Féglise même, sont exempts des tri- 
bunaux tant de la ville que du dehors, et que, s*il s'élève de 
justes réclamations contre eux, il y sera satisfait par la Cour de 
Féglise. (Mirœus IV. 190). 

Les villages de Vlytingen, de Niel-S. -Servais, de Cminxheim 
et de Mechelen étaient situés au comté de Looz. Le comte 
Louis I s'arrogeait certains droits soit de suzerain soit d'avoué 
sur ces villages, principalement sur celui de Vlylingen, dont il 
contraignit les habitants à se présenter chaque année aux trois 
plaids généraux qu'il tenait à Dulcebergh. Le chapitre de 
S. Servais en fit des plaintes. Le roi des romains, Conrard II, 
déclara en 1146 que le comte de Looz n'avait aucun droit soit 
de suzerain soit d'avoué à exercer sur ces villages qui ne 
reconnaissaient d'autres supérieurs que Féglise de S. Servais et 
l'Empereur. (Mirœus IV. 20:i) 

Cet étal d'indépendance fut modifié en 1204. L'Empire étaft 
alors disputé entre Olhon IV et Philippe II. Celui-ci, pour 
gagner le duc de Brabant à son parti , lui fit de grandes 
largesses à la Diète de Coblence, le 22 nov. 1204 ; il lui donna 
en flef la ville de Maestricht avec ses justices et ses dépendances 
situées tant en ville qu'au dehors, ainsi que Féglise de S. Ser- 
vais avec tous ses droits de ta même manière qu'elle avait 
appartenu à ses prédécesseurs les empereurs Henri et Frédéric : 
ce coficedimus ei et hœredibus suis in feudum dvitatem Trajectensem 
cum omnibus justiUis et appenditiis suis intra dvUatem et exl^a^ 
uecnem ibidem ecclesiam S. Servatii cum omni integritate et eo jure 
quo patri nostro Frederico et fratri nostro Hefirico divis romanorum 

3 



— 34 — 

imperatoribus attinebat. » (Bulkens p. 58.) Par suite de cette 
concession, l'église de S. Servais et par conséquent les onze 
seigneuries précitées, étaient devenues un fief du duc de Bra- 
bant. Aussi dès le 12 mars de Tannée suivante, le duc Henri fit 
usage de son nouveau pouvoir sur celte église en confirmant 
Texemption, dont jouissaient les employés de celle-ci, des 
tribunaux tant de la ville que du dehors. (Mirœus IV. 224.) Cette 
exemption fut confirmée par Frédéric II en 1218 (Mirœus IV. 
228.) et par Henri VII (i) en 1222. (Bul. corn. dChist, III, IX. 31.) 
Mais ces deux souverains ne rendirent point à Téglise son an- 
cienne indépendance. 

Cette indépendance lui fut rendue au mois de décembre lî^32 
par Frédéric II qui confirma la charte de l'empereur Henri IV 
de 1087, et afin que cette indépendance du duc de Brabant et de 
tout autre prince, ne lui fût plus enlevée, elle fit confirmer par 
le Pape Grégoire IX le 22 nov. 1233 toutes ses libertés et 
immunités. 

Henri, roi des Romains, maintint cette indépendance de 
l'église de S. Servais contre le prince-évêque de Liège ; les 
18 mars et 20 septembre 1234, il déclara que cette église ne 
relevait que l'Empereur et que le prince-évêque n'y avait aucun 
droit à exercer. (Mirœus IV. 237. Bul. corn. d:iiist. III. IX. 42.) 
L'empereur Frédéric II confirma cette sentence le 9 septembre 
1236. (Mirœus IV. 288.) 

Dans les seigneuries de S. Servais existait la coutume que les 
sœurs ne partageaient point avec les frères dans les biens 
censaux ni dans les biens allodiaux. La Cour d'Aix-la-Chapelle 
jugea que celte coutume était légitime et ne pouvait être abrogée 
que par l'Empereur. L'Empereur Richard confirma cette cou- 



( i ] « Statuimus igitur ut omnes ofliciales prselaxatss ecclesise beati Servatii in 
Trsgecto et ministri de viUis ipsius ecclesiœ et ofllciaies et ministri ejusdem eccle- 
sise ab omni exactione liberi sint et jure civili et forensi ccyascumque mcrca- 

tionis vel negociationis fuerint et in se proclamanlibus sub conductu domini et ma 
gistri sui satisfacient. » 



— 35 — 

tume et cetie décision, le 10 septembre 1270 ; la Cour d'appel 
pour les seigneuries de S. Servais était établie dans la maison 
du prévôt à Haestricht et était composée des échevins des cours 
des seigneuries ; Richard confirma cet ordre hiérarchique par 
le même diplôme et établit qu*on ne pourrait appeler de cette 
Cour d'appel qu'à l'Empereur. {But. corn. (Thist. III. IX. 49.) 

L'empereur Rodolphe confirma l'exemption et l'indépendance 
de l'église S. Servais par ses chartes du 1«' nov. 1273 (Hirœus 
IV, 228) et du 9 avril 1282. (Bull, corn, (Chist., III. IX, 49). 

Malgré ces confirmations multipliées, les princes voisins 
usurpèrent assez souvent sur les droits de l'église de S. Servais. 
Le chapitre exposa à l'Empereur Charles IV que, par conces- 
sion de ses prédécesseurs, il avait la justice haute et basse 
dans les villages de Niel ou Groitloeny Vlytingen, Hees^ Sltue^ 
Coninxhem, Zepperen, Heer et Bemeauiv, qu'il avait le pouvoir 
de proscrire et de priver de tout honneur tous ceux qui y com- 
mettaient des crimes, et que dans ces villages il ne reconnais- 
sait d'autre supérieur que l'Empereur; il lui demanda de con- 
firmer cet état de choses et d'accorder que les proscrits par le 
chapitre seraient pris pour tels dans tout IVmpire, qu'il pour- 
rait continuer à nommer les échevins de ces villages, qu'il 
pourrait, en cas de guerres privées, y ordonner des trêves et 
en punir les violateurs et que ces villages seraient exempts des 
exactions des princes voisins. L'Empereur le fit par la bulle 
d'or (fl) du 21 déc. 1362. Le même jour il adressa une lettre à 
l'archevêque de Cologne et aux ducs de Brabant et de Juliers, 
pour les établir les conservateurs, les juges et les protecteurs 
perpétuels des droits, privilèges, exemptions de Téglise de 
St-Servais avec pouvoir d'attraire en justice les violateurs de 
ces droits. [Bullcom. (Thist., III. IV, 71). 

Les privilèges et les droits de l'église S. Servais furent suc- 



{ i ) Ainsi appelée du sceau d'or qui y était appendu. 



— 36 — 

cessivement confirmés par les empereurs Frédéric (les 24 etî6 
juillet 1442,) Maximilien, (le 18 déc. ISIC,) Gharles-Quint, (le 10 
mars 1534.) 

L'empereur Frédéric III, par son diplôme du 26 juillet 1442, 
confirma au chapitre la faculté d'ériger une cour d'appel pour 
les onze villages. Le chapitre organisa celte cour d'appel et la 
composa des échevins délégués par les dix cours subalternes, 
du grand-prévôt, du ry-prévôt et du raayeur de Vlytingen. La 
cour dont on appelait, n'y avait point de délégués. 

L'empereur Charles-Quint incorpora le 1<^«^ juillet 1830 la ville 
de Maestricbt au duché de Brabant. Le chapitre de S. Servais 
craignant que, par suite de cette incorporation, l'église de 
S. Servais avec ses seigneuries impériales ne lût considérée 
comme une dépendance de Maestricht et annexée à ce titre au 
Brabant » le chapitre, disons nous, s'adressa à Charles-Quint 
pour obtenir la confirmation de ses privilèges et de son indé- 
pendance ; il l'obtint le 10 mars 1834. 

Des cours subalternes des onze villages, on appelait h la cour 
d'appel et de celle-ci aux tribunaux suprêmes de l'Empire. Ce 
dernier appel étant très-difficile et très-coûteux , le roi Philippe 
II permit, le 13 juin 1874, que des onze seigneuries de 
S. Servais, on pût appeler en matière civile à ses commissaires 
établis à Maestricht, mais il n'en fit point une obligation et ne 
défendit point les appels à l'Empire ; d'ailleurs il n'en avait pas 
le pouvoir. Aussi les appels à l'Empire eurent-ils encore lieu 
après cette époque. 

Pendant les longues guerres entre les Provinces-unies et les 
Pays-Bas, les villages de Grand-Looz, de Coninxheim, de Zep- 
peren , de Sluse et de Heer, demandèrent en 1894 au gouverne- 
ment des lettres de sauve-garde et de protection, comme étant 
des villages impériaux et neutres ; ils les obtinrent moyennant 
une somme annuelle à payer sous le titre de protectie-pennin- 
gen. L'année suivante, Jean Hildernis, receveur du gouverne- 
ment pour le quartier de Maestricht, exigea ces protectie-pen- 



- 37 ~ 

ningm des villages de Mechekn, Vlytingen et Hees, mais ceux-ci 
réclamèrent près du Conseil privé à Bruxelles qui reconnut 
leur neutralité et leur indépendance par décisions des 28 juin 
1595, 9 août 1596 et 5 août 1597. 

Les troupes des provinces-unies s'emparèrent de Maestricht en 
1632; mais ni le traité de capitulation du 22 août 1632 ni le 
traité de Wesphalie de 1648 ne donnèrent l'église de S. Servais 
avec ses seigneuries aux Etats-généraux. Aussi les ducs de Bra- 
bant continuèrent-ils à se considérer comme les protecteurs des 
onze villages de S. Servais et à exiger les protectie'pmningen 
de ceux de Grand-Looz, Coninxheim, Zepperen, Sluse et Heer. 

Par la paix de Nymègue du 10 août 1678, le roi de France 
s'engagea à remettre les Etats-généraux « dans la possession de 
la ville de Maestricht avec le comté de Vroeiihoven, les villages 
de rédemption et les bancs de S. Servais. » Le chapitre de 
S. Servais réclama contre la cession de ses onze villages aux 
Etats-généraux, comme n'ayant jamais été la propriété du roi 
de France. L'ambassadeur français, le comte de Davaux, appuya 
la réclamation et déclara que le roi de France n'avait ni voulu 
ni pu céder les villages de S. Servais. Les Etats-généraux 
accueillirent la réclamation et déclarèrent le 22 octobre 1678 
« dai de selve sullenjouisseren en behouden het regt van juridictie, 
die sy voor daio van den oorlog tnsschen hoogstgedachte %yne 
konijiglyke majesteit van Vranckryken desen staet onstaen, genoien 
gejouisseerd hebben. » 

Les Etats-généraux s'attribuèrent dès le XVII' siècle le droit 
de protection sur les onze vilbges de S. Servais et exigèrent 
aussi le payement annuel des protectie-penmngen ; toutefois ils 
respectèrent fort peu leur qualité de villages impériaux et 
neutres et ils y exercèrent plus d'une fois des actes de souve- 
raineté. Par suite de ces conflits entre les ducs de Brabant et 
les Etats-généraux, les onze villages devaient payer les protec- 
tie-penningen aux deux souverains; celui de Grand-Looz payait 
à chacun la somme annuelle de 120 florins. 



— 38 — 

Onze chanoines du chapitre de S. Sei*vai$ étaient les seigneurs 
des onze villages de leur église et, comme ils y étaient élus par 
le chapitre dans un certain ordre, ils portaient le nom de 
Ry-proosten. 

La communauté de Grand-Looz était régie par un bourg- 
mestre, élu chaque année par la généralité des habitants. Il 
faisait la recelte des revenus communaux et rendait chaque 
année un compte public de son administration. Il y avait deux 
espèces de revenus communaux, la première était une contri- 
bution foncière (Schatting) établie par les habitants et destinée 
à payer \es protectie-peimingen et à satisfaire aux exactions mili- 
taires ; la seconde était un impôt sur le revenu présumé (de ge^ 
bruiken) ; cet impôt était réparti par six hommes élus à cet effet 
et il sentait à couvrir les charges communales (dorplasten). Cet 
impôt montait en 1712 à la somme de 343 florins et la contri- 
bution foncière était en 1749 de 9 florins par bonnier, parce 
que, pendant ces deux années, la commune avait eu à subir les 
exactions des troupes étrangères. L*état actuel des archives 
communales ne nous a pas fourni d'autres détails. Nous ajoute- 
rons ici les noms de quelques bourgmestres : 

• 

1702 Gilles Depladt 1783 Jean Glaes 

1703 Paul Ghysens 1784 Richard Meyers 

1704 Martin Tercaefs 1796 Liévin Copis 

1705 Gillis Depladt 1800-1817 Liévin Copis 

1706 Martin Tercaefs 1817-1836 Jean Claes 

1707 Martin Tercaefs 1836-1864 Jean Copis 

1708 Lambert Malaise 1854-1867 Liévin Deploigc 
1709-1716 Martin Tercaefs 1867 Hubert Deploige. 



- 39 - 



m. 



DOCUMENTS HISTORIQUES. 

VISITE ARCHIDIACONALE DE L*ÉGL1SE DE GRAND-LOOZ 8 OGT. 1658. 

Eadem die venimus ad Nilum S. Servatii, ubi non repertus 
fuit pastor residens Loscastri ubi est etiam capeilanus et loco 
parum dissito nempemedio dumtaxal milliari. Gustos sive matri- 
cularius aperuit ecclesiam et retulit D. pastorem exspectasse 
adventum nostrum toto meridiano tempore. 

Est satis pulclira pictura in summo altari. Repertum missale 
romanum ; calix unus parvus totus argenteus ; duse mappse 
super aitare, Aux casuisB. 

Venerabile, ut nobis apparuit, asservatur in inuro à latere 
summi altaris, sed propter absentiam pastoris non potuerunt 
visitari Sacramenta. Non pendet lampas, sed in candelabro 
parvo ferreo muro iniixo imposita est candeia , sed non lucebat. 

Tabulatum navis est omnino tritum et corruptum et ecciesia 
est sordida indigetque dealbatione. Est sub invocatione S. Ser- 
vatii et nulla sunt altaria prseter summum. 

Postea supervenit D. Pastor qui est D. Cornélius LœfTveit ; 
coliator pastor Lossensis ; habet dumtaxat pro sua competentia 
circiter cenlum vasa siliginis mensurse Lossensis ex quibus 
desumitur medietas pro taxis regiis ex quo sit patria regia. Non 
habet etiam domum pastoralem et prseterea nihil. Ecciesia est 
quarta capella sub matrice Lossensi non habens primum nec 
ultimum sacramentum. Reperta fuit pixis cuprea in qua asser- 
vatur Venerabile. Monitus pastor ut imponat capsulam lineam 
excorporali. 

Est unica campana quî6 est fissa. 



- 40 — 

fabrica tiabet circiler vigiiiti vasa siligiiiis et unum caponem. 
Mamburnus est Gaspar Messis. 

Pauperes solebant habere sex vel septem modios siliginis, 
sed dicit pastor communitatem transportasse aliquas terras 
spectantes ad dictum membrum, pro solutione onerum et 
talliarum his miseris temporibus quse promiserunt redimere, 
dum ad meliorem fortunam redierint. Modernus mamburnus 
est Martinus Tercaefs et redduntur singulis annis utriusque 
membri computus coram pastore et communitate. Pastor 
conscribit librum conjugatorum et morluorum et habet 90 vel 
circiter communicantes. 

VISITE ARCHIDIACONALE DE 1720. 

Ëcclesia parochialis de Grootloen qusa dicitur quarta capella 
sub ëcclesia matrice Lossensi, cujus rector est Arn. Henr. de 
Roest» intitutus ab archidiacono ad prsesentationem pasloris 
Lossensi ; rescribitur ad 15 modios siliginis percipiendos ex 
terris arabilibus et aliquot reditibus. 

Nullum est beneficium et ëcclesia caret primo et ultimo Sacra- 
mento ; non cantatur missâ nisi diebus solemnioribus, incolœ 
fréquentant ssepius ecclesiam matricem. 

Proventus labricas consistunt in 21 flor. 

Pauperum autem in 3 modiis siliginis, item in 18 vasis ex 
locatione terrarum, insuper in aliis 33 vasis ex reditibus. 

Summa 500 florenorum pro celebratione missse de Venerabili 
feria quinta per quiudenam legata per Mariam et Ëiisabetliam 
Gopis sorores tiodië est applicata. 

Gommunicantes sunt i^O ; 

Duae campanse spectantes ad communitatem ; 

Dominus temporalis est capitulum S. Servatii Trajectense ; 

Gum nulla sit domus pastoralis , pastor residet Loscaslri ; 
communitati mandat arcbidiaconus ut quamcitodomumprocuret. 



NOTICE HISTORIQUE 



SUR 



GOTHEM. 



I. 



ÉGLISE DE GOTHEM. 

L*église de Gothem est dédiée aux SS. Denis et Nicolas. 
Elle Tut érigée en église paroissiale déjà avant 1252, mais les 
fonts-baptismaux furent réservés à celle de Guttecoven dont 
elle était démembrée. La collation de la cure appartenait au 
seigneur de l'endroit. Il y avait dans l'église deux bénéfices 
(déjà cités en 1404) fondés l'un en l'honneur de S. Catherine et 
l'autre en l'honneur de la S^^-Vierge. Le premier était à la col- 
lation du seigneur de l'endroit et le second était en 1712 à la 
collation des familles De Geioes, De Hinnisdael et D'Alcken. 

On ignore l'époque de la construction de la tour et de l'église 
actuelle; elles paraissent antérieures au XVII* siècle. 

La Mense des pauvres (déjà mentionnée en 1389), possédait 
en 1726 onze bonniers, quatorze verges de terre arable, dôme 
mesures de seigle, trois mesures de froment et cinq florins en 
rentes annuelles. En 1853 ses revenus étaient de 983,56 francs. 



_ 42 - 

Reinier est le plus ancien curé connu de Gothem. On le trouve 
cité en 1252. 

Jean, dit Tielman, cité en 1404. 

GoDEFRoi Drossetten, cité en 1477. 

Simon Buntinx, cité en 1517. Il était aussi recteur du bénéfice 
des Trois Rois à Looz où il résidait. Il résigna en 1517. 

Adam van Alcken succéda en 1517 à Simon Buntinx dans la 
cure de Gothem et le bénéfice des Trois Rois. Il résida à 
Looz et fit remplir ses fonctions pastorales par Guillaume 
Kesers. 

Arnold Buntinx, cité en 1550. Il résigna en 1559. 

Gilles Virginis, prieur de Thôpital de la chaîne à Liège, 
nommé en 1559, ne résida point, il résigna sa cure en 1561 et 
eut pour successeur 

Gilles de Lierneux, chanoine de S. Materne à Liège, qui ne 
résida point non plus. 

Thomas van den Ketel fut nommé eu 1564 ; il était chanoine 
de la collégiale de Looz où il résidait aussi. 

Adrien Bellarts, chanoine-chantre de Looz, fut nommé en 
1578. Il fit administrer la paroisse par un vicaire. 

Jean Strauven de Looz, résida à Looz et y obtint successive- 
ment le bénéfice de S. Jean Tévangeliste, un canonicat, la di- 
gnité de chanoine-chantre en 1587 et celle de chanoine-écolàtre 
en 1599. Il mourut à Looz en 1605. 

Jacques van Gel de Looz fut nommé en 1605. Quoiqu'il fût 
recteur du bénéfice de la S'®-Croix à Looz , il parait avoir 
résidé à Gothem. Il desservit la paroisse de Looz de 1625 à 
1627, année de sa mort. 

Arnold Hermans, recteur du bénéfice de la S'^-Trinité à Looz, 
obtint la cure de Gothem en 1627 et alla y résider. Pendant 



- 43 — 

répidéiiiie de 1635 et i636, il revint à Looz et y mourut victime 
du fléau. 

Mathias Hathts, cité en 1646 et 1651, mourut en 1655. 

Mathias Van Genechten fut nommé en 1655 sur la présenta- 
tion de Gérard Van Baeren. Les droits de chancellerie qu'il 
paya montèrent à 51 florins. Ce fui sous ce curé, que le doyen 
du Concile, Renier Geloes, curé de Zonhoven, fit la visite de 
réglise. On voit par le procès-verbal qu'il en a dressé, que le 
mobilier laissait beaucoup à désirer et que la tour et les murs 
menaçaient ruine. La population de la paroisse était de 50 
communiants. Le curé résida dans sa paroisse et y mourut en 
1676. Il eut pour successeur 

Gilbert Van Haren. L'archidiacre qui fit la visite de l'église 
en 1680, la trouva restaurée et mieux meublée. La fabrique et 
la Mense des pauvres avaient, chacune, un revenu de 6 muids 
de seigle. La population était de 50 communiants. Le curé 
mourut le 20 mars 1696. 

Roland François Ceulers, recteur du bénéfice de S. Martin et 
organiste à Looz, obtint la cure de Gothem en 1696. II la rési- 
gna en 1698 après avoir obtenu celle de Cuttecoven. 

Jean Coelmont , proche parent du seigneur de l'endroit , 
obtint de celui-ci la cure en 1698. Les curés du Concile de 
Hasselt l'élurent doyen vers 1702. Il résigna cette dignité en 
1725. Les curés réunis dans la chapelle des clercs à Hasselt 
lui donnèrent pour successeur, le 25 mars 1725, Hechtermans 
curé d'Alken, et ils convinrent en même temps qu'au décès de 
l'un d'entre eux, les autres diraient trois messes pour le repos 
de son âme. Cette pieuse coutume a subsisté jusqu'au commen- 
cement de notre siècle. Le curé Coelmont tint lui-même école 
pour les enfants de sa paroisse. 

Gilles Pascal Ridderbeecks de Hasselt commença sa rési- 
dence à Gothem en 1739 et administra sa paroisse avec le plus 
grand zèle jusqu'au 23 avril 1790, jour de sa mort. 



- 44- 

Pierre Hbndrix de S. Trond régit la paroisse pendant trois 
ans (1790 à 1793) et fut ensuite promu à celle de Houpertingen. 

■ 

N. DiRix de Hasselt obtint la cure en 1793, mais il la résigna 
bientôt entre les mains du collateur. Elle fut conférée à 

Guillaume Nartus de Tongres, commença sa résidence à 
Gothem au mois de juillet 1794. Pendant la révolution fran- 
çaise, il refusa de prêter le serment de haine et fut, pour cette 
raison, condamné à la déportation et porté sur la liste des 
émigrés. Son église resta fermée au cuite depuis le mois 
d'octobre 1797 jusqu'en 1802. Le mobilier de celle-ci, mis en 
vente à Looz, le 12 novembre 1799, fut acheté pour la somme 
de 27 francs par Jean Wagemans qui le restitua à la fabrique. 
Le presbytère mis en location, le 13 juin 1798 et le 25 mai 
1799, fut loué par Daniel Foury qui en laissa la jouissance au 
curé. 

R. Steenen succéda à Nartus en 1807 ; il ne régit la paroisse 
que jusqu'en 1815. La cure resta vacante jusqu'en 1834. Pen- 
dant ce temps, Olten, curé de Hendriken, soigna les intérêts 
religieux des habitants de Gothem. 

N. Vranken fut nommé curé de la paroisse en 1834, mais il 
résigna ses fonctions Tannée suivante. 

Martin Volders succéda à Vranken en 1836. Le grand zèle 
qu'il mit à soigner les intérêts religieux de sa paroisse ne fut 
guère récompensé par la reconnaissance de ses paroissiens. 
Il résigna en 1839 sa cure qui , restée vacante jusqu'en 1842, 
fut desservie pendant ce temps par le curé de Hendriken. 

N. Wendelen, nommé curé en 1842, mourut le 27 janvier 
de l'année suivante. 

Chrétien Toppet de Lowaige, 1843-1855. 
J. GoYENs de S. Trond, 1865. 



48 — 



II. 



SEIGNEURIE DE GOTHEM. 

Gothem n'était pas une seigneurie proprement dite ; il était 
compris dans le ressort de la Cour de justice extérieure de 
Looz, dite, banc de Grathen). Le village donna son nom à une 
noble famille de chevaliers qui y possédait de grands biens 
allodiaux. Nous mentionnerons tous ceux qu'on trouve cités 
dans les chartes du temps. 

Guillaume de Gothem est le plus ancien qui soit connu. En 
1207, il assista comme témoin à la, paix que Louis II, comte de 
Looz, conclut avec Henri, duc de Brabant (Butkens, p. S8). 

En 1213, il combattit sous ses ordres à la célèbre bataille de 
Steppes près Montenacken où Hugues de Pierrepont et Louis II 
comte de Looz, remportèrent le 13 octobre une grande victoire 
sur Henri duc de Brabant (Wolters, n^" 154). En 1216, il assista 
comme témoin à la charte par laquelle Louis II, comte de Looz, 
déclare avoir vendu la dtme de Montenacken à Tabbaye de Val- 
Notre-Dame. 

Le jeune Conrard de Gothem, fils d'Abraham de Gothem, 
accompagna le comte Louis II en Angleterre, lorsque celui-ci 
s'y rendit en 1207 pour en ramener son épouse Ade, comtesse 
de Hollande. Il y fut retenu en otage avec plusieurs autres 
nobles du comté de Looz par le roi Jean-Sans-Terre jusqu'en 
1216. Ils profitèrent alors de la révolte des barons anglais 
contre le roi pour s'évader et revenir dans leur pays (Kluit ii. 
383. Reinieradan. 1216). 

LiBERT DE Gothem, chevalier, n'est connu que par un acte 
d'usurpation sur le moulin de Wellen, commise au préjudice de 
Fabbaye de Munsterbilsen qui en était propriétaire. Arnold IV, 
comte de Looz et avoué de l'abbaye, promit au mois de mars 



— 46 — 

1236 de la garantir contre les usurpations du chevalier de 
Gothem. (Wolters, n« 207,) 

Abraham chevalier de Gothem, mort avant le mois de mars 
1290, laissa une fille nommée Aleyde qu'on trouve citée à cette 
date. 

Nenkin de Gothem, chevalier, épousa Ode, deuxième fille de 
Louis Surlet-le- Vieux. Son épouse mourut le 10 déc. 1266 et 
fut enterré dans l'église des Mineurs à Liège. L'inscription 
tumulaire portait : hicjacet Oda, quoiidam uxor Nankhii militis 
de Gothem, quœ obiit anno ab Incamatioîie Domini M, CC. LXVI 
quarto idus decembris, cujus anima requiescat in pace, amen, 
(Robyns, p. 149). Nenkin mourut le 17 janvier 1297 et fut en- 
terré dans réglise de Gothem. Sa pierre sépulcrale y subsiste 
encore et porte l'inscription suivante : Anno Domini M. CC. 
nonagesimo sexto : XIII : ha : febi^arii oHt Domin. Nenkinus de 
Gotheim miles. Anima ejus per mirm Dei requiscat in pace, ameti. 
Ils laissèrent onze enfants, savoir: (a) Nentdnde Gothem^ ûls 
aine qui suit; (b) Louis de Gothem, dit de Cumetaille, qui 
épousa une des femmes de chambre de la reine d'Allemagne et 
d'Angleterre, femme du roi Richard ; il en eut une fille nommée 
Marie qui épousa Printe de Warancelle, dont vinrent deux 
garçons et une fille nommée Marie. Gérard Printe de Waran- 
celle, fils aine, se maria dans la terre de Fauquemont, je ne 
saurais dire à qui, ni ce qui en arriva. Louis, second fils, 
épousa une fille du seigneur de Nayvaigne sur la Meuse, dont 
Broustem de Havelange avait eu l'autre; (c) Lambert de Gothem, 
dit d'Opheers, chanoine de S. Jean l'Evangéliste à Liège ; 
(d) Fastré de Gothem, chanoine de S. Martin à Liège ; (e) Jean 
de Gothem qui mourut sans hoirs ; (f) Nicolas de Gothem reli- 
gieux de S. Jacques, à Liège; (g) N. de Gothem, religieux à 
S. Trond ; (h) Agnès, fille aînée; (i) Catherine; (j) Hawide, 
toutes trois béguines ; (k) N. religieuse à Milen. (V. Hemricourt.) 

Nenkin de Gothem se maria au village de Gothem d'où il était. 



— 47 — 

Il y mourut le IS mai 1307 et fut enterré dans l'église. Sa pierre 
sépulcrale, qui y subsiste encore, porte l'inscription suivante : 
Anno uni M. CCC. VIL XVII calendas Junii in die beati Viti 
mris obiit Âmoldus des Nenkinus armiger de Gothehè, anima ejus 
requiescatin pace^ amen. (Y. Hemricourt.) 

Guillaume de Gothem, fils du précédent, se trouve cité à Tan 
iH9 dans un acte du chapitre de Looz. (Doc. hist. de la ville de 
Looz^ p. 6.) Ses descendants ne sont pas bien connus> Il est 
probable que ce furent : (2^) Guilleaume de Gothem, qui suit ; il 
hérita de la maison stipale, du moulin de Tendroit et du droit 
de patronage sur Téglise qu'il transmit à ses descendants dans 
Tordre de primogéniture ; (b) Gérard Printe de Gotliem qui 
transmit à ses descendants un grand bien allodial situé au 
centre du village. 

Guillaume de Gothem fit vers 1364 le relief de ses biens 
féodaux après la mort de son père Guillaume : « Wilhelmus de 
Gothem relevant quinque bonaria terrœ et prati in quatuor petiis ; 
item unum moletidinum jacens in Gotliem et est similiter feudum de 
Duras. Item relevavit advocatiam jacentem in Urle supra quandam 
euriam mansionariorum d° ' abbatis S. Trudonis feudi Lossensis 
per obitum Wilhelmi de Gothem quondam sui patris. Il mourut 
probablement sous le règne de Jean d'Arkel (1364-1378). Ses 
descendants ne sont pas bien connus ; il est probable que ce 
furent : (a) Guillaume qui suit ; (b) Jean qui épousa N. de Lang- 
dries dont il eut plusieurs enfants entre autres : Jacques de 
Gothem qui épousa en 1397 Cunegonde de Montenacken, et fut 
membre de la salle de Curange, échevin de Liège et seigneur 
de Riddersherck ; Englebert de Gothem, chevalier ; Jean de 
Golhem, chevalier. 

Guillaume de Gothem mourut vers 1420 et laissa une fille 
nommée Elisabeth qui suit. 

Elisabeth de Gothem épousa Guillaume de Walhoven. CeluN 



— 48 — 

ci fit à kk salle de Gurange le rel-er des biens féodaux de son 
épouse : « Wilhelmus de Walhoven îamquum mambumus iuœ 
uxoris Elisabeth de Gotkem relevamî dimidium molendmum cum 
ujfgere et crescenHa saUcum et aliarum arbarum adjacerUium situ 
in villa de Gothem ; item XLVI mrgatas magnas ierrœ et preUi 
sitas intei* Widdingen et Rollingen per obitum Wilhelmi de Gothem 
quondam patris dictœ Elisabeth (fol. 130). Après la mort du 
grand-père de son épouse, nommé aussi Guillaume de Gothem, 
il fit le relief de ses biens féodaux le H février 1423 (fol. 16). Il 
laissa une fille, nommée Elisabeth, qui suit : 

Elisabeth de Walhoven épousa Gislebert de Vilt. Celui-ci, 
comme mambour de son épouse, fit le relief de ses biens 
féodaux de Gothem, le 7 janv. 1475, après la mort de Guillaume 
de Walhoven. Un de leurs descendants porta la maison seigneu- 
riale située près du moulin et le droit de patronage sur l'église, 
dans la famille des De HariT, seigneurs de Geilekirchen au 
duché de Juliers. Au moins trouve-t-on Nicolas de Harff et 
Adam de Harff de Geilekirchen sucessivement propriétaires du 
bien et collateurs de l'église de Gothem de 1560 à 1638. Voici 
un fragment généalogique de celte famille, d'après le manuscrit 
deLefortX. 126, 132 : 

Jean de Harff, seigneur d'Alstorf, chevalier de l'Ordre de 
S. Hubert, au duché de Juliers, acquit, l'an 1500, le château de 
Geilekirchen de Guillaume, duc de Juliers et de Berghe. Il 
épousa en secondes noces Agnès Hoen de Hoensbroech, fille 
de Nicolas Hoen de Hoensbroech et de Jeanne de Corswaremme. 
Il laissa (a) Nicolas qui suit; (b) Jean de Harff, chanoine de 
S. Lambert de 1524 à 1581 ; (c) Judith, religieuse à Heinsberg; 
(d) Claire, religieuse ^i Heinsbergh ; (e) Agnès, doyenne de 
Munsterbilsen ; (f) Anne, qui épousa N. D'Eyss de Beusdaal. 

Nicolas de Harff, seigneur de Geilekirchen et grand-bailli du 
district, conseiller et chambellan du duc de Juliers, épousa 
Marguerite deMérode de Schlossberg, en 1559; il conféra la 



— 4» - 

dure de GMkem à GiUea Jfia^im ; ï 1^^399 i%i J^n ^ ^^yf[, 
seigneur /darQûUelurcben ; (b) Adtm ifi fimff 4MUuii ; j[ c ) Al verta 
de Sarff. 

Aj»Aif i>B H^Fir 4iK)ua9 Mj^rgMerile d'Elz dame hëriti^ire de 
Drinckboren au pays de Juliers. Il laissa (a) Adam de #^jf qui 
soit; (i»)lfai*giierite de Harif.<iui ^fOM^ fteinier de3^issel d^ 
Gimenich, seigneur de Schmiden. 

Adam w Sarpf, seigneur de Dnnckl>oren, époi^sa en premières 
noces Elisabeth de Binsfeld et en secondes noces Barbe Van 
Briel. Celle-ci lui survécut et hérita les terres de Gothem et de 
Driuckboren. Elle épousa en secondes noces Gérard Van Baeren 
qui sui|t : 

Gérard Van Bwnwfi était qapitaiae au service /^ la Holf^nde 
et avait â^ d'w vPrenuQr mi9i;iage un J^l^ np^wé Jea9- H leiir 
naquit ^ Uh>z le ^ m^rs i6&^9 ufi fil3 nomrpé Je^in-François. 
En 1I6SB, Van Bf^rw exerça sqd dro|it 4e pfitronjage sur régli$e 
de Gotbem en Ja cpnfér^t à Mi9t,hias Van Geueo^n. Bart^ 
Van Briel mourut à Gothem le â6 décembre 16$5 et Gérard 
Van Baeren le 3 mars 1661. Par testament conjoint fait à 
Waestricht le 12 Juillet 1653, ils léguèrent une rente de 16 1/3 
mesures de seigle aux pauvres honteux de Gothem, et une rente 
de 1 1/2 mesure au curé, sous la condition d'un anniversaire 
auquel les pauvres devaient assister. La tutelle de leurs enfants 
mineurs fut confiée à Thierri Van Baeren. Leurs propriétés de 
Gothem avec le droit de patronage sur l'église furent vendus à 
lllric Gluts ou à son successeur Jacques-Robert Meyers, sei- 
gneur de Gothem, vers l'an 1683. 

Gérard Printe de Gothem, écuyer, hérita le chftteau-fort 
situé au centre du village. Il épousa Elisabeth Henriette Bol- 
len. Il mourui à Gqthem le 34 oct. 1358 et y fut enterré dans 
régUse. Sa pierre sépulcrale, qui s'y trouve encore, porte l'ins- 
cription suivante : anno dni M- CCC LVIII vigesima quarîadU 
mmgU aotobri^ obUt Gerardus Print de Gothem armiger, oraU pro 

4 



— 80 — 

eo. anno dni M.CCCC III die mensis octobrù IlIIobiit domi- 
cella Elisabeth Hen Bollen uxor dicti Gerardi, orale pro ea. 

Un autre Gérard Printe de Gothem, qu'on trouve cité de 1376 
à 1404, et qui descendait de Guillaume de Gothem, au rapport 
de Hemricourt, était sans doute le fils du précédent. Sa fille 
épousa Jean BoUe van den Wyngaerde et lui apporta la terre 
de Gothem en dot. 

Jean Bolle van den Wyngaerde laissa une fille, savoir : 

Marguerite van den Wyngaerde. Elle épousa, par traité de 
juillet 1463, Arnold de Horion, dit le riche, seigneur d'Ordenge, 
et lui apporta en dot sa terre de Gothem. Elle la résigna en 
faveur de son fils Guillaume de Horion et celui-ci en fit le relief 
le 11 mars 1480 : Guilhelmttë de Horion relevavit curiam man- 
sionariorum cum vivario continente duo bonnaria terrœ sita in 
Gothem per resignationem dhi Amoldi militis tanquam mambumi 
Marguaretae mœ uxoris (fol. 47) Arnold de Horion mourut le 
15 juin 1481 et fut enterré dans l'église d'Ordenge. Sa veuve 
vivait encore le 1 sept. 1481. 

Guillaume de Horion, seigneur d'Ordenge, Loye, Reckoven, 
membre de l'État noble, épousa Agnès de Wyngaerde. Il fit 
testament le 28 oct. 1803. Sa veuve vivait encore en 1517. Ils 
laissèrent plusieurs enfants : (a) Guillaume, seigneur d'Ordenge; 
(b) Arnoul, seigneur de Loye et de Reckoven ; (c) Herman qui 
suit; (d) Conrard, qui suit en second lieu; {e) Marguerite; 
(/) Marie. 

Herman de Horion, écuyer, hérita de ses parents le château 
de Gothem , qu'il habita probablement. Il vivait encore en 1634. 
Il laissa sa terre de Gothem à son frère Conrard qui suit : 

CoNRARD de Horion, seigneur de Golonster, épousa le 20 janv. 
1828 Madeleine De Lamarck, veuve de Gérard de Ghoer, dame 
de Golonster et fille naturelle d'Everard De Lamarck d'Aren- 
bergh. Madeleine mourut le 16 sept. 1855 et Conrard le 6 juillet 



— 84 — 

1874 ; il furent enterrés dans Féglise de Tilf. Leurs enfants 
furent; (a) Conrard qui suit; (b) Guillaume qui suit en secondlieu; 
(c) Marguerite qui épousa le 32 nov. 1852 Jean d'Oignies; (d) 
Walburge qui épousa Adam de Kerckom ; (e) Anne. 

GoNRARD DE HoRioN, Iiaut-drossard du comté de Looz, épousa 
Barbe de Hochkirchen. Il mourut sans hoirs et laissa sa terre 
de Gothem à son frère Guillaume. 

Guillaume de Horion, seigneur de Colonster, épousa, par 
contrat du 21 mai 1877, Catherine de Saint-Fontaine. Des 
troupes espagnoles mutinées s*éiant emparées du fort de Die- 
penbeeck, après avoir commis des déprédations dans le comté 
de Looz, le prince-évéque Gérard de Groesbeck chargea Guil- 
laume de Horion de les en déloger et mit des troupes et de 
rartilleri0 à sa disposition. Guillaume s'empara du fort le 1 oct. 
1880 et délivra le comté de Looz du fléau des mutinés et 
des Vrybuyters, H mourut vers 1602 et laissa plusieurs enfants, 
savoir: (a) Gérard qui suit; (6) Marie qui épousa Gaspar Scheifart 
de Mérode, seigneur de Glermont près de Hervé ; (c) Madeleine, 
qui épousa Etienne de Geloes de Nyswiler ; {d) Marguerite qui 
épousa Thierri de Dobbelsteyn ; {e) Angèle abbesse de Vivegnis 
décédée le 18 mars 1638. 

Gérard de Horion hérita les terres de Colonster, Angleur, 
Rethinne et Gothem. Ferdinand de Bavière, prince-évéque de 
Liège, lui engagea le 18 nov. 1619 « ses terres et seigneurie 
de Gothem ainsi qu'elle se contient entre ses situations et ses 
joindants avec la juridiction haute, moyenne et basse, droits 
seigneuriaux, etc., et ce au moyen de la somme de deux cents 
rixdalers réellement comptés » ; par cette acte le prince engagea 
beaucoup moins que la formule n'exprime, car il n'accorda que 
le droit de porter le titre de seigneur de Gothem et un certain 
droit sur la chasse de la commune. Gérard de Horion épousa en 
en l'«* noces Anne d'Amstenraad de Meer et en 2***« noces 
Angèle de Wael de Yronenstein. Le 8 février 1627, il fut nommé 



— 82 — 

grand bailli du comté de Looz. Son épouse mourut le 29 déc. 
1628. Il lui survécut jusqu'au 10 oct. 1683. Il laissa de sa 
seconde épouse : (a) Guillaufne qui suit ; {b) Angële qui épousa par 
traité du 18 août 1668, François Nicolas de Haultepenne; (c) Fcr- 
dinande qui épousa Gérard de HoUogne, 

Guillaume de Horion, seigneur de Golonster, Angleur, Rétine, 
et Gothem, épousa par traité du 6 avril 1688 Anne Catherine de 
Dobbelsteyn. Le 14 nov. 1684, il fit à la salle du Gurange relief 
de ses biens féodaux de Gothem. Le 13 avril 1660, il vendit à 
Ulric Gluts de Tongres « sa censé, maison, stabilleriers, cher- 
waige, jardins, preits, terres, bois, hayes, appendices'et dépen- 
dances qu'il a au village de Gothem » pour la somme de 
quinze mille florins, sauf qu'Ulric Gluts acquittera les rentes 
de trois muids de wassend et de vingt florins de Brabant dont la 
terre est chargée. Le 10 juillet 1661, il lui vendit aussi la sei- 
gneurie de Gothem pour la somme de cents ducats. 

Ulric Gluts, seigneur de Gothem , vient y fixer sa demeure. 
Je ne sais s'il conserva longtemps la seigneurie de Gothem. 
On lit dans les registres de la Chambre des finances que le prince- 
évéque retira la seigneurie de ses mains et la donna à Jean 
Guillaume de Scharenberg, seigneur de Houpertingen qui la 
conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1686. D'un autre côté, on 
trouve dans les Gichtregister du banc de Grathem qu'UIric Gluts 
'céda la seigneurie de Gothem à Jean Louis baron dlBlderen, 
doyen de S'-Lambert. Celui-ci envoya son chapelain Ernest 
Peumans, chanoine de S*-Materne, pour en prendre possession. 
La cour de Grathem l'en mit en possession, le 1«' juin 1683, de 
la manière suivante : « Aen die gemeynte ter gewoenlycker 
plaetse vercondicht met toeslemminge ende applaudatie der 
sel ver gemeynte ende alsoo voorders synen geconstitueerden 
geleyt tôt aen die kerkpoorte des dorps hem aldaer in handen 
stellende den rinck der selver ende vervolgens tôt in die kerxîke 
alwaer hem van gelycken in handen door ons gelevert is die 



— sa — 

coorde der klocke die hy getrooken heeft, ailes in teecken van 
réelle ende actuele possessie der veorscrevea heerlyckheyt 
ende vaa allen rechteo ende dominie daervan dependeerende, 
jure cujusUbei 8alvo,endG mits den beboorlycken ende gerwoon- 
lycken eede die den voorscrevea heer geconstitueerde in 
aniïïMm donUni mi principalis solemnelyck iû onse handen 
gepresteert beeft, hetwelck in onser boeden gekeert wierdt: » 
(fol. 99). 

Jean Guillaume de Scharenberg, seigneur de Gotbem, mourut 
en 1686. A la demande des babitants de Gotbem, le prince- 
évéque donna, le l^' février 1686, la seigneurie à Jean Charles 
d'Oyenbrugge, comte de Duras et son grand cbancelier. 

Ulrio Gluts vivait encore en 1693. Sa fille Marie Catherine 
épousa Jacques Robert Meyers de S^-Trond et obtint la terre de 
Gothem. 

Jacques Robert Meyers parait avoir habité Gothem. La 
seigneurie de Gothem passa, après la mort du comte de Duras, 
au baron de Tollet. Le i juin 1711, elle revint et fut réunie à la 
Hense épiscopale par la permutation en faite avec le baron de 
ToUet contre la seigneurie d'Âelst. Le 19 avril 1720, le prince- 
évéque rengagea « à Jacques Meyers (qui ayant sa résidence au 
dit lieu, relevant comme plein fief de notre table de Curange, est 
un de nos vassaux) par forme d'échange et permutation contre 
oO flor. de rente annuelle que nous lui devons sur les revenus 
de notre récepte d'Alken. » Jacques Meyers ne la garda que 
jusqu'au 2 mai 1738. Le prince la retira alors de ses mains et 
rengagea, le 16 de ce mois, à Jean Herman de Stockem, sous la 
condition de payer une rente annuelle de 30 florins à Jacques 
Meyers. Le 19 septembre de la même année, la seigneurie fut 
retirée de ses mains et unie à la Mense épiscopale. 

Les villages du banc deGrathem, savoir : Ru llecoven, Kerniel, 
Cutteeoven, Gothem et Hendriken intentèrent, vers 1714, à la 
ville de Looz un procès touchant les limites respectives. La 



— 84 — 

ville de Looz avait établi une contribution foncière sur les terres 
situées dans son ressort. Les habitants des villages voisins , 
voulant soustraire leurs terres à cette contribution, tâchèrent 
de restreindre les limites de la commune de Looz. Il en résulta 
un procès qui, commencé vers 1714, ne fut terminé qu'en 1738 
par une transaction. Jacques Meyers l'avait soutenu au nom des 
villages et avait avancé en leur nom et à leur charge la somme 
de 13765 florins pour en payer les frais. Il mourut vers la 
fin de l'année 1733 et légua son droit de recours sur les villages 
à sa fille Isabelle Meyers , née à Gothem le 35 mars 1684 et 
béguine à S. Trond. Celle-ci réclama la somme. Il en résulta 
un nouveau procès qui trainait encore devant les tribunaux en 
1749. Les autres enfants de Jacques Meyers furent : (a) Etienne 
Joseph qui suit; (b) Ulric Gilles, né à S. Trond le 1«' octobre 1688, 
qui servit en 1733 en Espagne comme capitaine de troupes; 
{c) Jeanne Catherine qui épousa Jean Philippe Kieldenroy. 

Etienne Joseph Meyers épousa Eugénie Christine Vandermeer. 
Il reçut en engagère la seigneurie de Gothem et la conserva 
jusqu'en 1744. Le chapitre de la cathédrale la retira alors de ses 
mains et l'engagea, le 7 février 1744, à Jean Herman de Stockera 
qui l'avait encore eue en 1738. Elle se trouva en 1749 entre les 
mains du baron de Thiribu de Ryckel. Etienne Joseph Meyers 
habita Gothem et y mourut le 10 février 1751. Le curé lui donne, 
dans ses registres, la belle qnalification de benefactor noster, 
Etienne Joseph Meyers eut plusieurs enfants ; (a) Jeanne Alber- 
tine Victoire née à Gothem le 14 septembre 1710 ; (b) Jacques 
Otton qui suit; (c) Jean Dominique capitaine dans les troupes 
impériales ; (d) Marie Agnès qui épousa Laurent Guillaume 
Vandermeer, bourgme.>tre de Tongres; (e) Albin Balthasar capi- 
taine des dragons de Tordre teu tonique au service de l'empe- 
reur et chambellan (hoeveling) de l'archevêque de Cologne. 
(/)Anne Marguerite qui épousaN. Van Ausseloos; (j) Marie Jaco- 
bine qui épousa Jacques Van Meldert. 



— 86 -. 

Jacques Otton Mbtbrs, recteur du bénéfice de S. Catherine à 
Grottem, habitait le château de Gothem.Ii y mourut le 31 juillet 
1787. Par testament du l''' mars 1787, il institua ses héritiers 
son frère Jean Dominique et les enfants de sa sœur Marie Agnès, 
avec charge de donner une certaine part aux trois autres 
branches de la famille. Le 19 sept. 1787, Jean Dominique 
Meyers vendit sa part à ses trois nièces Vandermeer pour la 
somme de 20,000 florins. Le 13 octobre 1788, toute la succession 
de Jacques Otton Meyers fut vendue pour la somme de 91,200 
florins à Jacques Roelants de Hasselt ; elle comprenait, d'après 
Tafiiche de vente, « un bien do campagne consistant entre 80 
et 90 bonniers dont une partie relevant de la salle de Gurange, 
composant un grand fief. Il y est attaché un patronat laïcal qui 
donne collation de la cure du dit village avec marguillerie, un 
bénéfice et une troisième voix pour un second bénéfice. Il y a 
aussi un moulin à huile, bonne censé et quartier de maître. » 

Jacques Roelants fit le relief de ses biens féodaux de Gothem 
à novo domino, le 11 juillet 1793, et laissa sa terre de Gothem à 
son fils Guillaume. 

Guillaume Roelants épousa Isabelle de Stappers. Il mourut à 
Gothem d'un malheureux accident, le 18 février 1803, à l'âge de 
46 ans. 



III 



LA COMMUNAUTÉ DE GOTHEM. 



La commune de Gothem conserva jusqu'en 1796 son régime 
démocratique. Les bourgmestres y étaient élus, le 30 mars de 
chaque année, par la généralité des habitants devant laquelle ils 
devaient rendre compte de leur administration. Ils n'avaient 



dârïs léUt^ attributions <{uê la gestion jorotiialfèirè ; i\9 fài- 
saiérit àdssi lia reôeCté ded l'eTènns cfomâuriaux. Quant aut 
9Mtei itnportfltiltès, eiled étaient réservées à Ifoote la comtou^ 
natité. 

hèë nombreaëefs exactiofis des troupes étrangères eontrai-^ 
gftii*ëllt la doihmune à établir, dàils lof seconde moitié do XVIP 
siècle, tine contribetion sur les biens fonds situés dans sa oir- 
conscription. Cette contribution était ordinaireiàèAft de 3 florins 
par bonnier appartenant auié habitants de la Gommune {Imme- 
boîuiers] et de 2 florins par bonnier appartenant à des étrangers 
(buUebônders). Les Tiefs nobles en étaient exempts en vertu 
d*uH ancien [jrivilége des nobles du comté de Looz. On voit 
dans le eompte de 17S8 quMl y avait 141 bonnîers internes et 77 
bonniers externes et que le feriùage des prés communaux rap- 
portait 132 florins. 

I/établIssement de la contribution foncière amena k nomina- 
tion annuelle de deux bourgmestres dont Tun faisait la recette 
de la contribution qui pesait sur les bonniers internes {binnebor- 
gemeester) et l'autre celle de la contribution qui pesait sur les 
bonniers externes (buiteborgemeester). 

Depuis Tannée 1693 jusqu'en l'année 1734, une fraction 
notable de la commune se trouva souvent en conflit et en procès 
avec Jacques-Robert Meyers, propriétaire du château, principa- 
lement au sujet des couiributions communales. Celui-ci soute- 
nait que ses biens féodaux en étaient exempts et qu'en vertu d'un 
ancien usage, il ne devait payer que le quart dans les charges 
communales. Par une transaction conclue le 17 décembre 
1694, la commune accorda h Meyers que quinze dé ses bonniers 
seraient exempts de l'impôt foncier, à titre de biens féodaux, 
jusqu'à ce qu'il eut donné un état détaillé de ce genre de biens, 
mais cet état ne fut jamais fourni. Le 31 décembre 1706, il acheta 
de la commune quatre pièces de prés communaux en la déchar- 
geant d'une rente de 69 florins au taux de cinq pour cent. De 
nouvelles contestations furent terminées par une transaction du 



— W — 

9 jtiiii 1726 ; par oet aeie Meyers fail oondoaaAion à la eonumine 
d'un ôapiial de HHQ florins prêtés à celle-ci par Ulric GIaiIs,. 
ainsi que des intérâts échus ; la comiaune de son côté loi accorde 
le retenu du péage établi sur les deux ponts sous la coQdJtioD 
qu'il les eutrelieodrat elle exempte encore ciaq de ses bonniers 
de l'impôt foncier et reoonnatt les privilèges de sa brasserie 
banale {ban pamhuy$). Un nouveau contrat du H janvier 1731 
donna lieu k de nouveaux procès ; « le seigneur premier corn-' 
parant^ est-^îl dit dans ce coflUrat* laissera faire aux seconds 
oomparants^ au travers de son grand enclos et de son long pré» 
une rue ou chemin aussi large que celle qui passe devant la 
maison de leur mayeur, en droiture sur la ligne de la baie 
plantée entre le jardin, dit, fontem hoU par le mairafs ou pré, dit, 
het virkenibroeck jusqu'à la campagne ob il leur sera permis 
d'entrer avec charriots et charrettes pour faire la récolte et 
engraisser ta terre ; sur quelle rue ou chemin le sieur premier 
comparant se réserve le droit de pouvoir à toujours pour son 
profit et de ses successeurs et représentants planter une drève 
d'arbresi comme aussi une rangée & chaque côté du ruisseau ou 
aqueduc, dit, de logenbeeek qui correspondent sur les autres 
drèves, sans que la communauté y pourra jamais planter; et fera 
le seigneui* premier comparant à ses frais un autre ruisseau ou 
aqnéduo depuis le pont, dit, *s groMnbrugge ^ jusqu'à la dite 
drève, dont par le déeoulement de l'eau tous les prés de Faten- 
tour deviendront une fois meilleurs, et particulièrement le 
susdit Venbroeck^ lequel en pourra arborer jusqu'à la commu- 
nauté de Voordt; et domme sur le dit ruisseau il faudra deux 
ponts, le seigneur premier comparant achètera de son argent 
sur le lieu toutes les bleues pierres pour ce nécessaire, comme 
aussi les briques et pierres de pavé et devront tous manouvriers 
y travailler ou assister seulement quatorze jours à leur commo- 
dité et les censiers faire toutes les voitures nécessaires; et le 
chemin, dit^ dé helstege, restera en partie pour avoir accès aux 
trois maisons et biens situés vers l'endroit nommé houtebrocck. 



— 58 — 

Dont pour récompense de la perte de son fonds, le seigneur 
premier comparant profitera des dites drèves sur le pré, dit, 
het Verkensbroeck, avec les deux petites pièces situées entre le 
petit pont et le ruisseau du moulin proche le lieu, dit, hemelinck^ 
comme aussi, des deux autres piécettes restantes du dit chemin, 
dit, helstege, lesquelles il pourra incorporer, savoir, sur la ligne 
de la maison du susdit André vers le ruisseau et de la maison 
de Jacques Adons d'amont ; et la petite pièce qui restera entre 
la dite drève et le pré du sieur Melotte, il la laissera échanger 
sur ce que le ruisseau ou aqueduc prendra hors de ce pré, à 
mesure égale, et en cas qu'il y eut plus de mesure que dans 
cette pièce, le seigneur premier comparant devra la bonifier au 
sieur Denis Melotte ici présent et l'agréant sur le même pied 
et à proprotion que cette communauté en a profité du dit 
Melotte, bien entendu que le ruisseau avec encore quatre pieds 
au-delà en longueur sera mesuré et bonifié au dit Melotte par 
le premier comparant à condition qu'icelui et ses successeurs y 
pourront toujours le long du ruisseau planter pour leur profit 
une rangée d'arbres correspondant aux autres drèves que le 
premier comparant y a à l'entour, sans que le dit Melotte ou 
ses successeurs y pourront jamais planter. » Le procès occa- 
sionné par ce contrat fut terminé par la transaction du 29 mars 
1731 qui confirma tous les contrats antérieurs de 1694, 1706, 
1720 et 1737 et mit tous les frais du dernier procès à la charge 
de la commune. 

Me^ers mourut vers la fin de 1733. Le 17 décembre de cette 
année, tous les habitants se réunirent et décidèrent qu'on prie- 
rait le prince d'accorder la seigneurie de Gothem à quelqu'un 
qui ne leur suscite ni difiicultés ni procès. Leur prière ne fut 
point exaucée. Etienne-Joseph Meyers obtint la seigneurie en 
engagère et se maintint en possession de tout ce qui avait été 
accordé à son père. La minorité indépendante des habitants 
sollicita, dès lors, devant le Conseil-privé, l'annulation de tous 
les contrats que la commune avait passés avec Jacques-Robert 



— 89 — 

Meyers, sous le prétexte que ceux qui y étaient intervenus 
dépendaient de ce dernier et n'avaient pas pu s'y opposer. 
Deux députés du Conseil-privé, l'archidiacre baron de Horion 
et le baron de Méan, se rendirent à Gothem au mois de juin 
1734 et réconcilièrent les partis, tout en maintenant les con- 
trats antérieurs. 



IV. 



LISTE DE BOURGMESTRES (»). 



1675 Sebastien Willems. 

1676 Sebastien Willems. 

1677 Renier Van Alcken. 
1696 Daniel Daniels. 
1720 Henri Kunnen. 

1725 Henri Kunnen. 

1726 Henri Kunnen. 

1727 Henri Kunnen. 

1728 André André. 

1729 André André. 
i733 Lievin Cornelis. 

1738 Hermann de Drye et Jean 

Quets. 
1741 Gilbert Cornelis. 

1747 Daniel Foury. 

1748 Daniel Foury et Arnold 
Abeels 

1749 Daniel Foury et Jean 
Quets. 

1750 André And ré et Jean Quets. 
1781 Gilbert Cornelis et Daniel 

Foury. 
17S2 Jean Quets et Guil. Van 
Eiitbroeck. 



1753 Gérard Van Langenacker 

et Jean Quets. 
1784 Daniel Foury et Guil. Van 

Entbroeck. 
1788 DanielFoury et Jean Quets. 

1786 Guillaume Van Entbroeck 
et Daniel Foury. 

1787 Arnold Renaerts. 

1788 Guillaume Van Entbroeck 
et Jean Quets. 

1763 Guil. Van Entbroeck et 
Michel Grooten. 

1764 Henri de Drye et Guil. 
Van Entbroeck. 

1766 Guil. Van Entbroeck et Da- 
niel Foury. 

1767 Henri de Drye et François 

1768 Guil'. Van Entbroeck et 
Daniel Foury. 

1769. Guil. Van Entbroeck et 
Michel Grooten. 

1770 Gérard Van Langenacker. 

1771 Daniel Foury. 



(') Les aDciennes archives de la commune ne comprennent plus que quelques 
comptes et quittances et deux ou trois dossiers de procès. C'est de ces pièces que 
nous avons tiré les noms de plusieurs bourgmestres. 



— m — 

1774 Guil. Vao Entbpoeck. 1786 Guil. Van Eotbrodck et 
1778 Guil. Van Entbroeck. Jean Foury. 

1776 Arnold Renaerts et Guil. 1796 Daniel Foury. 



Van Entbroeck. 

1779 Jean Foury. 

1780 Jean Foury. 

1782 Arnold Renaerts. 

1783 Arnold Renaerts. 

1785 Arnold Renaerts et Jean 
Foury. 



1799 Jean Grooten. 
1800-180.4 Aubert Briers. 
1809-1820 Daniel Foury. 
1820-1836 Arnold Bartholeyns. 
1836-1883 Gérard Van Nitzen. 
1883 Winand Thys. 



Il y avait à Gothem une famille qui a fourni plusieurs prêtres 
à rÉglise. Nous en donnerons ici un fragment généalogique : 

Marie Van Algkbn, propriétaire de la ferme qui longe La 
Wolfstraat , épousa Gilles Melotte, dont elle eut plusieurs 
enfants : (a) Denis Melotte qui suit; (b) Gilles Metotte, curé à 
Horpmael; (c) Jean Melotte curé à Attenkoven ; (d) Nicolas 
Melotte» curé à Hex. 

Deois Melotte épousa le 19 mai 1718 Anne Bellefroid, fille 
de Lambert Bellefroid, mayeur de Hex. Il eut plusieurs enfants, 
parmi lesquels il y avait : (a) Lambert Melotte , curé à Atten- 
hoven en 1760 \(b) Anne Catherine Melotte qui suit. 

Anne Catherine Melotte épousa en 1748 Guillaume Van Ent- 
broeck. Il leur naquit plusieurs enfants à Gothem , savoir : 
(a) Jean Van Entbroeck, bénéficier de la collégiale à Bruxelles; 
{b) Jérôme Van Entbroeck, père récollet à Liège; ic) Denis Van 
Entbroeck, bénéficier des églises de Neerwinden et de Raetsho- 
ven ; (d) Guillaume Van Entbroeck, curé d'Attenhoven en 1797; 
(e) Marie Van Entbroeck qui suit : 

Marie Van Enlbroeck, née le 21 septembre 1749, épousa Jean 
Wagemans de Wellen, dont elle eut plusieui*s enfants , parmi 
lesquels il y a Isabelle Wagemans qui suit. 



- «1 — 

Isabelle Wagbmans a épousé Amold 'Bartholeyns ; son fils 
Robert Bartholeyns fut curé à Godscbeid et son 'fils Henri 
Bartholeyns est actuellement curé à lixfae. 



VL 



DOCUMENTS HISTORIQUES. 



I. 



VISITE ARCHIDI\CONALG DE l'ÉGLISE DE GOTHEM, 8 OCTOJNHB ii6S8. 

Eadem die visitata ecclesia de Gothem, intégra, sub invoca- 
tione S. Dionysii, eu jus rectorest D. Matheus Van Genechten 
absens et dicitur ab octiduo ivisse ad suos parentes in Gampi- 
niam et Brigittî&itidie.domiikiea uUima fècerunt ofiicium. GoUa- 
tor est Dominus temporalis de Drinckborn dominus temporalis 
loci et quidam Van Baren uti possideos coloniam dicti domini 
de Drinckborn in hoc pago sitam ultimo loco oontulit. Décimas 
omnes possidet domina de Herckenrode. Asservatur Venerabile 
in muro prope altare , et est lampas sed non est lumen conti- 
nuum. Reperta pixis Venerabilis cuprea salis indecens ; vascula 
sacrorum oleorum stannea ; nuUa remonstrantia ; calix unicus, 
cuppa et patena argenteis, pede cupreo ; sunt très mappse, unum 
antipendium; très casulae; très albae. Sunt circiter 50 dumtaxat 
communicantes. 

Baptisterium est clausum et matricularius non habet clavem 
sed credunt pastorem reliquisse in manibus pastoris de Hou- 
pertingen vicini. Ecclesia est obscura habens dumtaxat ab una 
parte fenestras ; indiget dealbatione prout et chorus. Gœmete- 
rium non est bene cinctum et pervium pecoribus. Vestibulum 
et mûri appendicum prout et turris minantur ruinam et magna 
indigent reparatione. 



— 62 — 

Sunt duo altaria fundata in hac ecclesia: unum sub invoca- 
tione B. M. V. cujus rector est D. Nicolarts canonicus S. Joban- 
nis; deservitur modo à pastore de Cuttecoven per missam in 
septimana. Aliud est sub invocatione S. Galharinae cujus rector 
est D. Petit-Jean pastor de Rockelenge et fructus ob defectum 
ornamentorum sunt arrestati ; deservitur à pastore de Gothem 
per missam in septimana. 

Fabrica habet S 1/2 modios siliginis et est lis pro uno alio 
modio. Mamburnus est Nicoiaus ab Aiken. Pauperes habent 
quinque vel circiter modios siliginis. Mamburnus est Johannes 
Lîbrechts. Renovantur autem singulis annis et redduntur bene 
computus. 

Sunt duse campanae. 



II. 



VISITE ARCmOlACONALE DE l'ÉGLISE DE GOTHEM, 1786. 

Ecclesia parochialis de Gothem quae dicitur quarta capella 
de Cuttecoven. Rector est Joh. Goelmont institutus ab archidia- 
cono ad praesentationem domini Jacobi Meyers uti possessoris 
bonorum quibus annexumest jus patronatus. 

Rescribitur ad 30 modios speltse partim ratione reddituum, 
partim etiam ratione terrarum arabilium. 

A cornu epistolae situm est altare sub invocatione S. Gatha- 
rinae cujus rector est Nicoiaus Melotte pastor in Hex institutus 
ab archidiacono ad praesentationem dicti domini Meyers, uti 
possessoris bonorum cui annexum jus patronatus ; tenetur 
ad missam septimanalem. 

A cornu evangelii stat aliud beneficium sub invocatione B. 
M. V. cujus rector est Richardus Lochtenberg institutus ab 
archidiacono ad praesentationem laicalem, sednescitur prsecise 
quis sit collator, tenetur ad duas missas septemanales. 



— 63 — 

FabricsB proventus ascendunt annue ad 20 vasa siliginis 
mensuraB Lossensiset 10 boDiiaria terrse, oneratur tamen annua- 
tim 30 vasis siliginis ergo matricularium, deinde erga diverses 
alios 38 vasis ; item tribus florenis annue pastori de Guttecoven 
solvi solitis pro recognitione fontis baptismalis. 

Proventus pauperum consistunt in sexdecim bonariis et 14 
virgatis, item in 12 vasis siliginis in pisto pane distribuendis, 
item in tribus vasis frumenti et 5 flor. br. — Onera vero 
consistunt in 38 vasis erga pastorem , in 2 vasis erga matri- 
cularium et in 7 1{2 erga rectorem altaris B. M. V. 

In turri sunt duaa campanae. 



NOTICE HISTORIQUE 



SUR 



BROUCKOM 



I 



L'EGLISE DE BROUCKOM (i). 



L'origine de l'église de Brouckom est inconnue. Il existe un 
diplôme par lequel Louis-le-Débonnaire donne à Fuleharicus, 
évêque de Tongres, pour son église cathédrale» ses biens situés 
au village de Promhem au pagus de Vitachgowl^ savoir : sa ferme 
impériale, ses terres exploitées soit par des hommes libres, 
soit par des serfs, l'église avec ses dîmes, les esclaves de l'un 
et de l'autre sexe, etc. Ce diplôme est daté d'Aix-la-Ghapelle du 
VI des Calendes de mai, de la YIII* indiction et de la XIII« 
année du règne de l'empereur Louis. Il se trouve transcrit au 
premier livre du cartulaire de S. Lambert écrit vers l'an 1300. 

(i) Le nom primitif doit avoir été Broeek-Heim, hsbitatioDS près des msrais. 



— es*— 

Aux yeux de' plusieurs écrivains, ce PromAem* n^est autre que 
Brouckom. Ce qui tend à le confirmer, c'est que le chapitre de 
S. Lambert a été, dès lès temps anciens, seigneur de Brouckom ; 
mais d'un autre côté, Brouckom est situé dans la Hesbàye (Aeu- 
pengauw) et le territoire compris dans la Hesbaye portait d^à' 
ce nom avant Tan 746. C'est ainsi qu'on trouve les expressions 
in pago hasbaniensU dans des chartes de 746, 779, 800, 83i, 
832, 837, 838, 844, 870, etc. 

^authenticité de la charte de Louis-le-Débonnaire est trës- 
contestée, à cause des grandes difiicultés qu'elle présente. 

Louis-le-Débonnaire fut associé à l'empire par son père Ghar- 
lemagne au mois de septembre 813 h la diète d'Aix; mais il ne 
prit les rênes du gouvernement en mains que le 28 janvier 814, 
après la mort de son père. C'est de cette dernière époque qu'il 
date les années de son règne. Les indictions, dont il s'est servi 
dans ses chartes, commencent au l''' septembre, et partent de 
l'an 313, c'est-à-dire, que le commencement de son règne tombe 
dans la YII« indiction. C'est là la chronologie ordinaire des 
chartes de Louis-le-Débonnaire, et celles dans lesquelles on 
trouve une autre chronologie sont probablement apocryphes. 

Le VI des calendes de mai de la VIII" indiction, date de la 
charte en question, répond au 26 avril 815 et au 26 avril 830; 
l'indiction , en effet, est une période de 15 ans. Or, ni Tune ni 
l'autre de ces dates ne concorde avec le 26 avril de la XII^ 
année du règne de Louis, c'est-à-dire de l'an 826 qui figure égale- 
ment au bas de la charte. On pourrait lever cette difiiculté, en 
disant que dans l'original de cette charte qui repose aux ar- 
chives à Liège, il faut lire la XVII« au lieu de la XIIP année 
du règne de Louis, et , en effet, les chiffres romains qui indi- 
quent l'année du règne ne sont pas très-bien écrits. 

Il est dit dans la charte que c'est Fulcharicus , évéque de 

Tongres^ qui a demandé cette donation pour son église; or c'était 

l'évéque Walcand qui occupait le siège épiscopal de 810 à 832. 

Il y a bien eu un évéque de Tongres du nom de Fulcaire, mais 

6 



— 66 — 

il gouvernait le diocèse de 746 à 768. Cette difficulté nous parait 
insoluble, d'autant plus que leXIIP des calendes de mai, de la 
XVIII® année du règne de Louis, de la IX* indiction, c'est-à- 
dire, le 19 avril 831, cet empereur autorise Walcand, évêque de 
Tongres, à faire avec Norduin un échange de biens de son église, 
situés à Villers dans le pagus de la Hesbaye (V. Chapeaville, 1, 
184). Il n*est guère admissible que le même évêque ait porté 
les deux noms de Walcandus et de Fukharicus^ ni que le notaire 
du chancelier se soit trompé de nom dans la rédaction de la 
pièce. 

La paroisse de Brouckom fut démembrée de celle de Looz à 
une époque qui m'est'inconnue, mais qui est certainement anté- 
rieure à Tan 1278. Dans l'acte de démembrement, on réserva 
plusieurs droits à Téglise-mère, à savoir, que les paroissiens de 
Brouckom seraient baptisés à Looz et que le curé de cette 
ville leur administrerait les derniers sacrements, chanterait 
leurs obsèques dans son église et nommerait les curés de la 
nouvelle paroisse. 

Les curés de Looz ont exercé ce droit de nomination jusqu'à 
la fin duXYlIP siècle, mais ils ont renoncé à leurs autres droits 
moyennant des rentes annuelles à leur payer par les curés de 
Brouckom. Déjà avant le XYI"" siècle, ils avaient autorisé les 
fonts baptismaux à Brouckom contre une rente de XX solidi qui 
valaient deux florins de Rhin ou 40 sous de Brabant en 1888. 

L'église de Brouckom était dédiée à S. Lambert. Il y avait 
un bénéfice simple en l'honneur de la Ste- Vierge, fondée avant 
l'an 1477. 

GoDEFROiD est le plus ancien curé connu. On le trouve cité en 
1319. 

Lambert cité en 1387. 

Jacques cité en 1382. 

Jean Tewis qui fonda une messe hebdomadaire. 

Jean Dryers qui fonda aussi une messe hebdomadaire. 



-67- 

Arnold Dryers résigna sa cure et mourut le 10 février 1804. 
Henri Winckelmans résigna sa cure en 1801. 

Henri Poelmans de Stevoort fuinommé en 1801. Il est encore 
cité en 1813. 

Henri Proesmans. 

Jacques Humes, déjà cité en 1824, ne parait point avoir résidé. 
Il mourut le 13 mai 1841. 

Gobrelin Coppen résigna sa cure en faveur de Walter 
Bartholeyns et se réserva avec l'autorisation du Pape une 
pension de 10 florins d'or. 

Walter Bartholeyns ne parait point avoir résidé. Il fit 
desservir la paroisse par Faslrard Persoens. En 1889, il résigna 
sa cure en faveur de Jean Nicolai. 

Jean Nicolai (Jean Glaes) defirouckom fut nommé en 1889.11 
parait qu'il habita Looz où il obtint en 1878 le bénéfice des 
Trois Rois. Le chapitre de Looz l'autorisa à desservir à la fois 
son bénéfice et sa paroisse. Il mourut en 1887. 

Lambert De Monte fut nommé en 1888 par Gielkens, curé 
de Looz» mais Farchidiacre de la Hesbaye, se fondant sur un 
droit de dévolution, parce que la cure n'avait pas été conférée 
dans le terme voulu, la conféra à Gérard Rouckart. Toutefois 
celui-ci parait avoir renoncé à ses prétentions. 

ANDRÉ DE Florido Gampo cst cité OU 1897. En 1899, il fut élu 
chanoine-chanire du chapitre de Looz. Il est probable qu'il 
résigna alors sa cure. 

Jean Vandergeeten de Milddelheer. Ge fut sous ce curé que 
la communauté de Brouckom soutint un long procès contre le 
chapitre de Looz au sujet de la reconstruction de l'église qui 
tombait en ruines. Elle prétendait que le chapitre, percevant 
les dimes de la paroisse, était tenu, à ce titre, de reconstruire 
l'église. L'aflTaire fut poi1;ée devant les tribunaux ordinaires. 



— 68 — 

Trois sentences conformes en émanèrent en faveur de la 
communauté. Le chapitre recourut au Pape et lui demanda le 
bénéfice de la révision sous le prétexte qu'il venait de découvrir 
de nouveaux documents propres à faire réformer les trois 
sentences. Le pape Clément VIII chargea, le 13 février 1604, 
Gérard Loers, doyen de S. Barthélémy, de citer les parties, 
d'examiner les nouveaux documents et de confirmer les trois 
sentences ou d'accorder le bénéfice de la révision. Le doyen 
confirma les sentences et le chapitre fut obligé de reconstruire 
l'église. Le curé mourut au mois d'août 1635. 

Pierre Daniels, 1635-1685. Il obtint, le 6 novembre 1642, 
l'incorporation du bénéfice de la Vierge à la cure. 

Robert Van Malle, 1655*1676. Ce fut sous ce curé, savoir, le 
8 octobre 1658, que le délégué de l'archidiacre. Renier Geloes, 
curé de Zonhoven et doyen du concile, fît la visite de l'église. 
A cette époque, le mobilier de l'église était assez médiocre, la 
population de la paroisse était de 100 communiants et les pauvres 
avaient un revenu de 6 muids d'épeautre. 

LiBERT Tercaefs dc Boeshoven fut nommé curé au mois d'oc- 
tobre 1676. Il mourut à Brouckom, le 12 décembre 1694 et fut 
enterré au chœur de l'église. 

André Driessen de Genoels-EIderen , 1695-1721. Le Pape 
l'autorisa à cumuler avec sa cure un canonicat de l'église de 
Looz. 

Jean Wilsens, 1722-1724. 

Jean Bohée fut nommé au mois de juin 1724. Sous son pastO'- 
rat, la population de la paroisse était de 100 communiants; la 
Meuse des pauvres avait un revenu de 54 mesures de seigle et 
de 24 florins. Le curé mourut le 27 novembre 1749. 

Jean Box, obtint, en 1749, la cure de Brouckom de son frère 
Pierre Box qui en était collateur en sa qualité de curé de Looz. 
En 1759, le chapitre de Looz adjugea ses dîmes sous Brouckom 



— «9 — 

pour 286 mesures de seigle, 134 de froment, 134 d'orge et 206 
d*avoine. Ce fut sous le curé Box, à savoir en 1784, que le cha- 
pitre de Looz fit reconstruire l'église après avoir fait une con- 
vention avec la communauté à ce sujet. Il fit également re- 
fondre par Schaudoir de Liège la cloche décimale qui pèse 
642 livres. Box fit de bons legs aux pauvres et à l'église et 
mourut le 12 août 1789, à l'âge de 86 ans. 

Nicolas Joseph Box, neveu du précédent, obtint la cure de 
Brouckom par la résignation que son oncle en fit en cour 
romaine. Pendant la révolution française il resta fidèle à son 
devoir, refusa de prêter le serment de haine et fut pour cette 
raison condamné à la déportation le 4 novembre 1798 ; cepen- 
pendant il ne la subit point, étant parvenu à se soustraire à la 
poursuite des gendarmes. Il resta curé de Brouckom à la 
réorganisation des paroisses et y mourut le 14 juillet 1806. 

Guillaume Nartus de Tongres, résigna la cure de Gothem et 
obtint celle de Brouckom en 1806. Après l'avoir administrée 
pendant 17 ans^ il la résigna en 1823. Il remplit ensuite les 
fonctions de curé, encore pendant quelques années, à ViUers 
S. Siméon, puis il se retira à l'hermitage de Yryherne où il 
mourut le 6 juillet 1889, à l'âge de 90 ans. 

J.-B.-H. Degreef de Brouckom, 1824-1839. 

EvERARD LovERix dc Sussou, 1839-1847. Ce fut sous ce curé 
que la commune fit construire un nouveau presbytère. 

Martin Neven de Hendriken, 1848, qui est aujourd'hui curé- 
doyen de Bilsen. 

Théodore Steybns de Yeldwezelt, 1848-1860. 

Jean-Louis Blavier d'Overwinden, 1860-1868. 



-70 — 



II 



SEIGNEURIES DE BROUCKOM ET DE SASSENBROECK. 

Brouckom était une seigneurie du chapitre S. Lambert qui 
nommait le mayeur, les échevins et le secrétaire de la Cour 
de justice. De cette Cour on appelait, non à celle de Vliermael, 
mais à celle des échevins de Liège, parce que Brouckom suivait 
la loi Liégeoise. Le plus ancien acte connu de la cour de 
Brouckom est du 1^ mars 1387 ; à cette époque elle n'avait pas 
encore de sceau, car elle pria le curé Lambert d'apposer le 
sien à cet acte. 

En 1319, il y eut des contestations entre le chapitre et 
Arnoul V, comte de Looz , au sujet « delle haulteur et justice 
délie ville de Brouchhem ». Les deux parties soumirent leur 
différent à l'arbitrage du Conseil communal de Liège. Ce 
Conseil prononça le deux septembre de cette année que la 
hauteur et justice de Brouckom appartenait au chapitre de la 
cathédrale et l'avouerie au comte de Looz ; il traça en même 
temps les limites de la seigneurie de Brouckom. On voit 
intervenir dans ces actes Guillaume, châtelain de Waremme et 
sénéchal du comté de Looz, Martin d'Ârdingen, fils du comte 
Arnoul, Renier de Scurre, Jean (TOreilh, chevaliers, Jean de 
Montenacken, receveur du comte Arnoul, Guillaume de Middel- 
hem, mayeur de Looz, Godefroid, curé de Brouckom, Jean, 
châtelain de Montenacken, chevalier, Conon et Henri de Sassen- 
broeek. 

Les affaires de la commune et de la Mense des pauvres 
étaient gérées de la même manière que dans les autres 
communes rurales. 

Il y avait dans la circonscription de la commune de Brouckom, 
la seigneurie lossaine de Sassenbroeck avec une courde justice 
qui ressortissait et demandait la recharge à celle de Vliermael. 



— 71 — 

Guillaume de Sassendroeck en est le plus ancien seigneur connu. 
On le voit souvent dans la suite du comte de Looz, Arnoul IV, 
et il figure comme témoin à plusieurs de ses chartes de 1230, 
1234, 1238 (Cf. Wolters, Cod. dipL). D'après Hemricourt, « il 
épousa une fille d'Otton de Lexhy, chevalier. Il en eut neuf 
garçons, tous chevaliers et plusieurs filles dont est sortie 
toute la chevalerie du dit comté. Ces chevaliers furent jadis si 
puissants qu*ils faisaient la guerre au comte de Looz et osaient 
même lui envoyer un appel, ainsi que nous Tavons appris par 
tradition des anciens qui Font conté de la sorte à leurs enfants. 
Ce seigneur de Sassenbroeck portait d*or à un chef de sable 
et criait Sassenbroeck. » (Miroir des nobles, p. 18). 

Herman et Henri de Sassenbroeck figurent comme témoins à 
une charte de 1242. (Mirœus iv. 837). On trouve mentionné au 
mois de mars lâ38 un Henri de Sassenbroeck habitant 
Hiddelheer. (Gart. de Looz). 

GoNON DE Sassenbroeck avait épousé Elisabeth de Mombeeck, 
qui le rendit père de trois fils : Jean, Guillaume et Reinier, 
mentionnés en 1311, et d*une fille nommée Elisabeth. Gelle-ci 
épousa Arnold, fils de Reinier dit Tattar. Gonon mourut 
avant l'an 1330. 

Reinier de Sassenbroeck, fils du précédent, figure comme 
possesseur du fief de Sassenbroeck en 1330. 

Thierry de Hex, dit, Sprolant, releva le domaine et la 
seigneurie de Sassenbroeck en 1364 : Dominus T/ieodoricus de 
Sprolant miles relevavit mansionem, jttëtitiam et dominium villœ 
de Sassenbroeck cum weriscapiis ad dictant villam pertinentibns ; 
Item duo bonaria prati vel vivarii juxta molendinum de Sasseti- 
broeck; item unam paludem dictam Elsbroeck in territorio de 
Hex continentem XII virgatas magnas juxta paltuiem domini 
Theodorici prœdicti per eum acquisitam erga dominum comitem 
Theodoricum de Los bonœ memoriœ. Item relevavit adhuc XXVI 
capones V stupheros VIII denarios bonœ monetœ in diversis locis 



— 72 — 

ad dictum daminum spectanUs per reporUUim&n Johannu de 
Gothem quœ acquisierat erga Refterum de Sassenbrœck. (R^. 
rel. fol. iS). Thierry de Sprolant se trouva dans la suite du 
comte de Looz, à Maestricbt, et y assista coaune témoin, le 
7 février 13S7, au contrat de noiariage entre Godefroid de 
Heinsberg et Philippine de Juliers (Wolt^s, Cod. 332). Il faisait 
partie de la noble salle de Gurange. Il laissa deux fils, Thierry 
et Robert. 

Thierry de Sprolant fit en 1390 le relief du domaine et de 
la seigneurie de Sassenbroeck après la mort de son père ; 
l'année suivante, il les releva du nouveau seigneur Jean de 
Bavière, prince-évêque de Liège et comte de Looz : « Theodoricus 
de Sprolant relevamt anno 1391, dominium de Sassaibroeck cum 
pahide et quinque bonariis prati, censibus, caponibusetsuis appen- 
ditiis; item arbores et crescentiam arborum vivarii Walteri de 
Heers usque Pascherbampt . 

Jban de Sprolant releva, le 18 décembre 1424, après la mort 
de son père Thierry, tous ses fiefs Lossains, mais il résigna 
le même jour le domaine et la seigneurie de Sassenbroeck 
en faveur de son cousin-germain Robert de Sprolant. 

Robert de Sprolant en fit le relief le même jour (18 déc. 1424). 
i<Robertus de Sprolant, filias Roberti relevavit mansionem, domi- 
ntum, villam de Sassenbroeck cum V bonariis prati, censibus^ 
caponibus et aliis suis juribus et pertinetitiis universis cum 
arboribus et crescentia Tirborum vivarii Watheri de Heers, per 
resignationem Johannis de Sprolant qui relevavit per obitum 
Theodorici sui patris » (Reg. rel. fol. 12S). Robert de Sprolant 
vivait encore, parait-il, le 14 janvier 1471. Il avait épousé 
Elisabeth de Gutschoven, dite aussi, de Pologne. 

Jean de Sprolant fit le relief de la seigneurie le 23 janvier 1485. 

Robert de Sprolant habitait Sassenbroeck en 1497. La terre 
et la seigneurie de Sassenbroeck passèrent ensuite dans la 
famille des Velroux. 



— 73 — 

Amblius oe'Velroux en fit le relief le 7 juillet <i506 : i<Amelms 
Van Velroix relevavit manmnem^ daminium et trillam de Saseen- 
iro^ck eum quinque bimarm prati , eensibus, carponibus , «etc. 
Amelius vivait encore en 1538. 

Jacques de Velroux habitait Sassenbroeck de 1934 à 1572. 

Guillaume de Velroux Thabitait de 1873 jusqu'après le 5 
août 1601, car, à cette date, il en fit le relief. La seigneurie de 
Sassenbroeck passa plus tard dans la famille des Vandermeer 
de Tongres. 

Arnold-Joseph Vandermeer en fit le relief, le 8 octobre 1736, 
et la légua à son neveu Jean-Guillaume-Mathias Vandermeer. 

Jean-Guillaume-Hathias Vandermeer épousa, le S août 1731, 
Marie-Elisabeth De Blois dlsendoorn. Ils eurent plusieurs en- 
fants, savoir : (a) Guillaume-Joseph qui suit; (b) Mathieu^Philippe- 
Jacques qui suit en second lieu; ^c) Jeaa-Frédéric, chanoine, à 
Heinsbergh; (d) André, religieux ; (e) Thérèse, béguine, à Ton- 
gres; (f) Elisabeth. 

Guillaume-Joseph Vandermeer eut, par droit de primogéniture, 
Sassenbroeck et Manshoveo. Il épousa, à Bruxelles, Marie- 
Catherine De Kinder. Il leur naquit, le 2 février 1770, à Sassen- 
broeck, un fils nommé Jacques-Pierre-Jean. Guillaume-Joseph 
vendit ses propriétés de Sassenbroeck et Manshoven à son frère 
Mathieu-Philippe-Jacques. 

Mathieu-Philippe-Jagques Vandermeer, dernier seigneur de 
Sassenbroeck, épousa, à Heinsbergh, Thérèse-AIoyse Von 
Brinck; il habita avec elle Manshoven de 1776 à 1782, puis il 
se retira au pays de Fauquemont dont il devint Haut-Dros- 
sard. Il leur naquit plusieurs enfants, savoir : (a) Jean-Antoine- 
Henri, le 29 août 1774, qui épousa Barbe Guisset de Mettet; (b) 
Anne-Elisabeth, le 19 avril 1777; (c) Thérèse-AIoyse, le 20 sept. 
1778, qui épousa en premières noces Pierre-Robert De Belle- 
froid et en secondes noces Jean-François Lesire, capitaine am 



- 74 — 

troupes françaises; (d) Catherine-Elisabeth, le 15 juillet 1781, 
qui épousa François Bocaert. 

J.-A.-H. Vandermebr fut maire de Brouckom de 1800 à 1806. 
Il eut pour successeurs dans cette fonction : 

Lambert Degreef, de 1806 à 1830. 

Jean Dbgreef, de 1830 à 1843. 

Robert Degreef, de 1843 à 1867. 

Guillaume Claykens, de 1867. 



III 



DOCUMENTS HISTORIQUES. 



]. 



diplôme de louis le. débonnaire, 836. 

«In no mine Domini Dei et Salvatoris nostri Jesu-Ghristi 
Hludowicus divinâ ordinante providentiâ imperator Augustus. 
Si ea quae fidèles imperii nostri pro eorum necessitatibus 
nostram consulere studuerint magnificentiam, démenti assentire 
conabimur miseratione, imperîalem exercere videbimur con- 
suetudinem, et hoc in posterum jurefirmissimo mansurum esse 
volumus. Idcirco noveril omnium fidelium nostrorum pra^sen- 
tium scilicet et futurorum solertia, quia fidelis noster venerabilis 
Fulcharicus, tungrunsis episcopus, nostram expetivit mansuetu- 
dinem, qualiter necessitudini ejus consulentes, res praedictae 
ecclesiae ipsius, regali aucloritate nostrâ aliquantisper augmen- 
tare deberemus. Quod ita et fecimus, petitioni namque ipsius 
démenti miseratioue faventes , nostrorum consensu fidelium, 
prsBdicto Fuicbarico episcopo,ad utiiitatem prsescriptseecclesiaa 



— 78 — 

suse, in pago Vitachgowl in villa Promhem curtem domiaicatam 
cum mansis ietilibus et serwillibus et secclesiam cum decimis 
suis, mancipiis utriusque sexûs, pratis, pascuis, silvis, aquis, 
aquarumque decursibus, omnibosque jure et légitime ad ipsam 
curtem pertinentibus, cultis et incultis, qusesitis et inquirendis, 
totum et ad integrum, imperiali auctoritate contulimus» ea 
videlicet ratione ut ab hâc die et deinceps ipsas res cum omni 
iûtegritate, per banc nostram auctoritatem atque confirmationis 
donum , ipse suique successores teneant atque possideant et 
quicquid exinde ad profectum ipsius sancti loci facere decre- 
verint in elemosina nostra, libero inomnibus perfruantur 
arbitrio, qualiter pro mercedis nostrae recompensatione ipso 
perpetualiter profitiant augmente. Et ut bsec prœceptio nostra 
firmior habeatur vel per tempera melius conservetur, manu 
propria subter decrevimus roborare et anulo nostro jussimus 
sigillari. 

Hirminmarus notarius ad vicem Fridigisi recognovi 1. -+ s. 
Data VI kl. majas, anno Ghristo propitio XIIJ, imperii domni 
Hludowici piissimi Augusti indictione VIII. Actum Aquisgrani 
palatii. 

II. 

LIMITES DE LA JUSTICE DE BROUCKOM EN 1319. 

tt Premiers desous le ville de Brouckhem au point que on dist 
tiex Wingarlbrugbe II dite justice le capitle commenche aile 
sanch qui est entre le ville et le pont à quatlre pies ou la entour 
près doudit pont et monte contremont sous deleis le voie par le 
quele on vat doudit pont vers Looz jusques aile voie croisie qui 
irespasse de Vorde vers Brouckhem et vers Sassembroux et 
demeure liditte voie dou pont jusques aile voie croisie enclouse 
fours délie justice de Brouckhem ; après délie dite voie croisie 
jusques au lieu ou li justice de Broukhem soloit seyr ; et de 



— 76 — 

cil liwe jusques au lieu condisl Odesteghe et entre ces dois 
lieus demeure H voie enclose entirement dedens la justice de 
Broukhem et doudit lieu d*Odesteghe jusque au lieu que oas 
appelle mure fours ; de voie au coir d*ung fosseit et de là ry 
alaat entour jusques aile fin dédit fosseit desseure Sassembruc, 
lequel liw ons appelle ausi mure ; et de là en deskeodant sens 
voie jusques à une sanch derier le ville de Sassembrouc seu le 
grande voie, laquelle voie demeure enclose fours deile justice 
de Broukhem; et de celle sanch tout selonc ladicte voie aval, 
et puis en trescopant le voie jusques aile nueve yawe couraot 
Sérier le cor de Sassembrouk ou lieu corn apeile Halvremulom- 
beike, et doudit lieu en partant ledicte yawe à moitiet, et venant 
aval jusques à une anglée com apeile brûle ou li vies yavi^e 
chiet en le nueve et passe oultre ledicte nueve yawe et remonte 
contremont les vies eawes en partant à moiiiet jusques au lieu 
com apeile Emmeborne et de là jusques au lieu com apeile 
Scoederman, et de che liew jusques à une anglée com apeile 
Wincle tout deleis ung viez fosseit deleis la grand voie laquelle 
demeure enclose fuers délie justice de Broukhem et dele anglée 
ensiwant Tautre partie doudit fosseit jusques aile nuve yawe 
desseurdicte pardesous le ville et Tangiée dou prêt com apeile 
de Sassembrouk et de la en partant ledicte yawe à moitiet 
jusques al sanch deleis le pont don premier est parleit. 

Extrait d'an accord passé le 3 octobre i3i9 ; 
entre le chapitre de S. Lambert, à Liège et Arnold 
comte de Looz ; archives de l'Etat à Liège, grande 
compterie de la cathédrale, Stock, n^ 3, f» 67. 

III. 

VISITE ARCHIDIAGONALE DE l'ÉGLISE DE BROUCKON, 8 OGT. 1658. 

Eadem die visitata ecclesia de Broeckem in qua non fuit 
repertus pastor pressens et diu exspectatus et conquisitus non 



— rr — 

rediit. Repertum repositorium VenerabilisSacramenti rétro seu 
prope summum altare apertum et ia eo reperta pixis satis magna 
ex albo cupro interius deargentata in qua erant aliquot hostis^ 
consecraise et vascula sacrorum Oleorum slaiinea; repertus 
etiam calix repositus in cista prope altare qusB claudebalur, sed 
claves erant desuper positdB, cum cratère argenteo et pede 
cupreo albo; duaecasulse; una alba, unicum antipendium non 
aptatum altari sed nimis longum ; dusa mappse una tota trita. 

Chorus et ecclesia sunt decenter deaibati, sed tabuiatum na^ 
vis totum tritum et perfractum. Sunt duo altaria extra chorum 
quorum unum, ut retulit nobis unus incolarum, est unitum pas- 
toratui sub invocatione B. Marias; alterum non est Tundatum. In 
summo altari celebratur super lapide portatili,pastor est mam- 
bernus fabricse et matricularius mamburnus pauperum. 

Gapitulum Lossense dicitur habere décimas omnes ; est 
quarta capella sub matrice Lossensi. Reversus postea pastor 
Robertus Van Malle excusavit se quodivisset in Manshoven pro 
sepultura coloni. Dicit se habere centum communicantes vel 
circiter, estque ecclesia sub invocatione S. Lamberti. 

Fabrîca habet sex modios speltae. Pauperes totidem. 

IV. 
VISITE ARCHIDIACONALE DU 4 JUILLET 171S. 

4 julii 1712 visitata fuit ecclesia parochialis de Brouckem 
fllialis sub Loscastro, sub invocatione S. Lamberti, ad collatio- 
nem pastoris Lossensis, cujus rector est Andréas Driessens 
jure devoluto institutus ab 18 circiter annis ; rescribitur ad 48 
modios speltae cum bénéficie unito. 

Injunctum est quatenus labernaculum intus ornetur sertco 
seu alia decenti matcria et auFeraniur inde vasa SS. Oleorum et 
reponantur alio loco honesto et clause. Remonstrantia est cu- 
prea; ciborium et calix pede cupreo deargentato et cuppa 
argentea. 



-^ 78 - 

Sunt 100 circiter communicantes. 

Baptisterium est flssum cum cuppa plumbea. Injunctum est 
ut occludatur. Est ad onus fabricae. Nescitur à quo tempore 
habuerit baptisterium ecclesia, pro quo solvitur annue 3 fioreni 
pastori Lossensi. 

Gonsistunt redditus pastoratus in tredecim bonariis terrae 
arabilis gravatis tribus modiis siliginis, insuper habet in rediti- 
bus et anniversariis cenlum triginta vasa siliginis mensurœ 
Lossensis. Habet pastor domum pastoralem quaB intertenetur à 
parochianis. 

Fabrica habet annue 83 vasa siliginis mensursB Lossensis, 
trescapones, duo vasa speltse et poculum vini. Hamburnus est 
Robertus Van Aken. 

Mensa pauperum habet annue 48 vasa siliginis mensurae Los- 
sensis et 20 florenos annue, item 30 vasa in pisto pane distri- 
buenda, item 4 vasa siliginis mensurse Trudonensis. Mambur- 
nus est Mathias Gleykens. Omnes compulus sunt redditi , 
exceptis 4 aut 8 annis de tempore belli pro quo non fuerunt 
constituti mamburni. Matricularia est oflicium satis tenue. 

X. 



BATAILLE DE LAUFFELD. 



Une pièce manuscrite trouvée récemment dans les archives 
du château de Mirwart, donne des détails précieux sur la 
célèbre bataille de Lauifeld. Cette relation, contemporaine de 
révènement, et destinée non au public, mais à un petit nombre 
de parents ou d*amis, offre un caractère de véracité qu'on cher- 
cherait en vain dans la plupart des comptes-rendus officiels. 

On sait que le 2 juillet 1747, les Français attaquèrent les 
alliés entre Tongres et Maestricht. Louis XV assistait à ce com- 
bat, mais de loin et en simple spectateur. Son armée était aux 
ordres de Maurice de Saxe ; celle des alliés obéissait au duc de 
Cumberland. 

Au nombre des généraux de Tarmée impériale,, commandée 
par le maréchal de Bathiany, se trouvait le comte de Grunne, 
à la tête de six bataillons. Chargé de défendre une hauteur qui 
ne fut pas attaquée, il profita naturellement de sou inaction for- 
cée pour suivre et apprécier les mouvements des deux armées. 

Ce général écrivait souvent à sa mère, la comtesse de Grunne, 
et celle-ci ne manquait jamais de faire part à ses parents, le 
baron et la baronne de Mirwart, des nouvelles qu'elle recevait 
de son fils ( * ). 

(1) Le 39 août 1663, les bourgmestres et le conseil de Liège, prenant en consi- 
dération < les grands debvoirs et bons offices rendus pour le service du publicque et 
soulagement des pauvres... dans la disette ^t cherté extraordinaire des grains 
pendant cette année, par les seigneurs commissaires Pétri, Sauveur, Féchier, 
SiÀCKERS, Libert, Fabri junior, Malaese, Baronne, Natalis et du Cerff; Nicolas 



— 80 — 

La pièce qu'on va lire appartient à cette correspondance ; 
elle a été retrouvée au milieu des lettres de la comtesse. Tout 
porte à croire qu'elle provient du maréchal de Bathiany, du 
général de Grunne, ou de son beau-frère le chevalier de Wartez, 
qui servait également dans Tarmée impériale. 

Il est à remarquer qu'elle n'a pas été écrite par son auteur, 
mais dictée par lui à un secrétaire ignorant. La phrase en effet 
est généralement correcte, tandis que les mots qui la composent 
fourmillent des fautes les plus étranges. Impossible à celui qui 
parle bien, et même à celui qui transcrit, d'inventer de pareilles 
absurdités grammaticales. 

On connaît cette phrase célèbre du maréchal de Saxe : 
Ils veulej écrivait-il, au sujet du fauteuil qu'on lui réservait à 
l'académie française, ils veule me fere de la Cadémie ; sela miret 
comme une bage à un chas. Quand la pièce dont nous parlons 
nous tomba sous la main et que nous y vimes des mots tels que 
ceux-ci : la faire, la laque, ensi, centaine, déjàs, etc. au lieu de 
T affaire, l'attaque, ainsi, centaine, déjà, etc., nous crûmes avoir 
fait la trouvaille d'un autographe français du fameux maréchal. 
Il fallut cependant nous détromper. 

L'histoire ne dit pas si le fauteuil , dédaigneusement refusé 
par le fier Saxon, fut offert à son immortel émule en fait 
d'orthographe. Personne assurément n'en était plus digne. 

Quoi qu'il en soit, pour ne pas dérouter trop souvent l'atten- 



Beeckinan advocai , François la Raelle advocat, Jacques Ruffln capitaine, Fran- 
çois Colette capitaine, Lambert Brassines recepveur des paavres en Isle, Léonard 
Lacroix, Paal Bonletet Henry Burin » leur accordèrent, ainsi qu'à leur descendants 
légitimes, « le pouvoir et faculté de se servir et jouir au futur et à touajours des 
trente-deux bons métiers. > 

Ce Godefroid Smackers était marié à Paquette Dnmont , dont il avait eu , l'année 
précédente , un fils nommé Gode Aroid- Henri , qui lui succéda en qualité d'admo- 
diatenr des droits, etc., au duché de LimbOttrg,et qui fit l'acquisition de la seigneu- 
rie de Mirwart. U fut annobli par l'empereur le iâ février 1706. Son fils, Nicolas 
Edmond de Smackers, épousa Anne-Madeleine de Waha de Wanne, avec laquelle il 
vivait à Mirwart en 1747 ; c'est d'eux qn*il s'agit. 



-81 — 

tioQ du lecteur, nous nous permettrons d*écrire correctement 
les mots, mais nous ne changerons rien à la phrase (i ). 

On trouvera des divergences assez notables entre la relation 
qui suit et celles de la plupart des historiens. Pour n*en citer 
qu*un exemple, au dire des historiens français, les pertes 
furent également partagées et montèrent à un total qu'ils font 
varier entre douze et vingt mille hommes, tant tués que blessés. 
Notre relation ne parle que d'environ cinq mille hommes du 
côté des alliés, et elle affirme que, dans le camp des Français, 
on avouait une perte double. 

De quel c6té se trouve la vérité? Peut-être d'aucun. Faisons 
toutefois remarquer que les alliés ont opéré leur retraite avec 
ordre et sans être poursuivis, et que les Français, qui avaient 
engagé ce combat dans Tunique but d'investir immédiatement 
après la ville de Maestricht, ont dû renoncer à leur projet ; ce 
qui porterait à croire que le maréchal de Saxe aurait moins 
gagné la bataille que le champ de bataille. 

Citons d'abord quelques fragments des lettres écrites par la 
comtesse de Grunne à ses parents deMirwart. Leur mérite con- 
sistera surtout à faire apprécier la nature de cette correspon- 
dance intime, et le degré de confiance qu'on doit accorder à 
un écrit qui en fait partie. 



(I ) Nous avons sous les yeux nue pièce curieuse, dont récriture ressemble beau- 
coup à celle de noire relation. La voici : 
< De par lorde de Monseigneur Batianis , qui ordonne as village, par tous ous il 

> auras besoin de gnitrre, de chevaux, de logis, de luis en fournirre, soupeinne de 

> lexxeqution militaire, soupeinne de prisse de corpl et de bien. Fait par mois, dit 

> Flibbe, fourié segretairre de Monseigneur Batianis. 

Signé MARICHALLE. 

* Fait àTongre, le 6 octobre 1746. > 

C'est donc très-probablement le fourrier-secrétaire qui, après la bataille de Lauf- 
feld, aura écrit sous la dictée du maréchal de Bàthiany ou de l'un de ses principaux 
officiers. 



— 82 — 

GrUNNE, le 22 SEPTEMBRE 1746. 

((.... On n'enlend plus le canon de Namur depuis quatre jours. 
Les uns disent que la ville est rendue, les autres que le siège 
est levé. Si vous en avez appris quelque chose, ma trës-<^hëre 
cousine, faites-moi la grâce de me récrire. » 

Lambertye GRUNNE (»)• 



Le 10 OCTOBRE 1746. 

«.... Il y a toute apparence que les hussards qui rodent dans 
cette province sont des déserteurs français et allemands qui se 
sont attroupés. Ils causeront encore bien des désordres, avant 
qu'on parvienne à les chasser. 

Je reçois à ce moment une lettre de mon fils le général ; il 
me promet toujours de venir, quand la campagne sera finie.... 

La poste va maintenant de Marche à Namur k l'ordinaire. 

Je viens aussi de recevoir une lettre du chevalier de Wartez. 
Les Français défilent pour aller rejoindre M. de Saxe, dont l'ar- 
mée va être bien forte. 

Le feu a été à Namur, tout près du magasin à poudre, ce qui 
a bien alarmé toute la ville. Elle a étéau moment de périr ; mais 
grâce à Dieu... » 



Vendredi, 14 octobre 1746. 

« Dans ce moment, il m'arrive un exprès de Marche, avec 
une lettre de ma fille de Wartez. Elle me mande que, mardi 



(1 ) Le cachet de cette dame présente deux écussons de forme ovale : le premier, 
de gueule à la bande de.,. ; le second, cCazur à deux chevrons de,..; supports : 
chien à dextre^ sauvage armé d'une massue à senestre, couronne de marquis. 



— 83 — 

dernier, il y a eu une bataille qui n*a pas été générale, et qui a 
cependant duré depuis onze heures Jusqu'à cinq (i ). II n'y a eu 
que Taile gauche et la droite qui ont donné. Cette dernière, oii 
se trouvaient les Hollandais, a été maltraitée. 

Il n*est rien arrivé à mes fils, grâce à Dieu. Aucun de nos 
généraux n*a été tué. 

Le marquis de Fénélon est tué, et le fils du marquis de Ségur 
blessé. 

Les Français ont repris le poste des alliés à la citadelle de 
Liège et les nôtres se sont retirés près de Maestricht. » 



RELATION VÉRITABLE 

DU CAMP DEVANT MAASTRICHT. 

Le premier juillet (s), les hussards rapportèrent que les 
ennemis étaient en mouvement et qu*ils avançaient sur le grand 
chemin de Tongres à Maestricht. C'est pourquoi notre armée 
se mit immédiatement en marche pour aller occuper le camp 
devant cette ville. On devait également occuper les postes 
avantageux de Herderen; mais les ennemis nous avaient 
prévenus et s'étaient déjà emparés de cette hauteur. 

On voulut aussi les attaquer avant que la grande armée 
arrivât ; mais nous étions trop éloignés. 

Le lendemain, ils s'approchèrent avec toutes leurs forces et 
se rangèrent vis-à-vis de nous , ayant la rivière du Geer 
derrière eux. Ils placèrent leur gauche à Herderen, et leur 
droite au village de Montenacken. 

Notre armée porta sa droite vers Petit-Spauwen, et sa gauche 

( I ) C*est la bataille de Raacour. 

(S) H doit y avoir ici ane erreur d'un jour; cela ne peut ôtre que le 30 juin. 



— 84 — 

derrière Montenacken, ayant devant son Tront les villages de 
Vlytingen, de Kesseit et de Montenacken. Le corps de réserve 
occupa Grand-Spauwen, ayant communication avec notre droite 
par la cavalerie. 

Le corps du comte de Daun se rangea sur la hauteur de la 
grande commanderie de l'Ordre toutonique, appuyant sa gauche 
derrière Petit-Spauwen, et sa droite auprès de la grande allée 
qui mène vers Tongres. 

Au-delà de cette allée, on plaça le général d'Arberg, avec 
deux mille fantassins et cinq cents Licaniens à pied. 

On envoya à Bilsen le général Tornaco, avec quatre batail- 
lons. 

On renforça encore ce côté là, et le jour se passa ainsi, en 
se rangeant de part et d'autre. 

Cependant on tira de loin quelques coups de canon qui ne 
firent aucun mal. 

Pendant la nuit du 1 au 2 juillet, tout fut tranquille; chacun 
resta dans sa position en attendant le lendemain. 

Le 2, dès le point du jour , le duc de Cumberland , le 
prince de Waldeck et le maréchal de Bathiany allèrent recon- 
naître les ennemis ; mais on ne put rien découvrir que ce 
qu'on avait remarqué la veille au soir, parce que l'ennemi 
avait toutes ses forces derrière les collines, où il se porta 
ensuite. 

Le duc de Cumberland mit pied à terre, avec les deux 
généraux, à la grande commanderie, à neuf heures du matin. 
Ils n'y étaient pas d'une demi-heure qu'un aide-de-camp vint 
leur annoncer que les ennemis allaient attaquer l'aile gauche. 

Tous montèrent à cheval et S. A. prit le devant au grand 
galop, ordonnant que douze bataillons et vingt escadrons, qui 
étaient du corps du comte de Daun, se rendissent à la gauche ; 
ce qui fut exécuté avec beaucoup de promptitude. 

Le général Daun rentra donc dans la grande armée, et le 



-^ 86 — 

comte de Grunne resta, avec six bataillons, pour garder la 
hauteur de la grande commanderie. 

Les ennemis commencèrent par occuper le village de 
Montenacken et celui de Vlytingen qui fut brûlé. 

Le duc de Gumberland fit attaquer Montenacken et les 
ennemis en furent repoussés ; mais il renvoyèrent de nouvelles 
brigades et firent reculer les nôtres. 

Des bataillons de notre aile gauche qu*on y envoya firent 
de nouveau plier les Français; mais ils redoublèrent leurs 
forces, ce que nous ftmes également. 

L'affaire fut très-opiniàtre et sanglante, parce qu*on poussa et 
repoussa à différentes reprises. 

Cependant la cavalerie des Anglais et des Hanovriens, qui 
étaient à l'aile gauche, commença à agir avec beaucoup de bra- 
voure et de succès, culbutant toute celle que l'ennemi lui pré- 
senta. 

Le général Trips vint avec son corps prendre en queue les 
Français. Il les poussa rudement et leur enleva deux étendards. 

Ils amenèrent alors de l'infanterie et du canon. 

Leur canonnade était très-rude. C'est pourquoi la cavalerie 
aima mieux attaquer une seconde fois que de tenir ferme, sans 
rien faire. Elle eut le même succès. 

L'affaire allait si bien que l'on ne pouvait souhaiter mieux. 
On comptait la victoire assurée. 

Tout-à-coup quelques maladroits de Français tirent quatre 
coups de canon sur la cavalerie hollandaise; sur quoi celle-ci 
prend la fuite , culbutant quatre bataillons hanovriens, envoyés 
au secours de ceux qui étaient dans le village et qui s'y bat- 
taient comme des lions. 

Les Français poursuivirent les Hollandais avec toute la cava- 
lerie qu'ils purent ramasser. C'est ainsi que notre aile gauche 
fut séparée de la droite, d'un grand quart de lieue. 

Cependant notre droite qui avait remarqué, avant la fuite des 
Hollandais, que les ennemis commençaient à se retirer et à 



- 86 — 

renvoyer tant leur bagage que leur artillerie, s'avança poqr 
attaquer la gauche de rennemi. Elle était en chemin quand 
arriva cette malheureuse manœuvre des Hollandais. 

Lorsqu'elle vit que notre aile gauche se retirait vers Maes- 
tricht, elle défila, pour aller la rejoindre, par sa gauche et en 
ordre de bataille. C'était le seul parti qui lui restait à prendre. 
Elle n'a donc eu aucune part à cette action, laquelle a consisté 
presque uniquement à l'attaque et à la défense du village de 
Montenacken. 

On a distribué par deux fois à l'infanterie trente patrons ou 
charges. Un régiment anglais, ayant épuisé ses provisions, a 
repoussé l'ennemi la baïonnette au bout du fusil. 

Le duc de Cumberland a été plusieurs fois à l'ennemi à la tête 
de ses escadrons. Poursuivi par eux, quand les Hollandais 
avaient fait volte face, il couvrit l'étoile qu'il porte, afin de n'être 
pas reconnu. Il n'avait en ce moment avec lui que quelques 
hussards de sa garde, dont un fut tué et un autre blessé à ses 
côtés. 

Enfin nous arrivâmes, avec notre droite, dans la plaine de 
Maestricht, le prince de Wolfenbuttel faisant, avec le corps de 
réserve, l'arrière-garde de la première ligne, et le comte de 
Grunne, avec six bataillons, l'arrière-garde de la seconde ligne. 

La canonnade que nous essuyâmes nous fit perdre environ 
cinquante hommes, tant tués que blessés. 

La perte des Anglais monte à deux mille hommes; celle des 
Hanovricns, à deux mille deux cents ; celle des Hessois, à quatre 
cents, et celle des impériaux à deux cents. Il y a eu aussi quel- 
ques centaines de Hollandais. 

Ainsi notre perte totale en tués, blessés et prisonniers, peut 
aller à cinq mille hommes. Le général Ligonier est au nombre 
des prisonniers. 

Les alliés ont perdu vingt-trois pièces de canon. 

Le général Ligonier a fait savoir au duc de Cumberland que le^ 
ennemis faisaient monter leur perte à plus de dix mille hommes. 



- 87 — 

Nous leur avons pris neuf drapeaux et six étendards. Nous avons 
aussi fait prisonniers un brigadier, quarante officiers et cinq 
cents soldats. 

Les lieutenants-généraux Lautrec, le comte de Rander et 
Beranger sont morts. Trois maréchaux de camp sont blessés. 

Nous avons repassé la Meuse, pendant la nuit du 2 au 3, à 
Haeslricht et sur quelques ponts au-dessous de la ville. 



OEUVRE DE NATALIS 



(soite) 



Saints et Saintes formant compositions. 



25. - S»-Thérèse. 

' 9 — 7,8 (N H) 

Cette petite planche est d*un haut intérêt dans l'œuvre de 
Natalis, Saumery la disant faite avant que le graveur eut atteint 
sa onzième année. 

La sainte, à mi-corps, est en adoration devant une gloire 
entourée de nuages, d*pii sort un ange dirigeant une flèche de 
flamme vers la réformatrice, dont la tète est entourée d'une 
vaste auréole ; un chapelet orne son poignet gauche. Le tout se 
détache sur un fond sombre. Au bas est la lettre suivante, divi- 
sée par un blason en losange : S. Mater Theresia, 

lUustrissimae D.D. Annae de Potiers Comitissae de Bellejoyeuse 
Dnae de Choquier, Vaux, Borset Goyez, etc. in obsequy sui testimo- 
inum. Michael Natalis Leodien. D. C. Q. 

Cette gravure dont on ne connaît qu'un exemplaire est rognée ; 
mais les demi-chifi'res de la date laissent entrevoir le millésime 
1619, ce qui donnerait raison à l'auteur des Délices du Pays de 
Liège, Natalis étant né en 1611. Cet auteur ajoute que la S«^- 
Thérèse « fut très bien reçue d'Anne de Potier, comtesse de 
Bellejoyeuse, à qui Natalis eut l'honneur de la présenter. » 

Les armoiries portent : burellé de sept pièces à une bande 
sur le tout ; couronne de perles à fleurons aussi de perles. 



— 90 — 

Cette pièce en taille-douce est faible comme exécution ; 
toutefois elle a de la vigueur et la main droite est bien dessi- 
née. 

26. — S. Hubert 

10 — 7, 8 (V C) 

Le Saint se trouve dans un riche paysage, au fond duquel se 
voit un monticule surmonté d*un édifice entouré de ramparts ; à 
gauche une chapelle ouverte laisse voir divers personnages, de 
très-petite proportion ; Tun deux, dont s'échappe un démon, 
est tenu par les autres. Au premier plan est agenouillé 
S^-Hubert, sous des arbres entre lesquels se montre un cerf au 
bois orné d'un crucifix. Le saint est en costume de chevalier du 
moyen âge, avec cuirasse, bottes, éperons, mantelet, cor etépée. 
La tête est entourée de rayons ; sur le sol est un chapeau ; 
trois chiens et unécuyer tenant un cheval complètent le groupe. 

Au dessous de l'estampe est un blason, à trois efforces, S et 
1 et un cœur en abîme. L'inscription que ce blason divise dit : 

JéstÂS, par S. Hubert qui en genoux vous prie, 
Préservez nos esprits et nos corps de furie. 

Leodii M. Natalis fecit a' 1628, A^ 17. 

Cette œuvre est le pendant, pour Tintérét, des N«* 2, 3 et 4 
précités, de même date aussi, en laillc-douce. On pourrait 
attribuer celle-ci au second Valdor, n'était la signature ; toute- 
fois le dessin en est trop complet pour qu'elle soit composée 
par Natalis, alors fort jeune. 

27. — S'-Bruno 
10 — 6, 8 (B) 

Pièce tout-à-rait semblable aux gravures de Valdor. 



91 



Lie Saint se voit à mi-corps, en prière, pleurant, regardant une 
gloire qui descend de gauche, entourée de nuages. Sa tête est 
entourée de rayons ; les coudes $*appuyent sur un tertre où sont 
un crucifix, une tête de mort, un livre, une crosse et une mttre. 
Au fond du paysage est un édifice religieux. 

Au dessous de la gravure, en dehors, au centre, est un blason 
haut d*un centimètre, se détachant sur un lambrequin ; il est 
coupé : en chef à l'aigle double , en pointe à trois glands. Ce 
blason divise l'inscription suivante : S. Bruno Futid. ordin. 
chartus. Admodum Rev. Pri. Francisco Francisa chartusiœ 
Leodien. Priori vigilantissimo in obsequy testimotiium Michael 
Natalis D.D. 

Au bas est une date qui paraît être 1629. Cette œuvre appar- 
tient à la première manière de Natalis et , sans le nom , on la 
croirait de Valdor ou de Mallery. 

28. - St'Emest. 
H, 8 -8, 5(B). 

Il est debout, sur une place entourée d'édifices élégants ; sa 
tête est ornée de rayons ; une gloire descend de gauche ; il 
tient de la main droite une palme, de la gauche un livre. 
Son costume est une robe noire, longue, à manches très- 
amples, à pèlerine double ou à ample capuchon ; le collet est 
petit, droit ; un bord de linge très-étroit apparaît au-dessus. 
Une .sorte d'écharpe passant derrière le col et sur les épaules, 
descend sur la poitrine, des deux côtés et symétriquement, 
jusqu'aux hanches ; les cheveux sont taillés en couronne. 
A gauche du Saint est un petit tronc d'arbre auquel sont 
attachées une crosse et une mitre ; à l'opposé, au second plan, 
est un groupe composé d'un pontife sortant d'un palais, entouré 
de cardinaux et bénissant un personnage nymbé, à genoux ; 
une seconde figure est auprès, dans la même attitude. 



— 92 — 

A gauche de St-Eriiest, dans un plan plus éloigné que ce 
groupe, se retrouvent les deux personnages susdits, dont l'un, 
nymbé, a ici la tète couverte d'un chapeau et se dirige vers un 
second groupe de personnages. Ceux-ci, au milieu d'une place, 
paraissent se préparer à une scène de martyr, car en avant se 
trouvent deux hommes armés, ayant entre eux un personnage 
nymbé. Sur le tertre où pose St-Ernest sont les mots : 
Leody M. Natalis f. 1681 ; au-dessous de la gravure, ce titre : 
S* Emeste Ex zwifaltanse Abbate S. Doctor et martyr in catatogo 
Dillingœ edito A"" 1565. — Orate pro Emesto Bavaro bonœ 
memoriœj ejusqz nepote Ferdinando. 

Cette image est d'une grande vigueur et d'un dessin agréable. 

29. — S'^'Rose de Viterbe. 
34 I. 34 h. (C E; 

La Sainte, dans son costume religieux de Dominicaine, pieds 
nus, les mains croisées sur une croix posée sur la poitrine et 
la tête couronnée de roses , est ensevelie dans un sarcophage 
d'apparat qui lui sert d'encadrement. Au dessus deux petits 
anges soulèvent un rideau qui paraît avoir dérobé la Sainte aux 
regards. 

La com'iositiou générale se divise en trois zones d'égale 
hauteur, comprenant le socle , le sarcophage et son couronne- 
ment, liomposé d'un cartouche contenant les mois : S. Virgo 
Viter'Aen., orné d'une tête d'ange et porté par deux anges en 
piei, symétriquement assis aux côtés sur des consoles surmon- 
taat le sarcophage. Ces anges soutiennent une couronne de 
îoses et de lauriers ; le fond représente un rideau frangé, à 
plis larges, bouffani aux angles supérieurs. 

La base où le tout pose montre, au centre, un blason portant 
deux masses d'armes en sautoir et surmonté d'un chapeau à 9 
Hoches, entouré de l'inscription : 



— 93 — 

£mtn"* Princip : Tiberio Card. Muto Epo. Viterbien Effigiem 
S^ Rosœ Virginis VUerbien ex incorrupto eiusdem corpore tanquam 
vivo exemplari desumptam tib. Env^^ Princeps. débitant censui qui 
et Rosam purpuratus imitaris et tam prestas virtutibus qua Ma 
miraculis. Habe igitur Ulam tibi et ama in munere animum deditis- 
simum donofitis^ Vale, Viterby V. January 1635. Hierotiimus 
Victs Can"^ Viterbien, 

Au socle delà base, sur le champ de restampe,on lit, à droite: 
Fr. RomaneU^ Viterb. del. M. Natalis^ fec. 

Cette planche est d*un ton doux , exécuté par tailles fines , 
sans viser à la vigueur ; Taspect en est agréable ; le groupe des 
anges, grands et petits, est la partie la plus gracieusement 
traitée. 

30. — La Vierge, S'-Michel et S^-Catherine. 

22,5 — 16,5 (NH) 

La Vierge est debout sur des nuages, les mains jointes ; 
elle regarde Sainte Catherine agenouillée à sa gauche; à droite 
est S^Michel tenant des foudres dont il frappe un démon ren- 
versé. Auprès de Marie sont trois anges paraissant disposer les 
plis de son manteau ; à ses pieds d'autres anges soutiennent 
les nuages portant le groupe. Au bas est un paysage dont le 
fond est occupé par la ville de Liège où on voit la cathédrale 
S^-Lambert et d'autres édifices religieux. En avant passe une 
botresse portant sa hotte ou bot, avecun bâton sous le bras. 

Cette œuvre est assez réussie ; au bas, avec le blason de 
Stockem au milieu, se lit Finscription suivante : 

Angelorum Reginae eorumqz Prefecto Tutelaribus suis, paro- 
chiani S. Cat'''', Michael Natalis. Leody, anno 1640. Inven. et 
sculpsit, 

31 . — Le Ravissement de St-Paul. 
42 — 31 (C E I U L I N H I B) 



— 94 — 

A peu près semblable à la belle composition du Poussin qui 
se voit au Louvre, mais complétée, c'est-à-dire montrant deux 
anges en plus cachant en partie les jambes du groupe qui repré- 
sente, sur un fond de ciel, le Saint enlevé par des anges. 

Ici Natalis se montre digne encore d'interpréter le peintre 
des Ândelis ; un sentiment noble se manifeste dans cette œuvre 
par l'expression, le dessin, le modelé. Le petit ange, posé dans 
l'ombre, est d'un relief parfait. 

Cette pièce est signée : Poussin pinxit, Natalis fecit, P. Ma- 
riette execudit cum privilegio Régis. 

Au bas est un blason surmonté d'une couronne de comte, 
d'une mttre et d'une crosse , celles-ci envahissant la gravure. 
L'armoirie accompagnée de deux palmes, porte : en chef de 
gueules, à trois étoiles posées trois ; en pointes d'azur à trois 
lézards posés trois et en pal. L'inscription dit : Et sdo huius 
modi Hominem {sive in corporCy sive extra corpusnescio, Deus sdt) 
quoniam raptus est in paradisum , et audivit arcana verba^ quœ 
non licet homini loqui ; i ad Corinth. C. 13. 

Un autre état (UL) porte cette dédicace : 

Illusîrissimo Viro DD Ludovico Uesselin Palaty et Camerœ 
denariomm Magistro Régi a Secretioribus consilys , Baroni du 
S^Sepulchre nec non Peritissimo artium arbitro^in bello defensori 
MunificentissimOy in pace amantissimo cultori, hanc Pauli effigiem 
dicat et consecrat. Jo Valdor Obsequentissimus senus. N. Poussin 
pinx. M. Natalis, sculp. 

Saumery, comme éloge de cette œuvre, disait en 1744 : 
ce il ne s'en trouve presque plus malgré le grand nombre 
» d'exemplaires qui en furenl tirés. » 

32. — S'-Francois. 
36,3 — 27,3 (CE 2 états | UL | B) 

Dans un intérieur modeste, debout devant un autel oii sont 



— 95 — 

un crucifix et un livre, il regarde une gloire venant du haut à 
droite ; la tête est surmontée d*un nimbe ovale d'où partent 
des rayons. De la main posée sur la poitrine, sort une pointe 
de clou crochue, de l'autre une tête de clou. Auprès du saint 
sont un agneau et un globe renversé. 

La lettre dit : Christo canfixus sum ct-uci, vivo autem, iam non 
ego : vivit vero in me Christus, ad Gulat i"" Abraham Dienpenbeke 
invenit. Michael Natalis sculpsit. Martinvs vanden Enden excudit 
Antverpiae cum privilegio. 

Ch. Le Blanc dit cette gravure premier état avant cette der- 
nière adresse. Celte pièce est admirable de clair-obscur ; les 
tailles en sont hardies, le modelé fini, la vigueur parfaite ; 
l'harmonie générale en fait un vrai chef-d'œuvre. 

