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Full text of "Bulletin des commissions royales d'art et d'archéologie"

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COMMISSIONS ROYALES 


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D'AHT ET D-A.RCUÉOLOÔIE. 




j QUARANTE ET UNIÈME ANNÉE. 




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En Tente cbei M. HATEZ, 

imprimeur de l'Académie Royale de Belgique . 

112, me de Loimin, ils. 




BRUXELLES 




190S 








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COMMISSIONS ROYALES 



D'ART ET D'ARCHÉOLOGIE. 






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BULLETIN 

COMMISSIONS ROYALES 

D'ART ET D'ARCHÉOLOBIE. 

QUARANTE ET UNIÈME ANNEE. 



BRUXELLES 

IMPRIMERIE VAN LANOHENDONCK, RUE DES CHARTREUX, 60 



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THE NEW YORK 

PUBLIC LIBRARY 






ASTOfi, LENOX 
TïLOEN FOUNCATJON6. 
1909 



X AHO I 

ATION8. I 



LISTE 



DES, 



MEMBRES EFFECTIFS ET CORRESPONDANTS 



DB LA 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS 

EN A 902 



MEMBRES EFFECTIFS : 

Président : M. Laoasse-de Locht (Ch.), ingénieur en chef, direc- 
teur des ponts et chaussées, a Bruxelles. 

Vice- Présidents : MM. Helleputte (G.), professeur à l'Université 
de Louvain, membre de la Chambre des représentants, à Vlier- 
beek lez Louvain, et Helbig (J.), artiste peintre, à Liège. 

Membres : MM. Ackbr, architecte, à Bruxelles. 

B 1.0 m me (L.), architecte provincial, à Anvers. 
Bobdiau (6.), architecte, à Bruxelles. 
Glutsenaar (A.), artiste peintre, à Bruxelles. 
Delacen8Erie (L.) , architecte, directeur de 

l'Académie des Beaux-Arts, à Bruges. 
Maquet (H.), architecte, à Bruxelles. 
Heusens (E.), chanoine, archéologue, à Louvain. 
Van àssche(A.), architecte, à Gand. 
Van Wint (B.), statuaire, à Anvers. 
Vinçotte (Th.), statuaire, à Bruxelles. 

ecrétaire : Massaux (A.), à Etterbeek. 



— 6 — 



COMITÉS DBS CORRESPONDANTS : 

ANVERS. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Vice-Président : M. Smbrens (Th.), président honoraire du tribunal 

de l r * instance, à Anvers. 

Membres : MM. Bilmeyer (J.), architecte, à Anvers. 

De Braeckeleer (J.), statuaire, à Borgerhout. 
de Vinck de Winnezeele (B on ), archéologue, à 

Anvers. 
Dierckx, membre de la Chambre des représen- 
tants et bourgmestre de la ville de Turnhout. 
Ma8T (E.), archéologue, échevin, à Lierre. 
Nève (L.), ingénieur, à Saint-Léonard (Brecht). 
Van Caster (abbé), archéologue, à Malines. 
Van der Ouderaa, artiste peintre, à Anvers, 
Van Leemputten (P.), artiste peintre, à Anvers. 

Membre-Secrétaire : M. Donnet(F.), administrateur de l'Académie 

des Beaux-Arts, à Anvers. 



. 



,••"•*'; ## Secrétaire-adjoint : M. Jacobs (H.), chef de bureau à l'Adminis- 

tration provinciale, à Anvers. 



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:'r: . : /;;•..: V BRABANT. 

• • . ... • 

* # •:/•*/ / Président : M. le Gouverneur de la province. 



•••: 



Vice-Président : M. Van Even (E.), archiviste delà ville, à Louvain. 

Membres : MM. Cardon, artiste peintre, à Bruxelles. 

De G root (G.), statuaire, à Bruxelles. 
Delvigne, chanoine, archéologue, curé de Saint* 

Josse-ten-Noode, 
Di Vribndt (J.), artiste peintre, à Bruxelles. 



— 7 — 

MM. Dumortier (V.), architecte provincial en chef, 
à Bruxelles. 
Hanon de Louvet, archéologue, à Nivelles. 
Janlet (E.), architecte, à Bruxelles. 
Janssens (W.) t architecte, à Bruxelles. 
Langehock (P.), architecte, à Louvain. 
Licot (C), architecte provincial, à Schaerbeek. 

Secrétaire- adjoint : M. Destrée (H.), chef de bureau à l'Admi- 
nistration provinciale, à Bruxelles. 



FLANDRE OCCIDENTALE. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Membres : MM. Bethune (B od F.), chanoine-archidiacre, à Bruges. 

Bethune (B on J.-B.), membre de la Députation 

permanente du Conseil provincial, à Bruges. 
De Geyne (L.), architecte, à Courtrai. 
De Meyer (D.), docteur en médecine, à Bruges. 
Vandermbrsoh (à.), avocat, à Bruges. 

Membre-Secrétaire : M. Van Rutmbeke (J.), archéologue, bourg- 
mestre d'Oedelem. 

Secrétaire-adjoint : M. Axters (H.), docteur en droit, chef de divi- 
sion à l'Administration provinciale, à Bruges. 



FLANDRE ORIENTALE. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice-Président : M. Serrure (E.), architecte-archéologue, à G and. 

Membres : MM. Cloquet (L.), professeur à l'Université de G and. 

De Waele (J.), architecte, professeur à l'Aca- 
démie des Beaux-Arts, à Gand. 
Ltbaert (T.), artiste peintre, à Gand. 



— 8 — 

MM. Tttgadt (L.), artiste peintre, directeur de l'Aca- 
démie des Beaux- Arts, à Gand. 

Van Biesbroeck (L.), statuaire, professeur à 
l'Académie des Beaux-Arts, à Gand. 

Vandbrhaeoen (P.), bibliothécaire à l'Université 
de Gand, à Saint- Denis -West rem. 

Membre-Secrétaire : M. De Ceulenebr (A.), professeur de l'Uni- 
versité, à Gand. 

Sccri taire-adjoint : M. Db Landtsheer (J.) ( chef de division à 

l'Administration provinciale, à Gand. 



HAINAUT. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Membres : MM. Cador (A.), anoien architecte de la ville, à 

Charleroi. 
Devillers (L.), archiviste de l'État, président du 

Cercle archéologique, à Mon s. 
Soil (£.), juge d'instruction, à Tournai. 
Son ne vil le (C), architecte, à Tournai. 
Van Bastelaer (D.), archéologue, à Saint- Josse- 

ten-Noode. 

Membre-Secrétaire : M. Hubert (J.), architecte-ingénieur, à Mons. 



LIÈGE. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice- Président : M. Rrnier (J.), artiste peintre, à Verviers. 

Membres : MM. Bormans, administrateur inspecteur de l'Univer- 
sité de l'État, à Liège. 

Drion (M. -P.), directeur de l'Académie royale des 
Beaux-Arts, à Liège. 



— 9 — 

MM. Feuillat(P.), architecte, à Huy. 

Francotte (G.), Ministre de l'industrie et du 
travail, à Bruxelles. 

Jamar (E.), architecte, à Liège. 

Schuermans (H.), premier président honoraire 
de la Cour d'appel, è Liège. 

Schoolmeesters (E.), archéologue, vicaire géné- 
ral, à Liège. 

Membre Secrétaire : M. Lohest(?.), archéologue, à Liège. 

Secrétaire-adjoint : M. Angekot (H.), greffier provincial, à Liège. 



LIMBOURG. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice- Président : M. Van Nedss (H.), archiviste de l'État, à Hasselt. 

Membres : MM. Courroit (J.), statuaire, professeur à l'Académie 

des Beaux-Arts, à Hasselt. 
Daniels (l'abbé P.), archéologue, à Zolder. 
De Grùnne (C te G.), sénateur, à Russon. 
Jaminé (L.), architecte provincial, à Hasselt. 
Schaitzen (Chevalier 0.), à Ton grès. 
Serrure (E.), architecte, à Saint-Trond. 

Membre-Secrétaire : M. De Borman (Chevalier C), membre de la 

Députation permanente, à Schalkhoven. 

Secrétaire-adjoint : M. Van Weddingen (A.), commis à l'Adminis- 
tration provinciale, à Hasselt. 



LUXEMBOURG. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Vice-Président : M. Tandel, commissaire d'arrondissement, a 

Arlon. 



— 10 — 

Membres : MM. Cupper (.T.), architecte provincial, à Bastogne. 

Déome,' avocat, à Neufchâteau. 

de Mathelin, statuaire, à Liège. 

le P. Gopfinet, membre de l'Institut archéolo- 
gique d' Arlon. 

Kurth (G.), professeur d'histoire à l'Université 
de Liège. 

Van de Wyngaebt père, directeur de l'école 
industrielle, à Arlon. 

van Limburg-Stirum (O A.), membre de la 
Chambre des représentants, à Bruxelles. 

Wilmar, archéologue, à Amonines. 

Secrétaire : M. André (A.), chef de bureau au Gouvernement pro- 
vincial, à Arlon. 

NAMUR. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Vice-Président : M. Bequet (A.), président de la Société archéo- 
logique, à Namur. 

Membres : MM. Boveroulle, architecte provincial, à Namur. 

Dardenne, ancien régent d'école moyenne, à 

Andenne. 
Del Marmol (Bon p.), archéologue, à Dînant. 
Léanne (F.), architecte honoraire de la ville de 

Namur, à Etterbeek. 
Soreil, ingénieur, à Maredsous (Sosoye). 
Sosson, chanoine titulaire, à Namur. 

Secrétaire-adjoint : M. Vandenneuker, chef de division à l'Admi- 
nistration provinciale, à Namur. 



— 11 — 



COMITÉ SPÉCIAL DES OBJETS D'ART 



Président : M. Helleputte (G.), architecte, professeur à l'Univer- 
sité de Louvaiu, membre de la Chambre des représentants, à 
Vlierbeek lez Louvain. 

Membres : MM. De Groot (G.), statuaire, à Bruxelles. 

Helbig (J.), artiste peintre, à Liège. 
Hennebicq (A.), artiste peintre, à Bruxelles. 
MABCHAL(le Chevalier Edra.), secrétaire perpétuel 

de l'Académie royale de Belgique, à Bruxelles. 
Reusens (le chanoine Edm.), archéologue, à 

Louvain. 
Vinçotte (Th.), statuaire, à Bruxelles. 

Secrétaire : M. Massaux (A.), à Etterbeek. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROCÈS-VERBAUX 



SEANCES 
des 4, 11, 18 et 25 janvier; des 1", 8, 15 et 22 février 1902. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

Des avis favorables ont été émis sur : 

1° Le projet rclalif au placement d'un chemin de la croix ggii^decboj. 
peint dans l'église de Ghoy (Ilainaut) ; auteur, M. Ch. de,acroix 
Janssens ; 

2° Le projet relatif à la décoration picturale de l'église Égii*edeT« tt veo. 
de Teuven (Liège). Il conviendrait de conserver aux écoin- 
çons les anges que l'auteur a supprimés par erreur dans le 
projet modifié. L'attention du conseil de fabrique a été 
appelée sur la convenance qu'il y aurait de placer des 
vitraux dans l'édifice avant de commencer la peinture. On 
évitera ainsi des mécomptes dans l'effet d'ensemble de la 
coloration, celle-ci étant susceptible d'être modifiée par le 
placement ultérieur des vitraux; auteurs, MM. Scheen 
el fils; 



— H — 

^Dé^niiZF*' **° ^ e P ro J et concernant la décoration picturale de l'église 
de Huysse (Flandre orientale). L'auteur, M. Coppejans, a été 
engagé à développer l'Arbre de Jessé sur toute la surface du 
pignon, à mieux pondérer la frise du chœur en donnant 
plus d'importance aux anges et en réduisant l'arc, enfin, 
à vérifier si l'enduit sur lequel il doit peindre est suffisam- 
ment résistant et dans un état de siccité tel qu'il n'y ait pas 
à craindre des mécomptes dans l'avenir. Il devra être tenu 
scrupuleusement compte de ces recommandations; 
ÉgiiM 4° Le projet relatif au placement de vitraux dans l'église 

viiraox. <j e Montegnée (Liège), sous réserve de prolonger l'archi- 
tecture au-dessus des figures inférieures de façon à former 
un soubassement aux figures de la rangée supérieure, afin 
d'éviter le damier intermédiaire, dont l'effet n'est pas 
heureux ; 
•Égiiw 5 Les projets relatifs au placement de vitraux dans 

de Iteuingbelst. r * r 

vitraux, l'église de Reninghelsl. Au cours de l'exécution, il y aura 
lieu de donner un caractère plus architectural aux soubasse- 
ments, de mieux encadrer les sujets et de revoir les nuages 
qui manquent de style. Il importera aussi que l'auteur, 
M. Dobbelaere, tienne la main à ce que la coloration ait la 
même vigueur dans l'ensemble des verrières; 

fiftae de 6° Le dessin-spécimen de deux vitraux destinés au chœur 

Boiut-Bonlface, 

V!uw* °* e ^gh" se de Saint-Boniface, à Ixelles (Brabant). Cette 

étude a rencontré l'assentiment unanime du Collège. Aussi, 

il l'a revêtue de son approbation sans aucune réserve; auteur, 

M. Ladon; 

Égiue 7* Le projet d'un vitrail à placer dans l'église de Saint- 

de Saint-Nicolas, _,.. *rv ■ <r«i i • i i v » i i» » 

* vî£ïï dt " Nicolas, a Dixmude (Flandre occidentale). Lors de 1 exécu- 
tion, l'auteur, M. Dobbelaere, devra s'attacher à masquer 



— Vi- 
les tons bruns des costumes, le brun étant incompatible 
avec la peinture sur verre ; par sa nature même elle doit 
être essentiellement translucide; 
8° Le projet élaboré par M. Ladon en vue du placement église 

r * r de Noire- Dame, 

d'une verrière dans l'église de Notre-Dame, à Saint-Trond à v!J!;kre. 0,ld ' 
(Limbourg). Cette étude remarquable a rencontré l'appro- 
bation unanime et sans la moindre réserve du Collège. 

— A la suite du rapport du 18 décembre 1901 , de nou- ^ liM 
veaux échantillons ont été présentés en vue des modifications °<Ju sTûoÔ, 

r à Bruxelles. 

proposées à l'entourage des stations du chemin de la croix de c £ £jj x . 
de l'église de Notre-Dame du Sablon, à Bruxelles. 

Lors de l'inspection du ï* r février 1902, il a été reconnu 
que le fond d'or diapré pour les stations devrait être lozangé 
plutôt que quadrillé; l'effet en serait plus satisfaisant. 

Le dernier type présenté vers le côté ouest de l'église pour 
le diaprage des arcatures semble, par son aspect plus tran- 
quille, devoir obtenir la préférence; il convient de lui donner 
la tonalité rouge du premier compartiment vers le tran- 
sept. 

Pour la délimitation du champ d'or des stations, le Collège 
préfère le modèle à trois petites arcatures rouges; celles-ci 
seront délimitées, au-dessus, par un filet d'or les séparant 
du diaprage. Ces arcatures encadrent bien le sujet et déli- 
mitent mieux le diaprage qui les surmonte. 

Il faut éviter de dorer les chanfreins longeant les arca- 
tures; les chanfreins doivent être traités dans le ton des 
colonnettes ; ils se rattachent à l'ossature de l'édifice, par 
conséquent, ils ne peuvent se confondre avec les fonds. 

II sera utile de renforcer un peu le ton des anges ; ceux-ci 
doivent davantage se détacher des fonds diaprés. 



— 16 — 

église — Le vitrail dont le dessin a reçu le visa le 16 mars 1899, 

de Sainl-Roch, * ' 

*viÎÏÏl" a è[ û entièrement placé dans l'église de Sainl-Roch, à 
Deurne. 

Les auteurs se sont inspirés des recommandations faites 
par la Commission en ce sens qu'ils ont remplacé la partie 
incolore par des verres de couleur translucide dessinant 
une bonne architecture. Quoique le soubassement, sous ce 
dernier rapport, laisse à désirer, l'œuvre artistique est con- 
venable et mérite le subside de l'État. 
ékhm déu«w- — Il a été procédé, le 30 décembre 1901, à l'examen des 

Saint-Pierre. 

vu™*, vitraux placés dans le chœur de l'église de Leeuw-Sainl- 
Pierre. 

Les verrières dont il s'agit ayant été convenablement 
exécutées, rien ne s'oppose à leur approbation. 



CONSTRUCTIONS CIVILES. 

La Commission a émis des avis favorables sur : 
uftei de «aie 4° Le projet présenté par l'administration communale, en 
vue de la restauration de la salle des Saquieaux à l'hôtel de 
ville de Mons (Hainaul). L'attention de l'auteur de ce projet, 
M. l'architecte Delacenserio, a été appelée sur la convenance 
de s'assurer, au cours de l'exécution, s'il ne serait pas pos- 
sible, au point de vue de l'aspect de la salle, de placer 
l'escalier parallèlement au mur; 
HàteidoTiiie 2° Le décompte final des travaux de restauration effectués 

de Bruges. r 

au vestibule de l'hôtel de ville de Bruges (Flandre occiden- 



tale), dont le montant s'élève à fr. 42,607-36. 
poterne — Il a clé procédé, le 23 décembre 1901, à l'examen, 

de Hnmelgliem. . . 

sur place, des propositions relatives au couronnement de la 



— 17 — 

façade principale et de la tourelle d'escalier de l'ancienne 
poterne de Humclghem (Brabant). 

Étant donnée l'importance du chéneau et surtout des arca- 
tures qui le supportent, il semble qu'il a existé autrefois un 
parapet. Il y a donc lieu de le rétablir mais en réduisant sa 
hauteur au strict nécessaire pour ne pas trop changer l'aspect 
de l'édifice qui est fort intéressant, même dans sa situation 
actuelle. 

L'escalier qui dessert non seulement les combles et les 
échanguettes mais en même temps l'étage de la poterne qui 
a été régulièrement habité, a dû nécessairement être couvert. 
Mais le voisinage du pignon à gradins permet de supposer 
que cette couverture était peu élancée ; il est même probable 
qu'elle se composait de dalles superposées à recouvrement 
dont l'aspect ne jouait guère de rôle dans la vue d'ensemble 
du bâtiment. L'architecte, présent à l'inspection, a été 
engagé à étudier un projet dans ce sens. 

Les lucarnes projetées pour éclairer les combles sont 
inutiles; il suffit, pour assurer cet éclairage, de ménager une 
petite baie rectangulaire dans le sommet du pignon qui doit 
être reconstruit. 

Les observations qui précèdent ayant été communiquées 
à M. Yan Nooten, cet architecte a apporté au projet les 
modifications nécessaires. Cette élude a été revêtue du visa. 

Les travaux de restauration déjà effectués à l'édifice sont 
bien exécutés. Seulement, l'appareil des contreforts nou- 
veaux est trop régulier; on fera bien de le rendre un peu 
plus fruste au moyen de quelques coups de ciseau. Il con- 
viendra aussi de remonter le gradin inférieur établi pour 
neutraliser la poussée de la voûte sur le pignon sud ; ce 



— 18 — 

gradin devra s'arrèler à proximité du gradin supérieur et les 
deux se termineront en glacis. 

Le rejointoyage des parements devra être effectué à fleur 
des maçonneries; ii n'empiétera en aucune façon sur les 
pierres. 

Avant l'acquisition de la poterne par l'État, le propriétaire 
a vendu à M. Delacre, pharmacien, à Bruxelles, une espèce 
de crédence qui se trouvait encastrée dans le mur de la salle 
de l'étage. Ce récipient avait un écoulement au dehors par 
un petit caniveau. Il serait extrêmement intéressant de 
remettre ce récipient à la place qu'il occupait. Il parait que 
M. Delacre serait disposé à le revendre à l'État, moyennant 
le prix qu'il lui a coûté, soit 125 francs. 

ÉDIFICES RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

convtruciioM Des avis favorables ont été donnés sur les projets relatifs : 

et restauration 

de pre«bytèr M . i° A la construction d'un presbytère à Àssebroucke 
(Flandre occidentale) ; architecte, M. Charels; 

2° A la reconstruction du presbytère du Nukerke (Flandre 
orientale), à la condition que l'on aura égard aux observa- 
tions présentées dans le rapport de M. l'architecte provincial, 
en date du 31 janvier 1902; architecte, M. Vossaert; 

3° A la construction d'un presbytère à Buysinghen (Bra- 
bant) ; architecte, M. Toen ; 

4° À la construction d'un presbytère à Morhet (Luxem- 
bourg); architecte, M. Cupper; 

5° A la restauration et à l'amélioration du presbytère de 
Stabroeck (Anvers); architecte, M. Gife. 



— 49 — 

ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a émis des avis favorables sur les projets 
relatifs à la construction d'églises : 

1° A Koekelberg, paroisse de Sainte-Anne (Brabant), de Sa f «;jf Aoiie 
sous les réserves suivantes : a) La parlie de l'édifice exposée à K<* ke,b « r «- 
directement sur le boulevard Léopold II est seule construite 
en pierre, tandis que le reste du monument, également 
visible du boulevard, est en brique. Il en résultera un effet 
malheureux. Il importerait que tout l'extérieur fût ou en 
pierre ou en brique. Si on adoptait la brique, il faudrait 
faire choix de matériaux de toute première qualité. Si on 
adoptait la pierre on pourrait employer à cette fin celle qui 
est prévue pour les parements intérieurs et se borner à 
crépir ceux-ci. La quantité de pierre prévue pour l'intérieur 
suffirait pour construire les parements extérieurs; b) le faux 
triforium doit être supprimé. La Commission s'est ralliée à 
l'avis de M. l'architecte provincial en chef, que les colonnes 
doivent avoir un diamètre plus fort si on les exécute en 
brique; que Ton doit prévoir les moyens de chauffage et de - 
ventilation du temple ; que des citernes doivent être con- 
struites pour recueillir les eaux pluviales ; que la surface des 
sacristies et du refuge doit être augmentée; architecte, 
M. Ramaekers; 

2° A Wépion (Namur); architecte, M. Van Gheluwe; êçh* 

de Wo pion. 

3* A Lierre, paroisse de la Sainte-Famille (Anvers); É^.ieia 

r Sainte-Famille, 

architecte, M. Careels. * Lierre - 

Ont aussi été visés les projets relatifs : 

1° A l'agrandissement et à la restauration de l'église de ^.e 
Passchendaele (Flandre occidentale). A la demande du 



— 30 — 

Collège, l'auteur a apporté au projet certaines modifications, 
entre autres quelques-unes de celles suggérées par M. le baron 
Belhune, auxquelles la Commission s'était ralliée, d'autres 
indiquées lors d'une conférence avec l'auteur, M. Depauw. 
La Commission avait engagé l'architecte à examiner si la 
voûte de la nef centrale est suffisamment contrebultée et 
posé la question de savoir s'il ne vaudrait pas mieux y établir 
un plafond en bois. M. Depauw a répondu que ses calculs 
établissent qu'aucun danger n'est à craindre. Au point de 
vue de la construction de celle voùle, on ne peut que lui 
laisser pleine liberté, tout en regrettant cependant qu'il 
n'adopte pas un plafond eu bois, à l'exemple de ce qui s'est 
pratiqué autrefois dans les anciennes églises romanes de 
notre pays. Le transept et le chœur de l'église de Passchcn- 
daele peuvent être rangés dans la 3 e classe des monuments 
du culte ; 
ggite 2° A la construction d'une chapelle contre l'entrée sud 

e BeVwi nne. * de l'église de Ciermont-sur-Berwinne (Liège); architecte, 
M. Salée; 

Église de g«w 5" A la construction d'une sacristie à l'église de Goé 

(Liège); architecte, M. Jamar. 
objeu mobilier. Ainsi que les dessins d'objets mobiliers destinés aux 

d'églises. , ,. , 

églises de : 

Montegnée (Liège) : maitre-aulel ; 

Saint-Germain, à Tirlemont (Brabant) : autel et banc de 
communion ; 

Sainl-Servais, à Schaerbeek (Brabant) : deux autels 
latéraux ; 

Neerpelt(Limbourg) : mailre-autel et banc de communion ; 

Opilter (Limbourg) : banc de communion ; 



— 21 — 

Lommel (Limbourg) : maitre-autel ; 
Torgny (Luxembourg) : bancs ; 
Callenelle (Hainaut) : buffet d'orgues. 

— II a été procédé, le 20 février 4902, à l'examen du É 8 me de !«<*«* 
maitre-autel placé dans l'église de Nokere. 

H. Van Biesbroeck, membre du Comité des correspon- 
dants de la Flandre orientale, assistait à cet examen, dont il 
résulte que le meuble dont il s'agit a été exécuté dans de 
bonnes conditions. En conséquence, rien ne s'oppose à la 
liquidation du subside alloué par l'État en vue de sa réali- 
sation. 

— Les deux autels latéraux et le lambris de la chapelle Égiiuda 

Braine-le-Corate. 

de la Sainte-Vierge, placés récemment dans l'église de 
Bratne-le-Gomte, ont fait l'objet d'un examen, le 19 décem- 
bre i 901, de concert avec MM. Van Bastelaer, Devillers, 
Hubert et Soil, membres du Comité des correspondants du 
Hainaut. 

Il a été constaté que les œuvres dont il s'agit sont exécu- 
tées d'une façon très satisfaisante. Il y a lieu, conséquem- 
ment, de liquider le subside promis sur les fonds des Beaux- 
Arts, en vue de celte entreprise. 



TRAVAUX DE RESTAURATION. 



Le Collège a visé : 

1° Le projet de restauration de l'église d'Angreau (Hai- ê^ 
naut); architecte, M. Dosveld; 

2° Le projet concernant la restauration de l'église d'Hyon t s u* d'Hyoo. 
(Hainaut); architecte, M. Lenain ; 



— 22 — 

&»«! 3° Le projet de divers travaux de restauration à effectuer 

de Tohogne. * • 

à l'église de Tohogne (Luxembourg); architecte, M. Cupper ; 
Église de FruiH» 4° Le projet relatif à la restauration de réalise de Frasnes 

lez Gostelies. r ' ° 

lez Gosselies (Hainaut); architecte, M. Simon; 
Égiue de vuien- 5° Le projet de restauration de l'église de Villers-sur- 

sur-Somois. 

Semois (Luxembourg) ; 
ÉffUM 6° Le projet relatif à la restauration des vitrages des 

de Saint-Loup, * * ° 

àN.mnr. fenêtres de l'église de Saint-Loup, à Namur; 
ÉgiUf de jeueffe. 7° Le projet concernant des travaux divers de réparation 
à effectuer à l'église de Jeneffe (Namur) ; 
Égi.te 8° Le projet de restauration de redise de Wilskerke 

(Flandre occidentale); architecte, M. Pil; 
tifH£ f« iwm. 9° Le projet de travaux de réparation à exécuter à l'église 
des Haies, à Marcinelle (Hainaut) ; 
agit* 10° Le projet relatif à la restauration de redise de Moors- 

dcMoorslede. r J ° 

lede (Flandre occidentale) ; 
itgiue 11° Le projet de restauration de l'église de Xhijçnesse 

de Xlngnme. r J DO 

(Liège); architecte, M. Lohest; 
ÉgHse de saint, 12° Le projet d'une première série de travaux de rcslau- 

Jean-Baptiite, 

i wavre. ra iion à exécuter à l'église de Sainl-Jean-Baptiste, à Wavre 

(Brabant); architecte, M. Langerock ; 
compte. 13° Les comptes des travaux de restauration effectués aux 

de travaux 
de restauration, églises de ". 

Saint-Martin, à Haï (Brabant) : exercice 1900; 

Notre-Dame, à Anvers : premier semestre de 1901. 

tou* — La délégation qui a procédé, le 20 janvier 1902, à 

Brice - l'inspection de l'église de Rhode-Sainl-Brice, sous Meysse 

(Brabant), a constaté que cet édifice mérite, autant par 

l'aspect original que présente la succession et la disposition 

des toitures de chacune de ses parties que par l'époque 



— 23 — 

reculée de leur construction, d'être compris dans la 3* classe 
des monuments. Son état exigeant des travaux de restau- 
ration et d'appropriation assez importants, il conviendra de 
faire effectuer un relevé soigné de l'église et un projet com- 
plet de restauration. Il sera utile aussi que l'architecte, à ce 
commis, s'assure si la charpente et la voûte sont anciennes 
et qu'il fasse procéder à la mise à nu d'une partie des murs 
intérieurs, cette opération devant révéler la nature des maté* 
riaux mis en œuvre. 

— Pour satisfaire à la demande du conseil de fabrique, H 
a été procédé, le 10 février 1902, à l'inspection de l'église 
de Werchter (Brabant), à l'effet d'apprécier si elle peut 
être rangée au nombre des édifices monumentaux du 
culte. 

Le vaisseau de cette église remonte tout entier à la der- 
nière période ogivale, mais la construction du chœur parait 
avoir précédé quelque peu celle du reste du temple. La base 
de la tour appartient également à celte période, tandis que 
sa partie supérieure est plus récente; elle porte, du reste, 
la date de 1657. Son couronnement bulbeux ne manque pas 
d'une certaine élégance. 

Quelques parties de ce temple, notamment le transept et 
peut-être aussi le haut de la grande nef, ont subi des 
remaniements. 

Les voûtes en maçonnerie de la haute nef et du transept 
sont d'une époque plus récente que la construction ; elles ont 
probablement été substituées à des voûtes en bardeaux dont 
des fragments sont encore visibles sous les combles du tran- 
sept sud. 

Le chœur est recouvert par une belle voûte ogivale 



Église 
de Werchter. 



— M — 

remontant à l'époque de la construction de cette partie de 
l'église. 

Tous les parements extérieurs de l'édifice sont construits 
en belles pierres ferrugineuse et grise. 

Les fenêtres de la haute nef et celles du chœur sont ornées 
de meneaux d'un beau tracé et d'un bon profil. 

En somme, l'église de Werchter offre un bel ensemble, 
d'un caractère imposant ; son mérite artistique et archéolo- 
gique est suffisant pour qu'il y ait lieu de la ranger dans la 
3 e classe des monuments du culte. 

L'église de Werchter possède une cuve baptismale en 
marbre blanc très curieuse. A cause du caractère étrange 
de ses sculptures, il est difficile de lui assigner une date 
approximative; en tous cas, elle remonte à une époque très 
reculée. Le couvercle en bronze, d'une forte épaisseur, 
semble appartenir au xvi* siècle ; il a visiblement été confec- 
tionné pour la cuve dont il suit tous les mouvements ; la 
potence en fer forgé qui le fait mouvoir date de la dernière 
période ogivale ; elle est intéressante. 

L'église possède également une croix triomphale du 
xv* siècle, d'un travail soigné et délicat. 
Êgiuede — Il a été procédé, le 16 décembre 1901, dans l'église 

8aiBte-Wandra, ** 

à Mo», je Sainte- Waudru, à Mons, à l'examen du programme 
d'ensemble de tous les ouvrages qu'il est désirable de voir 
effectuer à l'intérieur de cette ancienne collégiale. 

MM. Devillers, Hubert et Van Bastelaer, membres du 
Comité des correspondants du Hainaul, assistaient à cet 
examen. 

Le programme tracé par le conseil de fabrique, d'accord 
avec son architecte, M. Mortier, est accompagné d'un 



— 25 — 

mémoire rédigé par M. le doyen Lemaitre, notamment pour 
ce qui concerne les orgues et leur emplacement. 

Après un examen attentif de ces documents et une inspec- 
tion minutieuse de l'édifice, la délégation s'est trouvée 
d'accord avec M. le doyen et le conseil de fabrique pour 
admettre l'établissement d'un petit orgue d'environ quinze 
jeux dans la première travée au côté nord du chœur. 

Il y a eu également accord unanime pour admettre la 
proposition de M. le doyen, de dégager immédiatement la 
partie inférieure de la tour, des constructions informes qui y 
ont été élevées en 1817 pour l'établissement d'un jubé. La 
nécessité de ce dégagement, au point de vue de l'aspect du 
temple et des convenances, ne peut être mise en doute. 

L'emplacement du grand orgue serait réservé. Il pourrait 
cire choisi soit sous la grande verrière de la tour, soit dans le 
transept nord. Cette dernière disposition permettrait de 
réédifier l'ancien jubé de Jacques Dubroeucq, artiste qui a 
exécuté pour l'église de Sainte- Waudru des œuvres remar- 
quables. Il est d'ailleurs indispensable que les bas-reliefs 
soient placés à la même hauteur et dans les mêmes condi- 
tions où ils l'étaient autrefois dans le jubé démoli; tout leur 
effet artistique en dépend. 

Avant de rien décider au sujet de l'une ou de l'autre de 
ces deux solutions, il y a lieu de prier M. l'architecte Mortier 
de soumettre une esquisse du projet de rétablissement du 
jubé dans le sens de ce qui précède et une esquisse d'après 
ses idées personnelles, c'est-à-dire du rétablissement à 
l'entrée près de la tour. Ces esquisses doivent être très som- 
maires et indiquer, par une teinte, ce qui existe encore de 
l'ancien jubé. 



— 26 — 

La délégation partage encore ravis de M. le doyen en ce 
qui concerne les nouvelles stalles du chœur, lesquelles 
doivent être conçues en style gothique, dans le goût de 
celles de Saint-Pierre, à Louvain. Les stalles actuelles, 
appropriation peu heureuse des stalles chorales de l'ancienne 
église de Saint-Germain, de Mons, seraient déplacées, divi- 
sées en panneaux et reportées dans les chapelles, en forme 
des anciens bancs des maîtres de confréries. 

Le style gothique devra aussi être adopté pour les clôtures 
du chœur comme pour celles des chapelles ; le type de ces 
dernières clôtures a été adopté le 15 juin 1901. 

Le conseil de fabrique rappelle l'urgence de restaurer les 
toitures et les voûtes de l'église. Il ajoute qu'il y a lieu de 
restaurer encore les bases et les fûts des colonnes, les 
larmiers des fenêtres et de remplacer par la pierre bleue 
diverses réfections faites au ciment, aux colonnes et aux 
nervures, entamées pour le placement de l'ornementation 
en style renaissance, aux siècles passés. 

Il y a accord parfait avec le conseil de fabrique sur le 
point qui précède : il faut enlever le ciment aux colonnes et 
aux nervures. Il faut aussi remplacer toute pierre endom- 
magée; mais il faut écarter, autant que possible, le ciment, 
même pour les joints trop ouverts, pour la réparation des 
ébréchures ou écornures des pierres, etc. 

Il y a lieu également d'adopter le programme concernant 
les vitraux : ceux de la haute nef et du transept seront 
reconstitués en style renaissance, des fragments de cette 
époque, relrouvés dans les combles, élant suffisants pour 
rétablir au moins dix verrières. Les autres baies du vaisseau 
principal et la grande fenêtre du portail ouest recevront une 



— 27 — 

décoration de même style lorsque les ressources le permet- 
tront. Quant aux vitraux des basses-nefs et des bas-côtés du 
chœur, ils seront en style ogival approprié au caractère de 
la construction, soit dans le type de ceux placés récemment, 
lesquels ont obtenu les approbations requises. 

Pour le mailre-aulel, la délégation estime, contrairement 
à l'avis du conseil de fabrique, qu'il serait opportun d'adopter 
le style gothique comme pour les stalles et les clôtures, bien 
entendu si l'on adopte la reconstitution du jubé de 
Dubroeucq. En tous cas, cette question, comme celle du 
jubé, doit être réservée jusqu'après la réception des études 
réclamées ci-dessus à l'architecte. 

C'est à l'unanimité que l'on adopte l'idée d'exécuter leê 
confessionnaux en style gothique. 

Mais, à l'unanimité aussi, on repousse l'idée d'établir deux 
autels nouveaux dans le transept. 

Dans les murailles de plusieurs chapelles, le décapage de 
l'église a ouvert des baies bordées de forts moellons. On 
adopte la proposition de les fermer par des portes parche- 
minées comme celles qui sont placées déjà à la chapelle de 
Notre-Dame de Tongres. 

On adopte également l'idée d'exécuter en marbre la statue 
du Christ au tombeau qui manque dans la petite chapelle en 
hors-d'œuvre située à l'angle formé par le mur extérieur de 
la nef nord et celui du transept. Les deux portes d'entrée de 
ladite chapelle peuvent être en chêne sculpté avec des arma- 
tures en fer forgé. 

On est de même d'accord pour admettre que les retables 
à exécuter pour les dix-sept chapelles qui en sont dépour- 
vues, seront traités dans le style de l'église. Mais on appelle 



— 28 — 

toute l'altention du conseil de fabrique sur la nécessité de 
doler la collégiale de Sainle-Waudru de retables dignes de 
cet admirable monument ; qu'ils soient, dans leur variété, à 
la hauteur de ceux existants et surtout de celui de la chapelle 
de Saint-Joseph. Il va sans dire que cette assimilation s'ap- 
plique aux anciens retables et nullement à celui placé récem- 
ment dans une chapelle de la nef sud, lequel laisse beaucoup 
à désirer au point de vue de la conception et de l'exécution. 

Il parait qu'il existe un projet ayant pour but d'abaisser le 
niveau du sanctuaire de Sainte- Waudru. Ce projet devra, le 
cas échéant, être mûrement examiné. 

Le rapport du 19 décembre 1896, dressé à la suite de 
l'inspection du 19 novembre précédent, signalait la nécessité 
de déplacer la châsse de Sainle-Waudru qui occupe l'arcade 
derrière le maitre-autel et empêche la vue de s'étendre au 
fond de la chapelle absidale. Il importe d'étudier le projet de 
ce déplacement. 

11 doit être formellement entendu qu'aucun travail, quel 
qu'il soit, ne pourra être entamé et poursuivi qu'après que 
le projet en aura été régulièrement soumis aux Autorités 
compétentes et approuvé par elles. 

Les avis relatés ci-dessus ont été formulés à l'unanimité 
des membres de la Commission royale. 
Eglise — Il a été procédé, le 16 janvier 1902, à l'inspection de 

d'Haotrage. 

l'église d'Haulrage, à laquelle il est question d'exécuter des 
travaux de restauration tant intérieurs qu'extérieurs. 

MM. Hubert, Devillers, Soil et Sonneville, membres du 
Comité des correspondants du Hainaut, assistaient à celte 
inspection. 

La tour de l'église d'Hautrage semble remonter au 



— 29 — 

xvi e siècle, et le vaisseau date, paraît- il, de 1829. C'est un 
ensemble de constructions n'ayant aucune valeur artistique. 

L'entretien de cet édifice a été très négligé. 

À l'extérieur de l'édifice il n'y a pas d'écoulement d'eau 
au pied des murailles, celles-ci se détériorent, pourrissent 
littéralement. Les toitures sont en mauvais état; les gout- 
tières et les tuyaux de descente sont dégradés, insuffisants 
et manquent même à certains endroits; les seuils des fenêtres 
du vaisseau et la retraite de l'étage de la tour n'ont pas de 
larmier, de sorte que les eaux coulent sur les murs et s'y 
introduisent. Des travaux de rejointoyage en recherche 
s'imposent à toutes les maçonneries et surtout aux faces sud 
et ouest de ta tour. 

L'intérieur de l'édifice est aussi dans un état précaire. 
Certaines parties des plafonds et des enduits sont tombées, 
d'autres, crevassées, menacent ruine. L'humidité transperce 
les murs et les plafonds. Les soffites qui relient les colonnes 
s'affaissent. Bref, tout l'édifice réclame une restauration 
sérieuse et urgente; on devra l'entamer dans le plus court 
délai possible en commençant par l'extérieur. Parmi les 
mesures les plus pressantes il convient de citer celle ayant 
trait à la vérification des soffites dont l'état de situation ne 
peut être déterminé exactement sans procéder à l'enlèvement 
des plâtrages qui les recouvrent. Le soffite du jubé a subi 
un mouvement inquiétant; on fera chose prudente en l'étan- 
çonnant, en attendant qu'il soit possible d'en entamer la 
restauration. Sa situation parait assez grave pour que l'auto- 
rité locale prenne des mesures sérieuses en vue de mettre 
sa responsabilité à couvert. 

Deux devis ont été dressés par M. l'architecte Sonneville, 



— 50 — 

l'un au montant de 7,480 francs pour les travaux extérieurs, 
le second s'élevant approximativement à 7,835 francs pour 
les ouvrages intérieurs. 

Estimant que ces dépenses sont exagérées, le conseil com- 
munal a fait dresser un devis par M. l'architecte Lhoest dont 
le total s'élève à fr. 5,226-58; il comporte la restauration 
des toitures et du plafonnage. 

Étant donné l'état de situation de l'édifice, le travail ainsi 
limité par le conseil communal ne constituerait qu'un pal- 
liatif. Il importe de procéder à un travail sérieux et, à celte fin, 
il est à prévoir que les deux devis réunis de M. Sonneville 
constitueront une estimation qui se rapprochera de la réalité. 

Les travaux devraient èlre exécutés par voie d'adjudica- 
tion restreinte, à bordereau de prix, entre quelques entre- 
preneurs connus. 

L'église d'Hautrage possède une œuvre de sculpture 
intéressante, en pierre blanche, qui paraît remonter au 
xv* siècle ; elle représente l'Ensevelissement du Christ. 

II y a lieu de prendre toutes les mesures de précaution 
nécessaires pour qu'elle ne subisse aucune détériorai ion 
pendant les travaux qui s'exécuteront à l'intérieurde l'édifice. 
On devrait même profiter de ces ouvrages pour lui assigner 
un emplacement définitif autre que celui d'à présent; elle est 
simplement déposée sur le pavement de la chapelle latérale 
sud. On pourrait peut-être l'installer dans une niche à 
creuser dans le mur séparant le chœur de ladite chapelle ou 
l'utiliser comme retable d'autel. 
église — A la demande du conseil de fabrique, il a été procédé, 

de Nieuport. . 

le 3 février 1902, à l'inspection des travaux de restauration 
en voie d'exécution à l'église de Nieuport. 



— 31 — 

M. le baroo Bethune, membre du Comité des correspon- 
dants de la Flandre occidentale, assistait à la visite. 

Il résalle de cet examen que les travaux dont il s'agit 
s'effectuent dans de très bonnes conditions. On ne peut que 
louer les artistes chargés de ce travail, leurs collaborateurs 
et les autorités civiles et ecclésiastiques qui les inspirent et 
les appuient. 

Des recherches opérées dans la façade longitudinale de la 
chapelle sud bordant le chœur, ont permis de constater que 
des fenêtres géminées primitives, semblables à celles récem- 
ment restaurées de la chapelle nord, ont existé; elles ont été 
remplacées postérieurement par des fenêtres simples. Il y 
aura lieu de rétablir la situation primitive infiniment plus 
intéressante que celle qui lui a été substituée. 

Au côté nord, contre le chœur, il existe une ancienne 
tribune ou oratoire d'une architecture très intéressante et 
d'une grande légèreté de construction. Il importe que cette 
annexe soit débarrassée des objets de toute espèce qui 
l'encombrent et qu'on procède à sa restauration complète 

Le projet de restauration de l'édifice, adopté par les 
Autorités compétentes, prévoit une voûte en bardeaux pour 
la croisée du transept. Des culs-de-lampe en maçonnerie 
semblent démontrer qu'il a existé à cet endroit ou que l'on a 
eu l'intention de construire une voûte en maçonnerie. Celte 
partie du projet devra être revue et étudiée avec grand soin 
avant de passer à l'exéculion du travail. 

On a soulevé la question d'abaisser le seuil de la grande 
fenêtre du transept sud au niveau de celui des autres baies 
de l'édifice en vue d'obtenir plus d'unité. Ce parti est à 
conseiller, car rien ne fait prévoir, dans l'avenir, le rétablis- 



— 52 — 

sèment des chapelles érigées autrefois par des corporations 
et qui ont été démolies vers 1835. 

Il n'y a pas lieu de compléter les contreforts du chœur 
par des pinacles, les dispositions archi tectoniques de l'édifice 
ne demandent pas cet amortissement. 

Aux angles du chœur, il a existé des tourelles; leurs 
points d'appui sont encore en place. Il y a lieu de les réta- 
blir en s'inspirant, pour leurs proportions, de celles qui 
cantonnent le porche d'entrée. 

L'ancienne sacristie offre un type de construction très 
curieux ; il faudra étudier avec le soin le plus scrupuleux le 
projet de sa restauration. Il semble que cette annexe était 
couronnée par un chéneau à bahut avec plate-forme. En 
tous cas, il faudra conserver le plus possible les anciens 
fragments de sa corniche d'un caractère aussi original que 
distingué. 

Parmi les travaux à effectuer en premier lieu, il faut 
noter ceux ayant pour but d'éloigner de l'église les eaux 
pluviales et celles provenant des habitations voisines, 
lesquelles séjournent contre les murailles du temple. On 
devra profiler de ce travail pour rétablir à son ancien niveau 
le §oI formant le pourtour de l'édifice; du côté de la place, 
l'abaissement devrait être opéré à partir de la dernière 
rangée d'arbres. 

Il est désirable aussi de voir dégager la vue des deux 
principaux édifices de Nieuporl, son église majestueuse et 
sa halle qui témoigne et rappelle une prospérité florissante; 
il suffirait de démolir quelques maisons de peu de valeur 
pour obtenir un résultat remarquable au point de vue de 
l'embellissement de la ville. 



— 33 — 
— La délégation du Collège qui s'est rendue.. si. Saint- un* 

n ° ' do Sainl-Hobert. 

Hubert, le 20 janvier 1902, en vue de résoudre définitive- 
ment la question relative à la restauration intérieure de 
régi i se de celte localité, a été, comme les délégations anté- 
rieures, unanime pour réclamer l'enlèvement des crépis 
teintés appliqués sur les murs et les voûtes du côté nord, 
opération très peu artistique déjà critiquée lors des précé- 
dentes visites. 

Après une longue étude de cette affaire importante, la 
majorité du Collège (7 voix contre 4) est d'avis que le déro- 
ebage ne doit pas se faire sur toute l'étendue des parois de 
l'église ; il peut être continué sur toutes les surfaces de pare- 
ments en pierre taillée. Ces parties peuvent être rejointoyées; 
plus tard, si on peint l'édifice, on peindra sur la pierre 
même. 

Le dérochage peut, de même, être poursuivi sur les murs 
soit en moellons, soit en briques, dans tous les endroits où 
l'adhérence et la solidité du crépi seraient compromises, 
mais on doit s'abstenir de faire cette opération à ceux des 
crépis des voûtes qui seraient solides et bien secs. Les parties 
des voûtes où le décrépissage devra avoir lieu seront récré- 
pies au fur et à mesure de l'enlèvement de l'enduit en 
mauvais état. 

Il y a lieu de conserver telles qu'elles sont actuellement 
les parties de murs et de voûtes déjà dérochées. On conser- 
vera aussi aux parements en briques, aux deux côtés de 
l'entrée de l'édifice, le crépi qui y a été appliqué dans le ton 
général dominant de la pierre. 

La proposition du conseil de fabrique de donner aux 
voûtes en briques une teinte uniforme pour les harmoniser 



— 34 — 

n'est pas admissible. On ne peut davantage admettre le 
ciment teinté pour donner aux nervures en briques résultant 
de la restauration de l'église, après l'incendie de 1568, 
l'apparence de nervures en pierre. II est préférable d'enlever 
les nervures en briques, si ce travail est praticable, et d'y 
Substituer la pierre en suivant le profil des parties primitives 
de ces nervures restées intactes à leur point d'appui. 

fitant donné que le soubassement des murailles du côté 
nord de la nef est approprié, il n'y a pas lieu d'insister pour 
qu'on y apporte des changements en vue de le mettre en 
rapport avec celui du côté sud. 

Lors de la restauration des bases des colonnes des nefs 
extrêmes, on devra conserver le moellonnage tel qu'il est 
aux parties où lesdites bases étaient masquées par les mar- 
ches donnant accès à ces nefs, afin que l'on puisse recon- 
naître, plus tard, quel était leur niveau primitif. 

Le Secrétaire, 
A. Massaux. 

Vu en conformité de l'art. 25 du règlement. 

Le Président, 
Ch. Lagasse-de Locht. 



. / 



MARQUES & MONOGRAMMES 

de \y 

FAÏENCIERS ANDENNAIS 



PRÉCÉDÉS DU 



TABLEAU CHRONOLOGIQUE 



DE8 



FABRIQUES DE FAÏENCE D'ANDENNE 

d'après des documents authentiques Inédits 

8UIV1B D'UHE 

NOTICE SUR JACQUES RICHARDOT 

8CULPTEUR-FAiËNCIER 
PAR 

E.-J. DAItDENNE 

Membre correspondant de la Commission royale des monuments, à Andenne 



FAÏENCES D'ANDENNE 



Le Comité du Bulletin des Commissions royales (Tari et d'archéologie 
avait encouragé M. Dardenne, auteur d'un très intéressant travail 
•sur les • Faïences d'Andenne », à des recherches complémentaires 
dans les anciens actes de notaires, des paroisses et de l'état civil ; il 
est résulté de là un afflux considérable de renseignements précieux, 
et la nécessité de remettre le travail entier sur le métier, pour le 
transformer en monographie spéciale, du genre de celles que M. Soil 
•a consacrées aux porcelaines et aux faïences de Tournai. 

Mais pour ne pas priver le public de la communication de détails 
dès à présent parachevés, le Comité les distrait de l'œuvre» avec 
l'assentiment de l'auteur et les communique aux lecteurs du Bulletin. 

(Note de la rédaction.) 



— 37 - 



Tableau chronologique des fabriques de faïence d'Andenne 



I. Première fabrique fondée par Joseph Woulers. 
(Société anonyme des Terres plastiques et Produits 
réfraclaires d'Andenne, actuellement.) 
Joseph Wouters. 

J. Woulers, G. Shoan et J.-C. Hennich, 30 avril 1783. 
J. Woulers, J.-J.-E. baron Van de Wardt-d'Onsel et 

L.-J.-W. de Kessel, 21 décembre 1784. 
Van de Wardt et de Kessel (Harell, chef de fabrication 

et séquestre), 10 juillet 1786. 
Van de Wardt, de Kessel, d'Hondt et Boucquéau, 

31 août 1786. 
Van de Wardt, de Kessel, Hennisch et Boucquéau, 

23 janvier 1787. 
Directeurs : Hennisch ; 

Van de Wardt et de Kessel, 13 avril 1787 ; 
de Kessel ; 

Harell, 30 août 1791; 
Hennisch ; 

Van de Wardt, 30 juin 1795; 
Boucquéau. 
Partage de la fabrique entre Van de Wardt et Bouc- 
quéau, 14 février 1804. 



— 38 — 

a) Boucquéau. 

Jacques Fourmy, 1813. 
En faillite, 21 mai 1818. 

b) VandeWardt. 

Mathieu Servais, 30 octobre 181 S. 
Leroy. 
Les deux parties sont réunies par la Société Pastor- 
Michiels et C lc , devenue en 1836 Société anonyme 
Pastor-Bertrand et G 1 *, fabricants de produits réfrac- 
taires. 
H. Seconde fabrique fondée par J. Woulers (usine E. et 
L. Godin et C). 
Joseph Woulcrs, 1794. 
J. Wouters, J.-P. Verdussem et B. Lammens, 

21 mars 1805. 
J.-P. Verdussem et B. Lammens, 12 décembre 1806. 

(B. Lammens et C 1 *.) 
Gockerill, papeterie et impression de coton. 

III. Jean-François Kreymans, 1804. Place du Chapitre. 

Concordat, 17 mai 1806. Emmanuel Malevé, cura- 
teur. 

Jean-Philippe Becquevort, 28 février 1806. 

Aimé-Victor Bécherel, 4 juillet 1829. 

Bâtiments vendus à la ville d'Andennc, 1837. 

(École moyenne et école primaire de garçons.) 

IV. Rue des Polonais. 
Lambert Crefcœur, fabricant. 

Michel Fonder, 31 juillet 1816, propriétaire. 
Emmanuel-Fuigcnce Richard, 13 octobre 1817, pro- 
priétaire. 



— 39 — 

Àmand-Joseph Pire, fabricant, 16 juillet 1816. 
Rose Bonhi vers el C", 4831. 
Antoine-Fossion et Joseph Rouleau, 1822. 
Arnold Bon hivers. 
Emmanuel Deville, 9 mai 1832. 
Marcellin Deville. 

Vendue à divers propriétaires et démolie. 
V. Charles Smet, rue des Passettes, rue Neuve actuelle. 
Smet et Joseph Nihoul, 20 juin 1833. 
Joseph Nihoul. 
Edouard La pierre, 1848. 
Camille Renard, fabrique de porcelaine. 
Jules Dothée, fabrique de porcelaine. 
Démolie. 
VI. Famille Richard au Stappe, 1812-1862. 

Démolie. M" M Ramelot, propriétaires. 
VII. Henneau, rue d'Hornilles. 
Lerov. 

Ferdinand Boulanger. 
Tiburce Courtoy. 

Transformée en maisons ouvrières. 
VIII. Joseph Lapierre, rue des Chats. 

Joseph Lapierre, place du Chapitre; finit vers 1844. 
Transformée en habitations. 
IX. Mentions isolées. 

Charles Nihoul, époux Charlotte Polel, (814. 
Louis Winand, Grand'Rue, 1817. 
Transformée en fabrique de porcelaine, actuellement 
en démolition. 



— 40 — 



n 



Marques et monogrammes des faïences d'Andenne 



Nous passerons en revue les marques et monogrammes 
de faïences d'Ancienne que nous avons relevés ; ils nous 
paraissent incontestables. C'est à dessein que nous avons 
négligé quelques monogrammes de pièces que nous nous 
croyons autorisé à attribuer à Andennc, soit parce qu'ils ne 
nous semblent pas revêtir un caractère suffisant d'authenti- 
cité, soit parce qu'ils sont appliqués sur des pièces de qualité 
inférieure, ne méritant à aucun titre de figurer dans une 
collection quelque peu sérieuse. 

1. Wouters, Àndenne, en bleu, au pinceau. (Pi. V, n° 1.) 

Plat à marly blanc; diamètre extérieur : ra 265; diamètre 
du bassin, m i85. 

Le fond est décoré d'un paysage en camaïeu exécuté à la 
main. Le premier plan est très accentué, le second est en 
lointain et le ciel vaporeux est légèrement nuage. 

Pour sujet, un château à donjon carré, campé sur un 
rocher; au pied, un chemin à profondes ornières, bordé de 
broussailles, d'où s'élance un arbre assez élevé, d'une belle 
silhouette et très bien détaillé. Une large rivière semble 
couler derrière le château; elle sépare les deux plans, 
rejetant perspectivement le second à une assez grande 
distance; dans ce second plan, on aperçoit un vaste château 



— 41 — 

avec escalier extérieur, pont, tourelles, etc. On le voit, nous 
sommes loin du réalisme ; c'est une composition assez com- 
pliquée, arrangée de toutes pièces. Tenant compte de la 
difficulté inhérente à la décoration céramique, où les couleurs 
et les teintes ne prennent leur valeur réelle qu'après la 
cuisson, cette pièce témoigne d'une grande habileté, d'une 
main sure et délicate. Bref, c'est un très beau spécimen 
d'une exécution irréprochable, avec cette particularité que 
le marly, assez large pourtant, ne porte aucun ornement. 

2. Même marque, mais interposée, c'est-à-dire Àndenne, 
Wouters, imprimée en creux dans la pâle, sous le vernis. 
(PI. V. n* 2.) 

Assiette au marly festonné, m 225 de diamètre; c'est un 
modèle lourd, peu gracieux, à cause de la forme concave 
trop accentuée du marly. Le modèle est une imitation mal- 
habile de celui de Luxembourg; les festons manquent d'élé- 
gance et de souplesse dans la courbe, de modelé dans la 
forme. Cette pièce est d'une pâte commune; le vernis en est 
jaunâtre, épais; le décor en est original, curieux par sa 
naïveté, manquant absolument de beauté. 

3. J. Wouters, à Andenne, marque en creux sous 
vernis (i). (PI. V, n* 3.) 

Beurrière ou compotier ovale, adhérant à son plateau, 
0-22 x (riôS. Récipient 0*15 x m 10. Hauteur O n, 16o. 

Le couvercle est surmonté, en guise de bouton, d'une 
vache couchée, que nous supposons avoir été modelée par 
J. Richardot Celte superbe pièce, au vernis quelque peu 



(i) Feu Renard- Soubre, de Liège, attribuait cette marque à Van de 
Waaidt. Rien ne nous parait justifier cette manière de voir. 



— 44 — 

Huilier décoré en bleu par de simples filets accentuant les 
contours. Le plateau est de forme losangée presque régu- 
lière, mesurant 0*17 de longueur sur 0°H)9 de largeur. Le 
bord est formé d'une côte arrondie, s'épanouissant à ses 
extrémités en deux ou trois feuilles de laurier qui, par leur 
rencontre deux à deux affrontées, accusent les quatre angles 
du losange. Les logeltes destinées à recevoir les carafes sont 
de forme cylindrique ; les parois en sont formées de rubans 
plats entrelacés, donnant huit festons pour le pourtour ; elles 
mesurent n 07 de hauteur et m 08 de diamètre. 

Modèle simple, élégant, de belle exécution. 

7. Bernard Lammens et C", en creux, sous vernis. 
(PI. V, n« 7.) 

Plat au marly ajouré; diamètre intérieur 0*265 ; diamètre 
supérieur du bassin, 0*18; hauteur, m 027. 

Sous le monogramme une étoile au tampon, en creux, 
sous vernis ; les deux marques furent appliquées séparément, 
car leur position relative n'est pas fixe sur les deux pièces 
que nous avons sous les yeux. Sur une assiette décorée de 
festons bleus, notre sigle est accompagné du n° 13, toujours 
en creux, simple marque ou numéro de série, sans aucun 
doute. 

Le profil de notre plat est très élégant; il est peu profond 
et le marly s'étale presque horizontalement. Le fond du 
bassin est orné d'une sorte de guillochis formé de rayons et 
de cercles concentriques de plus en plus rapprochés vers le 
centre. La partie extérieure du marly, imitant assez bien les 
brindilles d'osier tressées des vanniers, est enlacée dans un 
ruban bleu en spirale, coloré en bleu foncé. Entre le marly 
et le bassin court une mince corde en bleu clair. Le marly 



— 48 — 

offre autant de jours que de pleins, les uns et les autres 
déterminés par le prolongement des rayons du guillochis 
central. Ce plat portait une corbeille à fruits ajourée, de 
forme sphérique surbaissée, d'un travail analogue, mais plus 
léger et plus délicat que celui du marly, véritable moulage 
de vannerie, qui figura à la vente de feu Eug. Lapierrc, 
d'Ancienne. 

8. Bernard Lammens et G", en creux, sous vernis. 
(PI. V, n* 8.) 

Cette marque se trouve sur deux pièces décorées à la 
molette. 

a) Pot à lait, hauteur, 0"I0; grand diamètre, (^OSS, 
exécuté en pâte gris-cendré, avec incrustations de pâle 
blanche. Vers le bas, formant en quelque sorte le pied, se 
voit un rang de perles enserré entre deux très minces filets 
noirs au pinceau. Plus haut, immédiatement au-dessus du 
grand diamètre, c'est une frise, blanche aussi, formée de 
trois rangs de petites rosettes très serrées, bordée de deux 
rangs de petites perles ou grènetis et aussi cernée de deux 
lignes ou filets noirs au pinceau (i). 

b) Encrier en pâte brun clair, — brun Campana, — avec 
incrustations noires. Il est de forme cylindrique, mesurant 
œ t65 de diamètre et n 055 de hauteur. En somme, c'est 
an simple plateau au bord relevé verticalement, portant à 



(t) Le même pot à lait, identique de forme, de dimensions et de décor, 
— sauf la couleur, — fut aussi fabriqué en pâte rouge vermillon très fine, 
polie, sans vernis. 

Cette dernière pièce nous permet de fixer l'origine aniennaise d'un 
sucrier de forme ovoïde, avec couvercle surmonté d'un bouton et de même 
exécution. Hauteur 0"11; diamètre supérieur de la coupe, m 076; il est 
aussi molette de grènetis et de frises à rosettes. 



— 48 — 

est plus étalée, moins barde et plus large que celle du 
service (i). 

40. Bernard Lammens et C ,# . Cachet ovale, en creux 
sous vernis, OTO^l surO ra 018. (PI. V, n° 10.) 

L'étoile marquant le point initial de l'inscription en 
exergue, se trouve placée en bas; contrairement à la marque 
précédente, la lecture se fait de bas en haut et de gauche à 
droite. Remarquons que la firme sociale, inscrite dans le 
champ du cachet, est seulement notée en initiales. 

Cette marque est appliquée sur des assiettes et sur des 
plats à festons bleus au pinceau, pièces de beau modèle, 
d'excellente fabrication au vernis blanc et pur. 

Nous l'avons aussi rencontrée sur le plateau ovale d'une 
corbeille à fruits au bord ajouré, forme bateau, sorte d'imi- 
tation de vannerie, décorée en bleu. Elle est enfin appliquée 
sur un sucrier ou petit fruitier, ovale, avec couvercle, 
adhérent à son plateau, accompagné d'une délicieuse petite 
louche en passoire, décoré en bleu, genre feston, comme 
les assiettes et les plats renseignés plus haut. 

II. Bernard Lammens. (PI. V, n° II.) 

Assiette au marly festonné, décoré de quatre bouquets en 
bleu, au pinceau. Dans le fond s'étale un autre bouquet 
assorti de lignes, de dimensions plus grandes et de compo- 
sition plus compliquée. 



(i) 11 est intéressant de rapprocher et de comparer, sous le rapport du 
décor imprimé en noir, les spécimens d'Andenne et ceux de Creil : les 
premiers sont de beaucoup supérieurs aux seconds comme vigueur de ton, 
élégance et correction de dessin, intérêt des sujets choisis; faisons aussi 
cette observation que le marly, lourd, compact, quelque peu empâté à 
Andenne, est plus léger, plus élégant à Creil, mais parfois étrange, même 
naïf, dans sa simplicité de composition. 



— 49 — 

Le modèle est élégant, le vernis blanc pur, gras et bril- 
lant; bref, c'est une pièce de très belle exécution, offrant 
une grande analogie avec des pièces de même forme portant 
la marque de Tournai. 

Diamètre, 0-235; hauteur, m O25. 

12. Bernard Lammens, marque en creux, sous vernis. 
(PI. V, n- 12.) 

Cette marque se trouve sur deux pièces : 

4 # Une magnifique corbeille ovale ajourée, genre van- 
nerie, avec son plateau à marly également ajouré; décor 
bleu clair. Les anses de la corbeille sont formées par de 
gentils nœuds de rubans. 

2° Cache-pot de forme cylindrique, arrondi vers le bas, 
avec petite moulure formant pied, et une moulure peu 
saillante cerclant le bord supérieur. Deux anses accolées à 
la paroi, genre rocaille, à saillie légère, complètent la 
décoration modelée. 

Faïence blanche, légèrement jaunâtre, vernis brillant. 
Pour décor, des festons bleus (huit pour le contour entier), 
tombant du cercle supérieur, où ils sont reliés deux à deux 
par des nœuds; une chute coupe l'angle vers le dessous. 
Chaque festou porte en son milieu, au bas de sa courbe, une 
assez grande fleurette ; la guirlande est formée d'une simple 
ligne agrémentée de brindilles latérales s'altongeant à mesure 
qu'elles se rapprochent des fleurettes. En somme, rien que des 
lignes, rien qui ressemble à quelque imitation de feuil- 
lage. 

12 bi V Un autre cache-pot de même genre et de même 
décor, bien que d'un profil légèrement modifié, moins 
heureux que le premier, porte les deux lettres BL, impri- 



— 50 — 

mées sur la paroi latérale intérieure du pied ; de plus, une 
lettre est tracée au pinceau, en bleu, sur le fond. 
Nous retrouvons le même décor sur deux autres pièces : 

a) Un bol à deux anses, de forme hémisphérique avec 
pied mouluré; l'ensemble est d'un profil élégant et la pièce 
d'une belle fabrication. 

Hauteur, 0*097; diamètre de la coupe, 0*14; diamètre, 
les anses comprises, m 21. 

b) Un encrier de bureau, de forme cylindrique, légère- 
ment évasé vers le bord supérieur, avec godet au centre, 
genre du n° 8. 

Hauteur, m 06; diamètre inférieur, (Vil; diamètre 
supérieur, O m l48. 

43. Bernard Lammens, en bleu, au pinceau. (PI. V, n° 1 3 ) 

Assiette à dessert : diamètre, m 22; hauteur, m 097. 

Le bord du marly est découpé en festons circulaires, 
alternativement larges et étroits; trois bouquets alternant 
avec trois brindilles décorent le marly. Celle décoration, 
tout au moins inspirée par celle du n° (1 , est toutefois d'une 
exécution plus artistique. 

Dans le fond du bassin s'étale un écusson avec casque 
fermé en cimier et lambrequins ; l'écu est tiercé en bande, 
de gauche à droite ; cette bande est en pointillé, donc de 
sable, en termes héraldiques, relevée de trois pièces au con- 
tour très indécis, presque trois taches sur le caractère 
desquelles il serait difficile de se prononcer. Elles éveillent 
en nous, sans trop savoir pourquoi, l'image de la bande aux 
trois coquilles des Beau fort-Spon tin. Le champ de l'écu est 
hachuré verticalement, donc de gueules ; dans le quartier de 
droite, il est relevé de deux pièces posées de fasce, et dans 



— 51 — 

le quartier de gauche, vers la pointe, d'une seule de ces 
. mêmes pièces. Celle pièce de l'écu se retrouve enfin posée 
sur le sommet du casque. Sous l'écusson se déroule, avec 
forl peu d'élégance, il faut en convenir, une banderole 
portant en caractères romains majuscules MR : AND : L. 
FOSSOUL. C'est le nom, non du fabricant, mais bien celui 
du propriétaire, André-Louis Fossoul, beau-père de François 
Woulers. 

Cette assielle, mince de profil, nette et élégante de forme, 
fine de pâle, claire, de vernis blanc pur bien égal et bien 
brillant, est une des plus belles pièces que nous ayons ren- 
contrées. 

Les assiettes portant cette marque furent fabriquées pour 
André- Louis Fossoul, beau-père de François Woulers (fils 
de Joseph), donl le mariage eut lieu le 15 octobre 1817; 
elles demeurèrent dans la famille, religieusement conservées, 
jusqu'en ces dernières années. Or, François Wouters travail- 
lait chez B. Lammens et C 1 * comme ouvrier mouleur en 
faïence (i). L'interprétation de ce monogramme ne présente 
pour nous aucune difficulté ; c'est bien celui de B. Lammens. 
Le lire d'une autre façon ce serait altribuer la pièce, comme 
d'aucuns pourraient peut-être le faire, à la fabrique Boch 
(Luxembourg). Mais n'oublions pas que celte fabrique était 
fermée depuis 1809 et qu'alors notre François Wouters 
comptait seulement quinze printemps. 11 serait absurde de 
supposer qu'à cet âge le jeune Woulers eût commandé au 
cooeurrent de son patron, — et encore en admettant qu'il 



(i) C'est ainsi qu'il est qualifié à son acte de mariage et que nous l'avons 
rencontré en divers actes authentiques ou d'état civil. 



— 52 — 

fut déjà son patron, — le cadeau de mariage qu'il destinait 
à son futur beau-père. 

Il y a seulement quelques années que la famille Wouters 
se dessaisit de ces intéressants spécimens de faïence anden- 
naise, en faveur du Musée archéologique de Namur et de 
notre propre collection. Un exemplaire figure au Musée 
céramique de Sèvres. 

14-15. L'interprétation de ces deux monogrammes, qui 
offrent une étroite analogie et se trouvent sur des pièces de 
mêmes formes, des assiettes de même fabrication et de décor 
identique, nous rend assez perplexe. 

Ces assiettes à marly festonné à côtes sont bien de la 
famille luxembourgeoise, mais on ne peut guère lire celte 
marque Boch ni Bécherel. Nous tenons néanmoins nos 
exemplaires pour andennais, à cause de leur provenance 
ou de leur découverte. Nous inclinerions à croire que c'est 
plutôt la signature du décorateur que la marque du fabri- 
cant. 

Quoi qu'il en soit, le modèle est joli, à fleur de coin, 
le décor assez heureux, le vernis de belle qualité, mais non 
d'une irréprochable blancheur. 

16. Bécherel ou Becquevort, marque en bleu au pinceau. 

Saucière à côtes en festons, analogue à celle portant la 
marque n° 5, mais plus aplatie, plus écrasée, le bord de la 
coupe plus fortement infléchi en dedans; les côtes sont aussi 
plus saillantes, plus fortement accusées, plus vivement 
modelées. Le décor en est aussi analogue, quoique plus 
compliqué, d'une exécution plus lourde; la couleur est un 
bleu foncé manquant de pureté et qui se rapproche beau- 
coup de celle du numéro suivant. 



— 53 — 

17. Marque ou cachet eti creux sous vernis, inscrite 
dans un cœur, O m OI4 x O m OI5. 

Jean-Philippe Becquevort. 

Ce sigle se trouve apposé sur deux pièces qui par elles- 
mêmes ne présentent pas grand mérite : modèle peu gracieux, 
pâte épaisse, vernis grisâtre, et, de plus, grattées, détériorées 
au possible; mais elles nous sont précieuses comme seuls 
spécimens de décoration à l'estampille. 

1° Un plat de m 3l de diamètre, hauteur m 04, décoré 
en bleu franc de teinte foncée, posé sous vernis. Le centre 
du fond du bassin est marqué par une sorte de rosace ; le 
pourtour du marly est exécuté en petit motif posé sur un filet 
extérieur et qui ne se répète pas moins de cent vingt fois sur 
le cercle entier. On se demande ce qu'il faut le plus admirer 
dans cet ouvrage, ou la patience du décorateur ou sa dexté- 
rité. L'adresse qu'il déployait dans ce travail, d'une régularité 
presque complète, eût sans nul doute produit un résultat 
infiniment meilleur si elle se fût exercée avec un pinceau au 
lieu du rustique tampon de buis. 

2° Un saladier ou légumier, mesurant m 325 de diamètre 
et 0*09 de hauteur ; la paroi latérale est relevée presque en 
forme cylindrique et terminée en son contour supérieur par 
six grands festons en accolade. Il conserve quelque aspect 
des belles décorations au pinceau et sert en quelque sorte de 
transition entre les deux procédés. En effet, certaines par- 
ties de ce qui représente des roses sont faites à l'estampille 
et complétées par de larges et francs coups de pinceau pour 
terminer le grand bouquet qui occupe la plus grande partie 
du fond du bassin. Hâtons-nous de dire qu'on y chercherait 
en vain la grâce, la légèreté, le sentiment décoratif, délicat 



— 54 — 

et distingué des pièces andennaises d'une époque même 
quelque peu antérieure. 

18. Cachet en creux, sous vernis, ovale O m 0i8 X O^li. 

Arnold Bon hivers. 

Petit plat ovale de m 2U sur 0"156. 

Pièce d'assez belle fabrication, mince de pâte, légère et 
élégante de profil, au marly bombé, à vernis blanc, légè- 
rement verdàtre et brillant. Un filet bleu assez large suit le 
bord extérieur; un autre plus mince marque le milieu du 
marly, le long duquel serpente un feston barbelé. Malgré sa 
simplicité, ce décor ne manque ni de grâce ni d'agrément. 

49. Marque donnée par Demmin, dans son Guide de 
(amateur de fàience et de porcelaine (i). 

Nous venons de la rencontrer sur une superbe pièce, un 
plat à marly ajouré, décoré en bleu foncé, de composition 
identique au modèle n° 7, mesurant m 30 de diamètre. 

Faisons aussi remarquer que le même auteur attribue 
notre marque n° 4 à Van der Waert (pour Van de Wardt?). 

(i) 3« édition. Paris, 1867. 



— 55 — 



m 



JACQUES RICHARDOT, sculpteur-faïencier 



Pendant vingt années, Jacques Richardot travailla à 
Ancienne, soit dans les ateliers de Wouters, — première et 
deuxième fabrique, — soit chez Van de Wardt. La quantité 
de pièces qu'il produisit, le genre de ses sculptures, le sou- 
venir qu'il laissa à Andenne lui méritent, nous semble-t-il, 
une place spéciale dans notre modeste travail. 

Jacques Richardot naquit à Lunéville (Lorraine), le 
28 juillet 1743 ; il élait fils de Claude Richardot, attaché à la 
fabrique de 6. Gharmelte, le doyen des faïenciers lorrains, 
et tenu en haute estime par son patron (t). 

De bonne heure, J. Richardot, filleul de Gharmelte, 
s'essaya à façonner l'argile et à manier l'ébauchoir, encou- 
ragé sans doute par Gharmette lui-même, heureux, comme 
on le serait en pareille circonstance, de seconder ses belles 
dispositions naturelles. Jacques reçut probablement les 
premières leçons de P.-L. Cyfflé (s). Un fatal événement 
faillit compromettre celle carrière qui s'ouvrait sous de si 
heureux auspices : en 1758, Gharmelte mourut; son usine 



(i) Notes pour servir à la biographie de Jacques Richardot, par Ed. Niffie- 
Àndaux. Brochure in-8», Paris, 1895. (Extrait du Bulletin des Sociétés des 
Beaux-Arts des départements.) 

(«) « Les groupes et statuettes de Lunéville, surtout celles dues au 
sculpteur Cyfflé, sont très recherchées. » Ed. Garnier : Céramique, Revue 
encyclopédique de Larousse, 1899. 



— 56 — 

se ferma et la famille Richardot dut chercher ailleurs une 
occupation qui assurât son pain quotidien. Noire jeune 
sculpteur comptait alors quinze printemps ! 

Précisément à cette époque, une ardente rivalité existait 
entre deux fabriques de faïence bruxelloises, celle de Jacques 
Arloisenet et celle des héritiers Philippe Mombaerls. Ce fut 
vers Bruxelles que Claude Richardot dirigea ses pas, escorté 
de toute sa famille; tout ce que Ton sait, c'est qu'il entra 
dans l'un des deux ateliers rivaux, M. Niffle ne put décou- 
vrir quel patron se l'attacha. 

Nous ne savons rien non plus des éludes sculpturales de 
J. Richardot ; rien ne transpire ni quant à l'atelier ou l'école 
qu'il fréquenta, ni quant au maître qui dirigea son éducation 
artistique. D'après M. Niflle, le caractère de ses œuvres 
semble avoir subi l'influence de Cyfflé (i); toujours est-il 
que notre jeune sculpteur vécut dans l'ombre durant dix- 
huit ans. 

Au début de l'année i 786, Jacques Richardot travaille à 
la fabrique de Saint-Servais, près de Namur ; du 15 juin 1786 
au 24 octobre, nous le voyons figurer, avec son fils Guillin, 
parmi les ouvriers de la fabrique J. Wouters et C to (ouvriers 
modeleurs); le 5 novembre 1786, Guillin Richardot épousa 
Anne-Joseph Tonglet, de famille andennaise; J. Harell, 
directeur de la fabrique, signa l'acte de mariage comme 
témoin (s). 



(i) Après la débâcle de Char mette, Cyfflé fonda à Hastière une fabrique 
de faïence qui fut autorisée par octroi du 6 août 1785. 

(i) A la suite de différends survenus avec ses associés (Van de Wardt et 
de Kessel), Jacques Wouters introduisit au conseil provincial de Namur 
une demande en dissolution de société. De leur côté, ses adversaires 



— 57 — 

Dans le courant de cette année 1786, Claude Richardot 
vint rejoindre son fils Jacques et son petit-fils Guillin 
à Andenne, où la société Van de Wardt et de Kessel 
lui ouvrit ses ateliers. Il figure au compte du séquestre 
comme tourneur en faïence. Guillin est inscrit comme 
modeleur (i). 

Enfin, en 1804, J. Richardot signale sa présence à 
l'atelier de Wouters par son « Napoléon », signé tout au 
long : t Fait à Andenne, dans la fabrique du sieur Wouters, 
le 2 thermidor, au premier de l'empire français. Fait par 



voulurent faire prononcer son exclusion de la fabrique. Afin de ne pas 
interrompre le travail à la manufacture, ce qui eût nécessairement entraîné 
la ruine de Tune et de l'antre des parties, le conseil provincial nomma an 
séquestre chargé de l'administration de l'usine. Harell, directeur ou chef 
de fabrication, s'occupa de la direction et de la marche des ateliers et Ton 
préposa à la caisse le notaire Milquet, d'Àndenne. C'est en cette qualité 
que Milquet reçut les fonds provenant des ventes de marchandises ou 
versés par Van de Wardt et de Kessel ; d'autre part, il distribua force 
à-compte anx ouvriers et fournisseurs, mais en ayant soin de se faire 
donner par chacun un reçu en due forme. Tous ces reçus constituent un 
volumineux dossier du plus haut intérêt, déposé aux archives de l'État à 
Namur. 

Durant les seize mois de comptabilité de Milquet, Jacques Richardot 
reçut 34 florins 12 sols*10 deniers, bien maigre salaire sans doute pour un 
artiste, surtout pendant une telle période. Nous ne nous appesantirons pas 
sur la triste émotion que nous causa cette constatation ; pour la rendre plus 
poignante encore» la liasse aux quittances nous fait passer sous les yeux 
quatre pièces qui ne laissent aucun doute sur la situation gênante où il se 
trouvait alors et toutes sont antérieures à son mariage ; ce sont des notes 
de fournisseurs, qui se font payer à la fabrique, en déduction de son salaire. 
Ce n'est pas à dire cependant que la besogne manquait aux ateliers, 
puisque son compagnon, le modeleur Soudre, reçoit 305 florins, qu'à tel 
tourneur on paie 525 florins, qu'un peintre touche 544 florins et même un 
manœuvre 170 florins. Quelque mystère se cache sans doute là-dessous. 

(0 Claude reçut du séquestre 66 florins 7 sols 6 deniers, les à-compte 
payés à Guillin B'élèvent à 209 florins 7 sols 6 deniers. (Dossier du 
séquestre.) 



— 58 — 

Richardot pèr », pièce qui se trouve au Musée des Arts 
décoratifs de Bruxelles. (PI. I.) 

Quelle que soit l'école à laquelle se forma le sculpteur 
J. Richardot, ou l'influence du maître qui dirigea ses pre- 
miers essais, ou ne peut lui contester un réel talent tout 
personnel; ce fut un sculpteur de mérite, surtout dans 
la période défloraison de son talent, un artiste consciencieux, 
une nature richement douée, qui se révéla par les plus heu- 
reuses dispositions. Hélas 1 il s'arrêta en chemin ; son génie 
avait à peine pris son essor qu'il replia ses ailes ; l'artiste 
brillant et radieux au début retombe bientôt, piétine sur 
place, s'alanguit, pour s'éteindre de la plus poignante façon, 
à l'âge de soixante-trois ans et dans l'indigence (18 novem- 
bre 1806)! 

Issu d'une famille de sculpteurs-céramistes, Richardot fut, 
dès ses plus tendres années, un pélrisseur de terre; sa 
vocation semble se dessiner de très bonne heure et, sous 
l'œil paternel, il s'essaie, il réussit. Gharmette, le patron de 
son père, Gharmette qui l'a tenu sur les fonts baptismaux de 
Lunéville, l'entoure de sa bienveillante sollicitude, s'inté- 
resse à ses débuts, encourage ses efforts. Sous l'influence 
du milieu dans lequel il grandit, son talent de sculpteur se 
développe, tout en évoluant vers l'application à la céra- 
mique. La mort de Gharmette, en 1758, faillit briser son 
avenir. Nous devons supposer que le jeune sculpteur con- 
tinua de se perfectionner à Bruxelles, car dès 1786, alors 
qu'il travaillait à Saint-Servais, il produit son œuvre capitale 
t Andromède i, groupe de faïence de 60 centimètres de 
hauteur. 

Cette œuvre est bien d'un sculpteur, la figure principale 



— 59 -- 

est bien d'an artiste dans toute l'acception du terme; c'est 
une figure classique, d'un classique pur, correct, élégant. 
Mais, pour terminer ce groupe, il fallait autre chose qu'un 
sculpteur : le céramiste apparaît, et il se montre d'une 
étonnante habileté dans le groupement des accessoires, dans 
la disposition, dans l'agencement des branches et des ver- 
dures, des blocs de rochers, etc. 

En contemplant ce groupe, on sent que l'auteur, tout en 
le modelant, s'occupe du travail qui s'accomplira à son insu, 
dans le four de cuisson. Son habileté technique triomphe 
magistralement des difficultés qu'il a prévues ou pressenties : 
quand sa pièce sort du four, aucun détail n'a gauchi, 
aucune ligne ne s'est affaissée, tous les moindres acces- 
soires sont bien restés en place, intimement soudés à la 
masse. 

Les pièces importantes de Richardot sont peu nom- 
breuses ; après Andromède, nous citerons c Le grand vase 
décoratif» et c la Fontaine > , trois pièces du Musée archéo- 
logique de Namur. 

Le mérite de ces œuvres n'est toutefois pas égal. Andro- 
mède est de beaucoup la plus importante par sa valeur 
artistique, la science de sa composition, l'habileté de son 
modelé et les qualités mêmes de son exécution. Le c Vase » 
nous fournit une des caractéristiques du talent personnel de 
Richardot, c'est-à-dire son habileté, sa surprenante dextérité 
pour le modelé des fleurs. Cette pièce, qui mesure 45 centi- 
mètres de hauteur, est une note typique du talent méticuleux 
et délicat de Richardot; une opulente guirlande de fleurs, 
toutes modelées avec une légèreté, une souplesse étonnante, 
tombe sur la panse du vase et cela sans entassement, sans 



— 60 — 

apparence d'encombrement; elle orne, elle décore, mais sans 
peser, sans étreindre. 

La « Fontaine » disputerait peut-être la première place à 
Andromède. Ici, le céramiste avait moins à compter avec 
l'action du feu : la pièce est plus condensée, les détails sont 
mieux fixés, plus intimement massés; l'inégalité ou le 
caprice du retrait à la cuisson n'offre plus autant de danger 
pour l'affaissement ou le gauchissement de la masse. Le 
modeleur est ici seul en évidence et c'est un modeleur 
travaillant d'inspiration, maniant l'ébauchoir avec une 
aisance remarquable, une rare fermeté; il fouille sa pâte 
avec une connaissance approfondie de la figure, une entente 
parfaite de l'ornementation. 

Citons encore, pour terminer notre visite au musée 
namurois, « les Enfants jouant au bord d'un ruisseau » et la 
« Scène de chasse », genre Watteau. Ce sont des groupes 
intéressants, qui dénotent un certain talent de modelage, 
une grande aisance de composition, une énorme fantaisie 
d'agencement et une surprenante dextérité d'exécution; 
mais l'art proprement dit n'y intervient que pour une part 
assez légère. Ces œuvres marquent en quelque sorte la 
transition dans l'évolution du talent de Richardot; il devient 
surtout céramiste. 

Deux autres pièces du même musée nous le démontrent 
plus particulièrement. Voici d'abord une aiguière, genre 
rocaille, avec son bassin. C'est d'un très joli modelé, d'une 
forme élégante; les ornements, traités avec beaucoup de 
grâce et de délicatesse, sont d'une grande pureté de style; 
le décor, en bleu foncé, appliqué au pinceau, accentue et com- 
plète très heureusement la note de la décoration modelée. 



( 



— 61 — 

Enfin, voici la grande « Écritoire » en faïence blanche, 
forme carrée; au plan inférieur, en avant, la case pour les 
plumes el accessoires de bureau ; au second plan et plus 
élevés, les deux godets; en arrière et pyramidalanl sur le 
tout, le motif décoratif proprement dit, surmonté, pour 
couronnement, d'un pelit vase dont nous retrouvons le 
profil agrandi, l'ornementation amplifiée, dans le pelit 
fruitier à couvercle ajouré. Ici apparaît le céramiste, tel que 
nous l'avons retrouvé à Andenne, chez Wouters. 

Revenons au sculpteur. Le « Napoléon » du Musée des 
Arts décoratifs l'emporte, par ses dimensions, sur les autres 
groupes que nous venons de signaler. Mais il leur est infé- 
rieur par son modelé; la figure principale est lourde, 
massive, le socle peu harmonisé avec le groupe; n'était le 
petit amour posé sur le bord du piédestal, les divers attributs 
qui gisent aux pieds de l'impériale effigie et les trophées 
qui ornent le socle, on aurait peine, à première vue, à recon- 
naître la main de notre grand sculpteur. (PI. I.) Quant à la 
décoration, elle est bonne au point de vue technique, sono- 
rité de la masse, perfection de la cuisson, éclat de transpa- 
rence du vernis, mais les couleurs ne sont rien moins 
qu'harmonieuses. A noter toutefois une circonstance atté- 
nuante : celle dernière pièce est une œuvre de vieil- 
lesse; Richardol avait alors atteint la soixantaine el, 
chez lui, la vieillesse avait devancé les ans; il avait 
perdu celte imagination vive des belles années, sa main 
selait alourdie, peut-être tremblait-elle par les habitudes 
prises, car, dans ses dernières années, Richardol ne fut 
rien moins que tempérant; et c'est avec une poignante émo- 
tion que nous relevons dans son acte de décès, — 18 novem- 



— 62 — 

bre 1806, — la mention officielle « sculteur indigent ». 
Les œuvres de Richardot sont actuellement peu com- 
munes ; d'après ce qui nous en reste, nous pouvons cepen- 
dant affirmer qu'il fut d'une assez grande productivité. Son 
œuvre comprend des statuettes, qu'il modelait avec un réel 
talent, dont il fouillait les détails et les accessoires avec une 
patience, une dextérité réellement étonnantes. Comme 
preuve, nous citerons le petit médaillon ovale (0"l 25 x m i0), 
< La Vierge à la Chaise » , composition toute gracieuse, so 
rapprochant assez bien de celle de Raphaël, modelée avec 
science et exactitude ; sur le cadre sont jetées deux branches 
de fleurs, deux guirlandes n'ayant avec la masse du cadre 
que les adhérences absolument nécessaires ; bref, c'est d'une 
délicatesse inouïe. (PI. II.) 

Notons ensuite les deux « Porte-Montre », l'un qu'on 
pourrait intituler « Mercure et Vénus » (pi. III), l'autre 

décoré d'attributs militaires (pi. II); tous deux sont ver- 
nissés en blanc, les reliefs accusés par des rehauts 
bleus (i). Puis deux plaques, la plus grande rectangulaire 
(0 m 37 x m 33), • Le Feu » (pi. IV), de très belle exécu- 
tion ; une autre ovale (0 m U x 0*18), « Les Quatre 
Saisons » . Voici un t Christ » isolé, puis un autre plus 
petit, fixé à une croix plantée sur un massif rocailleux, 
avec branches de lierre qui poussent dans les interstices. 
Vient enfin le cortège des bergers et bergères, jardi- 
niers et jardinières, des saints, des vierges, des petits 
bonshommes gras et dodus, hauts parfois de 8 à 42 centi- 



(i) Le premier se trouve au Musée des Arts décoratifs. La reproduction 
que nous en donnons a été faite d'après un exemplaire en terre rouge, non 
vernissé, sorti de râtelier de Richardot. 



— 63 - 

mètres, assis sur un tertre gazonné et naturellement par- 
semé de fleurettes, ou bien abrités sous un arbre aux 
rameaux robustes, chargés de feuilles délicates qui semblent 
trembler sous le souffle du curieux examinateur. Il y a 
certainement de l'art dans toutes ces pièces, dans le modelé 
de tous ces petils corps, mais il est noyé dans un flot de 
minuties qui font perdre de vue l'ensemble et empêchent la 
pensée de se dégager complètement; c'est joli, c'est délicat, 
mais ce n'est pas d'un artiste. 

Vu leurs faibles dimensions et leur fragilité, on s'explique 
que ces œuvretles aient facilement disparu ; c'est réelle- 
ment par un concours de circonstances toutes spéciales qu'il 
en est arrivé jusqu'à nous, mais combien de détériorées ou 
mutilées ! Elles montrent néanmoins le talent de leur auteur, 
elles décèlent sa facilité de composition, sa science du 
modelé, ses connaissances anatomiques et son admirable 
dextérité pour l'exécution des détails, fleurs et verdures 
dont certaines pièces sont parfois surchargées. 

Nous avons émis l'opinion que Richardol se trouvait chez 
Woulers, — première ou deuxième fabrique, — non pas 
seulement comme sculpteur proprement dit, mais aussi 
comme modeleur, comme ornemaniste. En rapprochant les 
œuvres authentiques que nous connaissons, on voit figurer 
ici un petit génie, un amour que Ton retrouve à peu près 
dans la même altitude, isolé, posé sur un socle, avec des 
attributs différents ; ailleurs, c'est un petit vase, ornement 
tout accessoire, qui échapperait à première vue, et qui 
donne la silhouette d'une pièce de service de table. Partout, 
la main du maître sculpteur se retrouve souple, habile, 
savante et féconde. 



— 64 — 

L'exposition de Liège de Tan dernier « Exposition des 
anciennes gildes et corporations » nous fournit un puissant 
argument en faveur de notre hypothèse. Là figurait, en 
effet, sous le n° 633, page 82 du catalogue, « Service à café 
fond saumon, relief* blancs. » L'une des lasses est signée 
c Richardot » . Voilà bien la preuve que non seulement notre 
artiste préparait, combinait les modèles de pièces ou groupes 
de faïence, mais encore qu'il prenait part à leur décoration. 
Eh bien ! ce décor de déjeuner, nous le retrouvons sur un 
vase également fond saumon, décoré dans le style dit pre- 
mier Empire, en émail blanc ou blanc fixe, très voisin du 
décor du service à café (i). 

Passons rapidement en revue son œuvre sculpturale secon- 
daire, — nous avons renseigné les principales plus haut. 

1° Jardinier et bouquetière, deux figurines se faisant 
pendant, de 16 centimètres de hauteur, posées chacune sur 
un simple socle cylindrique que l'auleur, contrairement à 
ses habitudes, laissa complètement nu. (PI. IV.) Le jardinier 
s'appuyait sans doute sur une bêche ou sur un râteau qui a 
disparu. De sa main gauche, la bouquetière tient une cor- 
beille de fleurs posée sur sa hanche; de la main droite, — 
qui a disparu, — elle offrait sans doute une fleura son compa- 
gnon. On peut lire dans les yeux de ces minuscules person- 
nages les sentiments qui les animent. Ces deux figures sont 
bien posées et bien construites, les chairs bien traitées, les 
vêlements étudiés et bien rendus; quant aux détails, impos- 
sible de pousser plus loin la minutie : les deux boucles du 



(t) Notre vase fond saumon, avec cercles perlés on lignes à la molette, 
est décoré par le procédé d'engobe, non par incrustation. 



— 65 — 

lacet qui ferme le soulier de la bouquetière sont complète- 
ment détachées du pied 1 

2* Bergère, groupe de 22 centimètres de hauteur, accom- 
pagnée d'un mouton ; elle rappelle presque trait pour trait la 
bouquetière de tantôt. La figure pose sur un socle rustique, 
avec un vieux tronc d'arbre, des racines serpentant à fleur 
de terre, de la mousse et des fleurettes. 

3° Jardinière. Elle lient en mains l'arrosoir et arrose les 
fleurs garnissant la plate-bande sur laquelle elle marche. 
Hauteur 25 centimètres. 

4° Jardinier et bergère sont du même genre et de mêmes 
dimensions; c'est le même travail, le même souci des détails 
les plus menus. 

5° Voici deux Vierges, l'une de 40, l'autre de 20 centimè- 
tres de hauteur. La première nous parait bien de Richardol, 
— seconde période; — la seconde nous laisse quelque 
hésitation, à cause des draperies raides et gauchement 
traitées; entre les deux il y a cependant certaines affinités. 

6° En revanche, nous n'éprouvons aucune hésitation 
devant le moulage de [Enfant Jésus couché sur la croix. 
Longueur 19 centimètres, largeur 10. (PI. III.) 

V Enfant jouant avec un chien et Enfant tenant un 
pigeon. Deux groupes se faisant pendant. Hauteur m 16; 
dimension du socle, O m ll X m 08. L'enfant est assis nu sur 
un tronc d'arbre s'élevant d'un tertre rustique tout fouillé 
de fleurs et de verdure. Le corps est légèrement incliné à 
droite, les deux bras étendus, l'un vers le haut, l'autre 
retombant, la tète tournée vers la gauche, semblant fixer 
un point ou un objet à quelque distance. Le petit épagneul 
pose ses deux pattes antérieures sur le genou droit de son 



— 66 — 

jeune maître et, par son altitude et son regard, semble 
interroger son désir ou deviner sa juvénile taquinerie. 

8° Deux statuettes décoratives, de 1 mètre 28 centimètres 
de hauteur; ce sont et de beaucoup les plus grandes pièces 
que nous connaissons de Richardol, Tune est signée de son 
nom en toutes lettres. Elles appartiennent à M. V. Moojoie, 
d'Andenne. 

9° Porte-montre : Mercure et Vénus. Hauteur 49 centi- 
mètres. Les deux figures sont campées sur le socle, aux 
deux côtés de la loge de la montre, — ou d'un mouvement 
de pendule, — surmontée d'un coq aux ailes déployées. 
Sur la face antérieure du socle est un bas-relief symboli- 
sant la géographie, très délicatement traité, spécimen très 
pur et très correct de style Louis XVI. Notre exemplaire 
est en terre cuite ; il conserve ainsi les détails dans toute 
leur netteté. D'ordinaire, cette pièce est en faïence blanche 
décorée en bleu. (Musée des Arts décoratifs.) 

10° Porte-montre avec attributs militaires. Style premier 
Empire. Hauteur : m 335; socle : m 20 X O m ll. 

11° Vase en terre cuite, à pâle d'un blanc jaunâtre, d'ap- 
parence et de consistance approchant du grès. Hauteur 
24 centimètres; diamètre, 13 4/2 centimètres. 

42° Vase de 18 centimètres de hauteur. C'est du pur 
Louis XVI, presque identique aux vases du Musée de 
Namur, étiquetés Saint-Servais, vernissés de diverses cou- 
leurs, réminiscence de Palissy. 

13* Vase de 45 centimètres de hauteur et 20 centi- 
mètres de diamètre, de forme élégante, de profil très pur, 
avec deux tètes longuement barbues, servant de base ou 
d'attache à des anses détachées et disparues. 



— 67 — 

Quant aux petites bergères qu'on rencontre çà et là sur 
quelque étagère à bibelots, précieusement abritées sous leur 
clochette de verre, nous croyons inutile de nous y arrêter. 

Pour les œuvres de céramique vernissée, nous retrouvons 
la main de Richardot dans diverses pièces de faïence, mal- 
heureusement privées de marques et de monogrammes, 
mais qui, rapprochées des documents authentiques, ne 
laissent subsister aucun doute quant à leur attribution. 
Rappelons seulement : 

r La grande melonnière. Hauteur : 0*35. Grand dia- 
mètre : O"^. Pied : O m 18. 

2° Le petit fruitier. Hauteur : Ô"15. Diamètre aux anses : 
0»22. Pied : m 088. 

3» La beurrière. Hauteur : O m 17. Plateau : m 22 x 0-15. 
La vache du porte- montre sert de boulon au couvercle. 

4* Le sucrier. Hauteur : O-IS. Plateau : 0*225 X 0"18. 

5* Une salière. 

E.-J. Dardenne, 

Membre correspondant de la Commission royale 
des monuments, à Andenne. 



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TABLR DKS NATIBRB& 



1° Liste des membres effectifs et correspondants de ls Commission ro\i 

des monuments en 1902. 
2o Commission royale des monuments. — Résumé des procès-verbaux i 

séances des mois de janvier et de février 1902. 

3° Marques et monogrammes de faïenciers andeunais, précédés du tablr: 
chronologique des fabriques de faïence d'Andenne, d'après des doc; 
ments authentiques inédits, suivis d'une notice sur Jacques Richarv 
sculpteur-faïencier, par E.-J. Daedenne, membre correspondant d! 
Commission royale des monuments, à Andenne. 



Planches IàV * 



AVIS. — Les personnes qui collaborent aa Bulletin des Commuions rty'.t 
d'art et d'archéologie ont droit de recevoir deux épreuves de leurs article . j 
première en colonnes, la seconde après lu mise en pages. 

Le bon à tirer devra être donné sur la revision de cette dernière épreuve. 

i 

Les remanieuieuts qui .seraient demandés ultérieure ihent devrout être pnye>H 
les auteurs. 



MM. la collaborateur* du Bulletin ont droit à 50 exemplaires, fin* à pv 
de leur e articles admis dans le recueil. Les auteurs qui désirent un wv*J 
supplémentaire d'exemplaires doivent l'adresser directement à cet ejf't 
F imprimeur du Bulletin, qui les fournira à leurs fra>$. 



Pour ce qai concerne le Bulletin, s'adresser a M. Mapsaux, Secrétaire de 1 
Commission royale des monuments, 22, rue Montoyer, à Bruxelles. 



/ .p 



^JM* 



•$>^ 'bulletin 



,VIV>» 




^ -j'W6. 



COMMISSIONS ROYALES 



D'ART ET D'ARCHÉOLOGIE. 



QUARANTE ET UNIEME ANNÉE. — 3, 4, 5, 6, 7 ET 8. 






En vente chez M. IIArKZ, 

luii'riinenr de l'Académie Royale 'lu Belgique, 

112, me du LonT&in, 112. 



BRUXELLES 



Inp. •in Lingtieniiiinck. ■ 



COMMISSION ROYALE DESMONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROCÈS- VERBAUX. 



SEANCES 
des i", 8, 15, 22 et 29 mars ; des 5, 12, 19 et 26 avril 1902. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

La Commission a émis des avis favorables sur : 

1° La proposition du Comité des correspondants du *i»««de 
Brabant de faire rétablir dans l'autel dessiné par Rubens T.Tu!. tf a. 
que possède l'église de Saint-Josse-ten-Noode, la copie du 
tableau de ce maître qui existe dans ladite église et qui 
faisait autrefois partie de cet autel ; 

2° Le projet de vitraux à placer dans une des chapelles m« 

. de Vottelaere. 

de l'église de Vosselaere (Flandre orientale); auteur, YilrâM - 
H. Coucke; 

3* Le projet relatif au placement de vitraux dans la cha- m» 

pelle du Saint-Sacrement, en l'église de Saint-Ursmer, à *$£*£ 
Binche (Hainaut); auteur, M. Casier; 

4° Les dessins de vitraux à placer dans l'église de Hozé- fr»» 

1 ** à» Hoxémoiil. 

mont (Liège) ; auteur, M. Grosse ; VUraiu - 



— 70 — 

ae Fontaine- 5 ° ^ e P ro J el re ^^ * l'exécution de vitraux pour l'église 
\îuaïï l : de Fontaine- Valmont (Hainaut) ; auteur, M. Vosch ; 
Église G Le dessin d'un vitrail destiné à la chapelle de Notre-' 

dEnghlen. r 

vimii. Dame de Messine, en l'église paroissiale d'Enghien (Hai- 
naut); auteur, M. Goucke; 
ékiuo 7° Le projet de restauration de la croix triomphale et des 

de Chalclet. ' * 

cro« triomphale S ( a i ues j e | a Sainte-Vierge et de Saint- Jean de l'église des 
SS.-Pierre-el-Paul, à Ghàtelet (Hainaut) ; sculpteur, M. Blan- 

chaert ; 
M*« 8° Le projet concernant la restauration du jubé de l'église 

de Tcsseaderloo. 

jubé. fe Tessenderloo (Limbourg) et le rétablissement de cet 
édicule à rentrée du chœur, place qu'il a occupée autrefois ; 
sculpteur, M. Peelers; 

éçiise 9° Le projet relatif au placement de cinq vitraux dans le 

deWielibeke. r J r n 

vuraox. chœur de l'église de Wielsbeke (Flandre occidentale); 

auteur, M. Dobbelaere. 
Égihude — Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, le 

N*-D. du S«blou, ^ r 

k chimln 1, 8 avril 1902, que les recommandations faites par la Com- 
mission, en ce qui concerne des modifications a effectuera 
l'entourage des stations du chemin de,ja croix de l'église de 
Notre-Dame du Sa b Ion, à Bruxelles, ont été observées. En 
conséquence, il y a lieu de poursuivre le travail dans le sens 
de l'échantillon exécuté à la première travée sud à côté du 
transept, lequel parait bien compris. 

Le projet approuvé de l'autel dédié à Sainte-Anne, de la 
même église, comporte la polychromie de ce meuble; le 
conseil de fabrique désire faire exécuter celte décoration; il 
désire en même temps faire apporter des modifications à la 
polychromie de la tombe du maitre-autel, laquelle n'est pas 
réussie. Rien ne s'oppose à l'exécution de ces projets. Il y 



— 1i — 

aura lieu de préparer des échantillons de ces ouvragés pour 
lesquels des Tonds sont offerts par des bienfaiteurs. Le Col- 
lège les fera ensuite examiner par des délégués. 

— Il résulte d'un examen auquel il a élé procédé, que le ^{f^ 
travail de polychromie de l'autel du Saint-Sacrement, en d-iï^u^K 
l'église cathédrale de Saint-Sauveur, à Bruges (Flandre 
occidentale), a été exécuté d'une façon satisfaisante. 

En conséquence, rien ne s'oppose à ce que ce travail 
décoratif soit approuvé. 

— A la suite d'un examen du dossier relatif au projet **"* 

r * de Saint-Pierre, 

d'enlèvement de la peinture à l'huile sur les soubassements ySTuTit" 
et du badigeon sur les murs et les voûtes de l'église de 
Saint-Pierre, à Louvain (Brabant), la Commission a émis 
l'avis que, pour le débadigeonnage général de l'édifice, on 
ne peut faire une entreprise publique à forfait; on doit 
recourir à une adjudication restreinte. Mais, avant tout, il 
faudra revoir le devis estimatif, qui parait insuffisant. 

Le Collège estime aussi qu'il y a lieu de commencer 
l'entreprise par le chœur. 

Le 4 mars 1902, il a été procédé à un examen minutieux 
des peintures murales découvertes sur la voûte de la chapelle 
absidale.» 

Il résulte de cet examen que le crépissage, dans toute son 
épaisseur, en dessous et au-dessus de ces peintures, est 
composé de lamelles de quelques millimètres d'épaisseur 
qui n'adhèrent les unes aux autres que par places, de sorte 
que de grandes surfaces ont une tendance à se détacher par 
le poids et qu'il suffit de les loucher délicatement pour 
ébranler toute la masse. Leur texture est par endroits pulvé- 
rulente et elles tombent en poussière au moindre contact. ' 



— 7* — 

Les différentes lamelles de chaux qui se trouvent entre la 
peinture et les briques prouvent que Ton avait donné déjà 
beaucoup de couches de badigeon quand on a songé à 
peindre. 

Les peintures ont disparu complètement sur quelques- 
unes des voûtes ; sur d'autres elles n'apparaissent que par 
places. Une chose digne de remarque et qui peut éclairer sur 
le procédé de peinture employé, est que les parties conser- 
vées sont celles qui offrent le plus d'intérêt, telles que les 
têtes, les bustes, les bras et les mains. C'est que, probable- 
ment, ces parties ont été plus soignées par l'artiste, qui aura 
ajouté à ses couleurs des gommes pour leur donner plus de 
transparence ou qui les a revêtues d'un onguent qui les a 
préservées. Ce qui porte encore à le croire, c'est qu'en 
frottant avec le doigt humide ces parties on ne les enlève 
pas. 

Les autres places non protégées par cet enduit de gomme 
ou de résine ont dû disparaître sous l'action de la chaux du 
badigeon; la chaux, en effet, n'épargne que six couleurs, le 
blanc de craie, les terres et les ocres métalliques. 

Si la chaqx a pu faire de tels ravages, il parait très 
imprudent d'employer le ciment pour relier les différentes 
couches de badigeon. 

Du reste, comment remploierait-on? En soufflant entre 
les couches du ciment en poudre. Il faudrait, pour cela, 
écarter plus ou moins les couches, puisque sans être réunies 
elles se touchent. Ensuite y introduire de l'eau à l'aide d'un 
vaporisateur. 

Le danger de faire tomber le tout est trop grand et la 
certitude que l'eau aurait fait sa combinaison avec le ciment 



— 73 — 

trop minime pour permettre de tenter l'expérience ; ce travail 
si délicat et si difficile devrait se faire pour chaque couche. 

On pourrait encore discuter l'avantage qu'il y aurait 
à conserver les peintures à la place où elles sont. En suppo- 
sant qu'on y parvienne, ces peintures auraient besoin d'être 
retouchées presque partout pour être appréciées ou seule- 
ment vues du bas de l'église. Que reslera-t-il alors d'authen- 
tique? 

Quoi qu'il en soit, elles valent la peine d'être conservées. 

Divers autres moyens de préservation ont été proposés. 

Scier la peinture, on ne peut y songer, elle tomberait en 
poussière et la double courbe concave de la voûte s'y oppo- 
serait; les nervures en pierre des voûtes empêcheraient 
l'introduction d'un instrument. 

Il a été question de l'opération qu'on appelle le rentoilage 
et qui consiste à coller des feuilles de papier juxtaposées sur 
la peinture jusqu'à former un carton résistant et, ensuite, 
enlever une à une par au-dessus de la voûte toutes les 
briques et l'enduit sur lesquels se trouve la peinture. 

Il faudrait, pour cela, commencer par étançonner la voûte 
d'à côté, les voûtes reposant l'une sur l'autre et les nervures, 
par suite du travail de redressement que l'on a fait, ne les 
soutenant plus. 

Restera alors le danger, quand on aura enlevé une cer- 
taine quantité de briques, et qu'on aura détruit la stabilité 
de la voûte, de voir en une fois tomber toutes les autres. 

Aucun des moyens proposés n'est absolument certain ni 
bon. 

Ne serait-il pas préférable, si on arrive à enlever la pein- 
ture, ce qui parait douteux, de la transporter dans un musée 



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où on pourrait au moins la juger et l'apprécier convenable- 
ment pour ce qu'elle est, sans aucune retouche, et d'y substi- 
tuer des fac-similé d'après les copies qu'on est occupé à en 
faire? Dans ce cas, le mieux serait, pour éviter l'effet de la 
chaux, de coller ces peintures sur un enduit de carton- 
pierre qui, par sa composition de carton, de gélatine, d'huile 
et de craie, ne contient aucune substance caustique pouvant 
avoir une action sur les couleurs. 

Reste à voir encore si l'opération terminée, la peinture, 
faite par un procédé très délicat de détrempe, de peinture à 
l'œuf ou à l'eau, résistera à l'opération du collage, c'est-à-dire 
si elle offrira une couche suffisamment épaisse pour ne pas 
disparaitre complètement dans la colle. 

Le plus sage serait de faire une expérience sur une des 
voûtes où la couleur a totalement disparu. On peindrait cette 
partie avec des couleurs imitant les tons des originaux par 
un procédé qui s'en rapproche à Peau, à l'œuf ou à la 
détrempe sans aucun empâtement. Puis on essaierait l'enlè- 
vement de cette peinture nouvelle. En cas de réussite au 
moins partielle, on risquerait l'opération sur les peintures 
anciennes. 

En cas de non-réussite de l'essai, il ne resterait qu'à laisser 
périr, de leur mort naturelle ces beaux vestiges artistiques. 

(ji.ifer»iié — Lors de la réunion préparatoire à la séance générale 
peintre, du mois d'octobre 1901 , un membre correspondant a signalé 
l'état de délabrement dans lequel se trouvent les peintures 
monumentales du vestibule de l'Université de Gand. 

Il a été décidé qu'une inspection de ces œuvres d'art serait 
faite lors d'un prochain voyage à Gand. 
Cette visite a eu lieu le 25 février 1902. 



monumenlalet. 



— 75 — 

Il a été constaté, en effet, que certains panneaux décoratifs 
sont dans un état lamentable. Nulle part, en Belgique, on 
ne trouverait un second exemple d'une destruction aussi 
complète et aussi rapide, il y a à peine 25 ans que ces pein- 
tures existent. Aussi, cette situation déplorable provient 
surtout de négligences coupables dans la surveillance et 
l'entretien des gouttières. La situation de celles-ci est telle 
que les eaux s'infiltrent dans certains murs, les salpètrent et 
rongent littéralement les tableaux. 

D'un autre côté, l'aérage et le chauffage de la salle sont 
nuls; l'humidité de l'atmosphère se condense sur les murs 
froids et baigne constamment les peintures. Enfin, le mur 
ouest est exposé directement aux vents humides sans le 
moindre abri. Toutes ces causes contribuent encore à 
aggraver la situation. 

Si l'on vent éviter à brève échéance la destruction totale 
desdites peintures, il est de la plus grande urgence de 
prendre les mesures suivantes : 

1° Mettre obstacle aux infiltrations d'eau provenant des 
gouttières par une double disposition de couverture entre la 
rotonde et le vestibule; 

2 # Recouvrir d'ardoises ou de zinc les murs à l'extérieur 
du côté ouest; il sera même prudent de faire semblable 
opération au côté est; * 

3 # Aérer convenablement le vestibule en y établissant des 
courants d'air facultatifs ; y établir un système de chauffage. 

Il importera, d'autre part : 

1° D'augmenter l'éclairage central de la coupole ; 

2° De supprimer facultativement le jour aux deux extre- 
mis au-dessus des panneaux peints. 



i ■ ■ 



— 76 — 

Les jours latéraux font le plus grand tort à l'effet artistique 
desdites peintures; en les supprimant facultativement et en 
augmentant la lumière centrale, la situation sera sensible- 
ment améliorée. 

Quand on aura remis les murs en bon état, on devra 

prendre les mesures nécessaires pour faire restaurer ces 

peintures d'une grande importance artistique. 

£fii»e — Il a été procédé, le 19 mars 1902, à l'examen du 

viiwii. v it ra i| spécimen placé dans le chœur de l'église de Geys- 

tingen (Limbourg). 

Il résulte de cet examen que la série de vitraux pour 
l'exécution de laquelle un subside a été promis sur les crédits 
des Beaux-Arts peut être continuée et que la promesse du 
subside précité peut être maintenue. 

Il conviendra toutefois de recommander à l'artiste de 

modérer l'emploi du jaune dans la poursuite de son œuvre 

et de bien étudier la caractéristique des saints à représenter. 

frise — Le 18 mars 1902, il a été procédé à l'examen du 

d« HajMé. 

dé^Siu. chemin de la croix placé dans l'église de Saint-Pierre, à 
Huysse (Flandre orientale). 

Celte entreprise ayant été effectuée dans de très bonnes 

conditions, il y a lieu d'autoriser la liquidation du subside 

promis par le Département de l'Agriculture, en vue de sa 

réalisation. 

egiii* — Il a été procédé, le 25 février 1902, dans l'atelier de 

de l>*wl*rteetiw. ■ 

Tombe*., n R ooms> à l'examen du tombeau de la famille de Liede- 
kerke que cet artiste est chargé de restaurer et de replacer 
dans l'église de Denderleeuw (Flandre orientale). 

M. Rooms procède d'une façon très judicieuse; il rétablit 
sur le monument même, au moyen de plâtre, les parties 



— 77 — 

manquantes on celles qui ont subi des avaries. Quand le 
monument sera ainsi complété, il passera à l'exécution en 
pierre des parties à restaurer. 

L'entreprise parait en bonne voie d'exécution. 

On a conseillé à l'artiste : 

1° De compléter les montants extrêmes par des pinacles, 
lesquels semblent avoir existé autrefois; ce complément, 
parait indispensable ; 

2° D'établir contre les mêmes montants de petits dais 
pour abriter les statuettes qui, sans aucun doute, y étaient 
appliquées, leurs supports ou socles étant encore en 
place; 

3° De couvrir le monument d'une voûte légère ; certains 
indices permettent de conclure que l'œuvre primitive était 
couronnée de cette façon. 

M. Rooms a été engagé à revoir la partie restituée de 
l'ornement supportant les armoiries, dont la courbe manque 
d'élégance. 

— L'examen auquel il a été procédé, le 11 mars 1902, Monument 

ily baron 

de la maquette du monument à ériger à Arlon (Luxem- * l y : jJ v 0, * ,B 
bourg), à la mémoire de M. le baron Edouard Orban de hArt0B ' 
Xivry, a donné lieu aux observations suivantes : 

1* Donner au médaillon la forme circulaire au lieu de la 
forme ovale ; 

V Améliorer les profils du soubassement du monument 
surtout ceux de la face principale; 

3' Supprimer les rainures dans le mur de soutènement; 

4° Simplifier la plinthe de la balustrade; 

3° Examiner si on ne pourrait simplifier le sommet des 
deux pilastres d'avant. 



— 78 — 

t\>ur la grille, on donne la préférence au projet le pins 
simple. 

Il y a lieu de conseiller à l'artiste de supprimer le lion ; 
c'est un motif très difficile à traiter et qui n'ajoutera rien à 
l'effet d'ensemble du monument. 
MoDom«Dt — A la demande de M. De Vreese, il a élé procédé, dans 

commemoratif ' r ' 

d^e^Md^br. l'atelier de cet artiste, à l'examen de la maquette du monu- 
ment commémoratif de la Bataille des Éperons d'or, laquelle 
comporte les changements indiqués dans le rapport du 
26 avril 1904. 

L'ensemble de cette maquette a paru satisfaisant. On a 
seulement fait à l'artiste quelques observations de détails 
dont il tiendra compte lors de la poursuite de son entreprise. 

Le travail de M. De Vreese est arrivé au point où il y a 
lieu de lui délivrer l'acompte auquel il a droit en vertu de 
son contrat. 

CONSTRUCTIONS CIVILES. 

La Commission a adopté : 
orphelin 1° Le projet relatif à la restauration des façades de 

et hospice 

dM » c £onï m ' l'orphelinat et de l'hospice des Chartriers, a Mons (Hainaut); 
Mai»» 2° Le projet concernant la construction d'une maison 

communale 

deDiibeek. communale à Dilbeek (Brabant). L'auteur a tenu compte, 
dans la mesure du possible, des observations qui lui avaient 
été faites; dans ces conditions, la majorité des membres 
présents de la Commission, cinq voix, a estimé qu'il y avait 
lieu de viser les plans, tout en regrettant qu'ils n'aient pas 
été rédigés dans le sens indiqué au précédent rapport (style 
flamand); la minorité, trois voix, insistant sur ce qu'avait 



.— 79 -— 

demandé le Collège et sur ce qui n'a pas été fait, a rejeté les 
plans. 

— L'altenlion de la Commission ayant été appelée sur Mai»» 

* ' ' communale 

des travaux de restauration que Ton exécute à la maison d, ° fer y MChc - 
communale d'Overyssche (Brabanl), édifice que Ton signa- 
lait comme ayant quelque valeur artistique, il a été procédé, 
le 10 mars 1902, à l'inspection de ce bâtiment. 

M. Du mortier, membre du Comité des correspondants, 
assistait à cette inspection. 

La construction dont il s'agit parait avoir eu une certaine 
importance autrefois, mais elle a subi de telles transforma* 
tions qu'elle est aujourd'hui absolument nulle au point de 
vue architectural. La remettre dans son état primitif, en 
supposant que cela soit praticable en présence du peu d'élé- 
ments archilectoniques qui en subsistent, aboutirait à une 
reconstruction à peu près totale et à une restitution pure- 
ment hypothétique. 

Dans ces conditions, il ne reste qu'à laisser continuer les 
travaux de restauration entrepris par les soins de l'Adminis- 
tration communale dans les conditions où ils ont été entamés, 
c'est-à-dire en réparant purement et simplement ce qui 
existe. 

— L'Administration communale d'Anvers a acquis, il y Ancienne 

Boucherie 

a quelque temps, l'ancienne Boucherie de cette ville, classée enfers. 
parmi les monuments dont la conservation est d'intérêt 
public. 

Cet édifice, qui est destiné à recevoir le dépôt des archives 
de la ville, nécessite des travaux de restauration importants. 

Avant de faire dresser un projet complet et définitif de ces 
travaux, la ville désire pouvoir faire exécuter, à titre d'essai, 



— 80 — 

quelques restaurations, du côté le moins en vue, à la façade 
nord-ouest. 

La visite à laquelle il a été procédé, le 7 avril 1902, a 
démontré que le système de procéder d'abord à un essai de 
restauration doit être encouragé. C'est le meilleur moyen 
d'établir un accord entre les diverses autorités quant aux 
limites à assigner à cette restauration. Une fois cet accord 
intervenu, l'entreprise pourra s'exécuter sans interruption 
dans des conditions satisfaisantes d'après le type arrêté. 
Toutefois, l'échantillon dont il s'agit ne doit être établi que 
sur une très minime surface. 

Dans tous les cas, la restauration devra être bornée au 
strict nécessaire, de façon à conserver au monument le 
caractère ancien qu'il a aujourd'hui et qui donne tant de 
charme à cette vénérable construction. 

On ne pourra renouveler que les matériaux absolument 
trop détériorés pour être maintenus en place ou dont l'état de 
vétusté pourrait compromettre la conservation ou la solidité 
du bâtiment. Gomme pour le renouvellement des pierres et 
des briques, le rejointoyage se fera en recherche; on devra 
se borner à boucher les seuls joints ouverts et surtout ne pas 
empiéter sur les matériaux. Dans ce but, le rejointoyage 
devra être opéré légèrement en creux, c'est-à-dire semblable 
à l'ancien. 

Il doit être entendu qu'avant d'entamer aucun travail de 
restauration, on fera exécuter des photographies de l'édifice 
à une assez grande échelle. Ces documents constitueront un 
procès-verbal de la situation du monument avant sa restau- 
ration et permettront de contrôler constamment si les travaux 
se poursuivent dans les limites d'une stricte nécessité. 



— 81 — 

Gomme la Commission n'a pas été saisie officiellement de 
la question des abords, elle s'est abstenue ici de s'en occuper. 

ÉDIFICES RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Ont été revêtus du visa : 

i° Le projet relatif à la construction d'un presbytère à rt ^35J2ÎJt 
Stembert (Liège) ; architecte, M. Monseur ; iïSSïèii 

2* Le projet relatif à la construction d'un presbytère à 
Molenbeek-Sainl-Jean (Brabant); architecte, M Janssens; 

3° Le projet concernant la construction d'un presbytère à 
Bouny, commune de Romsée (Liège) ; architecte, M. Soubre ; 

4° Le projet relatif à la construction du presbytère de 
Wesembeek (Brabant); au cours de l'exécution des travaux, 
il conviendra que l'auteur, M. Syraons, ajoute un dormant 
en bois à la porte d'entrée, afin de lui donner un aspect un 
peu plus important; qu'il se borne, pour les châssis, à 
l'exécution d'une seule traverse ; 

5° Le projet concernant l'agrandissement du presbytère 
de Mont (Namur), sous la réserve qu'il sera tenu compte 
des recommandations faites par M. l'architecte provincial, 
dans son rapport du 7 mars 1902; architecte, M. Lange; 

6° Le projet d'agrandissement du presbytère de Merxplas 
(Anvers) ; architecte, M. Taeymans ; 

7° Le projet relatif à la construction de dépendances au 
presbytère de Surice (Namur); 

8° Le projet de restauration du presbytère d'Hacquegnies 
(Hainaut) ; architecte, M. Clinquart. 



— 82 — 



ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 



(frite 

de Ueignée. 



Eglise 
de l\ecog ne. 



ÉgliM 

de Liedekerke. 

Église 
de Boston* 



Eglise de Loox. 



Église 
de Cambron- 
Casleau* 



Église 

de Herflellogen. 



Église 
de Milmort. 



La Commission a visé les plans relatifs à la construction 
d'églises : 

1* A Beignée, sous Ham-sur-Heure (Ilainaul), sous 
réserve de prolonger les pilastres de la grande nef jusqu'à 
la corniche, d'alléger la corniche sous la flèche et de revoir 
l'amortissement du pied de la flèche qui ne se raccorde pas 
bien à la maçonnerie de la tour, la hauteur des pénétrations 
étant insuffisante; architecte, M. Dosveld; 

2° A Recogne, commune de Noville (Luxembourg), à la 
condition de tenir compte des recommandations faites par 
le comité diocésain d'art chrétien; architecte, M. Cupper; 

3° A Liedekerke (Brabanl); architecte, M. Van Roeleo; 

4° A Bosson, sous Wêrbomonl (Liège), sous réserve 
d'alléger la base de la flèche et d'orienter l'édifice en l'éri- 
geant parallèlement à l'alignement de la roule; architecte, 
M. E. Demany. 

Ont aussi été visés les projets relatifs : 

4° A l'agrandissement et à la restauration de l'église de 
Looz (Limbourg). L'attention des architectes, MM. Lenerlz 
et Martens, a été appelée sur l'utilité d'étudier avec soin 
l'emplacement destiné au buffet d'orgue, de façon qu'il ne 
masque pas la fenêtre de la façade principale de l'édifice; 

2° A l'agrandissement de l'église de Cambron-Castcau 
(Hainaut); architecte; M. Sonneville; 

3° A l'agrandissement de l'église de Herffelingen (Bra- 
bant); architecte, M. Demaeght; 
. 4° A l'agrandissement et à la restauration de l'église de 



— 83 -* 

Milmort (Liège). L'attention de l'architecte, M. Lohest, a 
été appelée sur l'escalier du jubé, qui parait trop important ; 
sur le nombre de portes d'entrée, qui pourrait être diminué; 
sur le porche, qui est trop vaste. Cet artiste a été engagé 
aussi à abaisser un peu le seuil de la fenêtre éclairant le jubé 
et h supprimer la corniche du pied de la flèche. Avant de 
passer à l'exécution des travaux, il conviendra que M. Lohesl 
fournisse un profil longitudinal de la route avec indication 
de l'escalier d'accès à l'église; qu'il étudie à nouveau cet 
escalier ainsi que le mur avec grillage de clôture. 

Ainsi que les projets ci-après : 

5° Établissement d'un pavement dans l'église d'Engs- £,»« 

d*EDg»bergeiu 

berge n, sous Tessenderloo (Limbourg), et construction de 
dépendances à cet édifice; 

6° Établissement d'un carrelage dans le chœur de l'église é 8 um de H»eien. 
de Haeien (Limbourg) et placement de meubles dans cet 
édifice. Au cours de l'exécution du maître-autel il y aura 
lieu de prolonger davantage la marche supérieure; telle 
qu'elle figure au plan, sa disposition offrirait du danger pour 
les officiants lors des grandes cérémonies religieuses; archi- 
tecte, M. Lenertz; 

V Agrandissement du jubé de l'église d'Aye (Luxem- M^Aye. 
bourg); architecte, M. Gupper; 

8" Achèvement de la tour de l'église de Jehanster, sous Édite. 
Polleur (Liège); architecte, M. Vivroux; 

El, enfin, les dessins d'objets mobiliers destinés aux objeu mobilier* 

d'églises. 

églises de : 
Bouckhout (Limbourg) : buffet d'orgue ; 
Nimy (Hainaut) : buffet d'orgue; 
Fontaine- Valmonl (Hainaut) : mobilier complet ; 



1 



- 84 — 

Notre-Dame-Auxiliatrice, à Tournai (Hainaut) : buffet 
d'orgue ; 

Suxy (Luxembourg) : deux autels latéraux et banc de 
communion ; 

Florenville (Luxembourg) : buffet d'orgue ; 

Montplainchamps (Luxembourg) : deux autels latéraux et 
chaire à prêcher ; 

Denderleeuw (Flandre orientale) : mobilier complet; 

Smetlede (Flandre orientale) : raaitre-autel et stalles ; 

Boucle-Sainl-Denis (Flandre orientale) : mobilier complet; 

Leeuw-Saint-Pierre (Brabant) : autel dédié à la Sainte- 
Vierge ; 

Pont-au-Ry, commune de Mettet (Namur) : deux confes- 
sionnaux ; 

Steendorp (Flandre orientale) : maitre-autel et stalles; 

Neeroeleren (Limbourg) : chaire à prêcher. 
egiitedê — Il a été procédé, le 25 novembre 1901 , à la visite des 

Saiute-Walburff, f 

>Furnor travaux d'agrandissement et de restauration de l'église de 
Sainte- Walburge, à Fumes, de concert avec M. Van Ruym- 
beke, membre du Comité des correspondants de la Flandre 
occidentale. 

Cette visite avait surtout pour but d'apprécier si les con- 
structions romanes, restes de l'église primitive dont quelques 
parties subsistent encore, sont suffisamment intéressantes 
pour mettre obstacle au prolongement éventuel, soit partiel, 
soit total de l'église. 

Un examen minutieux de ces restes de la vieille église a 
démontré que leur valeur architeclonique n'a pas l'impor- 
tance qu'on parait leur avoir attribuée. Sans doute, ils 
offrent un certain intérêt archéologique et un aspect véné- 



— 85 — 

rable; il est même probable que ce sont les débris de l'église 
édifiée par Baudouin III dit le jeune. Mais il n'y a plus là 
aucun élément architectonique important ni aucun détail 
marquant On n'y retrouve môme plus une arcade complète 
de la nef ni de sa galerie haute ou triforium. Il ne reste, en 
définitive, que quelques pans de murs en moellons ayant 
subi de nombreux et importants bouleversements et des 
remaniements opérés au moyen de briques. 

Si, il y a quelques années, on a insisté pour obtenir la 
conservation de ces restes archéologiques, c'est parce qu'ils 
ne contrariaient guère le travail d'agrandissement tel qu'il 
avait été arrêté à celte époque. Mais aujourd'hui qu'un 
agrandissement plus important est réclamé et qu'il est 
sérieusement question de réserver la possibilité de pour- 
suivre un jour l'achèvement de cette splendide église sur 
tout le développement que les chanoines du xiit* siècle 
avaient conçu, on ne saurait hésiter un seul instant à sacri- 
fier ces quelques pans de murailles croulantes. 

Si, à défaut de ressources on ne peut songer à réaliser dès 
maintenant cette idée grandiose, il importe au moins que 
Ton ne fasse pas des travaux qui auraient pour conséquence 
d'en empêcher la réalisation future. Bien plus, il semble que 
Ton doive faciliter celte solution, désirable à tous les points 
de vue, en la préparant dès aujourd'hui par l'édification 
immédiate d'une couple de travées des nefs. A cet effet, les 
murs intérieurs édifiés à tort entre les colonnes du transept 
et entre ces colonnes et le vieux mur roman doivent dispa- 
raître immédiatement. 

À la demande de la Commission, M. Van Assche a 
diminué l'importance de la flèche centrale; au cours de 



— 86 — 

l'éxecution des travaux, il fera bien de remplacer les trompes 
des tourelles par des culs-de-lampe. On l'a engagé aussi à 
examiner s'il n'y aurait pas lieu de faire passer le triforium 
devant la grande fenêtre du transept. 

Gomme il est probable que l'édifice ne sera pas tout à fait 
achevé d'ici à longtemps, il semble qu'on ne puisse se 
dispenser d'ériger une façade un peu plus complète que si 
elle était absolument provisoire. La dépense n'en sera guère 
plus élevée et si, plus lard, on reprend les travaux de parfait 
achèvement, la partie à démolir ne sera pas bien considé- 
rable. 

Les travaux de construction du transept, en voie d'exé- 
cution, s'effectuent d'une façon convenable. On doit toutefois 
regretter que l'on ail construit en pierre et non en brique 
le larmier de la petite fenêtre du transept sud. II n'y a pas, 
dans tout l'édifice, d'exemple de larmier en pierre. 

