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Full text of "Bulletin de l'Institut archéologique liégeoise"

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BULLETIN 



DE 



L'INSTIT 



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ARCHE 



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LIEGEOIS. 



TOME XXXIII 



(1" FASCICULE) 



LIÈGE 

LEON DE THIER, BOULEVARD DE LA SAUVENIÈRE, 10 



100» 



GEÏÏt CtNiW UbKARY 



IIAI'I'OKT 



SUR LES TRAVAUX DE L'INSTITUT ARCHEOLOGIQUE 

LIÉGEOIS PENDANT L'ANNÉE IQQ2. 



Messieurs, 

Me conformant à l'article VII de nos statuts organiques, 
j'ai, en ce jour, à la fois le devoir et l'honneur de vous re- 
tracer les principaux événements qui, dans le cours de l'an- 
née 1902, ont marqué l'existence de l'Institut archéologi- 
que liégeois. 

Ces événements se rapportent les uns à notre activité in- 
tellectuelle, les autres à notre vie intime. 



L'exercice qui vient de s'écouler comptera parmi les plus 
prospères d'entre tous. Rarement, en effet, notre Société a 
fait preuve d'autant de vitalité, rarement elle a déployé 
autant d'activité. 

Jamais nos séances mensuelles n'ont été aussi régulière- 
ment et aussi assidûment suivies par la plupart d'entre 
vous ; nos réunions présentaient toutes, il est vrai, l'attrait 
d'une communication émanant de l'un de nos membres. 

M. le professeur Duchesne a ouvert en janvier la s'rie de 
nos causeries en vous parlant du Musée de Giseh. 

Après avoir fait l'historique de ce Musée, qui fut succes- 
sivement installé à Boulacq et à Giseh, d'où, tout récem- 
ment enfin, il a été transféré au Caire, M. Duchesne vous 
en a décrit les principales antiquités contenues dans 91 vas- 
tes salles. 

Au rez-de-chaussée, il vous a signalé les monuments des 
premières dynasties, les statues et les bas-reliefs du Moyen 



— II — 

et du Nouvel Empire, ainsi que les antiquités de l'époque 
gréco-romaine. 

Enfin, à propos des collections des galeries des étages, il 
s'est attaché à vous exposer les principaux caractères que 
présente la statuaire égyptienne (types hiératiques sans 
cesse répétés, persistance de certains gestes, etc.). 

Ce court aperçu permet de juger de l'intérêt de cette 
utile conférence. 

A la séance de mars (celle de février fut consacrée à la 
lecture des rapports du secrétaire et du trésorier), M. Flo- 
rent Pholicn vous a donné communication d'un long et in- 
téressant travail sur les fabriques de faïence qui ont existé 
dans l'ancien pays de Liège. Il vous a notamment fait con- 
naître l'existence, confirmée par de nombreux documents 
et témoignages, de faïenceries à Huy, Acosse, Ouffet, Tin- 
lot, Dinant, Brée, Verviers et Maestricht. 

Ce travail, fruit de longues et patientes recherches, ser- 
vait de complément à l'étude détaillée que notre savant col- 
lègue a publiée dans notre Bulletin. 

En avril, M. le D r Simonis, qui, l'année précédente, vous 
avait fait une communication du plus haut intérêt sur 
1'. 1/7 du Mèdaïlleur en Belgique, vous a entretenus de deux 
médailles religieuses du XIV e siècle. 

Il s'agissa'it de deux grandes médailles en bronze dont 
les originaux en or sont déià cités dans l'inventaire des 
richesses artistiques du duc de Berry en 141 3 -14 14. 
_ Ces pièces, au type de deux empereurs romains, Constan- 
tin et Héraclius, ont des revers allégoriques qui, depuis 
quatre siècles, avaient intrigué les principaux savants. 

Tour à tour Scaliger, Ducange, Van Miries et plus ré- 
cemment Guiffré, Frôhner et Von Schlôsser tentèrent d'en 
déchiffrer la signification. 

M. le D r Simonis vous a démontré que les deux médailles 
en question, vraisemblablement originaires d'Italie et dues 
à des artistes de la Renaissance, ont leurs revers inspirés du 
Bréviaire romain ; l'une d'elles, celle de Constantin, ran- 
nelle le triomphe de la Croix sur le monde sous l'égide de 
Constantin ; la médaille d'Héraclius, d'autre part, remé- 
more la reprise de la relique de la Croix sur les infidèles. 

A la séance ae mai, notre vice-président, M. J. E. De- 
marteau, vous a fait une conférence sur les dernières 
fouilles au Forum romain. 

Aorès avoir esquissé à grands traits la confieuration 
rie l'ancien Forum, tel que le connurent, dans se^ transfor- 
mations successives, les anciens Romains, M. Demarteau 



— III — 

vous a dépeint l'état de ce même Forum au moment où, sur 
l'ordre des papes, les premières fouilles régulières y furent 
entreprises- 

Depuis 1870, l'aspect des lieux s'est bien modifié. On ne 
se borne plus aujourd'hui à déblayer les ruines des temples 
et des autres monuments ; pour arriver à des résultats com- 
plets, on ne craint plus de démolir des églises monumen- 
tales et d'explorer des portions de quartiers ; le sous- 
sol lui-même est scruté de toutes parts. 

M. Demarteau vous a ensuite signalé les découvertes les 
plus remarquables de ces derniers temps : le bassin de Ju- 
turne avec son inscription caractéristique : 

M. BARBATIVS 

POLLIO . AEU . CVR 

IVTVRNAI SACRVM 

PVTEAL 

et, tout proche, Pédicule d'Esculape, témoin muet de la pu- 
reté comme de la salubrité de l'eau ; l'autel érigé devant le 
temple de César, sur l'emplacement même du bûcher où le 
corps du Luctateur fut brûlé ; la Régia, demeure officielle 
du Grand Pontife des Romains, la base du Vulcanal, etc 

11 vous a également entretenus de ce pavement noir, en- 
touré de rebords préservateurs, sous lequel on a retrouvé, 
entre autres objets disparates, un cippe aujourd'hui fameux, 
portant une inscription en lettres tusco-romaines, texte 
dans lequel on a cru lire des prescriptions rituelles à l'oc- 
casion d'un sacrifice 

M. Demarteau a terminé son intéressante causerie en vous 
signalant une trouvaille qui a fait grand bruit, même dans la 
Rome officielle : celle, à 7 mètres de profondeur, prè> du 
temple d'Antonin et de Faustine, plus bas que ses premières 
assises, d'une urne funéraire faite à la main et enfouie en 
même temps que sept petits vases d'offrande à une époque 
antérieure à l'établissement du Forum lui-même! 

En juin, vous avez eu le plaisir d'entendre Mgr School- 
meesters disserter sur le régime des lépreux au pays de Liège. 

Après vous avoir fait l'historique de la léproserie, de 
Cornillon qui, mentionnée pour la première fois dans un 
acte de donation remontant à 11 76, fut réglementée en 
1188 par le prince-évêque Radulphe de Zahringen et 
compta parmi ses membres la pieuse sainte Julienne de 
Cornillon, le conférencier a mis en relief l'importance et les 
principales attributions de cet établissement, dont la juri- 
diction suprême s'étendait sur tout le pays de Liège. 



— IV — 

Le régime auquel étaient soumis les lépreux est surtout 
curieux et, sur ce point, Mgr Schoolmeesters vous a fourni 
des détails réellement intéressants. Il a successivement dé- 
crit l'habillement distinctif (longue robe d'étoffe grise) qui 
était imposé aux lépreux, ainsi que les diverses cérémonies 
religieuses qui étaient accomplies au moment de l'interne- 
ment, puis à la mort des lépreux. 

A la séance suivante (celle de juillet), M. Jos. Brassinne 
a traité un sujet bien approprié à ses études spéciales. 

Vous entretenant de l'ancien diocèse de Liège, il vous a 
notamment exposé dans quelles circonstances ce diocèse, 
qui s'adapta à la C'witas Tungrorum, fut établi dans la 
première moitié du IV siècle. 

Puis, parlant des paroisses, dont l'établissement remonte 
au VI e siècle dans les bourgs et les villes, il vous a succes- 
sivement indiqué l'origine et défini les fonctions des choré- 
vêques, des archidiacres, de l'official, du vicaire général, 
enfin des évêques auxiliaires. 

M. rirassinne, étudiant ensuite l'origine des doyens et 
leurs attributions, vous a énuméré les différentes catégories 
d'établissements paroissiaux existant dans le diocèse. 

Il a terminé sa savante communication en faisant l'his- 
torique des tentatives faites, antérieurement au XVI e siè- 
cle, pour créer dans les Pays-Bas de nouveaux évêchés 
qui auraient démembré celui de Liège et en vous montrant 
tiilippe II atteignant ce but en 1559- 

A notre rentrée de vacances, à la séance extraordinaire 
d'octobre, notre sympathique collègue, M. Paul Jaspar, en 
une charmante causerie, vous a intéressés au sort de la 
Maison Porqu'in. 

Il vous a montré avec quel soin fut édifiée vers 1570, 
par le Lombard Porcini, dans le goût italien du XVI e siècle, 
cette construction qui devint, dans la suite, la propriété 
d'Ernest de Bavière, pour former le noyau de l'ancien hôpi- 
tal dit " de Bavière ", aujourd'hui disparu. 

Au moyen de dessins et de vues, tant de l'intérieur que de 
l'extérieur du monument, M. Jaspar vous a ensuite exposé 
les mérites de cet intéressant édifice, avec sa belle charpente, 
pour vous signaler enfin les diverses destinations utiles aux- 
quelles pourrait être affectée la Maison Porquin, dont la 
conservation s'impose à tous égards. 

Votre vice-président, qui, en mai, avait déjà pris la parole, 
a bien voulu, à la séance de novembre, remplir une seconde 
fois le rôle de conférencier pour vous communiquer certains 
renseignements inédits sur la tombe de Nicolas de Cusa, 
légat à Liège en 1451. 



— V — 

Après avoir défini en quelques mots le but de la mission 
dont le Saint-Siège investit, à différentes reprises, les légats 
qu'il envoya dans les principautés ecclésiastiques de l'empire 
germanique et vous avoir rappelé l'intervention, dans les 
affaires intérieures de l'église de Liège, des légats Guido de 
Préneste (1200) et Pierre d'Albano, M. J. E. Demarteau vous 
a narré en détail la visite aussi courte que mouvementée que 
fit à Liège le cardinal de Cusa, envoyé du pape Nicola-> V. 

Il s'est ensuite attaché à rétablir la biographie de ce per" 
sonnage, dont le somptueux tombeau subsite encore au- 
jourd'hui en l'église de Saint-Pierre-aux-liens, à Rome. 

S'aidant des inscriptions de ce tombeau, M. Demarteau 
vous a appris que Nicolas du Cusa était né à Cues, sur laj 
Moselle, près de Trêves, et qu'il mourut à Tuder ou Todi 
en 1461, soit treize ans après sa mission à Liège. 

Le monument funéraire, ainsi commenté par notre collè- 
gue, présente des détails d'autant plus intéressants que la 
biographie des légats étrangers est généralement moins con- 
nue que leur intervention. 

Enfin, à la séance de décembre, M. Julien Fraipont a dé- 
veloppé un sujet bien en rapport avec ses études de prédi- 
lection : La Belgique préhistorique. 

Il a débuté par déterminer le centre de dispersion des néo- 
lithiques venus, d'après les uns, de la Bactriane, d'après les 
autres, des steppes de la Russie (entre la mer Noire et la 
mer Caspienne), pour vous expliquer ensuite l'invasion en 
nos contrées de peuplades d'agriculteurs et de pasteurs ap- 
portant avec eux une civilisation toute faite. Puis il vous a 
décrit en détail la civilisation de ces néolithiques, en insis- 
tant notamment sur leur genre de vie (associations de tribus 
vivant dans des bourgades), leurs industries, leurs rites fu- 
néra'ires, etc. 

Passant de là en revue les différentes traces que ces peu- 
olades ont laissées en notre pays, notamment leurs stations 
à ciel ouvert, leurs fonds de cabanes, leurs cités lacustres, 
leurs postes de refuge, leurs puits d'extraction et leurs ate- 
liers de taille, M. Fraipont a, pour terminer, rétabli la chro- 
nologie néolithique. 

Cette intéressante communication a eu le grand mérite de 
vous permettre d'embrasser d'un coup d'oeil rapide cette 
longue période de l'âge de la pierre qui aurait eu, d'après 
nos savants, une durée d'environ 3300 ans. 

Par cet aperçu, beaucoup trop étendu déjà pour le cadre 
restreint de ce rapport, vous voyez, Messieurs, combien nos 
séances mensuelles ont présenté d'attrait et d'intérêt. 



VI — 



A propos de nos séances, je rappel lera'i ici, sans la com- 
menter, l'heureuse décision que vous avez prise de réduire 
d'un mois notre période de vacances et de vous réunir le 
dernier dimanche d'octobre en une séance extraordinaire. 



A l'intérêt de nos réunions vient s'associer celui de nos 
publi< ations. 

L'Institut a rarement pu présenter à ses membres un vo- 
lume aussi varié que le tome XXXII. 

En un article de quelques pages, M. L. Renard a déchrit 
quatre statuettes romaines, parmi lesquelles une figurine de 
Mercure mérite une mention spéciale. 

Par sa notice sur des antiquités de l'âge de la pierre trou- 
vées à Angleur et à C haud fontaine, M. Jean Servais vous a 
permis de juger de l'étendue de ses connaissances en matière 
d'archéologie préhistorique, tout en vous laissant entrevoir 
les grands services qu'il est à même de rendre à la science. 

De son côé, M. Florent Pholien, en étudiant d'une façon 
à la fois raisonnée et pratique nos vieilles faïences lié- 
geoises, a su mettre ein relief une de nos anciennes industries 
locales les plus importantes, mais aussi les plus méconnues ; 
son travail, fruit d'une suite ininterrompue de patientes 
recherches, servira de point de départ à tout ce qui, dans la 
suite, pourra être écrit sur VHistoire de la Céramique du 
pays de Liège. 

En une douzaine de pages environ, M. Alfred Hansay a 
condensé la matière qui fit, l'année dernière, l'objet de sa 
communication sur Liège en ijço d'après le voyageur alle- 
mand Forster, communication dont mon rapport précédent 
a fait ressortir tout le mérite. 

Quant au mémoire de notre excellent collègue M. Albin 
Body, est-il nécessaire d'insister sur l'attrait que présente 
e travail pour tous ceux oui s'intéressent à l'histoire des 
Anciens monuments spadois?. 

En tête du second et dernier fascicule du tome XXXII 
fi.o-ure le savant trava'il de M. Edouard Ponce^et sur Les 
Maréchaux d'armée de T évéché de Liège, œuvre pleine d'éru- 
dition et di«me à tous égards de faire suite au remarquable 
mémoire que notre confrère a iadis oublié dans notre Bul~ 
let'm sur les Bons métiers de la Cité de Liéce. 

Enfin, pour terminer la série des notices, M. L. Penard a 
consacré une courte éb'de Vi deux remarnmhle^ obiets ro- 
mains en bronze : un chandelier et un trépied découverts à 
Bois-Borsu. i 



VII 



Je dois signaler égalemenl la Table analytique des ma 
tiètes (iiu clôture notre tome XXXII, en vertu d'une décision 
récente de l'Institut, d'après laquelle chacun de nos volumes 
aura à l'avenir sa table propre. 

Mentionner cette table, c'est citer M. l'abbé Van Winters 
hoven, au dévouement désintéressé duquel nous devons cet 
index si utile. 

je crois être l'interprète de vous tous en exprimant à < et 
obligeant collègue les meilleurs remercîments de l'Institut 



Vous dire que vous avez largement mis en application 
l'article I de nos statuts, qui nous ordonne notamment de 
véiller à la conservation " des monuments historiques de la 
province et des anciennes dépendances du pays de Liège ", 
c'est aborder d'emblée la question de la Maison Porquin. 

En émettant, dans mon rapport précédent, le vœu de voir 
la Ville de Liège se montrer clémente à l'égard de ce vieux 
monument, je ne m'attendais certes pas à devoir constater 
aujourd'hui que rien depuis lors n'est venu modifier la triste 
situation que je vous exposais naguère... La Maison Porquin, 
grâce aux soins qui furent apportés à son édification, est 
toujours debout, mais sa ruine s'accentue de jour en jour. 

En présence d'un aussi regrettable état de choses, peu 
digne, il faut en convenir, d'une ville de 170,000 âmes, vous 
avez considéré qu'il était de votre devoir d'adresser une der- 
nière requête à la Ville de Liège pour obtenir qu'une solu- 
tion définitive soit donnée à bref délai à une question qu; 
intéresse à si juste titre tous les archéologues liégeois. 

Je ne reviendrai pas idi sur le texte de votre requête ; je 
me bornerai à vous rappeler que l'Institut n'a fait qu'inter- 
préter le sentiment unanime de ceux qui ont à cœur la con- 
servation de nos anciens monuments historiques. 

Tous nos journaux locaux, de quelque oponion qu'ils fus- 
sent, ont approuvé notre nouvelle démarche, tandis que 
d'autres journaux du pays, voire même la Chronique des 
Travaux publics, organe de la Fédération des Entrepreneurs 
et de la Ligue du Bâtiment de Belgique, ont, en même temps, 
ouvertement sanctionné nos légitimes revendications. 

De plus puissants appuis encore nous ont été acquis : la 
Commission Royale des Monuments, qui était déi.à inter- 
venue, en 190 1, en faveur de la Maison Porquin, a récem- 



— VIII — 
ment adressé à la Ville de Lié^e la nouvelle lettre suivante 



ROYAUME DE BELGIQUE 

— o — 

COMMISSION ROYALE 

DES 
tVI O IVT U 3VT 12 INJ T &1 

O — 

N° 8520 
(Prière do rappeler dans la ré- 



ponse la date et le numéro 
de la présente). 



Messieurs, 

Notr3 attention est de nouveau appelée sur l'état d'abandon dans 
lequel est laissée la Maison Porquin, à Liège, au sujet de laquelle 
nous avons eu l'honneur de vous écrire le 22 novembre 1901. 

En présence de l'intérêt qui s'attache à ce monument, nous espé- 
rons, Messieurs que vous aurez à cœur de donner à cette affaire une 
solution favorable. 

De promptes mesures s'imposent si l'on veut assurer la conserva- 
tion d'une œuvre figurant à juste titre au tableau des monuments 
historiques. 

Nous serions heureux, Messieurs, d'apprendre que vous êtes 
d'accord avec nous au sujet de la mesure que nous préconisons, 
d'accord aussi avec les nombreux artistes et archéologues qui se 
sont occupés de cette affaire. 

Agréez, Messieurs, l'assurance de notre considération distinguée. 

Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massaux. Ch. Lagasse-de Locht. 



A MM. les Bourgmestre et Echevins de la Ville de Liège. 



— IX — 

Une personnalité bien connue dans le monde des arts, 
M. Ch. Buis, ancien bourgmestre de .Bruxelles, vient enfin de 
consacrer à notre cause un plaidoyer des plus éloquents. 11 
conjure " tous les hommes de goût, tous les wallonisants si 
,J ardents que compte Liège d'unir leur protestation à celle 
" que leur institut archéologique vient d adresser au Collège 
" et au Conseil communal, pour dénoncer la démolition de 
'' la Maison Porquin comme un acte de vandalisme, indigne 
"d'une cité intelligente, fière de son glorieux passé et amie 
" des arts ". 

Nous avons pour mission de veiller à la conservation des 
anciens monuments de notre vieux sol liégeois et c'est un 
devdir auquel on ne peut faillir. 

Au point de vue légal, la Maison Porquin, en tant que 
monument historique, doit être conservée. 

Il ne s'agit, du reste, que d'une lutte toute courtoise : la 
Ville de Liège, qu'i s'est toujours montrée amie des arts et 
bienveillante pour l'Institut et les archéologues du pays, re- 
connaîtra sans doute qu'elle avait prématurément condamné 
un édifice auquel se rattachent tant de souvenirs de la mai- 
son de Bavière. 

C'est un'iquement au bon sens de nos mandataires commu- 
naux que je fais appel pour leur demander de trancher, sans 
parti-pris, une question aussi importante ; ils sauront, je 
gage, concilier tous les intérêts et voter le maintien de la 
Maison Porquin. 

Vous me pardonnerez, Messieurs, d'avoir ici quelque peu 
anticipé sur les événements de 1903 ; toutefois, comme cette 
affaire est à la veille d'être résolue, j'ai cru qu'il était néces- 
saire de grouper en un faisceau tous les faits qui s'y rat- 
tachent. 



Dans un ordre d'idées similaire, je vous rappellerai égale- 
ment, Messieurs, la démarche que vous avez tentée l'an der- 
riier, auprès de la Ville de Liège, en faveur du rachat de 
l'ancienne propriété des comtes d'Ansembourg, aujourd'hui 
maison Jongen. 

Votre proposition d'y établir un musée d'art décoratif du 
XVIII e siècle et d'y installer les collections de médailles et 
d'estampes actuellement déposées dans les locaux de la 
Bibliothèque universitaire, semble appelée à prendre corps. 

Mais n'anticipons pas : le rachat de la maison Jongen, 
bien qu'il paraisse devoir se réaliser dans un avenir assez 
prochain, n'est pas encore chose faite. 



— X — 



Souhaitons qu'un arrangement définitif et favorable à la 
Ville de Liège 'intervienne sans trop tarder. 



* 
* 



Fouilles. — En matière de fouilles, j'ai le regret de devoir 
vous signaler que, cette fois encore, faute de ressources suf- 
fisantes, l'Institut n'a pas pu entreprendre les recherches 
qu'il avait projetées. 

Les fouilles commencées en 1901 à Latinne, au lieu dit 
" la Chapelle ", et dont je vous ai rendu compte dans mon 
rapport précédent, ont été reprises dans le courant du mois 
de septembre dernier; elles n'ont malheureusement pas 
répondu à l'attente de MM. Davin-Rigot et Renard. 

Autant elles promettaient il y a deux ans, autant elles ont 
été infructueuses en 1902 ; il est vrai que l'état des lieux, 
encore recouverts de moissons, n'a pu permettre que quelques 
sondages sommaires. 

Néanmoins, tout espoir n'est pas perdu ; au commence- 
ment de cette année, on a découvert une nouvelle tombe qui 
sera explorée prochainement et nous mettra probablement 
sur les traces d'un certain nombre d'autres sépultures. 

En attendant, M. Davin-Rigot, dont l'activité vous 
est bien connue, a relevé avec soin divers emplacements 
à fouiller : il a notamment opéré des recherches dans 
les substructions de quelques villas romaines des env'irons 
de Latinne, recherches qui lui ont fourni des débris de pote- 
ries en terre dite samienne, des fragments de tuiles, ainsi 
que quelques menus objets en fer, parmi lesquels une espèce 
de serpette assez curieuse. 

De son côté, notre zélé collègue, M. Firmin Henaux, a 
bien voulu se charger de surveiller des déblais, à Bols-Bor- 
su ; grâce à sa vigilance et à la libéralité des époux Wéry- 
Ramet, auxquels je présente idi les meilleurs remercîments 
de l'Institut, notre Société a pu obtenir, pour ses collections, 
de très intéressants objets de l'époque belgo-romaine : un 
grand candélabre en bronze, identique à ceux de Pompéï ; 
des fragments malheureusement incomplets d'un élégant 
trépied de même métal, une lourde lampe en fer, etc. 

J'ai déjà eu l'occasion de mentionner cette trouvaille à 
propos de notre Bulletin. 



Musée. - - Tout naturellement, Messieurs, je suis amené à 
passer de nos fouilles à notre Musée. 



— XI — 

Grâce surtout à des dons, celui-ci s'est notablement accru 
r*an dernier. 

Je m'empresse d'adresser les sincères remercîments de 
l'Institut à tous ceux qui ont contribué à la prospérité de nos 
collections. 

Voici, d'après notre savant et toujours vaillant conserva- 
teur, M. le D r Alexandre, la nomenclature des objets entrés 
dans notre Musée en 1902. 

DONS. 

Epoque ■préhistorique. 

2 fragments de haches polies provenant de Chardeneux (Condroz). 

Don de M. F. Henaux. 
Série de silex taillés trouvés à Ombret: 

6 grattoirs, 9 lames, 1 nucléus, 5 silex taillés et retouchés, 17 dé- 
chets de taille. 

Douze silex taillés trouvés à Ninâne (commune ds Chaudfon- 
taine). 

Un grattoir trouvé à Chokier. 

Un fragment de hache polie appropriée en retouchoir trouvé près 
de Chèvremont. 

15 lames et fragments de lames, un nucléus, trouvés à Tourinne, 
au lieu dit: "Campagne d'Oina!". 

Don de M. M. De Tuydt. 
Silex taillés quaternaires trouvés à Epinois. 

Don du même. 
17 lamelles en silex provenant du Thier Molu (Huccorgne). 

Don du même. 

3 nucléus, 3 grattoirs, 1 couteau et 42 déchets de taille, prove- 
nant de Ramet, lieu dit: "Sur les Thiers" . 

Deux silex trouvés à Jupille. 

6 lames, 1 grattoir, 2 fragments de haches polies, 2 silex taillés, 
recueillis à Andenne "Bois des Manants". 

\ nucléus, 4 fragments de couteaux, 7 lames, 2 poinçons, dont un 
est formé d'un éclat de hache polie et vta percuteur, provenant d'Om- 
bret. 

82 lames et déchets de taille, un poinçon et un éclat de hache polie 
trouvés dans les dunes et bruyères d'Eysden (Limbourg Belge). 

1 lame-grattoir, 1 nucléus, 3 grattoirs et 1 couteau recueillis a Hol- 
logne-aux-Pierres, près du lieu dit : "Au Tilleul". 



— XII — 

2 -ilcx trouvés à Housse. 

Don de M. M. De Puydt. 
Petit grattoir paraissant néolithique, trouvé avec un silex utilisé, 
en 1902, dans le jardin du Séminaire épiscopal, près du boulevard 
Piercot, à Liégi . par M. Loterman, curé de Rausa. 

Don de MM. Loterman et De Puydt. 
432 lames, fragments de lames et couteaux. — 27 fragments de 
haches polies. — 142 grattoirs. — 59 silex taillés et retouchés. — 
3 poinçons. — 1 tranchet. — 12 percuteurs, 44 nucléus. ■ — Recueillis 
au « Saart-1 'ilman » (commune d'Angieur). 

157 lames, fragments de lames et couteaux. — 23 grattoirs, 3 nu- 
cléus, 1 percuteur, 1 fragment de hache polie. — Trouvés à « e<i 
Rochette » (commune de Chaudfontaine). 

Don de M. J. Servais. 
1 nucléus, t,j lames et fragments de lames, ii grattoirs, 2 éclats 
de haches polies (provenance : Ombret). 

Don de M. M. De Puydt. 

1 fragment de hache polie en silex brun-rouge trouvé à Ougrée. 

Don du même*. 
7 silex taillée, dont un nucléus, trouvés près d'Oupeye. 

Don de M. J. Servais. 

2 silex taillés trouvés à Glain (lez-Liége). 

Don de M. Egide Servais. 

Epoque bel go-romaine et franque. 

Lot de tuiles romaines (tegulae et imbrices) provenant d'une villa 
aux environs du château de Solières (Ben-Ahin). 

Don de M. Oscar de Soer. 
Grand candélabre en bronze (fragmenté). 
Débris d'un trépied en bronze avec figurine. 
Lampe romaine en fer. 
Moyen-bronze de Trajan. 

Don de Mr et Mme Wéry-Ramet, à Bois-Borsu. 
Serpette en fer trouvée dans les substructions d'une villa aux 
environ^ de Latinne. 

Fouilles de M. Davin-Rigot. 
\ ase franc en forme de calice en verre verdâtre irrisé, fond à go- 
drons, trouvé à l.aer. 

Don de M. Louis Persoons. 

Moyen-Age ri Ternes Modernes. 

( le! en fer forgé (moyen-âge), trouvée à Herstal. 

Don de M. Albert llaux. à Liège. 



— XIII — 

Ornement en bronze provenant d'une crosse de pistolet ou d'un 
manche de couteau de chasse, trouvé à Fouron-le-Comte. 

Don de M. M. De Puydt. 
2 briques de foyer armoriées. 

Don du même. 
4 paires de mouchettes anciennes. 

Don de M. Oscar de Soer. 

Photographies et documents divers. 

2 vues photographiques de la Maison d'Oultremont, rue du Palais 
de Justice, à Huy (XVI e siècle). 

Don de M. Oscar de Soer. 
Photographie du Menhir d'Onoz-Jemcppe (Namur.) 

Don de M. M. De Puydt. 
Gravure (enseigne) du XVI e siècle avec l'inscription : 

A LIEGE 

chez 

IAN BAPTTA 

WOONS 

M a r c h a n d 

dans un cartel Renaissance. 

Don de M. St. Bormans. 

Autographe de feu d'Otreppe de Bouvette, ancien président 

d'honneur à vie de l'Institut. 

Don de M. Henri-Renier Malherbe. 

Achats. 
Une jardinière. 

Une aiguière et son bassin, en faïence liégeoise (XVIII e siècle). 
Contre-cœur de foyer du XVII e siècle aux armes de Curtius. 
Grille de balcon en fer forgé de l'époque de la Régence (Vente 
Delchef). 

Comme vous venez de le constater par cette énumération, 
nous n'avons qu'à nous féliciter de l'accroissement constant 
de nos collections ; il est malheureusement à craindre que 
l'espace ne Vienne sous peu à nous manquer totalement. 

Nos salles, sont aujourd'hui bondées d'objets de tout 
genre et, rien que dans la seule salle romaine, vous avez, au 
commencement de cette année, dû chercher à installer deux 
nouvelles vitrines qui seront bientôt pleines à leur tour. 

Le transfert de nos collections au Musée Curtius devient 
donc une nécessité de plus en plus impérieuse, et je gage 
bien que la Ville de Liège, qui s'est toujours montrée bien- 
veillante à cet égard, aura à cœur de nous ouvrir, dans le 



— XIV — 

plus bref délai possible, les vastes locaux de l'ancien Mont- 
de-Piété, transformé en A'Iusée communal. 

Lorsque nous aurons, en 1905, notre Word' s fair, il faut 
que nous soyons à même de montrer, aux nombreux étran- 
gers qui ne manqueront pas d'affluer en notre ville, un 
musée digne de contenir toutes les richesses artistiques que 
nous avons accumulées depuis plus d'un demi-siècle. 

Et pour cela, il n'y a plus de temps à perdre. C'est du 1 1 
décembre 1886, vous le savez, Messieurs, que date la première 
correspondance entre la Ville et l'Institut relative à la Mai- 
son Curtius. 

Quoique seize années se soient écoulées depuis, nous en 
sommes toujours réduits à espérer que le moment sera pro- 
che où l'on entamera les travaux d'appropriation du futur 
Musée communal d'Art ancien. 

* 
* « 

Bibliothèque. — A notre Musée se rattache notre Biblio- 
thèque. Celle-ci, autant que celui-là, n'a fait que prospérer 
dans le courant de l'exercice écoulé. Elle s'est enrichie de 
nombreux ouvrages par des dons, des échanges et des envo'is 
des départements ministériels. 

Voici, tel que me l'a transmis notre bibliothécaire, M. Jos. 
Brassinne, le relevé des accroissements de notre Biblio- 
thèque : 

Dons d'auteurs. 

Bave (baron de). — Les Juifs des montagnes et les Juifs géorgiens. 
Souvenir d'une mission. — Paris, Nilsson, 1902, 8°. 

Gobert (Théodore). — Les Anes de Liège. Tome IV, fascicules 
8 et 9. — Liège, Dcmarteau, 1902, 4 . 

Hiller (H. M.) et Furness (W. H.). — Notes of a tri-p to the 
\',<!Jahs of Ceylon, s. 1. n. d., 8° 

Thieullex (A.) — Varia. Os travaillés à l'époque de Chelles. 
Paris. — Larousse, 1901, 8°. 

T ethnologie néfaste. Industrie de la pierre taillée aux temps pré- 
historiques. — Paris, Larousse, 1902, 8°. 

Di uxième étude sur les pierres-figures à retouches intentionnelles 
a l'époque du creusement des vallées quaternaires. — Paris, 1901, 
8°. 

(Bulletins et Mémoires de la Société d'anthropologie de Pt-ris). 



— XV — 

Envois divers. 

P.led (O.) — Registres des Evêqucs de Théronanne, Tome I, fas- 
cicule i (500-1 159), 4 . 

(Envoi de la Société des Antiquaires de la Monnie). 

De Backer (M G.) — Histoire de la Société dunkerquoise (1876 
igoo). Dunkerque, 1901, 8° 

(Envoi de la Société dunkerquoise pour l'encouragement de? scien- 
ces, des lettres et des arts). 

De I.E Court (Jules). — Recueil des Ordonnances des Pays-Bas 
autrichiens. III e série (1700 1794). Tome X. — Bruxelles, ioci, fol. 

Don du Gouvernement. 

Devillers (Léopold). — ■ Inventaire analytique des archives des 

Etals de Hainaut. Tome II. — Mons, Dequesne-Masquillier et fils, 

1902, 4 . 

Don du Gouvernement. 

DOYEN (F. D.). — Bibliographie namuroise. Tome III (1831- 

1860). — Namur, Wesmael-Charlier, 1902, 8°. 

(Publication de la Société archéologique de Namur). 

Exposé de la situation administrative de la province de Liège en 

iço2. 

Don du Gouvernement provincial. 

Festschriff zur Fcier des 40 jahrigen Bestandes. — Prague, IQ02. 

8°. 

Envoi de Verein fiir Geschichte der Deutschen in Bohmen. 

Annuaire 1901-1902 ; 1902-1903. — Rapport annuel du Conseil de 

l'Université, 1900-iQoi. 

Envoi de l'Université de Toulouse. 

BARZANALLANA (F. G.) — La Liga oduanua iberica, 2 e éd. — Ma- 
drid, Ed. Martinez, 1878, 8°. 

GiLLiODS-VAN SeverEN. — Coutumes des pays et comté de Flan- 
dres. Quartier de Fumes. Coutumes de la ville et du port de Nieu- 

port. Tome V. — Bruxelles, 1901, 4 . 

Don du Gouvernement. 
Lameere (M. J.) — Recueil des ordonnances des Pays-Bas autri- 
chiens, II e série (1506-1700). Tome III. — Bruxelles, 1902, fol. 

Don du Gouvernement. 
JOULIN (Léon). — Les établissements gallo-romains de la 
plaine de Martres-Tolosanes. — Paris, imprimerie Nationale, 1900, 
4 (Mémoires présentés par divers savants à l'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres, i re série, tome XI, i r " partie). 

Envoi de la Société archéologique du Midi de la France 
à Toulouse. 



— XVI — 

DOUMERGUE (E.) — Projet d'Exposition et de Congres anti-alcoo- 
lique et anti-tuberculeux pour les quatre Universités du Midi. — 
Rapport présente au Conseil de l'Université de Toulouse, le 7 jan- 
vier IQ02. — Toulouse, Ed. Privât, 1902, 8° (Bulletin de l'Univer- 
sité de Toulouse, n° 15). 

POLIER (Léon) et De MARANS (René). — Esquisse d'une théorie 
des Etats composés. Contribution à la théorie générale de VEtat. — 
Toulouse, Ed. Privât, 1902, 8° (Bulletin de l'Université de Tou- 
louse, série B, n° 1). 

Sabaté (Charles). — Essai sur les sources du droit des comtés 
de Roussillon et de Cerdagne jusqu'en IJ-/-4- — Toulouse, impri- 
merie Saint-Cyprien, 1899, 8°. 

Sipière (Clément). — Quarante jours en Espagne (Relation de 
voyage). — H. Montaubin, 1881, 8°. 

Timbal (Gabriel). ■ — Point de départ des effets du régime matri- 
monial (contrat de mariage ou célébration du mariage). Thèse pour 
le doctorat. — Toulouse, Ed. Privât, 1901, 8°. 

WYTSMAN (P). — A propos de l Exposition d s œuvres des Ecoles 
primitives de peinture en Belgique et aux Pays-Bas, à Bruges. — 
Bruxelles, V. Verteneuil et L. Desmet, 1902, 8°. 

Abonnemeilts et Achats. 

Revue de l'Art chrétien, 1901, t. XIII, livr. 1 à 3. 
L'ancien pays de Looz, 6 e année, 1902, n os 1 à 8. 

Échanges. 

§ 1. — BELGIQUE. 

Anvers. — Anvers. — Académie d'archéologie de Belgique. — 
Bulletin, 2 e p., n os 3 à 8, 1902. 

Brabant. — Bruxelles. — Académie royale des sciences de 
Belgique. — Annuaire 68, 1902. — Bulletin de la classe des lettres 
et des sciences morales et politiques et de la classe des Beaux- Arts, 
1902, n° 1 à 12. 

Id. — Compte-rendu des séances de la Commission royale d'his- 
toire. Bulletin, t. LXXI, 1902, n os 1 à 3. — Table de la quatrième 
série, I à XVII, 1901. 

Id. — Bibliographie nationale, t. XVII, 1902, livr. 1. 

Ii>. - Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, 
40 e année, 1901, n os 1 à 12. 



— XVII — 

Bruxelles. — Annales de la Société d'archéologie, t. XVI, 
1902, n 0R 1 et 2. 

Id. — Annuaire de la Société d' archéologis, t. XIII, 1902. 

ID. — Bulletin de la Société d'anthropologie. 

Id. — Revue belge de numismatique, 58" année, 1902. n ' 2 à 4. 

Id. — Bulletin de la Société royale belge de géographie, 26 e an- 
née, 1902, n os 1 à 6. — Tables des matières des tomes I à XXV, 1S76- 
1901. 

Id. — ■ Anale cta Bollandiana, t. XXI, iqo?, n ns 1 à 4. 

NIVELLES. ■ — Annales de la Société archéologique de l'arrondis- 
sement de Nivelles. 

Louvain. — Annuaire de l'Université catholique, 66'' année, 
1902. 

I.D. — Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de 
la Belgique, t. XIII, livr. 2 à 4. 

Flandre orientale. — G AND. — Société d'histoire et d'archéo- 
logie de Gand. — Bulletin, 10 e année, n os 1 à 9. — Annales, t. IV, 
fasc. 2, 1902 ; t. V, fasc. 1, 1902. — Inventaire archéologique d». 
Gand, fasc. 23 à 28. 

SAINT-NICOLAS. — Annales du Cercle archéologique du Pays de 
Waes, t. XX, 1901 ; t. XXI, 1902, i re livr. 

Hainaut. _ Mons. — Annales du Cercle archéologique, 
t. XXXI, 1902. 

Id. — Mémoires et publications de la Société des sciences, des 
arts et des lettres du Hainaut, 6 e série, t. III, 1901. 

TOURNAI. — Bulletin de la Société historique et littéraire. 2 e gé- 
rie ; Annales, nouv. série, t. VI, 1901. 

Charleroi. — ■ Société paie ontologique et archéologique. — Do- 
cuments et rapports, t. XXV, 1901. 

Enghien. — Annales du Cercle archéologique. 

Liège. — Liège. — Bulletin de la Société liégeoise de littérature 
wallonne. 

Id. — Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège. — Bulle- 
tin, t. XIII, fasc. 2, 1902. — Leodium, II, n°* 1 à 14. 

Id. — Société des Bibliophiles liégeois. 

Id. — - Wallonia. — 10 e année, 1902. n 03 1 à 12. 

Huy. — Cercle hutois des sciences et beaux-arts. 

Verviers. — Caveau verviétois. Société littéraire. — Annuaire, 
Bulletin. 

Id. — Société verviétoise d' archéologie . Bulletin, t. III, 10 à 21. 
21. Bibliographie, t. II, n 01 ' 1 à. 20. 



— XVIII — 

liimboargr. — HASSELT. — Société chorale et littéraire des Mélo- 
fhiles. — Bulletin de la section scientifique et littéraire, t. 37, 1901. 

TONGRES. — Bulletin de la Société scientifique et littéraire du 
ijmbourg. 

Luxembourg. — Arlon. — Institut archéologique du Luxem- 
bourg. Annales, t. XXVII. 1902. 

Namur. — Namur. — Annales de la Société archéologique, 
t. XXIII. 5 e livr. ; t. XXXIV, 3 livr. 

MAREDSOUS. — Revue bénédictine de Maredsous, 19 e année, 
1902, n 08 1 à 4. 

§ 2. — FRANCE. 

Abbeville. — Société d'Emulation. — Bulletin des -procès-ver- 
baux. — Mémoires. — Les reliures artistiques et armoriées. 

AMIENS. — Société des antiquaires de Picardie. — Mémoires. — 
Cartul. du cha-p. de la Cathédrale. — Documents inédits concernant 
la -province. 

Id. — Id. — Bulletin, 1901, n os 1 à 3. 

Id. — Id. — Album archéologique. 

ARRAS. — Commission départementale des monuments histori- 
ques du Pas-de-Calais. — Mémoires, t. II, n° 3. — Bulletin, t. II, 
n° 5. — ■ Epigraphie, t. II, n° 6 ; t. V, n° 3. 

AUXERRE. — Bulletin de la Société des sciences historiques et 
naturelles de l'Yonne, t. 55, 1901. 

Avesnes. — Mémoires de la Société archéologique de l'arrondis- 
sement d'Avesnes, t. V, 1901. 

Bordeaux. — Société archéologique. 

Bourges — Société historique, littéraire, artistique et scientifi- 
que du Cher, 4 e série, t. XVI, 1901. 

Chalon-sur-Saône. — Mémoires de la Société d'archéologie de 
Chalon-sur-Saône , t. VIII. fasc. 3, 1901. 

DUNKERQUE. — Société dunkerquoise pour V encouragement des 
sciences, des letties et des arts. - — Bulletin. — Mémoires, t. XXXV, 
1901. 

LILLE. — Inventaire sommaire des archives départementales an- 
térieures à 17QO. 

Lyon. — Annales de la Société des sciences industrielles de 
Lyon. 

Marseille. — Répertoire des travaux de la Société de statisti- 
que. 

Montaub^' — Bulletin archéol. et histor. de la Société archéol. 
de Tarn-et-'jiir onne. 



— XIX — 

NANCY. — Mémoires de la Société d'archéologie lorraine ci du 
Musée historique lorrain, t. LI, 1901. 

Id. — Mémoires de V Académie de Stanislas. 5 série t. XVIII, 
1901 ; t. XIX, 1902. — Ta/, le alphabétique des publications, 1750- 
1900. 

Orléans. — Société archéologique et historique de l'Orléanais. 

— Mémoires, t. XXV 11 I. --Bulletin. n oa 172 à 175. 
Paris. — Congrès archéologiques de France. 

Id. — Société de V Histoire de France. — Annuaire. — Bulletin. 
t. XXVIII, 1901. 

Id. — Bulletin de numismatique. 

ROCHECHOUARD. — Bulletin de la Société des Amis des se une es 
et des arts, t. XI, 1901, n os 2 à 6 : t. XII, n os 1 et 2. 

Romans. — ■ Bulletin d'histoire ecclésiastique et d'archéologie re- 
ligieuse des diocèses de Valence. Digne.- Gap, Grenoble et Viviers. 

SaïNT-DiÉ. -- Société fhilomatique vosgienne. ■ — ■ Bulletin, 27 e 
année, 1901-1902. 

Saint-Omer. — Société des antiquaires de la Morinie. — Bulle- 
tin historique, n° 203, t. XVII, 1901-1902. 

Almanach annuaire hist., admiuisir. cl commercial de la Marne, 
de V Aisne et des A'-dennes. 

SOLESMES. — Abbaye de Soicsmcs. 

TOULOUSE. — ■ Société académique iranco-hispano-fortugaise. — 
Bulletin, n° 28, 1901. — Annuaire et rapport. 

Id. — Société archéologique du Midi de la France. — Bulletin. 

— Mémoires. 

Id. — Académie. — Rapport annuel. 

Id. — Bulletin de V Université . — Annuaire. 

§ 3. — ANGLETERRE. 

Cambridge. — Procecdings of the Cambridge Antiquarian So- 
ciety. 

Id. « — Liste des membres de la Société. 

Glasgow. — Transactions of the Glasgow archœlogical Society; 

New-Séries. 

§ 4. — HOLLANDE. 

La Haye. — Maandblad van het genealogisch-heraldieh genoot- 
schap "De Nedcrlandsche Lcemv" . 

Id. Algemeen Nederlandsch Familieblad, tijdschrift vc.or Gv 

schiedenis, Geslacht-Wapcn-Zegelkunde. enz. 



— XX — 

LEEUWARDEN. — Fricsch Genootschap van Geschiedenis, Oud- 
hcid en Taalkunde. — Verslag der Handclingcn. 

Id. — Id. — De vrije Fries. 

Leyde. — ■ Maatschappij der N ederlandschc letlerkunde. -- H an 
delingen en M ededeelingen, 1901-1902. — Levensb ericht der afges- 
torven medeleden, 1901-1902. 

MAESTRICHT. — Publications de la Société historique et archéolo- 
gique, dans le duché de Lin/bourg. 

Utrecht. — Werken uitgcgeren door het historisch genootschap. 
— Annales. 

Id. — Bijdrageu-Mededeelingen, t. XXII, 190t. 

§ 5. — GRAND-DUCHE DE LUXEMBOURG. 

LUXEMBOURG. — Institut grand-ducal, section historique. 
Id. — Ons Hemecht, Organ des Vereins fur Luxemburgcr Ge- 
schichte, Litteralur und Kunst, 8 e année, 1902, n 03 1 à 2. 

§ 6. — DANEMARK. 

COPENHAGUE. — Tjllacg til Aarbogcr for nordisk Oldkyndighcd 
og Historié udgivci af det longclige nordishe Oldskrift-selshab. 

Id. — Mémoires de la Société royale des antiquaires du Nord, 
1900-1901. 

§ 7. — SUEDE ET NORWEGE. 

STOCKHOLM. — Kongl. Vitterhets Historié oc h Antiqvitets Akade- 
miens manadsblad — Antiqvarisk Tidskrift for Sverige. 

Ups\la. — Skrifter utgifna af kongl. humanistiska Vetenskaps. — 
Samfundt, t. VI et VIL 

§ 8. — SCHLESVvHG-HOLSTEIN (PRUSSE) 

Kiel. — Zeitschrift der Gesellschaft fiir Schlcsioig-H olstein- 
Laucnburgische Gcschichte. — Vol. XXXII, 1902. 

Id. — Rapport du Musée d'antiquités de l'Université de Kiel. 

Id. ■ — ■ Mitthcilungen des Anthropologischcn Vereins in Schleswig- 
Holstein, fasc. 15. 

§ 9. — HANOVRE (PRUSSE) 

HANOVRE. — Zeitschrift des historischen Vereins fur Niedersach- 
sen, 1902, n os 1 à 4. 

Lunedourg. — Rapport annuel de la Société du Musée de la prin- 
cipauté, 1899-1901. 

§ 10. — PRUSSE. 

Aix-la-Chapelle. — Zeitschrift des Aachencr Gcschichtsvereins, 
t. XXIV, 1902. 



— XXI — 

Berlin. — V erhandlungen dcr Berliner Gesellsckaft fur Anthro- 
pologie, Ethnologie und Il r geschichte, t. IX, 1902. 

Bonn. — Jahrbùcher des Vereins von Altertkumsfreunden iiu 
Rheinlande, t. 10S-109, 1902. 

DUSSELDORF. — Dùsseldorfer Gcschichtsvercin. — Beitrâge zur 
Geschichte des Niederrheins, Jahrbuch, t. XVI, 1901 ; t. XVI, 1902. 

Konigsberg. — Schrijtcn dcr physihalisch-ôkonomtschen Ge- 
sellsckaft. 42 e année, 1901. 

Mainz. — Zeitschrift des Vereins zur Erforschung dcr Rhei- 
nischen Geschichte und Alterthiimer in Mainz. 

In. — Bericht ùber die V crmehrung der Sammlungen des 
Vereins zur Erforschung dcr rheinischen Geschichte und Alterthù- 
mer zn Mainz. 

Metz. — Mémoires de V Académie de Metz, i8çq-iqoo. 

ID. — Gesellschaft fur loihringische Geschichte und Altcrthums 
kunde. — Jahrbuch, 12 et 13 e aimées. 

Posen. — Rocznicki Twarzystwa Przyjaciol Nauk Poznan- 
skie go. 

Id. — ■ Zeitchrift der historischcn Gesellschaft fur die Provins 
Posen. — 16 e année, 1 et 2, 1901 ; 17 e année, 1902, 1. 

Id. — Historischc Monatsblàtter fiir die Provins Posen, 3 e année, 
1902, n os 1 à 6. — Anzeigen-Amschlag. 

Id. — Album der im Muséum der Posener Gesellschaft der 
Freunden der Wisscnschaften av.fbewahrten prœhistorischen Denk- 
m'àler des GrossherzogtJiums. 

Sl'ETTIN. — Gesellschaft fur Pommersche Geschichte und Alter- 
thumskunde. — Baltische Studienj ncv.e Folge, t. V, 1901 ; t. VI, 
1902. — Table des tomes I à XLVI. 

STRASBOURG. — Bulletin de la Société pour la conservation des 
monuments historiques d'Alsace, 2 e série, t. XX, n° 2. 

ID. — Historisch-litterarischer Zweigverein des Vogescn-Clubs. 
Jahrbuch fur Geschichte, S proche und Litteratur Elsass-Lothrin- 
gens. — Jahrbuch, t. XVIII, 1902. 

Trêves. — Jahresberichl der Gesellschaft fur nùtzliche For- 
schungen zu Trier. 

Wernigerode. — Zeitschiift des Harz-V ercïns fiir Geschichte 
und Alterthumskunde , t. XXXV, 1902. n° 2. 

§ 11. — MECKLEMBOURG (PRUSSE). 

Schwerin. — Jahrbùcher und Jahresberichte des Vereins fur 
Mecklemburgische Geschichte und Alterthumskunde , 67 e année, 
^•902. 



— XXII — 

§ i2. — SAXE. 

Dresde. — Jahresbericht des kôniglich. Sachs. Altcrthums-V e- 
reins. 

Id. — Neues Archiv fur Sachsische Geschichte und Alteilkums- 
kunde. — Die Sammhing des Kôniglich-Sàcksischen Altertkumsve- 
reins zu Dresden in ihrcn Hawpiwerken. 

Iéxa. — Zeitschrift des V éteins fur Thuringische Geschichte und 

Alterthumskunde . 

§ 13. — BADE. 

Meidelberg. — Historisch-philosophischer Vcrein zu Hcidcl- 
berg. — Neue Hcidelberger Jahrbùcher, t. XI , içoi. 

§ 14. — WURTEMBERG. 

Stuttgart. — W ùrtember gische Vierteljahshcftc fur Lande s ge- 
schichte. Nouv. série, 10 e année, 1902, n os 1 à 4. 

Ulm-Oberschwarex. — Vcrein fur Kunst und Alterthum. — 
Mittheilungen, fasc. 10, 1902. 

§ 15. — BAVIERE. 

LlNDAU. — Schriften des Vereins fur Geschichte des Bodensees 
und seiner Umgcbung. — Altbayerische Forschtmgen vol. XXXI, 
1902. 

MUNICH. — Monalschrift des Historischen Vereins von Ober- 
Bayern. — Oberbayerischcs Archiv fur vaterldndische Geschichte, 
t. 51, n os 1 et 2. 

In. — Id. — /ahresbericht. 

Id. — Altbayerische Monalschrift, 3 e année, n os 3 à 6. 

NUREMBERG. — - Anzeiger des germanischen National mus. unis. — 
1901, n os 2 à 4. 

Id. — Mittheilungen aus dem germanischen N ationalrauseiim. 

Id. — • Katalog der im germanischen Muséum vorhandenen, zum 
Abdruche bestimmten, geschnittenen Holsstùcke, 2 e partie, 1901. 

Ratisbonne. — V erhandlungcn des Historischen Vereins von 
Oberpfalz und Regensburg. — 53 e vol., 1901. 

§ 16. _ AUTRICHE. 

GRATZ. — Historischer Verein fur Steiermark. — Mittheilungen. 
— Beitràge. 

Id. — Gratz Vjesnik hrvatskogga arhohcoloskoga Drustva. 

Id. — Beitràge zur Kunde Stciermarkischer Geschichtsquellen. 

PRAGUE. — Verein fur Geschichte der Deutschen in B'ohmcn. — 
Mittheilungen, 1901, n 08 1 et 2, 1902; n os 3 et 4. 



— XXIII — 

Vienne. — Mittkeilungen der Anthrapolngischen Gesellsckaft. — 
Nouv. série, t. XXXII, n os i à 6. 

Id. — Sitsungsberichtc der kaiserlichen Akademie des Wissen- 
schaften; Mathematisch-naiurwissenschaftliche Classe. 

§ 17. — AUTRICHE (HONGRIE). 

Budapesth. — Archœologiai értesitô (indicateur archéologique) 
a M . Tud. Akadèmia arch. birjotlsâganâk es as Orsz règèsziii Stmb. 
târsulatnah kôz'onye szcrkeszti Hempel Jôzsef. Budapest, Kiadja 
a magyar Tudomanyos Akadèmia. — T. XXII, 1902, n os 1 à 5. 

ID. — Rapport sur les travaux de V Académie Hongroise des scien- 
ces en içoo. 

Id. — Archœologiai Kozlemênyek. 

ID. — Ungarische-Revue mit Unterstùt::ung der Ungarischen 
Akademie der Wissenschaften, publiée par P. Hunfalvy et G. Hein- 
rich. Rapport. 

Bosnie. — Wissenschaftliche Mittheilungen ans Bosnien und der 
Hercegcz'ina herausgegeben vont B osnich-H erc e govinischen Lan- 
desmuseum in Sarajevo, redigirt von Dr Moriz Hoernes. 

§ 18. — RUSSIE. 

SAINT-PÉTERSBOURG. — Commission impériale archéologique. 
Id. — Matériaux pour servir à V archéologie de la Russie. 

§ 19. — ESPAGNE. 

Madrid. — Revista de archivos, bibliotecas y museos, organo 
oficial del cuerpo facultative? di l ramo. (Tercera epoca), aùo VI, 
n os 1 à 10, 1902. 

Barcelone. — Association calalanista d 'excursions cientificas. — 
V excursionista, Boletin mensual. 

Id. — Revista de la Associacion artiste o-ar que ologica Barcelo- 
nesa, t. VI, n 03 30 à 33. 

Id. — Boletin de la Centre Excursionista Catalana. 

§ 20. — PORTUGAL. 

Lisbonne. — O archeologo portuguès; collecçao illustrada de 
materiaes e noticias publicada pelo Museu ethno graphie portu- 
guès. — T. VI, 1901, n OB 8 à 12 ; t. VII, 1902, n os 1 à 12. 

§ 21. — ITALIE. 

Messine. — Rivista di scoria antica e scienzic affini. — 6 e an- 
née, n os 2 à 4. 



— XXIV — 

§ 22. — ALGERIE. 

Bône. — Académie d'Hippone. — Comptes-rendus des réunions, 
année 1900. — Bulletin. 

§ 23. — ETATS-UNIS. 

Chicago. — Academy of sciences. — Bulletin, t. II, n° 3. — Natu- 
ral histoiy survey, I, n° 4. 

Washington. ■ — Annual Report of the board of Régents of th.. 
Smithsonian Institution. 

Washington. — U. S. National Muséum. 

Id. — Anthropologie al Society. — The American Anthropologis t. 

Id. — Smithsonian Institution. 

Philadelphie. — Annual Report of the curator of the Muséum 
of American archœology in connection with the Université of 
Pennsylvania. 

Id. — Free Muséum of science and art. Department of archœlogy 
and palœontology ; University of Pennsylvania. Bull. III, n° 4. 

Id. — The Canadian antiquarian and numismatic journal pu- 
blishcd, by the numismatic and antiquarian Society of Montréal. 

MlLWAUKEE. — Musée public, n os 19 et 20. 

Id. — Wisconsin natural history Society. — Bulletin, nouvelle 
série, t. Il, 1902, n os 1 à 3. 

§ 24. — CANADA. 

MONTRÉAL. — The Canadian Institute and numismatic journal 
published by the numismatic and antiquarian Society. 

Toronto. — Transactions of the Canadian Institute, new séries. 
t. II, n° 5. 

§ 25. — URUGUAY. 

Montevideo. — Anales dcl museo nacional de Montevideo. 

§ 26. — BRESIL. 

Rio DE JANEIRO. — Archivos do mus eu nacional do Rio de Ja- 
neiro. 

§ 27. — REPUBLIQUE ARGENTINE. 

MONTEVIDEO. — Anales del museo nacional de Montevideo, 
t. IV, n° 1. 

§ 28. — REPUBLIQUE DE COSTA-RICA. 

San José de Costa Rica. — Anales del Instituto fisico-geogra- 
phico y del Museo nacional. 

Id. — Museo nacional San ] osé Costa Rica. 



— XXV 



* « 

Finances. — Si notre Société continue à prospérer, notre 
situation financière reste néanmoins mauvaise. 

Depuis plusieurs années déjà, nos comptes se clôturent 
régulièrement par des déficits. 

Au I er janvier 1900, nous nous trouvions en présence 
d'un solde débiteur de fr. 524.97 ; au I er janvier 1901, 
notre dette s'élevait à fr. 121.20; au I er janvier 1902, elle 
n'était plus que de fr. 58.15 ; cette année, nous obtenons un 
mali de fr. 255.15. 

Voici, d'après notre estimé trésorier, le détail de nos 
comptes : 

Exercice 190». 

RECETTES 

Subside de l'Etat fr. i.ooo » 

Subside de la Province » 500 s 

Subside de la Ville » 500 » 

Cotisations des membres » 1,285 B 

Intérêts chez le banquier » 63 50 

Réserve destinée au paiement de la table du Bulletin . » 200 » 

Total : fr. 3.548 50 
DÉPENSES 

Déficit de 1901 » 58 15 

Achat d'antiquités » 500 » 

Bibliothèque. — Livres. — Echange de publications. . » 47 05 

Bulletin de 1902 et son envoi » 2,393 73 

Solde du Bulletin de 1901 » 290 » 

400 brochures relatives à la Maison Porquin. ...» 87 50 

Assurances » 96 » 

Bureau. — Circulaires. — Encaissements. — ■ Commis- 
sion de Banque » 202 57 

Concierge et pompiers » 145 » 

Entretien des locaux. — Chauffage » 52 15 

Entretien des collections. — Acha. ; ; de vitrines. — 

Réparations » 131 50 



Total: fr. 3.803 65 
RÉCAPITULATION 

TJépenses fr. 3,803 65 

Recettes . . » 3,548 50 



Déficit: fr. 255 15 



— XXVI — 

Cette situation, je m'empresse de le proclamer, n'est nul- 
lement imputable à notre zélé trésorier de l'an dernier, au- 
jourd'hui notre estimé vice-président. 

Grâce à sa gestion prudente et à la stricte économie qu'il 
a su faire régner dans nos différents services, il a réduit à 
leur minimum nos dépenses annuelles. 

Sans vouloir émettre des considérations nouvelles sur 
l'état de nos finances, que j'ai discuté dans mon rapport de 
l'an dernier, je me permettrai cependant d'attirer de rechef 
votre attention sur la nécessité qui s'impose à moni avis, de 
rechercher la possibilité de faire majorer nos subsides an- 
nuels, soit du côté de la Province, soit du côté de la Ville. 

Nos besoins d'autrefois ne sont plus ceux d'aujourd'hui ; 
à mesure qu'elle s'accroît et qu'elle prospère, toute Société 
ne voit-elle pas fatalement progresser ses charges budgé- 
taires ? 

Je me fais, en attendant, un devoir de remercier en votre 
nom les pouvoirs publics, et notamment le Gouvernement, 
des subsides qu'ils ont bien voulu, comme par le passé, ac- 
corder à l'Institut. 



En sa qualité de Société fédérée, l'Institut Archéologique 
Liégeois a participé au XVI e Congrès de la Fédération 
historique et archéologique de Belgique, tenu à Bruges au 
mois d'août dernier. 

Nos délégués étaient MM. J. E. Demarteau et E. Pâques. 

Nous avons également participé à l'Exposition d'art an- 
cien organisée à Bruges à l'occasion du Congrès : nos col- 
lections y étaient représentées par un de nos objets d'orfè- 
vrerie les plus rares : le fragment de reliquaire du XIV e 
siècle provenant de Saint-Jacques. 

Vous savez, d'autre part, que, dans la section des Primi- 
tifs Flamands, l'un de nos membres les plus distingués, 
M. Jules Heilbig, occupait une place en vue ; son érudition 
et sa compétence en matière picturale lui valurent l'un des 
fauteuils de la vice-présidence. 



Membres de la Société. — Dans le cours de l'année 1902, 
la mort est venue, à cinq reprises différentes, faucher dans 
nos rangs. 

En janvier, nous avons perdu M. Emile Frésart, l'un de 



— XXVII — 

nos plus anciens membres associés. Le regretté défunt, qui 
depuis plusieurs années était tenu éloigné de nos réunions, 
faisait partie de notre Société depuis le 28 mai 1880. 

Le 28 mai suivant, nous avons vu disparaître M. Isidore 
L'Hoest, chef honoraire du service central à la Compagnie 
des Chemins de fer du Nord, officier de l'Ordre de Léo- 
pold et membre correspondant de l'Institut depuis le 27 
novembre 1901. 

L'aménité du caractère du défunt, ainsi que sa grande 
affabilité, lui avaient acquis notre entière sympathie. 

Le 3 juillet dernier, la mort nous a enlevé un second 
membre correspondant, M. Alexis Stasse, chef de divisiom 
au gouvernement provincial de Liège, secrétaire de la Com- 
mission des Bourses d'études, décoré de l'Ordre de Léo- 
pold et de la Croix civique de i re classe, mort inopinément 
à Tilff, à lage de 58 ans. Il était entré dans nos rangs le 
29 mai 1883. 

En décembre, enfin, nous avons perdu deux de nos 
membres honoraires les plus distingués. 

Le 9 décembre est décédé à Saint-Germain-en-Laye, près 
du Musée dont il était depuis longtemps le conservateur, M. 
Alexandre Bertrand, l'éminent archéologue et membre de 
l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres de France. Né 
à Paris le 28 juin 1820, il avait su de bonne heure se créer 
dans le monde scientifique une vaste renommée ; aussi 
étions-nous, à juste titre, fiers de compter parmi nous ce 
savant d'élite. 

Quelques jours après, nous avons appris avec un profond 
regret la mort d'un homme dont l'exquise bonne grâce et l'é- 
rudition ont laissé à Liège un souvenir vivace. 

M. Antonin Terme qui, depuis de longues années déjà, 
était rentré à Lyon, sa ville natale , y est décédé le 22 dé- 
cembre. 

Les liens qui le rattachaient à l'Institut étaient nombreux : 
Antonin Terme ne fut pas seulement, pendant plusieurs an- 
nées, l'un de nos présidents les plus hautement autorisés ; ce 
fut lui encore qui organisa notre Musée archéologique et 
l'enrichit de multiples et précieuses donations. 

Nous avons, d'autre part, vu sortir de nos rangs cinq de 
nos membres associés : MM. Emile Digneffe, Jules Orban 
de Xivry, Joseph Slegers, Jacques Chaudoir et Dr Charles 
Firket. 

Malgré ces deuils, auxquels vous vous êtes tous associés, 
et ces départs, l'Institut, au 31 décembre 1902, comptait en- 
core =29 membres effectifs, 12 membres honoraires, 42 mem- 
bres correspondants et 62 membres effectifs. 



— XXVIII — 

Dans le cours de l'année écoulée, MM. Gust. Dewalque et 
Henri Pirenne ont été élus membres honoraires, tandis que 
M. le baron Robert de Sélys-Fanson était admis au nombre 
des membres effectifs. 

Vous avez également nommé membres correspondants 
MM. Louis de Buggenoms, Jean Charlier, Paul Combien, 
Paul Jaspar, l'abbé Edmond Van Wintershoven. 

Vous avez enfin reçu membres associés MM. Léon Roland- 
Dumont, Amédée Adam-Prost, Jean Béchet, Paul Forgeur, 
François Renkin, Paul Lhoest- Del chambre et François Jon- 
gen. 

En sa séance du 28 décembre, M. Brahy-Prost a été élu 
vice-président pour l'année 1903 ; en même temps, MM. Re- 
nard, Alexandre, Brassinne et Servais ont été réélus respec- 
tivement secrétaire, conservateur, bibliothécaire et conserva- 
teur-adjoint. 

Quant aux fonctions de trésorier, demeurées vacantes par 
suite de l'élection de M. Brahy-Prost à la vicei- présidence de 
l'Institut, elles ont été dévolues à l'unanimité à notre sym- 
pathique collègue M. G. Ruhl. Celui-ci n'ayant pas accepté 
ce mandat par suite de raisons majeures, c'est à M. E. Pâ- 
ques, notre ancienl bibliothécaire, que vous l'avez récemment 
confié. 



Le Secrétaire, 
Lucien RENARD. 



22 février 1903. 



RUDOLPHE DE HABSBOURG 
ET LA PRINCIPAUTÉ DE LIÈGE 



Rudolphe de Habsbourg fut élu à l'unanimité roi des 
Romains. Cette élection eut lieu à Francfort le i cr octobre 
1273 ; le couronnement solennel se fit à Aix-la-Chapelle 
le 24 octobre de la même année. Rudolphe avait compris 
que son premier devoir était de rétablir son autorité 
royale, profondément énervée par de longues années de 
compétitions et de luttes. Il se dévoua avec courage à 
cette mission qui devait faire régner l'ordre et la justice 
dans l'Empire d'Allemagne. 

Nous ne voulons point refaire l'histoire de son règne : 
notre dessein est tout uniment de noter les rapports que 
Rudolphe eut avec la Principauté de Liège, de faire voir 
comment il s'y montra en toute occasion le défenseur des 
droits acquis et des privilèges anciens. Ce faisant, nous 
signalerons les documents relatifs à ces rapports et dont 
C'ielques-uns ont échappé à l'œil de nos historiens. 

I 

Il n'est point douteux que notre pnnce-évêque, Henri 
de Gueldre, de triste mémoire, ne se soit empressé de 
reconnaître Rudolphe de Habsbourg et de lui faire hom- 
mage- Il ne se fit pas faute d'assister au couronnement 



— 2 — 

qui avait lieu dans une ville de son diocèse. En effet, trois 
jours après, le 27 octobre, sa présence y est constatée 
par un document officiel. 

11 promet à son parent le comte palatin du Rhin et duc 
de Bavière, Louis, de le patronner auprès du roi Rudolphe 
et de le soutenir, par conseil et par action, contre tous 
ceux qui attenteraient à son honneur et à ses droits (1). 

Le 29 octobre, il est témoin à l'acte par lequel le Roi 
confirme les privilèges de la ville d'Aix-la-Chapelle (2). 

Le 30 octobre, il figure à l'acte par lequel le nouveau 
Roi approuve les privilèges de Kaiserwerth (3). 

A quelque temps de là, au mois de février 1274, nous 
le voyons prendre part à un Conseil de l'Empire qui se 
tint à Hagenau et dans lequel furent arrêtées plusieurs 
décisions juridiques importantes pour notre Principauté. 

Le 19 février, le Roi statue que nul ne peut exercer la 
haute justice dans les limites du royaume, s'il n'a obtenu 
ce pouvoir de lui ou de quelqu'un qui l'a reçu de lui. Ce 
décret visait manifestement à renforcer l'autorité des 
Princes, signifiant aux seigneurs subalternes qu'ils n'a- 
vaient pas par eux-mêmes le droit d'exercer la haute jus- 
tice, mais qu'ils avaient besoin de la délégation de leur 
suzerain (4). 

Le même jour, dans un autre diplôme, le Roi déclare 
que nul prince, soit ecclésiastique, soit séculier, ne peut 
aliéner, sans son autorisation, les fiefs qu'il détient de 



(1) Oswald Redlich, Die Regesten des Kaiserreichs miter Ru- 
dolph, Adoîf, Albrecht, Heinrich VII , 12/j-ijij. Erste Abtkeilung, 
n° 15 : DELESi LUSE et BROUWERS, Catalogue des actes de Henri de 
Gueldre, n" 412. publié par Winckelmann, Acta iwperii inedita, 

II, 73*- 

(2) Regesten, n° 18; DELESCLUSE, n° 413. 

(3) Regesten, n° 21; DELESCLUSE, n° 414. 

(4) BORMANS el ScHOOLMEESTERS, Cartulaire de Saint Lambert, 
II. 227; DELESCLUSE, n° 416; Regesten, n" roi. 



l'Empire ; il ordonne en conséquence à Henri, évoque de 
Liège, qui avait aliéné, sans son consentement, le fief des 
choses vénales, feodum venalium civitatis Leodiensis, de 
se remettre en possession de ce fief (i). 

Henri de Gueldre figure parmi les signataires de ce 
diplôme. Il est dès lors permis de supposer que cette 
décision a été provoquée par lui. Il se fait faire la leçon 
pour pouvoir d'autant mieux la faire aux autres. Il avait 
aliéné ce fief des choses vénales; peut-être se repentait-il 
de l'avoir fait? Il trouva ce moyen pour rentrer en posses- 
sion de ses droits. 

Qu'est-ce que ce fief des choses vénales de la ville de 
Liège? Quand et au profit de qui s'est faite cette aliéna- 
tion ? 

Le fief des choses vénales ne peut être que le droit de 
percevoir une redevance sur les marchandises exposées 
en vente dans la cité. 

Déjà Robert de Thourotte avait voulu exercer ce droit 
et Henri de Gueldre s'était querellé avec le clergé et la 
commune, parce qu'il avait exigé d'eux l'impôt de la fer- 
meté (2). 

Or, nous trouvons que le 2 août 1249 le clergé et la 
Communauté de Liège s'entendirent pour racheter à 
l'Evêque, pour la somme de 1,500 marcs, la fermeté des 
choses vénales « pour le rachapt et la quictance de la 
fermeteit de la citeit de Liège » (3). 

Il est probable que c'est à cette aliénation que se réfère 
le diplôme royal. 

Le 20 février 1274, l'Elu intervient encore à l'acte par 

(1) Regesten, n" 100; DELESCLUSE, n° 415. public par Borma\< ! 
SCHOOLMEESTERS, Cartîdaire de Saint Lambert. II. 226. 

(2) Bormans et Schoolmeesters, Cartulaire de Saint Lambert, I. 

559- 

(3) Bormaxs. Le bon métier des Drapiers, p. 179; DELESCLUSE, 

n° 64. 



— 4 — 

lequel le Roi fait droit aux plaintes des bourgeois d'Aix- 
la-Chapelle et prend des mesures pour assurer la punition 
des malfaiteurs (i). 

Le 26 février, il figure comme témoin à une charte par 
laquelle le Roi garantit au monastère de Bebenhausen une 
exemption d'impôts pour les propriétés que cette maison 
possède à Esslingen (2). 

Enfin, le 28 février 1274, il assiste à un jugement du 
tribunal de l'Empire, rendu par le roi Rudolphe, décidant 
qu'une composition amiable, prouvée par témoins ou par 
documents, doit être mviolablement gardée, qu'aucune 
des parties ne sera plus admise à se plaindre ou à réclamer 
en justice (3). 

II 

Rudolphe de Habsbourg avait pris pour notaire André 
de Rode (4) ; il sollicite pour lui une prébende dans l'église 
Saint Lambert. Henri de Gueldre promit aussitôt de la lui 
accorder. Le Roi tint à remercier lui-même le Prince- 
Evêque. Sa lettre doit dater des premiers mois de 1274. 

« La promesse que vous nous faites nous a été extrê- 
mement agréable ; nous y avons vu une preuve du dévoue- 
ment que vous nourrissez pour notre personne et pour 
l'Empire. Nous espérons que vous vous empresserez de 
réaliser vos intentions généreuses et nous vous promet- 
tons qu'André, dès qu'il aura obtenu sa prébende, viendra 

(1) Regesten, n" 102; Delesclusk, n° 417; Lacomblet, Nieder- 
rheinisches Urkîtudenbuck, II, 384. 

(2) Regesten, n° 110; Monwnenta Zolcriana, II, -jj. 

(3) Regesten, n° 114; Delescluse, n° 418; Ennex, Quelle// sur 
Geschichte von Kôln, III, 58. 

(4) Il est cité comme notaire, clans un document à date certaine, la 
première fois le 17 août 1274, et la dernière fois le 24 août '.281 : il 
obtint plus tard la prévôté de l'église de Werden. M. de Theux, 
dans son ouvrage sur le Chapitre de Saint Lambert ne mentionne 
pas André de Rode, pas plus qu'il ne cite un autre chanoine, An- 

- lui' de Porragia.Voir ROUSSET, Histoire de Verdun, Preuves, p.16. 



— 5 — 

faire sa résidence, à moins qu'on ne préfère le laisser à 
la cour, pour y promouvoir les intérêts de l'église de 
Liège » (i). 

Peu de temps après, et certainement avant le 20 mai 
1274, Henri de Gueldre est en correspondance avec le 
même notaire royal. Il le remercie des soins qu'il a don- 
nés pour mener à bonne fin une affaire de grande impor- 
tance pour l'église de Liège, pour empêcher que cette 
église ne fût lésée par l'attribution indue d'un comté, ne 
super collatione comitatus indebita lœderetur. L'Evêque 
promet de récompenser son zèle : il le prie en même 
temps de bien vouloir l'excuser auprès du Roi et 
de son chancelier, s'il ne vient pas assister à une diète 
qui doit bientôt être convoquée (2), car il est impliqué 
dans des affaires inextricables : cum simus quasi ïnfiriiûs 
et inextricabilibw; negotiis impedïti (3). 

Quel est ce comté dont se préoccupe le Prince-Evêque? 
Nous ne croyons pas nous tromper en disant que c'est le 
comté de Hainaut. N'était-il pas le fief le plus important 
de l'évêché de Liège, et, comme le dit M. Poncelet, l'ob- 
jectif des évêques de Liège ne fut-il pas toujours d'an- 
nexer cette belle contrée à leurs Etats, en profitant de cet 
article de la coutume de l'Empire qui proclame la réversi- 
bilité des fiefs ? Lorsque Jeanne de Constantinople mourut 
sans enfants en 1244, sa sœur Marguerite, comtesse de 
Flandre, prétendit s'approprier le Hainaut, mais Robert de 
Thourotte et Henri de Gueldre s'opposèrent à ses préten- 
tions : c'est Jean d'Avesnes qu'ils investirent de ce comté. 
Après la mort de celui-ci, en 1257, c'est son fils aîné qui 
obtient les préférences de l'église de Liège. Il faut bien en 
convenir, elle avait un intérêt majeur à ce que ce fief n'en- 
trât point dans la famille des comtes de Flandre : leur 

(i) Voir aux annexes, n" 1. 

(2) Cette diète fut convoquée pour le 24 juin 1274. 

(3) Voir aux annexes, n° 2. 



— G — 

puissance, par cette annexion, se serait accrue d'une façon 
inquiétante. Connue le Hainaut relevait de l'Empire, l'on 
conçoit que les évêques de Liège se soient adressés au roi 
Rudolphe pour se garantir contre les projets de la cora- 
tesse <le Flandre. 

André de Rode répond à Henri de Gueldre vers le 20 
mai 1274. Lui, le dernier de ses clercs, suorum humïllï- 
ir.us clericorum, le remercie des éloges dont il l'a daigné 
combler et des récompenses qu'il lui fait entrevoir. Il 
promet de consacrer tous ses efforts et tout son dévoue- 
ment à rehausser l'honneur de son Evêque et la gloire 
de sa mère, l'église de Liège. Il excusera l'absence de 
l'évêque à la Diète solennelle et il souhaite, en finissant, 
que Dieu conserve longtemps l'Elu au service de Notre- 
Dame (1). 

Ce vœu de voir Henri de Gueldre gouverner encore 
longtemps l'Eglise de Notre-Dame ne devait pas se réa- 
liser, car celui-ci fut déposé au concile de Lyon le 3 juil- 
let 1274. 

Pendant la vacance du siège épiscopal, après le 4 août 
1274, André de Rode écrit au chapitre de St Lambert. A 
cause de l'encombrement des affaires, à raison surtout de 
l'absence prolongée du chancelier, Otton de S. Vitton, qui 
vient de mourir (4 août 1274), ^ a été empêché de terminer 
l'a fia ire principale de leur église, expeditionem negotiï 
prïncïpalis eccles'uxc nostrae hactenus impedivit, mais il es- 
père qu'à l'arrivée de N... (Lacune). Il aurait voulu se ren- 
dre à Liège pour la fête prochaine (l'Assomption de la S te 
Vierge^), afin d'y accomplir le devoir de sa première rési- 
dence, mais il a dû renoncer à ce projet pour ne pas com- 
promettre, par son absence, les négociations commen- 
ce L'affaire capitale dont se préoccupait le Chapi- 
tre, c'est la succession au comté de Hainaut. 

f 1) Voir aux annexes, n" 3. 
(2) Voir aux annexes, n° 4. 



Un peu plus tard, André de Rode écrit derechef au cha- 
pitre de Liège. L'anonyme qu'il attendait est arrivé venant 
de la Cour Romaine ; l'opposition factieuse des adversaires 
de leur église (« ecclesiae nostrae intentatio factiosa jam pc- 
riitus qitievïtf)) s'est calmée et l'affaire importante s'est ter- 
minée d'une manière favorable à leur église (i). Il recom- 
mande à l'indulgence de ses confrères le messager qu'ils 
avaient dépêché à la cour pour s'informer de l'état des 
négociations. A cause de la maladie du Roi, il a dû se 
rendre dans l'Allemagne du Nord, et ce voyage a notable- 
ment retardé son retour (2). 

André de Rode n'était pas encore venu à Liège pour y 
faire, comme chanoine, sa première résidence. Dans les 
premiers mois de 1275, il parvient à trouver le loisir d'ac- 
complir ce voyage. Le roi Rudolphe lui remet une lettre de 
recommandation pour le chapitre de St Lambert. Il prie 
les chanoines de ne point le retenir trop longtemps, parce 
qu'il peut leur être plus utile à la cour que dans sa 
stalle (3). 

André ne tardera pas de donner la preuve de son zèle 
et de son influence. 

Le 15 février 1275, le pape Grégoire X avait annoncé à 
tous les princes ecclésiastiques et séculiers que le couron- 
nement du roi Rudolphe aurait lieu à Rome, dans l'église 
de S. Pierre, le I er novembre prochain : il leur avait enjoint 
de venir y assister (4). 

Le nouvel évêque de Liège, Jean d'Enghien, ayant reçu 
cette invitation, s'excusa auprès du Roi : « Quand je suis 
arrivé récemment dans le diocèse qui venait de m'être 
conféré, je me suis trouvé en présence d'une masse de 

(1) Le 29 mai 1275 le Roi se prononça en faveur de Jean d'Avesnes 
contre le comte de Flandre et lui adjugea le comté de Hainaut. Re- 
gesten, n° 381 ; Wouters, Table des di-plômes, V, 562. 

(2) Voir aux annexes, n° 5. 

(3) Voir aux annexes, n° 6. 

(4) Regesten, n° 327; Potthast, Reg. Rom. Pont., n° 20989. 



— 8 — 

dettes et d'une foule de créanciers qui ne me laissent ni 
trêve ni merci ; à peine puis-je trouver les revenus suffi- 
sants pour satisfaire leur avidité. Les princes du voisinage 
attentent à l'envie à mes droits, m'empêchent d'exercer 
ma juridiction et essayent de la renverser de fond en 
comble. Ils pourraient causer le plus grand dommage, s'il 
n'y avait personne pour leur résister. Mes ressources 
financières sont épuisées ; une infirmité corporelle bien 
fâcheuse ne cesse de me faire souffrir. Je supplie dès lors 
le Roi de m'exempter du voyage à Rome. Quand le Roi 
reviendra avec la couronne triomphale, j'irai personnelle- 
ment le voir, le remercier, et je tâcherai de regagner le 
temps perdu » (i)- 

Rudolphe répond à l'Evêque que son notaire André de 
Rode l'a informé des tribulations qui l'affligent ; il recon- 
naît qu'elles l'empêchent de se mettre au service du Roi 
et lui promet assistance (2). 



III 



Rudolphe avait parfaitement compris que l'Eglise est 
le plus solide soutien du trône, qu'il devait, s'il voulait 
efficacement rétablir l'ordre dans l'Empire, s'appuyer sur 
elle- D'autre part, les princes ecclésiastiques lui offraient 
des garanties de fidélité et de dévouement qu'il ne rencon- 
trait pas ailleurs. Comme le principe de l'hérédité n'exis- 
t.nt pas pour eux, il les tenait plus sous la main et pouvait 
davantage compter sur leur attachement et sur leur appui. 

Rudolphe abandonna donc immédiatement la politique 
persécutrice de Frédéric II, bien qu'il eût combattu, pour 
soutenir par les armes, la cause de l'Empereur, même 
après son excommunication et sa déposition par le Pape. 

(1) Voir aux annexes, n° 7. 

(2) Voir aux annexes, n° 8. 



— 9 — 

Aussitôt après son couronnement, il sollicita donc de Gré- 
goire X la confirmation de son élection; il lui envoya son 
chancelier Otton pour lui donner les plus amples assuran- 
ces (avril 1274). Ce qu'il fit pour le Chef de l'Eglise, il le 
renouvela pour les princes ecclésiastiques. 

Le 21 novembre 1274, voulant reconnaître, dit-il, leur fi- 
délité et leur dévouement sincères, il sanctionne toutes les 
libertés, donations, privilèges qui leur avaient été octroyés 
par l'empereur Frédéric avant sa déposition et par ses 
prédécesseurs. Cette confirmation générale ne satisfit 
point les seigneurs tréfonciers de St Lambert. Probable- 
ment parce que leurs privilèges étaient plus contestés et 
plus souvent violés, ils tenaient à obtenir une approba- 
tion spéciale ; c'est dans ce dessein qu'ils se servirent de 
l'entremise de leur confrère André de Rode. 

Le 5 août 1275, ils envoyèrent au Roi copie authentique 
des six diplômes par lesquels le roi Guillaume avait sanc- 
tionné leurs immunités et le prièrent de daigner les confir- 
mer ( 1). 

La lettre qui accompagnait cet envoi nous a été conser- 
vée. 

Les prévôts et les doyens des églises de Liège rappellent 
au Roi la protection dont ils ont toujours bénéficié de la 
part de l'empereur Henri V et de ses successeurs. Ils se 
prévalent de ce que leur église est une chapelle (capella) 
de l'Empire et qu'ils sont ses chapelains ; ils le supplient 
de confirmer leurs privilèges et notamment l'immunité que 
Henri V avait octroyée aux serviteurs de leurs églises. Le 
chanoine Alexandre de Bruneshorne est député pour por- 
ter cette supplique au Roi et lui donner de vive voix toutes 
les explications désirables (2). 



(1) Cartulaire de Saint Lambert, II, 237. 

(2) Voir aux annexes, n° 9. Il est à remarquer que plusieurs pas- 
sages de cette supplique sont reproduits dans le diplôme royal. 



— 10 — 

La ratification désirée ne se fit pas attendre. 

Le 10 septembre suivant (1275), le roi Rudolphe, dans 
une séance solennelle du tribunal de l'Empire, tenue à 
Oppenheim, proclame qu'aucune juridiction inférieure ne 
peut prononcer des sentences contraires aux privilèges 
octroyés aux églises par les Empereurs. Puis, sur le réqui- 
sitoire du chanoine de Liège, Alexandre de Bruneshorne, 
il décide que le mayeur et les échevins de Liège sont sans 
pouvoir pour violer les immunités du clergé liégeois. Il leur 
défend d'aller à l'encontre de ces privilèges : toute tenta- 
tive dans ce sens serait de nulle valeur. Si quelque membre 
de la famille ecclésiastique se rend coupable de quelque 
méfait, il devra être poursuivi et jugé par ses supérieurs 
légitimes (1). 

Par un deuxième diplôme de la même date, il renou- 
velle et sanctionne les privilèges accordés au clergé par 
les Empereurs, ses prédécesseurs, et notamment par 
Henri V, l'an 1 107. Si le serviteur d'un chanoine commet 
un méfait, il sera exempt des tribunaux séculiers, à moins 
qu'il ne soit marchand public ; mais il sera jugé par ses 
pairs claustraux dans le réfectoire de St Lambert, sur la 
réquisition du mayeur de la prévôté : en cas de condamna- 
tion, il sera livré au bras séculier pour subir sa peine. 

Ceux qui gardent le chœur et le chapitre des églises, 
la fierté de Saint Lamûert et le trésor de la Cathédrale, les 
boulangers et ceux qui préparent les vins et ceux qui rem- 
plissent de semblables offices dans les églises seront assi- 
miles aux claustraux et exempts de la juridiction sécu- 
lière (2) . 

L'empereur ordonne, en conséquence, au mayeur et aux 
échevins de Liège de respecter ces privilèges et de laisser 



(1) Regesten, n° 427; Cartulaire de Suint Lambert, II, 241. 

(2) De Ches 1 RET : Les reliait es de Suint Lambert et les sept fiévés 
dans !<• Bulletin de V Institut archéologique liégeois, t. XXIV, p. 31. 



Il 

le clergé jouir de ses franchises, sous peine d'une amende 
de ioo marcs d'or (i). 

Le chapitre triomphant s'empressa de faire promulguer 
ces diplômes royaux : pas n'est besoin de dire qu'ils su 
terent grande émotion dans la cité. Les magistrats et les 
échevins se réunirent et envoyèrent au Roi une vive pro- 
testation. 

«Des limites extrêmes de l'Empire, nous axons recours à 
votre justice. Le clergé de Liège, que nous entourons de 
nos respects, à un moment où nous n'attendions de sa part 
aucun acte d'hostilité, a tait promulguer un privilège inouï 
jusqu'alors qu'il prétend avoir obtenu de votre Magni- 
ficence. Cette promulgation a éclaté comme un coup de 
tonnerre en un ciel serein et troublé la cité entière. A rai- 
son de la révérence que nous vous devons, nous l'avons 
accueilli avec respect ; mais après en avoir reçu copie et 
avoir délibéré mûrement, nous devons déclarer qu'il est 
contraire à toute la législation de la cité et de la patrie 
Liégeoise et qu'il bouleverse l'ordre du pays, tel qu'il avait 
été établi par vos prédécesseurs depuis les temps anciens. 
Après avoir pris conseil d'hommes sages, et après plu- 
sieurs délibérations communes, nous avons décidé de re- 
courir à Votre Majesté, qui certes a été circonvenue par 
l'astuce de ceux qui l'ont obtenu et à laquelle il ap- 
partient de l'amender et de l'interpréter. Nous en avons 
confiance, lorsque vous connaîtrez les inconvénients et 
les dangers qui en doivent résulter, votre sagesse ne 
refusera pas d'y porter remède, d'amputer ces innovations, 
de mettre fin à ce qui bouleverse et tourmente la patrie 
entière et de ramener la paix avec l'ordre des choses tel 
qu'il existait depuis longtemps ». 

Ils exposent alors en détail combien les articles de ce 
privilège sont contraires à la saine raison et au bien 
public. Puis ils supplient le Roi de le révoquer, parce qu'il 

(') Regesten, n° 426; Cartulaire de Suint Lambert, II, 23S. 



— 12 — 

viole les droits de l'évêque de Liège et qu'il diminue le 
fief qu'il détient de l'Empire, parce qu'il lèse le droit pu- 
blic de la patrie liégeoise, et qu'il amène la perturbation 
dans tout le peuple : tantae midtiludinis populoruiu. 

Que du moins il daigne charger un homme prudent et 
iitni suspect, aimant la justice et craignant Dieu, de 
venir connaître sur place de cette affaire et pourvoir à la 
tranquillité et à la paix publiques (i). 