Un autre état de cette gravure (C E) porte au bas l'inscription 
suivante : 

Àbsorbeat quœso Domine mentem meam et cor meum ignita et 
mellxsflua vis amoris tui ab omnibiis quœ in mundo sunt ; ut amore 
amons tui moiiar^ qui pro amore amoris mei dignatus es mort, 
amen. Gillis Uendricx execudit Antveipiae cumprivilegio. 

Un troisième état possédé par l'Université de Liège, aussi 
vigoureux qu'aucun de ceux que nous connaissons, porte au 
lieu des précédents éditeurs, le nom de C. Galle ex. 

33. — S'-Bruno. 
58.5 ~ 40 (CE I UL 2 états | NH 2 et. | UC i et. ) 

Dans une superbe pose extatique, il est à genoux, les mains 
jointes, dans un riche intérieur, et adore le T. S. Sacrement 
qui apparait sur un nuage entouré d'étoiles et d'anges. 
Un rayon descend vers le Saint, qui pose sur une marche ; 
auprès est un piédestal surmonté d'un sarcophage à bas-reliefs ; 
au pied sont une croix, une mître, des palmes et une tête de 



- 96 ~ 

mort. Le bas-relief du piédestal montre la S^« Famille composée 
de la Vierge tenant Fenfant Jésus, auquel S^ Jean présente 
une croix. Entre les deux enfants est Tagneau. A Fentour sont 
des guirlandes, des palmes et une branche de lys. Contre le 
piédestal est un livre ouvert avec ces mots : Confige timoré tuo 
cames tneas a judiciis enim tuis timui. Un autre bas-relief, 
sculpté sur un sarcophage représente un fait tiré de la vie de 
S. Bruno : la résurrection de Raimond Diocres, chanoine de 
Notre-Dame de Paris. 

Au second plan, au pied d*un autel , est un chartreux 
prosterné; le rétable représente la décollation de St-Jean. 
Dans le pavé, à droite, derrière le Saint, est une pierre 
tombale armoriée; plus loin un chartreux, se détachant sur 
un fond composé d'une galerie dorique, est occupé à lire 
Au bas, dans un ovale, est l'armoirie Liverlo envahissant 
la gravure de son cintre supérieur ; comme le blason du pavé, 
elle est timbrée d'un heaume ctmé d'un lion issant. Le champ 
écartelé porte de gueules à la bande d'or au 1*' et 4 et d'or 
aux 2 et 3. Au bord inférieur, sur la gravure sont les mots : 
Cum priviL régis. 

En dehors des deux côtés du blason est cette dédicace : 

R^^ admodum et perillustri />»<» Lamberto de Liverlo Cathedralis 
Ecdesiœ Leodiens. Cajionico, Prœposito Collegiatœ Fossensis^ 
55mi Principis et Episcopi Leodiens. Cancellario et Camerœ 
Rationanœ Prœsidiy etc. 

Bertholet prinxit, M, Natalis sculpsit ; offerebat in perpetuum 
gratitiidinis monimentum Michael Natalis, 

Dans un second état (UL), avec une seconde forme, il fut 
ajouté au bas : 

Sacra et inviolato ordini Carthusiensi. 
Sic aquila ardoris patiens et nescia fummœ, 
Turbari lucis radio , sua lumina firmat. 
In solem pullosque suos hac erudit arte 



— 9T — 

Vos pia Brutwnis soboles^ nec moribus impar, 
Nec pietate minor, Christum sub nube latentem 
Ut coluU, colite in terris, tU amavit amate : 
Perpétuas donec lux duratura per annos 
AdsUj el in eœlis specierum œnigmata cessent ! 

Un S^état (U L) donne cette dernière inscription pour lettre, 
et, au bas, contre la gravure, les noms et titres suivants : 
Bertholet pinxit, M. Natalis sculpsit, à Paris, chez Brevet, rue 
St-Jacques, à r Annonciation. On n'y remarque aucune trace 
d'armoirie, c'est peut-être l'état primitif. 

Dans un i^ état (N H), on aperçoit encore les traces du cintre 
supérieur de Tarmoirie sur l'ombre du seuil. 
> Dans ces derniers états les huit vers latins qui précèdent 
envahissent toute la largeur de la planche. 

Le 4« offre encore cette différence que les noms des peintre 
et graveur sont au bas de l'inscripiion au lieu de toucher le bord 
inférieur gauche de la gravure. 

Cette planche est sans nul doute celle que Charles Le Blanc 
cite comme suit : 

<c St-Bruno adorant le crucifix entouré d'anges d'après Ber- 
tholet Flemael. » Il ne doit y avoir que l'erreur de l'ostensoir 
pris pour la croix. 

Le même auteur ajoute : terminée par P. van Schuppen, ce 
qui n'est guère probable si Ton considère la dédicace signée 

Natalis. 

Cette œuvre est, comme sentiment religieux, l'une des plus 
belles que la gravure ait produite; le saint est admirable d'élan ; 
la draperie très-élégante, les anges du haut charmants et le ton 
général des plus harmonieux. 

Abry déclare cette œuvre « la plus considérable de Natalis et 
ne veut pas l'anatomiser comme les pointilleurs. » 

M. Capitaine possède une très-jolie esquisse au lavis attribuée 

7 



~ 98 — 

à Natalis, provenant de la collection Hamal, et qui, par sa sim- 
plicité, semble être une première idée de la composition de 
St-Bruno. Comme ici, le Saint est en extase à peu près dans la 
même pose ; le St-Sacrement est remplacé par une Vierge, le 
sarcophage par un autel ; le livre est tenu par deux petits anges. 

Cette œuvre est d'un faire des plus aisés et d'une grande 
distinction. 

Assemblée des généraux de l*ordre des Chartreux. 

1«»8 — 1»50. (CE |NH) 

Tel est le titre d'une œuvre, on peut dire colossale, de Natalis. 
Elle représente un hémicyle conique, grandement architecture, 
où sont superposées sur deux rangs les sommités de Tordre 
des Chartreux. Cette vaste composition, gravée d'après Bertholet 
Flémal, se compose de six planches, ayant chacune 80 centi- 
mètres de largeur sur 84. Dans les planches inférieures se 
vojent assis les susdits généraux ayant chacun un emblème ou 
objet distinctif. St-Bruno se trouve au centre du rang supérieur ; 
23 de ses disciples sont à son gradin, 24 au second. Les trois 
autres planches donnent le complément des colonnes de l'édifice, 
ayant une voûte à caissons ornés et frise à bas-relief, représen- 
tant la vie de St-Bruno. Un groupe central est composé de la 
Vierge, planant sur le tout, tenant l'enfant Jésus assis sur des 
nuages peuplés d'anges ; ils envahissent, ainsi que les rayons, 
une partie des planches adjacentes. La Vierge tient de la main 
gauche un livre qu'elle paraît tendre à l'un des Chartreux ; à 
droite est un petit ange en adoration. Au-dessous du nuage sont 
deux grands anges étendant les bras, et au-dessus du groupe 
deux autres tenant une couronne de fleurs. Cet ensemble est 
largement traité, par tailles hardies ; le tout très-moelleux, d'un 
beau modelé. La feuille, où est la Vierge, est à elle seule une 
œuvre importante. Nulle partie faible ne se découvre dans celte 



— 99 — 

suite de planches. Le costume uniformément blanc de tant de 
ligures pouvat être un écueil qui fut savamment évité par le 
peintre qui imprima un caractère particulier à chaque figure, et 
par le graveur qui répandit les demi-teintes envahissant la 
masse et rendant les blancs rares. Toutes les têtes y sont par- 
faitement modelées ; chaque figure est belle par elle-même. Un 
texte explicatif était nécessaire à cette production multiple ; 
deux pages d'impression donnent la nomenclature biogra- 
phique des 47 religieux se rapportant à des numéros placés 
dans la gravure, au-dessus de chaque tête. 
Le n"" 1 désigne St-Bruno assis, au centre du rang supérieur, 
sur un siège élevé , orné de têtes d'anges et surmonté 
de sept étoiles dont six à Tentour d'une plus grande. La 
tête du saint rayonne; il parait adorer le groupe céleste, 
de la main droite il tient deux palmes et un crucifix ; à 
ses pieds est une crosse ; à la marche inférieure une 
mitre. Â droite du trône,^ sortant d'un nuage, une main 
tient un livre ouvert où se voit la Vierge. A gauche du 
siège une autre main, entourée de rayons, montre la 
flamme d'une lampe. Voici la suite des personnages 
dont nous croyons inutile de réproduire ici les notices 
biographiques que contiennent les pages précitées. 

S /?. Lauduinus patria Tuscus^ Luca oriwidus, S. Brunon. 
Sodus, etc. : il tient à la main un bâton. 

3 R. P, Petrm Francus Artesiusex Bethuniâ^ProfCarthusiœ^ 

vir cœlo natusy etc. : il tient un crucifix; à ses pieds sont 
deux cachets : signes indiquant les démissions deman- 
dées par les titulaires. 

4 il. P. Joan. f, natione Tuscus, Prof. Cartusiae^ ex Castro 

Moriana (non Ulo quod est in Sabaudia)^ 

8 R. P. Gtdgo Delphinas Valentinen. nobilis génère etc. ; il 
écrit en un livre : qui hanc regulam servaverit pax super 
illum. 



— 400 — 

6 R. P. Hugo I Prof cartusiae guigonis discipulus, etc. 

7 S. AnthelmiusSeiguinus ex Castro Chiquini in Sabandiaquod 

ex parentum nobilitate traxerat^ etc. ; la tête entourée 

d*une auréole ; il est en adoration, les mains étendues ; à 
ses pieds sont une crosse et une mttre. 

8 E. P. Basilius Burgundus, etc.; il tient un livre où on lit: 

promitHmus obedientian communi capitula. 

9 R. P. Guigo II gallus, etc.; il regarde le Ciel. 

10 R. P. Jancelinus, etc., a les mains jointes; à ses pieds est 

une tête de mort. 

11 JR. P. Martinus , tient un crucifix et un chapelet ; à ses 

pieds sont deux cachets. 

12 B. P. Hugo II, tient un crucifix qu'il contemple. 

13 A. P. Bemardus a Turre Burgundus ex nobili familia dicti 

nominis apud Bisuntinos^ Ut Vemntionemem Archiepis- 
copatum declinaret, etc. Il est dans Tattitude de la prière; 
à ses pieds sont un cruAfix et une crosse. 

14 R. P. Riffenv^j écrit en un livre ces mots : Statuta ord, 

Cart.; sous son pied gauche est un volume fermé. 

15 R, P. Gerardus, a les mains jointes. 

16 iî. P. Guillelmus I, tient un chapelet. 

17 R. P. Boso, regarde la terre ; à ses pieds sont des os et 

des herbes. 

iS R. P. Haymo de Augusta delphinas cartus.ptvf.j tient un 
glaive enflammé. 

19 il. P. Jacobus de Viviaco, itidem delphinas, a les mains 

croisées sur la poitrine; deux cachets sont à ses pieds. 

20 B. P. Clarus de Fontanis Prior domus Paris , tient un 

pupitre sur lequel est un livre; à ses pieds est un cachet. 

21 R. P. Jacobus de ViviacOy trois cachets lui sont offerts 

par une main sortant d'un nuage et à laquelle sont atta- 
chées deux verges . 

22 R. P. Henricus Polleti; à ses pieds sont deux cachets ; sur 



— 101 — 

l'un est une croix aux bras de laquelle appeudent deux 
verges. 

23 R. P. Joannes II, Birellus LemouiXy repousse un chapeau 

de cardinal. 

24 R. P. Helisarius GrimaldU est au centre de la rangée inté- 

rieure, en costume sacerdotal, surplis dalmatique et 
manipule ; i ses pieds est un vêtement qui parait être 
une robe de discipline. 

25 R. P. Guillemttë II, Raynaldi ArvemuSy à gauche du pré- 
cédent parait repousser un chapeau de cardinal, il écrit 
sur un livre les mots : Statuta ord. cart. 

26 R. P. Bonifacius Ferrarii Hispanuf Valentin et S. Vincenty 

Ferrary Germanus.Doctor, montre un objet qu'il a près de 
lui, sorte de botte surmontée d'herbes, auprès sont deux 
cachets. 

27 R, P. /oann^III(teGrt/fbmart(e Saxo, montre une branche 

d'olivier qu'il tient de la main gauche. 

28 R. P. Guillelmus III de Mota Gallus, a la tête entourée de 

rayons. 

29 R, P. Franciscîis I Maresme Hispan, Valmt.^ montre une 

chapelle en construction. 

30 R. P. Joannes IV Roesendal NeomagetisiSj Prof, damm 

avenionis. 

31 R. P. Antonîus J. Dellieuxprior domtis Avenion, tient une 

équerre et un fil à plomb. 

32 R. P. Antonius II de Charno ex Prior domus Apponiaci, 

regarde deux cachets qui sont à ses pieds. 

33 R. P. Petrus II Rufi, il a la tête entourée de rayons et 

tient deux rocs réunis par un pont. 
3* R. P. Francisco II a PuteoSegusianm célébrer l,\.Doctor 

écrit en un livre les mots : Statuta ord. Cart. 
35 R. P. GuUelmus l\ Bibaucius Vlander TUetanus prof, domus 

Gandav. Lovanyprimumedocttis.il tient un crucifix. 



— 102 — 

36 R. P. Joannes V Gaillardî, tient un chapelet. 

37 R. P. Petrus III de Leydis Baiavus Prior domus Gosnay, 
contemple une tête de mort. 

38 R. P. JoannesYl Fo/oni^, tient une plume et deux cachets. 

39 il. P. Damianus Longontis noHl.Mediolan. yiient un crucifix. 

40 R. Petriu IV Sarde LemoviXy tient un crucifix. 

41 B. P. Bemardus Carassus, Vasco Tarbiensis^ écrit en un 

livre les mots : Statuta ord. Car. 

42 R. P. Uierontfmus I lAgnanus lAgur, tient un chapelet. 

43 R. P. Heironymus II Marchant Auxicensis, tient un fléau. 

44 R. P. JoannesWll MichaelConstatUien. Prof. dom. Paris., il 

a sur ses genoux un livre où est une croix avec couronne 
d'épines et un cœur. 

45 R. P. Bruno II d*Haffringues Audomaropolitanj tient un 

livre. 

46 R. P. Justns Perrot. Parisin, tient une couronne d'épines. 

47 R. P. Léo Tixier exmarchia Lemovicen. Le dernier person- 

nage de la série de gauche est prépédé d'un autel sur 
lequel il soutient un globe surmonté d'une croix ; à ses 
pieds sont quatre livres ; le texte dit qu'il enflamma le 
monde par son dévouement et charité. Tixier mourut 
Tannée de la publication de cette gravure, le 13 no- 
vembre 1649. Au bas de cette composition, sur le sol, 
au centre, sont ces mots : Ex voto primariae cartusiœ in 
perpétuant gratitudinis suœ tnonumentum anno dni. 

1649. 
M. Natalis Fe. 

Adroite on lit Bertholet Fkmal pinxit. Le titre du texte est , 
Sinopsis et cotisilium mscepti operis. Fueslin se trompe en disant 
que cette gravure est composée seulement de quatre feuilles. 

35. — Si'Roch, 

9, 5 -» 7 _ (UL ' NH) 



- 103 ~ 

Dans un paysage maritime le saint est agenouillé; un ange lui 
montre le ciel où, sur des nuages, est assise la Vierge portant 
l'enfant Jésus; àTentour sont de petits anges.Àuprès du saint 
est un chien tenant un pain entre 4es dents ; sur le sol se voient 
un bâton et un chapeau. Au bas , on lit cette inscription : 
Dédiée à R. Jean Bapt. Marson^ Pasteur de St-Servais, François 
dell Trappe et Guilleaume Amoldij M""* et Directeurs de la confré- 
rie de St'Roch lez les F.F. Celites en Liège , Fan 1662. Cette 
pièce rognée au bas de Tinscription ne porte pas de signature, 
mais le papier sur lequel on la colla porte les mots : M. NataliSy 
ex coll. H, Hamal. Cette indication et l'identité de burin la font 
accueillir dans notre recueil; elle est du reste bien traitée. 

^^6. St'Henri et Ste-Cunegonde. 

25 - 14 1/2 (CE I NH). 

Sur un socle et se détachant sur un paysage est le groupe, 
composé de la sainte à genoux, contemplant St-Henri en costume 
royal, apparaissant dans une gloire, assis sur un nuage. Ce roi 
tient de la main gauche le sceptre et de la droite soutient, avec 
un petit ange,sur le genou droit, une petite église assez semblable 
à celle qui orne le paysage. Ce groupe est entouré de plusieurs 
anges dont l'un tient le bord du manteau royal. Au-dessus de 
la base portant la composition, on lit : A Diepenbeke del. M. Na-- 
talis fecit ; et dans le cartouche ornant ce socle : S. Henrlcus et 
Sta-Cunegundis. Quomodo in vita sua dUexerunt se^ ita et in morte 
non sunt separati. Cette planche est agréablement exécutée, 
surtout dans sa partie supérieure. 

37. St' Antoine de Padoue, 
9, 8 — 6, 8 (UC en vol.) 

Le saint est à genoux devant un meuble au-dessus duquel. 



— 104 - 

sur un nuage, paraît l'enfant Jésus, la tête entourée de rayons. 
Sur le meuble est une branche de lys, sur le socle est un livre 
ouvert. Au centre inférieur , en dehors de la gravure, est le 
blason des Groesbeeck surmonté d'une couronne de Comte et 
<livisan( cette inscription : S. Anloriy de Padua. R^ et /U»'» D"« 
D. Joanni Barom a Groesbeeck insignis ecclesiœ Leodien. Praepo- 
sito Abbati Seculari Dionant, Dno, temparaU de Fran-Waret. M. 
Natalis f. sculp. Cette image est le titre d'un in-8« intitulé : 
Source miraculeuse et féconde des grâceSy ouverte et présentée à 
tous ceux qui sont assaillis des maux de cette vie, qui jailtit du 
pied des autels du glorietuc St-Antoine de Padoue. Par le père 
Daniel Natalis mitieur conventuel, etc, 1688, 3« éd. Uége, chez 
Vienne Danthez, à renseigne de St-Augustin proche de St-Denis, 
Une copie de cette planche , mal exécutée et à rebours, se 
trouve en tète du même ouvrage, même édition. Elle est dédiée 
selon l'inscription du bas, A Nob.Seig, Herman et Jean de Stoc- 
hem chan. de Liège , Archidiacres et Prévôts de St-Uartin et de 
St'Paul. Cette composition fut encore reproduite dans ce siècle 
avec quelques variantes et pour le même travail ; celte gravure 
porte le titre S: Antoine de Padoue, à Verviers, chez Renard 
Croisiers. 

38. Ste-Barbe. 
16 — 12, l (NH I MP I B) 

La sainte, sujet principal d'une vaste composition dont elle 
est le colossal personnage, est assise sur des nuages, appuyant 
le coude droit sur une tour et tenant sur ses genoux une palme. 
Des rayons l'entourent, un petit ange la couronne et d'autres la 
contemplent, étages sur des nuages. Au bas, dans un riche 
paysage orné d'édifices , s'accomplit le martyre de la sainte 
décapitée sur un échafaud, entourée d'instruments de torture; 
près d'elle est le bourreau debout, tenant encore le glaive. Au 



— lOB — 

fond sont des vieillards et des soldats dans diverses attitudes. 
En dehors de la gravure, au centre inférieur, est le blason de 
Guillaume Natalis , abbé de St-Laurent (deux lions affrontés 
tenant un cœur), partageant en deux l'inscription suivante : 

Sainte Barbe priez pour nous. 
Jésus votre adorable époux. 
Qui vous chérit (tun amour tendre. 
Que par sa sainte passion. 
Il lui plaise de nous défendre 
D'une mort sans confession. 

Dédié à M. le Révérend Prélat de St-Laurent par son très- 
humble et très-obéissant serviteur M'^ Natalis, et à tous ceux et 
celles qui sont de la confrérie de Madame sainte Barbe. Sur la gra- 
vure de l'exemplaire de Bruxelles, à l'angle inférieur de droite 
est la date 4664. Cette œuvre est très-bien exécutée dans sa par- 
lie inférieure où le groupe du martyre est fait avec talent. Ce 
groupe a quelqu'analogie avec la composition de Carlier , 
ornant le plafond de St-Denis à Liège et représentant le martyre 
de ce saint. Nous attribuons cette composition à B. Flemael. 
Elle fut reproduite dans un format un peu plus grand, en 1769 
et signée Jacobi fecit avec les mots : « Sainte Barbe priez pour 
nous. Dédié par cette confrérie à Hgr François Lambert, baron 
de Stockbem, chanoine et grand chantre de Liège, Archidiacre 
de Condroz, Prévôt de Maseyck, protecteur de la confrérie. » 

39. — Ste-Barbe. 
12,5 — 8, 5 (UL) 

Debout, près d'une tour, dans un paysage maritime^ elle tient 
de la droite une palme et de la gauche une épée ; à ses pieds 
sont divers instruments de supplice et deux seins. Au dehors est 
la lettre : Saint Barbe priez Dieu pour nous. La figure est bieq 



— 106 — 

composée et biea posée. Cette œuvre qui n'est pas signée , est 
notée ici sur la déclaration de Hamal. 



Saints et Saintes en pied et en buste. 

40. - St'Francois de Paule. 
9. 8 --6,91. (UC) 

Il est debout, à mi-corps, en extase devant un crucifix posé 
sur une table où est un livre ouvert aux mots : Hœcest régula 
mitis et sancta, etc. Des rayons flamboyans descendent du 
haut du Christ vers le saint, dont une large auréole entoure 
la tète. L'inscription dit : S. Franciscus de Paula Sacri Ordinis 
Minimarum imtitutor. Leodii M. Natalis fecit 1629. 

Cette pièce est intéressante sous le rapport artistique; le 
dessin en est large et d'un style autre que les images gravées 
par le même en 1628 ; elle tient encore du gothique. Néanmoins 
nous n'admettons pas l'opinion de Saumery disant qu'elle 
dépasse les plus belles pièces de Valdor . 

Dans la catégorie des sujets de ce chapitre, Natalis grava, à 
noire connaissance, deux séries ; Tune composée de saints et 
saintes en pied, debout sur fond blanc, mesurant 28 c. S" de 
haut sur 13 c. 2™ de largeur. 

Ces figures d'après A. Diepenbeke, sont en général traitées 
avec infiniment de goût, d'un dessin ample, d'un burin aisé ; 
l'efitet en est à la fois transparent et vigoureux. 

Nous allons décrire dix-neuf de ces planches publiées à 
Anvers, sans date. Nous croyons que Natalis les produisit après 
son retour de Rome, excepté peut-être le n*» 47. 

La seconde série est formée de saintes et saints en buste, sous 



— 107 — 

forme d'images, en feuilles portant huit bustes chacune, mesu- 
rant 9 G. B" de haut sur 6 c. 5"» Elles furent aussi publiées à 
Anvers par les presses de Martin Van den Enden. 



Saints et Saintes en pied. 

4!. — St' Joseph. 
(CE I B) 

Debout sur un socle, il tient sur le bras droit Jésus enfant, et 
de la main gauche un lys. Les têtes sont entourées de rayons. 
Au bas, sur le bord supérieur du socle est le titre : St-Joseph ; 
et plus bas les signatures : Michael Natalis sculpsit, Martinus 
vanden Enden excudit. 

Cette figure est belle de composition et de travail ; la tête du 
saint et les draperies sont d'un dessin agréable, mais d'un 
burin maigre. 

42. — S^'Monique. 

(NH) 

La tète entourée de rayons, elle porte un vêtement à manches 
très-amples ; un voile blanc passe sur la poitrine, et pardessus, 
un second voile noir couvre les épaules. Elle regarde le ciel en 
pleurant ; sa main gauche tient un mouchoir. 

La lettre dit : 

Sancta Uonica, 

/{mo p Hippoiyto Montio ord. Eremit, S, P. Augustini Priori 
gênerait D.D. F, Joachimus Brulim prior Provincialis Flandriœ. 
M. Natalis sculpsit, Martinus Vanden Enden excudit Antverpice. 



— 108 — 

43. — 5. Augustin. 

(CE NH) 

De la droite il tient uq cœur enflammé et regarde Dieu le * 
Père, apparaissant à gauche dans une gloire, tenant un triangle 
de la main droite. Devant le saint est un homme vu en buste, 
qui le regarde ; derrière un ange tient la crosse et la mitre. 
Sur le socle est écrit : 

S. P. Augustinus. 

jjmo p uippQiyio Montio ord, Eremit. S. P. Augustini Priori 
generali D.D. F. Joachimus Brulius Prior Provincialis Flandriœ, 
M. Natalis sculpsit. Martinus vanden Enden excudit Antverpiœ. 

Cette pièce est assez belle. 

44. — S. Appoline. 

(CE) 

La sainte , debout sur un socle, tient de la main gauche une 
tenaille avec une dent ; elle pose la droite sur son cœur et 
tourne la tête vers un petit ange portant une palme et qui la 
couronne. 

Sauf le nuage où est range et le rayon de la sainte, le fond 
est blanc. 

Le socle porte les mots : 

S. Apolonia^ Bruxellœ apud P,P. Augustinianos miraculis clara. 

M. Natalis inv. et F. Martinus vanden Enden excudit. 

Cette figure, sans cadre, rappelle Técole de llubens comme 
forme ; quant à Teffet, les draperies ont trop de blanc. 

48. — S. Thomas d'Aquin, 

(B) 

Debout , la tète entourée de rayons , il semble écouter une 



— 109 — 

colombe descendant vers son oreille gauche ; une chaîne passe 
sur la pèlerine du costume , retenant sur la poitrine un soleil. 
Le saint tient de la main droite une plume et de la gauche un 
ostensoir; à ses pieds sont une crosse, une mttre, une couronne 
de perles et un bâton de commandement. 

Sur le socle où pose le tout, on lit : 

S. Thomas Aquinas. Nobili Reverendo atq, Exim. Domino D. 
Jacobo Speecq S. Th. Doctori, Ac almœ Academiœ Lovan Pro- 
fessoriy sol iste suo Radio dicatus esto. Abraham a Diepenbeke 
invent, Michael Natalis sculpsit. Martimês vanden Enden exe. cum 
privilegio. 

Cette œuvre est très-réussie , la tête très-belle et le tout d*un 
effet saillant. 

46. — S^'Bemard. 
(CE I MP I B) 

Il est debout près d*un piédestal sur lequel il soutient un livre 
où on lit : Subit animum dictare aliquid quod et Papa Eugénie etc. 
De la main gauche, il tient une crosse à bannière ; la tunique 
crevée laisse voir son cœur où est une croix entourée des ins- 
trumens de la passion. A ses pieds, à gauche , sont trois mttres 
dont deux avec le pallium ; à droite est debout un chien. Le 
socle, le plus orné de ceux des Saints de cette série , porte au 
sommet : 5. Bernardus ; et dans le cartouche, encadré d'oves : 

S. Bernardus doctor Mellifluus 1 Claravallensis abbas S. ordinis 
Cisterciensis insignis propagator. R. Admodum Z)"** D. Henrieo 
Van der Ueyden Celeberrimi monrii B. Virginis de Villaris abbati 
meiHtissimo D. C. Q. Martin vanden Enden. Et en dehors du car- 
touche : Abr. a Diepenbeke invent. Michael Natalis sculp. Martinus 
vanden Enden excud. cum privilegio. 

Aux cotés du socle sont deux blasons surmontés des insignes 



— no — 

abbatiaux; celui de gauche porte : de sable à la bande écbiquetée 
argent et gueule, sur deux rangées de sept pièces. Celui de 
droite : d'argent à trois fleurs de lys d'azur, deux et une. 
Cette planche est d'un effet agréable. 

47. — S^' Bernard 

(B) 

Il est à genoux devant la Vierge tenant l'enfant Jésus, assise 
sur des nuages où se voient de petits anges. Marie presse son 
sein droit, découvert, duquel part un jet allant à la bouche du 
Saint, lequel soutient du bras gauche une croix, une flèche et 
un roseau. En face de lui est la colonne de la passion ornée 
d'un gantelet, d'une verge et de cordes, le tout surmonté d'un 
coq. Contre la colonne sont une échelle et un manche portant 
une éponge ; auprès on voit une lanterne, et sur le premier 
plan du même groupe, un calice et un plateau avec burette. 
Sur la face du socle portant la composition, se trouvent trois 
doux, une tenaille, un marteau, une bourse et un glaive ayant 
sur sa lame une oreille; auprès sont des dés et, au centre, 
brochant sur le tout, la face du Sauveur. 

Le tors supérieur du socle porte le titre : Sanctus Bemardm ; 
le champ est signé : Joa. Thomas delineavit, C. Galle execud. 
Mich. Natalissculpsit. /. Verbruggen, 

L'ensemble de cette œuvre tient de l'école de Rubens ; l'effet 
présente de la sécheresse ; c'est l'une des moins bien gravées de 
cette série. Nagler attribue cette gravure à J. Thomas van Ypern 
ou d'Ypres. C'est la seule de la présente série qui ait pu être à 
notre avis, gravée avant le départ de Natalis pour Rome. 

48. — St'Françcris d^ Assises. 

(CE I B) 

Debout et nymbé, il tient un crucifix qu'il contemple; il a près 



— m ~ 

de lui un agneau debout et un globe renversé. Au haut du socle 
est le titre S. Franciscus ; au bas : Aàt^aham a Diepenhehe inven. 
Martinus vanden Enden excud. Antverpiœ cum privilégia. Michael 
Natalis sculp. 

Cette planche est d'un effet assez agréable ; le burin est peu 
réussi dans la disposition des tailles. 

49. — St'François de Paule. 

(CE I NH I B) 

Le saint est debout, nimbé dans une attitude humble, les 
mains croisées sur la poitrine ; il regarde avec expression le 
mot charitas apparaissant à Tangle supérieur de droite entouré 
de nuages. Le socle orné porte en cartouche ce titre : S. Fran- 
dsctis de Paula fundator sacri oi^dinis Minorum, 

On lit au bas : Erasmus qiiellinus delineavit. Mîchael Natalis 
sculpsit. Martinus vanden Enden excudit. 

Cette planche est très-belle de vigueur et d'expression, déno- 
tant un renovateur fervent : le burin en est très-distingué, la tête 
et les mains surtout sont traitées d'une manière tout artistique, 
et font de cette œuvre Tune des plus parfaites de Natalis. 

50. — S^'^'Jeanne de Valois. 

(E I UL I B) 

En costume d*Ânnonciade, sans nimbe, portant une couronne 
royale, elle est debout, tenant de la main droite un crucifix. De 
la gauche elle tend Tannulaire pour recevoir un anneau que lui 
présente l'enfant Jésus, debout, couvert d'une tunique. Il porte 
au bras gauche un panier dans lequel se voit une couronne 
d'épines. 

La bordure supérieure du socle porte : 

Serva Di. Dna. Joanna Valesia Franciœ Regina^ Ordinis Annwi" 



— «3 — 

tiatarum Fundatrix, miraculis clara moriturin gcUlia, Anno iSOS 
4 die February. 

Abr. a Diepenbekeinvenit, Michael Natalis seulpsU, Mort vanden 
Enden excvd. Antverpiœ cum privilegio. 
Le dessin de cette œuvre est lourd. 

51. — Le Bienheureux Godefroid. 
(CE I NH I PB) 

Il est debout , nimbé , portant une couronne à fleurons , 
laquelle a au bandeau ces mots : décor me corona ; son costume 
est celui des prémontrés. La main droite pose sur la poitrine ; 
la gauche tient une tête de mort ; les regards se portent vers le 
ciel d'où , entre des nuages ornés d'anges , descend un rayon 
avec les mots : Bene veniunt Nunty Domini Creatoris met. 
Aux pieds du saint est l'amour, les yeux bandés, derrière, le 
monde, et auprès, un blason, qui semble être d'argent, à deux 
fasces d*azur, timbré d'une couronne de perles à fleurons aussi 
de perles. 

Sur le socle on lit ce titre : 

Beatus Godefridus ex Comité Capenbergerisi Canonicus Ordinis 
Prœmonstratemis, 13 January. Abraham a Diepenbeke invertit. 
Michael Natalis sculpsit. Martinus vanden Enden excad. Antverpiœ 
cum privilegio. 

Cette œuvre et le S'-François de Paule sont à notre avis les 
plus parfaites de la série des saints de ce format. 

52. — S. Herman. 
(MF I B) 

En costume de Prémontré, portant surplis et bonnet carré , 
il est debout tenant sur le bras gauche l'enfant Jésus , et de la 



— 113 — 

main droite une braMbe de lys. Autour de ceUe-ci serpente 
un billet portant les mots : Concupivi salutare tuû Domine. Sur 
le tors supérieur du socle est le titre de la planche : B. Her- 
marmus Joseph. 
Le groupe est bien posé, le surplis grayé avec soin. 

53. — S. Frédéric, prémontré. 

(B). 

Il est debout, bonnet en tête, manteau à pèlerine boutonnée, 
croix en dessous, la dépassant; sa tête est entourée d'une 
petite auréole. La main droite porte un bouquet où dominent 
les lys et les roses ; la crosse abbatiale est tenue par la main 
gauche dont Tannulaire porte un anneau. 

Le saint regarde le spectateur, mais le corps est dirigé vers 
la droite, dont l'angle supérieur est occupé par un nuage, où 
est assise Ste*Cécile tenant un buffet d'orgue et une palme. 
Frédéric pose le pied gauche sur le démon terrassé, lequel 
tient de la main droite un serpent. A gauche, au premier plan, 
sont trois génies entourant une manne de fleurs ; le socle 
portant le tout, de même disposition que les précédents, est 
orné de cette inscription ; B. Fredericus primus abbas etfundator 
horti B. Mariœ, in Frisia, ordinis Praemonstratensis, 3 Marty. 
Au bas, en dehors de l'estampille on lit : Venerabili et religiosœ 
congregatiotii canonicorum sacri et canonici ordinis Prcemonstra- 
tensis Ecclesiae St.-Michaëlis Antverpiensis, F. G. D. A. D. C. Q. 
Quoique cette planche soit de même disposition que celles de 
la présente série, elle en diffère en ce qu'elle est entourée d'un 
trait formant cadre, un fond de ciel clair, et une inscription en 
dehors de la gravure. 

54. — St. Philippe-de-Néri. 
(CE I NH I B). 

La tête entourée d'une auréole, coiffé du bonnet carré, il 

8 



~ H4 - 

pose une main sur la poitrine ; de la gauche il tient un chapelet; 
à ses pieds, à gauche, sont deux chapeaux de cardinal, à droite 
une mître ; la lettre est : Vera effigies S.-Philippi Nerii congre- 
gationis Oratory Romae fundatoris ; obyt anno ChiisH 1595, Aetat. 
80. Abr. a Diepenbeke inven. Michael Natalis sculpsit^ Martinus 
Vanden Etuie excudit cum privilégia, 

55. Ste-Claire, 
(CE I NH I UL I B.). 

Elle tient de la droite un ostensoir, de la gauche la crosse. 
L'ensemble de l'œuvre est sévère ; la main est peu dessinée; 
la lettre dit, au tors du socle : S,^Clara\ et plus bas : Abr. a 
Diepenbeke invetiit, Martinits Vonden Enden excudit^ Antverpiae 
cum privilégia. Michael Natalis sculpsit, 

56. — S. Raimand. 

(CE I NH I MP I B) 

11 est debout en costume de Dominicain, la tête entourée de 
rayons ; dans sa main droite sont deux clefs, de la gauche il 
tient un livre ; à ses pieds sont des chaînes de captif. Sur le 
socle on lit : S. Raymundm Fundat. Mercenar, Adm. Révérende 
Patri l\ Raymundo de Huldere , secundum suppriori Convetitus 
sui Antverp, Ord. F. F. Predicatorum iterata vice Vicario CalUgy 
S. Thomœ Lyrœ Hancee patroni sui imaginem D, C. Q. F, E. B, 
Abra, Diepenbeke invenit, Michael Natalis sculpsit, Mart. vanden 
Ende excud. cum privilegio. L'aspect de cette planche est pitto- 
resque et plein de vie ; le manteau très-foncé laisse dans la 
lumière la robe et la tète du saint. 

57. - B. P. Siardus, 

(NH I MP I B) 

En costume de prémontré, coiffé du bonnet carré il est 



— 445 — 

debout, adorant une gloire entourée d'anges ; le rayon central 
porte les mots : Quam bonus Israël Deus ! Le saint tient de la 
main droite un crucifix, une verge et une discipline ; derrière 
lui est un ange tenant une crosse ; auprès est une manne de 
pains. L'inscription du socle dit : B. P Siardus, V abbas horti 
Marianiin Frisia ord. Prcsm. 13 Novemb, Abr. a Diepenbeke de- 
lin. MickaelNatalissculpsit, Mart. vanden Enden excud^cumprivi- 
kgio. Geite planche est très-bien exécutée, draperies et figure. 

88. — R. P. Gabriel Maria. 
(CE I NH ! B) 

Il est debout sur un socle, en costume religieux, portant un 
tau sur la poitrine ; la robe est crevée à la place du cœur que 
Ton voit et sur lequel est le chiffre de la Vierge Marie. Le saint 
tient de la main droite une petite croix, de la gauche un livre 
posé sur un piédestal, ouvert, où se voit une annonciation et ce 
texte : Régula anuntiatafnim ordinis Beatae Mariae. Au bas du 
piédestal sont un bonnet carré, une crosse et une mttre ; le 
socle où pose le tout porte : SerV" />»* R. P. Gabriel Maria Mi- 
norita Ordinis annuntiatarum Fundator^ tniraculis clarus moritur 
in gallia anno 1832, 27 die Augusti. Ab. a Diepenbeke invent. 
MichaelNatalissculpsitj Mart. vanden Enden exe. Antverpiae cum 
privilegio. Le fond est blanc, le personnage sans auréole ; de sa 
bouche part un rayon avec le mot magnificat. Cette gravure est 
agréable et très bien traitée de clair-obscur. 

89. — Pierre Calmthoutanus. 
(CE I NH I B) 

Il est revêtu d'un riche cosiume , composé du surplis , de 
l'étoile, d'une belle fourrure claire à queues portée sur le bras 
gauche ; d'une main ii tient un livre ouvert et de la droite une 



— 116 — 

hache de laquelle partent ces mots à rebours : Pieta$ ad 
amnia utilis. Il regarde un ange qui lui présente une palme 
et une couronne. A ses pieds est un bonnet carré, blanc ; der- 
rière le saint un piédestal supporte une église modeste ; 
sur son dé deux bas-reliefs montrent, Fun un homme terrassé, 
Tautre le bourreau décapitant ce personnage sur un billot. 
Au bas de la figure principale on lit : B. M. Petms CatmthoU" 
tanus^ Canonicus Tungerloensis Pastor in Haren^ propter fidem 
catholicam a geusys occism anno 1572 16 ApriL Rn.^"* admodum 
Domino D, Theodoro Verbraeken, ecclesiœ Tungerloensis Abbati 
Df3™\ M, vanden Enden LM D C Q. Abr, a Diepenbeck deli- 
neavit. Michael Natalis sculpsit. Martinus van den Enden exe. cum 
privilegio Cette planche est très belle de burin et d'expression, 
le tout très moelleux, bien dessiné et gravé. Un autre état porte 
sur le tors supérieur du socle les mots : in secuH et ascia deiece- 
mnt eum Ps. 73 ; l'exemplaire N H est sur parchemin. 

60. — Tête de S. Jean. 
Circulaire, 5, 5 (UL) 

Dans un cercle ou sorte de cachet est un plat portant la tète 
du précurseur, entourée de rayons ; le tout pose sur un socle 
dont la face montre les mots : Saint Jean p p. n. k Fentour, 
entre deux cercles , comme cadre, est cette inscription : La 
Confrairie des P. prisonniers de Liège, érigée Van 1602. Cette pièce 
est vigoureuse, non signée et indiquée ici d'après l'inscription 
de Hamal. C'est probablement cette pièce qu'Abri cite p. 291 
sous le titre de Décollation de S^-Jean. 

Bustes de saint» et saintes en feuilles. 

9, 5 - 6 V« 1. (C E) 

La bibliothèque Richelieu en possède deux feuilles de huit 
figures chacune, séparées par un simple trait de burin. 



— H7 - 

Chaque sujet occupe le champ entier du quadrilatère qui le 
contient. Chaque buste, la tête entourée de rayons , se trouve 
dans un cartouche varié de forme et orné, accompagné d'objets 
ali^oriques ou indiquant les instruments du martyre des per* 
sonnages représentés. 

61. — Le sujet de la première des susdites pièces est la 
Vierge avec ces mots : 

S. Vxvgo virginum ; entourage de branches de vigne, d'épi- 
nes et de lys. 

62. — S. Joseph Virgo et sponsus virginis, avec des lys. 

63. — S. Barbara avec tour, épée et palme. 

64. — S. Lucretia avec palme , lys , laurier , chêne , épée , 
trident, boulette, fléau, cordes, chaîne et chevalet. 

65. — S. Ursula avec deux flèches. 

66 — S. Petranilla avec deux balais et un livre, sur la cou- 
verture duquel se voit une tête qui parait être celle de S^ Pierre. 

67. — S. Dimpna avec deux épées et un démon enchainé. 

68. — S. Susanna avec une palme et une épée. Les Saintes 
Ursules et Dimpna sont couronnées. Ces sept sujets portent 
chacun au bord inférieur, ces mots : Mart. vanden Enden cxcud. 
cum privilegio, mots qui au H* sont remplacés par : £. Quellinus 
invenit, Michael Natalis sculpsit. 

La seconde feuille ofi're : 

69. — S. Lucia culourée d'un grand brasier ; une épée est au 
bas. 

70. — S. Margareta avec un agneau debout et un dragon 
terrassé ; au haut est une tête d'ange. 

71. - S. Apollonia avec un petit brasier, deux groupes de 
dents plus deux tenailles tenant chacune une dent. Une couronne 
de laurier surmonte le tout. 

72. — S^-Catharina avec une roue brisée, une palme, une 
épée, deux couronnes superposées, Tun de laurier, Tautre 
royale. 



— 118 - 

73. — S^'Agatha avec deux efforces tenant chacune un sein. 

74. — S^'-Agnès avec un agneau couché sur un livre. 

78. — S^'Cécile avec une mandoline, un violon, un tambour 
de basque, deux petites flûtes dont une courbe, un buffet d*or- 
gues et un cahier de musique. 

76. — S. Dorotliea avec des vases , corbeille , guirlandes 
groupes de fleurs et fruits. Ciiacune de ces images porte au bas 
les mots : Mart. vandeii Enden ex. Antverpiœ cum privilégia. Le 
nom du graveur ne s'y trouve pas. 

L'ensemble du travail est généralement très-vigoureux et 
finement exécuté La plupart des têtes se rapportent à Técole 
de Rubens ; les saintes Barbe et Agathe rappellent les camées 
antiques ; Dimpna et Suzanne sont aussi des types sévères de 
dessin. 

77. — Buste de S. Lambet^t diaprés la chasse en vermeil. 

35 — 28 

(gravure très-répandue.) 

Cette planche, Tune des plus remarquables de Naialis, est 
une magnifique reproduction de la belle châsse en vermeil que 
fit exécuter Erard de La Marck, pour sa cathédrale de S«-Lam- 
bert. Cet important et somptueux spécimen d'orfèvrerie liégeoise 
créé par Henri Zutman, frère du graveur Suavius, échappa heu- 
reusement, en bloc du moins, au vandalisme de la fin du siècle 
dernier. 

Le saint est représenté en grand costume épiscopal, mitre en 
tête, tenant sur la main gauche un Hvre ouvert et de la droite 
une crosse. 

Le tout pose sur un socle composé d'arceaux trilobés, dis- 
posés en intérieurs dans lesquels se déroulent les scènes de la 
vie et du martyre de l'évéque. Fia composition du côté gauche 
le montre priant à la croix du préau de l'abbaye de Stavelot ; 



— H9 - 

celle du centre, le massacre du saint et de ses neveux ; à droite, 
des miracles s'accomplissent sur son tombeau. Cette gravure 
est également précieuse en ce qu'elle montre Tobjet avant les 
spoliations qu'il subit pendant l'émigration, par l'enlèvement 
de bijoux et surtout de la crosse. Celle-ci est composée de trois 
groupes personnifiant sans doute les églises de Liège et dans 
la volute est l'immaculée conception entourée d'anges. Sur les 
pilastres, espaçant lesdits arceaux, sont les statuettes des pre- 
miers évêques de Tongres, Maestricht et Liège, et au pied des 
pilastres du milieu sont, à gauche, la figure agenouillée de 
celui qui dédia le buste, accompagné de la légende Erardus 
primus génère, de Marka tertius, L'armoirie des De la Marck 
timbrée d'un chapeau de cardinal fait pendant à ce groupe. 
Comme particularité de costume, le S'-Lambert porte sur une 
sorte de chasuble une pèlerine découpée en crénaux, retombant 
pleine sur la poitrine et s'harmonisant, comme ornementation, 
avec la partie centrale de la chasuble qui est dessous. Le vide 
des découpures de la pèlerine est rempli par des chainettes, 
au nombre de cinq pour chaque compartiment. Les mains sont 
gantées et portent chacune trois bagues. Natalis apporta un 
soin remarquable à l'accomplissement de ce travail d'intérêt 
national. La vérité du dessin et la vigueur du burin s'y mani- 
festent, réunissant la souplesse à l'énergie, surtout dans les 
bonnes épreuves où fèclat métallique du modèle est rendu 
d'une façon puissaiile et moelleuse. Enfin le modelé excellent, 
prouve que son auteur y appliqua tout son talent. Le socle du 
buste étant façonné en hexagone, son pan antérieur paraît dans 
la gravure sortir du cadre et projette ombre dans la marge en 
blanc, sur laquelle s'étale l'inscription suivante : 

S. Lamberte œ^a pro nobis, 
AtLgustam frontem maiestateinqz serenam 

Castaque Lamberti Martyiis ora vides : 
Qualia tum gemmis, tum divite clara métallo, 

l^rindpe Legiacae geritis in œde micant. 



— 120 — 

Sed magni dote$ animi. ^t décora aUa climium 

Impressisse imis cordibus ipse velit. 
Sic igitur tuu$ œtemum, pia Legia, Promd 

Vivat in ancanâ pectoris œde lui, 

Ser^° et B"^ Principi Maximiliano Henrico, Archiepiscopo et 
Electoîi Colonien : Episcopo et Principi Leodîensi Vtriusque 
Bavariœ Duci, etc, Nec non Reverendis admodum Perillnstribus et 
generosis DominiSy Decano^ et Capitulo Cathedralis Ecclesice Léo- 
diensi$y PatronU suis colendissimis dicat consecratqz Michael 
Natalis Chalcographtis S" S. Ceï'^ cum gratia et privilégia Ser^' 
Maxi. Hemici, Après cette dédicace se trouve indiquée une 
mesure de longueur divisée en dix comme Tétait le pied de 
Liège dit de St-Lambert; auprès est la date 1653. On tira, 
parait-il, des exemplaires de cette planche avant que la dite 
mesure y fut apposée. La révolution de 1789, fut aussi fatale 
à cette œuvre, dont on fit ensuite une réimpression en biffant 
la dédicace adressée au Prince-Evêque et au chapitre cathédral. 
Cette suppression se fit en annulant tout ce qui se trouve après 
les deux premières rangées des vers latins et en appliquant, à 
Tehcre, une barre sur la légende qui est au bas de la figure 
agenouillée d'Erard de la Marck. Le cuivre de cette planche, 
que possède aujourd'hui la cathédrale de St-Paul à Liège, ne 
peut produire que des planches n'ayant plus rien de la force 
primitive. Pendant le séjour de Calamatta en Belgique, il fut 
question de faire retoucher l'œuvre de Natalis par cet artiste 
digne de lui rendre son éclat, mais ce projet ne fut suivi d'exé- 
cution. Cette gravure eut les honneurs de la contrefaçon. M. 
N. H. en possède un exemplaire où le buste est à peu près de 
même taille que l'original ; une différence de disposition s'y 
remarque en ce que la base ne sort plus du cadre, mais pose 
sur un seuil à moulures. Au dehors de la gravure, près du bord 
inférieur de gauche, est le nom van Merlen execudit. Le titre 
et les vers cités ci-dessus viennent ensuite , plus une autre 



— 121 — 

inscriptioQ dont il û'existe dans l'exemplaire coaou et rogoé, 
que le sommet de quelques lettres. Une sorte de parodie en fut 
aussi faite, c'est-à-dire qu'un graveur inconnu reproduisit cet 
ensemble et posa une barbe bouclée au saint liégeois pour en 
faire un St-Denis. Du moins c'est ce qui s'explique par des 
scènes de la vie du saint français représentées dans les niches 
du socle. Erard de la Marck y est remplacé par un personnage 
en surplis et Tarmoirie au pilastre opposé porte un lion. Au 
bas sont des vers latins ayant rapport à St-Denis et une dédi- 
cace à Jacobus, F. Barroy, Sti Dion. Cancus. Il s'agit de l'église 
de St-Denis de Liège. 

Le graveur liégeois Godin a fait une réduction du St-Lara- 
bert de Natalis. 

Sujets profanes et allégoHes. 

78. — Adam et Eve. 
Oblong 8, 8 - 13, 5. (UL | UC). 

Au milieu de la composition s'élève un arbre chargé de 
pommes ; aux côtés sont, à droite Eve debout, tenant l'un des 
fruits à la main et regardant Adam ; celui-ci, assis à gauche, 
appuyé sur un tertre, tend la main gauche vers sa compagne. 
Au dessus du tronc de l'arbre, à la bifurcation des branches, 
s'élève le péron liégeois, autour duquel s'enroule, d'une part, le 
serpent dont la tète est posée de manière à faire voir qu'il vient 
de quitter la pomme que tient Eve, et d'autre part une chaîne 
terminée par deux anneaux, et tenue horizontalement. A 
gauche, est la Vierge tenant l'eniant Jésus qui semble se jeter 
avec effroi au cou de sa mère en regardant la scène ; à droite 
Saint Lambert, tous deux assis sur des nuages. Au bas de ces 
groupes, sur la largeur presque totale de la planche, s'étend un 
billet déroulé, sans inscription. Au coin libre de gauche est un 



~ 122 — 

carré sur lequel se voyent trois objets qui paraissent être des 
feuilles de laurier. 

Cette gravure, en taille douce, d'un dessin très élégant, est 
artisteraent faite et ne ressemble en rien comme aspect aux 
autres productions de Natalis dont la variété du reste surprend 
souvent, les amateurs ; cette gravure se trouve au titre des 
œuvres du P. Pierre Halloix, citées à propos du blason d'Inno- 
cent (v. le n» 144) où se présente un autre état de notre pièce 
en ce que le billet du bas porte les mots : Virtuti cornes invidia; 
et plus bas sur le champ, sub signo Paradisi terrestm. Ces der- 
niers mots désignent l'enseigne de la librairie de Math. Hovius, 
à Liège, d'où sortit le livre. 

79. — Jupiter et le Temps. 
24 — 17,5. (CF I NH | B). 

L6 dieu, laissant planer dans les airs l'aigle et tenant les 
foudres, est descendu sur terre. Là est assis le Temps, dont les 
chaînes qui Tavaient tenu attaché au sol sont brisées ; il pose 
un pied sur la faux. Jupiter lui montre deux génies dont l'un 
porte un sceptre dont le sommet est formé d'une abeille et d'une 
couronne ; le génie soutenant celle-ci supporte en même temps 
un manteau frangé. Sur ce tertre, à gauche, sont les mots : 
Fr. Romanelle. Viterb. del, M. Natalis fecit Romae. 

L'effet de cette planche est vigoureux ; le clair-obscur, large- 
ment distribué, appartient bien à l'école italienne. L'abeille du 
sceptre laisse croire que cette œuvre fut destinée à glorifier la 
famille Barberini. 

80. — Vénus et Mars, d'après le Titien. 
30 — 26,5 (CE I NH). 

On connaît cette composition où Vénus est assise tenant un 
globe ; un guerrier lui pose la main sur la poitrine, tandis que 



- 123 - 

l'amour apporte un faisceau de flëchOvS. Une jeune fille paraît lui 
rendre hommage, une autre élève une corbeille. 

Cette œuvre est parfaitement exécutée, surtout l'Amour et 
Mars, dont le modelé de la tête est rendu avec un art admirable, 
supérieur au modèle. Titianus pinxit. M. Natalis sculpsit. Un 
autre état porte de plus les mots : cum priv. régis, 

Saumery et Abry intitulent cette planche « portraits historiés 
de Dom Ferdinand de Tolède duc d'Albe et de son épouse, 
vénérés par tant de témoignages d'amour et de tendresse. » 
Ch. Le Blanc dit qu'elle représente « 42 : Alphonse d'Avalos, 
marquis de Guast et sa maîtresse, à qui Amour, Flore et Zéphyr 
rendent hommage. » C'est sous le même nom del Guasto, qu'elle 
est indiquée au catalogue du Musée de Paris en 4803 ; ce 
tableau original fait partie de l'ancien contingent du Musée du 
Louvre. Le catalogue de 1823 ajoute que le dit Marquis, lieute- 
nant-général des armées de l'Empereur Charles V, en Italie, 
mourut en 1546, âgés de 42 ans. Son portrait se trouve aussi, 
dit-on, sur le tableau des noces de Cana de P. Veronèse, un 
nègre lui présente une coupe. 

81 . — Sylèiie captif. 
Oblong - 26 — 3, 4, 5 (CE). 

Dans un riche paysage, orné d'un temple, dont la frise porte 
les mots : sapientia victriciy Sylëne est endormi ; une femme 
portant un soleil sur la poitrine est occupée avec de jeunes 
garçons à l'attacher avec des lianes ; au haut du tertre un faune 
sourit en observant la scène. Le croissant de la lune se montre 
au Ciel; un tronc d'arbre, à gauche, porte un blason sans sujet. 
La gravure est signée au bas ; à droite, Fr. Romanelli VUerb. 
delin ; à gauche, Micftael Natalis fecit Romœ. 

Cette planche est d'un aspect agréable, la femme et les jeunes 
gens sont jolis de dessin et d'effet. 



— 124 — 

82. — Même sujet. 
28 8 - 38,9 (B). 

Cette planche offre comme variantes Tabsence du croissant 
de la luoe et les mots de la frise du temple remplacés par Pomis 
siuL nomina servant. Le soleil qui ornait la poitrine de la femme 
a disparu de même que Farmoirie du tronc d'arbre du premier 
plan. En outre l'acrotère du temple porte un blason à une croix 
récartelant, aux l""' et 4 au croissant, aux 2 et trois à une étoile, 
sans indications d'émaux. Cette arme est timbrée d'une cou- 
ronne à pointes. 

L'exemplaire de Bruxelles est d'une beauté rare comme 
brillant et vigueur d'effet. 

83. Neptune et Minerve. 
Oblong. --25-36 (CE | UL | B). 

Dans un paysage maritime, le ciel orné d'un groupe, composé 
de Jupiter, Mars et Mercure, vus en buste ; Neptune, sur un 
char conduit par des Dauphins, fend les flots. Il tient les rênes 
de la main gauche et de la main droite un trident qu'il paraît 
lancer vers un cheval qui se trouve à gauche dans les eaux. 
Des tritons sont, l'un en avant du groupe touchant l'une des 
quatre rênes, un autre retient le manteau flottant du Dieu, un 
troisième souffle dans une conque en regardant le groupe 
céleste. Au fond est un phare devant une ville. Au premier 
plan Minerve, sur la rive, paraît frapper de sa lance le pied d'un 
arbre autour duquel serpente un ruban, portant les mots : Pomis 
sua nomina servant. Au bas du tertre, où s'élève l'arbre, est un 
blason couronné portant un aigle ; au bas sur l'estampe sont 
les signatures : A. C. delMichael Natalis^ F. Romae. 

Le dessin est maniéré, mais les deux plans principaux, très- 
différents de valeur, sont bien harmonisés. Les hachures ter- 
minent seules la planche sans aucune ligne d'encadrement. 



— 125 - 

L'exemplaire de TUniversité de Liège porte au bas des lettres 
A. C. (tel., les mots écrits : Annibal Carraee (Garraci, Garrache), 
ce qui donne un collaborateur, non encore cité, à Natalis, si 
l'annotation est exacte. Le nom tel qu'il est écrit fait pensèi' 
qu'il y a été placé par un italien. 

84. Statue de Pommœie. 
26— 13 I 26 (G E). 

Debout dans une niche, la tête nymbée, elle tient un bâton de 
a main droite et de la gauche des objets difficiles à définir, dont 
un fruit. La pose est majestueuse, la draperie de la bonne 
époque antique. Le socle montre une armoirie portant un fais- 
ceau posé en pal, sur le tout, l'écu fascé à trois étoiles posées 3 ; 
le tout surmonté d'un chapeau à 7 houppes. Au bas est signé 
Jlf* Natalis, p. 

L'exécution de cette petite œuvre est admirable de finesse, 
de légèreté et de transparence ; elle rend élégamment l'effet 
sans oppositions vives, grâce à des reflets largement appliqués 
et donnant au tout un aspect diaphane sans nuire au relief. Le 
tout est exécuté par tailles se croisant en carré, ce qui paraît 
être le caractère propre, individuel du burin de Natalis. Gette 
œuvre appartient à la maturité du talent du graveur et laisse 
loin derrière elle la reproduction de la plupart des statues de la 
galerie Justinienne. Abry dit de cette feuille : « C'est un charme 
qu'on ne peut assez exprimer par des paroles ; le cardinal 
Mazarini l'a scellée de ses armes gravées par dessous. » Ge sont 
celles que nous avons décrites. 

85. — La Guerret 
23 -. 15 (G E). 

Assise sur des nuages entourée de génies, lançant des 
flammes qui parsèment l'air, une femme tient un bouquet de 
feuilles de laurier et pose le pied sur un faisceau. Un drapeau, 



- 126 - 

près d'elle, porte les mots : Turris linguis œncordibus fabrieata. 
À gauche s'élèvent des remparts aux crénaux desquels appendent 
des casques, des boucliers, des cuirasses. A droite est un 
édifice en construction vers lequel descend au loin un person- 
nage tenant des foudres. Au premier plan est un groupe où se 
voit un guerrier debout; à gauche, au centre et à droite sont dis- 
posés trois hommes dont un couronné de lauriers. Ils sculptent 
l'un un blason cime d'un chapeau épiscopal et portant six 
étoiles posées 3 et 3 en bande aux côtés d'une bande contrebre- 
tessée, le second une cuirasse ornée de flammes, le troisième 
un bouclier dont on ne voit pas le sujet. Au fond sont des 
hommes marchant avec des bâtons et montrant les objets* qui les 
entourent. Au bas, sur la gravure, sont les signatures gr, grass. 
del. M. Natalis f. 

Le clair-obscur dans cette planche est bien entendu, large et 
moelleux. 

86. Le Triomphateur 1 

Oblong 86, 5 ~ 36 (G E i B). 

Dans un paysage se déroule une scène variée dont le milieu 
est tenu par un jeune homme portant le costume grec et sur la 
poitrine un blason avec un arbre pour meuble ; sa tète nue est 
surmontée d'une flamme; il est assis dans un char posé sur des 
nuages et que mènent deux enfants aux ceintures blasonnées 
aux armes du triomphateur. Ils sont coiffés l'un d une plume, 
l'autre d'une aigrette, et tiennent chacun par le manche un 
jouet dit moulin à vent. Au dessus du jeune homme volent deux 
génies tenant des plumes à écrire avec lesquelles ils s'es- 
criment. Plus haut sont deux génies plus petits, assis dans une 
draperie étroite et longue. Au loin sur le même plan sont à 
droite Mercure, à gauche le Temps. Sur le sol se voient quatre 
femmes, deux de chaque côté du char, faisant ovation au per- 
sonnage principal. La première à droite lui entoure la main 



— 127 - 

gauche d'une couronne faite d*étoiles ; la seconde lui montre 
un sceptre. A gauche, la troisième lui présente une épée; cette 
femme a au dos un médaillon portant une clef, Tautre figure lui 
offre un manteau et son vêtement et une broche où se voit la 
personnification de la nature. Entre ces figures sont de petits 
génies tenant un globe. Dans une sorte de blason se voit une 
figure à peu près circulaire, sans caractère précis, plus, des 
anneaux ovales et deux billets portant Tun le mot Àrcanis. 
l'autre nobis. Un autre génie tient un compas, le quatrième un 
livre - 

Cette planche est d'un effet très- vigoureux, mais les reflets y 
étant rares et les ombres se soutenant jusqu'au contour, 
donnent au tout de la rudesse. A l'angle inférieure de gauche 
est un blason pareil aux autres et timbré d'une couronne à 
pointes ; auprès est la signature : Jo. Ant. Loelius inventer M. 
Nalalis F. Les seuls exemplaires qui nous soient connus sont 
rognés. 

Celui de Bruxelles est très-vigoureux de clair-obscur. 

87. La Providence. 
Oblong 40 - 86 (CE | UL | NH | VC). 

Au milieu d'une scène composée de nombreuses figures se 
détachant sur un fond de nuages, une femme est assise sur un 
trône orné de têtes d'anges et aux pieds duquel sont deux 
lions. Elle porte une couronne à pointes alternant avec des lys, 
un sceptre surmonté d'un œil rayonnant, un petit soleil sur la 
poitrine et tient de la main gauche un écusson à champ bombé. 
Cette figure entourée d'une vaste auréole regarde vers l'angle 
supérieur de gauche où est un génie, armé d'une flèche, assis 
sur un lion qu'il tient en laisse ; à l'angle correspondant, à 
droite, on voit un autre génie accompagné d'un lièvre. Des 
groupes de femmes dans des attitudes variées entourent le 
trône, et représentent : la Justice, la Piété, l'Éternité, la Sa- 
gesse, la Puissance, la Vérité, la Beauté et la Pudeur. 



- 128 — 

Au bas, une femme accompagnée d'un aigle est assise près 
d'une mappemonde dont on ne voit que le sommet. Ce groupe 
est complété par une figure couchée à f angle inférieur de droite 
et tenant en la main droite un objet où Ton a voulu peut-être 
représenter du feu. A Fangle inférieur à droite sont les mots : 
Andréas Sacchi Romanus inventor Michael Platalis Leodius fedt 
Romœ, En effet Natalis grava cetle planche à Rome pour le 
livre intitulé : ^Edes Barbbrinae, ad quirinalem de comité Hîero- 
nyme. Tetro Perusino descriptae ; Romae 1642 ; pag. 78. 

Nagler intitule cette planche : « L'éternelle sagesse entourée 
des vertus. » Nous connaissons plusieurs exemplaires de cette 
planche sous un aspect pâle et vaporeux. M. Vitert, bibliophile 
distingué, qui a bien voulu nous communiquer son exemplaire 
de Tetius, possède une épreuve de cette planche d'un état très- 
Vigoureux. Cette œuvre parait être la copie d'un plafond. 

88. V ovation. 
Oblong 26 — 37,2 (NH | B). 

Sur une place publique, ornée de pyramide, d'obélisque, 
etc., s'élève à gauche, au premier plan, un riche péristyle à 
colonnes, auxquelles un petit ange attache une draperie tandis 
que deux autres anges présentent, sur le seuil, le blason des 
Barberini, portant trois abeilles, deux et une, timbré du cha- 
peau de cardinal ; derrière est une ruche. De ce palais sort un 
cardinal en grand costume; il accueille deux personnages dont 
l'un en costume d'abbé s'incline et offie au dignitaire une grande 
feuille écrite. La seconde figure, debout, est une femme portant 
diadème, drapée à l'antique, tenant deux livres de la main 
gauche et de la droite une clef, qu'elle présente au cardinal. 
Derrière cette femme sont trois génies tenant l'un une sphère et 
une mesure de longueur, l'autre un livre; le troisième parait 
compter sur ses doigts. Sur le socle du péristile sont signés: 
Erasme Quellinns inv. Natalis, 



— 439 — 

Cet ensemble est bien traité, la figure de la femme est la plus 
parfaite, chacune des autres a aussi son mérite, mais le fond 
très-clair les laisse trop isolées. 

88 bis. Galerie Justinientie (NH). 

Le prince romain Vincent Justinîani, possesseur au IT* 
siècle d'une galerie très-importante de marbres antiques , 
désira les voir reproduire par la gravure. En ce temps brillait 
à Rome en qualité de dessinateur et graveur Joachi m Sandrart, 
né à Francfort le 12 mai 160t>. Ce fut à cet artiste que le prince 
confia l'exécution et la direction de cette œuvre importante 
qu'il désirait voir s'achever promptement. A cette fin Sandrart 
s'entoura et fit même venir de l'étranger divers graveurs de 
mérite ; Natalis arrivant à Rome dans cette circonstance lui 
dût de s'y produire immédiatement et d'une manière avanta- 
geuse. 

L'œuvre de Sandrart est divisée en deux parties in-folio, la 
première contenant cent cinquante-trois planches, la seconde 
cent soixante-sept ( i ). La part de collaboration due au graveur 
liégeois est de 38 planches au tome 1«^ et de 12 au second. 

Toutes les statues sont debout sur fond blanc ; elles mesurent 
en général 35 centimètres ; leur socle est orné du blason des 
Justiniani et porte les noms des dessinateurs et graveurs. Ces 
œuvres sont exécutées avec aisance, sans exagération dans les 
ombres; les reflets y sont bien appliqués, mais le dessin les 
montre plus grasses que les modèles, du moins pour la plupart, 
car d'autres sont trop sveltes. Entre celles de Natalis deux seu- 
lement portent son nom, ce qui fait croire qu'il dessina lui- 
même les n^"' 14, 49, 55 et 61 de la première partie ainsi que le 
n* 56 de la seconde. Cette dernière ainsi que les n*»" 14 et 49 dd 

(i) Notons que la 84* statue, tome i<^', seule exception au milieu de tant dan- 
tiques, est due à notre compatriote I>uquesnoy ; elle représente Mercure aux pieds 
duquel un génie attache des ailes. 

9 



— 130 — 

Tautre tome présentent la particularité d'un monogramme fait de 
M et de N entrelacés, seuls exemples rencontrés dans l'œuvre 
entière de ce graveur. Ch. Le Blanc a reproduit ces signes. 

En tète de cette œuvre de J. de Sandrart est le blason des 
Justiniani, coupé au comble d'or à un aigle issant, de pourpre, 
surmonté d'une couronne à pointes ; en pointe de gueules, à 
un château à trois tourelles d'argent, timbré d'une couronne à 
douze pointes. Au-dessus du blason sont les mots : Galleria 
Justiniana; au bas : del Marchese Vincenzo Justiniani. Parte prima, 
tavole N*" GLIII. Le second volume a le même frontispice, à la 
différence de Parte seconda, tavole N« CLXVIL Ces deux titres 
sont signés Giovanni Petroschi inv. Le même frontispice existe, 
mais plus artistement fait, et signé François duQuesnoyBrux. fec. 
Théodore Matham sculp, Bomae. Il fut fait probablement pour 
embellir une autre édition que celle que nous connaissons. 
Celui-ci débute par des portraits de la famille Justiniani. 

Voici les planches dues à Natalis dans la première partie du 
recueil. 

89. 

N** 14. Hercule jeune , tenant trois pommes dans la main 
droite, la massue de la gauche; il s'appuye contre un socle 
couvert d'une peau de lion, est couronné de feuilles de vigne 
vierge; des rubans les attachent à la nuque et tombent sur les 
épaules; signé M. Natalis. Cette figure a l'une des cuisses et les 
bras trop gros. 

90. 

N** 15. Hercule jeune, portant sur l'épaule la massue qu'il 
soutient de la main gauche ; il a deux pommes dans la droite. 
Signé Joach.Sandrart, del.] Michel Natalis fe. Figure bien réussie. 

91. 

N* 18. Prétresse couronnée de lauriers ; une perle se trouve 
à la séparation des cheveux ; elle tient une patère. Jo. Bapta 



— 131 — 

Ruggerius Bonon. del.; Mich. Natalis seul. Figure gracieuse , 
simple d'effet et de dessin. 

92. 

N« 22. Hygie coiffée d'un diadème; elle tient un serpent de la 
main gauche, une coupe de la droite. Figure bien exécutée et 
dessinée; signée Joeh. Sandrart del ; Mel Natalis f. 

93. 

N* 24. L.' Amour. Jo. Bta Ruggerius Bonon. del.; M. Natalis 
f. Le haut est élégant, les jambes trop fortes. 

9*. 

N<> 99. Cérès tenant des épis de la main gauche. Jo. Bapta 
Ruggerius Bonon. del. ; Mich. Natalis fe. Belle exécution. 

9S. 

N^47. Bacchante drapée, coiffée de pampres, tenant une 
grappe de raisins de la main gauche, s*appuyant sur un tronc 
d'arbre garni de ceps et d'un serpent .Jo(k;Ai Sandrart deli.; Mich. 
Natalis fe. L'ensemble a trop peu de demi-teintes. 

96. 

N»49. Flore, élégamment drapée; elle est coiffée d'un dia- 
dème, tient d'une main sa robe et de la droite des feuilles. Un 
monogi*amme : H N enlacés, figure au bas. La draperie est 
belle, la figure trop haute de proportion. 

97. 

N"^ S4. Appollon tenant une lyre. Eques. Jones. Lanfranc del. 
M. Natalis. 

98. 

N* S5. Orphée tenant une lyre, son bras droit replié sur la 
tète. Natalis f. Faible d'exécution. 



— 132 — 



99. 



N* 63. Nymphe de Diane; un chien est près d'elle Jo. Bapta 
Ruggerius Bonon, del.\ M. Natalis sctd. Très-belle draperie, 
figure trop svelte. 

100. 

N* 66. Figure drapée portant chaussure, tenant un biton. Une 
indication du sein gauche parait en faire une femme. Jo. Bap, 
Buggerius Bonon. deL; Mich. Natalis f. Trop svelte, draperie 
bien gravée. 

101. 

N* 67. Faune, coiffé de pampres, portant sur l'épaule une 
peau de bouc; il tient de la main droite une grappe, de la gauche 
une coupe. Mich. Natalis f. Faible de dessin. 

102. 

N* 69. Bacchus leune, la tète couronnée de pampres, l'épaule 
couverte d'une peau de lionne. De la main gauche il tient un 
vase ressemblant à une lampe antique et de la gauche un thyrse : 
C. Ph. Spirinck Bruxis del.; Mich. Natalis fecit. Figure très-élé- 
gante mais trop svelte. 

103. 

N** 71. Adolescent tenant de la droite un bâton rustique et de 
la gauche une grappe. Jo. Bapta Ruggerius Bonon. deL; Mich. 
Natalis f. Figure gracieuse sauf la jambe gauche. 

104. 

N® 72. Bacchus, coiffé de pampres , tenant de la gauche une 
grappe. Eques Jones Eanfran deli.; M. Natalis f. Jsitahes trop 
fortes pour le torse , épaule droite trop étroite, ensemble 
défectueux. 



— 133 ^ 

108. 

N"" 78. La modestie entièrement drapée, ramenant son man- 
teau sur la poitrine : Joacft. Sandrart del.; Mich. Natalis fe. 
Figure élégante, draperie Trangée très-souple , le tout d'aspect 
très-agréable. 

106. 

No 79. Homme jeune, coiffé d*un casque. Jodocm de Pape del. 
M, Natalis fe. Figure bien prise, belle d'expression juvénile, 
faire aisé, élégance et originalité de pose. 

107. 

N*" 91. Adolescent tenant une boule de la main gaucbe, la 
clamide sur l'épaule du même côté. Joach, Sandrart del.; Mich. 
Natalis fe. Belle pose, cuisse droite trop forte. 

' 108. 

N"" 102. Adolescent tenant un petit bâton rustique. Eques 
Jones Lanfran deli.; M. Natalis fe. Figure bien réussie. 

109. 

N*» 118. Guertier ayant les proportions de l'Achille, coiffé 
d'un casque ; il tient de la main droite une garde d'épée, de la 
gauche le fourreau. Joack. Sandrart del.; Mich. Natalis fe. Faire 
énergique, torse trop court. 

110. 

N* 119. Homme jeune y ienvini un objet ressemblant à une 
garde d'épée. Jodocus de Pape del. ; M. Natalis fe. Bien dessiné, 
pieds trop plats. 

111. 
N°121. Homme jeune y robuste, appuyé contre un tronc 



-« 134 — 

d*arbre ; la main gauche est absente, la droite trop graude» 
Tensemble trapu. £9ue«/o. Lanfranc del.; M. Natalisf. 

112. 

N"" 127. Impératrice élégamment drapée. Jo. Bapta Rtiggerius 
Bonan. del.; Mich. Natalis bcuL Manque de distinction. 

113. 

N"" 128. Jeune femme élégamment drapée. Jo. Bapta Rugge- 
riu8 Bonon. del.; Michel Natalis scuLLe bras droit est trop long. 

114. 

N« 130. Bacchus, l'épaule couverte d'une peau de lionne. 
Eques Jones Lanfran de.; M. Natalis ^ Ne pose pas bien, tombe 
en avant. 

Dans cette première partie de la galerie Justinienne, après 
les 152 planches représentant des statues, viennent les Saintes- 
Familles précitées ; le n** 6 est signé M. Natalis d'après André 
del Sarton. Voir au chapitre des scènes de la vie de Jésus, 
n«4. 

(Pour être continué.) 



PREMIER RAPPORT 



SUR LES FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES k JUSLENVILLE 



ce Le â du mois de juin 1825, les ouvriers terrassiers qui 
travaillaient à la construction de la route royale de la Vesdre, 
à Juslenville, trouvèrent dans un déblai, près de la maison d*un 
charron, une urne funéraire en terre rougeâtre et plusieurs 
pièces romaines en cuivre, qui furent envoyées au cabinet de 
numismatique à La Haye. Ils trouvèrent aussi des ossements 
humains, qui tombèrent en poussière au contact de leurs outils. 
Plus tard, on découvrit encore à peu près à la même place, des 
tombeaux qui semblaient appartenir à la même époque que les 
médailles. » (*). 

Telle est la seule relation que Ton possède de la première 
découverte d'antiquités à Juslenville. Il n*est resté aucun souve- 
nir de la forme des objets, ni de la nature des tombeaux mis 
au jour. La tradition désigne seulement encore Tendroit où 
eut lieu la découverte (3). Quant aux six médailles , elles 
n'apprennent rien. Voici les renseignements que nous avons 
obtenus à ce sujet de M. Meyer, directeur du cabinet royal des 
médailles à La Haye, par l'intermédiaire de M. le comte Mau- 
rice Nahuys ; 



(' BOVT. Promenades historiques dans le pays de Lié§e; t. H, p. 56. 

( i) Probablement dans la parcelle n^ 911, où a été emprise toute la longueur de 
la route concédée de la Vesdre, embranchement de Pepinster k Theux. On dit 
que les monnaies furent trouvées près de la pompe. 



— 136 — 

!• Une monnaie d'argent du moyen-âge que Ton croyait 
appartenir à un duc de Bourgogne. 

2** Deux monnaies de cuivre qui semblent être des pièces 
romaines. 

3*^ Trois monnaies de cuivre tellement frustes qu'il est im- 
possible de les déterminer. 

Cette trouvaille fortuite et déjà précieuse en ce qu'elle faisait 
supposer le séjour des romains sur ce point de notre pays, ne dé- 
termina pour le moment personne à entreprendre des recherches 
dans le but de constater l'âge et l'importance de l'établissement 
qui l'avait occupé. A cette époque, il est vrai, l'archéologie n'a- 
vaii pas encore conquis sa place parmi les sciences qui, cha- 
cune de son côté,apportent patiemment les matériaux qui doivent 
servir à élever le monument de notre histoire nationale. 

Un nouveau hasard devait, tout en changeant le champ d'ex- 
plorations, attirer l'attention des savants, sur l'intérêt que cette 
localité offrait au point de vue archéologique. 

La montagne qui domine la vallée deTheux àPepinster et sur 
les flancs de laquelle s'élève la chapelle de Juslenvilie, est 
couronnée par un plateau d'une assez grande étendue, s'incli- 
nant légèrement vers le midi ( t ) Au printemps de l'année 1848 
on ramassa sur ce plateau deux monnaies qui ne furent pas 
déchiffrées et les débris d'une espèce de couteau. Le 20 no- 
vembre suivant, en labourant le sol, le sieur Hardy, domestique 
de M. François Lejeune, souleva (2) avec le soc de sa charrue 
la dalle supérieure d'un tombeau, dont il retira quelques pote- 
teries; peu de temps après, M. d'Andrimont, alors échevin, 

( ') Les positionsde ce genre sur des collines et dansdes terrains inclinés au midi, 
étaient aussi affectionnées par les Francs pour l'établissement de leurs cimetières, 
s'éloignant de l'humidité en vue de reculer le plus possible la destruction com- 
plète [Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, année 1868, p. 59). Une 
dée riante s'attachait également k cet'.e exposition. 

1) Dans la parcelle n9 758. Voir l'extrait du cadastre annexé au présent 
rapport. 



— 137 — 

aujourd'hui bourgmestre de Theux, ayant aperçu un enfant qui 
jouait avec Tune d'entre elles, fut mis sur la voie de cette décou- 
verte. Ayant averti M. de Thier, ancien consul belge à Smyrne, 
il se rendit sur les lieux ; la tombe mesurant 2 pieds en lon- 
gueur et en profondeur, sur 1 de largeur , et formée de pierres 
brutes mises de champ, était entièrement remplie de terre par 
suite de Tinflltration des eaux ; elle fut fouillée avec précaution, 
et on en retira : 1** un vase à gros ventre et à goulot étroit 
(épichysis?), muni d'une anse et ayant 9 pouces de haut sur 6 de 
diamètre ; 2 " deux autres petits vases en terre grise avec cou- 
verte noire ; 3^ trois lasses en terre rouge vernissée dont Tune 
porte la marque APERF ; 4** le fer d'un couteau fortement 
attaqué par la rouille ; 5* des os carbonisés; 6'* huit ou dix 
clous à grosses têtes tout rouilles. Une pierre brisée qui avait 
probablement fait partie du couvercle, portait, tracé à la 
pointe, un fragment d'inscription ainsi conçu : 

D. M. 1 VIIRVIICCO I ...CVM... | ... | ...RAM... | ...II... 
{Aitx dieux mânes ^ à Verveccus.,,) 

C'était jusqu'au 28 octobre passé, la seule inscription antique 
de la province que l'on possédât en original. 

Comme dans toutes les tombes que l'on eut l'occasion de 
visiter par la suite, la terre formait le fond de celle-ci; les 
ouvriers reconnurent que les pierres qui composaient le con- 
tour ne provenaient pas de Juslenville, dont le sol est un 
terrain calcaire dolmitique et ne peut par conséquent fournir 
des dalles brutes, mais du rocher de Rainoufosse, situé à une 
demi-lieue de Juslenville, au pied du château de Franchimont. 

Quelques jours après on trouva à uu mètre de là, et à deux 
pieds de profondeur un second sépulcre ayant les mêmes 



- 138 — 

dimensions que le premier, mais ne contenant que de la terre, 
deux clous, deux monnaies fruçtes et des ossements humains 
plus ou moins calcinés reconnus pour avoir appartenu à un 
enfant. 

Au commencement du mois de décembre, on mit au jour, 
non loin des deux premières, une nouvelle tombe semblable, 
qui produisit un petit vase en terre grise, trois plateaux en 
terre rouge, et des ossements au milieu desquels était placée 
une médaille qui ne put non plus être déchiffrée. 

M. de Thier, s'emparant de ces éléments, adressa au mois de 
janvier 1849 à l'Académie royale de Belgique une notice cir- 
constanciée sur ces trouvailles, en faisant observer que depuis 
dix ans plus de cinquante de ces tombeaux avaient été détruits 
dans le même endroit par l'emploi de la charrue de d'Omalius ; 
que, outre des vases et des médailles , on y avait recueilli des 
fioles en terre cuite ou en verre ; que deux autres champs 
voisins avaient également, quelques années auparavant, fourni 
deux tombeaux contenant des poteries. Il fait remarquer aussi 
que le chemin conduisant de Juslenville vers Sohan , sépare ces 
champs d'avec un terrain appelé en wallon so les quarais, 
dénomination qui, selon lui, doit avoir quelque rapport avec 
les pierres plates dont sont formés les tombeaux. Enfin il signale 
un terrain contigu au cimetière et creusé circulairement en 
forme de théâtre antique qui paraît avoir été l'endroit où on 
brûlait les morts (i). 

En séance du 5 mars 1849, M. Roulez présenta sur cette 
noiice un rapport dans lequel il rappelle les circonstances de la 
découverte et décrit les objets trouvés ; après quelques obser- 
vations sur l'inscription et les quatre médailles recueillies (4), 
il conclut que la trouvaille avait été faite sur l'emplacement d'uu 

(1) Probablement le terrain à gauche en arrivant à la parcelle 757, donc 766a 
et 766*. 
(3) Que sont devenues ces médailles ? 



- 139 - 

cimetière antique, dans le voisinage d'un établissement qui 
avait eu une population nombreuse et une longue existence. 
Rejetant une hypothèse de M. de Thier, basée sur Tétymologie 
du nom même de la localité et suivant laquelle cet établissement 
devrait être reporté au temps du conquérant des Gaules, 
M. Roulez avance qu'il suffirait qu'un membre de la famille 
Julia y eut possédé une villa (Juliana villa) laquelle eut été 
parfaitement située au centre de la forêt des Ârdennes, dans 
un magnifique vallon arrosé par la Hoegne et dans le voisinage 
de nombreuses sources thermales (i). 

« Du reste, ajoute-t-il, une autre circonstance explique la 
présence d'une agglomération d'habitants dans cet endroit 
pendant la domination romaine : les carrières de marbre noir 
que possède la commune de Theux paraissent avoir déjà été 
exploitées à cette époque. On attribue du moins cette prove- 
nance au marbre de quelques morceaux de sculpture déterrés 
dans les provinces rhénanes » (2). 

M. Roulez terminait son rapport en exprimant le vœu que 
quelques fouilles régulières fussent pratiquées par les soins du 
gouvernement sur le plateau delà montagne de Juslenville (s). 

Il ne fut donné aucune suite à cette proposition. II y a plus» 
un grand nombre des objets provenant des tombes et jusqu'à la 
pierre votive de Verveccus furent disséminés et perdus. On ne 



(1 ) M. Grandgagnage dans son Vocabulaire des anciem noms de lieux de la 
Belgique orientale, 4859, p. 39, donne les anciennes formes suivantes du nom de 
Juslenville : Jusenhaineville et Jdsblainevillb, qui appartiennent au XIV« siècle. 
En wallon ce mot se prononce Juslainveie, 

( ^ ) Appelé marmor Themebi dans les Bulletins d'Alsace , et marbre de Tkie 
dans l'Encyclopédie de Diderot, t. XX, p. 661 à l'article maçonnerie. Voyez aussi 
les Amusements de Spa, par S. P. de Limbourg. Amsterdam. ("Liège, Desoer, i783) 
t. Il, p. 290. 

( s) La notice de H. de Thier n'a pas été imprimée , mais le rapport de H. Rou- 
lez se trouve dans les Bulletins de l'Académie, 1849, t. XVI, i^e partie, p. 353. 
C'est de là que nous avons extraits tous les détails qu'on vient de lire. 



140 - 

sauva pour le moment que huit vases dont cinq furent acquis 
par M. Ch. Grandgagnage et trois par M. d'Andrimont (i). 

Le 4 avril 1850 fut fondé à Liège VInstitut archéologique ; les 
fouilles pratiquées dany le but de retrouver sous le sol la trace 
des populations qui l'avaient foulé à des époques dont nous ne 
connaissons pas l'histoire, rentrait directement dans ses attri- 
butions ; Juslenville fut une des premières localités qui fixa 
l'attention de la Société. Cette même année, M. Alb. d'Otreppe 
de Bouvette, alors son président, se rendit à Juslenville et, 
guidé dans ses recherches par M. de Thier, parvint à découvrir 
dans la maison du sieur Hardy, voisine d'une source d'eau 
thermale, non seulement plusieurs vases en terre rouge prove- 
nant des anciennes fouilles, mais même, dans le coin d'un 
jardin, couverte de terre et déjà presqu'oubliée, la pierre 
consacrée aux dieux mânes. Ces objets achetés, les premiers 
par M. d'Otreppe, le second par M. de Thier, furent plus tard 
remisa l'Institut archéologique et figurent aujourd'hui au Musée 
de la province. 

Désireux de poursuivre des explorations qui avaient déjà 
donné de si beaux résultats et de déterminer exactement l'âge de 
la population dont la terre recelait tant de vestiges, la Société 
demanda et obtint, par l'intermédiaire du Gouverneur de la pro- 
vince, un subside de 200 francs pour continuer les fouilles. M. 
d'Otreppe se rendit aussitôt àTheux et, dans l'intérêt d'une sur- 
veillance régulière des travaux, forma une commission composée 
de MM. d'Andrimont, de Thier, Ph. de Limbourg et de M. le curé 

( 1 ) Ces 8 vases figoraieat parmi les premiers objets offerts au Musée naissant, 
sous les noms de M°><^^ Grandgagnage et d'Andrimont-Lefebvre. Il n'en reste plus 
aujourd'hui que quatre : savoir : i^ Une patôru en terre samicnne à couverte rouge, 
brillante et glacée portant la marque RENTIOF (n° J3 du catalogue) ; 2» une patère 
de même composition avec bords ornés de moulures (n» 34) ; 3° une idem à bords^ 
rentrants (n» 50) ; une sorte d'oUa en terre blanche fine, à couverte grise et terne 
{n^ Î26). — Des campagnards colportèrent plusieurs vases dont deux furent achetés 
par M. Poulet, peintre à Verviers, et un par M. Chantereine, curé de Becco, qui en 
fil don à M. le curé de N.-D. à Vcrviers. 




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— 141 - 

de Theux. M. de Limbourg se chargea plus spécialement de 
tenir Flnstitut au courant des découvertes (i). M. Ph. de 
Limbourg', père, consentit même à laisser commencer les 
recherches dans un terrain qui lui appartient, joignant immé- 
diatement au champ de M. Lejeune vers l'ouest, sur un plan un 
peu plus incliné (parcelle n» 787 du cadastre). 

Le 7 janvier 18S1, trois ouvriers maçons de Juslenville com- 
mencèrent une tranchée suivant une ligne diagonale de douze 
mètres, comprenant un tiers de la largeur du terrain. Vers 9 i/i 
heures, à 0'",40 de la surface du sol, la pioche heurta contre une 
tombe, formée par exception de calcaire de Juslenville, et dont le 
couvercle consistant en deux pierres plates était enfoncé ; Vin- 
térieur, fouillé avec soin, ne fournit que des ossements calcinés; 
à S^jlO de là en continuant la tranchée on trouva une médaille, 
un vase entier, puis des fragments de vases et des ossements; 
un peu plus loin une grande urne brisée renfermant des 
cendres et quelques petits objets ; d'autres urnes semblables, 
mais ne contenant que de la terre, se rencontrèrent à petits 
intervalles. Une seconde monnaie fut trouvée dans l'après-midi, 
plus quelques morceaux de fer très-oxydés. 

Les deux jours suivants les ouvriers retirèrent de terre des 
objets de même nature, mais en moins grande quantité. Le 
lundi, 13 janvier, au matin, ils mirent au jour une nouvelle 
tombe longue de 1™,05, large de 0",63 et séparée en deux 
compartiments d'inégale grandeur par une dalle placée verti- 
calement à l'intérieur. De chacun d'eux on retira des ferrailles, 
entre autres une lame de couteau et les débris d'un vase en 
verre. Peut-être les cendres de deux membres d'une même 
famille reposaient-elles là dans le môme sépulcre séparées par 
une cloison de pierre. 

Le lendemain dans la matinée on recueillit deux vases entiers 

( I ) Recherches et fouilles dans le but déformer un musée provincial à Liège, par 
Âlb. d'Otreppe de Bouvette. 4851, p. S4. 



— 142 — 

dont un avec sigle, trois autres brisés , une urne, des osse- 
ments et une nouvelle lame de couteau. Les recherches de 
l'après-midi fournirent encore trois monnaies, quatre vases 
entiers, une urne, des clous, un fer de lance, des boucles, des 
fibules, plus des débris de vases en terre noire, rouge, grise 
et verte, des ossements calcinés et du charbon. 

Ici s'arrête le procès verbal des travaux tenu par M. de 
Limbourg. Cependant les fouilles furent continuées jusqu'au 
28 du même mois et produisirent encore des résultats remar- 
quables ( 1 ). La plupart des objets recueillis et déposés provi- 
soirement chez M. d'Àndrimont, furent envoyés à Liège à la 
fin du mois de février ('). 

Le défaut d'un local particulier (la petite collection du Musée 
était à cette époque réfugiée à la bibliothèque de la ville), le 
manque d'un conservateur, les déménagements qui s'opérèrent 
dans la suite, furent cause qu'un certain désordre s'introduisit 
dans les différentes catégories d'objets et que quelques-uns 
d'entre eux furent brisés. 

Toutefois le résultat des fouilles faites à Juslenville en 1851 
figure encore aujourd'hui au Musée de la province parmi ce 
qu'il possède de plus intéressant. L'inventaire exact et détaillé 
s'en trouve consigné dans la seconde partie du catalogue que 
M. Alexandre, conservateur du Musée, prépare en ce moment ; 
en attendant que ce travail long et difficile soit entièrement 
terminé, notre collègue nous a autorisé à en extraire quelques 
notes se rapportant aux fouilles dont nous nous occupons. 

P Huit patères en terre rouge ou samienne, à couverte 
rouge, brillante et glacée; elles portent les estampilles, sigles 



( i ) Le 28 janvier M. d'Otreppe donna ordre de suspendre les travaux doni 
Texëcution avait coûté frs. iiO, se rëpartissant comme suit: fr. 71,87 pour jour- 
nées; fr. 25 pour réparation do terrain; fr. iO pour engrais ; fr. 3,i3 pour trans- 
port des objets à Liège. 

(«) Procès-verbaux des séances de l'Institut, séance du 4 mars 1851. 



Fouilles de Juslehville . 



S 



a(caMi>^~~''^fi*~'C- 



^m/yHULlIi-l 



— 143 -~ 

ou marques du fabricant potier suivants : FELIGISMN , avec le 
graffUo CV...VIA sur le bord extérieur (n» 24 du catalogue); 
CE...ORINF (n« 26); ...ONIF, avec le graffUo APIV (n» 27); 
lOVI... (n*28); lOVINI (n«30); TOCCAFE, fortement ébré- 
chée (n» 39) ; 

i? Seize patères en terre semblable, la plupart entières, de 
formes diverses, sans estampilles (ou non lisibles), une avec le 
graffito VARI (n^ 23), une autre avec le graffUo SILVINI (n» 41). 
Les autres portent les n«« 31 à 33, 35 à 38, 40, 46, 48, 49, 51, 
53, 54, du catalogue. 

4« Une petite patère en terre rouge fine à couverte noire 
(n"* 196), et une autre en terre blanche fine à couverte grise 
(n« 210). 

S*" Un grand fragment de patine ronde en terre samienne, 
avec une chasse aux animaux féroces sur les flancs, des oves, 
des guirlandes, etc. (n» 74). — Une petite patine ronde en 
terre blanche fine à couverte noire (n** 213). 

6® Neuf patelles de forme conique tronquée en terre samienne 
(n«» 88, 90 à 94, 97, 100, 101). 

7* Six patelles bilobées également en terre samienne dont 
quatre portent les sigles suivants: TOGGA F (nM02); 
PETRVLLVSFX{nM04); MONTANVS nM07); AITI (iiM09). 
Les deux autres figurent sous les n®» 108 et 111 du catalogue. 

8* Une sorte d'amphore ou cruche à deux anses, avec col 
court et étroit, en terre rouge fine, à couverte noire et luisante 
(n* 163). 

9° Une épichysis à une anse, en terre blanche fine (n*» 177).— 

Deux plateaux à déversoirs de même composition (n~ 193, 194). 

lO'* Un petit vase de forme anguleuse à flancs concaves en 

haut, convexes en bas, composé de terre blanche fine à couverte 

noire (n» 222). 

11° Une sorte d'olla en terre blanche à couverte grise avec 
une scène de chasse sur les flancs (n*» 224). — Un autre vase du 
même type (n» 225 >. — Trois petites oUas renflées en bas, de 
même composition (n«« 227, 229, 230). 



— 444 — 

12® Des fragments de poteries avec les sigles suivants : 
ADVOCISIO, A (IT) I , AP (E) RE, CABRILLVS, OFC (AR) AN, 
CAVANNVS, M (I) NSIM, OPASSEN, PRIDFEC (n» 136) (i) 

13*» Une plaque mince en bronze, formant le fragment d'une 
roue travaillée à jour, une épingle de tête également en bronze, 
deux miroirs et quelques fragments de fibules. 

14° Diverses poteries grossières. 

IS^" Enfin, quatorze monnaies assez frustes, toutes de la caté- 
gorie des moyens bronzes, qui ont fait l'objet d'un article spé- 
cial publié dans nos Bulletins (â) ; il résulte de cette étude 
que si3C de ces médailles (les n*»' 1, 2, 5, 7, 9 et 13 de l'article 
cité) demeurent tout-à-fait indéchiffrables ; que le n*» 3 est un 
Marc-Aurèle, les n°* 4 et 1 1 deux Antonin-Pie , le n* 6 un Domi- 
tien, les ir^ 8 et 10 deux Trajan, le n* 12 un Vespasien et le n« 
14 un Hadrien. Ces recherches fixèrent d'une manière à peu 
près décisive au temps du Haut-Empire entre les années 70 et 
180 de l'ère chrétienne l'établissement belgo-romain dont le 
cimetière a été découvert à Juslenville. 

Cette détermination suffisait au besoin à la science historique 
et donnait lieu à des déductions importantes que l'auteur de 
l'article précité se réserve de développer un jour Mais était-ce un 
motif pour abandonner définitivement ces fouilles brusquement 
interrompues au moment où, nous livrant à profusion des 
objets de ménage, de toilette et autres, elles promettaient 
encore à notre Musée tant d'autres choses qui nous auraient 
dévoilé le secret des mœurs et le degré de civilisation de ce 
peuple qui, il y a 16 ou 18 siècles, avait occupé notre territoire ? 
Ne fallait-il pas au contraire chercher à fournir à l'historien 
des éléments plus nombreux et plus certains pour asseoir ses 
assertions et tâcher au moins de découvrir, dans le voisinage 

( I ) V. sur ces marques de potiers l'article de M. S. inséré dans le Bulletin de 
r Institut arch, liég., t. VIII, p. 405. 

( t) Autre travail de M. S. dans le même recueil, t. VIII, p. !209. 



Fouilles de JusLENviLLt 




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— 446 — 

du cimetière la trace des habitations qui nécessairement ont dû 
y exister? Telle fut la pensée de Tlnstitut. Aussi, lorsqu'aprës 
seize années d*incertitudes et de tâtonnements, il se vit assis 
sur des bases solides et put envisager Tavenir avec confiance, 
il se proposa de reprendre définitivement les fouilles de Jus- 
lenville et, cette fois, de les mener à bonne fin. 

Au mois de mai 1868 la Société se mit de nouveau en rapport 
avec M. Philippe de Limbourg. Notre honorable collègue em- 
brassa avec ardeur l'idée de recommencer les recherches et de 
concert avec MM. Magnée, receveur des contributions directes 
et accises à Theux, et A. Body , homme de lettres, à Spa, il 
voulut bien accepter la mission de surveiller les travaux, et 
offrit de prendre toutes les mesures nécessaires à leur exécu- 
tion. L'Institut, dans sa séance du 5 juin, accepta cette offre 
obligeante et vota immédiatement une première allocation pour 
commencer les recherches. 

La parcelle n® 757 n'ayant pas été complètement explorée en 
1851, il fut décidé qu'elles se feraient d'abord en cet endroit. 

Le 24 août Pascal Wathelet, maitre-ouvrier mineur, ouvrit 
une tranchée de 1"60 de largeur à la limite ouest de ce terrain. 
Pendant les trois jours qui suivirent, elle fut poussée jusqu'à 19 
mètres sur une profondeur moyenne de 0"60 sans donner 
aucun résultat satisfaisant. Quelques débris de poterie romaine 
tout-à-fait insignifiants et un cadran en fer , relativement 
moderne, fut tout ce qu'on recueillit. 

Le vendredi 28 août les travaux furent transportés plus à 
Test, à 18»80 de la parcelle n** 758. Dès le matin, Wathelet mit 
au jour à 0"30 de profondeur, entourés de quelques petites 
pierres, une patère ombiliquée avec un seul petit éclat, en terre 
samienne à couverte rouge glacée, avec le sigle rétrograde 
SA... VII ou VIF, plus des débris de poteries au milieu 
desquels se trouvait, mais brisée en trois morceaux, une coupe 
en verre blanc portant sur la circonférence extérieure et à 

9 



— 146 — 

égales distances cinq stries jumelles^); la fracturedu pied étant 
irrisée, il est à supposer que cette coupe fut déposée dans la 
tombe telle que nous la possédons aujourd'hui (pi. I, fig. 4); tout 
auprès on recueillit un fer de couteau,une fibule, deux clous et 
d'autres ferrailles oxydées. Les débris de poteries ayant été re- 
constitués, présentèrent, plus ou moins endommagées : l"" une 
urne surbaissée à large ouverture en terre blanche; 2^ une 
épichysis en pâte blanche avec anse ; S^ une patelle de forme 
conique tronquée en terre rouge, à couverte rouge avec le 
sigle : GASSIVSF ; ^^ une autre plus petite ; 5o une patelle ronde 
de même composition, sans pieds ; 6*" une urne en terre 
blanche à couverte noire, terne, toute couverte de guillochis et 
contenant des ossements calcinés (pi. IV, fig. 3). 

A une dislance d'environ un mètre se rencontra une tombe, 
puis dans la même direction deux autres ressemblant en tous 
points, par la forme et les dimensions, à celles de 18ël, mais 
toutes orientées différemment; Tune d'elles était formée de pierres 
calcaires, tandis que les deux autres, comme toutes celles qui 
furent trouvées dans la suite , étaient faites des pierres plates 
d'un grès tiré des carrières de Ghawieumont, colline s'étendant 
à droite de la rivière depuis le Marché jusqu'à la station de 
Theux, en face de Franchimont. Aussitôt que les pierres 
furent mises à nu, M. de Limbourg avertit du fait la Société et 
invita des membres à se rendre sur les lieux pour assister à 
l'ouverture des tombes. Il faisait en même temps savoir qu'une 
médaille en bronze à l'effigie de Faustine jeune avait été retirée 
de terre devant lui et en présence de M. Magnée. 

Le 29, Wathelet en prolongeant ses tranchées et en creusant 
celle qui devait les réunir trouva, sans être entourés d'aucune 
espèce de pierre, une épichysis, une urne en terre grise, une 
olla en terre noire, une grande patelle ronde à pied, en terre 

( I ) Des coupes à peu près semblables figurent aa Masée de la porle de Hal, à 
Bruxelles. 



— 147 — 

rouge, dont la couverte rongée est presqu'entiërement enlevée; 
elle est munie d'un sigle fruste. Ce dernier objet seul a pu être 
retiré entier. Le prolongement vers le nord amena la découverte 
de trois nouvelles tombes fermées. 

Le 31, MM. Alexandre et Scboonbroodt se rendirent à Tappel 
de M. de Limbourg et, en présence de MM. Body, d*Heur, 
Godecbal, J. Quaré et d'autres, on procéda à Tou^erlure de 
trois tombes sans y rien trouver. Mais une quatrième que l'ou- 
vrier était en train de déblayer à leur arrivée dédommagea 
amplement les visiteurs de cette première déception. 

Cette tombe, un peu plus grande que les autres et plus carrée, 
était fermée d'une seule dalle, laquelle ayant été soulevée laissa 
voir l'intérieur entièrement rempli d'une terre sillonnée de raci- 
oes.L'ouvrier enleva ensuite une des pierres latérales afin de reti- 
rer par là au moyen d'un couteau et par petites parcelles la terre 
durcie du tombeau, précaution que l'on doit employer toujours 
dans les opérations de ce genre parce que l'exploration par le 
haut est beaucoup plus difficile et plus dangereuse. Au bout de 
quelques instants apparurent dégagés sur une face plusieurs 
vases, tous légèrement inclinés dans le même sens (pi. 1I,âg. 4>. 

Le déblai fut poursuivi avec les plus grandes précautions et 
Ton retira successivement, presque toutes parfaitement intactes, 
les pièces suivantes : une patelle , avec pied, en terre rouge; 
une autre semblable mais un peu plus grande ; une grande 
épichysis à terre blanche fine ; une autre épichysis plus 
petite ayant perdu son anse; deux patèresombiliquées, l'une 
intacte , portant au centre intérieur , à l'endroit où se 
trouve ordinairement la marque du potier, une espèce de 
feuillage (pi. IV, fig. 7); l'autre restaurée avec le sigle MO (P) 
rVSF : une grande urne à flancs rebondis, en terre blanche à 
couverte noire , munie d'un couvercle en terre blanche ; une 
autre urne plus petite en terre blanche à couverte noire, 
restaurée ; une grande patine en terre samienne à bords verti- 



— 148 — 

eaux munie d'un déversoir représentant une tète de lion informe; 
le fond intérieur est parsemé de petits cailloux blancs qui ne se 
voient qu*aux vases à déversoirs, et qui probablement ser- 
vaient à piler certaines substances qu'on laissait ensuite décanter 
(pi. II, fig. 1) ; une olla en terre rouge fine à couverte noire 
glacée, offrant trois séries circulaires de fines dépressions 
formées à la roulette (pi. IV, fig. 2) ; quatre plateaux sans pied 
en terre grossière , dont un , le plus grand , muni de bords 
verticaux ; une coupe ronde en verre renfermant des ossements 
calcinés ; des fragments d'un second petit vase en verre ; «nfin 
une monnaie de Trajan et, dans un coin, un amas de gros clous 
rouilles. 

Les travaux de la matinée du 3 septembre fournirent une 
monnaie assez fruste, une tombe sans couvercle renfermant des 
os calcinés et, plus loin, quelques débris de poteries parmi 
lesquels ceux d'une patëre à déversoir en terre rouge. Dans la 
direction est-ouest Wathelet rencontra une nouvelle tombe 
également sans couvercle (la charrue l'avait sans doute 
emporté précédemment), contenant à son extrémité ouest un 
dépôt de cendres avec différents débris de bronze, et vingt 
petites perles de formes variées en verre doré, bleu, blanc et 
rouge , quelques-unes réunissant ces trois couleurs (pi. I , 
fig. 5) (i). Tout à côté se montrait, sous un objet en terre 
blanche, les extrémités de deux tubes en verre blanc; dans le 
but d'obtenir ceux-ci (qui étaient deux fragments d'un vase 
balsamaire à long col) intacts (pi. I, fig. 6), l'objet qui les 
recouvrait fut un peu sacrifié; mais tous les débris furent 
recueillis et ce ne fut que lorsqu'il fut reconstitué après beau- 
coup de peines, que Ton put reconnaître sa valeur; c'est en effet 
une figurine représentant une femme nue tenant d'une main 



(i ) Ces perles ou grains de collier, se rencontrent beaucoup plus souvent dans 
les cimetières francs que dans les sépultures romaines. On en voit d'analogues dans 
R. Smilh, Illustration of roman, London, pi. XXXI. 



Fouilles de Juslenville 







— 149 — 

uue tresse de ses cheveux» tandis que Tautre pend naturelle- 
ment le long du corps. Cette figurine, qui représente sans 
doute la Venus Aphrodite ou Anadyomène, a beaucoup de rap- 
ports avec celles qui furent trouvées en 1860 dans les environs 
de Moulins*sur-Allier (i), se présentant en relief dans une 
espèce de niche à ceintre en forme de coquille, creuse à Tinté- 
rieur et munie d'une petite base (pi. III). 

Les 4 et S septembre, Wathelet découvrit encore quatre 
tombes qui ne contenaient que des os calcinés; mais il retira de 
la tranchée des clous, une lame^de couteau, et des débris de 
poteries qui réunis formèrent une urne remplie d*ossements. 

Les travaux accomplis jusqu'ici avaient suffi à M. deLimbourg 
pour lui faire faire une observation fort importante : c'est que 
dans le cimetière de Juslenville on avait suivi deux modes d'in- 
humation bien distincts se rencontrant presqu'alternativement 
dans les premières tranchées; Tun consistant à renfermer dans 
un sépulcre formé de pierres plates de Ghawieumont (rarement 
de calcaire) les cendres des morts accompagnées des vases et 
autres objets qui avaient servi au repas funèbre ; l'autre dans 
lequel on se bornait à confier simplement à la terre ces mêmes 
vases ou objets en les entourant ordinairement de petites pierres 
brutes; dans ce cas chaque objet en terre, en verre ou en bronze 
est déposé sur une pierre brute aussi, mais présentant un côté 
plat vers le haut. Nous dc^signerons ce dernier mode sous le nom 
de sépulture. 

Le 7 septembre, dans une tranchée parallèle aux premières, 
Wathelet trouva une sépulture composée d'une grande tèle en 
terre blanche grossière,une monnaie fruste adhérente à un clou, 
une patelle tronconique portant au centre intérieur un simple 
cercle bien marqué, une patère présentant à la même place une 



(i) < Collection de figurines en argile, œuvres premières de l'art gaulois avec les 
nons des céramistes qui les ont exécutées ; recueillies, dessinées et décrites par 
Edn. Tudot, peintre, etc. » ln-4. Paris, 4860. 



~ loO — 

croix tracée à la pointe, plus une seconde patëre ombiliquée 
(pi. IV, flg. 4), ces trois derniers objets en terre samienne. 

Un peu plus loin au nord, une tombe ne contenait qu'une 
monnaie à l'effigie d'Antonin. 

Un autre tombe mesurant 1"00 de longueur sur 0"»70 de 
largeur et 0'"43 de profondeur, rencontrée à 0»32 de la surface 
du sol, ne put être explorée ce jour-là à cause de la solidité 
extraordinaire avec laquelle les pierres, au moyen d'encoignures, 
étaient enchevêtrées les unes dans les autres ; il fallut à l'ouvrier 
1 1/2 heure de travail pour arracher un des côtés ; ce \tà\i se 
présente rarement et presque toujours les dalles qui forment le 
sépulcre sont simplement juxtaposées, sans aucune espèce 
d'agencement, mais aussi sans laisser nulle part la moindre 
ouverture. Cette tombe, fouillée le lendemain, ne donna que des 
objets brisés par la dalle supérieure, laquelle, par la suite des 
siècles, par les pluies, la gelée ou le choc du fer de la charrue 
était tombée à Tintérieur, chose observée en plusieurs autres 
endroits. On en retira cependant, outre des débris de poteries, 
une patelle en terre rouge, une hache en fer, un amas de clous, 
une espèce d'anneau deceintureen fer, enfin les fragments d'un 
flacon carré à goulot et anse, en verre très-foncé vert, lequel a 
pu être restauré. 

Le 9 septembre , dans une nouvelle tranchée , l'ouvrier 
rencontra une sépulture composée d'une épichysis un peu 
endommagée, d'une patère en pâte samienne, d'une patelle, de 
débris d'urnes, de trois haches, de quatre perles en terre grise, 
d'une fort jolie patine ronde à bords verticaux couverte de guil- 
lochis régulièrement tracés , formée d'une terre rouge très-fine 
et portant le sigle ARDA (CVS), (pi. IV, fig. 6); d'une patelle 
avec pied, renflée à l'intérieur, à bords verticaux et portant au 
centre4 petits carreaux annexés ou peut-être une croix pattée(j) 

( i ) Une marque semblable (croix pattée) se trouve sur des carreaux de terre-cuite 
romains?) trouvés à Ëslines. {Annales du Cercle archéoL de Mons, t. III, p. 156). 



Fouilles de Juslenv;lle 



^ 



//T'- 



- 181 ~ 

(pi. IV, fig. 5) ; d'une patine ronde à bords plats ; d'une olla en 
terre blanche à couverte grise rugueuse ; de trois objets indé- 
terminés en bronze (pi. II, fig. 3« 2), adhérents par Toxyde à un 
anneau en fer, à trois perles en bronze et à un disque en bronze 
à cercles concentriques, percé au milieu (pi. II, fig. 3), enfin 
d'une médaille d'Ântonin. On distingue dans ce groupe deux 
petits tubes fermés d'un côté par une surface plane, ornée, 
dépassant les bords ; des fragments de deux autres tubes 
semblables (les pieds d'un coffret?) ont été découverts près de 
la même tombe. 

Deux sépultures, ayant produit chacune une épichysis , des 
urnes et des patelles assez bien conservées, furent le résultat 
des fouilles du 10 septembre. 

n en fut de même du lendemain, mais parmi les objets trouvés 
on remarque une petite mouche fixée sur un pivot jouant dans 
un fragment de plateau et qui deVait constituer un ornement 
(broche?) très-joli (pi. IV, flg. 8) en bronze et une fiole en verre 
(pl. I. fig. 3). 

Le 12 septembre, une nouvelle sépulture fournit outre Tépi- 
chysis et les patères que l'on rencontre presque toujours dans 
chaque inhumation, une très-belle patelle à anses, garnie de 
feuilles de lotus (pl. IV, fig. 1), une patère avec la marque 
0FI6E (?), diverses ferrailles et un amas de verre fondu. 

M. de Limbourg ayant fnit savoir que quatre tombes, mises au 
jour en même temps que ces sépultures, avaient été respectées, 
MM. Alexandre,Body,Dejardin, Magnée et Bormans se rendirent 
le 14 septembre à Juslenville pour assister à l'ouverture ; mais 
elles ne produisirent qu'une petite fiole à anses en verre blanc 
(pl. I, fig. 2) et deux monnaies. 

Le travail dulendemain fut beaucoup plus fructueux. Wathelet 
retira d'unesépulturedeuxollas dont une intacte, en pâte blanche 
à couverte rouge rugueuse, une patelle tronconique portant au 
centre une espèce de rose(pl. IV, fig. 4) deux épichysis, trois 
patères de formes et de compositions diverses dont une avec le 



— 153 — 

sigle AMMIVSF, une autre avec le sigle rétrograde GATVLLTS, 
enfin deux urnes ébrèchées; déplus, les fragments d'un nouveau 
flaconen verre carré,une patelle en verre parfaitement conservée 
et sans aucune irrisation (pi. I, fig. 1), un autre flacon en verre 
à col très-allongé, des débris de verre blanc, enfin des clous, 
des ossements et une monnaie. 

Le 17 septembre, on pratiqua une nouvelle tranchée sur 
remplacement où avaient été pratiquées les fouilles de 18S1, 
ainsi que le prouvaient deux tombes évidemment remuées ne 
contenantque des ossements calcinés, mais dont une présentait 
cette particularité unique jusquici, que le fond en était pavé 
d*une dalle semblable à celles des côtés. 

Après une interruption de quelques jours, nécessitée par le 
mauvais temps, les travaux furent repris le 29 septembre et 
continués jusqu'au 20 octobre sans amener aucune découverte; 
partout on rencontrait des traces d'une exploration antérieure. 
Douze tranchées de 28 mètres environ furent ouvertes sur 
différentes parties du champ et même dans la parcelle q<* 7S6 
appartenant à M. Quarré, sans que l'on rencontrât autre chose 
que des débris de poteries abandonnées à dessein par nos 
devanciers. 

Il fallait biendiriger les recherches d'un autre côté. La Société 
obtint alors de M. Lejeune l'autorisation de creuser la parcelle 
n<* 788 qui la première, en 1848, avait attiré l'attention des 
archéologues. Ces fouilles qui se continuent encore en ce 
moment et qui ont déjà produit des résultats très-remarquables 
( deux nouveaux -fragments d'inscriptions, deux miroirs, une 
grosse perle en émail bleu, etc.), feront Tobjet d'un second 
rapport ou d'une étude spéciale quand elles seront terminées. 

Si nous n'avons pas attendu ce moment pour vous entretenir 
des fouilles de Juslenville , c'est qu'il fallait répondre à la 
curiosité des archéologues qui de partout, même de la France 
et de la Suisse, s'informaient et demandaient des détails ; c'est 
que nous ne devions pas être les derniers à en parler lorsque 



— 183 — 

les journaux et les revues des autres compagnies savantes du 
pays attiraient depuis longtemps sur ces faits l'attention des 
savants. 

Tel qu'il vous est présenté, le bilan de nos opérations jusqu'au 
20 octobre est des plus satisfaisants; les frais d'exploration 
ont été très minimes, tandis que le nombre des objets recueillis 
se monte à environ 90, presque tous entiers ou à peu près 
reconstitués, pouvant se répartir comme suit. 

4* Sept objets en verre (fioles, perles, patine, etc.), 

2« Cinq objets en bronze (fibules, mouche, etc.). 

3» Huit objets en fer (haches, couteaux, amas de clous, etc.), 

4° Dix épichysis en terre blanche. 

8** Quatorze patères en terre rouge. 

6* Douze patelles de forme conique tronquée, onze en terre 
et couverte rouge, une en terre blanche à couverte noire. 

> Douze patelles rondes en terre rouge. 

%^ Six urnes en terre blanche à couverte noire, ou grise. 

9* Sept oUas en terre blanche à couverte noire, dont !• une 
grande, fort belle, à couverte glacée; 2® deux de moyenne 
grandeur, dont une en terre blanche à couverte rouge ; 3* quatre 
petites. 

10* Quatre plateaux en pâte grossière. 

H» Une grande patine rouge à déversoir; une grande tèle en 
terre blanche. 

12" Quatre grosses perles en terre. 

13" Une statuette en terre. 

14* Six monnaies. 

Les monnaies déterminées viennent confirmer les conjectures 
émises par l'auteur de l'article mentionné plus haut sur l'âge de 
l'établissement de Juslenville (*); d'un autre côté l'étendue du ci- 
metière exploré et le grand nombre des inhumations découvertes 



( « ) Peot^ôlre, cependant, y aurait-il lieu de rapprocher un peu de nos lemps le 
minimum d'antiquité du cimetière. 



— 184 ^ 

tendent à prouver l'importance de cet établissement ou sa longue 
durée ou peut-être les deux choses à la fois. En effet tous les 
environs de Juslenville recèlent des objets romains : au mois de 
juin passé des ouvriers briquetiers travaillant dans la parcelle 
897 du cadastre ramassèrent au milieu de scories et de débris 
ou laitiers et en compagnie de nombreux débris de vases et 
de tuiles romaines, 60 pièces en bronze des empereurs Magnence 
(avers : tête nue de Magnence, à droite ; légende : DN MA- 
GNENTIVS PFAVG; revers : (VI)CTORIA DD NN AVG ET GAE; 
en dessous: TRP; au centre: VOT (A) V MVLT (A) X.), et 
Décence, plus une pièce en or qui fut immédiatement achetée 
par un sieur Lamy, hôtelier à Theux; de plus dans la parcelle 
903 ils ont rencontré d'anciennes substructions en pierres à 
paver, petites, mais bien taillées et bien jointes provenant pro- 
bablement de la carrière du bois de Staneux. 

L'Institut par les soins de M. Magnée possède les monnaies 
de bronze susdites dont l'une trouvée et donnée par M. Body. 

Il y a quelques années on trouva encore des poteries, des 
médailles romaines, etc., sur l'emplacement d'anciennes fonde- 
riesde feràBauwailezLouvegnez, àBecco,à SclessinetùTrixhe- 
Espine, commune de Polleur ( i ) ; les monnaies ont été remises 
à M. de Thier et les ouvriers se sont emparés des haches et 
des autres ferrailles. 

Enfin un vase balsamaire trouvé dans une carrière de calcaire 
à Juslenville, à gauche de la rivière de Hoegne , a été tout ré- 
cemment donné à l'Institut, par l'entremise de M. de Limbourg, 
par M. Boniver. 

Ces faits prouvent, Messieurs, que le champ ouvert à nos 
investigations est vaste et fécond. Quant aux déductions que 
l'on pourra tirer de tous ces renseignement, ils ne peuvent 
manquer d'être au point de vue de l'histoire et de Tarchéologie 

(i ) L'iDstitut possède des tessons et un fer provenant de Trixhe-Espine ; une 
médaille trouvée en cet endroit a été remise au prince de Capoue. 



- 185 

du plus haut intérêt. C*esi ce qu*un savant ne tardera pas à 
vous faire reconnaître. 

Il me suffit de vous avoir rapidement et le plus simplement 
possible exposé les faits qui m'ont été signalés, et retracé la 
marche qui a été suivie dans les fouilles que vous avez décidées 
afin que vous en ordonniez la poursuite en allouant une 
nouvelle somme à affecter à ses travaux. 

Mais il serait injuste de terminer ce rapport sans vous 
proposer de voter à MM. Body, Magnée, de Limbourg et 
Alexandre les remerciments qu'ils méritent pour la part active 
qu'ils ont prise à ces fouilles. Si nous avons lieu de nous 
féliciter du succès de notre entreprise, nous le devons pres- 
qu*entièrement au zèle et au dévouement des deux derniers de 
ces collègues. L'expérience vous a déjà prouvé plusieurs fois 
combien il est difficile d'organiser loin du siège de la Société, 
des fouilles archéologiques. La présence continuelle sur les 
lieux d^une personne entièrement dévouée à vos intérêts est, 
pour la réussite de cette œuvre, tout-à-fait indispensable. Il faut 
de plus, connaître la localité, obtenir certains renseignements, 
se ménager certaines relations, prévenir certaines difficultés, 
enfin être là à tout moment, et ne pas ménager ses peines et 
son influence. Toutcela nous Favons obtenu de M. de Limbourg; 
c'est lui qui, première de toutes les conditions, vous a procuré 
un homme de confiance et a constamment, non-seulement 
surveillé , mais encore dirigé les travaux avec une intel- 
ligence remarquable; tous les objets recueillis, transportés 
chaque jour chez lui, ont été par lui rangés suivant la date de 
leur découverte et la sépulture ou tombe d'oii ils étaient tirés; 
puis, munis chacun de ces renseignements, ont été emballés 
avec un soin tel que pas un de ces nombreux objets si fragiles 
ne s'est brisé en route, et expédiés au conservateur du Musée. 
Grâce à ses soins encore, l'Institut possède toutes les dalles 
d'une tombe qui sera reconstituée telle que les belgo-romains 
l'avaient construite, munie des objets qui y étaient renfermés. 



— 156 — 

Enfin un procès-verbal très-dëtaillé, souvent accompagné de 
dessins, est parvenu chaque semaine au secrétaire qui, dans le 
compte-rendu qu'il a Thonneur de vous soumettreen ce moment, 
déclare n'avoir fait autre chose que puiser dans ces notes pré- 
cieuses. C'est assez vous dire. Messieurs, que M. de Limbourg 
a rendu dans cette circonstance à la Société des services émi- 
nents. Toutefois ceux d'entre vous qui se sont rendus à Juslen- 
ville trouveront que je n'ai pas assez parlé de l'obligeance et de 
l'amabilité avec laquelle notre excellent collègue et sa famille, 
leur ont, à plusieurs reprises, fait les honneurs de leur ville et 
de leur demeure. 

La tâche de M le docteur Alexandre était d'une autre na- 
ture; depuis longtemps nous sommes habitués au zèle de 
l'honorable conservateur du Musée, et nous ne nous étonnons 
plus des prodiges qu1I accomplit en reconstituant avec une 
patience et une adresse infinies les objets de tout nature, en 
terre et en verre, qui auparavant n'ofi*raient que de menus 
débris. Mais cette fois son courage a été mis à une rude 
épreuve; et cependant vous pouvez constater que les énormes 
quantités de tessons qu'il recevait chaque semaine ne l'ont pas 
effrayé; ils s'est bravement mis à l'œuvre et aujourd'hui quarante 
vases, dont quelques-uns formés de plus de 60 morceaux ont 
été reconstitués par ses mains patientes. Puis, cette opération 
terminée, chaque objet a reçu une étiquette indiquant le lieu 
de la provenance et la date de la découverte. 

J'ai en conséquence l'honneur de vous proposer que des 
remerciments soient votés à MM. Alexandre et de Limbourg, 
qu'ils soient consignés au procès-verbal de la séance de ce 
jour et qu'un extrait de celui-ci soit expédié à M. de Lim- 
bourg. 

Liège, le 3 novembre 1868. 

Le Secrétaire^ 

S. 60RMANS. 



SEIGNEURIES FÉODALES 

M l'âHOEH PAVS m LliGS. 
(SliU.) 



A\)(^IRS SAINTE-MARIE, (o 



13Ti : le ville, jusiiche, banteare, court, raaieoD el assieze d'Awire Mote Hirie, 
Ucrei, preis, bois, ceoB, reniez ïconrippaneiwns. — 1404 ijnsEicetuialte et basse 
de Awier S<*-Harie, yauwes, chappons, etc. — 14!3 -. le terre de la Molle condist 
d'Awire S"-Harie. — 1496 : seigneurie de haulte en basse, avecqnes toutes ses 
appeadiees. — 1389 ■• Auwyr. 



1373, 5 juia. Charte de Jean, évéque àc Liège, faisant savoir 
que honorable homme messire Jakeme de Langdris, chanoine 
de la cathédrale de Liège, fait transport de la terre d'Awîrs & 
Eirnous de Rocour, écuyer, mar j de damoiselle Marie de Nortin, 
cousine ditdit Jakeme. 

1401 , 16 avr. Wery, fils de feu Jehan de Chenoit de Tamines, 
fait reliei comme mai-i de damoiselle Marie de Senzelh;, héritière 
de Jacque de Laugdris. 



{•) Commune de la province de Litige, arrondissement de Liège, ! 
ganchede la Meuse. — V. d'autres reliefs iAigremanl et HaHliepeime. 



- 188 — 

14S0, 18 oct. Henry de Ghennoit de Tamines, fait relief. 

1423, 1*" sept. Evrars don Ghennoit, fils de Henri don Ghen- 
noit, fait relief de la seigneurie par reportation de son père ; 
après quoi il la donne en douaire à demoiselle Marie de Hor- 
naing, fille de Jehan Gossuin de Hornaing. 

