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Full text of "Bulletin des sciences naturelles et de géologie"

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BULLETIN 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES, ««. 

ÉCONOMIE PUBUQUE; VOYAGES. 



TOME I. 



1 



LISTE 

DE MM. LES COLLABORATEURS . 

DE LA VI". SECTION 

/ 

DU BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES 

ET DE L'INDUSTRIE (i). 



GéoGRAPHiB PHisiQUB ET POLITIQUE. — ^Collob. : MM. Coquebert 
de Montbret (CM.), Denaix ( Den. ) , Bureau de Lamalle , 
de Férussac (F.), L. <^e Fréjrcioet, ^olîvot (^oe.) , Klaprotb , 
de Rossel, Sueur-Meilln«> 

Géographie ancienne et comparée. MM. Barbie du Boccage 
(B. pu B.)^ Cbampollion-Figenc (W«)i Dureaude Laipille , 
Jomard(J.), Klaprotb, €^^. de {^aborde > Letroone, Abel 
Kémusat , Walkenaer ( W-r. ). 

l*opoGRAPBiE ^ Géodésie ,' pt ANS' ^ Cartes de toute nature. 
MM. Barbie du Boccage (B. duB.), Benoît (B.)^ Brué , 
Denaix (Den.), de Férussac (F.), Louis de Freycinet, Jo- 
mard (J.), Lapie^ Sueur-Merlin, Walkenaer (W-R.). 

Statistique, ARiTHMÉ/riQUE, Politique, Égonouie publique , 
. ET commerce, mm. Bertheyiny de Cbâteauneuf, Coquebert 
de Montbret (C. M.) , Bon. Fourier , C'e , de Laborde , Sueur- 
Merlin, Sylvestre, Villot, Warden. 

Voyages. MM. Coquebert de Montbret (C. M.), Dezos delà 
Roquette, de Férussac ( F. ) , L. de Freycinet, de Rossel, 
Walkenaer , Warden. 

Rédacteur principal : M. Aubert de Vitry ( A. d. V.). • 



(i) Ce Kecueir, composé de hait sectioas , auxquelles on peut s^a- 
bonner séparément, fait suite au Bulletin général et uniuersel des: 
annonces et des nouvelles scientifiques , qui forme la première année 
dp ce journal. Le prix de cette première année est de 3o fr. pour la 
numéros , composés de lo feuilles d'impression chacun. 



paris. IMPRIMERIE Î>E FAIN , RUE RACINE , N^. 4 > PLACE DE 

l'odéon. 



BULLETIN 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES, 

ÉCONOMIE PUBLIQUE ; VOYAGES. 



STC. 



SIXIÈME SECTION 

DU 

BULLETIN UNIVERSEL DES SCIENCES 

ET DE LIHDUSTRIE , 

PUBLIÉ 

SOUS LA DIRECTION DE BL LE B<». DE FÉRUSSA.C» 

OFFICU& aupémiiOE au gobpi eotal d'état-muoi, 

CBKVALIBA DB SAIITT-LOOIS 'y ET DB LA liOIOff-D*BOirirBVB , 
MEMBEE DE PLU8IEVES BOCliTBS 8AYAVTBS VATIOVALBt BT éTBAROftBM« 



TOME PREMIER. 



A PARIS, 




Au BUEEAD DU BuLLETiN , Fue de l'Abbaye » n^. 3 » 

Chez MM. Teeuttel etWûETz, rue de Bourbon, n**. i7;ek 

même maison de commerce, à Strasbourg, rue des Serruriers; 

à Londres , 3o , Soho - Square ; 

Chez MM. DuFouE et d*Ogaone, quai Voltaire, n°. i3; et même 

maison de commerce , à Amsterdam ; 

Et chez M. Aethus-Beeteah D , rue Hautefenille , n^. a3. 

1824. 



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BULLETIN 

« 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES; 

ÉCONOMIE PUBLIQUE; VOYAGES. 



GÉOGRAPHIE et STATISTIQUE. 

I. De fontibus geographicoauh Strabokis coramentatîones 
àuae. Paris. H. L. Heeeek. Gr. iii-4- Prix, iix gr. Gœttingae; 
Dietrich. 

a. Sua LES TEAYAUx DU Caediital Zurla. 

Nous croyc^ns faire plaisir à nos lecteurs en leur faisant con* 
naître quelques-uns des travaux savans de ce nouveau membre 
du sacré collège. 

. Les voyageurs vénitiens des i3«. et i4*« siècles avaient pénétré 
dans les parties les plus reculées du globe , et avaient réellement, 
frayé le chemin aux découvertes de Christophe Colomb et de 
Yasco de Gama : mais les monumens de leurs découvertes étaient 
tombés dans Toubli. M. Zurla, né vénitien, consacra plusieurs 
années à Tétude de ces monumens ; il a réuni les résultats de ses 
recherches dans % vol. in-4* » qui portent en titre : Dissertations 
sur Marco Polo et quelques autres voyageurs vénitiens. Il exa- 
mine d'abord le célèbre voyage de Marco Polo , le premier 
Européen qui nous ait donné des détails étendus sur les vastes 
régions de l'Asie centrale et orientale, si vaguement connues 
des anciens ; c'est lui qui , en découvrant la Chine , et en indi- 
quant le Japon , inspira à Colomb la première idée d'une navi- 
gation vers l'Occident. Les observations critiques de M. Zurla 
jettent beaucoup de lumières sur les passages obscurs de cette 
relation ; elles sont accompagnées de notes savantes de M; Rossi 
sur les objets d'histoire naturelle (i). 

La carte peinte dans une salle du palais ducal de Venise , et 

(i) Voyez dans le Journal des savons , mai i8a3 , Tanalyse critique 
de cet ouvrage, par M. Abel Remasat , duquel il résulte que la langue 
dans laquelle écrivit Marco Polo n'est pas encore bien fixée, malgré 
l'opinion de M« Zurla , qui pense que ce fut en latin. 

F. ToJiB I. I 



a Géographie 

dont M. Zurla publie un extrait , parait malheureusement avoir 
subi trop de restaurations pour qu'on puisse en tirer des éclair- 
cissemens authentiques. 

Les voyages des frères Zeni dans la partie septenlrioïiale de 
Tocéan A.tlan tique, présentent un objet d'étude non moins diffi- 
cile que curieux | ils contiennent la preuve que ces navigateurs 
vénitiens ont visité TJerre-Neuve , et recueilli des renseignemens 
sur plusieurs autres parties de TAnférique , cent ans avant Co- 
lomb : on y voit que les peuples Scandinaves continuaient en 
1 38o les communications qu'ils avaient ouvertes avec le Nonyeau- 
Monde dans les années 980 à 1000» 

La carte vénitienne que publie M. Zurla fournit un document 
authentique à l'appui des Saga* s d'Islande; mais on a beaucoup 
de difficulté à retrouver l'île Frislandcy où les deux frères Zeni 
avaient recueilli l^urs matériaux , et ah Christoprhe-Colomb (d'a- 
près lé témoignage de son ^\% Ferdinand ) avait éié chercher des 
renseignemens (i). 

M. Zurla donne encore une copie abrégée , mais suffisante , 
<!e fa mappemonde de Fra-Mouro , ecclésiastique savant qui , 
comme" lui ,- appartenait à l'ordre des Camaldules : c'est un ob- 
jet d'une grande impottancc pour les sa vans qui étudient l'bis- 
toîffe dti moyen âge. 

Parmi d'autres ▼oyagcs qui ont fait l'objet des études et des 
recherches de M. Znrla , on doit distinguer celui de Cada- 
mosto sur lequel il a écrit tinc dissertation spéciale , in- S. , et ce- 
Itdde Rionciniotti éàtksYMtlqn^ orientale. Ayant été ehargé, 
pendant plusieurs années , de la direction de la Propagande , 
M. Zurla s'est consacré à des soins qui, en servant spécialement 
la cause de la religion, ne servent pas moins celle d« la civili- 
satioÀ et des sciences bumaines. Il » publié, l'année dernière , on 
Discours sur les avantagée dont les sciences y particulièrement 
la géographie , sont redevables à la religion chrétienne, 

Életé à lâ dignité de cardinal, il continuei^a sans doute à mar- 
çbet sur les traces des Bellarmin , des Noris, des Baron iua, des 
Quirini, et de tant d'autres hommes illustres qui ont jomt à k 
poorpre romaine les palmes de l'érudition littéraire et histori- 
que. [Joum, des Débats du 2g juin 182^. ) N, B. La notice ci- 
dessus a été revue et complétée. 

(1) M. P'oache a relroitte l'île PVùlamie ilnns relie de Feroë. ( Acad. 
des se. 1754. M. p. 43o. ) 



et Statistique. S 

1. A New srsTKir of mo dkr h gcogiapht y etc. NonTeau sys- 
tème de géographie moderne , oa tableau de l'état âctnel da 
globe , avec an appendice offrant des tables statistiques de la 
population, du commerce, des revenus , des dépenses et des di- 
vers établissemens des États-Unis; par Stonst £. Morsb; ac- 
compagné d'un atlas in- 8., de 676 p. Boston et New-Haven. 

Cet ouvrage paraît être ce qu'on a publié de mieux en ce 
genre jusqu'à présent aux États-Unis. L'auteur a disposé ses 
matières autrement que ses devanciers, et c'est la plupart 
du temps à l'avantage de la science et du lecteur. Il a su pré- 
senter en quelques mots les institutions politiques de chaque 
pays d'une manière exacte et sage. Nos géographes d'Europe 
consulteront avec fruit quelques articles de la géographie de 
M. Morse , notamment eelni des États-Unis, qui est assez éten- 
du et fort bien fait. ( Revue Ency* avril i8a3 » p. 38o. ) 

4. Allgeheihes ceocraphisghes WÔETERBUCii , ctc. Dîction* 
naîre géographique universel, ou description de tous les 
pays, des villes , bourgs, villages, mers, rivières, etc., avec 
l'indication de leur situation , grandeur, population, indu- 
strie, commerce, etc.; par G. A. Galetti; 3^ édît. aug. in-ia. 
vol- I. Contenant les lettres A— K. Prix de souscription pour 
les a vol., 3 rxd. Pesth ; 182a. 

5. QuADRO ni TUTTI I PAESI K POPOLI DEL MONOO. l^ablcau 

géogr. , phy . , polit, et hist. de tous les pays et de tous les 
peuples du monde; in-8. Cahiers 187, l'As et 189. Prix de cha- 
que cahier 60 c. Milan; 1823 ; Pogoiani. 

6. Geografia moderna universale. GéogrUphie moderne 
universelle, ou description physique , statistique , etc.; par G. 
ILPagnozzi; section viii, ae. part, du 4*< ▼ol. Florence, 
Vinc. Batelli. ( Y. le Bullet. t. i^^,^ p; ai3, 280^ et t. 3, p. 142.) 

7. Air î!»tR0t>UCTf01f TO OEOORAPHT AND ASTAOlfOMT , etC. 

Introduction à la géographie et à l'astronomie par l'usage des 
globes et des cartes , avec; la conMtructioa des cartes et deis 
tables de ktitnde et de longitude; par £. et T. Bruce, prof, 
de géogr. et deniaihém. 5<^. édit. Prix 7 sh. 6 d. relié. 

Cet ouvrage est très-estimé en Angleterre ; la clef se vend à 
part 2 sb«6 d.br.; elle contient les Solutions de tons les problèmes 
de géographie ; I.»ndres; Baldwin. {fMt, Gazet. ) 



4 Géographie 

8* Maritime geography and statistigs. Géographie et sta- 
tistique maritime, ou description de TOcëan et de ses côtes , 
de son commerce, de sa navigation, etc.; par J. K. Tukey 
in-8. 2 1. i6 sch. 6 d. Londres; 182a. 

9. Itinéraire de TEurope ; par Fr. Gandini ; in-8. Pr. 2 lire. 

Milan; 1822; Ris>oUa. 

9 bisJÏBV, Percy HISTORIES. Leshî&tolres de Percy ; ou mémoires 
intéressans surrorigine,les progrès et Tétàt actuel de toutes 
les capitales de l'Europe; par Schotto et Beuben Percy; 
embelli de portraits , de cartes et de vues ; Londres ; Murray. 

10. Géographie «historique de la Frange, ou tableau de ce 
royaume , considéré principalement dans ce qui concerne les 
souvenirs historiques , les monumens , les traditions locales et 
les recherches qui présentent un intérêt particulier aux histo-> 
riens et aux voyageurs; composé sur des documens nouveaux 
et authentiques , et une correspondance administrative; par 
M. le comte Alex, de la Borde, et M. Champollion-Figeac, 
membres de l'académie des sciences et belles-lettres ; 1 2 voL 
in-8., chacun de 5 à 600 p., et une carte de chaque dépt., 
gravées avec le plus grand soin. Chez Didot père et fils. 
( Prospectus, ) 

Le but de cet ouvrage , conçu sur un vaste plan , est de faire 
connaître l'histoire des provinces de la France, leurs monu- 
mens , les lieux importans qu'elles renferment , les changemens 
qu'elles ont éprouvés dans leurs mœurs , leurs usages et leur cir- 
conscription , avec des recherches et des- observations sur l'his- 
toire nationale du pays. Chaque volume contiendra sept dépar- 
temens.Le premier sera précédé d'un mémoire ayant pour titre : 
Introduction à la géographie historique et archéologique de la 
France , ou tableau des variations que ce royaume a éprouvées 
aux différentes époques de l'histoii'e , dans la circonscription de 
son territoire , et le caractère de ses monumens. Sueur-Merlus. 

11. Itinéraire descriptif, ou description routière, géographi- 
que , historique et pittoresque de la France et de l'Italie. Ré- 
gion du sud. Routes de Paris en Espagne; par Vaysse db 
Villiers, inspecteur des postes, etc.; avec i carte; in-8. de 

- 12 f. |, plus la carte. Prix 3 f. 5o c. Paris; Arthus-Bertrand* 
Ce volume est le i4®. de la collection. 



et Statistique. 5 

xa« Recheeches statistiques sue la yillb de Paeis et le dé- 
partement de la Seine. Recueil de tableaux dressas et réunis 
d'après les ordres de M« le Cte. de Chabeol, conseiller d'état, 
préfet du départ. Un yoU in*4« Paris; i8a3; impr. royale. 
(Yoy. le Bul. de 1823 , to. S, art 445. ) 

Ce second yolume contient la suite des travaux relatifs k la 
statistique du départ, de la Seine , dont le commencement a été 
publié en iSax ; il ne. mérite pas moins que le premier, les élo- 
ges de tous ceux qui savent de quelle utilité peuvent être à la 
science , ainsi qu'à l'administration , les rensetgnemens qu'il ren- 
ferme , et dont presque tous voient le jour pour la première fois. 
Ce volume se compose 9 comme le premier, d'une introduction 
où l'on développe le plan que l'on a dû suivre dans les recber- 
cbes; d'une énumération des différens objets qui en feront suc- 
cessivement partie ; d'un mémoire sur la population de la capi- 
tale depuis la fin du 17 «. siècle, mémoire où l'on reconnaît à la 
clarté du style, ainsi qu'à la justesse, à la finesse des aperçus, le 
savant académicien qui en est l'auteur ; enfin d'un autre mémoire 
présenté par M. de Chabrol, au conseil général du département, 
sur un projet d'alignement des rues de la capitale, objet d'uti* 
lité publique, aussi bien traité qu'il est important; enfin de ta- 
bleaux au nombre de 104, sur la météorologie de la capitale, 
sur le/ système de navigation du fleuve qui la traverse, sur le 
nombre de ses maisons, leui* valeur, leur durée, les incendies 
qui les détruisent, etc., sur les principaux objets de son indus- 
trie, de ses exportations, les droits, les contributions qu'elle 
acquitte, les prêts du mont de piété, etc., etc. 

L'ensemble de ces tal>leaux et des renseignemens qu'ils don- 
nent , présente quelque chose de si complet , la masse de faits 
qu'on y trouve forme un ensemble si imposant, est d'un intérêt 
si vif, que nous n'hésitons pas, nous qui nous sommes occupés 
de ces méhies matières, à affirmer que cet ouvrage laisse bien 
loin derrière lui tout ce qu'on «a publié de plus récent à cet 
égard sur la capitale , et qu'il est le seul que l'on puisse consul- 
ter avec fruit pour la bien connaître. Il est digne d'être offert 
comme modèle aux autres préfets qui voudront donner de leur 
département une statistique complète; et ce monument élevé à 
la ville de Paris, sous les yeux et par les ordres de M. de Cha- 
brol , est , parmi beaucoup d'autres , un des titres les plus dura- 



6 Géographie 

hïes sur le«que1s il, paisge fonder le sqayenir de son adminîsNpa- 
rioByCOmm^ la reconnaissance de ses administrés. 