Une fenêtre des chapelles du pourtour du chœur a été 
restaurée il y a quelques années. Ce travail est loin d être 
irréprochable; les pierres des réseaux sont médiocrement 
taillées et les briques mises en œuvre sont d'une tonalité 
beaucoup troprougequi contraste avec les briques anciennes. 
En ce qui concerne cette tonalité de brique, pourquoi ne 
pas imiter à Furnes ce que l'on fait si bien à Nieuport? 
Pourquoi tout au moins ne pas rapprocher la manière de 
Furnes de la bonne manière de Nieuport? Tous les membres 
de la Commission royale attirent sur ce point la très sérieuse 
attention de leur distingué collègue, M. Van Assche, le 
maître des deux œuvres. 

Les abords de l'église de Sainte- Walburge sont très mal 
entretenus. L'humidité y séjourne en permanence par suit 



— 87 — 

de fumiers, de monceaux d'ordures, e(c, accumulés contre 
les murs de l'édifice par les habitants des maisons dont les 
cours touchent à l'église. II importe que l'on prenne des 
mesures immédiates pour mettre fin à cette situation qui 
peut compromeltre la solidité du monument. 

L'église de Sainte-Walburge possède un beau triptyque 
de Karel Van Yprc, dont le panneau central est enchâssé 
dans la boiserie de l'autel de Sainte-Catherine, tandis que 
les volets sont accrochés au mur du transept. Cette œuvre 
importante parait nécessiter quelques mesures de conser- 
vation. H y aura lieu d'en profiter pour réunir les trois 
panneaux à l'effet d'en constituer un retable d'autel. 

— Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, le <««■•*■ t*i«*. 
90 mars 1902, que le terrain destiné à l'emplacement de la 
nouvelle église du Tuquet, sous Mouscron (Flandre occi- 
dentale), est convenable. 

Rien n'empêche d'orienter l'édifice tout en respectant les 
intérêts des donateurs de l'emplacement, la partie de terrain 
réservée par eux, pour la bâtisse, étant sensiblement la 
même, l'église étant orientée ou non. 

D'autre part, les craintes émises par le conseil de fabrique 
en ce qui concerne l'aspect défavorable que présenterait 
l'édifice érigé parallèlement à la chaussée, ne sont nullement 
fondées. Cet effet sera supérieur au point de vue architec- 
tural et pittoresque à celui qu'il présenterait si la façade 
principale seule était vue. 

On ne tient pas suffisamment compte des avantages 
incontestables qui résultent de la bonne orientation des 
édifices religieux. D'abord il est toujours désirable de voir 
respecter une ancienne tradition liturgique; ensuite, il 



— 88 — 

importe de ne pas perdre de me que cette tradition est aussi 
en correspondance avec les exigences de notre climat. Sous 
ce rapport, l'église du Tuquet a plus besoin encore que 
d'autres d'être orientée. Le terrain sur lequel elle sera assise 
est situé sur une colline en déclivité vers l'ouest. Il en résulte 
que l'édifice sera particulièrement exposé aux vents violents 
et humides. Il est donc indispensable de le protéger dans la 
mesure du possible en exposant aux mauvais vents Tune de 
ses petites faces. De plus, la tour étant placée à l'ouest, elle 
protégera toute la partie haute du vaisseau. 

Ces considérations, dictées par l'expérience, méritent de 
fixer l'attention des autorités locales chargées de l'entretien 
du monument. Or, l'entretien d'une église qui présente l'un 
de ses flancs à l'ouest est, à la campagne surtout, à peu 
près impossible. En tous cas, c'est un entretien très coû- 
teux qui ne suffit même pas à arrêter la ruine de la con- 
struction. 

De nombreux exemples de constructions érigées il y a peu 
d'années et qui sont déjà dans un état de conservation 
déplorable sont là pour nous avertir qu'il faut absolument 
tenir la main à ce que toute nouvelle église soit orientée à 
moins d'impossibilité manifeste résultant de la situation des 
lieux. Ce cas n'existe pas ici ; par conséquent, il importe que 
l'édifice soit érigé conformément au nouveau tracé joint au 
dossier. Si la construction telle qu'elle figure à ce tracé est 
trop rapprochée de la rue du côté du chœur, rien n'empêche 
de la reculer un peu vers l'ouest ou de remanier la dispo- 
sition des sacristies. 

A la demande du Collège, M. l'architecte Garette a apporté 
aux plans de l'église quelques modifications. Il a également 



— 89 — 

revu le projet do presbytère. Ces projets étant susceptibles 
d'être mis à exécution, ont reçu le visa. 
— Il résulte d'une inspection à laquelle il a été procédé, ch*pèiie 

ri r do S»intf-MarW\ 

le 13 mars 1902, que la chapelle de Sainte-Marie, à Ans É Am - 
(Liège), n'est pas, à beaucoup près, suffisante pour les 
besoins du culte. Cette chapelle, ou plutôt cette espèce de 
hangar, ne peut guère contenir que 250 personnes, alors 
que la population de la paroisse atteint environ 2,400 âmes. 

C'est d'ailleurs une construction aussi insalubre que 
chétive, élevée dans les conditions les plus parcimonieuses. 
Il n'y a pas de plafond, la hauteur intérieure est insuffisante. 
La toiture est en zinc; enlevée totalement avec sa charpente 
et le sommet des murs, l'année dernière, par un ouragan, 
elle a encore été menacée d'une catastrophe semblable, il y 
a peu de temps. Il est même urgent de se préoccuper de 
celle situation dont il pourrait résulter des accidents 
graves. 

La nécessité de doter cette importante paroisse d'une 
église convenable est évidente; la situation actuelle ne peut 
que s'empirer, la population augmentant d'une façon con- 
stante. Partant de ce point de vue, on doit même se 
demander si la superficie indiquée au projet soumis pour la 
construction de la nouvelle église, est suffisante. Il semble 
que l'édifice devrait être augmenté au moins^ d'une travée. 
En tous cas, la tour devrait être établie en avant de la nef 
au lieu d'être enclavée dans celle-ci. Ce parti aura encore 
pour avantage d'étendre la surface réservée>ux fidèles. 

L'emplacement proposé pour le futur temple est conve- 
nable. Toutefois, il importera d'établir Taxe de'la construction 
de façon que le chœur soit dirigé aussi exactement que 



— 90 — 

possible vers l'orient. Il n'y a nulle nécessité d'ériger l'édifice 
perpendiculairement à la chaussée. 

m tfiife*» — A la demande du conseil de fabrique de Bilsen-la- 
Ville, il a été procédé, le 5 mars 1909, à l'inspection de 
l'église paroissiale, qui doit être agrandie et restaurée. 

M. l'abbé Daniels, membre du Comité des correspondants 
du Limbourg, assistait à cette inspection. 

Il s'agissait surtout d'examiner quel est le moyen le plus 
pratique d'agrandir l'édifice, les autorités locales ne parais- 
sant pas tout à fait d'accord sur ce point. 

Après une visite attentive de toutes les parties de la con- 
struction, il a été reconnu que du côté de la tour, comme 
du côté du chœur, il ne peut être question d'opérer des 
démolitions, ces parties étant les plus intéressantes de 
l'édifice; du reste, elles figurent au tableau des édifices 
monumentaux du culte. 

Dans cette situation, il ne reste qu'un parti à prendre, 
celui d'étendre l'église latéralement, en élargissant les bas- 
côtés dans la mesure du possible, tout en restant dans les 
limites imposées par les nécessités de la voirie. 

Le plan d'agrandissement devra être combiné de façon 
que les faces latérales de la tour restent dégagées le plus 
possible. 

Il conviendra aussi d'étudier le moyen d'installer le jubé 
et l'orgue à côté du chœur dans le prolongement de la basse 
nef sud. De celle façon on pourra dégager l'intérieur de la 
tour, dont la superficie est importante, en a (Te c ter le rez-de- 
chaussée au service des fidèles et mieux assurer l'éclairage 
de la haute nef vers l'ouest. 
ÉgiiM — H a été procédé, le 19 mars 1902, à l'examen du 

de KenenicfcL. 



— 91 — 

maitre-autel, de la chaire et du banc de communion placés 
dans l'église de Kessenich. 

M. l'abbé Daniels, membre du Comité des correspondants 
du Limbourg, assistait à cet examen. 

Les meubles dont il s'agit étant convenablement exécutés, 
il y a lieu d'autoriser la liquidation du subside promis, sur 
les crédits des Beaux-Arts, en vue de leur réalisation. 

L'église de Kessenich possède une croix triomphale ayec 
les statues de la Sainte-Vierge et de Saint-Jean. Il y aura 
lieu de faire remettre ces œuvres d'art à leur emplacement 
normal; avant cette opération, il faudra soumettre aux 
autorités compétentes le projet de renouvellement de la 
croix, celle qui existe étant d'une conception et d'une exé- 
cution plus que médiocre et de beaucoup postérieure aux 
figures. 

La cuve baptismale en pierre est intéressante; elle 
remonte à la dernière période ogivale. Son état de conser- 
vation est satisfaisant. 

— Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, le «ch« primaire 
17 mars 1902, que les objets mobiliers placés dans l'église 
primaire de Saint-Nicolas (Flandre orientale), ont été exé- 
cutés dans de très bonnes conditions. 

Il y a lieu, en conséquence, d'autoriser la liquidation du 
subside promis par le Département de l'Agriculture en vue 
de ladite entreprise. 

— L'autel latéral placé récemment dans l'église de Peer M* *• re«. 
(Limbourg), a fait l'objet d'un examen, le 19 mars 1902, 

de concert avec M. l'abbé Daniels, membre du Comité pro- 
vincial des correspondants. 
L'exécution du meuble dont il s'agit a été traitée d'une 



— 92 — 

façon satisfaisante. Il y a lieu, conséquemmenl, de liquider 
le subside promis pour ce travail sur les crédits des Beaux- 
Arts. 

Il est urgent d'appeler l'attention des autorités locales sur 
l'état de dégradation dans lequel se trouve la tour de l'église 
de Peer. Cet édifice majestueux, l'un des plus importants de 
la Gampine limbourgeoise, se détériore d'une façon tellement 
rapide par suite de l'infiltration des eaux pluviales dans les 
maçonneries, que bientôt il ne sera plus possible d'y porter 
remède sans recourir à des reconstructions coûteuses et 
regrettables. 

La situation est grave; l'autorité communale fera bien de 
s'en préoccuper activement, sa responsabilité étant fortement 
engagée en raison des accidents qui peuvent se produire 
d'un moment à l'autre par la chute de matériaux. Il est 
indispensable que les travaux les plus urgents soient effec- 
tués pendant la présente campagne. 

d.s5S l rim« — " résulte d'un examen auquel il a été procédé que le 
à uZt^â: mobi | ier p | acé dans régl|se de saint-Pierre, à Sainl-Trond 

(Limbourg), a été exécuté d'une façon satisfaisante. 

En conséquence, il peut être donné suite à la liquidation 
du subside alloué par le Département de l'Agriculture en 
vue de ladite entreprise. 



TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a revêtu de son visa : 
Ken»* 1* Le projet relatif à la restauration de la tour de l'église 

«le Hériter. 

de Merlaer, sous Vorst (Anvers). Il y aura lieu toutefois, au 



— 93 — 

cours de l'exécution des travaux, de lenir compte des obser- 
vations formulées par le comité diocésain d'art chrétien, 
dans son rapport du 3 décembre 1901 ; architecte, M Taey- 
mans; 
2' Le projet d'une troisième série de travaux de restau- &:■« 

r ¥ de Sftint-Qttealio, 

ration de l'église de Saint-Quentin, à Lou vain (Bra ban t); àLooTain - 
architecte, M. Langerock; 
3° Le projet de travaux de restauration à effectuer à A fe"* 

90 de Doveate. 

l'église de Bovesse (Namur) ; 

4° Le projet de restauration des toitures de l'église de ^w * dk*. 
Dhuy (Namur); architecte, M. Lange; 

5* Le projet de travaux de réparation à effectuer aux Un* <i'o !«*»•. 
toitures de l'église d'Odeigne (Namur) ; 

6° Le projet relatif à l'exécution de travaux de restau- M«« de sibr*. 
ration à l'église de Sibret (Luxembourg); architecte, 
M. Gupper; 

7° Le projet concernant l'exécution de travaux de répa- £«<:•«• d« 

Kon«su-ea-Pafme 

ration à l'église paroissiale de Boussu-en-Fagne et à l'annexe " l dc GéronMrt - 
de Géronsart (Namur) ; architecte, M. Hautier; 
8° Le projet de travaux de réparation à effectuer à l'église '(»«« 

de Tongrinne. 

de Toogrinne (Namur) ; 

9° Le projet de restauration de la tour de l'église M* rfHingeon. 
d'Hingeon (Namur); architecte, M. Simon; 

10* Le projet de restauration de l'église de Dochamps * g ii.e 

de DochimiM. 

(Luxembourg) ; 
11* Le projet de restauration des arcalures intérieures et m* 

,, , . de Nccroeterea. 

d exécution de la sculpture des culots sous ces arcatures, à 
l'église de Neeroeteren, sous la réserve qu'au cours des 
travaux on variera davantage la sculpture des culots. Si, 
comme le fait remarquer M. l'architecte provincial, les 



— M — 

pierres d'attente n'ont pas les dimensions voulues pour qu'il 
soit possible d'exécuter les culots tels qu'ils figurent au 
dessin soumis, rien n'empêche de lés rendre plus petits. En 
tous cas, il ne parait pas admissible que les blocs bruts dont 
il s'agit aient été posés pour rester tels quels; s'ils n'ont pas 
été sculptés, c'est apparemment par suite d'une circonstance 
indépendante de la volonté du constructeur ; 
Éguie 12° Le projet définitif de restauration du triforium de 

de Noire-Dame, 

■ nue*, féglise de Notre-Dame, à Bruges (Flandre occidentale); 

architecte, M. De Wulf ; 
Et»* 13° Le projet relatif à l'exécution de travaux de restau* 

d'Aveceppetle. r ' 

ration à l'église d'Àvecappelle (Flandre occidentale) ; sous 
la réserve de varier le tracé des réseaux des fenêtres; archi- 
tecte, M. Nolf ; 
érum 14° Le projet de restauration de la tour de l'église d'Elli- 

d'BHîgniee- 

saiDie-Aone. gnies-Sainte-Anne (Hainaut) ; architecte, M. Leborgne ; 
égtiM 15° Le projet concernant la restauration de l'église 

d'Ormeignie*. r J ° 

d'Ormeignies (Hainaut); architecte, M. Risselin; 
Église de Moera. 16° Le projet de restauration de la tour de l'église de 
Moere (Flandre occidentale), moyennant de tenir compte 
des observations émises par M. l'inspecteur-architecte pro- 
vincial; architecte, M. Nolf; 
Et»»»* 47° Le projet relatif à la restauration de la toiture du 

de Mévergoie». * * 

clocher de l'église de Mévergnies (Hainaut); architecte, 
M. Eyckmans; 
Égiue dm!*». 18° Le projet de restauration de l'église d'Ellicom (Lim- 
bourg); architecte, M. Wellens; 
Église 49' Le projet relatif à la restauration de la tour de l'église 

de Waremme. 

de Waremme (Liège). Au cours de l'exécution des travaux, 
la corniche projetée au pied de la flèche devra être sup- 



— 95 — 

primée ; elle produirait an effet déplorable. Il conviendra 
aussi que le devis soit rectifié en mettant les ardoises indi- 
gènes en concurrence avec celles de l'étranger ; architecte, 
H. Bricteux. 

— Il a été procédé, le 13 mars 1902, à l'inspection de **"•• ** Z"«>«. 
l'église de Zande (Flandre occidentale). 

L'édifice dont il s'agit est complètement débadigeonné 
tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, hormis la tour qui s'élève 
au centre du transept. 

Les murs de l'église sont fortement lézardés ; la majeure 
partie des contreforts sont disloqués par suite de tassements 
dus aux défauts du sol. 

Cet édifice, peu intéressant, a clé plusieurs fois modifié à 
plusieurs siècles d'intervalle. On y remarque des agrandis- 
sements de nefs et aussi des traces de nefs disparues. 

Les voûtes en bardeaux, de bois de sapin, n'offrent rien 
de remarquable ; les meneaux et réseaux des fenêtres qui 
primitivement devaient être en briques, sont aujourd'hui 
en petit granit. 

La tour seule est remarquable, elle parait être en très bon 
état. Cette tour figure déjà dans la troisième classe des 
édifices monumentaux du culte. Il n'y a pas lieu d'étendre 
le classement au reste de l'église. 

— Il résulte d'une inspection à laquelle il a été procédé figuu 

. de Hcppigoies. 

le 3 avril 1902, de concert avec MM. Gador, Devillers et 
Hubert, membres du Comité des correspondants du Hainaut, 
que la flèche de l'église de Heppignies se trouve dans un 
état très grave ; le danger d'écroulement est très grand ; cet 
accident pourrait se produire d'un moment à l'autre en occa- 
sionnant des malheurs irréparables. Il importe donc de 



— 98 — 

rangée dans ia troisième classe des monuments du culte. 
L'inspection, qui vient d'en être faite, ne permet point d'en 
douter. Ce modeste édifice est un intéressant type de petite 
église rurale; il importe conséquemment d'aider les* admi- 
nistrations locales à le conserver. 

Les travaux de restauration récemment exécutés sous la 
direction de M. l'architecte De Wulf ont été effectués avec 
beaucoup de soins. Ceux qui restent à faire pour achever 
celle restauration sont de peu d'importance et n'auront guère 
d'influence sur les budgets des pouvoirs publics appelés à y 
contribuer, 
tigit* — U a été procédé, le 25 février 1902, à l'examen, sur 

de Saint- Bavoo, r 

àG«nd. p| ace> (fa projet relatif à la reconstitution des entrées primi- 
tives de la crypte de l'église de Saint-Bavon, à Gand. 

MM. Van Biesbroeck et Yanderhaegen, membres du 
Comité des correspondants de la Flandre orientale, assis- 
taient à cet examen. 

L'escalier donnant actuellement accès à la crypte doit 
disparaître par suite de l'installation de YHeilig Graf dans le 
local où il a son point de départ. 

D'un autre côté, étant donnée l'importance artistique et 
archéologique de cette vaste crypte, il semble nécessaire 
qu'elle soit desservie, comme Tétaient, du reste, la plupart 
des cryptes, par deux escaliers et que ces derniers soient 
établis dans des endroits bien visibles et d'un accès facile. 
On atteindra ce but en rétablissant tout simplement les deux 
escaliers primitifs dans leurs dispositions originelles; ce qui 
est d'ailleurs conforme aux principes d'une bonne restau- 
ration. Il faudra veiller toutefois à ce que la première 
marche descendante de chaque escalier n'avance pas plus 



— 99 — 

dans le transept que la première marche mon (an te de 
chacun des escaliers donnant accès à l'ambulatoire du 
chœur. 

Le rétablissement des entrées primitives de la crypte est 
également très désirable à un autre point de vue : il per- 
mettra de reconstruire immédiatement les parties inférieures 
des colonnes témérairement entaillées au xviii* siècle pour 
Installation de grandes plaques de marbre. Toutes les 
colonnes du chœur ont subi les mêmes mutilations; on les a 
entamées à droite, à gauche, à une grande profondeur dans 
leurs œuvres vives. Il n'est pas superflu, la Commission l'a 
déjà déclaré en 1900, de se préoccuper de cette situation 
capable de compromettre, à un moment donné, l'existence 
même du monument. 

Dans la crypte sont déposés deux grands monuments 
funéraires renaissance, en marbre, qui se trouvaient autre- 
fois dans des chapelles du pourtour du chœur, d'où on a dû 
les enlever pour permettre la restauration desdites chapelles. 
Ces monuments ont une certaine valeur artistique ou histo- 
rique. On devra les installer contre les murs de l'entrée sud- 
ouest de l'église, à l'exemple de ce qui a été fait, à l'intérieur 
de la tour, pour d'autres monuments de même provenance, 
et où ils produisent un effet satisfaisant. 

Par un rapport du 4 décembre 1897, la Commission a eu 
l'honneur de prier M. le Gouverneur de la province de 
vouloir bien charger le Comité des correspondants de 
dresser un inventaire de tous les objets d'art qui sont remisés 
dans la crypte de la cathédrale, en indiquant, si possible, la 
provenance de ces œuvres dont plusieurs semblent présenter 
un réel mérite artistique. :* v . • 



« / 



— 100 — 

II semble utile de ne pas perdre cette affaire de vue. 
uJvSSVSïrn. — L e 14 avril 1902, il a été procédé à l'examen des 
échantillons d'enduit avec tracés d'appareils, effectués à 
l'intérieur de l'église de Leeuw-Saint-Pierre. 

M. Lïcot, membre du Comité des correspondants du 
Brabant, assistait à cet examen. 

Le travail décoratif qu'on propose aujourd'hui est tout à 
fait prématuré. Des modifications importantes devant être 
exécutées aux fenêtres des bas-côtés pour qu'elles s'harmo- 
nisent avec le style dominant de l'édifice, il importe de s'en 
tenir d'abord à un enduit tout uni et de réserver la partie 
décorative des murs. Lorsque les travaux de restauration 
seront entièrement terminés, on examinera quel genre de 
rusticage convient et quelle est l'échelle qu'il devra com- 
porter pour être en rapport avec celle des chaînages irrégu- 
liers des fenêtres. Il semble désirable que le rusticage soit 
établi suivant les traditions de 1 époque; par conséquent, il 
ne devrait pas se borner à un simple tracé rappelant un 
appareil ordinaire de pierre. 

Les murs du transept faisant face aux bas-côtés offrent 
deux vastes panneaux très bien aménagés pour recevoir 
des fresques] historiées. Il conviendra de préparer, dès 
maintenant, un enduit spécial propre à recevoir sem- 
blable décoration lorsque les ressources locales le per- 
mettront. 

Il y a lieu de rappeler au conseil de fabrique le dernier 
paragraphe du rapport de la Commission en date du 
9 mai 1900, concernant la nécessité de faire nettoyer et 
revernir et de replacer ensuite dans l'église le tableau pro- 
venant du maitre-autel. 



— loi — 

— Il a été procédé, le 17 avril 1902, à une inspection gjfgj*,^ 
des travaux de restauration qui s'exécutent à l'église de kL,errc# 
Sainl-Gommaire, à Lierre. 

MM. Smekens, Van Gaster et Donnet, membres du 
Comité des correspondants de la province d'Anvers, assis- 
taient à cette inspection. 

Il a été constaté que les ouvrages dont il s'agit s'effectuent 
dans des conditions satisfaisantes. 

L'attention de l'architecte, présent à la visite, a été appelée 
sur l'obligation qu'il y a, pour le renouvellement des pierres, 
qui sont en trop mauvais état pour être maintenues, de con- 
server scrupuleusement la hauteur des assises anciennes. Il 
y a eu un peu de laisser-aller sous ce rapport, notamment 
aux niches décorant des contreforts du pourtour du chœur. 

Il est nécessaire d'employer la pierre de Gobertange pour 
les renouvellements à faire aux parements; leur faible hau- 
teur d'assises permet de faire usage de celte pierre; la roche 
d'Ëuville ne doit être mise en œuvre que quand il s'agit 
d'assises de hauteur inusitée; elle ferait tache dans les 
parements. 

Le rejointoyage ne doit être effectué que là où il est 
indispensable pour boucher les joints ouverts. Il doit être 
naturel, suivre l'irrégularité des joints, être opéré au moyen 
de mortier ordinaire non teinté et légèrement en creux. 

Il est nécessaire d'ouvrir et de restaurer les deux fenêtres 
bouchées de la belle chapelle s'ouvrant sur le transept nord 
vers l'orient; l'ouverture de ces baies n'implique nullement 
la disparition de l'autel renaissance qui y est adossé et qui 
ne manque pas de mérite. 

Il est regrettable de devoir employer le zinc pour les 



— 102 — 

tuyaux de descente dans un monument de cette importance 
et de cette valeur artistique. En tous cas, on doit faire en 
sorte que les eaux qu'ils déversent ne séjournent pas au pied 
des murailles. A celle fin, il est urgent de remanier le 
pavage des trottoirs et de lui donner une pente suffisante 
pour assurer le libre et rapide écoulement des eaux plu- 
viales. 

Plusieurs urinoirs sont accolés aux murs de l'édifice, leur 
entretien laisse à désirer et il est très probable que les 
moyens d'écoulement font défaut. Par suite, des infiltrations 
dans les fondations doivent inévitablement se produire. On 
ne saurait trop conseiller d'enlever ces réservoirs et de les 
remplacer par un édicule à établir à une certaine distance 
du monument. 

Le Secrétaire, 

A. Massaux. 
Yu en conformité de Tari. 25 du règlement. 

Le Président, 

Gh. Lagassk-de Locht. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROCÈS- VERBAUX. 



^0*0*0*0*0*0*0*0*0*0*0*0*0 



SÉANCES 
des 3, 17, 24 et 31 mai ; des 7, 14, 21 et 28 juin 1902. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

La Commission a émis des avis favorables sur : 

!• L'essai de renloilage et de restauration de l'un des six Égu*ede 
tableaux enchâssés dans les lambris du chœur de l'église de 'Tibi^». 
Bois-de-Lessines (Hainaul); 

2* Le projet relatif au placement de deux vitraux dans la figu* 

■ * ■ de Saint-Pierre, 

claire-voie du chœur de l'église de Sainl-Pierre, à Louvain *$££• 
(Brabant). L'attention de l'auteur, M. Osterralb, a été 
appelée sur les types des figures, qui devraient être plus 
variés. Quand une verrière sera placée, il conviendrait 
qu'on en avertit le Collège. Il fera examiner ce travail par 
des délégués ; 
3° Le projet d'une verrière à placer dans redise de E g u*> 

r * r c de Notre-Dame, 

Noire-Dame, à Sainl-Trond (Limbourg); auteur, M. Ladon; *%,-£? d - 



— 104 — 
M* 4° Les dessins de vitraux à placer dans l'église de 

de Resieigne. * ** 

viirati.. Resleigne (Namur) ; auteur, M. Bardenhewer ; 
fisiisa • 5° Le projet relatif au placement d'un vitrail dans le 

de WesWlcleren. r * r 

viimii. chœur de l'église de Westvleteren (Flandre occidentale), 
sous réserve de mettre la translucidité des médaillons du 
tympan en harmonie avec celle des lumières du vitrail. Le 
visa est subordonné à une bonne exécution du projet, ce qui 
devra être vérifié en temps opportun ; auteur, M. Casier ; 

Égiue 6° Le projet relatif à la restauration d'un calvaire qui se 

de l.inuneao. • * * 

chaire. t rouve d ans l'église de Linsmeau (Brabant) ; auteur, M. Van 
Gramberen. 

*«.•« de — Il a été procédé, le 21 mai 1903, à l'examen de pein- 

n.a »k" tures murales qui se trouvent dans l'église de Saint-Germain 
(Namur), dont l'existence a été signalée par M. Boveroulle, 
architecte provincial et membre du Comité des correspon- 
dants. 

Ces peintures n'offrent d'intérêt à aucun point de vue. 
Loin de se rapporter à la période romane à laquelle appar- 
tient la construction primitive de l'église, actuellement en 
voie d'agrandissement, ces peintures sont probablement de 
la seconde moitié du xviu* siècle et, par l'exécution, ne 
méritent pas le nom d'oeuvres d'art. 

II n'y a donc aucune mesure à prendre en ce qui les con- 
cerne et, dans les travaux de reconstruction dont le chœur 
de l'église où elles se trouvent est l'objet, elles peuvent 
disparaître sans inconvénient. 
Hôtd de ville — II a été procédé, le 19 juin 1902, dans la grande salle 

peloton»' échevinale, à l'étage de l'hôtel de ville de Bruges (Flandre 



décoratives. 



occidentale), à l'examen de deux panneaux décoratifs du 
fond de ladite salle et représentant une foire tenue à Bruges, 



— 405 — 

peintures laissées inachevées par feu Àlberl De Vriendl. 

M. Julien De Vrieudt, chargé d'achever l'œuvre délaissée 
par son regretté frère, avait exprimé le désir d'être présent 
lors de la visite à Bruges. Il a renseigné la délégation sur 
les diverses clauses du contrat intervenu pour l'exécution de 
l'ensemble du travail décoratif de la salle. 

Après avoir examiné attentivement les deux panneaux 
inachevés et reconnu ce qui reste encore à y faire pour les 
terminer complètement, la délégation a fixé à 4,000 francs 
la valeur de ces travaux. 

— Le 19 juin 1902, il a été procédé, dans l'atelier de é K ii. e 

de KcAenicb. 

M. Dobbelaere, à l'examen du vitrail-spécimen destiné à Vilraax - 
l'église de Kessenich (Limbourg). 

La verrière dont il s'agit a été convenablement traitée. 
L'attention de l'artiste a seulement été appelée sur la conve- 
nance d'accentuer davantage la baguette qui sépare l'enca- 
drement du sujet, afin que ces deux parties du vitrail soient 
mieux dégagées Tune de l'autre. M. Dobbelaere s'est engagé 
à tenir compte de cette observation dans la suite de son 
travail. 

Sous cette réserve, il y a lieu d'autoriser l'exécution de la 
série des cinq vitraux projetés pour le chœur de ladite église. 

— Il a été procédé, le 16 juin 1902, dans le parc de Mutée de g™<\. 

Groupe. 

Gand, à l'examen du groupe exécuté par M. Van Biesbroeck 
représentant € deux hommes plantant un mât » et placé en 
face du nouveau musée des Beaux-Arts, en voie de con- 
struction. 

MM. De Waele et Serrure, membres du Comité des cor- 
respondants de la Flandre orientale, assistaient à cet examen. 

Le groupe dont il s'agit, exécuté en bronze, constitue une 



— 106 — 

œuvre asseï intéressante. Il est posé sur un tertre en forme 
de cône. Il conviendra de conserver à ce tertre son aspect 
réel de support en évitant de l'amoindrir par des guirlandes 
de fleurs d'une coloration claire. 

L'intervention de l'État dans les frais d'exécution de 
l'œuvre parait justifiée. 
Hôuid.TH». — À la demande de M. Dillens, il a été procédé, le 
l.uZ: \q j u i D i903 9 à l'examen du modèle en plâtre, grandeur 
d'exécution, de l'une des statues de la façade de l'hôtel de 
ville de Gand, dont l'esquisse a été adoptée par la Commis- 
sion, le 23 novembre 4900. 

MM. DeWaele, Serrure et Lybaert, membres du Comité 
des correspondants de la Flandre orientale, assistaient à cet 
examen. 

Ce modèle, exécuté par M. De Beule, d'après l'esquisse 
produite par M. Dillens, est bien traité; toutefois, la partie 
inférieure de la statue quoique ayant été allégée suivant les 
indications du Collège, est encore trop volumineuse. Lors de 
l'exécution en pierre, ce défaut devra être corrigé; il importe 
que la figure n'empiète pas sur les moulures de la niche. 

Les trois statues ornant la tourelle d'angle, dont les 
modèles en grand ont été exécutés par M. Dillens lui-même, 
sont exécutées en pierre; ces œuvres sont satisfaisantes. 

Les quatre statues placées récemment et définitivement à 
la gauche du spectateur vers une extrémité de la façade 
gothique, ne sont pas d'une exécution aussi heureuse que les 
précédentes. Il est regrettable que les artistes n'aient pas 
tenu suffisamment compte de la recommandation faite par 
le paragraphe final du rapport du 23 novembre 1900, 
quant à la nécessité d'alléger la partie inférieure des figures ; 



— 107 — 

il eût convenu aussi que les modèles en grand fussent pré- 
sentés sur place. Il semble que la recommandation précitée 
n'a pas été communiquée aux statuaires, sinon, M. De 
Beale, lors de l'inspection, n'aurait pas posé la question de 
savoir s'il faut suivre exactement, dans toutes leurs parties, 
les esquisses remises aux divers statuaires appelés à con- 
courir à la décoration du monument. La recommandation 
prérappelée avait, d'avance, résolu cette question. 

Quoi qu'il en soit, les quatre dernières figures ont une 
largeur exagérée et dépassent le cadre qui leur était assigné. 
La première, à gauche du spectateur, accuse surtout ce 
défaut; en outre, ses accessoires sont trop lourds. 

Il conviendrait d'étudier le moyen d'apporter quelques 
corrections en vue de faire mieux entrer ces quatre statues 
dans leurs niches et d'alléger les accessoires de la première. 

En tous cas, il importe que tous les socles des statues 
soient mis en harmonie avec le motif architectural qui leur 
sert de rapport et restent en retraite sur celui-ci. 



CONSTRUCTIONS CIVILES. 

Le projet concernant l'exécution de travaux d'appropria- n* de juuee 
tion au Palais de Justice de G and, a fait l'objet d'un examen, 
surplace, le 46 juin 1902. 

MM. l'ingénieur en chef, directeur des ponts et chaussées 
de la Flandre orientale, et ses adjoints, ainsi que MM. Moreau 
et Bouckaert, délégués par M. le Ministre de la justice, 
M. l'avocal-général près la Cour d'appel, Callier, et MM. De 
Waele et Serrure, membres du Comité des correspondants 



— 108 — 

de la Commission royale des monuments, assistaient à cet 
examen. 

Il résulte de l'échange de considérations qui s'est produit 
lors de la réunion que tout le monde reconnaît que des 
travaux hygiéniques s'imposent dans l'édifice. 

Les travaux d'aménagement projetés à l'étage rencontrent 
également l'assentiment unanime ; ils sont, du reste, en voie 
d'exécution. 

L'inspection des lieux a démontré que la cour basse pro- 
posée le long d'une partie de la façade sud est inutile pour 
le moment; on est occupé à assainir et éclairer vivement les 
caves où seront déposées les pièces à conviction. 

L'escalier proposé pour desservir le dépôt des pièces à 
conviction devient également inutile. 

Il résulte des constatations faites dans le sous-sol de l'édi- 
fice que les fondations sur pilotis sont en bon état, mais les 
piliers en maçonnerie présentent de nombreuses traces 
d'écrasement provenant sans doute de tassements irréguliers 
qui ont occasionné certaines déformations des voûtes des 
caves. On est unanimement d'accord qu'il faudra consolider 
lesdils piliers. Il est même prudent, en attendant, de s'as- 
surer, à l'aide de témoins, si les mouvements continuent. 
C'est ce qu'a d'ailleurs ordonné sur place M. le Président 
Lagasse-de Locht, à titre d'inspecteur-général des ponts et 
chaussées chargé de la direction des bâtiments civils du 
pays. 

En somme, il n'y a guère de divergences d'opinions qu'en 
ce qui concerne la question relative à l'appropriation, au 
rez-de-chaussée, de l'ancienne salle de la bourse et des locaux 
voisins en une salle des pas-perdus et deux salles d'audience 



— 109 - 

pour le tribunal correctionnel, le conseil de guerre et le 
tribunal de police. Il semble qu'on peut également se mettre 
d'accord sur celle question sans s'exposer à compromettre 
la solidité de l'édifice, en adoptant la disposition indiquée 
par le Département de la justice et en prenant les précau- 
tions que la situation commande. Il ne semble pas qu'en 
adoptant celte disposition, cette partie du palais serait déna- 
turée au point de vue architectural, puisque le côté le plus 
intéressant, c'est-à-dire le vestibule, conservera son aspect 
et sa destination actuels. Il ne parait pas nécessaire, pour 
celte transformation, de se livrer à des travaux aussi coûteux 
que ceux de continuer le système d'arceaux en fonte et 
colonnes qui règne dans le vestibule, attendu que les locaux 
transformés et le vestibule ne pourront être vus simultané- 
ment. 

La nécessité de celte transformation est reconnue, même 
au cas où l'on transporterait quelques services judiciaires 
dans les locaux occupés actuellement par la poste, à proxi- 
mité du Palais de Justice. Il est à remarquer que les locaux 
de la poste ne seront disponibles que dans un laps de temps 
assez long et que leur utilisation ne serait pas possible sans 
qu'ils soient totalement remaniés. Il en résulte qu'il faudrait 
cinq ou six ans avant qu'on ne soit en mesure d'en disposer. 

Il conviendra de rechercher le moyen de mieux éclairer 
les locaux transformés, en agrandissant les fenêtres au-dessus 
de l'escalier extérieur. 

Les façades de l'édifice réclament certaines restaurations 
dont il est prudent de s'occuper à bref délai. 

— À la demande de l'administration communale, il a été dm * «inc 

d'Audenarde. 

procédé, le 9 juin 1909, à l'inspection des travaux de res- 



— 110 — 

lauration en voie d'exécution à l'hôtel de ville d'Àudenarde. 

M. De Waele, membre du Comité des correspondants de 
la Flandre orientale, assistait à cette inspection. 

La première série d'ouvrages, qui comportait les plus 
urgents, est très avancée ; elle sera terminée pendant la pré- 
sente campagne. La dépense en était évaluée à fr. 1 17,124-97. 

Tous les travaux effectués à ce jour ont été traités dans de 
très bonnes conditions. 

Dans les travaux qui restent à effectuer de la première 
série, est comprise la restitution des figures d'anges des 
lucarnes et de la statue de la Sainte-Vierge située au-dessus 
du portail. Les modèles présentés sur place pour ces figures 
étant la reproduction aussi exacte que possible des anciennes 
et ayant été modelés sur les restes de celles-ci, il y a lieu 
d'en autoriser la réalisation. 

Les statues destinées aux niches de la balustrade sont à 
faire. 11 n'en reste rien. D'après les anciens comptes de la 
ville, ces figures représentaient des souverains; on en trou- 
vera, sans doute, les noms dans ces comptes. Il y a neuf 
statues à exécuter; on s'arrêtera, pour leur choix, si on 
n'en retrouve pas les noms, à l'époque où s'est terminée la 
construction de l'hôtel de ville. 

Pour ces figures, on se propose d'employer la pierre 
d'Euville fine ou une autre similaire. On ne peut assez 
recommander un choix judicieux de la pierre à mettre en 
œuvre et surtout qu'elle soit bien résistante. Des échantil- 
lons ne suffisent pas à cette fin; il faut que l'on soit fixé, 
tout d'abord, sur la valeur de la pierre au point de vue de 
sa résistance à l'action des intempéries. 

Il importe de continuer la restauration du monument au 



— 111 — 

bâtiment tout entier. La deuxième série de travaux peut 
être estimée approximativement à 110,000 francs. Elle 
comprendrait le côté latéral vers l'ouest et le pignon en 
retour vers la face postérieure. D'après les anciens comptes 
de la ville, la tourelle sur la cheminée de celte dernière 
façade était autrefois surmontée d'une statue en cuivre de 
Saint-Michel; elle devra être rétablie. 

Les mêmes comptes indiquent que certaines parties de 
1 édifice étaient rehaussées de quelques points de couleur et 
de dorure. Rien n'empêche de produire un projet dans ce 
sens, basé sur lesdils comptes, sauf à en ajourner l'exé- 
cution, si celle-ci est décidée, jusqu'après la restauration 
complète du monument. 

La charpente et la toiture de la halle, adossée à l'hôtel de 
ville, nécessitent des travaux de restauration. Il importe de 
les entreprendre à bref délai pour éviter des dégâts à cet 
édifice d'une haute valeur archéologique. La dépense attein- 
drait approximativement 40,000 francs. 

Il est temps aussi de se préoccuper du dégagement de ce 
groupe de deux monuments (l'hôtel de ville et la halle), afin 
de les isoler complètement. Les maisons qui les entourent 
appartiennent, pour la plupart, à la ville, qui les a acquises 
successivement dans ce but au fur et à mesure qu'une occa- 
sion se présentait. 

Par suite des nombreux travaux de restauration dans 
lesquels la ville a dû intervenir, ses ressources sont totale- 
ment épuisées. L'État et la Province devront faire ici un 
sacrifice tout spécial. Il s'agit d'un monument national de 
premier ordre que le Gouvernement a jugé digne d'être 
reproduit partiellement pour servir de pavillon belge à 



— 112 — 

l'Exposition internationale de Paris, en 1900. Il n'appartient 
pas seulement à la ville d' Audenarde, mais an pays tout 
entier, qui a an intérêt considérable à en assurer la conser- 
vation. On ne saurait laisser ce soin exclusif à une localité 
ne comptant que 6,000 habitants et assumant des charges 
au-dessus de ses ressources pour rentre lien de ses grands 
monuments du moyen âge qui font encore aujourd'hui la 
gloire de la nation. La démolition des maisons précitées 
servirait de part contributive de la ville ; elle peut être con- 
sidérée comme un sacrifice énorme pour elle. 
h*ii<! m Drap — Il a été procédé, le 18 mai 1902, à l'inspection des 

de Gand. 

travaux de restauration et d'achèvement en voie d'exécution 
à la Halle aux Draps de Gand. 

MM. De Geuleneer, Serrure, Lybaert, Van Biesbroeck et 
Van der Haegen, membres du Comité des correspondants 
de la Flandre orientale, assistaient à cette inspection. 

L'entreprise se poursuit activement, aussi bien pour la 
restauration de la partie ancienne que pour l'achèvement de 
l'édifice. On a pu se procurer d'anciennes pierres non seule- 
ment pour la restauration des parements anciens mais aussi 
pour l'exécution des parements de la partie nouvelle du 
bâtiment, de sorte que l'ensemble a un caractère très har- 
monieux. Mais on ne doit pas, cependant, pousser trop loin 
le système de l'uniformité. Il n'est pas admissible, par 
exemple, que l'on retaille les joints pour pouvoir ensuite, 
par un rejointoyage, donner aux constructions anciennes 
l'aspect qu'ont les nouvelles. Les parements anciens doivent 
rester tels qu'ils sont; on se bornera à boucher les joints 
ouverts. 

Dans la partie nouvelle de l'édifice, les joints sont trop 



r- 413 — 

grands; on ne s'inspire pas assez de ceux de la partie 
ancienne qui sont bien conservés et qui sont très faibles. 

On ne saurait trop recommander aux architectes chargés 
de la direction des travaux, de conserver, dans la restau- 
ration, le plus possible les anciennes pierres tant moulurées 
qu'unies, par exemple les tympans, les encadrements, les 
arcs et les larmiers des baies, les moulures en général, cer- 
tains panneaux de la balustrade, etc., etc. En un mot, toutes 
les pierres dont les avaries ne sont pas de nature à faire 
disparaître les lignes de l'édifice, doivent être respectées. 

Il est regrettable que, pour le renouvellement des poutres, 
on ait adopté le fer au lieu du bois qui était prévu au projet 
adopté. Dans un travail de restauration de cette importance 
on doit toujours, lorsqu'il n'y a pas impossibilité absolue, 
mettre en œuvre des matériaux de même composition que 
ceux ayant servi à la construction primitive. 

Les glacis déjà restaurés de plusieurs contreforts au 
niveau du seuil des fenêtres de l'étage laissent à désirer au 
point de vue de l'écoulement des eaux pluviales. Il y a là 
une rectification à faire. Quelques sculptures nouvelles ne 
sont pas non plus irréprochables. 

A la façade ouest, les anciennes fenêtres qui avaient été 
masquées et dont l'état de conservation permet de constater 
la situation primitive, ont un double glacis séparé par une 
petite partie verticale ; on devra respecter ce profil et exa- 
miner avec soin si le glacis des baies de la façade opposée 
n'avait pas un pareil profil, lequel aurait été modifié par la 
suite, lors de réparations effectuées à l'édifice. 

Le bâtiment de dépendances à annexer à la halle tant 
pour la conciergerie que pour les installations sanitaires, 



— m — 

devra être érigé de telle façon qu'il laisse dégagée la partie 
de la façade ouest de la halle comprise entre le beffroi et le 
second contrefort de ladite façade. 

On peut, comme le demande la Commission locale des 
monuments, conserver, à litre d'expérience, ces deux travées 
intactes, sans restauration. De celte façon, on pourra res- 
taurer plus complètement la façade est, tout en maintenant, 
bien entendu, les pierres qui sont encore bonnes. Toutefois, 
le Collège doit dégager sa responsabilité dans une opération 
de ce genre où le travail serait limité à ce point qu'il faudrait 
recommencer dans quelques années. 

M . le Gouverneur de la province a été prié de vouloir 
bien transmettre d'urgence le présent rapport à l'adminis- 
tration communale de Gand. 
AnciMi.6 — Il a été procédé, le 22 avril 1902, à l'inspection des 

fortcrtM* 

deHôi.*. ruines de l'ancienne forteresse de Moha (Liège), à l'effet de 
s'assurer de l'importance des dépenses restant à faire pour 
la consolidation de l'édifice et de la situation générale de 
celui-ci, M. l'ingénieur en chef directeur des ponts et chaus- 
sées de la province de Liège ayant signalé la nécessité de 
consacrer un nouveau crédit de 12,000 francs aux travaux 
dont il s'agit. 

Sans pouvoir affirmer qu'au moyen du nouveau crédit 
sollicité on pourra terminer l'entreprise, on peut admettre 
cependant que ce chiffre constitue une évaluation qui parait 
assez approximative. 

Sans aucun doute, il importe de poursuivre les travaux 
de déblaiement et de consolidation entamés; il est même 
désirable qu'une prompte décision intervienne, les fonds 
sont épuisés et l'entrepreneur va être obligé, sous peu, de 



— m — 

retirer de ce travail des ouvriers qui sont aujourd'hui initiés 
à ce genre d'opération. 

Quant à la situation générale du château, elle est actuel- 
lement satisfaisante. Les travaux s'exécutent avec soin et 
intelligence. Le sommet des murailles reste tel qu'on le 
découvre, c'est-à-dire dentelé; il est recouvert de gazon. 
Cette double opération est très louable, car elle conserve 
parfaitement l'aspect de ruine de la forteresse. 

Il est bon de recommander de ne pas employer le ciment 
pour les travaux de rejointoyage; cette matière a une 
tendance à se fendiller. Il est préférable d'adopter un bon 
mortier composé par moitié de chaux et de sable très rude 
et surtout non teinté. Le rejointoyage doit être exécuté 
légèrement en creux et non en relief. Il faut tout simplement 
imiter le rejointoyage primitif tel qu'il se remarque aux pare- 
ments anciens, qui étaient recouverts par des décombres. 

Les déblaiements se poursuivent, à l'intérieur, le long du 
rempart ouest; en les continuant vers l'extérieur, sans aucun 
doute on retrouvera l'ancien chemin qui donnait accès à la 
forteresse. On s'occupe, à l'extérieur du même rempart, à 
déblayer le fossé creusé dans le roc. 

Les fouilles à l'intérieur du château ont mis au jour quel- 
ques pavements fort intéressants composés de petits car- 
reaux vernissés. L'action du soleil et de la pluie leur est 
funeste; il conviendra de rechercher le moyen de les pré- 
server. Peut-être suffira-t-il de les protéger par une couver- 
ture en bois et zinc posée à une hauteur suffisante pour 
qu'on puisse les voir tout en les mettant à l'abri des intem- 
péries. 

Le périmètre des murailles de la forteresse est seul la 



— 416 — 

propriété de l'Étal. Au côté nord, le terrain appartient à an 
particulier ; au côlé sud, il est la propriété de la commune. 
Étant donné que l'État s'impose des sacrifices importants 
pour conserver un des monuments les plus intéressants de 
l'architecture militaire de notre pays, il est de la plus grande 
utilité de veiller à ce qu'il ne soit pas un jour défiguré par 
l'érection de bâtiments sur ces terrains; d'autre part, le 
sous-sol de ceux-ci pourrait, à un moment donné, être 
exploité comme carrière. Or, ce serait désastreux, à tous 
les points de vue, pour l'ancienne forteresse. Pour prévenir 
ces fâcheuses éventualités, il est indispensable que l'État 
fasse l'acquisition de ces parcelles, du côté nord jusqu'au 
chemin, du côlé sud ce qui appartient à la commune. Ces 
terrains, peu étendus, n'ont guère de valeur; une entente, 
à cette fin, parait de nature à pouvoir se réaliser dans des 
conditions très peu dispendieuses pour le trésor. Cette 
solution est d'autant plus désirable qu'il est possible que 
des fouilles opérées dans le périmètre des terrains précités 
amèneraient la découverte de restes d'anciens ouvrages 
avancés du château. 



ÉDIFICES RELIGIEUX. 



PRESBYTÈRES. 



Ont été revêtus du visa : 
conuruciion 1° Le projet relatif â la construction d'un presbytère à 

et resta u ration 

de presbytères. Namoussart, commune de Hamipré (Luxembourg), à la 
condition que l'on aura égard, sauf en ce qui concerne le 
troisième paragraphe, aux observations contenues dans le 



— 117 — 

rapport du Comité diocésain d'art chrétien; architecte, 
M. Wûrlh; 

2° Le projet concernant la construction d'un presbytère à 
Vi lie-en- Waret (Namur), sous la réserve qu'au cours des 
travaux les citernes soient établies de manière qu'elles ne 
touchent, en aucune façon, aux murs du bâtiment; archi- 
tecte, H. Lange; 

3° Le projet du presbytère à construire dans la paroisse 
de Saint-Martin, à Tamines (Namur). Au cours de l'exé- 
cution de l'entreprise, l'architecte, M. Van Gheluwe, devra 
revoir la porte d'entrée dont la forme peut être améliorée; 
il conviendra aussi qu'il revoie le devis dont le montant est 
insuffisant pour l'exécution d'un bâtiment de cette impor- 
tance ; 

4* Le projet relatif à la construction d'un presbytère à 
Hemelveerdegem (Flandre orientale), moyennant d'avoir 
égard aux observations de M. l'architecte provincial et de 
mettre le pignon en harmonie avec le reste des façades du 
bâtiment; architecte, M. De Leslré; 

5° Le projet relatif à l'établissement d'une grille de clôture 
au presbytère de Meir (Anvers); architecte, M. Taeymans; 

6° Le projet de restauration du presbytère d'Hacquegnies 
(Hainaut); architecte, M. Clinquart; 

7° Le projet des travaux de réparation et d'appropriation 
du presbytère de Meix-le-Tige (Luxembourg) ; 

8* Le projet des réparations à effectuer au presbytère 
d'Orchimont (Namur); 

9° Le projet concernant l'exécution de travaux de restau- 
ration au presbytère de Lowaige (Limbourg); architecte, 
M. Christiaens; 



— 118 — 

(0° Le projet de restauration du presbytère de Liernu 
(Namur) ; 

11° Le projet relatif à la restauration du presbytère de 
Reppel (Limbourg). 
t . rcsb>lore — i| a été procédé, le 15 mai 1902, à l'inspection du 

île Wolvmkem. r 

presbytère de Wolverthem (Brabanl). 

Il résulte de cet examen que l'édifice dont il s'agit offre 
un intérêt artistique suffisant pour qu'il y ail lieu de le 
ranger dans la troisième classe des monuments civils. 



ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a émis des avis favorables sur les projets 
relatifs à la construction d'églises : 
Et);* 1* A Hamont (Limbourg); architecte, M. Cuypers; 

Kgu» 2° A Maldegem (Flandre orientale), sous la reserve que 

e t «•(!<«. y on aura £g ar( j ^ l'observation présentée par M. l'architecte 

provincial en ce qui concerne la nécessité d'augmenter la 
profondeur de la sacristie. Le Collège a demandé, en outre» 
que le faux triforium soit supprimé. Il regrette, tout en 
adoptant le projet, que l'auteur n'ait pas cru devoir adopter, 
pour le nouvel édifice, le type d'églises à trois nefs d'égale 
hauteur qui a été si fréquemment employé autrefois dans 
la Flandre. Avant de passer à l'exécution des travaux du 
nouvel édifice, il importera qu'on fasse parvenir une photo- 
graphie de l'église actuelle et que l'architecte, M. Geirnaerl, 
soit invité à faire connaître s'il y a impossibilité de conserver 
la tour, qui figure dans la troisième classe des monu- 
ments ; 



— 119 — 

3° A Lillois- Witterzée (Brabant) ; architecte, M. Léonard ; &** «i« 
4° A Saint-Gilles lez Termonde (Flandre orientale); da sSS1Sgïii« 
architecte, M . Vaerwyck ; ^ T ~" 

5° A Horendonck, sous Esschen (Anvers) ; architecte, e^ 

v ' de Horendonck. 

M. Gife. 
Ont aussi été approuvés les projets d'agrandissement des 

églises : 
I De Ransart (Bois) (Hainaut) ; architecte, M. Leborgne ; e g ii» e de 
V De Linckhout (Limbourg), sous la réserve qu'au cours "ty™ 

de Lincklioiil. 

de l'exécution du travail, on donne un amortissement plus 
convenable au pied delà flèche; architecte, M. Martens; 

3° D'Aeltre (Flandre orientale). Au cours des travaux, * 8 iu e d'Eure. 
l'architecte, M. Goethals, devra réduire le nombre des 
lucarnes de la flèche. Il importera qu'il donne aux murs du 
baptistère et de la sacristie une épaisseur d'au moins une 
brique et demie. Enfin, on a demandé que le chœur soit 
mieux dégagé du côté sud par le recul de la sacristie et que 
le water-closet soit reporté du côté du magasin ; il ne peut, 
en aucune façon, être adossé au chœur ; 

4° De Heppen (Limbourg); architecte, M. Martens. É«u«e 

Ainsi que les projets ci-apres : 

5° Construction de deux chœurs latéraux, d'une sacristie figu» 

de Saffelaere. 

el d'un magasin à l'église de Saffelaere (Flandre orientale), 
sous la réserve de donner aux toits des chœurs nouveaux la 
même inclinaison que celle des pignons auxquels ils seront 
adossés; architecte, M. De Lestré; 

6° Construction d'une sacristie à l'église de Meygem gd* 
(Flandre orientale) ; architecte, M. Vandenheuvel ; 

7° Construction d'une annexe et de clôtures à l'église de r«i.* 

de Belgrade. 

Belgrade (Namur) ; architecte, M. Van Gheluwe; 



ISO 

ygem 



— 1Î0 — 

objeu mobiiien 8° Et, enfin, les dessins d'objets mobiliers destinés aux 

d'éfluct. 

églises de : 

Chératte-Sa in t- Joseph (Liège) : cloche; 

Momignies (Hainaut) : cloche; 

Courtil, sous Bovigny (Luxembourg) : mobilier complet ; 

Saint-Louis, à Marcinelle (Hainaut) : maitre-autel ; 

Sainte- Waudru, à Mons (Hainaut) : retable pour la cha- 
pelle de Sainte-Aye et armoire coffre-fort pour la sacristie ; 

Saint-Jean- Baptiste, à Tongres (Limbourg) : banc de 
communion ; 

Lommel (Limbourg) : banc de communion ; 

Vosselaere (Flandre orientale) : banc de communion et 
complément des autels latéraux ; 

Bassevelde (Flandre orientale) : buffet d'orgues ; 

Sart-en-Fagne (Namur) : maître-autel ; 

La Plante (Namur) : deux autels latéraux et chaire à 
prêcher; 

Tombes, sous Mozet (Namur) : maitre-autel ; 

Cul-des-Sarls (Namur) : trois autels ; 

Belœil (Hainaut) : lambris, confessionnaux, piédestal 
pour la statue de Saint-Pierre et restauration de cette 
statue ; 

Slype (Flandre occidentale): confessionnaux et stalles; 

Grimde, sous Tirlemont (Brabant) : deux autels latéraux ; 

Deuzeld, sous Schooten (Anvers) : chaire à prêcher, 
confessionnaux, stalles et buffet d'orgues ; 

Montenaeken (Limbourg) : complément du mobilier. 
£,!;„ — Par suite de la construction d'une nouvelle église 

dans la section de Frassem, l'ancienne église est devenue 
hors d'usage; elle est totalement abandonnée. L'adminis- 



— 121 — 

tralion communale de Bonnert sollicite rautorisalion de la 
faire démolir. 

Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, le 
24 avril 1902, de concert avec M. Sibenaler, délégué du 
Comité des correspondants du Luxembourg, que cette 
construction n'offre rien d'intéressant sous le rapport artis- 
tique ou archéologique. Rien n'empêche d'en autoriser la 
démolition. 

Il est désirable, toutefois, de conseiller à l'autorité locale 
de conserver la tour de l'édifice ; cette tour joue un rôle 
assez marquant dans l'aspect du site qui se déroule à la vue 
lorsqu'on le contemple de l'imposante vallée de Frassem, 
laquelle est visitée, chaque été, par de nombreux étrangers. 
La localité est donc intéressée à ce que l'on maintienne tout 
ce qui contribue à la beauté d'un site renommé, d'autant 
plus que ce maintien ne constituera aucune dépense et ne 
contrariera en rien la combinaison que l'on semble avoir en 
vue d'annexer le terrain occupé par l'église au jardin de la 
cure. La tour conservée se trouvera à la limite du jardin. 

Lorsque l'on procédera à la démolition de l'ancien vais- 
seau, il importera de recueillir avec soin les objets d'anti- 
quité que l'on pourrait y découvrir; de vérifier le sol à l'effet 
de s'assurer s'il ne renferme pas d'anciens tombeaux ; si, 
dans le massif de maçonnerie qui constituait le maître-autel, 
il n'y a pas des reliques, etc. 

Un délégué du Comité des correspondants pourrait être 
chargé de surveiller les travaux de démolition. 

— A la demande du conseil de fabrique de Wamont ê*iu« 
(Liège), il a été procédé, le 7 mai 1902, à l'examen de 
l'église de celte localité dont la reconstruction est projetée. 



— 192 — 

Cet édifice, dont la construction parait remonter à la 
seconde moitié du xvin* siècle, n'a aucune valeur artistique ; 
d'autre part, il n'est plus, à beaucoup près, en rapport avec 
l'importance de la population de la paroisse. 

Un agrandissement n'est guère praticable; il équivaudrait, 
sans en avoir les avantages, à une reconstruction à peu près 
totale. 

On doit tenir compte aussi que cette église n'est pas 
orientée. Sa reconstruction permettra de réaliser cette 
mesure. La nouvelle église sera érigée en travers de celle 
existante. Les ressources ne permettant pas la reconstruction 
totale immédiate, on se bornera, pour le moment, à con- 
struire la moitié du nouveau temple à l'est de l'ancien 
jusqu'à sa rencontre avec celui-ci. Ce parti, qui remédiera 
à une situation anormale, aura cet autre avantage de per- 
mettre de continuer les offices dans l'ancienne église pendant 
la construction de la première partie de la nouvelle. De plus, 
la tour actuelle, qui restera en dehors de la limite de recon- 
struction et qui est très solide, pourra être conservée; toute- 
fois, il faudra remplacer son misérable couronnement actuel 
par un autre mieux en rapport avec l'ensemble de la nouvelle 
construction. 

Le mobilier actuel pourra, du moins pour une bonne 
partie, être utilisé dans la nouvelle église. 

Le retable du maître-autel renferme un tableau qui semble 
appartenir à l'ancienne école liégeoise; il offre un certain 
mérite. Malheureusement il a été mutilé autrefois, lors du 
placement du tabernacle. 

La cuve baptismale est en pierre bleue ; elle est conçue 
dans le goût du xv 9 siècle, mais elle porte une date beaucoup 



— 123 — 

postérieure. Si celle date est celle de la confection de la cuve, 
il est notoire que l'on se trouve en présence d'une repro- 
duction d'une œuvre plus ancienne. 

L'église possède une chape dont l'étoffe est moderne mais 
dont les broderies appartiennent au xvi 9 siècle. Celles-ci sont 
intéressantes et assez bien conservées. Seulement quelques 
petites parties du tissu sont défilées; elles devront être 
fixées pour éviter que les détériorations ne s'accentuent. 
Cette chape n'est plus utilisée. 

— L'emplacement destiné à l'érection de l'église de La t t w*« 

. JeLi VilU-tle, 

Villetle, sous Marcinelle, a fait I objet d'un examen, le •««««««»•• 
28 avril! 902. 

MM. Cador, Devillers et Hubert, membres du Comité des 
correspondants du Hainaut, étaient présents à la visite. 

II résulte de cet examen que le terrain donné au conseil 
de fabrique est bien situé; il est très convenable. Toutefois, 
sa disposition ne permet pas d'orienter complètement l'édifice 
le chevet à l'est; il sera exposé au sud-est. Cette légère 
déviation de l'orientation n'étant pas de nature à porter pré- 
judice à la nouvelle construction, tant au point de vue de 
sa conservation qu'à celui de son éclairage, il n'y a pas lieu 
de s'en préoccuper. 

Mais ce qui est plus important, c'est que le nouvel édifice 
sera situe au milieu de terrains réservés à* la bâtisse. Or, la 
parcelle dont il s'agit est bien étriquée pour y élever un 
édifice qui doit, en raison de la densité de la population de 
la paroisse, avoir une certaine importance. Si Ton s'en rap- 
porte aux plans déjà élaborés de l'église, il ne restera, entre 
le périmètre de celle-ci et la limite extrême du terrain, qu'un 
espace d'environ sept mètres. C'est bien peu. Les donateurs 



— 124 — 

devraient compléter leur acte de générosité en portant cette 
largeur de dix à quinze mètres. Cet espace est indispensable, 
tant pour l'aspect de l'édifice que pour lui procurer un 
éclairage convenable et l'isoler d'une façon suffisante pour 
le préserver des dangers d'incendie. Du reste, les donateurs 
sont eux-mêmes intéressés à la réalisation de cette mesure, 
attendu qu'il en résultera un embellissement considérable 
pour le quartier. 

Le bâtiment affecté actuellement à l'exercice du culte n'est 
pas une église provisoire; c'est une construction destinée à 
des services paroissiaux, congrégations, patronages, etc. Il 
est dû à la générosité de quelques paroissiens qui, tout en le 
laissant momentanément à la disposition du conseil de 
fabrique, n'entendent évidemment pas prolonger indéfini- 
ment cette situation. II n'a d'ailleurs pas été aménagé dans 
ce but et est insuffisant. Par conséquent, la construction 
d'une église en rapport avec les nécessités de la nouvelle 
paroisse s'impose à bref délai. 
% »* de pin. — Lors de l'approbation du projet de construction d'une 
église à Pin, sous Izel, la Commission a demandé qu'au 
cours de l'exécution des travaux l'édifice soit parfaitement 
orienté. 

Le conseil communal d'Izel ayant fait remarquer que 
l'orientation de l'édifice, dans les circonstances actuelles, 
présenterait de nombreux inconvénients, il a été procédé, le 
5 mai 1902, à un examen de l'emplacement dont on dispose. 

M. Sibenaler, secrétaire du Comité des correspondants 
du Luxembourg, assistait à la visite. 

Il résulte, en effet, de cet examen, qu'en présence du plan 
de distribution adopté pour la nouvelle église, il n'est pas 



— 425 — 

possible de donner à celle-ci l'orientation normale; ses deux 
extrémités est et ouest seraient absolument trop rapprochées 
des maisons voisines pour laisser un passage convenable; 
la circulation s'en trouverait entravée. 

Si Ton s'était préoccupé, dès le début de l'instruction de 
cette affaire, de l'emplacement qui s'impose à défaut d'autre, 
l'auteur du projet eut pu étudier et sans doute réaliser une 
disposition du plan de l'édifice basée sur celle du périmètre 
du terrain. Mais, étant donné que l'affaire a aujourd'hui 
passé par toutes les phases d'une instruction déjà très labo- 
rieuse, — l'adjudication des travaux a même eu lieu, — il 
n'est plus possible de la remettre en question. 

Dans cette situation, et attendu que le désir unanime des 
administrations locales et de toute la population est de voir 
réaliser le plus promptement possible le projet approuvé et 
la disposition indiquée au plan G joint au dossier, il ne reste 
qu'à subir la situation et à autoriser la construction suivant 
celte disposition. 

La Commission a, en plus d'une circonstance, fait res- 
sortir combien, à divers points de vue, il est avantageux 
d'orienter convenablement les édifices religieux. Cette 
mesure ne devrait jamais être perdue de vue; elle devrait 
même être imposée partout. C'est aux architectes, chargés 
de l'élaboration des plans des édifices, à chercher à la réa- 
liser, en tenant compte de la configuration du terrain mis à 
leur disposition. De nombreux exemples d'églises anciennes 
nous démontrent que les architectes du moyen âge n'étaient 
jamais embarrassés dans des cas semblables et que même ils 
savaient tirer parti de la situation du terrain, de son irrégu- 
larité, de ses différences de niveau, pour donner à l'édifice 



— 126 — 

un aspect pittoresque et un cachet original dont on se préoc- 
cupe malheureusement trop peu de nos jours. 
d-E&r — Il a été procédé, dans l'église d'Embourg (Liège), à 
l'examen de la chaire à prêcher pour l'exécution de laquelle 
un subside a été promis sur les fonds des Beaux- Arts. 

Il a été constaté que l'exécution de ce meuble est satisfai- 
sante et qu'il correspond aux dessins approuvés. En consé- 
quence, rien ne s'oppose à la liquidation du subside précité. 

d JfàS — ^ e P' an ^ e ' aute ' °I ue ' on se P^pose d'ériger dans 

l'église de Neerhaeren (Limbourg), pour servir de soubas- 
sement à l'ancien retable de cette église, a été dressé 
en 4885. II est conçu dans le style de l'église bâtie vers 1875 
d'après le type roman. 

Le contraste entre ce style et celui du retable, qui remonte 
à la fin du xv* siècle, est choquant. Puisque le travail n'a 
encore reçu aucun commencement d'exécution, il semble 
préférable d'abandonner le projet approuvé et d'étudier un 
plan de mensa en concordance de style avec celui du retable, 
tout en restant, bien entendu, dans des données très 
simples. L'adoption de ce parti est désirable dans l'intérêt 
de l'effet d'ensemble de l'œuvre. 

Les volets peints qui se trouvent dans l'église n'appar- 
tiennent pas au retable précité; ils ne peuvent s'y adapter 
ni comme hauteur ni comme largeur. Ils proviennent, sans 
aucun doute, d'un autre retable ayant appartenu à la même 
église ; leur appropriation à l'œuvre de sculpture existante 
ne pourrait que les mutiler sans aboutir à un résultat satis- 
faisant. Il y a lieu de les conserver tels quels dans l'église, à 
moins qu'on ne puisse les utiliser dans la confection d'un 
autre autel. 



— 127 — 

Le conseil de fabrique voudrait voir doter son beau 
retable de volets peints, non seulement pour le compléter, 
mais surtout en vue de le protéger. Celle sollicitude mérite 
d'être encouragée. Si l'on y donne suite, il conviendraque 
l'on fasse choix d'un artiste de talent qui soumettrait un 
projet complet de ces volets avec esquisses des compositions 
qu'il compte réaliser et un devis estimatif de la dépense. En 
transmettant ce projet à l'avis des autorités compétentes, les 
administrations locales devront faire connaître pour quelles 
sommes elles sont en situation d'intervenir dans les frais à en 
résulter. 

Un Christ triomphal, d'un certain mérite, est relégué 
dans le magasin de l'église. Il est désirable de le faire 
remettre à son emplacement normal, à l'entrée du chœur. 

L'église possède aussi un intéressant petit groupe en bois, 
de la fin de la période ogivale, représentant Sainte-Anne, la 
Sainte- Vierge et l'Enfant Jésus. On ne peut que recom- 
mander au conseil de fabrique de prendre tous les soins que 
sa conservation comporte. 

— Il a été procédé, le 11 juin 1903, à l'examen des trois M. e jc 

Rendenx-Ha 

autels placés dans l'église de Ren deux-Haut, moyennant le 
concours financier du Gouvernement. 

Il résulte de cet examen, auquel assistait M. Sibenaler, 
secrétaire du Comité des correspondants du Luxembourg, 
que les meubles dont il s'agit ont été exécutés d'une façon 
satisfaisante. En conséquence, rien ne s'oppose à ce que le 
subside promis sur les fonds des Beaux-Arts soit liquidé. 

L'attention du conseil de fabrique devra être appelée sur 
la nécessité de faire en sorte que les eaux pluviales ne 
séjournent pas au pied des murs de l'église. Les travaux à 



Haut. 



— 1J8 — 

faire à cette fin sont très peu importants; il suffît de régu- 
lariser la pente du terrain vers l'extérieur et d'établir un 
petit trottoir en pavés, posés au mortier, le long des murs. 
Il y va de l'intérêt du conseil de fabrique, chargé de 
l'entretien de l'édifice. Le maintien de la situation actuelle 
ne manquerait pas, dans un avenir peu éloigné, de causer 
des détériorations aux maçonneries et, partant, d'occasionner 
des dépenses importantes pour y remédier dans la suite. 
Umm — Il a été procédé, le 15 mai 4902, à l'inspection de 

de Denoerlceiw. ■ ■ 

l'église de Denderleeuw (Flandre orientale), au point de vue 
de la décoration projetée de cet édifice. 

Il résulte de cet examen que le plafonnage n'est pas 
terminé, que, par conséquent, il n'y a pas lieu de songer, 
d'ici à longtemps, à exécuter un travail décoratif peint. 

Le projet présenté devra être renvoyé au conseil de 
fabrique, qui sera invité à le représenter en temps opportun. 



TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a revêtu de son visa : 
ÉgiiMi 1° Le projet relatif a l'exécution de travaux de restauration 

de Wemmel. r * 

à l'église de Wemmel (Brabanl). Si des travaux de rejoin- 
toyage doivent être effectués aux parements anciens, il 
importera de les borner au strict nécessaire, c'est-à-dire 
limités aux seuls joints ouverts; ce rejointoyage devra être 
exécuté légèrement en creux, au moyen de mortier ordi- 
naire, à l'exclusion du ciment; architecte, M. Dbayer; 
tyise de Roi,. 2° Le projet relatif à la restauration de la façade de l'église 
de Roly (Namur). Au cours de l'exécution des travaux, il 



— 129 — 

conviendra de supprimer la pierre formant corniche 
au-dessus de la porte d'entrée ; elle est inutile; 

3° Le projet de restauration de l'église d'Orchimont d . *g£ onU 
(Namur); 

4° Le projet concernant l'appropriation et la restauration |* ,l £ ttX 
de l'église de Gonrieux (Namur); architecte, M. Maréchal; 

S 9 Le projet de travaux de restauration à exécuter à l'église ***<>* 

r J ° S*- Jean- Baptiste, 

de Saint-Jean-Baptiste, à Namur, sous la réserve que l'on àNMIur - 
tiendra compte des observations émises par M. l'architecte 
provincial; architecte, M. Lange; 

6° Le projet de restauration des églises de la commune de w****™™. 
Samrée (Luxembourg) ; 

V Le projet de divers travaux à exécuter à l'église de t*K« 

de Le* Bullei* 

Les Bulles (Luxembourg) ; 

8* Le projet relatif à la restauration des toitures de la ^Jjjj}^. 
chapelle de Grand ru, sous Hompré (Luxembourg) ; 

9° Le projet de travaux de réparation à effectuer à l'église d6 Me %!i" Tif<> . 
de Meix-le-Tige (Luxembourg); 

40* Le projet de restauration de l'église de Berg (Lim-.Égu»eJeBerg. 
bourg); architecte, M. Ghrisliaens; 

11 9 Le projet relatif à la restauration de l'église de *§»» 

r J ° deLowaige. 

Lowaige (Limbourg); architecte, M. Christiaens; 
12° Le projet de restauration de l'église de Rumbeke . êch» 

r ° deRnmbeke. 

(Flandre occidentale); architecte, M. Soele; 

15° Le projet de restauration de l'église de Deerlyk M» 
(Flandre occidentale), à la condition que l'on aura égard aux . 
observations émises par la Dépulation permanente du conseil 
provincial ; architecte, M. Depauw ; 

14° Le projet relatif à la restauration de l'église de *«»■• . 

r ê ° de Lootenhulle. 

Lootenhulle (Flandre orientale), sous la réserve qu'il sera 



— 130 — 

tenu compte des observations présentées par M. l'architecte 
provincial. L'auteur du projet, M. l'architecte Goethals, 
devra revoir la retombée de la toiture de la tour sur les 
murs de celle-ci, afin de rester dans le caractère de l'époque 
romane ; 
éiiiMdePeoq. 15° Le projet de travaux de réparation à effectuer aux 
toitures de l'église de Pecq (Hainaut); architecte, M. Cor- 
donnier; 
figito 16° Le projet de grosses réparations à exécuter à l'église 

de Bois-d'HtiM. 

de Sainl-Jean-Baptiste, à Bois-d'Haine (Hainaut). Il n'est 
pas admissible, toutefois, que l'on mette en œuvre le zinc 
pour la restauration des couvertures. Les réparations doivent 
être toutes effectuées au moyen d'ardoises semblables à celles 
existantes; architecte, M. Simon; 

tau, 1 7° Le projet de restauration de l'église de Saint-Jean- 

Baptiste, à Gosselies (Hainaut); architecte, M. Leborgne; 

éfibt *8* Le projet concernant l'exécution de travaux de res- 

tauration à l'église d'Hacquegnies (Hainaut); architecte, 
M. Clinquart; 

Êf\i* 49° Le projet de restauration de la tour de l'église de 

de VonielMi* r ... ° 

Vorsselaere (Anvers), a la condition que Ion se bornera aux 

travaux strictement nécessaires; architecte, M. Taeymans; 
feiiu 20° Le compte des travaux de restauration effectués en 

régie, pendant le deuxième trimestre de 1901, à l'église de 

Walcourt (Namur). 
Éfiue — 11 résulte d'une inspection récente de l'église de Neer- 

d6 NeCfltDdM» * 

landen (Liège) que l'état où elle se trouve réclame des répa- 
rations urgentes. 

La plupart des murs sont hors plomb et commencent à se 
crevasser; les toits sont en très mauvais étal et des infiltra- 



— 131 — 

lions se produisent de toutes parts ; il est évident que si cet 
état de choses doit encore durer quelque temps, l'église 
cessera d'être habitable. 11 convient donc que des mesures 
soient prises sans retard. 

Celle situation est d'autant plus étrange que, d'après les 
renseignements pris, la situation financière de la fabrique 
lui permet de faire face aux dépenses nécessaires pour 
mettre la construction en bon état. C'est dans un esprit 
d'économie fort mal entendu que le conseil de fabrique 
(qui ne rend pas ses comptes) s'esj refusé jusqu'à présent 
à faire exécuter les travaux devenus aujourd'hui très 
urgents. 

II n'est peut-être pas inutile de rappeler que si des travaux 
de réparation sont indispensables, si l'église doit continuer 
à répondre aux besoins du culte, ils sont encore hautement 
désirables pour la conservation des objets d'art qu'elle con- 
tient el qui sont loin d'être sans valeur : notamment la statue 
en marbre blanc de Sainte-Madeleine sur laquelle un rapport 
a été adressé à M. le Ministre de l'intérieur, le 18 novem- 
bre 1893, et un important tableau de De Crayer qui sert de 
retable à l'autel majeur. 

— Lors de la visite qui a eu lieu à Wolverthem (Bra- hu 
bant), le 15 mai 1902, il a été constaté que le rejoinloyage 
en voie d'exécution au chœur de l'église ne s'effectue pas 
dans des conditions satisfaisantes. Il importe de renoncer au 
système adopté et de s'abstenir dorénavant d'employer le 
ciment. 

Le rejoinloyage doit être effectué au bon mortier ordinaire 
et légèrement en creux comme l'exécutent les maçons. Et 
celle opération doit se faire en recherche là où elle est 



ÎM 

verthem. 



— 132 — 

nécessaire pour boucher les joints ouverts. Les joints bien 
conservés doivent être respectés. 
Et»» — Il a été procédé, le 22 mai 1902, à l'examen du 

de Wettiiibeek. 

chœur de l'église de Wesembeek (Brabanl), dont le classe- 
ment est sollicité. 

Celte demande a donné lieu, de la part de M. l'architecte 
provincial Licot et de celle du Comité des correspondants, à 
des avis favorables. 

Il y a lieu de se rallier h ces avis et de ranger le chœur 
de l'église précitée, lequel remonte au xv* siècle, dans la 
troisième classe des monuments du culte. 

Le reste de l'édifice date de la seconde moitié du 
xvin' siècle et ne présente aucun mérite artistique, 
chapelle — L'attention de la Commission ayant été attirée sur 

de Soinle-Ann*, 

à Aa.iergi.c-n, ]*i n (érèt qu'offre l'ancienne chapelle de Sainte-Anne, à 
Àuderghem, il a été procédé, le 19 juin 1902, à une inspec- 
tion de ce petit édifice. 

M. Dumortier, membre du Comité des correspondants du 
Brabanl, assistait à celte visite. 

La chapelle en question est celle qui a servi de temple 
paroissial à la localité avant la construction de l'église 
actuelle, qui a été érigée vers 1843. 

Dans ces derniers temps, la chapelle de Sainte-Anne était 
affectée à l'usage de métairie; aujourd'hui elle est aban- 
donnée. D'après des renseignements recueillis sur place, la 
propriété vient d'être achetée par M. Madou, qui réside dans 
la localité. 

Il résulte de l'examen auquel il vient d'être procédé, que 
l'édifice dont il s'agit est intéressant au double point de vue 



- 133 — 

de Fart et de l'archéologie; c'est le plus important souvenir 
historique de la localité. 

La tour remonte à la fin de la période romane; ses baies 
d'abal-son se terminent en plein cintre et sont encadrées par 
un grand arc extérieur ; elles renfermaient deux arcs mineurs 
en retraite supportés, aux extrémités, par des impostes, au 
centre par une mince colonnelle; elles offrent un type inté- 
ressant de construction qui a été très usité à l'époque romane 
dans nos contrées, mais dont les exemples deviennent tous 
les jours plus rares. Une seule de ces baies, celle du sud, 
est à peu prés intacte; les autres ont perdu leur colonnelle 
et, par suite, leur tympan. La couverture de la tour est en 
fort mauvais état; elle est en grande partie ruinée. 

Le mur sud de la nef parait remonter à une époque encore 
plus reculée que la tour; on y remarque une petite baie 
romane qui n'a guère que les proportions d'une meurtrière, 
ouverte en forme d'abat-jour concave. 

La nef et le chœur ont été très remaniés vers la fin de la 
période ogivale ; leur couverture était en bardeaux ; les bar- 
deaux ont disparu, mais leur ossature en charpente existe 
encore; on y remarque des clefs intéressantes. Il semble 
qu'à cette époque la nef a été élargie vers le nord ; le mur de 
ce côté est en briques ; au côté sud il est en moellons. 

En résumé, la chapelle de Sainte- Anne présente un intérêt 
assez sérieux. D'autre part, sa situation est superbe. On y 
arrive par un chemin creux serpentant entre deux coteaux 
sur l'un desquels elle s'élève; on y avait autrefois accès 
par un escalier des plus rustiques qui est en partie détruit. 

L'abandon de l'édifice à une ruine complète ou à la des- 
truction violente serait regrettable non seulement à cause 



— 134 — 

de son intérêt artistique et archéologique, mais encore parce 
que sa destruction entraînerait la disparition d'un site que 
Ton peut considérer comme l'un des plus ravissants des 
environs de la capitale. 

La chapelle de Sainte-Anne figure déjà sur la liste des 
édifices civils privés dignes d'être conservés. Si elle appar- 
tenait à une administration publique, elle devrait être classée 
comme monument national. 

Le Secrétaire, 
A. Massadx. 

Vu en conformité de l'art. 95 du règlement. 

Le Président, 
Gh. Lagasse-de Locht. 



COMMfSSION ROYALE DES MONUMENTS. 



■ *— ». 



RÉSUMÉ DES PROCÈS-VERBAUX. 



SÉANCES 
des 5, 12, 19 et 26 juillet; des 2, 9, 16 et 23 août 1902. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

Des avis favorables ont été émis sur : 

4° Le projet relatif à la restauration des peintures murales Egu M d« b<». 
du chœur de l'église de Saint-Germain, à Ben, commune de «■»!••. 
Ben-Âhin (Liège); auteur, M. Tassin; 

2 e Le projet de peintures décoratives à exécuter dans écu» 

ds Krasd^Loo» 

l'église de Kessel-Loo (Brabant) ; auteur, M. Brassinne ; d ^". l tTvU 
3* Le projet relatif à la décoration picturale de l'église e*kw «i-ewIoo. 

d'Eecloo (Flandre orientale); auteur, M. Coppejans; ™" n \l. 

4° Le projet relatif au placement d'un chemin de la croix é#\* d« cion«. 

. Chemin 

peint dans l'église de Glons (Liège) ; auteur, M . Coppejans ; dc u croix - 
5" Le projet de vitraux à placer dans l'église d'Aubangeikiiwd'Aubang* 

(Luxembourg); auteur, M. Ladon; 
6° Les dessins de trois vitraux destinés au chœur de Eglise 

de Lampernistjp. 

l'église de Lampernisse (Flandre occidentale); auteur, VUrau '- 
M. Dobbelaere ; 



— 136 — 

M* 7° Le projet relatif au placement d'un vitrail dans le 

de Saint- Pierre, r * r 

1 A vit!ïu!!* 1 ' chœur de l'église de Saint-Pierre, à Ànderlecht (Brabant); 
auteur, M. Dobbelaere ; 
Égibe 8° Les dessins de vitraux à placer dans quatre chapelles 

de Sainl-Pierre, 

à vrt!ïïï" absidales de l'église de Saint-Pierre, à Louvain (Brabant). 

Au cours de l'exécution, l'auteur, M. Os terra th, devra être 

engagé à varier les soubassements ainsi que les réseaux des 

verrières projetées. 

ÉgiiM — Il a été procédé, dans l'église de Notre-Dame de Bon- 

de Notre-Dame, r ° 

î^oi-^ou": Secours, à Saint-Nicolas (Flandre orientale), à l'examen des 
peintures murales de cet édifice qui viennent d'être restau- 
rées. 

Il résulte de cet examen que les ouvrages projetés à ces 
œuvres d'art sont terminés et qu'ils ont été effectués avec 
tous les soins désirables, 
feu» — Il résulte du rapport des délégués qui ont examiné, à 

des SS.-Micliel- 

à l Anïe£ Anvers, les projets des stations du chemin de la croix de 
dHaTriii. l'église des SS.-Michel-et-Pierre, que l'étude qui leur a paru 
le mieux dessinée, manque de simplicité. On y remarque 
trop de figures; le fond est trop historié. 

Il y aura lieu de soumettre un autre projet, accompagné 
de l'étude des encadrements, lorsque M. le curé de la 
paroisse aura, de concert avec son architecte, examiné les 
cuivres artistiques qui ornent des murs de la collégiale de 
Nivelles. En attendant cet envoi, M. le curé devra faire par- 
venir les projets récemment vus par les délégués, afin que 
le Collège, tout entier, puisse en prendre connaissance. 

Hôtei de «uie — Il a été procédé à Louvain (Brabant), le 30 juillet 1902, 
DétCauôn*. à l'examen de l'avant-projel de décoration picturale de la 
salle des pas-perdus de l'hôtel de ville. 



— 137 — 

Ce projet constitue nne modification de celui présenté 
antérieurement; il a subi certaines améliorations, suivant 
ce qui a été indiqué à l'auteur, M. Dierickx, dans le rapport 
du 12 décembre 1901. Toutefois, la frise historiée n'a pas 
été suffisamment descendue; elle devrait, ainsi qu'on l'a 
déjà fait remarquer, rester sous le niveau inférieur des 
poutres. En descendant cette frise, la bande ornée sous le 
plafond grandira dans la même proportion et l'auteur pourra 
y introduire avantageusement les inscriptions se rapportant 
aux sujets représentés. 

Le rusticage pourrait être encore rendu plus calme. 

Le lambris peint devra être haussé au détriment du rusti- 
cage, de façon à atteindre le niveau supérieur des banquettes 
des fenêtres. Ce lambris devra être d'une grande simplicité, 
de façon à pouvoir être facilement retouché au cas où il y 
surviendrait des avaries. 

L'enduit sur lequel on a opéré un essai de décoration est 
beaucoup trop épais ; il doit être aussi mince que possible, et 
sa composition, imitée des anciens enduits, devra être tout 
particulièrement soignée pour éviter des mécomptes dans 
l'avenir. Le petit échantillon d'enduit spécial effectué par 
H. Brassinne, parait convenable comme épaisseur, mais il 
est trop lisse au point de vue de l'adhérence de la 
peinture. 

D'autre part, il est indispensable que l'enduit soit parfai- 
tement sec lorsqu'on entreprendra l'exécution du travail 
décoratif; à cet effet, il importe qu'on s'en occupe immédia- 
tement. On devra examiner s'il est nécessaire d'appliquer 
un enduit sur les parements de la salle, qui sont en pierre 
blanche; il est probable que la peinture pourra être exécutée 



— 158 — 

directement sur la pierre après que les parements auront été 
soigneusement mastiqués. 

Une fenêtre ogivale avec meneaux, semblable à celles de 
la façade principale, existe au fond de la sali*, à l'angle 
sud-ouest; elle est bouchée. On devrait étudier le moyen de 
l'ouvrir, car telle qu'elle se présente aujourd'hui, elle gène 
beaucoup l'exécution du travail décoratif. 

La grande porte avec entourage de style renaissance 
constitue un autre obstacle; la Commission avait préconisé 
son maintien. Mais, tout bien examiné, ce maintien n'est 
guère pratique; il parait préférable de la remplacer par une 
porte avec encadrement du même type que celles percées 
dans le même mur, d'autant plus qu'on pourra, è ce que l'on 
assure, l'utiliser ailleurs. 

Ert vue de ne pas relarder le travail décoratif, dont l'exé- 
cution est vivement désirée, il importe que l'on procède, de 
suite, à la restauration du pan coupé et de la porte qui 
clôturent le petit escalier au côté gauche de la salle. 

Sous réserve qu'il sera tenu compte des recommandations 
qui précèdent, le projet a été revêtu du visa. 
ÉfUie a. — Un projet de travaux de peinture décorative pour les 

à "SKuSÏ 6 ""' ne k ^ e église de Sainte-Catherine, à Hoogstraelen (Anvers), 
décote. a £ ( g soum is officieusement à la Commission, en mars 1900. 
A la suite d'un examen sur place de ce projet, le Collège 
a demandé que la décoration fût tenue dans la plus grande 
simplicité ; il a même émis le vœu qu'elle soit bornée exclu- 
sivement à la partie centrale des nervures et aux clefs de 
voûte. 

- On devait s'attendre à ce qu'un projet dans ce sens serait 
soumis régulièrement aux autorités compétentes. Il n'en a 



— 139 — 

rien été e( le conseil de fabrique a fait procéder à l'exécution 
des travaux. Ceux-ci sont aujourd'hui terminés. Il est vrai 
qu'ils ont été maintenus dans des conditions très modestes et 
n'ont dépassé les recommandations indiquées ci-dessus qu'en 
ce que les chapiteaux des colonnes et des colonnettes ont 
reçu une polychromie rehaussée de quelques dorures; les 
nervures ont été bordées sur toute leur longueur de crétages 
(racés en noir sur les briques; la rencontre des comparti- 
ments des voûtes avec les murs a été délimitée par un filet 
noir. 

En somme, le travail décoratif effectué est modéré et ne 
fait pas tort à l'aspect d'ensemble de l'édifice. Mais il eût pu 
ne pas en être de même en l'absence de tout contrôle des 
autorités constituées à celte fin. C'est pourquoi il importe de 
rappeler au conseil de fabrique qu'à l'avenir il ne pourra 
plus faire effectuer, à ce remarquable édifice, aucun travail, 
quel qu'il soit, avant d'en avoir soumis régulièrement le 
projet et obtenu les autorisations requises. 

— Les quatre vitraux clôturant la série des verrières du É g ii.« de L.bin, 

1 Vitraux. 

vaisseau de l'église de Libin, dont le placement vient 
d'être opéré, ont fait l'objet d'un examen, sur place, le 
29 juillet 1902, de concert avec M. Sibenaler, secrétaire- 
adjoint du Comité des correspondants du Luxembourg. 

Le travail décoratif dont il s'agit a été exécuté d'une façon 
satisfaisante. En conséquence, il y a lieu de liquider les 
subsides promis par l'État en vue de ladite entreprise. 

— Il a été procédé, le 28 juin 1902, à l'examen des iittei d« «me 
modèles, grandeur d'exécution, de neuf statues destinées Sl * tae *- ' 
aux niches du second étage de la façade ouest de l'hôtel de 

ville de Bruxelles. 



— 140 — 

Les modèles dont il s'agit n'ayant soulevé aucune obser- 
vation, rien n'empêche d'autoriser les artistes à passer à 
l'exécution définitive en pierre. 

CONSTRUCTIONS CIVILES. 

HAiei de viii« La Commission a émis un avis favorable sur le projet 

de Loot. ■ * 

relatif à la restauration de l'hôtel de ville de Looz (Lim- 
bourg). Elle s'est ralliée à l'opinion de M. l'architecte pro- 
vincial en ce qui concerne : 1° la nécessité de rechercher si 
les plafonds primitifs n'ont pas été composés de soliveaux en 
chêne et voùtelettes en briques ou en pisé; 2° la nécessité 
d'adopter les poutrelles en bois et de rejeter celles en métal ; 
3° la convenance de ne pas faire usage de consoles en plâtre 
pour simuler des corbeaux sous les poutres; toute imitation 
doit être proscrite dans la restauration d'un monument 
ancien ; 4° l'importance qu'il y a au point de vue de la con- 
struction, de ne pas faire usage de la pierre de sable pour 
les souches des cheminées. Contrairement à l'avis de 
M. l'architecte provincial, la Commission estime que le devis 
doit comprendre les frais d'expropriation des maisons à 
démolir et la démolition de celles-ci, attendu qu'il n'est pas 
possible de restaurer le monument sans le dégager. La 
Commission estime, de même, que les frais de levés des 
plans doivent être payés à part. Ces relevés sont une néces- 
sité inhérente à la restauration des anciens monuments; ils 
constituent un travail très important qui ne peut être mis à 
la charge de l'architecte. D'ailleurs on paie 5 p. c. pour une 
construction nouvelle alors qu'il n'y a aucun relevé à pro- 
duire pour en établir le projet. Le Collège admet parfaite- 



— Ul — 

ment l'article du cahier des charges stipulant que le sculpteur 
devra être agréé par l'architecte dirigeant. Il est tout naturel 
que l'architecte qui a la responsabilité de la bonne exécution 
des travaux s'entoure de toutes les garanties nécessaires 
pour mettre sa responsabilité à couvert. La Commission est 
même d'avis que c'est à lui qu'il appartient de choisir les 
spécialistes quand il s'agit de travaux artistiques. En ce qui 
concerne le mode de paiement, l'idée émanant de M. l'archi- 
tecte provincial parait fort judicieuse et il y a lieu de s'y 
rallier. La Commission appelle l'attention de l'auteur du 
projet sur la convenance d'examiner s'il ne pourrait placer 
les water-closel à l'intérieur de l'édifice, afin de supprimer 
le petit bâtiment spécial qu'il propose d'ériger à celle fin. 
Le Collège demande, en outre, qu'il augmente la largeur du 
palier du grand escalier d'au moins la longueur de l'emmar- 
chemenl. Avant de passer à l'exécution des travaux, il 
conviendra qu'on soumette une nouvelle étude de la clôture 
dont les piliers et la grille laissent à désirer au point de vue 
de la conception. Sous réserve qu'il sera tenu compte de 
toutes les recommandations qui précèdent, le projet a été 
revêtu du visa. Les travaux de restauration et d'appropriation 
de l'hôtel de ville de Looz sont urgents. Eu égard à la valeur 
architeelonique de ce petit monument, le Département de 
l'Agriculture peut intervenir dans l'ensemble des travaux 
projetés. 

— Il a été procédé, le 26 juin 1902. à l'inspection des Ancien cbAu»» 

* * r de Turuboot. 

travaux qui s'exécutent aux abords de l'ancien château de 
Tarnhout, servant actuellement de prison et de palais de 
justice, travaux qui avaient suscité des protestations de la 
part du Comité provincial des correspondants. 



= 142 — 

MM. le chanoine Van Casier, Dierckx et Donnel, membres 
du Comité précité, assistaient à l'inspection. 

Les faits signalés par le Comité sont de tous points exacts : 
sans en avoir référé aux autorités compétentes, l'adminis- 
tration communale a fait entamer le comblement des fossés 
qui entouraient l'ancien castel; déjà ceux-ci sont réduits 
considérablement de largeur et la partie à l'entrée, sous le 
pont, est comblée. 

Ces fossés étaient autrefois bordés d'une ceinture de beaux 
arbres; plusieurs d'entre eux ont déjà disparu, d'autres sont 
morts et devront être enlevés incessamment. 

Le travail en cours parait avoir été entamé inconsciem- 
ment, sans aucune raison légitime. L'emplacement occupé 
par les fossés ne pourra jamais être utilisé, tandis que l'on 
est en train de faire disparaître un ensemble caractéristique 
et pittoresque et qu'on mutile les proportions du monument 
dont la base a été construite pour rester apparente. On ne 
saurait davantage donner pour excuse à ce malencontreux 
projet le danger qu'offrait, pour la salubrité publique, l'eau 
stagnante des fossés. Il suffisait d'empêcher certains égouts 
de se déverser dans les fossés et de faire curer ceux-ci de 
temps en temps. II parait d'autant plus déraisonnable de 
réaliser ce projet, aujourd'hui que la ville va être dotée d'une 
distribution d'eau, dont une petite partie aurait pu être utilisée 
pour renouveler celle des fossés. 

D'accord avec le Comité des correspondants, la Commis- 
sion a émis l'avis qu'il y a lieu d'engager l'autorité commu- 
nale à faire arrêter immédiatement les travaux entamés, à 
empêcher que la partie encore existante des fossés soit 
réduite, à rétablir le fossé sous le pont tel qu'il était naguère, 



— us — 

à avoir soin de sauvegarder les arbres non encore enlevés, 
à faire remplacer ceux qui ont disparu par de jeunes plan- 
tations. Il importe, en tous cas, que le château reste baigné 
par l'eau sur tout son pourtour en vue de maintenir ses 
proportions imposantes ; il importe aussi qu'il conserve son 
beau cadre de verdure. 

Les protestations qui se sont élevées ne pourront manquer, 
sans doute, d'amener l'administration communale à réflexion 
et l'engager à mettre tout en œuvre pour réparer le mal dans 
la mesure du possible. On doit, d'autre part, lui conseiller 
de faire curer à fond la partie des fossés qui reste intacte ; 
on y rencontrera peut-être des objets d'antiquité d'un intérêt 
suffisant pour former le noyau d'un modeste musée local. 

Les façades du château sont badigeonnées; le caractère 
monumental de l'édifice en souffre notablement. Il est hau- 
tement désirable que ce badigeon soit enlevé et la brique, 
dont se composent les parements, mise à nu. Cette opération 
que terminerait un bon rejointoyage des maçonneries, 
rehausserait sensiblement la masse majestueuse du château 
et de son imposant donjon. 

— Par lettre du 12 mars 1900, l'administration commu- uom^^\éu 

d'Ypret. 

nale d'Ypres (Flandre occidentale) a signalé l'omission, sur 
la liste des édifices civils publics de celte ville, de l'ancien 
mont-de-piété, appartenant aux hospices. 

Lors de l'inspection du 15 juillet 1902, la délégation de la 
Commission a constaté que cet édifice, qui constitue un des 
meilleurs spécimens de l'architecture locale du xvu e siècle, 
est susceptible d'être rangé dans la troisième classe des 
monuments civils publics. La Commission s'est ralliée à cet 
avis. 



— W4 — 

Il est regrettable que l'administration des hospices ait fait 
exécuter récemment à cette intéressante construction des 
travaux de réparation qui laissent à désirer au point de vue 
artistique. Il importera, lorsque des travaux y seront encore 
jugés nécessaires, qu'ils soient effectués sous le contrôle des 
autorités compétentes. 
Ancien»* — L'administrai ion communale d'Y près ayant fait remar- 

maltoot 4'Ypm. * 

quer que cette ville compte plusieurs maisons particulières 
dont les façades présentent un réel intérêt au point de vue 
artistique et qui méritent de figurer sur la liste des édifices 
civils privés, il a été procédé, le 15 juillet 1902, à l'examen 
desdites constructions, savoir : 

1° La maison du président Biebuyck, rue de Dixmude, 52. 
Cette habitation date de 1545. Malgré quelques restaurations 
récentes, sa façade gothique est, sans contredit, la plus belle 
de la ville ; 

2° L'hôtel deGand, rue des Chiens, 19. Façade à double 
pignon. Remontant au xvi* siècle, elle peut être rangée 
parmi les beaux morceaux d'architecture de la ville; 

3° La maison de M. le bourgmestre Colaert, rue Saint- 
Jacques, 14. Elle est en style Louis XV, d'une belle ordon- 
nance et d'un caractère de réelle grandeur dans sa simplicité; 

4° Trois maisons conliguës, Marché au Bétail, 17, 19 
et 21 . Anciennes maisons *de corporations, elles datent res- 
pectivement de 1629, 1624 et 1544. Ces trois maisons 
offrent beaucoup d'intérêt à cause de leur caractère typique 
de l'architecture yproise; 

5° L'ancienne Conciergerie, immeuble attenant par un 
angle au Nieuwerck; il date de 1633 et appartient à 
M. C. Boone, brasseur. C'est un bon spécimen de Parchi- 



— 14» — 

(eclure domestique du xvu e siècle. Quelques travaux de 
restauration y sont nécessaires. 

Les immeubles dont il s'agit sont susceptibles de figurer 
sur la liste des édifices civils privés dont la conservation est 
désirable. 

— L'administration communale de Wulveringhem chite» 

de Beanvoorde, 

(Flandre occidentale) ayant sollicité le classement, parmi è WuWerin * l,eni - 
les monuments historiques du pays, du château de Beau- 
voorde, situé au centre de cette localité, il a été procédé, le 
15 juillet 1903, à l'inspection de l'édifice. 

Le manoir de Beauvoorde est une construction remar- 
quable dont l'intérêt est encore rehaussé par le grand 
nombre de meubles et d'objets d'art ancien qui le garnissent. 

Le château remonte à la seconde moitié du xvi e siècle; il 
fut réédifié en partie au commencement du xvn e siècle. 
Il est entièrement entouré d'eau. Un pont en maçonnerie 
donne accès à une petite avant-cour protégée par des murs 
crénelés percés de meurtrières. Son aspect est des plus 
pittoresque. La cour ainsi que le pignon sud-ouest et la 
tourelle renfermant l'escalier remontent au xvu e siècle. Ils 
constituent, comme le dit M. le baron Bethune, un inté- 
ressant spécimen de l'art avec lequel nos anciens maçons 
agençaient la belle brique du pays. Quelques parties du 
château ont été refaites par le propriétaire actuel, M. Mer- 
ghelinck, d'après les vestiges existants ou des renseignements 
historiques qu'il a recueillis. 

En résumé, l'édifice dont il s'agit offre un intérêt artis- 
tique et archéologique suffisant pour qu'il soit inscrit sur la 
liste des édifices civils privés dont la conservation mérite 
d'être assurée. 



— 446 — 



ÉDIFICES RELIGIEUX. 



PRE8BYTÊRE8. 



comtracUoB Des avis favorables ont été donnés sur les projets relatifs : 
dcprMbjtèm. \° a la reconstruction du presbytère de la paroisse de 
Saint-Christophe, à Liège, sous réserve d'améliorer l'escalier 
donnant accès à l'étage, tant comme forme que comme 
dimensions et éclairage, et en évitant des marches au palier; 
architecte, M. Léonard ; 

T A la construction du presbytère de Bressoux (Liège) ; 
architecte, M. Dejuzaine; 

3° A la construction d'un presbytère à Les Hayons, com- 
mune de Dohan (Luxembourg); architecte, M. Courtois ; 

4° A la reconstruction du logement du chapelain de 
Champion, sous Waha (Luxembourg). L'attention des 

administrations intéressées a été appelée sur la convenance 

d'examiner s'il ne conviendrait pas d'établir le cabinet de 

travail à la place réservée pour la cuisine et de séparer la 

salle à manger dudit cabinet par une boiserie mobile. En 

cas de nécessité, ces deux pièces seraient alors transformées 

en une seule; architecte, M. Déroché; 

5° A la reconstruction du presbytère de Meuwen (Lim- 
bourg), à la condition que l'on aura égard aux recomman- 
dations consignées dans le rapport de M. l'architecte 
provincial; architecte, M. Martens; 

6° A la reconstruction du presbytère de Baelen-sur-Nèlhe 
(Anvers); architecte, M. Taeymans; 

7° A la construction d'un presbytère à Weelde (Anvers); 
architecte, M. Taeymans; 



— 147 — 

8° A la construction d'un presbytère au hameau de Geer- 
degem, sous Malines (Anvers) ; architecte, M. Van Boxmeer ; 

9° A la construction d'un mur de clôture au presbytère 
de Heysse (Brabant), à la condition qu'au cours des travaux, 
l'auteur diminue un peu l'importance du pignon à gradins 
qui surmonte la porte d'entrée et qu'il établisse, s'il y a lieu, 
uo petit auvent derrière ce pignon pour justifier la présence 
de celui-ci. L'auvent dont il s'agit aura, d'autre part, l'avau* 
tage de protéger l'entrée de la cour lors des intempéries ; 
architecte, H. Barbier; 

10° A l'aménagement du presbytère de Remagne (Luxem- 
bourg); architecte, M. Cupper; 

11° A l'exécution de travaux complémentaires d'appro- 
priation au presbytère d'Ollignies (Hainaut); architecte, 
H. Sonnevîlle ; 

12' A l'exécution de travaux de restauration au presby- 
tère de Wolverthem (Brabant); architecte, M. Van 
Roelen ; 

13° A l'exécution de travaux de réparation au presbytère 
de Bouillon (Luxembourg); architecte, M. Adam; 

U° A la restauration du presbytère de Borlon (Luxem- 
bourg); architecte, M. Déroché; 

15° A l'exécution de travaux de restauration au presby- 
tère de Spalbeek (Limbourg); architecte, M. Martens; 

16° A la restauration du presbytère de Fouleng (Hainaut); 
architecte, M. Fourdin ; 

17' A la restauration du presbytère de Thisselt (Anvers); 
architecte, M. Gareels ; 

1 8° A l'exécution de travaux de réparation au presbytère 
de Mcslin-l'Évèque (Hainaut); architecte, M. Fourdin; 



— U8 — 

19° A la restauration du presbytère d'Aische-cn-Refail 
(Namur); 

20° A l'exécution de travaux de réparation aux presby- 
tères des sections des Flaches, Hymiée et Fromiée, sous 
Gerpinnes (Hainaut) ; architecte, M. Heuseval ; 

21° A l'acquisition d'une maison et à son appropriation à 
l'usage de presbytère, à Hastière- par-delà (Namur); archi- 
tecte, M. Joostens. 



ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a visé les plans relatifs : 
chap«ne de 1° A la reconstruction de la chapelle de Notre-Dame de 

N.-D. de Lorette, , 

* A,b - Lorette, a Ath (Hainaut) ; architecte, M. Holon; 

deBÎm? e 2 ° A l'agrandissement de l'église de Remagne (Luxem- 
bourg); architecte, M. Cupper; 

Efii* d-Ere. 3° A l'agrandissement et à la restauration de l'église 
d'Ere (Hainaut); architecte, M. Sonneville; 
M» 4° A l'exhaussement de la tour de l'église de Notre- 

de Noire-Dame- ° 

m^VagS: Dame-Auxiliatrice, à Pâturages (Hainaut), et à la restau- 
ration de cet édifice; architecte, M. Bodson; 
objrt» mobilier* 6° A l'exécution d'objets mobiliers destinés aux églis s de : 

d'égliaes. ° 

Longwilly (Luxembourg) : bancs ; 

Stoumont (Liège) : bancs; 

Gomery, commune de Bleid (Luxembourg) : bancs; 

Kessenich (Limbourg) : confessionnal; 

Mopertingen (Limbourg) : maître-autel ; 

Genck (Limbourg) : complément du mobilier; 

Polleur (Liège) : mobilier complet ; 



— 149 — 

Nokere (Flandre orientale) : complément du mobilier; 

Mariakerke (Flandre orientale) : confessionnal ; 

Lovendegem (Flandre orientale) : autel latéral ; 

Marcke (Flandre occidentale) : mobilier complet; 

Sainte- Waudru, à Mons (Hainaut) : autel de la chapelle 
de Saint- Jean-Baptiste de la Salle ; 

La Croyère, sous La Louvière (Hainaut) : mobilier com- 
plet; 

Minderbout (Anvers) : horloge; 

Borsbeeck (Anvers) : horloge. 

— Il a été procédé, le il août 1903, à Saint-Job, sous g^u. 

» de Saint Job t 

Uccle (Brabant), a l'examen des deux emplacements pro- ~««uccie. 
posés pour la nouvelle église de cette paroisse. 

Le conseil communal d'Uccle estime qu'il y a lieu 
d'adopter l'emplacement dit « Blanchisserie Schulte », où se 
trouvait jadis le château de Carloo, à côté de l'église actuelle, 
parce qu'il est plus au centre de l'agglomération. 

Le conseil de fabrique, au contraire, préfère le terrain 
dit du Ham t situé sur une hauteur, parfaitement propre 
à la bâtisse, tandis que celui de la Blanchisserie Schulte est 
situé dans la vallée et donnerait lieu pour les fondations à un 
surcroit de dépense assez considérable. 

Il résulte de l'examen qui a été fait des deux emplace- 
ments sus-visés qu'en ce qui concerne la différence de leurs 
positions par rapport à la délimitation de la paroisse, il ne 
vaut guère la peine d'en tenir compte; ils ne sont distants 
l'un de l'autre que d'environ 220 mètres. Si l'on tient compte 
de la limite de la paroisse, c'est évidemment le terrain du 
Ham qui se rapproche le plus du centre. 

On peut, sans grands inconvénients, ériger l'église à la 



(le Tri vurron. 



— 180 — 

Blanchisserie Schulte, mais l'inspection des emplacements 
en cause a démontré que le plateau du Ram offre des avan- 
tages incontestables au point de vue de la dépense, des 
convenances hygiéniques et de l'aspect pittoresque sous 
lequel s'y présentera l'édifice, au sommet d'un plateau. 

Si cet emplacement est adoplé par les autorités compé- 
tentes, il faudra, avant d'entamer la construction de l'église, 
arrêter un plan complet des abords de celle-ci indiquant 
tous les moyens d'accès au plateau sur lequel s'élèvera le 
monument. 

L'église peut et doit être orientée à l'un comme à l'autre 
emplacement. La Commission est unanime pour préconiser 
l'emplacement du Ham. 
Eçi iM — Le projet soumis en vue de l'agrandissement et de la 

restauration de l'église de Tervueren (Brabant), a fait l'objet 
d'un examen sur place, le 8 août 1902. 

La superficie de l'église de Tervueren est de beaucoup 
insuffisante pour les nécessités de cette importante paroisse. 
On projette donc d'agrandir cet édifice en démolissant et en 
reconstruisant la partie moderne vers l'ouest et en la pro- 
longeant d'environ 2 mètres sur la voie publique. Cet 
allongement serait insuffisant. D'autre part, ce serait une 
faute d'empiéter sur la rue, qui n'est déjà pas trop large ; on 
aboutirait à un mauvais effet en barrant la perspective de 
celte rue. II semble préférable d'étudier le moyen d'établir 
un bas-côté supplémentaire au sud et de borner l'allonge- 
ment des nefs, vers la façade principale, à l'alignement de 
la voie publique. 

La nouvelle tour pourra être établie en tête du nouveau 
bas côté sud et son rez-de-chaussée servira de porche 



— 151 — 

d'entrée ; la silhouette de cette tour doit être simple* et 
inspirée des nombreux types de clochers qui se rencontrent 
aux environs de Bruxelles. 

Il importe, d'autre part, que l'on respecte la simplicité 
qui caractérise les parties anciennes de l'église en s'abstenant 
d'y introduire des éléments architectoniques dont l'existence 
primitive n'est pas absolument démontrée. 

Les parements extérieurs sont assez bien conservés ; les 
restaurations n'y seront guère importantes. 11 faudra prévoir 
le dérochage intérieur de l'édifice dont les moulures et les 
sculptures sont empâtées par le badigeon. 

L'architecte devra examiner s'il ne serait pas possible de 
rétablir, à l'entrée du chœur, le jubé du commencement du 
xvi* siècle dont les colonnes et de nombreux bas-reliefs 
existent encore. Ce serait une opération intéressante qui 
rendrait à l'intérieur de l'édifice une grande partie de sa 
beauté première. 

Si l'on parvient à reconstituer le jubé, dont les anciens 
bas-reliefs sont déposés contre les parois du beau porche 
nord, aujourd'hui transformé en chapelle du Saint-Sépulcre, 
on pourrait rouvrir le porche et établir le Saint-Sepulcre 
dans une chapelle à annexer au nouveau bas-côté sud. 

— Il a été procédé, le 7 août 1902, à l'examen de deux *•«»• 'a»». 
autels placés dans l'église d'Àlken (Limbourg), pour l'exé- 
cution desquels un subside a été promis sur les crédits des 
Beaux-Arts. 

Sur production des plans conservés au presbytère et 
après examen des meubles précités, il a été constaté que 
l'artiste est resté fidèle, dans l'exécution de son œuvre, aux 
projets approuvés. 



— 182 — 

II y a Heu d'approuver aussi l'exécution définitive du travail 
et de liquider les subsides qui ont été alloués à cet effet. 
Éciisede — H a été procédé, le 20 août 1902, à l'examen do 

Wimmertingeo. r 

maitre-aulel et de la chaire de vérité placés dans l'église de 
Wimmerlingen. 

M. l'abbé Daniels, membre du Comité des correspondants 
du Limbourg, assistait à la visite. 

Il résulte de cet examen que les meubles dont il s'agit ont 
été exécutés conformément aux dessins approuvés et que le 
travail a été effectué d'une façon convenable. En consé- 
quence, rien ne s'oppose à ce que le subside promis sur les 
fonds des Beaux-Arts, en vue de ladite entreprise, soit 
liquidé. 

TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a revêtu de son visa : 
é«r»e 1° Le projet de travaux complémentaires de restauration 

de Da usoit. 

à effectuer à l'église de Daussois (Namur); architecte, 
M. Lange rock; 
cligne .te 2° Le projet de travaux de réparation à exécuter à la 

Moalin-kVent. 

chapelle de Moulin-à-Vent (Namur); 
M** <ie se?. < 3° Le projet concernant des travaux de réparation à 
exécuter à l'église de Scy (Namur) ; 
£*»•« 4° Le projet relatif à l'exécution de travaux de réparation 

de Bouillon. r * r 

à l'église de Bouillon (Luxembourg); architecte, M. Adam; 
£gHse 5° Le projet de restauration de l'église de Borlon (Luxem- 

bourg); architecte, M. Déroché; 

EffiiM 6° Le projet relatif à l'exécution de travaux de Instaura- 

it CMUillon. 

lion et de décoration à l'église de Chàlillon (Luxembourg); 



— 153 — 
7* Le projet de restauration de l'église de Seneffe t*r>* 

de Seneflfo. 

(Hainaut) ; 
8° Les projets concernant l'exécution de travaux d'entre- é 8 h«» 

de section», 

tien et d'amélioration à effectuer aux églises des sections des ■ Gcr P iu,i «- 
F lâches, Hymiée et Fromiée, sous Gerpinnes (Hainaut); 
architecte, M. Heuseval ; 

9° Le projet de restauration de l'église de Meslin-PÉvèque Eglise de 
(Hainaut); architecte, M. Fourdin; 

10° Le projet de restauration de l'église de Wasmuel egiu* 

r * ° de Wasmuel. 

(Hainaut); 

41* Le projet de restauration de l'église du centre et du t#** d-obe*. 
presbytère de Rosseignies, à Obaix (Hainaut) ; architecte, 
M. Simon ; 

12° Le projet de restauration des toitures de l'église de ^ m ^^ kng% 
Ronquières (Hainaut); architecte, M. Gharbonnelle ; 

13° Le projet de travaux de restauration à effectuera frii* 

r J de Tbulia. 

l'église de Thulin (Hainaut) ; architecte, M. Bodson; 

U° Le projet de restauration de l'église de Fouleng éihm* 
(Hainaut) ; architecte, M. Fourdin ; 

15° Le projet de restauration des toitures de l'église de Égiuede 

r 4 ° Htote»-Wiheri«. 

Hanles-Wiheries (Hainaut); architecte, M. Simon; 
16° Le projet relatif à la restauration de l'église de Zer- égiue 

r * "de Zerkegta*». 

keghem (Flandre occidentale) ; 
17° Le projet concernant l'exécution de travaux de restau- Bgiue 

r 4 do WoUerUiem. 

ration à l'église de Wolverthem (Brabanl); architecte, 
M. Van Roelen ; 
18° Le projet de restauration de l'église de Saint-Martin, A .*•«*• ,. 

■ * ° ' de Saiul-M»itin, 

à Gand (Flandre orientale); architecte, M. Denoyelte; àG " d * 

19° Le projet relatif à l'exécution de travaux d'entretien É g ii« 

de Kerkom. 

à l'église de Kerkom (Limbourg); architecte, M. Serrure; 



— 154- 
ÉfiiM 20° Le projet de restauration des fenêtres du chœur de 

de Smerrtaebb*. 

l'église de Smeerhebbe (Flandre orientale); architecte, 
M. Delestré ; 
ÉgitM SI 9 Le projet de restauration du plafond de l'église de 

de Mooleoaeken . 

Montenaeken (Limbourg); architecte, M. De Hennin ; 
tai» 22° Le projet relatif à la restauration des vitrages de dix- 

de Nioove. 

huit fenêtres de l'église de Ninove (Flandre orientale) ; 
feu* de 23° Le projet de restauration des contreforts et des fenè- 

Saiaie-Walberge, r ' 

i Braies. t res jg féglîse de Sainte-Walburge, à Bruges (Flandre 

occidentale); architecte, M. Delacenserie ; 
Mm de 24° I^e projet de restauration des toitures de l'église de 
Domioicains Notre-Dame-aux-Domimcains, a Louvain (Brabant) ; archi- 



à Louvaia. 



tecte, M. Vandenperre ; 



Mm 25° Le compte des travaux de restauration exécutés pen- 

de Noire-Dame, 

dant l'année 1901, au vaisseau de l'église de Notre-Dame, 
à Anvers. 



à Aérer». 



coiiegi.ie — Il a été procédé, le 18 juillet 1902, à l'examen, sur 
place, des études soumises en vue du rétablissement des 
colonnettes dans les arcalures latérales, à l'intérieur du 
chœur de la collégiale de Nivelles, études demandées par 
le rapport du Collège en date du 28 décembre 1901. 

MM. Degroot et Dumortier, membres du Comité des 
correspondants du Brabant, assistaient à cet examen. 

La première des études précitées, tracée d'après les colon- 
nettes d'angles des fenêtres du chœur même, parait devoir 
obtenir la préférence sur celle traitée avec soubassements 
d'après le type des angles des anciens portails. 

La voûte d'arête en tuf ancien qui vient d'être rétablie 
au-dessus du chœur, est très réussie. 

Les profils des chapiteaux et des bases des colonnettes 



— 158 — 

d'angles des fenêtres récemment exécutés ne sont pas tout 
à fait conformes aux profils anciens dont il reste des spéci- 
mens en place. Le caractère original et le sentiment artistique 
qui se dégage des anciens modèles, manquent aux nouveaux. 
Il conviendra d'y apporter les corrections nécessaires pour 
les mettre en rapport avec les types anciens ; pour cela, il 
y a lieu de se servir de gabarits, en zinc, découpés sur les 
modèles primitifs. 

Certains tailloirs nouveaux de pilastres débordent trop sur 
ceux-ci. Il parait que ces tailloirs sont copiés exactement 
sur les restes des anciens qu'on a dû renouveler. L'effet qu'ils 
produisent n'est pas heureux; mais, comme il s'agit d'une 
restauration, la direction des travaux a jugé prudent de 
respecter la situation primitive. 

Pour le crépissage tant de la voûte que des murs, il faudra 
absolument s'inspirer des anciens crépis de l'époque dont on 
retrouve des traces dans le monument même, au-dessus du 
chœur et du transept. En tous cas, il doit être aussi mince 
que possible. On insiste tout particulièrement pourvue 
l'architecte surveille soigneusement ce travail d'enduit qui 
a une grande importance au point de vue archéologique. 
En cas de doute, il devra en référer immédiatement à la 
Commission. 

La fenêtre en plein cintre établie dans le pignon, au-dessus 
de la voûte du chœur, pour éclairer le grenier, devra être 
rétablie dans son étal primitif, c'est-à-dire qu'elle sera divisée 
en deux baies cintrées séparées par une colonnette, comme 
celles existant dans les pignons du transept. Cette ouverture 
réclame, à cause de ses dimensions importantes, une ferme- 
ture en bois. La direction des travaux devra étudier un 



— 156 — 

mode de fermeture, soit en arrêtant les volets à la hauteur 
du tailloir du chapiteau, soit en les étendant jusqu'au sommet 
des arcs et en y ménageant des vasistas, soit en établissant 
dans les deux arcs mineurs une partie pleine en pierre en 
forme de linteau cintré contre laquelle s'arrêteront les volets; 
ce dernier type se rencontre fréquemment dans les baies 
romanes. 

On doit regretter que le chéneau établi au chœur ait un 
aspect moderne. 
ECU» — Il a été procédé, le 24 juillet 1902, de concert avec 

de Zamlvooidé. 

M. De Meyer, membre du Comité des correspondants de la 
Flandre occidentale, à l'inspection de l'église de Zandvoorde, 
dont le classement est sollicité. 

Cet édifice se composait anciennement d'un chœur, de 
trois nefs, d'un transept et d'une tour qui surmontait la 
croisée. Il est. probable que les trois nefs élaient d'égale 
hauteur, comme à la plupart des églises du littoral 

Les deux nefs latérales, les bras du transept, le chœur et 
la tour ont été démolis, de sorte qu'aujourd'hui l'édifice ne 
comporte plus que la nef centrale et le croisillon du transept, 
lequel a été converti en sanctuaire ; une sacristie a remplacé 
le chœur primitif; la tour qui précède la nef, à l'occident, 
ne date que de quelques années. 

Il est aisé de comprendre que toutes ces mutilations ont 
singulièrement atténué l'importance de l'édifice. Néanmoins, 
ce qui en reste est encore pourvu de mérite. Les colonnes 
en pierre de Tournai avec chapiteaux à crochets qui sépa- 
raient les trois nefs et qui remontent au xiu r siècle, sont 
aujourd'hui en partie noyées dans la maçonnerie, relative- 
ment récente, fermant les arcades; ces supports sont inté- 



— «57 — 

ressants. La nef est actuellement éclairée par des baies 
ménagées dans le remplissage des arcades; les anciens 
oculus qui l'éclairaient autrefois ont été bouchés vers l'inté- 
rieur; ils sont parfaitement conservés à l'extérieur. Leur 
profil mouluré en briques forme une tracé aussi gracieux 
qu'énergique. 

A part les colonnes précitées, tout l'édifice était construit 
en belles briques qui n'ont pas moins de m 30 de longueur. 

Vu la valeur artistique et archéologique que présentent 
encore la nef et le croisillon du transept, il y a lieu de 
ranger ces parties de l'église de Zandvoorde dans la troisième 
classe des monuments du culte. 

Tel qu'il est aujourd'hui, l'édifice ne répond plus aux 
besoins de la population de la paroisse. 11 doit nécessaire- 
ment être agrandi. Celte opération ne rencontrera pas de 
sérieuses difficultés. Il suffira de rétablir les deux nefs laté- 
rales, les bras du transept ainsi que le chœur dont l'arc 
triomphal est encore visible à l'extérieur; enfin, d'ériger 
une nouvelle sacristie. Un projet dans ce sens, basé sur un 
relevé très exact de la situation actuelle, devra être étudié et 
soumis aux autorités compétentes. 

— Le conseil de fabrique de Droogenbosch ayant décidé £fU*e 

de Droog eobotcb. 

de faire dresser un projet d'ensemble des travaux de restau- 
ration et d'appropriation que nécessite l'église de cette 
localité, a prié la Commission de faire procéder à une visite 
de l'édifice. 

Celte visite, à laquelle assistait M. Dumortier, membre du 
Comité des correspondants du Brabant, a eu lieu le 
31 juillet 1902. 

Les travaux que le conseil de fabrique se propose de faire 



— 188 — 

exécuter, sont les suivants, lesquels se feront au fur et à 
mesure des ressources dont il pourra disposer : 

i° Restauration générale extérieure et intérieure de 
l'édifice; 

2* Rétablissement de la porte d'entrée au centre de la 
façade principale où elle se trouvait jadis et suppression des 
deux entrées latérales qui ont été ouvertes il y a une quaran- 
taine d'années et qui provoquent des courants d'air insup- 
portables ; 

3° Établir une porte de sortie à la sacristie, laquelle est 
nécessaire pour éviter de traverser toute l'église pendant les 
offices ; 

4* Avancer le banc de communion vers le transept pour 
augmenter l'espace dans le chœur ; 

5° Supprimer les stalles actuelles, vastes bacs informes, 
qui obstruent une grande partie du chœur et les remplacer 
par des stalles en rapport avec le style de l'édifice ; 

6* Approprier le jubé qui occupe une petite annexe au 
côté nord du chœur ; renouveler les orgues et les disposer 
de façon à ménager un espace suffisant pour les chantres qui 
se tiennent actuellement à l'entrée du chœur. 

Le travail exposé au paragraphe 6° nécessitera l'ouverture 
d'une arcade dans le mur du transept nord pour installer le 
buffet d'orgue de façon à laisser libre l'arcade qui s'ouvre 
vers le chœur et par où l'organiste et les chantres auront 
vue sur l'autel. 

Il n'y a pas d'inconvénient, semble-t-il, à ce que les 
propositions du conseil de fabrique soient admises. En con- 
séquence, rien n'empêche ce collège de soumettre ses 
projets aux autorités compétentes. Ces études devront être 



— 159 — 

basées sur un relevé complet et tout à fait exact de la situa- 
tion actuelle du monument. 

Il conviendra de profiter des travaux qu'on exécutera 
dans le chœur pour faire relever et disposer contre l'un des 
murs, à l'intérieur de l'église, l'importante dalle tumulaire 
qui est encastrée dans le pavement du sanctuaire. 

— Lors de l'examen du rapport récent de M. l'inspecteur é*u* 
architecte provincial de la Flandre occidentale, concernant 
diverses questions relatives aux travaux de restauration en 
voie d'exécution à l'église de Nieuporl, il a été décidé de 
procéder à l'inspection desdits travaux. 

Cette inspection a eu lieu le 30 juin 1902. 

Par suite de certaines démolitions opérées depuis la visite 
précédente, on peut constater aujourd'hui que la voûte de 
la croisée du transept était primitivement en bois, comme 
toutes les autres voûtes de l'édifice. Une partie des nervures 
en bois est encore en place, de même que des débris de bar- 
deaux. Il n'y a donc plus de doute, cette voûte doit être 
rétablie en bois. 

On vient de découvrir dans le mur est du transept sud 
une fenêtre primitive qui a été bouchée lors d'un remanie- 
ment de l'édifice et remplacée par une autre baie plus vaste. 
La situation primitive devra être rétablie. 

L'enlèvement de la couverture du transept sud a démontré 
que le faite de cette partie du monument est plus élevé d'en- 
viron 0"50 que celui des toitures adjacentes. Gomme il n'y 
a eu là aucun remaniement, il importe de conserver la hau- 
teur actuelle de la toiture et du pignon sud. 

Dans une partie du même transept, à l'intérieur, règne 
sous la corniche qui couronne le mur, une suite d'arcatures 



I 



— 160 — 

de formes différentes établies à des hauteurs inégales. Une 
partie du mur n'en a pas et n'a pu en avoir à cause de la 
hauteur de l'arcade de la nef latérale. II y a lieu de conserver 
celles de ces arcatures qui datent de la construction primi- 
tive; celles ajoutées lors de remaniements postérieurs 
devront disparaître; elles sont, du reste, sans intérêt et éta- 
blies à une hauteur telle qu'elles sont interrompues par les 
poutres de la charpente. 

On s'occupe actuellement du rétablissement des contre- 
forts primitifs de la nef sud latérale au chœur, dont on a 
retrouvé les anciens emplacements. Pour la terminaison de 
ces contreforts, on peut adopter le système suivi au côté 
nord, c'est-à-dire un couronnement en forme de batière. 

de frmbUk. — H a été procédé, le 4 août 1902, à l'inspection des 
travaux de restauration en voie d'exécution à l'église de 
Lombeek-Notre-Dame (Brabant). 

Ainsi que le constate le procès-verbal de réception n° 1, 
joint au dossier, les travaux dont il s'agît s'exécutent dans de 
bonnes conditions. Il y a donc lieu de délivrer un acompte 
à valoir sur le montant du subside promis sur les fonds des 
Beaux-Arts, en vue de celle entreprise. 

On ne saurait trop recommander de rechercher, pour 
celle restauration, et surtout pour le chœur, des pierres 
d'une teinte se rapprochant le plus possible de celle qu'ont 
acquise les pierres anciennes. 

Quelques-unes des pierres nouvelles ont paru un peu trop 
ciselées. Elles devraient recevoir, par ci, par là, un petit 
coup de boucharde et même parfais être simplement taillées. 
Il y a nécessité de chercher, pour ainsi dire pour chaque 
pierre à remplacer, à reproduire la taille ancienne, car il y 



Noire-Dame. 



— 161 — 

a dans les parements, notamment au chœur, des tailles 
différentes qui varient suivant la nature de la pierre mise en 
œuvre, laquelle est de provenance variée. 

La poursuite des travaux de restauration du chœur réclame 
la démolition immédiate de la sacristie, laquelle doit, en tout 
état de cause, disparailre. La sacristie nouvelle devra être 
écartée du chœur, de façon à n'en masquer aucune partie. 

L'entreprise en cours, qui comporte des travaux choisis 
parmi les plus urgents, sera bientôt terminée. Mais il reste 
encore à faire bien d'autres ouvrages dont l'extrême urgence 
s'accentue de jour en jour; il est donc indispensable de se 
préparer immédiatement à entreprendre une seconde série 
de travaux. La situation de certaines parties de l'édifice est 
assez grave pour que l'on s'en préoccupe. Mais les ressources 
des administrations locales sont déjà épuisées par les travaux 
de la première série. Il faut donc, de toute nécessité, que 
les pouvoirs publics viennent largement en aide à cette 
pauvre commune. 

Le temps accomplit rapidement son œuvre de destruction 
et il est à craindre que si une interruption dans les travaux 
de conservation et de restauration se produisait, les dégra- 
dations s'accentueraient au point qu'il faudrait sacrifier, plus 
tard, des sommes d'argent considérables pour y faire face, 
sans compter que l'on s'exposerait à perdre des documents 
artistiques et archéologiques précieux. C'est là une respon- 
sabilité qui doit être écartée; elle retomberait sur le pays 
entier. L'édifice en cause n'appartient pas seulement à la 
modeste commune de Lombeek-Notre-Dame ; c'est un 
monument national. 