Evidemment, les magistrats liégeois forcent quelque 
peu la note et exagèrent les conséquences de la confirma- 
tion royale. Les serviteurs des chanoines étaient depuis 
longtemps affranchis de la juridiction séculière: si on assi- 
mile à ces sept serviteurs les sept fiévés de Saint Lambert 
et quelques artisans employés subalternes, ce n'était 
qu'une interprétation équitable de la loi. Déjà, le 3 décem- 
bre 1271, le Doyen Gilles de Lageri et le chevalier délie 
Wege, nommés par l'évêque pour faire enquête, avaient 
déclaré que « les fiévés ne doient ne tailhe, ne escot, ne 
ost, ne chevauchie » (2). La patrie est-elle en danger et 
la justice compromise parce que ces quelques personnes 
échappaient à l'autorité des échevins pour les rares mé- 
faits qu'elles pouvaient commettre? Nous ne le croyons 
pas. 

Ce qui est à retenir de cette réclamation, c'est le souci 
que manifestent les magistrats Liégeois de l'autorité du 
Prince. Vraiment, on ne leur connaissait pas cette sollici- 
tud -. S'ils prennent tant à cœur les droits du Prince, ne 
serait-ce pas parce que Jean d'Enghien avait délaissé la 
cause du chapitre et marchait d'accord avec eux? Nous en 
aurons la preuve plus loin. 

IV 

Jean d'Enghien s'était rendu à Lausanne pour assister 
à l'entrevue du Pape Grégoire X et du Roi Rudolphe. 

(1) Voir aux annexeSj n° 10. 

(2) Cartulaire de Saint Lambert, II, p. 214. 



— 13 — 

Le Roi était accompagné de toute sa famille et d'une 
suite nombreuse. Quand, le 20 octobre 1275, le Pape dai- 
gna consacrer lui-même à Lausanne l'église Notre- 
Dame, l'évêque de Liège assista à cette imposante céré- 
monie. En cette circonstance et devant une assemblée au- 
guste de cardinaux, d'évêques et de seigneurs, le Roi jura 
de protéger et de défendre les possessions, l'honneur et 
les droits de l'Eglise romaine. Par un second diplôme, le 
Roi garantit au Souverain-Pontife et à ses successeurs la 
liberté des élections épiscopales par les chapitres, le droit 
d'appel au Saint-Siège, la suppression du &jus spolii», la 
proscription des hérétiques, la possession et la restitution 
de tous les domaines de l'Eglise Romaine. Il lui promit as- 
sistance en particulier pour conserver le royaume de Sicile, 
la Corse et la Sardaigne. 

Enfin, par un troisième diplôme, il ratifie tout ce que 
son ambassadeur Otton de S. Widon avait promis à Lyon 
en faveur de l'Eglise Romaine. Ces trois diplômes portent 
la signature de l'évêque de Liège (1). 

Se trouvant à Lausanne, Jean d'Enghien profita de l'oc- 
casion pour exposer au Pape une querelle qui menaçait de 
le brouiller avec les chapitres de Liège. Grégoire X com- 
mit le cardinal Ubert de Saint Eustache pour en connaître. 

L'évêque comparut devant ce Commissaire pontifical 
avec les délégués des chapitres, les chanoines de S. Lam- 
bert Sclatta et maître Beauduin, et Godefroid, chanoine de 
S. Jean. Il déclara vouloir respecter les franchises des 
églises et en particulier celle qui exemptait de la juridic- 
tion séculière les serviteurs des chanoines ; il ajouta qu'il 
avait fait un édit sur ce point, pour régler l'arrestation et 
l'emprisonnement de ces serviteurs, lorsqu'ils commet- 
traient un délit ; qu'il espérait bien le faire adopter par les 
chanoines et promit d'exiger du mayeur et des échevins 

(1) Regesten, n° 440-442. 



— 14 — 

le serment de ne point enfreindre les immunités des cha- 
pitres. Le Légat donne une déclaration authentique de 
cette promesse (i). 

V 

Malgré les confirmations solennelles que le clergé avait 
nues, les magistrats liégeois s'entêtaient à vouloir le 
soumettre à l'impôt de la fermeté. Le clergé prit un re- 
cours auprès du Roi des Romains et du Pape. Rudolphe de 
Habsbourg s'empressa de faire droit à cette requête par 
une lettre datée d'Augsbourg, le I er mars 1276, et adressée 
au mayeur, aux échevins, aux jurés, aux bourgmestres et 
à tous les bourgeois de Liège. 

« L'Eglise de Liège s'est plainte à nous de ce que vous 
continuez à vous opposer à ses privilèges : c'est pourquoi 
considérez quelle folie ce serait de vouloir renverser des 
droits qui ont été sanctionnés par l'autorité royale ; n'in- 
quiétez plus dorénavant les églises dans la jouissance de 
leurs exemptions: vous vous exposeriez à encourir les 
peines qui sont comminées contre les perturbateurs. 

Nous sommes bien loin de vous fermer les voies juridi- 
ques : nous vous envoyons l'archevêque de Trêves pour 
entendre les raisons des deux parties et les soumettre à 
notre jugement. Dans Tentretemps, lesdits privilèges res- 
teront en pleine vigueur » (2). 

Par une lettre de la même date, le Roi des Romains 
charge l'archevêque de Trêves, si les magistrats liégeois 
veulent recourir à la voie judiciaire, de citer les deux par- 
ties à comparoir, d'entendre leurs raisons et d'en faire au 
Roi un rapport fidèle (3). 

(1) Cartulairc de Suint Lambert, II, 243. M. Dans, dan-, son His- 
toire du diocèse et de la -princi-pautè de Liège fendant le XIII e et 
le XIV e siècle, écrit que ce Légat aurait accompagné l'Evêque à 
Liège. Le document cité n'en dit rien. 

(2) Cartulaire de Saint Lambert, II. 247 : Regesten, n° 526. 

(3) Cartulaire de Saint-Lambert, t. 11. 246; Regesten, n° 527. 



— 15 — 

De son côté, Grégoire X chargea le Doyen de Laon de 
prendre en mains la défense des églises à l'encontre des 
exigences de la Commune Liégeoise. Les actes de cette 
procédure se trouvent dans le Cartulaire de Saint Lam- 
bert ; ils se succédèrent depuis le 10 juillet 1276 jusqu'au 
4 mars 1277 (1). 



VI 



Durant ces procédures, la guerre induement nommée 
« de la Vache » était déchaînée sur le pays de Liège. Jean 
d'Enghien avait à résister aux forces réunies de Gui de 
iJampierre, de Henri, comte de Luxembourg, de Gérard 
de Luxembourg, sire de Ûurbuy, auxquelles vinrent même 
se joindre, à certains moments, les troupes du duc de Bra- 
bant. 

Les hostilités et les violences qui avaient commencé au 
mois de septembre 1275, se continuèrent pendant l'année 
1276 et ne prirent fin qu'en 1277. Les magistrats et le cha- 
pitre oublièrent un instant leurs querelles pour soutenir la 
cause de leur Prince, qui était celle de la Patrie Liégeoise; 
ils marchèrent de front contre ses ennemis. 

Le 7 mars 1277, ils souscrivirent un accord relativement 
à l'i — pot de la fermeté. Ils reconnaissaient que c'est con- 
traints par une nécessité pressante qu'ils ont levé cet 
impôt, qu'ils n'ont aucun droit de le faire et qu'ils rendront 
au clergé ce qu'ils ont indûment perçu. Ils jureront que 
dorénavant, ils ne lèveront jamais plus cet impôt à Liège 
et qu'ils s'opposeront à tous ceux qui prétendraient l'exi- 
ger. Pour réparer les chaussées, les ponts, les portes et 
les murs, il sera fait une assise sur les bières, dont le taux 



(1) Cartulaire de Saint Lambert, II. pp. 251-278. 



— 16 — 

sera fixé de commun accord par les délégués des deux par- 
ues contractantes (i). 

L'Evêque, assailli de toutes parts, se trouvait dans une 
situation pleine d'angoisses. Il avait fait appel à la protec- 
tion du Roi ; mais celui-ci était lui-même impliqué dans 
une guerre contre le roi de Bohême, Ottokar (septembre 
[276). Obligé de résider à Vienne, il ne pouvait rien faire 
pour venir en aide à la Principauté. Jean d'Enghien en fut 
réduit à invoquer la médiation du Roi de France. 

Le Codex epistoLiris de Rudolphe nous a conservé une 
lettre curieuse qui rend bien compte de cette situation. 

Elle émane d'un prince de nos contrées, dévoué à l'Em- 
pire, probablement du comte de Hainaut, Jean d'Avesnes, 
comme l'a conjecturé avec beaucoup de raison Oswald 
Redlich. 

Ecrivant au Roi, il lui dit : 

« Je suis accablé par un amer chagrin en voyant com- 
ment la France (Gallia garriens aliarum insultatrix iin- 
proba nationum) la bavarde, qui, dans sa méchanceté, se 
plaît à insulter les autres nations, s'efforce de miner la 
considération du Roi de la manière la plus impudente ; elle 
se prévaut de ce que le glaive de l'empire, dans ces contrées 
néerlandaises, est honteusement émoussé. En effet, le 
comte de Flandre, Guy, refuse toute obéissance aux or- 
dres du Roi ; il s'est mis en campagne avec des soldats 
nombreux qu'il a levés en France, à la honte et au dom- 
mage de l'Empire et il a forcé l'Evêque de Liège, opprimé 
et serré de toutes parts, à s'adresser au Roi de France, 
sans égard pour vous. Puisque certains grands seigneurs 
de ces contrées cherchent à secouer l'autorité de l'Empire, 
il est urgent que le Roi prenne au plus tôt des mesures 



(1) Cartulaire de Saint Lambert^ II. 27(1. 



— 17 — 

pour éloigner ce préjudice. Je prie le roi d'excuser mon 
absence; je retournerai bientôt à la Cour » (i). 

Rudolphe, ainsi sollicité par Jean d'Avesnes et par 
l'Evêque de Liège, si désireux qu'il fût d agir, se trouvait 
dans l'impuissance de le faire; il prit donc le parti de ré- 
clamer l'intervention du Souverain-Pontife, Jean XXI, el 
lui écrivit en ces termes (2) : 

« La noble Eglise de Liège, cette fille si dévouée de 
lEglise Romaine, est cruellement pressurée par le comte 
de Handre et ses complices. Mon âme en est amèrement 
affligée. L'évêque que le Saint-Siège lui a donné comme 
prince nous avait proposé de laisser s'assoupir le litige 
quant à son premier objet (3), mais le comte de Flandre n'a 
point voulu se rendre à nos ordres ; avec des troupes le- 
vées en France, il s'est mis à dévaster les terres apparte- 
nant à la maison de Dieu. C'est pourquoi, de peur que ces 
méfaits, s'ils restaient impunis, ne portent d'autres à les 
renouveler, nous vous prions, l'évêque de Liège et moi, 
de sévir contre les auteurs de ces rapines et de les frapper 
du glaive des censures ecclésiastiques » (4)- 

Nous ne savons pas si Jean XXI eut le temps d'inter- 
venir; les hostilités cessèrent au mois d'avril 1277 et lui- 
même mourut le 20 mai suivant. 

VII 

La paix n'était pas sitôt conclue avec le comte de Na- 
mur, qu'une nouvelle dissension intestine éclatait à Liège 

(1) Voir aux annexes, n° 11. Cette lettre doit dater des premiers 
mois de l'année 1277, car le Roi de France termina ic conflit er. avril 
1277. 

(2) Cette lettre se réfère évidemment à la lettre précédente : elle 
est certes antérieure à la conclusion de la paix avec le comte de Na- 
mur. Le Pape auquel elle fut envoyée est donc Jean xxi qui régnait 
à cette époque (8 septembre 1276-20 mai 1277). 

(3) En effet, l'évêque avait tout fait pour apaiser le premier con- 
flit par une transaction. 

(4) Voir aux annexes le n° 12. 

2 



— 18 — 

a propos de la Sauvenière. Ce quartier était sous la juri- 
diction spéciale du Chapitre Cathédral ; les habitants de 
ce minuscule territoire n'étaient justiciables que de la 
Cour du Grand Prévôt; ce n'est que pour les cas de vol, 
de fausses mesures et de violences qu'ils pouvaient être 
jugés par les échevins. 

Le Chapitre prétendait que nul ne pouvait les soumettre 
à l'impôt sans son consentement. Déjà une contestation 
à ce sujet avait divisé Henri de Gueldre et son Chapitre 
(1273). La comtesse de Flandre avait même été choisie 
pour arbitre (28 juin 1273) (1). La question fut rouverte 
sous l'épiscopat de Jean d'Lnghien, mais cette fois, le 
Chapitre fut en conflit avec les échevins et les magistrats 
de la Cité, et ceux-ci obtinrent l'appui de l'évêque. Le dif- 
férend fut déféré au tribunal de l'Empire, et le Roi commit 
les évoques de Ratisbonne et de Chiemsée, avec le comte 
H. de Wilnove, pour entendre les parties. 

Les juges royaux constatèrent que les magistrats de la 
Commune liégeoise avaient manifestement violé les im- 
munités de l'Eglise de Liège, et que, partant, ils avaient 
encouru la peine comminée contre ces violences. Us com- 
muniquèrent leur sentence au Roi Rudolphe, lequel, par 
un premier diplôme, daté de Vienne le 28 mai 1277, char- 
gea le duc de Brabant, Jean, de l'exécution de ce juge- 
ment (2), 

Cette commission fut-elle révoquée, parce que le duc 
Jean se trouvait être une personne fort mal choisie pour 
agir contre les Liégeois qu'il venait de combattre sur le 
champ de bataille? Nous ne le savons pas: toujours est-il 
que, le 2 juin, une mission semblable, conçue dans les 
mêmes termes, fut confiée à Waléran de Fauquemont (3). 



(1) Cartvlanrc de Saint Lambert, II, 223. 

(2) Regesten, n° 779; Cartulaire de Saint Lambert, II, 292. 

(3) Regesten, n° 785 ; Cartulaire de Saint Lambert, II, 293. 



— 19 — 

Il est possible que le duc Jean et Waleran aient été 
choisis conjointement pour appliquer la sentence. 

Nous ignorons si ces deux commissaires firent mine 
d'exécuter la Commune liégeoise; quoi qu'il en soit, 
les Magistrats continuèrent à imposer les taxes tant aux 
névés et serviteurs des chapitres qu'aux habitants de la 
Sauvenière. L'évêque, bien loin de s'opposer à ces exac- 
tions, prit fait et cause pour les échevins et les maîtres de 
la Cité. Jean Hocsem l'affirme positivement, et nous ap- 
prenons, par une lettre du 23 décembre 1278, que le 
clergé, ne pouvant obtenir justice, se mit en grève et sus- 
pendit tous les offices divins. 

L'évêque revendiquait le droit de punir les chanoines de 
la cathédrale et des collégiales de Liège, lorsqu'ils se 
rendaient coupables de quelque crime, tandis que les 
chapitres se prétendaient exempts, sous ce rapport, de la 
juridiction épiscopale. 

A la demande de l'évêque et dans l'espoir de voir la 
bourgeoisie renoncer à ses empiétements, ils consentirent 
à reprendre provisoirement la célébration du culte dans la 
cité (1) ; mais à une condition : si la convention faite 
entre les chapitres et les bourgeois n'est pas confirmée 
par ceux-ci à la fête prochaine de S. Michel (29 septem- 
bre), les églises suspendront de nouveau la célébration 
des offices quinze jours après. 

Cette trêve ne fut que momentanée : la célébration du 

culte fut de nouveau interrompue et l'évêque, pour amener 

les chapitres à composition, menaça de fulminer contre 



(1) BORMANS, Cartulaire du clergé secondaire, n° 25, p. 16. Ce do- 
cument ne serait-il pas plutôt du mois de septembre et non du mois 
de décembre ? C'était un laps de temps bien long que la fête de Saint 
Michel de l'année suivante 1279. Déjà au mois q\c mars 127g, la 
brouille était complète. 



— 20 — 

eux l'excommunication, s'ils osaient encore chanter l'an- 
tienne Media vita (i)- Le chant de cette antienne était le 
signal de la cessation des offices religieux; bien plus, on 
descendait alors de leurs piédestaux et de leurs autels les 
statues des saints et on les exposait dans l'église, sur un 
lit d'épines, comme pour forcer en quelque sorte le ciel 
de faire justice et de châtier les coupables. 

Le clergé, pour se couvrir, se pourvut en appel auprès 
du S* Siège et suspendit le chant des orgues et la célébra- 
tion du culte ; Jean d'Enghien prononça l'excommunica- 
tion contre tous les clercs, chapelains et chanoines des 
églises cathédrale et collégiales de Liège. 

Les magistrats liégeois promulguèrent un statut véri- 
tablement inique, par lequel ils s'engagèrent à ne plus 
poursuivre, ni condamner les délits et les méfaits commis 
envers le clergé et leur famille. Le clergé des églises pri- 
maire et secondaire se réunit pour parer au danger dont 
tous ses membres étaient menacés dans leurs personnes 
et dans leurs biens. 

Ils constituèrent un comité de défense composé de qua- 
tre membres : M e Jean de Canges, officiai de Liège ; Gui, 
chanoine de S. Lambert ; Rigald de Jeneffe, chanoine de 
S. Jean ; M e Arnould de Stavelot, chanoine de S. Denis. 
Ils leur adjoignirent comme conseillers : l'écolâtre de 
Mayence, Henri de Halois ; le doyen de S. Pierre, Jean de 
Restées et Pierre de Changes (Colard de Psalmis rempla- 
cera le doyen en cas d'absence) ; le doyen de S. Martin, 
Frédéric et le chanoine Jean d'Ottoncourt ; les chanoines 
de S. Paul, Gilles et Gérard dit Chanteraz ; les chanoines 
de S. Croix, Henri dOutremeuse et Tilman de Rosoux ; le 



(i) Voici le texte de cette fameuse antienne empruntée à un chant 
de Notker de S. Gall : Media vita i>i morte sianiisj quem quaerïmus 
adjutorem nisi te Domine, qui firo -peccatis nostris juste irasceris? 
Sinicte Deus, sancte /"/fis, sa>icte et misericors Salvator, amarae 
vioiti ne tradas nus. 



— 21 — 

doyen de S. Jean (Jean Eure?) et Jean de fiollogne (le cha 
noine Louis remplacera le Doyen) ; le doyen de S. Déni i, 
Amcl et le chanoine Jean de Heppegnis ; le chantre de 
S. Barthélemi et Arnould d'Awans. Ils promettent de 
ratifier tout ce qu'ils décideront et de les indemniser pour 
tous les dommages qu'ils pourraient subir à l'occasion de 
leur mission. S'ils décident qu'il faut sortir de la Cité, 
aucun chanoine n'osera y rentrer sans leur permission et 
aucun ne pourra acheter des vêtements ni d'autres mar- 
chandises à un bourgeois de Liège. 

Cette pièce est datée du 21 mars 127g (1). 

Le 23 janvier 1281, le Doyen et le chapitre de S. Lam- 
bert, réunis au palais, constituèrent Guillaume de Bettin- 
court comme leur procureur pour aller en appel auprès du 
Roi et se prémunir contre les exactions que l'évêque et les 
magistrats de la Cité exerçaient contre eux. L'appel fut 
interjeté le même jour et le mayeur, les échevins et les 
magistrats furent sommés de comparaître au tribunal 
royal le 21 avril suivant (2). 

Le Pape intervint-il pour arrêter les désordres qui déso- 
laient la cité liégeoise ? Nous l'ignorons- Mais le Roi ne 
fit point la sourde oreille : par un décret, daté de Ge- 
mùnde, le 3 septembre 1281, il expédie au bailli du Cha- 
pitre, par son fidèle chapelain, Werner de Lapide, archi- 
diacre de Liège, le ban royal, avec plein pouvoir de juger 
les causes criminelles dans les domaines de l'église et 
d'exercer tous les autres pouvoirs qu'il y a lieu d'y accom- 
plir (3). C'était une ratification plénière des droits que la 
cathédrale revendiquait sur son domaine de la Sauvenière. 

Par un second diplôme du 4 septembre, il charge l'abbé 
de Priim et Henri de Gaesbeeck d'examiner les plaintes 



(1) Cartulaire du Clergé secondaire, n° 26, p. 17. 

(2) Cartulaire de Saint Lambert, II, 324. 

(3) Ibid., II, 339 ; Regesten, n° 1387. 



formulées par le chapitre contre « 1 evêque, les échevins 
et les magistrats de Liège » et de décider selon le 
droit (i). 

Dans l' entretemps, Jean d'Enghien était mort, victime 
de la vengeance de Henri de Gueldre. 

Dans les derniers jours de sa vie, il avait soumis au roi 
Rudolphe une question de droit qui ne fut résolue qu'après 
sa mort et qui nous prouve que le duel judiciaire était en- 
core pratiqué à cette époque au pays de Liège. 

Le 6 décembre 1281, en séance du tribunal de l'Empire, 
tenue a Mayence, Rudolphe décide que tout prince investi 
d'une juridiction séculière, devant qui les duels judiciaires 
avaient coutume de se faire, peut, sans déni de justice, 
différer le jour fixé pour ces duels judiciaires, quand des 
raisons urgentes l'empêchent d'être présent à la date con- 
venue. Il ordonne ensuite à tous les nobles, ministériels, 
vassaux et autres sujets du pays de Liège d'obéir à l'Evê- 
que, lorsqu'il a prononcé la remise d'un duel judiciaire (2). 



VIII 



Après la mort de Jean d'Enghien (24 août 1281), le 
conflit semble s'être apaisé. 

Le 18 septembre suivant (3) , le Chapitre de S 1 Lambert, 
comme préliminaire à l'élection d'un nouvel évêque, affirme 
nettement ses immunités : il proclame que de temps im- 
mémorial et pour toute espèce de méfaits, les chanoines 
de Liège ne sont justiciables que de leur Doyen et de leur 



(1) Cartulaire de Saint Lambert, II, 340 ; Regesteu, n° 1388. 

(2) Regesten, n° 1428. Voir aux annexes, n° 13. 

(3) Le document est daté de l'année 1282. Il doit y avoir une er- 
reur de transcription : Car, en 1282, l'élection était faite et dès le 
9 juin 1282, le pape Martin IV avait approuvé l'élection de Jean de 
Flandre. 



— 23 — 

Chapitre. Il fixe l'élection au 30 septembre prochain et 
airête les articles d'une capitulation que tous les 1 ha 
noines s'engagent par serment à garder inviolablemenl 
si l'un d'eux était promu au siège épiscopal (1). 

Le 27 décembre 1281, le prieur des Dominicains et le 
prieur des Frères Mineurs spécifient, d'après le témoi- 
gnage des anciens échevins, les droits qu'exercent le Cha- 
pitre de S. Lambert et le Roi des Romains pendant la 
vacance du siège épiscopal (2). 

Jean de Flandre fut nommé évêque de Liège par le pape 
Martin IV le 9 juin 1282 et inauguré à Liège le 31 octobre 
suivanc. Les débuts de son gouvernement furent paci- 
fiques. 

Le 9 mars 1283, l'evêque fait examiner la validité de la 
sentence d'excommunication prononcée par Jean d'En- 
ghien contre le clergé (3). Le 10 mars, elle est déclarée 
nulle, comme contraire à l exemption dont les chapitres 
ont toujours joui, même en regard de l'autorité épisco- 
pale (4). 

Le 26 mars 1284, des arbitres sont désignés pour régler 
toutes les questions pendantes qui avaient si douloureuse- 
ment divisé le clergé et la Cité (5). La sentence arbitrale 
est publiée le jour de Pâques, mais elle ne doit avoir satis- 
fait personne, puisqu'il n'en est point resté de trace. 

Le 5 mai 1284, le roi Rudolphe se voit amené à inter- 
venir. Dans uns missive datée de Fribourg, il rappelle la 
sentence qu'il avait précédemment prononcée et charge 
le comte de Looz de faire payer par les échevins et les 
magistrats l'amende qu'ils avaient encourue pour avoir 



(1) Cartulaire de Saint Lambert, II, 348. 

(2) Ibid., II, 344. 
(3)Ibid., 11,355. 

(4) BORMANS, Cartulaire du clergé secondaire, n° 29. 

(5) Cartulaire de Saint Lambert, II, 3jy. 



— 24 — 

violé les droits de l'église S. Lambert sur la Sauve- 
nière (i). La brouille avait donc recommencé et elle s'ag- 
grava au point que les chanoines ne turent plus en sûreté 
dans la Cité. Le 3 juillet 1284, l'évêque les autorise à quit- 
ter la ville à cause des voies de fait auxquelles les bour- 
geois se livraient contre eux (2). 

Vers cette époque, le roi Rudolphe écrivit à l'évêque de 
Liège pour lui communiquer une décision juridique prise 
à Mayence, mais qui ne se rapporte nullement aux diffi- 
cultés intestines de la principauté. Elle décide que les 
taux monnayeurs doivent être punis de mort ; celui qui 
se sert sciemment de fausse monnaie doit avoir la main 
tranchée ; celui qui abrite un faux monnayeur dans son 
château doit être assimilé à ces malfaiteurs et puni comme 
eux. Cette lettre porte la date du 13 juillet 1285 (3)- Nous 
remarquons que, dans l'inventaire des chartes rendues à 
la ville de Liège en 1409, figurait « une lettre en romans, 
soûls le seel de Jehan evesque de Liège, de certaines 
ordonnances par lui faictes sur le fait des monnaies, en 
l'an mil CCLXXX et VIII ». Ces ordonnances étaient-elles 
la suite de la lettre royale? 

L'évêque et le clergé quittèrent la ville au mois d'octo- 
bre 1285 et se retirèrent à Huy. Déjà la charte du 5 oc- 
tobre, par laquelle Jean de Flandre confirme les privilèges 
accordés à la Léproserie de Cornillon, est datée de cette 
ville (4). 

L'évêque ne tarda guère de lancer l'interdit sur la Cité. 



(1) Cartulaire de Saint Lambert, II, 381. 

(2) Ibidem, TI. 384. 

(3) Rtgesten, n° a 10,24 et 1025 ; Pertz, Monum. Germ. Legum 
II, |>. 446. Voir le texte aux annexes n" 14, avec les corrections de 
Lacomblet, Niederrheinisches Urkundenbuch, II, 5^4. La peine pro- 
noncée contre les faux monnayeurs était l'immersion dans une cuve 
d'eau bouillante. 

(4) Cartulaire de S, tint Lambert, II, 397. 



— 2ô — 

Les magistrats eurent alors recours au Saint-Siège pour 
faire lever les censures. 

Dans l'entretemps, le 5 août [286, ils conclurenl une 
alliance avec Jean, duc de Brabant, en vertu de laquelle 
le dur promet d'aider la cité à conserver ses privil 
contre l'évêque et le clergé : les magistrats lui promettent 
en retour la haute avouerie de la Cité à la mort du titu- 
laire, et, en attendant, une pension de 300 livres tour- 
nois (1). 

Le 5 décembre 1280, le Pape Honorius IV répondit à la 
requête de la Cité : il maintint l'interdit, mais il déclare 
qu'on ne pouvait refuser de conférer le baptême aux en- 
fants, le sacrement de pénitence aux adultes et le saint: 
Viatique aux moribonds. En conséquence, il mande à 
l'Evêque de Liège de modérer l'interdit en ces points (2). 
Le duc de Brabant, cependant, avait abandonné le parti 
des Liégeois, et conclut une alliance avec l'Evêque le 15 
avril 1287 (3). Le 7 août 1287, grâce à sa médiation, la 
paix fut conclue et le clergé rentra dans ses foyers le 14 
août. Cette paix s'appelle la Paix des Clercs (4). 

IX 

Le conflit entre Gui, comte de Elandre, et Jean d'Aves- 
nes continuait : sur la requête de celui-ci, le Roi Rudolphe 
mit le comte de Flandre au ban de l'Empire; Gui persista, 
malgré cela, dans son opposition aux décisions impériales. 
Le Roi déclare alors que, conformément à la sentence des 
princes, nobles et seigneurs réunis autour de lui, il mérite 
d'être frappé d'excommunication. En conséquence, il or- 
donne aux évêques de Liège, d'Utrecht et de Cambrai de 

(1) Vax Heelu, Codex Diflomaticus, p. 441. 

(2) Cartulaire de Saint Lambert, II, pp. 400 et 402. 

(3) Ibidem II, p. 403. 

(4) Ibidem II, p. 409. 



— 20 — 

fulminer cette censure contre le prince contumace. Cet 
ordre est daté de Wurzbourg, le 27 mars 1287 (1). 

Le 14 avril 1287, Jean, évêque de Tusculum, légat du 
Saint-Siège, enjoint aux partisans du comte de Flandre, 
sous peine d'excommunication, de cesser endéans les deux 
mois leur rébellion contre le comte de Hainaut (2). 

Un dernier différend entre la Cité et le clergé se produi- 
sit en 128g. Avec le consentement de Jean de Flandre, les 
magistrats se mirent à exiger un droit de péage sur les 
sommiers, chars, bêtes de somme et bateaux amenant à 
Liège des vins, du grain et d'autres victuailles. 

Le Chapitre de Saint-Lambert protesta contre ces im- 
positions ; les arbitres nommés de part et d'autre décidè- 
rent que le prince ne pouvait pas autoriser la perception 
de ce droit d'octroi sans le consentement du Chapitre. L'af- 
faire fut déférée au tribunal de l'Empire ; les chanoines 
de Saint Lambert, Adolphe de Waldeck, prévôt d'Utrecht, 
et Louis d'Isenbourg, prévôt de Wetzlar, allèrent plaider 
la cause du Chapitre- 
Le Roi Rudolphe notifia à l'évêque de Liège la sentence 
rendue à Erfurt le 20 janvier 1290. 

Aucun droit de péage ni aucun impôt ne peut être 
établi dans l'Empire, si ce n'est avec l'autorisation du 
Roi. C'est ce qui avait déjà précédemment été statué, 
dans la paix générale que l'empereur Frédéric avait pro- 
clamée et dans celle que le Roi Rudolphe avait publiée 
dans la Diète de Wurzbourg. En conséquence, il décide 
que le droit d'octroi, que les magistrats de Liège avaient 
imposé sur les chariots et les bateaux transportant des 
victuailles à Liège, ne pouvait être maintenu. 



(1) Regesten, n° 207S ; Winckelmaxx. Acta Imperii 'médita. II. 
125 ; Wauters, Table des diplômes, VII, 1123. 

(2) WAUTERS, Table des diplômes, VI, 204. 



— 27 — 

Il leur enjoint de suspendre immédiatement la perception 
de cet impôt de chausséage (i). 

Par une lettre de la même date, il ordonne à Jean de 
Flandre de retirer le consentement qu'il a donné à cette 
imposition illicite (2). 

Le même jour, à la demande des mêmes procureurs du 
Chapitre, le roi Rudolphe, en séance solennelle du tri- 
bunal de l'Empire, décidé que, pour être admis comme 
bourgeois et jouir des privilèges de la bourgeoisie, il faut 
résider dans la cité ; que le droit de bourgeoisie se perd 
quand on cesse d'y demeurer, que cela résulte de la paix 
générale promulguée par l'empereur Frédéric et par celle 
que Rudolphe a proclamée lui-même à Wurzbourg et qu'il 
vient de renouveler à Erfurt (3). 

Le 17 mai 1290, à Erfurt , le Roi , sur la demande de 
l'abbé et du couvent de Beaurepaire, approuve les deux 
chartes par lesquelles Jean de Flandre, évêque de Liège, 
avait autorisé le transfert des Prémontrés du Mont-Cornil- 
lon au couvent du Beaurepaire, situé dans l'Ile, à Liè- 
ge (4). 

Enfin, le 23 mai 1291, le pape Nicolas IV, en considéra- 
tion du Roi, roi des Romains, charge l'évêque de Liège, 
Jean, de dispenser sur le défaut de légitimité, defectus 
natalium, en faveur du clerc Jean de Niele (5). 

Dans le Codex epistolaris Rudolfi Régis, édité par Bod- 
mann se trouve (t. II, n° XIII, p. 159) une lettre par la- 
quelle un chapitre notifie au Roi l'élection d'un nouveau 
Doyen. Bodmann conjecture qu'il s'agit du Chapitre de 
Saint Lambert (6). Ce qui donne crédit à cette hypothèse, 

(1) Cartulaire de Saint Lambert, II, 458 ; Regesten, n os 2268. 

(2) Cartulaire de Sai>it Lambert, II, 460; Regesten, n° 226g. 

(3) Cartulaire de Saint Lambert, II, 461 ; Regesten, n° 2270. 

(4) HUGO, Ann. Prœmonst., I. prob.it.. 281 ; Regesten. n° 2314. 

(5) Langlois, Reg. de Nicolas IV, n" 5228; Regesten, n° 245S. 

(6) Voir aux annexes, n° 15. 



— 28 — 

c'est la phrase où les chanoines se prévalent de ce que 
leur église est la chapelle spéciale de l'Empereur, quae 
uestra spéciales Capella dignoscitu?, Or, nous savons, par 
une autre lettre, que le Chapitre de Saint Lambert se van- 
tait d'avoir cette prérogative. 

Le décanat de Saint Lambert fut vacant sous le règne 
de Rudolphe, une première fois par le décès de Gilles de 
Lageri, mort le 15 février 1274, puis une seconde fois par 
celui de son successeur, Francon de Lowaige, décédé 
entre le 7 mars 127g et le 10 avril 1281 : Jean des Canges 
lui succéda. 

Nous devons cependant faire observer que l'église collé- 
giale d'Aix-la-Chapelle avait aussi le privilège de s'appeler 
la chapelle impériale. 

( ( INCLUSION 

Telles sont les relations que la principauté eut avec 
Rudolphe de Habsbourg et sa chancellerie. Il n'y a pas à le 
contester : elles furent marquées au coin de la sagesse et 
de la justice. Le roi se montra ici, comme ailleurs dans 
l'Empire, le défenseur des droits acquis et le gardien de 
l'ordre et de la paix publiques. Il maintint et garantit 
loyalement les franchises que ses prédécesseurs avaient 
octroyées au Chapitre de S. Lambert et aux églises collé- 
giales de la Cté • tout en laissant aux magistrats commu- 
naux les voies judiciaires ouvertes pour démontrer leurs 
prétentions, v n'entendit pas que la violence l'emportât 
sur le droit. Il est à regretter qu'il n'ait pas eu à sa dispo- 
sition une puissance coercitive suffisante pour faire pré- 
valoir ses volontés. 

E. SCHOOLMEESTERS. 



DOCUMENTS. 

Plusieurs collections de lettres appartenant à la chan- 
cellerie de Rudolphe de Habsbourg ont été conservées 
dans les manuscrits et successivement publiées. Voici, 
d'après Oswald Redlich, les principales sources impri- 
mées (i). 

i° CENNI, Monumenta dominationis Pontificae. Codex 
epistolaris Rudolf i (1761), réédité par Migne, Palrologia 
Latina, 98, 701. 

2 GERBERT, Codex epistolaris Rudolf i I (1772). 

3 BODMANN, Codex epistolaris Rudolf 1 1 (1806). 

4 STOBBE im Archiv fur Osterreichische Geschichte, 

XIV 305-385- 

Dans beaucoup de manuscrits, les lettres sont conser- 
vées à l'état de formules ; souvent les noms propres ont 
été omis, les dates ont disparu, de sorte que M. Oswald 
Redlich a dû se livrer à un travail de bénédictin pour 
parvenir à les dater, à les coordonner et à découvrir les 
auteurs ou les destinataires. Nous avons profité de ses re- 
cherches pour rédiger notre travail. 



(1) Die Regesten des Kaiscrreichs unter Rudolf, A'dolf, Allure ht. 
Heinrich VII, 1273-1313. Erste Abtheilung. Innsbruck, 1898. 



ANNEXES. 



Lettre de Rudolphe de Habsbourg à Vèvêque de Liège 
Henri de Gneldre. 

Commencement de 1274. 

In tuas devotionis exliibitione gratuita plurimum delectati, pro 
eo quod nos et Romanum imperium purge fidei stabilitate reveri- 
tus, provido viro N. dilecto notario nostro. 11110 potius nobis in 
ecclesia tua provisionis suas tam Iaudabiliter spsm dedisti, tanto fe- 
cundius tibi ad grates assurgimus, quanto per amplius et perfectius 
te in nostri cultura dominii per hoc excitari perpendimus, quanto- 
que votivius ad ipsius profectum, in cujus utique fructuosis obsequiis 
nobis bene complacuit, anhelamus. Et certe sic gratum, sic pla- 
cidum per promotionem ipsius serenitati nostras scrvitium exhibebis, 
quod tibi et eidem ecclesiae tuas in cunctis opportunitatibus inc e 
ter adesse concepimus, et favorabilibus desideriis aspirare. Ut igitur 
quas circa promissa tua laudabilis prasconcepit intentio. animo studii 
promptioris adimpleas et habiliori benevolentia prosequaris, since- 
ritati tuas libenter annuiimus, quod cum dictus N. prasbendam, divi- 
na favente clementia, fuerit a^secutus, in ccclesias praenotatas plan- 
tario, velut fructifera plantula. residentias fructum faciat exoptatum, 
nisi fortassis quoque contingat eumdem pro tui^ et ecclesiae tuas 
negotiis procurandis in nostra curia te jubente utilius occupai 

(1) Regesten, n° 182; Cenxi, Lié. III. n° 44: MlGNE, 98, S39; 
Sl'OBBE, 353, n° 212 ; GERBERT, 58. 



N° 2. 

Lettre de VEvêque de Liège, Henri de Gueldre, au notaire 
-/ . 1 ndré de Rode. ■ 

Avant le 20 mai 1274. 

Ex sincerae fidelitatis constantia proccssisse dignoscimus illam 
mentis ingenuae legalitatem conspicuam, quae in matris suas Aidcli- 
cet X. Ecclesiae gremium vidons et perspiciens venenoso quorum- 
dam detrahentium spicula quasi lethaliter fulminari, pro ca ipsis 
se murum defensionis apposant, et pro v.ribus studiosae perspicaci- 
tatis ingenio ipsorum violentiam commendabili patricinio munivit 
In hoc enim, quo ejus honori, ne super collationc Comitatus indebi- 
ta laedcretur, vigilanti diligentia insudastis, devotionis vos ostendis- 
tis filium, et ipsius felicitatis et commodi zelatorem, legemque 
verse charitatis in hoc adimplevit filialis dilectio, quae ad matris 
erubescit opprobria, et ejus periculis semper studet oportunis reme- 
diis obviare, Sane apud Deum et homines, et sj3ecialitcr apud illam 
i erni Régis gloriae Genitricem, cujus dictus Comitatus est dema- 
nium (legc : dominium) spéciale, hoc factum laudabile gratiam 
vobis, ut credimus, comparavit ; cjuod nichilominus in nostras libro 
mémorise consignandum censuimus, dignis favoribus et gratia opor- 
tunis temporibus compensandum. Hortamur autem ) monemus et 
rogamu- vestrse fidei sinceritatem, ut continuatis processibus stu- 
deat indefesse, sic directo tramite, nostro nostraeque N. Ecclesiae. 
honori et defensioni jurium intendere, ut actis prioribus posteriora 
consonent, et -emper probatae legalitatis redoleant puritatem. Quod 
si forte post Augustum affuturum (1) proximo Alemaniae principes 
contingat de mandato regio convocari, vos una cum Cancellario, nos 
tram non obmittatis absentiam efficaciter excusare, aut nostram sal- 
tem excusationem in conspectu serenitatis Regiae cum omni modes- 
ti.i pra'-cntarc. pnecipue cum nos simus quasi infmitis et inextrica- 
bilibus negotiis impediti (2). 

Cette lettre ne nous a été conservée qu'à l'état de formule; mais il 

ressort de son texte qu'elle émane d'un êvêque écrivant à un de ses 
chanoines qui est attaché et la cour royale. Il lui écrit à -propos d'un 
comté qui est un domaine spécial de l'église cathédrale dédiée à 

(1) Lisez : po-^t X. festum nunc futurum proximo. 

(2) BODMANN, 1. n" 42. 



— 33 — 

Notre-Dame. Or, nous savons qu'André de Rode, notaire royal, était 
chanoine de St-Lambert ci que l'église cathédrale, dont relevait le 
comté de Hainaut, avait pour patron Notre-Dame et St'Lambert. 

(Neues Archiv , t. 26, p. 220). 



N° 3. 



Lettre d'André de Rode à l'évêque de Liège , Henri 
de Gueldre. 

Vers le 20 mai 1274. 

Reverendo in Christo patri et Domino suo, Domino... divina pro- 
videntia N. Episcopo suus A. regalis aulae Notarius, suorum humil- 
limus clericorum,id modicum quod est, in omnibus et per omnia quid- 
quid potest. Tantae pneeminentiae scribere super me fore cognoscens, 
tremens factus sum ego et timeo, dura devotionis meae signa permo- 
dica vestrse Magnitudini modicus praesentare prassumo. Vereor autem 
contra me esse, si tacens silentii fila non rumperem, et sub dissimula- 
tions prseteriens possem notabilis fieri de contemptu. O humilis al- 
titudo et alta vere humilitas, quse non dedignata est mibi pusillo 
congratulationis exhibere mamillam, ubera liquoribus lacteis porri- 
gere, meliora vino, melle quolibet dulciora, pignus resonantia gra- 
tiam, pignus benevolentiae redolentia singularis. O mira gratitu- 
do favoris et stupenda paternae dilectionis affectio, quae sic allectivis 
apicibus filium et scriptorem elegit dulcedine praevenire subjectum. 
Quis enim tam inconditus et asper, tam expers omnis intelligentias 
animus, qui de dulcifluo vestrœ salutationis affamine, de regratia- 
tione tam humili, tam benigna, de pollicitatione tam acceptabili. 
tam serena, non fieret lsetabundus ? Porro, si super his ad gratiarum 
actionem (solutionem tempto) prorumpere insuff.cientem me pror- 
sus invenio, si ad laudis et gloriœ vestras praeconium labia solvere 
cogito, imperfectum me penitus recognosco, dum conor syderibus 
addere sydera, dum diurnae lucis nuntium, luminoso jubare chorus- 
cantem, per inextinguibilem faculam velle videor adaugere. Us 
praemissis igitur matutino Lucifero vespertinae lastitiae tribuente fi 
duciam, in hoc immobilier voti mei finalis intentio vertitur, in hoc 
propositi summa versatur,quod scire velle ac possc, si quid in me est 
totaliter totis viribus, et jocundis affectibus, fideique devotione 

3 



— 34 — 

promptissima, fervidus exercebo ad singula quas decus vestri nomi- 
nis sapiunt et honoris aimas matris Ecclesias N. respiciant incremcn- 
tum. In sollempni curia spccialiter etiam per me ipsum ac alios Do- 
minos et amicos. vestras Paternitati, absentiam, ut mandastis, excu- 
satione pervigili supportabo.Valeat vestra reverenda paternitas nunc 
et semper. Conservet ves Dominus ministerio suas gloriosissimas 
Genitricis in tempora diuturna (i). 

N° 4. 

Lettre d' André de Rode au Chapitre de Saint Lambert. 

Entre le 4 et le 15 août 1274. 

Multorum emergentium negotiosa congeries , aures regias crebro 
pulsans, regalium agendorum maturitas, n;* dicam morositas, nec- 
non pias memorias Canccllarii diuturna absentia, proh dolor ! 
mortis interitu jam conclusa, expeditioncm negotii principalis ec- 
clesias nostras hactenus impedivit ;propter quod ejus dilatio meas non 
est inertias vel incurias irripingenda ; sed spero quod in adventu N... 
etc. Licct igitur in instanti festo N. vobis concepissem meam of ferre 
prassentiam, residentiam debitam peracturus, quia tamen sine negotii 
inchoati periculo me non possem ad prassens a curia aliqualiter ab- 
sentare, adhuc necessariam traho moram, dévote deposcens quatenus 
apud vos mea laboriosa non generet mihi dispendium, ex qua gratiam 
merito mereor invenirc (2). 

N° 5. 

Lettre d'André de Rode ait Chapitre de Saint Lambert. 

Septembre 1274. 

Quiescant amodo patrum corda fklelium, quia honorabili viro .\". 
nuper veniente de curia. ejus aspirante clementia, qui justas dirigit 
causas et detestatur iniquàs 3 asmulorum Ecclesias nostras intentatio 
factiosa jam penitus conquievit; quantumlibet enim nocendi genus 
acerrimum et nocivas insidiandi machinas instaurarit, nunc ultro, la- 
queo tamen contrito venantium.scmpiternum hujusmodi silentium est 
indictum. Valeat semper et pie proficiat honorabilis castus vester, qui 

(1) BODMANN, I. n° 42, j). 43 ; N'eues Archiv, 26, 220. 

(2) BodmanNj I, n" 82, ]>. 22s; Neues Archiv, 26, 221. 



— 35 — 

demea semper parvitate confidere plene potest. Placeat autem vestrœ 
prudentiae ; portitorem praesentium qui ob aegritudinem Domini nos- 
tri ad superiores Alamaniœ partes fuit compulsus accedere, super 
fnora contracta benignius excusatum habere (i). 

N° 6. 
Lettre du Roi Rudolphe au Chapitre de Saint Lambert. 

Première moitié 1275. 

Insigne spéculum rcgni Germanise, nobilis illa ecclesia. quae in 
oculis nostrae benevolae gratiae et benevolentiae gratiosae continue 
collocatur, sic animum nostrum suo praeclaro candore gratificat. sic 
splendoris sui lumine intima nostrae mentis illustrât, quod nimirum 
in sua? suavitatis fragantia, velut in agri pleni odore, cui Dominus 
benedixit, potissime delectamur. Idcirco non immerito promptum 
in nobis est, commoditatibus suis libenter intendere, ac honoribus 
ampliandis in omni promptitudine spiritus aspirare. Sane licet ho- 
nestus vir A., qui. praeclaris suis exigentibus meritis. in conspectu 
regio valde gratiosus assurgit, de nostra licentia ad praesentiam ves- 
tram accédât, ad primae suae residentiae ministerium in ecclesia ves- 
tra, devotione qua convenit offerendum, quia tamen conditionis et 
status ejusdem ecclesiae circumstantiis provide trutinatis. et nobis 
utilius et ecclesiae vestrae longe consultius arbitramur, quod adhuc 
eidem ecclesiae vestrae in curia nostra deserviat quam in choro ; 
prudentiam vestram rogamus affectu quo possumus ampliori. qua- 
tenus super eadem residentia pro nostra reverentia et utilitatc pro- 
pria, congrua ipsum gratia prosequentes, eumdem ad curiam no-tram 
quantocius studeatis remittere, vestris et ecclesiae praenotatis servi 
tiis, inibi fructuosius institurum, scituri certissime, quod propter 
commodorum augmenta, quae vobis exinde provenient, no- in vestris 
agendis quibuslibet semper experiemini promptiores (2). 

N° 7. 

Lettre de l'évêque de Liège, Jean d' Enghien, au Roi 
Rudolphe. 

Après le 15 février 1275. 

Serenissimo Domino N. episcopus salutem cum obedicntia. omni 
reverentia et honore. De regalis abundantia largitatis confiteor me 

(1) BODMANN, II, n° 81, p. 221. 

(2) Migne, 98, 815; Gerisert, 57; Stobbe, 364, n" 266; Regesten, 
n° 397. 



— 36 — 

quamplures gratias et concessiones datas liberaliter récépissé, quœ 
me adeo sui efficacia convicerunt, ut quamquam ex debito 
subjectionis de fidolitate majestati regiae astrictus tenear, in 
hoc tamen dilatata voluntas debitum superat, et ejusdem res- 
pectu debitum ipsum, licet in se grande sit. pêne nullius est 
momenti. Propter quod me et mea ac quidquid sum excellentia; 
vestrae totaliter offero ; non desperans apud Deum reperire gratiam, 
apud quem largitionum atque gratiarum abyssus altissima sibi sedem 
aptissimam collocavit. Postulo igitur humiliter, ut patienter atten- 
dens regia serenitas quae hic styli officio designantur, ex his me excu- 
satum habeat, michi parcat et déférât, suam mihi nihilhominus gra- 
tiam conservando. Sane cum ad creditum mihi episcopatum de novo 
personaliter advenissem, in novo adventu novum debitorum ingres- 
sus labyrinthum,a furore creditorum adeo undequaque sum oppres- 
sus, importune lacessitus, ut vix sufficiant tempora consiliis, vix rc- 
ditus suppetant, quibus fauces inhiantium compescere valeam,quibus 
possem clamores pestiferos reprimere creditorum. Hisque accedit 
in f ortuniis, quod nobiles circumvicini episcopatus mei violenter 
jura ccrtatim occupant, juridictionem meam non solum impediunt, 
sed quantum in ipsis est, ipsam enervare funditus moliuntur. Qui 
mihi et Romano imperio quotidie multam possent generare 
molestiam, si non esset qui conatibus resisteret eorumdem. Quibus 
etiam cedit in mei adjutorium nocumenti quod, etc. Propter qua2 
et alia sic pecunia exhaustus sum, sic faculta'ibus denudatus, 
ut ad praesens reddar immobilis ad prosequenda promissa , 
caeteris insolubilibus alligatus, infirmitate corporis, quae mihi 
licet odiosa, indefessa tamen cornes efficitur. his importunita- 
tubus scrupulosis perturbationis et molcstiae oumulum adjungente. 
Propter quae regia majestas in his mihi compatiens a via pro coro- 
natione sua agenda me misericorditur eximat, et meas discat impo- 
tentiae misereri. Quoniam in felici regressu cum assumpta triom- 
phali corona redierit, vos visitabo personaliter, et grati impensa ser- 
vùtii, praeteriti temporis profecto non omittam redimere tardita- 
tem (i). 

Cette lettre, conservée à Vêtat de formule, avait été attribuée à 
.ne de Trente, mais M . Oswald Redlich pense qu'il y a plus 
de raisons de V attribuer à Vêvêque de Liège, d'autant plus que la ré- 
ponse qui suit ne peut guère s'adapter qu'à ce dernier. 

(i) MlGNE, 98, col. 807; Gerbert, 40; Regesien, n" 367. 



— 37 — 

N° 8. 

Lettre du Roi Rudolphe à Jean d'Enghien, èvêque de 
Liège. 

1275 

Exposuit nobis honorabilis vir X. dilectus notarius nostei fervi 

dus tui zelator honoris, pressuras immensas et varias persecutionum 
angustias, quibus utique his diebus tempestuosi temporis procello 
sus te turbo turbavit. Super quibus internas rêvera compassionis in- 
commoda non sentire ncquivimus, utpote pacem tuam et tranquilli- 
tatem votivis affectibus expectantes. Ex his igitur quadam verisi- 
mili conjectura perpendimus, quod non potes, ut cupis, hac vice 
te nostris habilitare servitiis et necessitatibus commodare. Sciât 
itaque tua sinceritas pro constanti, quod tuo disponimus aspirare 
levamini et inquitudini tuae, prout poterimus, bono modo dé- 
ferre (1). 

Cette lettre est conservée à l'état de formule ; mais la mention 
du notaire André de Rode montre qu'elle fut adressée à Vévëque de 
Liège; elle doit dater de l'année 12/j ; elle est certainement posté- 
rieure à l'invitation du Pape (15 février 1275) et antérieure à la date 
fixée pour le couronnement. André est venu à Liège pour sa pre- 
micre résidence : il a pu se rendre compte de visu de V état troublé 
du pays. A ce moment, les seigneurs des Goesnes et de Beauforl 
fesaient des tentatives pour se dégager de la suzeraineté du Priucr- 
Evêquc ; bientôt cette hostilité va dégénérer en guerre ouverte. 

N° y. 

Les Prévôts et les Doyens des églises cathédrale et collé- 
giales de Liège au. Roi Rudolphe. 

4 août 1275. 

Excellentissimo Régi Romanorum Praepositi, Decani Leodien. 
Ecclesiarum. Omnipotenti Deo per quem reges régnant, et principes, 
optimates principantur, ex cujus solo munere defluunt bonitate-. 
Nos universi et singuli pronis vultibus tôt corde gratias agimus, 
offerentes sacrificium laudis, ac immolantes hostiam gratiarum, ut 

(1) Rcgesten, n° 423; MlGNE, 98, 827. 



— 38 — 

vestra gloriosa Majestas toti raundo necessaria sospitate desidera- 
bili potiatur , et succedentibus prosperis feliciora vobis tempora 
dirigantur. et per virtutem, quam accepistis ex alto, et sapientiae 
plenitudinem, quâ jam prae cunctis principibus terras magnificamini, 
benignitatis coopérante gratia, ponentes aspera in vias planas, et 
tam diversa, quam adversa sic possitis regulariter adaequare, ut nustro 
felici tempore proveniat quies regnis. pax Ecclesiis, concordia plebi- 
bus et moribus disciplina. Sane, cum sub umbra respiramus protec- 
tionis Regiae magestatis, Celsitudini vestrse cum omni attentione, quâ 
possumus, humillimc supplicamus, quatinus ad imitationem clarae 
recordationis H. quinti quondam Romanorum Régis, ac aliorum Im- 
peratorum Roman, et Regum, praedecessorum vestrorum, qui fide 
praeclari, caritate ferventes, devotione sinceri, sibi subditis proficien- 
tes verbo pariter et excmplo Leodien. Ecclesiam,utpote Capellam Im- 
perii, adeoque vestram, multis libertatum privilegiis muniverunt, 
multarumque largitionum liberalitate ditarunt, Ecclesiam ipsam. 
et nos Capellanos vestros dévote altissimo famulantes in ipsâ, sub 
vestram et Imperii protectionem suscipientes bénigne, omnia privi- 
légia nobis et eidem Eccle-ia? al) eisdem praedecessoribus vestris pie 
indulta, et spécial iter privilegium ejusdem H. quinti, nobis et eidem 
Ecclesiae auctoritate régal is culminis de solita et innata vobis cle- 
mentia innovare dignemini, et etiam confirmant quendam articu- 
lum in privilegio ejusdem H. contentum, praesertim cum illius sit in- 
terpretari.cujus est condere, de vestra speciali munificencia déclaran- 
te^, videlicet (i). ut, si alicujus Canonici serviens,qui in convictu suo 
aliquid peccaverit in emunitate. nullum forense judicium sustinebit, 

(i) I.e texte de la lettre e^t ici fort altéré : voici en quels termes 
re pacage est reproduit clans le diplôme de Rudolphe : Videlicet ut 
si alicujus canonici serviens qui in convictu suo sit aliquid. in ci- 
vitate -peccaverit, nullum forense judicium sustinebit, nisi publicus 
mercator existât, sed in refectorio sancti Lamberti, scilicct majoris 
ecclesie forensi potestati vel quicunque reus guérit, domini sui con- 
iluctu cujus cliens est judicio parium suorum claustralium servien- 
tium, puta ut sunt claustrarii, custodientes chorum et capitulum 
ecclesiarum ci feretrum sancti Lamberti ac thesaurum ecclesie, 
pistores, pincerne et hujusmodi alii in ipsis ecclesiis specialia offi- 
cia obtinentes. monente et mandante villico prepositi ecclesie majo- 
ris. secundum perpetratum maleficium satisfaciat compétente), et 
cum per hujusmodi pares suos rite condemnati fuerint malefactores 
predicti, judicio seculari tradantur pro meritis recepturi. 



— 39 — 

nisi publicus raercator fucrit, sed in refectorio sam ti I amberti, vide 
licct majoris Ecclesiae forensi potestati, vel quicunque reus fuerh 
Domini sui conductû cum clericus est, judicio ]>'t vim suorum simi- 
lium servientum, puta ut sicut claustrarii, custodientes chorum et 
Capitulum Ecclesiarum, et feretrum sancti Lamberti, ac thesaurum 
Ecclesiae, pistores, pincernse, hujusmodi et alii in ipsis Ecclesiis 
specialia officia obtinentes,monente et mandante villico praepositi ma 
joris Ecclesiae Leodien, qui inibi ab antiquo temporalem jurisdii 
tionem exercer, secundum perpe... satisfaciet competenter, et cum 
per hujusmodi pares suos condempnat.... malefactores hujusmodi 
judicio f... pro meritis recepturi. Ne igitur fastidium vobis generet 
lectio litterarum, dilecto concanocico nostro (i) credentiam, etc. (2) 



N° 10. 

Lettre des magistrats de Liège au Roi Rudolphe. 

Vers la fin de 1275. 

Quia Dei, à quo omnis potestas conceditur, ordinationo, summa 
reipublicae potentia vestrae clementiae dinoscitur attributa, ut per 
vestrae magnitudinis vigorem conservetur justifia, et injurias extir- 
pentur, fidelium débilitas relevetur, et fortium rebcllio compri- 
matur, omniaque justo legum libramine in Salvatoris servitio diri- 
gantur, ad Afajestatis vestrae clementiam de penultimis Rom. Im 
perii finibus récurrentes, sub vestrae gratiae confidentia spécial i, Celsi 
tudini Kegiae duximus non absejue dolore et perturbatione cordium 
ihtimandum, quod honorabiles viri Clerus Leodien, licet ipsum omni, 
quâ possumus, veneratione colamus, civitatis tamen, et totius patriœ 
nostrae quietis et pacis impatientes, cum de ipsis nil suspicaremur 
adversi, quoddam privilegium hactenus inauditum â vestra magni 
ficeritia sibi, ut asserunt, indultum, confirmatum, seu etiam decla- 
ratum nuper apud nos fecit in multorum praesentia publicari. Quod 
perceptum et in publicationem deductum, c|uamvis tanquam impro 
visi tonitrui ictibus et fulminibus terrorc attonitam turbam turba- 
verit universam, ipsum tamen propter vestri venerationem felicis no 
minis audivimus reverenter, ipsiusque receptâ copia, deliberatione 

(1) Fuit Alexander de Brunshorn. 

(2) BODMANN, II, 261 ; Regesten, n° 427. 



— 40 - 

super hoc matura praehabita, quia per idem, si dici débet, privile- 
gium tota lex Civitatis et nostra? provincial p^'ne penitus absorbe- 
tur. et decoleratur status nostras patrias generalis, ab antiquis tem- 
poribus à vestris divis praedecessoribus ordinatus, post diversa con- 
cilia habita cum sapientibus et colloquia in communi, nostfa deli- 
beratio tandem in hoc resedit quod, quia ejus est legem interpretari 
vel emendare, cujus est concedere, ad Vestrae Majestatis audientiam. 
quam in hac parte calliditate impetrantium credimus circumventam, 
sub certâ forma duximus communiter et sollempniter proclaman- 
dum et provocandum, sperantes, et in altissimi misericordiâ con- 
fidentes, (juod. cum vobis patuerint inconvenientia et pericula 
ex tali privilegio proventura, vestra provida et benivola provideniia 
remediis fidelium subjectorum invigilans, a tantis nos turbationibus 
et totius patrise gravaminibus relevabit, et ad statum {>acificum et 
actiquurn, amputatis noxiis novitatibus, salubriter omnia reformabit. 
Nunc autem vestras liqueat per singula... qualiter et in... si memora- 
tum privilegium dici débet, quod a vobis innovatum dicitur, obviât 
rationi, publicasque saluti, et communi utilitati. Ecce enucleatim per 
-ingulos ipsius articulos prassentibus interclusos demonstrat. Quocir- 
ca vestras serenitatis Clémentine cum summâ devotione instantissime 
supplicamus, quatinus ipsum taie quale privilegium, quod in gra- 
vamen jurium reverendi patris Domini nostri Episcopi Lcodien. 
vestri fidelis principis et feudi, quod a vobis obtinet, defalcationem. 
nec non juris et legis publici patrias enormem lassionem redundat, et 
tantas multitudinis populorum gravissimam turbationem inducit, 
vestra regia clementia dignetur quantocyus revocare, vel saltem 
alicui viro idoneo, non suspecto, prudenti, Dominum timenti et justi- 
tiam diligenti, in nostris partibus hoc negotium velitis committerc. 
per cujus industriam auctoritate regia paci et tranquillitati publica^ 
consoletur. et imminentibus periculis salubriter obvietur ; taliter 
nobis civitati ac patrise nostra? in hoc parte de pietatis vestrae ha- 
bundatia providentes, ut se apud vos invenisse justitiam, et ves- 
tram gratiam sibi affuisse ac benevolentiam gaudeat universitatis 
nostras fidelis Imperio tam praesens populus quam futurus ; postremo 
ne per obliquorum detractionem malivolam, vestrae Celsitudinis in 
dignatio contra nostram innocentiam provocetur, humillime suppli- 
camus, quatinus nobis vel nostris nuntiis inauditis, sinistris adver- 
-u- nos relatibus aliquorum credere non velitis (i). 



(i) BODMANN, 11, p. 262; MlGXE, 98, 804; Regesten, n° 484. 



— 41 

N° il. 

Lettre du comte de Hainaut au roi Rudolphe, 

Commencement 1277. 

Sevus angor me angit intrinsecus, eoquod GalLa garriens, alia 
rum insultatrix improba nationum, in vestre majestatis iiifann.nn 
quadam subsanatione tam impudenter invehitur, gladium in infe 
rioribus partibus asserens hebetatum, pro eo quod cornes Flandrie 
mandatis vestris irreverenter obtemperare recusans, ad exterminium 
aime ecclesie, in comptemptum vestrum et satis intollerabile detri- 
mentum educta de regno Francie manu milicie copiosa processif, 
his non contentus injuriis et contemptu,quinimo reverendum patrem 
Ludg. (1) Episcopum gravium tribulationum exagitatum angustiis 
et levium prosecutionum molestiis lacessitum, ad tribunal régis 
Francie sub spe pacis future coegit accedere, nullo prorsus habito ad 
vos directe respectu. Hactenus igitur Iaboravi pro movenda tyrannide 
prenotate persecutorum Ecclesie, cjui in eam tam graviter intumes- 
cunt. Et quia nonnulli magnâtes inferioris Germanie, propter diu- 
turnitatem vestre absencie, jam a jugo vestri dominii humeros suos 
excuciunt, valde, si esset possibile, videretur expediens, quod re- 
d.ntegrandis ipsius terre scissuris intendere curaretis. Nunc autem 
quibusdam negociis propriis immorari compellor utiliter, ad presen- 
tiam Régie Majestatis in proximo, duce altissimo. reversurus, prop- 
ter quod peto apud Régie puritatis. super more diutina, solita boni- 
tate benignius excusari (2). 

N° 12. 
Lettre du Roi Rudolphe au -pape Jean XXI. 



1277. 



Improbe persecutionis insidie ac immense tribulacionis incursus, 
quibus adversus nobilem illam Leodiensem Ecclesiam devotissimam 
sacrosancte Romane Ecclesie filiam, N. Comitis Flandrie suorumque 
complicium rabies inconsulta proterviens, Dei timoré postposito et 

(1) Lisez : Leodietisem. 

(2) Regesteu, n° 752; STOBBE, 362, n° 255. 



.10 __ 

Romani Imperii revercntia ultrojecta, fortiter (i) exardescit, grandia 
pectori nostro nimirum compassionis infundunt incommoda et ama- 
ritudinis pocula subministrant. Cum enim N. venerabilis Leodiensis 
Episcopus, quem Romana Ecclesia nobis et Imperio delegavit in 
principem, primitive questionis materiam nobis obtulisset relinquerc 
sopiendam, predictus Cornes, nobis a finibus il lis longe sepositis et 
in redintegràndis Imperii praenotati scissuris utiliter alias occupatis, 
prohibitionibus nostris pariter et mandatis irreverenter obtempé- 
rais recusans, ad exterminum dicte Ecclesie et contemptum nos- 
trum et memorati Imperii evidens nocumentum, educta de Gallie 
finibus manu copiose milicie, truculenter et temerarie insurrexit, de- 
vastans terras ipsius ad sanctuarium domini deputatas incendiis et 
rapinis. Cum igitur tanti sceleris patratares, ne tam nephandi exces- 
sus impuniti aliis impendant (2) audaciam committendi similia 
et pejora, merito Sedis apostolicc animadversionis aculeo sunt pun- 
gendi, una cum ipso episcopo et pro ipso vestre piissime sanctitati 
affectuosissime supplicamus, quatenus ob honorem Dei et sacri Im- 
perii, cujus causa nunc agitur, contra malefactores hujusmodi re- 
medio tempestivo, dignemini gladium congrue correpcionis exerere, 
prout expedire videritis, et predicti Episcopi racionabilis vobis por- 
rigenda petitio continebit (3). 

N° 13. 

Lettre du Roi Rudolphe aux nobles, ministériels, vassaux 
et hommes du pays de Liège. 

6 décembre 1281. 

Rex... egregiis viris nobilibus, ministerialibus, vassallis et homi- 
nibus univërsis Leodiensi episcopatui subditis gratiam, etc. Pne- 
sentibus nobis nuper in civitate nostra Maguntina pro tribunali sol- 
lempniter die sabbati ante fesfum Lucie... interfuerunt etc. et procu- 
ratore venerabilis Leodiensis episcopi principis nostri charissimi 
inibi comparante, ad reciuisitionem et justitiam personae ejusdem. 
omnium circunstantium applaudente caterva, et etiam approbante, 
sententialiter extitit judicatum.quod quilibet princeps Imperii juridic- 
tionem obtinens temporalem cujuscunque conditionis existât, coram 

(1) Fcro< iter. 
1) Variante fandant. 
(3) Regesten, n° 759; Stobbe, 361, n° 254; Bodmann, II, p. 264. 



— i:; 

quo cpmmitti consuevere certamina duellorum (i), si die praefixo 
sive statuto pugilibus ad conflictum ; ex causis necessarii el ; 
tis, duelli hujus pugnae non valeat personaliter interesse, oppoi 
et ut 1 1 i mutabilitate consilii, sine ulla injuria partium, idem princeps 
alium licite possit diem pro sua commoditate praefigere pugnaturis, 
ipsiusque duelli conflictum usque in tempus habilius prorogare. 
lliiu est quod nos auctoritate Regia dictam sententiam, utpote rite 
latam, solemniter approbantes, universitati vestrœ edicto destrictius 
duximus injungendum, quatenus super hujusmodi prorogatione 
conflictuum duellorum, quam per venerabilem N. prsenotatum Epis- 
copum hactenus fieri contigerit aut contingeret imposterum, ei pa 
reatis humiliter et devotione qua convenit intendatis (2). 

N° 14. 
Statut pénal contre les faux monnayeurs (3). 

13 juillet 1285. 

Rudolfus Dei gratia Romanorum rex semper augustus universis 
sacri imperii Romani fidelibus présentes litteras inspecturis, gra- 
tiam suam et omne bonum. 

Presidentibus nobis judicio in die béate Margarete virginis pro- 
xime nunc preterito apud Maguntiam, quesitum fuit per sententiam 
piincipibus, comitibus, nobilibus, ministerialibus et aliis nostris 
fidelibus universis qui présentes aderant, qua pena puniri debeant 
falsarii qui-falsam monetam cudunt et faciunt ; et hii qui per ean- 
dem monetam exercent commercia, vel ipsam ex certa scientia con- 
servant ; vel domini per quos predicti in munitionibus suis confo- 
ventur ? Et sententiatum extitit, eorumden principum tam spiritua- 
lium quam secularium, comitum. nobilium ac omnium nostrorum 

(1) Causa certaminis suscifiendi crat : si guis famam et existima- 
tionem suam judicarit lœsam ah altero, ut cam Victoria de ipso mn~ 
dïcaret, vel ut uterque vel alteruter sua m innocentiam sic demous - 
traret. Sed tempus semel condictum ad certamen mutare aut prola- 
tare vetitum crat (Note de GERBERT). 

(2) GERBERT, III, 36; STOBBE, 364, n° 267; MlGNE, 98, 815; Re- 
gesten, 1428. 

(3) Une expédition de ce statut adressée à l'évêque de Liég 
trouve dans les archives de l'archevêché de Cologne. 



— 44 — 

fidelium qui ibidem fuerunt applaudente consensu, quod falsarius 
falsam monetam cudens vel fabricans, si deprehensus fuerit, sit 
tionis pena plectendus, et illi qui cum cadem monda scicn- 
ter i xiTcet commercia, vel ipsam conservât ex certa scientia, manus 
debeat amputari ; dominus vero hujusmodi falsarios in suis muni- 
tionibus confovens vel conservans, sicut ipse falsarius débet con- 
simili pena puniri. Xos autem ipsam sententiam approbantes vobis 
universis et singulis damus hoc edicto regio firmiter in preceptis, 
quatenus eandem sententiam inviolabiliter observetis. In cujus rei 
testimonium, prescns scriptum majestatis nostre sigillé, fecimus 
communiri. 

Datum Magunie die predicto, anno Domini 1285, regni vero nostri 
anno 12 (1). 

X" 15. 

Le Chapitre demande au Roi d'approuver l'élection d'un 
nouveau Doyen. 

[llustri et magnifico Principi, canonici Ecclesia 3 X. salutem et 
orationes in Christo devotas. Cum nuper ecclesia nostra per mortem 
pie recordationis X. tune nostri et ecclesie nostre Decani fuisset 
viduata pastore. nos unanimiter et concordi consensu fratrum, N. 
diem collegimus, ad substituendum idoneum successorem ; qua 
quidem die convenientes in unum qui voluimus et potuimus inter- 
esse, virum X. virum utique ]>rovidum et discretum, et ad hujus 
dignitatis officium habilem, ut speramus et credimus, nominavimus 
et elegimus in Droanum, quibusdam paucis exceptis et infra sacros 
ordines constitutis, qui vocem in capitule juxta Canonum décréta 
non habent. Hune igitur nostrum electum Dominationi vestre pre- 
sentium série présentantes, humiliter supplicamus, quatenus pre- 
notate ecclesie nostre. que vestra specialis Capella d.gnoscitur. ex 
interno compatientes affectu, ejusdemque tranquillitati provisione 
propitia consulentes, predictum electum nostrum dignemini, prout 
ad vos spectat, gratioso admissionis débite beneficio prevenire. Da- 
tum _- . 

(1) Regesten, n oa 1^24 et 10.25 ; Monumenta Germ., Leges, 11. 44C. 

!'.oiiM.\\ \. 1 1. n° \m. p. 150. 



Coup-d'œil 

sur les anciens ouvrages fortifiés 
des villes de la Belgique 



Dès le commencement de notre histoire, rappelons-le, 
on constate l'existence de places de refuge, sises sur quel- 
que hauteur abrupte, en plein bois ; l'instinct de la défense 
a fait renforcer de certains travaux les avantages natu- 
rels du terrain. La position choisie étant généralement au 
confluent de deux cours d'eau protecteurs, on coupait en 
arrière tout accès par un fossé et un rempart de pierres 
sèches. Le mur fut parfois plus étendu et servit alors de 
circonvallation. Le type varie peu, et telles sont les retrai- 
tes ménagées par nos anciennes peuplades, à Vielsalm au 
dessus des Ardoisières, à ivlodave entre l'Lau-Bonne et le 
Hoyoux, à Maquenoise dans la Thiérache par delà Chimai, 
à Hastédon, près de Namur, et à Namur même l'éperon qui 
sert d'assiette à la Citadelle, où plusieurs écrivains onl 
placé l'oppidum des Aduatiques. Ces places, dans le Nord 
de la Gaule, ont donné rarement naissance à des villes, à 
cause de leur situation même, vu la difficulté que pré- 
sentent leurs abords ; elles sont restées aussi un sujet 
d'études particulier. 

Considérons donc les monuments dont nous pouvons, à 
notre époque, plus sûrement évoquer les souvenirs et ad- 
mirer les vestiges. 



— 46 — 

La Belgique est, entre tous, un pays des plus riches au 
p>nnt de vue architectural. Ses églises et monastères, con- 
servés pour la plupart, par leur masse imposante, ses bâti- 
ments civils, ses vieilles maisons de corporations dont 
plusieurs ont malheureusement été, sinon détruites, au 
moins détériorées par l'ignorance ou la cupidité des occu- 
pants, tout cela nous donne encore des spécimens de di- 
verses époques, tels que les plus grandes nations civili- 
sées peuvent à bon droit nous les envier. 

Quant à l'architecture militaire de la Belgique, elle peut 
se diviser en plusieurs parties : 

i) Abbayes plus ou moins forti- i St " Gllles - à Ué ^- 
fiées, comme St-Laurent, à Liège. 

' Villers-la-Ville, etc. 
/Flandres (entourés 

2) Châteaux-forts seigneuriaux ' deau). 

I Mosans (sur des ro- 
chers escarpés). 
Limbourg. 

3) Eglises fortifiées donnant dans i Theux. 

l'enceinte de la ville, soit par la tour ) Plusieurs églises de 
ou le chœur, et même par un côté ) Liège, 
de la nef I Bouvignes. 

\ Visé, etc. 

4) Les villes, dont nous niions parler et où l'on remar- 
que : 

a) Murs et remparts d'enceinte défendus par des tours. 

b) Portes-castels formant tours et souvent flanquées de 
tourelles. 

c) Châteaux urbains qui devinrent ensuite citadelles, 
comme Namur, Limbourg, le château du Ram à Luxem- 
bourg, le château des Comtes à Gand, Bouillon, Dalhem, 
i'- i hâteau de Mons, le Steen à Anvers, Huy, Dînant, etc. 

d ) Les grosses tours urbaines qui concouraient à la dé- 



— 47 — 

fense des places, tout en ayant une destination spéciale, 
telles par exemple, la tour Henri VIII, à Tournai, les tours 
en Bêche et des Croisiers, à Liège, la tour du Stordoir, à 
Namur, la tour Bleue, à Anvers, la plupart ayant servi 
d'arsenal. 

e) Les moulins à vent fortifiés, dont on voit encore des 
spécimens à Bruges, campés sur les remparts, mais dé- 
pourvus de leurs ouvrages de défense. 

f) Les moulins à eau fortifiés, se trouvant souvent aux 
entrées des rivières dans les villes situées sur les deux 
rives, comme on pouvait jadis en voir à Liège, aux mou- 
lins de Saulcy et de Gravioule ; à Huy, au pont des Mail- 
lets ; à Louvain, à ceux des grandes et petites écluses ; à 
Tournai, au Pont des Chauffours. 

g) Les ponts fortifiés, dont nous avons encore : le pont 
des Trous, à Tournai, celui des Broelen Toren, à Cour- 
trai, les tours du Rabot, à Gand (à l'instar de celui de 
l'Alzette, à Luxembourg, et des deux beaux ouvrages je- 
tés sur la Peignitz, à Nuremberg). 

Dans la Wallonie mosane, nous avons eu trois spéci- 
mens divers et des plus curieux, malheureusement dis- 
parus, de ces systèmes de ponts fortifiés : à Liège, le 
Pont d'Amercœur, lequel avait sa défense à l'entrée de la 
Cité. Un autre au Pont des Arches: « la Dardanelle », de 
1685, qui se dressait ici au milieu du passage. A Namur, 
la Vieille Porte de Jambes se trouvait au faubourg exté- 
rieur, se composant d'une double courtine flanquée de 
deux tours rondes. 

L'architecture militaire de nos vieilles cités, sans avoir 
la grandeur monumentale des Halles, Hôtels-de-ville et 
Beffrois, ne manquait ni d'ornements, ni de pittoresque 
et surtout de majesté ; c'est malheureusement ce dont il 
reste le moins de souvenirs, nos ascendants n'y ayant plus 
vu, à un moment donné, la moindre utilité. 

Que dire de ces générations ingrates! Jadis, un des plus 



— 48 — 

grands privilèges des villes n'était-il pas celui d'avoir des 
remparts, privilège estimé à l'égal de celui du beffroi? Et 
si dans le haut moyen-âge, tous nos centres habités eurent 
des clôtures pour résister à un coup de main, les cités, 
dans la suite, enregistraient avec orgueil quelque octroi 
princier leur accordant l'enceinte urbaine. Par contre, leur 
plus grande humiliation n'était-elle pas de la voir rasée 
par un conquérant implacable? L'histoire de la ville de 
Liège a-t-elle, en effet, assez relaté les sentences cruelles 
lui infligées par Charles-le-'féméraire, qui non seulement 
enleva à la noble cité le Perron, symbole de ses privilèges, 
mais exigea le démantèlement de son enceinte de murail- 
les ! D'un autre côté, la remise des clefs d'une ville était 
le véritable et complet hommage que celle-ci faisait à son 
souverain au jour de la joyeuse entrée. 

Plusieurs anciennes communes belges ont conservé 
comme pièces de leur blason des tours ou châteaux-forts, 
comme on le voit à Huy, à Mons, à Anvers, à Limbourg. 
Ostende porte trois clefs rappelant ses trois entrées for- 
tifiées. N'oublions pas enfin la couronne murale dont 
toutes les villes, jadis forteresses, sont si fières de tim- 
brer leurs armes. 

Les fortifications des cités de la Belgique étaient restées 
assez bien conservées jusqu'au commencement du XVII e 
siècle; dès cette époque, surgirent pour elles quatre ad- 
versaires redoutables : 

i) L'occupation de notre territoire par les armées de 
Louis XIV et le maréchal de Vauban, qui, d'après son sys- 
tème de stratégie, fit terrasser nos anciennes défenses, 
murailles et tours. Il a, au surplus, agi de même dans 
toutes les régions soumises au « Grand Roy ». C'est lui 
également qui a détérioré les plus beaux châteaux féo- 
daux de l'Ouest de la France, tels ceux de Saumur, An- 
gers, Nantes, Concarneaux, Dinan et Saint-Malo. Le 
« Grand Roy », a, au reste, fait démolir pas mal de restes 
féodaux en notre pays belge. 



— 49 — 

2) L'empereur Joseph II, qui, par un rescrit de 1781, 
ordonna le démantèlement des places fortes des 1' 
Bas, à l'exception d'Anvers. Il fit, par ce fait, tomber suc- 
cessivement les enceintes de Mons, Ath, Namur et Ma- 
rines. Celles de Louvain, Ypres et Tournai survécurent à 
cette hécatombe 

3) Le génie militaire hollandais, qui, après les cam- 
pagnes de Napoléon I er , voulut fortifier son territoire, mais 
nous créa, vers 18 16, les enceintes, sans caractère, de 
Mons, Namur, Ath, Charleroi, Philippeville, Diest, Ter- 
monde, Ostende, où subsistaient encore, en certaines de 
ces villes, des constructions anciennes qu'on appropria à 
la défense des places. Ces travaux, d'un style peu archi- 
tectural s'il en fut, ont modernisé les châteaux de Bouillon 
et de Namur, et nous ont édifié les forts de Dinant, de 
Huy et les deux citadelles de Liège, au Péry et à la Char- 
treuse, sur d'anciennes bases, il est vrai; en plus, celles 
de Gand et de Tournai. 

4) Enfin l'esprit d'innovation qui s'empara des popula- 
tions après la désaffectation des places fortes en 1862 et 
l'abolition des octrois. 

Toutes les villes murées à cette époque eurent l'ambi- 
tion d'avoir des promenades arborées et s'imaginèrent 
aisément voir leurs anciens glacis transformés en un 
« Boulevard des Italiens » à l'instar de Pans. On voulait 
de l'air et se débarrasser des «horreurs» du moyen-âge. 
Passe encore si l'élargissement de ces villes de province 
s'était imposé, mais ce n'était rien moins que cela. Ces 
idées avaient pris de telles proportions que celui qui aurait 
alors osé protester pour conserver le moindre vestige 
archéologique eût été traité d'insensé. 

Bref, on détruisit avec des enceintes certainement sans 
intérêt, malheureusement aussi des souvenirs de tout pre- 
mier ordre, entre autres la belle muraille féodale de 

4 



— 50 — 

Tournai, les portes d'Anvers et sa tour Bleue, ainsi que 
la porte de fer, à Namur (i). 

A Tongres et à Louvain, villes qui n'étaient plus des 
forteresses, on n'avait pas attendu ce temps pour dé- 
truire des vestiges intéressants. On a, en un mot, taillé 
en plein drap, se pressant outre mesure, sans donner prise 
à la moindre réflexion. La spéculation a eu aussi son mot 
à dire lors de ces travaux et plus d'un novateur a dû re- 
gretter, au point de vue financier, ce que nous déplorons 
aujourd'hui pour l'archéologie. 

On peut l'affirmer hautement : ce qui a pu résister à 
l'ignorance, au vandalisme et au lucre, n'a échappé que 
par miracle à la pioche des démolisseurs. 

Les enceintes des villes successivement élevées comme 
abris, fortifications et enfin conservées pour le service des 
octrois ont éprouvé de telles vicissitudes dans la suite des 
âges qu'il faudrait faire, pour ainsi dire, une étude locale 
de chaque agglomération, de chaque commune pour éta- 
blir les motifs si divers qui ont occasionné leur disparition. 

Un simple coup d'œil nous permettra d'exposer rapide- 
ment ce qui reste de notre vieil art militaire en Belgique. 

A Liège, à défaut d'édifices militaires tout-à-fait conser- 
vés, il ne manque pas de restes intéressants. 

De l'enceinte dite Notgérienne, il subsiste des murailles 
en blocage dont l'appareil, en grès houiller de Vivegnis, 
rappelle celui des tours des X e et XI e siècles des églises de 
la cité. Ces murs se voient encore au Mont Saint-Martin 
et dans les environs de Sainte-Croix et de la Basse-Pier- 
reuse. 

Quant à la seconde enceinte, qui est restée conservée 
jusqu'à la fin de l'ancien régime, elle fut élevée sous 

(i) Les anciens avaient, au reste, déjà agi en ce sens en démolis- 
sant les premières enceintes au fur et à mesure qu'ils en élevaient 
des nouvelles. Toutefois, ces faits ne résuit aient pas du parti pris. 

Les démolitions se faisaient alors suivant les nécessités du temps. 



— 51 — 

Hugues de Pierpont, au commencement du XIII siècle, 
après le sac par le duc Henri I de Brabant. L'appareil du 
mur était en bossage, flanqué de tours semi-circulaires. 
De grands restes de cette époque sont encore visibles rue 
Montagne-S t6 -Walburge (le revêtement extérieur est enle- 
vé) et surtout aux Degrés dits « des Franchimontois », 
entre la Citadelle et le poste de la porte de Vivegms (près 
la Prison Saint-Léonard actuelle). 

Le beau plan de J. Blaeu (i) du XVII e siècle donne par- 
faitement la vue de ces fortifications, ainsi que des deux 
enceintes successives d'Outremeuse, dont la première 
s'arrêtait au pont Saint-Nicolas et la seconde à la porte 
d'Amercceur. 

Le quartier de l'Ile était également fortifié par un mur 
d'enceinte baignant dans le canal de la Sauvenière et 
d'Avroy. Il serait surperflu d'insister sur les remparts de 
la cité; plusieurs auteurs ont publié à ce sujet des tra- 
vaux très documentés (2). 

Après la prise de Liège par Charles le Téméraire, on ré- 
fectionna les défenses et ces travaux furent exécutés sous 
le règne de Jean de Hornes et d'Erard de la Marck, puis 



(1) J. Blaeu, dans son Novum ac magnum Theatrum urbium Bel- 
gicœ foederatœ (Amsterdam, 1649) donne les vues et plans des villes 
belges. Le deuxième volume est consacré aux villes des Pays-Bas. 

(2) Stanislas Bormans : Recherches sur l'ancienne -paroisse de 
Saint André à Liège (Bulletin de la Société liégeoise de littérature 
"wallonne. 9 e année, 2 e livraison. Liège, 1867) ; Léon Béthune : 
Le Vieux Liège. — Portes et Remparts de la Cité. — La Meuse (t 
VOurthe. Texte et dessins inédits (Liège, 1888, 1890, 1892) ; Théo- 
dore Gobert, archiviste provincial : Les Rues de Liège (Liège, 1891- 
1903) ; Auguste Hock : Liège au XV e et au XIX e siècle (Liège, 1881- 
1882) ; G.-E. Brixhe : Documents judiciaires et historiques concer- 
nant les droits de la cité de Liège sur les anciens remparts et sur Le 
canal de la Sauvenière (Liège, 1S4O. 



— 52 — 

consolidés sous celui de leurs successeurs. C'est de leur 
règne que datent le grand bastion de Hocheporte et les 
derniers restes des remparts d'Outremeuse, ainsi que le 
Balloir, qui va disparaître, à la limite de l'ancienne pro- 
priété de Hasse. 

Déplorons en tout cas la disparition de la belle tour en 
Bêche; de la porte S^Léonard, superbe arc italien de la 
moitié du XVI e siècle, témoin de la Joyeuse Entrée du 
prince Ernest de Bavière ; de la porte de Vivegnis et de 
celle d'Amercœur réédifiée en 1550 et flanquée de mas- 
sives tours rondes. Leur crime a été de se trouver sur 
des voies de grande communication. 

11 reste heureusement la belle porte ogivale de l'abbaye 
de Saint-Laurent, construite en 1439 par l'abbé Henri 
délie Cheraux. 

Waremme n'a rien conservé de ses anciennes construc- 
ti< ms militaires. 

A Tongres, ceux qui se sont rendus au Congrès archéo- 
logique du mois d'août 1901, ont pu étudier les enceintes 
dites d'Auguste ou de Tibère, et celle de Dioclétien. Ce 
sont des circonvallations où domine l'appareil en silex, 
mais qui, tous les jours, tendent à disparaître de plus en 
plus. La ville romaine a dû avoir 4 portes principales au 
I er siècle de notre ère. 

La clôture du moyen-âge datait en partie du XIII e siè- 
cle et fut réfectionnée par le prince-évêque Jean de Hor- 
nes après son démantèlement par Charles le Téméraire. 
Beaucoup moins vaste que l'enceinte romaine, elle existe 
en partie, ainsi que la porte de Visé, actuellement en voie 
de restauration. Celle-ci forme une tour carrée du 
XIV e siècle, ornée jadis de quatre échauguettes (1). 



(1) Compte-rendu dît Congrès archéologique et historique de Ton- 
gres en zçoi. 



— 53 — 

Saint-Trond ne nous offre plus rien de militaire et on 
aurait perdu tout souvenir de son enceinte polygonale des 
XII e , XIII e et XIV e siècles, percée de six portes, si l'un de 
nos plus érudits membres de l'Institut n'avait publié un 
travail à ce sujet, illustré de vues et d'un plan de la 
ville (i). 

A Hasselt, plus rien (si ce n'est un reste informe ap 
Mciilenspoorf) , pas plus qu'à Tirlemont. 

Diest possède encore sa forteresse intacte, mais < e 1 
du pur Hollandais de 1820. 

A Hérenthals, on remarque deux portes assez basses 
comme constructions, la Zandpoort, du XVIII e siècle, et la 
Hoogepoort, avec une belle ogive du XV e siècle et une 
charpente assez élégante. 

A Aerschôt, les ruines de la porte de Diest. 

Arrivons à Louvain (2), où de la première enceinte, da- 
tant de 11 50, sous le duc Godefroid III, il ne reste qu'une 
tour au milieu du parc ; en 1874, on voyait encore à ses 
côtés un grand pan du mur d'enceinte. De cette épo- 
que, la porte dite Mont César s'y trouve encore, mais 
complètement modernisée. Faut-il y ajouter les substruc- 
tions de la tour dite de Jansénius aux bords de la Dyle? 

De la seconde enceinte octroyée par le duc Jean III en 
1340 et qu'on appelait, à l'instar de celle d'Aix-la-Cha- 
pelle, « la Cuve d'abondance », à cause de sa forme circu- 
laire, on voit encore les ruines de la porte de Bruxelles, 
ainsi que celles de deux ponts et moulins fortifiés, nom- 
més les Grande et Petite Ecluses, qui défendaient l'en- 
trée et la sortie de la Dyle. Sauf cela, plus rien de cette 
belle enceinte que le rescrit de Joseph II n'avait pas 



(1) Les Remparts de Saint-Trond. — Bulletin de V Institut ar- 
chéologique liégeois, t. XXII, pn. 4S7 et suiv.. par J. E. Demar- 
teau, professeur à l'Université de Liège. 

(2) Voir l'ouvrage "Louvain monumental" de M. Van Even 
(Louvain 1860). 



— 54 — 

atteinte et qui était encore bien conservée au commence- 
ment du XIX e siècle, avec ses six belles portes monumen- 
tales. 

Cinq d'entre elles furent démolies de 1807 à 182g. 
Quant à la plus belle, la porte de Diest de 1364, restaurée 
en 1526, elle subit la destinée commune en 1873. C'est 
vraiment impardonnable. 

A Bruxelles (1), la clôture définitive du XI e siècle enser- 
rait le quartier de Saint-Géry et remontait dans la partie 
haute vers Sainte-Gudule en une bande assez étroite. On 
peut voir encore des restes de ces murailles dans le jardin 
du Doyenné de la Collégiale, ainsi que la Steenpoort ou 
Treurenberg aux dépendances de la salle Marugg. De la 
seconde enceinte de la fin du XII e siècle, nous avons la 
Tour noire, non loin des Halles Centrales, conservée et 
restaurée grâce à M. Buis, ancien bourgmestre de Bru- 
xelles, qui a su, en sa belle capitale, allier l'esthétique et 
l'utilité moderne aux souvenirs du passé. 