1478, 3 oct. Jehan seigneur d*Odomont, écuyer,fait relief par 
reportation de Jehan de Ghannoy, fils de feu Gilkin Walran, 
qui venait de faire relief par suite du décès de Marie de Hornan, 
sa grand mère, et de damoiselle Jehenne fille de ladite Marie. 

149S, 12 oct. Jacquemiu, fils de feu Johan d^Odoumont, fait 
relief par décès de son père. 



BAILLONVILLE (.)■ 



i3B1 ; Ville, hiallenr et Joitiche de Biillonville et des appsrleiunceg d'icelle. — 
13Bt ; CeoB, reaies. — 1397 : Dont une partie est Hef del sTeschiet et l'intra 
de le conlel de Looi. — 1133 : Terre de Baillonville avoecq le Bignourie . etc. — 
1*ÎB ; Bois, terres, preis, ttvenie, moullin, etc. — 1516 ; Rivier, bresione, 
pnwtla, «ventarres, émolaniens, etc. — 1G63 : Hsison de pierre, S boniers de 
pidintiges, seigneurie moyenne et basse. — 4G3S : Châle«a, basse-cour, jardio, 
^i3, baule, maienne et basse justice, chasse et pesche, etc. — 1T30 : le maalin 
buial, tavernes, qui est nn droit incorporel cooststanl en ua pot de bière de cbai^g 
tonne que les cabaretiers vendent, qu'ils doivent payer et ont payé de toute an- 
cienneié A un seifneur dudii Baillonvilte. 

1361, 10 juil. Jehan, fils de inessire Humbert de WahauU, 
chevalier, fait relief de la moilié de la seigneurie, par reportation 
de son père, réserve faite de l'usufruit pour dame Agniesse, sa 
mère. 

1384, 39 déc. ; 1397, 30 fév. Julliot de Wauhau, fait relief. 

UOS, 17 mai. Jullyot, flls de Jehan de Watia, fait relief par 
décès de Julliot de Waha, son oncle, réserve faite de l'usufruit 
pour datnoiselle Katherine de Waenroede ; puis il en fait trans- 

( I } Cotniniine rorele de la province de Namur , arroadiSBeoieat de DioaDL. 
V. Sadiiert, Ditiea, etc., 1. 111, p. 6T. — On trouve aussi pour cette seigneurie 
b armoiries suivantes : dcarleU, aux 1 et 1 d'or eu lion de sable courooniS, portant 
en tblme un ëcuseon d'ai^at i une rose de gueules ; aux 3 et 3 de gueules à l'aigle 
d'ir^Dt sema d'hernine. 



— 460 — 

port de la seigneurie en laveur de damoiselle Katherine, fille 
mineure de Hubin de Try nar. 

1402, 7 juin. Jullio, fils de Jehan de Wahau, consent à la 
nomination de mambours pour représenter Katherine de Trinar 
dans la gestion du douaire qu*il lui a donné par son contrat de 
mariage. 

1422,16juin.JuliotdeWahaut, confirmeTacte du 17mail402. 

1429, 24 avr. Juliot de Noiseur fait relief comme mari de 
damoiselle Cateliine de Trinar, du douaire que Juliot de Fron- 
viile, son premier mari, lui avait constitué. 

1487, 2 juillet. Jehan de Fronville fait relief. 

1469, 16 nov. Jehan de Waha, écuyer, dit de Fronville, fait 
relief par décès de Jehan de Waha, son père. 

1499, 23 mai. Jehan de Wahaul fait relief par reportation de 
Lourain de Spare le jeune, mari de demoiselle Eve, fille dudit 
Johan de Wahaul. 

1514, 26 nov. Damoiselle Eve, veuve de Lorent de Lintre et 
fille de feu Johan de Waha, seigneur de Baillonville,etde damoi- 
selle Ysabea, fille de feu Jehan le Proidhomme, échevin de 
Liège, fait relief par décès de ses père et mère. 

1814, 12 déc. Damoiselle Jehenne de Grandchamps, veuve de 
Johan de Waha, seigneur de Baillonville, fait relief de son 
usufruit sur la seigneurie, par décès de son mari. 

1816, 12 juil. Eve de Waha, veuve de Loren de Lintre dit de 
Spawen le jeune, et Jean son fils aîné, renoncent pour 100 flo- 
rins d'or à la propriété de la seigneurie en faveur de Jehenne 
de Grandchamps, seconde veuve de Jehan de Waha et de son 

fils aîné Glaude de Waha. 
1526, 8 oct. ; 1539, 4 sept. Claude, fils de Johan de WaLau, 

fait relief par décès de ses père et mère. 

1863, 21 janv. ; 1874, 12 mai ; 1884, 21 nov. Noble homme 
Nicollas de Wahault, seigneur de Bailhonville, fait relief par 
décès de noble homme Claude de Wahault, son père. (Dénom- 
brement) . 



— 161 — 

1593, 17 nov. Noble dame madame Catherine de Poitiers, 
dame douairière de Baîllonville, veuve de Nicolas de Wahau, * 
fait relief de son usufruit. 

1598, 14 avr. ; 1618, 29 août. Noble et honoré seigneur Jean 
de Wahau, seigneur de Bâillon ville, fils de noble et généreux 
seigneur Nicolas de Wahau, fait relief par décès de son père. 

1624, 27 mars. Noble dame madame Marguerite de Mérode, 
dame douairière de Baîllonville, veuve de Jean de Waha, fait 
relief de son usufruit. 

1628, 24 juil. Marguerite de Mérode, veuve de Jean de Waha, 
chevalier, seigneur de Stasbourg, etc., transporte son usufruit 
à noble et généreux seigneur Nicolas de Waha, seigneur de 
Baîllonville, Stasbourg, Hestroy, etc., son fils unique, qui en 
fait relief le 27 suivant. 

1634, 24 oct. Testament conjonclif de messire Nicolas de 
Waha, chevalier, seigneur de Moufrin, etc., et de noble et 
généreuse dame madame Catharine de Namur,sa femme ; ils 
nomment le noble seigneur Florent de Waha , leur fils afné, 
héritier universel de leurs terres de Baîllonville, Moufrin et 
Stasbourg. (Réalisé par la Cour le 12 juin 1660, à la demande de 
noble damoiselle Jenne Marguaritte de Waha de Baîllonville, 
chanoinesse d'Andenne, pour son procès avec noble seigneur 
messire Denis Théodor de Waha, seigneur de Baîllonville, 
Stasbourg, et avec noble damoiselle Lowîse Catharine de Waha, 
chanoinesse de Nivelle, ses frères et sœurs). 

1650, 28 nov. Catharine de Namur, veuve de Nicolas de 
Waha, fait transport de son usufruit en faveur de noble et 
généreux seigneur messire Florent Anthoine de Waha, cheva- 
lier, seigneur de Baillonville, Stasbourg, etc., son fils aine. 
Réalisé par la Cour le 26 févr. 1654. 

1651, 19 août. Noble et généreux seigneur Jean Claude de 
Waha de Bailhon ville, capitaine au service de S. M. C, achète 
pour 240 florins à honorable Benoit André, échevin de Wanze, 

11 



— 162 — 

la part qui peut lui revenir des biens de Nic.deWaha, son père, 
et de madame Catherine de Namur, sa mère. 

1708, S oct. Noble et illustre dame madame Marie Catherine 
Alexandrine de Waha, veuve de monsieur le baron de Roisin, 
dame de Baillonville, fait relief par décès de son mari et de 
très noble et très illustre seigneur messire Denis Théodor de 
Waha, son père. 

1712, 14 nov. Noble seigneur Louis François delà Tramerie, 
comte de Hertain, seigneur de Stasbourg et Moufrein, fait relief 
comme mari de noble dame madame Marguerite Isabelle Thérèse 
de Waha Baillonville, qui avait hérité de la seigneurie par décès 
de Cath. Alex, baronne de Roisin, sa sœur. 

1728, 18 oct. L. Fr. de la Tramerie fait relief de Baillonville 
et de Moufnn, 

1737, 26 avril. Marg. Is. Th. née baronne de Waha Baillon- 
ville, comtesse douairière de Hertain, dame de Baillonville, 
Moufrin et Geminne, fait transport de ses terres de Baillonville, 
Moufrin et Géminé en faveur de son cousin sous-germain 
Herman Otlo comte de Hoensbrouck, pour une rente viagère 
de 1200 écus ; celui-ci fait relief le 30 avril suivant. 

1738, 9 août. Noble et illustre seigneur Herman Otto comte 
de Ôoensbrouck et de Geulle, seigneur de Baillonville, Mou- 
frin, etc., engage ses terres pour servir d'hypothèque à une rente 
due au chapitre de la collégiale de Dinant. 

1742, 2 juin. Très noble et très illustre noble seigneur messire 
Ferdinand Joseph Henry baron de Rahier, Izier, petite Bou- 
malle, fait relief. 

1748, 11 juin. Herman Otto comte de Honsbrouck de Gueul, 
fait relief. 

1764, 3 juil. Noble dame madame Anne Marie Julienne Félicité 
comtesse douairière de Hoensbrouck, Gueul, née baronne de 
Zievel, dame de Geulle, Bunde, Ulestraeten, Moufrin, Geminne, 
Baillonville et Strasbourg, etc., fait relief de son usufruit. 




BARONVILLE (0 



^SSl : Le vilie de Baronville, avec 1» haulle jasticbe doa lieu et le patronage de 
l'cngliese el touUes les appendices. — 1337 : Gens, rentes, preis, bois, mouUin, 
etc. w. 4369: Le terre de Baron ville. —4380: Haulieur et jasticbe, etc. — 
^39i : Justicbe baate et basse, etc. — iilM : Seigneurie haulte, moyenne et basse, 
droitures^ etc. — i5i9 : Terre de Baronville en Famcnne, séante entre Bearaing 
et Pessar. — 4638 : Riviers, etc. — 4664: Avec pouvoir de créer un mayeur, 
ëcheyins, greffier et sergent, droit de collation de la cure, droit de pèche et de 
chasse tant aux fawes noires qu'autres gibiers, establcries, jardins et aheniers, 
viviers, froment, épeautre, avoine, argent et plumes, droit de lever sur cbaque feu 
ou mannant 4 stiers ou retz d'avoine, etc. 



1331, S juil. Huart de Haccourt, relève comme ravaient Tait 
ses prédécesseurs. 

1327, 20 mars. Wauliers Pinkars de Baronville fait relief par 
reportation de Willeame, son frère, chanoine de Huy. 

1369, 22 févr. Huwechons de Baronville fait relief par décès 
de Pinckarl de Baronville, son père. 

1380, 27 août; 1391, 2 avr. Huart de Baronville, fait relief. 

(') Commune rurale de la province de Namur, arrondissement de Dînant. — On 
trouve aussi ces armoiries avec du sable au lieu de gueules , et encore : dcarlelé, 
aux { et 4 d'argent au sautoir de gueules chargé de 5 macles d'argent et cantonne^ de 
î merlettes de gueules; aux 9 et 3 d'or k raigle éployée de gueules. 



— 464 — 

1410, 11 mai. PiDckart de Baronville fait relief par décès de 
Huwar de Baronville, son père. 

1429, 14 févr. Pinkart, seigneur de Baronville , fait relief. 

1456, 14 févr. Euvrart de Fysin, prévôt Durbut, mari de Gelle, 
tille de Jacquemin d*Eve, seigneur à Vylle en Gondros, et de 
Jehanne de Baronville, laquelle était fille de feu Pinkart de 
Baronville et de damoiselle Gelle, sa première femme, fait relief 
par décès de ces deux derniers. 

1487, 29 avr. Everard de Fisynez, prévôt de Drubu, fait relief. 

1S19, 6 avr. Damoiselle Anthonnelte de Lyx, veuve de Jac- 
quemin de Fizinne, fait relief de son usufruit. 

1529, 18 nov. Johan, fils de Jacquemin de Fizinne, fait relief 
par décès de son p^re ; le 9 décembre suivant, Anthonnette de 
Lyxs, sa mère, renonce en sa faveur à son usufruit. 

1538, 28 mars. Damoiselle Agnès de Hodister, veuve de Jean 
de Fyzen, seigneur de Ville et Baronville, fait relief de son 
usufruit. ^ 

1540, 20 nov.; 1547, 1«^ déc. Damoiselle Jehenne, fille de feu 
Jokan de Fizen et d'Agnès de Hodister, fait relief par décès de 
ses parents. 

1559, 19 mai. Ghuy d'Orjo, mari de Jehenne de Fizen, fait 
relief de Baronville et de la tour delk Cearier sous l'abbaye de 
Neufmostier. 

1583, 7 oct. Le seigneur Guilheame d'Orjo, seigneur de 
Baronvilhe, fait relief. 

1586, 27 mars. Noble Guilleame d'Orjo, écuyer, et mademoi- 
selle Anne de Warisoul, sa femme, font transport de la seigneurie 
en faveur d'honoré seigneur Claude Chevallier, bourgmestre 
de Dinant, pour servir d'hypothèque à une renie de 40 florins. 

1616, 3 févr. Noble et honoré seigneur Nicolas Marotte, 
seigneur de Ville et Baronville, mari de noble dame madame 
Jehenne d'Orgo, fille ainée de feu Guilleaume d'Orgo, fait relief 
de Baronville et de la tour de la Céarie, 

1659, 9 mai. Dame Jenne d'Orjoz, veuve de Nicolas de Marotte 



— 165 — 

de Montjgny, écuyer, fait transport de l'usufruit de la seigneurie 
au profit d'Andrien de Montigny, écuyer, pour une rente viagère 
de 100 florins. 

16K9, 28 juil. Monsieur Àndrien de Montigny, seigneur de 
de Baronville, fait relief. 

1664, 11 janv. Noble et généreux seigneur Adrien de Marotte 
de Montigny, écuyer, seigneur de Baronville, Hemptinne, etc., 
déclare avoir vendu à noble et illustre seigneur messire Fran- 
çois de Cowarem, chevalier de Tordre militaire de Galatrava, 
etc., et à noble et illustre dame Marie de Hamilton d*Anderwick, 
sa femme, la seigneurie de Baronville; dénombrement. 

1667, 9 févr. Noble dame madame Catherine de Marotte de 
Montigny, veuve de noble seigneur Charle baron de Celle, 
dame de Ville, Baronville, etc., fait relief de la seigneurie qu'elle 
avait acquise par retrait lignager hors des mains de François 
de Cowaren le 14 févr. 1664. 

1669, 19 mars. Le couvent des Annonciades Célestines en Ile, 
à Liège, et celui des Anges dit de Nersane, près de Liège, ayant 
été mis en possession de la terre de Baronville le 18 no- 
vembre 1668 pour faute de payement de la part de Catherine 
de Marotte, en restituent la moitié à noble seigneur Valerian 
Arnold de Walle, seigneur de Vile, et à madame Marie Jeanne 
de Geels, sa femme, qui en font retrait lignager pour 800 florins 
Brabant de rente. 

1682, 25 mars. Messire Adrien Guilleaume de Marotte Mon- 
tigny et François de Marotte, seigneur d'Ostein, son frère, 
renoncent à leurs prétentions sur la seigneurie pour 950 pata- 
cons que leur paie Val. Arn. de Wal, seigneur de Baronville. 

1708, 6 mars. Dame Anne Marguerite de Ponty, veuve de 
François Philippe de Marotte de Montigny, seigneur d'Ostain, 
messire Pierre Andrien Marotte de Montigny, chanoine gradué 
de la cathédrale de S*-Aubain, à Namur, François Philippe de 
Marotte, capitaine de cavalerie au régiment de M. de Gnelane, 



— 166 — 

son frère, Charles Joseph de Marotte de Moiitigny, cornette au 
régiment Dobbelslein, font accord avec Phil. Nie. de Wal, 
seigneur de Baronville, pour terminer un procès. 

1715,4 mai. Noble et illustre seigneur Philippe Nicolas baron 
de Wal, seigneur de Baronville, fils de Val. Arn. de Wal, fait 
relief 

172S, 24 déc. Noble dame madame Barbe Françoise de 
Maillien, veuve de Ph. Nie. baron de Wal, fait relief de son 
usufruit. 

1743, 18 sept. Noble personne Marie Claire Catherine de 
Wal, dame douarière de Revoir et de Luches, renonce au droit 
d'usufruit qu'elle possède sur une partie des terres de Baron- 
ville en faveur de madame Barbe Françoise de Maillien, dame 
douarière de Baronville, sa belle-sœur, et de messire Jacques 
François baron de Wal, seigneur de Baronville, fils aine de 
celle-ci. 

1744, 20 juin. Le seigneur Jacques Franc, baron de Wal. fils 
de Ph. Nie. baron de Wal et de Barbe Fr. de Maillien, fait 
relief. 



BARSE (I). 



1316: Le maison et lurre de Rarch a toultei s«s ippeDdiches. — 13iG : Birchn en 
CoadrOB. — 139B: Le chasliau i toolleg haulteur, juslice, el leurs appenilices 
laol CE Urres, preis.hoLs.cena, pentes, comme ep aultre maDîère. — ii'iS: Le 
maisoQ, caslial et forlresnc, aie. — 1540 : Sclgoeurie, terre. forte maidnn, etc. 
de fiae^i. — 1S99; Les courteB. maison, atableries, graiogaes, jardins, haies, 
cberwages, etc. ^ 1611 ; jurisdiclJons, chesteau, tbour, eures, vivier, mollio, 
deismes, etc. de Barches et Liien. — 1614; Rivier, chesleaa, forteresse, etc. — 

mZ: Barz«. 

■1316, 30 nov. Messîi-e Waulier de Barch, avoué de Huy, 
clievalier, fait relief de Barche et de l'avouerie de Huy ; après 
quoi il assigne en douaire sur ces biens à Marie, fîlle de Colart 
Malcourtois de Wasege, sa future, 200 livres tournois pour en 
jouir, moitié après le mariage accompli, moitié après la mort 
de sa mère, avoueresse de Huy. 

i345, 20 déc. Henri, avoué de Huy, fait relief de la moitié de 
lii terre {contre Gille de Sirées, son cendre, en vertu d'un 
accord lait entre eux), par décès de son oncle le voue de Huy. 



:,i : Hiiaeau qui, avec te village de Vieri;cl, [orme la communit de Vierâet-Rurse 
•^inila province de Liiige, arrondissement de Huy. V. Sauherv, Dilicti, etc. l. III, 
P- IM; »ELV*ui, Oici. géofir. I, p. 4^7. — La famille de Crisgnûo portail pour 
celle Migaeuric: d'argent à S fujites rie gneules, avec le franc-canion de giifules au 
sautcir d'or. 



— 168 — 

1398, 3 janv. Messire Jehan d'Orgio, sire de Barche, cheva- 
lier, fait relief par décès de messire Gille de Strées, son grand 
père, et de son père. 

.1400, 29 avr. Gille Aubry de Huy , fait relief par reportatioa 
de messire Jehan d*Orgio. 

1410, 3 oct. Giele dit Abry, mari de feue Juliane, fille de 
Pierlot dele Grevier, s'étant révolté contre le prince de Liège, 
celui-ci confisque ses biens et donne la terre de Barche à 
Willaume li Bastart de Bayvière, auquel les trois enfants dudit 
Pierlot, Jehan, Juiiane et Margriele, devaient une somme de 
2,000 florins de Hollande. 

142*5, 13 mars. Henry de Jeyves, écuyer, fait relief par repor- 
tation de messire Jehan de Donglebiert, seigneur deLonchamps, 
chevalier, et en accomplissement du contrat de mariage dudit 
Henry avec demoiselle Mette de Longchamps, fille dudit Jehan. 

1478, 24 nov. Christiaen, fils aîné de Jehan, seigneur de 
Ramelo, fait relief par décès de son père et de damoiselleMecte, 
sa mère. 

1492, 19 sept. Christian de Ramelo, seigneur de Barche, 

écuyer, fait relief de la seigneurie par décès de Jehan de Ramelo, 
son père; puis il en fait transport au profit de Henry de Ramelo, 
écuyer, son frère cadet et germain, en vertu de certains partages. 
1807, 19 juillet Henry de Ramelot, seigneur de Baest, fait 
relief par décès de Ghristiane, son frère aîné. 

1839, 18 août. Henry de Ramelot, seigneur de Barche, fait 
relief. 

1840, 31 janvier. Noble homme Henry de Rammelol, seigneur 
de Barche, afiti de prévenir des procès après sa mort, fait 
donation de Tusufruit de la seigneurie à damoiselle Cente, fille 
de feu Jehan de Rammelot, aîné héritier mâle dudit Henry. 

1840, 18 oct. UamoiselleGuiihemettede Rammelot, fille unique 
de Henry de Ramelot et de damoiselle Helayne des Marets, fait 
relief, par décès de ses père et mère. 

1888,12 mai. Damoiseau Philippe de Grissengnée, mari de 



— 169 — 

damoiselle Vëronne de Ramelot, veuve de Jehan, chevalier, fait 
relief; délimitation. 

iS76, 10 sept. Noble damoiselle mademoiselle Véronne de 
Ramelot, dame douariëre de Barche.fait relief de son usufruit. 

1583, 38 oct. La même fait relief de la seigneurie. 

1S92, 27 avr. Vénérable homme Hugode Grissengnée, chanoine 
de la collégiale N. D. de Huy, fils aine de noble homme Giele 
de Grissengnée, seigneur de Lizen, autrefois bourgmestre de 
Huy, et de mademoiselle JehenneGhevallier, sa première femme, 
fait relief par décès de noble homme Jean Ghevallier, seigneur 
de Barche, et de madame Véronne de Ramelot, sa femme, ses 
grand père et grand mère. 

1611, 17 janv. Nobles et honorés seigneurs Hughe de Gris- 
sengnée, seigneur de Lizen, Barche, etc., et Théodore de' 
Grissengnée, seigneur de Surre, etc., son frère, fils de feu noble 
et honoré seigneur Giele de Grissengnée, seigneur de Lizen, 
Barche, Surre, etc., et de Jehenne Ghevallier, sa femme, 
partagent les biens de leur père, pour éviter des procès; le 
premier aura les'terres de Barche, Uzen.les héritages mouvants 
de la seigneurie de Vierset et hauteur de Marchin, la cour de 
Triflfoy ; le second aura la seigneurie de SurreM cour des Trois 
maisons dans la hauteur deModave, etc. 

1614, 21 lévr. Hugede Grissegnée, seigneur de Lizen, Barche, 
etc., fait relief. 

1620, 8 oct.NoblehommeHughe de Grissengnée fait transport 
en faveur de mademoiselle Agnès de Mozet, dame douarière 
d'Emeville, veuve de noble seigneur Théodor de Grissengnée, 
seigneur de Sure, sa belle-sœur, d'une rente de 718 florins; 
il s'oblige en outre à défend 'e ladite dame contre les prétentions 
que mademoiselle Véronne de Grissengnée, sœur dudit Hughe, 
veuve du seigneur Guilleaume d'Oumale,et mademoiselle Isabeau, 
aussi sa sœur, veuve du seigneur Mathieu de Henry et femme 
actuelle du seigneur Jean Ghenart, pourraient faire valoir sur 
la seigneurie de Surre, 



— 170 - 

1628, 10 février. Agnès de Mozet fait transport à illustre 
seigneur Jean comte de Groisbeck et du S. E., gouverneur de 
la ville et château de Huy, lieutenant de la cour féodale de S. A., 
de 400 florins de rente hors de 715 dus à ladite damoiselle par 
Hughe deChrisgnée. 

1633, 15 mars ; 1653, 26 nov. Noble et généreux seigneur 
Jacques de Grissegnée, seigneur de Barche, Lizen, etc., fait 
relief. 

1655, 16 févr. Noble et généreuse dame madame Marie de 
Selle, dame douarière de Barche, veuve en secondes noces de 
Jacques de Grissegnée, fait relief de son usufruit. 

1665, 14 déc. Noble seigneur Henri de Grisegnée, seigneur 
de Barche, Lizen, Griraonster, etc., fait relief par décès de 
Jacques de Grisegnée, son père. 

1668, l'^'" oct. Noble seigneur Gille de Grissegnée, seigneur 
de Barche, Lizen, Grimonsler, etc., fait relief par décès de 
Henry de Grissegnée, son frère. 

1675, 28 janv. Gonvenances de mariage entre messire Giele 
de Grisgnée, et noble et illustre damoiselle Anne-Marie d'Ares- 
chol, dite Schoonhoven, fille de noble et illustre dame madame 
Anne de St-Fontaines, veuve de messire Jean de Schoonhoven, 
seigneur de Lantremenge ; celle-ci apporte en dot la vouerie de 
Bodegnée, etc., et le premier tous ses biens. 

1688, 5 mai: Noble dame madame Anne-Marie de Schonliove 
Arscot, veuve de Gille de Grissegnée, fait relief. 

1697, 21 oct Noble et illustre seigneur Gharle Ernest baron 
d*Argenleau, seigneur de Barche, Lizen, etc., mari d'Anne-Marie 
de Schonhove, veuve de Gille de Grissegnée, fait relief. 

1704, 10 nov. Gonvenances de mariage entre noble et illustre 
seigneur messire Pierre Joseph baron de Grissenée, seigneur 
de Barse, fils unique de noble et illustre seigneur messire Gille 
baron de Ghrisgnée et d'Anne-Marie de Schonhove, et noble et 
illustre demoiselle mademoiselle Marie Thérèse de Nassau, 
chanoinesse d'Andenne, fille de feu très-noble et très-illustre 



— 171 — 

messire Maximilieu de Nsussau, barou de Warcoing, seigneur 
de Corroy, Frasne, etc., et de dame madame Marie Catherine 
Florence de Harchies, de Ville, etc. ; le premier apporte en dot 
les seigneuries de Barze et Lizen 

1719, 2 mai ; 1726, 8 août. Pierre Joseph baron de Chrisgnée, 
fait relief. 

1732, 30 mai; 1747, 18 mars; 1766, 29 avr.; 1772, 18 mai. 
Noble, illustre et révérend seigneur Charles Joseph Dieudonné 
comte d'Argenteau, né prince de Monteglion, chanoine de la 
calhédrale de Liège, seigneur de Barche, Lizen, seigneur et 
haut voué de Méliagne et haut de Bodegnée, fait relief comme 
héritier du baron de Chrisgnée. son frère. 

1781, 9 juin; 1783, 6 juil. Monsieur Floriniond comte de 
Mercy-Argenleau, Crisgnée, chevalier de Tordre de la Toison- 
d*Or, ambassadeur de S. M. L R. A., seigneur de Barche, etc., 
fait relief. 




BASSINES ('). 



i35i : Maison de Bassines, avoecq terres, preis, cens, rentes, cappons et aultrez, 
et appendiches. — 1381 : Le court, maison et assiese de Huwet de Bassines, le 
court, maison, jardin, etc., qui fut Loys de Vorous, séante dans le ville de Bas- 
sines, terres, bois, etc. — 1516 : Les courts, malsons, tbours, jardins, preis, 
terres, bois app. et app. de Bassines en Condros. — 1S55 : Chcrwaige, wan- 
gnaigcs, etc. condist le cherwaige de Barsinne en Condros. — i677 : Droitures, 
jurisdiction, etc. — 1689 : Thour, seigneurie, paxhis, estangs, droits, crédits, 
actions, etc. — 4743 : les biens de la tour à Bassine. — 1787 : Chàteao , terre 
et seigneurie. 

1351, 25 avr. Danaoiselle Aelis, fliie de feu Jo. de Warfesées 
(avec messire R. de Jemeppe, chevalier, et Willeame de Wau- 
rous, son oncle, comme mambours), fait relief de 90 muids assi- 
gnés sur la maison de Bassines, dont son mari Huwet de Bas- 
sines, lui avait fait transport comme douaire. 

1381, 11 janv. Gérard de Fanchon, bourgeois de Huy, fait 
relief des courts de Loys de Voroux et de Huwet, à Bassines, 
par reporlation de Huwet de Bassines. 

1393, 3 juin; 1394, 2 juin. Gérar de Kanclion. de Huy, fait 
relief des mêmes courts. 

1437, 7 mars. Jehan le Pottier, bourgeois de Huy, mari de 
damoiselle Maroye, tille de Gerart de Fanchon, fait relief des 
mêmes courts. 

1478, 16 mars. Jacquemin lePoltier,mayeur de Huy, fait relief, 

i ) Canton de Giney, province de Namur. 



— 173 — 

1506, 18 nov. Jacques deColem, seigneur de Bethou, fait re* 
lief des mêmes courts par décès de Jacquemin le Pottier, 
mayeur de Huy, son grand père et de Jacque de Colera, écuyer, 
son père; puis il en fait transport en faveur de révérend père 
et religieux damp Gollart de Malaize, abbé de St.-Hubert 
en Ardenne , pour 480 Philippus d'or. 

1516, 3 fév. Jacques le Charpentier, le jeune, vend le fief à 
Nicol. de Malaise, abbé de St-Hubert, lequel fait relief. 

1588, 29 avr. Messire Jehan Poilhon, chanoine de la collé- 
giale N.-D.à Huy, fait transport, en faveur deJohande Flémale, 
notaire de la Cour de Liège, de la moitié du fief. 

1888, S sept. Johan de Flamalia, notaire, fait transport de 
cette même moitié en faveur de Thiry Poulhon. 

1886, 14 juillet. Jacques Garpentier, Tainé, laisse par testa- 
ment le fief à Conrard, son fils aine, pour passer à la mort de 
ce dernier entre les mains de Jacques Garpentier, le jeune, son 
second fils. 

1860, 23 nov. Thiry Poilhon, de Huy, demeurant à Villeir-les- 
Temples, fait relief du fief, puis le transporte en faveur d'hono- 
rable homme Otlard de Brialmont, seigneur d'Attrin, Frai- 
ture, etc. 

1864, 11 mars. Johan, fils de feu Jacques Garpentier,le jeune, 
seigneur de Loyers, Lizongne, etc., approuve le testament de 
Jacques Garpentier. Tainé, en faveur de Gonrard Garpentier, 
seigneur délie Thour à Bassines. 

1884,11 juin. Jacques de Marchin fait relief comme mari de 
damoiselle Bertheline Gharpentier, veuve de Jean Gristin. 

1619, 28 mars. Le seigneur Jacques de Marchin, seigneur de 
deLizjngne, fait transport de l'usufruit du fief à Margaritte, 
veuve d'honorable Marck Antoine Botton, licentié ens droits et 
seigneur de la Ghambre des comptes du prince de Liège, 
et à Jacques et Anne, ses trois enfants. 

1620, 23 juin. Le lieutenant de la cour féodale ayant opéré la 
saisie du fief pour faute de relief de la part de feu Jacques de 



— 174 ~ 

Marsin, le seigneur Nicolas Salmier, écuyer, mayeur de Gliiney, 
lieutenant-gouverneur de la ville et château de Huy, mari de 
damoiselle Margaritte de Marchin, fille ainée du susdit Jacques 
et veuve de Jacques Marq Anthonne Botton, en fait retrait 
lignager. 

1620, 26 juin. Nicolas Salmier, ratifie l'acte du 28 mars 1619. 

1621, 8 avril. Nicolas Salmier, capitaine du château de Huy 
et commis du quartier de Condroz, fait relief par décès de 
Jacques de Marchin, frère germain de Margaritte et fils unique 
dudit seigneur Jacques de Marchin, Tainé. 

1633, 19 déc. Honnête homme Toussaint Savala, mari de 
damoiselle Anne de Marchin, fille de feu honorable Jacque de 
Marchin, fait relief en vertu du testament des père et mère de 
sa femme et de facte de donation fait par honorable Jacque de 
Marchin, son frère. 

1636, 10 mars. Toussaint Savala d'Oxhen, renouvelle à Mar- 
guerite Marchin, veuve de Nicolas Salmier, le serment qu'il n'a 
vendu ni engagé aucun des biens (entre autres celui de Bassine), 
qui servent de caution à ladite Marguerite, en vertu d'une sen- 
tence des échevins du 20 février 1636. 

1683, 12 avr. Honoré seigneur Philippe Marck Anthoine Bou- 
ton, seigneur de Lisoing et Bassines, fils de Jacob Marck 
Anthoine Bouton et de Margaritte de Marchin, fait, par suite des 
sentences arbitrales , relief de la seigneurie, avec l'usufruit dé- 
volu à ladite Margaritte par décès dudit Jacques Marck An- 
thoene Bouton, son premier mari, et d'Honoré seigneur Jacques 
de Marchin, son père. 

1684, 4 juillet. Damoiselle Elisabeth Scohier, veuve de noble 
seigneur Jean de Herlenvaux et femme du seigneur Jean Bla- 
vier, fait transport de la seigneurie à honorable Bariholet Des- 
champs, prélocutcur, pour servir d'hypothèque à une rente de 
40 florins. 

1677, 9 avr. Noble seigneur Charles Lambert Marc Anthoine 
Boulon, seigneur de Lisogne et de la tour à Bassine, fils de 



j 



- 178 — 

Phil. Marc Anthoine Bouton et de damoiselle Agnès Jaminetde 
Hervé, faitielief. 

1689, âS mars. Le seigneur Marck Antoine Botton et damoi- 
selle Jenne de Raick, sa femme, font transport de la seigneurie 
en faveur du monastère de St.-Hubert en Ardenne, par voie 
d'échange pour des biens situés à Neuville, etc., et par suite de 
sentences de justice. Le dit abbé fait relief le 4 avril suivant. 
Dénombrement. 

1722, 24 janv. ; 1725, 19 mai. Dom Clément Lefebvre, abbé de 
St.-Hubert, fait relief de la seigneurie de Marloye, près de 
Marche en Famenne, des dîmes de Busin etFailon^ et de la tour 
de Bassines. 

1736, 26 janv. L'abbé et le couvent de St-Hubert en Ardenne, 
renoncent en faveur de noble et généreux seigneur messire 
Charles François Rossius de Liboy, iréfoncier de la cathédrale 
de Liège, seigneur de Jemeppe, Roy, Chavagne, Tahier, Liboy, 
Bossut, Croix, etc., fils de noble seigneur Louis Rossius, sei- 
gneur de Liboy, trésorier général et conseiller de la chambre des 
comptes de S. A. le prince de Liège, bourgmestre de Liège, et 
de noble dame Marie Ernesline de Steel, à tous les droits qu'ils 
peuvent avoir sur les biens de la thour à Bassine, y compris le 
fief de St'RemacIe, pour mettre fin à un procès. 

1736, 29 févr. Le révérend seigneur Jean François Joseph de 
Moraiken, doyen de la collégiale St-Pierre à Liège, héritier de 
très-révérend Ch. Fr. de Rossius, tréfoncier, fait relief des sei- 
gneuries de Bassines, Liboy, et Creux ou Croy. 

1736, l'-f mars. Le révérend seigneur Thomas de Rossius, 
chanoine de St-DenisàLiége, fils du seigneur Etienne de Rossius, 
fait rcliof de Bassine, Liboy et de Croix, comme proche parent 
de Ch. Fr. de Rossius, tréfoncier. 

1737, 12 févr. Le seigneur Jean Lambert de Rossius, ancien 
capitaine, se disant le plus proche héritier de Ch. Fr. de Rossius, 
tréfoncier, l'ait relief de Bassine, Liboy et Creux. 

1737, 19 févr. Noble seigneur Jean François de Gaen, fils de 



— 176 — 

noble et honoré seigneur Jean de Gaen, conseiller de S. M. I. 
et par quatre fois bourgmestre de Liège, et de madame Marie 
Catherine de Radou» lequel seigneur bourgmestre était fils de 
noble seigneur Jean de Gaen, conseiller et médecin ordinaire 
de S. A. le prince de Liège et de noble dame Marie de Steel, fait 
relief des droits qu'il peut avoir sur les biens de Ch. Fr. de 
Rossius, iréfoncier, décédé le 26 janvier 1736. 

1743,26 juillet. Nohle et révérend seigneur Thomas de Ros- 
sius , doyen de St.-Denis, seigneur d'Humain , héritier du tré- 
foncierdeLiboys, etcvend la seigneurie à monsieur Charles 
Ignace Thonnart, prélocuteur, pour 800 florins. 

1746, 9 avril. Monsieur Jacques Ignace Thonnar, prélocu- 
teur, fait relief. 

1760, S janv. Le révérend sieur Nicolas Ignace Thonnar, 
bénéficier de St.-Paul, la demoiselle Jeanne FrançoiseThonnar, 
femme du sieur prélocuteur Foullon, les demoiselles Marie 
Thérèse et Marie Ernestine Thonnar, et le sieur Jacques Albert 
Thonnar, prélocuteur, tous enfants de feu le sieur prélocuteur 
Thonnar, seigneur de la thour à Bassinue, partagent les biens 
de leur père; la seigneurie est dévolue à la demoiselle Marie 
Thérèse Thonnar, qui fait relief. 

1764, 7 août; 1769, 10 avr. La demoiselle Marie Thérèse 
Thonnar fait relief. 

1770, 31 mars. Le sieur prélocuteur Thonnart, conseiller de 
la cour allodiale de Liège, fait relief de 227 florins que lui devait 
le seigneur chevalier de Grady d'Ordenge, hypothéqués sur la 
seigneurie de Bassinne, lui dévolue par décès du révérend sei- 
gneur Nie. Ign. Thonnart, son frère. 

1772,21 août; 1785, 3 févr. Monsieur de Grady, chevalier du 
S.E.R., seigneur d'Ordenge, trésorier-général de S. A. le prince 
de Liège, fait relief. 

1787,31 mai. Noble et généreuse dame madame Marie Thé- 
rèse de Thonnart, douarièredu seigneur Albert Joseph de Grady 
d'Ordenge, ancien bourgmestre de Liège, transporte à noble et 



- 177 — 

'Hustre seigneur Alb. Jos. de Grady de Groenendael, tréfoncier 
^^ la cathédrale St-Lambert, seigneur de ZutendaeU Rosmer, 
^aldeviller, etc., les terres de Bassine, Boffïit, Mafe, Busin, 
^te-, en se léservant Tusufruii. 

1786, 27 mai. Madame H. Th. Thonnar fait relief de son 
^sutiuit. ' 



12 





BEAUFRAIPONT (')• 



1325 : La maison de Beafroipont et touUes ses appartenances. — 4369 : Tbonr, 
cinglez et foyssés de Beaufroytpont. — 1380 : Chastiaa de Biaulfroipont. — 4381 : 
Le fortereche. — 1398 : Assise avoecq le pourppis, etc. — 1440 : Mnrs cen- 
gles et fosses, etc. — 1424 : Tenure et entrepresure de Biaulfroipont séant 
dallez Chaingneez avoecq les tours, etc. — 1445 : Signourie, etc. — 4650 : 
Maison seigneuriale, etc. 

1325, 30 août. Gossuin dou Rieu, fait relief comme mari de 
Ydde, veuve de Willeame de Bealfroepont, par succession de 
Fastrard dit Barotal, fils dudit Willeame. 

1328, 9 févr. Hubins, fils de monsei^jneur Barreit, fait relief 
du fief par reportation de Gossuin, et de la dîme A'Engis, telle 
que la possédait messire Eustaces de Chantemerle, dont il avait 
épousé la fille. 

13 i5, 22 juin. Le seigneur Hubins Barrés, échevin de Liège, 
fait relief par succession de ses parents. 

1369, 29 nov, Fastreis Bareit, chanoine de S^ Paul et de S^ 
Martin à Liège, fait relief par décès de Jehan, fils de messire 
Hubin, frère dudit Bareit. 

1380, 7 juillet. Hubinet, fils de feu messire Berthoul Bareit, 
chevalier, fait relief en vertu du testament de messire Hubin 



(1) Près de Chènée, commune du canton de Fléron, dans la province de Liège 
(V. Delvaux, Die:, géogr.y 1. 1, p. 95 ; v. aussi Saumery, Délices, etc. t. II[,p.305 



— 179 - 

Bareit, chevalier, échevin de Liège, son oncle, avec le consenle- 
ment de Tévêque de Liège. 

1381, 21 sept. Thonon de Lardier, de Jemeppe sur Muese, 
fait reliefde la forteresse telle qu'elle fut adjugée par sentence 
de la Gourféodale à Hubin Bareit, écuyer, par la reportalion dudit 
Hubin. 

139S, 14 févr. Thonon {jardeir de JeoKippe, fait relief. 

1398, 13 févr. Fastret Barret de Vorrous,fait relief par décès 
de messire Baré, son oncle, chanoine de S. Paul. 

1400, 20 mai. Thonnart Balder de Jemeppe fait relief par re- 
portation de Fastret Barré. 

1410, 3 juin. Hubin Chabot, fils de messire Gille Chabot, che- 
valier, fait relief par reportation de Juette et Katheliuetie, filles 
de Thonon Larder, de Jemeppe, lesquelles avaient fait relief par 
décès de Thonon Lardert, leur père (avec Basse de Ghudin- 
choven, leur mambour), après que Margritte, femme dudit Tho- 
non, eut renoucé à son usufruit. 

1424, 16 mai. Jean de Lévrier, bourgeois de Liège, fait relief 
par reportation de Hubin Chabot. 

1429, 14 févr. Gille d'Arnemude, seigneur d*Inchies et d*In- 
gies, écuyer, fait relief par reportation de Hubin Chabot, 
écuyer, lequel avait fait relief par reportation de Bennekin de 
Bierses. 

1439, 27 août. Ansiau de Hamalle, seigneur de Silly, écuyer, 
fils de monseigneur Ernoul, seigneur d'Odeur et de Trazegnies, 
chcvalinr, fait relief comme mari de damoiselle Marie, fille de 
Gille, seigneur d'Arnemude et d'Ingies, écuyer, et par décès de 
ce dernier. 

144S, 12 avr. Gille des Molins dit du Lyon, jadis maître de la 
cité de Liège, fait relief par reportation de damoiseau Anseaui 
de Hamalle. 

1448, 28 août. Gérart Toulet, bourgeois de Liège, mari de 
damoiselle Isabiau, fille de Gille des Moliins dit dele Fousse, 
jadis mattre de Liège, fait relief par décès dudit Gille. 



i80 



4457, 20 juillet. Gerart Toulet fait relief. 

1813, 8 févr. Gerart ToUet, fils de Gérard Toliet, échevin de 
Liège, fait relief. 

1581, 16 déc. Datnoiselle Jehenne Viron, veuve de Johao 
ToUet, fait relief de sou usufruit. 

1587,17 mars; 1888, 13 juil.; 1869, 19 déc. ; 1881, 19 juillet. 
Nicolas ToUei, fils de Gerart Tollet, fait relief, du consentement 
de son frère atné Gerart. 

1881, 19 juil. Noble et honoré seigneur Bernard de ToUet, 
seigneur de Wotrenge, jadis bourgmestre de Liège, fait relief. 

1623, 30 avr. Noble et honoré seigneur Jean Jacques de 
ToUet^fils atné de Bernard de Tollet et de mademoiselle Souphie 
de Hennesdaelle, fait relief. 

1629, 17 oct. Madame Anne Catherine de Miche, veuve de 
Jean Jacque de Tollet, fait relief de son usufruit. 

1680, 1" juil. Monsieur Gharle de Tollet, seigneur d'Otrenge, 
Beaufroidpont, etc., fils de Jean Jacques de Tollet, seigneur à 
Beaufroidpont, fait relief. 

1680, 1" juil. Noble seigneur Charle de Tollet, seigneur 
d'Otrenge, Gutschoven, Beaufroidpont, etc., et madame Elenne 
de Gaiffier, sa femme, font transport de la seigneurie en faveur 
du seigneur Herman de Beringhen, châtelain et receveur du 
comté de Hornes. 

1681, 3 mars. Herm.de Beringhen, seigneur de Beaufroidpont, 
fait relief. 

1657, 18 juil. Mademoiselle Margaritte Poschet , cousine de 
M. Charle de Tollet, ayant racheté la seigneurie des mains de 
Herm. de Beringhen par voie de retrait lignager le 13 juillet 
1651, ei: fait donation à honoré seigneur Jean Mathias de Wan- 
zoulle, échevin de Liège. 

1688, 24 mai; 1699, 17 févr. Noble seigneur Guillaume 
Mathias de Wanzoulle, seigneur de Beaufraipont, Nedercanne, 
jadis bourgmestre de Liège, fait relief. 



- 181 — 

1725, 8 fév. ; 1847, 8 avr. Noble et très-révérend seigneur 
Bertold de WanzouUe, seigneur de Beaufraipont, grand prévôt 
de la Cathédrale de Liège et conseiller de la Cour féodale, fait 
relief. 

1749, 8 mars. Noble seigneur Ferdinand Gonrard, baron de 
Haxhe de Hamalle, etc., fait relief. 

1758, 13 fév. Accord fait entre le très-révérend et illustre 
seigneur Ferdinand Gonrard baron de Haxhe , seigneur de Ha- 
malle, chanoine de la Cathédrale St. Lambert d*une part et 
noble seigneur Gérard Edmond Ferdinand Joseph de Libert, de 
Flémalie, chevalier du S^ Empire, seigneur de Thys et Otrenge, 
agissant au nom de ses fils Barthold, Haximilien Henri, écolâtre 
de St.-Jean et Jean-François, tréfoncier de St.-Lambert, pour 
éviter des procès au sujet des biens délaissés par le baron de 
Wansoule , grand prévôt de S*-Lambert ; le susdit seigneur 
Barthold reste seigneur de Beaufraipont et en fait relief. 

1766, lOdéc. Noble seigneur Bartholde' Louis Joseph Lam- 
bert de Libert de Flémal, chevalier du St.-Empire, seigneur 
de Beaufraipont, baron et seigneur de Thys et d'Otrenge, en- 
gage la seigneurie à noble et illustre seigneur, monseigneur le 
comte de Hinnisdael et de Greynhem, mambour de très-noble 
très-illustre et généreux seigneur messire Michel Walrame 
comte de Borchgraveet de messire Nicolas Erard Ernest baron 
de Mettecoven, seigneur «rOplieuw, Nyel, Rulicoven, etc, pour 
servir d'hypothèque à une rente. 

177g, 30 mai. he seigneur Barthold de Libert, fait relief. 



BEECHTHEIM H). 



ISE6: Ville de Becbihen. — 1430^ Bechleyin ivoec les homages, v(»erie, dermes, 
cens, ptienuns, aiwes, puturafes, etc. — 1405: bourg, Higneorie, jarididiOD, 
gens et bioDti, clc. — 1436: BeclhtDi saur le Rins. —1454: droit d'éliblir an 
mayear, des échevins el autres ofllci ers. etc. — 1641 : Becbtheini. 

1356, 24 avril. Le comte de Limeges fait relief comme l'ont 
lait ses prédécesseurs. 

1361, 24 ranrs. Mai-gherite de Wacbenhem fait relief du tief 
par reportation de son mari, messire Helfril deLangwalt. 

1381, 18 juin; 1390, 22noùt. Henry, flis de Philippe Sultmalt 
de Beecthem, fnit relief par décès de son père. 

1405, 23 août. L'évêque de Liège, Jean de Bavière, met le 
comte Emich de Leiningen en possession de la seigneurie. 

1420, 29 févr. Messire Frederick, comte de Lyningen, fail 
relief. 

1436, 28 mars. Hesse. comte de Lyningen, fait relief par 
décès de Frederich, son oncle. 

1454. 11 juil Bernhard, comte de Leyningen, fait relief 

1471, 16 juil. Monseigneur Hayffes, landgrave de Liningenel 
comte de Oasborcli. fait relief. 

1S19, 26 juin. Emich, comte de Leyningeit et Daclisborg, 

( 1 1 Ville situte «ur le Rbin, diai le dioctie de Worms. 



- 183 — 

le jeune, seigneur d'Appennundl , fait relief de la seigneurie 
telle que Bernard et Emich, son père et son grand père , en 
avaient été investis par Tévéque Jean de Heinsberg. 

1548, 22 juil. Très-illustre et généreux seij^neur messire 
Engelhard, comte de Leyningen et Dachsbourg, seigneur 
d'Appermont, fait relief comme tuteur de Jean, Philippe et Emich, 
enfants de messire Emich, comte de Leyningen, son frère. 

1855, 26 avril. Le seigneur Jean Henry comte de Leiningen, 
fait relief. 

1561 , 15 avr. LMllustre seigneur Hans Philippe comte de 
Leiningen, fait relief. 

1572, 27 avr. Noble seigneur Emich comte de Linange , fait 
relief. 

1583, 30 juil. Illustres seigneurs messires Emich, l'ainé, et 
Emich, le jeune, cousins, comtes de Linanges, font relief. 

1615, 8 avr. Illustre seigneur Jean Louys comte de Lininghen, 
mambour des enfants du comte Emich de Liningen, fait relief 
par décès de celui-ci. 

1647, il sept. ; 1656, 18 juil. Illustre seigneur Emich comte 
de Leyningen et Dasperg, seigneur d'Aspremont, illustre et 
généreux seigneur Jean Casimir comte de Leyningen et Dasperg, 
les seigneurs Frederick, Frédéric Emich et Jean Philippe, 
comtes de Leyningen et Dasperg, font relief par décès de Jean 
Louys comte de Leyniiîj^on et Dagsperg, seigneur d'Aspremont 
et Bechtheim sur le Rhin. 

1658, 2 mai. Illustre seigneur Frederick Emich comte de 
Leyninghen et Daspurg, seigneur d'Aspremont, administrateur 
des fiefs de la maison de Leyninghen par suite d'un accord fait 
avec ses frères Jean Casimir, colonel, et Jean Philips, général- 
major, ses cousins George, Wiltielms, Emich, Christian et Jean 
Ludwig, fils mineurs de M. le comte Emich, tous comtes de 
Leyningen et d'Aspurg, seigneurs Daspremont, fait relief par 
décès d'Emich comte de Leuningen, etc., président de la chambre 
impériale de Spire. 



— 184 — 

1713, 2 mai. Messire Jean Frédéric comte de Lynanges, 
Hartembourg, Abeau et Emigsbourg, seigneur d'Aspremont, 
Herinsholm et Beichrheim, chef de sa Tamille et curateur de 
messires Chrétien Charles Reinhard et Jean Louys Guillaume 
comtes de Lynanges, Heidesheim et Oabeau, de messire Emicb 
Léopold comte de Lynange et d' Abeau, seigneur de Gouders- 
plom, fait relief. 

1768 , 28 mars. Messire Charle Frédéric Guillaume comte 
de Linange et Dabo, seigneur d*Aspremont, chef et directeur des 
fiefs de la maison de Linange, fait relief pour lui et pour monsei- 
gneur le comte Frédéric Théodore Louis comte de Linange 
Dabo, de la branche de Falkenbourg, et du comte Emiels 
Charles comte de Linange Dabo, de la branche de Hartenboui^, 
fils unique dudit Ch. Fréd. Guil. de Linange. 

1772, 6 mai; 1784, 22 déc. Ch. Fréd. Guil. comte de Li- 
nange d*Hacsbourg, Hartenbourg, chevalier des ordres de St. 
Hubert et Lion Palatin, ch^imbellan de LL. MM. L et R., grand 
maréchal de la Cour électorale palatine, etc., fait relief comme 
dessus. 

1787, 4 juil. L. A. S. Guillaume comte régnant de Linange 
Guntersblum, de Dabo, seigneur d'Apremont, chambellan et 
conseiller privé de S. A. R. de Bavière, Wînceslas comte ré- 
gnant de Linange, Heideshem et Dabo, seigneur d'Aspremont, 
maréchal de la Cour de S. A. S. monseigneur lÉlecteur de 
Trêves et chevalier de Tordre impérial de St. Joseph, et Clé- 
ment Joseph comte de Linange et Dabo, seigneur d'Aspremont, 
fils unique dudit seigneur Wenceslas, font relief. 

1722, 2 juil. Les enfants du feu comte de Leiningen demandeut 
à faire relief. 



BETHO c: 



Ut3: HaiMii et cour de Bethouwe delet Toagres evoec terres, prei et viviers, 
boii, etc. ^- 141) ■' Tenure , entrepresura , terres eruUes, elc. — li78 : Tour, 
wirandes, etc. — 1B81 : Hayson, elc. condist de Belhove. — 4SS7 ; Maison de 
B«lho, avec lea droits seigneuriaiu, etc. — i6SS ; Chasieau, elc, — 4691 : 
Seieneuiie, basse-coort, elc 



1412, 2 janv. Arnold de Eldris fait relief par reporlation de 
Walter de Belouwe, son proche parent. 

(417, 17 août. Johan Huwar, demeurant en Ile à Liège , fait 
relief par reportaiion d'Ernul d'Oudeur. 

144â, 27 juil. Wauttiei- de Bethouwe, fils de feu Wauttier de 
Bethouwe, bourgeois de Tongres, fait relief par reportation de 
Gollart, fils de Jehan le Bouvier de Horion, mari de demoiselle 
Jehanne, title de Huwarl Huweneal ; ce dernier avait hérité de 
ses biens par la mort de Jehan Huweneal d'Isle, son père. 

1464, 37 mars. Wauthier de Bethouwe, fils de Wauthier de 
Bethouwe, f^it relief par décès de son père. 

1474, 19 juin. Thirry de Mommalie, écuyer, frère et mambour 



{<) Pris de Tongres, dans la province du Linboure V. Saomebt, Ùiticet, etc.. 
m, p. 405). V. d'anlres reliers i la aeiipeurie de Petche. 



— 186 - 

de damoisellB Marie de Mommalle, veuve de Wauthier de 
Beitouwe, fait relief par décès de celui-ci. 

1478, 14 déc. Herman de Meitichoven , écuyer , oncle et 
mambour de Jeheniie de Betouwe, fille de Wautier de Bethouwe 
et de Marie de Momalle, fait relief par décès de ses père et 
mère. 

1496, 9 avril. Jean Morsmaus , bourgeois de Tongre , partie 
faisant pour sa sœur damoiscUe Idde Schondorps, veuve de 
Libert Schondorps, relève dix muids d'épautre hypothéqués sur 
la seigneurie, par reportation de Thiry de Motninaele, écuyer, 
et ensuite d'un accord fait le 24 mars 149G avec Jacques de 
Coelen, écuyer, mari de damoiselle Jehenne, fille de Gauthier 
deBethou (*). 

1524, 23 sept. Jacob de Coelen, écuyer, seigneur de Belowe, 
drossart du comté de Looz, fait relief par décès de Jacob Van 
Koelen, son père. 

1829, 14 déc. Damoiselle Marguerite de Horion , veuve de 
Jacop de Colhem alias de Duras, seigneur de Betouwe et dros- 
sart du comté de Looz, fait relief (avec Conrard de Horion, son 
oncle, comme mambour) de son usufruit. 

1565 , 5 déc. Messire Jacque d'Oyembrouck , chevalier , 
seigneur de Bethowe, Orey, etc., fait relief. 

1582, 30 mai. Noble homme seigneur Jacques d'Oyembrugge, 
seigneur d'Orle, Donslain, Bethoven, fait relief. 

1657, 19 nov. Honorable Pierre Simonis, le vieux, et damoi- 
selle Jenne de Liverloz, sa femme, partagent leurs biens entre 
leurs enfants : le révérend seigneur Gille Simonis , chanoine 
et ofTicial de Liège, prévôt de Ste-Croix,la damoiselle Catharine 
Simonis, le seigneur Jean Pier Scheele, licentié en droit, mari de 
damoiselle Marie Simonis, et le seigneur Pier Simonis le jeune ; 
ils donnent la seigneurie à Gille], leur fils aîné. 

1668, 18 juil. Noble seigneur Pier de Simonis, chevalier, 

(*) Nous n'avons pas retrouvé cet accord. 



- 187 - 

seigneur de Belhove, bourgmestre de Liège, fait relief comme 
héritier de Gille de Simonis, oificial de Liège. 

1688, 14 janv.;1689, 12 sept. Noble et illustre seigneur 
Pierre de Simonis, chevalier, chanoine de la Cathédrale de Liège, 
prévôt de St.-Denis, seigneur de Bethoz , conseiller de la Cour 
féodale, fait relief. 

1691, 19 déc. Noble seigneur Wathieu Lambertde Hinnisdael, 
écuyer, conseiller privé de TEvéque de Liège, échevin de la 
souveraine justice de la cité et pays de Liège, fait relief au nom 
de son Tils noble seigneur François de Hinnisdael, écuyer, 
seigneur de Bethoz, héritier du chanoine Pierre de Simonis, 
son oncle. 

1710, ^24 mars. François de Hinnisdael, fait relief. 

1725, 28 nov. Noble seigneur François de Hinnisdael, cha- 
noine de la Cathédrale de Liège, fait relief. 

1728, 13 mai. Très-révérend, noble et illustre seigneur Fran- 
çois comte de Hennisdael, seigneur de Betho, Soumagne, Oleye, 
Grand Asche, chanoine de la Cathédrale de Liège, prévôt de 
Tongres, fait transport des seigneuries de Betho et A'Oleye 
au profit de messire Joseph Andrien Van der Gracht , baron 
de Roraeswael et de Vrempde. 

174i, 18 nov. Noble dame madame née comtesse de Henisdael, 
veuve de noble seigneur Jos. Andr. baron de Romesval , 
seigneur de Betho, fait relief de son usufruit. 

1748, 27 janv. Noble et généreux seigneur Joseph Guilteaume 
Wathieu comte de Hinnisdael et Creyuhem, fait relief par décès 
de la comtesse de Hinnisdael, sa sœur. 

1766, 12 dèc.Très-nobles, très-illustres et généreux seigneurs 
mcssires Michel Walrame comte de Borchgrave , tréfoncier de 
Liège, seigneur de Seylles, Elderen, etc., et Walthère baron 
de Mettecoven , seigneur d*Op-liewe, mambours de noble et 
illustre seigneur François Antoine Henry comte de Hinnisdael 
et de Creinhem, seigneur de Tongelaer, font relief par suite du 



- 188 - 

décès de noble, illustre et généreux seigneur messire Henry 
Antoine comte de Hinisdael et de Creynhem , père dudit 
François Antoine Henry. 

1773, 16 juin ; 1786, 18 sept. Très-noble et illustre seigneur 
messire François Bernard Henry comte de Hinisdael, de Creyn- 
hem, seigneur de Tongelaers, Oleye, etc., fait relief. 



BIESMEREE (i). 



1604 : Terre, baoltear el seigneurie de Biemerée au comté de Namnr, avecque es 
maison, moUin, hëritaigeSyCeDs, rentes et biens bëritaubles y dépendants. — 4664 : 
Seigneurie foncière. — 4784 : Avec toutes appendices et dépendances, prérogatifes 
et droits. 



160i, 13 janv. Révérend père en Dieu dampHichielWilheame, 
abbé de Téglise et monastère de Lobbe, donne en rendage la 
seigneurie à honorable homme Simon Gobar, jadis mayeur de 
Biemrée, pour une rente de 400 florinsBrabant; dénombrement. 

1613, 12 nov. Le seigneur Sitoion Gobar, seigneur de Bies- 
merée, fait relief. 

1681, 2 nov. Monsieur Ernoult de Wilquet, mayeur de Nivelle, 
seigneur de Biesmerée, et damoiselle Elisabeth Thérèse Gobart, 
sa feuime, déclarent que messire Henri de Brias, chevalier, 
seigneur de Granges, de Furneau et gouverneur de Philippe- 
ville, leur est redevable de 3400 florins en sus d'une autre 



' ) Province de Namur, arrondissement de PhilippeviUe, canton de Florennes. 



— 490 - 

somme, pour laquelle ledit messire Henri demande comme 
caution la seigneurie foncière de Biesmerée , dévolue audit 
Ernoult par la mort civile de frère Jean Simon Gobart 

1653, 11 sept. Révérend damp Bartholomé de Bossus , abbé 
de Lobbes, admet le sieur Jean Gobart, mari de la damoiselie 
Elis. Thér. Gobart, au purgement de la saisine qu'elle avait 
obtenue contre lui. 

1661, 7 juillet. Le seigneur Arnold deWilquet, mayeur de 
Nivelle et seigneur de Biemerée , fait relief. 

1680, 12 août. Le seigneur Joseph Wilquet, fils d'Arnould 
Wilquet, fait relief. 

1681. 30 mai. Joseph Wilket, seigneur de Biesraerée, fait 
transport de la seig;ieurie au seigneur Wynand de Ville, sei- 
gneur du ban de Selle, à noble dame Catherine de Lerneux, 
sa femme, et à honoré seigneur Arnould de Ville, échevin de 
Liège. 

1690, 11 mars. Le seigneur Laurent Jacquier, maître de 
forge, seigneur de Goschnée, Rosée, Biesmerée,etc., fait relief. 

1693, 26 avril. Noble seigneur Winant baron de Ville et Ma- 
dame Catherine Isabelle de Lerneux, sa femme, font relief. 

1701, 9 sept. Noble seigneur Arnold baron de Ville, fait relief 
par décès de Winand de Ville et de Cath. H. de Lerneux, ses 
père et mère. 

1727, 8 juil. Madame Anne Barbe de Courselle, douarière du 
seigneur baron de Ville, fait relief. 

1731, 26 févr. ; 1744, 4 mai; 17H8, 21 sept. Madame A. B. de 
Courselle, fait relief. 

1772, 21nov. ; 7788, 1 juil. Très-noble et très-illustre sei- 
gneur Anne Léon de Montmorency, duc de Montmorency, pre- 
mier baron chrétien de France, seigneur de Modave, etc. , fait 
relief. 




BOCHOVEN (.). 



1390: Villa de Bochoven sita supra Hosam, nnacum domo, dominio, justicia alla et 
hassa, décima el omnibus et siogulis suis appendiciis, pertinenciis et juribus 
universis ab utraque parte Mose cum toto flavio Mose intercurrente. — 4450 : 
Bociihoven. — i454: La terre, fortresse, haulteur etseignourie de Bouckoven, 
emprès la terre de Heusden. — 1 496: Bochoven, emprès de Bois le duc. — i56i : 
Chesteau, etc. — 4657 : Comtô, chasteau, etc., de Bochoven situé entre le pays 
de Heusden et le pays de Geldre avec haulle, moienne et basse justice, dismes, 
cens, rentes, eauwes, pescherie, franchise, émoluments, etc. 

1390, 20 oct. Johan Oyni fait relief du fief tel que le possédait 
le seigneur Arnold de Herlaer, seigneur de Amersoyen, cheva- 
lier. 

1398, 2 avr. Colart de Olmen, fils de Jehan Oem de Bocho- 
ven, fait relief par décès de son père. 

14S0, 6 janv. Martin Oerae de Bouchoven, mambour des en- 
fants de iiiessire Jehan Oeme, chevalier, seigneur de Boickho- 
ven, son frère, fait relief par décès de celui-ci. 

1484, 19 nov. Henry Van der Aa,mari dedanioiselleMargriîte, 
fille de messirc Jehan Oeme, soigneur de Bouckoven, chevalier, 
fait relief par décès de son beau-père. 



(0 Ville située sur la Bleuse près de Bois-le-Duc. — Porte aussi pour armoiries : 
de... il 3 fleurs de lys de.... 



— 192 — 

1486, 12 nov. Henri Van der Aa fait relief ensuite de la con- 
cession lui faite par le maire de Louvaing. 

1496, S août. Damoiseaul Johan de Bochoven fait relief par 
décès de Henry Van der Aa. 

1S41, S mai. Damoiselle Anne de Harff, veuve de noble 
homme Wilhem de Rossen, chevalier, seigneur de Suelen, faài 
relief par décès de messire Joh. Van der Aa, chevalier, seigneur 
de Bockhoven, son oncle. — Le même jour Damoisea Dirick 
de Bozeler, drossart du pays de Clèves, fait relief comme mari 
de damoiselle Ailid de Harff, héritière de messire Joh. Van der 
Aa, son oncle. 

1S52,18 mars. Damoisea Florisde Greevenbroock , seigneur 
de Bockhoven et damoiselle Gornélie de Herfft, sa femme, veuve 
de noble homme Godefroid Turck, font relief. 

1S61 , 2 août. Noble et honoré seigneur monseigneur Dirick 
van Grevembroock, seigneur de Loon, fait relief comme grand 
père et mambour de damoiselle Jozynken, fille de Florys van 
Grevembroock, seigneur de Bockhoven et de Corn, de Herflt. 

1571, 26 févr. Noble homme Englebert van Immerselle fait 
relief comme mari de Josinne van Grevenbrock, dame de Bock- 
hoven, Oliven, etc., fille de Florys de Grevembroock. 

1874, 20 déc. Engl. van Imerselle fait relief au nom de son 
fils damoisea Dirick, héritier de Josine de Grevembrouck, sa 
mère. 

1619, 12 févr. Noble et généreux seigneur Englebert van 
Imerseel, seigneur d'Itegen, Ramayen, vicomte d'Alost, etc., 
veuf de Josine de Grevembrouck, mambour des enfants orphe- 
lins de noble et généreux seigneur Diedrick van Imerseel, son 
fils, seigneur de Loon et de Bochoven, fiait relier au nom de 
noble seigneur Englebert de Imerseel, fils mineur dudit Die- 
drick. 

1648, 30 juil. Attestation du pasteur de Bochoven que cette 
seigneurie relève de la cour féodale de Liège. 



— 193 ^ 

1657, 8 août. Noble et illustre «seigneur messire Thoinds 
Ignace dlmerzeel, comte de Buchove et du Saint-Empire, vi- 
comte d'Alost, baron dlmezeel et Womeighem, fils d*BngIeb. 
d*Emersel, ùii relief. 

1658, S2 févr. Noble et illustre seigneur messirë Thomas 
Ignace d'Immerselle, comte de Bochoven et du S^^Èmpife, vi- 
comte d'Alost, baron d'Immerzel et Womeighem, feit relief 
par décès de messire Englebert, son père. 

1660, 11 août. Accord entre Messire Thomas d'Immerselle , 
seigneur dudit lieu , comte de Bochoven et du Saini-Empire , 
vicomte d'Alost, d'une part, les damoiselles Isabelle Marie, 
Marie Philîberte et Jehenne Ursule d'Immerselle, sœurs, mes- 
sire» Baltazar , Eugène et Ignace d'Immerselle , leurs frères , 
d'autre part, au sujet des héritages de leurs père et mère. 

1660, 11 sept. Contrat de mariage entre très-noble et illdstre 
seigneur messire Thomas d'Immerselle, comte de Bocbove, 
seigneur de Wommelghem, It^hem, Loon, Haveluy, etc., et 
très^Qoble et illustre damoiselle Magdalaine née comtesse 
t'Serclaes de Tilly, fille de très-noble et illustre seigneur messire 
Jean comte t'Serclaes de Tilly et du Saint-Empire, baron de 
Marbais, seigneur de Templour, Bossieres, Golzinnes, Viefviile, 
Boves, les deux Isnes, Holers, Montigny-sur-Sambre , et de 
très-noble et illustre dame Marie Françoise de Montmorency, 
comtesse, baronne et dame desdils lieux et de la Boche, Helen, 
Mainféry» etc., sa femme ; le premier apporte en dot le comté de 
Bocbove, la vicomte à'Alost, les seigneuries d'Immerselle et de 
Wommelghem, 

1677, 5 août. Noble et illustre dame madame Magdeleine Fran- 
çoise t'Serclaes de Tilly, comtesse de Bochove et du St-Empire, 
dame de Loon, veuve de Thomas Ignace d'Immerselle, fait relief 
de son usufruit. 

1698, 31 janv.; 1730, 26 juin. Noble et illustre seigneur 
Charles d'Immerselle, comte de Bocbove et du Saint-Empire, 
vicomte héréditaire de la ville et pays d'Alost, seigneur de Wom- 

12 



- 194 ~ 

melgem, Loon, Ophant, Haveluy, Huringhem, Eeckhaut , Im- 
merseUetc, fils de Mad. Franc. t'Serçlaes, fait relief par décès 
de noble et illustre seigneur Albert dlmmersel, comte de Bou- 
choven et du Saint-Empire, voué héréditaire de la ville et pays 
d*Alost, seigneur des mêmes lieux, son frère atné. 

1741, 19juil. Madame Christine princesse de Salm, fait relief 
par décès de Charles dlmmerselle. 

1742, 19 mars. Haute et puissante dame Albertine de Dongel- 
bert, marquise de Resves, fait relief par décès de Charles d*Im- 
merselle, son cousin germain. 

174â, 21 juin. Noble et illustre seigneur Charles Emanuel 
Joseph prince de Gavre, marquis d'Ayseau, comte de Peer, fait 
relief. 

1745, 4 mars. S. A. Nicolas Léopold prince Salm de Salm et 
du S'-Empire, duc de Hoogstraeten, comte Sauvage d'Haun et 
de Risbourg, rheingraif de Stein, etc., fait relief au nom de son 
fils le prince Louis Charles Otto de Salm, abbé de Boherie, 
héritier de madame la princesse Marie Christine de Salm, com- 
tesse d'Immerselle de Bochoven, sa tante. 

1747, 9 sept. Très-haut et très-puissant seigneur Louis Anne 
Alexandre de Montmorency, prince de Robecq, grand d'Espagne 
de la 1^' classe, colonel du régiment de Limosin, et son frère 
très-haut et très-puissant seigneur monseigneur Monime de 
Montmorency, marquis de Morbeeck, fait relief en vertu du 
testament conjonctif de haut et puissant seigneur Anne Auguste 
de Montmorency, prince de Robeeck, comte d'Estaires, marquis 
de Morbeecq, baron d'Haversquerque, vicomte d'Aire, seigneur 
de Blessy, grand d'Espagne de la l'"" classe, chevalier de la 
Toison d'or, lieutenant-général des armées du Roi, son père, et 
de haute et puissante dame Albertine Jeanne Joseph d'Immerzel, 
comtesse de Bochoven, née de Dongelberg, marquise de Resve, 
sa cousine, avenu le 4 septembre 1743. 

1753, 8 févr. Le prince de Salm cède la seigneurie au prince 
de Montmorency. 



— 195 — 

1787, 6 mai. Le prince L. A. Al. de Montmorency engage ses 
biens à M. Pier Antony de Guibert, seigneur de Gruiningen, 
pour servir d'hypothèque à une rente. 

1766, 24 mai. Le prince L. A. AI. de Montmorency fait relief. 

1771, 26 févr. Marie Josëphe Ruiz de Gastro, princesse de 
t'Serclaes-Tilly, baronne de Marbais, résidente à Grenade (fille 
atnée de messire Ruiz de Gastro, président de la chancellerie 
royale de Grenade, et de la princesse Albertine t'Serclaes-Tilly, 
laquelle, comme cousine germaine du côté maternel de messire 
Gharles d'Immersel, comte da Bochoven, mort ab intestat le 11 
juin 1741, avait hérité du comté de Bochoven), vend à Jean-Bapt. 
Joseph Minet, seigneur de Loverval, conseiller du baillage de 
Namur, les seigneuries de Bochoven, Tilly^eic, qu'elle possédait 
par décès de ses parents depuis 176S, pour 150,000 florins. 

1772, 9 sept. Très-haut et puissant seigneur Anne Louis 
Alexandre de Montmorency, prince de Robec, grand d'Espagne 
de la 1" classe, premier baron chrétien de France, etc., fait 
relief. 

1773, 8 juin. J. B. J. Minet fait relief. 

1780, Sjanv.Haut et illustre seigneur Anna Lodwyk Alexandre 
de Montmorency, prince de Robecq, grand d'Espagne de la 1^ 
classe, premier baron chrétien de France, comte de la ville 
d*Etais, de Bochoven et du S. E. R., etc., lieutenant-général des 
armées de S. M. T. G., gouverneur des ville et château d'Air, 
commandant en chef des provinces de Flandres. Henegoun et 
Cambre, etc., engage le comté à Jeann Marie et Béatrix Elis. 
Dehée, pour servir d'hypothèque à une rente de 11,000 florins 
de Brabant. 



BOUSSUT^). 



131S; L« ville de Boussol daleU Cogviosel le jusUhe d'icelle. — ISiS: Maison, 
vi11«,Urre, cans, nvenui. bois, sic. — l3TTt Hauleur, rentes, ameades.bonugn, 
corvées, borgesies, pailhes et DSppons, argent, for banal, bois, prei«, lemt, 
aiweg, patronsgea etloasaulresiJroitureg.proHsat émolumens. — 1S00 : Hauieor, 
leign euh e, court, assise, etc. — 1S3S: Boussa en Faiagne. — 1638 : Cbesteaa, 
fortresis, basse-court, maison, censé, prairies, terres labourables, bois ea 
nombre de GSO bonieri, la gribase déisme sur tout le terroir de Boua^u, moulia, 
forges, huiainea, droit de chasse pirtoallachalelleDie de Cevin, hau lie justice, 
moyenne et basse, etc. 

j315, 13 mai. Balduin de Hanin, seigneur de Bossut, Tait 
relief de 180 livrées de terre. 

1315, 12 déc. Hue de Boussut, écuyer, feit relief de Boussul 
et de la prévôté de Couvin. 

134S, 3 août. Joha», dis du seigneur Gérard de Boussut, 
clievalier, fuit relief de Boussut et de la prévôté de Couvin, par 
succession de son père. 

1377, 10 août. Jolian de Bossut, écuyer, fait relief par repor- 
tation de datnoiselle Marie de Bossut, sa sœur, laquelle avait 

( I ) (lommune rurale de la province de Marner, arrondissemeiit de PhiUppe'iH' 
(V. SjtuMKRT, ZJ<fticEi, etc., 1. iV, p. 367). -~ Celle seigneurie a porl^ ensuite: de 
gueules au sautoir d'or, «t, depuis le XV1< si6cle;d'or au double treecbcur de simple 
chargé sur le tout d'un sautoir de gueules. 



— 197 — 

fait relief par décès de Jobandel Gange, son mari, fils de Thomas 
del Cange, et par succession de Johan,sire de Bossut, son père. 
Après quoi ledit Johan constitue un douaire à sa fiancée, 
damoiselle Marie de Gherfointaine delez Mabuge. 

1380, ii déc. Jehan de Boussut, écuyer, fait relief. 

1392, 8 juil. Johan, sire de Bossut delez Govien, fait relief. 

1421, 4 juin. Messire Gerart seigneur de Boussut , fait relief 
par décès de Jehan de Boussut, son père. 

1485, 12 mars. Messire Lanseloth, seigneur de Boussut, 
chevalier, fait relief de Boussut et de la prévôté de Couvin. 

1800, 7 nov. Messire Antoine de Fay, chevalier, fait relief 
comme mari de damoiselle Marguerite, fille de Lancellot de 
Bossu, par décès deee dernier. 

1538, 12 juil. Sire Adrianne de Fay et noble dame madame 
Bonne de Gyryere, sa femme, font relief de Boussu, de la prévôté 
de Couvin et des bois des Parchonniers, Merri et Pexh. 

1538, 22 août. Noble et vaillant seigneur Loys de Fay, écuyer, 
seigneur de Ghesteau-rouge, Faercourt, etc., fils unique de sire 
Anthoene de Fay , chevalier (lequel était fils atné de messire 
Anthoene de Fay et de dame Margaritte de Bossut, fille de 
messire Lancelot de Bossut, fait relief par décès de sire Lan- 
celot, son bisayeul , de ses grand père et grand mère susdits, 
et de son père; il relève de même Isl prévoté de Couvin. 

1559, 6 déc. Noble et honoré chevalier monseigneur Robert 
de Bossu, seigneur de Lierval, fait relief comme mari de noble 
daitoe Anne de Fay, par décès de ses grand père et grand mère. 

1566, 19août. Robertde Bossu, seigneurdeLiervaul,chitelain 
de Ghailly, de Ste-Geneviève, etc., fait relief de Boussu, de la 
pt^évôté de Couvin et des bois des Parchonniers, Mery et Pexhe. 

1568, 8 juil. Robert de Bossu fait transport de la seigneurie 
de Boussut et de la prévôté de Couvin à honorable homme Johan 
Marotte, maire de Ghastellet-sur-Sambre. 

1584, 26 janv. Anthoine Marot fait relief de Boussut et de la 



— 198 — 

prévôté de Couvin, au nom de sa mère, damoiselle Mary Henri. 
1893, 16 juin; 1614, 5 mars. Honoré seigneur Jean Marotte, 
seigneur de Bossu, fils d'honoré seigneur Jean Marotte, sei- 
gneur de Bossu, et de Marie de Henry, fait relief par décès de 

ses parents. 
1604, SO sept. Convenances de mariage entre Jean Despreitz, 

écuyer, seigneur de Dehery, homme d'armes de la compagnie 

de S. Exe. monseigneur le prince d'Orange sous la charge des 

Archiducs (fils de messire Philippe Despreitz, chevalier, seigneur 

de Ciply, Beaumont en Cambresis, Dehery, Blecourt, etc., et de 

madame Marie d'Ive), et mademoiselle Marguerite Marotte; le 

premier apporte en dot la seigneurie de Ciply, (que son père lui 

donne en échange de celle de Dehery), et celles de Beaumont, 

Dehery, etc., après la mort de sondit père ; la seconde aura la 

seigneurie de Boussut si son frère unique Anthoine de Marotte 

vient à mourir. F^e »31 novembre 1626, noble seigneur Jean 

Kuiévrain dit Dispreitz, seigneur de Ci ply, Beaumont, Bossu en 

Fangne et Dehery, fait confirmer ses susdites convenances de 

mariage par la cour féodale. 

1619, 23 oct. Monsieur Jean de Marotte, seigneur de Bossut, 

LamoUe, etc., déclare ratifier les convenances de mariage 

faites entre madame Marguerite de Marotte, sa fille, et Jean 

Desprez; celui-ci ratifie le testament fait par ledit de Marotte 

et feue mademoiselle Marguerite le Sire, sa femme. 

1623, 1*^ mars. Noble seigneur Jean Marotte fait donation de 
l'usufruit qu'il possède sur la seigneurie en faveur de son gendre 
noble seigneur Jean de Quiévrain dit Despret, écuyer, et de 
Marguerite de Marotte, sa femme. 

1624, 21 déc. Jean de Marotte; seigneur de Bossut, la 

Motte, etc., déclare qu'aux convenances de mariage de Mar- 
guerite de Marotte, sa fille, avec le seigneur de Ciply, il avait 
réservé 600 florins de rente pour damoiselles Anne et Françoise 
de Marotte, ses autres filles, mais que après son décès ledit 
seigneur de Ciply ne sera plus tenu à payer à ses belles-sœurs 
que 150 florins de rente, etc. 



- 199 — 

16SS, âS sepl. Philippe de Kéverain, seigneur de Beaumont, 
fils de Jean Kiverain dit Despretz, fait relief de Bossut, de la 
pf*év6téde Couvin et du bois des Parchotiiers^ au nom de son père, 
par décès de noble seigneur Jean de Marotte, seigneur de Bossut 
en Fagne, Lamotte, etc., beau père dudit seigneur Despretz. 

1627, 18 févr. Accord fait entre Phel. de Kuiverain, faisant 
partie pour Jean de Kuierain, son père, d*une part, Anne de 
Marotte et le seigneur Charles Chàrle, mari de Franchoise de 
Marotte, son beau-frère, d'autre part, pour éviter tout procès au 
sujet des biens de feu Jean de Marotte et de Margarite le Sire, 
père et mère de Margarite (femme dudit Jean de Kuievrain) et 
d'Anne et Franc, de Marotte ; le premier comparant conservera 
la seigneurie de Bossut et les bais des Parchoniers. Réalisé le 14 
juin 16g2. 

1631, 14 mai. Philippe de Kiveren donne en caution la seig- 
neurie à mademoiselle Catherine Oranne, veuve d'honorable 
Thomas Woet, dans le procès qu'il soutient contre elle. 

1634, 29 déc. Noble et illustre seigneur Jean de Kuiesvrain, 
chevalier, seigneur de Cipley, de Hery,de Beaumont en Cambre- 
sis, de Bossut, prévôt héréditaire de Couvin, tout en protestant 
contre la saisie du seigneur de Beaumont, son fils atné, dans son 
château de Boussut, donne à illustre et généreux seigneur 
Maximilien baron de Mérode, seigneur de Han-sur-Heure, sou- 
verain-bailli du quurtier d'Entre-Sambre-et-Meuse et à Cath. 
Oranne, prétendue partie intéressée à la personne de son fils, 
sa seigneurie comme caution et garantie que sondit fils ne 
sortira pas de la maison qu'on lui a assignée pour demeure à 
Couvin. 

1638, 18 mai. Contrat de mariage entre messire Philippe de 
Kiverain, chevalier, seigneur de Ciply, Boussu en Paigne , 
Ste-Aldegonde, Hery, etc., prévôt héréditaire et tiers seigneur 
de Couvin, et damoiselle Franchoise Anne de la Viefville, fille 
de messire Pier Phil. de la Viefville, chevalier, seigneur de Ko- 



— 200 — 

9 

meries, Petit Gambresies, etc., et de madame Jeanne d'Ombre; 
le premier apporte en dot la seigneurie de Bossu comprenant 
quatre fiefs à savoir la seigneurie de Bossu, celle de Sf^-Alde- 
gonde-^-Fraines, le bois des Parchaniers, la prévôté tt tiers seig- 
neurie de Couvm, plus les seigneuries de Cipply et de Dehery; la 
seconde apporte en dot la seigneurie de Romeries. Enregistré à 
la cour féodale le 19 sept. 1640 à la demande de Franch. Anne 
de Viefville, dame de Bossu, veuve dudit seigneur Phel. de 
Riverain. 

1641, 3 août. Noble dame madame Fr. Anne de la Vieuville, 
veuve de Pli. de Kevrain, fait relief de son usufruit sur Bossu, 
Ste-Aldegofide'à'Fraisgnes^ la prévôté et tierce seigneurie de Covin^ 
les boiz de Parckoniers, Mery et Peische. 

1654, 30 mai. Messire Pierre Philippe de la Viefville, cheva- 
lier, seigneur de Romery, Cambresie, etc., mambour de 
Giiarles Philippes Claude de Kevrain, seigneur de Boussu, son 
petit-fils, fils de Pli. de Kevrain et d'Anne de la Viefville, fait 
relief de la seigneurie de Bossu, de la seigneurie et dtme de 
Saiîite-Monegonde'à'Fraisgney de la prévôté et tierce seigneurie 
de Couvent, des bois de Parchonniers, Mery et Paische. 

167S, 26 oct. Charles Philippe Claude de Quiévrain laisse par 
testament sa seigneurie de Boussut et les biens qui lui viennent 
de la succession de sa tante ^Anne de Marotte, à son cousin le 
le seigneur d'Acos. 

1677, 8 févr. Noble seigneur Michel Anthoine de Guiévrain 
Marotte, seigneur d'Acos, Bossus en Fagne, frère de feu noble 
seigneur Louys d'Acos, fait relief de Boussu, S^-Aldegonde et 
d'une partie du bois des Parchoniers sous la mairie de Pesche. 

1677, 11 févr. Le seigneur Michel François de Rhonnay, 
écuyer, seigneur de Sainzelles, etc., fait relief comme mambour 
de Jean Baptiste de Rhonnay, son fils, engendré en dame Anne 
Marie Françoise de Bucquoy, sa femme, de la seigneurie de 
Bossu en Fatjne, par décès de Charles de Kiévrain, et des sei- 
gneuries de TerieSy Wallincourt et Ciply, 



— 201 — 

17S1, 22 sept. ; 1725, 12 mars. Noble et généreux seigneur 
Gille Antoine de Kuiévraiu de Marotte» seigneur de Acoz, etc., 
fait relief de Bossu eu Fagoc, Ste-Adelgonde et d'une partie du 
bois des Parchoniers. 

1726, 29 juil. Messire Jean Michel de Kiévrain de Marotte, 
fait relief des trois mêmes seigneuries par décès de Gille 
Antoine de Kiévrain. 

1744, 12 mars. Noble seigneur Jean Michel comte de Kuié- 
vrain, prévôt héréditaire de la ville et châtelienie de Couvin, 
seigneur de Bossu en Fagne, de Ste-Monegonde-à-Frasna, du 
bois de Parchonniers, d'Acoz, Villers-Potterie, de la terre et 
franchise d*Opdorp, Galeneile, Lassus, etc., fait relief des trois 
mêmes seigneuries. 

1745,16janv. Jean Bapt. Mich. de Kiévrain engage ses biens, 
à noble damoiselie Charlotte baronne de Hervé de Haltine, pour 
servir d'hypothèque à une rente de SSS 11. Bbl. 

17§l,2janv. Messire Jean Bapt. Mich. Valentin comte de 
Kiévrain, engage la seigneurie à noble et illustre dame ma- 
dame la baronne de Méan, née baronne de Hervé, dame de 
Pailhe, des Avents, Montigny, etc., pour servir d'hypothèque 
à une rente de 240 fl. Bbt. 

1ÏS9, 12 juin. Noble et illustre dame Marie Thérèse Josephe 
comtesse douarière de Kiévrain, dame de Bossu en Fagne, Acoz, 
Calenelle , Ste-Monegonde-à-Franes , Villers-la-Poterie , pré- 
voie héréditaire et tierce dame de la ville et châtelienie de 
Couvin , née baronne de Bustanzi, fait relief des trois mêmes 
seigneuries, par décès de son mari Jean Baptiste Michel Valen- 
tin de Marotte, comte de Kuiévrin. 

1760, 17 juil. Messire Michel Joseph d'Udekem, écuyer, sei- 
gneur de Guertahin, fait relief des trois mêmes seigneuries 
comme cousin germain de Jean Michel de Kiévrain de Marotte, 
mort ab intestat. 

1760, 29 nov. Mich. Jos. d'Udekem donne à son fils cadet 
messire Ferdinand Philippe Joseph d'Udekem, écuyer et sub^ 



402 — 

slitut bourgmestre de la chef ville de Louvaiu : l"" de la prévôté 
et tierce seigneurie de Couvin ; 2^ des seigneuries de Bossu en 
Fagne et de Ste-Monegonde ; 3** de sa part du bois des Parcho- 
niers ; ledit Ferdinand fait relief le 18 décembre suivant. 

1762, 1" mai. Messire Pierre Maximilien Joseph d'Udekem, 
capitaine au régiment d'Arsch au service de S. M. l. et R., ftiit re- 
lief des quatre seigneuries, par décès de Mich. Jos. d'Udekem, 
son père. 

1765, 16 mars. Messires Ferdinand Philippe Joseph d'Ude- 
kem, écuyer, bourgmestre de la chef ville de Louvain et P. 
Max. Jos. d'Udekem, capitaine, son frère, font relief chacun 
de la moitié des quatre seigneuries. 

1769, 14 juin. Très-noble dame Lucie Thérèse de Villegas, 
baronne douarière de messire Ignace Philibert Hoens, baron 
de Bustancy, constituée par noble damoiselle Suzanne Cathe- 
rine Hoens , baronne de Bustancy, héritière présomptive de 
Marie Th. Jos. Hoens, baronne de Bustancy, douarière de Mich. 
Valentin Marotte, comte de Kuiévrain, sa sœur, fait relief des 
quatre seigneuries ; le 21 juin suivant elle transporte tous ses 
droits en faveur de ladite Luc. Th. de Villegas et confirme sa 
donation le 24. 

1769, 22 juin. Noble seigneur Philippe Emmanuel de Marotte 
de Montigny, seigneur d'Ostin, fait relief des quatre seigneuries. 

1780, 25 avr. Noble seigneur Hyacinthe Ferdinand Marie 
Philippe de Marotte de Montigny, seigneur d'Ostin, fait relief 
des quatre seigneuiSes. 

1786, 21 avr. Madame Luc. Th. de Villegas, fait relief des 
quatre seigneuries. 




BRAIVE (I). 



1348 : Le chastiau et terre de Broive et toutes ses appartenances. — 4368 : 
Brueves. — 4403; Maison, chasteau et forteresse de Broeves. — 4479 : Avec les 
fossés, etc. — 465i : Hauteur, seigneurie, etc. — 4674 : Avec le vivier allentour. 
~ 4744 : Droits de jurisdictioû, baulte, moyenne et basse, cour feudale» cens 
seigneuriaux, chapons, rentes, censé, maison, moulin banal, brassine banale, 
franche taverne, droit de mortement dans le village de Cyplet. 



1348, 30 mai. Thieubault de Daulles, seigaeur d'Elsées , 
chevalier, fait relief par reportation de messire Clarenbault, 
seigneur d'Autherive et par sentence de la cour. 

1368, 5 nov. Giarenbault de Haulterive, chevalier, fait relief. 

1402, 11 mars. Tbieri de Momaie fait relief par reportation 
de Uellin, fils de Robert de Latines, lequel avait relevé du 
temps de dame Marie de Lintres, sa femme, par reportation de 
messire Johan de MoUenbais, seigneur de Linsemiaul, chevalier. 

1434, â6 sept. Messire Thiery, seigneur de Momalle et de 
Breyves, fait relief. 

( * ) Commune rurale de la province de Liège, arrondissement de Waremme, près 
de l'ancienne chaussée des Romains (v. Delvaux, Diction, géogr,, t. Il, p. 48, et 
Saumert, Délices, etc., t. III, p. 433). — Y. d'autres reliefs à la seigneurie de 
Herck- Saint' Lambert, 



^ 204 — 

1479, 16 févi\ Jacques, seigneur de Momale et de Breyves, 
fait relief. 

1810, 22 févr. Noble homme Thiry, seigneur de Momale el 
de Breyve, fait relief. 

1831, 12 avr. Henri de Mérode, écuyer, seigneur de Pologne, 
Burgileit, Gyplet, comte de Noville, seigneur de Moumale, 
Ponchoule, Herck-lez-Golmont, fait relief par décès de Thiery 
de Moumal, son beau-père. 

1887, 18 déc. Noble homme Guilleaume de Mérode, seigneur 
de Follogne, vicomte héréditaire de Looz, pair de Namur, haul- 
voué de Moxheron, seigneur de Cypiet, fait relief par suite du 
décès de Henri de Mérode, son père. 

1870, 20 janv. Noble damoiselle Marguerite de Mérode, fille 
de Henri de Mérode, fait relief par décès de Guilleaume, son 
frère. 

1876, 29 oct. Marguerite de Mérode fait transport à noble 
Jean de Berlooz, fils de Guilleaume de Berloz, seigneur de Keer- 
berghen, son cousin, à la réserve de son usufruit. 

1638, 21 nov. Noble et généreux seigneur Jean de Borgongne, 
seigneur de Berguilé,5 Braive, Ciplet, etc., gentilhomme de la 
chambre de S. A. le prince de Liège, fait relief par décès de ses 
père et mère. 

1682, 8 avril. Noble et illustre seigneur Jean François d'Ar- 
genteau, vicomte de Looz, seigneur de Pologne et Moumale, fait 
relief par décès de Jean de Borgongne, seigneur de Bergilé, 
Braive, Giplet, gentilhomme de la chambre de S. A. le prince 
de Liège, et en vertu du testament de Jean de Berlo, seigneur 
de Bergilé. 

1674, 1*^' juin. Noble et illustre seigneur Henri Prançois 
baron d'Argenteau, comte de Noville, fait relief par décès de 
son père Jean François d'Argenteau, seigneur de Noville, 
Herck, etc. 

1674, 1^' juin. Madamoiselle Agnès Ernestine née comtesse 



- 205 — 

de Rivière d'Arschot, vicomtesse de Looz, dame de Foliogne, 
Moumale, Braive, veuve de Jean François d*Argenteau, fait 
relief par décès de son mari. 

1698, 8 mars. Noble et illustre seigneur Gérard Ernest baron 
de Hoen de Cartiis, seigneur de vieux Facquoumont, Schumen 
sur la Gueule, etc., fait relief de Tusufruit de noble et illustre 
dame madame Anne Agnès de Renesse d'Elderen, vicomtesse 
de Looz. 

1699, 17 déc. Noble et illustre seigneur Florimond Claude 
comte de Mercy, vicomte de Looz, lieutenant-colonel comman- 
dant du régiment de Lorraine au service de S. M. L, aide-camp 
général de sadite Majesté et de Fempereur, fait relief par décès 
de Henri François d'Argenteau et en vertu du testament de Jean 
de Berlo. 

1705, 27 janv. Le lieutenant de la cour féodale investit le 
comte de Mercy de la seigneurie de Braive, en vertu d'un décret 
du conseil impérial. 

1711, 9 févr. Son Exe. monseigneur Florimond Claude comte 
de Mercy, vend à noble dame madame Marie de Stockem, 
douarière de noble seigneur Gérard Martin de Charles, con- 
seiller ordinaire de S. A. le prince de Liège, les seigneuries de 
Braive et Cypkt, avec la haute vouerie de Moxhe et Moxheron. 

1745, 25 janv. Madame Marie de Stockem fait relief. 

1750, 9 déc. Noble seigneur Jean Baptiste Ignace de Chéquier 
fait relief comme mari de noble dame madame Catherine 
Marguerite de Charles, héritière de madame Marie de Stockem, 
sa mère. 

1751, 12 janv. Noble dame Catherine Marguerite de Charles, 
dame de Braive, Ciplet, haute-voueresse de Moxhe et Moxheron, 
fait donation de la seigneurie à son mari noble seigneur Jean- 
Bapt. Ignace de Chéquier. 

1756, 7 janv. Noble dame Catherine Marguerite de Charles, 
douarière de noble seigneur Jean Baptiste Ignaze de Ghéquier, 
fait relief. 



— 206 — 

1761, 29 déc. Monsieur Jean Philippe Joseph baron de Woot 
de Tinlot fait relief comme héritier de Catherine Marguerite de 
Charles. 

1768, 9 févr.; 1772, 13 juin ; 1785, 13 déc. Noble seigneur 
Jean Philippe Joseph baron de Woot de Tinlot, fait relief. 

1787, 17 juil. Madame M. A. L. A. comtesse de Nassau 
Corroy, héritière de J. Ph. Jos. de Woot de Tinlot, dame de 
Braive et Ciplet, fait relief. 




BRUMAGNE (0- 



1380 : La ville, maison, court et toute la terre de Brimaigne sur Meuse à tontes 
les appendices. — 1390 : terre de Brymaingne avec tous les émoluments, dîmes, 
patronages, etc. — 1414 : Manoir, cens, prés, bois, eaux, hommaiges, fiefs, etc. 
— 146H : Hauteur, seigneurie, etc. — 1517 : Maison forte, etc. — 1M8 : Bre- 
mangne en la comté et banlieue de Namur. 



1373, 29 juii. Messire Wilheame sire de Spontin reconnaît 
devoir à damoiselle Marie de Wavere, fille de dame Juliane de 
Brumangne, une rente sur sa terre de Brumagne. 

1380, 7 déc. Dame Marie de Borset, femme de messire Wil- 
lem, seigneur de Spontin, dit Lardinois, chevalier, fait relief 
de son usufruit. 

1385, 19 mars. Messire Wileame li Ardenois, seigneur de 
Spontin et de Wavere fait relief par succession de messire Wil- 
leame de Spontin, son père. 

1390, 2 nov. Jacquemien de Bossimé, pannetier héréditaire 
du comté de Namur, fait relief, puis transporte la terre à mes- 
sire Baudewien Bureai de Juppeleu, seigneur de Geave et du 
château de Boneffe, sauf Tusufruit de dame Marie de Sensaly, 



(i) Dépendance de la commune de Live» arrondissement de Namur (V. Saumehy, 
Oé/iCM,elc., t. II, p. 99. — V. d'autres reliefs âi la seigneurie de Corières. 



~ 208 — 

veuve de Willeame Lardenoys, seigneur de Spon tien, et femme 
de messire Jehan, seigneur de Sensaly, chevalier. 

1391, 30 sept. Messire Baudewieii Buréal de BonefTe, sire de 
Geaves, chevalier, fait relief par reportation de Jacquemien de 
Bossimé. 

1414, 13 nov. Johan dit Burkin de Boneffe, fait reHef par 
reportation de messire Philippe Buréal de Boneffe, son père, à 
la réserve de l'usufruit de dame Yolande Jeves, sa mère. 

1422, 31 déc. Yoland, dame de Jeyves, veuve de Baud. Bu- 
réal de BonefTe, fait transport de la seigneurie à son fils Evrard 
de Boneffe, lequel s'en dessaisit à son tour en faveur de Thiery 
Bonnam, bourgeois de Namur. 

1444, 25 mai. Thiery Bonam le jeune, fils de Thiery Bonan, 
échevin de Namur, fait relief par reportation de son père à 
propos de son mariage, 

1468, 27 juillet. Thii-y Bonam, maire de Namur, fait relief par 
décès de son père Thiry. 

1517, 29 oct. Philippe, fils aine de messire Thiry Bounam , 
chevalier , seigneur de Brumagne, haut-voué de Méhagne et 
maieur de Namur, fait relief par décès de son père. 

1517, 29 oct. Philippe Bonam fait transport de la seigneurie 
en faveur de messire Jean Salmier , seigneur de Chaleux , 
Vezin, chevalier, avec pouvoir de retrait. 

1518, 5 juin. Johan d'Argenteau, écuyer, seigneur d'Ochain, 
fait relief comme mari de madame Anne de Longchamps, veuve 
en premières noces de Thiry Bonam. 

1518, 28 août. Philippe Bonnam reconnaît l'usufruit que 
Anne de Longchamps, sa mère, possède sur Brumagne. 

1518, 15 nov. Philippe Bonnam renonce au droit de retrait 
qu'il s'était réservé envers Jean Salmier. 

1520, 20 juin. Jean d'Argenteau, mari d'Anne de Longchamps, 
proteste contre l'aliénation, sans son consentement, de l'usufruit 
de sa femme en faveur de Jean de Salmier; il est débouté de sa 
demande. 



- 209 — 

1332, 29 mai. Noble et vaillant homme Guilleaume de Galoppe, 
seigneur de Longchamps, mari de demoiselle Anne Bonam, 
dame d*Ochen, Brumagne, etc., fille de Thiry Bonam et d*Anne 
de Longchamps, fait relief par décès de son beau-père et de sa 
femme. 

1532, 22 nov. Messire Johan Psalmier, chevalier, seigneur 
de Brumagne, fait relief en vertu de la saisie qu'il a obtenue le 
2 décembre 1518 ; le lendemain il déclare que ce fief n'importe 
pas la souveraineté à savoir de corde et de sangne, laquelle est 
mouvante de S. M. I. comme comte de Namur. 

1533, 29 mars. Guilleaume de Galoppe et Jean Salmierentrent 
en accomodement pour éviter des procès; le premier renonce 
à ses droits sur Brumagne moyennant une rente de 72 florins. 

1534, 26 mai. Dame Adrienne de Wallincourt, veuve de Jean 
Psalmier, fait relief de son usufruit. 

1538, 25 sept. Jean Mathieu, seigneur de Ronchines, mayeur 
d'Oufieyel échevinde Namur, fait relief de l'usufruit de safemme 
Adrianne de Wallincourt. 

1544, 13 mai. Pierre, fils de messire Jean Psalmier en son 
second mariage, fait relief. 

1548, 19 juin. Pierre Salmier rachète la rente de 72 florins 
que son père devait à Guilleaume de Galoppe. 

1559, 3 mai. Noble homme Pierre Salmier, seigneur de 
Brumagne, fait relief. 

1572, 21 avr. Messire Pierre Salmier, chevalier, engage la 
seigneurie à messire Johan d'Eve, chevalier, seigneur de Loyers, 
capitaine de Dinant. 

1583, 10 juil. Pierre de Psalmier, seigneur de Lyvez, Wolf- 
saghe, etc., fait relief de son usufruit, puis le transporie en 
faveur de madame Hélaine, sa fille, qui l'engage à son tour à 
madame Jacqueline de Berloz , veuve de Jean d'Eve , pour 
servir d'hypothèque à 320 florins. 

1587, 8 juil. Noble dame Jacqueline de Berloz, dame de 

Loyers, ayant été saisie de la seigneurie pour faute de payement 

13 



— 210 — 

de la part de Pierre Salmier et d*Helaine, sa femme, noble sei- 
gneur messire Nicolas de Salmier, chevalier, seigneur de 
Melroy, Ghalleux, Dorines, etc., en fait purgement par voie 
deret rait lignager. 

1599, 13 janv. Nie. de Salmier, fait relief en vertu du retrait 
susdit, puis transporte la seigneurie à noble et honoré seigneur 
Henri d*Eynetten, écuyer, seigneur de Tinloz, Âubée, mari de 
noble dame Helayne de Salmier. 

161S, 5 janv. Noble et généreux seigneur Philippe de Salmier, 
chevalier, seigneur dQ Melroy, Chaleu, Brumaingne, fils de Nie. 
de Salmier et de noble dame Agnès de Marbaix de Loverval, 
fait relief par décès d'Helayne de Salmier, veuve de Henri 
d'Eynetten, sa cousine, de damoiselle Helayne d*Eynetten, fille 
dudit Henri, et de Pierre de Salmier, son grand oncle paternel. 

1623, 3 oct. Convenances de mariage entre noble et généreux 
seigneur Charle d'Eynatten, fils de noble et généreux seigneur 
Henri d'Eynatten, seigneur d'Abée, et noble et généreuse dame 
madame Jenne de Bombaix, veuve de noble seigneur Jean de 
Courtjoye; le susdit seigneur Henri donne en dot à son fils les 
droits qu'il peut avoir sur la seigneurie de Brumagne en vertu 
du purgement de saisie qu'il en a fait avec madame Helayne de 
Salmier, sa deuxième femme. 
1627, 17 mars. Charles d*Eynatten fait relief. 

1629, 5 janv. Noble et généreux seigneur Jean de Eynetten, 
seigneur d'Aubée, Tinloz, etc., héritier de noble et généreux 
seigneur Charles de Eynetten, seigneur de Brumagne, son frère, 
rachète au collège van Dalle de Louvain 200 florins de Brabant 
que ledit collège avait acquis , le 20 juin » du noble seigneur 
Jean d'Eve, écuyer, seigneur de Loyers, et du seigneur Franc, 
d'Eve, écuyer, tuteurs du seigneur Jean de Salmier, fils de 
noble seigneur messire Pier de Salmier, chevalier, seigneur 
de Brumagne. 

1630, 25 mai. Testament de Jenne de Bombaix et de Charles 
d'Eynatten, parlequel ils laissent leurs biens au dernier survivant, 



— 214 — 

pour retourner ensuite aux enfants du seigneur Jean de Cour- 
tejoie, seigneur de Grâce, et de madame Marguerite Bombaix, 
sa femme, sœur de ladite Jenne. 

1631, 24 mars. Jenne de Bombaix, dame de Brumangne, 
Live, etc., veuve de Charles d'Eynetten, fait relief. 

1631, 2 avril. Jenne de Bombaix fait ajourner noble et géné- 
reux seigneur Jean d*Eynatten, seigneur d'Âbée, Tinloz, etc., 
pour produire le traité de mariage passé le 3 oct. 1623 entre la 
dite Jenne et Charles, ot leur testament du 25 mai 1630, et les 
faire mettre en garde de loi; ce qui fut fait le 11 suivant après 
un interrogatoire de témoins sur l'authenticité de cet acte. 

1631, 16 oct. Jenne de Bombays, dans le but d'éviter des 
procès, fait transport à Jeun d'Eynatten, son beau-frère, de tous 
les droits qu'elle peut avoir sur la seigneurie, sauf l'usufruit, 
pour une rente viagère et certainsdroits qu'elle spécifie ; ensuite 
de quoi le dit Jean d'Eynatten fait relief le 18 suivant. 

1640, 21 juil. Noble et généreux seigneur Charles de Salmier, 
dit de Melroys, seigneur de Melroys, Challeux, etc., fait relief. 

1662, 2 déc. Charles de Salmier, baron de Hosden, seigneur 
de Melroy, Brumagne, Ville en Hesbaye,etc., engage la seigneurie 
à Nie. Cuvelier, avocat, pour servir d'hypothèque à une rente. 

1673, 13 mai. Convenances de mariage entre noble et géné- 
reux seigneur Philippe de Marbays, capitaine d'infanterie au 
service de S. M., et noble et généreuse damoiselle mademoiselle 
Ermelinde de Salmier , dame de Brumagne , Lines , etc. ; ils 
apportent tous leurs biens en dot. 

1727, 2 sept. Philippe de Marbais, président du conseil sou- 
verain du Hainaut, fait relief. 

1746, 26janv. Nobledame madame Anne Albertine, douairière 
de Phil. de Marbais, née comtesse de Corswarem, fait relief de 
son usufruit. 

1762, 4 janv. Noble seigneur Bernard François de Marbais, 
seigneur de Lives, de Mauroy, etc., fils d'Anne Albertine de 
MarbaiSy fait relief. 



— 212 - 

'1765, 20 mars. Très-noble, très-illustre et généreux seigneur 
messire Bernard François né de Marbais, chevalier, comte de 
Bornhem et de Nyelle, vicomte de Dourlens , Mauroy et Smer- 
pont , seigneur de Brumagne , Lisvres, Marickerque , Bertel, 
Bauprez, Leupegem, Donck et Landelis, haut voué de Hameau 
et Ginglehin, gentilhomme de la province do Namur,fait relief. 

1772, 16 juil. Messire Nicolas Ignace de Woelraont, seigneur 
de Soiron, Hembrenne, fait relief comme cousin germain et 
héritier de messire B. Fr. de Marbais, comte de Bornhem. 

1772, 31 août. Messire Nie. Ign. de Woelmont et madame 
Angélique Thérèse comtesse d'Ârgenteau, sa femme, font trans- 
port de la seigneurie en faveur de messire Nicolas Constant 
de Woelmont, seigneur d'Yvoir, Winée et de Frocour, leur 
cousin germain. 

1772, 28 nov. Convenances de mariage entre très-noble et 
illustre seigneur messire Bernard François de Marbais, chevalier, 
seigneur de Brumagne, Live, Mauroy, Smerpont, etc., fils de 
très-noble et illustre seigneur Philippe de Marbais, chevalier, 
et de très-noble et illustre dame Anne Albertine Ignace Josèphe 
née comtesse de Corswarem-Looz, et très-noble et illustre dame 
Marie Françoise Josèphe de Roùveroit, chanoinesse d'Andenne, 
fille de très-noble et illustre seigneur messire Henry Joachim 
baron de Roùveroit et de Pamel, sire d'Audenarde et premier 
pair de Flandres, chambellan de S. M. L, et de très-noble et 
illustre dame Charlotte Gabrielle née comtesse de Watteville 
de Conflans ; les futurs époux apportent respectivement tous 
leurs biens en dot et notamment la seigneurie de Brumagne. 

1773, 8 févr. Monsieur Charles Antoine de Rossius, seigneur 
d'Humain, ancien bourgmestre de Liège, constitué par très-noble 
et illustre dame madame Marie Françoise Josèphe Gabrielle 
baronne de Rouveroy de Pamel, douarière du seigneur Bernard 
François de Marbais, fait relief de l'usufruit de ladite dame. 

1773, 11 mars. Nie. Const. de Woelmont, seigneur foncier de 
Frocour, etc., fait relief. 




BUISSONVILLE ('). 



4453 : Terre, hauteur et seigneurie. — 1456 : cens, rentes, revenueSi droitures, 

prouflis et ëmolumens, adventures et forfaictures. 



1483, 1**' oct. Jean de Heinsberg, évêque de Liège, donne la 
seigneurie à Jean dit Charpentier, seigneur de Haversaing, pour 
une rente de six muids de flroment. 

1456, 22 août. Jean dit Garpeutier, bourgeois de Dinant, fait 
relief. 

1467, 21 août ; ISll, 3 avr. Jehan dit Charpentier, fils aine 
de Jehan dit Charpentier, fait relief par décès de son père. 

ISll, 4 août. Sire Antoine Charpentier, fils aîné de Jehan 
dit Charpentier, fait donation de la seigneurie à son frère cadet 
Jean, en convenances de mariage, sauf Tusufruit d* Agnès, sa 
mère. 

1538, 19 juin; 1548, 15 juin; 1558, 16 juin. Noble homme 
Jehan dit Carpentier, seigneur de Haversain, fait relief de 
Buissonville et Haversain, 



( I ) Commune de la province de Namur, arrondissement de Dinant, à 1 1 -!2 lieues 
de Rochefort. — Cette seigneurie porto aussi les armes de Baiilonvillc. 



— 214 - 

1563, 27 avril. Noble homme Hubert dit Charpentier fait 
relief de Buissonville et Haversairiy par décès de Jean dit Char- 
pentier, son père. 

1566. 15 mai. Noble homme Jehan dit Charpentier, fait relief 
de Buissonville et Haversain. 

1683, 28 oct. Honoré seigneur Hubert dit Charpentier, sei- 
gneur de Humain, Haye, etc. , fait relief de Buissonville et 
Haversain . 

1612, 3 avr. ; 1613, 27 sept. Noble et honoré seigneur Houbert 
de Waha, fils de noble et honoré seigneur Nicolas de Waha, 
seigneur de Haversen, Buissonville, et de noble dame mademoi- 
selle Catherine de Fyenne, fait relief de Buissonville et Haver- 
sain, par décès de ses parents, de noble homme Houbert 
le Charpentier et de noble dame mademoiselle Hellayne de 
Viron, ses grands oncle et tante. 

1684, 11 déc. Noble et illustre seigneur Hubert de Waha, 
seigneur de Tamine, haut voué de Fronville, fait relief de Buis- 
sonville et Haversain, 

1720, 11 juin; 1725, 8 oct. Noble dame madame Marie Cathe- 
rine née baronne de Freymersdorff de Putzfels, veuve de mes- 
sire Englebert Hubert baron de Waha de Fronville (fils de Hu- 
bert de Waha) fait relief de son usufruit sur Buissonville, 
Haversain, la vouerie de Fronville et la tour de Vérenne. 

1740, 21 mai. Son Exe. Charles Emanuel Joseph prince de 
Gavre, marquis d'Aiseau, seigneur de Verenne, fait relief. 

1744, 25 août; 1766, 30 avril; 1772, 27 juin. Ch. Em. Jos. 
prince de Gavre, gouverneur de la province de Namur, fait 
relief. 

1774. 16 sept.; 1786. i^' avril. Très-noble et très-illustre sei- 
gneur François Joseph Rase prince de Gavre, marquis d'Ai- 
seau, gouverneur de la ville et province de Namur, fait relief. 




BUSIN ET FAILON d). 

4319 : Le meûue diesme de Basions et de Fêlions avecq touties ses appartenances. 
— i345 : la grosse et menue disme des villes de Busin et de Fenlon valant an- 
nuellement environ 80 muids d'épeautre et d'avoine. — 1347 : Frelons. — 
1497 : le fief condist de Buzin et de Feron a toutes ses droitures. — 1542 : Mai- 
son, porpris, assise, terre , hauteur et segnourie de Busin et Failon laquelle est 
un membre du comté de Rochefort^ toute justice haute, moienne et basse, avec la 
la juridiction, cens, rentes, revenus, émolumens, adventures, grains, froment, 
espielt, soielle, awaine, orges, moniteur, argent, chappons, pouilles, gelines, 
preis, terres labourables ou waighe, en tris, bois, hayes ou sartaige, en yeawe, 
riviers, mollins, vivier, peicherie, amendes, fourfassons, etc. — 1665 : seigneu- 
rie de Busin et Failon gisante au quartier de Condros. 



1319, 21 déc. Wauthier de Vervoy, fait relief par reportation 
de messire Danial de Blise, chevalier. 

1320, 26 nov. Daiiiau de Blise fait relief d'une rente de 10 
muids d*épeautre hypothéquée sur la menue dtme de Busin et 
de Fenlon, par reportation de Werri Lardenois de Huy, qui en 
avait fait retrait lignager hors des mains de Hustin, fils de Johan 
de Chierf, chevalier, comme mari de la veuvede Waulierde Verve 
(celui-ci Tavait achetée de son vivant audit Daniau). 



( * ) Près de Rochefort en Condros. — Cette terre a aussi porté pour armes : 
écartelé aux 1 et 4 d'or à l'aigle de gueules, armé et becqué d'azur ; aux 3 et 3 de la 
Marck , chargé en abîme d'un écusson d'argent fascé d'azur, chargé sur le tout d'un 
lion de gueules (Le Fort, vol. XIII, p. 44). 



- 216 - 

1345, 8 août. Dame Juliane de Longcamps, veuve de Diiiial 
de Blise, fait relief par succession de son mari et décès de son 
fils Danial, qui en avait Tusufriiit. 

1347, 14 déc. Messire Waulier de Juppleu, chevalier, fait 
relief par reportation de Daniau de Blise. 

1403, 7 jail. Messire Ânssiau de Sorées.prévot de Chiney, fait 
relief par reportation de messire Willeaume de Schendermalle, 
chevalier, lequel avait fait reliefpar décès deWathier de Juppleu 
et de dame Blanche, sa femme, ses grand père et grand mère. 

1414, 23 juin ; 1421, 25 juin. Johan de Sorées fait relief par 
décès d'Anseal de Sorées, son oncle. 

1476, 22 juil. Damoiselle Sibille de Monen, dame de Nettinez, 
veuve de Jehan de Sorée, fait relief de son usufruit avec son 
fils aine Baldry, seigneur de Sorée. 

1497, 2 août. Bernart de Gheyn, écuyer, fait relief par rési- 
gnation de Johan de Sorey qui lui donne le fief en engagera. 

1505, 23 juil. Bernart de Chéou transporte pour une somme 
d'argent le fief à Johan de Sorées, lequel le reporte à l'abbé 
St-Hubert en Ardennes. 

1515, 22 juin. Johan de Sorées renonce pour 200 florins et 
20 Philippes d'or à la dîme de Buzin et de Fellon, en faveur de 
l'abbé de St-Hubert. 

1542, 14 avril. Corneil de Berg, prince-évêque de Liège, con- 
sent à la donation de ce fief par son cher cousin Loys de la 
Marck, comte de Rochefort et de Montahu, seigneur d'Agimont, 
Herbemont, Orsymont, etc., et par dame Elisabeth d'Austriche, 
fille de très-excellente mémoire l'empereur Maximilien , en 
faveur d'Artus, fils naturel dudit Loys etde damoiselleCatherine 
de Choux; ledit Artus fait relief le lendemain. 

1545, 23 oct. Loys, fils d'Artus De la Marck, fait relief. 

1554, 12 avr. Loys de la Marck engage la seigneurie à hono- 
rable homme Johan Lambert, prévôt de Durbuy, pour servir 
d'hypothèque à une rente de 20 florins. 



— 217 — 

1555, 19 juin. Noble et vaillant Henri de Berlaimont dit de 
Floyon, drossart de Stockem, rachète à Johan Lambert, son 
proche parent par sa femme, la rente susdite. 

1555, 20 nov. Loys de la Marck engage la seigneurie à Dirick 
Bex, bourgeois de Liège, pour servir d'hypothèque à une rente 
de 27 muids d'épeautre. 

1556, 15 sept. Henri de Berlamont est mis en possession de la 
seigneurie pour faute de payement d'une rente de 20 florins par 
Loys de la Marck. 

1557, 4 janv Henri de Berlaimont, seigneur de petit Modalve 
et grand mayeur de Liège, fait transport de la seigneurie à Di- 
rick Bex pour une rente de 20 florins. 

1557, 29 avr. Diric Bex fait transport de la seigneurie à Loys 
de la Marck, lequel la reporte à Jean Lambert pour 3400 florins. 

1557, 20 nov. Jean Lambert, seigneur de Busin et Failhon, 
engage le fief à Henri de Berlaimont pour servire d'hypothèque 
à une rente de 36 florins. 

1563, 6 avr. Loys de la Marck renonce en faveur de noble 
dame damoiselle Margaritte de la Falloize, au droit qu'il peut 
avoir sur la seigneurie. 

1563, 12 mai. Noble homme Gérard deHollongne, au nom de 
Marg. délie Falloize, sa mère (veuve en premières de noble 
homme Bauduiu de HoUongne-az-Pierre , et en secondes noces 
de noble homme Damoiseau Johan de Sart, seigneur de Je- 
haing), rachète à Johan Lambert une rente de 36 florins affec- 
tée sur la seigneurie. Ce dernier y consent le 10 juillet suivant, 
mais Loys de la Marck, seigneur de Bussin et Faillon, et damoi- 
selle Anne de Horion, sa femme, s'opposent k cet arrangement. 

1570, 9 mars. Marg. de la Falloize dame de Jehain, Bussin 
et Faillon, engage la seigneurie à oes délie Vignette, hallier 
de Liège, pour servir d'hypothèque à une rente. 

1871, 18 août. L'abbé de S. Hubert en Ardenne, fait relief des 
dîmes de Bussin et Fellon. 

1572, 27 nov. Marg. de la Falloise, veuve de Jehan de Sart, 
fait relief de son usufruit. 



— 218 — 

1B79, 6 mai. Gérard de HoUogiie-aux-Pierres fait relief. 

1614, 18 juin. Le seigneur bourgmestre Trappe fait relief. 

1618, 13 avr. Honorable Herman Trappe, jadis bourgmestre 
de Liège, représentant Anthoine Romarin, marchand, son beau- 
frère, déclare qu*en Tan 1602 ledit Romarin avait été mis en 
possession de la seigneurie, pour faute de payement d'une 
rente de 100 florins par noble et généreux seigneur Gérard de 
Luxembourg , seigneur de Hollogne-aux-Pierres , Bussin et 
Paillon, et qu'il avait ensuite Tait transport audit Herman; et 
comme il se trouvait en procès avec noble dame madame 
Elisabeth de Bronchorst et Battembourg, veuve dudit Gérard, et 
avec le seigneur Bauduin de Luxembourg, leur fils, ledit 
Herman fôit transport de la seigneurie à noble seigneur Jean 
de Méroede, seigneur de Johaing, Gossencourt, grand et sou- 
verain mayeur de Liège, lequel fait purgement de la saisie. 

1632, 22 avr. Noble et généreux seigneur Bauduin de Luxem- 
bourg, seigneur de Hollougne-aux-Pierres, Bussin et Paillon, 
reconnait devoir 1081 florins de Brabant à damoiselle Marie 
Albert, veuve d*honorable Prançois Soucca, bourgeois de Liège. 

1633, 10 mai. Baulduinde Luxembourgh, seigneur de Hol- 
logne-aux-Pierres, fait relief. 

1638, 28 sept. Bauduin de Luxembourg fait donation de la 
seigneurie à noble seigneur Gérard de Luxembourg, son fils 
aine. 

1641, 10 avr. Honorable Jean Van Stochem, bourgeois de 
Liège, mari de damoiselle Oda Trappe, et tous les enfants de 
feu le bourgmestre Herman Trappe, font savoir que feu noble 
seigneur Prançois de Vaulx, seigneur de Lozenge,mari de feue 
damoiselle Gatharine Gérard, veuve dudit bourgmestre Trappe, 
avait obtenu saisie du fief au mois d*avril 1626 contre Bauduin 
de Luxembourg, pour faute de payement d'une rente de lOOfl., 
et que le 25 mars dernier ledit Bauduin en avait fait purgement. 

1651, 2 oct. Noble et généreux seigneur Gérard de Luxem- 
bourg, seigneur de HoUogne-aux-Pierres, Busin, Pailon, etc., 



-- 219 — 

grand bailli de S. Â. le prince de Liège et de son chapitre 
cathédral, engage la seigneurie à honorable Gilles Mathot, pro- 
cureur de Liège, pour servir d'hypothèque à une rente. 

1665, 11 mars. Noble et généreux seigneur Guillaume baron 
de Horion, seigneurde Colonster, fait relief en qualité demam- 
bour de noble damoiselle Marie Gertrud de Luxembourg, fille 
de Gérard de Luxembourg. 

1674, 8 mars. Noble et généreux seigneur Brochard Willem 
baron de Kinsky, seigneur de Hollogne-aux-Pierres, Busin, 
Failon, etc., fait relief comme mari de Marie Gertrude de 
Luxembourg. 

1677, 30 déc. Noble, illustre et généreux seigneur Guillaume 
Brockart baron de Kinski et noble, illustre et généreuse dame 
madame Marie Gertrude Ignace de Luxembourg, sa femme, 
vendent la seigneurie pour 32,000 florins de Brabant à noble, 
illustre et généreuse dame madame Marie Elisabeth de Royer, 
veuve de noble, illustre et généreux seigneur Richard de Hem- 
ricourt, seigneur de Seron, Meflf, Waleff, etc. 

1679, 6 janv. Messire François baron de Hautepenne et 
messire Guillaume Glaude baron de Hautepenne , oncle et 
grand oncle respectifs et tuteurs de noble damoiselle Marie 
Georgine Catherine de Hautepenne, fille de messire Philippe 
François baron de Hautepenne, seigneur de Barvaux, et de 
noble et illustre dame madame Madeleine de Hautepenne, 
sa femme, vendent les biens de leur pupille en Flandre, pour 
racheter la seigneurie en retrait lignager. 

1679, 18 mars. Marie Georgine Cath. de Haultepenne relève 
la seigneurie après en avoir fait retrait lignager des mains d'E- 
lisabetli de Royer. 

170K, 22 déc. Noble et illustre seigneur messire Maximilien 
Henri comte d'Aspremont de Lynden et du S. E., seigneur de 
la ville et franchise de Hervé, Barvaux en Condros, Busin et 
Failon, fait relief comme mari de Marie Georgine de Hautç- 
penne. 



— 220 — 

1733, 23 juin. Noble et généreux seigneur Guillaume Maurice 
baron de Kinski, fait relief d*un stier de mouture sur la sei- 
gneurie, lui dévolu par le décès de noble damoiselle Vincente 
Hagdeleine de Luxembourg, fille de noble seigneur Bauduin de 
Luxembourg, seigneur de HoUogne, Busin, Failon, etc., sa 
tante. 

1740, 17 juin. Noble et illustre seigneur Ferdinand Marie 
comte d'Aspremont de Lynden, seigneur de Barvaux, etc., fait 
relief de Busin et Failon, et de la Thour sauvage à Havelafige, 
sénéchallerie et vouerie de Bolluemont. 

1742, 2 mars; 1746, 4 avril; 1766, 25 juin; 1772, 7 sept. 
Madame Eve Isabelle Marie Renée née baronne de Walde, 
comtesse douairière de Ferd. Marie comte d'Aspremont, fait 
relief de Busin et Failon, Havelange et Bolluemont, 

1786, 25 août. Monsieur le comte d'Aspremont de Linden et 
du S. E. R. fait relief. 




CELLES ET FURFOZd). 