La Commission a, à plusieurs reprises, fait ressortir 



— 162 — 

l'immense intérêt artistique et archéologique qui s'attache à 
cet édifice, joyau de Fart, sans rival dans les communes 
rurales de notre pays et qui, à bon droit, a été rangé parmi 
les monuments de tout premier ordre. On peut le dire sans 
exagération : lorsqu'il sera remis dans son étal primitif, 
grâce aux soins qu'y apportent M. Veraart, architecte, et 
M. Vuy, entrepreneur, le temple dont il s'agit constituera 
réellement une petite merveille. Il est donc de l'intérêt artis- 
tique du pays tout entier que les pouvoirs publics s'imposent 
tous les sacrifices possibles pour aider à atteindre ce but. 
Un des premiers ouvrages à entreprendre est le dérochage 
de l'ancien porche nord qui remettra au jour des détails de 
haute valeur artistique, modèles précieux pour restaurer 
l'intérieur du monument qui a été très mutilé au xvm* siècle ; 
l'église elle-même devra également être dérochée à l'intérieur 
dès qu'on le pourra. 

Le Secrétaire, 
A. Massaux. 

Vu en conformité de l'art. 25 du règlement. 

Le Président, 
Ch. Lagasse-de Locht. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROQÈS-VERBAUX 



»»»»■■%» 



SÉANCES 
des 20 et 27 septembre; des 4, 11, 18, 25 et 31 octobre 1902. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

La Commission a émis des avis favorables sur : 

1° La proposition de confier à M. Eyckelbosch, peintre &u M de 

Bob dé-Leninei. 

restaurateur à Bruxelles, le rentoilage et la restauration de T » w «««- 
six grands tableaux enchâssés dans les boiseries du chœur 
de l'église de Bois-de-Lessines (Hainaut) ; 
2° Le projet relatif à l'exécution d'un chemin de la croix Église de si«a. 

1 * Chemin 

peint dans l'église de Sluze (Limbourg) et à la décoration * ■»«*«,*■. 
picturale de l'abside du chœur de cet édifice; auteur, 
H. Tassin ; 
3° Le projet relatif à la reconstitution de la peinture è f t..« 

de Nceroelcrtn. 

représentant le Jugement dernier, de lare triomphal de Peiutoro mural# - 
l'église de Neeroeteren (Limbourg); auteur, M. B ressers; 



— 164 — 

Ê*tite 4° Le projet concernant l'exécution de peintures décora- 

deCraiebem. ■ J r 

dteônS^ l » ves dans l'église de Crainhem (Brabanl); auteur, M. Jour- 
dain ; 
% a fi«iiie S Le dessin d'an vitrail à placer dans l'église de Suer- 

de Soerbenpde. r D 

Yiimii. bempde (Brabant); auteur, M. Vosch; 

Égii<e 6" Le projet relatif au placement de vitraux peints dans 

de Moalenaeeen. ..... « ,. . . x , , 

vitraux. | église de Monlenaeken (Limbourg), sous la reserve que 
l'auteur, M. Jeurisseo, s'en tiendra à une seule couleur 
pour les verrières en grisaille ; 

gel»» 7° Le projet relatif au placement de huit vitraux, d'un 

de Saiiil-Nicolat. ... " 

vûnS^îL aule ' el " un P orla " en chêne, dans l'église de Saint- 
Nicolas, à Tournai (Hainaut) ; 

SciLedeKttifd. 8° Le projet relatif au placement d'une croix triomphale 
dans l'église de Kessel (Anvers), à la condition que la partie 
inférieure de la croix soit allongée, afin de placer la statue 
du Christ un peu plus au-dessus des statues attenantes. 
Vu les conditions imposées par les donateurs, il n'y a 
pas d'inconvénient à ce que le calvaire repose sur une 
trabes ; 
tifiue 9° Les modèles de deux bas-reliefs destinés à un des 

tf« Iteo Bel. 

B.«-reii«fi. autels latéraux de l'église de Den Eel, sous Raevels (Anvers) ; 
sculpteur, M Daems. 
BgiiM d« ceiiet. — Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, le 

Chemin ^ r 

d« la mùx. 49 ao £t i9Q2 f d ans l'église de Celles (Namur), que les 
quatre stations du chemin de la croix, exécutées par 
M. Middeleer, sont traitées dans les mêmes conditions que 
celles effectuées, il y a une vingtaine d'années, par M. Van- 
derplaetsen . 

En conséquence, il n'y a pas d'inconvénient à ce que 
M. Middeleer poursuive l'achèvement de l'œuvre. 



— 168 — 

— Il a élé procédé, le 27 septembre 1902, dans l'église D É «^« loli 
de Notre-Dame du Sablon, à Bruxelles, à l'examen de la *£££■• 
polychromie de l'autel de Sainte-Anne et des échantillons ° "*" "' 
des changements à apporter à la polychromie du maître- 

aotel. 

La décoration de l'autel de Sainte-Anne (échantillon avec 
quadrillé en or) semble bien comprise, mais le rouge est un 
peu trop violacé ; il conviendrait de le rapprocher du ver- 
millon. L'inscription de la face latérale de la tombe devra 
être encadrée par un filet d'or, interrompu où les extré- 
mités des lignes de l'inscription l'exigent. 

Pour les changements projetés à la polychromie de la 
tombe du mailre-autel, la travée du côté de l'Évangile 
parait devoir être choisie ; pour les colonneltes de la table, 
on adoptera le décor de la seconde colonnette du même 
côté; l'inscription du gradin sera moins grande. 

Le changement qu'on propose d'apporter au fond der- 
rière l'autel du Sacré-Cœur n'est pas heureux ; il est préfé- 
rable de conserver 1 échantillon déjà adopté. Pour que cet 
autel produise l'effet désirable, il importe de peindre les 
piliers du côté de la chapelle sur toute leur hauteur. Le fond 
même dudit autel devrait être modifié; il est trop clair. 
Mieux vaudrait adopter un ton rouge. 

On vient d'installer le nouveau retable de l'autel de 
Sainte-Wivine. Ce travail est bien compris; il est plus heu- 
reux que les ouvrages de même nature précédemment 
exécutés dans la même église, tant au point de vue de la 
conception qu'à celui de l'exécution. 

— Ensuite de la recommandation faite par le rapport de «§»•« 
la Commission, en date du 29 juin 1900, il a été procédé à Yitrail ' 



— 16« — 



la mise en place d'une lumière du vitrail du choeur de 
de Slevoort (Limbourg). 

Celle parlie de la verrière a fait l'objet d'un exa 
9 octobre 1902. Il en résulte que le travail dont il 
été exécuté d'une façon convenable. En conséquenc 
ne s'oppose à ce que la verrière soit définitivement appi 
et à ce que son exécution complète soit poursuivie. 

Le maitre-autel et la cuve baptismale de la même 
sont terminés et placés. Ces objets mobiliers ayant été 
d'une façon satisfaisante, il n'y a pas d'inconvénient à 
la totalité du subside promis sur les fonds des Beau 
soit liquidée. 
%u M . — H a été procédé, le 8 octobre 1902, à l'exa 

<lt Saiul-rwrra, . . . , ■» ■ • • i i • •• 

* 8 vu^x ro * d * C1D( 1 Vllraux Points places dans 1 abside et les absidi 
l'église romane de Saint-Pierre, à Saint-Trond. 

M. Van Neuss, membre du Comité des correspond 
la province du Limbourg, assistait à cet examen, d 
résulte que les verrières dont il s'agit, œuvres de M. J. 
ont été exécutées dans de très bonnes conditions. 



Tour Henri VIII, 
à Tournai. 



CONSTUCTIONS CIVILES. 



La Commission a adopté toutes les propositions forn^ 
en vue de l'exécution des travaux de restauration sté 
ment nécessaires pour assurer la conservation de la 
Henri VIII, à Tournai (Hainaul). Au cours de l'entre 
on devra imiter scrupuleusement les hauteurs d'app 
la taille de la pierre et le rejoinloyage primitifs. La dir 
des travaux devra se mettre en rapport, à celte fin, av 
membres correspondants du Collège qui résident à Tou 





fo 




,, r 



— (67 — 

MM. Soil et Sonneville, lesquels consulteront la Commission 
en cas de difficultés. 

— Pour satisfaire à la demande de l'administration JvS^J? P iix 

de Mechelentar- 

communale de Mechelen-sur-Meuse, il a été procédé, le MeaM< 
16 octobre 1902, à l'inspection de la nouvelle justice de 
paix, avec salle de délibération pour le conseil communal 
de celle localité. 

Il résulte de cette inspection, à laquelle assistaient 
MM. l'abbé Daniels et Van Neuss, membres du Comité des 
correspondants du Limbourg, que l'édifice dont il s'agit est 
entièrement terminé et que sa construction a été faite avec 
soin. Ce petit monument a été édifié avec un goût et une 
recherche que l'on rencontre rarement dans les construc- 
tions modernes de l'espèce. Conçu dans des données simples, 
il se distingue par des qualités artistiques réelles. Aussi ne 
peut-on qu'engager les pouvoirs publics à prendre en consi- 
dération les sacrifices importants que s'est imposés celte 
modeste commune de 1 ,700 habitants, pour doter le canton 
de Mechelen d une œuvre architecturale propre à propager 
le goût artistique dans nos campagnes. Pour ce motif, il est 
désirable que les subsides de l'Autorité supérieure soient 
alloués dans la mesure la plus large possible et qu'une 
même intervention généreuse soit accordée quand il s'agira 
de doter l'édifice d'un mobilier en rapport avec le caractère 
spécial qui le distingue. 

— A la demande de la Société d'Archéologie du canton eu*.* 

de Logne. 

de Durbuy, il a été procédé, le 2 octobre 1902, de concert 
avec M. l'architecte Fcrnand Lohest, à l'inspection des 
travaux de déblaiement et de fouilles entrepris dans les 
ruines de l'ancienne forteresse de Logne. 



— 168 — 

M. P. Lohest, membre du Comité des correspondants de 
la province de Liège, assistait à cette inspection. 

Les travaux effectués depuis la dernière visite (3 octo- 
bre 1901), sont importants On a poursuivi les déblais dans 
divers endroits de la forteresse, dans les fossés extérieurs, 
dans le grand fossé du donjon, dans ce même donjon. On 
a notamment fini de déblayer tous les parapets de ce dernier 
et mis au jour la cuisine. Certaines fouilles ont, d'autre part, 
amené la découverte des assises d'une tour destinée à 
flanquer la grande courtine du côté de l'Ourlhe. On pour- 
suivra l'élude de cet ouvrage pour en déterminer exactement 
le raccordement à la forteresse ; celte tour est figurée au 
plan annexé au dossier. 

Les travaux ont aussi amené la découverte, dans la cour 
du doujon, d'une troisième citerne au fond de laquelle on a 
trouvé des monnaies intéressantes en argent et même en or. 
Les fouilles ont encore mis au jour divers objets du moyen 
âge, parmi lesquels des pièces de serrurerie, des poteries, 
des armes, etc. 

Jusqu'à présent, on n'a pas découvert de puits. 

Les déblais effectués du côté du village de Logne ont 
amené la mise au jour de deux chemins de ronde V et W, 
en impasse, auxquels on avait probablement accès par une 
échelle placée en X dans la caverne de la gatte d'or F'. 
Le premier de ces chemins de ronde est taillé en plein roc. 

Enfin, on a déblayé partiellement l'ouvrage avancé A de 
la pointe extrême nord du rocher sur lequel est assise la 
forteresse; on recherchera si ce bâtiment, de forme rectan- 
gulaire, dont il ne reste que le soubassement, n'était pas une 
chapelle extérieure. 



— 169 — 

La grande courtine vers l'Ourthe est presque entièrement 
consolidée. Ce travail de maçonnerie est exécuté avec beau- 
coup de soins; les matériaux en ont été pris dans les ruines; 
leur taille est en tout semblable à celle des pierres anciennes. 
Il semble que l'aspect de celte courtine gagnerait beaucoup 
si on enlevait le remplissage en maçonnerie, d'ailleurs de 
construction médiocre, qui bouche les meurtrières à embra- 
sure du côté de l'Ourthe. La monotonie de ce grand mur, 
qui se profile sur le ciel, en serait heureusement rompue, et 
la vue, de la vallée et du chemin de fer, y gagnerait beau- 
coup. 

Il parait désirable de compléter les aboutissements des 
voûtes du couloir H passant sous la cuisine ainsi que le côté 
nord de la voûte S situé sous la tour de guet, enfin aussi 
les bouts de la voûte du chemin de ronde L donnant accès 
au donjon. Ces réfections empêcheront la désagrégation 
desdites voûtes, dont les extrémités sont ruinées, mais elles 
seront relativement coûteuses. 

Pendant l'hiver prochain, on continuera le déblaiement 
des fossés extérieurs, du grand fossé du donjon et de la 
plate-forme de (a tour de guet du côté sud du château ; on 
recherchera s'il n'exisfait pas plus de deux ouvrages avancés 
de ce côté. On recherchera aussi la communication qui 
parait avoir existé entre les cavernes de la gatte d'or F' et le 
donjon qui les surmonte. 

La Société d'Archéologie désirerait, pour débarrasser le 
grand fossé extérieur, vers Logne, pouvoir prendre les 
pierres qui s'y trouvent et en faire une sorte de mur sec 
provisoire au delà du mur d'enceinte qui forme le glacis 
extérieur. Ces pierres seraient ainsi placées provisoirement 



— m — 

6° Le projet relatif à la construction de dépendances au 
presbytère de Grand-Rechain (Liège); architecte, M. Jacob. 

ÉGLISES. — CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a émis des avis favorables sur les projets 
relatifs à la construction d'églises : 
È«iue 1° À Koekelberg (Brabant), à la condition que Fauteur, 

de Koekelberg. 

M. Ramaekers, examine les observations formulées dans le 
rapport de M. l'architecte provincial en chef, en date du 
12 août 1902 ; 
egiise dortho. 2° À Ortho (Luxembourg), sous réserve de tenir compte 
des recommandations suivantes : a) suppression des arcs 
extérieurs qui encadrent les fenêtres de la haute nef; 6) sup- 
pression du faux-transept ; c) donner plus d'élévation à 
l'abside semi-circulaire et l'éclairer directement; architecte, 
M. Van Gheluwe; 
ficus* 3° À Longlain, commune de La Louvière (Hainaul) ; 

de Longlain. 

architecte, M. Leborgne ; 
figure 4' A Saint-Lambert, commune de Tourinnes-Saint-Lam- 

Saint-I>ambert ( 

àTonrinne». b erl (Brabant). L'attention de l'architecte, M. Barbier, a été 
appelée sur l'absence d'entraits à la charpente et on l'a invité 
à examiner s'il a la certitude que les murs latéraux résisteront 
à la poussée de la charpente. 

Ont aussi été approuvés les projets d'agrandissement des 
églises : 
Église 1° De Vaux-lez- Rosières, commune de Nives (Luxem- 

de Vtux-lcx- 

Roiièret. bourg); architecte, M. Clipper; 

EgiiM. 2° D'Appelterre-Eychem (Flandre orientale). Au cours 

Ey?5em. re d e l'exécution des travaux, l'architecte, M. Vaerwyck, devra 



— 175 — 

examiner si Ton ne pourrait avancer la sacristie vers Test et, 
au moyen d'an couloir, la relier au chœur même de l'église ; 
on éviterait, de la sorte, le passage au travers de la chapelle 
latérale nord ; 
3* De Chaud fontaine (Liège) ; architecte, M. Wendeler. éf"**» 

ChMofonta toc* 

Ainsi que les projets ci-après : 

4° Reconstruction de la flèche de 1 église de Pondrome é^m 

de Poodrome. 

(Namur) ; architecte, M. Lange ; 

5° Établissement d'un jubé dans l'église de Jamoigne é,»^ 
(Luxembourg) ; architecte, M. Van Gheluwe. 

Et, enfin, les dessins d'objets mobiliers destinés aux ou* mobilier. 
églises de : 

Vosselaere (Flandre orientale) : stalles ; 

Fonlin, sous Esneùx (Liège) : cloche ; 

Hyon (Hainaut) : retable; 

Ham-sur-Heure (Hainaut) : cloche; 

Léglise (Luxembourg) : bancs ; 

Assche (Brabant) : cloches ; 

Louftémont, commune d'An lier (Luxembourg) : maître- 
autel et confessionnaux ; 

Bernissart (Hainaut) : mobilier complet. 

— L'église de Familleureux a élé incendiée par la foudre, fy... 

. . .^^** d« F««iHe«reoi. 

le 30 juin 4902. 

Une inspection des restes de l'édifice, à laquelle MM. Devil- 
lers et Hubert, membres du Comité des correspondants du 
Hainaut, assistaient, a eu lieu le 24 septembre 1902. 

Le chœur est la partie la plus ancienne du temple; il 
formait primitivement la chapelfe castrale dédiée à la Sai nie- 
Vierge, bâtie en 1186, selon ce que dit Lejeune dans sa 
notice sur Familleureux. Il est construit d'après les principes 



— 174 — 

romans» mais l'ogive y apparaît déjà. La nef semble remon- 
ter au commencement du xvi* siècle ; on y a ajouté deux 
travées il y a environ 25 ans. 

Le chœur était recouvert par une voûte en bardeaux ; la 
nef était voûtée en briques avec nervures et arcs doubleaux 
en pierre bleue. Lors de l'agrandissement de l'édifice, vers 
1877, le prolongement des bas-côtés a été recouvert par des 
voûtes en plâtrage. C'est à ce système économique de con- 
struction que l'on doit attribuer toute l'étendue du désastre 
du 30 juin 1909; c'est par là que le feu est descendu dans 
l'église, où le mobilier lui a procuré l'aliment propagateur 
d'une conflagration générale. 

L'édifice était assuré pour 60,000 francs. La Compagnie 
d'assurance a évalué les dégâts à 34,000 francs. 

Les murs, en général, semblent encore solides et paraissent 
avoir conservé leur aplomb ; les colonnes, arcs et nervures 
en pierre sont en grande partie calcinés ; on sera obligé d'en 
rertiplacer beaucoup de pierres. En tous cas, il importe de 
conserver tout ce qui peut être maintenu des maçonneries 
anciennes, surtout les sommiers, les naissances des groupes 
d'arcs, de nervures, etc., au-dessus des colonnes. 

Pour le renouvellement partiel des colonnes, des bases, 
des chapiteaux, des arcs et des nervures, on devra reproduire 
exactement les éléments anciens en ayant soin d'en prendre 
des moulages. La base et le chapiteau de la première colonne 
au côté nord, près du chœur, semblent primitifs; c'est donc 
là que l'architecte devra emprunter les types pour les parties 
des colonnes à renouveler. 

On devra remanier les quatre fenêtres de la partie 
moderne des nefs, construites en dépit des principes de Tari 



— 178 — 

ogival, afin de les mettre en harmonie avec celles de la 
partie ancienne desdites nefs. 

Le clocher en bois qui surmontait la travée centrale de la 
nef ayant élé détruit, rien n'empêche de le rétablir sur la 
première travée près de la façade. Où il était situé, il consti- 
tuait une gène pour la sonnerie des cloches pendant les 
offices, au milieu des fidèles; on pourra sonner les cloches 
du jubé, si le clocher est établi sur la première travée. 

Il n'y a pas lieu de rétablir l'escalier en bois qui se trouvait 
dans l'angle nord-ouest du bas-côté ; on aura accès au jubé 
et au clocher par l'escalier en spirale ménagé dans la tourelle 
de la façade ouest. 

Quelques pierres lumulaires sont encastrées dans le pave- 
ment de l'église; on devra les appliquer contre les murs 
intérieurs lors de la restauration du temple; ce sont des 
documents intéressants pour l'histoire locale ; à ce litre, ils 
doivent être conservés avec soin. 

Un bas-relief intéressant représentant les manants de 
Houdeng venant solliciter de Fier-à-bras, seigneur de Velle- 
reille et de Familleureux, le pardon des outrages qu'ils lui 
ont faits, ainsi qu'une petite statue de la Sainte-Vierge, l'un 
et l'autre du xv e siècle, ont pu être sauvés lors de l'incendie. 
On les rétablira dans l'église restaurée à leur place respective. 

Un Ecce-Homoen pierre est adosséà l'extérieur du chevet; 
cette œuvre, qui ne manque pas de mérite, devra être éga- 
lement réintégrée dans l'église. On fera bien de l'abriter en 
attendant que celte mesure puisse être prise. 

— Il a été procédé, le 13 octobre 1902, à l'inspection des écu* de Bn<c. 
travaux d'agrandissement et de restauration de l'église de 
Brée. 



— «76 — 

MM. l'abbé Daniels, Jantiné el Van Neuss, membres du 
Comité des correspondants de la province du Limbourg, 
assistaient à celte inspection. 

L'entreprise dont il s'agit est sur le point d'être terminée. 

Les travaux ont été exéeutés avec tous les soins dési- 
rables. 

Bâtie en pierres jaunes de Fauquemont, l'église de Brée 
constitue un édifice d'une réelle valeur artistique, <F un carac- 
tère imposant. L'intérieur surtout, avec ses cinq ne£s, 
présente un aspect majestueux où abondent les points de 
vue pittoresques. 

En résumé, l'édifice est réussi sous tous les rapports et il 

y a lieu de féliciter les auteurs qui ont si bien tiré parti, 

pour l'agrandir, de la disposition du terrain et des parties 

conservées de l'ancienne église. 

Elu* — I-e projet soumis en vue de l'agrandissement de l'église 

de Brnu«fb«ro . „ 

de Brusseghem a fait I objet dun examen, sur place, le 
2 octobre 1903, de concert avec M. Dumortier, membre du 
Comité des correspondants du Brabant. 

Après une longue étude, il a été reconnu que le parti le 
plus avantageux pour conserver l'orientation du temple et 
répondre aux besoins d'une population qui s'accroît sensi- 
blement, était de prolonger les bas- côtés vers l'ouest, de 
reculer la tour et d'ajouter deux travées à la nef. 

En raison de la proximité d'une voie charretière en contre- 
bas du mur qui ceint le cimetière, l'extension ne se prèle 
pas du côté du sanctuaire, tandis qu'elle est praticable vers 
la façade principale en absorbant un chemin qui, adminis- 
trativemenl condamné, va être reporté et élargi un peu plus 
loin. 



— 177 — 

Celte opération de voirie dotera même l'église d'un petit 
parvis. 

La tour qu'il s'agit de démolir, a marqué les débuts de la 
construction de l'édifice. Elle remonte à la fin du xv* siècle» 
Bâtie en moellons extérieurement, intérieurement jusqu'à 
la hauteur des cod Ire forts, les rides qui sillonnent ses faces 
massives ne sont pas imputables uniquement à l'âge. Ses 
lézardes, ses fissures proviennent surtout des fondations 
défectueuses et insuffisantes qui la supportent; des ancrages 
la maintiennent de tous côtés. Son mérite réside dans l'an- 
cienneté. Il conviendra de la rétablir dans ses dispositions 
actuelles pour perpétuer le souvenir de ce témoin d'un passé 
lointain. L'auteur ne dérogera à l'ordonnance générale que 
par l'exhaussement des contreforts et le placement des 
cadrans sous les abat-son. 

Le chœur pen lagon al, qui est la portion la plus soignée, 
architecluralement parlant, ne manque pas de caractère. Il 
date, ainsi que les transepts, du commencement du xvi* siècle. 
Son appareil est identique â celui de la tour. L'inéluctable 
travail du temps ne l'a pas épargné. Il importera de le sou- 
mettre à une restauration entendue sitôt l'achèvement de 
l'agrandissement. 

Ombrée par des bouquets d'arbres, entourée de labours 
et de maisonnettes, l'église de Brusseghem, qui est rangée 
dans la 3* classe des monuments, s'élève au sommet d'un 
plateau herbu. 

Celte construction ogivale, en pierres grises, a un aspect 
ramassé. La tour, que surmonte une flèche élancée couverte 
d'ardoises, constitue à peu près le tiers de la superficie du 
monument. Les charpentes, contemporaines de son érection, 



— ils — 

étant intéressantes et en excellent état de conservation, leur 
remise en œuvre dans la réfection est tout indiquée. 

Il a été recommandé à M. Dhaeyer, venu sur les lieux, 
de s'inspirer, dans le remaniement de son projet, pour les 
parties à créer, des types existant ou à découvrir dans 
l'église : bases de colonnes, chapiteaux, moulures, culs-de- 
lampes, etc. 
ÊfiiM — Il a été procédé, le 39 septembre 1 902, à l'examen de 

deSaiol-MarUo, 

iRentii. | a nouvelle série de meubles installés dans l'église de Saint- 
Martin, à Renaix. 

M. Serrure, membre du Comité des correspondants de la 
Flandre orientale, assistait à cet examen. 

Les meubles en question se composent : 

Des autels de la Sainte-Vierge et de Saint-Joseph ; 

De quatre confessionnaux ; 

De quatre crédences ; 

Du banc de communion devant la chapelle du Saint- 
Sacrement ; 

De la clôture du chœur ; 

Des clôtures des chapelles de la Sainte- Vierge et de Saint- 
Joseph ; 

De l'autel du Saint-Sacrement ; 

De la chaire à prêcher. 

Tous ces objets ont été exécutés avec soin. En conséquence, 
rien n'empêche de liquider les subsides y afférents. 

Il résulte de renseignements fournis sur place que l'exé- 
cuteur des grilles de clôture du chœur et des chapelles n'a 
eu à sa disposition, lors de la rédaction de sa soumission, 
que des dessins d'ensemble, les détails d'exécution n'étant 
pas dressés à cette époque. Il se fait que ce soumissionnaire 



— t79 — 

n'a pu se rendre exactement compte de l'importance réelle 
de son entreprise; par suite, celle-ci lai a imposé un travail 
plus complexe que celui auquel il était en droit de s'attendre, 
de sorte qu'il se trouve en présence d'une perte d'argent 
au lieu d'un bénéfice. 

Il semble équitable de lui en tenir compte en lui allouant 
une certaine indemnité à répartir entre les diverses adminis- 
trations intervenant dans la dépense, d'autant plus que 
malgré l'éventualité d'une perte sèche, ce modeste entre- 
preneur s'est acquitté, de la façon la plus consciencieuse, de 
l'important travail qui lui était confié. 

Dans l'intérêt de la conservation de la belle église de 
Saint-Martin, dont la construction est 1res réussie, il importe 
de la préserver des atteintes de l'humidité en dotant tout son 
pourtour d'un bon trottoir en pavés posés au mortier et de 
paver la petite cour à côté de la sacristie. 

Dans le même but, il est prudent d'établir des contre-murs 
autour du presbytère partout ou le terrain du jardin est en 
contact avec les murs de l'habitation. 

— Il a été procédé, le 26 octobre 1902, à l'examen t 9 u$» 

tic Laroche 

dune nouvelle partie de meubles placés dans l'église de 
Laroche. 

MM. le comte de Limburg-Slirum et Sibenaler, délégués 
du Comité des correspondants du Luxembourg, assistaient 
à cet examen. 

Les orgues, bien que divisées en deux buffets, donnent 
pleine satisfaction tant au point de vue du travail que de la 
sonorité. 

La chaire à prêcher est également reçue, mais sous la 
réserve de raccorder la balustrade de l'escalier avec la cuve 



— 180 — 

et de faire disparaître la teinte noire trop visible du rejoio- 
toyage des pierres. 

La statue du Sacré-Cœur qui se trouve dans le trumeau, 
entre les deux fenêtres au-dessus du maître- autel, n'est pas 
suffisamment éclairée; c'est à peine si on la remarque. II y 
aurait lieu de la placer à un endroit plus apparent, sur un 
piédestal isolé. 

Quant aux deux statues, dont une de Saint-Nicolas, patron 
de l'église de Laroche, placées actuellement au-dessus du 
portail-tambour de l'entrée de droite, elles pourront provi- 
soirement être installées au-dessus des deux portes du chœur 
de l'église donnant accès à la sacristie. En tous cas, on ne 
peut, à aucun prix, les attacher aux deux gros piliers du 
transept, où elles briseraient l'aspect de Tare triomphal. 

Les couleurs rouges et bleues du fond des vitraux du 
chœur seront remplacées par des teintes diaprées moins 
voyantes. 

La Vierge qui se trouve au centre du vitrail de gauche, 
qu'il avait été question de remplacer par une véritable Notre- 
Dame de Luxembourg, pourra être maintenue à raison de 
son cachet artistique. L'image de Notre-Dame de Luxem- 
bourg se trouve d'ailleurs déjà dans la partie supérieure de 
la même verrière. 

Le monument élevé par le conseil communal et les habi- 
tants de la ville de Laroche à la mémoire de feu M. Edouard 
Orban de Xivry, Gouverneur de la province de Luxembourg, 
œuvre remarquable du sculpteur Vermeylen, gagnera à 
l'exécution de quelques légers travaux d'ornementation en 
ce qui concerne l'épitaphe ainsi que les armoiries de la 
province et de la ville de Laroche : celles-ci pourront être 



— 181 — 

peintes de façon à indiquer les émaux et les métaux selon la 
science héraldique. D'autre part, les lettres composant l'épi- 
(aphe seront en ton rouge, afin que le visiteur puisse mieux 
lire l'inscription, un peu sombre, par la nature même de la 
pierre employée (i). 

Le genre et le style de ce monument ont été inspirés par 
un ancien monument dont il forme pendant, lequel a été 
érigé, en 158 S, à la mémoire de la famille de Waha de 
Baillonville. 

Sur la proposition de M. le Président de la Commission, 
la délégation a engagé les membres présents de l'adminis- 
tration communale et les fabriciens à ne pas se presser pour 
effectuer des travaux de polychromie à l'importante église 
de Laroche et, le cas échéant, à ne confier ce travail qu'à 
des artistes de talent en prenant, au préalable, l'avis de 
l'architecte auteur de l'édifice et de la Commission royale 
des monuments. 

Le mobilier prévu pour l'église de Laroche étant terminé 
et approuvé, sauf en ce qui concerne la peinture des volets 
du mailre-autel, qui devra être refaite, rien n'empêche de 
liquider le subside alloué sur les fonds des Beaux-Arts en 
vue de celte entreprise. 



(0 Voici le texte de cette inscription : 

« Le conseil communal et les habitants de la ville de Laroche ont élevé 
b ce monnment à la mémoire du baron Edouard Orban de Xivry, le très 
» aimé Gouverneur, né en leur ville, le 28 septembre 1858, frappé dans 
» l'exercice de ses fonctions et décédé à Arlon, le 26 janvier 1901. Vous 
i tons qui visitez cette église, priez Dieu pour le repos de l'âme de cet 
» homme de bien, mort victime de &a charité envers un pauvre insensé 
• auquel il pardonna généreusement. » 



— 18) — 



TRAVAUX DE RESTAURATION. 



Le Collège a revêtu de son visa : 

Éeii M 1° Le projet de divers travaux de restauration et d'amé- 

nagement à exécuter à régi i se de Pétigny (Namur) ; archi- 
tecte, M. Lange; 

É«iiM 9° Le projet relatif à la restauration de l'église de Léglise 
(Luxembourg) ; architecte, H. Gupper ; 

SfiiM 3° Le projet de restauration de l'église de Saint-Joseph, 

luîmUSSL' à La Louvière (Hainaut); architecte, H. Draily; 

ggiiM 4° Le projet concernant l'exécution de travaux de répa- 

ration à l'église de Furnaux (Namur) ; 

feu* 5° Le projet de restauration des toitures de l'église d'An- 

d'Auaenelle. 

denelle (Namur); architecte, M. Simon; 
Égibe 6° Le projet relatif au renouvellement de la toiture de la 

flèche de l'église de Vilrival (Namur) ; 
Êgiiic <io vacbt. 7° Le projet de restauration de l'église de Vucht (Lim- 

bourg); architecte, M. Marlens; 
É g i»e 8° Le projet concernant des travaux de restauration à effec- 

d'Haulrages* 

tuer à l'église d'Haulrages (Hainaut) ; architecte, M. Lhœst ; 
Église 9* Le projet relatif à la restauration de l'église de Vloer- 

de Vlocrscgcm. 

segem (Flandre orientale), à la condition que l'on aura égard 
aux observations émises par M. l'architecte provincial; 
Égii»c 10° Le projet de restauration de l'église de Husseignies 

de Husseignies. r * ^ ° 

(Hainaut). Au cours de l'exécution de l'entreprise, l'archi- 
tecte, M. Dufour, devra examiner s'il ne serait pas possible 
d'augmenter l'élévation de la nef centrale en établissant la 
voûte en bardeaux au-dessus des entrails et en laissant 
visibles ces derniers ; 



— 185 — 

H* Le projet concernant l'exécution de travaux de res- *«»«, 

■ • de NieowenlioTe. 

tauration à l'église de Nieuwenhove (Flandre orientale) ; 
architecte, H. Birmant; 
12° Le projet de travaux complémentaires de restauration éciîm 

r J r d'Eitairoboorg. 

à effectuer à l'église d'Estaimbourg (Hainaut) ; architecte, 
M. Cordonnier; 
13* Le projet de restauration de la tour de l'église de Egiiaa 

■ • ^ de Linsmean. 

Linsmeau (Brabant); architecte, M. Langerock; 

14° Le projet relatif à la restauration des toitures de U\<* 
l'église d'Haulchin (Hainaut) ; architecte, M. Simon; 

15° Le projet de restauration de la tour de l'église êcum 

r J ° d'Eeckeren. 

d'Eeckeren (Anvers) ; 
16" Le projet d'une nouvelle série de travaux de restau- Égu* „ 

r * de Westmalle. 

ration et d'agrandissement à effectuer à l'église de Westmalle 
(Anvers) ; architecte, M. Gife ; 
17° Le projet relatif à la restauration de l'église de Ver- u*« 

. \ deVlnrjck.. 

tryck (Brabant) et à la construction d'une sacristie à cet 
édifice; architecte, M. Langerock; 
18° Le projet d'une troisième série de travaux de restau- fi*** 

1 * de BaintJacqaes, 

ration à exécuter à la tour de l'église de Saint-Jacques, à kAntew - 
Anvers; architectes, MM. Blomme frères ; 

19* L'avant- projet d'une nouvelle catégorie de travaux à ta* 
exécuter pour la restauration de l'église de Walcourl(Namur). 
On devra combiner l'aménagement de la sacristie nouvelle 
de façon à utiliser les armoires et les boiseries en style du 
xviu' siècle qui se trouvent dans la sacristie actuelle. La 
Commission n'a cessé d'insister, à chacune de ses visites, 
dans ce sens ; l'importance artistique de ces boiseries oblige 
à les conserver avec le plus grand soin ; architecte, M. Lan- 
gerock; 



— 184 — 
«giiM 20° Le projet relatif à la reconstitution des entrées primi- 

deSiint-BaTOQ, r 4 r 

àc.nd. t j ves ( j e j a çpyp^ j e j a ca thédrale de Saint-Bavon, à Gand 
(Flandre orientale), sous la réserve qu'il sera tenu compte 
des observations présentées par M. l'architecte provincial, 
dans son rapport du 6 juin 1902, à l'exception de l'obser- 
vation n° 1 : il parait préférable, en effet, de maintenir la 
largeur de l'escalier telle qu'elle figure au plan adopté. Pour 
ce qui concerne les garde-corps en fer forgé, il importe de 
les mettre en rapport avec la simplicité de l'ensemble de la 
construction; architecte, M. Van Âssche; 

compu. 21° Les comptes des travaux de restauration exécutés aux 

de travaux 
d« re.Uuratio«. égjjses de l 

Sainl-Gommaire, à Lierre (Anvers) : exercice 1901 ; 
Saint-Hubert (Luxembourg) : trois premières séries d'ou- 
vrages. 
.ÉtiiM — Le projet soumis en vue de la restauration de l'église 

de Ramsappellc 

lexNieoport. <j e Ramscappelle lez Nieuport (Flandre occidentale), a fait 
l'objet d'un examen, sur place, le 21 août 1902. 

M. van Roymbeke, membre du Comité des correspon- 
dants, assistait à cet examen. 

Ainsi que le déclare M. van Ruymbeke dans son intéressant 
et très complet rapport du 26 mars 1902, aux conclusions 
duquel le Comité des correspondants s'est rallié, beaucoup 
de travaux prévus sont inutiles, d'autres sont inadmissibles 
et n'ont pour but que de chercher à enjoliver, à tort, la 
construction actuelle, qui est fort intéressante. 

Le projet présenté doit, en conséquence, faire l'objet d'une 
nouvelle et sérieuse étude. L'auteur devra se borner à y 
prévoir les travaux strictement indispensables pour mettre 
l'édifice en bon état d'entretien sans changer aucune forme, 



— 185 — 

sans y ajouter aucun élément dont l'existence primitive n'est 

pas absolument démontrée. 

Avant de se livrer à cette étude, l'architecte devra faire 
dérocher et mettre à nu, à l'intérieur, quelques parties du 
monument, notamment une travée complète et rechercher 
l'ancienne disposition de la voûte en bardeaux masquée par 
un plafonnage moderne. 

■ 

Les travaux à faire en premier lieu doivent consister dans 
la restauration des toitures, des gouttières, rejointoyage des 
maçonneries, etc. Toutefois, les travaux de rejointoyage 
devront être bornés au strict nécessaire, c'est-à-dire au 
remplissage des joints ouverts et de ceux qui menacent de 
s'ouvrir; tous les joints qui sont en bon état doivent être 
rigoureusement respectés. On ne pourra employer le ciment 
pour les rejoinloyages, cette matière n'est pas recomman- 
dable pour des ouvrages de l'espèce. Il faut prévoir un bon 
mortier composé de chaux et de sable rude. 

Il faut conserver aux parements extérieurs, aux seuils, 
cordons, larmiers, etc., toutes les briques ou pierres qui 
sont susceptibles d'être maintenues sans inconvénient ; par 
conséquent, on doit remplacer le moins possible de maté- 
riaux. 

Il n'y a pas lieu d'établir des corniches au pied des 
toitures ; il n'y en a pas eu autrefois ; de simples gouttières 
sur crochets suffisent, elles auront pour résultat de ne pas 
changer l'aspect de la construction. 

A la façade est des nefs, l'auteur trouvera, dans les fenê- 
tres bouchées, d'excellents modèles d'anciens réseaux en 
briques moulurées pour le rétablissement des meneaux et 
réseaux des autres fenêtres de l'édifice. 



— 186 — 

On ne pourra employer la pierre, dans les travaux de 
restauration, que là où il en existe actuellement, c'est-à-dire 
à quelques soubassements et aux angles des contreforts. En 
tous cas, remploi de la pierre bleue doit être évité. 

L'arc triomphal doit être respecté. 

Il est inutile d'ouvrir les deux fenêtres aux extrémités 
occidentales des nefs latérales. 

Le petit perron adossé à la face nord de la tour doit être 
conservé, c'est un souvenir historique ; par suite, la fenêtre 
derrière ce perron restera blindée. 

L'arc en anse de panier de la porte occidentale et, en 
général, tous les autres arcs que l'architecte propose de 
modifier doivent être conservés intacts; il ne faut apporter 
aucune modification aux dispositions archilectoniques de 
cet intéressant monument; pour la même raison, la partie 
supérieure de la tour et la flèche doivent rester telles qu'elles 
sont. Il ne faut pas de meneaux aux abat-son et il est inutile 
d'établir des larmiers au-dessus des cadrans, ces éléments 
n'existant pas actuellement. 

Les ancrages de la tour doivent rester intacts, sans ajoute 
d'aucune ornementation. 

Les pignons ne doivent subir aucune modification ; on les 
restaurera simplement sans les couvrir de rampants en 
pierre et sans les surmonter d'une croix. Ce dernier emblème 
ne doit pas être prodigué. 

On devra prévoir, au projet, les moyens à employer pour 
assurer le libre écoulement des eaux pluviales tout autour 
de l'édifice. 

Une nouvelle élude du projet de sacristie est indispen- 
sable; il y a lieu, pour ce bâtiment, de s'inspirer du style 



— 187 — 

local et d'y employer exclusivement des briques du type des 
anciennes. 

Il est visible que le pavement du chœur a été surélevé; 
on peut donc prévoir son abaissement au niveau pri- 
mitif. 

Rien n'empêche de remonter un peu le plancher du jubé; 
son peu d'élévation constitue une gène sérieuse pour le 
passage des processions. 

Les surfaces plates en briques des murs doivent être 
dérochées ; elles seront ensuite recouvertes d'un léger enduit 
sons forme de badigeon, comme on le faisait autrefois; 
quant aux encadrements moulurés en briques et aux meneaux 
des fenêtres, aux colonnes et aux moulures intérieures, rien 
ne m pèche de les laisser apparents. 

Les stalles et les clôtures entre les colonnes doivent être 
maintenues tout en les appropriant ; tout au plus pourra-t-on 
enlever l'enveloppe en bois des colonnes. Par contre, on 
peut enlever les lambris insignifiants appliqués contre les 
murs latéraux qui empiètent sur le seuil primitif des fenêtres; 
le bois à en provenir pourra être utilisé pour la confection 
d'armoires dans la nouvelle sacristie. 

Les confessionnaux trouveront un emplacement très con- 
venable au fond des nefs latérales, sous les fenêtres bouchées. 

Un Saint-Sépulcre intéressant existe dans la nef latérale 
nord ; il devra être conservé avec soin et l'architecte étudiera 
un projet d'appropriation de l'arcade qui le surmonte. 

Deux statuettes en bois de la Sainte- Vierge et de Saint- 
Jean sont conservées dans l'église; elles proviennent sans 
doute de l'ancienne croix triomphale qu'il conviendra de 
rétablir. 



— 188 — 

s.iDu£m.io. — 11 a été procédé, le 22 août 1 902, à l'inspection des 
travaux de restauration en voie d'exécution à Téglise de 
Saint-Germain (Namur). 

Il résulte de cet examen que l'entreprise s'effectue dans 
de très bonnes conditions. 

Le mur nord de la haute nef surplombe d'environ 23 cen- 
timètres sur une certaine longueur vers le chœur et est 
courbé vers l'extérieur à sa partie supérieure ; par suite, la 
corniche produit une courbe semblable. L'architecte propo- 
sait de rectifier cette courbe en employant des corbeaux de 
différentes saillies. Ce travail ne produirait pas un bon effet. 
Les corbeaux doivent avoir une saillie régulière. On pourra 
maintenir plane la surface de la toiture en ajoutant au pied 
de celle-ci, à la partie courbe, de petits coyaux qui ne seront 
guère visibles de l'extérieur. Il faudra ancrer soigneusement 
les entraits de la charpente pour neutraliser la poussée des 
murs. 

Pour les plafonds en chêne, l'architecte devra avoir soin 
de bien s'inspirer du type des anciens. 

La pente des toitures des bas-côtés devra être ramenée à 
son ancienne inclinaison, de façon à conserver aux fenêtres 
de la haute-nef leur hauteur primitive qui a été diminuée 
par le bas. 

Le crépissage intérieur devra être très mince et exécuté 
au mortier rugueux comme on le faisait anciennement, à 
l'exclusion du plâtre ; il ne faut pas que ce crépi soit tracé 
à la règle, il importe qu'il suive les irrégularités des murs 
comme s'il était exécuté à la brosse. 

Il est nécessaire que l'architecte produise, à bref délai, un 
plan d'ensemble des abords de l'édifice indiquant les trottoirs 



— 189 — 

à y établir, le déchaussement du côté nord et tous les moyens 
à mettre en œuvre pour éviter que les eaux pluviales ne 
séjournent au pied des murs. 

— Pour se prononcer sur le projet relatif à la restauration égiiu de f***. 
intérieure de l'église de Fosses, la Commission a jugé utile 
de faire établir, dans le chœur de cet édifice, à la place qu'il 
doit occuper, un fac-similé de l'un des escaliers projetés pour 
donner accès au-dessus des voûtes de la crypte. 

L'examen de ce fac-similé a eu lieu le 23 octobre 1902, 
de concert avec MM. le chanoine Sosson, Baron del Marmol, 
Boveroulle et Dardenne, membres du Comité des correspon- 
dants de la province de Namur. Il en résulte que la largeur 
indiquée au projet pour les escaliers précités est exagérée ; 
une largeur approximative d'un mètre vingt centimètres 
suffit. On devra établir ces escaliers contre les murs latéraux 
du chœur de façon à ménager le plus d'espace possible aux 
deux côtés de l'autel en vue de la facilité des cérémonies du 
culte. Pour la même raison, cet autel sera adossé au mur 
du fond. 

Les escaliers devront avoir leur départ plus près du mur 
du fond ; les marches seront réduites à une profondeur 
strictement nécessaire afin de réduire, dans la mesure du 
possible, le développement des escaliers. 

Il est désirable qu'on renonce au fer pour les garde-corps 
des escaliers et de la voûte au-dessus de la crypte. Il importe 
d'adopter la pierre, laquelle était en usage à l'époque romane 
et de rester dans une grande simplicité. 

Les trois marches qui se trouvent à l'extrémité des stalles, 
dans le chœur, devront être reculées vers l'autel, au delà de 
l'emplacement choisi pour établir le banc de communion. 



— 190 — 

ÊgiiM.d* — Au cours des travaux de restauration du croisillon de 

Satote-Gertrade, 

« Nielle.. )a co ||égiale de Sainte-Gertrude, à Nivelles, il a été constaté 
que le grand arc occidental dudit croisillon a été élargi et 
surélevé au xvii* siècle, comme l'arc oriental du même croi- 
sillon. 

Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, le 90 octo- 
bre 1902, que le rétablissement de l'arc occidental, dans 
ses dimensions primitives, s'impose comme un complément 
nécessaire de la restauration commencée. On devrait exécuter 
ce travail sans retard pour profiter des échafaudages élevés 
dans le croisillon. Le dessin joint au dossier rétablît l'arc 
primitif. 

Ainsi que le propose le conseil de fabrique, ce complément 
de l'entreprise semble pouvoir être effectué sur le pied des 
conditions du cahier des charges des travaux en cours. 

Le conseil de fabrique demande aussi l'autorisation de 
faire rejoinloyer le pignon du chœur, à l'extérieur, travail 
non prévu. Rien n'empêche d'accéder à ce désir. Toutefois, 
le rejointoyage devra être fait en recherche, au mortier 
ordinaire et seulement aux endroits où les joints sont ouverts, 
en suivant l'irrégularité des joints, en ayant soin d'imiter le 
rejointoyage primitif et de n'empiéter en aucune façon sur 
les matériaux. Il importera de faire d'abord un essai de 
rejointoyage que des délégués iront voir avant de poursuivre 
ce travail très important au point de vue archéologique. 

Les travaux de restauration entrepris à la collégiale de 
Nivelles se poursuivent dans des conditions satisfaisantes; 
ils sont très avancés. Le chœur est presque terminé. La 
crypte est terminée. L'un et l'autre rendent à celte antique 
collégiale l'aspect sévère et harmonieux propre au style 



— 191 — 

roman dans lequel elle a été édifiée. Le résultat obtenu est 
heureux au triple point de vue artistique, archéologique et 
pittoresque. 

On s'occupe actuellement du croisillon du transept. Pour 
cette dernière partie il se présente certaines difficultés pour 
la solution desquelles il conviendra de faire une étude appro- 
fondie basée sur des relevés très exacts en vue de rechercher 
la situation primitive. 

Lors de la visite, il a été question de rétablir les astragales 
des deux piliers extrêmes de la crypte, vers l'orient, lesquels 
ont été abattus. Ce rétablissement n'est pas nécessaire, il 
offrirait d'ailleurs des difficultés; il suffit qu'on voie que ces 
astragales ont existé. On ne doit pas davantage s'occuper 
des petites avaries qu'on remarque à certaines colonnes de 
la cryple; elles n'ont aucune influence sur l'aspect d'en- 
semble du vénérable monument. 

A l'entrée du chœur se remarquent des vestiges d'archi- 
tecture gothique. Il importe d'opérer des investigations et 
des fouilles pour tâcher de retrouver ce qu'il y avait là au 
xin* siècle et en tirer parti, au besoin. 

Le Secrétaire, 

A. Massaux. 
Vu en conformité de l'art. 25 du règlement. 

Le Président, 

Ch. Lagasse-de Locht. 



SÉANCE GÉNÉRALE PRÉPARATOIRE 

du 4 octobre 1902, à 2 heures. 



Présidence de M. Lagabse-de Locht. 



Membres effectifs présents : MM. Helleputle et Helbig, 
vice- présidents ; Acker, Blommc, Bordiau, Cluysenaar, 
Delacenscrie, Reusens, Van Assche, Van Wint et Vinçolte ; 
Massaux, secrétaire. 

Membres correspondants présents : MM. Dardenne, Van 
Leempulten, Schuermans, DeCeuIeneer, Boveroulle, Hubert, 
Dumortier, Vau Biesbroeck, Serrure (de Gand); Désirée et 
Sibenaler, respectivement secrétaires des Comités du Bra- 
banl et du Luxembourg. 

Se sont fait excuser : MM. les Gouverneurs des provinces 
du Brabant et de Namur, Donnet et De Waele. 

M. le Président se fait l'interprète de l'assemblée en expri- 
mant tous ses regrets de l'absence de MM. h s Gouverneurs 
du Brabant et de Namur. Il remercie MM. les membres 
correspondants qui ont bien voulu se rendre à la réunion. 

H donne lecture du texte des art. 68 et 69 du règlement 
ayant rapport aux séances préparatoires. 

M. le Gouverneur de la province de Namur a fait par- 
venir une proposition tendante à fixer dorénavant la séance 
générale à 40 heures. On pourrait déjeuner en commun 
vers 2 heures, de sorte que les personnes habitant la pro- 



— \u — 

vince pourraient rentrer chez elles par l'un des premiers 
trains de la soirée. Il est décidé que cette proposition sera 
soumise à l'assemblée générale du 6 octobre. Gomme amen- 
dement, M. Scbuermans propose de fixer, comme antérieu- 
rement, les deux réunions à deux jours ouvrables sans 
intervalle. Renvoi également à l'avis de l'assemblée géné- 
rale. 

M. Schuermans demande que l'on supprime du para- 
graphe 6 de l'ordre du jour la mention des travaux de con- 
solidation de l'abbaye de Villers, ou tout au moins qu'elle 
soit reportée à la fin de l'ordre du jour. 

M. Helleputle, premier vice- président, remplace M. La- 
gasse-de Locht au fauteuil de la présidence. 

M. Lagasse combat la proposition de M. Schuermans, 
mais ne voit pas d'inconvénient à ce que la discussion sur 
l'abbaye de Villers soit remise à la fin de la séance. 

L'assemblée -décide que cette mention sera maintenue à 
l'ordre du jour, mais qu'elle sera reportée à la fin du para- 
graphe 6. 

Aucune autre proposition n'étant produite, l'ordre du jour 
de la séance publique est définitivement approuvé. 

H. Helleputle, Président, remercie MM. les membres 
correspondants, qui se retirent à 3 1/2 heures. 

Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massadx. Ch. Lagasse-de Locht. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS 



ASSEMBLÉE GENERALE & RÉGLEMENTAIRE DU 6 OCTOBRE 1902 



Présidence de M. LAGASSE-de LOCHT, 

Inspecteur général des Ponts et Chaussées, 
Président de la Commission royale des Monuments. 



Prennent également place au bureau : MM. le baron 
de Kerchove d'Exaerde, Gouverneur de la Flandre orien- 
tale; Verlant, Directeur des Beaux-Aris, remplaçant M. le 
baron van der Bruggen, Ministre de l'Agriculture et des 
Beaux-Arts, empêché; Luckx, Directeur général des cultes, 
remplaçant M. Van den Heuvel, Minisire de la Justice, 
également empêché ; Helbig, artiste peintre, vice-président 
de la Commission royale des monuments, à Liège ; le 
chanoine Reusens, archéologue, professeur à l'Université de 
Louvain; Bordiau, architecte à Bruxelles; Maquet, archi- 
tecte à Bruxelles; Cluysenaar, artiste peintre à Bruxelles; 
Acker, architecte à Bruxelles; De la Genserie, architecte 
à Bruges; Blomme, architecte à Anvers; Van Assche, 
architecte à Gand ; Van Wint, statuaire à Anvers ; Vinçotte, 
statuaire à Bruxelles, membres de la Commission royale 
des monuments; le chevalier Marchai, Secrétaire perpétuel 



— 496 — 

de l'Académie royale de Belgique, el Massaux, secrétaire 
de la Commission royale des monuments. 

Membres correspondants présents : 

Province d'Anvers : MM. Bilmeyer, Donnet et Yan Leem- 
pulten. 

Province de Brabant : MM. De Groot, De Vriendt, 
Dumortier, Cardon, Hanon de Louvet, Janlct, Langerock 
et Licot; Destréc, secrétaire-adjoint du Comité. 

Province de la Flandre orientale : MM. De Ceulencer, 
Serrure, Lybaert et Van Biesbroeck. 

Province du Hainaut : MM. Hubert, Devillers, Soil et 
Sonnevillc. 

Province de Liège : MM. Schuermans el Lohest. 

Province de Limbourg : MM. Van Neuss et Jaminé. 

Province de Luxembourg : MM *Tandel et Sibenaler, 
secrétaire-adjoint du Comité. 

Province de Namur : MM. fioveroulle et Dardenne. 

La séance est ouverte à une heure et trois quarls. 

M. le Président. — Messieurs, nous avons le regret de 
ne pas voir aujourd'hui à notre séance, MM. les Minisires de 
l'Agriculture et des Beaux-Arts, el de la Justice, qui ont, 
du reste, leurs représentants parmi nous, MM. les Directeurs 
généraux Verlant et Luckx, que nous remercions d'avoir 
bien voulu assister à la réunion. Ces deux Minisires, que 
j'ai eu l'honneur de voir samedi, m'ont chargé de vous dire 
combien ils regreltaienl de ne pouvoir être des nôtres à 
cause de circonstances fortuites. Je vous exprime de leur 
part tous les regrets qu'ils éprouvent. 

Un de nos membres correspondants très distingué a eu 



— 197 — 

l'honneur, depuis notre dernière réunion, d'être appelé dans 
les Conseils de la Couronne; c'est l'honorable M. Gustave 
Francolle. Je répondrai certainement à votre vœu unanime, 
Messieurs, en vous priant de charger le Bureau d'exprimer 
à M. Gustave Francotte, au nom de l'Assemblée générale, 
toute la satisfaction que vous avez éprouvée de le voir 
appeler à ce poste très élevé par la confiance de Sa 

Majesté. 

S'il n'y a pas d'opposition à cette proposition, je la consi- 
dère comme admise. (Adhésion générale.) 

Messieurs, si M. le Ministre y avait été présent, il aurait, 
avec beaucoup plus d'autorité et beaucoup mieux que votre 
serviteur, rendu un légitime hommage à feue Sa Majesté la 
Reine Marie-Henriette. Comme je vous l'ai dit dans ma 
lettre du 26 septembre, nous ne pouvions songer à lever 
notre séance annuelle et réglementaire, mais noire réunion 
amicale de ce soir n'aura pas lieu en signe de deuil. 

La Reine aimait les arts et les cultivait, particulièrement 
la peinture et la musique. On se souvient de la répartie très 
judicieuse dont elle honora un jour les membres du Conseil 
de surveillance du Conservatoire royal de Bruxelles à propos 
de l'école supérieure de chant. 

Les beaux et nobles traits de Sa Majesté, comme ceux du 
Roi, sont immortalisés dans les deux admirables bustes de 
notre éminent collègue, M. Vinçolte. 

Nous garderons dans notre cœur le souvenir d'une vie 
consacrée tout entière au beau et au bien. (Très bien! de 
toutes parts.) 

MM. de la Tour, Secrétaire général du Ministère de la 
Justice, et Beco, Secrétaire général du Ministère de l'Agri- 



— 198 — 

culture, sont également empêchés d'être parmi nous 
aujourd'hui. 

Nous avons à constater aussi l'absence, par suite d'indis- 
position, d'un assez grand nombre de membres correspon- 
dants, notamment de MM. Wilmar, l'abbé Daniels, le 
chanoine Van Gaster. 

M. Pely de Thozée, Gouverneur de la province de Liège, 
a bien voulu nous écrire, ainsi que l'honorable Gouverneur 
du Brabant, M. Vergote, qui exprime ses très vifs regrets, 
à cause de l'étal de sa santé, de ne pouvoir assister à notre 
réunion. 

MM. le chevalier Oscar Schaetzen, membre correspondant, 
et Helleputte, notre premier vice-président, sont retenus 
dans le Limbourg pour les obsèques, à Marlinne, de leur 
ancien sénateur, M. le comte de Borchgrave d'Àltena. 

M. van Ruymbeke, membre correspondant, est à Bruges 
comme juré à la Gour d'assises de Bruges. 

Je remercie M. le baron de Kerchove d'Exaerde d'avoir 
bien voulu, une fois de plus, être parmi nous. Déjà, l'année 
dernière, il avait le premier prix ; celte année, il aura 
certainement le prix d'honneur (Rires) ; j'espère qu'il voudra 
bien continuer dans cette admirable voie. (Nouveaux rires). 

Ces communications faites, j'accorde la parole à M. Mas- 
saux, notre Secrétaire, pour donner lecture de son rapport 
sur les travaux de la Commission pendant le dernier exer- 
cice. 

M. Massaux, Secrétaire. — Messieurs, la Commission n'a 
pas cessé un seul instant, pendant l'année écoulée, de donner 
de nombreuses preuves d'activité. 



\\ 



^^ 



— 199 — 

Le Bulletin rend compte périodiquement de dos travaux ; 
il est donc inutile d'entrer dans de longs détails sur ceux-ci. 
Rappelons seulement que notre Collège s'est réuni 47 fois, 
a examiné et donné des avis sur plus de 1,150 affaires et 
procédé à 120 inspections de lieux. 

Ce court exposé démontre notamment que les inspections 
ont été fréquentes celte année. Nous sommes loin de nous 
eo plaindre. Non seulement ces visites locales sont de la plus 
grande utilité pour faciliter l'examen et apprécier la néces- 
sité et l'importance des travaux projetés, mais elles ont cet 
autre et incontestable résultat d'aider à conserver à l'art de 
chacune de nos provinces son génie propre, son caractère 
d'originalité; elles mettent obstacle, parfois, à certaines 
tendances à vouloir apporter des changements, des ajoutes 
inutiles aux édifices anciens et à en chercher les éléments dans 
n'importe quelle région, sans s'inquiéter des types locaux. 

L'intérêt que les autorités constituées portent à nos monu- 
ments stimule l'amour-propre de nos populations et amène 
celles-ci insensiblement à aimer et à respecter ces témoins 
d'un autre âge, quelquefois modestes en apparence, mais 
précieux à bien des titres. 

Les travaux de restauration de nos anciens monuments se 
poursuivent avec une activité telle qu'il est même devenu 
nécessaire de la modérer. Aussi, M. le Ministre de l'Agri- 
culture nous a-t-il écrit, le 14 mars dernier, que le nombre 
des édifices classés comme monuments et recommandés à la 
générosité de son Département ne cessant de s'accroître, le 
chiffre des engagements s'est élevé dans une proportion 
telle qu'il s'est trouvé dans la nécessité de solliciter des 
ressources nouvelles. 



— 200 — 

D'autre part, il importe, poursuit M. le Ministre, de 
modérer l'essor des entreprises de restauration. Le nombre 
des architectes et de leurs collaborateurs de tout ordre, en 
mesure de s'y employer utilement, n'est pas indéfini et la 
bonne exécution des restaurations pourrait être compromise 
s'ils se trouvaient surchargés de travaux. C'est pourquoi 
M. le Ministre nous a priés d'user de toute notre influence 
pour relarder les entreprises nouvelles qui ne présenteraient 
pas un caractère de réelle urgence et pour faire distraire 
des devis, en tout cas, les travaux dont l'exécution peut être 
retardée sans danger ou sans dommage. 

Sans aucun doute, nous nous attacherons, de toutes nos 
forces, à réaliser le programme exposé ci-dessus. Ainsi, 
nous ne ferons que continuer la tradition que nous avons 
constamment poursuivie. 

Il importe, d'une part, de classer les édifices dignes d'être 
considérés comme des monuments, afin d'en sauvegarder la 
conservation. D'autre part, nous avons réagi jusqu'à présent 
et nous continuerons à le faire avec plus d'énergie encore, 
contre la tendance à vouloir trop entreprendre et à travailler 
trop vite sans souci de l'ordre du temps qu'impose la suc- 
cession naturelle des consolidations urgentes et des restau- 
rations nécessaires. 

De notre côté, nous engageons nos correspondants à nous 
aider à faciliter notre tâche, à cet égard, dans la mesure de 
leurs moyens. 

S'il est possible de différer l'exécution de certaines entre- 
prises de restauration, par contre il en est dont l'ajournement 
pourrait amener de graves inconvénients. Il est à remarquer 
qu'un ajournemenl prolongé peut avoir pour conséquence 



— 201 — 

de faire disparaître entièrement des détails de la construction 
qui doivent servir de types pour la restauration ; la dispa- 
rition totale de ces éléments architecturaux pourrait conduire 
à des erreurs archéologiques regrettables dans la restitution 
des parties disparues. D'autre part, il est non moins vrai 
qu'en laissant trop se dégrader un monument on est entraîné, 
lors de sa restauration, à un renouvellement presque total et 
désastreux des parements. 

Nous avons encore, dans ces derniers temps, rencontré 
certaines difficultés en ce qui concerne l'orientation des 
églises nouvelles. 

Nous avons trop souvent fait ressortir les avantages qu'il 
y a, à divers points de vue, à orienter convenablement les 
édifices religieux pour les reproduire encore ici. Cette 
mesure ne devrait jamais être perdue de vue ; elle devrait 
même être imposée partout. C'est aux architectes chargés 
de l'élaboration des plans des édifices, à chercher à la réaliser 
en tenant compte de la configuration du terrain mis à leur 
disposition. De nombreux exemples d'églises anciennes nous 
démontrent que les architectes du moyen âge n'étaient 
jamais embarrassés dans des cas semblables et que même 
ils savaient tirer parti de la situation du terrain, de son irré- 
gularité, de ses différences de niveau, pour donner à l'édifice 
uo aspect pittoresque et un cachet original dont on se préoc- 
cupe malheureusement trop peu de nos jours. 

Le Comité de la Flandre orientale a attiré notre attention 
sur l'effet désastreux que produit un réseau de fils télépho- 
niques et télégraphiques placé sur chevalet au-dessus de 
1 ancien monument dit c Porte aux Vaches », à Ninove. 
Nous ralliant aux protestations du Comité, nous avons 



— 302 — 

demandé à M. le Minisire de l'Agriculture de vouloir bien 
prier son honorable collègue du Déparlement des Chemins 
de fer de prescrire sans relard l'enlèvement de ces appareils 
qui offusquent la vue de l'observateur ami de l'esthétique el 
qui surchargent irrévérencieusement un monument histo- 
rique, seul souvenir légué par les siècles, des vieilles forti- 
fications de la ville. 

Il importerait qu'à l'avenir défense fut faite de surmonter 
d'engins de l'espèce les édifices classés comme monuments. 

Grâce à la sollicitude du Comité de la Flandre orientale, 
le propriétaire de l'ancien manoir de Voorde a fait exécuter 
les travaux les plus indispensables pour assurer la conser- 
vation de cet intéressant monument. 

Les démarches tentées en vue d'assurer l'existence des 
belles ruines de l'ancien manoir de Herzele n'ont pas eu 
le même succès. La seule combinaison qui resterait à adopter 
serait celle d'acquérir ces ruines aux frais de l'État. Mais, 
comme l'État ne peut acheter toutes les constructions inté- 
ressantes disséminées dans le pays, il n'est pas possible, au 
moins pour le moment, de donner à cette affaire la suite 
désirable. 

L'attention du Gouvernement a été appelée, une nouvelle 
fois, sur l'urgence de prendre des mesures pour sauvegarder 
la porte de Laval, à Bouvignes, dont l'état de délabrement 
signalé par le Comité de Namur, devient de jour en jour 
plus inquiétant. 

Les tentatives que nous avons faites, à diverses reprises, 
en vue de la conservation des ruines de l'abbave d'Orval, 
n'ont malheureusement pas encore abouti. Certaines parties 
de ces admirables ruines sont dans un état si précaire que 



— 803 — 

leur existence est menacée à tous les instants. En présence 
du mauvais vouloir du propriétaire, il ne restera qu'un parti 
à prendre, celui d'exproprier les parties les plus intéres- 
santes de l'ancien monastère et une bande de terrain suffi- 
sante pour y donner accès. 

La même insouciance de la part du propriétaire de 
l'ancienne abbaye des dames nobles de Herckenrode, voue 
insensiblement à la disparition des parties fort intéressantes 
de cet illustre monastère. 

Nous nous sommes associés à un groupe d'artistes et 
d'archéologues qui ont prolesté récemment contre une 
décision prise par la ville de Gand, de tracer une nouvelle 
rue qui fera disparaître quelques-unes des maisons de 
l'ancien Grand-Béguinage de celte ville, en ouvrant une 
brèche menaçante dans ce qui reste encore de cet enclos 
jadis si célèbre. Tous les amis des arts s'intéressent vivement 
aux restes si pittoresques et relativement si importants 
encore, malgré les tristes mutilations d'il y a une trentaine 
d'années, de cet ancien refuge qui a rendu tant de services 
et qui, grâce à eux, a Iraversé les plus mauvais jours de 
notre histoire, même au lendemain de 1793. 

La rédaction de l'inventaire des objets d'art disséminés 
dans les édifices publics du pays, a fait un grand pas. Dans 
plusieurs provinces, ce recueil pourrait èlre soumis à l'im- 
pression. 

L'entretien que nous avons eu, le 15 février dernier, avec 
des délégués des Comités provinciaux, qui sont chargés de 
cet inventaire, aura pour conséquence de permettre de 
consulter celte publication avec fruit. On pourra arriver à 
l'unification au moyen des tables des malières. 



— 204 — 

Nous avons, Messieurs, le triste devoir de rappeler à 
votre souvenir les noms des collaborateurs que nous avons 
perdus depuis notre dernière réunion. 

Nous citerons d'abord un ancien collègue qui ne siégeait 
plus parmi nous, mais qui a été un confrère aussi distingué 
qu'érudit, M. Jamaer, architecte honoraire de la ville de 
Bruxelles, dont on admirera longtemps les remarquables 
travaux. 

Ensuite M. Broquel, vice-président du Comité du Hainaut, 
qui a toujours donné des preuves d'une grande activité et 
d'un profond dévouement à nos travaux. 

Enfin, M. le baron de Pitteurs-Hiégaerls, notre distingué 
correspondant du Limbourg, décédé à un âge où nous étions 
en droit de penser que nous le compterions encore longtemps 
parmi nous. 

Il nous reste, Messieurs, un autre devoir à remplir, celui 
d'exprimer ici notre profonde gratitude à MM. les Ministres 
de l'Agriculture et de la Justice ainsi qu'à MM. les secrétaires 
généraux Beco cl de Lalour et à MM. les directeurs géné- 
raux Verlant et Luckx qui ne cessent de nous donner des 
marques du vif intérêt qu'ils portent à nos travaux et de 
leur sollicitude pour la conservation de nos richesses artis- 
tiques. 

M. le Président. — Messieurs, nous remercions notre 
Secrétaire pour son rapport, toujours fait avec la même 
précision et la même érudition. De plus, et je suis heureux 
de pouvoir le constater à ce propos, la presse s'est occupée 
du rapport de Tannée dernière et d'autres présentés par 
notre Secrétaire. On y rencontre des considérations très 



— 205 — 

importantes sur la restauration des monuments, qui ont 
élé reproduites par toute la presse. Je suis charmé de 
constater, Messieurs, que ces travaux sont appréciés non 
pas seulement par vous, mais également au dehors. 

M. le Secrétaire. — Je vous remercie, Monsieur le 
Président. 

M. le Président. — Nous devrions maintenant aborder, 
à proprement parler, notre ordre du jour, et ce que je vais 
avoir l'honneur de vous dire, Messieurs, devrait venir après 
la série des rapports des Comités provinciaux, mais je crois 
que nous devrions d'abord examiner cette question d'ordre 
intérieur. 

Vous vous rappelez, Messieurs, que l'assemblée prépa- 
ratoire de samedi dernier — du reste assez nombreuse, — 
avait eu à examiner si des propositions étaient présentées 
en dehors de celles qui vous ont été soumises par les diffé- 
rentes circulaires envoyées les 12 juillet et 8 septembre, 
et si, en vertu de l'art. 68 de notre règlement, portant : 
c Toute motion ou proposition qu'un membre compte 
faire à l'assemblée générale doit être annoncée sommaire- 
ment à la Commission au plus tard dix jours avant la 
séance ». Nous avons reçu deux propositions. 

Et d'abord, je commence par celle que nous a faite un de 
nos membres correspondants qui assistait à l'assemblée 
préparatoire de samedi dernier, et qui a manifesté la ferme 
intention d'être présent à notre réunion de ce jour; il s'agit 
de l'honorable M. Schuermans, Premier président honoraire 
de la Cour d'appel de Liège. A la suite d'une série de consi- 
dérations développées samedi dernier, il a demandé que ce 



— 806 - 

qui concerne les travaux effectués à l'abbaye de Villers-la- 
Ville fut supprimé momentanément de l'ordre du jour. Cette 
proposition a été rejetée par l'assemblée préparatoire ; elle a 
maintenu sur ce point l'ordre du jour. Mais, subsidiaire- 
ment, M. Schuermans avait demandé que la mention relative 
à l'abbaye de Villers, au lieu d'être mise en discussion au 
cours de la séance, fût rejetée à la fin, dans l'espoir peut-être 
qu'on n'y arriverait pas, mais surtout, je pense, avec 
l'espoir, pour l'honorable correspondant, de nous arriver 
ici un peu plus tard. (Rires.) En cela, la proposition n'avait 
pour nous rien que de très agréable ; afin de satisfaire au 
vœu de l'honorable correspondant, elle a été admise. Donc, 
nous mettrons, avec votre assentiment, Messieurs, la men- 
tion concernant l'abbaye de Villers à la fin du 6°. (Assen- 
timent.) 

Une autre proposition a été faite par M. le baron de 
Montpellier, l'honorable Gouverneur de la province de 
Namur; elle consiste en un vœu appuyé par M. Boveroulle, 
qui a exposé son vif regret d'être empêché d'être parmi 
nous avant-hier samedi. Et je profite de ce que je parle 
de cette province pour faire savoir que M. le baron del 
Marmol, de Dinant, a exprimé aussi ses regrets de ne 
pouvoir assister à notre réunion. M. le Gouverneur de la 
province de Namur propose de décider ceci : désormais la 
séance annuelle, que nous tenons habituellement à celle 
époque de l'année de une heure trois quarts à cinq heures, 
aurait lieu à onze heures du matin pour se prolonger jusqu'à 
trois heures, heure à laquelle on se réunirait pour déjeuner, 
ce qui remplacerait le petit cliner annuel où nous nous 
retrouvons tous généralement. M. de Montpellier, en exprî- 



— 207 — 

mant ce vœu, disait qu'il répondait au desideratum de tous 
les membres de la province, et il demandait que ce vœu fût 
soumis à l'assemblée générale. 

L'assemblée préparatoire a autorisé la présentation de ce 
vœu de M. de Montpellier; vous êtes appelés, Messieurs, 
non pas à en délibérer — parce qu'en réalité il n'y a pas à 
délibérer à ce sujet — mais à voter pour prendre une 
décision. 

M. Schuermans avait demandé que l'on en revint aux 
errements d'il y a quarante ans; tout en se ralliant à la 
proposition de M. de Montpellier, il demandait que l'on tint 
deux jours de réunions consécutives, le lundi et le mardi, 
afin d'empêcher que les participants ne fussent pas dans 
l'obligation de retourner chez eux pour devoir revenir 
ensuite. Nous avons dit à M. Schuermans que, pour notre 
part, nous ne pouvions pas nous rallier à cet amendement, 
attendu que la situation actuelle n'était pas à comparer avec 
celle d'il y a quarante ans; aujourd'hui, les moyens de 
communication sont bien plus développés qu'autrefois. Nous 
pourrions, les années suivantes, si on le désire, nous réunir 
à onze heures jusqu'à deux heures et demie, afin de pouvoir 
aller ensuite luncher ensemble d'une façon amicale. S'il n'y 
a pas d'opposition à celte proposition de M. de Montpellier, 
on pourrait la considérer comme adoptée; dans le cas 
contraire, j'accorderai la parole à qui la demandera pour 
y faire opposition. 

M. le baron de Kerchove d'Exaerde (Gand). — Si nous 
nous réunissions à dix heures, au lieu de le faire à une 
heure trois quarts ? 



— 208 — 

M. le Président. — Évidemment, ce sérail mieux; mais 
est-ce que tout le monde pourra venir à dix heures ? 

M. Boveroulle. — Nous pouvons arriver ici à dix heures, 
mais il n'en sera pas de même pour ceux qui devront venir 
d'Arlon, par exemple. 

M. le Président. — Les délégués d'Arlon pourraient 
venir dès la veille. 

S'il n'y a pas d'opposition nous pourrions admettre dix 
heures, et alors on pourrait déjeunera midi. 

H . Soil (Tournai). — Nous préférerions, quant à nous, que 
l'on maintint plutôt l'heure de la réunion à deux heures. 11 
nous parait, en effet, bien plus facile de venir l'après-diner, 
à deux heures, que de venir le matin à dix heures. C'est 
l'amendement que je propose. 

M. le Président. — Nous ne pouvons pas considérer 
cela comme un amendement; nous restons en présence de 
deux propositions. 

M. Bilmeyer (Anvers). — Je crois que l'heure de dix 
heures présenterait certains inconvénients ; je pense que, 
dans ces conditions, il vaudrait mieux conserver le procédé 
actuel, mais en fixant, comme on l'a déjà dit, l'heure de la 
réunion à deux heures. 

M. Boveroulle (Namur). — M. le Gouverneur deman- 
dait que l'on terminât la séance à deux heures, afin que 
chacun put encore retourner chez soi le même jour. 

M. le Président. — L'on pourrait finir certainement à 
deux heures en commençant plus tôt qu'actuellement. 



— 209 — 

M. Boveroulle. — Alors nous pourrions aller luncher 
ensemble, el nous aurions encore, nous, dans ces conditions, 
un Irain le jour même pour rentrer à Namur; tandis qu'en 
fixant la séance de deux jusqu'à quatre ou cinq heures, il 
nous est impossible de rester à Bruxelles le soir. 

M. le Président. — Sans doute, mais je vous fais remar- 
quer que cette séance-ci est en quelque sorte une séance 
obligatoire, tandis que l'autre est facultative. (Rires). 

M. Boveroulle. — Sans doute, ce n'est pas une obligation. 

M. le baron de Kerchove d'Exaerde (Gand). — Je 
demande un instant la parole pour présenter l'observation 
que voici : évidemment, c'est cette réunion qui est la prin- 
cipale. Il faut donc que celte réunion ait lieu à l'heure qui 
convienne au plus grand nombre possible de membres. 
Quant à l'autre réunion, ils peuvent y assister ou non, de 
même qu'ils peuvent luncher ou diner à leur loisir. Mais il 
est indispensable, ainsi que je viens de le dire, que la réunion 
officielle ait lieu à l'heure qui convienne le mieux pour 
permettre à tous, si possible, d'y être présents. 

II. Lohest (Liège). — Pour ce qui concerne les délégués 
de la province de Liège, comme pour ceux venant du 
Luxembourg, la chose n'est pas des plus faciles. Ainsi, 
aujourd'hui, je désirerais beaucoup pouvoir prendre le train 
de quatre heures et demie pour rentrer chez moi. 

M. le Président. — Si plus personne ne demande la 
parole à ce sujet, je vais mettre aux voix la proposition de 
11. le baron de Montpellier. Je prierai ceux qui sont d'avis 
que notre réunion annuelle ail lieu dorénavant à dix heures 



du matin — c'est l'amendement de M. le baron de Kerchove 
d'Exaerde — et se termine vers une heure, de vouloir bien 
lever la main. 

L'épreuve étant douteuse, il est procédé à l'appel nominal. 

La proposition est admise par 21 voix contre 15 non et 
3 abstentions. 

Rapports des Comités provinciaux des membres 
correspondants sur leurs travaux de tannée écoulée. 

M. le Président. — J'accorderai maintenant successive- 
ment la parole à chacun des rapporteurs de nos Comités 
provinciaux, en leur rappelant que, en vertu du règlement 
(art. 64) t la lecture ou l'exposé n'en devra pas durer plus 
d'un quart-d'heure. 

La parole est à M. le rapporteur de la province d'Anvers. 



— 2U — 



PROVINCE D'ANVERS. 



M. F. Donnet, rapporteur : 

Messieurs, 

Pendant Tannée qui vient de se terminer, le Comité des 
membres correspondants de la province d'Anvers a tenu 
des séances régulières/ et nombreux ont été les projets et 
les plans sur lesquels son avis a été demandé. 

Deux nouvelles églises doivent être érigées dans la pro- 
vince ; la première, dans la paroisse de la Sainte-Famille, à 
Lierre, et la seconde au hameau de Horendonck, dépendance 
de la commune d'Esschen. Les plans, dus respectivement à 
MM. les architectes Careels et Gife, ont été adoptés moyen- 
nant quelques légères modifications. 

D'autre pari, nous avons souvent été appelés à examiner 
les projets de travaux partiels ou d'agrandissements à exé- 
cuter dans les églises de notre ressort. Les voûtes de l'église 
de Tongerloo étaient en très mauvais état et leur consolidation 
s'imposait. Nous avons donc sur ce point admis les projets 
de M. l'architecte Taeymans. 

La fabrique de l'église de Merlaer-Vorst demandait de 
pouvoir exécuter des travaux de restauration urgents à la 
façade du temple. Les bâtiments sont modernes, ayant été 
élevés en 1848, et n'offrent aucun mérite archilectonique ni 
artistique. Dans ces conditions, il n'y avait pas lieu de 
s'opposer à celte restauration. 



— î« — 

Quelques réparations inévitables sont à exécuter à la belle 
tour de Vorsselaer. La fabrique de l'église a demandé de 
pouvoir les effectuer sans loucher en quoi que ce soit aux 
autres parties de l'édifice. À ces conditions, l'autorisation a 
été accordée. 

Une demande identique a été faite par la fabrique de 
l'église d'Eeckeren, qui nous a prouvé qu'il n'élait pas 
possible d éviter de faire des réparations à la petite tour 
surmontant le transept. Nous avons recommandé de prendre 
une photographie des bâtiments avant de commencer les 
travaux pour être sûr que rien ne* serait modifié dans la 
physionomie de l'édifice sacré. 

L'ameublement des églises a donné lieu à de nombreux 
examens. La question du beau retable de Loenhout n'est pas 
encore résolue. Nous avions d'abord préconisé son transfert 
dans l'église paroissiale, pour éviter que l'humidité et les 
déprédations causées par les gamins du village ne viennent 
y apporter des dommages irréparables. Plus tard, après 
avoir consulté l'artiste qui avait restauré autrefois celte belle 
œuvre d'art, nous avons pensé qu'il vaudrait peut-être mieux 
de la laisser dans la petite chapelle qui la renferme. En 
apportant au bâtiment les réparations suffisantes pour que 
l'humidité n'y puisse pénétrer, et en le clôturant de façon à 
empêcher qu'on occasionne des détériorations au retable, on 
pourrait conserver celui-ci dans le milieu pour lequel il a 
été créé, dans celte modeste chapelle de Sainl-Quirin, près 
du puits légendaire, objets d'un pèlerinage annuel et de 
dévotions séculaires. Toutefois, le curé de Loenhout insiste 
pour que le premier projet puisse être exécuté. 

Une nouvelle chaire de vérité devrait être placée dans 



— 213 — 

l'église de Saint- Willebrord, à Anvers. Nous avons présenté 
quelques observations au sujet du projet qui nous avait été 
soumis. La chaire de l'église de Terhaegen a encore une 
fois attiré notre attention, et nous avons été d'avis que 
l'ouvrage pouvait être accepté tel qu'il venait d'être achevé 
et placé. 

L'église d'Erlbrand, sous Cappellen, s'est enrichie d'un 
nouvel autel. Nous avons été l'examiner, et nous avons 
trouvé que l'artiste avait exactement exécuté la lâche qu'il 
était chargé d'entreprendre. 

Ces deux derniers examens ont été faits à la demande du 
Comité central, qui nous avait prié de faire visite à Ertbrand 
el à Terhaegen, et de lui envoyer ensuite un rapport. 

La fabrique d'église de Hulsen-Baelen a l'intention de 
commander un nouvel ameublement, consistant notamment 
en fonts baptismaux, autels, chaire de vérité, confession- 
naux, etc. Les dessins de tous ces objets nous ont été soumis. 
Nous avons cru devoir proposer d'assez notables modifica- 
tions ou améliorations. 

Le jubé de l'église de Willebroeck est trop exigu; on 
voudrait pouvoir l'agrandir. A cet effet des plans nous ont 
été présentés ; nous les avons acceptés, après avoir recom- 
mandé certains changements à la balustrade. 

Au sujet des tableaux qui ornaient les églises, nous avons 
plusieurs fois aussi été consultés. 

L'église de Saint- Willebrord, à Anvers, possède l'épilaphe 
du peintre Schut, qui provient de l'ancienne église. On 
voudrait actuellement la restaurer et la placer dans la nou- 
velle. Elle est ornée de (rois compositions, dues au pinceau 
du peintre lui-même; elles sont en bon étal et ne demandent 



— au — 

qu'un simple nettoyage. L'encadrement en pierres pourrait 
être reconstitué, en employant les débris subsistant et en 
remplaçant simplement les parties perdues. La même église 
possède encore un grand tableau provenant de l'atelier de 
Rubens et représentant Sainl-Willebrord aux pieds de la 
Vierge. Il est en bon état, et il suffirait de le faire nettoyer 
à la mie de pain, et peut-être de remplacer la couche supé- 
rieure de vernis. 

La restauration du beau tableau de Rubens à Notre-Dame 
au delà de la Dyle, à Malines : la Pèche miraculeuse, a été 
achevée à l'entière satisfaction de notre Comité, sous la sur- 
veillance spéciale de deux de nos membres. 

M. le curé de Wyneghem a demandé à notre Comité de 
bien vouloir venir examiner les tableaux que possède son 
église. Nos membres y ont trouvé une dizaine d'oeuvres, 
dont quelques-unes de valeur. L'énumération détaillée s'en 
trouve dans l'inventaire qui a été dressé. Des restaurations 
seraient nécessaires pour plusieurs toiles ; des conseils dans 
ce but ont été donnés au curé. 

Depuis longtemps l'église de Vieux-Turnhout aurait voulu 
se défaire d'un tableau de De Craeyer, de valeur secondaire. 
Le Musée d'Anvers ne désirant pas l'acquérir, notre Comité 
a été d'avis qu'il n'y avait pas lieu de s'opposer à l'achat que 
l'Étal voulait en faire pour ses collections. 

La même décision a été prise au sujet d'un tabernacle ou 
coffre en écaille, que l'église de Brecht voudrait vendre et 
qui n'appartenait en aucune manière à son ameublement 
propre. 

L'église de Hulshout a été autorisée par M. le Ministre de 
la Justice à céder au Musée d'antiquités du Steen certaines 



— 3i5 — 

«es d'ameublement hors d'usage. Par contre, la même 
torisalion que nous espérions recevoir déjà Tannée der- 
ire, après un long temps d'attente, pour le lutrin de 
mmel, n'a pas encore été accordée. Sous la tour de l'église 
Dolen est remisée une statue équestre de Saint-Martin, de 
bur relative, et qui n'a jamais été placée dans le temple, 
fabrique voulait en être débarrassée. Elle a sollicité la 
rmissioD de l'aliéner; la décision favorable vient d'inter- 
ûir. 

Plusieurs nouvelles cures ont été érigées dans notre 

wince. Chaque fois les projets nous en ont été soumis. 
a clé le cas pour les communes de Weelde, de Baelen 

de Geerdegem. Nous avons aussi approuvé les plans 

grandisse ment de la cure de Merxplas. 

foire action a du aussi s'exercer lors de la construction 

la restauration de monuments civils. 

* question relative à l'éclairage du Musée Fraikin, qui a 

installé dans les combles de l'hôtel de ville d'Herenthals, 

I pas encore tranchée. Nous voudrions voir disparaitre 

iffrcuses fenêtres qui déparent la toiture de ce coquet 

ce. Aucun plan d'appropriation n'a encore eu l'heur 

tenir l'approbation nécessaire. 

ir contre, nous avons adopté les projets qui nous ont été 

lis en vue de la construction de nouveaux hôtels de 

à Lille, à Morckboven, à Brasschaet, à Vlimmeren et à 

>le. 

idministration communale de Borgerhout, en vue de 

fermer un quartier écarté, s'est rendue acquéreur d'un 

use cube de maçonnerie, ayant autrefois formé le corps 

Doulin à vent. Avant de le démolir, elle nous a demandé 



1 



— 216 — 

si rien ne s'opposait à celle disparition. Nous avons cru qu'il 
fallait autoriser celte démolition, puisqu'au point de vue du 
pittoresque cet édifice moderne ne possédait aucun caractère 
et que nul souvenir historique ne s'y rattachait. 

Nous venons de faire distribuer le premier fascicule de 
nos inventaires. Ceux-ci occupent l'ordre dans lequel ils ont 
été dressés. Rien n'empêche, pour les tirés à part, de les 
classer par canton, ou dans tel ordre qui serait recommandé 
en vue d'un travail d'ensemble. Depuis notre dernier rapport, 
quelques nouveaux inventaires ont été composés, notam- 
ment ceux des églises d'Oolen, Norderwyck, Morckho- 
ven, Merlaer-Vorst, Wyneghem, Achter-Oolen, Meerbeeck, 
Schoonbroeck, Relhy et Desschel. 

Les membres de notre Comité, qui forment la Commission 
direclrice du musée du Steen, se sont vus adjoindre quatre 
délégués de l'administration communale d'Anvers. Nous 
avons continué la série de nos achats, tout en regrettant 
que, faute de place, un grand nombre d'objets ne puissent 
. être exposés ni présentés d'une façon rationnelle. 

Les membres du Comité central se sont rendus souvent 
dans notre province; plusieurs d'entre nous ont tenu chaque 
fois à les accompagner. Ces visites avaient pour but d'inspec- 
ter à Wommelghem les travaux d'agrandissement projetés à 
l'église, d'examiner de nouveaux vitraux récemment placés 
dans l'église Saint-Roch, à Deurne, de contrôler les impor- 
tantes restaurations en voie d'exécution à la splendide église 
collégiale de Saint-Gommaire, à Lierre, de donner un avis 
au sujet de peintures murales exécutées dans l'église d'Hoog- 
slraeten, de choisir parmi les modèles de stations d'un chemin 
de croix ceux qui pourraient le plus heureusement être 



— 217 — 

placés dans l'église des SS.-Mîchel-et-Pierre, à Anvers. Enfin, 
ensemble, nous avons encore été visiter le château de Turn- 
bout et ses abords, et nous avons longuement étudié et 
discuté la question si brûlante du dégagement de l'ancienne 
Boucherie d'Anvers. 

Le principal, et peut-on dire le seul monument intéressant 
que renferme la capitale de la Campine, est sans contredit 
son antique château, construit principalement au xv° siècle, 
à la lisière de la grande forêt ducale, et restauré au xvn e 
siècle. Il servit longtemps de rendez-vous de chasse pour 
nos Souverains, et la Cour y séjourna fort souvent. 

Les bâtiments n'offrent pas un intérêt extraordinaire, mais 
toutefois, leur masse imposante, dominée par le lourd donjon, 
s'élevant au centre d'un vaste étang que bordaient des arbres 
séculaires, formait un ensemble majestueux et plein de carac- 
tère. L'administration communale de Turnhout, sous prétexte 
que l'eau des fossés dégageait des miasmes délétères, a pris 
la malencontreuse décision de faire combler l'étang. De plus, 
une grande partie des arbres environnants ont disparu; 
d'autres, souffreteux, ne tarderont pas à devoir être enlevés. 
L'exécution des travaux projetés devait avoir pour résultat 
d'isoler le château, qui aurait ainsi perdu tout caractère et 
toutes proportions, au milieu d'une plaine de sable, miséra- 
blement clôturée par des bâtisses ou des murs de la plus 
désespérante vulgarité. Mis au courant malheureusement 
an peu tard, nous nous sommes rendus à Turnhout et nous 
avons pu constater que le mal était déjà en grande partie 
consommé. Le Comité central, prévenu par nous, a pleine- 
ment confirmé nos protestations, et a d'urgence demandé 
aux autorités compétentes que l'on fasse immédiatement 



- 218 — 

slaler tous les travaux, que l'on ordonne de rouvrir, au 
moins en grande partie, les fossés comblés, et que Ton 
prenne les mesures nécessaires pour la conservation des 
arbres. Nous espérons que de cette manière cet acte injusti- 
fiable de vandalisme pourra être heureusement empêché. 

Il nous reste à vous dire un mot, Messieurs, de l'ancienne 
t Vleeschhuis » d'Anvers, et des diverses questions qui se 
rattachent à la conservation et au dégagement de cet édifice 
remarquable. Les membres du Comité central sont venus 
plusieurs fois à Anvers pour étudier la chose sur place, et 
une solution interviendra sans doute à bref délai. 

Pour la restauration, on a été d'avis qu'il y avait lieu d'en 
faire le moins possible; desimpies travaux sans conséquence 
ont été autorisés à titre, pourrait-on dire, d'échantillon. Car 
en général les bâtiments sont dans un étal de conservation 
parfaite, revêtus d'une patine admirable, et il serait à crain- 
dre que des restaurations trop apparentes ne nuisent à l'effet 
général, et par enchaînement n'arrivent à provoquer une 
transformation complète. Mais il existe encore un projet plus 
important. La ville d'Anvers voudrait dégager le monument 
et tracer une nouvelle rue aboutissant au quai. 

Comme vous le savez, les bâtiments du « Vleeschhuis •, 
édifiés d'après les plans de l'architecte Herman de Waghe- 
maker le Vieux, ont été terminés en 1501. Ils ont été 
construits au milieu d'une agglomération de maisons peu 
importantes, bordant des rues étroites. Pour gagner de la 
place, la façade occidentale a été portée au moyen d'une 
arche au-dessus de l'ancien quai, jusqu'au bord du fossé du 
Bourg. De l'autre côté de ce fossé fort étroit, s'élevait le mur 
de l'enceinte, couronné d'une foule de constructions parasites. 



— 219 — 

Il est clair que l'architecte, dans l'élaboration de ses 
plans, a dû tenir compte de la disposition des lieux ; l'étude 
des caractères architecloniques de l'édifice le prouve à l'évi- 
dence. En effet, on devra constater qu'une grande simplicité, 
une sévérité de lignes fort apparente, ont été employées pour 
toute la partie supérieure de la façade, pour le fronton 
principal, pour les tours si élégantes. II est clair que cette 
partie de l'édifice était destinée à être vue de loin, au-dessus 
des toits des constructions avoisinanles. Par contre, dans 
les parties basses, qui se trouvaient à proximité du specta- 
teur et à portée immédiate de sa vue, dans les meneaux des 
fenêtres, dans les encadrements des portes, sur les contre- 
forts, l'architecte a prodigué une ornementation beaucoup 
plus riche. Les documents de l'époque attestent encore que, 
peu après la construction de l'édifice, les bouchers achetaient 
des maisons voisines pour les reconstruire en un style 
approprié à celui de leurs halles, preuve évidente qu'ils son- 
geaient non à les isoler, mais à leur donner un cadre digne 
d'elles. 

On veut maintenant tracer une rue qui partirait de la 
façade occidentale pour aboutir au quai, en face du Musée 
du Steen. Ni au point de vue de l'utilité, ni à celui du 
pittoresque, ni à celui des véritables traditions artistiques, 
cette nouvelle voie ne serait justifiable. 

En effet, celte rue, d'une longueur insignifiante, serait 
parallèle à deux autres existant à quelques pas de là ; celles-ci 
suffisent amplement à assurer la circulation très réduite 
d'un quartier sans mouvement ni passage actif. 

Le spectateur, l'étranger, qui voudrait jouir du pittoresque 
créé par la nouvelle rue, devrait, d'une part, spécialement 



— MO — 

se rendre dans le quartier de la Boucherie et de là il pourrait 
apercevoir le Steen avec ses ajoutes malheureuses ; en sens 
inverse, il pourrait gagner la plate-forme étroite qui s'étend 
devant ce Musée et de là il réussirait, il est vrai, de décou- 
vrir la Boucherie, mais celle-ci ne lui apparaîtrait qu'enca- 
drée par les deux cubes de maçonnerie, hauts de 16 à 
17 mètres, qui s'élèveront à front de quai aux deux coins de 
la nouvelle artère. 

On ne pourra donc faire valoir ni l'utilité, ni le pittoresque 
en faveur du projet actuellement en discussion. 

Qu'on démolisse les bâtiments modernes, qui des deux 
côtés flanquent la façade principale, soit. Qu'on dégage 
celle-ci ; nous l'admettons. Mais qu'on ne donne pas à l'em- 
placement nouveau à créer une largeur plus grande que 
celle de l'ancien fossé; on rétablira ainsi les conditions topo- 
graphiques exactes dont l'architecte a dû tenir compte lors 
de la construction. 

Du reste, ce dégagement des monuments du moyen âge 
est en général contraire aux principes constitutifs qui prési- 
daient aux styles employés à celte époque. 

C'est cette même idée qu'exposait si justement dans une 
récente étude, M. Henri Ghabeuf. Appréciant des opinions 
émises par Taine, il écrivait : • Cette théorie du vide autour 
des édifices n'est pas nouvelle, mais je ne la crois pas plus 
vraie pour cela. D'abord, l'argument tiré de l'art antique 
n'est pas péremploire, les Grecs et les Romains n'avaient 
nullement pour les grands espaces le goût que leur attribue 
l'auteur. Le forum romain n'était pas la place immense que 
nous imaginons, et dans celui de Trajan, la fameuse colonne 
à la spirale de marbre sculpté, se dressait dans un atrium 



— m — 

beaucoup plus exigu que la place Vendôme, à Paris. C'est 
l'école classique des dernières années du xvi 6 siècle, qui a 
inauguré le système des grands vides en architecture, et la 
place dont le Bernin a jeté l'ellipse à quadruple colonnade 
au-devant de Saint-Pierre de Rome, est le type le plus réussi 
d'un genre nouveau que l'on peut iouer ou blâmer, mais qui 
est en tout cas une conception étrangère à l'art antérieur. 
Pour ce qui est des cathédrales gothiques, leur structure, 
tout à l'échelle humaine, exige qu'elles demeurent en contact 
avec l'homme. Et ici la loi morale est d'accord avec la loi 
géométrique. Et si ces lois sont vraies pour les édifices reli- 
gieux, elles ne le sont pas moins pour les constructions civiles 
conçues dans le même style. » 

Monlalembert Ta très justement précisé : « L'isolement est 
funeste aux admirables édifices du moyen âge; ils ne sont 
pas faits pour le désert, comme les pyramides, mais pour 
planer au-dessus des habitations humaines serrées à leurs 
pieds. » 

Mais au tracé de la nouvelle rue il existe encore un incon- 
vénient. Entre la Boucherie et le quai s'élevait un ensemble 
de constructions que l'on désignait sous l'ancienne enseigne 
du c Gans ». C'étaient autour d'une succession de cours, des 
bâtiments appartenant à toutes les époques, dans la con- 
struction desquels on relevait des parties en style ogival, 
d'autres en style renaissance et d'autres encore, il faut 
l'avouer, sans aucun style. Mais, au dire des artistes qui 
s'opposèrent énergiquement à leur disparition, l'ensemble 
formait un motif d'une coloration des plus harmonieuse, 
dans lequel pouvaient se discerner de nombreux détails, 
dignes de fixer le pinceau. La disparition des ajoutes mo- 



— 2*2 — 

deroes et une habile restauration auraient pu donner à ces 
derniers restes du vieil Anvers une indéniable valeur archéo- 
logique. Mais ce bien était la propriété d'un particulier, et 
en quelques jours tous ces bâtiments sont tombés sous la 
pioche des démolisseurs. 

Toutefois, la limite extérieure de cette propriété était for- 
mée par l'ancien mur du bourg d'Anvers. Ce rare vestige 
de la première enceinte de la ville primitive date de diverses 
époques. La base, d'une épaisseur de près de deux mètres, 
fut construite en pierres de Tournai probablement au x e siè- 
cle. Plus haut se superposent diverses parties formées de 
pierres blanches ou de briques, qui ont été ajoutées au cours 
des siècles, toujours avant le xv*. A la veille de la démolition, 
quand on a évacué les magasins du « Gans » et quand, 
déjouant une consigne féroce, nous avons réussi à pénétrer 
dans ces bâtiments déserts, nous avons pu constater avec 
une joyeuse surprise que la partie supérieure de deux des 
tours existait encore. Une courtine les joignait et Tune de 
ces tours, en parfait étal de conservation, était encore cou- 
verte de son toit conique et doublée de son chemin de ronde 
entièrement intact. Hélas, ces restes précieux de l'architec- 
ture militaire médiévale ont eu le sort des bâtiments dans 
lesquels ils élaienl encastrés ; ils ont été brutalement anéan- 
tis. Aujourd'hui n'existe plus que le mur d'une hauteur 
d'environ trois mètres. 11 est évident qu'au point de vue du 
pittoresque, il n'offre plus grand intérêt. Si on le veut, c'est 
un fruste amas de pierres, dans lesquelles les voisins, au gré 
de leurs nécessités, ont ménagé des escaliers, des armoires 
ou d'autres dégagements. Mais au point de vue historique 
ces restes ont une valeur immense. Ce sont les derniers et 



— 223 — 

incontestables vesliges du bourg primitif, berceau de la ville 
d'Anvers ; ils ont été témoins de tous les événements heureux 
et malheureux, qui pendant quatre siècles se sont déroulés 
dans la capitale du Marquisat du Saint-Empire; enfin ils 
persistent comme un suprême témoignage d'origine, pour 
rappeler à tous les débuts modestes de celte cité superbe 
qui s'étend orgueilleusement au loin. Faut-il condamner 
aussi à la destruction cet ancien rempart ? Au Comité central 
à se prononcer à ce sujet. 

Toutefois ici surgit une question intéressante. A qui appar- 
tient l'ancienne enceinte ? Il nous semble, qu'en étudiant les 
sources historiques on devrait certainement pouvoir établir 
sur ce point le droit de propriété de la ville, à laquelle elle 
aurait été cédée par nos anciens ducs de Brabant. C'est à 
rechercher. Mais même s'il était prouvé que le mur appar- 
tenait aux riverains, ne pourrions-nous pas intervenir auprès 
des particuliers pour les empêcher de détruire un monument 
digne d'être conservé? La question n'est pas nouvelle. Et 
déjà, lors du Congrès international d'Archéologie qui tint 
ses assises à Anvers en 1866, ce point important fut débattu. 
Vous connaissez sans doute le travail important que présenta 
sur ce sujet avec une rare compétence, notre confrère M. le 
président Schuermans : « Il n'est pas douteux, écrivait-il, 
que le droit de réglementer celte matière appartient au légis- 
lateur et même au pouvoir communal » . Puis, développant 
sa pensée, il ajoutait aussi : « Ici encore, du reste, pour ne 
pas rendre trop onéreuses aux particuliers, ce qui serait une 
injustice, les restrictions opposées à l'usage de leurs pro- 
priétés, le Gouvernement aurait une action bien plus directe, 
en intervenant par voie de subsides conditionnels ou même 



- 224 — 

d'acquisition, voire même d'ex propria lion, comme cela a été 
reconnu à propos des arènes de Nismes, dont une partie 
était, on ne sait en quel temps, entrée dans le domaine 
privé, et qu'un procès en expropriation, plus équitable 
qu'une revendication, en a fait sortir. » 

Il nous semble que celle question mériterait d'être étudiée 
sur toutes ses faces ; car en bien des circonstances, uoe 
intervention opportune ne pourrait que produire les résul- 
tais les plus heureux. 

Ce droit de protection dévolu à la Commission des monu- 
ments serait fort important et son exercice pourrait plus 
d'une fois sauver de la destruction ou d'une restauration 
maladroite des monuments dignes de conservation. 

N'avons-nous pas vu mettre récemment en vente à Anvers 
la belle tour qui porte le nom de tour Van Slraelen. 
Construite entre les années 1550 et 1560 aux frais d'un 
marchand étranger établi à Anvers, Fernando de Bernuy, 
elle fut complétée et achevée après 1565 par son nouveau 
propriétaire, l'infortuné bourgmestre, Antoine Van Slraelen. 
Ce monument, conservé intact tant à l'extérieur qu'à l'inté- 
rieur, où se remarquent encore de fort intéressantes boiseries 
sculptées, offre un intérêt considérable pour l'histoire de 
l'architecture dans nos provinces, attendu qu'il peut servir 
à indiquer d'une façon précise le moment où nos architectes 
ont abandonné les principes de l'art ogival, pour adopter 
ceux de la renaissance classique. La base de la tour et ses 
divers étages inférieurs, les ornements de l'encadrement de 
la porte d'entrée, sont conçus en un style gothique dans 
lequel se remarque déjà l'influence du plein cintre classique, 
tandis que l'étage supérieur, la toiture avec sa girouette aux 



— 285 — 

motifs héraldiques et l'aménagement intérieur, sont franche- 
ment conçus en renaissance. 

Ce monument appartenait à un particulier ; il a couru les 
risques d'enchères publiques ; heureusement des acheteurs 
intelligents ont promis de le conserver sans y apporter des 
modifications quelconques. 

Celte intervention que nous voudrions au besoin voir se 
produire chez des particuliers, nous devrions quelquefois 
plus efficacement la faire sentir au profit de monuments 
classés. Dans ce cas se trouve la tour de l'église Saint- 
Charles, qui forme un des spécimens les plus remarquables 
de ce genre de constructions édifiés en style renaissance. 
Construite entre les années 1614 et 1621, sur les plans du 
père François d'Aiguillon, elle a heureusement échappé au 
terrible incendie de 1718. C'est à ce monument que des 
réparations urgentes étaient nécessaires. On les a exécutées 
d'une façon déplorable. Tous les ornements ou les détails 
d'architecture un peu délabrés ont été consolidés au moyen 
de fortes armatures en fer, bien apparentes, et ce qui pis 
est, toute la partie inférieure de la tour jusqu'au second 
étage a été à grands coups de brosse revêtue d'un enduit 
bien uniforme, d'une couleur grise noire des plus tristes. 
Et ce, quand de l'autre côté du temple, on pouvait prendre 
pour modèle la riche façade en pierres apparentes. 

Dans un de nos précédents rapports nous vous parlions 
de la si gracieuse chapelle Saint-Nicolas que la puissante 
corporation des merciers fit édifier au commencement 
du xv^ siècle d'après les plans, croit-on, de l'architecte 
Pierre A ppelmans. Nous vous avions exposé le triste état dans 
lequel se trouvait ce bijou architectural, transformé en dépôt 



— M6 - 

de linoléum, nous vous avions narré nos recherches dans les 
combles de l'édifice pour sauver les restes mutilés du mobi- 
lier sacré, abandonnés au milieu d'un monceau de débris 
sans nom. Grâce à nos communes démarches, la chapelle 
avait été évacuée et des négociations étaient entreprises entre 
le Ministre compétent et l'administration des hospices, pro- 
priétaire du bâtiment, pour y installer le dépôt des archives 
de l'État. C'eût été le salut de la chapelle. Mais ces négocia- 
tions viennent d'être brusquement rompues et l'administra- 
tion des hospices s'est empressée d'autoriser le retour de 
son ancien locataire, suivi de tout son stock de linoléum. 
Et pour que l'édifice fut digne de le recevoir, on en a fait 
rapidement la toiletté. Le petit porche renaissance a été 
recouvert d'un plâtrage bien épais, sans oublier d'en revêtir 
en même temps les médaillons si finement sculptés qui 
l'ornent; les anciens petits carreaux sertis de plombs vétustés 
garnissant les baies ogivales, ont été remplacés par de 
grandes vitres bien claires. Messieurs, si vous n'intervenez 
pas promplement, la liste des actes de vandalisme si longue 
déjà pour Anvers s'enrichira d'une page nouvelle. 

Ailleurs encore, à la Grand'Place, l'administration com- 
munale est devenue propriétaire d'une maison portant autre- 
fois pour enseigne de Alouwe. C'était le siège de l'ancienne 
corporation des tonneliers, dont les insignes étaient sculptés 
sur divers cartouches ornant la façade. Deux dates pouvaient 
s'y lire, celle de 1579 indiquant la reconstruction après 
l'incendie provoqué par les sanglantes journées de la furie 
espagnole et celle de 1628, placée lors d'une restauration 
postérieure. Le bâtiment était encore en parfait état; il 
suffisait de rétablir l'ordonnance des fenêtres et de compléter 



— 227 — 

le fronton. C'était trop peu. On a procédé à une démolition 
complète. Aujourd'hui s'élève en cet endroit une construction 
nouvelle, édifiée, nous devons l'avouer, de façon heureuse 
par un architecte de talent, mais néanmoins notre' ville 
compte un vieil édifice de moins qui aurait mérité d'être 
conservé, ne fùl-ce qu'en considération des souvenirs histo- 
riques qui y étaient attachés. 

Mais, Messieurs, il est temps que nous arrêtions ici ce 
rapport trop long déjà. Permettez-nous, en terminant, de 
formuler un vœu . 

L'administration communale, la dépulation permanente, 
les autorités des diverses communes de la province, se font 
un devoir de nous soumettre leurs plans et projets de con- 
struction ou de restauration. Nous les examinons conscien- 
cieusement et émettons un avis motivé, arrêté après discussion 
approfondie. Puis, nous faisons parvenir tout le dossier au 
Comité central. Celui-ci, à son tour, se prononce. Mais le plus 
souvent la décision prise ne nous est pas connue. N'y aurait-il 
pas moyen de nous en faire part? Si nos observations sont 
approuvées, nous serons toujours flattés d'être en commu- 
nauté d'idées avec nos confrères du Comité central ; dans le 
cas contraire, nous ne pourrions que nous instruire en pre- 
nant connaissance des motifs qui ont décidé ces mêmes 
confrères à émettre un avis opposé au nôtre. 

Puis, dans bien des cas, la communication de la 
décision finale nous éviterait des situations parfois embar- 
rassantes, dans lesquelles nous nous trouvons inévitable- 
ment, quand les intéressés viennent nous consulter ou 
nous parler de projets qu'ils nous avaient soumis en premier 
ressort. 



— 238 — 

M. le Président. — Monsieur Donnel, nous vous remer- 
cions et nous vous félicitons pour votre beau rapport, rempli 
de choses extrêmement intéressantes. Il n'a qu'un défaut, 
vous l'avez dit vous-même : c'est d'avoir dépassé le quart- 
d'heure réglementaire. 

Vous avez parlé de deux points très intéressants : des 
inventaires, dont il sera question au 3° de l'ordre du jour et, 
ensuite, du massacre de la tour de l'église Saint-Charles, un 
monument qui est, comme vous le dites fort bien, l'un des 
spécimens les plus remarquables de ce genre de construc- 
tions. Lorsque nous avons appris que l'on tentait de 
détruire la tour de telle façon, nous avons envoyé une 
délégation qui a émis son avis à ce sujet, avis très catégo- 
rique, que nous avons signalé à M. le Ministre de la Justice. 
Le projet consistait à détruire en quelque sorte une façade 
extrêmement importante du monument, sans que personne, 
ni Ministre, ni Comité provincial, ni Comité central, eût été 
pressenti. Il y a là un véritable abus. 

Quant au vœu que vous avez émis en terminant, c'est 
à examiner; nous ne demandons pas mieux, évidemment, 
que vous soyez avertis chaque fois que nous sommes 
de votre avis ou même d'un avis différent. Seulement, il 
peut se présenter des cas où cela peut offrir des inconvé- 
nients, notamment celui-ci : quid, si notre avis n'est pas 
suivi? Les autorités supérieures veulent bien se rallier à 
notre opinion, mais elles n'y sont pas contraintes. 

La parole est à M. le rapporteur du Brabant. 



— 229 — 



PROVINCE DE BRABANT. 



M. Dumortier, en remplacement de M. Destrée, rappor- 
teur : 

Messieurs, 

En conformité de l'art. 64 de votre règlement organique, 
nous avons l'honneur de vous faire rapport sur les travaux 
du Comité des correspondants du Brabant pendant l'année 
19O1-1902. 

Ainsi que nous l'avons constaté déjà les années précé- 
dentes, notre Comité cherche à rendre chaque jour plus 
efficace la mission de surveillance et de direction que la 
vigilance du Gouvernement a si heureusement confiée à la 
Commission royale des monuments. Dans toutes les déci- 
sions que nous avons été appelés à prendre, dans tous les 
avis que nous avons eu à émettre, nous ne nous sommes 
préoccupés que d'assurer le maintien du patrimoine artis- 
tique du pays. 

C'est cette préoccupation si légitime qui nous fait ardem- 
ment désirer que les restaurations ne soient jamais de 
néfastes reconstructions. Les monuments que les siècles 
nous ont légués et que mine l'inlassable action du temps ne 
doivent subir que les plus indispensables réfections. Ils 
tiennent de leur âge un charme que des mains sacrilèges 
trop hardies leur arracheraient. Les siècles leur ont donné 
une chaude patine qui dit leur histoire, leur vie, car ces 



— 330 — 

grands êtres de pierre vivent à côté des générations 
humaines fuyantes et rapides et en expriment en quelque 
sorte la philosophie. 

Le souci de les conserver tous nous a poussés à vous 
proposer de classer un certain nombre d'édifices parmi les 
monuments. Ce classement donne la conscience de la valeur 
artistique de ces constructions aux administrations publiques 
qui en ont la garde et étend les bienfaits de votre tutelle 
éclairée. C'est ainsi que nous avons attiré votre attention sur 
Tintérêt qui s'attache à l'église du hameau de Rhode-Sainle- 
Brice-sous Meysse. La multiplicité et la disposition des 
toitures de chacune de ces parties, remontant à des époques 
très différentes de notre histoire, lui donnent un aspect 
caractéristique et original qui justifie à notre sens son clas- 
sement parmi les monuments de la troisième classe. 

11 en est de même de l'église de Nosseghem, qui, bien 
que dénaturée par de malencontreuses transformations opé- 
rées au xvm e siècle, a conservé des restes importants de la 
construction primitive, lesquels sont d'un dessin architec- 
tural fort simple mais de belles proportions. 

L'église de Wesembeek présente également des parties 
qui offrent un sérieux intérêt. Le chœur, dont l'extrémité 
forme la moitié d'un pentagone, appartient, en effet, à la 
dernière période de l'art gothique. 

Les murs de l'édifice, renforcés de contreforts, ont leurs 
parements extérieurs bien dressés et appareillés en pierre de 
Dieghem, tandis que les quatre fenêtres qui subsistent sur 
les six baies anciennes, ont été garnies de meneaux refaits 
il y a quelque vingt-cinq ans et fort maladroitement dessi- 
nés. 



— 23! — 

Les désastres accumulés dans les réfections entreprises 
vers cette époque sont, du reste, fort grands ; les édifices 
anciens étaient mal étudiés et peu connus, et les architectes 
appelés à restaurer et à agrandir les églises, se mettaient au 
travail avec la superbe assurance que fait naître l'inconscience 
des difficultés. Un aussi grave reproche ne peut plus être 
adressé aux restaurateurs d'aujourd'hui. Entreprises dans le 
seul but de sauver les édifices qui s'effritent sous l'irrésistible 
morsure du temps, ces restaurations sont généralement bien 
étudiées et ne reçoivent votre approbation que si elles res- 
pectent complètement l'admirable harmonie des monuments 
du passé. 

Mais un projet bien étudié n'assure pas nécessairement 
une exécution parfaite. 

Les questions artistiques les plus délicates peuvent surgir 
à tous les moments dans la restauration des édifices anciens, 
sans qu'il ait été possible de les prévoir au début des travaux. 
Or, l'auteur du projet se défend difficilement contre les exi- 
gences et les fantaisies d'un client et est ainsi quelquefois 
entraîné à prendre des décisions néfastes que l'intervention 
des services techniques provinciaux lente le plus souvent 
seule de prévenir. Il faut savoir reconnaître que la surveil- 
lance qui s'exerce au cours des plus délicats ouvrages 
architecturaux est aujourd'hui encore insuffisante. 

Profitons de nos confraternelles et annuelles réunions 
pour souhaiter que la Commission royale des monuments 
recherche le moyen d'assurer un contrôle artistique effectif 
sur les travaux entrepris à nos monuments les plus impor- 
tants. 

Vos délégués font actuellement déjà quelques visites sur 



— 232 -» 

les chantiers, mais ces visites, pour avoir des effets réellement 
utiles, devraient èlre plus fréquentes. Peut-être pourriez-vous 
recourir à vos représentants régionaux pour étendre sur des 
travaux délicats d'art la surveillance autorisée d'hommes 
compétents. Néanmoins les progrès sont manifestes dans les 
travaux de restauration ; mais dans les constructions nou- 
velles on découvre trop rarement des créations empreintes 
d'une réelle et saine originalité. 

Pour atteindre ce but, il faut inspirer aux jeunes archi- 
tectes le souci constant de leur personnalité artistique d'une 
individualité intangible. Qu'ils craignent, après avoir puisé 
chez les maîtres les principes nécessaires de la science, de 
se borner à imiter ces maîtres, à s'enrégimenter dans leurs 
écoles. Ils ne connaîtront pas comme d'autres les affres du 
doute sur la valeur de leurs productions ; ils auront la 
satisfaction sûre et paisible de réussir rapidement, mais ils 
ne pourront jamais aspirer aux triomphes que procure seule 
l'audace enivrante d'être le créateur d'une nouvelle expres- 
sion d'art. 

Les maîtres, dans la maturité de leur âge, souhaitent 
ardemment ce renouveau. Ils y puiseraient la sécurité de 
voir leur œuvre que des imitations serviles diminueraient 
confiée à d'habiles continuateurs, qu'ils attendent et qu'ils 
espèrent. Car les élèves seulement consciencieux ne créent 
pas une œuvre; ils la fabriquent, cherchant leurs inspirations 
dans des modèles stéréotypés qui affaiblissent le monument 
imité presque autant qu'ils réduisent la valeur du nouvel 
édifice. 

Pour obtenir cette originalité si souhaitable, il n'est pas 
nécessaire de recourir à des complications d'ornementation 



— 233 — 

qui font sourire et paraissent un constant démenti aux prin- 
cipes de construction qui « contentent l'intelligence par des 
promesses d'éternité > . 

Pendant toute l'année 1904-1902, notre Comité s'est 
occupé avec activité de la rédaction d'un inventaire complet 
des objets d'art épars dans la province. Toutes les églises 
des communes de l'arrondissement de Bruxelles ont été 
minutieusement visitées et nous sommes en mesure, pour 
cet arrondissement, de publier un relevé complet de toutes 
les richesses artistiques échappées aux effroyables ravages 
des guerres civiles et des invasions. 

Dans le but d'augmenter l'intérêt de celte publication et 
d'en faire un recueil que consulteraient avec intérêt les 
artistes et les archéologues, nous avons l'intention d'y 
introduire des reproductions phototypiques des objets les 
plus intéressants, soit au seul point de vue de l'histoire de 
l'art, soit à celui de la valeur artistique propre des créations 
des maitres anciens. 

Dans la réunion à laquelle vous avez convié vos délégués 
provinciaux, ce complément graphique du catalogue des 
objets d'art a été unanimement approuvé et n'a suscité 
d'objections qu'en ce qui concerne la dépense qu'entraînerait 
l'impression d'une publication enrichie de dessins ou de 
phototypies. Cette préoccupation est fort légitime, mais avec 
quelque persévérance on parvient toujours à vaincre la 
résistance des pouvoirs publics, qui finiront tous par consen- 
tir aux légers sacrifices qu'on leur demande en présence du 
résultat à attendre. 

Notre Comité ne rencontre du reste pas celte difficulté ; 
car la province de Brabanl met généreusement à sa dispo- 



— 234 — 

sition un crédit annuel suffisant pour assurer rira pression 
d'un inventaire illustré de reproductions des meilleures 
œuvres de nos maîtres d'anlan. 

Avec la connaissance complète des chefs-d'œuvre créés 
par nos ouvriers illustres, nailra peut-être chez quelques 
artistes la compréhension de l'art que réclament les temples 
saints, imprégnés de silence et de paix. Cette compré- 
hension fait actuellement tout à fait défaut et les sculptures 
modernes notamment, qu'il est bien difficile de qualifier 
du nom pompeux d'objets d'art, ne paraissent avoir 
d'autre rôle que de servir à rehausser l'éclat de nos trop 
rares statues anciennes, figurant des saints vénérés, qui 
éclairent les voûtes assombries « de leur immobilité rayon- 
nante » . 

Le respect que méritent les objets anciens n'a pas empêché 
de malheureuses restaurations. N'a-l-on pas vu de trop 
habiles praticiens détruire par leur imbécile intervention les 
précieuses reliques artistiques du passé : ajouter à des boi- 
series animées par le ciseau d'un maître sculpteur des 
appliques ridicules, repeindre des tableaux qui ne récla- 
maient qu'un simple nettoyage, pousser l'audace de leur 
naïve outrecuidance jusqu'à corser les tons fondus et savam- 
ment dégradés des maîtres. 

Si les commissions comme les nôtres n'ont pas le pouvoir 
de faire naître des artistes, il leur est aisé de s'opposer à des 
restaurations maladroites, quelquefois criminelles, des objets 
d'art existants. La mesure que nous avons préconisée et qui 
a reçu votre pleine approbation, de joindre à toute demande 
de restauration d'objets d'art la photographie de cet objet, 
parait notamment de nature à mettre obstacle à l'exploitation 



— 835 — 

industrielle qui se cache si souvent derrière l'œuvre des 
restaurateurs. , 

La photographie obligera ces derniers à se tenir dans les 
limites d'un travail strictement nécessaire, empêchera les 
modifications dangereuses qui détruisent le caractère d'une 
œuvre. En présence de ce témoin incorruptible, les restau- 
rateurs seront plus soigneux et plus patients. 

Les efforts que nous faisons pour maintenir intact le trésor 
artistique de la Belgique ne devraient-ils pas s'étendre à la 
défense de ses beautés naturelles ? 

L'initiative privée a bien créé quelques utiles organismes 
destinés à s'opposer aux ravages inconsidérés que sèment 
l'art de l'ingénieur et l'esprit d'industrialisme, mais ces 
sociétés sont prévenues tardivement et leur intervention se 
résume trop souvent en des plaintes malheureusement inu- 
tiles devant le fait accompli. 

La Commission des monuments et ses correspondants 
provinciaux paraissent particulièrement bien placés pour per- 
mettre aux pouvoirs publics de s'entourer d'avis d'hommes 
compétents avant d'autoriser ou d'entreprendre des travaux 
qui entraînent la disparition souvent sans nécessité absolue, 
de vallons discrets, de sources moussues, de drèves sécu- 
laires, dont le charme pénétrant donne des impressions 
d'art, peut-on dire aussi vives que les plus purs chefs- 
d'œuvre humains. Il s'y ajoute même une douceur émue 
que le paysage familier fait nailre par une sorte d'évocation 
de l'âme de la terre natale. Et c'est mal aimer son pays que 
de laisser inutilement détruire les chênes de ses bois, les 
ormes de ses routes, les fleurs de ses prés, qui sont bien 
aussi un peu ses enfants. 



— 236 — 

M. le Président. — Comme toujours, le rapport de 
M. Désirée est extrêmement bien Tait. 

Permettez- moi, Monsieur Du mortier, de vous dire un 
mot en ce qui concerne la surveillance des travaux. Nous 
avons été d'accord avec le Ministre, et nous avons même été 
beaucoup plus loin que précédemment dans cette voie-là, 
comme vous l'avez, du reste, reconnu vous-même. Ainsi, 
Tannée dernière, la Commission, — on vous l'a dit 
dans le rapport, — a fait 121 visites et, plus d'une fois, 
beaucoup d'entre vous le savent, nous avons chargé des 
membres correspondants d'aller voir l'exécution des travaux. 
Seulement, il ne faut pas oublier que les membres de la 
Commission centrale, comme d'ailleurs les membres corres- 
pondants, sont des hommes très occupés, qui ne peuvent 
être absorbés exclusivement par ces inspections. 

Au sujet des inventaires futurs, si vous voulez bien me le 
permettre, je dirai deux mots : vous avez pu remarquer, 
Messieurs, dans le rapport que M. Dumortier vient de vous 
lire pour M. Destrée, qu'une surveillance des travaux se fait 
en Brabant témoignant de l'influence très grande que peut 
avoir un Comité lorsqu'il le veut bien et lorsqu'il se trouve en 
possession d'une idée pratique. Ces Messieurs ont émis cette 
autre idée d'exiger dorénavant, soit pour les objels d'art, soit 
pour les monuments, d'avoir dans le dossier une photogra- 
phie. Nous avons fait une proposition en ce sens par la 
circulaire qui a été envoyée dernièrement et dont beaucoup 
de journaux ont donné la reproduction C'est une innova- 
tion dont l'idée appartient au Comité provincial du Brabant; 
nous l'en félicitons, en signalant ce fait comme un exemple 
à suivre parles autres Comités. 



— 237 — 

Maintenant, je devrais donner la parole au rapporteur de 
la Flandre occidentale, qui n'est pas parmi nous. Ces Mes- 
sieurs du Comité auraient bien pu nous envoyer un secré- 
taire-adjoint si le titulaire effectif était empêché. On s'est 
borné à nous envoyer le rapport de M. van Ruymbeke; par 
ce fait même, le rapport ne sera pas discuté. Je vous pro- 
pose purement et simplement de l'insérer à sa place dans 
notre Bulletin, sans le lire à l'assemblée, afin que cela serve 
d'exemple, pour l'avenir, aux autres Comités. (Adhésion.) 



— 338 — 



PROVINCE DE LA FLANDRE OCCIDENTALE. 



Messieurs, 

Si pendant l'année qui vient de finir, notre Comité n'a 
pas eu à s'occuper de travaux aussi importants que ceux 
des autres années, nous ne croyons cependant pas que le 
nombre d'affaires soumises à l'approbation et à l'élude des 
membres correspondants de notre province, ait diminué. 

Félicitons-nous en, car c'est une preuve que nos efforts 
ne sont pas inutiles et que le revirement de l'opinion 
publique vers le bon goût se dessine de plus en plus. 

Ce sont les restaurations qui occupent toujours la pre- 
mière place dans les travaux du Comité. 

Parmi celles-ci, il convient de citer celles de la Porte 
des Baudets à Bruges, des Petites Halles de Courtrai, du 
triforium de l'église Notre-Dame à Bruges, des tours des 
églises de Moere et de Poperinghe, des églises de Rum- 
bekc, Ramscappelle, Lampernisse, Zande, Locre, Leysele, 
Notre-Dame à Courtrai et, enfin, la restauration du jubé et 
du tabernacle de l'église Saint-Nicolas, à Dixmude. 

Ce dernier travail, qui est encore à l'état de projet, 
mérite une mention toute spéciale. 

Le jubé, construit en 1567 par Jean Bertet, est un véri- 
table chef-d'œuvre de décoration architecturale et florale, 
et compte certainement parmi les plus beaux spécimens 
connus. 



— 239 — 

Il fat garni à l'origine de 49 statues, posées dans autant 
de niches à baldaquin, réparties sur les quatre faces. 

II n'en reste malheureusement plus que 24, recouvertes 
de nombreuses couches de chaux, sous lesquelles on trouve 
une polychromie des plus riches et des plus brillantes. 

Les statues sont d'époques différentes. Un de nos mem- 
bres rapporteurs, envoyé à Dixmude, a découvert sur Tune 
d'elles le nom d'Urbain Taillebert (1600), et celui de 
Wouter van Volmcrbeke, en caractères gothiques, sur une 
Sainte-Barbe; d'autres sont considérées comme contempo- 
raines du jubé, œuvres peut-être de Jean Bertet ou de 
Jean Bottelgier, qui contribuèrent à son exécution. 

Le tabernacle est une œuvre de marbrerie du style de la 
renaissance, orné de sculptures et de 24 statues. II est en 
très mauvais état de conservation et sa restauration équi- 
vaudrait à une reconstruction totale. 

Les statues, très gravement mutilées, sont en albâtre; de 
quelques-unes il ne reste plus que d'insignifiants fragments. 

Aussi, notre Comité a estimé qu'il serait utile que les 
travaux de restauration soient soumis à la surveillance du 
membre rapporteur. 

S'il nous est permis de nous réjouir le plus souvent 
d'heureux projets de restauration, il nous est parfois pénible 
de devoir constater que certaines . administrations, dans 
un but louable, nous le voulons bien, sacrifient l'art et 
commettent ainsi de véritables actes de vandalisme. 

Il en est ainsi de l'administration fabricienne de Notre- 
Dame, à Courtrai, qui, dans le but d'agrandir l'espace 
réservé aux fidèles, a réussi, contrairement à l'avis de la 
majorité des membres de notre Commission, à obtenir 



— 240 — 

de l' Autorité supérieure le dépouillement des marbres du 
transept et des deux premières travées du chœur. 

Ce travail est actuellement terminé. 

Il avait été entendu que, pour ne pas isoler le maître- 
autel, on maintiendrait le revêtement en marbre autour du 
sanctuaire et qu'on grouperait dans celui-ci les divers 
objets d'ameublement en style renaissance : stalles, lutrins, 
clôture, que possède l'église et qui méritent d'être conservés. 

Au lieu de cela, la fabrique décide l'enlèvement de tous 
les marbres du sanctuaire. Ce n'est pas tout. Il parait que 
l'on vise maintenant aussi l'enlèvement des marbres de 
revêtement du rnaitre-aulel, des trois autels des absides et 
des lambris qui les relient. 

A l'origine, la fabrique n'invoquait que des motifs d'uti- 
lité pratique; aujourd'hui qu'elle a obtenu satisfaction sur 
ce point, elle formule de nouvelles exigences, qui seront 
suivies d'autres. 

Nous osons espérer que la Commission royale s'opposera 
à ce projet et qu'elle refusera toute concession nouvelle à 
la fabrique. 

Celte administration témoigne, d'autre part, du peu de 
souci qu'elle prend des choses de l'art et de la conservation 
du monument, en négligeant les soins à donner à divers 
tableaux remarquables, notamment au chef-d'œuvre de 
Van Dyck, et en proposant un système inadmissible au 
point de vue archéologique, pour consolider les voûtes du 
chœur. 

L'ameublement des églises de Wervicq, Marcke, Hoog- 
staede, Slype, Waermaerde et Westvleleren et le placement 
où la restauration de vitraux dans trois églises de notre 



— 341 — 

province, ont donné lieu à d'intéressants travaux de nos 
membres. 

Le projet des nouvelles peintures murales de l'église 
d'Iseghem et la restauration des anciennes peintures murales 
de l'église Notre-Dame, à Bruges, et de quelques tableaux, 
ont également fait l'objet d'études très approfondies. 

Enfin, Messieurs, la Commission royale a bien voulu 
décider le classement de divers monuments dont nous ne 
citerons que la Porte des Baudets à Bruges, les églises de 
Wulveringhem, Zande, Zandvoorde, Houcke, Mannekens- 
vere et Ramscappelle, et bien que notre Comité ait exprimé 
l'avis qu'en multipliant l'inscription sur la liste des monu- 
ments, on diminuait la valeur de la classification, diverses 
constructions appartenant à des particuliers ont été inscrites 
sur la liste des édifices privés dont la conservation mérite 
d être assurée. 