Si toutes nos cités belges avaient eu le bonheur de pos- 
séder semblables magistrats, on aurait moins à déplorer 
des disparitions malheureuses à tous points de vue. 

La troisième enceinte (les boulevards actuels) n'a laissé 
que la porte de Hal, bâtiment imposant de 1391 ; l'appro- 
priation qui l'a sauvée des démolisseurs ne lui a malheu- 
reusement plus laissé son caractère de porte de ville, du 
côté intérieur. En 1888, on apercevait encore une partie 
du mur de cette troisième enceinte à l'endroit où la rue 
du Congrès rejoint le boulevard près de l'emplacement de 
l'ancienne porte de Louvain. 

Les remparts bien conservés de Matines (même des 
deux enceintes) furent enlevés par le rescrit de Joseph II. 
Il ne reste que la porte de Bruxelles ou « Overste Poort » 
du XIV e siècle, comportant une haute entrée à hourds 

(1) Voir le beau travail " Bruxelles à travers les âges'', de 
M. Louis Hymans (Bruxelles, 1882). 



— 55 — 

flanquée de deux belles tours en poivrières à campaniles, 
et qui est une des curiosités de la ville. 

En entrant à Anvers (i), on doit reconnaître que la fa- 
meuse place de guerre ne rappelle plus grand souvenir 
de son ancienne splendeur militaire. Sept enceintes dé- 
fensives doivent s'être succédé là-bas jusqu'à notre 
époque; et la primitive, l'antique «bourg», n'a laissé que 
son château du Steen, lequel, malgré le haut intérêt qu'il 
comporte, se trouve bien mal placé au milieu des docks ; 
mais cet état de choses vaut évidemment mieux que la 
disparition d'un beau spécimen du moyen-âge, dont la 
destruction n'a été arrêtée que par suite des démarches 
des archéologues anversois,à la tête desquels on doit citer 
M. de Burbure. 

La tour Bleue de la troisième muraille datait de 13 13 et 
fut restaurée au XVI e siècle, puis enclavée dans les forti- 
fications espagnoles. Conservée lors du démantèlement de 
la place, elle faisait très bel effet au milieu du boulevard : 
cela n'a pas empêché les pouvoirs publics de la suppri- 
mer en 1880. 

L'enceinte espagnole bastionnée que nous avons con- 
nue fut inaugurée en 1543, consolidée par Vauban en 1701, 
puis par les Hollandais. 

L'influence méridionale y fit construire de belles portes 
dans le style italien. Lors de la suppression des anciennes 
fortifications, en 1864, on vit disparaître successivement 
les portes de Kïpdcrp, de M aimes et de Saint-Georges ; 
cette dernière avait vu l'entrée de Charles-Quint en 1545 
et portait en mémoire de ce fait une inscription commémo- . 
rative. Les Anversois ont été réduits à la reconstituer en 



(1) A consulter " Anvers à travers les âges", par M. Génard 
(Bruxelles, 1892). 

Cf. aussi plusieurs travaux intéressants de M. le général Wau- 
wermans, notamment "Les Citadelles du Sud et du Nord d'Anvers' 7 
(Bruxelles, 1880). 



— 50 — . 

staff à l'entrée de leur « Vieil Anvers », lors de l'Exposition 
universelle de 1894. 

Napoléon I er avait formé de grands projets de défense 
autour d'Anvers ; il voulait même créer une ville à la Tête 
de Flandre. 

En 1848, un autre projet d'agrandissement conservait 
toutefois les citadelles du Sud et du Nord, ainsi qu'une 
partie de la vieille enceinte. Enfin, les nouvelles défenses 
dites « du général Brialmont », furent décrétées le 8 sep- 
tembre 1859. M. Van Bève , ingénieur , dressa un plan 
d'aménagement de la nouvelle ville qui fut présenté au 
Collège le 9 juillet 1864; et le 16 août suivant, le Con- 
seil communal arrêta en principe la reprise des terrains 
militaires. L'accord entre le gouvernement et la ville fut 
signé le 10 septembre 1864 et le 17 du même mois eut lieu 
la première brèche qui entama pour jamais le vieux rem- 
part de Charles-Quint. Il faut reconnaître que les Anver- 
sois étaient, pour agir aussi rapidement, bien jaloux des 
boulevards de Paris. 

La citadelle du Sud, dite « du duc d'Albe )), qui fut en 
maintes circonstances la terreur des Anversois, avait été 
projetée par le grand empereur dès 1540, à l'emplacement 
du couvent des Chartreux. Edifié à l'extrémité méridio- 
nale de l'enceinte espagnole, cet ouvrage pentagonal à 
cinq redans fut construit en 1567, d'après les plans d'un 
ingénieur italien appelé Marchi. Il survécut à la vieille 
clôture urbaine et ne disparut qu'en 1875. C'est sur son 
emplacement que s'élève aujourd'hui le nouveau palais 
• des Beaux-Arts et que se trouvaient les deux dernières 
Expositions universelles de la métropole commerciale 
belge. 

La citadelle du Nord, qui défendait les bassins, près 
l'ancienne Maison Hanséatique, était contemporaine de 
la précédente; elle a disparu en 1860. 

De toutes ces formidables défenses, il ne reste que la 



- 57 — 

forte de l'Escaut, rebâtie assez loin de son emplacemenl 
primitif et qui offre l'aspect le plus pacifique aux pro- 
meneurs des quais. 

Termonde est encore une forteresse en état, mais re- 
présentant, comme à Diest, l'appareil hollandais. 

A Ninove, on remarque la belle porte aux Vaches ci im- 
portant un bâtiment central, à pignon crénelé, où se 
trouve la baie, flanqué de deux tours pentagonales coif- 
fées de toits en ardoises. 

La ville de Gond a possédé quatre enceintes dont les 
restes ruinés sont encore çà et là visibles. Mais un mo- 
nument d'intérêt primordial, véritable bijou féodal, se 
dresse encore au centre de la ville: le Château des Comtes, 
dit le «S'Graven Steen», fondé au IX e siècle. Sa porte d'en- 
trée, avec ses deux belles tours à encorbellements, date 
de 117S et fut bâtie par Philippe d'Alsace. On en a res- 
tauré, en ces dernières années, l'enceinte murale et les 
travaux continuent pour la réfection du donjon, où se 
voient des couloirs à galeries possédant d'admirables 
arcatures et colonnettes romanes de la seconde époque. 
Il y a quelque quinze ans, le tout était affecté à l'usage 
d'une usine dite linière. Quelle déchéance en plein 
XIX e siècle ! Heureusement le gouvernement a eu à cœur 
de conserver ce grand souvenir du passé. Nos meilleurs 
architectes y ont mis tous leurs talents. 

Une autre attraction de la cité des Artevelde est la 
porte au pont du Rabot, superbe spécimen de pont for- 
tifié du XIV e siècle, mais malheureusement un peu 
enterré par suite de l'exhaussement des berges du canal. 

Bruges eut, indépendamment du bourg de Saint-Donat, 
deux enceintes murales. De la seconde, il ne reste rien 
de la muraille, mais, en deçà du vieux fossé, on voit 
encore quelques moulins à vent, jadis munis de défenses 
et surtout les majestueuses entrées dites les portes Ste- 
Croix, d'Ostende, Maréchale, de G and, sans compter la 



— 58 — 

jolie tour du lac (F Amour, le tout du commencement du 
XIV e siècle, en appareil semi-pierre en bossage et en 
briques. 

C'est un ensemble bien conservé qui contribue à l'as- 
pect à peu près unique que présente la pittoresque capi- 
tale de la West-Flandre. On doit regretter que les 
créneaux manquent à ces édifices. 

11 serait superflu de parler d' Os tende au point de vue 
archéologique ; ses fortifications hollandaises sont dé- 
truites, et elles ne rappelaient, au reste, en rien les redou- 
tables retranchements qui l'illustrèrent jadis. Il serait dif- 
ficile de retrouver dans cette ville l'aspect d'une ancienne 
place forte. Seules, ses armes portant 3 clefs de sable 
sur champ or, rappellent sa gloire militaire d'antan. 

La petite ville de Loo possède une ancienne entrée, 
simple arc accolé de deux tourelles. 

Y près conserve encore ses murailles, mais bien abîmées 
par Vauban. De grosses tours s'y voient de distance en 
distance et la porte de Lille a encore un certain cachet. 
Le tout date de Philippe le Hardi et pourrait être facile- 
ment remis dans l'état primitif. 

A Courtrai, on peut admirer un très beau spécimen de 
pont fortifié, celui de la Lys avec ses deux massives tours 
dites les « Broelen Thoren ». 

Tournai (1), la ville Gallo-Romaine a conservé de ces 
temps reculés deux tours intactes et un fragment de mu- 
raille de la première et de la seconde enceinte (enlevées au 
XVI e siècle), situés dans le jardin de l'hôtel du comte Du 
Mortier (Grand'Place) ; la seconde enceinte datait des rois 
Francs et possédait un pont fortifié à l'entrée de l'Escaut, 
dit l'Arche, démoli en 1860. 

La troisième clôture fut édifiée en 1295, sous Philippe 
le Hardi; Vauban la terrassa et en rasa les portes jadis 

(1) Voir " Tournai ancien et madone," par A.-F.-J. Bozièrc. — 
Tournai, 1864 (Ouvrage orne de plans et vues de la ville). 



— 59 

très élevées. Le tout était cependant digne d'être res- 
tauré, ce qui eût pu rire effectué à peu de frais lors du 
déclassement de la place, et eût fait un cadre su] 
à l'antique cité. 

Rien n'empêchait de créer le boulevard à l'extérieui à 
l'instar de ce qu'on a réalisé à Nuremberg. On a tout dé- 
moli sans même discuter la chose. Toutefois, le Pont des 
Irons est resté, probablement à cause du voisinage de Ta 
gare qui le joignait à l'époque du démantèlement. Son 
pendant était à l'Est : le pont avec le moulin des Chauf- 
fours qui a été sacrifié. 

On voit à peu de distance les tours de Marvis réunies par 
une courtine, derniers restes de l'enceinte murale du XIV 
siècle ; échapperont-elles ? 

Quant au vieux château Saint-Nicolas, il ne nous offre 
plus que la grosse tour de la 3 e enceinte de 1343, appelée 
dans la suite tour Henri VIII, après que le roi d'Angle- 
terre eût établi dans la forteresse le siège de sa domina- 
tion à Tournai. Cet imposant donjon rappelle quant à la 
forme la «tour de Constance», à Aiguës-Mortes, dans le 
Midi de la France, quoique celle-ci soit de loin sa sœur 
cadette. Elle est actuellement dépourvue de ses crénaux et 
de sa haute toiture. 

Atli ne montre plus à l'emplacement de son vieux châ- 
teau que la tour de Burbant, qu'on prétend dater de Bau- 
doin le Bâtisseur; ses remparts, défigurés par Vauban. 
furent détruits par Joseph II, puis réédifiés par le gouver- 
nement du roi Guillaume. 

L'enceinte de Mous fut enlevée sous Joseph II, puis 
replacée après 1816 ; actuellement il n'y subsiste que 
les restes du château des comtes de Hainaut, sur la col- 
line dite «Château César», où se dresse le Beffroi. L'en- 
ceinte murale montre ses vestiges, sans compter sa belle 
porte romane de Baudoin le Bâtisseur ; -- c'est relative- 
ment pauvre au point de vue des défenses historiques, 
pour l'ancienne et illustre capitale du comté de Hainaut. 



— GO — 

Baudoin le Bâtisseur a laissé plus de souvenirs à 
Binche, car une muraille complète s'y voit encore. On y 
remarque, hélas! les traces du grand stratégiste de Louis 
XIV. Espérons que le gouvernement donnera suite au pro- 
jet qu'il a conçu de restaurer ces remparts ; la ville de 
Binche deviendrait un point d'attraction pour le touriste, 
si cette idée se réalisait. Nivelle a encore quelques restes 
de rempart. Thuin, une des bonnes villes de notre an- 
cienne principauté, fut fortifiée par Notger ; on y voit 
encore la tour qui porte son nom, dans des fragments de 
murailles. 

L'héroïque ville de Nàmur (i), chantée par le grand 
poète du Roi-Soleil, est misérable au point de vue de ses 
vestiges militaires. 

On y voit toutefois, de la troisième enceinte, le Beffroi 
« Vancienne tour Saint-] acques » du commencement du 
XIII e siècle. La quatrième enceinte démantelée par 
Joseph II et réfectionnée par le roi des Pays-Bas après 
1815, conservait encore la porte de Fer ou de Samson, et 
la Tour Dalila, le tout de 1390, ainsi que la Grosse Tour 
sur Sambre ou Stordoir du XV e siècle. Malgré les efforts 
de quelques archéologues à la tête desquels était feu 
Jules Borgnet, on a détruit ces imposants restes féodaux 
en 1863 et 1867. 

Quelques parties de l'ancien mur d'enceinte se voient 
encore derrière les maisons qui se trouvent en face de la 
gare. Le soubassement du rempart Ad aquam existe avec 
ses deux balloirs, en contrebas de la promenade de ce 
nom. La porte de Jambes, de 1448, défendait le vieux pont 



(1) Le plus bel ouvrage relativement à cette ville au peint de vus 
de l'histoire militaire esl certainement le tiavail des "Promenades 
Vamur ". par M. Jules Jîorgnet (Namur 185 1-1859). ^ es phases 
diverses du château et de la ville y sont décrites d'une façon supé- 
rieure, et le premier volume (le seul paru malheureusement, par 
suite de la mort de l'auteur); est enrichi de plans très intéressants. 



— Gi- 
de Meuse; elle se composait d'une double courtine 
quée de deux grosses tours. Elle a disparu en 1885. 

Eu un mot, Namur ne rappellerait en rien son glorieux 
passé de place de guerre, ni ses nombreux sièges, si sa 
Citadelle ne la dominait majestueusement au confluent de 
la Meuse et de la Sambre. 

Digne pendant de la forteresse d'Ehrenbreitstein à < o- 
blence, le fort de Namur se dresse semblable à une Acro- 
polis et, quoique abîmé par Vauban et les travaux de 
1816, il a conservé un cachet des plus imposants, grâce 
à son appareil de calcaire et à son assiette unique, mon- 
tant en amphithéâtre. La ville de Namur a acheté la cita- 
delle au gouvernement militaire et celle-ci aura heureuse- 
ment la chance d'être conservée. 

Il existe actuellement trois parties dans la forteresse : 

1) le Donjon, emplacement du château des comtes de 
Namur au Moyen-Age et dont il ne reste qu'un long bâti- 
ment et les deux tours du XIP siècle, jadis défendant 
l'entrée, en appareil de bossage et actuellement formant 
le réduit de la porte extérieure du fossé du Donjon ; 

2) la Médiane, ouvrage établi par l'empereur Maximi- 
hen I er , mais transformé par les stratégistes modernes , 

3) Terra Nova des Espagnols, de 1640. 
Indépendamment de ces ouvrages se voyaient encore, 

naguère, l'ancien fort Cohorn, puis d'Urange, actuellement 
disparu. En plus, quatre lunettes hollandaises de 1816. 

Le Grand Hôtel est installé sur les fondations de celle 
qui était la plus rapprochée de la Meuse. 

N'oublions pas, comme restes existants, les tours 
Joyeuse et César datant du Moyen-Age et qui reliaient, 
par trois courtines, le château des Comtes au pont de 
Meuse. A noter aussi, aux confins de la forêt de Mar- 
lagne, la circonvallation qui relie le défilé de la Gueule du 
Loup (côté de la Sambre) au village de la Plante (côté de la 
Meuse). Cet appareil très curieux dénote une enceinte 



— 62 — 

antique et serait, d'après les partisans de l'opinion soute- 
nue, le rempart de X oppidum des Aduatiques. Quoi qu'il 
en soit, ce retranchement est vulgairement connu sous la 
dénomination de Vieux Murs de V au ban, par la raison que 
ce maréchal utilisa également cet ouvrage pour la défense 
avancée de la place. 

A Dînant, nous ne parlerons pas de la citadelle, bien 
placée cependant. Que n'existe-t-il là encore le vieux 
château que l'on peut admirer sur les anciennes vues de 
la ville des «Copères»! Quelques pans de murs descendant 
du fort sont tout ce qui reste des fortifications de la se- 
conde ville de notre principauté. 

Par contre, Bouvignes possède une entrée de ville inté- 
ressante, de gros appareil en bossage, qui fait corps avec 
le chœur occidental de l'église (chœur fortifié) et qui se 
relie par un long mur aux ruines du château de Crève- 
cœur (i). C'est la porte de le Val. 

A Bastogne, on trouve encore une ancienne porte à mâ- 
chicoulis, dite porte de Trêves, avec une toiture à pans 
coupés, facture Louis XIV. 

Bouillon , jadis ville murée , conserve encore des 
pans de ses remparts flanqués de quatre tours relative- 
ment modernes, le long de la Semois. Ses portes ont été 
enlevées. Quant au beau château, remarquable par son 
assiette, il fut conservé, mais assez modernisé. Heureuse- 
ment, les travaux projetés par le gouvernement belge 
vont enfin nous rendre cette superbe forteresse dans son 
état primitif (2). 

La ville â'Arlon, qui se présente toute moderne, fut 
cependant anciennement un centre important ; station 

(1) Le tout a beaucoup d'analogie avec la ville de Bacharach 
sur le Rhin, reliée à peu près de la sorte avec les ruines du château 
de Stahleck. 

(2) Les travaux de restauration sont commencés sous l habile di- 
rection de M. Ferdinand Lohest, architecte à Liég<\ 



— 63 — 

romaine, elle conserve, mais cachés, des pans de murs 
considérables de son enceinte de cette époque, qui enser- 
rait la ville haute, ainsi que de la cité du Moyen-Age, la- 
quelle s'était étendue du côté du Sud dans la vallée. 

A propos de Huy, nous ne parlerons pas plus de sa cita- 
delle du roi Guillaume que de celle de Dinant. Il y existe 
encore des fragments de murs avec tours et, autrefois, 
cette ville possédait un curieux spécimen de pont fortifié, 
dit le pont des Maillets, qui défendait le passage du Hoyoux 
L'ouvrage est aux trois quarts détruit, mais pourrait être 
facilement reconstitué d'après les anciennes vues qu'on en 
connaît. 

Theux eut jadis deux portes, dont l'une est parfaitement 
visible du côté de la route venant de Spa, sur les ancien- 
nes vues de ce bourg du milieu du XVIII e siècle. N'ou- 
blions pas sa curieuse église avec ses ouvertures étroites 
et surélevées et la tour forte munie de hourds qui repré- 
sentent un véritable donjon. 

A noter, à Marché, l'ancienne maison fortifiée d'Engle - 
bert de Presseux-La Marck. 

La ville de Verviers, relativement moderne, fut fortifiée 
après l'octroi qui l' élevait au rang de Bonne Ville, octroi 
lui donné par Maximilien-Henri de Bavière en 165 1. Ces 
défenses n'eurent qu'une durée éphémère par suite de 
l'occupation de Limbourg par les troupes de Louis XIV. 
Cependant, la plupart des portes avaient survécu et la 
dernière, la porte de H eus y, a été enlevée sans le 
moindre scrupule en 1863. Sans être un monument du 
moyen-âge, elle représentait une construction imposante 
du XVII e siècle (1655) et les souvenirs qu'elle rappelait 
militaient pour sa conservation. Une première clôture doit 
avoir existé à Verviers dans des temps très anciens, com- 
prenant la partie supérieure de la ville où se trouvaient 
l'église Saint-Remacle, le vieil Hôtel-de-Ville et les vieux 
quartiers avoisinants, ainsi que le moulin banal. Certains 



— G4 — 

restes de murailles peuvent corroborer cette manière de 
voir (i). 

A côté de la ville moderne se trouve, à peu de distance, 
la vieille capitale d'un puissant duché au moyen-âge, dont 
les sièges ont eu leurs fastes dans l'histoire : Limbourg, 
bien déchu de son antique splendeur, ne présente plus aux 
regards des visiteurs que l'aspect le plus paisible. 

Les restes des remparts sont bien clairsemés et on n'y 
remarque plus que les tours extérieures du château avec 
deux tours semi-circulaires, restes qui sont loin de rap- 
peler l'illustre Donjon des Valeran. 

Quelques débris de casemates du temps de Louis XIV, 
les restes du rempart et de la porte d'en haut du 
XIII e siècle, avec deux tronçons de tours, et les bastions 
détachés dits les « forts Patrick et Monterrey », voilà tout 
ce qui reste dune forteresse formidable. Signalons tou- 
tefois l'assiette du chœur de l'église, situé dans l'axe du 
rempart oriental. Placé sur un haut soubassement à con- 
treforts, il représente un type de chœur fortifié probable- 
ment plus stratégique encore dans le haut moyen-âge, 
avant l'invention de l'artillerie. 

A Lier mont, on a eu le bon esprit de restaurer une 
ancienne porte, dont la partie supérieure forme l'Hôtel-de- 
Ville. 

Dalhem a conservé un grand pan de mur de son 
donjon «castrai» et quelques débris de son ancienne en- 
ceinte ; mais le tout est bien en ruines. 

La. ville de Visé, si fréquentée par les touristes, au- 
rait eu tout intérêt à restaurer certains vestiges qu'on y 
voyait il y a quelque vingt ans. Elle fut démantelée par 
Louis XIV, mais possédait une vieille porte très caracté- 
ristique qui avait encore ses courtines, la porte de Lorette. 

(i) Voir l'intéressant travail de M. le D r J. Lejaer, dans le Bul- 
letin de la Société verviétoise à* Archéologie et d'Histoire, vol. II, 
p. loi . — Verviers, 1 899. 



— 65 — 

On a trouvé bon de la supprimer! A Visé on voit encore 
des restes de remparts et d'un bastion près de L'église (ja- 
dis fortifiée), les soubassements portant du côté de la 
Meuse, l'Hôtel-de-Ville et quelques curieuses construc- 
tions. 

Après avoir parcouru les villes belges et leurs vieilles 
défenses, ce serait une lacune d'omettre dans cet expo é 
deux anciens chefs-lieux de nos provinces d'autrefois : 

Luxembourg, la plus importante forteresse connue 
avant 18C6, est bâti sur un rocher pittoresque sur lequel 
on vit toutes les phases de l'art militaire se succéder depuis 
le moyen-âge. Le démantèlement de la place en 1877, tout 
en enlevant les redans et les bastions de Vauban du côté 
des terres a eu, pour l'archéologie, le grand tort de dé- 
truire la porte d" en Bas et le Château du Ram, dont il ne 
reste que quelques tours. 

Les exigences de puissants voisins ont à peine toléré 
la restauration de la porte dite Drei TJiùrme et la conserva- 
tion du font fortifié de VAlzette. Toutefois, l'aspect de 
l'ancienne capitale est superbe et les murs de soutène- 
ment sur lesquels se trouve la ville lui ont encore conservé 
une véritable assiette stratégique qu'on ne peut lui 
enlever. 

Maestricht a eu aussi son déclassement qui n'a donné, 
jisqu'ici, aucun boulevard à la ville, mais bien une plaine 
aride. Toutefois, la ville a restauré la Porte de l'Enfer ou 
de Notre-Dame, de la première enceinte. Divers fragments 
du mur contemporain se voient encore près de la rue des 
Tables et entre l'Hôtel-de-Ville et Saint-Servais. De la se- 
conde enceinte du XVI e siècle, qui avait été terrassée par 
Vauban, il ne reste que les deux grosses tours avec 
encorbellements en ogives, dites « d'Alexandre Farnèse », 
au bord du canal venant de Liège. On y a rétabli, il y a 
deux ans, la courtine avec la « porte du bord de l'Eau ». 
On aurait pu la rebâtir d'une façon plus architecturale ; 

5 



— G6 — 

ce qui n'empêche que cette entrée de Maestricht est 

tout simplement grandiose. Elle rappelle assez bien la 
porte de Lille, à Ypres. Sur la hauteur se voient les restes 
du fort Saint-Pierre, ouvrage du roi Guillaume I. 

En son faubourg « d'Outre-Meuse », se trouvait jadis la 
forte de Wyck. Quand la forteresse fut déclassée, ce mo- 
nument devait être conservé, mais les habitants se concer- 
tèrent et la démolirent en une nuit. L'affaire n'eut pas de 
suites, et les restes mutilés d'un spécimen intéressant 
furent enlevés peu de jours après. Un pan de mur flanqué 
d une tour se voit encore au bord de la Meuse. 

II nous reste quelques mots à dire de nos voisins à pro- 
pos de régions qui ont eu jadis avec nous des destinées 
communes. 

En FRANCE, on a déclassé les places fortes qui avoi- 
sinent nos frontières ; cette décision a été prise, il y a une 
dizaine d'années, et il est fortement à regretter que des 
ordres supérieurs n'aient pas empêché la démolition de 
maintes constructions intéressantes. 

En ALLEMAGNE, il en a été tout autrement : Aix-la- 
Chapelle a restauré ses belles portes du Marschierthor et 
du Ponttkor ; Niedeggen et Zulpich, aux confins de l'Eifel, 
possèdent des enceintes murales en voie de restauration, 
qui font l'admiration des étrangers. Il serait superflu de 
parler des jolies cités féodales qui s'élèvent aux bords du 
Rhin et de la Moselle. Quant à Cologne, où les anciennes 
et pittoresques fortifications ont été déclassées en 1 88 1 , 
s'il est regrettable de ne plus y voir en entier l'imposante 
muraille du XII e siècle (à peu près unique au monde), les 
pouvoirs publics ont, là-bas, réalisé du grandiose ; portes 
de ville, moulins fortifiés, tours pittoresques, fragments 
considérables du mur d'enceinte, tout cela existe, rehaus- 
sant les jolies promenades d'un Ring ou Boulevard su- 
perbe, dans lequel on a eu l'intelligence de conserver les 
anciens arbres qui, jadis, entouraient les glacis des forti- 
fications. 



— 67 — 

Quelle leçon pour nous, qui avons tani détruit! Tâchons 
au moins d'employer tous nos efforts pour faire cla ei 
comme monuments le [jeu qui reste des souvenirs mili- 
taires de notre pays, et, tout d'abord, les enceintes de 
Tongres, qui sont bien menacées. Un mouvement spon- 
tané de nos Cercles archéologiques pourrait peut-être, en 
remuant l'opinion publique, obtenir de certaines adminis- 
trations un appui efficace qu'elles n'ont pas cru, jusqu'à 
présent, devoir accorder à des vestiges dont les souvenirs 
et la grandeur plaident le maintien et la restauration. 

Ce desideratum doit être non seulement celui de l'ar- 
chéologue amateur des vieux souvenirs, mais aussi de tout 
citoyen belge possédant, au fond du cœur, des sentiments 
vraiment patriotiques. 

Gustave RUHL. 
Liège, le 15 mai 1902. 



DOCUMENTS 
RELATIFS A LA MATRICULE 

DU 

DUCHÉ DE LIMBOURG EN 17 05 



La seconde moitié du XVII e siècle avait été pour notre 
pays, une période de désastres, surtout pour les cam- 
pagnes : les armées françaises et hollandaises, espa- 
gnoles et autrichiennes avaient soumis à des réquisitions 
continuelles les populations d'Outre-Meuse. Celles-ci se 
composaient, on le sait, de l'ancien Limbourg, ainsi que 
du comté de Daîhem et des pays de Fauquemont et 
Rolduc (1). Les registres des États du duché de Limbourg 
fourmillent de suppliques et de réclamations contre les 
pillages commis par les troupes étrangères. 

Le calme s'était quelque peu rétabli depuis le traité de 
Ryswyck du 20 septembre 1697, quand la mort de Charles 
II, roi d'Espagne, survenue le I er novembre i/OO, vint ral- 
lumer la guerre et jeter sur notre pays les bandes dévasta- 
trices des puissances européennes. Les Etats Généraux 
des Provinces Unies et le roi d'Angleterre, qui avaient tout 

(1) Le pays de Liège eut beaucoup à souffrir des gens de guerre. 
Cf. Daris, Histoire du diocèse et de la principauté de Liège pen- 
dant le XVII e siècle, t. II, passim. 



— 70 — 

d'abord reconnu Philippe V comme héritier du trône d'Es- 
pagne, ne tardèrent pas à s'unir à l'empereur Léopold 
pour disputer cette succession au petit-fils de Louis XIV. 
Après les premiers succès des armées françaises, les 
alliés, sous la conduite de Marlborough, n'avaient pas 
tardé à reprendre l'offensive, et, au mois de septembre 
1703, Limbourg et le duché retombaient en leur pou- 
voir (1). Cette conquête faillit susciter des divisions entre 
les alliés : les Etats Généraux ne voulaient pas la restituer 
au représentant du roi Charles III, le comte de Sinzen- 
dorff. Grâce à l'intervention du général anglais, des négo- 
ciations s'engagèrent à La Haye ; un accord fut conclu 
qui laissait au roi l'administration civile de cette province 
et ce dernier désigna le comte de Sinzendorff pour l'y re- 
présenter. Le nouveau gouverneur arriva le I er décembre 
1703 à Aix-la-Chapelle et y convoqua les Etats du duché 
de Limbourg et des pays d'Outre-Meuse; le G, l'inaugura- 
tion du nouveau souverain avait lieu à Limbourg même. 
On y organisa un gouvernement, une cour de justice, une 
administration des domaines et des finances distincts. 

Cette question des finances avait déjà suscité bien des 
difficultés aux gouverneurs du pays sous la domination 
espagnole. Les États du duché votaient chaque année une 
« aide », c'est à dire un subside important, qui était 
réparti, au moyen du cadastre ou matricule, entre les di- 
verses unités administratives supérieures, les bans et sei- 
gneuries. Les officiers de celles-ci procédaient à une sous- 
répartition entre les divers villages compris dans leur 
ressort (2). 

Il est clair que, dans ce cas, il fallait de bonnes matri- 
cules cadastrales, sinon les représentants du gouverne- 

(1) Gachardj Histoire de la Belgique au commencement du XVIII e 
siècle, chap. VI I. 

(2) Bigwoodj Les impôts généraux dans les Pays-Bas autrichiens. 
(Bruxelles; 1900J, pp. 93 et suiv. 



— 71 — 

ment central recevaient des plaintes el des requêtes de 

toute espèce pour obtenir des diminutions. 

Les plus anciens cadastres du duché de Limbourg re- 
montent au XV e siècle ; ils furent remaniés, même com- 
plètement refaits, pendant les siècles suivants. Le dernier 
dénombrement pour le Limbourg datait: de 1685 et avait 
suscité, depuis son établissement, des réclamations conti- 
nuelles de la part de l'état ecclésiastique du pays ( 1 ». l)'un 
autre coté, les guerres continuelles du XVII'' siècle axaient 
causé une profonde confusion dans le mode de percevoir 
les impôts : les conquérants qui s'étaient succédé sur 
notre sol avaient voulu les lever à leur profit et de là des 
exactions et les plaintes des populations accablées et 
ruinées par les tailles et les aides. 

L'un des principaux soucis du nouveau gouverneur, le 
liante de Sinzendorff.fut de rétablir l'ordre dans les finan- 
ces et de faire cesser les plaintes des habitants du duché : 
il convia les Etats ecclésiastique et noble à se mettre d'ac- 
cord avec les députés du Tiers Etat afin d'établir une nou- 
velle matricule. Ces corps nommèrent alors des députés : 
pour l'Etat ecclésiastique, J. Bock, abbé de Rolduc ; pour 
l'Etat noble, G. B. d'Eynatten, baron de Remersdacl, el 
MM. Harcking et Nicolaï pour le Tiers Etat. Le 15 janvier 
1705, ces commissaires firent savoir que « dorénavant, les 
aides, subsides et autres charges-réelles esquelles chaque 
membre de l'Etat contribue, seront repartis sur le pied 
suivant, savoir les Eccl. et Nob. y compris les Seigneuries 
paieront a proportion de 30 fi. 10 sols dans cent, le Ban de 
Baelen, 15 fi. 10 sols, le ban de Walhorn, huit florins 5 sols, 
le ban de Montzen, 11 fi. lô sols, et le Wallon quartier, 
34 fi., laquelle matricule tiendra lieu incontestablement du 
moins pour le terme de 50 ans... » (2). Le 18 mars suivant, 

(1) Matricules et cadastres, par G. Bigwood, dans les Annal 
la Sue/été d'archéologie de Bruxelles, t. XII (1898), p. 388. 

(2) Registre anc. n" 272, des Archives du Duché de Limbourg, aux 
archives ds l'Etat, à Liège. 



— 72 — 

les députés procédaient à la subrépartition de la quote- 
part de chaque commune et, le 22 avril, remettaient au 
gouverneur du Limbourg un projet de matricule qui fut 
adopté dans son ensemble. Cependant, il fut jugé imparfait 
lors de son application; en effet des procès surgirent entre 
les ecclésiastiques et les nobles, entre les quatre bans du 
duché, même entre les quartiers et les particuliers, tant 
au sujet de la jouissance des biens communaux que con- 
cernant les taxes des fermiers des biens des ordres privi- 
légiés. Aussi, en 1707, ces mêmes commissaires furent-ils 
chargés de procéder à une correction du projet présenté 
deux ans auparavant, et, le 14 novembre, ils produisaient 
un long règlement expliquant la manière dont devaient 
être entendues les bases établies en 1705 et traitant sur- 
tout les droits d'usage des habitants vis-à-vis des biens 
communaux des différentes localités (1). 

De nouveau, en 17 12, en présence des conflits suscités 
entre les deux états privilégiés à cause de la répartition 
des aides, le gouverneur général de la province de Lim- 
bourg ordonna à ces corps de nommer une Commission 
qui serait composée d'un membre de l'Etat ecclésiastique, 
deux de l'Etat noble et un député de la part des seigneu- 
ries « qui observeroit leurs intérêts ». Ce furent l'abbé 
Heyendal de Rolduc, le baron de Woelmont, seigneur de 
Soiron, le comte d'Eynatten ; MM. de Latour et le baron 
de Walle furent invités aux conférences qui durèrent long- 
temps. Nous résumons ici le mémoire qu'ils présentèrent 
au gouverneur le 9 avril 17 14 (2). 

1. On commença le travail par les seigneuries de Spn- 
mont, Esneux, la Chapelle, Villers-aux-Tours, Tavier, Wo- 
démont et Lontzen, et, sauf cette dernière, on diminua 
considérablement les autres qui possédaient beaucoup de 

(1) Registre anc. n° 272 des Archives du duché de Limbourg, aux 
archives de l'Etat, à Liège. 

(2) Ibidem. 



— 73 — 

terrains vagues, taxés en 1705 comme des prairies. Les 
pâturages, les terres, les bois, les trixhes en ont été t; 
séparément selon leurs qualités. On a aussi taxé les sei- 
gneuries sur leurs bedrifs ou trafics. 

2. Dans la taxe des biens et revenus des particuliers, on 
a surtout considéré la qualité de ces biens, et on les a 
frappés selon le produit présuma ble du bonnier. 

Pour exciter les cultivateurs à mieux soigner leurs 
terres, les commissaires ont imposé celles-ci en prenant 
pour base ce qu'elles pourraient rapporter au moyen d'une 
culture convenable. 

3. On a taxé à la charge des nobles et fieffés leur 
exemption de dîme et leurs rentes seigneuriales, mais non 
leurs rentes roturières. 

4. On n'a pas taxé les capitaux niis à intérêts parce que 
leur taxe était comprise dans celle des hypothèques ; il en 
a été de même de la chasse, de la pêche, des amendes et 
autres émoluments accidentels des seigneurs. 

5. On a déduit de l'estimation des biens nobles les ren- 
tes ecclésiastiques et seigneuriales y affectées et les re- 
venus dus à S. M. 

6. Pour ce qui est des revenus ecclésiastiques, on n'a 
pas taxé leurs accidents, ni leurs capitaux mis à intérêt 
soit pour des anniversaires, messes fondées, chapelles ou 
cures. 

7. Les muids ecclésiastiques provenant des dîmes et 
rentes foncières ont été taxés à 6 sols et demi chacun dans 
une aide et ceux des nobles à 6 sols. 

En même temps que ce mémoire, les seigneurs députés 
des deux Etats adressèrent au gouverneur un plan détaillé 
de toutes les corrections à faire à la matricule de I7°5> 
amendée en 1707 (1). Le 5 mai 1714, le comte de Valsas- 
sines, gouverneur du duché, autorisait les Etats à se ser- 

(1) Registre anc. n" 272 des Archives du duché de Limbourg. aux 
archives de l'Etat, à Liège. 



— 74 — 

vir de la matricule corrigée, en vue de répartir une aide 
et &emie pour les nécessités publiques. 

A partir de cette époque, la matricule resta telle jusqu'à 
l'ordonnance du 4 avril 1770, qui indiquait les principes à 
suivre pour créer un cadastre exact et proportionné aux 
forces de chaque partie du pays et de chaque commu- 
nauté : le résultat en fut le grand cadastre de 1787, con- 
servé au complet dans le dépôt des archives de l'Etat à 
Liège. 

Les documents que nous publions ici sont de la plus 
grande importance pour l'étude de l'histoire financière et 
économique du duché : c'est ce qui nous a déterminé à les 
faire connaître. 

D. BROUWERS 

Conservateur-adjoint des archives de l'Etat 
à Liège. 



ANNEXES. 



I 

Jouvelle matricule dressée par le Révérend abbé de Rolduc, le seigneur baron de 
Remersdael, le S r Harcking et le S 1 Nicolaï sur le rapport général fait entre leurs 
mains en vertu de la Commission de S. E. de Sintzendorff, etc., l'an 1705. 



m 




REVENUS 




PORT 






< 




ANNUELS 

EN 


TOTAL 


DANS 


SUBRI PARTITION 




- 




FLS COURS 




LE CENT 








Ecclésiastiques 


5S667 3/ 4 








Ecclésiastique? 


6 




Nobles . . 


1 36 164 3/ 4 


278833 3/4 


3o.io 




Noble; 


14. II 2 9 




Seigneuries . 


84OOI !/ 4 








Seigneuries . . . 


9 10 


H 


3o.io 


CD 


Baelen . . . 


76289 








Baelen 


17. 1 


3j 5d 

«m 




3i5gg 


i3go24 


i5.io 


3i 


Eupen 


7-i 


Henri-Chapelle. . 


3n36 








Henri-Chapelle. . 


6.18 


'w 


Walhorn .... 


7006.2 








Walhorn .... 


3i 
416 1/4 




Merols . . . 




3047.16 V4 








Merols . . 




2.2 


g 


Rebotraet 




1689. S 








Rebotraet 




1 7 l k 


O 


Kettenis . . 




14663.17 i/ a 








Kettenis . 




10.1 


rt^ 


Astenet. . 




4787 


72918 






Astenet 




3.5 V2 


ra^ 


Hergenraet . 




6048.18 V 4 


8.5 


5o 


Hergenraet 




4.3 


Eynatten 




10714-1 3 / 4 








Eynatten . 




7-7 


CD 


Holset . . 




5998.16 








Holset . . 




4-2 *U 




Raeren . 


n83 4 .3 3/ 4 








Raeren . 


8.2 ' , 




Nudorp . . . 


6827.16 V2 








Nudorp .... 


4-13 Va 




5o 


ti 


Montzen .... 


234*6 








Montzen ... 


3 


CD 


Gemmenich . . . 


16635 








Gemmenich . . . 


2.1 


& "S 


Moresnet et Kelmis 


i233o 








Moi esnet et Kelmis 


iii 


ca 


Hombourg . . . 
Teuven. . . . 


31477 
11428 


102435 


11. i5 


i3 


Hombourg . . . 
Teuven 


4 
I.g 


CD 


Beusdael et Sippe- 










Beusdael et Sippe- 




" 


naken . . 


7129 








naken .... 


0.19 


O 


Hervé, Charneux, 










Hervé, Charneux. 


i3 




Thimister . . . 


144625 








Thimister . . . 


3 4 


Oî 


Clermont . . . 


5 1200 








Clermont .... 


10 14 




Grand-Rechain 


27227 








Grand-Rechain 


4.19 X \i. 


CD 


Petit-Rechain 


24879 


289793 


34 




Petit-Rechain . . 


4l8 1/2 


£ 


Soiron . . . 


27752 

<)242 








Soiron 


5. 11 1/2 


ei 


Julémont .... 








Julémont ... 


1.16 1/2 


Ci 


Mortroux . . 


4868 








Mortroux .... 


1 






883oo3 5/4 


100 





(Extrait d'un registre du duché de Limbourg, anc n° 272, aux archive; 
de l'Etat à Liège ) 



— 76 — 



il 



Requête adressée par le ban de Montzen au Tribunal Souverain, 
vers 1705, pour obtenir le redressement de la matricule (1). 

Au Roy, en son tribunal suprême de la province de 
Limbourg 

Remontrent très humblement les communautés du ban de Mont- 
zen que le rapport ordonné par Son Excellence le comte de Sin- 
zendorff étant dilayé par les continuels obstacles que Ton y apporte, 
les remontrants qui sont non seulement surchargés près de la moi- 
tié de leur juste quote dans la quantité des bonniers mais encor très 
grièvement dans la qualité se trouvent tellement accablés par les 
grandes et excessives charges qu'ils ont du porter depuis un si long 
tems, et doivent encore continuer pendant le cours de cette guerre, 
qu'ils -ont réduits clans les dernières extrémités, et entre autres les 
communautés de Gemcnich et Homborch qui souffrent le plus dans 
la quantité, ont été surchargés d'une manière si horrible qu'une 
bonne partie de leurs mannans ont dû abandonner leur fond qu'on 
loue au plus offrant, dont on ne peut tirer à beaucoup près l'import 
des tailles qui s'assoient à présent, ce qui retombant à charge des 
autres mannants, que l'espoir d'avoir un just redressement de la 
susdite surcharge fait encor rester dans leurs maisons et biens. 

Il doit en arriver, si ce remède si necessair à leur conservation 
devoit être différé ultérieurement, que ces pou de mannans devront 
suivre le sort malheureux des autres et ensuitte les autres commu- 
nautés formant le susdit banc de Montzen, qui sont d'ailleurs aussy 
énormément lésés et dans la quantité et qualité des fonds envers 
les autres bans et notamment du Wallon quartier, pour leur mieux 
vaille ^e voiront encore rechargés de la quote des dites communau- 
tés, comme on vient de dire, et en peu de tems ils seront entièrement 
désolés au très grand interest mesme de Sa Majesté, qui par ce 
moyen ne pourra plus recouvrir d'eux leur quote en aydes et autres 
deniers publicques, et afin de faire connoitre à vos seigneuries la 
justice de cette plainte et remontrance, Ton a joint un extrait du 

1 e document est intéressant, parce qu'il indique les valeurs des termes à cette 
1 dans les différentes parties du duché, ainsi que la situation misérable du pays. 



— 77 — 

billet d'exhibition et employ que les régleurs et inhabitants du ban 
de Baelen et Montzen ont servy contre le quartier Wallon au procès 
ventillant au Conseil de Brabant à Bruxelles, hors duquel on peut 

découvrir en abrégé la véritable valeur et rapport des biens et heri 
tages scitués dans l'un et l'autre endroit. 

Car en premier lieu l'on y voit qu'au banc de Hervé, Charneux 
et Thimister (ce paradis terrestre), un bonnier d'héritage y est 
communément apprécié, partagé et vendu au prix de septante, 
quatre-vingt, nonante et nonante cincq dallers de rente, et quoy- 
qu'ordinairement un fond rend beaucoup moins par louages que 
par une rente, cependant les louages sont fort proportionnés à la 
vente audit ban de Hervé, Charneux et Thimister, veu qu'ensuitte 
des acts judiciels et notariaux designés par ledit billet d'exhibition 
et d'employ un bonnier d'héritage s'y loue communément à cinc- 
quante, septante et même jusque a quatre vingt dallers faisants cent 
et trent florins brabants courants, en sorte qu'avec les fruits eu 
revenu d'un an d'un seul bonnier situé au dit banc, l'on pourroit 
achapter deux bonniers et davantage au ban de Montzen, a quoy si 
l'on ajoute le grand util que les houilleries rapportent a Hervé, 
Charneux et Thimister, l'on serat persuadé de cette vérité qu'il n'y 
at aucune comparaison d'un endroit à l'autre. Il est vrai que le ban 
de Hervé, Charneux et Thimister est la fleur du pays, mais cepen- 
dant les autres membres du quartier Wallon sont fort approchants 
en bonté et en valeur, car (ensuite des aets judiciels qu'on at produit 
à Bruxelles avec ledit billet d'exhibition) l'on découvre qu'au quar- 
tier de Clermont le bonnier de fond s'y vend soixante, septante, 
septante cineque et mêmes jusques a quatre vingt dallers de rente, 
et que même les régleurs et justiciers dudit quartier ont, dans la 
taxe qu'ils ont fait et qui s'observe encore aujourd'huy, estimé et 
apprécié le bonnier de leur fond à cinquante deux dallers de rente, 
et cju'au quartier du Petit Rechain, les régleurs ont eux mesmes 
tauxé leur fond a quarante, cinquante, soixante et jusques a sep- 
tante cineque daller de rente, et pour ce qui est du Grand Richain 
l'ont at fait voir par les transports joints au dit libel d'exhibition, 
que dans quantité de ventes le prix a porté à rate de trente deux et 
demy sols par verges, ayants les justiciers et régleurs illecque dans 
leur pied de taille apprécié un bonnier de leur fond a trente six 
dallers de rente, et au quartier de Julémont, les justiciers et bour- 
gemaîtres ont taxé dans leur lit de tailles le bonnier de leur fond 
jusques a quarante sept et demy dallers de rente, et quartier de Soi- 
ron a quarante dallers de rente le bonnier. On at de plus fait voir 
qu'au quartier de Mortroux le fond se vente a rate de trente deux 



— 78 — 

dallers de rente, et riiesmes jusques a mille et soixante florins bra- 
bants le bonnier; et si l'on jette la veue au contraire sur les prix des 
ventes et louages qui se font au ban de Montzen, l'on s'étonnerait que 
dan-, un même pays les fonds sont si différents en bonté et en va- 
leur, vcu qu'en commençant par le quartier de Montzen cm y trouve 
des bonniers communément a vendre pour huit et six dallers de 
rente, et la verge petite a rate- de neuf sols brabant courant, et mes- 
mes (pie les principaux et considérables biens comprins les maison- 
et estableries s'y louent à cineque et a quattre pattacons par 
bonnier. comme on at montré par les transports et louages authen- 
tiques joints audit billet d'exhibition et d'employ, par lequel on 
at aussi vérifié qu'au quartier de Gemenich, le bonnier de fond 
s'y vend à six, cinq et quattre dallers de rente et a quarante cincq 
trente huit et trente deux et vingt quattre pattacons, et la verge 
petite a dix, neuf et mêmes a 5 sols brabants courant, et que les 
louages s'y font aussi à fort vil prix, puisqu'on y donne un bonnier 
a louage pour cineque et mesmes pour quattre pattacons, et plus 
de 74 bonniers sont abandonnés et se louent au plus offrant à vil 
prix, qui retombe à charge des autres manants. Les pièces qu'on 
at produit avec ledit libel d'exhibition et d'employ, ont aussy mis 
hors de contest qu'au quartier de Morcsnet et Kelmis on at vendu le 
bonnier d'héritage petite à dix, à six et mesmes à deux sols et demy, et 
que le louage d'un bonnier s'y fait a rate de douze et d'onze dallers 
une fois. 

Et passant aux autres quartiers du dit ban de Montzen, scavoir 
celuy de Homborch les actes joints audit billet d'exhibition ont fait 
foy que le bonnier de fond s'y vend a douze dallers de rente com- 
prins les bâtiments, à onze, à dix, à neuf, à six et à cincq et que la 
verge petite y at été vendue à quinze, à sept et à six sols, même que 
le plus grand et le plus apparent bien qui est sous la collecte dudit 
Homborch, scavoir le bien de Braesbergh, consistant dans septante 
quattre bonniers et demy, et davantage a été vendu à- trente patta- 
cons par bonnier, et loué par an parmy deux pattacons pour chaque 
bonnier, et le reste des autres biens à rate de douze et même de 
quatre florins brabants le bonnier. Et pour ce que regarde les deux 
autres parties restantes du ban de Montzen, scavoir Teuven et 
Beusdael, l'on at pareillement vérifié par les transports que l'on at 
produit avec le souvent dit billet d'exhibition et d'employ, que le 
fond s'y vend à rate de sept et de six dallers de rente et mesmes de 
vingt misérables pattacons par bonnier, et que l'on y donne pour 
louage d'un bonnier douze florins brabants. Enfin, la différence 
entre les héritages du quartier Wallon et ceux des remontrants 



— 79 — 

saute aux yeux, et un pied de l'un on vaut plus de vingt de l'au- 
tre, etc. 

Ce pourquoi les remontrants se retirent vers ce Tribunal suprême, 
le suppliant très humblement d'être servy de vouloir déclare] 
qu'attendu la grande inégalité et différence que les remontrants 
souffrent visiblement tant au regard de la quantité que qualité de 
leur fond, ils passeront parmy payant neuf florins onze et demy 
sols dans nonante au lieu de vingt qu'ils payent à présent, et ce pro- 
visionnellement et jusques a ce qu'il leur puisse être fait ultérieu- 
rement justice par le nouveau rapport et matricule ordonné à 
laquelle ils ont aspiré depuis si longtems. 

Ce faisant, etc. 

Extrait d'un registre anc. n° 271 des Archi- 
ves du Duché de Limbourg, aux Archi- 
ves de l'Etat, à Liège. 



— 80 — 
ni 

Répartition d'une aide des Ecclésiastiques, Nobles 
et Seigneuries en 1705. 

I. - ECCLÉSIASTIQUES. 



BAN DE BAELEN 

Le curé de Baelen 

L'église de Baelen 

Le curé d'Eupen 

L'Eglise d'Eupen 

L'abbé de Rolduc pour ses dîmes à 

Baelen 

L'abbé de Saint-Jacques à Bilstain... 

Le prévôt de Limbourg 

Rentes de l'église de Limboure- 

L'église de Goé 

Le curé de Henri-Chapelle 

L'église de Henri-Chapelle 

L'autel N.-D. à Henri-Chapelle 

L'autel Ste-Anne à Henri-Chapelle... 
La confrérie N.-D. à Henri-Chapelle 

L'abbaye de Stavelot 

L'abbaye de Luxembourg 

BAN DE WALHORN 

Le chapitre de N.-D. à Aix-la-Cha- 
pelle 

Le prévôt d'Aix-la-Chapelle 

Le doyen d'Aix-la-Chapelle 

I.e monastère de Malmedy pour ses 
dîmes à Raeren et Neudorf, etc.... 

Le curé de Walhorn 

La confrérie de Walhorn 

L'autel Sainte-Croix à Walhorn 

Le curé d'Eynatten 

La chapelle d'Eynatten 

Le chapelain d'Eynatten 

Le curé de Kettenis 

La chapelle de Kettenis 

Le curé de Lonzen 



Revenu annuel 


Taxe 




fl. 


s. 




fl. 


s. 




1036. 






38. 


17- 




97- 


6. 


M 


3- 


12. 


% 


435- 


5- 
















7- 


0. 


u 


630. 


2. 


H 


23- 


12. 


y 2 


20. 


2. 




0. 


15. 




I723- 


17- 


T 4 


66. 


13- 




283. 


18. 


u 


10. 


13. 




iqô. 


12. 


u 


7- 


7- 


H 


638. 


0. 


H 


23- 


18. 


% 


148. 


9- 


Va 


5- 


1 1. 


% 


1 10. 


10. 




3- 


16. 




138. 


17- 




5- 


1. 


u 


25- 


9- 


% 


0. 


19. 




250. 






9- 


7- 


H 


76. 


2 , 


V* 


2. 


17- 





1799. 

247- 
234- 

268. 
689. 
7- 

69. 
172. 

95- 

15. 
160. 

30. 
956. 



5- 
o. % 



15. Va 
1. % 



67. 10. 
9. 5- 

15- 



2. U 

17- 
S- % 

12. % 

9. v* 

u. % 

11. % 

6. 

i- 3- 

35- 17. 



81 



BAN DE WALHORN (suite) 

La confrérie N.-I). à Lonzen . ... 
L'autel Saint-Hubert à Lonzen 
L'autel N.-D. ;i Cornelimunster 



Revenu annuel 



fl. 


s. 


fl. 


s. 


134- 


[9. 


5- 


1. ' 


182. 




6. 


16. y 


16. 






12. 



BAN DE MOSMTZEN 



Le chapitre d'Aix-la-Chapelle 

Le curé de Montzen 

I. 'autel Sainte-Anne à Montzen 

La confrérie N.-D. à Montzen 

L'autel Saint-Antoine à Montzen 

L'église de Montzen 

Le curé de Moresnet 

L'église de Moresnet 

Le doyen d'Aix 

Le curé de Gemmenich 

L'église de Gemmenich 

La confrérie Ste-Anne à Gemmenich 

L'autel St-Hubert à Gemmenich 

L'écolâtre d'Aix-la-Chapelle pour ses 

dîmes à Gemmenich 

Le curé de Hombourg 

L'autel Ste-Catherine à Hombourg... 

L'église de Hombourg 

L'autel de Remersdael 

Le seigneur de Beusdael à cause des 

chanoines de la petite table de 

Liège 

Le chaoitre de St-Pierre de Liège ... 

Le curé de Teuven 

Le chapitre noble de Sinnich 

Le comte de Gronsfelt 

L'église et la confrérie de N.-I). à 

Teuven 

L'autel Saint-Nicolas à Teuven 

Les représentants de Mérode de Cler- 

niont 

Le curé de Sippenaken 

L'église de Sippenaken 

Le curé et l'église d'Aubel pour leurs 

rentes à Montzen et Clermont 



95 ' • 
282. 


13- 




70. 






50. 


13- 




274- 


M- 


Va 


402. 


2 . 


i^ 


117. 


5- 




254- 






454. 


8. 




137. 


6. 




60. 


5- 




7?- 


12. 


H 


400. 






197. 


1 1. 




60. 


5- 




131. 


6. 


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79- 


15- 





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3- 


Va 


10. 


12. 




2 
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12. 
17- 






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8. 


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10. 


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0. 


Va 


S 


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640. 


1 1. 


Va 


24. 


0. 


1,. 


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y 


122. 


15- 




56S. 


16. 




2 1 . 


6. 


V* 


344»- 


6. 


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129. 


0. 


Va 


23- 


2. 






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Va 


267. 


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0. 


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1. 


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h 


161 






6. 


0. 


H 


223. 


12. 


y 


8. 


7- 


Va 


87. 


15. 




3- 


5- 


Va 



26. 17. y* 



I. O. >4 



82 — 



QUARTIER WALLON 



Revenu annuel 



fl. s. 

L'abbaye de Val-Dieu 4576. 1. 

Le curé de Hervé 1064. 7. 

L 'autel St-Roch et Ste-Anne à Hervé 45. 

I. 'autel Saint-Nicolas à Hervé 170. io. 

L'autel Sainte-Catherine à Hervé 84. 

L'autel Saint-Gilles à Hervé 97. 

L'autel Sainte-Croix à Hervé 397. 10 

L'autel Saint-P^rançois à Hervé 435. 10 

Les rentes de l'église à Hervé 529. 10 

Le curé de Charneux 918. 15 

Le chapelain de Charneux 24. 17 

Les rentes d'égriise à Charneux 539. 14. 

Le curé de Thimister 378. 

L'église de Thimister 110. 

Le chapelain de Thimister 15. 

Les Dames de Vivegnis m. 1. % 

Le cloître de St-Antoine à Maestricht 190. 6 

Le chapitre de St-Denis de Liège ... 4100. 15 

Les chapelains de St-Denis de Liège m. 15 

L'autel Saint-Paul de Liège 50. 

Le curé de Julémont 352. 17 

L'église de Julémont 122. 5 

Le comte de Lannoy 413. 15 

Le curé de Soiron 738. 5 

L'église de Soiron 141. 10 

La dîme de chapitre de St-Adalbert 

d'Aix-la-Chapelle à Soiron 50. 

Le chapitre de St-Pierre de Liège ... 194. 5. Vi 

Le prince-évêque de Liège 640. 

L'abbé de Saint-Gilles de Liège 5=52. 

Le curé des Rechains 1464. 15. 

L'église de Petit-Rechain 34. 

Le prieuré d'Aywaille 168. 

Revenus de Raes de Saint-Lambert... 184. 
Le chapitre N.-D. d'Aix-la-Chapelle 245. 
Le bénéficier de Hasque d'Aix-la- 
Chapelle 127. if). 

Le chapitre de St-Lambert de Liège 368. 

L'abbé de Saint- Jacques de Liège ... 156. 
Le curé d'Ensival pour sa dîme à 

Wegnez 200. 





Taxe 


ri. 


s. 




179. 


2 




39- 
1. 


l8 
16. 




6. 


7- 


H 


3- 


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3- 


12. 


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M. 


18. 




16. 


6. 


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19. 


17- 




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9- 




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18. 


H 


14. 


3- 


% 


4- 


2. 


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% 


4- 


3. 


% 


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4- 


4- 




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% 


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y 


15- 


10. 


% 


27- 


13- 


% 


S- 


6. 




1. 


17. 


% 


7- 


5- 


% 


24. 






13- 


4- 




54- 


18. 


H 


1 . 


S- 


% 


13- 


16. 




6. 


8. 




9- 


3- 


u 


4- 


'5- 


y 


13- 


16. 




5- 


17- 





83 



QUARTIER WALLON (suite) Revenu annuel 

fl. s. 

Le cuir et l'église de Stembert 41. 13 

I. 'autel Sfce-Catherine aux Rechains 194. 15. 

Notre-Dame de Verviers 16. 

Le curé de Verviers 40. 

Les héritiers Florence, à Mortroux ... 92. 7 '; 

L'abbé de St-Cornel à Mortroux. .. . Q40. o. "t 

le curé de Clermont qoj. 1 \ 

L'église de Clermont 508. 8. % 

L'autel Ste-Catherine à Mortroux ... q8. 

La chapelle d'Odemont 92. 15. 

Le curé de Clermont go7. 6. % 

L'église de Clermont 508. 8. J /û 

L'autel Ste-Catherinc à Clermont ... [66. 

L'autel St- Jacques à Clermont 168. 3 '4 

L'autel Ste-Croix à Clermont 82. 

L'autel N.-D. à Clermont ioo. 

L'autel St-Paul à Clermont 101. 

I"n bénéficier de St- Jacques à Liège 

sur ses rentes à Grand-Rcchain 160. 

L'église d'Ensival 8. 

Les Croisiers de Maestricht pour 

leurs rentes à Mortroux 50. 

La chapelle de Xhoffray (Mortroux)... 40. 13. '- 
Le curé et la chapelle d'Aubin sur 
leurs rentes à Odémont et ban de 

Hervé 12. 

Le chapitre de Visé (Odémont) 20. 

L'église de Mortier (Mortroux) 7. 5. 

Le curé de Mortier (Mortroux) 8. 

Le curé, église et chapelain de Bolland 65. 17. '_ : 

Le curé de Mouland 14. 

Le curé de Visé à Mortroux 11. 5. 

L'église de Lléron (Hervé) 5. 0. îo dcn. 

M. Thisquen a du seigneur de Ros- 

mel 84. 

Le bénéfice de Laurent Sauremont. . . 10. 

Le curé de Sart (Hervé) 40. 

Les Carmes de Liège (Hervé) 19. 

Le curé de Saint- Jean Sart (Hervé)... 12. 

SEIGNEURIES 

Le chapitre de Saint-Lambert pour la 

dîme de Fontin, Méry, Dolembreux 1561. 





Taxe 


fl. 


s. 




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12. 
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4- 


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6. 




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1. 


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1. 12. 





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15. 






5- 


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6. 




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1. 


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14. 


Va 




M. 





58. II. 



84 



SEIGNEURIES < suite ) Revenu annuel 

fl. s. 

Idem pour la dîme à Hony 330. 

Le curé de Sprimont 794- 

Le bénéfice de Fontin 209. 13. 

L'abbé de Stavelot 1105. 15. 

L'abbé de Beaufays 1 54- 10. 

Le curé d'Esneux }37- 9- H 

L'église d'Esneux 118. 2. '4 

La dîme du chapitre Saint-Lambert à 

Esneux ?20. 11. 

L'abbé du Yal-Saint-Lambert (La Ri- 

mière) 1738. 7- T 4 

Le curé de Tavier 7Z 2 - 1 ^ > - 

Le curé de Sougnez 

L'église de Tavier 126. 5. 

Le chapitre Ste-Croix pour Tavier... 706. 15. 

La chapelle de Poulseur 12. 10. 

Les frères Guillemites à Florzé 24. 

Le curé de Hocly à Florzé 8. 



Taxe 

fl. 

12. 

29. 15. 

7. 17. 

44. 16. 

5. 16 



65. 


3 


28. 


19 


48. 




6. 


4 


26. 


10 




9- 




18. 




6. 



IL 



NOBLES. 



BAN DE BAELEN 



Cour de Membach 1245. 2 

Cour de Frambach 600. 10 

Cour de Muschemen 701. 4 

Cour de Stockem 3132. 

Le fief de Daem Rave 122. 18 

Le fief de Peter Cool 229. 15 

Le fief de Hersterboom 73. 15 

Le fief de Jan Schoppe 337. 8 

Vroichem 602. 7 

Ee fief de Jean Clocker 318. 10 

Le fief d'Arnold Hoofman 165. 5 

Le fief de Grasse 42". 13 

Le fief de Croppe 1225. 5 

Brunsaer 320. 

La carte du vicomte de Bilstain 

La dîme de Borlet à Bilstain 160. 

Bougnoux 106. 10. 

Groulle 104. 7 



H 



49 


• M- 


22 


10. 


26 


6. 


117 


9- 


4 


12. 


8 


12. 


2 


M- 


12 


13- 


20 


1. 


1 1 


19. 


6 


4- 


15 


15- 


45 


19. 


12 




17 


M- 


6 




3 


19. 


1 


18. 



— 85 



BAN DE BAELEN (suit, ■■ ) Revenu annuel 

fl. 

Les bkns de J. de Schwarzenberg. . . 1567 

Le fief de la cour de Neret 68 

Beucken et Lauwenhoff 3543 

Bergh 1594 

Le fief de Tersillien 1260 

Croonenbergh à Ruyft 2152 

M. Thisquen à Ruyft 84. 

Bertholf à Ruyft 1641) 

Willer van den Worm 224 

Mutzhagen 1722 

La cour de Wyer iqo8 

Les biens allemands du seigneur 
d'Opsinnich 



fl. 


s 




58. 


'5 




2. 


1 1 


Va 


32. 


17 


% 


59- 


16 




47- 


S 


% 


80. 


M 


V* 


3- 


3 




61. 


17 




8. 


8 




64- 


1 1 


V* 


/i- 


1 1 





BAN DE WALHORN 

Schenkenleen 

Ruyschenbergh 

Willem Crummel 

Simon Crummel 

Philippe Loomont 

Weems 

Willem Haghen, puis M. de Trips ... 
Thierry van der Rothen, puis Crapoel 
Louis Bertrand et Maximilien Hubert 

Eléonore de Waldenborch 

La veuve von Hagen 

J. Lamboy (Kalkhoven) 

J. Mulstro (Geulhof) 

J. Lamboy (Raven) 

George van Sand (Crapoel) 

La cour de Houzet 

Binsfelt à Rabotraet 

Le fief de Belven 

Le fief de Crapoel 

Jeanne Bertholf à Hergenraet 

Prêter Bock à Rabotraet 

Le fief de Mutzhoff 

Eynenbourg 

Panhuys d'Astenet 

Gillis Stickelman à Hergenraet 

Ausem de Rabotraet 

Libermë 



1304. 


3- 




48. 


18 




1556. 






58. 


7 




142. 






5. 


M 




852. 


S. 




31- 


19 


Va 


292. 


10. 




10. 


19 




759- 


3- 




28. 


9 


Va 


738 


10 




27 


M 


Va 


?74- 


17- 


% 


10. 


6 


Va 


281. 


5- 




10. 


1 1 




98. 


8. 




3- 


■3 


7 ' 
1 


53- 


2. 




1. 


i<) 




377- 






M- 


2 


U 


3 6 3- 


7- 




13- 


12 


% 


313- 


18. 


14 


1 1 . 


15 


% 


291 . 


M- 




10. 


[8 


Va 


708. 


10. 




26. 


1 1 


% 


391- 


12. 




14. 


13 


Va 








115. 


6 


Va 


[498. 


M- 


H 


56. 


4 




231- 


16. 


% 


8. 


13 


Va 


ngg. 


5- 




42. 


9 


% 


380. 






6. 


15 




2466. 


5- 


A 


107. 


9 




887. 


10. 


J-2 


33- 


S 


% 


39- 


9- 




1. 


9 




285. 


8. 




10. 


M 




992. 


18. 


1 ; 

/2 


37- 


4 


h 



86 — 



BAN DE WALHORN (suih ) 



Revenu annuel 

fl. s. 



Schwarzenberg de Raeren i S 5 - • ' 

Le fief de Lanscroone 562. 13 

J. Schwarzenberg- 13— TO 

Le monastère de Brandenborch 1337. 9 

Hens d'Astenet 7/6. 12 

Le village de Walhorn 887. 10 

Merols 640. 12 

Rabotraot 126. 12 

Raeren S26. 17 

Neudorf 2374. 17 

L'avoué de Lonzen 2415. 15 

Le fief Hupsch à Lonzen U74- M 

Le fief des enfants Joosten à Lonzen 280. 10 

BAN DE MONTZEN 



Streversdorf et Eschen 

Fiefs sous Montzen 

Broeck 

Belderbusch (Caille, etc.) 

La nouvelle Maison à Belderbusch... 

Pierre Gulpen, H. Pirnay 

Jean Van der Heyden 

Viljaeren 

Vogelsanck 

Xheneumont 

La carte de Lichtenberg 

La carte ter Eycken 

Overste Viljaeren 

Le fief du Rouchende Gracht 

Le bien dit Ten Eycken 

Alensberg 

Schimper 

Om sassen 

Riddersassen 

La carte de Palant sous Gemmenich 
La Cour den Mergel à Riddersassen. 

Oversassen 

Le seigneur de Remcrsdael 

Warrimont pour le seigneur d'Eynatten 

Le seigneur de Merode pour sa cour 

à Remcrsdael 



4 



Taxe 

fl. s. 

24. o. Va 

21. 12. 

4. 19. ' 4 

5°- 3- 

2g. 2. l /2 



l8. 

o. 
15- 



24- 

4- 
3i- 

89. 1 

go. 11 

44- 1 

10. 10 



1 236. 


8 




51 


g- 


% 


1517. 


17 




56 


18. 


y 


2143- 


3 


H 


So 


1 . 




626. 


10 




23 


10. 




822. 


9 


y 


30 


16. 


Va 


53- 


7 


y 


2 






1,27. 


18 


H 


34 


16. 




igo2. 


15 


1/ 


71 


7- 


Va 


1627. 


14 


U 


60 


13- 




3QÔ- 


16 


y 


1 1 


2 


H 


iS. 


3 


y 




13- 


y 


10. 


3 


H 




7- 


y 


go6. 


4 


% 


33 


19. 


y 


Si. 


5 




3 


1. 




982. 


7 


14 


36 


16. 


Va 


2367. 


5 


% 


88 


15- 


y 


1917. 




;. y 


7 


. 18 




475- 


n 


y 


17 


16. 


y 


1 105. 


16 




4i 


9- 


y 


168. 


'5 




<) 


6. 


y 


566. 


5 




21 


4- 


H 


1 194. 


M 


\ 


44 


16. 




M\i/>. 


12 


H 


149 


17- 


% 


)247. 


1: 


. y 


l( 


>. 15 


Va 


1064. 


10 


% 


73 


13- 


y 



- 87 



BAN DE MONTZEN fsitili ) 

Le vieux moulin de Braesberg 

Boenraedt 

Le seigneur d'Opsinnich (Boenraedt). 
Le seigneur d'Opsimiich (Opsinnich). 

Middelhof 

Beucken 

Le fief de Medael 

Ursule Dobbelstein à Hagelstein 

Henri Hagelstein 

Keerst Snoeck 

Willem Hagelstein 

Les héritiers de Pierre Crutzen 

Bcrlieren 

Mabroeck 

I e seigneur de Beusdael 

M. de Draeck, seigneur de Teuven... 



Revenu annuel 

fi. S. 

n. M 

12. 



Taxe 



2> i( i 
l 1/S 
I I Jl > 

2327 
46g 

7- 

17 

921 

557 

23 

4 

103 

1667 

1187 

3743 

11 79 



19. 



11. 
7 
44 
43 
*7 
17 

2 

6 

34 
20 



s 

10 

4 
17 

5 
1 1 

M 
10 
1 1 
18 

17 

3 

3- 17 

62. 10 

44. 10 

140. 7 

44- 4 



QUARTIER WALLON 

Le seigneur d'Odémont 2419. 6. 

Les héritiers du sieur Cortils 102. 3. 

Le fief de Xheneumont 79 

Rosmiel 2 3.q6 

Hautregard (censé de Rosmel) 84 

Le baron de Surlet pour une fosse à 

Rosmel 

Les héritiers Pauquay 214. 

Les héritiers Pauquay pour une dîme 24. 

Le fief de Woestenraedt à Charneux 164. 1. 

Meckelbach à Stockis 1169. 8. 

Le seigneur de Soiron 2^2. 7. 

La dîme des Ecoliers (J. Spirlet) 

Le fief du Thier à Soiron 1233. 4- 

La dame de Clermont 377. 10. 

Les religieuses du St-Sépulchre à 

Clermont 96. 10. 

Le fief de Couve 16. 

Les comtes de Woestenraedt pour 

leurs rentes , 873. 8. 

LES SEIGNEURIES 



'7. 



90. 


M- 


3- 


16. 


2. 


9- 


89. 


17- 


3i- 


12. 


39- 


4- 


8. 


2. 




18. 


6. 


3- 


43- 


'/• 


12. 


4- 


3. 


6. 


46. 


5- 


M- 


3- 


3- 


12. 




1 2. 



32. 15- 



Le comté d'Esneux (Florzé, etc.) 3257. 10. % 

Les églises du comté d'Esneux 217. 17. 



3- 
3- H 



— 88 — 

LES SEIGNEURIES f suite / Revenu annuel 

fl. S. 

Dame Jenne et Dolembreux 1262. 11. V? 

Jaspar Stassar (Dame Anne) 41)6. 10. 

Robert Crassier (Dame Anne 85. 18. 

Ev. Delcommune (Dame Anne) 24. 13. % 

Dame Barbe 796. G. 

Le seigneur de Baugnée 1301. 

La dame Hodaige 155. 2. 

Le seigneur de Tavier 2174. 15. % 

Le seigneur de la Chapelle 3397- 9- /= 

Le seigneur de Villers-aux-Tours 33jh. 17. 

Le voué d'Anthisnes 104g. 8. % 

Le fief Delvaux 755. 10. 

Le fief de Many 32. 8. ' 

Le fief de Poulseur 60. 

Le fief de Loneux 840. 8. 

III. — SEIGNEURIES 

La franchise de Hervé 20365. 11. 

Odémont 3381. 5. 

Lontzen 7°97- 2. % 

Esneux 15160. 13. 

La Chapelle ?> l jj- l 5- U 

Tavier M5 1 )- M- 

Baugnée 863. 1. 

Yillers-aux-Tours 868. 15. 

Ce tableau a été fait au moyen des registres anciens n 08 272 et 
164 des Archives du Duché de Limbourg et pour la répartition d'une 
aide de 10468 florins 2 deniers J - 2 (Archives de l'Etat à Liège). 





Taxe 


fl. 


S, 




47. 


7- 




18. 


12. 


Vi 


3 1 


4- 
18. 


V2 


29. 


17- 


M 


48. 


15. 


H 


1. 


16. 


H 


81. 


1 1 . 




127. 


8. 




125. 


2. 


U 


39- 


7. 




28. 


6. 


V2 


1 . 


4- 


Va 


2 # 


5- 





763. 


H- 




126. 


16. 




288. 


'3- 




56S. 


10. 


% 


117. 


10. 


% 


54- 


M- 


H 


3 2 - 


7- 


H 


3 2 - 


1 1. 


% 



RAPPORT 



SUR LES RECHERCHES ET LES FOUILLES 

EXÉCUTÉES EN igo3 
PAR L'INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE LIÉGEOIS 



UInstitut archéologique liégeois a entrepris, dans le 
courant de cette année 1903, une double campagne de 
fouilles, en explorant simultanément la Hesbaye et le 
Condroz. 

Si cette campagne n'a pas produit un très grand nombre 
d'objets (( de vitrine », les résultats obtenus n'en sont pas 
moins très satisfaisants. Indépendamment d'une demi- 
douzaine de sigles figulms (marques de potier), dont deux 
sont nouveaux pour nos contrées, et d'un grand nombre de 
fragments de poteries de tout type, il convient d'enregis- 
trer la découverte d'un excellent morceau de sculpture 
romaine et d'une série de petits monuments épigraphiques 
des plus intéressants. 



I 



EXPLORATION D'UNE VILLA BELGO-ROMAINE 
A LATINNE. 

Grâce au concours dévoué de M. E. Davin-Rigot, qui 
s'est déjà signalé comme habile explorateur de fonds de 



— 90 — 

cabanes néolithiques, des fouilles ont pu être pratiquées 
dans les substructions d'une très importante villa belgo- 
romaine sise à Latinne, au lieu dit «Aux Grandes Pièces». 
A cet emplacement, le sol se trouve jonché de débris de tout 
genre : fragments de tuiles, tessons de poteries, morceaux 
de verre, etc. 




Extrait de la feuille XLI, planchette n° 6 de la carte topographique 
au i /20,000 e . 

A o m /0 environ de profondeur, on a mis à découvert un 
corps de bâtiments s'étendant sur une distance d'une cin- 
quantaine de mètres et se composant d'une suite d'apparte- 
ments de huit mètres de longueur. 

L'un de ces appartement était large de cinq mètres, un 
autre de neuf mètres. L'épaisseur du mur extérieur de la 
façade était de deux mètres, dont un bloc central de béton 
d'un mètre, renforcé de chaque côté par un revêtement en 
pierres de O m 5o; par contre, le mur extérieur de la façade 
postérieure n'était épais que d'un mètre. Chaque apparte- 
ment était séparé par un mur en pierres de o m 50. 

Deux places ont pu être fouillées ; le parquet supérieur 
avait disparu, laissant à nu celui des hypocaustes, dallé de 
ciment, sur un lit de pierres placées sur champ.Chaque pièce 
contenait encore intactes six colonnettes en terre cuite (deux 
rangées de trois) ; dans la première place, les piliers étaient 



— 91 — 

ronds (formés de rondelles empilées); dans la seconde, ils 
étaient carres .composés ^e carreaux superposés). 

Contre les murs existait, en parfail étal de conservation, 
une conduite de forme carrée dont le fond était construit 
au moyen de grandes tuiles emboîtées et posées à plat, 
tandis que la paroi extérieure était en maçonnerie; la partie 
supérieure avait une couverture en pierres. 

Aucun objet n'a été recueilli dans les hypocaustes 
mêmes ; en déblayant les terres, on a retrouvé un très 
grand nombre de tessons de vases en terre dite samienne 
(patères, patelles, etc.) et en terre plus commune (cruches 
à anse, petite olla en terre noire fine, etc.), une énorme 
i :: ntité de clous et autres ferrailles, le tout mélangé de 
charbon de bois. A signaler également deux morceaux 
d'un grand vase (espèce de dolhmi) de forte épaisseur, 
dont la panse est ornée de quatre grosses côtes parallèles. 
les déblais n'ont pas été poussés plus loin ; on s'est borné 
En présence du résultat presque négatif de ces fouilles, 
à mettre à nu, sur une certaine longueur, le mur extérieur 
du bâtiment, afin d'en déterminer la direction. 

En opérant des sondages, on a découvert les substruc- 
tions d'une seconde bâtisse, beaucoup plus petite que la pré- 
cédente et située à une quinzaine de mètres de distance de 
celle-ci ; toutes deux affectaient une forme polygonale et 
paraissaient concentriques l'une par rapport à l'autre. 

Ce second bâtiment avait primitivement un pavé en 
marbre, formé de dalles rouges et blanches posées en da- 
mier ; en dessous de ce parquet, établi sur une aire de 
ciment, se trouvait l'hypocauste dans lequel existaient 
encore en place six colonnettes formées de rondelles de 
terre cuite (dix rondelles par pilier). 

Les terres retirées de ces substructions ont fourni une 
certaine quantité de tessons de poteries en terre dite 
samienne et de vases plus communs, le bord d'un vas 
en bronze, un morceau d'ardoise, une tuile (legîda) 



— 92 — 

entière et plusieurs autres fragmentées, dont deux avec 
marque NEH et ...H ([Ne] H) (i). 

Il n'a pas paru utile de continuer des recherches aussi peu 
fructueuses. 

* 

* * 

La villa qui s'élevait jadis au lieu dit « aux Grandes 
Pièces» doit avoir eu une grande importance; ses substruc- 
tions couvrent tout le plateau et s'étendent sur plusieurs 
centaines de mètres carrés. 

Aujourd'hui encore sa situation est admirable, car elle 
commande la majeure partie de la contrée avoismante et a 
vue sur les principaux centres romains des environs. 

En se plaçant au milieu des substructions, on voit, à 
une distance d'un millier de mètres et vers le Nord, la 
chaussée romaine de Tongres à Bavay (traverse de 
Tourinne à Vieux- Waleff es) ; au Nord-Est, les tombes 
d'Omal, éloignées de 5 kilomètres; à l'Est, celles de Long- 
champs; au Sud-Ouest, les tumuli de Vissoul ; au Sud-Est, 
la tombe de Vaux; enfin, à l'Ouest, celle d'Avennes. 

On se trouve donc, à Latinne, en plein centre romain. 

L'importance de la villa se trouve, au surplus, confirmée 

(1) Cette marque est répandue dans toute la Hesbaye ; on l'a 
retrouvée à Bertrée (2 exemplaires) (Bulletin de V Institut archéolo- 
gique liégeois, t. XII, p. 12, pi. I, fig. 11) ; à Landen (Betzveld) 
(ibid.); à Braives (Rapport sur les travaux de V Institut archéo- 
logique liégeois pendant l'année 1888, p. 5) ; à Tavier (Limont) 
(ibid., année i88ç, p. 8) ; à Walsbetz (Bulletin des Commissions 
royales d'art et d'archéologie, t. V, p. 176) ; à Petit-Fresin (Weyer- 
bampt) (ibid., t. V, p. 176) ; à Montenaken (ibid., t. V, p. 434). 

On l'a signalée également à Tongres (Bulletin de Ta Société scien- 
tifique et littéraire du Limbourg, t. VIII, p. 57 ; DE MEESTER DE Ra- 
vesteix, Catalogue descriptif, t. II, p. 136, n° 1766), ainsi que dans 
le Condroz, à Survillers (Modave) (Bulletin de l'Institut archéolo- 
gique liégeois, t. XXV, p. 189) et aux Avins (Musée de Liège ; 
Rapport sur les travaux de i8çj, p. xxvi). 



— 93 — 

par la découverte, relativement ancienne déjà, d'un gise- 
ment considérable de scories de fer («crahiats de Sarra- 
sins »), faite à quelque distance des substrud 
preuve évidente qu'un établissement sidérurgique était an- 
nexé à la villa (i). 

Celle-ci était, en outre, pourvue d'un moulin, donl 
substructions ont été mises à nu vers 1897 et ont fourni 
une grande meule trusatile à bras, en tuf, et différents 
fragments d'autres meules (2). 

* 

* * 

La villa « des Grandes Pièces » doit avoir subsisté 
jusqu'au milieu du IV e siècle, car ses substructions ont 
révélé, il y a quelques années, deux petits bronzes parais- 
sant se rapporter à l'époque des Constantins. 

Comme l'établissement voisin de Braives (3), elle aura 
été pillée et incendiée par les Barbares qui, dans la 
seconde moitié du IV e siècle notamment, envahirent, à 
différentes reprises, et ravagèrent les Gaules (4). 

Il est probable que la villa de Latinne date du Haut 
Empire, qu'elle fut détruite une première fois au III e siècle 
et reconstruite postérieurement. 

(1) Des constatations identiques ont été faites à Lovegnée, où le 
prince Camille de Looz fouilla jadis, joignant une villa romaine, 
une usine à réduire le minerai de fer (Bulletin des Commissions 
royales d'art et d'archéologie, t. XV, pp. 196-213). — Xos grandes 
villas belgo-romaines avaient, du reste, groupés autour d'elles, pn - 
que tous les corps de métier. Cf. notamment, au sujet de la villa 
d'Anthée, les Annales de la Société arclu Cologique de NamUr, t. XV, 
pp. 35 et suivantes. 

(2) Musée de Liège. Cette année encore, M. Davin-Rigot a offert 
à l'Institut un nouveau fragment de meule de même provenance. 

(3). Bulletin des Commissions loyales d'art et d'archéologie, 
t. XXVII, p. 418. 

(4) Adrien Blanchet, Les trésors de monnaies romaines et li s 
invasions germaniques en Gaule, pp. 20 et suivantes. 



— 94 — 

Il est certain, d'autre part, que ses substructions ont 
été saccagées à une époque relativement moderne. 

II 

FOUILLES OPÉRÉES 
DANS LE CIMETIÈRE FRANC DE LATINNE. 

M. E. Davin-Rigot a bien voulu se charger également 
de terminer les fouilles que, depuis iqoi, l'Institut a fait 
opérer sur l'emplacement d'un cimetière franc, à Latinne, 
au lieu dit « Chapelle Saint-Maur ». 

De premières recherches ont été commencées dans le 
courant du mois de février et ont amené la découverte 
d'une tombe dallée, avec mobilier. 

En septembre enfin, de nouvelles fouilles n'ont abouti 
qu'à la mise à jour d'une petite tombe contenant un sque- 
lette d'enfant, sans mobilier. 

Vu le caractère spécial de ce cimetière, une notice dé- 
taillée sera consacrée à l'ensemble de ces fouilles. 

III 

EXPLORATION D'UNE VILLA BELGO-ROMAINE 
A OCQUIER. 

Sur le territoire de la commune d'Ocquier existait, jadis, 
une villa romaine très importante, coupée aujourd'hui par 
la route de Vervoz (Clavier) à Ocquier. Ses substructions 
s'étendent sur une longueur d'environ 1,700 mètres. 

Des fouilles pratiquées en quatre endroits différents 
ont fourni l'occasion d'étudier de près la façon dont les 
Belgo-Romains établissaient les parquets de leurs villas. 

A Ocquier, la constatation est d'autant plus intéres- 
sante que le sol sur lequel avait été édifiée la villa était 
anciennement très marécageux et avait nécessité, de la 



— 95 — 

part des constructeurs, dos précaution multiple de ti- 
nées à empêcher l'infiltration des eaux dans les bâtiments. 




-^é<^:l 



Extrait de la feuille XLYI11. planchette n" 8 de la carte 
topographique au 1/20. 000 e . 

La coupe suivante donnera une idée parfaite de l'ou- 
vrage mis à découvert. 




Terre végétale . 



Dallage en marbre «bleu belge,» plaques 
de o m. 5o X om - 3o environ, sciées des 

deux eôtés. 

Couche d'un mortier spécial très fin, de; 
couleur rougeatre mélange de chaux 
et (lr miles pi 

Double rangée de tuiles de rebut, mises 
.1 plat et superposées. 

Couche d'une espèce de «bi 
de cailloutis et de fragments de tuiles 
et de briques mélanges de chaux. 

es, réu- 
nies entre elles par un mêlai 
sable et de chaux. 



Terre vierge. 

L'épaisseur de ce parquet était d'environ O m 55. 

Vu l'étendue considérable de cette villa, l'on ne pouvait 
senger à la fouiller méthodiquement ; on a donc dû se 
borner à ouvrir des tranchées sur une longueur d une cin- 
quantaine de mètres et à faire des sondages de distance 
en distance. Les résultats obtenus ont été identiques par- 



— 96 — 

tout : à une profondeur d'environ o m 6o, on a rencontré ou 
des murs ou des parquets d'appartements uniformément 
dallés. 

Ces déblais n'ont révélé ni fragments de poteries, ni 
débris d'objets quelconques, ni monnaies ; on a seulement 
recueilli un morceau de fer (gond de porte?). 

Il convient toutefois de signaler qu'anciennement des 
inhumations ont été faites dans les ruines de la villa. Cinq 
squelettes, parfaitement conservés, ont été découverts, 
déposés tout simplement sur les dalles de marbre, sans mobi- 
lier funéraire; ils étaient tous orientés la tête vers le Levant, 
contrairement à l'usage. 

Cette découverte n'a rien de surprenant et il est pro- 
bable qu'en continuant les déblais, on aurait mis au jour 
d'autres squelettes encore. 

C'est, en effet, un fait presque constant de retrouver, 
dans les substructions des villas romaines du Condroz, 
des squelettes humains enterrés sans le moindre mobilier. 

Des sépultures de ce genre ont notamment été mises au 
jour dans la villa du Thier Laurent, à Borsu (i); d'autres 
ont été signalées dans la villa de Maffe (2) et ailleurs. 



A proximité de la villa, dont les murs, à certains 
endroits et il y a une cinquantaine d'années à peine, 

(1) M. Firmin Hénaux, qui a fouillé, dans le courant de Tannée 
1897, une notable partie de cette villa, a découvert, au milieu des 
débris romains, un assez grand nombre de sépultures. Une seule 
tombe renfermait un mobilier ; près d'un squelette, furent recueillis 
une petite coupe en bronze, un bracelet et une bague en bronze, une 
boucle de ceinturon en fer et une dague de même métal entourée de 
résidus de toile. 

Un autre cadavre portait une bague en bronze. 

(2) Les substructions de la villa de Maffe renferment encore des 
centaines de ces sépultures. M. Firmin Hénaux, qui a également 
dirigé les fouilles de Maffe, a exploré un certain nombre de ces 
tombes sans y recueillir le moindre objet antique. 



— 97 — 

dépassaient encore de près d'un mètre la surface du sol, 
se trouvait, prétend-on, un immense aqueduc soutei 
dont on pouvait, jadis, suivre le couloir sur une longueur 
de plusieurs mètres. C'est en vain qu'on a tenté d'en retrou- 
ver des traces. Par contre, près du << ruisseau de 1 ervoz », 
on a mis au jour une espèce de canal cimenté qui déversait 
dans le dit ruisseau les eaux provenant du plateau ou 
d'une source voisine. Ce canal fonctionne encore aujour- 
d'hui. 

IV 
FOUILLES ET SONDAGES A VERVOZ (CLAVIER). 

Bien que des fouilles eussent déjà été entreprises en 
igoi sur l'emplacement présumé du « monument de Ver- 
voz» (i), de nouvelles recherches, plus étendues cette fois, 
ont été opérées, au même endroit, dans le but de déterminer 
l'étendue du gisement des débris provenant du susdit mo- 
nument. 

Les nombreuses tranchées qui ont été ouvertes à cet 
effet n'ont fourni que deux sculptures mutilées : 

Une moitié de rosace d'un bon travail (0 m l3 de dia- 
mètre) ; 

Un fragment de statue de lion, dont il n'a été conservé 
qu'une partie du socle rectangulaire, et, y attenant, un 
morceau de patte avec griffes (dimensions: o™40 x o m 22). 



(i) Par «monument de Vervoz,» nous entendons désigner certain 
édicule sépulcral, non exempt, scmble-t-il, d'une certaine décora- 
tion architecturale, qui aurait existé jadis à Vervoz et dont le Musi 
archéologique de Liège possède aujourd'hui plusieurs centaines de- 
fragments, consistant en débris d'entablements de corniche, frag- 
ments de bas-reliefs, tambour de colonne avec représentation d'At- 
tis, etc. 