Ponr ne pas détruire par quelques citations détachées Tinté- 
rét qui natt de l'ensemble de ces nombreux tableaux , nous nous, 
sommes décidés à en recomposer a^ee les pins importans, un seul 
et nouveau qui présentât aux yeux du lecteur l'expression numé- 
rique ou le fait résultant de chacun d'eux. Nous ne dissimulons, 
pas que ce travail nous a coûté beaucoup dé peines et de temps ;. 
mais nous avons cru que c'était le seul moyen qui convînt aa. 
Bulletin universel des sciences, pour faire connaître comme il le 
mérite cet important ouvrage : comme on Ta d'ailleurs tiré à fort 
peu d'exemplaires , et qu'il n'est point destiné à être vendu, l'a- 
nalyse exacte que «i^ous allons en faire , pourra tenir lieu du livre 
lui-même. 

Nous suivrons la même division dans les chapitres , que l'ha- 
bile rédacteur de ces tableaux a suivie lui-même. 
■«• 

Ch, /«*. Topographie. Art. 7*^ Météorologie. TabLenux i,a, 3,4.. 

Le plus haut degré de température , depuis 19 années ^ 
commençant en i9o3 et finissant en i8ai, a été I9^ 34 (therm. 
cent.) Elle a été observée du 10 au ag juillet. 

Le plus bas a été de 1^ ^jy , et il tombe du 3 au %2, janvier. 

La chaleur moyenne de l'année a été pour ces 1 9 ans, de 10" 55 . 

Le minimum de la chaleur se rapproche sensiblement du sol-^ 
stice d'hiver. 

La plus grande élévation du baromètre de 1819 à 1821, a 
été de 780° 82; la moindre de 712** 12. 

' La plus grande quantité d'eau tombée pendant les mêmes 3 
années , de 689 millim. 

Le nombre des jours de pluie, de 47^ ( c'est plus d'une année 
sur 3 ); des jours de brouillards , de 57 1 . 

Le nombre oii les vents de nord-ouest, ouest, et sud-ouest ont 
soufflé, de 556. 

Art. 2. États des eaux. Tableaux n^. 5,6, 7,8,9. 

La plus grande hauteur de la rivière a été de 1 8 19 à 182 1, de 
5 m. 5o cent., le 28déc. 1819(1). 

Les eaux ou établissemens qui fournissent de l'eau aux habi- 



(i) Âu-dessns du o du pont de la Tournelle. 



et Statistique» 7 

tans de ParU* sont: le canal de l^Ourcq, 1159171 hecIoL, 80; les 
sources des Prés-St.-Oeirais, 1727 hectol^ 58; id. de BeUcyille 
et à» Méoil'MofitAiity 1161 hectol., 7a; l'aqueduc d'Arcueil, 
9^97 hectoL, 65. — Eâox de la Seine. La pompe Dfotre-Dame, 
9^07 beclol., 80 ; id. à feu de Cbaillot, 41 653 hectoL, 80; idem 
dn Gros-Caillon, i3436 hcctoL, 71; 1a pompe épuraloire du 
(pyai de l'École, 191 hectoL, qS ; id* da qaai des Ormesi 575 
hect., 85; id. des Miramionesy 191 hect., 95; le manège à bras, 
quai de l'Hôpital , 191 hectol., 95 ; l'établissement d'eau filtrée, 
quai des Célestins a,ooo hectol. <» 00. Total, 195,198, 76 hectol, 

D^s l'état actuel, chaque habitant peut disposer d« 97 litr<*s. 
Il en aura 1 17 après l'achèyement du canal de l'Ourcq. 

Toutes les eaux sont distribuées dans Paris par 65 fontaines, et 
I a4 bpmefr- fontaines. 

D'après l'analyse qui en a été faite , on a trouvé que les qua - 
lités relatives de c$% eaux , sous le rapport de l'usiage domestique 
et de la pureté , pouvaient être rangées dans l'ordre suivant : 
•^ Matière étrangère, Seine avant la. Bièvre (n». i ), 2,791 gr.; 
Seine, au-dessous de Paris, 2,92 f gr.; — - composant le canal 
de KOurcq.Ourcq , o,ao8 gr. ; Collinance, 0,095 gr. ; Gergognr, 
0,223 ; Tbéronenne, o,54i ;Beuvronne puisée à Claye, 1^275 gr.; 
canal de l'Ourcq (2), 0,417; Beuvronne, prise à Paris, 1,885 ; 
aqueduc d'Arcueil, prise à l'Institut (3), 1,646; sources des Prcs- 
St.-Gervais (4)9^647 gr.; sources de Belleville et de Ménil- 
MonUnt, prises an regard de St.- Maure (5), 3,5i8; Bièvre 
avant Paris, i,638. 

Où voit par ce Ubleau, que l'eau de la Seine est la plus pure 
de toutes celks que Ton boit à Paris. 

Art, 3. Navigation du départ, de la Seine, Tableau v 10, 1 1 , 
12, i3, 14, i5, 16, 17, 18,19 et 20. 

La Seine traverse le département auquel elle donne son nom , 
sur une longueur de 24000 met (1200 t. environ) ; sa largeur 
moyenne, dans ce trajet, est de 140 met. ou 70 t. Elle est U\i- 
versée par 18 ponts et 5 bacs; elle coule entre 33 quais. 

Son trajet dans Paris, de Bercy à Chaillot, est de 8000 met. 
ou 4000 t. de longueur, et sa largeur moyenne de 120 met. ou 
60 t. Sm plus grande largeur est au Pont-Neuf, la moindre au 
pont de l'île Louviers. 

Sa pente moyeqne est d'un met. du pont de la Tournelle au 



8 Géographie 

pont de Louis XVI. Sa TÎtesse par seconde^ depuis i met. o3j 
jusqu'à I met. 91. 

Ce fleuve amène annuellement à Paris la à i3ooo bateaux 
de toute espèce, parmi lesquels on en compte aa à vapeur; 
iiooo environ viennent de la haute Seine , et 1000 de la basse 
Seine. Il en sort environ 1000 de Paris. 

9 Ports et 53 places de vente servent au déchargement de 
ces bateaux, dont on déchire annuellement 35oo appelés Toues. 

On estime que 1900 bateaux traverseront le canal de FOurq 
par an, et représenteront 38oo voyages. 

Les marchandises apportées par la Seine à Paris, sont des fruits, 
des blés et farines, des fers , tuiles, briques, vins, eauz-de-vie, 
tonneaux, chanvres, cordages, pavés, verrerie, sel, cidre, épi- 
ceries , denrées coloniales , bois de chauffage amenés ou par des 
bateaux ou par ai34 trains, et enfin 5oo,ooo livres de poissions 
d'eau douce, fournis en grande partie par la haute Loire. 

j4rL 4. Hauteurs de différens points du département de la Seine 
au-'dessus du o du pont de la Tournelle et du niveau de la 
mer, Tabl, la ^ — aa. 

Le Mont-Yalérien et Montmartre sont les deux points les 
plus élevés des enyirons de Paris. Le premier est à 4o8 pieds 
( i36 met. ) au - dessus du o du pont de la Tournelle , et à 
5o7p. (169 met.) du niveau de la mer. Lea^. à 3i5 p. (io5 'met.) 
du niveau de la Seine, et à 4^4 (i38 met.) de celui de TOcéan. 

Les points où le sol de Paris est le moins élevé , sont la place 
du Palais-Bourbon, (18 p. au-dessus des eaux de la Seine, 117 p. 
au-dessus de la mer); le sol des Champs-Elysées (18 p. — 114 pO> 
et la barrière des Bons-Hommes (la p. — m p.) 

Lçs. plus élevés de l'intérieur de la ville sont l'Observatoire, 
(99 P- — 19^ pO €' 1^ butte Ste.-Hyacinte ( loi p. — aoo p.) 

Chapitre II. Population^ tableaux a3 à 55. 

Mâles. Femelles. Total. 

Les naissances ont été pour 18 19. ia4ia 11940 a435'a 

pour i8ao. ia653 iaao5 a4858 
pour i8ai. ia86o 13296 a5i56 



Total des trois années 379a5 3644i 74366 
Les mariages pour 1819, 6a46; i8ao, 5877; i8ai, 6465. 



et 


Statistique. 






Mâle^. Femelle. 


Toul. 


Les décès pour 1819. 


iio5o ii6ai 


32671 


pour 1820. 


10780 X1684 


aa464 


pour i8af. 

• 


11401 ii5i6 


22917 



ToUldes tros années 3323i 34821 68o52. 

« 

Excédant des naissances sur ces décès pendant ces 3 an- 
nées, 63i4. 

La mortalité se distribue entre tous les mois de l'année , dans 
l'ordre suivant y en commençant par le pl^s fort et allant tou- 
jours en diminuant jusqu'au plus &ible. 

kyrii maximum j -mars ^ féyrier, mai, janvier, décembre, 
jain , septembre , octobre , novembre , août , minimum. 

Les enfans naturels forment le tiers des naissances ; et parmi 
eux ceux qui sont reconnus, le tiers également. Le nombre 
des premiers est pour les trois années de 24^74» celui des se- 
conds de 7689. Le io«. arrondissement (faubourg Saint-Ger- 
main, Gros-Caillou ) en donne le plus, et le 9^. (H6tel de 
Ville, Cité, île Saint-Louis) le moins. 

L'extrême inégalité de population entre ces deux arrondtsse- 
roeDs (le io«. a 81,000 habitans, et le 9® 4^9000 seulement) 
explique cette différence. 

Celui des morts-nés se monte pour 1819 à i346;pour 1820 
à i337 ; pour 182 1 à il^il^'iToldl 4^097 ou le 18'. des naissances. 

On voit que les causes éventuelles qui font périr un enfant 
dans le sein de sa mère, se renferment dans des limites qui sont 
a peu près les mêmes pour chaque année. Le 12^ arrondissement 
de Paris (les faubourgs Saint-Jacques et Saint-Marceau) est celui 
où l'on compte le plus de morts -nés, et le 3^». (faubourgs Pob- 
sonnière , Mont-Martre, Saint-Eustache et Mail, celui où il y en 
aie moins ; mais il faut se ressouvenir que l'hospice de la Mater- 
nité fait partie du 12®. arrondissement. 

De 1819 à 1820 il y a eu 732 décès causés par la petite vé- 
role, et 2,944 vaccinations ou le 25<'. des naissances. C'est bien 
peu, surtout quand on pense que ces vaccinations soiit gra- 
tuites. 

Au reste, si l'on remonte au commencement du i8<^. siècle, 
et qu'on en partage les années jusqu'au 19*'. cA fractions de vingt 
chacune , on voit que les naissances, les décès et les mariages ont 
été dans la progression suivantç : 



1 o Géographie 



Années. 


riais^ncea. 


Enfans trouves. 


D/cès. 


Martaf;e«. 


17x0 à 1729 


i7>948 


1895 


17,674 


4246 


1730 à 1749 


18,69a 


«982 


.I9iïï5 


4167 


1750 k 1769 


19,061 


$o33 


19»»** 


4436 


1770 à 1789 


19,906 


6ao8 


19,335 


5o84 


1790 à 1809 


ao,956 , 


42o5 


21,536 


5291 



On a ya que les naUsances iUégitîmes forment le tiers de ceUe& 
qui ont eu lien depuis trois ans. La proportion des naissances 
par mariage est dond de 2. 6. Cest uae/écondiié bien faible 
pour une TÎUe où tant de gens croient que la vie est si heureuso 
et si facile. On a remarqué qu'elle était bien plus forte il y a 
un siècle, mais Faugmentation des mariages établit peut-^tre une 
compensation. . / 

Les morts Tiolentes y volontaires ou accidentelles, ont été 

Mâles. Femelles. 

Pour 1819 449 i56 6o5 

1820 489 228 717 

1821 480 177 657 

Total général. . . 1979 
dont 45 écrasés, 10 assassinés et 7 suppliciés. 

Les suicides ^e sont montés dans le département., pour les 
mêmes années , 





Hommes. 


Femmes. 




en 1819, à 


25o 


126 


376 


1820, à 


211 


114 


325 


1821 , à 


236 


112 


348 



Total général. . . 1049 

dont 5ii mariés. 
Le genre de mort le plus commun a été la submersion , le plus 
rare le poison, la cause la plus fréquente les chagrins domes- 
tiques, d'où naît le dégoût de la vie ( 349 sur 1049 }; le moia 
d'avril est celui de tous où les suicides sont le plus nombreux , 
comme il est aussi, avec le mois de mars , celui où l'on compte 
le plus de décès. Il eût été à désirer que les tableaux eussent in- 
diqué dans une note le nombre de suicides particuliers à la ville 
de Paris. ( La suite au numéro prochain. ) 

i3. Rehsbignemens statistiques sua Paris et les départemçns , 
recueillis et mis en ordre par A. G.JBallin^ in-8». d'une f. j^ 
et 2 tabl. Rouen ; Périaux père^ tiré à 5o ex. 



et Siaiùtique. ii 

14. AvciENs TBAYAUX FOU» rélargissemcDt des mes dx Paeis^ / 
Aii£s de Palis eslargles par les soûis des sieurs préuèts des 
marehaods et écheains , aux aueimes de Fetit-Poot. 

£a 1507. La riie de la Jaîfderie eslargie ; — > en i567. Saillie 
dëmdie , face de pierre oa moiien , et non pan de bois ; — > ea 
16 10. Élargissement de la riie S.-Jacqnes deoant les Bfathurins ; 

— en 1629. Élargissement nie 8.-Jacqiies, maison de S.r8eiieHn; 

— en 1629. Idem^ riie S.- Jacques; •— en 1640. Idem^ riiê S.» 
Jacques I près S.-Tues ; — en 1641. Idem , riie S.-Jacqoes, prea. 
S.-Taes; — en 1657. Idem^ riie des MathurinS, M^s de Sor- 
bonne: — en 1670. Eiies Planche Mibraj et des Arcis 9 bout du 
pont Notre-Dame ^-«- en 1679, Rtie Galande, place Maubert; — 
en 167a. Rue Vieille Draperie; — En 167 3. Le Quay Neuf est 
ordonné; — en 1673. Rue Vieille Draperie ; — en 1676. Rue des 
Mathurins; — en 1678. Riie S.-Scuerin ; — en 1687. Riie de 
Peut Pont; — En 1688. Riie Galande, marché Palu. 

( Cette note a clé écrite en 1718. ) 

i5. R^UMÉ STATISTIQUE sua l'Espagve. — La monarchie espa- 
gnole , après l'émancipation des colonies de l'Amérique méridio- 
nale y comprend en Europe et dans les quatre autres parties du 
monde , une surface de 1 3,549 ™iUcs carrés et une population 
de i4)990,4oo âmes. Le royaume d'Espagne contient 8,44o milles, 
carrés et 1 i,4i^»ooo habitans ; les colonies asiatiques contiennent 
2,390 milles carrés, avec 2,647, 5oo habitans; les colonies africaines. 
i,63o milles carrés, ayec 217,400 habitans; les colonies améri- 
caines , comprenant encore Cuba et Pnerto-Rico , 2499^0 milles, 
carrés, ayec 707,700 habitans ; et Tile Guajam , dans les îles 
Mariannes , 58 milles carrés , ayec 5,8oo habitans. 

Dans le budjet de i8aa, les revenus de Télat étaient estimés 
à 56a,ooo,ooo réaux^ les dépenses à 664 ,8 13^3^4 réaux« Déficit 
102^1 3, 3 24 réaux. Les dépenses étaient réparties de la manière 
suivante : Liste civile 45,aia,ooo réaux. — Cortès 5,552,365.*-^ 
Le ministère des affaires étraQjgères 5,760,917. — ^ Le ministère 
de l'intérieur 32,44^,028. -— Celui des colonies 941,4^5. — Ce- 
lui de la justice 16,897,899. — Celui des finances 148,894*075. 

— Celui de la guerre 328,633,983. — Celui de la marine 
80,502,590. — Total 664,8,13,324 réaux. — La dette nationale 
s'élevait à 5,56 1,976,555 réaux. 

L'armée consistait en 1822, en 48,681 soldats , 6,848 ofSr 



12 Géographie 

ciers, et 79097 chevaux; la milice en activité, en 29,397 soldats 
et 1,047 officiers. Cette armée devait être augmentée pour la 
campagne actuelle de 87,973 soldats, et de 7,998 cheyaux. — 
La marine a considérablement perdu. En 18211 , il y avait dans 
les trois départemens maritimes de Cadix, Ferrol et Cartliagène, 
la vaisseaux de ligne, 29 frégates et 3o petits navires; aucun, 
d'eux n'était en état de tenir la mer. (/oum. de la litt. étrang* 
sept. i8a3 , p. 285.) . 

16. VocÂBULAïaE GÉOGRAPHIQUE dc TEspagne et du Portugal, 
suivi d'un itinéraire de ces deux royaumes, traduit de l'espa- 
gnol ; revu et augmenté d'un aperçu historique et géographi- 
que de la péninsule, par M. Depping; et précédé d'une belle 
carte routière de cette contrée. Prix , 5 fr. broché. Paris ; Guil- 
laume, libraire, rue Hautefeuillc , no. i4- 

Ce vocabulaire se recommande par le nom de l'auteur , qu'ont 
déjà fait connaître avantageusement divers ouvrages d'histoire et 
de géographie , et entre autres , son recueil intitulé les Soirées 
d'hiver j ou entretiens d'un père avec son fils ^ sur la géographie, 
les usages et les coutumes des divers pays de la terre ; Paris , A. 
fiavoux. 