La parole est maintenant à M. le rapporteur de la Flandre 
orientale. 



— uè — 



PROVINCE DE LA FLANDRE ORIENTALE. 



M. Adolf de Ceuleneer, rapporteur : 

Messieurs, 

Depuis le rapport dont j'ai eu l'honneur de vous donner 
lecture à l'assemblée générale de Tan dernier, aucune modi- 
fication ne s'est produite dans la composition du Comité. 
Malgré nos instances réitérées, il n'a pas été pourvu au 
remplacement de deux de nos membres, alors que ces 
places sont vacantes depuis plusieurs années. Comme il 
arrive à plus d'un collègue d'être empêché d'assister régu- 
lièrement à nos réunions, le nombre restreint de nos 
membres fait que bien des fois les assistants aux séances 
sont à peine en nombre suffisant pour pouvoir délibérer 
d'une manière efficace. 

Depuis le mois d'octobre dernier, le Comité a tenu dix 
séances. Il n'a été appelé à émettre son avis que sur deux 
points, de bien minime importance, relatifs au mobilier des 
églises. 

La fabrique de l'église de Vosselaere demandait l'autori- 
sation d'aliéner quelques vingt-huit chandeliers du xix' siècle 
n'ayant pas la moindre valeur artistique. Celle de l'église de 
Munckzwalm désirait remplacer un banc de communion qui 
datait du xvin* siècle. Le Comilé a émis l'avis qu'il était 
préférable de le restaurer, vu qu'il n'était pas dénué d'an 
certain caractère artistique. 



— 245 — 

D'un autre côté, le Comité a été invité par la Commission 
centrale à déléguer un de ses membres pour examiner si 
l'on pouvait autoriser la réception de nouveaux autels établis 
dans diverses églises de village. Notre Comité a pu ainsi 
proposer la réception de trois autels nouveaux de l'église de 
Semmerzaeke, de deux de celle de Petit-Sinay et des nou- 
veaux maitre-aulels des églises de Ressegem et de Letler- 
haulem. 

Comme les années précédentes, le Comité a usé de la 
part d'initiative qui lui est reconnue pour appeler l'attention 
des pouvoirs compétents sur des points qui lui paraissaient 
présenter quelque intérêt archéologique pour les monuments 
de notre province. C'est ainsi que nous avons adressé à la 
Commission centrale un rapport sur l'état du manoir de 
Voorde et sur les travaux de réparation absolument indis- 
pensables effectués par le propriétaire de ces intéressants 
débris de ferme fortifiée du xvi e siècle. J'ai, du reste, déjà 
eu l'occasion d'insister sur leur valeur archéologique dans 
mes rapports de 1900 et de 1901. 

Dans une de nos dernières séances, un de nos membres 
nous a fait part d'un projet de restauration du de Craeyer 
de l'église de Borsbeke. Je ne sache point qu'une décision 
quelconque soit intervenue à ce sujet; mais le Comité estime 
qu'on ne saurait prendre assez de précautions lorsqu'il s'agit 
de toucher à des tableaux ayant une valeur artistique véri- 
table, comme c'est le cas ici. 

Nous nous sommes adressés aussi à la Commission cen- 
trale pour lui signaler l'abus qui s'était produit par rapport 
à la Koeienpoort de Ninove. 

Le Département des chemins de fer, postes et télégraphes 



— 244 — 

avait cherché à embellir celle construction en la faisant 
servir de support à un poteau téléphonique. Nous avons 
cru bien faire en proposant que dans la suite on ne couronne 
plus nos monuments de ce complément tout moderne, qui ne 
parait aucunement indispensable à l'effet artistique qu'ils 
peuvent produire. 

Nous avons aussi prié la Commission royale de chercher 
les moyens qui auraient pour résultat que le caractère 
archéologique de l'ancienne tour de Saint- Martin, de Renaix, 
ne fût point détérioré par les changemenls que le proprié- 
taire actuel se proposait de faire subir à ce monument. II 
avait, en effet, l'intention d'établir dans celte tour un café et 
de remplacer la flèche par un belvédère, du haut duquel on 
aurait pu contempler le panorama de la jolie cité renai- 
sienne. On le voit, la race des Vandales, que déjà en 1839 
l'illustre Montalembert poursuivait de ses sarcasmes cl de 
ses invectives, n'est pas près de s'éteindre en Belgique, pas 
plus que dans les autres pays. 

D'un autre côté, nous nous sommes adressés au collège 
échevinal de la ville de Gand pour demander que l'Hôtel de 
la Banque nationale, que l'on se propose de construire à 
côté du Geeraards Duivelsteen et en face de l'entrée latérale 
de Saint-Bavon, ait un caractère architectural qui ne con- 
traste pas trop avec le style de ces deux édifices. 

L'administration de la ville de Gand avait fait entourer 
la cathédrale et la partie finalement dégagée de l'église 
Saint-Nicolas d'une pelouse qui s'étendait jusqu'aux murs 
de ces édifices religieux. Nous avons cru devoir rappeler 
au Collège, qu'a fin de préserver les murs de toute infiltration 
et de toute humidité, il était nécessaire d'établir entre les 



— 245 — 

murs et le gazon an accotement en pierres d'au moins 
50 centimètres de largeur. 

Gomme les années précédentes, les membres du Comité 
ont été invités à maintes reprises à se joindre aux délégués 
de la Commission royale pour les inspections que ceux-ci 
venaient faire dans la Flandre orientale. 

C'est ainsi qu'un de nos collègues a pris part à l'examen 
de la restauration de la remarquable église de Sainte- Wal- 
burge et du splendide hôtel de ville d'Audenarde. D'autres 
inspections ont eu pour objet le maintien de la tour de 
l'église de Maldegem, le nouveau mobilier de l'église de 
Saint-Nicolas, le nouveau chemin de la croix installé dans 
l'église d'Huysse, les trois nouveaux autels de celle de 
Vosselaere et le nouveau maître autel de l'église de Nokere. 
Un de nos membres s'est joint aussi aux délégués de la 
Commission royale pour examiner si les murs de l'église de 
Denderleeuw étaient suffisamment secs pour recevoir une 
peinture décorative et pour apprécier les travaux de restau- 
ration effectués aux peintures murales de Guffens et Swerls, 
qui décorent l'église Notre-Dame, de Saint-Nicolas. 

C'est naturellement à Gand que les inspections ont été les 
plus fréquentes. Je citerai l'examen du groupe de M. Van 
Biesbroeck, établi au Parc, des statuettes qui décorent 
l'extérieur de l'hôtel de ville, du projet de transformation 
pour la distribution des locaux du Palais de Justice, de 
l'entrée de la crypte de Saint-Bavon et des plans de peinture 
décorative pour la salle des séances de l'Académie royale 
flamande. Mais je tiens à appeler surtout l'attention sur les 
Iravaux de restauration et d'agrandissement de la Halle aux 
Draps. Plus d'un membre a cru devoir présenter des obser- 



— 246 — 

valions sur la tendance ullra-conservalrice qui semble 
inspirer ces travaux. C'est, en effet, devenu une mode chez 
certains, je ne dirai pas archéologues, mais chez certains 
artistes qui croiraient commettre un crime de faire dispa- 
raître une pierre antique quelque vermoulue qu'elle soit, dût 
même la stabilité de l'édifice en pâtir quelque peu : Un mur 
en ruine est d'un effet si pittoresque ! 

La question de la méthode à suivre en fait de restauration 
d'anciens monuments a déjà été maintes fois débattue. Dans 
nos premières assemblées générales, on se livra à ce sujet à 
des discussions aussi vives qu'approfondies, et le souvenir 
en est encore resté vivace quoique bon nombre d'années se 
soient écoulées depuis (i). La gilde de Saint-Thomas et de 
Saint-Luc s'en occupa non moins sérieusement pendant ses 
premières réunions (*), et il n'existe peut-être pas de cercle 
archéologique en Belgique qui ne l'ait soumise à un labo- 
rieux examen, de même que tous les congrès archéologiques 
de Belgique et de France s'en sont occupés (s). 

La discussion de la sixième question portée à l'ordre du 
jour de l'assemblée générale d'aujourd'hui, ne manquera 
point, j'en ai l'intime conviction, de répandre une nouvelle 
lumière sur la solution de celte question brûlante et d'ameuer 
peut-être des conclusions riches en résultat, grâce à la 
grande pratique et à la longue expérience des membres qui 



(1) Lettre de M. Weale aui membres de la Commission, 1862; assemblée 
générale de 1852, p. 48. Bull, des Comm. d'art et d'arckéol., III, 109; 
IV, 101; V, 201; VU, 369. 

(t) Id., Vil, p. 23; VIII, p. 8; IX, pp. 18, 32; X, pp. 18, 35. 

(s) Aussi Compte rendu des Congrès archéologiques de France : 36, 
p. 349; 40, p. 600; 41, p. 352; 42, p. 383. 



— 247 — 

y prendront part. Inutile d'ajouter que la question s'est 
compliquée, dans ces derniers temps, d'un élément nouveau. 
Je songe à ce que j'appellerai l'école toute jeune, donc toute 
vivace et toute vigoureuse, du pittoresque dans l'art. 

Nous avons eu à nous livrer aussi à un autre examen non 
moins important et au sujet duquel tous les hommes com- 
pétents ont été d'un avis unanime. Je veux parler de l'état 
vraiment déplorable dans lequel se trouvent les splendides 
peintures murales de Gluysenaer qui décorent l'escalier de 
la salle des pas-perdus de notre université. Ayant l'honneur 
d'être de la maison, vous voudrez bien me permettre d'en 
dire quelques mots, d'autant plus que cet examen a provoqué 
des observations qui sont d'une application générale. Depuis 
bon nombre d'années ces peintures, dont la haute valeur a 
été si justement appréciée par Riegel dans ses Études sur 
la peinture murale en Belgique (i), et qui dans leur ensemble 
représentent les grandes époques de l'histoire de l'humanité, 
se détérioraient, s'effritaient de plus en plus, et à maintes 
reprises le conseil communal eut à s'occuper de la recherche 
des moyens qui pourraient préserver cette grande œuvre 
artistique d'une destruction complète. Mais rien n'y fit, 
l'élément destructeur continuait son œuvre. 

Lors de l'inspection faite par les délégués de la Commis- 
sion royale le 25 février dernier, la question fut longuement 
disculée. Je me permis de faire remarquer que la ventilation 
était des plus mauvaises. 

La grande porte n'est que rarement ouverte, et encore 



(4) H. Rœgkl. Qcsch. der Wandmalerei in Belgiën seit 1856. Berlin, 
1882, p. 83. 



— 248 — 

• 

seulement pour peu de temps, à l'occasion des cérémonies 
académiques. L'air ambiant y est toujours froid et humide, 
au point qu'en été, c'est à peine si l'on se hasarde à s'y 
arrêter pendant quelques instants, alors qu'il serait si facile, 
— et cette observation peut s'appliquer aussi à nos églises, — 
d'ouvrir — à l'exemple de ce qui se pratique partout en 
Angleterre et peut-être aussi dans d'autres pays, — large- 
ment, pendant les journées chaudes et sèches, la porte à 
deux battants durant une bonne partie de la journée. En 
Angleterre, on empêche l'entrée des curieux au moyen 
d'une cloison peu élevée et à jour. Seulement mon obser- 
vation n'était fondée qu'en partie. Une cause de détérioration 
plus importante encore fut indiquée par un des membres 
les plus compétents de la Commission royale. Ayant 
remarqué que la peinture la plus endommagée était celle 
dont le mur était exposé â l'ouest, il demanda à examiner 
l'état extérieur de ce mur qui devait surtout avoir à souffrir 
des intempéries et des vents humides de l'ouest. Les délégués 
se rendirent dans l'immeuble contigu à l'université, et quelle 
ne fut pas notre surprise de devoir constater que ce mur 
était resté à nu depuis la construction de 1817. Les briques 
portaient une efllorescence si forte qu'on aurait cru le mur 
entier recouvert de flocons de neige. La cause principale de 
l'humidité était donc nettement indiquée. Si dans un établis- 
sement qui a compté de tout temps dans son corps profes- 
soral des ingénieurs si distingués, on n'a pas songé 
depuis 1817 à inspecter l'état extérieur des murs de l'édifice, 
cachés, il est vrai, de toute part par les constructions a voi- 
sinantes, que penser dès lors de quantité de monuments, 
églises, édifices civils de toute sorte qui, au point de vue de 



— 249 — 

l'inspection, se trouvent dans des conditions bien moins 
favorables? Ceci m'amène à émettre Ta vis qu'il serait 
peut-être désirable que la Commission des monuments fit 
publier une plaquette indiquant brièvement les précautions 
essentielles à prendre pour la conservation des monuments 
et des œuvres d'art. Rien que dans ce rapport, j'ai dû appeler 
l'attention sur les murs exposés à l'ouest, sur la mauvaise 
ventilation surtout de nos églises, sur les pelouses établies 
tout contre les murs des édifices. Je tiens à dire que toutes 
ces observations m'ont été suggérées par les inspections 
faites en commun avec les délégués de la Commission cen- 
trale, preuve évidente de la grande utilité de ce mode 
d'inspection. Dans le même ordre d'idées, je pourrais vous 
rappeler aussi l'étude si suggestive de mon savant collègue 
et ami, M. Vander Mensbrugge, recteur actuel de notre 
université, et dont un exemplaire a été envoyé dans le 
temps à tous les membres des Comités provinciaux par les 
soins de la Commission royale, qui a prouvé qu'un des 
meilleurs moyens de conserver les tableaux consistait à 
étendre un vernis sur la face postérieure des toiles. Toutes 
ces indications, et bien d'autres encore, constitueraient un 
ensemble des plus précieux, dont l'application entraverait 
bien des détériorations et préviendrait bien des désastres 
souvent irréparables si elles étaient connues des personnes 
chargées de la conservation des églises et des œuvres d'art. 

Je termine ce rapport, peut-être déjà un peu trop étendu, 
par quelques mots sur les publications de notre Comité. 

Les procès-verbaux de nos séances ont été régulièrement 
publiés. Nous en sommes au troisième volume. 

Dans mon rapport de l'an dernier, j'avais émis l'espoir que 



— 250 — 

j'aurais pu vous annoncer maintenant que la reproduction 
des blasons des membres du chapitre de la Toison d'or 
de 1539, peints par Lucas d'Heere, serait en bonne voie 
d'exécution. Mais voyez comme nous jouons de malheur ! 
En 1891, le Gouvernement veut bien nous informer qu'il 
interviendra pour les 3/7 dans les dépenses qu'on prévoyait 
devoir èlre de 5,000 francs. La Province déclarait qu'elle 
ne pouvait prendre de décision aussi longtemps que la ville 
refusait d'intervenir. Le bourgmestre d'alors, que certains 
de ses amis taxaient, au point de vue de l'art, d'américa- 
nisme, nous écrivait que la situation financière de la com- 
mune ne permettait pas l'allocation d'une somme de 
fr. 1,428-58, alors même qu'elle devait se répartir sur trois 
exercices. Le collège actuel, présidé par M. Braun, ayant 
des tendances artistiques que je qualifierai de plus effectives 
et de plus réelles, le Comité se hasarda, quoique timidement, 
à revenir à la charge, preuve nouvelle de la ténacité de ces 
flamands gantois. El voilà que le collège, sensible à noire 
demande, y donne son acquiescement, et nous confirme par 
lettre du H décembre dernier, celle du 18 mai 1891, par 
laquelle il nous annonçait qu'il interviendrait pour les 2/7. 
La cause paraissait gagnée, car dès le 20 décembre le Gou- 
vernement nous informait qu'il maintenait sa décision de 
4891 et fixait, par conséquent, le taux de son intervention 
aux 3/7. Nous estimions l'adhésion de la Province comme 
certaine, d'autant plus que l'honorable Gouverneur, qui de 
tout temps a donné tant de preuves de dévouement aux 
travaux du Comité, était acquis à notre projet de publi- 
cation. Mais ne voilà-l-il pas qu'en sa séance du 3 juillet 
dernier, le conseil provincial adopte le rapport du conseiller 



— Î8I — 

M. Herman De Baets, concluant que « sans méconnaître 
1'inlérét que peut présenter cet objet, il estime que l'état des 
finances de la Province ne permet pas d'allouer le crédit 
sollicité » (fr. 376-19 pendant trois ans!). Je n'apprécierai 
pas ces incidents en disant que la ville de Gand, depuis 
4891, est devenue plus riche et la province plus pauvre, 
car je connais les ressources si restreintes de notre com- 
mune, mais non la situation opulente ou précaire de la 
Flandre orientale. Faisant bonne mine en mauvaise fortune, 
le Comité se résignera à remettre l'exécution de son projet 
héraldique à des temps meilleurs. 

Ce n'est heureusement pas sur celte malheureuse issue de 
démarches qui ont duré plus de dix ans, — et dire que nous 
chavirons au moment où nous croyions avoir atteint le port, 
— ce n'est pas sur cette triste fin que je dois clore mon 
rapport. 

Dans chacune de nos assemblées générales, il a été 
question du Répertoire arcliéologique. Le 15 février dernier, 
notre Comité a délégué deux de ses membres à la séance de 
la Commission royale pour s'entendre sur la confection 
uniforme du Répertoire. J'eus l'honneur d'y présenter un 
projet de rédaction, accompagné d'un spécimen. On fut 
unanimement d'avis que pour que ce Répertoire pût être 
réellement utile, il était nécessaire d'illustrer le texte de la 
reproduction des principaux monuments. A la suite de ce 
vœu, notre Comité sollicita l'intervention pécuniaire de la 
Province. 

Dans sa séance du 17 juillet, le conseil provincial voulut 
bien décider que « la somme de 1,000 francs, inscrite 
• annuellement au budget de la Province à titre d'inler- 



— 252 — 

» vention dans les frais du Comité, sera augmentée pendant 
» cinq années consécutives d'une somme de 400 francs par 
» an, afin de nous aider à publier un répertoire illustré des 
» principaux monuments et objets d'art delà province». 
Le Comité est heureux de pouvoir témoigner sa sincère 
gratitude au conseil provincial de la Flandre orientale pour 
sa généreuse intervention et pour l'intérêt qu'il porte à nos 
travaux, et nous ne pouvons que souhaiter que cet exemple 
soit suivi par les autres provinces. Grâce à cette décision, 
nous voilà donc riches de 2,000 francs pour la publication 
du Répertoire. Mais cette somme ne sera pas suffisante. 

L'honorable président de la Commission royale a bien 
voulu laisser entendre, à la séance du 15 février dernier, 
que peut-être la Commission pourrait prélever une certaine 
somme sur son budget à titre d'intervention dans les frais 
de la publication du Répertoire archéologique. Je ne doute 
guère que cette promesse ne se réalise, et alors le Comité 
pourra directement mettre la main à l'œuvre. C'est le sou- 
hait que j'exprime en terminant ce rapport. 

M. le Président. — Vous avez, Monsieur De Geu- 
leneer, dépassé le quart-d'heure accordé réglementaire- 
ment à chaque rapporteur. Aussi, je ne voudrais pas 
m'étendre, à mon tour, sur les observations que vous avez 
présentées avec tant d'humour et tant de lucidité; vous me 
permettrez cependant de faire une remarque ou plutôt 
une réserve sur ce que vous m'attribuez. Je ne me sou- 
viens pas du tout d'avoir promis à votre Comité, lors de 
la séance du 15 février dernier, que l'on pourrait imputer 
quoi que ce soit sur le crédit de la Commission centrale pour 



— Î53 — 

la publication, — si intéressante qu'elle soit, — de l'inven- 
taire dont vous parlez. Je pense, si je l'avais fait, que 
j'aurais commis un abus administratif; à coup sûr, j'aurais 
encouru les foudres de MM. les Directeurs de la Justice et 
des Beaux-Arts ici présents (rires). Si je l'avais dit, je 
devrais faire mon meâ culpâ, parce que je ne vois vraiment 
pas comment on pourrait faire un pareil transfert. C'est, au 
reste, une question à examiner; nous y reviendrons tantôt, 
à propos du 3° de notre ordre du jour. 

La parole est maintenant à M. le rapporteur du Hainaut. 



— 254 — 



PROVINCE DU HAINAUT 



M. Hubert, rapporteur : 

Messieurs, 

Dans le cours de cet exercice, nous avons eu le profond 
regret de perdre notre cher et estimé vice-président, 
M. Augustin Broquet. Docteur en droit et candidat notaire, 
il fut tour à tour : administrateur des hospices, conseiller 
communal, échevin, bourgmestre et commissaire d'arron- 
dissement. 

Il a rempli brillamment ces diverses fonctions et s'est 
fait remarquer par ses goûts artistiques, l'étendue de ses 
connaissances historiques et archéologiques et son grand 
zèle pour la conservation de nos monuments nationaux. 

Ces aptitudes le firent nommer, par arrêté royal du 
23 octobre 1879, membre correspondant de notre Commis- 
sion, en remplacement de Barthélémy Dumorlier. 

Cinq ans plus tard, en raison de sa grande expérience 
des affaires administratives, ses collègues lui conférèrent la 
vice-présidence du Comité, laissée vacante par le décès du 
vicaire général Voisin. 

Durant le quart de siècle qu'il a passé parmi nous, nous 
n'avons cessé d'admirer son zèle, son assiduité, la part très 
importante qu'il a prise à nos discussions et à nos travaux, 



— 255 — 

de même que l'urbanité, l'amabilité et la bonté de son 
heureux caractère. 

* * 

La perte de ce regretté collègue a fait un nouveau vide 
dans notre Comité, où MM. Bourlard et Dosveld, décédés 
depuis plus de trois ans, n'ont pas été remplacés. D'autres 
membres étant empêchés par leur état de santé d'assister à 
nos réunions, plusieurs de nos séances réglementaires n'ont 
pu avoir lieu, parce que nous n'étions pas en nombre. 
Nécessairement nos travaux en ont souffert et particuliè- 
rement la préparation de l'inventaire des œuvres d'art de la 
province. Mais nous avons assisté à toutes les visites des 
délégués de la Commission centrale. Nous avons ainsi 
inspecté : 

A Charleroi, les travaux exécutés à l'église de la ville 
basse. C'est dans cet édifice que sont les deux grands et 
beaux tableaux de François Joseph Navez, natif de Char- 
leroi : t Notre-Dame des affligés », et de son gendre, Jean 
Portaels : « Scène de la vie de Saint-Antoine de Padoue > ; 

A Binche, les travaux de restauration de l'hôtel de ville, 
qui ont remis l'édifice dans le style ogival. Il avait été 
transformé et déguisé dans le style de la renaissance, lors 
d'une première restauration faite après l'incendie de la ville 
par les troupes du roi de France Henri II ; 

A Ollignies, six nouvelles verrières ; 

A Bois-de-Lessines, un chemin de la croix et des tableaux 
qui sont en mauvais état ; 

A Bois-d'Haine, la suppression d'un grillage en fer ; 

A Soignies, les travaux de restauration de la nef de la 



— 256 — 

collégiale. Les autres parties seront restaurées après un 
complément d'étude. C'est une de nos plus anciennes 
églises romanes; elle était fortifiée, dit la tradition. Elle 
renferme des stalles de chœur qui sont des meilleures du 
pays et un jubé qui a du mérite, c'est de plus un don fait à 
l'église. Bien qu'ils soient de style renaissance, tout milite 
en faveur de leur conservation. Ce sont de précieux souve- 
nirs locaux qui intéressent notre histoire nationale de l'art; 
en même temps ce sont des originaux que ne sauraient 
remplacer des imitations. La question d'unité de style est 
secondaire en pareil cas ; 

A Mons, à l'église de Sainte- Waudru, le programme 
d'ensemble de tous les ouvrages à y effectuer. Ce pro- 
gramme comprend éventuellement la reproduction d'une 
face du splendide jubé de Du Brœucq, à laquelle, depuis 
longtemps, la Commission s'intéresse beaucoup ; 

A Braine-le Comte, deux autels et un lambris ; 

A Hautrage, les travaux de restauration à effectuer à 
l'église ; 

A Marchienne-au-Pont, la nouvelle église ; 

A Heppignies, le clocher dont une partie menace 
ruine ; 

A Marcinelle, l'emplacement de la nouvelle église du 
quartier de La Villette ; 

A Neuville, un autel placé dans l'église de La Gage; 

A Familleureux, l'église qui a été incendiée et dont la 
reconstruction est projetée. Son assurance contre l'incendie 
était insuffisante et il n'y avait pas de paratonnerre. Ces 
deux éléments de conservation sont souvent négligés, les 
administrations locales n'y attachant pas toujours assez 



— 287 — 

d'importance. Ils pourraient utilement faire l'objet d'une 
surveillance de l'Autorité supérieure. 



* 
* * 



La Commission centrale a chargé le Comité d'examiner 
l'église de Saint-Vaast, dont le classement est demandé. D'un 
premier examen, il semble résulter que la nef et le chœur 
sont de l'époque romane, dont il nous reste bien peu de 
spécimens, et que la tour est de style ogival tertiaire. 



* 



Des fouilles ont été commencées à Grandmetz, dans une 
pièce de terre appartenant à l'honorable président de notre 
Comité, M. le Baron R. du Sart de Bouland, Gouverneur 
du Hainaut, qui se propose de les continuer. Elles ont 
permis d'y constater la présence des ruines d'une ancienne 
villa gallo-romaine que l'on suppose avoir été détruite par 
un incendie. Notre collègue M. Soil en a publié la relation 
dans le dernier volume des Annales de la Société historique 
el archéologique de Tournai (1901) 



* 
* * 



Les travaux de restauration de l'abbaye d'Aulne et de la 
cathédrale de Tournai se continuent. Le projet de dégage- 
ment des abords de celle-ci est en bonne voie, grâce à la 
sollicitude et au bienveillant appui de M. le Ministre de 
la Justice, qui» dans son excellent discours d'ouverture de 



— 888 — 



notre dernière assemblée, a attiré l'attention sur la grande 
utilité du dégagement des monuments historiques. 






Beaucoup des renseignements qui précèdent étant surtout 
d'intérêt local, ne sont qu'indiqués sommairement; mais ils 
se trouvent détaillés au compte rendu publié, comme ceux 
des années précédentes, dans ï Exposé de la situation admi- 
nistrative de la province. Toutefois, qu'il nous soit permis de 
rappeler le vif désir que nous y exprimons en faveur de la 
réalisation d'un vœu présenté par la Commission à M. le 
Ministre de l'Agriculture, celui de voir le Gouvernement 
subsidier la restauration des façades des anciennes maisons 
particulières qui présentent un intérêt d'art, d'archéologie 
ou d'histoire. 

Comme l'a dit la Commission, beaucoup de ces façades 
sont mutilées par des réparations économiques ; d'autres 
disparaissent, parce que les propriétaires ne sont pas 
toujours à même de faire le nécessaire pour les conserver. 
Elles sont souvent alors remplacées par des œuvres vul- 
gaires, mais moins coûteuses à entretenir. 

On pourrait en citer de nombreux exemples. Nous n'en 
rappellerons qu'un seul. Il y a, sur la place de Chièvres, 
des restes d'une ancienne résidence d'une famille illustre, 
devenue dans les temps modernes une propriété particu- 
lière et qui a passé en bien des mains. Elle est connue sous 
la dénomination de «Château des comtes d'Egmont», et 
rappelle toute une période tragique de notre histoire. En 
1874, comme elle était de nouveau à vendre, l'attention du 



— 2S9 — 

Ministre de l'Intérieur fat appelée sur l'intérêt historique 
que présente ce monument ; de son côté, le Cercle archéo- 
logique de Mons émit le vœu que le château de Chièvres fut 
conservé, et en publia une façade que j'avais dessiné alors (i). 
Le nouvel acquéreur devant en faire réparer les toitures, 
surtout celles de l'avanl-corps, et des fenêtres du grenier, 
sollicita un subside de 400 francs. N'ayant pu l'obtenir, il 
fit disparaître ces fenêtres ; et quant au couronnement de 
l'avanl-corps qui, sous un aspect original, rappelait le 
passage du golhiqne à la renaissance, il le remplaça par 
une vulgaire plate-forme en zinc. 

Il est réellement très regrettable que, pour la modique 
somme de 400 francs, on n'ait pu conserver, sous une forme 
convenable, les restes d'un château qui, au point de vue 
historique, sont d'un intérêt réel pour la ville de Chièvres, 
le Hainaut et le pays tout entier. 

Comme le disait encore la Commission, si le Gouverne- 
ment et les administrations locales intervenaient, de telles 
façades pourraient être conservées, restaurées et grevées 
d'une sorte de servitude qui les mettrait pour l'avenir à 
l'abri des changements. 

La ville de Bruges a ouvert franchement cette voie ; celle 
de Bruxelles l'a suivie, mais pour la restauration de la 
Grand' Place seulement. L'administration communale de 
Tournai, l'une des plus zélées pour les constructions archi- 
tec tu raies, tout en protestant de sa sympathie pour la 
conservation des anciennes façades, ne s'est pas cependant 



(«) Bulletin des séances du Cercle archéologique de Mons, 3' série, p. 261 . 



— 260 — 

décidée à voler le principe. On voit, par le peu de résultats 
obtenus jusqu'ici, combien l'intervention sollicitée serait 
utile. 

Depuis 25 ans, la ville de Bruges a contribué, moyennant 
une dépense de 89,207 francs, à la restauration de 79 con- 
structions, soit 1,130 francs pour chacune, et annuellement 
3,568 francs. Cette contribution n'est guère élevée, et 
cependant Bruges est une de nos plus grandes cités et 
c'est à coup sur celle qui renferme le plus d'anciennes 
maisons ; la charge serait donc légère pour les autres 
localités. Partout, le résultat serait considérable. Il le serait 
au double point de vue de l'esthétique et des finances, car 
il n est pas de localité qui ne s'impose des sacrifices pour 
son embellissement, et il n'est pas d'embellissement plus 
apparent et moins coûteux que la restauration de ces 
anciennes façades. 

A très peu de frais, tout en donnant de la variété et du 
pittoresque aux cités, ces façades de style divers contribue- 
raient à la direction du goût, à l'étude de l'archéologie, à 
celle de l'histoire nationale et au développement du patrio- 
tisme. 

Tel est, Messieurs, le résumé succinct de nos travaux de 
l'exercice. 

■ 

M. le Président. — Nous vous remercions pour votre 
rapport, Monsieur Hubert. 



— 261 — 



PROVINCE DE LIÈGE 



M. Lohbst-de Waha, rapporteur : 

Messieurs) 

Le rapport sur les travaux du Comité de Liège, pendant 
Tannée écoulée, n'aura pas le développement que je lui 
souhaiterais. Le nombre très restreint d'affaires qui lui ont 
été soumises, et surtout leur peu d'importance, ne demandent 
pas un long exposé. 

On nous propose trop souvent et « on nous impose des 
» besognes peu artistiques » et nous aurions c le désir qu'on 

> nous saisisse de travaux d'une importance capitale dont 
» nous ne sommes jamais avisés. On nous consulte chaque 

> fois qu'il s'agit d'acquisitions ou de travaux insignifiants, 
» qui concernent des monuments qui n'ont ni valeur ni carac- 

> 1ère, et, on n'a pas recours à nos lumières quand on 
* bouleverse nos monuments les plus remarquables » . Telle 
csl l'appréciation de notre Président, M. le Gouverneur de 
la province de Liège, que je fais mienne en l'occurrence, 
d'autant mieux que, précédemment, j'ai déjà eu l'occasion 
de parler en ce sens. 

Notre bonne ville de Liège voit s'élever des édifices et 
mouuments, tels que hôtel des Postes, écoles, commis- 
sariats, sans que le Comité ait été consulté ; d'autres sont 
restaurés, décorés, meublés, sans même que l'on s'en doute. 



— 262 — 

Je me vois même dans un singulier embarras pour 
exprimer toute ma pensée, parce que je suis dans la crainte 
d'entrer dans un domaine où je ne serai pas accueilli, 
malgré ma bonne intention, de poursuivre le but commun 
de tous les Comités et de la Commission des Monuments 
elle-même. Je ne puis cependant me résoudre à ne pas 
constater qu'il s'exécute actuellement à Liège des travaux 
d'une importance capitale et dont l'intérêt esthétique est 
incontestable. Nous voulons parler du pont nouveau de 
Fragnée. Néanmoins, l'administration des Ponts et Chaus- 
sées, suivant l'exemple donné par le Ministre des chemins 
de fer, n'a pas paru se souvenir qu'il y avait un Comité de 
correspondants de la Commission royale des Monuments 
composé de Liégeois assurément très aptes à examiner les 
questions d'intérêt local, où leur compétence peut être utile 
et tout au moins à fournir des renseignements et des indi- 
cations dont les administrations auraient profil à tenir 
compte. — Je cite pour mémoire, la restauration du fronton 
du Palais de Justice, ancien palais des Princes Évéques, qui 
n'a jamais été présenté au Comité, même à titre officieux. 
— L'insignifiance d'un grand nombre de projets inscrits à 
nos ordres du jour désintéresse les membres du Comité au 
lieu d'encourager leur assiduité. 

Lorsqu'un objet vraiment digne d'intérêt est inscrit, 
les réunions sont nombreuses. Tel a été le cas pour le 
projet de restauration du portail de Saint-Jacques, dont j'ai 
déjà eu à signaler l'état lamentable l'année dernière. 

L'intervention du Comité n'est pas étrangère à la restau- 
ration de ce portail. Depuis plusieurs années, les rapports 
annuels mentionnaient l'état de délabrement de ce monu- 



— 263 — 

ment et faisaient appel à la sollicitude des administrations 
compétentes. Ces appels ont été entendus, des plans produits 
et l'on peut espérer un bon résultat si l'on sait éviter recueil 
de la reconstruction au lieu de la restauration et si l'on 
arrive a retrouver les pierres de même nature que celles 
qui ont été employées au xvi 9 siècle. Pour cette restauration, 
les observations qui ont été faites en celle enceinte sur 
l'emploi et le choix des matériaux, trouveront leur place et 
leur utilité. Les parties nouvelles seront nombreuses et il 
importe qu'elles ne détonnent pas dans l'ensemble de la 
restauration. 

Une seconde affaire importante est arrivée à une solution 
partielle. Depuis que l'église de Xhignesse a été classée, les 
administrations fabricienne et communale ont souscrit tout 
ce qu'elles pouvaient, vu leurs maigres ressources. Les 
plans sont terminés, approuvés, mais ce n'est pas avec les 
3,000 francs que ces administrations s'engagent à four dît, 
que l'on peut entreprendre la restauration. 

En inscrivant cette intéressante et exceptionnelle église 
romane dans la seconde classe, il avait paru que la Commis- 
sion royale se disposait à prêter son appui, dans une certaine 
mesure, comme elle l'avait fait pour l'église de Saint- 
Séverin ? Or, il n'y a pas à se le dissimuler, si une inter- 
vention pécuniaire ne se produit pas à bref délai, non 
seulement les frais de restauralion-s'accroitront, mais celle-ci 
deviendra impossible. 

Il est superflu de faire mention des autres objets dont le 
Comité a eu à s'occuper, autels, confessionnaux, chaires de 
vérité, ameublement, vitraux, etc., etc., auxquels des avis 
favorables n'ont pas été refusés. 



— 264 — 

Les travaux ont été poursuivis aux forteresses ou châteaux 
de Moha, Franchimont et Logne et, comme les années pré- 
cédentes, les membres du Comité ont été invités à participer 
à de nombreuses inspections auxquelles, plusieurs de nos 
collègues ont assisté. 

Enfin, l'inventaire des constructions civiles et religieuses 
intéressantes est à peu près rédigé. Celui des objets d'art 
est encore incomplet, mais il pourra être terminé en quelques 
mois, d'autant plus facilement que, en ce qui concerne la 
ville de Liège, il a été publié dans la collection des 
mémoires couronnés par la Société d'Émulation. Le lauréat 
était M. Renier, membre correspondant. 

M. le Président. — Nous remercions M. Lohest au sujet 
de son intéressant rapport. 

Pour 1 église de Xhignesse, la Commission royale des 
monuments Ta vivement recommandée auprès du Ministre 
compétent, comme elle Ta fait pour l'église Saint-Séverin. 

Quant à la question si importante que vous soulevez, 
savoir si les Comités provinciaux peuvent être consultés ou 
non au sujet des grands monuments, tels que ceux en con- 
struction actuellement à Liège : l'Hôtel des Postes, le 
Pont de Fragnée, etc., c'est chose capitale; on peut se 
demander si la Commission centrale et les Comités des 
correspondants doivent être consultés à ce sujet? Nous 
sommes chargés de la conservation, mais non pas de la 
création des monuments. Remarquez-le : nous sommes 
partisans d'être consultés au sujet des nouveaux monuments ; 
c'est l'objet d'une motion de M. Maquet au sein de la 
Commission centrale qui a été transmise aux Ministres. En 



— 26S — 

fait, nous avons été consultés pour les nouveaux musées de 
Mons, de Gand et de Liège. Quant à l'Hôtel des Postes de 
Liège, il ne faut pas oublier que c'est un de vos collègues 
du Comité de Liège, M. Jamar, qui a été chargé de ce 
travail. Il aurait pu prendre officieusement votre avis et 
celui de la Commission royale. 

Ainsi procède notre éminent collègue, M. Maquet, chaque 
fois qu'il est appelé à édifier un monument important. 

En ce qui concerne l'exécution du fronton du Palais des 
Évèques du côté de la place Saint-Lambert, il ne faut pas 
oublier que, dans une visite à Liège, à laquelle vous n'as- 
sistiez pas malheureusement, la question a été débattue 
d'une façon si approfondie que nous ne nous étonnons pas 
que M. le Gouverneur n'ait pas jugé à propos de consulter 
de nouveau votre Comité. 

La parole est à M. le rapporteur du Limbourg. 



— 266 — 



PROVINCE DU LIMBOURG 



M. Van Neuss, en remplacement de M. l'abbé Daniels, 
rapporteur : 

Messieurs, 

Le Comité du Li m bourg n'a pas à vous faire celle année 
un long rapport et je n'abuserai donc pas de votre bienveil- 
lante attention. 

Notre Comité n'a été consulté sur aucun projet de con- 
struction, de reconstruction ou de restauration de monu- 
ments, et aucune autre question, rentrant dans le cadre de 
sa compétence, n'a été soumise à son examen. 

On a fait ressortir, à plus d'une occasion, dans celte 
assemblée, combien il peut parfois être utile ou nécessaire 
de faire appel aux connaissances locales des Comités pro- 
vinciaux dans l'instruction des affaires sur lesquelles la 
Commission royale doit se prononcer souverainement. 

Après ce qui a été dit et répété à ce propos, nous ne 
voulons pas revenir sur la question autrement que pour 
exprimer encore une fois nos regrets d'être tenus, par 
continuation, à l'écart dans l'étude préliminaire des projets, 
même de ceux auxquels nous portons manifestement le plus 
vif intérêt. En règle générale, nous restons parfaitement 
étrangers aux projets de restauration d'édiGccs, de place- 
ment, dans les églises, de meubles artistiques, d'autels, de 



— 267 — 

vitraux, etc., jusqu'à l'agréable moment où nous sommes 
prévenus de l'arrivée dans la province de la Commission 
royale des monuments. Alors, dans des entretiens aussi 
charmants qu'instructifs avec MM. les membres de cette 
Commission et, souvent, avec son distingué Président, nous 
faisons, sur le tard, la connaissance de travaux exécutés 
d'après des plans que nous n'avons jamais vus. 

Si nous devons finir par accepter définitivement cette 
situation, nous l'accepterons avec une philosophique rési- 
gnation, mais on voudra bien convenir que la résignation à 
jouer un rôle aussi effacé ne peut manquer de produire à 
la longue un effet très déprimant au point de vue du zèle de 
nos membres les plus dévoués. — Soit dit tout cela sans 
aigreur pour personne, mais non sans un grain d'envie 
lorsque nous voyons d'autres Comités provinciaux être 
largement associés à tous les travaux qui s'exécutent dans 
leur ressort. 

Cette année, les occasions n'ont pourtant pas fait défaut 
dans le Limbourg pour entretenir un peu l'activité du 
Comité provincial. Les administrations fabriciennes et les 
administrations communales sont dans notre province de 
plus en plus soucieuses de la conservation des monuments 
du passé et, depuis notre dernière réunion générale, elles 
ont mis en avant plusieurs projets de construction, de res- 
tauration et d'ameublement. Nous avons pris à ce sujet des 
renseignements dans les bureaux du Gouvernement pro- 
vincial et, d'après ces renseignements, nous pouvons citer : 
le placement, dans la nouvelle église de Kessenich, d'un 
maître-autel, d'un banc de communion et d'une chaire de 
vérité; dans l'église de Wimmerlingen, récemment détruite 



— 268 — 

par un incendie et reconstruite aussitôt, le placement d'un 
maitre-autel et d'une chaire de vérité. 

Les églises de Widoye, de Geystingen et de Loramel ont 
été dotées d'un maitre-autel, et la belle église de Neeroe- 
teren, d'une chaire de vérité. 

Les églises d'Àlken, de Zolder et de Corthys ont été 
pourvues de divers objets d'ameublement, parmi lesquels 
deux autels latéraux. 

La construction de meubles artistiques pour les églises 
de Genck, de Neerhaeren, d'Àlken, de Loramel et pour 
l'église Saint-Jean-Baptiste, à Tongres, est à l'élude. 

En ce qui concerne la restauration partielle ou totale de 
monuments, nous nous trouvons aussi devant plusieurs 
projets ou avant-projets en instruction, notamment : la res- 
tauration du chœur de l'église de Halen, la restauration de 
la tour de l'ancienne abbaye de Saint-Trond qui orne la 
pittoresque Grand'Place de celte ville, el les travaux à faire 
pour assurer la conservation de la gracieuse porte renais- 
sance qui se trouve au pied de la tour. Ajoutons encore à 
cette liste, que nous pourrions allonger, la restauration de 
l'intéressante église de Berg près de Tongres, les sculptures 
intérieures à faire dans l'église de Neeroeleren, le délicat 
projet de restaurer et de déplacer le jubé monumental de 
Tessenderloo et, finalement, les décisions à prendre au sujet 
des peintures murales découvertes dans les églises de Zep- 
peren et du Bôguinage de Tongres. 

La Commission royale des monuments nous fait le plaisir 
de nous convoquer très régulièrement et en lemps utile à 
ses visites dans la province. Nous lui en exprimons toute 
notre reconnaissance. Des délégués de notre Comité ont 



-- 269 — 

accompagné les membres de la Commission dans les visites 
suivantes : 

À Peer, pour l'examen d'un autel latéral placé dans l'église 
paroissiale; 

A Saint-Trond, pour l'examen du mobilier placé dans 
l'église Saint-Pierre et d'un chemin de la croix et de vitraux 
dans l'église Saint- Martin ; 

À Zepperen, pour l'examen des travaux de restauration 
intérieure de l'église ; 

Dans les églises d'Alken et de Geystingen, pour le place- 
ment d'objets mobiliers et, enfin, à Bilsen et à Looz, où les 
délégués de notre Comité ont eu la satisfaction, pour la 
première fois, croyons-nous, de prendre connaissance de 
projets en instruction et non encore exécutés. Il s'agissait, 
à Bilsen, d'examiner sur place des questions relatives à 
l'agrandissement et à la restauration de l'église et, à Looz, 

d'examiner un avant-projet pour la* restauration de l'hôtel 
de ville. 

La rédaction de notre inventaire des objets d'art continue 
d'avancer. Nous nous proposons de profiter des derniers 
beaux jours de l'année pour visiter les communes qu'il nous 
reste à voir dans le canton de Saint-Trond. Nous n'avons 
découvert, cette année, dans nos visites, que des objets d'un 
intérêt secondaire. 

Comme détail, un peu étranger à notre mission, nous 
dirons que pendant notre tournée à Dilsen, nous avons 
fortuitement rencontré, sur le territoire de cette commune, 
contre la voie romaine qui longe la rive gauche de la Meuse, 
des restes non douteux d'une villa, relais de poste ou autre 
établissement gallo-romain. Nous avons recueilli notamment 



— 270 — 

de nombreux débris de tuiles et des morceaux de vases en 
terre samienne et un fragment de lèle avec un sigle devenu 
illisible par suite d'usure. 

Deux de nos membres ont assisté à la réunion que la 
Commission royale a convoquée à Bruxelles en vue d'adopter 
un plan uniforme pour l'impression de l'inventaire des 
objets d'art conservés dans des édifices publics. Il a paru 
utile à nos délégués de communiquer dans cette assemblée, 
à litre de spécimen, quelques articles de la minute de notre 
inventaire, tels que la description de statues, de meubles, 
d'objets d'orfèvrerie, etc., et il s'est trouvé que nos descrip- 
tions sont en général conformes au plan qui a été adopté pour 
l'impression. 

Dans quelques provinces, les Comités ont fait précéder 
l'inventaire d'une courte notice descriptive des églises ou 
monuments où les objets se trouvent. C'est là une extension 
donnée à l'inventaire qui n'a pas été prévue dans le Li Hi- 
bou rg. Mais, dans l'intérêt de l'uniformité, nous sommes 
disposés à combler la lacune que notre travail pourrait pré- 
senter sous ce rapport. 

La question de la création d'un musée provincial que 
notre Comité ne cesse de recommander, est toujours arrêtée 
par des difficultés financières. Avec l'espoir que ces diffi- 
cultés puissent être résolues, nous nous appliquons à enri- 
chir les collections naissantes qu'un fonctionnaire intelligent 
a réunies, avec le zèle le plus louable, dans les locaux du 
Gouvernement provincial. 

Avant de terminer notre rapport, nous avons le devoir, 
Messieurs, de rendre hommage à la mémoire d'un de nos 
membres les plus éclairés, M. le baron de Pitleurs-d'Ordangc, 



— 271 — 

dont nous avons eu à déplorer la perte dans le courant de 
Tannée et qui n'est pas encore remplacé. 

M. le Président. — Monsieur Van Neuss, vous avez bien 
raison, au nom de votre Comité provincial, de vous plaindre, 
d'autan l plus que nous savons tous que le Comité du L im- 
bourg est l'un des plus actifs; vous savez que la faute com- 
mise ne peut pas être imputée à la Commission royale. Il ne 
dépend pas de nous que vous soyez consultés tout d'abord. 
C'est à l'administration provinciale que vous devriez adresser 
votre réclamation. 

La parole est à M. le rapporteur du Luxembourg. 

M. Sibenaler, rapporteur. — Monsieur le Président, 
M. Tandcl étant indisposé, je vais avoir l'honneur de donner 
lecture du rapport en son nom. 

M. le Président. — Parfaitement. 



— 272 — 



PROVINCE DU LUXEMBOURG. 



M. Sibenaler, en remplacement de M. Tandel, rap- 
porteur : 

Messieurs, 

Depuis tantôt deux ans, ensuite du cruel événement du 
26 janvier 1901, qui lui a enlevé son Président d'honneur, 
le Comité des correspondants du Luxembourg n'a pu faire 
preuve de grande activité ; aucun projet ne lui a été soumis 
de la part de l'Autorité supérieure. 

Quelques inspections ont eu lieu de concert avec les 
délégués de la Commission royale des Monuments. En voici 
l'énumération succincte : 

Réception du banc de communion et des statues placées à 
l'église de Berlrix ; 

Examen d'un tableau à restaurer à l'église de Rossignol ; 

Examen de vitraux placés à l'église de Bastogne; 

Nouvelle visite de l'église de Saint-Hubert ; 

Visite de l'ancienne chapelle de Frassem; 

Choix de l'emplacement proposé pour la nouvelle église 
de Pin ; 

Examen du maitre-aulel et des autels latéraux de l'église 
de Rendeux-Haut ; 

Examen de quatre vitraux placés dans les nefs latérales 
de l'église de Libin. 

En dehors de ces inspections, le Comité luxembourgeois 



— à73 — 

s'est occupé de l'inventaire des objets d'art existant dans la 
province. Ce travail est préparé, il est même déjà fait pour 
l'arrondissement d'Arlon-Virton, mais il manque malheu- 
reusement quelques documents pour l'achever. 

Toutefois, il serait désirable que la Commission des 
Monuments donnât un plan général d'ensemble pour effec- 
tuer ce travail, afin d'obtenir l'uniformité pour lout le 
royaume. 

Je crois utile de faire connaître de quelle façon il a été 
procédé dans le Luxembourg au récolement des objets 
d'art : 

Feu M. Orban de Xivry, le très regretté Gouverneur 
de la province, a adressé une circulaire aux conseils de 
fabrique d'église avec un questionnaire formulé de la 
manière suivante : 

Quel est le patron de l'église que vous administrez? 

En quelle année l'église a-t-elle été construite et quel est 
son style? 

Exisle-L-il des paratonnerres ou des gargouilles artistiques? 

Y a-t-il des grilles de défense ? 

Existe- 1- il des vitraux et à quelle époque sont-ils attribués? 

Existe-l-il des monuments funéraires dans l'église ? 

Indiquez le nombre et les inscriptions, si possible. 

Les pierres lumulaires servent-elles de dallage? — Dans 
l'affirmative, peut-on encore lire les inscriptions qui s'y 
trouvent? 

Existe-l-il des blasons, des inscriptions épigraphiques ou 
des marques anciennes ? 

Indiquez la nature de ces blasons, inscriptions ou 
marques. 



— 274 — 

Ne trouve-ton pas dans les combles de l'église des objets 
qui pourraient avoir une certaine valeur archéologique? 

N'y a-t-il rien de remarquable en fail de cryptes, con- 
fessionnaux, boiseries, stalles, chaires à prêcher, bancs 
d'oeuvre, siège du célébrant? 

N'existe-t-il rien de curieux en fail d'orfèvrerie, de lumi- 
naire, de dais, d'autel, de ciboires, fonts, bénitiers, lutrins, 
ornements, habits? 

N'y a-t-il pas de peintures murales anciennes, des 
tableaux, des meubles ou des statues? 

Tous ces questionnaires, dûment remplis, ont été classés 
et remis aux membres du Comité provincial des correspon- 
dants du Luxembourg. 

On a assigné ù ces membres un certain nombre de 
communes et de sections de communes en tenant compte 
de leur résidence et des facilités de communication avec 
ces localités. Chaque membre s'est rendu sur les lieux, aGn 
de contrôler les renseignements contenus dans les question- 
naires mis à sa disposition et a fail un rapport spécial en y 
comprenant les autres édifices civils, religieux, publics ou 
privés ayant un caractère monumental, archéologique, his- 
torique ou curieux. 

Tous ces rapports, à l'exception d'un seul qui ne m'est 
pas encore parvenu, sont classés et l'on n'attend plus que 
les instructions de la Commission royale des Monuments pour 
faire le travail de fusion d'une manière méthodique permet- 
tant de consulter utilement et rapidement l'inventaire général. 

Notre Comité préconise le classement alphabétique par 
nom des localités où les objets inventoriés se trouvent et 
pour chaque province en particulier. 



— 275 — 

D'autres questions, dont les détails sonl trop longs pour 
trouver place dans ce rapport, ont été traitées dans la 
dernière réunion du Comité. 

Afin de ne pas abuser de vos moments, je remettrai le 
procès-verbal de celte réunion à M. le Président, qui jugera, 
sans doute, utile de le publier dans le Bulletin de la Com- 
mission royale. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS. 



Réunion du Comité provincial du Luxembourg. 



SÉANCE DU 13 AOUT 1902. 

Présents : MM. le comte C. de Briey, gouverneur, prési- 
dent; Tandel, vice- président; Van de Wyngaert, membre- 
secrétaire; Cupper, Déome, le R. P. Goffinet, Wilmarî, 
membres, et Sibenaler, secrétaire-adjoint. 

M. le Gouverneur entretient le Comité de l'inventaire à 
former des objets d'art appartenant aux établissements 
publics et des édifices civils, privés, religieux ou autres, 
ayant un caractère monumental, archéologique, historique 
ou curieux. Il dépose le dossier contenant tous les rapports 
fournis par les membres correspondants, à l'exception de 
celui de M. Kurth, qui n'est pas encore parvenu. 

M. le Gouverneur promet d'insister personnellement 
auprès de M. Kurth, afin que le dossier dont il s'agit puisse 



— 276 — 

èlre complété le plus tôt' possible et le travail de fusion 
entrepris, ainsi que la Commission royale des Monuments, 
par l'organe de son Président, M. Ch. Lagasse de Locht, en 
a exprimé le désir à diverses reprises. 

M. le Gouverneur fait également connaître que M. le 
Ministre de la Justice s'intéresse spécialement à la question 
de restauration de l'église de Saint-Hubert. La question de 
dérochement du plâtras intérieur de l'édifice a donné lieu à 
des divergences clopinions qui ont amené l'arrêt complet 
des travaux, en attendant une nouvelle décision. 

M. Déome proteste conlre l'idée de polychromer l'église 
de Saint-Hubert sauf quelques parties spécialement réservées 
à cet usage; mais le travail devrait être confié à de vrais 
artistes. 

M. Van de Wyngaert trouve que l'harmonie des couleurs 
dans les matériaux employés pour la construction de l'église 
de Saint- Hubert est parfaite et qu'il serait regrettable de 
recouvrir ce beau travail d'architecture d'un nouveau plâ- 
trage et de couleur. 

Le R. P. Goflinel est du même avis et attire l'attention 
de la Commission des Monuments sur ladite église, plus 
spécialement depuis sa dernière visite. Les murs du chœur 
u'étaient pas décrépis, personne n'a pu savoir s'ils sont 
polychromes comme ceux des nefs et des colonnes. Ces 
dernières sont admirables parce que la polychromie tient au 
choix et à la disposition des matériaux employés et non à 
une peinture à l'huile. 

Si le chœur est semblablemenl construit, c'est à fortiori 
que tiendront à leur opinion les adversaires de la poly- 
chromie à l'huile. 



— 277 — 

Mais si les murs du chœur sont en pierres grises, vient 
la plus grave question : Que faire? 

1° Évidemment rechercher si les constructeurs ont voulu 
cette différence pour en tirer bon parti ou s'ils l'ont subie à 
regrel. En ce dernier cas, examiner ce qu'ils ont fait pour 
sortir de leur embarras ; 

2° Prendre une décision et juger s'il faut polychromer le 
chœur seulement, les nefs seulement, le tout. 

Le ft. P. Gofiinet demande s'il n'y aurait pas moyen 
d'engager plusieurs villages à tenir propres et convenables 
les abords, les alentours de leurs églises? D'y faire quelques 
embellissements et de les entretenir, surtout d'en écarter 
les choses encombrantes, inconvenantes, etc. 

La plus pauvre église, bien soignée extérieurement, inspi- 
rerait non seulement la piété, mais l'ordre et la bonne tenue 
des maisons particulières. 

Cette observation doit s'appliquer à beaucoup de villages 
et plus spécialement à Saint-Hubert, dont les abords mal 
entretenus de l'admirable église, ne permettent même pas 
l'écoulement régulier des eaux pluviales. D'autre part, les 
cryptogames s'introduisent entre les pierres de la façade et 
les font éclater. 

M. Tandel dit que le cas a été de même pour beaucoup 
d'églises de son arrondissement, mais qu'à force d'intervenir 
auprès des communes, il a obtenu le dégagement général 
des édifices du culte. 

H. Gupper insiste également sur cette question et 
signale plus spécialement les églises de Bande et de 
Sibret, où les eaux pluviales coulent dans les fondations, 
provoquent l'humidité et hâteront la destruction. Il y 



— 278 — 

aurait lien de construire des filets d'eau et des trottoirs. 

M. Cupper signale aussi qu'il est question d'agrandir le 
chœur de l'église de Bourcy. Il prie le Comité d'émettre un 
vœu auprès de la Commission royale des Monuments pour 
qu'une visite soit ordonnée avant d'entamer les travaux. La 
voûte du chœur est polychromée et il y aurait peut-être 
lieu de prescrire des travaux de conservation. 

M. le Gouverneur promet d'en référer à la Commission 
royale des Monuments et insistera tout spécialement pour 
que les desiderata du Comité soient pris en considération. 

M. Tandel fuit connaître qu'il existe à l'église du village 
de Lacuisine des verres à vilre d'une crudité peu en rapport 
avec l'édifice du culte. 11 y aurait peut-être lieu d'engager 
le conseil communal à faire poser des vitraux et au besoin 
des grisailles dont le prix est peu élevé. 

M. Cupper a eu l'occasion de constater à diverses reprises 
que les matériaux employés dans la construction des bâti- 
ments civils sont de mauvaise qualité et de provenance 
étrangère au pays. Il fait valoir l'excellence des produits de 
nos carrières et les désavantages des matériaux étrangers 
à la région : On fait usage de pierres provenant du Grand- 
Duché, de briques qui ne peuvent supporter, sans s'effriter, 
les rigueurs de notre climat et des ardoises de qualité 
inférieure, alors que celles qui proviennent de nos établis- 
sements du Luxembourg belge sont préférables à tous les 
points de vue. Il y aurait certainement lieu de favoriser 
l'industrie nationale. 

Les constructions se font sous la direction des étrangers 
sans autre contrôle de la Commission royale des Monuments 
que l'approbation des plans et, parfois, la réception des 



— 279 — 

travaux. A son avis, un membre compétent de ladite Com- 
mission devrait être désigné pour surveiller les travaux au 
cours de leur exécution et qui aurait pour mission de 
s'assurer également de la qualité des matériaux employés. 

M. le Gouverneur fait part au Comité de l'entrevue qu'il 
a eue avec M. le Ministre de l'Agriculture au sujet de la 
conservation des ruines d'Orval. Les difficultés en vue 
d'arriver à une entente avec le propriétaire, M. Wauters, 
sont en grande partie aplanies. II verra lui-même le pro- 
priétaire et tâchera d'obtenir une solution favorable. 

Le R. P. Goffinet remercie M. le Gouverneur pour l'intérêt 
qu'il porte aux précieux restes de la célèbre abbaye d'Orval. 
Il le prie également d'intervenir auprès de M. Kurlh pour 
obtenir le renvoi des archives concernant Saint-Hubert et 
qui appartiennent au dépôt des archives de l'État, à Arlon. 
Depuis longtemps, il cherche à les consulter cl on lui répond 
invariablement qu'elles sont chez M. Kurlh. 

M. le Gouverneur en parlera à M. l'archiviste de l'État et 
l'engagera à réclamer les documents dont il s'agit. 



• 
* * 



Il est remis à chaque membre présent une lettre de 
convocation pour assister à l'assemblée générale annuelle de 
la Commission royale dos Monuments et de ses correspon- 
dants, qui aura lieu à Bruxelles, le lundi 6 octobre pro- 
chain. 

M. le Gouverneur propose de déléguer, comme d'habi- 
tude, MM. Tandel, vice-président du Comité, et Sibenaler, 
secrétaire-adjoint, pour assister à ladite assemblée. 



— 280 — 

Celte proposition est ratifiée à ruoanimité. 
L'ordre du jour étant épuisé et plus personne ne deman- 
dant la parole, la séance est levée à 3 heures. 

M. le Président. — Nous vous remercions beaucoup 
pour ce rapport, Monsieur Sibenaler, cl nous pourrons 
rencontrer tout ce que vous venez de dire lorsque nous 
discuterons la troisième question à l'ordre du jour. 

La parole est maintenant à M. le rapporteur de la province 
de Namur. 



— 28Î — 



PROVINCE DE NAMUR 



H. Dàrdenne, rapporteur : 

Messieurs, 

Nous n'avons que peu de chose à vous exposer celte 
année ; les travaux, dans notre province, subissent un 
temps d'arrêt dont la cause toutefois nous est absolument 
étrangère : dans la plupart des cas, c'est le nerf des con- 
structions qui fait défaut, les crédits disponibles étant depuis 
longtemps engagés. 

Depuis notre dernière réunion, nous n'avons tenu que 
deux séances ; les ordres du jour comprenaient douze 
points : 

Quatre mobiliers d'église (La Plante, Sart-en-Fagne, Cul- 
des-Sarts, des Tombes) ; 

Un placement de vitrail (Resteigne) ; 

Une construction d'église (Han-sur-Lesse) ; 

Trois restaurations d'églises (Gonrieux, Roly, Vierves); 

Une décoration d'église (Haslière-Lavaux). 

Ajoutons à ce maigre exposé les travaux de Walcourt. 
Celle restauration se faisant sous la direction et le contrôle 
directs de la Commission royale, nous ne sommes guère à 
même de relater la situation que par le rapport de fin 
d'année de l'architecte dirigeant, rapport mentionnant d'une 
façon sommaire et traditionnelle les gros travaux exécutés, 



— 28* — 

le cube des pierres employées, les menues dépenses d'atelier, 
de taille, etc. 

La question de la tour de l'église de Dinant reste toujours 
en suspens ; il parait cependant qu'il y a urgence à s'en 
occuper. Quel que soit le projet qui sorte des méditations ou 
négociations en cours, il nous sera sans doute permis de 
formuler ici notre vœu le plus cher : c'est de voir maintenir 
la flèche originale qui s'est, durant sa longue existence, si 
bien identifiée avec son entourage, accommodée à son 
milieu, associée aux souvenirs des touristes et des archéo- 
logues. Nous n'en pouvons rien si nous avons au cœur une 
si vive affection pour la « citrouille •, et c'est plein de 
confiance que nous supplions qu'on la conserve à notre 
vénération (i). 

Puisque nous parlons de. Dinant, nous nous permettrons, 
au nom de tous les membres de notre Comité — sauf 
M. del Marmol, qui se trouvait sur place, — d'exprimer 
nos regrets de n'avoir pu assister à l'examen de réceplion 
de la dernière verrière placée dans la collégiale de celle 
ville : mais la nouvelle de la démarche de MM. les délégués 
de la Commission centrale arriva trop tardivement à Namur 
pour nous être transmise en temps utile. 

Le seul travail intéressant, bien que d'ordre secondaire, 
qui s'exécute actuellement dans notre province, c'est l'agran- 
dissement de la vénérable et intéressante église de Saint- 



0) A la dernière-heure, nous ayons appris officieusement que nos désirs 
seront exaucés : la flèche subira une réfection complète mais conservera, 
parait- il, sa forme primitive. S'il en est ainsi, nous manquerions à notre 
devoir le plus élémentaire en n'offrant point ici nos plus sincères remer- 
ciements aux promoteurs et défenseurs de cette mesure. 



— 283 — 

Germain. Après des vicissitudes diverses, dos menaces 
d'abandon et des reprises du projet, l'accord se fil enfin. 
Les travaux, entrepris avec une sage lenteur, se poursuivent 
régulièrement sous l'œil vigilant et la haute sollicitude de la 
Commission royale ; nous sommes dès maintenant assurés 
qu'ils donneront pleine et entière satisfaction à tous les 
intéressés, aux paroissiens, d'une part, aux touristes et aux 
amateurs de l'autre. 

Quant aux restaurations de Gonrieux, de Roly et de 
Vierves, ce ne sont là que des travaux d'ordre minime, exé- 
cutés à des constructions qui n'avaient avant et n'auront 
après aucun caractère monumental. 

Enfin, la décoration de l'église de Haslière-Lavaux est 
une de ces choses dont on voudrait n'avoir jamais eu à 
s'occoper, tant le projet présenté était, à tous les points de 
vue, banal et insuffisant. 

A propos de mobiliers d'églises, nous devons prolester 
contre la facilité, disons plutôt l'espèce d'acharnement avec 
lequel on fait disparaître nombre de pierres tombales du 
plus haut intérêt historique ou archéologique. Il y a bon 
nombre d'années que ces monuments ont été cités, étudiés 
ou décrits, avec un soin tout particulier et une remarquable 
érudition, par notre savant et passionné collègue M. Alf. 
Bequel (i). Bien que ces mausolées aient été jadis signalés à 
l'attention des communes et des fonctionnaires de divers 
degrés préposés à leur garde ou à leur conservation, il 



(0 Nombre de frottis exécutés par M. Bequet lui-même sont exposés au 
musée archéologique de Namur ; en outre, quantité de notices leur sont 
consacrées dans les Annales de la Société archéologique de Namur. 



— 284 — 

arrive presque chaque jour que nous ayons à constater de 
nouvelles disparitions. Or, nous considérons ces pierres 
tumulaires comme faisant partie du domaine public et nous 
voudrions que des mesures quelconques, mais avec sanction 
efficace, fussent prises à bref délai, pour assurer la conser- 
vation de ces intéressants et souvent curieux monuments. 

La commune de Bouvignes s'est, dernièrement, adressée à 
l'administration provinciale de Namur pour s'enquérir de la 
suite donnée au projet de restauration de la « Porte de 
Laval », qui s'écroule chaque jour davantage, et dont la 
disparition est prochaine si l'on n'y porte remède. Cependant 
cette porte rappelle un des plus beaux souvenirs de l'histoire 
locale, un haut fait d'armes reconnu et récompensé par 
Charles-Quint lui-même. 

A ce titre, nous estimons que ce modeste édicule a des 
titres suffisants pour solliciter avec succès la bienveillante 
sollicitude des pouvoirs publics et l'octroi d'un léger subside. 

Bien que nous ayons déjà touché, dans nos précédents 
rapports, la question des mobiliers d'église, nous ne pouvons 
nous empêcher d'y revenir pour déplorer plus que jamais 
l'insuffisance et la pauvrelé des plans qu'on nous soumet 
après approbation des mandataires communaux et des fabri- 
ciens. Malgré nos refus et nos observations, c'est toujours 
le même système qui prédomine, le même style — et 
lequel? — vide et banal, l'absence de caractère, la simi- 
litude de conception, disons le mot, le même mercantilisme. 
D'ordinaire, ces projets nous sont présentés sous forme de 
simples croquis parfois teintés de chic, avec un certain 
aspect imagier, mais sans plans de détails, cotes d'épais- 
seurs, modes d'assemblage, projets tracés en grandeur 



— 285 — 

d'exécution, bref, sans aucun détail constructif qui permette 
de se faire une idée suffisamment exacte du meuble à con- 
struire, des garanties de solidité qu'il présente, des indices 
de durée qu'il comporte, du caractère a rchi tectonique qu'il 
revêt. Et cependant il y a là de bien graves intérêts à 
sauvegarder : ceux des autorités qui commandent et qui 
naturellement paient des deniers publics ; et, d'autre part, 
ceux des entrepreneurs qui devraient se rendre un compte 
exact des engagements qu'ils prennent, des responsabilités 
qu'ils encourent. A notre humble avis, celte grave question 
ne se résoudra que par une entente complète entre tous les 
pouvoirs qui interviennent en celte circonstance. Aussi 
longtemps que cet accord ne se fera point, on trouvera des 
administrateurs assez peu soucieux des intérêts de leurs 
concitoyens et de l'accomplissement de leur mandat, pour 
accepter des plans insignifiants ou incomplets, — des entre- 
preneurs disposés à fournir quand même les meubles 
projetés, — des fonctionnaires enfin, intervenant toujours 
trop tard, pour constater toujours avec le même regret et 
le même écœurement, les faits accomplis; tous aidant ainsi, 
à leur insu, à doter nos églises de mobiliers de pacotille que 
la génération prochaine devra remplacer, au grand détri- 
ment des finances publiques. Inspirons-nous davantage de 
la manière d'agir de nos devanciers et tâchons enfin d'avoir 
à cœur de léguer à nos descendants des œuvres au moins 
solides et durables ; si nous ne pouvons aspirer à briguer 
leurs éloges ou leurs félicitations, évitons au moins leurs 
récriminations. Et alors, ce sera sans crainte et sans 
reproche, avec le calme et la dignité du devoir accompli, 
que nous quitterons la carrière, laissanl à la génération 



— 286 -- 

prochaine le soin, non de démolir ou de renouveler, mais 
bien de conserver et de continuer notre œuvre. 

Une autre question importante, c'est remploi des maté- 
riaux de construction. Lorsqu'il s'agit de restauration, il est 
évident qu'il importe avant tout de remplacer les éléments 
devenus défectueux, par des éléments similaires, sains et 
durables, de procéder de telle façon, que le côté matériel 
de la réfection disparaisse; bref, que la restauration, autant 
que possible, passe inaperçue, laissant l'illusion de la persis- 
tance de l'œuvre primitive. 

Mais, pour ce qui concerne les constructions nouvelles, 
nous voudrions qu'on imposât aux architectes, comme 
première condition préalable à la rédaction des plans, 
l'emploi des matériaux naturels fournis par la localité elle- 
même. Si toutefois cette localité se trouvait absolument trop 
pauvre, si elle ne récelait que des matériaux inutilisables, 
on devrait au moins se confiner dans la région, sans aller 
chercher au loin soit des éléments d'un prix de revient 
très élevé, soit dés éléments n'offrant pas des garanties 
suffisantes de durée ou de résistance au climat local. Plus 
que jamais, nous sommes persuadés que c'est là l'unique 
moyen d'arriver à donner à nos églises, maisons commu- 
nales, écoles ou presbylères, une physionomie spéciale, un 
caractère local, le moyen enfin de les approprier, par leur 
aspect et leur silhouette, au site dans lequel ils s'élèvent. 
Nous avons assez subi, en définitive, ces constructions 
transplantées d'une extrémité à l'autre de notre province, 
restant toujours et partout semblables, parfois identiques à 
elles-mêmes. Bref, nous voudrions voir les architectes 
adopter celle maxime : « À chaque homme son habit, à 



— 287 — 

chaque commune ses constructions. » Ce système, appliqué 
de façon soutenue, finirait par doter nos communes de 
bâtiments qui seraient à elles, qui constitueraient les élé- 
ments de leur physionomie spéciale, leur personnalité, si 
nous pouvons nous exprimer ainsi. Et puis, c'est, à notre 
avis, nous devons bien l'avouer, le seul moyen de faire 
disparaître cette fâcheuse coutume, beaucoup trop fréquente, 
de tirer de nouveaux plans des vieux papiers. Quand on 
voit le parti que certains architectes ont su tirer du 
judicieux emploi de certains matériaux que la nature leur 
offrait pour ainsi dire à pied-d'œuvre, les heureux effets de 
couleur qu'ils leur ont fait produire, la variété des formes 
qu'ils ont dû créer pour les mettre en valeur, l'heureuse 
harmonie qu'ils ont su faire régner entre ces éléments 
souvent si divers, le caractère à la fois neuf, pittoresque et 
élégant qu'ils ont su donner à leurs constructions, on se 
prend à déplorer avec amertume que celte idée ne se 
généralise pas davantage (i). Aussi, faisons-nous un chaleu- 
reux appel à tous nos collègues, pour que tous nous 
marchions la main dans la main à la conquête de cet idéal. 
Puissions-nous finir bientôt par triompher de celte honteuse 
inertie contre laquelle nous luttons depuis tant d'années. 
Nous ne désespérons pas toutefois de voir un jour dispa- 
raître ces plans de bâtiments communaux quelconques, 
tirés à nombre d'exemplaires, à l'instar des épreuves photo- 
graphiques fournies par un seul et même cliché. Un appui 
qui nous viendra puissamment en aide et sur lequel on 



(i) Voir les gares récentes de certaines lignes de l'État, la Poste de 
flny, etc. 



— 288 — 

n'eût peut- être pas compté jadis, c'est la clientèle bourgeoise. 
De ce côté, la tendance est manifeste et jusque dans nos 
plus modestes bourgades on voit s'élever des constructions 
qui témoignent d'une évidente recherche du nouveau. Que 
les communes ne se laissent pas devancer par les parti- 
culiers et que leurs mandataires imposent leurs désirs aux 
architectes de leur choix ; que ceux-ci, avant de jeter aucune 
ligne, même d'avant-projet, se rendent dans la localité, qu'ils 
se renseignent sur place de la situation et de ses ressources, 
qu'ils examinent ensuite quelque vieille construction de 
l'endroit et ils pourront se rendre un compte exact des 
ressources naturelles, de la convenance ou de la résistance 
des matériaux. Dès lors, ils seront fixés sur le mode de 
construction à adopter, ils n'auront plus à étudier que les 
lignes ou les formes les mieux appropriées aux matériaux à 
mettre en œuvre. 

Nous demanderons, pour terminer, qu'il nous soit permis 
de soulager notre cœur d'un poids qui l'oppresse, et ce 
faisant, nous aurons rempli notre devoir en dégageant notre 
responsabilité. Voici à quel propos. Il existe dans notre 
province une église rurale de construction récente, que 
nous ne nous lassons point d'admirer, une église remar- 
quable à tous égards, signée d'un grand nom, d'un nom 
qui brillera longtemps encore dans l'histoire de l'art belge, 
une église enfin, que l'architecte avait étudiée, caressée plus 
peut-être que d'autres édifices de haute importance. Malheu- 
reusement ceux qui assistèrent à l'éclosion du projet, ceux 
qui aidèrent à sa réalisation, disparurent avant l'achèvement 
de l'œuvre, disons plutôt du chef-d'œuvre : l'église fût, en 
effet, construite mais non entièrement meublée. Il y a 



— 289 — 

quelques années, on y plaça un « Chemin de croix », vul- 
gaire moulage en plaire, bariolé d'indigne façon ; nous avons 
vainement protesté contre cette profanation. Aujourd'hui, il 
s'agit d'un autel à installer dans notre petit bijou d'église. 
Or, le plan de l'autel a été dressé par l'architecte lui-même, 
non pas uniquement dans ses grandes lignes, mais bien dans 
tous ses détails; les plans sont donc là, prêts à être utilisés; 
cl si d'ailleurs il surgissait quelque difficulté d'exécution, 
les élèves du maître sont là, prêts à la résoudre. Nous 
estimons que l'adoption de ce projet, à l'exclusion de tout 
autre, était un hommage de reconnaissance dû à la mémoire 
du grand architecte dont nous pleurons encore la perte. La 
réalisation de ce plan pouvait seule conserver à l'édifice son 
caractère d'unité, en identifiant le meuble principal à la 
construction elle-même. Eh bien! nous regrettons que celte 
idée n'ait point été partagée et que pour une mesquine 
question de finance, parait-il, — question qu'on eût peut-être 
pu résoudre par d'autres voies, — nous regrettons que le 
plan du regretté Beyaert ait été écarté et remplacé par 
celui d'une personne complètement étrangère à l'église des 
Tombes, personne dont nous ne songeons nullement à con- 
tester le talent de sculpteur; mais, à notre avis, il ne 
devait entrer dans l'église de Beyaert qu'un autel de 
Beyaert. 

Enfin, nous sommes heureux de vous annoncer que 
la rédaction de l'inventaire des objets d'art de notre 
province est entrée dans sa phase d'exécution ; la grande 
majorité des matériaux sont réunis ; nous nous occu- 
perons incessamment du groupement et de la coordi- 
nation. 



— 290 — 

M. le Président. — Nous vous félicitons, Monsieur Dar- 
denne, pour votre beau rapport. 

M. IIelbig (Liège). — Les faits que vous déplorez, Mon- 
sieur le rapporteur, nous les déplorons aussi, peut-être plus 
que vous. Nous avons voulu, nous, établir une situation : 
c'est que ce ne sont pas les administrations qui peuvent 
modifier cet état de choses ; ce sont les artistes qu'il faut 
former pour cela. C'est par eux qu'il est possible de régé- 
nérer l'art ; nous aurons beau prendre les mesures les plus 
rigoureuses et les meilleures pour l'élaboration d'une œuvre 
d'art; nous n'aboutirons à aucun résultat désirable par des 
moyens administratifs. 11 faut des artistes; il faut que l'édu- 
cation d'un grand nombre d'artistes soit faite à ce point de 
vue, car si nous avons assez souvent de beaux plans d'église, 
en réalité, nous avons fort peu de plans d'ameublement 
convenables ; cela est négligé, dans l'enseignement, d'une 
façon presque complète. 11 nous faut insensiblement arriver, 
sous ce rapport, à un meilleur état de choses; toutefois, 
d'après mon expérience personnelle, nous sommes cepen- 
dant à ce sujet en voie d'amélioration, malgré ce défaut de 
formation que je vous signalais à juste litre et que, je le 
répète, nous regrettons autant que vous. 

M. le Président. — Nous arrivons, Messieurs, au troi- 
sième objet de notre ordre du jour : « Invenlaires des objets 
d'art appartenant aux établissements publics». Ce point a 
été traité dans presque chacun des rapports qui nous ont 
été présentés aujourd'hui par nos membres correspondants. 
Jusqu'à ce moment, c'était la province de Namur qui était 
la plus en retard sous ce rapport. Vous avez pu vous 



— 291 — 

convaincre qu'elle était entrée dans la bonne voie à cet 
égard. 

M. Sibenaler, au nom du Comité du Luxembourg, nous 
a lu le rapport de M Tandel; il a exprimé le vœu que la 
Commission royale donnât des instructions afin de voir 
achever le plus vite possible les différents inventaires. Ce 
n'est pas d'aujourd'hui que nous demandons cela. Vous vous 
rappelez, en effet, que, dès le 15 février de cette année, 
nous avons demandé aux correspondants de déléguer deux 
de leurs membres, dans chaque Comité, pour s'entendre 
sur ce point-là. Depuis, nous avons demandé aux divers 
Comités de nous faire parvenir les propositions qui auraient 
été faites depuis le 1S février. Je ne sais pas si notre 
demande a été bien comprise à cet égard; en tout cas, 
personne ne nous a répondu jusqu'ici. Mais, afin de ne pas 
allonger outre mesure celte séance par des questions trop 
détaillées, je vous proposerai, Messieurs, comme résolution 
pratique, pour ce troisième objet de l'ordre du jour, de 
décider que la Commission centrale s'occupera de convoquer 
à nouveau chez elle une nouvelle réunion ; seulement, dès 
à présent je vous demanderai de vous y faire représenter 
par voie de délégués, car nous serions dans l'impossibilité 
de vous abriter tous sous notre toit. 

Voilà, Messieurs, quelle serait la meilleure résolution à 
prendre actuellement concernant cette question. Si, d'autre 
part, des membres avaient des éclaircissements à donner à 
ce sujet, je suis prêt à leur accorder la parole. 

M. Helbig (Liège). — Je demande la parole pendant 
quelques instants seulement sur ce sujet-là. 



— 292 — 

Il importe, on Ta déjà dit, qu'il y ait, sous ce rapport, un 
système uniforme; je puis, à ce propos, recommander tout 
spécialement un ouvrage qui, malheureusement, est écrit 
en langue allemande, mais qui, cependant, peut servir de 
document, de modèle, surtout au point de vue de la division 
et de l'exactitude, c'est l'ouvrage de M. Glemen, sur le pays 
rhénan. C'est un ouvrage excellent et que je puis conseiller 
en toute confiance à tous ceux qui s'occupent de ces inven- 
taires. Je crois qu'ils ne trouveront pas de meilleur modèle 
à suivre. Ceux qui savent le flamand peuvent générale- 
ment lire l'allemand, et les Wallons, qui ne savent pas le 
flamand, mais qui connaissent une langue germanique, 
pourront très souvent aussi le comprendre. Mais, dans tous 
les cas, ils pourront voir, par la simple division de ce travail, 
combien il peut être utile à tous sous tous les points de 
vue. 

M. le Président. — Vous avez, Messieurs, entendu le 
conseil de M. Helbig, tout particulièrement désigné pour 
vous le donner; j'espère que vous voudrez bien en profiter. 

M. Bordiau (Bruxelles). — Je crois savoir que la pro- 
vince d'Anvers et celle de la Flandre orientale ont toutes les 
deux terminé leur travail; je fais la proposition de réunir 
ces Messieurs le plus tôt possible afin qu'ils nous montrent 
ce qu'ils ont déjà fait et qu'ils nous disent, en même temps, 
ce qu'ils se proposent encore de faire pour qu'il y ail une 
certaine uniformité dans le travail, quoique je pense que le 
travail soit, sous ce rapport, presque fini partout. 

M. le Président. — Pas partout. 



— 293 — 

M. Bordiau. — 11 l'est, dans tout cas, dans plusieurs 
provinces. 

H. le Président. — Votre conclusion, Monsieur Bordiau, 
est aussi de faire une réunion prochaine, comme suite à 
celle du 13 février. 

Si plus personne ne demande la parole, je prie les 
Comités provinciaux de vouloir bien nous envoyer deux 
délégués. Ceux d'enlr'eux qui auraient à peu près terminé 
leur travail, peuvent nous apporter leurs projets. 

M. Van Leemputten (Anvers). — Pour la province 
d'Anvers, vous avez tout reçu. 

M. le Président. — C'est entendu. 

Nous abordons maintenant, Messieurs, la quatrième 
question, en vertu d'une décision de l'Assemblée générale 
de l'année dernière. Elle est ainsi conçue : « Les formes 
de structure simulée, que l'artiste conçoit pour exprimer 
son impression personnelle, doivent-elles jouer le rôle prin- 
cipal dans l'aspect des monuments? » 

L'année dernière, M. Bilmeyer avait, je pense, demandé 
des explications à ce sujet. Je suis tout disposé à lui 
accorder la parole, s'il le désire? 

M. Bilmeyer (Anvers). — Si, l'année dernière, j'ai 
demandé la parole à ce sujet, c'était parce que j'avais 
constaté que plusieurs personnes ne comprenaient pas la 
question. 

M. le Président. — N'avez-vous rien préparé à ce sujet, 
Monsieur Bilmeyer ? 



— 294 — 

M. Bilmever. — La question demande si les formes 
de structure simulée doivent jouer le rôle principal dans 
l'aspect des monuments. A la question ainsi posée, je répon- 
drai catégoriquement : Non. 

Aux explications de notre honorable Président j'ajouterai 
celles-ci : 

Prenant en considération les diverses formes de structure, 
vous avez les formes simulées, les formes transposées cl les 
formes réelles. 

Ces dernières se définissent ainsi : elles accusent un 
moyen effectif de construction ; elles sont l'expression vraie 
de l'organisme architectural. A mon avis, celte expression 
est la seule dont on doit tenir compte, principalement et 
à priori quand il s'agit de la restauration de monuments. 
Pour les constructions modernes, c'esl encore ce principe 
qui devrait dominer, car ce sont les matériaux employés et 
leur mise en œuvre rationnelle qui forment les bases fonda- 
mentales de loutc architecture bien raisonnée. 

De ce qui précède, il y aurait lieu de recommander 
les formes réelles dans toute restauration et construction 
moderne, et de condamner les formes simulées et transpo- 
sées, surtoul si elles ont pour seul but une satisfaction le 
plus souvent imaginaire et personnelle de l'artiste. 

M. le Président. — Si plus personne ne demande la 
parole à ce sujet, je considérerai cette question comme ne 
devant plus être reproduite cette année ni Tannée prochaine. 
(Assentiment.) 

Nous passons à la question suivante : t Qu'enseignent 
les découvertes de peintures murales faites dans les monu- 



— 295 — 

menls de la Belgique ? » Cette question a également été 
remise à Tordre du jour en vertu de la décision unanime de 
l'Assemblée générale du 7 octobre 1901. 

Au sujet de celte question, nous avons une triple consta- 
tation à faire : M. van Ruymbeke nous avait, Tannée 
dernière, promis de faire une étude complète sur ce 
dont il nous avait parlé, c'est-à-dire de la décoration de 
Téglise de Sainte-Walburge, à Furnes, où il y a des pein- 
tures extrêmement intéressantes. Malheureusement, M. van 
Ruymbeke est empêché d'èlre parmi nous par le fait qu'il 
fait partie du jury de la Cour d'assises de Bruges, siégeant 
actuellement. Peut-être aussi n'a-t-il pas pu terminer son 
travail. 

H. Helbig (Liège). — Je puis vous donner l'affirmation 
que le travail de M. van Ruymbeke est terminé. 

M. le Président. — C'est étrange, qu'il ne nous Tait pas 
envoyé. Nous considérerons sa communication comme faite 
et nous l'insérerons au Bulletin. 

M. Bordiau (Bruxelles). — Il me semble que, préala- 
blement, nous devrions avoir une discussion. 

M. le Président. — Nous l'aurons quand même. 

M. Bordiau. — Nous devrions, d'après moi, attendre 
pour insérer ce travail au Bulletin. 

M. le Président. — Si, dès à présent, ce travail est 
inséré au Bulletin, vous aurez tout le temps voulu pour le 
lire et le discuter. 

M. Bordiau. — Ce serait irrégulier. 



— 296 — 

M. le Président. — M. Van Caster ne serait pas de cet 
avis, je pense. 

M. Bordiau. — Je trouve qu'avant de rien insérer au 
Bulletin nous devrions avoir une discussion à ce sujet. 

M. le Président. — MM. De Groote et Bilmeyer ont été 
sollicités par nous de faire également rapport sur ce sujet. 
Aucun de ces messieurs n'est probablement prêt? 

M. Bilmeyer (Anvers). — Il en a été question dans la 
dernière réunion du Comité, et la Commission royale sera 
saisie des propositions du Comité. 

M. le Président. — Donc, contrairement à ce que j'avais 
dit d'abord, on serait d'avis de ne pas publier dès à présent 
au Bulletin le travail de M. van Ruymbeke? C'est, du 
moins, ce que propose M. Bordiau. Je demande si tout le 
monde est d'avis de retarder la publication du travail de 
M. van Ruymbeke jusqu'à ce qu'une discussion ait eu lieu 
sur ce sujet. J'ajoute que, quant à moi, je pense que le 
rapport de M. van Ruymbeke constituerait un élément très 
utile de discussion. 

M. Bordiau. — Vous aurez assez d'éléments sans cela. 

M. le Président. — Je ne le pense pas ; on n'en a jamais 
assez, bien entendu au point de vue scientifique. Il me 
semble que précisément ce travail viendrait à point, à moins 
qu'on ne veuille commencer la discussion dès à présent, 
sans les documents attendus. Il me semble plutôt que la 
question doive être remise à l'assemblée prochaine. 

M. Bordiau. — Il n'y a rien qui brûle. 



— 297 — 

M. Helbig (Liège). — L'année dernière on s'est déjà 
préoccupé de cette question, mais, malheureusement, au 
moment où j'avais dû quitter la séance. 

H. le Président. — J'en ai exprimé le regret. 

M. Helbig. — Aujourd'hui, j'en suis réduit à exprimer, 
à mon tour, le regret de ne pas voir parmi nous M. Van 
Caster. (Rires.) 

Je ne songe pas, en ce moment, à entrer dans le fond de 
la question, mais je tiens seulement à faire une observation : 
c'est que M. Van Caster, en participant à la discussion à l'Aca- 
démie d'archéologie à Anvers, a rappelé un certain nombre 
d'arguments que j'avais déjà fait valoir. Il a notamment fait 
observer, avec beaucoup de raison, que je m'étais tenu sur 
le terrain de la question de principe, et que lui, de son côté, 
s'était tenu sur le terrain des faits. Gela n'a pas empêché que 
j'ai appuyé cependant les indications quant aux principes, 
d'un certain nombre de faits qui me semblaient acquis. 
M. Van Caster en a indiqué aussi quelques-uns, mais il en a 
omis d'autres, quoique je ne veuille pas du tout compléter 
ce qu'il a pu dire sous ce rapport. Il y aurait, de ma part, 
mauvaise grâce à vouloir le faire pendant son absence. Je 
me réserve de le faire plus tard, puisque la question doit 
être remise à l'ordre du jour, et que j'espère qu'elle sera 
traitée d'une façon complète l'année prochaine. Aujourd'hui, 
je n'ai donc qu'une chose à faire : exprimer mes réserves à 
cet égard, car il n'entre nullement dans mon intention de 
formuler les objections que j'aurais à présenter à ce sujet 
en l'absence de M. Van Casier, avec lequel j'ai toujours 
eu d'excellentes relations, que je tiens à continuer. Il y 



— 298 — 

a là une question de délicatesse que chacun comprendra. 

M. le Président. — La question sera d'autant plus 
volontiers mise à l'ordre du jour que vous nous promettez 
de prendre part à la discussion. 

M. Helbig. — Je vous remercie. 

M. le Président. — Si personne ne fait d'opposition, la 
question figurera à l'ordre du jour de notre prochaine 
réunion. 

On demande que le travail de M. van Ruymbeke ne soit 
pas publié au Bulletin. J'avoue ne pas bien comprendre en 
quoi l'insertion pourrait nuire à la discussion. 

M. Bordiau. — Il faut laisser la question entière. 

M. Helbig (Liège). — Je tiens, messieurs, à vous mettre 
d'accord, et je crois pouvoir arriver à ce résultat en vous 
annonçant que M. van Ruymbeke m'a proposé son travail 
pour la Revue de FArt chrétien. Lorsque ce travail aura 
paru dans ce recueil, vous pourrez en tenir compte ou non, 
selon votre désir. 

M. le Président. — C'est aussi mon avis. Je demanderai 
néanmoins si l'on est d'avis de ne pas insérer le travail au 
Bulletin ? 

M. Jaminé (Hasselt). — Je crois que l'on pourrait parfai- 
tement publier le travail au Bulletin. Gomment voulez-vous 
qu'une discussion ait lieu si on ne l'a pas l'année prochaine 
et si ce rapport n'est pas inséré cette année-ci au Bulletin? 
Il faudrait commencer, lors de notre prochaine séance 
annuelle, une discussion sur un fait qui n'aura pas été exposé. 



- 299 — 

Il me semble donc qu'il faudrait faire avant celte date une 
publication du rapport dont il s'agit. 

M. Bordiau (Bruxelles). — Ce n'est pas d'une publi- 
cation spéciale que vous entendez parler, mais d'une 
impression au Bulletin de la Commission ? 

M. Jaminé. — Parfaitement. 

H. le Président. — C'est sous le nom de l'auteur que 
paraîtrait le rapport. 

M. Bordiau (Bruxelles). — Que Ton publie le rapport 
d'une autre manière, je l'admets, mais qu'on ne l'insère pas 
dans le Bulletin, car il recevrait ainsi, en quelque sorte, 
une consécration officielle. 

Je demande que la question reste absolument entière, 
avant que tous les éléments du débat ne soient réunis et 
qu'on ne publie absolument rien sous ce rapport. 

M. le Président. — J'ai entendu dire tout à l'heure que 
M. van Ruymbeke avait promis de remettre son travail pour 
être inséré dans la Bévue de lArt chrétien. Dans l'intérêt 
même de nos discussions, il me semble qu'il n'y aurait aucun 
inconvénient à ce que cette publication eut lieu aussi dans 
notre Bulletin, d'autant plus qu'elle n'engage personne. 

M. Bordiau (Bruxelles). — C'est la consécration officielle 
incontestablement d'une opinion personnelle. 

M. le Président. — Pardon ; c'est sous le nom de l'auteur 
que le travail sera publié. 

M. Bordiau. — Il ne devrait pas être publié dans un 
bulletin officiel. 



— 500 — 

M. le Président. — Je vois des membres, comme 
MM. Darderme et Jaminé, qui ne me paraissent pas de cet 
avis. Dans ces conditions, nous sommes bien obligés de pro- 
céder à un vote, qui pourrait se faire à mains levées. 

M. Van Leemputten (Anvers). — La question n'ayant pas 
été discutée jusqu'ici, il vaudrait beaucoup mieux ne pas 
publier n'importe quoi à ce sujet; c'est une question très 
importante que celle dont il s'agit. 

M. Helbig (Liège). — La publication dans le Bulletin 
n'engage absolument personne de la Commission royale des 
Monuments, si ce n'est l'auteur du rapport. 

M. Bordiau (Bruxelles). — On annonce une discussion 
qui devait commencer il y a deux ans. On peut donc bien 
l'entamer aujourd'hui sans que le rapport soit publié. 

M. le Président. — Il ne faut pas oublier ceci : c'est que, 
comme je l'ai dit au commencement de la séance, M. van 
Ruymbeke a été malheureusement retenu aujourd'hui à 
Bruges par des devoirs civiques. Sans cette circonstance, il 
nous aurait probablement lu son travail et la discussion 
aurait tout au moins commence aujourd'hui, mais il est peu 
vraisemblable qu'elle aurait pu être terminée. C'est un des 
sujets les plus compliqués que l'on puisse aborder. 

Je dis aussi que si nous publions dès à présent ce rapport 
au Bulletin* nous ajouterons un document de plus pour la 
discussion ; mais il serait publié sous la responsabilité exclu- 
sive de celui qui le signera. Personne d'autre que lui ne 
sera engagé. 

M. Dumortier (Bruxelles). — Ne pourrait-on pas, si on 



— 301 — 

le demandait à la direction de tArt chrétien, obtenir, si 
elle publie le rapport, un certain nombre de tirés à part et 
les distribuer avant la séance de Tannée prochaine ; comme 
cela nous n'aurions pas d'insertion à faire au préalable dans 
notre Bulletin? Gela ne nous coûterait rien ou peu de chose. 

M. Helbig (Liège). — Je tiendrai des tirés à part à la 
disposition de Fauteur; il en fera l'usage qui lui conviendra 
et il se fera certainement un plaisir d'envoyer un exemplaire 
à chacun de vous. 

M. Dumortier (Bruxelles). — L'auteur a tout intérêt à ce 
que son travail soit lu, et les membres de la Commission, 
comme ceux des Comités et les correspondants, pourront 
ainsi le posséder plus tôt. 

M. Jàminé (Hasselt). — C'est surtout au point de vue du 
principe qu'il importe qu'une décision soit prise en ce qui 
concerne le point de savoir si, préalablement à sa commu- 
nication aux membres, le rapport sera envoyé à un journal 
quelconque aux fins d'y paraître. 

Il y a deux ans, celle question avait déjà figuré à l'ordre 
du jour; mais, au moment de commencer la discussion, on 
a réclamé des explications au Président pour savoir ce que 
l'on voulait exactement dire, el cette année personne n'a fait 
de rapport. Je crois que nous pourrions ainsi allonger notre 
ordre du jour d'une série de questions comme celles-là et 
n'avoir jamais aucune discussion à ce sujet 

M. le Président. — Monsieur Bordiau, maintenez-vous 
votre proposition de ne pas insérer maintenant le travail au 
Bulletin? 



— 302 — 

M. Bordiàu. — Que Ton publie le rapport si Ton veuf, 
mais qu'on ne l'insère pas au Bulletin. On ne doit pas, je le 
répèle, donner une consécration officielle à un rapport qui 
comprend des faits constituant une appréciation personnelle. 

M. le Président. — Il y a une proposition d'insérer au 
Bulletin le travail de M. van Ruymbeke avant l'année pro- 
chaine. Je vais consulter l'assemblée à ce sujet. 

M. Helbig (Liège). — Il apparlient à M. van Ruymbeke 
de décider cette question ; il reste, en effet, maître de son 
œuvre. Mais, quant à moi, je déclare que s'il me donne sou 
travail, je l'insérerai dans la Reçue de FArt chrétien. 

M. le Président. — Parfaitement; cela n'empêche pas 
que nous pouvons l'insérer aussi dans le Bulletin. Sous toute 
réserve de l'adoption de cette proposition, M. van Ruymbeke 
reste toujours libre de remettre son travail à CArt chrétien. 
Il n'y a aucun doute à cet égard. Cependant, s'il en subsis- 
tait un, je demanderais à ceux qui désirent voir insérer 
dans le Bulletin le travail de M. van Ruymbeke, sous sa 
responsabilité bien entendu, de bien vouloir lever la main. 

M. le Président. — Il n'y a pas de doute que la majorité 
est d'avis que l'insertion au Bulletin peut avoir lieu. Cepen- 
dant, s'il y avait contestation à cet égard, — pour que Ion 
ne puisse pas dire que nous avons remporté facilement 
une victoire, — nous pourrions faire l'appel nominal. C'est 
inutile, n'est-ce pas? 

M. Bordiau. — Absolument! 

M. le Président. — Nous arrivons, Messieurs, au 6 mt et 
dernier objet de l'ordre du jour. 



— 303 — 

M. le Président. — Vous vous le rappellerez : je vous 
ai dit, au commencement de la séance, qu'à la suite d'une 
proposition de M. Schuermans, — heureusement arrivé 
parmi nous — l'Assemblée préparatoire avait décidé que la 
partie de la question relative aux travaux effectués à l'abbaye 
de Villers serait reportée à la fin de la séance. 

Est-ce que quelqu'un s'oppose à ce qu'il en soit ainsi? 

Si personne ne s'y oppose, je considérerai la proposition 
comme définitivement adoptée. Voici les termes de la ques- 
tion : • Les travaux effectués ou en cours d'exécution, d'une 
part aux maisons et monuments de la Grand'PIace de 
Bruxelles, au château des Comtes à Gand et aux abbayes 
de Villers et d'Aulne ; d'autre part, aux églises romanes de 
Nivelles et de Soignies, ainsi qu'aux églises gothiques de 
Walcourl et de Nieuport, revètent-ils un caractère à la fois 
pittoresque, scientifique et artistique? » 

Je n'ai pas besoin, Messieurs, de vous donner de longues 
explications au sujet de cette question. Vous l'aurez remar- 
qué : on fait, en ce moment surtout, des travaux à toute 
une série de monuments. On désigne expressément le genre 
de travaux à exécuter à chaque monument; on demande 
s'ils satisfont à ce que désire l'école « des pittoresques » , et 
si, en même temps j ces restaurations satisfont à ce qu'on a 
le droit de leur demander au double point de vue scienti- 
fique (archéologique) et artistique. Dans cette polémique 
qui a surgi entre « les pittoresques » et leurs adversaires, 
réside, à mon avis, un malentendu. Ainsi, l'on ne peut 
pas, dans nombre de cas, ne faire exclusivement que 
« du pittoresque » et sacrifier à cette tendance l'art et 
l'archéologie. On peut, on doit satisfaire en même temps à 



— 504 — 

Tari, à la science et au pittoresque dans une œuvre belle 
et complète. 

A-t-on réussi, à ce triple point de vue, dans les cas 
invoqués par la question? C'est à quoi revient celle-ci. 

Je donnerai la parole à ceux qui voudront s'occuper à 
cet égard de l'un ou l'autre des monuments ici mentionnés. 
Quelqu'un demande-t-il la parole? 

Personne n'a-t-il de remarques à faire sur les travaux 
effectués ou en cours d'exéculion à la Grand'Place de 
Bruxelles, au château des Comtes à Gand, à l'abbaye 
d'Aulne, aux églises romanes de Nivelles et de Soignies? 

En ce qui concerne l'église de Nivelles, voici mon 
avis : 

Après l'avoir souvent visitée, j'estime que la restauration 
du chœur et du transept est très satisfaisante, au triple 
point de vue pittoresque, scientifique et artistique. 

En ce qui concerne les églises gothiques de Walcourl et 
de Nieuport, les correspondants qui pourraient s'en occuper 
ne sont pas ici. 

En tous cas, ceux d'entre nous qui ont vu ces restau- 
rations en ont été satisfaits. 

Nous en arrivons maintenant à la question dont M. Schuer- 
mans désirait s'occuper spécialement. 

La parole est à M. Schuermans. 

M. Schuermans (Liège). — Je demanderai, Monsieur le 
Président, à ne parler que tantôt, quand nous aurons 
entendu d'autres membres. 

M. le Président. — Quelqu'un demande-t-il la parole? 
M. Licot, qui est encore présent à la séance, et qui est une 



—^305 — 

au lo ri té en la matière, ne désire-t-il pas parler? Nous 
Tentendrions avec plaisir. 

Eh bien ! si personne ne demande la parole, je vais me 
permettre de dire deux mots delà question. Je prie M. Helbig 
de bien vouloir me remplacer. 

(1/. Helbig, Vice- Président, prend place au fauteuil de la 
Présidence.) 

M. Lagasse-oe Locht (Bruxelles). — Messieurs, au sujet 
de l'abbaye de Villers précisément se présente le triple point 
de vue dont nous parlions tantôt. 

L'abbaye de Villers a fait couler, dans notre pays, 
beaucoup plus d'encre que n'importe quel autre monument; 
on en a même parlé à la Chambre. Et il n'est pas mauvais, 
je crois, que quelques mots soient dits à cet égard avant la 
communication de M. Schuermans. 

Nous serions heureux qu'à Villers l'on pût satisfaire tout 
le monde. Tant mieux, si les c pittoresques » pouvaient con- 
tinuer à y jouir du < charme inimitable des ruines » , c'est le 
mot dont ils se sont servis. Tant mieux encore si les artistes, 
les savants pouvaient aussi s'y déclarer satisfaits. 

La restauration de la brasserie, déjà en très grande partie 
réalisée d'une façon remarquable par M. Licot, devrait 
pouvoir être achevée complètement. 

Le réfectoire aussi devrait être complètement restauré. Ce 
sont là deux morceaux d'architecture, très beaux, qui gagne- 
raient beaucoup à revivre sous les mains consciencieuses de 
l'artiste éminent qui dirige les travaux de Villers. 

En restaurant complètement le réfectoire; on aurait un 
local qui servirait de musée pour les restes découverts dans 



— 306 — 

les décombres de Villers et qui» aujourd'hui, se trouvent 
relégués dans une dépendance. Heureusement, la clef en est 
bien gardée. A l'intérieur de 1 église abbatiale nous voudrions 
réédifier le mausolée du Duc Henri et de la Duchesse, dont 
on a retrouvé les lombes. On a tous les éléments de celte 
restauration dans les documents historiques concernant 
l'abbaye (i). M. Licol le sait : M le Ministre des Beaux-Arts 
l'a chargé de formuler un programme complet des travaux 
de diverse nature resta ni à effectuer à Villers. En passant, 
je forme le vœu que, malgré la maladie qui parfois l'étreinl, 
il hâte, le plus possible, la présentation de ce programme. 
D'accord avec lui, je viens d'en esquisser les grandes lignes. 

Voilà pour satisfaire les architectes et les savants archéo- 
logues. 

Quant aux pittoresques, qu'ils se rassurent : il n'est pas 
question de ressusciter l'église de ses ruines. Mais, pour 
les satisfaire, faut-il la laisser s'anéantir absolument? Ne 
faul-il pas reconslituer quelques bandeaux dans la voûte, 
afin d'empêcher que certains contre-forts, destinés à subir 
les poussées de la voûte, manquant de quoi répondre à 
leur destination primitive, ne produisent juste l'effet con- 
traire et n'achèvent, en poussant au vide, d'abattre ce qui 
reste encore des murs magnifiques et vénérables de la 
splendide abbatiale? 

Je le sais : on objecte la beauté de l'actuelle ruine. Mais 
ici vraiment on oublie ce que savent tous les vieux amis de 



(i) Outre la gravure figurant dans les Trophées de Butkkns et dans le 
grand Théâtre sacré, il y a, dans un manuscrit de la Bibliothèque de 
Bourgogne, cité par M. Schuerraans, une aquarelle représentant le tombeau 
tel qu'il était au xviu e siècle. 



+- 507 — 

Vitlers dont nous sommes, MM. Schuermans, Licol el moi : 
nous avons connu la haute nef de l'église revèlue de sa 
voûte. Il y a à peine 25 ans que cette voûte s'est effondrée 
tout entière. 

Si cette voûte était rétablie partiellement dans un but 
confortatif, les ruines de Villers en seraieîil-elles moins 
belles? Selon moi, elles seraient comme je les ai connues 
jadis, beaucoup plus grandioses et plus impressionnantes. 
Elles s offriraient sous un aspect plus charmant, plus « inimi- 
table » aux amateurs du pittoresque. 

Je vais plus loin, Messieurs. Qui de vous ne s'est arrêté, 
étreint par l'admiration, devant l'abside fière et simple de 
l'abbatiale? Combien le feneslrage en est imposant! Et 
pourtant, la lumière crue tombant de haut el directement 
dans le chœur non voûté embarrasse, interfère, diminue 
et détruit presque les rayons du soleil pénétrant à travers 
les baies latérales. Toutes les nuances dues aux jeux de la 
lumière venant de ces baies grandes et sveltes du chœur 
ont disparu avec la voûte. Rétablissons celte voûte, ne fût-ce 
que par dessus le chevet, et voici que l'œuvre géniale 
reprend tous ses aspects, ceux qu'a voulus l'artiste et ceux 
aussi qu'ont entrevus el devinés les rêves féconds de son 
imagination. Dites : quel c pittoresque » y trouvera sérieu- 
sement à redire? 

Ce qui est beau, ce qui est grand, ce qui est simple revêt 
nécessairement la forme pittoresque. Ainsi, il n'y a point de 
contradiction réelle entre la recherche de cette forme et une 
restauration rationnelle. Tout est affaire de tact el de mesure. 
Il ne saurait y avoir, en l'espèce, de principe absolu. Il 
convient, dans chaque cas, de se livrer à une élude complète 



— 308 — 

et d'arriver à des résultats contre lesquels viennent s'éraoos- 
ser les traits divers de la critique totale. L'artiste restaurateur 
peut, s'il est de force, rendre de grands services non seule- 
ment à l'art, mais à l'archéologie et aux « pittoresques», 
l'attends de pied ferme la contradiction. 

Autre observation : rien n'est plus délicat qu'une restau- 
ration. Quelques critiques se sont imaginés que les restaura- 
tions réclamées par les artistes avaient surtout pour but un 
gain d'argent. Ces critiques me permettront de le leur dire : 
ils n'ont pas l'àme artiste ; sans quoi ils n'invoqueraient pas 
un argument à la fois si pitoyable et si faux. Il fait pitié aux 
yeux de l'artiste véritable. Il est faux pour quiconque 
connaît vraiment la question. Les études préalables à une 
restauration, les soins à apporter dans l'exécution des tra- 
vaux sont sans proportion avec la rémunération coutumière. 
On ne travaille pas ici au mètre carré et au mètre cube. 
Telle restaurai ion dont la dépense s'est élevée à une trentaine 
de mille francs et qui a valu à l'artiste quinze cents francs 
de rémunération (5 °/ ), lui a coulé, avec nombre de tracas 
et de veilles, des milliers de francs tirés de son propre 
fonds, à cause des recherches d'érudition et des esquisses 
répétées après lesquelles ont été dessinés seulement les 
premiers traits de l'avant-projet. 

C'est donc une utopie, c'est presque une calomnie, que 
d'attribuer au désir de gagner de l'argent la tendance des 
partisans, dans la juste mesure, de la restauration des 
monuments. 

Dernière observation : on a beaucoup critiqué l'emploi, à 
Villers, d'une pierre neuve jaunâtre pour l'encadrement de 
certaines baies de fenêtres ; on a dit, même à la Chambre 



— 309 — 

des Représentants, que l'emploi de ces matériaux était d'un 
effet désastreux. 

J'ai voulu en avoir le cœur net; voici l'expérience que 
j'ai ordonnée. 

On a pris, çà et là, dans des encadrements ruinés, des 
morceaux de pierre jaune ancienne (1). J'ai fait dresser, sur 
le sol, deux encadrements de baies, l'un composé avec ces 
pierres jaunes anciennes ; l'autre avec des pierres jaunes 
nouvelles. On a demandé à ceux qui n'étaient point au 
courant de l'expérience de quel côté étaient les anciens 
matériaux et de quel côté étaient les nouveaux. 

Personne n'a pu faire la distinction. 

On a fait un autre essai. L'entourage d'un fenestrage 

a été composé d'un mélange de pierres anciennes et 

nouvelles. Encore un coup, on n'a pu distinguer les unes 

des autres. 
D'où provient donc l'effet soi-disant désastreux invoqué 

jusqu'au sein du Parlement? L'œil, habitué trop vite hélas I 
au ton grisâtre d'une ruine désolée, s'est effarouché, avant 
toute réflexion, à la vue d'une couleur jaune réapparaissant 
et se détachant sur l'aspect terne et misérable des baies 
dépouillées de leur encadrement. Est-ce qu'un aspect terne 
et misérable saurait jamais appartenir à quelque forme pitto- 
resque? Encore un coup, dans ce cas particulier, les artistes, 
les savants et les t pittoresques » sérieux ne sauraient être 
en désaccord. 

Voilà, Messieurs, en quelques mots improvisés, ma 
réponse aux objections qui ont fait le plus de tapage. 

(*) Sar la provenance de ces pierres jaunes, voir Bulletin des Commis- 
siont royales d'art et d'archéologie, tome XVil, 1878, p 275. 



-^310 — 

- Si ces observations ne donnent lieu à aucune communi- 
cation immédiate, je demanderai à M. le Président d'accorder 
la parole à M. Schuermans pour nous faire l'exposé qu'il 
nous a annoncé. 

M. Helbig, ff. de Président. — M. Schuermans a la 
parole. 

. M. Schuermans (Liège). — Messieurs, dans mes publica- 
tions sur Villers, j'avais imprimé ceci (i) : « Reprise, 
» comme par accès périodiques de fouilles indiscrètes (a) 
» dans les caveaux encore existants en l'église ». 

Conséquent avec cette prémisse, j'ai essayé, à votre 
assemblée préparatoire, de faire supprimer Villers du n° t> 
de l'ordre du jour. 

J'avais eu la hardiesse grande de proposer à la Commis- 
sion des monuments une déclaration d'incompétence. Je 
n'ai pas réussi ; mais ma correspondance en fait foi : j'avais 
prévu mon échec, et je m'en suis consolé par la concor- 
dance de mon effort avec mes écrits. 

Vous m'avez mis en demeure de m'exéculer ; je m'exécute. 

La question posée est celle-ci : les travaux effectués ou 
en cours deooécution à Villers revélent-ils un caractère scien- 
tifique? 

Je ne parlerai que de cela, m'abstenant de tout examen 
au point de vue pittoresque ou artistique, autres membres de 
la question. 

V 

(i) Annales de la Société archéologique de V arrondissement de Nivelles, 
Vil (1899), p. 43, travail intitulé : Abbaye de Villers. Les reliques de la 
B. Julienne de Cornillon. 

(i) a Le mot indiscrètes n'est pas assez sévère ; mais à quoi bon signaler 
» l'irréparable? Ce serait an scandale inutile, t 



— 311 — 

Même je ne parlerai que de l'église de l'abbaye; de plus, 
ne disposant, de par le règlement, que d'un temps très 
restreint, je m'abstiendrai de discuter le système scientifique 
qui a présidé aux travaux de Villers : je m'occuperai de cela 
à mon heure. 

Aujourd'hui, je me bornerai à quelques faits principaux, 
en m'abs tenant systématiquement des personnalités. 

Les quinze minutes réglementaires ne me seront pas de 
trop, rien que pour cela seul. 

J'ai donc à parler de Villers au point de vue scienti- 
fique. 

Puisque science il y a, je constate que le dernier mot de 
la science est ici le travail sur l'abbaye de Villers, publié en 
1899, par M. Edgar de Prelle de la Nieppe, dans notre 
Bulletin des Commissions royales dart et d'archéologie (i). 

Vu l'importance de la matière, ce travail avait été soumis 
à un contrôle très sérieux, je dirai même sévère, de la part 
du Comité de ce Bulletin, dont je fais partie. Tandis que 
l'un des rapporteurs, un maitre en archéologie religieuse, 
examinait, au point de vue de sa spécialité, le mémoire où il 
a indiqué des corrections importantes, moi, de mon côté, je 
me suis -appliqué à n'y rien laisser passer qui ne fût appuyé 
par certains inédits, découverts récemment en des biblio- 
thèques et archives de Belgique et de l'étranger. 

Voici la conclusion du travail de M. de Prelle de la 
Nieppe : 

1° L'est de l'église a été commencé par saint Bernard 



(i) Bulletin des Commissions royales (Fart et d'archéologie, XXXVIII 
(1899), page 37. 



_ 314 — 

lui-même, puis achevé (jusqu'à un certain point, transept 
compris), ayant 1200; 

2* Le nord de l'église (chapelles latérales) a été construit 
avant 1300. 

Ces données, qui sont celles de Gramaye et de Sanderus, 
comme de la Chronique de Villers, ne sont pas celles des 
monographes de Villers, du siècle passé, antérieurs à M. de 
Prelle (dont l'œuvre a paru en 1899 seulement). 

I. — Parmi les faits antérieurs à l'acquisition de l'État en 
1895, je n'ai pas à critiquer les travaux effectués à Villers 
par les précédents propriétaires, qui, d'ailleurs, se sont 
bornés à faire office de destructeurs. 

Cependant je découvre un document officiel dont je me 
reprocherais de ne pas vous signaler la tendance anti-scienli- 
fique. 

Je lis dans un rapport adressé au Département de Tinté- 
rieur par le Comité des correspondants du Brabant (que mes 
honorables collègues m'excusent de les critiquer; ils savent 
que je ne parle que l'épée dans les reins) : « Le monument 
(l'église de l'abbaye de Villers) gagnerait par la suppression 
des chapelles du xv e siècle, accolées au côté nord • . 

Depuis la découverte provoquée par moi — je m'en fais 
un titre d'honneur — de cerlain document tiré des archives 
de l'archevêché de Malines, il n'est plus permis aujourd'hui 
d'ignorer que les neuf chapelles nord ne sont pas du xv' 
siècle; qu'elles furent consacrées en 1243, 1251, 1280 et 
par conséquent avaient été bâties avant 1300, et ce en verlu 
d'un bref papal de l'an 1234 qui permit à l'abbé de Villers 
d'enterrer les bienfaiteurs du monastère, dans les chapelles 
fondées par eux, ce qui eut lieu pour plusieurs. 



— 313 — 

Indépendamment de la profanation des sépultures de ces 
chapelles que ne légitimerait ici aucune nécessité publique, 
supprimer de pareilles annexes serait un acte de lèse- 
archéologie, comme le serait la démolition du portique de 
Lambert Lombard à Saint-Jacques de Liège, autre construc- 
tion adventive des siècles ultérieurs. 

Si Ton veut revoir dans toute sa simplicité grandiose, le 
type primitif de l'église, celui qu'a créé saint Bernard 
lui-même quand, de l'abbaye de Foigny, près de Vervins, 
où il s'était établi à celte fin, il présidait à la construction de 
nos abbayes de Villers,de Gambron, etc., qu'on édifie quelque 
part un fac-similé complet de l'église de Villers, sans ses 
chapelles nord. Mais qu'on ne touche pas à ces dernières! 

Je pense bien que cette motion ne trouvera pas de contra- 
dicteurs. Or, comme cela se détache fort nettement de ce qui 
me reste à dire, je vous propose, Monsieur le Président, de 
m'interrompre ici et de donner la parole aux membres qui 
voudraient me contredire. 

M. le Président. — Il en sera ainsi, si personne n'y voit 
d'inconvénient. Quelqu'un demande-l-il la parole? 

M. Licot. — Je n'ai qu'un mot à dire : Jamais je n'ai 
songé à supprimer les chapelles septentrionales. 

M. Schuermans. — Je saisis cette occasion de me mettre 
complètement d'accord avec M. Licot : le rapport cité est 
du 7 avril 1878, époque où M. Licol ne faisait pas encore 
partie du Comité brabançon. 

II. — Avant l'acquisition par l'État, en 1893, l'aire du 
sol, dans l'église de Villers, était surhaussée par l'accumu- 
lation de trois mille mètres cubes de débris, etc. 



— 3U — 

Là se trouvaient enfouis une quantité de menus indices 
révélateurs des emplacements respectifs des chapelles, tom- 
beaux, etc. 

La preuve de cette surabondance est dans une lettre 
adressée à M. Galesloot et imprimée par celui-ci dans le 
Messager des sciences historiques (i), où je lis : c En faisant 
des fouilles dans le transept, j'ai découvert de nombreux 
fragments et il m'a été impossible de les apporter tous à 
Bruxelles; mais les quelques débris d'ornements que je 
possède... sont sculptés avec une habileté prodigieuse. Ils 
proviennent des dais qui surmontaient les niches dont 
le soubassement du tombeau (du duc Jean III) était 
garni » . 

En 1883, on retrouvait donc encore dans le sol de menus 
restes du monument dû au ciseau de Golart Garnet... 

Aujourd'hui, une controverse s'est élevée sur l'empla- 
cement de la chapelle de Saint-Bernard ; si les choses étaient 
restées entières, il aurait suffi de mettre la main, dans le 
sol, sur quelque menu débris de bronze, de jaspe, d'onyx, 
de fleur sculptée en marbre noir, de peinture murale, 
d'inscription lapidaire, comme les auteurs en décrivent dans 
la chapelle en question. 

Plus rien ; le sol avait été soigneusement nettoyé... 

Voici, à mon avis, ce qu'il aurait fallu faire, non pas certes 
pour les dix-sept mille mètres cubes de déblais de l'abbaye 
entière, mais au moins pour les trois mille de l'église : cribler 
au tamis les terres enlevées; puis déposer les tas en jlfis. 
endroits distincts pour les différentes chapelles. 

(i) LI, année 1883, p. 484. 



I 



— 318 — 

Aujourd'hui, quand on veut connaître le sort des débris, 
on apprend qu'ils ont servi, en 1893 et 1894, à combler la 
partie du vivier de l'abbaye qui était à gauche du chemin 
moderne vers la station. 

L'impossibilité de déterminer désormais l'emplacement de 
la chapelle cherchée a suscité les fouilles indiscrètes de 1895 
et de 1898... 

III. — Voici comment les travaux de Villers pra- 
tiquent aujourd'hui le respect des sépultures ; laisser scru- 
puleusement en place les ossements des défunts, à moins 
que des nécessités (par exemple, de travaux publics) n'en 
exigent impérieusement le déplacement ; dans ce cas, on 
creuse une nouvelle fosse à proximité. 

Ces égards pour la dépouille de simples moines, les tra- 
vaux de Villers auraient dû les avoir, je dirai non pas 
surtout, mais même pour celle des anciens souverains et 
celle des fondateurs de l'abbaye... 

Ce n'est pas ce qui a eu lieu. 

Ici, je suis forcé de citer personnellement feu l'architecte 
De Wit, de résidence à Villers ; mais c'est pour rendre hom- 
mage à l'exactitude de ses renseignements, soigneusement 
contrôlée par moi, et à son grand souci de correction admi- 
nistrative dont je puis fournir la preuve. 

Voici les détails que je tiens personnellement de lui : 

Le tombeau double de Henri II, duc de Brabant, et de sa 
femme Sophie de Thuringe, est placé des deux côtés de la 
ligne séparalive entre le chœur où est le mailre-autel, et la 
chapelle de Saint-Jean-Baptiste; ce tombeau est composé 
de deux loges : l'une, la plus honorable et par conséquent la 
principale, plus large, fut occupée la première; l'autre, 



— 346 — 

secondaire, plus étroite, occupée plus tard, est le compar- 
timent du côté de la chapelle. 

Le 25 avril 1895, les travaux de Villers, dans le tréfonds 
du sol de la chapelle citée de Saint-Jean-Baptiste, atteignirent 
un mur en moellons qui Tut défoncé. 

Derrière ce mur, on trouva une loge de caveau, avec 
ossements entourés de plâtre, qui furent transportés dans un 
hangar dépendant de l'habitation de M. De Wit, et qui furent 
placés dans une caisse que j'ai vue et qui, à mon avis, ne 
protégeait pas suffisamment son contenu contre la dent des 
rats... 

Les travaux continuèrent et, le 4 mai seulement, attei- 
gnirent le compartiment du même caveau correspondant au 
chœur, ou, au moins, on laissa reposer en paix les restes 
qu'on y découvrit. 

On me présenta le squelette du hangar comme étant celui 
du duc Henri II. 

Malgré la maigreur de mes connaissances en physiologie 
(dues uniquement à un cours très ancien de médecine légale), 
rien qu'à la conformation du bassin, je reconnus un squelette 
féminin : d'ailleurs le caveau secondaire, moins large, occupé 
après l'autre, tout indiquait Sophie de Thuringe, qui mourut 
longtemps après son mari, à l'étranger : de là la nécessité 
d'un transport lointain ayant nécessité le coulage, par 
mesure hygiénique, d'une couche de plâtre dans le cercueil. 

Je communiquai à M. De Wit le procès-verbal de l'enter- 
rement de Sophie de Thuringe à Villers, où un contemporain 
de cet enterrement (ce qui a été reconnu à l'examen paléo- 
graphique de la pièce), constate de visu le placement des 
restes de Sophie la défunte dans le compartiment de caveau 



— 317 — 

qu'on défonça en avril 1895. Je donnerai en note ce docu- 
ment important qui fait partie de ceux que j'ai découverts (<)• 

Vérification faite à loisir, M. De Wit prit des mesures 
comparatives sur chacun des deux squelettes et m'informa 
qu'il se rendait... 

Dans le hangar, reposait donc bien Sophie de Thuringe, 
la princesse — détail qui certes intéressera les personnes 
pieuses — de qui provient la statuette miraculeuse de Hal 
qu'elle tenait de sa mère, sainte Elisabeth. 

Et ces ossements de Sophie de Thuringe, voilà ce que 
pendant quatre ans on a exhibé comme étant le squelette 
d'un duc deBrabant... 

Quatre ans, oui quatre ans! En mai 1899, les ossements 
de Sophie de Thuringe étaient encore dans le hangar. 

Qu'on ne vienne donc pas parler de dépôt provisoire, en 
attendant soit des travaux au caveau, soit un plan pour le 
cénotaphe... 

IV. — Ici un épisode assez original. 

D'aucuns qui avaient lu le cours d'histoire nationale de 
l'abbé Namèche, se sont avisés de soutenir que Sophie de 
Thuringe avait été enterrée, non pas à Villers, en 1275, mais 
à Marbourg, en 1 284, dans l'église consacrée à sa mère, 
sainte Elisabeth de Hongrie. 

On ajoutait que notre tradition de posséder en Belgique 



0) De obitu et sepultura gloriosi Henrici ducis Brabantiœ et uxoris ejns 
Sophie, béate Elysabeth filie. « Anno Domini M CC°XLVIII Kalendis 
febrnarii, obiit Henricus gloriosus dax Brabantie. Postea anno Domini 
M-CC*LXXV e , IIII Kalendas junii, obiit domina Sophia, filia sancte Elisa- 
beth eJQS uxor. Reconditi in mansoleo jnxta altare sancti Johannis Baptiste. 
lia quod corpus domini ducis versus majus altare, corpus vero ducisse 
versus altare sancti Johannis Baptiste. In singulis loculis snnt locata ». 



— 348 — 

la sépulture de la duchesse Sophie, était controuvée et sévè- 
rement jugée à Tétranger ; que les archives de Marbonrg 
sont pleines de documents réduisant à néant de pareilles 
prétentions; que si nous maintenions celles-ci, il y aurait 
des protestations... 

On ajoutait encore que, si le tombeau de Villers contient 
une sépulture de femme, il s'agit sans doute de Marie de 
Souabe, première épouse de Henri II. 

Voyez donc ça ! Sophie de Thuringe, la jeune veuve 
éprouvée par un deuil récent, ne s'étant pas réservé pour 
elle-même la loge ménagée à côté de son époux, mais ayant 
eu le souci d'y faire placer le corps de sa devancière, morte 
depuis douze ans et exhumée pour la circonstance ! 

C'était tellement absurde que je ne résistai pas à ma 
curiosité : j'en référai au redoutable archiviste de Marbourg. 

Or, pas un mot de vrai i 

Loin de posséder des documents sur Sophie de Thuringe, 
l'archiviste m'en demande et je les lui ai fournis, abon- 
dants. 

Depuis longtemps, ajoute-l-il, on est fixé en Allemagne 
sur Terreur du comte de Montalemberl (copié par Namèche). 
À Marbourg, il avait pris le tombeau d'Alhéïde de Brunswick, 
morte en 1284, pour celui de sa belle-mère, enterrée à Vil- 
lers depuis l'an 1275... 

L'archiviste de Marbourg m'a fait remarquer d'ailleurs que 
l'obituaire de l'Ordre teutonique, à Marbourg, pour la com- 
mémoration de Sophie de Thuringe, omet la mention hic 
sepulta (ici enterrée), caractérisant les tombeaux qui corres- 
pondent à des sépultures effectives. 

Ici, loin de critiquer les travaux de Villers^ je lesféli- 



— 319 — 

cite : ils Font échappé belle en résistant aux suggestions 
aoliscientifiques qui ont pu leur venir de ce côté. 

V. — J'ai ressenti du malaise en lisant certains dithy- 
rambes de la presse à propos des travaux de Villers. 

Assurément je n'impute pas aux auteurs de ces travaux 
une participation à ce qu'ont publié les journaux, ni surtout 
à la phrase malencontreuse que voici, imprimée après la 
description du tombeau violé de Henri II : c Les travaux 

> vont être repris sous peu dans le bas-côté du transept 

> méridional, où Ton ESPÈRE mettre au jour les restes de 

> Jean III, duc de Brabant. » 

Annoncer qu'on allait, sous l'autorité du Gouvernement, 
pour satisfaire à la curiosité des badauds, violer la sépulture 
d'un de nos anciens souverains ! . . . 

Il y avait là de quoi émouvoir le Gouvernement, qui estima, 
avec raison, que sa responsabilité était en jeu; un arrêté 
royal du 3 juillet 1895 créa un Comité chargé : 1° «de sur- 
» veiller les fouilles pratiquées dans les ruines de l'ancienne 

> abbaye de Villers » et 2° c de donner son avis sur les 

> mesures à prendre au sujet des découvertes qui pourraient 
» être faites dans les ruines » . 

Il y a certes lieu d'approuver le Gouvernement au sujet 
de celte institution. 

Mais j'ai été curieux de constater combien de fois ce 
Comité s'est réuni; trois fois : le 18 juillet 4895, le 3 sep- 
tembre 1896 et le 2 décembre 1897... 

M. le Directeur des Bâtiments civils nous a appris, à 
rassemblée préparatoire, qu'il y a eu, durant les cinq der- 
nières années, une quatrième réunion dudil Comité... 

Est-ce suffisant? Comment un comité, non résidant, peut-il 



— 530 — 

ainsi réaliser efficacement la première de ses charges, la 
surveillance? 

Quant à la seconde des dites charges : avis à donner au 
sujet des découvertes qui pourraient être faites dans les ruines, 
c'était bien, en 1898, le moment d'en provoquer l'exercice. 

Alors sévissait, chez les gens pieux, une fièvre aiguë ; ils 
voulaient, à tout prix, retrouver les ossements de la 
B. Julienne de Corn i lion, dans le tréfonds du sol où ils n'ont 
jamais été (i) : à sa mort, en effet, sa dépouille fut immédia* 
le ment placée parmi les reliques du monastère et plus tard, 
en 4599, on se serait bien gardé, liturgiquement, de faire 
« rentrer sous terre » des reliques déjà honorées du prélimi- 
naire canonique de la sanctification : l'élévation sur les 
autels. 

De plus, on se faisait illosioa en recherchant un squelette 
entier : depuis le xvi e siècle, les reliques des saints du monas- 
tère, dont Julienne, avaient été irrémédiablement confondues 
en un amalgame indistinct. 

Au lieu de soumettre la demande d'opérer des fouilles à 



(i) C'est surtout dans la dernière chapelle, la neuvième à gauche en 
entrant, que certains auteurs du xiz* siècle se sont appliques à retrouver 
celle où l'abbé Henrion, en 1599, transféra les reliques du monastère. 

Pendant les trois siècles antérieur*, il y a unanimité pour désigner, au 
contraire, la première à gauche en entrant : 

xvi* siècle, Gbimayb (contemporain, puisqu'il dédie son livre à l'abbé 
Henrion, auteur de la translation de 1599) : c Templum ingressis, ad 
laevam, primuin in ordine (c'est-à-dire dans la série, en rang). 

xtii* siècle, Sakdbbus : Templum ingresBis ad laevam occurrunt 
sacella. Primum in ordine... ». 

xvm* siècle, Papbbboch : « Sacellum ad sinistram occurrit ingredien- 
tibus Villariense templum... ». 