— 98 — 

Par contre, on a rencontré, sur une surface de plus 
de 500 mètres carrés et à une profondeur de o m 5o à 
peine, une couche d'éclats de pierre de Longwy (1), d'une 
vingtaine de centimètres d'épaisseur. Cette couche est 
continue et a été constatée partout où des sondages ont 
été faits. 

Il résulte, d'autre part, de l'examen de ces éclats que 
ceux-ci ne peuvent pas provenir d'un monument qui aurait 
été saccagé : leurs sections sont caractéristiques et prou- 
vent à toute évidence qu'il s'agit de déchets de taille. 

Il suffira, au surplus, de faire remarquer qu'aucun des 
fragments sculptés ne porte de traces quelconques de 
mortier ou de ciment : tel est notamment le cas pour la 
rosace précitée et dont l'envers, bien que pourvu de pro- 
fondes rainures parallèles destinées à faire adhérer le 
mortier, n'a pas conservé le moindre vestige de ce dernier. 

Signalons enfin qu'en déblayant tout le plateau, on a 
mis à découvert les substructions de trois petits bâtiments 
distincts, tous de forme rectangulaire et situés à proximité 
l'un de l'autre. Leurs fondations étaient grossièrement 
construites au moyen de moellons non dégrossis et jetés 
pêle-mêle sans mortier. 

Il ne paraît guère possible de déterminer la destination 
de ces bâtiments, dont les substructions n'ont révélé aucun 
objet antique. 

A considérer cette immense couche de déchets de 
taille, y aurait-il invraisemblance à conjecturer que l'em- 
placement était jadis occupé par une équipe de tail- 
leurs de pierre qui y auraient façonné, au moyen de blocs 
venant de Longwy, les sculptures et autres pierres néces- 



(1) C'est ce qui résulte de l'examen qu'ont fait de cette pierre MM. 
Max Lohest et Henri Forir (Bulletin de l'Institut niche 'logique 
liégeois, t. XXIX, p. 66. note 1). 



— 99 — 

saires aux villas et aux monuments funéraires ou commé- 
moratifs de la région (i) ? 

V 

EXPLORATION DE SUBSTRUCTIONS ROMAINES 
A VERVOZ (CLAVIER). 

A 500 mètres environ de l'endroit présumé où devait 
s'élever le monument funéraire, le sol est jonché de débris 
romains de tout genre: fragments de tuiles, tessons de 
poteries, éclats de verre, etc. C'est au lieu dit « au four 
à c liait x ». 




Extrait de la feuille XLVIII, planchette n° 8 
de la carte topographique au 1/20.000°. 

Il y a deux ans fut découvert, en cet endroit, un petit 



(1) Il convient de signaler ici que la même pierre que celle qui 
fut utilisée pour le ((monument deVervoz» s'est retrouvée parmi les 
matériaux retirés des substructions de la grande villa du Thier Lau- 
rent, à Borsu, distante à vol d'oiseau de 3 kilomètres environ. Le 
Musée archéologique possède, notamment, de cette provenance, un 



— 100 — 

trésor monétaire formé de 98 pièces d'Auguste à Arca- 
dius (1). 

Les premières tranchées ont été ouvertes aux abords 
des lieux de la trouvaille; elles révélèrent, à o n '5o de pro- 
fondeur, de nombreuses substructions. Il ne s'agissait, 
toutefois, que de petits arrière-bâtiments grossièrement 
construits et dont le parquet était formé de glaise 
battue ; c'étaient probablement des locaux servant de 
remises ou d'étables et faisant partie des dépendances 
d'une villa agricole. 

Aucun objet n'a été recueilli au cours de ces déblais. 

Des fouilles ont été pratiquées ensuite de l'autre côté 
de la route de Vervoz à Bois qui coupe le terrain. Elles 
ont également amené la découverte de substructions et 
d'un important gisement de tuiles (tegulae et imbrices); 
celles-ci provenaient, sans nul doute, d'une toiture effon- 
drée, car elles se trouvaient mêlées à de nombreux clous 
et recouvraient une aire assez étendue de charbon de bois, 
preuve évidente que le bâtiment périt par le feu. 

Sous ces débris existait encore, en parfait état de 
conservation, un parquet formé d'une couche de ciment 
et de briquaillons d'environ o m i5 d'épaisseur et que limi- 
taient aux deux bouts, à l'instar de rebords protecteurs, 
deux énormes pierres à peine dégrossies et posées à sec. 

Ce parquet, de forme courbe, était traversé par une 
rigole soigneusement creusée et cimentée, large d'environ 

important fragment de socle de colonne en pierre de Longwy (Bul- 
letin de V Institut archéologique liégeois, t. XXX, p. xn). 

Parmi les sculptures provenant de Vervoz et présentées comme 
faisant partie de l'édiculc sépulcral auquel appartenait le bel Attis 
déjà cité, figurent, du reste, des débris si peu en rapport, par le sujet 
de leur décoration, avec le caractère funéraire de ce monument, 
qu'on peut se demander s'ils ont réellement quelque affinité entre 
eux; une étude approfondie de ces nombreuses pierres sculptées 
s'impose. 

(1) Revue belge de numismatique, année 1902, pp. 21-22. 



— 101 — 

o m 20 et mesurant, à ses extrémités, respectivement o m 3o 
et o'"i5 de profondeur. Nous ignorons la destination de 
cette singulière construction. 

Ce parquet lui-même était établi sur un remblai exécuté 
au-dessus d'une espèce de poche creusée dans l'argile et 
bourrée de débris de tous genres ; c'était, à n'en pas dou- 
ter, le fumier d'une importante villa bel go-romaine dé- 
truite au second siècle et sur les ruines de laquelle furent 
édifiées ultérieurement de nouvelles constructions. Cette 
poche, profonde de 2^50 à 3 m iO, a pu être fouillée pen- 
dant plusieurs jours et a fourni des centaines d'objets, 
presque tous fragmentés, malheureusement. 

Les poteries étaient particulièrement nombreuses et 
variées ; on peut évaluer à une cinquantaine environ celles 
dont le type a pu être reconstitué. 

Parmi les objets recueillis au cours de ces fouilles, nous 
pouvons mentionner les suivants : 

CÉRAMIQUE 

Fragment important d'un grand bol en terre dite 
«samienne», richement décoré; sous une frise ornée d'un 
rang d'oves se trouvent reproduits en relief une série de 
rinceaux de feuillage et d'enroulements en spirale des 
plus variés, séparés les uns des autres par des bandes 
hachurées. 

Le diamètre supérieur du vase entier devait mesurer 
plus de o m 2 5. 

Tessons d'un vase du même genre avec frise d'oves et 
décoré de médaillons. 

Débris d'un troisième vase de même type, mais en 
terre moins fine. Sous une frise d'oves sont figurées 
des arcatures, sous lesquelles se tient debout un person- 
nage nu, armé d'un arc. Des personnages, dans la même atti- 
tude, sont reproduits entre chaque arcature. 

Plusieurs centaines de tessons appartenant à des vases 



— 102 — 

de type connu : patelles bilobées, patères (plateaux) à 
rebord droit, patines, jattes de forme conique, etc., etc. 

Quelques-uns de ces tessons portent la marque du 
potier : 

ATTILLV, sigle déjà signalé sous cette forme à Hed- 
dernheim ( i ) et retrouvé avec la variante [ATT]ILLVS à 
Juslenville (2). 

CATVS... sans doute CATVSF, marque déjà découverte 
à Juslenville (3), à Houthem-S'-Gerlach (4) et à Ton- 
gres (5); en cette dernière localité, on l'a encore rencon- 
trée sous les formes CATV ( ?) et OF. CATV (6). 



(1) Mittheilungen an die Mitglieder des Frankfurter Vereins, 
t. VI ( 1 SS 1 ) , p. 397; t. VII (1882), p. 206. 

(2) Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. X, p. 7^. 

Cette marque, assez répandue, est également connue sous les for- 
mes suivantes : ATTILLVS F (Heddernheim, Friedberg, Bonn, 
Darmstadt, Spire) ; ATTILLVS (Kesselstadt) ; ATTILLI (Trion) ; 
ATTILI (Bordeaux, Montans) ; ATTILLIM (York) ; ATTILLI 

MA (Vienne), SVAAITTA (Friedberg), etc. 

Cf. à ce sujet Jahrbùcher des Vereins von AltertJiumsfrettnden im 
RJiciulande, t. XCIX, p. 62. — SCHUERMANS, Sigles figulins, n os 612- 
613. 

(3) Musée de Liège. ■ — Bulletin de V Institut archéologique lié- 
geois, t. IX, p. 441. 

(4) Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, t. VI, 
p. 156, pi. IV, fig. 10; SCHUERMANS, op. cit.. n° 1180 

(5) DE Meester de Ravestein, Catalogue descriptif du Musée 
de Ravestein, t. II, p. 136, n° 1768. 

(6) Ibidem, p. 136, n° 1768. — Le potier Catus a marqué ses pro- 
duits indifféremment : ^ISVTAC (Friedberg) (Bonncr Jahrbùcher, 
t LX, pp. 60, 77); "42VTAO (Friedberg); CATVSF (Heddernheim, 
Saalburg) ; CATVS F (Bonn) (Sonner Jahrbùcher, t. LXXXIX, 
p. 8), (Monterberg) (ibid., t. XCIX, p. 71 ; t. CIV, p. 114, n° 22) ; 
CATVSF (Londres) (C.LL.,VII, 1336, 268) ; CATVS. FEC (Vienne) 
(C.I.L., XII, 5686, 206) ; CATVSI. C. (Bonn) (collections de l'Uni- 
versité) ; CAT (Dié) (C. I. L., XII, 5686, 200) ; CATVS (St-Xicolas 
près Nancy) (Grivaud de LA VlNCELLE.,1? ecueils de monuments an- 
tiques dans V ancienne Gaule, p. 164) ; CATV (Voorburg, Tongres) 



— 103 — 

CINJT... probablement identique à [c]INTVGNATVS, 
sigle qui n'avait été signalé que deux fois en Belgique, 
à Theux et à Izier (i), alors qu'il est commun en Alle- 
magne et en Hollande (2). 

ID...NI (lecture douteuse), marque inconnue. 

ORCiO. F, marque connue en Hollande (3). 

VINDVS, sigle rencontré à VVancennes (4) et très fré- 
quent sur les bords du Rhin (5). 

(SCHUERMANS, Sigles figulins, n° 1165); CATI (Limoges) [ibid., 
n° 1149); OFICCATI (Bari) (C.I.L., XII, 5686.. 206); OF. CAT, 
OF CAT (Ste-Colombe, Fins d'Annecy) (C. I. L , XII, 5686, 20); 
OFCATVS (Vienne) (C.I.L., XII, 56S6, 207) ; OU. CATI (St-Ger- 
main) ; CATVOS (Le Châtelet) (SCHUERMANS, op. cit., n° 1178); 
CATVS (Tongres) (Bulletin de la Société scientifique et littéraire 
du Limbourg, t. XVII, p. 36) ; CATIO (Allier) (Tudot, Collection 
de figurines en argile, œuvres premières de l'art gaulois, p. 71). 

(1) Musée de Liège (inédits). 

(2) CINTV... (Heddernheim), CINTVGNA (Heddernheim, 
Mayence) (SCHUERMANS, op. cit., n° 1395), CINTVGNATV (Hed- 
dernheim, Saalburg. Gellep) {Donner /arbiiclier, t. XXXVIII, 
p. 166), (Nimègue) (ibid., t.XLIX, pp. 422-423), (Munich) (C.I.L., 
III, 6010, 62), (Rheinzabern) (Schuermans, op. czï.,1397), CINTV... 
(Londres) (C.I.L., VU, 1336, 3 n),CINTVCN (Voorburg) (Schuer- 
mans, op. cit., n° 1390), CINTVGNATI (Mayence) (SCHUERMANS, 
op. cit., n° 1396), CINTVGNATV (Reims) (Bulletin de la Société 
des Antiquaires de France, 1881, p. 245), CINTVGNATVS (Vech- 
ten) (Donner Jahrbiicher, t. IX, p. 29 ; t. XLVI, p. 116), (Le 
Châtelet (Schuermans. op. cit., n° 1398), CINTVGNATVS (Voor- 
burg) (ibid., n° 1391), CINTVCNV... (Rossum) (Ibid., n° 1392), 
CINTVCIVATVS (Vechten) (Donner Jarhbùcher, t. IX, p. 29). 
Les produits de ce potier (sigle : CINTVGNATV) ont été retrouvés 
jusqu'en Autriche (Archœlogisch-epigraphische Mitïheilungen ans 
Oesterrcicli, 1890, p. 198 ; Revue WcTtéologique, 3 e série, t. XVI 
(1890), p. 435, n° 103). 

(3) SCHUERMANS, op. cit., n° 4037 : ORCIO, Voorburg, ORCI (us) 
et ORC (i) O (F) ; STEINER, Codex lnscriptionum Rheni, t. II, 293. 

(4) Annales de la Société archéologique de Namur, t. XVI, p. 368. 

(5) A Neuwied : VINDVS (collections de l'Université de Bonn), 
à Trêves (Musée de Trêves), à Nimègue (Donner Jahrb., t. VII, 



— 104 — 

Deux tessons, enfin, portent des estampilles entière- 
ment frustes. 

Fragments d'un grand plateau à bords droits, en fine 
terre rouge recouverte d'un vernis brun-rouge. 

Morceau de vase « à dépressions longitudinales », en 
fine terre blanche, à couverte brune et panse rugueuse 
parsemée de grains de sable (i). 

Tessons de poterie en terre blanche à couverte noire, 
portant en relief, à la barbotme, la représentation d'une 
scène de chasse (cervidé au galop). Le Musée de Liège 
possède deux vases du même genre provenant des fouilles 
de juslenvilh (2). 

Débris de trois vases de dimensions différentes, en terre 
blanche avec engobe brune et panse sablée (3). 

Petit vase en forme de gobelet, à panse renflée, en 
terre grise fine. Hauteur : o m o8 ; diamètre à l'orifice : 
o m c>7 (4). 



p. 63)3 à Brohl, à Xanten (Lersch, Central Muséum, t. III. pp. 82 
et 107) ; YIXDY... à Wiesbaden (SCHUERMAXS, op. cit., n° 5763) ; 
VINDVSF.à Bonn (Sonner J ahrbùcher ,\. LXXXIX.p. 45) et à V001 
burg (Schuermans, op. cit., n° 5764) ; VINDVSF. à Bonn (Bonner 
Jahrbùcher, t. LXXXIX, p. 45). 

(1) Un exemplaire du même type figurait dans la collection Char- 
vet (Du CLKUZIor, La Poterie Gauloise, p. 244, fig. 178). 

(2) Bulletin de VInstitut archéologique liégeois, t. IX, p. 447, 
pi. V, fig. 1 ; pi. VII, fig. 3. — Cf. aussi DU CLEUZIOU, op. cit., 
p. 241, fig. 173. Les poteries de ce genre ont été retrouvées à dif- 
férentes reprises en Belgique : cimetière de Frégivau (Annales de 
la Société archéologique de Namur, t. IV, p. 91, pi. 1, fig. c et 
c bis); cimetière de Flavion (ibid., t. VII, pi. I, fig. 2 et zbis); villa 
de Reckheim (Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéo- 
logie, t. XXVII, p. 355, pi. IV, fig. 18), etc., etc. 

(3) Voyez, au sujet de ce genre de vases très communs dans le-; 
fouilles, Bulletin de VInstitut archéologique liégeois, t. XXIX, 
p. 268, note 3. 

(4) Collection Charvet (n° 99 du catalogue) (DU Cleuziou, op. 
cit., p. 98, fig. 69). 



— 105 — 

Fragment d'un très petit vase à boire en terre noire 
extra-fine. 

Six goulots, morceaux de panse et trois fonds de cruches 
avec anse (type «epichysis») en terre blanchâtre. 

Nombreux débris d'énormes récipients en terre très 
grossière et très épaisse (20 m / m ). 

L'un de ces vases (genre de doliiim), à larges bords 
repliés à plat, ne mesure pas moins de o m 3 5 d'ouver- 
ture et devait avoir une circonférence d'environ i m 50 ; il 
présente certaines analogies avec celui de la tombe 
d'Avennes- (1) et certain autre provenant de l'un des tu- 
muli du bois de Buis-lez-Grand-Leez (2). 

VERRE 

Partie supérieure dune élégante petite ampoule en 
verre verdâtre, munie de deux oreillettes (3). 

Bord d'une grande coupe en verre verdâtre. 

Fragment d'anse plate et « filamenteuse » et débris du 
fond d'un flacon carré en verre verdâtre. Ce flacon, du 
genre de ceux de la tombe d'FIerstal, avait le fond orné 
de cercles concentriques (4). 

Morceau d'anse plate d'un grand flacon en verre jaune 
foncé. 

Débris d'une soucoupe en verre verdâtre, avec panse 
ornée d'une ligne de fortes côtes saillantes ou cannelures. 

Le Musée de Liège possède un fragment à peu près 
analogue, provenant des fouilles de Fallais; au Musée 
de Namur existe un exemplaire intact de ce genre de 
coupes, recueilli dans l'un des tumuli de Séron (5). 

(1) Bulletin de l'Institut archéologique liégeois, t. XII, pp. 205- 
206, pi. VI, fig. 11. 

(2) Annales de la Société archéologique de Namur, t. XXI Y. p. 48. 

(3) Cf. au sujet d'ampoules du même genre le Bulletin de V Insti- 
tut archéologique liégeois, t. XXVIII, p. 266. 

(4) Ibid., t. XXIX, p. 198, pi. F, fig. 2 et 4*"- 

(5) Annales de la Société archéologique de Namur : t. IV, pp. 15- 
16, pi. I, fig. 1. 



— 106 — 

Eclats d'une petite bouteille en verre verdâtre. 
Fragment d'un plateau en verre blanc. 

OBJETS EN MÉTAL 

Moyen bronze portant à l'avers une tête laurée à droite. 
Revers entièrement truste. 

Le profil de la tête rappelle le masque de l'empereur 
Domitien. 

Série d'ustensiles en fer, affectant la forme d'une tige 
effilée à l'un des bouts et terminée, à l'extrémité opposée, 
par une tête aplatie en amande. Ces instruments sont de 
longueurs variées ; les uns mesurent: 130 m / m , 135 m / m ; 
d'autres, 165 m / m , 176 m / m , 184 m / m . Trois exemplaires 
atteignent respectivement 310 m / m , 392 m / ra et 540 m / ra . 

Il ne paraît guère possible de déterminer la destination 
exacte de ces ustensiles, à défaut d'analogues annotés 
dans des publications archéologiques. Peut-être pour- 
rait-on y voir des « mèches » à l'usage d'un potier, si la 
quantité relativement énorme de ces objets ne rendait pas 
semblable attribution quelque peu invraisemblable. 

Les substructions de la villa de Braives ont fourni un 
objet en fer se rapprochant, comme forme, de ceux de 
Vervoz et dont la destination a également échappé à feu 
le comte Georges de Looz (1). 

Un lot considérable de ferrailles de tout genre : 
plaque carrée de o m 095><o m 095, percée d'un orifice de 
o°'02 x o m 02 ; anneau de O m 045 de diamètre ; débris de 
couteau; tige torse; fragment de gond de porte, etc., etc. 

Un objet indéterminable, en forme de fuseau (longueur: 
o m o8) et pourvu au milieu d'une fente rectangulaire de 
24 m / m de longueur. 

(1) Bulletin des Comm. roy. d'art et d'archcol., t. XXVII, p. 416, 
pi. IV, fig. 68. 





^"-3^, 



xiisg-i 








■-■il 




'X 



IXXXXV 




KXYMW 







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BILLES EN TERRE CUITE TROUVÉES A VERVOZ (CLAVIER) 

Grandeur réelle) 



— 107 — 



OBJETS DIVERS 

Série de dix-sept billes en terre cuite, façonnées à la 
main et marquées de chiffres romains : 

I (terre blanche ; diamètre: 15 m / m environ). 

I (terre blanche ; diamètre : 14 m / m environ). 

I (terre blanche ; diamètre : 14 m / m environ). 

XIII (terre grise ; diamètre : 12 m / m environ). 

XVII (terre grise ; diamètre : 16 m / m environ). 

XX (terre grise ; diamètre : 17 m / m environ). 

XXX (terre blanche rougeâtre ; diamètre : 13 m / m environ). 

XXXVII (terre brune ; diamètre : 14 m / m environ). 

XXXVIII (terre blanche ; diamètre : 17 m / m environ). 
XXXXI (terre grise ; diamètre : 17 m / m environ). 

LX (terre grise ; diamètre : 16 m / m environ). 
LXV (terre blanche; diamètre : 16 m / m environ). 
LXVI (terre blanche ; diamètre : 17 m / m environ). 
LXXX (terre rouge ; diamètre : 13 m /' m environ). 
LXXXIIII (terre noire ; diamètre : 20 m / m environ). 
LXXXXV (terre rouge ; diamètre : 16 m / m environ). 
LXXXXVI (terre rouge ; diamètre : 16 m / m environ). 

A ces dix-sept billes, il convient d'en ajouter une dix- 
huitième anépigraphe, qui a été intentionnellement coupée 
en deux avant la cuisson; une moitié manque. 

Plusieurs de ces billes sont grossièrement marquées; 
les unes ont été numérotées au moyen d'un poinçon; les 
autres simplement à la main, c'est à dire à la pointe (voir 
planche A). 

A notre connaissance, tout au moins, c'est la première 
fois que des objets de ce genre sont signalés en Bel- 



— 108 — 

gique (i) ; au surplus, à l'étranger, ils ne paraissent guère 
être communs. 

Le Musée de Bonn possède une collection de douze bil- 
les du même genre que celles de Vervoz et provenant de 
Pommern sur la Moselle. Ces billes, de diverses grosseurs 
(12 m / m — 20 m / m ), portant les marques suivantes : II, VII, 
XII, XVI, XXX, XXXVÏII, XXXX, XXXXI, XXXXVI1, 
LIIII, LXI, LXXXXIIII (2). 

Il ne peut évidemment s'agir de voir, dans ces billes, 
des poids, encore moins des projectiles (3), mais bien des 
calculi, des lapilli, c'est à dire de petites boules ayant 
servi, soit à calculer sur une abaque (abacus), soit à inter- 
venir dans un jeu. 

Les tables de jeu (tabulae lusoriae) sont suffisamment 
connues par leurs inscriptions suggestives (4) et telle 
d'entre elles, découverte à Cherchel (Algérie), présente 
même cette particularité qu'elle est pourvue de vingt-neuf 
cavités circulaires de diamètre inégal, destinées à recevoir 
des boules à l'instar d'un billard anglais moderne (5). 

Si l'on admettait que les billes de Vervoz proviennent 

(1) On a, à différentes reprises, signalé la découverte de billes en 
terre cuite anépigraphes, notamment clans la villa de Bas-Oha (Bull, 
des Comm. roy. d'art et d'archéol., t. XIV, p. 197, pi. III, fig. 68). 

(2) Joseph Klein, Die kleineren inschriftlichen Denkmàler 
des Bonner Provinsialmuseums dans les Bonncr JahrbùcJter , 
t. LXXXVIII, p. 115. — Cf. encore ibid., t. CI, p. 115, fig. 9. 

(3) Schaves, La Belgique et les Pays-Bas avant et durant la do- 
mination romaine, t. I, p. 80. 

(4) Voyez au sujet des tabulée htsoriœ : Bonncr Studien. — Auf- 
sàtze ans der Alterthumswissenschaft Reinhard Kekulê gewidmet 
von seinen Schùlern, Berlin, iSço, pp. 323 et suiv. ; Max Ihm, 
Délie tavole lusorie romane, clans les Mittheilungen des kaiserlich- 
deutschen Instituts (Rome), t. VI, pp. 208-220; Bonner /ahrbùcher, 
t. LXXXXII, pp. 259-260. 

(5) Comptes-rendus de V Académie des inscriptions et belles-let- 
tres de France, t. XXI, pp. 402-403. 



— 109 — 

d'une petite tabula iusoria du genre de cette dernière, pour- 
rait-on expliquer le numérotage élevé (LXXXXVI) de ces 
<( mailles » -- numérotage qui impliquerait l'existence d'un 
très grand nombre de cavités --et justifier, d'autre part, 
le numérotage même de ces billes, puisque la table de Cher- 
che], qui est prise comme type, ne porte aucune inscription 
gravée au-dessus des cavités ? 

Puisque c'est à un jeu qu'il faut, semble-t-il, rattacher 
les billes de Vervoz, n'est-il pas plus rationnel de conjecturer 
qu'elles ont appartenu à un jeu de hasard quelconque, tel 
que l'un de nos lotos ? 

Les billes, après avoir été mélangées, étaient renfermées 
sans doute dans une bourse, où venaient puiser les joueurs ; 
à celui d'entre eux qui obtenait le plus grand nombre de 
points, revenait l'honneur de la partie... 

— Instrument en silex, à talon arrondi, ayant l'aspect 
d'un ciseau ; fbrmé d'une lame épaisse, longue de O m o6, 
l'outil se termine par une espèce de tranchant large de 
o m o5 et poli intentionnellement sur les deux faces et sur 
les côtés. 

Aucune pièce semblable n'a jusqu'ici été signalée dans 
les gisements néolithiques de la région. 

Ce pourrait être aussi une sorte de lissoir de l'âge de 
la pierre, conservé ou même encore utilisé à l'époque 
romaine (i). 

Il est peu probable qu'un silex ait été taillé à cette der- 
nière période (2). 

(1) A différentes reprises, des haches en silex ont été retrouvées 
dans les substructions des villas bclgo-romaines de la Hesbaye, 
notamment dans la villa de la Bruyère, à Landen (Bull, de l'Inst. 
archèol. liég., t. XX, p. 6), dans celle du Wingsveld (ibid., t. XX, 
p. 11). — En 1871, fut découverte dans le coin d'une des salles de 
la villa du Bctzveld une hache en silex bien caractéristique (ibid., 
t. XX, p. 6). 

(2) Mr M. De Puydt a bien voulu nous transmettre sur le silex 
de Vervoz la note ci-dessus ; qu'il nous permette ici de l'en remer- 
cier sincèrement. 



— 110 — 

Objet indéterminé, de forme conique, en lave de Nieder- 
mendig (?). Peut-être convient-il d'y voir un débris de 
meule. 

MATÉRIAUX DE CONSTRUCTION 

Nombreux débris de tuiles romaines (tegulae et imbrices) 
ne portant aucune marque de fabricant ; l'un d'eux 
conserve l'empreinte de deux doigts humains. 

Plusieurs morceaux de grosses ardoises ; un fragment 
est encore percé du trou par lequel passait le clou mainte- 
nant l'ardoise à la toiture. 

Cette trouvaille d'ardoises — signalée aussi à la villa de 
Latinne — vient confirmer la découverte du même genre 
qui a été faite au cours des fouilles pratiquées à Vervoz 
au lieu dit « Chambre la Ruine ». 

On peut en conclure que l'emploi des ardoises comme 
matériaux de couverture était déjà généralisé dans le 
Condroz à l'époque belgo-romaine (i). 

OSSEMENTS 

Un grand nombre d'ossements ont été retirés du fumier 
de la villa de Vervoz (2). 

Il convient de signaler parmi ceux-ci une grande quan- 
tité de canines inférieures et d'incisives de sanglier (Sus 
scrofa) ou de porc (Sus scrofa, domesticus), une molaire de 
mouton (Ovis aries), un crâne et des ossements de chien 
(Canis familiaris), des vertèbres de cheval (Equus c a bal lus) 



(1) Voyez au sujet de l'emploi de l'ardoise comme mode de cou- 
verture .1 l'époque belgo-romaine, la notice insérée dans les Annales 
de la Société & archéologie de Bruxelles, t. XV, pp. 365-372. 

(?.) Ces différents ossements ont été identifiés par M. Hamoir, 
vétérinaire à Bois-Borsu ; ils ont également été examinés par M. 
fulien Fraipont, professeur à l'Université de Liège. 



— 111 — 

et de bœuf (Bos taurus), ainsi qu'un fragment de tarso- 
métatarsien de faisan (Phasianus colchicus) ou d( 

(Gallus domesticus). 

* 

# * 

A en juger par le grand nombre et la variété des objets 
qui ont été exhumés du fumier de la villa de Vervoz, 
celle-ci a dû être très importante et abriter une population 
initiée à tous les raffinements de la civilisation romaine. 

Il est probable qu'on y fabriquait sur place la poterie 
grossière d'usage domestique ; une certaine quantité de 
terre plastique recueillie au milieu des débris du fumier 
rend cette supposition très vraisemblable. On rappro- 
chera, au surplus, de cette trouvaille, le lissoir en silex 
et les instruments en fer décrits ci-dessus. 

Du reste, de par sa situation aux abords d'une route 
romaine de grande communication (route militaire de 
Tongres à Arlon), la localité de Clavier, dont Vervoz n'est 
qu'un hameau, doit de bonne heure avoir été un endroit 
fréquenté par les Belgo-Romams. 

Une luxueuse villa y a été déblayée, en 1893, pour 
compte du Gouvernement Belge et sous la surveillance de 
M. Schuermans (1) ; ces fouilles ont fourni des antiquités 
remarquables déposées aujourd'hui aux Musées royaux du 
Cinquantenaire, à Bruxelles. 

Des découvertes non moins importantes ont été signa- 
lées dans les environs, à Bois-Borsu notamment (2). 

* 

* * 

Les fouillés qui y ont été exécutées dans le courant de 

(1) Cf. au sujet de ces fouilles, VExfress du 19 octobre 1893, la 
Chronique du 20 dito, la Meuse des 20 et 21 dito, le Messager de 
Gand, 189,3, P- 5°3- — Westdcutsche Zeitschrift fur Geschichte und 
Kunst, XIII, p. 323. 

(2) Voir notamment au sujet de la découverte d'un trépied et d'un 
candélabre en bronze le Bulletin de l'Institut archéologique lié- 
geois, t. XXXII, pp. 335-348. 



— 112 — 

cette année à Vervoz et à Ocquier par Y Institut archéolo- 
gique liégeois viennent confirmer des constatations anté- 
rieures et établir plus nettement la réalité de l'occupation 
romaine dans cette partie du Condroz ; il appartient aux 
recherches complémentaires qui y seront entreprises Tannée 
prochaine d'en apporter de nouvelles preuves. 



VI 



RECHERCHES ET ENQUETES A BORSU, 
LES AVINS, RAMELOT ET BUSIN. 

Enfin, en vue des fouilles de l'année prochaine, l'Institut 
s'est occupé de faire certaines enquêtes et de pratiquer 
quelques sondages aux abords des tumuli de Fontenoy, 
des Avins, de Ramelot et de Busm. 



VII 



Il convient, avant de terminer ce rapport, de rendre un 
juste tribut de reconnaissance à ceux qui ont facilité la 
tâche de l'Institut. 

Nos premiers remerciements iront à M me la comtesse 
de Borchgrave d'Altena, douairière de M. le baron Camille 
de Tornaco, ainsi qu'à M. le baron François de Tornaco, 
qui ont daigné accorder l'autorisation de fouiller leurs 
propriétés de Vervoz et d'Ocquier, puis au Conseil fabri- 
cien de Latinne qui, de son côté, a bien voulu, pendant 
deux ans, octroyer les permissions nécessaires pour explo- 
rer le cimetière franc de cette commune. 

Nous exprimons, d'autre part, de vifs sentiments de recon- 
naissance à MM. Rosoux, médecin-vétérinaire à Hannut, 
et Collard-Larock, propriétaire à Latinne, qui ont obli- 



— 113 — 

geamment laissé déblayer sur leurs terres les substructions 
de la villa de Latinne. 

Des remerciements sont dus enfin à MM. E. Davin- 
Rigot et Firmin Hénatfx, tous deux membres correspon- 
dants de la Société et qui, avec un désintéressement et 
un zèle auxquels il importe de rendre ici un hommage 
mérité, ont bien voulu se charger de l'organisation et de- 
là surveillance des fouilles. 

L. RENARD. 
Liège, 23 octobre 1903. 



ANTHISNES 
Une seigneurie ecclésiastique sous l'ancien régime 



LA SEIGNEURIE DE VIEN 



— *• 



Le présent travail a été entrepris pour sauver de l'oubli 
les précieux matériaux fournis par les archives du château 
d'Ouhar, à Anthisnes, les seuls à peu près qui puissent 
donner une idée exacte de ce qu'était ce village avant la 
révolution française. Nous n'étonnerons personne en disant 
que bon nombre de ces documents — copies authentiques 
pour la plupart — sont relatifs à des procès, ce qui prouve 
une fois de plus que nous devons à l'esprit chicanier de nos 
pères une mine, encore peu explorée, de renseignements 
puisés à des sources aujourd'hui perdues. 

Cela dit, on nous dispensera de multiplier nos références, 
et l'on saura que nous avons utilisé les archives locales, y 
compris les registres paroissiaux, chaque fois qu'une autre 
source ne sera pas indiquée. 



APERÇU HISTORIQUE. 

Sur les hauteurs de la rive gauche de l'Ourthe, à 28 kilo- 
mètres de Liège, la route de Gomblain-au-Pont à Ouffet 
côtoie le village d'Anthisnes, qui, avec le hameau de Vien 
et d'autres dépendances, s'étend sur 1 ,442 hectares 28 ares 
et compte 1 ,585 habitants (1). 

Son existence semble remonter à une haute antiquité. 
Sans parler de quatre petites élévations « en forme de forts » 
qu'on remarque à l'endroit dit les Stepennes, et des mon- 
naies romaines qu'on y a trouvées (2), il convient de dire 
un mot d'une autre découverte, faite en i836, dans la cam- 
pagne du Chènay, et dont le docteur Bovy (3) nous a con- 
servé le souvenir : 

« Il y a trois ans, » dit-il, « que MM. les barons de Waha 
» d'Ouhar, dont le château est à proximité, faisant extraire 
» du sable d'une fosse qui en est voisine, les ouvriers 
» découvrirent, à la profondeur de quatre pieds, une caisse 
» de forme oblongue. Le bois en était pourri : il tomba en 
» poussière au premier choc. Un vase s'offrit à leurs yeux; 
» ils s'en saisirent avec l'avidité d'hommes qui pensent 
» trouver un trésor. Jugeant, au poids, qu'il devait contenir 
» de l'or, et ne pouvant s'en assurer à cause des incrusta- 
» tions qui en bouchaient l'orifice, ils le brisèrent impi- 
» toyablement à coups de pioche, mais leur attente fut 
» bien déçue, lorsqu'ils n'en virent sortir que du sable. 

(i) Recensement du 3i décembre 1902. 

(2) Voy. Dkl Vaux, Dictionnaire géographique de la province de 
Liège, 2" édit., i ie partie, p. i5. 

(3) Promenades historiques dans le pays de Liège, t. II (1839), 
p. 1 53 et planche. 



— 117 — 

» Ils en ramassèrent néanmoins les fragments, ainsi que 
» d'autres débris, et les rapportèrent au château où ils 
» furent jetés élans un grenier, à l'exception de plusieurs 
» patères en terre cuite que les gens de la basse-cour firent 
» servir à divers usages domestiques; il en fut conservé 
» deux. Le cercueil paraissait être en bois de chêne, comme 
» on pouvait le reconnaître aux quatre angles qu'une gar- 
» niture de fer battu avait protégés contre les ravages du 
» temps, et qui se trouvaient très-bien conservés. Malheu- 
» reusementon ne sait ce que ces fragments sont devenus. 
» Les autres objets étaient aussi complètement oubliés, 
» quand le hasard me procura l'occasion d'en parler à 
» MM. de Waha, qui voulurent bien me les envoyer. Je 
» fus frappé de l'élégance et des formes gracieuses du vase, 
» de la belle ciselure de son anse, et de la perfection avec 
» laquelle l'artiste en avait traité les moindres détails. » 

Et en effet, ce vase, qui est en bronze et accompagné 
d'une cuvette à oreilles ornées de lévriers, est particulière- 
ment intéressant par les figures en relief et les scènes 
diverses que l'artiste a représentées sur son anse, et cela 
antérieurement à l'époque où se manifeste la décadence 
complète de l'art chez les Romains. Ajoutons que ces 
objets, après avoir passé dans les collections de M. Charles 
Davreux, ont été cédés par ses héritiers à l'Institut archéo- 
logique liégeois. 

Situé à l'extrémité orientale de la partie de la Belgique 
lotharingienne qui était échue au roi Charles le Chauve, le 
village d'Anthisnes passa à son fils Louis le Bègue, sous 
lequel on le trouve mentionné pour la première fois. Le 
4 avril 879, six jours avant sa mort, ce prince fit à un de 
ses fidèles nommé Ebroïn une donation comprenant le 
village d'Anthisnes, Antina, dans le pagus de Condroz, et 
celui d'Heure en Famenne, avec leurs serfs et toutes leurs 
appartenances (1). 

En 946, ces deux terres faisaient partie des biens qu'Eil- 

(i) Galliot, Histoire de la ville et province de Namur, t. V, 

p. 274. 



— 118 — 

bert, seigneur de Florennes (i), et sa femme Héresinde 
avaient donnés aux bénédictins du monastère de Waulsort 
qu'ils venaient de fonder. Le diplôme du 19 septembre de 
cette année, par lequel Otton I er , roi de Germanie, à la 
prière de l'archevêque de Mayence et de l'évêque de Liège, 
ratine cette fondation, nous apprend qu'il y avait alors à 
Anthisnes une église dédiée à saint Maximin et un manse 
seigneurial dont relevaient trente et un manses exploités par 
des tenanciers, deux brasseries et un moulin (2). 

A partir de cette époque l'abbé de Waulsort exerça les 
droits seigneuriaux à Anthisnes. Mais cette possession loin- 
taine étant naturellement exposée à toutes sortes de convoi- 
tises, il eut à la défendre maintes fois contre des tentatives 
d'oppression. Tantôt c'est Lambert, comte de Montaigu, 
qui prétend lever une imposition sur les dîmes novales de 
l'endroit (3), et qui ne renonce à ses prétentions qu'après 
avoir été convaincu d'injustice par les comtes de Namur 
et de Looz, le jour même où il était menacé de compa- 
raître en pleine cour impériale à Liège (3o mars 11 25) (4). 
Tantôt ce sont des « malfaiteurs » qui s'ingèrent dans les 
affaires de la justice, s'arrogent le droit de gîte et oppriment 
les habitants d'Heure et d' Anthisnes, au point que l'abbé 
est obligé d'implorer la protection du roi Conrad III. 

(1) Improprement appelé comte de Florennes. Voy. Roland, Hist. 
généal. de la maison de Rumi gny-Florennes , dans Ann. de la Soc. 
arch. de Namur, t. XIX. 

(2) Monumenta Germaniae historica, DD., t. I, p. 160. Le manse 
était une petite ferme qui comprenait des bâtiments d'habitation et 
une étendue de terre variable, mais toujours mesurée, suivant les ter- 
roirs, de manière à suffire à la subsistance d'une famille. En partant 
de cette donnée, on peut estimer à environ 200 habitants la population 
d'Anthisnes au x e siècle. 

(3) On nommait novale la dîme qui était perçue sur des terrains 
nouvellement acquis à la culture. Signalons comme existant alors à 
Anthisnes la dîme du lin, qui servait à confectionner le linge des reli- 
gieux, et que l'abbé Godescalc aliéna vers la fin du xi e siècle (Historia 
Walciodorensis monasterii, dans Mon. Germ. hist., SS., t. XIV, 
p. 53i . 

(4) Lahayk, Etude sur l'abbaye de Waulsort, annexe III, dans 
Bull, de la Soc. d'art et d'hist. du diocèse de Liège, t. V, p. q53. 



— 119 — 

Celui-ci, par un diplôme daté d'Aix-la-Chapelle le r r jan- 
vier 1146, reconnut que ces deux villages avaient été 
donnés à l'église de Waulsort libres de toute imposition, 
témoin le privilège de l'empereur Otton qu'il avait sous les 
yeux; en conséquence, il abolit les mauvaises coutumes qui 
s'y étaient introduites et rétablit les libertés dont ils jouis- 
saient du temps de ses prédécesseurs, Louis et Otton (1). 

Au xv e siècle, ces privilèges furent confirmés par les 
princes évêques de Liège, qui ordonnèrent à leurs baillis 
du Condroz de n'exiger des habitants d'Anthisnes ni tailles, 
ni crenées, ni impositions (2). Cependant des cotisations 
extraordinaires furent payées plus tard au receveur de son 
altesse, notamment sous le règne d'Ernest de Bavière, mais 
non sans protestation du seigneur abbé. 

Il fallut, pour faire table rase de ces exemptions sécu- 
laires, l'impérieuse nécessité de pourvoir aux énormes dé- 
penses occasionnées par les discordes civiles et le séjour des 
armées étrangères dans la principauté pendant les guerres 
de Louis XIV. On voit bien encore le baron de Haute- 
penne, bailli du Condroz, attester, le 2 mars i685, que le 
village d'Anthisnes n'est pas dans la matricule des tailles de 
son quartier; mais déjà les états du pays ont pris la réso- 
lution de ne pas s'arrêter à de pareilles protestations, et 
bientôt un mandement de Maximilien-Henri de Bavière, 
publié le 6 avril 1686, vient apprendre aux intéressés que 
« tous les villages de notre pays de Liège et comté de 
» Looz sans aucune réserve, qui ont ci-devant prétendu 
» quelque exemption, devront aussi payer toutes tailles et 
» impôts accordés et à accorder par nos états (3). » C'en 
était fait des franchises d'Anthisnes, et dans un tableau des 
communautés liégeoises imposées au xvm e siècle, on trouve 
le nom de ce village avec sa quote-part dans la taille (i). 

(1) Martene et Durand, Amplissima collectio, t. I, col. 7111. 

(2) Daris, Extraits du cartulaire de Saint-Laurent, dans Bull. 
précité, t. II, p. 184. A remarquer toutefois que l'auteur se trompe de 
dates ou de noms, en citant les lettres coniîrmatives des évêques Je 
Liège. 

(3) Ordonnances de la principauté de Liège, 3 e série, t. I, p. 54. 

(4) Bull, de l'Inst. arch. liégeois, t. XV, p. 470. 



— 120 — 

L'affection témoignée par Eilbert aux moines de Waul- 
sort ne devait pas rester sans imitateurs. En n33, grâce à 
la générosité de deux hommes libres, l'abbaye put ajouter 
à son domaine l'alleu de Vien (Vilenq), contigu à Anthisnes : 
de Godefroid de Rachamps et de son épouse Gerberge, elle 
reçut le manoir seigneurial et la moitié de l'église de l'en- 
droit ; de Nicolas de Hérock et de sa femme Osilie, les trois 
quarts de l'autre moitié (très partes alie medietatis), avec 
terres, prés et bois. Cette libéralité se fit par l'entremise du 
comte Godefroid de Namur, comme avoué principal de 
Waulsort, et de Lambert de Montaigu, dans le comté du- 
quel se trouvait la terre de Vien (i). 

Bien que ratifiée plusieurs fois par les évêques de 
Liège (2), la donation de Vien fut cause d'un long procès 
que l'église de Waulsort eut à soutenir, après avoir joui 
paisiblement de son bien durant plus de soixante ans. Un 
nommé Conon Spiruet et sa femme Aelide, se disant héri- 
tiers de la dame Osilie, en chassèrent les gens de l'abbaye. 
L'abbé eut recours au haut avoué de son église, le comte 
de Luxembourg, qui chargea le prévôt de Durbuy de con- 
voquer les parties à Sény (1221). Spiruet étant mort, sa 
veuve comparut seule, mais elle refusa de s'expliquer, allé- 
guant que l'alleu de Vien se trouvait dans le comté de 
Montaigu et ressorti ssait à la cour de ce comté (3). 

Les plaideurs finirent cependant par s'accorder : le 
27 mai 1235, en présence d'Ermesinde, comtesse de Luxem- 
bourg, Aelide et ses enfants confessèrent leurs torts et 
renoncèrent à leurs prétentions; de son côté, l'abbé de 
Waulsort, Henri de Graux, leva l'excommunication pro- 
noncée contre eux, puis il consentit à convertir en un fief 
héréditaire, au profit des fils d'Aelide et pour être tenus à 
perpétuité de son église, le manoir et la terre de Vien, à la 
réserve de la grosse et de la menue dîme, de la Commine 
quœ est rétro Segetum et de quelques redevances (4). 

1 1 . Analectes pour servir h l'histoire ecclésiastique de Belgique, 
t. XVI, p. 36. Cf. Lahaye, ouvi . cité, annexes III et XIV. 

12) Analectes, loc. cit.; Martkne et Durand, Ampl. coll., t. I, 

Col . i|I I . 

(3) Lahaye, ouvr. cité, annexe XIV. 
(4; Ibidem, annexe XXIII. 



— 121 — 

Durant plus de sept siècles, la congrégation de Waul- 
sort resta en possession de la seigneurie d'Anthisnes. 
Après l'avoir engagée plusieurs fois pour subvenir aux 
dépenses que lui occasionnaient ses propriétés de la 
frontière, sans cesse dévastées par les armées, elle se vit 
obligée de vendre tous ses biens du Condroz, savoir : la 
seigneurie et la ferme d'Anthisnes, avec la cour censale et 
la cour féodale, la ferme de Vien, la collation des cures 
de ces deux villages, les dimes, cens, rentes et générale- 
ment tous les droits appartenant à l'abbaye. L'acquéreur 
fut l'avoué même d'Anthisnes, Conrard de Crisgnée 
(12 mars i663); mais comme il ne réussit pas à obtenir 
l'agrément du saint-siège, le contrat fut déclaré nul et non 
avenu. Les mêmes biens, remis en vente, furent défini- 
tivement achetés, le i5 décembre 1664, par Guillaume 
Natalis, abbé de Saint-Laurent, moyennant la somme de 
16,000 patacons, outre les charges (1). Ils restèrent ainsi 
la propriété de l'ordre de Saint-Benoît, qui les conserva 
jusqu'à la révolution française. 

Depuis un temps immémorial, Anthisnes et Vien fai- 
saient partie de la principauté de Liège (2), et leurs cours 
de justice ressortissaient en appel à celle des échevins de 
Liège (3). Par un contrat d'échange du 23 avril 176S, le 
prince évèque d'Oultremont céda ces deux villages à 
Jacques de Hubin, prince abbé de Stavelot, dont les terres 
étaient voisines. Conséquemment à cette convention, le 
ressort ordinaire de la cour d'Anthisnes, tant au civil qu'au 
criminel, fut transféré à la cour haute et féodale de Stave- 
lot, et celui de la cour de Vien à celle de Malmedy (6 octobre 
1769) (4). 

( 1) Cartulaire de Saint-Laurent, au séminaire épiscopal de Liège, 
t. VI; copie dans Le Fort, 3 e partie, aux archives de l'Etat, à Liège. 
La valeur intrinsèque du patacon est d'environ 5 fr. 47. 

(2) Il y a donc lieu de s'étonner que parmi les seigneuries relevées 
à la cour féodale de Liège par les abbés de Waulsort, on ne rencontre 
pas Anthisnes. Voy. Poncelet, Le livre des fiefs de l'église de Liège 
sous Adolphe de la Marck, p. lviii. 

(3) Grand greffe A, n° 3 1 cS, fol. 177, aux archives de l'Etat, à Liège. 

(4) Polain, Recueil des ordonnances de la principauté de Stave- 



— 122 — 

Le changement qui venait de s'opérer ne rendit pas à 
Anthisnes ses anciens privilèges en matière d'impôts. En 
effet, le contrat d'échange portait que dorénavant les habi- 
tants des deux communautés contribueraient aux charges 
publiques comme les autres sujets du prince de Stavelot. 
Aussi, malgré la protestation de l'abbé de Saint- Laurent 
et la réclamation de leurs députés, les deux villages furent- 
ils taxés au trente-troisième des charges de la généralité, 
dans la proportion de 38 pour Anthisnes et de 14 pour 
Vien (1). 

Il restait à régler la situation des deux communautés au 
point de vue militaire. C'est ce que l'abbé Gélestin Thys 
fit par un mandement du 27 juin 1787, statuant que les 
habitants d'Anthisnes et de Vien formeraient une compa- 
gnie dans le régiment de Logne aux ordres de son châte- 
lain (2). 

LA SEIGNEURIE D'ANTHISNES. 

LA COUR DE JUSTICE. - LES PLAIDS. 

LA COUR EÉODALE. 

Un record de l'an i5o,3 (3) constitue, avec une quin- 
zaine de procès-verbaux des plaids de la communauté 
(1532-1780), la source principale à consulter sur les reve- 
nus et les droits du seigneur d'Anthisnes. 

Voyons d'abord comment, en 1743, Saumery décrit sa 
maison ou plutôt l'édifice qui servait à l'exploitation des 
terres qu'il avait en propre (4) : « C'est, » dit-il, « un amas 
» de plusieurs gros bàtimens construits en diférens tems, 

lot, pp. 327 et 433. Cf. J. Halkin, Invent, des arch. de ïabbaye de 
Stavelot-Malmedy , dans Bull, de la Comm. roy . d'histoire, 5 e série, 
t. VII, p. 3 7 8. 

( 1 ) Villkrs, Histoire chronologique des abbés-princes de Stavelot 
et Malmedy, t. 1, p. n; t. III, pp. 270-282. En 1769, Anthisnes fut 
imposé à 38o florins, et Vien à 140. 

(2) Polain, ouvr. cité, p. 371. 

(3) Pièces justificatives, n° V. 

(4) Les Délices du pais de Liège, t. III, p. 190, avec planche. 



— 123 — 

» mais tous avec beaucoup de solidité. Le premier qui se 
» présente, est un 1410s pavillon bâti Tan i683, qui soutient 
» un portail où l'architecture étale ce qu'elle a de plus 
» majestueux. On remarque entre ses divers ornemens 
» une statue de saint Laurent, travaillée avec beaucoup 
» d'art. Ce portail qui est détendu par une tour isolée, 
» sert d'entrée à une vaste basse-cour, où rien ne manque 
» de ce qui fait les richesses de l'économie rustique. 
» L'église paroissiale qui la borde au midi, et deux belles 
» fontaines ne contribuent pas peu à l'embélissement de 
» cette superbe basse-cour. Le côté occidental est bordé 
» par un mur à hauteur d'apui, qui renferme une galerie 
» découverte, de quinze à seize pies de largeur. Cinq portes 
» qu'on y trouve couvertes d'autant de pavillons, four- 
» nissent l'entrée du corps de logis, dont les apartemens 
» sont plus vastes que nombreux. Ils ocupent une face du 
» bâtiment que termine une tour quarrée, surmontée d'une 
» flèche qui en rehausse infiniment l'aparence. » 

Cette page, malgré l'enflure du style, nous donne assez 
bien l'idée de ce qu'est encore aujourd'hui la grande ferme 
seigneuriale. Presque tous les bâtiments, y compris la tour, 
ont été construits ou réédifiés, après 1664, par l'abbé de 
Saint- Laurent, Guillaume Natalis, dont ils portent les 
armes et la devise : Corde et animo. Seul, le corps de logis 
remonte à l'époque des abbés de Waulsort et de Hastière, 
ainsi que l'atteste l'inscription suivante placée au-dessus de 
la porte d'entrée : 

DNS. NICOL : SARTEAV 
ABBAS. WALS : HAST : 

ME. FIERY. IVSSIT 

ANNO. DNI. l554. 

Quant à la statue de saint Laurent, inutile de dire 
qu'elle a disparu. 

En 1 585, la censé du seigneur comprenait environ 
85 1/2 boniers, tant en bâtiments, prairies et pacages, qu'en 
terres labourables et trixhes (friches). Dans la suite, on 
trouve d'autres contenances, mais sans écarts bien consi- 

■2 



— 124 — 

dérables. C'était un labeur de trois charrues à la saison (i), 
dont on estimait le rendement, bon an mal an, à 200 
muids, deux tiers épeautre et un tiers avoine, moins quel- 
ques rentes. 

Ajoutons que le seigneur ou son représentant jouissait, 
autant que quatre manants ensemble, des droits de chauf- 
fage, de pacage et de maisonnage (-2) dans les aisemences 
ou biens communaux d'Anthisnes. En iôqS, ces avantages 
valaient plus de 100 dalers, d'autres disaient 100 florins 
de Brabant. 

Quand vint la révolution française avec son cortège de 
confiscations, la ferme dite « maison seigneuriale d'An- 
thisnes » fut mise en vente le 12 thermidor an V (3o juillet 
1797) et adjugée au prix de 63, 000 livres au citoyen Ver- 
ninck comme fondé de procuration de Servais Régner, 
ex-croisier de Liège (:-i). Elle appartient aujourd'hui à 
M. Cartuyvels de Collaert. 

Jusqu'ici le seigneur d'Anthisnes ne nous apparaît pas 
autrement qu'un grand propriétaire de village, à tel point 
que la taille et la dîme se levaient sur ses terres comme 
sur celles d'un simple manant (4). Ce qui le met hors de 
pair, c'est qu'il a la haute, la moyenne et la basse justice, 
c'est-à-dire la prérogative d'établir un tribunal connais- 

(1) L'assolement triennal, usité en Condroz, comportait trois sai- 
sons ou soles, c'est-à-dire qu'on divisait la terre en trois portions, 
pour les cultiver suivant un roulement annuel : l'une était la saison 
des épeautres ; l'autre, celle des metrsages ou des avoines ; la troi- 
sième, celle des jachères. Il en résultait qu'une ferme de 10 boniers 
à la saison, par exemple, était en réalité une ferme de 3o boniers. 

(2) Droit de prendre des bois de construction pour son usage. 

(3) Ventes des biens nationaux, Procès-verbaux, n° 245. Commu- 
nication due à l'obligennce de M. Th. Gobert, archiviste de la pro- 
vince. 

(4) Pour ce qui est de la dîme, on pourrait mettre la chose en doute 
si l'on voulait s'en tenir à un témoignage produit en 1 5<^2> (Pièces jus- 
tificatives, n° V), mais dans le contrat fait avec l'amodiateur des biens 
de l'église de Waulsort, en 1627, il est expressément stipulé que 
celui-ci pourra rentrer chez lui les dîmes provenant des terres de 
l'abbaye. 



— 125 

sant des affaires civiles et des affaires criminelles. Ce tri- 
bunal était composé de sept échevins et préside par un 
maïeur qui remplissait dans le village le même office que 
le grand maïeur de Liège. Son rôle consistait à poursuivre 
les malfaiteurs; à semoncer les échevins, en d'autres termes 
à les requérir de donner leur avis ou de prononcer leur 
sentence; à faire mettre en warde de loi ou inscrire offi- 
ciellement les attestations produites en justice. Un grenier, 
pris ordinairement, comme le maïeur lui-même, parmi les 
échevins, et un sergent chargé de donner des exploits et de 
faire des exécutions, étaient les auxiliaires indispensables 
de ce tribunal. 




Sceau des échevins d'Anthisnes. 

Les droits de l'abbé de Waulsort, en tant que justicier 
d'Anthisnes, se trouvent déjà définis dans un texte du com- 
mencement du xm e siècle, qui n'est que le résumé de l'ex- 
posé ci-dessus : « Excessus modicos et ingentes abbas per 
» villicum et scabinos ac suos homines débet tractarc, per 
» forestarium suum partes citare (1). » 

Si, en matière criminelle, la procédure se faisait par 
autorité de la justice d'Anthisnes, il ne s'ensuit pas que 
celle-ci pouvait se dispenser de prendre l'avis d'une cour 
supérieure et d'agir autrement que suivant la rencharge 
ou les instructions des échevins de Liège, « ses chefs et 
maîtres. » Cette obligation est attestée par différentes pièces, 
tant du XVII e que du xvm e siècle. Un document plus ancien 
nous apprend que la justice, autrement dit le lieu des exé- 

| 1 1 Pièces justificatives, n° I. 



- 126 - 

cutions, se trouvait au « chêne Cornet », à la limite de la 
seigneurie du côté de Vien. 

Au privilège de juridiction devait naturellement être 
attaché le droit d'en retirer les fruits. C'est pourquoi les 
confiscations appartenaient au seigneur. Il en était de même 
des amendes, mais dans la mesure portée par les ordon- 
nances et sauf la portion afférente au voué. 

En sa qualité de justicier, le seigneur se faisait inau- 
gurer dans des formes analogues à celles qui étaient en 
usage pour les princes territoriaux. Les abbés de Waul- 
sort, dont la résidence était fort éloignée d'Anthisnes, se 
contentaient de se faire représenter à cette cérémonie. Ce- 
pendant l'un d'eux, Nicolas Sarteau, y assista le 17 mars 
i552, à l'occasion d'un plaid de quinzaine (t). Voici com- 
ment les choses se passèrent : 

Le seigneur abbé avant requis la cour de justice de le 
reconnaître, le maïeur et les échevins renouvelèrent en ses 
mains le serment de fidélité qu'ils avaient fait à ses prédé- 
cesseurs. De son côté, le seigneur fit de même, c'est-à-dire 
qu'il leur promit loyauté ; puis il demanda aux masuirs et 
habitants ajournés par le sergent s'ils voulaient, eux aussi, 
renouveler leur serment et lui prêter assistance et hom- 
mage, ainsi qu'il convient à de bons sujets. A quoi Jean 
de Soheit l'aîné, Lion, son frère, Adam Corbeau, voué 
d'Anthisnes, et toute la communauté, après avoir ouï la 
lecture de leurs privilèges, répondirent qu'ils ne reconnais- 
saient d'autre seigneur que l'abbé de Waulsort et décla- 
rèrent lui devoir aide et obéissance. Dès qu'ils lui eurent 
juré fidélité, l'abbé leur promit à son tour, la main sur la 
poitrine, de leur être bon et loyal seigneur, et de les main- 
tenir, envers et contre tous, en possession de leurs aise- 
mences, chartes et privilèges (2). 

Dans la même assemblée, le seigneur édicta que doré- 
navant aucun afforain (étranger) ne pourrait être eession- 

1 En vertu des paix et des édits, les justices rurales du pays de 
Liège étaient obligées de tenir leurs plaids au moins tous les quinze 
jours (Ord. de la princ. de Liège, i re série, p. 702: 2 e série, t. I, p. 3). 

2 Pièces justificatives, n° IV. 



— 12? — 

naire d'une coupe dans les bois d'Anthisnes, et que la 
moitié des amendes encourues par les contrevenants serait 
attribuée à leurs dénonciateurs; ce qui fut aussitôt publié 
parle sergent au lieu accoutumé (i). L'abbé statua encore 
que tout manant qui voudrait avoir du bois pour bâtir, 
en pourrait obtenir de la justice autant qu'il affirmera par 
serment lui être nécessaire. Enfin, il fut ordonné aux ma- 
suirs de remettre les chemins en bon état, chacun suivant 
l'importance de son héritage. 

Telles sont les principales résolutions qui furent prises 
dans ce plaid de quinzaine. Mais c'était presque toujours 
dans les plaids généraux, où tous les habitants étaient 
obligés de se trouver, à moins d'excuse légitime, que se 
faisait l'inauguration du nouveau seigneur. Les abbés de 
Saint-Laurent ayant succédé à ceux de Waulsort, y ve- 
naient en personne et tout se passait comme du temps de 
Nicolas Sarteau, sauf que le cérémonial n'était pas tou- 
jours le même. Dans ce cas, le religieux qui accompagnait 
l'abbé requérait la cour de justice de mettre le prélat en 
possession réelle de la seigneurie, et ce dernier n'était 
introduit qu'après l'accomplissement de cette formalité. 

Considéré au point de vue de ses attributions ordi- 
naires, le plaid général, à Anthisnes, ne différait en rien 
de ce que M. Edmond Poullet rapporte de cette institu- 
tion dans les anciens Pays-Bas : « Lui seul, » dit-il, « pou- 
» vait parler au nom de la communauté villageoise et 
» disposer de ses intérêts propres. Il prenait des résolu- 
» tions sur la gestion des biens communaux et sur cer- 
» taines questions locales. C'est pendant sa réunion que 
» l'autorité promulguait d'habitude les ordonnances de 
» police, qu'elle réglait, de concert avec les intéressés, ce 
» qui concernait les charges financières du village, qu'elle 
» procédait au cerquemanage et tranchait les questions 
» relatives aux cours d'eau, aux poids et mesures, aux che- 
» mins publics (2). » 

1 1 ) Sans doute au pied du perron qui se trouvait en face de la 
maison seigneuriale et qu'on distingue fort bien sur la planche des 
Délices. 

12) Edmond Poullet, Histoire politique nationale, etc.. 2 e édit., 



— 128 — 

Les convocations se faisaient de porte en porte par le 
sergent, et les manants étaient assemblés au son de la 
cloche, soit dans la maison seigneuriale, soit en face de la 
demeure du voué, sous le tilleul où l'on affichait les cris 
du perron. 

Les plaids généraux étant tenus de la part du seigneur, 
celui-ci, quand il n'y assistait pas lui-même, y envoyait un 
procureur qui,}sous les abbés de Saint-Laurent, était tou- 
jours un des compteurs du monastère. 

L'impôt était naturellement un des objets les plus im- 
portants ; soumis aux délibérations de l'assemblée. Le pro- 
duit en devait être appliqué aux besoins de la communauté 
et l'on ne pouvait le détourner de son but. En i585, la 
taxe ayant été assise sur les propriétés, une commission 
composée du maïeur, des échevins et de trois experts asser- 
mentés, en fit le dénombrement et l'estimation. Le revenu 
des maisons, jardins et prairies fut évalué à deux muids 
le bonier ; celui des terres labourables, à un muid ; et 
chaque muid, y compris le produit des dîmes, fut taxé 
à 2 patards. Quant aux aisemences ou communes, qui 
consistaient en i5o boniers de bois, savoir le bois délie 
Heyd (i) et celui de Tolumont, elles étaient taxées à 
1 1/2 patard le bonier. 

En 1675, à la suite d'une imposition de tailles néces- 
sitée par les exactions des troupes étrangères, le prélat de 
Saint-Laurent, le maïeur et les députés de la communauté, 
se conformant à un usage déjà établi, firent une autre 
ordonnance. Le tiers de l'impôt devait se payer par feu 
— il y en avait une soixantaine — et les deux tiers, d'après 

t. I, p. 541. — D'après Raikem et Polain, Coutumes du pays de 
Liège, t. I, p. K)i, il y avait, dans les campagnes, trois plaids géné- 
raux : le premier, le jour de saint Rémi, 1 e1 ' octobre; le second, le 
lendemain de l'Epiphanie, 7 janvier; le troisième, le lendemain de la 
Quasimodo. Il est toutefois à remarquer que cette règle n'était pas 
suivie à Anthisnes. 

(1) Le bois délie Heyd, aujourd'hui bois d'Anthisnes, qui confine 
à la commune de Villers-aux-Tours, tirait son nom d'un château situé 
dans ce village et dont toute trace a disparu. Voy. sur ce fief, Bull. 
de t'Inst. arch. liégeois, t. XXIV, p. 3 12, et t. XXXII, p. 160. 



— 129 — 

la valeur des héritages ; de sorte qu'il fallait acquitter une 
taille personnelle et une taille réelle. En conséquence, les 
maisons, jardins et prairies furent taxés à 6 patards le 
bonier ; les bonnes terres et les pacages, à 3 patards ; et les 
mauvaises terres, à 6 liards. 

Pour en revenir aux plaids généraux, disons que l'amé- 
nagement des bois, les règles à suivre par la cour de jus- 
tice dans la distribution des coupes et des sarts (terres à 
essarter) entre les particuliers, la protection de l'agricul- 
ture et des glaneurs, la défense de chasser et de porter des 
armes prohibées, les mesures propres à conserver le gibier, 
la police des cabarets, tout cela était de leur ressort; si 
bien qu'en 1772, on put en faire un code composé de 
71 articles, qui furent confirmés, le g mars, par le prince 
abbé de Stavelot, « souverain d'Anthisnes et de Vien (1). » 

On aurait tort de croire que les manants ne jouaient, 
aux plaids généraux, qu'un rôle effacé. Non seulement ils 
étaient quelquefois les premiers à demander ces réunions, 
mais ils y avaient leur franc parler, témoin la plainte qu'ils 
formèrent, en i55o, contre l'un d'eux qui, malgré leurs 
réclamations réitérées, détenait la maison de l'Hôpital, 
léguée à la communauté pour y héberger les pauvres et les 
malades. 

Un procès-verbal des plaids généraux tenus le 21 oc- 
tobre 1692, nous apprend encore qu'on y fit l'élection de 
deux bourgmestres, Etienne de Villers et Gilles de Labbye. 
Ils étaient nommés pour deux ans, « avec tout pouvoir 
» qu'à bourgmestres appartient, comme de faire asseoir 
» tailles, en lever les deniers, les appliquer conformément 
» à l'ordonnance faite sur ce sujet et d'en rendre compte 
» par devant le seigneur ou la justice (2). » Depuis lors on 
mentionne de loin en loin le ou les bourgmestres, simples 

(1) Polain, Ordonnances de la principauté de Stavelot, p. 340. 
Plusieurs articles concernant les bois et pâturages sont empruntes au 
règlement de Georges d'Autriche (24 décembre 1 5 5 1 ) , qui, d'ailleurs, 
avait force de loi lorsqu'Anthisnes appartenait au pays de Liège. 

(2) Daris, Extraits du cartulaire de Saint-Laurent, dans Bull, de 
la Soc. d'art et d'hist. du diocèse de Liège, t. II, p. 188. 



— 130 — 

fonctionnaires, on le voit, qui semblent avoir remplacé les 
collecteurs des tailles. 

Outre la cour de justice, il y avait à Anthisnes une 
cour féodale et une cour censale qui, elles aussi, prêtaient 
serment au nouveau seigneur; car lorsque les fiefs furent 
devenus héréditaires, le vassal pouvait constituer non seule- 
ment des arrières-fiefs, mais aussi des cens (redevances) 
annuels et héritables. 

La cour féodale exerçait sa juridiction sur les fiefs 
mouvants de la seigneurie. Elle était présidée par un bailli 
ou lieutenant des iiefs, qui souvent cumulait ces fonctions 
avec celles de maïeur. 

En 1627, suivant une note autographe de Godefroid 

d'Anthisnes, les droits perçus à chaque mutation de vassal 

étaient : 

Au seigneur, 20 florins de Brabant. 

Au bailli , au chambellan et au grenier, 

i , w ." 1 ,. ,. ' à chacun 40 patards. 
un plein fier, j » 1 t j r ,- 

I A chaque homme de nef présent, un 

quart de rixdaler. 

Au seigneur, la dépouille d'un an avec 
le choix entre trois. 

Au bailli, au chambellan et au greffier, 
à chacun 1 postulat valant 18 patards. 

A chaque homme de fief présent, 4 sous. 



Pour 



Pour 
un menu fief 



Pour le relief de main à bouche d'un plein fief, le bailli, 
le chambellan et le greffier recevaient chacun 40 sous. 

S'agissait-il d'un menu fief, ils recevaient 1 postulat, et 
les hommes présents, 4 sous. 

Les menus fiefs, au nombre de treize, ne méritent pas 
qu'on s'y arrête. C'étaient de petits héritages, tels que des 
maisons avec jardins et des rentes foncières payables en 
épeautre. Les pleins fiefs, au contraire, ont presque tous 
leur histoire. On en comptait cinq, ainsi désignés par 
Godefroid d'Anthisnes, en 1627, d'après les noms de leurs 
possesseurs : 

i° Les biens du voue. Voy. ci-après : L'avouerie d'An- 
thisnes. 



— 131 — 

2° La maison du seigneur de Villers-aux-Tours à An- 
thisnes, avec i3 bottiers d'héritage (i). 

Jean Baré, qui vivait à Anthisnes au commencement du 

XV e siècle, est le premier possesseur connu de ce fief, dont 
le siège était près de l'église paroissiale. 

11 eut pour successeur Jacquemin ou Jacques de So- 
heit, écuver, qui ayant épousé sa fille Elisabeth, alla se 
fixer à Anthisnes, et tandis que la propriété qu'il habitait 
prenait le nom de bien de Soheit, on l'appela lui-même 
Jacques d'Anthisnes ou plutôt il fut désigné indifférem- 
ment sous l'un ou Tautre de ces noms. 

Un contrat de mariage du 28 novembre 1453 (2) vient 
confirmer ce qui précède. Ayant à doter sa fille Marie, qui 
allait épouser Jacquemin de Crisgnée, Jacques de Soheit 
lui promit une rente de trente muids d'épeautre assignée 
« sur une court, maison, jardin, cheruwaige et assiese 
« gissant au dit lieu d'Anthisnes, qui jadis fut Jehan 
» Bareit (3). » 

La situation de ce fief nous est indiquée par un acte 
du 6 mai 1461, constatant que Stassin Chabot, maïeur de 
Liège, releva une rente de huit muids d'épeautre assise 
« sur la maison, tenure et porprise joindant al englise 
» d'Anthine, et que ledit Jakemien (Jacques d'Anthisnes) 
» tient à présens. » 

Jean de Soheit dit d'Anthisnes, fils de Jacques, lui suc- 
céda. Son père avait été maïeur d'Anthisnes; lui devint 
échevin de Liège et mourut vers 1491 (4), laissant au 
moins deux fils dont le second, François, releva de l'abbé 
de Waulsort, le 17 janvier 1497 : i° « la court, maison, 
» jardin et pourprisse joindant du costé vers l'église a 

(1) Ici, comme dans ce qui suit, on ne peut juger de l'importance 
d'une propriété par celle du fief, attendu que les terres censales étaient 
infiniment plus nombreuses que les terres féodales. 

(2) Echevins de Liège, Convenances et testaments, reg. i3, fol. 
84 V . 

(3) De là vient que Jacquemin de Crisgnée, qu'on retrouve comme 
bourgmestre de Liège en iq85, s'appela aussi d'Anthisnes. 

(4) Chev. de Bohman, Les echevins de la souveraine justice de 
Liège, t. II, p. 67. 



— 132 — 

» cemita (au cimetière), du costé qu'on dist vers Touli- 
» mont aile ruelle qui vat de Villen à Comblent; » 2° deux- 
pièces de terre à Anthisnes; 3° la cour et maison d'Ouhar, 
avec le jardin et quatre boniers de terres. 

François de Soheit fut longtemps maïeur d'Anthisnes 
et mourut en fonction le 18 avril 1542. Jean, l'aîné de ses 
fils, eut la maison paternelle et les biens d'Anthisnes qu'il 
releva du nouveau seigneur le 17 mars i552. Lion, un 
des puînés, eut la censé d'Ouhar et fut bailli de la cour 
féodale d'Anthisnes. 

Jean de Soheit, devenu échevin de Liège en 1 5 3 9 , ré- 
signa ses fonctions en 1 5(5 1 (1). 11 semble avoir été le der- 
nier de sa famille qui ait porté le nom d'Anthisnes. Son 
fils François, seigneur foncier de Lesvc, habita le comté 
de Namur et fut le père d'un autre Jean de Soheit, égale- 
ment seigneur de Lesve. Ce dernier, dégoûté probable- 
ment de sa propriété d'Anthines qui ne cessait d'être une 
source de procès, commença par se débarrasser d'un cer- 
tain nombre de terres censales grevées d'hypothèques 
(4 décembre îSgS) ; puis il vendit, le i3 janvier i5cj4, à 
Warnier Briffoz, seigneur de Villers-aux-Tours, tout ce 
qui lui restait de biens à Anthisnes (2). 

Nous avons vu qu'en 1627 le fief ci-dessus appartenait 
à un seigneur de Villers. Anne Briffoz, fille de Warnier, 
en ht relief le 28 février i636. Vendu ensuite, selon toute 
apparence, à Godefroid, voué d'Anthisnes, il figure dans 
son testament du 1 1 juillet i65o. Celui-ci étant décédé sans 
enfants l'année suivante, le prélocuteur Jean-Baptiste de 
Nuvolara, un de ses légataires, racheta aux jésuites la part 
que le défunt leur avait laissée dans « les biens et héritages 
de la tour de Laives » (24 octobre i65i) (3). Après sa 

(i) DE BORMAN, OUVr. cité, t. II, p. 122. 

(2) D'après un dénombrement fait en 1 585, le bien de Soheit com- 
prenait 68 1/2 boniers. 

(3) Protocole du notaire Gérard Doujfet, aux archives de l'Etat, 
à I.iége. — Suivant un dénombrement postérieur au 28 décembre 
1675, les propriétés de Nuvolara à Anthisnes. y compris les petites 
fermes de Tillioux- Roland et de Tolumont, contenaient au delà de 
96 boniers. 



- 133 - 

mort (5 juillet 1680), <> la censé proche de l'église d'An- 
thinne » passa dans une autre famille par suite du mariage 
de sa fille Julienne-Ferdinande avec ilerman Omalius, un 
des greffiers de la souveraine justice de Liège, dont les 
descendants la conservèrent jusqu'à nos jours (1). 

Saumery, dans ses Délices du pais de Liège (t. III, 
p. i()3), n'oublia pas de parler de la maison d'Omalius. 
Voici ce qu'il en disait en î 743 : « C'est une solide tour 
» quarrée, qui, acompagnée de divers bâtimens, forme 
» un corps de logis aussi commode que propre et bien 
» entendu : des deux cours qui en dépendent. Tune, assés 
» petite, est ornée d'une jolie fontaine, qui y répand une 
» agréable fraîcheur; l'autre, plus vaste, est bordée de 
» tous les bâtimens nécessaires aux usages d'un fermier. 
» Le jardin, situé à l'autre côté du chemin, est grand et 
» bien entretenu ; son terrein est partagé en plusieurs 
» quarrés, couverts des plus doux présens de Flore, mêlés 
» de quelques ifs, taillés en piramides. Un des coins de ce 
» parterre est ocupé par un gros pavillon, qui forme un 
» apartement complet; un autre est couvert d'un angar, 
)> soutenu d'un mur qui en fait une espèce de cabinet. < )n 
» trouve tout auprès une grande et magnifique fontaine, 
» qui, placée vis-à-vis de la porte, y forme un coup d'œil 
» riant et flatteur. » 

3° Les biens du seigneur de Villhien à Villhien, dont 
nous parlerons en traitant de la seigneurie de Vien. 

4 Le moulin et cinq à six boîtiers de prairies du sei- 
gneur de Rennestienne (Renarstein), à Poulscur. (Test le 
moulin d'Embiérir, près de Poulseur, lequel fut déjà relevé 
de l'abbé de Waulsort le 27 septembre i36i. 

5° La maison, les jardins et le cortil à la Chesne du 
seigneur de Pouhons, à Anthisnes. Fief compris dans un 
bien de 65 \/-2 boniers, que le dénombrement de i585 de- 
signe de la manière suivante : « La maison, court, jardin, 
» prairies et cherwaige qui ja fut appartenant à feu Raskin 
» de M y, que tient à présent le seigneur vowé. » 

Ce Raskin de M y, seigneur de Bohon et de Fermine 

(1) Le propriétaire actuel est M. Joseph Dupont-Nollei 



— 134 — 

(prévôté de Durbuy), mourut le 28 décembre 1 54 1 (1). Il 
eut, entre autres enfants, une tille nommée Marie, qui hé- 
rita de son bien d'Anthisnes et épousa Adam Corbeau, 
voué de l'endroit (contrat du 5 juillet 1547). Après la mort 
de Marie de M y et par acte du 16 janvier i5g2, le voué et 
son fils Florent d'Anthisnes vendirent cette propriété à 
Ogier Boileau, châtelain de Harzé (-2), dont les descen- 
dants la conservèrent jusqu'au 8 février 1768, jour où le 
chanoine Pierre-Joseph de Boileau, seigneur de Vien, en 
fit donation à Jacques Beghein, échevin de Liège (Voy. 
ci-après : La seigneurie de Vien). 

Presque tous ces Boileau furent coseigneurs de Poux- 
hon ou des Pouxhons à Ernonheid, près de Harzé (3), de 
sorte que leur bien d'Anthisnes finit par s'appeler aussi le 
fief de Pouxhon. C'est le nom que lui donne Saumery, 
lorsqu'il nous apprend que, de son temps, ce qui subsistait 
encore des anciens bâtiments était entièrement négligé et 
abandonné à un censier (4). 

Le seigneur ne percevant un droit de relief que lorsque 
le fief changeait de propriétaire, ne tirait de là qu'un 
revenu fort irrégulier. Il en était tout autrement des rede- 
vances grevant à son profit les biens des censitaires. On y 
trouve des rentes en épeautre échéant à la Saint- André, 
des cens en grains (épeautre ou avoine) et en argent 
payables à la Saint-Etienne (lendemain de Noël), des cha- 
pons et des œufs de cens payables à Pâques. 

Mais c'étaient les dîmes, qui, après ses biens au soleil, 
constituaient la principale source des revenus du seigneur. 
Toutefois elles ne lui appartenaient pas exclusivement : il 
avait les 5/6 de la grosse dîme, laquelle était estimée, en 
1 385, à 60 muids (40 d'épeautre et 20 d'avoine), et les 2/3 

(1) Léon Naveau, Analyse du recueil d'épitaphes de J .-G. et de 
H. -G. Le Fort, p. 265. 

(2) A noter que l'acte parle non seulement d'une maison, mais 
d'une tour. 

(3) Par achat du 25 août i 5<)4. 

(4) Vers cette époque ( i 743), la censé de Pouxhon comprenait à 
peu près 78 boniers. Elle appartient aujourd'hui à M. Giltay-Le'onard. 



— 135 — 

de la menue dîme, qui rapportait 12 florins de Brabant 

Le reste était payé au curé d'Anthisnes (1). 

Tout cela ensemble, terres, cens, rentes, dîmes, droits 
et émoluments, valait en i3<»3 plus de 1,000 florins de Bra- 
bant de revenu ; et dans les années de cherté, telles que 
1 383 et l586, le locataire en avait retiré 2,000 à 3,ooo flo- 
rins (2). Nous disons le locataire, parce que, à cette 
époque, la seigneurie et les biens de l'abbaye de Waulsort 
à Anthisnes étaient affermés à Jean de Romerée, seigneur 
de Fraipont (Haute-Fraipont). L'usage de les amodier 
remontait d'ailleurs à un temps immémorial et devait en- 
core être observé dans la suite. On a conservé la copie du 
bail que l'abbé Pierre Poilvache lit à Waulsort, le 1 1 jan- 
vier 1627, avec Godefroid d'Anthisnes, seigneur de Hody, 
stipulant tant pour lui que pour son père Florent, haut 
voué d'Anthisnes. Il lui abandonne, pour neuf ans, à dater 
du i er mai suivant, la jouissance des fermes, dîmes, cens 
et rentes que son monastère possède à Anthisnes et à Vien, 
movennant un fermage annuel de 900 florins et l'obliga- 
tion d'acquitter toutes les charges. L'abbé lui cède égale- 
ment son droit sur les deux tiers des amendes, et cela 
contre une somme de 100 rixdalers, en sus du demi-foudre 
de vin blanc qu'il a reçu (:t). Enfin il lui permet d'instituer 
un maïeur, mais il se réserve la collation des cures, ainsi 
que la nomination des échevins et du greffier. 

(1) Il y avait encore une petite dîme appelée la dîme de Solières, 
qui figure au nombre des biens dont la possession fut confirmée à 
l'abbaye de ce nom par le pape Urbain IV, le 26 juin 1262 (Bull, de 
la Comm. roy. d'histoire, 5 e série, t. IV, p. 281. Elle était évaluée à 
5o florins de Brabant et ressortissait à la cour féodale de Stavelot. 

(2) Le florin de Brabant valait alors intrinsèquement 2 fr. 56 de 
notre monnaie. 

(3) Sous-entendu pour pot-de-vin. On lit en effet dans le registre 
de Godefroid d'Anthisnes : « S'ensuit le vin que j'ay donné pour ledit 
» marché : premier, cent dix dallers à l'abbé; item cent et cinquantes 
» f. Bb. de (à?) Jean Brisché, son neveu; item une demi foudre de 
» vin adit prélat — 1 5o f. Bb. ; item az deux couvents cent f. Bb. et 
» i6 pot de vin — portant dix huict f. Bb. ; item des corteau de Mal- 
» mendve pour trois pattaquons ; item dépendus encor 5o t. Bb. de 
» vin en faisant le marché. Somme totalle 766 f. Bb. 17 pat. » 



— 136 — 

Cependant l'intention de Godefroid d'Anthisnes n'était 
pas d'exploiter lui-même les deux fermes de l'abbaye : il 
les sous-loua aux cerisiers qui les occupaient ; d'où l'on peut 
conclure que les choses se passaient ainsi du temps de ses 
prédécesseurs. 

L'AVOUERIE D'ANTHISNES. 

La seigneurie d'Anthisnes étant ecclésiastique, eut né- 
cessairement des avoués ou protecteurs laïques. Comme 
elle appartenait à l'abbaye de Waulsort et qu'au temporel 
celle-ci dépendait primitivement de l'église de Metz (i), on 
comprendra que, dans la charte dont nous allons donner 
la substance, Henri III, marquis (sic pour duc) de Lim- 
bourg, dise tenir de l'évêque de Metz son avouerie sur 
les biens de l'abbaye, à Anthisnes et à Ouhar. Par cet 
acte, qui doit dater de 1214-1221, le duc lait connaître à 
ses fils, et notamment à Waleran, comte de Luxembourg, 
les droits attachés à cette charge, tels qu'ils ont été déter- 
minés en présence de la congrégation de Waulsort et 
devant le maïeur et les échevins de la cour d'Anthisnes, 
savoir : 

On doit à l'avoué, le jour de Saint-André, deux porcs 
bons à bouillir et à rôtir; à la Noël, cinq poules, vingt- 
cinq œufs et vingt-cinq hanaps de cervoise. 

On lui doit en outre deux muids et demi d'avoine et un 
muid d'épeautre. 

Chaque manse lui payera trois oboles de corvée. 

Il aura par feu deux deniers pour le vin, en considéra- 
tion de ceux qui font partie de la dotation du monastère 
ou que l'abbé perçoit pour ses droits féodaux. 

Ledit abbé fera juger les délits et les crimes par le 
maïeur et les échevins ainsi que par ses hommes; les par- 
ties seront citées par son forestier. 

L'avoué ne viendra que mandé par l'abbé. 

(i) En 1227, Hugues de Pierrcpont acquit de Jean d'Aspremont, 
évêque de Metz, les abbayes de Waulsort et de Hastière qui, jus- 
qu'alors, ne reconnaissaient que la suprématie spirituelle de l'évêque 
de Liège. 



— 137 — 

Il percevra le tiers des amendes qu'il aura tait payer; 
les deux autres tiers seront pour l'abbé. 

En dehors de cela, l'avoué ne pourra rien prétendre (i). 

Que l'avouerie d'Anthisnes ail été conférée héréditaire- 
ment à un duc de Limbourg, il n'y a là rien d'étonnant, 
puisque le souverain de ce pays avait dans le voisinage de 
nombreuses possessions: Sprimont, Esneux, Baugnée, la 
Rimière, la Chapelle, Tavier, Villers-aux-Tours. 

Cependant les ducs de Limbourg ne conservèrent pas 
toujours le domaine utile de leur avouerie. L'un d'eux 
- on ne sait lequel - - la donna en fief aux seigneurs 
de Houffalize, qui la possédèrent pendant une partie du 
xni c siècle. C'est ce que nous apprend une charte du 
2D mai 1292, par laquelle Jean 1 er , duc de Brabant, de- 
venu maitre du Limbourg par la bataille de Woeringen 
(1288), donne à Thomas d'Anthisnes, chevalier, « tele 
» haulte voeiïe, viconté avec tous aultres droicts et juri- 
» diction ke ceaus de HofFalize souloient jadis tenir de nos 
» corne dus de Lembourc a liu d'Anthinnes et d'Ouhar, » 
pour être tenue héréditairement de lui et de ses succes- 
seurs (2). 

Se fondant sur les termes de cette charte, les avoués 
dWnthisnes se qualifièrent dans la suite hauts roues et 
vicomtes (3) d'Anthisnes, bien qu'en réalité ils ne fussent 
que des sous-avoués. On s'attend à les voir, comme tant 
d'autres, absorber peu à peu le pouvoir et les biens commis 

(1) Pièces justificatives, n° I. Il n'existe malheureusement, de cette 
charte, qu'une copie du xyiil siècle, prise elle-même sur un vidimus 
de l'évêque Jean de Flandre, de 1289. C'est ce qui nous explique 
pourquoi la date en a été omise et qu'on y donne abusivement à 
Henri III, comme souverain du Limbourg, le titre qu'il portait 
comme marquis d'Arlon. Bien que le duc se fût dépouillé de cette 
dernière seigneurie en faveur de son hls Waleran, lorsque celui-ci 
épousa Ermesinde, comtesse de Luxembourg (12 14), il en prit encore 
quelquefois le titre, apparemment parce qu'il en conserva la suze- 
raineté jusqu'à sa mort (1221). Voy. Ernst, Histoire du Limbourg, 

t. IV, p. 12. 

(2) Ernst, t. VI, p. 416. 

(3) Ces deux mots ont ici la même signification. 



- 138 — 

à leur garde. Rien cependant ne justifie cette supposition. 
A Anthisnes, le seigneur reste constamment le seigneur, 
et le voué, tout en défendant ses prérogatives avec un soin 
jaloux, n'est jamais que le second personnage de l'endroit. 
11 a néanmoins trouvé le moyen d'augmenter ses privi- 
lèges, à preuve un record de la cour féodale de Limbourg, 
du 10 juin 1 5-4< *> (î), qui lui reconnaît le droit de percevoir 
île l'église de Waulsort : 

Le jour de Saint-Martin, une rente de douze setiers 
d'épeautre; 

A Pâques, cinq poules et vingt-cinq œufs; 

A la Saint-André, vingt-cinq deniers de cens dits de 
corvée, « et les échevins en ont trois »; 

Le même jour, sept muids et demi d'avoine ; 

Le jour de l'Assomption, qu'on paie la rente des pour- 
ceaux, deux pourceaux, mâle et femelle ; 

Sur la brasserie d' Anthisnes (2) vingt-cinq hanaps de 
cervoise appelés bichié.s, « et les échevins en ont un. » 

En outre chaque maison du village qui n'était assise 
ni sur fief ni sur douaire (;-;), lui devait, à la Saint-André, 
deux setiers d'avoine et un denier de bonne monnaie. 

Cette rente était appelée vicomte, et pour en assurer le 
pavement, le voué avait le droit d'établir un tribunal de 
sept échevins, dont deux devaient être pris dans la cour de 
justice d'Anthisnes. Après cela, il pouvait faire appréhender 
le débiteur en retard sur son tige à lui (4), grand chemin 
de trente-deux pieds qui commençait au delà du bois de 
Tolumont, traversait tout le village, en passant devant la 

(1) Pièces justificatives, n" III. Une attestation à peu près sem- 
blable se trouve dans le manuscrit Van den Berch, n" 188, fol. 877, 
à la bibliothèque de l'université de Liège. 

(2) C'est la première fois, depuis le diplôme de 946, que nos docu- 
ments font mention de la brasserie d'Anthisnes. En 1571, c'était 
« une place vague nommée le lieu de la franche brassine », qui fut 
arrentée par l'abbé de Waulsort le i5 juin, à charge par l'acquéreur 
d en relever les constructions et d'y laisser passer les chariots de foin 
du fermier à l'abbaye. 

(3) On entendait par ce dernier mot les biens affectés à la dotation 
de l'abbaye ou à celle de la cure. 

(4) On appelle tige, en wallon, un chemin bordé de gazon. 



— 139 — 

maison de feu Ponchart d'Anthisnes, et longeait le bois 
délie Heyd (bois d'Anthisnes) du côté de Villers-aux-Tours, 
jusqu'au chaufour l'Evêque. 

Le record auquel on doit ces renseignements, rappelle 
en bien des points la déclaration du duc de Limbourg; 
mais il omet de nous dire que le voué percevait le tiers 
des amendes imposées par la justice du seigneur. Cette 
prérogative, déjà reconnue au xm c siècle, n'était pas con- 
testée au xvn c , et cependant, chose inexplicable, il existe 
un acte d'échange passé le 4 août l56i, par lequel Adam 
Corbeau d'Anthisnes cède à l'abbé de Waulsort « toutes 
» droitures, amendes, forfaitures et calenges» qu'il a à titre 
de sa vouerie, et s'oblige en outre, pour lui et ses succes- 
seurs, à faire exécuter à ses dépens, en tel endroit qu'il 
plaira à l'abbé, tout criminel condamné à mort par la jus- 
tice d'Anthisnes. 