435S: Le chastiaude Celles, le moullin au desoubz, les beuveries de Celles et de 
Bries et toutes les appartenances. — i37â : Terre, ville, bauUeur et signorie. — 
4424 : la fortreche, maison, terres, preis, appartenanches et appendiches de 
Celiez, tant en bauUeur, justiche, cens, rentes, comme aultrement. — 4544 : 
fortresse, tonlieu, winage, boix, rlvicrs, corewées, etc. — 4559: les cens de 
Foye, 6ry, Houbailhe et Hubermont. — 4648: Baronnie. 

1382 (?), 21 févr. Rassekin, fils de messire Jackes de Celles, 
chevalier, fait relief par reportation de son père. 

137-2, 14 juin. Jean, évêque de Liège, fait savoir que raessire 
Rassez de Celles, chevalier, donne en douaire à sa femme, 
madame Magriete, fille de noble homme monseigneur Ernoud 
de Agimont, seigneur de Tienes, chevalier, 300 florins de rente 
hypothéqués sur la terre de Celles. 

138:2, 10 déc. Messire Loys, seigneur de Harsées, fait relief 
par reportation de Jacquemin de Celles, écuyer, héritier de la 
terre de Celles; il reconnait le douaire de Margritte d'Agimont, 
femme de messire Willeme Proest, et veuve de Raes de Celles, 
frère dudit Jacquemin. 

(*} Arrondissement de Dînant, province de Namur. (V. Saumert, Délices, etc., t 
UI, p. 54.) 



— 222 — 

1383, 19 juil. Accord passé entre Loys, seigneur de Harsées, 
et Guil. Proest, en vertu duquel Harg. d*Âgimont possédera le 
château de Celles sa vie durant, pour passer ensuite audit 
Louis. 

139B, 18 juil. Rassekin, fils de Jacqueminet de Chelles, fait 
relief par décès de son père, sauf l'usufruit de dame Margriette 
de Looz, dame de Thyenes. 

1421,4 juil. Hausse, sire de Celiez, écuyer, fait relief. 

1423, 8 avr. Rasse, sire de Celles, relève sur les champs entre 
Awaing et Spontin, la seigneurie, par reportation de Jeban 
Gossuin, maire de Bovingne, auquel il l'avait engagée ; puis il 
constitue à sa femme, damoiselle Agnès de Morialmés, sœur de 
Robert le Rouk, un douaire consistant en rentes de 211 muids 
d'épeautre et d'avoine, « 80 quartiers de lin , la pèche de Lèche 
dont on rent par an, outre le détenage de ce que yauwe traveille, 
Ix muys,de moture, un precian de V griffons et XIIII livres de 
speisses ; item les iij bouvries assavoir le Wibailhe de Celles, 
le Ville et de Hubiermont ; toute le rente de lengne que un 
segneur de Celles puel ardoir en sa fortresche de Celles par an, 
laqueille les masuyers de la terre doient livrer à la porte de la 
fortresce susdite. » 

1469, 15 déc. Loys de Ceelles, fils de Raesse, seigneur de 
Ceelles, fait relief par succession de son père. 

1493, 3 mai. Noble et honoré seigneur Loys deCeelles, écuyer, 
laisse par testament la seigneurie à sa fille Ysabeau, à condition 
que, si l'enfant dont était enceinte damoiselle Margrite de Roleit, 
sa femme, était un garçon, elle devrait la céder à son frère et 
se contenter de la seigneurie de Viller-sur- Lèche. Ce testament, 
fait dans la maison et forteresse de Ceelles, dans une chambre 
haute près de la chapelle, nommée la chambre des Thiennes, 
fut présenté à la cour féodale le 20 septembre de l'année 1503 
par la dite Ysabeau de Ceelles, qui fit ajourner à cet effet Jehan 
de Roleit, Robert seigneur de Monjardin, représentant noble 
dame Katherine de Fexlie, chevaleresse et dame de Roleit, dame 



— 223 — 

Jehenne de Croppet, chevaleresse, Jehan de Ceelles, seigneur 
de Grametinnes , dom Loys de Ceelles , prieur d'Âwailhe , 
Joesse de Huya et Catherine, sa femme. 

1S03, 8 juil. Jean de Hornes, évéque de Liège, fait savoir que 
Johan de Boullant, fils aîné de Rolé, a relevé les seigneuries de 
Ceelles et de Villers-sur-Lesche pour son neveu, Loys de Ceelles. 

1511, 25 juil.; 1538, '23 juin. Loys de Ceelles, fait relief par 
décès de Loys de Ceelles, son père. 

1538, 18 oct. Cornille de Berghes, évêque de Liège, permet 
à Loys, seigneur de Ceeles, de Villeir-sur-Lesche et d'Enhay, 
haut-voué de Furfou, de disposer de ses fiefs comme il Tentend. 

1540, 14 janv.Damoiselle Margarine Coultreau, veuve de Loys 
de Ceelles, fait relief de Tusufruit des seigneuries de Ceeles et 
Villeir-sur-Lesche, et de Tavouerie de Furfolz. 

1553, 29 mai. La même dame relève son usufruit sur les 
seigneuries de Ceelles , Viller-sur-Lescht , Enchet et Furfolz 
(Limites de la seigneurie de Celles). 

1556, 8 févr. Damoisea Henry, fils de Loys de Ceelles et de 
Margaritte de Cottereau, fait relief des seigneuries de Ceelles, 
Yiller-sur-Leschey Aunchet et Furfoulz, par décès de ses parents 
et de damoisea Erard, son frère aine ; après quoi il transporte 
par pure amitié celle de Villeir-sur-Lesche à son frère cadet, 
damoisea Loys de Ceelles. 

1558, 12 mars. Noble homme Henry de Ceelles fait relief de 
Ceelles, Eniieheit et FurfoL 

1559, 20 mai. Henry de Ceelles apporte en mariage à damoi- 
selle Jehenne, fille de feu noble homme Thiry, baron de Bran- 
deborch, seigneur de Chesteau-Thiry et de dame Catherine de 
Liedekercke, les seigneuries de Ceelles, Enneheid et Furfoz. 

1566, 10 juin. Noble dame Madame Jehenne de Brandeborg, 
veuve de Henry de Ceelles, relève son usufruit sur Ceelles, 
Enheid et Furfoz. 

1584, 7 juil. Noble homme monseigneur Guilheame de Caron- 



- 224 — 

delet, seigneur de Crupet, haut voué de Fourfoz, fait relief de 
Ceelles, Crupet, Ennehet et Furfolz. 

1S86, 12 août; 1613, 24 oct. Noble homme seigneur Loysde 
Celles, fait relief de Celles, Anexhet et Fourfoulz, 

1648, 23 sept. Messire Andrien François baron de Ceelle, 
Ennehet, cède à mademoiselle Dorothée Thérèse de Ceelle, 
chanoinesse d'Andenne, sa sœur, tous les droits de purgement 
et autres qu'il peut avoir à la baronnie de Ceelle, à Ennehet^ 
Montigny le Tigmux et à tous ses biens, lui dévolus par décès 
de ses parents et de messire Thiry de Ceelle, seigneur de Hun, 
chanoine de Saint-Lambert, son oncle. 

1649, 6 oct. Thiry de Celle cède à Claude François de Celle, 
comte de Beaufort, son neveu, tous les droits qu'il peut avoir 
sur les seigneuries de Celle et Enhet, comme fils de Louys et 
frère de Guilleaume, barons de Celle. 

1649, 20 nov. ; 1682, 27 nov. Noble seigneur Claude François 
baron de Celles, seigneur de Lapoigne, Besier, etc., fils de 
Robert baron de Celles, fait relief par décès de Louis baron de 
Celles, son grand père et des enfants de Guilleaume de Celles, 
son oncle. 

1680, 10 sept. Jean de Ramelot, commis de feu noble et géné- 
reux seigneur Louis baron de Ceelle, de ses fils Guilleaume, 
seigneur d'Enheit, et Thiry, seigneur de Hun, de feue Madame 
Anne d'Oyembruge, dame douarière de Loppoigne, Baysy, 
Hason, Hatten, veuve de messire Claude de la Bourlotte, produit 
le traité de mariage conclu le 10 février 1626 entre feu noble et 
généreux seigneur Robert de Ceelle, seigneur de Stienhaulx, et 
Madame Anne, fille de feu messire Claude de la Bourlotte, et le 
fait approuver par la cour. 

1682, 27 nov. ; 1660, 9 août. Claude François de Celles, sei- 
gneur de Lapoigne, Besier, etc., fait relief de Celles, Enheitei 
Furfolz. 

1674, 24 sept. Noble et illustre dame Madame Anne de la 



- 228 — 

Bourlotte, comtesse de Beaufort, baronne de Celles et de Lo- 
poigne, fait relief de Celles, Enneheid et Furfoz, par décès de 
Claude François, comte de Beaufort, son fils. 

1674, 15 oct. Noble et illustre seigneur Théodore de Celles , 
chevalier de Tordre de St-Jean de Jérusalem, fait relief de Celles, 
Enheit et Furfoz, par décès de Claude François, son frère. 

1680 , 3 avril. Noble et illustre seigneur Albert de Celles, 
comte de Beaufort, fait relief par;déeès de Théodore, son frère. 

1699, 17 juin; 1725, 26 mars. Noble et illustre seigneur 
Thierry François de Celles, comte de Beaufort, fait relief de 
Celles, Enheid et Turfoz, par décès d* Albert , son père. 

1731, 30 août. Convenances de mariage entre haut et puissant 
seigneur Hilarion comte de Beaufort et du Saint-Empire (fils 
aîné de très-haut et puissant seigneur messire François Théodore 
comte de Beaufort et du Saint-Empire, colonel d'un régiment 
au service des États, de la cité et du pays de Liège, gouverneur 
de la citadelle de Liège, baron de Celles, seigneur d'Enhet, 
Gendron, Foy, Boisseille, etc., et de feue très-noble et illustre 
dame madame Marie Thérèse de Waha de Haversain), et très- 
noble et illustre damoiselle Isabelle Thérèse Joseph baronne 
de Jacquier (fille aînée de noble et généreux seigneur messire 
Jacques Gabriel baron de Jacquier de Rosée , seigneur du ban 
d'Anthée, Goschenée, Jusaine, Laognesée, et de haute et puis* 
santé dame madame Marie Isabelle comtesse de Wignacourt) ; 
le dit Hilarion apportera dans la communauté, après la mort de 
son père, les seigneuries de Celles, Enheid et Furfoz. 

1737, 21 févr.; 1745, 9 janv.; 1766 , 10 juil. Hilarion comte 
de Beaufort, baron de Celles, fait relief de Celles, Enheit et 
Furfpzj par décès de Thierry de Celles, son père. 

1771, 22 nov. ; 1772, 21 nov. ; 1785, 20 mai. Noble et illustre 

seigneur Jacques Ignace comte de Liedekercke , grand-mayeur 

de la ville de Maestrecht, mari de noble et illustre dame madame 

Robertine comtesse de Beaufort, fille atnée de messire Hilarion 

comte de Beaufort, fait relief de Celles, Enheit et Furfoz. 

14 



CHAUMONT ET GHISTOUL M. 



1!)4S : Lb ville, segnourie et justice de Chamont en Braibant et louttes ses appir- 
lennancBa el appcndiches, Unt en cens, renies, comme eo quelconque allre 
manier. — l.tgG : Haulteur, revenues, hommaiges, elc. — t390 : Le terre de 
ChamoDl, forleresclie, etc. — 1431 : Maison, terres, etc. — 1431 : Prés, boa 
yauwes, hdrilaiges, huisinca et aullrcs appartenances, droitlnres et redeva- 
tililës, etc. — 1497 : Moulin, capons, deismes, etc. — 1453 : Glitistellcrie, 
jnstice haulle, moyenne et basse de Clialmonl, terres laborables, huisinne, bras- 
serie, plusseurs HelTi, etc. — 1195 : Baronnie, etc. 

1315, a avr. Arnoul, avoué de Hesbain, fait relief. 

1356, 4 mai. Lanbiert d'Ouppey, chevalier, fait relief de Cha- 
mont et de Gistoul en vertu de ses conveaances de mariage avec 
dame Aelis daine de Hermalles, et par décès de celle-ci. 

1390, 4 oct. Johans , fils de feu messire Lambert seigneur 
d'Uppey, chevalier, fuit relief par reportation de messire Adan 
seigneur d'Uppey, lils aine dudil Lambert. 

1416, 7 févr. Messire Adam d'Upey, chevalier, fait relief de 
Chamont et Gislou par décès de messire Johan de Chamont, son 
frère. 

1431, 21 mai. Adam d'Uppey engage pour SOO florins à Bau- 
duin de Glimes, écuyer, l'usufruit qu'il possède sur la sei- 

( I : Arrondi ssonent de Nivelles, province de Brabant. 



— 227 — 

gneurie de Chaumonr, réservé le douaire de dame Ysabiaul de 
Glymes, tanie dudit Bauduin. Le 29 juin 1422, il constitue une 
nouvelle engagère pour mille florins. 

1431, 13 déc. Jehan seigneur de Thillich et d'Oprebais , 
écuyer, fait relief par reportation d'Yzabiaul de Glymes, veuve 
de Jehan d Uppey. 

1437, 5 mars. Noble dame dame Jehenne de Scoenevelle, 
veuve de messire Renart de Mommalle, seigneur d*Eynetines 
et de Mouffrin, chevalier, et Willeam de Mommalle , son fils, 
après avoir fait relief de la seigneurie, en font transport à noble 
homme Bauduin de Sébourcq , seigneur de Fontaines et de Me- 
len, écuyer, mambour d'Yzabiaul de Glimes, par ordonnance 
de la cour féodale et en vertu d'un ancien accord. 

1452, 20janv. Frère Jehan Beauduin, prieur du monastère 
Bonne-Espérance en Haynnau, fait relief de Chaumont et de 
Gistoul^ dévolus audit monastère en vertu d*un jugement de 
la cour féodale. 

146S, 17 août. Frère Pierre du Fossé, abbé de N. D. de 
Bonne-Espérance, fait relief. 

147S, 23 oct. Jean le Hurt de Scboenneyck fait relief de la 
seigneurie telle que la possédait Adam d'Oupey. 

1497, 4 janv. Messire Nicolle de Merdorp, abbé de Bonne- 
Espérance, fait relief. 

1810, 28 oct.; 1524, 21 juil. Messire Johan Coirnu, abbé de 
Bonne-Espérance, fait relief. 

1S37, 29 juin. Révérend père damp Johan d*Eppe, abbé de 
Bonne-Espérance, fait relief. Le 23 août 1538, le même abbé 
relève Ghamont et Ghestoul, 

1552, 16 janv. Jehan, abbé de Bonne-Espérance au diocèse 
de Cambrai, fait relief. 

1557, 23 oct. Pierre, abbé de Bonne-Espérance, fait relief et 
donne dénombrement de la seigneurie. 

1576, 4 déc. Révérend père messire Jehan, abbé de Bonne- 
Espérance, fait relief et donne dénombrement. 



\ 



— 288 — 

1657, 27 oct. Révérend Augustin de Feleries, abbé de Bonne- 
Espérance, fait relief. ^ 

1671, 22 oct. Révérend Englebert Maghc, abbé de Bonne- 
Espérance, fait relief. 

, 1709, 22 août. Très-révérend frère Jean Patoul, abbé de 
Bonne-Espérance, fait relief. 

1725, 13 oct.; 1749, lOnov. Très-révérend iseigneur Jérôme 
Petit, abbé de Bonne-Espérance, baron et seigneur de Gbau- 
mont et Ghistoul, fait relief. 

1753, 31 août ; 1766, 12 nov.; 1772, 19 sept. Très-révérend 
seigneur Adrien Housse, abbé de Bonne-Espérance, fait relief. 
(Dénombrement). 

1773, i août ; 1788, 8 nov. Le révérendissime seigneur frère 
Bonaventure d*Aublain, abbé de Bonne-Espérance, fait relief. 
(Dénombrement). 



COLONSTER(i). 



IMO : Le maisoD de Collonstar, atout 1 bonniars de bois tjul priés d'iceli maiioa 
altinoant jnsqaoB m rien da Florenville el XVi^ bonninrB ds terra enille en denl 
piecbss, desquelles l'une anoia le terre de Huy el l'autre le Cresseniere. — 1U1: 
LaTarla maison, preis, tarres, boii, appendices et apparlenances. — 1691 : Cher- 
nage, profis, ëmolumens.appeDdicBs el apparteacnces. — IS73 : bayes, hdrilaiges, 
elc. — i638 : Chesleau, lerre, haullear, seigneurie, etc.' — 1T61 : baute, moyinaa 
elbatM justice, etc. — 1788 : Chapelle, biti mens, lesTermes deSart, Tilff et 
StÏDval dite Chainva, deux Iles à foia, elc. 

1400, âS août. Damme Gécille, fille de fëu messire Gilles 
Gillar, chevalier, avec Johaa Surlet, chevalier, son mambour, 
fïiit relief par décès de Radoul de Colonster, son cousin, et en 
vertu du testament de messire Louys de CoUonster, chanoine 
de Liège, lequel avait Tait accord avec dame Katherine, mère de 
ladite Gécille. 

1457, 2 juil. Stas Chabot, souverain-mayeur de Liège, (bit 
relief de Golonster et de tous autres biens relevant de l'évéché 
de Liège et du comté de Looz. 

147S, 3 déc. Olivier, b(&tard) de Wezemale, en qualité de 
mambour de Gerart d'Odeur dit deWerfezées, enfant mineur, 

(<) Arrcndisseneat et province da Liège. (V. iJadheby, Bilicti, etc., l. 111, p. 
303; Bori, pronunadei, oie., t. Il, p. 16S). Ou trouve aussi cesarmoirieschar- 
gées en char d'an pigeoo d'or. 



~ 230 - 

relève la maison par reportalion de vénérable seigneur messire 
Arnould de Hamalle dit d'Odeur, chantre de St-Lambert, 
seigneur de Werfezées. 

1478,2 avr. Messire Willem de Sombreff, chevalier, seigneur 
de Rekem et Kerpen, fait relief en vertu du testament de 
damoiselle EUis, veuve de Stassin Chabot. 

1484, 22 nov. Messire Ghisbrecht van Wachtendonck, che- 
valier, comme mari de dame Marie, veuve de Willem deSom- 
breffe, fait relief; après quoi il fait transport à Daniel de Noen- 
hem, fils de Henri de Noenhem. 

1506, 15 déc. Vénérable homme maître Johan Paell, docteur, 
chanoine de Saint-Lambert, relève comme il Favait fait sous 
révoque Jean de Homes. Le lendemain ledit Paell et noble 
homme Daniel de Nonnengem déclarent s'en rapporter au 
jugement de la cour pour le procès qu'ils ont au sujet de la 
maison de Golonster. 

1512, 5 juin. Noble homme Ëverard comte de la Marck 
d'Arembergh, seigneur de Mirvvart, etc., fait relief par simple 
résignation de Daniel de Nuenhem. Le 13 juin suivant, ledit 
Everard transporte le lîef à Hubert de Fanchon, le jeune, 
mari de damoiselle Magdalenne de Zuwinkeris, pour servir 
d'hypothèque à une rente de 500 florins pendant la vie de la 
dite Magdalenne, à telle condition que si celle-ci venait ii 
mourir , la terre retournerait aussitôt audit comte ou à ses 
hoirs. 

1516, 25 juin. Noble et très-honoré seigneur monseigneur 
Everar comte de la Marck d'Arembergh, seigneur de Mirwart, 
Neufchastea, Loingpreit, Villance, etc., déclare que, pour la 
somme de 100 florins que vient de lui payer Hubert de Fanchon, 
le jeune, il accorde à celui-ci pour sa vie durant, la possession 
de Golonster qu'il avait achetée de ses deniers en plein siège de 
mariage. 

1521, 21 juin. Everart comte de la Marck et d'Arembergh, 
souverain-mayeur de Liège, déclare avoir promis à damoiselle 



— 231 — 

Magdaleine, sa fille, dans ses convenances de mariage avec 
GerardfdeGoore, 500 florins de Brabant; en garantie de laquelle 
somme il lui avait engagé sa terre de CoUonster pour, à faute 
de payement, en prendre possession après le décès de Hubert 
de Fanchon et de Magdaleine de Zuynkeris, jusqu'à satisfaction 
desdits SOC florins; cela fait, il autorise son frère monseigneur 
Robert comte de la Marck et d'Arembergh, seigneur d'Aigre- 
mont, Bouchoult, Humbeeck, vicomte de Bruxelles, haut-voué 
de Hesbain, maréchal héréditaire de Hollande, sénéchal de' 
Lymborgh, de Dolhain, etc., de payer audit Gérard et à sa future 
épouse les susdits 500 florins pour être lui-même surrogué en 
leur lieu et place dans les droits que ledit comte Everard leur 
avait donné. 

1524, 23 avr. Everard comte de la Marck et d'Aremberck, 
fait donation de CoUonster à Conrard de Horion, mari de sa 
fille Magdalenne. 

1538, 23 juin. Conrard de Horion fait relief à la joyeuse 
entrée de Cornille de Berghes, évêque de Liège, au palais 
de Liège. 

1575, 3 fév. Damoisea Guilheame, fils de Conrard de Horion, 
fait relief par décès de ses père et mère. 

1613, 7 oct. Noble et généreux seigneur Gérard de Horion, 
chevalier, seigneur de CoUonster, Angleur, Ertenne, dros- 
sart du comté de Looz, etc., fait relief par décès de son père 
Guilheame. 

1638, 14 oct. Révérend, noble et généreux seigneur Jean 
d*Eldereu, doyen de Saint-Lambert, prévôt de Saint-Barthélémy 
et conseiller privé de S. A., noble et généreux seigneur 
Anthoenne de Haullepenne, seigneur de Barveau en Condroz, 
Risbrouck, et révérend, noble et généreux seigneur Ernest de 
Rerkem, seigneur dudit lieu, chanoine de Liège et conseiller 
féodal, tous trois mambours de noble seigneur Guilleame de 
Horion, fils unique et mineur de Gérard de Horion, font relief. 



— 232 - 

1651, 4 dëc. Généreux seigneur Guilleaume de Horion, 
seigneur d*AQgleur, Rettine, etc., fait relief. 

1690,21 mars. Noble et illustre seigneur messire Gérard As- 
suer baron de Horion, seigneur de Colonster, Hel, etc., fait 
relief par décès de Guilleaume de Horion, son père. 

1726, 8 janv. Noble et très-illustre seigneur messire Gérard 
Assuer baron de Horion, seigneur de Hel, époux de madame 
Marie Hélène Josine baronne de Bentinck, fait relief. 
* 1769, 22 oct. ; 1768, 21 août. Très-noble et très-illustre sei- 
gneur messire Charles François Joseph comte de Horion, cham- 
bellan de S. M. I. R. et A., colonel d'un régiment d'infanterie 
étrangère portant son nom au service de S. M. T. G., seigneur 
de Colonster, Angleur, haut drossart du comté de Home et de 
Looz, fait relief par décès de Son Excellence Haximilien Henri 
Hyacinthe comte de Horion , seigneur de Colonster et Angleur, 
grand prévôt de Liège, abbé commenditaire deN. D. de Mouzon, 
prévôt de Maeseick et d*Hilvarisbeeck, conseiller d'Etat de feu 
l'empereur Charles VII, grand-maitre et premier ministre de 
S. S. E., son oncle. 

1768, 18 août. Monsieur Jean Thomas Dupont, de Tilff, fait 
relief. 

1769, 8 déc. Ch. Fr. Jos. comte de Horion, seigneur de Co- 
lonster, Angleur, etc., cède k noble et illustre dame la comtesse 
douairière d*Arberg, née comtesse de Horion, sa sœur, l'admi- 
nistration de tous ses biens, à condition de payer ses dettes 
et de rétablir ses affaires. 

1771, 2 sept. Marie Anne comtesse de Horion, née comtesse 
de Yelbruck, demande l'exécution d'une promesse de 6000 liv. 
de France lui faite comme pension par Ch. Fr. Jos. comte de 
Horion. 

1774, 1" mars. Ch. Fr. Jos. de Horion, conseiller privé de 
S. A., grand mayeur et souverain officier de Liège, engage 
à monsieur Jean Guillaume Arn. de Chockier, chevalier de S. 
E. R., seigneur de Geinglehein, sa maison sur la Place-Verte, 



— 233 — 

à Liège et tous ses biens» pour servir d'hypothèque à une rente 
de.240 florins de Brabant. 

1780,23 nov. Le curateur des biens de Gh. Fr. Jos., comte 
de Horion met à proclamation le château de Golonster, lequel 
est acquis pour i70,S00 florins de Brabant, par très-noble et 
très-illustre seigneur Jean Florent Lamoral Louis Charles 
François duc de Gorswareme Looz, lequel fait relief. 

1781, 29déc. Le duc de Gorswarem-Looz, n'ayant pas à sa 
disposition la somme qu*il avait offerte pour la seigneurie^ 
celle-ci est adjugée à très-illustre, très-puissant et généreux 
seigneur Benoit Albert Louis Guislain comte de Hamal, vicomte 
de Focan, lequel fait relief. 

1789, 12 janv. Le vicomte de Focan, seigneur de Jamblines, 
JamsouUe, etc., haute et puissante dame madame Marie Mar- 
guerilte Louise Ângeline Jean-Népomucène comtesse de Hamal 
de Focan, sa femme, Ferdinand François Joseph Alphonse 
Guislain comte de Hamal de Focan, leur fils, haute et puis- 
sante dame madame Marie Charlotte comtesse de Hamal, née 
comtesse de Horion, femme de ce dernier, haut et puissant sei- 
gneur messire Philippe Alphonse Maximilien Joseph Guislain 
comte de Hamal et du S. E., baron de Vierves, etc., frère dudit 
vicomte, engagent tous leurs biens à monsieur Laurent de Las- 
sence, ancien capitaine au service de France, pour servir d'hy- 
pothèque à une rente de 262 florins. 

1783, 28 mai. Messire Ben. Alb. L. Guisl. de Hamal, seigneur 
de Martusin, des Deux Hours, Havenne, Golonster et Angleur, 
gentilhomme de TEtat noble du pays de Liège , cède à haut, 
noble et puissant seigneur messire Ferd. Fr. Jos. Alph. Guis, 
comte de Hamal de Focan, grand-mayeur et souverain officier 
de Liège, grand bailli des comtés de Looz et de Horne, lieute- 
nant voué de Thorn, conseiller privé de S. A., etc., son fils, 
les seigneuries de Golonster elAngleur.en échange des terres de 
Jamblme et JarnsoulCy réservées dans la vente faite le 28 mars 
1783 à haut et puissant seigneur messire Pierre Benoit vicomtQ 



— 834 - 

de Sandrouin, seigneur de Villers-sur-Lesse. Ledit comte de 
Hamal de Focan fait relief. 

1787, 9fév. Le comte de Hamal, baron de Vierves,et le comte 
de Hamal, grand-mayeur de Liège, époux de Marie-Charlotte 
comtesse de Horion, cèdent à noble et honoré seigneur idon- 
sieur Thomas Mattias de Louvrex, jurisconsulte, avocat et an- 
cien bourgmestre de Liège, le fief de Golonster, le tiers des sei- 
gneuries de Scry, Abée, Saint-Fontaine et Thôtel de Horion sur 
la Place-Verte à Liège, à condition de payer les dettes de feu le 
comte de Horion. 

1788, 7 janv. Le comte de Hamal, baron de Vierves, cède la 
seigneurie aux créanciers du comte de Horion. 



COURRIERE.C) 



13S0 ; Terni de Bois, de Corrièns et àt Brimaigne, valans Jiijii libr. terre etxxviij 
bomincs. — 1363: La flaf de Corières dallés Hailhen. — 1319 : Le ville de 
Conrièrea, le bawe jnstisse dou liea avoecq iv mnia de bleid moitiilla, mesure 
de Hamar, Tiij cappoos, xxvîij s. de cens, et le cana des Tacher, etc. — 13TS ; 
Atout haaleur, ceos, reaies, elc. — iUi: La terre de Corires séant soor la 
RendHrch, etc. — i4HT: Toute la terre, hsalaur el seignourie deCoriires gissaat 
sourie Raindarce, etc. — 1U7 ; SeigneuriemoyeaDeel basse, terres, preii, boiXt 
elc. — 1619: Viviers, ctaerwaiges, biens hireiaublas eDdépeadaae, etc. — lllB: 
Chliloau, elc. — l'ail : Uae eoar Téodale, la seigaearie taacière de Triea 
d'AvilloD, etc. 

1320,14 août. Gillotin dou bois, avec Jean Aigneas deVivario, 
son mamboiir, fait relief de Corrières, Bois et Brimaigne, par 
succession de son père Gtllotial, fils de Gilles dou Bois. 

1353, 17 sept. Gilloti:iu dou Bois relève par reportation de 
Hassotte Pernode, lequel venait de faire relief par succession 
de son père. 

1359, 5 mai. Jehan, fils de Lorechon de Sta, de Dinant, fait 
relief comme mari de Ratlierinne, et par reportation de Wautîer, 
fils de J. Angneal, fVëre de sa femme. 

1360, i" déc. Jehan d'Orgol, bourgeois de Dinant, ftiit relief 
par reportation de Jehan, fils de Lorechon de Stau. 

<l ) Province ai arrondiasemeai de Namur. 



— -236 — 

1372, 6jaRv. Messire Willem de Spontin, relève Corières et 
Brumaing, par reportatioa de Willeme Lardenois, son fils, le- 
quel venait d*en faire relief par décès de sa mère. 

138S, 19 mars. Messire Willem Lardenois, seigneur de Spontin 
et de Wavere, fait relief de Corières et Brimaigne, par décès de 
Willem de Spontin, son père, sauf ie douaii e de dame Marie 
de Borsseir. 

1404, 28 nov.; 1418, 16 août. Jehan li Cherpentier, de Dynant, 
fait relief par reportation de messire Robert, fils aîné de Willem 
Lardenois, sire de Spontin, chevalier. 

1433, 4 oct. Godeffroit de Foye (ou Soye?), bourgeois de Dinant, 
relève comme mari de Santé, fille de Jehan le Cherpentier, en 
vertu de ses convenances de mariage et par reportation faite 
par daraoiselle Margritte d'Obrans , femme dudit Jehan , de 
l'usufruit qu'elle possédait sur Corières et dont elle venait de 
faire relief avec Henri de Waurous, son gendre. 

1433, 16 nov. Jehan de Coraine, seigneur de Roynaingne (ou 
Ounaingne ?U fait relief par reportation de Ghodefroit de Foye. 

1457, 23 mai. Thiry de Bastongne, seigneur de Verinnes, 
écuyer, fait relief comme mari de damoiselle Marie, fille de Jehan 
de Coraines. 

1479, 15 févr. Guilleame Lardenois de Spontin, écuyer, fait 
relief par décès de Marie de Coraines, sa mère, fille de Jehan 
de Coraines. 

1486, 26 août. GodeflFroyd d'Eve, écuyer, bailli de Namur et 
prévôt de Poillevache, fait relief par transport et résignation de 
Guillaume Lardenoit de Spontin ; Ernoul du Ry et Jehan Salmy 
renoncent à tous les droits qu'ils pouvaient avoir sur la 
seigneurie. 

1527, 27 mai. Franchoy de Bailhet, écuyer, seigneur délie 
Bucke, comme mari de damoiselle Margarittede Spontin, veuve 
de Jehan de Glimmes, relève l'usufruit que sa femme possède 
sur Coriers. 

1567, 14 juin. Noble homme Jolian de Glimmes, baron de 



— 837 ^ 

Florines, seigneur de Stave, Spontin, Corriers, etc., fait relief 
par décès de Johan de Gliaimes, seigneur de Spontin, son 
père, et de damoiselle Margaritte de Spontin, sa mère. 

ië84, S oct. Noble homme seigneur Jacques de Glymes, 
seigneur de Spontin, Corrière, etc., fait relief. 

1612, 6 oct. Noble dame madame Jenne de Berlaymont, 
veuve de noble et généreux seigneur messire Jacques de 
Glimme , baron de Florinne , seigneur de Corriers, Stave, etc., 
relève son usufruit, puis en fait transport à son fils noble et 
généreux seigneur Guilheame de Glimme, seigneur de Spontin, 
Corriers, etc. ; celui-ci , après avoir fait relief, vend pour 7000 
florins de Brabant la seigneurie à honorable Jean Mulinaire, 
marchand deNamur, lequel fait relief à son tour. 

1614, 24 sept. Noble et généreux seigneur messire Gabriel de 
Glimes , chevalier , baron de Florine , seigneur de Stave , 
Soulraoy , Vaulx , etc., ayant par purgement et retrait lignager 
retiré la seigneurie des mains de Jean Meulinaire, lui cède de 
nouveau tous les droits qu*il peut y avoir pour 9600 florins de 
Brabant. 

1626, 10 sept. Le seigneur Jean Muller , apporte en mariage 
à damoiselle Andriane, fille de feu honnoré seigneur Jacques 
Zualart, receveur des Etats au comté de Namur, les seigneuries 
de Gorrier et Ivoy. 

1663, 22 oct. Le seigneur Jean François Muller , écuyer , 
seigneur de Corière, Trieux, Avilion, Faille, etc., fait relief. 

167S, 6 mai. Le seigneur Jacques Ignace Muller , époux de 
Marie Isabelle Sanchez de Salazar, fait relief par décès de Jean 
François, son frère. 

1700, 30 janv. Don Frédéric de Castro , brigadier au service 
de S. A. électorale de Cologne, Léopold de Lebeau, et Pierre 
François Woot de Trixhe, seigneur de Soy, héritiers de Jac- 
ques Ignace de Muller vendent aux enchères les seigneuries de 
Corière et Trieu cPAmllon au seigneur de Castro pour 18,000 
florins. 



— 238 — 

1725, 13 août. Noble seigneur Bernard de Barsine, second 
mari de Marie Isabelle Sanchez, fait relief. 

1726, 24 sept. Marie Is. Sanchez donne la seigneurie en ren- 
dage pour 3780 florins à Marie Marsine, veuve de Philippe 
Burtombur. 

1741, 30 oct. Bern. de Barsy et Anne Barbe de Give, sa 
femme, vendent la seigneurie à George Zoude, bourgeois de 
Namur, pour 11,000 florins. 

1746, 4 avr.; 1776, 1«' juin; 1772, 4 sept. George Zoude, 
bourgmestre de Namur, fait relief. 

1760, 29 oct. Georges Zoude apporte la seigneurie en mariage 
à dame Jeanne Joseph Richard, veuve du sieur Adrien Joseph 
du Monin, écuyer, seigneur de Rendeux. 

1773, 28 nov. ; 1788, 11 janv. Madame Jeanne Joseph Richald, 
veuve en premières noces du sieur Adrien Joseph du Monin, 
écuyer, seigneur de Rendeux, et en secondes noces de Georges 
Zoude, fait relief. 

1791, 28 mars. Monsieur H. J. de Severin, membre du conseil 
de Namur, et madame M. J. Zoude, sa femme, font relief. 




CROIX ('>. 



i3ii : Le terre de Creu, gisans dallés Cyney. — 146i : Hantenr et seigneurie 
aoyecque toates ses appartenances, emprës Ghinay. — 1754 : Creux ou Croix, 
appendices, droitures, aisemences et appartenances. 

1:^81, 23 août. Wautier, sire de Creu, et damoiselle Marie, sa 
femme, reconnaissent devoir à Jehan, fils d'Amélie Royer, et à 
ses compagnons lombars, 180 francs de France. 

1385, 13 avr. Willeme de Jamblines fait relief du fief par 
reportation de Wautier, sire de Creux , lequel le tenait par 
reportation de Willem de Herlenveaulx (a). 

1391, 10 nov. Hubien del Malaise fait relief de la terre, telle 
que la tenait Wautier de Creux. 

1429, 17 avr. ; 1457, 2 août. Jehan de Creux fait relief par 
décès de Hubin de la Malaise, son père. 

1464, 23 janv. Robert de Creu, citain de Liège, fait relief par 
décès de Jehan de Creu, son frère. 

1468 : 25 déc. Messire Johan deBerloz, seigneur de la Vaulx, 
chevalier, feît relief par résignation de Robert , seigneur de 
Creu. 

1478, 8 avr. Damoiseal Lambert de Mobertinghen, seigneur 



( I ) Canton de Giney, commune de Sovet, province de Namur. 

(^) Nous trouvons à la date du 44 avril 1385 le relief suivant : Willem de Jam- 
blines, fait relief de la terre de gisante au ban de Chiney delez Spontin, par 

succession de messire Gilles de Jamblines, son père, et de messire Tbiery, son 
frère. 



— uo — 

de Chestelineau, fait relief de la seigneurie par reportation de 
Gérard de Jassongne dit de Champion, auquel elle était échue 
par décès de Jean et de Robert de la Malaise. 

1487, 27 mai. Dame Ysabeau Surlet, veuve de Jehan de 
Berlo, seigneur de Laval, fait relief par décès de son mari. 

1537, 28 févr. Jehan, fils puiné de noble homme Johan de 
Havereche, seigneur de Presle, etc., fait relief au nom de noble 
homme Everard de Méroede, fils mineur de Franehoy de 
Méroede, seigneur délie Vaul, Béez, Salsoire, Croy, etc. 

1839, 28 avr. Everard de Mérode fait relief. 

1848, 7 mai. Noble damoiselle Anne de Schauwenberch , 
douarière délie Vaul et de Creu, fait relief par Philippe de Jan- 
blinne, son mambour, des terres de Creu et délie Vaul. 

1869, 18 avr. Noble et généreuse Mechtel Rougrave, veuve 
d'Everard de Méroede, fait relief de son usufruit sur les sei- 
gneuries de Creu, délie Vaul et sur la moitié de celle d^Yproeve, 

1883, 22 juin. Maître Jean Bachins, chanoine de Sainte-Croix, 
tuteur et mambour de noble seigneur Robert de Mérode, seigneur 
del Vaulz, Creu, etc., fait relief de Creu et de la moitié d*Yprouoe, 

1890, 6 août. Noble et honoré seigneur Zegher baron de 
Groisbeck, seigneur délie Vaulx, Creu, Vaulx, Yproeuve, fait 
relief de Creu et de la moitié à'Yprotwe comme mari de noble 
dame madame Anne de Méroede, sœur atnée de messire Robert 
de Méroede, chevalier, et par décès de celui-ci. 

1618, 4 mai. Damoiselle Catherine Jacque, veuve d'honnorable 
homme Henry Gerlays, échevin de Marche en Famenne, femme 
du seigneur Françoy de Soy, échevin de Marche , transporte 
à honorable Gielle de Soy, fils dudit Françoy , son beau-fils, la 
moitié de la seigneurie que Henri de Gerlays, son premier mari, 
avait achetée le 8 mars 1610 à noble et généreux seigneur Ernest 
de Groisbeck, seigneur délie Vaulx. 

1619,20 févr. Honnorable seigneur Jean G^ays, seigneur de 
Charnoy, conseiller ordinaire de leurs altessesàu c(Kiseiïprovin- 



— 241 — 

cial de Namur, relève la moitié de la seigneurie par décès de 
Henri de Gerlays, son frère. 

1619, 2 sept. Honorable seigneur Françoy de Soy et Gielle, 
son fils, font transport de la moitié de la seigneurie à Jean 
Gerlays, lequel la relève en entier. 

1684, 13 juil. Le seigneur Jean de Clercq, écuyer, oncle et 
tuteur du seigneur Jean Charles de Gerlais, vicomte d'Upigny, 
seigneur de Creux, fils aîné de Jean de Gerlaise et de Marguerite 
de Clercque, fait relief. 

1706, 13 déc. Le seigneur Godefroid de Gerlaise de Corbion, 
partie faisant pour sa parente noble demoiselle Françoise Mar- 
guerite de Gerlaise, vicomtesse de Hupigny,dame de Creux, fait 
relief par décès de noble seigneur Sébastien Ignace de Gerlaise, 
seigneur de Creux, vicomte de Hupigny, frère de la dite dame, 
lequel en avait hérité par décès de Charles de Gerlaise, son 
frère. 

1722, 8 oct. ; 1725, 18 sept. Noble seigneur Jean Charles de 
Gerlais, fait relief par décès de Françoise Marg. de Gerlais, sa 
parente. Dénombrement. 

1727, 16 mai. Généreux seigneur messire J. Ch. de Gerlais, 
vicomte d'Upigny, seigneur de Croix, Hame, Stihelle, Beauprez, 
etc., fait transport aux révérends seigneurs messires François 
et Charles François Rossius de Liboy, chanoines de Liège, pour 
850 écus, du titre honorifique de seigneurs de Croix, avec la 
cour féodale et censale, et tous droits. 

1740, 20 Janv. Noble seigneur Charles Antoine de Rossius 
d^Humain, vend pour 1538 florins à noble seigneur Jean de Na- 
mur, chevalier, seigneur de la Motte, la seigneurie avec tous 
droits honorifiques, prérogatives et émoluments. 

1744, 23 juin. Jean de Namur, fait relief. 

1784, 28 mai. Le seigneur Guilleaume Hubert de Namur, che- 
valier , seigneur de la Motte fait relief par décès de Jean de 

Namur, son père. 

iS 



— 248 — 

17S7,16juiD. Noble seigneur Alber de Grady, chevalierdu S. 
E. R., ancien bourgmestre de Liège, trésorier-général des États 
du pays de Liège et comté de Looz, et le chevalier de Nankur, 
son beau-frère, vendent au seigneur Jean Baptiste d*0malius« 
seigneur de Ualloix, pour 1535 florins de Brabant» les droits 
qu'ils possèdent sur la seigneurie. 

1765, 40 juil. ; 1772, 7 mai. J. B. d'Omalius fait relief. 

1778, 30 juil. Monsieur Jean Baptiste Jérôme d*Omalius, 
ancien officier au régiment de Vierset, mari de la demoiselle 
de TEtache , transporte la seigneurie à monsieur Guilleaume 
Bernard Noël d*Omaiius, jurisconsulte et avocat , lequel fait 
relief. 



CRUPET (.). 



conrl ivocc ane part de le jastiche de Grippe bilte et bisse avoec 
•■l ippendiches, I livrées de terre, gisaas on le ville al terrait de 
Crippet, sur xl bonniers de terre, ij bonniers de preia, xx bonniers de bois, xv 
niuîs de bieid de reate, Ix sols de cens, u tant csppons corne gelines. — i 3S9 : 
Un manoir et telle part d'hdrilaige que i) a en le ville et teiroit de Crippey. — 
1368 : Tous les preis gisans sour la rivière d'Yarwe, yanives, poailles, etc. — 
im : le terre de Crippey, ï tontes ses apparteDïnces. — 1481 : Terre, haulteur 
el seigneurie de Cripey, la brassiniie, cens, rentes et redevablilez. -^ 1510 : Les 
maieoa, fortresse, etc. — 1667 : Fraoctie taverne, droits, préminenne, elc. — 1669: 
Chiileau, etc. — 1740 ; Hanle, moyenne el basse josltce, etc. 



1315, 33 jutl. Wautier, fits de feu Franchois de Crippei, fait 
relief du bien, puis l'assigne en douaire à sa femme Katherine de 
de LaLre, fille de maître Lambert Manette, de Diiiant, laquelle 



(i) ArroDdissemeal et province de Namar. — (V. Saunert, DiUcei, etc., I. III, 
p. 0t). — On tronve aussi, pour les armoiries, les lëoptirds couronnés d'or, el alias; 
d'arfent à deux léopards de gueules. 



— 244 — 

déclare l'accepter avec Jacke de Uffey dit de Havelange et Jehan 
de Latre. 

. 1359, 5 mai. Willaume, fils de Jehan Agnial de Grippey, fait 
relief par décès de son père. 

1361, 24 mars. Jehan de KoriouUe, fait relief par reportation 
de Wattelet, fils d'Agneal de Crippey. 

1361, 9 sept. Jehan dou Sta, de Dinant, fils de Lorechon, fait 
relief de la part d*Agneal de Crippey dans la maison de Crippey, 
par reportation de Jehan de Corioul. 

1368, 14 déc. ; 1380, 12 août. Messire Willeames del Savenirs 
fait relief du fief d'Agneal de Crippey par reportation de Wau- 
tier Sorinnes. 

1369, 27 avr. Dame Agnès, veuve de Rymoy de Sorines et 
femme de Willeme del Savenière, chevalier, fait relief de son 
douaire sur Cripey. 

1385, 29 mai ; 1390, 8 déc. Michar de Warisoul , fait relief 
par repoitation de Willeme dele Salvenière. 

1395, 3 janv. Gilles de Wadrechées, comme mari de damoi- 
selle Hechon, fille atnée de feu Robert d'Orgio , fait relief des 
biens autrefois tenus par messire Lowy de Crippey, chevalier, 
et Henri son fils , par décès dudit Robert ; puis il en tàii 
transport à Lowy , fils de Henri de Cripey. 

1424, 16 avr. Willem fils de feu messire Michel de Warissoul, 
chevalier, fait relief. 

1481, 27 janv. Messire Thomas sire de Cripet, chevalier, 
fait relief par décès de Gille de Cripey, son père. 

1498, 9févr. ; 1510, 22 janv. Hubert de Montjoie, bourgeois 
de Huy, fait relief comme mari dedamoiselle Helwy de Cruppey 
par décès de Thomas de Cruppey. 

1498, 24 avr. Darame Jehanne de Roley, veuve de Thomas de 
Crupet, nomme des mambours pour plaider en son nom contre 
Hombert de Montjoy. 

1810, 22 fév. Jehenne de Roley, relève la seigneurie par 



— 248 — 

décès de son mari, puis en fait transport à Giile délie Loye, 
son neveu, en se réservant l'usufruit. Ledit Gîlle fait relief. 

1S14 , 30 juin. Hubert de Rebellée dit de Honjeoie déclare 
qu'après les décès de Jehenne de Roley, et de Helwy de Cruppey, 
veuve de Hubert de Monjoie , sa mère, il relèvera la seigneurie 
et en fera transport à Giles de la Loye, écuyer, pour 1:20 muids 
d'épautre de rente. 

1523, 17 juil. Damoiselle Andriane de Huy , veuve de Gille 
délie Loye, relève son usufruit par Guilheame de Uosden, 
seigneur délie Chapelle en Gondros , son mambour. 

1523, 4 nov. Damoiseau Guilleame de Bloes fait relief comme 
mari de dame Anne de la Loye, fille de Giele délie Loye et en 
vertu de ses convenances de mariage. 

1525, 21 févr. La cour féodale approuve le testament de noble 
et honoré Giel délie Loie, du consentement d'Adrienne de Huy, 
sa veuve, de monseigneur de Montjoie et de Robert délie Loie, 
mambours de la flUe dudit Giel, et des damoiselles Jehenne et 
Jacqueline de Waveroimont, sœurs de celle-ci. 

1535, 4 nov. Noble et vaillant seigneur sire Guilleaume de 
Bloys, chevalier, seigneur de Donstienne, grand écuyer de la 
reine de Hongrie , demande à être investi de la seigneurie en 
vertu de la donation lui faite par Adriane de Huy, lors de son 
mariage avec dame Anne délie Loye, sa fille. 

1537, 30 juin ; iS39. Noble dame Anne de la Loye, dame de 
Donstienne, veuve de Guil. de Bloys, fait relief de son usufruit 
sur la seigneurie, laquelle appartient à Franchoy, son fils. 

1549, 2 janv. ; 1888, 30 janv. Noble et hmioré seigneur mes- 
sire Jehan Garondelet, chevalier, seigneur de Solre-sur-Sambre, 
Harveugh, Merlain, etc., fait relief comme mari d'Anne de la 
Loye. 

1568, 7 déc. Madame Anne délie Loye, veuve de Jean de Ga- 
rondelet, douarière de Solre-sur-Sambre, dame de Grupey, Wa- 
vremont, etc., relève son usufruit sur la seigneurie, puis en fait 



— 246 — 

transport à son fils noble homme Guilheame de Carondelel, 
écuyer, seigneur de Crupey, Wavremont, etc., pour ses conve- 
nances de mariage avec madame Jelianne de Brandenborg, 
douairière de Celles. Noble homme Jehan de Carondelet, écuyer, 
seigneur de Solre-sur-Sambre, Harveng, Nueville, les Sartis, 
etc., frère de Guilheame, donne son consentement à cet acte. 
Ledit Guilheame assigne la seigneurie en douaire à ladite 
Jehanne, sa future femme. 

1S73, i oct. Guilheame de Carondelet donne la seigneurie en 
hypothèque à son cousin noble homme Jehan de Carondelet, 
écuyer, seigneur de Potelles, Annoilles, Ausnoy S*-Martin, etc., 
dans ses convenances de mariage avec damoiselle Marguerite, 
fille de noble homme Guilheame de Horion, seigneur de Grand- 
Axhe, Freloux, Engy, voué de Horion, pour servir de garantie 
à une rente. 

1884, 7 juil. Monseigneur Guilheame de Carondelet fait relief 
des seigneuries de Crupet, Ennehet, Ceelles et Furfoz. 

1607, 13 juin. Noble et généreux seigneur messire Jean de 
Carondelet, chevalier, seigneur de Solre-Sur-Sambre, Harvin, 
Nuefvîlle, la Sarte, fait relief en vertu du testament de noble et 
généreux seigneur Guilheame de Carondelet, chevalier. 

1609, 12 juin ; 1613, 11 oct. Noble et généreuse dame madame 
Anne de Daure, douairière de Solre-sur-Sambre , Harvin , les 
Sartis, dame de Crupet, vicomtesse de Wavremont, fait relief 
par décès de son mari messire Jean de Carondelet. 

1667, a mars. Haut et puissant seigneur messire Maximilien 
de Mérode, marquis de Deynse, vicomte de Wavremont, seigneur 
d^Assesse, Crupet, «te, fait relief comme mari d'Anne Françoise 
Hubertine de Carondelet. 

1669, 9 avr. Noble et généreux seigneur messire Ferdinand 
comte de Mérode et Montfort, seigneur de Han-sur-Heur, Oirs- 
chot, Rocques, haut-voué de la ville de Fosse, fait relief par 
décès de sa mère et en vertu du testament de Guil. de Caronde- 
let, son grand oncle, 



— 247 — 

1687, 4 mars. Haut et puissant seigneur Maximilien Albert 
libre baron comte de Mérode et Montfort, marquis de Deynse, 
vicomte de Wavreumont, seigneur de Gfupei et d'Han-sur-Heur, 
haut-voué héréditaire de la ville de Fosse, fait relief par décès 
de son père Ferdinand comte de Mérode , et de Madame Géles-> 
Une de Longvalle. 

1740, ISnov.; 1744, 12oct.; 1768, 2 sept.; 1773, 26 août. 
Noble et illustre seigneur Jean Charles Joseph comte de Mé- 
rode et du S. E., marquise de Deynse, fait relief par décès de 
son père. 

1774, 18 sept.; 1788, 24 nov. Noble et illustre seigneur mes- 
sire Balthazar Philippe comte de Mérode , de Montfort et du S. 
E., marquis de Deynse, baron de Sautour, vicomte de Wavre- 
mont et de Jeherenne, seigneur de Ham-sur-Heure, Nalinnes, 
Régniez, Grupet^ etc.» haut-voué héréditaire de la ville de Fosse, 
fait relief. 



DARION.H) 



139S ; Le baallear de Derrioa, avoecq le binMine, moulliD, cens, raDles ei mllm 
appirlcnancas. — Terres, prés, paislchs, yanwes et aaltrez droilares. — 1619: 
ieigneuric, atc. — 4649 : terre, chapona, etc. — mO : Droit de baaaiild, litm 
censsux, huiseelBBes, liera de commuae, le tiers de reodage, readage el droit de 
ptaetage, bois, étangs, terres labourables, elc. 

1394, âS déc. Lambiert, lîls de Teu messire Ernoul de Haulte- 
penne, chevalier, fait relief. 

1411, 38 mars, ûhoderroit.fîlsde feu Lambiert de HarduemonI, 
eiifanl mineur, fait relief par décès de son père. 

Î451, 6 déc. ; 1457, l" mars. Jehan de Seraing, seigneur de 
Thinlou, de Hollongnes-sour-Geers et de Boelle, écuyer, fait 
relief comme mari de damoiselle Katherine, fllte aînée de 
messire Ghodefrotd de Harduemonl, et par décès de celui-ci. 

152S, 10 oct. ; 1538, 8 nov. Franchoy. fils de feu Gilbert de 
Seraing, seigneur de Hollongne-sur-Geire, Boilhe , etc., fait 
relief par décès de ses ancêtres. 

1569, 33 nov. Noble dame madame Franchoised'Oxben, veuve 
de noble homme Franchoy de Serreis, seigneur de Hollogne, 
relève son usufruit en compagnie de damoiseau Godefroid de 
Serreis, son flls. 

( f ) CominuDe du canton de Waremme, proviace de Liège. 



— 249 — 

157S, 4oct. ; 1583, 30 mars. Godefroid de Seraing, seigneur 
de HoIlogne-sur-Geer, Darion, Boele, etc., fait relief par décès 
de Franchoise d'Oxhet, sa mère. 

4619, S nov. Noble et honoré seigneur Jean de Seraing , 
seigneur de HoUogne sur Geer, Darion, Boeile, etc., fait relief 
par suite du décès de son père Godefroid. 

1649, 14 nov. Messire Godefroit de Seraing, seigneur de 
Holloingne-sur-Geere, Boelhe, Darion, Manixhe, et madame 
Hélène Isabelle de Ponty, sa femme, cèdent à leur fils aîné Jean 
Englebert, pour son émancipation, les seigneuries de Darion 
et de Boelhe, lui donnant comme mambours messires God. de 
Seraing, chanoine de S. Paul, et Jean de Ponty, seigneur de 
Ponterasse, grand bailli de Pleury, ses oncles. 

1694, 29 nov. Convenances de mariage entre noble et généreux 
seigneur Ernest Dominique de Serain, baron de Hollogne-sur- 
Geere, seigneur de Boilhe, Darion et Many, etc., et noble et 
vertueuse madamoiselle Odile de Labricque, fille de noble dame 
madame Anne Marie de Neufcourt, veuve de noble et généreux 
seigneur Guilleaume de Labricque, seigneur de Lannois, du 
Quinte, de Stienwortc, etc. 

1700, 10 sept. Ern. Dom. de Seraing, fils de Jean Englebert, 
fait relief. 

1721, 24 avr. Illustre dame Odile de Labricque, veuve de 
Ern. Dom. de Seraing, relève l'usufruit de la seigneurie. Le 
20 novembre 172S, elle fait relief de la seigneurie. 

1733, 2 mai; 1744, 26 mars. Noble et généreux seigneur 
François Alexandre baron de Seraing et de HoUogne, seigneur 
de Boelhe, Manil et Darion, fait relief. 

1754, 19 nov. Fr. Al. baron de Seraing , cède la seigneurie à 
noble seigneur François Adolphe baron de Bergh de Trips , 
seigneur de la franchise de Hemersbasch et Sindorf, etc. 

1762, 9 août. Fr. Ad. baron de Bergh, recède la seigneurie 
à Fr. Al. baron de Seraing, lequel fait relief. 

1770, il oct. Très-noble et très-illustre seigneur messire Fr. 



— 230 — 

Al. baroQ de Seraing, seigneur de Mâffe en Gondroz, etc., et 
dame madame Marie * El Lsabeth Josephe de Senzeille, baronne 
de Soumagne, sa femme, donnent leurs terres de Darion et 
Boelhe à leur second fils» le seigneur Pierre Mathieu Joseph 
baron de Seraing. 
1785, 18 déc. Monsieur P. Maih. Jos. baron de Seraing , fait 

relief. 



DIEPENBEECK (.). 



1397 : Tous lesbienB de Dieppenbecqne. — 1113: Le ville et 5i|;notiri8 de Dieppen- 
becque à loules ses appartenances. — I4M: Terre, haulleur, juslica, elc. — 
{468 : Patronage, collllioasde bénéfices, appaitenances et appendices de Dypeo- 
beych, avec tous pasiuniges, les c«ds, rentes, fyefs, arier-fyefs, homagas, terres 
érales, jardiens, preis, bail, viviers, jrawes, mollins, (bars, bressinez, auvies, 
chappons, poilles, oeCa, lias, chirres, cspcisces , mortes- mains , loulnienx, wy- 
Diges, naleloles, issîcses, forigss, gabelles, mynncz, corwëei et autrez droi- 
tures. proDflIs, avenlures, fourfiictures et émolumens quelconcques. — 1E9S: 
Baronnie, etc. — nS5 : Chliteau, etc. 

1323, S janv. Louis de Dippembeke, pair de S. Lambert, fait 
relief. 

1855 {f}. Henri, seigneur de Dieppenbeke, avec Jehan de Ber- 
nalmoitt , chevalier , son mambour , Tait relief par décès de ses 
père et mère. 

1397, 8 févr. Willem de Sombreffe fait relief par testament 
de messire Henri. 

1412, 16 oct. Jean de Bavière, évêque de Liège, déclare que 
messire Baudewin de Honjardiii, seigneur de Weyenhoven, fait 
transporl de la seigneurie à Joliaii van Schoenvorst, borcbgrave 
de Montjoye, seigneur de Flammengeryeu et de Walhain. 

(0 Commaae de la province de Limbour^ — (V, SauuXï, Wiic«, t. IV. p. 369). 



— 282 — 

1420, 4 juil. Jehan de Sconnenvorst fait relief. 

1444, 23 sept. Jehan de Horne, seigneur de Perweys, Duf- 
fel, Gheel, etc., fait relier par succession de damoisèlle Je- 
henné de Ilochefort, sa tante, veuve de Jehan de Scoenevorts. 

1448, 27 janv. Damoisau Jaque , seigneur de Gaesbeke , de 
Steyn, de Putte, etc., fait relief comme mari de damoiselIe Mar- 
gritte de Scoenevost, fille de messire Conrart de Scoenevoest, 
seigneur d'Elslo , par reportation dudit Conrart, lequel venait 
de relever la seigneurie par décès de Jehan de Scoenevoest, 
son cousin, et de Jehenne de Rochefort. 

1447, 29 juin. Damoiseau Jehan (Henri?) de Horne, seigneur 
de Pereweys, Duffel, Gheel, Oxhen, etc., fait relief par décès 
de damoiseau Jehan de Horne, son père. 

1481, 18 déc. Jehan, seigneur de Méroede, comme mari de 
madame Aelis de Horne , fait relief par reportation de damoiseal 
Henri de Horne, seigneur de Perweys, Gheel, etc., frère de ladite 
dame. 

1488, 4 mars. Margritte de Scoenvorst, dame de Gaesbeycke, 
avec Henri de Horne, seigneur de Perweys, de Dufllel, de Gheele, 
d'Oxhen, etc., chevalier, son mambour, fait relief par reporta- 
tion de damoiseal Jacque, seigneur de Gaesbeyck, son mari. 

1488, 24 juil. Messire Johan de Gaure, chevalier, seigneur de 
Keferinghe et de la Hetwilde, conseiller et chambellan de mon- 
seigneur le duc de Bourgongne et de Braibant, fait relief comme 
plus proche héritier de madamoiselle de Gaesbeecke, sœur de 
sa femme. 

1489, 8 mars. Messire Jacques, comte de Hurnes, seigneur 
d'Altena , Montengny , Cranendonck et Corteshem , fait relief 
de la moitié de la seigneurie et ville de Dypenbeec, comme plus 
proche héritier de damoiseal Jacque, seigneur de Gaesbeecke, 
de Pucte et Oxcoude. 

1473, 31 déc. Herman Geveros alias de Utricht relève tous 
les biens que feue demoiselle Johanne, fille de Diest, sa femme 



— 283 — 

possédait en rentes sur la seigneurie de Dyepembecke, dévolus 
à ladite Johanne par décès de damoiselle Johanne de Peruweys, 
sa mère» du consentement d'illustrissime damoiseau Joban, 
comte deNassouwe et de Sarbrugen et de damoiselle Johanne, 
fille de Heynsberghe et de Diest, gendre et fille de ladite Jo- 
hanne de Diest, 

147S, 17 août; 1485 , 27 mai. Âdriaen , fils de feu Jehan de 
Gaure, seigneur de Herinnes, HeetPelde, Elseloe, etc., fait relief 
par décès de son père et en vertu du testament de Margueritte 
de Schoenevorst. 

1493, 8 janv. Messire Jehan d'Alffteren. chevalier, mambour 
des enfants de feu Adriaen de Gaure, fait relief. 

1813, 27 sept. Erard de la Marck, évéque de Liège, fait savoir 
que Conrardvan Gaver lui a demandé l'investiture de tous les 
biens féodaux délaissés par son frère Henrick van Gaver, et 
qu'il a reçu son serment de fidélité. 

1814, 18 sept. Johan de Grummelie, mari de damoiselle Marie, 
fille d'Adriane de Gaure, fait relief delà moitié de la seigneurie , 
lui dévolue en vertu du testament dudit Adrianne et par décès 
de Henri de Gaure, frère de ladite Marie. 

1818, 27 avr. Noble damoiselle Marie , fille de feu Andriane 
de Gaver, femme de Jehan de Grummelie, demande sentence à 
la Cour féodale, dans le procès qu'elle soutient contre noble 
homme Conrard de Gavre , fils aîné dudit Andriane, son frère , 
à propos de la moitié de la seigneurie qu'elle réclame comme 
héritière collatérale par suite du décès de.son frère Henri, mort 
sans hoirs, tandis que le dit Conrard réclame la seigneurie en- 
tière par suite du décès de son père ; la cause est remise à des 
arbitres. 

1524, 21 février; 1838,28 juin. Damoiseau Henri de Méroede, 
seigneur de Péterschen, Dyepenbeeck, Oerschot , Herlaer, etc., 
fait relief de Dypenbecke et de la forteresse de Herlaer par 
suite des décès de ses père , mère et prédécesseurs. 

1580, 28 janv. Gonrart de Gaver, chevalier, seigneur de Eels- 



— 284 — 

lot, Diepenbeick, Peer, etc., transporte sa maison et seigneurie 
de lafranchise de Diepenbeick à son fils aîné Johan, en accom- 
plissement de ses convenances de mariage avec damoiselle 
Anne, fille du seigneur deBellevye. 

4566, 21 mars. Noble et honoré seigneur Johan, fils de noble 
homme monseigneur Henri baron de Méroede et de Pétersem, 
seigneur banneret de Leefdale, DufTul, Walhen, relève les sei- 
gneuries de Dipembeeck et de Herlaer et la moitié de celle de 
Halleverembeeck, lui échues par décès de son père et de Richard 
de Méroede, son frère, seigneur d'Oirschot, chevalier. 

1S77, 2 mai; 1881, 15 hov. Révérend et noble seigneur Con- 
rard de Gaver, chanoine de Liège et prévôt de Saiot-Martin, 
relève par décès de damoisea Jehan de Gaver, son frère. 

1588, 2 mai. Jean baron de Méroede, seigneur de Pétersem, 
seigneur banneret de Leefdael, Duffle et Walhen, fait transport 
de la seigneurie à honoré seigneur Philippe de Méroede, son 
fils. Conrard de Gavre, chanoine de Liège, proteste que ce 
transport ne do.it porter préjudice aux droits qu'il a sur la sei- 
gneurie. 

1591, 15 nov. Révérend et illustre Conrard de Gavre, seigneur 
d'Esloe, Diepenbeck, Peer, etc., transporte la terre à illustre 
seigneur Gharle de Gavre, seigneur de Frezin, Craenwyck, etc., 
fils du comte de Beaurieu, son cousin, et à illustre dame madame 
Franchoise de Renty, sa femme. 

1594, 9 mars. Noble dame madame Henrica de Renesse, dame 
de Meer, veuve de noble et honoré seigneur messire Nicolas de 
Gavre, seigneur de Peer, et femme en secondes noces de noble 
seigneur Nicolas de Blitterswick dit Passart, seigneur de Boerle, 
transporte à Gharle de Gavre, comte de Fresingen, et à Fran- 
choyse de Renty, ses droits sur la seigneurie, en vertu de la 
cession qu'elle lui en avait fait le 25 septembre 1593 , pour 
25,000 florins. 

1598, 24 nov. Révérend, illustre et puissant seigneur Conrard 



- 285 - 

de Gavre, grand prévôt de Liège, baron et seigneur de Peer, 
Diepembeck, Esloe et Hamale, transporte tous ses biens à noble 
et généreux seigneur Charles de Gavre, comte de Frezin, baron 
de Diepembeck et dlnchy, seigneur de Rixensart, Geneval, 
Griboval, Craenwyok, colonel d'infanterie wallonne et capitaine 
d'une compagnie ordinaire au service de S. M. G. d'Espagne, 
sauf la seigneurie de Hamale et l'usufruit de Peer, Diepembeeck 
et Esloe. 

1601 , 25 août ; 1618, 1«' déc. Noble et généreux messîre 
Philippe baron de Meroede et de Peterschem|, comte d'Oelen, 
seigneur de Han-sur-Heure, Roxhegniez, Saulthour, Wester- 
lo, etc., relève la moitié de la seigneurie. 

1617, 30 août. Charles de Gavre, baron de Diepenbeeck, etc., 
relève la moitié de la seigneurie par décès de Conrard de 
Gavre, prévôt de Liège. 

1627, 17 avr. Noble et généreux seigneur Florent de Meroede, 
baron de Pétersem , fils de Philippe baron de Meroede, relève 
la moitié de la seigneurie par décès de son père. 

1638, 20 sept. Florent baron de Meroede, marquis de Wes- 
terlo, comte d'Oelen, Montfort, etc., laisse par testament à son 
fils aîné Ferdinand les seigneuries de Mérode, Westerloo^ Oelen, 
Mmtforty Iselmonde, Didderkerkem et sa part de Diepenbeick ; 
à son second fils Maximilien la baronnie de Pétershem, et à 
illustre dame madame Anne Maria Sidonia comtesse de Bron- 
chorst et Battenbourg, sa femme, l'usufruit du tout. 

1646. 1" fév. An. M. Sid. de Bronckhorst, vicomtesse de 
Montfort, baronne de Mérode, Péterschem, Steyn, etc., relève 
son usufruit. 

1648, 30 avr. Messire Raso de Gauvre, marquis d'Asseau, 
comte de fieaurieu, chef des finances de S. M. C, relève la 
moitié de la seigneurie comme tuteur de messire Charles de 
Gauvre, comte de Peere, baron de Hamal et Diepembeeck. 

1662, 1^' mars. Haut et puissant seigneur messire Maximilien 



— 256 — 

libre baron comte de Mérode et de Battembourgh , baron de 
Peterseem, Steyne, vicorate d'Odherck, etc., tuteur de très- 
illustre et puissante damoiselle Isabelle Marguerite Françoise 
libre baronne de Mérode, marquise de Westerloz, comtesse 
d'Oelen, etc., sa nièce, vend au révérendissime et illustrissime 
messire Edmond Godefroid baron de Bochold et Oreye, seigneur 
de Grandville, grand-commandeur de Tordre teutonique au bail- 
lage des Joncs, baron de Jemetz , Grutrode, St-Pierre, Fouron, 
etc., la part que ladite dame possède à la seigneurie de Dypem- 
beck (elle est spécifiée dans l'acte) pour 51,800 patacons. 

1678, 3 mai. Haut et puissant seigneur messire Charles de 
Gavre, comte de Peer, baron d'Engy, Bois d'Aras, chevalier de 
Tordre de Calatrava, gentilhomme de bouche de S. M. G., etc., 
vend à Era. God. deBocholt, grand-commandeur de Tordre 
teutonique, commandeur de Maestreclit , baron de Gemert et 
Diepembeeck, seigneur d'Ordenge, Housselt, Beverst, conseiller 
de S. M. I., etc., sa part delà seigneurie de Diepembeeck (aussi 
spécifiée dans Tacte; pour 8,000 patacons. La Cour opère le 
transport le 31 janvier 1679. 

1679, 3 févr. Em. God. baron de Bocholt , fait relief de la 
seigneurie. 

1689, 11 juin. Em. God. de Bocholt, commandeur de Ramers- 
dorff et Holt, chevalier de Tordre teutonique, baron de Essener, 
commissaire déciseur de S. A. à Maestreclit, fait relief. 

1725, 13 nov. ; 1744, 4 mai ; 1771, 29 août; 1773, 19 juin. Le 
très-illustre ordre teutonique fait relief. 



DONSTIENNEO), 



143S: Lo ville, Icrre, h aolteur, Justice cl segnourie de DouïtJev«ne, avoecq toultes 
sessppaflcaano^sel appen<lichcs, Uiol de maison, jardin, courtil, lerres i^rolle», 
preis. bois, yaunes, cens, renies d'irgenl, d'svaines et de chippons, ang DouUin 
k yauve, coiaïae en pluiseure hominagee, mortemains, meilleurs chalet, services 
d'irsiages qoiinl il vonl de main en autre, avoecq pluiseurs autres droittures et 
proafQs. ^ 15S1 : maison, chasieau, etc., deDampstiepne, avec tous les HcEt 
amer-fieflz, rentes, revenus, viviers, hayes, mellins, nsinnea, amendes, rorTacbon, 
advenlurea, etc., gissant au quarlier d'entre Sambre-el-Heuse. — 1735: Chilean 
présentement rt!duil en masure par incendie, haute, moyenne et basse justice, 
cour féodale, moulin banal, droits seigneuriaux de lois et venles, poules, argent, 
ceuts, lin, droit de mortemant, corvëes de bras et de cbevaux, jardin potager, etc. 



1435, 10 mars. Guy de Barbenchon, seigneur de Donstievene 
et de Vilamœont, écuyer, fait relief par décès de messire Jehan 
de Barbenchon, son père. 

1448, 13 juin. Jacke de Morialmés, seigneur de LandilU«s, 
bailli de Thuing, de Coving, de Marcbiennes-au-pout, et mayeur 



le de ta province de Hainaut, arrondissement de Tbuin. 






— 258 ~ 

de Fosses, châtelain et gouverneur d'Augimont, lieutenant en ce 
cas de Jehan de Heynsberghe, évêque de Liège, fait savoir que 
noble et honoré seigneur messire Jehan de Barbenchon, dit 
Lardinois, seigneur de Donstienne, chevalier, a relevé la 
seigneurie par décès de Ghuis de Barbenchon, dit Lardinois, 
son père; après quoi, du consentement de damoiselle Marie (ou 
Katerine ?) de Roisin, sa mère, il la donne en hypothèque à 
messire Michiel de Lingne, seigneur de Barbenchon, chevalier, 
pour une rente de 223 livres tournois, monnaie de Hainaut, 
rédimibledans Tespace de 12 ans. 

1488, 11 févr. Monseigneur Jehan de Barbenchon, fait relief 
de la seigneurie mouvante de Févéque et de Téglise de Liège, à 
cause de sa terre de Marchinnes. 

1492, 27 avr. Messire Adriaen de Blois, chevalier, seigneur 
de Jumigny, fait relief comme mari de dame Katherine de 
Barbençon, dite Lardinois, par décès de Jehan de Barbençon, 
père de ladite dame. 

1510, 27 janv. Katherine de Barbenchon, veuve d'Adrianne 
de Bloeze, fait relief de son usufruit sur la seigneurie. 

1534, H juin ; 1539, 8 nov. Vénérable et noble seigneur 
Charle, tils d'Adrianne de Bloys, chanoine de Liège, fait relief 
pour sa mère Katherine, de rusufruit que celle-ci possède sur la 
seigneurie. 

1556, 15 sept. Charles Bloys engage la seigneurie à demoi- 
selle Jehenne de Fraipont, veuve de Philippe de Gourtejoie, et à 
demoiselle Marie, sa fille, pour servir d'hypothèque à 100 cou- 
ronnes d'or. 

1556, 13 oct. Noble et vaillant seigneur Adrian de Bloese, 
chevalier, seigneur de Waret, Donstienne, etc., fait relief par 
décès de Charles, son frère. 

1558, 2 nov. Noble et honoré seigneur Richart de Blois, 
cède pour 100 florins de rente, à messire Adrian de Blois, sei- 
gneur de Warelles , Hardelstein, son frère, les droits qu'il a 
sur la seigneurie. 



- 289 — 

1S61> 3 juil. Noble homme et capitaine Andrian deBlois, laisse 
par testament la seigneurie à noble et ^ honorée dame madame 
Marie de Goer, sa femme. 

1563, 23 oct. Noble homme messire Florent d'Argentea, 
seigneur de Barges, Rennes, etc., mambour de noble dame 
madame Franchoise de Blois , fille d'Andrian de Blois et de 
Catherine de Barbenchon, fait relief par décès d'Andrian de 
Blois, son frère. 

1863, 29 déc. xMarie de Goer, veuve d'Adrian de Blois, fait 
relief et donne dénombrement de la seigneurie. 

1564, 28 sept. Franchoise de Blois proteste que la donation 
de la seigneurie faite à noble homme Jacques seigneur de Bethou, 
second mari de Marie de Goer, ne peut lui porter préjudice ; elle 
fait transport des droits qu'elle peut y avoir à noble et vaillant 
seigneur messire Baulduin de Barbenchon, chevalier, seigneur 
de Villamont. 

1566, 28janv. ; 1582, 30 mai. Messire Jacqued*Oyembrughen, 
chevalier, seigneur d*Orey, fait relief comme mari de madame 
de Goer. 

1593, 19 mai. Marie de Ghoer, dame de Donstienneet Betho- 
ven, veuve de Jacque d'Oyembrugge, fait relief. 

1597, 29 oct. Marie de Goer, dame d'Orey, suivant la faculté 
que Jacque d*Oyembrugge, son mari, lui en avait laissé par son 
testament du 19 mai 1588, désigne parmi ses frères et sœurs 
pour hériter des biens dudit Jacque, noble et honoré seigneur 
Dirik de Groesbeeck, seigneur d*Emptine, mari de noble dame 
madame Cécile de Rougrave ; celui-ci en laisse l'usufruit à ladite 
Marie, ne conservant que les biens provenant de noble dame 
Marguerite de Horion, mère dudit Jacque. 

1597, 13 nov. Marie de Ghoer, dame douairière d'Orey et de 
Wareille, héritière de Donstienne, Hardinstein et Bethoven, 
tutrice de feu noble et honoré seigneur Herman de Ghoer, che- 
valier, baron de Pesche, seigneur de Williart, Brouagnes, 



— 260 — 

Forges, Andrimont, etc., rend compte de son administration 
à noble et généreuse dame madame Loyse de Vienne , 
veuve dudit Herman et à noble et honoré seigneur raessire 
Franchois de Bourzolies, chevalier, vicomte de Beaurepos, 
seigneur de Berbigniers, Rosignhac, Davignac, la Cassanse 
(pays de Périgord), son second mari ; elle leur fait transport de 
la seigneurie de Donstienne. 

1598, 9 avr. Noble dame madame Bonne d'Ongnies, vicom- 
tesse douairière de Dave, Villemonl, Moujardin, Soy, Seneffe, 
dame de Rôle, veuve de noble et honoré seigneur messire 
Henri, fils de Baulduin de Barbenchon, avec noble et honoré 
seigneur Everard, son fils, fait relief par décès dudit Baulduin 
et de Marie de Ghoer. 

1599, 20 janv. Noble dame madame Franchoyse de Ghoer, 
femme de noble et généreux seigneur Herman Dedricht seig- 
neur de Ghoer et Millendonck, fait relief comme nièce de Marie 
de Ghoer. 

1601, 18 oct. Henri et Philippe de Bloys, fils d'honorable 
Charles de Bloys et de damoiselle Marie, fille d'honorable 
homme Philippe Gourtejoie et de damoiselle Jehenne de Frai- 
pont, ayant obtenu saisie de la seigneurie;, faute de payement 
d'une rente de 100 couronnes d'or et de relief par noble et gé- 
néreux seigneur Arnuld de Marbaix, seigneur de Loverval, grand 
bailli d'entre Sambre-et-Meuse et séquestrateur député par le 
prince de Liège au château de Donstienne, ledit Arnuld en fait 
purgement et rentre en possession de la seigneurie. 

1604, 9 août. Loyse de Vienne, dame de BoursoUe, Dons- 
tienne, etc., fait purgement d'une rente due aux enfants de 
Charles de Bloys. 

1607, 7 nov. Le seigneur NicoUas Brodart, sieur de BoUand, 
ayant obtenu saisie de la terre, faute de payement par le seig- 
neur et la dame de BoursoUe, noble et généreux seigneur Hans 
Krafllde Milendoncy, baron de Pesclie, en fait purgement. 



— 261 — 

1607, 10 aov. Haas Kraift de Milendonck donne pour 6000 
florins de firabant, la seigneurie en rendage à honorable maître 
Johaii de Robault, licentié en droit. 

1609, 22 juin. Les enfants de Charles de Blois font transport 
de la seigneurie à Franchoy de BoursoUe, vicomte de Garlincx, 
baron deBoirnier, la Gassangne, etc., à condition de leur payer 
100 couronnes d'or par an. 

1609, 28 août. Sentence arbitrale prononcée par messire Her- 
man comte Van den Bergh , marquis de Berghes , chevalier de 
la Toison d'or, gouverneur général des duché et pays de Gueldres, 
au sujet de la possession de la seigneurie de Donstienne disputée 
par Hans Rrafit baron de Milendonck, Ghoer, Pesche, seigneur 
de Willart, Andrimont, Homborgh, Brouinne, etc., et Franchois 
et Henri de Boursolle, fils de noble et généreux seigneur messire 
Franchoi de Boursolle, chevalier, conseiller du roi T. G. en son 
conseil-privé et d'état, vicomte de Garlux et Beaurepor, baron 
de Berbignites; il décide que ces derniers ont droit à la posses- 
sion jusqu'à ce que les héritiers de madame de Ghoer aient 
payé audit seigneur de Boursolle la somme de 12,000 florins de 
Brabanl suivant un acte de la cour féodale du 13 novembre 1897. 

1609, 31 août. Franchoy de Boursolle cède pour 12,000 florins 
de BrabaiJt tous les droits qu'il a sur la seigneurie à noble et 
généreux seigneur Jean Jacque comte de Beljoyeuse , seigneur 
de Cliocquier, Vaulx, Borset, etc., grand bailli d'entre Sambre- 
et-Meuse , en vertu d'un contrat passé le 13 novembre 1897 
entre Marie de Ghoer et Loyse de Vienne. Le même jour, Phi- 
lippe d'Heur, prélocuteur, mari de Marie Gourtejoie, veuve de 
Gharles de Blois, et Henri, Gharles, Philippe et Hermande Blois, 
lilsdudit Charles, transportent au même comte de Belle Joyeuse, 
les droits qu'ils peuvent avoir sur la seigneurie du chef d'une 
rente de 100 couronnes. 

1616, 27 oct. Haut et puissant seigneur Albert prince de Bar- 
bançon et d'Arein bergh, comte d'Aigremont, pair de Uaynault, 



— 262 — 

vicomte de Dave, haut voué de Hesbaiiig et de la ville de Mons, 
fait relief comme mari de haute et puissante dame madame Marie, 
fille d*inustre seigneur messire Everard de Barbaoçon, vicomte 
de Dave, seigneur de Montjardin, Villaimont, Jeneffe, et de 
haute dame madame Lowyse comtesse d*Oostfrise , par décès 
desdits Everard et Lowyse. 

1631, 15 oct. Illustrissime seigneur Adolphe baron de Mil- 
lendonck, seigneur de Ghoer, Willart, Andrimont, etc., premier 
président de la Chambre impériale, engage tous ses biens pour 
opérer le retrait lignager de Donstienne possédé par le seigneur 
Ludovic comte de Bellejoyeuse , prétendu héritier de Jean Jac- 
ques de Bellejoyeuse, son oncle, et par les seigneurs Paul de 
Berloz, Jacques Robaulx, seigneur de Soumoy, et autres. 

1634, 16 mai. Albert prince de Barbenson, fait relief. 

1636, 11 juil. La cour féodale déclare qu'au mois d*août 1630, 
Ad. de Millendonck avait versé une somme d'argent pour opérer 
la rédemption de Donstienne hors des mains de noble dame 
Anne de Pottiers, dame de Vaulx, Borset, veuve de Jean Jacques 
de Bellejoyeuse, seigneur de Ghockier, conformément à la sen- 
tence portée en sa faveur le 17 juin 1626 et au décret du 13 
avril 1627. 

1644, 5 févr. Albert de Lingne, comte d'Arenbergh, d* Aigre- 
mont, La Roche, haut voué de la cité de Liège, de Hesbaye, 
chevalier de Tordre de la Toison d*or, gentilhomme de la 
chambre de S. H., et madame Marie de Barbenson, cèdent la 
seigneurie à madame la comtesse douairière d*Oostraete, leur 
fille, au lieu d'une rente de 5,000 florins lui due en vertu de son 
contrat de mariage. 

1662, 25 sept. Très-haute et très-illustre dame Marie Isabelle 
d'Aremberghe, duchesse de Wurtemberghe (veuve du seigneur 
comte de Hoogstraten, son premier mari?), engage sa terre de 
Donsteen, dont elle avait fait l'acquisition , à messire Charles 
Florentin Reinsgraff comte de Salms', pour servir de caution, 
en vertu d'une sentence rendue le 23. 



— 263 - 

1679, 30 déc. Très-haute et très-illustre princesse Marie Anne 
née duchesse de Wirtembergh, dame de Donstienne, ayant eu 
certaines diflBcultés avec très-haute et très-illustre dame Marie 
Gabriele de Lalain, comtesse douairière de messire Charles 
Florentin comte Sauvage du Rhin et de Salm, lieutenant-général 
de l'infanterie des Etats des Provinces-Unies, à propos du tes- 
tament de M. Is. d'Arembergh, leur mère, la seconde renonce 
à ses prétentions sur la seigneurie de Donstienne, ne se réser- 
vant qu'une rente due par le prince de Barbançon. 

1683, 11 nov. Marie Anne duchesse de Wirtembergh fait 
relief. 

1694, 16 déc. Noble et illustre seigneur Louis Alexandre de 
Scockart, comte de Tirimont, seigneur de Dillebeke, Itterbeke, 
Donstienne, Harmignies, Court à Ressey, Presle, Trahegnies, 
Resignies, Bodeghen, haut voué héréditaire de ThuUy, conseiller 
au conseil suprême des Pays-Bas près du Roi, à Madrid, et des 
conseils d*Etat et Privé, fait relief de la seigneurie dont il avait 
été mis en possession par sentence de la cour féodale du 17 
mars 1694. 

1709, 19 juin. Noble et illustre seigneur Alexandre Louis de 
Scockart, comte de Tirimont, baron de Gaesbeke, etc., fait 
relief de la seigneurie, par décès de Louis Alexandre, son père. 

1725, l" mars ; 1749, 9 oct. ; 1771, 9 déc. ; 1773, 12 juill. 
Noble et illustre seigneur Philippe Charles de Scockart, comte 
de Thirimont, baron de Gaesbeck , etc. fait relief par décès 
d'Alexandre Louis, son père. 

1789, 17août. Madame Brigitte Joseph de Scockart, douairière 
de Templeuve, comtesse de Thirimont, dame de Donstienne, 
etc., représentant son frère Philippe Charles, fait relief. 



9 9 



DORINES(i). 



1315 : Tout et que Baldric de Fontftioes lenoit dans le ville et territoire de Dorines 
en Gondroz, en jastice^ hauteur, maisons, bois, preis, terres, yawes, cens et 
rentes. — 1428: Terre, signourie, etc. — 4591 : Censés, tenurres, graingnes, 
estableries, édifTices, jardins, terres aux champs et à la ville, prearies, haies, 
pasluraiges, etc. — 1654 : Haute , moyenne et basse jurisdietion, aveclesS censés, 
terres labourables, paxhis, de. — 1737 : Droits d'aSbrage, etc. 

1314, 10 nov. Jehan Salemiés, chanoine de Dinant, relève 50 
muids d*épeautre de rente, sur les biens et droits que Michiel 
de Fontaines possède dans la ville de Dorines. 

1315, 13 mai. Leurens, fils de Leuren de Stau, bourgeois de 
Dynant, fait relief par reportation de Bauldri de Fontaines. 

1428, 23 mars. Jehan de Dorines, bailli de la terre de Florines, 
relève la moitié de la seigneurie, avec tous les anciens biens, 
pourpris, etc., de feu Baudri de Fontaines, seigneur de Dorines, 
par décès de Willem de Dorines, son père, et de Nycolle de 
Dorines, chanoine de Saint-Jean évangéliste à Liège, son frère 
aine. L'autre moitié de la seigneurie était entre les mains du 
seigneur de Spontin. 

1430 , 18 fév. Willaume do Dorines , fils mineur de feu 



(i) Commune de la province de Namur, arrondissement de Dinant. (V. Saumery, 
DéiiceSj etc., t. IH, p. 93)- 



— 265 — 

Jehan de Dorines, fait relief avec Got^biaul de Hollignoulle, sou 
raambour, de la moitié de la seigneurie, par décès de son père. 
Gillede Dorines, son oncle, là présent, reconnaît n'avoir aucun 
droit audit fief. L'autre moitié de la seigneurie était toujours 
entre les mains du seigneur de Spontin. 

143<>, 2o avr. Damoisellc Gertrud , fille de Jehan Ghodissault, 
bourgeois de Dinant, relève 50 muids d'épeautre que son mari, 
Willaume de Dorines, lui avait assigné comme douaire sur la 
seigneurie. 

1456, 29 avr. Jehan Ghena, bourgeois de Dynant, relève la 
moitié de la seigneurie. 

1800, 26 mars. Johan Brant d'Aysa, écuyer, fait relief de la 
moitié de la seij?:neurîe comme mari de damoiselle Foilhine 
Ghena, par reportation faite par Johan Ghena, receveur de 
Dinanl et de Fosse, à sa fille Foilhine, dans ses convenances de 
mariage. 

1834, 16 oct. Jehan Brand'Aysa, l'aîné, donne àson fils Jehan 
Bran d'Aysa, le jeune, dans ses convenances de mariage avec 
damoiselle Jehenne de Forvie, l'usufruit qu'il possédait sur la 
moitié de la seigneurie. 

1559, 2 déc. Loys deBrandt, fils de noble homme Johan de 
Brandt, seigneur de Dorines, Odeur en Hesbaing, relève l'usufruit 
que sa mère noble dame madame Jehenne de Fourvoyé possède 
sur la seigneurie. 

1564, 19 sept. Jehenne de Forvie transpoile la moitié de la 
seigneurie de Dorines et celle d'Orf^wr à Louis Brandt, son frère, 
lequel cède cette dernière à son frère Erard. Le 29 novembre 
1569 ladite Jehenne transporte également son usufruit audit 
Louis. 

1584, 28 nov. Noble homme Louis Brant, relève la moitié de 
la seigneurie et l'engagea noble dame madame Anne deZanzeilles, 
veuve de noble homme Hubert de Montjoie, seigneur de Car- 
rière et Evrehaille, pour servir d'hypothèque à une rente de 20 
florins. 



— 266 — 

1591, 8 mai. Louis de Braut, écuyer, seigneur en partie de 
Donnes, fait transport de sa part de la seigneurie h noble et 
honoré seigneur messire Nicolas de Salmyr, chevalier, seigneur 
de Melroy, Bremagne, Ghalleux et Dorines, pour 10,000 florins 
de Brabant, en se réservant quelques droits qui sont spécifiés. 

1591, 25 mai. Noble et honoré seigneur Rener de Rosé, 
seigneur de Ronchines, grand bailli de Hesbaing, ayant obtenu 
saisie de la seigneurie pour faute dn payement d'une rente de 
150 florins par Louis de Brand, celui-ci fait purgement et est 
remis en possession de son bien. 

1621, 2 août. Noble homme messire Charles de Salmir, dit 
de Melleroy, seigneur de Dorines, et noble dame madame 
Margarine de Groisbeck, sa femme, donnent la seigneurie en 
rendage pour 8,000 florins à haute et puissante dame madame 
Lamberte de Lique, comtesse d'Ostfrise et d*Emden, marquise 
douairière de Saint-Martin, femme de haut et puissant seigneur 
messire Christoff're comte d'Ostfrise, chevalier delà Toison-d'Or, 
telle qu'ils la possédaient en vertu du testament de Nie. de Sal- 
mier et de madame Agnès de Marbais, ses parents, en date 
du 20 octobre 1891. 

1622, 6 sept. Noble et généreux seigneur Charles de Glime, 
chevalier, seigneur de Limelette,Samart, Fraire-la-Grande, etc., 
mari de noble dame madame Agnès de Salmier, dite de Melroy, 
sœur germaine de Charles de Salmier, seigneur de Dorines, 
opère le purgement de la seigneurie hors des mains deLamberte 
de Lique et de CristoffVe d'Oetfrise, seigneur de Stededorff*, 
Wittemont, colonel d'un régiment d'infanterie allemande, etc., 
pour 8,900 florins. 

1654, 8 juil. Noble dame madame N... de Salmier de Melroy, 
dame douairière de Samaert, Dorines, etc., veuve de Charles de 
Glimes, relève son usufruit. 

1664, 19 nov. Noble seigneur Gilles de Glimes, seigneur de 
Samar, Fraire-la-Grande, Dorine et Souvet, fait relief par décès 
de Charles de Glimes et d'Agnès de Salmier, ses père et mère. 



— 267 — 

171Î, 83 avr.; 1728, 25 sept. Noble seigneur Philippe de 
Baudrenghien, baron de Samar, seigneur de Cour, Limelette, 
Fraire-la-Grande, etc. , relève Souvet et Dorinnes, par décès 
de Gilles deGlimes, son beau*père. 

1727, 16 janv. Très-noble et très-illustre seigneur Philippe de 
Baudrenghien, libre seigneur de Cour-sur-Heur, fait donation, 
pour en jouir après sa mort, à très-nobleet très-illustre seigneur 
Ignace François comte de GlimesdeBrabant, lieutenant-général 
des armées de S. M. G., commandant-général des deux Gastilles, 
commandeur de Tordre militaire d*AIcantara, lieutenant-colonel 
des gardes wallonnes, de tous les biens lui laissés par très-noble 
et très-illustre dame Anne Marie de Glimes de Brabant, sa femme, 
entre autres Souvet et Dorinnes. 

1737, 18 juin. Le révérend seigneur Perpète Renson, abbé du 
monastère de Leife, fait relief de la seigneurie acquise par lui le 
23 septembre 1734. 

1747, 12 janv. Ign. Franc, comte de Glimes, seigneur de la 
Falize, de la Neffe, aînée Limelette, grand d'Espagne du premier 
ordre, gouverneur et capitaine-général de l'armée et principauté 
de Catalogne, fait relief. 

1785, 30 mai; 1766, 12 juin; 1773, 8 juil. Noble et illustre 
seigneur Honoré comte de Glimes de Brabant, seigneur de la 
Falize, de la Neffe, Simar, Fraire-la-Grande, Gour-sur-Heurre, 
Limelette, etc., maréchal de camp des armées de S. M. G., 
commandeur de Tordre d'Alcantara, gentilhomme de la chambre 
du roi d'Espagne et capitaine au régiment des gardes wallonnes, 
fait relief par décès de son père Ignace François. 



DOYON (.). 



1.114: Le lierchcpartilele ville et hiensde Djon en Condro^, tant vn terres, prtis, 
cens, cappons, etc. — i:t68: Le Het d'Oyon. — 1119: Le haulIKur el juslice 
de le ville d'Oyon en CondrOB, maison, pourpng et nssJHe.ete. — 1491: Sifeea- 
rie. — liSI ; Vivier», aie. — 1613; Terra, maison, cenae, chepwsipe, elc. — 
177â: Cbileau.etc. 



1314, 14 juin. Henry de Burs fnit relief du liers du fief, tel 
que le possédait Gérard, son père. 

1368, 28 mai. Gilcboiis de Sergnoii relève le lief dont une 
moilié lui était dévolue par décès de sa sœui' damoiselle Heiireit 
de Sei^iioii, et l'autre par reportalioii d'Auseaus de Sergnoii, 
son frère ahié; puis il l'assigne en douaire à dainoisellc Ysaii- 
beaut, lille de Williaume d'Acoctie, sa liaiicée. 

1376, 26 sept. Jolian de Beei's, le jeune, relève le fiol' par re- 
porlalioii de Gilclioii de Sergnoii qui venait d'en faire relief par 
reportalion d'Ysabeal-d'Acoclie. sa femme. 

1419, 29 jaiiv. ; 1420, 27 sept. Ansiau do Siergiion, de Huv, 
relève te tiers du lie!'. 



— 269 - 

1423, i9 janv. Thieryde Jambelinez, nisdeGillede Jamblines, 
fait relief des deux tiers de la seigneurie, par reportation de son 
père, lequel après s'en être devesti par-devant la cour allodiale, 
venait d'en recevoir Tinvesiiture comme fief de Tévêque. 

1423, 28 déc. Jakerain de For, bourgeois de Huy, relève le 
liers du fief, par reportation de demoiselle Maroye de Wasege, 
laquelle venait d'en faire relief par décès d'Ansiaul de Siergnon, 
son mari. 

1451, 8 mai; 1486, 22 août. Gille, seigneur d'Oyon et de 
Myannoie, fait relief des deux tiers de la seigneurie, tels que les 
possédaient Thieryde Jamblines, son père, et Gillede Jamblines, 
son grand père, plus les deux tiers de la seigneurie de Myannoie, 

1479, 8 févr. Thiry, fils aîné de Gille d'Oyon, relève les deux 
tiers de la seigneurie, par décès de son père. 

1479, 16 mars; 1485, 10 nov. Le monastère de Notre-Dame 
de Walincourt, fait relief du tiers du fief. 

1487, 26 mai. Gilz, seigneur de Myannoye, fils de feu Gilz, 
seigneur de Oyon, relève les deux tiers de la seigneurie. 

1506, 26 oct. Le monastère du Val Notre-Dame, feit relief du 
tiers de la seigneurie. 

1513, 29 juin. Ernuldde Sorée, seigneur de Givongne, déclare 
qu'il avait promis à son père Ansea, de récupérer les seigneuries 
de Oyon et Myanoie à condition que Jehan, seigneur de Sorée, 
son frère, y contribuât pour sa part. 

1525, 21 oct. Le monastère du Val Notre-Dame relève le tiers 
de la seigneurie. 

1613, 5 oct. Noble et honoré seigneur Jean de Jamblines, 
écuyer, seigneur de Doyon, transporte la seigneurie à noble et 
honoré seigneur Jean de Jambline, son fils, pour maintenir la 
paix entre ledit Jean et les autres enfants qu*il avait eu d'Ely 
d'Eynaten, sa première femme. 

1651, 6 oct. Jean de Jambline fait relief. 

1697, 21 mai. Noble et généreux seigneur Jean (Henri Nicolas?) 
de Jambline, fait relief par décès de Jean de Jambline, son père. 



— 270 — 

1726, 19 nov. Noble et généreux seigneur Henri Nicolas de 
Jambline, seigneur de Doyon, relève les deux tiers de la seig- 
neurie. 

1736, 28 févr.; 1741, 13 janv. La damoiselle Marie Ursule 
Mectilde d'Auvin, héritière de H. Nie. de Janablines, relève les 
deux tiers de la seigneurie, déclarant avoir relevé l'autre tiers à 
la cour féodale de la prévoté de Poilvache, à Namur, comme 
ravalent fait ses prédécesseurs. 

1741, 13 janv. ; 1745, 5 nov. ; 1766, 15 févr. Le seigneur Alard 
Laurent Adrien van Byll de Joncholt, seigneur de Doyon, mari 
de M. Urs. M. d*Auvin, fait relief des deux tiers de la seigneurie. 

1768, l^'févr.; 1772, 21 mai. Madame M. Urs. M. d'Auvin, 
douairière de noble seigneur Al. Laur. van Eyll, relève les deux 
tiers de la seigneurie. 

1772, 8 juil. Noble et illustre dame M. Urs. M. Dauvin donne 
tous ses biens à son fils aîné le seigneur Guilleaume Alard 
Laurent Nicolas van Eyll , fiancé à la demoiselle Marie Anne 
Aldegonde Van der Straten de Vaillet. 

1785, 2 juil. J. Al. Nie. van Eyll fait relief. 




DROLENVAUX.(i) 



4391 : Le fief de Droienvaiilz en bao de Thene, et les aywes de Lysche devant 
Navaingoe. — i489 : Le terre, haulteur et segnouriedeDrolenvanx, située ou ban 
de Soron, marcbissante an pays de Franchimont. — 4538 : droicturres, proufiicts, 
adventurres, eawes, pexheries, accidens, forfaicturres, bois, triexhes, bayes, 
app. et app. de Drolenvanlx, gissante dessear Pepinster. 



1391, 8 janv. Arnus de Bubais, bourgeois de Liège, fait relief. 

1482, l«^févr. Jehan Lambinon, fils de Jehan Lambinon, relève 
la seigneurie par transport de Cristian de Ramelo, auquel elle 
était dévolue par décès des héritiers d'Ernoul de Ferme. 

1486, 2 oct. Jehan Lambinnon, fils de feu Lambinnon de 
Houdeboulht, fait relief de la seigneurie. 

1831, 30 nov. Bartholomeus Lyctzen, chambellan et gentil- 
homme du prince de Liège, fait relief en vertu d'une donation 
lui faite par ledit prince, après la saisie de la seigneurie opérée 
pour faute de relief des représentants de Jehan Lambinon, savoir 
Guillemin le Borguingnon et Marie, sa femme, fille du dit 
Lambinon. 

1838, 1*' juil. Cornille de Berghes, évêque de Liège, en 



( 1 ) Arrondissement de Verviers, province de Liège. 



— 272 - 

récompense des servions que lui a rendu Roloff de Bever, sou 
grand ch mbellan et gantilliomrae, lieulienantde sa cour féodale, 
lui fait donation de la seigneurie, laquelle avait été saisie faute 
de relief de G. le Bourguignon et de Marie Latnbinon, sa femme. 
Le 10 juillet suivant. Corneille de Berghes confirme cette 
donation. 

1548, 10 août; 1569, 23 juil.; 158», 14nov. Maître Guiheame 
délie Sarte, au nom de sa femme, demande à faire hors des 
mains de Berthelmi Liclzeii purgement de la seigneurie qui 
appartenait à Jehan Bourguignon et à Marie l.amoinon, tanlede 
sadite femme. Le 5 novembre suivant, il est mis en possession. 

1602, 17 août. Honorable homme Henri Sarta, de Havelange, 
fils aîné de Thomas Sarta, seigneur de Drolenvaux, engage la 
seigneurie à vénérable, noble et honoré seigneur Thiry de 
Woestenraede, chantre de Téglise Notre-Dame, à Aix, pour 
servir d'hypothèque à une rente de 250 florins de Brabaut. 

1603, 15 nov. Henri Sarta, grcflier de Havclange , transporte 
la seigneurie à Toussaint, fils de Thiry de Drolenvaux, par voie 
d'échange. 

1613, 2 mai. Honorable Toussaint de la Forge, seigneur de 
Drolenvaulx, fait relief. 

1630, 11 juil. Tous, délie Forge, par Tentremise de noble Jac- 
que aux Brebis, vend la seigneurie au sieur Bauduin de Ramée, 
capitaine, fils du sieur Laurent de Bamée, bailli du pont d'Amer- 
court, pour 1374 florins de Brabant. 

1633, 9 sept.; 1653, 15 mars. Honorable Philippe Van der 
Haweycken , bailli des terres d'Amercourt et capitaine de la 
compagnie des vieux arquebusiers de Liège, fait relief coiame 
mari de damoiselle Catharinc, fille de Laurent de Bamée, et par 
décès d'honoré seigneur Bauduin de Ramée, commissaire géné- 
ral au service de S. M. L et colonel d*un régiment allemand, son 
beau-frère. 

1661, 18 nov. Phil. Hauveghen, autrefois bailli de S. A. S. 



J 



— 273 — 

au quartier du pont d*Ainercœur, vend la seigneurie à noble et 
généreux seigneur messire Nicolas Herman de Woelmont, seig- 
neur de Soiron, pour 1778 florins de Brabant. 

1663, 8 mai. Noble seigneur Arnold de Thier, échevin de 
Liège , conseiller féodal , comme proche parent de Phil. Hay- 
weghen, opère le retrait llgnager de la seigneurie hors des mains 
de Herm. Nie» de Voelmont. 

1663, 15 déc. Arn. de Thier vend la seigneurie à révérend et 
noble seigneur Laurent de Méan, archidiacre de Haynault, 
écolâtre de St-Lambert, prévôt de Tongres, pour 660 florins de 
rente. 

1710, 28 déc. Noble et révérend seigneur Laurent de Méan, 
chanoine de Liège, fait relief de la seigneurie par décès de son 
père, monsieur le conseiller baron de Méan, seigneur deXhosse, 
Atrin, etc., lequel Tavait obtenue par décès de l'archidiacre 
Laur. de Méan. 

1721, 22 avr. ; 1725, 15 nov. Noble et illustre seigneur Pierre 
baron de Méan, seigneur de Cornes, commissaire déciseur de 
Maestrecht, conseiller privé de S. A., fait relief de Cornes et 
Drolenvaux par décès de Laur. de Méan, prévôt de St-Servais, 
à Maestrecht, son oncle. Dénombrement. 

1746, 26 avr. Pierre de Méan, comte de Beaurieu, seigneur 
de Saive, Atrin, Gutcoven, commissaire déciseur à Maestrecht, 
conseillé privé et ordinaire, fait relief. 

1758, 23 déc. ; 1768, 24 janv.; 1772, 15 mai. Noble dame 
madame la comtesse de Méan, née baronne de Waha, douairière 
de Pierre de Méan, relève son usufruit. 

1777, 15 juil. Noble seigneur François Antoine de Méan, 
seigneur de Gossoncour, fait relief par décès de sa mère. 



1 



' 



NOTE SUR LE BARON DE WALEF. 



Une bonne fortune et Texquise complaisance de M. le baron 
de Potesta de Waleffe in*ayant permis de fureter dans les ma* 
nuscrits et même un peu dans les porte-feuilles de Tancien 
baron de Walef, j'ai découvert sur ce soldat-poète, notre com- 
patriote, quelques détails inédits ou peu connus, qui ne paraî- 
tront peut-être pas dénués d'intérêt aux yeux des amateurs de 
notre ancienne littérature e^de notre histoire littéraire. 

Biaise-Henri de Corte, dit Guriius, baron de Walef, Bor- 
lée, etc., était fils de Pierre de Curtius, seigneur de Petit Aaz, 
Hermée, etc., et de Marguerite Victoire de Âlagon (*). 

Il naquit en 1662 (s) et perdit son père lorsqu'il était encore 

(i) U appartenait ainsi par sa mère k la lîoblesse d'Espagne, par son père ii 
celle de Hollande. Les Gartius étaient seigneurs k Wisscherweert et d'Ysem en 
Gueldre. Us avaient émigré dans le pays de Liège pour motif de religion ; j'ai va 
les parchemins et les généalogies des deux familles. 

( t ) Ici, je suis en désaccord avec tous les biographes. Us se fondent sur certains 
passages des écrits du poète dans lesquels celui-ci dit qu'il avait 47 ans ou bien 
qu'il avait cinq lustres complets lorsqu'il publia telle ou toile pièce. Or, en se re- 
portant à i7 ou il S6 ans on arrive k i65S. 

Cette conclusion serait légitime si l'on savait avec certitude en quelle année a eu 
lieu la publication. On pourrait dire que le poète s'est trompé. 

Pour moi, je base mon assertion sur cette phrase de l'auteur dans le Mémoire de 
M» le baron de Walef à Messieurt le Président et les Conseillers du Conseil ordi- 
naire, oii je lis, page 3 : c J'espère que vos seigneuries ne trouveront pas mauvais 
que je joigne aux écrits de mes avocats, une idée de la manière dont j'ai été traité 
pendant mon enfance,,,»; et plus loin : « Il n'y eut jamais d'acte concerté avec plus 
de supercherie que la transaction que mes tuteurs firent fabriquer le 9 de juillet de 
l'an i677^ sur le prétexte de terminer k l'amiable les chicanes que me fit madame 



— 276 — 

en bas âge. Il acheva fort tôt ses humanités, avec plus de suc- 
cès que d'application, et puisa dans la lecture assidue des 
historiens et des poètes une grande érudition et ce goût de la 
poésie qui ne le quitta jamais. 

Aussitôt après avoir épousé, en 1679 (»), Jeanne de Zual- 
lart(i), il entra dans un régiment d'infanterie espagnole dont 
il ne sortit que pour être coniet-colonel de M. de Bondi, maître- 
de-camp de cavalerie espagnole. Il quitta cet emploi en 1682 
pour aller prendre possession d'une compagnie de cuirassiers 
au service de l'empereur, que le prince Auguste de Hanovre, 
frère du futur roi George, lui avait donnée dans son régiment. 

En passant par Cologne pour se rendre en Allemagne, il alla 
faire la révérence au vieil Electeur et au Cardinal de Furstem- 
berg, qui lui dit qu'il valait mieux servir son prince qu'un autre, 
et lui offrit de la part de â. A. I. la levée d'une compagnie de 
dragons dans le régiment de M. delà Salle, ce qu'il accepta. 

La paix faite, le régiment de la Salle fut congédié en 1684, 
et Walef partit immédiatement pour la Hongrie en qualité de 
major dans le régiment du comte de Stirum. De longues ma- 
ladies l'obligèrent d'en revenir en 1686. 

Un an avant cette guerre, qui suivit la frimeuse ligue d'Augs- 
bourg et aboutit au traité de Nimègue, le comte d'Asfeld, 
envoyé extraordinaire de France à Liège, lui donna commission 
pour lever une compagnie dans un régiment étranger (3). Il y 
resta jusqu'en 1699. 

de la Raudière» immédiatement après la mort de Henri de Gartins, notre ayeoL.... 
Je n'avais, messieurs, qae douze ans quand mon bienfaiteur mourut, ce qui arriva le 
jour du Noël Tan i674.... > 

Le mot douze est en toutes lettres, il n'y a donc pas de faute d'impression. 

Le poète peut s'être trompé aussi dans son Mémoire, ce qui n'est pas probable ; 
il eut donné trop beau jeu à la partie adverse. 

(4) Mémoire de M, le Baron, etc. 

(f ) Note trouvée dans les papiers dt M. de Flaveau, neveu du poète. 

(>] C'est vers ce temps (1694) qu'eut lieu l'enlèvement de Proserpine, à Brëda, 
comme on le voit dans la pièce publiée en 1866, par M. Xavier deTbeux. 



— 277 — 

L*an 1700, il passa en Angleterre où Guillaume III lui offrit, 
à la recommandation de l'illustre Van Keppel (')»Iord d'Albe- 
marie, la levée d*un régiment de dragons. Il partit de Londres 
par ordre de S. M. pour se mettre en quête de bons officiers. 
Au commencement de Tannée suivante, il lui fut ordonné de 
retourner en Angleterre pour recevoir les ordres du souverain 
et l'argent de la levée ; il y arriva avec d'Albemarle le jour 
même de la mort du roi. Après être resté quinze mois à Londres 
dans rassurance qu*il serait bientôt expédié conformément aux 
intentions du feu roi, on lui dit que la reine Anne avait fait un 
traité avec les États-généraux pour la recrue de 25,000 hommes 
aux fï'ais communs des deux puissances maritimes, et qu'il de- 
vait être compris dans ce nombre. Il se rendit avec d'Albemarle 
à La Haye où, après quelques négociations que les Hollandais 
firent avec les Princes de l'Empire pour se procurer des 
troupes, il signa, le 24 février 1703, une capitulation pour la 
levée d*un régiment de dragons. Il se trouva dès lors engagé, 
au service de l'Angleterre, dans la ligue formidable formée 
contre la France et dont Guillaume III avait été le principal 
promoteur. Il assista à plusieurs batailles et entre autres à celle 
de Ramilies, et aida même plusieurs fois à ravager ses propres 
terres. Le 1* janvier 1709, il fut nommé brigadier par Marlbo- 
rougli qui était alors au camp de Marlebeek ('). Six mois après 
son fils, François de Gorlc, baron de Borlée, qui servait dans 
son régiment, reçut du camp d'Orchies un brevet qui le nommait 
major ('). Le l" janvier 1711, les plénipotentiaires de la Grande 
Bretagne et les députés des États-généraux des Provinces-Unies, 
au nom de S. M. Impér. et Catholique signèrent (^) à la confé- 

(') H s'agit de Van Keppel, le favori de Gaillaume III qui fut battu et fait pri- 
sonnier à Denain , et non pas de Monk, le vainqueur de Tromp, lequel était mort 
depuis 1610. 

(*) Le brevet porte: 1708/9, nouveau style. 

(*) Le 9/30 août i709. 

(*) Ëtait signé: Orreri, Johan Vandenbergh. 



.- 278 — 

rence de Bruxelles, la nomination du brigadier de Waler au 
grade de général-major. 

En 1712, la reine Anne traita de la paix avec la France. Les 
troupes étrangères furent dispersées et se remirent chacune aux 
ordres immédiats de leurs souverains respectifs. Hais le régi- 
ment de Walef,avec deux régiments deHolstein, suivirent à Gaod 
le duc d'Ormonde, généralissime des troupes anglaises dans les 
Pays-Bas (*). Quoique Walef eut toujours reçu directement ses 
ordres de l'Angleterre, on lui fit un crime de cette obéissance. 
11 avait eu auparavavant déjà, le malheur de se brouiller avec 
Marlborough et ses croyances religieuses lui avaient attiré des 
malversations de la part des tories qui dominaient alors. 

Victvne dun parti violent^ emportéy il se vit forcé de donner 
sa démission. Sous le nom de Henry S^-Pierre, il obtint une 
pension de SOO pièces, sur Tlrlande, qui ne lui fut payée que 
pendant la vie de la Reine. Il continua à servir pendant quel- 
que temps en qualité de volontaire sous les ordres du prince 
Eugène de Savoie. Son fils prit alors le commandement du 
régiment de Walef et fut nommé colonel par le duc d'Ormonde 
au camp de Gateau-Gambrésis, le li juillet 1712. Le général et 
son fils demeurèrent en Angleterre jusqu'au commencement de 
1718 pour y solliciter les arrérages*d&s à leur régiment et à 
eux-mêmes. Us n'obtinrent rien. 

D'Angleterre, le général se rendit à Paris où des affaires d'im- 
portance, dit-il, l'arrêtèrent jusqu'en 1717. G'est ici, me semble- 
t-il, qu'il faudrait placer les négociations relatives au duc et à 
la duchesse du Maine, dont parle M""" de Staël (M"^de Launay) 
dans ses mémoires. Je n'ai trouvé aucun document qui offrit 
des données positives sur cette affaire. — En 1717, il fut obligé 
d'aller dans plusieurs cours dltalie et de là en Espagne pour 
s'acquitter de quelques commissions auprès de S. M. Catholique 

(') Od donna 300,000 Uvr. sterl. pour les payer. 



— 279 — 

qui fut si contente de ses services qu*elie lui donna, le 30 janvier 
1719, la patente de lieutenant-général de ses armées et y joignit, 
la même année, celle d'inspecteur de Tinfanterie et de la cava- 
lerie de ses royaumes (M. Sou fils obtint le grade de brigadier 
et mourut peu après en revenant de Ceuta, à Fàge de 3S ans, 
sans laisser d'héritiers. 

L'année 1724, Walef obtint du roi Tautorisation tant d'aller 
solliciter ce qui lui était dû en Angleterre que de venir régler 
ses affaires domestiques dans son pays. Il fut bientôt accablé 
d'infirmités; après avoir demandé plusieurs prolongations de 
congé et voyant que ssr mauvaise santé le mettait désormais hors 
d'état de servir, il demanda sa démission, qui lui fut envoyée de 
Madrid le 20 octobre 1728. 

Plus tard pourtant, il voulut encore essayer du service et 
obtint par l'entremise du prince Eugène, le grade de feld-ma- 
réchal, lieutenant de l'Empire, avec les appointements de géné- 
ral de bataille!!! Ce ne fut qu'une sinécure. 

Walef avait environ 66 ans quand il se retira dans ses 
domaines pour n'en plus sortir. Il passait l'hiver à Liège, Tété 
à Walef S^-Pierre, au château qu'il avait fait bâtir au bout d'une 
magnifique allée de tilleuls et auquel il avait donné, sur l'avis 
du prince Eugène, des proportions extraordinaires pour le 
commencement du XVIII« siècle. 

Il s'occupa avant tout d'un long et scandaleux procès contre 
sa belle-sœur, M'"« de la Raudière, fille d'un premier mariage 
de son père avec Marie-Jeanne de Henry, dame de Louverval. 
Cette sœur, de connivence avec les deux tuteurs de son frère, 
l'avait dépouillé pendant son enfance et cherchait à absorber par 
des contrats extorqués, le bien qu'il avait acquis. Elle voulait se 
dédommager, comme il le dit lui-même, « des biens considé- 
rables qu'elle a consommés par les mauvaises chicanes qu'elle 

(') Les patentes officielles sont signées du Roi et datées du 17 février 4731. 



— 280 — 

a faites sans discontinuation, pendant plus d'un demi siècle 
révolu, contre son mari, contre ses enfants Tun après Tauirei 
et enfin contre moi. » 

Il finit par se réconcilier avec elle. 

C'est alors seulement qu'après bien des procès,, des chicanes, 
des déboires de tout genre, après avoir sollicité la protection 
du roi George d'Angleterre, de l'Empereur d'Âutricbe, du prince 
Eugène, il parvint à se faire payer de ses services en Angle- 
terre (') et en Espagne. 

Il entretint une correspondance suivie avec plusieurs grands 
personnages, notamment avec le prince Eugène de Savoie auquel 
ses connaissances stratégiques, ses nomt^reuses relations d'au- 
trefois avec les cours d'Angleterre, de France, d'Espagne, etc., 
lui permettaient de rendre d'émineats services. 

Il employait ses loisirs aux travaux qui le recommandent tout 
spécialement k notre attention, à la poésie. Il retoucha quel- 
que peu ses vers, les fit imprimer, en composa de nouveaux. 
J'ai lu plusieurs lettres en réponse à l'envoi tantôt d'une épitre, 
tantôt d'un volume. Elles sont en général sobres d'éloges. 

De la lettre de Boileau, pas d'apparence. On l'a lue impri- 
mée ; peut-on croire que le satirique ait écrit bien sérieu- 
sement ces « merveilleux » éloges? Il y avait deux hommes 
en Boileau : l'homme de société et l'homme officiel. Le pre- 



(*) Voici tout ce que j'ai pu lirer d'ane fonle de paperasses : comptes, mémoires, 
lettres, etc. 

L'ordre fut donné de payer avant le 1*^ décembre 1713 tous les régiments déchargés 
du service. 11 y fut contrevenu au sujet du baron de Walef. Vers 4715, le quartier- 
maître général Ghaundon perçut la solde, la passa au Hollandais Sweet qui la remit 
aux banquiers Cailland et Roux. Hais ceux-ci firent faiUite. De là d'inextricables 
diffîcultés. D'après une note , la somme s'élevait pour le baron de Walef seul à 
46,318 fl. 2 i/â sols argent cour, de Hollande. On retint 37,743 il. , paiements de 
dommages et intérêts, etc.; si l'on défalque du reste les frais de trois ou quatre 
procès en Hollande, les voyages, etc., on trouve que cette comédie anglaise ne fut 
pas « As you like it. » 

Des arrérages d'Bspagne, je n'ai trouvé qoe la mention da fait, mais aucun détail. 



1 

I 



— 281 — 

mier écrivait des lettres et faisait des compliments; il disait, 
par exemple, que Molière était le plus grand homme de 
son siècle. Le second, grand-maitre du Parnasse français, 
écrivait l'art poétique et les satires, et trouvait que le grand 
comique n*était souvent qu'un grimacier populaire (V. Art. poét. 
Gb. III). — Le comte de Zinzendorf, ancien commissaire impé- 
rial à Liège, trouve dans le Catholicon, qui lui est dédié, « beau- 
coup de feu, de précision, de clarté et d'esprit. » C'est dire un 
peu trop. — Voici mon opinion : Walef est philosophe et 
observateur; il témoigne d'un bon sens exquis, mais souvent de 
peu de goût. Rien de plus faisandé, par exemple, que la des- 
cription des Rîies de Madrid. Maints endroits dénotent une ima- 
gination vive, enjouée, riante, mais parfois mal réglée. La 
Métamorphose de Clytie, F Histoire de la porcelaine, fourmillent, 
comme on l'a dit, de traits charmants. 

En voici que l'on n'a jamais vus ; c'est le commencement 
d'une épitre au prince Eugène : 



> Déjà Tastre du jour plus voisin de nos Utes, 
Semble avoir des hivers écarlé les tempêtes. 
Une douce chaleur succède aux noirs frimats. 



Tout germe, tout renaît ; du sein de la nature 

S'élève à pas tardifs la riante verdure; 

Son invisible main ramène dans nos champs 

Avec un ciel plus pur, les beautés du printemps. 

Tout rit dans nos jardins ; déjà Zéphir et Flore 

Ont parfumé les airs des fleurs qu'ils font éclore ; 

Le sang, rendu plus vif par le froid combattu, 

Retrouve en circulant sa première vertu ; 

La bouillonnante ardeur dans les yeux étincelle 

Et le cœur en reprend une force nouvelle. » 

11 est en général dun classissime sévère, celui du grand siècle 
de Louis XIV. On pourrait l'appeler sous certains rapports, le 
Boileau Liégeois. — Un Boileau aux petits pieds, pourtant. — 
Gomme le satirique, dont il savait les vers par cœur, il est 



— 282 — 

caustique et mordant jusque dans Tode et Tépitre. Tandis que 
le second nous étonne parfois parTétroitesse de ses vues et l'in- 
justice de ses jugements passionnés, le premier demeure tou- 
jours liégeois et soldat, c'est-à-dire franc et loyal. Us n'eurent 
la chance, ni l'un ni l'autre, de corriger qui que ce fut ; il faut du 
cœur pour gagner le monde et Walef et Boileau avaient « plus 
de tête que de cœur {»). » — Pour moi, j'aime assez bien le 
Gatbolicon quand je ne le regarde pas à la loupe ; c'est le vrai 
Higuiero d'infiemOy au fin sel. Il sent son Walef d'une lieue.— 
Les chefs-d'œuvre du poète liégeois, ce sont ses drames. Je 
n'en dirai rien de mieux que l'intéressant biographe des soi- 
rées bruxelloises de 18S4. — Mais il n'eut pas dû commettre 
tant d'odes! 11 a du feu, mais pas de vrai enthousiasme; 
s'il lui arrive parfois de s*élever, il a de la peine à se soutenir ; 
« il a le vol court (i). »ll est telle ode où l'on ne trouve qu'un 
soupçon de poésie délayé dans un Océan de prose. — Voilà 
pour le fond. - Et pour la forme : 

Ses vers, comme un torrent, coulent sur le papier. C'est une 
abondance qui va jusqu'à la prolixité; Vers peu corrects, peu 
châtiés, répétitions, chevilles, etc.; ils me rappellent Grenet: 



Trop paresseux pour abréger. 
Trop occupé pour retoucher, 
Je vous livre mes rêveries 
Que quelques vérités hardies 
Viennent librement mélanger . 
J'abandonne l'exactitude 
Aux geos qui riment par métier. 
D'autres font des vers par étude 
J'en fais pour me désennuyer ; 
Ainsi, vous ne devez me lire 
Qu'avec les yeux de l'amitié... 
(les ombres). 



(>) De Murait : Lettres sur les Anglais et les Français. 
(9) De Murait, op. cit. 



— 283 — 

Le baron de Walef mourut à Liège le ii juillet 1734, jour de 
la Madeleine. Il fut enterré le lendemain dans Téglise du Collège 
des Jésuites de Liège (*). . 

Un mot maintenant des œuvres du poète que j'ai lues ou par- 
courues. Ce sont : 

L Les trois tragédies : Electre, Mahomet II, Annibal à Capoue. 
La première est inprimèe, les deux autres sont inédites. 

Il y avait deux MSS de Mahomet. L*un semble beaucoup 
plus ancien que tous les autres MSS de Tauteur. 

Il est d'une écriture singulière, oii abondent les abréviations 
et les ligatures. La fin du cinquième acte, et une foule de correc- 
tions, sont plus récentes et de la main même du poète. J'étais 
parvenu avec beaucoup de peine à déchiffrer et à transcrire ce 
cinquième acte, qui est fort beau, lorsque j*ai trouvé le second 
MS , parfaitement lisible , mais sensiblement modifié par la 
suppression d'un nombre considérable de vers. — Cette œuvre 
de mérite serait-elle une des plus anciennes de son auteur?... 

Après avoir lu les soirées bruxelloises (1854), on ne sera 
pas fâché de trouver ici l'une des plus belles scènes de Maho- 
met, la VIP du cinquième acte. Le récit de la mort d'Irène et 
du vizir Ibrahim. 

OssAR (officier du térail), RAClMA (tuliane), Fatime (cot^fidente d^Iréne), 

OSSAN. 

Ah ! Madame, cessez de répandre des larmes 

Je viens vous annoncer la fin do vos alarmes : 

Le sultan, par un coup dont je frémis d'horreur, 

Du peuple et des soldats a calmé la Tureur. 

Tout redoute, tout fuit sa funeste colère... 

Mais, Madame, à son cœur que la victoire est chère ! 

Jamais pour en jouir un plus beau sang versé ! 

Raqha. 
Qu'est-ce donc? apprends moi tout ce qui s*est passé. 

(*) J'ai ta l'attestation du P. Jésuite chargé de faire procéder à l'enterrement. 



— 284 — 

OSSAN. 