C'est la thèse reprise au seuil du xx* siècle, par M. Edgar db Prblls 
db hk Nibppb, dam son travail de 1899. 



— 321 — - 

lavis du Comité de 1895, qui lui aurait dit tout cela, le 
Gouvernement y accéda d'emblée, influencé peut-être par 
récrit d'un haut personnage ecclésiastique qui, juste en 
1898, parlant de l'incertitude entre plusieurs chapelles pour 
y découvrir les reliques cherchées, s'écriait : c Qu'on les 
fouille toutes ! » 

Sous le couvert de l'autorisation gouvernementale, on se 
mit à bouleverser les tombeaux des chapelles, à tort et à 
travers. C'est ainsi que, dans la chapelle de Malève, on est 
allé troubler dans sa tombe le porte-bannière de Brabanl à la 
bataille de Woeringen, Raes de Grez dont on avait d'abord 
pris les restes pour ceux de sainte Julienne. (Hilarité)... 

Ici, un squelette d'homme, pris pour celui d'une femme, 
à l'inverse de Sophie de Thuringe pour Henri II... 

El, d'après ce que j'ai compris dans les explications 
données sur ce point avant-hier, il n'aurait été accordé que 
des autorisations simplement orales. 

Moyen commode certes pour un membre du Gouverne- 
ment de se dégager de toute responsabilité ministérielle : ne 
pas laisser de trace de ses actes ! 

Mais comment la Direction des bâtiments civils n'a-t-elle 
pas empêché des tiers non munis d'un ordre écrit, en due 
forme, d'opérer des fouilles dans l'église de Villers? 

Le quart d'heure réglementaire est accompli; aussi bien 
ai-je dit tout ce que j'avais à dire aujourd'hui. 

M. Licot (Schaerbeek). — Dans les travaux de Villers, il 
s'est agi tout d'abord d'effectuer le déblai des matériaux 
accumulés sur le sol par suite des effondrements. Il y avait 
des décombres sur toute l'étendue de l'abbaye. Dans l'église 



— 5M — 

notamment, ils s'élevaient jusqu'à 6 mètres à peu près. On 
peut s'en assurer sur les lieux. Nous avons fait un tracé sur 
murs, à l'aide de lignes rouges, indiquant les hauteurs 
qu'atteignait le monceau de décombres. C'est en les 
enlevant que nous avons découvert des ossements en divers 
lieux. Mais avec la plus grande circonspection, avec la plus 
grande déférence, nous avons remis ces ossements soit dans 
les caveaux d'où ils provenaient, soit là où ils avaient été 
découverts. 

Le corps de Henri II était dans un caveau. Il a été déposé 
quelque temps dans la salle servant de musée archéologique. 

M. Schuermàns. — Il est resté dans le tombeau. 

M. Licot. — C'était le corps de la duchesse. 

M. Schuermàns. — Vous vous exposez à des démentis, à 
l'aide de pièces officielles de l'époque. 

M. Lagasse-de Locht (Bruxelles). — Je ne veux dire que 
quelques mots au sujet du corps qui a été déposé dans le 
bâtiment attenant à l'habitation de feu M. De Wit, et qui 
sert provisoirement de musée archéologique. Peu importe 
que ce soit le corps du duc ou celui de la duchesse. Seule- 
ment, le corps, déposé là, y est resté dans les meilleures 
conditions possibles, sous la garde consciencieuse de feu 
De Wit, auquel M. Schuermàns a rendu un juste hommage. 

Si la Commission des fouilles ne s'est pas réunie plus 
souvent, c'est qu'elle n'en a pas vu la nécessité. 

Lorsque des ossements ont été découverts, immédiate- 
ment après on les a remis en place, ainsi que Fa dit 
M. Licot. 



— 323 — 

On a fait des caveaux là où il n'y en avail pas, pour 
recueillir certains ossements éparpillés. 

11 esl arrivé une fois, suivant la remarque de M. Schuer- 
mans, qu'une fouille a été pratiquée avec l'autorisation 
supérieure, mais cela s'est passé à l'insu et sans l'intermé- 
diaire soit du Comité des fouilles, soit du service des Bâti- 
ments civils. Je le répèle, ce cas s'est présenté une seule 
fois et ne se reproduira plus. 

M. Schuermans (Liège). — Voici, Messieurs, la traduc- 
tion du document dont je vous parlais tantôt au sujet de la 
sépulture du duc Henri II et de la duchesse : 

« Mort et sépulture de Henri H et de sa femme, fille 
de S. Elisabeth. 

» L'an 1247, aux calendes de février, est mort le duc 
Henri. Ensuite, l'an 1275, le 4 des calendes de juin, est 
morte Sophie, fille de S. Elisabeth, sa femme. Ils furent 
enterrés dans un mausolée près l'autel de S. -Jean-Baptiste, 
le corps du duc vers le maitre-autel, le corps de la duchesse 
vers l'autel de S.-Jean-Bapiisle, chaque corps dans un 
caveau distinct. » 

Voilà un document péremploire et qui nous permet 
d'affirmer que le corps prétendu du duc qui a reposé 
quelque temps dans le musée provisoire annexé à l'habi- 
tation de feu De Wit, est le corps de Sophie de Thuringe, 

la duchesse. 

On discute à perte de vue sur l'emplacement de la 
chapelle de Saint-Bernard. On prétend aujourd'hui, contrai- 
rement au témoignage des historiens, que la chapelle où, 
en 1599, on a déposé les reliques du monastère, se trouvait 
au nord du transept. 



— 324 — 

Je donne en noie (i) les passages de Gramaye, qui peut 
être considéré comme élant du xvi* siècle ; de Sanderus, au 
siècle suivant, et de Papebroch, au xvm a siècle. Les auteurs 
de ces trois siècles sont unanimes pour reconnaître que Fou 
rencontre la première chapelle dont ils parlent, à feutrée 
de l'église, en y pénétrant par le fond, à gauche. 

Je ne veux certes pas prétendre que tous les débris de 
Villers eussent dû être passés au crible; mais n'eùt-il pas 
fallu trier à part les débris de chaque chapelle ? Cela certai- 
nement aurait tranché la question en ce qui concerne la 
chapelle de Saint-Bernard, au sujet de laquelle on discute 
tant aujourd'hui. 

En effet, lorsque l'on a procédé à des fouilles dans le 
monument, on y a trouvé des marbres, des bronzes, des 
inscriptions, des peintures, et de tous ces débris on n'a abso- 
lument rien laissé. Tout a été transporté, en 1893 et en 1894, 
dans un endroit appelé le Vivier, à l'entrée de l'abbaye, du 
côté du village, et là tout a été jeté pêle-mêle. 

On ne me dira pas que les anciens propriétaires n'avaient 
rien laissé debout. Us étaient loin d'avoir enlevé tous les 



(i) Voici, sans commentaires, les trois passages annoncés, où il s'agit 
bien certainement de rentrée de l'église, par le fond, à gauche : 

Gramaye : a Templmn ingressis ad îaevam, varia sacella; prinram in 
ordiue... » 

Sanderus : « Templuin iugressis ad laevam in oculos occurrunt varia 
sacella, Primumin ordine... » 

Papebroch : a Sacellum ad tinistram occurrit ingredientibus eccle- 
aiam... » 

Dans ces trois passages, absolument concordants, il s'agit de la chapelle 
de Saint -Bernard, qu'on rencontrait la première à gauche en entrant dans 
l'église par le fond; il est impossible d'appliquer cela, comme on Ta 
essayé, à la chapelle de la Sainte-Trinité, qui était la dernière à gauche, 
lorsqu'on pénétrait dans le temple par l'entrée de l'ouest. 



— 3*23 — 

débris. J'en trouve la preuve dans une lettre adressée à 
M. Galesloot et qui a paru dans le Messager des Sciences de 
Gaod. Dans cette lettre, M. Licot lui-même affirme qu'il a 
été dans le chœur de l'église de Villers découvert un grand 
nombre de débris provenant des sépultures, notamment des 
fragments de marbre noir qui avaient dû appartenir au 
tombeau de Jean III. 

M. Licot (Schaerbeek). — Il a élé fait présent du tombeau 
de Jean III au musée archéologique de Nivelles ; ce n'est pas 
dans le chœur, mais dans le transept qu'on l'a trouvé. 

M. Lagasse-de Locht (Bruxelles). — Voici ce que je vou- 
drais répondre très brièvement à M. Schuermans : 

Il y a eu, à l'abbaye de Villers, 17,000 mètres cubes de 
débris déblayés et enlevés. M. Schuermans n'a pas demandé 
qu'on les passât tous au tamis. Il a eu soin de dire qu'il ne 
s'agissait que des débris des chapelles. Or, précisément tous 
ces débris provenant des chapelles ont été examinés avec un 
soin scrupuleux, extraordinaire, non seulement par M. Licot, 
mais encore par M. De Wit, en qui M. Schuermans avait, à 
juste litre, pleine confiance. On peut le dire : M. De Wit s'est 
dévoué, pendant toute sa carrière trop courte, à l'abbaye de 
Villers. Il y a été victime de son dévouement. Tout a été 
minutieusement et consciencieusement examiné par cet 
homme aussi dévoué que savant et modeste. Ne l'oublions 
pas : les déblais ont été faits partout et notamment là où 
reposaient les restes du duc Henri II et de la duchesse 
Sophie de Thuringe. 

En cet endroit, on a retrouvé de nombreux débris du 
mausolée des deux illustres époux On peut les voir, bien 



— 526 — 

classés, dans le musée provisoire dont il a déjà été question. 
Ailleurs, l'on a relire une ardoise sur laquelle l'horaire du 
couvent était écrit en écriture romane. Ce curieux spécimen a 
été envoyé à la Bibliothèque royale el a fait l'objet d'un 
travail très remarquable de M. l'avocat Sheridao. On n'a 
rien trouvé de plus qui soit intéressant au point de vue histo- 
rique et scientifique. Il faut, quoiqu'on ait dit M. Schuer- 
mans, attribuer ce maigre résultat aux dévastations 
incroyables des propriétaires anciens. Pendant quarante ou 
cinquante années, nous avons pu, nous les anciens fidèles de 
Villers, mesurer la progression sans cesse croissante des 
dévastations barbares. Contrairement à l'avis de mon savant 
contradicteur, nous pouvons l'affirmer : tout ce qu'il a été 
possible de sauver des restes de l'abbaye, a été conserve 
précieusement. Je regrette, comme lui, que l'on n'ait pas 
trouvé plus de débris capables d'aider à terminer les 
discussions sur Villers. 

Ceux qui auront bien étudié le dernier travail de M. Edgar 
de Prelle de la Nieppe sur Villers, seront édifiés au sujet du 
véritable emplacement de la chapelle de Saint- Bernard, où se 
trouvaient dans le temps les reliques spéciales du monas- 
tère. 

M. Schuermans. — Je partage complètement ce sentiment 
au sujet de l'emplacement de la chapelle de Saint-Bernard. 

M. Licot. — Vous parlez de la chapelle de Saint-Bernard. 
11 n'y a plus de doute à cet égard et je tâcherai de vous le 
prouver dans un travail que je publierai très prochaine- 
ment. 

M. Schuermans. — Je serai très heureux de le lire. 



— 327 « 

M. Licot. — En faisant état des documents inédits dont 
parlait tout à l'heure M. Schucrmans. 

M. Schuermans. — J'invoquerai plus lard tous ces docu- 
ments inédits. Je liens à ce que la sténographie prenne bien 
noie de ma menace. 

M. Helbig, ff. de Président. — Je pense que celte discus- 
sion, très intéressante, peut être considérée comme actuel- 
lement épuisée, en présence surtout de cette déclaration 
à laquelle nous adhérons tous, que les fouilles ont été 
consciencieusement exécutées. 

Il me reste, avant de lever la séanee, à remercier 
M. le chevalier Marchai d'avoir bien voulu mettre ce local à 
notre disposition, et k nous ajourner à l'année prochaine. 

— La séance est levée à cinq heures et demie. 



* 



" t, i 







IMMISSION ROYALE DES MONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROCÈS-VERBAUX. 



SEANCES 
38 8, 15, 22 et 29 novembre; des 6, 18, 20 et 27 décembre 1902. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

Des avis favorables ont été émis sur : 

1° La proposition de confier à M. Van Landuyt la 

tauralion de trois (ableaux qui se trouvent dans l'église 

Molhem-Bollebeek (Brabant); 

2° Le projet de peintures décoratives à exécuter dans 
glise de Somzée (Namur); auteur, M. Enderlé-Maréchal ; 
3° Le projet relatif à la décoration picturale de l'église 
Îaslièrc-Lavaux (Namur) ; 

4° Le projet relatif à l'exécution de peintures murales 
ns l'église d'Iseghem (Flandre occidentale), sous la 
serve de prolonger la litre sur toute l'étendue du mur de 
id, afin de mieux relier l'ensemble du travail décoratif; 
leur, M. Wybo; 



Église 
de Nolbem- 

Bollebcek 
Tableaux. 



Église 
de Somxée. 
Décoration. 



Église 
d'Haslicre* 

La vaux. 
Décoration. 

Église 

d'Iseghem. 

Décoration. 



- 330 — 

Égiite S Les dessins de vitraux à placer dans l'église d'Iseghem 

viiwnx. (Flandre occidentale), à la condition qu'au cours de l'exé- 
cution du travail il sera tenu compte des observations 
présentées par M. le baron Bethune; auteur, M. Dobbelaere; 
Égi^ d 6° Les dessins de vitraux à placer dans l'église de Rebecq- 

RebecqoRognon . 

viimi. Rognon (Brabant); auteur, M. Teller; 
c.ibédraie 7° Le projet relatif à la reconstitution de l'ancien vitrail 

de Bruges* 

vura.l d e | a chapelle de Saint-Joseph, en l'église cathédrale de 
Bruges (Flandre occidentale). II y a toutefois trop de 
symétrie et de lourdeur dans la partie inférieure des drape- 
ries des anges du tympan. Vu l'importance de cette verrière, 
il y a lieu d'en compléter d'abord une lumière. Lorsque 
cette partie du travail sera terminée et mise en place, le 
Collège la fera examiner par des délégués; auteur, 
M. Goucke; 

Égiiseda 8° Les projets de deux vitraux peints destinés à l'église 
*îiiSui "' ^ e Saint-Martin, à Hal (Brabant); auteur, M. Casier; 

Égiiw 9° Le projet d'un vitrail à placer dans le chœur de 

de Zcpperea. ' 

viuaii. l'église de Zepperen (Limbourg), sous la réserve que 
l'auteur, M. Bardenhewer, supprimera les banderolles des 
réseaux et les remplacera par des motifs plus sérieux. Au 
cours de l'exécution, il importera de soigner tout particu- 
lièrement le dessin et la coloration ainsi que le choix du 
verre, qui doit être très translucide. Lorsque cette verrière 
sera exécutée et mise en place, elle sera examinée par des 
délégués avant que les autres vitraux ne soient exécutés; 
Égii.e de 10° Le projet de vitrail destiné à la baie centrale du 
k vur!'i?' chœur de l'église de Sainte-Gertrude, à Nivelles (Brabant). 
Celle étude a reçu l'entière approbation du Collège, qui 
a adressé ses félicitations à l'auteur, M. Casier, pour ce 



— 331 — 



travail difficile et consciencieux. L'attention du peintre a 
cependant été attirée sur l'utilité de tracer une seconde 
bande dans la robe du Christ, afin d'en rompre la monotonie. 
Le programme des verrières à placer ultérieurement dans 
le chœur de la collégiale de Nivelles parait pouvoir être 
admis. L'auteur a été engagé toutefois à s'assurer si Pépin 
de Landen est bien rangé, comme le Collège le croit, parmi 
les Bienheureux ; 

41° La nouvelle soumission de M. Wilmotte, en date du 
30 juin 4902, concernant le travail de restauration du 
tabernacle en cuivre de l'église de Bocholt (Limbourg). La 
Commission a insisté tout particulièrement pour que le 
travail projeté soit borné au strict nécessaire. Lorsque la 
restauration sera terminée, le Collège fera procéder à 
l'examen de l'œuvre d'art dont il s'agit. Aucune pièce de 
celle-ci ne pourra être nettoyée ni patinée. Le tabernacle de 
Bocholt étant une œuvre de dinanderie importante, on ne 
peut qu'engager l'État à se montrer très généreux dans 
l'allocation de ses subsides. 

— Il a été procédé, le 17 novembre 4902, dans l'église 
de Lembecq lez Hal, à l'examen de la fresque représentant 
le Jugement dernier, exécutée par M. De Geetere au-dessus 
de Parc triomphal. 

II résulte de cet examen, auquel assistait M. Dumortier, 
membre du Comité des correspondants du Brabant, que 
l'œuvre d'art dont il s'agit a été exécutée d'une façon très 
satisfaisante. 

En conséquence, rien ne s'oppose à ce que le subside 
promis, sur les fonds des Beaux-Arts, en vue de ce travail 
décoratif» soit liquidé. 



Église 
de Bocholt. 
Tabernacle. 



Eglise 

de Lembecq 

lez Hal. 

Fresque. 



— 332 — 

unitmiié — A la demande de l'administration communale de 

Je Garni. 

Peinture*, Q An ^ 9 j| a £(é procédé, le 1" décembre 1902, à un nouvel 
el minutieux examen des peintures du grand vestibule de 
l'université de cette ville. 

MM. l'échevin Bodart, l'architecte de la ville et son 
adjoint, ainsi que MM. Serrure, De Geulenecr et Lybaert, 
membres du Comité des correspondants de la Flandre 
orientale, assistaient à cet examen. 

Cette visite a démontré, comme les précédentes, que l'état 
de dégradation des peintures doit être attribué à plusieurs 
causes, notamment aux fuites d'eau provenantes chéneaux 
entre la rotonde et le vestibule; à la non- protection exté- 
rieure contre les pluies, du mur exposé à l'ouest; à l'atmos- 
phère de la salle, qui est froide et humide; au manque 
d'aérage, etc. 

Mais la cause principale de l'état de choses signalé pro- 
vient évidemment des fuites d'eau par les chéneaux. Les 
traces très visibles et très importantes de ces infiltrations 
existent encore dans le mur où les peintures sont le plus 
endommagées; ces traces se voient surtout du côté delà 
rotonde; il y en a même une assez récente où l'enduit est 
encore humide 

Ainsi qu'on l'a déjà déclaré, le 8 août 1902, des travaux 
très importants onlété effectués aux gouttières et aux toitures, 
précisément aux endroits où les infiltrations se produisaient. 

Sans s'arrêter aux assertions désagréables pour la Com- 
mission, de la lettre de l'administration communale, le 
Collège se bornera à faire remarquer que si cette adminis- 
tration avait fait procéder plus tôt à l'examen minutieux 
qu'elle devait faire, elle aurait, sans aucun doute, mis plus 



— 533 — 

de retenue dans sa réponse. Du reste, les représentante de 
ce Collège qui assistaient à la dernière visite, n'ont pu man- 
quer de reconnaître la justesse des conclusions des rapports 
précédents. Les observations qui ont été produites surplace 
parun membre correspondant de la Commission royale et 
par l'architecte de la ville au sujet de l'exécution des fresques 
sont sans doute très intéressantes. Il n'en est pas moins vrai 
que les faits graves signalés par la Commission subsistent 
et qu'ils ont été reconnus comme vrais par l'administration 
communale elle-même, puisqu'elle y a porté remède après 
les constatations de la Commission royale. 

Les travaux effectués après l'envoi du rapport du 
15 mars 1902, ne sont nullement des ouvrages d'entretien 
et d'amélioration, comme on l'affirmait, mais des réfections 
très importantes. M. le Président a tenu à s'en assurer 
personnellement en cheminant le long d'une corniche d'un 
bâtiment universitaire pour se rendre ainsi, lors de la visite 
du 1 er décembre, en l'aimable compagnie de M. l'architecte 
adjoint, jusque dans la noue profonde existant entre le 
vestibule décoré et la rotonde. M. l'Inspecteur général 
Lagasse-de Locht y a constaté que le revêtement en zinc a 
été renouvelé en grande partie et surhaussé d'environ O m 40, 
afin de parer aux infiltrations résultant des accumulations 
d'eau antérieures dans ce vaste bac à neige. Il y a constaté 
aussi les soins apportés pour que le débouché de la descente 
d'eau soit toujours mis à l'abri des débris d'ardoises, de 
feuilles, etc., qui bien souvent auparavant l'ont obstrué. 
Telle est l'importance des travaux ainsi effectués depuis le 
13 mars 1902 que M. le Président a félicité, sur place, 
AI. l'architecte adjoint au sujet de leur bonne exécution. 



— 334 — 

Au surplus, si tout avait été si parfait avant mars dernier, 
pourquoi serait-on occupé aujourd'hui encore à enduire, à 
l'extérieur, le mur exposé à l'ouest? Pourquoi améliore-l-on 
la ventilation par les jours latéraux du vestibule? 

La Commission ne considère pas comme une opération 
parfaite l'enduit extérieur du mur exposé à l'ouest. Elle aura 
pour conséquence d'enfermer dans le mur l'humidité qui s'y 
est accumulée. Il eût mieux valu, comme l'indiquaient les 
rapports antérieurs, recouvrir ce mur d'ardoises ou de zinc; 
ce recouvrement, en empêchant l'humidité de s'introduire 
graduellement dans les maçonneries, n'aurait mis aucun 
obstacle à l'évaporation de celle qui peut encore s'y trouver 
concentrée aujourd'hui. 
Ëgiue — Suivant le conseil donné par la Commission, dans son 

de Biesme- ■ 

MTiHm rapport du 12 avril 1901, M. le curé de Biesme-Colonoise 
(Namur) a cherché à débarrasser les colonnes et les arcades 
de l'église de cette localité du plâtrage qui y a été appliqué 
aux siècles écoulés. 

Ce travail a fait découvrir, sur le piédroit nord de Tare 
triomphal, des restes de peintures murales qui paraissent 
remonter à la première moitié du xvi ê siècle. 

En dessous est représenté l'Agneau de Dieu laissant 
échapper le saint sang dans un calice et surmonté d'une 
bannière avec banderolle. 

Plus haut est représenté le prophète David avec la harpe 
et, enfin, des anges et des ornements. 

Au-dessus des banderolles on lit, en caractères gothiques, 
ces paroles des Psaumes : 

fiûubûte eum in d)oro et tgmpano. 
faubatr cum in cortie rt organo. 



— 535 — 

Sur le piédroit sud du même arc triomphal, il y a eu 
également des peintures murales, mais celles-ci ont disparu. 
Il semble, d'après quelques vestiges de couleur, que la 
décoration se continuait vers les bras du transept. 

Les recherches opérées dans d'autres parties de l'édifice 
n'ont pas abouti. 

Les peintures dont il s'agit ne sont pas d'une valeur artis- 
tique marquante. Leur principal intérêt est de permettre de 
constater que nos édifices religieux du moyen âge ont été 
décorés de peintures murales, même dans les localités les 
plus reculées de nos provinces. 

II n'y a aucune mesure à prendre à l'égard de ces vestiges 
de décoration. Ces restes doivent être conservés tels qu'ils 
ont été retrouvés. 

Si, au cours des travaux de restauration et d'agrandisse- 
ment de l'église, que l'on sera amené à exécuter dans un 
avenir peu éloigné, les peintures dont il s'agit créaient un 
obstacle sérieux à ces travaux, il n'y aurait pas grand 
inconvénient à les sacrifier; mais, dans ce cas, il faudrait 
en prendre des calques et en faire une aquarelle, à échelle 
réduite, pour un de nos musées, afin d'en conserver le 
souvenir. 

La porte clôturant l'escalier du jubé est composée de 
fragments de planches sur lesquelles se remarquent des 
peintures; ce sont probablement des débris de volets d'un 
retable. Ces restes, malheureusement très mutilés, offrent 
un certain intérêt. Gomme ilssontexposésàd'autres sérieuses 
mutilations, il conviendrait de les déposer au musée de Namur. 

Il serait intéressant de faire dérocher la jolie porte du 
xvi* siècle qui ferme la chapelle des fonts, déjà signalée dans 



— 336 — 

le rapport du 12 avril 1901 , et d'en faire exécuter une bonne 
photographie. C'est une œuvre de sculpture de réelle valeur 
artistique, exécutée dans le goût de celle du baplistère de 
l'église de Malorme, mais de moindre importance. 
Égiiu — Il résulte d'un examen auquel il a été procédé, que les 

de Galonné. ' r » T 

vitraux, vitraux placés dans l'église de Calonne (Hainaut), ont élé 
exécutés d'une façon satisfaisante. 

En conséquence, rien ne s'oppose à ce que le subside 
promis par le Déparlement de l'Agriculture, pour ce travail, 
soit liquidé, 
j ■*"?. — AJa demande de MM. Comère et Capronnier, il a été 

de Sainl-Pierrf, • 

^vuS? 1 ' procédé, dans l'atelier de ces artistes, à l'examen de deux 
vitraux anciens du chœur de l'église de Saint-Pierre, à 
Anderlecht (Brabant), dont la restauration est terminée. 

Il résulte de cet examen que les artistes précités ont 

apporté tous leurs soins et une entière conscience dans 

l'exécution de leur entreprise. Il y a lieu de les féliciter à 

propos de ce travail important dont la réussite est complète. 

ÉgiiMdAyeacux. — Il a été procédé, le 8 décembre 1902, à l'examen des 

Vitraux. 

vitraux placés dans le chœur et à l'extrémité des basses-nefs 
de l'église d'Ayeneux (Liège). 

Il a élé constaté que les œuvres précitées ont élé bien 
exécutées et qu'on peut donner suite à la liquidation du 
subside alloué par l'État en vue de ce travail. 



CONSTRUCTIONS CIVILES. 

La Commission a émis des avis Favorables sur : 
Abbaye d'Auine. 1° La proposition de M. l'architecte Cloquet de faire 
exécuter d'urgence certains travaux de consolidation aux 



— 337 — 

ruines de l'abbaye d'Aulne (Hainaut). Il y a lieu d'autoriser 
ces travaux dans la mesure indiquée par M. Cloquet, c'est- 
à-dire en les étendant à la travée entière au pied du colla- 
téral sud avec son arc-boulant ; 
2° Le projet relatif à la restauration des façades de J hjk.1 de 7 nie 

■ J * de Saint-Nicolas. 

l'ancien hôtel de ville de Saint-Nicolas (Flandre orientale), 
ainsi que des façades latérales et postérieure du bâtiment y 
attenant dit « Ciperagie ». II doit être entendu qu'au cours 
de l'exécution des travaux, il sera tenu rigoureusement 
compte de toutes les observations présentées par M. l'archi- 
tecte provincial, dans son rapport du 14 novembre 1902; 
3° Le projet des travaux complémentaires de restauration Ancienne 

■ * r halle aux viandes 

à effectuer à l'ancienne halle aux viandes de Termonde deTcrmoDdc - 

(Flandre orientale). Il doit être entendu qu'à la façade en 

pierre de l'édifice, les lucarnes seront construites en pierre 

et qu'à la façade en briques, les lucarnes seront établies en 

briques. Il y aura lieu de mettre en œuvre la pierre de 

Baelegem partout où sa hauteur d'assises le permel, mais 

où cela ne sera pas possible, on pourra employer la pierre 

de Refroy, à la condition que le banc de provenance en soit 

bien choisi. Quant à la pierre de La Rochette, elle doit être 

écartée dans le cas actuel ; elle ne doit être autorisée que 

pour des parements unis et encore elle ne se marierait pas 

avec la pierre de Baelegem, sa coloration étant différente. 

Puisqu'il est démontré que la flèche de la tour était autrefois 

garnie de huit lucarnes, il est logique de les rétablir; 

architecte, M. Sterckx. 

— Il a été procédé, le 1 er décembre 1902, de concert Ancien 

* Granri-Begmnagi) 

avec M. Compyn, ingénieur de la ville de Gand, à l'examen deG,mi 
de l'ancien Grand-Béguinage de celle localité au point de 



— 338 — 

vue du prolongement de la rue Courte du Béguinage jusqu'à 
la rue de la Porte de Bruges. 

MM. Serrure et Lybaert, membres du Comité des cor- 
respondants de la Flandre orientale, assistaient à celle 
visite. 

Après un examen attentif des lieux, il a été reconnu que 
ce prolongement très utile, notamment pour les dégagements 
vers la rue Haute, ne ferait pas de tort à ce qui reste encore 
de l'enclos du Béguinage, attendu qu'il aura lieu au travers 
de constructions modernes. Par conséquent, il n'y a pas 
utilité à en entraver la réalisation. Mais il ne peut être 
question d'autoriser l'élargissement de la rue Courte du 
Béguinage actuelle par l'empiétement sur les jardinets, la 
largeur de celte rue étant suffisante. Il importe de laisser 
subsister le mur clôturant les jardinets à la place qu'il occupe 
aujourd'hui. C'est un des rares vestiges qui contribuent à 
rappeler le caractère tout spécial qu'avait le Grand-Bégui- 
nage avant les mutilations déplorables qu'il a subies il y a 
une trentaine d'années 
Ancienne f«me — L'attention de la Commission ayant été appelée sur la 

du Cbâtelet, * r r 

h M.rbai». valeur historique que paraît présenter l'ancienne ferme du 
Chàtelet, à Marbais, il a été procédé à son inspection le 
30 octobre 1902. 

MM. Dumortier et Désirée, délégués du Comité des 
correspondants du Brabant, assistaient à celle visite. . 

La ferme du Chàtelet est l'ancienne résidence féodale 
de Marbais. 

C'est une place fort ancienne formant un rectangle com- 
plet. On y arrive de plein pied du côté sud ; au nord, elle 
surplombe la vallée de la Thyle et l'ancien moulin banal de 



— 359 — 

la baronnie ; des deux autres côtés ses abords sont également 
escarpés. 

Le manoir était jadis entouré de fossés dont une petite 
partie subsiste encore, mais dont on retrouve le tracé à peu 
près complet; le pont-levis a disparu. 

L'enceinte subsiste presque en entier ainsi que la tour 
circulaire du sud, à gauche de la porte d'entrée et la base 
d'une seconde tour vers l'ouest; plusieurs autres tours ont 
été démolies. 

Les tours sont appareillées en assises assez régulières de 
pierre schisteuse noire et rongée par le temps. Ces tours 
remontent, sans aucun doute, à une époque très reculée ; 
elles sont peut-être contemporaines des châteaux de Bouillon 
et de Laroche. 

Un donjon carré, situé dans la cour, à gauche de l'entrée, 
de construction plus récente, est bâti en moellons provenant 
des environs et appareillés selon le système des constructions 
de l'abbaye de Villers, qui en est voisine. Les courtines 
étaient construites en même pierre et appareillées de même. 

Un bâtiment faisant saillie, à droite de l'entrée, passe pour 
avoir été la chapelle du château. Il est appareillé en grandes 
assises de pierre calcaire bien taillée, d'un ton gris jaunâtre. 
La tradition qui le représente comme ayant été la chapelle, 
parait avoir quelque fondement. Cette construction rectan- 
gulaire, orientée, a conservé d'anciennes petites baies murées 
terminées en plein-cintre dont le tympan est fermé par un 
linteau qui occupe tout le cintre, type de construction qui 
se remarque aussi à l'abbaye de Villers. En l'absence d'autres 
détails caractéristiques d'architecture et vu l'appareil exté- 
rieur, il est difficile de déterminer l'âge de cette construction, 



— 340 — 

mais si Ton peut s'en rapporter à la forme des baies 
bouchées, on peut croire que Ton se trouve en présence 
(Tune construction romane. 

En résumé, l'ancien château de Marbais constitue un resle 
très intéressant au point de vue historique; il n'est pas moins 
instructif pour 1 étude des conslruclions féodales de notre 
pays, ce manoir ayant conservé à peu près totalement son 
périmètre primitif. Il figure déjà sur la liste des édifices 
civils privés dignes d'être conservés. S'il appartenait à une 
administration publique, il devrait être classé comme monu- 
ment national. 

L'édifice en question constitue actuellement un usufruit. 
Il appartient à un grand nombre de propriétaires. A la mort 
de l'usufruitier il sera certainement mis en vente publique 
et sera adjugé vraisemblablement à vil prix. Il sera peut-être 
possible alors de l'acquérir pour y installer un service 
public quelconque. Ce serait le seul moyen d'en assurer la 
conservation. 

Vu l'importance du monument, il est désirable d'en faire 
exécuter, dès maintenant, des vues par le service photo- 
graphique des ponts et chaussées, à une échelle suffisante 
pour se rendre compte des détails de la construction et d'en 
déposer un exemplaire dans les archives de la Commission. 

ÉDIFICES RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

consirociion . Des avis favorables ont été donnés sur les projets relatifs : 

ei restauration 

ri P presbytère». j<> \j a res tauration du presbytère de Hulshout (Anvers); 
architecte, M. Taeymans; 



— 341 — 

2* À la restauration du presbytère de Beyghem (Brabanf); 
architecte, M. Thomisse; 

3° À l'exécution de travaux de réparation au presbytère 
de Brouckom lez Looz (Li m bourg); 

4° A l'exécution de travaux de réparation au presbytère 
de Rothem (Limbourg); architecte, M. Ghrisliaens; 
5 - À la restauration du presbytère de Laer (Liège); 

4 

architecte, M. Janssen ; 

6° A l'appropriation du presbytère de Ramelot (Liège)* 
architecte, M. Feuillal; 

7° A la construction d'une clôture au presbytère de 
Beersse (Anvers) ; 

8° A la construction d'une grille de clôture au presbytère 
de Vorsselaer (Anvers) ; 

9 e A la reconstruction du mur de clôture du presbytère 
de Meerle (Anvers); architecte, M, Taeymans. 



ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a émis des avis favorables sur les projets 
relatifs : 

1° A la construction d'une église à Han-sur-Lesse (Namur), Ëgiuede 

lUa-sur-Lesse. 

sous réserve de terminer la flèche en pointe et de mettre la 
fenêtre du jubé en rapport avec les autres baies de la tour ; 
architecte, M. Léonard; 

2° A la reconstruction de l'église de Familleureux (Hai- Égiue 
naut), incendiée !c 30 juin (902. Il a été recommandé aux 
autorités locales de veiller à ce que les travaux soient effectués 
avec les plus grands soins. Le Collège se propose, du reste, 



— 542 — 

de les faire examiner, en temps opportun, par des délégués; 
architecte, M. Selvais ; 
&"« 3° A la reconstruction de l'église de Wamont (Liège); 

de Wamoot 

architecte, M. Corthouls; 
Église 4° A la construction d'une église à Longchamps (Luxem- 

de Longchsmpe. v * r 

bourg); architecte, M. Wûrlh; 
Eglise 5° A l'exécution de travaux d'amélioration à l'église en 

de Beigoée. t 

construction à Beignée, sous Ham-sur-Heure (Hainaut); 
architecte, M. Dosveld ; 
SgkM d« Beyne. 6° A l'exécution de travaux complémentaires à la nouvelle 
église de Beyne, sous Beyne-Heusay (Liège); architecte, 
M. Monseur; 
Égnse 7° A l'établissement de grillages à l'entrée de l'église de 

de Soheit-Tinlot. © © ~© 

Soheil-Tinlot (Liège); architecte, M. Taurel; 
Église 8° A la reconstruction du jubé de l'église de Willebroeck 

deWUiebroeek. * ^ 

(Anvers); architecte, M. Careels; 

9° A l'exécution d'objets mobiliers destinés aux églises de : 

Slekene (Flandre orientale) : deux confessionnaux ; 

Bavichove (Flandre occidentale) : maitre-autel; 

Westvleteren (Flandre occidentale) : maitre-autel ; 

•Sclayn (Namur) : cloche; 

Bertogne (Luxembourg) : mobilier complet; 

Ramillies (Brabant) : cloche; 

Seneffe (Hainaut) : buffet d'orgue; 

Sommethonne (Luxembourg) : mobilier complet ; 

Sainte- Walburge, à Audenarde (Flandre orientale) : trois 
couronnes de lumières. 
Eglise — L'attention de la Commission ayant été attirée sur an 

deLaBulislère. J 

projet de l'administration communale de La Buissière ayant 
pour but de mettre en vente une parcelle de terrain à bâtir, 



— 343 — 

situé à proximité de l'église de cette localité, il a été procédé 
à une inspection des lieux, le 6 novembre 1902, de concert 
avec MM. De vi 11ers et Hubert, membres du Comité des 
correspondants du Hainaut. 

Il résulte de cet examen que la parcelle de terrain dont il 
s'agit est située entre le chemin de fer et l'église. Son 
exiguïté est telle que si on y érigeait une construction, celle-ci 
n'aurait même pas de cour. 

Mais, ce qui serait beaucoup plus grave, c'est que celte 
construction masquerait la vue de l'église, dont elle ne serait 
éloignée que de quelques mètres; d'autre part, le terrain 
étant en déclivité vers l'église, le nouveau bâtiment nuirait 
beaucoup à l'éclairage intérieur du temple. 

Située entre la gare et l'église, la future construction 
serait, sans doute, affectée à un cabaret duquel, étant donnée 
sa situation en contre-haut de l'église, on pourrait voir à 
l'intérieur de celle-ci sans compter que les bruits qui en 
proviendraient troubleraient considérablement l'exercice du 
culte. 

Il semble que l'autorité locale, en proposant la mise en 
vente du terrain précité, n'a pas réfléchi aux inconvénients 
graves qui s'en suivraient non seulement pour l'église mais 
aussi pour l'aspect de la localité et qu'après un nouvel 
examen elle abandonnera son projet. Il est à remarquer, 
du reste, que la vente du terrain en question ne lui rappor- 
terait qu'une misérable somme de quelques centaines de 
francs, ce qui serait bien loin de compenser l'effet désastreux 
que produirait une construction sur ce coin qui ne manque 
pas de pittoresque. 

Il y a lieu d'espérer que ce projet malencontreux ne se 



— 344 — 

réalisera pas. Aussi, ne peut-on qu'engager les pouvoirs 
compétents à s'y opposer. 
église — A la demande de M. le curé d'Henri-Chapelle (Liège), 

d'Ilcori-Cliapelle. r v ° ' 

il a été procédé, le 27 novembre 1902, à l'inspection de 
l'église de cette localité. 

Il est question, depuis longtemps, d'agrandir cet édifice 
qui, à ce que l'on assure, ne suffit plus aux besoins de la 
population. 

Le chœur, le transept et la haute nef sont en style ogival 
rappelant la dernière période de ce style; ils portent la date 
1630. Les bas-côtés ont été érigés en 1718, date qui y est 
inscrite et dans le style du temps. La tour est romane. C'est 
une construction massive, d'une grande solidité. Sa face 
ouest est recouverte d'ardoises. A sa face sud on remarque 
deux petites baies d'abat-son dont l'une est blindée; l'autre 
est en partie bouchée; à l'étage intermédiaire se remarque 
une meurtrière. La face nord ne présente aucun détail 
caractéristique. 

Toute l'église est en bon état de conservation. 

L'agrandissement ne peut èlre opéré du côté du chœur, 
lequel offre de l'intérêt et par la date de sa construction et 
par ses proportions qui sont très bien comprises. 

A première vue, il semble qu'il n'y a guère d'autre moyen 
que de prolonger l'église vers l'ouest en démolissant la tour. 
On doit toutefois reconnaître qu'il serait regrettable, au point 
de vue archéologique, de devoir sacrifier cette tour, qui est 
peut-être la construction la plus ancienne de toute la contrée. 
Il est donc indispensable d'inviter l'architecte à étudier, avec 
les plus grands soins, s'il n'y a pas moyen d'éviter celte 
éventualité en recherchant un autre mode d'agrandissement 



— 34» — 

de l'édifice. Peut-être y arriverait-il en élargissant les bas- 
culés. 

En tous cas, quel que soit le mode d'agrandissement 
auquel on s'arrêtera, il est désirable qu'il ne soit apporté 
aucun changement à l'architecture des parties à conserver 
de l'ancien temple. 

Si la tour est conservée, on pourra en améliorer considé* 
'rablement l'aspect en remplaçant sa couverture vulgaire par 
une flèche en rapport avec son importance architeclonique 
et ses vastes proportions. 

— II a été procédé, le 25 novembre 1902, à l'inspection ggti» 

de Floriffoux. 

des emplacements proposés pour l'église de Floriffoux, dont 
la reconstruction est projetée. 

MM. Boveroulle etSoreil, membres du Comité des corres- 
pondants de la province de Namur, assistaient à cette 
inspection. 

Il résulte de renseignements recueillis sur place que 
l'église actuelle ne suffit plus aux nécessités de la population. 
C est une construction des plus médiocres, érigée avec par- 
cimonie; elle est d'ailleurs en mauvais état. Son agrandisse- 
menlne serait possiblequ'au moyen de dépenses importantes ; 
le résultat obtenu ne serait guère en rapport avec ces sacri- 
fices financiers. 

Le seul parti à prendre parait être celui d'une reconstruc- 
tion totale. 

Quoi qu'il en soit, il est indispensable qu'une solution 
immédiate intervienne, la situation actuelle ne pouvant se 
prolonger plus longtemps. 

Trois emplacements ont été préconisés : 

4° Celui de l'église actuelle. Ce serait, semble-l-il, le plus 



— 346 — 

convenable s'il élait possible d'y orienter l'édifice en ajoutant 
à cet emplacement la parcelle de pré que M. de Dorlodot 
offre de céder gratuitement pour agrandir le cimetière. Mais, 
étant donnée la situation de ce terrain, il parait difficile d'y 
ériger la nouvelle construction en l'orientant ; 

2° Le terrain donné par M. Philippot-Préler. Cet empla- 
cement, que préconise le conseil de fabrique, est très conve- 
nable. Il est situé à proximité de l'ancienne église, du' 
cimetière, de la cure, de la maison communale et de l'école. 
De plus, il permet d'orienter l'église, ce qui constitue un 
grand avantage au point de vue de son éclairage et de sa 
conservation. Sa situation sur une hauteur est tout indiquée 
pour le nouvel édifice, lequel dominera ainsi toute l'agglo- 
mération et se présentera d'une façon très pittoresque, 
surtout du côté de la vallée de la Sambre ; 

3° L'emplacement proposé par le conseil communal. Ce 
terrain, appartenant à M. le baron Snoy, est situé près delà 
ferme Valentin. Ainsi que le déclare M. l'architecte provin- 
cial, par suite de son rapprochement de la Sambre, il faut 
tenir compte des crues d'eau possibles et des inconvénients 
qui proviendront des brouillards qui régnent souvent dans 
la vallée. D'autre part, cet emplacement est trop éloigné du 
presbytère; il nécessiterait le déplacement de celui-ci, donc 
une nouvelle dépense qui peut être évitée. Il faut tenir 
compte aussi que des travaux très importants seraient néces- 
saires pour y asseoir l'édifice et préserver la construction 
des atteintes de l'humidité. 

Gomme conclusion, il y a lieu de charger l'architecte, 
auteur du projet, d'examiner s'il pourrait établir la nouvelle 
église à l'emplacement de l'ancienne en l'orientant et en 



Weter. 



— 347 — 

empiétant, à celle fin, sur la prairie voisine offerte par 
M. de Dorlodot. Si ce parti n'est pas réalisable, il importera 
de faire choix de l'emplacement proposé par le conseil de 
fabrique, dans le verger de M. Philippot-Préler. 

Les raisons invoquées par le conseil communal pour 
rejeter cet emplacement ne sont pas sérieuses : l'accès n'y 
sera d'aucune difficulté; il suffira d'aménager convenable- 
ment les abords du nouveau temple, ce dont le projet de 
reconstruction soumis devra tenir compte. 

— Il a été procédé, le 10 décembre 1902, à l'inspection ^{^^ 
de l'église de Saint-André, à Attenrode-Wever (Brabant), 
dont l'état de délabrement a été signalé par le Comité pro- 
vincial des correspondants. 

Le chœur est la partie la plus ancienne de l'édifice ; il 
parait remonter aux premières années du xvi e siècle. Ses 
fenètre$ ogivales à meneaux et réseaux en pierre sont d'un 
bon tracé. Sa voûte est en bois, mais elle a été plafonnée au 
xix e siècle. 

La nef unique et la tour datent vraisemblablement du 
xvii 4 siècle. Elles n'offrent pas d'intérêt, sauf la flèche qui 
est très élégante. 

La nef est recouverte par un plafond reposant sur des 
poutres. 

L'église d'Àllenrode est insuffisante pour les besoins de la 
population; sa surface devrait être doublée. Il importe 
d'autant plus d'en poursuivre sans retard l'agrandissement, 
que certaines de ses parties sont en fort mauvais élat. En 
attendant que l'on procède à cette entreprise, il serait 
prudent de faire examiner avec soin la charpente dont 
les poutres sont, à ce qu'il parait, entrées en décom- 



— 348 — 

position à leurs points de contact avec les maçonneries. 

Tenant compte de l'intérêt qu'offre le chœur, l'agrandis- 
sement devra s'opérer vers l'ouest. La qualité médiocre des 
briques employées aux parements de la tour sera un obstacle 
à la conservation de celle-ci. Mais il conviendra de donner 
à la nouvelle tour les mêmes proportions que celles de la 
tour actuelle afin de pouvoir remettre en œuvre l'ancienne 
flèche dont la silhouette est très heureuse. 

L'église possède une ancienne croix triomphale accom- 
pagnée des statues de la Sainte-Vierge et de Saint-Jean. 
Celte œuvre d'art devra être conservée avec soin et remise, 
après l'agrandissement de l'édifice, à sa place normale. 

TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a visé : 
£gii« 1° Le projet relatif à l'exécution de travaux de restauration 

d6 Cerfoniaine. 

à l'église de Cerfontaine (Namur); architecte, M. Frère; 
ÉgiiMdAUe. 2° Le projet de restauration de l'église d'Aile (Namur); 
égiuo de Beho. 3° Le projet concernant la restauration de l'église de Beho 

(Luxembourg) et la construction d'une sacristie à cet édifice; 

architecte, M. Cupper; 
M* de vedrin. * i° Le projet de restauration de l'église de Vedrin (Namur), 

sous la réserve qu'il sera tenu compte des recommandations 

formulées par M. l'architecte provincial; 
Église 8° Le projet de restauration des glacis de la tour de 

logeai. j.£g|j se ( j e Bj sse ghem (Flandre occidentale); architecte, 

M. Carelte; 
Ê g ii,e de vicnci. 6° Le projet relatif à la restauration de la tour de l'église 
de Vierves (Namur); architecte, M. Van Gheluwe; 



— 349 — 

V Le projet de travaux de restauration à exécuter à ë^c d-Eugie*. 
leglise d'Eugies (Hainaut); architecte, M. Dufrasne; 
8° Le projet concernant des travaux de réparation à ËgUie 

de Moostreux. 

effectuer à l'église de Monstreux (Brabant); architecte, 
H. Van Halen ; 
9* Le projet de travaux de grosses réparations à exécuter Égu« 

r * ° r de Moni-Sainte- 

à l'église de Mont-Sainte-Geneviève (Hainaut) ; architecte, Geneviève. 
H. Simon; 
10° Le projet de restauration de la tour de l'église de u**> 

r * ' ° dcRamelot. 

Ramelot (Liège); architecte, M. Feuillat; 
11° Le projet de travaux complémentaires de restauration Égiue 

" de Nolr*»Dame- 

à effectuer à l'église de Notre-Dame-Auxiliatrice, à Pâturages £ pjïïSJS 
(Hainaut); architecte, M. Bodson; 
12° Le projet de restauration de la toiture de la tour de écu» 

1 de Hermalle- 

leglise de Hermalle-sous-Argenteau (Liège); architecte, MU$ Kx ^ ym - 
M. Lambrecht; 
13° Le projet de restauration de l'église de Rothem éjum 

de Rothem. 

(Limbourg) ; 
14° Le compte des travaux de restauration exécutés Egn« 

. de Notre-Dame, 

pendant le premier semestre de 4902, à l'église de Notre- à *■*«■. 
Dame, à Anvers. 
— Le 24 novembre 1898 et le 6 décembre 1900, la É g n.e 

do Nalinues. 

Commission a signalé l'étal déplorable et dangereux dans 
lequel se trouve l'église de Nalinnes, faute d'entretien. 

Depuis quatre ans, cette triste situation n'a fait qu'empirer. 

Il résulte d'une nouvelle inspection qui vient d'être faite 
de l'édifice et à laquelle assistaient MM. Cador, Devillers et 
Hubert, membres du Comité des correspondants du Hainaut, 
que le danger d'écroulement d'une grande partie des pare- 
ments de la tour est très grand. Ces parements se détachent 



— 350 — 

du noyau de la maçonnerie el des boursouflures inquiétantes 
se remarquent surtout vers l'ouest. 

D'autre part, le vaisseau est également en très mauvais 
état. Les murs, principalement ceux exposés au nord, sont 
transpercés par l'humidité; les eaux pluviales séjournent au 
pied des maçonneries, où il n'y a nul moyen d'écoulement. 
Ajoutons que les toitures sont délabrés et laissent filtrer les 
eaux, comme on peut le voir aux plafonds ; les gouttières 
sont en partie détruites et déversent les eaux sur les pare- 
ments. 

Si l'on ne prend pas de promptes mesures pour remédier 
à cette situation déplorable, situation que l'on ne rencon- 
trerait même pas dans les plus pauvres localités de notre 
pays, non seulement il arrivera des accidents regrettables, 
mais l'église deviendra inhabitable tant elle est humide et 
malsaine. Cette dernière- éventualité s'est déjà réalisée pour 
ce qui concerne la sacristie, de laquelle on a dû évacuer les 
objets principaux servant au culte. 

L'administration communale ne semble pas se rendre 
compte de la responsabilité grave qu'elle encoure en mainte- 
nant une situation semblable C'est ainsi qu'elle a fait naguère 
placer un grillage pour fermer l'entrée de l'ancien cimetière 
et empêcher la circulation du côté menacé de la tour avec 
une inscription : « Fermé pour cause de danger public ou 
sûreté » . Ce grillage est déplacé et l'inscription est réléguée 
dans un coin. 

Il y a lieu d'inviter une nouvelle fois les autorités locales 
à s'entendre d'urgence pour soumettre aux pouvoirs publics 
des propositions en vue de remédier à un état de choses qui 
peut, d'un jour à l'autre, compromettre et la sécurité publique 



— 351 — 

et un édifice très intéressant qui figure dans- la troisième 
classe des mouuments du culte. 

Les travaux les plus urgents à entreprendre sont les 
suivants : 

1° Restaurer les parements extérieurs des murs, surtout 
ceux de la tour ; 

2° Vérifier l'appui de la flèche, laquelle s'incline vers 
l'ouest ; 

3° Réparer les toitures ; 

4° Établir partout des chéneaux aux toitures avec tuyaux 
de descente, égouts et aqueducs souterrains ainsi que des 
trottoirs sur tout le pourtour de la construction ; 

5° Enlever le plâtrage intérieur des murs, restaurer 
ceux-ci et les récrépir au moyen d'un bon mortier. 

— Il a été procédé, le 4 décembre 1902, à l'examen detoiMd-Huuèn. 

par-delfe. 

Tare triomphal de l'église d'Hastière-par-delà, dont le mau- 
vais état avait été signalé. 

MM. le baron del Marmol, Boveroulle et Dardenne, mem- 
bres du Comité des correspondants de la province de 
Namur, assistaient à cet examen. 

On remarque, en effet, dans ledit arc, plusieurs lézardes 
assez sérieuses, mais son état ne parait pas inquiétant au 
point qu'il faille le démolir et le reconstruire. Il suffira de 
faire des coulées de ciment dans les crevasses et aux endroits 
où les joints sont ouverts entre les claveaux. II est à remar- 
quer, d'ailleurs, que cet arc ne porte aucune charge, le 
pignon qui le surmontait ayant été démoli naguère par 
mesure de précaution. 

Il serait d'autant plus regrettable de devoir reconstruire 
l'arc précité, qu'il porte des restes de peinture murale qui 



— 352 — 

paraissent (rès anciens et que, par conséquent, il y a intérêt 
à conserver. 

L'arc opposé dans le transept, à rentrée de la haute-nef, 
offre également plusieurs lézardes ; il y aura lieu d'y faire la 
même opération qu'à l'arc triomphal. 

Le projet relatif à la construction d'une sacristie et à l'éta- 
blissement d'un trottoir autour de l'église est à l'étude; il 
sera soumis, à bref délai, à l'avis des autorités compé- 
tentes. 

Par suite de l'existence à l'entrée du vaste chœur de l'église 
d'Hastière-par-delà de la crypte restée ouverle, les fidèles, 
placés dans la nef, se trouvent à une très grande distance 
du maitre-autel établi au fond de l'abside. M. le curé de la 
paroisse a émis l'idée de placer un petit autel, composé d'une 
simple table, dans le transept, en avant de l'ouverture de la 
crypte. Cet autel servirait dans les cas ordinaires pour les 
offices, tandis que le maitre-autel serait réservé pour les 
solennités. Il n'y a pas d'inconvénient à ce que celle propo- 
sition soit adoptée. 
Égiu« — Il a été procédé, le <0 novembre 1904, à l'inspection 

d'AUombcrg. 

de l'église d'Alsembcrg, pour l'achèvement de la restauration 
et de l'ameublement de laquelle un projet complet est 
présenté. 

M. Dumortier, membre du Comité des correspondants du 
Brabant, assistait à cette inspection. 
La dépense totale des travaux prévus s'élèveà fr. 148,139-63 
Ce chiffre n'est pas en rapport avec les ressources locales. 
Par conséquent, il y a lieu, semble-t-il, d'extraire du devis 
une série d'ouvrages comprenant les travaux de restauration 
qui sont considérés comme les plus urgents, sur l'exécution 



— 355 — 

desquels il n'y a rien d'hypothétique et ceux comportant les 
objets mobiliers strictement indispensables pour l'exercice 
régulier du culte. Ce parti est d'autant plus à conseiller 
que les travaux de restauration de cette belle église 
offrent, en certains points, des difficultés sérieuses pour 
la solution desquelles une étude plus approfondie est indis- 
pensable. 

Il est entendu que cette série d'ouvrages comprendra ceux 
repris aux paragraphes 2° et 3° du rapport du 13 juin 1900 
(voir Bulletin, page 155), ayant trait à la restauration de la 
chapelle nord latérale au chœur et au grand arc sous la 
tour. 

Tous les parements intérieurs en pierre peuvent rester 
apparents; on rétablira en pierre les parties détruites de ces 
parements et on pourra compléter, aussi en pierre, les petites 
parties qui ont été refaites autrefois en briques. Mais il y a 
lieu de crépir tous les parements en briques ainsi que les 
panneaux des voûtes. S'il reste encore des parties de pare- 
ments en pierre à décrépir, on devra avoir soin de ne pas 
ouvrir les joints comme on l'a fait, à tort, aux parements 
déjà décrépits. Tous les joints en bon état devront être 
respectés. 

Pour le rejointoyage des parements en pierre, on peut 
adopter le système échantillonné dans la première travée 
de la haute-nef près de la tour, où les joints sont parfaitement 
visibles. Le mortier à employer sera le mortier blanc ordi- 
naire non teinté. 

La restauration intérieure du chœur offre surtout des 
difficultés à cause de remaniements qui y ont été opérés. Il 
sera indispensable, avant tout, d'y faire des sondages pour 



— 384 — 

rechercher la situation primitive, notamment aux cordons 
sous les fenêtres et aux arcatures. 

Quant à l'extrémité de la basse-nef sud, vers le chœur, 
où l'on suppose qu'il a existé une tribune, il convient de 
maintenir strictement la situation actuelle, de conserver avec 
soin toutes les amorces et autres vestiges mis à découvert; 
on pourra toutefois enduire lès parties de parements qui sont 
en briques. 

Le rétablissement de cette tribune ne serait possible qu'en 
faisant disparaître la belle grille en fer forgé qui clôture celte 
partie du temple et en mutilant la verrière latérale, don de 
l'ancien curé Mariën. 

Le cordon qui régnait sous les fenêtres de la haute-nef 
a été détruit; on pourra le rétablir, mais on recherchera 
quel était son profil primitif; le fragment de cordon rétabli 
sous l'une des fenêtres parait trop volumineux et trop 
saillant. 

Des traces de peinture se remarquent sur les colonnes de 
la nef; ces vestiges semblent démontrer qu'il y avait là des 
figures isolées, probablement les figures des Apôtres. Il 
conviendra d'étudier le moyen de les rétablir, lorsque les 
ressources le permettront. Il conviendra aussi de conserver 
soigneusement tous les restes de polychromie trouvés dans 
l'église. 
Egii* — Le projet soumis en vue de la restauration du portail 

âuege. 'de l'église de Saint-Jacques, à Liège, a fait l'objet d'an 
examen, sur place, le 24 novembre 1902. 

MM. Renier, Lohest, Bormans, Schoolmeeslers, Drion et 
Jamar, membres du Comité provincial des correspondants, 
assistaient à cet examen. 



— 358 — 

Il n'est pas douteux que le portail est une œuvre de mérite 
contestable, conçue dans le style de la renaissance par Lam- 
bert Lombard, plutôt peintre qu'architecte. 

II est certain que ce portail a été accolé au porche de 
l'église. Peut-être même a-t-il été substitué à un portail 
ancien du style gothique de la dernière époque auquel 
appartient la majeure partie de l'église. 

A ce point de vue, l'établissement de ce portail constitue 
une erreur de l'artiste, improvisé architecte, un sacrifice 
irrationnel qu'il a fait à l'influence italienne. 

On ne peut le contester non plus : la restauration ne 
pourra s'effectuer sans que l'ouvrage soit en grande partie 
démoli, sans qu'il perde beaucoup aux yeux des amateurs 
exclusifs du pittoresque. 

Suit-il de ce qui précède qu'il faille démolir le portail 
renaissance de Saint-Jacques et le remiser tel quel dans 
quelque musée? N'y a-t-il pas à côté des considérations 
architecturales, artistiques et pittoresques, l'histoire de 
l'illustre et splendide église de Saint-Jacques? Elle est écrite, 
en traits ineffaçables, dans le sévère narthex roman ; dans 
les richesses sculpturales des nefs, des chapelles, des 
tribunes scabinales; dans l'harmonie délicate des grandes 
lignes et des détails du jubé et du buffet d'orgue; dans les 
arcs ogivaux du porche nord appuyés sur des culs-de-lampe 
de pure renaissance; enfin, dans le portail où les plans de 
Lambert Lombard, abandonnant totalement le style de 
l'édifice, ont ouvert celui-ci au public de la fin du xvi e siècle 
par une entrée décorée en pierre à l'aide de motifs empruntés 
à l'artistique ébénisterie liégeoise de l'époque. 

La Commission tient compte de l'histoire des monu- 



— 556 — 

ments; elle a le devoir de s'en préoccuper pour l'exercice 
de sa mission. Elle remarque que, d'après les plans de 
l'architecte et suivant le désir de la ville de Liège il s'agit 
de restaurer le portail et non point de le reconstruire. 
Elle estime, dès lors, que ledit projet de restauration peut 
èlre admis. 

II est indispensable toutefois que, dans l'exécution, on 
se borne à renouveler les pierres qui sont absolument 
hors d'état d'être maintenues en place. On doit éviter, 
à tout prix, que la restauration n'aboutisse à une recon- 
struction. 

Avant tout, il convient de faire exécuter des photographies 
à grande échelle des diverses parties du portail. Ensuite, il 
faudra prendre des moulages nombreux, même des parties 
frustes, à titre de renseignements et de guides ainsi que 
pour le contrôle des travaux. 

Il est incontestable que le succès de l'entreprise dépendra 
du choix du sculpteur. 

Une des principales causes qui ont amené la dégradation 
extrême du monument, c'est la qualité médiocre de la pierre 
employée. Il importera de l'extraire des bancs connus 
comme fournissant de la pierre non gélive et tout à fait 
saine. Il importera tout autant de faire surveiller l'extraction, 
sur place, par un agent très expert. 

Il n'y a pas de doute que le portail a été polychrome à 
l'extérieur; des traces de couleur en font foi. Il y aura donc 
lieu, avant de mettre la main à l'œuvre, de relever avec soin 
et de bien étudier les traces de polychromie et de dorure, 
pour qu'on puisse rétablir la décoration après la restauration 
de la partie architecturale. 



— 357 — 

Il est visible que la base du portail est enterrée ; il impor- 
tera de ramener le sol à son niveau primitif en abaissant le 
pavage de la place en pente douce vers le monument. Il 
faudra aussi réduire la courbe du terre-plein qui réunit le 
portail à la tour de l'église. 

La Commission exprime le vœu que les travaux du portail 
de Saint-Jacques soient l'objet, dans leur ensemble, dune 
surveillance spéciale émanant d'un Comité local dont ferait 
partie l'architecte et où les diverses autorités seraient repré- 
sentées : le conseil communal, le Comité provincial des 
correspondants de la Commission royale, le conseil de 
fabrique. Tous les doutes que suggérerait l'exécution du 
travail délicat confié à M. l'architecte Léonard pourraient 
ainsi être examinés avec soin et soumis au jugement de la 
Commission royale elle-même. On signalera dès à présent 
comme pouvant être soumises en premier ressort à l'avis de 
la susdite Commission locale deux questions : le renouvelle- 
ment ou non du médaillon central et le remplissage des 
niches vides par de nouvelles statues. 

Le Collège croit devoir subordonner le présent avis à la 
réserve suivante : si l'on venait, au cours des travaux, à faire 
des découvertes plus importantes encore que celles auxquelles 
s'attend la Commission, découvertes établissant les grandes 
lignes d'un ancien portail gothique, toute la question devrait 
être soumise de nouveau à ses délibérations. 

En ce qui concerne le projet d'exhaussement de la 
chapelle latérale nord ou plutôt de son achèvement, comme 
il s'agit de faire ici la même opération que celle effectuée, il 
y a quelques années, à la chapelle sud, il n'y a aucun incon- 
vénient à ce que le travail projeté soit autorisé. 



— 358 — 

En somme, le devis présenté, au montant de fr. 40,715-13, 
comprend, en totalité, des travaux urgents et nécessaires 
susceptibles d'être subsidiés sur les crédits des Beaux- Arts. 

I* Secrétaire, 
A. Massaux. 

Vu en conformité de l'art. 25 du règlement. 

Le Président, 
Gh. Lagasse-de Locht. 



NÉCROLOGIE 



La mort vient de creuser un nouveau vide au 
sein de la Commission royale des monuments. 



M. Jean-André-Alfred CLUYSENÂAR 



ARTISTE PEINTRE 



Membre de la dite Commission 



est décédé à 'Bruxelles le 23 novembre iço2. 



^^^^^0»0w^^^^^^»#»*%*»^^^ 



De nombreux discours ont été lus à la maison 
mortuaire le jour des funérailles. Nous repro- 
duisons celui prononcé, au nom de la Commission 
royale des monuments, par M. Jules Helbig, 
Vice-Président de ce Collège. 



360 — 



« Messieurs, 

» C'est au nom de mes collègues, membres de la 
Commission royale des monuments, que j'accomplis le 
douloureux devoir de déposer auprès de la dépouille 
mortelle d'Alfred Cluysenaar, l'expression de regrets pro- 
fondément sentis et l'hommage d'affectueux souvenirs. 

» Alfred Cluysenaar, par ordre de date, était le dernier 
membre entré dans notre Collège. L'arrêté royal qui porie 
sa nomination est daté du 30 mai 1901. Il venait remplacer 
Albrecht De Vriendt, enlevé si prématurément à l'art belge, 
à l'utile coopération qu'il nous apportait et, j'ose le dire, à 
l'amitié de ses collègues. 

> Nous fumes heureux de le voir remplacer si dignement. 

» Alfred Cluysenaar, peintre d'histoire, venait pour ainsi 
dire reprendre au milieu de nous, le siège occupé autrefois 
pendant de longues années par son digne père, l'architecte 
Cluysenaar, le constructeur des galeries Saint-Hubert de 
Bruxelles. 

» Son fils, artiste de race, naturellement désigné au choix 
du Gouvernement par la haute situation qu'il avait conquise 
dans l'École de peinture contemporaine et la tendance élevée 
qui caractérisait son talent, successeur de son père à la 
Commission royale des monuments, on pouvait dire de lui 
qu'il y entrait « par droit de conquête et par droit de 
» naissance » . 

» 11 y sut bientôt gagner toutes les sympathies de ses 
nouveaux collègues par la nature courtoise et aimable de 



— 361 — 

ses relations, la droiture de son jugement, par l'autorité 
qu'il ne tarda pas à acquérir dans l'examen de toutes les 
questions où la peinture et l'art monumental étaient en jeu 
et enfin par le concours précieux qu'il apportait à notre 
Collège dans l'inspection des monuments, toutes les fois que 
sa santé déjà ébranlée, lui permettait d'y prendre part. 

» Cependant cet état de santé, qui ne l'éloignait que 
rarement de nos séances, ne semblait pas devoir inspirer de 
sérieuses inquiétudes et, assez récemment surtout, la guéri- 
son semblait assurée, sa constitution paraissait avoir triomphé 
des indispositions que l'on s'était habitué à regarder comme 
passagères. 

» Aussi espérions- nous conserver longtemps parmi nous 
an collaborateur dévoué, assidu et affectueux lorsque la 
divine Providence en décida autrement : ce fut pour ses 
collègues un coup aussi douloureux qu'inattendu lorsqu'ils 
apprirent que la mort, l'implacable mort, venait de le 
frapper au milieu des siens, mettant un terme prématuré à 
ses travaux, à ses projets d'avenir, à ses espérances! 

» Je viens de rappeler en peu de mots ce que fut 
Cluysenaar au sein de la Commission royale des monuments, 
le vide et les regrets qu'il y laisse. 

i Je ne sais si c'est à moi et si c'est le moment aussi de 
rappeler la place qu'il a conquise dans l'École de peinture 
belge. Les monuments et plusieurs musées du pays et de 
l'étranger possèdent ses titres de gloire. Les panneaux de 
l'Université de Gand et le musée royal de Bruxelles conser- 
veront pendant des siècles, je l'espère, plusieurs des œuvres 



— 362 — 

les plus marquantes du peintre. Eu ce moment les journaux 
de toutes nuances rappellent avec des éloges mérités, bon 
nombre de travaux qui marquent pour ainsi dire les étapes 
de la carrière de l'artiste. Je crois seulement devoir insister 
sur ses qualités de portraitiste. Un assez grand nombre de 
familles haut placées conservent des portraits dus à son 
pinceau, et parmi ceux-ci il en est d'excellents. 

> Gomme la plupart des maîtres, Gluysenaar s'est cru 
appelé à l'apostolat de l'enseignement. Son atelier, déjà, 
était une sorte d'école. Détail professeur à l'Institut supérieur 
des Beaux-Arts d'Anvers, où il enseignait la peinture déco* 
rative monumentale, et c'était là un cours qui convenait 
parfaitement à la direction de son esprit. Il était Directeur 
de l'Académie de Saint-Gilles, où son enseignement produisit 
bientôt des résultats remarquables. 

» Ses succès comme artiste et comme professeur reçurent 
la consécration méritée des distinctions les plus hautes et 
les plus flatteuses. En 1895, il fut élu membre de l'Académie 
royale de Belgique. 

» Mais, dans la carrière de ce laborieux, il est un point 
qui semble commander tout particulièrement le respect de 
tous ceux qui font connu et qui ont suivi ses travaux. C'est 
le respect qu'il avait lui-même pour son art et les convictions 
auxquelles il est resté fidèle. C'est la dignité de sa vie 
d'artiste. 

» Il se croyait, et non sans raison, appelé à continuer les 
grands maîtres que dans les années radieuses de sa jeunesse 
il avait admirés à Paris, en Italie, en Allemagne et notam- 
ment dans un séjour prolongé à Rome. Les visions du grand 
art, de l'art monumental le poursuivaient; son imagination 



— 363 — 

était hantée par les grandes scènes de l'histoire et de la 
Bible : les cavaliers destructeurs de l'Apocalypse était un 
sujet qu'il aimait d'une véritable prédilection, parce que 
c'était là une scène qui lui permettait en quelque sorte 
d'entrer en lutte avec les artistes penseurs comme Albert 
Durer et Cornélius. C'était avec les maîtres de cette taille 
qu'il aurait aimé à vivre et à se mesurer... 

» Mais hélas, à notre époque où la peinture semble se 
transformer en peu d'années, où souvent, affaire d'engoue- 
ment et de mode» elle prend les allures les plus étranges et 
les plus déconcertantes et où il se trouve même un public 
pour accepter toutes les tentatives et toutes les nouveautés, 
des hommes de la nature de Cluysenaar sont vite, sinon 
dépassés, du moins délaissés et demeurent dans une sorte 
d'isolement. Peu disposés à courir après les succès du jour, 
au moyen de concessions et de transformations que leur 
conscience d'artiste désapprouve, ils demeurent en quelque 
sorte victimes de la fidélité à leurs convictions. J'admire trop 
les hommes de cette trempe pour songer à les plaindre et 
lorsque la mort vient couronner leur carrière en leur 
imposant le repos de la tombe, je m'incline respectueusement 
et je crois voir celte tombe entourée d'une sorte de rayonne- 
ment. Je m'imagine que ces âmes d'artiste qui n'ont pu 
donner un corps à leurs plus beaux rêves, en verront la 
réalisation dans cette autre vie à laquelle je crois et que la 
foi que je professe me permet d'espérer pour leur âme ! » 



RAPPORT 

sur les travaux de la section artistique de la 
commission royale des échanges internationaux pendant 
l'année 1900. 

Les résultais donnés par les voyages de recherche, en 
Belgique, d'objets d'art dignes d'être reproduits par le 

m 

moulage, nous ont encouragés à continuer ce système 
d'investigations; elles ont été particulièrement nombreuses 
en 1900 et non moins fructueuses que pendant les deux 
années précédentes. 

Presque tous les monuments et objets d'art examinés ont 
été photographiés; nous avons reconnu l'opportunité de 
faire mouler un certain nombre d'entre eux, tant pour com- 
pléter les collections exposées dans notre musée que pour 
fournir de nouveaux aliments au service des Échanges inter- 
nationaux; pour d'autres, d'un intérêt secondaire, il nous a 
paru que la photographie suffisait à les représenter dans nos 
collections. 

L'un des plus importants de ces monuments est le jubé de Lierre. 
l'église Saint-Gommaire, à Lierre. 

Contemporain de ceux de Dixmude et de Notre-Dame de 
Walcourt, il est conçu, comme eux, dans ce style issu du 
gothique, contourné, fouillé, ouvragé au delà de toute 
description, qui fut en usage pendant la première moitié du 
xvr siècle. 



— 366 — 

Il nous parait indispensable d'exposer un monument de 
ce genre : placé en regard de la cheminée du Franc de 
Bruges et du portail de la salle échevinale d'Àudenarde, qui 
datent de la même époque, il démontrerait éloquemment la 
lutte de l'esprit national contre l'influence étrangère; les 
éléments gothiques y abondent : les supports du jubé de 
Lierre, comme ceux du jubé de Dixmude, sont eucore des 
groupes de colonnetles cylindriques, mais les chapiteaux 
sont d'un modèle nouveau; plusieurs petits pinacles se 
réunissent pour former le dais d'une statuette; l'arc ogive y 
est encore, mais déformé; les moulures se relèvent en 
pointes d'accolades, dessinent des courbes et des contre- 
courbes variées, surchargées d'une multitude d ornements 
végétaux dont l'exécution étonne l'œil ; la recherche visible 
d'originalité dans cette riche décoration dénote l'effort 
opiniâtre de l'artiste s'obstinant à rajeunir un style épuisé, 
tandis que Lancelot Blondeel et les exécuteurs de ses plans 
laissent dans son repos l'art de l'autre siècle et tendent les 
bras aux nouveautés fastueuses que leur apporte l'art plate- 
resque. 

La comparaison de ces deux monuments serait, nous le 
répétons, d'un enseignement profond, et cette considération 
nous a fait inscrire le moulage du jubé de Lierre sur la liste 
de nos principaux desiderata, malgré la dépense élevée que 
doit entraîner son exécution. 

Die*. Une autre dépense assez forte, mais qui ne nous parait 

pas moins justifiée, devra être faite pour le moulage de 
quelques stalles de l'église Saint-Sulpice, à Diest. 



— 367 — 

Cette église en possède vingt-qualre, datant de la (in de 
la période ogivale; presque toutes ont des miséricordes d'un 
haut pittoresque. 

Notre musée possède deux ensembles de stalles : celles 
de Vilvorde, du xvn a siècle, et celles de Dordrecht, du xvi a ; 
nous proposons d'y ajouter, pour représenter ce genre de 
meuble au xv e siècle, un groupe de quatre stalles de Saint- 
Sulpice. Il nous parait presque inutile d'insister sur l'oppor- 
tunité de montrer ainsi des séries de meubles d'églises de 
différentes époques et sur la grande utilité des renseigne- 
ments que des collections de cette nature peuvent fournir 
aux architectes chargés de dresser des plans d'ameublement 
des édifices du culte. 

A l'extérieur de la même église, il y aurait à prendre 
certaines statues, notamment un beau Saint-Denis, et 
plusieurs gargouilles; signalons en passant que la gargouille 
de i la Recevresse » d'Aviothest le seul spécimen que nous 
possédions jusqu'à présent de ce détail d'architecture dont 
les artistes du moyen âge ont tiré si grand parti. 

La c Porte du Béguinage » , dans la même ville, est loin 
d'être dénuée d'intérêt : elle se compose d'une voûte en 
anse de panier, entre deux colonnes doriques; l'entable- 
ment, légèrement cintré au-dessus de la clef de voûte, 
supporte un motif décoratif composé d'une niche à plein 
cintre reliée par une sorte d'attique courbe à une spirale qui 
surmonte chaque colonne ; sur chaque spirale est posé un 
vase; la niche est couronnée et accostée de guirlandes de 
fleurs et contient une grande statue de la Vierge. 

L'église du Béguinage possède quelques sculptures inté- 
ressantes, entre autres une figure assise de Sainte-Anne, 



-r 368 — 

polychromée, et une fort belle Vierge du xiv* siècle en 
marbre blanc, avec le bord des vêtements doré. Celte figure 
rappelle celle de Notre-Dame d'Anvers, dont nous avons le 
moulage; il serait intéressant de la reproduire et de juxta- 
poser ces deux œuvres. 

Nous croyons, bien que cela sorte des attributions de 
notre Comité, devoir attirer l'attention de l'Autorité supé- 
rieure sur l'étal déplorable dans lequel se trouve l'église du 
Béguinage : les toitures sont percées en maint endroit, la 
pluie a pourri les plafonds et tombe dans l'église. Les hôtes 
du lieu sont, parait-il, dénués de toutes ressources; nous 
pensons qu'une intervention des pouvoirs publics s 1 impose 
ici; en tous cas, nous signalons le fait à nos honorables 
collègues de la Commission royale des monuments. 

Noirhu. Nous leur signalons aussi, bien que sans le moindre 
espoir d'y voir porter remède, l'état dans lequel on laisse 
tomber le château de La Motte, à Noirhat. 

C'est avec autant d'indignation que de pitié que l'on 
contemple l'œuvre de destruction qu'on a laissée s'accomplir 
là sans vouloir faire le moindre effort sérieux pour l'enrayer; 
— car on ne peut considérer comme sérieux moyens d'en- 
tretien quelques bouts de planches clôturant plus ou moins 
certaines fenêtres, quelques tuyaux de zinc placés aux 
gouttières, quelques réfections exécutées à la toiture, — le 
tout beaucoup trop tard, alors que l'intérieur était déjà 
totalement dévasté par les eaux pluviales. 

Cette jolie demeure Louis XV, qui eût pu être restaurée 
ou tout au moins conservée il y a vingt ans, ne sera bientôt 



— 369 — 

plus qu'un monceau de ruines informes. Les murs lézardés 
s'inclinent de (ouïes parts; leur chute est imminente. Si 
encore ces ruines étaient vides! Mais non : il y a là des 
détails artistiques délicieux, des documents précieux pour 
l'exposé de l'art de la sculpture sur bois et de la ferron- 
nerie. Outre un terme d'escalier dont nous avons obtenu, 
— grâce à une haute intervention, — l'autorisation de 
prendre le moulage, il existe toute une série de portes 
décorées de ces ravissantes guirlandes de fleurs dont les 
artistes contemporains de Louis XV savaient parsemer les 
boiseries diverses, avec autant de grâce que de variété. 

Les panneaux supérieurs des vantaux de la porte princi- 
pale ont de fort jolies sculptures ; les panneaux inférieurs 
ont été rabotés par les essieux des chariots, car le vestibule 
d'honneur a servi de hangar au fermier voisin ! 

Aux fenêtres, de charmantes grilles sont rongées par la 
rouille; un autre grillage non moins intéressant clôture le 
chœur de la petite chapelle ; dans celle-ci, la tribune fermée, 
du premier étage de laquelle les châtelains entendaient la 
messe, existe encore entière; si le propriétaire voulait 
consentir à la laisser enlever, elle pourrait devenir l'une des 
pièces les plus intéressantes de la Section des anciennes 
industries d'art de nos musées. 

Dans les jardins enfin, un reste de statue à peu près 
informe, dans lequel on peut encore reconnaître une Léda, 
semble prouver que l'on ne s'est pas plus soucié des œuvres 
d'art proprement dites que de la décoration artistique du 
château. 

Il est temps encore de sauver quelques pièces : cinq ou 
six portes, la tribune et certains des ouvrages de ferronnerie 



— 570 — 



cités plus haut; mais il importe de s'aboucher sans retard 
avec le propriétaire, car l'état du bâtiment ne permettra 
bientôt plus de s'en approcher. 



« 



oHfeyiiuem. M. le Baron van den Bossche a bien voulu nous autoriser 
à photographier les deux termes monumentaux, en style 
Louis XV, de l'escalier d'honneur de son château de 
Heylissem. 



« 



court- L'église de Court-Saint-Étienne possède un tfiestre», 

Saint-Etienne. ° r 

c'est-à-dire un reliquaire, mentionné déjà par MM. Tarlier 
et Wauters (i) et par M. Goovaerts (2). C'est un édicule 
rectangulaire couvert d'une toiture à deux versants. Saint- 
Etienne, le patron du lieu, y est représenté trois fois : à l'un 
des pignons, au-dessous d'un buste du Père Éternel bénis- 
sant, et au milieu de chacune des deux faces, entre Saint- 
Paul et Saint- Pierre, d'un côté; entre Saint-Laurent et Sainte- 
Gertrude, de l'autre. Le second pignon présente les instru- 
ments de la Passion surmontés d'un buste du Père Étemel 
identique au premier. Chaque figurine de saint est placée 
sous une arcalure dont l'intrados est gjrni d'une branche de 
feuillage et qui retombe sur deux colonnettes minuscules; 
des colonnettes plus fortes marquent les trois divisions de 
chaque face et soutiennent les angles. Les rampants des 



(4) La Belgique ancienne et moderne ; canton de Wavre, p. 134. 

(«) Une ancienne description de Court-Saint-Étienne. Bull, de laComm. 
royale d'histoire, tome VI, n° 3, 5 m * série. 

Voir aussi : Weale, Catalogue des objets d'art religieux, etc., exposés 
à l'hôtel Liedekerke, à Malin es. Septembre 1864, n° 484. 



— 571 — 

pignons sont hérissés de crochets en feuilles de chicorée; 
un élégant crétage court sur le faite et se répèle le long de 
chaque chéneau; le toit se compose de plaques d'argent en 
losange avec dessins repoussés extrêmement gracieux; enfin 
une boule de cristal est posée à l'amortissement de chaque 
pignon; une troisième marque le centre de Pédicule. 

Le corps du reliquaire et les statuettes sont en argent; les 
colonneltes, les arcatures, les crétages et les rampants à 
crochets sont en. cuivre doré. Le tout ne mesure que 
59 centimètres de longueur sur 27 de largeur et 40 centi- 
mètres de hauteur. 

Ce petit monument mérite d'être conservé avec le plus 
grand soin ; mais son importance artistique n'est pas assez 
grande pour que nous puissions en proposer le moulage. 

L'église de Léau possède aussi un reliquaire, — celui-ci Léau. 
de Saint-Léonard — d'un tout autre genre que le précédent 
et d'une inestimable valeur, ainsi que de nombreux objets 
d'or et d'argent : monstrances, calices, ciboires, etc., d'un 
grand mérite artistique ; nous ne nous attarderons pas à les 
décrire, nous réservant d'y revenir plus tard, lorsqu'il nous 
sera permis de songer à organiser sur des bases sérieuses 
nos collections de reproductions galvanoplastiques. 

Nous avons été attirés dans celte église par les nombreuses 
sculptures qu'elle renferme. 

Nous avons déjà les moulages de plusieurs d'entre elles : 
une statue de la Vierge, trois figures de saints debout, une de 
Saint-Georges à cheval, une de Saint-Léonard assis; enfin, 
le superbe retable du xiv* siècle qui retrace la vie du patron 



— 572 — 

de l'église (i) ; nous proposerons de reproduire encore par- 
tiellement le retable dit : « de Saint-Roch » (s) qui comporte 
six grandes figures dont deux, celle de Sainte-Catherine et 
celle de la Vierge, sont d'un fort beau style Nous préconi- 
serons aussi le moulage, lorsque nos ressources le permet- 
tront, d'un grand retable (3) dont nous n'avons qu'une 
minuscule figurine; il se compose de trois compartiments : 
au centre est une statue de la Vierge ; d'un côté, le Portement 
de la croix ; de l'autre, la Déposition de croix, et, au dessous 
de la Vierge, la Mise au tombeau ; trois petits sujets sont 
disposés dans les dais : la Présentation au temple, la Fuite 
en Egypte et Jésus parmi les Docteurs. L'architecture de ce 
retable est fort intéressante ; elle passe pour avoir été dessinée 
par Mathieu de Layens ; de fait, les crochets de chardon qui 
suivent la moulure supérieure de l'encadrement ont une 
physionomie toute particulière et présentent une parenté 
frappante avec ceux des arcades du jubé de Saint-Pierre, à 
Louvain. 

La figurine de femme que nous possédons provient de la 
predella à double étage sur laquelle le retable est posé; bien 
que cette predella ne nous paraisse pas appartenir au retable, 
elle n'en est pas moins digne d'être moulée. 

Nous proposerons encore la reproduction du c Rosaire » 
de Léau ; la Vierge, à double face, s'y détache sur un fond 
de glaives et de flammes, entourée d'une couronne de roses 
que six anges soutiennent; nous n'avons pas encore de 



(0 Bull, des Comm. roy. d'art et d'archéol., XXIX (1890), p. 440. 
(t) Jd. f p. 443. 
(») Id. f p. 445. 



— 373 — 

spécimen de ce genre de sculpture et celui-ci est d'une 
exécution remarquable. 

Citons enfin un fort beau lutrin-aigle en laiton, compa- 
rable à celui de l'église de Freeren, que notre atelier de 
moulage a reproduit. 

L'église Saint Gorgon, à Hougaerde, possède aussi un Hougurd*. 
lutrin en laiton très élégant; il figure le Pélican symbolique 
dressé sur le bord de son nid. Le support est moderne. 

L'oiseau mesure 67 centimètres de hauteur sur 54 centi- 
mètres de largeur entre les extrémités des ailes. L'arête 
qui sert à retenir l'anliphonaire porte l'inscription : 

1AN . VELDENER . ME . FECIT AN . 1573 . 8 DECEBR. 

D'autre part sur la douille, qui est coulée d'une pièce avec 
cette partie, on lit : 

MATHIAS . INGHELS . DEDIT . QS . OB . 3 . 1568 . D. 

Ces deux inscriptions, parfaitement conservées, sont en 
caractères identiques; on peut conclure de la différence des 
dates que le lutrin fut offert à l'église en exécution d'une 
disposition testamentaire de Mathias Inghels, cinq ans après 
la mort de celui-ci. 

La même église possède des fonts baptismaux fort anciens, 
probablement du xm e siècle. Ils se composent de trois blocs 
de pierre bleue constituant respectivement le socle, le sup- 
port et la cuve. 

Celle ci est hémisphérique, bordée d'une moulure très 
simple et cantonnée de quatre masques humains en haut 
relief; chacun de ces masques surplombe une colonnelte 



— 574 — 

cylindrique engagée dans le pédoncule, de même forme, 
massif et trapu. Deux Glets à profil triangulaire leur tiennent 
lieu, l'un de base, l'autre de chapiteau. Le plan du soubas- 
sement épouse les contours du support; au bas de chaque 
colon nette, sur le socle, est sculpté en haut relief un petit 
animal chimérique. 

L'ensemble mesure 97 cenlimètres de largeur sur i œ 23 
de hauteur, non compris le couvercle. 

Le Comité, se rangeant à l'avis de ses délégués, a décidé 
le moulage de ce curieux monument. 

BniM- Un certain nombre de communes belges ont encore leur 
ancien pilori : on en trouve à Mespelaer, à Rijmenam, a 
Gestel, à Eename, etc.; ils ne consistent en général qu'en 
une simple colonne de pierre, dénuée d'intérêt sculp- 
tural. 

Celui de Braine-le -Château est un monument complet : 
au sommet de quatre hauts degrés, construits sur un plan 
hexagonal, se dresse une épaisse colonnette cylindrique à 
base moulurée hexagone; une astragale sépare du fut une 
sorte de bourrelet qui tient la place du chapiteau et sur le 
pourtour duquel se déploie une banderolle portant une 
inscription gravée en creux; trois moulures s'étagent eo 
pyramide au-dessus du bourrelet et le relient à une plate- 
forme hexagonale sur chaque angle de laquelle s'élève une 
colonnette; les fûts de ces colonneltes sont cylindriques; 
leurs bases sont hexagones» de même que leurs chapiteaux; 
ceux-ci reçoivent les retombées d'arcatures en anse de 
panier, à redents, au-dessus desquelles règne un rebord 



— 575 — 

saillant. Une colonnette qui se dressait au centre de la 
plateforme a disparu. 

Ce monument est, pensons-nous, unique en Belgique. 
Nous en avons décidé la reproduction, persuadés qu'elle 
constituera une pièce de haut intérêt à la fois pour notre 
musée et pour les établissements avec lesquels nous sommes 
en relations d'échange. 

Notre délégué a vu dans le cimetière de Braine-le-Chàleau 
trois petites pierres anciennes, d'une sculpture naïve, repré- 
sentant : le Sauveur couronné d'épines ; le Portement de la 
croix et le Christ en croix ; une quatrième pierre semblable, 
qui figure l'Érection de la croix, se trouvait dans la cour 
d'un café de la localité. 

Dans l'église de Braine, sous une baie ouverte, — sorte 
d'enfeu à jour entre le chœur et une petite pièce contigué, — 
est une fort belle statue couchée, en albâtre. C'est un 
chevalier en armure; ses pieds s'appuient contre un lion; 
deux angelots soutiennent le coussin brodé sur lequel repose 
la tète. Cette sculpture est aussi belle, — et mieux conser- 
vée, — que la statue gisante du comte de Lalaing, dont nous 
avons le moulage. 

Dans sa Notice historicité et généalogique sur les Sei- 
gneurs de Braine-le-Châleau et Haut-litre, Stroobant 
dit : c Maximilien, comte de Hornes et de Hautekerke, 
chevalier de la Toison d'or et chambellan de Charles- 
Quint, mourut le 3 février 1542 et fut enterré à Braine- 
le-Châleau sous un monument en marbre blanc qui 
ne porte aucune inscription » . Nul doute que cette 
mention ne se rapporte à la statue dont nous venons de 
parler. 



— 376 — 

Nous souhaitons vivement voir entrer dans nos collections 
le moulage de cette belle sculpture. 

jodoign*. Nous ne pouvons en dire autant du monument funéraire 
du comte et de la comtesse de Glimes, placé actuellement 
dans la petite chapelle Noire-Dame, à Jodoigne. 

Le sarcophage est un cube de pierre insignifiant, dont la 
monotonie est à peine atténuée par des écussons, d'un relief 
peu prononcé. Les gisants, dont les pieds sont appuyés sur 
le lion et le chien traditionnels, sont des figures assez 
banales. 

La photographie qui en a été prise représentera suffisam- 
ment ce monument dans nos collections. 

Loofaio. Il existe, par contre, dans l'église Saint-Pierre, à Louvain, 
deux tombeaux qui seront pour notre musée des pièces 
capitales : celui de Henri I er , duc de Brabant, qui se trouve 
au centre d'une des petites chapelles du pourtour du chœur, 
et celui de Malhilde et de Marie, sa femme et sa fille, 
rélégué sous un enfeu pour lequel il n'a certainement pas 
été fait. 

Tout nous permet d'espérer que les moulages de ces deux 
beaux monuments du xni° siècle ne tarderont pas à prendre 
place dans notre musée. 

Signalons, en passant à Louvain, les magnifiques stalles 
de l'église Sainte-Gertrude. 

Nous émettons aussi le vœu de nous trouver bientôt en 
mesure de prendre un moulage complet du portail roman 



— 377 — 

de l'hôpital Saint-Pierre. Le jardinet clôturé d'un grillage au 
fond duquel il se trouve à l'abandon ne le protège que bien 
insuffisamment contre le vandalisme inconscient des enfants; 
déjà plusieurs fragments des sculptures des impostes ont 
disparu ; nous possédons heureusement les moulages de ces 
parties; ils nous aideront à reconstituer l'ensemble complet 
dès que nos ressources nous permettront d'exécuter celte 
importante reproduction. 

* * 

L'église de Boendael possède un grand retable complet, bonum. 
— ou plutôt complété — et deux panneaux provenant d'un 
autre retable (i). 

Le premier, placé maintenant sur le maitre-aulel, repré- 
sente en trois compositions le martyre de Saint-Crislophe. 
C'est une œuvre du xvi e siècle; les figures sont de propor- 
tions un peu courtes; il y a de nombreuses restaurations. 

Les deux panneaux séparés décorent les autels latéraux; 
ils ont trait au martyre de Saint-Adrien. Les compositions 
sont très pittoresques; les figures ne sont pas sans parenté 
avec celles du retable de Saint-Georges, de Jan Borman. Ces 
compositions seules méritent d'être reproduites par le mou- 
lage. Les fonds d'architecture et les encadrements sont 
modernes. 

* * 

Notre délégué a examiné et photographié les deux retables vmm-n-viiie. 
superposés, sur l'autel latéral droit de l'église de Vil lers- Ja- 
Ville (3). Il nous parait très regrettable que le restaurateur 



(1) Bull, des Comm. roy. d'art et d'archéol., XXIXX (1890), p. 43G. 
(t) Op. cit., XXX (1891), p. 133. 



L*e»ko«t. 



HultWut. 



— 378 — 

ait adopté une disposition présentant le double défaut de 
dénaturer la forme du retable inférieur et de réunir en une 
seule deux œuvres d'époques différentes. 

Nous émettons le vœu que ces sculptures, d'un réel mérite, 
soient remises en bon état. Nous n'estimons pas, toutefois, 
qu'il y ait lieu de les reproduire par le moulage, notre musée 
possédant des compositions analogues d'un mérite supérieur. 

Le retable représentant le martyre de Saint-Quirin, placé 
dans une chapelle isolée, à Loenhout (i), est une œuvre du 
xvr siècle assez originale et qui mérite d'être conservée avec 
soin ; mais la photographie que nous en avons prise suffira 
pour le représenter dans nos collections. 

L'église de Hulshoul possède un beau retable du xv* siècle 
représentant des scènes de la Passion. Le moulage de cette 
œuvre figure depuis longtemps dans nos collections, sous la 
fausse dénomination de « Retable de Thielen » (2). 

La vérité est que l'église de Thielen possédait des volets 
peints anciens de valeur, provenant d'un retable dont la 
partie principale avait disparu; pour utiliser ces volets, on 
a exécuté une copie des groupes du retable de Hulshout; les 
moulages de ces groupes, après avoir servi à faire cette 
copie, ont été versés dans nos collections et renseignés 
comme provenant de Thielen. L'erreur a été rectifiée dans 
le catalogue-tarif des échanges. 



(1) Bull, des Comm. roy. d'art et tfarchéol., XXXII (1893), p. 248. 
(«) Op'. cit , XXXI (1892), p. 475. 



— 379 — 

Il existe dans la même église un autre retable, consacré à 
la vie de son patron, saint Malhieu; il n'atteint pas au mérite 

artistique du précédent (<)• 

* 

L'église de Buvrinnes possède aussi — outre le très beau Baronet, 
tabernacle dont nous avons le moulage, — deux retables 
anciens : l'un, en pierre, a pour sujet la Passion ; l'autre, en 
bois, retrace la légende de Saint-Pierre. 

Ce dernier est assez connu ; il a été décrit dans le Bulletin 
des Commissions royales d'art et d'archéologie (2) et dans 
les Annales du Cercle archéologique de Mons (3), qui en ont 
donné une planche, d'un dessin assez naïf. 

Ce retable, de réelle valeur, a été surmonté, en 1854, 
d'un couronnement pseudo-gothique prétentieux et de mau- 
vais goût; il gagnerait à en être débarrassé. 

Le retable en pierre date du xvi e siècle ; les figures, courtes 
et d'une exécution peu caressée, sont encore alourdies par 
d'épaisses couches de couleur blanche. De plus, on a trouvé 
bon de placer dans la main de plusieurs des personnages de 
la scène du Calvaire de petits drapeaux en papier découpé, 
d'un effet franchement malheureux. 

Notre délégué a remarqué encore, dans l'église de 
Buvrinnes, une jolie statuette gothique de Saint-Pierre assis, 
coiffé de la tiare; elle est vraiment curieuse et mériterait 
d'être moulée, si la fabrique voulait bien nous la confier 
dans ce but. 

* * 

(1) Bull, des Comm. roy. d'art et dfarchéoL, XXX (1891), p. 65. 
(1) Op. cit, XXX (1891), p. 135. 
(») Tome III (1862), p. 302. 



— 380 — 

boumu. Le beau retable accolé au mur dans le bras gauche du 
transept de I église de Boussu (i) porte aussi un couronne- 
ment moderne de mauvais goût, qu'il conviendrait de 
supprimer. Ce retable est probablement contemporain de 
l'église, qui date de 1501; il est antérieure celui de Lombeek- 
Nolre-Dame, mais appartient sans conteste à la même école. 

La disposition des petits groupes étages le long de l'enca- 
drement et suivant les contours des trois cintres est très 
originale. La sculpture est d'un fort bon style et mérite à 
tous égards d'être reproduite pour notre musée, où elle 
marquera la transition entre le retable de Léau et celui de 
Lombeek. 

La chapelle seigneuriale attenante à l'église de Boussu 
renferme deux monuments funéraires. L'un est un sarco- 
phage sur lequel plusieurs figures sont agenouillées; il ne 
présente pas un intérêt exceptionnel. L'autre, qui fait face à 
l'autel, est très important et tout à fait remarquable. II se 
compose d'une grande arcade à plein cintre entre deux 
piédroits, à chacun desquels est accolée une colonne corin- 
thienne sur piédestal; deuxanges planent dans les écoinçons; 
sous l'arcade est un sarcophage entre les pieds duquel on 
voit, représenté en grandeur naturelle, un cadavre nu, 
étendu sur une natte ; ce corps décharné est d'un réalisme 
effrayant. 

Sur le sarcophage, au pied d'un crucifix, sont agenouillés 
les défunts : un seigneur et son fils à gauche; sa femme et 
sa fille, à droite. Une plaque de marbre blanc, postérieure 



(i) Annales du Cercle archéologique de Mont, t. XI, p. 263, et Bull 
des Comm. roy. d'art et d'archéol., t. XXXIII, 1894, p. 90. 



— 381 — 

au monument, rappelle qu'en cet endroit reposent « haull, 
noble et puissant seigneur mess ire Jean, comle de Boussu, 
baron de Raikem » , etc., etc., « capitaine général en diverses 
armées de Sa Ma" impérialle Charles Gint »..., décédé 
à Boussu le 12 Février 1567, et « madame Anne de Bour- 
goigneson épouse, laquelle trespassa Tan 1 55 1 , le 25 Mars » . 

Sur l'entablement sont posés : au centre, un buste du 
Père éternel entouré d'anges et, dans l'axe de chaque 
colonne, une figure d'homme debout portant un écu armorié. 

Sept têtes de chérubins décorent l'archivolte et seize 
blasons sont accolés, par couples, à l'intrados de l'arcade. 
Le tout est en marbres de différentes couleurs. 

C'est un monument très original, très complet et d'un 
bon style, dont le moulage constituera Tune des meilleures 
pièces de nos collections. 

II y aura lieu d'en profiter pour mouler également un 
bas-relief encastré dans la muraille de la même chapelle et 
qui représente la Vierge, assise, à laquelle un chevalier est 
présenté par ses patrons. Une inscription de cinq lignes 
donne le nom de « Signevr de Tvin dit de Bovssvt » et la 
date de 1430. 

Deux monuments funéraires sont placés dans l'église de c©oi««mp. 
Coolscamp; ils nous ont été signalés par M. van Overloop, 
conservateur en chef des musées royaux du Cinquantenaire. 

L'un est un sarcophage cubique décoré sur ses quatre 
faces de figures de pleurants taillées en bas-relief. Le gisant, 
couvert de son armure, les pieds appuyés contre un lion, 
est un seigneur de Lichlervelde mort en 1435. 



— 382 — 

L'autre monument consiste en une grande dalle fixée au 
mur de gauche de l'église; elle porte les effigies, en bas- 
relief, d'un seigneur de Lichlervelde et de Goolscamp mort 
en 1375 et de sa femme. 

Le chevalier porte l'armure ; la télé s'emboîte dans le 
€ petit bacinet » sans nasal, qui recouvre le front et les 
tempes et auquel s'attache un € camail » de mailles, cachant 
les joues, le menton et les épaules. La dame porte une 
coiffure à bordure de passementerie encadrant le visage et 
une longue robe très simple avec manches étroites recou- 
vrant une partie de la main, à la manière de nos c mitaines» . 
Au-dessus de chaque figure est un dais peu saillant, formé 
de trois gables avec rampants à crochets et fleuron, se 
détachant sur un fond de fenestrations. 

Cette dalle est absolument remarquable et son moulage 
fournira des documents utiles au point de vue de l'histoire 
du costume. 

Nous préconisons aussi le moulage du premier de ces 
monuments, qui est un excellent morceau de sculpture et un 
curieux exemple de tombeau à pleurants. 

* * 

cour-iur-Heure. La toute petite église de Cour-su r-Heure est presque 
entièrement lambrissée de chêne sculpté de l'époque de 
Louis XV; c'est un ensemble fort intéressant, à la conser- 
vation duquel il importe de veiller. Nous n'y avons toutefois 
pas trouvé de motifs à reproduire par le moulage. 

* 

iiebaiz. Notre délégué a examiné, au presbytère de Rebaix, un 
calvaire dont la restauration était projetée. 



— 585 — 

Il date de la fin du xv e siècle; les arêtes de la croix sont 
ornées de crochets de feuilles de chicorée; ses quatre ex l ré- 
mités sont fleurdelisées et chacune d'elles porte, dans un 
médaillon carré aux côtés en accolades, la représentation 
symbolique d'un Évangéliste. Celte croix étant vermoulue, 
on a enlevé à la scie le milieu de la traverse et une partie 
du montant et on a rapproché les morceaux en les fixant sur 
une autre croix qui sert en quelque sorte de doublure et de 
support. 

La figure du Christ est franchement mauvaise; celle de. 
Saint-Jean est un peu meilleure, quoique la tète soit assez 
maladroite et la pose maniérée; par contre, la Vierge est 
fort bien traitée. Nous proposerions même de la faire mouler 
si nous n'avions déjà un assez grand nombre de statuettes 
gothiques de la Vierge. 

L'administration communale de Tournai avait conçu le tomwl 
projet d'envoyer à l'exposition de l'Art public, à Paris, un 
moulage de la fameuse entrée de la cathédrale dite < la Porte 
Manlile » . Il est regrettable que ce projet ait été abandonné : 
nous aurions pu saisir cette occasion pour faire entrer dans 
nos collections un exemplaire de ce moulage. 

Nous estimons, en effet, que la place de cette superbe 
porte romane est marquée dans notre musée, et nous devrons 
faire en temps opportun les sacrifices nécessaires pour en 
posséder la reproduction. 

* 

Nous avons le moulage de la balustrade du jubé de l'église Moha - 
de Moha, à l'exception des deux panneaux extrêmes ; il nous 



— 384 — 

parait opportun de combler cette lacune et d'ajouter à ce 
moulage celui des colonnes qui supportent le jubé. 

Ces colonnes sont d'ordre composite ; leur fût est cannelé 
depuis le quart environ de sa hauteur jusqu'au chapiteau ; 
sa partie inférieure est décorée de branches, de fruits et de 
petits masques humains en haut relief; le dé du piédestal 
est orné de panneaux rectangulaires à cadre mouluré. 
L'exécution est délicate et l'ensemble d'une grande élégance. 

* 
* * 

Aoiuisnei. M. le Baron de Waha de Bâillon vil le a bien voulu faire à 
notre délégué les honneurs de son château d'Ouhar, à 
Anlhisnes, et l'autoriser à photographier une cheminée 
ancienne qui s'y trouve. Celle cheminée provient d'un autre 
château de la localité ; elle est, malgré le déplacement, dans 
un état de conservation des plus satisfaisants. 

Les montants sont formés d'une haute volute portée par 
une griffe et surmontée d'une tète de monslre marin formant 
console; un lerme-caryalide fait avant-corps sur chaque 
retour; la frise, décorée de rinceaux, est couronnée d'une 
corniche moulurée. Le toul est en pierre blanche de France. 

Celle cheminée a conservé sa ferronnerie ancienne, ainsi 
qu'une bonne partie des briques du fond de l'àtre, décorées 
de jolis bas-reliefs et encadrant une taque en fonte d'un beau 
travail. 

M. le Baron de Waha nous a gracieusement autorisés à 
en faire prendre le moulage; nous l'inscrivons sur la liste de 
nos desiderala, nous réservant de faire exécuter au préalable 
d'autres travaux plus urgents. 

* 



— 588 — 

Notre Secrétaire s'est rendu à Maestricht pour y examiner mmutiai. 
le grand portail de l'église Saint-Servais. Il a ouvert des 
négociations avec la Direction du Rijksmuseum d'Amsterdam 
à l'effet d'obtenir pour notre musée, par voie d'échange, un 
exemplaire du moulage de ce portail. 



Chargé de dresser une liste des moulages qu'il convien- 
drait d'acquérir à l'étranger pour compléter nos collections, 
le Secrétaire de notre Comité a été invité à se rendre à 
Paris, où il a visité, dans ce but, les Musées du Trocadéro, 
du Louvre, de Cluny et de l'École des Beaux-Arts. 

Les résultais de celle mission onl fait l'objet d'un rapport 
spécial, qui a été publié (1). 



Desiderata. 

Tant ensuite des différents voyages que nous venons de 
résumer que sur la proposition de ses membres, noire Comité 
a porté sur la liste de ses desiderata les moulages des 
monuments et objets d'art suivants : 

PROVINCE D'ANVERS. 

Lierre. Église Sainl-Gommaire : Jubé. 

PROVINCE DE BRABANT. 

Diest. Église Saint- Sulpice : Quatre stalles; vingt misé- 
ricordes ; statuettes et gargouilles. 

0) Bull, ies Comm. roy. d'art et (TarchéoL, XXXIX (1900), p. 157. 



— 386 — 

Diest. Église du Béguinage : Statue de la Vierge. 

Noirhat. Château de La Moite : Portes sculptées ; tribune 
de la chapelle. 

Léau. Église Saint-Léonard : Retable dit « de la Vierge » ; 
deux figures du retable dit « de Saint-Roch » ; rosaire; 
lutrin. 

Hougaerde. Église Saint-Gorgon : lutrin; fonts baptis- 
maux. 

B raine- le-Chàteau. Pilori; statue tombale de Maximilien 
de Hornes. 

Louvain. Église Saint-Pierre : Tombeaux de Henri 1", de 
Malhilde et Marie de Brabanl. 

Louvain. Hôpital Saint-Pierre : Portail roman. 

Boendael. Église : Deux groupes du martyre de Saint- 
Adrien. 

PROVINCE DE HAINAUT. 

Buvrinncs. Église : Statuette de Saint-Pierre. 
Boussu. Église : Relable; monument funéraire de Jean de 
Boussu ; bas-relief commémoratif. 
Tournai. Cathédrale : Porte Manlile. 

FLANDRE OCCIDENT A' E. 

Goolscamp. Église : Tombeau et dalle funéraire. 
Ypres. Église Saint-Martin : Chapiteaux. 

PROVINCE DE LIÈGE. 

Anlhisnes. Château d'Ouhar : Cheminée. 

Huy. Église primaire : Portail dit « Bethléem ». 

Moha. Église : Colonnes et panneaux extrêmes du jubé. 



— 387 — 



ÉTRANGER. 



France. Monuments divers. (Voir le rapport spécial 
prérappelé.) 
Italie. Arc de Trajan, à Bénévent. 
Pays-Bas. Portail de l'église Sain (-Servais, à Maestricht. 



Atelier de moulage. 

Le personnel de notre atelier a exécuté les moulages 
suivants : 

Croix triomphale et statuette de Saint-Jean, du Calvaire 
de l'église de Walhain-Saint-Paul ; 

Statue dite « Jeune homme casqué » (marbre antique), de 
la collection de Somzée, à Bruxelles; 

Terme d'escalier du château de La Motte, à Noirhat ; 

Pierre tombale aux effigies de Jean de Melun et de ses 
deux femmes; pierre tombale de Béatrice de Beausarl, 
épouse de Hugues de Melun, et de son fils Guillaume; 
statuette de Saint-Jean, avtc console et support; écusson des 
seigneurs de Melun, au château d'Antoing. 



Photographies. 

Notre fonds de reproductions photographiques s'est 
enrichi de cent quarante-deux clichés, dont une partie 
d'après des moulages de nos collections et les autres d'après 
les monuments originaux dont la liste suit : 

Court-Saint-Étienne. Châsse (quatre vues); 



— 388 — 

Noirhat. Tribune de la chapelle du château de La Motte; 
Moha. Jubé (deux vues); 

Anthisnes. Cheminée du château d'Ouhar (deux vues); 
Hougaerde. Fonts baptismaux; lutrin; 
Rebaix. Calvaire; 

Audenarde. Fragments d'un retable conservés au musée 
communal; 
Givry. Retable ; 
Flobecq. Retable; 
s'Heeren Elderen. Retable; 
Cour-sur-Heure. Chapelle latérale ; 
Lierre. Jubé de Sainl-Gommaire (deux vues); 
Bréda. Plaque tombale de G. van Gaelen ; 

Clonmacnoise (Irlande). Croix de cimetière anciennes 
(trois vues) ; 

Loozen. Retable. 

Herbais. Retable. 

Oplinter. Retable (au Musée d'Antiquités); 

Estinnes-au-Mont. Retable; 

Boendael. Trois retables ; 

Hérenlhals. Retable. 

Strengnâs. Retable; 

Braine-le-Chàteau. Pilori; statue de Maximilien de Hornes; 

Lcau. Retables : de la Vierge, de Sainte- Anne, de Saint- 
Roch; retable moderne; lutrin; rosaire; ostensoir; reli- 
quaire ; 

Villers-la- Ville. Deux retables; 

Hulshout. Deux retables; 

Buvrinnes. Retable de Saint-Pierre; ensemble de l'autel ; 
retable de la Passion ; statuette de Saint-Pierre ; 



— 389 — 

Louvain. Tabernacle de Saint-Jacques; stalles de Sainle- 
Gerlrudc (deux vues); tombeau du duc Henri I er , à Saint- 
Pierre ; 

Freiberg (Saxe). Porlail du Dôme; 

Coolscamp Deux monuments funéraires; 

Boussu. Retable; monument funéraire; bas-relief; 

Heylissem. Termes d'escalier (quatre vues). 

Nos collections de phololypies de monuments anciens se 
sont accrues des vues suivantes : 

Tour de l'église de Saint-Léonard en Gampine; 

Tour de l'église d'Hoogstraeten ; 

Portail de l'église et hôtel de ville d'Hoogstraeten ; 

Hôtel de ville de Lierre ; 

Église Saint-Gommaire, à Lierre (trois vues); 

Église Sainl-Amand, à Gheel, 
exécutées par AI. C. Àubry. 

Maison des Templiers et portail de l'église Saint-Pierre, 
à Ypres ; 

Façade de l'église Noire-Dame; porte d'Ostende ; maisons 
anciennes Marché aux Poissons, à Bruges, 
exécutées par M. G. D'Hoy. 



Dons, Acquisitions et Échanges, 

Sa Majesté le Roi nous a fait don d'un moulage d'une 
chapelle de l'église de Drontheim (Norvège), très intéressant 
monument du xiu* siècle. 



— 390 — 

Le cooseil de fabrique de l'église Notre-Dame-au-Lac, à 
Tirlemont, nous a ofTert les moulages de deux fragments d'un 
trumeau de portail de cette église. 

Nous avons acquis, à Rome, les moulages d'une tète de 
Silène, d'une statue de Vénus dite < Esquiline » et d'une 
statue de Pugiliste au repos. 

Nous avons obtenu par voie d'échange : 

Du Musée de moulages de sculptures classiques, de Munich , 
un exemplaire de la Némésis, de la collection de Somzée; 

Une tète antique de l'école de Praxitèle; 

Une tète avec partie de torse d'une statue dénommée — à 
tort — c Alhéna mycénienne » , qui est en réalité une œuvre 
étrusque. 

Du Musée du Louvre, un exemplaire de l'A urige vainqueur, 
trouvé à Delphes. 

Des négociations sont en cours en vue d'un important 
échange avec le Musée Royal de Sculpture de Dresde. 



Vers la fin de cette année, notre Secrétaire nous a présenté 
son projet de création d'un < Office central des Échanges 
artistiques internationaux ». 

Nous avons la conviction que celte institution est appelée 
à rendre les plus grands services à tous les établissements 
qui voudront y adhérer; nous avons, en conséquence, 
transmis le projet au Gouvernement, avec l'espoir qu'il 
tiendra à en favoriser la réalisation. 



— 391 — 

Sur l'invitation de M. le Ministre de l'Agriculture, nous 
l'avons communiquéaussi à nos correspondants de l'étranger, 
ouvrant entre eux un référendum dont notre prochain rap- 
port annuel fera connaître les résultats. 

Le Secrétaire, 

Henry Rousseau. 
Vu: 

POUR LE PRÉ8JDENT : 

Le Membre délégué, 
Ad. Delvigne. 



397 — 



ANOERNACH. 

* 

Eglise Notre-Dame. 

8. — Portai] méridional. 

Quatre colonnes supportent une arcature à tores orne- 
mentés. Le tympan présente, en bas-relief, deux anges 
portant un médaillon sur lequel est figuré l'Agneau 
divin. 

xih* siècle. — Trachyte, tuffeau et marbre. 

Hauteur 6"80. Largeur 5 m 80. 

9. — Cuve baptismale. 

Bassin dodécagone; aux angles, douze colonnettes, dont 
les chapiteaux sont taillés dans la pierre supérieure ; celle-ci 
est de forme circulaire et décorée d'une frise sculptée. 

Première moitié du xin 6 siècle. — Trachyte. 

Hauteur 0-68. Largeur m 89. 

BOPPARD. 

Église des Carmélites. 

10. — Dalle tumulaire de Marguerite von Eltz. 

De forme rectangulaire, avec hémicycle à la tète. Au 
milieu est sculptée la figure du Père Éternel avec le corps 
du Christ, d'après la composition d'Albert Durer. L'enca- 
drement porte des blasons armoriés. 

Exécutée en 1519 par von Loyen Hering, de Eichstedt. — 
Marbre jaune clair. 

Hauteur 2 m 4i. Largeur l m li. 



— 398 — 

BRAUWEILER. 

Église (ancienne abbatiale). 

10 a et 6. — Deux médaillons circulaires avec les figures 
de la Vierge et de Saint-Nicolas. — 1514. 

CAPPENBERG. 

Église paroissiale 

11. — Dalle tumulaire des deux fondateurs Otto et 
Goltfried de Gappenberg. 

Les deux gisants sont vêtus de même d'une chemise de 
mailles recouverte d'une tunique sans manches et d'un man- 
teau ; leur ceinture est ornée de petits fleurons ; sur la hanche 
gauche est accroché l'écu, recouvrant le glaive, dont on voit 
dépasser la poignée. Ils portent ensemble un édicule en 
forme d'église gothique. Leurs pieds s'appuient sur des 
lions. Au-dessus de leurs têtes s'avancent deux baldaquins 
en demi-octogones avec arcalures trilobées surmontées de 
gables à crochets. 

xiv siècle. — Grès. 

Hauteur 2"41. Largeur l m 48. 

12. — Tombeau du comte Gottfried de Gappenberg. 

Le gisant, sous une arcade à plein cintre, porte une tunique 
plissée avec longue ceinture décorée de fleurons, à laquelle 
pendent une courte dague à droite, un glaive à gauche. Son 
manteau, jeté sur les épaules, est retenu par deux grosses 
billes en forme de fleurs. Il tient de la main droite une croix 
grecque, de la gauche un écu. Au-dessus de l'épaule gauche 
est sculpté le Pélican symbolique sur le bord de son nid. 



— 399 — 

Les retombées de l'arcade s'appuient contre de petits contre- 
forts à pinacles que supportent des culs-de-lampe à figurés 
humaines. Au-dessus planent deux anges portant une cou- 
ronne; au bas, un lion couché. La sculpture est assez rade 
et la figure un peu courte. 

xiv 6 siècle. — Grès. 

Hauteur 2 m 22. Largeur l-Og. 

■ 

COESPELD. 

Église Saint-Jacques. 

13. — Portail occidental. 

Arcade à plein cintre formée de quatre archivoltes en 
boudins, séparées par des bandes d'ornements très élégam- 
ment travaillés. Comme supports, de chaque côte quatre 
colonnes cylindriques avec bases formées de deux tores 
séparés par une scotie et chapiteaux de fantaisie à rinceaux 
délicatement ouvragés, avec figures d'animaux. Le cadre de 

la baie est formé de deux épaisses colonnes qui se continuent 

» . . * 

en moulures sous l'arcade, dessinant une archivolte trilobée. 
Dans les écoinçons sont sculptés un dragon et un lion. 

Ce portail est des plus remarquable comme style,et comme 
exécution. 

Vers 1200. — Grès westphalien. 

Hauteur 5 m 00. Largeur 4*40. 



M' i ' . 



CUES-SUR-MOSELLE. 



Église de C Hôpital. 

14. — Dalle tumulaire de Clara Krifts (f 1473)», steurdu 
cardinal Nicolas Cusanus. < 



— 400 — 

Figure gisante en bas- relief ; au-dessus de la lé le, deux 
anges portent des armoiries. 
Fin du xv« siècle. — Grès. 
Hauteur 2"10. Largeur i"05. 

ENGER. 

Eglise capitulaire. 

15. — Dalle îumulaire de Wiltekiod, duc de Saxe (t 807). 
Le gisant, d'un relief très peu accusé, porte une tunique 

plissée et un bonnet avec couronne basse : il tient un sceptre. 
L'original porte des traces de peintures et d'incrustations. 

(Le moulage de celte dalle figure, sous le n° 1017, dans 
la Section d'Art monumental des Musées du Cinquantenaire). 

xu e siècle. — Pierre. 

Hauteur 2 ra 00. Largeur 0"6 1 . 

FRANCFORT-SUR-MEIN. 

Cathédrale. 

16. — Dalle tumulaire du roi Gunthers de Schwarzbourg 
(fl349). 

Le défunt, qui tient son casque à la main, pose les pieds 
sur deux lions debout. L'encadrement et l'arcade supérieure 
sont sculptés et ornés de figures. 

Exécuté en 1352. — Pierre. 

Hauteur 3 n 30. Largeur l m 68. 

FRECKENHORST. 

Eglise paroissiale catholique, 

il. — Fonts baptismaux. 

Cuve cylindrique posée sur une plinthe moulurée de même 



( 

; i 



R A PPORT 

AU COMITÉ DE LA SECTION ARTISTIQUE DE LA COMMISSION 
ROYALE DES ÉCHANGES INTERNATIONAUX. 



L'art ancien de l'Allemagne occidentale. (Exposition de Dûsseldorf, 1902.) 



Messieurs, 

L'Exposition historique de l'Art, à Dûsseldorf, dont le 
succès a été si grand et si mérité, avait des litres nombreux 
à noire intérêt. 

Ses organisateurs s'étaient proposé de donner un aperçu 
du développement progressif des arts plastiques dans l'ouest 
de l'Allemagne et plus spécialement dans la Prusse Rhénane 
el dans la Westphalie. L'archileclure, la sculpture, la pein- 
ture elles branches qui s'y rattachent : céramique, orfèvrerie, 
verrerie, etc., y étaient représentées par d'importants mou- 
lages, des photographies, des copies, et par une quantité 
considérable d'objets originaux de grande valeur, car les 
collections privées, aussi bien que les musées et les trésors 
d églises, avaient été largement mises à contribution, et 
ceux qui connaissent l'amour ombrageux des collectionneurs 
pour leurs « pièces » ne savent ce qu'il faut le plus admirer, 
du zèle intelligent et persuasif des commissaires qui ont 
réussi à faire confier tant de merveilles à une exhibition 
publique, ou du goût érudit et des idées généreuses de ceux 
qui, ayant pu les réunir, n'ont pas hésité à courir les risques 



— 394 — 

de s'en séparer pendant plusieurs mois pour les exposer à 
l'admiration universelle. 

Les peintures décoratives, les tapisseries, les émaux, les 
verres, les poteries diverses, sont étudiées spécialement par 
certaines sections des Musées royaux du Cinquantenaire; je 
m'attacherai donc exclusivement aux objets qui intéressent 
directement le Comité artistique des Échanges, soit pour ses 
collections propres, soit dans ses rapports avec la Section 
d'Art monumental des Musées. 

* * 

En première ligne viennent les moulages. 

L'initiative de faire et d'exposer ces reproductions fut 
prise par la t Cenlral-Gewerbe-Verein » de Dûsseldorf, qui 
y consacra d'abord une somme de C00 marks; puis le Gou- 
vernement Royal de la Prusse accorda un subside de 
50,000 marks et les Landtag provinciaux rhénan et westpha- 
lien votèrent respectivement 20,000 et 15,000 marks de 
subvention. Les organisateurs se trouvèrent ainsi à la tète 
d'un capital de 85,000 marks — soit 107,000 francs — au 
moyen duquel ils firent exécuter, tant par les ateliers des 
Musées royaux que par la Société industrielle de Dûsseldorf 
et par des mouleurs particuliers, les soixante-cinq moulages, 
pour la plupart d'une grande importance, dont j'ai cru 
devoir donner ici le catalogue détaillé. 

AIX-LA-CHAPELLE. 

Cathédrale. 

t. — Clôture de la Chapelle des âmes, dans le cloître. 
Suite de sept arcades trilobées supportées par des colonnes 



— 395 — 

cylindriques avec chapiteaux à crochets et bases à deux 
tores, posées sur un mur de soubassement peu élevé. L'arcade 
centrale, servant de porte, est encadrée de deux piliers 
cantonnés sur trois côtés de colonnes engagées de même 
modèle que les premières; celle de la face antérieure est 
surmontée d'une colon nette, motif répété aux deux extré- 
mités de la clôture. L'ensemble est couronné d'une frise de 
21 arcalures aveugles trilobées. Le fond et les fûts des 
colonnes sont en pierre calcaire, la frise et les arcades en 
granit jaunâtre. 

Fin du xii* siècle. 

Hauteur 3 m 66. Longueur 9 ro 22. 

(Ce moulage a été exécuté et exposé aux frais exclusifs de 
la maison de construction J.-P. Radermacher, d'Aix-la- 
Chapelle). 

2. — Sarcophage dans lequel Frédéric Barberousse fit 
déposer, en 1165, les restes de Charlemagne, qui y demeu- 
rèrent jusqu'en 1215 ; à celle date, Frédéric II les plaça dans 
la châsse d'or, où ils se trouvent encore. 

Le pourtour du sarcophage représente, en haut- relief, 
l'Enlèvement de Proserpine. Il est en marbre blanc et parait 
dater de la fin du n a siècle. 

Hauteur 0-85. Largeur 2 m 23. Profondeur m 95. 

3. — Louve assise, de la fin de l'époque romaine. — 
Bronze. 

Hauteur m 85. Largeur B 7o. Profondeur œ 95. 

4. — Couronnement de fontaine, sur une base quadran- 
gulaire portant les restes de figures personnifiant les quatre 



— 396 — 

fleuves du Paradis terrestre. D'après l'inscription, l'auteur 
ou le donateur serait l'abbé Udalricus. 

x« siècle. — Bronze. 

Hauteur m 90. Largeur m 63. 

5. — Lutrin-aigle. 

Support triangulaire richement décoré, couronné d'une 
sphère sur laquelle se tient l'aigle aux ailes éployées. 
xv* siècle. — Bronze. 
Hauteur 2 mètres. Largeur O n> 80. 

6/ — Couronnement d'autel dit « la Table d'or • . 

Dix-sept bas-reliefs représentent : au centre, le Christ entre 
la Vierge et Saint-Michel ; à l'en tour, les figurations symbo- 
liques des Évangélistes et dix scènes de la Passion. Les 
encadrements sont enrichis d'émaux ; appliques ciselées et 
pierreries. 

Date approximativement de l'an 1000. — Or repoussé. 

Hauteur l m 29. Largeur l m 76. 

ALTENBERG-SUR-LAHN . 

Église du cbître. 

7. — Tombeau de Sainle-Gertrude, fille de Sainte-Elisa- 
beth (f 1297). 

La sainte est étendue sur le sarcophage au dessous d'un 
baldaquin ; près de la tète, deux anges dont l'un porte une 
couronne et l'autre un encensoir. 

Achevé en 1334; restauré en 1827. — Grès. 

Hauteur m 73. Largeur 2 m 20. Profondeur 4"05. 



— 405 — 

et la couronne. L'Enfant Jésus, couvert d'un petit manteau, 
tient une colombe. 

Vers Fan 1300. — Pierre. 

Hauteur 4 "26. 

LAACH. 

Église abbatiale. 

34. — Monument funéraire de Henri II, comte palatin. 
La statue du défunt fondateur de l'abbaye repose sur un 

sarcophage orné de motifs décoratifs encadrant trois médail- 
lons à figures de moines. L'original est recouvert d'une riche 
polychromie moderne. 

Au-dessus s'élève un élégant baldaquin porté par six 
colonnes que réunissent entre elles des arcs trilobés avec 
écoinçons sculptés à jour. Le baldaquin se compose de 
gables ajourés; le couronnement, de nervures libres recour- 
bées pour former coupole. 

xiii* siècle. — Tuf et pierre calcaire. 

Sarcophage. Hauteur l m 20. Profondeur 3 mètres. 

Baldaquin. Hauteur 6 m 40. Largeur 3"I5. 

LIMBOURG-SUR-LÀHN. 

Cathédrale. 

35. — Fonts baptismaux. 

Cuve octogone décorée de feuillage, sur un socle bas 
portant des tètes d'animaux. Les angles sont soutenus par 
huit colonnettes trapues avec chapiteaux historiés de sujets 
en haut relief représentant : le Baptême de Jésus ; le Christ, 
Maître et Juge, et diverses figures symboliques. 



— 406 — 

Milieu du xiii siècle. — Grès. 
Hauteur l m 05. Largeur l ro 60. 

36. — Monument funéraire du comte Conrad Cuzi- 
bold (f 948). 

Le gisant, couvert de longs vêtements et tenant entre les 
mains le bâton de Justice, repose sur une dalle encadrée de 
feuillages sculptés. Celle-ci est portée par six colonnetles 
dont quatre aux angles et deux au milieu des longs côtés; 
une figure de moine est adossée à chacune des premières, 
un lion et un ours aux deux autres. 

Milieu du xiii* siècle. — Grès rouge. 

Hauteur l m 25. Largeur 1"14. Profondeur 2 n 25. 

LIPPSTADT. 

Ruines de l'église du monastère. 

37. — Petit monument reclangulaire à colonnes. 

A chaque angle se trouvent cinq colonnes groupées; trois 
autres colonnes marquent le milieu de chacun des longs 
côtes et une seule celui des faces étroites; elles sont réunies 
entre elles par des arcatures ogivales et supportent une 
plateforme à forte saillie. 

Seconde moitié du xm° siècle. — Grès westphalien. 

Hauteur 2"77. Largeur 1"67. Profondeur 2 m 17. 

MINDEN. 

Cathédrale. 

3S. — Ancienne clôture du chœur (?). 

• -.■ 

Cette sculpture, qui se trouve aujourd'hui au-dessus de 



^407 — 

la porte, au fond du porche du Dôme, constitue une sorte 
de longue frise à personnages. isolés. 

Au milieu est place le Christ, bénissant à la manière latine 
et tenant de la main gauche un livre ouvert où se lisent 
l'alpha et l'oméga; à sa droite, la Vierge, qui tient une 
branche fleurie, puis Saint-Pierre, avec la clef emblématique 
et un livre; à la gauche du Christ, Saint-Paul, tenant aussi 
un livre fermé. Tous quatre sont assis sous des baldaquins 
en forme d'arcades ogivales avec deux petits contreforts 
portés par des culs-de-lampe de feuillage. Ils sont séparés 
entre eux par une colonnetle avec base à deux tores, dont 
l'un à griffes, et chapiteaux de feuillages élégamment traités. 

Du côté droit du Christ se trouvent encore quatre person^ 
nages et six du côté gauche, tous sous des arcades et entre 
des colonneltes semblables aux précédentes; ces figures sont 
plus modernes et de proportions trop courtes. 

Les colonnettes sont posées sur une plinthe décorée 
d'entrelacs de galons et supportent une frise à palmettes 
encadrées. 

Les quatre premières figures et la partie ornementale sont 
vraiment très intéressantes. Malheureusement celte sculpture 
asubi, dans le déplacement, desmutilalionsassez importantes. 

Si l'acquisition de ce moulage était décidée, elle pourrait 
être bornée aux figures du Christ, de la Vierge, de Saint- 
Pierre et de Saint-Paul. 

Milieu du xm e siècle. — Pierre. 

Hauteur 4 m 2S. Largeur 7 mètres. 

59-40. — L'Église et la Synagogue; statues très mutilées. 
Chacune de ces figures est placée dans une niche, aux 



— 408 — 

côtés d'une petite porte do Dôme de Minden ; elles ont beau- 
coup souffert des intempéries, mais leurs restes n'en sont 
pas moins plein de caractère. 

La statue qui personnifie l'Église est couronnée; de la 
main gauche, cachée sous le manteau qu'elle relève, elle 
tient un calice à coupe sphérique ; le bras droit est cassé au 
poignet. La figure de la Synagogue a les yeux bandés et la 
tète penchée sur l'épaule gauche; elle a perdu les deux 
mains, en même temps que son attribut : la hampe brisée. 

Vers l'an 1240. — Pierre. 

Hauteur l m 24 chacune. 

41. — Retable à volels sculptés. 

Ce retable se compose de deux parties distinctes, qui 
diffèrent de style et d'époque : 

1° La predella; deux rangées superposées de quatorze 
petites arcatures trilobées sur colonneltes minuscules; sous 
chaque arcade est une figurine assise. Il y eu a huit au 
milieu, sur une porte carrée (de tabernacle ou d'armoire à 
reliques), ce sont : le Christ couronnant la Vierge; un saint 
à droite, un à gauche, quatre au dessous. Les vingt figures 
réparties sur les deux côtés représentent des apôtres et des 
saints. 