Non moins incontestable était le droit seigneurial 
qu'avait le voué d'établir une cour de sept échevins. Mais 
qu'aurait-il fait de ce tribunal dont la juridiction ne s'éten- 
dait que sur un grand chemin? Assurément aucune affaire 
ne serait de sa compétence. Aussi n'avait-on nul souvenir 
qu'il eût jamais été constitué; et lorsqu'un jour il fut ques- 
tion d'appréhender un meurtrier sur le tige du voué, qui 
était alors Florent d'Anthisnes, celui-ci ne trouva d'autre 
expédient que d'abandonner le criminel à la justice du 
seigneur. La poursuite et le jugement se firent par auto- 
rité de la cour d'Anthisnes et rechargement des échevins 
de Liège; mais, après sa condamnation, le coupable fut 
livré au voué, qui, en accomplissement de son devoir, le 
fit décapiter sur le tige. 

Il est évident que par une simple autorisation verbale 
donnée momentanément à la justice du seigneur, le voué 
n'entendait nullement abdiquer ses droits, chose que d'ail- 
leurs il n'aurait pu faire sans violer le serment qu'il avait 
prêté en relevant son fief. C'était néanmoins créer, en 
faveur d'une usurpation toujours possible, un précédent 
dangereux ; et en effet, peu d'années après, cet exemple 
fut invoqué par l'abbé de Waulsort dans les circonstances 
que voici. 



— 140 — 

En i63(), deux religieux de ce monastère, dom Benoît 
du Pont et dom Placide Roy, s'étant rendus à Ànthisnes 
par délégation de l'abbé Brisbois, annoncèrent aux habi- 
tants qu'ils allaient visiter avec la justice les chemins du 
village. Averti comme les autres, le voué Godefroid d'An- 
thisnes protesta contre toute inspection de son tige, et les 
autorités n'osèrent passer outre. L'année suivante, dom 
Placide étant revenu seul à Anthisnes, se fit accompagner 
du maïeur et du greffier de la cour, tous deux échevins, 
ainsi que du sergent, et avec eux se rendit sur le tige, 
prétextant qu'il ne s'agissait que d'en connaître la situa- 
tion et l'étendue. Cependant le greffier enregistra cette 
visite comme un acte judiciaire, ce qui constituait évidem- 
ment une usurpation. Aussi le voué n'eut-il rien de plus 
pressé que de réclamer la protection du Tribunal des 
XXI I ; mais sa décision lui ayant été défavorable, il en 
appela aux Etats reviseurs, qui, par arrêt du 24 juillet 1(542, 
déclarèrent qu'il était en possession légitime du tige et des 
droits y attachés, et condamnèrent l'abbaye de Waulsort 
à tous les frais du procès. 

L'issue de cette affaire ne devait pas avoir pour effet de 
rendre plus circonspect le représentant du seigneur. Trois 
ans après, on voit encore Godefroid d'Anthisnes protester 
avec la même énergie contre un acte émané du corps des 
manants, à la requête de dom Placide. Mais ce qui rend 
cette protestation particulièrement intéressante, c'est que 
le voué s'y déclare à la fois le défenseur des droits de 
l'abbé et le conservateur des privilèges de la communauté 
sur les bois et aisances du village. 

D'une cour de justice du voué, il n'en est toujours pas 
question. Il fallait un nouveau crime pour produire enfin 
ce phénomène. Dans la soirée du 16 septembre 1 758, 
veille de la Saint-Lambert, un nommé Godefroid Hans- 
kenne fut assassiné à la ferme de Tolumont, dans des cir- 
constances atroces. Le cadavre, transporté à dos de che- 
val, fut jeté sur le tige du voué et découvert le lendemain. 
Une descente de justice s'imposait : c'est alors que le 
baron de \\ al, en sa qualité de voué et vicomte d'An- 
thisnes, établit une cour qui procéda aux premières con- 



— 141 — 

statations ; mais cela tait, il abandonna les poursuites à la 
justice seigneuriale. 

\près avoir examiné ce qu'était le voué d'Anthisnes, il 
nous rote à réfuter une erreur trop répandue pour qu'il 
n"en soit pas fait justice. Le savant Ernst 1 1), sur la foi du 
baron de \\ al oji. dit que son fief consistait, outre le Tige, 
« dans une tour et maison forte qui appartenait au duc de 
» Limbourg.» Or, ni dans le dénombrement de ses droits, 
ni dans ses reliefs à la cour féodale de Limbourg, il n'est 
question d'un manoir du voué ; non pas qu'il jn'existât de 
toute ancienneté, mais parce qu'il formait, avec 36 bo- 
niers de terres, un plein fief mouvant du seigneur de 
l'endroit. 

Les circonstances dans lesquelles la tour forte d'An- 
thisnes est mentionnée pour la première fois, méritent 
d'être rapportées. C'était au temps où Jean III, duc de 
Brabant et de Limbourg, se refusait à reconnaître la vente 
de Malines, faite au comte de Flandre par l'évêque 
Adolphe de la Marck. Une alliance formidable s'étant 
formée contre lui le 5 janvier 1 334, ^ es hostilités com- 
mencèrent de toutes parts. Deux des confédérés, le roi 
Jean de Bohème, comte de Luxembourg, et Jean de Hai- 
naut, sire de Beaumont, pénétrèrent dans le duché de 
Limbourg et se rendirent maîtres de la ville de Hervé. 
Après avoir congédié les gens de pied, tant l'hiver était 
rigoureux, ils marchèrent droit sur Villers-aux-Tours el 
Anthisnes, où, suivant Jean d'Outremeuse (::), il y avait 
trois tours et « une autre qu'on tenait du duc (4). » Ayant 

1 Histoire du Limbourg, t. V, p. 9. 

2 Auteur d'une histoire de Tordre Teutonique et frère du dernier 
voué. 

3 Ly myreur des histors, t. VI, p. 524. 

141 Ce passage est peu clair. Villers-aux-Tours était un rief du duc 
de Limbourg; mais si par la quatrième tour l'auteur entend celle de 
l'avoué d'Anthisnes. il aurait dû dire « et une autre appartenant à un 
homme qui tenait du duc. » A part cette distinction. Jean d'Outre- 
meuse est ici fort croyable, parce qu'il s'agit d'événements à peu près 
contemporains et que tout le reste de son récit concorde avec celui 
des historiens. 



— 142 — 

déclaré qu'ils les abattraient ou qu'on les tiendrait du roi 
de Bohème, ceux qui les gardaient se rendirent et lui 
prêtèrent hommage. Cela fait, le roi y mit sa justice et de 
bonnes garnisons, dont il nomma capitaines Arnoul de 
Houffalize et Engerrand de Braine. 

Cette occupation dura jusqu'à ce que le roi de France, 
choisi pour ramener la paix entre les belligérants, leur eût 
imposé, entre autres conditions, que tous ceux qui avaient 
renié leur hommage seraient rendus à leurs anciens sei- 
gneurs (3o août i334) (1). 

Depuis lors, il est assez souvent question de la tour, du 
manoir et des 36 boniers de terres que le voué tenait de 
l'église Notre-Dame de Waulsort. Mais il ne s'ensuit pas 
de ce que c'était là son fief particulier, qu'il n'eût pas 
d'autres biens dans le village, car il y possédait des terres 
censales et souvent même, on l'a vu, d'autres fiefs. 

Parlant de la maison forte d'Anthisnes, Saumery (2) ne 
nous en fait qu'une description fort imparfaite : « Sa porte, » 
dit-il, « qui regarde le midi, est défendue de plusieurs culs 
» de lampe et d'une terrasse qui commande le chemin. 
» Ces bâtimens paraissent aussi anciens que la grosse et 
» solide tour à laquelle ils sont adossés, et qui a vue sur 
)> une basse-cour, dont tous les bâtimens sont voûtés avec 
» une solidité qui paroit poussée à l'excès. Elle est bordée 
» à gauche par un beau et grand corps de logis quarré, 
» flanqué de quatre tours : on y entre par un vestibule, 
» qui, simple et sans ornemens, ne laisse pas de plaire par 
» sa fraicheur et la communication qu'on lui a ménagé 
» avec le jardin. » 

Hâtons-nous d'ajouter que cet assemblage d'édifices, 
construits en pierres calcaires du pays, constitue pour 
l'archéologue ce qu'il y a de plus intéressant à Anthisnes. 
La grosse tour est évidemment le donjon primitif contre 
lequel s'adossèrent successivement les autres bâtiments. 
Sa forme carrée, ses murs aux moellons irréguliers et sur- 

(1) Bohmans et Schoolmkesters, Cartulaire de l'église Saint- 
Lambert, t. III, p. 452. 

(2) Délices du p aïs de Liège, t. III, p. [92. 




^SÉSte i, - | wwr m . 



CHATEAU D'ANTHISNES 



— 143 — 

tout la porte cintrée, aujourd'hui murée, qui se trouve du 
côté de la cour au niveau du premier étage, et par laquelle 

on entrait dans la forteresse au moyen dîme échelle, sont 
autant d'indices d'une construction datant du XIII e siècle. 
A l'intérieur, on remarque des sièges en maçonnerie prati- 
qués près tles jours, à chaque étage, pour le repos du guet- 
teur ou des défenseurs de la place. 

Le corps de logis carré dont parle Saumery, est actuelle- 
ment privé des deux tours d'angle qu'on voit distincte- 
ment sur la planche des Délices, du côté du nord. Il fut 
édifié en 1648, comme l'indique une pierre aux armes de 
Godefroid d'Anthisnes et de sa femme Elisabeth de Frai- 
pont, qui, six ans auparavant, avaient construit les vastes 
dépendances du château. 

Une chapelle, consacrée à la Vierge et desservie par un 
chapelain, était annexée à cette opulente demeure où l'on 
admirait, il y a peu d'années encore, de magnifiques che- 
minées. 

Abandonnée depuis longtemps et devenue la propriété 
de Marie- Philippine- Elisabeth de Wal, épouse de Léon- 
Joseph- Ghislain baron van der Linden d'Hooghvorst, 
l'antique résidence des voués d'Anthisnes fut vendue avec 
environ 70 hectares de terres aux barons Auguste et 
Edouard de Waha-Baillonville, par acte du 21 janvier 
1 85 1 . Revendue en 1897, a P r< ^ s un incendie qui détruisit 
la grande porte et les dépendances, elle appartient pré- 
sentement à une société qui l'a convertie en habitations 
ouvrières. Sic transit gloria mundi. 

LES AVOUÉS D'ANTHISNES. 

Thomas d'Anthisnes, à qui le duc de Limbourg in- 
féoda l'avouerie en 1292, était probablement le même que 
Corbeau d'Anthisnes, qui vendit à Henri, comte de Luxem- 
bourg, sa seigneurie de Villers et la reprit de lui en fief, le 
2 mars 1286 (n. st.) (1). Le surnom de Corbeal ou Cor- 

11; Wurth- Paquet, Chartes du Luxembourg, dans Publ. de la 
Soc. hist. du grand-duché de Luxembourg, t. XVI, p. 67. Aucun indice 
dans le texte de la charte ne permet de préciser de quel Villers il s'agit. 



— 144 — 

beau, en latin Corbellus, était en effet héréditaire dans la 
famille d'Anthisnes, et comme on remployait souvent seul, 
il est parfois très difficile de' distinguer les uns des autres 
ceux qui le portaient. 

Fils de Théodard ou Thiry d'Anthisnes, s'il faut en 
croire Salbray, Thomas portait d'argent au bar de gueules, 
comme issu de la famille de Marchin. 




d'Anthisnes. 



Sa femme était l'aînée des filles de Humbert de Lexhy 
seigneur d'Awans, et avait épousé en premières noces 
Thomas de Pousset (1). Il en eut : 

Corbeau d'Anthisnes, chevalier (i3o6), aussi nommé 
Thomas Corbeau (2). Il signa la paix de Fexhe, en i3i6 (3) 
et mourut entre le i5 décembre i3ig et le i5 mai i32o (4). 
Le Fort (5) dit qu'il épousa Mélie de Lierneux, dont : 

i° Ponchart d'Anthisnes, qui suit; 

2 Gérard d'Anthisnes, chevalier, qui eut pour femme 
Isabeau de Parfonrieu et demeurait à Chaumont sur Meuse. 
Il trépassa le 3o novembre i336 et fut enterré à An- 
thisnes (6). 

(1) Hemricourt, édit. Salbray, pp. 255, 270, 2q5 et Epître dédi- 
catoire. Voir aussi Jean d'Outremeuse, t. IV, p. 423. 

21 Iîormans et Schoolmeesters, Ccirtulaire de l'église Saint- 
Lambert, t. III, pp. 68 et 112. 

(3) Ordonnances de la principauté de Liège, t. I, p. i55. 
4 Poncelet, Le livre des fiefs de l'église de Liège sous Adolphe 
de la Marck, pp. 122 et 236. 

5) Manuscrits généalogiques, i'° partie, t. I, fol. 67, aux archives 
Je l'Etat, ;i Liège. 

6) Hemricourt, p. 1 85 ; Le Fort, t. I. toi. (i<i. 



— 145 — 

3° Juette, mariée à Rigaud de Hermée, avec lequel elle 
vivait en 1 3 19 (1). 

Ponchart ou Poncelet d'Anthisnes succéda à son 
père dans les premiers mois de l'année i320, si pas à la lin 
de l3iç). Sa pierre tombale, dont Salbray donne la gravure 
dans son édition de Hemricourt, se trouvait autrefois au 
milieu du chœur de l'église d'Anthisnes (2). Elle nous le 
montre debout, entre ses deux femmes, armé de toutes 
pièces et portant à la ceinture l'écu de sa famille. Sur les 
bords, on lisait cette épitaphe : 

Chy gist Ponchars voweis d'Antinnes jadis escuwiers, fis 
Monseig r Corbealzd'Antines, chevalier, Et DamiselleMaroe 
sa première fëme, Et Damois' Masalons, sa seconde ferrie, 
Liquelz Pôchars trespassat en l'an de grâce M.CCC.LI. 
le promerain dimenche de quareme, Et doit 5s faire chas- 
cun an son aniversaire le lundit aps ensiewât en l'église 
de chiens, deus chandelles et uns draipe d'or sur sa fosse 
a vigilhes et a la messe. Pries pour eaus (3). 

Ledit Ponchart étant mort, comme on le voit, le pre- 
mier dimanche de carême (6 mars) 1 35 1 , c'est de son temps 
que la tour d'Anthisnes fut occupée par le roi de Bohème. 
De sa seconde femme, que Le Fort appelle Masalon de 
Chantemerle dite de Hermalle, il eut deux fils : 

i° Corbeau d'Anthisnes, son successeur, mort sans 
hoirs ; 

2 Thomas dit Corbeau d'Anthisnes, abbé de Waulsi >rt 
et de Hastière, cité comme tel en 1 355 (4) et décédé avant 

(1) Poncklet, Le livre des fiefs , etc., p. 224. On trouve aussi, dans 
le même ouvrage (p. 35g), une Isabeau d'Anthisnes, abbesse de So- 
lières, qui vivait le 19 novembre i33i. 

(2) Une grande pierre, fort usée, qui peut être aussi bien celle 
de Gérard d'Anthisnes que celle de Ponchart, est adossée aujourd'hui, 
du sens de la longueur, contre la nouvelle église. Là gisent aussi, en- 
combrées déterre et d*orties, quantité d'autres pierres qui. avec celles 
qu'on a laissées dans un mur extérieur de l'ancienne église, avaient leur 
place marquée dans la nouvelle. 

3 Une copie plus ancienne, mais peu différente, de cette inscrip- 
tion se trouve dans Van den Behch, Recueil d'epitaphes. 

(4) Bull, de la Soc. d'art et d'hist. du diocèse de Liège, t. V, p. 355, 



— 146 — 

le 5 mai 1 358 (i). Héritier du manoir et des biens de son 
frère aîné, il en disposa par testament en faveur de son 
cousin Thomas Corbeau d'Anthisnes, dit de Souvegné 
(Sougné ?) ; mais il ajouta que si celui-ci mourait sans 
enfants, ce nef reviendrait à Thomas Corbeau d'Anthisnes, 
dit de Fawe. Le cas prévu étant arrivé, ce dernier fit relief 
devant la cour féodale d'Anthisnes le 16 juillet i36i (a). 

Thomas Corbeau d'Anthisnes, dit de Fawe, cou- 
sin de l'abbé Thomas, était fils d'Ameil et petit-fils de 
Gérard d'Anthisnes mentionné ci-dessus (3). Il releva 
l'avouerie de la duchesse Jeanne de Brabant et de Lim- 
bourg, à Namur, le 24 avril 1 36 1 (4). Une charte du 22 fé- 
vrier 1 363 nous apprend qu'à cette date il était châtelain 
du comté de Logne et podesta de Stavelot (.s). Le manoir 
de Fawe, qu'il continuait d'habiter en i36g (<>), doit donc 
être cherché dans ce dernier pays, et comme on verra que 
l'acte du 26 juin i3g2 par lequel il ratifie le contrat de 
mariage de son fils, lui donne le titre de seigneur délie 
Heys, tout porte à croire qu'il habitait Louveigné, où 
l'on trouve à la fois un château des Faives et un hameau 
de Heid. 

Si Le Fort est bien informé, il avait épousé Hélène de 

(i) Analectes pour servir à l'hist. ecclés. de Belgique, t. XVI, 

p. I 52. 

(2) Pièces justificatives, n° II. On remarquera qu'il ne s'agit ici que 
des biens mouvants de l'abbé de Waulsort. Quant à l'avouerie elle- 
même, elle était tenue, en i355, par un Thomas d'Anthisnes dit Cor- 
beal, dans lequel on a voulu reconnaître l'abbé, qui aurait été ainsi 
le propre avoué de son monastère (Bulletin précité, t. IX, pp. 286 
et 288). 

(3) Ms. Van den Bkrch, n° 188, p. 879, à la bibliothèque de l'uni- 
versité de Liège. 

(4) Ibidem, p. 882. 

(5) Ibidem, p. 883. Le podesta était le commandant de la force 
armée du pays; il était à la tête des deux postelleries de Stavelot et de 
Malmedy et présidait en outre la cour féodale de Stavelot. Le châ- 
telain du comté de Logne en était le premier officier et le président 
de la cour féodale. Ces deux charges furent souvent réunies sur la 
même tête. 

(6) Ibidem, p. 882. 



— 147 — 

Rocour. Sa fille, qu'il paraît avoir dotée de l'avouerie d'An- 
thisnes, est mentionnée dans l'extrait suivant du Specht- 
bock, livre de fiefs composé vers 1374 : 

Jehan del Heyde, comme mari et mambour de 
Jouette, fille de Thomas Corbeal d'Antagnez (sic), tient la 
vouerie d'Antagnez « lui eskue de Ponsart d'Antagnez, son 
» grand signeur (1). » 

Ce Jean del Heyde, qu'on retrouve en qualité d'avoué 
vers 1403, est sans doute le même que Jean délie Heys en 
Condroz, qui vivait du temps de Hemricourt (2) et demeu- 
rait vraisemblablement à Villers-aux-Tours, où nous avons 
constaté l'existence d'un château dit de la Heyd. 

En renonçant à son avouerie, Thomas Corbeau ne 
s'était pas dessaisi du manoir et des terres qu'il tenait de 
l'abbaye de Waulsort, car il en assura la possession à son 
fils Adam Corbeau, à l'occasion du futur mariage de ce 
dernier avec Hellewy d'Andrimont. Conséquemment à ce 
contrat et par acte passé devant la cour féodale de l'abbé 
Wauthier de Bossut, le 26 juin i3g2, Thomas d'Anthisnes, 
« seigneur délie Heys », transporta lesdits biens à son fils, 
qui les affecta au douaire de sa femme (3). 

Quand et comment l'avouerie retourna-t-elle au feu- 
dataire de l'abbaye de Waulsort? Question embarrassante, 
qui se présente au moment où l'on va voir la vieille race 
des d'Anthisnes tomber en quenouille et léguer son nom à 
une autre famille. 

S'il fallait en croire Le Fort, Adam Corbeau, qu'il 
qualifie voué d'Anthisnes, aurait eu un fils, Pirard, qui, 
ayant épousé Catherine de Lierneux, fut appelé Pirard 
d'Anthisnes dit de Lierneux. Or, rien n'est plus faux, et 
pour preuve : 

Pirard (Pierre) de Lierneux apparaît comme époux 

(1) A. de Ryckel, La cour féodale de l'ancien duché de Limbourg, 
dans Bull, de la Soc. d'art et d'hist. du diocèse de Liège, t. IX, p. 286 ; 
cf. Galesloot, Le livre des feudataires de Jean III, duc de Brabant, 

p. 252. 

(2) Miroir des nobles, p. 75. 

(3) Ms. Van den Berch, p. 888. 



— 148 — 

de Helwy, fille de Corbeau d'Anthisnes, dans une quit- 
tance que lui donne le prieur de Bernardfagne le 24 no- 
vembre 1433 (1). Aussi un généalogiste liégeois qui écri- 
vait au commencement du XVII e siècle, dit-il avec raison : 
« Du depuis les seigneurs de Lierneux sont venus à la 
» vouerie d'Anthisnes, et ont retenu leurs propres armes, 
» à savoir de sinoble à une fasce d'hermine, accompagnée 
» de trois besans d'or (2). » 



*"***■ 



**** 




de Lierneux dit d'Anthisnes. 

Pirard de Lierneux, déjà établi à Anthisnes en 1434, 
releva son manoir, de l'abbé de Waulsort, le i5 janvier 
1463. A partir de 1440, il est appelé Pirard d'Anthisnes, 
dans les actes de la cour féodale de Stavelot constatant 
qu'il a fait l'acquisition du fief d'Ouhar (3) ; mais on lui 
rend son ancien nom le 7 novembre 1441, lorsqu'il relève, 
après la mort de son père Philippart de Lierneux, 12 1/2 
boniers de terres situées à MeerTe (4).' 

Châtelain du comté de Logne en 1455 et 1458 (5), il ne 
se montre avec la qualification d'avoué d'Anthisnes qu'à 
dater de 1460 (6), bien que vraisemblablement il fût depuis 
longtemps en possession de cette charge. On le rencontre 
pour la dernière fois le i3 septembre 1473, parmi les témoins 
d'un contrat de mariage (7). Cependant malgré son grand 

(1) Poncelet, Le monastère de Bernardfagne, dans Bull, de la 
Soc. d'art et d'hist., t. XIII, p. 242. 

(2) De Rye, Traicté des maisons nobles du pays de Liège, p. 43. 

(3) Pièces justificatives, n° VI. 

(4) Cour féodale de Liège, reg. 48, fol. 87 v". 

i5j Le Fort, i re partie, t. I, p. 70; Ms. Van den Berch, p. 889. 

(6) Pièces justificatives, n°VI. 

(7) Convenances et testaments, reg. 1477-1479,50!. 189. 



— 149 — 

âge, il vécut encore quelques années, puisque ses fils ne 
relevèrent les fiefs d'Ouhar et de Sart-sur-Ourthe, par suite 
de son décès, que le 6 juin 1480 (1). 

On lui connaît cinq enfants (2) : 

i° Adam Corbeau d'Anthisnes, qui viendra ci-après; 

2 Jean d'Anthisnes, tige des seigneurs de Sorée; 

3° Thys (Mathieu) d'Anthisnes, tige des seigneurs de 
Tavier ; 

4 Catherine, morte le 11 avril i5o5, ayant épousé : 
a) Colienne ou Colard de Neufforge, seigneur del Heid et 
de Grimonster ; b) Jean de Brialmont, voué de Xhos, frère 
d'Agnès mentionnée ci-dessous (3) ; 

5° Marguerite, religieuse au Val-Benoît. 

Adam Corbeau d'Anthisnes, successeur de son père 
avant le 6 juin 1480, avait atteint l'âge de 86 ans le 22 
avril 1529, lorsqu'il déposa, comme voué, dans un cer- 
quemanage tendant à mettre des bornes entre les seigneu- 
ries d'Anthisnes et de Vien. Il était mort le 9 mars i53o, 
jour où François, son fils, releva le fief d'Ouhar et d'autres 
biens provenant de sa succession (4). 

Sa femme Agnès, fille de Thys de Brialmont et de Mar- 
guerite de Sparmont, vivait avec lui le 7 mai 1493 (s). Ils 
procréèrent : 

i° François Corbeau d'Anthisnes, qui suit; 

2 Jeanne, épouse en premières noces de Jean Royer, 
seigneur de la Neuville-sur-Meuse, et en secondes noces 
de Gilles de Hodister, maïeur héréditaire de Hamoir; 

(1) Pièces justificatives, n° VI. 

(2) Un Philippe d'Anthisnes, qui était grand aumônier de l'abbaye 
de Stavelot en 1455, pourrait bien avoir été un fils de Pirard. Sa com- 
mémoraison se faisait le 8 février (J. Halkin, Invent, des arch. de 
V abbaye de Stavelot-Malmedy, dans Bull, de la Comm. rqy. d'hist., 
5 e série, t. VII, pp. 344 et 402). 

(3) Le Fort, loc. cit. ; L. Naveau, Analyse du recueil d'épitaphes 
des Le Fort, n° 988; Annuaire de la noblesse de Belgique, 1868, 
p. 265. 

(4) Pièces justificatives, n° VI. 

(5) Le Fort, loc. cit. 



— 150 — 

3° Marguerite, mariée à Nicolas de Vervoz d'Amas, 
châtelain de Logne, mort en 1 548 et enterré avec sa femme 
dans l'église d'Ocquier (1). 

François Corbeau d'Anthisnes ayant épousé en 1 5 1 1 
Marie, fille de Jean Racket, maïeur et échevin du ban de 
Sart, et de Catherine Stienne (2), releva l'avouerie d'An- 
thisnes au nom de sa femme et par décès de son beau-père, 
le 9 mai 1 5 1 3 (3). Il faut en conclure que, selon l'usage, ce 
dernier avait fait assigner le douaire de sa fille sur l'héritage 
promis à son gendre. 

D'après un registre paroissial d'Anthisnes, François 
Corbeau trépassa le 18 novembre i53o, donc peu de temps 
après avoir pris possession de l'avouerie, et sa femme lui 
survécut jusqu'au 9 mars i56o. Leur pierre armoriée, qui 
se trouvait au milieu de l'église d'Anthisnes, porte l'épi- 
taphe suivante dont nous remplaçons la partie devenue illi- 
sible par le texte de Van den Berch : 

Cy gist noble hôë francoy danthine escvyer havlt wove 
(mort lan 1 53o, et noble dame Marie de Raquet sa fem, mort) 

LAN i56o. 

Point de doute, dira-t-on, sur la date du décès de notre 
avoué, et cependant il existe une transaction passée, le 
5 novembre i532, entre le maïeur François de Soheit, 
comme représentant le seigneur d'Anthisnes, d'une part, 
et François fils de feu Corbeau, avoué dudit Anthisnes, 
d'autre part. Tout ce qu'on peut affirmer, c'est que celui-ci 
n'était plus de ce monde le 12 avril i538. 

Il laissa une nombreuse postérité : 

i° Adam Corbeau d'Anthisnes, qui suit; 

2 Jean ou Jean Corbeau d'Anthisnes, recteur de la 
chapelle d'Ouhar (12 avril 1 538), ensuite religieux à Flône; 

3° Pirard d'Anthisnes, moine à l'abbaye de Stavelot ; 

(1) Van den Berch, Recueil manuscrit d'épitaphes, p. 328. 

(2) Le Fort, t. I, p. 72. 

(3) Cour féodale de Limbourg, reg. I, fol. 3i, aux archives de 
l'Etat, à Liège. 



— 151 — 

4° François d'Anthisnes, recteur de la chapelle d'Ou- 
har (17 mars i552); 

5° Jeanne, mariée à Jean de Hepsée, puis à Conrad 
Rover, neveu du premier mari de sa tante Jeanne; 

6° Marie, épouse en premières noces d'Adam-Bernard 
de Chéoux, et en secondes noces de Baudouin Colley; 

7 Catherine, religieuse puis prieure à la Paix- Dieu; 

8° Anne, épouse de Warnier Briffoz, seigneur de Yillers- 
aux-Tours (1) ; 

9 et io° Deux filles religieuses. 

Adam Corbeau d'Anthisnes, successeur de son père 
en 1 53., releva le manoir et les 3(5 boniers de terres qu'il 
tenait de l'abbaye de Waulsort, le ig novembre i5Ô2. Un 
registre paroissial d'Anthisnes nous apprend qu'il mourut 
le 11 décembre i5q2, après avoir perdu sa femme le 28 
avril 1587. 

Il avait épousé, suivant contrat du 5 juillet 1347, Marie 
de My, fille de Raes et de Jeanne Lardenois, avec laquelle 
il testa le 27 novembre 1 585. Le Fort, qui paraît avoir 
connu cet acte, leur donne six enfants : 

i° Florent Corbeau d'Anthisnes, qui viendra ci-après; 

2 François d'Anthisnes, mort le 23 décembre 1567 et 
enterré dans l'église des Récollets, à Liège (2) ; 

3° Anne, épouse de Louis de la Marck, seigneur de 
Serinchamps ; 

4 N., mariée à François de Soheit; 

5° Jeanne, religieuse puis prieure à la Paix-Dieu; 

6° Catherine, qui épousa, suivant contrat du 28 avril 
i583, Everard de Harre, seigneur de Noirmont. 

(1) Leur pierre tombale, transportée sur le nouveau cimetière 
d'Anthisnes, porte Tinscription suivante : 

Ici gist noble homme Warnier Brifoz, jadit S 1 ' de Viller au Thour 
et collateur de l'église de Hodi, qui décédât lan 1614 le 1 jour 
de féve r . Et Damoyselle Anne Dantine son espeuse, fille, seure 
et tant de 3 haux voué. 

Armoiries accompagnées de quatre quartiers marqués : Briffoz- 
Sohez, Antine- Raquez. 

(2) Van dkn Berch, Recueil manuscrit d'épitaphes, p. 217. 



— 152 — 

Florent Corbeau d'Anthisnes portait le titre de 
voué dès l'année Ô92. Nommé bailli de la cour féodale 
d'Anthisnes par commission du i5 décembre 1598, il exer- 
çait encore cette charge en 161 3. 

A cette époque les monastères deWaulsortetde Hastière 
sortaient d'une période de pillages, de dévastations et d'in- 
cendies, fruit des guerres qui avaient si longtemps désolé 
le pays d'Entre-Sambre-et-Meuse, Obligé de recourir à la 
voie des emprunts, afin de pourvoir aux nécessités les plus 
pressantes, l'abbé engagea au voué et à Ogier Boileau, le 
1 1 mars i6o5, une partie des rentes et des dîmes qu'il per- 
cevait à Anthisnes (1). 

Marguerite Moreau de Thon, que Florent Corbeau 
avait épousée suivant contrat du 17 avril 158g, était l'unique 
enfant de Godefroid Moreau de Thon, engagiste de la sei- 
gneurie de Sait (à Poulseur), et de Catherine Rave. Par 
leur testament du 12 juin 1625 (2), ils élisent leur sépulture 
dans la chapelle de l'église d'Anthisnes où sont enterrés 
leurs ancêtres, et font un partage de leurs biens, parmi 
lesquels on remarque la seigneurie de Hody qui leur était 
engagée. La dame de Sart mourut le i er janvier 1626, et 
son époux la suivit dans la tombe le 5 mars 1639, à l'âge 
de 74 ou 75 ans. 

Voici les noms de leurs enfants : 

i° Adam Corbeau d'Anthisnes, en religion père Aloy- 
sius, né l'an 1590. Entré dans la compagnie de Jésus à 
Tournai, en 1608, il devint recteur à Dinant, où on le 
trouve de 1627 à i63o. Il dirigeait en la même qualité le 
collège des jésuites en Ile à Liège, lorsque la populace, 
prétendant venger sur les pères le meurtre du bourgmestre 
La Ruelle, fit irruption dans le couvent, y mit tout à sac 

1 1 1 Deux rentes d'un total de 18 muids d'épeautre, engagées pour 
1,000 florins de Brabant au voué, et une autre de 14 muids, engagée 
à Boileau, furent dégagées en 1609. Sur les dîmes, le prêt était de 
1 ,400 florins. 

(2) Chose singulière, la testatrice est appelée Marguerite dans la 
ligne de tête, et Catherine dans le corps de la pièce. Il est donc pro- 
bable qu'elle portait les deux noms. 



— 153 — 

et s'acharna contre le recteur, qui, blessé mortellement, 
expira le lendemain, l8 avril Ho; (i); 

2° Nicolas d'Anthisnes, né en 1692, mort en i6i5; 

3° Florent d'Anthisnes, né en 1594. Religieux à Waul- 
sort en 1614, il reçut la crosse abbatiale de ce monastère 
au mois de juin i65o et trépassa le 3o juillet HiS- (2)5 

4° Godefroid d'Anthisnes, né le i5 août i5<)<>. Déjà 
seigneur de Hody du vivant de son père (3), il releva 
l'avouerie d'Anthisnes le 9 juillet i63g (4), Il était aussi 
seigneur de Fraiture-sur-Amblève (à Comblain-au-Pont), 
titre qu'on le voit prendre pour la première fois le 3o juin 
1643. Ayant fait par acte de ce jour le retrait lignager de la 
seigneurie de Villers-aux-Tours, des mains du baron de 
Boetzeler, il la revendit, le 23 novembre 1645, à Gilles de 
Rahier, châtelain de Logne (5). 

Nous ne reviendrons pas sur les difficultés qu'il eut 
avec la congrégation de Waulsort au sujet de ses droits 
d'avoué. Dom Florent, son frère, ayant été promu à la 
dignité abbatiale, il lui lit un prêt de 1 1 ,000 florins sur la 
seigneurie d'Anthisnes («). 

Comme on le voit, Godefroid se trouvait dans une fort 
belle position. Mais cette fortune qu'il arrondissait sans 
cesse, devait être bientôt dispersée. Il avait épousé au mois 
de juin i633, conformément à un contrat du 3o mai précé- 
dent, Elisabeth (de Seraing) de Fraipont, fille de Daniel, 
seigneur de Fraipont et de la cour d'Olne à Awans, laquelle 
ne lui avait pas donné d'enfant. Sentant approcher sa fin, il 

(1) Bull, de rinst. arch. liégeois, t. XII, p. 418; Le jugement et 
censure du portrait racourcy de La Roque (édit. des Bibl. liég.), 
p, 87. 

(2) Lahaye, Etude sur l'abbaye de Waulsort, dans Bull, de la 
Soc. d'art et d'hist., t. V, p. 385. 

(3) Notamment le 11 janvier 1627, lorsqu'il prit à ferme les biens 
de l'abbaye de Waulsort. 

(41 Bull, de la Soc. d'art et d'hist., t. IX, p. 286 L'acte de relief 
le qualifie seigneur de Hody et de Sart, mais ce dernier fief échut à 
sa sœur Marie d'Anthisnes. 

{5) Ibidem, p. 309. 

(6) Protocole du notaire de Frahan, extrait communiqué avec une 
parfaite obligeance par M. Lahaye, archiviste de l'Etat, à Namur. 



— 154 — 

déclara ses dernières volontés dans un acte daté du 1 1 juillet 
i65o, « en ma chambre joindant à la cuisine de ma maison 
» à Anthisnes. » Après avoir confirmé le testament qu'il 
avait fait avec sa femme le 7 juin 1646, il lui laisse l'usu- 
fruit de l'avouerie, de la maison forte et de ses terres d'An- 
thisnes, de la censé que possédait jadis le seigneur de Lesve 
et de celle d'Ouhar, ainsi qu'une rente de 3oo florins de 
Brabant sur la seigneurie de Villers-aux-Tours. Il institue 
héritière universelle de ses biens patrimoniaux sa sœur 
Marie, épouse de Conrard de Grisgnée. Il laisse aux reli- 
gieux de Malmedy la seigneurie engagée de Hody ; à 
Jean- Baptiste de Nuvolara 100 florins de rente à prendre 
hors des 5oo qu'il a sur la seigneurie de Villain (Vien) en 
Condroz, etc. Enfin tous les biens dont il n'a pas disposé, 
il les laisse à la compagnie de Jésus pour les trois quarts 
et audit Nuvolara pour un quart, bien entendu que dans 
ce legs sera comprise la censé d'Ouhar dont il a les deux 
tiers, comme ayant été acquis de ses sœurs, M me de Cris- 
gnée et feu M lle Marguerite d' Anthisnes. 

Ce testament fut suivi d'un codicille que le moribond, 
gisant dans son lit et ne pouvant écrire à cause de sa mala- 
die, fit à Anthisnes le 25 février i65i. Quant il eut rendu 
l'àme (28 février), le partage de sa succession donna lieu 
à un procès devant l'official de Liège. Toutefois les inté- 
ressés ne tardèrent pas à s'entendre et passèrent, les 22 et 
23 juillet i65i, deux transactions dont voici la substance. 

Les jésuites et Nuvolara abandonnent en toute propriété 
à Elisabeth de Fraipont les deux tiers de la censé et des 
biens d'Ouhar, en échange de tous ses droits sur les autres 
acquêts. Le seigneur et la dame de Grisgnée lui en cèdent 
le troisième tiers, ainsi que les censés de Tolumont et de 
Tillioux-Roland ; en compensation de quoi elle renonce 
en leur faveur à tout droit sur l'avouerie, la maison forte 
et les terres d'Anthisnes, sauf qu'elle pourra continuer à 
habiter, jusqu'à ce qu'elle change d'état, la tour du manoir 
et les deux chambres au-dessus de la brasserie, avec un 
grenier dans le nouveau bâtiment (i). 

(1) Protocole du notaire An t. Etten, i65i, fol. 27 et suiv., aux 
archives de l'Etat, à Liège. 



— 155 — 

5° François d'Anthisnes, né le jour de Noël i5g8. 
Licencié en droit de l'université de Reims et pourvu de la 
prébende de son grand-oncle maternel, Nicolas Rave, il 
fut reçu chanoine de Saint- Lambert le 9 juin 1627. Devenu 
officiai de Liège le 3o juillet i63i, il mourut le i3 février 
1637 et fut enterré dans la chapelle Saint-Luc de la cathé- 
drale (1). 

6° Catherine, baptisée à Anthisnes le i er juillet 1601, 
religieuse à Milen, morte en i636; 

7 , 8°, 9 , io° Otton-Ernest (baptisé le 8 février 1604), 
Jean, Marguerite et Marguerite-Maximilienne, qui, suivant 
Le Fort, moururent jeunes. Cependant Marguerite d'An- 
thisnes, probablement la même que feu Marguerite-Maxi- 
milienne qu'on trouve citée dans le testament de sa sœur 
Marie, ne décéda qu'au mois de juin 1642 et fut enterrée 
à Poulseur (2). 

1 1° Marie d'Anthisnes, dame de Sart du chef de sa 
mère, puis « haute voueresse » d'Anthisnes après la mort 
de son frère Godefroid (i65i). Elle avait épousé Conrard 
de Crisgnée, seigneur de Poulseur-sous-Rahier, colonel 
au service de S. M. I., qui, devenu par sa femme haut voué 
d'Anthisnes, décéda sans enfants le 18 avril i663. 




de Crisgnée. 

Sa veuve, après avoir longtemps habité le manoir de 
ses ancêtres, alla mourir, le 8 juin 1671, chez Jean-Baptiste 

(1) J. de Theux, Le chapitre de Saint- Lambert à Liège, t. III, 
p. 263. Suivant le même auteur, il aurait possédé un bénéfice dans 
l'église (liseç la chapelle) d'Ouhar. 

(2) Le Fort, Recueil dépitaphes, t. II, p. 56. 

6 



— 156 — 

de Nuvolara, maïeur de la cour féodale à Liège, d'où l'on 
transporta sa dépouille auprès du corps de son mari, dans 
l'église de Poulseur (i). Par un codicille daté de l'avant- 
veille de sa mort, elle avait laissé, à certaines conditions, 
sa vouerie, sa maison et ses biens d'Anthisnes (2) à l'époux 
de la nièce de son mari, le baron de Woest, qui suit. 




DE WaL. 

Mathieu-Ignace de Wal, baron de Woest en Flandre, 
était né à Tavier, le 11 août 1614, de Philippe de Wal et 
de Marguerite d'Anthisnes, de la branche de Tavier. Il 
avait épousé, le 3 février 1660, Marie-Marguerite de Cris- 
gnée, fille de Gilles et d'Anne de Néverlée, et ce mariage 
avait été célébré au château d'Anthisnes, sous les auspices 
de Conrard de Crisgnée, l'oncle de sa femme (3). La pierre, 
ornée de seize quartiers, qui marquait la place de leur tom- 
beau dans l'ancienne église d'Anthisnes, porte l'épitaphe 
suivante : 

ICY REPOSENT NOBLE ILLVSTRE SEIGNEVR MESSIRE MaTHIEV 

Ignace de Wal vicomte et havt-vove hereditair d'An- 
thine baron de woest seignevr de wlbrovck povlsevr 

TREPASSE LE 29 X bre I 686 ; Et NOBLE ILLVSTRE DAME MADAME 

Marie Margverite de Crisgnée son epovse decedee le 

16 FEB r I7o3. REQVIESCANT IN PACE. 

Ils eurent dix enfants (4), parmi lesquels : 

(1) Cf. L. Naveau, Analyse du recueil d'épitaphes des Le Fort, 
n° 2o52. 

(2) Environ 68 1/2 boniers, d'après le dénombrement de 1675. 

(3) Un extrait du contrat se trouve dans Le Fort, 2 e partie, t. VI, 
p. i65. 

(4) Sur les collatéraux des barons de Wal, avoués d'Anthisnes, 
voy. Annuaire de la noblesse de Belgique, 1878, pp. 320 et suiv. 



— 157 — 

Conrard- Adolphe de Wal, baron de Woest, haut voué 
d'Anthisnes, seigneur de Wibrouck et de Poulseur, marié 
au château de Beaufort (Luxembourg), le 3 décembre 1707, 
à Eve-Isabelle de Beck, dame de Tassigny et de Sapogne, 
fille d'Eugène- Albert baron de Beck et d'Anne de Boet- 
zeler (1). Il mourut à Anthisnes le 3o décembre 1731, et 
fut inhumé dans la chapelle du château. 

Eugène- Albert- Joseph baron de Wal, fils du pré- 
cédent, seigneur de Poulseur, Taviêr (2), Sart-Moulin, 
Tassigny, Sapogne, voué de Hody, né à Anthisnes le 
9 mars 1713, releva Favouerie par décès de sa mère, le 
25 novembre 1743. Ayant épousé à Barvaux, le 10 février 
1733, Marie-Josèphe- Hyacinthe, fille de Maximilien-Henri 
comte d'Aspremont-Lynden et de Marie-Georgine-Thérèse- 
Catherine de Haultepenne, il habita longtemps le château 
d'Anthisnes, puis, sans l'abandonner entièrement, alla vivre 
dans sa terre de Tassigny, près de Montmédy (3). C'est là 
qu'il perdit sa femme, le 20 août 1773, et que lui-même 
termina ses jours, le i5 avril 1789. L'un et l'autre furent 
enterrés à l'abbaye d'Orval. 

Outre plusieurs filles, ils laissèrent deux fils : l'aîné, 
Guillaume- Eugène-Joseph, devint commandeur dans l'ordre 
Teutonique et en composa l'histoire (4); le second, 

Joseph- Alexandre- Albert- Jean-Népomucène ba- 
ron de Wal, né à Anthisnes le 6 août 1739, hérita des sei- 
gneuries de son père et fut le dernier avoué d'Anthisnes, 

(1) Pour leur contrat de mariage, voy. Le Fort, 2 e partie, t. VI, 
p. 164. 

(2) Par relief du 11 août 1742, fait en vertu du testament de son 
cousin Thierry-Philippe de Wal. 

(3) En 1 761 , pendant un long séjour qu'il fit à Tassigny avec toute 
sa famille, on voit son chapelain d'Anthisnes veiller à ses intérêts, en 
attendant son retour. 

(4) Nous avons déjà dit qu'il renseigna fort mal le savant Ernst, 
en faisant de la tour et des propriétés du voué une dépendance de 
son avouerie et un fief du Limbourg. Ajoutons que cette erreur est 
d'autant plus inconcevable que, le 18 août 1782, son père avait encore 
relevé, à la cour féodale d'Anthisnes, la maison forte et les 36 boniers 
de terres qu'il tenait de l'abbé de Saint- Laurent. 



— 158 — 

par relief du 6 juillet 1789. Déjà mort en 1807, il avait 
épousé à Soiron, le 4 avril 1785, Marie-Philippine de 
Haultepenne, veuve de Charles-Joseph-Bernard baron de 
Pallant, décédée à Bruxelles le 10 octobre i833. Leur 
petite-fille Marie-Philippine- Elisabeth de Wal, devenue 
propriétaire des biens d'Anthisnes, les aliéna en i85i, 
comme on l'a vu ci-dessus. 

LE CHATEAU D'OUHAR. 

Le nom d'Ouhar, peut-être ne l'a-t-on pas oublié, se 
trouve accolé à celui d'Anthisnes dès le premier quart du 
XIII e siècle, dans l'énumération des droits appartenant à 
l'avoué de ces deux possessions de l'église de Waulsort. 
Situé dans un endroit écarté, Ouhar n'était qu'une dépen- 
dance d'Anthisnes, mais il s'y trouvait une enclave qui 
relevait de l'église de Stavelot, et dont les possesseurs se 
prétendaient absolument indépendants du seigneur du vil- 
lage. Nous en parlerons dans le chapitre suivant. 

On a vu plus haut que François de Soheit dit d'An- 
thisnes, outre la propriété qu'il habitait près de l'église, 
releva de l'abbé de Waulsort, le 17 janvier 1497, ^ a cour 
et maison d'Ouhar, avec le jardin et quatre boniers de 
terres (1). Après sa mort (1542), ce bien échut successive- 
ment à deux de ses fils : d'abord à Lion de Soheit, qui 
releva du nouveau seigneur, le 17 mars i552, les redevances 
dont il était chargé; ensuite à Jean de Soheit le jeune, 
ancien bourgmestre de Liège. Celui-ci mourut en 1575, 
laissant un fils, le colonel Hubert de Soheit, qui, vers 
1590, vendit sa propriété d'Ouhar à Jean de Courtejoie, 
seigneur de Grâce, la lui prit à rente le 24 juillet i5q2, et 
la lui revendit le 18 septembre 1593 (2). Par ces deux der- 
niers actes, nous savons qu'elle consistait en maison, grange, 
étables, censé, prés, terres, bois, haies, etc. 

(1) On remarquera encore une fois qu'il ne s'agit ici que des terres 
féodales, ce qui ne nous donne aucune idée de l'importance de la 
propriété. 

(2) Cf. Le Fort, i re partie, t. XXI, fol. 276 V . 



— 159 — 

La ferme d'Ouhar, bientôt après agrandie au moyen de 
nouvelles acquisitions, passa de Jean de Courtejoie à son 
fils du même nom (relief du 14 nov. 1624), puis à son 
petit-fils Melchior-Valentin, qui la possédait en 1642. Ce 
dernier étant mort sans hoirs, le bien d'Ouhar, qu'on avait 
fini par appeler la censé de Grâce, constitua la dot de sa 
sœur Isabelle- Françoise de Courtejoie, épouse de Laurent 
de Charneux dit de Marets, membre du Conseil ordinaire 
de S. A. le prince de Liège. 

La date de leur mariage nous est inconnue, mais on 
sait que l'aîné de leurs fils fut baptisé à Anthisnes le 7 août 
1647. Ils y étaient donc établis et c'est apparemment vers 
cette année que Laurent de Charneux fit bâtir le château 
d'Ouhar (t). Laissons encore parler Saumery (2), qui nous 
dira comment cet édifice était en 1743 : 

« La porte du Château, située au Nord, est défendue 
» par deux tours surmontées de flèches uniformes et de 
» belle aparence. Elle sert à une vaste basse-cour que 
» borde en face un superbe corps de logis, où on monte 
» par un double perron de pierre. Un beau vestibule, qui 
» communique à quatre grandes pièces régulières et riche- 
» ment meublées, partage avec elle le sol de cet édifice qui 
» forme un gros pavillon, flanqué d'une tour extrême- 
» ment haute, d'où la vue s'étend sur un grand jardin, 
» orné de cabinets de verdure et de plusieurs plates-bandes 
» comparties avec goût et émaillées des plus belles fleurs : 
» on y voit aussi un large bassin, revêtu de pierre, d'où 
» s'élève un jet d'eau de plus de quinze pies, qui sert de 
» décharge à un étang placé auprès de la porte du Châ- 
» teau. Cet étang est situé lui-même au bord d'un potager 
» fort étendu, cotoié d'une haute alée de charmille. » 

Une restauration récente a rendu à cette habitation à 
peu près son ancien caractère. On y a de plus transporté la 

(1) «A présent Arnold- Laurent de Charneux possède ledit bien, 
» comme lui provenant de son père (Laurent) qui avait épousé la fille 
» du seigneur de Grâce à qui il avait été donné en mariage et sur 
» lequel il y a fait bâtir une très belle et ample maison. » (Note d'un 
curé d'Anthisnes). 

(2) Délices du païs de Liège, t. III, p. 194. 



— 160 — 

plus belle des cheminées du château d'Anthisnes, œuvre 
de la seconde Renaissance montrant les écussons de Gode- 
froid d'Anthisnes et d'Elisabeth de Fraipont (i). Signalons 
aussi, comme s'y trouvant depuis nombre d'années, une 
cloche ornée de trois petits bas-reliefs représentant la con- 
sécration d'une église à Notre-Dame, saint Michel ter- 
rassant le dragon et un cygne (Diam. o,32). Inscription : 
►£< 0}arta $■ eft * nomen * meïï & anno * ôrït * CQ * ccccc * xxtut. 

Laurent de Charneux fut un des deux plénipotentiaires 
liégeois envoyés au congrès de Nimègue (1678-1679). Il 
mourut le 5 février 1684, accusé d'avoir outrepassé ses 
pouvoirs en consentant à ce que la France gardât le du- 
ché de Bouillon usurpé sur l'église de Liège (2). 

Comme on le verra dans la table généalogique ci- 
contre, sa postérité s'éteignit dans la personne de Marie- 
Charlotte-Josèphe- Julienne de Charneux, morte le 3 no- 
vembre 1789. Elle avait été mariée dans la chapelle 
d'Ouhar, le 16 novembre 1760, à Jean-Charles-Alexandre 
baron de Waha de Wanne, de la branche de Baillonville, 
dont les deux arrière-petits-fils sont aujourd'hui proprié- 
taires de la terre d'Ouhar. 

(1) A noter que la plaque de feu, aux armes de Gilles-Ferdinand 
de Rahier et de son épouse Anne-Marie d'Oyembrugge de Duras, est 
étrangère et postérieure à la cheminée. 

(2) Le chapitre cathédral alla même plus loin: il intenta un procès 
à sa famille et obtint des échevins de Liège un jugement condamnant 
son fils Arnold- Laurent de Charneux à des dommages et intérêts 
(i3 décembre i6g5). 




UNE CHEMINÉE DU CHATEAU D'ANTHISNES 

(Actuellement au château d'Ouhar) 



— 161 — 



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— 162 — 

LE FIEF DE L'ÉGLISE DE STAVELOT 
A OUHAR. 

L'origine de ce fief est absolument inconnue. Le plus 
ancien registre de la cour féodale de Stavelot nous apprend 
qu'un certain Baudri d'Ouhar le releva comme plein fief 
en i343. Donné pour douaire à Marie, fille de Hubert 
de Fronville, en i353, puis relevé par André d'Ouhar en 
1377, il porte dans ce dernier acte le nom dejief du Mon- 
cheal d'Ouhar (\). 

Plusieurs constructions et jardins existaient alors en 
cet endroit ou à proximité, tant sur le territoire du pays 
de Stavelot que sur celui d'Anthisnes. Il y avait même à 
Ouhar une tour, déjà mentionnée en 1372, à propos de 
l'investiture du bien qui fait l'objet du chapitre précé- 
dent (2). L'acte de relief de 1440 parle des « cour (tour en 
» 1460), maison, jardins, vergers, prés, terres, émoluments 
» et patronage de l'église d'Ouhar. » Mais il faut descendre 
jusqu'en 1600, pour trouver, dans un registre de Florent 
d'Anthisnes, des renseignements précis sur les différentes 
parties de ce fief, savoir : 

Le patronage de l'église d'Ouhar; 

L'enclos d'Ouhar avec la cour et les édifices, compre- 
nant 4 boniers 16 grandes verges, joignant d'amont, d'aval 
et vers Ardenne aux chemins, vers Meuse « à mon pré 
» d'Ouhar » ; 

Le bois « aile croix à l'Image », contenant 2 boniers; 

Le paxhis (pré) où est la chapelle, contenant 14 grandes 

(1) Pièces justificatives, n° VI. 

(2) « L'an LXXII, x jour ou mois de resailhe, fut avestis Wilhame 
» de Grauz (Grâce), par devant mons 1 ' l'abbeit Jhohan de Hanèche, 
» abbeit de Wauchor et de Hastier, et ses homes de fiefz, assavoir 
» sont Corbiaul de Fauz (Corbeau d'Anthisnes), Jhehan Baré d'An- 
» thine et Balduins de Bonis, etc., délie maison et cortis gissant à 
» Auhare deleis Anthine, par derire le maison qui fut dame Maroy 
» del Monchealz, et délie mayson que Andrié d'Anthine fist maiso- 
» neir deleis le tour d'Auhar et le jardin et le terres au devant, sy 
» avant qu'il movent en fief de mons r l'abc de Wachor . » 



— 163 — 

verges, joignant d'amont au bois, vers Meuse au seigneur 
de Grâce, et des deux autres cotes au chemin. 

Suivent onze pièces de terre ou de pré, joignant presque 
toutes au seigneur de Grâce. 

Contenance totale : 44 boniers 4 grandes verges, qu'on 
appelait vulgairement « le cherwage délie tour d'Ouhar. » 

Il est certain que la chapelle d'Ouhar existait déjà en 
\3-C-> ( 1 ). On vient de voir qu'elle était située dans un pré 
joignant un bois de deux boniers, nommé « le bois aile 
» croix à l'Image. » Ce nom est aujourd'hui oublié; mais 
un lieu dit « à l'Image » se trouve à l'endroit où se croi- 
saient, il y a peu d'années, les chemins d'Anthisnes à 
Mont et d'Anthisnes à Comblain-au-Pont. Or un ancien 
bois, nommé présentement le bois Saint-Jean, aboutit à 
ce carrefour, et comme la chapelle était dédiée aux saints 
Jean-Baptiste et Jean-Evangéliste, tout porte à croire que 
le bois « aile croix à l'Image » est devenu le bois Saint- 
Jean. Nous en concluons que la chapelle se trouvait dans 
un petit pré qu'on remarque au pied du bois, du côté du 
château d'Ouhar, sur un ancien plan d'Anthisnes où il est 
appelé le pré Saint- Jean (2). 

Quant à « la cour et les édifices » mentionnés ci-dessus, 
il est probable que c'était, là tout près, la ferme actuelle 
d'Ouhar (3). 

On n'a que des renseignements confus sur les premiers 
possesseurs de ce fief. Après ceux que nous avons cités, 
André d'Ouhar, 2 e ou 3 e du nom, le releva en 1411. Ses 
six enfants lui ayant succédé (1431), vendirent tour à tour 
leurs parts à Pirard de Lierneux, qui, en 1445, s'en trouva 
seul investi. 

(1) « L'an del nativiteit nostre S 1 ' Jhesucrist mille troicens LXXVI, 
» le jour del triniteit, releveit par messire Jhehan, vesti de Vilens, ... 
» le maison del chapelle d'Ouhaz et le preit decha le rieux » (Fiefs 
relevés de Wauthier de Bossut, abbé de Waulsort). 

(2) Cartes et plans, n° 53, aux archives de l'Etat, à Liège. 

(3) Dans son testament fait en i65o, Godefroid d'Anthisnes a soin 
de léguer, avec sa censé d'Ouhar, une prairie sise entre ladite censé 
et celle de Grâce ; ce qui indique une fois de plus que les deux fermes 
étaient très rapprochées. 



— 164 — 

Depuis lors il ne cessa d'appartenir aux avoués d'An- 
thisnes, jusqu'à ce que, par le partage de la succession de 
Godefroid d'Anthisnes (i65i), il échût à sa veuve Elisabeth 
de Fraipont. Celle-ci ayant convolé en secondes noces avec 
Jean- Isidore baron de Moitrey, le vendit à Laurent de 
Charneux, déjà propriétaire de la censé de Grâce. Par cet 
acte, passé le 27 octobre 1657 et réalisé à la cour féodale 
de Stavelot le 24 septembre de l'année suivante, elle lui 
cède non seulement le franc fief d'Où har, libre de toutes 
tailles et dîmes, contenant 40 à 5o boniers, mais encore 
environ 3o boniers de terres censales et « tel titre de 
» vicomte qui a été ci-devant donné par Jean, duc de Bra- 
» bant et de Limbourg, en l'an 1282 » (lise\ 1292). 

Relevant d'un prince étranger, le fief d'Ouhar était 
effectivement exempt des tailles et des dîmes que payaient 
les habitants d'Anthisnes ; mais le seigneur du village n'ad- 
mettait pas toujours cette exemption sans difficulté, à preuve 
un procès que l'abbé de Waulsort eut avec Adam Corbeau 
d'Anthisnes, en 1 5 18, au sujet de la situation et de l'immu- 
nité de certaines terres d'Ouhar. 

Forts de leur situation privilégiée, les derniers posses- 
seurs de ce fief, à commencer par Laurent de Charneux 
(i658), prirent ouvertement le titre de seigneur d'Ouhar. 
Cette prétention finit par déplaire à l'abbé de Saint-Laurent, 
Grégoire Tutélaire, qui s'en plaignit vivement à Arnold- 
Laurent de Charneux (vers 1700). Les reliefs d'Ouhar, 
disait-il, ne font mention d'aucune cour, et en tout cas il ne 
pourrait avoir existé là qu'une cour foncière, connaissant 
des fonds qui en dépendent et non des personnes ; la cour 
de justice d'Anthisnes, au contraire, a toujours exercé sa 
juridiction à Ouhar dans les causes non féodales, et cette 
assertion est prouvée par plusieurs témoins. A quoi de Char- 
neux répondait que le bien d'Ouhar, joignant la hauteur de 
Comblain, relevait de l'abbé de Stavelot ; qu'il ne payait 
pas la dîme et était exempt des impôts levés au pays de 
Liège, preuve qu'il n'était pas compris dans la seigneurie 
d'Anthisnes ; que dans un vieux manuscrit, la cour d'Ouhar 
figurait parmi les cours de justice du comté de Logne res- 
sortissant à la haute cour de Stavelot ; qu'en se qualifiant 



— 165 — 

seigneur d'Ouhar, il ne faisait que suivre l'exemple de ses 
prédécesseurs de la maison d'Anthisnes; enfin il ajoutait 
que le titre de vicomte donné par le duc de Brabant et de 
Limbourg, avait été cùdd à son père en même temps que 
le fief; ce qui était vrai, mais de nul effet, puisque ce titre 
appartenait à l'avoué d'Anthisnes. 

La conséquence de ce débat fut qu'il y eut deux sei- 
gneurs d'Ouhar au lieu d'un, car les de Charneux persis- 
tèrent dans leur prétention et, à partir de cette époque, 
les abbés de Saint-Laurent prirent la qualification de sei- 
gneur d'Anthisnes et d'Ouhar. 

Il nous reste à dire un mot du patronage de la cha- 
pelle. Le curé de Comblain, sur la paroisse de qui elle se 
trouvait ( i), ayant un jour prétendu qu'il avait le droit d'en 
nommer le recteur, l 'affaire fut portée devant l'archidiacre 
du Condroz. Celui-ci déclara, par jugement du 12 avril 
1 538, que la présentation à ce bénéfice appartenait depuis 
un temps immémorial au possesseur du fief d'Ouhar, mais 
que lui, l'archidiacre, en avait la collation, c'est-à-dire que 
l'admission et l'institution du prêtre ou du clerc présenté 
lui étaient réservées. 

On se demandera quand et comment disparut la cha- 
pelle d'Ouhar. Il est à présumer qu'après l'acquisition du 
fief par Laurent de Charneux, elle fut transférée dans le 
château voisin qu'il venait de construire. On y trouve, en 
effet, un autel de la seconde moitié du XVII e siècle, un re- 
gistre aux biens de la chapelle avec les noms des recteurs 
depuis 1643, et l'on sait que ceux-ci ne quittèrent cette 
demeure qu'après le renversement de nos anciennes insti- 
tutions. 

ANTHISNES PENDANT LES GUERRES 
DE LOUIS XIV. 

Heureux comme les peuples qui n'ont pas d'histoire, 
le village d'Anthisnes semble avoir vu s'écouler une longue 

(1) Le fief d'Ouhar étant de la mouvance de l'abbé de Stavelot, on 
ne s'étonnera pas qu'il fût de la paroisse de ce pays la plus proche, qui 
était Comblain. 



— 166 — 

suite de siècles, sans se trouver impliqué dans les guerres 
extérieures et les discordes civiles qui ensanglantèrent le 
pavs de Liège. A part les tentatives d'oppression, bientôt 
réprimées, de quelques seigneurs voisins, au XII e siècle, 
l'expédition du roi Jean de Bohême, au XIV e , et peut-être 
la ruine de son église pendant les guerres de religion, 
nous n'avons à enregistrer, jusqu'à l'époque néfaste des 
campagnes de Louis XIV, aucun trouble dans sa paisible 
existence. 

Et pourquoi en aurait-il été autrement ? Homme 
d'église, le seigneur n'attire point sur ses sujets le pillage 
et l'incendie, cortège ordinaire des guerres privées. Il 
n'exerce son pouvoir qu'après avoir juré d'observer la 
charte villageoise, et ce pouvoir, il le délègue le plus 
souvent à une cour de justice composée des notables de 
l'endroit. L'avoué, qui seul pourrait balancer son auto- 
rité, n'est ni assez fort ni assez ambitieux pour aspirer au 
rôle de petit tyran. Quant aux manants, presque tous 
propriétaires, ils ont les plaids pour faire entendre leurs 
doléances, et ils en usent en pleine liberté. Exempts de 
tout impôt gouvernemental, en vertu de leurs anciens 
privilèges, ne payant la taxe que pour les besoins de la 
communauté, c'est-à-dire d'eux-mêmes, ils n'ont en réalité 
d'autres charges que la dîme et la redevance au profit de 
l'avoué. En revanche, ils ont de grands biens communaux 
qui leur fournissent du bois en abondance et de la pâture 
pour leurs bestiaux. 

Nous sommes loin, on le voit, de ces paysans de l'an- 
cien régime dont La Bruyère (Caractères. De l'homme) 
s'est plu à dépeindre la misérable existence sous les plus 
noires couleurs. Il était réservé à la soldatesque étrangère, 
et surtout aux armées du grand roi, de réduire à la der- 
nière extrémité les habitants d'Anthisnes. Nos sources, tout 
incomplètes qu'elles sont, vont nous édifier là-dessus (i). 
Dès le mois de février 1674, l'intendant au service du 
roi d'Espagne, Francken, exige de M. de Charneux, pro- 
priétaire de la maison d'Ouhar, 3oo rations de fourrage, 

(1) Pièces justificatives, n os VII et VIII. 



— 167 - 

livrables à Namur, mais qui, suivant l'usage, sont conver- 
ties et payées en espèces sonnantes. La même année, ledit 
Francken somme le village d'Anthisnes de lui fournir 
3,ooo rations, et, pour se libérer, la communauté doit em- 
prunter à l'abbaye de Saint-Laurent i,3oo florins. 

En 1675, les Impériaux rivalisent d'extorsions avec les 
Espagnols. Le 21 janvier, le comte de Ghavagnac, lieute- 
nant général commandant les troupes de S. M. I. à 1 I u\ , 
ayant requis « le gentilhomme du château d'Ouhar » de 
loger un piquet de cavalerie, le propriétaire est obligé, pour 
se racheter, de lui donner 100 écus ( i). 

Au mois d'avril 1676, le receveur des contributions de 
S. M. à Namur reçoit du village d'Anthisnes 599 florins 
7 sous, pour les rations de l'année courante. Le 3 no- 
vembre, une autre quittance constate le payement de 800 
rations. Encore l'intendant ne se contente-t-il de cette 
somme que grâce aux sollicitations du conseiller de Char- 
neux (fils), qui, à chaque imposition nouvelle, se rend 
auprès de lui à Namur, pour essayer de fléchir sa rigueur. 

Puis viennent les rafraîchissements des troupes, et l'on 
sait ce que cela veut dire. En 1677, à la Pentecôte, un 
parti de 80 soldats voulant forcer Ouhar, on est obligé de 
les rafraîchir et de donner 6 pistoles au commandant. Une 
autre fois, c'est un certain capitaine Philippin qui s'y 
rafraîchit avec 3o dragons. 

Le 24 septembre 1677, pendant que le conseiller de 
Charneux sollicite à Namur, on fait payer à sa mère 5o pa- 
tacons, pour la part d'Anthisnes dans la contribution impo- 
sée par l'intendant des troupes brandebourgeoises campées 
à Reckheim, au delà de Maestricht. 

fi) M. Lonchay, auteur d'un mémoire couronné intitulé La prin- 
cipauté de Liège, la France et les Pays-Bas au XVII e et au XVIII e 
siècle, cite ce passage éminemment suggestif des Mémoires du comte 
de Chavagnac : « Ce quartier d'hiver (environs de Huy) a été le meil- 
» leur que j'aie jamais eu en ma vie, cor après avoir bien payé les 
» douze mille hommes dont on m'avait chargé, la cavalerie remise 
» et bien équipée, tous les officiers fort à leurs aises et très satisfaits, 
» j'eus cent mille écus pour moi de reste, dix mille écus de vaisselle 
» d'argent et un très-gros équipage. » 



— 168 — 

Cependant, les Français ont fait leur apparition dans 
le village, et leurs exigences viennent s'ajouter à celles des 
alliés. Ainsi menacée d'exécution de toutes parts, la com- 
munauté n'a d'autre ressource que de tenter la cupidité des 
chefs : elle donne 5oo florins pour adoucir le terrible Galvo, 
gouverneur français de Maestricht, tandis que de Gharneux 
fait deux fois le voyage de Liège, d'où il rapporte des pré- 
sents pour le comte de Salzbourg, à OufTet. 

Le maréchal de Luxembourg ayant établi son camp à 
Huy, donne une sauvegarde particulière pour le château 
d'Ouhar, le 3 octobre 1678; mais cela ne s'accorde que 
moyennant finance et n'empêche pas qu'un mois après, le 
général de La Motte n'envoie le colonel de Lestang prendre 
non seulement les avoines du voué et de la ferme de 
Pouxhon, à Anthisnes, mais encore 80 muids de grains et 
quantité de provisions à Ouhar. 

La paix de Nimègue, entre la France et l'Empire, était 
signée depuis le 5 février 1679, que les impositions conti- 
nuaient encore. Requise par le lieutenant-colonel La Fo- 
rette de payer le demi-mois courant du quartier d'hiver, la 
communauté d'Anthisnes emprunte, par acte du 21 avril, 
624 florins à l'abbaye de Saint- Laurent. Le 26 juin, elle 
reçoit l'ordre de verser 56 sols 3 deniers de France par 
jour, pour la subsistance de la compagnie du mestre de 
camp du régiment de Montai, logée à Rochefort. Enfin, 
le 9 novembre, on paye encore pour elle 5oo florins, repré- 
sentant sa part dans les 1,200 écus demandés par l'inten- 
dant au Condroz. 

Non content des territoires qu'il avait acquis par la 
guerre, Louis XIV établit à Metz une Chambre des réu- 
nions, chargée de déterminer l'étendue précise des cessions 
et dépendances obtenues par les derniers traités de paix. 
Elle en trouva naturellement un bon nombre, entre autres 
le Condroz, et requit les fonctionnaires de ce pays de venir 
faire hommage au roi. Cette insolente injonction étant res- 
tée sans effet, le seigneur d'Anthisnes fut sommé, le 17 dé- 
cembre 1681, de comparaître devant la chambre royale, à 
Metz, pour y entendre déclarer la commise de son fief. 
Le roi finit cependant par renoncer au Condroz ; mais, peu 



- 169 — 

d'années après, la ligue d'Augsbourg, quoique purement 
défensive, ramena ses troupes dans la principauté de Liège. 
Alors commence pour Anthisnes une longue série d'extor- 
sions et de pillages de la part des suppôts de Louvois, le 
plus impitoyable des ministres du plus absolu des rois. 
Contributions de guerre et réquisitions vont pleuvoir sur 
le malheureux village, que des intendants tels que Voisin, 
à Dinant, et Mahieu, à Luxembourg, se font un plaisir de 
pressurer au nom de Sa Majesté Très Chrétienne. 

Le 7 novembre 1688, on somme les habitants de livrer 
à Dinant 816 rations de fourrage. 

Le 25 mai 1689, ils sont taxés à 526 livres de France 
payables à Marche, et ce pour le reste de l'année ; mais il 
arrive qu'on a dû faire une remise à la ville de Visé, et 
pour combler ce déficit, on exige une surtaxe dans laquelle 
Anthisnes est imposé à 64 livres payables à Arlon. 

Le i er novembre, on requiert du village 800 rations 
livrables à Dinant. Toutefois on excepte les biens de 
M r de Tilleur et de M me de Woest, comme étant taxés 
séparément, sans doute en considération de ce que J.-B. 
de Boileau (M r de Tilleur) et le fils de la douairière de 
Wal (M me de Woest) sont au service de la France. Pour 
satisfaire à cette réquisition, la communauté se voit obligée 
de vendre le taillis du bois de Tolumont. 

A partir de 1690, le roi impose annuellement une con- 
tribution de 100,000 livres sur le pays de Liège en deçà 
de la Meuse. En conséquence Anthisnes et Ouhar sont 
taxés à 459 livres payables à Luxembourg, et ainsi d'année 
en année jusqu'en 1696, où leur quote part est de 455 livres. 

Pendant ce temps-là, les réquisitions vont leur train. 
Sommés, le 5 octobre 1693, par l'intendant de l'armée de 
la Moselle de livrer journellement 25o rations au camp des 
Avins, les habitants de Vien et d'Anthisnes obtiennent la 
remise d'une partie de cette livraison et fournissent le reste 
en nature. 

Au mois de mai 1694, la communauté d'Anthisnes paye 
les 38 rations demandées, le 29 avril, par le marquis 
d'Alègre, maréchal de camp à Sedan. 

Le 17 octobre 1695, A.-L. de Charneux promet de 



— 170 — 

payer 80 écus au baron de la Neufville (capitaine dans le 
régiment de Courtebourne), pour les rations à livrer par 
Anthisnes au camp du marquis de Harcourt, à Fronville. 

Le 4 septembre 1696, le lieutenant général comte de 
Tallard ordonne aux habitants de fournir au camp du 
Rond-Chène (à Védrin) 400 rations, et le maïeur d'An- 
thisnes a trois jours pour les payer. Deux mois après, ledit 
maïeur est mandé par le lieutenant général comte de Guis- 
card à Dinant, toujours pour des rations. 

Et ce n'est pas tout, car s'il y a une armée française qui 
nous suce jusqu'aux os, il y a aussi, du côté des alliés, une 
petite armée liégeoise, et il faut bien qu'elle vive. Aussi 
voyons-nous le prince évêque ou son général, le comte de 
T'Serclaes-Tilly, exiger chaque année du village d'An- 
thisnes o,58 1/2 rations, et comme les petits manants ne 
peuvent en payer que fort peu, ils ont à subir plusieurs 
exécutions. Outre les tailles assises pour ces rations, Son 
Altesse en demanda 5o, faisant par an 450 florins. 

On a calculé que, de 1688 à 1697 seulement, la com- 
munauté dut payer aux Français, tant en contributions 
qu'en rations, 14,612 florins; au gouvernement du prince, 
6,2o5 florins ; pour besoins et frais divers, 6,245 florins (1). 

Mais toutes ces dépenses, quelque écrasantes qu'elles 
fussent, étaient moins terribles que la brutalité du soldat, 
la dureté des chefs qui s'en prenaient à des innocents 
de leurs propres méprises, et l'impitoyable rapacité des 
fermiers d'impôts. Ecoutons, dans leur simplicité, les 
accents désespérés du pasteur et des échevins d' Anthisnes 
adressant une supplique aux députés des états, le 4 jan- 
vier 1697, plus de huit mois avant la conclusion de la 
paix : 

« Remonstrent très humblement et respectueusement à 
» voz seigneuries les députez et manants du village d'An- 
» thinne en Gondros qu'après avoir enduré tant des pertes 
» considérables et des misères depuis ceste dernière guère, 
» tant des armées ennemies que de celles des puissances 
» alliées, dont le détaille est icy joinct, ils seront et sont 

(1) Pièces justificatives, n" VIII. 



— 171 — 

» desjà réduits à une telle extrémité de pauvreté qu'ils ne 
» seront plus capables de donner satisfaction aux imposi- 
)> tions qu'il plairat doresnavant à son Alteze électorale et 
» ses estats de faire sur le pays ny à celles des ennemis, et 
» ainsy seront forcez d'abandonner le village sy voz sei- 
» gneuries par leurs bontez et équitez ne vueillent bien 
» avoir égard à leurs extrêmes désolations et leurs faire 
» grâce des dix tailles par mois qu'ils leurs at pleut d'or- 
» donner de payer. C'est de quoy, Messeigneurs, nous 
» vous prions très instamment et de nous aider par ceste 
» grâce à supporter les maux qui nous accablent. Quoy 
» faisant, etc. 

» Détaille des pertes que le village d'Anthinne at faits 
» depuis ceste dernière guère. 

» Lors que les ennemis vinrent bombarder Liège (1), 
» la plus grande partie des maisons furent entièrement 
» pillées, plusieurs bestes tuées et presque tous les chariots 
» forcez d'aller à leurs despens plusieurs jours avec l'ar- 
» mée, pour mener les esquipages, et au dessus de tout 
» cela obligez à livrer un grand nombre des sacques 
» d'avoine. 

» Lors que le marquis de Bouflers vint camper à Okier, 
» nous fusmes forcez d'y mener tout le fourage qui estoit 
» dans le village, et l'avoine aussy ; plusieurs mesme furent 
» obligez d'en acheter aillieurs, n'en ayant pas assé. 

» Son Alteze ayant commandé de faire la patrouille 
» pour attraper des voleurs qui couroient le pays et noz 
» payssans estants soubs les armes à ce dessein, six Fran- 
» çois détachez d'un gros party vinrent dans le village. 
» Les payssants ne les connoissants pas et les prennant 
» pour des voleurs qui alloient ordinairement à troupes 
» pareilles, les voulurent obliger à dire qui ils estoient et 
» monstrer leurs congez. Le gros du party venant quelque 
» temps après pillèrent plusieurs maisons, blessèrent quel- 
» ques payssans à mort, prirent des prisoniers qui, pour 

(i) Les Français, sous le commandement du marquis de Boufflers, 
traversèrent le Condroz et parurent, le I er juin 1691, devant la Char- 
treuse, d'où ils bombardèrent la cité. 

8 



— 172 — 

» avoir demeuré longtemps en prison à La Roche, ont 
» cousté merveille, et priment encor quinze chevaux ; et 
» tout cela pour avoir obéyt aux ordres du Prince. 

» Lors que les troupes des alliez, soubs le commande- 
» ment du prince de Hesse, vinrent camper à Aiwaille et 
» Awans, le village fut fouragé et la plus grande partie des 
)> maisons pillées. 

» Nous avons aussy estez exécutez trois ou quattres fois 
» de Dinand, qui nous ont cousté extraordinairement, la 
» communauté ne se treuvant pas en estât de retirer ses 
» prisoniers faute d'argent et force de pauvreté, et ayant 
» estez obligez de les laisser longtemps en prisons à très 
» grands fraix. 

» Item at aussy eut quattre de noz manants pris pour 
» représailles par les gens du marquis de Crocher (?), qui, 
» après avoir estez quattre mois en prison, en ont esté 
» chaquun à cent escus, et en les prennant quantité des 
» maisons furent pillées, outre plusieurs chevaux qui furent 
» aussy pris, lesquels on fut obligez de racheter. 

» Au camp de Paylle, lors que le mareschal de Bou- 
» flers y estoit avec l'armée de France, nous fusmes six 
» semaines entiers obligez de mener tous les jours trois 
» ou quattres charées de foin et avoine, et faute de furnir 
» assé tost, très souvent exécuté par des dragons qui vi- 
» voient à discrétion. 

» Et pendant le mesme camp, par un mésentendu entre 
» messieurs de Bouflers et Guiscard qui vouloit nous faire 
» livrer à Cineye où il estoit, nous fusmes exécutez par 
» quattre vingts cavaliers qui demeurèrent dans le village 
» non sans grands fraix, jusques à ce que ces deux géné- 
» raux se fussent expliqué. 

» Après la prise de Huy, les Brandenbourgs sous mon- 
» sieur de Vits estoient campé à Combien. Après leurs 
» avoir esté furny estant à Nandren beaucoup de foin et 
» d'avoine, ils sont venus deux jours de suitte fourager le 
» village, et on peut dire sans exagération qu'ils n'y ont 
» pas laissé un grain d'aucune espèce, ny une botte de fou- 
» rage ny de paille. 

» Nous avons eu deux logements des Hollandois : le 



— 173 — 

» premier estoit bien de quattre cents hommes, tant infan- 
» terie que cavalerie, le premier commandé par certain 
» Ladmiral et le second par Wolf, le tout aux dépends de 
» ce pauvre désolé village. 

» Au dernier camp de monsieur d'Harcourt au ban de 
» Fronville, après avoir livré beaucoup d'avoine, nous 
» avons esté obligé de faire un accorde en argent pour 
» quattre vingts et trois escus. 

« Monsieur de Tallard estant au camp du Ronchaine, 
» entre Sambre et Meuse, il nous at demandé des rations 
» qui nous ont cousté cents escus. 

» Le mesme monsieur de Tallard estant ceste dernière 
)> campagne à Bayonville, nous avons estez forcez de luy 
,) livrer cents sacques d'avoine. 

» On at encor fait sur nous une seconde représaille, 
» dont il y at eu quattre hommes menez à Luxembourg, 
» où ils ont restez six semaines. 

» Et nous pouvons asseurer avec vérité dont tous noz 
» voysins sont tesmoins qu'il ny at point de village dans 
» toute la Condros sy vexé des parties inemies qu'Anthinne, 
» ne manequant pas de semaine l'une parmy l'autre qu'il 
» n'y en viennent trois ou quattres, ce qui nous couste 
» beaucoup, au de là mesme de toute imposition. 

» Et pour nous achever, nous sommes tombez entre les 
» mains des reprenneurs d'imposts, dont la dureté nous at 
» poussé au bout, avant obligé toutes personnes depuis 
» l'aage de deux ans de payer, pour l'oeille du moulin 
» seulement, trois florins, sans la consomption et l'impost 
» du braz, d'autre quartiers en ayant estez quitte pour un 
» prix beaucoup moindre, peut estre bien de la moitié. » 

» George Defrance, curé d'Anthinne. » 
» Suivent les signatures des échevins de la cour. » 

Quatre années s'étaient à peine écoulées depuis la 
retraite des armées étrangères, que la guerre de la succes- 
sion d'Espagne ramenait les Français dans la principauté 
de Liège. Joseph-Clément de Bavière, devenu l'allié de 
Louis XIV contre presque toutes les puissances de l'Eu- 
rope, leur fit ouvrir les portes de sa capitale, où ils entrèrent 



— 174 — 

sous le nom fallacieux de troupes du cercle de Bourgogne. 
Les trois états du pays protestèrent vainement contre cette 
violation de la neutralité, qui devait avoir pour conséquence 
de nouvelles réquisitions. 

Le 20 juin 1702, un ordre émané du prince de T'Ser- 
claes-Tilly, commandant les troupes du cercle de Bourgogne 
sous les ordres de S. A. E. de Cologne, apprit aux habi- 
tants d'Anthisnes et de Plainevaux qu'ils étaient obligés 
de fournir chaque jour 6 rations, payables en espèces à 
raison de 1 1/2 escalin, «à peine d'être fourrages et exécutés 
militairement. » Aussitôt les Hollandais de riposter par une 
imposition de 10 tailles par mois, payables à Maestricht, 
« ne doutant pas, » disaient-ils, « que les habitants ne soient 
» bien aises de contribuer à leur délivrance par un subside 
» proportionné aux exactions qu'on a déjà faites et qu'on 
» continue de faire dans leur pays (!). » 

La ville de Liège étant tombée au pouvoir de l'armée 
anglo-hollandaise quelques mois après, le comte de Noyelles, 
commandant les troupes de leurs Hautes Puissances sur la 
Meuse, trouva bon de comprendre Anthisnes parmi les 
communautés du rivage chargées de fournir le feu, les 
chandelles et la paille (t) à la garnison de Kinkempois 
(26 novembre 1704). 

Nos documents ne nous apprennent rien de plus, mais 
on sait de bonne source que la longue guerre de la succes- 
sion d'Espagne ne fut pas moins désastreuse pour le Con- 
droz que celles qui l'avaient précédée. Nous en trouvons 
un dernier écho dans cette note d'un curé d'Anthisnes : Le 
2 février 1707, vers les 9 heures du soir, un détachement 
de la garnison de Liège ayant attaqué une troupe de soldats 
français dans la ferme de l'abbaye de Saint-Laurent, deux 
des assaillants restèrent sur le carreau et furent enterrés 
dans le jardin de la baronne de Woest; quant aux Français, 
ils se retirèrent sains et saufs sans prendre congé. Evi- 
demment le curé veut dire qu'ils oublièrent de demander 
la carte à payer. 

(1) Le compte des livraisons mentionne en outre des matelas, des 
paillasses et des fascines. 



— 175 — 

L'ÉGLISE ET LES CURÉS D'ANTHISNES. 

Dès le premier chapitre de ce travail, il a été question 
de l'église d'Anthisnes. Donnée avec le village à l'abbaye 
de Waulsort par Eilbert, seigneur de Florennes, en 946, 
elle était dédiée à saint Maximin ; mais, dans la seconde 
moitié du XVI e siècle, on la trouve placée sous l'invocation 
de Notre-Dame et de saint Maximin, évêque. 

D'après le pouillé du diocèse de Liège de 1 558, elle 
appartenait au concile ou doyenné d'Ouffet, dans l'archi- 
diaconé du Condroz, et renfermait deux autels, l'un con- 
sacré à sainte Catherine, l'autre à la sainte Vierge (1). 

Ses revenus, évalués alors à 40 muids, provenaient 
principalement des dîmes et des biens-fonds qui consti- 
tuaient son douaire. Le curé percevait, même sur les pro- 
priétés de l'abbaye, le sixième de la grosse dîme (2), la- 
quelle était estimée, en 1 585, à 60 muids. En outre il 
avait le tiers de la menue dîme qui valait 12 florins de Bra- 
bant. Sa maison, son jardin et les 9 boniers de terres dont 
il jouissait, étaient exempts de cette charge et rapportaient 
14 muids (3). 

La rétribution que le recteur d'une paroisse recevait 
du principal décimateur et qu'on appelait portion congrue, 
devait suffire à son entretien et à celui de l'église ; mais les 
grosses réparations incombaient au décimateur. Or il arriva 
qu'après la révolte des Pays-Bas et la guerre contre la 
France, les monastères de Waulsort et de Hastière se trou- 
vèrent dans un tel dénuement qu'il leur fut impossible de 
relever leurs églises incendiées ou dévastées, entre autres 
celle d'Anthisnes. L'abbé Scaillet ayant alors demandé au 
pape la permission de les faire desservir par ses religieux 
pendant trois ans, cette autorisation lui fut accordée le 

(1) Analectes pour servir à V histoire ecclésiastique âe Belgique, 
t. III, p. 174. 

(2) Jean de Romerée, amodiateur des biens de Waulsort à An- 
thisnes, ayant refusé de payer au curé sa quote-part dans la dîme, y 
fut condamné par une sentence de l'official. 

(3) Plus tard, dans la première moitié du xvm e siècle, les biens de 
la cure comprenaient près de iS boniers y grandes verges. 



- 176 — 

23 septembre 1606, de sorte qu'il put affecter à des res- 
taurations la portion congrue attribuée au curé (1). 

L'ancienne église, dont on disait qu'elle renclôt la censé 
de Waulsort du côté du midi, semble porter la trace de ces 
restaurations : elle a conservé cinq fenêtres et autant de 
colonnes dénotant la dernière période ogivale; mais ces 
colonnes supportent un plafond plat, d'un aspect misérable 
et d'une époque plus récente. 

Ce vénérable édifice, devenu aujourd'hui une propriété 
particulière, abritait quantité de pierres tombales qui, par 
une inconcevable incurie, ont été reléguées en dehors de 
l'église néo-gothique élevée près du presbytère et consacrée 
le 8 novembre 1890. Celle-ci renferme une statue en bois 
de saint Maximin, œuvre inconnue de Delcour, sur laquelle 
un curé de la paroisse nous a conservé des particularités 
intéressantes (2;. 

Voici les noms de quelques curés d'Anthisnes ayant 
exercé leur ministère avant la Révolution : 

Henri d'Ouffet. 

Jean Thomas, 17 novembre 1507. 

François de Soheit, 26 novembre 1557. 

N.. Noël, 8 janvier et 8 octobre 1587. 

Jean Hoghen, 1 588-26 août 1606, date de sa mort. 

Thiry Mathieu ou Mathis, 10 janvier 1608 (?), 1610- 
1627. 

François Jennet, 4 juillet 1628, 3i juillet i636. 

Jean Délie Loge (alias Henri Déloge), 1636-1644. 

François Pirotte, prend possession en février ou mars 
1645, et meurt le i5 juin 1681. 

Georges Defrance, de Liège, ancien curé de Borlez, 

(1) Analectes, etc., t. XVI, p. 179. 

(2) « Mémoire que j'ai donné au sculpteur Gilson à Liège 12 fl. Bb. 
» à bon compte sur la statue de S 1 Maximin, le 20 mai 1666... — 
» 1667, 16 mars, donné encore au sieur del Cour ou Gilson, sculpteur, 
» 3 patagons sur son ouvrage de S 1 Maximin. » Il est à présumer que 
notre curé confond ici Jean Delcour, le célèbre sculpteur, soit avec 
son père Gilson Delcour, qui ne fut que menuisier et n'était plus en 
vie, soit avec son frère Jean-Gilles (Gilson 1 Delcour, le peintre, qui ne 
mania probablement jamais le ciseau. 



— 177 — 

nommé le i3 décembre 1681, prend possession le 24 juin 
suivant et meurt le 19 août 1702. 

Mathieu Colin, d'Eneille (Grand-Han), protonotaire 
apostolique, prend possession le 24 juin 1703 et meurt à 
52 ans, le 20 août 1730. 

Laurent Lombart, prend possession le 24 juin 1731, 
résigne à son vicaireJean-Nicolas Xhignesse, le 5 septembre 
1740, et meurt le g octobre suivant. 

Jean-Nicolas Xhignesse, d'Anthisnes, prend possession 
le 8 décembre 1740 et meurt, dans sa 49 e année, le 29 juin 
1760 (1). 

Jean-Joseph Bicquet, de Liège, en fonction le i5 août 
1760, mort le 10 octobre 1796. 



LA SEIGNEURIE DE VIEN 

Si le nom d'Anthisnes n'a guère changé dans le cours 
des siècles, on n'en peut dire autant de celui de Vien. On 
écrivit d'abord Vilen\, Vilens, Villens, Villen, Vilains, etc., 
puis Vilhen ou Vilhain, pour aboutir, dans la seconde 
moitié du XVII e siècle, à Vyens et Vien. 

Nous avons dit qu'en 1235 cet alleu avait été converti 
en fief héréditaire mouvant de l'église de Waulsort, au 
profit de la veuve et des fils de Gonon Spiruet, mais que 
l'abbé s'en était réservé les dîmes, une partie de la Com- 
mine et quelques redevances (2). 