Madame, le sultan s'avançait vers la porte ; 
D'habitants du sérail une nombreuse escorte, 
Eunuques et muets, tristes et vils soldats, 
D'une démarche lente accompagnait ses pas. 
Irène le suivait, non pas en suppliante 
Qu'étonne du péril l'approche menaçante : 
Sa fierté qu'excitait le sultan furieux, 
Nous touchait encor plus que l'éclat de ses yeux. 
La garde cependant, de tous côtés pressée. 
Aux portes du sérail allait être forcée. 
Quand un muet, instruit par un triste signal, 
De la main du sultan reçoit l'ordre fatal. 
L'esclave aussitôt ouvre et se fait un passage. 
Irène le reçoit sans changer de visage ; 
D'elle-même elle s'offre au fer impatient. 
Et ses derniers regards insultent son amant.... 
Madame, pardonnez un récit trop fidèle. 
Mais, prêt à voir tomber une tète si belle , 
Chacun, saisi d'effroi, recule épouvanté. 
L'esclave cède presque à tant de cruauté: 
Le fer, qui suit enfin une roule incertaine. 
N'arrache au second coup la tète qu'avec peine. 
Elle tombe, et ses yeux où brillaient tant d'attraits, 
A la clarté du jour se ferment pour jamais. 
Madame, à cet objet terrible et pitoyable 
Le Sultan seul conserve un calme redoutable. 
Mais que son cœur, ému d'un sang si précieux. 
Soutient mal la fierté qu'il affecte à nos yeux ! 
« Cher Acomat, dit-il, la résistance est vaine; 
» Il faut aux révoltés abandonner Irène : 

> Le spectacle sanglant qu'on va leur présenter 

> Mieux que tous nos efforts pourra les arrêter. » 
Par son ordre aussitôt de deux côtés on s'ouvre : 
La porte du sérail devant nous se découvre : 
L'ambitieux Vizir en ce même moment 

Fait un nouvel effort et l'enfonce aisément. 
Il entre accompagné d'une foule innombrable. 
Mais, Ciel i pour un amant, quel objet effroyable ! 
Il voit le corps d'Irène étendu d'un côté : 
De l'autre, il aperçoit l'esclave ensanglanté 
Dont la barbare main encore toute fumante 
Présentait cette tète à ses yeux trop charmante.... 
Le peuple et les soldats, également surpris ; 
L'honneur et la pitié s'emparent des çsprits. 



- 288 — 

Tout frémit à l'aspect d'une telle victime. 
L'infortuné Vizir, vainement les anime : 
Tout ce camp mutiné, que lui-même a eondnil, 
Déteste sa fureur, disparait et s'enfuit. 
Le peuple plus coupable il son tour l'abandonne. 
Un gros d'amis resté seulement l'environne. 
L'intrépide Sultan s'avance et le prévient : 
c Tu vois, dit-il, le sang dont ce palais est teint; 

> N'impute qu'à toi seul cet affreux sacrifloe. 

> Traître, viens, de ma main, recevoir ton supplice. > 
A ces mots, ces rivaux se joignent malgré nous. 

En vain, nous nous jetons au milieu de leurs coups : 
Le Vizir est ftrappé d'une atteinte mortelle ; 
Un moment, à nos yeux, ce perfide chancelle : 
Puis enfin il expire, et son sang répandu 
Avec le sang d'Irène est' bientôt confondu. . 

Raciha. 

Ossan, de ton récit interdite, étonnée, 

Moi-même, k quels transports suis-je donc destinée? 

Fatime. 

Madame, n'imputez qu'à la nécessité 
Cet exemple étonnant d'affreuse fermeté. 



IL Un fragment de Comédie, sans titre. Il y est question 
d'une vieille coquette indécise sur le choix d'un amant. On y 
rencontre des traits délicats. C'est un manuscrit. 

III. Le Catholicon, imprimé et, en partie, manuscrit. La pre- 
mière satire ; A Paul, mm valet, est de la main même du baron 
de Walef. C'est la seule pièce entière qui soit de sa main dans 
ses cahiers. 

Harpagon, lesNuie^, Odes sur les affaires du temps, etc. Le siècle 
de Louis XIV, Thémire, les rues de Madrid, Histoire de la porce- 
laine, la Métamorphose de Clytie en fleur, les Titans, les Augures, etc. 
Tous imprimés et manuscrits. 



— 286 — 

La préface manuscrite des Titans est celle de l'édition de 
Paris; mais elle est raturée et Ton y voit des corrections comme 
celle-ci : 

Au lieu de : 

« On sait que ce héros (Herculej avait devancé de fort peu 
d'années ceux que Musée fait agir. » 

Il met : a ceux que je faU agir » etc., phrases qui devaient 
servir à l'édition de Liège : 

Le Liégeois né malin.... 

n'eut pas accepté pareil conte à la cigogne. 

L'édition des Augures est celle que mentionne M. Henri Hel- 
big dans son intéressant article publié dans l'Annuaire de la 
Société d'Emulation de Liège en 1863. 

lY. Un poème que je crois inédit : V Anarchie^ divisé en quatre 
chants : la police, la morale, les juges j lesjudicatures, et adressé 
au Pays de Liège. 

Il eut fait bonne figure dans le Gatholicon. Il abonde en traits 
malins : 

Le jour au (prand soleil, la naît à la lanterne, 
Je cherche ici quelqu'un qui m^aide à pénétrer. 
Quel est, dans ces climats, le pouvoir qui gouverne 
Sans que jusqu'à présent j'ay pu le rencontrer ? 

Ou plutôt il trouve qu'il n'y a pas de gouvernement : 

J'y suis ; c'est un précis du pouvoir anarchique 
Ancien gouvernement à nul autre pareil. 
Et qui ne fut connu qu'au temps climatérique 
Des deux premiers mille ans qu'éclaira le soleil. 

Puis une histoire à sa mode, du gouvernement des pa- 
triarches. De cette anarchie résulte l'absence de morale. Liège 
est un peu comme Paris dans la satire Ménippée : « Une spé- 
lonque de bétes farouches, un asile et sûre retraite de voleurs, 
meurtriers et assassinateurs. » 



— 287 — 

L'affreuse ivrognerie et l'horrible chicane, 
Filles de l'Achéron et de l'impiété, 
Dans nos mars à l'envi, de leur souffle profane, 
Ruinent également la bourse et la santé. 
Comme si nos effets étaient leur héritage. 
Voleurs en cent façons viennent nous insulter ; 
Tranquillement entre eux ils en font le partage, 
Sans que du grand chemin ils daignant s'écarter ! 

Pour punir la licence on avait jadis inventé les juges et les 
judicatures, mais Liège qui pourrait trouver dans ses citoyens 
d'excellents magistrats, vend ses lits de justice à des indignes : 

Comme si l'argent seul, par un pouvoir suprême, 
Tenait lieu de savoir, d'esprit, de probité. 

Et la plume de Fauteur est, comme on dit, trempée dans le 
fiel, lorsqu'il décrit les graves occupatisns des juges liégeois : 

Trois mois par an, après longues vacances. 

Nos juges, rafraîchis quoique altérés de frais, 
Chaque jour, bien ou mal, prononcent des sentences. 
Matière, la plupart, à de nouveaux procès. 

Il appuie ses assertions de faits à lui arrivés et finit en rap- 
portant un événement que Ton connait sans doute : 

Tremblez, rappelez-vous ces grands coups de tonnerre, 
Quand, partageant leur gain, quatre juges, jadis. 
Scélérats qu'à regret avait portés la terre 
Dans un de nos faubourgs furent anéantis. 

V. Deux satires : la première de soixante et une strophes de 
dix vers chacune : Quatrième Philippique à la nation française, 
dirigée contre le Régent. Elle est d'une violence sans exemple 
dans l'auteur; que l'on en juge par les deux premières 
strophes : 

Toi qui confonds les incrédules. 



— 288 — 

Et qui, seuls, sftos pâsaioa, 
Da ranlôme des vains scrupules 
Sais dissiper rillasioo, 
Yérité toujours eflScace, 
Du crime affreux qui nous menace 
Viens développer les noirceurs. 
Pour toucher tant d'&mes ccaintives , 
Joins tes images les plus vives 
A la force de mes clameurs. 
L*attentat n'est plus équivoque : 
Un prince, l'objet de nos vœux, 
Par sa mort va Axer Tépoque 
Qui fera frémir nos neveux. 
Content, désormais sans alarmes. 
Le tyran qui pour toutes armes 
Ne vous connaît qu'en vos chansons. 
Bientôt de l'Europe étonnée. 
Par ses intriques subornée 
Va justifier les soupçons. 



Je crois que cette satire est encore inédite. L'autre est dirigée 
contre son médecin nommé Maguire et n'a rien de remarquable. 

YI. Trois épttres au prince Eugène. J*ai cité le commence- 
ment de l*une d'elles. 

VIL Cinq odes. La première, où Ton trouve tout ce que Ton 
veut excepté ce qui constitue une ode : 

Requête en faveur de la demoiselle de M arche ^ sa nièce, qui 
transcrivait les poésies de son oncle. 

Deux autres sur Télection de Pologne. 

Une quatrième, sans titre, qui a été imprimée, je pense, sous 
le titre de : Lachute des anges, etque j'appellerais plus volontiers : 
Origine du peuple Anglais. 

Une cinquième enfin : Le monde, c'est plutôt une boutade. Je 
ne sache pas qu'elle ait été publiée. 

Je compte ces deux dernières pièces parmi les meilleures du 
baron de Walef. 

VIL Une fable de deux cent soixante six alexandrins de long! 
Il y met en scène quatre grandes bétes! Le lion, le taureau. 



— Î89 — 

l'éléphant et le sanglier ; elle est dédiée au prince Eugène. Elle 
ne brille pas par sa clarté. C'est peut-être la pièce intitulée 
Eglogue de la guerre pour tan 1688, imprimée avec les Rties de 
Madrid. A Liège, chez Guillaume-Ignace Broncart... en Sou- 
verain-Pont, 1731, et que possède M. Ferd. Henaux. 

IX. Une chanson originale, mais trop longue : Le couronne- 
ment de Stanislas. 

Da grand comte de Leczinski 
Je vais chanter Tbistoire, 
Ses grands exploits et son retoar en France.... 

Pour cause de maladie ! 

On dit qu'il a joni d'abord 

D'une santé parfaite; 
Mais pour peu que le vent du Nord 
Pénètre dans sa tête, 
Il tombe en des convulsions. La faridondaine 
Et son sang est engourdi, biribi... 

A son retour, il fut reçu magnifiquement. 

Impatients de le revoir 
Les peuples de la Loire 
Accoururent partout pour le voir... 
Comme on court à la foire, 
En criant pleins d'affection : la faridondaine 

Bon Dieu, qu'il a bien réussi, biribi.... 

Ce couplet est le dernier de quarante ! 

X. Les réflexions sur l'Iliade. Prose et vers; imp. et manusc. 

XI. Le Mémoire (imprimé) de M. le baron de Walef à Me^- 
sieurs le Président et Conseillers du Conseil ordinaire^ signalé par 
M. Polain dans les Bulletins de l'Académie de Bruxelles. 

XII. Une lettre « au Roy » George d'Angleterre pour récla- 
mer ses arrérages (imprimée). 

— Je n'ai rien vu du combat des Echasses, du triomphe des 
Médecins , du supplément aux tableaux de Philostrate (ni du 
chat volant de la ville de Yerviers). J'ai cru un moment être 

18 



— 290 — 

tombé, dans une liasse de vieux manuscrits, sur les madrigaux 
et les pièces de jeunesse dont parle Bruzen de la Martinière; 
j'ai acquis plus tard la conviction que ces vers ne sont pas du 
baron de Walef. Je ne sais à qui attribuer cette charmante 
épitaphe du Parlement : 

Sons un tout petit monument 

Gtt monseigneur le Parlement, 

Qui prétendait — Dieu lui pardonne ! — 

Porter le sceptre et la couronne. 

Le fin Choiseai, par ricochet, 

L'avait poussé tout près du trône... 

Louis, riant de ce projet, 

Sans invoquer Mars ni Bellone 

L*ensevelit sous son cachet. 

Ce qui eut lieu en 1771, grâce à Maupeou. 

Enfin je mentionne, pour la bonne bouche, le résumé des 
dernières dispositions d'un projet de testament ( * ). Elles ont 
pour nous un intérêt tout spécial. 

Le poète déclare que dans le cas que ses héritiers ne vou- 
draient pas accepter son héritage ou ne Taccepteraient que sous 
bénéfice d'inventaire, il les en prive absolument, et entend 
qu'il retourne au très-illustre chapitre cathédral de Liège pour 
fonder une Académie en faveur des jeunes gens de la Princi- 
pauté de Liège. 

Elle serait dirigée par le grand prévôt de Liège, les bourg- 
mestres régents de Liège et deux autres séculiers qualifiés, 
sous la protection de S. A. le prince de Liège. On ouvrirait 
quatre concours : de poésie, d'éloquence, de sculpture , de 
peinture. Ces concours seraient annoncés chaque année, six 
mois avant la fête de la Translation de St.-Lambert. Les prix 
consisteraient chacun en une somme d'argent et une médaille 



(>} Je dis projet : le document que j'ai vu n'était ni achevé, ni signé. U n'a donc 
aucune valeur. 



I 



— 291 — 

portant d'un côté les armoiries du fondateur ('), de l'autre les 
mots : Eloquentiœy etc. Ils seraient décernés à des jeunes gens 
appartenant à la principauté de Liège et âgés de 38 ans au 
moins, par des commissions dont feraient partie des sculp- 
teurs, des peintres, le P. Jésuite prédicateur de la Cathédrale 
et un jésuite entendu en poésie. 

La distribution se ferait à l'Hôtel-de-Ville et les lauréats 
assisteraient à la procession de St.-Lambert portant au cou 
leur médaille, et à la main un cierge et une branche de laurier. 

Le P. Recteur du Collège des Jésuites, qui aurait eu l'obli- 
geance de prêter deux de ses religieux aux jurys d'éloquence 
et de poésie, recevrait en reconnaissance vingt écus à charge 
d'inviter à un banquet la direction de l'Académie liégeoise. 

On voit qu'il a conçil la première idée de la société fondée 
plus tard par le prince Velbruck. 

On nous saura peut être gré d'ajouter ici l'ode fe monde, la 
lettre au Roy, et un fac-similé de la signature du baron de 
Walef. 

Le 3 Décembre 1868. 



LE MONDE. 

(ode) 

Que le mofide, aux vrais philosophes 

Parait renpli d'ilhinons ! 

Que ses diverses catastrophes 

Font naître de réflexions ! 

Je ne vois qu'imposture étrange. 

Que confusion, que mélange 

Dans ses points même les plus beaux ; 

Le premier coup d'œil en impose ; 

Oh ! les dieux ont fait peu de chose 

En le débrouillant du chaos. 



(i) Us Curtius portaient d'or au cerf élancé de gueules. 



— 292 — 

L'homme, enorgueilli de son être. 
N'y sent que peine, que doaleur; 
Et le moment qui le voit naître 
Est le premier de son malheur; 
La joie est courte et passagère, 
La grandeur fausse et mensongère. 
Tous ses plaisirs sont douloureux ; 
II naît, vit et meurt misérable, 
Et l'on a recours k la fable 
Pour lui trouver un jour heureux. 



Que, dans Tenceinte de ses villes, 
Il cherche la société : 
Il trouvera les lois civiles 
Contraires à sa liberté; 
Tout l'importune, le fatigue ; 
Un devoir, un rang, une brigue , 
Troublent, renversent sa raison ; 
Son bonheur l'occupe et l'altère, 
Celui d'autrui le désespère, 
Et ses jours sont pleins de poison. 



Dans les thébaides retraites 
Qu'il aille porter son ennui. 
Les passions les plus secrètes 
Courent s'y cacher avec lui. 
Il est ambitieux, avare. 
Rêveur, taciturne, bizarre, 
Il regrette tout, il se hait ; 
Là s'évanouit son système ; 
Il voulait se chercher lui-même, 
Et ne se trouve qu'à regret. 



Que plein d'une chaleur guerrière. 
Il aspire au nom des Césars, 
Que dans une affreuse carrière 
Il coure d'aveugles hazards, 
Lorsqu'il approche du tonnerre, 
La mort, qui le reporte en terre. 
Devient le prix de ses travaux ; 
Le coup part, il chancelle, il tombe.... 
Que re8le>l-il?... La même tombe 
Couvre le lâche et le héros. 



— 293 — 

Je veux que sur son mausolée 
Une main, traçant ses exploits, 
Grave l'image désolée 
Du moDde soumis il ses lois. 
Croit-on que j'admire Alexandre 
Qui ravage, met tout en cendre, 
Charge cent peuples de ses fers?... 
Taime mieux ce vainqueur barbare 
Sauvant la maison de Pindare 
Que soumettant tout l'univers. 



Pour hÂter la lente fortune 

Qu'il se rende esclave des rois : 

Que dans une cour importune 

Il s'élève aux premiers emplois : 

Les faux amis l'environnent. 

Les défiances l'aiguillonnent ; 

Il ne sait que craindre et craint tout ; 

Idole de la flatterie, 

La route qu'il suit est fleurie. 

Mais le précipice est au bout. 



Heureux que, pour le satisfaire, 
Par le plus illustre présent. 
Le sort au trône de Tibère 
Ait placé ce nouveau Séjan ; 
Maître enfin de la terre entière 
Il voit dessous sa vue allièro 
Tout par ses ordres s'ébranler ; 
Rien au dessus ne se présente.... 
Et sa grandeur le £ait trembler. 



Qu'il aille, en de lointains rivages. 
Chercher de fugitifs trésors : 
L'air, les vents, le feu, les orages 
Le réservent à mille morts. 
Il revient, avec la tempête 
Son bien met en danger sa tète, 
Il va le jeter sous les flots ; 
Touche-t-il au port sans disgrâce. 
Son propre succès l'embarrasse. 
D'autres soins troublent son repos. 



— 294 — 

Hélas ! quels nouveaiui caractères. 
D'un naage épais entourés, 
Cachent leurs odieux mystères 
Sous des dehors mal colorés ? 
Chargés de brillantes entraves, 
Des hommes servent en esclaves 
Un maître qu'ils ont obsédé : 
Tous se masquent comme au théâtre, 
Et mes yeux reprochent du plâtre 
Au visage le moins fardé. 



Autour d'une foule timide 
Je vois les soucis dévorants, 
La crainte, l'espérance avide, 
Verser leurs poisons différents ; 
La Fortune agite sa roue; 
Celui-ci tombe dans la houe 
Dont cet autre vient de sortir ; 
Et tous, par un retour frivole, 
Portent leurs mains sur cette idole 
Qu'ils ne peuvent assujétir. 



Celui-ci, dont l'ùme effrontée 
Fait en un jour cent faux serments. 
Auprès des grands, nouveau Prêtée, 
Change de face à tous moments. 
Cet autre, encore plus infftme, 
Veut lui prostituer sa femme 
Dans l'espoir d'un gain suborneur ; 
Et raffinant sur l'avarice 
Tirer un tribut de son vice 
Et subsister du déshonneur. 



Tarquin parait tyran de Rome, 
Quel flot de vains adorateurs ! 
Rien en lui qui ne passe l'homme 
Si j'en crois ses adulateurs ; 
Tout est vertu, ses vices mêmes. 
Ses impostures, ses blasphèmes. 
Jusqu'à son impudicité !... 
Rome vient à le méconnaître. 
Et Tarquin cessant d'être maître 
N'est plus qu'un monstre détesté. 



— 298 — 

Quel autre spectacle m'étale 

Rome, vide de citoyens? 

César dans les champs de Pharsale 

Vient-il de briser ses liens? 

Le sénat éperdu l'adore, 

Il l'avait proscrit.... il l'honore. 

La liberté n'a pins d'attraits : 

César règne Revers funeste ! 

firutus poor en sauver le reste 
Couvre ses lauriers de cyprès. 

Un peuple entouré de victimes 
Inonde de sang les autels... 
Qu'entends-je? Il voudrait à ses crimes 
Associer les immortels ! 
Là l'impureté sacrifie, 
L'ambition se déifle. 
L'avarice verse l'encens, 
Et, dans ce culte mercenaire. 
L'homme cherche un dieu tutélaire 
A l'erreur qui flatte ses sens ! 

Où sont ces héros de la guerre 
Que la mort semble accompagner? 
Ciel ! est-ce en dépeuplant la terre 
Qu'un roi doit apprendre à régner ? 
J'attends derrière nos murailles 
Pour qui d'eux, après cent batailles, 
Le sort voudra se déclarer ; 
Et, toujours sûr d'avoir un maître, 
A peine puis-je reconnaître 
Le dernier qu'il faut adorer. 



Voici la lettre au Roi d'Angleterre George I**', qui succéda 
en 1714 à la Reine Anne-Stuart. 

AU ROY. 

Sire, 

Je viens encore me présenter aux pieds de Vôtre Majesté 
pour la suplier avec le plus profond respect de me faire payer de 



— 296 — 

mes appointements de la guerre passée comme Brigadier et 
comme Mareschal de camp ; j'ay cru n'avoir besoin auprès de 
Vôtre Majesté ny d'appuy ny d'aucunes lettres de recommanda- 
tion, et j'ay simplement récours à sa justice ; c'est par cette 
vertu, Sire, que vous avés porté la gloire de Vôtre Règne plus 
loin que n'avaient fait les Henrys et les Elisabeths ; elle vous a 
attiré la confiance de tous les Potentats de l'Europe et c'est par 
elle, peut-être encore plus que par la considération de sa puis- 
sance, que vous avez rendue l'Angleterre arbitre de tous leurs 
différends. 

La Reyne Anne, Sire, ordonna plusieurs fois inutilement 
qu'on me satisfit; j'avois malheureusement affaire à un grand 
trésorier d'Angleterre (') qui, non content de se faire un plaisir 
de mécontenter tout le monde, avoit si peu d'attention sur soy- 
méme, qu'il trouva le secret de se rendre également suspect 
aux deux partis. 

J'eus bientost l'honneur de m'addresser à Vôtre Majesté qui, 
sans balancer, trouva ma demande juste et commanda au comte 
de Bodmar d'examiner mon compte, en me faisant espérer un 
prompt payement: mais. Sire, j'avois eu le malheur d'être 
brouillé avec le duc de Marlborough qui me traversa; ce fameux 
Général, plus attaché à sa nation qu'a un Etranger, avoit avancé 
les officiers anglois mes contemporains à mon préjudice; 
négligé dans touttes les promotions, j'eus la mortification de les 
voir Lieutenants Gen., tandis que je n'étois que Mareschal de 
camp ; je pourois pourtant alléguer. Sire, que j'estois plus ancien 
que la pluspart d'entre eux, puisque le Roy Guillaume m'avoit 
accordé la levée d'un Régiment de dragons une année avant 
que la guerre commençât. Vôtre Majesté sçait la délicatesse des 
hommes de nôtre profession en matière de passe droit; quelque 
admiration que j'eusse d'ailleurs pour le mérite et pour les 
grandes actions du duc de Marlborough, je fis céder mes 

(* ) Robert Walpole (note de Tédit.). 



— 297 — 

interests à mon chagrin et je m'opiniatray à ne point luy faire 
ma cour. 

J'étois déjà, Sire, dans le cas que, par une prévention inconce- 
vable, la nation du monde la plus généreuse et la moins suscep- 
tible de faux préjugés m'avoit fait un crime de mon obéissance 
aux ordres de la Reyne, quoyque j'eusse lieu de croire que 
cette même obéissance me tiendroit lieu de mérite , puisque 
je sacriâois à mon devoir le fruit de trente deux ans de service, 
la conservation de mon Régiment, un établissement sûr dans le 
Pais bas et la protection du Prince Eugène qui m'honoroit de sa 
bienveillance; quoyqu*il paroisse très raisonable qu'après avoir 
eu part au péril on doive aussy partager la recompense , je 
s'çavois , Sire , le peu d'égard qu'on à pour les Catholiques en 
Angleterre et cette reflection devoit encore augmenter le prix 
de ma fidélité. 

Yôlre Majesté avouera sans doute qu'il ne me convenoit pas 
d'examiner si la paix ( i ) que la Reyne avoit déjà concertée avec 
la France blessoit la gloire et l'Interest de la nation et si j*ay 
mal fait d'ôbeïr ; il ny avoit point d'Anglois , Sire , qui ne fut 
aussy coupable que moy , puisque nos engagements étoient 
pareils ; je ne connoissois comme eux d'autre Souverain que la 
Reyne Anne et, comme eux, j'etois payé et reçevois mes Patentes 
de la même puissance ; la qualité de sujet n'entraine point après 
soy plus d'obligations. 

Vous sçavés. Sire, qu'il ny à rien de plus sacré que les com- 
missions ; les Traités que les Roys font entre eux sont moins 
inviolables ; on les rompt tous les jours sur des légers prétextes, 
au lieu que dans cette espèce de con tract que les Princes font 
avec les particuliers, ils ont attaché la mort et l'infamie à celuy 
qui s'en écarte ; plus la punition est grande pour rôfHcier refrac- 
taire et plus le Souverain est fortement obligé d'accomplir ses 

(f ) Conclue plus tard à Utrecht en 4713, après la disgrftce de Mariboroagh et 
l'avénement des tories, 



— 298 — 

promesses et de luy payer exactement le prix de son sang et de 
ses services. 

I! n'est point de loix ny d'ordonnances que les souverains fas- 
sent observer avec plus de rigeur que celles qui regardent la 
subordination ; leur autorité y est trop intéressée et les consé- 
quences eu sont trop dangereuses pour se relâcher la dessus. 
Je prens la liberté de suposer qu'un officier étranger au service 
de Vôtre Majesté , à la persuasion de quelque autre puissance 
prit le party de lui obeïr au préjudice des ordres contraires que 
vous luy auriés donné : quelque penchant que Votre Majesté ait à 
la clémence, elle en feroit faire un châtiment exemplaire; je 
u'aurois pas été moins criminel en désobéissant à ceux de la 
Reyne, il est seulement étonnant que je sois obligé de me jus- 
tifier là dessus. 

Les troupes étrangères, Sire, qui étoient comme moy à 
Tarmce pouvôient et dévoient même se dispenser d'exécuter les 
ordres de cette Souveraine, puisqu'elles avoient leur Prince 
dont elles dependoient immédiatement, en vertu des commis- 
sions qu'elles en avoient reçues ; leur exemple m'engageoit à 
prendre précisément un party contraire à celuy qu'elles ont 
pris; elles obeissoient à leur Maître comme j'obeissois à la 
Reyne, ma Maîtresse, et le refus d'abandonner l'armée des alliés 
qui était à leur égard une marque de fidélité, devenoit pour 
moy une perfidie, une désertion manifeste. 

Cependant, Sire, ces mêmes troupes qui avoient marqué si 
peu de complaisance pour la Couronne d'Angleterre dont elles 
etoient soldoyies, ont étés depuis exactement payées : les deux 
Régiments d'Holstein qui avoient comme moy suivi l'armée de 
la Reyne, ont été de même entièrement satisfaits ; par quelle 
fatahté que je n'ay jamais pu comprendre , Sire , faut-il que je 
sois traitté différemment des officiers qui ont refusé de suivre 
et de ceux qui ont suiviîsi, indépendamment des commissions, 
c'étoit un crime d'obéir, il faloit donc punir les officiers des 



— 299 — 

deux Régiments d'Holslein ; Vôtre Majesté les a fait payer, elle 
est trop équitable pour ne pas ordonner que Je le sois aussy. 

S'il y avoit eu , Sire , quelque distinction, quelque preferance 
à espérer, j'estois en droit de l'exiger plus que personne puis- 
que j'estois le seul Colonel de Tarmée qui eut directement ses 
Patentes d'Angleterre ; j'ctois comme annexé aux troupes de 
celte Couronne et pour ainsy dire naturalisé Anglois; cependant. 
Sire, personne n'a eu plus de sujet de se plaindre que moy, je 
n'ay point été avancé selon mon ancienneté; j'ay été jusqu'icy(i) 
frustré de mes appointements, je ne suis point payé de la pen- 
sion que la Reyne m'avoit donné sur l'Irlande, et les officiers 
de mon Régiment ont été méprisés et rebutés honteusement 
malgré les promesses les plus solennelles qu'on leur avoitfaites, 
de bouche et par écrit, qu'ils seroient tous entretenus pendant 
la paix. 

J'ay fait voir à Vôtre Majesté , l'illusion du sujet de plainte 
qu'on avoit porté contre moi ; je l'ay, sire, d'autant moins mérité 
que j'avois fait tout mon possible pour ny pas donner lieu ; 
j'avois fait voir au Ducd'Ormond les suittes fâcheuses de l'ordre 
qu'il nn'avoit donné en marchant avec les troupes qu'il com- 
mandoit, qu'un Régiment de plus ou de moins ne pouvoit en 
rien couti'ibuer aux desseins que la Reyne avoit formé de faire 
la paix , que les officiers de mon Régiment étant la pluspart 
catholiques ils avoienl sujet de craindre qu'on n'auroit aucun 
égard pour eux dans un Royaume protestant : le Duc d'Ormond 
consentit que mon Régiment restât à l'armée; My Lord Straford, 
qui en peut rendre témoignage, s'y opposa et j'obtins seulement 
du gênerai et de l'Ambassadeur de la Reyne de servir le reste 
de la guerre en qualité de volontaire sous les ordres du Prince 
Eugène, qui me parut content de ma conduite. 

Je crois. Sire, qu'on ne pouvait porter la délicatesse plus loin; 

(0 n y a ici contradiction avec le mémoire de Jf. le Baron etc. qu'il a < toujours 
été payé pendant toute la guerre. » p. 26. 



— 300 - 

peu occupé de mes intérêts, je n'eus en vue que ma réputation et 
je doute que tout autre eut pu mieux se comporter dans une 
conjoncture si délicate; cependant les députés des estats géné- 
raux, mal instruits des obligations d'un officier qui avoit ses 
Patentes d'Angleterre, vinrent trouver le prince Eugène à mon 
sujet et, sur le vain prétexte que j'avois donné un mauvais 
exemple aux troupes des alliés, ils le pressèrent si vivement de 
me faire sortir de l'armée qu'il m'ordonna d'aller joindre le duc 
d'Ormond ; ce prince me fit l'honneur de me dire qu'il avoit 
longtems résisté, mais que dans la scituation présente des 
affaires, eu égard au besoin que l'empereur avoit des Estats 
généraux, il n'avoit pu se dispenser d'avoir cette complaisance 
pour leurs députés. 

J'ay resté. Sire, depuis ce temps là près de deux années à 
Londres pour y solliciter inutilement les arrérages de mes 
appointements. J'y ay consumé pendant la fin du règne de la 
reyne Anne et, sous les heureux commencements de celuy de 
Votre Majesté, la plus grande partye de mes prétentions, non 
sans déranger beaucoup les affaires de ma famille ; je suis né 
dans un pays. Sire, ou il s'en faut bien que la noblesse ne soit 
aussy opulente que celle d'Angleterre ; l'ambition de Louis XIV 
en a fait pendant 40 ans le théâtre de la guerre et j'ay moy même 
dans le cours de plusieurs campagnes aydé à ravager mes 
propres terres. 

J'ay crû, Sire, que l'étroite union qui règne entre Vôtre Majesté 
et le roy d'Espagne, mon maître, m offroit une conjoncture favo- 
rable pour obtenir ma demande ; j'ay été souvent témoin. Sire, 
avec quelle exactitude dans chaque occasion Monsieur de Stan- 
hope a obtenu satisfaction sur tous les griefs des commerçants 
Anglois dans ce pays là; la promtitude avec laquelle on leur 
rendoit justice a donné plus d'une fois sujet de se plaindre aux 
François qui de tous les étrangers semblent devoir être les plus 
favorisés en Espagne. 



— 301 - 

Je suis, Sire, d'autant plus persuadé du succès de ma préten- 
tion, que mon mémoire lui paroitra nouveau, et que, par le bon 
ordre qu'elle a établi en Angleterre aussy bien que dans ses 
Estats d'Allemagne, Votre Majesté a prévenu tout motif de 
plainte semblable à celuy que j'ay l'honneur deluy présenter (i). 



Fae^mile de la signature du baron de Walef. 



é^-^oÂf 



( * ) J'ai tâche de transcrire exactement joaxte la feuille imprimée que j'ai tous les 
yeux. 



^ s 



NOTICE HISTORIQUE. 



SUR 



L'ABBAYE DE BEAUREPART 



A LIISGR 



I. 



L*abbaye de Beaurepart faisait partie de Tordre des Prémon* 
très fondé par S. Norbert. Ce saint naquit en 1080, à Santen au 
duché de Glèves, de Héribert comte de Gennep et de Hadwige 
de la maison de Lorraine. Après avoir rempli pendant quelques 
années les fonctions de chanoine dans la collégiale de Santen, 
il s'adonna à la prédication et à Texercice du saint ministère, 
avec Tautorisation des papes Gelase II et Callixte II. Il parcou- 
rut en missionnaire le Languedoc, la Guienne, le Poitou, TOr- 
léannais, le Hainaut, le Brabant, le pays de Liège, et convertit 
un grand nombre d'hérétiques et de pécheurs. 

Le saint comprit bientôt que, pour perpétuer son œuvre et en 
conserver les fruits, il était indispensable d'établir des maisons 
où ses disciples se formeraient à la vie religieuse et à Texer- 
cice du saint ministère. Ces maisons seraient tout à la fois des 
instituts pour la vie contemplative, des pépinières pour refour- 
nir les rangs du cierge paroissial, et des maisons de retraite 



1 



— 806 — 

une seigneurie de Téglise de Verdun qui y possédait aussi de 
grands biens et an ch&teau (*)• 

Wedericus de Prato, avoué de Liège, et ses deux nièces, Oda 
et Beatrix, donnèrent avant l'année 1160 Téglise de S. Nicolas, 
Outre-Meuse, aux Prémontrés de Cornillon pour être desservie 
par eux. On voit par l'acte de donation que ces Desprez possé- 
daient le droit de patronage et percevaient même les revenus de 
l'église avec la charge toutefois de donner une portion congrue 
au curé. 

L'empereur Frédéric, ayant suscité un schisme dans l'église 
en 1159, en faisant élire par trois cardinaux l'antipape Victor 
IV, convoqua les évéques de son empire à Pavie pour faire 
approuver cette élection ; l'évêque Henri de Leyen s'y rendit en 
1160 et l'approuva. L'abbé Lucas a-t-il accompagné son évêque 
au conciliabule de Pavie? Nous l'ignorons, mais le fait est que 
l'antipape Victor IV donna en 1160 un bref de protection et de 
confirmation au couvent des Prémontrés de Cornillon. Il lui con- 
firme, entre autres, l'église de S. Nicolas Outre-Meuse et celle 
de S. Bavon à Loverval. 

L'abbé Lucas fit cultiver les sciences ecclésiastiques par ses 
religieux pour les rendre propres à desservir leurs paroisses. 
Il s'adonna lui-même à la prédication, comme le prouvent les 
sermons qu'il laissa inédits. La dernière mention qu'on trouve 
de lui, est de 1178. On célébrait son anniversaire dans sa com- 
munauté, le 24 octobre. On lui attribue: 

1^ In Evatujelium Matthœi liber unus ; 
2"^ In Evangelium Johannis liber untis ; 
3® Sermones ad Fratres ; 
4** Epistolœ. 

Tout cela est perdu ; mais on a conservé : 



(*) Jupille, ancien domaine de Pépin do Herstal , de Charlcs-Marlel, de Pepio-le- 
bref qui y naquit, et de Charlemagne, citait en i008 un domaine.de la couronne im- 
pt^riale d'Allemagne. Henri U le donna, cette année, h l'église de Verdun. 



i 



— 307 — 

Summariola Lucœ abbatis S. Coiiielii in Aponii commentaria 
in Cantica. Fribourg 1838, réimprimé dans la bibliothèque des 
Pères. 

Gérard. On trouve cet abbé cité dans une charte de 1187. Ce 
fut, en cette année, qu'Albert, grand-prévôt et archidiacre du 
Hainaut, incorpora à la communauté de Gornillon, deux béné- 
fices simples ou autels fondés dans Téglise de Loverval. On 
ignore en quelle année mourut Gérard , son anniversaire se 
célébrait au couvent le 27 septembre. 

GosuiN. Cet abbé est cité aux années 1190, 1192, 1193, 1196 
et 1204. Ce fut sous cet abbé, à savoir en 1202, que Henri , 
duc de Lorraine, exempta de toute taille et de toute exaction 
injuste les terres de la ferme d'Archis, sous Herstal, à la con- 
dition que les religieux y bâtiraient une chapelle et qu*un d'eux 
y dirait chaque jour la messe à Tintention du duc et de sa fa- 
mille. La chapelle fut bâtie et dédiée à S. Nicolas. L'année 
suivante (1203) les Prémontrés cédèrent à l'évéque leurs terres 
de Gonheries et Téglise de cet endroit pour un rente annuelle 
de six marcs et l'exemption de tout impôt sur leurs terres de 
Villers-rÉvéque. Ce fut aussi sous l'abbé Gosuin que le couvent 
reçut trois nouvelles églises paroissiales à desservir, à savoir, 
celles de Boffoit (Boffu en Condroz) , de Simpelvelt et de Sou- 
magne. Nous ignorons â qui les Prémontrés durent l'église 
de BoiToet, mais celle de Simpelvelt leur fut donné en 1203 par 
Hugues de Pierrepont, évéque de Liège, et celle de Souroagne 
leur fut cédée en 1204 pour une certaine somme par Winand, 
chevalier de Fechiers (Fecher sous Soumagne). 

L'abbé Gosuin mourut le 1*^' mars de Tannée 1204 ou 1208. 

Alexandre. Ce fut à la demande de cet abbé que le pape 
Innocent III confirma, le 1®^ décembre 1208, toutes les posses- 
sions de l'abbaye, notamment l'église de S. Nicolas Outre- 
Meuse, celle de S. Bavou à Loverval, celle de S. Lambert à Bofoet, 
celle de S. Rémi à Simpelvelt, celle de S. Lambert à Soumagne. 



— 308 — 

Jean. On a de cet abbé une charte datée de 1215. En 1223 
Tabbaye des Prémontrés reçut encore une église paroissiale à 
desservir, celle de Grimby. Wiger, chevalier de Lowaige, 
en donna le droit de patronage aux religieux Prémontrés, avec 
le consentement de son épouse Gertrude et de son fils Louis. 

L'abbé Jean mourut le l""^ janvier, mais on ignore en quelle 
année. 

Guillaume. Cetabbé.originaire deTongres,est cité aux années 
1230 et 1235. Lorsque Tévèque de Liège, Robert de Langres, 
se rendit au concile de Lyon où l'empereur Frédéric 1 1 fut 
déposé, il se fit problablement accompagner de Fabbé de Cor- 
nillon, car c'est de Lyon qu'est daté le bref du 13 février 1248 
par lequel le pape Innocent IV accorde aux Prémontrés le pri- 
vilège que. les lettres du S. Siège ou de ses légats, obtenues 
contre eux, ne pourraient être mises à exécution à moins qu'elles 
ne renferment une mention expresse des Prémontrés et de ce 
privilège. L'original de ce bref se trouve au archives du sé- 
minaire. " 

La commémoration de l'abbé Guillaume se trouve au 22 jan- 
vier dans le nécrologe. 

Nicous. Cet abbé est cité aux années 1255 et 1260. Il obtint 
du Pape Alexandre IV, le 9 juin 1257, plusieurs privilèges pour 
ses religieux, à savoir : les pensions et les bénéfices à leurs 
collation ne pourront être conférés par le S. Siège ou par ses 
légats, à moins qu'il ne soit fait une dérogation expresse à ce 
privilège ; dans les paroisses dont ils perçoivent les grandes 
dîmes, ils pourront aussi percevoir les;dlmes novales, c'est-à- 
dire, des terres nouvellement mises en culture ; ils pourront 
demander, recevoir et retenir tous les biens qui seraient échus 
aux religieux profès, par succession ou par tout autre titre, s'ils 
étaient restés dans le monde, excepté les biens féodaux. Le 6 
novembre 1257 le même Pape confirma les libertés et les exemp- 
tions d'exactions séculières qui leur avaient été accordées par 
les Pontifes, les Ëvêques et les Princes. 



— 309 — 

L'abbé Nicolas mourut le 14 septembre, mais on ignore en 
quelle année. 

Jean de Fléron (') est cité comme abbé aux années 1360, 
126S, 1268 et 1373. 

Guillaume, seigneur de Bronckbort et de Reickbeim, donna en 
1360 à Fabbaye des Prémontrés le droit de patronage sur l'église 
de Reickbeim, et à Fabbaye des Norbertines les revenus de la 
cure, sauf la portion congrue du curé à en déduire; il greva en 
même temps cette donation de certaines charges religieuses. 

Depuis cette époque , les Prémontrés de Corniilon eurent 9 
églises à desservir, savoir : celles de Notre-Dame à Jupille, de 
S. Nicolas Outre-Meuse , de Loverval, de S. Nicolas à Ârchis , 
de Simpelvelt, de Soumague, de Grimby, de Reckheim et celle 
du couvent des Norbertines. L'abbaye de Beaurepart était comme 
le séminaire qui fournissait des curés et des vicaires h ces 
^lises. Aussi les études de philosophie et de théologie n'ont- 
elles cessé d'être cultivées dans cette maison. L'abbé Jean de 
Fléron assista en 1365 au Chapitre général de l'ordre qui se tint 
à Prémontrés. 

Son anniversaire se célébrait au 5 septembre. 

Henri de Fexhe et Slins est cité aux années 1273, 1274, 1388. 

Les églises paroissiales de Jupille , de S. Remacle au Pont et 
de Grivegnée se trouvant incorporées au décanat de Notre- 
Dame à Aix, le doyen Garsilius en confia en 1274 la déserviture 
perpétuelle à Tabbé des Prémontrés de Corniilon, en lui assi- 
gnant la portion congrue fixée par les statuts du diocèse, à 
savoir quinze livres (quidecim libras alborum) ; il lui céda à cet 
effet, les revenus de 4 bonniers de terre, les dîmes de trois 
journeaux de terre et d'un pré, une rente de deux setiers 
d'épeautre et une autre de quatre solidi. Cet acte ne paraît point 



(M On désignait, à cette époque , chaque religieux par le nom de l'endroit dont 
était originaire. 



avoir été mis à exécution ; nom ignorons pour quelle raison. 

L'abbaye de Gornillon et ses biens furent, à cette époque, 
Tobjet de tant de déprédations et de dévastations de la part des 
brigands, que les religieux n'avaient plus de quoi subsister et 
qu'ils songèrent à abandonner Gornillon pour se retirer dans 
d'autres maisons de leur ordre. Jean de Flandre, évêque de 
Liège, et le Chapitre de la Cathédrale vinrent à leur secours. 
Ils tirent avec eux un grand échange de biens en 1388 et leur 
cédèrent, entre autres, le couvent abandonné de Beaurepart en 
' Isle, sur les bords de la Meuse. Les Prémontrés en prirent 
possession cette même année ; ils en augmentèrent la conte- 
nance par l'achat de la maison dite de l'abbaye de Floreffej 
maison qui provenait de Henri de Flémalle, chevalier, et qui est 
aujourd'hui l'habitation de Mgr l'évéque. 

Le couvent de Beaurepart fut bâti sous l'épiscopat de Jean 
d'Eppe pour y établir des Frères Mineurs. Ces religieux l'occu- 
pèrent jusqu'au mois de novembre 1234 qu'il fut réduit en 
cendres par un incendie ; ils se retirèrent alors dans la paroisse 
de S. Hubert. Le couvent ayant été rebâti par Raoul de l'Isle, 
chevalier, et Gilles Surlet de Hozémont, chanoine de S. Lam- 
bert, les Frères-Mineurs y retournèrent en 1235; ce fut pour 
eux un beau-ietour (bellus-reditus) , nom qui resta au couvent. 
Toutefois leur second séjour au Beaurepart ne fut pas de longue 
durée. En 1243 ils s'établirent près du marché dans un lieu 
nommé Riche- fontaitie. Le couvent de Beaurepart , devenu un 
domaine de l'évéque, fut mis par HQori de Gueldre, en 1254, à 
la disposition des chevaliers de l'ordre teutonique du Vieux- 
Jonc. Ces chevaliers l'abandonnèrent aussi, mais on ignore en 
quelle année. L'archidiacre Baldard l'acquit alors de l'évéque et 
du Chapitre, probablement sous la conditiond'yétablir des reli- 
gieux et de les doter ; ce qu'il fit par testament en ordonnant d'y 
établir de chanoines réguliers de S. Victor de Paris. Son exécu- 
teur testamentaire Godefroid de Fontaine, chanoine de S. Lam- 
bert, fit, mais inutilement, des instances auprès des religieux de 



— ail — 

s. Victor pour qu'ils y établissent une cominuaauté de leur 
ordre. Dès lors, le couvent de Beaurepart fit retour à Tévéque 
et m Chapitre, qui y établirent en 1288 les religieux Prénoon- 
trés de Cornillon. 

Quant aux bâtiments de Cornillon, Tévèque en fit une forte- 
resse pour garantir la ville contre les incursions des brigands. 
Cette forteresse ayant été détruite plus tard, le terrain fut donné 
aux Chartreux qui s'y établirent en 1360. 

L'abbaye de Beaurepart reçut le 18 mars 1290, du pape Nico- 
las IV, le privilège de pouvoir célébrer les offices divins dans 
l'église, mais les portes closes, dans les temps d'interdit géné- 
ral et, le 13 avril de la même année, elle reçut du même pape la 
confirmation de ses libertés et de ses exemptions. 

L'abbé Henri mourut le 28 juillet, mais on ignore en quelle 
année. 

ËYBARD. On trouve cet abbé cité aux années 1293 et 1294. Ce 
fut sous sa prélature, en 1296, qu'Odon, abbé de Saint- Victor 
à Paris, renonça à tous les droits qu'il pouvait avoir sur le 
couvent de Beaurepart en vertu du legs de Tarchidiacre Bal- 
dard. Cette même année, l'abbé Evrard assita au Chapitre 
général de l'ordre qui se tint à Prémontré. Il est à présumer 
qu'en passant à Paris, il obtint de l'abbé de St.-Victor la renon- 
ciation que nous venons de mentionner. 

Le nécrologe mentionne la mort d'Evrard au 8 janvier. 

Henri de Bonn se trouve cité à l'année 1311. Ce fut probable- 
ment sous la prélature de Henri que l'abbaye obtint des éche- 
vins de Liège l'érection d'une « cour jurée de tenants héritables. » 
On la trouve mentionnée à l'année 1322. La principale fonction 
de cette cour était de réaliser ou d'euregistrer tous les actes 
concernant les biens et rentes de l'abbaye et de donner ainsi à 
ces actes un caractère d'authenticité. 

La commémoration de Henri se faisait le 20 mars. 

Henri d'Archis, élu abbé, on ne sait en quelle année, se démit 



— 312 — 

de la prélature avant Tannée 1322. Cinq autres abbés sont en- 
core mentionnés dans le nécrologe, mais on ignore les an- 
nées de leur prélature. Ce sont Englebert mort le 6 mai, Pierre 
mort le 18 novembre, Remband mort le 1 février , Godefroid 
mort le 12 octobre. A partir de Henri de Dison, la succession 
des abbés est bien connue. 

Henri de Dison est cité aux années 1321, 1323, 1326, 1329. 
1331, 1334 et 133S. Cet abbé fut accusé au Chapitre général par 
les Nobertines de Reickheim d*avoir appliqué à son abbaye les 
revenus de leur couvent. Godefroid, abbé de Floreffe, délégué 
par le Chapitre général pour examiner cette affaire, rendit, le 
7 déc. 1327, à chacun des deux établissements les revenus qui 
lui appartenaient. L*abbé Henri restitua, avec le consentement 
des religieux, la ferme de Bofœt à Gilles de Strees,écuyer, et lui 
céda probablement aussi le patronage sur l'église de l'endroit. 
L'argent provenant de la vente fut employé à acheter, en 1334, 
des terres à Villers. 

Cet abbé mourut le 24 mai 1337. Sa pierre sépulcrale portait 
l'inscription suivante : 

Dum ver finitw\ hîc Uetiricu8 sepelitury 
Qui fuerat dictus de Dison sit benedictus, 
Eixlesiœ dignus pater exsiitit atque benigniis. 
M, O^' X totidem septem jungantur ibidem. 

Henri de Haccourt est cité aux années 1340, 1341 et 1342. Ou 
ne connait rien de sa prélature. Il mourut le 13 juillet 1348. 

LiBERT de Corswarem obtint en 1351 du Conseil communal 
de Liège l'autorisation de faire des constructions le long de la 
Meuse, même sur les murs de la ville. Il y construisit un bâti- 
ment près du jardin désigné sous le nom AAula dans son épi- 
taphe : 

Libertus nomine, quamvis 

Liber et ingenutis frater, supplex adolescens 



— 313 — 

Prœpositus juvenis^ aulœ mr conditar abbas 
Uorto canti^uœ ; majora deinde paraius 
JEdifkasse, nisi senio prius occubuisset, 
Suprema samne liber requiescat m aula» 

Celte épitaphe indique qu'il était d'une famille noble et que, 
dès son jeune âge, il avait embrassé la vie religieuse dans 
l'abbaye de Beaurepart, où il mourut le 18 septembre 1353, dans 
une grande vieillesse. 

Nicolas du Pont d'Isle était prévôt ou proviseur de l'abbaye 
en 1334. Ce fut sous sa prélature que Catherine Robechon de 
Socke, béguine, fonda et dota un autel en l'honneur de S. Jean- 
Baptiste dans l'église de S. Nicolas et en réserva la collation à 
l'abbé de Beaurepart et au curé de la paroisse. L'abbé Nicolas 
exécuta les constructions qu'avait projetées son prédécesseur 
et il reçut à cet effet, en l;^87, l'autorisation de la ville. Il con- 
sentit en 1362 à ce que la chapelle de S. Hubert à Loverval fût 
érigée en paroissiale et que l'ancienne église paroissiale dédiée 
à S. Bavon y fut unie avec ses revenus. L'abbé mourut le 18 
août 1363. 

Jean de Liège, élu en 1363,régitrabbaye jusqu'au 28 décembre 
1387, jour de sa mort. Son inscription sépulcrale portait : 

Ukjacet daminus Johannes de Leodio, abbas hujus ecclesiœ^qui 
obiit a nativUate Domini nostri Jesu-Christi M. CCC octimgesitno 
septimo 28 decembris ; cujus anima per misericordiam Dei requies 
cal in pacey amen. 

Jean de Warnant demanda au pape Boniface IX le privilège de 
porter l'anneau pontifical. Ce pontife le lui accorda le 22 février 
1390. 

L'église de Liège n'avait pas voulu participer au schisme 
suscité à Rome en 1378 par le Gouvernement français qui avait 
fait élire l'antipape Clément VIIL Honteux de ce schisme, le 
gouvernement voulait le faire cesser tout en sauvegardant son 



~ 344 - 

honneur ; il proposa à cet eifet que les deux papes donneraient 
leur démission, et comme ils s'y refusaient, il voulut les y con- 
traindre en se soustrayant à leur obéissance et en proclamant 
la neutralité à leur égard. Deux embassadeurs français firent 
adopter la neutralité par l'église et le pays de Liège en 1399 ; 
toutefois en 1405 le clergé et les fidèles reconnurent de nouveau 
l'autorité du pontife romain Innocent VII. Ce fut à ce pontife 
que s'adressa l'abbé de Beaurepart pour obtenir la confirmation 
d'une convention conclue avec l'évéque Jean de Bavière, con- 
vention qui portait que l'abbaye lui payerait une rente annuelle 
de 8 florins d'or pour tous droits de cathedraiicum et de visite. 
Innocent Vil confirma cet accord le 23 mars 1406. 

La cour de France, après avoir gagné quelques cardinaux, 
fit convoquer le conciliabule de Pise pour déposer le pape Gré- 
goire XII et l'antipape Benoît XIII, et procéder à une nouvelle 
élection. L'abbé de Beaurepart se fit l'eprésenter h ce concilia- 
bule par un procureur. Cette assemblée illégitime augmenta le 
schisme en élisant un second antipape, qui fut Alexandre V. 
L'abbé de Beaurepart ne vit point la fin du schisme. Il mourut, 
le 6 mai 1418, et fonda par testament une grand'messe quoti- 
dienne au maître-autel. Déjà à cette époque, comme on le vit alors, 
s'était introduit dans l'abbaye l'usage du peculium. L'exemple 
de cet abbé fut suivi par plusieurs de ses successeurs qui firent 
des legs dont les revenus servaient à l'usage privé des religieux. 

Sur son tombeau se trouvait l'inscription suivante : 

Hic jacet vetierabilis pater Johannes de Wamanto, qui obiit anfw 
Domini M. CCCC. XVIU niemis maii die VI. 

Pourrait-on attribuer à notre Jean de Warnant,abbé de Beau- 
repart, la chronique gesta episcoporum Leodietisium (1247-1340) 
qui est aujourd'hui perdue? Tous les historiens qui en ont vu une 
copie manuscrite disent que l'auteur appartenait à Tordre des 
Prémontrés. Les uns le citent par les mois Johamies presbyter, 
les autres l'appellent Johannes de Wamantio. Aucun écrivain 
ancien n'a dit, je pense, qu'il était curé de Warnant. 



— 818 — 

Abnold de Wârnant, parent du précédent, avait été mayeur 
de la cour jurée de Fabbaye. Il mourut le 28 avril 1424. 

Nicolas de fiierset mourut le 3 mai 1430. 

Guillaume de Herck, sacré vers la Toussaint en 1430, mourut 
le 22 janvier 1436. 

Helin de Warnant mourut le 28 avril 1480. 

Jean Drommaire mourut le 24 janvier 1482. 

Helin Perlandi de Warnant mourut en 1466. 

Jean de Warnant gouverna de 1466 à 1469. 

Henri Opprebais dit de Bouillon gouverna de 1469 à 1491. 

Ce religieux qui appartenait à Tabbaye de Floreffe, fut pré- 
posé à celle de Beaurepart, sans doute pour y rétablir les 
strictes observances de la règle qui devaient avoir beaucoup 
souffert des guerres civiles et de la destruction de la ville de 
Liège en 1468. Cet abbé s*engagea, ainsi que ses successeurs, 
à célébrer certains oflSces dans la collégiale de S*« Croix sous la 
condition qu*un canonicat serait incorporé à la mense abbatiale. 

Dominique Rovere, légat du S. Siège, unit, le 17 mars 1483, 
un canonicat à la mense abbatiale. Depuis cette époque les ab- 
bés de Beaurepart furent aussi chanoines de S'^-Croix et y célé- 
brèrent les principaux offices. L'abbé Henri mourut le 18 avril 
1491. Son épitaphe portait : 

Hic jacet Henricus de Operbasio, abbas hujus ecclesiœ acceptus 
ex Floreffia qui incorporavit prœbendam sanctœ Cruds; defunctus 
est anno DotnitH M. CCCC nonagesimo primo 

Bartholomé Thtlens de Tongres, mourut le 7 juin 1498. 

GosuiN Hemonnet, élu le 18 juillet 1498, abdiqua la fonction 
d*abbé en 1824, et mourut le 9 janvier 1826. 

Martin Deviller, élu en 1824, mourut le 10 août 1828. 

Léonard de Lymbourg fut élu le 12 août 1828. Il jeta les fonde- 
ments de la nouvelle église de l'abbaye , mais la mort qui le 



— 316 — 

ravit le 19 août 1846, ne lui permit pas de Fachever. Elle fut 
continuée par ses successeurs. C'était, d*aprës Langius et Sau- 
mery, une petite église gothique qui se distinguait par ses belles 
proportions et ses riches décorations. 

Pasghal de Gemeppe mourut dix-sept jours après son élection. 
Jacques de la Boverie : 24 octobre 1546—34 oct. 1853. 

Nicolas Lymbourg de Bilstain : 1553-— 3 mars 1566. Il mourut 
assassiné par son domestique. 

Jean de Flémalle : 1868—11 sept. 1871. 

Jean deS^rt : 1871-1884. Cet abbé était, dit-on, très-versé dans 
le droit. Il reconstruisit une grande partie de son abbaye. La 
mort Tenleva le 2 janvier 1884 à l'âge de 63 ans. Sur le mau- 
solée qu'il s'était fait dresser dans la chapelle de la Vierge, son 
successeur mit l'inscription suivante : 

Hoc mausolœum sibi struxit Sartius abbas^ 
In vigili Christi dum statione manet. 
Quis fuerit ne quœre ; docent monumenta ; mb ista 
Omnia virtutum nomina mole pretnit. 

Léonard Lymbourg de Bilstain, frère de Nicolas : 1884-1614. Il 
dressa, dans le chœur de l'église, un mausolée en marbre à 
son oncle Léonard et à son frère Nicolas, avec l'inscription 
suivante : 

D. 0. M. 

Domino Leonardo pairuo suo et Nicolao Lymborch fratri suo, 
hujus domus abbatibus , R. D. Leonardus Lyrnboixh , ejusdem 
monasterii abbasposuit. Primus obiit anno 1846 augusti 19, alter 
a cubUario trucidattis 3 martii 1868. 

L'abbé Léonard mourut le 16 mars 1614, à l'âge de 73 ans. 

Adam Slins : 7 avril 1614 -17 juin 1623. 

Jean Snaep : 22 juin 1623-17 avril 1638. Cet abbé plaça de- 



— 317 — 

vant le maltre-autel une pierre sépulcrale à la mémoire de 
Léonard Lymborch, avec l'inscription suivante : 

R, D. Leonardo BUstain abbati quatidam suo R, D. Snaep^ etiam 
abbas hujus domus^ memoriœ ergo manumentum hocposuit. Obiit 
nie anno salutis 1614 martii 16, hic vero anno 1638 aprilis die 17. 
Leetar utrique bene apprecare. 

Nicolas deGomsée: 21 mai 1638— juillet 1657. Vingt religieux 
prirent part à son élection, à savoir : Louis Dosin, prieur, Henri 
Slins, prieur de Reickhem, Amelius Lairesse, curé de Loverval, 
Nicolas Bodson, proviseur, Antoine Jamar, curé à Simpelveld, 
Philippe Sandron, Mathias Liverloz, Gilles d'Awans, curé de S. 
Nicolas, Henri Hees, curé à Reickhem, Jean Franck, curé à 
Soumagne, André Liverloz, cellerier, Servais Crasier, François 
Neuforge, Jean Materni, Nicolas Gomsée, Pierre TEspineUx, 
Henri A. Tornaco, Norbert Tronchon, Godefroid Maislre,et Au- 
gustin Moséus. 

L'abbé Gomsée soigna les intérêts temporels aussi bien que 
les intérêts spirituels de son abbaye. Il acquit la terre et sei- 
gneurie de Rennes (Hamoir) et fit de grandes réparations à 
l'église et au couvent. Depuis cette époque, les abbés de 
Beaurepart portèrent le titre de seigneurs de Rennes. Gomsée 
mourut le S juillet 1657. 

Antoine Jahar : 10 juillet 1657—31 décembre 1663. Vingt reli- 
gieux prirent part à son élection, savoir : Ambroise Dufresne 
prieur, Henri Slins, prieur à Reickem, Jacques Latour, sous- 
prieur, Nicolas Botson, Mathieu Liverloz, Jean Franck, curé à 
Loverval, Jean Materni, curé à Simpelvelt, Norbert Tronchon, 
curé à Grimby, Godefroid Maistre, Augustin Moseus, Norbert 
Fâbricius, Léonard Blanche, curé à Soumagne, Jean Binne, 
Lambert Delville, Hugues Hennin, François Henrici, Waltère 
Hodeige, Mathias Loverix, Jean Steinart. 

Jamar avait fait ses études à TUniversité de Trêves où il avait 
pris le grade de docteur en théologie. H fut ensuite successi- 



- S18 - 

vemetit président du collège Norbertin à Cologne, curé à Sirn- 
pelvelt et curé à S. Nicolas. 

A peine é(u abbé, il demanda au pape, pour lui et ses succes- 
seurs, te privilège de porter la nittre et la crosse. Alexandre 
VII le lui accorda par un bref du « février 1688. 

Jamar fit pour son abbaye Tacquisition de Hûup*Ie-loup près 
de Renne. Il moorat le 21 décembre 1668 et fut enterré devant 
le maître-autel. 

Ambroise Defraine : H janvier 1664 — 30 mars 1695. Vingt 
et un religieux prirent part à son élection, savoir : Augustin 
Moseus, prieur à Reickhem, Jacques Latour, sous-prieur, Ma- 
thieu Liverloz, Jean Materni, curé à Simpelvelt , Godefroid 
Maître, Norbert Fabricius, curé à Soumagne, Jean Reyne, Lam- 
bert De Ville, curé à Reickhem, Hugues Hennin, vicaire à Sou- 
magne, François Henrici , Waltere Hodeige, curé à S. Nicolas, 
Mathias Loverix, vicaire à S. Nicolas, Georges Vassal, curé à 
Lovervalz, Norbert Steinart, curé à Grimby, Alexis Woet, Guil- 
laume Schroets, Thomas Macors, Hubert Mawel, Pierre de 
Staël, Henri Gouverneur, Gaspar Fay mon ville. 

L'abbé Defraine reçut du prince-évéque en 1664, moyennant 
une rente annuelle d'un chapon, Tautorisation de construire un 
pont au-dessus de la rue des Prémontrés pour relier la maison 
au jardin situé au-delà de la rue. Dès que le pont couvert fut 
achevé, Tabbé mit ce jardin à la disposition de ses religieux pour 
y prendre l'air et faire leurs promenades. Ce terrain, occupé 
par plusieurs maisons , avait été acquis successivement par 
l'abbaye dans le courant du XIV*^ siècle et converti plus tard en 
jardin. 

L'abbé Defraine eut un long procès à soutenir contre François- 
Goberl d'Aspremont, comte de Reickhem. Celui-ci, prétendant 
avoir le droit de patronage sur l'église du village, chassa le curé 
nommé par Tabbé de Bcaurepart et le remplaça par un prêtre 
séculier. Le procès parcourut tous les degrés de juridiction et 



-^ 919 — 

dura plusieurs années. Le 13 décembre 1686, la Chambre impé- 
riale condamna le comte de Reickhem à rétablir le curé légitime 
dans la possession de son église. 
L'abbé Defraine mourut le 30 mars 1695. 

Pierrb-Alexandre de Falloize : 11 avril 1695-— 2 août 1706. 
Vingt-deux religieux prirent part à son élection, savoir : Gilles 
Dalleur, prieur, Henri Gouverneur , prieur à Reickhem , Lam- 
bert Labbeye, sous-prieur, Jacques Latour, proviseur, Mathias 
Loverix, Guillaume Schroets, chantre, Hubert Mawet, Etienne 
Ghilsen, curé à Reickhem, Henri Juliin, curé à Soumagne, 
Herman Gouder, Pholien Jenicot, Jean Gagheur, pitancier, 
Balthazar Denne , François Lamotte, curé à Loverval , Bartho- 
lomé Petit, curé à Simpelvelt, Charles Van Pelt, curé à Grimby, 
Louis Dujardin, Augustin Withiau, Norbert Burnenville, Ber- 
nard Lebruin, Joseph Camps, Ambroise Hodeige. 

A répoque de son élection, De Falloize était curé à S. Nicolos 
Outre-Meuse. Sa prélature ne fut point exempte de tribulations. 
Le comte de Reickhem continuait à revendiquer, même devant 
le tribunal de la Rote, à Rome, ses prétendus droits sur le pa- 
tronage de réglise de Reickhem. L'abbé dut se défendre au 
procès, et ce ne fut qu'en 1703 qu'il parvint à faire reconnaître et 
sanctionner ses droits. Mais, cette même année, ses religieux 
se plaignirent de ce qu'il n'était pas aussi assidu au chœur 
qu'eux, ni aussi fidèle observateur de la règle et de la clôture. 
Ces plaintes furent suivies de conflits auxquels la mort de l'abbé 
mit un terme le 3 août 1706. Le tombeau qu'il s'était fait cons- 
truire, portait l'inscription suivante : 

D. 0. M. 

Monumentum Iwc frater Petrm Alexander de Falloisej abbas 
hujm eccksiœ^ vivens et expectans remirectionem morttwrum, sibi 
posuit, 

Henri Jullin de Liège : 18 août 1706 — • 26 mai 1733. Les reli- 
gieux suivants prirent part à son élection : Henri Gouverneur, 



- 320 — 

prieur, Gilles d*Alleur , prieur à Reickhem , Lambert Labbeye, 
sous-prieur, Mathias de Louvrex, Jean Gagheur, fialthazar 
Denne, chantre, François Lamotte, curé à Loverval , Louis Du- 
jardin, curé à S. Nicolas, Norbert Burnenville, vicaire à S. Ni- 
colas, Augustin Witbiau, curé à Simpelvelt , Joseph Camps, 
curé à Grimby, Bernard Lebrun, curé à Reickhem, Âmbroise 
Hodeige, proviseur, Michel Le Comte, Jacques Marneife, Guil- 
laume Hecket, François TEvesque, Joseph Habets, vicaire à 
Simpelvelt, Jean De Saive, Antoine Doya, Frédéric Maghin. 

Henri Jullin avait été successivement professeur de philoso- 
phie et de théologie dans son abbaye, et curé de Soumagne. Élu 
abbé à Tunanimité des suffrages, il vit Tunion et la ferveur 
religieuses renaître d'elles-mêmes dans son abbaye. Il y réor 
ganisa aussi les études qui avaient souffert des conflits élevés 
sous son prédécesseur. Nous y voyons enseigner la théologie 
en 1727 par Mathias Blochouse, en 1729 par Léon Buisman. 

Le prieuré de Reickhem, c'est-à-dire la fonction d'aumônier 
et de directeur des religieuses Norbertines de cet endroit, étant 
tombé vacant au mois de mai 1710 , l'abbé y nomma le plus 
distingué de ses religieux, François Lamotte, curé de Loverval. 
Celui-ci, préférant rester dans sa paroisse, implora à cet effet 
la protection de l'évêque de notre diocèse qui se trouvait en ce 
moment à Valenciennes. Joseph-Clément de Bavière vit une 
atteinte à son autorité épiscopale dans la révocation du curé de 
Loverval; il croyait qu'une semblable révocation ne pouvait 
avoir lieu qu'avec son consentement préalable. L'abbé Jullin, 
de son côté, était convaincu que ce consentement n'était point 
requis. La question canonique, soulevée par ce conflit, était 
grave et intéressait particulièrement la discipline monastique. 
Portée devant la congrégation des évéques et réguliers, elle fut 
résolue par trois sentences, conformes dans ce sens qu'un abbé 
peut rappeler au couvent un religieux-curé, après en avoir averti 
l'évêque, mais que le consentement de celui-ci n'est point 
requis. La dernière sentence qui est du 1®' décembre 1713, fixa 



— 321 — 

la jurisprudence ecclésiastique sur cette matière. François La- 
motte s'y soumit et rentra au couvent. 

L'abbé Juiiin mourut le 26 mai 1733, regretté de tous ses 
religieux. Il avait 87 ans d'âge, 67 de profession religieuse et 
64 de sacerdoce. Fuit prœsul meritissimusy disent les mémoires 
de l'abbaye. 

Norbert BuRNENviLLE : 20 juin 1733—1748. Trente religieux 
prirent part à son élection, savoir: Jean De Saive, prieur, Jac- 
ques Detige, prieur à Reickhem, Godefroid Detawe, sous- 
prieur, Louis Dujardin, curé de S. Nicolas, Joseph Camps, curé, 
à Grimby, Ambroise Hodeige, Antoine Doya, Augustin Maillard, 
Bernard Dufays, Charles Collin, Daniel Closset, curé à Sou- 
magne, Mathias Blochouse, curé à Loverval, Joseph Horren, 
Adrien Fourneau, curé à Reickhem, Georges Verlinden, Otton 
Gadet, Gérard Jaspar, Henri Closset, François Tanneur, Erasme 
Dans, Léonard Buysman, Melchior Barbier, Balthasar Andrietle, 
Philibert Dumont, Norbert Mellin, Libert Egidii, Herman Mato- 
lin, Gilbert Bancx, Frédéric Spirlet. 

Burnenville, né à Malmedy le 30 avril 1664, avait rempli 
successivement les fonctions de vicaire à S. Nicolas , de sous- 
prieur, de maître des novices et de curé à Simpelvelt. Élu abbé, 
il continua à donner l'exemple de toutes les vertus: Qua in 
digniiate, disent les mémoires de l'abbaye, ne minimum mutatus 
ab illa qua erat ab adolescentia optimœ ac genuinœ candidissimce- 
que indoUSy probitate prœclarus ac prœsertim mansuetudine , et 
profundissimœ humilitatis. Ce fut sous sa prélature qu'on rebâtit 
l'aile du couvent que baignait alors la Meuse. 

L'abbé mourut le 6 mars 1745. 

Daniel Closset : 30 mars 1745 — 3 juin 1749. Vingt-cinq reli- 
gieux prirent part à son élection, savoir: Godefroid Detawe, 
prieur, Gérard Gaspar, sous-prieur, Antoine Doya, proviseur, 
Augustin de Maillardor, curé à Grimby, Bernard Dufays, prieur 
à Reickhem, Mathias Blochouse, curé à S. Nicolas, Joseph Ho- 



— 322 — 

rens, Otton Gadet, Henri Glosset, curé à Reickhem, Léonard 
Buysman, curé à Loverval, fialthasar Ândriette, Norbert Melen, 
professeur de théologie, Hubert Egidii, Herman Hathelin, vicaire 
à Soumagne, Gilbert Bancx, curé à Simpelvelt, Gilbert Gulpen, 
professeur de théologie, Thomas Giouts, vicaire à Simpelvelt, 
Augustin Gillet , chantre , Ludolphe Mastiaux , Bartholomé 
Ernon, vicaire à S. Nicolas, Albert De Ghequier, Lambert 
Fromenteau, Deodat De Praille, Ambroise Broackart. 

De temps immémorial, les abbés de Beaurepart devaient faire 
confirmer leur élection par le chapitre de la cathédrale et par 
révéque. Les droits de chaacellerie à payer au premier mon- 
taient en 1745 à la somme de 205 florins, ceux à payer au second 
montaient à la somme de 1556 florins. Les droits de chancel- 
lerie, pour la prise de possession du canoaicat de S'^'-Groix, 
montaient à la somme de 325 florins. La courte prélature de 
Glosset ne nous fournit aucun fait remarquable. 

Léonard Buisman : 1 juillet 1749—31 juillet 1762. Parmi les 
25 religieux qui prirent part à son élection , on remarque les 
nouveaux: André Culoz, Michel Dethier, Gilles Groulard, Daniel 
Valiez, Jacques Renson, Joseph Piron. 

Ge fut sous la prélature de Buisman, à savoir en 1760, qu'on 
commença la reconstruction de Téglise d'après un plan de 
l'architecte Dignefle. Les travaux durèrent dix ans. Les écono- 
mies et les revenus ordinaires de Fabbaye n'y suffirent point ( i ); 
les religieux empruntèrent des capitaux dont les intérêts annuels 
montaient encore en i 784, à la somme de 2340 florins. Ge ne 
fut que le 25 janvier 1770 que la nouvelle église fut bénite. 

Buisman mourut le 31 juillet 1762. 

Mathieu Blochouse : 1 1 août 1762 — 13 janvier 1763. 
Augustin Gilet : 24 janvier 1763 — 1789. Les religieux qui 



( * ) L'abbaye avait an revenu annuel de 20,000 florins de Liège, sans déduction 
des charges. La communauté comprenait en moyenne une trentaine de personnes. 



— 323 — 

prirent part à son élection furent les suivants : Daniel Valiez 
prieur, Jacques Renson, sous-prieur, BalthasarAndriette, prieur 
à Reickhem , Norbert Melen , Herman Mathelin , curé à Sou- 
magne, Gilbert Gulpen, curé à Grimby, Thomas Clouts, curé à 
Reicklxem, Ludolphe Masteau , Bartholomé Ernon , Lambert 
Fromenteau, curé à S. Nicolas, Deodat Praille, André Guloz, Mi- 
chel Delhier, Gille Groulard, proviseur, Joseph Piron, chantre, 
Augustin Sougnez, Norbert Despa, Ferdinand Olislagers, Léo- 
nard Salm, Antoine Lejeune, Théodore Lejeune, Nicolas Defize, 
Godefroid DemoUin, Hyacinthe Sauveur. 

Un des premiers soins du prélat se porta sur les études théolo- 
giques. Il nomma d'excellents professeurs de théologie et veilla 
à robservation des statuts qui ordonnent aux religieux d'assis- 
ter aux cours de théologie et d'Écriture sainte; l'achèvement 
de l'église et son ameublement furent aussi l'objet des soins 
assidus de l'abbé Gilet. 

Le plan de l'église est conçu dans des proportions assez 
vastes ; il présente à l'œil la forme d'une croix latine dont la 
partie prolongée forme le chœur et le sanctuaire ; les deux bras 
de cette croix se terminent en demi cercles, ainsi que la tête, où 
se trouve la porte d'entrée ; le transept qui est de forme cir- 
culaire est surmonté d'une haute coupole. L'église n'est point 
orientée ; le maltre-autel se trouvant à Toccident et la porte 
d'entrée à l'Orient. Elle est éclairée par deux rangées de fe- 
nêtres de forme carrée, séparées l'une de l'autre par une 
corniche continue. Des colonnes plattes , engagées et peu 
saillantes soutiennent la corniche, mais ces colonnes ne sont 
point couronnées d'un entablement. 

Sous les fenêtres du chœur , l'abbé Gillet plaça les tableaux 
qu'il avait fait peindre par Latour et qui représentent des sujets 
de l'ancien testament. Ces tableaux n'offrent aucun mérite artis- 
tique. Il n'en est point de même de la Descente de croix, par Ber- 
tholet, qui fut placé à l'autel du bras droit du transept, ni de la 
Vierge donnant F habit à S. Norbert, parWaltëreDamery, qui fut 



— 324 — 

placé à Tautel du bras gauche du transept. Les deux tableaux 
que Henri Deprez avait été chargé de peindre furent placés 
dans l'hémicycle où se trouve la porte d'entrée. L'un représente 
les Vendeurs chassés du temple l'autre Jésus enseignant au temple. 
Le maitre-autel fut surmonté d'un beau groupe de sculpture de 
style romain qui représente S. Norbert foulant aux pieds l'hé- 
résiarque Tanchelin. La voûte de la coupole fut peinte par Louis 
Dreppe. 

Ce qui distingue cette église, ce sont ces belles proportions, 
c'est l'unité et l'harmonie qui règne entre toutes ses parties. 

L'abbé Gillet, après avoir achevé l'ameublement de l'église, 
commença en 1788 la reconstruction de l'aile du Nord-est de 
l'abbaye, d'après un plan de l'architecte Digneffe. L'abbé en posa 
la première pierre le 7 avril de cette année ; mais il n'eut pas le 
bonheur de la voir achevée ; il mourut le 27 février 1789. Cette 
aile de bâtiment ne fut entièrement achevée qu'en 1793 ; elle 
coûta, non compris les bois fournis par Tabbaye, la somme de 
41,745 florins de Liège. 

Jacques Renson : 11 mars 1789—1795. Les religieux suivants 
prirent part à son élection : Nicolas Defize, prieur, Bernard 
Romsée, sous-prieur, B. Ernon, Lambert Fromenteau, Deodat 
Prailles, André Cuioz, Michel Dethier, Augustin Sougnez, Nor- 
bert Despa, Léonard Saim, Mathieu Serwier, Henri Stracman, 
Corneille Lacroix, Cyprien Lembrée, Lambert Delvaux, Hubert 
Bellefroid, Dominique Cajot, Joseph Warnier, Isfride Drion, 
Adrien Eggen, Tossain Sior. 

Defeller annonça cette élection dans le Journal historique 
dans les termes suivants : « Les religieux Prémontrés de cette 
ville ont choisi hier Jl mars) pour leur abbé M. Jacques Ren- 
son, homme exercé dans la pratique des vertus religieuses et 
des vertus pastorales, successivement professeur, vicaire, prieur 
et curé et qui a rempli ces fonctions avec les éloges les plus mé- 
rités. Ce qui a fixé dans cette circonstance l'attention du public, 



— 328 — 

c'est réloignement décidé qu'ont montré les religieux de profiter 
de l'occasion de relâcher les liens de la discipline et d'adoucir 
l'austérité de la règle. » 

L'abbé Renson ne démentit point sa conduite antérieure ; il 
ne cessa de donner l'exemple de la régularité monastique qu'il 
maintient dans son abbaye. 

Pendant la révolution Liégeoise de 1789 à 1791, l'abbaye fut 
contrainte de faire, le 18 avril 1790, un don patriotique en faveur 
de la révolution de 292 florins. Ce ne fut pas là le seul sacrifice 
qu'elle dût lui faire ; « le 29 avril 1790, disent les mémoires de 
l'abbaye, nous avons pris à frais à mademoiselle la veuve Jacques 
Dechéae deux mille florins à 3 1/2 pour cent. Les insurgents, non 
contents de cette somme, ont exigé encore deux mille et le 30 
dito nous avons eu encore deux mille florins à la dite demoiselle 
par acte séparé. En deux créations les Etats nous ont donné un 
billet par lequel ils s'engagent à nous payer 4 pour cent. )> Au 
mois de juin 1790 les prémontrés durent encore emprunter 2000 
florins à la demoiselle Gathon, au mois de juillet 2000 florins 
au bénéficier Paquet, et 3000 à Léonard Rigo, et au mois d'août 
2000 florins à Henin, pour avancer ces sommes aux révolution- 
naires contre des billets des Etats. 

Pendant l'occupation du pays par le général Dumouriez, de 
nov. 1792 au 5 mars 1793, les soldats Français malades ou blessés 
furent logés dans la nouvelle aîle de l'abbaye. Les bureaux de 
payement pour les fournitures y furent également établis. Dès le 
13 novembre 1792, les religieux avaient mis leurs archives en 
sûreté ; ils les avaient déposées chez Spirlet, à Maestricht. 

Le 3 mars 1793, l'avant-veille du départ des Français, les 
révolutionnaires massacrèrent trois prêtres de la manière la 
plus barbare pour avoir refusé de prêter le serment civique. Un 
de ces trois martyrs fut enterré dans un caveau particulier de 
l'église des Prémontrés. Un témoin occulaire en a fait la relation 
suivante : « Le dimanche, 3 mars 1793, vers une heure après 
midi, quatre Liégeois de la paroisse de St-Pholien, se sont pré- 



— 326 — 

sentes chez la veuve Wilmotte, dont le fils est sacristaia de 
cette paroisse et où se trouvaient logés MM. Martin Dupuù^ curé 
de la paroisse de St-Nicaise du diocèse de rMlons-sur-Marne, 
Louis Lemoinne, curé de celle de Coligny au même diocèse, et 
Jean Guidcl^ chanoine régulier, prémontré de la maison de Pont- 
à-Mousson. L'un de ces Liégeois était armé d'un sabre nu. Tous 
étaient également furieux. Que voulez-vous? leur dit la maîtresse 
de la maison, en les voyant entrer chez elle; ils répondent : on 
nous a dit que vous recelez chez vous des espions, des émigrés : 
nous voulons les voir; si cela est vrai, ils passeront par nos 
mains. Cette femme a beau s'écrier qu'elle n'a point d'espions 
chez elle ; ils la repoussent, forcent les portes et entrent avec 
violence dans la chambre des ecclésiastiques. Que fais-tu là? dit 
un de ces Liégeois à celui des ecclésiastiques qui se présente 
le premier. Celui-ci lui répond sans s'émouvoir : nous sommes 
tranquilles et nous ne voulons mal à personne. Vous êtes des 
espions, réplique le Liégeois, il faut que vous fassiez le serment 
civique ou nous allons vous mener à la municipalité. Nous ne 
sommes point des espions, dit l'ecclésiastique, nous avons nos 
papiers en régie, si vous voulez les voir, vous en êtes les 
maitres ; quand au serment que vous nous demandez, il ne nous 
est pas possible de le faire ; nous sommes sortis de France pour 
l'avoir refusé et ne sommes pas venus à Liège pour le prêter; il 
est contre la conscience, contre la religion et contre les lois d'un 
bon gouvernement; nous aimerions mieux mourir que de le 
prêter. Loin de s'adoucir par ces raisons, les quatre Liégeois 
traitent les ecclésiastiques d'insolents et les forcent de les 
suivre à la municipalité. Mais pourquoi, reprennent ces prêtres, 
voulez-vous nous mener à la maison de ville? Nous n'avons rien 
fait de répréhensible. Pour l'amour de Dieu, laissez-nous tran- 
quilles.— Pour l'amour de Dieu, reprit avec rage un de ces sélé- 
rats, nous ne connaissons point de Dieu, il n'y en a pas. Jusqu'à 
ce moment la dame Wilmotte n'avait rien négligé pour sauver 
ses hôtes; elle avait été repoussée plusieurs fois avec les plus 



- 327 - 

violentes menaces ; mais sa peine fut à son comble, lorsqu'elle 
vit qu'ils allaient lui être enlevés. M. Guidel lui dit en sortant : 
courage, Madame, nous reviendrons ; nous n'avons rien à notre 
charge; et nous sommes sans crainte. Arrivés à la maison de 
ville, au milieu d'une populace immense que leur passage avait 
attirée, on les conduit aux oiBciers municipaux que la révolu- 
tion venait de lui donner. On les leur présente comme des 
hommes qui refusaient le serment et de qui il fallait l'exiger. 
Les officiers municipaux leur font les questions suivantes aux- 
quelles M. Guidel répond, au nom de ses deux confrères comme 
au sien propre : avez-vous prêté le serment? — Non, monsieur. 
— Voulez-vous le prêter et on vous renverra? — Non, monsieur. 

— Pourquoi ne voulez-vous pas le prêter? — Parce que notre 
conscience ne nous le permet pas, et qu'il vaut mieux obéir à 
Dieu qu*aux hommes. — Hé bien, reprend un membre de la 
municipalité, vous allez voir ce qui vous en arrivera. — Peuple, 
dit un autre, que faut-il faire de ces gens-là? Après un instant 
de silence, on entendit une voix crier : il faut les guillotiner. 

— Non, reprennent quelques municipaux, il vaut mieux les en- 
voyer en prison , on les examinera ; et s'ils sont coupables, on 
les punira. Aussitôt des gardes nationaux français mêlés avec 
des Liégeois, se saisissent de ces trois victimes, les conduisent 
vers les prisons, au milieu des huées, des cris du peuple et des 
outrages de tout genre, les menaçant à chaque instant de leur 
donner la mort. Il est impossible de dire combien ils reçurent 
d'injures, d'insultes et de coups de sabre dans ce trajet. Ils 
arrivèrent aux portes de la prison S. liéonard tout ensanglantés 
et soutenant avec leurs mains déchirées les lambeaux de chair 
qui se détachaient de leurs visages. L'officier national qui les 
conduisait avait à peine fait ouvrir la première des portes de la 
prison qu'il disparut, abandonnant ainsi les trois prêtres à toutes 
les fureurs des assassins qui le suivaient. Déjà cependant les 
trois généreux confesseurs sont entrés et parviennent à la 
chambre des prisonniers, lorsque les assassins, craignant que 



-" 328 — 

ces victimes ne leur échappent, redoublent de fureur, courent 
à elles, les tirent de cette chambre et les entraînent devant la 
porte du concierge. Là ils leur demandent de nouveau le ser- 
ment, mettant à ce prix leur délivrance. Là aussi ces héros de 
la foi lui rendent un nouvel et dernier hommage. —Non, répon- 
dent-ils, nous devons plutôt obéir à Dieu qu'aux hommes ; notre 
corps est entre vos mains, mais notre âme est à Dieu. Â ces 
mots, on les fait mettre à genoux ; on leur demande leurs effets, 
montres, argent, etc. Ils les donnent; à peine l'ont-ils fait que 
des volontaires du bataillon de Paris leur portent les premiers 
coups de sabre. Cet exemple est bientôt suivi par d'autres. Tous 
veulent avoir part à une aussi horrible action. La prière que 
font ces martyrs à leurs assassins, de leur conserver la vie ou 
au moins de leur donner le temps de se confesser, ne les touche 
pas. Point de grâce, s'écrient-ils, point de grâce ! —- Tiens, dit 
l'un de ses meurtriers en allongeant un coup de sabre, cela te 
tiendra lieu de confession ; et il disait plus vrai qu'il ne le pen- 
sait. Leur supplice dura environ une demi-heure. On épuisa 
sur eux tous les raffinements de la cruauté. Les uns leur je- 
taient des pierres ; les autres les frappaient à coups de crosses 
de fusil ; ceux-ci leur assénaient des coups de sabre sur la tête ; 
ceux-là leur plongeaient le glaive dans le corps à plusieurs re- 
prises pour les faire souffrir davantage ; et coupant des lam- 
beaux de leurs chairs, ils les hachaient en pièces. M. Guidel 
reçut un coup de sabre à la joue, un à la gorge; six autres tant à 
la poitrine qu'au ventre et un à la cuisse. Gomme il respirait en- 
core, un chasseur lui tira un coup de fusil chargé de deux balles 
qui mit fin à sa carrière glorieuse. M. Lemoinne, entre autres 
coups dont il était entièrement couvert, eut tout le corps percé 
d'outre en outre d'un coup de sabre qu'on retournait dans la plaie 
pour l'élargir davantage. Il n'est pas besoin de dire les paroles 
atroces et les blasphèmes abominables dont ces massacres furent 
accompagnés. Ce qu'il y a de consolant, c'est que, pendant tout 
ce temps, nos généreux martyrs n'ont pas cessé de demander 



— 329 — 

pardon à Dieu pour eux et leurs bourreaux. Les dernières pa- 
roles qu'on ait recueillies de Af . Dupuis sont celle-ci : loué soit 
Jésus-Christ. 

Tant d'horreurs ne pouvaient encore assouvir la rage de ces 
furieux. Ils la poussèrent jusque sur les corps morts de ces vic- 
times. Ils coupèrent la tête de M. Dupuis, la mirent au bout 
d'une pique, la promenèrent dans la ville et sur la place du 
marché. Elle y fut jetée dans la boue et roulée à coups de pieds ; 
mais vers la fin du jour, le vicaire de Saint-André vint la prendre 
avec vénération et Tensevelit honorablement. Le reste du corps 
et ceux des deuxautresmartyrsavaient été totalement dépouillés 
et jetés au bas des prisons, dans les fossés du rempart. Ils y 
sont restés depuis le dimanche jusqu'au mercredi. Ce sont MM. 
les curés de St-Thomas et de St-Pholien qui les ont recueillis, 
après la retraite des Français et qui leur ont donné leshonneurs 
de la sépulture. Ceux qui ont été chargés de les retirer des fossés 
et de les ensevelir, ont trouvé, en ôtant la boue qui les couvrait, 
qu'ils n'exhalaient aucune mauvaise odeur et qu'ils étaient aussi 
sains que s'ils venaient de mourir. Après avoir été d'abord dé- 
posés dans l'église de St-Thomas, ils ont été transportés avec 
un grand concours de peuple, accompagné d'un nombreux clergé 
et au son des cloches, dans l'église de St-Pholien, leur paroisse. 
Ce spectacle édifiant a fait couler les larmes de tous ceux qui 
en ont été les témoins. Les corps de MM. Dupuis et Lemoinne 
reposent dans un caveau de la chapelle des Carmes, près du 
confessionnal de M. le curé de St-Pholien. Quand cette funèbre 
cérémonie fut achevée à St-Pholien, on porta le corps de M. 
Cuidel à l'abbaye de MM. les Prémontrés de cette ville qui l'a- 
vaient réclamé. Cette communauté lui rendit tous les devoirs 
de la confraternité et Tinhuma dans un caveau particulier. » 

Nous n'avons point pu découvrir ce caveau particulier dans 
l'ancienne abbaye des Prémontrés ; celui de l'ancienne église de 
St-Pholien qui renfermait les restes de Dupuis et Lemoinne est 
également inconnu aujourd'hui, cette église ayant été démolie 
en 18S3. 



- 330 - 

Lorsque les Français s'emparèrent une seconde fois de notre 
pays au mois de juillet 1794, les Prémontrés émigrèrent empor- 
tant leurs effets précieux et leurs archives en Allemagne ; mais 
ils purent rentrer au commencement de 179S , et Turent re- 
mis dans la possession de leur maison. 

L*abbé Jacques Renson mourut au mois de novembre 1798. 

Gyprien Lembrée, élu le 10 décembre 1795, vit la suppression 
et la dispersion de sa communauté à la fin de Tannée 1796. Les 
religieux acceptèrent tous leur bon et s'en servirent pour ra- 
cheter les biens de leur communauté ainsi que les meubles de 
leur maison et de leur église. Toutefois il ne purent racheter la 
maison elle-même qui fut réservée à un service public. Elle 
servit successivement de boucherie, de magasin de peaux, de 
magasin de poudre et de salpêtre et enfin de salle d'armes. 

Tous les religieux Prémontrés restèrent fidèles à leur devoir 
et refusèrent en 1797 de faire le serment de haine à la royauté. 
Serwier le combattit vigoureusement dans la célèbre conférence 
ecclésiastique du 14 septembre 1797, et prit, avec son confrère 
Sclain, une part active à la polémique. 

Par un décret du 11 juin 1809, daté de Schœnbrunn près de 
Vienne en Autriche, l'empereur Napoléon donna l'abbaye des 
Prémontrés pour servir de séminaire et de palais épiscopal : 
« L'église des ci-devant Dominicains de la ville de Liège, dit le 
décret, sera remise à la disposition du ministre de la guerre 
pour compléter l'établissement d'artillerie formé dans le dit 
couvent qui restera définitivement affecté à ce service. Le cou- 
vent des ci-devant Prémontrés avec ses jardins et dépendances 
est affecté au logement de l'évéque de Liège et à l'établissement 
de son séminaire. En conséquence le ministre de la guerre fera 
mettre à la disposition dudit évèque toute la partie de ce cou- 
vent qui avait été affectée au service de l'artillerie pour y cons- 
truire des salles d'armes par décret du 10 thermidor an XI 
(29 juillet 1803). Celte remise n'aura lieu qu'à l'époque où la 
nouvelle salle d'armes, qui doit être placée dans l'ancien couvent 



— 331 — 

des Dominicains, sera terminée. Les frais d'arrangement de la 
nouvelle salle d*armes et du transport des effets d'artillerie de 
son ancien local au nouveau, seront à la charge de Tévèque de 
Liège. » 

A partir de cette époque, les faits qui concernent la maison des 
Prémontrés, appartiennent à l'histoire du séminaire. 



III 



DOCUMENTS HISTORIQUES. 



«01. 



Frédéric, prëv6t de S. Lambert, donne à Ciilebert et à son épouse Àva, cinq bon- 
niers de terre situés k Lantin, ea conditione ut nunquam amplius ad placitum ville 
inde veniant et III solidos et VI denarios census inde tantuanodo persolvant in dte 
festivitatis S. Andrcae camerario fratum S^-Lamberti.... Hujus rei testes sunt : ego 
Fredericus prsepositus et mecum Henricus decanus, Petrua^ Godescalcut, Àmuipkus, 
Stephanus, Stepelinus^ Evrardus, Godescalcus, Reinzo, Emmo, Henricus, Nizo^ 
Reimbaldus et cseteri fratres... Acla sunt hsec Leodii anno ab Incarnatione Domini 
M. G. primo, indictione IX, régnante Henrico imperatore IIIo, anno imperii ejas 
XLVI», episcopatus autem Oberti XI». Cartulaire, fol. 52 v®. 

Noie. L'avoué d'un village en était le protecteur. Il présidait chaque année à la 
réunion générale des habitants {piacitum), où se faisaient la réparation des torts et 
les restitutions. En récompense de sa protection, il percevait un cens soit de cha- 
que famille, soit à raison de chaque pièce de terre. 

Les chanoines de S. Lambert sont appelés ici fratres. A icette époque, ils vivaient 
encore en communauté. 

me. 

Charte d Albert^ évêque de Liège. Il exempte le mont Camilion de toute autre juri- 
diction que de la sienne. Il se réserve la collation de l'église qu'il consacra en 
l'honneur des SS. apôtres. Il la dote de XX solidi à tusage des religieux et de V 
solidi ad noetumum luminare. 

In nomine Sanct» et Individiue Trinilatis. Notum sit omnibus tam poslerîs quam 
prœsentibus quia dnus Obertus Leodiensis episcopus, postquam totum montenr 



— 332 — 

Cornelium ita liberum fecit ut quicoioque frater, abjectis negotiis sjecularibus Deo 
militaturus, deinceps illic praeesse debuerit, tantammodo a manu Leodiensis poDti- 
ficis doDum accipiat, postea oratorium sanctorum apostolorum in eo dedicavit. Qai 
etiam pro salate anime sas constituit de soo theoloneo sin^^lis annis solvendom 
XX solidos ad usus fratrom Deo sanclisque apostolis ibidem servientiom et V solidos 
ad nocturnum luminare. Quod ut salutiferum pis imitationis exemplum tam suis 
successoribus quam cseteris Dei cuUoribus ûeret littcris annotavimus. Et ut raUim 
inviolatumque permaneat prflesenti sigillo ejusdem praesulis muniri Tecimus. Actom 
est hoc anno ab Incarnatione Domini M. C. XVIo, indîctione nona, régnante impera- 
tore Henrico hujus nominis quarto, sub testimonio eorum quorum nomioa subscripta 
sunt : Fredericus prsepositus de St<» Lamberto, Henricus decanus et archidiaconi 
AndreciSf Henricus, Alexander, AUmcmnwf^ Sieppo et nonnuUi confratres ejusdem 
congregationis, cœterarumque congregationum Leodiensium testes sunt hujus rei. 

Cartul. fol. 47. 



1124. 



Charte dAlberon, évoque de Liège, qui comprend la dotation primitive du couvent. 

In Domine sanet£ et individu» Trinitatis. Notitise simul et memoris tam postero- 
rum quam prsesentium commendatum esse volumus quod ego Albero Dei misericordia 
Leodiensis episcopus ecclesiam sanctorum Apostolorum in Cornelio monte sitam sub 
sola manu episcopoli, sicut erat ex quo dedicala fuerat, liberam omnino constitui et 
in synodo generaii quam primam in ecclesia St' Lamberti Deo largiente celebravi, 
jttdicio et auctoritate synodalis sententiœ eamdem libertatem banno confirmavi. Hujus 
conflrmationes testes et cooperatorcs sunt: prspositus et archidiaconi Andréas, 
Henricus, Alexander, Almannus, Steppo; Goyfridus archipresbyter de SancU 
Maria et cœteri canonici Sancti Lamberti ; dein abbates Oubbertus de Sancto Jacobo, 
Bobertus de Sancto Huberto, Rodulphus de Sancto Trudone, cœterique abbates et 
decani tam claustrales quam parochiales cum clericis et presbyteris, sicut et laici 
nobiles et principes : comes namurcensis Godefridus, comes Otto de Giney, aliique 
tam liberi quam de familia sancti Lamberti innumerabiles ; et ut compendio dicttur 
omnes fere sunt testes hujus rei qui cldem sanctœ synodo interfuerunt. Âctum est 
hoc anno dominiez incarnationls M. G. XXIIIIo indictione secunda, régnante Henrico 
quinto imperatore Augusto. 

Eodem anno camerarius nosler Oudelinus de Villeir beneficium quod episcopali 
dono tenebat in manum meam reddidit postulans ut prœfatse conferretur ecdesic 
quod ego prumpta voluntate pro salute tam mes quam illius anims tradidi sanctis 
apostolis super altare in liberum allodium perpétua et légitima delegatione multo 



— 333 — 

meorom fldelium Um clericorom quam laicoram cetu saffiraganle. Idem etiam Oude- 
linus et uxor ejus Helindig amplius se commendantes sanctis aposioiis obtuleront eis 
de allodio suo II boDaria et plus quam dimidium cum ancilla una nomine Fromodis 
qiue ad festum Sti Lamberti solvet unom denarium singulis annis. Similiter et Bono 
presbyter natus de Viller patrimoDium suum quod ibidem habebat, obtulit sanctis 
apostolis, quod eidem ecclesise tam ego quam advocatus Wigerua ita libéra traditione 
eoDcessimus, al quidquid nostri juris in eadem terra fnerat in perpetnum remitte- 
remos. Non minus et Lambertus de Mosa tam uxore carens quam soboleut sibi face- 
ret amicoB qui et ipsum et suos reciperent in aetema taberacula obtulit super altare 
sanctorum apostolorum curtem unam cum terra quam tenebat apnd Lantint et cen- 
sum unius domus ultra Mosam ad nocturnum luminare, domum cum hortis sub ipso 
monte qnos emeral ad opus ecclesiae ; redditum etiam duarum forensium mensarom 
ad salem emendum; de quibus et ego quod mei juris orat remisi Deo et sanctis 
apostolis. Harum traditionum quas praedicti fidèles Ghristi ob spem et amorem œternae 
hœreditatis et apostolicœ societatis eum omni devotione Deo et sanctis ejus apostolis 
contulerunt, testes sunt Andréas prœpositus et archidiaconus, Henricus archidiaco- 
nus et caeteri archidiaconi, canonici Amulphus, Gerardm, Joannes et alii multi tam 
clerici quam laici, comes Amulphus de Los, comes Lambertus^ Wigerus advocatus 
Wigerus de Til^ Wederictt» de Prato, Niso, Albertus, Franco^ Wazelinus, Lanifridus 
et quaroplures alii. Actum hoc anno qui prœdictus est H. G. XXIIIl , dominicse in- 
carnatioDis, iudictione secunda, régnante Henrico hujus nominis Vo imperatore 
aogusto. Si quis prsedictam libertatem ecclesiœ vel collatas ei traditiones infringere 
temptaveril anathema slt. Fol. 47. 

Note, L'archidiacre qui faisait chaque année la visite de chaque paroisse, réunissait 
tous les paroissiens k l'église ei y établissait une espèce de tribunal dont il était le 
premier Juge. Il s'adjoignait trois ou quatre paroissiens des plus probes et des plus 
notables qui étaient appelés judices synodales, La réunion elle-même s'appelait Sifno- 
dus. Ces juges connaissaient de tous les péchés publics et en punissaient les cou- 
pables. Les nobles n'étaient point soumis, sous ce rapport, à la juridiction de 
'archidiacre. 

L'évêque tenait chaque année une réunion générale (synodus generalis) des nobles 
du diocèse exempts de la juridiction arcbidiaconale, pour connaître de leurs péchés 
publics, les en punir, et les contraindre à réparer leurs injustices. C'est dans ces 
synodes que des établissements ecclésiastiques faisaient souvent approuver leurs 
dotations pour les garantir contre les déprédations des nobles. 

Les hommes, désignés dans cette charte par les mots defamiiia sancti Lamberti^ 
sont aussi, à mes yeux, des nobles, mais qui relevaient de l'église de S. Lambert à 
l'un ou l'autre titre, par exemple, parce qu'ils tenaient d'elle de grands fiefs, ou qu'ils 
étaient ses baillis, ses mayeurs, ses avoués dans ses seigneuries. 



— 334 — 

Le revenu de deux tables au marché. Le droit de dresser uoe table au marché 
pour y vendre des marchandises ne pouvait être accordé que par le prince. Les con- 
cessions de ce genre se faisaient contre une rente annuelle it payer ou un droit de 
station. 

H40. 

Gûiebert, seigneur de Reckheim, donne th&pital gu*il a fondé dans ce viliage à 

l'église de Comillon, 

In nomine sanctae et individus Trinitatis, amen. Remedium peccatorum et etiam 
patrocinium ad Tugiendam venturam iram est eleemosyna, unde institutio evangelica 
nos admonet ut faciamus nobls amicos de mammona iniquitatis qui nos recipiant in 
seterna tabernacula ; recipere autem nos possunt pauperes spirîtu quorum gratiam 
dummihi reconciliare vellem, ego Gisleberius de Radekeym feci hospitale in posses- 
sione mea, quse ^st in prefata villa ad receptioncm pauperum et ad providendum 
nécessitât! eorum. Partem prsediorum vel reddituum meorum donavi illic quod 
annotabimus : dimidium decimse mese quae est in Radekeym, excepta redemptione 
fétus vaccarum et equarum, et excepta décima mellis ; caeterarum vero rerum decim» 
cédant in usus hospitalîs in tantum ut tota décima cororium silvestrium animalium 
quae sunl in parco meo et décima aquorum illuc deferatur; duo etiam bonarîa ccnsum 
illuc solvant, tertium verobonarium tradidi liberum ut hospitale propria sua caruca 
excolat illud; duos mansos alterum in Bruchene, altérum in viMuArle quœest dyocesis 
de Orscolh ea legc ut de omni jure suo et debito illic respondeant Hoc autem tan- 
tillum pretli quo comparare volui regnum Dei , cavi mihi ne pcrderem ; itaqne 
dispensatorem hujus beneGcii alium prsefeci quam me ; tradidi enim domum illam 
hospitalem cum omnibus appendiciis suis praetaxatis ecclesis Cornelii Montis qus 
est in conflnio civitalis Leodiensis bac ratione ut abbas hujus loci domus illius sit 
provisor et ordinalor tamquam possessor ecclesiœ sus ; cui etiam donavi hortam 
ad prseparnndum habitaculum sororibus prsedicts ecclesise. Concedimus etiam ut si 
provision! necessariae pauperum hospitalis seu sororum in loco prsdicto Deo servien- 
tium aliquid abundaverit, Uberam potestatem habeat abbas transferendi ad osum 
suorum fratrum ; si autem aliquid ipsis defuerit banc vicissitudinem rependat ut eis 
suppléât. Hujus autem doni , quod ego feci , retinui advocatiam mihi et hsredibtts 
meis. Gujus traditionis testa sunt archidiaconi ecclesiœ Leodiensis sciiicet Libertus, 
RegneruSy Jokannes de Lovirvals ; Henricus prsepositus sanctse Marise de Tngecto, 
Rimbaldus prsepositus sancti Jonnnis in Insula ; et de liberis hominibus Theodorieus 
de Argentealj Gerardus de Baronvihte, Vado , Sebertus , milites ; de familia sancti 
Lambert! Conrardus custos. Et ut nostra donatio firma et inconvulsa permaneat. 



- 336 — 

faeians banc oostne paetionis ctrtam fldeliter mnniri sigillo domîni AlberonU 
secondi Leodiensis episcopi. Facte est antem b»c traditio anno ab inearnatione 
Domioi M. C. XL. indictione tertia, régnante Conrardo rege angnsto romanoram, 
Alberone aecondo Leodiensi episeopo. Aclum Leodii féliciter. Fol. 'ISi. 

Note. Les seigneurs de Reckheim qui s'étaient emparé de la dime de l'endroit , 
l'avaient étendue, comme on le voit, aux agneaux, aux veaux, aux poulins, au miel. 
lis y avaient aussi un grand parc rempli de gibier et de bâtes sauvages. 

Le mansus comprenait une douzaine de bonniers. ArU où Tun de ces mansut 
était situé, me parait être un hameau de la paroisse d'Oirschot appelée ici diœcetit. 

Cette charte a servi de modèle k la pièce apocryphe faite au XVI* siècle par un 
prétendant au comté de Home pour établir sa descendance d'un comte de Looz. Nous 
avons publié cette pièce dans le Bulletin de la Société du Limbourg tom. V., p. 159. 

4 mai 1143. 

Priviléget du Pape Innocent 11. 

Innocentiua episoopus servus servorum Dei, dilectis filiis Luc» abbati ecclesi» 
sanctorum aposiolorum in monte Cornelio juxta Leodiom sits ejusque frairibus tam 
prseaentibus quam futuris regularem vitam professis in perpeluum. Ad hoc nobis 
Ëcdesis catholicœ aura a summo paatore Deo comaûssa est ut Dei servos pronis 
affectibns diligamua et eo ampUus studeamus ipsorum devotionem modis omnibus 
confover^, qno ferveatius ipsi disciplinis ecclesiasticis et aanctoram Patmm regulis 
inhaerere noscuntur; tune enim Deo gratus apostolicus impenditur famalatus, si 
aanctoram locorum aalubris institutio, rigor et ordo nostris patrociniis in religionis 
purilate faerint conservata. Eapropter dilecti in Domino ftlii, vestris justis postnla- 
tionibaa clementer annuimua et prœfatam ecclesiam in quo divino mancipati estia 
obsequio sab beati Pétri et nostra prolectione suscipimus et priesenlis scripti privi- 
légie communimus, stataentes nt quascumque posseasiones, quiecumque bona inprœ- 
sentiarum juste et canonice possidet aat in futurum concessions pontificum, largitione 
regum vel principam, oblatione ftdelinm seu aliis justis modis Deo propitio poterit 
adipisci, firma vobia veslrisque successoribus et illibata permaneant, in quibos hsc 
propriis duximus exprimenda vocabolis : in Viler qui diciiur epincopi terram Oudelini, 
Gitleberti et Hillini cum domibus, cortiliis et pratis ; in urbe Leodio XXV solidos 
quos de suo theloneo singulis aonia Otbertus episcopus in dedicalione ecclesi» vobis 
donavit, domum quam dédit Lambertus de Mosa et duas roensas forenses et bortum 
monti ecclesiœ vestrae a^jacenlem et IV solidos Rodulphi de Vico St> Johann is quos 
pro anima sua ecclesiœ vestrœ donavit; terram quam dédit supradictus Lambertus 
de Mota in villa quœ dlcitur Laniint cum domibus et cortiliis; terram quam dédit 



— 336 — 

TObis Fredericuê villicos de Jupilia et uxor ejos MabUia in eadem villa LonftiM, 
terram etiam qaam dédit vobis GUbertui et uxor ejus RieheldU ia villa qnœ dieiUir 
HoUonia super Jecoram et iD altéra villa qas dicitur Hasiaplet^ cam domlbns, eor- 
tiliis, pratis, censu denarioram ; prsterea quidquid habetis in villa quœ appellatnr 
Richen, scilicet in ecclesia, in censn denariorum, in terra arabili, in silvia, in praUs, 
terris cuUis et incultis ; quidqnid etiam habetis in villa que dicitur Meicherul et in 
sarto quod appellatur Tôlières et in loco qui dicitur Heys sive curtis Aujridi et in 
villa quœ dicitur Gonherys, scilicet in ecclesia beat! Pétri et sancti Georgii, in 
décima, in censu denarioram, in terra arabili, in sylvis, pratis, pascuis, terris cultis 
et incultis ; et in villa quse appellatar Radekeym, scilicet domum hospitalem cnm 
suis pertinentiis. Sane iaborum vestrorum qoos propriis manibus aut sumptibus co- 
litis sive do nulrimentis vestrorum animalium nuUus omnino clericus vel laicus décimas 
a vobis exigere présumât. Ordinem quoque ac propositum vesirum canonice Vivendi 
secundum beati Auguslini regulam etinslitulionem prsemonstratensis ecclesifenolius 
audeat immutare vel super vos ordinem alterius professionis inducere. Nnlli eliam 
fralrum vestrorum, post factam ibidem professionem absque abbatis et capituli suî 
licentia iiccal ex eodem clanstro discedere^discedentemautem nuUus audeat retinere. 
Oleum autem inflrmorum, consecrationes altarium vel ecclesiarum ac ordinationes 
clericorum a dioecesano episcopo accipiatis, si gratiam sedis apostolics habuerit et 
ea vobis gratis et sine exactione aliqua exhibere voluerit, alioquin eadem a quolibet 
catholico accipiatis episcopo qui nostra fultus auctoritate quod postulatur indnigeat. 
Porro libertatem ecclesiae vestrse ab episcopis O^f rro eiAlberone privilegio determi- 
natam atque firmatam assensu Leodiensis ecclesiœ vobis auctoritate apostolica 
conlirmamus. Decernimus ergo ut nuUi omnino hominum liceat praefatam ecciesiam 
temere perturbare aut ejus possessiones auferre vel ablatas retinere, minuere aut 
aliquibus vexalionibus fatigare, sed omnia intégra conserventur eorum pro quorum 
gubernatione et sustentatione concessa sunt usibus omnimode profutura , salva 
diœcesani episcopi canonica justitia. Si qua igitur in futuram ecclesiastica sœcularisve 
persona banc nostrœ constilutionis paginam sciens contra eam temere venire tem- 
ptaverit, secundo terliove commonita, si non satisfoctione condigna emendaverit, 
poteslatis bonorisque sui dignitate careat, reamque se divine judicio existere de 
perpétra ta iniquitate cogooscat et a sacralissimo corpore et sanguine Dei ac Domini 
Redemptoris nostri Jesu-Christi aliéna flat, atque in extremo examine districts 
ullioni sufaijaceat. Cunctis autem eidem loco justa servantibus sit pax liomioi Nostri 
iesu-Christi quatenus et hic frnctum bonœ actionis percipiant et apud districtum 
judicem prsemia seternœ pacis inveniant. <\men, amen, amen. Fol. 39. 

1146. 

Alberon évèque de Verdun autorise k perpétuité les prémontrés de Gormllon de 



- 337 — 

prendre chaque joar du bois de la charge de deox Anes et cinq fois par année deux 
on trois charretées, et, en outre, tout le bois nécessaire pour les constructions de 
leur couvent, dans sa forêt de Bruest ou dans toute antre ressortissant k la cour de 
Jnpille. roL 48. 



1146. 



Henri évèque de Liège déclare que Galterus, chevalier, homme libre de Bauiniê 
s*est donné et son alleu de Boffoit avec les serfs et serves attachés à l'alleu, à l'église 
de Gorniilon. Témoins de cette donation : de Téglise de S. Lambert Alexandre 
prévôt et archidiacre, Dodon archidiacre, Reinier archidiacre, Philippe archidiacre, 
Amairicus archidiacre, Tkeodorieus prév6t de Huy, Ulric abbé de Ste-Marie, Ato 
doyen de S. Paul ; des hommes libres Gerardtu de Bacaweez qui supradictum dnnum 
recepit de manu mea, Amulphus de Artcothy Guilkelmus de Cuigni, Amulphue de 
Estreies^ Guilhelmus de Pontilhat, Memerus de Sania, Godefridus de Resmale, Ge- 
rardui de Flemaley Anselmu* de Fallemaigne, Ebrœnuë de Sceaborch; de familia 
aatem S. Lamberti Guedericue de Prato et filius ejus Lambertue, Lamberîu» et Ar- 
nulphus de Hoyo, Pneterea Robertm de Fretin dédit eeliam de Radekeyn qu» per- 
tinel ad supradictam ecclesiam per manum Ludovici comitis de Lm mansum unum 
allodii, videlicet XII bouaria et curtem unam inter Halincourt ei Haêbinet et IV de 
bmilia saa II serves et totidem ancillas pro anima sua et pro animabus pnedeces- 
sorum saorum et pro uxore sua vocata Iturabilit qu» se spontanea voluntate et 
eonsenstt mariti, assumpto habitu religionis, ad ordinem Sancti Augustin! in eaden 
cella reddIidiL Fol. ISd. 

Note, Cette charte fut donnée probablemeut dans un synode général auquel assis- 
tèrent les nobles du pays. 

La eella de Radekeim n'est autre que le couvent des religieuses NorbeKines. Les 
serfs et les serves attachées à une terre étaient appelés aussi de familia du pro- 
priétaire comme on le voit par cette charte. 

H48-H83. 



Le pape Eugène III confirme tous les privilèges et toutes les possessions des Pré- 
montrés de Comillon ; il y énumère toutes celles qui se trouvent dans le bref d'Inno- 
cent II et encore quelques autres, savoir : in eodem foro (Leodiensi) seplem meosas 
tam panes quam subtelares vendentium, les donations d'Albéron, évèque de Verdun, 
et de Walteri militis de Battines. Fol. 40 v«. 



- 338 — 



im. 



Albérony évoque de Verdun, donne Ciglise de Notre-Dame â Jupille aux Prémontrit 

de Comillon, 

la nomine sancUe et individus Trinitatis. Ego Àlbero Dei gratia Virdoneosis 

episoopus tam futuris quam prssentibus in perpeluum. Notitis simul et mcmoric 

tam prœseolittin quam fulurorum commendatum esse voiumus quod oratorium saocte 

Mariae quod est in curia nostra Jupiliœ eo tcnorc donavimus abbati de Corne iio monte 

ut videlicet, ipse eidem oratorio per Tratres suos divinum exbibeatservitittm,scilicet, 

in quadragesima, in Adventu Domini. in dominicis diebus, feriis sextis et sabbalo 

et in festis quœ in episcopio a populo celebrantur et quoliescumque ibi présentes 

Tuerimus. Et quia secundum Ëvangelium Ghrisli dignus estoperarius mercedesua, 

nos lalem eidem abbati et fratibus ejus pro exhibilione supradicti divini servilii 

reddimus retributionem ut singulis annis XX solidos in expensas fralrum suorom 

habeat et sex ascialas Ugnorum in syiva quœ appellalur Bruest aut in alla syiva ad 

curiam Jupiliœ pertinente, quotidie si opus fuerit, accipiat. Ut autem lucidius 

appareat unde hi XX solidi venerint hoc praesenti scripto breviter explicamus : 

praedeoessor noster borne memoriae Theodoricus episcopus praedictum oratorium 

construxit et doli alla ris XII solidos de censu suos assignavit. Nos etiam II solidos 

quos praedictus abbas pro medietate cujusdam molendini in curia Jupiliae légitime 

acquisiti nobisdebebat superaddidimus, VI denique reiiquos solidos Fredericus villi- 

eus noster de Jupilia sœpediclo abbati et fratibus ejus dédit quatenus beatam I>ei 

genitricem cui in sœpedicto oratorio fratres serviuot in die judicii nobiscum propicen 

exoratricem inveniat ; hi vero sex solidi sunt de censu quse ecclesiœ saocls 

Mariae Magdalenas Virdunensis in curia nostra Jupilias habnit et commun! eapituli 

consensu Frederico vendidil. Gujus emptionis (estes existant quorum nomina subs 

cripta sunt: ego Albero Dei gratia Virdunensis episcopus qui eumdem censom eidem 

Frederico auctoritate sigilli meiconllrmarvi, Andréas majoris ecclesise archidiaconoâ 

et supradictae ecclesiae praepositus, Hescelo decanus, Herbert u$ canlor, Vsembardus 

scolasticus, cseterique Tralres sanctae Mariae Magdalenœ Virdunensis ecclesise. De 

majori vero ecciesia Albert us primicerius, Ricardus arcbidiaconus, Johannes arcbi 

diaconus, i/u^o ihesaurarius. Utaiitem ab abbate et fratribus ejus hoc beoefi ;ium 

solide et quieto perpetuo possideatur , lestes idoneos subscribentes imaginis nos- 

trœ sigillum scripto huic apponimus et eos qui fratres super possessions hac inqoie- 

taverinl, donec resipiscant et salisfaciant, analhematis vinculo innodamus. Testes 

Bartholomeus alîbas St' Pauli, Cono abbas S. Vitlouis, Theobaldus abbas S. Agerici, 

Albertus primicerius , Wilhelmus decanus , Johannes archidiaconus , Emetinut 

magister scolarum, Rohardus sacerdos et porlarius, Warinus capellanus, Johannes 



— 339 — 

celiererius, Stephanut, Petrus, Cono subdiaconi. Actum est hoc anno dominic» in- 
carnationis M. G. LU indictione XY concurrente II , epacta XII. Ego Herberias 
cancellarias recognovi. Fol. 49. 

H59 (?). 

WedericMS de Prato^ avoué de Uége et $et niéees Oda et Beatrix donnent t église 
de S. Nicolas y Outre-Meuse, aux Prémontrés de ComiUon. 

in nomine sancUe et individaœ Trinitatis. Quam, quœ naturaliter caduca sant, 
si litteris fuerint commendata, quodammodo reddunlur perpétua ; Ego Rodulphus^ 
Dei gratîa Leodiensis episcopus qualiter ecclesia beati Nicolai transmosana data 
ItaerH fratibus ecclesie beatorum apostolorum Corne Iti Montis teropore bons 
menioris Henrici prsedccessoris mei (1145-1164) boc scripto notum facio prssen- 
tibus et futoris fidelibus : Wedericus de Prato Leodiensis advocatus moriturus con- 
sensu uxoris suae Hawidis et liberorum suorum et propinquoram très partes prse- 
dictae ecclesise quae sui juris erant apostolis libère tradidit, Oda vero neplis pr^e- 
dicti Wedereci dimidietatem quam babebat in quarta parte supradictœ ecclesise pro 
peccatis sais nuUo contradicente beatis apostolis postea donavit. Beairix autom 
soror ejusdem Odse et Hel'mus filius ejus portionem quam habebanl in prœdicta 
quarta parte marcha vendiderunt Tralribus ecclesise apostolorum in ecclesise S. Lam- 
berli anle altare S. Martini, Brunone archidiacono, Huberto decano, Helino celle- 
rario de sancto Jobanne, Uenrico decano de sanclo Paulo, Theodorico advocato et 
Wederico fratre ejus prsesentibus, bac conditione quod in vita sua mater et filius 
solummodo de reddetibus praedictœ ecclesise haberent VI solidos et libram cerae 
singulis annis in vita sua. Hoc quicumque infringere volueril, anatbema sit. 

Fol. 96. 

Note. Ce Wedericus on Wigerus de Prato, avoué de Liège, figure déjà avec ce 
titre dans la charte de 11i4 et c'est sans doute, à raison de cette fonction, qa*il 
figvre parmi les hommes defamilia sancti Lamberti dans la charte de 1146. 



H63. 



Alberoo évèqne do Verdun déclare que Fredericus de familia Juppiliœ, mintsteria- 
lis ejus, a donné aux Prémontrés deux mansus, un situé k Lantin, l'autre à Aas avec 
la charge de dire chaque jour la messe dans la chapelle de l'évèque de Verdun à 
Japille. Fol. 60. 



340 - 



1158. 



Henri II évftqne de Liège confirme à l'abbaye des Prémontrée dnoe mansos terre 
qaos ei dederunt Frederiew villicus deJuppUia et oxor ejue MabiUa; horamigitnr 
maueornm unus est in villa qaœ appelatnr LaRrfii«,alter in villa qnœ appeUatar Àat; 
SOQS la condition de célébrer cbaqae jour la messe dans la chapelle de l'évâqne de 
Verdnn k Jupille. Testes sunt Àlexander prspositus Àibertui archidiaconos, Re^fue- 
rus archidiaconus» Ahnaricus archidiaconns» Baiduinui archidiaconos» Philippus 
archidiaconus, Bruno archidiaconus, Hubertus decanns; capellani episcopi Henri- 
cus et Godefriduê. Facta est hsec confirmatio anno ab Incarnatione Domini M. C. LV 
indiclione tertia, concurrente IllI epacta XVa, régnante Prederico romanomm rege, 
anno regni ejus tertio, prœsulatus vem nostri Xo. Fol. 49 v«. 

Note. Ce Frédéric n'était point on serf de l'église de Verdun; il était le mayeur de 
la Cour de Jupille dont l'évâque de Verdun était le seigneur ; c'est à ce titre de 
mayeur on de fonctionnaire que Frédéric est dit minUterialù episcopi, 

1188. 

Àmoul de Heuenie restitue la dime de Boosrheim à tabbaye des Prinumtrés, 

In nomine sanct» et Individus Trinitatis. Sapienti consilio, de discreta providen- 
tia pnedecessores nostri, ea quœ gessemnt nobis scripta reliquerunt, quia quidqûd 
ab eis prudentflr actum esse cognoscitur, facillime a nostra memoria laberetur nisi 
sacras scripturae testimoniis de privilegiis sanctonim episcoporum auctoritste 
conflrmatum commendatum retineretur. Propterea ego Uenricux Dei gratia sancts 
Leodiensis ecclesi» episcopus, notum facio omnibus tam futuris quam prmsentibas 
quod Rogerus de Hassenic vir magns nobilitatis quondam dederat pro anima soa 
etanimabtts antecessoram suorum ecclesiœ sanctorum apostolorum mentis Comelii 
decimam de Borsis^ sed Gislebertus flrater ejus et nepos ejus Amulphus, sinisths 
consiliis intorcurrentibus, alienaverunt eam ad tempus a supradicta ecclesia. Nnnc 
autem Amulphus recogooscens te in hoc facto realiter deliquisse pmnitentia ductos 
reddidit atque donavit per manum meam eamdem decimam supradict» ecclesie coi 
antiquittts donata fuerat ab avunculo suo Rogero, Postes vero, sicut consuetudo est 
coram omnibus qui adorant, werpivit atque effestucavit eamdem decimam; hiyiis 
igitur decims donationem ego accepi de manu Amulpkiy et quia comes Godejndui 
de Duras prmsens aderat» rogavi eum ut ejusdem decimm donationem de manu 
Amulpki mecum susciperet quatenus eamdem donationem ecclesia sanctorum apos- 
tolorum firmiusin perpetuum possîderet. Postes qussivi ab archidiaoonts, ab abbatibw 



— 341 — 

etlîberis hominibas et his qui de Emilie eniot atrum deberem bannum meum mittere 
saper islam decimam quœ tam légitima affectatione afTectata erat sapradictœ eccle- 
si», qnibos omnibus hoc judicantibus^ ex auctoritate Dei et Sanctœ Mariœ et omnium 
sanctonim et domini Papœ et archiepiscopi Coloniensis et mea in banno posui omnes 
illos malefactores qui a die illo et deinceps auderent prsdiclam decimam aut vio- 
lenter invadere aut «upradict» ecclesiœ machinationibus malis enferre. Hujus actio- 
nis testes existunt qui présentes fuerunt quorum nomina sunt hœc : Elbertm archi- 
diaconus, Beynerus archidiaconus, Almaricm archidiaconus, Philippus archidiaco- 
nus, Hugberius decanus de S. Lamberto, Drogo abbas de Sancto Jacobo, Gerlandua 
ahbas de Floreffia, Philippus abbas de Parco, Gerardu» abbas de Helechines, Lucan 
abbas de Cornelie Monte, Henricus comes de Gelre, Godcfridus cornes de Duras ; 
liberi homines Gerardut de Baronufeiea, Philippus de Thinleu, Conon de Repes^ 
Henrieus de Mânes; de familia Wedericus de Prato^ Lambertus et Arnulphus de 
Hoyo, et alii fere omnes qui eadem convenerant ad placitum christianitatis in eccle- 
sia Sanctie Maris. Nunc igitur secundum auctoritatem oflBcii mei praedictam deci- 
mam pnefat» ecclesi» conflrmo et sigilli mei appositions consigne, ne quis in 
posterum ausu temerario audeat scepedictam decimam a prsefat» ecclesia separere, 
abstrahere aut divellere. Higus coniirmationis testes snnt Reinerus archidiaconus, 
Àlmaricus archidiaconus, Balduinus archidiaconus, Hugbertus decanus; liberi 
homines Eustacius advocatus de Hasbania, Oliverus de Tis ; de familia Lambertus 
et Omulphus de Hoyo. Facta igitur est h»c legiiima confirmatio anno ab incarna- 
tione Domini M. C. LV indictione quarts, concurrente quinta epacta ; XXVI régnante 
fomanorum imperatore Frederico, anno imperii ejus primo, pnesuiatus vero nostri 
anno XI. Fol. i!25. 