17. DescaÎption géographique, historique , militaire et rou- 
tière DE l'Espagne ; contenant des détails sur tous les lieux 
remarquables, et les particularités les plus intéressantes de 
cette monarchie; ornée d'une carte lithographiée , et suivie 
d'une table analytique des matières, et de tables des pays, 
des noms d'hommes et des auteurs cités. Par M. Ch. l3uRo- ' 
zoiR. la- 8. de 26 f. ; Prix, 6 fr. Pari»; i8a3 ; Pillet aîné. 

L'auteur entre en matière par des détails généraux sur l'Es- 
pagne , ses fleuves, rivières , canîiux, son climat, son sol, ses pro- 
ductions naturelles; le caractère des habitans, la population, la 
nature du gouvernement, la religion, les revenus, les forces de 
terre et de mer , l'industrie , la littérature et les arts , et les colo- 
nies. Il passe ensuite à l'exposition de ses divisions politiques, 
gouvernemens militaires et circonscriptions ecclésiastiques. Après 
ces généralités , chaque division politique devient l'objet d'une 
description, particulière , où les détails historiques complètent 
ceux qui concernent , à proprement parler, la géographie. On 
trouve , pour les provinces frontières , l'indication du passage de 
France en Espagne; la description des routes d'un pays à l'au- 



et Statistique. i3 

tre , et pour chaque principauté du royaume , des détails sur les 
guerres anciennes et modernes qui y ont eu lieu. Des anecdotes 
intéressantes, et les faits historiques , jettent de la variété dans 
cette suite de descriptions , où les villes principales sont le sujet 
d'indications utiles et curieuses. En un mot , cet ouvrage nous 
parait offirir un compendium bien fait eè* propre à répandre des 
connaissances générales sur un pays qui excite actuellement un 
nouvel intérêt. F. 

i8. Tableau db l'Espagne moderne ; par J. Fr. BouacoiNo, et- 
devant ministre plénipotentiaire de France à la cour de Ma* 
drid y etc. 4«. édition , avec quelques corrections , et des aug- 
mentations qui conduisent le tabjeau de TEspagne jusqu'à 
l'année 1806. 3 vol. in-8. ensemble de 79 feuil., plus un atlas 
in-4» d'une demi-feuil. et ^5 pi. Paris ; G. Dufour et Ed. d'O- 
cagne ; à Amsterdam , même maison de commerce. 

19. BiLD Aus DEN Alpen der Stetermark. Tablcau des Alpes 
de Styrîe, par Aug. Schumacher. Vienne; iSaa. roo p. 
Une s'agit, dans ce petit ouvrage, que des parties les plus 

élevées et les plus sauvages du pays. On y trouve la description 
des divers lieux, celle des mœurs des habitans, a3 chansons Sty- 
riennes et 1 7 gravures , dont une représente un chasseur de cha- 
mois. ( Gaz, litt, de Leipz.j août 1823.) C. M. 

20. Narrative of the ascent, etc. Narration d'un voyage fait 
à la sommité du mont Blanc, le 18 août 1%%% ; avec un appen- 
dix sur les sensations qu'on éprouve aux grandes élévations ; 
par Fr. Clissold, esq.In-8, Prix ,21 -^sh. London \ Rivistonet 
Cochrane. 

^i. Observations made durinoTa résidence in the Taren- 
taise. Observations faites pendant un séjour dans laTarentaise 
et diverses parties des Alpes rhétiqueà et des Apennins, en 
Savoie, en Suisse et en Auvergne , dans les années i8ao, 1821 
et i8aa , avec des remarques sur l'état actuel de la société, les 
mœurs, la religion, l'agriculture , le climat de ces pays, jus- 
qu'ici peu parcourus par les voyageurs anglais. Par R. Bake- 
well. Enrichi de pi. explicatives ; In-8. Londres; Longman. 

32. Population de Rome. D'après un article inséré au Philjoum.y 
juillet 1823, p. 2^07, le nombre des habitans s'élevait , au prin- 
temps de 1821 9 à 135,171, et en 1822 , dans la même saison, .à 



1 4 Géographie 

i36,o65 , ce qtii présentait un accroissenieiit de 914 peirsonneï», 
Mak un antre atticle, inséré dans le iVew month. Mag, and liu 
Joum., mai i8a3y p. ai4> porte la population de cette rille à 
1469O00 âmes, parmi lesquelles on compte 19 cardinaux , 27 évé^ 
ques, ]45o prêtres, i53a moines , 1464 religieuses et 332 sémi- 
naristes. Cette évaluation ne comprend pas les Juifs. A. d^ Y. 

a3. Exemples de longévité. — Les listes morluaires de la ville 
de Naples donnent les exemples suivans de longévité , pendant 
l'année 1821. 17 personnes mortes au-dessus de l'âge de 100 ans^ 
parmi lesquelles se trouvent : Vincenzo Genarelli, de 117 ans; 
Gius. Finamora, de 1 07 ; Elena Finizia , de 1 1 4 ; Maddalena Ma- 
riana , de 1 10; Anna Marietti , de 107 ; Giovauna Sterlitz, de 1 06 ; 
Tïicoletta Delciato, de io5 ans. (^Journ, de la lut, étr.y avr. 1823 , 
p. 121.) 

24. Statistiga delle OTTO PBOviNciE VENETE. Stutistiquc dcs 
8 provinces vénitiennes , enrichie de tableaux synoptiques. 

Il avait déjà paru 2 vol. de cet ouvrage intéressant , publié par 
souscription. Le 3*.. volume a dû paraître en 182H; prix, 5 
lire , comme les % premiers pour les souscripteurs. Venise ; 1 823 . 

^5. ExicuRsion UB Beescia au lac ns Garde, et promenade 

autour de ce lac. 

Dans cette petite relation , mêlée de vers et de prose , on parle 
de nombreuses plantations d'orangers, de citronniers et de ce- 
drats qui s'étendent de Salo à Campione, entre les rangées des- 
quels s'élèvent des piliers de marbre blanc formant un agréable 
contraste dans le paysage et servant à placer des toits en hiver 
pour préserver de la gelée les arbres délicats. On y décrit les 
moulins à papier de Toscolano , dont les produits fort estimés 
s'élèvent à mille rames par jour. Cette industrie occasione un 
mouvement de 70,000 fr. par mois et répand une certaine aisance 
parmi 3 000 individus environ. L'auteur anonyme cite encore 
des eaux chaudes et une grotte méphytique analogue à celle du 
Chien près de Naples. Il fait l'éloge des truites du lac , du pois- 
son nommé carpone e| du vino santo ; le reste de la relation est 
dans le genre pittoresque. 

(.es mêmes cahiers de ce journal cofitiennent des eltraits d'un 
poème d'Antonio Buccellini sur la province de Brescia et le lac 
de Garde, avec quelques notes et un voyage en vers aux Bains 



Bt Statistique. i5 

âefticotaro et à Tenise, par le comte Hippolyte Fernaroli. ( // 
Recoglitore ^ ossia^ Àrchiui di Geografia^ di f^îaggi^ etc. Mi- 
]ano ; mai et juin 1823. ) C. M. 

26. GEoomAPBXE D«m GftiECHKK uiTD RÔMBB. Géognphie des 
Grecs et des Romains ; par Conm. Mahitset. In-S», tom. VIII, 
arec nne carte. Leipsig; i8aa. 

Ce vol. contient la description de la Grèce da nord , du Pé- 
loponèse et des lies de l'Archipel. 

17. La G^icB, on Description topographiqne de la Liyadie, de 
la Mor^ et de rArcbipel , contenant des détails cnrlenx sur 
les mœnrs et usages des babîtans 'de ces contrées ; par G. B. 
De^pikg. 4 ▼ol. in-i8y avec une carte de la Grèce et 8 ^nes 
d'après Dodwell. Prix : 10 fr. Ferra jeune. 

Les sujets traités dans cet ouvrage , sont : Tome I^^*. Les 
Grecs. Grande- Grèce, ou LÎTadie; Attique;Béotie; Nëgrepontou 
Eubée; Tbessalie; Phocide; Éolie ; Acamanie. — Tome ^^Péla- 
ponese ou Morée. Corintbe; Argolîde; Acbaïe; Élide; Arcadie; 
Messénie; Laconie. — Tomes 3 et 4, Archipel, Hidra ; Cythère ou 
Cérigo; Mélos ou Mîlo; Tbera ou Santorin; Cythnos ou Ther- 
mia, etc., etc. Les vues rei: résentent : le Ba2ar d'Athènes; le Pan- 
théon , du côté des Propylées; la Fontaine Castalie; le Temple 
d'Apollon, sur le mont Coi.yle; Monastère de Mégaspé]ion;les 
Thermopyles, vues du côté de la mer; le mont Olympe. 

28. Élévatioh DBS HOHTAGiTBS UB l'ile vb CbAte. M. Sicbcr, 
médecin et naturaliste allemand , dans l'intéressant ouvrage qu'il 
vient de faire paraître (1), donne la mesure de plusieurs mon- 
tagnes de cette ile célèbre. Les sommets les plus élevés sont de 
7,200 pieds ; c'est probablement l'élévation du mont Lycée du 
Péloponèse et de la chaîne centrale du Pinde, près Metzovo; car 
la Flore observée par M. Sieber, au sommet dlda , a beaucoup 
de rapports avec celle des montagnes continentales, par Siblhorp. 

Toutes les cartes de cette Ile sont très-fautives; celle que 
donne M. Sieber a le mérite d'une grande clarté. ( Nouv, Ann, 
des Foyages^ mars i8a3 , p. 4iS* ) 

a9.yoLi^TAKDiGBS Lehrbuch dbr Geoghaphib dbb Staaten des 

BuifDES. Traité complet de la Géographie des états de la con- 

-■ ^ . ■ 1,1.. ■■■■ 

(i) Voyage a VUeâe Crète, fait en 1817, par M. Sieber. a vol. in-8. 
avec cartes et fîg. Leipsick , iS'ja. 



i6 Géographie 

fédéra tlon' germanique , avec une introduction et des éclair- 
cissemens historiques et statistiques , 2^. section, i9i9- 7^9 p* 
in-8. Les deux sections , prix , i rth. 20 gr. 

3o. Apeeçu de l'agriculture, des manufactures, de la statis- 
tique et de l'état de la société en Allemagne et en différentes 
parties de la Hollande et de la France, etc. ; par Will. Jacob. 
In-4. I 1. i5 s. Londres; Murray. 

L'auteur de cet ouvrage avait déjà visité, en 1798,^8 contrées 
qu'il vient de parcourir. Il a pu comparer l'état où elles se trou- 
vent aujourd'hui avec celui où elles étaient à cette époque. Le 
résultat de ses observations n'est pas aussi avantageux qu'il de- 
vrait l'être ; mais enfin ni la société ni l'industrie ne sont restées 
stationnaircs ; l'une et l'autre ont marché. M. Jacob va succes- 
sivement de place en place et expose quelle en est Ja population, 
les ressources , les fabrications , etc. ; il donne de temps à autre 
des détails statistiques précieux ; maïs son patriotisme ne lui per- 
met pas toujours de se montrer observateur impartial.* 

3i. Bemerkungen auf einer Reise 117 Nord-Deutschland, etc. 
Observations faites pendant un voyage dans l'Allemagne au 
nord^ et la France méridionale. In-8. i rxd. 16 gr. Rudols- 
tadtj 1822; Frôbel. 

Le voyageur anonyme est parti en 18 19 de Brème; îl s'est 
rendu de là à Hambourg, puis aux îles d'Hières, en passant par 
Marseille. Il est ensuite revenu à Bordeaux par mer. Ses obser- 
vations se bornent aux mœurs et usages des nations. ( fourn, de 
ia litt, etr, y sepiemhre 1823, p. 268.) 

32. StaI'ISTISCHER UmRISS DER SfMMTLICHEK EUROPiBISCHEN 

Staaten, etc. Tables statistiques de tous les états Européens, 
et des principaux autres états , relativement à leur développe» 
ment , grandeur, population, constitution civile et militaire ; 
par J. Hassel. In-fol. Cahier i , contenant les deux grandes 
puissances d'Autriche et de Prusse, et le corps Germanique. 
Pris : 3 rxd. Weimar; i823> 

33. BiLDER- GÉOGRAPHIE, ctc. Géographie figurée des états 
prussiens, ou Voyage d'un père avec ses enfans, dans toutes 
les provinces de ce pays , composé à la manière de Campe, par 
H. Hermann ; i"^**; part. , avec 12 grav. et i gr. carte; rel. Prix, 
I th. 20 gr. Berlin ; Enslîn. 



et Statistique. ij 

34« Tableau statistique des Uhiybesit^s PHirssiEHRBS. 

L'université de Berlin comptait dans l'été de .i8aa, i i8a éta* 
dtans; 109 étaient étrangers; 227 étudiaient la théologie; 411 
étudiaient le droit; 370» la médecine; et 174 > la philologie , la 
philosophie et les sciences. 

Bonn comptait 571 élèyes, dont plus de 80 étaient étrangers ; 
i5i étudiaient la théologie; aSS^ le droit; i30| la médecine; 
et 84 , la philologie et la philosophie. 

Breslan avait 539 élèves» dont 60 étrangers; a3i étudiaient la 
théologie; 159, le droit; 46 9 la médecine; loo ^ la philosophie et 
la philologie. 

Halle comptait 8^6 élèves, dont 147 étrangers; 54o étudiaient 
la théologie; 198, le droit ; 78 , la médecine ; et So, la philologie' 
et la philosophie. 

Kœnîgsberg comptait 959 élèves, dont 29 étrangers) 84 étu- 
diaient la théologie; 95, le droit; ao, la médecine; 60 , la philo« 
Sophie et la philologie. ( Europe f^aff^^ mai i8a3 , p. 460. ) B. S. 

35. Statistique de l'Université Dt Gobttinoue. 

Le nombre des étudians à l'Université ^e Goettimoue était 
rhiver dernier de il^^o^ parmi lesquels on comptait quatre prin- 
ces allemaQds. Sur ce nombre total , 270 étudiaient en théolo- 
gie; 730, endroit; aaS, en médecine; 195, en philosophie et 
philologie. On Êdt beaucoup d'éloges de l'application , du calme 
et du bon ordre qui régnent parmi cette jeunesse studieuse. 
Pour que les étudians qui tomberaient malades, soient traités 
avec un soin particulier, les professeurs et les bourgeois ont 
formé un comité qui fait préparer pour eux les alimens con- 
venables d'après le régime prescrit par les médecins, et qui les 
leur fait porter à domicile. ( Gaz, litt, de Leipzig, y juillet i8a3 , 
p. 164. ) CM. 

36. Statistique des établissemeits d'insteuction publique 
EN Hongrie. ( Leipz. Lit, Zeit.y mars 18 a3 , p. 47^.) 

'Dans l'arrondissement des études ô^Agram [Studien^Bezirk)^ 
le plus petit de ceux de la Hongrie, l'on comptait, de i8ai a 
i8aa, 1298 étudians , savoir : 224 à l'Académie d'Agram, tant 
pourle droit que pour la philosophie ; à l'archi-gymnase d'Agram, 
400 élèves; dans le lycée épiscopal de Dûfkovar, 55 étudians 
en philosophie ; dans le gymnase d'Eszek , a36 élèves ;- dans ce- 
F. Tome I. a 



i8 Géographie ' 

lui de Wàradîn , 197 ; et dans celai de Posega 86 , saas compter 
2000 élèves dans les écoles nationales de cet arrondisseme'nt. 

Dans rarrORdtssemeat de Kxuchcmy on comptait éfalemen€ 
de 18^1 k 1822, à TAcadémie de Kasckau^ 3 16 ëtndians en 
droit et en philosophie; au lycée d'Erlau^ 33 1 ; au Jycée épisco* 
^l àB Rôsenau y 688; dans les gymnases royaux A*Erlau, de 
Kaschauy à*ÉperJes , de Zeben , de GyÔngvâs, de Jasi-Bereny-y 
de Leutschau , de Miskolez , de Pudlein , de Rosenau , à^Ujhelf^ 
ë^Unghvar^ de Felegy Kaza^ Ton comptait 368 1 écoliers en 
grammaire et humanités; Técole nationale de Kàschau comptait 
187 élèves; l'école de dessin, i5o, et Técole de musique , 34; 
ce qui fait un total de 473 a élèves , sans compter ceux des autre» 
écoles natioBales de rarrondissement , et ceux des écoles protes- 
tantes. Au gymnase royal de lyrnauy le nombre des élèves s'é- 
levait a 407' ^" 

37. État de l'iwstmjctioii ew Polo<iwe. 

La population totale de ce qu'on nomme aujourd'hui le royau- 
me de Polûgiie, s'élève à plus de 3 millions et demi d'habitats y 

savoir : ' 

Dans le palatinat de Hazovie , 6^5,857 ;— de ELalisch, 5 1 7,665 ; 
•^ d'Augustow, ^%g,^B6'y — de Lubliq, 44i,3i7; — de Plocl^ , 
409,126; — de Cracovîe, 588,297; —de Sandomir, 34494^8; 
-^ dé Podlaquie , 329,804. 