Le lieu dit la Commine correspondait aux endroits 
nommés, sur le plan cadastral d'Anthisnes, la Grande 
Commune et la Petite Commune (sic). C'était encore en 
1621 le plus gros morceau de la ferme de l'abbaye, qui 
alors comprenait environ 36 boniers, sans compter un petit 
bois de 2 1/2 boniers. De même que celle d'Anthisnes, elle 
était amodiée avec les dîmes, cens et rentes appartenant 
au monastère. 

Après qu'elle fut devenue la propriété de Saint-Laurent 

(1) Ces cinq derniers curés ont leurs pierres tombales à Anthisnes. 

(2) Voir Y Aperçu historique. 



— 178 — 

(i5 décembre 1664), les abbés Grégoire Tutélaire et Gré- 
goire Lembor en reconstruisirent successivement les bâti- 
ments, comme on le voit par deux pierres à leurs armes, 
respectivement datées de 1714 et de 1744. Vendue enfin 
comme bien national et réduite à 27 boniers 3 verges 
grandes 14 petites, elle fut acquise le 12 thermidor an V, 
au prix de 31,700 livres, par le fondé de procuration de 
Lambert Dam, ex-augustin de Huy (*). 

Depuis la transaction de 1235 jusque bien avant dans 
le XV e siècle, un voile impénétrable entoure l'existence de 
Vien. Quand un rayon de lumière pénètre cette obscu- 
rité, nous voyons, le 7 juillet 1467, un Johan de Villen 
ou Vilhain, seigneur de Vien (2), relever devant l'abbé de 
Waulsort, comme seigneur d'Anthisnes, « la court et la 
» maison séant à Villen en lieu que on dist en Laitte, 
» quy fut jadis Ponchar d'Anthine ; la moitié du bois que 
» on dist Herefays (Henrifays) qui fut partis enconte Hen- 
» nin de Villen ; » plusieurs pièces de terre dont une en la 
Commine, et un pré « delleis le fontaine ». 




de Vilhain. 

Tels étaient les biens qui formèrent jusqu'à la fin de 
l'ancien régime un des cinq pleins fiefs de la mouvance 
du seigneur d'Anthisnes. Ajoutons que par la cour et la 

(1) Renseignement dû à M. Gobert, archiviste provincial à Liège. 
— Après avoir passé en différentes mains, la ferme de Saint-Laurent, 
comprenant 3g hectares, finit par être vendue au baron Camille de 
Moffarts, le 5 mai 189g. 

(2) Les Vilhain, qu'on titrait de damoiseau ou d'écuyer, étaient 
originaires de Vien et en portaient le nom. Gérard et Jean de Vilhain 
y possédaient du bien en i35f>. 



— 179 — 

maison sises en Laitte, on doit entendre l'ancien château 
de Vien (aujourd'hui converti en ferme), parce qu'il joi- 
gnait de deux côtés à l'aitte ou cimetière («). 

Eenard de Vilhain, fils de Jean, lui ayant succédé, 
se dépouilla peu à peu de ses biens en faveur de son cou- 
sin Baudouin de Vilhain, seigneur de Viïlengea (2). Le 
18 décembre 1 5 12, il commence par lui vendre un pré joi- 
gnant une pièce de terre appartenant à son frère Engle- 
bert (3); le 12 juillet i5i3, il lui «transporte par aulmosne», 
en présence de l'abbé de Waulsort, la cour sise en l'Aitte • 
enfin, par acte passé devant la cour féodale de Liège le 
27 janvier 1 5 14, il lui abandonne les hauteur, seigneurie, 
prés, terres, bois, profits, droitures, émoluments, etc. de 
Vien, avec « la court, maison, jardin et assise qu'on dit la 
» court Grandamme (4). » 

La seigneurie de Vien qui, on le voit, était mouvante 
de l'église de Liège, comprit dès lors, outre le village, les 
hameaux de la Rock, du Floxhe (aujourd'hui les Floxhes) 
et de Villégiau (Viegeay). Elle avait justice haute et basse, 
avec les avantages pécuniaires attachés à cette prérogative. 
D'un autre côté, la communauté jouissait des aisances et 
gérait ses affaires dans des plaids qui ordinairement se 
tenaient au siège de la justice. Ceux que le prince abbé 
de Stavelot approuva le 7 mars 1772 (5), contiennent 56 
articles formant une espèce de code rural à peu près sem- 
blable à celui d'Anthisnes. Quant à la cour Grandame, 

(1) Aitre, aitte, aite, du bas latin atrium, signifie en wallon cime- 
tière. 

(2j Alias Villégia, Villégiau, Villégeau, aujourd'hui Viegeay, 
dépendance de Vien. Un Wauthier de Villengia releva, le 25 avril 
1 325, un demi-bonier de terre situé à Ourlet (Poncelet, Le livre des 
fiefs de i église de Liège sous Adolphe de la Marck, p. 3o5). 

(3) Echevins de Liège, Œuvres, reg. j3, fol. 10 v°. 

(4) Courfe'odale de Liège, reg. 60, fol. 65. — Renard de Vilhain, 
seigneur de Vien, mourut entre le 27 octobre i5i8, date de son testa- 
ment, et le 22 novembre 1 5 1 9 (Conv. et test., reg. 27, fol. 264). 

(5) Polain, Ordonnances de la principauté de Stavelot, p. 336. 



— 180 — 

qu'il faut probablement identifier avec la cour sise en 
l'Aitte (i), c'était une ferme qui, aux termes d'un acte 
de relief passé en i665, se trouvait « près la thour et 
» maison de Vilhain. » 

Fils d'un père du même nom, Baudouin de Vilhain 
était seigneur de Verlaine à Tohogne, du chef de sa mère 
Gilette de Xhos. Suivant Le Fort (2), il avait épousé, le 
1 1 août 1497, Jeanne, fille de Mathieu de Villers de Cro- 
cey, seigneur de Masbourg, et en secondes noces Oude ou 
Ide, fille de Henri Goene de Herstal et de Jeanne délie 
Xhurre. 

Son testament, qu'il fit le 26 juin i538, dans la salle 
de sa maison de Vien, « gisant sur son lit et travaillé de 
» maladie, » confirme la plupart de ces renseignements. 
Après avoir choisi sa sépulture dans le chœur de l'église 
Saint-Remi à Vien, il institue son épouse Oudelette « dame 
» et commanderesse » de tous les biens qu'il a dans le 
village, et lui laisse en outre les meubles et ustensiles des 
« cherwaiges » d'Ourlet, de Villégiau et de Verlaine. Son 
fils aîné du second lit, « Conne», héritera de la seigneurie 
de Vien, sauf à payer annuellement une rente de i5 muids 
d'épeautre à chacun de ses frères Jacques et Baudouin. 
Quant à Collart, Jehan et les autres enfants de son pre- 
mier mariage, ils n'élèveront aucune prétention sur les 
acquêts faits par lui depuis la mort de Jehenne, fille de 
Mathieu de Crocey, leur mère; et comme pour rétablir et 
récupérer le fief de Verlaine qu'on lui contestait en jus- 
tice, il a dû vendre plusieurs biens appartenant à sa seconde 
femme, celle-ci conservera une part de cette terre jusqu'à 
ce que lesdits enfants lui aient payé 100 florins d'or du 
Rhin, à titre de dédommagement (3). 

(1) Ces deux dénominations se perpétuèrent jusqu'à la fin du 
xvm e siècle, l'une à la cour féodale de Liège, l'autre à celle d'An- 
thisnes. 

(2) Manuscrits généalogiques, i re partie, t. XXIII, fol. 1 38. 

(3) Echevins de Liège, Convenances et testaments, reg. 33, fol. 
248. Cet acte fut approuvé et mis en garde de loi, à la requête de la 
veuve du testateur, le 3o octobre r 53g. 



— 181 — 

Henri dit Coene de Vilhain n'est guère connu que 
par ses conventions matrimoniales avec Marie de Xhéne- 
mont, fille de Guillaume et de feu damoiselle llclu\ Goes- 
win dit de Beyne. L'acte est daté du i3 juin 1548, « en la 
» crotte » (crypte) de l'église Saint-Barthélemi à Liège. Il 
contient la promesse faite par le futur d'apporter en ma- 
riage la seigneurie de Vien avec toutes ses appartenances, 
tour, maison, cour, etc., à la réserve des rentes qu'il s'est 
engagé à payer à sa mère. D'autre part, le damoiseau de 
Xhénemont garantit à sa fille un revenu de 5o muids 
d'épeautre (\). 

Henri de Vilhain siégeait à la cour féodale d'Anthisnes, 
en qualité de bailli, le 19 novembre i562. Comme il mou- 
rut sans postérité, son héritage fut recueilli par sa sœur, 
qui suit. 

Jeanne de Vilhain, veuve en premières noces de Wau- 
thier de Bois, seigneur de Soheit (f 16 octobre i56o), et 
en secondes noces de maître Gilles Moreau de Sart, releva 
la seigneurie de Vien par le décès de son frère Henri, le 
10 décembre 1578. Son fils du premier lit, Wauthier de 
Bois dit de Soheit, en qualité d'aîné, fut chargé de « des- 
» servir » le fief (2) ; d'où l'on peut conclure qu'il était 
appelé à lui succéder. Mais il y a apparence qu'il mourut 
jeune, car, par acte passé devant la cour de justice de Vien, 
le 26 juin 1689, Jeanne de Vilhain transporta la seigneurie 
à Gilles Moreau, son fils du second lit, qui, par suite du 
décès de sa mère, en fit relief le 17 janvier 1697 (3). 

Huit jours après, un petit-fils de Jeanne et de AYauthier 
de Bois, né du mariage de leur fille Jeanne de Bois avec 
feu Etienne de Lymbourg, se présentait devant la cour 
féodale de Liège et relevait la seigneurie, tant pour sa 
mère comme usufruitière, que pour lui-même comme 
propriétaire (4). C'était Henri de Lymbourg (5), dont le 

(1) Echevins de Liège, Convenances et testaments, reg. 38, 
fol. 3 4 5 v°. 

(2) Cour féodale de Liège, reg. 83, fol. 266 v°. 

(3) Ibidem, reg. 87, fol. 33 4 v°. 

(4) Ibidem, fol. 333 \°. 

(5) On écrivait aussi Lymborgh, Lembourgh, Limbourg, etc. 



— 182 — 

crayon généalogique ci-dessous fera connaître les droits. 

Baudouin de Vilhain, seig. de Vien, ép. Oude Coene. 

^ : — - 

Henri dit Coene Jeanne de Vilhain, dame de Vien, 

de Vilhain, seig. épouse : 

de Vien, ép. Marie i° Wauthier de Bois, i° Gilles Moreau 

de Xhénemont. seig. de Soheit. de Sart. 

Wauthier de Bois Jeanne de Bois Gilles Moreau, 

dit de Soheit. dite de Soheit, seig. de Vien. 

épouse : 
i° Etienne de Lymbourg, 2° Jean de Brialmont. 
capitaine de Rochefort. seig. d'Eneille. 



Henri de Lymbourg, seig. de Vien, 
ép. Brigitte van Ahr. 

Les deux compétiteurs en vinrent-ils à un procès ? Tout 
ce qu'on peut dire, c'est que Gilles Moreau est qualifié 
seigneur de Vien dans un acte de la cour féodale d'Anthisnes 
du 20 janvier 1599(1), et que Henri de Lymbourg trans- 
mit la seigneurie à ses descendants. 



A 



de Lymbourg. 

On trouve en effet qu'elle fut relevée, le 19 mars 1614, 
par Louis de Lymbourg, chanoine de Saint-Gilles à Liège, 
en qualité de tuteur des enfants de feu noble Henri de 
Lymbourg, son frère, et de Brigitte van Ahr, dame de Vien, 
sa belle-sœur (2). 

(ij Gilles Moreau, sans qualification, figure encore parmi les 
hommes de fief de la même cour le 24 janvier 161 3. 

(2) Cour féodale de Liège, reg. 92, fol. 18. — Il résulte de cette 
pièce que Louis ou Aloys de Lymbourg, qui devint abbé de Saint- 
Gilles en 16 17, était fils non pas, comme le disent ses biographes, de 
Louis de Lymbourg et de Jeanne de Vilhain, mais d'Etienne de Lym- 
bourg et de Jeanne de Bois. 



— 183 — 

Jean-Renier de Lymbourg-, l'aîné des fils de Henri, 
lui succéda dans la seigneurie. Il était déjà mort le 3o août 
i(53r>, jour où son frère et représentant, Damien-Arnould 
de Lymbourg, passe un acte de reconnaissance d'une 
rente de 70 florins de Brabant, constituée en i63o sur la 
tour et les autres biens du défunt à Vien (1). 

Commencée, on le voit, sous Jean-Renier de Lym- 
bourg, l'aliénation de la terre de Vien fut consommée par 
son successeur. Le i er août 1 636, avant même d'avoir relevé 
son fief, Damien-Arnould emprunte à Godefroid d'An- 
thisnes un capital produisant 200 florins de Brabant de 
rente (2). De 1643 à 1646, constituant de nouvelles rentes 
au denier quinze, il continue à s'endetter. Ses prêteurs 
sont Jean de Binckem, seigneur de Ramioule, Jean-Bap- 
tiste de Boileau, seigneur de Pouxhon, Jean de Lapide, 
chanoine de Notre-Dame à Aix-la-Chapelle, et Godefroid 
d'Anthisnes, dont la bourse est décidément inépuisable (a). 

Plus il emprunte et moins il se trouve en état de faire 
honneur à ses engagements. Il possède à Vien une sei- 
gneurie avec cens, rentes et autres revenus, 46 boniers de 
terres arables, 5 boniers de prairies et 24 boniers de bois ; 
mais tout cela est grevé d'hypothèques et déjà saisi par ses 
créanciers. Réduit ainsi à l'extrémité, Damien-Arnould 
vendit ses biens à Jean-François de Planchon, qui, par 
acte du 29 mars i65o, promit de payer les terres et les bois 
sur le pied de 200 florins Bb. le bonier, les prairies à 
raison de 400 florins, et les droits seigneuriaux 6,000 florins. 
L'acquéreur devait en outre compter au seigneur de Vien 
400 florins Bb. « pour une chaine d'or promise à madame 
» sa femme, » et chacune des parties se réservait la faculté 
de faire résilier le contrat dans l'année. 

C'est ce qui ne tarda pas à arriver. Ayant appris que 
son vendeur se disposait à retraire la seigneurie pour l'offrir 
à un autre, Planchon ne voulut pas risquer de faire venir 

(1) Cour féodale de Liège, reg. 100, fol. 202. 

(2) Ibidem, reg. 99, fol. 271. — A noter que l'acte du 20 août par 
lequel il fit relief f reg. 99, fol. 37 v°), le qualifie seigneur de Vilhain, 
Albenden, etc. 

(3) Ibidem, reg. 100, fol. 244; reg. 101, fol. 6 v° et 97 v°. 



— 184 — 

son mobilier de Hautepenne et renonça à son acquisition ; 
même il eut la cruauté de réclamer les 400 florins qu'il 
avait avancés pour la chaîne d'or destinée à rehausser les 
attraits de madame de Lymbourg (7 mai i65o). 

Quelques jours après (16 mai), Jean-Baptiste de 
Boileau, procédant au purgement de la seigneurie saisie 
par Godefroid d'Anthisnes, comptait à celui-ci la somme 
qui lui était due et reprenait sa vêture, à charge de lui 
payer les 5oo florins de rente constitués par Damien- 
Arnould de Lymbourg (1). 

Ce dernier fit insinuer, le i er mars i65i, une déclara- 
tion que tout acte fait par lui ou par son père au préjudice 
des biens féodaux de Vien, l'avait été « par erreur » (2) ; 
mais cette vaine protestation n'empêcha pas Boileau de 
prendre possession de la seigneurie (3) ; toutefois il ne la 
releva « en propriété et de nouveau seigneur » que le 
4 mars i665 (4). 




de Boileau. 

Second fils de Nicolas Boileau, seigneur de Bihain, et 
d'Antoinette Benninck, Jean- Baptiste était, du chef de son 
père, coseigneur de Pouxhon à Ernonheid et propriétaire 
de la censé de Pouxhon à Anthisnes. D'autre part, Mar- 
guerite-Isabelle de Corte, fille de l'échevin de Liège Pierre 
Curtius, lui avait apporté en mariage la seigneurie de Til- 
leur en partie. 

Leur tombe de pierre, ornée de seize quartiers, est 



(1) Cour féodale de Liège, reg. 101, fol. 238 v°, 245 v° et 246 v°. 

(2) Ibidem, fol. 323. 

(3) 11 est qualifié seigneur de Vien le 24 août 1 65 r , dans l'acte de 
naissance d'Eustache-Jean- Baptiste, son second fils. 

(4) Cour féodale, reg. 104, fol. 357 v °- 



— 185 — 

aujourd'hui dressée en face de l'entrée de l'église de Vien. 
On y lit l'inscription suivante : 

Ici gist noble et illvstre messire Jean Baptiste de Boi- 

LEAVE, S r DE VlEN, VlLLEGIAVX, POVHON, TlLEVR, MORTE LE 
20 DE 7 bre l688 (l), ET NOBLE DAME MaRGVERITE ISABELLE 
DE CORTE SON ESPOVSE, DECEDEE LE 2 5 MARS 1674, POVR LES- 
QUELS NOBLE ET ILLVSTRE MESSIRE JEAN BAPTISTE EvSTACHE 

baron de boileav (2), seignevr de tllevr, gentilhome de 
la chambre de s. a. e. de covlogne, colonel d'infanterie 
et commandant des villes et chateavx de hvy povr le 
service de sa dite serenite electorale, levr fils pvisne, 
at fait mettre cette tombe. 

Priez Diev povr evx. 

L'avant-veille de sa mort, la dame de Vien avait testé 
avec son époux « dans la chambre en haut » de leur mai- 
son d'Anthisnes (3). C'est là aussi que, le i5 juillet 1687, 
Jean-Baptiste fit son dernier testament : il laisse à Paul- 
Herman, son fils aîné, les terre, château et seigneurie de 
Vien et Villégiau, la censé dite des Croisiers qu'il a acquise 
à Vien (4) et la seigneurie de Pouxhon ; à son autre fils 
Jean-Baptiste-Eustache, capitaine en France, il laisse la 
seigneurie de Tilleur et la censé d'Anthisnes; à Marie- 
Ferdinande-Antoinette, sa fille (5), il lègue le tiers des 
deux moulins dits Curtius (6). 

(u Le curé d'Anthisnes inscrivant son décès, l'appelle homo pius 
et misericors erga pauperes,qui in fine se prebuit omnibus exemplum. 

(2) Les Boileau, qui en realité n'étaient qu'écuyers, finirent par 
prendre le titre de baron ou tout au moins celui de baron de Vien. 

(3) Cartitlaire de Bernardfagne, vol. II, fol. 229, aux archives 
de l'Etat, à Liège. 

(4) Cette ferme, appelée précédemment la censé du Mayeur, avait 
été achetée aux Croisiers de Huy, le i5 juillet i 653. Elle contenait 
près de 44 boniers et se trouvait « devant et proche l'église » ou 
« à l'opposite de la maison du seigneur. » (Ech. de Liège, Œuvres, 
reg. 1247 ; Cour féod., reg. 1 10, fol. 44 v°). 

(5) Baptisée à Anthisnes le 5 mars 1 656. 

(6) Echevins de Liège, Convenances et testaments, reg. 97, fol. 
i3o v°. Dans un autre testament, fait à Liège en sa maison de la rue 
des Clarisses, le 20 janvier 1681 (reg. 99, fol. 257 v°), il dit qu'il veut 
être enterré à côté de sa femme dans l'église de Vien, et parle de la 
rente de 5oo florins affectée sur cette seigneurie, qu'il a remboursée 
aux représentants de feu Godefroid d'Anthisnes. 



— 186 — 

Paul-Herman de Boileau avait épousé, conséquem- 
ment à un contrat du 10 février 1680, Marie-Claire-Josèphe 
Gallo de Salamanca, veuve de Jean-Gonrard de Charneux 
d'Ouhar (î). Par cet acte son père promettait de lui donner, 
aussitôt le mariage accompli, la seigneurie de Pouxhon 
ainsi que la terre de Vien, mais avec toutes ses charges et 
hormis la juridiction et le titre de seigneur. Il se réservait 
aussi, moyennant un dédommagement déterminé, d'être 
entretenu avec sa fille dans la maison de Vien. De son 
côté, la future épouse, assistée de sa mère Marie-Gabrielle 
de Pastrana, veuve de Louis Gallo de Salamanca, promet- 
tait d'apporter en mariage, entre autres biens, la part 
qu'elle avait du chef de son père dans la seigneurie de 
Montjardin (2). 

La conduite de Paul-Herman ne répondit pas, semble- 
t-il, à ce que ce contrat faisait espérer. Le 27 février 1686, 
lui et sa femme vendirent au prieuré de Bernardfagne, 
pour 4,000 florins de Brabant, leur moitié de la seigneurie 
de Pouxhon et d'Ernonheid, sauf le titre de seigneur 
réservé à leur père sa vie durant (3). D'autre part, on a vu 
que ce dernier finit ses jours dans sa maison d'Anthisnes 
et, détail significatif, que son fils aîné laissa au cadet le 
soin de placer une pierre sur sa tombe. 

Le Fort nous apprend que Paul-Herman fut gentil- 
homme de la cour de S. A. électorale de Trêves. Les actes 
réalisés à la cour féodale de Liège nous le montrent sous 
un aspect beaucoup moins décoratif. Toujours court d'ar- 
gent, il obligea plus d'une fois tous ses biens, voire ceux de 
sa femme. Pour n'en donner qu'un exemple, il emprunta, 
le 17 janvier 1707, à Jean Martels, marchand bourgeois de 
Liège, 1,800 florins de Brabant, en échange desquels il lui 
céda une rente de 12 muids d'épeautre qu'il assigna sur la 
seigneurie de Vien. Cette rente n'ayant jamais été payée, 

(1) L. et S.-J. Abry, Recueil héraldique des membres du Conseil 
ordinaire de la principauté de Liège, publié par Eug. Poswick, 
pp. 83-84. 

(2) Cartulaire de Bernardfagne, vol. II, fol. 227. 

(3) Ibidem, fol. 217. 



— 187 — 

Martels obtint « saisine et bannissement » contre son débi- 
teur, qui, pour éviter l'exécution du jugement et se faire 
avancer encore 100 pistoles, lui engagea le 28 mars 1711, 
du consentement de sa femme et de ses enfants, une rente 
de 800 florins de Brabant due par le seigneur et la dame 
de Montjardin (t). 

Paul-Herman de Boileau mourut à Liège le 4 mars 
1712 et fut enterré à Saint- Adalbert. Il était tellement obéré 
que son fils aîné Jean- Baptiste, donnant procuration pour 
relever la seigneurie de Vien, ne savait pas si sa mère 
accepterait la succession immobilière du défunt (-2). 

Jean-Baptiste de Boileau, baptisé à Vien le i er jan- 
vier 1687, était émancipé et possédait le grade de capitaine 
au régiment des gardes à pied de S. A. S. électorale de 
Cologne, lorsqu'il ratifia au château de Vien, le 24 janvier 
1707, l'hypothèque consentie par son père huit jours aupa- 
ravant. A peine eut-il fait relief (7 juin 1712), qu'un de ses 
créanciers, le capitaine Barthélemi de Conrardi, le pour- 
suivit devant la cour féodale, fit saisir ses propriétés et fut 
mis en possession de la seigneurie de Vien le i3 octobre 
1712 (3). 

La sœur du capitaine ayant recueilli son héritage, si- 
gnait, le i3 janvier 1719, Barbe-Cécile de Conrardi, 

(i) Cour féodale de Liège, reg. 114, fol. 95 v° et 97. Nous lisons 
dans J. de Theux, Histoire de la seigneurie de Montjardin, p. 65 : 
« Par accord du 27 janvier i685, une rente de 200 écus (800 florins), 
» hypothéquée sur le tiers de la seigneurie de Montjardin, avait été 
» créée au profit de Marie-Claire Gallo, épouse de Paul-Herman de 
» Boisleau. Les intérêts furent exactement payés jusqu'au 22 avril 
» 1706, mais depuis lors on n'avait donné que des à-comptes consis- 
» tant en 400 écus et 2,400 florins de Brabant. » Les Boileau obtinrent 
des tribunaux de Luxembourg plusieurs ordonnances condamnant 
leurs débiteurs à payer les arrérages échus, mais il faut croire que ces 
décrets eurent peu d'effet, car la terre de Montjardin, d'ailleurs gre- 
vée de beaucoup d'autres hypothèques, fut mise en vente le 10 octobre 
1733. Adjugée à la veuve de Paul Herman, elle resta impayée et dut 
être revendue sur folle enchère l'année suivante. 

(2) Cour féodale de Liège, reg. 1 13, fol. 280 v°. 

(3) Ibidem, reg. 116, fol. 12 v°. 

10 



— 188 — 

dame de Vien (i); et en effet, elle releva la seigneurie le 
3o août 1721 (2). 

Cependant la terre patrimoniale des Boileau devait 
bientôt rentrer dans leur famille. Jean-Baptiste s'était expa- 
trié (3) ; mais il avait un frère, Pierre-Joseph de Boileau, 
chanoine de la cathédrale de Tournai, né le 27 mai 1690, 
qui, moyennant 4,3oo florins de Brabant et l'obligation de 
payer différentes sommes à la décharge de M lle de Conrardi, 
fut subrogé en son lieu et place le 22 octobre 1725 (4). 

Dès qu'il eut fait relief (i er décembre), le nouveau sei- 
gneur requit la cour de Vien de procéder à la visite du 
château et de la ferme y attenante. Elle eut lieu le 28 jan- 
vier 1726, jour des plaids généraux. Mais, dans quel état 
se trouvaient les bâtiments ! Des murs sur le point de crou- 
ler, des baies sans portes ni fenêtres, la charpente et le 
toit de la grande tour menaçant ruine, des châssis et des 
poutres à moitié pourris, tout enfin dans un délabrement 
inconcevable (5). Le procès-verbal mentionne aussi deux 
petites tours, l'une à droite, l'autre à gauche de la porte 
d'entrée. Elles existaient encore du temps de Saumery 
(1743), qui trouvait à bon droit les appartements et jar- 
dins fort négligés ; « mais, » dit-il, « M r le Baron de Boi- 
» leau commence à les remettre en bon ordre (6). » Pauvre 
M. de Boileau ! l'entreprise était au-dessus de ses forces, 
lui qui, loin de dégrever ses propriétés, faisait un trou 
chaque fois qu'il en bouchait un autre. 

Homme d'église et chanoine de Saint-Paul à Liège 
depuis 1744 (7), Pierre-Joseph n'avait pas d'héritier direct. 

(1) Procès en appel à la Chambre impériale, n° 49, aux archives 
de l'Etat, à Liège. Le cachet qui accompagne la signature, porte un 
écu écartelé : au i er et au 4 e d'argent à la croix de gueules; au 2 e et 
au 3° d'azur à une rieur de lys de... 

(2) Cour féodale de Liège, reg. 11 5, fol. 172 v°. 

(3) Il avait épousé N. de Valombre, fille du lieutenant général de 
police à Metz, dont deux fils. 

(4) Cour féodale de Liège, reg. 116, fol. 12 v°. 

(5) Cour de Vien, reg. 1728-1 761, fol. 112, aux archives de l'Etat, 
à Liège. 

(6) Les Délices du pats de Liège, t. III, p. 189. 

(7) (Thimister) Essai historique sur l'église de S. Paul, p. 372. 



— 189 — 

Cette considération fut sans doute une de celles qui le por. 
tèrent à céder, le 23 décembre 1762, la nue propriété de sa 
seigneurie de Vien, avec les droits et cens y attachés, à 
Jacques de Beghein, échevin de Liège, qui la releva le 
i er avril 17(53. En même temps il lui transporta, pour en 
jouir aussitôt, la seigneurie de Baneux (à Lierneux), que 
le marquis d'Arson, époux de sa tante Marie-Ferdinande- 
Antoinette, lui avait donnée par acte du 18 décembre 1723, 
réalisé à Stavelot le 19 décembre de l'année suivante (1). 




de Beghein. 

Comme on a pu le remarquer, notre chanoine ne s'était 
pas dépouillé des fermes qu'il possédait à Vien et à An- 
thisnes. Elles furent l'objet d'une nouvelle donation que, 
« sans induction ni persuasion aucune (!), » il fit à Be- 
ghein le 8 février 1768, pour jouir de ces biens après sa 
mort et à condition d'en acquitter toutes les charges. Trois 
ans après, considérant que son grand âge ne lui permettait 
plus de vaquer à ses affaires, il lui abandonnait ses deux 
usufruits, à la réserve d'une rente annuelle de 450 florins 
Bb. qui resterait à sa disposition (24 mai 1771). 

Parvenu au milieu de sa 89 e année, Pierre-Joseph de 
Boileau s'éteignit à Liège, le 16 novembre 1778, et fut 
enterré à Vien (2). 

Quant à l'adroit échevin qui avait su gagner ses bonnes 

(1 ) Cour féodale de Liège, reg. 120, fol. 263 v°. Le marquis d'Arson, 
de son vrai nom Thomas-Adolphe- Renard de Fuchsemberg, possé- 
dait la seigneurie de Baneux; du chef de sa femme, à qui Anne-Ëlisa- 
beth de Fraipont l'avait léguée par testament du 19 septembre 1687. 

(2) C'est à tort que, dans le registre aux décès de Sainte-Véronique, 
on ajoute à ses prénoms celui de François. 



— 190 — 

grâces, il céda à son fils aîné Pierre-Gérard-Joseph de 
Beghein, chanoine de Saint- Paul, sa terre et seigneurie 
de Vien avec la censé de Viegeay et celle de Pouxhon à 
Anthisnes, à condition que ces biens seraient rapportés à sa 
succession pour 80,000 florins de Brabant(i). Cet acte fut 
passé au château de Vien le 25 octobre 1793, non pas 
sans doute dans l'antique et peu confortable manoir dit 
en l'Aitte, mais dans le nouveau château dont le style an- 
nonce une construction de la seconde moitié du xvm e siècle. 
C'est là que Jacques de Beghein mourut le 12 juin 
1804(2). Ses enfants et sa veuve, Marie-Jeanne-Marguerite 
d'Heur, vendirent, le 11 janvier 1811, la terre de Vien, y 
compris la ferme de Viegeay, d'une contenance totale de 
157 hectares 19 ares, à Henri-Louis Roly, avocat, qui en 
paya le prix de 123,259 francs. Elle appartient aujourd'hui 
à son arrière-petite fille, la baronne douairière Camille de 
Moffarts, née Roly de Vien. 

L'ÉGLISE ET LES CURÉS DE VIEN. 

La donation de l'alleu de Vien faite aux moines de 
Waulsort en 11 33, comprenait, on s'en souvient, l'église 
paroissiale. Dès lors la collation de la cure appartint à 
l'abbé et l'entretien de l'édifice fut à la charge de son mo- 
nastère, jusqu'au jour où celui-ci vendit tous ses droits à 
l'abbaye de Saint-Laurent (i5 décembre 1664). 

De même que l'église d'Anthisnes, celle de Vien faisait 
partie du concile d'Ouffet, dans l'archidiaconé du Con- 
droz. Dédiée à saint Rémi, elle avait, en 1672, un autel de 
Notre-Dame et un autre de Saint-André, dit aussi de Saint- 
Jean-Baptiste. 

En i558, son revenu était de 36 muids d'épeautre (3) ; 
en 1627, de 38 muids, que le curé prélevait chaque année 
sur le gros décimateur, en les prenant hors de la grange de 

([) Cour de Vien, reg. 1 773-1796, fol. 254. 

(2) Voir la notice que M. le chevalier de Borman lui a consacrée 
dans Les échevins de la souveraine justice de Liège, t. II, p. 379. 

(3) Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de Belgique, 
t. III, p. 178. 



— 191 — 

l'abbaye. C'était là sa portion congrue. En outre il jouis- 
sait de quelques rentes et biens-fonds ; mais il faut remar- 
quer que ses propres terres étaient sujettes à la dîme; elles 
n'en furent affranchies qu'à partir de i663, en vertu d'un 
accord fait avec le prélat de Waulsort. 

Ont été curés à Vien sous l'ancien régime : 

Messire Jehan, 8 juin 1376. 

Messire Johan Lenys, 26 juin 1 538. 

Messire Cloes. 

Jean Quintin, 1672 ; fait son testament le 29 août 
i5 7 8 (?). 

Jean de Grainge, mort le 16 septembre i636. 

Jean Nicolaï, 1637; fait son testament le 17 février 
1672. 

Guillaume Froidbize, mort en 1676. 

Oger Fleussu, nommé le 5 octobre 1676, mort le 18 oc- 
tobre 1680. 

Hubert de Leuze, nommé le 16 avril 1681, prend pos- 
session à la Saint-Jean et meurt dans la retraite à My, le 
29 mai 1707. Gît à Vien. 

Hubert Hubin prend possession à la Saint-Jean 1704 
et meurt le 18 septembre 1737. 

Lambert Déviiez prend possession en i~38 et meurt le 
9 juin 1743, à l'âge de 62 ans (\). 

Pierre Jenicot, 3o novembre 1743, 3 juin 1746 (?). 

J. -Hubert Jacquet prend possession à la Saint-Jean 
1744, 18 juin 1747. 

Jacques-Joseph Mathieu prend possession en 1747. 
encore en fonction le 22 avril 1778. 

Jean-Joseph Donnay, bénéficier de la collégiale de Looz, 
i5 novembre 1778, mort le 26 janvier 1791. 

Denis Theuse, 3o juin 1791, novembre i8o3, puis curé 
doyen à Nandrin. 

Baron J. de CHESTRET de HANEFFE. 

(1) Ces deux derniers curés ont leurs pierres tombales à Vien. 



PIÈCES JUSTIFICATIVES 



I. 

Henri, marquis de L imbourg (sic), énumère les droits qu'il tient 
de Véglise de Met%, en qualité d'avoué des biens de l abbaye 
de Waulsort à Anthisnes et à Ouhar. Vidimus de Jean de 
Flandre, évêque de Liège, du 4 décembre 1289. 

Entre 1214 et 1221. 

Universis ad quos présentes litterae pervenerint nos Johannes 
gratia Dei Leodiensis episcopus salutem cum notitia veritatis. 
Noverint universi et singuli nos litteras infrascriptas nobilis viri 
Henrici marchionis de Lemborgh non abolitas, non cancellatas 
nec in aliqua parte sui vitiatas vidisse, tenuisse et legisse in 
hec verba : 

Henricus marchio de Lemborck dilecto suo rilio Gualeramo 
comiti de Luscelebork et dilectis suis filiis fratribus Gualerami 
eiusdem, necnon et haeredibus successoribusque ipsorum dilec- 
tionem debitam cum salute in Christo. Quoniam cum tempore 
pertranseunt temporales homines et quœcumque in tempore 
gesta esse contingit, eapropter per praesentem kartulam vobis 
notificamus ac vestris posteris universis quod nos, qui a domino 
episcopo et ab ecclesia sancti Stephani cathedrali Methensi sub 
iuramento fidelitatis advocatiam tenemus in bonis quae apud 
Anthin et UrHâ possidet abbas et ecclesia Walciodorensis, in 
eorum praesentia ecclesiae videlicet et abbatis ac coram villico et 
scabinis curiae memoratag, sicut ex nostra recordatione ac sua 
investigare cum diligentia et ingenti consilio poteramus, solem- 
niter ac bénigne recognovimus et per istam paginam quae sigilli 
nostri appensione firmata est, veraciter protestamur in advocatia 
praenominata hoc advocati esse jus et fuisse : in die festo sancti 
Andréas duo porci taies ei debentur qui et in aqua possint comedi 
et in asso, in natali vero quinque gallinae ac xxv ova et xxv ciri 



— 193 — 

cervisiae. Item duo modii dimidiusque avenae ac modiusque 
speltae. A quolibet autem manso très obuli de corweia. Item 
quilibet ignis banni eiusdem denarium débet ei pro vino, propter 
illos qui super dotem ecclesiœ vel abbatis feodum continentur. 
Excessus modicos et ingentes abbas per villicum et scabinos ac 
suos homines débet tractare, per forestarium suum partes citare. 
Advocatus non veniet nisi monitus per abbatem. Tertiam quoque 
partem emendae quam fecerit emendari pereipiet, abbas duas. 
Praeter hase advocatus nihil penitus juris habet. Vos igitur obse- 
cramus in Christo quatenus sicut vestram diligitis sed et nostram 
salutem, sic iura praedicta in perpetuum illibata firmiter obser- 
vetis et observari fîdeliter faciatis ne incurratis districti iudicii 
ultionem severam. 

In cuius rei testimonium nos Johannes episcopus antedictus 
praesentibus litteris sigillum nostrum proprium duximus appo- 
nendum. Datum per copiam anno Domini M.CC.LXXX. nono, 
dominica ante festum beati Nicholai. 

Copie du xvm e siècle. 



Les hommes de fief de Jean d'Acosse, abbé de Waulsort et 
de Hastière, attestent en sa présence que dom Thomas 
Corbeau d'Anthisnes, son prédécesseur, a légué son fief 
d'Anthisnes à Thomas Corbeau d'Anthisnes dit de Fawe, 
écuyer, son cousin, lequel en fait relief. 
Anthisnes, le iG juillet i 36 1. 

Nous Jean d'Akoche, par la patience de Dieu abbe' des 
églises Notre- Damme de Walsors et Hastiers, faisons sçavoir à 
chascun et tous que pardevant nous et nos hommes de fiefs 
cidessoubs dénommez est venu vailhant et saige Thomas Cor- 
beal d'Antines, escuyer, demeurant à Faw, en requérant et 
demandant d'avoir record d'aulcunes œuvres qu'ont estées faictes 
pardevant nosdits hommes en temps passeit du fieff cidessoub 
déclaré. Premier ont recordé nosdits hommes pardevant nous 
qu'ung jour qui passé est, ils veirent venir pardevant eulx 
vénérable homme de bonne mémoire damp Thomas Corbeal 
de Antine, notre prédécesseur abbé, d'une parte, et honorable 
homme et discreit Thomas Corbeal d'Antine, dict de Souvegné, 
d'autre parte, lequeldit damp Thomas ordonnât par manière 
de testament du fieff d'Anthine luy succédé par la mort sans 



— 194 — 

hoires de son frère Corbeal d'Anthines, en telle manière qu'il 
vouloit que ledit Thomas son cousin eust ledit fief entièrement, 
sçavoir la fortresse et la mannoire d'Anthine, avec les manna- 
disses, jardins, terres, preits, eaves et tous autres biens à che 
appendans, si avant qu'il lui appartenoit, par telle condition 
que si choese advenoit qu'il n'eust hoir loyal de son corps qui 
parvint en eage parfaict de quinses ans, qu'adonc lesdits fieffs 
et biens revenissent entièrement à Thomas d'Antines, dict de 
Faw, dessus nommeis et à ses hoires à tousjours héritablement. 
Et après tous ses records faicts, ledit Thomas comparut par- 
devant nous et nosdits hommes de fief dessoubs nommeis le 
dimanche saisième jour du moix de juillette à Antines, et 
demandât à avoir ban et vesture dudit fief, auquel il debvoit 
parvenir par la succession dudit Thomas de Souvegnés qui 
trespasseit estoit de ce siècle et qui n'avoit mie oncque hoir de 
son corps, ainsi qu'il apparoist par la vérité delledite ordon- 
nance que ledit damp Thomas adonc abbeit, leur cousin, avoit 
jadis faict pardevant nosdits hommes, et nous par l'enseigne- 
ment de nosdits hommes donnâmes audit Thomas de Fawe 
ban et vesture dudit fieffet le recheumes à homme selon l'usaige 
et coustume du pays, et gréons, loons et ratifiions les records 
qui en ont estez faicts, si que dict est. Et en loyal tesmoinage 
desquelles choeses nous avons faict appendre à ches présentes 
lettres notre propre sayeal, et nous ausy les hommes des fiefs, 
sçavoir Jean Jamar, Jehan d'Antines, persone d'Ouhare, Jehan 
le Bidars, Thomas Badar, Jean Bareis avons appendus noz 
propres seaulx à cesdites lettres avec le sayel de notre très cher 
et ameit seigneur l'abbeit dessus nommeit. Et nous Wynand le 
Damuseal, Warnechons Lambar, Katons, Huvves et Winotte 
frères, et Ernotte filz Hannuy d'Ouhare avons pryez et requis à 
honorables escuyers Gille de Xhoce et Jean de Sart qu'ils pour 
nous appendent leurs seaulx à ces lettres. Nous Gile de Xhoce 
et Jean de Sart, al requeste des hommes qui n'ont point de seals 
dessusdits, avons pendus à cesdites lettres noz propres seyauls. 
Faict et donné l'an délie nativité notre Seigneur mille troix 
cents soissante ung, seize jour en mois de jullet. Ainsi signé. 

Extraict d'une vielle et ancienne lettre en parchemin avec 
quelques seels et cavettes y pendantes et trouvé concorde à son 
originel par moyJean de Grange, notaire apostolicque et impé- 
riale soubescrit. i632. 

Ms. Van den Berch, n° 188, p. 880, à la bibliothèque 
de l'université de Liège. 



— 195 — 

m. 

Record de la cour féodale de Limbourg touchant les droits 

du voué d'Anthisnes. 

i o juin i 546. 

L'an quinsecent quarante siex le diexesme jour de jung, com- 
parut honeste Adam Corbeaux voé d'Anthin pardevant Jehan 
d'Eynnatten Abpsennich, sicque lieutenant et sommoneur de la 
noble chevallerie et hommes féodaulx par la majesté impérialle 
de la duceit et pays de Lembourgh, et hommes le'odalz de ladite 
duceit, comme damoyseaulx Guilleame d'Argenteaulx, seigneur 
d'Esneux, Jehan de Bauengné, Jehan Radot, maieur de Lem- 
bourgh, et Jacques de Konne. Là mesmement requist ledit Adam 
d'avoir coppie saielleit, parmy ses droicts payant, de la conte- 
nanche et droictures appartenant à la vouwerie d'Anthin, eticelle 
extraict hors de leure et registre auttenticque des hommes féo- 
daulz de susdit pays de Lembourgh, à laquelle requeste somme 
accordant et luy avons donnez de mot à mot comme ichy après 
s'ensuyt, suyvant la contenance de notre susdit registres. 

Premier at ledit voé au jour del sainct Martin en rentes del 
églize xij stiers du speaultes telles que on les paie audit jour. 
Item encoire à la grande pasque v poelhe et xxv ouff. Item at 
ledit vouwé à la sainct Andrier xxv denier et de cens que on 
dict de corwée, sy en ont les eschevins iij. Item at ledit vouweit 
en rente d'avoen a jour del sainct Andrier vij muids et demy 
d'avoen ; et se choese advenoit que les rentes ne montaissent 
point tant, on luy doit porpaier à la saincte Gertrude emmy 
marce après suyvant, ne riens ne peult ledit vouweit astreindre 
jusques adoncque. Item at ledit vouweit a jour de notre dame 
assumption emmy aougst qu'on paye le rente de porceaux, une 
rente de deux porceaux malle et femelle. Item at ledit vouweit 
à la bressinne d'Anthyne xxv hannas de cervoise que on dict 
bichiez, sy en ont les eschevins ung hannas. Item at ledit vou- 
weit à chacune chense de la ville d'Anthyne et des appartenance 
qui ne sient sur fieffz ou sur douwaierie a jour del sainct Andrier 
deux stiers d'avoiene et adoncque mesme une denier sur chacune 
chense bonne mannoie, laquelle on appelle viche conteit, lequelz 
viceconteit ledit voweit prent audit jour par sept eschevins qui 
sont à luy, desquelz eschevins il en doit prendre deux en la 
hault court et les aultres v il les peult prendre es massuvirs ou 
mannans quy debvoyent lesdites viceconteit; et doibt envoier 
quérir sadite viceconteit par son messagier avec ung sacke et lu 

11 



— 196 — 

stier ; et qui ne luy paieroit ledit il ne prenderoit mye l'avoen s'il 
ne voloit. Et se choeses avenoit que on ne luy paiast audit jour 
sainct Andrieu, ledit voweit pouroit faire prendre par luy et 
deux de ses eschevins celuy qui payet ne l'aroyt sur le tiege qui 
est a vouweit, liquel tiege commenche de là le boix de Tollé- 
mont et mont amon le boix de Tollémont tous le tiege venant 
jusques à Anthin, passant oultre devant la maison Ponehart 
d'Anthyne jadis et descendant vers le Vaulx et remontant sus 
a tiege del Cherra, descendant en on fosseit et remontant sus du 
fossé longe les boix délie Heye jusques a chaffor le vesque, ainsy 
que les eschevins de la hault court le salvent et wardent. Et se 
choese avenoit que il prendist aulcun délie ville mannant par 
deffaulte de paiement, il le poroit tenir tant qu'il seroit payet ; 
et tantost que ilz sieroit payet, celuy qui payerait debvroit estre 
quicte sains aultre amende. Et at ledit voweit sept eschevins qui 
ly gardent sa viceeonteit, desquelz il en prent deux en la hault 
court et les v aultres en cheussy qui luy debvent sa viceeonteit. 
Et en signe de vériteit que cest présente coppie est extraict 
hors de notre susnommeit régis autenticque de mot à mot 
comme dessus et donnez par coppie, cy avons premier nous 
Jehan d'Eynnatten, sicque susdit sommoneur, et aultres susnom- 
mez hommes féodaulz de la duceit et pays de Lembourgh ung 
chacun de nous imprimé ou faire imprimer son seal sur le blan 
papyer de ceste coppie, soubz la datte, an, mois et jour super- 
escript, etc. Subsigné de la main de notre cler jureit, extraict 
hors du principaulz et collationé après son originalle de mot à 
mot, et estoit imprimez et applicqué à icelle cineque saelle, et 
subsigné de la main de lenostre cler jureit Grégoire Peterkens. 
Par moy coppiés et escript de ma main propre, messire Gilles 
Abizier notarius juratus par coppie. 

Copie du xvii e siècle. 

IV. 

Plaid de quinzaine tenu à Anthisnes et reconnaissance du 
nouveau seigneur Nicolas Sarteau, abbé de Waulsort. 

17 mars 1 552. 

L'an quinse cents et chinequante deux, le diexseptième jour 
de mars, maieur pour le tems constitué pour l'absence de War- 
nier Briffoz souverain mayeur, Johan de Sart coneschevin, 
eschevins Lion de Sohaing, Séverin d'Ama, Noël de Fraiteur, 



— 197 — 

Wauthier Fabri et Paulus d'Anthinne, plaix de quinsaine ser- 
vant audit Anthinne. 

Premier et là mesme suyant la remonstrance faite judicielle- 
ment par vénérable et dévot Nicolle Sartea, par la grâce de 
Dieu abbé de Wachore et Hastier, seigneur d'Anthinne, furent 
lesdits membres et eschevins sy adviseis et ung chacun d'eulx 
en son regarde, qu'ils ratiffiarent en la main dudit seigneur abbé 
les sermens et féaliteis qu'ils tenoient et avoient fais et presteis 
à ses prédicesseurs abbez, le reconoissant et tennant pour leur 
supérieur et haultain seigneur dédit Anthinne et point autre, 
en luy prestant et abandonnant partant les services, fidélitez et 
homaiges requizes à luy deuees et appartennantes comme est de 
stiel. Et ainsy ledit seigneur abbé fist le semblable envers eulx 
et fut à sa requeste mis en warde. 

Item ce fait et là mesme fut a semblan par ledit seigneur 
abbé remonstreit, énarreit et demandé az surcéans, massuyrs et 
inhabitants dudit Anthinne soubz sadite seigneurie et haultainité 
là présens ou la pluspart tous entièrement à son instance à ce 
jourd'huy à jours comparoir signiffiez, proclamez et adjournez 
par Remacle, notre sergeant sermenté, qu'il tesmoingnat se il 
ne voloient envers luy faire tele et semblable ratification de ser- 
ment que ladite courte at fait, et s'ils ne voloient estre à luy 
bons et léaults subject en luy prestant service, assistence, ho- 
maiges et fidélitez, comme ont estez à ses feux prédicesseurs 
abbez, seigneurs dédit Anthinne, comme en semblable ledit abbé 
leur offrait et promectoit d'estre bon et léal seigneur, et par 
espécialle se ilz tenoient autry à seigneur d'Anthinne que ung 
abbé de Wachore. Lesquelz masswirs et inhabitans, assçavoir 
saiges et honnorez Jehan de Sohaing l'aisné, Lion son frère, 
Adam Corbea, voeit dédit Anthinne, et toute ladite congrégation 
desdits massuyrs en généralles respondirent après avoir oyis la 
lecture, teneur et effect tant des privilèges dudit seigneur d'An- 
thinne que des leurs, desqueeles ledit seigneur abbé leurs at 
consenti et accordé bailhier double et copie autenticque, affin 
tant pour le bien et utilité dudit seigneur que dudit comun les 
inserrer et mectre en la garde et custode de ladite courte, res- 
pondirent qu'ils ne tiennent autre pour leur seigneur et supé- 
rieur synon ung abbé dudit Wachore, confessant à surplus à 
iceluy seigneur abbé devoir toutes obéissances et assistences, et 
que nul autre seigneur que ce soit ny at clain, droit, préminence 
ne action que ung abbé de Wachore, et ne y veirent jamais 
autruy seigneur clamer ne demander quelques title ou action; 
ce qui fut à l'instance dudit seigneur abbé tourné en droit, et 



— 198 — 

là mesme lesdits massuyrs, en lieu de reconnoissance et comme 
les massuyrs doient faire de nouvea seigneur, ratiffiarent les 
serimens par eux du prétérite fais et prestez à ses feux prédices- 
seurs seigneurs dudit Anthinne et que d'estres bons, fidelz et 
léaulx audit seigneur abbé moderne comme leur souverain sei- 
gneur et refuge, ainsy et comme ont estez à sesdits feux prédi- 
cesseurs, et mieulx se le cas le peut porter. Ossy d'autre part 
ledit seigneur abbé leur at promis sur sa poictrine sacerdotalle, 
en lieu de seriment, que de les estre bon, fidel et léal seigneur, 
et de les tenir, maintenir et soustenir de son pouvoir par voie 
de droit et raison ens leursdits aisemences, chartes et privilèges 
envers et contre tous qui les voroent d'icelles molester et dégec- 
ter, sy par eaulx semon et requis en est avuec ainsy leurs aydes 
et assistence, le tout a contenu de leursdites chartes et prémi- 
nences, sens icelles volloir aucunement interrompre, briser ne 
aboller, ains plustost les augmenter de son pouvoir. Tourné fut 
en droit, 

Item renunchat ledit seigneur d'Anthinne à tele ordonnance 
et publication qui at esté piecha faicte et passée audit Anthinne 
à cause des boix, forest et aisemence dudit lieu, concernante 
seulement contre les extranes et non surcéants, la révockant et 
adnihillant, et luy fut comme ce requérant sergeant preste pour 
le lassier savoir a lieu accoustumé, ensemble pour le mesme 
poinct faire édict et publication que nulz quelconcques estran- 
giers, afforrains et gens non surcéans et privilégiez desdits boix, 
de quelle estât ou condition qu'ils soient, ne s'admusent et 
présument doresnavant de copper, abbattre, prendre, tailher, 
tireir et asporter ens et hors des bois, forest et aisemences dédit 
Anthinne bois de quelque matère ou portance que ce soit, sur 
paine d'endurer par les délinquans et contrevenants, toutteffois 
et quantes qu'ils seront suffissanment accuseit, appréhendé et 
convaincu, toutes teles aigreurs et amendes soit criminelle ou 
civille que en righeur la justice déterminerat selon l'exigence du 
cas; et seront lesdits massuyrs creuz à leurs serimens qu'ils 
feront pardevant ladite courte, lesquelz appréhendeurs aront 
pour leur sallaire la moictié part des amendes et mesuzes que les 
délinquans et appréhendeis aront forfait et seront par ledit sei- 
gneur ou son juge attaint et convaincu, et l'autre moictié part a 
seigneur. Et là miesme pour ce que ledit voé disoit à tele amende 
s'aucunne survennoit avoir droit, assçavoir la tierce part, sy fut 
contains ledit seigneur abbé de sy avant qu'il soit trouvé ledit 
voeit avoir title de clamer telz droit, que tele tyrce part luy 
viengne suyvre, parmy ossy ledit voeit furnissant az pourchasses 



— 199 — 

et despens s'aucuns en convient sustenir à son équalité ; et fut le 
tout mis en warde de loy. Tantoest et là mesme tesmoingnat à 
ladite courte Remacle, sergeant d'icelle serimenté, avoir ladite 
révocation lassiet sçavoir et en après le édit sus narreit, en pré- 
sence de Paulus d'Anthinne eschevin, publiet a lieu où que l'on 
at accoustumé faire cris et publication audit Anthinne. Tourné 
fut en droit. 

Encor at esté par ledit seigneur abbé, par le consentement et 
accord desdits massuyrs, statué et ordonné que quelconcques 
desdits surcéans serat trouvé doresnavant sur et ens lesdits bois 
et aisemences d'Anthinne tailhant, copant, évéhant ou asportant 
ens et hors d'iceux bois de haultes fustailles et portants haultes 
fleurs, comme chaisnes et fawes formez, sains avoir par iceux 
premièrement vuydez les bois en iceux abbatus ou tumbeis, seront 
ataint en amende pour la premir fois de troix florins de Braibant, 
entendu vingt patars Braibant la pièce ; item pour la seconde 
fois de chincqz florins semblables et à la tirce fois de dix florins 
dicte monnoye, voire a seigneur la moictié part et az accusa- 
teurs l'autre moictié part ; condition en ceste adjoustée que 
ce quelcun mannant y avoit cependant qui volroit avoir bois 
pour bastir et maisonner, quant alors en poldrat obtenir par 
ordonnance de justice en raizon autant que par son seriment 
attesterat en avoir besoingne et nécessaire, lequeil bois deverat 
sortir desdits forestz dedens quarantes jours après la tailhe, 
autrement serat frustrez desdits bois et polrat ung chacun 
massuyr, ledit terme expireit, iceux prendre, sortir et admenner 
pour s'en aidier et servir en telz et semblan cas. Tourné fut 
en droit. 

Item encor là mesme, aile requieste et ordonance dudit sei- 
gneur abbé et par enseignement de loy, fut statué et ordonné et 
comandé ausdits masswyrs en généralles qu'ils ayent remis les 
voies, chemins réalz, tieges et pisentes délie haulteur d'An- 
thinne en leur anchien et deu estât et dégreit pertinent, et que 
s'aulcuns mauvais chemins y avoit, que ung chacun les fâche 
bons selon ses héritaiges, en les nectoiant, adouverant et répa- 
rant tellement qu'il n'y ayet aucunne faulte ou négligence, et 
ce dedens quarantes jours après la date d'iceste, sur paine et 
amande en telz cas afférantes et accoustumée; et fut le tout 
aile requestes dudit seigneur abbé mis en warde de loy. 

Extrait d'un record de la cour de justice d'Anthisnes, 
du 7 janvier 1 5y5, d'après deux copies du x v 1 1 ° siècle. 



— 200 — 
V. 

Record touchant la valeur, les profits et émoluments 

de la seigneurie d 'Anthisnes en Condro\, pays de Liège. 

i 5 octobre i 5g3. 

A tous ceux auxquels ces présentes parviendront salut : Sça- 
voir faisons que ce jourd'huy, pénultième jour du mois d'octobre 
quinze cents nonante trois, est personnellement pardevant nous 
comparut vénérable seigneur dam Jean Fraillet, gouverneur et 
maitre d'hôtel ainsy commis, constitué et estably de part révé- 
rend père en Dieu damp Warnier Rosiers, abbé et seigneur des 
vénérables églises et couvent de Walsor et Hastir, prieur du 
couvent d'icelles églises cannoniquement unis, ainsy qu'il nous 
at apparu par sa commission authentiquement expédiée en date 
du vingt sixième du présent mois an susdit, scellée des sceaux 
tant abbatiaux que conventuels, lequel, au nom tant dudit sei- 
gneur abbé que prieur et couvent d'icelles églises, nous apportât 
et mis es mains un volume de papier en lequel disoit estre con- 
tenus plusieurs points et articles sur lesquels il requéroit que 
voulussions ouïr et examiner les témoins qu'il nous présentoit 
à produire, sçachants à parler de la valeur, proffit et émoluments 
de leurs terres, hauteur et seigneurie d'Anthinne, censé, maison, 
dismes, biens et droitures y appartenantes, présentement occupés 
par monsieur Jean de Bomerix (sic pour Romerée), seigneur de 
Fraipont, et de leurs dépositions en dépescher acts pour eux en 
servir où que besoing sera et leur valoir ce qui est de raison, le 
contenu de laquelle volume s'ensuit de mot à autre et est tel : 

Plairat à messieurs les mayeur et eschevins de la cour d'An- 
thinnes en Condroz, pays de Liège, à la requette des religieux, 
abbé et couvents de Walsor et Hastir deuement examiner les 
personnes qui dénommés leur seront, sachants à parler de la 
valeur, proffit et émoluments de leurs terres, hauteur et sei- 
gneurie d'Anthinnes, censés, maisons, dismes, biens et droitures 
y appartenants, présentement occupés par monsieur Jean de 
Bomerex, seigneur de Fraipont, et de leurs dépositions en dé- 
pescher acts pour leur valoir ce que de raison : 

Premier. Si ladite seigneurie ne consiste en haute justice, 
moyenne et basse. 

2. Item si les mannants n'ont privilège de n'estre taxés aux 
contributions et tailles ordinaires qui se lèvent pour son Altesse 
de Liège, leur prince, qu'autres, et de n'avoir passage des sol- 
dats et gens de guerre. 



— 201 — 

3. Item si d'icelles ne sont dépendants droits de confisca- 
tions, d'amende, droits seigneuriaux en faisant relief des biens 
féodaux ou autrement. 

4. Item s'ils ne sont perpétrés plusieurs délits depuis dix 
huit ans en ça ou environ, à raison desquels on a droit d'amende, 
et si depuis ledit temps ne seroient perçeus aucuns tels droits. 

5. Item si de mesme à cause d'icelle hauteur les mannants 
et habitants de laditte terre, consistants en cinquante ou soixante 
ménages plus ou moins ou environ, ne sont sujets à plusieurs 
cens, rentes, droits de bourgeoisie, tant en plume, grains et 
argent qu'autrement. 

6. Item si les représentants le seigneur dudit lieu n'a droit 
de chauffage, paisnage, maisonnage et autres commodités es 
aisemences et communautés de laditte terre, jouissante d'autant 
de communautés que quattre mannants du lieu, excédants les 
cent daldres par an, ou plus ou moins ou environ. 

7. Item s'il n'y a labeur de trois cames à la saison ou envi- 
ron, rapportant pour chacuns ans au proffit du maitre quelques 
deux cents muids de speaute, tierces aveines, chargés seulement 
de deux cents (cens?) par ans vingt neuf moins (muids?) ou 
environ. 

8. Item si les dismes, grosse ou menue, n'appartiennent audit 
seigneur abbé, excepté la sixième parte de la grosse et troisième 
de la petitte, desquels entre autres bien le vicaire perpétuel dudit 
Anthinne ou curé en jouyt pour la compétence et portion, 
estantes toutefois exemptes desdits biens dudit seigneur abbé. 

g. Item s'il n'est vray que depuis temps immémorables, 
trente, quarante, cinquante, soixante ou cent ans, laditte sei- 
gneurie d'Anthinnes et biens desdits abbayes ont esté tenus par 
stuit locals et termes conventuels. 

10. Item si les dismes ne sont de telle valeur et extendue 
qu'elles reviennent au profit annuel à quatrevingts muids, plus 
ou peu moins ou environ, deux tierces speaute et une tierce 
aveine, mesure de Liège. 

1 1 . De sorte que les revenus annuels desdittes terres et biens 
excèdent les milles florins Bbt. par an, plus ou moins. 

12. Item s'il n'est vray que pour les chères années passées, 
à sçavoir quinze cents huitantesix ou l'une d'elles, inclus les 
dimes et autres revenus, fruits et émoluments desdits biens et 
appartenance, les locatairs ou détenteurs d'iceux ont bien re- 
cueillie et eu des fruits pour deux ou trois milles florins Bbts., 
plus ou moins. 

i3. Item s'il n'est vray que le seigneur abbé, par luy ou les 



— 202 — 

siens en son nom, a payé tous les ans par cidevant jusqu'au jour 
présent les taxes et quotisations extraordinaires faites pour S. A. 
de Liège sur lesdits biens d'Anthinnes, desquels lesdits loca- 
taires ny les siens n'ont aucunement acquitté ledit seigneur abbé 
ny voulu acquitter. 

Et après avoir par nous reçu icelle ditte volume et notre ditte 
communauté veuillants à un chacun le requérant administrer 
justice parmy ses droits, spéciallement des choses licites et rai- 
sonnables, quand requis en sommes, avons ouys examinés les 
témoins cy après dénommés a loing, fait escrire et registrer en 
notre registre authentique leurs dépositions et témoignages, 
lesquels sont tels qui s'ensuivent l'un après l'autre. 

Premier témoins, Jean d'Embreumont, notre confrère, par 
son serment de fidélité examiné, âgé de trentesix ans ou environ, 
dit que la terre et seigneurie d'Anthinne a privilèges tels que les 
mannants d'icelle ne sont taxés ny quotisés aux taxes et contri- 
butions ordinaires et autres que seulement (lise\ qui se lèvent) 
pour le service de S. A. le prince de Liège; au rest dudit article 
nihil. Sur le 2 (lise\ 1) dépose que la terre et seigneurie d'An- 
thinne consiste en haute justice, moyenne et basse. Sur le 3 dit 
qu'en laditte seigneurie sont dépendants droits de confiscation, 
d'amende et que quand quelque personage fait relief d'aucuns 
biens feudaux estants en ladite seigneurie, elle paye les droits 
seigneuriaux selon la qualité du fief et bien duquel il fait relief. 
Au 4 dépose que depuis dix huit ans en ça il a veu payer plu- 
sieurs amende aux officiers dudit Anthinnes à raison de laditte 
seigneurie, tant grosses que menues. Sur le 5 dépose qu'en 
laditte seigneurie il y a bien cinquante cinq ménages et qu'au- 
cuns et plusieurs d'iceux, à raison de leur demeure, sont sujets 
à payer plusieur cens et rentes au seigneur, si comme speaute et 
avenne, pouilles, argent, œufs, etc. Sur le 6 dépose que le sei- 
gneur de Fraipont, si que représentant le seigneur d'Anthinne, 
a droit de chauffage, paisnage et pasturage dans les aisemences 
dudit Anthinne, et qu'il jouyt d'autant de commodités d'icelle 
aisemence que quattre mannants, et que le proffit qu'il y pouroit 
tirer vaudroit par an bien cent florins Bb., plus ou moins. Item 
sur le 7 dit qu'il y a labeur de trois charrues ou environ, et que 
ledit labeur peut rendre par an environ de deux cent muids, 
tierce aveine, disant ne sçavoir de combien il est chargé de rentes. 
Davantage dit sur le 8 que la plus grande partie de la disme 
grosse et menue est appartenante au seigneur dudit Anthinne, 
et payent les biens dudit seigneur aucune disme. Sur le neu- 
vième dit que de plus lontemps qu'il a mémoire il a tousjours 



— 203 — 

veu tenir lesdits biens par censiers et locataires. Sur le 10 dit que 
laditte disme peut valoir, un an portant l'autre, environ cinquante 
ou soixante muids, tierce aveine. Sur le 1 1 dit n'y avoir prins 
garde et partant s'en réfère à ce qu'il en peut estre. Au 12 et 1 3 
dit aussy s'en référer à iceux et dit n'estre de son sçavoir. 

Deuxième tesmoin, noble homme Warnier Brirfoz, seigneur 
de Viller aux tours, témoin adjourné âgé d'environ soixante cinq 
ans, par son serment dépose sur le premier article que la sei- 
gneurie d'Anthinne consiste en haute justice, moyenne et basse. 
Sur le deuxième dépose que les mannants de la terre et seigneu- 
rie d'Anthinne ne sont tenus à aucune quotisations, tailles ny 
assiettes ordinaires, ny autres qui se font et lèvent pour le service 
de S. Alt. et prince de Liège; mais quant aux gens de guerre n'ont 
autre privilège présentement sinon que leurs forces. Sur le 3 dé- 
pose que de laditte seigneurie sont dépendants droits d'amende, 
confiscation et autres à raison des mesus qui se commettent par 
les délinquants ; illecque aussy se payent par nouveaux héritiers 
faisants relief des biens féodaux les droits selon les qualités des 
fiefs qui se relèvent, lesquels sont contenus en la réformation du 
pays de Liège. Sur le 4 dépose que depuis le temp contenu 
audit article sont esté commis et perpétrez dans laditte sei- 
gneurie d'Anthinnes plusieurs délicts, à raison desquels on a 
droit d'amende. Sur le 5 dépose qu'en laditte seigneurie d'An- 
thinne y sont bien soixante ménages et plus, et que plusieurs 
sont redevables audit seigneur d'aucuns cens, rentes, pouilles et 
autres revenus seigneuriaux annuels. Sur le 6 dit que le repré- 
sentant du seigneur a tel droit que l'article porte es aisemences 
et communauté et plus que quattre manants d'illecqz, disant 
que le profit que ledit représentant dudit seigneur y prend, s'il 
luy convenoit achepter, excéderoit les cent dallers par ledit 
article porté. Sur le 7 dit que le labeur contient bien pour trois 
charues, disant que si ledit labeur ne rendoit non plus de proffit 
à sondit maitre que par l'article porté, reviendroit mal ; au rest 
nihil. Sur le 8 dit laditte disme appartenir au seigneur d'An- 
thine, ainsy qu'il est contenu endit article, saufve qu'il ne sçait 
si ledit seigneur est exempt de la sixième parte d'icelle envers le 
curé d'Anthinnes d'autant que compète le labeur dudit seigneur. 
Au 9 le dépose entièrement, le sçachant bien le seigneur dépo- 
sant pour ce qu'il et ses prédécesseurs l'ont tenu de parte un 
seigneur abbé de Walsor. Sur le 10 et 11 dit en estre ignorant, 



l 6 



comme il est du 12 et i3 ensuivants ; et après luy avoir relec- 
ture saditte déposition, a persisté emprès d'icelle. 



— 204 — 

Sixième témoin, messire Jean de Grange, marlier d'Anthines, 
témoin adjourné ad pectus. Sur le premier article, 2, 3 et quatre, 
nihil, pour n'avoir demeuré à Anthine sinon depuis la St. Jean 
dernier. Au 5 dit qu'il y a bien dans laditte hauteur soixante feux, 
et a ouy dire que plusieurs des mannants sont redevables à un 
seigneur d'Anthine d'aucuns cens ou rentes. Sur le 6 dépose que 
le seigneur d'Anthine ou son représentant a droit de chauffage, 
pâturage et autres droits dans les aisemences et bois dudit 
Anthines, et en tire à son semblant bien autant de profit que 
quattre mannants dudit Anthine et davantage. Au 7 nihil. Sur 
le 8 dit estre véritable ainsy que ledit article le porte. Au 9 sui- 
vant dit rien sçavoir et n'avoir connoissance dudit article. Sur le 
10 iceluy a perçeu et levé la partie de la disme grosse qui est 
appartenante au curé d'Anthine pour l'aoust dernier, pour la- 
quelle partie a eu et levé six vingts et dix jarbes de marsage, 
lesquelles jarbes pouroient rendre en espeaute d'onse à douze 
pour le muid, et de marsage environ dix pour le muid. Sur le 
résidu desdits articles nihil. 

Huitième témoin, Cloes Emond, témoin juré et adjourné, 
âgé de 48 ans ou environ, dit le premier et deuxième articles 
estre véritables en telle forme qu'ils se comportent. Au 3 que 
d'icelle sont dépendants droits de confiscation et d'amende, et 
que quand il y a quelqu'un qui fait relief de quelque bien feudale 
d'Anthinne, il paye les droits seigneuriaux suivant la qualité 
desdits biens. Au 4 dépose estre véritable. Sur le 5 dépose qu'il 
y a en la hauteur dudit Anthine environ soixante mesnages et 
en y a plusieurs qui sont redevables d'aucuns cens ou rentes 
annuels audit seigneur d'Antines. Au 6 dépose que le représen- 
tant du seigneur a son chauffage, pasturage, paisnage et autres 
droits dans les aisemences dudit Anthine, et que le profit qu'il 
en pouroit tirer seroit bien aussy grand que quattre manants 
dudit lieu et pouroit bien valoir par an trente dallers ou plus. 
Sur le 7 dit que le labeur dudit seigneur se fait par trois char- 
rues, et qu'une année portante l'autre ledit labeur poudroit 
rendre du profit au maitre environ noeuf vingts muids de tout, 
et non plus. Item le 8 dit estre vérité le contenu d'icelle. 
Le 9 dit que depuis qu'il a mémoire il a tousjours veu tenir 
ladite seigneurie et biens contenus endit article localement par 
censiers. A l'onsième dépose que les revenus desdits biens vau- 
draient par an bien plus de huit cents florins Bbts. Sur le 
résidu nihil. 

Neufvième témoins, honorable homme Florent d'Anthinne, 



— 205 - 

voué dudit lieu, témoin adjourné âgé de vingt neuf ans ou en- 
viron, par son serment dépose que le contenu du premier article 
est véritable, comme pareillement t'ait le 2 me , 3, 4 et 5, en telle 
sorte qu'ils se comportent. Au 6 dit que le représentant du 
seigneur d'Anthine a son chauffage, paisnage, maisonnage et 
autres commodités es aisemences et communautés dudit An- 
thine, jouyssant bien d'autant que quattre mannants d'illecqz, 
et le proffit desdites aisemences luy vaudroit bien par an cent 
florins Bbts. ou environ. Le 7 dit estre véritable, se référant au 
regard des charges. Au 8 dit laditte disme appartenir audit sei- 
gneur d'Anthines, ainsy qu'il est posé par ledit article. Item sur 
le g dépose que depuis le temps mémoré par ledit article, laditte 
seigneurie et biens ont esté tenus par stuit local ou autrement 
par serviteur et terme conventuel. Sur le 10 dépose qu'il ne sçait 
combien laditte dime peut valoir annuellement. Sur l'onsième 
dit que les revenus annuels desdits biens entiers excède plus de 
1,000 florins Bbts. Sur le 12 dépose qu'au regard de la cherté de 
l'an 85, 86 ou l'une desdittes années, les revenus, fruits et émolu- 
ments appartenants à la seigneurie d'Anthine ont bien peu 
valoir deux ou trois mils florins Bbts. ou davantage. Sur le i3 
dépose qu'il a payé et acquité au nom de l'abbé et couvent de 
Walsor, à plusieures fois et depuis cinq à six ans en ça, environ 
de quattre vingts florins Bbts. ou plus au receveur des quotisa- 
tion de S. A. de Liège, tant audit Anthine qu'ailleurs, et plus 
ne dit. 

Dixième témoin, Jean le Scrinier, d'Anthine, témoin juré et 
adjourné, âgé environ trente cinq ans, au premier article dit le 
contenu d'iceluy estre véritable, comme pareillement fait le 2, 
3, 4, 5 et 6 suivants. Au 7 dépose que pour faire le labeur du 
seigneur d'Anthine gisant audit lieu, qu'il convient avoir trois 
charues et rapporte bien iceluy par an de profit au maitre quel- 
ques deux cents muids ou environ, plus ou moins, déclarant ne 
sçavoir les charges d'iceluy. Au 8 dit estre véritable, excepté 
qu'il y a une certaine petite disme des Solliers qui se cueille 
annuellement dans la hauteur et dismage dudit Anthine. Sur 
le g dit que la censé ou bien du seigneur d'Anthine gisant audit 
lieu avec les émoluments ont esté tenus depuis qu'il a mémoire 
localement et par terme conventuel. Sur le 10 nihil. Quant à 
l'onzième et 12, dépose qu'ils sont véritable en telle sorte qu'ils 
sont couchés par escrit. Sur le 1 3 dit rien sçavoir, sinon que le 
seigneur de Fraipont a payé subside accordée à S. Alt. de Liège, 
et pour cause de science dit le déposant l'avoir reçeu comme 
collecteur député, disant l'avoir este paver au receveur de S. Alt. 



— 206 — 

à protestation ; et puis après luy avoir lecture saditte déposition 
a persisté emprès (ficelle, disant estre son sçavoir. 

Etoit signé L. Gillis, nottaire admis par S. Alt. S me de Liège, 
par copie concordante à son originelle. 

Copie du xvn e siècle. 

VI. 

Reliefs du plein fie f d'Ouhar mouvant de la cour féodale 
de Stavelot. 

i343. Badris d'Ouhar relève de l'abbé Hugues d'Auvergne 
son plein fief d'Ouhar. — Ernotte, fils d'André d'Ouhar, relève 
pareillement. 

1347. Ernotte d'Anthisnes relève du même le fief d'Ouhar. 

1 3 53. Le fief d'Ouhar est donné pour douaire à damoiselle 
Marie, fille de Mons r Hubert de Fronville, par Armil, fils d'Er- 
notte d'Anthisnes. 

1377 (alias 1378), le vendredi avant la Quinquagésime, André 
d'Ouhar relève de l'abbé Warnier d'Ocquier le fief du Moncheal 
d'Ouhar. 

1 385, 12 août. Ernou d'Amas relève du même le plein fief 
d'Ouhar, consistant en prés, terres, cens, rentes, par succession 
de son père André d'Ouhar. — Ledit Ernou renonce à ses hu- 
miers sur ledit fief, en faveur d'André, son fils. 

1394, le jeudi après Pâques. André d'Amas relève de l'abbé 
Waleran de Schleiden son fief d'Ouhar. 

141 1 , le jour de Ste.-Gertude. André d'Ouhar relève de l'abbé 
Henri de Visé le fief d'Ouhar. 

143 1. Henri de Hoitgney, demeurant à Chéry, relève de 
l'abbé Jean Godescalc, par droit de mainplevie à l'égard de 
damoiselle Jeanne, fille d'André d'Ouhar, la sixième part du 
plein fief d'Ouhar. 

1 43 1 , i er mai. Laurent et Jean, fils d'André d'Ouhar, re- 
lèvent du même chacun un sixième du fief, par le décès de leur 
père. 

143 1, 6 mai. Henroteau de Hoitgney relève du même un 
sixième du fief, que Jean de Tresonge lui a vendu. 

1431, le jeudi après la St-Remacle. Louis Jamet relève du 
même un sixième du fief, lui échu par droit de mainplevie à 
L'égard d'une fille d'André d'Ouhar. 



— 207 — 

i4?4 (alias 1433, le jour de St. -Léonard). Jean de Wagnée, 
mari de la fille d'André d'Ouhar, vend à Pirard de Lierneux, 
« manant à Anthines », pour 45 griffons, le sixième du fief d'Ou- 
har lui dévolu par droit de mainplevie. 

1434 (alias 1433, le jour de mai). Henrotea de Hoitgnée 
donne à Pirard de Lierneux deux parts du fief d'Ouhar, en 
échange d'une rente assignée à Lincé. 

1440, le jeudi après la Laetare. Pirard d'Anthisnes relève de 
l'abbé Henri de Mérode les cinq parts du fief d'Ouhar qu'il avait 
acquises de Henrotea de Hoignée, Jean de Wagnée, Laurent et 
Jean, hoirs d'André d'Ouhar, assavoir de la cour, maison, assise, 
jardins, cortelages, prés, terres, émoluments et le patronage de 
l'église d'Ouhar. 

1445, le lendemain de St.-Thomas-de-Cantorbéri. Pirard 
d'Anthisnes, en vertu d'un jugement des hommes du « termes » 
de Logne, admet au purgement de la saisine qu'il avait prise 
sur une partie du fief d'Ouhar, Louis Jamet, lequel vend audit 
Pirard sa part du fief. 

1460, le mercredi après la St. -Mathieu. Pirard, avoué d'An- 
thisnes, relève de l'abbé Gaspar Poncin le plein fief d'Ouhar, 
tour, maison, jardins, cortils, prés, terres, bois et patronage de 
l'église du lieu, jadis acquis des hoirs d'André d'Ouhar. 

1480, 6 juin. Adam Corbeau d'Anthisnes, Jean et Thys 
d'Anthisnes, ses frères, relèvent tous les biens que feu Pirard 
d'Anthisnes, leur père, tenait de l'abbé de Stavelot, savoir le 
plein fief d'Ouhar et celui de Sart au-dessus de Comblain. 

i5oi, 4 janvier. Corbeau d'Anthisnes relève de l'abbé Guil- 
laume de Manderscheid le fief d'Ouhar et ses dépendances. 

i53o, 9 mars. François, fils de Corbeau d'Anthisnes, relève 
du même le fief d'Ouhar, lui dévolu par le décès de son père, 
et paie le droit de mortemain. Hommes présents : Jean de Ho- 
dister, châtelain de Logne, etc. 

1548, i3 novembre. Corbeau d'Anthisnes, comme mambour 
de sa mère, veuve de François d'Anthisnes, relève de main à 
bouche, de l'abbé Christophe de Manderscheid, tous les fiefs 
concédés audit François. 

i56i, 10 juin. Adam Corbeau d'Anthisnes relève du même 
le plein fief d'Ouhar, lui dévolu par le décès de François Cor- 
beau d'Anthisnes, son père. 

1 5g3, 29 mars. Vaillant et honoré Florent, voué d'Anthisnes, 
relève du prince Ernest de Bavière, abbé de Stavelot, le fief 



— 208 — 

d'Ouhar et le patronage de la chapelle du lieu, lui dévolus par 
le décès d'Adam Corbel, son père. — Le même relève de main 
à bouche les biens qui lui appartiennent du chef de damoiselle 
Marguerite Moreau, sa femme. 

1640, 18 avril. Noble et vaillant Godefroid d'Anthisnes, voué 
dudit lieu, représentant feu Florent d'Anthisnes, son père, et 
feu François d'Anthisnes, chanoine officiai de Liège, son frère, 
relève du prince abbé Ferdinand de Bavière la cour d'Ouhar, 
contenant 48 à 5o boniers, tant en édifices qu'autrement. 

1 658, 24 septembre. Devant la cour féodale du prince abbé 
Maximilien- Henri de Bavière, il est fait exhibition de l'acte 
d'échange suivant: Le 27 octobre 1657, très noble et illustre 
seigneur Jean-Isidore baron de Moitrey, en qualité de mari 
de noble et illustre dame Elisabeth de Fraipont, reporte en 
faveur de noble seigneur Laurent de Charneux de Maretz, sei- 
gneur de Dave et conseiller de S. A. S. le prince de Liège en son 
conseil ordinaire, « la maison, courte, grange, estableries, preids, 
terres, paxhis, trixhes, bois, hayes avec leurs appartenances, et 
telle tiltre de viscomté quy at esté cy devant donné par Jean 
duc de Brabant et de Lymborch en l'an 1282, communément 
appellée laditte maison le franc fieffé d'Ouxhar, relevant de la 
dignité abbatiale de Stavelot, libre en ceste qualité de toutes 
tailles et dismes, contenant ledit fief 40 à 4.0 ou 5o bonniers ou 
environ, item en censal environ 3o bonniers, et ce avec tels 
prérogatives et préminence que l'on l'at tenus et cy devant pos- 
sédé et selon qu'il est reprins dans les contracts faits d'entre la 
susditte dame noble et illustre seigneur Conrard de Crisgnée, 
seigneur du Sart et Poulseur, viscomté et hault voué d'Anthines, 
les R. PP. Jésuistes de Liège et le seigneur Jean Baptiste de 
Nuvolara. mayeur de la cour féodalle de S. A. S. de Liège, 
iceux arrivés l'an 1 (55 1 au mois de jullet. » En échange, le sei- 
gneur de Charneux donne 60 muids 3 setiers de rentes foncières, 
prend à sa charge 200 florins Bb. de rente transportés par la 
susdite dame au sieur Radoux, maître de l'Aigle noir en Férons- 
trée à Liège, et donne quittance de tout ce qui est dû par lesdits 
seigneur et dame. 

1671, 25 septembre. Laurent de Charneux relève de main 
à bouche, du prince abbé François-Egon de Furstenberg, le fief 
d'Ouhar. 

1684, 21 avril. Isabelle de Courtejoie, douairière de Laurent 
de Charneux, relève de main à bouche, du prince abbé Guil- 
laume-Egon de Furstenberg, par l'intermédiaire de son fils 
Arnold- Laurent de Charneux, seigneur d'Ouhar. 



- 209 — 

i6g6, 9 avril. Arnold-Laurent de Charneux fait relief. 

1705, 10 mars. Le même relève de main à bouche du duc 
François- Antoine de Lorraine, administrateur de l'abbaye de 
Stavelot. 

1717, 14 avril. Herman-Denis de Charneux d'Ouhar, fils 
aîné, relève en propriété de Jean- Ernest comte de Lowenstein, 
administrateur de l'abbaye. 

1732, 12 mars. Noble seigneur Herman-Denis de Charneux 
d'Ouhar relève de main à bouche de Nicolas de Massin, abbé 
de Stavelot. 

1750, 22 juillet. Marie-Isabelle-Julienne de Charneux, tant 
pour elle que pour ses consors, relève de l'abbé prince de Stave- 
lot, Joseph de Nollet. 

1768, 7 juillet. Jean-Charles baron de Waha, en qualité 
d'époux de Marie-Charlotte-Josèphe-Julienne de Charneux, re- 
lève de main à bouche du prince abbé Jacques de Hubin. 

Anciennes copies ; registres de la cour féodale de Sta- 
velot, aux archives de l'Etat, à Liège. 

VII. 

Sommaire des actes concernant les dommages éprouvés par la 
communauté d'Anthisnes pendant les guerres de Louis XIV. 

1674, 22 février. Philippe-Emmanuel Francken, conseiller 
du roi, surintendant de la province de Namur, ordonne « à la 
maison d'Ouhar et la censé y contiguè' », appartenant à M. de 
Charneux, de fournir dans les huit jours, à Namur, 3oo rations 
de fourrage, composées chacune de 20 livres de foin, 8 livres de 
paille et 3 picotins d'avoine. — Au bas, un reçu du 6 avril 1674, 
constatant le payement de io5 (sic) florins Bb. pour les 3oo 
rations, à raison de 10 sous chacune. 

1674, mars-avril. De Charneux, fils, va traiter avec l'inten- 
dant Francken, au sujet des rations imposées au village d'An- 
thisnes, et séjourne dix jours à Namur avec chevaux et valet. 

1674, 24 décembre. Ledit Francken ayant sommé la com- 
munauté d'Anthisnes de livrer 3, 000 rations de 10 sous chacune, 
sous peine d'exécution, et le colonel de Maisière, chef d'un régi- 
ment d'infanterie au service de S. M. C, ayant obtenu qu'il se 
contenterait de i,3oo florins pour Anthisnes et de i5o pour 
Ouhar, la communauté emprunte cette somme à l'abbaye de 



— 210 — 

Saint- Laurent (DARIS, Notice sur V abbaye de Saint- Laurent, 
mais inexactement avec i3,ooo au lieu de i,3oo). 

1675, 21 janvier, à Huy. Le comte de Chavagnac, lieutenant 
général des armées de S. M. I. et commandant ses troupes dans 
le pays de Liège, ordonne « au gentilhomme » du château d'Ou- 
har d'v loger un sergent avec vingt cavaliers du régiment de 
Dunewald, de la compagnie du capitaine de Herckenrode. — 
On est obligé, pour se racheter, de donner cent écus. 

1676, 8 et 20 avril. Deux quittances du receveur des contri- 
butions de S. M. à Namur, qui reconnaît avoir reçu du village 
d'Anthisnes 599 florins 7 sous, pour les rations de la présente année. 

1676, novembre. Le conseiller de Charneux va à Namur, 
pour traiter avec l'intendant au sujet de 1 ,800 rations, qui, par 
son entremise, sont réduites à 800 et à 25 sous de Liège par 
ration. — 3 novembre, quittance de 800 rations de foin et 800 
rations d'avoine imposées au village d'Anthisnes. 

1677, 2 février, à Namur. Reçu de M. de Charneux 20 pata- 
cons en acquit d'une reconnaissance faite par le village d'An- 
thisnes. (signé) Rodrycquez. 

1677, à la Pentecôte. Un parti de 80 soldats voulant « forcer » 
à Ouhar, on a été obligé de donner au commandant 6 pistoles 
et de rafraîchir sa troupe. 

1677. Le capitaine Philippin se rafraîchit à Ouhar avec 
3o dragons. 

1677, septembre. Le conseiller de Charneux se rend à Na- 
mur et obtient que l'on retire une demande de chariots. 

1677, 24 septembre. Reçu de M me de Charneux 5o patacons 
à faire tenir à M. de Consbruck, intendant des troupes (brande- 
bourgeoises) de Reckheim, pour ce qui est demandé au village 
d'Anthisnes. (signé) Jean Prion. 

Sans date. Le conseiller de Charneux va deux fois d'Ouhar 
à Liège, d'où il rapporte des présents destinés au comte de 
Salzbourg, à Ouffet, pour éviter l'exécution. 

1678, 18 mai. Les soussignés promettent d'indemniser le 
village d'Anthisnes des contributions qui lui ont été demandées 
par l'intendant (français) de Maestricht pour l'année précédente, 
ou de lui faire rendre les 5oo florins qu'ils en ont reçu pour faire 
un présent à M. de Calvo. (signé) J. E. de Coudenhove baron 
de Fraiture, J. Woot de Trixhe de Tinlot. 

1678, 3 octobre, au camp de Huy. Sauvegarde pour le châ- 
teau d'Ouhar, donnée par le maréchal de Montmorency, duc de 
Luxembourg. 



— 211 — 

1678. Le duc de Luxembourg ayant son camp à Huy, un 
parti de 3o fantassins qui ramenait dus voleurs, a dû être ra- 
fraîchi à Ouhar. 

[678, novembre. Le colonel Lestang, par ordre du général 
La Motte, ayant été prendre les avoines dans les maisons du 
voue et de Pouxhon, a fait enlever à Ouhar 80 muids de grains 
et quantité de provisions, le tout valant de i,3oo à 1,400 florins. 

1679, 21 avril. Le lieutenant-colonel La Forette ayant de- 
mande à la communauté d'Anthisnes le demi-mois courant du 
quartier d'hiver, elle emprunte 624 florins à l'abbaye de Saint- 
Laurent (DARIS, Notice sur V abbaye de Saint- Laurent). 

1679, 26 juin. De par le roi, Jean Renepont, seigneur de 
Vicq, commissaire ordinaire des guerres, ordonne à la commu- 
nauté d'Anthisnes, non compris Ouhar, de payer 56 sols 3 de- 
niers de France par jour, à compter du 7 de ce mois, pour la 
subsistance de la compagnie du mestre de camp du régiment de 
Montai, logée à Rochefort, sous peine de logement de ladite 
compagnie. 

1679, 22 octobre, à Liège. Les soussignés promettent de 
compter au sieur de La Haye 5oo florins pour la taxation du 
village d'Anthisnes, à cause des 1,200 écus demandés au Con- 
droz par l'intendant, (signé) L. de Charneux, J.-B. de Nivolar. 
— Suit un reçu du 9 novembre, constatant le payement de 5oo 
florins. 

1681, 17 décembre. Sommation au seigneur d'Anthisnes de 
comparaître par-devant la Chambre royale, à Metz, pour y en- 
tendre déclarer la commise de son fief, faute d'avoir fait hom- 
mage au roi. 

1688, 7 novembre. Daniel-François Voisin, intendant de jus- 
tice, police et finances en Hainaut, dans l'Entre-Sambre-et- 
Meuse et le pays d'Outre-Meuse, fait savoir que S. M. ayant 
trouvé à propos de mettre une partie de sa cavalerie dans les 
places, au lieu de la faire subsister dans les villages, il a été tait 
une imposition de fourrage dans laquelle le village d'Anthisnes 
livrera au sieur Corbière à Dinant, pour le 2 5 de ce mois, 
816 rations de fourrage, comprenant chacune 17 livres de foin, 
2/3 de boisseau d'avoine et 7 livres de paille, faute de quoi la 
cavalerie sera obligée d'en aller prendre. 