Note, La réunion générale des nobles du diocèse sous la présidence de l'évoque 
est appelée ici placitum chrisHanitatis. Arnulphus de Hessenic y fut contraint de 
restituer à l'abbaye des Prémontrés la dime de Boorsheim dont il s'était iojustement 
emparé. Le batinus epiwupults n'est autre chose que la sentence d'excommunica- 
iîon lancée contre ceux qui usurperaient la dtme. 



1158. 



Charte du chapitre de Notre-Dame à Aix... Franco miles de Evregneis fliins quon- 
dam Evemini mililis de Fierons relicta sseculari miiitia venit ad conversionem ad 
ecclesiam sanctorum apostolorum Montis Cornelii, sed antequam conversus fleret, 
quidquid ei in ssculo ex paterna successione proveniebat totum prsesenlibus el col- 
laudantibus fratribus et parentibns suis prsefatsB ecclesi» condonavit , deinde, sicut 
nos est militibus, deposito gladio seipsum ad altare reddidit. Parmi ces terres, 



-^ 342 - 

il y avait 18 booniers sitaés entre Retinnu et Evregneu qui était un fief do chapitre 
d'Aix et sur lesquels il percevait la dixième et la cinquième gerbe. L'abbé Imcm 
et le convers Franco se rendirent à Aix et y reçurent Tinvestiture de la terre da 
doyen Richer. Le chapitre d'Aix avait aussi la dime des animaux de la ferme à Cor- 
nillon et celle du vignoble de Wez au pied de la montagne ; il en exempte Tabbaye 
pour une rente annuelle de trois pièces d'or (nummi aurei). Fol. ilS. 



1160. 



Charte des Prémontrés de Gornillon. Cea veuve de Roland donna à l'abbaye sep- 
tem bonaria terrs cum duabus curtibus sibi invicem contiguis in villa quse didtor 
Mirmort , sous la charge de deux anniversaires. Témoins Lucas abbas ejoadea 
ecclesi», Lambertus prier, Johannes supprior, Wiicelinut sacerdos, Godeseakut 
sacerrios, Adelardua sacerdos, Ulricui sacerdos, Philippu» sacerdos, Grtgorint 
sacerdos, Servatius sacerdos, Albertua sacerdos, Lieboldus diaconus, Gerardut 
dyaconus, Franco dyaconus, Reynaldus dyaconus, Wedericus subdyaconus, Ebroywu 
subdiaconus, Johantiet subdyaconus, WUheimui subdyaeonna, Elbertus aocolytns. 

Fol. 55. 

Charte de Tabbé Lucas. Pierre de Jupille fils de Godefroid de Beneis a donné avec 
le consentement de son épouse Yda, YI bonniers allodianx et un demi bonnier de 
terre censale à l'abbaye. Témoins : de militibus Ludovicus frater ipsius Pétri et 
Reumerus et Godefridus et Fredericus de Atrio,,, mater etiam ipsius Pétri OdHia 
et filia sua Gila. Fol. 56. 



1170 (?). 

Arnulphus évèque- élu de Verdun et successeur d'Alberon son parent, se trouvant 
à Jupille, le ii avril 1170? confirme les donations faites par son prédécesseur 
aux Prémontrés de Cornillon. Actum Juppiliœ , Tyburtii martyris , régnante 
Frederico romanorum imperatore et existente Rodulpho in Leodiemi urbe episcopo 
et Henrico majoris ecclesi» prœposito atque archidiacono et Baldueno archidia- 
cono et magistro. Testes Hugo cancellarius ecclesise S. Marie in Yirdunensi urbe, 
Ponzardus subdiaconus ejusdem ecclesiae, Ouo marescalus, Wilhelmua camerarius, 
Segardut de Fraxino miles et liber homo ; Theodoricua advocatus et Wedericnt 
frater ejus, Gerardus scabinus, Boso, Wascelinut, Albricus decanus, Lamberttu de 
Fleron, Fol. 48 v». 



343 



H75. 

Les serfg, lei serves, les donnés que Féglise de Verdun possède à JupiUe, ne 
pourront contracter mariage qu'entre eux. 

In Domine sanclae et individuse Trini^tis^ Ego Amulphus Dei gratia sanctae Yir- 
dunensis ecclesi» electus, homioum aostrorum de Jupilia rationabili petitioni ac- 
quiescens, coDcessi at bona eorum que de ratioDe nos contingebant pro disparitate 
conjugii» eis remittererous, ea videlicet conditione ut quicumque eorum fllios 
genuerint de quatuor duos vel de tribus aut daobus unum, ad restaurationem patris, 
in matrimonio copularent roulieribus de familia sanctse Marise Virdunensis. Hoc 
eliam adjicientes, eorumdem hominum laude et assensu, ut neminl eorum liceat 
ducere uxorem nisi de familia sanctae Marise Virdunensis et hoc cum laude et assensu 
episcopi. Si qui hujus statuti transgressores exstilerint, concessione universorum, 
persoDse cum rébus et posscssionibus in manu episcopi sine judicio erunt. Hujus 
rei testes exislunl qui praesentes afTuerunt : Hugo cancellarius, Cono decanus et 
magisler lieyneru^ de Quarnay, Lucas abbas montis Gornelii, Albertus sacerdos, 
Amulphus sacerdos, Wedericus Ponzardus liber homo, Herebrardus miles, Gisle- 
bertus de Chayneis, Ebroinus de Fleron et frater ejus Fredericus Ludovicus ; sca- 
bini GerarduSf Wascelinus, Johannes^ BosOy Godelirs, Albricus, HenricuSy Lam- 
bertus. Actum Jupiliœ anno ab incarnatione Domini M. G. LXXV», indiclione VIII, 
régnante Frederico romanorum imperalore et existente Rodulpho in Leodiensi urbe 
episcopo. Fol. 54 v». 

Note, L'ëglise de Verdun possédait ii Jupille des serfs et des serves. Il y avait , 
en outre, des personnes de condition libre qui s'étaient données avec leurs descen- 
dants à l'église de Verdun pour jouir de sa protection, moyennant un cens annuel. 
Ces serfs et ces censitaires étaient de familia ecclesiœ; ils ne pouvaient contracter 
mariage qu'entre eux. Nous croyons qu'il ne s'agit que de ces deux classes de per- 
sonnes dans cette charte. 



1176. 



L'évéque Raoul confirme les possessions des Prémontrés de CorniUon, 

. . . Ego Rodulphus Dei misericordia sanctœ Leodiensis ecclesia episcopus notom 
volo fieri... quod ecclesia sanctorum aposlolorum montis Corneiii... quasdam pos- 
session^s allodiprum à diversis possessoribus acquisierit et ad uberiorem cautelam 



- 344 — 

nomma possessorom et nomemni bonariorum prsesenti pagin» inscribi fecerit : ab 
Olivero de Hermees libero homine et ejjus uxore Mathilde XIII bonaria allodii jaxta 
Grihardi montem jacentia ; ab Ebroino fratre Theobaidi de Singeis Vil bonaria 
allodii et dimidium ; ab eodem Theobaldo de Singeis homine libero et ejus fratribns 
Holya, Elberto et fVilberto XXVII bonaria allodii et dimidium tam in terris coUis 
qoam incultis, pratis, sylvis et curtibus apud ff^rme/^ jacentia : ab Andréa milite de 
Hermeet IX bonaria allodii et dimidium ; a Francone advocato de Harsial V jugera 
allodii, et a Daniele de Herèa l bonarium allodii prsedicta ecclesia acquisivit légi- 
time. Et Peirus miles dp JupiUa,„\l bonaria allodii apud ^arxto/ jacentia et III 
solides census... pnedicts ecciesise in liberam iraditionem afTectavit. Omnes etiam 
praedicti quidquid jnris in prœdictis posscssionibus habebant ordine débite et jure 
consuetudinario effestucaverunt et ea libertale qua ipsi eas possederant, heredîbos 
eorum astantibus et consentientibus et favorabiliter cooperantibus, per manus 
Winandi de Ochsen liberi hominis bas traditiones recipientîs ad altare apostoloram 
in legitimam possessionem affectaverunt.... Testes hi sunt : Henricus S. Lamberti 
ecciesise prspositns et archidiaconus, Almaricus archidiaconus et abbas, Batduimut 
archidiaconus, Bruno archidiaconus, Hodulphus archidiaconus, Theodoricus archi- 
diaconus, Oito archidiaconus, Sinlo ejusdem ecclesiae decanus, Walurus diaconns, 
liobertus cantor et cameriarus, Sephridus, Petru» de Mommalia^ Johannes de Co- 
ionia, Henricus de Donglebert, WalteruSy Alardus cellerarius. De personis civi- 
tatis testes sunt : Hugo abbas ecclesiae S. Jacobi, Everlinus abbas ecclesis S. 
Laurentii, Bartholomeus abbas ecciesise S. £gidii« franco decanus ecciesise S. Pé- 
tri, Arnulphus decanus ecclesiae S. Martini, Henricus decanus ecclesiae S. Pauli, 
Gislebertus decanus ecclesiae S. Cnicis, Benedictus decanus ecclesis S. Johannis, 
Otto decanus ecciesise S. Dionysii, Fredericus decanus ecciesise S. Bartholomei. De 
ecclesia S. Apostoloruro Montis Cornelii testt-s sunt : Lucas ejlisdem ecclesi» abbas, 
Lambertus prier, Johannes, Godefridus, Godescalcus, Gislebertus, Philippus et 
Arnulphus, Testes sunt liberi homines : Winandus de Waldenmonte^ Gerardus de 
Upeie, Gossuinus nepos ejus, (Miverus, Fastrardus frater ejus et Angerus, De fami- 
lia ecciesise sancti Lamberti sunt testes : Theodoricus de Prato, Wedericus dapifer 
frater ejus, WUhelmus, Lebuinus frater ejus, Godinus de Hosemont et Boddo fira- 
terejus, ^ndreas de Hermees^ f'onrardus de Lonc'en; Reinerus villicus Leodien- 
sis, scabini Hellinus, Notgerus, Lambertus et alii quamplures. Facta sunt haec anno 
dominicse Incarnalionis M. C» LXXVI, indictione IX, imperanle Frederico semper 
auguste, anno autem episcopatus nostri VIII». Fol. 54. 

yote, — Cette charte parait avoir été donnée dans une réunion générale des 
nobles tenue k Liège sous la présidence de l'évèque. Les hommes àtfamilia ecclesiœ 
S, Lamberti qui y furent présents, étaient de grands vassaux ou des fonctionnaires 
de l'église de S. Lambert. 



- 348 — 



1178. 



Donation tTun alleu de dou%e bonniers faite aux Prémontrés de ComiUon, 

.... Ego Emtm<f M oobilis.... mansom allodii in villa Haburg juxta Udenchouen 
et bonariam in Tr^jecto dedi ecclesiœ beat! Servatii ad usum fratrum solvenlia V so- 
lidos et V denarios pro salute animae meae in anniversario meo ita ut nulli exaction! 
nollt juri advocati» sobjaceant , solnmmodo ad conventum pnefat« ecclesiœ res- 
pectam habentia. Statni postea ut post abitum nieum sive successoris mei V solidos 
et qnioqac denarios et ama vini et sextarium decano pro investitura persolvantur. 
Nullus bsredttin meorum, si super bac hsereditate pulsatus faerit, alias quam in ca- 
pitulo rcspondebit. Pro boc itaque beneficio ecclesia mibi et posteris meis concessit 
ot sapranominattc hsereditatis coUor in usuariis mortui ligni et cœteris utilitatibus 
eommunîonem haberet in curia villœ Mekheren cum aliis mansionariis. Ego vero 
Sifridua Dei gratia prsefat» ecclesise deeanus notum facio omnibus tam posteris 
quam pressent ibus quod post decessum prœdicti Emundi bon» mémorise baeredes 
ejus se capilttlo nostro représentantes prsefatum allodium resignaverunt et Lucas 
venerabili abbati Cornelii montis illud ad usum cœnobii et fratrum snorum contule- 
mnt, ita pneserlim ut abbas praedictus nobis singuUs annis debitum censum per- 
solvat; post ipsum autem successor ejus a decano investituram in capitule recipiens 
V solidos et V denarios et aroam vini fratribus et sextarium decano persolvat, Hujus 
verilatis testes sunt hi : de fratribus 5f/rt(f m deeanus, Thomas, Gerlacus,Gettehardu8 
cantor, Henricus de Binga, Uenricus Hensewike^ Retherus, Godefridus, Alewinus, 
Lamberiuê, Henricus^ cellarius, Henricun^ Adam, Alexander; et isti de laicis, 
Bertholdus Suable cum omnibus scabinis et alii quampinres. Acta sunt bœc anno ab 
locamaione Domini M. G. L\XVIIi<> indictione 111, régnante Frederico romanorum 
imperatore, Rodulpko Leodiensi episcopo, Garundonio Mantuano episcopo eccle- 
sise beat! Servatii existente pneposito. Fol. 436. 

Sote, Ce noble Emandus ne donna ni la propriété ni Tusufruit de son alleu, à l'é- 
glise de S. Servais ; il le chargea seulement d'une rente en sa faveur, — et à raison 
de celte rente, Talleu était exempt de tout droit d'avoué, par suite des privilèges 
de celte église et ressortissait à sa cour de 'justice. — La euria villas de Melcheren 
n'est autre que la ferme du chapitre avec tous ses biens ; les mansionarii étaient les 
habitants qui cultivaient ces biens ; un mansus était une terre d'une douzaine de 
bonniers et un mansionarius le fermier qui exploitait une telle terre. 



- 346 — 
1187. 

Albert grand-prévôt et archidiacre du Hainaut unit deux béuifiees timpUe de Lo- 

verval au couvent de Comillon, 

In nomiDe sanctœ et individu» Trinitatis. Ego Albertus Dei gratia Leodiensis 
ecclesi» msgor prspositos et archidiaconus tam prsesentibus quam futuris in perpe- 
tuam. Jastis petenlium desideriis facilem decet nos prœbere assensum et vota qa« 
a rationis tramite non discordant effectu prosequente complere. Quaproptcr ad cha- 
rilatem et hamilitatcm ecclesis quœ in honorera apostolorum in Gornelio Monte sita 
est respicientes et piam inibi famulantium Deo devolionem attendentes eorumdem 
religiosorum desiderio nequaquam obniti oporlere judicavimus, videlicet^ necessi- 
tati ipsorum quibus digne subveniendum eral obtempérantes, ad petitionem saam, 
praefatam ecclesiam in Gornelio Monte sitam duobas altaribus de Lovervals, que 
sunt in nostro archidiaconalu, quod quidem nostrse poteslatis erat, perpetuo imper- 
sonamus. Quod ut ratum et inconvulsum omnibus evis pennaneat, sigilli nostri 
impressione et testium annotatione eamdem prœfatae ecclesiœ factam investituram 
corroboravimus. Actum est publiée in concilio nostro Florinensi anno dominic» In- 
caroationis M. G. LXXXVIlo. Hujus rei testes sunt magister Evrardus abbas Geller. 
Peirus canonicus de Sancto Petro, magisler Gerardus Scladensis ecclesiac canoni- 
cus ; de concilio Florinensi Waliems decanus, Nicolaas Fossensis, magister 
Johannes CéiL, Wamerus de Bomereies, Johannes de Ërchenines, Thomas Flori- 
nensis. Fol. iS6. 



H92. 



Henri duc de Limbourg fait condonation à l'abbaye des Prëmontrés d'une rente de 
X muids d'avoine qu'elle lui devait. Témoins : de majori ecclesia Albertus de Cuek 
archidiaconus, Gualterus archidiaconus, Sijmon decaous, Bertholdus custos eccle- 
sise , Henricus cantor , Daniel, Arnulphus decanus S. Martini el alii plures. De 
ecclesia apostolorum Gossuinus abbas, Arnulphus prior, Heynoldus supprior, Godet- 
calcuSf Johannes f Wiricus, sacerdotes lotusque conventus. De nobilibus hominibus 
Wtjnandus de Woldavynont et Theodoricus de Uuffalise, De familia S. Lamberti 
Wedericus dapifer episcopi et filius suus Rodulphus, ÂlTuerunt etiam Everardus de 
SuinheiSj Winandus de Richem et multi de familia nostra. Actum est hoc anoo 
Incarnationis dominiez M. G. LXXXXII iodictione IX. Fol. 60. 

Note, Le duc Henri dit que rnulti de familia «ua étaient présents; il entendait par 
là les dignitaires de sa cour et ses grands vassaux; Wédéric de Pré et Raoul son fiU 
étaient de familia Sancti Lamberti k raison de leurs dignités et de leurs fiefs. 



— 347 -^ 
1193. 

Henri de Louvain seigneur de HersUd confirma en 1284 les exemptions accordées 
par son père et son grand père à l'abbaye louchant ses terres d'Archis. Sa veuve 
Elisabeth reconnut cette exemption en iS93, lorsque Jean, duc de Lorraine, de 
Brabant et de Limbourg, mit sur ces terres un impôt de 60 marcs de Liège. 

Fol. 59. 



1193. 



Charte de Gosuin abbé. André chevalier de Hermée^ déclare, en présence de ses 
fils Wédéric et Walter, de son gendre Frédéric et de Wédéric dapifer que des six 
bonniers de terre qu'il a vendus k l'abbaye des Prémontrés, trois sont allodiaox et 
trois sont un fief de l'évèquf'. « Tria vero bonaria feodi posuemnt in manu et pro- 
lectione domini Wederici loco ecclesise , déterminantes ut si quis heredum suorum 
ea voluit redimere se pro eisXi marcas reddituram, coUatis intérim fructibus eorum 
ob salulem suam ecclesise. Nos igitur pacis amatores et bonam voluntatem ac neces- 
sitatem eorum considérantes, patrem in tM>nsortium noslrum recepimus, vestes ei de 
nostro emimus, filiis X solidos dedimus.... De ecclesia nostra Lambertus prier, 
WedericuSy Petrus, Symotiy Laurentius, OHverus^ Franco^ Johannet, De militibus 
Wedericus de PratOy Fredertcus, Conrardus, Mascelinus, Andréas^ H'edericuê^ 
Walteruêy Benricus de Hollengnoule et alii multi. Aclum est anno Incarnalionis 
Dominiez M. C. XG lllo. Fol. 54 v«. 



1200. 



In nomine sanctse et individuae Trinitalis. Ego lienricus Dei gralia dux de Lem- 
bourg et marchio de Erlons..., Notum facio omnibus me... terras quas prsefata 
ecclesia (montis Cornelii) apad villam de Lantins possidet ad curiam, scilicet, de 
Jupilia spectantes ab omni exaclione et a jure advocatiœ perpetualiter libérasse.... 
Acla sunt hsc anno Incarnalionis Dominicœ M. GC^. Fol. 53 v». 

Note. L'. glisede Verdun possédant beaucoup de biens et de rentesaupays de Liège, 
avail fait établir à Jupillo une cour à laquelle ces biens et rentes ressortissaient. 
Les membres de celle cour étaient nommés par i'évêque de Verdun ; leurs fondions 
étaient d'enregislrer tous les actes qui concernaient ces biens et renies et de faire 
la recette des rentes et peut-être aussi celle des fermages. C'est cette cour qui est 
dés^ignée ici par caria de Jupilia, — Le duc de Limbourg était l'avoué des biens et 
renies que Téghse de Verdun possédait à Jnpille et ailleurs. 



348 — 



1202: 



Henri due de Ixnrraine exempte de touu taiile les terres de la ferme d'krchis mous 
Herstal. Les rdigieux y érigent la chapelle de S. Nicolas dans laqueUe ils disent 
chaque jour la messe à f intention du due. 

In oomioe saocte et individoe TriniUlis, amen. Ego Henrieus Oei gnitia du 
Lotharingiœ et Marchio Autwerpiœ omnibus Christi fldelibus in perpetnom. Quia 
facta hominom aocceaaione temporia e memoria hominum facile elabantur, niai 
per scripturam ad memoriom revocentur, ideo prudens auctoritas antiquornm ina- 
tituit benefacta que digna sunt memoria vivaci litterarum tealimonio commendare 
et ad stabile monimen sigillo et tealimoniis probabîliam virorum approbare. Nos 
igitur eorom exempla sequentes notum esse volumus tam apud ftiiuros quam ad 
présentes qaod fratribns Coroelii Montis remisimus et a saccessoribus nostris in 
perpetuum remissnm esse volumus in cnrte de a rchitse quam tenent, tallias et 
omnes exactiones injustas prêter solum censum quem juste debent de terris qaas 
in eadem curte tenent. Hoc aulem contnlimus eis in eleemosynam communi conseaso 
et voto ego et usor mea Machuldis ob remedium et salutem animarum nostrarum et 
palris et matris mee et omnium antecessorum noslrorum. PredicU vero fkutres 
banc eleemosynam cum gratiarum actiooe recipientes, ne ingrati vedeaniur feco- 
runt ecclesiam in eodem loco de Arsich in honorem Dei et Sancte Marie, S. Nico- 
laii et omnium sanctorum in qua constitnerunt unum presbyterum de fratribns sais 
qui ibidem cotidie divins celebrabit et pro nobis et antecessoribus nostris indesi- 
nenter orabit. Ul autem sepe dicti fratres in pace gaudeaot in perpetuum bac dona- 
tione, ut nuUus sucessorum oostrorum atlemptet eos inde sinistro aliccgns consilio 
infringere, necessarium duximus hiyus rei veritatem scripto commendare et sigillo 
noslro confirmare. Hujus rei testes sunt : Enghelbertus decanus Lovaniensis, 
Franco capellaous, Renerus notarius, Godefridus de Breda^ Amoldus de WizemaU, 
Godefridus frater ducis, Tarius de Testela, Robinus de Thenis, Henricus de HuUe- 
berghe, Wilhelmus de Gestele et alii quamplures ; de hominibus vero de Harstal, 
Simeon de Villeif^ Darthohmeus de Rocour, Wiricus de Horion^ Reinerus de 
Monte, Winandus villicus, Lebuinus, Henricus, Franco, Amulphus, Robertut, 
Franco, Lambertus scabini. Acta snnt hec anno Incarnationis dominice H. CC. 11. 

Fol. 59. 

En 4âdd le duc Henri renouvela cette charte à peu près dans les mfimes termes : 
concessimusque in perpetuum, ajoute-t-il, ut sine investitura et placiUs sint terre 
eornm. Les témoins sont : Godefridus abbas de Everbodio, Evrardus abbas de UeUe- 



— 349 — 

ekiMj Emgtlbertuê dectniis Lovaniensts, magister Boiduimuê et magister Aenervf 
clericii mai. Ibidem. 

Note, Dans celle charVe le moi curtU désigne la ferme d'Archis avec toates les 
terres qni y sont caltivées. 



1203. 



Hugnes de Pierrepont donne aux Prémontri» de ComUlon FéglUe de SimpelveU. 

In nomine sanctœ et individo» Trinitatis. Hugo Dei gratia Leodiensis episcopus, 
tam fniuris quam pnesentibas in perpelaum. Dlctis ac factis bominum scriptune 
aUeslatio torris fortitudinis est à facie inimici omnem veritatem pietati et mîseri- 
cordise annexam subvertere semper intendenlis. Oculo quidem pietatis tenuilatem 
remm ccclesise apostolorum Cornelii Mentis considérantes el devotionem fratrum 
ibidem Deo servientam dévote attendeotes eorum fraternitatem nobis et snccesso- 
ribus nostris in perpetuum suscipimus. Eorum adjuvandi in eadem ecclesia meritis 
et precibus qnibus nititur Deo constitaenle principibus, et nos maoum a(i|jutricem 
eis porrigentes ecclesiam sancti Remigii de Simplici Via quod in vulgari corrapte 
sonat de Saint Ptovoir cum omni dote et appcndiciis suis nobis vacantem assensu 
maoris ecclesise eis in perpetuum babendam ad sustenlationem eorum libère et 
canonice donavimus, salvo jure archidiaconi in obsoniis, et cathedratico episcopi. 
Unus de fratribus ad electionem ecclesis curam animarum de manu arcbidiaconi sine 
cootradictione et rcpulsa suscipiet qui per se vel per alium prout ecclesia ordinavit 
in eadem ecclesia deservire poterit. Ecclesia qooque de omnibus fhiclibus, prout 
visum sibi fuerit, ordinabil, hoc à nobis, prsordinato quod in anniversio die decessus 
nostri pro commémora tione fratres in refectorio V solides de fructibus ejusdem 
ecclesiœ annuatim habebunt, qui annuam etiam commemorationem omnium succès- 
sorum nostrorum solemniter celebrabunt ; quamdiu autem viximus ter singulis aunis 
laissam de sancto spiritu ad augmentum salotis nostre in conventn solemniter canta- 
bnnt. Hsec quoque devotio et consuetudo ad successores nostros stabit et inconcussa 
pormanebit. Ut hoc oblivione vel levitate aliqua non deleatur, tam posteromm quam 
pnesentium mémorise présent! pagina sub sigillé nostro et majoris ecclesise et 
aliarum Leodiensium ecclesiarum imprimimos ; anne Verbi iocarnati M. CG. III^. 
Testes sunt de mijori ecclesia Walterus decanos et archidiaconus et abbas, Rodul' 
phus archidiaconus, Johannes archidiaconus, Helias de Builhon, Henricus de Don* 
glebert, Raduiphun pnepositus S. Pauli sanctique Johannis, Lambertuê prepositus 
sancti Pétri, Thomas prepositus Sancta cruels, \iilhelmu8 de Heers, Amulphus, 
Symo», Lambertu» et alii quamplores. Fol. 113. 



— 380 — 
1203. 

Us religieux de Comiiltm échangent leur terre de Gonrieux et FéglUe de cet en- 
droit avec tévêque Hugues de Pierrepont contre une rente annuelle de six 
marcs. 

In nomiDe sanct» et individus Trinitatis. HugOy Dei gratia episcopus Leodiensis 
tam faturis quam praesenlibus in perpetuom. Opus nostrom vivere cupientes inper- 
petuum quod quanto est salubrius, tanto esse débet et firmios. Notitiœ tam postero- 
rum quam madernorum praesenti scripto tradimus in quem modum cum ecclesia 
apostolornm Cornelii Montis convenimus : ecclesi» prsedictae allodium erat et curia 
cum ecclesia in villa quadam in Tirascia Gonherie videlicet, quse propler intervalla 
locorum minus providentiae habens, minus utilitatis et plus laboris et tarbationis 
habebat fratribus ecclesise Mariam imitari habenlibus sedentem ad pedes Domini e( 
audientem verbum iliius ; qui paci suae et quieti et utililati providentes in perpetutuB 
commuai deliberatione et assensn nobis et sucessoribus nostris episoopis Leodien- 
sibus per commatationem et recompensationem aliorum bonorum allodium illud el 
curiam cum ecclesia et omnibus attinentiis suis, censu, campis, pratis, sylvis, pas- 
culs, cullis el incultis solemniter et libère contulerunt. Cum aulem ab antiquo dona- 
tione prsedecessorum nostrorum XXV soUdos nostrse monel» Leodii da thelooeo 
nostro per manus thelonearii nostri annuatim recipiunt in capite jejunii, V[ marcas 
ejnsdem monetae illis addentes in eodem iheloneo simili modo annuatem recipiendas 
eis assignavimus, videlicet, III marcas in vigilia Natalis Domini et III in nativitate 
Jobannis-Baptist» récipient. Prsterea curiam eorum et omnes possessiones qoas 
habent in villa nostra Villari ab omni exactione el censu et redditibus alils et omni 
servilio libéras omnino in perpetuum fecimus ut sll liberum eorum allodium qnod 
ibi nobis tenebalur annuatim ad censum el servilium. Gurtem unam et modicQin 
lerrse curli adjacenli de eleemosyna Bercholai miliUs habent ipsi in eadem villa qose 
de feodo noslro eral ; servilium ilKus in melius commutantes et pro eo orationcs fra- 
trum expelenles abbatem inde capellanum nostrum instiluimus ut eo sit nobis et 
successoribus nostris dcvotior quo majori beneficio nobis tenebilur aslriclior. 
Omnes vero qui de cslero contra hsec omnia in detrimentum ecclesiœ et rerum sua- 
rum msichinabnntur, publicae excommunicalioni usque ad condignam satisfactionem 
subjecimus. Actum est istud anno incarnationis Dominicae M. CC. \l\^ in prssentia 
et asscnsu majoris ecclesiœ nostrse et aliarum ecclesiarum Leodiensium ; unde testes 
"sunt : de majoris ecclesia ÏV altéras decanus et archidiaconus et abbas, Rodulphut 
archidiaconus, Johannes archidiaconus, Helyas de Builhotiy Eenricus de Dongleberl, 
Rodulpkus pra^positus S. Pauli sanclique Johannis, Lambertus prsepositus Sancli 
Pétri, Thomas prspositus Sanctse Grucis, Wilhelmns de Heers, AmulphuSySymon, 



— 881 --- 

M9rèerimê el alii qttui^ww. fi« liharia hottîiMiMift Utéovimt «omet 4* I.M* Tl^od^ 
rieus^àe Walcnarty Atuelmu* de Sademaingne, De laniUia 8«Deti LamlMrii G^rardwt 
de llèjemoiii, Libertut de Geneèe, Riguldun de teMi/, fi9«triNf«« <i« Ibwtricoiiri el 
aii quemplores. Fol. 78 v^. 

yote. — La ferme avec ses biens que les Prdmonlrds avaient à Gonrieox est dësi- 
gnëe dans celte charte par le mot curia, ainsi que leur ferme de Villers-nvèqae. — 
Ils avaient aussi à \illers un champ entouré d'une haie vive (que nous appelons 
enclos, blook)^ désigne dans cette charte par le mot curtis. Dans la charte sui- 
vante nous trouvons le même mot curti» avec la mdroe signification. Maia dans 
d'autres chartes nous trouvons le mot curtit pour désigner une simple maison, une 
habitation. 

i 190-1 ao4. 

L'abbé Gossuin et ses religieux déclarent que BarthoUmeus miles el Ttfa vxor 
ejiis nnllam habentes sobolem... ecclesi» nostre... IIII bonarla allodii in Villari 
domîni episcopi contnlerunt in eleemosynam, in cespile et in aliis modis quibus 
allodia soient conferri et reportaverunt in manns domini Wiriei dapiferi snb tesli- 
roonio homînum mullorum domini episcopi Leodiensis ad usus nostros et efféstuca- 
verunt et reportaverunt super altare principale nostnim snb presentia totius capituli 
nostri. Domum etiaro suam in Villari et curtem et pomerium et pratum quoddam et 
quandam etiam lerram arabilem ibi adjacentem in augmenlum prsedictse eleemosyose 
légitime nobis contnlerunt.... Hujus rei testes sunt de migori ecclesia Walterus 
decanus, Barthohmeus, LudoiphuSy Radulphus, Johannts archidiaconi, Henricus de 
Dùngtebert, Helyat de Bouilhon, Thomas, Lambertut de UVahart, De nostra domo 
Johannes prier, Wiricus sapprior, Beynerus, Godefricus, Cmtrardus sacerdotcs, 
Johannea, Severinun^ Ludovicut, diaconi. — De militibus vero Wincut dapifer epis- 
copi, Wameru9 de NivetlOy Doddo de Honémoni et alii quamplures. Fol. 8i V«. 



1204. 



Winand chevalier de Feoher cédé Vé^litê de Soumûgme pùur mu certaim prU 

aux Prémontrés de Cornillon, 

In nomine sancte et individuœ Trinilatis. Hugo Leodiensis episcopus tam nituris 
quam presenlibus In perpeluum. Contra pericula de facili emergentta (irroamentiim 
veritati tuend» est 11 liera attestationc roborata. Inde est quod litterœ commiltimus 
ecclesiam aposlolorum Cornelii Montis cl Winandum militeni de Fechien in hune 
modum convenisse : jus quidem palronatus habebat pnediclus Winandus in ecclesia 



— 382 — 

s 

de SommaigfM ad medieitten eaio» uliuà medieUlem aeqvisiertt sibi ecclesia a^- 
tolofum in eodem jore patronatas, quidqold ipsom Winandnm et fllioa crjus cosUih 
gebat ifi ]iairona(a itlo unde partem acquisierant fllii ejas Bonifaebtê H Nieolams à 
Godino patrno sqo légitime, et qaiquid etiam ad ipstim patronatam tam in deeioia 
quam îd aliis commodis apectabat, prsedictus Wiaandas cum flliis suis mutttavit 
ecc eai» pnedict», Winandus cum filiis suis saper altare apostolorom reportavii et 
snb pneaeDlia liberorom honinam et bominom de faodilia Sancti Lamberti inter eccle- 
siam Beatse Marias et ecelesiam Beati Lamberti effestncavit, exceptionem qaamdan 
faciens de décima quadam quam a sancto Alberto tenet; filii ejus prsterea décimas 
quatuor curtilinm infra parocbiam illam ab abbate in feodum et hominium sibi et 
posteris suis susceperunt ; hominum qui ad altare attinent censum babebit ecclesia 
apostolomm, jnstitiam Winandus et fllii ejus. Curtem quoque nnam quam Winandus 
pro duobus denariis et duobus caponibus ibi tenebat, sibi et suis retinuit, ecclesic 
censum pnedictum soluturus in Natali Domini. Introitum quoque et exilom ecclesis 
cum corte sua sibi suisque reservavit. Prsetei*ea avus ejus V solidos census annua- 
tim pro se et suis ad luminare ecclesis legaverat, censum hune ecclesia habebii 
sed justitiam sibi et suis Winandus retinuit. Debentur etiam IV solidi anouatim ad 
reparationcm fenestrarum vel parietum quorum duos débet idem Winandus, census 
erit ecciesise, justitia Winandi et suorum. Fralernilalis beneficium idem Winandus 
ab ecclesia suscei it ; oui ecclesia unanimi consensu ut cum vale mundo diccre ins- 
pirante gratia Dci voluerit, in consortium Tralrum suscipiatur. In recompensatione 
prœdictorum bonorum sic ecclesis à Winando et liberis ejus coUatorum, ecdesii 
XVI modios annuatim Winando et posteris in perpetuum assignavit, allodio pro 
allodio commulalo in bonis suis de Hermees Leodium ubi voluerit sumptibus eccle- 
sise adducendos, videlicet, VIII sunt spellœ et VIII avens quorum XIII modii et tria 
sextaria pertinent ad Winandum pro jure hœreditatis sue et residium pro parte fra- 
tris sui God'mi quam fllii sui sibi acquisicrant. Hoc ut flrmum et inconvulsum per- 
maneat sigillé nostro et msgoris ecclesis et sigillé ecclesis apostolornm communi- 
tum est lam ecclesis quam ipsi Winando et posteris suis. Testes sunt EverninuM de 
FUron et Amelinus fllius ejus, (iarnerus de Nivella^ Raduiphus de Prato^ Renenu 
de Fleron et fllius ejus Retterus ; Bcutianu» de Chienees, Henricus Cossius, Henricut 
de Melen milites; de civibus Ludovicus, Renerus SureaU, Thomas et alii quamplu- 
rcs. Aclum est anno Incamationid Dominice M. CC. IV. Fol. 406. 

yote. Il y avait des hommes qui s'étaient donnés à Téglise de S. Lambert à Soa- 
magne avec leurs descendants ; par cet acte ils s'étaient placés sons la protection 
des chefs de cette église et n'étaient justiciables que d'eux; mais en retour de cette 
protection, ils payaient chacun une rente annuelle à l'église. Ces hommes sont appe- 
lés dans celte charte-ci homitœs ad altare attinenies et dans la suivante /ami/ia ad 
altare eccletiœ beati Lamberti de Sumania pertinent, — Ces hommes payeront leur 



— 353 — 

rente k Tëgliee, mais il8 devront assister chaque année aux plaids tenus |»ar Tavoui; 
de Soumagne qui n'est autre que Winand et lui payer te droit de protection ; ce 
droit de protection est appelé ici juêtUia. Le principal devoir de l'avoué était de 
protéger les personnes et les biens et de faire réparer, surtout an réunions gêné- 
raies des habitants, les torts, les injustices et les dommages. Comme récompense 
de Taccomplissement de ce devoir, il percevait une certaine somme d'argent soit 
par personne soit par biens. Cet argent s'appelle justUia, On voit dans la charte 
suivante comment l'abbé des Prémontrés a protégé les homines de familia eccletiœ 
contre les injustes exactions de Winand et de ses fils. 

1218. 

Jean^ abbé des PrémomréSy protège les censitaires de Féglise de Soumagne, 

In nomine sanclse et individuae Trinitalis. Ego J. Dei gratia abbas Montis Cor- 
nelii et conveotus notum facimus tam prsesentibus quam Tutaris quod miles quidam 
éeFechirs^Winandus nomine, familiam ad altère ecclesise beati Lamberti de Sumania 
pertinentem quse nostri juris esse dinoscitur , persuadentc diabolo et propria ini- 
quitate ad servilem conditionem et iniquas exacliones nomine advocati» protrahere 
volebat; cumque eos aliquanlo tempore vexasset injuste, urgente infirmitate, cnm de 
prsescnti vita desperaret, de misericordia et bonitate Dei dcsperarc noluil, scd re- 
conciliari ei satagens, convocatis reliçio.sis viris pluribua sncerdolibus elericis cl 
laicis tam de parochia quam de vicinia cum prcdecessore noslro et fratribus ecclesi.T 
nostrae in prsesentia omnium injuriam suam spontc recognovit filiisque suis 
Boni facto et yicholao cum magna precum instantia pracepiL ut apud dictam familiam 
vice sui veniam peterent et satisfacerent super ir^uslis vexationibus quas eis inlu- 
lerat et ut de cœtero liberos et in quicta pace vivere eos pcrmitterent imperavit; qui 
favorabiliter extremae patris voluntali assensum prsebentes aliquamdia, dum dolor 
patemse mortis recens esset, in bac bona voluntate perseverarc sluduerunt. Tandem 
instinctu diabolico unus fillorum miles lionifacrnSySiUo scilicel fratre Nicholao in 
bono proposito persévérante, ad vomilum proprii et alieni pcccali rediensvexationem 
pristinam in jam dictam beati Lamberti familiam renovare praesumpsit. Nos vero 
^us crrorem attendentes et super hoc ei condolentes sœpe numéro ut ab incepta 
perversitatc desisteret ammonere cnravimus ; qui tandem inspirante divina elemen- 
tia amraonitionibns nostris ad se reversus, in plena sanitate et juvenlute injuriam 
suam recognoscens cum uxore et fratre ad ccclesiam beatorum apostolorum accessit 
et de pcccalo suo, id est, de iqjusta vexalione quam prsedictse famili» intulerat ante 
majus altare beatorum apostolorum nobis cum conventu pnesentibus huroiliter ve> 
niampetiit et quod deioceps peccatum istud vitaret promisit. Nos vero ad ejns pe- 



^ 354 - 

titionem anatemaUft mnodaiiooeni intorposumas oMnes excoanBonietHoni softsii- 
cieDtesqnipnBdietanifUDiliaiii i^juate vextre vel nolestare pnesoupsarint, dooac 
peccatam siiom congroa saiisfaelione delere atudueriat et boc non ooaira anctori- 
iate, aed donini Fape qni non solua rea eoclaaie nostne, sed totiaa ordtnis nostri 
in baaii Pétri el ana protaclione reeepit. Ut aotem plenius q«e ait pnedictâ fkniiUa 
cogQoacatur, propria eorum vocabala io preaentt earta dtatiaguera curavimna : fllii 
Bttcele de Sorecker, RobertiUf Liberfus et Liebertun fratrea et aororea eoras 
Berêendiê, Maria ei Belmdis cnm libaris earum ; item (Minun de Herves^ Sêneàk- 
lu* de Ainos corn reliquia. Acla autea» aiint hcec anno Inoarnationia dominiez 
M. ce. XV. Original aux archives do Séminaire. 

Mai 1218. 

Eustache de Fooz donne à Vévéque tavouerie de Villert-VEvéque qu*il tenait en fief 

de l'avoué de la Hesbaye, 

Hugo Dei gratia Leodiensis episcopus omnibus prsesentem paginam inspecturis 
eternam in Domino salutem. Ut ea quse aguntur in tempère non labanlur cum tem- 
pore, scripti debent munimine roborari. Nolum igitur ait tam futuris quam piv> 
sentibos quod Eustatius de Foos advocatiam de nostro Villari qnam de advocato 
Hasbaniensi in feodum lenebat, intuita Dei, nobis et ecciesise Leodiensi contulitel 
eam coram hominibus nostris el homlnibaa advocati guerpivil et efTestucavit et sibi 
adjudicari fecil, tam a nobis quam a succeasoribus nostris jure perpetuo possidea 
dam, lali inlerposita conditione quod neque per nos neque per successores nostros 
neque per ecclesiam Leodiensum coicumque poterit alienari nec alicui in feodon 
sive in homagium dari. Si vero advocatns Hasbaniensis homagio pro dicta advoca- 
tia carere nolucrit , episcopus ei proinde per unum de hominibus suis homagium 
fleri faciet. Ut autem pium factum istud inviolabile et sine uUa immutatione obser- 
vetur, prœsentem paginam sigilli nostri et sigilli majoris ecciesise in Leodio muni- 
mine fecimus roborari. Inhibantes sub interpositione excommunicationis ne quis 
de CJBtero illud immutare vel infringerc praesumat. Actum anno Domint M. CC.XVIII 
mense maio. Fol. 84 V^. 

1223. 

Wi9<fr, chevalier de ïjnvaige^ donne aux Prémontrés son droit de patronage sur l'église 

de Grimby, 

In nomine sanctœ et individus Trinitatis amen. Hugo Dei patientia Leodiensis 
episcopus universis ad quos pnesens scriplnm pervenerit salotem in Domino. Nolam 



- 388 - 

esse volomiis tan pr«8entibQS quam fùtoris qaod, cam fVigerus miles Dei Wege io 
leclo egritadiiiis jac6ret a timoré Domini spirilam salatis concipiens, sapienti usus 
concUio ad eeclesiam sanetoram Apostolonim in Monte Cornelio nna :um uxore sua 
Gertrude et Lodovico fliio sno accessit et jns patroDalas ecclesiœ de Grembedef\w^ 
habebat cum omoi integritate ad opas ecclesiae saoctonim Apostolorum ïd manus 
abbatis ejnsdem ecclesiœ de consensa et yolantate pnefatie uxoris sus G. et lllii 
sui L. pro suoram remedio peccamioum libère et absolute resignavit, dicte ecclesise 
orationes humiliter expetens et ibidem sibi eligens sepulturam. Postmodum vero 
eodem Wigero defuncto et sepnlto, prtefatus Ludovicujt filius ejus, ne processu tem- 
poris quod Tactum fuerat calompniam recipereU ad praesentiam nostram in ecclesia 
S. Lamberli, multis astaotibus accessit et quod a pâtre suo Wigero factum fuerat 
recogoosceos, quidquid juris io eodem patrooatu habebat vel habere se dicebat ad 
opus prsefatse ecclesiae sanctorum Apostolorum ia eleemosynam tam pro sua quam 
pareatum suorum salute reddidit. Quam donationem tam prœfali Wigeri et uxoris 
suae qoam filit sui Ludovici postmodum ad mtyus robur flrmitatis factam, ratam ha- 
bemus modis omnibus et acceptam et episcopali auctoritele confirmamus sub iotermi- 
natione divini judicii districtius inhibentes ne quis dictam sanctorum Apostolorum 
eeclesiam super jure patronatus pnefatœ ecclesiae de Grembede de cœtero molestare 
aliquatenus audeat vel gravare. Ut autem que nostris geruntur tempçribus perenni 
vigeant memoria praesentem cartam rei gests seriem continenlem sigilli nostri nec- 
non et m^joris ecclesise in Leodio munimine duximus roborandam. Acluro anno ab 
incarnatione Domini MXC.XXIII». Testes Johannes msyoris ecclesiœ in Leodio pne- 
positus, Theodoricttt decanns, Herbaldus archidiaconus. 

Fol. IW. 

Juin 1330. 

GUlebert, seigneur de Radekeym^ vend, pour XLI livres de-Liége molendinum de 
Witeseche et vivarium cum curte attinenle et spatio loci in quo domus molendioi 
sedificeUir , la moitié à l'abbaye de Uerckenrode et si l'église de lyickswje, l'autre 
moitié à l'abbaye de Reiekheim, Uiec aulem omnia ad coniirmationera veritatis in 
altari Beatœ Mariae in Herckeorode corani conventu, multis preesentibus manu propria 
propria reportavit. Fol. 118 v». 

Août 1235. 

Charte de Guitiaume abbé de Comillon et d'Ode abesse do Hocht. L'abbesse 
renonce à toute prétention sur le patronage de Téglise de Grembede. L'abbé de son 



T66 



côté reconnaii que 1 abe^tsc est la Dame de Grembede, que le curé lui doit à ce titre 
une rente annuelle du cinq salidi , et que, si le carë difi^re le payement, la Dane 
peut l'y contraindre en fermant l'église et en emportant les clefs, ce qui a déjà ea 
lieu quelquefois. Fol. 4S4. 

Pierre Lentasse^ chanoine de S. Denis à Liège, était à cette époque coré de Grem- 
bede et avait obtenu la cure de l'abbesse de Hocht. 

Janvier 1237 (1238). 

Ego WitkehnuH miles dictas de Tongres,., ob salntem animse mese et uxoris me» 
Gertrudis etfilii meî WilkelmL,, contuli... duo bonarta terne quorum fnictas per- 
cepit Helena soror nobilis viri domini Gisleberii domini de Bronckhortt quoad yixit, 
ecolesis sanctse Magdalenae in Hadekeym... tali conditione quod si contingat nobilem 
virum dominum Gislebertum de Bronckhortt vel ejus hseredes ad hsereditatem de 
Badekeym redire et elcemosyaam à me factam approbare voluerint , ipsi supraedictae 
eccicsiae vcl abbati Cornelii Montts VI marcas de mea pecunia... persolvent nt ex his 
marcis aliam terram idem abbas valeat comparare... FoLiâi v*. 



1360. 



Antoine dit Moreal, Stastin et Libert de Lantin, frères, reconnaissent qu'ils ne 
possèdent aucun droit d'avouerie sur les terres de Prémontrés de Gornillon sises à 
Lantins, à Aas, à Hermée^ à MUmort. Wilhelmus de Aweuis et Eustachius dictas le 
Frans Bonsse de HolUngnouUe et Hubertus dictus Wonne milites, promettent lear 
secours à Tabbé contre Antoine Morcal. Actum cl datum anno Incarnationis domi- 
nicœ M. CG. LX Mense Maio. Fol. 53. 

Août 1260. 

L'abbaye de Val-Benoit percevait les deux tiers des dîmes de Simpelveli et devait 
payer, à ce titre, les deux tiers du cathedraticum et de Vobsonium, L'abbé de Beau- 
repart se charge de les payer, et l'abbaye de Val-Benoit lui cède, en forme d'échange, 
quelques rentes. Fol. H3 v<». 

Note. L'année bissextile, les curés payaient une rétribution appelée cathedraticum, 
qui était de 20 tolidL Les deux tiers en étaient pour l'évèque, le restant devait être 
partagé entre l'archidiacre et les doyens, à savoir: deux tiers pour rarchidiacre et 
un tiers pour les doyens. L'année qui précède hi bissextile, les curés devaieot 
payer une rétribution appelée obsonium et fixée à la moitié du cathedraticum; celte 



— 357 — 

réiribniion élait répartie comme j^uit : ie^* deux liers pour Farchidiacre, le restant 
poor les doyens ruraux. 

S9 octobre l!260. 

Guillaume de Bronckkorst donne tégline de Reckheim à tahbaye det Prémontrés et 

au couvent des Norbertines, 

in Domine Domini amen. Universis ad quos prsesentes litteras contigerit pervenirc. 
Wilhelmus vir nobilis dominus de Bronckehor&t et de Badekeym întelligere quaeDei 
sant et sapere verilalem. Prœsentfbus notum esse volamus et post futaris quod nos 
pia miseratione inducti paupertati dominarum clanstri de Hadekeym ordinis prae- 
monstrateosis Leodiensis dîoecesis suromopere compassi, jus patronatus ecclesis 
parochialis villse nostrœ de Hadekeym domino Johanni Cornelil Montis abbati suis- 
que successoribus abbalibus et ipsam ecclesiam cam suis redditibus quos hactenus 
nostri progenltores alicui personœ consueverunt conferre loco et tempore de con- 
sensu et voluntate nostrœ legitimse coi^ugis Ermengardùs et de consilio et consensu 
domini Gixleberti pnepositi eeclesi® Embrkevsis et archidiaconi Trajectensis fratis 
nostri, necnon et pia voluntate matris nostrse domina} Cunegondix in piam et perpé- 
tuais eieemosynam contulimus ad usus cotidianos conventus sororum clausiri de Ra- 
dekeym, deductis expensis compeientis sncerdolis idonei loco et tempore in dicta 
ecclesia ab abbale constituendi et oneribus qus forsan episcopi autoritate vel archi- 
diaconi vel quocumque casu emergentibus incumbant ecclesiœ memoratie ; tta bœc 
provide et libcraliter facientcs ecclesiae quod dominus abbas prsedictus et conventus 
ecclesiae Montis Cornelil et dictus conventus de Hadekeym avo Wilhelmo et avisp 
Gertrudij Gilberto patri, Cunigondœ matri nostris, Gilberto praeposito frati, nobis- 
quc Wilhelmo et Ermengardi uxori nostrse et iiberis nostris fhiternitatem plcnariam 
contulerlnt et omnium h'^v i uni spiritualium eorumdem claustroruro perpetuam par- 
ticipationem communisquo sui ordinis procurabunt ; couvenlus quoque de Hadekeym 
perpetuo annuatim Y^ feria proxima post festum Micbaelis solemnes vigiiias cum 
nota et IX leclionibus decantabunt et sexta feria sobseqoenti roissam pro defunctis 
cum solemni commendalione animarum avi et avise nostrorum ac si corpora ipsorum 
essent in perpelualiter inhumata facient et servabunt. Similiter feria quinta et sexta 
post festum omnium sanctorum flet in eodem claustro pro patris domini Gilberti ma- 
trisqoe nostrse dominse Gunegondis animabus in selernum. Pro nobis vcro , domino 
Gisleberco praeposito , Wilhelmo et Ermengarde uxorc nostra liberisque nostris 
quoadusque vixerimus sexta feria post octavas Pentecostes decantabitur solemniter 
missa de Spiritu Sancto in praedicto claustro de Hadekeym pro vitic nostrse salule et 
bono fine, nobisque mortuis flot quinta feria et sexta post octavas Pentecostes ibidem 



-- S88 -> 

pdk'peiéo cam exèQafis sotêHiKBibas, sicut pnescriptimi mt de avic et avi» et paire 
nostris, ac si defuncii prœsenles easemus ; dictia tribus terminis aexlia ftriia post 
festum beaii Michaelis, posi fesium oœniam sanctorum et post oclavas Pentecoates 
qoalibet, videlicet, feria sexta iileasomtia à niagistro claastri adminiatrabitor coiiven- 
tui de Radekeym dimidia marcha in qoibuscumque oti voluerint de dictis provenUbus 
ecclesiœ pro consolatione ; treaque solidi paup^ribJQS distribueqlur siagalis dictis 
terminis quolibet videlicet termine memorato ati voluerit dominas de Badekeym vel 
SOUS ballivus infra claustrum vel exlra. Pro hujusmodi praedictis dominua Jokannts 
abbas et quitibet abbas suus successor in Monte Cornelio; quia provisQres sont con- 
ventus sororum claustri de Badekeym pro loco et tempore fidelitatem praestabuot 
perpetuam domino de Radekeym quem sibi et suis Isgitimis familiaribus assistent 
consiliis et auxiliis pro posse et nosse. Sacerdos quem constituet abbas ecclesise 
praedictae de Badekeym ad regendum, si domino non placuerit, ipso amoto, infra XL 
dies, ad voluntateip abbatis aller idoneus substituetur. Couventus quoque sine aUqua 
diminutione quœ et secundum quse hactenus in aliis percipere consuevit, de caelero 
et perpetuo percipiet dicta ipsi collata eleemosyna in earumdem reddituum supple- 
mentum eril, nec occasione istius nostra: collationis aliquem habebîl dereclum. In bis 
vero supradictis, si defectus fuerit et non serventur sicut pnescriptum est, irritum 
erit et tune dominium et jus patronalus ad nos revertentur si hoc probari valeat es 
rationibili veritaie. Ut autem hsec rata maneant et in perpetuum ineonvulsa, sigilUs 
nostris et Ermengardii uxoris noslrœ, domini Gilberti fratis nostri prsepositi Embri- 
censis et matris nostrse dominas CunegondU prœsens scriptum fecimus commnniri. 
Praesentibus autem nobiscum constitutis domino Johanne abbate Cornelii Montis, 
domino GUberto archidiacono et praeposito Embricensi, Johanne praBpoaito Montis 
Cornelii, fratre Henrico teutonico, fralre Reinoldo magistro de Radekeym, et fratre 
Conrardo, lotoque conventu sororum claustri de Radekeym, necnon et domino Her- 
manno milite de Steyne^ Bogero et Àmoldo laycis et aliis quamplurimis. Actom 
anno Domini M. GG. LX in crastino apostolorum Symonis et iudae. Fol. 446. 

Le vicaire-général Beinietf écoUtre de Tongres, approuva la donation en 4363, 
l'archidiacre Eyngard de Ytenbrouc en lâ6£ et l'évèque Henri de Gueldre en 4â6S. 
Henri y chanoine d'Embrica et curé de Reckheim, résigna la cure en 4S65 et depuis 
cette époque, elle fut desservie par des chanoines prémontrés. 

Juillet 1!273. 

Charte de Balduin Davomjhte^ chanoine et officiai de Liège. Contestation entre 
l*abbaye de Gornillon et Henri de PevUke fils de Waltir touchant « III pièces de 
terre qui gisent ens en le terre entre la maison de Cornilhona et Wei% , desquelles 
m pièces de terre li une est une court n sus il sieut II fontaines et les âultre II piè- 



-- 9m - 

ces gisent &e^s le eonr li use d'une pkH et li autre d'antre paH et desqueUfs lil 
pi^es fl sont VI jernanhc peu plus ou pau moins » . . . . Ukmbert de iViMirtf , prieur 
de hi maison et Ti/mait Du Freit, chevatier ftirent choisis comme arbitres. La seu- 
tenee arbitrale fat proDonc<Je eo prdsenœ de seigneur Emoul et seigneur Thiri de 
Preit frères et chevaliers, Johan le fils monseigneur Thiri de Preit, lacqnemin 
Judas ^ Henri Wilove, Michiel Lentailheur, Godefroid Harduin, tenans del maison de 
Cornilhon et plusieurs autres qui leurs drois eo eurent. > Fol. 80 v^. 



1274. 



Le doyen d'A ix donne aux Prémonirés la déterviture perpétuelle des églises de 

Jupiile, de S, Remacle et de Grivegnée. 

Garsilius Dei gratia decaous ecclesise aquensis, Leodiensis diœce&is, omnibus et 
singulis praisentes litteras inspecturis seternam salutem in Domino. Universis et 
singulis notnm esse volumus quod, cum capella S. Femacli et de Grivegnée extra 
rauros Leodieuses decanatui ecclesiœ nostrae aquensis unacum matrice sua ecclesia 
de Jupilia &tnt annexas , nos attendentes quod in majori nostra ecclesia aquensi ac 
in ipsius dccanatus dignitate, cujus curam et regimen gerimus, nos personaliler 
deservire oportet, juris in hac parte requirentes documenta, virum religiosum domi- 
nam Johannem Cornelii Montis abbatem, ordinis prœmonstralensis, ipsum, silicet, 
et successores sucs quoscumque ubi esse contigerit, abbates in dictis capellis per- 
petuos vicarios constituimus, ut quiiibel abbas per se sive per unum de canonicis ad 
hoc idoneum perpétue deserviat in eisdem. Et cum os bovi non debeat ligari tritu- 
nanti et qui altari servit de altari debeat vivere , dicto abbati pro se vel per idoaeum 
canonicum suum deser vient i assignamus de proventibus earundem ecclesiarum por- 
tiooem congruam, videlicet, qiiindecim Ubras alborum, quœ competens est portio ta- 
libus ecclesiis per dominum episcopum loci Ordiuarium statuta, qua portions débet 
esse contenlus idem abbas, in bonis solum obligantes, scilicet,aarumdem capellarum 
et in quibusdam aliis bonis pertînentibus ad capellam de Grivegnée^ quœ sunthœc : 
tria bonariatamterraearabilis quam prali sila juxta Grivegnée; item unum bonarium 
in Hasbania silum apud Laniin ; item unum bonarium quod colit Petrus ; item dé- 
cima trium jornalium quae lenent Johannes de Prato et Renvoi de Chaynée ; item 
décima prati quod Peiri mililis de Hatnbrius (?) ; item duo sextaria speltse super 
unojornali juxta Àngleur , item quatuor solidi leodicnses, quos legavit dominas 
Renerus de Grivegnée ; bonis aliis ad bas capellas et ad matriccm ecclesiam prœdic- 
tam majore , scilicet et minuta décima et aliis quibuscumque proventibus ipsi eccie- 
siae aquensi et decanatui per omnia salvis ; ita tamen quod si prsedictis datur vel 
legatur aliquid in eleemosynam, percipiet dictus abbas convertendum in augmenlum 



\ 



— 360 — 

sue portioDîs prsedictae. PnedicU autem fecimus de consensu , volnntate et lotort- 
tale capituU nostri et nos capitalam confltemar io pnedictis nos oonsensisse. Id 
biyos aulem rei testimoniiua pnesentibos lilteris sigilU nostra apposoimos ; tenore 
eanimdem sub sigillo pnedicU abbalis et conventus nobis retento. Datam feria 
quiiita aute Pentecosten anno Domini H. GG. LXXIV». 

Mai 1274, 

Winandf (ils et héritier de Boniface de Feckiers^ chevalier et de Lutgarde épouse 
de ce dernier, déclare que son père Boniface donna, il y a 32 ans, à l'abbaye des 
Prémontrés une pièce de terre et de bois qui était son alleu. Etaient présents à cette 
déclaration Henri abbé, Gilles curé de Soumagne, Lutgarde épouse de Winaod, Henri 
leur fils, Àleide leur fille béguine. Fol. 407 V». 

iV6r«. Voici un fragment généalogique tel qu'il résulte des chartes de Beaurepart : 
Winand , chev9lier de Fechier et son frère Godin, cités en 1904. Le premier eut 
deux fils nommés Boniface et Nicolas et mourut avant 4845. 

Boniface y chevalier de Fechier, épousa Gertrude dont il eut Winand qui suit et trois 
filles dont une épousa Francon Davis, une autre Olivier chevalier do Goleppe et la 
troisième Heori chevalier d'Evregnies. 

IFinanc/, chevalier de Fechier, eut pour épouse'une dameGertrode dont il «uideu 
fils, Guillaume et Henri et cinq fiUes Isabelle, Marguerite, Helwide, Catherine et une 
autre qui épousa Nicolas de Rummoseis. 



Janvier 1277 (1278). 

Charte do la Cour allodiale. Gossuin dit Creanche cède à l'abbaye des Prémontrés 
la troisième part de sa petite dtme sous Soumaguc qui était son alleu et que Johan 
dit Maies de Feckiers tenait en fief de lui, pour un demi bonnier de terre qui était 
Talleu de l'abbaye et que Gossuin donna aussitôt en fief à Johan Malea, Fol. 407. 

Février 1277 (1278). 

Charte de la Cour allodiale. Oliviers de Goleppe cède à l'abbaye des Prémontrês 
les deux tiers de sa petite dlme sous Soumagne qui était son alleu et que Serrais fils 
de Johan de Maies tenait en fief do lui, pour un bonnier de terre qui était l'alleu de 
l'abbaye et qu'Olivier donna aussitôt en fief à Servais. Fol. 107. 



— 361 ^ 
Septembre 1878. 

G. Abbesse de Hocht renoDcc, en présence de l'archidiacre Gérard de yastowe k 
tout droit qa'ellc pouvait avoir sur le patronage de l'église de Reickheim, retentis 
nobis omnibus juribos que habebamus tam in décima dictse parocbiœ quam in panibas 
qui ofTeruntur ad altare diclse occlesise ; elle consent à l'institution du curé Gérard 
chanoine Prémonlrë. Fol. •IIS. 

35 avril 1281. 

Otto de Wikerode vir nobilis tutor et mombordus cognati mei Otionis hcredis et 
doioini de Wikerode et nos Otto hères et dominus de Wikerode jam diu plene adul- 
ons nna euro prsedicto tutorc noslro, notum Tacimus quod.... (ils renoncent à leurs 
prétentions sur les dîmes de Simplevelt et reconnaissent que celles-ci appartiennent 
aux abbayes de Cornillon et de Val-Benoit.)... Prœdicti veroordinis prsemonstralen- 
sis canonici et moniales cistnrcicnses nos ci nostros caritate voluntaria prosequcntcs 
honcstse dominai Sophiœ nostri senioris Ottonis matri et nobis ambobus et domino 
Gerardo de Manso militi et fldeli nostro communionem orationam suarum et bono- 
nim omnium quœ in ipsorum et ipsarum flunt ordine ac roonasteriis misericorditer 
concesserunt. Hnjus rei testes suntdictus Gerardu^t de .Varuo^Johannes de Lotburg^ 
Gerardux de Schoxlferg, Conrardun de Wiere milites et fidèles nostri. Item Wilhel- 
tnujt de Candenbnme , Uercholphus de Beureode , Gerardus de Keukelberghe, Wil- 
helmm de Walhoni , Theodricm dictus Steynart fidèles nostri.... Nos vero Otto 
junior quia adhuc sigillé caremus proprio reverendum parentem nostrum domi- 
Dum Thcodoricum de Wikerode canonicum et scolasticum Santensem et insuper 
canonicuro ad majorera ecclcsiam, îd est, ad sanctum Petrum in colonia et ad sanc- 
tum Lambertum in Lcodio et dilectum avunculum nostrum Fredericum de Wikerode 
qui est canonicus ad sanctum Gereooem in Colonia et investitus de Herle rogavimus 
et rogamus ut sua sigilla appendanthis litteris vice nostra Fol. 114. 

1285. 

Godard de Arxich et Ueiuidis eon épouse donnent à l'abbaye domum suam et cur- 
tem sitas in Arsich contiguas doroui seu curti diclorum religiosorum et tous leurs 
autres biens,, sous la charge de services religieux. Fol. 58. 

1277-1790. 

le magistrat de Liège donne, en iâ77, ^ Thierri de Ftemalle, chevalier « en héri- 



— 362 - 

taige la pièce de terre qui gist entre la maison de £raeul de Treiste qui Ja fat et 
Beaure paire dele fermeté sur Moose de cy à LX pieds près de la perte de Beaure- 
paire qui ore est, pour 1 1 sols de cens par an. « 

Les exécuteurs teslamentaires de Thierri de Fle^nalle mirent, en iS79, l'abbaye de 
Florennes en possession de la maison de Thierri, située près de Tabbaye deBeaare- 
parl, à Liège. 

En 12S8, l'abbaye de Florennes ne pouvant payer ses dettes, vendit, poqr SÛO 
marcs de Liège, aux prémontrés de l'abbaye de Bcaurepart, la maison et le jardin 
provenant de Tbierf i de Flemalle donum, manerium et assisiam et eorum appendicia, 
quae dudum fuerant Theodorici de Flemalle militis. Les cautions furent Jean^ évèque 
de Liège, Johannes de Cambiis decanus Leodiensis, Renerus de Viseio miles mares- 
calcus prsedicti dni Leodiensis episcopi^ Johannes Surlet viilicus et scabinas, Ludo- 
vicus ejus (rater scabinus, Everardut de insula scabinus. 

La pièce de terre, cédée par le magistrat en 1277, à Thierri de Flemalle ^ ayant été 
autrefois un chemin public, les prémonlrés de Beaurepart demandèrent à l'empereur 
Rodophe la confirmation de l'acquisition qu'ils en avaient faite. L'empereur la leur 
accorda, le il mai 1290, par diplôme daté d'Ërfurl. Fol. 61-65. 

Avril 1288. 

Charte de la Cour allodiale (homines de capitagio Dei). A la demande des prémoo- 
trés et sur le rapport de Jean de Saint Martin, la cour déclare k l'unanimité (per 
plenam sequelam hominum de capitagio Dei) que l'évoque et le chapitre peuvent, 
d'après la loi et le droit du pays, échanger les biens de l'Eglise contre d'autres. 
L'évèque et le chapitre donnèrent aux prémontrés (fecerunt investiri abbatem et con- 
ventum tamquam de suo bono allodio; affaitarenl et fisent affaitir si comme bons 
allons aile abbé et couvent) les biens suivants : la maison, la court, le lieu, Tassiese 
qu'on dist de Biaurepaire qui siel à Treiste à Liège avec toute leurs appendices, 

droiteurs et pertenances entièrement Item le molin dei Wege ainsy comme il siel 

descur et desoubs a tout ses appendices en tel signourie et en teil droit que nostre 
sire levesque le tenoit et par teil condition oussi que les manants des villes dei Wege, 
de Villcr levesque, de r^aweroule et de leurs appendices doient moure au devant dit 
molin pour ban.... — L'abbé et le couvant donnèrent à l'évèque et à son chapitre 
comme bons alleux les biens suivants : la maison de Cornilhon, XX.V bonniers de 
terre gisant entour Cornilhon, le molin de Grivigneis...., le court de Mecheroule et 
IX" bonniers do terre;.... le court de Wargnicfossc et C et XV bonniers de terre;... 
le court de Richen et LX bonniers de terre... — Les hommes de la cour allodiale 
étaient Johau des Camrjes doyens, maislre Johaii de Liele archidiacre, singneur 
Alexandre ÛQ Brunshove^ maistre Estievenoity singneur Nicolon de Parme ^ singneur 



- ses - 



Hernmm de kavmuUrge, mistreloiiaftGrflait, ateynew WiXkamêitEppe^ suiyttMr 
Jokan Dtl Yaux^ maisCre Gilon Fmtin et singneor hi^ttl éè tkmexke eftMiKS ée 
TëgUse SaÎDl^Lanbert 4t Liégt ; fluiistre ioban Ruitel offlcial de la ooert de Liëge, 
Biagneiir Johan arohipreatre de Liège, siogneiir Jokan de Tmoin le plébiB ; mon- 
aeigneiir Brnold de Skendrtmah eC dooDsingneur ifemir de KîMif nareacault dei 
eTeaquye de Liège, chevaliers; Johan de S. Martin, Ewerari d*Ule, Joban SnrUt et 
Jolum de Larditr eschevin» de Liège; Joktm de CeiAeAeei, Pramam avoué de FUrom, 
Thùri sot frère, Wilheame de Bruiff , Godard de Hâr^ial^ Johan ifaseif, Thlri aea 
frère, rkonetit de F^tneinM, Gj/Zoït fUs monsieur rilmoR de Pmti, WaUer Pi^^i de 
rr7l<r, ft«ijt0e#orf« d'Odeur. M. 66. 

L*évêqae et le chapitre avaient délégué Jean de Gambiis, doyen et W. d'Arras, 
chanoine de la cathédrale ponr négocier cette permutation. 

Le 4 avril 42S8, il fut convenu en outre entre les deux parties que les religieux 
pourraient emporter leurs meubles, entre autres, ceux qu'ils ont in omnibus curtibus 
sois de qtiibos in dicto tractatu habetur mentio. — Item condictum est quod man- 
siones existentes in ouriis ipsorum religiosorum, videlicet, Mecheroule, Wargnifosse 
et Richen eslimari tenebuntur in pecunîa per probos viros h nobis et ab ipsis reli- 
l^iosis députâtes, cnjus quidem estimationis pecunias nos Johannes episcopus eisdem 
religiosis solvere tenemur. Fol. 73. 

L'évëque Jean de Fiandre, le prévôt Qurchard et le doyen Jean Det Cainges char- 
gèrent en avril 1388 Guillaume de Selins bailli de S. Lambert et châtelain de Fran- 
chimont et Baudouin^ son frère, do mettre les prémootrés en possession des biens 
leur donnés en échange. Ils l'annoncèrent aux mayeurs,échevins et autres seingncurs 
roasuwirs et tenants de Frères, de Tongres, de Lowaige et de Viliers-l'évèque et les 
prièrent de réaliser les actes y relatifs a des biens que nous tennons en vos cours et 
en vos terrois et justices, n Fol. 75 v®. 

Jean, évèque de Liège, acheta, pour sa mense épiscopale, en 1288. des prémon- 
trés de Beaurcpaire aedificia curtum de Mecheroul , de Wargniefosse et de Bichen 
(sous Soumagne) pour la somme de 600 livres de Louvain. Fol. 6-1 . 

Avril 1288. 

l'évéque transfère la communauté des prémontrés de Comillon à Beaurepart. 

Johannes Dei gratia Leodiensis episcopus universis Cbristi fldelibus salutem in 
Domino sempiternam. Cura et sollicitudioe pastorali loca religiosa et eorum persous 
sludiosios laboravimus semper ab impiorum incursibus eripere et ut divin» con- 
templationi Ubj^rius vacarent in pacis tranquillitate coUocare. Cum igitur dilecU filii 



— 364 ^ 

abbates et conventas ecclesis Montis Goraelii noslne diocMiis ordinis pnemonsln- 
tensis in rébus ei oorporibas et moleatiis et inacorsibua mak>nifl[i bominum et pfedo- 
Dum ad dictum locam Montia Cornelii cotidiè confloeotiom jyluriea depredati et ipasi 
penitua ezlnaDili tôt et tantas i^jttriaa et dampoa io ipao loco toierarunl quod ibiden 
paciftce vivere et religionis auae régulas et profeasionea noo poteraut comnoda 
observare, auotoritate pootificali dictis abbati et conventui ad eorum et aliorom pro- 
borum aapplicatiooea inatautea conceaaimua et concediaius ut de dicto loco Moslis 
Cornelii vieinis predonibua ad locum dictum de BelUredita in insula Leodii pacifioan 
et relîgioni congruum ae et sua transférant cum omnibus privilegiis, indulgenliis, 
gratiis , eleemoaynis , concesaionibns et aliis quibuaconique juribua qnocuaqoe 
nomine censeantur quie ipsis abbati et conventui nomine ecclesis Montis Cornelii 
competebant perpétue moraturi. Et nos dictum locum de Bellireditu cum ecclesia, 
claustro, refeclorio, dormitorio, domo dicla de Florioes, eorum ambitu, prociocturis, 
appeoditiis et pertinentiis universis, cum omnibus privilegiis, iodulgentiis, gratiis, 
eleemosynis, concessionibus ac aliis quibuscumque juribus quocumque nomine cen- 
seantur quae ipsis abbati et conventui ratione ecclesiae Montis Cornelii competebaal 
et ratione ecclesis de Bellireditu cum bonis a nobis abbate et conventu permutatis 
compelunt et competere possunt, rébus et bonis (>ornelii Montis expressis in Utleria 
super boc confectis qus dicti religiosi in nos ex permutationc super boc facta Irans- 
tulernnt dumtaxal exceptis, ipsis abbati et conventui de Bellireditu incorporavimus, 
incorporamus et adnnimus et nostra auctorilate ponlificali ordinaria conflrmamns. 
In quorum testimonium et munimen prssentes litteras sigilli nostri appensioae 
corroboravimus. Actum et datum anno Domini M. CC. LXXXVin« mense aprili. 

Fol. 68. 

Avril 1289. 

Acte de partage de la forêt Bamelve à Seraing-Sur-Meuse entre i'ëvèqae et « les 
masuwirs del court de Seraing sour Mouse. » Les abbés de S. Jacques et de S. 
Gilles, à Liège, ëiaient masuwirs de cette cour; ils appendirent leurs sceaux ù TacU 
pour eux et pour les autres masuwirs. Fol. 83 v«. 

âO septembre 1294. 

Everard dit de Franehimont^ citoyen de Liëge, dote d'un revenu de S6 moids 
d'épeautre, l'autel de St«-Catherine dans Téglisc de S. Nicolas-Outre-Menao arec la 
cbarge de 4 messes par semaine ; il rtisen-e la collation de ce bénéûce à l'abbé de 
Beaurepart. FqI. 97 v«. 



— 368 ^ 



i3H. 



Ittm dit Fofrri, cl«rc de Liège, fonde le i>ënéBoe ainple ^e Rotre-Deffle dans 
rëglise de S. Nicolas-Oatre-Mease. Fol. 98 v*. 

1296. 

Vabhé de S, Victor à Paris rentmce à sei droits sur le couvent de Beaurepart. 

Cniversis pnesentes litteras inspectnris frater Odo hQmilU ftbbas Monasterii Saocti 
Victôris Parisiensis, totasque ejQsdem loci conventos seteroam in Domino salvlem. 
lïoveriiis universi quod cum dominus Baidardus qaondain archidiacooos Leodiensis 
locnm de Belliredila sive de beaurepaire in insoia Leodiensi situm salis insignem ab 
episcopo et capitule Leodiensi aequisierit atqne dotaverit et in extremis laborans in 
eodem loco canonicos regulares noslri ordinis et de domo nosira Deo famulalaros 
ibidem instituerit atque mandaverit ordinari et per venerabilem virum magistram 
Godefridum de FontanU caoonicnm Lcodiensem dictus locus de fiellireditu cam per- 
tinentiis suis juxta ordinalionem prsefati archidiaconi Leodiensis instantissime 
nomine executorio ipsios archidiaconi dictom locum nobis obtulerit cum effecta et ut 
assensum nostrum prseberemus studiosissiroe laboraverit. Nos matura et muitiplici 
deltberaliono super hoc prsehabita nnanimî nostro consensu loco prsedicto de fiellire- 
ditu cnm periiDenliis suis et aliis bonis occasione dicti loci et pcrsonarum noslrarum 
acquisllis renunciamus sine \e%Q aliqua repetendi. Attendentes quod viri religiosi 
abbas et conventus quondam Montis Cornelii juxta Leodium ordinis priemonstratensis 
de voluntate et assensu episcopi et capitnli Leodiensis ad ipsum locum de fiellireditu 
se Iranstulerint permutando clanstrnm suum Montis Cornelii pro loco prœdicto de 
fiellireditu sive de fieanrepaire ibidem perpetuo Deo famulaturi. Nos vero de dicta 
transUitione gaudentes ac eorum justis desideriis annuentes ipsum locum prsdictum 
de fieaurepaire cum omnibus pertinentiis suis quantum in nobis est conferimus et 
per présentes tolaliter cedimus, praeroissa omnia a nobis penitus abdicantes et in eas 
transfcrentes. Gonstituimus etiam nicholiminus ipsos religiosos donatarios procura- 
lores et dominos tamquam in res suas et ponimus eos in locum nostrum mandatîs et 
cessis direclid et utilibus actionibns ut amodo possint suo nomine agere, experiri, se 
tueri, excipere, replicare et omnia facere tamquam quis in re sua facere potest et 
débet. Quam donationem et liberalitatem in dictos religiosos dilucide et spontanée 
collatam promittimus ratam et firmam habcre et observare sine lege aliqua repetendi 
et eam non iufringere vel rovocare aliquo ingénie sive casu. In quorum testimonium 
Cl robur Qrmilatis sigilla nostra praesentibus duximus apponenda. Datum et actum 
anno Domini M. CC. LXXXXVI» mense martio. Fol. 73 v«. 



— 366 — 
Fé^Tier 4300. 

Les msUres, écbevins, jorës et it comnMiMnittf de la eké d« Liéfpe autorisant les 
religienx k arotr des jours et à faire des constructions du côcë de )a Meuse qai bti* 
gne les murs de la maison, moyennant une rente annuelle de Xil deniers. 

Fol. 74. 

i aoiit 1300. 

Giêlêberî, seigneur de Bnnckhùrsi^ vend à l'abbftye de BeanrepuitroiabooDiers 
<le terre silaës devant la porte du couvent de Raickheim pour la soome de trente 
mares de Brtbant et une renie aanaeUe de trois deniers. Fol. 12S v«. 

10 mars 1313 (1312). 

Charte d'Adolphe de la Marck, évèqne de Liège. Rato châtelain de Hermie, 
ëcuyer, partage entre ses deux fils Gilles, ccclesiastiqae, et/ean^dix-bnit bonniers 
qu'il tenait en fief de l'ëvèque de Liëge. Celui-ci y consent et reçoit le relief. Forent 
présents à l'acte Johannes de Wilenbringes, Libertus de Landris canonicus ecclesis 
nostrse Leodiensis, necnon Johannes de Landrùt, Thomas de Dyest mitites, ÊAtdmri- 
eus dictus Poillons civis Leodiensis et Conrardus natus Henrici de ïjingius nilitis. 
nostri féodales homines. Fol. 935. 

Septembre 1322. 

Chirographe. L'abbaye de Beaurepart donne en bail empbythëotique, quatre bon* 
niers de prés « a couvent de frères et sœurs malades et haities del maison de Cor- 
nilhons deleis Liège » dont les mambours pour le temps étaient Fastreit Bareit 
eschevin de Liège, Alisandre de Feciers, Gerar de Pistrin le bolenger, Goffin del 
Lion le corhesir, < parmi L fais de four de boin paiement cbascun an ». Le bail est 
réalisé devant la cour jurée de Tabbayo qui est composée de : soigneur Joban 
Coingnoule le prestre notre mayeur, Rassekin de Preit, Thirion son fils, Pirnial 
Hoghel, Pieron del Chace, Johan de Franchimont, Julin de Herves et GiUebar de 
Vhoke nos tenants jureis beritaubles de notre court. » Fol. 8i v«. 

Dans un acte de 4 357 on voit que la cour jurée de l'abbaye était composée de : 
« Jakeme de Stavelot proviseur du couvent, mayeur , Hasson dele Cange chevalier, 
es shevin de Liège, Gilon dit Surelet , Julin de Iferves^ Thiri Bin , Colart de Sewes^ 
iMmbert de Satvechi et Hannekinet dit del Pont dyle tenans hirtaubles de celle 
meismes court jureie. Fol. 88 v<> 



— 367 — 



1313. 



Charte de la cour aliodiale. € Wiileame de FUmaU aflUtat à l'abbaye de BeaoK- 
paîre IL deniers de bonne monnoye et iV capone ^de cena hëriteble par an que les 
dits abbeil et couvent dévoient an dict Wilbealnie heritablettent sour une court en 
Araich joittdani de leur court meiames, lesquelles XL deniers et ilil capons sont et 
estoient au dit Wilhealme tout allouz et ne scavoit qu'il fust de rins encombrais si 
qu'il cognât par devant nous. Fol. 60 v«. 

12 décembre 1326. 

■ 

Adolphe de la Marck,évéque» investit l'abbé de Beanrepart de huit bonniers de fief 
situés à Frères qu'il a achetés de GiUesde Uermées clers fils de Rassekin de Uertnées, 
L'inve/»tlture eut lieu au ch&teau de Huy le i3 décembre iSâS, par plaiae suitle dea 
hoiQmes de fief présents : Adoulphe de Waideke notre cousin prévost défie église 
Itotre-Oaine de Namur, Libier de Landris vice-doyen prévost del ^ise de Fosse, 
JohanM Biel chanoine de nostre église de Liège, IZfiitV des Falites canoine et éco- 
lastre de nostre église saint iohan de Liège, mesir Johan de Faus chevalier, Pirlot 
de Barian notre maieur de Huy, Eraoul Carpiei de HaUoy, Daniel de Freires condist 
le petit, Henri Godenul de Wihongney Eustace son frère. Fol. 91 . 

août 1889. 

L'abbd et les religieux Prémontrés donnent à Thomas Ma$iet de Vil^ l'Evèque 
« nostre court ensi quels est en close et en baye niante .desous le mostier delo dite 
ville de YUler entre ywcrtMîoii.deleis le coti^t damme Annes femme jadis Johan de 
Fejphe et ses enC^nts dung costeit et le court damme YuabelU femme jadis B€nier de 
Dommartin del autre costeit, à tenir tonte le dite court hirtable de nous et nostre église 
parmi VII muids de spelte hiretable chascun an.... > Fol. 85 v« 

6 juillet 1334. 

Nous Adolphe.., évesques de Liège... faisons savoir à tous lie nostre âmes fiables, 

mesaire Libers de Viler chevaliers reporta sus en nostre main, werpit, effestuca et 

quitta beritaoblement a tous jours a oes de Eustasse, Emoul, Oude, Marie, Çlarifu 

el Mabtie ses eofans la pressas rechevans et acoeptans tous ses umiers et son viage 

. que il avçit et avoir pooit u devoit en sis bonniers de terre eruile gisant en plusors 



— 368 — 

pieches sa territoire de Viller. Desquels umiers et vîage de ches sis booniers 

de terre H dits messire Liber$ de Vileir pooit faire sa YOlonteit par le congiet qae 
nous U avtes sur che donneit par nos autres lettres sur ce faictes seieUees de notre 
seiel en son plain mariage, lesquels sis booniers de terre U dits sis enfants relevèrent 
de nous en fief cascuns pour sa part et nous en fiseot feauteit et bomaige li dit 
Eu4iat$e et ErnouU frère pour eaus et pour lor quattre serours comme lor mamboors 
a cbe donnes et livres, ensi comme il est us et costume de cbe faire, fiûsant feanteil 
et bomaige a mains, a boucbe et a sains... » Ces six enfants vendirent les six boo- 
niers à Tabbaye de Beaurepart qui les acheta des deniers provenant « de la court de 
Bofait que li dits abbeii avoit vendu t sî comme il dist 4 Gitechon de Strees esquyer. • 
L'abbé les releva en fief par un mambour. c A ces œuvres furent présent avec noos 
notre ameit fiable messire Gerart de le Marke sire de Radichem nos oncles cheva- 
liers, messire Reniers de Ohore canones de Cologne coustres de Walecourt, Jehaat 
de le âtarke canones de notre église Saint- Jehan de Liège, Tkilmans de Roesmar 
nostre recheveurs eskevins de Liège , Ernouls de Oborne , Domicien Borivin , Lam- 
bert li mambours borgois de Huy et Herman Hinxi nostres camberlens.... Données 
et faictes à Liège en la maison del dit Jehan de le Marke lan de la nativiteit nostre 
Seigneur H. CGC. XXXIIII, le VI jour dou mois de Jule. Fol. 88. 

38 juin 1335. 

Adolphe de la Marck, évèque de Liège, donne à l'abbé de Beaurepart l'investiture 
de huit bonniers de biens féodaux situés à Frères que Jehan de Ilermée, fils de Ras- 
sekin de Uermée, lui avait vendus. A ces choses furent présents vénérables et saige 
hommes messire li abbé de S. Gil, messire Adoulphe de Waltedech abbé séculier de 
Notre-Dame de Namur, messire Gerar Doxhen abbé séculier de Notre-Dame de Ciney, 
messire Ubier de Landris prevost délie église de Fosse, Johan le Biaus prevost de 
S. Jean de Liège, maistre Johan de Corswaremme et Sandres de Pliron canones de 
S. Johan. Kem nobles hommes messire Gérard del Marche sire de Radechem, mes- 
sire Aiissandre de S. Servaes et messire Johan Surele*, chevalier; fait en jardin del 
abbie Saint Gile en Puilhemont « Fol. 90 et 92. 

a mai 1340. 

Charte d'Adolphe, évèque de Liège.— Henri fils Danial jadis le petU Je Frwts 
ayant vendu à l'abbaye de Beaurepart la moitié de son moulin de Frères qui était bo 
fief du prince-évèque, se rendit à Liège, où, en présence de l'évèqueetde ses hommes 
de fief, il c reporta sus en notre main, werpit et eifestuoa » au profit de Tabbaye, la 



— 369 — 

moitié da moulin. L'évéqve la rendit à Tabbaye poor la tenir en fief de loi. L*abbé 
constitua Henri de Pênes fils jadis GodmgnouU mambour dnfief « qui pour le dit fief 
bien desservir ainsi qu*il aflBert comme mambour du dit abbé en ce cas le releva de 
nous en fief, faisant à nous serment de feanltë et d'hommaige aile usaige de notre 
court... k ces choses furent présent Johati dit le esquevins, Servaus de H'ardreceu 
eschevins de Dynant, Johan de WardrecheU avowis des maues clers, Buvechùnt des 
Camges citains de Liège frères du dit abbé Henri, Herman de Roiel eacuiers, Johan 
dit Chandoiteal de Liège et plusieurs aultres nos feable.... » 

Fol. 78. 

8 février 13W. 



Les habitants de Villers TEvèque et de Naweroule ayant refusé, de faire moudre 
leurs grains au moulin de Lowaige furent cités devant les échevins de Villers, mais 
ceux-ci jugèrent en faveur des habitants. Les Prémontrés interjetèrent appel devant 
la cour des échevins de Liège. Ceux-ci reconnurent que « ce moulin movait en 
alluens » de la cour allodiale ; ils jugèrent, le 5 février 4341, raffaire : c nous ensei- 
gnamesy dîsent-jls, et rechargeâmes aux eschevins de Villers, en la présence des par- 
ties, par loi, et par Jugement le molin del Wege estre et devoir demorer bannal è 
perpétuité et que tous les masuwirs, les moulans et les habitants de Viller le vesque 
et de Navreroule doient à ce molin moulre par ban a droit moulnaige tcil qu'ils l'ont 
paiet anchiennement, foursmis et exceptés prostrés, clerques, chevaliers enfants de 
chevaliers, lesquels on ne peut constraindre s'ils ne veullent ; et ceulx tant seulement 
exceptés, tous les autres sont tenus de là moulre par ban et nient aultrepart et tous 
ceux qui n'y moulront doient estre al amende de VU solz de bonne monnoie tant fois 
quant fois le moulnicrs de ce moulin sen deplenderat ; > les amendes seront pour les 
Prémontrés. Fol. 76 v«. 

Note» Pourquoi cette contestation ful-elle portée dans lajustice ordinaire de Villers 
et en appel devant la cour des échevins de Liège, quoique le moulin fût un allên 
mouvant de la cour allodiale de Liège ? Etait-ce parce que la cour allodiale ne 
ouissail pas encore d*nn véritable pouvoir judiciaire et qu'elle ne pouvait que 
réaliser les actes de mutation concernant les alleux ? Etait -ce parce que, dans des 
constestations touchant la propriété et les obligations des alleux, les parties pou- 
vaient s'adresser de commun accord aux tribunaux ordinaires ? Nous sommes por- 
tés à croire que, dans le cas présent, on a suivi le principe actor sequitur forum rei; 
les coupables étaient les habitants, qui n'étant justiciables que dans la cour de 
Villers, ne pouvaient être attraits que devant elle. 



- 370 — 
Décembre 1334. 

Les mtltres, tes échevins, les jurés, le cooseil et toute la ODiversitë de la cité de 
Liège autorisent les prémootrés à avoir « k tous jours mais leurs aisements ens en 
murs de notre cité qui sont sur House auxquels joingt leur abbie, par ainsi qa'iiâ 

puissent sus et ens maisonner et édifier à leur plaisir Ce fut donne et ottroyet 

en plein siège k la Violette dacort commun et par pleine siete de jurés et des quatre- 
vingt.... » 

Pàque 1351. 

Les maîtres, les jurés, le conseil et toute la université de la cité de Liège autorisent 
les prémontrés k avoir c à tous jours maies leurs aisements ens en murs de notre 
cité qui sont sur Mouse auxquels joiogt leur abbie, par ainsi qu'ils puissent sus et 
devent maisonner et édifier k leurs plaisirs. > Fol. 74 \^, 



1362. 



Translation de t église paroissiale de LoveruaL 

Universis présentes litteras inspectoris et audituris. Enghelbertus Dei gratia 
Leodiensis episcopus.... ad universorum igilur notiliam cupimus perveoire quod 
venerabilis et religiosus vir fréter Nicoolaus de Ponte InsuUe abbas Monasterii Bel- 
lireditus Leodiensis prœmonstratensis ordinis parochialis ecclesise seu quartœ capel- 
be sancti Bavonis de Lovirvals Leodiensis didscesis et capells S. Hubert! in eaden 
villa consistentis solus et in solidum jam dicli monasterii ratione patronus ac nobiiis 
vir dominus Engelberius de Marcha miles patruus nosler clarissimus dicts ville de 
Lovirvals dominus lemporalis, necnon frater JoAanrte.} de A/irmorr canonicus régula- 
ris dicti monasterii reclor ad praesens ecclesiae parochialis et capeliae praedicloram, 
nobis exponere curaverunt quod ecclesia memorata sila est prope castrum ipsias 
villœ de Lovirvals super rupem et in ioco minus compétente et apto, necnon diflBcili 
incolis dictae villœ prsesertim tempore hyemaii et quod propter ejusdem loci seu nipis 
duritiem haberi non potest locus aptus pro csmeterio in quo parocbianorum dicte 
ecclesise defunctorum corpora sepeliri valeant, ordinando ; sed oportuit hacteous 
hujusmodi ix>rpora in caemeterio juxta capellum S. Huberti prstactam existeote 
deportari et ibidem ecciesiaslicse tradi sepulturae, quodque dictarum ecdesiœ et capel 
lœ fructus, redditus et proventus adeo tenues sunl et exiles quod pariter adunati et 
conjuncti vix sufficere possent ad sustenlalioncm et regimen unius personae dum- 



- 371 — 

taxât, ut pata L floremoram aureoruiu icgalium summam annuam nullatenus exce- 
deDtes ; et quod dicta capella pro incolis dictœ villae 6îta est in loco longe magis 
congnio et quod magis esset parochianis prsdictis competens et apta quam ecelesîa 

memorata Unde nos Engelbertas episcopus de consensu domini Lanrentii 

decani Florinensis concilii ecclesiam seu qaartam capellam pi ochialem S. Bavonis 

et capellam S. Hoberli de LovirvalscumaDiversisetsingulisearnairedditibusetbonis 
ad invicem in Dei nomine conjangimus et unimus et pnedictam S. Haberti capellam in 
ipsîDs viltee de Lovirvals parochialem ecclesiam coostituimas et ordinamus, êede- 
siamque sea qnartam capellam S. Bavooisaatescriptam simplicem capellam sen allare 
sine cara disponimus et facimus ; ac volomns qnod deinceps et in perpetaum unum 
damtaxatbeneficiamecclesiasticam censeatur et existât ecclesiaparochialis et capella, 
qnodque solus rector admittatur per decanum pnelibatam concilii Florinensisad illaset 
instituator in eisdem ad prœsentationem dicti abbatis monasteriiBellireditasqoieam- 
que foerit pro tempore sollos et in solidum hujusmodi beneficii patron!.... Prseterea 
\olumus quod campanse de prasenti pendentes in dicta ecclesia seu capella sancti 
Bavonis ac fontes baptismales existentes ibidem transferantor et deportentur ad 
ecclesiam parochialem sanctoram Bavonis et Huberti pradictam. Insuper concedimus 
quod praenominatus noster patruns in prtetaclo suo Castro de Lovirvals suis sompti- 
bus novam capellam construi et sediRcare facere ac de bonis ejus proprlis dotare 
valeat ; quodque dictus rector ipsius parocbialis ecolesiœ de Lovirvals in recompen- 
sam offlcii quod in ipsa capella S. Bavonis facere debebat, posait redditum annunm 
et perpetuum VI modiorum speltœ mensur» dicti loci delranis ac fructibus et reddi- 
tibus dictse ecclesiae parocbialis ad ipsius novœ capell» dotem applicare et conferre 
sub modo et forma superius declaratis.... Datum et actom anno à Nativitate Domini 
M. CGC. L\I1 mcnsis aprilis die nona. Fol. iS6 v«. 

7 octobre 1384. 

Catherine fille de Robert Robechon de Socke béguine fonde un autel en léglise de 
S. Nicolas en l'honneur de S. Jean-Baptiste et de Marie Madeleine et le dote de 
1 i/2 muids d'épeautre ; elle en réserve la collation à l'abbé de Beaurepart et au 
curé de S. Nicolas. Fol. 100. 

13 novembre 1368. 

habeal fille de Johan dit le Veghay fonde deux bénéfices simples an même autel 
en l'église de S. Nicolas et les dote chacun de XII marcs de cens déritable , sous la 
charge d'une messe quotidienne à dire allemativemept ; elle en réserve la collation à 
ses plus proches. Fol. iOO V«. 



— 372 - 
8 février 1658. 

Le pape accorde le$ privUéges de la crotte et de la miire à tabbé de Beaurepart, 

Àleiandef episcopos, servas servoram Dei.... Exhibita siqâidem iiobis nnper pro 
parte dilecti filii ADtoDit Jamar modérai abbatis monaaterii BelUreditoe Leodieosis, 
pnemoDSlrateDsis ordinia petitio continebai quod, cum dictum monasteriam ioter 
însigoia civiiatis Leodiensia moDasleria annumeretnr et ipaios decori et aplendon 
boc deeaee videatnr qnod ipaius abbas pro tempore exislens mitra Don utiliir, qn 
utendi privilegiom siabbati bojusmodi concederetur, profecto id non aolum iomonas- 
terii et ordinis prœtactorom majus ornamentum et majorem splendorem sed etiam 
in diviDi cultos aogmentum et majorem decorem cederet, qaarc pro parte cyasdem 
Antonii abbatis nobis fuit bumiliter supplicatam quateous in pnemissis opportune 
providere de benignitate apostolica dignaremur. Nos Igitur.... hajusmodi sopplica- 
tionibas inclttati dicto Antonio et ejus soccesaoribas pro tempore existentibus dieti 
monaaterii abbatibus hujuamodi , ut tam in ipso monaaterio qoam in quiboscumque 
monasteriis , prioratibus , ecclesiis , capellis illi subjectis et ab co dependentibus ac 
proceasionibus ac aliis actibus aolemnibus, mitra, annulo, baculo, pastoralibus san- 
daliis, chirotecis, aliiaque pontificalibus insigoiis uti et in eis, dum Antontam abba- 
tem et sucessores in pontificalibus celebrare contigerit, benedictionem solemnem 
post miaaarum aliorumque divinorum oSiciorum celebrationem super populnm tune 
ibidem existeotem, dummodo aliquis antites seu sedis aposlolicse legatus ibidem 
praeaens non sit, seu si prssens fuerit, ejus ad id expressus accédât aasensus, elar- 
giri, accruees, pallas, vestes, capsulas, patenas, calices et alia ornamenta et vesli- 
menla ecclesiastica divine cultui dicata , in quibus sacri olei aut cbrismatis unctio 
non requiritur cum solitis solemnitatibus et cieremoniis juxta ritum sanctse 
romanœ ecclesiae benedicere ac dicli Bellireditus et aliorum monasteriorum et prio- 
ratnum illi subjectorum hujusmodi omnesque et singulas alias s^culares et regulares 
ecclesias eidem tamen monasterio subjectas et ab eo dopendentes, illarum que cae- 
meteria sanguinis vel seminis humani effusione poUutas vel polluta , aqua tamen 
prius per catholicum antistitem ut moris est benedicta , reconciliare libère et licite 
possint et valeant, dummodo vcnerabilis fratris noslri episcopi Leodiensis ad hoc 
accédât assensus, apostolica auctoritate tenore prœsentium earumdem perpétue 

concedimus et indulgemus Datum Rom» anno incarnationia dominicse 4658 

octavo idusfabroarii.... Fol. 103. 



NOTE 



SUR L'ANCIENNE EGLISE DE BEAUREPART, 



La vue de rancienne église de Beaurepart qui accompagne 
cette notice, est faite d*aprës un calque pris par M. le chanoine 
Henrotte sur le dessin d*un manuscrit de Charles Langius, 
écrivain liégeois du XVP siècle. On n*en connaît pas d*autre. 

Lnngius accompagne son croquis des réflexions suivantes : 

« La maison dite vulgairement Beaurepart à Liège, est un 
très-beau monastère de Tordre des Prémontrés ; il y a un prélat 
non mitre. Ln maison est médiocrement riche et Tabbé peut 
avoir pour son plat SOOO ducats passés de revenu. Elle est située 
en un lieu fort plaisant, du côté du midi, ayant tout du long la 
rivière de Meuse qui lui donne un aspect fort agréable. La mai* 
son est rebâtie à la moderne, fort commode et belle, ayant 
beaux vergers et jardins. 

L'église est irès-somptueusement ornée en dedans, de marbre 
blanc et noir, de jaspes et autres pièces singulières ; entre les 
choses remarquables est le docsal, élevé sur piliers de marbre 
noir curieusement, et taillé au milieu avec les soubassement et 
piédestal ; puis le frontispice orné de plusieurs belles statues et 
d'histoires de Tancien et du nouveau Testament, fort riche et 
plaisant à voir. Aussi est la table et Tornement du grand autel 
fort rare, d*albâtre et autres pièces artificiellement besognées. 
Bref, nul endroit de Liège n'a plus riche parure de pierres 



- 374 — 

taillées ou de peintures , de façon que, pour sa petitesse, le de- 
dans n'a pas de semblable à Liège. 

L'église est dédiée à Saint Gornel, pape; le peuple avec 
grande affluence et dévotion y fait de fréquentes visitations, 
trouvant presque journellement, par longue expérience, les ma- 
lades être guéris, particulièrement du haut mal, par les mérites 
et intercessions de Saint Gornel. 

Les religieux étaient à Gornillon avant que ce lieu ne fut for- 
tifié pour la garde de la cité, environ 1289. 

Des abbés qui, avant ce transport, ont gouverné la maison, il 
ne s'en trouve presque nul mémoire ; même leurs archives (selon 
que je me suis enquêté) ne sont guère plus anciennes, leur mo- 
nastère de Gornillon ayant été brûlé entièrement dans les 
guerres des Limbourgeois, par quoi furent contraints de se 
retirer à la cité. Toutefois, dans une ancienne chronique de 
Liège, vers l'an 1131, se trouve un abbé de Gornillon qui rendit 
de grands services aux Liégeois devant le château de Bçuillon. 
Je n'ai sceu retrouver aussi la liste des abbés qui ont gouverné 
la maison depuis ladite translation ; en l'église cependant se 
voient quelques marbres et épitaphes d'anciens abbés, lesquels 
j'ai aussi décrits. » 

Deux colonnettes en marbre noir du maltre-autel de cette 
église, portant les armoiries de la famille de Limborg, sont 
conservées au Musée archéologique de Liège. » 



! 



N 



QUELQUES MOTS SUK GRÊTRY 



â prop08 de bi IVotfce qae lui consacre la Biof^aphiê vmhreruUe des Musiciens, 



Un honorable membre de l'Institut archéologique Liégeois 
s'adresse à moi, comme au dernier survivant des amis deGrétry, 
pour connaître mon opinion sur les allégations de la Biographie 
universelle des musiciens^ dont l'auteur dit que l'illustre compo- 
siteur liégeois n'a point écrit les Essais sur la musique, et le 
peint en outre comme un ignorant et un égoïste. 

J'ai ouvert l'ouvrage de M. F.-J. Fétis, que je n'avais jamais 
eu l'occasion de consulter, et j'ai trouvé l'article dont je m'oc- 
cupe empreint d'une malveillance dont il m'est impossible de 
découvrir les causes. J'y lis en effet les passages que je vais 
reproduire : 

(( Malgré ses prétentions à l'esprit, sa conversation était plus 
fatigante qu'agréable, parce qu'elle n'avait et ne pouvait avoir 
que lui ou ses ouvrages pour objet. II y revenait sans cesse, et 
l'habitude qu'il avait de vivre entouré d'amateurs passionnés de 
sa musique, qui ne l'entretenaient que de choses dont son 
amour-propre était flatté, lui rendait tout autre entretien insup- 
portable. Bien qu'il attacha beaucoup d'importance à sa qualité 
d'écrivain, son ignorance, en ce qui concerne l'histoire, la litté- 
rature et le mécanisme du style, était complète. En 1789, il 
publia à Paris un volume in-8<>, sous le titre de Mémoires pu 



— 376 -^ 

Essais sur la Musique.,. En 1797 (an V) il obtint du gouverne- 
nement français la réimpression gratuite à Fimprimerie natio- 
nale de cet ouvrage, auquel il joignit deux nouveaux volumes... 
Grétry n'a point écrit les trois volumes qui portent son nom : 
il n*en a jeté que les idées informes sur le papier. Ge fut un de 
ses amis, nommé Legrand , ancien professeur au Collège du 
Plessis, qui leur donna la forme qu'ils ont aujourd'hui. » 

L'auteur de la Biographie dit en parlant d'André Joseph 
Grétry : « Aveugle presque de naissance, et littérateur sans 
talent, il passa presque toute sa vie dans un était de malaise et 
de souffrance dont son oncle aurait pu le garantir si, moins 
complètement égoïste, celui-ci avait voulu faire usage de son 
crédit pour lui faire accorder par le gouvernement quelque por- 
tion des secours destinés aux gens de lettres malheureux. Tombé 
dans la plus affreuse misère, cet infortuné est mort d'hydropisie 
à Paris, le 19 avril 1826. » 

Au jugement de M. Fétis sur la conversation de Grétry, j'op- 
pose celui de la Biographie universelle de Michaud : « La con- 
versation de Grétry était attachante ; elle offrait un mélange de 
réflexions philosophiques et d'aperçus plein de finesse; il citait 
souvent ses ouvrages avec une franchise qui, dans tout autre, 
aurait passé pour de la vanité ; et quoique sa musique soit gé- 
néralement gaie , on remarquait dans son caractère une légère 
teinte de mélancolie. » 

Cette mélancolie avait pour cause la mort de ses trois char- 
mantes filles et s'était augmentée après la perte de sa femme. 
Et pourtant il avait le plus aimable abandon dans le commerce 
habituel de la vie. 

Ce célèbre compositeur vivait, entouré surtout des membres 
de sa famille et d'un petit nombre d'amis, et non d'amateurs 
passionnés de sa musique. J'ai vu chez lui le médecin liégeois 
Nysten, Nicolas Bassenge, le bibliophile Van Hulthem, Hya- 
cinthe Fabry, ces trois derniers alors députés au Corps-Légis- 
latif. L'ancien ministre Lambrechts, (dont Larevellière-Lépeaux 



— 377 — 

dit dans ses Mémoires inédits : s Jamais la justice n*eut un mi- 
nistre plus digne d'elle » ) venait chaque année passer quelques 
ours à FErmitage, où j*ai rencontré l'aimable M">^ Kirckpatrick, 
femme du consul anglais à Malaga, et dont la petite fille est 
aujourd'hui l'impératrice des Français. Ces personnes n'étaient 
pas plus que mon père des amateurs passionnés de la musique 
de Grétry, et néanmoins les entretiens qu'il avait avec elles ne 
lui étaient pas insupportables. Grétry lisait beaucoup ; il savait 
en histoire et en littérature ce que savent la plupart des gens 
du monde: Montaigne était son auteur favori. 

Les Esêais sur la Musique appartiennent bien à notre compo- 
siteur. Le manuscrit de cet ouvrage existait encore en 1811. 
À-t-il été détruit lorsque son auteur, aidé de mon père , a 
brûlé, l'année suivante, un grand nombre de papiers? je l'ignore. 
J'ai vu de loin en loin Legrand chez Grétry, je me suis rencontré 
avec lui sous la Restauratiou, et même après la révolution de 
1830; nous parlions souvent de l'auteur des Essais^ et pourtant 
il ne m'a jamais dit un mot de sa prétendue collaboration à ce 
livre. Grétry était d'ailleurs trop délicat pour s'approprier le 
travail d'autrui et il ne nomme pas Legrand dans son avant- 
propos ; je suis même convaincu que ses relations avec lui 
étaient postérieures à 1789, date de la publication du premier 
volume des Essais, 

IjBS écrivains les mieux informés, et qui étaient ses collègues 
à l'Institut, ne lui ont point disputé ce travail. La Harpe en 
parle en ces termes : « Je savais bien que l'auteur était non 
seulement un grand artiste, mais homme de beaucoup d'esprit; 
je ne savais pas qu'il fut écrivain, et il l'est. Il m'avait toujours 
paru celui de nos compositeurs qui avait eu le plus d'esprit en 
musique ; mais j'ai vu en le lisant , qu'il en a aussi beaucoup 
dans son style, et je suis bien aise d'avoir cette occasion de l'en 
féliciter. >y (Cours de littérature, édit. de F. Didot, tom. XII, 
p. 233). 

« Nous ferons surtout observer, dit M.-J. Chénier, avec 



— 378 - 

quelle élégance facile M. Grétry a traité de Tart musical, qu'il 
a longtemps honoré sur nos deux scènes lyriques, par des pro- 
ductions dont la mélodie et la vérité ne sauraient vieillir. » 
(Tableau de la littérature fraticaise, édit. de 1821, p. âl). 

L'auteur des Essais en a peut-êlre lu des fragments à Legraud 
comme il les communiquait à mon père; mais ce n'est pas à 
dire pour cela qu'il ait eu des collaborateurs, llaurait seulement 
suivi le précepte de Boileau : 

Faites-voos des amis prompis ù vous censurer ; 
Qttlls soient de vos écrits les confidents sincères... 

S'iL n'avait fait que jeter sur le papier des idées informes, il 
aurait sans doute confié le soin de leur donner une forme défi- 
niiive à un littérateur, par exemple à Tabbé Morellet, qui avait 
été l'un des témoins de son mariage, le 3 juillet 1771, et qui, 
comme lui, devint membre de l'Institut. 

En effet, et cette remarque n'est pas sans importance, M.Fétis 
sait mal ce qu il rapporte. Ainsi, Charles-Alexandre Legrand, 
dont il foit un ancien professeur, était un avocat à la Cour im- 
périale de Paris, inscrit sur le tableau de l'Ordre à la date de 
1799, comme on peut le voir en ouvrant un almanach impérial 
ou un almanach royal. 

Dans le même article, M. Fétis dit encore : « Un de ses voi- 
sins, meunier de profession et au-dessus de son état par son 
éducation, fut assassiné dans son moulin, le 30 août 1811. Dès 
ce moment Grétry ne fut plus tranquille chez lui. » Ce meunier, 
nommé Pierre Duhamel, qui fut tué, à l'aide d'une arme à feu, 
dans la nuit du 30 au 31 août 1811, n'avait point reçu d'éduca- 
tion et n'était nullement au-dessus de son état. 

Enfin, M. Fétis écrit : « M. Flamant (lisez Flamand), époux 
de la nièce de Grétry, etc. » Il aurait dû dire : époux de Yune 
des nièces, car Grétry en avait quatre, ce que n'ignorait aucun 
de ceux qui avaient avec lui ces relations qui seules permettent 
de connaître le caractère n^oral d*Mne personne. I^'auteur de la 



— 879 — 

Biographie universeile des mmeiclenB n'avait pas ces relations avec 
nUustre artiste liégeois, aussi rien de plus mal fondé que le 
reproche d'égolsme qu'il adresse à Toncle à l'occasion de l'un de 
ses neveux. 

Le frère atné de Grétry avait eu sept enfonts de la demoiselle 
Marie Marguerite Kempener, et il mourut cependant sans ravoir 
épousée. 

Grétry prit à sa charge ces sept enfants et leur mère, quil 
installa chez lui, même du vivant de sa femme, et bien que la 
Révolution lui eut enlevé une grande partie de sa modeste for- 
tune. Il maria et dota les filles, à Texception de la troisième, 
qui ne le quitta jamais. L*atné des garçons se maria malgré sa 
cécité. Mais la loi française n*accorde aux enfants naturels aucun 
droit sur les biens des parents de leurs père et mère, et si 
Grétry était mort sans avoir fait de dispositions testamentaires, 
sa succession eut été recueillie par ses plus proches parents, 
à l'exclusion des enfants de son frère. Pour assurer sa succes- 
sion à ces enfants, il fit, selon les conseils de mon père, un tes- 
tament par lequel il les institua ses légataires universels. Ce tes- 
tament, déposé chez M"" Lahure, notaire à Paris, le 28 septembre 
1813, est ainsi conçu : 

«Je, soussigné, André-Ernest-Modeste Grétry, membre de 
rinstitutet de la Légion-d'honneur, demeurant à Paris, boule- 
vard des Italiens, n<» 7, 
Je fais et institue : 

1<^ André-Joseph Grétry, né à Boulogne-sur-mer, le vingt no- 
vembre 1774, aveugle, homme de lettres; 

2° Marie-Marguerite-Ernestine Grétry, née à Gand, le 18 août 
1776, et mariée avec Louis-Victor Flamand, le H pluviôse 
an IV ; 

3" Marie-Jeanne-Françoise Grétry, née à Gand, le 4 mars 
1779: 



— 380 — 

¥ Jean-Joseph-Alexis Grétry, ingénieur des poots*et*<îhai]S- 
sées, né à Gand, le 31 janvier 1783 ; 

5^" Jeanne-Marie Grétry, née à Paris, paroisse de la Made- 
leine, le 23 février 1788, mariée avec Pierre-Joseph Garnier, 
le 7 septembre 180S ; 

6» Gabriel-Honoré Grétry, né à Paris, paroisse Saint-Rocb, 
le 26 mai 1791, actuellement élève à TEcole militaire de Saint- 
Cyr; 

7'' Marie-Augustine Grétry, née à Paris, place des Italiens, 
le 7 août 1793; 

Tous enfants de mon frère atné Jean-Joseph Grétry, et élevés 
par moi depuis leur enfance, mes légataires universels de tous 
mes biens, meubles et immeubles, qui m'appartiendront au jour 
de mon décès, pour en jouir par eux, à compter dudit décès, 
en toute propriété, comme de chose appartenant à eux incom- 
mutablement. 

Je déclare au surplus confirmer, entant que besoin est, le con- 
trat de mariage de Pierre-Joseph Garnier et de la dite Jeanne- 
Marie Grétry, passé devant Rouen et son confrère, notaires à 
Paris, le 18 fructidor an XIII. 

En conséquence, j'entends que tous les susnommés, enfants 
de mon frère, viennent recueillir directement, chacun leur part 
égale dans ma succession, sans être tenus de la demander à la 
dite Jeanne-Marie Grétry, leur sœur. 

A regard des vingt mille francs qui, par ledit contrat de ma- 
riage, doivent rester es mains de madame Garnier, pour servir 
la rente stipulée par le même acte en faveur de madame Defran, 
sœur de feue ma femme, je veux qu'il en soit fait emploi pour 
assurer ledit capital et le service de la dite rente, si mieux 
n'aime madame Garnier donner caution solvable. 

Fait à l'hermitage de J.-J. Rousseau, commune de Montmo- 
rency, département de Seine-et-Oise, le neuf juin mil huit cent 
neuf. 

(Signé) Andrê-Ernest-Modbste GRÉTRY. 



— 381 - 

P. S. Je déclare avoir confié le double dece testament à mon 
ami M. Regnard, juge-de-paix en la commune de Montmorency. 

(Signé) GRÉTRY. 

Gomme on le voit, les sept enfants de Jean-Joseph Grétry 
ont recueilli la succession du frère de leur père, non comme 
héritiers du sang, mais comme légataires universels, c'est-à- 
dire pas le seul effet de la volonté du testateur. 

Ainsi, pendant sa vie, le grand artiste, si durement critiqué 
par M. Fétis, a fait les plus grands sacrifices pour élever et éta- 
blir les enfants de son frère, et, après sa mort, il leur a assuré 
tout ce qu'il possédait. 

J'ai entendu mon père parier des démarches de Grétry, (dont 
le crédit était nul sous un gouvernement qu'il ne fiai ta jamais), 
pour obtenir du prince primat, grand-duc de Francfort, des se- 
cours en faveur de son neveu l'aveugle. J'ai possédé longtemps 
un exemplaire d'une pièce de vers adressée par ce dernier au 
grand-duc, en témoignage de reconnaissance. Cette pièce de 
vers est insérée dans le Portefeuille de la jeunesse, par A.-J. 
Grélrj'. Paris, Freschet, 1810, 2 vol. in-12. 

L'aveugle, dont la femme manquait d'ordre, tomba, il est 
vrai , dans la misère vers la fin de sa vie ; mais comment 
reprocher à Grétry, mort depuis treize ans, le dénuement 
dont il ne fut pas témoin, quand on n'a pas une parole de blâme 
pour les enfants et les frères et sœurs de l'infortuné qu'ils lais- 
saient sans secours. 

Je termine ces longues explications en affirmant que l'illustre 
compositour, par ses qualités morales, avait laissé à tous ses 
amis les plus durables et les plus précieux souvenirs. 

E. REGNARD, 
ancien maire de Montmorency. 



MENUES INSCRIPTIONS 



DU MUSÉE DE LIEGE. 



(3* ARTICLE.) 



Monnaies dn cimetière Belgo-Romain de Juslenville. 



Dans un précédent article («), il avait été annoncé une notice 
ultérieure sur la détermination de Tépoque où la nécropole 
de Juslenville servit de dernier asile aux habitants Belgo* 
Romains de la contrée^ les fouilles importantes qui ont été 
faites en cette localité, pendant riii ver de 1868-1869, permettent 
de réaliser cette promesse. 

Un grand nombre de monnaies nouvelles, plusieurs sigles 
figulins (expression conventionnelle pour désigner les marques 
de fabrique apposées sur les vases par les potiers), ont été révé- 
lés par ces fouilles ; les déductions à tirer de Tensemble de ces 
trouvailles ont par là acquis un caractère plus marqué de pro- 
babilité, et le moment paraît venu de les présenter au public. 

Parlons d'abord des monnaies. 

Vers 1828, une découverte d'antiquités eut lieu à Juslen- 

(« ) Bull, de Vlmt. archéol. liég., VUI, p. 209. 



— 384 — 

ville ; quant aux six médailles découvertes, elles sout restées 
muettes (i). 

Les fouilles opérées il y a environ vingt ans au cimetière de 
Juslenville avaient fourni deux monnaies dont une portant un 
Hercule au revers. Or, il est tout à fait inexact de dire, avec 
M. Roulez, que ce type , pendant le Haut Empire, appartient 
seulement à Hadrien et Commode; car nous le retrouvons aussi, 
dans le Haut Empire, sous Yespasien (s), sousTrajan (s), sous 
Antonin-Pie(i), empereurs auxquels peut donc appartenir le 
type indiqué. 

Ces mômes fouilles opt encore fourni quatorze monnaies pré- 
cédemment décrites, et ainsi réparties : 

Six monnaies frustes ; une de Yespasien, une de Domitien, 
deux de Trajan, une d'Hadrien, une d'Antonin-Pie, deux de 
Marc-Aurèle (s). 

Ces monnaies, a-t-il déjà été dit, embrassent la période qui 
s*écoula entre Tan 70 et l'an 180 de Tère chrétienne. 

C'est à peu de chose près, au moins quant au minimum d'an- 
tiquité, la période déterminée par les monnaies qui furent ex- 
humées pendant l'hiver de 1868-18C9. 

A peu d'exceptions près (celles-ci en grand bronze), toutes 
les monnaies trouvées dans les sépultures de Juslenville étaient 
en moyen bronze. 

Des 12 premières monnaies trouvées, cinq étaient frustes dont 
trois semblaient être un Domitien, uu Hadrien et un Antoniu. 

La parcelle n"» 788 (cadastr, ) a fourni le S3, le H et 31 oc- 
tobre trois monnaies frustes d'Hadrien (n*»»l3, 14, et 18); on a 



(i) BhU. de rinêt. archéoL tiég. IX, p. iU (Rapport de M. Bormans). 

(t) Cohen, n<» 4120, I, p. 'i%i. 

(s) lD.,no383, H, p. 6!2. 

(4) ID., 0* 538, II, p. 354 ; n» 616, ibid. p. 365. 

[s) Le Bull. Iiist. archéoL liég,, IX, p. 444 porte par erreur deux Antonio et un 
Marc-Aurèle ; l'erreur provient de ce que le n« 4 de M. Antooin ^Marc-Aurële) a élé 
attribué à T. Antonin-Pie. 



— 388 — 

trouvé une monnaie id. du même prince le 9 décembre (n* 48), 
et le 4 et le 6 novembre, ont été exhumées deux monnaies id! 
de Trajan (n» 21), et d'Antonin (n« 24) {*). 

Indépendamment des monnaies frustes, ou décrites ci-après , 
les fouilles en ont mis au jour deux qui sont indéterminables , à 
défaut d'analogues annotés par les recueils de numismatique. 

Ces deux monnaies (dont l'une porte à la face.... ia {ou in).... 
ce (auG cos ou flttc g^w?)... — Tête à gauche), ont au revers : S 
il C. — Un personnage à gauche tenant de la main droite une 
couronne, et de la gauche une lance. Or Cohen, parmi les revers 
des médailles qui ont pour toute légende S || C dans le champ 
en grands caractères, et qui sont nombreux, surtout sous le 
tout Haut Empire, n'en donne aucun qui corresponde au per- 
sonnage représenté. 

Ces deux monnaies (n"» 28 et 39) ont été trouvées le 6 et le 
18.novembre. 

Omettons en passant le a" 62, découvert le 21 janvier 
(cadastre, n" 789), qui est une monnaie moderne, et passons à 
l'examen des médailles qui ont pu être déterminées, en les 
classant en ordre chronologique, d'après les règnes sous 
lesquels elles furent frappées. 



(*) Les autres monnaies frustes découvertes sont les n^ i6 (âS octobre-, 47 
(30 id.)î 27 (6 novembre), 29, 30 et 32 (7 id.); 86 et 37 (42 id.) ; 40, 44 (20 id.); 
43, 44 (3 décembre); 46 (7 id.); 47 (9 id.); 49, 50 (49 id.); 64 i30 id.J; 57 (5 
janvier); 60 (45 décembre); 63 (24 janvier); 65 (4«r février); 66 (5 id.); 69 (46 
janvier, n<> 944, cadastre). 

Les monnaies muettes, que l'on n'avait pas à ménager, puisqu'elles refusaient obs- 
tinément de répondre, interrogées d'après les procédés déjà indiqués, ont été trai- 
tées à l'eau forte mélangée d'eau, selon le degré de force qu'on voulait okonir; on doit 
avoir soin de les retirer du dissolvant dès que l'ébuUition passe du blanc au rou - 
geàtre, indice que le cuivre même de la pièce, et non l'oxyde qui l'encroûte, est atta- 
qué. Beaucoup de pièces, déjà usées avant leur enfouissement, on minées par l'oxy- 
dation, ont encore résisté à ce dernier et suprême effort. 

Si l'on di^sire, à l'aide de l'eau forte mélangée d'eau, faire parler telle partie spé- 
ciale d'une médaille, il est bon de couvrir le surplus de graisse, d'une pommade 
quelconque, pour le protéger contre l'attaque de l'acide. 



— 888 — 

Toutes les monnaies ci-après» sauf deux qui seront indiquées, 
sont de moyen bronze : 

AUGUSTE (an 29 av. J.-C. à an 10 de J.-C). 

(N*» 28, 7 novembre). 

Face : Tête laurée à droite. 

jR^. : ROMBTAVG (à Texorgue) — Autel entre deux colonnes. 

Les monnaies avec Tautel de Roma et Augustus^ élevé par les 
trois provinces de la Gaule, au confluent de la Saône et du 
Rhône, près de Lyon, sont spéciales aux règnes d'Auguste à 
Néron ( i ) . 

Or, parmi ces princes, celui dont le profil ressemble le plus 
à la tète de la face, est Tibère ; il est donc vraisemblable qu'il 
faut voir dans notre pièce le n"" 44 de Cohen (I, p. 123) : 

Face : ti gaesar avgvst f imperator vu — Sa tète laurée à 
droite. 

Rev. : ROM et avg — Autel entre deux colonnes surmontées 
chacune d*une victoire. (Frappée à Lyon, sous Auguste, en Tan 
10). 

CALIGULA (an 37 à 41). 

N« 2, 3 décembre 1868 (parcelle n^ 910). 

Face : ... anicvscaestiavgvst... diviavgn — Tête à gauche. 

Rev. : ccaesaravggermanigvsponmtrpot — S || G (dans le champ). 

La légende de face doit être complétée par le ir 2 de Gdhen, 
(I, p. 138, avec même revers), de laquelle elle diffère cependant 
par la tête à gauche, et par avgvst pour avg : gbrmanigvs cae- 
SAR Tf AVG F Divi AVG N (Têtc à droitc). Notro monnaie est donc 
une variété nouvelle ; elle est de Tan 37, à moins qu'on n'ait 
omis le chiffre de la IV puissance tribunicienne de Galigula 
(Caius Gaesar), laquelle est de l'an 38 ou 39. 

(1 ) Cohen, I, p. 71, n^ 274 ; p. iSS/no 44 ; p. 163, n» 85 ; p. 204, n<» Î41. 



— 387 — 

NÉRON (an 84 à 68). 
(N* 34, 11 novembre). 

Face : ... iier)ocAESKRk\G?pn{ax... — Tête à gauche. 

Revers Truste, mais laissant soupçonner dans le champ les 
lettres S || G, à raison desquelles il est permis de supposer que 
cette monnaie est le n^ 254 de Cohen (I, p. 206) : 

Face : imp nero gaesar avg p max tr p p p — Sa tète nue à 
gauche ; dessous un globe. 

Rev. : S || G — Victoire s*élevant en Tair à gauche, et tenant 
un bouclier sur lequel on lit : s p || q r 

N«81 (19 décembre). 

Face: ... ESARAVGGERP.VT... — Tètc à gauchc. 

Revers du précédent. 

G*est probablement le n"" 249 de Cohen (1. cit. ) : 

Face : nero glavd gaesar avg ger p m tr p imp p p — Sa tète nue 
à gauche ; dessous un globe. 

Revers du n' 34. 

Cette pièce était comme soudée, par Foxydation du métal, h la 
suivante ; deux monnaies de Néron se sont donc trouvées dans 
la même sépulture. 

N" 82 (19 décembre). 