Sur ce nombre total, il n'y a pas 5o,poo individus qui firé- 
quentent les écoles. 

Voici quelques détails à ce sujet. L'Université de Varsovie 
avait, en 1821, 46 professeurs et 49? étudians.U y avait dans ^ 
écoles palalinales 169 maîtres et 41 17 écoliers ; dans «3 écoles de 
district, i4n maîtres et 2,5 19 écoliers; dans les écoles élémenfai^ 
res 1222 maîtres et 37623 écoliers; à quoi il faut ajouter deux 
écoles pour former des instituteurs primaires, un institut de 
sourds-et- muets, des pensions particulières de garçons et de 
filles féeole des mines établie à Kielce, les séminaires, les 
écoles militaires, oellea pour la science forestière et les écoles 
des dimanches. Cependant on doit reconnaître que l'instruction 
scolaire fait des progrès dans toutes les parties de l'ancienne 
Pologne. La Lithnanîe et la Wolhinie avaient en 1821, suivant 
ie rapport officiel du ministère de l'instruction publique , ai , 1 74 



et Statistique. tn 

écoliers, lanclis qne dans tontes les autres parties de l'empire 
Rnsseonn*en comptait qne 407 44- 

La Gallicie, dont la population est de 3,8 17)846 âmes, avait en 
1819, 887 étadîtns dans TUniTersité de Lemberg; 1,756 dans 
14 lycées ou gymnases , et de pins 38 1 écoles que nous nomme- 
rions secondaires du premier degré, et 346 du second degré; 
enfin 974 écoles élémentaires oa pnmaires. Il y avait aussi une 
école pour les sages- femmes et ax écoles secondaires de filUa* 
[Leipz. LUu Zeit., oct. 1823, n. aSS.) C. M. 

38. Notice sua lzs Szotacks en Horcrik. 

Les Szatacks ont jusqu'ici été peu connus ; ils habitent dans 
75 villages du comtat de ZempKii , en Hongrie ; ils sont d'origine 
«lave , el paraissent tenir le milieu entre les Esclavons , les Russ- 
niaks el les Polonais; ils en diffèrent par leur dialecte, leur» 
mœnrs et leurs usages. Les hommes et les femmes ont des cheveux 
blancs; on trouve rarem«ftt ptfmi eux quelqu'un qui ait les 
cheveux noirs. Ils vivent généralement en famitte el d'une ma- 
nière patriarcale. Le père confie le gouvernement de la maison à 
celui de ses fils qif il en croit le plus digne, et les autres respectent 
ses ordres, quand même il serait le plus jeune. Ils s'occupent prin* 
«^paiement de l'éducation du bétail ; el élèvent surtout beaucoup 
de moutons qu'ils vont acheter en Transylvanie et en Moldavie, 
les nourrissent pendant Tété et les conduisent en automne au 
marcké de Hannusfalva, ou bien en Moravie, en Bohème et en 
Silésie. La plupart font le métier de roulier; ils transportent des 
vins et des cnirsen Pologne, en Russie^ en Prusse et en Autriche. 
Rarement un homme d'un âge mèr monte à cheval pour con- 
duire une voiture ; cette besogne regarde les jeunes gens , afin de 
moins charger les chevaux. Ainsi on voit souvent des enfans qui 
pe u vent à peine voir par-dessus les tètes de leur attelage, gouver-* 
ner avec beaucoup de dextérité six à huit d« ces animaux. Il fkut 
qu'il y ait toujours un cheval blanc dans l'attelage, afin que, peu-* 
dant la nuit» le conducteur puisse les diriger pi as £icilement. Les 
Szotacks s'allient rarement arec d'antres peuples ; ils conservent 
soigneusement kur langue, et se gardent bien d'y introduire des 
idiomes étrangers. ( Nou*f, ann* des^ songes , jan» i8a3 , p. x 36» } 

39. IJxniSS EIHEE OEOOEAPBtseH-STAYXSTnCHEir SCHILDEEURO 

nss KôiriGEEiGHs BoaMSir, etc. Description géographique et 
statistique de l'état actuel du royaume de Bohème; par J.'^M* 



I 



20 Géogreiphie 

de LiECHTENSTERir; 3e. édition, refondue. In-8. , ayec tables» 
I rixd. 12 gr. Breslan; 1822^ Koro. 

40. Um&ISS EINE& STATISTIGHEN TOPOGRAPHIE DES KoNIGREICHS 

BôsMEV. Tableati statistique du rpyaume de Bohème. In-8. 
T. I, cahiers i à 6. Prague; 182^. 

Cet ouvrage contient un grand nombre de notices statistiques 
intéressantes. En 1822, on a compté en Bphéme x37,o36 che- 
vaux, 894^447 bétes à eornes, 1,091,672 moutons, 223,754 
porcs, 61,221 chèvres et 92 mulets. {Joum. de lalitt, étr.; sept* 
1823; p. 266.) 

41. Travaux oéogkaphiques et historiques relatifs a la 
BohAme. — Les sciences historiques, particulièrement la géogra«- 
phie , protégées par le gouvernement autrichien , font des pro- 
grès journaliers dans toutes les provinces de cette florissante mo- 
narchie. La Bohême, entre autres, a vu paraître récemment 
beaucoup d'ouvrages utiles et agréables. 

. M. Pommer a commencé, avec Tannée 1823, un Annuaire 
pour la propagation des connaissances géographiques , ouvrage 
destiné, il est vrai, pour les gens du monde, et par conséquent 
composé d'extraits et d'analyses rapides, mais où nous avons re- 
marqué le choix le plus heureux de matériaux , et une connais- 
sance étendue des ouvrages publiés «dans les contrées les plus 
éloignées. 

Le même auteur vient de donner le troisième volume de son 
Tableau physique de la terre. 

M' Eichler a fuit paraître un opuscule intitulé : La Bohême 
considérée comme un petit Pérou avant la découverte de l'Amé- 
rique. Ce petit écrit est rempli de renseignemens curieux et de 
vues scientifiques. 

M. Kieman a mesuré avec beaucoup de soin les montagnes qui 
environnenit et en partie remplissent la Bohême. La chaîne de 
Bœhmer-Wald s'élève en plusieurs points au delà de 4>ooo pieds. 
Les hauteurs entre la Moravie et la Bohême, qui fout le partage 
des eaux entre l'Elbe et le Danube , n'arrivent qu'à i,5oo ou 2,000 
pieds. ( Nouv. Ann.des voyages , mars 1823 , p. 423.) 

42. StaTISTXSCH-TOPOGRAPHISGHE DaRSTELLUNO des KÔiriGREICHS 

Baierit. Tableau statistique et topographique du royaume de 
Bavière , en 9 tables; par J. W. Hôcx. In- fol. Prix, 3 fl. Nu- 
. remberg; 1822. 



et Statistique. ?. i 

4I- StAATS-VHO ApDBESSHAHOBUGH DBS HBBZOCTHOlfS NaSSAU. 

Almanach statistique dn daché àt Nassau , ponr Tannée 1 8a3. 
In-8. Wisbade; i8aa« 

Le duché de Nassau comprend 82 milles carrés , 3o villes^ 27 
bourgs et S07 villages. Sa population est de 316,787 habitans» 
dont 168,333 protestans et 142,826 catholiques, 207 mennonites 
et 5,421 juifs. (^Journ.gén, de la litt, étr, ^ février i823> p. 47* ) 

44* Geocbaphische Handtafeln. Tables manuelks de géogra- 
phie ; c'est-à-dire^ extrait régulier des tableaux géographiques 
nécessaires pour la connaissancede la, marche de Brandebourg, 
de la Poméranie et des provinces limitrophes; avec une table 
explicative des matières^ par J. PFBima. In-4* de 48- p. Prix, 
4 gr. Berlin ; 2822 ; Pétri. 

Ces tables contiennent tout ce qull est nécessaire de connaî- 
tre en géographie, pour les militaires, négocians, professeurs et 
hommes d'afibires^ des. provinces du Brandebourg et de la Pomé- 
ranie. Tout ce qui concerne ces. provinces et les états voisins y 
est expliqué avec détail , et indiqué par des signes ; les pays plus 
éloignés sont indiqués d'une manière moins marquée. Cet ex** 
trait, très-resserré , se recommande par sa précision et par son 
exactitude. Ko. 

45. VEBBAirDBLiKO ovEE DE xNBBAAx , ctc. Dbscrtation sur la 
rupture des digues et la "grande inondation de la Hollande? du 
sud, le 18 novembre 1421 , lue le 29 nov. 1821 à l'Assemblée 
du. département de Dordrecht pour l'utilité publique; par J an» 
Smxts. Gr. în-8. av. une carte très-étendue. Docdrecht; Bhiss^ 
etVauBraam. ... 

L'auteur se propose ces trois questions : Quel a été le cours 
des grandes rivières et la situation de leurs sinuosités avant la 
rupture des digues? quelle est la cause probable et l'histoire de 
cette rupture? et quels changemens principaux a-t^elie apportés 
dans le cours des rivières,, et la situation de cette partie de la 
Hollande? 

Toutes ces questions sont savamment trsitées par fauteur, 
qui parait très-versé dans l'histoire de son pays. 11 blâme le pro-^ 
jet de creuser une nouvelle rivière, qui, selon fui, nuirait tiu com- 
merce et à la navigation de Dordrecht, ' de ^Rotterdam et de 
Schiedam; car le déplacement du cours dè^'eaux ne 'serait' j^bii^t 



^3 Géographie 

me garantie Gontre ks niptnres de dignes el les iaondâdioBs. 
( Zat, iund, mag,, n». 5, i8a3, p. aax) 

46. BoTCKs BuGiAir and Doteli trardler. Le Toyagcnr en Hol- 
lande et en Belgique, on Guide complet dans les Pays-Bas- 
Unis on royanme de Belgique et de Hollande; contenant une 
description de chaque Tille , avec Findication de ses objets de 
curiosité^ de ses manu£ictures, de son commerce, de ses au- 
berges , les moyens de transport d'un endroit à un antre , et 
un itinéraire complet des pays enwoBnans. Ce reeueO est pré- 
cédé d*nne courte esquisse sur Fhistoire, la constitution et la 
idigîoB des Pays-Bas; Taspeet général , les productioBs et le 
coMfrre du pays; les moeurs et ooutunies des kabitans; fl est 
enriclii d'une carte de Belgique et de Hollande, d'un plan de 
Brusdles, et d'un grand nombre deTUCs. Noar. édit. in-i8 rd. 
Prix, 8 sh. Londres; Sam. Leigh. 

Les jonmanx an^is, surtout le Crùteal reçietv^ le Monihfy 
Tevieîv^ le British cràic, et XEurcpe€m magazùte\ font un grand 
éloge de cet oavragt, qu'3s regardent comme le manuel portatif 
Je plus complet, à l'usage des Toyageurs dans ces contrées. Les 
descriptions sont tout à la fois correctes et intéressantes. L'auteur 
a'a rien négligé de ce qui pouTait fixer Fattention du Yoyageor ; 
il a indiqué ayec beaucoup d'exactitude les distances, les frais de 
route, etc. , etç, Rp* 

47« Sum LES CAHAUX DE I^ GxAllOK-BaETAGIffE. (hl COOptO 

dans les îles britanniques io3 canaux, dont 97 appartiennent à 
l'Angleterre , 5 à l'Ecosse et i ji l'Irlande. On n'a pas compris 
dans cette éunmération ceux dont la longueur ne dépasse pas 5 
milles anglais, ou a lieues de France. Le cours total de ces panaox 
est de a|68a j iiûUes anglais ( 1^073 lieues de France), dont 247' 
(989 lieues) en Angleterre, 1,49) î (5a lieues) en Ecosse, et 69 ^ 
(«7 Ueues )en Irlande. On évalue à 3o millions sterling ( 760 
intllipns de Frajace) la spmme dépensée pour les creuser. Dans 
plusieurs comtés , la valeur delà propriété s'élerà à i5 et ao fois 
la valeur de la mise de fonds. Ces divers canaux offrent 48 passa^ 
ges souterrains, dont 4o comprennent, autant qu'on a pa le cal- 
cider, une étendue de 3a milles anglais ( i3 lieues de France )« 
De tous ces io^or^ns travaux, aucun n'était commencé, aucun 
nVaUm^ne 4té projet^ avaui; l'année 17 55. C'est ai^zèlepavrio- 
liqQ0 du célèbre 4u^ de Sridgeirat^, et auul^^t de ringéni^or 



et Statisiùjue. a^ 

Bnndie, qu'est dû le premier canal terminé en 1759. Cet essai 
rendit évidente l'atilité des cananx , jusqu'alors contestée en An- 
gleterre; et aujourd'hui il n'est point d'endroit un peu important 
qni ne puisse communiquer pat eau avec le reste du pays. (Hep. 
Encjrcl. , mai 1 Ba3.) 

Le grand canal Calédonien, en Ecosse, auquel on travaille 
sans interruption depuis 18 15 , est long de 6^0 mOles anglais, sans 
compter 3 lacs par lesquels il passe ; sa profondeur est de a 3 
pieds , et sa largeur de 5o pieds. Il est propre à recevoir des fré- 
gates. Des deux côtés extérieurs, il j aura des bassins de granit 
pour recevoir des flottes entières, {/oum, génén de la liif. étr, , 
mars i8a3 , p» 94») 

48. PopVLATioH DB l'Ecosse.»- Sir Jolin Sinclair a fait des 
recherches d'après lesquelles il fait monter la population de FÉ- 
cosse à 1,8049824 babitans; sur ce nombre , 3,969 sont grands pro- 
priétaires, et jouissent d'un revenu que l'on peut évaluer, ternie 
moyen, à a,5oo liv. sterl. ( 6si,ooo fr.); 6,181 sont encore pro^ 
priétaîres, mais n'ont qu'un revenu médiocre. {Rev. EncycL , 
maii8a3,p. 43i. ) 

49. AccaOISSXMEST DB LÀ POPULATIOir DK l'sX»I»B DX RuSSlB. 

{Lit. Gaz. fév. 1 8a3, p. 108.^— U résulte de l'état officiel publié par 
le Synode, et qui ne comprend que les membres de l'église grec- 
qne de Russie, qu'il y avait eu en i8ao dans l'empire entier : 

iVaùfoiscef.-— Mâles, 817,7^9; femelles, 74a>^70. Total: 
1,570,399. 

Afortr.^ Mâles , 467»663; femelles, 449»997« Total, 9179680. 
Excédant des naissances, 6&si,7i9. 

Les naissances de l'année excédaient de 48^a65 celles de 1819, 
etlesn^orts étaient plus faibles de 1,439. Les enfans mâles morts 
au-dessous de 5 ans s'élevaient à 243,029 : c'est à peu près la 
moitié du nombre total. ^ 

Parmi les mâles morts cette année (ni leur âge ni celui des fem« 
mes n'est indiqué), 807 avaient dépassé 100 ans; 3oi, io5; 
143, iio; 78^ ii5; 41, lao; 14, laS; 7, i3o; 4, i35; z, 
entre j 40 et 145. 

Le plus grand nombre, eu égard à la population ,'de ceux qui 
avaient dépassé 90 ans, était dés go uvem c mens de Tambof, Ka- 
loga et Kasan; et le plus petit, de ceux d'Archangel, Woronesch 
etlHuraiue* Les gouvememens de Pétersbourg, Moscou, Ar- 



a4 Géographie 

changel et MoUlow^ n'avaient aucun centenaire. L'enfance pas^ 
sée, la plus grande mortalité a lieu de 60 à 65 an^. B. S^ 

5o. Commerce de la Russie. — Au mois de septembre der- 
nier, il a été exporté de Russie en Chine des marchandises pour 
la valeur de 57,822 roubles. — Dans le même mois, des marchan- 
dises étrangères ont été exportées en Perse pour la valeur de 
656,587 roubles.-^ Les marchandises qui, au mois d'octobre, ont 
été importées à Ëupatoria, de Trebizonde, et de (Constantinople , 
ne sont évaluées qu'à 3,io5 roubles. (^/ourn.génér, de la litL étr., 
mars i823 , p. 94.) 

5i. Mines d'oh en Russie. -—Les mines d'or qu'on a déçou-^ 
vertes vers les sources de l'Oural, dans le gouvernement d'Orem- 
bourg , ont été visitées dernièrement par deux savans naturalistes, 
M. le sénatenrSoïmonoff etM. leD^ Fuchs, professeur de méde- 
cine à l'université de Kasan. Us ont reconnu que les mines qui gisent 
à l'est de l'Oural sont beaucoup plus riches que celles qui sont sL 
tuées sur le côté opposé. Ces mines sont presque à la surface du sol 
sur le gazon, et de quelques mètres de profondeur. On obtient l'or 
par le lavage des terres ; et ce travail est si facile, qu'on n'y em- 
piloie guère que des petits garçons. Le métal se présente en grains 
isolés, quelquefois en petites masses du poids de six marcs; mais, 
en général, on relire 5 solotniks (2 { onces) de 100 pounds de glaise 
( i,65o kil. ). Un seul propriétaire, M. de Jakoleff, dans les do- 
maines duquel ont été découvertes jusqu'à présent les mines les 
plus riches, enverra cette année, à l'hôtel des monnaies de Pé- 
tersbourg, 3o pounds d'or (495 kil.); les autres mines de l'Oural 
en fourniront ensemble 1 5o pounds, et cette exploitation ne fait 
que commencer. ( Moniteur du 1 3 nov. 1 823.) 