1689, 2 5 mai. Notification de Jean Mahieu, au service du 
roi dans la province de Luxembourg : Les habitants du Condroz 
ayant représenté qu'ils avaient été seuls imposés pour les rations 
livrables à Dinant et à Marche, ceux d'Anthisnes et d'Ouhar 

13 



— 212 — 

sont taxés, pour le reste de l'année, à 526 livres de France qu'ils 
payeront au trésorier général de l'extraordinaire de la guerre à 
Marche, moitié avant le i5 juin, moitié avant le i5 juillet, sous 
peine d'exécution. Le clergé et la noblesse contribueront à cette 
imposition, mais les biens des nobles et officiers servant dans 
l'armée de S. M. ne seront pas taxés. 

1689, 2 septembre. Jean Mahieu, etc., ordonne aux habitants 
d'Anthisnes de verser entre les mains du trésorier général de 
l'extraordinaire de la guerre, à Arlon, la somme de 64 livres de 
France à laquelle ils ont été taxés dans la répartition des 4,700 
livres diminuées à la ville de Visé. 

1689, I er novembre. Daniel-François Voisin, etc. Le village 
d'Anthisnes, hormis les biens de M r de Tilleur et de M me de 
Woest taxés séparément, étant imposé à 800 rations de four- 
rage pour la subsistance des troupes de S. M. pendant l'hiver, 
il est ordonné aux habitants de les livrer dans les quinze jours 
au sieur Corbière, à Dinant, sous peine, etc. — Au bas : Notez 
que pour ces rations on a vendu « la raspe » du bois de To- 
lumont. 

1690, 12 janvier. Jean Mahieu, etc. Le roi ayant ordonné 
d'imposer 100,000 livres sur le pays de Liège en deçà de la Meuse, 
pour la contribution de l'année présente, Anthisnes et Ouhar 
sont taxés à 459 livres de France, qui seront payées à Luxem- 
bourg, moitié avant la fin du présent mois, moitié avant celle 
de février. Les biens du clergé et de la noblesse seront compris 
dans la répartition, mais non ceux des nobles et officiers au ser- 
vice de S. M. ni ceux de M. de Tilleur, ces derniers étant taxés 
séparément. 

1690, 19 janvier. Laissez-passer donné par M. de Cadolle, 
gouverneur des ville, château et comté de La Roche, pour 
M. de Charneux allant à Luxembourg. 

1691, 12 janvier. Même mandement qu'en 1690, sauf qu'il 
n'est plus question des biens de M. de Tilleur. 

1692, i er février. Jean Mahieu, etc. Le duc de Juliers ayant 
demandé la contribution aux habitants du Luxembourg, quoi- 
qu'ils la payent à Aix-la-Chapelle ensuite du mandement de 
M. de Brandebourg, et S. M. ne voulant pas que ses sujets 
soient chargés d'une double imposition, tandis que les ennemis 
n'en payeraient qu'une seule, le village d'Anthisnes est imposé par 
représailles à une double contribution, c'est-à-dire à 459 livres, 
outre pareille somme qu'il doit acquitter suivant l'imposition 
du i cr janvier dernier (mandement rapporté ?). 



— 213 - 

1693, io avril. De par le roi, imposition de 100,000 livres 
(comme en 1690). Anthisnes, hormis les biens de la baronne 
de Woest, est taxé à 465 livres de France payables à Luxem- 
bourg. Le clergé et la noblesse seront taxés sur le même pied 
que le tiers état; les nobles ou officiers au service de S. M. sont 
exceptés. 

1693, 4 juillet. De par S. A. (le prince de Liège), ordre à la 
communauté d'Anthisnes de fournir dans les quinze jours, au 
magasin de Liège, 958 1/2 rations de 16 livres de foin, avec le 
reste de ce qui peut être dû, sous peine d'exécution. 

1693, 20 août. De par S. A., ordre à la communauté d'An- 
thisnes de fournir dans les quatre jours, au magasin de Liège, 
900 rations composées chacune de 20 livres de foin et d'une 
quarte d'avoine, à peine, etc. (signé) Le comte de T'Serclaes 
de Tilli. 

1693, 29 août. De par S. A., ordre à la communauté d'An- 
thisnes de fournir dans les quinze jours, au magasin de Liège, 
958 1/2 rations d'avoine, dont cinq au setier, avec 9 livres de 
paille par ration. 

1693, 5 octobre, au camp d'Avin. Jacques-Louis Le Marié, 
intendant de l'armée de la Moselle commandée par le maréchal 
de BoufBers, notifie aux habitants de Vilhain Vien et d'An- 
thisnes qu'ils aient à livrer journellement au camp d'Avin 
25o rations, composées chacune de 20 livres de foin, 5 de paille 
et 2/3 de boisseau d'avoine, sous peine d'être fourrages. 

1694, 24 janvier. De par le roi, etc. Mandement conforme à 
celui de 1693, avec exemption de la taxe pour les Chartreux. 

1694, 29 avril. De par le roi, ordre aux habitants d'Anthisnes 
de payer, avant le i5 mai, 38 rations de fourrage au marquis 
d'Alègre, maréchal de camp à Sedan. — Au bas : Notez que les 
rations se sont payées 25 sols de France chacune. 

1695, 17 octobre, à Vilhain. Obligation de fournir au baron 
de la Neufville 80 écus en quinze jours, pour les rations à livrer 
par Anthisnes au camp du marquis de Harcourt, à Fronville. 
(signé) A. L. de Charneux. 

1696, 10 janvier. De par le roi, etc. Mandement conforme 
à celui de 1694, sauf que la taxe d'Anthisnes est de 455 livres de 
France. 

1696, 4 septembre. Camille d'Hostun, comte de Tallard, 
lieutenant général des armées du roi, ordonne aux habitants 
d'Anthisnes de fournir au camp du Rond-Chêne, le 7 du présent 
mois, quatre (lhe\ 400) rations de fourrage, composées chacune 



— 214 — 

de 20 livres de foin, 1/2 boisseau d'avoine et 5 livres de paille, 
sous peine d'exécution militaire. — Au bas : Le mayeur d'An- 
thisnes viendra payer dans trois jours 400 rations, au prix de 
14 sols 6 deniers de France chacune. 

1696, 6 novembre, à Dinant. Louis comte de Guiscard, lieu- 
tenant général commandant les troupes de S. M. dans les places 
et pays d'Entre-Sambre-et-Meuse, gouverneur de Sedan, ordonne 
au mayeur d'Anthisnes de se rendre à Dinant, pour y convenir 
du payement des rations. 

1702, 20 juin, à Liège. Albert-Octave prince de T'Serclaes 
de Tilly, mestre de camp général des armées de S. M. aux Pays- 
Bas, commandant les troupes du cercle de Bourgogne sous les 
ordres de S. A. E. de Cologne dans son pays de Liège, ordonne 
aux habitants d'Anthisnes et de Plainevaux de fournir chaque 
jour, à dater du i er du présent mois et ce de dix en dix jours, 
6 rations de fourrage composées chacune de 80 livres d'herbe 
ou 1 5 livres de foin et d'un-demi boisseau d'avoine, mesure de 
Paris, en remplacement desquelles il sera pourvu en espèces ou 
à raison de 1 1/2 escalin, à peine d'être fourrages et exécutés 
militairement. 

1702, 26 juin, à Maestricht. De par les états généraux des 
Provinces-Unies, leurs Hautes Puissances ne voulant pas user 
du droit de guerre contre le pays de Liège, quoique occupé par 
les ennemis sous le nom de troupes du cercle de Bourgogne, 
mais considérant que ledit pays a été mis sous le joug de la 
France contre le gré des états, déclarent en regarder les habi- 
tants comme amis et, ne doutant pas qu'ils ne soient bien aises 
de contribuer à leur délivrance par un subside proportionné aux 
exactions qu'on a déjà faites et qu'on continue de faire dans leur 
pays, leur ordonnent de payer, sans exception, la moitié des 
10 tailles qu'ils seront obligés de fournir par mois, sous peine 
d'exécution militaire. — Au dos : Le présent mandement a été 
intimé à ceux d'Anthisnes le 29 juin 1702. 

1704, 26 novembre, à Liège. Louis comte de Noyelle, géné- 
ral commandant l'infanterie des Provinces-Unies et les troupes 
de leurs Hautes Puissances sur la Meuse, ordonne aux commu- 
nautés de Seraing, Ougrée, Angleur, Plainevaux, Anthisnes, 
Neufville en Condroz de fournir les feux, chandelles et pailles 
nécessaires à la garnison de Kinkempois. La répartition se fera 
par les intéressés le 3 du mois prochain, à 10 heures du matin, 
à la maison du sieur de Pain et vin (sic pour Pennevin), en 
Vinàve-d'Ile. 



215 — 



VIII. 

Liste des tailles assises par la communauté d'Anthisnes pour 
subvenir aux contributions et aux rations imposées à ce 
village pendant la guerre de la ligue d'Augsbourg. 

L'an 1688 on a demandé (au Condroz et au pays 
de Franchimont ?) 5o,ooo lib., hors quels pour la 
parte d'Anthine 526 lib., qui font monnoye de Liège, 
y compris les 20 es par fl., la somme de . . . . fl. 737- 2 

L'an 1690 on a demandé à Anthine 459 lib., qui 
font en monnoye de Liège, y compris les 2o es par fl. fl. 642- 
1 69 1 , encor 459 lib., monnoye de Liège . . . . fl. 642- 

1692 fl. 642- 

1693 fl. 642- 

1694 fl. 642- 

1695 fl. 642- 

1696, 455 lib., en monnoye de Liège, y compris les 

deux 2o es fl. 668- 

1697 fl - 668 ~ 



Liste des tailles assises pour l'imposition des 5o,ooo lib. et 
la contribution : 



1688, 


le 


8 e octobre, 


2 


1689, 


le 


14 e jullet, 


6 


1690, 


le 


3 e février, 


6 


t6qi , 


le 


6 e février. 


8 


1692, 


le 


9 e janvier, 





1692, 


le 


24 février, 


8 


i6g3, 


le 


20 e avril, 


8 


1695, 


le 


17 février, 


10 



1696, le i3 février, 8 

1697, le 5 avril, 8 l/2 



tailles fl. 168 

tailles fl. 546 

tailles fl. 604 

tailles fl. 672 

tailles fl. 756 

tailles fl. 672 

tailles fl. 672 

tailles, tant pour contri- 
bution qu'au sujet des 

vaches fl. 840 

tailles fl. 672 

tailles pour la contribu- 

tiondelaprésenteannée. fl. 714 



Tailles 7 3 1/2 



Fl. 6,216 



— 216 — 
Les rations de la France : 

1688, on a demandé à Anthine rations 816 

1689 » 544 

1690 » 800 

1 69 1 » 800 

1692 » 800 

1693 » 800 

1694 » 800 

1695 » 800 

1696 » 800 

Rations 6,960 

Liste des tailles assises pour fournir les rations demandées 
par la France à Anthine : 

1689, le 6 e avril, 1 taille pour la troi- 

sième disaine fl. 84 

1689, au commencement 

du juin dernier, 7 tailles pour fournir 
aux rations de Di- 
nand fi. 588 

1690, le 29 décembre, 9 12 tailles fl. 798 

1692, le 24 janvier, i3 tailles fl. 1092 

1692, le 28 mars, 10 tailles fl. 823 

1693, le 18 décembre, 10 tailles fl. 802 

1694,1e 14 décembre, 16 tailles fl. 1343-12 1/2 

1696, le 3 [ janvier, 14 1/2 tailles fl. 1 186- 3/4 

1696, le 8 e décembre, i3 tailles fl. 1092 

Tailles 94 Fl. 7,808-1 3 i/4 

Le i5 may 1694, une taille pour subvenir aux 38 ra- 
tions demandées par le marquis d'Alaigre fl. 84 

Le 16 septembre 1696, six tailles pour subvenir aux 
400 rations demandées par le comte Talar fl. 504 

Fl. 588 



— 217 — 

Son altesse notre prince a demandé au vil- 
lage d'Anthine, par an, la somme de . . . rations 958 1/2 

Les petits manans en ont payé fort peu et pour ce sujet ils 
ont souffert plusieurs exécutions, ce pourquoy ils ont assis plu- 
sieurs tailles. 

Liste des tailles assises pour lesdittes rations : 

1690, le 8 e octobre, 3 tailles poursubveniraux 

rations fl. 280-16 

1691, le 6 e février, 3 tailles tirées d'onze . . fl. 280-16 
1 6 9 1 , 1 e 4 e avril, 2 tailles pour Henri Faloise fl. 184-14 

1 69 1 , le 12 septembre, 3 tailles fl. 280-16 

1692, le i er octobre, 8 tailles fl. 750 

1693, le i5 décembre, 3 tailles fl. 277-19 

Encor du même jour, 3 tailles fl. 277-19 

1693, le 18 décembre, 6 tailles fl. 557 

1696, le i3 février, 10 tailles fl. 867 

1696, le 4 may, 2 taillespoursubveniraux 

frais de Jean Elocq, à 
présent Jean Le Char- 
lier, prisonnier. . . fl. 184-14 

Tailles 43 Fl. 3,941-14 

Le général de Liége.a demandé à Anthine . rations 958 1/2 
Tailles assises pour les rations du général de Liège : 

1693, le u novembre, 5 tailles fl. 462- 2 l/2 

1693, le 1 5 décembre, 3 tailles fl. 277-19 

Tailles ~8~ Fl. 740- 1 1/2 

Son altesse a demandé 5o tailles portantes par an au village 
d'Anthine fl. 45o 

Tailles pour fournir aux 5o tailles demandées par son altesse 
notre prince : 
1690, le 17 may, 5 1/4 tailles fl. 5o2- 4:^/4 

1692, le 2 e aoust, 5 tailles fl. 463 

1693, le 25 juin, 6 tailles fl. 558-n 

Tailles 16 1/4 Fl. 1, 5 2 3- 1 5 3/4 



— 218 — 

1689, le 10 janvier, 
2 tailles pour fournir à la demande de La 

Neuville fi. 184-14 

1691 , le 9 e octobre, 
2 tailles pour satisfaire aux fraix à faire dans 

cette présente conjuncture de guerre . fi. 190-14 3/4 

1691 , le 12 décembre, 
2 tailles pour satisfaire à la demande faite 

par la garnison de TilfB fi. 184-14 

1694, le 8 e aoust, 

6 4/2 tailles pour la sauvegarde du duc de 

Luxembourg fi. 546 

1694, le 8 e novembre, 

5 tailles pour subvenir aux frais de la garni- 
son de chez madame la baronne de Woost 
et livrement des foins et aveine au camp 
de Nandren fi. 469 

1695, le 4 e novembre, 

7 tailles pour les rations de Fronville . . A. 588 

1696, le 7 e de l'an, 

2 i/2 tailles pour subvenir au logement des 

hussar fi. 219 

1696, le 3 1 janvier, 
1 taille pour les palissades du fourneau le Ron fi. 93 

28 Tailles. FI. 2,475- 2 3/4 

Tailles assises pour l'élu : 
1690, le 25 avril, 
4 tailles pour subvenir au soldat demandé par 

S. A. et autres nécessités urgentes ... A. 386- 6 
1690, le i er septembre, 
4/2 taille pour Elocq en qualité d'élu .... fi. 48-16 4/4 

1690, le 29 décembre, 

1 taille collectée à deux fois pour Jean Elocq élu. fi. 96- 7 1/2 

1691, le 20 e may, 

2 i/2 tailles pour subvenir tant à l'élu qu'autres 

nécessités fi. 219- o iji 

1692, le 8 e février, 

1/2 taille pour Elocq élu fi. 48-164/4 

8 1/2 Tailles. FI. 799- 6 i/4 

Lesquelles tailles les gentilshommes n'y sont pas obligez. 



— 219 — 

1692, le 1 1 juin, 

2 1 i tailles pour plusieurs sujets ri. 209-15 4/2 

1693, le 25 février, 

1 taille pour despens des parties .... ri. 93-14 

1693, le 26 mars, 

2 tailles pour fraix des parties fl. 184-14 

1693, le 9 e septembre, 
2 tailles pour les parties M. 184-14 

1693, le 29 octobre, 

4 tailles pour les parties ri. 372- 5 

1694, le 26 février, 

4 tailles pour les parties fl. 372- 5 

1694, le 26 avril, 

4 tailles pour les parties fl. 372- 5 

1695, le 20 may, 

5 tailles pour les parties fl. 469- 61/2 

1697, le 5 avril, 
5 tailles pour parties fl. 492-16 i/4 

29 1/4 Tailles. Fl. 2,751-1 5 4/4 

Notez: 1689, le 17 février, 1 1/2 taille pour mener les ba- 
gages des François de Huy à Dinant fl. 219-0 1/4 



LE PEINTRE JEAN 



Le peintre Jean, qui, à la fin du X e siècle et au com- 
mencement du XI e , orna de ses œuvres les églises de Liège 
et d'Aix-la-Chapelle, est le plus ancien artiste du pinceau 
qui soit connu dans les annales de la Belgique. Son nom 
ouvre, si je puis ainsi parler, l'histoire de notre école de 
peinture, et, à ce seul point de vue, il mérite d'être tiré 
de l'oubli. 

Bien que peu connue, l'histoire du peintre Jean semble, 
à première vue, des mieux établies. Elle nous est fournie 
par des documents qui pourraient, avec un peu de bonne 
volonté, être tenus pour contemporains : la vie de Bal- 
déric II, évêque de Liège (1), et l'épitaphe de Jean lui- 
même, dans l'église Saint-Jacques de Liège (2). Si l'on n'y 
regardait pas de très près, on pourrait croire que ces docu- 
ments constituent deux témoignages indépendants l'un de 
l'autre et se corroborant mutuellement. 

Il n'en est rien. En réalité, nous n'avons qu'un seul 
témoignage, qui est le Vita Balderici, et l'épitaphe a été 
rédigée postérieurement, d'après les renseignements four- 
nis par ce texte. C'est ce qu'il est aisé de démontrer. Les 
données du Vita sont originales, précises, détaillées, nom- 

(i) Vita Balderici episcopi Leodiensis, dans Monumenta Ger- 
maniae historica, Scriptores, t. IV, pp. 724-738. Les parties de cette 
vie qui concernent le peintre Jean sont les chapitres i3-20, pp. 729- 
732. 

(2) Dans Gillks d'Orval (MGH., t. XXV), 1. 1 1, 61, p. 65. 



— 221 — 

breuscs; celles de Pépitaphe sont vagues, ne contiennent 
rien qui ne soit dans le Vita, ne donnent qu'un abrégé de- 
ce qu'il y a dans celui-ci et ne le reproduisent pas sans 
inexactitude. 

Nous allons fournir la preuve de ces assertions. 

Selon le Vita, Jean est un peintre italien de grand mé- 
rite, que l'empereur Otton III, désireux d'orner l'église 
d'Aix-la-Chapelle encore sans peintures, a fait venir d'au 
delà des Alpes. Jean obéit, et exécuta de beaux travaux 
dans le sanctuaire de Charlemagne. Pour le récompenser, 
l'empereur lui donna un siège épiscopal alors vacant en 
Italie. Jean était en route pour aller en prendre possession, 
lorsqu'il reçut un message par lequel le duc du pays l'in- 
formait qu'il avait à épouser sa fille s'il voulait être re- 
connu. Alors Jean revint tristement près de l'empereur, qui 
l'aimait comme lui-même, qui lui donna une des premières 
places à sa cour et qui prêta volontiers l'oreille à ses exhor- 
tations. Jean lui conseillait la justice, la douceur envers ses 
sujets, le zèle pour les affaires publiques, et souvent, à sa 
voix, le caractère impétueux de l'empereur se modéra. 
Finalement, craignant qu'à cause de ses nombreuses occu- 
pations il ne fût exposé à laisser l'homme de Dieu man- 
quer de quelque chose à sa cour (i), l'empereur le recom- 
manda à l'évêque de Liège. Celui-ci servit de Mécène au 
pauvre exilé, qui devint son ami et son conseiller. Jean 
consola l'évêque de sa cruelle défaite de Hougaerde, dont 
Baldéric ne pouvait pas évoquer le souvenir sans larmes; 
il lui conseilla de bâtir le monastère de Saint-Jacques en 
expiation du sang versé. L'évêque obéit, et cette célèbre 
abbaye dut ainsi son origine au conseil du pieux artiste 
italien, qui l'orna de ses peintures et qui y trouva son tom- 
beau. Les fondements de l'église furent jetés le 25 avril 
1016, et la crypte, dédiée à saint André, fut consacrée le 
7 septembre de la même année. Jean y assista, et c'est 
la dernière mention que fasse de lui le Vita Baldenci. 

(1) « Ne ergo vir tantus oh varias occup.itioncs intra curiam suam 
» aliquam sustineret penuriam. cumdem episcopo nostro commenda 
» vit. » Vita Balderici (MGH., t. IV), c, 14, p. y3o. 



— 222 — 

L'évêque mourut le 29 juillet 1018 (1), et l'on ne sait pas 
si Jean le précéda ou le suivit dans la tombe. 

Voilà ce que raconte le Vita Balderici. A cet exposé, 
l'épitaphe conservée par Gilles d'Orval a emprunté trois 
traits, et les donne dans l'ordre où elle les a trouvés chez 
le biographe : a) Jean est un évêque italien chassé de son 
diocèse ; b) il a exécuté des peintures à Aix-la-Chapelle ; 
c) il a conseillé à Baldéric de fonder l'abbaye de Saint- 
Jacques. La relation de dépendance entre l'épitaphe et le 
Vita est déjà visible dans cette succession des trois faits; 
elle devient évidente à l'endroit où l'épitaphe parle des 
peintures d'Aix-la-Chapelle. L'auteur du Vita les a vues, 
à n'en pas douter; il y renvoie son lecteur, il cite les deux 
vers écrits au-dessous de ces peintures, dans lesquels l'ar- 
tiste se fait connaître et dont le second est ainsi conçu : 

Claret Aquis sane tua quâ valeat manus arte. 

Or, sait-on comment l'épitaphe commémore en deux 
vers toute cette activité artistique d'Aix-la-Chapelle? 

Qua probat arte manura, dat Aquis, dat cernere planum 
Picta domus Karoli rara sub arce poli. 

L'emprunt est manifeste, et la bévue aussi. Car c'est 
l'église d'Aix-la-Chapelle, au témoignage du Vita, et non 
le palais de l'empereur que Jean fut chargé de décorer (2). 
Mais, le Vita parlant aussi du palais dans la phrase même 
où il rappelle les peintures de la chapelle, on comprend 
qu'avec un peu de distraction l'auteur de l'épitaphe s'y 
soit trompé. 

(1) « VII idus septembris, » dit le Vita Balderici, c. 19, p. y3i. 
Lambert le Petit, suivi par Gilles d'Orval, dit « VIII idus septembris, » 
ce qui donnerait le 6 de ce mois, mais il y a lieu de s'en tenir au témoi- 
gnage du Vita, qui est plus autorisé. 

(2) « Otto... mansionem accepit in Aquensi palacio, ut in regia 
» sede et publicae rei domicilio. Ubi aliquandiu commoratus, ejus- 
» dem loci capellam studio devocionis regiis muneribus et bonis 
» honoravit et quod deerat ad decorem ipsius capellae supplere ani- 
» mum intendit. Necdum enim color alicujus picturae eamdcm deco- 
» rabat. Unde predictum Johannem praeciosum artificem ab Italia 
» arcessivit, et ut doctas manus huic applicaret negotio. oravit et 
» imperavit, etc. » Vita Balderici, c. 14, p. 730. 



— 223 — 

L'épitaphc est donc une reproduction incomplète el 
fautive du l'ita, et celui-ci reste pour nous la seule source 
de la biographie du peintre Jean. 

Mais cette source elle-même n'est pas absolument pure. 
Le Vita Balderici fut écrit par un moine de Saint-Jacques 
en io53, à une date où depuis plus d'une génération Bal- 
déric et probablement le peintre Jean lui-même reposaient 
dans la tombe. Or si, à cette date, l'auteur pouvait trouver 
encore dans son abbaye de bons matériaux pour écrire 
l'histoire du fondateur, il n'en était pas de même en ce qui 
concernait le pauvre exilé italien. Celui-ci n'était plus qu'une 
ombre indécise; ses peintures murales et son tombeau, con- 
servés dans l'église de l'abbaye, étaient les seuls gardiens 
de son nom et de son souvenir. Aussi l'auteur du Vita est-il 
tellement dépourvu d'informations sur lui, qu'il est réduit à 
en demander aux deux vers, si peu explicites, qui se lisaient 
au bas de ses peintures d'Aix-la-Chapelle. Que pouvait-il 
donc savoir de la partie de l'existence de Jean qui s'était 
écoulée au delà des monts? Rien que des légendes. Il en a 
si bien conscience que, sur le point de les raconter, il croit 
devoir s'excuser auprès du lecteur : « Si notre récit paraît 
» invraisemblable et si nous sommes accusés de raconter 
» des mensonges, la responsabilité en reviendra plutôt à 
» ceux dont l'autorité nous a poussés à écrire et dont nous 
» ne faisons que reproduire le témoignage (i). » L'auteur 
n'a donc pas vu lui-même les vers d'Aix-la-Chapelle ; c'est 
quelque dignitaire ecclésiastique qui les lui a communi- 
qués, et pour qui, comme pour le biographe, ils cons- 
tituent un témoignage ! . . . 

L'histoire de l'évêché accordé à Jean, mais non occupé 
par lui, est d'ailleurs hautement invraisemblable, pour ne 
pas dire fabuleuse. Point n'est besoin de renvoyer dans le 
royaume de la légende ce duc italien qui ne permet pas à 
un évèque de prendre possession de son siège, parce que 

(i) « Quod si frivolum quibusdam esse videbitur et falsitatis argui- 
» mur, illis magis imputandum, quorum auctoritate et testimonio 
» sumus usi et ad scribendum compulsi. » Vita Balderici, c. 14, 
p. 729. 



— 224 — 

ce] ui-ci ne veut pas épouser sa fille, et cela sans que l'empereur 
s'avise de le mettre à la raison. Ajoutons à cela qu'Otton III 
ne peut pas avoir recommandé Jean à Baldéric II, comme 
l'affirme le biographe de ce dernier, puisque Otton III est 
mort en 1002 et que Baldéric n'est devenu évéque de Liège 
qu'en 1008. Si le fait de la recommandation est avéré 
— et je n'éprouve aucune envie de le révoquer en doute — 
c'est le nom de Notger qu'il faut substituer dans notre épi- 
sode à celui de Baldéric II. 

En voilà assez pour nous convaincre que les souvenirs 
du biographe sont en partie confus, en partie légendaires. 
Ce que nous retiendrons de son récit, c'est que l'empereur 
Otton III, voulant orner la basilique d'Aix-la-Chapelle, a 
fait venir d'Italie (1) un peintre du nom de Jean, qui a 
travaillé pour lui dans cette ville, et qui, plus tard, a vécu 
à Liège chez Notger et chez Baldéric II, payant par des 
œuvres d'art l'hospitalité qu'il y recevait. Il est difficile de 
dire quel est l'élément historique dans l'histoire de l'évêché 
manqué, mais on a le droit de croire, sur la foi du bio- 
graphe, que Jean a été prêtre, et que son art a été, en 
quelque sorte, une des expressions de son sacerdoce. 

On a voulu faire de cet artiste un Byzantin. Pourquoi? 
« D'après les propensions bien connues de son impérial 
» protecteur, (il) a dû être, sinon un artiste de Constan- 
» tinople même, au moins un maître particulièrement initié 
» au style et à la technique tels que les peintres orientaux 
» les pratiquaient encore à cette époque (2). » On a cru 
même trouver, dans la rapide disparition des œuvres de 
notre peintre, une autre preuve de son caractère byzantin : 

1 Jean d'Outremeusk, t. IV, p. iq5, sait naturellement ce que la 
source du xi c siècle ignore. Le peintre Jean était de Lombardie, nous 
dit-il dans un passage qui contient encore une autre erreur, et qui, 
de plus, semble corrompu. Le voici : « Li evesque Johain, qui rut 
» de Lombardie, que l'empereire Octon l'avoit envoieit en exilhe, et li 
» pape (?), droit à Liège estoit deleis l'evesque, et Baldris oevroit par 
» son conselhe, etc. » 

(2) lliKis. Mémoire sur le caractère de V école flamande de pein- 
ture sous le règne des ducs de Bourgogne, dans Mémoires couronnés 
de V Académie royale de Belgique, coll. in-4 , t. XXVII \ i855-iS56), 
p. 5 7 . 



— 225 — 

cette disparition, en effet, s'expliquerait « par l'abus des 
» tons noirs et bruns que les Byzantins affectionnaient à 
» l'excès (i). » Dans tout cela, il n'y a que des hypothèses 
absolument gratuites, et mieux vaut avouer purement et 
simplement notre ignorance en ce qui concerne l'éducation 
artistique de Jean et le caractère de son art (2). 

Quant à la durée des peintures de Jean, elle a été bien 
moindre encore qu'on ne le pense généralement. On a 
supposé, sur la foi d'un texte mal interprété, quelles avaient 
subsisté, au moins en partie, jusqu'au XIII e siècle : c'est 
une erreur; celles de Saint-Jacques ne subsistaient déjà 
plus au milieu du XI e , et elles n'avaient pas duré en tout 
cinquante ans, Habitués à se servir du compilateur Gilles 
d'Orval au lieu de remonter à ses sources, et de plus, ne le 
consultant que dans l'édition vieillie de Chapeaville au lieu 
de recourir au texte critique de Heller, les écrivains belges 
qui ont parlé de Jean se sont persuadé que le passage de 
Gilles d'Orval qui fait connaître ce mauvais état de conser- 
vation était du chroniqueur lui-même, alors que, selon son 
procédé familier, Gilles s'est borné à reproduire purement 
et simplement le texte du Vita Balderici. Ils ont donc attri- 
bué à ces peintures une durée d'environ deux siècles, alors 
qu'au témoignage de notre source, un demi-siècle avait 
suffi pour enlever à celles d'Aix-la-Chapelle une grande 
partie de leur éclat, tandis que celles de Liège vieillissaient 
et se ternissaient à vue d'œil. De plus savants que moi 
diront si ce sont les procédés byzantins qu'il faut rendre 
responsables de cette rapide dégradation. Je crois que Tin- 
curie ou l'indifférence des contemporains pourrait bien un 
peu aussi rendre compte de ce fâcheux phénomène. A 
Saint-Jacques même, on ne se fit pas scrupule de faire dis- 

(1) Le même, loc. cit. 

(2) M. J. Helbig écrit prudemment : « le peintre et évêque Jean, 
» que les chroniques font italien., mais dans lequel d'autres pré- 
» tendent voir un artiste grec. » La peinture au pays de Liège et 
sur les bords de la Meuse, 2 e édit. , p. 7. Je voudrais pouvoir me 
ranger à l'avis du même érudit, lorsqu'il écrit, loc. cit. : « Ce qui 
» semble certain, c'est que Jean a fait un séjour assez prolongé à 
» l'abbaye de Saint-Gall. » Le peu que nous savons de Jean ne nous 
fournit aucun motif de nous rallier à cette conjecture. 



— 226 — 

paraître une partie de l'œuvre de Jean pour la remplacer 
par d'autres compositions. 

Les peintures de Jean étaient accompagnées de vers 
explicatifs; l'auteur du Vita B aider ici en reproduit deux. 
Le premier était ainsi conçu : 

E patriae nido rapuit me tertius Otto. 

Et l'autre : 

Claret Aquis sane tua quâ valeat manus arte. 

Tous deux nous entretiennent du poète et semblent 
indiquer qu'il s'était représenté lui-même dans ses fresques 
d'Aix-la-Chapelle et de Liège. Selon toute apparence, ils 
étaient écrits sur des phylactères, selon l'habitude du moyen 
âge (i). Le second est d'une interprétation un peu difficile, 
en ce sens qu'on ne se rend pas compte du thème pictural 
qu'il sert à illustrer. 

Le biographe admire les peintures de Jean. Ce qui en 
reste est bien supérieur, selon lui, aux peintures plus ré- 
centes qui les ont remplacées. Nous ne sommes pas à 
même de contrôler la valeur de ce témoignage. 

Voilà ce que le Vita Balderici nous fait connaître au 
sujet de notre artiste. Il n'en parle d'ailleurs qu'en tant que 
sa biographie est mêlée à celle de son héros, l'évêque Bal- 
déric. Il nous sera bien permis de dépasser ce cadre et de 
nous informer ailleurs encore. Nous avons vu, en recti- 
fiant un souvenir un peu brouillé du biographe, que Jean 
a dû être le protégé de Notger, et que c'est à ce prélat qu'il 
avait été recommandé par Otton III. Or, Notger, qui avait 
rempli d'églises neuves la ville et le pays de Liège, et dont 
nous savons qu'il les a ornées de toute manière, ne se sera 
certainement pas privé des services que pouvait lui rendre 
le pinceau de Jean. Et ce n'est pas s'aventurer outre mesure 

(i) Le bon Jean d'Outremeuse lui, a, comme toujours, un ren- 
seignement bien plus intéressant : « Ilh fut après I emperere qui voit 
» les peintures tant suffisantez, si escript par deleis chest vers, en 
» quel li evesque Johain parloit en disant : 

» A patrie nido rapuit me tercius Otto. » 

(Ly myreur des Histors, t. IV, p. 197). 



— 227 — 

que de croire qu'il avait précisément appelé notre artiste 
dans ce but. Selon toute apparence, Jean aura orne de ses 
peintures le chœur et les murs de Saint-Lambert, et pro- 
bablement d'autres églises encore. La totale disparition de 
ses œuvres dès le siècle même qui les vit produire nous 
interdit d'aller plus loin dans le champ des suppositions. 
Mais ce n'est pas une raison pour laisser dans l'oubli le 
souvenir de cet artiste pieux qui, dit Gilles d'Orval, « vécut 
» à Saint-Jacques d'une vie angélique, tout entière con- 
» sacrée à la lecture et à la prière, et qui mourut dans 
» une bonne vieillesse (1). » 

La tombe de Jean se trouvait à Saint-Jacques dans la 
nef latérale de gauche, près de l'autel de saint Lambert (2). 
L'épitaphe, d'après ce que nous avons vu plus haut, n'a 
été composée qu'assez tardivement et pas avant la publi- 
cation du Vita Balderici. Encore faut-il remarquer que les 
deux derniers vers sont de date postérieure. Ils sont ainsi 
conçus : 

Dicta ferunt patrum, signis hoc glorificatum 
Corpus, translatum ter et hic meruisse sepulcrum (3). 

On voit par ce vers qu'à la date de i25o environ le 
corps avait été l'objet d'une triple translation (4), et qu'il 

(1) « Eo tempore in prefato cenobio sancti Jacobi conversans 
» Johannes episcopus, vitam ducebat angelicam, lectioni et orationi 
» vacans. Qui vocatus a Domino in senectute bona viam universe 
» carnis ingressus est. » Gilles d'Orval, 1. 11, 61, p. 65. 

(2) Gilles d'Orval, 1. n, 61, p. 65. Et non de saint André, comme 
dit le distrait Jean d'Outremeusk, t. IV, p. 198, parlant cependant 
d'après Gilles d'Orval. Le nom d'André revient sous sa plume ici, 
parce qu'il l'avait écrit quatre lignes plus haut. 

(3) Le texte porte sepultum, qui est évidemment une leçon fautive. 

(4) « Au xvi e siècle, » dit M. J. Helbig, op. cit., p. 9, «le tom- 
» beau fut renouvelé lors de la reconstruction de l'église. » Il se trouvait 
alors sous l'arcade qui sépare le chœur de la chapelle de Notre-Dame 
des Sept Douleurs. 

Sous l'abbé Pierre Rennotte (1 741-1764), grand vandale devant 
l'Eternel, cette arcade fut masquée par des boiseries et par des tableaux 
qui cachèrent également le tombeau du peintre Jean, si bien qu'on 

15 



— 228 — 

avait fait des miracles. Liège s'honorerait donc de son 
bienheureux Jean, comme Florence de son bienheureux 

oublia où il se trouvait. « On remarquait cependant, » dit E. La- 
valleye dans la préface de L'église Saint- Jacques à Liège (in-4 , 
Liège, 1845), p. 8, note 8, «dans la première sacristie de Saint-Jacques 
» iredevenue aujourd'hui une chapelle sous le vocable de Notre-Dame 
» des Sept Douleurs), derrière l'autel de la Vierge, une statue en 
» pierre de sable, couchée sur un sarcophage, occupant toute la partie 
» inférieure d'une arcade du chœur cachée depuis longtemps sous de 
» méchants tableaux qui ont disparu depuis. Cette statue était connue 
» de quelques personnes sous le nom de Jehan /' consieu, Jean le 
» conseiller. Guidés par cette tradition populaire, MM. le doyen 
» Van Hex, Bovy, Davreux et Jénicot firent soulever, le 27 septembre 
» 1839, cette statue, et ils reconnurent qu'il existait au-dessous un 
» petit coffre en bois de chêne. Ce coffre, de 65 centimètres de lon- 
» gueur sur 35 de largeur et 28 de hauteur, contenait tous les os d'un 
» squelette d'homme de taille ordinaire. Ces os étaient placés pêle- 
» mêle dans une serviette de chanvre à dessins en losanges et recou- 
» verts d'une lame de plomb, de 23 centimètres de longueur et de 4 de 
» largeur, sur laquelle était gravée en caractères gothiques, avec abré- 
» viations, l'inscription suivante... » 

Notre auteur reproduit ensuite, non sans de graves inexactitudes, 
la dite inscription, que je restitue comme suit après en avoir résolu les 
abréviations : 

Hujusvenerabilis(a) episcopi ossalevavit dum magnifkaret eccle- 
siam dominus Johannes abbas XXXVIII US anno XVI mil 
CCCCC nativitatis (b) et iterum recondidit (c) anno XXI III 
die VI mensis augusti sub domino cardinali et episcopo 
Leodiensi Erardo. 

La brochure continue : 

« Quelques jours après cette importante découverte, le conseil de 
» fabrique de Saint-Jacques ayant fait faire un nouveau coffre, garni 
» de plomb, les restes précieux de Jean l'Italien y furent déposés, 
» ainsi que deux exemplaires du procès-verbal de l'ouverture et du 

(a) Urbis Lavalleye. 

{b) Le texte porte âtenutis (atenutus Lavalleye), mot inexistant. Qii'a- 
t-on voulu écrire? Je remarque qu'il y a au-dessus de /'u un signe d'abré- 
viation consistant en une espèce de tréma {..)qui reparaît trois fois dans 
l'inscription, et chaque fois pour représenter une syllabe dans laquelle entre 
la lettre a : levit^owrlevavit, magnifiret ^?owr magnificaret, cardili pour cardi- 
nali. En tenant compte de ce fait ainsi que du contexte, je propose de lire 
nativitatis. 

(c) Lavalleye lit regdidit, prenant pour un g le signe d'abréviation de la 
syllabe con. 



— 229 - 

Angelico. Quoi qu'il en soit, le grand art national qui fait 
la gloire de la Belgique est né à Liège, sous les auspices 
de la religion et à l'ombre du sanctuaire. 

Godefroid KURTH. 

» replacement, dont un était gravé sur plomb et le second écrit sur 
» parchemin. On joignit à ces deux actes le plomb qui avait été 
» trouvé à l'ouverture du coffre. » 

Ces mesures de précaution étaient excellentes; ce qui l'était moins, 
ce fut la malencontreuse idée qu'on eut alors de boucher par une ma- 
çonnerie la belle arcade qui s'ouvrait au-dessus du tombeau, et de 
détruire celui-ci pour procéder à un si bel ouvrage. Il reste dans le 
grenier de Saint-Jacques et dans la chapelle septentrionale du transept 
quelques fragments du tombeau, ainsi que de la statue d'évêque cou- 
chée qui le surmontait. 

L'arcade fut rouverte en i883 sous le décanat de M& 1 " Schoolmees- 
ters, qui a l'honneur d'avoir admirablement restauré le superbe sanc- 
tuaire de Saint-Jacques. On retrouva alors les fragments sépulcraux 
dont je viens de parler. 

L'inspection que nous en fîmes suggéra à M^ 1 ' Schoolmeesters 
l'idée d'ouvrir le coffre qui contient les ossements du peintre Jean ; il 
en retira la lame de plomb de i5i6, ainsi que celle de 1839 dont voici 
l'inscription : 

Ossemens de Jean, évëque italien ami de Baldric II, recueillis 
en 1 5 16 par Jean de Cromois, XXXVIII abbé de Saint- 
Jacques, qui les fit transporter de la chapelle de Saint-André 
à cette place. Le 27 septembre i83q, ces restes furent décou- 
verts par MM. Jacquemotte, vicaire-général, Van Hex, curé 
de Saint-Jacques, Jénicot, conseiller de la fabrique, Bovy, 
docteur en chirurgie, Davreux, professeur de chimie, et remis 
avec l'inscription qui accompagnait ces ossemens dans une 
nouvelle boîte et déposés de nouveau dans le même lieu. 



APPENDICE 



L'EVEQUE LEON. 

Je ne puis m'empêcher de faire remarquer le curieux 
parallélisme de l'histoire du peintre Jean avec celle de 
l'évêque Léon. Léon est, comme Jean, un évêque italien 
exilé; comme lui, il est réfugié à Liège ; comme lui, il reçoit 
l'hospitalité de Notger. La seule différence, c'est que, 
tandis que Jean a trouvé un abri et une tombe à Saint- 
Jacques, Léon a vécu et a été enterré à Saint- Laurent. 
L'histoire de Léon est d'ailleurs assez bien attestée, ce 
semble, puisqu'elle est racontée par Rupert et par Renier 
de Saint-Laurent. Rupert, il est vrai, est postérieur en 
date au biographe de Baldéric, et l'on pourrait presque se 
demander s'il n'a pas écrit sous l'influence de ce dernier. 
Sans examiner cette question, je me borne à reproduire 
les textes. 

I. 

Rupert, Chronicon Sancti Laurentii (MGH., t. VIII), 
c. 10, p. 166. 

Notgerus... Post haec Leonem quemdam ex nobilissimis 
Graecorum episcopum venientem ad se profugum cum suis 
excepit ; qui bello Calabrico, quod Otto secundus imperator 
contra Graecos gessit, expulsus fuerat a Graecis, asserentibus 
quod Romanis Calahriam prodiderit. Et quia necessitatem coacti 
exilii verterat in voluntatem sanctae peregrinationis, ut perve- 
niret ad illam quam expectaverunt patres nostri veram terram 
repromissionis, hic illum sancto in loco sanctoque proposito 



— 231 — 

manere et de ecclesia vivere cum suis instituit, et sancte vivendo 
hic usque in finem perseveravit, tandemque migrans ad Domi- 
num, in hoc eodem incolatus sui loco ante altare sancti Gereonis 
corpore quiescit. 

II. 

Renier de Saint- Laurent, Vita Everacli (MGH., 

t. XX), c. ii, p. 564. (Parle d'après Rupert). 

Ad hune (Notgerum) Léo quidam episcopus ex nobilissimis 
Graecorum profugus venit, qui pulsus a sede suâ iccirco fuerat 
quod incusaretur Ottoni secundo, dum idem imperator adversus 
Grecos haberet castra, prodidisse Calabriam. Quem et humane 
exceptum predictus antistes in hoc loco manere statuit, neenon 
de bonis, quae venerabilis Everaclus delegaverat, cum suishabere 
stipendia. Qui tempore incolatus sui sobrie et juste et pie vivens, 
expectabat beatam spem et adventum gloriae magni Dei, a quo 
et postmodum gloriose ab exsilio mundi eductus est et ante altare 
s. Gereonis pênes nos accepit sepulturam, non jam hospes et 
advena, sed civis sanctorum et tuus, o sancte Laurenti, domes- 
ticus. 

III. 

Epitaphe de l'évêque Léon à Saint-Laurent. 

Martène et Durand, Amplissima Collectio, t. IV, col. 
1045, note \b). 

De quo taie cernitur lapidi insculptum esse epitaphium : 
Conditur hic praesul Graecus Léo qui fuit exul. Anno M. 



LA POPULATION DE LIÈGE EN 1650 



Malgré les difficultés que présente leur utilisation (1), 
les documents d'ordre fiscal constituent une des principales 
sources auxquelles il faut puiser pour déterminer quelle fut, 
aux époques anciennes, la population d'une ville ou d'une 
région. Récemment encore, c'est en interprétant un docu- 
ment de ce genre, que M. A. Hansay fixait le chiffre de la 
population du pays de Liège en 1470 (2). 

Parmi les textes de l'espèce, que l'on possède, pour la 
même contrée, figure la Description du rapport des vitres 
et bonniers, tant de la cité, que villages circonvoisins . 

Voici à quelles circonstances nous la devons (3). 

(1) Voy. H. Pirenne, Les archives au point de vue de la démo- 
graphie historique, Bruxelles, 1903, et Archives belges, iqo3, art. 
260 et 278. 

(2) La « Crenée » générale du pays de Liège en 1470 et le dénom- 
brement des feux, dans Bulletin de la Commission royale d'histoire, 
t. LXXI (1902), pp. 67-106. 

(3) Pour le détail de ces événements, que nous résumons briève- 
ment, voyez Journées d'Etat de juillet 164c à octobre 1684 (fonds de 
l'Etat primaire, registre n° 73) aux Archives de l'Etat, à Liège ; S. Bor- 
mans, Répertoire chronologique des conclusions capitulaires du cha- 
pitre cathédral de Saint-Lambert, à Liège, t. I, Liège, 1869-1875, 
pp. 538-545; Rerum leodiensium status anno M.DC.XLIX, repro- 
duction du D 1 ' Alexandre, Liège, i885 ; (Foullon), Historialeodiensis, 
t. III, Liège, 1737, pp. 291-295; J. Daris, Histoire du diocèse et de 
la principauté de Liège pendant le XVII e siècle, t. I, Liège, 1877, 
pp. 268-291 ; M. Huisman, Essai sur le règne du prince-évêque de 
Liège, Maximilien-Henri de Bavière, Bruxelles, 1899, pp. 45-53. 



— 233 — 

A la suite du traité de Westphalie, et des conférences 
qui, par après, se tinrent à Nuremberg, la principauté lié- 
geoise avait été taxée pour une pari de l'indemnité que 
l'Empire devait payer à la Suéde. Cette cotisation se trou- 
vait fixée à 99,200 florins, soit 24,800 patacons. Les Etats 
convoqués en décembre 1648, par le prince-évêque Ferdi- 
nand de Bavière, pour délibérer à ce sujet, se retranchèrent 
derrière la neutralité du pays. Les réclamations qu'ils firent 
valoir n'eurent aucun succès. A la fin de juin i65o, les 
Suédois, las de tergiversations perpétuelles, s'approchèrent 
des frontières, et le 21 juillet suivant, mettant à exécution 
des menaces souvent répétées, pénétrèrent dans la princi- 
pauté. Un corps de troupes, sous la conduite du général 
Otton Steinbuck, vint camper entre Visé et Herstal, puis 
passa en Hesbaye, ruinant les villages et mettant les paysans 
en fuite. Les récoltes étaient gravement compromises. 

On dut se résoudre à négocier. Un accord intervint : la 
somme globale à payer fut fixée à 3oo,ooo patacons. « Il 
» fallut », note un chroniqueur, « satisfaire tant au capital 
» que l'intérêt. » La bourse des Liégeois pâtissait grande- 
ment de leur manque de patriotisme et du mépris qu'ils 
avaient montré pour de sages avertissements. 

Les 120 tailles dont les Etats décidèrent, en deux fois, 
la levée, ne devaient rapporter, au dire des agents du pou- 
voir, que 240,000 patacons (1). D'autres taxes ne parvinrent 
pas davantage à faire face aux nécessités financières. 

Les circonstances critiques où l'on se trouvait, récla- 
maient des mesures spéciales. C'est à un impôt foncier que 
l'on résolut de recourir. Les Etats en votèrent la percep- 
tion dans les réunions tenues le 27 et le 28 juillet i65o. Il 

(1) Le sentiment populaire était tout opposé et prétendait que 
chaque taille donnait 12,000 florins. Le patacon valant 4 florins, les 
120 tailles auraient ainsi rapporté 36o,ooo patacons. Pour répondre 
à ces assertions, parut un mémoire où les Etats prétendaient que 
depuis 16 16, la plupart des tailles n'avaient guère rapporté chacune 
plus de 8,000 florins et qu'il fallait en outre tenir compte du déficit 
résultant du fait que plusieurs quartiers avaient été, depuis lors, rui- 
nés. Le rapport des 120 tailles ne dépassait guère ainsi 960,000 florins 
équivalant à 240,000 patacons. Nous n'avons pu découvrir ce mé- 
moire, qui aurait été, paraît-il, imprimé. 



— 234 — 

frappait « les fonds, héritages, prairies, bois, terres, jardins 
» et estangs. » 

Le bonnier fut choisi comme unité fiscale (1) et taxé 
suivant la richesse relative du sol; ce qui donne à cette taxe 
le caractère d'une sorte d'impôt sur le revenu. Le bonnier 
de terre labourable devait payer en Hesbaye, 2 florins de 
Brabant; dans le quartier de Moha, 1 florin 10 patards; 
dans l'Entre-Sambre et Meuse, en Campine, dans le comté 
de Hornes et dans le Condroz, 1 florin ; en Ardenne, dans 
le duché de Bouillon et dans le marquisat de Franchimont, 
i5 patards. Les prairies et jardins étaient taxés « a double 
terre », c'est-à-dire au double de ce que payaient les terres 
labourables; les bois et viviers, comme ces dernières. 

Pour atteindre les populations urbaines, on résolut de 
frapper la propriété bâtie, en prenant le nombre des fenêtres 
de chaque construction comme base de l'imposition. Une 
ordonnance de Maximilien-Henri de Bavière, en date du 
2 août i65o, détermina le mode de perception de cet im- 
pôt (2). « Sur chacque fenestre, (y comprises celles dans les 
» toits, dit vulgairement, bavechines), soyent elles de vittre, 
» bois ou simple ouverture de quelle forme que ce soit, 
» faite pour servir à lumière », on devait acquitter 3 sous (3). 
La taxe était payable par l'occupant, propriétaire ou loca- 
taire, mais ce dernier avait recours, pour la moitié, contre 
son propriétaire. Si la maison était vide, le payement inté- 
gral incombait au propriétaire. 

Trois jours après la publication du mandement, chaque 
habitant était tenu de remettre entre les mains du curé de 
sa paroisse, un billet signé mentionnant le nombre des 
fenêtres de sa demeure. Les collecteurs avaient licence de 

(1) Le bonnier fut déterminé valant 20 grandes verges, se décom- 
posant chacune en 20 petites, suivant le pied de Saint-Lambert. 

(2) Cette ordonnance ne figurant point dans le Recueil des ordon- 
nances de la principauté de Liège, et n'étant pas mentionnée dans 
la Liste chronologique des édits et ordonnances de la même princi- 
pauté, nous avons cru utile d'en reproduire le texte en appendice. 

(3) « Voir qu'une fenestre ayante interstice, pourveu qu'elle s'ouvre 
» a une fois, et pas a deux, ne sera nombrée que pour une » ajoute 
l'ordonnance. 



— 235 — 

pénétrer dans les habitations pour contrôler l'exactitude 
de ces déclarations. En cas de fraude, le délinquant était 
condamné à payer double taxe, et en outre, pour chaque 
fenêtre celée, une amende de 1 patacon, dont un tiers reve- 
nait au délateur, un autre au collecteur et le reste à l'Etat. 

Escomptant le revenu de ces taxes, les Etats avaient 
pu se procurer l'argent que réclamaient les Suédois, et le 
22 août, grâce à de puissantes interventions, la principauté 
se trouvait débarrassée de ses hôtes incommodes. De nom- 
breuses ruines conservaient le souvenir de leur passage. 
La levée des diverses taxes et surtout de celle sur les vitres, 
qui constituait une nouveauté, venant s'ajouter aux impôts 
dont gémissait le pays, y entretenait un grand mécontente- 
ment. Comme il arrive souvent en pareil cas, certains pré- 
tendaient que le produit de ces contributions était de 
beaucoup supérieur à celui qu'avouait le pouvoir ; d'autres 
accusaient les collecteurs d'user d'indulgence envers leurs 
amis. 

Pour couper court à ces critiques, les députés des Etats 
décidèrent, le 5 janvier i65i, de publier le rôle de l'impôt 
« à celle fin qu'un chacun puisse estre informé duvray rap- 
» port dudit impost, controller ceux que l'on ne trouvera 
» avoir deuëment acquitté, et estre aux délateurs payées les 
» parties des amendes des defaillans, suivant les Mande- 
» mens de Son Altesse Serenissime. » 

La publication fut faite immédiatement. Elle parut à 
Liège, chez Jean van Milst, en i65i, et porte le titre de 
Description du rapport des vitres et bonniers, tant de la 
cité, que villages circonvoisins . Le volume comporte 1 38 
feuillets, petit in-4 , non numérotés. Le recto du premier 
feuillet est occupé par le titre, le deuxième contient l'exposé 
des motifs, dont nous avons, plus haut, reproduit les der- 
nières lignes. Au folio 3, commence le rôle de l'impôt. I ne 
colonne, à gauche de la page, renferme le nombre des 
vitres qui ont été taxées dans chaque demeure; puis vient 
le nom du contribuable, avec l' indication de la somme 
payée, en florins et en patards. 

En tête de la liste, figurent les chanoines de Saint- 
Lambert, puis les bénéficiers et le personnel de la cathé- 



- 236 — 

drale. Suit alors l'indication des sommes acquittées par les 
chanoines et par les occupants des maisons claustrales des 
différentes collégiales; enfin, rangés par paroisses, la liste 
des habitants, classés sous le nom de chacune d'elles soit 
dans l'ordre alphabétique des prénoms, soit par rues et par 
quartiers. 

Après chacune de ces divisions, se trouve, sous la ru- 
brique : Liste des defaillans, l'indication des maisons ou 
parties de maisons qui ont échappé à l'impôt, et le nom 
de ceux qui, pour Tune ou l'autre raison, ne l'ont point 
acquitté. 

Ajoutons que la rédaction des mentions de la liste est 
loin d'être uniforme. Parfois, c'est le nom et le prénom du 
chef de ménage qui est donné ; d'autres fois, l'immeuble 
est désigné sous le nom de son ancien propriétaire ; d'autres 
fois enfin, par une dénomination caractéristique. 

Quant à la terre, on dit s'il s'agit de jardins, de prés, 
de terres labourables, de sarts, la taxe variant, comme nous 
l'avons vu, suivant la nature de la culture. Pour la paroisse 
Sainte- Véronique, par exemple, où la propriété non bâtie 
était abondante, les bonniers font l'objet d'une rubrique 
spéciale. 

Le dernier feuillet porte le total de la somme payée par 
chacun des groupes indiqués plus haut : les chapitres, les 
paroisses, et aussi les monastères qui n'avaient pas été 
signalés dans la liste. 

L'impôt étant payé sur chaque demeure, la Description 
nous fournit, par conséquent, le nombre de celles qui exis- 
taient alors à Liège. Pour trouver le chiffre, tout au moins 
approximatif, de la population, il suffit donc de multiplier 
le nombre total des maisons par le nombre d'habitants que 
l'on suppose contenus dans chacune d'entre elles. Un con- 
temporain, l'auteur d'un Sommaire historial de Liège depuis 
1 5 38 jusqu'à 1668, conservé en manuscrit à la Bibliothèque 
de l'Université de Liège (î), s'est emparé de ces données 

(i) N° ancien 174 (n° 8o5 du Catalogue), pp. 854-858. Le volume 
comprend 960 pages, plus deux feuillets de garde en tête et un à la tin, 
et faisait très certainement partie d'un ouvrage plus étendu, dont il 
serait intéressant de retrouver les autres fragments. 



— 237 — 

et les a traitées exactement comme le ferait un statisticien 
moderne. (Test .son travail que nous publions (i). 

Patiemment, en suivant l'ordre de la publication, il a 
additionné le nombre des maisons que comptait la ville, 
et la somme payée par chaque groupe. C'est ainsi que les 
maisons occupées par les chanoines et leurs suppôts 
au nombre de 314. L'auteur aligne ensuite la cotisation 
de chaque monastère et note que les Ordres mendiants ont 
été exemptés. Puis, en regard du nom de chaque paroisse, 
il marque combien de demeures elle renferme, sans oublier 
non plus la quote-part de chacune d'entre elles. 

Le total pour les 32 paroisses est de 7,253 maisons, 
fournissant une somme de 40,592 florins 3 patards 
Ajoutées à ce chiffre, les 314 demeures claustrales donnent, 
d'après l'auteur, un total de 7,567 maisons et la somme 
entière est de 46,599 florins i3 patards, équivalant, comme 
il prend soin de nous l'apprendre, à 1 1,649 patacons 3 flo- 
rins i3 patards (3). 

La cité de Liège se divisait alors, naturellement, en 
trois grands quartiers : la cité proprement dite, le quartier 
de l'Ile, qu'entourait le canal creusé par Notger, et le quar- 

(1) M. Th. Gobert (Les rues de Liège, passim) s'est servi des chiffres 
des maisons de différentes paroisses fournis par l'auteur, et récemment 
M. G. Kurth a publié les totaux donnés par le même chroniqueur 
(Bulletin de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège, t. XIV 
'1903). p. 249), toujours d'après notre manuscrit. 

1 L'auteur a soin de faire remarquer que toutes les maisons de 
Saint-Nicolas-aux-Mouches, sont situées sur les encloîtres delà collé- 
giale Sainte-Croix. 

3 Le total de 7,567 maisons est exact, mais pour l'obtenir, l'au- 
teur commet une erreur d'une unité, car ayant compté 7,252 maisons 
pour les paroisses, au lieu de 7,253, et y ajoutant 3 14 demeures claus- 
trales, il devrait obtenir 7,566. Le total de 40.592 florins 3 patards, 
perçus sur les maisons composant les paroisses, est celui que donne la 
Description, mais ne correspond nullement aux sommes de détail ali- 
gnées par l'auteur, qui diffèrent de celles notées dans la Description. 
Le chroniqueur commet une nouvelle erreur de 3 florins en trop. 
dans l'addition des taxes pavées par les Ordres religieux, et cette erreur 
vicie le total de toutes les sommes perçues et leur réduction en pata- 
cons, qui doivent être ramenés respectivement à 46,596 florins i3 pa- 
tards et à 1 1 ,649 florins 1 3 patards. 



— 238 - 

tier d'Outre-Meuse. Dans son désir de connaître leur popu- 
lation respective, notre auteur se livre à un nouveau calcul. 
Le Vinâve-d'Ile comptait quatre paroisses : Saint-Martin- 
en-Ile, Saint-Adalbert, Saint- Remy,Saint-Nicolas-au-Trez. 
L'auteur reprend le nombre des maisons de chacune d'entre 
elles et, y joignant le chiffre des demeures sises sur les 
encloîtres de Saint- Paul et de Saint-Jean, conclut à un total 
de 884 maisons, dans lequel ne sont compris ni les monas- 
tères ni les couvents que renfermait le quartier. 

Ces 884 maisons, quelle population peuvent-elles abri- 
ter ? La statistique qu'il a sous la main ne répond pas à 
cette question et l'auteur, pour en trouver la solution, est 
obligé de recourir à une moyenne. Cette moyenne, il 
l'évalue à 5 personnes par maison et arrive ainsi au chiffre 
de 4,420 personnes, habitant le quartier. 

En ce qui concerne Outre-Meuse, deux paroisses seule- 
ment se partageaient cette section de la ville : Saint- Pholien 
et Saint-Nicolas comptaient 1,227 maisons. La même éva- 
luation, à 5 personnes en moyenne, donne le chiffre de 
6,1 35 habitants qu'une erreur de l'auteur transforme en 
6,175. 

Mais il est une autre manière de partager la ville ; ce 
qu'enserre l'enceinte et ce qui se trouve en dehors des mu- 
railles, constituent alors deux groupements distincts. Pour 
évaluer leur importance relative, notre auteur note le chiffre 
des maisons situées dans les faubourgs. Le total est de 1,843 
pour les sept paroisses de Sainte-Marguerite, Sainte-Ger- 
trude, Sainte-Walburge, Sainte-Véronique, Saint-Vincent, 
Sainte- Foi et Saint- Remacle-au- Pont, total que, par une 
étrange aberration, notre calculateur transforme en 2,o36, 
non sans ajouter, cette fois très judicieusement, que dans 
ce nombre ne sont pas comprises les demeures des paroisses 
de Saint-Séverin et de Saint- Remacle-en-Mont, situées hors 
des murs. 2,o36 maisons à 5 personnes donneraient 10,180 
habitants, mais ramené au chiffre réel de 1 ,843 maisons, le 
total n'est plus que de 9,215 personnes. Pour trouver le 
nombre des maisons renfermées dans les murs, il ne s'agit 
plus que de déduire du total des demeures, le nombre de 
celles qui composent les faubourgs. Mais l'erreur qu'il 



— 239 — 

vient de commettre vicie le calcul auquel l'auteur se livre 
à cet effet. Retranchant 2,o36 de l'ensemble, il ne laisse à la 
cité que 5,53 1 demeures, tandis que notre rectification lui 
en attribue 3,724. L'évaluation des habitants se ressent de- 
là même erreur : l'auteur en note 27,655 ; l'erreur corrigée, 
il s'en trouve 28,620. L'ensemble de la population est de 
37,835. 

Les préoccupations statistiques ne cessent point de 
hanter notre auteur. Il recherche alors quelle peut être la 
somme de grains nécessitée par la nourriture annuelle de 
ce groupement humain. En attribuant à chaque personne 
une moyenne d'un stier, par mois, il arrive au chiffre de 
454,020 stiers, sans compter, ajoute-t-il, connaissant le goût 
de ses concitoyens pour la bière, ce qu'il faut de grain 
pour brasser. 

Son étude s'arrête là. Elle appelle quelques commen- 
taires. Et, tout d'abord, il n'est que juste de rendre hom- 
mage à celui qui l'a conçue. A plus de deux siècles de 
nous, il pratique, et non sans sagacité, une science qui 
semble à beaucoup, absolument moderne. Il comprend 
l'intérêt que présentent ces données qu'une nécessité fiscale 
vient de jeter dans le public et s'efforce de les interpréter. 
Devant ce remarquable souci, on regrette de ne point con- 
naître le nom de ce chercheur et de ne pouvoir le signaler 
à la sympathie de ceux que poursuivent aujourd'hui les 
mêmes préoccupations et les mêmes désirs (1). 

Certes, tout n'est pas parfait dans son évaluation. La 
faute en est surtout au document lui-même et à son manque 
de précision. Mais nous pouvons reprocher à l'auteur de 
parfois manquer d'exactitude en l'interprétant : c'est ainsi, 

(1) Dans YHistoria leodiensis, t. III, pp. 294-295, on trouve le 
résumé des mêmes calculs, y compris les erreurs. On sait que, dans 
cette histoire, l'œuvre de Foullon s'arrête avec le règne d'Ernest de 
Bavière en 1612 et ne se poursuit pas au delà du second volume. Géné- 
ralement on est d'accord pour attribuer à G. de Louvrex le récit des 
faits qui se placent entre 1612 et 1688. Les nombreuses ressemblances 
que présente, avec cette partie de YHistoria leodiensis, la narration 
du Sommaire historial est remarquable. Une étude comparative dé 
taillée livrerait peut-être le nom de notre chroniqueur. 



— 240 — 

par exemple, que pour atteindre le chiffre de 3i pour les 
maisons claustrales du chapitre Saint-Pierre, il considère 
comme deux édifices distincts les deux « quartiers » de la 
maison où habitait le chanoine Bilstain; de même pour 
la demeure que se partageaient le chanoine Raddoux et le 
pâtissier Jean Remy; de même enfin, pour les deux parties 
de la maison de M. Beringh, dont Tune était signalée 
comme inoccupée. 

On aura certainement remarqué les erreurs commises 
dans des additions cependant fort simples; elles peuvent 
justifier, une fois de plus, la défiance qu'inspirent les cal- 
culs des chroniqueurs du moyen âge et de nos anciens 
historiens. 

Il y a de même grand risque à compter, ainsi que le 
fait l'auteur, pour chaque chef de ménage, une maison dis- 
tincte, lorsque le rôle ne donne pas de certitude absolue 
sur ce point. Parmi ceux que la liste signale comme défail- 
lants, plusieurs sont formellement désignés comme pauvres; 
d'autres d'entre eux se trouvaient probablement aussi réduits 
à l'indigence. Dans quelles conditions ces malheureux se 
logeaient-ils? Sans doute, beaucoup se contentaient d'une 
ou de deux chambres, peut-être même de moins encore. 
Il ne peut donc être question d'attribuer à chacune de ces 
familles l'occupation d'une maison entière. 

En dépit de ces critiques, le total des maisons indiqué 
par l'auteur ne devait pas s'écarter beaucoup de la réalité. 
Nous pouvons, somme toute, l'accepter dans son ensemble 
et le comparer aux chiffres que nous possédons pour une 
époque antérieure. La « crenée » de 1470 accusait pour 
Liège et ses faubourgs 2,000 feux, soit, d'après l'interpré- 
tation de son éditeur M. A. Hansay, à peu près 10,000 
habitants. En 180 ans, l'augmentation se révèle donc de 
27,000 personnes environ, donnant un accroissement moyen 
annuel de i5o personnes. Pendant ces 180 ans, la ville avait 
joui d'une tranquillité relative. 

La moyenne de 5 habitants par maison, que choisit 
l'auteur, est à retenir. Tout récemment, à l'aide de données 
absolument certaines, M. H. Pirenne établissait le même 
chiffre pour les maisons du quartier de la Poorterie à 



— 241 — 

Ypres, en i5o6(i),e1 M. F. Buomberger arrivail au même 
résultat, en ce qui concerne Fribourg, au milieu du XV e 
siècle (2). Il faut noter qu'un contemporain, observateur 
très sagace, a cru devoir choisir celte moyenne pour Liège, 
au milieu du XVII e siècle. Il faut noter aussi que pour l'éta- 
blir, il aura sans doute tenu compte de la population des 
monastères et des couvents, dont il ne reprend point le 
chiffre à un autre endroit. Et cette population ne laissait pas 
d'être assez importante. 

De plus, ce chiffre est donné, non par ménage ni par 
feu, mais par maison. C'est du moins ainsi que l'entend 
l'auteur, bien qu'il se trompe dans l'application de cette 
règle. La distinction est à faire. De récentes études l'ont 
prouvé : la location de parties de maisons était en usage, 
surtout dans les villes industrielles, même au moyen âge. 
La Description fournit divers exemples de ce cas. 

A peu de choses près, l'auteur a tiré du document tout 
ce qu'il est possible d'en apprendre. En effet, si celui-ci 
présente un vif intérêt, en ce qui concerne la distribution 
topographique de la ville, en ce qui concerne aussi les 
noms des Liégeois du xvn e siècle, le manque de précision 
que nous avons déjà signalé, ne permet guère d'en faire 
le fond d'autres évaluations statistiques. Le nom de ceux 
qui ont acquitté l'impôt s'y trouve seul signalé. Sont-ce 
toujours bien les noms des chefs de famille? Et même, en 
l'admettant, s'agit-il de personnes mariées, de veufs ou de 
célibataires? Nous l'ignorons dans la plupart des cas. Nous 
ne trouvons non plus aucune indication relative au nombre 
des enfants et des serviteurs. Le nombre de défaillants 
n'est pas plus instructif, car rien ne permet de fixer parmi 
eux le chiffre exact des indigents. 

Vouloir déduire de ces données incomplètes la propor- 
tion relative de l'élément féminin et de l'élément masculin, 

(1) Les dénombrements de la population d' Ypres au XV siècle, 
dans Vierteljahrschrift fur Social- und Wirtschaftsgeschichte, t. I 
(1903), p. 21. 

(2) Bevôlkerungs- und Vermôgensstatistik in der Stadt und Land- 
schaft Freiburg um die Mitte des XV Jahrhunderts 1 Extrait de 
Zeilschrift fur Schwei^erische Statistik), Bern, 1900, p. 40. 



— 242 - 

serait risquer d'entreprendre un travail considérable sans 
prévision de résultats certains. Il en est de même pour 
l'évaluation des demeures abritant plusieurs ménages. Tel 
qu'il se présente à nous, le document semble accuser une 
proportion plus considérable d'appartements dans les par- 
ties riches de la ville que dans les quartiers populeux. Mais 
cela ne tient-il pas à ce qu'il tait la manière dont se logeaient 
les détaillants indigents ? La réponse paraît devoir être 
affirmative et, de ce côté encore, nous restons dans le 

doute. 

Joseph BRASSINNE. 



LÀ COLLECTE ET RECEPTAZ DES VITRES ET FENETRES. 



Le chapitre cathedral at payé avec leurs suppôts 

sur 63 maisons la somme de 
S. Pierre a payé sur 3i » 



S. 


Martin sur 


4 2 


» 


s. 


Paul sur 


48 


» 


S" 


Croix sur 


34 


» 


s. 


Jean sur 


36 


» 


s. 


Denis sur 


29 


» 


s. 


Barthelemi sur 


3i 


» 



Faisant 314 qui ont portez 



1,224.12 (1) 
404. 8 
58 9 . i3 
717. 3 
444. 5 
570. 4 
458.19 
392.17 

4,802. 1 



RECEPTAZ DES CLOITRES EXCEPTEZ LES ORDRES 
MENDIANTES. 

Les Ecoliers ont payez 75. 

S. Léonard 36. 

S te Agathe 46.18 

L'abbé de S. Jacques 1 2 1 . 1 3 

Les Celestines 24. 

Beaurepaire 76.4 

Willelmins 24. (2) 

Béguinage de S. Christophe 148. 

Val Benoit 91. 

Robermont 170.10 

Les Chartreux 62.11 

Beghines des Anges 46. 4 

Val Saint Lambert pour ses bonniers 280. 

Faisant . . . i,2o5. 

(1) Ces sommes sont comptées en florins et en patards ; le florin 
valant 20 patards. 

(2) La Description donne 24 florins 3 patards. 

(3) Le total, en prenant les chiffres de l'auteur, serait de 1,202 flo- 
rins, mais le total réel était de 1,202 florins 9 patards. 

17 



244 



RECEPTAZ DES PAROISSES. 



S te Foy a 


263 maisons qui onl 


: payez 727.11 


S. André a 


340 


» .... 3,040.11 


S. Follien a 


5.9 


» 








3,i6o. 9 


S. Nicolas a 


708 


» 








3,32i. 3 


S. Remacle a 


403 


» 








1,264. 8 


S te Catherine a 


2 12 


» 








2,33o. 9 


S te Magdeleine a 


264 


» 








1,401. 7 


S te Aldegonde a 


248 


» 








1,359. 5 


S. Etienne a 


36 


» 








606. 6 


S. Gangulphe a 


3o 


» 








182. 7 


Notre Dame aux Fonds a 


99 


)> 








1,020. 4 


1 1 mille vierges a 


40 


)) 








298. 1 1 


S. Clément a 


9 


» 








50.19 


S. Michel a 


60 


n 








752. 6 


S. Hubert a 


52 


» 








636.ii 


S. Remacle en Mont a 


3? 


» 








170. 8 


S te Marguerite a 


260 


)> 








996.16 


S te Gertrude a 


i85 


» 








41 1.18 


S. Severin a 


444 


» 








2,o5o. 3 


S te Walburge a 


171 


» 








63 7 . 4 


S. Servais a 


391 


» 








2,448.14 


et 83 enfermées dans le 






fort qui n'ont pas payez. 






S. Jean Baptiste a 


3 7 2 


» .... 2,950. 1 


S. George a 


60 


» 








4o3. 19 


S. Thomas a 


41 3 


» 








2,204.13 


S. Nicolas aux Trez a 


i5 4 


)) 








692.17 


S. Adalbert a 


226 


» 








i,56i. 3 


S. Remy a 


85 


» 








432. 6 


S . Christophe et Beghines i 


1 193 


» 








729. 18 


S te Veronne, en bonniers . 












132. 


et en maisons 


443 


» 








1,737.19 


S. Martin a 


335 


» 








2,556. 


S. Vincent a 


118 


» 








5 4 o. 7 



Toutes les paroisses font 

ensemble .... 7,252 maisonsqui ont payez 40,592. 3 
S. Nicolas az Mouches : toutes ses maisons sont sur les 

encloitres de Saincte Croix, et toutes les maisons claustrales sont 

au nombre de 314 qui feront le nombre 7,567. 

Par le présent receptaz des vitres se peut voir que S. A. 



- 245 — 

a tiré des maisons des 32 paroisses, des chanoines et cloîtres la 
somme de 46,599 florins i3 patt. brabant faisant 1 1,649 Pla- 
çons 3 florins i3 pattars. 

VINAVE D'ILE. 

Par le même calcul, je trouve que le quartier du Vinable 
d'Isle contenant 4 paroisses seront peuplées de 884 maisons 
sçavoir : 

S. Martin de 335 maisons. 

S. Adalbert de 226 » 

S. Remy de 85 » 

S. Nicolas aux Trez de .... 1 54 » 
Sur les enclos S. Paul .... 48 » 
et celles de S. Jean 36 » 

884 maisons. 

Sans comprendre les églises de S. Paul et de S. Jean seule- 
ment que les maisons claustrales, ny aussi l'abbaye de S. Jacque, 
celle de Beaurepaire, celles des Jésuites, les Croisiers, les Carmes, 
les Prescheurs, les Sœurs de Hasque, les Sœurs Clarisses, les 
grises Sœurs, les Celestines, plusieurs beghinaghes et autres 
chappelles, sçavoir les Beghines Bologne, les Beghines des Prê- 
cheurs, les Beghines Maxherées, les Beghines de S. Adalbert et 
les Beghines d'Heur, lesquelles 884 maisons habitées, pose le 
cas de 5 personnes, l'une portant l'autre, ne feroit que 4,420 
personnes que le Vinable d'Isle pourroit contenir. 

OUTRE-MEUSE. 

Le quartier d'Outremeuse ne contient que deux paroisses, 
sçavoir : 

S. Phollien, contenante . . . 519 maisons. 
S. Nicolas, » ... 708 » 

Ensemble . . . 1,227 maisons. 
qui peuvent être habitées, comme dit est, en contant L'un parmi 
l'autre a 5 personnes chacune, de 6.175 personnes. 



246 



2ÔO 


maisons. 


[85 


» 


i 7 i 


)> 


443 


» 


118 


» 


263 


» 


403 


» 


2,o36 


maisons. 



FAUBOURGS. 

Rabattant à présent les paroisses qui sont scituées es faux- 
bourgs hors la cité comme 
S te Marguerite qui a 
S te Gertrude qui a . 
S te Walburge qui a . 
S te Veronne qui a 
S. Vincent al Boverie 
S te Foi qui en a . . 
S. Remacle à Pont . 

Qui font 

Les contant toutes les unes parmy les autres à 5 personnes, 
on trouvera le nombre de dix mille 180 personnes habitans es 
faubourgs, sans compter ce qui est des paroisses de S. Severin et 
S. Remacle, qui est hors des portes. 

CITÉ. 

Lesquelles 2,o36 maisons scituées hors des portes ne reste- 
roit que 5,53 1 maisons scituées et enclos dans les murailles de 
la cité de Liège, lesquelles étant comptées à 5 personnes, l'une 
parmi l'autre, ne feroit qu'un peuple de 27 mille 655 personnes 
et avec les faubourgs 37 mille 835; pour lesquels nourir, il 
convient trouver tous les ans pour la nourriture de ce peuple, 
seulement en pain, en comptant pour chaque personne un stier, 
[par mois], la somme de 454 mille et 20 stiers de grains, sans 
comprendre ce qu'il en faut pour brasser. 



APPENDICE 



Ordonnance de Maximilien-Henri de Bavière, décrétant 
la levée d'un impôt sur les fenêtres. 

2 août i65o. 

Maximilian Henry, par la grâce de Dieu, prince coadju- 
teur de Cologne, etc, comte palatin du Rhin, duc des Deux 
Bavières, etc. A tous ceux qui ces présentes verront salut. Les 
Estats de ce pays de Liège, et comté de Looz, assemblé au 
2 yme ,-i u mois coullé sur la proposition faite de la part de Son 
Alteze Serenissime, leur evesque et prince très honnoré oncle, 
en date du to™" 3 de ce mesme mois, considérants les nécessitez 
pressantes y reprinses, et voulant contribuer au salut commun, 
nous ont représenté les resolutions et reces que chacque Estât a 
trouvé a ce convenables du 2j ms et 28 me dudit mois respective- 
ment, comme aussy avons veu celuy du clergé secondaire du 
2Cj me , lesquels ayants fait confronter trouvons s'accorder entre 
autres a l'impost sur les fenestres, es cité, villes et fauxbourghs 
en la forme suivante : sur chacque fenestre, (y comprises celles 
dans les toits, dit vulgairement bavechines), soyent elles de vittre, 
bois ou simple ouverture de quelle forme que ce soit, faite pour 
servir a lumière trois soûls, a exiger de tous habitans, le des- 
compte ou regres pour la moitié saulf au locataire contre le 
propriétaire, lequel au cas que la maison ne seroit inhabitée, 
devra payer le tout, voir qu'une fenestre ayante interstice, pour- 
veu qu'elle s'ouvre a une fois, et pas a deux, ne sera npmbrée 
que pour une. 

Comme donc pour le soulagement du pays il import que 
ledit moyen soit au plustost mis en exécution, avons (pen- 
dant que l'on travaille a celle du moyen accordé sur les bon- 
niers) en suitte du plain pouvoir nous donné par Son Alteze 



— 248 — 

Serenissime, notre très honnoré oncle, ordonné et commandé, 
ordonnons et commandons par cette, que tous inhabitans des 
maisons, es cité, villes et fauxbourghs, sans aucune exception, 
ayent a déclarer par billet signé de leur main, ou par autre en 
leur nom (au cas d'ignorance de l'escriture), le nombre précis et 
exacte de leurs fenestres comme dessus, et ce es mains chacun 
de son pasteur, trois jours après la publication de ce mande- 
ment, et d'en payer la portance en mesme terme es mains de 
ceux qui seront embas dénommez dans chacque paroiche respec- 
tivement, a peine au cas de deffaillance de ladite déclaration et 
payement, de payer le double, et pour chacune fenestre recellée 
dans la déclaration, d'un patagons a repartir par tiers, entre le 
délateur, collecteur et Testât. La où qu'es cité, villes et faux- 
bourgs se retreuvent terres, jardins et prairies, les possesseurs 
qui en auront un demy bonnier, ou plus, en devront rapporter 
aussi bien la quantité, que des fenestres, et le choix de l'un ou 
de l'autre sera à Testât. 

Au regard du clergé, tant primaire que secondaire, enten- 
dons que les rapports soient faits avec le payement aux notaires 
de leurs chapittre; et que les pasteurs, notaires et députez dans 
chacque paroisse (lesquelles pour leurs peines seront exempts 
de leur contingent), rapporteront fidèlement toutes leurs décla- 
rations, et argent par eux receu, et en une liste avec les noms 
et nombre des fenestres rapportées, comme aussi les noms des 
derfaillans. es mains de Paul Fisen que députons recepveur, voir 
qu'en tous cas sera permis aux controlleurs a députer d'entrer 
es maisons, a effet de confronter les rapports avec le nombre 
des fenestres. 

Cependant comme il importe d'avoir argent avant que la 
collecte puisse estre achevée, nous exhortons tous et un chacun 
surceants desdites cité, villes et pays, notament ceux qui en 
ont, ou peuvent avoir a la main de contribuer en avance sur 
les moyen susdit, et impost mis sur les bonniers, lesquels leurs 
seront affectez pour Tasseurance de l'argent avancé avec Tinte - 
rest et les magistrats desdites cité et villes, de s'employer soi- 
gneusement a recouvrer lesdites avances, en donnant a ceux 
qui compteront argent les obligations, en forme desquelles ils 
tiendront compte et registre pour estre apportée aux députez 
de Sadite Alteze, et de ses Estats. 

Donné au Palais a Liège ce 2 me d'aoust i65o. 

Signé Groisbeeck v l , Maximilian Henry, et plus bas, 
Erasme Foullon. 



— 249 — 

Saincte Foid. 
Gérard Corbion, brasseur. 

Sainct Thomas. 
Louis Cornelis. 

Sainct George. 
Jean La Court, procureur. 

Sainct Jean. 
Jean Cornet, marchand. 

Sainct Phollien . 
Henry des Brassinnes. 

Sainct Nicolas. 
Cornelis Jalhea. 

Sainct Remacle au Pont. 
Bilstain. 

Saincte Catherine. 
Albert Gradi, marchand. 

Saincte Magdelaine. 
Le greffier Malaise. 

Sainct Estienne, Sainct Gengol et Nostre Dame au Fonds. 
Dieu donné Liégeois, maistre du Faulcon. 

Saincte Aldegonde. 
Le procureur Nassette. 

Sainct Nicolas aux Tre\ et Sainct Remy. 
Demy, gendre du Buisson. 

Sainct Christofle. 
Coupille. 

Saincte Veronne. 
Bon -homme, maistre de la Verrie. 

Sainct Martin. 
Harenne, notaire. 

Sainct Adalbcrt. 
Le procureur Malaise. 

Sainct Michel. 
Prealle. 

Sainct Hubert, Sainct Nicolas aux Mouches. 
Le parlier Delxhaille. 



— 250 — 

Sainct Remacle en Mont. 
Le notaire Borlé. 

Saincte Gertrude. 
Jean Renard. 

Saincte Margueritte. 
Servais de Stock. 

Sai7ict Severin. 
Gilkin, procureur. 

Sainct Servais. 
Le procureur Engels. 

Saincte Walbnrge . 
Quellin Darimont. 

Sainct André. 
Jean Moors, maistre du Chasteau. 

On\e mille vierges et Sainct Clément. 
Guilleaume Ticquez, marchand. 

Sainct Vincent aile Bouverie. 
Barthélémy Le Mignon. 

Copie aux Archives de l'Etat, à Liège, dans fonds de 
l'Etat Noble. Registre, n° ioo. Journées. Propositions des 
Princes, 164c à 1661, fol. 127-128 v°. 



.«$,.. 



L'EXPOSITION DE L'ART ANCIEN 

AU PAYS DE LIÈGE EN 1905 

(Communication faite à la séance de l'Institut archéologique 
liégeois, du 3i juillet igo3, par M. le baron R. DE SELYS 
FANSON, commissaire du Gouvernement!. 



Messieurs, 

Lorsque, dans une de nos séances, au début de cette 
année, il fut question d'une Exposition d'art ancien à l'oc- 
casion de l'Exposition universelle et internationale de Liège, 
je faisais des vœux pour que notre Société pût y prendre 
une part prépondérante. 

Ces espérances se sont réalisées au delà même de mes 
prévisions; vous en jugerez par la composition de la Com- 
mission de patronage, ainsi que du Comité exécutif, soumise 
à la signature royale. 

Il m'est permis de vous en communiquer aujourd'hui 
les principales divisions. 

Le Comité exécutif se composera de deux sections : 
l'une d'art religieux, l'autre d'art civil. 

Pour celle-ci, la classification adoptée à l'Exposition 
d'art ancien de 1881 nous a servi de base. La voici : 

Classe I. — Peinture, portraits historiques, sculpture, 
gravure en médailles, dessins et reproductions d'oeuvres 
d'artistes liégeois. 

Classe II. — Chartes, manuscrits, imprimés, vues, 
plans, gravures. 

18 



— 2o2 — 

Classe III. — Numismatique et sceaux. 

Classe IV. — Art appliqué aux métaux, orfèvrerie, 
dinanderie, ferronnerie, armurerie. 

Classe V. — Mobilier, tapisserie, costume, instruments 
de musique. 

Classe VI. — Terre cuite, grès, faïence, porcelaine, 
verrerie, vitraux. 

Classe VII. — Reproductions photographiques et 
autres. 

Il a été ajouté à la classe I : les portraits historiques, 
que nous espérons y voir représenter de façon intéressante. 

A la classe IV, nous avons mentionné l'armurerie, qui 
était, en 1881, comprise dans le terme trop général de fer- 
ronnerie, et cela fort heureusement, S. A. R. le Prince 
Albert nous ayant particulièrement recommandé cette divi- 
sion à l'issue d'une séance du Comité central permanent, 
où nous avions donné lecture de la classification. 

L'art religieux comprendra deux classes : 

Classe I. — L'orfèvrerie. 

Classe IL — Objets divers. 

Chacune des sections aura un président, un secrétaire 
général et un trésorier. 

Chaque classe aura un président et un secrétaire ; les 
présidents pourront former le Comité de direction et les 
secrétaires le Comité d'installation. 

La section d'art religieux sera placée sous l'égide de la 
Société d'art et d'histoire du diocèse. 

La section d'art civil sous celle de Y Institut archéolo- 
gique. 



* 
* * 



Comme on nous a fait espérer le haut patronage d'un 
membre de la famille royale, nous avons sollicité celui de 
la princesse Elisabeth, duchesse en Bavière, en raison des 
six princes-évêques de cette maison qui ont régné au pays 
de Liège. 

Ce ne sera pas une mince satisfaction que de pouvoir 
montrer à notre future Souveraine combien les princes 



- 253 — 

bavarois ont été chez nous les mécènes îles arts, lu nous 
avons l'espoir qu'elle voudra bien s'inspirer en notre faveur 
de ces lointaines et nobles traditions. 

Munich, du reste, grâce à ses souverains, est aujour- 
d'hui encore un des foyers des beaux-arts en Europe. 

* 

* * 

Il est un autre nom illustre que je voudrais voir figurer 
en tête de notre Comité, je veux parler de celui de La 
Marck. 

Le représentant actuel de cette famille est Son Altesse 
Sérénissime le duc d'Arenberg. 

Permettez-moi de vous rappeler, en peu de mots, les 
liens qui l'unissent aux personnages les plus célèbres pour 
nous de cette ancienne famille : 

Adolphe de La Marck, prince-évèque de Liège en i3i3, 
avait pour frère le comte Englebert II de La Marck. Celui-ci 
eut trois fils : Adolphe, Englebert et Evrard, époux de 
Mathilde, fille et unique enfant du sire d'Arenberg. 

L'aîné, Adolphe, est l'auteur de la branche des comtes 
souverains de La Marck, duc de Clèves, dont une descen- 
dante, Sybille de La Marck-Clèves, épousa Jean Frédéric, 
duc de Saxe, ancêtre direct de notre famille royale. 

Souvenir évoqué par le nom de comte de Ravestein, 
que prend notre souverain lorsqu'il voyage incognito. Allu- 
sion, peut-être, au partage des biens du dernier comte de 
La Marck, duc de Clèves, sire de Ravestein, auquel la 
famille de Saxe fit au XVII e siècle une longue opposition. 

Le second fils, Englebert, fut prince-évèque de Liège 
et successeur de son oncle Adolphe. 

Enfin le troisième, Evrard, auteur de la branche La 
Marck-Arenberg. 

La descendance de ce dernier était représentée au pays 
de Liège au milieu du xv e siècle par trois personnages 
principaux : trois frères Evrard, Robert et Guillaume. 

Evrard de La Marck comte d'Arenberg, l'aîné, dont 
l'arrière petite-fille et unique héritière Marguerite de La 
Marck comtesse d'Arenberg, épousa Jean de Ligne, cheva- 



— 254 — 

lier baron de Barbançon ; celui-ci releva le comté, d'impor- 
tantes possessions et l'hôtel d'Arenberg, situé au Mont 
Saint-Martin. 

Les descendants de cette femme remarquable perpétue- 
ront le nom d'Arenberg et elle leur obtiendra, en 1576, 
huit ans après la mort de son époux, que son comté soit 
élevé au rang de principauté. 

Robert de La Marck d'Arenberg, deuxième fils, sei- 
gneur de Sedan, prévôt de Bastogne, de Marche, podestat 
du pays de Stavelot, châtelain du comté de Logne, dont le 
grand mérite, à nos yeux, est d'avoir été le père du cardinal 
Erard de La Marck, prince-évêque de Liège. 

Enfin, Guillaume de La Marck d'Arenberg baron de 
Lumen, le fameux sanglier des Ardennes, le plus populaire, 
sinon le plus édifiant des trois frères. 