Vers le milieu du xin* siècle. — Bois. 

Hauteur m 69. Largeur 2 m 85. 

2° Le retable proprement dit ; il est de forme rectangu- 
laire; la partie centrale est occupée par un groupe en haut- 
relief, le Couronnement de la Vierge, dans un encadrement 
légèrement elliptique décoré en bas-relief de trente-huit 
figures, à mi-corps, d'anges musiciens et chanteurs. Le 



— 401 — 

forme. Une bande avec inscription gravée la divise, sur sa 
hauteur, en deux zones inégales. Celle du bas, la plus petite, 
porte en bas-relief une série de lions accroupis, vus alterna- 
tivement de face et de profil. La zone supérieure présente 
une suite d'arcades surbaissées portant sur des colonnettes, 
et sous lesquelles sont sculptées des compositions qui repré- 
sentent : l'Annonciation, la Nativité, le Baptême du Christ, 
la Crucifixion, la Résurrection et la Descente aux limbes, 
l'Ascension, la Cène. Au-dessus règne une frise à palmettes 
encadrées. 

xii* siècle (1198?). — Grès. 
Hauteur l m 26. Largeur l m 14. 



GUSTORF. 

Église paroissiale catholique. 

18 à 21 — Ensemble de quatre bas-reliefs portant chacun 
un sujet sous une arcade à plein cintre. 

Les deux plus grands représentent l'Annonciation aux 
Bergers et l'Adoration des Mages; sur ce dernier l'on voit 
aussi les Femmes au Sépulcre; les deux plus petits portent : 
le Christ et trois Apôtres. 

Ce sont peut-être les restes de la clôture du chœur de 
l'ancienne église romane démolie. Les originaux sont recou- 
verts d'une riche polychromie sous une peinture à l'huile, 
celle-ci moderne. 

Milieu du xu* siècle. — Granit ou tuf. 

Hauteur 0*90. Longueur totale 6 m 30. 



— 402 — 



HOERDB. 

( 

Église paroissiale catholique. 

24. — Dalle tumulaire du comte Dielrich von derMarck- 
Clève, morl à Elbcrfeld eo 1398. 

■ 

Le gisant, en armure, a les pieds posés sur un dragon; 
près de la tète, deux belles figures d'anges portant des 
armoiries. L'encadrement esl mouluré et forme un arc sur- 

m t * * ' 

ê f 

baissé. 

Vers 1400. —Grès. 
Hauteur 2*20. Largeur 1"13. 

COLOGNE. 

Cathédrale. 

23-24. — Couronnement de deux joues extrêmes des 
stalles du chœur. 

Feuillages d'un beau travail, avec deux figures de guer- 
riers; dans le haut, deux figurines accroupies. 

Vers 1280 (?). — Bois de chêne. 

Hauteur 0~35. Largeur 1*14. 

Église Sainte-Cécile. 

25. Tympan du portail septentrional. 

Au-dessus de la figure, à mi-corps, de Sainte-Cécile plane 
un ange descendant du ciel ; de chaque côté, un saint à 
genoux; leur tète se détache sur un nimbe en forme de 
coquille. Dans l'original, les yeux des figures sont en verre 
incrusté. 



— 405 — 

Milieu du xi f siècle. — Grès. 
Hauteur J"43. Largeur 2"80. 

Église Sainl-Géréon. 

26. — Statue de la Vierge portant Jésus. 
Sur la tète, légèrement inclinée, sont posés le voile et la 
couronne ; l'Enfant lient une pomme. 
Cette figure est remarquablement bien drapée. 
Milieu du xiv* siècle. — Bois. 
Hauteur l m 89. 

27-28. — Deux joues de stalle?. 

La partie supérieure dessine une double volute, avec 
syrènes dans les écoinçons. Les figures de Sainte-Hélène et 
de Saint-Géréon sont taillées en ronde bosse. 

Vers 1300. — Bois de chêne. 

Hauteur 2 m 20. Largeur œ 60. 

Église Sainte- Marie-au-CajUole. 

29. — Monument funéraire de Sainte-Pleclrude. 

Ce. tombeau, placé dans la crypte de l'église, se compose 
d'un sarcophage uni sur socle mouluré, avec frise de feuil- 
lage sculpté. Dans la dalle supérieure est taillée en faible 
relief la figure de la sainte; elle porte une robe plissée et 
tient à la main une banderolle avec inscription; cette figure 
est également encadrée de feuillage. 

L'ensemble de ce tombeau, d'un travail délicat, constitue 
un monument fort intéressant. 

xii € siècle. — Pierre. 

Hauteur U m 83. Largeur 2 m 37. Profondeur l m 03. 



— 404 — 

50. — Statue de la Vierge portant Jésus. 

Elle est couverte d'un voile et d'un manteau fort joliment 
drapés. De la main droite, la Vierge offre une pomme à 
l'Enfant Jésus, qui tient un objet en forme de cœur. 

Première moitié du xiv e siècle. — Bois. 

Hauteur t"86. 

31. — Double porte romane. 

Chacun des deux vantaux, encadré d'une moulure en 
demi-boudin avec ornements sculptés, est divisé sur sa hau- 
teur en huit rangées superposées de panneaux avec sujets 
en haut-relief; aux premier, quatrième et septième rangs 
en partant du haut se trouve un seul panneau rectangulaire 
en largeur; chacun des autres rangs est occupé par deux 
panneaux étroits en forme de rectangles en hauteur. Les 
vingt-six compositions ont trait à la vie du Christ, depuis 
l'Annonciation jusqu'à la Séparation des Apôtres; elles sont 
entourées d'une bordure plate à ornements gravés, parsemée 
de vingt-sept ornements très saillants, en forme de citrons, 
placés aux angles des panneaux. 

Exécutée à Cologne au xi e siècle. — Bois de chêne portant 
des traces de polychromie. 

Hauteur 4 m 74. Largeur 2 m 24. 

Église Sainte- Ursule. 

32. — Le Portement de la Croix ; bas-relief. 
Travail flamand, vers 1800. — Grès. 
Hauteur i"25. Largeur l ra 27. 

33. — Statue de la Vierge avec Jésus. 

Elle porte une robe drapée à petits plis réguliers, le voile 



— 409 — 

Christ et la Vierge, assis sur une longue chéière avec 
accotoirs en forme de contreforts à pinacles, portent de 
hautes couronnes à grands fleurons. Au-dessus de ce 
médaillon s'avance un dais formé d'une partie horizontale et 
de deux rampants avec arcades en accolades à redents. De 
chaque côté du motif central sont placées deux statuettes 
d'apôtres debout, en haut-relief, et quatre autres dans chaque 
volet. Chacune de ces figures est abritée par un baldaquin 
de style ogival. Elles sont posées sur un soubassement 
commun dans lequel sont découpés à jour quatorze médail- 
Ions circulaires encadrant chacun la figurine à mi-corps 
d'un homme tenant un phylactère. 

L'original est bien conservé ; il présente de nombreuses 
traces de la polychromie ancienne. 

Commencement du xv € siècle. — Bois de chêne. 

Hauteur 1*31. Largeur # m S8 (ouvert). 

MUNSTER. 

Cathédrale. 

42. — Portail méridional, appelé « le Paradis ». 

Celte pièce est la plus importante de la série des moulages. 

Le porche est couvert d'une triple voûte d'arêtes dont les 
nervures ogivales retombent, en avant, sur deux grosses 
colonnes cylindriques à chapiteaux décorés de rinceaux à 
jour avec figures d'animaux ; en arrière, ces nervures sont 
supportées par deux groupes de trois colonneltes accolées 
au mur du fond. Celui-ci présente, au centre, une arcade 
en ogive surmontant une double porte rectangulaire ; au 
trumeau central est appliquée une colonnette qui sert de 
piédestal à une grande statue de Saint-Paul tenant un livre 



— 410 — 

cl un glaive ; celle figure, très élégante et dont les draperies 
imitent les plis archaïques, est de la première moitié du 
XVI e siècle. Au-dessus, sous la pointe de l'ogive, une figure 
assise du Christ bénissant, avec grand nimbe crucifère; 
celle-ci est d'époque romane. 

Sur les linteaux sont appliquées deux frises romanes, un 
peu postérieures à la statue, représentant chacune deux 
sujets : à gauche, l'Adoration des Mages et la Circoncision; 
à droite, un groupe de cavaliers dont l'un est désarçonné, 
puis ce même cavalier transporté dans une maison (la 
Conversion de Saint-Paul?). 

De chaque côté de l'entrée, toujours au fond, se dessine 
une fausse arcade ogivale sous laquelle sont rangées quatre 
figures debout ; trois autres figures leur font suite sur chacun 
des murs latéraux; ce sont : à gauche, un chevalier, Sainte- 
Marie-Madeleine et la fondatrice de l'église ; à droile, Saint- 
Laurent avec le fondateur et un évêque ; ces figures sont du 
xm e siècle; sous leurs pieds court une bande de rinceaux 
historiés. 

Au-dessus de chacune des grosses colonnes de Pavant-corps 
est posée, sur une console, une figure moderne d'apôtre. 

Ce monument, dont l'ensemble date de la première moitié 
du xm e siècle, a été complété et restauré deux siècles plus tard. 

Hauteur 7 ra 25. Largeur 15 m 20. Profondeur 6 m 30. 

MÙNSTERMAIFELD. 

Église paroissiale catholique. 

43. — Slatue de la Vierge. 

Elle lient un bouquet de fleurs et porte sur le bras Jésus, 
qui a dans la main le fragment d'un oiseau. 



— 411 — 

Première moitié du xiv f siècle. — Tuffeau. 
Hauteur i m 75. 

44. — Statue de la Vierge. 

Couverte d'un voile, elle porte l'Enfant Jésus, qui tient une 
grappe de raisin et un oiseau, en partie brisé. Le sceptre 
placé dans la main droite de la Vierge est une restauration. 

La draperie est largement traitée. 

Commencement du xiv* siècle. — Grès. 

Hauteur 4 m 8S. 

OBERMARSBERG. 

Église Saint-Nicolas. 

45. — Portail méridional. 

L'arcade ogivale, en tiers-point, est composé de six archi- 
voltes qui prennent naissance sur une étroite moulure tenant 
lieu d'imposte, et se continuent verticalement au dessous 
sous forme de colonnettes, posées sur un soubassement 
mouluré. 

L'archivolte extérieure, en quart de rond, est décorée de 
palmettes encadrées; la seconde, en boudin, est ornée de 
billeltes; la troisième est une arête à angle droit; la quatrième 
et la sixième sont des tores unis; la cinquième est couverte 
de rinceaux ; les colonnettes qui prolongent celle-ci et la 
première sont seules séparées du soubassement par une base. 

Les deuxième, quatrième et sixième colonnettes ont des 
chapiteaux avec animaux et feuillages, auxquels la moulure 
imposte sert de tailloir. La sixième archivolte se divise en 
deux branches au-dessus du chapiteau et tandis que l'une 
d'elles suit le contours ogival, l'autre se recourbe en arc 



— 412 — 

trilobé ; le lobe du milieu est développé au point d'entourer 
presque entièrement, comme un cadre circulaire, une sta- 
tuette assise de Saint-Nicolas qui décore le tympan. Le 
linteau de la porte dessine un arc trilobé surbaissé, avec 
fleuron aux deux angles. 

Seconde moitié du xiu e siècle. — Grès weslpbalien. 

Hauteur 6 m 50. Largeur S^SO. 

OBERWESEL. 

Église Notre-Dame. 

46. — Tombeau du doyen Johannes Lutern (f 1515). 

Le défunt, qui tient un calice, est au dessous d'un balda- 
quin de la dernière époque gothique; de chaque côté, dans 
une gorge, est placée une figure sur une console de style 
renaissance. Inscription encadrée d'ornements dans le bas. 

Premier quart du xvi* siècle. — Grès. 
Hauteur 2*56. Largeur l m 10 

47. — Tombeau du Chevalier Johann von Schônburget 
de sa femme. 

Le chevalier est couvert de son armure ; la dame porte de 
riches vêtements, bien drapés. 

Tous deux sont placés sous une arcade portée par deux 
pilastres renaissance. Inscription et armoiries dans le bas. 

Premier quart du xvi e siècle. — Grès clair. 

Hauteur 2 m 36. Largeur 1 m H. 

48. — Tombeau d'un saint. 

Sur un large socle décoré de sculptures et sous un balda- 
quin ogival se trouvent les figures, en bois polychrome, de 



— 413 — 



quatre femmes et d'un ange, entourant le corps du Christ. 

Commencement du xiv* siècle. Le socle et le baldaquin du 
xv f siècle. — Grès. 

Hauteur 2"12. Largeur 1-00. Profondeur m 56. 



SOEST. 

Église Saint-Palrocle. 

49. — Tympan du portail septentrional. 

En forme de demi-cercle; au milieu, la figure du Christ 
bénissant, la main gauche posée sur un livre; la (ète se 
détache sur un nimbe crucifère; autour de lui, les symboles 
des Évangélisles : le lion et l'ange à sa droite, l'aigle et le 
taureau du côté opposé. Les trois premiers ont la tète nimbée. 

Une bordure de palmettes encadrées à la partie inférieure. 

Fin du xn e siècle. — Pierre calcaire. 

Hauteur l m 12. Largeur 2*25. 

Eglise Sainte-Marie-sur-la-Colline. 

50. — Tympan. 

Il est de même forme que le précédent et porte au centre, 
dans un médaillon quadrilobé, le Christ en croix, Saint-Jean, 
la Vierge et deux anges; dans le haut, le soleil et la lune. 
Dans les angles du bas sont représentés en bas-relief : à 
gauche la Nativité ; à droite les soldats païens endormis et 
les saintes Femmes, conduites par un ange, auprès du 
Saint Sépulcre. 

Le cadre du médaillon quadrilobé et la bordure inférieure 
portent des inscriptions. 



— 4U — 

xin siècle. — Pierre. 
Hauteur 4"10. Largeur î"20. 

Église Saint-Pierre. 

51 . — Tympan du portail méridional. 

Le sujet est ici le martyre de Saint-Jean l'Évangélisle ; on 
le voit plongé dans une chaudière d'huile bouillante, par 
ordre de Domilien, qui assiste au supplice. Deux soldats 
romains sont auprès de lui; un ange assiste le Saint. 

Cette sculpture, qui date de la fin du xu e siècle, est d'une 
exécution peu caressée. 

Hauteur m 73. Largeur \ m kl. 

52. — Tympan du portail septentrional. 

Ogive obtuse à gros tore d écailles imbriquées. Le fond 
présente un joli cadre de feuillage et une rangée d'arcatures 
à plein cintre. 

L'original porte des traces de polychromie ancienne et de 
restaurations. 

xn^ siècle. — Pierre. 

Hauteur l m 50. Largeur 2 m 60. 

TRÊVES. 

Cathédrale. 

53. Portail méridional. 

Arcade à plein cintre, avec supports octogones et moulures 
décorées. Dans le tympan, la figure assise du Christ bénis- 
sant, entre la Vierge et Saint-Pierre, ceux-ci debout. 

xii - siècle. — Granit. 

Hauteur 6 m 55. Largeur 4 m 70. 



— 415 -^ 

54. — Clôture du chœur. 

Sous des arcatures aveugles à colonnelles engagées sont 
(aillées huit niches dont chacune contient la figure, en haut 
relief, d'un apôtre debout. L'un d'eux porte un livre; les 
autres, des manuscrits roulés. Les écoinçons sont remplis de 
feuillage. 

L'ornementation des archivoltes, celle des fûts et des 
chapiteaux des colonnettes est la même pour les huit com- 
partiments. 

Fin du xii 1 siècle. — Pierre calcaire. 

Hauteur l m 30. Largeur 4 m 60. 

55. — Tombeau du Prince-Électeur Richard von Greif- 
fenklau. 

Sur un soubassement portant une inscription s'élève une 
grande niche entre deux pilastres d'une décoration fort 
riche. Dans la niche sont les statues du Christ en croix, de 
la Madeleine, de Sainte-Hélène, de Saint-Pierre et du défunt, 
ce dernier agenouillé, en vêtements de cérémonie. Les 
pilastres se répètent en petit dans la zone supérieure, où ils 
encadrent quatre écussons armoriés ; les armes et les insignes 
du Prince-Électeur couronnent le tout. 

Ce monument date du premier quart du xvi* siècle. Le 
soubassement est en grès gris de Lorich, près Trêves ; le 
reste en tuffeau gris de Weibern. 

Hauteur 6 m 87. Largeur l m 96. Profondeur m 58. 

56. — Tombeau du Prince-Électeur Johann von Melzen- 
hausen. 

Ce monument se compose de trois niches à plein cintre 
avec couronnement, sur une haute predella qui porte 



— 416 — 

1'înscriplion ; les deux niches latérales n'ont guère que le 
tiers de la largeur de celle du milieu. 

Quatre pilastres font saillie sur le soubassement; ils sont 
couverts d'ornements et portent à mi-hauteur, dans un 
médaillon circulaire, une tête vue de profil ; des écussons 
armoriés portés par de petits génies remplacent les chapi- 
teaux. 

Ces motifs servent de piédestaux aux quatre grands 
pilastres qui encadrent les niches ; ceux-ci sont aussi enrichis 
d'ornements et de médaillons avec profils. Chacun des deux 
pilastres des extrémités supporte un piédestal avec une 
statuette : à gauche, Sainl-Géréon appuyé sur un écu alle- 
mand ; à droite, Saint-Georges transperçant le dragon de sa 
lance. Sur la face de chaque piédestal, an écusson pareil à 
ceux du soubassement. 

Les deux pilastres de la niche centrale reprennent au-des- 
sus de leur chapiteau et soutiennent une sorte d'attique à 
corniche moulurée tressaillante; au milieu de cetallique, 
une figure à mi-corps de vieillard déployant deux banderolles; 
aux extrémités, qui font avant-corps au-dessus des pilastres, 
deux écussons analogues à ceux mentionnés plus haut. Sur 
ces avant-corps, une statuette de la Vierge à gauche, de 
Saint-Jean à droite. Entre les deux, un fronton cintré avec 
les armoiries du défunt dans le tympan et comme couron- 
nement la statuette du Christ nu, couronné d'épines, debout 
sur un globe; les piédestaux des deux premières statuettes 
se relient au motif central par deux dauphins que chevauchent 
des génies. 

Dans les niches sont placées : au milieu la grande statue 
en pied du Prince de Metzenhausen, en grand costume 



— 417 — 

d'évéque, les mains jointes, la crosse avec sudarium passée 
dans le bras gauche; à sa droite, Saint-Pierre avec sa clef, 
à sa gauche, Saint-Paul avec le glaive; ces deux dernières 
figures sur des piédestaux on forme de colonneltes cannelées. 

Ce monument est 1res élégant et fort bien conservé. 

Vers 1541 . — Grès jaune- verdàtre de Wasserliesch, près 
Trêves. 

Hauteur 6 m 70. Largeur 3 m 57. Profondeur 0*73. 

Église Notre-Dame. 

57. — Portail principal. 

Grande arcade à six archivoltes, à plein cintre, percée 
d'une porte rectangulaire. Dans le tympan, de nombreuses 
figures d'une sculpture un peu maigre, représentent : au 
milieu la Vierge assise, tenant sur les genoux Jésus et 
foulant aux pieds le basilic; à sa droite, les Mages agenouillés, 
puis les bergers; à sa gauche, la Présentation de Jésus au 
temple et le Massacre des Innocents. 

Cinq des archivoltes sont décorées de statuettes : celle qui 
encadre le tympan porte huit anges debout, qui tiennent 
alternativement un encensoir et une couronne; la suivante, 
huit évoques, debout aussi ; la troisième, huit cardinaux assis; 
la quatrième, huit rois musiciens et, à la clef d'arc, un ange 
tenant un phylactère; la cinquième présente les cinq Vierges 
sages à droite, les cinq Vierges folles à gauche ; enfin l'archi- 
volte extérieure forme une gorge décorée de grandes feuilles 
d'acanthe à crochets. 

Les ébrasements du portail présentent chacun quatre 
niches avec dais trilobés surmontés de gables. A gauche, les 
deux niches du fond sont vides ; la troisième contient une 



— 418 — 

figure en pied personnifiant l'Église : une femme couronnée 
tenant une croix et un calice (ces attributs sont modernes). 
Dans la niche correspondante du côté droit, est figurée la 
Synagogue : la couronne tombe de sa tète, sa main droite 
laisse échapper les tables de la Loi, l'autre tient le reste de 
la hampe brisée traditionnelle. A sa droite est une statue de 
Saint-Jean TÉvangélisle, qui porte un calice ; la niche prés 
de la porte est vide. 

La dernière niche vers l'extérieur de chaque côté est vide 
aussi et présente un fond de grandes feuilles à crochets d'une 
belle exécution. 

Dans les soubassements sont taillées, à droite et à gauche, 
quatre arcades trilobées avec fleurons dans les écoinçons, 
portant sur des colonnettes avec chapiteaux de feuillages à 
crochets et bases à deux tores. 

De chaque côté fait saillie sur le nu du mur un fort pilastre 
cantonné de trois colonnes avec chapiteaux à deux rangs de 
larges feuilles de vigne. La colonne de face, d'un diamètre 
au moins double des autres, quoique de même hauteur, est 
surmontée d'un socle qui porte, du côté gauche, la statue de 
Noë : vieillard à longue barbe appuyé sur un bâton ; devant 
lui est le bûcher rappelant son sacrifice d'actions de grâce; 
sur la colonne de droite, Abraham s'apprèlant à sacrifier 
Isaac ; l'ange qui arrête son bras apparaît dans l'angle supé- 
rieur du mur de fond, au-dessus de l'arcade. Ces deux 
grandes figures sont abritées sous des dais à trois arcs trilo- 
bés, surmontés de gables et d'édicules en forme de tourelles 
cylindriques percées de meurtrières et couvertes de toits 
coniques. Un gros pilastre auquel ces motifs sont adossés 
porte encore, à droite et à gauche, deux statues de prophètes. 



— «9 — 

L'ensemble est imposant d'aspect; la décoration architec- 
turale est d'une exécution particulièrement remarquable. 
Milieu du xni 8 siècle. — Grès de Jaumont. 
Hauteur 8 m 0O. Largeur 8 ro 55. 

K8. —Portail latéral. 

Haute arcade à plein cintre, à six archivoltes ; les quatre 
plus grandes sont décorées de feuillages variés, d'une 
inexprimable délicatesse d'exécution. Les deux autres sont 
ornées chacune de huit figurines d'anges portant des flam- 
beaux, des couronnes, des encensoirs et d'autres attributs. 

Cinq figures presque en ronde bosse remplissent le tympan : 
au milieu, la Vierge, entre le Christ à sa droite et Saint-Michel 
à sa gauche, qui lui posent ensemble une couronne sur la 
télé; de chaque côté, un ange debout. 

Sur le nu des ébrasemenls ressortcnl six colonnetles cylin- 
driques, avec anneaux ornementés à mi-hauteur, et chapi- 
teaux de feuillages ajourés; la colonne attenant au piédroit 
est séparée de la suivante par une bande de feuillage grimpant. 

La décoration de ce portail est réellement merveilleuse ; 
il n'existe guère d'exemples d'ouvrages de pierres travaillées 
avec une aussi prodigieuse habileté; l'archivolte extérieure, 
notamment, est comparable à une œuvre d'orfèvrerie. 

Milieu du xiu* siècle. 

Hauteur 6 B 20. Largeur 5 m 48. 

WESTERNKAPPELN. 

Église paroissiale catholique. 

59. — Portail méridional. 

Arcade ogivale obtuse à quatre archivoltes en boudins. 
Celle du fond est décorée d'un feuillage largement traité ; la 



— 420 — 

suivante, de billeltes; la troisième est un tore uni, assez 
étroit, séparé par une gorge peu profonde d'une plate-bande 
unie aussi ; un gros tore anneié sans ornemeols forme l'archi- 
volte extérieure. De grandes pierres d'une seule pièce forment 
à la fois le tympan et le linteau ; ce dernier dessine une ligne 
brisée, la partie horizontale du milieu étant reliée par deux 
obliques aux piédroits. 

Au milieu du tympan est taillée en haut-relief une figure 
assise du Sauveur bénissant; dans chaque angle, un homme 
en prières. 

Les piédroits se composent de moulures en boudins. Dans 
les ébrasements sont creusées deux niches à plein cintre dont 
chacune abrite une statue posée sur une colon nel te formant 
piédestal. De chaque côté devaient se trouver deux colon- 
nettes cylindriques, dont il ne subsiste que les chapiteaux à 
feuillages et quelques fragments de bases. 

Toute cette partie a beaucoup souffert : les moulures da sou- 
bassement sont tout à fait dégradées, les crochets des chapiteaux 
sont abattus ; les mains et les tètes des statues ont disparu, 
leurs corps sont presque informes; néanmoins l'ensemble de 
ce petit portail se fait remarquer par la largeur de l'exécution 
etson absolue simplicité lui donne un réel aspect de grandeur. 

Seconde moitié du xui* siècle. — Grès westphalien gris- 
verdàtre. 

Hauteur 5"00. Largeur 4 m 50. 

WETZLAR. 

Cathédrale. 

59a. — Pelite maquette à l'échelle de l h 80. 

La cathédrale est figurée dans son élat primitif, avec les 



— 421 — 

restes de la lour romane y accolée, la tour gothique du 

sud-ouest, le chœur du xm e siècle, la grande nef et le 
transept du xiv*. 

C'est un petit modèle très intéressant; il est à espérer que 

nous serons bientôt en mesure d'exposer des reproductions 

similaires de nos belles cathédrales. 

XANTEN. 

Cathédrale. 

60. — Groupe de la Visitation (contre un pilastre du 
chœur). 

Les figures, de grandeur naturelle, sont habillées de dra- 
peries aux petits plis archaïques. Sur le socle sont sculptés 
une figure de Juif avec un porc, un dragon et un lion. 

Vers l'an 1300. —Grès. 

Hauteur 2 n, 20 (avec le socle). Largeur ra 85. 

61 à 64. — Quatre joues de stalles. 

La partie inférieure est décorée d'arcalures trilobées 
aveugles ; le dessus est formé de forts branchages sculptés à 
jour, largement traités, avec de petits animaux : un chien, 
un aigle, un singe et un dragon. 

Seconde moitié du xiu° siècle. — Bois de chêne. 

Hauteur 2*20. Largeur chacun m 90. 



Voilà, Messieurs, pour ce qui concerne les moulages; avant 
d'aborder les objets originaux, je tiens à vous dire un mot 
des photographies. 

Le conseiller intime Meydenbauer avait exécuté, au moyen 



i 
L 



— 422 — 

d'un procédé de son invention, soixante-quinze photogra- 
phies ne mesurant pas moins de un mètre sur un mètre 
quatre-vingt-dix chacune, d'après les monuments les plus 
remarquables de la province rhénane (40 vues), de la West- 
phalie (26 vues) et du district de Wiesbaden (9 vues). 

Ces planches énormes sont d'un haut intérêt et peuvent 
certainement rendre les plus grands services pour l'élude 
des monuments qu'elles représentent; je n'en ai pas moins 
pensé avec quelque fierté au succès qu'obtiendrait dans une 
exposition analogue notre superbe collection de photolypies, 
due à l'iniative de M. Gloquel ; il s'en faut encore de quatre- 
vingt quatre vues qu'elle atteigne le chiffre de deux cents 
auquel votre Comité s'est arrêté provisoirement ; je pense 
qu'il n'est guère de musées, — s'il en est, — qui puissent 
nous opposer une galerie plus belle et plus intéressante. 

Je cite pour mémoire quelques agrandissements, très 
utiles aussi, de photographies d'objets d'art inscrits à 
l'inventaire monumental de la Westphalie. Ces belles repro- 
ductions sont dues à M. le conseiller Ludorff, conservateur 
provincial. 

Je ne puis me dispenser, Messieurs, de vous parler à 
présent des objets d'art originaux ; il va sans dire que je ne 
tenterai même pas l'énuméralion des 3,200 pièces exposées; 
mais il en est qui se rattachent si intimement à la nature de 
nos collections qu'ils ne peuvent être ici passés sous silence. 

Il est tout d'abord une catégorie de ces objets qui relève 
directement de l'art monumental : ce sont les châsses; il y en 
a, — tel notre merveilleux reliquaire de Sainte-Gertrude, — 
qui sont de véritables cathédrales en miniature. 



— 423 — 

De l'admirable collection de châsses exposées à Dûssel- 
dorf, celles qui offrent le plus de caractères architectoniques 
appartiennent l'une à la cathédrale, l'autre à 1 église Saint- 
Jean, à Osnabriick. 

La première (n° 582) renferme les reliques de Sainte^ 
Cordula. Elle figure une nef rectangulaire dont chaque 
façade est percée de cinq baies ogivales à deux rangs super- 
posés de quatre lumières chacun ; les réseaux dessinent trois 
œils quadrilobés; une statuette debout est placée devant les 
première, troisième et cinquième ogives; ces baies sont 
séparées entre elles par un contrefort à trois glacis; des 
contreforts de même modèle, placés dans Fsrxe des diago- 
nales, renforcent les angles de l'édifice. 

Chacun des pignons est occupé par une haute fenêtre 
ogivale à claire- voie divisée dans sa hauteur, par une 
galerie de cinq quatrefeuilles, en deux étages à six lumières 
chacun. Les meneaux du bas dessinent des arcs surbaissés; 
ceux de l'étage supérieur forment deux ogives à roses 
quadrilobées; une grande rose à six lobes à redents entou- 
rant un œil à trois flammes occupe le tympan de la grande 
ogive. 

La toiture est à deux versants, portant chacun cinq 
fenêtres cintrées aveugles à trois divisions et œil quadrilobé; 
les rampants des pignons sont unis; ils portent à l'extrémité 
inférieure une grande feuille arrondie et comme amortisse- 
ment une minuscule colon nette annelée. 

L'ensemble est rehaussé de fleurettes de métal, de pierre- 
ries et de nombreux cabochons de formes variées. 

xv* siècle. — Argent. 

Hauteur m 42. Largeur m 62. Profondeur m 30. 



— 424 — 

La châsse de l'église Saint-Jean (n° 586) est du même 
genre, maïs plus simple. Chaque face présente trois fenêtres 
ogivales à trois lumières et trois œils quadrilobés; la grande 
fenêtre de chaque pignon est à quatre lumières et l'œil a cinq 
lobes à redents. Des contreforts sont disposés comme dans 
la châsse précédente, mais ils n'ont que deux glacis ; celui du 
bas porte une sorte de pinacle en forme de tourelle adossée à 
la partie supérieure du contrefort ; dont le couronnement 
dessine un petit toit en saillie. 

L'édicule repose sur un soubassement mouluré dont le 
contour suit les ressauts des contreforts. La toiture, à deux 
versants, simule des ardoises arrondies, en imbrication. Une 
côte saillante, — sorte de fort tasseau mouluré, — corres- 
pond à Taxe de chaque contrefort des façades et porte à 
l'amortissement un bouquet de feuilles. Les rampants des 
pignons sont moulurés et portent un amortissement iden- 
tique. 

Une figurine de femme en prières est agenouillée à l'un des 
pignons. De multiples fleurettes et des cabochons enri- 
chissent le monument. 

xiv e siècle. — Argent. 

Hauteur m 54. Largeur m 55. Profondeur n 33. 

Le musée royal ancien de Berlin exposait aussi une châsse 
de forme monumentale; celle de Sainl-Palrocle (n r 315). 

Chaque face présente sept arcades ogivales aveugles 
trilobées à l'intérieur; celle du milieu, plus grande, est 
dessinée dans une sorte de portail en avant-corps avec gables 
à crochets de feuillage, flanqué de contreforts avec pinacles 
en forme de tourelles à quatre étages ; ce portail reproduit 
le motif des pignons. 



— 428 — 

Le soubassement fait saillie sous ehaque arcade, formant 
an piédestal qui porte une statuette; les quatre statuettes 
principales ont en outre un socle décoré de quatrefeuilles 
à jour; elles représentent : à l'un des pignons la Vierge, à 
l'autre le Christ, tous deux assis sur un trône; à Tune des 
faces Saint-Palrocle, à l'autre Saint-Bruno; dans les petites 
arcades sont les figurines des douze apôtres. 

La toiture, à deux versants, est faite de petites plaques 
arrondies ; une légère balustrade de quatrefeuilles à jour, 
court sur les chéneaux; le crétage, semé de feuilles, porte 
cinq 'fleurons en bouquets de feuillage, dont deux aux amor- 
tissements des rampants des pignons. Dans les gables qui 
surmontent les quatre grandes ogives, une rose quadrilobée 
encadre une figurine. L'ensemble est élégant quoique un 
peu maigre de proportions. 

Commencement du xiv'siècle. — Restaurations modernes. 
— Argent. 

Hauteur m 74. Largeur 1 m 76. Profondeur 0"47. 

La châsse dite « des Macchabées », qui appartient à 
l'église Saint-André, à Cologne (n° 4G5), présente aussi 
l'aspect général d'un édicule; mais elle est entièrement 
couverte de bas-reliefs. 

Six contreforts décorés d'arcades aveugles divisent cha- 
cune de ses faces en cinq compartiments subdivisés à leur 
tour en deux panneaux superposés. Sur chacun des deux 
versants de la toiture, des tasseaux en moulures ornées 
tracent les mêmes divisions. La châsse comporte ainsi 
quarante sujets en argent repoussé, retraçant des épisodes 
de la vie du Christ et du martyre des sept frères torturés 
par Antiochus Epiphane. Chaque contrefort est surmonté 



— 426 — 

d'une figurine en ronde bosse : anges à ceux des extrémités, 
personnages porteurs de phylactères aux autres. 

Les pignons sont renforcés de deux contreforts; dans 
l'angle rentrant qu'ils forment avec ceux des extrémités des 
faces s'élève un piédestal en forme de colonnelle torse 
cannelée, portant une statuette dont le dais, en arc accolade, 
sert de support à une figurine plus grande assise à chaque 
angle de la corniche. Les pignons sont aigus ; les rampants, 
qui portent des crochets en feuilles de chicorée, ont pour 
amortissement une tète ailée. 

Dans les champs des pignons sont représentés, en bas- 
relief : d'un côté l'Entrée des Macchabées dans le ciel, plus 
haut l'Assomption et, dans l'angle du gable, le buste du Père 
Éternel bénissant; à l'autre pignon, la récompense de la 
mère des Macchabées, le Couronnement de la Vierge et le 
même buste. 

Le soubassement porte des inscriptions en capitales 
romaines. 

Exécuté à Cologne vers la fin du xv* siècle. — Argent et 
cuivre doré. 

Hauteur m 97. Largeur l^O. Profondeur 0*87. 

Les églises de Cologne exposaient encore quatre autres 
châsses fort belles; celle de Sainte-Ursule (n° 511), qui 
appartient à l'église de ce nom, se fait remarquer par une 
disposition particulière assez rare : le toit en voûte en 
berceau. 

Les pignons, à plein cintre, se répètent au milieu de 
chacune des faces, qui présentent six arcades également à 
plein cintre avec pilastres d email à dessins variés; le tout 
enrichi de plaques d'argent repoussé, de médaillons émaillés 



— 437 — 

circulaires et rectangulaires et de nombreux cabochons. 

Exécuté à Cologne à la fin du xa e siècle. 

Hauteur 0-50. Largeur 4*20. Profondeur O m 40. 

Toutes les autres châsses sont des édicules avec toiture 
à double versant. 

Celle de Saint-Albin (n° 504) qui appartient à l'église 
Sainte-Marie « in den Schnurgasse • , présente à chaque face 
six arcades trilobées retombant sur des colonnetles jumelles 
émaillées. 

Aux pignons, deux arcs trilobés sont superposés; les 
angles- redents de Tare inférieur sont soutenus par des 
colon nettes plus grandes; dans les arcades sont peintes des 
figures modernes de saints, qui malheureusement ne s'har- 
monisent guère avec l'ensemble du vénérable monument. 

Sur chaque versant de la toiture quatre panneaux rectan- 
gulaires en cuivre repoussé représentent, en bas relief, des 
scènes de la vie de Saint- Albin. 

L'ornementation de cette châsse : émaux, pierres taillées, 
cabochons multiples, est d'une richesse inimaginable. 

Travail colonais. — Vers 1200. 

Hauteur 0T7% Largeur 4 m 53. Profondeur O œ 51. 

La châsse de Sainl-Maurin (n° 505) qui appartient à la 
même église, offre sur chaque face, en retrait sur le chéneau, 
sept arcades à plein cintre sur pilastres; aux deux extré- 
mités une saillie en forme d'ante, à face émaillée, présente 
une figure allégorique. 

Sur chaque versant du toit, cinq médaillons en losanges 
quadrilobés encadrent des scènes de martyres en argent 
repoussé. Un fort joli crétage de cuivre découpé et rehaussé 
au centre d'un fleuron à cinq branches couronne le faite. 



— 428 — 

Les chéneaux, les écoiuçons et les pilastres sont en 
plaques d'émail avec nombreux cabochons. 

Travail colonais de la fin du xn siècle. 

Hauteur n 60. Largeur i m 32. Profondeur 0"42. 

L'église paroissiale de Saint-Héribert, à Cologne-Deulz, 
conserve les reliques de son patron dans une châsse tout à 
fait remarquable (n° 524). 

De même forme que les précédentes, elle présente sur 
chaque face six divisions rectangulaires, occupée chacune 
par la figurine, en argent repoussé, d'un apôtre assis et 
séparées par des trumeaux d'émail avec figures de prophètes. 

Les pignons sont recouverts de bas-reliefs d'argent 
repoussé représentant : d'un côté la Vierge assise, cou- 
ronnée, tenant le sceptre de la main droite; l'Enfant Jésus 
assis sur son genou gauche donne la bénédiction latine; 
deux anges se tiennent à ses côtés ; au pignon opposé se 
trouve la figure de Saint-Héribert; ces deux compositions 
sont surmontées d'une arcade trilobée surbaissée. 

Sur chaque versant de la toiture sont fixés six médaillons 
d'émail figurant des scènes de la vie du Saint. Le crélage, 
en cuivre, se répète sur les rampanls des pignons, entrecoupé 
de cabochons de cristal. 

De nombreuses pierres précieuses rehaussent ce petit 
monument dont toute l'ornementation, d'émail, de cuivre et 
d'argent repoussé, est d'une incomparable richesse. 

Exécuté à Cologne au milieu du xu e siècle. 

Hauteur ,n 64. Largeur l m 54. Profondeur œ 45. 

La chasse de Sainte-Prudence (n° 214), à l'église parois- 
siale de Beckum, est plus simple mais non moins belle. 

Les six niches de chacune de ses faces longues dessinent 



— 429 -r- 

des arcades trilobées sur colonnettes jumelles; chacune 
d'elles contient une statuette d'argent repoussé; à l'un dos 
pignons se trouve Saint-Fabien, à l'autre Saint-Sébastien. 
Le crétage des rinceaux est d'une rare élégance ; il porte trois 
fleurons en forme de gros boutons entr'ouverts. 

Cette châsse, exécutée au commencement du xiu* siècle, 
est fortement restaurée. 

Hauteur m 47. Largeur l m 05. Profondeur m 72. 

Les faces de la chasse de Safnl-Suitbert (n° 449), à l'an- 
cienne collégiale de Kaiser werth, offrent la même disposition 
d'arcs trilobés sur colonnes jumelles, avec figures d'apôtres. 

Sur chaque versant du toit quatre bas-reliefs rectangu- 
laires ont pour sujets des scènes de la vie du Christ. 

Aux pignons se voient d'une part la Vierge entre deux 
saintes femmes, d'autre part Saint-Suitbert entre Sainte- 
Plectrude et le roi Pépin. Le crétage des rinceaux pleins 
parait un peu lourd ; ses cinq fleurons figurent des bouquets 
de feuillage surmontés de boules de cristal. 

Cette châsse date de 1264; elle a subi certaines restau- 
rations. 

Hauteur m 76. Largeur l m 60. Profondeur B 45. 

L'église paroissiale catholique de Siegbourg n'exposait 
pas moins de cinq châsses toutes restaurées par l'orfèvre 
P. Beumers, de Dùsseldorf. 

La première renferme les reliques de Sainl-Anno (n°625). 
Elle présente sur ses faces la disposition déjà décrite de six 
arcs trilobés sur colonnettes géminées; les arcades sont 
vides; dans les écoinçons apparaissent, sous de petits arcs 
à plein cintre, les figurines à mi-corps des Apôtres et des 
Évangélistes, en métal repoussé sur fond d'émail. 



— 450 — 

Chaque versant de la couverture porte cinq panneaux 
rectangulaires, vides aussi. Des pilastres renforcent les 
angles. 

Les arcades trilobées des pignons sont vides comme les 
autres. Toutes les archivoltes portent des inscriptions. 

S.ur le faîtage et les rampants des gables court un crétage 
de rinceaux avec figurines, d'une exécution habile mais un 
peu lourd. 

Les colonnettes et les chéneaux sont en émail; les pierres 
précieuses sont répandues à profusion. 

Exécuté, probablement à Cologne, en 1182. 

Hauteur 0"78. Largeur l ra 07. Profondeur B 46. 

La chasse des Saints-Maurice et Innocent (n° 626) ne 
présente pas davantage de sujets animés. 

Sept colonnettes cylindriques d'émail répartissent ces faces 
en six divisions carrées ; au-dessous des bases et au-dessus 
des chapiteaux court un bandeau avec inscriptions. 

Les versants du toit sont à sept panneaux chacun, avec 
encadrements plats de métal gravé rehaussés de bossages 
hémisphériques. Le crétage de feuillage entremêlé de petites 
boules de cristal est d'un joli travail. 

A chaque pignon, une arcade aveugle trilobée; rampants 
des gables en plaques d'émail et de métal alternées, ces 
dernières portant des pierres enchâssées. Le soubassement 
est en forme de doucine à palmettes. 

A Cologne, vers l'an 1200. 

Hauteur 0*74. Largeur l'HS. Profondeur œ 51. 

La châsse de Sainl-Benignus(n° 628) a les mêmes pignons 
que la précédente. Ses faces offrent six arcades à plein cintre 
sur colonnettes cylindriques isolées, en émail. Les versants 



— 431 — 

du toit sont à quatre panneaux, sans ornements. Le crétage 
de pal mettes encadrées parait massif. 

Les archivoltes portent des inscriptions; les écoinçons en 
plaques d'argent repoussé, sont enrichis de pierreries. 

Vers l'an 1200. 

Hauteur m 6I. Longueur l n 02. Profondeur m 40. 

La châsse de Sainte-Apollinaire (n° 629) est entièrement 
garnie de plaques de cuivre repoussé et doré. 

Les sept arcades ogivales de chacune de ses faces ont un 
fond strié en losanges. Les plaques de la toiture sont aussi 
des losanges et portent en relief alternativement une fleur de 
lis et un aigle aux ailes éployées. 

Le crétage dessine une galerie d'arcatures, avec cinq 
cabochons de cristal sur tiges d'inégales hauteurs; des 
branches de feuillage courent le long des rampants des 
pignons. 

Un contrefort oblique, renforçant chaque angle, porte 
aussi un ornement sphérique en cristal. 

Exécuté en 1446. 

Hauteur œ 62. Largeur 1 m 52. 

Enfin la châsse de Saint-Honoré (n° 627), du même type 
général que les autres, se fait remarquer par l'importance 
donnée à la toiture : elle a près du double de la hauteur des 
faces latérales. Celles-ci présentent chacune six arcades à 
plein cintre sur colonnettes jumelles cylindriques à chapi- 
teaux cubiques ; elles sont occupées par les figurines assises 
des Apôtres, en argent repoussé; des bustes de Saints 
ressortent en haut-relief au-dessus de chaque couple de 
colonnettes. Toute cette partie est d'un caractère archaïque 
particulièrement prononcé. 



— 432 — 

Au milieu de chaque face s'élève un fronton triangulaire 
équilatéral dont le tympan est occupé par un buste en haut 
relief. 

A chaque pignon, une arcade trilobée avec archivolte à 
inscription ; de nombreuses pierres, et un très grand cabo- 
chon dans l'angle des gables. Le crétage se répèle sur les 
rampants des deux frontons et des deux pignons. 

Sur le toit, quatre bas-reliefs au repoussé représentent 
des scènes de la vie de Jésus : l'Annonciation, la Nativité, etc. 

Le catalogue renseigne cette châsse comme datant du 
xiii 6 siècle; je dois émettre un doute à ce sujet, tout au moios 
pour ce qui concerne les parties verticales, c'est-à-dire le 
coffre proprement dit, qui ne me parait pas postérieur au 
commencement du xu° siècle. 

Hauteur m 53. Longueur W 61. Profondeur m 3i. 

La dernière châsse à mentionner appartient à l'église de 
Xanten (ancienne abbatiale) ; on y conserve les reliques de 
Saint-Victor. (N° 719). 

La disposition des faces est nouvelle : on y voit (rois 
niches rectangulaires entre pilastres en émail, à chapiteaux 
foliacés ; ces niches contiennent chacune la figure debout 
d'un apôtre, en or repoussé ; elles alternent avec des trumeaux 
revêtus d'une plaque de métal offrant, en repoussé, un cadre 
dont les côtés verticaux sont en forme d'accolade et les autres 
en demi-cercle. 

A l'un des pignons se voit le Christ ; à l'autre une grande 
croix avec pierres dans un médaillon ovale. Ce coffre est un 
travail rhénan de l'année 1129. 

La toiture date du xiv° siècle ; chaque versant porte cinq 
médaillons quadrilobés avec la figure d'une Vierge sage ou 



— 433 — 

d'une Vierge Folle, en bas-relief. Le fond poMe de fort jolis 
ornements végétaux repousses. Le crétage esl une galerie 
de quatrefeuilles, sans fleurons. 

Cette châsse fut restaurée d'abord en 1394, puis après les 
pillages de 1593 et 1604, enfin en 1749. 

Hauteur 0*61. Longueur l m 42. Profondeur m 48. 



Chacune des seize châsses que je viens de citer présente, 
vous le voyez, Messieurs, des éléments archi tectoniques qui 
m'ont paru justifier une description un peu étendue. 

Dans presque toutes celles qui furent exécutées à Cologne 
nous retrouvons un même motif, sorte de marque d'origine : 
les chéneaux des faces et les rampants des gables décorés de 
rectangles d'émail alternant avec des feuilles rectangulaires 
de métal dans lesquelles sont serties des pierres précieuses 
an nombre de cinq : une à chaque angle, une plus grosse 
au centre. 

Ces plaques d'émail, de même que les colonnettes, les 
pilastres, les écoinçons, les médaillons de même matière, aux 
dessins délicats variés à l'infini, attestent la vigoureuse 
floraison à Cologne, au xn* et au xiu e siècles, d'une industrie 
d'art émule de celle qui a consacré la gloire séculaire de 
Limoges. 



On admirait à l'Exposition de Dûsseldorf, outre les châsses 
dont je viens de parler, une grande quantité de reliquaires : 
chefs, bras, cylindres de cristal sur pieds d'or ou d'argent, 
coffrets de formes diverses. Je dois, à regret, passer sous 



— 434 — 

silence ces trésors de joaillerie, de même qie les autels por- 
tatifs, calices, ciboires, ostensoirs... 

Parmi ces derniers pourtant je ferai exception eu faveur 
d'une merveilleuse monstrance, haute d'un mètre, exécutée 
à Amsterdam au milieu du xvi* siècle et qui appartient à 
régi i se paroissiale de Calcar. (N° 325). 

Le pied, couvert d'ornements repoussés, a la forme d'un 
carré quadrilobé ; la tige, octogone, est coupée à mi-hauteur 
d'un gros nœud décoré de losanges ; le cylindre de cristal 
renfermant la lunette occupe le centre d'une plateforme sur 
laquelle se dressent dix contreforts en forme de tourelles à 
deux étages, avec pinacles aigus garnis de crochets, portant 
comme amortissements une sphère; sur cette dernière sont 
posés : aux deux contreforts les plus éloignés du centre (et 
les moins élevés) une figure d'ange; aux quatre suivants un 
ange portant un instrument de la Passion; aux quatre plus 
grands, une médaille avec monogramme découpé à jour. 
Chacun des contreforts porte en outre, accolées à sa face 
externe, deux minuscules figurines de saints en haut relief; 
ils sont reliés entre eux par des motifs d'ornements formant 
arcs-boutants. 

Le couronnement de la partie centrale se compose d'une 
nouvelle ordonnance de contreforts gothiques étages sur deux 
rangs et surmontés d'une coupole entièrement à jour sur 
laquelle se dresse le crucifix. Le tout est parsemé de nom- 
breuses figurines et de motifs architectoniques divers : gables, 
arcs en accolade à crochets avec tympans ajourés, etc., etc., 
qu'il serait oiseux de détailler. 

Je ne puis comparer cet ostensoir, au point de vue de 
l'habileté du travail de l'orfèvre, qu'à notre chasse de Nivelles 



— 455 — 

toute réserve faite, bien entendu, quant à la grande différence 
de valeur artistique et archéologique, qui est incontestable- 
ment en faveur de cette dernière. 



La même église de Galcar possède un objet Tort original 
appelé c Marienleuchler » (flambeau de Marie), qui présente 
une combinaison du lustre et du Rosaire. 

Il se compose, dans le bas, d'une sorte de cul-de-lampe 
hexagone dont chaque face est décorée d'une figure assise, 
en bas-relief, et dont la partie inférieure forme un petit culot 
avec torse d'ange. A chaque angle s'attache une branche de 
rinceaux portant à son extrémité six plateaux de candélabres 
avec pointes. 

Sur cette espèce de socle suspendu, si je puis m'exprimer 
ainsi, se dresse, debout sur un croissant de lune, une statue 
à double face de la Vierge portant Jésus, entourée d'une 
gloire elliptique de flammes et de glaives; dans le haut 
planent deux anges qui portent la couronne de Marie sur 
laquelle descend le Saint-Esprit : une colombe environnée 
de rayons. 

La Vierge est encadrée de deux grandes branches naissant 
du cul-de-lampe; elles projettent des rameaux en rinceaux 
dans les enroulements desquels douze figures d'hommes, à 
mi-corps et en ronde bosse, rappellent la généalogie du 
Christ. 

Au sommet, sous l'anneau de suspension, le Père Éternel 
portant le globe terrestre, bénit à la manière latine. 

Ce curieux et précieux monument ne mesure pas moins 
de 3 mètres 50 de hauteur; commencé en 1503 par Hein- 



— 436 — 

rich Bemst, qui y consacra huit années, il fut achevé, après 
la mort de celui-ci, par Kerstken de Ringenbacht. 

L'église paroissiale d'Erkelenz possède aussi un lustre en 
bois avec figure double de la Vierge de grandeur naturelle, 
du même genre que le précédent et de même dimension. 
Sculpté en 1517, il fut peint par Johann Erwein, de Cologne, 
en 1553 ; sa polychromie actuelle est moderne. (N° 377). 

L'église paroissiale de Siersdorf exposait une curieuse 
arcade, dénommée « Lettnerbogen » . (N°641). 

Elle se compose d'un arc elliptique fait de rinceaux à jour, 
sur deux faisceaux de quatre colonneltes cylindriques bra- 
celées, à cannelures perlées; leurs chapiteaux — corbeilles 
de feuillage avec tailloirs octogones — supportent deux 
statuettes : d'un côté l'empereur Auguste (?) (i) ; de l'autre, 
une sibylle. 

Dans les rinceaux se voient : au bas, deux monstres 
chimériques; plus haut deux chevaliers qui les attaquent à 
coups de lance; enfin Saint-Jean d'un côté, de l'autre le 
donateur, que l'on croit être Jean de Gohr; tous deux prient 
agenouillés et lèvent la tète vers une figure de la Vierge 
entourée d'une gloire de glaives et de flammes qui, placée 
sur un socle pareil aux chapiteaux, couronne l'édifice. 

Celui-ci date du milieu du xvi e siècle; il mesure 4 m 90 de 
hauteur sur 2 n, 80 de largeur. 

L'église paroissiale catholique de Calcar dont j'ai déjà parlé, 
exposait encore trois retables. 



(i) D'après le catalogue ; ne s'agit-il pas d'Auguste I er , Électeur de Saxe, 
•qui naquit en 1526 et régna de 1553 à 1586? 



— 437 — " 

Le premier (n° 32Î) est consacré aux Saints-Grépin et 
Crépinien; il se compose de trois niches rectangulaires 
encadrées de quatres colonnelles très ornées avec figurines, 
vases, médaillons, animaux, etc. Le long du cadre sont 
disposés des supports et de pelits dais pour des statuettes, 
qui ont disparu ; les baldaquins des niches sont faits de 
motifs décoratifs à rinceaux entremêlés d'angelots, sculptés 
à jour et d'un travail très habile. 

Dans la niche centrale est la statue de la Madeleine; dans 
les deux autres, celles des Saints-Pierre et Paul; le milieu 
estsurélevé et forme un compartiment rectangulaire à fronton 
cintré, dans lequel un groupe en ronde bosse représente le 
Baptême du Christ; à côté de lui se tient un ange et, en 
avant, deux angelots musiciens. Les quatre colonnettes 
supportaient des figures dont deux seulement subsistent. 

Au-dessus du cadre des niches latérales sont posées les 
statues des Sainls-Crcpin et Crépinien, armés tous deux de 
larges épées; l'un a entre les pieds la meule qu'on leur 
attacha au cou avant de les précipiter dans la rivière; l'autre 
tient un livre. Il me parait étonnant que le sculpteur ait 
réservé cette place à ces deux grandes figures, qui écrasent 
son œuvre. 

Le retable est fermé par des volets peints ; trois sujets en 
peinture décorent aussi la predella. 

Cette œuvre date de la première moitié du xvi e siècle. 

Sa hauteur est de 3 m S5; sa largeur de 2 m 10 sans les- 
volets. 

L'ornementation est extrêmement riche et les figures d'un 
bon style. : ' 

Le second retable (n°322) est analogue au précédent 



— 438 — 

comme dimensions et comme dispositions ; il lui est postérieur 
de quelques années. 

Dans celui-ci les statues de la Madeleine, de Saint-Pierre 
et de Saint-Paul sont remplacées respectivement par celles 
de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Jean l'Évangélisle et de 
Saint-Sévère; celles des Saints-Grépin et Crépi nien, par les 
Évangélistes Luc et Mathieu. 

Le troisième retable, dit « de la famille Brower, » se 
compose d'une huche en bois sculpté ; il est relevé de dorures 
sur fond noir; deux bas-reliefs d'albâtre y sont encastrés; 
les donateurs sont représentés sur les volets. II fut exécuté 
en 1539, probablement à Amsterdam. 

Sa hauteur n'est que de 1 m 60 ; sa largeur de m 87. 

Citons encore, parmi les retables, deux ouvrages fla- 
mands : 

L'un appartient à la chapelle catholique d'EImpt (n° 368). 
Il est en chêne sculpté et polychrome, fermé par des volets 
peints dont l'intérieur représente des scènes de la Passion; 
à l'extérieur la messe de Saint-Grégoire d'un côté, Abraham 
et Melchisedech de l'autre. 

La partie principale contient trois grandes compositions : 
le Portement de la Croix, le Calvaire et la Déposition de 
Croix; dans les compartiments inférieurs: l'Annonciation, 
la Visilation, la Nativité, l'Adoration des Mages, la Circon- 
cision et la Présentation au Temple. 

Ce retable date du commencement du xvi 6 siècle; il est 
haut de 2 m 50 et large de 2 m 20. 

L'autre retable, qui appartient à l'église Saint-Géréon, à 
Cologne (n° 487) est un peu plus petit : 2 m 20 sur 2 m 05. 
C'est à peu près la seule différence que l'on constate entre 



— 439 — 

ces deux œuvres de l'École d'Anvers; les sujets sont les 
mêmes, tant pour les volets peints que pour la partie sculptée 
et polychromée ; il ne peut y avoir de doute quant à leur 
origine commune. Toutefois, le retable d'Elmpt est dans un 
encadrement rectangulaire tandis que la partie supérieure 
de la huche du retable de Cologne forme une suite de courbes 
et de contrecourbes d'un dessin à peu près identique au 
couronnement de notre retable de Pailhe (Musée des Anti- 
quités) ; il est, je pense, postérieur de quelques années à la 
sculpture d'Elmpt. 



Le lutrin exposé par l'église Sainte- Marie, à Dorlmund 
(o°343)a unsupport de pierre, formé d'un piédestal octogone 
sur une plinthe carrée, surmonté d'un pilier chevronné en 
relief, également à huit faces, avec base et chapiteau de 
moulures ; il est couronné d'un aigle en laiton, sur une demi- 
sphère entourée d'une couronne d'ornements coulés en 
relief. 

Il est haut de l m 53 et date du xv e siècle. 

L'église évangélique de Saint-Reinold, dans la même ville, 
possède un lutrin-aigle avec support triangulaire à contre- 
forts, entièrement en laiton, haut d'environ 2 mètres; il date 
de la fin du xv° ou du commencement du xvi e siècle. 

Celui de l'église paroissiale d'Erkelenz (n°375) mérite une 
mention spéciale. 

Il est entièrement en laiton, comme le précédent; trois 
lions accroupis supportent les angles d'un socle bas, de 
forme triangulaire, aux faces décorées de qualreféuilles et 
de trèfles découpés à jour. A chaque angle se dresse un 



— 440 — 

contrefort avec pinacle à crochets, relié par un arc-boulant 
ajouré de quatrefeuilles à un édicule central. 

Celui-ci est également à trois faces, chacune percée d'une 
arcade très légèrement ogivale à l'extrados, trilobée à l'intra- 
dos, avec redents en forme de trèfle; une statuette est placée 
au-dessous. 

L'arcade est couronnée d'un gable qui se détache sur un 
fond à jour de feneslrations, surmontées d'une galerie de 
quatrefeuilles avec joli crélage. 

Couronnant le tout, un aigle sur un socle octogone mouluré 
porte sur l'extrémité de ses ailes ouvertes l'arête d'évangé- 
liaire, élégamment travaillée à jour. 

L'ensemble mesure 2 mètres de hauteur. 

Ce lutrin date du xv° siècle; je me propose d'en faire 
une étude comparative avec les moulages que nous possé- 
dons, notamment avec celui de l'église Saint-Martin, à 
Hal. 

Le lutrin de l'église catholique Saint-Max, à Dûsseldorf, 
appartenait jadis à l'abbaye d'Altenberg, près Cologne; 
suivant l'inscription que porte sa base, il fut exécuté pour 
cet établissement en 1449. 

Le pied triangulaire avec contreforts, entre lesquels se 
trouvaient des figures aujourd'hui perdues, est couronné 
d'un globe portant l'aigle. 

Sa hauteur est de 2 mètres; il parait contemporain du 
précédent. 

L'église paroissiale catholique de Marienfeld possède un 
lutrin en bronze du commencement du xvi e siècle, d'un 
modèle original (n° 528). La base, circulaire, est portée par 
trois lions couchés sur une plinthe de pierre; le fùtcylin- 



— 441 — 

driqoe est annelé et l'aigle du couronnement est posé sur un 
livre. 

L'ensemble est haut de i m 45. 

* * 

De nombreux groupes et slaluelles fort artistiques seraient 
à mentionner; mais, sous peine d'allonger démesurément 
ce rapport, je dois me borner à citer deux pièces très impor- 
tantes : 

Une grande statue en chêne, Saint-Michel terrassant le 
démon (n° 471). 

Le saint est vêtu d'une armure et d'un ample manteau 
jeté sur les épaules ; il lient de la main gauche une croix de 
procession fleurdelisée et brandit de l'autre son glaive flam- 
boyant. Il porte un charmant visage d'adolescent encadré 
d'une épaisse chevelure bouclée. 

Cette figure, très élégante, a 2 m 20 de hauteur; elle a 
conservé sa polychromie primitive du xv° siècle. 

Elle appartient à l'église Saint-André, à Cologne. 

L'autre sculpture, très originale, porte le nom de 
c Palmesel » (l'Ane des Rameaux) (n° 1484). 

Elle représente le Christ entrant à Jérusalem, monté sur 
un âne; il bénit de la main droite et tenait de la gauche une 
palme, qui a disparu. 

Cette figure, haute de i m 72, est en bois de tilleul poly- 
chrome; elle date du commencement du xvi e siècle et, a 
appartenu jusqu'en 1840, croit-on, à l'église Sainte-Colombe, 
à Cologne; elle est montée sur une planche à roulettes 
(celles-ci renouvelées); jadis, le jour de la fêle des Ramoaux, 
le fossoyeur la traînait dans la procession de l'église. 



— 442 — 



Elle fait parlie actuellement de la collection du chanoine 
Schniitgen, du chapitre de Cologne, collection qui est par 
elle-même tout un musée dont près de six cents pièces occu- 
paient à Dûsseldorf une salle spéciale. 



* * 



Je ne puis songer à reproduire ici, Messieurs, toutes mes 
notes concernant quantité d'autres sculptures des plus inté- 
ressantes ; mais je ne puis terminer sans dire quelques mois 
d'une branche qui devrait être mieux représentée encore 
dans nos collections : le mobilier civil et religieux. 

J'ai cité parmi les moulages quelques joues de stalles; 
l'église paroissiale de Wissemberg en exposait deux origi- 
nales fort jolies (n« 700 et 701). 

La partie inférieure est un panneau plein dans l'épaisseur 
duquel est taillée à plein bois une arcade aveugle, ogival à 
l'extrados, trilobée au dedans. Au bord du panneau est 
appliquée une colonnelte avec chapiteau très simplement et 
très élégamment décoré de trois larges feuilles de chêne 
formant crochets* remontants. 

La parlie supérieure se compose d'une moulure verticale 
en forme de gorge entre deux listels ; ses deux extrémités 
se recourbent en volutes vers l'intérieur et portent quelques 
feuilles; la gorge est ornée de rosettes. 

Entre les deux volutes se trouve, à Tune de ces pièces, 
un chevalier à genoux en prières devant la Vierge; celle-ci, 
assise sur un siège sans dossier, tient Jésus debout sur son 
genou gauche. A l'autre stalle, le même chevalier, armé 
pour le combat, monte un cheval caparaçonné d'une longue 
draperie. 



— uz — 

Ces sculptures, de la fin du xm e siècle ou des premières 
années du xiv e , onl 2 mètres de hauteur. 

Deux stalles en chêne (n 0> 227 et 228) appartenant au 
musée d'art industriel de Berlin présentent avec ces frag- 
ments une certaine analogie dans la disposition générale des 
côtés; l'arcade ogivale du panneau inférieur retombe sur 
deux grêles colonnettes à chapiteaux de feuillage; la colon- 
nette du bord est aussi fort maigre; deux oiseaux occupent 
les écoinçons. 

La partie supérieure comporte une moulure en arc à plein 
cintre dont le sommet touche le fond des stalles tandis que 
Tune des extrémités repose sur la colonnette du bord du 
panneau du bas et que l'autre soutient l'angle de la toiture 
inclinée; deux autres moulures de même forme et disposées 
dans le même sens partent des extrémités du grand arc et se 
rencontrent sur son point de centre. L'intervalle entre les 
arcs est évidé; ils sont décorés de feuilles d'arum, de même 
que les écoinçons de l'arc principal. 

Ces meubles proviennent de l'abbaye d'Altenberg et datent 
de la fin du xiu" siècle. 

Au même musée appartiennent : 

1° Un ensemble de quatre stalles en chêne (n° 226) de 
même époque et de même provenance ; elles sont décorées 
de feuillage, de figures grotesques d'hommes et d'animaux 
et des symboles des évangélistes ; 

2* Un prie-Dieu en forme de pupitre (n° 225); sur la 
plus grande face, des moulures dessinent trois ogives 
aveugles dont le bas est découpé en forme d'arc trilobé à 
bordure moulurée; les champs des ogives sont occupés par 
des rinceaux de vigne avec feuilles et grappes. Les côtés onl 



— 444 — 

la même décoration, mais avec une seule ogive; les angles 
sont renforcés de colonneltes. 

Ce meuble, travail allemand de la seconde moitié du 
xiu e siècle, provient de l'église Saint-Jean, à Herford. Il 
mesure l m 30 de hauteur sur 4 m 37 de largeur et 0*72 de 
profondeur. 



La collection exposée par M. Thewalt, bourgmestre- 
adjoint de Gologne-Deutz, comprend environ 250 meubles, 
vases, statuettes et objets divers de grande valeur, parmi 
lesquels deux remarquables bahuts. 

L'un (2025) n'a qu'une tablette dans le dessous ; la partie 
supérieure est fermée par deux portes carrées décorées 
d'écussons allemands entourés de rinceaux en bas-reliefs; 
elles sont séparées par une niche renfermant la figurine d'un 
chevalier qui porte une bannière. Les plaques des serrures 
sont travaillées à jour; les pentures de même; celles du haut 
portent des rinceaux, celles du bas des quatrefeuilies. 
Au-dessous des portes, deux tiroirs décorés de même avec 
menottes cordiformes. 

C'est un meuble westphalien de la fin du xv° siècle. 

L'autre bahut (2026) est en style gothique dans le bas, 
renaissance au dessus. 

Chacune des deux portes de la zone inférieure est divisée 
en quatre panneaux à parcheminures par un assemblage en 
croix, rehaussé d'appliques de fer très joliment travaillées à 
jour. 

Les deux portes du haut sont décorées de médaillons avec 
profils, entre deux animaux chimériques ; une petite niche à 



— 445 — 

plein cintre les sépare; à chaque extrémité une niche de 

même forme mais plus grande contient la figurine d'un 

homme d'armes; ces niches sont flanquées de colonnettes 

en forme de balustres ouvragés. 

La décoration de ce meuble n'est pas sans analogie avec 

celle du retable des Saints-Crépin et Crépinien, de Galcar; 

il provient de la même localité et parait dater de la même 

époque. 

* 
* * 

Ce n'est pas sans regrets, Messieurs, que j'arrête ici cette 
étude sommaire des merveilles exposées à Dùsseldorf; si 
incomplète qu'elle soit, je dois vous prier pourtant d'en 
excuser la longueur : devant l'imminente dispersion de ces 
trésors artistiques, j'ai cru devoir dresser une sorte de 
catalogue de ceux d'entre eux qui nous intéressent particu- 
lièrement par leur nature, dans l'espoir de donner à ce 
rapport le caractère d'un document qui pût être utilement 
consulté dans l'avenir. 

* 
« * 

II me reste à vous rendre compte, Messieurs, des résultats 
pratiques de mon voyage. 

M. le Conseiller Ludorff, Conservateur Provincial des 
Monuments pour la Weslphalie, qui a donné l'adhésion du 
Musée de Munster au projet d'Office central des Échanges 
artistiques internationaux, met dès à présent à notre disposi- 
tion une série de moulages comprenant : 

Le tombeau des comtes Otto et Goltfried de Gappenberg 
(oMi); 



— 446 — 

Le portail occidental de l'église Saint-Jacques h Goesfeld 
(n°13); 

Les fonts baptismaux de Freckenhorst (n° 17); 

L'ancienne clôture de chœur actuellement placée dans le 
porche du Dôme de Minden (n° 38) ; 

Les statues de l'Église et de la Synagogue, qui décorent 
un porche secondaire du même monument (n° 39 et 40). 

M. Frauberger, Directeur du Musée d'Art industriel de 
Dùsseldorf, a pris un vif intérêt à l'exposé du projet d'Office 
prémenlionné. Il en donnera connaissance à la prochaine 
réunion de son Comité et m'a exprimé l'espoir de pouvoir 
nous apporter bientôt l'adhésion de la Société Centrale d'Art 
industriel de Dùsseldorf; cette accession paraîtra d'une 
grande importance si l'on considère que, selon toute proba- 
bilité, cette Société disposera bientôt des différents moulages 
que je vous ai décrits — et j'espère à mon tour que notre 
Comité aura ainsi la satisfaction d'avoir contribué le premier 
à la diffusion de ces remarquables reproductions monumen- 
tales. 

Le Secrétaire, 
Henry Rousseau. 
Vu : 

POUR LE PRÉSIDENT : 

Le Membre Délégué, 
Ad. Delvigne. 



RAPPORT 

AU COMITÉ DE LA SECTION ARTISTIQUE DE LA COMMISSION 
ROYALE DES ÉCHANGES INTERNATIONAUX. 



Moulages de monuments français au Trocadéro. 
Moulages des fouilles de Delphes au Louvre. 



Messieurs, 

À la suite de mon voyage à Paris, en 1900, j'ai eu l'hon- 
neur de vous soumettre une liste, — que votre Comité a bien 
voulu ratifier, — des moulages de monuments français dont 
l'acquisition paraissait à désirer, pour compléter progressi- 
vement les collections réunies par la Commission des 
Échanges et exposées dans les locaux des musées. 

Cette liste comprenait un choix de monuments intéres- 
sants à des titres divers, mais qui ne pouvaient évidemment 
être tous acquis; une sélection était à opérer; je suis 
retourné, dans ce but, au musée de Sculpture comparée du 
Trocadéro. 

m m 

Des six portails du xn 6 siècle mentionnés dans mon rap- 
port de 1900, je n'en ai retenu qu'un seul, pour le moment 
du moins : celui de l'église Saint-Lazare, à Àvallon. 

J'ai dit dans ce rapport que les bas-reliefs du tympan, — 



— 448 — 

j'ajouterai : et ceux du linteau, — sont mutilés à tel point 
que Ton n'en distingue plus les sujets ; j'estime que cette 
lacune ne doit pas nous arrêter : ce n'est pas pour ce détail 
de sculpture, mais bien pour l'ensemble architectural que 
l'acquisition de ce portail est désirable; cet ensemble est 
d'un puissant intérêt. 

L'arcade est formée de cinq archivoltes, l'une appliquée à 
plat au fond du tympan, les autres en forme de tores. La 
première est décorée de palmettes ; la seconde, d'une grosse 
branche ondulée lançant alternativement à droite et à gauche 
des rameaux qui portent des fruits en cônes ; la troisième, de 
grandes fleurs à huit pétales, épanouies; la quatrième, de 
rinceaux qui rappellent à la fois certains ornements romains 
et certains détails décoratifs de l'art plateresque ; la dernière 
et la plus développée, de ceps de vigne entrelacés et chargés 
de grappes; ce dernier motif, bordé d'un rang de grecques, 
se continue verticalement le long de l'arête, arrondie, du mur 
de façade. 

Comme supports il y a, outre les piédroits ornés de 
rinceaux, trois colonnetles de chaque côté : une torse entre 
deux cylindriques; elles ont le fût lisse, à l'exception de la 
colonnette torse du côté droit, qui est formée de cordes 
entrelacées, motif employé fréquemment par les décorateurs 
coptes et les Scandinaves. 

Les six chapiteaux sont du genre corinthien. Les bases 
diffèrent entre elles : celles des colonnettes torses sont à deux 
tores séparés par une scolie; celles des colonnettes cylin- 
driques du côté gauche de l'ébrasement ont un gros tore 
orné de rinceaux; du côté droit, elles sont à peu près 
cubiques, et historiées. 



— 449 - 

Les piédestaux ne sont ni moins variés ni moins originaux : 
leur moulure supérieure est arrondie en forme de tore et 
décorée de feuilles encadrées de cercles; au-dessous, une 
partie cubique en légère saillie sur le dé présente diverses 
figures d'animaux; les dés eux-mêmes sont couverts de 
rinceaux, d'en I relacs, de losanges, ele ; ils sont posés sur 
une petite base formée de deux tores séparés par une gorge 
et d'un socle bas; puis vient une seconde base du même 
modèle, mais plus forte; le tout est posé sur une plinthe 
assez haute dont l'arête supérieure est taillée en biseau. 

Il y a là, vous le voyez, Messieurs, une réunion peu com- 
mune de différents motifs décoratifs de l'époque romane ; 
cette considération m'a porté à donner au portail d'Avallon 
la préférence sur d'autres, plus complets peut-être, mais 
moins documentaires. 

Il sera bien intéressant de le comparer à l'encadrement 
de porte de Sainte-Gertrude, de Nivelles; aux faces de 
pilastres de Hubinne, aux frises de Saint- Jacques, de Liège; 
à la croix de Ruthwell ; j'ajouterai que, comme silhouette et 
comme dimensions autant que comme style, il ferait un 
pendant superbe au moulage de la Porte Mantile, de Tournai, 
dont vous avez depuis longtemps décidé d'enrichir les 
collections des échanges. 

* 
* • 

Du xm e siècle, j'ai retenu l'un, au moins, des trumeaux 
de la cathédrale d'Amiens : celui de la porte Saint- Honoré, 
qui est en vente chez le mouleur Pouzadoux. 

Du xiv e siècle, le portail de Saint-André, de Bordeaux. 

Du xv 6 , la croix de carrefour de Saint-Cirgues, monument 



— 4ÎS0 — 

original qui fera équilibre à notre pilori de Braine-le- 
Ghâfeau. 

Du xvi 9 siècle, j'ai maintenu le jubé de Saint-Etienne, de 
Limoges, — une entrée de salle magnifique. 

Pour le xvn*, nous avons la porte de l'hôtel de ville de 
Toulon. 

Cette nomenclature, Messieurs, n'exclut évidemment pas 
d'une façon radicale les autres moulages indiqués sur raa 
liste de 1900; il en est beaucoup dont l'acquisition s'impo- 
sera plus tard sans offrir toutefois, quant à présent, le 
caractère d'urgence des achats dont je viens de parler. 

* * 

Mon voyage à Paris avait un autre but que cette révision : 
j'avais à examiner les moulages, récemment exposés au 
Louvre, des monuments découverts dans les fouilles de 
l'École française à Delphes, — fouilles desquelles était sortie 
déjà la belle statue de l'Aurige vainqueur. 

Il y a là, sur un palier voisin de la < Victoire de Samo- 
thrace » , des bas-reliefs : les Dioscures, le vaisseau Argo, 
Athénaet Thésée, Hercule elKykuos,la Gigantomachie, etc., 
et des statues : Ajias, Sisyphos, et d'autres encore. Certaines 
de ces sculptures sont d'un caractère archaïque prononcé; 
d'autres appartiennent à une époque relativement avancée. 

Deux monuments sur lesquels je tiens à attirer l'attention 
spéciale de votre Comité, Messieurs, sont la partie supérieure 
de la t Colonne des Danseuses » et la « Façade du Trésor 
des Cnidiens • . 

La colonne est un de ces monuments cornmémoratifs ou 
ex-voto dont les peuples de la Grèce avaient semé les abords 



— 451 — 

du grand lemple d'Apollon Delphien ; quelques-uns d'entre 
eux ont déjà revu le jour : la colonne des Naxiens, avec son 
chapiteau ionique surmonté d'un sphinx de plus de deux 
mètres de hauteur; le < Trophée de Paul- Emile », piédestal 
colossal supportant un cavalier qui combat un fantassin 
renversé; enfin, cette «colonne de Danseuses » d'une 
si franche originalité. 

Son fût cannelé jaillit d'une touffe d'acanthe; en trois 
endroits sur sa hauteur, de larges feuilles de la même plante 
l'entourent comme de gigantesques bracelets; au sommet 
enfin, l'acanthe s'épanouit en un bouquet dont les feuilles 
immenses se recourbent de quatre côtés, tandis que le jet 
central s'élève encore et est entouré de quatre gracieuses 
figures de femmes, drapées de jupes légères; un trépied de 
métal couronnait le monument. 

Telle est, du moins, la restauration dessinée par M. Tour- 
nais, architecte du Gouvernement français. 

Le fragment dont le moulage est au Louvre est le principal : 
le grand bouquet d'acanthe formant chapiteau, surmonté de 
ce qui reste du joli groupe des danseuses. 

Les bons creux de ce moulage n'existent pas encore; il 
n'est pas douteux qu'ils ne soient exécutés bientôt et je vous 
proposerai alors, Messieurs, d'en acquérir l'une des premières 

épreuves. 

* 

En même temps que ces monuments, les explorateurs de 
Delphes ont retrouvé les emplacements de ces nombreux 
édicules dans lesquelles les villes grecques entassaient des 
trésors, sous la protection immédiate du dieu, aux abords 



— 4S2 — 

de la voie sacrée qui menait à son Temenos, en serpentant 
sur le flanc du Parnasse. 
Les trésors des Thébains, des Sicyoniens, des Béotiens, 

gMégariens, des Corinthiens, des Cyrénéens se sont 
révélésNfisuns par quelques pierres, les autres en restituant 
la presque touKJité de leurs fragments épars. 

De ce nombre\sont l es trésors d'Athènes et de Cnide. Ce 
dernier date de la Seconde moitié du vi e siècle avant J.-C. ; 
il a été reconstitué presqojren entier et son moulage figure au 
Louvre. v 

C'est un petit temple à antes :\4J ne mesure guère que six 
mètres au nu extérieur des murs, et st^pt mètres environ de 
la plinthe à l'angle supérieur du fronton. 

Entre les antes, deux caryatides sur piédestal soutiennent 
l'architrave ; elles sont un peu lourdes d'aspect, ma^s typiques : 
les plis symétriques de leurs draperies, les quatre^ mèches 
de cheveux descendant sur chaque épaule marquer^ | eur 
archaïsme; sur le front, la chevelure ondulée semble a x vo j r 
été fortement enduite de pommade : chaque dent du peigi» e 
y a laissé un sillon bien net. Les oreilles, très fortes et per- 
cées de grands trous, ont dû porter des bijoux. L'un des 
genoux est légèrement infléchi, le poids du corps portant 
sur l'autre jambe; elles se répètent textuellement : chacune 
d'elles est l'exacte contre-partie de l'autre, comme si elle se j 
trouvait placée devant une glace. Quelle intéressante compa- 
raison à faire avec nos gracieuses caryatides de l'Erechthéïon ! 

Elles portent des chapiteaux d'un type inconnu jusqu'ici : 
une corbeille cylindrique entourée de personnages en bas- 
relief en constitue la moitié inférieure; une astragale la 
sépare d'une échine en forme de doucine, autour de laquelle 



— 453 — 

courent des lions; un petit listel termine la doucinc et reçoit 
un tailloir carré. 

Les chapiteaux des antes se composent simplement d'un 
talon à raies de cœur supportant un mince abaque. 

L'architrave n'a d'autre décoration qu'une petite rosace 
près de chaque angle, en dehors des axes des antes. 

La frise, à sujets, se développe entre deux fortes moulures 
ornées : au-dessous, un rang de perles sous un rang de 
grands oves avec fers de lance ; au-dessus, un autre rang de 
perles bordant un talon à raies de cœur. 

Le fronton se compose d'un larmier et d'une doucine 
presque plate, à palmetles; le tympan est profond et peuplé 
de figurines en ronde bosse mais un peu aplaties, comme un 
bas-relief découpé. Il subsiste actuellement : dans l'angle 
gauche, un homme ayant un genou en terre, les bras 
appuyés sur l'autre genou ; puis un cheval et, vers le milieu, 
sept ou huit petits personnages debout, dans quelques-uns 
desquels on peut reconnaître des guerriers ; celui du milieu, 
un peu plus grand que les autres, parait porter une brassée 
de javelots; son voisin lui en prend un, tout en mar- 
chant vers l'ennemi, qui doit venir de la droite du spec- 
tateur. 

La restauration proposée par M. Tournaire donne : dans 
chaque angle un personnage couché à plat ventre, la tète 
vers le centre du fronton ; puis, à partir de la gauche, un 
cheval attelé à un char, deux personnages debout de profil 
à gauche; deux autres de profil à droite; au centre l'homme 
aux javelots, le guerrier qui prend son arme; puis deux 
personnages, un rang de chevaux dirigés vers la droite, un 
guerrier qui lance le javelot tout en marchant; un autre 



— *54 — 

tombé sur le dos, qu'un ennemi accable de coups; enfin, 
l'homme couché, déjà cilé. 

Cette composition est en partie hypothétique; néanmoins 
ce qui reste de la sculpture permet de constater que le 
tympan ne présentait pas autant de symétrie que les frontons 
d'Egine, contemporains de celui-ci. 

La composition qui décore la frise est très animée : on y 
voit d'abord en partant de l'angle gauche (par rapport au 
spectateur), huit personnages assis, — cinq tournés vers la 
droite et trois leur faisant face, — qui paraissent tenir 
conseil*; — une lacune; — un groupe de quatre chevaux 
avec leur conducteur, marchant vers la gauche ; deux 
guerriers casqués et armés du bouclier rond, s'élançant en 
courant vers la droite; deux autres leur font face et les 
reçoivent à coups de javelots; un nouveau groupe de quatre 
chevaux, ceux-ci dirigés vers la droite de la frise, à l'angle 
de laquelle un homme se tient debout. Les scènes guerrières 
se continuent sur les façades latérales du monument. 

La restauration dessinée par M. Tournaire, dans l'ouvrage 
sur les fouilles de Delphes, modifie complètement cette 
ordonnance : elle place au centre les personnages assis, au 
nombre de cinq seulement, et aux deux extrémités, attelés 
chacun à un char, les deux groupes de chevaux ; à gauche 
un personnage drapé monte sur ce char; à droite, un homme 
en descend ; à chaque angle de la frise, un homme debout 
contient l'ardeur des chevaux. 

Il est à supposer que réminent architecte a dessiné cette 
restauration avant d'avoir retrouvé les fragments qui ont 
permis de reconstituer la frise telle qu'elle se présente 
actuellement, et ce détail a son importance ; en effet, la 



— 455 — 

composition de M. Tournaire est symétrique; celle du mou- 
lage ne Test pas du tout; elle offre autant de variété et 
d'animation que celle, — bien postérieure, — du mausolée 
d'Halica masse. Le groupe des personnages assis fait pres- 
sentir le « groupe des dieux » de la frise du Parthénon. 

Il me reste à dire, pour terminer cette description, que le 
chéneau à palmettes du fronton se termine, à chaque angle, 
par une figure de quadrupède en bas-relief; il fait retour sur 
les faces latérales et reçoit, de distance en dislance, des 
gargouilles à tètes de lions. 

Les acrotères des angles extrêmes portent des figures 
courantes drapées, aux talons ailés ; celui du sommet du 
fronton, un sphinx. 

Sous le porche enfin est percée une porte à chambranle 
mouluré, avec palmettes et rang de perles; deux fortes 
consoles accostent les angles du linteau. 

Tel est, Messieurs, le monument dont j'ai l'honneur de 
vous proposer l'acquisition. C'est un ensemble plein d'intérêt, 
un point de comparaison des plus utiles; j'estime qu'il nous 
est indispensable. 

Un échange n'est pas réalisable; nous devrons donc 
l'acheter. Les pièces, prises séparément et non ajustées, 
coûtent 2,000 francs; le monument complet, avec les 
plaques d'épaisseur, entièrement ajusté et tout prêt à être 
monté dans le musée, coûte 3,330 francs. 

Je pense, Messieurs, que c'est dans ces dernières condi- 
tions que nous devons faire cet achat : exécutés ici, les 
ajustements ne nous coûteraient pas moins cher et peuvent 



— 456 — 

donner lieu à des tâtonnements, voire à des erreurs des 
plus regrettables; faits à Paris, ils nous donnent toute sécu- 
rité et toute facilité pour le montage et en réduisent de 
beaucoup les frais. 

L'exécution de ce moulage demandera six mois; com- 
mandé dès à présent, il nous parviendrait en mai ou juin de 
l'année prochaine. 11 pourrait être monté immédiatement 
dans le Musée qui serait le premier, après celui du Louvre, 
à posséder ce curieux spécimen d'un monument disparu 
depuis des siècles et restitué presque intact, par la terre qui 
le conservait, aux patients et érudits explorateurs de l'École 
française d'Athènes. 

Le Secrétaire, 
Henry Rousseau. 
Vu : 
pour le président : 

Le Membre délégué. 
Ad. Delvigne. 



RAPPORT 

AU COMITÉ DE LA SECTION ARTISTIQUE DE LA COMMISSION 
ROYALE DES ÉCHANGES INTERNATIONAUX. 



Les Musées de Cologne et d'Aix-la-Chapelle. 



Messieurs» 

* 

II est vraiment utile, au moment où le transfert des Musées 
va permettre de donner aux collections des Échanges et 
d'Art monumental une organisation nouvelle et définitive, 
d'examiner ce que Ton a fait dans les Musées de l'étranger 
et d'y puiser toutes les indications qui peuvent aider non 
seulement à compléter judicieusement ces collections, mais 
encore à les disposer méthodiquement; l'expérience d'aulrui 
jointe à la nôtre nous montrant les exemples à suivre, les 
erreurs à éviter, nous pourrons arriver à réaliser un classe- 
ment et des dispositions qui répondent au but essentiel de 
l'institution d'un Musée de moulages : un enseignement large 
et fécond — parce qu'intuitif — de fart monumental. 

J'envisage donc les missions que vous me faites l'honneur 
de me confier à ce double point de vue : acquisitions à faire ; 
dispositions à retenir, non pour les copier, mais pour s'en 
inspirer à l'occasion. 



— 458 — 

Dans cet ordre d'idées, je vous signalerai tout d'abord les 
deux salles pompéiennes du Musée Wallraf-Richarlz, à 
Cologne. 

Décorées dans le style léger qui florissait dans la ville de 
plaisance des Romains au moment de sa brusque destruc- 
tion, elles renferment notamment des moulages, bromes, de 
sculptures antiques en métal. 

Il me parait y avoir là, Messieurs, un principe à retenir; 
en effet, quel intérêt n'acquerrait pas le Musée si les moulages 
placés dans les petites salles y étaient présentés dans un 
entourage de leur époque? II ne s'agit pas, bien entendu, 
de composer une architecture conçue dans tel ou tel style, 
mais bien d'étendre à l'intérieur des salles le principe admis 
déjà pour leurs entrées et de réaliser cette décoration syn- 
chronique au moyen d'éléments moulés sur des originaux 
authentiques. 

Certes cela ne sera pas toujours facile, ni même possible 
dans certains cas ; mais j'estime qu'il importera de ne laisser 
échapper aucune occasion de recourir à ce mode d'exposition 
à la fois plus attrayant et plus instructif. 

Déjà la générosité du Roi a doté le Musée d'Art monu- 
mental d'un intérieur de chapelle gothique primaire, pris 
dans l'église de Dronlheim; en ce moment même, nos 
ouvriers achèvent de mouler riotérieur des deux chapelles 
que sépare le Tabernacle dans l'église de Hal ; ce sont là, 
Messieurs, les noyaux d'une nouvelle série de reproductions 
d'ensembles que nous pourrons compléter jusqu'à un certain 
point dans l'avenir. 

Je n'ai pas grand'chose à dire des moulages d'antiques du 
Musée Wallraf-Richartz ; ce sont, pour la plupart, les clas- 



— 459 — 

siques bien connus : le Discobole de Myron, la Pallas de 
Vellelri, les bustes d'Auguste, de Lucius Verus, etc. ; j'y 
ai remarqué aussi le « Satyre versant à boire » , de l'école 
de Praxitèle, et la c Le m nia » , d'après Phidias, dont les 
moulages viennent précisément de nous être envoyés par 
les Musées royaux de Berlin. 

Je ne vous ferai donc aucune proposition, Messieurs, pour 
ce qui concerne les reproductions de cette catégorie, estimant 
que le seul moulage d'après l'antique à acquérir quant à 
présent est celui du Portique du Trésor des Gnidiens, qui a 
ait l'objet d'un de mes précédents rapports. 

.** 

Passons au moyen âge. 

Le Musée de Cologne possède le moulage de la partie 
supérieure de la statue de Sainte-Plectrude, couchée sur son 
tombeau, dans la crypte de l'église Sainte-Marie au Gapilole; 
j'ai décrit le moulage complet de ce monument dans mon 
rapport sur l'Exposition de Dûsseldorf et j'en proposerai 
l'acquisition aussitôt que je la saurai réalisable. 

A mentionner encore : un bas-relief du xiu* siècle repré- 
sentant le Christ entre Saint-Pierre et Saint-Eucharius (l'ori- 
ginal en pierre se trouve à Neuthor, près de Trêves), et deux 
statues aux formes un peu grêles : l'Église et la Synagogue, 
qui se trouvent au portail méridional de la cathédrale de 
Strasbourg. 

Pour ce qui concerne l'art de la Renaissance allemande, 
je n'ai à proposer, Messieurs, que la confirmation d'un projet 



— 460 — 

inscrit depuis longtemps sur la liste de nos desiderata : l'achat 
des moulages de deux statues de Pierre Yischer appartenant 
à la série des personnages de la race des Habsbourg qui font 
un cortège triomphal au tombeau de Maximilien I er , dans la 
Hofkirche dinnsbruck (i). 

Ces figures représentent respectivement Théodoric, roi 
des Osl-Golhs, mort en 826, et Arthur, roi d'Angleterre, 
mort en 542; toutes deux furent exécutées en 1513. Il y 
aura lieu d'y joindre celle de Rodolphe, comte de Habsbourg, 
mort en 1252. Ces moulages se vendent chez Kreitlmayr, à 
Munich, au prix de 750 marks chacun. 

La renaissance italienne est assez largement représentée 
dans le musée Golonais ; j'y ai remarqué plus d'un moulage 
dont l'acquisition serait à souhaiter. 
• Ce sont d'abord quatre fragments d'une des trois portes 
d'Andréa Pisano, placées au Baptistère Saint-Jean entre les 
années 1330 et 1356; ils représentent : la Naissance de 
Saint-Jean-Baptiste, ses funérailles et deux sujets allégo- 
riques : la Foi et l'Espérance. 

Puis six des panneaux de la frise des orgues du Dôme de 
Florence, par Luca délia Robbia ; l'ensemble, actuellement 
au musée de Sainte-Marie-des Fleurs, se compose de dix 
bas-reliefs décorés d'anges chanteurs et musiciens. 

Un beau médaillon en marbre d'Antonio Rossellino : la 



(<) Voir : Les statues de bronze entourant le tombeau de l'empereur 
Maximilien I er à Iunsbruck ; notice par Eug. van Overloop. — Bruxelles, 
Hayez, impr., 1902. 



— 461 — 

Vierge en adoration devant Jésus, Saint-Joseph derrière elle, 
des pâtres au fond. 

Un bas-relief de Verrocchio : la Vierge, coiffée à la mode 
du temps de l'artiste, posant la main droite sur l'épaule de 
Jésus, debout sur un meuble à côté d'elle. 

L'admirable « Pieta *, de Saint-Pierre de Rome, que 
Michel-Ange exécuta à l'âge de 24 ans et qui est peut- 
être la plus émouvante des œuvres de cet admirable 
artiste. 

Enfin le gracieux « Mercure soulevé par le souffle du 
vent », de Jean Bologne. 

Tous les sculpteurs que je viens de nommer sont repré- 
sentés déjà dans nos collections, et l'acquisition des mou- 
lages dont l'énumération précède peut être ajournée jusqu'à 
ce que nous ayions pu obtenir certaines reproductions d'une 
utilité plus immédiate ; je ferai exception toutefois pour la 
• Pieta » de Michel-Ange, que nous avons sous la main : 
notre mouleur, M. Simon, en a fait l'achat pour son compte 
personnel et serait disposé à nous la céder; ce moulage se 
vend 600 francs à l'École des Beaux-Arts de Paris. 



* 



Je mentionne pour mémoire et sans rien proposer en ce 
qui les concerne, quelques moulages de sculptures modernes: 
une c Hébé » de Thorwaldsen, deux « Victoires » de Rauch, 
c Agar et Ismaël » par Witlig, des bustes du même auteur 
et de Tilgner, un portrait du prince Léopold de Dessau, par 
Schadow; une maquette pour le monument de Frédéric- 
Guillaume III, dont la statue équestre est de Blaser, le 



— 462 — 

piédestal de Schievelhein, les statues et bas-reliefs qui le 
décorent, de différents artistes. 

* • 

Quelques roots à présent, Messieurs, des objets originaux. 

Nombreux sont, au musée municipal de Cologne, les 
fragments de l'architecture romaine provenant des états 
successifs de la ville, depuis la Colonia Agrippinensis, 
élevée, après les Ubiens, par les vétérans de la mère de 
Néron, jusqu'à la Colonia dont les Francs s'emparèrent. Si 
intéressante que soit leur étude, je ne m'y attarderai pas ; 
elle serait inutile ici, puisque nous avons à notre disposition 
un grand nombre de moulages de monuments romains; je 
me borne à noter en passant d'intéressants sarcophages et 
des stèles d'une belle conservation. 

Quelques pierres tumulaires encore, celles-ci de l'époque 
mérovingienne; les unes portent la croix ansée, d'autres la 
croix en forme de tau; puis des chapiteaux, provenant pro- 
bablement du dôme primitif, commencé sous le règne de 
Gharlemagne el consacré cinquante-neuf ans après sa mort, 
par l'archevêque Willibert; ces chapiteaux procèdent direc- 
tement de l'ordre corinthien des Romains. 

Quelques fragments permettent d'étudier les éléments 
constructifs dans leurs transformations successives depuis 
le commencement du xi* siècle : bases à deux tores séparés 
par une scolie; chapiteaux cubiques, ou bien en forme de 
corbeille entourée de feuillage rappelant encore le corin- 



— 463 — 

thien, ou agrémentés de figures d'hommes ou d'animaux, 
comme le pélican avec ses petits. 

Gomme sculptures, de curieuses cuves baptismales du 
x ê ou du xi* siècle, portant à l'extérieur les quatre tètes que 
Ton rencontre habituellement à cette époque, ainsi que les 
lions et les dragons symboliques; puis des fragments de 
reliefs d'une sculpture naïve mais énergique; l'un porte 
des ornements d'un beau style ; d'autres, des personnages : 
un prêtre entre un charpentier et un dragon qui tient une 
sphère dans la gueule; plus loin, un autre dragon qui dévore 
un homme, un autre homme couché, un combat entre un 
lion et un dragon; des bases de colonnes formées d'ani- 
maux, etc., etc. 

* 
« * 

D'autres chapiteaux encore montrent les formes diverses 
appliquées à ce membre caractéristique de l'architecture 
depuis les entrelacs de galons et les rubans perlés jusqu'à 
la luxuriante végétation créée par les tailleurs de pierre de 
l'époque gothique ; d'autres fragments indiquent le tracé des 
arcs, la décoration des frises, etc. Beaucoup de morceaux 
historiés : un tympan décoré des figures de la Vierge, de 
Saint-Jean et de deux évéques; une vingtaine de consoles 
du début du xv e siècle, avec des ouvriers au travail (comme 
à celles de notre hôtel de ville de Bruxelles), des moines, 
des musiciens, des animaux à tète humaine et autres créa- 
tions hybrides qui rappellent nos écoinçons de l'église du 
Sablon et de la Chapelle des Comtes à Courlrai; sculptures 
habiles et d'une haute fantaisie, dans lesquelles la verve 
fantastique et parfois trop hardie des artistes du xiv e et du 
XV e siècle s'est donnée libre carrière. 



— 464 — 

La sculpture de la fin du xiv* siècle est représentée, 
notamment, par trois belles pierres avec figures en haut- 
relief : des chevaliers couverts d'armures. 

Celle de la première moitié du xv* siècle, par plusieurs 
statues, entre autres celles de Marsilius et de Marcus Agrippa 
qui décoraient antérieurement la tour du Giirzenich. 

De la fin du xv 9 siècle, plusieurs statues encore, dont une 
fort belle Vierge de grès, à vêtements d'un beau pli ; comme 
sculptures décoratives, les armoiries de la ville portées par 
deux anges ; ce motif provient de la Chapelle du Conseil, 
située sur la place de l'Hôtel de Ville. 

Quelques jolis bas-reliefs du xvi e siècle enfin, entre autres 
la Cène et le Christ au Jardin des Oliviers, une Sainte- 
Véronique et la Résurrection de Lazare. 

Tous ces ouvrages sont en pierre; la sculpture sur bois 
peut être étudiée aussi dans ce Musée, sur des spécimens de 
différentes époques. 

Deux figures d'un Calvaire, la Vierge et Saint-Jean, carac- 
térisent son étal au xn 6 siècle : leur exécution rude et 
sommaire est rachetée par une évidente et naïve sincérité. 

Parmi les sculptures exposées dans les galeries du cloître, 
il faut remarquer aussi la statue d'un évèque de Cologne, 
datant du xn* siècle environ; puis une très belle Vierge 
assise, évidemment française, mais qui sans doute a appartenu 
à une église de Cologne : la tète est couverte d'un voile sur 
lequel est posée la couronne à gros fleurons ; le costume se ; 
compose d'une robe et d'un manteau d'un pli élégant et 
naturel ; l'Enfant Jésus, debout sur le genou gauche de sa 



— 465 — 

Hère, est aussi velu d'une robe tombant jusqu'aux pieds ; il 
tient un petit globe de la main gauche et regarde en souriant 
un fruit que lui offre la Vierge ; celle-ci est légèrement pen- 
chée à droite, dans une attitude aisée et gracieuse ; les yeux, 
fendus en amande, et la bouche, ont un sourire bien 
maternel. Le pied gauche est posé sur le Basilic. 

L'art allemand du xiv e siècle est caractérisé encore dans 
trois hauts-reliefs typiques en marbre, qui proviennent d'un 
ancien maître-autel du Dôme de Cologne : l'Annonciation, 
l'Adoration des Mages et la Présentation au temple. Les 
visages sont d'un large ovale, les chevelures ondulées aux 
tempes, les vêtements amplement drapés; les proportions 
sont un peu courtes et les altitudes légèrement affectées. 

Une jolie Vierge, de la fin du même siècle, a conservé 
toute sa belle polychromie primitive. 

De la fin du xv* siècle, deux fort belles figures d'anges en 
habits sacerdotaux, debout et tenant des phylactères; ils 
portent un long surplis recouvert d'une chasuble à franges 
et d'une chape brodée de passementerie, retenue par une 
bille en losange quadrilobé; les ailes, courtes, sont éployées, 
la chevelure tombe en longues boucles sur les épaules ; la 
tète est ceinte d'un diadème avec petit mascaron ; ces figures 
sont en bois de tilleul. 

Notons encore les statuettes de Sainte-Agnès et de Sainte* 
Dorothée, groupées sous un élégant baldaquin provenant du 
tabernacle du Dôme. 



— 466 — 

J'ai mentionné dans mon rapport sur l'Exposition de 
Dûsseldorf des retables de l'école de Galcar; le M osée 
Wallraf-Richartz en possède un très intéressant, surtout 
par son réalisme; il est en chêne et représente la Déposition 
de Croix, le Spasimo et le Christ au tombeau ; tous les per- 
sonnages — d'attitudes fort naturelles — portent des costumes 
du xvi* siècle et les soldats romains sont armés de mousquets! 

Unejautre figure bien réaliste de la même époque est un 
Saint-Quirin en pierre provenant de Neuss (Bas-Rhin). 

Le même Saint, accompagné des saints Éloi et Léonard, 
est encore représenté dans un milieu de retable daté de 1519, 
exécuté en Souabe; cette pièce est posée sur un gradin 
portant les armoiries des barons de Zimmern et des comtes 
de Henneberg, pour l'un desquels Pierre Vischer fit un 
tombeau de bronze dont le moulage figure dans nos collec- 
tions (n° 1793). 

Du xvii e siècle enfin, le beau monument funéraire e& 
marbre de Henri deReuschenberg(morten 1603). Au-dessus 
de la statue du défunt, un haut-relief représente le Christ 

dans les limbes. 

* 

L'École d'Anvers, dont j'ai signalé des œuvres à Dûssel- 
dorf, est aussi représentée dans le Musée municipal de 
Cologne; j'y ai remarqué notamment un très joli retable qui 
a pour sujet l'Apparition du Christ à la Madeleine, et quatre 
figures d'hommes porteurs de phylactères, qu'il serait inté- 
ressant de comparer aux retables de même origine, de la 
chapelle du Château de Ponthoz et du Musée archéologique 



— 467 ~ 

d'Arlon (t). L'un de ces hommes a le nez surmonté de grosses 
besicles ; il est imberbe ; un autre porte la barbe courte, le 
troisième l'a plus longue et pointue ; le dernier la porte très 
longue et tressée, signe dislinctif que les sculpteurs attri- 
buaient jadis aux persécuteurs des chrétiens. Leurs coiffures 
bizarres : turbans, bonnets pointus, chapeaux à larges bords 
dentelés, — leurs manteaux très amples à plis nombreux, 
un justaucorps à bords découpés agrémentés de glands, avec 
manches bouffantes à crevés, — les font reconnaître pour 
des œuvres d'une époque bien proche encore de celle à 
laquelle Jean Borman florissait dans le Brabant et antérieure 
à toute immixtion des influences espagnole ou italienne dans 
l'art de la renaissance aux Pays-Bas. 

Ce sont là, Messieurs, des figures qui intéressent tout 
particulièrement notre art national; il importerait que nous 
en possédions les moulages; ceux-ci n'existent pas encore; 
mais, grâce à l'extension toujours croissante de nos relations 
internationales, je ne désespère pas d'obtenir qu'ils soient 
exécutés un jour à notre intention. 

AIX-LA-CHAPELLE. 

Le Musée Suermondt. 

Le Musée municipal d'Aix-la-Chapelle a, comme celui de 
Cologne, des salles décorées en styles divers plus ou moins 
en rapport avec les collections qu'elles contiennent. Il a, lui 
aussi, son salon pompéien, dans lequel sont rassemblés les 
objets d'art de l'antiquité, y compris les Égyptiens! Ce 

(4) Bull, dts Comm. royales d'art et (Tarchéol., XXX (1891),pp. 99 et 216. 



— 468 — 

n'est pas précisément cela, je me hâte de le dire, que j'avais 
en vue en parlant tantôt des installations futures. 

Près du « Triomphe de Galathée », peinture murale copiée 
à la Maison des chapiteaux peints (Casa dei capitelli colorali) 
de Pompéi, des armoires renfermant des statuettes d'Isis, des 
fragments de sarcophages et de momies, un bateau des morts, 
des étoffes et autres tissus coptes, etc. (La suite des collec- 
tions égyptiennes est exposée dans une autre salle; je n'ai 
rien à y signaler qui intéresse spécialement notre Comité). 

La même salle contient des objets mycéniens : restitu- 
tions en galvanoplastie, armes, etc.; des vases grecs, des 
figurines de Tanagra, des poteries diverses ; des statuettes 
de marbre et de bronze, des monnaies et autres objets de 
l'époque romaine et enfin quelques moulages. 

Parmi ces derniers : le sarcophage qui renferma pendant 
un demi-siècle les restes de Charlemagne (moulage signalé 
à Dùsseldorf) ; la Méduse Rondanini, réplique romaine d'une 
œuvre de l'époque de Praxitèle (à la Glyptothèque de 
Munich); puis des torses et des bustes bien connus : le 
Satyre aux crotales des Uffizi, Laocoon, Vilellius, etc. 

* * 

La salle consacrée à l'époque romane est décorée de copies 
de peintures murales du xn e siècle; le plafond, du xui*, est 
copié d'une maison de Zurich, la « Zum Loch ». 

Parmi les moulages : 

La fameuse t Table d'or » , sorte de retable en or repoussé 
(mentionné aussi à Dùsseldorf;; 

Les beaux fonts baptismaux d'Hildesheim, bronze du 
xm e siècle (acquisition décidée en principe, en séance du 



— 469 — 

9 décembre dernier, sur la proposition de M. le chevalier 
Marchai) ; 

Une partie de la grande couronne de lumière suspendue 
dans l'Octogone de la cathédrale d'Aix; 

Quelques jolies statuettes, entre autres la figurine équestre 
de Charlemagne, du musée Carnavalet à Paris. 

Des fragments divers : tète de la statue de Sainte-PIec- 
trude ; 

Deux panneaux de la porte du Dôme d'Hildesheim (que 
nous avons toute entière); 

Des panneaux des châsses du Trésor de la cathédrale, 
dont je parlerai tantôt; 

Des reproductions d'objets historiques comme le candé- 
labre et la crosse de Saint-Bernward, etc. 

Les collections de l'époque gothique comprennent un 
nombre relativement considérable de statuettes de saints, 
presque toutes du xv e siècle. Parmi les huit ou dix figures 
de la Vierge portant Jésus, il en est une du xiv* siècle qui 
mérite une mention spéciale : la Vierge est assise sur un 
siège sans dossier; elle ne porte ni voile ni couronne; de la 
main gauche elle soutient l'Enfant Jésus qui, debout sur son 
genou, touche d'une main la poitrine de sa Mère et lient dans 
l'autre le globe terrestre; entre le pouce et l'index de la 
main droite, les autres doigts écartés, la Vierge tient avec 
précaution, — presque avec crainte, — un grand sceptre 
fleurdelisé, probablement moderne ; la tète est un peu forte ; 
le visage, largement modelé, les joues pleines; la bouche 
petite et les yeux aux paupières inférieures légèrement 



— 470 — 

retroussées ont an sourire charmant ; un peu étonné et 
presque un peu railleur à la fois; c'est la jeune mère heu- 
reuse et fière de son enfant. 

On remarque encore dans Tune des salles gothiques quel- 
ques beaux meubles anciens» — parmi des imitations 
modernes, — provenant de la chambre à coucher du docteur 
Franz Bock, l'un des principaux bienfaiteurs du musée. 

Comme moulages : 

Le lutrin-aigle du Dôme (vu à Dûsseldorf); 

La partie supérieure du tombeau, en bronze, d'Arnold de 
Mérode, qui se trouve également au Dôme d'Aix ; le défunt y 
est représenté agenouillé devant la Vierge; Saint-Michel se 
tient derrière lui, Saint-Bartholomé du côté opposé. 

Je passe sur quelques autres moulages de peu d'impor- 
tance. 

* • 

Le musée Suermondt possède une remarquable sériç de 
meubles de la Renaissance : secrétaires avec appliques de 
fer doré, armoires, chaises, etc. 

Une nombreuse série de figures de la Vierge, de Sainte- 
Anne, de Saint-Pierre, de Saint-Sébastien, de Saint-Chris- 
tophe, etc., en bois et en pierre, du xvi e siècle pour la 
plupart; une intéressante collection de fragments d'archi- 
tecture et des boiseries, parmi lesquelles je mentionnerai 
spécialement une remarquable porte en chêne sculpté, avec 
dessus vitré, du commencement du xviu e siècle et une 
chaire hexagonale en chêne également, décorée de fenes- 
tralions et de réseaux d'un dessin très riche; elle provient 



— 471 — 

de Golkerad, près Erkelenz, et date du commencement du 
xvi* siècle. 

Comme moulages, il y a à signaler : 

Le beau buste-reliquaire de Saint-Servais, de l'église de 
Maeslricht (original en argent doré, du xvi° siècle,) et quatre 
reliefs d'un retable de la même époque, provenant de l'école 
de Cal car et appartenant à l'église Saint- Victor, à Xanten. 

Le Dôme. 

J'ai mentionné, Messieurs, tant à l'exposition de Dûsseldorf 
que dans le musée Suermondt, des moulages dont les origi- 
naux se trouvent dans la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, me 
réservant d'en faire la description d'après les originaux. 

La clôture de la Chapelle des Ames, dans le cloître, a 
été décrite assez minutieusement pour qu'il soit inutile d'y 
revenir. 

Le sarcophage romain qui renferma les restes de Charle- 
magne représente, je l'ai dit, t l'Enlèvement de Proserpinc » . 

Sur un char à quatre chevaux dont Mercure tient les 
rênes, Plu ton, protégé par Minerve, entraine vers les Enfers 
la fille de Cérès; celle-ci poursuit le ravisseur; elle est dans 
un char tiré par des serpents ailés que guide Hora, symbole 
du Temps et de la Rapidité, et excités par Iris, qui vole 
devant eux ; dans le bas se voient deux des tètes de Cerbère 
elle haut du corps du géant Encelade, enseveli sous l'Etna; 
au-dessus des coursiers de Platon plane un Amour qui porte 
le flambeau de l'Hyménée; sous leurs pieds gît Tellus. Diane 
et Vénus, le front ceint de diadèmes, se tournent vers Cérès; 
entre les deux déesses, un Amour est agenouillé près d'une 



— 473 — 

corbeille de fleurs ; un autre se trouve dans le char du dieu 
des Enfers, un autre encore auprès de Minerve. 

Sur l'un des petits côtés sont représentés un jeune homme 
et deux jeunes filles ; sur le second, un autre jeune homme, 
un génie qui porte une corne d'abondance, un pâtre. 

La Louve, en bronze, date de l'époque romaine ; elle a 
donné son nom à l'entrée principale du Dôme, la t Wolfs- 
thûr » près de laquelle elle est placée ; elle décorait jadis, 
parait-il, une fontaine, au milieu du parvis du Dôme actuel; 
des jets d'eau s'échappaient de ses mamelles et de sa 
gueule. 

Les dix-sept plaques de la « Table d'or » représentent : le 
Christ juge du monde, la Vierge, Saint-Michel, les quatre 
Évangélistes figurés par leurs symboles, l'Entrée du Christ 
à Jérusalem, la Cène, le Lavement des pieds, Jésus au Mont 
des Oliviers, son Arrestation, la Flagellation, le Couronne- 
ment d'épines, le Portement de la Croix, la Crucifixion et 
les saintes Femmes au Sépulcre. Jadis ces plaques, qui 
peut-être avaient constitué dans le principe un antependium, 
étaient isolées et déposées dans le Trésor du Dôme; c'est au 
moyen d'un don fait par le D r von Olfers que l'on a pu les 
assembler pour en former un dessus d'autel, sur le modèle 
du célèbre « paUotto * donné vers 855 par l'archevêque 
Angilbert Pusterla à l'église Sainl-Àmbroise de Milan ; leur 
encadrement d'or ciselé et enrichi de pierreries esl donc 
moderne. 

La couronne de lumière, chef-d'œuvre de l'orfèvre Wibert, 
fut offerte à la cathédrale en 1168 par Frédéric Barberousse 
et sa femme Béatrix. 

* * 



— 473 — 

Je vous ai entretenu longuement — trop longuement 
peut-être, Messieurs, — des châsses exposées à Diïsseldorf; 
je ne puis cependant parler du Dôme d'Aix-la-Chapelle sans 
mentionner ses deux principaux reliquaires, aussi célèbres ' 
par leur beauté que par les restes vénérés qu'ils ren- 
ferment. 

La châsse de Gharlemagne présente sur chacune de ses 
faces longues huit arcades à plein cintre portées par des 
colonnettes couplées encadrant des figures assises, en argent 
repoussé; d'autres figures décorent les pignons; chaque 
versant du toit porte quatre panneaux rectangulaires; ils 
figurent, en bas-relief, cinq batailles du grand empereur en 
Espagne, sa confession, l'acquisition des saintes reliques à 
Constantinople et la consécration du Dôme à la Vierge. 

La châsse de Marie, dite aussi c des quatre grandes 
reliques » , présente, au milieu de ses faces, un avant-corps 
à gâbje répétant les pignons ; à droite et à gauche de cet 
avant-corps, trois Apôtres sont représentés assis dans des 
niches dont l'arc est remplacé par deux rampants ; des 
faisceaux de colonnettes séparent ces niches entre elles; de 
grandes figures sont assises aux quatre pignons, sous des 
arcs trilobés; celle de la Vierge avec Jésus est la plus remar- 
quable. Chaque versant de la toiture porte six arcades 
trilobées avec colonnettes jumelles surmontées de petits 
bustes ; sous les arcades, des bas-reliefs retracent des scènes 
de la vie de la Vierge et de Jésus. 

La première de ces châsses fut exécutée vers la fin du 
xii 9 siècle, probablement sous la direction de maitre Wibert 
sinon par lui-même ; la seconde est du xm* siècle, par ou 
sous la direction de maître Johannes. Toutes deux portent 



— 474 — 

celle riche ornementation de plaques d'émail que j'ai signalée 
I déjà dans la plupart des châsses de Dûsseldorf. 

Elles ont été moulées, au moins partiellement; le Musée 
Suermondt en possède des fragments. 

« 

La conclusion naturelle de ce rapport, Messieurs, est la 
proposition d'inscrire à la liste des desiderata les moulages 
qu'il parait désirable d'acquérir, autant que possible par voie 
d'échange ; il y aura lieu d'attendre toutefois, pour entamer 
des négociations officielles à ce sujet, la décision de la Société 
Centrale d'Art industriel de Dûsseldorf; cette Compagnie 
sera très probablement chargée, comme je l'ai fait entrevoir, 
de la vente et sans doute aussi de l'échange des reproductions 
d'objets d'art de l'Allemagne occidentale. 

Le Secrétaire, 

Henry Rousseau. 
Vu: 

POUR LE PRÉSIDENT # . 

Le Membre Délégué, 
Ad. Delvigne. 



TABLE DES MATIERES. 



Paget. 

Liste des membres effectifs et correspondants de la Commission 
royale des monuments en 1902 5 

Commission royale des monuments. — Résumé des procès-ver- 
baux des séances des mois de janvier et de février 1902 43 

Marques et monogrammes de faïenciers andennais, précédés du 
tableau chronologique des fabriques de faïence d'Andenne, 
d'après des documents authentiques inédits, suivis d'une 
notice sur Jacques Richardot, sculpteur -faïencier, par 
M. E.-J. Dardenne, membre correspondant de la Commission 
royale des monuments, à Andenne 35 

Commission royale des monuments. — Résumé des procès-ver- 
baux des séances des mois de mars et d'avril 1902 . . 69 

Commission royale des monuments. — Résumé des procès-ver- 
baux des séances des mois de mai et de juin 1902 . . .103 

Commission royale des monuments. — Résumé des procès-ver- 
baux des séances des mois de juillet et d'août 1902 . .135 

Commission royale des monuments. — Résumé des procès-ver- 
baux des séances des mois de septembre et d'octobre 1902 . 163 

Commission royale des monuments. — Séance générale prépara- 
toire du 4 octobre 1902. Procès-verbal 193 

Commission royale des monuments. — Assemblée générale et 
réglementaire du 6 octobre 1902. Présidence de M. Lagàsse- 
deLocht 195 

Commission royale des monuments. — Résumé des procès-ver- 
baux des séances des mois de novembre et de décembre 1902. 329 



— 476 — 



Pagw. 

, 559 



Nécrologie 

Rapport sur les travaux de la section artistique de la Commission 
royale des échanges internationaux pendant Tannée 4900, par 
M. Henry Rousseau .565 

Rapport au Comité de la section artistique de la Commission 
royale des échanges internationaux. — L'art ancien de 
l'Allemagne occidentale (Exposition de Dûsseldorf, 1902), 
par M. Henry Rousseau 595 

Rapport au Comité de la section artistique de la Commission 

royale des échanges internationaux. — Moulages de monu- 
ments français au Trocadéro. — Moulages des fouilles de 

Delphes au Louvre, par M. Henry Rousseau. . . .447 

Rapport au Comité de la section artistique de la Commission 

royale des échanges internationaux. — Les musées de Cologne 

et d'Aix-la-Chapelle, par M. Henry Rousseau . . .457 



PLANCHES. 



Pagci. 



Faïences, marques et monogrammes de faïenciers andennais, 

pi. 1 à V 67 

Plan de l'ancienne forteresse de Logne 167 



i 



BULLETIN 



DE? 



MM1SSI0NS ROYALES 



D'ART ET D'ARCHÉOLOGIE 



BULLETIN 

COMMISSIONS ROYALES 

D'ART ET D'ARCHÉOLOGIE. 

QUARANTE-DEUXIÈME ANNÉE. 



BRUXELLES 

IMPRIMERIE VAN LAKGHEKDONCK, HUE DES CHARTREUX, 60 



1903 



|THE NEW YORK 

PUBLIC LIBRARY 



ASTOR, LCNOX A NO 
TILDEN F0UNDAT1ON6. 

19r-9 






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LISTE 

Ï>E8 

MEMBRES EFFECTIFS ET CORRESPONDANTS 

DB' LA - 

COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS 

EN 4 903 



MEMBRES EFFECTIFS : 

Président : M. Lagasse-de Locht (Ch.), Inspecteur général des 

ponts et chaussées avec rang de Directeur général, 
à Bruxelles. 

Vice- Présidents : MM. Hellbputtb (G.), professeur à l'Université 
de Louvain, membre de la Chambre des représentants, à Vlier- 
beek lez Louvain, et Helbig (J.), artiste peintre, à Liège. 

Membres : MM. Acrer, architecte, à Bruxelles. 

Blohme (L.), architecte, à Anvers. 
Bordiad (G.), architecte, à Bruxelles. 
Gardon (Ch.-L.), artiste peintre, à Bruxelles. 
Delacenserie (L.), architecte, directeur He 

l'Académie des Beaux-Arts, à Bruges. 
Maquet(H.), architecte, à Bruxelles. 
Beusens (E.), chanoine, archéologue, à Louvain. 
Van Assche(A.), architecte, à Gand. 
Van Wint (B.), statuaire, à Anvers. 
Vinçotte (Th.), statuaire, à Bruxelles. 

Secrétaire : Massaux (A.), à Etterbeek. 



— 6 — 



COMITÉS DBS CORRESPONDANTS : 

ANVERS. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Vice-Président : M. Smerens (Th.), président honoraire du tribunal 

de l r " instance, à Anvers. 

Membres : MM. Bilmeyer (J.), architecte, à Anvers, 

De Bbaeckelebr(J.), statuaire, à Borgerhout. 
de Vinok de Winnezeele (B on ), archéologue, à 

Anvers, 
Dibrckx, ancien membre de la Chambre des 

représentants, à Turnhout, 
Mast (E.), archéologue, à Lierre. 
Nève (L.), ingénieur, à Saint-Léonard (Brecht). 
Van Ca8TER (le chanoine), archéologue, à Malioes. 
Van der Ouderaa, artiste peintre, à Anvers. 
Van Leemputtbn (F.), artiste peintre, à Anvers. 

Membre-Secrétaire : M. Donnet(F.), administrateur de l'Académie 

royale des Beaux-Arts, à Anvers. 

Secrétaire-adjoint : M. Jacobs (H.), chef de bureau à l'Adminis- 
tration provinciale, à Anvers. 

BRABANT. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice-Président : M. Van Even (E.), archiviste delà ville, à Louvain. 

Membres : MM. De G root (G.), statuaire, à Bruxelles. 

Delvionb (le chanoine), archéologue, curé de 

Saint- Josse-ten-Noode. 
De Vriendt (J.), artiste peintre, directeur 

l'Académie des Beaux-Arts d'Anvers. 



i 



— 7 — 

MM . Hanon de Louvet, archéologue, à Nivelles. 
Janlbt (E;), architecte, à Bruxelles. 
Jakssens (W.), architecte, à Bruxelles. 
Lanqerook (P.), architecte, à Louvain. 

Secrétaire-adjoint : M. Désirée (H.), chef de bureau à l* Admi- 
nistration provinciale, à Bruxelles. 

FLANDRE OCCIDENTALE. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Bethune (B on J.-B.), archéologue, Gouverneur 
de la Flandre occidentale, à Bruges. 

Membres : MM. Bethune (B°o F.), chanoine-archidiacre, à Bruges. 

De Geyne (L.), architecte, à Court rai. 

De Meter (D.) t docteur en médecine, à Bruges. 

Vandebxbrsch (A.), avocat, à Bruges. 

Membre. Secrétaire : M. Van Ruymbeke (J.), archéologue, bourg- 
mestre d'Oedelem. 

Secrétaire-adjoint : M. Van de Walle (R.), commis de 2 me classe 
à l'Administration provinciale, à Bruges. 



FLANDRE ORIENTALE. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice-Président : M. Serrure (E.), architecte-archéologue, à Ganl. 

Membres : MM. C loquet (L.), architecte, professeur à l'Université 

de G and. 

De Waele (J.), architecte, professeur à l'Aca- 
démie des Beaux-Arts, à Gand. 

LtB4Ert (T.), artiste peintre, professeur à l'Insti- 
tut supérieur des Beaux* Arts, d'Anvers, à Gand. 

Tttgadt (L.), artiste peintre, ancien directeur de 
l'Académie des Beaux-Arts, à Gand. 



— 8 — 

MM. Van Biesbroeck (L.), statuaire, professeur à 
l'académie des Beaux-Arts, à Gand. 
Van dbr Haeghen (F.), bibliothécaire, directeur 
de l'Université de Gand, à Saint-Denis-Westrem. 

Membre-Secrétaire : M. De Ceulenber (à.), professeur de l'Uni- 
versité, à Gand. 

Secrétaire-adjoint : M. De Landtshber (J.), chef de division à 

l'Administration provinciale, à Gand. 

HAINAUT. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice-Président : M. Hubert, architecte-ingénieur, à Mons. 

Membres : MM. Cador (A.), ancien architecte de la ville, à 

Charleroi. 

Devillers (L. ), conservateur honoraire des 
archives de l'État, président du Cercle archéolo- 
gique, à Mons. 

Soil (E.), juge d'instruction, à Tournai. 

Sonneville (C), architecte, à Tournai. 

Van Ba*telaer (D.), archéologue, à Saint-Josse- 
ten-Noode. 

LIÈGE. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 
Vice-Président : M. Renier (J.), artiste peintre, à Verviers. 

Membres : MM. Bormans, administrateur inspecteur de l'Univer- 
sité de l'État, à Liège. 

Drion (M. -P.), directeur de l'Académie royale des 
Beaux-^Arts, à Liège. 

Fb an cotte (G.), Ministre de l'industrie et du 
travail, à Bruxelles. 



- » — 

MM. Jamab (E.), architecte, à Liège» 

Schuerhans (H.), premier président honoraire 

de la Cour d'appel, a Liège. 
Sohoolmeesters (E.), archéologue, vicaire géné- 
ral, à Liège. 

Secrétaire-adjoint : M. Levers (A.), chef de division au Gouverne- 
ment provincial, à Liège. 



LIMBOURG. 

Président : M. le Gouverneur de la province. 

Vice- Président : M. Van Neuss(H.), ancien conservateur des archives 

de l'État, à Hasselt. 

Membres : MM. Courroit (J.), statuaire, professeur à l'Académie 

de dessin et à l'école industrielle, à Hasselt. 
Daniels (l'abbé P.), archéologue, à Zolder. 
De Grûnne (O f G.), sénateur, à Russon. 
Jaminé (L.), architecte provincial, à Hasselt, 
Schaetzen (Chevalier 0.), ancien membre de la 

Chambre des représentants, à Ton grès. 
Serrure (E.), architecte de la ville, à Saint-Trond. 

Membre-Secrétaire : M. De Borman (Chevalier C), membre de la 

Députation permanente, à Schalkhoven. 

Secrétaire-adjoint : M. Van Weddingen (A.), commis de l r « classe 

au Gouvernement provincial, à Hasselt. 



LUXEMBOURG. 



Président : M. le Gouverneur de la province. 

Vice- Président : M. Tandel, commissaire d'arrondissement, à 

Arlon. 



— 10 — 

Membres : MM. Cuppbr (J.), architecte provincial, à Bastogne. 

Deome, avocat, à Neufchàteau. 
dr Mathblin, statuaire, à Liège. 
Kurth (G.), professeur d'histoire à l'Université 

de Liège. 
van Limburg-Stirum (O A.), membre de la 

Chambre des représentants, à Bruxelles. 
Wilmar, archéologue, à Amonines. 

Membre-Secrétaire : Van dr Wyngaert père, directeur de l'école 

industrielle, à Arlon. 

Secrétaire-adjoint : M. Sibenaler (J.-B.), chef de bureau au Gou- 
vernement provincial, à Arlon. 

NÀMUR. 

Président : M. lb Gouverneur db la province. 

Vice- Président : M. Bequet (A.), président de la Société archéo- 
logique, à Namur. 

Membres : MM. Boveroulle, architecte provincial, à Namur. 

Dardenne, ancien régent d'école moyenne, à 

Andenne. 
Del Marmol (Bon F.), archéologue, à Dinant. 
Lkanne (F.\ architecte honoraire de la ville de 

Namur, à Etterbeek. 
Soreil, ingénieur, à Mnredsous (Sosoye). 
Sosson, chanoine titulaire, à Namur. 

Secrétaire-adjoint : M. Vandenneuker, directeur à l'Administra- 
tion provinciale, à Namur. 



— Il — 



COMITÉ SPÉCIAL DES OBJETS D'ART. 



Président : M. Hellbputte (G.), architecte, professeur à l'Univer- 
sité de Louvain, membre de la Chambre des représentants, à 
Vlierbeek lez Louvain. 

Membres : MM. De Geoot (G.), statuaire, à Bruxelles. 

Helbig (J.)» artiste peintre, à Liège. 
Heknebicq (A.), artiste peintre, à Bruxelles. 
M arc h al (le Chevalier Edm.)> secrétaire perpétuel 
de l'Académie royale de Belgique, à Bruxelles. 
Reusen8 (le chanoine Edm.), archéologue, à 

Louvain. 
ViNÇ0TTE(Th.), statuaire, à Bruxelles. 