52. Sur les îles nommées en Danois Faehoeerne, et par les 
géographes français Fero, Farog^u Fare (d'après un recueil 
intitulé For historié og Statistili ; i^vibYié par M. J. CoUin; 
1822; Copenhague.) 

Le, volume que nous indiquons ici contient deux morceaux 
relatifs à ce groupée d'iles. L'un consiste en des observations de 
MM. Lyngbye et Forchammer, sur la relation que sir George 



(i) OEe signifie en danois île ; œerne, les îles ; ainsi on devrait dir© 
en français les îles Fœer , mais Pusage en a décidé autrement. 



et Statistique. a 5 

Mackenzie a donnée en 181 5 da voyage qu'il y ayait fait Tannée 
précédente ; l'antre de M. Thorsteinson snr le commerce de ces 
lies à différentes époques. Ces morceaux, qui occupent 140 pag. 
io-8''.y sont d'autant plus précieux pour la géographie, que leurs 
auteurs sont des savans danob,bienà portée conséquemmentd'a- 
Toir des renseignemens exacts sur ces iles également danoises, où 
deux d'entre eux ont fait un séjour prolongé. Parmi ces ren- 
seignemens, nous choisirons ceux qui serapportent à la Géognosie. 
Les Faerœer sont des iles trappéennes, dont la roche dominante 
est un trapp-porphjrr en couches parfaitement régulières et 
presque horizontales, alternant avec des couches d'une pierre 
rouge qu'on serait tenté de prendre pour un grès , mais qui ap* 
partient aussi au terrain trappéen, et qui est quelquefois rem- 
placé , quoique très-rarement , par un conglomérat. La régu* 
larité de ces couches permet d'en suivre la continuation d'un 
côté a l'autre des vallées et même des bras de mer , et de se con- 
vaincre que, tout ce groupe' d'tles a dû former originairement 
une même surface qui a été découpée et morcelée par les eaux. 
La pente' des couches, qui ne dépasse guère 5o,,se dirige de 
toutes parts vers un même point qui peut être regardé comme 
ayant été le centre d'un vaste bassin. Celles de ces couches qui 
sont de porphyre ont beaucoup de dureté; au contraire, les 
couches arénacées rouges se désaggrègent facilement , d'où il est 
résulté une succession de parties verticales et de parties en pente 
qui offrent, dans la plupart des vallées, l'aspect des gradins d'un 
amphithéâtre. La plus haute montagne de ces lies, mesurée ba- 
rométriquement avec autant d'exactitude que le permettent les 
grandes agitations de l'atmosphère dans ces parages, s'est trouvée 
avoir aS 16 pieds danois; elle se nomme Stattaretlnd. Quelques 
hauteurs sont couronnées par des basaltes en prismes, parmi 
lesquels il y en a de comparables pour l'effet pittoresque à ceux 
de la célèbre ile de Staffa : on cite particulièrement ceux de, 
Kulagiod et de Sœrvaag. M. Forchammer se refuse néanmoins à 
admettre que les Fserœer puissent avoir une origine volcanique ; 
on voit que ses opinions se rattachent à celles de l'école Werné- 
rienne. Il parle des opales nobles qui se trouvent dans ces iles, 
et les compare à celles de Hongrie dont elles diffèrent cepen- 
dant par une plus grande transparence , accompagnée de plus 
de fragilité. Des particules de cuivre, originairement natif, sui- 
vant toute apparence^ mais souvent oxidé par Taction de l'air, 



20 Géographie 

sont disscmifléas dans presque toutes , les roclies de ces il^. 
Celle qu*on Domme Suderœ possède on gite fort étenda d'oa 
combustible fossile presque exempt de soufre , qu'on peut rap- 
porter au lignite , mais qui a aussi des caractères communs ayec 
Je Canelcoal des Anglais, et même avec les véritables Jiouilles, 
particulièrement en ce qu'il est accompagné comme elles du mine- 
rai de fer qui leur est propre, et qu'on pourrait même exploiter 
avec avantage. L'auteur a oublié d'indiquer de quelle nature sont 
les substances qui recouvrent ce combustible , et si l'on y trouve 
deà fossiles végétaux ou animaux^ ce qui aurait pu jeter du jour 
sur leur origine. Il se contente de dire qu'il forme deux couches 
de 14 à 18 pou^ces chacune, séparées par une couche d'argile 
d'environ 6 pouces- d'épaisseur. M. Lingbye dit, p. 164 1 avoir 
vu du bois converti en charbon qui provenait de ce terrain et 
qu'il a cru reconnaître pour des grosses branches de hêtre. Au 
surplus, l'exportation et le transport de ce combustible of- 
fraient tant de difficulté, qu'on a été forcé d'y renoncer, et 
qu'une partie même de celui qu'on a extrait est resté sur place, 
faute de débit. Cependant les îles Faeroe manquent entièrement 
de bois , et la tourbe est loin d'y être abondante. . C. M. 

53. TopoGRAPHisH sTATisTisH Besx&ivelse. Description topo- 
graphique et statistique du royaume de Norwége; par M. J. 
Krall. !i«. part, du to. 2; in-8. avet plusieurs tables. Chris- 
tiania; 1822. 

Nous avons annoncé le 'i«>*. vol. et la iw. partie du 2e. vol. de 
cet important ouvrage. (^. t. x3,p. i36. ) En annonçant au- 
jourd'hui cette 2«. partie, qui forme avec -la i*"*». un voL de 900 
pag. in-8. , nous ne pouvons que répéter les éloges que nous 
avons précédemment donnés à l'auteur, sur le l^*". vol. La des- 
cription de la province de Christiania étant maintenant achevée, 
il publiera successivement celle des quatre autres provinces qui 
forment le royaume de Norwége; s*il poursuit son entreprise 
avec le zèle et l'exactitude dont il a fait preuve jusqu'ici, nous 
croyons pouvoir affirmer que , dans peu d'années , la Norwége 
possédera une description topographique et statistique qu'elle 
pourra hardiment mettre à côté de tout ce qu'il y a de mieux 
en ce genre dans tous les pays de l'Europe. {^Rev. EncycL p. 359; 
mai 1823.) 

$4* Bbtti^àqb zur KcNNTNiss NpawEGENs, Mémoires' pour 



et Statistique. 27 

serrir à la coniiaissaxice de la Nonrége , rattemblés pendant 
dlyers voyages £iits dans les étés de i8ax et i8aa ; par Nau- 
XAVH. In-8. Prix, x th. avec 5 pi. in-A* A^^c cartes et sec* 
lions. Leipsick ; 18a 3; Wieubracl. 

55. Manusceit yeku aBcsMMBHT DE Batatia , contenant des 
dé^s intéressans sur le Yoyage et la description topographi- 
qne de l'Ile et de ses environs , dans laquelle on a dépeint , 
avec tonte l'exactitude possible, le caractère, les mœurs et les 
costumes des habita ns , ainsi que les différentes maladies qui y 
attaquent les Européens ; les causes qui les occasionent et les 
moyens de les prévenir; par un Belge. In-ia. Louvain; 1823 ; 
Michel; 'jS cent (foum. gén, de la litt, août i8a3 ; p. 338.) 

56 DascaiPTioN or thb bhpies of Chiha. Description géo- 
graphique , statistique et historique de l'empire de la Chine. 
Par J. Klapboth , m^mb. des Soc. Asiatiques de Paris et de 
Londres; a voL in-4. avec carte* Londres ; Treuttel et Wiirtz. 
Cet ouvrage est proposé par souscription. Le prix n'excédera 
pas cinq guinées, 

57. RxvARxs ov.TBS SXTEBNAL GOHiiEBCB of the Beugal. Le 

commerce extérieur et les échanges du Bengale î par G. A. 

PmiKszPs ; in-80. Prix, 5 sh. 6 d. cart Londres; Kingsbury. 

58. PoPtjLATiov DU EoiAUMB OE Lamuezeg , euix tlcs Coroli-- 

nés. M. Gatxaeo , un des voyageurs les plus observateurs qu'il 

y ait , nous a communiqué la note suivante sur les noms et la 

population des iles soumises au roi Tequitip , qui réside à La- 

purzec. 

Cette population a été indiquée an gouverneur des Marian- 
ne», en mars |8x8, par le tamor Capiapo , l'un des meilleurs pi- 
lotes carolins , qui avait visité plusieurs fois ces différentes iles. 
Les noms de ces Iles sont éorits d'après la prononciation espa- 
gnole , tels que le gouvernement les a notés. 

Lamurzec , résidence du roi | à peu prèç a,ooo &mes ; — Elato , 
( résidence de la seconde personne du royaume ) , i ,200 ; — 
Ulor, x8o;-— Tuquas, 100; — Falati, i3o; — Pue, 170; — 
Gulimazao y aaS ; — Ulatan , a (1) ; — Car , i5 ; — Fa- 
Hpti , aS ; — Ulimarai, plus de 5oo ; — Falalap , aSo; — So- 
Uap , 70 ; — Palio j lao ; — Raor , x 10 ; •— Mariog» 90 ; — Fa-t 

(0 Les' deux hoi^es qui résident à Ulatan sont dcâtinét à la récolte 
dea cocos 



/ H8 Géographie 

gunlap , plus de 80 ; — Faliugla , 5o ^ — Lasagay , 24 ; — 
Falualap, 36; — Jarradies, 5o ; — Fanarizaray, 32 ; Total 5>459- 
(iVottP. uénn. de voy. et de géog., avril iSaS, p. i34.) 

59. Tableau de la côte de GuiiriéE, et de ses colonies danoi- 
ses ; par M. Monard , caré; Copenhague ; 1822. 

Cet ouvrage important contient des renseignemens nouveaux 
sur la traite des noirs. ( Rev, Encycl, août 1823 , p. 394-) 

60. Re MARKS ON THE CouNTRY cxteuding from cape Palmas to 
the river of Congo, etc. — Remarques sur le pays qui s'étend 
du cap Palmas au fleuve du Congo , contenant des observa- 
tions sur les mœurs et coutumes des habitans ; à ces observa- 
tions est joint un appendice contenant un tableau du com- 
merce européen avec la c6te occidentale de TAfrique par le 
Capitaine J. Adams. a vol. in-80. Londres ; Whittaker. 

61. Description de l'Egypte, ou Recueil des observations et 
des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédi- 
tion de l'armée française; 2*. edit:, publiée par CL. F. 
Panckouke. Il a paru 22 livraisons, depuis la 109^. jusqu'à la 
i35e. inclusivement. Cahiers în-fol. âVec chacun une couver*- 
ture imprimée , un grand nombre de planches pu cartes , et 
l'explication des pi. Prix , 3o fr. chaque livr. ; Paris ; Pane- 
kouke. 

62. The geography, history, and statistick of America and the 
west-Indies. Histoire géographique et statistique de l'Amérique 
et des Indes occidentales; présentant une relation exacte de 
la découverte , de l'établissement et < des progrès des divers 
royaumes, états et provinces de l'hémisphère occidental, jus- 
qu'à l'an 1822. Par H. C. Carey et J. Lea, de Philadelphie, i 
vol. in-8. avec diverses cartes et vues coloriées. Prix, 18 sb. 
cart. ; réimprimé avec des additions considérables aux nou- 
veaux états de l'Amérique du sud. Londres; Sherwood. 

Cet ouvrage contient un abrégé complet de la géographie , de 
lliistoire et de la statistique de l'Amérique ; les cartes et les plan** 
ches sont en grand nombre et bien exécutées , et on y trouve 
des éclaircissemens sur les changemens que les révolutions ont 
causés dans ces pays. Ro. 

63. An impartial account of the United-States. Tableau, 
impartial des États-Unis; par M. Isaag Holmes, de Liverpook 
I gr. vol. in-8. Prix, 12 slu cart. Londres; H. Fisher. 



et Statistique, 39 

Cet ourrage atteste des connais^nces ctendaes relatives à 
l'iustoire, au gouTemement , à la religion , littérature, popnlatioiiy 
agriculture, manufacture, commerce, mœurs et coutumes, et à 
l'aspect général de cet intéressant pays. Un séjour de 4 «ns a mis 
Fauteur à même d'y faire ou d'yrecneillir toutes les obserrvtions 
Décessaires pour présenter un tableau fidèle et animé de la ré- 
publique américaine. . Ro. 

64- RemaBKS OK THB IHCREASi; OF THE POPULATION OF THE UhI- 

ted-States , etc. Remarques sur Taccroissement de la popu- 
lation des États-Unis et des territoires de l'Amérique septen- 
trionale, avec des tables originales déduites des rccensemens 
de la population d'Amérique , pour expliquer les divers rap- 
ports d'accroissement de la population des blancs et des escla- 
ves , ainsi que les degrés comparatifs des progrès de la pro- 
spérité agricole, commerciale et manufiicturière dans les di- 
vers états de TUnion ; par G. Harvet. 

L'auteur considère les accroissemens successifs de la popula- 
tion des États-Unis, depuis 1731 jusqu'à 1790, et depuis 1790 
jusqu'à nos jours. Avant 1790, dit-il, on n'avait aucunes don- 
nées précises sur la population américaine: en i73i , le D'. 
Franklin l'évaluait à un million , et M. Pitkins l'estimait à 
1,046,000 pour l'an 1749* L'accroissement rapide de la popu- 
lation depuis 1749 jusqu'en 1790 fait suspecter l'exactitude jde 
ce résultat; à cette dernière époque, on divisa dans les rccense- 
mens les habitans en 5 classes : z^ Les hommes, blancs libres 
au-dessous de 16 'ans; 20. les hommes blancs libres de 16 ans et 
au-dessus; B**. les femmes blanches libres de tout âge; 4°« les 
personnes libres , de couleur ; 5**. les esclaves mâles et femelles. 
Le résultat du recensement de 1790 donna une population 
totale de 3,929,326; le recensement suivant eut lieu en iSoo ; 
on divisa les individus libres , mâles et femelles, en 5 classes 
différentes et autrement distribuées ^ savoir : 1°. Ceux au-dessous 
de 10 ans; 2». ceux de lo à i6; 3<>. ceux de 16 à 26; 4^* ceux 
(le 26 à 4^; ^^^ ceux de 4^ et au-dessus : le résultat donna une 
population de 5, 309,7 5 8 personnes. Un nouveau recensement, 
fait de la même manière en 1 8 1 o , produisit pour résultat 
7,289,903 âmes. Enfin en 1820, un ^dernier recensement a éva- 
iné l'accroissement de la population , de 18 10 à 1820, à 32,9 
par 100. 