La postérité de ce dernier, nous apprend l'ouvrage de 
notre érudit confrère le baron de Ghestret, se perpétua jus- 
qu'à nos jours et s'éteignit en 1820 en la personne de Louise- 
Marguerite comtesse de La Marck de Schleiden ; celle-ci, 
dernière descendante légitime du nom de La Marck, épousa 
le duc d'Arenberg, aïeul du duc actuel, un descendant de 
ce Jean de Ligne, dont nous avons parlé. Un acte du 
5 juin 1748 enjoint à leurs descendants de porter de mâle 
en mâle, par ordre de primogéniture, le titre de comte de 

La Marck. 

* 

Je vous entretiendrai maintenant du Palais de l'art an- 
cien, projet dont je désirais, et pour cause, réserver la pri- 
meur aux membres de l'Institut. Ce local, si important, 
grâce à la générosité du Comité de l'Exposition universelle, 
et pour l'architecture duquel j'étais invité à donner mon 
avis, me fit préférer à un château fort que les Liégeois 
d'autrefois s'entendaient mieux à détruire qu'à édifier, ou 
à une façade Louis XV style étranger, un monument rap- 
pelant nos anciennes constructions mosanes. Il m'est re- 
venu alors en mémoire le dessin du vieux généalogiste 
et contemporain Abry, retrouvé, il y a une vingtaine d'an- 
nées, dans la bibliothèque du Château de Warfusée, qu'a 



— 255 — 

si bien mis en lumière, dans le Bulletin de notre Société, 
notre président actuel, M. J.-E. Demarteau, et reconstruit 

ensuite en miniature par un autre de nos membres. \\ . P. 
J as par. 

Je veux parler de la troisième Violette ou maison de la 
Cité à Liège. 

Celle-ci, édifiée et terminée en 1497, subsista jusqu'en 
1691. Sa façade intéressante, véritable miroir du pays, 
reflétera la composition de notre ancienne principauté par 
les blasons des vingt-trois bonnes villes et des trente-deux 
bons métiers qui y sont représentés, symbolisant à la fois 
les lieux d'origine des chefs-d'œuvre exposés et les Corpo- 
rations qui les ont produits. 

Ce bâtiment, qui mesurait treize mètres de largeur, 
formera un hall d'entrée magnifique, où pourra être amé- 
nagée très favorablement l'Exposition de l'art religieux. 
Autour de celui-ci se grouperont des galeries d'une surface 
triple, où sera logée la section d'art civil. 

Ces galeries seront ornées de façades rappelant les cons- 
tructions liégeoises qui entouraient la Violette au XVII e siècle 
et auxquelles on pourra donner les enseignes de ces mai- 
sons disparues, dont les noms nous ont été conservés, sa- 
voir : la Baleine, la Folie, le Cornet, les Trois Roses, la 
Roulette, le Pot d'Etain. 

Ces constructions ont été expropriées et démolies, ainsi 
que la Halle des Tanneurs en ruine, pour faire place à 
notre Hôtel-de-Ville actuel et l'isoler. 

L'emplacement que j'espère se trouve au Parc public, 
près du passage d'eau de Fragnée et faisant face au pavillon 
de la Ville de Liège, situé le long de la Dérivation. Ce der- 
nier formera, avec le nôtre, presque à l'entrée de notre 
Exposition, et dans le voisinage du Palais des Beaux-Arts, 
un ensemble artistique intéressant. 

Je voudrais voir compléter ce tableau en y édifiant d'une 
façon définitive et complète notre ancien perron gothique 
qui, après avoir été emporté par Charles-le-Téméraire, à 
Bruges, nous fut rendu en 1478 et replacé en grande pompe 
sur la Fontaine du Marché. 



— 256 — 

Il v fut témoin de la construction de la Violette, comme 
aussi de sa destruction par les boulets du maréchal de 
Boufflers, et fut renversé, lui-même, par un ouragan, deux 
ans après, en i6g3. 

Réédifié en ces lieux, ce monument populaire pourrait 
commémorer notre Exposition et marquer, dans un avenir 
prochain, le centre de l'agglomération liégeoise, comme il 
le fit pendant tant de siècles à son emplacement primitif. 

Je vous dirai, Messieurs, en terminant, que j'ai le ferme 
espoir qu'avec l'appui de notre haut et puissant patronage, 
le concours dévoué et éclairé de notre ministre liégeois, 
M. Francotte, de notre présidence d'honneur, si bien re- 
présentée, de notre Comité de l'art ancien, et, en un mot, 
de tous ceux que le culte des arts ne laisse pas indifférents, 
nous ferons une œuvre grande et surtout utile à notre chère 
cité et au pays de Liège. 

B° n de SELYS FANSON. 



DÉCOUVERTE ARCHÉOLOGIQUE 

A HOLLOGNE-AUX-PIERRES 



Des travaux de terrassement nécessités par la construc- 
tion de deux maisons à front de la route de Hollogne à 
Bierset viennent d'amener la découverte sur le territoire de 
la commune de Hollogne-aux-Pierres, d'un certain nombre 
de sépultures, dont quelques-unes au moins datent de 
l'époque franque. 




Extrait du plan cadastral de la commune de 
Hollogne-aux-Pierres, section C. Echelle de i à 2,5oo. 



C'est dans les parcelles cadastrées section C, n n 32Ô' 
et 326', appartenant respectivement à M. E 



Liégeois, 



— 258 — 

instituteur en chef pensionné à Grâce-Berleur, et à M. O. 
Lambinon, secrétaire communal à Hollogne-aux-Pierres, 
qu'ont été faites les trouvailles en question. 

Faute de fouilles méthodiques, il n'est guère possible 
de présenter des données scientifiques sur cette découverte. 
Aucun niveau n'a été relevé au moment des déblais et le 
mobilier, peu riche du reste, des tombes a été enlevé et 
dispersé, sans qu'il ait été conservé de souvenir précis de 
sa disposition dans les sépultures. 

Il paraît cependant résulter des constatations que j'ai 
pu faire sur les lieux, conjointement avec deux autres 
membres de l'Institut, MM. J. Fraipont et M. De Puydt, 
que le cimetière de Hollogne comporte au moins deux 
niveaux distincts. 

Plusieurs tombes se trouvaient à une profondeur de 
60 centimètres environ, d'autres à 1 m. 5o. Ces dernières, 
les plus anciennes, sont franques; les autres, sans mobi- 
lier funéraire, semblent remonter au haut moyen âge. Le 
cimetière de Hollogne a probablement, comme beaucoup 
d'autres, servi pendant plusieurs siècles. 

Des renseignements qu'il nous a été possible de re- 
cueillir, il résulte que les quelques particularités suivantes 
ont été remarquées par les ouvriers. 

Les squelettes étaient presque tous orientés vers le 
Levant; l'un d'entre eux avait sous le crâne une pierre de 
sable trouée (1;, d'autres, des tas de petits silex (-2). Les 
poteries se trouvaient déposées aux pieds des cadavres, les 
armes le long et de chaque côté des squelettes. 

Certaines tombes étaient murées et dallées; l'une no- 
tamment, de forme rectangulaire et construite au moyen de 
moellons taillés en biseau, mesurait 2 mètres environ de 
longueur sur 52 centimètres de largeur ; l'épaisseur des 
parois était de 20 centimètres. 

(1) Cet usage, de placer sous la tête du défunt une pierre brute 
ou taillée, est connu (Barrière Flavy, Les arts industriels des peuples 
barbares de la Gaule du V e au VIII e siècle, p. 1 1). 

(2) Cette particularité a été fréquemment observée dans nos cime- 
tières francs. On l'a signalée notamment dans une tombe franque à 
Moxhe (Bulletin de i Institut archéologique liégeois, t. XVII, p. 3 11). 



— 259 

On peut évaluer à une quinzaine les squelettes qui ont 
été découverts jusqu'à ce jour < i ». 

M. Liégeois précité a pu recueillir les divers objets 
suivants : 

— un grand vase, malheureusement fragmenté, d'une 
vingtaine de centimètres de hauteur, en terre noirâtre, à 
col droit et panse anguleuse, ornée de dessins à la rou- 
lette ; 

— plusieurs morceaux d'un vase de même type, plus 
petit, orné également de dessins à la roulette ; 

— quelques tessons d'un vase en fine terre noire qui, 
au dire des ouvriers, aurait affecté la forme d'une cruche 
avec anse et bec (déversoir) à buse ; 

— une hache en fer, à un tranchant, d'environ 1 5 cen- 
timètres de longueur; 

— des débris d'un scramasax en fer, de 3o centimètres 
de longueur ; 

— un fragment de couteau (20 centimètres de lon- 
gueur) ; 

— une pince à épiler en bronze, ornée de ciselures; 

— une boucle de ceinturon ornementée, en bronze 
étamé ou argenté. 

De son côté, M. Lambinon conserve un assez grand 
nombre de tessons de poteries en terre noirâtre avec déco- 
ration à la roulette, quelques débris d'armes (couteaux, 
scramasaxes, etc.), une hache en fer à double développe- 
ment et quelques autres menus objets. 



La découverte de tombes franques à Hollogne-aux- 
Pierres a pu paraître, au début, quelque peu inattendue. 

En réalité, cette découverte n'a rien de surprenant, 
car une partie assez importante du même cimetière fut 
saccagée, il y a une cinquantaine d'années environ, lors 
de la construction du chemin qui longe le mur de clô- 

(1) M. Julien Fraipont, professeur à l'Université, a pu se procu- 
rer, grâce à l'obligeance de M. Lambinon, un crâne écrase, qu il 
cherchera à reconstituer. 

19 



- 260 — 

ture du château de Hollogne et conduit « aux grosses 
» pierres ». 

Les anciens habitants de l'endroit se souviennent avoir 
vu mettre au jour un nombre considérable de squelettes, 
de poteries de tout genre, d'armes, etc. Certaines tombes 
auraient même présenté cette particularité qu'au-dessus des 
restes humains on retrouva des squelettes de chevaux. 

Peu d'objets échappèrent malheureusement à la des- 
truction; quelques urnes seulement furent recueillies, dit- 
on, par la famille de Goune. 

Le territoire de la commune de Hollogne-aux- Pierres 
et ses environs ont d'ailleurs déjà révélé, à maintes reprises, 
des antiquités intéressantes. 

Plusieurs stations néolithiques y ont été signalées ; 
l'une, notamment, à Mons-Crotteux (plateau situé entre le 
Diérain-Patar et Grotteux), a fourni à MM. M. De Puydt 
et M. Lohest plusieurs centaines de silex taillés : nucleus, 
marteaux, lames, etc. (1). 

Sans m'arrèter davantage à ces antiquités préhistoriques, 
je rappellerai enfin que, dans le courant de l'année 1890, 
lors de la construction du fort de Hollogne, on a découvert 
de nombreuses antiquités belgo-romaines, parmi lesquelles: 
six soucoupes, trois patères avec sigle effacé, une grande 
patère en terre dite samienne, un petit vase à parfum, deux 
plateaux en terre grossière, une patère avec ornements en 
relief, une tèle à déversoir en terre blanchâtre, une petite 
soucoupe à bords arrondis, une cruche à anse (type épi- 
chysis), une lampe en terre blanche à couverte grise, deux 
plateaux ou assiettes en pâte de verre (genre milleriori) (2), 

(1) Bulletin de la Société d'anthropologie de Bruxelles, t. V. 
p. 80; Bulletin de l Institut archéologique liégeois, t. XXI, p. 91 , S 3. 

(2 1 Au sujet d'un plateau à peu près identique, découvert à Corroy- 
le Grand, voyez le Bulletin des Commissions royales d'art et d'ar- 
chéologie, t. III, pp. 189 et suiv. Les deux plateaux de Hollogne ont 
été cités par M. Fl. Pholien, dans son ouvrage La verrerie et ses 
artistes au Pays de Liège, p. 43. 



— 261 — 

des fragments d'un grand flacon carré en verre verdâtre, 
une ciste ou seau en bronze avec an.se et cinq monnaies en 
bronze ( i ; . 

■ 

Dans l'intérêt de la science archéologique, il importe 
que des fouilles régulières puissent être entreprises dans la 
parcelle 326*, dans laquelle paraît se prolonger le cimetière. 

Il est à souhaiter que M. Lambinon, à qui l'Institut 
archéologique liégeois a, dès le début, fait des propositions 
dans ce sens, consente à donner, à cet effet, les autorisations 
nécessaires. 

L. RENARD. 

Février 1904. 

(1) Ces diverses antiquités se trouvent aujourd'hui aux Musées 
royaux des arts décoratifs et industriels du Parc du Cinquantenaire, 
à Bruxelles (section de la Belgique ancienne, époque belgo-romaine, 
n os 9927, 9927 1 , 9927* et suiv. de l'inventaire général . 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



DES NOMS DE PERSONNES S DE LIEUX CITES DANS CE VOLUME 



Abizier (Gilles), 196. 

Abry, 254. 

Acosse, 11. 

Acosse (Jean d'), iq3. 

jElide, épouse de Conon Spiruet, 

120. 
Aerschot, 53. 
Ahr (Brigitte van), 182. 
Aitte (en 1'), lieu dit sous Vien, 178, 

180, 190. 
Aix-la-Chapelle, 1, 2, 4, 28, 66, 70, 

80-82, 119, 1 83, 212, 220-226. 
Albano (Pierre d"), légat du pape à 

Liège, v. 
Albenden, 1 83 . 
Albert (le prince), 252. 
Alègre \\e marquis d'), 169, 2i3, 

216. 
Alensberg, 86. 
Alsace (Philippe d'), 57. 
Amas (André d'), 206. — (Ernon d'), 

206. — (Séverin d'), 196. 
Amel, doyen de Saint-Denis à Liège, 

21. 
Andenne, xi. 

Andrimont (Helewy d'j, 147. 
Angelico, 229. 
Angers, 48. 
Angleur. On y trouve des antiquités, 

vi, xii ; 2 14. 
Ansembourg (le comte d'), ix. 
Anthée, 93. 
Anthisnes, 88. 
Anthisnes (Adam Corbeau d'), 126, 



1 34, 1 3g, 147-152, 164, 195, 197, 
207, 208. — (Ameil d"), 146. — 
(André d'), 162. — (Anne d'j, i5i. 

— (Armil d'), 206. — (Catherine 
d'), 149, 1 5 1 , 1 55. — (Corbeau d'), 
143-145, 194, 207. — (Ernotte d'j, 
206. — (Florent d'j, 157. — (Flo- 
rent Corbeau d'), 134, i35, 139, 
i5i, i52, 204, 207, 208. — (Fran- 
çois d'), i5i, i55, 208. — (François 
Corbeau d'), 149, i5o, 207. — (Gé- 
rard d'), 144-146. — (Godefroid d'), 
i3o, i32, 1 35, i36, 140, 143, 1 53, 
1 55, 160, i63, 164, i83-i85, 208. 

— (Helwyd'), 148. — (Isabeau d'), 
145. — (Jean d'), 149, 194, 207. — 
(Jean Corbeau d'), i5o. — (Jeanne 
d'), 149, 1 5 1 . — (Jouette ou Juette 
d'), 145, 147. — (Marguerite d'), 
149, i5o, 154-1 56. — (Marguente- 
Maximilienne d'), 1 55. — (Marie 
d'), i5i, 1 53-i 55. — (Nicolas d'), 
1 53. — (Otton-Ernest d '), 1 55. - 
(Paulus d'), 197, 199. — (Philippe 
d'), 149. — (Pirard d'), 147, 148, 
i5o, 207. — (Poncelet ou Pon- 
chard d'), 1 3g, 144, 145, 178, 196. 

— (Théodart ou Thiry d'), 144. 

— (Thomas d'j, i3j, 143, 144. — 
(Thomas Corbeau d'i, 144, 145. — 
(Thomas dit Corbeau d'), 145, 146, 

193, 194. — (Thomas Corbeau d') 
dit de Fawe, 146, 147, 162, 193, 

194. — (Thomas Corbeau d') dit 

20 



264 — 



de Souvegné, 146, 193, 194. 
(Thys d'), 149, 207. Voy. Cris- 

GNÉE, LlERNEUX, SOHEIT. 

Anvers (les fortifications d'), 46, 48, 

49, 5o, 55. 
Ardoisières (les), lieu dit sous Mo- 

dave, 45. 
Arenberg (le duc d'), 253, 254. 
Argenteau (Guilleaume d'), 195. 
Arlon, 62, m, 137, 169, 212. 
Arson (le marquis d'), 189. 
Aspremont (Jean d'), 1 36. 
Aspremont-Lynden (Marie-Josèphe- 

Hyacinthed'), 157. — (Maximilien- 

Henri d'), 157. 
Astenet, 75, 85, 86. 
Ath, 49, 59. 
Aubel, 81 . 
Aubin, 83. 
Augsbourg, 14, 169. 
Ausens, 85. 
Autriche (Georges d'), prince-évêque 

de Liège, 129. 
Avesnes (Jean d'), comte de Hainaut, 

5,7, 16, 17, 25. 
Avins (les), 92, 169, 2i3. 
Awans, 144, 1 53, 172. 
Awans (Arnoul d'), 21. 
Aywaille, 82, 172. 

Bactriane (la), v. 

Badar (Thomas), 194. 

Baelen, 71, 75, 77, 80, 84, 85. 

Baillonville, 173. 

Baldéric II, évêque de Liège, 220- 
224, 226, 229, 23o. 

Baneux, 189. 

Barbançon, 254. 

Barbatius, III. 

Baré (Elisabeth), i3 1 . — (Jean), 162, 
194. 

Barvaux, 157. 

Bastogne, 62, 254. 

Bauduin le Bâtisseur, 59, 60. 

Baugnée, 88, 137. 

Baugnée (Jean de), 195. 

Bavay, 92. 

Bavière (Ernest de), prince-évêque 
de Liège, 52, 119, 239. — (Ferdi- 
nand de), id., 233. — (Joseph Clé- 
ment de), id., 173.- — (Maximilien- 
Henri de), id., 63, 119, 247. — 
(Louis de), comte palatin du Rhin, 
2. 



Beauduin, chanoine de Saint- Lam- 
bert à Liège, i3. 
Beaufays, 84. 
Beaufort, 37, 1 57. 
Beaumont (le sire de), 141. 
Bebenhausen, 4. 
Beck (Eugène-Albert baron de), 157. 

— (Eve-Isabelle de), 157. 
Beghein (Jacques de), 1 34, 189, 190. 

— (Pierre-Gérard-Joseph de), 190. 
Belderbusch, 86. 

Bergh, 85. 
Beringh (M.), 240. 
Berlieren, 87. 
Bernardfagne, 148, 186. 
Berninck (Antoinette), 184. 
Bertholf, 85. 
Bertholf (Jeanne), 85. 
Bertrand (Alexandre), membre dé- 
cédé de l'Institut, xxvn. 
Bertrand (Louis), 85. 
Bettincourt (Guillaume de), 21. 
Beucken, 85, 87. 
Beusdael, 75, 78, 87. 
Bicquet (Jean-Joseph), 177. 
Bidart (Jean le), 194. 
Bierset, 257. 

BlHAlN, 184. 
BlLSTAIN, 80, 249. 

Bilstain (de), 84, 240. 

Binckem (Jean de), 1 83. 

Bock (J.), abbé de Rolduc, 71. 

Bock (Peeter), 85. 

Boenraedt, 87. 

BoETZELER(lebaronde),i53. — (Anne 
de), 157. 

Bohême (le roi de), 141, 142, 145, 
146, 166. 

Boileau (Jean-Baptiste de), 169, i83- 
1 85, 187, 188. — (Jean-Baptiste- 
Eustachede), 184, 1 85. — (Marie- 
Ferdinande- Antoinette de), 1 85, 
189. — (Nicolas de), 184. — (Ogier 
de), 134, i52. — (Paul-Herman 
de), 185-187. — (Pierre- Joseph de), 
i3 4 , 188, 189. 

Bois, 161 . 

Bois-Borsu, vi, xii ; 1 10. 

Bois de Soheit (Jeanne de), 181, 182. 

— (Wauthier de), 181, 182. 
Bolland, 83. 

Bonhomme, maître de la verrerie, 

249- 
Bonis (Baudouin de), 162. 



— 265 



Borchgravk d'Altena (la comtesse 
de), 112. 

Borlé (le notaire), 25o. 

Borlez, 176. 

Borsu, 96, 99. 

Bossut (Wauthier de), 147, 1 63. 

Bouffi. i;rs (de), 171, 172, 2i3, 256. 

bougnoux, 84. 

boulacq, i. 

Bouillon, 46, 49, 62, 160. 

Bourgognf. (le duc de), 224. 

Bouvignes, 46, 62. 

Bovy, 228, 229. 

Brabant (Henri I er duc de), 5i. — 
(Jean de). 18, 19, 25. — (Jean I er 
de), 137, 164, 1 65, 208. — (Jean III 
de), 53, 141. — (Jeanne de), 146. 
— (Waléran de), 196. 

Braesberg, 87. 

Braine (Engerrand de), 142. 

Braives, 92, g3. 

Brandebourg (M. de), 212. 

Brandenborch, 86. 

Brassines (Henri des), 249. 

Brée, n. 

Brialmont (Agnès de), 149. — (Jean 
de), 149, 182. — (Thys de), 149. 

Briffoz (Anne), i32. — (Warnier), 
1 32, 1 5 1 , 196, 2o3. 

Brisbois (l'abbé), 140. 

Brisché (Jean), i35. 

Broeck, 86. 

Bruges. Les fortifications, 47, 57, 
58, 255. 

Bruneshorne (Alexandre de), cha- 
noine de Saint-Lambert à Liège, 
9, 10. 

Brunsaer, 84. 

Bruxelles. Les fortifications, 54, 77. 

Cadolle (M. de), 212. 

Caille, 86. 

Caire (le), 1. 

Calvo (M. de), 168, 210. 

Canges (Jean de), officiai de Liège, 
20. — (Jean des), doyen de Saint- 
Lambert, 28. 

Cartuyvels de Collaert, 124. 

Chabot (Stassin), i3i. 

Changes (Pierre de), 20. 

Chanteraz (Gérard dit), 20. — (Gilles), 
20. 

Chantemerle (Masalon de), dite de 
Hermalle, 145. 



Chapi 1 1 1 seigneurie de la), -; 

237. 
Chardenkux, xi. 

CliARLEMAGNE, 221. 

Charlkroi, 49. 
Charles-le-Chauve, i 17. 

Charlks-lk-Tkmkkairk, 48, 5l, 52, 
255. 

Charles II, roi d'Hspagne, 60. 

Charles III, 70. 

Charles-Quint, 55, 56. 

Charlier (Jean Le), 217. 

Charnkux, 75, 77, 82, 87. 

Charneux lÀnne-Marie-Josèphede), 
161. — (Arnold- Laurent de;, 1 5q- 
161, 164, 169, 208, 209, 212. 2 1 3. 

— (Guillaume-Walram-Arnoldde), 
nii. — ( Henri-Laurent de; , 161. 

— (Herman-Denisde), 161 ,209. — 
(Jean-Conrard- Laurent de), 161, 
167, 168,186,209,210. — (Jeanne- 
Catherinede), 161. — (Laurent de), 
159, 161, 164-166,208,209,211. 

— (Marie-Charlotte-Josèphe-Ju- 
lienne de), 160, 161, 209. — (Ma- 
rie-Jeanne-Elisabeth de), 161,209. 

— (Marie-Laurence-Josèphe de), 
161. — (Marie-Marguerite-Gérar- 
dine de), 161. — (Mathieu-Ignace- 
Joseph de), 161. 

Chaudfontaine (antiquités trouvées 
à), vi, xi. 

Chaufour l'Evêque, dépend. d'An- 
thisnes, 139, 196. 

Chaumont-sur-Mkusk, 144. 

Chavagnac (le comte de), 167, 210. 

CHÊNAY(le), dép. dAnthisnes, 116. 

Chêne Cornet (le 1, dép. d Anthisnes, 
126. 

Chéoux (Adam-Bernard de), 1 5 1 . 

Cheraux ( Henri délie), abbé de Saint- 
Laurent à Liège, 52. 

Cherra (Tige del), lieu dit sous An- 
thisnes, 196. 

Chéry, 206. 

Chesne (Cortil à la), lieu dit sous 
Anthisnes, 1 33. 

Chestret (de), 254. 

Chèvremont, xi. 

Chimay, 45. 

Chiney, 172. 

Chokier, xi. 

Clermont, 64, 75, 77, 8 1 , 83, 87. 

Clkves, 253. 



— 266 — 



Clocher (Jean), 84. 

Cloes (le curé), 191 . 

Coene de Herstal( Henri), 180, 181. 

— (Oude ou Ide), 180, 181. Voy. 

VlLHAIN. 

Colin (Mathieu), 177. 
Collard-Larock, 112. 
Colley (Baudouin), i5i. 
Cologne, 61, 66. — (l'Electeur de), 

i85, 187. 
comblain-au-pont, il6, 1 32, i 53 , 

i63-i65, 1 72, 207. 
Commine (la), lieu dit sous Anthisnes, 

120, 177, 178. 

CONCARNEAUX, 48. 

Condroz (le), 117, 119,121,168, 171, 
173, 174, 211, 21 5. — (l'archidia- 
coné du), 1 65, 175, 190. 

Conrad III, 1 18. 

Conrardi (Barbe-Cécile de), 187, 188. 

— (Barthélémy de), 187. 
Consbruck (M. de), 210. 
Constantin, empereur, 11: 

CONSTANTINOPLE, 224, 

Constantinople (Jeanne de), 5. 

Cool (Peter), 84. 

Corbière (le sieur), 211, 212. 

Corbion (Gérard), 249. 

Cornelis (Louis), 249. 

Cornet (Jean), 249. 

Cornillon (la léproserie de), ni, iv. 

Corte (Marguerite- Isabelle de), 184, 
i85. Voy. Curtius. 

Cortils, 87. 

Corroy-le-Grand, 260. 

Coudenhove (J.-E. de), 110. 

Coune, 87, 260. 

CotjpiLLE, 249. 

Court (Jean La), 249. 

Courtebourne (le régiment de), 170. 

Courtejoie (Isabelle-Françoise de), 
159, 161, 218. — (Jean'de), 1 58, 
159. — (Melchior-Valentin de), 
i5 9 . 

courtray, 58. 

Crapoel, 85. 

Crassier (Robert), 88. 

Crisgnée (Conrard de), 121, 1 54-1 56, 
208. — (Gilles de), 1 56. — (Jac- 
quemin de), dit d'Anthisnes, i3i. 

— (Marie-Marguerite de), 1 56. 
Crocey. Voy. Villers de Crocey. 
Crocher (le marquis de), 172. 
Croppe, 84. 



Cromois (Jean de), 229. 

Croonenbergh, 85. 

Crummel (Simon), 85. — (Willem), 
85. 

Crutzen (Pierre), 87. 

Cues, v. 

Curtius, xiii. — le musée, xm, xiv. 

Curtius (les moulins dits), à An- 
thisnes, 1 85. 

Curtius 'Pierre), 1 85. 

Cusa (Nicolas de), légat du Saint- 
Siège, Cardinal, iv, v ; sa tombe, 
IV, v. 

Dalhem, 46, 64. — (comte de), 69. 

Dam (Lambert), 178. 

Dampierre (Guy de;, comte de Flan- 
dre, i5, 16. 

Damuseal (Winand le), 194. 

Dave lez-Flavion, 161, 208. 

Darimont (Quellin), 25o. 

Davin-Rigot (M.-E.), 1 1 3. 

Davreux, 228, 229. — (Charles), 117. 

Defrance (Georges), 173, 176. 

Delcommune (Ev.), 88. 

Delcour (Gilson), 176. — (Jean), 
176. — (Jean-Gilles), 176. 

Delle Loge (Jean), 176. 

Delvaux, 88. 

Delxhaille (le parlier), 249. 

Demarteau, 255. 

Demy, gendre du Buisson, 249. 

De Puydt, 258, 260. 

Devilez (Lambert), 191. 

Diest, 53, 57. 

Dînant, ii, 46, 48, 62, i52, 169, 170, 
172, 21 1, 212, 214, 2 1 6, 219. 

Dobbelstein (Ursule), 87. 

Dolembreux, 83, 88. 

Donnay (Jean-Joseph), 181. 

Draeck (de), 87. 

Ducange, 11. 

Dunerwald (le régiment de), 210. 

dupont-nollet, 1 33. 

Durand, 23i. 

Durbuy, 120, 134. 

Eau-bonne, lieu dit sous Modave, 45. 
Ebroïn, fidèle de Louis le Bègue, 117. 
Ehrenbreitstein, 61. 
Eilbert, seigneur de Florennes, 1 17, 

120, 175. 
Elisabeth, duchesse de Bavière, 252. 
Elocq (Jean), 217, 218. 



— 267 — 



Embiérir (le moulin d'), 1 33 . 

Embkeumont (Jean d'), 202. 

Emon (Cloes), 204. 

Eneille, 177, 182. 

Engels (le procureur), 25o. 

Enghien (Jean d'), éveque de I iége, 
7, 12, i3, i5, 16, 18, 20, 22, 35, 36, 
3 7 . 

Ensival, 82, 83. 

Epinois, xi. 

Erardus, 228. 

Erfurt, 26, 27. 

Ernonheid, i 34, 1 85, 186. 

Ernst (l'historien), 141, 157. 

Eschen, 86. — (Ten), 86. 

Esculape, 111. 

Esneux, 84,87,88, 137, 195. — (sei- 
gneurie d'), 72. 

ESSLINGEN, 4. 
EUPEN, 75, 80. 

Eure (Jean), doyen de Saint-Jean, 21. 
Everacle, 23 1. 

Eycken, 86. 

Eynatten, 75, 80, 86. 

Eynatten (Jean d'), 195, 196. — (Le 

comte d'), 72. — "(Le baron de 

Remersdal d'), 71. 
Eynenbourg, 85. 
Eysden, xi. 

Fa bri (Wauthier) , 197. 

Faloise (Henri), 217. 

FAULCoN(Dieudonné Liégeois, maître 
du), 249. 

Fauquemont (Jean de), 19. — (Wa- 
leran de), 18, 19, 69. 

Fawe, Fau, 146, 162. 

Fisen (Paul), 248. 

Flandre (la comtesse de), 18. — (Le 
comte de), 41, 141. — (Gui, comte 
de), 25. — (Marguerite, comtesse 
de), 5. — (Jean de), éveque de Liège, 
22-24, 2 6, 27, 1 37, 192, 193. 

Fléron, 83. 

Fleussu (Oger), 191. 

Flône, i5o. 

Florence, 228. 

Florennes, 1 18, 175. 

Florzé, 84, 87. 

Floxhes (les), 179. 

Fontin, 83, 84. 

Forettes (le lieutenant colonel la), 
168, 211. 

Forster, vi. 



Foullon, 23g. — (I .148. 

fouron-le-comte, xiii. 

Fragnée, 255. 

Fraillet (Jean), 200. 

Fraipont, i35, 1 53, 200, 202, 258. 

Fraipont (Anne-Elisabeth de 

- (Elisabeth de), i53, 154, 160, 

164, 208. 
Fraiture, 210. 
Fraiture (Noël de), [96. 
Fraiture-sur-Amblève, 1 53. 
Frambach, 84. 

Franchimont (le pays de), 2i5. 
Francfort, i. 
Francken 'Philippe- Emmanuel de), 

166, 167, 209. 
Francotte, 256. 
Frédéric, empereur, 27. 
Frédéric II, empereur, 8, 9. 
Fkésart (Emile), membre décédé, 

XXVI. 

Fresin (Petit-), 92. 

Fribourg, 23, 241. 

Frôhner, 11. 

Froidbise (Guillaume), 191. 

Fronville, 170, 173, 21 3, 218. 

Fronville (Hubert de), 162, 206. — 
(Marie de), 162, 206. 

Fuchsemberg (Thomas-Adolphe-Re- 
nard de), 189. 

Gaesbeeck (Henri de), 21. 
Gall (l'abbaye de Saint-), 225. 
Gallo de Salamanca (Louis), 186. 

— (Marie-Claire-Josèphe) , 161, 

186, 187. 
Gand, 46, 57. — Les fortifications, 

57. 
Gemmenich, 75, 76, 78, 81, 86. 
Gkmunde, 21. 
Gerberge, épouse de Godefroid de 

Rachamps, 120. 
Geulhof, 85. 
Gilkin, 25o. 
Gilta y-Léonard. 134. 
Giseh (le musée de), 1, 11. 
Glain, xii. 

Godefroid III, duc de Brabant, 53. 
Godefroid, chanoine de Saint-Jean, 

i3. 
Godescalc (l'abbé), 118. 
Goé, 80. 

Goesnes (le seigneur des), 3y. 
Goeswin de Beyne (Heluyj, 181. 



•268 — 



Grâce, i5S, 159, 162-164. 

Grace-Berleur, 2 58. 

Gradi (Albert), 249. 

Grandame (la cour), 179. 

Granges ou Grainge (Jean de), 191, 
194, 204. 

Grasse, 84. 

Graux (Henri de), 120. — (Guil- 
laume de), 162. 

Grégoire X, pape, 7, 9, 12, i5. 

Grimonster, 149. 

Groisbeeck, 248. 

Gronsfelt, 81. 

Groulle, 84. 

Gueldre (Henri de), prince-évêque 
de Liège, 3-6, 22, 3 1-34; ses rap- 
portsavec Rudolphe de Habsbourg, 
1-44. 

Guillaume (le roi), 9. 

Guillaume I er , 66. 

Guiscard (le comte de), 170, 172, 
214. 

Gulpen (Pierre), 86. 

Guy, chanoine de Saint-Lambert à 
Liège, 20. 

Guy, comte de Flandre, 25. 

Guyffré, 11. 

Habsbourg (Rudolphe de), et la prin- 
cipauté de Liège, 1 -44. 

Hagelstein, 87. 

Hagelstein (Henri), 87. — (Willem), 
87. 

Hagen (von), 85. 

Hagenau, 2. 

Haghen (Willem), 85. 

Hainaut (le comte de), 26, 41. — 
(Jean de), 141 . 

Halois (Henri), écolâtredeMayence, 
20. 

HAMAL(Marie-Julienne-Angèle-Lam- 
bertine de), 161. 

Hamoir, 149. 

HanÈche (Jean de), 162. 

Hanskenne (Godefroid), 140. 

Harcourt (le marquis de), 170, 172, 

2l3. 

Harking, 71 , 75. 
Harenne, notaire, 249. 
Harre (Everard de), 1 5 1 . 
Harzé, 134. 

Hasque (de), bénéficiera Aix-la-Cha- 
pelle, 82. 
Hasselt, 53. 



Hastédon, 45. 

Hastière. Voy. Waulsort. 

Hautepenne, 184. 

Hautepenne (le baron de), 119. — 
( M arie - Georgine -Thérèse - Cathe- 
rine de), 157. — (Marie-Philippine 
de), i58. 

Hautregard, 87. 

Haye (La), 70, 211. 

Heid, Heys, 146, 147, 149. 

HELLER, 225. 

Hénaux (Firmin), n3. 

Henri V, empereur, 9, 10. 

Henri VIII, 47. 

Henri-Chapelle, 75, 80. 

Henrifays (le bois de), 178. 

Hens, 86. 

Hepsée (Jean de), i5i. 

Héraclius II, empereur, 11. 

Herckenrode (le capitaine de), 210. 

Herenthals, 53. 

Héresinde, épouse d'Eilbert, sei- 
gneur de Florennes, 118. 

Hergenraet, 75, 85. 

Hermée (Rigaud de), 145. 

Hérock (Nicolas de), 120. 

Herstal, xii, 233. 

Hersterboom, 84. 

Hervé, 75, 77, 82, 83, 88, 141. 

Hesse (le prince de), 172. 

Heur ( M arie- Jeanne- Marguerite d'), 
190. 

Heyd (le bois délie), à Anthisnes, 128, 
139, 196. 

Heyd (le château délie), à Villers- 
aux-Tours, 128, 147. 

Heyde ou Heys (Jean délie), 147. 

Heyden (Jean van der), 86. 

Heyendael, abbé de Rolduc, 72. 

Hodaige, 88. 

Hodister (Gilles de), 149. — (Jean 
de), 207. 

Hody, 84, 1 35, 1 5 1 - 1 54., 157. 

Hoghen (Jean), 176. 

Hoignée (Henri de), 206, 207. 

Hollogne-aux-Pierres, xi, 21, 257- 
261. 

Hollogne (Jean de), 21. 

HOLSET, 75. 

Hombourg, 75, 76, 78, 81. 

Honorius IV, pape, 25. 

Hony, 84. 

Hoofman (Arnold), 84. 

Hornes (Jean de), prince-évêque de 



— 269 — 



Liège, 5i, 52. — (Le comté de), 

234. 
Houffalize, i3y. 
Houffalize (Arnoul de), 142. 

HoUGAERDE, 221. 

Housse, xii. 

Hubin (Hubert), 191. — (Jacques de), 

121. 
Hupsch, 86. 
Huy, 11, xiii, 21, 46-49, 63, 167, 

168, 172, 178, i85, 210, 211, 219. 

Image (lieu dit à 1'), 162, i63. 
Isenbourg (Louis d'), prévôt de Wetz- 

lar, chanoine de Saint-Lambert à 

Liège, 26. 

Jacquemotte, 229. 

Jacquet (Hubert), 191. 

Jalhea (Cornélisj, 249. 

Jamar (Jean), 194. 

Jamet (Louisj, 206, 207. 

Jaspar, 255. 

Jean, curé de Vien, i63, 191. 

Jean (le peintre), 220-221). 

Jean, évêque de Tusculum, 26. 

Jean III, duc de Brabant, 53. 

Jean XXI, pape, 17, 41. 

Jeanne de Constantinople, 5. 

Jeneffe (Rigald de), chanoine de 

Saint-Jean à Liège, 20. 
Jénicot, 228, 229. — (Pierre), 191. 
Jennet (François), 171. 
Joosten, 86. 
Joseph II, 49, 53, 54, 59, 60. 

JULÉMONT, 7 5, 77, 82. 

Juliers (le duc de), 212. 
juturne, iii. 

Kaiserwerth, 2. 
Kalkhoven, 85. 
Kelmis, 75, 78. 
Kettenis, 75, 80. 
Kinkempois, 174, 214. 
Konne (Jacques de), 195. 

Labbye (Gilles dej, 129. 
Ladmiral (le commandant), 173. 
Laer, xii. 

Lageri (Gilles de), doyen de Saint- 
Lambert à Liège, 12, 28. 
Lambar (Warnechon), 194. 
Lambinon, 258, 259, 260. 
Lamboy (J.), 85. 



I .ami'Idi Jean de , i83. 

I . \ '.den, 92, 109. 

Lannoy, l 

Lanscroone, 86. 

Laon, i5. 

Lapide Werner de . archidiacre de 

Liège, 21. 
Lardenois Jeanne,, i5i. 
Latinne. On v tait des fouilles, x, 

mi, 89-94. 
LATOUR (dej, 72. 

Lausanne, 12, i3. 

Lauwknhoff, 85. 

I.i mbor (Grégoire), 178. 

Lenys (Jean), 191. 

Léon (l'évêque), 23o. 

Lexhy (Humbert de), 144. 

Lestang (le colonel dej, 168,211. 

Lesve, 1 32, 1 53. 

Leuze (Hubert de), 191. 

L'Hoest (Isidore), membre décédé, 

XXVII. 

Libermé, 85. 

LlCHTENBERG, 86. 

Liège, 47, 49, 8i-83, 118-121, 125, 
126, 129, 1 36, 1 56, 1 58, 169, 171, 
179-181 , 184-187, 200, 202, 203, 
2o5, 208, 212-214, 2I 7) 22 °i 22 ^i 
226, 228, 229, 236, 237, 240, 241, 
246, 255. — Les églises et le clergé: 
Saint-Adalbert, 187, 238. —Saint- 
Barthélémy, 181 . — Les Croisiers, 
47. — Sainte-Croix, 237, 243. — 
Sainte-Foi, 238. — Sainte-Gertrude, 
238. — Saint-Gilles, 46. — Saint- 
Jacques, 220, 222, 224, 225, 227, 

228, 23o. — Saint-Jean, i63, 238. 
— Saint-Lambert, 1 55, 160, 227, 

229, 240, 243. — Saint- Laurent, 

46, 52, I2I-I23, I27, 128, 178, 190, 

210,21 1, 23o. — Sainte-Marguerite, 
238. — Saint Martin-en-Mont, 243, 
254. — Saint-Martin-en-Ile, 238. — 
Saint-Nicolas, 237, 238. — Saint- 
Paul, 188, 190, 238. — Saint-Pho- 
licn, 238. — Saint-Remacle, 238. — 
Saint-Remy,238. — Saint-Séverin, 
238. — Sainte-Véronique, 238. — 
Saint-Vincent, 238. — Sainte- Wal- 
burge, 238. — La léproserie de 
Cornillon, 24. — Le couvent de 
Beaurepaire, 27. — Les Prémon- 
trés du Mont-Cornillon, 27. 
Liège. Les fortifications de la ville. 



270 



5o, 5i, 52; le pont d'Amercœur, 
47 ; les tours en Bêche et des Croi- 
siers, 47 ; les moulins de Saulcy et 
de Gravi ouïe, 47. 

Liège. L'origine du diocèse, des 
doyennés, etc., îv ; les légats du 
Pape, v. 

Liège. Exposition de l'art ancien, 
25 1-256; histoire de la céramique, 
vi ; les maréchaux d'armée, iv ; 
la population en i65o, 232-242; 
la maison Porquin, iv, vu, vin, ix. 

Liégeois, 259. 

Lierneux, 189. 

Lierneux (Catherine de), 147. — 
(Mélie de), 144. — (Philippart de), 
148. — (Gérard de), dit d'An- 
thisnes, 147-149' l63 > 2 °7- 

Ligne (Jean de), 253, 254. 

Limbourg (ville et duché de), 46, 64, 
70-74, i38, 141, 157, 195, 196. 

Limbourg (Henri III, duc de), i36, 
137,139, 143, 192. Voy. aussi Bra- 

BANT. 

Lincé, 207. 

Linden d'Hooghvorst (Léonard-Jo- 

seph-Ghislain, baron van der), 143. 
Logne (le comté de), 122, 146, 148, 

i5o, 1 53, 164, 207, 254. 
Lohest, 260. 
Lombar (Laurent), 177. 
Loneux, 88. 
longchamps, 92. 
Lontzen, 72, 80, 86, 88. 
Loo, 58. 

Loomont (Philippe), 85. 
Looz (le comté de), 246. 
Looz (la collégiale de), 191. 
Looz (les comtes de), 118, 119. — 

(Camille de), 93. — (Georges, prince 

de), 106. 
Louis le Bègue, 117, 119. 
Louis XIV, 48, 60, 63, 64, 70, 119, 

i65, 166, 168, 173, 209. 
Louis XV, 254. 
Louvain. Les fortifications, 47, 49, 

53, 5 4 . 

LOUVEIGNÉ, I46. 

Louvois, 59. 

Louvrex (G. de), 239. 

Lowaigk (Francon de), doyen de 

Saint-Lambert à Liège, 28. 
Lumen, 254. 
Luxembourg, 46, 65, 80. 



Luxembourg (Ermesinde, comtesse 
de), 120, 137. — (Gérard de), i5. 

— (Henri de), 1 5, 143. — (Jean de), 
141. — (Waleran de), 1 36, 137, 
192. — (Le comte de), 120. — (Le 
maréchal de), 168, 210, 211, 218. 

Lymbourg (Damien-Arnould de),i83, 
184. — (Etienne de), 181, 182. — 
(Henri de), 181, 182. — (Jean-Re- 
nier de), i83. — (Louis de), 182. 

Lyon, 6, i3. 

Mabroeck, 87. 

Maestricht, 11, 65, 66, 82, 83, 168, 
174, 210, 214. 

Maffe, 96. 

Mahieu (Jean), 169, 211, 212. 

MaisiÈre (le colonel de), 209. 

Malaise (le procureur), 249. 

Malines, 49, 54, 141. 

Malmedy, 80, 121, 1 35, i36, 154. 

Malo (Saint), 48. 

Many, 88. 

Maquenoise, 45. 

Marche, 169, 211, 212, 254. 

Marché. 63. 

Marchi, 56. 

Marchin, 144. 

Marck (Adolphe de la), 141, 253. — 
(Erard de la), prince-évêque de 
Liège, 5i, 254. — (Evrard-Engle- 
bert de la), 253. — (Louis de la), 
1 5 1 . — (Arenberg de la), 253, 254. 

— (Clèves de la), 253. 
Marguerite, comtesse de Flandre, 5. 
Marie, épouse de Ponchard d'An- 

thisnes, 145. 
Marié (Jacques- Louis le), 21 3. 
Marlborough, 70. 
Martels (Jean), 186, 187. 
Martin IV, pape, 22. 
Masbourg, 180. 

Mathieu (Jacques-Joseph), 176, 191. 
Mathis (Thiry), 176 
Maximilien (Hubert), 85. 
Mayence, 22, 24, 44. 
Mayence (l'archevêque de), 118. 
Meckelbach, 87. 
Medael, 87. 
Meeffe, 148. 
Membach, 84. 
Mercure, vi. 
Mergel (den), 86. 
Mérode (de), 86. 



— '271 



Merols, 75, 86. 

Mêry, 83. 

Metz, i36, 168, 188, 192,211. 

MlDDELHOF, 87. 

Mignon (Barthélémy Le), 25o. 
Milst (Jean van), l'éditeur, j.3b. 
MiRiES (van), 11. 

MODAVE, 45. 

Moffarts (le baron Camille de), 1 78, 

190. 
Moha (le quartier de), 234. 
Moitrez (Jean-Isidore, baron de), 

164, 208. 
Moncheal d'Ouhar (Lieu dit le), 

162, 206. 
Mons, 46, 48, 49, 59. 
Mons-Crotteux, 260. 
Montaigu, 120. 
Montai gu (Lambert, comte de), 118, 

120. 
Montal (le régiment de), 168, 21 1. 

MONTENAKEN, 92. 
MONTJARDIN, l86, 187. 
MONTMÉDY, Ô7. 

MoNTMOkENCY (le maréchal de), 210. 

Voy. Luxembourg. 
Montzen, 71, 75, 76, 77, 78, 81, 86, 

87. 
Moors (Jean), maistre du chasteau, 

25o. 
Moreau de Sart (Gilles), 181, 182. 
Moreau de Thon (Godefroid), i52. 

— (Marguerite), i52, 208. 
Moresnet, 75, 78, 81. 
Mortier, 83. 
Mortroux, 75, 77, 83. 
Mouland, 83. 
Mulstro (J.), 85. 
Munich, 253. 
Muschemen, 84. 
Mutzhagen, 85. 
mutzhoff, 85. 
My, 191. 
My (Marie de), 1 34, 1 5 1 . — (Raesou 

Raskinde), 1 33, i5i. 

Namur,47, 49, 5o, 61, J 3 2 ' 146» 167, 
209, 210; les fortifications, 47,60- 
62. 

Namur (Godefroid, comte de), 120. 

Nandrin, 172, 191, 218. 

Nantes, 48. 

Napoléon I er , 49, 56. 

Nassette, procureur, 249. 



Natalis (Guillaume), 121, l-ij. 

Neret, 85. 

Neudorf, 80, 

Neuffokge (Colienne de), 149. 

iLi.K (le baron de la), 170, 2 1 3, 
2 I 8 . 

Neufville-en-Condroz, 214. 
Neufville-sur- M 1 . 149. 

Anne de), 1 56. 
Nicolai, 71, 75, 191. 
Nicolas IV, pape, 27. 
Nicolas V, pape, v. 

NlEDEGGEN, 66. 

Nimègue (la paix de), 160, 168. 

N IN ANE, XI. 
NlNOVE, 57. 

Noël, curéd'Anthisnes, 176. 
Noihmont, i5i. 
Notger, 224, 23o, 237. 
Noyelles (Louis, comte de), 174, 

214. 
Nudorp, 75. 
Nurenberg, 59, 233. 
Nuvolara (Jean-Baptiste de), i32, 

1 54, 1 56, 208,211. — (Julienne- 

Ferdinande de), 1 33. 

Obsinnich, iq3. 

Ocquier, villa belgo-romaine, 94, 
1 12, i5o, 171 . 

Odémont, 83, 87, 88. 

Olnf. (la cour d"), à Awans, 1 53. 

Omal, 92. 

Omalius (Herman), i33. 

Ombret, xi. 

Omsassen, 86. 

Oppenheim, 10. 

Opsinnich (de), 85, 87. 

Orval, 157. 

Osilie, épouse de Nicolas de Hé- 
rock, 120. 

Ostendk, 48, 49, 58. 

Otreppe de Bouvette (d'), xin. 

Ottokar, roi de Bohême, 16. 

Otton I er , 1 18, 119. 

Otton III, 221, 224-226. 

Otton de Saint-Vitton, chancelier 
de l'empire, 6. 9, i3. 

Ottoncourt (Jean d'), chanoine de 
Saint-Martin à Liège, 20. — (Fré- 
déric), doyen, 20. 

Ouffet, n, 116, 168, 175, 179, 180, 
210. 

Ouffet (Henri d'), 176. 

21 



— 272 — 



OUGRÉE, XII, 214. 

Ouhar, u5, 116, i32, i36, 137, 148- 
1 5 1 , 04, 1 55, nS-169, 186, 192, 
194, 206-212. 

Ouhar (André d'), 162,163,206,207. 

— (Baudrid'), 162,206.— (Ernotte 
d'), 194, 206. — (Hannuy d'), 194. 

— (Jean d'), 206, 207. — (Jeanne 
d'), 206. — (Laurent d'), 206, 207. 

Oultremont (Charles d'), 121. 
Outremeuse (Henri d'), chanoine de 
Sainte-Croix, 20. 

OVERSASSEN, 86. 

Oyembrugge de Duras (Anne-Marie 
d'), 160. 

Paille, 172. 

Paix-Dieu (l'abbaye de la), i52. 
Palant (de), 86. — (Charles-Joseph- 
Bernard, baron de), 1 58. 
Panhuys, 85. 

Parfonrieu (Isabeau de), 144. 
Paris, 56. 

Pastrana (Marie-Gabrielle de), 186. 
Pauquay, 87. 
Pennevin (le sieurj, 214. 
Péterkens (Grégoire), 196. 
Philippe V, 70. 
Philippe-le-Hardi, 58. 
Philippin (le capitaine), 167, 210. 
Pierrepont (Hugues de), 5i, 1 36. 
Pirnay(H.), 86. 
Pirotte (François de), 176. 
Plainevaux, 174, 214. 
Planchon (Jean-François de), i83. 
Poilvache (Pierre), 1 35. 
Pont (Benoît du), 140. 
Poorterie (le quartier de la) à Ypres, 

240. 
Porcine (Lombard), iv. 
Porragia (Anselme de), chanoine de 

Saint- Lambert à Liège, 4. 
Pouhon, PouxHON,à Anthisnes, 134, 

168, 184, 190, 211. — à Ernon- 

heid, i33, O4, i83-i86. 
Poueseur, 84, 88, i33, i52, i5o. — 

sous-Rahier, 1 55-i 57, 208. 
Pousset (Thomas de), 144. 
Préalle, 249. 
Préneste (Guido de), légat du Pape 

à Liège, v. 
Presskux-la-Marck (Englebert de), 

63. 
Prum, 21. 



Psalmis (Colard de), 20. 
Quintin (Jean), 191. 

Rabotraet, 85, 86. 

Rachamps (Godefroid de), 120. 

Racket (Jean), i5o. — (Marie), i5o. 

Raddoux (le chanoine], 240. 

Radot (Jean), 195. 

Radoux (le sieur), 208. 

Rahier (Gilles de), 1 53. — (Gilles- 
Ferdinand de), 160. 

Raeren, 75, 80, 86. 

Raes, 82. 

Ram (le château du), 46. 

Ramet, xi. 

Ramioulle, i83. 

Rave (Catherinej, i52. — Daem, 84. 
— (Nicolas), 1 55. 

Raven, 85. 

Ravestein (de), 253. 

Rebotraet, 75. 

Rechain, 82, 83. 

Rechain (Grand-), 75, 77, 83. — (Pe- 
tit-), 7 5, 77, 82. 

Reckheim, 167, 210. 

Régner (Servais), 124. 

Reims (l'université de), 1 55. 

Remacle (le sergent), 197, 199. 

Remersdael, 71, 81, 86. 

Remy (Jean), pâtissier, 240. 

Renard (Jean), 25o. 

Renarstein, i33. 

Renepont (Jean), 211. 

Renier, 23o. 

Rennotte (Pierre), 227. 

Restées (Jean de), doyen de Saint- 
Pierre, 20. 

Riddersassen, 86. 

Rimière lia), 84, 137. 

Roche (lai, 172, 212. 

Rochefort, 168, 182, 211. 

Rock (la), 17*1. 

Rocour (Hélène de), 147. 

Rode (André de), notaire royal, 32- 
34, 37. 

Rode (Andréde), notairede Rudolphe 
de Habsbourg, 4, 6-8. 

RODRYCQUEZ, 2IO. 
ROLDUC, 69, 71, 72, 75, 80. 

Roly (Henri-Louisj, 190. 
Rome, 7, 8. 

Rome. Dernières fouilles faites au 
Forum, 11, ni. 



- 273 



Romerée (Jean do, ioo, i 3 5 , 175. 
Rond-Chènk. 170, 17.S, 21 3. 
Rouchende Gracht (le fief du), 86. 
Rothen (Thierry van der), 85. 
Rosikk (Warnier), 100. 
Rosoux (M.), 112. — (Tilman de), 

chanoine de Saint-Paul, à Liège, 

20. 
Rosmel, 83, 87. 
Roy (Placide), 140. 
Royer Courardi, i5i, — (Jean), 149. 

RUPERT, 23o. 

Ruyft, 85. 

ruyschenberch, 85. 
Ryswyck (traité de), 69. 

Salzbourg (le comte de), 168, 210. 

Sand (George van), 85. 

Sapogne, 157. 

Sart, 83. 

Sart (le ban de), i5o. 

Sart (Jean de), 194, 196. 

Sart-Moulin, 157. 

Sart (Saint-Jean), 83. 

Sart-sur-Ourthe, 149, 02, 1 53, 1 55, 
207, 208. 

Sarteau (Nicolas), 123, 125, 126, 1 96, 
197. 

Saumur, 48. 

Saurémont, 83. 

Saurémont (Laurent), 83. 

Saxe (Jean-Frédéric, duc de), 253. 

Scaillet, abbé de Waulsort, 175. 

Scaliger, 11. 

schenkenleen, 85. 

schimper, 86. 

schleiden, 2 54. 

Schlôsser (von), I, II. 

Schoolmeesters, doyen de Saint- 
Jacques, 229. 

Schoppe (Jean), 84. 

Scrinier (Jean le), 2o5. 

Schwarzenberg (de), 85, 86 x . 

Sclatta, chanoine de Saint- Lam- 
bert, i3. 

Sedan, 169, 2i3, 214, 254. 

Segetum, 120. 

Selys Fanson (le baron R. de), 25 1. 

Sény, 120. 

Seraing, 214. 

Seraing (Daniel de), 1 53. — (Elisa- 
beth de). Voy. Fraipont. 

T'Serclaes-Tilly (le comte de), 170, 
174, 2i3, 214. 



champs, 1 5 1 - 

SlNNICH, 8l, 1 

comte de;, 70, ; 

■ AKEN, 75, Ni . 

Snoeck (Keerst;. 

Soheit, 1 3 1 , i32, 18 1 , 1 

Soheit (François de), i32, i5i, 17'). 
— (François dei dit d'Anthisnes, 
i3i, i32,'i 3o, i58. - (Hubert de/, 
1 58. — (Jacques de) ditd'Anthisnes, 
1 3 1 . — (Jean de), i32. — (Jean de) 
dit d'Anthisnes, i3i. — (Jean de] 
l'aîné, 126, i32, 197. - Jean de; 
le jeune, 1 58. — "(Lion de), 126, 
i32 158,196, [97. — (Mariede), 
i3i. 

Soiron. 72, 75, 77, 82, 87, 1 58. 

Solières, xii, i35, 2o5. 

SOLRÉE, I49. 

Sougnez, 84. 

SoUVEGNÉ, 146. 

Spa, vi. 

Sparmont (Marguerite de), 140. 

Spirlet (J.), 87. 

Spiruet (Cononj, 120, 177. 

Sprimont, 84, 137. — (La seigneu- 
rie dei, 72. 

Stavelot, 80, 84, 254. 

Stavelot (Arnould de), chanoine de 
Saint-Denis, 20. — (Ville, pays et 
abbés de). 121. 122, 129, 146, 148- 
i5o, 1 58, 161, 162, 164, i65, 179, 
189, 206-209. 

Stassar (Jaspar), 88. 

Stasse (Alexis) , membre décédé . 

XXVII. 

Steen (le), à Anvers, 46. 
Steinbruck (Otton), 233. 
Stembert, 83. 
Stepennes (lieu dit les), 116. 
Stickelman (Gillis), 85. 
Stienne (Catherine), i5o. 
Stock (Servais de), 2 5o. 
Stockem, 84. 
Stockis, 87. 
Streversdorf, 86. 
Surlet (de), 87. 
Survillers, 92. 

Taillard (Camille d'Hostun. comte 

de), 170, 173, 2i3, 216. 
Tassigny, 1 57. 
Tavier, 137, 149, 1 56, 07. 



274 — 



Tavier, 84, 88. — (seigneurie de), 72. 
Terme (Antonin), membre décédé, 

xxvn . 
Termonde, 57. 
Tersillien, 85. 
Teuven, 75, 78, 81, 87. 
Theux, 46, 63. 
Theux (Denis), 191. 
Thier, 87. 

Thimister, 75, 77, 82. 
Thisquen, 83. 
Thomas (Jean), 176. 
Thourotte (Robert de), 3, 5. 
Thys (Célestini, 122. 
Ticquez (Guillaume), 2 5o. 
Tiers-Etat (députés du), 71. 
Tilff, 218. 

Tilleur, 169, 184, 1 85, 212. 
Tillioux- Rolland (la ferme de),i32, 

154. 

TlNLOT, II. 

Tirlemont, 53. 
Todi, v. 

TOHOGNE, 180. 

Tolumont, lieu dit. à Anthisnes, 
128, 1 32, i38, 140. 1 54, 169, 196, 
212. 

Tongres, m, 6, 92; les fortifications, 

52. 

Tornaco (le baron Camille de), 112. 

— (François, baron de), 112. 
Tourinne, xi. 92. — la Chaussée, 4. 
Tournay, 47, 5o, 58, 1 52, 188. 
Tresogne (Jean de i , 206. 
Trêvks. 14. — 'L'électeur de , 186. 
Trond (Saint-j. 53. 
TROPs(de), 85. 

TUDER, V. 

Tutélaire (Grégoire), [64, 178. 

Ubert de Saint-Eustache. cardinal, 

i3. 
Urbain IV, pape. 1 35. 

Val-Dieu, 82. 

Valombré (de), 188. 

Val-Saint-Lambert. ^4. 

Valsassines de comte de), 73. 

Van Hex, 228, 229. 

Vauban (le maréchal de), 48, 55, 58, 

61, 65. 
Vaulx (lieu dit la), 196. 
Védrin, 170. 
Velletri. 160. 



Venne (Henri dej, licencié et avocat 

à Liège, 96. 
Verlaine, 180. 
Verrinck (le citoyen], 124. 
Verviers, 11, 63, 83. 
Vervoz, i3 et suiv. — Exploration 

de substructions romaines, 97-112. 
Vervoz (Nicolas de) d'Amas. i5o. 
Vicq, 211. 

VlEGEAY, I79, 190. Voy. VlLLÉGIAU. 

Vien, 116, 120-122, 129. l32-l35, 
149, 154, i63, 169, 177-191, 2i3. 
Vienne, 16. 

VlLENS, VlLHAIN, VlLLEN, etC. Voy. 

Vien. 

VlLJAEREN, 86. 

VlLLÉGIAU, [79, l80, l85. Voy. VlE- 
GEAY. 

Vilhain Baudouin de), 1 79-1 81. — 
(Collard de), 180. — (Énglebert 
de), 179. — (Gérard de), 178. — 
iHenninde). 178. — (Henri dit 
Coene de), 180-182. — (Jacques 
de), 180. — (Jeanne de), 181, 182. 
(Jean de), 178, 180. — (Renard de), 

VlLLERS, 143. 

Villers (Etienne de), 129. 
Villers-aux-Tours, 88, 128, 1 3 1 , 

i32, 137, 139, 141, i5i, 1 53, i54, 

2o3. — (Seigneurie de), 72. 
Villers de Crocey (Jeannede), 180. 

— (Mathieu), 180. 
Vill ers-la -Ville, abbave, 46. 
Viron (Anne-Julienne de), 161. — 

(Jean- Antoine, baron de), 161. 
Visé. 46, 64, 65, 83, 169, 212, 233. 
Vits (M. de), 172. 
Vivegnis, 82. 
Vogelsanck, 86. 
Voisin (Daniel-François), 169, 211, 

212. 
Vroichem, 84. 

Wagnée (Jean de), 207. 

Waha de Baillonville (Auguste et 
Edouard, barons de), 1 16, 117,143. 
Charles-Alexandre, baron dej, 
160. 209. 

Wal (Conrard-Adolphe de), 157. — 
F.ugène-Albert-Joseph, baron de), 
140. 157. — (Guillaume-Eugène- 
Joseph, baron dei, 141 , 1 57. — (Jo- 
seph-Alexandre- Albert- Jean-Népo- 



— 275 — 



mucène, baron de), 1.S7. — (Marie- 
Philippine-Elisabeth de . r 4 3, 1 58 

— [Mathieu-Ignace de . i56, 

— - rhierry- Philippe de . i5~. 
Waldkck (Adolphe de , prévôt d'U- 

trecht, chanoine de Saint-Lambert 
a Liège, 26. 

Waldenborch (Eléonore de) 85 

Walhokn. 7 5, 80, 81, 86. — (Ban 
dei. 71, 7 5, 80, 85, 

Walle baron de], 72. 

Walsbetz, 92. 

Waremme, 52. 

Wahfusée, 254. 

Warrimont, 86. 

Waulsort (l'abbaye et les abbés de) 
"? _I2 i- I2 4-^ 7 , i3i, .33, i35,' 
i36, 138-T40, 142, 146-148, 1 5 1- 
i53, 162-164, 175, 177-179, "1 - 

193, I96, I97, 200, 203, 205. 

Weens, 85 

Wege (le chevalier délie), 12. 

Wegnez, 82. 

Werden, 4. 

Westphalie (Traité dei, 233. 

Wilnove (le comte H. de . 1 8. 

Wodémont (seigneurie de), 72. 

Woei.mont (baron de), 72. 



W01 rjnghi [a bataille de). 137. 
Woest (les barons de), 1 
174, 212, 21 3, 2 

1 1 NRAl DT, 87 

Woi ff fie commandant;. 173. 

WoONS, Mil. 

WootdeTrixhe i.eTim.ot .1. 210 
Worm (Willer van den), 85. 

WlJRZBOURG, 26. 27, 

Wyer, S5. 

Xheneumont, 86, 87. 

Xheneumont (Guillaume de) 181 — 

(Marie de ; , 181, [82. 
Xhignesse (Jean-Nicolas de, 177 
Xhoffray, 83. 
Xhos, 149. 

Xhos (Gilles de), 194. — (Gilette de) 

180. 
Xhurre (Jeanne délie), 180. 



Ypres, 58. 

Ypres (Poorterie à) 



241, 



Zahringen (Rudolphe de), prince- 

évêque de f.iége, ni. 
Zulpich, 66. 



TABLE DES MATIÈRES 



NOTICES ET MEMOIRES 

L. Renard. — Rapport sur les travaux de l'Institut pen- 
dant l'année 1902 1 

E. Schoolmeesters. — Rudolphe de Habsbourg et la 
principauté de Liège 1 

G. Ruhl. — Coup d'œil sur les anciens ouvrages fortifiés 
des villes de la Belgique 4S 

D. Brouwers. — Documents relatifs à la matricule du du- 
ché de Limbourg en iyo5 69 

L. Renard. — Rapport sur les recherches et les fouilles 
opérées par l'Institut pendant l'année 1903 89 

Baron J. de Chestret de Haneffe. — Anthisnes. Une 
seigneurie ecclésiastique sous l'ancien régime. — La seigneurie 
de Vien 1 15 

Godefroid Kurth. — Le peintre Jean 220 

J. Brassinne. — La population de Liège en i65o . . . 232 

Baron de Selys Fanson. — L'exposition de l'art ancien 
au pays de Liège en 1905 25i 

L. Renard. — Découverte archéologique à Hollogne-aux- 
Pierres 257 

DOCUMENTS 

Entre 12 14 et 1221. Henri, marquis de Limbourg, énumère 
les droits qu'il tient de l'église de Metz, en qualité d'avoué des 
biens de l'abbaye de Waulsort, à Anthisnes et à Ouhar . . . 192 

Commencement de 1274. Lettre de Rudolphe de Habsbourg 
à l'évêque de Liège Henri de Gueldre 3i 



— 278 — 

i274 5 20 ma i- Lettre de l'évêquede Liège, Henri de Gueldre, 
au notaire royal André de Rode 32 

1274, vers le 20 mai. Lettre d'André de Rode à l'évêque de 
Liège, Henri de Gueldre 33 

1274, entre le 4 et le 1 5 avril. Lettre d'André de Rode au cha- 
pitre de Saint-Lambert 34 

1274, septembre. Lettre d'André de Rode au chapitre de 
Saint-Lambert 34 

Première moitié de 1275. Lettre du roi Rudolphe au chapitre 
de Saint-Lambert 35 

1275, après le i5 février. Lettre de l'évêque de Liège, Jean 
d'Enghien, au roi Rudolphe 35 

1275. Lettre du roi Rudolphe à Jean d'Enghien, évêque de 
Liège 37 

1275, 4 août. Lettre des prévôts et doyens des églises cathé- 
drale et collégiales de Liège au roi Rudolphe 37 

Vers la fin de 1275. Lettre des magistrats de Liège au roi 
Rudolphe 39 

Commencement de 1277. Lettre du comte de Hainaut au roi 
Rudolphe 4 1 

1277. Lettre du roi Rudolphe au pape Jean XXI .... 41 

1281, 6 décembre. Lettre du roi Rudolphe aux nobles, mi- 
nistériels, vassaux et hommes du pays de Liège 42 

1285, i3 juillet. Statut pénal contre les faux monnayeurs. . 43 

i36i, 16 juillet. Les hommes de fief de Jean d'Acosse, abbé 
de Waulsort et de Hastière, attestent en sa présence que dom 
Thomas Corbeau d'Anthisnes, son prédécesseur, a légué son fief 
d'Anthisnes à Thomas Corbeau d'Anthisnes dit de Fawe, écuyer, 
son cousin, lequel en fait relief 193 

1546, 10 juin. Record de la cour de Limbourg touchant les 
droits du voué d'Anthisnes 195 

i552, 17 mars. Plaid de quinzaine tenu à Anthisnes et recon- 
naissance du nouveau seigneur Nicolas Sarteau, abbé de Waul- 
sort 196 

1593, i5 octobre. Record touchant la valeur, les profits et 
émoluments de la seigneurie dAnthisnes en Condroz, pays de 
Liège 200 

i65o, 2 août. Ordonnance de Maximilien-Henri de Bavière, 
décrétant la levée d'un impôt sur les fenêtres 247 



— 279 — 

ARMOIRIES ET SCEAUX 

Anthisnes les échevins d'), 58. Lierneux dit d'Anthisnes i de . 

— (Thomas d'), 144. 148. 

Beghien (dej, 189. Lymbourg (de), 182. 

Boileau (de), 184. Vilhain (dej, 178. 

Crisgnée (de), 1 55. Wal (de), 1S6. 

ÉPITAPHES 

DANS L'ÉGLISE D'ANTHISNES 

Anthisnes (François-Corbeau d') et son épouse Marie Racket. 1 5o 

— (Ponchart d') 145 

Brifoz (Warnier de) et son épouse Anne d'Anthisnes . . . i5i 
Wal (Mathieu-Ignace de) et son épouse Marie-Marguerite de 

Crisgnée 1 56 

DANS L'ÉGLISE DE VIEN 

Boileau (Jean-Baptiste de) et son épouse Marie-Isabelle de 
Corte i85 

A SAINT-LAURENT A LIÈGE 

Léon (l'évêque) 23 1 

INSCRIPTIONS 

Sur le bassin de Juturne 111 

Sur des tuiles trouvées à Latinne 92 

Sur des tessons trouvés à Vervoz (Clavier) .... 102, io3 

Au-dessus de la porte d'entrée de la ferme d'Anthisnes . . i23 
Sur les armes de Guillaume Natalis, abbé de Saint-Laurent 

à Liège 12 3 

Sur une cloche au château d'Ouhar 1 58 

Sur une lame de plomb dans la tombe du peintre Jean, à 

l'église de Saint-Jacques à Liège 228 

Idem 229 

FRAGMENTS GÉNÉALOGIQUES 

Anthisnes (d') i43 

Boileau (de) 184 

Charneux (de) 161 

Vilhain, seigneur de Vien (de) 178 

Wal (de) 1 56 



- 280 — 

PLANCHES 

La porte d'Amcrcœur à Liège en 1788 5i 

Billes en terre cuite trouvées à Vervoz 107 

Anthisnes : château des avoués; ferme seigneuriale et an- 
cienne église 1 1 5 

Château d 1 Anthisnes 142 

Une cheminée du château d'Anthisnes 160 

Le château de Vien vers 1740, d'après un dessin de Remacle 

Le Loup 188 

VIGNETTES 

Extraits de la carte topographique militaire .... 90, 95, 99 
Extrait du plan cadastral de la commune de Hollogne-aux- 
Pierree 257 



INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE LIÉGEOIS 



STATUTS 

Art. I. — Une Société est fondée à Liège pour recher- 
cher, rassembler et conserver les œuvres d'art et les monu- 
ments archéologiques, particulièrement ceux de la province 
et des anciennes dépendances du pays de Liège. 

Elle prend le titre d'Institut archéologique liégeois et 
correspond avec les Sociétés savantes, belges ou étrangères, 
instituées dans des vues analogues. 

Art. IL — L'Institut se compose : 

i° De seize membres effectifs au moins et de trente au 
plus; ils doivent être domiciliés dans la province; 

2° D'un président et d'un vice-président honoraires, à 
savoir : le gouverneur de la province et le bourgmestre de 
la ville de Liège ; 

3° De vingt membres honoraires ; 

4° De cinquante membres correspondants ; 

5° De membres associés. 

Art. III. — Les places vacantes pour le titre de membre 
effectif, honoraire ou correspondant, seront mentionnées 
sur les convocations, afin que l'on puisse procéder aux pré- 
sentations de candidats. Ces présentations devront être faites 
par écrit et signées par trois membres effectifs. L'admis- 
sion décidée par bulletins secrets et à la majorité absolue 



— II — 

des suffrages, aura lieu dans la séance qui suivra celle où 
auront été faites les présentations, et dont elle devra être 
distante d'au moins huit jours. 

La moitié, au moins, des membres effectifs existants 
devra être présente pour pouvoir procéder à l'élection d'un 
membre effectif, et le tiers, après une seconde convocation. 

L'élection des membres effectifs et des membres hono- 
raires a lieu dans la séance du mois d'avril et dans celle de 
décembre, après la formation du bureau. 

Lorsqu'il y aura lieu d'augmenter le nombre des membres 
effectifs, conformément au § i° de l'art. II, il faudra une 
délibération expresse de VInstitut avant de pouvoir pro- 
céder à la présentation de candidats. 

Art. IV. — Les réunions ordinaires ont lieu mensuelle- 
ment, sauf pendant les mois d'août, septembre et octobre. 
Le bureau fixe le jour et l'heure des séances (1). 

Les membres effectifs qui, dans le courant de l'année, 
n'auront pas payé leur cotisation, seront, après avertisse- 
ment, considérés comme démissionnaires. 

Aucune résolution ne peut être prise si sept membres 
effectifs au moins ne sont présents à la séance. 

Les membres honoraires, correspondants ou associés 
peuvent assister aux séances. Ils ont voix consultative. 

Toute discussion étrangère au but de VInstitut est 
interdite. 

Les décisions sont prises à la majorité des voix. En cas 
de parité, la proposition est rejetée. 

Sur la demande de trois membres, on procède au scru- 
tin secret. 

(i) Actuellement, VInstitut tient séance le dernier vendredi du 
mois, pendant la période d'été (avril à juillet inclus) et le dernier di- 
manche du mois pendant la période d'hiver (novembre à mars inclus). 

En outre, suivant décision du 3i janvier 1902, VInstitut se réunit 
le dernier dimanche du mois d'octobre, à 10 1/2 heures, en une séance 
extraordinaire. 



TABLEAU DES MEMBRES 

DE 

L'INSTITUT ARCHÉOLOGIQUE LIÉGEOIS 



PRESIDENT HONORAIRE 

LE GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DE LIÈGE 

PETY DE THOZÊE (LÉon). 

VICE-PRÉSIDENT HONORAIRE 

LE BOURGMESTRE DE LA VILLE DE LIÈGE 

KLEYER (Gustave). 

BUREAU DE LA SOCIÉTÉ POUR 1904 

Président : Ed. BRAHY-PROST. 
Vice-Président : J. FRAI PONT. 
Secrétaire : Lucien RENARD. 
Conservateur : J. ALEXANDRE. 
Trésorier: E. PAQUES. 
Bibliothécaire : Joseph BRASSINNE. 
Conservateur -adjoint : Jean SERVAIS. 

COMPOSITION DES COMMISSIONS POUR 1904 

Commission des publications : MM. J. ALEXANDRE. 

J.-E. DEMARTEAU. 

Th. GOBERT. 

J. BRASSINNK. 
Comm ission d'achat : M M . J . ALEX AN I) R E . 

B on J. DECHESTRET. 

J. HELBIG. 

B on R. DE SÉLYS FAN- 
SON. 
Commission des fouilles : MM. M. DE PU Y DT. 

J. FRAIPONT. 

L. RENARD. 

Le président de Y Institut k\\{ do droit partie des Commissions. 



— VIII 



MEMBRES EFFECTIFS 



Dale de l'entrée Dale de l'admission 



à l'Institut. 



comme membre effectif. 



8 nov. 1859. 



1860. 6 mars 1862. 
13 dec. 1867. 



28 déc. 1879. 29 déc. 1882. 
24 tev. 1882. 27janv. 1887. 
24 fév. 1882. 27janv. 1887. 



3. 





4 fév. 1876. 


4. 




27 juill. 1877. 


5. 




31 janv. 1879. 


6. 


24 fév. 1862. 


26 mai 1882. 


7. 



1876. 26 mai 1882. 



Juillet 1874. 26 mai 1882. 9, 



10. 



12. 



31 mai 1889. 13. 



BORMANS (Stanislas), adminis- 
trateur-inspect 1 ' de l'Université, 
membre de Y Académie royale 
de Belgique, président de la Com- 
mission royale d'histoire de 
Belgique, 13, rue Forgeur,L^e. 
D 1 ' ALEXANDRE (Joseph), 15, 
rue Volière, Liège. 
HELBIG (Jules), artiste peintre, 
vice-président de la Commission 
royale des monuments, 16, rue 
de Joie, Liège. 

JAMAR (Edmond), architecte, 
21, rue Saint- Pierre, Liège. 
SCHOOLMEESTERS (Emile), vi- 
caire général, 14,ruede l'Evêché, 
Liège. 

BODY (Albin), littérateur, Spa. 
DE CHESTRET DE HAiNEFFE 
(baron Jules), membre de Y Aca- 
démie royale de Belgique, 31, 
rue des Augustins, Liège. 
FRÉSON (Jules), conseiller ho- 
noraire à la Cour d'appel. 24, rue 
Sainte-Marie, Liège. 
DEMARTEAU (Josephj, rédac- 
teur en chef de la Gazette de 
Liège, 12, place Verte, Liège. 
DE PUYDT (Marcel), 112, bou- 
levard de la Sauvenière, Liège. 
DE SOER (Oscar), 18, place 
Saint-Michel, Liège. 
DEMARTEAU (J.-E.), professeur 
à l'Université, 51, rue de Huy, 
Liège. 

NAVEAU (LÉON), docteur en 
droit, Theux. 



— IX — 



Date de l'entrée 

â l'Institut. 

27 fév. 1885. 



30 nov. 1883. 



1887. 
31janv. 1889. 
25 j an v. 1886. 

29 mars 1878. 
31 janv. 1889. 

29 nov. 1895. 
13 mars 1868. 

28 mai 1897. 
20 avril 1898. 
25 nov. 1898. 
24 fév. 1899. 



Date de l'admission 

comme membre effectif 

31 mai 1889. 14. 



29 mai 1891. 15. 

29 mai 1891. 16. 

18 déc. 1891. 17. 

23 mai 1893. 18. 

24 déc. 1896. 19. 

27 mai 1898. 20. 

30 déc. 1898. 21. 

30 dec. 1898. 22. 

27 avril 1900. 23. 

27 avril 1900. 24. 

27 avril 1900. 25. 

27 avril 1900. 26. 

28 déc. '1900. 27. 



28 mai 1880. 30 mai 1902. 28. 



LE PAIGE i lONSTANTIN , pi i 

seur à l'i rniversité, membr i de 
Y Académie royale de Belgique, 
parc de ( Jointe, Ougrée. 
DE HARENNE (Chevalier J.- 

B.), Chaud fontaine. 
FRAIPONT (Julien), professeur 
à l'Université, membre de V Aca- 
démie royale de Belgiqio 
rue Mont-Saint-Martin, Liège. 
BRAHY-PROST (Edouard), 126, 
rue Féronstrée, Liège. 
PAQUES (Erasme), 22, quai d'A- 
mercœur, Liège. 
GOBERT (Théodore), archiviste 
provincial, 10, quai de Maes- 
tricht, Liège. 

RUHL (Gustave), avocat. 73, 
boulevard d'Avroy, Liège. 
DE CRASSIER (baron William , 
avocat. : j .o, rue des Augustins, 
Liège. 

BRASSINNE (Jos.), docteur en 
philosophie,78,rueWazon,L/VV/''. 
LEQUARRÉ (Nicolas», profes- 
seur à l'Université, 37, rue An- 
dré-Dumont, Liège. 
SIMONIS (Julien), docteur en 
médecine, Jemeppe-sur-Meuse . 
SERVAIS (Jean), instituteur, 8, 
rue Joseph Demoulin, Liège. 
RENARD (Lucien), 14, rue Fa 
bry, Liège. 

LOHEST (Max), professeur à 
l'Université, 55, rue Mont-Saint- 
Martin, Liège. 

DE SÉLYS FANSON (baron Ro- 
bert), docteur en droit, 68, ave- 
nue Blonden, Liège. 



X — 



Date de l'entrée Date de l'admission 

à l'Institut. comme membre effectif. 

25 nov. 1898. 25janv. 1903. 29. PHOLIEN (Florent), 26, rue 

Vinâve-d'Ile, Liège. 

26 mars 1897. 29 mai 1903. 30. DE BUGGENOMS (Louis), avo- 

cat, 19, place de Bronckart, 
Liège. 

MEMBRES HONORAIRES 



Date de l'entrée Date de l'admission 

à l'Institut. comme membre honoraire. 

24 fév. 1882. 30janv. 1891. 1. 



BEQUET (Alfred), président de 
la Société archéologique, Na- 



mur. 



30janv. 1891. 2. 
1889. 31 mai 1895. 3. 



DE BAYE(baron Joseph), Paris. 
PONCELET (Edouard), conser- 
vateur des archives de l'Etat, 
Mons. 
27 déc. 1895. 4. DE PIMODAN (comte), duc ro- 
main, capitaine d'état-major, Pa- 
ris. 

16 nov. 1863. 24 déc. 1896. 5. DE BORMAN (chevalier Ca- 
mille), membre du Conseil hé- 
raldique et de la Députation per- 
manente du Limbourg, Schalk- 
hoven. 

24 fév. 1862. 30 déc. 1898. 6. DARIS (Joseph), chanoine de la 

Cathédrale, 40, rue des Prémon- 
trés, Liège. 
1874. 30 déc. 1898. 7. KURTH (Godefroid), professeur 

à l'Université, membre de Y Aca- 
démie royale de Belgique, secré- 
taire de la Commission royale 
d'histoire de Belgique, 6. rue 
Rouveroy, Liège. 

18 nov. 1859. 27 avril 1900. 8. DE THIER(Chevalier Charles), 

président honoraire à la Cour 
d'appel, 3, rue Raikem, Liège. 

29 déc. 1864. 30 mai 1902. 9. DEWALQUE (Gust.), professeur 

émérite à l'Université, membre de 
l'Académie royale de Belgique, 
rue Simonon, 16, Liège. 



— XV — 
Date de l'admission. 

1895. 22. BAAK (Alfred), i. rue Lebeau, Liège. 

25 mai 1894. 23. HOUTART M.), docteur en droit, Tournai. 
Juin 1894. 24. DE GÉRADON (CHEVALIER Mai khi-,, 21, 

boulevard Piercot, Liège. 
30nov.l894. 25. DE SÈLYS-LONGCHAMPS (BARON WALTER . 

sénateur, château deHalloy, parCiney. 
29 nov. 1895. 26. DE RUDDER (Henri), ingénieur, Boussu 

lez- Mo h. s. 

24 déc. 1896. 27. HARROY, directeur de l'Ecole normale, 

Verviers. 
26 mars 1897. 28. OPHOVEN 'Léon), 17, rue Mont-Saint-Mar- 
tin, Liège. 

26 nov. 1897. 29. RÉVÉREND ABBÉ DE L'ABBAYE Dl VAL- 

DIEU, Chameux. 
31 déc. 1897. 30. EGGERMONT (I.), conseiller de légation de 
S. M. le Roi des Belges, château de Leignon, 
par Ciney. 

25 mars 1898. 31. HENRIJEAN (Fr.), professeur à l'Univer- 

sité, il, rue Fabry, Liège. 

25 mars 1898. 32. NEUVILLE (Léon), avocat, 40, rue du Jar- 
din-Botanique, Liège. 

25 mars 1898. 33. HOUSSARD (Ernest), 24, place de la Cathé- 
drale, Liège. 

25 nov. 1898. 34. CRÈMER (Auguste), château de Pétaheid, 
par Verviers. 

30 déc. 1898. 35. RASQUIN (Georges), avocat, 6, rue Laruel le, 
Liège. 

24 nov. 1899. 36. KLINCKSIEK, libraire-éditeur. 11, rue de 
Lille, Paris. 

24 nov. 1899. 37. STRAVEN (François), paléographe, Saint- 
Trond. 

29 déc. 1899. 38. ORBAN (Henry), 59, rue Mont-Saint-Martin, 
Liège. 

28 déc. 1899. 39. DUBOIS (Adolphe), 24, rue Mont-Saint- 
Martin, Liège. 

26janv.l900. 40. VANDERHEYDENAHAUZEUR(ADOLi'iii;i. 
69, Val-Benoît, Liège. 

27 avril 1900. 41. FALK, fils, libraire, 15-17, rue du Parchemin, 
Bruxelles. 

27 mai 1900. 42. VAN ZUYLEN (Paul), industriel, 52, quai 
des Pécheurs, Liège. 



— XVI — 
Dalo de l'admission. 

30 nov. 1900. 43. PONCELET (Henri), imprimeur-éditeur, 7, 

rue des Eburons, Liège. 
30 nov. 1900. 44. VANDEVELD (A..), directeur do la Biblio- 
graphie de Belgique, Bruxelles. 
28 déc. 1900. 45. FRÉSART (Félix), banquier, 9, rue Sœurs- 

de-Hasque, Liège. 
27 déc. 1901. 46. GRENSON (Joseph), docteur en médecine, 

14, rue Fabry, Liège. 
27 déc. 1901. 47. BÉNARD (Auguste), imprimeur-éditeur, 13, 

rue Lambert-le-Bègue, Liège. 
27 déc. 1901. 48. NEEF (O.), distillateur, 10, rue Grandga- 

gnage, Liège. 
■il déc. 1901. 49. DELHEID (Charles), avocat, 121,rueFond- 

Pirette, Liège. 
il dee. 1901. 50. RENKIÎS (Fr.), propriétaire, à Ramioul. 
il déc. 1901. 51. GOOSSENS (Charles), docteur en sciences, 

310, boulevard d'Avroy, Liège. 

27 janv. 1902. 52. ROLAND-DUMONT (LÉON), rue Velbruck, 2, 

Liège. 
27 janv. 1902. 53. ADAiM-PROST (AmÉdÉe), expéditeur, 15, 

place de la Cathédrale, Liège. 
23 avril 1902. 54. BÉCHET (Jean), négociant, 49, rue du Pont- 

d'Ile, Liège. 
30 mai 1902. 55. FORGEUR(PAUL),avocat,4, place Rouveroy, 

Liège. 
25 juil. 1902. 56. RENKIN (François), fabricant d'armes, 90, 

boulevard d'Avroy, Liège. 

28 déc. 1902. 57. LOHEST-DELCHAMBRE (Paul), ingénieur, 

2, rue Rouveroy, Liège. 
28 déc. 1902. 58. JONGEN (F.), négociant, 108, rue Féronstrée, 

Liège. 
25 janv. 1903. 59. PLOMDEUR (J.), industriel, 12, rue de la 

Madeleine, Liège. 
25 janv. 1903. 60. LEROUX (C), président honoraire du tribu- 
nal de première instance, 78, rue du Vertbois, 

Liège. 
25 janv. 1903. 61. DELAME (Th.), avocat à la Cour d'appel, 5, 

rue Saint-Mathieu, Liège. 
25 janv. 1903. 62. BUISSONNET (A.), architecte, 3, avenue 

Rogier, Liège. 



— XVII — 
Dale de l'admission. 

22 fév. 1903. 03. DELAITE Julien , docteur en science 

crétairede la Société liégeoise de littéra 

ture wallonne, 50, ru»' Hors-i Mteau, Liège. 
22 fév. 1903. 04. JACQUES (Léon , ingénieur-électricien, 27, 

rue Vinâve-d'Ile, Liège. 
29marsl903. 05. DE SÉLYSLONGCHAMPS (BARON Mm rice . 

docteur en sciences, 19, boulevard d'Avroy, 

Liège. 
29marsl903. 66. PIEDBŒUF-LOVENS Louis), ingénieur, 5, 

rue Lebeau, Liège. 
29marsl903. 07. POLAIN (Eugène), conservateur en chef du 

Musée du Vieux-Liège, 34, rue du Pont-d'Ile, 

Liège. 
24avrill903. 08. DE LAMINNE (CHEVALIER JULES , château 

du Bois-d'Avroy, Liège. 
24 avril 1903. 09. DE MACAR-DE LAMINNE BARON RAOUL), 

33, boulevard Piercot, Liège. 

24 avril 1903. 70. MISCH et THRON, libraires, 68, rue Royale, 

Bruxelles. 
29 mai 1903. 71. THISQUEN (Joseph), avocat, 70, rue de Joie. 

Liège. 
29 mai 1903. 72. SCUVIE-WILMOTTE Joseph), industriel, 

110, boulevard de la Sauveuière, Liège. 
26 juin 1903. 73. BOGAERT (Hilaire), ingénieur, directeur 

des travaux du charbonnage du Bois-d'Avro} . 

201, quai de Fragnée, Liège. 
31 juil. 1903. 74. BERNARD (Alfred), ingénieur, directeur 

gérant du charbonnage de la Petite-Bacnure, 

32, rue Chéri, Liège. 
31 juil. 1903. 75. ORBAN (Adolphe), docteur en droit, 97, rue 

du Saint-Esprit, Liège. 
31 juil. 1903. 70. HARDY (LOUIS), villa du Rocheux, Theux. 

25 oct. 1903. 77. BIHET (Oscar), étudiant, Chapelle Mome- 

lette, Jupille. 
29 nov. 1903. 78. PAVARD (C), marchand tailleur, -J4, place 

de la Cathédrale, Liège. 
29 nov. 1903. 79. SACRÉ (Fernand), architecte, \ bh , rue Jean 

d'Outremeuse, Liège. 
20 dec. 1903. 80. DE MEEUS (comte Lotis, industriel, 38, 

boulevard Frère Orban, Liège. 



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