Secrétaire : M. Massaux (A.), à Etterbeek. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS 



RÉSUMÉ DES PROCÈS-VERBAUX 



^^*M**^**W^#^^*^*V^*^ 



SÉANCES 
des 3, 10, 17, 24 et 31 janvier; des 7, 14, 21 et 28 février 1903. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

Des avis favorables onl été émis sur : 

1° La proposition de faire restaurer divers tableaux qui Église* 

1 ^ Grlnberflita. 

ornent l'église de Grimberghen (Brabant). Il semble résulter T,bl **«- 
du rapport de M. Cardon, membre du Comité des corres- 
pondants, que les travaux à exécuter aux œuvres d'art 
signalées n'en traîneront pas à des frais importants. Dans ces 
conditions, il semble qu'il y a lieu de restaurer en même 
temps tous les tableaux désignés. Cette mesure parait utile 
pour éviter des dégradations plus importantes; 
2° La proposition de faire procéder à la restauration du ëcu* 

de SieenhafféU 

tableau de De Crayer qui orne le maitre-autel de l église de Tab| <»»- 
Sic enliuiïel (Brabant). Se ralliant aux conclusions du rapport 
de M. Cardon, le Comité mixte des objets d'art est d'avis 



— H — 

qu'il y aura lieu de commencer par fixer les parties de la 
peinture menaçant de se détacher et rentoiler le tableau. 
Cette dernière opération devra être faite par un spécialiste. 
Lorsque ces ouvrages préliminaires seront effectués, la Com- 
mission fera examiner le tableau par des délégués afin de 
déterminer quels sont les autres ouvrages qu'il y aurait lieu 
d'y faire exécuter; 
blinde 5° La proposition de faire restaurer le monument Schut 

Saint-WiJlebrord, r r 

objATd"ri. el un tableau d'autel attribué à Rubeos qui se trouvent dans 
l'église de Saint-Willebrord, à Anvers, en tenant strictement 
compte des recommandations faites par le Comité provincial 
des correspondants. Il doit être entendu que ces ouvrages 
s'exécuteront sous la surveillance du dit Comité; 
Mm 4° Le projet relatif à l'exécution de peintures murales 

m^nïlT dans l'église de Rhisnes (Namur); auteur, M. Meunier; 
dépara" ^° ^ c projet concernant la décoration picturale de l'église 

Décoration. j e p ur node (Namur), à la condition que le ton des pilastres 
reste uni sans aucune ornementation; auteur, M. Scboal; 
ÉfiiM 6° Les dessins de deux vitraux peints à placer dans la nef 

de Sainf-Sulplce, 

v.ulux latérale droite de l'église de Saint-Sulpice, à Diesl (Brabant); 

auteurs, MM. Stalms et Janssens; 
Égiiaede 7° Les projets relatifs au placement de sept vitraux le 

Saiole-Waadru, r ' r 

v.îJTax. long des nefs, du pourtour et dans la chapelle de Saint- 
Ghislain, en l'église de Sainte- Waudru, à Mons (Hainaut); 
auteur, M. Ladon; 
cathédrale 8° Le projet relatif au placement de quatre vitraux peints 
vuraux. fa ns | e bas-côté sud de la cathédrale de Bruges. H n'y a 
pas d'inconvénient à ce qu'on varie le ton des arcatures des 
soubassements de fenêtre à fenêtre, mais non de lumière à 
lumière. II y aura lieu, eu exécution, de simplifier le plus 



— 15 — 

possible les fleurages au-dessus des dais. Contrairement à 
l'avis de M* r le baron Bethune, la Commission estime que 
les trois personnes de la Sainte-Trinité doivent avoir le 
nimbe cruciforme; mais elle partage sa manière de voir 
qu'il y a lieu de donner pour vis-à-vis à la figure représen- 
tant la Synagogue la figure représentant l'église de Jésus- 
Christ; auteur, M. Dobbelaere; 
9* Le projet relatif au placement d'un vitrail peint dans Egitoda 

.... . StiBto-Walb«rf«, 

le chœur nord de l'église de Sainte- Walburge, a Âudenarde kA ^?, rd< - 
(Flandre orientale) ; auteur, M. Ladon; 
10* L'échantillon de restauration de la croix triomphale x **»* 

1 de Rebaix. 

de l'église de Rebaix (Hainaul). Tout en respectant les tons °* ix t*»**- 
anciens découverts sous les couches de couleur moderne, 
l'auteur, M. Manesse, devra donner au bleu un ton moins 
noir, un peu plus verdàtreet plus harmonieux. Son attention 
a été appelée également sur le ton brun, qui a aussi trop de 
tendance au noir; 
il Le modèle de la statue destinée à la justice de paix j u .u«. de p»«x 

J r do BindM. 

de Binche (Hainaut), moyennant quelques petites observa- Sul "°* 
tions de détails dont l'auteur, M. Mascré, s'est engagé à tenir 
compte avant de livrer son œuvre à la fonte. 
— Il a été procédé, par les soins du Comité mixte des égti* 

r r de Sterrebeck. 

objets d'art, à l'examen des tableaux de l'église de Slerrebeek, T,w °««. 
dont le mauvais état a été signalé par le Comité des corres- 
pondants du Brabant. 

Les tableaux en question sont au r ombre de six. Deux 
surtout, qui sont dépourvus de cadre et qui sont relégués 
dans la chapelle des fonts, sont dans un état déplorable; ils 
sont recouverts de crasse, troués, les bords rongés aux 
endroits où ils ont été cloués sur les châssis. 



— 16 — 

Sans avoir une importance marquante au point de vue 
artistique, les tableaux de l'église de Sterrebeek ne sont pas 
cependantsansoffrirquelqueiutérét. En tous cas, ils méritent 
de recevoir les soins que comporte leur conservation. 

Il faudrait, en tout premier lieu, procéder au renloilage 
des deux plus endommagées de ces œuvres. Ce travail 
devrait être confié à un spécialiste qui ne s'occuperait que 
du renloilage, M. Mommen, de Bruxelles, par exemple. 
Il pourrait être chargé d'examiner si semblable opération ne 
doit pas être effectuée à Tune ou l'autre des autres toiles et 
si l'œuvre peinte sur panneau, le Christ en croix, ne devrait 
pas être parquetée, opération qui rentre également dans les 
aptitudes du même spécialiste. 

Ces travaux préliminaires étant effectués, il serait procédé 
à un nouvel examen des peintures précitées et on ferait choix 
d'un restaurateur qui aurait pour mission de nettoyer les 
œuvres avec soin et de retoucher les parties endommagées. 
Celte opération devra, en lous cas, être bornée au strict 
nécessaire pour assurer la conservation de la peinture. Par 
conséquent, elle ne s'élèvera pas à un chiffre bien iraporlant. 

Le conseil de fabrique devrait être invité à s'entendre 
avec M. Mommen, qui fournirait un devis de la dépense à 
résulter des ouvrages qui rentrent dans sa spécialité. En 
transmettant cette estimation aux autorités compétentes, les 
administrations locales feraient connaître le montant de leur 
intervention dans la dépense. 

Mu^ de Gud. — Le tableau de feu De Taeye représentant Charles Martel 

à la bataille de Poitiers, a été examiné, le 12 février 1903, 

dans une des salles du nouveau musée de la ville de Gand. 

Cette toile, qui mesure 9 mètres, sur 6, était dégagée de 



— 17 — 

son châssis et étendue sur le parquet. Elle date de 1858. 
Cela n'empêche pas qu'elle ne révèle déjà des fêlures et des 
retouches tracées par une main maladroite. 

Un ren toilage complet ne semble pas nécessaire. 

Il suffit de renouveler, à l'aide de patagons, les bords 
déchiquetés, en réparant, après le dévernissage, les petites 
fentes, qui seront ensuite repassées à la couleur. L'application 
d'un vernis clôturera les opérations. 

S'il ne s'agissait que de retouches, M. Louis Maeterlinck 
pourrait être commis à les pratiquer, mais comme la tâche 
à accomplir ne laissera pas que d'être beaucoup plus com- 
plexe et plus difficullueuse, il sera nécessaire, si la commande 
lui est maintenue, qu'il s'adjoigne un spécialiste de grande 
expérience tel que M. Pelle ou un autre de celte force. 

La remise en état devra être faite d'une haleine et le coût 
total peut en être évalué à 500 francs au bas mot. 

— M. le curé de Deux-Acren (Hainaut) ayant soumis un Ê g ii. ô 

de Deux-Acreo. 

projet de décoration du chœur et du transept de son église, Décoralion - 
il a été décidé que, pour se prononcer en toute compétence, 
un examen se ferait sur place. 

L'édifice est conçu en partie en style ogival secondaire et 
en partie en style ogival tertiaire. 

C'est un des plus notables spécimens d'architecture de 
cette époque que l'on rencontre dans la région. 

La tour romane élevée entre le chœur et la nef principale, 
offre une masse carrée terminée par une pyramide à quatre 
pans flanquée de contreforts très élevés. 

L'église n'est pas moins intéressante par les objets mobiliers 
qu'elle offre à l'attention des visiteurs. 

A côté de fonts baptismaux romans des plus remarquables, 



- AS — 

elle conserve des lambris en chêne, style Louis XV, qui en 
garnissent toutes les parois, deux couronnes de lumières 
pédiculées hexagonales, en fer battu, de la seconde moitié 
du xv c siècle; une Vierge miraculeuse polychromée en bois, 
du xu e siècle, taillée dans un seul bloc de chêne de m 83. 

Le trésor renferme aussi plusieurs pièces de grande valeur 
appartenant au xvi e siècle. 

Les trois fenêtres de l'abside ont reçu leur décoration 
artistique il y a trente ans. Ces verrières méritent une 
mention honorable. Elles laissent pénétrer dans celte partie 
du temple une clarté douce et mystérieuse qui impressionne 
l'âme et invite au recueillement. 

Il conviendra que l'auteur du projet des peintures murales 
tienne compte du cadre artistique où ses aptitudes seront 
appelées à évoluer. L'élude qu'il a élaborée paraît acceptable 
dans son ensemble. On y critiquera toutefois la draperie du 
soubassement qui gagnerait à être monochrome, verte de 
préférence; le fond du décor du chœur qui est terne et sans 
vie, enfin le manque d'harmonie des couleurs de l'œuvre 
présentée et des vitraux. 

Sous la lour ou avant-chœur, l'artiste adoptera la même 
tonalité que dans le sanctuaire, puisque celui-ci en forme la 
continuation. 

Le fond du transept devra être traité plus sobrement que 
les autres parties de l'édifice. 
H6iei — Les travaux de décoration de la salle du Conseil pro- 

du Gouvernement 

^Gand 8 . 1, vincial, ceux du promenoir, de même que les tableaux 
Décoration. a ||£g 0r jq Ues en grisaille placés dans les panneaux du palier 

de la cage de l'escalier d'honneur de l'hôtel du Gouvernement 
provincial, à Gand, à l'examen desquels il a été procédé, le 



Vitraux 



— IS- 
IS février 1903, sont convenablement exécutés. En consé- 
quence, rien ne s'oppose à ce que MM. Heins et Vermeulen 
reçoivent le montant de leur entreprise, soit 7,956 francs. 

La Commission exprime le regret que les dimensions des 
cadres des panneaux du palier de l'escalier n'aient pas été 
mesurées d'une façon assez précise et qu'on ait dû, après 
coup, compléter les panneaux en grisaille, chacun par une 
bande d'un mauvais effet. 

— Il résulte d'une communication de M. le curé de égu«e 

de Diepeubcek. 

Diepenbeek (Limbourg), que les vitraux dont il est question 
dans le rapport du 22 octobre 1902, sont placés dans le 
chœur de l'église paroissiale. 

L'examen auquel il a été procédé de ces verrières,, de 
concert avec MM. Van Neuss et l'abbé Daniels, membres du 
Comité des correspondants, a démontré que ce travail est 
exécuté en dehors des principes de la peinture sur verre 
préconisés par le Collège. En effet, la composition de ces 
verrières offre un médaillon central représentant la figure 
d'un Saint à mi-corps, entourée d'un encadrement massif 
imitant des formes plastiques. Le fond même de la fenêtre 
est couvert de verre à peu près blanc que ceint une large 
bordure aussi peu translucide que les médaillons. 

Oo ne saurait guère approuver semblable travail que 
l'autorité fabricienne n'a d'ailleurs laisser placer, parait-il, 
que par suite d'un malentendu émanant de l'auteur des 
vitraux et qui avait permis à la Fabrique de croire que les 
projets avaient reçu l'approbation officieuse de la Commission 
des monuments et enfin parce qu'il y avait urgence à rem- 
placer le vitrage délabré qui garnissait les baies du sanctuaire. 
Celui-ci n'ayant aucun caractère artistique ni monumental 



— 20 — 

et le remplacement des verrières devant causer une forte 
dépense que le conseil de fabrique n'est pas à même de faire, 
on peut les laisser en place, mais il n'est pas possible de 
recommander semblable travail au point de vue d'un subside 
à imputer sur le budget des Beaux-Arts. 
M.o«««M,Mu — Il a été procédé, le 19 janvier 4903, dans l'atelier de 

Baroa 

0rb àVrioî! rrj ' M- Vermeylen, à l'examen des modèles du groupe el du lion 
destinés au monument à ériger, à Arlon, à la mémoire de 
M. le Baron Edouard Orban de Xivry, ancien gouverneur 
de la province du Luxembourg. 

Ces modèles ont donné lieu à une observation : la crinière 
du lion est trop peu naturelle; elle est composée de masses 
compactes qui ont besoin d'être allégées. 

Sous réserve qu'il sera tenu compte de cette observation, 
l'artiste peut être autorisé à passer à l'exécution définitive 
du monument. 



CONSTRUCTIONS CIVILES. 

ArtMiuctopeiie M. Vander Haegen, brasseur, rue de la Porte de Bruges, 
i*^g™«e. à Gaod (Flandre orientale), ayant sollicité l'autorisation de 
percer dans la façade de l'ancienne chapelle de la Leugemeete, 
sa propriété, en celle ville, trois baies de vitrines et une baie 
de porte et d'approprier l'intérieur en maison d'habitation, 
il a été procédé, sur place, le 12 février 1903, à l'examen 
de cette proposition. 

MM. Lybaert, De Ceuleneer et Van Biesbroeck, membres 
du Comité des correspondants, assistaient à cet examen. 

La nouvelle destination de l'édifice devra entraîner fort 
probablement la destruction des restes de peintures murales 



— 21 — 

qu'il contient. Ces restes se rapportent au xiv e siècle. Ils 
sontépars, très clairsemés et très mal conservés. On distingue 
ou plutôt on devine quelques rameaux d'un arbre de Jessé, 
les linéaments d'un Saint-Jean, à la gauche du chevet de 
l'ancienne chapelle et les traces d'un pied sur la façade qui 
longe la rue. 

En somme, puisqu'il existe des calques et des photogra- 
phies des peintures faits au temps où on pouvait encore les 
déchiffrer, la Commission, d'accord avec ses correspondants, 
est d'avis que le Gouvernement, en autorisant tels travaux 
que de besoin, ne commettra point de faute archéologique 
ou artistique. 

— Pour répondre au désir exprimé par M. le Ministre de château 
l'Agriculture, il a été procédé, le 29 décembre 1902, à '«■««■«*• 
l'inspection des travaux effectués au château de Franchimont. 

Ces travaux, jusqu'ici, ont consisté en de simples déblais; 
plus de vingt mille mètres cubes de décombres ont été enlevés 
et déposés dans un endroit judicieusement choisi. Le résultat 
immédiat de ces déblais effectués dans les meilleures condi- 
tions sans qu'aucune des murailles ait été compromise, a été 
la découverte de presque toutes les dispositions du château, 
de manière qu'il est aujourd'hui possible de se faire une idée 
précise de ce qu'était cette célèbre forteresse au temps de sa 
vitalité et de son éclat. 

Le dégagement des fossés nord et est a permis de déter- 
miner la forme et les dimensions de la grosse tour nord-est, 
de retrouver les vestiges du vieux pont de pierre, de même 
plusieurs embrasures de canon donnant sur des locaux 
encore ignorés. 

Quant au château lui-même, abstraction faite de son intérêt 



— 22 — 

historique el archéologique, il produit actuellement, vu de 
la cour, l'effet le plus saisissant. Franchimout apparait 
maintenant comme une des ruines les plus importantes et 
les plus impressionnantes du pays. 

En ce qui concerne la reprise des travaux, vraisembla- 
blement au retour du printemps, il a été décidé qu'il importait 
de poursuivre le dégagement complet des parties basses du 
monument, c'est-à-dire les fossés ouest et sud en contournant 
les bastions dont plusieurs sont encore inaccessibles. 

Le cube restant à enlever serait d'environ dix mille mètres. 

D'après M. Lobest, il reste encore 10,000 francs environ 
sur les crédits alloués. Celte somme a été réservée pour qu'en 
tout état de cause il y ait de quoi subvenir aux consolidations 
les plus urgentes. La délégation est, en effet, d'avis d'affecter 
celle somme aux réfections qui s'imposent telles aux bastions, 
à la chapelle, au donjon, au mur d'enceinte, à l'escalier des 
princes, etc. Ces consolidations effectuées avec les moellons 
de décombre, peuvent se faire en même temps que le restant 
des déblais, dont on utiliserait une partie en économisant des 
frais de transport. 

En beaucoup d'endroits, spécialement à la chapelle et au 
donjon, il faudra faire des coulis de ciment et prendre toutes 
les précautions pour éviter l'infiltration des eaux et assurer 
leur écoulement. Ces coulis et surtout le rejoiotoiemeot 
seront effectués en échantillons qui seront soumis à l'examen 
du Collège. 

Il est encore un travail éminemment souhaitable : c'est de 
reconstituer, en dessin, ce castel du xv* siècle. Les restes 
en sont encore nombreux aujourd'hui; toute la disposition 
terrienne subsiste et le donjon a presque toute sa hauteur; 



;— 23 — 

en outre, de nombreux vesliges ont été rencontrés au cours 
des travaux et des documents importants ont été assemblés. 
Il y aurait là matière à un travail graphique d'une importance 
archéologique exceptionnelle, car il donnerait aux historiens 
l'aspect peu connu d'une forteresse du moyen âge en Belgique. 
Ce serait l'indispensable complément et comme la conclusion 
des travaux entrepris. 

M. Lohest semble tout particulièrement désigné à accom- 
plir cette tâche. 

On ne peut se dispenser d'attirer de nouveau l'attention 
de l'autorité supérieure sur la nécessité d'organiser, dans le 
plus bref délai possible, un sérieux gardiennal du monument 
par les soins de l'Administration des Bâtiments civils, à 
l'instar de ce qui se pratique à Bouillon, à Laroche et ailleurs. 

Faute d'un préposé énergique, des actes de déprédation 
se commettent fréquemment et c'est peut-être là, pour ce 
château, une cause de destruction plus sûre que les intem- 
péries. 

Des touristes malveillants, assurés du manque absolu de 
surveillance, ne se font pas scrupule d'arracher des moellons 
et de renverser des pans de mur. Tout récemment une porte 
a été enfoncée, un étançonnemenl renversé et différents 
objets provenant des fouilles et appartenant à l'État ont été 
volés. 

— A la demande de l'Administration communale de Pone de utti, 

à Bouvigoet. 

Bou vignes, il a été procédé, le 10 février 1903, à l'examen 
des restes de la porte de Laval. 

MM Boveroulle, Dardenne, del Marmol et Soreil, membres 
du Comité des correspondants de la province de Namur, 
assistaient à cet examen. 



— u — 

De l'enceinte de la ville, il ne subsiste que l'entrée repré- 
sentée par deux grosses tours massives, tronquées par la 
vétusté et que relie un passage voûté. 

L'effort lent et irrésistible du temps les désagrège, les 
penche de plus en plus vers le moment fatal. C'est assez dire 
qu'il est plus que temps de donner le signal des réparations 
que leur état exige. Sans quoi seront anéantis ces vestiges 
si célèbres dans le pays, peuplésde tant de souvenirs glorieux, 
témoins de tant d'événements qui remplissent les pages de 
l'histoire. 

Il ne peut être question de songer à rétablir dans leur 
situation primitive ces spécimens de l'ancienne architecture 
militaire. Une (elle tentative serait hypothétique et dispen- 
dieuse. Les seuls travaux que la Commission voudrait voir 
exécuter sont des ouvrages de pure consolidation qui déter- 
mineront un point d'arrêt dans la marche de la décrépitude 
des vénérables morceaux trop longtemps dédaignés. 

Avant d'entamer ces travaux qu'il importe de ne confier 
qu'à un artiste et archéologue compétent en matière d'archi- 
tecture militaire, il conviendra de prendre de bonnes photo- 
graphies du monument. 

Ensuite, on devra dégager, au bord de la route, la tour 
où se sont accumulés des décombres s'élevanl quasi au niveau 
du sommet, puis, on fera les déblais intérieurs et la répa- 
ration, à l'aide de matériaux écroulés, des larges brèches qui 
s'accusent sous la voûte du passage. On ne manquera pas 
de rendre celui-ci à la circulation par l'établissement d'un 
aqueduc souterrain en substitution à la rigole qui, dévalant 
des hauteurs, le traverse, d'axe en axe, avant d'aller jeter 
ses eaux dans la Meuse, et d'approprier l'ensemble en débar- 



— 25 — 

rassant les murailles des plantes sauvages et des arbustes 
qui émergent des assises et les disjoignent. 

Enfin, on s'arrangera de telle sorte que l'eau ne puisse 
pénétrer dans les maçonneries auxquelles le lierre grimpant 
donnera, un jour, le charme de sa végétation élégante et 
toujours verte. 

Le Comité provincial des monuments aurait la mission de 
surveiller ces travaux en se tenant toujours en rapport et 
d'accord avec la Commission royale. 

ÉDIFICES RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Des avis favorables ont été donnés sur les projets relatifs : comtniction 

et restauration 

i° A la construction d'un presbytère à Havre (Hainaul), de *«*■**««■• 
sous la réserve de supprimer le cordon saillant prévu aux 
façades entre le rez-de-chaussée et l'étage ainsi que la galerie 
aveugle entre les deux fenêtres de l'avant-corps; architecte, 
M. Muller; 

2° A la construction d'un presbytère à Ghislelles (Flandre 
occidentale). L'attention de l'architecte, M. Pil, a été attirée 
sur la distribution intérieure du bâtiment, l'escalier et 
quelques accessoires, qui pourraient être améliorés au cours 
de l'exécution des travaux ; 

3° A la construction d'une maison vicariale à Buret, 
commune de Ta vigny (Luxembourg); architecte, M. Cupper; 

4° A la restauration du presbytère du Centre, à Montigny- 
sur-Sambre (Hainaut); architecte, M. Nicolas; 

5° A l'exécution de travaux de restauration au presbytère 
de Sosoye (Namur) ; 



— 26 — 

6° À la restauration des toitures du presbytère de Neer- 
Landen (Liège); architecte, M. Martens; 

7° A l'exécution de divers travaux de restauration au 
presbytère de Lustin (Namur); architecte, M. Lange. 

ÉGLISES. — CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a émis des avis favorables sur les projets 
relatifs à la construction d'églises : 
giiistfe 1° A Cortil, sous Corlil-Noirmont (Brabant). L'attention 

CorUI-Noirmont. 

de l'auteur, M. l'architecte Petit, a été appelée sur le danger 
des infiltrations pluviales qui pourraient se produire dans le 
mur du chœur par la plate-forme projetée au-dessus du 
dégagement établi vers la sacristie. Il serait préférable 
d'éloigner cette toiture du mur de l'édifice; 
£*!••€ 2* A Trois -Ponts (Liège), sous réserve de diminuer la 

de Trois-PoaU. \ O /» 

hauteur du raccord de la couverture de la tourelle d'escalier 
avec la maçonnerie de la tour; architecte, M, Hansen; 
Église 3° A Sleinbach, sous Limerlé (Luxembourg), sous les 

de Steinbeck. 

réserves suivantes, dont il pourra être tenu compte au cours 
de l'exécution des travaux : a) l'édifice sera pourvu de 
gouttières; b) les fonts baptismaux seront placés au nord, la 
tourelle d'escalier au sud; c) l'auteur étudiera avec soin les 
charpentes; la pente des toitures sera augmentée en vue de 
la couverture en ardoises; architecte, M. Halkin. 
Ont aussi été adoptés les projets relatifs : 
Égiite U A l'aménagement de l'escalier destiné à donner accès 

de MU mort. ° 

à l'église de Milmort (Liège); architecte, M. Lohest; 
Égiite 2° A la construction d'une sacristie à l'église de Burel, 

de Bnret. ** 

commune de Ta vigny (Luxembourg); architecte, M.Cupper; 



— 87 — 
3° A rachèvoment du pavement de l'église de Saint-Jean, fym 

r G de Ssiiit-Jeao, 

à Borgerhout (Anvers), et au placement d'un aulel latéral et àBor *« rt0Bl - 
d'une chaire à prêcher dans cet édifice. La Commission s'est 
ralliée à l'avis émis par le Comité des correspondants en ce 
qui concerne la pierre bleue à employer pour le pied de la 
chaire; ellea aussi appelé l'attention de l'architecte, M. Toen, 
sur le peu d'ampleur de la cuve, sur la maigreur de la rampe 
de l'escalier et sur le style banal de la grille qui entoure le 
meuble; 
4* A la construction d'une sacristie à l'église de Thibessart, . **»* t 

° de Thibessart. 

commune de Mellier (Luxembourg); architecte, M. Cupper; 
5" A l'aménagement des abords de l'église de Saint- m* de 

9 ° Saint-Germain. 

Germain (Namur); architecte, M. Lange. 
Ainsi que les dessins d'objets mobiliers destinés aux oi.je* mobiliers 

^ J d'églises. 

églises de : 

Froid lieu (Luxembourg) : armoire; 

Zepperen (Limbourg) : buffet d'orgue; 

Louftémont (Luxembourg) : chaire à prêcher et deux 
autels latéraux; 

Saint- Bavon, à Gand (Flandre orientale) : armoire; 

Caulille (Limbourg) : maitre-aulel; 

'S Heeren-Elderen (Limbourg) : buffet d'orgue; 

Wurfeld, sousMaeseyck (Limbourg) : mobilier complet; 

Waermaerde (Flandre occidentale) : mobilier complet; 

— Il résulte d'une inspection à laquelle il a été procédé Église de 

1 a r Heure le-Romain. 

que la tour de l'église de Heure-le-Bomain remonte à l'époque 
romane. On a utilisé, dans sa construction, des débris de 
maçonneries romaines ou gallo-romaines, ce qui est une 
preuve dosa haute antiquité. Toutefois, les inscriptions qu'on 
remarque à l'intérieur, vers le haut, n'ont rien d'authentique; 



— 98 — 

elles paraissent avoir élé tracées par des ouvriers ayant 
travaillé à l'édifice, lors de restaurations de celui-ci. 

Les constructions de cette époque sont assez rares dans 
nos campagnes pour que Ton prenne soin, lorsqu'il n'y a pas 
impossibilité absolue, d'en assurer le maintien. En consé- 
quence, il est nécessaire, puisque l'église doit être agrandie, 
d'opérer cet agrandissement en conservant la tour. 

La restauration soignée de celte tour s'impose au moyen 
de matériaux semblables à ceux existants, lesquels sont, en 
majeure partie, le silex. 

On devra respecter aussi l'angle nord-ouest de l'église qui 
parait être un reste de construction romaine étant donnée 
la disposition de la maçonnerie établie par assises régulières 
de pierres séparées par une rangée de grandes briques plates. 

D'autre part, l'entreprise devra comprendre le déchaus- 
sement de l'édifice et tous les moyens à mettre en œuvre 
pour éviter que les eaux pluviales ne séjournent au pied des 
murailles. 

Dans le cimetière gil l'ancienne cuve baptismale; elle est 
en assez bon état, mais elle est dépourvue de pied. Sa 
restauration, du reste très facile, est d'autant plus désirable 
que l'église est dépourvue de baptistère. 

Une statuette en bois, du xv' siècle, est conservée dans 
l'église. Il serait désirable de la voir dépouillée des nombreuses 
couches de couleur grise qui y ont été appliquées, car cette 
œuvre de sculpture offre un certain mérite. 

Enfin, il convient, ainsi que le demande le Comité pro- 
vincial des correspondants, de prendre les mesures de 
précaution nécessaires pour assurer la conservation des 
pierres tombales qui se trouvent dans le pavement des nefs 



— 29 — 

ainsi que cela a été fait pour d'autres dalles qui ont été 
appliquées contre les murs intérieurs, lors de la restauration 
du chœur et du transept, il y a quelques années. 

A la demande de la Commission, M. l'architecte Van Assche 
a dressé un nouveau projet d'agrandissement de l'église. Il 
peut éire adopté sous les réserves suivantes : 

1° La chapelle des fonts sera érigée contre la nef latérale 
nord, au point indiqué par la lettre A, afin de respecter 
l'angle nord-ouest de l'ancien bas-côté, qui paraitétreun reste 
de construction romaine; 

2* On élargira encore, dans la mesure du possible, les nefs de 
l'édifice; on atteindra, de cette façon, une superficie se rap- 
prochant sensiblement de celle prévue au projet précédent. 

— L'examen auquel il a été procédé le 12 février 1903, Éguude 

1 r Saint-Maeaire, 

du maitre-autel et de deux petits autels placés dans l'église 4Gand - 
de Saint-Macaire, à Gand (Flandre orientale), a démontré 
que ces meubles avaient été exécutés de façon artistique 
dans leur simplicité de bon goût. 

En conséquence, rien ne s'oppose à ce que le subside 
promis sur les fonds des Beaux-Arts en vue de ce travail, 
soit liquidé. 

— L'autel majeur placé dans l'église d'Otlergem (Flandre , M» 
orientale), a été examiné par une délégation du Collège à 
laquelle assistait M. Van Biesbroeck, membre du Comité 
provincial des correspondants. 

Si les statues du retable paraissent insuffisamment 
gothiques, les autres parties du meuble, en revanche, 
sont bien composées. 

En résumé, l'ensemble en est satisfaisant et présente assez 
de mérite artistique pour que le subside de 200 francs 



— 30 — 

promis par l'Administration des Beaux-Arts, en vue de ce 
travail, soit liquidé. 

TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a visé : 
agi* 1° Le projet relatif à la réparation de l'église d'Êcaussines- 

d*Bcantiinee- 

d-Enghien. d'Enghien (Hainaut); architecte, M. Tournay; 
Égiue 2° Le projet de restauration de la toiture de réalise de 

deBlaagie*. ~ 

Blaugies (Hainaut). Il y aura lieu de se borner aux travaux 
de renouvellement et de restauration qu'indique M. l'archi- 
tecte provincial dans son rapport du 13 septembre 1901. 
En tous cas, il ne peut être question d'autoriser remploi du 
zinc, surtout dans le cas actuel où il est question d'un édifice 
qui offre du mérite au point de vue artistique et archéologique. 
L'attention des autorités locales a été tout spécialement attirée 
sur l'état de situation de la charpente de la flèche décrit par 
M. Weiler; 
âgiiM de 3° Le projet concernant l'exécution de travaux d'assai- 

YUIen-b-boooe- 

Etu - nissement, d'entretien et d'ameublement à l'église de Villers- 

la-bonne-Eau (Luxembourg); architecte, M. Cupper; 
%hm 4° Le projet de restauration de l'église deSosoye(Namur), 

de potoye. 

sous la réserve qu'il sera tenu compte de toutes les recom- 
mandations formulées par M. l'architecte provincial, dans 
son rapport du 29 décembre 1902; 

ta!* 5° Le projet relatif à la consolidation de l'église d'Hdnret 

(Namur); architecte, M. Lange; 

Église 6° Le projet de restauration de l'église de Neerlanden 

de NeerUndeo. % 

(Liège) et des toitures du presbytère de celte localité; 
architecte, M. Martens; 



— 31 — 

7° Le projet de restauration de l'église de Gyselbrechteghem Jj^jJk. 
(Flandre occidentale) ; 
8° Le projet concernant des travaux de restauration à ch»peii« 

1 " d'Eegenhoven. 

effectuer à la chapelle d'Eegenhoven, sous Héverlé(Brabant); 
architecte, M. Van Dormael ; 
9 9 Le projet définitif des travaux de restauration à exécuter , toi» M 

r * de Hougaerde. 

à l'église de Hougaerde (Brabant), moyennant de tenir 
compte des observations présentées par M. l'architecte pro- 
vincial en chef; architecte, M. Langerock; 
10° Le projet de restauration de l'église de Zande (Flandre taie 

de Zande. 

occidentale), à la condition que l'on aura égard aux obser- 
vations présentées par M. le baron Belhune, dans son rapport 
du 28 mars 1902, en ce qui concerne la restauration de 
l'église et la construction de la sacristie; architecte, M. Nolf; 
1 1° Le projet relatif à la restauration du chœur de l'église tien» 

r J ° deMeerbeek. 

de Meerbeek (Brabant); architecte, M. Langerock; 

12° Le projet de restauration des toitures de l'église de **»*• 

r * ° de Notre-Dame, 

Noire-Dame, à Courtrai (Flandre occidentale); architecte, àCourlrai - 
M. Geers. 

— L'inspection à laquelle il a été procédé, des travaux de ^iJffïhwm 
restitution de l'intérieur du chœur de l'église de Notre-Dame, 
à Courtrai (Flandre occidentale), a permis de constater 
l'heureux effet que produit la première série de ces travaux. 
Ceux-ci consistent en réalité à découvrir ce que l'on avait 
caché à une époque où l'exclusivisme du goût allait jusqu'au 
manque de respect à l'égard de formes architecturales 
rationnelles et belles, aujourd'hui remises en lumière, mais 
alors qualifiées de barbares. 

Pour découvrir ce beau chœur, ou avait à enlever le revê- 
tement de marbre et de bois peint, retenu au moyen de 



a Courtrai. 



— 32 — 

crochets scellés dans la construction. La partie enlevée fait 
apparaître au jour l'architecture primitive. Le triforium qui 
règne dans la grande nef et le transept restauré, ne se répèle 
pas, comme on le supposait, dans le chœur. Il en résulte 
qu'on pourra un jour y faire peindre, si les ressources le 
permettent, une large frise de figures, dont il est parlé dans 
le rapport du 17 octobre 1896. 

Les travaux exécutés le sont avec soin et intelligence; ils 
consistent dans la restauration des deux grands piliers de 
Tare triomphal, des deux premières colonnes du chœur et 
de quatre arcades ogivales. 

Cinq arcades restent encore à découvrir ainsi que six 
colonnes cylindriques formant l'abside. 

Une de ces dernières colonnes est déjà visible et parait en 
bon état de conservation ; on y voit encore la base avec ses 
moulures primitives presque intactes, ce qui fait présumer 
et espérer qu'il en sera de même des autres. 

M. le curé, MM. les délégués de la fabrique de l'église 
et de l'Administration communale, présents à l'inspection, 
ont tous exprimé le vif désir de voir continuer l'enlèvement 
complet de ce hors-d'œuvre disparate dans celte église si 
belle et si intéressante au point de vue de notre architecture 
du xin e siècle. 

La Commission ne peut qu'appuyer fortement la demande 
des Administrations intéressées. Elle verra avec bonheur la 
restauration complète du chœur de l'église Noire-Dame. 

Le projet d'ancrage soumis parait devoir être approuvé ; 
ce travail est d'une urgence incontestable. 

Le projet relatif à l'ouverture et à la restauration de la 
fenêtre du chevet de l'abside peut également être adopté, 



— 33 — 

sous la réserve que les ajours des redents seront plus ouverts 
et que la naissance des petites ogives sera légèrement 
remontée. 
— Une visite faite le 9 février 1903, à l'église de Saint- U>*> 

° de Saint-Martin, 

Martin, à Àlost (Flandre orientale), a permis de constater 4A,osU 
que les travaux de décrépissage s'exécutent avec une 
conscience et une habileté auxquelles il convient de rendre 
hommage. 

La pierre dure de Meldert aux tons si chauds et si dis- 
tingués a été, entre autres, mise à nu dans le chœur et dans 
le pourtour, laissant voir ainsi l'appareil de la construction. 
Le sanctuaire a subi, de ce chef, une métamorphose radicale. 
Il apparaît maintenant pénétré d'une lumière abondante et 
mystique, dans sa note vraie, ayant reconquis sa rare 
distinction. C'est un spectacle imposant et l'observateur initié 
aux principes du grand art de la restauration y éprouve un 
vif sentiment de surprise et d'admiration. 

Ces magnifiques travaux ont été entrepris pour 25,000 fr. 
Cette somme semble modique vu l'ampleur de la tâche déjà 
accomplie et à poursuivre encore. Dans ce coût ne figurent 
pas les imprévus qui ont surgi au fur et à mesureque tombait 
le manteau de plâtre telles les pierres ébrcchées, les moulures 
brisées des bases de colonnes et la balustrade mutilée du 
triforium médian. 

Dans son rapport du 12 juillet 1902, la Commission 
déclarait que les travaux de restauration intérieure de l'église 
de Saint-Martin étaient utiles mais ne présentaient pas un 
caractère de réelle urgence. Cet avis était basé sur le vu du 
monument encore recouvert des su pei fêta lions que le mau- 
vais goût y avait accumulées ; mais aujourd'hui que l'édifice 



— 34 — 

se dépouille de ces oripeaux, le mal se révèleetde nombreuses 
mutilations, des désordres graves dans les œuvres vives se 
manifestent à toute évidence. Les parties en péril sur 
lesquelles récemment on appelait (attention du Collège, 
concernent les arcs doubleaux des deux voûtes du bas-côté 
du transept nord déjà reliés par des armatures de fer depuis 
la reconstruction à la suite d'un incendie qui le dévora 
en 1600. Une crevasse s'y manifeste. Une flexion vers ledit 
transept se voit dans les colonnes, qui sont hors d'aplomb 
de n 10 au moins et poussées au vide par le poids de la 
voûte. 

La première colonne à l'entrée de la grande nef du côté 
nord-ouest montre aussi des signes de défaillance qui eo 
compromettent beaucoup la solidité. Son lourd fardeau Ta 
fendue à la base, où les pierres s'écrasent et menacent de se 
disjoindre. 

Sans prétendre, peut-être, à l'imminence d'un danger, il 

importe qu'une prompte et prudente réfection des parties 

disloquées rende la sécurité aux fidèles et assure pour 

longtemps la conservation de l'église. 

Église — M. l'architecte Langerock ayant signalé à l'attention 

S«inl Germain, ° J ° 

à Tiriemoot. j e j a Commission la découverte qu'il venait de faire, sous 
le chœur de l'église de Saint-Germain, à Tirlemont, de 
l'entrée de la crypte, il a été procédé, le 25 décembre 1902, 
à son examen. 

C'est en creusant les fondations du nouvel autel du Saint- 
Sacrement que le pic des ouvriers a rencontré l'ouverture 
de cet. hypogée noyé par des éboulis qu'avait provoqués la 
chute de la voûte du sanctuaire lors d'un incendie survenu 
en 1536. 



— 35 — 

La baie dégagée est cintrée et a hauteur d'homme. Les 
déblais opérés s'étendent à i m 25 environ en profondeur 
horizontale. Us ont mis à nu deux piliers engagés dans les 
murs extérieurs, une partie des nervures et les naissances 
des voûtes. 

Si l'on voulait rendre à son aspect primitif cette ancienne 
chapelle souterraine, on se trouverait en face d'une lâche 
extrêmement délicate et difficile. La dépense en serait très 
élevée — au bas mot 100,000 francs — à laquelle la fabrique, 
qui a consenti les plus grands sacrifices lors des récents 
travaux de la restauration, n'est pas à même de faire face. 
Il faudrait, véritablement, relever le niveau du chœur d'au 
moins l m 50, démolir et replacer le maître-autel et, en outre, 
pour obtenir un travail satisfaisant, surélever la voûte du 
chœur à la hauteur qu'elle avait primitivement à en juger 
par les vestiges qui existent au-dessus de la voûte actuelle. 
Aussi, le parti le plus simple et le plus sage qui a été suggéré, 
consiste à renoncer aux fouilles mais à entreprendre la mise 
en état et le nettoyage de l'excavation. Une continuation 
ultérieure des investigations risquerait de compromettre la 
stabilité du remarquable chœur, d'en disjoindre et d'en 
fissurer le riche dallage placé il y a un quart de siècle. 

Le travail d'appropriation du souterrain serait complété 
par la construction d'un mur de soutènement. Une échelle 
de fer permettrait d'y accéder et une trappe plate et unie au 
pavement, défendrait l'orifice. Ainsi le visiteur pourrait se 
faire une idée assez exacte de la disposition et du caractère 
du souterrain tel qu'il existait autrefois et dont la remise au 
jour ajoute un trait à l'histoire et à la physionomie si 
intéressante de la basilique. 



— 36 — 

ctutfku — Au cours d'an examen de la collégiale d'Àerschot, 
le 15 février 1900, il avait été demandé que l'essai de 
débadigeonnage de la voûte pratiqué dix ans auparavant, 
fut étendu aux murs de l'abside du chœur, où l'enlèvement 
de l'enduit avait mis au jour un fragment de fresque. 

Une récente opération de ce genre, qui a porté sur 
plusieurs colonnes de la grande nef, a révélé un appareil 
de grès ferrugineux sans aucune peinture. 

La visite du 26 janvier 1905 a fait reconnaître l'utilité de 
poursuivre l'expérience à une plus grande échelle, sur une 
travée du bas-côté. 

Il y aura lieu de conserver soigneusement les restes de 
polychromie qui pourraient être découverts. 

La tribune des orgues est suspendue au flanc occidental 
du transept nord. Les autorités fabricienne et communale 
ont exprimé le désir d'installer ce meuble au fond de l'église, 
sous la tour, tout en disposant les choses de façon à ne nuire 
en rien à la vue de la grande fenêtre. Les raisons invoquées 
en faveur de cette translation ne sont pas dépourvues de 
fondement. Aujourd'hui, les sons manquent de pureté, ils 
descendent affaiblis, par à-coups, parfois même il y a absence 
absolue d'émission. Ces caprices, qui jettent le trouble dans 
les accompagnements, sont dus, aux dires de facteurs 
d'orgues, à la complication vraiment extraordinaire de 
transmission. Les mêmes spécialistes, consultés, affirment 
que la mesure sollicitée remédierait à ces graves défauts 
incompatibles avec la décence et la majesté que réclame le 
culte. On avait aussi émis l'idée de placer le clavier dans 
une arcade à ouvrir sur la basse-nef nord, arcade dont les 
traces existent. Il semblerait que le fonctionnement en serait 



— 37 — 

plus régulier. Deux facteurs d'orgues prétendent que malgré 
cette disposition le jeu resterait défectueux; de plus, ils 
évaluent la dépense à 8,000 francs. La fabrique d'église 
estime que le premier projet est seul réalisable. 

On projette aussi de rendre à l'usage le joli porche ogival 
vers le cimetière. Il sert actuellement de refuge, mais les 
objets qui s'y trouvent sont appelés à occuper un magasin 
loué ad hoc. Une pièce adossée au transept nord, de 
construction ancienne, sera utilisée comme sacristie. Elle 
communique avec la nef latérale. 

Les autorités qui assistaient à la visite ont exprimé avec 
insistance leur désir d'être autorisées à percer une arcade 
dans chacun des massifs latéraux du jubé et d'en enlever 
les petits autels qui y sont adossés. À l'escalier pratiqué dans 
l'épaisseur du mur gauche serait substitué un escalier en 
spirale emprisonné dans une tourelle à claire-voie montant 
jusqu'à la plate-forme. La fabrique introduira à cet égard 
une demande spéciale. Cette modification aurait pour but 
d'ouvrir le chœur aux regards des fidèles, qui se plaignent 
de ne pouvoir s'associer de visu aux exercices du culte. 
Aujourd'hui, pour donner satisfaction aux fidèles, les céré- 
monies doivent s'accomplir en dehors du chœur. Les pompes 
liturgiques souffrent de ne pas se déployer dans leur cadre 
véritable et le sanctuaire, réduit au silence et à l'abandon, 
est privé de son utilité pratique. Les délégués se sont bornés 
à prendre acte de ce desideratum, réservant à la Commission 
le soin de se prononcer sur cette question lorsque celle-ci 
sera régulièrement introduite. Ils ont cependantatliré l'atten- 
tion de l'autorité fabricienne sur l'importance du changement 
demandé. 



— 38 — 

Gomme le mentionnait le rapport du 15 février 1900, 
l'embarrassant maître-autel classique est un échafaudage 
de menuiserie sans aucune valeur. II est, en sus, dans sa 
partie supérieure, d'une solidité qui parait sujette à caution. 
Lorsqu'on le remplacera, le tableau de De Crayer, c l'Ado- 
ration des Mages » , qui en décore le retable, devra être 
appendu dans l'église. 

Les plans de l'état actuel de la flèche et des différents 
projets de sa reconstruction représentés en maquette, ont 
fait l'objet d'un examen approfondi. Une ascension dans la 
flèche a permis de constater, avec la certitude la plus absolue, 
que la partie de la flèche jusqu'au bulbe est primitive. On y 
voit encore les anciennes voliges en chêne. La charpente 
est dans un étal de conservation remarquable. La remplacer 
par une autre serait un acte injustifiable. Dès lors, il n'y a 
pas à hésiter sur le travail de restauration à effectuer. Il suffit 
de prolonger celte partie inférieure de façon à lui donner sa 
terminaison première, qui était en pyramide. Le bulbe et la 
lanterne supérieure, de date plus récente, seraient supprimés. 

Égiue — Le conseil de fabrique de Saint-Quentin, à Louvain, 

de Saint Queulin, , 

k Louvain. ayant manifeste l'intention de faire restaurer 1 église de cette 
paroisse, il a été procédé, sur place, le 1S janvier 1905, à 
l'examen des propositions de ce Collège. 

MM. Dumortier, Van Even el Langerock, membres du 
Comité des correspondants du Brabanl, assistaient à cet 
examen. 

L'édifice en question date du xv c siècle. 11 est d'un élan- 
cement hardi, d'une structure élégante et fine. La tour est 
antérieure d'environ cent ans. 

Le chœur élait éclairé, dans le principe, par sept fenêtres. 



— 39 — 

Cinq d'entre elles ont élé bouchées pour y adosser un encom- 
brant autel qui ne cadre pas avec les proportions et le style 
de cet oratoire et lui dérobe la partie la plus intéressante. 
L'enlèvement de ce hors-d'œuvre s'imposera. 

La nef ne compte que trois travées. Elle devait se composer 
de quatre au moins ainsi qu'en font foi des amorces existant 
à cet endroit du temple. 

Le travail de restauration consistera à consolider les voûtes 
et les nervures, à rouvrir les sveltes baies qui perçaient le 
chœur, à rétablir les meneaux et les réseaux qui les rehaus- 
saient primitivement et à étendre cette restitution aux autres 
fenêtres de l'édifice. Le projet s'occupera, en outre, de 
décorer de verrières, d'après un programme à déterminer, 
le sanctuaire, d'en relever et d'ériger contre les murs les 
dalles funéraires qui commémorent d'anciennes familles. 

Les surfaces maçonnées auront aussi leur part de la 
restauration générale; on en détachera l'épais crépi qui les 
alourdit et les défigure. Ce dépouillement pratiqué avec 
minutie et intelligence, couche par couche, livrera, sans 
doute, le secret de vestiges décoratifs semblables à ceux mis 
au jour, sans dommage, à la base de quelques colonnes et 
sur un faible espace du pilier sud à l'intersection du transept 
et de la grande nef. 

Les polychromies découvertes ont été faites directement 
sur la pierre. Ce sont, pour la plupart, des fragments fort 
altérés mais encore assez distincts de personnages. 

Si tous les travaux précités de réparation et d'embellisse- 
ment sont désirables et même utiles, pour rétablir les formes 
de l'architecture du monument et lui rendre son aspect 
originel, ils ne pourront toutefois avoir le pas sur ceux de 



— 40 — 

la restauration extérieure. Celle-ci, qui ne peut subir d'ajour- 
nement, concerne le renouvellement des toitures dont l'état 
de délabrement avancé sur toute la superficie de l'église, a 
ouvert, en maints endroits, des brèches anjourd'bui mal 
obturées à l'aide de carton bitumé. Malgré ce palliatif, les 
eaux pluviales n'ont pas lardé à reprendre leur pénétration 
dévastatrice. 

A l'issue de la visite au dehors, la délégation a émis le 
vœu que le projet de restauration à rédiger comprit la 
disparition du petit portail septentrional. Il sert d'enlrée 
exclusive aux fidèles depuis le xvn* siècle, époque de sa 
fondation. Il conviendra de le remplacer par un édicule de 
même destination, conçu dans le style ogival tertiaire auquel 
appartient toute la basilique. 

Le devis général devra être établi par séries selon le degré 
d'urgence des travaux. 

Le Secrétaire, 
A. Massaux. 

Vu en conformité de l'article 25 du règlement. 

Le Président, 
Ch. Làgàsse-de Locht. 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS 




AVEC LA 



SOCIÉTÉ NATIONALE POUR LA PROTECTION DES SITES 



ET DES MONUMENTS EN BELGIQUE 



Nous soumettons, avec confiance et sans commentaire, 
au jugement du public la correspondance ci -après, 
provoquée par la Société nationale pour la protection des 
sites et des monuments en ^Belgique. 



La Commission royale des monuments. 



Bruxelles, 8 mars 1903. 



— 43 — 



Société nationale poqi la Protection des sites k des monuments 

EN BELGIQUE 



12 décembre 1902. 

Monsieur le Minisire, 

Nous ne saurions assez vivement insisler auprès de vous 
pour que voire intervention rapide et énergique arrête les 
véritables déprédations qui se commettent dans un grand 
nombre d'églises du pays et non des moins remarquables, 
sous prétexte de restauration et de restitution. 

Nous vous citerons notamment, à litre d'exemples : 

i° L'église de Walcourt, dans laquelle on a enlevé les 
très intéressantes boiseries du xvm e siècle qui ornaient la 
sacristie; 

2° L'église de Notre-Dame, à Courlrai, où l'on fail dispa- 
raître les revêtements en marbre et en bois qui la garnissent ; 

5° L'église Saint-Martin, à Alost, où l'on voudrait enlever 
la riche décoration en marbre de la Renaissance qui forme 
au célèbre tableau de Rubens, représentant Saint-Roch, un 
cadre si approprié, voulu par le maître : acte de vanda- 
lisme, dont les frais seraient couverts par la vente de cette 
superbe toile elle-même ; 

4° L'église d'Opchic, près de Leuze, où l'on a égale- 
ment abattu tout ce qui était de style gothique el renaissance, 
pour y substituer des morceaux d'architecture romane, de 
pure imagination, notamment des chapiteaux, qui ont soulevé 



— 44 — 

de si vives protestations qu'il a fallu les remplacer plus ou 
moins bien ; 

5° L'église de Hulshout (province d'Anvers), dont les 
boiseries anciennes ont été vendues. 

Nous pourrions continuer celte triste nomenclature; les 
journaux artistiques spéciaux signalent pour ainsi dire 
chaque jour des faits nouveaux tout aussi regrettables. II y 
a là une tendance contre laquelle il faut absolument réagir, 
et c'est aller tout droit à l'anéantissement d'une quantité de 
vestiges hautement intéressants de l'art national que de 
vouloir systématiquement exclure des édifices du culte tout 
ce qu'y a amassé, au cours des siècles, la piété ou la géné- 
rosité des fidèles pour y rétablir prétendument l'architecture 
primitive. 

Votre Déparlement, Monsieur le Ministre, intervient pour 
tout ce qui concerne l'entretien de ces édifices; il en a pour 
ainsi dire la garde, et il suffirait qu'il y tint strictement la 
main pour que les faits si regrettables que nous vous signa- 
lons ne pussent se reproduire. C'est pourquoi nous vous 
adressons ce pressant appel et nous comptons sur votre 
esprit éclairé, sur votre culture affinée, sur les sentiments 
artistiques qui se sont affirmés dans tnnt de vos discours et 
de vos écrits, pour obtenir de vous des mesures pleinement 
efficaces. 

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, avec les remercie- 
ments de tous les hommes de goùl, les assurances de nos 
sentiments de très haute considération. 

Le Secrétaire, Le Président, 

P. Saintenoy. J. Carlier. 

A Monsieur Van den Heuvel, 

Ministre de la Justice, Bruxelles. 



— 48 — 



Ssciétt nationale pour n Protection des sites & des monuments 

EN BELGIQUE 



Bruxelles, le 12 décembre 1902. 



Monsieur le Président, 

Nous avons l'honneur de vous remettre ci-contre copie de 
la lettre que nous adressons par ce courrier à M. le Ministre 
de la Justice. 

Cette lettre, basée sur les indications qui nous sont 
fournies par nos correspondants, signale à M. le Ministre la 
façon dont sont poursuivis les travaux de restauration de 
différentes églises du pays. 

Il y a là, nous le faisons remarquer, une tendance presque 
générale et tout à fait regrettable à faire disparaître les 
vestiges les plus intéressants de fart national. 

Nous n'avons d'autre action sur les autorités ordonnant 
ces travaux que celle des conseils et de la persuasion ; mais 
la Commission royale des monuments a le pouvoir d'inter- 
venir pour mettre un terme à ce que l'on peut justement 
qualifier de vandalisme inutile. 

Nous osons donc, Monsieur le Président, exprimer 
l'espoir qu'elle joindra sa voix à la nôtre et qu'elle usera de 



— 46 — 

(ouïe son influence, afin qu'il soit fait droit aux réclamations 
unanimes de (ous les hommes de goût. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, les assurances de 
nos sentiments les plus distingués. 

Le Secrétaire, Le Président, 

P. Saintenoy. J. Carlier 



A Monsieur le Président 

de la Commission royale des monuments, à Bruxelles. 



— 47 — 



Commission royale des Moments. 



Bruxelles, le 16 janvier 1903. 



Monsieur le Ministre, 

Nous avons pris connaissance, au cours de noire dernière 
réunion, de la lettre que la Société nationale pour la protec- 
tion des sites et des monuments vous a adressée sous la date 
du 12 décembre écoulé et dont elle a bien voulu nous 
transmettre une ampliation. Il y est question des travaux de 
restauration de différentes églises de notre pays. 

Permettez-nous de vous faire remarquer, Monsieur le 
Ministre, que celte Société a été bien malheureuse dans le 
choix de ses citations empruntées, dit-elle, à une triste 
nomenclature fournie par ses correspondants. 

Elle a été, tout d'abord, mal renseignée à propos des 
boiseries du xviu e siècle soi-disant enlevées à l'église de 
Walcourt. Ces boiseries sont encore en place dans la 
sacristie. Il n'a jamais été question de les faire disparaître, 
autrement que dans l'imagination de journalistes ou d'écri- 
vains français, fort ignorants des choses belges. 

Celle assertion ridicule ayant été reproduite par la 
Chronique dans un article du 23 octobre 1902, écrit contre 
la Commission royale par un membre du Comité de la 
Société nationale M. Dommartin, notre Président, en adres- 



— 48 — 

sant une lettre privée à Jean d'Ardenne, a fait bonne justice 
de pareilles billevesées. M. Dommartin, du reste, dans une 
réponse courtoise également privée, en date du 5 novem- 
bre 1902, a reconnu le bien fondé des réclamations de noire 
Président 

Au surplus, voici la réalité des faits dont la Société avait 
le devoir de vérifier l'histoire, avant de les signaler à votre 
attention : depuis des années, à chacune de nos visites des 
travaux de l'église de Walcourt, nous avons recommandé la 
conservation des boiseries. Il y a mieux : nous avons 
prescrit de donner à la nouvelle sacristie projetée des 
dimensions telles qu'on puisse y maintenir les dites boiseries. 

L'enlèvement de certains revêtements en marbre et en 
bois, appliqués au xviu* siècle d'une façon barbare dans le 
chœur de l'église Notre-Dame, à Cou rirai, a été autorisé à la 
suite d'une étude longue et minutieuse, au cours de laquelle 
les avis de nos membres sont restés unanimes. 

Dernièrement encore, une nouvelle visite des lieux a 
confirmé la nécessité de poursuivre l'exécution des travaux 
de consolidation et de remettre ainsi en lumière une très 
belle construction du moyen âge sottement détériorée. 
D'autre part, les revêtements dont il s'agit sont en très 
mauvais étal. Il faudrait, pour les conserver, y effectuer 
des travaux importants qui ne sauraient se justifier parla 
valeur absolument nulle des dits revêtements. 

Veuillez le remarquer, Monsieur le Ministre : notre 
Collège est unanime pour recommander la conservation, 
dans nos monuments, des apports des siècles, lorsque ces 
apports ont une valeur réellement artistique, archéologique, 
historique et pittoresque. 



— 49 — 

D'autre part, il ne saurait engager les autorités à consa- 
crer leur argent au maintien ou à la restitution des œuvres 
malheureuses. 

Nous ignorons s'il a jamais été question d'enlever la 
décoration en marbre ou en bois formant cadre au tableau 
de Rubens,dans l'église de Saint-Martin, à Âlost. En tout cas, 
nous n'avons pas été consultés sur ce projet. Nouvelle erreur 
matérielle de la Société pour la protection des sites. 

En signalant l'église d'Opdfcie près de Leuze, celte 
Société a voulu faire allusion à l'église d'Aubechies. Il n'y a 
donc pas que certains écrivains français qui ignorent la 
géographie belge t Troisième erreur matérielle. 

Le projet concernant la restauration de cette église, qui 
tombait en ruines, a fait l'objet de longues et consciencieuses 
études dues à un architecte de talent. Cet artiste a même 
poussé le scrupule jusqu'à présenter successivement plu- 
sieurs projets basés sur des découvertes résultant de 
recherches approfondies. Nous avons approuvé celle de ces 
études qui nous a paru le mieux convenir pour sauvegarder 
le caractère du monument, objet de tant de vicissitudes. Ce 
projet consciencieux, auquel nous devons ici rendre hom- 
mage une fois de plus, respecte tout ce qui a du mérite au 
point de vue artistique, archéologique, historique, pitto- 
resque et utilitaire. 

Il est fâcheux qu'avant de vous écrire, Monsieur le 
Ministre, le secrétaire M. l'architecte Saintenoy n'ait pas 
songé soit à aller sur les lieux pour contrôler les assertions 
erronées de correspondants incompétents, soit à faire per- 
sonnellement la critique artistique et scientifique de l'œuvre 
d'un confrère distingué. 



— 50 — 

Il n'est pas admissible qu'une société sérieuse avance 
officiellement des erreurs manifestes d'appréciation contre 
lesquelles notre Président avait mis en garde verbalement 
M. le Président Jules Carlier. 

Les meubles < hors d'usage » , que l'église de Hulshout a 
vendus en 1900, l'ont été de l'assentiment unanime de 
toutes les autorités consultées à celte fin. À part le banc de 
communion et une tribune en bois sculpté, cédés au musée 
d'antiquités d'Anvers, ces meubles n'offraient pas le moindre 
mérite artistique. Quatrième erreur matérielle. 

Pour démontrer à la Société des sites que nous tenons 
constamment la main à la conservation de notre patrimoine 
artistique, nous vous prions, Monsieur le Ministre, de 
vouloir bien lui faire parvenir, puisqu'elle les ignore, les 
comptes rendus de nos assemblées générales de 1898 à 1901. 
Elle y verra que nous ne négligeons rien afin d'atteindre le 
but pour lequel notre Collège a été institué et auquel il 
consacre tous ses efforts, sans recourir, autant qu'il sera 
bon peut-être de le faire désormais, aux grandes voix de la 
presse quotidienne. 

Si certains abus se commettent parfois, et c'est inévitable, 
à qui la faute ? 

. Aux sociétés du genre de celle dont il s'agit ou autres, 
qui s'abandonnent à la plaintive manie nationale plutôt que 
de nous signaler, immédiatement et directement, les faits 
importants dont elles auraient connaissance avant nous et 
avant nos correspondants de province. 

Ceux-ci veillent, avec grand soin, aux monuments de la 
Belgique, nous sommes heureux de le confirmer. Ils ont le 
tort aussi de ne point se faire connaître par la voie de la 



— 51 — 

presse, puisqu'il est acquis que les travaux contenus dans 
nos dossiers ouverts ou dans nos bulletins spéciaux passent 
inaperçus aux yeux d'une société telle que celle à laquelle 
nous répondons. 

Nous vous prions, Monsieur le Ministre, de vouloir bien 
engager cette compagnie à joindre ses efforts aux nôtres 
afin que la timbale, trop bruyante pour être juste, de l'école 
dite t des pittoresques » ne jette plus aussi souvent sa 
fausse note dans la symphonie des instruments de la 
critique vraiment artistique et savante complètement. 

En art comme eh science, c'est rester petit que d'être 
exclusif. Et l'on est exclusif en donnant a priori des solu- 
tions, simplistes à force d'être pittoresques, aux délicates et 
complexes questions relatives soit à la consolidation, soit à 
la restauration, voire même à la restitution de certains 
monuments. Une œuvre est belle, simple, grande, quana 
elle s'inspire à la fois du grand art, de la science vraie et 
des profondes harmonies dont l'aspect pittoresque des 
choses est une expression familière. 

Il importe aussi, Monsieur le Ministre, que cette Société 
ne croie pas, avec l'un ou l'autre adhérent naïf de l'école 
dite c des pittoresques », que l'architecte restaurateur 
trouve son gain dans les multiples études préalables à la 
moindre restauration. Le secrétaire, M. Saintenoy, connaît 
trop son artistique métier pour ignorer combien est ingrate 
et mal payée la rude tâche de l'artiste restaurateur. 

Dans l'espoir, Monsieur le Ministre, que la Société pour 
la protection des sites et des monuments voudra bien désor- 
mais consacrer ses travaux à répandre avec nous la bonne 
semence et à vulgariser les notions justes que nous ensei- 



— 52 — 

gnons pratiquement et que nous nous efforçons de faire 
prévaloir en matière de restauration, nous vous prions 
d'agréer l'assurance de notre haute considération. 

Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massa ux. Ch. Lagasse-de Locbt. 



P. S. — Nous adressons copie de notre réponse à la 
Société visée, nous réservant de publier, en temps et lieu, 
les pièces du débat. Ch. L. 



A Monsieur Van den Heuvel, 

Ministre de la Justice, Bruxelles. 



— 53 — 



Commission royale des monuments. 



Bruxelles, le 16 janvier 1903. 



Monsieur le Président, 

Nous avons l'honneur de vous transmettre en copie la 
lettre que nous avons fait parvenir à M. le Ministre de la 
Justice sous la date du 16 de ce mois, en réponse à votre 
lettre du 12 décembre dernier. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de 
nos sentiments les plus distingués. 



Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massaux. Cii. Lagasse-de Locht. 



leur le Président de la Société nationale pour la protection 
i sites et des monuments, rue de Rome, 31, à Bruxelles. 



— 54 — 



Saclétt nationale poir la nateatiai laa litaa t lea nmumts 

EN BELGIQUE 



Bruxelles, le 8 férrier 1903. 



Messieurs, 



Nous avons eu l'honneur de recevoir votre lettre du 
16 janvier. 

La Commission des monuments et nous, nous poursuivons 
avec une autorité et un caractère différents un but identique: 
la conservation des chefs-d'œuvre que nous a laissés ud 
passé particulièrement riche et glorieux. 

Que, dans une société libre, les renseignements fournis 
par des correspondants de bonne volonté soient parfois 
empreints d'exagération, voire d'inexactitude; que les 
tendances des membres affectent une forme jugée excessive 
par quelques-uns, cela n'a rien que de naturel, et en somme 
il ne faut pas trop s'en plaindre, car mieux vaut en pareille 
matière l'excès que l'indifférence. 

Mais c'est précisément parce que notre Comité connail 
celte situation qu'il s'est adressé à vous et vous a signalé les 
faits qui lui étaient signalés à lui-même. Il n'était pas à ses 
yeux de meilleur moyen de contrôler l'exactitude de ces 
faits ou d'y remédier le cas échéant. 

Loin d'en prendre ombrage, il semble que votre Corn- 



— «5 — 

mission avait, au contraire, tout lieu de se féliciter de la 
marche que nous avions suivie. Grâce à cette façon d'agir, 
en effet, nous sommes aujourd'hui complètement renseignés, 
et nos rapports porteront la (race de ces utiles échanges 
d'informations. 

Nous aimons donc à croire que, revenant à d'autres sen- 
timents, vous accueillerez avec faveur à l'avenir les commu- 
nications de même nature que nous serions amenés à vous 
faire. 

Chacun ne pourra que gagner à cette documentation réci- 
proque, qui sera d'autant plus féconde qu'elle s'inspirera 
uniquement des intérêts artistiques du pays. 

Veuillez agréer, Messieurs, les assurances de notre consi- 
dération la plus distinguée. 

Pour le Secrétaire, Le Président, 

DOMMARTIN. J. CAR LIER. 



Commission royale des monuments, 
i Bruxelles. 



— 56 — 



commtssioQ ragaie tes monuments. 



Bruxelles, le 11 février 1903. 

Messieurs, 

Noos avons bien reçu votre lettre du 3 février courant. 

Voire lettre du 12 décembre dernier, adressée directement 
à M. le Ministre de la Justice, n'avait aucune valeur dans le 
fond. Quant à la forme, cette pièce revêtait celle d'une 
démarche, au moins inconsidérée, faite auprès d'un supé- 
rieur hiérarchique de la Commission royale des monuments, 
sans que ce Collège en ail été prévenu au préalable. Tels 
sont les faits. 

Nous avons répondu à M. le Ministre, comme c'était 
notre devoir, en avant soin de saisir cette occasion favorable 
pour convier publiquement tous les efforts sérieux à se 
joindre aux nôtres. 

Comment donc aurions-nous pris ombrage?... de quoi 
d'ailleurs? 

Nous accueillons toujours, avec bienveillance et même 
avec joie, toute communication s'inspirant de cette devise, 
la nôtre : « Patrie et Progrès » . * 

Veuillez agréer, Messieurs, l'assurance de notre considé- 
ration très distinguée. 

Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massaux. Ch. Lagasse-de Locht. 

A la Société nationale pour la protection des sites et des monuments 
en Belgique, rue de Rome, 31, à Bruxelles. 



— 57 — 



Mitt nationale pour la Protection des Sites i des moments 

EN BELGIQUE 



Bruxelles, le 18 février 1903. 



Monsieur le Président, 



Les intérêts supérieurs de l'art, que nous nous attachons 
à servir, n'ont rien à gagner à de fastidieuses polémiques 
sur des points de détail, des reproches gratuits et des 
questions purement personnelles. 

C'est pourquoi nous avons préféré ne pas relever tout ce 
que contenait d'étrange et comme fond et comme forme, 
votre communication du 16 janvier dernier. 

Mais la nouvelle lettre dont vous nous honorez sous la 
date du 1 1 courant révèle une prétention que nous ne pou- 
vons vraiment pas laisser passer. 

Nous n'avons pas à solliciter votre assentiment préalable 
pour saisir les autorités des indications et des plaintes que 
nous avons le devoir de leur signaler, et votre Collège pro- 
voquerait d'unanimes protestations si, sortant du rôle 
consultatif que lui assigne l'arrêté royal du 7 janvier 1835, 
il voulait s'arroger le droit de régir en maitre un patrimoine 
qui appartient à la Nation tout entière. 

Agréez, Monsieur le Président, l'expression de nos senti- 
ments distingués. 

Pour le Secrétaire, Le Président, 

DOMMÀRTIN. J. CARLIER. 

mneur le Président 

fe la Commission royale des monuments de Belgique, à Bruxelles. 



— 58 — 



Commission rogaie des monuments 



Bruxelles, le 17 février 1903. 



Monsieur le Président, 

Les répliques de votre Société sont aussi mal Fondées que 
ses attaques. 

Notre lettre du 11 février courant a rétabli l'histoire 
réelle des fails. Vous les aviez rapportés inexactement le 
3 février. Votre lettre du 13 février continue dans cette 
fausse voie ; puis, elle nous attribue, gratuitement, une 
prétention dont le ridicule ne saurait atteindre que les 
auteurs de l'invention. 

Après cela, l'incident nous parait clos. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'assurance de nos 
sentiments distingués. 

Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massa ux. Ch Lagasse-de Locht. 



\ Monsieur le Président de la Société nationale pour la protection 

des sites et des monuments en Belgique, rue de Rome, 54, à Bruxelles. 



— 59 — 



totttf nationale pan n Protection les sucs i nés flraeitîs 

EN BELGIQUE 



Bruxelles, le 19 février 1903. 



Monsieur le Président, 



Il ne nons parait pas que l'incident puisse être clos par 
votre lettre du 17 courant, qui contient une série d'affirma- 
tions auxquelles nous nous permettons d'opposer les affirma- 
tions contraires. 

Votre communication du 44 ne rétablissait rien et n'avait 
rien à rétablir, celle à laquelle elle répondait s'élant bornée à 
vous rappeler au sentiment vrai de notre situation réciproque. 

Et notre lettre du 13 continuait dans cette voie, qu'il 
vous convient d'appeler fausse, mais qu'il nous plait de 
trouver la bonne. 

Le c ridicule » dont vous parlez est un accessoire gênant, 
que l'on cherche toujours à endosser à autrui. Il ne nous 
étonne donc pas de vous voir chercher à répudier celui qui 
se dégage de l'incident. 

Après ceci, seulement, nous clôturons le débat, — à 
moins que vous ne teniez à le continuer, auquel cas nous 
sommes à vos ordres. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de 
nos sentiments distingués. 

Pour le Secrétaire, Le Président, 

DOM MARTIN. J. CaRLIER. 

tonsUvr le Président 
de la Commission royale des monuments, Bruxelles. 



- 60 - 



Commission royale les monuments. 



Bruxelles, le 24 février 1903. 



Monsieur le Président, 

Nous laissons à vous le dernier mot et à tout homme 
impartial, au courant des faits, le soin de juger entre nous. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de 
nos sentiments distingués. 



Le Secrétaire, Le Président, 

A. Massa ux. Ch. Lagasse-de Loght. 



A Monsieur le Président de la Société nationale pour la protection 

des sites cl des monuments en Belgique, rue de Rome, 51 , à Bruxelles. 



il 



ACTES OFFICIELS. 



Par arrèlc royal du 47 mars 1903, M. Ch.-L. Cardon, Nomm.uon 

d'un membre 

membre correspondant de la Commission royale des monu- t8 « AiU 
menls pour la province de Brabant, a été nommé membre 
effectif de ce Collège, en remplacement de M. Cluysenaar, 
décédé. 



COMMISSION ROYALE DESMONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROCÈS- VERBAUX. 



SÉANCES 
des 7, 14, 21 et 28 mars; des 4, 11, 18 et 25 avril 1903. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

La Commission a émis des avis favorables sur : 

1° La proposition de faire restaurer le tableau de De taise 

1 ' de Saiot-Job. 

Crayer qui orne le maître-autel de l'église de Saint-Job, sous T * btewï - 
Uccle (Brabant) et, à litre provisoire, le prix de 1,200 francs 
fixé pour cette entreprise. Lorsque le tableau se trouvera 
chez le restaurateur, M. Stevens, des délégués seront 
chargés d'aller contrôler le travail que cet artiste propose; 
2* Le projet d'un vitrail à placer dans le chœur de l'église £gu M 

r J ' ° de Crimée. 

de Crisnée (Liège); auteur, M. Ladon; Vilr,il - 

5° Les dessins de vitraux en grisaille à établir dans É g u»e 

. de Smeennaes* 

l'église de Sroeermaes, sous Lanaeken (Limbourg) ; auteur, yiivm - 
M. Sprenger; 
4° Le dessin d'un vitrail offert à l'église de Waerdamme Église 

.«. i .* i v de Wierdemme, 

(Flandre occidentale); vn«iL 



— 64 — 

Égibe 5° Le projet relatif au placement d'un chemin de la croix 

de C uTrou. en terre-cuite polychromée dans l'église de Zonhoven (Lim- 
bourg), à la condition que les cadres des stations seront 
traités tels que l'indique la photographie, c'est-à-dire encas- 
trés dans les murs; sculpteur, M. De Beule. 
w J£gj d u « er . to — II a élé procédé, le 2 mars 1 903, dans l'église de 
DëcomiÔ;. Sainte-Marguerite, à Liège, à l'examen d'échantillons de 
décoration de cet édifice et de spécimens de stations du 
chemin de la croix. 

M Lohest, membre du Comité des correspondants, assis- 
tait à cet examen. 

Le travail de décoration en voie d'exécution, dans la nef 
de l'édifice, bien que d'une tonalité un peu faible, peut 
cependant être poursuivi dans ces conditions. Les stations 
du chemin de la croix, peintes en grisaille, auraient gagné 
à être plus marquantes; en tous cas, il serait utile de les 
distinguer nettement d'autres sujets qui, tout en se rappor- 
tant à la Passion, ne font pas partie des XIV stations. 

La décoration entamée dans le chœur manque d'accent; 
elle devra être renforcée dans la suite du travail et le tableau 
déjà peint devra être revu ; les figures devraient être bordées 
d'un contour plus ferme et plus large de façon à les faire 
ressortir davantage; les guirlandes devraient être plus 
étoffées. 

La décoration de la partie architecturale manque égale- 
ment de vigueur; la coupole du chœur surtout devrait être 
plus accentuée, c'est la partie de l'édifice qui se remarque 
d'abord dès l'entrée dans le temple; c'est aussi celle qui doit 
être la plus caractéristique. 

Il serait toutefois prudent, avant d'opérer des retouches 



— 6B — 

dans le chœur et d'en poursuivre la décoration, de placer 
des vitraux dans les deuk baies qui ('éclairent latéralement. 
Le jeu de lumière colorée passant par les vitraux aura une 
influence marquante sur la tonalité de la décoration murale; 
il est donc nécessaire, si l'on veut éviter des mécomptes, 
d'exécuter en tout premier lieu les vitraux ; ils détermineront 
la note exacte à adopter pour la peinture décorative. 

— Il a été procédé, le 14 avril t903, dans l'église de Léau fcn« 
(Brabant), à l'examen des objets d'art que possède cet 0b J eud * rl - 
édifice. 

Les staltles modernes placées à l'entrée du chœur, ne 
constituent évidemment pas des chefs-d'œuvre, mais elles 
ne sont pas cependant dénuées de tout mérite ainsi qu'on 
l'a affirmé. Elles né sont pas encombrantes et rentrent dans 
la moyenne des œuvres de même genre que Ton rencontre 
malheureusement dans la plupart de nos églises et qui sont 
des produits du commerce. Ces figures, en raison des sujets 
auxquels elles s'appliquent, n'auraient pu être remplacées 
pai 1 d'autres statues que possède l'église. Leur installation 
sur des piédestaux mobiles, à l'entrée du chœur, n'est du 
reste pas récente; elle date d'avant l'arrivée à Léau du doyen 
actuel, qui y réside depuis cinq ans. 

Les statues anciennes dont il est question dans la dépèche 

•y 

de M. le Ministre de l'Agriculture eu date du 5 mars 1903, 
ne sont nullement cachées. Elleà sont disposées les unes sur 
des consoles de l'ancien porche qui Sert aujourd'hui de 
sacristie, les autres sont rangées très convenablement contre 
les parois intérieures de la galerie haute ou triforium du 
chœur, où elles constituent une sorte de petit musée. Pour , 3 \ 
les installer dans l'église, où il serait d'ailleurs difficile de 



c 



- 66 — 

leur trouver place, il faudrait les restaurer, ce qui entraî- 
nerait un travail important et coûteux qui ne parait pas 
justifié par la valeur artistique de la plupart de ces œuvres. 
Celles-ci sont en bois; leur état de conservation laisse à 
désirer; beaucoup sont fortement vermoulues. Les dégra- 
dations pourraient peut-être s'arrêter si on plongeait les 
figures dans un bain de pétrole, opération que l'on signale 
comme efficace. On les laisserait ensuite telles quelles. II 
serait toutefois utile de consulter un spécialiste sur l'efficacité 
de cette opération. 

Les figures qui sont installées dans le triforium reposent 
actuellement sur le pavement; il serait bon de les disposer 
sur de petits socles. 

Le tableau peint sur bois représentant les Saintes Femmes 
visitant le tombeau du Christ, constitue une belle œuvre. 
Malheureusement la peinture s'écaille par places. Le mal ne 
semble pas s'aggraver. Il conviendrait de confier ce tableau 
aux soins d'un restaurateur habile. 

L'ancien porche servant aujourd'hui de sacristie est une 
œuvre architecturale des plus remarquables. Toutes ses 
moulures et sculptures sont empâtées par les nombreuses 
couches de badigeon qui y ont été appliquées, à tel point 
qu'il est devenu pour ainsi dire impossible d'en apprécier le 
mérite. On devrait le faire dérocher avec les plus grands 
soins par un spécialiste. Étant donnée la surface restreinte 
de cette construction, l'opération n'entraînerait pas une 
dépense bien importante, tandis qu'elle remettrait en lumière 
des détails d'une haute valeur artistique. 
Élu» — Pour se prononcer, à la demande de M. le Gouver- 

deSiint-NicolM, ' 

à D jiw. d6, neur de la Flandre occidentale, sur le projet de restauration 



— 67 — 

du jubé de l'église de Saint-Nicolas, à Dixmude, la Commis- 
sion avait jugé indispensable que Ton pratiquai, au préalable, 
l'enlèvement du badigeon de Tune des statues qui le décore 
et que l'on appropriât une portion du monument assombri 
par la poussière. 

Cette condition ayant été remplie, il a été procédé, le 
26 mars 4903, à l'examen de l'admirable œuvre gothique de 
Jean Bertet. 

M. van Ruymbeke, membre du Comité des correspon- 
dants, assistait à cet examen. 

Les essais de lavage des délicates et merveilleuses cise- 
lures de pierre ont été effectués sur une partie extrême de 
la face principale et, en retour, sur le profil nord. Ceux 
du décapage ont porté sur quatre statues dont trois, — 
Sainte-Barbe, le Christ et un Évèque, — appartenant au 
côté postérieur, vers le sanctuaire. 

Ces figures, qui semblent contemporaines de la clôture 
du chœur, sont travaillées en bois de chêne. L'exécution en 
est fine et soignée. Elles ont été débarrassées, au moyen 
d'esprit de sel étendu d'eau, de leur enveloppe de chaux qui 
les souillait depuis le commencement du siècle dernier. 

La polychromie remise en lumière est complète, en 
excellent état et ne réclame aucune retouche. 

Les autres effigies, en orme, à dépouiller ultérieurement, 
sont l'ouvrage, pour la plupart, des premiers temps du 
xvii 4 siècle. Elles représentent les Douze Apôtres, le Sau- 
veur, deux anges tenant chacun un encensoir et occupent 
des niches sises du côté de la nef depuis la restauration du 
jubé exécutée par le sculpteur yprois, Urbain Tailleberl. 

Les patients travaux préliminaires effectués avec circon- 



— 68 — 

speclion et habileté, présagent une heureuse continuation. 
La délégation n'a pas dissimulé sa satisfaction à leur égard. 

Des statues ayant subi quelques perles, il importera 
d'assembler les morceaux et, après le nettoyage général, de 
dresser an devis des frais à faire pour combler soigneuse- 
ment ces lacunes et réparer les mutilations causées par le 
temps. 

Les travaux ayant trait au jubé primeront ceux qu'il y 
aurait utilité d'apporter au tabernacle. Ce repositoriam, fait 
en 1614, en marbre et albâtre, par Jérôme Stalpaert, de 
Bruges, est intéressant tant au point de vue de son élégance 
que de la valeur de ses matériaux. Il est très endommagé. 
Pourtant, si le public le respecte, ce bel ouvrage pourra 
rester longtemps encore dans le statu quo. Y mettre la main 
serait commencer une reconstruction; un renouvellement 
détruirait son cachet. 

On se bornera à refixer les attributs et les membres déta- 
chés que l'on a retrouvés. 

À droite et à gauche de la porte en chêne sculptée, ornée 
de remarquables bal u sires en cuivre, se dressent, sous le 
jubé, deux petits autels formant hors-d œuvre, sans valeur, 
usés et branlants, dédiés respectivement aux âmes et à la 
Vierge des douleurs. U serait vivement à souhaiter qu'ils 
fussent remplacés par des meubles en concordance de style 
avec le bijou artistique qui les abrite. 

Une fois les statues débadigeonnées, M. van Ruymbeke 
s'occuperait, avec fruit, de les classer chronologiquement, 
de rechercher les noms et les caractères des personnages 
avant qu'ils reprennent possession de leurs socles de pierre. 

Il importe que les travaux soient surveillés de près par le 



— 69 — 

Comité des correspondants de la Flandre occidentale et que 
ce dernier se tienne d'une façon continue, à ce sujet, en 
rapport avec la Commission royale. 

— A la suite du rapport adressé par la Commission à *j Dum è e i ; 1 
M. le Ministre de l'Agriculture, le 12 juin 1901, le projet wiSSfc 
du monument à ériger sus la tombe du poêle Guido Gezelle, 

à Bruges, a été modifié. 

Il résulte de l'examen auquel il a été procédé, le 
26 février 1903, de concert avec MM. le baron BeLhune, 
van Ruymbeke et Van der Meersch, membres du Comité 
des correspondants, du dessin grandeur d'exécution dudit 
monument, que celte nouvelle étude peut être adoptée et 
que la dépense prévue (fr. 6,602-09) paraît en rapport avec 
l'importance du travail à effectuer. 

Il y aura lieu toutefois, au cours de l'exécution, de 
rehausser le piédestal par quelques points de dorure. 

^e monument projeté offre une valeur artistique suffisante 
pour que le Gouvernement en encourage l'exécution par un 
subside. 

— A la demande de M. De Vreese, il a été procédé, dans Monument 

eommémoratif 

l'atelier de cet artiste, à l'examen des modèles demi-grandeur '•g"^!^ 
d'exécution, du piédestal avec groupes du monument eom- 
mémoratif de la Bataille des Éperons d'or. 

Le travail de M. De Vreese est très avancé; il est arrivé 
au point où il y a lieu, pour le Gouvernement, de lui déli- 
vrer l'annuité de 10,000 francs à laquelle il a droit, en 
vertu de son contrat. 

II a été recommandé à l'artiste et à M. l'architecte Ver- 
helle, son collaborateur, de bien combiner les joints des 
pierres et de les rendre aussi peu apparents el aussi minces 



— 70 — 

que possible. La même recommandation a été faite en ce qui 
concerne la nécessité d'éviter des poches où les eaux 
pluviales pourraient séjourner. 

Le lit de carrière devra être scrupuleusement observé 
dans la pose des pierres. 

Les fondations du monument devront être établies d'un 
seul bloc pour éviter des tassements irréguliers. 

Quant au groupe supérieur, M. De Vreese l'étudiera 
encore d'une façon approfondie au point de vue du caractère 
et de la distinction, lors de l'exécution du modèle en grand; 
en tous cas, il est d'accord avec la délégation que la hauteur 
du drapeau devra être quelque peu réduite. 

CONSTRUCTIONS CIVILES. 

To«r La Commission a adopté le projet relatif à la conservation 

Vas Straelen, 

* An™». <j e | a t our y an Straelen, à Anvers. L'attention de l'architecte, 
M. De Vooght, a été appelée sur les murailles intérieures 
qu'il propose d'établir pour renforcer la construction. Le 
Collège craint qu'il en résultera des tassements capables 
d'entraîner les vieux murs contre lesquels ces collages seront 
appliqués. Il semble qu'on pourrait éviter celte opération en 
ancrant solidement la tour. 

ÉDIFICES RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Ont été revêtus du visa : 
construction j° Le projet relatif à la construction d'un presbytère au 

et resta uralion r # 

de presbytère.. h ame au « Mylstraat » , sous Duffel (Anvers) ; architecte, 
M. Careels; 



— 71 — 

2° Le projet relatif à la reconstruction du presbytère 
d'Heyenbeek, sous Grimberghen (Brabant), sous réserve que 
la citerne soit établie à une certaine distance du bâtiment, 
afin d'éviter toute cause d'infiltration de l'humidité dans les 
maçonneries de l'habitation; architecte, M. Pauwels; 

3° Le projet concernant la construction d'un presbytère 
à Weelde (Anvers) à la condition que les cheminées soient 
un peu exhaussées et qu'il soit tenu compte des observations 
présentées par le Comité des correspondants; architecte, 
M. Taeymans; 

4° Le projet relatif à la construction d'un presbytère pour 
la succursale de Wildenburg, sous Wyngene (Flandre occi- 
dentale); architecte, M. Soete; 

5° Le projet relatif à la construction d'un presbytère pour 
la paroisse du Sacré-Cœur, à Hoboken (Anvers); architecte, 
M. Gife; 

6° Le projet de reconstruction du presbytère d'Ophain- 
Bois-Seigneur-lsaac (Brabant), sous la réserve de supprimer 
les deux marches à l'intérieur du vestibule qui constitueraient 
an danger pour la circulation ; de ramener la hauteur des 
marches des escaliers à 0*16 en portant leur profondeur 
à m 25; d'augmenter un peu la largeur de la porte 
d'entrée dont l'aspect est maigre; de donner aux décharges 
des baies le caractère usité autrefois dans la contrée; de 
renoncer à l'emploi de la pierre de Savonnière pour les 
saillies ainsi qu'au grès d'Uccle pour l'extérieur ; architecte, 
M. Symons; 

7° Le projet relatif à la construction d'une annexe au 
presbytère de Rettigny, commune de Cherain (Luxem- 
bourg); architecte, M. Cupper; 



— 72 — 

8* Le projet de restauration de la maison vicariale de 
Fisenne, commune de Soy (Luxembourg). 



ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 



La Commission a visé les plans relatifs : 
Éfiiieda 1° A la reconstruction de l'église de Lillois- Witterzée 

Lilloit-Witieraée. 

(Brabant); architecte, H. Léonard; 
ékiim 2° A l'achèvement de l'église d'Uylkerke (Flandre occi- 

d'Uytktrke. 

dentale) ; 
éciim 3° A la construction d'un porche latéral à l'église de 

dcWelkeortodt. 

Welkenraedt (Liège); architecte, M. Lohest; 
fyiM 4° A la construction d'un jubé dans l'église de Walcourl 

de WftloovrU 

(Namur), sous réserve de renforcer la colonne et d'élargir 
les retombées sur le chapiteau. La colonne pourra être 
exécutée soit en pierre, soit en bois, au choix de l'architecte, 
M. Langerock; 
Bxh* 5° A l'éiablissement d'un jubé avec tambour dans l'église 

d« SmeeruiMt. 

de Smeermaes sous Lanaeken (Limbourg); architecte, 
M. Sprenger; 
g*!,'* 6° Au renouvellement du beffroi de l'église de Wevelghem 

(Flandre occidentale); architecte, M. De Wulf; 
objeu mobilier* 7° A l'exécution d'objets mobiliers destinés aux églises de : 

Crisnée (Liège) : deux confessionnaux; 

Libramont (Luxembourg) : mobilier complet; 

Momalle (Liège) : deux confessionnaux; 

Husseignies (Hainaut) : autels latéraux ; 

Sainte- Walburge, à Audenarde (Flandre orientale) : 
stalles ; 



— 73 — 



Overboulaere (Flandre orientale) : mobilier complet; 
Hannut (Liège) : deux confessionnaux ; 
Gallenelle (Hainaut) : cloche. 



TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a revêtu de son visa : 

1° Le projet relatif à la restauration de redise de Roi le- t*\\u> 
ghem (Flandre occidentale). Il conviendra que les travaux 
fassent l'objet d'une adjudication restreinte à bordereau de 
prix et qu'au cours de l'exécution l'auteur supprime les 
lucarnes de la flèche qui ne produisent pas un effet satis- 
faisant. La tour devra être achevée en pierres de Tournai si 
la base est en même pierre; architecte, M. Caret te; 

2° Le projet de restauration de l'église de Ronsele (Flandre fig"** 
orientale) et de son mobilier; architecte, M. Geirnaerl; 

3* Le projet concernant la restauration de la chapelle chaude 
de Saint-Amand, à Mont-Saint-Amand (Flandre orientale); Moal s '- AmMd - 
architecte, M. Nissens ; 

4- Le projet relatif à la restauration de l'église de Saint- M JjS Smnm 
Pierre (Luxembourg) et à la construction d'une sacristie à 
cet édifice; architecte, M. Van Gheluwe; 

5° Le projet de restauration de la chapelle de Fisenne, o^u» 
commune de Soy (Luxembourg), sous la réserve que, pour 
le carrelage du chœur, on adoptera la pierre du pays au 
lieu de la céramique ; 

6° Le projet relatif à la restauration de la couverture ^g««« * Bouts», 
du clocher de l'église de Boussu (Hainaut); architecte, 
M. Bodson ; 



de Saint-Paul, 
h Auvent. 



— 74 — 

dei^Sbo 7# ^ P ro i et concernant des travaux de réparation à 
exécuter à l'église de Beverloo (Limbourg) ; 
5l25 Ml 8° Le projet des travaux de restauration à effectuer en 
1903a l'église de Saint-Paul, à Anvers; architecte, M. Stuyck; 
d e we D 9 ° ^ e P ro J et de restauration de la flèche de l'église de 

Jesseren (Limbourg); architecte, M. Geirnaert; 
friue de |0° Les comptes des travaux de restauration exécutés 

Sâiul-Rombauî, r 

AMaliu "' en 1900 et 1901 à la tour de l'église de Saint-Rombaut, à 
Matines (Anvers) et ceux effectués en 1901 au vaisseau du 
même édifice. 
ggi iude — Il a été procédé, le 17 mars 1903, à l'inspection de la 
tour de l'église de Mannekensvere, dont le classement est 
sollicité. 

Il résulte de cet examen que la tour dont il s'agit, entiè- 
rement construite en belles briques, constitue une masse 
imposante dont le caractère architectural accuse bien celui 
de la contrée où elle s'élève. Cet édifice parait remonter au 
commencement du xvi e siècle. Son intérêt est suffisant pour 
qu'il y ail lieu de le ranger dans la 3 e classe des monuments 
du culte. 

La tour de Mannekensvere réclame des travaux de res- 
tauration qui n'atteindront pas un chiffre élevé, mais qui 
sont de la plus grande urgence. A certaines parties des 
parements, les briques se détachent ; il y a même eu déjà 
un écroulement partiel au glacis supérieur de l'un des 
contreforts. Il importe que les travaux de réparation soient 
encore exécutés pendant la présente campagne. 

On devra se garder d'apporter aucun changement ni 
aucune ajoute à cette belle tour qui est complète telle qu'elle 
est aujourd'hui. 



— 7K — 



— Le service technique provincial ayant attiré l'attention 
sur le travail de restauration du pignon du transept nord 
de l'église de Ternath, dont l'appareil lui avait paru d'une 
hauteur d'assises trop forte, il a été procédé à l'inspection 
de ce travail le 19 mars 1903, de concert avec M. Dumortier, 
membre du Comité des correspondants du Brabant. 

Il ne semble pas qu'il y ait lieu de critiquer cette restau- 
ration. Les assises du soubassement et des contreforts sont, 
en effet, assez fortes, mais leur hauteur cependant paraît 
conforme aux assises primitives si l'on en juge par les pierres 
anciennes remises en œuvre dans les parements. 

Il est à remarquer que le monument tout entier est 
construit en appareil très irrégulier et très disparate. Les 
soubassements et les contreforts y sont généralement établis 
en appareil plus grand que les autres parements. 

La teinte claire des pierres nouvelles semble seule produire 
l'illusion qui a attiré l'observation du service technique pro- 
vincial. Elle disparaîtra promptement par suite de la patine 
que prendront les matériaux neufs, lesquels sont d'ailleurs 
de très bonne qualité. 

La seule observation qui semble pouvoir être produite, 
c'est que certaines pierres neuves sont un peu trop lisses, 
ce qui résulte du sciage. Il y aura lieu de corriger cet aspect 
par une taille imitée de l'ancienne. 

— Il a été procédé, à Tournai, le 24 mars 1903, à l'examen 
du projet soumis en vue du dégagement de la cathédrale de 
cette ville. 

MM. Hubert, Devillers, Soil et Sonneville, membres du 
Comité des correspondants de la province du Hainaut, 
assistaient à cet examen. 



.. Sf ,lse 

d«Tc 



ernatb. 



Cathédrale 
de Tournai. 



— 76 — 

Le tracé des dégagements parait bien compris; il peut 
être adopté. Il serait utile, toutefois, d'étendre, si possible, 
l'expropriation par une emprise oblique sur les deux petites 
maisons masquant notablement encore la vue du transept 
sud au spectateur qui se trouve sur la place du marché, à 
proximité du beffroi. 

Il semble que la question relative à l'établissement de 
squares devrait être réservée jusqu'à ce que les travaux de 
dégagement soient terminés. On jugera mieux, alors, du 
parti qu'il conviendra d'adopter pour ces plantations. Eo 
tous cas, il parait indispensable, pour la place devant le 
transept nord, de la laisser dégagée le plus possible en vue 
de la facilité de la circulation. D'autre part, il semble que 
l'aspect de la cathédrale aurait tout à gagner si on dotait 
cette place de quelques arbres de haute futaie, plantés irré- 
gulièrement, largement espacés entre eux et suffisamment 
éloignés de la cathédrale. 
ÉgtiM — Il a été procédé, sur place, le 26 février 4903, à 

de Notre-Dame, 

àBrngM. l'examen de divers projets de travaux à effectuer à l'église 
de Notre-Dame, à Bruges, Se rapportant notamment à la 
restauration : 

1° Des voûtes et des chapiteaux des colonnes de la grande 
nef et du chœur ; 

2° Du portail sud ; 

3° D'une travée du collatéral nord. 

MM. le baron J. Bethune, le chanoine F. Belbune, van 
Ruymbeke et Van der Meersch, membres du Comité des 
correspondants de la Flandre occidentale, étaient présents. 

Il résulte de l'examen minutieux auquel il a été procédé, 
qu'on peut poursuivre le dérochement des colonnes et des 



— 77 — 

chapiteaux des nefs et du chœur» mais que provisoirement 
les chapiteaux devront être conservés tels qu'ils existent 
sans restauration. On devra avoir soin d'opérer le décrépis- 
sage avec toutes les précautions voulues pour respecter les 
peintures qu'on pourrait découvrir sous le badigeon et dont 
de nombreuses traces ont déjà été remises en lumière. On 
peut également continuer le dérochage des quelques compar- 
timents des voûtes de la haute nef qui ne sont pas encore 
débadigeonnés. Quant à la question de savoir s'il n'y aurait 
pas lieu de remplacer les voûtes hautes en maçonnerie 
substituées au xviii* siècle à d'autres du xv 9 siècle, par un 
lambrissage, mode de couverture primitive, cette question 
réclame une sérieuse étude en présence des arcs-boulants 
du xv e siècle, lesquels exerceraient sur les murs une poussée 
qui ne serait pas suffisamment conlrebuttée par le lambris- 
sage. 

Celte question des voûtes est encore subordonnée à la 
restauration de la façade principale à l'intérieur de laquelle 
on a fait des découvertes récentes qui nécessiteront un 
remaniement complet du projet adopté en 1900 pour la 
restauration de ladite façade. 

La Commission estime que les voûtes de la haute-nef 
doivent être conservées. Le triforium sera rétabli d'après 
les restes retrouvés du côté occidental tant à l'extérieur qu'à 
l'intérieur. Le projet de restauration de la façade devra 
comporter deux hypothèses, soit une rosace au-dessus du 
triforium, soit une baie à trois lancettes; on pourra, de la 
sort*, juger à quel parti il convient de s'arrêter. Il se peut 
que de nouvelles découvertes faciliteront la solution du 
problème. 



— 78 — 

Le projet présenté en vue de la restauration du portail 
sud parait bien compris; il peut être adopté. 

Le projet de restauration de la première travée du colla- 
téral nord joignant le portail est également bien compris et 
susceptible d'être mis à exécution. On devra prendre les 
mesures de précaution nécessaires pour conserver les restes 
de peinture qui se remarquent dans les arcatures. 

La façade principale de l'église de Notre-Dame se trouve 
dans un état déplorable qui ne peut être maintenu plus 
longtemps. Pour cause de sécurité publique, on a été obligé 
d'en démolir plusieurs parties, de sorte que le vénérable 
monument présente l'aspect d'une ruine. Cette situation, 
indigne d'une ville comme Bruges, qui est visitée par de 
nombreux étrangers, doit oesser au plus tôt. II y a lieu, en 
conséquence, de faire dresser immédiatement le projet de 
restauration de cette façade, basé sur les nouvelles décou- 
vertes et de mettre la main à l'œuvre sans nouveau retard. 

La question du rétablissement du porche occidental pourra 
rester en suspens jusqu'à ce que l'on se soit mis complète- 
ment d'accord avec l'Administration communale sur ce point 
archéologique d'une haute importance. 

Les travaux de restauration en voie d'exécution à l'église 
de Notre-Dame s'effectuent dans les conditions les plus satis- 
faisantes. Ils rendent à ce superbe monument l'aspect sévère 
et harmonieux qu'il avait autrefois. Le résultat déjà obtenu 
est des plus heureux au triple point de vue archéologique, 
pittoresque et artistique. 
éffH« — En séance du 3 janvier 1903, la Commission a procédé 

de Dorante» 

à l'examen des propositions soumises en vue de la conti- 
nuation de la restauration de l'église de Damme et des 



- 79 — 

rectifications à faire aux travaux effectués il y a quelques 
années dans des conditions défectueuses. 

Après avoir entendu en conférence M. l'architecte DeWulf, 
le 24 du même mois, la Commission a décidé de charger 
des délégués de poursuivre cet examen sur place. Celui-ci 
a eu lieu le 26 février suivant, de concert avec M. van 
Ruymbeke, membre du Comité des correspondants de la 
Flandre occidentale. 

D'accord avec M. l'ingénieur en chef Vierendeel, qui 
assistait à la visite, la délégation est d'avis qu'il n'y a pas 
lieu de renouveler les poutres-entraits de la charpente de lia 
nef centrale, mais qu'il importe d'établir à chaque extrémité 
de poutre un solide ancrage embrassant les deux côtés 
latéraux de la poutre jusqu'au poussard en descendant sur 
la face postérieure de celui-ci et se reliant, en passant au 
travers du mur, à l'extrémité inférieure de la clef. 

Il importera de renouveler tes sablières défectueuses et 
de relier solidement toutes les sablières avec les poutres- 
entraits; de rempiéter soigneusement tous les chevrons qui 
ne portent pas convenablement sur les sablières. 

Pour masquer l'aspect pauvre des poutres et des bardeaux 
on ne saurait admettre le palliatif de revêtements en plan- 
chettes de chêne, mais on aura recours à la polychromie dont 
le projet devra être soumis à l'avis des autorités compétentes. 
En ce qui concerne la dislocation de la maçonnerie du 
haut mur, il y a lieu de ne rempiéter que ce qui est 
absolument nécessaire. On profilera de ce dernier travail 
pour restaurer la corniche en briques anciennes du haut mur 
au-dessus du collatéral sud qui est très endommagée. Celte 
réfection est évaluée à 558 francs. 



— 80 — 

La cloison qui clôture l'extrémité ouest de fa nef centrale, 
à la hauteur du berceau ogival, produit un mauvais effet 
vue de l'intérieur du vaisseau ; il faudra la reculer jusqu'à 
la dernière ferme et prolonger les bardeaux jusqu'à celte 
ferme. 

Lors de la construction de l'édifice, on a fait reposer les 
tambours des colonnes sur des tuileaux pour éviter la brisure 
des pierres. M. l'architecte De Wulf avait émis l'idée de 
laisser ces tuileaux apparents. La Commission estime que 
ceux-ci ne produiraient pas un effet satisfaisant; il convien- 
dra, en conséquence, d'opérer le rejointoyage des colonnes 
en masquant ces tuileaux. 

Lorsqu'on le pourra, il faudra remplacer le petit granit 
employé naguère pour la consolidation de la partie en ruine 
de l'édifice par la pierre de Tournai seule mise en œuvre 
dans la construction primitive Celte partie du monument, 
d'un haut intérêt archéologique, est trop remarquable pour 
qu'on la laisse ainsi défigurée par une restauration mala- 
droite. 

La Commission est particulièrement heureuse de constater 
que les travaux qui s'exécutent actuellement sont en bonne 
voie. La restauration précédente, confiée à des mains inha- 
biles, a été très mal faite en dépit des efforts réunis de toutes 
les autorités compétentes. Le Collège proposerait volontiers 
de la refaire si le travail ne devait pas entraîner à une 
dépense qui n'est pas compatible avec les ressources dont 
on dispose. 

EgiiM — M. le chanoine Van Casier, membre du Comité des 

ï Man^i.* correspondants de la province d'Anvers, ayant attiré l'atten- 
tion de la Commission sur les travaux de restauration de la 



— 84 — 

tour de l'église de Sainl-Rombaut, à Malines* où certaines 
réfections loi ont paru avoir été poussées trop loin jusqu'ici, 
il a été procédé, le 12 mars 4903, à une visite des liepx. 

MM. Bilmeyer, Donoet, Van Caster et Van Leemputten, 
membres du Comité des correspondants, assistaient à cette 
visite. 

Il n'est plus possible aujourd'hui de se rendre compte 
de ce qu'était la situation avant la restauration des parties 
terminées. Celles-ci étant ex posées au sud et à l'ouest devaient 
nécessairement être plus dégradées que celles de la face 
nord de la tour à laquelle on va entreprendre la restauration 
du dernier contrefort. Tout ce que l'on peut dire» c'est qu'au 
contrefort à restaurer de ce côté, les parements unis sont 
généralement bien conservés. Les cordons, moulures et 
larmiers constituent les parties les plus dégradées et, encore, 
ne faudra-t-il les renouveler que partiellement en conservant 
les fragments qui sont encore en bon état; ceux-ci serviront 
à contrôler l'exactitude des renouvellements effectués. En 
tous cas, aussi bien pour les panneaux unis que pour les 
moulures et sculptures, il importera de ne remplacer que 
les pierres absolument frustes dans le véritable sens du mot. 
Les petits éclats enlevés à certaines pierres d'angle ne consti- 
tuent pas une dégradation suffisante pour nécessiter une 
réfection complète. En un mot, toutes les pierres dont les 
avaries ne sont pas de nature à faire disparaître les lignes 
architecturales du monument doivent être respectées. Tel 
est d'ailleurs également l'avis de l'architecte dirigeant les 
travaux. 

Le larmier en accolade des contreforts de la tour était 
primitivement à jour et relié seulement à la maçonnerie par 



— 84 — 

sa base et par le nœud de son fleuron. Celte disposition, qui 
n'a pas toujours été respectée dans les réfections antérieures, 
devra l'être dans la suite. 

Pour le rétablissement de la balustrade inférieure, au côté 
nord de la tour, on devra avoir soin de prendre pour guide 
de la hauteur à lui donner, les traces qui se remarquent 
encore dans la maçonnerie des contreforts. Il y aura lieu 
de soumettre le projet de celte balustrade aux autorités 
compétentes préalablement à son édification et de se tenir, 
pour son tracé, dans le caractère de la partie du monument 
qu'elle doit compléter; la balustrade posée au côté sud, il y 
a quelques années, s'écarte de ce caractère; elle «si lourde 
et son style laisse beaucoup a désirer. 

M. le chanoine Van Caster a également signalé une erreur 
commise naguère dans la restauration des deux fenêtres 
au-dessus du grand portail où le dessin des tympans ne 
reproduit pas fidèlement l'ancien . Les baies de ces fenêtres 
étaient percées obliquement el s'ouvraient autrefois à égale 
distance des contreforts dont elles n'étaient séparées que par 
les moulures de leurs piédroits. Les meneaux verticaux 
aussi bien que ceux du tympan suivaient la direction oblique 
de l'embrasure des baies. Il n'a été tenu aucun compte de 
celle disposition originale. Les embrasures extérieures ont 
été refaites en équerre avec la façade el les meneaux ont 
subi la même transformation. Les embrasures intérieures, 
qui ont conservé leur direction oblique, permettent de 
constater celle erreur. Il résulte de celte malfaçon que la 
baie n'est plus à égale distance des contreforts. Elle est 
serrée contre celui du milieu au point de n'avoir plus de 
piédroit de ce côté, tandis qu'elle ne touché plus du tout 



— 83 — 

le contrefort extérieur. Elle en est éloignée de toute la 
largeur du piédroit supprimé. Le fleuron qui couronne le 
larmier des deux fenêtres visées ne se trouvant plus au 
milieu du trumeau accuse d'autant plus nettement l'erreur 
de l'ordonnance nouvelle. 

Il est regrettable que cette malfaçon n'ait pas été signalée 
plus tôt. Il y a lieu de faire, dès à présent, des études afin 
d'apporter un remède à cette situation. Le Collège attendra 
les propositions faisant suite à ces études. 

Il résulte de ce qui précède qu'il importe d'exercer une 
surveillance rigoureuse dans la poursuite des travaux qui 
restent encore à effectuer au monument. 

La Commission a prié M. le Gouverneur de la province 
d'Anvers d'être son interprèle auprès du Comité des corres- 
pondants et en particulier auprès de M. le chanoine Van 
Casier pour les remercier des soins qu'ils apportent dans 
l'accomplissement de leur mission et les féliciter au sujet 
tant de leurs initiatives que de leur tact dans leurs rapports 
avec le Collège. 

— Dans son rapport du 28 décembre 1901, rendant feu» 

rr de Saiiu-Vioccnt , 

compte d'une visite des travaux de restauration en voie fc8ol « nlM - 
d'exécution à l'église de Saint-Vincent, à Soignies, la Com- 
mission a signalé le plafond en bois de la haute-nef, dont 
l'aspect est pauvre. Il importera de remédier à ce défaut eh 
employant des couvre-joints correspondant à des poutres 
de la charpente. Celles-ci sont très rapprochées l'une de 
l'autre. Elles forment lesentraits de fermes d'une charpente 
du xi e siècle admirablement conservée, grâce peut-être à ce 
que l'église fut recouverte de plomb par le comte de Hainaut 
Baudouin IV dit le Bâtisseur (f 2 novembre 1171) ainsi que 



— 84 — 

cela résulte du texte original suivant : « Ecclesiam Sancti 
Vincentii Senogiensis plumbo iexil. • Texte extrait des Chro- 
niques de Valenciennes par Jean Doudelel (manuscrit n* 227 
de la bibliothèque publique de Mons) et publié par le savant 
correspondant et collègue M. Devillers à la page 78 de son 
Mémoire histoi ique et descriptif sur F église de Sainte- Waudru 
(Mons, 1857, in-4')- 

Les artistes eussent dû personnellement s'assurer, sur les 
lieux, des résultats de la pose d'un premier panneau et 
appeler à leur aide, avant d'achever l'œuvre, la critique et 
la compétence des autorités. Au surplus, celte partie du 
travail n'a pas été suffisamment soignée ainsi qu'en témoigne 
l'examen attentif du plafond. On pourrailsans doute améliorer 
celui-ci en l'ornant d'une polychromie bien choisie. 

L'effet actuel étant réellement mauvais, il y faut remédier, 
sous très bref délai, dans l'intérêt de l'art, de l'œuvre et de 
la réputation des architectes distingués qui y ont présidé. 

Les nefs de l'église de Saint- Vincent sont aujourd'hui 
restaurées. Il convient que l'on s'occupe maintenant du 
rétablissement de la galerie occidentale dont les restes ont 
été découverts au rez-de-chaussée. Les architectes devront 
étudier ce rétablissement dans deux hypothèses, soit avec 
deux, soit avec un seul pilier; en tous cas, il est nécessaire 
qu'ils s'assurent du nombre d'arcades qu'il y avait autrefois. 

En vue du dégagement de la grande fenêtre de la façade 
occidentale, l'orgue devra être déplacé; on est d'accord pour 
l'installer dans le bras sud du transept devant l'arcade 
s'ouvrant sur la galerie haute ou triforium. 

Le conseil de fabrique ou tout au moins l'un des plus 
distingués de ses membres, désirerait voir déplacer la m bon 



— 85 — 

qui se trouve adossé au transept, où il masque la vue du 
chœur, et l'installer au fond du bras sud du transept. II s'agit 
ici d'une œuvre remarquable du xvi e siècle qu'il serait émi- 
nemment regrettable de voir reléguer dans un endroit où 
elle perdrait une grande partie de sa valeur par suite d'un 
éclairage défectueux. Cet édicule doit être conservé à sa place 
actuelle dans la crainte que si on le déplace on ne se voie 
obligé de le ramener au lieu où il est, ainsi que cela s'est 
produit dans d'autres églises anciennes. H serait plus pratique 
de rechercher si l'ambon n'était pas (ce qui est peu probable) 
autrefois percé de deux arcades latérales; dans ce cas, il 
suffirait de les ouvrir pour dégager la vue vers le chœur. 
Toutefois, ce parti entraînerait la disparition ou au moins le 
déplacement des parties des stalles qui font retour vers 
l'ambon. Malgré l'intérêt qu'offrent ces stalles, datant de 
1676, le sacrifice de leurs retours se justifierait, jusqu'à un 
certain point, par les nécessités du culte, le chœur étant 
aujourd'hui à peu près complètement soustrait aux regards 
des fidèles. 

L'ambon, les stalles, les clôtures, les lambris peints et le 
maitre-aulel, quoique appartenant à des époques différentes, 
forment un ensemble qui présente un réel intérêt historique 
et artistique. 

Où ne doit pas, pour compléter la restauration de l'édifice, 
faire disparaître cet ensemble. 

Une erreur grave serait commise si l'on voulait, sous 
prétexte de logique absolue, ramener l'édifice exclusivement 
à sa simplicité primordiale. Autant vaudrait dire qu'aucun 
siècle n'a compté pour l'achèvement et l'ornementation de 
celte belle église, hormis celui de la construction. Sans 



— 86 — 

: doute, il en sera ainsi chaque fois que le dévelôppemeat 
historique d'un monument aura produit des œuvres malheu- 
reuses. La Commission estime que ce n'est point le cas ici. 

Si des remaniements dans le chœur et le transept 
deviennent indispensables, par exemple pour le rétablis- 
sement de la châsse de Saint- Vincent sur son ancien sup- 
port, au fond de l'abside, il faudra les étudier avec les plus 
grands soins et soumettre des propositions motivées avant 
de rien décider à cet égard. 

Le Collège aime à reconnaître que tons les travaux de 

restauration exécutés à l'extérieur du monument ont été 

effectués dans la perfection. Il est heureux d'en féliciter les 

auteurs. 

collégiale — Il a été procédé, le 7 et le 20 avril 1903, dans l'église 

de Nivelles. i • ■ ■ • 

collégiale de Nivelles, à l'examen des simulacres du maître- 
autel de cet édifice et du support de la châsse de Sainie- 
Gertrude. 

M. Hanon-de Louvet, membre du Comité des correspon- 
dants du Hrabant, assistait à ces visites; H. Licol, était 
présent à la seconde. 

Étant donnés le niveau du chœur et celui des banquettes 
en pierre qui régnent le long des murs, le pavement doit 
être établi à un niveau inférieur d'environ 15 à 20 centi- 
mètres à celui où se trouve installé le simulacre de l'autel. 

Il conviendra de ne donner à la table de l'autel qu'une hau- 
teur d'un mètre et de réduire un peu la hauteur du retable, 
ce qui donnera plus d'élégance à l'ensemble du meuble. 

Pour le support de la châsse, il est désirable que Ion 
recherche et que l'on utilise tous les fragments qui en pro- 
viennent, notamment les bases de groupes de colonnettes, 



— 87 — 

les pierres reliant ces basés entre elles, etc. Il se peut qu'au 
moyeu de ces fragments on arrive à déterminer, d'une 
façon à peu près certaine, les dimensions en longueur et en 
largeur de ce support, ou tout au moins Tune de ces dimen- 
sions. 

Un support sera établi dans le chœur du côté de l'Évan- 
gile, ainsi que l'avait proposé feu le baron Jean Bethune 
dès 1877; la châsse y sera installée dans son enveloppe, 
avec son grand axe parallèle à l'axe longitudinal de l'église. 
La galerie gothique en cuivre existante sera fixée de nouveau 
au sol et gardera le support, qu'elle entourera, contre les 
indiscrétions ou les maladresses des visiteurs. Une partie 
mobile devra être ménagée dans celte clôture ou garde- 
corps. Elle ne devra être cantonnée que de quatre pilastres. 
S'il le faut, on complétera les panneaux en cuivre. 

Un autre support sera établi derrière l'autel de façon que 
la châsse puisse être exposée aux grandes fêtes ; elle sera 
disposée avec son grand axe établi suivant Taxe longitudinal 
de l'église, en manière telle qu'elle repose d'un côté sur 
l'autel et de l'autre côté sur le support mentionné en second 
lieu. Les pèlerins pourront passer sous le corps de la sainte 
dans le sens perpendiculaire à celui-ci. 

Les architectes devront modifier leur projet dans le sens 
des instructions précédentes adoptées, après un débat appro- 
fondi, à l'unanimité des voix et le soumettre, à bref délai, 
à l'examen de la Commission. 

Par la même occasion, les architectes ont soumis à la 
délégation le plan de restauration du transept. La Commis- 
sion est d'avis, à l'unanimité, qu'il ne faut point maintenir, 
dans une très grande partie du transept, des constructions 



— 88 — 

destinées à conserver, au-dessus d'un escalier d'entrée de 
la crypte, one voûte dont l'époque (le xin f siècle, dit-on) 
n'est rien moins que certaine. Cette même voûte n'existe 
plus du côté sud. Elle n'y a même, semble-t-il, jamais existé; 
on devrait donc encombrer le bras sud du transept de 
constructions tout à fait nouvelles. 

Restent trois autres projets pour le raccordement du chœur 
et du transept, le premier se composant de deux escaliers 
descendant à droite et à gauche du chœur avec un autel aa 
milieu ; le second comprenant un escalier central avec deux 
autels de chaque côté ; enfin, le troisième élargirait quelque 
peu cet escalier central et supprimerait tout autel adossé au 
mur de chute établi entre le sol du chœur par-dessus la 
crypte et le sol de l'église. 

La Commission est unanimement d'avis que le troisième 
projet prémentionné doit être adopté. La question de réta- 
blissement des autels latéraux est réservée. On pourra toujours 
la résoudre plus tard, s'il en est besoin. 

La Commission estime que l'entreprise de la restauration 
du chœur et du transept de la célèbre collégiale nivelloise 
fera honneur au conseil de fabrique et au conseil communal 
qui l'ont ordonnée aussi bien qu'aux artistes qui l'ont conçue 
et à l'entrepreneur qui l'a réalisée sous la haute surveillance 
des autorités. 

Ije Secrétaire, 
A. Màssaux. 

Vu en conformité de l'article 25 du règlement. 

le Président, 

CH. LàGA88E-D£ LOCHT. 



•\ 1 . » 

i i 



RAPPORT 

■ • .î . - ■ . •.:.■• v- ■■». 

SUR LES RECHERCHES ET LES FOUILLES FAITES EN 1897, 
EN 1898 ET EN 1899, AU PROFIT DE LA SECTION DE LA 
BELGIQUE ANCIENNE DES HUSÉES ROYAUX DU CINQUANTE- 
NA1RE. 



M. Louis Gavens nous ayant continué ses libéralités, nous 
avons pu poursuivre, durant les années 1897, 1898 et 1899, 
la série des fouilles commencée en 1895-96 (i). ; 






Les recherches et les fouilles dont notfs allons rendre 
compte, ont porté sur des points 1res distincts de noire 
territoire; nous avons même été amené, par suite de 
circonstances favorables et aux fins d'une étude compa- 
rative, à faire une fouille hors du pays. 
: Il nous a été donné d'explorer un cimetière belgo-romain 
et un cimetière franc à Mierchamps; de pratiquer des fouilles 
à Saint-Mard, au pied des roches-polissoirs du Brusél; 
d'étudier les marchets de Hotton, de Hampteau, de Resteigne 
et de la forêt de Freyr; d'examiner à nouveau les Pierres- 
du- Diable, de Forrières ; de relever les (races d'un cimetière 
de l'âge du fer complètement saccagé, à Conlich; de mettre 
au jour les restes d'un foyer paléolithique, à Ottenbourg, et 



(i) Voir dans les Annales de la Société d? Archéologie de Bruxelles, 
t. XII, 1898, p. 412, le rapport- qui a été publié sur les recherches et les 
fouiUes faites en 1895 et en 1896. > 



— 90 — 



de Taire, enfin, quelques fouilles à Solutré, à l'emplacement 
du gisement classique du Cro-du-Charnier. 

D'autre part, le docteur Tihon a fouillé pour nous une 
grotte à La Reid, une autre à Heyd et une troisième à 
Cornesse. 

Comme on le verra, le résultat de ces recherches et de 
ces fouilles ne laisse pas d'être satisfaisant, tant au point de 
vue des constatations quelles ont permis de faire, qu'à 
l'égard des trouvailles mêmes, qui sont venues enrichir, 
dans une certaine proportion, notre galerie de la Belgique 
ancienne. 

Exploration d'un cimetière belgo-romain à M ier champs y 

commune de Beausaint (i). 

Le territoire de la commune de Beausaint est traversé, 
du sud au nord, par un embranchement de la route romaine 
de Trêves à Bavay. 

Cet embranchement, qui se dirige vers Ton grès, est 
souvent désigné sous le nom de c voie de Tongres à A ri on »; 
mais dans le pays on l'appelle communément la chaussée 
des Diales ou le Vi tchmin (*). 

* 
* * 



(0 Province de Luxembourg, arrondissement de Marche, canton de 
Laroche. 

(i) Annales de la Société pour la conservation des monuments historiques 
et des œuvres d'art dans la province de Luxembourg* 1849-1850 et 1850-1851, 
pp. 188 et buiv. — C. Van Debsel, Topographie des voies romaines de le 
Belgique, p. 24. — Publications de l'Institut archéologique du Luxem- 
bourg, 1892, t. XXVI des Annales, p. 476. — Annales de la Société** Ar- 
chéologie de Bruxelles, t. XII, 1898, p. 4g4. 



— 91 — 

Le cimetière qui fait le sujet de cette note est sitqé entre 
la chaussée des Dtafa-etie petit village de Mierchamps, au 
lieu dit Sur le Monly, à environ 700 mètres de la voie 
antique, sur un versant très sec un peu exposé au midi. 

Les tombes, de petites dimensions et pauvres, étaient a» 
nombre de quarante-quatre. 

Nous avons constaté que la plupart d'entre elles, presque 
toutes celles en dalles notamment, avaient déjà été fouillées, 
mais nous ignorons à quelle époque et par qui ces fouilles 
ont été faites. 

Tombes n°* I, 2, 3, 4 et 5. — Ces tombes fouillées et 
démolies antérieurement, avaient été construites en dalles. 
Nous n'avons rencontré, à l'emplacement de chacune d'elles, 
que des débris d'os humains calcinés et des fragments dé 
poteries. 

Tombe n° 6. — Elle mesurait 0*60 de longueur, m 4S de 
largeur et 0*35 de profondeur. Nous n'y avons plus trouvé 
que des débris d'os humains calcinés et quelques morceaux 
de vases en terre. 

* ■ 

Tombe n° 7. — Les dimensions de cette tombe, construite 
en dalles, étaient les suivantes : longueur, O m 45; largeur, 
0*45 ; profondeur, 0*50. Bien qu'ayant été fouillée jadis, 
nous y avons encore trouvé, sur la dalle du fond, une 
monnaie (grand bronze de Faustine Mère, 104-141), les 
débris d'un objet en fer et des fragments d'os humains 
calcinés. 

Tombes n" 8, 9, 10, 11 et 12. — Fouillées et démolies 
complètement par nos devanciers. 



— 92 — 

Tombe n° 13. — Cette tombe, qui avait été Touillée jadis, 
mais dont les quatre dalles de côté et le fond étaient restés 
en place, ne contenait plus que des débris d'os humains 
calcinés. Elle mesurait m 60 de longueur, m 60 de largeur 
et 0*45 de profondeur. 

Tombes n" 14, 15, 16 et 17. — Fouillées et démolies 
antérieurement. 



Tombe n° 18. — Elle était construite en dalles et mesurait 
0*47 de longueur, m 55 de largeur et n 40 de profondeur. 
Elle avait été fouillée autrefois, mais une monnaie (grand 
bronze de Trajan, 98 à 117), des débris d'os humains 
calcinés et des fragments de poteries étaient restés dans le 
fond. 

Tombe n° 19. — Fouillée antérieurement et presque 
entièrement démolie. La dalle de fond seule était restée en 
place. 

Tombe n° 20. — Tombe non dallée, mesurant O m 60 de 
longueur, m 48 de largeur et O m 64 de profondeur. Elle 
contenait les objets suivants : 

Deux urnes frustes, en terre noire. 

Une cruche (lagenà) à une anse, en terre de couleur 
orange, de m 175 de hauteur et de m 125 de largeur à la 
panse. 

Une jolie patère en terre rouge vernissée, portant, à la 
place habituelle du sigle, une rosace, et mesurant O ra l 45 de 
diamètre et m 033 de hauteur. Sur celle patère se trouvait 
une monnaie (moyen bronze de Faustine Mère, 104-141). 

Une petite fibule en bronze émaillé, de 0*031 de longueur. 



— 95 — 

Une jolie petite fibule en bronze ciselé et émaillé, de 
0"042 de longueur (i). 

Ces deux fibules se trouvaient dans le fond de la tombe, 
mélangées aux débris d'os humains calcinés. 

Tombe n c 21 . — Déjà fouillée anciennement. Nous y avons 
recueilli encore, avec des charbons de bois et des débris 
d'os humains calcinés, une petite coupe en terre rouge 
vernissée, bien conservée, mesurant 0*045 de hauteur et 
m 078 de diamètre d'ouverture. 

Tombes rt ot 22 à 27. — Fouillées et démolies anté- 
rieurement. 

Tombe n° 28. — Elle mesurait environ O m 35 de côté et 
contenait un vase fruste en terre noire ; une cruche (lagena) 
en terre de couleur jaune, à une anse, de m 21 de hauteur 
et de O m 21 de largeur à la panse; une petite jatte en terre 
rouge vernissée, de 0*052 de hauteur et de m 090 de 
diamètre d'ouverture; une fibule en bronze émaillé de forme 
losangée, ayant subi l'action du feu ; quelques clous et des 
débris d'os humains calcinés. 

Tombe n° 29. — Cette tombe, formée de petites dalles 
posées de champ, avait m 32 de profondeur et contenait 
une coupe en terre de couleur orange et un joli vase en 
terre rouge à couverte noire, de O m 077 de hauteur, de 
0*055 de largeur à la panse et de O m 036 de diamètre 
d'ouverture. Sur le fond de la tombe étaient de petits mor- 



(i) Le musée de Namur (bijoutière À, 11) possède deux fibules identiques 
provenant des tombes du cimetière des Villées, à Perzée (i* r , n" et 
ni* siècles). 



— 94 — 

ceaux d'os humains calcinés» des cendres et des charbons 
de bois. 

Tombe n° 30. — Fouillée antérieurement. Une monnaie 
(moyen bronze de Trajan, 98 à 117) a été retrouvée par 
nous dans les déblais. 

Tombe n° 31 . — Fouillée antérieurement. Nous n'y avons 
retrouvé que des morceaux de plateau ou de coupe en terre 
rouge vernissée. 



Tombes n" 32, 33, 56, 38, 39, 40, 41 et 42. — Fouillées 
et démolies antérieurement. 

Tombe n° 34. — Représentée par une toute petite fosse 
creusée dans le sol, contenant une urne fruste renfermant 
des débris d'os humains calcinés et des cendres. Cette urne 
était recouverte d'un fond de pot très large en terre gros- 
sière. 

Tombe k° 35. — Celte tombe, fouillée antérieurement, 
mesurait ra 80 de profondeur. Elle contenait encore : une 
jolie patère en terre rouge vernissée, portant le sigle connu 
MERCATOR et mesurant m 165 de diamètre et 0-045 de 
hauteur. 

Une petite jatte, également en terre rouge vernissée, de 
0"O50 de hauteur et de 0*090 de diamètre d'ouverture. 

Deux petites fibules, à peu près identiques, en bronze 
ciselé, de forme ansée et du type le plus habituel. 

Des débris d'os humains calcinés. 

Tombe n° 37. — Elle était formée de dalles et mesurait 
m 35 de longueur sur O m 28 de largeur. Elle avait été fouillée 



— 95 — 

antérieurement. Nous n'y avons plus trouvé que des débris 
d'os humains calcinés et des fragments de poteries éparpillés 
sur le fond. 

Tombe n* 43. — Cette fosse, déjà visitée antérieurement, 
n'avait jamais été garnie de dalles. Un joli petit vase en 
terre, à parois minces, à couverte brune, de ro 093 de 
hauteur et de m O53 de diamètre d'ouverture portant à la 
panse une série de dépressions ou de fossettes de la largeur 
du pouce, était resté en place. Une monnaie (moyen-bronze 
d'Antonin-le Pieux, 138 à 161) fut retrouvée dans les 
déblais. 

Tombe n° 44. — Celte dernière, bien que fouillée déjà 
auparavant, nous a encore fourni, avec des débris d'os 
humains calcinés, une petite jatte en terre rouge jadis 
vernissée, mesurant n 058de hauteur et m 093 de diamètre. 



* 
* * 



Conclusions : Les cinq pièces de monnaie (deux Trajan , 
deux Faustine Mère et un Anlonin Pie) que nous avons pu 
glaner encore dans ces tombes déjà fouillées, semblent 
indiquer que l'antique cimetière du Monly a surtout servi 
durant la première moitié du n 9 siècle. 

Ce champ de repos renfermait les restes d'une population 
dont rien n'est venu nous indiquer les ressources ni le genre 
d'occupation, mais qui ne parait pas avoir été plus riche 
que ne l'est celle qui habile aujourd'hui ce même coin 
d'Ardenne. 



— 96 — 

i 

Exploration dun cimetière franc à M ter champs y 

commune de Beausaint. 

Ce cimetière, dont l'existence était connue depuis long- 
temps (t), est situé à peu de distance du précédent, dans 
le village même. 

Les tombes que nous y avons ouvertes étaient construites 
en dalles, et dataient, suivant toute apparence, des derniers 
temps de l'époque franque. 

Elles ne renfermaient pas de mobilier et nous n'y avons 
rencontré que quelques clous. 

Fouilles au pied des roches-polissoirs du « Brusel > 

à Saini-Mard (*), 

Ces blocs de grès tertiaire, au nombre de dix, de volume 
variable, de couleur gris-rosàire, couverts, par places, de 
mousse et d'une sorte de lichen, gisent çà et là, presque 
complètement enterrés dans le sol d'une prairie, au lieu dil 
le Trou Ario ou Hario à 255 mètres d'altitude, sur la rive 
gauche et tout près d'un petit ruisseau appelé le Brusel, 
affluent de la Basse- Vire, à 4,900 mètres sud-est de l'église 
du village de Saini-Mard, et à 350 mètres de la lisière du 
bois de Lahan ou bois de Saini-Mard dans lequel le Brusef 
prend sa source. 

Ils n'ont aucune forme déterminée, n'offrent aucune trace 



(i) En effet, G.-F. Pbat en faisait mention déjà dans le premier volume 
des Annales de ta Société pour la conservation des monuments historiques 
et des œuvres d'art dans la province de Luxembourg, 1849-1850 et 1850-1851. 
p. 136. 

(t) Prorince de Luxembourg, arrondissement et canton de Virton. 



— 97 — 

de taille, et la main de l'homme est étrangère à leur grou- 
pement en cet endroit, qui est purement accidentel. Ils sont 
engagés dans les alluvions du ruisseau. Ce sont des blocs 
naturels, des roches dénudées descendues à ce niveau 
pendant la période géologique ou le large fleuve aux eaux 
rapides représenté aujourd'hui par l'étroite et paisible rivière 
qui a nom la Basse-Vire, creusa sa vallée d'érosion. 

* * 

Trois de ces blocs présentent le plus grand intérêt au 
point de vue de la technologie préhistorique. Les surfaces 
lisses, les cuvettes et les rainures à fond et à parois d'un 
poli excessivement doux, qu'on y observe, témoignent, en 
effet, d'une façon incontestable, de leur utilisation exclusive 
comme pierres à polir le silex et les roches dures à l'époque 
néolithique (i). 

Ils font l'objet de diverses légendes : 

C'est là que se rassemblent certaines nuits, les sorciers, 
les fées et les mauvais génies du voisinage pour se livrer à 
leurs ébats. 

Les surfaces lisses et luisantes sont des glissoires où les 
fées s'amusent comme de véritables enfants. Les stries et 
les rainures marquent la place où elles déposent habituel- 
lement leurs baguettes enchantées. 

L'homme sans tête qui dirige la « haute chasse » nocturne 
au travers des bois, vient souvent visiter ces cailloux. 



(«) C'est à M Sondag, inspecteur cantonal de l'enseignement primaire, 
i Virton, aujourd'hui décédé, que revient le mérite d'avoir signalé le 
premier ces intéressants monuments à l'attention des palethnologues. 
{Institut archéologique du Luxembourg, t. XXII 1 des Annales, p. 324.) 



— 98 — 

Enfin, on entend parfois dans ces lieux hantés un tinta- 
marre infernal. 

* * 

Le premier en montant vers le bois, d'une forme très 
irrégulière, mesure 2"80 de longueur sur environ 0*60 de 
largeur et dépasse le sol de m 25 à m 30. Il présente deux 
surfaces polies résultant du frottement, et deux cavités 
naturelles, oblongues, peut-être un peu retouchées, assez 
profondes, ou s'amasse l'eau de pluie. C'est le moins inté- 
ressant. 