56 Sèographie 

L'antear examina ensaite saccessivement les âccroîsSemehs de 
la population de 1790 à 1800, de 1800 à 1810, et de i9io à 
1820, dans les divers états et territoires des États-Unis, d'après 
la classification ci--dessus indiquée pour les hommes et pour les 
femmes; il résulte de ses calculs que les /TtA^ri/Tit/m^d'accroisse- 
menty pour les différens âges de Tun et de l'autre sexe, se ren- 
contrent pour quelques états dans la classe des personnes de jS 
à 26 ans , et ponr d'autres dans la classe de 45 et au-dessus; les 
femmes, en Firginie^ dans le Tennessee et le Kentuchy^ font seules 
exception à cette donnée. Les états dans lesquels les derniers 
"accrolssemens ont été le plus sensibles, de 1810 à 1820 , sont ce- 
lui d*Indiana(pxi depuis 1810 ils ont surpassé même ceux de l'O- 
hio, si prodigieux cependant de 1800 à 1810}, et celui de la Loui- 
siane. Viennent ensuite les états de Tennessee ^ de Kentucky^ de 
Géorgie et^è la Caroline septentrionale. Le pays dans lequel les 
accroissemens des diverses classes ont présenté les difTérences 
les plus frappantes , est le territoire d^Alabama où , parmi les 
hommes, la classe de 16 à 26 ans s*est accrue de 2i5,i pour 
xoo, tandis que la dernière de 4 5 et au-dessus ne s*est accrue 
que de 62. Dans Tétat du Mîssissîpi, au contraire, c'est cette der- 
nière clause qui présente le maximum d'accroissement pour l'un 
et l'autre sexe ; l'auteur compare ensuite les irrégularités d'ac- 
croissement des diverses classes dans les divers états , et recher- 
che les causes de ces différences. Afin de s'aider dans cette 
recherche, il a pris pour objet de comparaison un tableau de la 
population de la Suède depuis 1767 jusqu'en i8o5. Suivent des 
tableaux comparatifs des états et territoires de F Union, où 
l'on trouve le maximum d'accroissement parmi les hommes, 
et de ceux où le maximum se trouve parmi les ' femmes; pour 
les états du nord ce sont ceux de Maint* et de Cànnecticut; 
pour ceux du milieu, les états d*Indian'a et de la Delaware; 
pour ceux du sud, ceux de la Louisiane et de la Virginie \ et 
enfin pour les territoires non constitués, ceux des Illinois et de 
Colombie, 

. L'auteur examine ensuite les accroissemens qu'à éprouvés la 
population des esclaves qui, avant 1820, étaient tous comptes 
en masse sans distinction de sexes ni d'âges ; mais, au recense- 
ment de 1820, on les divisa en quatre classes pour chaque sexe ; 
savoir : i^ les individus au-dessous de 14 ans; 2**. ceux de 14 à 
26; 30. ceux de 26 à 45 ; 4^* ceux de 45 et au-dessus, Le rapport 



et Statistique. 5t 

de la population des individus libres è celle des esclaves i a pré-' 
sente eh i8fto nn résultat frappant; la classe' libre au-dessou» 
de 20 ans donne y pour la population mâle , 354 individus^ loo 
pour 1^ classe de 26 à 4^, et 65 pour celle de 4 S ans^et aa-des-« 
sus. La population esclave au contraire , pour chaque nombre de 
100 individus de Tâge de 26 à 45 n'en suppose que 334 de Tàge 
de 20 ans et au-'dessous, et n'en conserve que 4? de l'âge de 
45 ans et au-dessus. Quant aux femmes , 100 personnes libres 
de ï6 à 45 ans ^ supposent 36a personnes au-dessous de 20 ans, 
et en conservent 63 depuis 45 ans. Pour la population esclave^ 
au contraire, 100 femmes de 26 • 45 ans, en supposent seule- 
ment 345 au-dessous de 20 ans, et il n'en reste plus que 46 de 
râg« de 45 ans et au-dessus^ Ces résultats numériques prouvent 
les funestes effets des travaux forcés et des mauvais traitemens 
auxquels sont assujettis les malheureux, esclaves, puisqu'ils pré* 
sentent une différence si marquée dans le nombre des individus, 
libres et esclaves de la dernière classe; l'auteur trouve dans les 
divers états la proportion des hommes un peu supérieure à celle 
des femmes esclaves dans les quatre classes, tandis que parmi 
les hommes de couleur libre > ia population des femmes, dans les 
trois dernières au*-dessus de 14 ans, eét au contraire de beau- . 
coup supérieure à celle des hommes: effet sensible, ainsi qu'il 
l'a remarqué , du bienfait de la liberté sur l'état des femmes. * 
Vient après , un tableau intéressant des divers accroissemens et 
décroissemëns de. la population esclave de 1790 à 1800, de 
1800 à ] 810 , et de 1 810 à 1820 ; l'auteur fait observer que les 
recensemens des districts au Maine et de Massachusetts ne pré-*- 
sentent point d'esclaves; que dans celai de 1820, on n'jen a 
point trouvé dans ceux de Newhampshire ^ de Fermant^ de 
r Ohio et dii territoire de Michigan , où leur nombre avait décru 
rapidement d'un recensement à l'autre , effets dus aux progrès 
de la liberté et de la civilisation ; mais ces décroissemëns n'ont 
en lieu malheureusement que dans les états du Nord , tandis que 
dans les états du Sud et les gouvernemens territoriaux , le nom- 
bre dea esclaves s'est accru au contraire d'une manière prodigieu- 
se. &i i8ao, le nombre des individus non libres pour les états da 
Nord s'élevait à 22,697, et la population blanche librcà 5, i38,3o3, 
de sorte €j[ae pour chaque esclave iljr avait :k:k6 personnes libres ; 
mais , dans la même année , les esclaves pour les états du Sud et 
les gouvernemens territoriaux s'élevaient à i,5o8,747 âmes, et 



Sa Géographie 

}a pojpulatîon blanche a 2,955,987 , ce qui présente à peine deux 
personnes libres pour un esclave. Le philanthrope, dit l'auteur, ne 
saurait contempler un plus triste contraste que celui-ci , d'où il 
résulte que dans la population de. ces dernières provinces le tiers 
est esclave. Quelques états même offrent, une proportion encore 
plus forte ; car, dans la Virginie, la Caroline du Sud , la Géorgie 
et le Mississipi, sur 12 personnes il y en a 7 privées de la liberté. 
Divers autres tableaux font voir les rapports de la population 
libre et des esclaves dans les différens états et territoires.; Il en 
résulte que depuis le premier recensement autorisé , le nombre 
des hommes libres s'est accru dans un rapport plus grand que 
celui des esclaves. Le rapport de l'un à l'autre en 1790 , 1800, 
X 810 et 1820 a été Respectivement de 10 à 4^ , 49 > 5i et 53. 

L'auteur rapporte une note curieuse extraite des lettres du con- 
seiller Cooper^ qui donne la formule suivante pour exprimer le 
rapport entre le taux de la mortalité et le rapport annuel des 
naissances, I m désignant le premier, i or le second, et o un 

m 
nombre constant connu; cçtte formule est x = — • En 

, 7n(o-i)-+-i 

appliquant cette formule aux quatre époques ci-dessus énoncées , 
. il trouve que 71 représente le rapport des naissances, en ad- 
'mettant av^ec M. Cooper que le rapport de la mortalité est -^ ; 
mais celte proportion des naissances étant trop forte , Fauteur 
en conclut qu'à chacune de ces époques il doit y avoir eu des im- 
portations considérables d'esclaves, et il propose d'introduire 
dans sa formule un nouvel élément correctif qui indique le rap- 
port de leur importation annuelle. Ses recherches sont termî- 
minées par un relevé comparatif du nombre de personnes de 
toutes classes employées dans l'agriculture , le commerce et les 
manufactures , dans les divers états et territoires de l'Union : 
le résultat est que sur 10,000 individus 2,146 sont empfloyés 
à l'agriculture, contre 75 occupés au commerce, et 363 aux 
manufactures ; cette supériorité marquée de l'agriculture , qui 
ne varie pas beaucoup dans les divers états, est une preuve 
de l'influence que peut avoir, sur la population et l'état poli- 
tique d'un peuple , l'abondance des moyens de subsistance, 
qui , chez une nation douée d'un esprit actif, doit ensuite don- 
ner un grand essor au commerce' et aux manufactures. {Èdim^ 
Philos. , j'oimn. t. viii , p. 41 et 328; et t. ix, p. 65.) 



H StaiisUque. 33 

65. STATJsri^gom ùk i.a postx aux littess aox. ÉvATs-Umi. 
— La poste est établie sur loizante et onze mille cinq eent 
vingt^deiix mUles (xi5,ooo kilomètres environ, 2,875 de noe 
lieues de poste). Les frais de transport des lettres par les mallei 
se sont élevés, en 1819, à 717,843 dollars. L« ports de lettres 
ont rendu x, 2049680 dollars. II j avait alors, dans les États-* 
Unis, 4*330 bureaux de poste. {Amaic Far* d» RatUmore^ 40,; 
29 sept. 1820 \ no. 27.) 

^6. AccOTOT or AV KXPBDtTxoN Hiov PiTTSBuaos to the Hocky* 
Mountains. -^-^ Relation d\uie expédition faîte de Pittsbttrgh 
*aux montagnes dites Rocky-Moantains, dan^les années 18x94 
1820, par ordre de J. C. Colronn, secrétaire au ministère de 
la guerre, sous les ordres du major S. H. Long. Publiée, d'a-« 
près les notes du Major Losro, de T« Sat, et antres compa- 
gnons du voyage, par Edwin Jahss, botaniste et géologue de 
l'expéditîoné S volumes in->8., avec cart et fig. Prix, i L x6*sb. 
Londres ; Longman. 

Le plan général de cette expédition , à bord d'un vaisseau à 
vapeur de& États-Unis, était d'explorer le Mississipi et le Missouri; 
de décrire les mœurs, coutumes, etc., des habitans des pays où 
elle devait passer ; de tracer, d'une manière abrégée , la description 
des villes, villages et tribus indiennes. Des hommes instruits en to- 
pographie, géologie , zoologie et botanique, étaient attachés à 
cette expédition, et avaient avec eux un dessinateur et un peintre. 
Autant que nous pouvons en juger, il parait que chacuh a bien 
rempli la tâche qu'il s'était imposée. Les descriptions des diffé* 
rentes tribus indiennes, tant nomades que stationna ires, sont 
fort intéressantes. Les gravures sont exécutées avec soin , et les 
sujets bien choisis. {Joum» génér» de la littéretL étn; mai x823; 
p. i4i*) (^oj^. pourl'hist. natur. n<>. 1x8 du BulL de la 2*. sect. 

67. ÉMXGXATIOir A l'état DE l'OhXO. 

On ne connaissait guère les territoires qui sont situés aii cen- 
tre de l'Amérique septentrionale , à l'ouest des monts Alleghany, 
avant la description contenue dans llntéressant ouvrage de 
M. fiirkbeck , qui a paru il y a quelques années, et qui a dirigé 
la curiosité publique vers ces belles contrées ; les pays formant 
le bassin de TOhio, sont les plus beaux, les plus fertiles et les 
pins salttbf es des États-Unis. Sans avoir de grandes chaînes de 
montagnes, ils sont agréablement entrecoupés de collihes, dé 
F. Tome L 3 



54 Géographie 

vallées et de prairies V produisant une grande variété des arbres 
les plus beaux et les plus majestueux; le blé de l'Inde, et tons 
les grains et les fruits de l'Europe , même le raisin de Madère, 
j viennent en plein champ presque sans culture. L'Ofaio procure 
à ce territoire une grande commodité pour la navigation inté- 
rieure 9 qui lui donne la £icilité d'entreteiyr un commerce très- 
etenduy plus qu'à aucun autre pays du globe. Ce pays , qui offre 
tous les avantages intérieurs imaginables , a prospéré d'une ma- 
nière étonnante : en x8oo, la population n'était que de 45,ooo 
habitans; en 1810,- elle se montait a 230,760; en i8ao, à^8iy434 ; 
et maintenant ellcj^'élève à 800^000 ! 

, L'instruction y est répandue de la manière la plus libérale; 
une université a été établie à la ville d'Athènes; son revenu s'é- 
lève déjà à xooo .1. ster. par an , et elle est pourvue d'habiles pro- 
fesseurs dans les langues et dans les sciences; des manufactures 
de laine et de coton , des fonderies , des verreries , .des brasseries 
et des distilleries, y sont établies, et en grande activité; l'agricul- 
ture est dans un état non moins prospère, et les ouvriers de 
toute espèce y trouvent promptement de l'emploi avec des sar 
la ires élevés. M. Nahum Ward , de Marietta , est venu dernière- 
ment en Ecosse pour faciliter l'émigration pour ce pays. Pour 
traverser r Atlantique , de Greenockà Baltimore, d'après les ar- 
rangemens de M. Nahum, il n'en côutç que 5 llv. sterl. (environ 
100 fr.) par personne au-dessus de 18 ans, 4 liv. sterl. de 12 
à 18, et^ 3 liv. pour les enfans au-dessous de 12 ans. Un homme 
ne dépense que 3o sh. pour aller à pied de Baltimore à Marietta , 
à une distance de 320 milles ; les femmes et les enfans pcjuvent 
yalleren voiture en payant 11 sh. par quintal. [Farm. Mag.; 
fév. i8a3;p.88.) 

68. Sketch of the state of Ohio , etc. — - Esquisse de l'état 

actuel de l'Ohio, l'un des États-Unis de l'Amérique du nord ; 

ou coup d'oeil sur cet état en 1787, et sur ses progrès depuis 

■ 1789 jusqu'à ce jour. In-d., avec cartes Prix, 9 sh. Londres; 

i8a3. 

69. Statistique des écoles dans l'état de New-Yorce. 

Il parait, d'après le rapport îsxX, au directeur de l'éducatipn , 
par M. Gib)ioN Hawley , surintendant des écoles secondaires , 
dans la province de New-Yorck, qu'en 1819, les 47 comités, 
chargés de la direction de 555 districts, avaient sous leur in*- 



et Statistique. 55 

spection S9763 écoles primaires, pour lesquelles l'ëUt de New- 
Torck t sur les foncjis votés pour rinstruction publique, avait 
aliooé ii7,i5i dollars pour l'an 1819; ces 6,763 écoles donnent 
l'éducation à 271,877 enfans ; le nombre total des en&ns de 5 à 
i5 ans, dans les 555 districts, étant de 3oa,7o3. [Europ, Mag.; 
août 1823 ; p. 73.) Ro. 

70. Stati^ticai. acgoukt of uppEa Canada. — - Description sta- 
tistique du Haut-Canada ; par Robert Gouelay. 3 vol. in*8. 
Prix, a 1. a sh. Londres; i8aa. 

71. Statistical Airn commeecial histoat, etc.— Histoire sla- 
tistiqne et commerciale du royaume de Guatimala^ dans 
l'Amérique espagnole , contenant des détails intéressans sur 
ses productions, ses manufactures, etc.;parDo]iiHoo Juaeeos, 
natif de la Nouvelle Gfiotimala; trad. de l'espagnol , par J. 
BAiLy, enrichi de cartes. Prix, 16 sh. Londres; J. Heaehe. 

7a. Sue l'établissbxbht du foet de Saint-Fbepinakd d'O- 
MOA. — Depuis quelque temps les Anglais semblent vouloir oc- 
cuper tout le golfe de Honduras; leur établissement national à 
Balise, fleurit; un individu entreprenant, sir Grégor Mac-Grégor, 
s*est fait prince d'une tribu nommée les Pq/aisy à l'est de la petite 
TÎUe de Truxillo. 

Cependant le fond même du golfe est encore dans les mains 
des Espagnols, et dépend aujourd'hui de la république de 
Guatimala. Le fort d'Omoa est un point très-important dont 
nous trouvons dans un journal anglais la notice suivante : 

Ce fort est situé à la côte méridionale de la baie, de Honduras, 
par les i5o 5o' de latitude nord et 89^ 5p' de longitude occi- 
dentale de Londres. Les plus grands bâtimens peuvent mouiller 
en sûreté dans le port. La ville fut fondée , en 1751 , par les 
Espagnols. Ce fort fut , dans l'origine , construit avec de grandes 
caisses remplies de sable et revêtues de briques à demi-cuites. 
Son mauvais état^ dix ans après, décida les Espagnols à le 
remplacer par un autre en pierre. v 

Le port d'Qmoa sert d'entrepôt au commerc>e de la province 
de Guatimala. Plusieurs villes situées dans l'intérieur, telles que^ 
Sancjar, Alantia, Yowra , Cumiaga , Catomawra, San-Pedro, 
etc., en sont voisines: chacune est pei^plée d'environ % à.3oo 
habitans. Ces villes fjpnt un trafic en piastres , pistoles , chevaux , . 
mulets, cttirs, suif et indigo, regardé comme le meilleur qu'il y 



36 Géographie 

ait * ces objets s'échangent avec des marchandises dé manufacture 
anglaise que fournissent les coupeurs de boîs de la baie de 
Honduras. (iVbw. jinn. deê Fayagesy février i8a3, p. ^87.) 

n3. KâsuHB STATISTIQUE sva lE PÉROU* D'après un dénom- 
brement fait en 1791 » la population du Pérou est de i,5oo,ooo 
individus qui hpbilent i4 villes, i4 bourgs, 977 villages* La 
surface du pays est de 44)000 milles carrés. Les revenus de 
l'agriculture, des troupeaux et de l'industrie sont estimés à 89 
millions de fr. — On frappe de la monnaie 4 Lima pour ^4 mil- 
lions par an. — La pr#priété de l'Église sftppdrtail avant la 
dernière révolution ii^Soo^oo ficanc» par an* La recette excé- 
dait la dépensé de plus de dix wBà&iom»{Journ.g^. deialMt, 
étr.f septembre i8aS, p. aSd.) 

74. Ait bistorical, geogrà^hicâl and commercial accouitt 
or BrasIl, etc. licscriptîon historique, géographique et com- 
merciale du Brésil ^ par JaUES Hekuersoit, arrivé récemment 
de rAméri<|ue; avec rB gravures et a cartes. In-4.Prix: L3.i3. 
Londres; Iiongman. 

Cet éuvrage est plutôt une géographie qu'une histoire du 
Brésil* il ne ressemble , ni pour le format ni pour la distribution 
des matières, à l'ouvrage de M. Southey sur le même pays. H a 
beaucoup plus d^analogle avec les voyages de Kostery et les no- 
tes de Luccoeh sur IRio-Xaneirb. Bans le fait , il comprend en 
un seul Volume une grande partie' des connaissances contenues 
dans ces deux ouvrages géographiques. Le but de Tâuteur a été 
de décrire l'état du Brésil depuis là première découverte jusqu'il 
nos Jours; de retracer distinctement les limites des îia provinces 
«u*îl contient, leurs subdivisons éa districts, d'en Indiquer les 
montagnes et les fienves, de faire l'énumération des établissemens 
de chaque province, en désignant là nature de ses productions 
agricoles, enfin de rassembler tous les élémens de la population, 
qu'il divise en blancs, mulâtres, mamelucosj métis , Indiens 
convertis et Africains ; il s'est beaucoup servi de l^pwrage por- 
tugais du père MarjLOel Ayrei de CazaL Plusieurs objets remar- 
quables sont représentés dans des gravures lithographiques, d'a- 
pi^s des dessins pris sur les Heux. 