Face: ... p... ogaes... avgpma.. . — Tête à droite. 
Rev. : des deux précédents. 
C'est le m 283 de Cohen (1. cit.) : 

Face: imp nero gaesar avg p max tr p p p — Sa tête nue à 
droite ; dessous un globe. 
Revers du n"* 34. 

N<» 85 (30 décembre, parcelle n» 788). - 

Face : nerocaesa... gbrm (p m, ou ani?) —Tête h gauche. 
Revers fruste. 



— 388 — 

Peut-être le n« 247, le seul qui concorde quelque peu avec 
notre monnaie, de Cohen (1. cit ) : 
Face : nero caesar avg germ imp — Tête laurée à gaucha. 
Revers du m 34. 

N« 88 (9 janvier). 

Face :.... caesâravggerm — Tête à gauche. 

Revers des précédents. 

Ce revers existe jusqu'à Domitien qui , lui aussi, portait le 
surnom de Germanicus; cependant le masque indique Néron, 
et Domitien n'a pas non plus une légende de face concordant 
avec la nôtre. 

C'est donc un Néron ; mais la tête à gauche qui n'existe pas 
chez Cohen, constitue une variété du n» 281 (I, 206), de cet 
auteur : 

Face : imp nero caesar avg germ — Tête à droite. 

Revers des précédents. 

N» 61 (19 janvier). 

Face: ....roc. av.. caesaravg... — Tête à gauche. 

Revers des précédents. 

C'est probablement le n^" 249 de Cohen, déjà cité. 

N«.64 (l*»^ février). 

Face :.... — Tête de Néron à droite. 
Reversées précédents. 

VESPASIEN(aii69à79). 
N^ 67 ^6 février). 
Face.,.. SPAS.... — Tête à droite. 

Rev. :.... EQviTAs avgvsti — S || C — Déesse à gauche tenant 
de la main droite un...., et de la gauche une lance. 



— 389 — 

C'est le n» 338 de Cohen (I, p. 297) : 

Face : imp caes vbspasian avg cos ii — Sa tête laurée à droite. 

Rev. : AEQVITAS AVGvsTi — S OC — L'Equité debout à 
gauche, tenant une balance et une haste. (De l'an 70). 

Il ne serait pas impossible , vu la difficulté de distinguer les 
traits, que cette monnaie ne fût un Titus , dont le m 137, chez 
Cohen (I, p. 3S6), porte à la face t. caes. vespasian^ etc., avec 
le même revers. 

N • 68 (6 févfîer, parcelle n» 788). 

Face : .... esve.... pasi... {aug.... Tête laurée à droite. 

Rev. : AEQV... — S || C — L'Equité, etc. (comme au précé- 
dent). 

La face, aussi peu reconnaissable que pour la précédente, est 
plutôt celle de Vespasien que celle de Titus, qui manque du 
reste delà qualification avg dans ses revers avec l'Equité. 

Cfr. le n» qui précède. 

TRAJAN (an 98 à H6). 
N« 20 (4 novembre). 

Face :... vaetkaianoavgger — Tète laurée à droite. 

Rev. :... RiNGiPi — S || C — Déesse debout à gauche, tenant 
la main droite étendue, et de la gauche une corne d'abondance. 

Très probablement le n« 480 de Cohen (II, p. 71). 

Face : imp caes nervae traiano avg ger dag p m tr p cos v p p - 
Son buste lauré à droite. 

Rev. : s p Q R optimo principi — S || C — L'Équité debout à 
gauche, tenant une balance et une corne d'abondance. (An 104 
à 110;. 

N« 23 (6 novembre). 

Face :... nervatraian — Tête à droite. 

Rev. : TR POT. .. | S || C - Victoire marchant à gauche et 



— 390 — 

tenant de la main gauche une palme et de la droite un bouctter 
sur lequel on lit : s p 1 q r 

C'est lé revers du n<> 8 de 1851 (Bull, de FlnstiM archéoL 
liégeois, VIII, p. 215), qui se retrouve chez Cohen, avec cos ii pp 
(n* 516, II, p. 81\ cos m pp (n» 585, p. 82), cos ini pp (n* 686, 
p. 84). (An 98, 100, ou 10M02). 

N" 33 (11 novembre). 

Face : impcacsnervatrâ — Buste lauréà droite. 

Rev. : TR.. cos un... — Même sujet que le précédent (Voir ce 
dernier). (An 101 ou 102). 

N« 38 (13 novembre) 
Face : impcaes... va.... anavg... pm — Buste lauré à droite. 
Rev. : ... os n pp > 8 II G — Même sujet que les précédents, 
à comparer à ceux-ci. (De Tan 98) 

HADRIEN (an 117 à 138). 
N*» 8 (11 septembre). 

Face : hadrianvs avgvstvs — Tète à droite. 

Rev :....— Personnage debout à gauche tenant de la main 
gauche une lance. 

Aucun moyen bronze avec cette légende de face ne présente, 
chez Cohen, un revers avec personnage tenant une lance dans 
la main gauche. 

Mais nous savons par sa préface (I, p. vi), que Cohen nomme 
sceptre la baste sans pointe qu'on a appelée tantôt haste pure, et 
tantôt simplement haste, et qu'il réserve ce dernier nom à la 
haste avec pointe. 

Donc il y a lieu de rechercher les moyens bronzes avec la 
face de notre monnaie, et un revers avec personnage tenant un 
sceptre de la main gauche. 

L'espace plus grand à gauche du champ, fait donner la pré- 
férence au n*" 1108 de Cohen (II, p. 242) : 



— 391 — 

Rev. : sALTs avgvsti cos m — S || C — Le Santé debout à 
gauche nourrissant un serpent enroulé autour d'un autel et 
tenant un sceptre. 

N' 22 (4 novembre, parcelle 788». 

Face : hadrianvs — Tête à droite. 

Rev. : cos . . . . — se (en exergue) — Un vaisseau. 

Probablement le n^" 750 de Cohen (II, p. 194) : 

Face : hadrianvs avgvstvs — Sa tête laurée à droite. 

Rev. : cos m — SC — Vaisseau avec des rameurs et un pilote, 
allant à droite; la poupe est ornée d'un acrostolium et la proue 
d'un mât penché avec une voile. 

Cette monnaie n'est pas commune. (De l'an 119 à 138). 

N^ 31 (7 novembre). 

Face :... rianvs avgvstvs — Tête adroite. 

Rev.: COS.. n pp >- S || C — Divinité debout tenant de la 
main droite une lance, de la gauche une corne d'abondance. 

Le titre de pater patriae qui se lit au revers fut déféré à 
Hadrien en l'an 128; jl faut donc lire cos m, puisque le IIP 
consulat d'Hadrien date de l'an 119. 

Cette monnaie correspond ainsi au no 784 de Cohen (II, p. 
194): 

Face : hadrianvs avgvstvs — Sa tête nue 

Rev.: cos m p p — S || C — La Valeur (ou Rome?) casquée, 
en habit militaire, debout à droite, te pied sur un casque, tenant 
une haste et une corne d'abondance. 



No 42 (26 novembre), 
(grand bronze). 
Face :... ianvs hadrianvs.., — Tête laurée à droite. 



— 392 — 

Rev. :.. BERTAS.. BLicA — S G (cH exergue) — Déesse assise 
à gauche. 

C'est le n» 964 de Cohen (II, p. 323) : 

Face : imp caesar traianvs hadrianvs avg p m tr p cos m — 
Sa tête laurée à droite. 

Rev,: L1BERTAS pvBLicA — SC — La Liberté assise à gauche, 
tenait une branche de laurier et un sceptre. 

ANTONIN PIE (an 138 à 161). 
N*» 8 (7 septembre). 

Face : antoninvs avgp. vspp — Tète laurée à droite. 
Rev. : .... Rpo... cos m — S || C — Personnage .courant à 
droite, et portant un objet sur Fépaule gauche. 

C'est le m 890 de Cohen (II, p. 399). 

Face : antoninvs avg pivs p p — Sa tête laurée à droite. 

Rev. : TR POT cos ni — S || C — Romulus , nu-tête, courant 
à droite et portant une haste et un trophée. 

Cette monnaie n'est pas commune. (An 140 à 143). 

N*» 6 (9 septembre). 

Face : antoni.... — Tête laurée à droite. 

Rev. : trpo... — S C (en exergue) — Un couteau, un asper- 
soir, un vase.... 

C'est le n"" 893 de Cohen (ibid.) ; 

Face : antoninvs avg pivs p p — Sa tête laurée à droite. 

Rev. : TH POT cos m — S C — Couteau de sacrificateur, asper- 
soir, vase à sacrifice, bâton d'augure , simpule (Cohen, II, pi. 
XV, n® 887, donne le dessin de ces objets, qui correspond par- 
faitement avec ce qu'on peut voir au revers de notre monnaie 
qui n'est pas commune). (An 140 à 143). 



— 393 — 

N*» 12 (f). 

Face : ... ninys avg p(t ..) m -- Tête laurée à droite. 

Rev. : sALv... vgvsti — La Santé assise à gauche, le coude 
gauche appuyé sur le dossier, offrant de la droite une patère à 
un serpent sortant d'un autel. (Pas de trace de S G. ; mais peut- 
être ces lettres ont-elles été placées à Texergue qui est usé). 

Cette monnaie n*est décrite par Cohen ni pour Antonin-Pie 
ni pour Marc-Aurële , non plus que pour Commode , Garacalla 
ou Elagabale. 

La probabilité est pour Antonin-Pie dont les traits se recon- 
naissent assez bien du côté de la face ; la monnaie serait donc 
une variété inédite du n"" 792 avec la face du n"" 793, de Cohen 
(II, p. 387) : 

Face : antoninvs avg pivs p p tr p cos ni — Sa tète radiée à 
gauche. 

Rev. : SALYS avgvsti - S || C — La Santé assise à gauche don- 
nant à manger à un serpent enlacé autour d*un autel, et ap- 
puyant le coude gauche sur son siège. (An 140 à 143). 

N* 38 (12 novembre). 

(De la sépulture du 11 B , d*après une annotation de M. Ph. 
de Limbourg). 

Face : ... vsavgpivs cosui — Tète laurée à droite. 

Rev. : S C - Déesse à gauche tenant de la main droite une 
patère, de la gauche une lyre. 

C'est exactement le n« 801 de Cohen (II, p. 388) ; 

Face : antoninvs avg pivs p p tr p cos ini — Sa tête laurée à 
droite. 

Rev. : S I C — Apollon en femme, tenant une patère et une 
lyre. 

Cette monnaie n*est pas commune. (An 148 à 161). 

(M Une certaine confusion s'esl opérée entre les étiquettes des iS premières 
monnaies exhumées ; celle-ci pourrait bien avoir eu la sienne échangée avec celle 
du no 4. 



— 394 — 

N® 48 (5 décembre). 

Face : .... vsavg pivs pp (îr p) — Tête laurée à droite. 

Jfl^. : S H G — Un personnage debout à gauche, sacrifiaDt 
sur un trépied. 

Inéditfài&oinsquela légende autour du revers, dont il n'existé 
pas de trace, n'ait disparu. Les revers d*Antonin debout, sacri- 
fiant sur un trépied, portent toujours une légende : cos m, vot. 
DBCENN, etc., et leur légende de Oace ne se termine pas du reste 
à TR p, où semble s'arrêter notre monnaie. 

N« 86 (4 janvier). 

Face :... an... oninvs.... — Tête laurée à droite. 

Revers : ni.... — avg? (à l'exergue) — Déesse assise à 

gauche ; devant elle, à ses pieds, une sorte de corbeille. 

Probablement cette monnaie est le n» 482 de Cohen (II, p. 346): 

Face : imp caes t ael hadr antoninvs avg pivs p p — Sa tête lau- 
rée à droite. 

Rev. : ANNONA AVG (à l'exergue), tr pot xnii cos ini (à Tentour) 
-~ S II G == L'Abondance assise à gauche, tenant deux épis et 
une corne d'abondance; devant elle le modius plein d'épis (De 
l'an 181). 

N» 89 (H janvier). 

Face : ... va favs . . i . . a — Tête â droite. 

Rev. : . . . STA -- S I G — Déesse <iebout à gauche, tenant un 
objet dans sa main droite levée. 

A sa coiffure sur le sinciput, se fait reconnaître FausUoe, 
épouse d^Antonin Pie. 

Gette monnaie est sans doute le n"" 190 de Gohen (II, p. 443): 

Face : diva favstina — Son buste à droite. 

Rev. : AVGvsTA ~ S || G — Gérés (?) debout à gauche, tenant 
une torche et relevant sa robe. 

Gette monnaie n'est pas commune. (Depuis l'an 141). 



— 395 — 

MARC-AURÈLË (an 161 à 180). 
N*» 15 (27 octobre, parcelle n« 758). 

Face : impcaesmavrel... — Tête laurée à droite. 

Rev. : SALV... avg... — S || C — Déesse à gauche. 

Probablement est-ce le n» 629 de Cohen (II, p. 544) : 

Face : inp gaes m avrel antoninvs avg p m — Sa tête laurée à 
droite. 

Rev, : sALyi avgvstor tr p xvii cos m — S || C — La Santé de- 
bout à gauche tenant une patère à laquelle vient manger un ser- 
pent enroulé autour d^un autel allumé, et un sceptre. (De Tan 
163). 

N* 26 (6 novembre). 

Face : ... AVREL ... invs — Tête à droite. 
Rev. : ... LVTi avg... — S || C — 

(Test la même monnaie que la précédente. (Gfr. aussi Cohen, 
1. cit., n<»? 627 et 630 (tête nue ou radiée). 

N« 1 (28 août). 

Face : favstina avgvsta — Tête à droite. 

Rev. : FE... VN... AE — S II C — Divinité debout tenant deux 
enrants, deux autres sous les lettres S C. 

C'est le n« 162 de Cohen (II, p. 596) : 

Face : favstina avgvsta — Son buste à droite, les cheveux 
ondes. 

Rev, : FFxvND avgvstae — S || C — La Fécondité debout à 
gauche , entre deux jeunes filles, en tenant deux autres dans 
ses bras. 

Les jeunes filles représentées sur le revers sont sans doute, 
Aurélia Sabina, Fadilla, Domitia Fauslina et Lucilla, que Faus- 
tine jeune donna à Marc-Aurële; la naissance de la plus jeune 
de celles-ci, si elle était déterminée, pourrait servir à fixer 



— 396 — 



la date de la pièce, qui est en tout cas postérieure à Fan 159 où 
le titre d'Atigtuta fut donné à Faustine jeune, et antérieure à 
Tan 175, époque de la mort de cette princesse, et de son titre 
de Diva. 



No 53 (22 décembre), 
(grand bronze aplati en ellipse). 

Face :... Tête de femme à droite. 

Rev.:... Déesse à gauche, tenant de la main droite une patère 
et de la main gauche une lance (?); à ses pieds un oiseau à 
gauche. 

La coiffure avec chignon à Tocciput permet de reconnaître 
Faustina, épouse de Marc-Aurèle. 

C'est donc le n" 173 de Cohen (II, p. 597) : 

Face : favstina avgvsta — Son buste à droite, coiffé en che- 
veux avec deux rangs de perles. 

Rev, : ivNo — S || G — Junon voilée debout à gauche, tenant 
une patére et un sceptre; à ses pieds un paon. 

COMMODE (an 180 à 192). 

No 10 (14 septembre). 

Monnaie en très-mauvais état, mais où Ton a cru lire : 

Face : . . . modvs . . . Tête laurée à droite. 

Rev. : — Déesse casquée assise à gauche tenant de 

la main droite un . . ., de la gauclie une lance (?); un bouclier 
contre le siège. 

Le seul moyen bronze avec le nom de commodvs en entier, 
qui, chez Cohen, corresponde à ce signalement, est le u" 825 
III, p. 181): 

Face : m commodvs antoninvs avg pivs — Sa tête laurée à droite. 

Rev, : TR p vini imp vi cos jui pp — S || C — Rome casquée 



— 397 — 

assise à gauche, tenant une Victoire et une haste ; à côté d*elle 
un bouclier. (De Fan 184). 

Quelles conclusions tirer de ces monnaies ? 

Les monnaies trouvées, dit M. Bormans dans son intéressant 
Rapport ('), viennent confirmer les conjectures émises précé- 
demment sur rage de rétablissement de Juslenville. Et il ajoute 
en note : « Peut-être, cependant, y aurait-il lieu de rapprocher 
un peu de nos temps le minimum d*antiquité du cimetière. » 

Telle est en effet la conséquence du travail d'analyse qui vient 
d'être présenté. 

Mais parlons d'abord de monnaies les plus anciennes; celles- 
ci permettent de supposer, mais n'impliquent pas nécessai- 
rement, l'existence du cimetière de Juslenville dès le temps 
d'Auguste, de Galigula ou de Néron; à l'appui du système de M. 
de La Saussaye (*), que les monnaies sépulcrales de l'époque 
romaine, indiquent la date réelle de la sépulture, on peut bien 
citer ce fait, du reste, remarquable de la trouvaille de deux mé- 
dailles de Néron dans le même tombeau (n*" 51 et 53 ci-dessus), 
et cet autre fait que certaines parties du cimetière, ont été si- 
gnalées plus particulièrement par des monnaies d'Hadrien ; 
mais toutes les monnaies de Juslenville n'ont pas été perforées 
auprès des défunts, à titre de naulus ou d'obole à Garon ; à en 
juger par des trous dont quelques-unes avaient été préparées 
avec intention , ou par le raplatissemenl des bords de telle 
autre, elles avaient été portées comme ornements^ soit enfilées 
à un cordon, soit serties dans une monture quelconque ; or 
bien ceitainement, celles-là, portées pendant la vie, ne peuvent 
servir à indiquer la date de la mort , et leur possesseur avait 
pu, à sa fantaisie, les choisir de tel règne plutôt que de tel autre, 
pour se rappeler un souvenir d'enfance, etc., etc. Du reste, 

( « } Bull. Intt. arch, liég., IX, p. i83. 

(*) Bull, det Committiotts royales tfart et d'archéologie, II, p. i66, note 4. 



— 398 - 

môme pour les monnaies sépulcrales proprement dites, le sys- 
tème de M. de la Saussaye, n*est encore jusqu'à présent qu'une 
hypothèse non démontrée, et les monnaies impériales, à quelque 
règne qu'elles appartiennent, ayant eu cours pendant les quatre 
premiers siècles, ont pu parfaitement être en usage, pour les 
sépultures, longtemps après leur émission. 

Cette dernière considération ne permettrait pas de limiter ab- 
solument au règne de Commode, la date où le cimetière de Jus- 
lenville cessa d'être affecté aux sépultures ; cependant le fait 
qu'une seule monnaie de cet empereur a été trouvée, donne à 
cette limitation un très-grand caractère de probabilité. 

Remarquons le ; l'ensemble des monnaies connues de Jus- 
lenville présente une série presque complète depuis Auguste 
jusqu'à Commode, et cette série fait un brusque arrêt au règne 
de ce dernier prince : 

Auguste 1 

Caligula 1 

Néron 7 

Vespasien 3 

Domitien 3 

Trajan 7 

Hadrien 10 

Antonin 10 

Marc-Aurèle 6 

Commode 1 

Cette série aurait sans doute été complétée et rendue plus 
significative encore, si toutes les monnaies frustes avaient pu 
être lues ; en tout cas, leur éiat autorise à supposer qu'elles 
étaient en général les plus anciennes du dépôt, et qu'elles n'au- 
raient pas dérangé la conclusion à tirer de l'ensemble. 

Or, comment expliquer cette monnaie unique de Commode, 
sinon par un événement, ayant dispersé vers la fin du II* siècle, 
les populations groupées aux environs? 
A raison de la date de ce Commode, l'événement recherché 



— 399 — 

n'est pas Tinvasion des Ghauques en Belgique, à laqudle Didius 
Julien résista avec avantage, en Fan 178, invasion à laquelle on 
a cru pouvoir attribuer la destruction des villas de la Hes- 
bayeC). 

Les Ghauques , dans leur invasion, ont, selon toute vraisem- 
blance, suivi la grande voie romaine de Gologne à Bavay, par 
Haestricbt, où ils traversèrent la Meuse pour se répandre dans 
la Hesbaye et peut-être pour se répandre dans les Flandres, 
témoin ce riche trésor de monnaies d'or de Domitien à Marc- 
Aurële trouvées à Mespelaer(*), et dénotant quelque événement 
de guerre, etc., qui causa leur enfouissement. 

Dans cette hypothèse, les contrées de la rive droite de la 
Meuse restèrent non inquiétées et échappèrent à Tenvahisse- 
ment; mais pendant combien d'années? 

Les historiens ne nous font connattre que d'une manière 
toute sommaire les efforts pour se soustraire au pouvoir de 
Commode, faits par les habitants des provinces, et notamment 
de la Germanie dont une partie de la Gaule Belgique portait le 
nom, et ils nous disent que ces efforts furent comprimés par les 
généraux romains. 

Mais la lutte entre les Belges et les Germains d'Outre-Rhin 
exista constamment. 

Gésar en parle : « Belgae proximi sutU Gemumis qui trans 
Rhenum ineolunt quibcjscum gontinenter bellum gbrlnt. » 

Et quand Glaudien plus tard veut porter le comble à l'éloge 
de Stilicon , c'est en le vantant d'avoir assuré des relations 
pacifiques entre les Belges et les Ghauques : 

ut jam trans floviam, non indignante Cauco 
Pascal Belga pecus.... 

Ne serait-ce pas une nouvelle invasion des peuples d'Outre- 
Rhin qui, sous Gommode, exerça ses dévastations sur la rive 

i^ ) 0k//. det comm. roy, (tArt et d'archéologie ^ V, p. Ki3; VI, p. 295. 
(*) Revue numitmatiqiie belge, 5* série, t. I, p. 998, note I). 



— 480 — 

droite de hi Meuse, oomme l'invasimi des GtMuqaes de 178 s'é- 
tait réptfidue sur la rive gauche? 

Ce n'est là éYÎdemaient qu'une supposition ; aucun te^te po- 
sitif ne Fautorise ; mais comment expliquer autrement ce brus" 
que arrêt de la série des monnaies à Commode? 

En attendant que de nouvelles déeouvertes analogues soient 
signalées, il est bon de tenir note, sinon de la réponse qui ne 
peut pas eneore être donnée d'une manière pertinente, au moins 
de la question même pour faire ultérieurement les rapproche- 
ments que les progrès de la science archéologique permettront. 

Il est nécessaire de ne pas omettre l'observation suivante : 
à Juslenville même, non loin du cimetière on a trouvé un assez 
grand nombre de monnaiesdeMagnenceetdeDécence, qui nous 
reportent à des temps beaucoup plus récents ('). Mais il paraît 
de toute évidence que ce dépôt est absolument indépendant de 
ceux du cimetièi'e : ne serait-ce pas un hasard trop singulier 
que celui d'une môme population plaçant dans ses tombeaux 
toutes monnaies du Haui-Empire, et laissant, dans les ruines de 
ses habitations, toutes monnaies de la décadence ? 

Au surplus, l'usage de l'incinération, la forme des objets dé- 
couverts, confirment la date des monnaies du cimetière, et in- 
diquent que celui-ci a bien probablement été en usage aux deux 
premiers siècles, et non en deçà. 

L'étude des sigles figulins trouvés à Juslenville, confirmera 
encore cette déduction. 



{*) Bull, Irut. ArchéoL liéy.^ 1\, p. i54. En outre, à Theux même, ont éU 
trouvées des monnaies que possède M. Philippe de limbourg, et parmi lesquelles 
il en est de Constantin [Revue de la Numismatique belge, 1. cit., p. âlS). 



QUAxND EST NÉ LE BAKON DE WALEF? 



Les amateurs de notre histoire littéraire ont lu avec intérêt, 
une notice qui porte le titre modeste de : Note sur le baron de 
Walef(^). On y rencontre quelques faits biographiques qui 
étaient peu ou point connus, ainsi que plusieurs pièces iné- 
dites du poète liégeois ('). 

Parmi ces dernières, il faut regretter que Fauteur de la no- 
tice n'ait pas communiqué en entier le poème intitulé F Anarchie 
et qui abonde, assure-t-il, en traits malins. Il n*en adonné qu*nn 

( *) y. pp. S75-8<M dn présent volume. 

(*] i«a Goiiffii98iûa diiBoUfltin « reçu de l'unleur de la Metice sur le beroa de 
Walef, à laquelle M. Helbig fait allusion, la rectiAcation suivante qu'elle s'empresse 
d'insérer ici. 

« Jfe viens de fiiire uoe découverte ; celle d'une erreur dans ma lettre auf lel^a- 
ron de Walef. — J'ai parlé d'une satire intitulée : Quatrième Philippique à la na- 
tim/Hoiçèise, Cette sanglante diatribe, quoique écrite k la manière de Walef, n'Ml 
pas de lui. Quelques vers le montrent à l'évidence : 

Mon cœur facile k s'alarmer 
Pour sauver ma triste patriej 

Voulut. 

A travers Ue liquidu plaget, .. 
Je fus traîné dont lescaekôt$„,. 
Trop heureux si dans ces lieu^ soq^res.... 
Le ciel m'eùt ouvert un tombeau... 
Français proscrit lassé de vivre... 

Or, voue savei que Lagrange-Chancol, auteur dramatique, composa contre le Ré- 
gent Philippe d'Orléans cinq mauvaises odes qu'il fit courir manuscrites sous le 
nom de Philippiques. Il fut eiilé à Sainte -Marguerite, là où fut détenu autrefois 
l'homme eu masque de fer. La pièce en question serait donc la quatrième des cinq 
Philippiques de Lagrange-Chancel. 

iS mai 1869. H. M. 



— 402 - 

très-petit nombre de vers. Peu importe si la forme de ce poème 
laisse à désirer et si l'on y trouve, comme dans une grande par- 
tie des ouvrages de Walef, des négligences de style. Il eut été 
très-intéressant de connaître ce qu*il pensait des lois de sa 
patrie 

Quant aux faits biographiques , le plus important est incon- 
testablement celui-ci : Fauteur de la notice croit pouvoir affir- 
mer qu'il faut avancer de dix années Tépoque assignée à la 
naissance du baron de Walef, et la fixer à l'année 4662 au lieu 
de 1682. Il ne nous donne malheureusement aucune preuve, 
mais seulement une induction, pour étayer celte assertion. Il 
s'appuie sur \e Mémoire du baron de Walef à MM, les Président 
et Conseillers du Conseil ordinaire, où il est dit qu'il n'avait que 
douze ans lors de la mort de son ayeul, Henri de Gurtius, le 
jour de Noël de Tan 1674. 

Henri de Gurtius, comme on peut le vérifier par le Recueil 
des Bourgmestres de la noble àté de Liége^ mourut en effet en 
1674. Si Walef n'était âgé alors que de douze ans, il ne doit être 
né qu'en 1662, cela est clair. Mais cette indication du gentil- 
homme liégeois est contredite par lui-même, en d'autres cir- 
constances, comme nous allons le voir. 

En effet si, à l'induction d'après laquelle Walef serait né en 
1662, je ne puis opposer des preuves, que j*ai cherchées en 
vain, je suis du moins en état de citer un grand nombre d'autres 
inductions qui semblent justifier l'opinion générale qui fixe l'é- 
poque de sa naissance en 1652. Il y en a tant qu'on peut se con- 
tenter d'en alléguer quelques-unes. 

En premier lieu, do Walef assure qu'il composa son poème 
des Echasses en 1669, lorsqu'il n'avait que dix-sept ans. Or le 
poète liégeois aimait beaucoup à faire ressortir la précocité de 
son talent poétique. Il ne se serait donc pas vieilli, mais plutôt 
rajeuni. On n'oserait certes soutenir qu'il a écrit ce poème et le 
sonnet fort galant à Chloris qui le précède, à l'âge de sept ans ! 
On m'objectera peut-être qu'il y a erreur dans la date de 1669 et 



- 403 - 

qu'il faut lire 1679 ; — que d'ailleurs anciennement, les combats 
des échasses se livraient à Namur chaque année. Oui, mais le 
combat célébré par la muse naissante de Walef eut lieu avec 
une solennité tout extraordinaire, à Foccasion de la visite de 
l'archiduc Albert. Et si le poète en citant ^cette circonstance, 
s'était trompé, comme au bout de tant d'années, cela pouvait 
trës*bien lui arriver, il eut été sans doute relevé par les savants 
historiens Namurois. Or, c'est ce qui n'a pas eu lieu : tous ces 
historiens locaux, depuis Gailliot jusqu'à l'illustre Jérôme Pim- 
purniaux citent cet événement sous la date de 1669. — Quant à 
la toute première édition du poëme des échasses^ dont deux ont 
paru à l'insu de l'auteur, elle n'a pu être retrouvée jusqu'ici ; 
peut-être eût-elle éclairci le fait. 

Ensuite M. le docteur Kuborn qui, lui aussi, a eu à sa dispo- 
sition les papiers de la famille de Walef, dit que notre poète 
liégeois entra en 1670, en qualité de capitaine, au service du 
prince évéque('). Je sais que les princes de la maison royale de 
Prusse sont, d'après un ancien usage, créés sous-lieutenant à 
l'âge de dix ans accomplis ; mais je doute que l'on ait nommé à 
Liège un bambin de huit ans au grade de capitaine, eut-il été 
d'une famille princière, tandis que de Walef était d'une noblesse 
ni bien haute ni très ancienne. 

Enfin Fauteur même de la note sur Walef nous apprend que 
celui-ci se maria en 1679. S'il est né en 1663, il devait donc 
alors avoir à peine dix-sept ans. Beaucoup de demoiselles, mais 
bien peu de jeunes hommes, s'ils n'appartiennent à des maisons 
souveraines, se marient à un âge aussi tendre. N'est-il pas 
beaucoup plus probable que Walef épousa Jeanne de Zuallart, 
lorsqu'il avait 27 ans? 

On en conviendra, il est beaucoup plus vraisemblable d'après 
ce qui précède, que l'époque de la naissance de Biaise-Henri de 
Walef doit être fixée à 1653 et non à 1662. Néanmoins et mal- 

( * ) Soirées Bruxelloises ^ p. iOO, 



_ 404 — 

grë (ootes ces apparences, il est possible que ràutèo^ de la 
notice oit liaison. Seulement il est bien à regretter, qu'ayant en 
ta peruiiesiOQ de futîeter dans lei tùM^sicriis et les portefeuilles 
de H tàitùillBi et se trouvant en dëdaccord avec tous les bio- 
gràplies précédents, il n*ait pas jttgé h propos de chercher à 
approfondir le fisiit. Il n*ést guère à dôUter (pfn ne soit parvenu 
à trouver au moins des inductions plus fortes que la seule qu'il 
allègilre. 

Je t\ié prétends pas qu'il aurait reiicontré racte de naissatiee 
du gentilhomme liégeois, qui seul serait une preuve irréftitable 
et qui doit ceha4neftieut être plus facile à trouver que celui de 
TempéreUr Gharlemagne. Hais d'autres papiers auraient pu 
mettre sur la voie. Et à défaut de ceux-ci, le beau portrait de 
Blaisé-HeUri de Walef, que l'on conserve,)dit-on, au château de 
Wàlef-St-Pierre, donnerait peut-être la solution du problème. 
On sait que les anciens portraits, très souvent, portaient non- 
seulement la date, mais encore Tâge du personnage représenté. 

dette petite discussion, puisqu'elle ne conclut point, est assez 
stérile, j'en conviens. Aussi pour y joindre un peu d'utilité pra- 
tique, je vais communiquer, pour la première fois, l'acte de décès 
du poète liégeois, où j'ai espéré, mais en vain, découvrir la men- 
tion de son âge. Je transcris cet acte tel qu'il est, avec toutes 
ses incorrections, ainsi que ses abréviations ; je crois devoir en 
prévenir, pour ne pas devoir ajouter le mot êic à chaque instant : 

« L^ 33 Juillet 1734 est morte son Excellence Messire Biaise- 
Henri de Cor te ^ baron de Walef St Pierre, Borléet cet., générale 
felt maréchal, lieutenant des armées de sa majesté impériale et 
cathoHque, administré de tous les S""^ de N^^ mère la S^ Eglise 
et est entefré dans P Eglise des R"^* pères Jésuitte. » 

Ge qui précède est extrait du registre de la paroisse de Notre- 
Dame-aux-Fonts, qui est conservé à l'hôtel de ville. C'est en vain 
que ce même registre a été consulté pour y découvrir l'acte de 
naissance de Walef. On n'y trouve rien, ni en 1652, ni en lt>63. 

En compulsant les registres des 81 autres paroisses de la 



— 406 — 

ville, ce qui ne serait pas une petite besogne, il ne serait certes 
pas ioapossible de découvrir Tannée natale du poète ; mais cela 
n*est pas certain non plus. Biaise-Henri de Walef, bien que tous 
les biographes le supposent être né dans la capitale même de la 
principauté, peut très-bien avoir reçu le jour aux environs, dans 
l'un des châteaux assez nombreux qui appartenaient à sa famille. 

rengage toutes les personnes qui auraient Toccasion de s'as- 
surer de cette année natale, à se donner quelque peine à cet 
effet et à faire connaître le résultat de leurs recherches, si ce 
résultat aboutit. 

Dix années de plus ou de moins dans la vie d'un homme , ce 
n'est pas chose indifférente. Il n'est pas indifférent non plus 
qu'un auteur ait composé un ouvrage dix ans plus tôt ou dix ans 
plus tard. 

Il serait heureux pour la mémoire de baron de Walef, que 
Ton pût constater qu'il faut s'en tenir à l'opinion commune sur 
l'époque de sa naissance. Le mauvais choix qu'il a fait souvent 
lors de la publication, très-tardive dans tous les cas, de ses 
œuvres et l'extrême faiblesse de ses dernières productions, se 
trouveraient ainsi à la fois expliqués et en partie excusés. 

H. HELBIG. 



OEUVRE DE NATALIS. 

(suite) 

Seconde partie de la galerie Justinienne. 

Passons à la seconde partie de l'œuvre de Sandrart* 
La 3^ feuille après la planche du titre et Texposé du livre, 
présente le portrait de Joseph Justinianus Benedicti filius, signé 
Mich. Natalis sculp. Voir aux portraits n<* 152. A la 5^" feuille est 
le portrait de Benedidus S. R. E. Card Justinianus Joseph filius, 
signé M. Natalis fec. Voir aux portraits n» 153. 

118. 

N<» 7. Buste de Cicéron. Joachino Sandrartdel. Miehael Natalis 
fe., largement traité, à 10 c. de hauteur; sur la même planche 
est un second buste dont la tète à 12 c. de haut. Le blason des 
Justîniani, sous ce dernier, est aussi largement fait. 

116. 

N" 9. Deux bustes; celui du haut est en profil, la tête mesure 
13 c. Il est posé sur un socle où sont le blason et les mots Jo. 
Thysidius Guidus deL M. Natalis f. Le buste du bas porte une 
cuirasse. Tous deux sont vigoureusement traités, celui du haut 
est charmant d'exécution. 

117. 

N* 11. Deux bustes, celui du haut est de Caroc^ai/a, celui du bas 
d'ttn enfant. Assez bien faits. Entre les deux figures sont : 
l'arme et les mots Joachino Sandrart del. M. Natalis seulp. 



— 408 — 



118. 



N"" 12. Deux bustes. Cette planche doit élre aussi de Natalis, 
son travail le dit ; cependant elle n*est pas signée en toutes 
lettres comme d'habitude chez notre graveur , mais par Tini- 
tiale M, au milieu de laquelle est une barre verticale donnant 
Faspect des deux N réunis et contrariés. La première figure est 
signée aussi Joachino Sandrart del, et porte Farmoirie sur le 
bord de la draperie qui couvre l'épaule. L'autre porte le bla- 
son à la partie inférieure postérieure. Toutes deux manquent 
d'élégance. 

H9. 

N"" 15. Deux bustes portant cuirasse. Même monogramme 
qu'à la planche précédente, accompagné des mots : Jo. ThyMius 
(iuidns del, La figure du haut est parfaitement réussie de des- 
sin et de gravure ; son aspect est distingué. 

120. 

N"" 34. Deux bustes, le premier à longue barbe et bandelette 
retenant les cheveux, dont de longues mèches descendent sur la 
poitrine. Le second ressemble à Homère ; il porte les mots : 
Michael Natalis fe. Tous deux sont armoriés. 

ISl. 

N"" 43. Deux bustes, le supérieur idst Par» portant la cbifAire 
traditiofinetle; au bas sont les mots : lûoehino Sandrar dél.;pm^ 
l'arme et Michael NataUs f. Le buste do basent une tété de femme 
à coiffure de forme élevée et bizarre ; die parait être d'une 
cariatide. Une bande ondulée couvre les ohevèiit tfiiMn hrge 
rebord surmonte ainsi que la passe d'un chapeau; le tout 
parait avoir porté une corbeille. Au bas, envahissant le buste, 
est le blason. Ces figures sont bien dessinées et gravées; 
t^aris est bien modelé, par tailles hardies et d'une grâce parti- 
culière. 



— 409 — 

N*» 48. DeurbUÈteSj le premier : tête héroïque, coiffée d*un 
casque irès-orné; elle peut personnifier Rome antique. Cepen- 
dant les cheveux sont courts comme ceux d'un homme ; elle 
pose sur un petit socle armorié. La deuxième tête est d'un 
vieillard coiffé d'un chapeau bas semblable à ceux de nos bouil- 
leurs; une draperie est nouée h l'épaule gauche, la droite et 
une partie de la poitrine sont nues. Entre ces figures sont les 
signatures : Jo. Thysidius guidus del. Mel Natnlissculp. Le tout 
bien exécuté. 

123. 

N' 47. Deux bustes de Faunes, le premier dans la pose du 
Laocoon, peut être Marsias ; il a de longues oreilles et de petites 
cornes; la barbe est petite, partagée sur le menton, séparée des 
favoris et des moustaches. L'armoîrie est posée au bas de la 
poitrine. Le buste du bas est d'un Faune coiffé de pampres, 
laissant à découvert àe longues oreilles. Sur ses épaules ^ 
une peau de chèvre; le blason parait supporter cette figure ; aux 
côtés sont les noms : Joaehino Sandrart deU Jtf ** Ntaalis. La 
première de ces têtes est bien dessinée et gravée. 

N'' 86. t)eux bustes de femmes; le premier a les cheveux sim- 
plement divisés, rautre poine à leur séparation une perle et un 
ruban passant sur le front, et retombe derrière les oreilles sur 
les épauleâ. Cette planche porte le tnonogramme M. N. f., les 
deux initiales enchevêtrées et surmontées d'une barre et d'un 
point. 

Ttùntiupicéê. 

Les Pleurs de Phylomèle (B). 

128. 

Cette planche en tafiU^ douce est très-rntérèssattêe parce 



— 410 — 

qu*elle a été gravée par Natalis h Vàge de quinze ans, et 
par son exécution. Elle sert de flrontispice à l*œuvre de deux 
auteurs liégeois, Remacle et Jean Mohy du Rond-Ghamp, et 
présente une ordonnance architecturale composée d'un socle 
à consoles et cartouche, portant deux pilastres unis au haut par 
un entablement dorique et entre lesquels un rideau porte le 
titre de Touvrage. En avant du pilastre de gauche se voit un 
arbre au pied duquel rampe un serpent ; au faite est un oiseau, 
la Philomèle du poète. Au devant du pilastre de droite se tient 
Eve, debout , portant une ceinture, les mains croisées sur la 
poitrine et y soutenant une couronne d'épines. Elle regarde 
le ciel où paraît Dieu , entouré d'une gloire et de nuages qui 
envahissent la corniche de Tédicule. 

Voici le titre écrit sur le rideau : Les Pleurs de Phylomèle, 
contenant les odes pèlerines, les regrets et les pleurs de Messire Re- 
macle Mohy y assemblez par Messire Jean Mohy, son frère. Seconde 
édition dédiée au Roi catholique. A Liège de Fimprimerie Léonard 
Streel, imprimeur juré. Au bas est la signature : Fait par Mi- 
chel Noël 1626. 

Agréable d'aspect et de même travail que les planches de 
H^ Noël, cette œuvre est faible de dessin; les mains de Dieu le 
père sont lourdes ainsi que la figure d'Eve. Nous ne connais- 
sons qu'un exemplaire de cet ouvrage (à la bibliothèque royale 
de Bruxelles), divisé en quatre parties parsemées de vignettes 
sur bois de sujets religieux. La première et la seconde partie 
contiennent des dédicaces, des sonnets, des odes à diverses 
vierges miraculeuses et des chansons souvent notées. La se- 
conde partie est intitulée : Le bouquet aux Roses choisies entre 
les fleurs des chansons spirituelles, dont aucunes sont nouvellement 
tournées de sujets prophanes par Messire Mohy de Rond-Champ 
1627. Il se dit le très-humble chapelain de ceux auxquels il dé- 
die ces ouvrages , à savoir : le Roi de France, les Prévôt et 
Doyen du Chapitre de St-Lambert et Jean Robert, prélat de Flo- 
reffe, auquel est adressée la 3"" partie ou Paraphrases sur Us lita- 



— 411 — 

nies de N, D. de Loretteet autres oraisons pieuses. Cette partie est 
en latin ainsi que la 4« contenant des litanies de la Vierge et 
autres sujets analogues. 

12S Ms. 

Du poème italien intitulé : la Giuditta (Judith). 

88 — 6, 7 (Tychon. MP.) 

L'héroïne biblique y est représentée à mi-corps, le sein dé- 
couvert et la tête ornée de panaches ; elle tient sur un linge 
la tête d'Holopherne. Ce groupe se détache sur un fond sombre ; 
le tout très-vigoureux d'effet, en taille douce, et d'un dessin 
assez élégant. 

Au dessous de la gravure on lit ces mots : 

Pudica vincit impudieutn dextera. 
Pia impium necat ebriosum sobria. 

Leody, M. Natalis /. A^' 1629. 

Cette pièce orne un petit volume ayant pour titre : la Gui- 
ditta e le rime sacre, morali e varie^ et Antonio Abbondanti da 
Imola Dedicate a Fil'' et R' Mgr, Pietro Luigi Carafa^ Vescovo di 
Tricarico et Nunzio Apostolico. — lAége Giovanni Ouwrex 1630. 

Le poème est précédé d'une épitre dédicatoire, de pièces de 
vers Avançais et latins et d'une autorisation par laquelle on voit 
que l'auteur habite Liège et est secrétaire de Mgr. Carafa, nonce 
résident à Liège. 

Après huit pages non numérotées vient la gravure; outre le 
susdit poème, ce volume contient de nombreuses pièces de poé- 
sie adressées à des artistes et hauts personnages Liégeois; on 
y trouve le gracieux éloge fait à Michel Natalis cité dans notre 
notice biographique. D'autres épitres à des dames sont compo- 
S('^es par un ami d'Abondanti. 

Celui-ci n'était pas seulement poète ;en effet il signa comme 
inventeur une œuvre exécutée par le second Valdor, le n» 50, 
frontispice de la biographie du cardinal Bellarmin. Elle est si- 



:i 



— 4\i — 

gnëe, comme suit : D. Antonim Abmdantij immt, M. PoiOîawf , 
pinxit j /. Valdor , seulp. Ge poète si bienveillant pour nos 
célébrités liégeoises mourut à Liège; sa tombe se voit à Saint- 
Paul, dans la chapelle du Saint-Sacrement. Nous n'avons ren- 
contré son poème que chez M. Tychon, vicaire de Saint-Remacle 
à Verviers; madame Parmeatier possàde la gravure seule. 

1*8. 

Sanctorum quinquagirUa Jurisetc. 

de Jean Roberti. 

10.5 — 6, 3 — (NH I UL I UC en vol.) 

Dans un paysage maritime, au fond duquel est une ville for- 
tifiée, deux dauphins voguent sur \m flots, portant chacun sur 
le dos un homme de petite proportion. Sur le ciel se détache un 
ange tenant de la main droite une balance, de la gauche un 
tableau surmonté d'une armoirie et sur lequel on lit ce titre : 
Elogia quinquaginta S. S. Juris peritorum auth. Jobanns RoberH 
Societ. Jesu Th^oL. Doc. Au dessous de la gravure, à droite, 
sont les nonxs : Leody M. Natalis in. et f. Le blason est écartelé: 
aux 1«' et 4 d'argent, fascé de sable de huit pièces, k un lion 
d'argent couronné brochant sur le tout. Aux 2 et 3 d'argent 
à trois fuseaux de gueules qui est de Fléron. 

Cette pièce en taille-douce est très- vigoureuse de clair-obscur; 
la partie inférieure satisfait l'œil ; l'ange est massif et maniéré 
de pose. 

Le volume auquel cette planche sert de frontispice a pour 
titre : Sanctomm quitiqtiaginta juris peritorum elogia contra po- 
pulare commentum de solo Ivone publieata a. il. P. Johanne 
Roberti Societatis Jesu doct. theoL Leody typis Joannis Ouwerx 
1632. Un petit poème intitulé : Emblematis capiti prœfixi expia- 
natio et signé Henricus D'Oupey, renferme l'explication de ce 
frontispice symbolique. 



— 413 - 

12ii. 
Lt Triomphe des AbeiUes. 

26,6 — 20 -^ (C des E I NH I Ui). 

PaUas assise sur uq trophée d'armes , de casques, de oui* 
rasses, etc., couronnée de lauriers, tient d'une main une palme, 
de Fautre un hoiiclier aux armes de Barberini : en ebef à la oroix, 
en pointe à Irois abeilles , le tout surmonté d'un chapeau à 9 
houppes et d'une croix épiacopale. Aux bas cotés du groupe 
sont attachés deux vaincus. Le tout se détache sur un hémicicle 
architecture et pose sur une base guirlaudée portant cette ins- 
cription : Apum Triumphus Franeiwo Card. Barberim S. R. C. 
Vice Cane. Emodutatus Dum in Collegio ClementinoP.P. congre- 
goHonis somasehtB PhUoêophioBS Assertionee Propugnaret Anîonius 
Lancens Florent. Au bas, en dehors du champ, est la signature 
Fran Rommell. VUerb. del. Miekaet Natalis fec, Romœ, 

Keffet de cette planche est mœlleux et gracieusement traité, 
mais le dessin, sur plusieurs points, manque de distinction. 

lae. 

PkHosaphiae triplex, etc. 
23 — 18.2 (C des E). 

Dansua jardin orné de bosquets eu arcadeset de pavillons sont 
trois femmes, Tune guidant les autres qui conduisent une char- 
rue. Celles-ci sont richement vêtues et foulent aux pieds un 
être fantastique à torse humain et à queue de dragon. Trois 
gros papillons nocturnes sont atelés à cette charrue , deux au 
joug, le troisième au sommet du soc dont le tronc est fait d'un 
bois brut. Il est orné d'un blason à un dextrochère dont la main 
est surmontée d'une étoile posée en chef. Le papillon du soc 
et la première femme tiennent à deux un fouet; celle-ci a dans 
la main gauche une branche feuillue et semble vouloir frapper 
du poing. Des deux autres femmes la première tient le bras de 



-- 414 — 

rhomme terrassé dont le poignet est serré par des cordes ; la 
seconde, couronnée, et tenant de la main droite un sceptre, 
porte un voile noir couvrant sa tête. Au dessus de l'arcade cen- 
trale du fond est le blason des Barberini, timbré du chapeau et 
de la croix épiscopale ; à Tentour des troncs d'arbre composant 
le bosquet sont des rubans portant Tinscription : PhUosaphiae 
triplex auspiciis Emin. Prindpis Francisci Card. Barberini propu- 
gnata a Francisco Retigo Coll. S. Hieron. Mattheior alumno. 
Les frises des petits pavillons flanquant le berceau du milieu, 
portent chacune deux mots : Hic domus. L'horizon est limité 
par un édifice modeste; à Tétage, des abeilles voltigent au des- 
sus du tout. Au bas, à droite, la planche est signée : Matheo 
Pagani del. M. NataUs F.; en dehors sont les mots : DisputabUur 
publiée in Col, Rom. Soc. Jesu Anno M DGXXXIII mense^ 
die, hora. 

Cette pièce est d'un style peu artistique et sans parti pris 
dans son effet général. 

131. 

Afbeeldinghe van d^eerste^ etc. 

16 — 11,5— (NH|B). 

Cette planche, titre d'un volume in-4'', présente sur un sodé 
orné, un piédestal portant le titre de l'ouvrage. Il est surmonté 
d'une femme assise regardant le ciel, ayant le nom de Jésus sur 
la poitrine, soutenant dans le brasier d'un autel antique un globe 
surmonté d'une croix. De la main gauche, elle tient un livre 
ouvert où sont les mots : Ad Majorem Dei Gloriam. Trois 
femmes l'environnent, chacune lui offrant une couronne. La 
figure de gauche, le visage entouré de rayons, tient un livre; 
celle du haut, une épée entourée d'oliviers et une palme. La troi- 
sième porte un miroir concave et un lys. Aux côtés du pié- 
destal sont debout, à gauche, l'Église personnifiée, tenant de 
la main droite la croix pontificale surmontée d'une colombe, et 
de la gauche la thiare. A droite une femme debout embrasse un 



— 41B — 

Cruciflx qu'elle tient en mains; à ses pieds gisent un cha- 
peau épiscopal et une mttre. Le socle sur lequel pose cette 
composition offre comme bas-relief, à gauche, le Temps, couché 
avec un C sur la tête, à droite TEnvie, coiffée de serpents et 
mangeant un cœur. Un cartouche séparant ces deux figures 
porte les mots : TAntiverpen in de Plantiinsche DruckeriieTADC^; 
plus bas, sur la gravure, A Diepenbeke del. M^ Natalis fe. Le titre 
du livre ornant le dé du piédestal susdit se lit dans un oval en- 
cadré par un serpent qui se mort la queue : Afbeeldinghe van 
fTeerste eevive der Sodeteyt Jesu vor ooghen ghestelt door de Duyts- 
Neederlantsche Provincie der selver Sodeteyt. 

Cette gravure n'est pas artistique, les draperies sont peu dis- 
tinguées. 

132. 

Evangelium secundum Matthceum ab Alexandre Pelegrino. 

33 _ 23 — (C E). 

Dans le ciel d'un paysage se voit l'Arche d'alliance où sont 
trois livres ; elle est portée par les emblèmes des Evangéiistes 
avec cette particularité que l'ange est représenté par un homme 
barbu. Sur l'autel de l'arche est assis un adolescent, la tête 
rayonnante et tenant de la main droite un flambeau ; au-dessus 
de lui plane le St-Esprit. Une trompette paraît flotter ; à gauche 
descendent des éclairs frappant une statue de Jupiter tenant des 
foudres et brisée sur le sol. A droite une harpie se tord en gri- 
maçant. L'aigle et le lion emblématiques soutiennent une dra- 
perie où on lit : Evangelium secundum Mathœum paradoxis 
Ulustratrum ab Alexandre Pelegrino e Societate Jesu tom II; et 
au bas : Laureti P, Augustmum Griseum 1645 supetioii punissa 

M. Natalis f. 

. 133. 

Histoire de Liège par le P. Fisen. 

26, 5 — 17, 8 (CE I UL I NH I UC I B) 

Dans cette composition complexe, l'église personnifiée est 



- 416 — 

debout, coiffée du trirègne, tenant la croix pontificale. Elle 
regarde le ciel où, sur des nuages, est un groupe composé de 
la Vierge avec renfant Jésus. A l'entour sont les Ëvéques de 
Liège , Materne , Servais, Lambert et Hubert. L'église semble 
s'adresser à la Vierge et de sa bouche sortent ces mots : Haec 
est dikcta parenti fiUa.Ea face une femme drapée, personnifiant 
Liège, tient une crosse épiscopale ; elle dit : tu mihi diva parens, 
A ses pieds est un génie agenouillé, tenant une mitre et regar- 
dant la figure de l'église. A droite , sur toute la hauteur de la 
planche, s'élève le perron de Liège. Son fût est accompagné de 
six médaillons attachés à des rubans que tient un génie; un 
autre entoure le péron d'une guirlande retombant sur le pié- 
destal, au devant duquel est assis un troisième génie, tenant un 
feuillet sur lequel il écrit ce titre du volume : Bartholomtui 
Fisen, Leodiemis e Sodetate Jesu. Saticta Legia Romanae Ec- 
clesiae filia, sive Historia Eccksiae Leodiensis, 

Le paysage est orné de la tour de l'ancienne cathédrale de 
Saint-Lambert ; en avant est une tour ronde au bord de la Meuse 
et sur la colline du fond se voit un édifice quarré. Les six mé- 
daillons appendus aux côtés du péron, représentent : l*" au 
haut à gauche, un soleil avec légende : Sine nube; 2* une 
colonne avec les mots Noîi moveor; 3° un ciel sombre avec 
sept étoiles et Signo viam; du côté opposé sont : 4"^ un croissant 
avec Milii lumen ab illo; S° un obélisque entouré d'un ceps de 
vigne et Te stante virebo ; 6° une boussole et Secura sequor. Au 
bas et dans le cadre, on lit, en lettre romaine; Leodii e typo- 
grapheo Joannis Toumay MDGXLII, à droite du même champ : 
Michael Natalis invent t et sculpsit. 

Cette planche est intéressante pour le double mérite de l'in- 
vention et du travail; les groupes y sont bien variés de carac- 
tères ; le supérieur vaporeux, le second plein de force, mais pré- 
sentant quelque sécheresse sur plusieurs points. 



— 417 — 

134. 

La paix et la guerre. — Thèses des Rosenberg, 
\ mètre 23 — 68, 8 — en deux feuilles (UL ] NH). 

Nous voici en présence de l'une de ces œuvres qui mettent le 
sceau à la renommée d'un artiste. Nalalis Taccomplit avec une 
audace et un succès merveilleux. Malgré les proportions gran- 
dioses du travail, tout est grâce, harmonie, largeur d'effet. 
Le naturel, le modelé, la vigueur de chaque détail et la variété 
d'expression, font voir combien le burin de Natalis était magis- 
tral et moelleux tout à la fois. 

Dans un paysage maritime, s'élève un piédestal sur lequel est 
debout, l'empereur Ferditiand III, comme le dit l'inscription 
qui est à ses pieds : Ferdinando Tertio, Bello et Pace justitiœ 
defensori. 11 est en grand costume impérial et mesure 35 c. de 
hauteur. Contre le piédestal, en avant, est assise la Justice, 
les yeux bandés, une épée sur les genoux; elle parattimplorer 
le souverain. Près d'elle est un génie tenant une balance, por- 
tant dans ses plateaux égalisés, d'un côté les insignes de l'Em- 
pire et de l'autre le blason d'Autriche , de gueules à la fasce 
d'argent; sur la ceinturo du génie sont les mots : Justum est. 
Au dessus de Ferdinand est le foyer circulaire d'une gloire, 
lançant des rayons de toute part; dans leur centre est une ba- 
lance dont chaque plateau porte, l'un les mots : Noctetnq, Diemq; 
le fléau Aequat et le billet au-dessus : Radiisvidet utraque redis. 
Sur le ciel passe une zone portant les signes du zodiaque de la 
vierge et du scorpion. De chaque côté du piédestal est un per- 
sonnage en costume civil s'adressant à l'Empereur et tenant 
d'une main un tableau à inscription, début de la thèse que 
chacun présente. Le ciel est peuplé de génies portant des 
tablettes où se trouve la citation des points de la dite thèse. 
Le premier plan est tout occupé par des groupes de génies 
tenant des armoiries décrites plus loin. 



— 418 — 

L'intérêt de la composition étant divisé entre la Paix et la 
Guerre, celle-ci sert d'action à tous les personnages de gauche 
occupés aux travaux de Mars, dont ils portent les emblèmes et 
les instruments, se détachant sur une scène d'incendie. Le 
côté droit de la gravure représente la paix; tous les groupes et 
accessoires y respirent la quiétude de la ville et des champs, et 
les personnages y sont occupés d'agriculture, de commerce et 
d'art. Ces deux tableaux sont séparés par les figures de la Jus- 
tice et de Ferdinand, à côté desquels se voient en pied les deux 
personnages qui doivent être des portraits, nu-têtes et avec 
chevelures assez amples. 

Un tableau de gauche porte cette inscription : 

De Jure belli thesis, bellum est publicorum armarum juste sus- 
cepta et rite denuntiata contentio. Eius suscipiendipotestas tantum 
Principi superiorem non recognoscenti regulariter convenu tùsi 
aliud speciali permittatur privilegio, Hinc si subditi Ulud auctori" 
tate propria aut summum contra prindpem aut contra Rempubli- 
camsusdpere tentent perduellionis rei extremo supplicio et bono- 
rum omnium confiscatione ipso iure contingente negata etiam iibe- 
ris légitima plectuntur. Les bannières et piques que portent les 
génies voisins de ce tableau sont entourées d'un ruban où sont 
les mots : Recta IHi sunt Cœsaris arma. 

Le tableau que soutient le personnage de droite dit : De jure 
pacis Thesis. Pax quœ belli optabilis finis est publica perpetuo ab 
armis desistendi conventio. Ab judidis utpote certis temporum 
limitibus circumscriptis differt. Eius imponendœ polestas supremo 
tantum Principi per inde ut Belli indictio competit, communiter 
autem vel ab ipso Principe vel ejus Legatis pertractanda suscipitur. 
Hi fines mandati quod speciak desuper requirimus accuratissime 
observent oportet, Unde cansectaneum nec Provinciarum Admini- 
stratoresnec Belli duces quantumvis mandatum générale etiam 
cum libéra potestate habentes Vacem iticonsulto Pnncipe valide 
concludere posse. Les six tableaux que se montrent les génies du 
haut continuent de chaque côté rampliricaiions de ces écrits 



— 419 — 

selon leur caractère et par les numéros II, III, IV. Au-dessus 
du groupe de droite un ruban flottant porte les mots : Sacra 
tenety concordia rectum. 

Nous avons dit qu*à la base de ces allégories, des génies sou- 
tenaient des blasons ; cette partie de Tœuvre est très-riche par 
elle-même. Elle est faite d'un socle orné; le centre est occupé par 
l'écusson d'Autriche, élevé par deux génies, la fasce portant les 
mots : una est régula ; Técu est timbré de la couronne impériale. 
A droite et à gauche des génies étalent un ruban avec les mots : 
Austriacis Justitia. Aux angles extrêmes, à droite et à gauche, 
sont deux blasons semblables, rappelant les deux orateurs mis 
en scène ; ils portent écartelé au l"*' et 4 de gueules à un soleil, 
aux 2 et 3 à un torse d'homme nu, de gueules, tenant en la main 
droite deux flèches et de la gauche un arc. En cœur une tente 
dans laquelle est une rose. Ces armes sont timbrées de deux 
casques se regardant, à couronne faite de grands et petits fleu- 
rons alternés; celle de dextre, surmontée du soleil et celle de 
senestre de l'homme de Técu. 

Sur le seuil où s'élèvent ces divers groupes sont les vers sui- 
vants, rangés deux par deux : 

Candida purpureum distinguens régula campum 

Insigne Austriaco Justitiaeq. datum est. 
Candida pax tUriusq^ bonum est : si cogis, uterque 

Bella sed in tutnidos, sanguinolenta geret^ 
Régula justa tamen Pacem disunget ab armis^ 

Omnibus insigne hoc Regibus esse velim. 

Et sur le socle inférieur : Ad publia juris Bello et Pace tute- 
lamsese promptes sese totos dant dicant cansecrant JoannesMichael 
et Ferdinandus Morel Prœsidibus Clarissimis viris D, D. Jacobo 
Sanivort et Théodore Tuldeno I. V. Doctorib, et Profess. Primariis 
Lovanii. Anno Christi MDGXLV. A droite, sur la gravure, sont 
les signatures : Abraham à Diepenbeke delitieavit. Michael Natalis 
sculpsU Antverpiae. 

Cette œuvre grandiose est traita avec une rare vigueur de bu- 



— 4M — 

rin; les demi-teintes y gazent parfaitement le texte intercallé. 
L'écueil des tables portées par les génies, est admirablement 
évité pour ne laisser dnns la lumière que les figures dont la 
variété et l'animation sont fort heureuses. 

138. 
Conférences théologiques du P. Mathias Hauzeur. 

27 — 19,8 — (CE I UL I NH I UC). 

Dans un bel intérieur, se trouvent rangés de nombreux 
personnages ecclésiastiques ; au fond sont des évéques et des 
cardinaux; dans les plans plus rapprochés , des religieux , dont 
plusieurs nymbés. Au centre est une chaire d'où Jésus paraît 
écouter les discours de plusieurs religieux de la bouche desquels 
sortent des billets. Le premier personnage à gauche, ayant une 
étoile au front et d'autres sur les vêtements dit : Suffiât Alenm; 
le second: Plus consonat pietati S d. i. le S"" Videtur insipientiœ 
meae p, 2 q. 91. Le 4^ : Si non répugnai ecdesiœ 3 d. 3. Sur la 
table devant laquelle ils se trouvent sont inscrits ces noms : 
S. Bonavent, doc. Seraph. F. Alex, Alensis Patriarcha theoL f. 
Joan. Duns scotus doctor subtilis. Saint-Augustin en costume 
épiscopal est debout près de la chaire sur laquelle est l'inscrip- 
tion : Unus est magister noster. Au premier plan sont assis, à 
droite, un docteur; à gauche, un jésuite; entre eux, au centre, 
est un ange couronnant et tenant un grand ovale à fond blanc, 
où se trouve le titre du livre, que voici : Collatio totius Theologiœ 
inter majores nostros ad mentetn 5. Augu^tini , sut magisterio 
christi et ecclesiœ per duos tomos. Contra omhes et salas Haereses 
ac opiniones censuratas. Thomus 1 per F. Matthiam Uauzeur 
Theologum Franciscanum proviiuAœ Flandriœ, Typis ejusdem Au- 
gustœ Eburotium 1682. Natalis fe. 

Cette planche contient de belles choses ; l'ensemble laisse à 
désirer comme clair-obscur. Au-dessus du tout, au centre, sur 
une tablette, se lit le titre principal du sujet : Jésus seu veritas 



— 421 — 

m medio doctot'um Luc â. Aux colés , se détachant sur des ri- 
deaux relevés, sont deux petits anges portant, celui de gauche, 
le blason de TÉglise Romaine avec la légende qui ecclesiam non 
audierit; celui de droite les armes de.... avec les mots sine 
prejudicio. Cette même gravure orne le tome second de Touvrage; 
seulement on a collé sur l'ovale qui porte un autre ovale conte- 
nant après les mots opinianes censuratas cette ajoute linia col. 
536 contra novas calumnias kotreticas. t. II, etc. 

136. 

L'Académie de Flémal au pays de Liège ^ par Edmond 

Breuché de la Croix. 

11.3 — 7,3 (UL en vol. | NH). 

Dans un paysage montagneux, s*élève, au premier plan, une 
pyramide, au bas de laquelle un génie agenouillé sculpte une 
armoirie surmontée d*un chapeau épiscopal. Du bas de Técu 
descend une croix d'honneur. Uarme porte : un chevron avec 
une étoile de chaque côté, en pointe une tète de maure avec 
bandeau. Auprès du génie gisent un arc et un carquois; plus 
vers la gauche, sur le sol, un serpent se mord la queue et du 
milieu de son cercle s*élève une plante de pensées. Le haut de la 
pjTamide est couvert par un groupe composé de deux génies 
soutenant le blason des comtes d*Egmont surmonté d'une cou- 
ronne ducale, et portant aux l'*'^ et 4 de gueules à cinq chevrons 
d'argent aux 2 et trois d'azur h deux fasces d'argent cont'-ebre- 
tessées en cœur à deux lions affrontés. Au second plan s'élève 
un édifice auprès duquel est la statue de l'Hercule Farnèse; 
la toiture est surmontée d'une couronne ducale, accompagnée 
de palmes. Au dessus flotte un ruban portant ce jeu de mots ; 
Haec munda Edmunde. La gravure est signée Mel Natalis inve. 
et fec. En dessous est l'inscription suivante : 



— 42Î — 

Qui cherche en son ouvrage une immortelle gUAre^ 
Travaille vainement et se rend criminel^ 
Un nom fameux {)érit au temple de Mémoire^ 
Dans le livre de vie, il devient Etemel. 

Cette planche est finement exécutée et d'un clair-obscur 
très-gracieux; le tout est bien groupé et dessiné. On croirait le 
génie du bas modelé par Duquesnoy. Saumery dit que Natalis 
grava le portrîfit de Lambert de la Mothe pour être mis à la tète 
d*un livre avec le quatrain qui précède, et qui, dans le volume 
que nous avons sous les yeux n'accompagne aucun portrait. 
Cette planche se trouve en tête d*un petit in-S*» intitulé : F Aca- 
démie de Flemal au Pays de Liège établie par le S^ Edmond Breu- 
ché de la Croix^ Aumônier et Prédicateur de son Altesse RoydUe 
Madame, Duchesse dC Orléans^ Conservateur des privilèges de Malte 
et Pasteur des Flemals. A Liège B. Brotickart^ Imp. 9 1683. (Prés 
de Liège sont les villages de Basse et Haute-Flémale). L*ouvrage 
débute par une dédicace à Mgr. le Prince de Gavre. 

L'épttre est suivie d'une seconde gravure de Natalis, posée 
en tête du premier sonnet de ce recueil ; on peut l'intituler : 

137. 

Le soleil, 
9. 4 _ 6. 9 — (UL). 

L'astre brille dans un paysage maritime orné de forts. Au pre- 
mier plan s'élève un cadran solaire, posé sur un pied Mi de 
deux syrènes ailées ; entre leurs tètes et le cadran se détachent 
des billets sur lesquels sont les mots : Aspice ut aspidar^ nil sine 
te. Sur la gravure, au bord inférieur on lit : Ta clarté fait valoir 
mon ombre. A l'angle de droite : Natalis inv. Cette planche est 
bien exécutée. 

Le second sonnet , ayant pour titre Echo, est précédé d'une 
gravure que l'on peut intituler ; 



— M3 — 

138. 

Echo. 

9. 4 — 6. 9 (UL). 

Dans un paysage agreste, traversé par deux cours d*eau, en- 
tre lesquels est une grotte, une bergère portant houlette, con* 
duisant des moutons, dit, par un billet sortant de sa bouehe : 
Clama. Dans la grotte Echo représenté par une femme à genoux 
répond Ama. Cette fois la signature est posée verticalement sur 
le côté droit en dehors de la gravure, à l'angle inférieur, et 
sans prénoms : Naialis fe. Cette petite pièce est très-agréable, 
forte de clair-obscur et la figure d'Echo annonce la maturité du 
burin de son auteur. 

Le volume de Breuché contient une 4« gravure qui suit la 
préface et précède l'épitrc en vers intitulée : Les Bergen de la 
Meuse présentant le livre cTErgaste à Monseigneur le Prince de Ga- 
vre sous le nom de Cloridon. Cette œuvre est par Michel Natalis; 
nous l'avons , comme on a vu, attribuée à son père. 

i'69. 

Diptychon Leodiense. 

36 — Î6 -« (NH. I UC en vol.) 

C'est le titre appliqué à la reproduction des bas-reliefs en 
ivoire portant les anciennes commémorations faites dans la Ca- 
thédrale de St-Lambert, à Liège, et présentant les deux plaques 
grandeur de l'original, 36 c. de hauteur sur 12,5, chacune. La 
composition est symétrique dans ces deux œuvres du quatrième 
siècle. Les trois quart à peu près de la hauteur sont occupés 
par un personnage consulaire, assis sur un trône ou siège, à 
fronton, orné d'anges drapés en pied, formant cariatide. Les 
dignitaires richement vêtus d'étoffes à grandes rosaces, semblent 
donner le signal des jeux du cirque dont on voit les scènes bar- 
bares dans les compartimens inférieurs du bas-relief. Au-dessus 
des firontons des sièges consulaires sont^ pour chacun, trois 



— 424 -- 

médaillons circulaires contenant des busles, deux de femme et 
un d'homme. Chaque bas-relief est en outre surmonté d'une ta- 
blette avec inscription en lettres romaines, disant, la première : 
FI. Afiastasius. Paul, Prous. Savinianus. Pomp. Anast. La se- 
conde : F. incl. corn, domest equit. et cons. ord. Au bas de la 
planche est le titre précité, à gauche est le nom : M. Naialis 
delin.] à droite i). CoUin sculp. (* ) 

Les plaques originales sont aujourd'hui l'une au Britisch Mu- 
séum à Londres et l'autre au Musée de Berlin. 

Cette pièce fut faite pour illustrer le volume in-fol., dédié à 
Laurent de Méan, chanoine et écolâtre de St-Lambert, intitulé : 
Dyptielion Leodiense ex consulari factum episcapale et in iUud 
Commentarius R, P, Alexatidri Wilthemii Societatis Jesu Près- 
byteri Leodii, apud Joannem Matthiam HoviumyStdfsignoParadm, 
Terrestris . MDCLIX Superiarum permissu. 

140. 

lUC). 

Le même ouvrage reproduit aussi, comme rapprochement, le 
dyp tique de Bourges presqu'idcntique de composition et de sculp- 
ture ; cette seconde planche, sans nom de dessinateur ni de 
graveur, doit être attribuée aux auteurs de la première. 

fil. 
Titre du Diurnal des Chartreux. 

10 — 6, 3 - (U L, 1 état 1 N H, ^2 étal) 

Au-dessus d'un paysage maritime s'élève un groupe, au pre- 
mier plan duquel est un chartreux à genoux. Un ange lui pré- 
sente une grande feuille de papier déroulée, que montre du 



(*) On saii aussi que Richard Gollin, d'une famille originaire du Luxembourg, 
habita Rome et travailla sous la direction de Saodrart avec Nalalis. 



- 425 — 

doigt St-Jean, debout derrière le religieux. Au haut, sur des 
nuages, la Vierge est assise, tenant Tenfant Jésus ; auprès sont 
trois têtes d'ange. Au dehors de la gravure, à Tangle inférieur 
de droite , sont les noms d'auteurs : Bertholet in, Natalis Fe. 
Cette feuille porte le titre suivant : Diumak cartimsiense cum 
parvo officio Beat. Virg. ManoBy sept, PsaL posnitet officio defunct. 
Pafisiis, sump. J. Dupuis sacri ordinis Cart, Bibliopolae ordifiarii 
1661 (*). 

Cette petite planche est brillante et gracieuse, d'un modelé 
délicat; elle dénote la plénitude du talent de Natalis. 

Annales Ecclesiastici Britannorum^ etc. 
34 — 21 - (NH I UC). 

Au centre d'une composition multiple, s'élève la croix oii 
s'étale un linge portant le titre du livre : Annales Ecclesiastici 
Britaniiorunij Saxonum et Anglorum. Au pied de la croix est 
assise Minerve, tenant un sceptre et un bouclier où est figurée 
la carte de la Grande Bretagne, entourée de ces mots : Dos 
Mariœ. Innova dies meos sicut in prindpio 8 Thre 26. Autourde ce 
groupe central sont, debout ou agenouillés des pereonnages re- 
gardant le ciel où sur des nuages se voyent, à droite et à gauche, 
les saints Pierre et Paul; au centre la Vierge que la T.-S. 
Trinité couronne, le tout entouré d'anges. La légende donne au 
moyen de numéros les noms des illustrations représentées dans 
le groupe inférieur, accompagnées de blasons ou insignes : 

I. Eleutherius PP. "2 Gregorius PP. 

3. Alexander 3u.v PP. 

4. Fugotius et Damianus. 

5. S. Augustinus Epis. Apost. 

Angliœ 6 Conttan. Itnp. 

Leodii apud Joannem Mathiam llovium ad insigne Paradisi tei'- 
restris, MDCLXIII. berth. Ftemale delin., Natalis fec. 
Ce travail très-compliqué, est trop symétrique. 

{' ) L*exemplaire de rUoiversité ue porle pas co titre. 



i . Luciua Brito Rex. 

± Ethelbertm Saxo Rex. 

3. Guilietmus iu8 Nnrmannus Rex. 

4. Helena impe : 



- 426 — 

148. 

PostiUon Divin, par Antoine Delva. 

IS — 9 (NH I U C. 2 vol.) 

L'Eglise, personnifiée par une femme, est assise, portant le 
tri-règne et le costume pontifical, dans un fauteuil posé à gauche 
d*une salle architecturée ; la main droite tient la croix à six bras 
d'où descend un ruban avec le verset : Legem requirent de ore 
ejuSf Mal. 3 (il faut 3). Sur la main droite, que l'Eglise étend au 
dessus d'un autel antique, est une lampe allumée, aussi de 
forme antique et d'où ondule un billet avec les mots : iMcema 
pedibus mets verbum /tium, ps. 118. L'autel de forme circulaire, 
est orné de guirlandes et de têtes d'agneau ; le dé porte cette 
inscription : Inteiroga patrem tuum et annunciabit tibi ; Majores 
tuos et dicent tibi. Deut 32. Sur la gravure, à l'angle inférieur de 
droite, est le nom : Natalis f. Cette planche sert de frontispice à 
un petit volume in-S*" intitulé : le Postillon Divin , portant aux 
Reformés la pure parole de Dieu.... Par Antoine Del Va, pasteur 
d'Aulne contre les ministres d Hollande. A Uége Henri Hoyom ja- 
dis de la Vefve B. Bronckart, à St- François-Xavier, 1666. 

Il existe un état qui, en dehors au bas, porte un cartouche 
ovale, orné de feuilles d^acanthe, et portant au centre les mots : 
A Liège chez Jean-François de Milst, imprimeur de S. A. S. E.; il 
servait de frontispice au petit volume in-S"" intitulé : La vérité 
de la Religion Catholique par de Mdhis. Liège J.F-. de Milst, 171 1. 

144. 

Blason du Pape Innocent X. 

18 8 — 12,8 - (CE I UL I UC I NB). 

Le pape se détache en clair sur un fond d'un rang de tailles 
horizontales, surmonté du trirègne et accompagné des clefs, 
en sautoir. L'écu porte, en cher, un lambel et trois fleurs de lys, 
et en pointe à une colombe, tenant un rameau d'olivier ; le tout 






i^- 









■,'f>*. 



'I,',, 



— 447 — 

sans indication d'ëmanx. Au bas, à droite, est signé iTf«* NaiaHs 
fee. 

Cette pièce est d*un burin plein de fhinchise, et d'un effet 
très-saillatit. Elle orne les ouvrages du P. Pierre de Hsilloix, né 
à Liège, et intitulés : Origines défendus rive Origenis Adamaniii 
Presb. amatoris Jetsu vita virtutcs documenta. Item veritiUis super 
qus vita doctrina statu exacta disqwritio. Auctore R. P. Petro 
Halloix Leodienri sodetatis Jesu Theologico ad sanctisrimum D. 
N. Papam Innocentium X^ Leodii ex offic. Henrid et Joannis 
Mathiae Hcviorum 1648. 

Au bas du blason sont imprimés ces vers : 

Cemis oliveferam formosa in luee columbam 

Naufraga que vidit scecula , talis erat 
Cemis ter germinos florum quoque Lilia reges 

Utraque^ fortunœ signa faventis habent. 
liUa Regum apices, Paeem desianat Oliva 

Esse procul pugnas blanda Columba tubet. 
Mis ergo auspiciiSy orbem Pax aima reviset, 

Festaque regales dnget olima comas 
Hoc âge Romulœ Pater Urbis et arbiter Orbis 

Implebis numeris sic bene stemma suis. 

C. W. S. I. 
14S. 

» 

Blason de Hubert de Suetendael. 
15— 10.8 — (UC en vol.) 

Sur uu lambrequin orné, se détache Técu, écartelé aux l«r et 
4 d*argent à deux ceps de vigne, couverts de grappes, enlacés 
et couronnés. Aux 3 et 3 de pourpre à 3 fleurs de lys d'argent, 
3 et 1 . Ce blason broche sur une crosse à bannière et une épée 
posé en sautoir, le tout surmonté d*une mtire. La légende dit : 
Omnia suaviter. Cette pièce est signée : Leodii, Michael Natalis 



— 428 — 

sculpsit. Elle précède l'épttre dédicatoire d'un in-4* intitulé : 
Jacobi Lobetii Leodietisis e societate Jesu speciUumecclesiasticarum 
ac Religiosorum et in eo monumerUa veiierandœ antiquitas oppartu- 
naque morum documenta in lucem édita anno sœculari conditœ 
sodetatis Jesu 1640. Leodii typis Joannis Ouvrex, 1640. 

146. 

Blasons de la famille Tassts. 

36,8 -2-2 1/2 large ^CE 2 étals | N.H. 3« état). 

Au centre est un large écusson, tenant le tiers de la hauteur 
de la gravure; dans la partie supérieure, ajourée, passe une 
draperie que soutiennent à droite le Temps, à gauche une 
femme âgée, drapée, portant un diadème et une broche à crois- 
sant. Au haut du blason est la Renommée lançant de sa trom- 
pette des flots ressemblant à de la fumée. Cinq génies voltigent 
au-dessus du tout, celui du milieu, soutenant un blason cou- 
ronné à six fleurons, coupé en chef au demi double aigle nymbé; 
en pointe, à un blaireau posé en abîme. Â gauche mêmes gé- 
nie et blason. Au-dessus un génie tenant un blason écartelé au 
premier du sujet ci-dessus au second fascé, en chef au lion 
passant, en pointe à trois chevrons, au S^", au lion issant; au 
4« quadrillé et fascé. Le génie supérieur de droite tient un tro- 
phée fait de trois mitres, deux bâtons, deux crosses dont 
une à bannière et une croix épiscopaie. Le 5* génie, posé à 
droite, porte deux clefs, un caducée et de la main gauche trois 
couronnes, deux bâtons â pomme ou couronne , trois plus 
petits sans ornement et deux croix fleurdelysées. Ces génies 
ainsi que la renommée se détachent sur une gloire et des 
nuages. Au fond, à gauche, est un édifice corinthien, armorié 
du premier blason cité, au balcon se voient quatre person- 
nages, les deux plus grands coiffés de chapeaux empennés. 

Toute cette composition a pour base un socle couvert d*un 



-- 429 — 

tapis fraugé où posent les figures et le blason; ce tapis Jescend 
jusqu'au bas de Tœuvre. La face de ce tapis, tenant le tiers de 
la hauteur de la gravure, est ornée de deux rangées de blasons, 
T au-dessus, 8 au-dessous dont deux demi, tous parti, portant 
le sujet précité à dextre pour les 3% 4% 6. 10, H, 12, 13, 14 ; 
à semestre pour les 1, 2, S, 7, 9 et 15. Les autres champs sont 
tenus par les armes de familles alliées. Au pied de cet ensemble 
broche un petit cartouche central sans sujet. 

On ne trouve aucune lettre à cette pièce sur l'exemplaire du 
Cabinet des estampes. Le dessin des génies rappelle l'école de 
Rubens, la figure du Temps est la mieux dessinée d*entre les 
grandes. Le burin s*y montre à la fois hardi et soigné. 

Cette œuvre sert de frontispice à un in-f> intitulé : Les 
marques dChoniieur de la maison de Tassis. Ce titre est reproduit 
aussi dans le cartouche central du second état ; le cartouche 
du bas porte : A Anvers^ en timpnmerie Plantinienne de Balthon 
sar Moretus. M.DC.XLV. Au bord inférieur, sur la gravure Nie. 
van der Horst delin. Michael Natalis sculpsit. 

Le même volume contient sur la feuille qui précède le titre : 
1» un blason gravé par R. Collin calcogr. Reg. fecU Bruxellœ 
1680; 2° à la 4« feuille précédant TépUre dédicatoire, un grand 
portrait de Lamoral III, comte de Tassis, dessiné et peint par 
Nicol. van der Horst et gravé par Paul Pontius ; 3« d'autres 
planches et blasons par C. Galle, P. de Jode, Van den Schoore. 
T.VanMerlen, L. Neefs, W. Hollar 1648, M. Borrekens, P. 
Richolle. 

147. 

Blason de Guillaume Natalis. 

27 — 19. 8 (N H I UC). 

Cette belle planche représente Tarmoirie historiée de Guil- 
laume Natalis, abbé de St-Laurent, à savoir : deux lions afiVon- 
tés élevant entr'eux un cœur avec la légende Corde et anima. 



— 430 — 

Mitre et crosse ea sautoir; le tout entouré de rubans floitans, 
de palmes et de branches d'olivier. Au-dessus du blason est un 
petit ovale portant les initiales G. N. ou Guillaume Natalis, et 
auprès, sur la zone d*une coquille, est le nom du graveur M. 
Natalis f. Au bas est la vue du monastère de St-Laurent ; sur le 
mur de clôture la date 1663. Guill. Natalis mourut le l*' sep- 
tembre 1686. 

148. 

Blason de Guinaldus de Nuvolara, 

17 _ \i — (UL). 

Sur unriche lambrequin se détache le blason, sans indication 
d'émaux, chargé d'un croix l'écartelant et dans chaque quartier 
au dragon ailé ; en cœur, brochant sur le tout : d'argent fascé 
d'azur de 7 pièces ; l'écu est timbré d'un casque de face, à 9 
grilles avec couronne de marquis, surmontée de nombreux pa- 
naches. Au bas de l'estampe une tablette à fond blanc porte : 
Admodum il ^°' et Nobilis />"°' Guiualdus a Nuvolara Eques Fret- 
onotarius Aplicus Praepositus Mechedemis necnon EccUanm 
S^ Joannis Leodietisis et S^ VUtori^ Moguntiae Canondus M^^ Na- 
talis Fe. 

Cette pièce très-bien gravée, réunit le moelleux la vigueur. 

149. 

Blason de Xhenceval. 
iâ— lO — (UC). 

Ecartelé au l""' à trois merlettes ^ et 1 ; aux 3 et 3 fascé de 
sept pièces, au 4 à un capuchon de profil (sans émaux). Il est 
timbré d'un casque ^t ctmé d'une merletle; le tout entouré de 
lambrequins. Au bas, à gauche, sont les mots : Leodii m. A'a- 
talis fecit. 

Une note manuscrite dit : Ces armes sont celles d'Erasme de 
Xhenceval, chanoine de la Cathédrale de Liège, en 163G. 



SECOND RAPP(>RT 



HVR IkS 



FOUILLES ARCHEOtOGigyES K JDSIERVILLE 



Dfoiid avons suivi , Jour par joor, les travaut exécutëà dans 
hlÀ pstttt^s «>' 786 et 787 ('). Getté^ Mtélie, qùî amenait de 
Ifélciuentesf et Wétitàbfes redites, avait cependant son utilité 
elfi de qtlé Tort porfVaît se réfnrfre un ôbfnpte i peu près exact rfe 
Hi dîspôsitioit générale du cimetière ((ue lioùs explorons. 

Il rf y à iJEkàltteuréuseïnent pbà Irëu de continuera procéder dé 
la sorte pouf te paiccéffe tt^ 788 qui fait l*ôbjét' dé ce second 
tàpptjftik Qm Vcfti se i^appelle, eu etfét, la première ôircbnstânce 
qui û ^rfeusetâent éveillé Sui' JusIe'nVilté rattenlîon des àrchéô- 
loguëâ^: Éfl 11^46, an valet de ferme, âuberl Hardy, rencontre, 
ett hboui'àtit cette parcelle, une tombe formée de dalles dié 
pierre ; tt Ik fouille et trouve des vases ; Hardy èrôit être sur la^ 
trace d'un trésor, non pas afrchéologique, mais' en bonnes 
espèces sonnantes — me gode faur. -^ Il ne parle à personne 
dé sa trouvaille et retourné te lendemain à Touvrage; it 
décotrvre de nouvelles tomber contenaht encore des vases» 
wà\s ni or ni argent. Gomme ôe ne sont pas des poteries que 
Hardy cliercKe, il les brise ou lés rapporte à ses enfants pour 

[* ) Voir l'extrait du cadastre à la page 140 de ce volume ; les parties poiotilldes 
indiqueat la place des explorations. 



~ 432 — 

leur servir de jouets. Cette attention paternelle fut cause que 
Texistence du cimetière Belgo-Romain de Juslenville parvint à 
la connaissance de MM. d*Ândrimont et de Thier, puis du 
public. 

Quelques explorations plus ou moins régulières, bientôt aban- 
données, reprises pendant 31 jours en 1851 sous la direction 
de rinstitut archéologique liégeois, amènent alors des résultats 
fort curieux (*). 

Cependant Hardy auquel on n*avait pu persuader que les lois 
somptuaires de Rome défendaient le dépôt d'objets précieux 
dans les sépultures des sujets de l'empire , peu soucieux d*un 
autre côté des intérêts de la science, continuait et continua 
pendant de longues années encore ses fouilles personnelles. Il 
le faisaitsansbeaucoup de peine : la dalle supérieure des tombes 
se trouvant en général à une faible distance de la surface du 
sol, le soc de la charrue ne pouvait manquer de la rencontrer 
et avertissait Hardy de la présence d'un dépôt ; aussitôt il pro- 
cédait à son examen. Le champ tout entier a été de cette manière 
soumis à ses investigations ; les tombes ont été détruites et les 
antiquités qu'elles renfermaient brisées ou perdues. 

C'est sur ce terrain dévasté, n'offrant aux recherches que peu 
de chances de succès, que l'Institut a porté ses travaux. Toute- 
fois deux considérations entretenaient nos espérances : en pre- 
mier lieu, le peu de soin que Hardy, préoccupé de toute autre 
chose que d'archéologie, mettait à vérifier le contenu des tom- 
beaux; ensuite l'existence des sépultures, non entourées de dalles, 
révélée par la parcelle 737; Hardy n'ayant aucun moyen d'aper- 
cevoir celles-ci, étant même loin de soupçonner leur présence, 
elles avaient échappé à son vandalisme. Et puis, n'était-ce pas 
là qu'on avait ramassé la pierre portant l'inscription de Vervec- 
cus, et le miroir romain qui éveille toujours et si fort la curio- 
sité des visiteurs? Il fallait à tout prix en avoir le cœur net. 

*) Voir pages 137 à 144 de ce volume. 



— 483 — 

* 

Vous poarrez constater. Messieurs , par la simple énuméra- 
lion qui suit, que nous n'avons qu*à nous féliciter de notre per- 
sévérance; vous avez compris aussi pourquoi il devient inutile 
de suivre pas à pas, dans les tranchées qu'il creuse ou les 
sondages qu'il pratique, l'ouvrier que vous employez à Juslen- 
ville. 

Après avoir obtenu de M. F. Lejeune, propriétaire, l'autori- 
sation de fouiller la parcelle n"" 7S8, et avoir pris des arrange- 
ments avec le sieur Elias, locataire, H. Philippe de Limbourg 
fit commencer les travaux le 20 octobre 1868. Dès le premier 
jour, Wathelet rencontra des sépultures ; il a été constaté qu'ici 
les inhumations étaient beaucoup plus rapprochées les unes 
des autres que dans la parcelle n"" 787, sans pouvoir s'assurer 
si, comme cela avait lieu là, les tombes et les sépultures se trou- 
vaient à peu près alternées. Quoiqu'elles eussent, comme nous 
l'avons dit, échappé aux perquisitions de Hubert Hardy, elles 
n'étaient cependant pas intactes ; le soc de la charrue et les 
sabots des chevaux avaient depuis longtemps brisé les plus 
grandes pièces qui se trouvaient pour ainsi dire à fleur de terre; 
c'est pour ce motif que peu de poteries sont entières ; mais 
grâce au soin que l'on a mis à recueillir les moindres débris, 
presque toutes ont pu être reconstituées par le docteur 
Alexandre, aidé cette fois d'un jeune amateur, M. H. Francotte; 
en revanche on a pu récolter une grande quantité de monnaies, 
de flbules, et d*autres menus objets oubliés ou inaperçus parmi 
les ossements calcinés. L'ouvrier a rencontré aussi, mais en fort 
petit nombre, des tombes que Hardy ne s'est pas donné la peine 
de démolir ; l'absence du couvercle et de tout objet à l'in- 
térieur, prouve qu'elles n'avaient pas échappé aux recherches 
du malencontreux chercheur de trésors. 

Les fouilles pratiquées dans cette parcelle, ne donnant pas 
lieu, pour le moment du moins, à d*autres observations géné- 
rales, je vais tâcher d'énumérer systématiquement les objets 
qu'elles ont produit et qui figurent aujourd'hui, classés et éti- 



\ 



— 434 — 

• 

qwUia, daa$^ le Musée arcb^loeique da Liéger Hft tftdie ne 
sdra pas lourde : les planches dont l'Institut a décidé la gra- 
vure, auraient au besoin suffi pour faire juger de rimportaaee 
40 nos trouvailles; elles font connatlre» mieux que m saurait le 
faire aucune description, le caractère et les formes de ces 
objets; je n'ai plus qu'à en indiquer la nature. Mais comme on ne 
peut tout reproduire par le dessin, un texie est nécesâaîre pour 
donner une statistique complète. Vous jugerea, Messieurs, que 
pai* le grand nombre des antiquités rccuerUies, la belle conser- 
vation d'une partie d'entre elles, l'extrême rareté de quelques- 
unes— les statuettes, la pierre gravée en intaille, l'urne histo- 
riée» les fragments d'inscriptions, sont des spécimens pres- 
qu'uniques dans les musées de nos provinces et même de la 
capitale — les fouilles de Juslenville se placent au premier 
rang parmi celles qui ont été faites en Belgique. 

0]3|Jets en verre. 

l"" Une perle sphérique en émail bleu très-foncé, polie et 
brillante, percée dans son axe (1 centim., 6 millim. de diamè- 
tre). Quoique l'on n'y remarque aucune trace de garoiture, on 
peut croire qu elle servit de pendant d'oreille ; peut-être aussi 
faisait-elle partie d'un collier. 

V Un flacon à base carrée avec anse, en verre légèrement 
verdàtre, transparent, irisé près du goulot (9 centim. de hau- 
teur, 5 de largeur. PI. Y fig. 2 ). Trois cercles concentriques 
que l'on remarque sur le fond extérieur, prouvent qu'il a été 
coulé dans un moule. Il ne porte aucune marque de fabrique. 
L'absence de ifonty au culot indique que la fiole était attachée à 
la canne du souffleur par le goulot (M- On rencontre très-sou- 

(*) V. DE Càylus. Becueil cTantiquUés égyptiennes, étrusques, grecques, romai- 
nés, 1. 1, S78 à 380, qaî signale l'absence de cassures sous le culot comme un signe 
caractéristique de la verrerie romaine, procédé auquel on était revenu au sièele passé. 
Le même, t. VII, p.298 etauiv., cite cependant des verres romains avec «painlis». 



FOUiULES DE JuSl.EfJVILLE. 




Fouilles de Juslehvtlli 




(§ 




438 



vent oeUe forme de fldcon (teDs les sëpulUires romaines ; le 
Musée de Liège en possède plusieurs de différentes dimensione, 
notafluneot oeluî qœ fui trouvé k Jusleavilto daus la percdlle 
fi^" Wi, plus sraud que celui-ei et d'un vert très*foûcé. Le plus 
grand que IV>n rx)nnai8se en Belgique» de forme hexagone» pro** 
vient d*un tumulus de la Hesbaie et est conservé chea M'*' 
Jamar au château de Hasselbrouck : il est d*une capacité d'en- 
viron six litres ( ' ). — On ignore au juste à quel usage ces vases 
pouvaieiU servir; ils étaient peut-être enoqployés pour servir le 
vin à table ; remarquons toutefois qu'un de ceux que Ton voit 
au Musée» provenant de la tombe d*Omale, contient encore une 
matière grasse qui tache le papier. 

3" Coupe à ventre rentré, à large ouverture» à pied bas et 
étroit, d'une forme très*élégante , en verre blanc-verdàtre» 
mince et transparent (9 ^ centim. de hauteur, 10 de diamètre à 
l'orifice. V. PI. V, fig. 8;. Cette coupe ou verre à boire {pocu- 
lum) était brisée en un grand nombre de morceaux lors- 
qu'on l'a retirée de terre; mais elle a été reconstruite avec 
l>eaucoup de bonheur et d'adresse; un seul petit fragment 
manque. 

4<» Une charmante patelle en verre blanc laiteux, épais et 
presque opaque. (PI. VI, fig. 2). Elle est en forme de cône tron- 
qué renversé, avec un large bord à moulure, retourné de l'in- 
térieur à l'extérieur à son exlrème circonférence; le fond plat 
est muni d'un surélèvement circulaire qui lui sert de base. Cet 
ol^t très^reurarquabie, et qui, par ses proportions mignonnes, 
est un véritable objet de bazar, ne paraît pas avoir servi à un 
usage domestique ; on est tenté de supposer que ef'était un 
jouet de luxe el qu'il faisait partie d'un petit ménage d'enfant. 
Une superstition très-répandue chez les Remains s-altaebait 
aux jouets de l'enfance (firepundia) ; on les conservait toute la 
vie comme des amulettes ; il n'y a donc rien d'étonnarnt h ce 

{*) V. Bul(. des Comm. royales d'art et dCarchéol.y l. iV, p. 369« pi. 1, fig. :2. 



— 436 — 

que, à la mort d*ua enfanU ses jouets fusseat déposés à côté de 
lui dans sa tombe ( i ). 

S'» Bix-sept anneaux de diverses grandeurs en verre transpa- 
rent bleu, jaune et gris (PI. VII, flg. 2); trois d*entre eux, à 
moitié fondus , sont adhérents les uns aux autres Ces anneaux 
faisaient sans doute partie de colliers de femme. 

6"» Petits débris, entre autres un goulot de bouteille, en verre 
blanc laiteux, très-mince et très*fragile, de la même nature que 
la coupe figure 3 (i) de la planche I. Ces verres ont-ils toujours 
été opaques ou bien les sels contenus dans la terre ont-ils pu 
agir sur une certaine espèce de verre, de façon à les rendre 
tels, de transparents qu'ils étaient. Un examen attentif de la 
coupe ronde, remplie d*ossements que Ton a trouvée dans la 
parcelle 7S7, fait reconnaître une décomposition ayant pour 
effet de rendre le verre opaque ; cette coupe, transparente dans 
certaines parties, surtout vers le bord, ne Test plus dans les au- 
tres où s'est opérée la dévitrification f) ; on a constaté du reste 
que celle-ci provient d'un excès d'alumine dans la composition 
du verre (% La fabrication de l'émail blanc ou verre opaque était 
néanmoins connue des Romains ; ils la formaient, comme cela 
se fait aujourd'hui, avec de l'oxyde d'étain (*). 



( i) Le Masëe possède oo véritable hochet romain trouvé à JupiUe, coasistaot en 
nne boule de terre coite, creuse et reafermaut trois petits cailloux do quartz qui 
•'eotrechoquent et font du bruit lorsqu'on agite la boule. 

(9 ) U fiudralt 4 pour se rapporter au texte de mon premier rapport. Les chiflhvs 
8 et 4 doivent changer de place entre eux. 

(s) V. à la p. 448 de ce volume. 

{*) V. BulL des Comm, roy, éCartet dTarchéoL t. VIII, p. 149 et 423 ; ib,, t. Ul, 
p. 317, n» III; ibid. t.U, p. 445, note 4. 

( *) Analyse faite par M. Girardin, Mémoires de Vàead, des inêeripthtu (présen- 
tés par divers savants), 4^* série, L Yl (i860;, p. 83}. C'est par erreur que Toa 
avance dans le BulL des Comm, roy, d'art et d'archiol.f qae la Tabrication deTémail 
blanc dans lequel il entre de l'oxyde d*étain, eét moderne (V. ce même BuiL de» 
Cpmm.^ etc. t. V|1I, p. 4»), 



Fouilles de Juslenville. 




f 



— 437 - 

T" Une trentaine de masses de verre fondu. Les objets en 
verre étant généralement fort minces subissaient très-vite Fac- 
tion du feu, soit qu*on les plaçât simplementà côté du bùcber où 
l'on consumait les morts avant d*inhumer leurs cendres , soit 
qu'on les lançât dans le bûcher même comme peut le faire pré- 
sumer la présence de quelques débris d'ossements humains 
incrustés dans deux ou trois de ces blocs. Lorsque, en les 
contemplant, on pense aux nombreux et magnifiques vases que 
ces masses formaient avant leur fusion, on éprouve un vérita- 
ble chagrin ('). 

Objets en bronse. 

l^ Vingt-deux fibules et fragments de fibules arquées (PI. VIII; 
PI. V, fig. 3); deux d'entre elles, recouvertes d'une magnifique 
patine, sont si parfaitement conservées qu'elles semblent être 
sorties récemment des mains de l'ouvrier (Fig. i et 4). Presque 
toutes difrérentes de grandeur et de forme, les unes fort simples, 
les autres très-ouvragées, elles se distinguent en général par 
l'él^ance du dessin. L'une d'elles étaitornée de trois cabochons, 
pierres taillées ou émaux qui ont malheureusement disparu (Fig. 
S) ;une autre présente, dans trois triangles isocèles placés 1, 2 
el3, comme dirait l'héraldiste, un émail cloisonné jaune et 
rouge (Fig. 10) ; une troisième est remarquable par tix)is petites 
marques qui paraissent être la représentation de fers à cheval (*). 

( 1 ) J'^joule ici une observation qai aurait dû trouver sa place dans mon premier 
rapport, assavoir que la fiole en verre fig. ^, pi. I, contient une matière qui n'a pas 
encore été soumise à l'analyse chimique et dont l'élément principal parait (tre un 
corps gras ; il semble du reste qu'il doit en être ainsi puisque tout autre liquide se 
serait évaporé. C'était probablement un baume ou un onguent pour la toilette, ou 
bien une drogue, collyre ou autre préparation médicale. 

(1) n y a controverse relativement à l'existence des fers à cheval de la forme ac- 
tuelle chez les Romains. H. Nicard, dans une dissertation toute récente publiée dans 
les mémoires des antiquaires de France , 1866, t. XXXIX , p. 64, soutient que nos 
fers à cheval étaient inconnus aux Romains. M. dk Gauwont a depuis adopté cet 
avis. 



- 438 — 

(Fig. 1) ; une qu^f^rj^e» eofio, (Umt iipris pe ppasMow qu'une 
p^rM^P p^niU 9VQ|r ^t^ étamée ; 49 ^w jwr9 on dirait «lu pb- 
que (Fi|f. 7). 

io Un gr^r^d frdfjfiQeut d'un^ bpHçlQ (4^ çeja^uipe!), trèsrbM 
travaillée, lo^unie d'un re93Qrt }i lMM,idiii (fi. V^ tig^ 4). 

3<» Trois jépingles à cbev^,^x, d,Q^t di^iix, quoiqu'au^si nûnces 
qup des aiguille^.sont assez biop (H^^ervée^ (Pl. VI(I, fig. U). 

A^ Trois cuillers ^ ps^rf^qis f^ petites (jli(pepsioo3 (PI. VU, 
fig^4et5). 

5"* Deux miroirs en bronze argenté semblables ft o^iii qai 
a été trouvé en 18S1 dans le même terrain. Chaque miroir 
se compose de deux disques assez minces, indépendants Tun de 
l'autre, légèrement convexes, portant sur chaque face plusieurs 
e^es pu strias concentriques faits au tour, excepté sur la foce 
CQOl^e de Tun des disques, qui seul, servait à réfléchir rimage 
par le poli qu'on lui avait donné. Ce poli qui, de blanc qu'il 
ét^t a^ps doute d'abord est devenu noir ~ semblable à un ver* 
ni9 PU à un émail très-luisant -^ par suite de l'action du temps 
4t de l'humidité sur l'argent, était tellement beau et boa que 
l*i]|rt 4^ ce^ miroirs pourrait encore aujourd'hui servir à l'usage 
auqjie) ii était destiné. Le disque strié sur ses deux faces ser- 
vait 4e couvercle à l'autre , en ce sens que le côté poli et con- 
vexe 4u nûroir venait reposer dans le côté concave du cou- 
verple; les bords de celui*ci étant un peu plus relevés que ceux 
de l'^fHre, il y avait du jeu entre les deux disques et le poli ne 
souffrait aucun dommage puisqu'il n'y avait pas de contact; il 
était en néme temps préservé de tout accident venant de l^xté- 
rieur et méqde de l'action du soleil ( i ). 

l^ deu;;^ miroirs mis au jour à Jusleavilie sont de dimeosioos 



(f) Il D*«8t peat>élre pas hors de propos de citer ici la description doimée par 
WlRCaMAIRf, Dewctipthn des pierres gravées du baron de Stoseh, p. 116, p® 54S, 
dn miftm qve lisot ea main une Vdnns Anadyomène : « Ce miroir est fait comme 
eaMaiat ttêrohv de poche qui sont ronds, et sur qui le couvercle ferme; noire Vénus 
UtBt donc son Kiroîr ouveri et le tient k la main par le couvercle. > 






Fouilles de Juslenville 




- 439 — 

différentes ; le plu4 beau m^ure lOi Q^tim. de diamètre ; il est 
inlacl saur une brèche au cK^uyercle; le poli eu est magnifique; 
mais son long séjour en terre y a occasionné quelques petits 
éclata et &it naître en certains points» sur les autres faces, une 
patine qui paraît toutefois avoir eu de la peine à se produire, à 
cause de la présence de l'argent. 

Il doit probablement sa parfaite conservation à la nature du 
terrain dans lequel il était enfoui. La position qu*il occupait dans 
la sépulture mérite d*être signalée; chaque disque recouvrait de 
sa faoe concave des ossemenis calcinés déposés sur deux pierres 
isolées ; dans Tuoe des deux poignées d*08sements se trouvaient 
aussi une fibule et deux petits anneaux en verre. 

L'autre spécimen a plus souffert du temps et des hommes; le 
couvercto brisé pitr un coup de pique et tordu comme si on avait 
voulu reconnaître la nature du métal, adhère au miroir par un 
cOté ; les deux disques sont presqu'entièrement recouverts d'une 
patine» même sur la fiu^ autrefois polie. Tous les fragments, au 
nombre de cinq, ont été recueillis (i). 

Ces deux pièces figurent parmi les plus intéressantes qu'aient 
produites les fouilles de Juslenville. 

&" B$ monnaies romaines, toutes plus ou moins endommagées, 
classées sous les n<>« 13 à 68. Une notice détaillée sur toutes les 
9M>anaies trouvées jusqu'aujourd'hui à Xuslenvilie a été insérée 
il la page 383 du présent Bullelîn ; il n'y a rien k y ajouter ; je 
me bornerai à eu donner un résumé en ee qui concerne la par«< 
celle dont nous nous occupons. 

1 Auguste (n^" 28). 

7 Néron (n<>' 34, 51, 82, 8S, 88> 61, 64). Les monnaies 
n"^ 50, 51 et 52 étaient placées en pile. 

2 Tespasien (n«' 67, 68). 

5 Trajan (n»> 20, 21, 23, 33, 38). Le n» 38 a été trouvé placé 
sur une rondeUe de plomb percée dans son milieu. 



_ 440 - 

7 Hadrien (n- 43, 14, 18, 22, 31, 42, 48). 
S Antonin Pie (n»> 24, 35, 48, 86, 89 . 
3 Marc-Aurèle (n«« 26, 27, 83). 
2 monnaies présentant des types inconnus (n'*'' 28, 39). 
33 monnaies frustres. 
Divers petits fragments de menus objets indéterminés. 

Objets en fer. 

1» Sept lames et fragments de lames de grands couteaux dé- 
signés depuis longtemps dans les livres d'archéologie sous le 
nom de couteaux de sacrifice. 

2*" Un demi fer h cheval. 

3» Des masses agglomérées de clous rouilles et autres fer- 
railles indéterminées. La présence fréquente de cette grande 
quantité' de clous, en général fort gros, dans les sépultures 
romaines, a beaucoup intrigué les curieux. Parmi les supposi- 
tions que l'on a faites à ce sujet, celle qui nous paraît la plus 
satisfaisante est que ces clous servaient à maintenir les diffé- 
rentes parties de la charpente du bûcher sur lequel on brûlait 
les cadavres; après la crémation, on recueillait en un tas les cen- 
dres et les débris pour les déposer dans la tombe, renfermés 
dans une urne ou simplement à côté de divers objets cbers au 
défunt, des débris du repas funèbre, etc. Il est évident, en effet, 
que toutes les ferrailles ramassées dans le cimetière de Juslen- 
ville ont subi l'action violente du feu. 

Olyets en terre. 

Terre rouge fine, à couverte rouge brillante et glacée. 

i*" 39 patères ombiliquées en terre rouge, dite samienne ou 
sigillée, à couverte glacée rouge, mesurant entre 17 et 20 cen- 
timètres de diamètre. Quelques-unes, moins bien cuites sans 



Fouilles de Juslenville 



— 441 — 

doute que les autres ou faites avec une terre moins floe, ont 
perdu leur couverte entièrement ou en partie. 

La forme de ces vases est bien connue ; on les rencontre par- 
tout où il reste quelque vestige du séjour des Romains ; Topi- 
nion la plus répandue est qu'ils servaient d*assiettes. 

Toutes cespatères, à rexceptiond*une seule portent le nom du 
potier qui les a fabriquées; mais plusieurs sont tellement frustes 
qu*il faut une grande habitude et beaucoup de sagacité pour 
les déchiffrer. De même que cela a été fait pour les monnaies, 
une étude particulière vous sera présentée sur les sigles figulins 
des poteries trouvées à Jusienviile. Je ne crois pas déflorer le 
sujet en notant ici les marques dont la lecture offre le moins 
de difficultés : AMATVS (?) — ATT...FE — BIGA.FEC — 
CARATILLI — CATVS.F— CATVS — CAT ..F — CAVANNVS 
— COSILVS -^ ERICI.M — GINVS.F — IMA...F (?) — 
UPVCA.F — MONTANI.O — MONTANI - MVCCALA.F — 
OCCISO — REMIC.F — TOCCA.F - VIREC.F (?). 

On a recueilli un grand nombre de fragments de patères, 
parmi lesquels on en remarque un en terre très*flne, qui porte 
sur le bord extérieur huit caractères tracés à la pointe en écri- 
ture cursive. On peut lire LIBOLIKO en un seul mol ou le mot 
UEO répété» mais avec le second B inachevé ; c'était probable- 
ment le nom du propriétaire du vase (PI. VII, flg. 1). 

Le cas s*esi présenté deux fois que d'autres vases, une patelle 
et une olla, avaient été mis en terre, placés sur une patère. 

i^ Cinq patères rondes, dont une à bord renversé chargé de 
feuilles de lotus (PI. VI, fig. 8) : les poteries qui portent cet 
ornement sont en général en terre très-fine, et constituaient 
des objets de luxe. Celle-ci porte la marque AMMIVS (?); une 
autre GOBUNA.FE; je ne puis lire les trois qui restent. 

3"" Dix-sept patelles rondes, variant pour la grandeur entre 
8 1/2 centimètres et 14 centimètres de diamètre d'ouverture. 
Six sont biiobées : les deux plus remarquables présentent, Tune 
un bord renversé orné de feuilles de lotus (PI. VI, flg. 1), l'autre un 



— 442 — 

bord renversé avec deux petites anses, et portant survie fond 
une rosace (PI. IX, fig. 3); les vases aveoanses sont fort rares. B 
estànoter que tes patelles à bord renversé sont moins communes 
que les autres et paraissent avoir aussi été des objets de luxe 
chez les Romains; on en a ramassé à Jusleavilie un fragment 
qui est sans analogue dans notre Musée pour la finesse et la du- 
reté de la terre, la beauté et le brillant de la couverte; c'est 
probablement là de la véritable terre de Samos, et on peut 
croire qu'il avait été importé d'Italie ou d'Espagtie, où existaient 
du temps des Romains, les fabriques de vases en terre Samienne 
d'Arezzo, de Sagonte, etc. Presque toutes ces patelles pré- 
sentent au fond intérieur, un petit cercle tantôt isolé, tantôt 
accompagné d'un sigle; parmi ceux-ci on distingue: OCISO.F 
— aVCCA.M — ...RINI.M. 

4<» Quatorze patelles tronooniques, ayant de 8 1/3 à lîcentim. 
de diamètre k leur bord. Une de ces patelles, malheureusement 
fort ébrêchée, présente un bord renversé orné de feuilles de 
lotus ; c'est le seul spécimen de cette tocme que Ton possède au 
musée. (PI. V, fig. 4). Notons le sigle très-remarquable 
ARVERNIGI qu'on lit sur un autre de ces vases. 

&" Deux patines rondes, dont l'une mesure 19 centim., Tautre 
14 centim. de diamètre à Touverture ; les flancs extérieurs de la 
première sont ornés de bas-reliefs représentant un lion courant 
entre deux colonnêttes ; ce sujet se reproduit quatre fois sur la 
circonférence du vase, séparé par un médaillon où figure une 
tète d'bomme assez grossière. Ge bas^relief se déroule entre 
deux guirlandes dont la supérieureest formée d'une série d'ovcs, 
celle d'en bas d'un ornement grec. (PI. IX, fig. 3). Ge magnifi- 
que vase, trouvé en quatre fragments a pu être parfiûiemeiH 
reconstitué; la position des fragments, quand on lésa recueillis, 
prouve que cette patine renversée couvrait une pafteiTe en t^re 

rouge. 

La seconde de ces patines portait également un sujet où 
l'w distingue aussi une série d'oves» et une suite d'animaux 



Fouilles de Juslenvjlle . 




— 443 — 

séparés par une espèce de fleur ; où n*y voit auenne ttraeé de 
médaillon. La disparition de eeâ» bas^-reliefs est presque com- 
plète; il ne reste à la place oii ils se trouvaient qu'un contour 
plus ou moins accusé par rabsesoe de couverte; cette circons- 
tance seaiUeveAiràrs^puide l'opinion d^à émise <]fQe les iïRiilies 
de lotus sur les bords des vase» se disaient à la betrbotine 
de la même manière que le» siQets en sucre représeint^ sur 
ceri ai ues pâtisseries^ moderoes. Cependant depuis que Ton a 
trouvé des moules au moyen desquels on faiurîquait les poteries, 
cette hypothèse est difficile à soutenir pour les reliefs k l'exté- 
rieur des bols. Les deux procédés étaient, parai tri ^ employéi^ 
simultanément. Les frac^flaeiiCs de ees sortes de vases sont aseec 
communs ; on en rencontre dans presque toutes les fouilles ; 
mais ceux que l'on a pu reconstituer en entier sont fort 
rares ( * ). 

Terre blanche ou grise« sans eouverte. 

l^" Dix-huit épichysis mesurant entre 31 et 18 centim» de 
hauteur ; la terre en est fine» lisse et polie, sauf deux qui sont 
faites avec une terre rose, mais que nous comptons avec les 
autres épichysis pour ne pas les séparer de ce type. Toutes 
sont difTérentes de forme, avec des goulots plus ou moins longs,, 
à une, (feux ou trois phalanges, des ventres plus ou moins ren- 
flés, des bases plus ou moins larges, etc. La plus haute de toutes 
est celle qui a la base la plus étroite, et Ton se demande com- 
ment on pouvait se servir de ce vase sans le renverser; deux 
de ces épichysis sont munies de deux anses; les autres n'en ont 
qu'une. Efles étaient probablement destinées à contenir des 
boissons. 

2^ Deux tèles mesurant 22 centim. de diamètre à l'orifice, et 

/i) DE âAST, antiquité» de ia Flandre ^ en cite; DE ReNBSSE, vente de iS64, S« 
partie, p. âl, n<» 284, 385, 295 ; Catalogue du Munie Hoy. ^antiquité» de Bruxel- 
te», p. 175. 



— 444 - 

munies d'un déversoir ; la terre qui les compose est à peu près 
de la même nature que celle des épichysis, peut-être un peu 
moins fine. 

3^ Neuf plateaux à bords verticaux en terre grise, mesurant 
entre 22 et 12 centim. de diamètre. La forme et la matière de 
ces plateaux sont extrêmement grossières et Ton peut croire 
qu'ils étaient fabriqués sur les lieux mêmes ; c'est l'avis de M. 
de Tbier qui pense avoir trouvé à Juslenville les traces d'un 
four à cuire des poteries. 

4'' Il en est de même de six urnes en terre grossière grisâtre, 
mesurant 10 à 15 centim. de hauteur, 11 à 16 centim. de dia- 
mètre à l'orifice, y compris un petit rebord plat. La matière de 
ces vases ressemble beaucoup à la composition avec laquelle 
on fait de nos jours les vases appelés pots en pierre, sauf qu'ils 
n'ont pas de vernis ; c'étaient probablement des ustensiles de 
cuisine, servant à mettre de la graisse, de l'huile, etc.; il est 
possible aussi qu'elles appartenaient au mobilier funèbre dont 
on se servait au repas des funérailles. L'une d'elles contenait 
les débris de son couvercle. 

5° Deux petites urnes en terre jaunâtre, fine et lisse, à flancs 
rebondis, fort gracieuses de forme. 

6* Huit perles en terre cuite, couvertes d'un vernis et ornées 
de rainures parallèles à leur axe. On suppose que ces perles , 
trop grosses et trop pesantes pour avoir servi de collier, ornaient 
les victimes destinées aux sacrifices i*). (PI. VI fig. 4). 

7"* Deux statuettes en terre blanche faites et peut-être cuites 
dans des moules fermés ; cette terre diffère essentiellement de 
celle qui a servi à faire les différentes poteries énumérées ci- 
dessus ; elle est très-fine et a la blancheur du papier ; c'est peut- 
^tre du plâtre et, dans ce cas, les statuettes n'auraient pas été 
soumises à la cuisson. Elles représentent toutes deux une 
femme assise et drapée, la tête couverte d'une coiffure, consis- 

(*) BuU. des Corn, roy, d'art etdarck., t. VIU, p. il3. 



- 448 — 

tant en un voile qui retombe sur les épaules et lui forme une 
espèce de pèlerine. Dans chacune des deux mains appuyées 
sur les genoux, elle tient un objet rond; la plus grande des 
deux statuettes dififôre seulement de l'autre en ce que le per- 
sonnage qu'elle représente a sur les genoux un chien couché. 
Toutes deux sont creuses à l'intérieur et munies d'une base 
carrée (Planche photographiée). 

La ressemblance qu'elles offrent avec celles que l'on a trou- 
vées en France peut faire supposer qu'elles proviennent de la 
fabrique découverte dans le département de l'Allier (*). 

Toutes ces statuettes sont probablement des Lares ou Pé- 
nates, quelques fois des génies ou des divinités topiques; cette 
dernière supposition est moins probable cependant puisque, 
moulées, on les fabriquait en grand nombre, ce qui suppose un 
emploi vulgaire et en quelque sorte banal, excluant la ^^cia/tï^, 
caractère essentiel des divinités topiques d'un lieu déterminé. 
Remarquons toutefois que le chien est l'emblème de notre 
déesse Nehalennia ^Zélandaise) ('). 

Terre blanche* noire ou rouge à couverte noire ou grise. 

1^ Deux urnes en terre noire, fine, terne, à ventres rebondis 
sans rebords; elles mesurent toutes deux il cent, de hauteur; 
Tune d'elles porte en guise de borbure à la circonférence exté- 
rieure près de l'orifice, une série de petites stries verticales 
placées à distances égales. 



(* J Edm. Tudot, Collection de figurines eHargiie,eic. iQ-4o. Paris, 4860. 

[*} Catitlogue du Mutée de Bruxelles, § 10, p. 170, S« édit. 

Un détait important nous avait éehappé lorsque nous parlions dans notre pre- 
mier rapport de la Vénus Anadyomène trouvée dans la parcelle vf* 7K7 ; c'est 
qu'elle lient dans sa main droite un objet très-vagvemeni marqué mais qui parait 
être rond; c'est probablement le miroir avec lequel cette déesse est ordinairement 
représentée (Winckelmamn, ouvrage cité p. 116, n« 548). La gravure que l'on en a 
donnée n'étant pas satisfaisante, une photographie destinée à la remplacer, en a é 
faite par ordre de la Société. 



— 446 — 

S° Diif-haM oUa eti terré blanche et couverie noire, teroé, 
sauf deux spécimens ob la couverte est luisante et glacée, et 
uni troidièitte' dont la terre est rougeitre. Elles mesurent de S 
à 13 eenc. de hauleur, et de 4 à 8- centim. de diamètre. Dôttze 
dé ce» olia^ ùttt les flancs presque diroits, arinelinârnt légère- 
ment téP9 rîntérietir h mesure qu'ils s'approchent dé rorifice, 
et sont dépourvus de bords ; iesl autreis, à flancs^ rebondis, sont 
munis d'un^ bwd recourbé. On remarque parmi les premières, 
an vase qui porte sur le flâne en guise d'ornements, deux guir- 
landes consisteini en deux cordons entrelacés et quel^i^ fl* 
gtfires tracéeië eii M^nc m pMcean; ces flgnres isotées res- 
semblent paifaitement k desi B majuscules dtt caractère appelé 
ponde. Trois autres préiséntént des guillochis plus ou moins 
compliqués Cels que ceux q'ui sont représentés à la planche IV, 
fig. 3 ('). Deux enfin, très-fragmentés offrent en bas-relief des 
chasses d'animaux sauvages. (PI. V, Ôg. 1 et Pî. VII, fig. 3). 

3^ Netiif vases de formes diverses, sortant tout-à-fait des 
types ordinaires ; comme il serait fort difficile d'en donner une 
description satisfaisante, la Société les a fait reproduire par la 
gravure (PI. X, fig. 1, 2, 4 et 5, PI. XI). Six d'entre eux sont 
en terre blanche très-fine à couverte noire ; un autre (PL IX, 
fig. 4) est foiMé d'une terre rougefttre, presque rose et porte 
également une couverte «loire, très-fine aussi, k couverte terne; 
la forme de ce vase semble se rapporter plBt6t à l'époque 
firan(pie qu'à l'époque gallo-romaine ; un autre encore (PL VI, 
fig. 3) est en terre grise, à peu {près de la même nature que les 
vases n*" 4 mentionnés sous le titre tert*e blanche ou griscj sam 
couverte. 

Objets en ^erre. 

Il me reste à mentionner deux objets qui sont de nature à 
exciter, au plus haut point, la curiosité des archéologues, non 

( 1 ) Voir le premier Rapport. 



Fouilles de Juslenville , 




Del !t Li'h A ;:in'l^b 






— 447 — 



- * 



pour les renseignements nouveaux qu'ils pourraient donner au 
point de vue historique, mais ^ cause de leur extrême rareté. 

i® On se souvient que Hubert Hardy ramassa avant Tannée 
181(1 une pierre brute sur laquelje était tracée à la pointe Tins- 
cription incomplète VIIRVIICCO, pierre qui fut ensuite achetée 
par If. de Thier et offerte au Musée de Liège. Il eut été extrô- 
ment précieux pour nous de retrouver le complément de cette 
inscription qui, dans Tétat où elle se trouve, n'a aucune signifi- 
cation. L'attention de M. de Limbourg avait été particulièrement 
attirée sur ce point et toutes les pierres qui ont été déterrées 
furent de sa part l'objet d'une vérification scrupuleuse; toutefois 
il restait peu d'espoir de rien découvrir ; le fragipent du Musée 
avait fait partie du couvercle d'une tombe ; or, comip^ on Ta vu 
plus haut, à peu près tous ces couvercles avaient été arrachés 
précédemment et , suivant la coutume des cul^vateurs , jeté^ 
hors du champ, puis emportés et brisés pour remplir les or- 
nières des chemins. 

Quelles ne fUrent pas notre suprise et notre joie, lorsque M. 
de Limbourg npus fit savoir le 38 octobre que deux nouvçl)es 
pierres à inscription venaient 4*étre découvertes ! Si^iyant les 
ren^eigoaments que nous avons reçus, elle m se trouvaient pas 
ense.mble; Tune d'elle gisait 4ans une tombe dont elle avait 
formé le couverde et qui contenait en outre une petite épichysis 
à bec, deux patelles en terre rouge et deux monnaies ^les n"" 17 
et 18). Aucune des deux n'appartient à l'inscription de Ver- 
veccus ; elles n'appartiennent même pas l'une à l'autre; en effet 
et.d'abord, les deux fragments ne s'adaptent pas l'un à l'autre; 

ê 

ensuite, les caractères qui, d'un côté, ont été péniblement et à 
plusieurs reprises marqués avec un outil émoussé, se voient, de 
rauire gravés d'un seul trait par une main ferme avec un ins- 
trument aigu et tranchant. Malheureusement, comme la pre- 
mière, les deux nouvelles inscriptions sont très-incomplètes; 
de plus, la nature des pierres, brutes , inégales, raboteuses, 
éclatées en certains endroits, laissent à peine deviner ce qui y 



~ 448 — 

était inscrit. On y distingue toutefois assez pour pouvoir certi- 
fier que nous possédons le commencement d*une inscription et 
la fin d*une autre (PI. XII, fig. i(et 3). Celle-là se reconnaît à une 
croix pattée qui se trouve en tête (*) et par les lettres DM 
(Diis manibus) que Ton voit dessous : puis des traces de carac- 
tères insaisissables. Celle-ci, plus grande, laisse lire ce qui 
suit : 

ACC . . . 
ACC . . . 
F I ifieri jussit). 

Une feuille de lolus, tracée sous la lettre I, un peu à droite, 
indique la fin de cette inscription, comme la croix pattée indique 
le commencement de Tautre. Il est inutile de se livrer à des 
conjectures qui ne peuvent être appuyées sur rien de certain. 
En attendant que Ton puisse, au moyen de l'analogie, arriver à 
un résultat satisfaisant, il faut se contenter de deviner ; ce qui 
jusqu'aujourd'hui paraît le plus probable, est que ACC . . . 
ACC . . . {Accius .4cm ?) indiquent des noms propres (•). 

^» J'examinais, il y a quelques jours, la collection d'antiquités 

de Juslenville en compagnie de M. Alexandre et d'autres per- 
sonnes, et je prenais des notes pour la rédaction du Rapport 
que j'ai l'honneur de vous lire , lorsque notre attention se porta 
sur les masses de fer, formées pour la plupart de clous oxydés, 
et recueillies en grande quantité dans les sépultures. Sachant 



(i) La croix pattëe en forme de Tace, leUre de l'alphabet phëDieien, se (roave 
sur plusieurs monuments Romains. Baoul-Rochette, Uémoiret de VAcadémk des 
inscription» f les Jaiirbùeher des Vereins von tdurthums freunden im Bheiulande, 
M. DE Mertillet ; le signe de la croix avant le christianisme, onl reproduit différents 
signes semblables qui n'ont pas par eux-mfimes la valeur d'un indice de christia- 
nisme. 