* * 

Le second est situé à J2 mètres du premier. Il n'est pas 
aussi irrégulier que celui-ci et mesure l n 95 de longueur 
sur 1 m 55 de largeur. Sa hauteur, au-dessus du sol, est de 
m 20 environ. Il porte une grande dépression centrale, cinq 
cuvettes elliptiques et trois rainures anguleuses, le tout parfai- 
tement défini, à parois et à fond très unis, provenant d'usure. 

Les cuvettes ont été produites insensiblement par le polis- 
sage des faces larges des haches, les rainures par le polissage 
de la tranche. 

* * 

Le troisième n'est qu'à 5 m 50 du second. C'est un bloc 
très irrégulier de 2 m 20 de longueur sur 2 mètres de largeur 
environ. Sa hauteur visible au-dessus du sol est de m 50 en 
moyenne. Vers le milieu est une anfractuosité naturelle qui 
semble toutefois avoir été agrandie et régularisée par la 
main de l'homme. Elle est de forme ovale et mesure m 50 
de longueur, m 27 de largeur et m 3O environ de profondeur. 

Dans le voisinage immédiat de celte cavité centrale 



— 99 - 

existent une surface polie, huit cuvettes elliptiques et six 
rainures plus ou moins longues. 

Nous avons pratique des fouilles autour de ces trois 
blocs (i). 

Ces fouilles, très gracieusement autorisées par le proprié- 
taire du terrain, M. Louis Siméon, nous ont permis de faire 
quelques constatations intéressantes : 

Presque entièrement dégagé, le premier bloc mesurait 
4 mètres de longueur et environ 9 mètres de largeur. Au 
cours de ce travail de dégagement, nous avons recueilli, en 
des points différents et à très peu de profondeur autour du 
bloc, deux tessons de poterie fort grossière, de couleur rou- 
geâtre, ayant appartenu à de grands vases aux parois épaisses, 
faits à la main; un fragment d'os excessivement ancien; un 
gros morceau de grès à cassures concoïdales, dont on semble 
avoir enlevé méthodiquement des éclats; un fragment de 
carreau en terre cuite et quelques tessons de vases romains. 

Les dimensions du deuxième bloc, après son dégagement 
presque complet, étaient les suivantes : longueur, 3 m 40; 
largeur, 3 mètres. Nous n'avons rencontré, près de ce bloc, 
que deux fragments de poterie romaine gisant à Une faible 
profondeur. 

Le troisième bloc, mis à nu presque complètement, 
présentait des dimensions moindres que celles des deux blocs 
précédents. Il ne mesurait, en effet, que 2"50 de longueur 
et 9 mètres de largeur. 



(i) En août 1897. 



* * 



— 100 — 

Nous avons recueilli, éparpillés autour de ce bloc, mais 
toujours à très peu de profondeur, deux petits fragments de 
poterie excessivement grossière présentant l'aspect de la 
poterie préhistorique, deux morceaux de tegulœ et quatre 
tessons de poterie romaine. 

Les trois blocs étudiés ne semblaient pas reposer entière- 
ment dans les alluvions du ruisseau. 

Nous disons ne semblaient pas, car l'eau d'infiltration qui, 
lorsque nous étions arrivé à une certaine profondeur, vint 
régulièrement envahir nos tranchées, nous empêcha de pour- 
suivre plus avant encore nos investigations. Nous n'avons 
donc pu constater d'une façon positive si les blocs reposaient 
sur le sol primitif ou si les mêmes alluvions existaient 
également en dessous d'eux. Cependant, au dire de notre 
fouilleur Jean Godelaine, homme très expérimenté, le terrain 
semblait devenir plus ferme sous les blocs. 

En tout état de cause, ces alluvions sont très anciennes 
et l'émergence des blocs ne devait pas être beaucoup plus 
forte à l'époque néolithique que de nos jours. Nous n'avons 
constaté, en effet, aucune trace d'utilisation, aucune surface 
polie, aucune cuvette ni aucune rainure nouvelles sur les 
parties des blocs situées en dessous du niveau du sol actuel 
et mises au jour par nous. 

* * 

Conclusion : l'opinion exprimée en 1899 au congrès 
d'Arlon (i) que ces pierres ont aussi servi de meules dor- 



(i) Compte rendu des travaux du quatorzième congrès de la Fédération 
archéologique et historique de Belgique tenu à Ârlon, du 30 juillet au 
2 août 1899, pp. 16 et 30. 



— 401 — 

mantes; qu'elles proviennent des sommets et que c'est là 
qu'elles furent employées par les hommes de la préhistoire, 
et que ce n'est que plus tard qu'elles furent etitraînées dans 
la vallée (sic) nous parait donc bien hasardée. 

Ijes < M archets *. 

Le vulgaire entend, par le mot marchet, dans le Namurois 
surfont, un amoncellement quelconque de pierres. 

Le cultivateur qui crée un nouveau champ ou améliore 
son terrain, rassemble à l'écart les pierres qui empêchent 
ou gênent la culture : il fait ainsi un marchet. 

Mais à côté de ces marchets modernes on rencontre 
également des amas de pierres fort anciens, de forme toujours 
plus ou moins circulaire et de largeuret de hauteur variables, 
indistincts des autres pour un œil peu exercé. Ce sont des 
monuments antiques. 

Les uns recouvrent une tombe à inhumation : près du 
squelette se voient quelques débris de poterie grossière et 
parfois, mais très rarement, un peu de brome. 

D'autres renferment une sépulture à incinération. Les 
deux modes se rencontrent aussi dans le même marchet. 
Il n'est pas rare d'y recueillir également des fragments de 
poterie romaine, mais jamais de silex mêlés au dépôt 
funéraire. 

En outre, certains marchets ont été élevés sur des empla- 
cements de cabanes ou de huttes en torchis et d'autres 
recouvrent simplement un foyer, ou seulement le lieu d'un 
repas. Les emplacements dont il s'agit ici ayant dû, à là 
suite de certains événements, être soustraits à tout usage 
postérieur, sont devenus ainsi res sacra. 



— . 105 — 

• L'antiquité des marchett ne nous parait pas devoir aller 
au delà de la première époque du fer, ou époque Hallstat- 
tienne. De plus, la présence dans plusieurs de ceux-ci d'une 
poterie beaucoup moins grossière et parfois même assez 
fine, faite au tour, nous indique également que la coutume 
d'élever des monuments de ce genre s'est continuée chez 
nous pendant les premiers temps de la domination romaine. 

• 

Le mot marche!, qui a son équivalent dans les mots 
murgers, murguets et mûriers usités en Bourgogne, en 
Savoie et dans la Suisse française, renferme Cidée de pierres 
comme le prouvent les exemples suivants : 

Deux très anciennes carrières abandonnées, situées dans 
la province de Namur, l'une à Sovel, l'autre à Mohi ville, 
portent le nom de Marchoù % Marchaels ou Marchais. 

À Messein, en Lorraine, l'enceinte inférieure du « Camp 
d'Affrique», aux alignements et aux tumulus en pierres 
sèches, porte le nom de Vieux Marché (i). 

Un petit hameau dépendant d'Àix-les-Bains (Savoie) 
s'appelle Les Murguets. Il tire son nom des nombreux et 
importants tas de pierres (murguets) qui se voient sur les 
coteaux et qui résultent de l'épierrement des champs et des 
vignes. 



(i) Le « Camp d'Affrique » existait avant la conquête et fat occupé aune 
époque qui correspond, en Lorraine, à la civilisation de Hallstatt. 

Voir : F. Babthklïmy, Recherches archéologiques sur la Lorraine avant 
V histoire, pp. 210 à 219, et pi. 31. - G u J. Bbaupb*, Les éludes préhisto- 
riques en Lorraine de 1889 à 1902 et aperçu général sur les époques gallo- 
romaine et mérovingienne dans le département de Meurthe et Moselle, 
pp. 71 à 75, et plan n° 9. 



— 103 — 

Enfin, il existe près de Pralognan, en Savoie également, 
deux montagnes rocheuses appelées le Grand et le Petit 
M archet. 

* 

Dans une très intéressante communication faite en 1900, 
à Paris, au Congrès international des Américanistes, par 
MM. le comte H. de la Vaulx, l'explorateur bien connu, et 
le docteur R. Verneau, sur Les anciens habitants des rives 
du Colhué Hua pi (Patagonié) nous relevons ce qui suit : 

« La présence, en cette partie de la pampa, de deux 
grands lacs (Colhué et Musters) et d'une rivière (le Rio 
Senguer) aussi importante que le fleuve (le Rio Chubut) 
dans lequel elle vient déverser ses eaux, constitue des 
conditions exceptionnellement favorables pour l'habitation. 
Aussi les vieux indigènes de la Palagonie paraissent-ils 
avoir séjourné volontiers sur les rives du Colhué Huapi et 
du lac Musters. 

» La preuve nous en est fournie parles nombreuses pointes 
de flèches qu'on rencontre dans les environs et par l'abon- 
dance des sépultures que l'un de nous (le comte de la Vaulx) 
a découvertes dans la chaîne qui sépare les deux lacs. En 
effet, au nord et au sud de cette chaîne, sur la série de 
gradins que forment les collines qui s'étagent depuis la cime 
jusqu'à la pampa, existe une grande quantité de tchenques, 
c'est-à-dire de monticules de pierres, parfois énormes, qui 
ont été entassées par les anciens habitants. C'est sous ces 
monticules, tout à fait comparables à ceux des Canaries, que 
reposent les restes des Palagons qui fréquentaient autrefois 
la région. 



— 104 — 

» Les tchenques ont des proportions assez variables ; il en 
est qui dépassent 5 mètres en longueur et dont la hauteur 
est supérieure à 1 mètre. 

» Les indigènes actuels prétendent que les dimensions des 
tumulus sont en rapport avec le nombre de parents et d'amis 
que possédait le défunt, chacun d'eux ayant à cœur de déposer 
une pierre sur la sépulture toutes les fois qu'il venait à passer 
dans t endroit où le mort avait été enseveli. 

» En général, les tombes sont isolées les unes des autres. 
Toutefois, vers l'extrémité méridionale du lac Musters se 
trouvait un groupe de cinq tchenques conligus, dont le 
principal était situé au centre et renfermait deux cadavres; 
les quatre autres rayonnaient autour, de sorte que l'ensemble 
du monument affectait une forme étoilée. 

» Les tumulus de la région des lacs Golhué et Musters ne 
sont pas élevés au-dessus de fosses. Le mort était déposé à 
la surface du sol, que l'on avait à peine gratté pour y coucher 
le cadavre... Les cadavres étaient couchés sur le côté, de 
façon à ce que les yeux fussent toujours tournés vers le soleil 
levant; les membres inférieurs étaient ramenés en avant 
dy tronc, les jambes fléchies sur les cuisses et celles-ci sur le 
thorax, au point que les genoux venaient toucher la poitrine. 

» C'est la position que donnent encore à leurs morts les 
Indiens modernes. 

» Lorsque le défunt avait été placé dans la position voulue, 
ses parents, ses amis se mettaient en devoir d'entasser 
au-dessus de lui les pierres qui, par leur amoncellement, 
devaient constituer le monument funéraire. Ces pierres 
étaient placées sans ordre et reposaient directement sur le 
cadavre... 



— 108 — 



» Le mobilier funéraire fait à peu près totalement défaut 
dans les tchenques du Golhué Huapi » (1). 






En 1895, M. de Villenoisy, à qui nous avions adressé un 
exemplaire de notre première étude sur les inarchets (2), avait 
l'extrême obligeance de nous communiquer les curieux 
renseignements que voici : 

c En Dauphiné, où je suis en ce moment, nous écrivait-il, 
nous avons quelques amas de pierres du genre de vos mar- 
chets, ou chaque passant ajoute un caillou, bien que les 
motifs de cette pratique soient depuis longtemps oubliés. 
Ou croit que quelques-uns marquent le lieu d'un assassinat 
ou d'un suicide. 

» Un de ces amas ou mollars existe près d'Uriage-les-Bains 
et s'appelle la Tombe du Mercier. 

» J'ai lu, je ne sais où, qu'en Bretagne il y a, dans certains 
champs, des parcelles de terrain où, de temps immémorial, 
on ne passe pas la charrue; celui qui les profanerait par la 
culture, mourrait dans Tannée. Ces lieux devenus néfastes 
me sont revenus en mémoire en lisant votre description des 
marchets n°* 1, 7, 15 et 17 de Ave-et-Auffe. Ce dernier, 
avec sa cabane, est caractéristique » (3). 






Nos marchets, tout au moins ceux qui recouvrent une 



(4) Compte rendu du Congrès international des américanisas, XII e ses- 
sion tenue à Paris en 1900, pp. 115, 116 et 117. 

(t) Annales de la Société archéologique de Namur, t. XXP, 1895, 
pp. 47 à 79. 

(s) La Buisserate, par Gbbhoblk, 5 novembre 1895. 



— 106 — 

tombe, l'emplacement d'un bûcher funéraire ou les raines 
de la cabane d'un défunt, auraient-ils été construits de cette 
manière, c'est-à-dire simplement ébauchés au début, puis 
continuellement augmentés dans la suite par la piété des 
parents, des amis ou des simples passants ? 

On peut, à notre avis, considérer la chose comme assez 
probable, bien que cette coutume du jet de pierre n'ait 
point perduré ici, jusqu'à notre époque, comme en Dauphiné. 

Étude des Marchets de Hotton (i). 

Ces marchets sont situés à environ 900 mètres au sud-est 
de 1 église de Hotton, sur la rive gauche de l'Ourlhe, en un 
plateau très élevé, aride et inculte, au lieu dit Les Alti. 

* 
* * 

Geubel, à qui rien n'échappait, les mentionne dès 1830 : 
... c La plaine au nord de Brérenne, dit-il, s'affaisse vers 
l'Ourlhe, c'est par là que descend celte voie. A gauche, 
avant de descendre, on rencontre un large tumulus de 
pierres, après avoir dépassé le lieu dit Natr inchamps. Ce 
tas de pierres ramassées est trop grand et trop régulier pour 
avoir été fait par les cultivateurs, beaucoup d'autres tas 
moins grands et aussi réguliers, placés en lignes, me 
paraissent encore être des tumulus, mais je ne puis l'assurer. 
Ce qui est certain, c'est que le sol y est incultivable à défaut 
de terre, et par sa nature rocheuse et par le rapprochement 
de tous ces tas. Ce lieu, qui est élevé, est le prolongement 
du Tichâteau, dont il est séparé par l'Ourlhe; et ce qui 

(i) Province de Luxembourg, arrondissement et canton de Marche. 



— 407 — 

confirme davantage mon opinion sur ces lumulus, c'est le 
nom d'Alti qu'ils portent encore. Le paysan les appelle 
les Alti (élevés ou ancêtres). Die Allen (les anciens) est la 
désignation des Celtes, qui étaient les anciens pour les 
Romains. 

» Ces lumulus n'ont pas été ouverts. 

» Depuis que j'ai recueilli ces notes, ajoute Geubel, un 
ouvrier de Hotton, Jean Lallemand, a ouvert une partie de 
ces tas de pierres et y a trouvé des tombes gauloises taillées 
dans le rocher, il n'a vu que le squelette; l'entaille élait 
recouverte d'une dalle » (i)... 

De tous les tas de pierres qui subsistent encore aux Alix, 
deux seulement nous ont paru offrir l'aspect de monuments 
antiques et valoir la peine d'être explorés méthodiquement. 

Les fouilles ont duré du 45 au 17 juillet 1897. 

Marcbet n» 1. — Ce marchet, resté intact, mesurait 
14"50 de diamètre et 1*50 de hauteur. II était constitué de 
fragments de calcaire de volume variable (2), tous plus ou 
moins roulés, de pierraille, et d'un peu de terre dans les 
interstices des pierres. 

Nous y avons rencontré deux squelettes inhumés à des 
niveaux différents. 

Le premier, orienté nord-sud, les pieds vers le sud, 
gisait à environ 0*30 en dessous du niveau du sol, dans 



(i) Publications de V Institut archéologique du Luxembourg, 1892, 
t. XXVI des Annales, p. 134. 
(i ) Les plus gros mesuraient 0"50 X 0*30 et avaient 0"10 d'épaisseur. 



— 108 — 

une sorte de petite fosse. Les ossements étaient en Tort 
mauvais état (i); ce qui fait que les conclusions que le 
docteur Houzé a pu tirer de leur étude sont presque nulles 
et se résument à ceci : squelette âgé, probablement masculin. 
Il mesurait, sur place, environ l n 15. 

Le second, étendu dans une couche de terre végétale 
noirâtre, était encore moins bien conservé que le pre- 
mier (*). 



(0 Voici l'inventaire qu'a bien voulu en faire le docteur Houzé : 

a. Fragment d'occipital, écaille peu saillante; 

b. Six fragments de pariétaux, droit et gauche ; 

c. Mandibule déformée par la vieillesse et la pression posthume du 
terrain sus-jacent, alvéoles des troisièmes molaires atrophiées. Les quatre 
dents encore présentes ont les couronnes creusées, fort usées ; 

d. Fragment de première côte; 

e. Fragments d'humérus droit et gauche de même sujet, sans perfo- 
ration olécranienne ; 

/. Deui fragments de cubitus ; 

g. Deux fragments de radius ; 

h.. Deux tibias fragmentaires, droit et gauche, même sujet, présentant 
la lame de sabre; 

t. Diaphyse complète de fémur gauche présentant des modifications 
pathologiques dues probablement (?) à une ostéite : ostéophytes à Tépiphyse 
supérieure (à sa racine, car l'épipbyse elle-même est brisée) ; 

j. Diaphyse de fémur droit; ligne âpre très accusée, fémur dit à 
colonne; gouttière hypotrochantérienne marquée, troisième trochanter 
fort; tête brisée; 

k. Fragment de rotule. 

(i) Inventaire et remarques du docteur Houzé : 

a. Fragments de crâne masculin adulte : fragment composé d'une partie 
du pariétal gauche ainsi que du droit et de la région sus-iniaque de l'occi- 
pital; suture lambdoïde ouverte, os wormien au lambda; le diamètre 
approximatif bi- pari étal ou transversal est de 150 millimètres; par la 
forme de l' écaille occipitale peu saillante et le grand diamètre transversal 
on peut presque affirmer que le sujet était brachycéphale, probabilité 
corroborée par la face qui est large (voir plus bas); 

b. Fragments de frontal, glabelle très accusée (caractère masculin); 

c. Partie de temporal gauche ; 



— 109 — 

II se trouvait à environ l D iO plus haut que le précédent, 
mais sur le côté, et à m 30 seulement de la surface du 
marchet. Il paraissait avoir au moins l ro 60 de taille. 

L'orientation était sud-ouest-nord-est, les pieds vers le 
nord-est. 

Le crâne est harmonique et présente une grande largeur 
bipariétale, faciale et nasale. Il est probablement brachycé- 
phale, mésorrhinien et euryprosope (visage large); la face 
supérieure (sans la mandibule) est large et en même temps 
assez haute à cause de la hauteur mandibulaire (i). 

Nous n'avons observé aucune trace de mobilier. 

Parmi les pierres qui constituaient le marchet, était un 
polissoir en grès, de m 33 de longueur, de m O9 de largeur 
et de O m 09 d'épaisseur, ramassé jadis sur le sol environnant 
par les constructeurs du monument en même temps que les 
autres matériaux employés. 

La présence de ce polissoir dans le marchet est donc toute 
fortuite et ne peut avoir aucune signification. Elle s'explique 
très naturellement par ce fait que les marchets des A Ut ont 



d. Face, largeur raaiima, narines, 26 mm (nez large, au moins mésor- 
rhinien). 

Largeur bijugale 99 (?), large. 

Os malaires saillants, fosses canines profondes. Incisive médiane supé- 
rieure tombée post mortem ainsi que la latérale gauche supérieure et la 
canine du même côté; troisième molaire gauche supérieure atrophiée; 
tubercules disparus. 

e. Mandibule forte, haute, branche montante droite manque. Denture : 
il reste les trois molaires des deux côtés, la deuxième prémolaire droite 
et la canine du môme côté, les tubercules ont disparu par usure; les 
autres dents qui manquent sont tombées post mortem. Diamètre bimen- 
tonnier : 49 mB . 

(i) Telles sont les conclusions de l'étude du docteur Houzé. 



— no — 

été élevés sur remplacement d'une station néolithique (i). 
C'est donc encore un nouvel exemple de cette loi ethnogra- 
phique de la succession de l'habitat en certains points donnés. 

* * 

Marchet n* 2. — Le second marchet, qui mesurait à pea 
près 4 mètre de hauteur et 10 mètres de diamètre, éiait 
formé, comme le premier, de pierres de diverses grosseurs 
recueillies à la surface du sol. 

Il ne recouvrait absolument rien et il y a même lieu de 
douter de son ancienneté. 

Nous avons rencontré, deci, delà, parmi les matériaux 
dont il était constitué, quelques fragments d'ossements d'ani- 
maux, trois morceaux de poterie très grossière et une belle 
hachette taillée à petits éclats, en grès gedinnien, mesurant 
O m 140 de longueur et O m 055 de largeur au tranchant. 

De même que le polissoir dont il a été question plus haut, 
ces objets ont été ramassés par hasard sur le sol et, comme 
dans le cas précédent, aucune conséquence n'est à tirer de 
leur présence dans le marchet. 

Étude des marchets de Hampteau (*). 

L'exploration de deux marchets et d'un tumulus situés 
dans les bois de Hampteau, commencée le 24 juillet 1897 
et poursuivie durant les jours suivants, a été infructueuse. 



(0 Nous avons recueilli sur ce plateau, à la surface du sol, dans le 
voisinage des marchets, plusieurs silex taillés : éclats bruts on retouchés, 
petites lames, grattoirs discoïdes, etc.... 

(t) Province de Luxembourg, arrondissement et canton de Marche. 



— 111 — 

Les deux marchets dont il s'agil sont éloignés l'un de 
l'autre d'une centaine de mètres. 

Le premier mesure 0*75 de hauteur sur 6 mètres de 
diamètre. 

Le second a l m 25 de hauteur et 9 mètres de diamètre. 
Ces marchets, malgré leur apparence de très grande ancien- 
neté, ne renfermaient absolument rien. 

Le lumulus que nous avons exploré ensuite, se trouve à 
une distance d'environ 1,000 mètres au levant des deux 
marchets. 

Il est formé de terres rapportées et mesure l m 40 de 
hauteur et 7 mètres de diamètre. 

Nos travaux nous ont révélé l'existence, sous ce tumulus, 
d'une sorte de sillon de 2 mètres de longueur, de m 30 de 
largeur moyenne et d'environ m 25 de profondeur creusé 
dans le sol et orienté ouest-est. Ce sillon était rempli d'une 
terre beaucoup plus meuble, mélangée de charbon de bois. 
Nous n'y avons rencontré aucune trace d'ossements ni aucun 
débris de poterie. 

Étude des marchets de Resteigne (i). 

A 3,000 mètres au sud de l'église de Resteigne, dans un 
endroit écarté et solitaire, à l'entrée du bois de Beslin, au 
lieu dit MarchimorU, sur la rive droite du petit ruisseau 
appelé Passe-Brebt (cotes 385 à 380), est un groupe de 
neuf marchets accompagnés de quatre levées construites 
également en pierres sèches. 

(i) Province de Namnr, arrondissement de Dinant, canton de Rochefort. 



— us — 

Nous devions l'indication de l'existence de cet ensemble 
de curieux vestiges véritablement perdu dans les bois, à 
notre bienveillant confrère Alfred Bequet : 

Je crois, nous écrivait-il le 20 mai 1898, que cet endroit 
mérite dêtre étudié de près; n'y a-l-il pas eu là, peut-être, 
un lieu de réunion pour les peuplades belges, un signal, un 
point de ralliement; on n'est pas très loin de la montagne et 
de la grotte de Sinsin 9 on n'est pas très loin non plus de 
Saint-Ode, d'Amberbup, etc... 

M. Bequet ayant bien voulu mettre, celte fois encore, 
à notre entière disposition, son excellent fouilleur Jean 
Godelaine, nous avons commencé peu après les travaux. 

Les matériaux employés à la construction des marchels 
et des levées, étaient des pierres ramassées un peu partout 
à la surface du sol. Elles avaient, en effet, pour la plupart, 
leurs arêtes usées et on ne remarquait nulle part d'excava- 
tions d'où elles auraient pu être extraites. 

Màrchet n° 1 . — Cet énorme marchet, situé à la lisière 
du bois, était constitué par un noyau de terre recouvert 
d'une lourde chape de pierres. Il mesurait 2 m 50 de hauteur 
et environ 18 mètres de diamètre, et avait été élevé sur un 
foyer. 

Celui-ci, rencontré au niveau du sol, presque au centre de 
la périphérie, mesurait 2 mètres de diamètre et formait une 
couche de terre brûlée de m 05 à 0*06 d'épaisseur. On 



— 113 - 

pouvait observer, en certains endroits autour de ce foyer, 
surtout du côté du raidi, que la terre était plus dure que 
partout ailleurs, comme si elle avait été fortement piétinée. 

La chape de pierres présentait une épaisseur de m 80 
à 110. 

Nous n'avons trouvé, dans ce marchet, ni ossements, ni 
débris d'aucune sorte. 

M archets a * 2 et 3. — Situés à environ 250 mètres au 
sud-ouest du précédent, et constitués uniquement de pierres. 

L'un mesurait l m 20 de hauteur sur 8 mètres de diamètre ; 
l'autre n'avait que 1 mètre de hauteur et 6 mètres de diamètre. 
Ils ne contenaient absolument rien. 

Marchet n° 4. — Appartenait au même groupe que les 
deux précédents (n os 2 et 3) et mesurait î m 50 de hauteur et 
12 mètres de diamètre. 

Au centre, reposant sur le sol ancien, était un massif de 
pierres reliées entre elles par de la terre glaise et disposé en 
plan incliné du levant au couchant. Cette construction pré- 
sentait les dimensions suivantes : 

Longueur, 3 mètres. 

Largeur, 2 mètres. 

( au couchant, m 10. 
Hauteur J . 4 ^ mû/v 
{ au levant, m 80. 

On y pouvait observer les traces d'un feu violent et 
continu. 

Cette rampe aboutissait, au levant, à un foyer circulaire 
d'environ 1 mètre de diamètre établi sur une sorte de pave- 
ment fait de morceaux de grès et entouré d'un petit mur de 



— m - 

soutènement de 0"35 de hauteur et de 0*60 d'épaisseur 
construit en moellons de grès joints avec de la terre glaise 
en guise de mortier. 

Nous n'avons trouvé, dans ce marcbet, que des fragments 
d'os d'animaux et quelques tessons d'une poterie grise qui 
parait être belgo-romaine. 

Marghet n° 5. — Même groupe. Ne mesurait que l m 20 
de hauteur sur environ 5 mètres de diamètre et était constitué 
de fragments de grès concassés et offrant à peu près la 
grosseur des pierres employées au rechargement des routes. 

Ces matériaux présentaient une teinte rougeâtre comme 
s'ils avaient subi l'action du feu. D'abondants charbons de 
bois se trouvaient du reste mélangés aux pierres et on eut 
dit qu'un ignorant avait tenté de faire de la chaux avec ces 
grès. 

M archet n° 6. — Même groupe. Était de forme oblongue 
et mesurait 1*20 de hauteur, 9 mètres de longueur et 
6 mètres de largeur. 

Nous n'y avons rencontré que quelques fragments d'os 
d'animaux, une dent de ruminant et un morceau de poterie 
grise. 

M archet n° 7. — Même groupe. Ce marchet,qui présentait 
également une forme oblongue, mais qui avait été bouleversé 
en grande partie, mesurait 2 m 50 de hauteur, 48*30 de 
longueur et 10 mètres de largeur. Il offrait intérieurement 
des dispositions analogues à celles observées dans le marchet 
n* 4 (foyer avec rampe d'accès). 

Nous y avons trouvé un petit morceau de tuile romaine, 



— m — 

des fragments d'os d'animaux et le fond d'un vase belgo- 
romain. 

i n et ¥ levées. — Marchet n° 8. — La première levée, 
qui passe à une centaine de mètres à l'ouest des marchets 
2 et 3 et qui suit à peu près la direction nord-sud, mesure 
actuellement encore 150 mètres de longueur, 40 mètres de 
largeur et O m 80 à 1 mètre de hauteur. Elle est faite de 
pierres dont les dimensions varient à l'infini, sans mélange 
de terre. 

A une époque probablement assez récente, cette levée a 
été exploitée en certains endroits, comme carrière à pavés. 
Vers le milieu, par rapport à la longueur, et faisant corps 
avec elle, était un énorme marchet constitué des mêmes 
matériaux. Celui-ci avait 2 mètres de hauteur et 18 mètres 
de diamètre. Nous y avons trouvé, sur le fond et aussi parmi 
les pierres à différents niveaux, quelques ossements et dents 
d'animaux (cheval, cerf, bœuf, etc..) des morceaux de 
poterie grise belgo-romaine et un éclat de silex ne portant 
aucune retouche. 

La seconde levée, à peu près perpendiculaire à la première 
et orientée, par conséquent, ouest-est, est beaucoup moins 
importante que celle-ci. Elle lui est toutefois identique comme 
composition et mode de construction. 

Marchet n° 9. — Situé à environ 250 mètres à l'est du 
précédent — pour autant, bien entendu, qu'il nous ait été 
possible de nous orienter et de relever des mesures quelque 
peu exactes au travers des fougères et des genêts géants qui 
partout couvraient le sol — le marchet auquel nous donnons 
le n° 9 était formé uniquement de pierres (grès) sans terre. 



— 116 — 

Sa hauteur ne dépassait guère 4 "50, mais son diamètre 
était d'au moins 20 mètres. 

Les pierres présentaient, en général, d'assez fortes dimen- 
sions, et les plus grosses mesuraient m 40 3 . 

Ce marchet, dont rien n'est venu révéler la destination 
première, avait, dans la suite des temps, subi divers avatars : 
c'est ainsi qu'au moyen âge très probablement, on y installa, 
après avoir déblayé préalablement le centre, une sorte de 
bas-fourneau pour la réduction du minerai de fer et que plus 
tard on y ouvrit une carrière comme Ta prouvé la rencontre, 
au milieu des déchets de taille, de plusieurs bornes ébau- 
chées. 

Les fouilles n'ont produit que deux crochets en fer tordus, 
une molaire et des os longs de cheval et de bœuf, fendus 
dans le sens de la longueur pour en extraire la moelle, et 
plusieurs fragments d'une poterie gris-jaunàtre, bien cuite, 
sonore, portant, deci, delà, quelques touches de vernis, 
poterie que Ton peut rapporter au xi% xu* ou xin c siècle. 

L'existence possible de minerai dans les environs immé- 
diats, ou le fait de trouver là le combustible en abondance, 
sont les seules raisons plausibles que l'on puisse donner de 
l'établissement d'un fourneau à fondre le fer en un endroit 
aussi écarté. 

3 e et 4 e LEVÉES. — SUBSTRUCTIONS. — VESTIGES D'UN FOUR 

a chaux. — Nous avons encore reconnu, mais sans pouvoir 
en déterminer exactement la direction ni les dimensions, à 
cause de l'épaisseur du bois, deux autres levées situées à 
l'ouest du groupe des marchels. 



— m - 

Enfin, à environ 200 mètres au sud du même groupe, 
sur le versant (côté du midi) du vallon où coule le ruis- 
seau dil Passe-Brebt, ont été rencontrées des subslructions 
auxquelles il nous a été impossible d'assigner une époque. 

Ce sont les restes d'une construction rectangulaire, com- 
posée d'une place unique mesurant 26 m 80 de longueur du 
levant au couchant et 6 m 60 de largeur. Les murs de cette 
bâtisse rudimentaire étaient en pierres avec de la terre pour 
mortier, et n'avaient de parement que du côté intérieur. 

Dans celte place, vers le levant, à 7 mètres du mur, se 
trouvait un foyer de l m 80 de longueur surO m 90 de largeur, 
garni de pierres d'appui et sous lequel subsistaient encore 
certaines parties d'une aire en terre battue. 

De menus fragments d'os calcinés, dont un teinté d'oxyde 
de cuivre, et une moitié de dent humaine ont été recueillis 
dans le voisinage du foyer. On peut ajouter, à cette maigre 
récolte, deux petits morceaux de fer et un clou, trouvés un 
peu plus loin. 

* * 

Quelle a pu être la destination de cette construction? Faut-il 
y voir les restes d'une habitation ou n'est-ce que l'emplace- 
ment d'un petit ustrinum? 

Nous ne pouvons rien affirmer non plus à cet égard. 

Mentionnons aussi les vestiges d'un four à chaux ren- 
contrés dans le voisinage : c'était une fosse carrée mesurant 
î^âO de côté et 4 m 30 de profondeur, remplie encore, sur 
environ 1 mètre de hauteur, de chaux et de pierres calcaires. 



— 118 — 

Un canal de 2 mètres de longueur et de 0*60 de largeur, 
parlant du niveau du sol et creusé en partie dans le grès, 
aboutissait au fond de l'excavation du côté nord. 

D'après ce que nous avons pu voir, on aurait procédé, 
non pas comme on le fait maintenant, en étendant alterna- 
tivement un lit de combustible et un lit de pierres» mais en 
plaçant du bois non seulement sur le fond mais aussi tout 
le long des parois de la fosse, puis en accumulant les pierres 
au milieu» 

Nous avons retrouvé, en effet, sur le fond et le long des 
parois, une grande quantité de bois carbonisé; c'est là aussi 
que la chaux était la moins imparfaite, tandis qu'au centre 
les pierres se trouvaient à peine entamées. Le fond du canal 
était recouvert également d'une forte couche de cendre et de 
charbon de bois, ce canal servait vraisemblablement à 
allumer le feu au fond du four et à fournir l'air nécessaire à 
la combustion. Au dire des gens du pays, le calcaire 
n'existerait pas à Marchimont, et il faudrait, pour en ren- 
contrer, aller jusqu'au village de Resteigne, ou à Tellin, 
soit à environ trois kilomètres de distance. 

L'examen de la carte géologique confirme pleinement ce 
renseignement. 

Les faits observés à Marchimont peuvent se résumer 
comme suit : 

En un endroit éloigné de toute habitation et perdu dans 
les bois, se voient, groupés, des amoncellements de pierres 
dus à la main de l'homme. 

Ils sont très anciens et remontent à l'époque belgo-romaine 
tout au moins. 



— 119 — 

Quelques-uns recouvrent ou contiennent un foyer. Dans 
d'autres, on ne rencontre que des fragments d'os d'animaux 
et quelques morceaux de poterie éparpillés sur le fond et à 
divers niveaux parmi les pierres. 

D'autres ne renferment absolument rien. 

Presque tous ces amoncellements de pierres ont été 
remaniés postérieurement : 

Dansl'un d'eux on a installé un petit fourneau pour réduire 
le minerai de fer; dans un autre on a essayé de faire de la 
chaux avec les matériaux (tout à fait impropres à cet usage) 
dont il est constitué; ailleurs, enfin, on constate les preuves 
de leur mise en exploitation comme carrières. 

Quelle a pu être la destination de ces amoncellements de 
pierres et quels en furent les constructeurs ? 

De quand datent les foyers qu'on y observe et quelle fut 
leur destination ? 

L'absence, parmi les cendres et les charbons de débris 
d'os humains calcinés, doit-elle faire écarter absolument 
Fidée de bûchers funéraires ? 

Sont-ce des feux allumés pour certaines autres cérémonies? 

L'altitude du lieu (cotes 375 à 380) peut-elle justifier ici 
f hypothèse de feux de signaux ? (i) 



(i) Voici, mais à titre de simple renseignement, les trois principales 
stations du voisinage avec lesquelles Marchimont eût pu communiquer au 
moyen de signaux : 

Au nord, avec la petite forteresse d'Eprave, distante de 9,000 mètres en 
ligne droite. (Annales de la Société archéologique de Namur, t. II, 1851, 
p. 442; t. V, 1857-1*58, p. 28; t. YI1, 1861-1862, pp. 293, 294, 295 et 489; 



— 420 — 

Où chercher enfin les raisons qui ont pu amener l'homme 
à venir établir dans un endroitaussi écarté de toute habitation 
et relativement éloigné des gisements de calcaire, le four à 
chaux dont nous avons retrouvé les vestiges ? 

L'imagination a le champ libre pour tenter d'expliquer 
tout cela ! 

Nous nous en abstiendrons, de crainte d'errer dans le 
domaine des hypothèses et préférant attendre, pour nous 
prononcer, de pouvoir rapprocher de ce que nous avons 
observé ici d'autres faits analogues, mais mieux définis, que 
peul-ètre il nous sera donné dans la suite de rencontrer 
ailleurs. 

Étude des marchets de la forêt de Freyr (1). 

On nous avait signalé l'existence, dans cette forêt, de 
nombreux et grands tumulus construits en pierres et en 
terre ; on nous avait parlé également d'un cimetière immense 
formé de tumulus situé en la forêt de Saint-Michel, qui fait 
suite à celle de Freyr, dans le voisinage immédiat d'un 
rocher dit Falhoth, près des Vieilles forges. 

Un rapport d'expertise, de 1893 (s), faisait mention, à son 



t. Vin, 1863-1864, pp. 231 et 448; t. IX, 1865-1866, p. 455; t. XII, 
1872-1873, p. 124; t. X1H, 1875, p. 522; t. XV, 1881, pp. 309 à 319, et 
t. XIX, 1891, p. 435 ) 

Au nord également, avec la station d'Ave-et-Auffe (groupe de marchets 
de la « Croix-de-Tige »), distante de 8,000 mètres. (/<*., t. XV, 1881, 
p. 321, et t. XXI, 1895, p. 58.) 

Au nord-ouest, avec la station de Pondrôme (groupe de marchets, an 
lieu dit « Tombois »), distante de 13,000 mètres. (/<*., t. 3tXl, le95,p.67.) 

(i) Cette grande et belle forêt au nom suggestif s'étend entre Saint- 
Hubert et les villages de Champion, Tenneville, Lavacherie, Amberloap, 
Tillet, Moircy, Freux et Vesque ville. 

(t) Bulletin de la Société centrale forestière, septembre 1893, 5* livraison. 



— 121 — 

tour, de nombreux tumulus en pïerres brûles connus dans 
le pays sous le nom de marchets et existant à Haseille et 
dans Freyr même, principalement dans les coupes de 1875 
et de 1876 de Freyr Septenlrional : Ce sont, disait le rapport, 
des cônes ronds, pointus, de iÔ mètres environ de diamètre 
et de 2 à 3 mètres de hauteur au centre, en moellons de grès 
amoncelés pêle-mêle sur le sol sans le moindie ordre aux 
abords du tracé qu'a dû suivre la chaussée romaine. 

* 

Nous avions donc là, en apparence du moins, un vaste 
chjmp de recherche que nous ne pouvions négliger et où 
des fouilles s'imposaient. 

Celles-ci v furent exécutées en août 1897, mais leur 
résultat fut absolument nul et il faut aujourd'hui en rabattre 
des marchets et des tumulus de Freyr. 

Six marchets situés dans la foret de Freyr Septentrional, 
au lieu dit Ry Baileux, ont été ouverts sans succès. 

Us mesuraient de 0"80 à 2 m 50 de hauteur sur 8 à 1 mètres 
de diamètre et étaient constitués uniquement de pierres 
ramassées à la surface du sol, sans une poignée de terre. 

4 

Nous n'y avons rien observé, ni ossements, ni débris de 

poterie el nous ne pouvons nous expliquer leur origine. 

Dans Freyr-Royal, plusieurs marchets ont été enlevés il 
y a quelques années pour l'empierrement des roules sans 

que Ton y ait trouvé le moindre objet ni le moindre débris 

quelconque. 

Il existe dans Freyr Méridional de gros tas de pierres, 
mais qui sont l'œuvre de la nature seule. 

Contre la Fange de la hutte y qui touche au Prangeleuœ 



— 122 — 

des Galles, nous avons reconnu, sur une dislance de plus de 
100 mètres, un tronçon de chemin empierré ayant de 7 à 
8 mètres de largeur et présentant tous les caractères des 
roules romaines. 

Enfin, les prétendus lumulus de la forêt de Saint-Michel, 
nu lieu dit Falhoth (dont il y a, du reste, des milliers dans 
Freyr), ne sont, comme l'ont prouvé nos fouilles, que de 
très vieilles souches de grands arbres déracinés par les 
ouragans. 

Fouillvs au pied des t Pierrcs-du- Diable » , à Forrières (i). 

1 Les Pierres -du- Diable, de Forrières, nommées aussi 
Cuvelée-du- Diable (s), qui, actuellement, ne sont plus qu'au 
nombre de six, ont tout une petite littérature (s). 



(i) Province de Luxembourg, arrondissement de Marche, canton de 
Nassogne. 

(t) C'est-à-dire : charge du diable, 

(s) Voir : J.-B. G eu bel, Note sur l "existence de monuments des anciens 
cultes dans la forêt ardennaise. {Annales de la Société pour la conservation 
des monuments historiques et des œuvres d'art dans la province de Luxem- 
bourg, 1. 1", 1847-1848 et 1818-1849, p. 87, et pi I, fig. 2.) - H. Schuer- 
manb, Notice sur les monuments du Limbourg antérieurs au moyen âge. 
(Bulletin des Commissions royales d'art et d'archéologie, première année, 
18C2, p. 90, note 4.) — Daufbesnb de la Chevalerie, Les Antiquités du 
village de Wéris (suite). (Revue catholique de Louvain, mai 1879, p. 14.) 
— B°° de Loê , Étude sur les mégalithes ou monuments de pierres brutes 
existant ou ayant existé sur le territoire de la Belgique actuelle. (Publi- 
cations de la Fédération archéologique et historique de Belgique, 4 e session, 
Charlcroi, 1888, 1. 1, p. 106.) — Ch.-J. Comhaire, Contributions à l'étude 
des monuments mégalithiques. La cuvelée du diable de Forrières. (Bulletin 
delà Société d'anthropologie de Bruxelles, t. VIII, 2« fascicule, 1889-1890, 
p. 167.) — D 1 N. Cloquet, Des Dolmens en Belgique et spécialement des 
dolmens de Wéris et de Forrières. (/<*., t. IX. 1" fascicule, 1890-1891, 
p. 9<t.) — Emile Tandel, Les Communes luxembourgeoises. (Publications 
de l'Institut archéologique du Luxembourg, 1892, t. XXVI des Annotes, 
p. 591.) 



— 125 — 

Elles sont situées à environ 800 mètres de l'église de 
Forrières, vers l'ouest, et occupent la pointe d'une colline 
schisteuse (schistes de Frasnes) appelée Inzomet. 

Ces pierres sont brutes et placées là sans le moindre ordre 
apparent. Ce sont des blocs de grès landenien. 

Le sol sur lequel elles reposent est uni et aucune autre 
pierre semblable ne se voit dans les environs. 

D'après la légende, un trésor, caché sous la plus grosse, 
appartiendra à celui qui la pourra soulever. 

On en comptait encore 17 en 1849, et Geubel, qui a été le 
premier à en parler, nous apprend qu'elles présentaient, à 
celle époque, un assemblage de six dolmens, formant à peu 
près un cercle, composés chacun de trois pierres, Tune 
formant table sur les deux autres. Il ajoute, à la vérité, que 
les tables ont été renversées, il y a longtemps, mais que 
chacune d'elles était encore appuyée contre ses bases (i). 

Depuis lors, le marteau des vandales modernes a poursuivi 
son œuvre de destruction, et onze de ces pierres ont été 
brisées pour en faire des bornes ou pour réparer les chemins. 

* 

Nous y avons fait des fouilles, à la fin du mois d'août de 
4807, mais nous n'avons trouvé, aux alentours des six 
pierres restantes que nous avons dégagées, que deux petits 
morceaux de silex, des fragments d'os et quelques mor- 
ceaux d'une poterie faite au tour et qui parait être belgo- 
romaine. 



(i) Loc^cit., p. 88. 



— 124 — 



Voici les dimensions de ces blocs 



I. Longueur 








i m 90 


Largeur. 
Épaisseur . 








O m j5 


II. Longueur 
Largeur. 
Épaisseur . 








J m 60 
0"90 
0-50 


III. Longueur 
Largeur 
Épaisseur . 








m 75 
(T75 
m 40 


IV. Longueur , 








4 m 75 


Largeur 
Épaisseur . 








l m 20 
O m 70 


V. Longueur . 
Largeur. . 
Épaisseur , 








1 m 80 
1 m 00 
O m 7Q 


VI. Longueur 








l m 50 


Largeur. 








i m 55 


Épaisseur 








0°75 



— O m 80 



— l m 6?J 



— 1 m 50 



Recherches à Remplacement dun cimetière à incinération 
du premier âge du fer, à Contich (i). 

M. l'avocat Bernavs, d'Anvers, nous écrivait le 
1" février 1898 que, d'après les renseignements de M. Truyls, 
industriel à Conlich, on avait découvert Tannée précédente, 



(i) Province d'Anvers, arrondissement et canton d'Anvers. 



— 125 — 

sur le territoire de celle commune, en plantant un bois près 
du hameau de Duffelschenhocck, une cinquantaine d'urnes 
cinéraires qui furent toutes brisées et dont quelques-unes 
contenaient des vases plus petits suivant une pratique des 
Belges d'avant l'invasion romaine. Ces urnes étaient déposées 
en pleine terre, à environ m 6O de profondeur. 

* 

Nous nous rendîmes sur les lieux (i) le 8 février, accom- 
pagné de M. Bernays, de M. Truyts et du sieur Jef Verbeek, 
journalier à Gontich, qui avait dirigé les travaux de plan- 
tation, et nous pûmes encore recueillir, épars sur le terrain, 
de nombreux fragments de vases en terre assez grossière, 
faits sans l'aide du lonr, des débris d'ossements humains 
calcinés et les morceaux d'un vase minuscule qui a pu être 
reconstitué. 

Ce petit vase mesure 0.058 de hauteur, 0.147 de circon- 
férence à la panse et 0.042 de diamètre d'ouverture. 

Il est en terre grossière de couleur brune, chocolat, el 
façonné uniquement à la main. 

Étant retourné au Duffelschenhoeck le 4 mai suivant, en 
compagnie de M. le baron Alfred de Vinck de Winnezeele, 
propriétaire du terrain, et de M. Donnel, nous fîmes ouvrir 
des tranchées d'exploration dans les parcelles voisines du 
bois, mais sans résultat. 



(i) L'endroit en question est situé à 2,150 mètres sud-est de l'église de 
Contich. 



— 126 — 

Ayant poursuivi nos recherches dans le bois même et Tait 
creuser en un point où Ton remarquait encore, à la surface, 
quelques débris de poterie, nous avons découvert un bon 
nombre de tessons se rapportant à un même vase d'assez 
grande dimension. 

Il y avait donc bien là un lieu de sépulture. 

Toutefois les Belges avaient eu déjà des prédécesseurs en 
cet endroit, car nous y avons récollé, çà et là, divers silex 
taillés, notamment un grattoir bien caractérisé. 

L'absence de débris romains, le mode de sépulture, la 
nature des poteries et cette pratique de déposer des vases 
minuscules a l'intérieur des urnes cinéraires, nous autorisent 
à faire remonter ces tombes au premier âge du fer ou époque 
Hallstattienne. 

La découverte de ce cimetière vient aussi atténuer un peu 
la stérilité, plus apparente que réelle, d'une province, où, 
au prix d'un léger effort, il y aurait certainement à faire des 
trouvailles aussi nombreuses que partout ailleurs. 

Fouille d'un foyer paléolithique à Ottenbourg (i). 

M. Louis De Pauw avait observé, en un point du territoire 
de cette commune, les vestiges d'un foyer très ancien. Il 
nous fit part de celle découverte et nous résolûmes d'un 
commun accord d'y pratiquer immédialemenl des fouilles. 

Celles-ci eurent lieu le 19 octobre 1899. 



(4) Province de Brabant, arrondissement et canton de Louvain. 



— 127 — 

Les vestiges de ce foyer, qui mesuraient à peu près 1*50 
de diamètre, étaient visibles en coupe à m 80 de profondeur 
dans une berge de l m 75 de hauteur, exposée au midi et 
située vers la partie supérieure d'un petit ravin, à environ 
1,730 mètres à Test de l'église d'Ottenbourg. 

COUPE OU TERRAIN. 

Humus et sable m 40 

Limon non stratifié, homogène, poussiéreux, 
friable, d'origine éolienne (Brabantien). . . . œ 60 
Couche charbonneuse de m 05 d'épaisseur. 
Sable bruxellien calcarifère ...... ra 75 

l ra 75 

Les fouilles ne mirent au jour que des charbons mélangés 
de terre, mais dans les environs immédiats, et au même 
niveau que le foyer, furent trouvés antérieurement de nom- 
breux silex taillés appartenant à l'industrie éburnéenne (i). 

Fouilles au « Cro-du-Charnier » à Solutré (a). 

En 1899, profitant de notre séjour à Maçon, où se tenait 
cette année-là le congrès archéologique de France, nous 
avons pratiqué, du 46 au 19 juin, quelques fouilles à Solutré 
sans autre prétention que celle d'y recueillir nous-mêmes du 
tout venant bien en place. 

* 
* * 



(i) Troisième période glaciaire quaternaire de l'Europe centrale, 
deuxième phase contemporaine de la fin de l'époque du Mammouth 
(Rotot). 

(») Département de Saône -et-Loxre. 



— 128 — 

Une tranchée de 8 mètres de longueur, de 2 mètres de 
largeur et d'environ l m 75 de profondeur, creusée en un 
des rares endroits non encore bouleversés du gisemenl 
classique, nous a donné en assez grande abondance des 
ossements d'animaux (cheval, renne, bœuf, etc.); des 
débris de repas (os fendus); des silex taillés (éclats détaille 
obtenus par débitage intentionnel avec trace du plan de 
frappe, bulbe et esquillement de percussion ; éclats de taille 
irréguliers ou en forme de lames utilisés le long des bords; 
grattoirs allongés; lames-grattoirs; poinçons, etc..) et une 
canine de loup (canis lupus) percée à la racine d'un trou de 
suspension. 

Cette industrie ressemble donc beaucoup, dans son ensemble, 
à celle des couches supérieures de nos cavernes (i). 



si 



* 



D'autre part, l'exploration de la terrasse d'une petite 
grotte s'ouvrant à mi-hauteur dans le flanc du rocher domi- 
nant le gisement préhistorique, a amené la trouvaille, à 
4 m 20 de profondeur, d'une sépulture en dalles brutes ren- 
fermant un squelette très bien conservé, sans mobilier et 
les pieds tournés vers le nord. 

Dans la tombe même, et au-dessus des dalles qui en 
formaient la couverture, étaient des fragments de tegulœ et 
des morceaux de poteries romaines et barbares aux cassures 
fortement usées, le tout très remanié et mélangé à la terre. 



* * 



(\) Quatrième périodo glaciaire quaternaire de l'Europe centrale, pre- 
mière phase. Époque flandrienne (Rutot). Industrie tarandienne (Piette 1 . 



— 129 - 

L'âge précis de celle sépulture est difficile à déterminer. 
Elle nous parait pouvoir être franque ou burgonde, mais le 
docteur Jacques, qui a étudié le crâne en provenant, ne 
reconnaît pas chez celui-ci les caractères propres au type 
germanique 

« La pièce qui nous est présentée, dit-il, n'est certai- 
nement pas une pièce quaternaire. En faisant même 
abstraction des conditions de gisement qui ont été relevées 
si soigneusement, l'étal de conservation des os suffirait seul 
à faire rejeter celle hypothèse. La seule chose que nous 
puissions dire, c'est que ce crâne est postérieur à l'époque 
romaine. Et cependant il présente dans ses caractères, à 
côté de différences notables, des analogies frappantes avec 
d'autres pièces de Solutré que l'on décrit comme quater- 
naires. . . 

• Quant à rapprocher ce crâne du type germanique (bur- 
gonde), il me sérail bien difficile de le faire : l'élévation de 
l'indice céphalique, la largeur et le peu de hauteur de la 
face, les mesures du nez et des orbites me paraissent s'y 
opposer d'une façon absolue. 

» Je ne voudrais tirer aucune autre conclusion de cel exa- 
men, car la seule hypothèse que j'oserais émettre, me por- 
terait à supposer que si les crânes de Solutré, décrits par de 
Quatrefages et Hamy, sont bien quaternaires, les débris de 
celte race ont encore vécu longtemps dans le pays, et qu'à 
Solaire, comme presque partout ailleurs, les invasions suc- 
cessives d'éléments ethniques étrangers ne sont pas parvenues 
à détruire complètement les populations autochtones dont 
les caractères réapparaissent jusqu'à l'époque moderne. Mais 
pour affirmer cette hypolhèse, il faudrait des éléments basés 



— 130 — 

sur une étude complète des populations actuelles, et ces 
éléments je ne les possède pas » (t). 

Ajoutons, de notre côté, qu'en employant le terme sépul- 
ture franqueou burgonde, nous n'avons pas entendu désigner 
la tombe d'un individu appartenant absolument à la race 
franque ou burgonde, mais simplement une sépulture datant 
de l'époque de la domination de ces barbares sur le pays, 
cette sépulture ne renferma-t-elle que les restes d'un autoch- 
tone. 

Fouilles au « Trou des Sottais » à La Reid (î). 

En 1899 également, M. le docteur Tihon a pratiqué des 
fouilles dans la terrasse d'une cavité appelée Le Trou des 
Sottais, située près du hameau de Hestroumont, commune 
de La Reid. 

Il y a rencontré, à une assez grande profondeur, sous une 
couche tufacée de m 33 d'épaisseur, les traces d'un foyer, 
et parmi la terre brûlée, quelques débris de ferrailles indé- 
terminables et un morceau de houille. 

Le fait de la trouvaille d'un morceau de charbon de terre 
dans ces conditions de gisement est fort intéressant et mène 
à la conclusion suivante : ou bien le dépôt tufacé qui recou- 
vrait le foyer est moins ancien qu'on pourrait le croire et 
s'est formé rapidement, ou bien la date généralement admise 



(0 Bulletin de la Société d'anthropologie de Bruxelles, t. XVI H 
1899-1900, p. XCIX. 
(«) Province de Liège, arrondissement de Verriers, canton de Spa. 



— 131 — 

de la découverte et de l'emploi de la houille au pays de Liège 
(le milieu du xr siècle, croyons-nous) doit èlrc reculée. 

Le docteur Tihon avait, du reste, rencontré antérieure- 
ment à Burdinne (également dans la province de Liège), un 
fragment de charbon de terre dans des subslructions belgo- 
romaines qui semblaient n'avoir point subi de remaniements 
postérieurs. 

Fouilles dans la grotte de Hohière ou grotte d Aisne, 

à Heyd (i). 

Une tranchée large et profonde ouverte par le docteur 
Tihon dans les dépôts meubles de cette grotte, a révélé la 
présence, au sein de ceux-ci, de deux foyers superposés 
d'âge différent. 

Le premier, en commençant par le haut, était très consi- 
dérable et datait de l'époque belgo-romaine. On y a recueilli 
des morceaux de vases faits au tour et une mâchoire 
humaine («). 

Le second, moins étendu et moins épais, était pré-romain. 
Il a donné de nombreux fragments de poteries grossières 
quoique bien lissées, non faites au tour, de couleur brun- 
rougeàlre, ornementées de séries de lignes ou de stries 
parallèles très rapprochées les unes des autres, se coupant 



(1) Province de Luxembourg, arrondissement de Marche, canton de 
Durbuy. 

(t) Mandibule d'enfant, deuxième dentition, pas de troisièmes molaires, 
cuspides à peine entamées. (Houzé, Bulletin de la Société d'anthropologie 
de Bruxelles, t. XVII, quatrième fascicule, 1898-1893, p. 369.) 



— 13a — 

€D tout sens et tracées légèrement en creux, sur la pâle 
molle, au moyen d'un instrument qui devait être une sorte 
de peigne. 

Ces tessons mesurent de O m OIO à m 013 d'épaisseur et 
semblent provenir de deux ou trois vases différents. Nous 
n'hésitons pas à les rapporter à l'âge du fer (i). Le docteur 
tihon a trouvé aussi, à ce niveau, associés aux fragments 
de poteries dont il vient d'être question, une fusaïole ou 
volant de fuseau fait de la même terre que ceux-ci. 

Fouilles à Goflbntaine. 

Enfin les fouilles pratiquées à Goflbntaine, hameau de la 
commune de Cornesse (*), en une cavité voisine de la grotte 
étudiée jadis par l'illustre Schmerling, n'ont donné, au point 
de vue archéologique et ethnographique, aucun résultat. 

Le docteur Tihon y a fait, par contre, d'intéressantes 
constatations d'ordre géologique. 

* * 

Adressons ici, à M. Louis Cavens, l'expression de notre 
vive gratitude pour son généreux concours et remercions 
également M. le Bourgmestre de Hampteau, M. A. Dubois, 
directeur des forêts à Bruxelles; M. Houba, inspecteur des 
Eaux et Forêts, à Marche; M. Alfred Bequet, président de 
la Société archéologique de Namur; M. Ed. Bernays, avocat 



(0 Nous avons remarqué, en 1900, au musée de Nîmes (Maison Carrée 
des fragments semblables et ornés de même façon, provenant de l'oppidum 
de Nages (Gard). 

(*) Province de Liège, arrondissement de Verviers, caaton de Spa. 



— 155 — 

à Anvers; M. Charles Truyls, industriel à Conlich; M. le 
sénateur Baron Alfred de Vinck de Winnezeele et l'admi- 
nistration communale de Resteigne des autorisations et des 
obligeants renseignements qu'ils ont bien voulu nous donner. 

Bruxelles, avril 1905. 

B on Alfred de Loë. 



*"*: 






•■m/?* 



., ~"">* 



/ * 



/ 



[MISSION ROYALE DES MONUMENTS, 



ÉSUMÉ DES PROCÈS-VERBAUX. 



SEANCES 
es 2, 9, 16, 23 et 30 mai; des 6, 13, 20 et 27 juin 1903. 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

avis favorables ont été émis sur : 

,a proposition de confier à M. Maillard la restau- ^u M 
de deux tableaux que possède l'église de Minderhoul Vue?« ." 
•s), sous la réserve que ce travail s'exécutera sous la 
>n d'un membre du Comité provincial des corres- 
ils, dans le local du musée d'Anvers; 
•e projet relatif à la décoration de l'église de Heusy g„ liM 
)• Au cours des travaux, l'auteur, M. Meunier, devra DiorïîS. 
la petite frise ornementée contre les chaînages des 
3, sans empiéter sur ceux-ci. Pour la réfection des 
es et enduits, on peut adopter indifféremment le 
ou l'asphalte recouvert d'un plâtrage ordinaire; 



— 136 — 



<t« Bleguj. 
Décoration. 



Btf» 



iM 



de Houcke. 
Décoration. 



Églhe d'Alkea 
Vitrail. 



tfgl iM de 

Siinl-JacquM, 

a Anvers. 

Verrière. 



Église de 

Cambrnn-Cfttteau 

Vitraux. 



Église 

de G boy. 

Vitraux. 



Église 

d'AUcmberg. 

Vitraux. 



3° Le projet relatif à l'exécution de peintures décoratives 
dans l'église de Blégny, sous Trembleur (Liège), sous les 
réserves suivantes, qui ont été communiquées verbalement 
à l'auteur, M. Tassin : a) un rusticage sera substitué aux 
losanges pour le fond des murs; b) la partie de l'architecture 
construite en pierre de taille se raccordera d'une façon 
modérée à la décoration générale par quelques points de 
couleur; c) les encadrements des figures seront revus. Il 
doit être entendu que l'auteur fera d'abord un échantillon 
de la décoration sur une travée de l'édifice. La Commission 
le fera examiner par des délégués avant que l'œuvre entière 
ne soit poursuivie; 

4° Le projet concernant l'exécution de peintures décora- 
tives dans l'église de Houcke (Flandre occidentale); auteur, 
M. Goelhals; 

5° Le projet d'un vitrail peint destiné à la fenêtre 
centrale de l'abside de l'église d'Alken (Limbourg); auteur, 
M. Ladon; 

6° Le projet relatif au placement d'une verrière dans le 
pourtour du chœur de l'église de Saint-Jacques, à Anvers; 
auteur, M. Ladon; 

7° Le projet relatif au placement de vitraux peints dans 
l'église de Cambron-Casteau (Hainaut); auteur, M. Ladon; 

8° Le projet de vitraux à placer dans l'église de Ghoy 
(Hainaut); auteur, M. Casier; 

9° Les dessins de vitraux à placer dans le chœur de 
l'église d'Alsemberg (Brabanl), à la condition qu'il sera tenu 
compte des observations fartes par le Comité diocésain des 
monuments et de celles que M. le chanoine Reusens a 
communiquées verbalement à M. Uobbelaere, notamment 



( 



ot-Rombeut, 
k MaliQes. 
Monument 
funéraire. 



— 137 — 

en ce qui concerne le remplacement de certains patrons 
qui n'existent pas, tels que Sainle-Célestine, par exemple, à 
laquelle il faudra substituer Saint- Céleslin, etc.; 
10° Le projet relatif à l'exécution d'une statue pour le egti» 

1 • 'de Noire-Dame, 

portail sud-ouest de l'église de Notre-Dame, à Huy (Liège); J^ 

41° Le projet d'un monument à ériger à la mémoire de ^.^J^ 
feu Son Éminence le Cardinal Deschamps, dans l'église de 
Saint-Rombaul, à Malines (Anvers), moyennant qu'au cours 
de l'exécution on ne place pas Saint-Alphonse sur un socle. 
Si l'auteur, M. Van Wint, cherche à le faire dominer, il 
obtiendra mieux ce résultat en augmentant les proportions 
de la statue. Il conviendra aussi de revoir la partie archi- 
tecturale du monument projeté; 

13° Le projet relatif au placement d'un chemin de la fruie 

r * r «THevilleri. 

croix dans l'église d'Hévillers (Brabant); sculpteur, M. De de c £ e £ 'î x . 
Beule; 

13° Le projet relatif à l'exécution d'un chemin de la croix t%\\%* 

1 * de Saint-Pierre, 

pour l'église de Saint-Pierre, à Louvain (Brabant) ; sculpteur, à cE2Jj l B - 
M. Van Wint; de,acroix ' 

14° Le projet concernant le placement de deux statues mm *• pii 

r * r d'Anderlecht. 

dans la salle d'audience de la justice de paix d'Anderlecht; 8taluef ' 
sculpteur, M. Dekeyser; 

J5° Le projet relatif à l'érection, à Molenbeek-Saint-Jean noo..m«ot 

eommémoraUf 

(Brabant), d'un monument commémoratif des installations ^JSSSJ" 
maritimes. Au cours de l'exécution, l'auteur, M. De Wever, *s£n£w~ 
devra accuser franchement l'encadrement du bas-relief du 
piédestal. Il est entendu que l'approbation ne s'applique pas 
au dessin de la grille destinée à proléger le monument, 
laquelle sera exécutée plus tard. Elle devra faire l'objet 
d'une autre étude conçue pour que ce travail soit exécuté 



— 138 — 

en fer forgé et non en fonte, celte dernière matière étant 
trop fragile. 

dcw&mtue ~" a été procédé, le 28 avril 1903, en l'église de 
»«»(£? Weslmalle, de concert avec MM. le chanoine Van Casier 
et Donnet, membres du Comité des correspondants de la 
province d'Anvers, à l'examen des restes de peintures 
murales que les récents travaux d'agrandissement ont rendu 
au jour. 

Ces vestiges, qui s'aperçoivent sur les six piliers de la nef 
médiane, représentent des Apôtres. 

Les couleurs et les dessins en sont vagues, il est vrai, 
mais après les avoir ravivés à l'aide d'un frottage à l'huile, 
on reconnaît le motif de la composition. 

Il ne serait pas difficile de prendre des calques coloriés 
de ces peintures, puis de tenter de les reconstituer en bor- 
nant, avec circonspection, un essai à une seule effigie. 

Si une réussite couronnait les efforts de l'artiste, on 

pourrait poursuivre la restitution et même compléter la 

série des Saints sur les six autres colonnes nouvelles 

comprises dans la partie agrandie du temple. 

ËKiite — Il a été procédé, le 50 avril 1903, dans l'église de 

de Nreroeteren. . 

mu!?!? Neeroeteren, a 1 examen de la peinture du Jugement dernier, 
sur le tympan de l'arc triomphal, d'après les dispositions 
générales du calque relevé à ce même endroit. 

M. Van Neuss, membre du Comité des correspondants 
du Limbourg, assistait à cet examen. 

Le résultat obtenu est satisfaisant. Toutefois, il y aura 
lieu de supprimer l'appareil de pierres peint, si peu accentué 
soil-il, qui forme le fond de cette composition. 

Les fleurages qui ornent la voûte et qui donnent à l'église 



— 139 — 



ud aspect à la fois monumental et élégant, sont bien réussis 
et comme dessin et comme coloris. 

On pourra essayer de décorer, suivant les propositions 
de l'artiste, l'un des panneaux du chœur. 

On peut aussi, à titre d'essai, peindre un des panneaux 
des cinq mystères joyeux sur le fond du transept. De même, 
il convient de dessiner et de colorier le second des deux 
prophètes, dont l'un a été retrouvé sous le badigeon d'une 
travée de la grande nef. Tous ces travaux seront examinés 
en même temps par la Commission royale dès qu'ils seront 
achevés. 

— L'examen auquel il a été procédé, le 6 mai 1903, de 
douze vitraux, de trois autels et d'une chaire placés dans 
l'église de Fontaine- Valmont (Hainaut) a démontré que ces 
œuvres sont convenablement exécutées et qu'il y a lieu, 
pour le Département de l'Agriculture, de liquider le subside 
de fr. 1,890-83, promis sur les crédits des Beaux-Arts, en 
vue de ce travail. 

— A la demande de M. le curé de la paroisse, il a été 
procédé, le 30 avril 1903, à l'examen sur place des peintures 
murales à exécuter derrière les autels latéraux et au-dessus 
de la porte d'entrée de la nouvelle église de Grimde, sous 
Tirlemont (Brabant). 

A cette occasion, examen a été fait des peintures exécu- 
tées dans le chœur de l'église et de la représentation du 
Jugement dernier qui orne déjà le tympan au-dessus de l'arc 
triomphal. 

En ce qui concerne les peintures du chœur, l'artiste n'a 
pas tenu suffisamment compte des observations rappelées 
dans le rapport du 4 octobre 1901. Le Collège croit néceS- 



ÉgK* 

d« Foniaioe- 

Valmont. 

VilTMX 

et meuble*. 



Éfflitt 

de Grinitle. 

Peinture» 

morales. 



— 140 — 

saire d'insister sur ces critiques, qui peuvent être appliquées 
aussi aux peintures de l'arc triomphal. 

L'aspect général du Jugement dernier n'est pas satisfaisant. 
Les tons en sont trop crus et si certaines figures comme 
celle se trouvant à la droite du Christ, au bord de la compo- 
sition, ne sont pas dénuées de talent, il faut constater d'autre 
part que le fond noir sur lequel se détachent les sujets peints 
à gauche du Christ est trop dur et fait tache dans l'ensemble. 

L'artiste a d'ailleurs fait erreur en faisant dépendre une 
partie de sa composition de celle de la fenêtre centrale 
percée au-dessus de l'arc triomphal. 

La Commission est d'avis qu'avant de continuer l'œuvre 
de la décoration picturale de l'église de Grimde, il convient 
de chercher à améliorer les peintures faites jusqu'à ce jour, 
dût l'artiste être payé pour la peinture de ces quelques 
parties de l'église, comme si son travail s'était étendu à 
toute la décoration de toute l'église. 

Cette expérience prouve une fois de plus qu'il est impos- 
sible de bien décorer un monument à trop bon compte. 
Hôtei de Tiue — Ha été procédé, le 26 mai 1903, à l'examen des 

de 

su** m °dèles, mis en place, des nouvelles stalues destinées à la 
décoration de la façade ouest de l'hôtel de ville de Louvain. 

MM. Hanon de Louvet, Langerock et Van Even, membres 
du Comité des correspondants du Brabanl, assistaient à cet 
examen. 

L'ensemble de ce travail décoratif est satisfaisant. On 
voudrait toutefois voir donner aux statues représentant des 
personnages anciens un cachet plus gothique se rapprochant 
mieux des types en usage au temps où l'édifice a été érigé ; 
les barbes surtout laissent à désirer sous ce rapport. 



— Ui — 

L'attention des artistes, MM. Vermeylen et Van Uytvanck, 
a été aussi appelée : 

1° Sur les figures de la quatrième rangée vers le haut de 
la tourelle à droite du spectateur, dont les proportions 
devraient être légèrement réduites; les têtes se rapprochent 
trop des dais qui les abritent ; 

2° Sur la figure de prophète, à l'angle de la tourelle, à 
gauche du spectateur, dont la main droite devrait être rap- 
prochée du buste en vue d'éviter une prompte destruction 
de ce membre ; 

3° Sur la statue représentant le Roi Léopold II : le par- 
chemin qu'elle tient à la main droite devrait être raccourci 
ou légèrement roulé; ce parchemin semble donner au bras 
une longueur exagérée qu'il n'a pas en réalité; 

4° Sur la convenance de grouper, lors du placement 
définitif, les statues représentant des souverains d'époques 
relativement récentes; 

5° Sur l'utilité de reculer, en général, les figures un peu 
plus vers le fond des niches. 

Sous réserve qu'il sera tenu compte des recommandations 
qui précèdent, on peut autoriser l'exécution définitive des 
statues précitées. 

— Lors d'une inspection faite à Gand, le (3 mai 1903, HAuideviiu 

de 

il a été procédé à l'examen des statues posées définitivement ££ 
dans les niches de la façade principale de l'hôtel de ville. 

Tout en reconnaissant que ces œuvres sont bien traitées 
au point de vue sculptural, on y a constaté le désaccord qui 
se manifeste entre les plinthes des statues et la forme du 
piédestal qui les supporte ainsi que le volume exagéré de la 
plupart d'entre elles. 



Dans la poursuite du développement du programme qui 
lui a été tracé, des autres sujets à représenter» il importera 
que, s'unfssant à l'architecte, M. Dillens harmonise les formes 
des socles des statues avec leurs supports et leurs niches. 
Les proportions des statues doivent être telles qu'elles 
continuent les lignes de l'architecture et qu'elles complètent 
celles-ci sans les contrarier. 

D'autre part, il est indispensable que les modèles grandeur 
d'exécution soient présentés sur place avant l'exécution défi- 
nitive. 
ÉfHM — Il a été procédé, le 4 juin 1903, à l'examen des sculp- 

de Noire-Dame, . , . .. . „ ,. _ 

su"™' tures u l y m P an « u K 1 ^ 11 ^ portail de 1 église de Notre- 
Dame, à Anvers, des statues du même portail et de celles 
du portail nord. 

MM. Bilmeyer, Smekens et Van Leemputten, membres 
du Comité des correspondants de la province d'Anvers, 
assistaient à cet examen. 

Ces importantes compositions, dues à M. J.-B. Van Wint, 
constituent des œuvres d'une réelle et grande valeur. Leur 
exécution n'est pas moins remarquable que leur conception. 
On y retrouve complètement les traditions et les qualités 
artistiques qui distinguaient les œuvres de ce genre à 
l'époque où a été érigé l'édifice. Ce travail décoratif est, à 
tous les points de vue, digne du magnifique monument qu'il 
est appelé à compléter. 

S'il y a lieu de féliciter vivement l'auteur de cette vaste et 
belle conception, il convient aussi de louer le Bureau des 
Marguilliers et le Conseil de fabrique qui en ont pris 
l'initiative et qui, par leur persévérance, ont su la mener 
à bonne fin. 



- 4*3 



CONSTRUCTIONS CIVILES, 

La Commission a émis an avis favorable sur le projet Jjgjgg* j 

relatif au dégagement de l'ancienne boucherie d*Ànvers. d ' AnTcM - 
L'attention de l'Administration communale a été appelée sur 
l'importance donnée aux tourelles des maisons bordant le 
nouvel alignement proposé. Le Collège craint la concurrence 
de ces tourelles avec celles de la boucherie. 

— Pour se prononcer sur le projet de la restauration des contertaioire 

■ ■ » de musique 

façades du Conservatoire de musique de Gand, la Commis- 6 aod. 
sion a jugé utile de le faire examiner sur place. 

Il résulte de cette constatation, qui a eu lieu le 13 mai 
1903, de concert avec MM. Serrure, De Ceuleneer et Van 
der Haegen, membres du Comité des correspondants de la 
Flandre orientale, que les travaux, qui sont à leur début, 
s'effectuent de façon satisfaisante et que l'architecte prend à 
tâche de restituer au monument son aspect primitif d'après 
les indices trouvés dans les maçonneries. 

Le projet prévoit le rétablissement des deux lucarnes, 
xvi # siècle, qui faisaient partie intégrante de la décoration. 
Elles sont empruntées au type, d'un gracieux caractère, qui 
surmonte la maison conliguë, rue Haut-Port, occupée par 
un café. 

M. l'architecte Van Rysselberghe devra être invité, au 
cours des travaux, à réduire un peu les dimensions de ces 
lucarnes. L'effet général du bâtiment s'en trouvera bien. 

— Il a été procédé sur place, le 8 juin 190.1, à l'examen Mit de jutie* 
du projet relatif à des modifications demandées dans la distri- 
bution de certains locaux du Palais de Justice de Liège, 



— 144 - 

afin de satisfaire à des nécessités signalées par les magis- 
trats. 

MM. Lohest, Jamar et Renier, membres du Comité pro- 
vincial des correspondants, assistaient à cet examen. 

Si les travaux projetés ne comportaient que des remanie- 
ments intérieurs, il n'y aurait aucun inconvénient à en 
autoriser l'exécution, bien que la distribution des bureaux 
ne soit pas irréprochable. Mais l'installation nouvelle devant 
nécessiter le percement de fenêtres vers la deuxième cour 
du palais, il en résulterait une modification très sensible 
dans la disposition de la façade intérieure, laquelle modifi- 
cation ferait un tort considérable à l'aspect de l'architecture 
très simple et très austère de la cour. Une modification aussi 
importante de cette belle partie du palais ne semblerait 
pouvoir être tolérée qu'au cas où l'on ne pourrait absolument 
l'éviter. 

Il est question, depuis un certain temps déjà, de construire 
de nouveaux et vastes locaux dans la troisième cour du 
palais. S'il est donné suite à ce projet, dont les études sont 
en cours, on pourra y réserver des emplacements pour les 
services que Ton se propose d'installer aujourd'hui dans le 
couloir donnant sur la deuxième cour; ce couloir servira 
alors à la bibliothèque des avocats, pour laquelle les jours 
actuels seront suffisants, tandis qu'ils ne le seraient point 
pour des bureaux. 

On ne peut donc qu'engager les autorités intéressées a 
ajourner les remaniements proposés aujourd'hui. 

Ancienne — En vue de répondre à la dépèche de M. le Ministre de 

d C *Toûra.i. l'Agriculture, en date du 25 avril 1905, la Commission a 

fait procéder à l'inspection des vestiges de l'ancienne 



- H8 - 

eweinte de la ville 4e Tournai située le long de la petite 
rivière, eptre l'Escaut el la porte de Marvis. 

M. le Goqvemeur de la province du Ifainaut, président, 
et MM. Soil, Sonneville et Devillers, membres du Comité 
des correspondants, assistaient à cette inspection. 

L'État a fait cession à la ville de ces restes des fortifi- 
cations. 

En ce qui concerne la partie de ces remparts qui s'étend 
devant la caserne de cavalerie, l'Administration communale, 
avant d'en accepter la remise, sollicite de l'État une partici- 
pation de moitié au moins dans les frais de consolidation, de 
restauration et de clôture qu'entraîneront les travaux exigés 
par l'autorité militaire et dont le devis s'élève à la somme de 
fr. 12,266-31. 

Examiné attentivement sur place, le projet de consoli- 
dation présenté n'a soulevé aucune observation. Il ne com- 
porte d'ailleurs que le strict nécessaire pour assurer la 
conservation de ces vestiges qui remontent au xin° siècle. 

Si, en 1891, se basant sur des considérations hygiéniques 
que faisait valoir le Département de la Guerre, on avait cru 
pouvoir abandonner l'idée de conserver la partie des rem- 
parts située à proximité de la caserne, il semble que l'on est 
d'accord aujourd'hui pour reconnaître que les conditions 
d'hygiène seront singulièrement améliorées lorsque Ton aura 
exécuté les travaux projetés, lesquels, entre autres, ont pour 
but de ramener le rempart à sa hauteur primitive par 
l'enlèvement de la partie supérieure de courtine ajoutée à 
une époque beaucoup postérieure à la construction, peut-être 
à l'approche d'un siège, si l'on en juge par sa construction 
très médiocre. 



D'autre part, si l'intérêt archéologique dé ces vestige* 
n'est pas de premier ordre, il n'feii ' 'ètft pas moïtis vraïqt» 
les constructions de ce genre el de cette époque sont extrê- 
mement rares dans notre pays; l'intérêt historique qui s'y 
rattache a aussi son importance, sans compter que le carac- 
tère pittoresque joue ici un rôle manifeste. Vue du boulevard, 
la ville se présente, au delà des fortifications, pour ainsi dire 
sous l'aspect qu'elle avait au moyen âge. Examinées oblique- 
ment, du côté de l'Escaut, les tours de Marvis, si pittoresques 
et encore complètes avec leurs courtines, donnent, aujour- 
d'hui encore, l'illusion d'une enceinte continue. 

Ces considérations militent en faveur de la conservation 
Intacte de ce qui subsiste de ce spécimen d'enceinte primi- 
tive, laquelle, du reste, donne une idée exacte du système 
de défense de la ville à cette époque. Aussi, ne peut-on 
qu'engager l'État à faire le léger sacrifice financier qui lui 
est demandé pour atteindre le but, éminemment louable, 
'que l'autorité locale a en vue. 
Manoir d'Henou. — Les ruines de l'ancien manoir d'Herzele ont fait l'objet 
d'une inspection, le 2 juin 1903, de concert avec MM. De 
Waele et Van Biesbroeck, membres du Comité des corres- 
pondants de la Flandre orientale. 

Le monument dont il s'agit constitue un type de construc- 
tion féodale des plus intéressants dont il reste peu d'exemples 
dans notre pays. L'enceinte est complète; elle était baignée, 
sur tout son pourtour, par l'eau des fossés; la grande tour 
cylindrique, la partie la plus importante de ce qui subsiste 
du cftqlpau, plonge encore aujourd'hui partiellement dans 
l'eau. 

Il n'çpl pas surprenant qu'un artiste de talent, tel que 



— 447 — 

M. î)e Waele, ail été séduit par la vue de ces restes où l'on 
retrouve toute la disposition primitive de la forteresse et 
qu'il ail été amené à proposer de rendre à la lumière des 
documents qui intéressent sérieusement les études de 
l'architecture féodale. 

Ajoutons que le manoir d'Herzele se trouve dans une 
situation réellement ravissante; c'est un des plus beaux 
sites des Flandres. 

La vue du château, publiée par Sanderus en 1735, nous 
fait voir qu'Herzele était déjà en ruines à cette époque; seule 
la grosse tour cylindrique avec ses mâchicoulis et sa couver- 
ture en cône ainsi que le corps de bâtiment adjacent étaient 
encore intacts. 

Sans doute, on ne peut songer à reconstituer, même 
partiellement, le manoir. Tout ce que Ton pourrait faire, ce 
serait de chercher à maintenir, dans leur situation actuelle, 
les parties en élévation qui ont conservé leur belle et puis- 
sante allure en bouchant par un bétonnage et des coulis de 
ciment les brèches supérieures des murailles par où les 
eaux s'introduisent et disloquent les maçonneries et en 
gazounanl ensuite le sommet de celles-ci. 

On pourrait peut-être, comme complément, déblayer les 
fossés pour remettre en évidence la configuration du manoir; 
ensuite, y faire revenir l'eau. Dans ce cas, il serait peut-être 
nécessaire de relever un peu certains murs de courtines. 

D'après des renseignements fournis par M. le notaire 
De Vuyst, délégué de M ma la baronne van de Woestyne, la 
propriétaire est toujours disposée à consacrer 4,000 francs 
aux réparations et à admettre la servitude de ne pas bâtir 
sur le pré qui dégage la vue des ruines du côté de la 



— 148 — 

chaussée, pourvu que le Gouvernement se charge de foire 
des réparations pour plus que cette somme. Si non, M a * la 
baronne réparera elle-même par des récrépissages et conser- 
vera la propriété quitte et libre. 

Il ne parait guère possible de demander davantage à la 
propriétaire; la servitude qu'elle s'impose constitue déjà uo 
sacrifice important, attendu que le terrain longeant la 
chaussée, presque au centre du village, représente une 
valeur importante. Ce sacrifice serait évidemment tout à 
l'avantage du pays; aussi faut-il regretter que les pouvoirs 
publics ne puissent intervenir financièrement et qu'il faille 
assister impuissants à la disparition lente mais continue de 
documents aussi importants au point de vue de l'histoire, de 
l'art et de l'archéologie que du caractère pittoresque du 
lieu. 

La commune est la principale intéressée à la conservation 
de ces ruines, qui, si elles étaient mieux connues, ne man- 
queraient pas d'attirer dans la localité de nombreux visiteurs. 

Au cas où il serait possible d'obtenir le concours financier 
des pouvoirs publics, il importerait que la servitude consentie 
s'applique non seulement au présent, mais aussi à l'avenir, 
afin que la conservation du site et du monument soit désor- 
mais assurée. 

Nous avons souligné ci-dessus le mol récrépissage qui a 
sans doute été écrit par erreur et qu'on a voulu dire rejoin- 
toyage. S'il en était autrement, il faudrait condamner abso- 
lument une telle opération qui, tout en étant inefficace au 
point de vue de la conservation des maçonneries, ne pourrait 
que dénaturer ces belles ruines. Dans ce cas, il vaudrait 
infiniment mieux abandonner celles-ci à leur sort. 



— 149 — 



ÉDIFICES RELIGIEUX. 

PRESBYTÈRES. 

Des avis favorables ont été donnés sur les projets relatifs : uooitroctioo 

et restauration 

1° A la construction d'un presbytère à Hompré (Luxem- ëe pw»*jt*«. 
bourg), sous réserve de tenir compte des observations pré- 
sentées par le comité diocésain d'art chrétien ; architecte, 
M. Gupper; 

2° A la construction d'un presbytère à Kinkempois, sous 
Àngleur (Liège), à la condition que Ton supprime les arca- 
lures des rampants du pignon de l'avant-corps; architecte, 
M. Lamy; 

3° A la construction d'un presbytère à Slaceghem, sous 
Harlebeke (Flandre occidentale) ; architecte, M. Vercoutere; 

4* A la construction d'un presbytère à Rillaer (Brabant), 
moyennant que l'on augmente l'inclinaison de la toiture dont 
la pente n'est pas suffisante pour une couverture en tuiles; 
architecte, M. Van Areubergh; 

5° A là construction d'un presbytère à Woesten (Flandre 
occidentale), sous la réserve de tenir compte des observations 
présentées par la Députation permanente du Conseil pro- 
vincial; architecte; M. Vercoutere; 

6» A la reconstruction du presbytère de Rieseghem (Bra- 
bant), sous les réserves suivantes : a) la tour sera supprimée; 
elle est inutile; b) les corniches, en général, seront allégées ; 
c) les marches des escaliers auront plus de largeur et moins 
de hauteur, soit O n 25 sur m 16; architecte, M. Geens; 

7° A l'exécution de travaux d'appropriation et de restau- 
ration au presbytère de Ponlillas (Namur); 



« 150 — 

8° À l'appropriation du presbytère de Vinalmont (Liège); 
architecte, M. Piron; 

9" À l'appropriation du presbytère de Knesselaere (Flandre 
orientale), à la condition que la citerne et la fosse d'aisance 
soient écartées l'une de l'autre d'une façon suffisante pour 
éviter toute communication et infiltration entre ces réservoirs 
et que, d'autre part, ceux-ci ne louchent, en aucune façon, 
aux murs du bâtiment; architecte, M. Haché; 

1 0° A l'exécution de travaux de réparation au presbytère 
de Hampteau (Luxembourg); 

11° À la restauration du presbytère de Mariembourg 
(Namur) ; 

12° A l'exécution de travaux de réparation au presbytère 
de La Hestre (Hainaul); architecte, M. Lechien; 

13° A la restauration du presbytère de Saint-Denis 
(Namur) ; 

11° A la reconstruction du mur mitoyen entre le jardin 
du presbytère de Jesseren (Limbourg) et le potager de la 
ferme Del vaux; architecte, M. Geirnaert; 

15° A la construction de dépendances au presbytère de 
Hendrieken-Voordt (Limbourg), et à la restauration de 
l'habitation ; architecte, M. Geens. 
Prêter» — A la demande de M. le curé d'Oosiham (Limbourg), 
une délégation de la Commission royale des monuments s'est 
rendue, le 30 avril 1903, en cette commune pour y visiter 
les travaux en cours à l'extérieur du presbytère et s'assurer 
de l'état intérieur de cet édifice rangé dans la troisième classe 
des monuments civils. 

. S'il est intéressant par ses façades, il ne l'est pas moins à 
l'intérieur. On y découvre des traces nombreuses du goût 



— 151 — 

avec lequel il a été édifié. Ainsi, au premier palier de 
l'escalier tout en chêne de l'époque depuis le bas jusqu'en 
haut, se trouvent des verrières en forme de médaillons 
ornant, d'une façon très gracieuse, une fenêtre de faible 
importance. Ces médaillons, portant le millésime de 1680, 
représentent des personnages en pied avec armoiries et sont 
incontestablement de l'époque. A diverses places, les contre- 
marches de l'escalier sont munies de trous se fermant par 
des clapets mobiles dans des glissières. Ces trous servaient 
de meurtrières en cas d'attaque. 

Les plafonds de plusieurs places semblent d'époque plus 
récente, fin du xvm' siècle sinon du commencement du xix*. 
Ne recouvrent-ils pas des gites et voussetles encore appa- 
rentes sous le plâtras et le badigeon du plafond de la salle 
servant de bureau? 

Des placages en bois peint en imitation de marbre 
entourent les cheminées. Que sont en réalité celles-ci? 

Toutes ces questions demandent, pour être résolues, des 
recherches qui devraient être suivies de proportions permet- 
tant une restauration simple mais artistique de l'intérieur de 
l'édifice. 

Au surplus, si on veut le conserver, il importe que des 
travaux de réparation y soient faits d'urgence. 

M. l'architecte Christiaens, chargé des travaux en cours 
d'exécution à l'extérieur, parait tout désigné pour s'occuper, 
comme il convient, de l'intérieur. 

Il y aura lieu de charger cet architecte de cette mission; 
elle devra se borner à ce que réclame strictement la mise en 
état convenable du presbytère d'Oostham. 



— 182 — 



ÉGLISES. - CONSTRUCTIONS NOUVELLES. 

La Commission a émis des avis favorables sur les projets 
relatifs à la construction d'églises : 

dei^d. *° ^ Payvelde, sous Belcele (Flandre orientale), sous 
réserve qu'au cours de l'exécution l'auteur diminue la 
saillie sur la façade principale de la tourelle d'escalier et 
qu'il supprime les arcs encadrant les petites fenêtres de la 
tour; architecte, M. Geirnaert; 

dc.sfiou vicier 2 ' ^ ^iége, paroisse des SS. Victor et Léonard. Conlrai- 
^u*^' remeut à l'avis du Comité des correspondants, la Commission 
estime que la flèche à quatre pans, telle que l'a dessinée 
M. Froment, est préférable au tracé primitif. Mais elle pense, 
avec le Comité, que le bandeau sous les fenêtres des bas 
côtés, à l'intérieur, doit être supprimé; que l'éclairage du 
bas de la tour serait avantageusement modifié dans le sens 
qu'il indique. Il n'y a pas lieu de réduire l'espace entre les 
arceaux de la grande nef et le seuil des fenêtres; on trouvera 
là, plus tard, un emplacement très convenable pour une frise 
peinte. Au cours de l'exécution des travaux, il importera de 
prendre toutes les mesures de précaution nécessaires en vue 
d'assurer le libre écoulement des eaux au pied des murailles 
de l'édifice; 
£,11*, 3° A Thielrode (Flandre orientale). Au cours d'une 

deTlûelrode. 

conférence avec M. Geirnaert, le Collège a engagé cet archi- 
tecte à arrêter les contreforts de la tour à la hauteur du 
pied des abat-sons, à leur donner plus de vigueur et à 
augmenter la surface de tous les contreforts de l'édifice qui, 
en général, paraissent faibles. 11 conviendra aussi, si la 



— 153 — 



situation le permet, d'avancer légèrement la façade princi- 
pale vers l'ouest, dç façon que le pignon de la haute nef soit 
dégagé de la tour. En tous cas, on devra plaper l'escalier à 
l'intérieur de la tour en vue de ce dégagement; 

4° A Hompré (Luxembourg), sous la réserve de tenir 
compte des observations présentées par le Comité diocésain 
d'art chrétien; architecte, M. Cupper; 

5° A Bagimont (Luxembourg), sous les réserves suivantes : 
a) le filet en pierre prévu sous les corbeaux, au pied de la 
flèche, sera supprimé ; b) on donnera, si possible, moins de 
variété de matériaux à l'intérieur de l'édifice; c) les pilastres 
des arcalures du jubé s'arrêteront à la balustrade, sans se 
profiler sur celle-ci; architecte, M. Van Gheluwe. 

Ont aussi été approuvés les projets d'agrandissement des 
églises : 

1° De Marloie (Luxembourg); architecte, M. Van Ghe- 
luwe ; 

2° De Hodeige (Liège). Contrairement à l'avis de 
M. Jamar, membre du Comité des correspondants, la Com- 
mission estime qu'il n'y a pas lieu de proscrire, pour cette 
entreprise, le calcaire des bords de la Meuse, pourvu que 
les recommandations suivantes soient observées : 1° les 
pierres de Meuse (calcaire carbonifère) proviendront des 
bancs désignés ci-après : a) étage inférieur ; cinq quarts de 
pied ; mince blanc ; deux pieds de dessous ; via de biche ; 
sept pieds; douze pouces; fort banc; b) étage supérieur : 
deuxième banc de trois pieds ; banc des crèches ; banc de 
dessous; blanche roche; quatre gros bancs, ainsi que les 
produits similaires présentant, sous tous les rapports, les 
mêmes garanties de résistance et provenant de toute autre 



ËfllM 

d« lit 



omprë. 



Bflisa 
de Bagtwopt. 



EfliM 
de Marleie. 



de Uodeige. 



— 154 — 

carrière, soit du vallon de Sara son, soit des carrières en 
amont de Namur ; 2° l'entrepreneur devra indiquer, dans sa 
soumission, la provenance de la pierre de taille et fournira, 
en outre, un état exact des carrières la lui fournissant. 
Ainsi que les projets ci-après : 
Et»»». 3* Reconstruction de la tour de l'église de Samponl, 

de SampoAl* 

commune deHachy (Luxembourg); architecte, M. Wûrlh; 
CfiiM 4° Construction d'un porche au transept de l'église de 

de Griref nê«. 

Grivegnée (Liège); architecte, M. Demeuse; 
«fi* 5° Exhaussement de la tour, construction d'une annexe 

de Fouettes* 

et travaux d'appropriation de l'église de Fouches (Luxem- 
bourg), sous la réserve de tenir compte de l'observation du 
Comité diocésain d'art chrétien, quant à la nécessité de 
construire la chapelle des fonts sur plan carré, de manière 
qu'elle occupe tout l'espace formé par l'angle rentrant entre 
la tour et le mur de façade; architecte, M. Wùrth, 
ohjeu mobilier 6° El» enfin, les dessins d'objets mobiliers destinés aux 
églises de : 
Warneton (Flandre occidentale) : confessionnal el armoire 

de sacristie.; 
Saint-Jean-in-Eremo (Flandre orientale) : complément du 

mobilier; 

Notre-Dame de Bon-Secours, à Alosl (Flandre orientale) : 
mailre-autel et cloches ; 

Bosson, sous Werbomont (Liège) : mobilier complet; 

La Chatqueue, sous Seraing (Liège) : mobilier complet; 

Assenois, sous Offagne (Luxembourg) : mobilier complet; 

Locre (Flandre occidentale) : portail en bois. 
éfii» d-Etet. — A la suite d'un premier examen des pièces relatives à 
l'agrandissement de l'église d'Exel (Limbourg) et notamment 



— 153 — 

des rapports de M. l'architecte provincial et du Comité des 
correspondants, il a été décidé qu'une délégation se rendrait 
à Exel. Cette inspection s'est faite, le 30 avril 1903, avec le 
plus grand soin. 

Les plans présentés pour l'agrandissement de celte intéres- 
sante église sont bien étudiés. Toutefois, les auteurs devront 
les revoir en ayant égard aux observations et demandes 
suivantes : 

1° Il existe du côté sud des contreforts du xvi* siècle 
portant encore le millésime de 1517. Tous les contreforts à 
refaire doivent être rétablis d'après le modèle des anciens 
contreforts; 

2° De même, pour les meneaux des fenêtres, il y a lieu 
de suivre non pas ceux de 1903, mais les modèles encore 
bien conservés qu'offrent les demi-fenèlres de la claire- 
voie; 

3° On a soulevé la question de mettre les fonts dans le 
portail sud bien conservé, parce que ce dernier ne s'ouvre 
pas sur une voie d'accès. La Commission estime que ce 
portail mérite à tous égards de rester ouvert. Peut-être les 
architectes trouveront-ils une solution qui satisfasse à la fois 
aux exigences de l'art et aux désirs manifestés quant aux 
facilités de l'exercice du culte ; 

4° Des bandeaux de pierre blanche, caractéristiques du 
xvi e siècle, se voient encore nombreux dans les maçonneries 
extérieures de l'église; il y a lieu d'en reproduire d'analogues 
pour l'ornementation des nouvelles constructions. 

— Le projet soumis en vue de l'agrandissement de l'église échu 

de Knocki 

de Knocke (Flandre occidentale), a fait l'objet d'un examen 
sur place. 



- 156 — 

L'église de ce village maritime est moderne hormis sa 
petite tour octogonale du xvi* siècle qui ne manque pas 
d'intérêt. Elle n'est pas une inconnue pour les artistes qui, 
en quête de sites pittoresques sur le littoral, Font, maintes 
fois, tracée au crayon et au pinceau. Son mérite artistique 
est suffisant pour la ranger dans la troisième classe des 
édifices monumentaux du culte. 

Après avoir pesé mûrement, sous tous ses aspects, la 
question de la conservation -ou de la démolition, la Commis- 
sion estime que les défauts que l'on reproche à 1 édifice 
existant ne sont pas suffisants pour motiver une reconstruc- 
tion totale. L'entreprendre en vue d'élever une construction 
con ligue entraînerait, en pure perte, une dépense double, 
au moins, de celle qu'exigerait l'extension de la superficie 
projetée. De plus, dans le devis dressé par M. Hoste, qui 
évalue la dépense à faire à 68,460 francs, la part d'inter- 
vention des pouvoirs locaux constitue une extrême limite. 
Ces considérations militent encore en faveur de l'adoption 
de l'étude élaborée par cet architecte, moyennant quelques 
modifications. C'est ainsi qu'il lui a été conseillé verbalement, 
sur les lieux, d'approfondir le chœur de deux à trois mètres, 
de lui donner la largeur de la nef centrale et d'augmenter, 
dans la mesure du possible, la hauteur intérieure de cette 
dernière. 

Les petites fenêtres tracées dans la coupe transversale, 
au-dessus des autels latéraux, seront avantageusement rem- 
placées par des baies triangulaires. 

La chapelle des fonts figurée devant la façade principale 
de la nef latérale nord ainsi que le portail devant celle du 
sud, devront être placés la première au nord, le second an 



nUta. 



— 157 — 

sud, sous la première fenêtre, en manière telle que la tour 
apparaisse plus en vedette. 

Le travail de restauration de la tour comprendra aussi le 
débouche ment de la grande fenêtre occidentale dont des 
traces très visibles, indiquent, sans conteste, le rôle qu'elle 
a joué dans le principe. Cette entreprise devra faire l'objet 
d'un devis distinct de celui de l'agrandissement de l'édifice. 

— Le projet présenté en vue de la reconstruction de Ccu» 
l'église de Hulsle ne constitue que la première partie de 
l'édifice projeté. Il comporte le chœur, le transept, la tour, 
les sacristies et la première travée des nefs, les ressources 
locales ne permettant pas d'exécuter l'église complète en 
une seule entreprise. La reconstruction totale des nefs est 
réservée pour une époque plus favorable. 

Avant de se prononcer sur le projet, la Commission a 
jugé utile de faire inspecter l'édifice existant dont la tour 
lui avait été signalée comme une construction très ancienne, 
intéressante au point de vue artistique et archéologique. 
Cette inspection a eu lieu le 12 mai 1903. 

La visite minutieuse de l'édifice, dont la plus grande 
partie, c'est-à-dire les nefs, date de 1778, a démontré que 
celle-ci est une construction en briques fort médiocre, 
lézardée, affaissée, partiellement hors d'aplomb. 

De la tour, dont la construction est attribuée à Robert le 
Frison, il ne subsiste plus que les gros piliers carrés, trois 
arcs en plein-cintre les reliant et un fragment du mur vers 
l'occident, lequel reposait sur le quatrième arc, qui a disparu. 
Les maçonneries de ces morceaux sont en moellons de pierre 
de Tournai et n'offrent aucun détail caractéristique. Ces 
rentes de l'église primitive, d'ailleurs infléchis, ne présentent 



— 458 — 

pas un intérêt suffisant pour que leur conservation doive 
contrarier le projet soumis ; une telle mesure nécessiterait 
des reprises des maçonneries telles qu'elles entraîneraient 
une reconstruction à peu près totale. 

L'ancien chœur, qui sert aujourd'hui de portail au rez-de- 
chaussée et de jubé à l'étage, semble remonter au xv* siècle; 
il a été tellement remanié qu'il n'offre, dans ses maçonneries, 
plus rien d'intéressant; il est en mauvais étal. La seule partie 
à signaler est sa voûte en bardeaux où se remarquent, sous 
des nervures d'un bon profil, des figures sculptées formant 
consoles et, au sommet du berceau ogival, des clefs orne- 
mentées d'un beau caractère. Celte voûte devra être con- 
servée. Il ne sera pas difficile de l'utiliser dans l'une ou 
l'autre partie de la nouvelle construction, peut-être dans l'uo 
des bras du transept. 

Examiné sur place, le projet présenté a paru bien compris. 
Il est conçu dans des données économiques en rapport avec 
les ressources locales. Un seul point paraissait laisser à 
désirer : la tour a un aspect mesquin. Il est désirable que 
sa surface soit augmentée; on pourrait étendre celle-ci 
jusqu'à l'extrémité des contreforts projetés et supprimer ces 
derniers dont l'utilité ne parait pas démontrée. Réalisée de 
la sorte, la tour offrira plus d'ampleur, ce qui est désirable 
ne fût-ce que pour la conservation du type régional où les 
tours se distinguent généralement par leur masse imposante. 

A la demande de la Commission, M. l'architecte Carelte 
a modifié le projet dans le sens de ce qui précèJe et Ta 
complété en traçant le plan total de l'église en vue de sa 
reconstruction future. 

Le projet ainsi modifié peut être mis à exécution sous la 



— m.— 

reserve qu'on donnera suite an projet où la tour offre la plus 
grande surface, mais en maintenant les arcatures aveugles 
à la largeur indiquée au premier projet. 

Il conviendra de recommander à l'architecte de prévoir 
des moyens sérieux d'écoulement des eaux pluviales aux 
abords de l'édifice. Ces moyens sont généralement négligés; 
il en résulte que le pied des murailles se salpêtre, que les 
eaux s'introduisent dans les fondations et y produisent des 
tassements qui amènent des lézardes dans les maçonneries 
et, par suite, une prompte ruine des édifices. 

— M. le curé de Saint-Antoine de Padoue, à Gand, ayant É*i»ede 

Saint-Antoine 

avisé la Commission que la première partie du mobilier ^gJï* 
destiné à l'église de cette paroisse était terminée, il a été 
procédé, le 13 mai 1903, à son examen, de concert avec 
MM. Serrure, De Ceuleneer et Van der Haegen, membres 
du Comité des correspondants de la Flandre orientale. 

Les meubles livrés et placés à ce jour comprennent : les 
marches, la tombe, le gradin des trois autels, le retable de 
l'autel dédié à Saint-Antoine de Padoue, le banc de commu- 
nion au complet, les trois doubles portes et les deux tambours 
de l'entrée principale. 

Ce travail, aussi artistique que consciencieux, peut être 
approuvé et l'allocation du subside autorisée dans la propor- 
tion du travail effectué. 

TRAVAUX DE RESTAURATION. 

Le Collège a revêtu de son visa : 

1° Le projet de travaux de restauration qu'on propose £*"»* 

r r de Huppaw- 

d'effectuer aux deux églises de Huppaye-Molembais-Sainl- Mo,c p|J)™ ,,,l ■ 
Pierre (Brabant); architecte, M. Daurmont; 



— 160 — 

d« Mît* *" ^ e P™^ des travaux de réparation à effectuer à l'église 

de la Hestre (Hainaut); architecte, M. Lechien; 
j eirtiae 3° Le projet relatif à la restauration de réalise de Ville- 

de Yilleronx. r J " 

roux, commune de Chastre-Villeroux-Blaumont (Brabanl); 
architecte, M. Petit; 
Égliie 4° Le projet de restauration des deux fenêtres du transept 

de Rnjtbrorck. r * r 

de l'église de Ruysbroeck (Anvers); architecte, M. Ca réels; 

d« vlSiimoai. *° ^ e P ro J et relatif à la restauration de l'église de Vinal- 
mont (Liège); architecte, M. Piron; 

n^mbo d Û ®° ^ e P ro J et de travaux de restauration à exécuter à 
l'église de Mariembourg (Namur); 
Édite de 7° Le projet de restauration de la tour de l'église de 
Schuyffersca pelle (Flandre occidentale), à la condition qu'au 
cours de l'exécution toutes les lucarnes, grandes et petites, 
de la flèche, seront supprimées; architecte, M. Provost; 

^ feu? 8° Le projet relatif à la restauration de l'église de Nettinne 

de Nettinne. r * ° 

(Namur), sous la réserve que l'auteur aura égard aux 
observations contenues dans le rapport de M. l'architecte 
provincial, en date du 4 mai 1905; architecte, M. Van 
Gheluwe ; 
Et»* 9° Le projet concernant la restauration des fenêtres de 

de Chevetogoe. 

l'église de Ghevetogne (Namur) ; architecte, M. Lange ; 
EfiiM 10° Le projet relatif à la restauration des toitures de 

de Hamem-Salnt- r " 

Liétin. l'abside et de la tourelle d'escalier dit « monument funéraire 
deSaint-Liévin» en l'église de Hautem-Saint-Liévin (Flandre 
orientale); architecte, M. Vaerwyck; 

Édue 11° Le projet de travaux de restauration à effectuer à 

de Ceulille* 

l'église de Caulille (Limbourg); architecte, M. Debruyne; 

Éffiitede 12° Le projet de restauration des fenêtres des bas-côlés 

' r»"'* de l'église de Leeuw-Saint-Pierre (Brabant). Au cours de 



— 161 — 

I exécution des travaux, l'architecte, M. Rao, fera bien 
d'examiner si les carreaux des vitrages ne devraient pas être 
agrandis ; 

13* Le projet d'une seconde série de travaux à exécuter mm . 
pour la restauration de l'église de Saint-Séverin-en-Condroz •- C0D,,rql - 
(Liège); architecte, M. Langerock; 

1 4° Le projet d'une quatrième et dernière série de travaux b^i*^ 
de restauration à exécuter à l'église de Saint-Nicolas, à arôme* • 
Fumes (Flandre occidentale); architecte, M. Hoste; 

15° Le projet de divers travaux de restauration à l'église **u M 

r w de Walcourt. 

de Walcourt (Namur); architecte, M. Langerock; 
16° Les comptes des travaux de restauration effectués aux com P i« 

1 àm Iravaai 

églises de : dt $jff£" 

Nieuport (Flandre occidentale) : ouvrages complémen- 
taires ; 

Walcourt (Namur) : exercice 1901 . 

— L'église d'Eeckeren (Anvers), à l'examen de laquelle d .^j]j£ B 
il a été procédé le 27 avril 1903, de concert avec M. Donnet, 
membre du Comité provincial des correspondants, en vue 
de s'assurer s'il était possible de l'admettre au nombre des 
édifices monumentaux, appartient à la fin du xv e siècle. 

Le chœur voûté, à cinq pans, disposition assez rare pour 
une église de village, h grande nef large, couverte en 
bardeaux, sont bâtis en briques. Les bas-côtés étroits et 
les transepts sont composés de la même espèce de maté- 
riaux. 

L'unité d'ensemble, la similitude des détails, le raccord 
exact des lignes attestent, au premier coup d'œil, que l'œuvre 
a été produite d'un seul jet sous l'influence d'une même 
inspiration. C'est le même style et aux chaînages des angles 



— «62 — 

des contreforts, aux encadrements des fenêtres règne la 
même nature de pierre blanche. 

La grosse tour quadrangulaire, d'une architecture très 
simple, a un revêtement constitué en pierres des environs 
de Grimberghen. Une petite toiture ardoisée lui serl d'amor- 
tissement depuis l'incendie qui détruisit la flèche et calcina 
le faite des maçonneries. 

A part quelques légères mutilations éparses et des disjonc- 
tions peu visibles, causées par des lichens implantés dans 
les assises, il n'y a rien à redire à son état de conservation 
non plus qu'aux autres parties adjacentes. 

L'église d'Eeckeren, dont la construction est attribuée à 
Herman de Waghemakere le Vieux, produit bon effet autant 
à l'extérieur qu'à l'intérieur. Elle possède un intérêt et une 
valeur qui autorisent suffisamment son inscription dans la 
troisième classe des édifices monumentaux du culte. 

d.sai&iinbert — H a été procédé, le 15 juin 1903, à l'inspection des 
travaux de débadigeonnage des nefs de l'église de Saint- 
Hubert. M. Van de Wyngaert, membre du Comité des 
correspondants du Luxembourg, assistait à cette inspection. 

L'exécution de l'entreprise est terminée pour ce qui con- 
cerne celte partie du monument. Les travaux ont été effectués 
avec soin. 

Les rapports faits précédemment, à la suite d'autres 
inspections, notamment celui du 15 mai 1901, ont signalé : 

1° L'état déplorable des abords de l'édifice où les eaux 
pluviales séjournent et peuvent occasionner des dégâts 
importants au pied des murailles; 

2° Le diamètre des tuyaux de descente qui est insuffisant 
pour l'évacuation régulière des eaux des toitures. 



— 463 — 

Il est urgent de remédier à ces situations préjudiciables 
à la conservation du monument. On fera bien de profiter de 
l'occasion pour faire examiner, avec soin, si les chéneaux 
sont en parfait étal d'entretien. 

En attendant qu'il soit procédé à la consolidation du beau 
portail sud, il importera de prendre des mesures de préser- 
vation pour que celte intéressante partie de l'édifice ne se 
détériore pas davantage; elle est exposée à toutes les intem- 
péries. 

Il est non moins urgent de faire examiner scrupuleusement 
la façade principale et les tours de l'église; on doit faire 
en sorte que des infiltrations ne se produisent dans les 
corniches et les maçonneries et n'amènent des dislocations 
désastreuses, surtout en temps de gelée. 

— A la demande de M. le curé de la paroisse, il a été m« 

d« Saint-Remy, 

procédé, le 17 juin 1903, à l'inspection de l'église de Saint- àGI,, y- 
Remy, à Gilly, qui nécessite des travaux de restauration. 

MM. Devillers et Cador, membres du Comité des corres- 
pondants du Hainaut, assistaient à celle inspection. 

Le vaisseau de l'église de Saint-Remy est une construction 
en briques datant du xviii* siècle; il n'a guère d'importance 
au point de vue architectural. 

La lour est plus ancienne; elle semble remonter au 
xvi e siècle; elle est bâtie en grès avec anglées en petit 
granit; celles-ci on: été introduites dans les parements à 
une époque postérieure, probablement lorsqu'on a reconstruit 
le vaisseau. 

Depuis longtemps déjà, les exploitations houillères ont 
causé des dommages à l'édifice. Tous les arcs-doubleaux 
en maçonnerie de la haute nef sont fissurés; des fissures se 



— 464 — 

remarquent aussi à plusieurs compartiments des voûtes en 
briques des nefs. Le pavement est dénivelé par places. La 
tour a également subi un mouvement qui y a produit des 
lézardes, peu graves, il est vrai. Ces mouvements qui 
paraissaient arrêtés depuis plusieurs années, ont subi une 
recrudescence assez récemment. 

La société des charbonnages en cause a alloué les fonds 
nécessaires pour faire exécuter les travaux reconnus utiles 
par les experts ; des ancrages importants ont été prévus pour 
tout l'édifice. 

On devra profiler de ces travaux pour faire repeindre 
l'édifice dont l'état de propreté laisse beaucoup à désirer. 
Étant donné le voisinage des exploitations houillères, qui 
produisent beaucoup de poussière dans la localité, il con- 
viendra de borner le travail de peinture à une grande 
simplicité, par exemple à deux tons exécutés à l'huile, afin 
qu'on puisse procéder à des lavages périodiques. 

Il y aura lieu de prendre toutes les mesures nécessaires 
pour assurer le libre et rapide écoulement des eaux pluviales 
au pied des murs de l'édifice surtout du côté de l'ancien 
cimetière. 

Les stalles du chœur, en style Louis XV, sont intéres- 
santes. Les tableaux sur toile qui ornent leurs dossiers sont 
en très mauvais état ; leur intérêt est suffisant pour qu'il y 
ait lieu d'en assurer la conservation. A cet effet, il importera 
de faire appel à un spécialiste qui aura pour mission de 
soumettre des propositions en vue du rentoilage, du nettoyage 
et de la retouche des parties endommagées de la peinture. 

4 

Égutê — Dans son rapport du 28 décembre 1901, rendant 

de 8»iat-Vlnc«ot, " l ■ 

isoles, compte d'une visite des travaux de restauration en voie 



— 165 — 

d'exécution à l'église de Saint- Vincent, à Soignies (Hainaul), 
la Commission a signalé le plafond en bois de la haute-nef, 
dont l'aspect est pauvre. Il importera de chercher à remédier 
à ce défaut en employant des couvre-joints correspondant 
à des poutres de la charpente. Celles-ci sont très rapprochées 
Tune de l'autre. Elles forment les enlraits de fermes d'une 
charpente du xi e siècle, admirablement conservée, grâce 
peut-être à ce que l'église fût recouverte de plomb par le 
comte de Hainaut, Baudouin IV, dit le Bâtisseur (f 2 novem- 
bre 1171), ainsi que cela résulte du texte original suivant : 
t Ecclesiam sancli Vincentii Senogiensis plumbo texil •, 
texte extrait des Chroniques de Valenciennes, par Jean 
Doudelet (manuscrit n° 227 de la bibliothèque publique de 
Mons) et publié par le savant correspondant et collègue, 
M. Devillers, à la page 78 de son Mémoire historique et 
descriptif sur Céglisede Sainte- Waudru. (Mons, 1857, in-4°.) 

Les artistes eussent dû personnellement s'assurer, sur les 
lieux, des résultats de la pose d'un premier panneau et 
appeler à leur aide, avant d'achever l'œuvre, la critique et la 
compétence des autorités. Au surplus, cette partie du travail 
n'a pas été suffisamment soignée ainsi qu'en témoigne 
l'examen attentif du plafond. On pourrait, sans doute, amé- 
liorer celui-ci en l'ornant d'une polychromie bien choisie. 

L'effet actuel étant réellement mauvais, il y faut remédier, 
sous très bref délai, dans l'intérêt de l'art, de l'œuvre et de 
la réputation des architectes qui y ont présidé. 

Les nefs de l'église de Saint-Vincent sont aujourd'hui 
restaurées. Il convient que l'on s'occupe maintenant du 
rétablissement de la galerie occidentale dont les restes ont 
été découverts au rez-de-chaussée. Les architectes devront 



— 166 — 

étudier ce rétablissement dans deux hypothèses, soit avec 
deux, soit avec un seul pilier; en tous cas, il est nécessaire 
qu'ils s'assurent du nombre d'arcades qu'il y avait autrefois. 

En vue du dégagement de la grande fenêtre de la façade 
occidentale, l'orgue devra être déplacé; on est d'accord pour 
l'installer dans le bras sud du transept devant l'arcade 
s'ouvrant sur la galerie haute ou triforium 

Le Conseil de fabrique, ou tout au moins l'un des plus 
distingués de ses membres, désirerait voir déplacer l'ambon 
qui se trouve adossé au transept, où il masque la vue du 
chœur, et l'installer au fond du bras sud du transept. II s'agit 
ici d'une œuvre remarquable du xvi* siècle qu'il serait émi- 
nemment regrettable de voir reléguer dans un endroit où 
elle perdrait une grande partie de sa valeur par suite d'un 
éclairage défectueux. Cet édicule doit être conservé à sa 
place actuelle, dans la crainte que si on le déplace on ne se 
voie obligé de le ramener au lieu où il était, ainsi que cela 
s'est produit dans d'autres églises anciennes. Il serait plus 
pratique de rechercher si l'ambon n'était pas (ce qui est peu 
probable) autrefois percé de deux arcades latérales; dans ce 
cas, il suffirait de les ouvrir pour dégager la vue vers 
le chœur. Toutefois, ce parti entraînerait la disparition oa 
au moins le déplacement des parties des stalles qui font 
retour vers l'ambon. Malgré l'intérêt qu'offrent ces stalles, 
datant de 1676, le sacrifice de leurs retours se justifierait 
jusqu'à un certain point, par les nécessités du culte, le chœur 
étant aujourd'hui à peu près complètement soustrait aux 
regards des fidèles. 

L'ambon, les stalles, les clôtures, les lambris peints et le 
maitre-autel, quoique appartenant à des époques différentes, 



— 167 — 

forment un ensemble qui présente un réel intérêt historique 
et artistique. 

On ne doit pas, pour compléter la restauration de l'édifice, 
faire disparaitre cet ensemble. 

Une erreur grave serait commise, si l'on voulait, sous 
prétexte de logique absolue, ramener l'édifice exclusivement 
à sa simplicité primordiale. Autant vaudrait dire qu'aucun 
siècle n'a compte pour l'achèvement et l'ornementation de 
cette belle église, hormis celui de la construction. Sans 
doute, il en sera ainsi chaque fois que le développement 
historique d'un monument aura produit des œuvres malheu- 
reuses. La Commission estime que ce n'est point le cas ici. 

Si des remaniements dans le chœur et le transept 
deviennent indispensables, par exemple pour le rétablis- 
sement de la châsse de Saint- Vincent sur son ancien support, 
au fond de l'abside, il faudra les étudier avec les plus grands 
soins et soumettre des propositions motivées avant de rien 
décider à cet égard. 

Le Collège aime à reconnaître que tous les travaux de 
restauration exécutés à l'extérieur du monument ont été 
effectués dans la perfection. Il est heureux d'en féliciter les 
auteurs. 

Le Secrétaire, 
A. Massaux. 

Vu en conformité de l'art. 25 du règlement. 

Le Président, 
Ch. Lagasse-de Locht. 



\ 



ACTES OFFICIELS. 



M. le Minisire de l'Agriculture a transmis au Collège copie coD^ionde» 
de la circulaire suivante, qu'il a adressée à MM. les Gouver- CirciWw - 
neurs des provinces : 

« Bruxelles, le 7 août 4903. 

» Monsieur le Gouverneur, 

» J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien attirer 
l'attention toute spéciale des administrations fabriciennes 
sur la conservation des tableaux placés dans les églises et 
notamment sur celle des retables nouveaux dont l'exécution 
est subsidiée par l'État. 

» Les couleurs transparentes et sombres, telles que les 
laques, les bruns, les terres, les noirs broyées à l'huile et 
qui servent à la peinture des retables, mettent des années à 
sécher et à durcir; encore leur faut-il, à cet effet, beaucoup 
de lumière et surtout d'air sec, constamment renouvelé. 

* Or, nombre d'églises ne sont même pas ventilées; il y 
en a où pas un seul carreau des fenêtres n'est mobile ; les 
volets des retables y demeurent perpétuellement fermés; à 
peine reçoivent-ils, aux grands jours de fêtes, un peu d'air 
et de lumière. De là, les moisissures que l'on remarque 
souvent sur les peintures récentes, même les mieux soignées. 
Ces moisissures s'attaquent d'abord aux laques, aux bruns, 



— 170 — 

aux noirs, puis aux dorures ; elles s'étendent enfin sur toute 
la peinture, l'assombrissent, la corrodent et l'anéantissent. 

> Les peintures murales souffrent aussi beaucoup de 
manque d'air. 

» On ne pourrait, Monsieur le Gouverneur, trop recom- 
mander aux Conseils de fabrique de bien ventiler les églises; 
c'est le moyen le plus efficace d'assurer la conservation et 
de l'édifice et des objets d'art dont il est orné. 






> Le Minisire, 
(Signé) Baron M. van der Bruggen. > 



î I • 



COMMISSION ROYALE DES MONUMENTS. 



RÉSUMÉ DES PROCÈS-VERBAUX^ 



SÉANCES 
dos 4, 11, 18 et 25 juillet; des 1". 8, 14, 22 et 29 août 1903. 



iiWWWMWMfi 



PEINTURE ET SCULPTURE. 

La Commission a émis des avis favorables sur : 

1° Le projet relatif à l'exécution d'un chemin de la croix ÉgutedeBrée. 

Chemin 

pour l'église de Bree (Limbourg); peintre, M. Tassin; de i« croix. 

2* Le projet relatif à l'exécution d'un chemin de la croix tt\\*> 

peint pour l'église de Sainte-Marguerite, à Liège; auteur, M ; t ft ,er e U5 * 

M. Javaux ; d« uTrô*. 

3° Le projet concernant la restauration et le complément m« 

de Kesseoich. 

de la croix triomphale de l'église de Kesseoich (Limbourg) Crolx lriom P h » le - 
L'attention de l'auteur, M. le sculpteur Peeters, a été attirée 
sur les fleurs de lis des bras de la croix dont le tracé n'est 
pas heureux. 
— Il a été procédé, le 29 juin 1903, dans les locaux du . £<••« , 

r . * de Siiot-Nicobu, 

Gouvernement provincial, à Bruges» à l'examen du tableau '£§££' 



— 172 — 

de l'église de Saint-Nicolas, à Dixmude (Flandre occiden- 
tale), représentant la Naissance de la Sainte- Vierge. 

MM. le baron J. Belbune, van Ruymbeke et De Meyer, 
membres du Comité provincial des correspondants, assis- 
taient à cet examen. 

L'intéressante œuvre d'art dont il s'agit ne parait pas se 
trouver dans un état tel qu'il faille y exécuter un travail de 
restauration aussi important que celui prévu par M. Tulpinck. 

H est à remarquer que les panneaux sont couverts de 
crasse et que le vernis semble s'être décomposé sous l'action 
de l'humidité. Il est à présumer qu'un bon nettoyage et un 
revernissage, opérés après qu'on aura rejoint les ais du 
tableau, suffiront pour remettre l'œuvre en état convenable. 
En tous cas, il y a lieu de se borner, pour le moment, à ces 
seules opérations. Lorsque celles-ci seront terminées, et avant 
le revernissage, il sera procédé à un nouvel examen de 
l'œuvre en vue de déterminer s'il convient de faire davan- 
tage. 

Il semble que l'atmosphère de l'église de Saint-Nicolas se 
prèle peu à la conservation du tableau dont l'état s'est aggravé 
depuis quelques années. Il se peut aussi que les conditions 
défectueuses du milieu dans lequel se trouvait le tableau 
n'aient été que momentanées par suite des travaux de 
restauration effectués récemment à l'intérieur du monument. 
S'il était reconnu que ces conditions sont permanentes, il 
vaudrait mieux ne pas replacer le tableau dans l'église et 
déposer celui-ci dans un musée. 

Quant au revers du seul volet qui existe encore, la pein- 
ture en grisaille en est irrémédiablement perdue; il faut 
renoncer à la réparer. Quelques soins pourront peut-être 



— 173 — 

empêcher la marche de la décomposition des fragments qui 
en restent. 

— Les trente- trois tableanx de l'église de Sainte- Anne, à de s.ftÊ^, 
Bruges, dont la restauration est projetée, ont fait l'objet d'un t£SÏ. 
examen, le 29 juin 1903, de concert avec MM. van Ruym- 
beke et De Meyer, membres du Comité des correspondants 
de la Flandre occidentale. 

Les œuvres d'art dont il s'agit sont intéressantes et 
produisent un bon effet décoratif. 

Le travail à effectuer consiste en nettoyage, rentoilage et 
en mesures de préservation contre l'humidité. La dépense 
totale est évaluée à 3,740 francs. 

L'un des tableaux dont il s'agit a subi les opérations 
précitées par les soins de M. Alphonse Vincent, peintre à 
Bruges. Cet artiste s'étant bien acquitté de sa mission, rien 
n'empêche de lui confier l'ensemble du travail. 

Les prévisions de dépenses paraissent en rapport avec les 
nécessités constatées. 

Il conviendra de commencer l'entreprise par la série de 
toiles entourant le chœur et de réparer d'abord les deux 
voisines de celle qui a été restaurée à titre d'échantillon. 
Lorsque ces deux œuvres seront remises en étal, la Com- 
mission devra en être avertie; elle les fera examiner par 
des délégués à l'effet de s'assurer si l'on peut continuer dans 
fa même voie. 

On doit néanmoins recommander au restaurateur la plus 

grande prudence; il doit s'abstenir de tout repeint et de 

tonte retouche et se borner à donner aux tableaux les soins 

nécessaires à leur conservation. 

Au fur et à mesure qu'on remettra les tableaux restaurés 



— 174 — 

à leur place respective, dans les lambris, il faudra les écarter 
suffisamment des murs et percer au bas des encadrements 
et au haut de ceux-ci, à des endroits peu apparents, des 
trous destinés à permettre à l'air de circuler entre les toiles 
et les murs. 

Enfin, on ne saurait trop recommander au Conseil de 

fabrique de bien ventiler l'église; c'est le plus puissant moyen 

pour assurer la conservation et du temple et des œuvres 

d'art qu'il renferme. 

ékk m — Il a été procédé, dans l'église de Merchlem (Brabanl), 

dt Mercbtem. 

Tableau, à l'examen du tableau de De Crayer nouvellement restauré 
et qui sert de retable à l'autel latéral du côté de l'Évan- 
gile. 

Si l'on peut souvent reprocher aux peintres restaurateurs 
de faire trop, on peut constater que l'artiste chargé de la 
restauration dont il s'agit, n'a pas fait assez. 

En effet, dans le tableau de De Crayer, la toile est 
composée de trois morceaux superposés, réunis au moyen 
de coutures. Dans les joints des morceaux il existe des 
parties qui ne semblent pas assez adhérentes et qui très 
probablement se marqueront davantage à la suite des chan- 
gements atmosphériques et surtout de l'influence de l'humi- 
dité. 

Pour obvier à cet inconvénient, un rentoilage fait avec 
soin semble nécessaire et l'on eût pu profiter de ce travail 
pour fixer les parties qui menacent de se soulever. De la 
sorte, on pouvait remédier aux négligences d'une restau- 
ration antérieure qui semble remonter à un demi-siècle 
environ et prévenir un nouveau travail qui, dans le même 
laps de temps, pourra devenir nécessaire. 



— 178 — 

Sous ces réserves, le travail de restauration peut être 
approuvé. 

La Commission a saisi la présente occasion pour insister, 
de nouveau, sur un point déjà signalé à différentes reprises, 
au cours de ses séances : Il est de nécessité absolue que toutes 
les inspections qui se font à la suite des restaurations de 
peintures, se fassent avant que ces peintures aient quitté 
l'atelier du peintre restaurateur. Dans l'atelier on peut, en 
effet, les examiner sous un jour plus favorable; on peut 
faire à l'artiste les observations que son travail suggère et 
entendre les raisons qui lui ont fait adopter un parti de 
préférence à tel autre; on peut enfin demander un travail 
complémentaire si celui-ci est jugé utile. 

A ces raisons péremptoires pour adopter ce mode de 
procéder on peut ajouter encore que, pour les membres du 
Collège chargés de ces sortes d'inspections, il en résulterait 
une grande économie de temps et de déplacements dont 
rÉtat, au point de vue des frais, profiterait également. 

— Il a été procédé, le 29 juin 1903, dans la cathédrale o.hedr,i e 
de Bruges, à l'examen des tentures placées dans la chapelle 
de Notre-Dame des VII Douleurs, aux côtés de l'autel, en 
vue de masquer les portes des armoires ménagées dans les 
murs de la dite chapelle. 

Il résulte de cet examen, auquel assistaient M gr le chanoine 
Bethone ainsi que MM. De Meyer et van Ruymbeke, membres 
du Comité des correspondants de la Flandre occidentale, 
que les tentures en question peuvent être adoptées. Il y a 
lieu toutefois de remarquer que les franges de ces draperies 
sont simulées; il importera de les remplacer par des franges 
réelles. 



île Briig>*«. 
Tenture». 



— 176 — 

L'attention du Conseil de fabrique devra être appelée sur 

la tonalité adoptée pour la peinture des arcatures au-dessus 

des tentures; cette tonalité, trop faible, gagnera à être 

renforcée. 

ÉfiiM — Il résulte de l'examen auquel il a été procédé, dans 

dfSalDie-Martt, ^ r 

kB yltXit k ' l'ég" se <*e Sainte-Marie, à Schaerbeek (Brabant), des essais 
de placement des vilraux peints du tambour sous la coupole, 
que ces verrières doivent être placées de façon que la pro- 
fondeur de l'embrasure des fenêtres soit égale partout. La 
distance entre le vitrage extérieur et les verrières intérieures 
sera d'environ 0*10 à 0*1 K. Les vitraux devront suivre le 
contour de la balustrade, c'est-à-dire qu'aux extrémités, à 
droite et à gauche des deux baies latérales de chaque travée, 
ils ne seront plus parallèles aux vitrages extérieurs. 
tifiiM — Il a été procédé, le 3 août 1905, à l'examen, sur place, 

tmEL de deux projets de verrières destinées à l'église cathédrale 
de Saint-Bavon, à Gand. 

MM. Serrure, Lybaerl et Van Biesbroeck, membres du 
Comité des correspondants de la Flandre orientale, assistaient 
à cet examen. 

L'une de ces verrières aurait sa place dans la chapelle 
dédiée à Saint-Sébastien, derrière le sanctuaire, l'autre dans 
la chapelle du chemin de la croix sise au côté nord près 
l'entrée principale. 

La chapelle citée en premier lieu est déjà dotée d'un 
vitrail représentant la Proclamation du dogme de C Imma- 
culée Conception, dont l'auteur est M. Joseph Casier. C'est 
une œuvre très ouvragée étalant un coloris riche indépen- 
damment de la forme et du dessin, qui sont bien soignés. 

Le vitrage en grisaille qu'il est question de lui opposer 



— 177 — 

dans la fenêtre nord-est, serait d'un effet pâle et mesquin. 
En conséquence, il conviendrait pour obtenir un ensemble 
qui s