L'ouvrage de M. Renderson intéresse d'ailleurs parle récitée 
son voyage, et parles descriptions de diverses parties du BrésîI.On 
remarque surtout celle de Rio- Janeiro et des contrées habitées 



et Statistique. %j 

parles sauvages iiidieii8.G< livra est leimlnépirdasohservatiaiii 
très-cBriciuea m Tamélioratioii des iaslitatioiis locales , et sur la 
prospérité fatare dn Brésil. (Monihfy Revieti^f mars i8aSyp« a86») 

Eo. 

75. Sua Lxs BoTocuDxs, ou Atmo^ibs; par le Professeur Wolf. 

(/m, 1823. H. i , p. 295.) 

Ces peuples, qui habitent le pays cpii s*étend àepmB le Logo 
dos Indos jusqu'au Rio Doce^ du 4o*« au t^i: degré de latitude^ 
et du 4i«. au t^e., dans les montagnes jusqu'au Rio /equetift^ 
houha ou Rio grande de Belmonte^ ont leurs £rontières limitro- 
phes des pays habités par les Coroatos ^ les Pnris et les Portugab, 
avec lesquels ils sont toujours en gnerret Leur nombre peut s'é- 
lever à id,ooo. Leur nom de Boiocudes leur a été donné par les 
Portugais , à cause du large morceau de bois qu'ils portent aux 
lèvres inférieures et au bout des oreilles, et que Ton appelle èù^ 
toque. Le D'. Polh, de Prague, qui, avec d'auttvs naturalistes , 
âvak accompagné, il y a 4 ans, la prineesse Léopoldine au Brésil 
afin d'y observer les objets d'histoire naturelle, et d'eu iiilre des 
collections, a ramené deux de oes indigènes, un homme et une 
fenuueayec leur enfimt, à son retonr en Europe. On a pu ainsi 
avoir une idée exacte de cette espèce d'hommes. Ils sont d'une 
couleur jaune brun; ils n'ont pas de barbe, et s'arrachent même 
les cheveux de la tète, aussitôt qu'ils commencent à paraître. Ces 
sauvages ont néanmoins une grande force musculaire et vivent 
long-temps; mais ce qui las distingue des autres sauvages, c'est 
qu'ils sout anthropophages. Ce sont les mêmes hommes déjà con- 
nus sons le nom de cannibales ; ils préfèrent la chair des nègres à 
celle des blancs, et lorsqu'ils en ont en abondance à leur disposi- 
tion , ils se contentent d'en couper les mollets et les paumes des 
mains , qui sont pour eux des morceaux recherchés. fto. 

76. TxB GBOoaAMxeA& svjLTBorCotoMBiaé ÉtatgéogiTaphique, 
statisti^piey agneoie, comneidal et politique éê la GeAom*> 
hie. ( Mo9iik.Ai€ig. Juin x8«3 f p« 449. ) 

Cet ouvrage est nécessairement incomplet, puisque les doou- 
mens sur ces contrées éloignées ne sont ni communs ni bien exacts* 
Toutefois , on y trouvera une idée générale de Pétendne des mon- 
tagnes, de la température et des saisons dans ces- climats; Il con- 
tient d^aasea grands détails sur la re ligion , les maetn^ les eeiatii- 
mes de la population qu'il évahie à S|644|fioo èmes , ainsi ifae sur 



\ 



58 Géographie 

les produits du sol, tels que les cuirs, le sucre, le café, etc.; 
le cbminerce, les importÀtioBs% exportations, droijts, frets ; etc. 

77. Recheechxs statistiques sue les colonies espagnoles 

de l'Amérique méridionale. 

Il parait à Lima le preihier cahier d*uu journal politique et 
littéraire p intitulé : Bibliothèque colombienne. Ce cahier contient 
des notices historiques fort intéressantes sur les ci-devant colo- 
nies espagnoles. Sur 170 vice-rois qui ont gouverne FAméri- 
que, 166 étaient Espagnols; sur 60a capitaines généraux, 588 
étaient Espagnols, et x4 seulement Américains. Il en était de 
même des dignités ecclésiastiques qui étaient presque Jtoujours 
réservées aux Espagnols , e% presque jamais accessibles aux prê- 
tres Américains. {Journ. de la litt. étr^; septembre i3a3, p. aSS.) 

7S.C0LnMBIA, BEINO A GEOGEAPHICAL ACCOUNT of thaï COttUtty, etC. 

Colombie, ou description géographique, statistique et poiiû- 
tique de ce pays.; a gros voL in-8. , avec portrait et carte. 1 L 
16 sh. Londres, iSaBi ; Baldwin. 

79. Statistique de la Maetinique. Résumé des tables pu- 
bliées par M. Aenouaed DE Sainte-Ceoix, en 1821. 

•^ja superficie est de 67,5i3 carrés (i), dont 43,748 sont in- 
cultes, ou tenus en savanes et en bois. Sa population est de 
98,279 individus ; savoir : hommes libres blancs, 9,867 , de cou- 
leur 11,073, esclaves 77,339. 

On y compte 6,906 mulets, ia,o83 bœufe ou vaches. 

Elle se divise en quatre arrondissemens : celui du Fort-Royal , 
du Marin , de la Trinité et de Saint-Pierre. Ses principales eut- 
tures ^ont la canne à sucre, qui occupe 12,757 carrés; le cafier^ 
a,8i.5; le cacaotier, k\^\ le cotonnier, 33o; les vivres, 7,541. 
Étendue cultivée 23,765. 

- La culture delà canne à suere empUie 3o,8o6 esclaves, et 
fovme 371 sucreries, sur lesquelles on compte 178 moulins à eau , 
199 a manège, 20 à vent, 10 à vapeur > qui donnent, en. sucre, 
£i3,o59 barriques, dupoid$ de looo livres chacune, et en sirop, 
.99699,588 gallons;. le gallon égale quatre pintes de Paris. 

Le produit en café est de 1,3.70,075 liv. m.; en cacao. 449,492; 
en coton ,.62, 694. , 



'■' ' " — : — ■' ". '■' ' 

(1) (« carré égale 3 arpesa 68 percbes 118 i^eds de Paris. 



et Statistique. 5^ 

Les impèto établis par ordonnance dn gomvemeur se per- 
çoivent ou sur les marcbandises, à l'entrée , i la sortie, à \% 
vente, au magasinage, à la consommation; on sur les personnes, 
par tête d'esclaves, non cultivateurs, pour la profession libre 
d*aubergiste , caba relier, etc., de débitant de tabac et de col-> 
porteur; ou sur les meubles , tels que les Taisseanz , les embar* 
cations de foute espèce , les cabrouets des villes et la location 
des maisons. Us plroduissent une recette de 3,^73,289' fr., aux- 
quels il faut ajouter la dotation annuelle que la colonie reçoit 
de la métropole , i,3oo,ooo. Total du revenu, 41673,^89. La dé- 
pense est de 4)499y^87. Excédant de la recette, 174,000. (Nouv, 
ann.des Voyages \ mai 18^3; p. a86. ) 

80. Sua l'île nx Cuba. ^ 

U a paru à la Havane un almanach de commerce, le pre- 
mier de ce genre , intitulé : Guia mercantil de la Habana para 
el aho de i8aa , impressa por Palmeo c Hijo. D'après cet al- 
manach, qui est fort important pour la connaissance de la Ha- 
vane et de l'île de Cuba , les revenus de Cuba se montaient en 
i8ai à 3,977,639 pesos. {Journ, de la litt. étr,\ avril i8a3; 
p. lai. ) 

81. Thk Jamaica planter 's guide, etc. Le guide du colon de 
la Jamaïque, on système pour planter et cultiver les cannes à 
sucre dans cette Ue et dans les Indes occidentales britanni- 
ques, en général; par Th. Rouohlet. In-8, la sh. Londres; 
1823; Longmau. 

8a. A VIEW OF THE pAST AHO PRESENT STATE, ctcTablesn de l'état 
présent et passé de la Jamaïque , s^ principales productions ,. 
son climat, ses maladies, son sol, son agriculture, son commerce, 
ses lois et ses établissemens , ainsi que l'état de la société , les dif» 
férentes classes d'habitans libres , le caractère , tes mœors et l'é- 
tat physique des esclaves , avec des remarques sur \tP diver» 
moyens proposés pour développer leurs qualitésÂnteHeeftuèHes-, 
et augmenter leur bien-être. On trouve dans cet é^it des obser- 
vations sur la question importante deTaboUtion de l'esclavage, 
aux colonies anglaises; nar J. Stewaht, de la Jamaiquei In-8. 
Prix : 10 s. 6 d. , cart, ïjondres; Whittaker. . ^ 

83. CoDicB DiPLOMATiGO CoLOMBO AmericaQO, ou Recueil de^ 
docnmeasjorigiaaiix; et inédits relatif à Crùfphe Co^^mhs^- 
la découverte et bu gouvernement de l'Amérique; p«Mié ^t' 



4o Géogtaphiè et Statistique. 

ordre de» Déourî^n» de la TÎUe de Gènes, i vol. grand iii-4* > 
avec le portrait du béros. Gènes, à rimprimerie et fonderie 
de PoDthenier ; Prospectus. "Béimtaty i8a3. 

Cet onrrage était annoncé po'nr paraître à la fin de juin. 
Le prix est fixé à i5 fr. sur papier Télln de Toscane, et a4 fr. 
snr papier vélin stiperfin d*Annonay. Les personnes qui auront 
•onserit avant la publication , jouiront d*nne remise de ^ sur les 
prix , et leurs noms seront imprimés par ordre alphabétique à la 
fin du volume. On souscrit chez Ponthenier, et chez tous les 
principaux libraires de tous les pays, sans rien payer d'avance. 

1B4* Account of mosquito territohy, etc. Description du ter- 
ritoire de Mosquito. Mémoire écrit en 1757, pendant que ce 
pays était sous la domination des Anglais ; publié par fea le 
colonel Hodgson. In-8. Prix : a sh. 6 d. Londres; 182a. 

85. Population x^b la nouvelle- Galles du Sud. ( Newcustle 

Mag, ; avril a8.23; p. 218. ) 

Ce pays; qui compte une population anglaise , ou d'origine an- 
glaisé de 40,000 âmes» produit une laine comparable en finesse à 
celles de i*^. qualité qui nous viennent d'Espagne et de Saxe. 
L'exportation s'en est élevée dans un an à 1 6^000,000 de livres. 

66. Sue le nouveau Ssetland. 

M. Laurie a publié une carte très-élégante et très-satisfaisante 
du Shetland rskéTidXoïiiA y qui comprend Tile du Couronnement , 
etc.5 depuis l'exploration du sloop le /)ore,en 1821 et 1822,' par 
lé C. PoiV'eU'y commandant du bâtiment ; la Société royale lui en 
Il témoigné s^ satisfaction i Le Shetland méridional a été décôu- 
içert en 181 {9; il se compose d'un grand nombre d'Iles qui sont 
situées entre les 61^. et 63«. degrés de latitude méridionale, s'é- 
tendant depuis le 53«. degré de longitude ouest , jusqu'au 64^. 
Les- notes -qui accompagnent cette carte, présentent la des- 
critition jgénéï^le de l'aspect et de la tiature du pays telle 
qn'eUe a été déjà donnée cdmme exacte dans l'ensemble, mais la 
confi^gunition graphique comme presque totalement erronée ; 
la nécessité d'un examen plus détaillé était donc évidente. 
Cet examen vient d'être fait : un autre grbupe inconnu aupara- 
v$iiil} aété.ajouté à<QelEii.<|m avait éné antérieurement aperçu, et 
U naxig»tioade<eet£e soonbee j^ion , maintenant plus ekifement 
dével«l4)iée,eat exempte dels moitié d«s dangers dont elle était 



Topograp, , Géod. ,' Arpent, ei JVivellemeru. 4 < 

4ccoiiq>agBée. Le grovpe auquel les notei font âUnsion est celui 
4éconTert par M. Powell, et qui est connu maintenant, tous le nom 
de groupe de Powel. L'Ue principale eat appelée Hle du Couron- 
nement [Coronation island) , parce que c'est k premier pays d^ 
GouTert depuis le couronnement du roi régnant; il a été aperçu le 
6 déc, i8ai . U 7 a plusieurs autres lies et un grand nombre de ro*- 
chers, à l'est de l'Ile du Couronnement que l'on appelle pays de 
Laurie. Tout le groupe connu jusqu'ici est situé entre le 6o^. 
et le Gi^i. degrés de latitude sud^ et les 44° «^ 47^ ^^ longitude 
ouest. Ro. 

87. DécouTEATE DB QUBLQUss vouTiLLES luBS datts la mcT po- 
laire arctiquc, entre 67^ et 68^. delatit. N.,et\»4^ So^ et a5»* 
long.O. de Greenwichypar le capit.DuMCAir du uaiyimDundée^ 
employé à la pèche de la baleine* {Jnn. qfphila**f noY» i8a3.) 

n s'agit d'une terre vue dans le Toisinage du cap Barclay de 
la carte de Scoresby , et qui parait répondre à la ligne imagi- 
naire de côte tracée sur cette carte entre ce cap Barclay , au N. 
et OUamlongni-Frith an S. Le capit. Dnncan s'est approché jus- 
qu'à la distance de 6 à 7 milles de cette terre. I! n'a pas pu y 
débarquer ; mais il croit qu'elle ne serait pas inaccessible dans 
une saison convenable , quoique très-éleyée et en pente rapide 
joscu'au bord de la mer. Il l'a nommée Terre de Gales, du nom 
du propriétaire de son navire. Il a déterminé la position de quel- 
ques moindres Iles qui en sont vouines. M. L. Edmonstone qui 
rapporte cette découverte, d'après le récit fait par ce capitaine , à 
son arrivée aux ileaZetland, pense que s'il y a quelque probabilité 
de retrouver les anciennes colonies danoises du Groenland, e'est 
dans cette partie qu'on peut espérer d'y parvenir. Deux petites 
îles de ces mêmes parages ont été nommées par le capit, DuA* 
can : l'une, lie Sayer; l'autre, iie Robinson. Cette découverte est 
par 65°. lat. etaS*'. long. Elle est très-plate, et verdoyante. C'est 
à 40 mlUes au N. de cette Ile , que ce naTÎgatenr a approché le 
plus de la Terre de Gales. C. M. 

TOPOGRAPaiE, GÉODÉSIS, ARPENTAGE et KIVELLEMENT. 

88. Engyclop^disches LExicoir der Eed-Land-und Feldmes- 
suNG. Dictionnaire encyclopédique de géométrie , de g<^odésLe 
et d'arpent âge, avec les cartes et les plans à l'usage des géomè- 
tres civils et militaires, et des économes; par ^N. C. A. V. 



4 3 Ihpograpkie , Géodésie y 

ScuLiKBKVi avec 14 pi. grav.; gr. iii-8^» i8ai. Prix r 3 tb. A 
Leipzîk; Hinrichs, 

Le bat de ranteur a été de présenter de la manière la plas 
claire le» principes les plus importans de la géométrie , d'après 
l'état actuel de la science , en les resserrant sous une forme lêxi- 
co^aphique; son ouvrage, doit être utile à tous les arpenteurs 
géomètres. 

89. Sur les cbucles répétiteurs, par le baron de Zacb. 
{Philos, Mag.y juin i8a3,p. 407. Correspondance astrono- 
mique , vol. 8 , p. 3. ) 

L'auteur, après avoir cité la remarque de M. Sghwert , dans 
son ouvrage intitulé : la. Petite base de Spire y etc. , que la di- 
stance d'une étoile an zénith observée avec les meilleurs cercles 
répétiteurs, ne pouvait-être déterminée avec exactitude à une se- 
conde près, affirme que l'incertitude de cette détermination s'étend 
jusqu'à 4" ; il fait voir, par un exposé détaillé, que sur 3, 263^ 
observations faites avec un petit cercle répétiteur de 12 pou. de 
Reichenbach , la plus grande différence journalière de ces obser- 
vations ne s'est jamais étendue au delà de 4" dans les hauteurs ^ 
et dans une combinaison des séries au delà de 2". Ro. 