( * ) Les fouilles de Juslenville ont eu les honneurs de la mystification : un jour M. 
de Limbourg, allant inspecter les travaux dans le terrain Lejenne, trouva, sur une 
pierre placée en évidence et qui ne portait rien la veille, l'inscription suivaote habî- 
lemeol tracée : lYLIANiVILLA. 



449 



qu'une bague en cuivre portant uue inscription qui, quoique 
parfaitement lisible, esC restée inexplicable jusqu'aujourd'hui ('), 
avait été trouvée dans un amas semblable, j'engageai notre 
courrère à faire subir, par acquit de conscience , à toutes nos 
ferrailles, l'opération du lavage. Je n'avais pas achevé mon 
exhortation, que M. Alexandre, brisant entre ses doigts un 
amalgame de rouille, vit apparaître une pierre ovale noirâtre , 
opaque , avec une couche laiteuse transparente , qui , dégagée 
de son alvéole , se trouva être un jaspe-calcédoine gravé en 
intaille, parfaitement conservé (PI. XII, fig. 3). Une trace de 
monture en fer disparut dans l'opération. Après un succès 
aussi inespéré, toutes les agglomérations de fer furent immé- 
diatement soumises à un examen minutieux ; mais elles ne 
fournirent plus rien qu'une fibule. 

Le sujet que représente notre intaillc est une divinité assise, 
appuyée sur un bouclier, la tête armée d'un casque ; de la main 
gauche, elle semble retenir une pique placée entre ses jambes; 
sur la droite étendue, s'élève une petite statuette tenant une 
couronne. Ce sujet, qui se voit aussi sur certaines monnaies 
romaines, a été remarqué sur d'autres pierres (*) ; il est connu 
sous le nom de Rome nicéphore (•). 

Cette pierre n'a rien de remarquable sous le rapport de l'art ; 
mais elle est pour nous extrêmement précieuse parce que c'est 
la seule à votre" connaissance, qui jusqu'ici ait été trouvée dans 
notre province. 

Telle est. Messieurs, la liste aussi complète et exacte que 
possibledes objets recueillis à Jusienville dans le terrain Lejeune, 
parcelle n*» 758 du cadastre. En voyant ce que nous y avons glané. 



( 1 ) V. BuU. des Comm, royales d'art et d'archéoL t. VU, p. 54. 

f 3) De Crassier, Descriptïo brevi* gemmarum, elc. Leodii, 4740, p. 63 ; Winc- 
KCLVAHiv, oavrage cité, p. 430, n»» i44 et 145. Ce dernier auteur, p. 64, n« 203, 
cite aussi une Minerve représentée de la même façon avec une victoire sur la main. 



— 450 -~ 

ou se demaûde ce que devait élre la moisson ; mais les regrets 
sont inutiles et nous devons déjà nous estimer heureux du 
résultat obtenu. Tout n*est pas dit d'ailleurs pour le cimetière ; 
les parcelles n^ 759, 760* et 762*' attendent encore des explora- 
tions qui, grâce au subside de 500 francs que le gouvernement 
a bien voulu nous accorder pour cet objet , pourront se faire 
aussitôt que la culture de^ terres le permettra. 

Les fouilles dirigées avec un dévouement et un zèle au-dessus 
de tout éloge par M. Phil. de Limbourg, ont été terminées dans 
la parcelle n<^ 758 , le 6 février 1869. M. Grandgagnage, prési- 
dent de la Société, M. le baron de Sélys, vice-président, M. 

w 

Alexandre, conservateur du Musée, M. Noppius, architecte de 
la province et d'autres membres de l'Institut, se sont à diffé- 
rentes fois, rendus à Juslenville pendant les travaux. 

Liège, le l»^' juillet 1869. 

le Secrétaire^ 
S. BORMANS. 



SKIGNEURIKS FÉODALES 

DE L'ANCIEN PAYS DE LIÈGE. 

(suite) 




EHEIN <*). 



4634 : Terre, hanlteùr, selgoéôrie, appendices et'apparto'riamèe d*Ahin (var. Êhin) 
avec les revenues et dépendances d'icelles, gissante près de la NeufFville en Gon- 
droz, avecque les bolx, droix de poisseries de la rivière de Meuse aussy loing 
que ladite seigneurie s'eztend, et de tous autres ruisseaux extants en icellc, 
chalRbrs, cenis, rentes, chapons et tous autres droix en dépendans; hatite, moyienne 
et basse juridiction. 

1634, 18 sept. Noble dame madame AnnadeBliterswick, com- 
tesse de Hozémont,dame douariëre de Hermalle, veuve de noble 
et généreux seigneur Jean baron de Berlo, comte de Hozémont, 
seigneur de Hermalie , fait relief de la seigneurie en vertu du 
testament de son mari ; après quoi elle en fait transport , du 
consentement de noble et généreux seigneur Guilleaume de 
Berioz, seigneur de Hermalie, son fils atné, en faveur de noble 
seigneur Sébastien Daems, seigneur de Noirmont, pour 24,000 
florins de Brabant. Dénombrement. 



(*) Commune rurale de la province de Liège, arrondissement de Huy, éanton'de 
Nandrin. — V. d'autres reliefs à Hermalie, 



452 



16B4, 28 mai. Noble et généreux soigueur don Petro Galio 
de Salamanca, seigneur de Lavant, Ramaigne et Ehin, fils de 
don Petro Gallo de Salamanca et de dame Thérèse Hensia de 
Pastrana, relève en vertu du testament fait par sou oncle 
Sébastien Daems, le 19 décembre 1651. 

1679, 15 avril. Noble dame madame Thérèse Patraua , veuve 
de Pedro Gallo de Salamanca, relève son usufruit. 

1691, 26 avr.La Cour féodale décrète la saisie d*£hiu faute de 
relief; le sieur Bartholomé Masset en opère le purgemenl à 
titre d'une rente. 

1697, 23 mai. Mentia Theresia Pastrana transporte les sei- 
gneuries d*Ehin , l^val et Remaigne à son fils , don Pedro 
Gallo de Salamanca. 

1697, 9 juil. Noble seigneur don Pedro Ferdinando Gallo de 
Salamanca, baron de La Val , vend la seigneurie à honoré sei- 
gneur Bartholomé Masset, bourgmestre de Liège , lequel fait 
relief le 23 décembre suivant. 

1699, 25 mai. Pedro Ferd. Gallo de Salamanca renonce pour 
1200 florins de Brabant à son droit de purgement, eu faveur du 
seigneur Masset. 

1702, 21 mars. Noble et généreux seigneur don Léonel Gallo 
de Salamanca, baron de Noirmont et brigadier au service de 
S. M. C, fils de don Antonio Gallo de Salamanca (fils de don 
Francisco Gallo de Salamanca et de Marie Daems), et de Marie 
Caroline de Lima , relève la seigneurie comme proche parent 
de don Pedro Gallo de Salamanca. 

1711, 18 nov. Contestation touchant retendue de la juridic- 
tion d*Ehin. 

1724, 25 févr.; 1725, 15 févr. Noble dame madame An^ela de 
Masset, douairière de noble seigneur Conrard Joseph baron de 
Haxhe, seigneur de Bierset, bourgmestre de Liège, député 
perpétuel aux États du pays de Liège, seigneur d*Ehin en Gon- 
dros, fait relief. 



— 488 — 

1733, 23 avr. Madame Angeline de Masset, héritière d*£hia 
par la mort de Bartholomé Masset, son père, cède Tusufruit de 
la seigneurie à noble seigneur Hyacinthe Bartholomé baron de 
Haxhe, sou fils, chanoine de la cathédrale de Liège : celui-ci 
fait relief et engage les terres d'Ebin et de Biet^set à noble et 
généreuse demoiselle Marie Éléonore baronne de Goer de 
Hervé, pour servir d'hypothèque à une rente. 

1745, 8 janv. Madame Angela de Masset fait relief. 

1789, 11 mai. Noble seigneur Ferdinand Courard baron de 
Haxhe, seigneur de Hamal, chanoine de la cathédrale de Liège, 
fait relief, 

1789, 16 août. Noble seigneur Pierre Joseph baron de Boi- 
leau, seigneur de Vien, chanoine de la collégiale St.-Paul, fait 

relief. 

1761, 28 avr. P. Jos. baron de Boileau, fils de Madame Claire 
fille de don Louis Gallo Salamanca (lequel était frère de don 
Pedro Gallo Salamanca, héritier de Sébastien Daems), ajourne 
le chanoine de Haxhe de Hamal pour exhiber les titres en vertu 
desquels il détient la seigneurie ; la cour féodale en adjuge la 
propriété audit baron de Boileau. 

1766, 17 juin; 1772, 7 août ; 1789. 1«' juil. Ferd. Conr. baron 
de Haxhe fait relief. 



EMEVILLE C'). 



1349 ■■ La naiBOD et haullenr d'Eimeville en Condroi, ivoeeque les hommei de Ihb 
âi aallres apparienunces «t i bonierB de terre de poarprls. — 13SI : Le cbu- 
tiaa et assise, hauUeurel sifnonrie. — 1414 : Le Tortresse dsKeTille A loos te* 
appsrlenancheg. — 1633 : Le cheetein, fortereue, marson, jardius, homagei, 
etc. d'Emeville. — 1~9I ■ Basse-cour, ceos, moulins, brassine , jardin ■henière. 
prei, terres, irixhes, bois, Slangs, raisseam, chasse, pesche et Ioh droit* boBO- 



1349, 6 mars. Henri de Hartîns Tait relief par reportaiioa de 
dame Marie dite Bellesuer d'Emeville. 

1349, 29 mai. Aelis, fllle de Slassin des Preis, fait relief par 
reportation de Harie Bellesuer, laquelle se réserve l'usufhiit 
du bien. 

1381, 17 mai. Jehan de ftamelhous fait relief par décès de 
demoiselle Aellis d'Emeville, sœur de damoiselle Haroie des 
Preis, sa femme. 

1399, 13 nov. Jehan de Ramelhu fbit relief. 

1414, IS déc. Herman de Horion fait relief par reportation de 

( > ) Emeville ou Eminville, dépendance de la commune de Flosloy, provinee de 
HuBiir, atroDdiasement de Dinanl, eaiiUD de Cinay. 



— 488 — 

Joban de RAraelhoeU lequel venait liii-mâme de relever, te fief 
par reportation de Joban de RameIgnoaU son père.. 

1497, l2avr. Willeamede Horion, écuyer, fait relief pour 
son fils Herman, de la forteresse que celui-ci possédait par re* 
portation de son oncle, Herman de Horion, échevin de Huy. 

1478, 20 sept. Jehan Scailt>ert, mari de damoiseHe Pirktne 
de Nettines, fait relief par décès de Hustin de Nettines, père de 
la dite Pirkine, lequel avait acquis le fief de Herman de Horion. 

1838, 19 juin. Robert de Tîribu fait relief par décès de Johan 
de Tiribu, son père. 

1846, 3 avr. Cloes de Tiribu , boui^eois de Huy, fait relief 
par décès de son frère Robert. 

1888, l*" juii. Johan, fils de Gtoes de Tiribu, relève Tusufruil 
de damoisdle Anne, sa mère. 

1888, 31 janv. Anne, veuve d'honorable homme Cloes de Ty-^ 
ribu, fait relief. 

1866, 22 juin. Guilleaume, fils de Cloes de Tiribu, relève Tu- 
sufruit de sa mère. 

1880, 22 oct. Honorable homme Guilieame, fils de Cloes de 
Tiribu, seigneur d'Emeville, fait relief. 

1883, 16 mars. Le seigneur Johan de Tiribu, fait relief. 

1888, 2 sept. Les enfants de Guilleaume de Tiribu, font relief. 

1617, 3 juil. Noble et honoré seigneur Théodore de Crissen- 
gnée, seigneur de Sure, et mademoiselle Anne de Mozet, veuve 
de Guilleaume de Tiribu, font relief. 

1633, 17 janvier. Noble seigneur Guilleaume Gaiffier, seigneur 
d'Emeville, Bonine, voué de Merdo, jadis bourgmestre de Huy, 
fait relief comme mari de noble dame madamoiselle Anne Marie 
de Tiribu. 

1706, 24 nov. Noble seigneur Guilleaume Théodore de Gaif- 
fier, seigneur d'Emeville et haut-voué de Mierdo, fait relief par 
décès de Guilleaume de Gaiffier, son père. 

1711, 16 févr. Guil. Théod. de Gaiffier, lègue le château à 
Pierre Paul de Gaiffier, son cousin. 



- 466 — 

i712, 22 avril.; 172S, 4 déc.; ITSO, 24 mars; 1765, 7 août. 
Le seigneur Pierre Paul de Gaiffier, Tait relief. 

1763-1771. Jean Joseph Guilleaume de Gaiffier de Bonnine, 
seigneur d'Emenville, et Marie Justinne baronne de Woot de 
Tinlol, sa femme, engagent la seigneurie. 

1773, 20 mars. Jean Jos. Guilleaume, fils de Pierre Paul de 
Gaiffier, fait relief. 

1790, 19 févr. Madame la baronne douairière de Woot de 
Tinlot de Braive, née comtesse de Nassau-Corroy, ayant été 
mise en possession de la seigneurie le 2 septembre 1789, en 
vertu de la cession de monsieur de Gaiffier, seigneur d'Emen- 
ville, capitaine au service de LL. HH. PP., et de monsieur L. 
B. Hairs, son gendre, vend à proclamation le fief pour 260,000 
florins de Brabant, à très-noble et généreux seigneur messire 
Joseph Wenceslas comte de Turhem, chambellan de S. M. I. A. 
et romaine, lequel fait relief le 31 mars. 




ENGIS<'). 



i375: Toute la terre de Engis à tontes ses appendices, en hauteur, justice, sei- 
gnerie, terre « preis, pessen'es, bois, cens, rentes en bleis, chapons et autres 
rentes. — 4410 : yauwes, revenues, prouffls et émolumens, hérctaiges, etc. — 
1476 : Engys sur Moeze. — 4606 : minéraux terrions et soublorriens, coup ë'eaue, 
droitz de pexherie, etc. 

1375, 4 févr. Honorable homme et discret Istasdit Franshons, 
fils d*Arnult Corbeal de Holleingnoule, déclare que, sa femme 
dame Ratheline, fille de Johan Hochet et dame d'Enghis, lui 
ayant fait don de la terre d'Engis, il y renonce en faveur des héii- 
tiers de Johan Hochet, lesquels sont : Johan Hochet, chanoine 
de Sainte-Croix; sire Johan de Villeir, chapelain de Saint Jean en 
Ile, etc. ; ceux-ci à leur tour en font ti*ansport h Herman de 
Colongne. 

1410, 26déc. Herman de Horionfait relief, comme plus proche 
héritier de Herman de Coulongne, son grand père. 

1445, 15 avr. Messire Willeaumede Horion, seigneur d*01ey, 
chevalier, fait relief par décès de Herman de Horion, seigneur 
d'Emeville, son oncle. 

1476, 1" oct. Messire Guilleaume de Horion, chevalier, fait 

(i) Commune rurale de la province de Liège, canton de HoUogne-aux-Pierrcs. 
V. Deltadx, Ùicèion, géogr, etc., t. Il, p. 66. — V. d'antres reliefs il AmrSf Betw- 
J'raiponi, Frehux, Haulteperme et Lover vaL 



458 



relief de la moitié de la seigneurie par décès de Guilleaume de 
Horion, seigneur de Granl-Axhe, son père. 

i53i, 88 juil. Noble homme Guillaume, fils de Guilleaume de 
Horion , fait relief. 

1574, 20 févr. Noble homme Glaude de Berlaimont, écuyer, 
apporte en mariage à demoiselle Marie de Brimeu, dame de 
Humbercourt, fille de Messire George de Brimeu, les seigneu- 
ries d'Eogys, Haultepenne et Kermpt, lui dévolues par le décès 
de messire Loys de Berlaimont, son flrère. 

1882, 7 mai. Noble et vaillant seigneur Glaude de Bairlaimont, 
relève les droits qu'il peut a.voir sur la seigneurie. 

1583, 24 mars. Noble dame madame Margarite, fille ainée de 
Guill. de Horion, avoué de Horion, seigneur d'Engys, Oleye, 
Grantaxhe, et veuve de noble.et généreux seigneur messire Jean 
de Carondelet, chevalier, seigneur de Potelles^ Anvoilles, Asnoy, 
S*-Martin, gouverneur de Landrecy, relève la moitié d'Engys- 
sur-Meuse, Freloux, Pas-S^-Martin et Tavouerie de Horion, par 
décès de Guilleaume de Horion, son frère. 

1887, 22 juil. Monseigneur l'illustrissime et révérendissime 
archevêque et duc de Cambrai, prince du S.-E., comte du Cam- 
bresis, relève Engys, Haultepenne et la Motte par décès deGlaude 
de Berlaimont, son frère. 

1603, l*' juin. Marguerite de Horion transporte Engys, Pas- 
S^'Martin, et les château et avouerie de Horion à noble dame 
mademoiselle Catherine de Garondelet, sa fille. 

1606, 29 févr. Noble et généreuse demoiselle Catherine de 
Garondelet, dame de Horion, Engys, Oley et Grant-Axhe, cha- 
noinesse de S^^'-Waudru, reporte la moitié de la seigneurie au 
seigneur Guilleaume de la Marck, seigneur d*Olhée. 

1607, 7 févr. Noble et honoré seigneur Ferri de Garondelet, 
chevalier, seigneur de Pottelz, renonce en faveur de noble et 
honoré seigneur Jean de Heahoveu, seigneur d'Oley et Gand- 
Axhe, au droit de retrait Hgnager qu'il a contre Guilleaume de 
la Marck. 



— 459 — 

1610, 8 juil. Gaiberine de Garondelet transporte Engis, Pas- 
St'Martiîi et Tavouerle de Horion à son frère Ferri, seigneur 
des Annoilles, Baudengnée, la Chapelle, Liemeux, etc. 

1614, 13 avril. Ferier de Garondelet relève Engis, Pas-St- 
Martin et Horion, 

1614, 11 juin. Le seigneur Servais, fils de Guilleaume de la 
Marek, seigneur d*Othëe, relève les droits que son père peut 
avoir sur la moitié d*Engis. 

1680, 12 déc. ; 1653, 18 déc. ; 1662, 2 déc. Noble seigneur 
Charles Artus de la Marck, seigneur de Harduemont, relève la 
moitié d*Engis par décès de son père Servais. 

1652, 20 juin. Le seigneur Jean Fi^ançois de Plancbon et ma- 
demoiselle H. de Falloize, sa femme, ayant été mis en posses- 
sion d'Engis et de Haultepenne en vertu du purgement qu*ils en 
avaient fait en Tan 1648, les vendent à S. Ex. monseigneur le 
prince de Gavre pour 17,000 florins de Brabant. 

1654, 17 déc. Noble et généreux seigneur Ferdinand baron 
de Mérode, gouverneur de ville et château de Huy, relève Pas- 
St-MartiHy Tavouerie de Horion et la moitié d*Engys, comme 
tuteur des enfants de Pierre de Garondelet et de noble dame 
Anne de Mérode. 

1671, 22 oct. Noble dame la veuve de noble seigneur Guil- 
leaume François de Harchies, seigneur de Moullîn, ayant le 1^' 
décembre 1667 et 9 janvier 1669 intenté une action à Charles 
Artus de la Marck, baron d'Othée , seigneur d*Engis, pour 
faute de payement et de relief, fut mise en possession de la 
seigneurie le 30 janvier 1670 ; le seigneur Martin de Loncin en 
opéra le purgement à raison d'une rente qu'il avait acquise des 
enfants du seigneur Arnold de Thier, échevin de Liège. 

1672, 16 mai. Le sieur Adam Mercier engage tous ses biens 
au seigneur Jean Dominique de Nave, seigneur de Constantin 
pour servir d'hypothèque à une rente. 

i688, 4 févr. Martin de Loncin remet entre les mains de la 
Cour féodale tous les biens dont il a été mis en possession, en 



460 



faveur des seigneurs de Harchies, Biderant et autres créanciers 
qui pourraient y prétendre. 

1693, 8 nov. Le seigneur Gilles d*Otbée vend au seigneur 
Charles Antoine Salms les rentes qu'il possède sur la seigneu- 
rie d'Engis, à condition de payer les frais des saisies exécutées 
pour faute de payement contre les sieurs Mercier, Bîderan, 
Mombeeck, Nivolara, Martin de Loncin et de Bertincourt; item 
ceux du procès intenté par le M. de Loncin contre le baron de 
Pôtelle, moulant le tout à la somme de 9600 florins de Brabant. 

1698, 31 janv. Haut et puissant seigneur Procope Français 
comte d'Egmont, prince de Gavre, relève Haultepenfie, la terre 
délie Motte, dite dWwir-Ste'Mark, et la moitié d'Engis, par dé- 
cès de haut et puissant seigneur Philippe comte d*Egmont, 
prince de Gavre, son père. 

1653, 13 oct. Noble et illustre dame Marie Margarite de Ber- 
lemont, comtesse d*Egmoiit, donne Haultepenne et Engis à son 
fils unique haut et puissant seigneur Philippe comte d*Egmont, 
prince de Gavre. 

1698, 8 nov. Les demoiselles Marie Catherine et Catherine 
Jenne, filles de Ch. Ant. Salms et dlsabelle Garanette, relèvent la 
moitié d*Engis par décès de leur père , lequel en avait obtenu 
saisie le iO avril 1693 contre les seigneurs Bertincourt et Bi- 
derant, faute de payement d'une rente lui due comme représen- 
tant Gille d'Oliiée en qualité de resaisi es biens d*Adam Mercier, 
qui, à son tour, réprésentait Anne Marguerite de Mérode , 
dame de Horion et son fils. 

1699, 16 nov. Le seigneur Pierre Joseph de Héan, seigneur 
de Meer et BoUer, fils aine du seigneur Jean de Méan (fils de 
Pierre de Méan, seigneur de Meer et de Boller, et deLudegai*de, 
fille de Balthasar Boux de Falle et de demoiselle Barbe fille de 
Jean Thomé) et de demoiselle BarbeElisabeth de Macours, relève 
différentes rentes que Catherine Goé, veuve de Jean Jean, et 
Gérard, son fils, avaient transporté le 1*"' juillet 1580 à Jeau 
Thomé, 



— 461 — 

1720, 20 juil. Le baron de Loverval, mari de madame Salms 
veuve de noble seigneur Michel Henry de Rosen, échevin de 
Liège, relève la moitié d'Engis, Chinstrée, Reepen et Voroux. 

1745, 9 janv. Noble seigneur Henri Joseph de la Raudière, 
baron de WalefTe.Borlé, etc., relève Engis, Chinstrée et Repen, 
au nom de sa mère, veuve en premières noces du seigneur de 
Rosen, et en secondes de noble seigneur Philippe Jacques de 
Heni7 de la Raudière, baron de Loverval. 

1747, 8 juin. Noble seigneur Michel Henry de Rosen, seigneur 
de Reepen, Engis, Borckharen, etc., fils de madame de Salms, 
relève Engis, Chinstrée et Bepen. 

1766, 11 avr. ; 1772, 4 août ; 1785, 10 août. Madame la douai- 
rière de Michel Henry de Rosen relève son usufruit sur la moitié 
d'Engis, Chinstrée et Reepen. 

4787, 12 mars. Monsieur Charles Servais baron de Rosen, 
seigneur de Reepen et Haren, relève la moitié d*Engis au nom 
de sa mère la demoiselle Marie Hélène veuve du baron Mich . 
Henry de Rosen. 



fm^ 




ENHETC) 



i4âl : Le ville, ban, haulteup et justiche de Ëynhen, S80 boniers de bois, 10 cha- 
rées de fuere, 3 reis d'avoine de toulniers. — d487 : Eynhe, 3 viviers, etc. — 
4493 : Terre, saingnorie etc., d'Eynehe. 

1421, 2 juil. Ernoul dele Malaise relève le fief par reportation 
de Henry de Fourfous, lequel venait d'en faire relief par trans- 
port de Libiert de Forfous, son père ; celui-ci en était proprié- 
taire par suite du décès de Henry dele Monsée, son père. 

1422, 16 juin. Rigaut d'Ohay ayant opéré le retrait lignager 
du fief, Ernoul dele Malaise lui en fait transport. 

1487, 28 nov. Jehan d'Ohay fait relief par suite des décès de 
Libiert de Ramonzet, dit de Furfouz, son cousin germain, et 
de messire Hausse de Hourle, chevalier, son plus proche parent. 
Ledit Hausse avait relevé par décès de Jehan Hausse de la 
Monzée. 

1493, 20 mai; 1811, 3 avril, Olivier, fils de Jehan d'Ohay, 
écuyer, seigneur d'Eynhe, fait relief par décès de son père. 



(*) Dépendance de la commune de Chevetogne , province de Namar, arrondisse- 
ment de Dinant, canton de Ciney. — V. d'antres reliefs à Cellet et Crupet, 



- 463 - 

iSll, 26 juiL Louis de Geelles relève la seigneurie d'Eaheit 
qu'il avait achetée à son cousin Olivier d'Ohet. 

i553, 27 mai. Olivier délie Halle, bourgeois de Liège, fait 
relief par suite des décès de ses grand père et grand mère Oli- 
vier d*Ohay et Marie, sa femme. 

1596, 27 nov. Olivier, flls de «fean délie Halle, et petit-fils 
d*01ivier delle Halle, fait relief. 

1598,. 25 févr. Marie, veuve d'honorable Jean delle Halle, fils 
d'Olivier, relève son usufruit , puis en fait transport à son fils 
Olivier. 

1616, 23 mars. Noble et honoré seigneur GuiUeaume de 
Geelles, seigneur d'Enhet, fils aîné de noble et honoré seigneur 
Louys de Celles, baron de Geelles, seigneur de Steabali, fait re- 
lief de la terre que son père lui avait donnée dans ses conve- 
nances de mariage avec noble dame madame Jehenne, fille de 
noble et géitéreuiD seigneur Richart de la^ Rivière, baronile 
Heers, en juin 1614. 



FARCIENNES ('). 



131i : Lb juUiclie de Favrechioes sour Sambre et 300 livrées de terre. — 13V1 ; 
La maison de Faverchiiies, ville el apptndicbe«, avoec 40 boniers de terre lïfulle, 
80 boniers de bois, 40 cippon» ; 60 gelines, 80 poulies, KO livre» (Le lin, le pes- 
kerie ea le rivière de Sambre.ivecle jastichehalleet basas, nairie et eskeviaiBe 
«I les masuyers dele ville de Fsverrhipes. — tS&B : Cha^liau, (erre, baullenr, 
ne. — 1368 : Sigaerye , etc. — i380 : Forlereche el wariion. — iSiO -. Preis, 
terres, boix, iiiolliaB,bn[sslnea, wjnaiges, sflbnifBs, etc. — (897 : La Iboar, 
cbesleau, court, maison, jardins, viviers, etc. — 4613 : ceos, rentes, droix 
d'homaigea , revenues, émolunienlg , etc. — 1687 : basse-court, colombier, etc. 
(détail de tout les droits,. — 1700 : autorite de créer officier, bally et sergent, el 
d'émettre, pardonner, exécuter tous méfais, droit de chasse, soit bètes grocsea oa 
rouges et i sa garaine, sa vollerie, passage d'eau, et autres droits. 

1314, 26 mai. Ueari de Favrechines fait relief. 

1325, 4 juil. Henri de Faverchines, écuyer, fait relief par re- 
poi'talioii de Gille de Loviervaux. 

1368, 10 août ; 13t}9, 37 avr. Messire Jehan de Mirbais, le 
jeune, chevalier, sire de Luteaus, Hiit relief comme mari de 
Marie, fille de Thiry de Faverchines. 

1377, 11 mars. Messire Thiri de Rochefort, chevalier, f^it 
rehef par décès de sa cousine dame Marie, femme de Jehan de 
Marbais; charte. 

1380. 7 nov.; 1391, 12 juil. GhodefTroit, fils de messire Gho- 
deffroit de SombrefTe, chevalier, relève par décès de son père, 

( < ) Commune de la province de Baintut, arrondissement et canton de CJurleroy. 
V. SAumaï, Dtlicti, t. Il, p 3Î7. 



- 465 — 

sauf les usufruits de Jehan de Marbais et de dame Izabiaul de 
Ottengnies, dame de Hairipont, sa mère. 

1392, 8 oct. Jean de Bavière, évêque de Liège, déclare que 
messire Otte dit Scochar de Forvye, chevalier, mari de dame 
Marie, fille de Godefroid de Sombrelfe, a relevé une rente de 
60 florins hypothéqués sur la seigneurie et dûs à messire Johan 
de Marbais, chevalier, en vertu de son contrat de mariage. 
Ledit Godefroit, seigneur de Faverchines, reconnaît celte rente. 

1396, 21 juil. Bobert deSpontin, sire de Wavre, comme 
mari de Marie Sombreife, relëye 60 florins hypothéqués sur la 
seigneurie. 

1405, 18 sept. Jehan de Sombreflè fait relief par décès de 
messire Ghodefi'roit de Sombreife, son père, et d*Izabiel d'Ot- 
tîgnies, sa mère. 

1423, 29 août. Jehan de Sombreife, écuyer, fait relief. 

1426, 22 août. Jakeme, seigneur de SombrefTe et de Rixen- 
save, écuyer, fait relief par reportation de Jehan de Sombrefiis, 
le vieux, son oncle, auquel il reconnaît l'usufruit de la sei* 
gneurie ; puis il donne en douaire cent mailles de Hollande à 
demoiselle Marie de Longcbamps, femme du dit Jehan. 

1448, l""' décembre; 1459, 23 mai. Noble Robert comte de 
Vernenbourg, seigneur de Saffenbourg, fait relief par reporta- 
tion de damoisiaul Jehan de Sombrefie, le jeune, son beau- 
frère, fils de demoisiau Jacques de Sombreife. 

1468, 8 juil. Dame Marguerite de Sombreife, veuve de Robert 
de Vernenborgh, relève Tusufruit de la seigneurie dont la pro- 
priété appartient à monseigneur Philippe comte de Vernenborgh, 
son fils. 

1471, 16 oct. Messire Giles de Brandembourg, second mari 
de Marguerite de Sombreife, relève la seigneurie dont Tusu- 
fruit appartient à sa femme. 

1500, 12 juil. Philippe de Vernenborch déclare que messire 
Gile de Brandeborch, chevalier, son parâtre, n*a aucun droit à 



- 466 - 

la sejigneurie, mais queparcondiiescendance il lui en laisse Tusa- 

fruit. 

1S09, 5 août. Phil de Vernenbourgh fait relief par décès de 
ses parents et de Giiie de Brandeb.orgh. 

1818, 25 févr. Illustre et très-honoré seigneur Goenne, fils 
de Phelippe comte de Vernembourgb, fait relief par décès de 
ses parents. 

1518, 6 nov. Goenne de Virnembourgh engage la seigneurie 
à noble homme Adrian Bran, seigneur d'Aza, pour servir d'hy- 
pothèque à une rente de 40 florins. 

1520, 22 juil. Noble homme Goene ou Gonrard de Vernen- 
bourg, seigneur de Favrechines, vend pour 360 florins une rente 
de 20 florins hypothéquée sur la seigneurie, à Adrian Bran, 
lequel fait relief. 

1524, 27 juin. Illustre et honoré seigneur Goenne comte de 
Vernerabourghe , seigneur de Sombreffe et de Paverchinnes, 
déclare avoir vendu à honorable homme Nicolas Rifllart, sei- 
gneur de Tongre-saint-Martin, en Hainaut, receveur général 
du pays et du comté de Namur, pour la somme de 2250 florins, 
une rente de 90 florins, hypothéquée sur la seigneurie. 

1531, 20 août. Damoîselle Jehenne Bernard, veuve de Nycolas 
RiflClart, demande à être mise en possession de la seigneurie 
pourfaqte de payement d'une rente par Goene de Vernembourgb« 
seigneur de Rixensart, Mostier, etc. 

1532, 11 janv. Noble, illustre et puissant seigneur de Goene 
de Vernembourg, seigneur de Sombrefle, Grantleez , Oitigoies, 
etc., donne la seigneurie en douaire à noble, il}MStre et très- 
honorée dame madame Jozinne comtesse de la Marck et d*A- 
rembergh, sa femme. 

1535, 30 juil. Goene de Vernembourg et de Neunart, seigneur 
de Sauflenborgbe, Sombrefle, etc.,vendàdamoiseaTiri deLyn- 
den , châtelain de Mirwart, et à damoiselle Marie d*OJeur, sa 
femme, pour 2400 florins, une rente de 150 florins hypothéquée 
sur la seigneurie. 



— 467 — 

153i6, 11 août. Jozine de la Marck renonce à son douaire et 
ratifie l'accord ci-dessus. 

1840, 3 août. Coene comte de Virnerabourch , Nyewart ou 
Neuvenart, engage la seigneurie pour 3S0 Garolus d*or, à haut 
et puissant seigneur Adriaen de Groy , comte de Roeulx , che- 
valier de Tordre de la Toison d'or, grand maître d'hôtel de 
rempereur, maréchal de son armée, gouverneur et capitaine 
'général des pays de Flandre, d'Artois, Lille, Douay, Orchies, 
etc. 

1542, i mai. Andrian de Groy, obtient la saisie du fief pour - 
faute de payement d'une rente par Goene de Virnembourg. Le 
Sjuinilen demande prise de possession, et le 11 juillet et 
il obtient une sentence d'exécution. 

1554, 8 janv ; 1888, 14 févr. Madame Glaude de Melein, com- 
tesse douarière de Roeulx, dame de Reminghen, Rixensart, 
Gevenal, Farchiennes, veuve de très-noble et de très-louable 
mémoire monseigueur et messire Adrian de Groy, chevalier, 
etc., fait relief. 

1876, 2i mai. Madame Glaude de Melin relève son usufruit, 
puis en fait transport à haut et puissant seigneur messire Johan 
de Groy, comte de Roeulx, seigneur de Rixensard, Geneval, 
Farchines, Beauraing, etc. ; celui-ci après avoir fait relief, vend 
la seigneurie à noble homme Johan de Hylle, seigneur d'Othéé, 
pour 29,000 florins. 

1881, 23 nov. Noble et honoré seigneur messire Joban de 
Hylle, seigneur d'Othée et de Farchynnes, fait relief. 

1883, 22 juin. Le seigneur Gharles, fils de monseigneur Johan 
de Hylle, fait relief. 

1896, 22 févr. Noble et honoré seigneur Gharles de Hylle et 
damoiselle Agnès d'Amstenroede, sa femme, transportent le fief 
à noble et généreux seigneur messire Gharles de Billehe, cbe- 
valiei*, seigneur de Soiron et conseiller-privé de S. A. 

1896, 31 déc. Noble et généreux sei(j;neur monseigneur Louis 



-- 468 — 

Biglia, comte de Seronna et Gerolle, colonel d'un r^iment 
haut-allemand pour le service de S. M. C. , fils de noble et gé- 
néreux seigneur messire Balthasar comte de Biglia et de noble 
dame madame Magdalenne Di li Affetady, rachète la seigneurie 
pour 41,000 florins par voie de retrait lignager. 
1897, 7 nov. Messire Louis de Biglia fait relief. 

1606, 16 oct. Noble et généreuse dame madame Joanna 
Sterck, comtesse de Biglia, dame de Farihine, Tergnies, etc., 
fait relief par décès de Louis Biglia, son mari. 

1607, 14 août. Illustrissime seigneur Baltazar comte de Bi- 
glia, constitué par révérendissime et illustrissime seigneur 
comte Jean Baptiste de Biglia, référendaire du pape, fait relief. 

1610. 17 août. Joai.na Sterck, dame de Farchine, donne le 
fief à noble seigneur Albert de Longueval, fils de haut et puis- 
sant seigneur messire Charles de Longueval, chevalier et com- 
mandeur de l'ordre de Galatrava, comte de Bucquoy, baron de 
Vaulx, capitaine général de Tartillerie et gentilhomme de la 
Chambre de LL. AA. SS. de Brabant. 

1613. 18 juin. Charles de Longuevalle, chevalier de la Toison- 
d'or, du conseil deguerrede S. M.C., capitaine d*une compagnie 
d*hommes d*armes, grand veneur et grand louvier du comté 
d'Arthois, relève Farchiennes et Tergnies pour son fils Albert. 

1618, i mai. Johanna Sterck confirme à Albert, fils de Charle 
de Longueval et de noble dame Magdeleine de Biglia , sa 
femme, la donation de la seigneurie. 

1671, 7 janv. Haute et puissante dame madame Marie de 
Croy, comtesse douanière de Busquoy, fait relief. 

1673, 6 juin. Haut et puissant seigneur messire Ferdinand 
comte de Méroede et Monfort, marquis de Deyns, et haute et 
puissante dame Marie Christine de Longueval, déclarent avoir 
reçu certains biens que Marie de Croy leur mère, veuve de 
haut et puissant seigneur messire Charle Albert de Longueval, 
comte de Bucquoy, Grathem et Rosemberg, baron de Vaulx, 
chevalier de la Toison d*or, gentilhomme de la Chambre de 



— 469 - 

LL. MM. II. et G., leur avaient assignés le 38 novembre 1660 à 
leurs convenances de mariage. 

1676, 25 févr. Contrat de mariage entre haut et puissant sei- 
gneur messire Albert comte de t'Serclaes de Tilly, maître de 
camp d*inranterie wallonne au service de S. M. G., et très- 
illustre demoiselle Marie Madeleine Wandru de Longue val, 
chanoinesse de Ste-Waudru ; le premier apporte la seigneurie 
de Montigny-sur-Sambre et sa part des biens de messire Jean 
comte de t*Serclaes. 

1687, 18 mars. Noble et illustre seigneur messire Gharles 
Philippe de Longueval, comte de Bucquoy, Gratzen et Rosem- 
berg, baron de Vaux, seigneur de Libregis, Farchine et Ter- 
gny, gentilhomme de la Gbambre de S. M. I., capitaine d'une 
compagnie au service de S. M. G., en Flandre, chevalier de 
Galatrava, relève Farcienne et Tergny, par décès du comte 
(Ferdinand?) de Bucquoy, sou frère. 

1687, 5 oct. Noble dame madame Marguerite née comtesse 
â*Abensberg et de Traun, veuve de haut et puissant seigneur 
Ferdinand de Longueval, comte de Bucquoy, Grazen, Rosem- 
berg, baron de Vauz, seigneur de Farchiennes, Golsin, etc., 
gentilhomme de la chambre de S. M. I., fils de madame Marie 
de Groy, fait relief. 

1700, 18 nov. Haut et puissant seigneur messire Philippe 
Emmanuel prince de Longueval, comte de Bucquoy, Gratzen 
et Rosenberg, baron de Vaux, seigneur de Farciennes et Ter- 
gnies, Achiet le Petit, Bellonne, Libreck, fait relief par décès 
de Gharles Philippe, son père. 

1703, 5 déc. Noble et illustre seigneur Octave Ladislas comte 
de Waldstein, chambellan de S. M. I , et noble et illustre dame 
Marie Philippine princesse de Longueval, sa femme, relèvent 
par décès de Phil. Em. de Longueval, frère de ladite dame. 

1730, 26 déc; 1728, 27 août. Haut et puissant seigneur 
Gharles Joseph comte de Stubick et de Bucquoy, baron de 
Kônigstein et Windinghen, relève comme second mari de 
Marie Phil. de Waldstein, née de Longueval. 



-_ 410 - 

1730, 26 juin. S. Exe. madame Marie Pbil. de Longueval, 
comtesse de Stubick, fait don de la seigneurie, à Gh. Jos. de 
Stubick, son mari; celui-ci fait relief le 11 août suivant. 

iT33, 15 avr. Très-noble et très-illustre seigneur Charles 
comte de Balthyani, chambellan de S. M. I. et G., colonel et 
commandant du régiment de cuirassiers Garaffa, relève Far- 
ciennes, Terrices et Bouquoy au nom de monseigneur le comte 
Eugène de Baltbyani, issu de son premier mariage avec haute 
et puissante dame Anne Barbe, fille du comte Oct. Lad. de 
Waldstein et de Marie iPhil. comtesse de Bucquoy. 

1739, 12 févr. Codicile du testament de Marie Phil. comtesse 
de Bucquoy, par lequel elle laisse tous ses biens à son mari. 

1742, 6 sept. S. Exe. le seigneur Gbarles de Balthyani, 
conseiller actuel d'Etat, colonel d'un régiment dragon, général 
de la cavalerie des armes de S. M. la reine de Hongrie, feitrelief 
comme héritier du comte Eugène, son ^Is. 

1743,' 27 avr. Très-noble et très-illustre seigneur Charles 

Joseph comte des Fours et Bucquoy, donne la seigneurie comme 

caution dans le procès qu'il soutient contre le comte de Ba- 
thyany. 

1743, 21 avr.; 1761, 18 nov.; 1788, 19 juin; 1772, 26 mai. 
Gh. Jos. comte de Stubick et Bucquoy, baron deleniskau, etc., 
Ait i^Uef. 

1784, 22 déc. Très-noble et très-illustre seigneur Fr. A. des 
Fours, fait relief. 

1778, 4 juîl. Gh. Jos. des Fours, comte du S. E., transporte la 
seigneurie au seigneur François Antoine des Fours, oomte du 
S. E., chambellan de LL. MM., son fils. 

1786, 11 mars. Fr. A. des Fours, seigneur d'Anthienville et 
Mont, Farcienne et Tergnée, loue la seigneurie à Ph. Eb. Jos* 
Drion. 





FENFF ET HEROCK C). 



4317 : Le ban de FeDfle et de Hëroehe, avec le haulteur balte et basse, et bien 
«ppaKenane, aioalant'ptr an aie somme de iOO livres. — 4345 : La seingûoorie 
des villes de Fefle et de Hérok. — 4350 : La terre de Fenfle. **- 4406 : Jnstîeha» 
cens, rentes, droitures, etc. — 4876 : Courts» maisons, graingnes, staubleryes* 
porpri ses, jardins, preis, terres, boys, bayes, censse, cberwaigo, moUin, viviers 
et appartenances de Fenffe. — 4580 : Prairies, paiibis, droits de pescberie, etc. 

1317, 15 nov. Bauduin, fils de ^Goffard de Fenfle, fait relief 
par décès de son père. 

1345, l*^août ; 1850, 5 août. Badettus ou Baudet de Fenfle, 
feît relief par décès de ses parents. 

1380, 6 août. JaoqueiBars le Rostis, échevin de Dînant, f^it 
relief de Fenfle et de Herec. 

1391, !•' avr. Gerars de Modaule relève rusufl'uît que damoi- 
selle Heylewy de Wadrechées, sa femme, possédait sur Fenfle. 

1395, 19 janv. Hubien de Waha, fait relief par décès de Jaq* 
mar le Rusty, son grand père. 



( Mpeadanee de la commwie de Clergnon, province de Namor, arrondisseoMnt 
de Dînant, canton de Rochefort. -^ Y. Sauhbut, t. III, p. 40 -^ Voyez d'autres re- 
liefs à i4i^«. 



— 472 — 

1406, 9 mars. Jacqueroien de Walia, fait relief par décès de 
Hubien, son père. 

1410, 6 oct. Juliot de Wahaut, seigneur de Fenife et Herock, 
fait relief par décès de Jaquemien, son frère. 

1411, 28 janv. L'évèque de Liège , ayant fait saisir le fief, en 
fait donation à Jaquemien de Noirfontaine. 

1422, 16 juin. Juliot de Wahart fait relief. 

1429, 24 avr. Hubinet de Wahault relève Fenfle et Héroek 
par décès de JuUiot, son père. 

1448, 10 juin. Anseaul de Wahault renonce au droilqu*il peut 
avoir sur Fenffe et Héroek (par succession de Hellewy de Wa- 
derchées, fille de Jacquemiu le Rostit, sa grand-mère, et mère 
de Jaquemien de Wahault, dit de Fronville), en faveur de ses 
frères Jehan et Julio, afin qu'ils puissent s'acquitter d'une dette 
envers messire Bouthier de Fexhe, chevalier. 

1449, 30 juin. Ansiau de Wahaul fait relief par reportatiou de 
Hubinet, fils de Juliot de Wahaul. 

1457, 29 avr. ; 1499, 1" sept. Hubinet de Waha relève Fenfle 
et Uérock. 

1804, 16 mars. Hubert de Fenffes, flls atné du seigneur de 
Fenffe, relève la seigneurie, puis en fait transport à damoiselle 
Aghisse de Warissoule , femme de Johan Psalmy, sa tante. 

1816, 1*"' mars. Johan, seigneur de Vergnée ou d'Evengnée, 
fait relief en vertu du jugement de la Cour et de la saisie prise 
contre damoiselle Katherine de Spontin, veuve de Hubiu (ou 
Hubert) de Waha, seigneur de Fenfle. 

1826, 12 juin. Waultier Mal-Gerard relève l'usufruit de da- 
moiselle Katherine de Fenfle, sa femme. 

1836, 26 oct. ; 1840, 3 juil. ; 1888, 7 juil. Katherine de Spon- 
tin relève son usufruit. 

1843, 9 nov. Guilleaume de Waha, seigneur de Fenfe, déclare 
que, en vertu de son contrat de mariage avec damoiselle Mar- 
garite Rolin, sa femme, celle-ci aura après lui la jouissance de 
la seigneurie p 



— 473 - 

1862, 16 juiQ. Catherine de Spontin engage la seigneurie à 
demoiselle Anne, sa fille, veuve de maître Nicolas d'Heure, 
pour servir d'hypothèque à une rente de 12 florins. 

1564, 15 mars ; 1865, 28 août. Joban, fils de G. de Wahaul et 
de Marg. Rolin, fait relief. 

1580, 15 févr. Noble homme Joban de Wahau, écuyer, trans- 
porte la seigneurie à illustre et noble dame madame Lamberte 
de Groy, comtesse douairière de Berlaimont, dame de Hierge, 
pour 3520 florins. 

1613, 18 déc. Noble et honoré seigneur Gbarles de Pottiers, 
seigneur de Fenff)e, relève l'usufruit de sa mère. 

161 5, 14 déc. Noble dame madame Catherine de Berloz, veuve 
de Gbarles de Pottiers, seigneur de Fenfle, Thihange et Herock, 
transporte son usufruit à noble et généreux seigneur Deonis de 
de Pottiers, seigneur de FenfT et Herock, gentilhomme de la 
chambre de S. A., gouverneur des chftteau et duché de Bouillon. 

1642, 20 juin. Messire Denis de Potiers, baron de Fenife, 
archidiacre de Hainault, gouverneur de Bouillon, transporte son 
usufruit à messire Jean Ferdinand de Potiers, chevalier, baron 
de Wagnée, son fils. 

1650, 30 déc. Révérend et très-illustre seigneur Denis de 
Potiers, archidiacre de Hainault, costre de St-Lambert, prévôt 
de Thuin, cède l'usufruit de ses biens à messire Jean Ferdinand 
comte de Wagnée, gouverneur du duché de Bouillon, haut ofii- 
cier du quartier d* Amont, Claude Louis, Nicolas et Charles de 
Pottiers, ses fils issus de madame Elisabeth de Salle. 

1773, 21 avr. Haut et puissant seigneur François Joseph Rose 
prince de Gavre, marquis d'Ayseau, comte du S. E. R., baron 
de la Vaux Ste-Anne, FenfT, Herock, chambellan de L. M. J. et 
R. A., général major à leur service, gouverneur, capitaine 
généraf, souverain bailli de la province de Namur, engage les 
terres de Fenflb et Herock pour fournir caution à très-noble 
et illustre dame madame Marie Françoise Josephe Gabriele 
baronne de Rouveroy, dame de Landelis, douairière de messire 



~ 474 — 

•Bernard Francis de Harbais, comte de Bornhem, dans le procès 
qu'elle soutient contre monsieur Guilleaume Joseph comte de 
Looz de Gopswarem h propos de la terre de Landelis. 

4784, 12 juin. S. E. François Jos. Rose prince de Gavre, 
comte de la ville de Peer, de Fresin, Beaurieu, GasteUNuovo, 
Salazar, vicomte de Quenoy, baron de Haversain, Buissonville, 
Verenne, Mooèeau, Engies, la Vaux, Fenffe, Herock, Au vin, 
Hornin, Pamele, seigneur d*Âudenarde, premier béer et grand 
échanson héréditaire de Flandres, chevalier de l'ordre de la 
Toison d*or, conseiller d*Etat intime et actuel de S. M. Tempe- 
reur Roi, grand veneur et bailli des bois et forêts de la province 
de Namur, grand maréchal de la cour de S. A. R., vend la sei- 
.gneurie à monsieur Théodor Joseph Delvaux, médecin Ucentié. 

178K, 12 févr. Théod. Jos. Delvaux de Rochefort, fait relief. 



FLORENNES d- 



1317: L«et*iial, ville si terre denorinet, ivimc lei villes t kelle ipiurtsUDM st 
tonus lc« appendicbei- — 1361 : fortereich«, hanltear, «engoories, cens, raalee, 
revenus, émoluments et proOts quelconques. — ItSI : naison, ierr«, boit, 
yanwes, fours, mautlins, brassines, signonrii dele chssl«lern,ele. — 14St : baron- 
nie, etc. ~ I4S4 : terres ei seiogneuriee in Florinnos et de Peicb* en jmjts de 
Litige , villes , chasteanx , fortre jses, bancs , villaiges, Braioges, Toiles, myanas, 
paiages , bois , Toresls , rivières , pescharies , gareanes , amendu , conilscatioas , 
■Urahiers «a heames, sa ftomn, en toal« faaaU Justine, moyenne et Ijaue, avec 
tous hommaigei tant Tëodauli, noblsa , comme de [ranc alleulT on bourgeoisie^ 
gai'giËres, etc. — 1660 : rentes de morle-miias, de winaiges, aflbrai^s de via 
•t de Mère, stallaiges, hatlaîges, eorwées, bois et forits, pouilles, ponllels, cbap- 
pons, etc.— 1680 : ville de Floreanes avec la mairied'icelle et le* villages eo d^ 
peodaals, S'-Aublaia, Chaumont, Coraine, Franchinii)n.l, Villers-le Gajobo, VilUu- 
fagae , Wodau . Hempliaes , Viltin denx-Englisea , Jamloul . Pry . Yves, Gomsée, 
Allen berhée, etc. — 1699 : cbitMu, foriefesM, Tiliftentoir^ de remparts, con»- 
tituijon de bourgBoiale, «fn^nchissemeot, privilëgs, presiirtion de corw^es, Hr- 
viludes. correction de (oole Tourracon. mésus, crimes et délicts, ëlablisseaent des 
i francbes roires en l'an , droits de passage, stappelage, tonlisui, etc. et autre 
■sillenre citelle, cbaaee, poisse, roliaeaui et rivières, baatUté du moulin, 
Projets de bourgeoisie qui ao doiveat payer au jour de leur eschëanse sur pcioft 
de St paitars d'amende que chaque année peuvenl croître et anoîndrir selon 
roceuKiiss dn lamps, paibia. labeurs, elU. — 1T9B : narquisal. 

1318 (n. St.), 30 janv. Moaseigneur WauUier de Caslillon , 
comie de Poi'tyen et connétable de Franche , fail relief. 



1 



— 476 — 

1319, 19 sept. Dame Isabiau duchesse de Loheraine, femme 
du connétable de Franche, fait relief du consentement de son 
mari. 

1323 (n. st.), 10 févr. Monseigneur Mathier de I^heraine, 
seigneur de Peys, chevalier , fait relief par donation de mon- 
seigneur Frédéric duc de Loheraine, son frère. 

1391, 3 oct. Jean de Bavière, évéque de Liège, déclare que 
son cher et aimé cousin le puissant prince Charles duc de 
Loheraine^et marquis, a fait relief de Florines, Peys et Ablain, 
par décès de monseigneur Johan duc de Loheraine et marquis, 
son père; qu'ensuite il en a fait transport à monseigneur 
Enguerant seigneur de Gouchy, comte de Soisson, et à Izabiel, 
sa femme, sœur dudit Charles. 

1392, 7 juil. Messire Enguerant de Couchy fait relief de Flo- 
rines, Peys et Ablain. 

1394, 4 févr. Haut et puissant seigneur monseigneur Enguo- 
rant, seigneur de Couchy et de Florines, messire Gille Chabot, 
messire Robert d'Arkel , Rasse de Warous et Guilleaume de 
Graaz, ayant des difficultés au sujet du payement de certaines 
rentes, déclarent s*en rapporter au jugement des hommes de 
fief du ch&teau de Florines. 

liOS, 21 juil. Dame Isabiel de Loheraine, veuve d*Engherant 
de Couchi. relève Florines, Peys et Aublen. 

1431, 28 avr. Monseigneur Anthoine de Loheraine, comte de 
Waudeymont, fait relief comme plus proche héritier. 

1432, 24 oct. Messire René, par la grâce de Dieu Als du roi 
de Jérusalem et de Secille, duc de Bar et de Loheraine, marquis 
du Pont et comte de Guise, relève la seigneurie comme mari de 
haute et puissante princesse madame Isabiaul duchesse de Bar, 
héritière du duché de Loheraine, des seigneuries de Florines, 
Peys et Aublen, par suite des décès d*Isabiaul de Loheraine, 
dame de Couchi, et de Charles duc de Loheraine. 

1464, 10 juil. Messire Ferri de Loheraine, comte de Waude- 
mont, seigneur de Remengny , Bones et Jenvilles, sénéchal de 



— 477 — 

Champagne, relève Florines, Peix et Aubelen par décès d*Iza- 
beaul dame de Coucy, et d* Antoine comte de Waudemont , son 
père, et en vertu d*un transport lui fait par messire Jehan, fils 
aloé du roi de Jérusalem et de Gicille, duc de Calabre et de Lor- 
raine, et par Ferri de Loraine, son fils unique. 

1481, 29 avr. Louis de Bourbon, évëque de Liège, déclare 
que son très-cher et très-aimé cousin René duc de Lorraine 
et de Calabre, comte de Waudemont et de Harcourt, seigneur 
de Florinnes et de Pexbe, a donné , avec son consentement, le 
8 février 1480, les seigneuries de Florinnes et de Pesche à 
Baptiste de Pontèves, seigneur de Catignat, sénéchal de Lor* 
raine ; cette donation est ratifiée par très-haute et très-puis- 
sante princesse et très-redoutée dame madame Yolande reine 
de Sicile, duchesse de Lorraine et de Bar, mère dudit René. 

1484, 10 mai. Noble homme et sage Baptiste de Ponthèves, 
reporte les seigneuries de Florines et de Pexhe à très-haut et 
très-puissant prince monseigneur René duc de Lorraine et de 
Bar, qui, le 3 juin suivant en fait donation à haute et noble da- 
moiselle Yzabiel de Croy, sa cousine. 

1494, 27 juin. Noble homme et honoré seigneur Ghuys de 
Totvil, seigneur de Moyon, et Isabeau de Croy, sa femme, re- 
noncent au droit qu'ils peuvent avoir sur Florines et Pesch en 
faveur du roi de Sicile. 

1494, 11 juil. Messire Johan bâtard de Waudemont, relève 
les terres de Florines et de Peix par transport du roi de Cecille, 
due de Lorraine, lequel les avait retirées des mains de Ghuys de 
Touteville. 

1494, 13 juillet. René roi de Jérusalem et de Sicile, duc de 
Lorraine et de Rare, marquis de Pont, comte de Prouvence, de 
Waudemont, de Hairecourt, etc., déclare que Tan 1476, en ré- 
compense du secours que lui avait porté son oncle, messire 
jQhan bâtard de Waudemont, chevalier, contre son cousin le 
duc Charle de Bourgoingue qui assiégeait sa ville de Nancy, il 
lui avait fait dou d*une somme de 10,000 écus d*or; cette fois il 



- 478 --- 

lui transporte les seif iieuries de^Florines et de Pe$ehe a« pays 
de Liège. 

1494, 19 juil. JeaQ:de Home, évoque de Liège, déclare que 
Ghoisde Toutvilleet sa femme ont renoncé aur droHs qu'ib 
avaient sur Florineset Pesohe en foveur du roi de Sieille, lequel 
en fait transport à Johan bâtard de Waudemont. 

1516, 19 févr. Erard'de la Marek, évoque de Li^,fait savoir 
que Anthoene, flis de Jehan bâtard de Waudemont, fait retief 
de Plorines et Pesche^ par décès de son père. 

1536; 8 nov. Noble et vaillant seigneur Glande de Wademont, 
baron de Florinnes, seigneur de Pexhe, Jamangne, Yve, etc., 
fait relief de Fiorines et de Peschey par décès de noble homme 
Anthone de Wademont, son'père. 

1837, 26 janv. ; 1538, l*"^ avr. Noble et illustre dame dame 
Sibile de Trazengny, veuve d'Anthoene de Waudemont, sei- 
gneur d'Aubelen, etc., fait relief de l'usufruit de Fiorines, 
Pesche et Aubelen. 

1538, 33 juin. Claude de Wademont relève Fiorines, Pe$che et 
Auhlen. 

1553, 12 mars et 19 avr. Georges d'Autriche, évéque de 
Liège, etOharles empereur des Romains, donnent licence à 
Claude de Waudemont de disposer de ses biens comme il Ten- 
tend. 

1555, 28 avr. Redouté seigneur messire Claude de Wademont, 
chevalier, seigneur de Bruynne, et Anne de Lyoncourt, sa 
femme, laissent par testament pour en jouir après leur mort, les 
terres de Fiorines, Yves et Pedes (qui relèvent d'un comte de 
Beaumont, de firuyne, etc.), à Renée, leur fille aînée, et celles 
de Pdxhe^ CerforUainey etc. à demoiselle Barbe, sa sœur. 

1556, 16 sept. Noble homme Johân de Glumme, seigneur de 
Stave, mari de damoiselle Renée de Waudemont, fait relief par 
décès de Glande de Waudemont, son beau-pè^e, et reconnaît 
l'usufruit d*Anne de Lyoncourt, sa belle-mère. 

1556, 27 oct. Noble dame madame Anoe de Lyoncourt, fait 
relief de l'usufruit de Fiorines, Peixhe et Aubisn. 



— 479 — 

4&56, 42 flov. GjBorgp d'Aulridîhe, évoque de Uége, défend à 
Jaban de Glimes, de troubler Ânaede Lyooçourt, sa belle mère, 
dans jid jouissance dp Fiorines; le ;11 décembre ^uiv^i, celle-ci 
est déclarée dame douairière de Fiorines malgré Toppositiofi de 
son gendre. 

1587, 31 mai. Damoiseau Henri de Gboor, seigneur d'Andri- 
mont, mari de nob}e dame Barbe, ûUe de Claude de ^y^udemont, 
relève l:uspfruit d'Anne de Lyoacourt, sa belle-mère. 

1SS7, i3 août. Noble bomme Henry de Gh.Qor, seigneur de 
l^lllonri, continue le procès <icie sa belle-ipèrje soutanait,contire 
Jean de Glimme. 

I962, 9 avr. Suite du procès «entre Henri de <}|ioer et Jean de 
Glymes. 

1867, 14 juin. Jean de Glimme, baron de Fiorines, seigi>eur 
de Slave, Spontin, Gorriers etc., fait relief. 

1870, 14 déc. Jehan de Glirpes et I^ené^ de Wiiudeipont 
laissent par testament les terres de Slave, y aulx et Soumoy t^ou 
bien {iOQ florins de rente sur Fiorines, à leur fille FlQurjce. 

1872, 7 o^i. Noble et vaillant seigneur messire Joban de 
Glimme et Charles, son fils, engagent la seigneurie k noble et 
honoré seigneur Henri de Bcr)aymont, seigneur d*Odeur, pour 
servir d'hypothèque à une rente. 

1872, 8 mai. Jehan de Glimes ayant reporté l'usufruit delà 
seigneurie ,(k son fils Charles, celui-ci relève le fief. 

1878 , 7 sept. Damoiselle (Fileurice de Glymes renonce /lux 
terres de Stave, Vaux et Soumoy, pour posséder une renie de 
800 florins.sMr Fiorines. 

1898, 28 févr. Noble et honoré seigneur Jacques ..de Glime, 
baron de Florinne, seigp,^r de Sppntin, Poni-à-\yesbeQftlk, 
terre de Saincte,fait relief par décès de noble et généreux sei- 
gneur Charle de Glime, son ;frère. 

IGOO, 22 avr. Jacquede Glin;ie et Jean de BerJ^iypiQnt, seigneur 
de la Chapelle , lieutenant de la Cour fcodaje, squ beau^i'rère, 
déclarent que le 10 mai 187^ , Charle de Glimes f^iy^i t. engagé 



— 480 — 

la seigneurie pour 378 florins à Henri de Berlaymont, seigneur 
de la Chapelle, grand- mayeur de Liège, et à noble dame madame 
Gatharine de Hosden, père et mère dudit Jean, lequel rachète 
cette rente. 

1809, 29 mai. Noble et généreuse dame madame Jenne de 
Berlaimont, veuve de Jacque de Glimes, transporte son usu- 
fruit à noble et Honoré seigneur Florent de Glimes, son fils. 

1613, 12 nov. Noble et généreux seigneur messire Gabriel de 
Glimes, chevalier, pair de Liège , baron de Florines , seigneur 
de Stave, Vaulx, Soumoy, etc., fait relief. 

1618, 8 déc. Jean Fabrys, de Dinant, ayant obtenu saisie de 
Florines et de Villenfange faute de payement de rentes de la part 
de Gabriel de Glime et de Jean Mahieu, les susdits débiteurs en 
font purgement. 

1632, 24 nov. Haute et puissante dame Marie de Billehé, 
veuve de Gabriel de Glimes, fait relief. 

1648, 23 oct. Convenances de mariage entre messire Gabriel 
Philibert de Glimes, chevalier, paire de Liège, baron deFlorinne, 
seigneur de Stave, Vaux, fils unique de Gabriel de Glimes et de 
Marie de Billehé, et noble demoiselle Fançoise, fille unique de 
haut et puissant seigneur messire François de Hennin Liétar, 
baron de Courselle, gouverneur, grand bailli et capitaine des 
ville et château de Lens et Hennin Liétar, en Artois, et de ma- 
dame Margarite de Glimes ; le premier apporte en dot la terre 
de Florine sauf une rente de 1000 florins et d'autres revenus 
que se réserve sa mère. 

1660, 12 févr. Gabriel Philibert de Glimes, lait relief. 

1680, 22 juin. Très-illustre et très-généréux seigneur messire 
Claude François Lamoral, fils de Gabriel Philibert de Glimes, 
apporte en mariage à très-illustre demoiselle Jenne Marguerite 
de Cottereau-Puisieux, la ville de Florines, les seigneuries de 
Stave et de Spontin, le marquisat de CourcelleSy etc. 

1681, 18 mars. Ci. Pr. Lam. de Glimes, pair de Liège, mar- 
quis de Courcelles, seigneur de Stave, Vaux, Spontin, Yves, etc. 
faut relief. Dénombrement. 



— 481 — 

i692, 14 mars. Cl. Pr. Lam. de Glimes et J.-M. de Gottereau, 
sa femme, cèdent pour 2750 écus au seigneur Laurent Jacquier, 
seigneur de Rosée, 110 boniers de bois, avec la hauteur, sei- 
gneurie, juridiction, chasse, pêche, amendes, etc. 

1699, 27 avr. Cl. Pr. Lam. de Glimes fait relief. 

1708, 9 août. Cl. Pr. Lam. de Glimes laisse par testament 
l'usufruit de Florines, SpontiUj Slave, Vaux, prévôté de PoUva- 
che, etc. à sa femme, jusqu'au mariage de leur fils atné messire 
César Antoine Théodore. 

1708, 25 sept. Noble et illustre seigneur messire Ces. Ant. 
Th. de Glimes, baron de Florennes, pair de Liège, marquis de 
Gourcelles, seigneur de Stave, Ive, Spontin, etc., fait relief. 

1725, 7 août. Haut et puissant seigneur Ces. Ant. Th. de 
Glimes, marquis de Florennes, gentilhomme de la chambre de 
S.A., donne en mariage à haut et puissant seigneur messire Jean 
Victorien Joseph de Glimes, marquis de Gourcelles, conseiller 
privé et ordinaire de S. A., fiancé de très-noble et irès-illuslre 
damoiselie Ferdinande Isabelle de Glimes, les terres de Flo- 
renne, Stave, Vaux, Spontin, Gourcelles etc. 

1733, 23 nov. ; 1734, 11 mars. Très-haute et puissante dame 
madame Jacqueline Marguerite de Bryas, marquise de Florenne, 
dame de Stave, Vaulx, Yves, Viller-le-Gamboz, Vodecée, Spontin, 
etc., et J. Vict. Jos. comte de Glimes et du S. E., engagent la 
seigneurie à noble et généreuse demoiselle Charlotte baronne 
de Goer de Hervé, pour servir d'hypothèque à une rente. 

1737, 8 janv. Jacq. Marg. de Brias, veuve de Ces. Ant. Th. de 
Glimes, relève son usufruit. 

1743, 6 mars.Nobleel illustre seigneur Victorien Joseph comte 
de Glimes, baron de Florennes, pair de Liège, marquis de Cour- 
selle, seigneur de Stave, Vaux, Spontin, etc., fait relief par 
décès de son frère Ces. Ant. Tliéod. de Glimes et de Jacq. 
Marguerite, sa belle-sœur. 

1747, 13 juil. Convenances de mariage entre haut et puissant 
seigneur messire Charle Albert marquis de Spontin, comte de 



— 482 — 

Beaufortet du S. E., vicomte d'Esclayeet de Stolkembourg, 
seigneur et baroa de Beauraiog, des terres neutres de Viemes 
et de Hultbize, libre baron impérial de Hosden, seigneur de 
Hontoir, Falmagne, Hulzoneau, Hubinne, Marein, Scy, Ville ea 
Hesbaye, Wancenne, Pondrome, Doreu, Gozin, Dioaleval, 
Lesse, Sobery, Gedinnes, Patigny, Malvoisin, Sart, etc., haut 
voué de Vencimont, vicomte héréditaire de la ville d'Odembourg, 
plumier pair de Namur et chambellan actuel de la cour de L. 
M. J. et R. de Hongrie et de Bohème, etc. ; et hautement née 
mademoiselle Marie Marguarite Rose Dorothée Victoire de Gli- 
mes, fille de haut et puissant seigneur messire Vict. Jos. coopte 
de Glimes et du S. E., marquis de Florenne. vicomte de Noyel, 
seigneur de Vodecée , Villers-le-Gambo , Villers-en-Fagoe , 
Franchimont, Ghaumont. La seconde apporte en dot les château, 
ville et seigneurie de Florenne, les terres de Vaux, Courcelles^ 
etc. 

1749, 13 juin ; 1766, 7 mai. Vict. Jos. comte de Glimes fait 
relief. 

1771, 7 juin ; 1773; 27 juil.; 1788, 24 sept. Noble et illustre 
seigneur Frédéric Auguste Alexandre, marquis de Spontin et 
de Florenne, comle de Beaufort, baron de Beauraing, Freyr, 
Hosdan, vicomte d*Esclaye et d*Audembourg, fait relief par 
décès de son grand père Vict. Jos. de Glymes. 



FOSSEROULE (.). 



1323 : Tour» maDsion de Foorchellules, avec hommages et appendliches. — 4398 : 
le maison et foriereche de Forchelioallesà toutes ses appendices, sauif les droi- 
tures qu*il doit au cbastiel de Moiihaolt. — 1409: casiiau, etc. ~ 17St : château, 
fief ou tenement noble. 

1323, 6 nov. Albert, fils de Jehan de Hucorgne, fait relief 
du tiers du fief comme mari de Marye, fille de Robert, le jeune, 
et petite fille de Robert^ le vieux, seigneur de Forcheloulles, 
chevalier. 

1323, 9 nov. Libiert, fils de PoUi de Willer, près Hannut, 
relève le fief. 

1390, 12 juil. Wautier, fils de messire Arnu de Hautepenne, 
chevalier, donne le fief à sa femme Evelelte, par convenances 
d^ mariage. 

1390, 10 août. Arnus de Forchelhoules fait relief par décès^ 
de Waulier de Hautepenne. 

1390, 20 ocl.; 1395, 14 janv. Wilbeames de Graas, citain de 
Liège, fait relief comme mari de Magriete, Aile d'Emus de For- 
chelloules. 

1398, 19 juil. Jehan , fils de Willieame de Graas, fait relief 
par reportation de son père. 

( * ) Dépendance de la commune de Hucorgne , province do Liège, arrondisso* 
mçnt de Huy, canton de Héron, 



— 484 — 

1402, 23 oct. Johan d^Ahio, chanoine de N. D., à Huy, fait 
relief par décès de Johan de Graas, son frère. 

1409, 27 déc. Thieri de Sèves, relève par décès d'Ernoul de 
Graas, lequel avait fait relief comme mari de demoiselle Glé- 
menche et comme plus proche parent de feu Johan d'Ahin , son 
frère. 

1423, 29 déc. Henry de Seyves fait relief par décès de Thiery 
de Seyves, son frère. 

1511 , 8 mars. Counotte délie Thoure , demeurant à Ter- 
wangne, mari de damoiselle Agnès , fille de Thiry de Saive, 
jadis bourgmestre de Liège, et de damoiselle Margarite, fille de 
Baltazar de Sart, fait relief par décès desdits Thiry et Margarite. 

1S76, 14 mars. Hubert de Ferier fait relief par décès de 
fiastieu de Ferier. 

1S90, 24 sept. Jehenne de Hallet, veuve d'honorable Houbert 
Droumaelede Ferier, relève son usufruit, puis en fait transport 
à Bastin, son fils ; celui-ci engage la seigneurie à Charles d*Ou- 
tremont. 

1610, 1"^ oct. Noble dame Anne de Warisoule, veuve de noble 
homme Charles d*Oultremont, écuyer, seigneur de Fosseroule, 
fait relief. 

1657, 21 août. Noble seigneur messire Charle baron d*Oul- 
tremout, seigneur de^Landenne et Foclieroulle , rachète cer- 
taines rentes alfeclées sur la seigneurie. 

1664, 2 janv. Piron Morea, de la Boverie transporte à noble 
et illustre seigneur Jean Warnier Udalric baron d'Outremont» 
seigneur de Fosserouleet Landen, grand bailli du quartier de 
Moha, gentilhomme de la Chambre de S. A., plusieurs biens 
qu'il possède à Fosseroule. 

1693, 20 nov. La demoiselle Agnès Masillon, représentant 
Bastin Ferier, obtient la saisie de Fosseroule faute de payement 
de la part de la baronne de Moylrey, représentant Charles 
baron d'Outremonl, 



— 485 — 

1698, 18 mars. Agaès Masillon subroge le noble seigneur 
Louis de Libert de Fiémale, écuyer, grand bailli delà cathédrale 
de Liège, dans ses droits. 

1700, 12 févr. Louis de Libert, molesté par le baron de Grâce, 
reporte le fief à Agnès Masillon qui fait relief. 

1721, 28 févr. Agnès Masillon, cédant au désir du révérend 
seigneur Jean Masillon, chanoine de Chimay, son cousin, établit 
une fondation pieuse pour Tinstruction de la jeunesse. 

1723, 1*^" juil. Agnès Masillon fait relief. 

1728, 27 août ; 1745, 17 févr. ; 1771, 17 juil. ; 1772, 19 juin. 
Les administrateurs de la fondation établie par Agnès Masillon 
font relief. 

1781, 18 mai. Les administrateurs susdits vendent le fief à 
M. Charles Joseph Grenson, prêtre, et à ses frères. (Dénombre- 
ment.) 

1785, l»"^ août. Le sieur Nicolas Libert Grenson fait relief. 



FOSTEAU (»). 



1851 : Terre, seignourie et appendices de Fosteau, près de la ville de Tbuin. — 
1899 : Chasteao, haulleur haute, ihoyenne et basse de Postean* et Leers, mt qoar- 
tier d'£nira-Saoibre*et-Mettze. — i^Q^ : basse-coor, gnage, esUbleries, eotre- 
presores, viviers, etc. — 1717 : haute, moyenne et basse justice, avec terres» 
prés, bois, cens, etc. 

1S51, 30 sept.; 1SS8, 28 mars. Noble seigneur Louis de 
Zwenne, seigneur de Fosteau, ayant eu des difficultés avec un 
abbé de Lobbes au sujet de sa terre, déclare que ses prédéces- 
seurs n*ont jamais relevé Fosteau que de Dieu et du soleil ; 
mais que dorénavant il veut être vassal de Tévèque de Liège. 

4599, 12 mai. Noble homme Pierre, fils de Louys de Zwenne 
et de demoiselle Marie de Sart, transporte la terre à honorable 
seigneur Nicolas Marotte, seigneurie de la Jowerie, et à demoi- 
selle Agnès Tabollet, acceptant pour leur fils Jean. 

1665, 30 oct. Noble seigneur Philippe de Henry, gendre de 
Nicolas Marotte, fait relief. 

1691, 12 février. Noble seigneur Adrien de Jambline, sei- 
gneur de Saint-Germain, Fosteau et Leers, mari de noble dame 
madame Marie Philippine de Huy, fille de Philippe de Henry, 
fait relief. 

( i ) Leers-et-Fosteau, commune rurale de la province du Hainaut, arrondissemeni 
de Thuin, canton de Merbes*le-Chàteau. 



1 



- 487 -^ 

1698, 16 juin. Noble seigneur Martin de Jambline de Henry, 
fait relier par décès du seigneur Laurent de Jamblines de 
Henry, son frère aîné. 

1717, 19 juil.; 1730, 9 août; 1749, 4 nov. Noble seigneur 
Philippe François de Jambline de Henry, seigneur de Fosteau, 
fait relief par décès de Martin de Jambline, son père. (Dénom- 
brement.) 

1770, 3 sep.; 1773, 12 juil.; 1788, 22 sept. Noble et illustre 
seigneur Eustacbe Jean Marie marquis d*Aoust,fait relief comme 
mari de noble et illustre dame Marie Bernardine Adolphine 
Josephe Amélie de Jambline de Henry. 




FRELOUX ('). 



i413 : Ville, haulleur et justice de Frelouz et toutes ses appartenances. — i4$T : 
Terre, seigneurie, etc. — i65i : Freslouz en Hesbaye. 



1413, 13 oct. Thiry de Mommale relève par transport d'Ar- 
noul de Momale, son frère atné, lequel avait fait relief par dé- 
cès de messire Thiry de Mommale, son père, et par reportation 
de rusufruit de dame Marye de Mallebays, dame de Mommalle» 
sa mère. 

1434, 36 sept. Messire Thiery, seigneur de Mommalle et de 
Broeves, chevalier, fait relief. 

1487, 4 juil. Messire Willem de Horion, seigneur d'Oley et 
de Grant-Axhe, chevalier, fait relief par reportation de Jacque 
seigneur de Mommale et de Breyve, écuyer, fils de Thiry de 
Mommale. 

1476, 1^' oct. ; 1832 , 28 juillet « lendemain de la joyeuse et 
plaisante venue du cardinal évêque de Liège. » Noble homme 
messire Guilleaurae de Horion, chevalier, fait relief par décès 
de messire Willemme de Horion, son père. 

1884, 8 mars. Dame Barbe de Ghoor, veuve de Guil. de Ho- 

(i) Commune rurale de la province de Liège, arrondissement de Waremme, can- 
ton de HoUogne-aux-Piérres. — V. d'autres reliefs à Engù, 



- 489 — 

rion, écuyer, relève Freloux, Pas-Saint'Martin, Engy et la 
vouerie de Horion^ avec damoiseau Robert, son fils. 

i874, ^0 déc. La Cour féodale ayant décrété la saisie de Freloux, 
Pas-Saini-Martin, Engy et Hmiœi pour faute de relief de la part 
de Barbe de Goer, en 1873, noble homme Guilleaume de Ho- 
rion, seigneur d'Oley, Grand-Axhe, Freloux, etc., fils de ladite 
dame, en opère le purgement et fait relief. 

1603, 17 déc. Noble et généreux seigneur Ferier de Caron- 
delet, seigneur de Potelles, Anvoylles, Baudegnée, etc., et 
noble damoiselle Gatharlne, sa sœur, relèvent la seigneurie, 
puis en font transport à honorable homme Guilleaume Bex, 
receveur général de S. A. 

1613,4 juil. Guilleaume Bex, jadis bourgmestre de Liège, 
fait relief. 

1618, 12 déc. Damoiselle Catherine de Carme, veuve de Guil. 
Bex, relève son usufruit. 

1630, 28 oct. Honoré seigneur Pier Bex, licentié en droit, 
jadis bourgmestre de Liège, fait relief par décès de ses grand 
père et grand mère. 

1651, 20 sept. Mademoiselle Ida de Haling, veuve de Pier 
Bex, fait relief de son usufruit, puis transporte tous les droits 
qu*elle a sur la seigneurie au seigneur Renier de Jamaert, colo- 
nel et jadis bourgmestre de Liège, son gendre. 

16S4, 30 sept. Le seigneur Jean Bex fait relief par décès de 
Pier Bex et d*Ida de Haling, ses père et mère. 

1657, 28 févr. Ren. de Jaymaert, gendre d*Ida de Haling, fait 
relief. 

1692, 31 mars. Noble seigneur Pierre de Bex, échevin de 
Liège, fait relief par décès de Jean de Bex, son père. 

1692, 2 avr. Le seigneur Renier François de Jaymaert, colo- 
nel, fils de Ren. Jamar et de Catherine de Bex, fait relief. 

1694, 14 déc. Noble seigneur Ren. de Jamar, colonel d'un 
régiment de dragons au service de S. A., et Pierre Bex, dé- 
clarent que, pour terminer un procès, la seigneurie restera 



~ 490 — 

audit Pierre, à condition qu'il renoncera en faveur dudit colonel 
à la succession dlda de Haliug, leur grand mère. 

1698, 12 déc. Pierre de Bex fait relief. 

1708, 20 oct. Noble seigneur Jean Joseph, fils de Pierre de 
Bex, fait relief par décès de son père. 

1720, 23 avr. Noble dame Isabelle van Kuychoven, veuve de 
Pierre de Bex, fait relief. 

1720, 20 juil. Noble dame Marie Thérèse de Braz, veuve de 
J.-Jos. de Bex, relève son usufruit. 

1733, 16 janv. Noble seigneur Renier Laurent de Jaymart, 
capitaine de dragons au service des états-généraux des Pro- 
vinces-Unies, fait relief. 

1736, 17 mai. L'Etat noble du pays de Liège ayant fait opérer 
la saisie de Freloux faute de payement de la taxe noble, Reo. 
Laur. de Jaymaert, emprunte de l'argent et est remis en pos* 
session de ses biens. 

1736, 4 sept. Jean Léonard de Braz, ancien bourgmestre de 
Huy, mambour de TenfUnt mineur de J. Jos. de Bex et de H. Th. 
de Braz, fait relief. 

1749, 20 mai. Laurent René de Jaymaert, colonel des dra- 
gons au service des Provinces-Unies, fait relief. 

1757, 21 janv. Lé sieur Mathieu, fils aîné de Marck de Jay- 
maert (lequel était fils aine de Mathieu de Jaymaert et comme 
tel représentait Renier Laurent de Jaymaert, colonel), fait relief. 

1787, 26 nov. Monsieur Jean Pierre Joseph de Bex, seigneur 
de Freloux, fils de J. Jos. de Bex et de M. Th. de Braz, opère 
le purgement de la seigneurie. 

1764, 23 juil. P. Jos. de Bex fait relief. 

1769, 10 janv.; 1772,4 mai. Madame la douairière du seigneur 
J. P. Jos. de Bex, fait relief. 

1781, 9 janv.; 1784, 22 déc. Monsieur Jean Pierre Joseph 
Ernest, fils de J. P. Jos. de Bex, fait relief. 



MELANGES 



Testament du bourgmestre Sébastien La Ruelle, 



Déclaration testamentaire faicte par devant nous, la haulte 
justice de Liège, Tan mil siex cent trengie sept, du mois de 
jullet Tonsième jour; mayeur souverain : illustre Jean baron de 
Berioz et eschevins Méan, Goesuin et de WanzouUe. 

Personelement devant nous comparut révérend père Antbonin 
Everard, supprieur des frers prescheurs en Liège, liquel, après 
avoir fait seriment adpectus, at déclaré, qu'estant appelle de son 
couvent par N. Gobert, pour s'acheminer à la maison du compte 
.de Warfuzée, sur les encloistres de S^-Jean Evaogelisteen Liège , 
oii estant arrivé fut prin par sa main par ludit compte lui tenant 
MS (sic) propoz : « Mon père, il faulte que vous confessez La 
jBuelle parce qu'il n'at qu'un quart d'iieur à vivre ; » et après 
avoir heu quelcque contestation par ensemble, fut constraint 
<en présence de tous les soldats appeliez pour l'assazinate dudit 
feu le S' bourghemajstre Ruelle) d'entrer en unne petitte cham- 
bre proche la porte, où y estoit ledit feu S' bourghemaistre, liez 
les mains par derier, à teste découvert, luy remonstrant ce que 
ludit compte avoit envje d'exécuter contre la personne dudit feu 
le S^ bourghemaistre, tellement que fut constraint d'entendre la 
confession d'icelluy ; de sort que ledit père Antbonin, ayant 
receu ladite confesssion, et estant contraint de sortir par l'im- 



— 492 — 

portunité des soldats qui ct'yoit qu*il se dépeschast, ludît S' 
bourghmaistre luy déclara sa volonté dernier corne s'ensuit , 
$cdvoir : qu*il laissoit sa femme et ses enffans également héri- 
tiers de tous et quelconcques ses biens. Et puis après fust 
assasiné par les soldats en ladicte chambre. Qui fut le tous mis 
en garde de loy. 

Grand Greffe des échevins, convenances et 
testaments, i633-i638, f. 84 v«. 



II 



Testament du Bourgmestre Pierre Bex. 

L'an mil six centz cinquante six, du mois d'Avril le vingte 
deuxième jour, comparut devant nous, mayeur et eschevins de 
la haulte justice de Liège, honorable Paul Renier, l'ung de noz 
prélocuteurs, lequel nous at apporté et mis ens mains le testa- 
ment et ordonnance de dernière volonté de feu honoré S' Pierre 
Bex, ja bourghemaistre de ceste cité, escript tout au loing et 
soubsigné de la main propre dudit S'Bex,ainsy que honorables 
Gille et Fastré jGhinotte, frers, devant nous ossy comparuts , 
après en avoir heu lecture et oculaire inspection, ont recognu 
et par seriment par eulx preste, attestez cause de science poar 
avoir plusieurs fois veu escrire et signer ludit S^ Bex et tel 
escriture et signature estre conforme et semblable à celle dudit 
testament, portant daete du vingte deuxième jour de febvrier 
seize centz cincquante ung ; nous requérant ludit Renier que 
voulussions celluy testament mettre en garde de loy et le faire 
registrer dans nostre registre autenticque ad perpetuam rei 
memoriam, crainte qu'icelluy ne se viendroit à s'entreperdre ; 
à laquelle requeste condescendans, avon§ icelluy testament mis 
en garde de loy et ordonné à nostre greffier Parfondry de le 
registrer dans nostre registre autenticque ad perpetuam rei 
memoriam, à touttes occurences, come l'on treuverai convenir 



— 493 — 

S*ensuit ludit testament : Ine nomine Domini, amen. Moy sou- 
bescript, considérant la mort qui me voisine de si près, et en- 
suitte voulant disposer des biens que Dieu m*a laissé, après des 
si fâcheuses rencontres, je recomande mon âme à Dieu, nostre 
Dame et S*-Pierre, mon patron , et désir que mon corps soit 
enseveli en la sépulture de mes ancestres, à S'-Michel, en la 
chapelle Nostre-Dame, laissant à la fabrique de S<-Lambert ung 
schellin ; et veut que touttes ses debtes liquittes soyent payées 
hors du plus appareillé de ses biens ; en outre je laisse et 
légatte à ma feme, Ida de Halling, huict cents florins de Brabant 
de rente, à prendre à son choix ens, hors et sus de tous mes 
biens, cens et rentes et autres immeubles, pour son entretien 
et pour en disposer come elle treuvera mieux à son plaisir ; 
entend aussy que l'assignation que j'ai fait à mes enffans survi- 
vans, ensuitte de leur émancipation, devant la justice de Maes- 
trecht, où j'etoy résident, demeur en sa force et vigheur, sauve 
touteflbis qu'en tant que l'assignation faite à mon fils Jean, 
excède de beaucoup sa légittime, qu'il devera imputer pour fur- 
nissement d'une partie de sa quoete luy assignée, la some de 
treize centz florins Brabant et plus, que j'ay payé pour les 
despêches de sa prébende et réception à S*- Denis, dont les de- 
niers estoient provenants de la rédemption d'une rente par mon 
bea frère l'eschevin Halling ; je laisse aussy et légatte à mes 
deux flUes, Beatrix et Anna, à chacune encor cent florins de 
rente, à les prendre ainsy que les autres deux centz leurs as- 
signez come dit est ; item, je laisse et légatte à maditte feme 
deux mils florins Brabant, à les prendre hors du plus appareillé 
de mon meubles, suivant l'apprétiation d'un estimeur juré. Et 
quant au résidu de tous mes autres biens, je laisse et institue 
Catherine, feme au bourghemaistre Jamar, Beatrix et Anna, mes 
filles, pour mes héritiers universels, désirant que cestuy présent 
testament sorte ses plains et enthiers eHects par touttes les 
meilleures voyes que faire se peut, soit par forme de donation 
entre vifs ou morte, de codicille et autre, tel qui le puisse faire 



— 494 — 

valoir et subsister. Ce at esté fait en la thour de l'official et signé 
de ma main le vingte deuxième de febvrier mil six centz cinc- 
quante ung. Ainsy signé : Piere Bex, ayant aussy requis le révé- 
rend père d*Astroy de le soubsigner. Ita est : F. Barlh.olooieu3 
d*Astroy, sacrse theologiae proFessor ; et plus bas F. Antoniu3 
Robaulx, frater minor Recollectus et socius R"** P. Bartholomey 
d'Astroy, S. T. leotoris. Et fut mis en garde (i). 

praad Greffe des Echevins de Liège ; Greffe Beriraody, 
convenances et tesUments,'! 654 -i 66i,n9i 564, f» 187. 



III 



Testament de Tilmau "WaldoreaU échevin de Liège. 

Interrogation soit faite az icsmoins que produyre vora messire 
Ponche de Welkenhuyse, chevalier, voeit hérîlauble de Lonchiu, 
etc., marit à madamme son espeuse qui paravant fut femme à 
Thilman Waldoreal, jadis esquevin de Liège, etc. 

Assavoir : s*il est en leur mémore que par plussieurs foix ils 
ont oyu cognostre, dire et proféreir le jadis Thilman, en son 
vivant et en ses bons sens, mémore et discrétion, en espécial 
quant il alloit quelcque part hors de la citeit en péril de son 
corps, que il, en parlant à ladicte damme son espeuse, où elle 
ploroit et soy dolosoit de département de sondit feu marit, et en 
elle consolant, ly disoit : « Taiseis-vous, femme, il m'en covient 
alleir; nientmoins, se je mourre ou se je vîske, je vous laisse 
tout ce que j*ay en chy monde , tant en héretaiges que en biens 
moibles. » En oultre que, en ce auctorisant, directement qu*îl 
estoil au siège de Franchymont, présens y plussieurs, dest que 
il mouroit plus aise s'il covenoit qu'il fuist, car il avoit fait son 

(*) Tous les historiens liégeois, sans exception, affirment que Pierre Bex éUîl 
nn vieillard octogénaire lorsqu'il monta sur i'échafaud le S2 février 1654. L'extrait 
de baptême de l'infortuné bourgmestre, découvert par M. le chevalier Camille de 
Borman dans les registres de l'Etat-civil de Liége,daté du 38 mars 4594, prouve que 
Pierre Bex avait 57 ans lorsqu'il mourut. Ses parents s'étaient mariés en iSao. 



— 496 — 

testament, en qael il avoit lai&siet à sadicte femme tout le syen, 
qui montoit plus de wiy muys de spelte hériiable. £t encor 
noiesme depuis at plussiours foiK cognut que quant il n^oiroit, il 
laîssoit tout à sadicte Femme, et ossy miesmis s'il viskoit il ly 
laissoit tout ce qu'il avoit, hëritaiges et biens moibles. 

Gilis Van den Brouck, tesmoing jureit, dist que, à temps qu'il 
demoroit deleis ledict feu Tliilman et qu'il le servoit, oyt dire 
et cognoistre icelui dict Thilman, directement quant il devoît 
alleir devant Franchymont au siège d'iceluy, et qu'il montoit à 
cheval sour unne haggenée en sa scaillie, en parlant à ladicte 
damme son espeuse, qui soy doloit de sondict partement : 
a Taiseis-vous, femme, j'en vay; soit que je mourre ou que je 
viske, je vous donne tout ce que j'ay, biens moibles et liire- 
taiges; » et à ses dits parleirs furent présens Piron, son page 
alors; et en oultre ratifiiat ces dicts miesmes parleirs incontinent 
et tantoest après, en yssant de son chauffeur en venant en la 
cousinne, oii furent encor présens ledit Piron et unne femfne 
qui féquentoit sovent en l'hostel dédit Thilman ; item dist en 
oultre, que quant ledict Thilman estoit audit siège de Franchy- 
mont, en son logice, en parlant à Wathier de Corswaremme, 
son serpge, séans à table, dest : « Velu, se je mourt ou je viske, 
j'ai laissiet à vostre sereur, ma femme, xviij à xix* mqis de spelte 
hiretaubles pour en faire sa pure et ligge voUenteit; » et y 
estoieot y plusieurs présens qu ils ne cognissoit, entre lesqueU 
y estoit Raesse de Corswaremme. 

Le vij« jour de marce an iiij" et xiij, fist ladicte damme seri- 
ment solempne que point ne ly constat de quelcque testament 
que sou jaditmarit aiet fait par escript, autrement que unne foix 
après qu'elle oet esposeit le dit feu Thilo^an environ ie dei/^ k 
troix jours, ledit Thilman le huchat en sa chambre où il escpip- 
voit, et iUec deskirat eu $fk présence ung testament qu*il disoit 
avoir fait. 

Savenea, varlet de jureiz de cerbonage, tesmoing jureit, dist 
qu'il oyt dire ledit Thilman, directement quant il devoit monteir 



— 496 - 

à cheval pour alleir vers Franchymont, ces setnblaubles parleirs 
en parlant à cesti tesmoing : « Savenea , je toy recomande 
Kathon ; je iy laisse tout ; » et ne ly constat qu'il y eusl per- 
sonne où lesdis parleirs furent proféreiz ; et furent dis en re- 
man. 

Magriette de Tougre, femme Kerste, serviteur à Wathier de 
Gorswaremme, escuyer, tesmoing jureit, disl que directement 
quant ledit Thilman devoit monteir à cheval pour alleir à Fran- 
chymont, elle oyt dire ledit Thilman en parlant à sa femme qui 
ploroit : Taisais, femme, ne ploreis point ; je vous laisse tout 
hiretaige et biens moibles : » et ce dest par deuz à trois foix , 
tant en allant délie scaillie comme en yssant de sa chambre, et 
en la cousinne ; et les dest en alleman. 

Symon, fil de ladicte Magriette, eagiet présentement comme 
il dist d'entre xvij à xviij ans, dist que bin ly constat que lorsque 
le jadit Thilman s'en devoit alleir à Franchymont, ung petit avant 
qu'il montast à cheval, en venant hors de sa chambre en entrant 
en la cusinne, oyt dire ledit Thilman en parlant à sadite femme 
qui ploroit, en présence délie mère de cesti tesmoing: «Taiseis, 
femme, ne ploreis point ; je vous laisse tous mes biens moibles 
et hiretaiges, soit que je viske ou que je mourre ; » et cesdis 
parleirs furent par ly dis en alleman. 

Piron Thonnard, tesmoing jureit, dist que, directement quant 
ledit Thilman devoit monteir à cheval sour le pas de l'huysse, il 
oyt dire ledit Thilman, en présence de Gilis son palfernier, en 
parlant à sadicte femme. «Taiseis-vous, femme, ne ploreis point; 
je vous laisse tous mes biens soit que je moure ou que je viske. » 

Aelid, femme Jehan Loys, tesmoing jureit, dist qu'elle at 
oyt dire Savenea, varlet des jureiz, directement quant ledit Thil- 
man devoit alleir vers Franchymont, que ledit Tilman s'en alloit, 
et que ledit Thilman avoit priveit tous ses amis, car il avoit tout 
laissiet à sa femme s'il moroit. 

CoUar de Treit, huilleur, tesmoing jureit, dist que luy extant 
au siège devant Franchymont, oyt que là on copynoit à jadit 



- 497 — 

Thilmaa en disant qu'il avoit une belle trompinnette, sa femme, 
il respondit : « Tu dys voir; j*ay fait mon testament et ly ay lais- 
siet de quant que j'ay. » 

Maroie de Jévomont , femme Greuhier, tesmoing jureit, dist 
que elle at oyu dire ledit Groisier, son marit, qu'il avoit oyu dire 
le jadil Thilman les parleirs contenus en premier article. 

Jehan Fastreit, demorant à Xhovémont, tesmoing jureit, dist 
que quant le jadit Thilman en alloit vers Franchymont, iuy ex- 
tant en sa maison, là son varlet l'avoit abiliiet et hozeit pour 
monteir à cheval , en départant hors délie cuysinne , sadicte 
femme ploreit ; et adont ly dest : « Taiseis-vous ; porquoy plo- 
reis-vous ? vous esteis unne riche femme ; BOit que je viske soit 
que je monre, je vous laisse tout meubles et biens moibles et de 
quancque que j'ay, vis et vaillant. » Et encor après ce que cesti 
tesmoing ly vinne quérir unne boutelle de vin, à Liège, az Troix 
coronnez en le Haulte Savenier, Iuy revenu à Robermont là 
ledit Thilman estoit, il prist congier à ly disant à cesti tesmoing 
qu'il en rallast et qu'on gardast bien, et le recomandast à sa 
femme, et ne plorast point, disant à cesti tesmoing : « Vous sa- 
veies bin tout ce que ly ay dit. » 

.... L'an iiij" etxiij le xxvj« jour d'avril, tesmongnat Wathier 
de Corswaremme, jadis maistre de Liège, et dist que point n'at 
esté présent ne appelleit là ledit Thilman fesist testament, au- 
trement que il ly at plusieurs foix oyu dire par manière de co- 
pynnement : « J'ay unne femme ; se Dieu faisoit sa vollenteit de 
moy, je ne say persoenne à qui je koiroy mieux le mien que à 
ley. » 

Approveit et mis en warde Tan xiiij*» iiij" et xîij le xxix* jour 
d'avril . 

Grand Greffe des ëchevins de Liège , convenances 
et tesUments, 4493-1496, f» 34 v<>. 



— 498 — 



IV 



Tableaux enlevés de Liège par les Français en 1794. 

Les notes de Dartois que nous avons publiées dernièrement 
et l'ouvrage de Louis Abry, édité par la Société des Bibliophiles 
de notre ville, contiennent pour Fhistoire des tableaux liégeois 
une foule de renseignements curieux. Voici sur ce sujet deux 
documents nouveaux qui ont une grande importance à cause 
du caractère d'authenticité dont ils sont revêtus. 

NOTE AUTHENTIQUE DES TABLEAUX ENLEVÉS PAR LES FRANÇAIS EN 1794, 
DRESSÉE PAR MM. FERD. DESOER, PÈRE, DE FASSIN ET UAMAL (i). 

Cathédrale de St-Lambert. 

1 L'assomption de la Vierge, par Gérard Lairesse. Tableau du 

maître autel (rendu). 

2 La résurrection de Lazare, par Bertholet Flemal, dans une 

chapelle du côté des cloches. 

3 La nativité du Seigneur, par Jacques Jordaens, dans la cha- 

pelle du Crucifix des Miracles. 

4 Le Christ descendu de la croix, par Bertholet Flemal, aux 

deux autels sous le Jubé. 

5 Saint-Lambert en prière, par le même, id., id. 

6 L'élévation de la Sainte Croix, par Gérard Douffet, dans la 

chapelle de la Croix. 

7 Le Christ descendu de la croix, par X...., dans une autre 

chapelle du même côté. 

8 L'assomption de la Vierge, par Walescar, dans la chapelle 

des flamands, au maître autel. 

( « ) L'original de cette note, écrit de la main de M. Desoer, maire de Liège et 
ancien receTenr général, nous a été communiqué par M. Ulysse ('«apitaine 



— 499 — 

Saint'PauL 

9 La conversion de St-Paul, par Bertholet Flemal, tableau du 
maître autel. 

Saint' Jean-Baptiste. 

10 Le Christ entre les deux larrons, par Bertholet Flemal. 

Saint-Denis. 

11 Le martyre de Saint-Denis, par Guil. Garlier, tableau placé 

sous la voûte (brisé). 

Saint-Jacques. 

13 Saint-Benoit chassant un moine, par Englebert Fisen. 

13 Saint-Benoit avec des moines, par Plumier, tableau oval. 

Augustins sur Avroy. 

14 Les quatre docteurs de l'Église, par Zuillinus. 

Carmes déchaussés Hors-Château. 

15 Le baptême du Seigneur, par Garlier (rendu). 

16 Jésus-Christ guérissant un possédé, par le même. 

17 La Vierge et l'Enfant-Jésus parlant à Sl-Simon Stock, par 

Walter Damery. 

Chartreux. 

18 Un Christ, par Franc Flore. 

19 Une Sainte famille, par le même. 
âO Le Jugement dernier, par de Baker. 

Ursulines. 

21 Le baptême de St-Augustin, par Lairesse. 

22 La pénitence de St-Augustin, par le même. 

Conceptionistes du faubourg éCAmercomr. 

23 L'adoration des berges, par Bertholet Flémal , tableau du 

maître autel. 

24 L'Enfant Jésus couronnant de fleurs St-Joseph, par Guill. 

Carlier, 



— 500 — 

Notre Dame-^ux'Fonts. 
25 Saint Charles priant pour les pestiférés, par Bertholet (rendu). 

Saint-Nicolas, Outre-Meuse. 
36 La Vierge parlant à Saint-Augustin, par Bertholet. 

Église des Incurables. 

27 La Flagellalioii de Notre Seigneur, par Rubens. 

Au Val St'Lambert 

28 Le Christ en croix, par Bertholet Flémal. 

Hotel-de-Ville. 

29 Des animaux morts, par Sneyders. 

Liège, le 35 mai ^1814. 

A Monsieur le Commissaire du gouvernement du département de 

tOurte. 

Monsieur le Gouverneur, 

Comme vous avez manifesté la noble intention Je faire récu- 
pérer au pays de Liège, les produits des arts que le gouverne- 
ment frauçois a fait enlever, et que vous avez invité le public à 
vous faire connoitre les objets qui sont à sa connoissance, j'ai 
Thonneur de vous faire passer la liste de ceux que je connois 
qui sont en France que les connoisseurs et les amis de Fart re- 
grettent tous les jours. Je désire que les efforts que vous ferez 
h cette lin soient couronnés des succès qu*ils méritent. 

J'ai l'honneur d'être avec respect. Monsieur, votre très humble 
et obéissant serviteur. 

P. DARTOIS, 
Place du Lycée, »« 266. 

P. S. (Voir si les objets désignés ne sont pas déjà compris 
dans la liste envoyée par la municipalité). 



~ 801 - 

3* Division, â« Bareau. Liëge, le 7 juin i844. 

A S. E, M. le Gouverneur Général du Bas-Rhin. 
Monseigneur, 

D*après un nouvel appel fait aux amateurs des arts, en exécu- 
tion de la dépêche de votre Excellence du 6 avril d**% j'ai l'hon- 
neur de vous adresser ci-joint une liste supplémentaire de 
tableaux précieux enlevés ici par les Français en 1794 et dont le 
recouvrement est d'autant plus désiré qu'ils sont presque tous 
des productions des peintres les plus célèbres du pays de Liège. 

Je prie votre Excellence de donner des ordres pour que cette 
liste supplémentaire soit jointe à l'Etat que j'ai eu l'honneur de 
lui envoyer le 7 mai dernier, et de vouloir bien encore inter- 
poser ses bons officices auprès du cabinet des Tuilleries pour la 
restitution des objets qu'elle contient. 

Je suis avec respect. K. 

Liste supplémentaire des tableaux précieux enlevés par les 

français en 1794, savoir : 

A r Église S^-Lambert (ancienne Cathédrale). 

1 Un grand tableau, par Van Lonne, représentant la Nativité 

de Jésus-Chrit. 

2 Un tableau d'autel, par Bertholet de Flémalle, représentant 

la résurrection de Lazare. 

3 Un tableau , par Lambert Lombard, représentant une des- 

cente de Croix ou plutôt le Sauveur descendu de la croix. 

4 Un grand tableau, par Jourdans. représentant les quatre 

docteurs de l'Eglise ; il était au dessus d'une porte de la 
chapelle des flamands, attenante à l'Eglise S*-Lambert. 

5 Un tableau, par Bertholet de Flémalle, représentant S*«- 

Cécile ; il était dans la chapelle des flamands, 



— 802 — 

6 Le tableau du maître autel, représentant rAssomption d^ ia 

mère de Dieu, peint par Gérard Lairesse. 

7 Un tableau aussi d*autel de très^rande dimension, repré- 

sentant un crucifiement, peint par DoufFet. 

8 Un grand bas-relief en marbre, tableau d'autel, représentant 

une descente de croix. 

Êfjlise de Notre-Dame-aux-Fûtids. 

9 Un tableau peint par Bertholet de Flémalle, représentant 

Saint-Charles Borromée à genoux et en prière. 

Églièe des religieuses UrstUines, 

10 Un tableau en carré, haut, par Géraixi Lairesse, représen- 
tant la conversion de S^-Augustin. 

H Un tableau en long, par Gérard Lairesse, représentant le 
baptême de S*-Augustin. 

Église des Carmes déchaussés. 

12 Un grand tableau, peint par Garlier, représentant Jésus- 

Christ guérissant un possédé. 

13 Un autre grand tableau, peint par Cartier, représentant le 

baptême de Notre Seigneur, 

Église des Cannes chaussés en lie. 

14 Un tableau représentant Ëlie dans la fosse aux lions et un 

corbeau qui lui apporte la nourriture. 
18 Un tableau peint par Garlier représentant S*«-Thérese. 

Église de S^-Jacques, 

16 Un tableau, peint par Fisen, représentant S*-Benoit corri- 

geant un de ses sujets. 

Église S^-Martin en Ile. 

17 Un tableau, peint par Douffet, représentant S*^Roch souf- 

frant. 

Église S^-Paul. 

18 Le tableau du maitre autel de S^-Paul aujourd'hui la cathédrale, 



— 803 — 

représentaut la conversion de S'-Paul, peint par Bertholet 
de Flémale. 

Église des Dominicains. 

19 Le tableau du mattre autel des Dominicains, représentant 

Tassomption de la Mère de Dieu, par Bertholet et Cartier. 

Église des religie%ises conceptionistes du Pont cFAmercosur. 

20 Un tableau représentant S^-Joseph à genoux devant Tenfant 

Jésus, peint par Garlier. Ce morceau est capital ; il était 
placé dans un petit autel. * 

Église de S^-Detiis. 

âl Un tableau du premier mérite représentant la décollation de 
S^-Denis , peint par Carlier ; il était placé dans la voûte 
de rÉglise ; on dit qu'il est à Gbarleville. 

Église de S^ean Évangéliste, 

22 Le crucifiement de Notre-Seigneur, tableau du premier mé- 

rite, peint par Bertholet ; il était placé à un petit autel. 

Hospice des femmes incurables^ rue du Vertbois. 

23 Un grand tableau représentant la flagellation de Jésus- 

Christ, peint par Rubens ; il était dans une salle de la 
maison. 

Église des Capucins, à Spa. 

24 Un tableau attribué à Rubens, représentant une descente 

de croix. La réclamation de ce dernier tableau a fait 
l'objet de ma lettre du 20 mai 1814. 
Vu par nous commissaire du gouvernement général du Bas- 
Rhin pour le département de l'Ourte, à Liège, à l'Hôtel du Com- 
missariat le 7 juin 1814. 

(Signé) : KOENEN. 

Liasse de Vadministration provisoire de KoeneA et Plautaz, inlitolée : Imtruction 
publique, etc. 



804 ^ 



Seigneuries du pays de liiége pouvant donner entrée à 

l'Etat noble en 1700 (*) 

En rassemblée de messeigneurs de l*Etat de la noblesse du 
pays de Liège et comté de Looz, tenue le 8 février 1700. 

Messeigneurs aiant remarqué la mauvaise conséquence qui 
pourroit s'introduire aux réceptions à faire des gentils hommes 
è TEtat de la noblesse, en cas on vint à les accepter sur des fiefs 
qui n'auroient aucun rapport ni à leurs personnes ni au lustre 
de cet Etat, déclarent provisionelement qu'au futur on nerecre- 
vra sur aucun autre fief que ceux insérés dans la liste sui- 
vante : 

liste des principaux fiefs et nobles tenemens, qui paient la taxe 

noble. 

Les seigneuries d'Aux et Hermée, d*Abée et Scry, d'Ahérée, 
la comté d'Aigremont , le fief d'Ainhet, la seigneurie d'Andri- 
mont, la vicomte d'Aublain, la seigneurie d'Avenne. 

Les seigneuries de Baillonville, de Baronville, le fief de M'^ 
le baron de Han à Barsinne, les seigneuries de Barveau, de 
Barze, le fief de Beaufroipont, la cour de Beaumont entre Nan- 
dren et Fresneux partenante à M"^ le comte d'Arberg, la comté 
de Beaurieu, la baronnie de Berlo , la cour et maison de Betove, 
les seigneuries de Bierset, de Biron, la comté de Bochoven, les 
seigneuries de Boing, de Bormenville , de Bossut en Faigue, 
de Braive, de Brus, de Brusthem, de Buissonviile, de Bussin 
etFailon. 

Le fief de Caster, les seigneuries de Celles, de Ghaleux, de 



(* } Celte liste est restée inconnue à Villenfagne. Voir ses Recherches historique* 
sur l'ordre équestre de la principauté de Liège, Liëge, 4792. 



- 805 — 

Cbocquier, de Golouster, de Gonjoux, lavicomté de Corswarem, 
les seigneuries de Gortis , de Graenwick, de Greux, de Grupet , 
de Gustinne. 

Les seigneuries de Darion et Boilhe,deDeDée,de Donstienne, 
de Dorines, de Doyon. 

Les seigneuries d'Ehin, d*Emenville, d*Ëngis, d'Eprave. 

Les seigneuries de Farcienne, de FenflTe, de Fléoialle, de Flo- 
rinnes, de Fiostoy, de Fontaine, de Fontenoy, de Fosteau, de 
Fosseroule, de Fraire-la-grande, de Frailure , de Freloux, la 
seigneurie et vouerie de Frezin, la seigneurie de Fronvilie, la 
haute vouerie de Furfoz. 

Le fief de Mr de Herkenrode de Geltnen, les seigneuries de 
Gorkom (je crois Gorssem;, de Grâce, de Gramptinne, de Gra- 
tem. 

Les seigneuries de Han-sur-Heure , de HannefTe, le fief de 
Hardemont, la seigneurie de Hautepenne, la tour, cour et mai- 
son de M' de Bellefontaine à Havelange, les seigneuries de 
Haversin, de Hemricourt, la maison, cour, thour et fief de 
Hepsée, possédés par M' de Stockem, les seigneuries de Her- 
malle , de Herck-S'-Lambert, la baron nie de Hierges, la sei- 
gneurie et fief de Hilen, la seigneurie de Holognes-aux-Pierres, 
la vouerie de Horion, les seigneuries de Houchnée, de Houtain 
et Once, la comté de Hozémont. 

Les seigneuries de Jamblinne, de Jehay, de Jenefle, d*Iergnée, 
d'Ive. 

Le fief de Restingen. 

La maison, appendices et appartenances de Laderier à Mar- 
neffe, les seigneuries de Laminne, de Langelis, de Lantremange, 
la maison et fief de Lexhis contenant preit et terre, les sei- 
gneuries de Lyzen, de Loverval. 

Les fiefs de M' Kerkove à Magnery, délie Mallieu, les seigneu- 
ries de Meannoye , de Merlemont , de Modave-la-grande , de 
Modave-la-petite, de Monceau, de Montgauthier, de Montenac- 
ken, de Montigny-sur-Sambre, de Morialmé, le fief délie Hotte, 



— 806 — 

la maison et flefde MoufriD, les seigneuries de Moumalle, de 
Moyne-Eglise, le fief de mademoiselle de Herkenrode à Mulken. 

Les seigneuries de Nalinues, de Nederkanne, de la Neeff, de 
Nettinnes, de Neufville-le-Ghaudron, de la Neufville en Gon- 
dros, de la Neufville sur Moeuse. 

Les seigneuries d*Odeur, d*Omezée, d*Ongny en Tiras, d*()r- 
dingen, d'Ossoigne, d'Oupye et Vivegnis. 

La cour, thour et maison de madame de Viron à Pailhe, le 
Pas-St-Hartiu, les seigneuries de Pepingen, de Pesche, de Peti- 
gny, de Praisle. 

Les seigaeuries de Rabosée, Ramioulle, le fief de Reelen, les 
seigneuries de Résimont, de Richel avec 3 bonniers, la comté 
de Rochefort, la seigneurie de Roiiy, la cour et maison de Roye 
près Tongre, la seigneurie de Ry. 

Les seigneuries de Saive, de Sanmar , de Sauthour, la voue- 
rie de Sclessin, Ougnée et Ougrée, le fief de Schoor, les sei- 
gneuries de Serenchamps, de Sévery, de Skeuvre, de Sohet, 
de Sorée, de Sorinne, de Soumalle, de Surre. 

Les seigneuries de Tahier, de Taminne, de Tapfesse, de Ta- 
vier, de TharouUe, de Thynes, de Tickellerie, de Tihange, de 
Tinlot, de Trognée, de Troisfontaines, de Traigne. 

Les seigneuries de la Vaux-Ste-Anne, de Velroux, de Vesque- 
mont, de Veuve, de Vierset, de Vierves, de Vieux-Waleffe, de 
Vignée, de Vile, de Vilhain, de Viller-sur-Lesse, de Viller-deux- 
Eglises, de Vireux et Molhain, de Vodesée, de Voroux, 

Les seigneuries deWagnée, de Walsin et Durhance, de 
Wansenne, de Warme, de Waroux, la comté de Warphusée. 

S'ensuivent les fiefs et nobles tenemens du comté de Looz. 

La censé du seigneur Buntinx à Alken. 

Les seigneuries de Veverloe, Hamme et Quaet-Mechelen, de 
3everst, de Bindervelt* 



— 507 — 

Le fief de Gammers, le fief de Gleyn-Stevoert, les seigneuries 
de Coesen et Wiere, de Gorteshoven, de Gronendale, la censé 
de Grudsen appartenante à H. de Geloes. 

Les seigneuries de Dessener et Wintershoven,de Dipenbeck, 
la censé de Drossetten, la seigneurie de Duras et Wilre. 

Les seigneuries d'Elderen, Herne et Scalcoven, d'Emael. 

Les seigneuries de Gerdinghen, de Grors-Liewe, de Grasen, 
de Groes-Elderen, de Gugoven, de Gutschoven. 

Le fief de Habrouck, les seigneuries de Heer, Herstn, de 
Hoen, de Holbeeck, le fief de Hommelin. 

Le fief de Jeuck. 

La maison, terres et biens de Kerkum (je crois de Vrundt) 
sous Rummen, la seigneurie de Rermpt. 

Les seigneuries de Meer et Boller, de Meldert, de Hilen, le 
fief de Mombeck, le fief ou la censé de la Motte. 

Les seigneuries de Neerharen, deNudorp. 

Les seigneuries d'Op-Liewe, d'Oreye. 

La seigneurie de Peer. 

Les seigneuries de Ridderherck, de Rummen. 

Les seigneuries de Sassebrouck, de Schoenbeck, le fief de 
Scovenbergh, la seigneurie de Sichem et Sussen, le fief de 
Simpernaux, la seigneurie de Spalbeck, le fief et censé à Stei- 
Toert. 

Le fief de Ter-Lamen, la seigneurie de Tille. 

Les fiefs du s' Van der Voordt, du baron de I^eroede à Vech- 
mal, les seigneuries de Vogelsanck, de Voordt, de Vrolinghen 
et de Bombrouck. 

Les seigneuries de Wamvierve, de Wintershoven, de Wo- 
trenge ou d'Olrenge. 

La seigneurie de Zelem. 

(MaDUscrits géoéalogiqueB de Le Fort, 2« série, t. VII, p. 385). 



— 508 — 



VI 



La plaine de Steppes. 

Un cartuiaire sur vélin de l'ancienne collégiale Sainte-Croix, 
à propos d'une donation faite en Tan 1011 par Tévéque Baldric, 
de 30 bonniers de terre situés in comitatu StepeSj ajoute : 

Circa que bona est sciendum quod in dicto loco postea Tuit 
conflictusinler Leodienses etBrabantinos, etBrabantini devicti, 
tempore videiicet dominiHugonis de Petraponte, episcopi Léo- 
diensis ixvj^ anno Domini millesimo ce x\^; et est situs iste 
locus de Steppes inter Houten-Episcopi et Montegnées, conti- 
nens circa Ix bonaria in crisco seu in pascuis communibus 
ville de Houten soiius (?), prout asserunt; nec possunt alii 
ibidem facere pasci sua pecora; reputaturque ille locus perti- 
nens ad villam de Houtein. Contitentur tamen quod comiti Los- 
sensi fuit concessus quedam parva pars dicti loci, ad faciendum 
justicias ville de Montegneez ibidem, ex eo quod dicitur dictum 
comitem primum fuisse principem repertum in dicto conflietu 
armatum pro parte dicti domini Leodiensis episcopi. Et cum 
ibidem comes postea blada fecisset seminari, homines ville de 
Houtein, hoc pati nolentes, dicta blada omnino devastarunt et 
terram cum cespite et bladis everterunt, sic sua pascu com- 
munia ut asserunt defiendentes ; et ad se diclum locum omnino 
adhuc spectare contendunt, non obstante donatione prelacta, 
quam fortassis ignorant. 

(Cartuiaire de Sainie-^roix, f. 175 . 



VII 



Evaluation des pèlerinages 9 1 696. 

Sohet, dans ses Itistituts de droit (1. 5, t. XXVII, n"* 9), dit : 
c( Il y a 6 sortes de voyages, qu*on avait coutume de décréter 



- 809 — 

autrefois pour amendes dans ce pays-^^i , savoir : le voyage 
d'Outre-mer dans la ville de Nicosie ou plus loin en File de 
Chypre, taxé à 20 florins d'or ; celui de St-Jacques en Compos- 
telle, taxé à 10 fl. d'or ; celui de Rochemadou à 8 ; celui de 
Vendôme à 2 1/2 fl. d'or; celui de Walcourt à 1 3/4 fl. d'or; et 
le voyage légal du pays qui comprend tous les autres, taxé à 
39 1/4 fl. d'or. » 

Outre ces six pèlerinages expiatoires les plus usités, il y en 
avait un grand nombre d'autres dont nous trouvons la liste 
dressée en 1595, avec les évaluations, sur la couverture d'un 
registre des Archives de l'État à Liège (Rendages proclama- 
toires, n^* 11). Nous la reproduisons en la complétant au moyen 
d'une autre liste manuscrite du XVIP sièle et après avoir rangé 
les localités par ordre alphabétique. 

Taxationes viagiorum. 

Ad Andanam j 1/2 flor. aur. 

Ad N. D. in Aquisgrano j 1/2 » 

Ad Argentinam i^ » 

Ad N. D. Aureliensem xij » 

Ad Basileam x » 

Ad Bononiam xx » 

Ad Bruxellam iij » 

Ad Buscumducis iij 

Ad Gameracum v » 

Ad très Reges Golonienses iij » 

Ad sanctum Jacobum in Compostella . . xxxv » 

Ad Coiifluentiam v » 

Ad ecclesiam Gonstantiensem ix » 

Ad S. Cornelium (Gornelii monasterium) . ij » 

Ad regnum Gypri. xl » 

Ad S. Suipicium in Diest ij » 

Ad Dionantum ij 1/2 » 



Ad S. Annam in Duren ij 1/2 flor. aur. 

Viagium S« Egdii v patards. 

Ad S. Theobaldum in Elzacia viij flor. aur. 

Ad N. D. in Elzacia xij » 

Ad Florentiam xxij » 

Viagium b. Virginis in Foix ..... ij » 

Ad N. D. in Hallis iij » 

Ad S. Hubertuoi in Ardenna ij » 

Ad N. D. Huyensem j » 

Viagium S^ Leonardi v patards. 

Ad S. PetrumLovaniensem ij flor. aur. 

Ad Mediolanum xviij » 

Ad ecclesiam Metensem v » 

Ad Mogunliam vj » 

Viagium Montis-acuti ij » 

Ad Namurcum ij » 

Ad Parisios viij » 

Viagium Remense v » 

Ad urbero Romanam xxv » 

Ad N. D. Rotomagiensem x » 

Ad ecclesiam Spirensem viij » 

Ad S. Judocum super mare. * vj » 

Ad ecclesiam Thelozanam x » 

Viagium Thudinense ij » 

Ad S. Martinum Thuronensem x » 

Ad S. Anthonium Trajectensem .... j » 

Ad S. Martinum Trajeclo inferiori ... v » 

Ad S. Mathiam Trevirensem v » 

Ad S. Catharinam Vendomiensem ... vj » 

Viagium Visetense x patars 

Ad N. D. Walcuriensem iij flor. aur. 

Ad S. Sanguinem in WiUenock .... vj » 

Ad Wormatiam vij » 

Viagia Ultramarinum, Gomposlellanum, Rotomadurense, Vin- 



— 8n — 

donicense et Walcurieose, vocantur une Ewalle du pays, ad 
quam condemnatur et obligatur etiam is qui vim vi repellendo, 
moribus nostris cœdem commisit, contra omnia jura, contra 
constitutionem Garoli Y caBsaris. 



VIII 



Frafl^ment d*un obitaaire du XII« siècle. 

L'obituaire en parchemin auquel appartenait le feuillet quo 
nous avons découvert, est appliqué contre la reliure en bois 
d*ua autre obituaire, également en parchemin, du XV« siècle, 
conservé aux archives de Liège et consacré aux clianoines de 
Saint-Materne. 

V idus (martii?). Erlebaldus, abbas Stabulensis, flrater hujus 

loci. 
Reimbodo, abbas sancti Qeriberti Tuicii. 
iiij idus. M. Don Hermannus, abbas de Oestbruch. 

iij idus. Rodulfus, abbas S. Trudonis. 

Margaretha , comitissa de Los. 
Henricus, prior, sacerdos et monachus 
hujus locis. 
iij kal. aprilis. Robertus, sacerdos, monachus s. Laurentii. 

Johannes, sacerdos, quondam monachus 

custos Maimondiarensis. 
Adheiardus, frater hujus loci. 
Helwidis, conversa Sancte Marie in Fio- 
reffia ; que cum viro suo Lamberto muita 
bona contulit ecclesie. 
ij kal. aprilis. Hazecha, uxor Liebertide Ferme. 

Bovo, canonicus ecclesie s. Lamberti. 
Spanehildis, comttissima (sic) de Los. 
Petrus, miles. 



812 - 



IX 



Cloches liégeoises dans la cathédrale de Rouen. 

La cathédrale de Rouen possède deux cloches provenant de 
Liège. L*une, qui avait été coulée pour la collégiale Saint-Bar- 
thélemi porte Tinscription suivante : 

trini praeposItVs DeCanVs GapItVLVH 

CVI sit LaVs CoMItl De roVgraVe 

eXIn aCGessIt LaVs tibl De MVno 

pfenDVLa sIC sVrgo graVIor VoGCtata Maria 

Ghaudoir wb fecit, i774. 

Le comte de Rougrave, vicaire général de Liège, était prévôt 
de Saint-Bar thélemi, à Liège, en 1774 ; le doyen de cette collé- 
giale à la même époque était M. de Huno. 

L'autre cloche porte ces lignes : 

Anno Dni MIII Joannes de Benta me fecit ; capitulum vero 
annoMDGGLXXX ut Hquarer ac augerer curavit. 

Ghaudoir F. 178S. 

« En 1796, dit M. le chanoine Devroyè, auquel nous devons 
la connaissance de ces inscriptions, les cloches ont été généra- 
lement enlevées des clochers pour être transportées à la mon- 
naie; mais plusieurs d*entre elles n'ont'pas été fondues. Lors 
du rétablissement du culte en 1801, ces cloches ont été données 
par les préfets aux églises conservées. G'est ainsi que la cloche 
de Saint-Barthélemi, et sa compagne, ont pu être données à une 
église de Rouen. » 



TABLE DES MATIÈRES. 



Pages. 

Statuts constitutifs. — Tableau des membres 5 

J. Rbmier. Le Tombeau de Reginard 23 

J. Dàris. Notice historique sur Grand-Looz , Gotbem et 

BrouclLom 29 

R.-P. GoFFiKBT. Bataille de Lauffeld 79 

J. Renier. OEuvres de Natalis (suite) 89 

S. BoRMANS. Premier rapport sur les Fouilles archéologiques 

de Juslenville 455 

)> Seigneuries féodales de Tancien pays de Li^e 

(suite) 157 

U. W. Note sur le baron de Walef. 275 

J. Daris. Notice historique sur Tabbaye de Beaurepart à 

Liège 303 

X. Note sur Taneienne église de Beaurepart . . . 373 

E. Regnaro. Quelques mots sur Gretry 375 

S. Menues inscriptions du Musée de Liège (suUe). . 383 

H. Helbig. Quand est né le baron de Walef ? 401 

J. Renier. OEuvre de Natalis (suite) 407 

S. BoRXAMS. Second rapport sur les Fouilles de Juslenville. . 431 
» Seigneuries féodales de Vancien pays de Liège 

(suUe) 451