90* Hauteurs du Saiitt-Bernard, etc. — Résultats des calculs 
faits par M. Eynard atné, pour déterminer, d'après les ohser-< 
vations du baromètre, les hauteurs respectives du Saint -Ber- 
nard , de Lausanne, de Genève et de RoUe. 
Hauteur de l'hospice du Saint-Bernard sur le Petit-Clos à I^au- 
sanne, d'après les observations de toute l'année 1820, 19^9 
mètres.' — Hauteur de Lausanne sur le jardin de botanique de 
Genève , d'après les observations de la même année > 137^ 3. — 
Hauteur du Saint-Bernard sur Genève, 2096, 3. — Même hau- 
teur conclue des observations du Saint-Bernard et de Genève 
seulement, mais pendant les années 1818, 18 19 et 1820, 2096, 7. 
** Différence, 4 décimètres. — Hauteur de l'hospice du Saint- 
Bernard sur Beaulieu près de Rolle , d'après les observations de 
1818, 1819, 1820, 1821, 21 II, 7. — A retrancher la hauteur 
de Genève sur Rolle, d'après les observations des mêmes an- 
nées, i5, 5. — Hauteur du Saint-Bernard sur Genève, 2096, a, 
-— Même hauteur conclue des observations du Saint-Bernard et 
de Genève seulement , pendant 4 ans , comme ci-dessus, 2096, 7. 
«—Différence, 5 décimètres. — Hauteur du Saint- Bernard sur 



arpentage , ^ NiwllemmU 45 

le lacLéivaD , moyenaés «nub, a,iao mètres. --( Feuittedu e.an-^ 
ton de raud^ n". lai , p. ag.) 

91. OusEiiTATioirs SUE LES RAUTEUAS dc lieux^du IcTé trîgono- 
nétriqoe de la Grande-Bretagne, et snr la latltade de la 
montagne d'Arbwry ( Jrbufy - Hiii ) ; par Sir B. Bevaw. 
( PMlos. Ttans. , 1 8a3 , p. 73. ) 

L auteur , dans ce Mémoire la à la Société royale de Londres , 
observe (jue le résultat du levé trîgonométrlque de la Grande- 
^retagne, relativement aux différentes sections du méridien, n'a 
pas encore été vérifié d'une manière aussi satisfaisante que Ton 
pouvait l'espérer. 

Afin de rectifier les anomalies que présentaient les calculs, 
surtout dans les observations faites à Arbury-HUl ( comté do 
Norlhamplon ) , l'auteur a fait déterminer la hauteur de celte 
station par un nivellement exécuté avec soin jusqu'au grand 
canal de jonction; il a déduit la hauteur relativement k la phi- 
part des points importans des comtés de Northampton, de Bu- 
Mngham et de Bedford; la latitude, d'après ses calculs, s'est 
trouvée de S'', moindre que celle donnée par le secteur dc zé- 
nith, ce qui rend probable l'effet de l'attraction locale par les 
montagnes au sud de la station. 

La hauteur du grand canal de jonction près de Tring est, d'a- 
près lui, de 4oa pieds au-dessus du niveau de la mer aux marées 
basses du printemps, ce quidonne74o p. ~ pour la hauteur d'Ar- 
bury-Hill ,*au lieu de 804. 11 rectifie pareillement les hauteurs de 
diverses stations qu'il a trouvées inexactes; quant aux opérations 
&ur le terrain , il reconnaît l'exactitude de leurs résultats obtenus 
avec de bons instrumens. Ro, 

^* Cooxis TOPOOEAPHT. Topographic de la Grande-Bretagne , 
on Dictionnaire de poche pour les voyageurs de la Grande- 
Bretagne, ao vol. contenant ai a vues. Prix : 1. 6^, car t. Lon- 
don ; Sherwood^ 

93. Thb reauties or ënoland and Wales. Les beautés de- 
l'Angleterre et de la principauté de Galles, ou Descriptions to- 
pographiques, historiques et biographiques de leurs différent 
comtés; aS vol., avec sept cents gravures en cuivre, conte- 
nant les édifices publics, les châteaux , les cathédrales, les égli- 
les paroissiales, les monumcos, les mines, les paysages , élc\ 



44 Topographie 9 Géodésie, 

, Prix 9 1* 3o, 2 p.; royal in-8o»r *T^ ^^ f^vares Amprimées 
ayant la lettre, 1. 481 4 p* London; Sberwobd. 

94* HuTOET AiTD autiquitiss or thb gathbdbjx CxneHBs, 
/ Histoire et antiquités des églises cathédrales de la Grande- 
Bretagne y avec une liste complète des évéques et de^ doyens ; 
par M. Stoeer. Demi-in-8. et super-royal 8o,| avec 8 gr« Prix, 
5 ^h. par cahier. London; Sherwood. 

g5. AvTiQUAEiAH AVD TOPOGEAPHiCAL CABiiTET. Cabinet an- 
tiquaire et topographique, contenant une suite de 61 a belles 
gravures représentant les plus intéressans objets de coriosité 
dans la Grande-Bretagne ; par M. Stoeee. 6 vol. Prix 9 U i > 
X p. par vol. London ; Sherwood. 

96. Wales theouob Walbs. Promenade dans la principauté 
de Galles, on Description topographiqne et statistique de cette 
principauté; par Thomas Evans; ornée de l'a vues intéressan- 
tes gravées par Stoeee , et des cartes enluminées* Prix ^ 10 -; 
ah: London ; Shervood. 

97. Beavti£« or Ieelahd. Beautés de l'Irlande ^ descriptions 
originales , topographiques , historiques et biographiques de 
tons ses comtés, avec une quantité de gravures; par J.-A.-H.-S. 
Stoeee. Cet ouvrage fait pendant aux Beautés de TAngleterre 
et de la principauté de Galles, ouvrage dédié au roi. a gros 
vol. in-^S^. (La première partie a dû paraître le i«<'. juin.) 

98. LoNDoir AND MiDDLxsEx. Loudres et le comté de Middle- 
sex , ou Revue de la capitale; en 5 gr» volumes , et cent gra- 
vures; par E.-W. Beatlet, J. Niohtikgale et J. Noeeis 
Beewee. Prix,, 6 sh., et 10 sur gr. papier et gravures avant la 

lettre. 

()9. TopogeaphV or London. Topographie de Londres, ou In- 
dication des rnes» places, cours , diantiers , auberges de la 
capitale; le tout arrangé par. ordre alphabétiqtae , avec la dé- 
signation de 3ooo lieux dont les noms ne se crouveiit dans 
aucune carte publiée pendant cette année; par John Lockjs, 
inspecteur des bàtimens au bureau d'assurance contre Tincen- 
die. a*', édition , soignée, revue et corrigée, avec l'indication 
de 1600 lieux ajoutés, et une carte exacte de Londres* la-^ia- 
Prix , 8sh. London^ Sherwood* 

too. LoNDiNA iLLusTEATA. r^otiODs dcscriptivc^ et liistori- 



jlrpeniage et Nii^Uement» 

qnet des collèges » églises, dinpelles , écoles, éublissemens de 
bienfaisance , palais, halles, eonfs , lieax de plaisir, et théâtres 
anciens et modernes dans Londres , lYestffltnster et leurs fau- 
bourgs; par Wix<a.iifsoN. i vol., part i , gr. i»-4«., avec 40 
planches. Prix , 1. 4 1 > o p. ; prem. toI . , sur petit papier, 1. t si ) 
sur gr. papier, L i5; pL ay. la lettre, 1, i5, 10 p. 

lox. Walks theouoh LovDoir. Promenades dans Londres , 
comprenant aussi Westminster et Southwark , et les faubourgs 
environnans, avec une description de tous les objets in^éres*- 
sans dans les édifices publics , lieux d'Amusement, expositions t 
institutions commerciales et littéraires; le tout servant de 
guide complet dans la capitale de la Grande-Bretagne; par 
David HuoHsoN , LL. D. Edition magnifique , in-6^ , et avec 
lao grav. bien soignées par Greig, et une carte de Londres. 
Prix,l. I, 10 p. London ; SLerwood* 

loa. UaivxasiTT ano citt or Oiromn. L'université et la cité 
d'Oxford, exposées dans une suite de soixante-dooze grnvu* 
res, par J. et H. Sto^be; accompagnées des descriptions, 
par Rowi3T Lascellu , esq* Loodon ; Sherwood. 

io3. SxxTCH OF Waedoyte , Castlk , etc. Esquisse historique 
et descr^tive de Wardour, Castle et Demesne, dans le comté 
deWilts, résidence de lord Arundel; par J. Rùttee. In-8. 
Prix, 3 sh. Londres; iSaB. 

xo4« Ah ExcuEsioir to Beiohton , etc. Excursion à i?//^ A/0/1 , 
avec une description du pavillon royal, une visite aux eaux 
de 'tunbrigâe et à Southend^ avec une liste alphabétique de 
tous les endroits du royaume remarquables par des sources 
minérales ; par John EvAirs. In- 12. Prix , 6 sh* cartonné. Lon- 
dres; Sherwood. 

105. GCIUE TO THE LAXES IH CuiUEELAHD , CtC* Guidc EUE 

lacs de Cumberland> Weatmoreland et Lancasbire; par J. Ho- 
EiHsov. in-9^ Prix, i5 sh* Londres; iSaa* 

106. ToPOCKArttTCAL AKD HISTOEICAL SxETCUXS , CtC. Esquis- 

ses historiques et topograpbiqucs sur les bourgs à*East'Looc 
et f^est'^Looe , dans le comté de Cornouailles , avec une des- 
cription des curiosités de la nature et dé l'art , et des sites pil« 
toresques des environs; parlli. Bonn. In-8^. av. 5 vues. Lon- 
dres ; J. TViehols; 



46 Topographie f Géodésie ^ 

107. A. DESCRIPTIVE GUIDE TO FoHTHtLX. ABBE Y. DeS«rîpttOn 

de l'abbaye de Fonthill et de Dcmesse , pour l'année 1833, 
avec une notice de leurs tableaux et curiosités; par J. Rutteb. 
In.8o. avec grav, et Tign. Prix , 4 sh, Londres ; Longman. 

1 08. 'Remàeques sur les champs de neige de la Norvège, par 
le D»". Karl Nâumann , avec une lithographie. 1823^ [Miner, 
Taschenb, Tom; I, pi. 139*) 

Ces champs se trouvent, i". dans la presqu'île de Folgefon- 
dcns (bailliage dit Sondre bergen hUns-amt) ; c'est une des par- 
ties les plus intéressantes de ce bailliage. Son nom indique déjà 
qu'il doit y avoir des endroits élevés où une neige éternelle 
forme un tapis non interrompu , et conséquemment on ne doit 
pas s'attendre à y rencontrer de petites collines ; cependant on 
trouve non-seulement en cet endroit une chaîne de monta'gnes 
glacées et couvertes de neige , mais aussi , ce que le nom n'ap- 
prend pas , les champs les plus agréables et les plus fertiles qui 
se trouvent dans le fond, et dont un voisinage aussi effrayant^ug- 
mente encore le charme. La presqu'île s'étend dans sa plus 
grande largeur du sud-sud-ouest au nord-nord -ouest , et c'est 
aussi la direction principale des couches de la montagne. Le Soë-* 
Fiord et l'Aline-Fiord la séparent à l'est de la terre ferme; elle en 
est séparée à l'ouest et au nord par THard-anger-Fiord dont re- 
tendue intérieure , sous le nom de Ilis- Fiord eï de Samle-Fiord ^ 
est séparée à son tour de la partie méridionale et intérieure. 
Toute la presqu'île n'est qu'une masse de rochers; les rivages es- 
carpés descendent à pic dans le Fiord, et de toutes parts on voit 
briller sur ces rocs des coupoles de neige ; ce n'est que dans 
quelques petites vallées longues et profondes que l'on trouve 
un peu de place pour les champs et les prairies, a®. Les Hurrunger * 
l'église de Lystèr est située à peu près à l'embranchement du 
Fiord considérable que la mer du nord envoie sous le nom de 
N Sogne Fiord, dans la partie méridionale du bailliage àppellée 
Nordre bergen huns-amt. Aucun des Fiords , si nombreux en cet 
endroit, ne pénètre aussi profondément dans l'intérieur des ter- 
res que celui-ci; aussi est-ce le moyen principal de transport 
pour les parties méridionales de la côte occid^utale. La chaleur 
dans ces défilés étroits est souvent jégaip à celle de l'Italie, tan- 
dis que sur les pointes les plus élevées de c^ rochers qui sem- 
blent suspendus au milieu des airs, brille une neige éternelle 



jirpenuige et Nhellemenl. ' 47 

dont les reflets majestueux embeUissent les sites agréables que 
Ton apeirçoit dans renfonoement. 3o. Le glaeier de Juste-Dais 
et le Lodals-Kaabeu , la vallée de Forlun et celle de Justedalen , 
terminent rextrémité principale nord-ouest de Sogen-Field ; ainsi 
les rochers de la rive gauche de Stor-Elv. ou de Juste Dal-£lv. 
appartiennent encore à Sogne-Field, tandis que ceux de la rive 
droite forment le talus d'une des pentes de Lang-Field qui des- 
cend du point le plus élevé de la chaîne de montagnes vers le 
sud et se divise en plusieurs pentes latérales. Ce point culminant 
est près de la source de Stor-£Lv. à trois milles au nord au-des- 
sus de l'église de Juste-Dais ^ il se distingue par un sommet 
compacte àe gneiss y qui se fait remarquer au-dessus des neiges 
éternelles du sein desquelles il parait s'élancer : il porte le nom 
de Lodals-Kaabe , parce qu'à son pied une fondrière de neige 
conduit à Lodal sur la pente latérale du sommet de la monta- 
gne. Au sud est situé un autre sommet moins imposant , mais 
presque toujours couvert de neige, qui s'élève en face du Lodal- 
Kaab comme un rocber escarpé à une hauteur effrayante ; on 
l'appelle la petite 2A>dals'-Kaab ; M. fiohr l'a gravie avec le lieu- 
tenant Daarf et il a publié stu: cette cime de roehers une rela- 
tion très-intéressante. Ro. 

109. Détermination delà hauteur de l'Himalata dans l'In- 
de. (Wiener Zeit.; fevr. 1823, p. i5o.) 

Cette chaîne de montagnes , située entre les 3o^ 18', et les 3i^ 
35' de latitude, était reconnue surpasser en élévation les Cor- 
ditiières en Amérique; mais comme l'on était peu d'accord sur la 
véritable hauteur, le capitaine Hodgton fut chargé parla Société 
de Calcutta d'en faire le relevé trigonométrique. Voici les résul- 
tats qu'il a présentés l'année dernière à la Société : il avait me- 
suré une base de 21,748 pieds anglais, avec 120 grands et plu- 
sieurs petits triangles ; ce fut de cette manière qu'il mesura la 
hauteur de 38 sommets de montagnes couvertes d'une neige 
étemelle. Le plus haut se trouva être de 25,589 pieds, ou 41^^ 
toises de Vienne, tandis que le Chiinborazzo,'à O^ito^ n'a que 
3443 toises. Parmi les diverses montagnes de l'Himalaya, il en 
a trouvé 3o plus hautes que le Chimborazzo. La plus haute mon- 
tagne d'Europe, le M6nt^ Blanc, n'a que a5i2 toises de Vienne, 
et la plus hante montagne d'Autriche, TOriJer dans le Tyrol, 
a3^7 toises de Vienne; de sorte que le sommet le plus élevé de 



48 Pla^is et Curies , 

la chaîne de l'Himalaya, « près dn double de la faaoteur de ces 
deux montagnes \ sa hauteur en mesures métriques , est de 
7816 mètres. Ko* < 

PLANS ET CARTES. 

110. Neïtkh Atlas dch oanzen Welt, etc. Noutd atlas du 
monde entier j d*Après les descriptions les plus modernes, à 
l'usage des leeteurs de journaux , négocians et gens d'affai- 
res, des gymnases et des écoles; composé principalement d'a- 
près les traités de géographie du D'. Stein. 5^. édit. corr. et 
aug. avec 18 cartes et 7 tfthles; gr. in- fol. Prix, 3 rth. 8 gr., 
ou 6 fl. du Rhin • LeipK. ; l8a3; Hinrichs. 

111. The aOYAL Atlas. L'atlas, royal, consistant en cartes et 
projections géographiques et astronomiques, aYe<; de ^nom- 
breux problèmes sur les cartes et leur construction, géométri- 
que. Prix , 1 2 sh. en noir , et 1 5 sh* colorié. Londres ; Lewis . 

112^ Atlas oÉomAPHiQom et ASTRONOMi^rE, correspondant 
en grandeujr avec les livres d'Exemples , par le rérer. 
GoLDSMiTH* Prix, 6 sh. en voir^ et 8 sh. colorié. Londres ; 
Lewis» 

li3. A NEW Atlas. Nouvel atlas composé de 80 cartes, entiè- 
rement coloriées, de 24 pouces sur 20, fol. inipér. gravées 
par les premiers' artistes , sur des dessins faits exprès , avec 
un mémoire sur les progrès de la géographie, un chapitre 
sur là géographie physique, un aperçu de la hauteur com- 
^pÀratîve des ihontagnes et de l'étendue des rivières^ et suivi 
d^tt index. Publié en 20 huméros. Prix, 10 sh.; Edimbourg; 
Thomson. 

â 1 4. A CLASSIGAL, etc. Atlas classique et historique d*après d' An- 
ville, avec une suite dé certes additionnelles, expliquant tou- 
tes les époques remarquables dans le monde ; extrait d'hisloi- 
res et de tables chronologiques, publié par Numéros, et en 
contenant de 10 à i3. Prix, 16 sh. pour cha<{ue n». Edim- 
bourg ; Thomson. 

4 1 5. P'Anville's atlas. Atlas de d'AnviUe | publié. a»\ec 

d'AnvILLE's (frioC&APHY OV THE G&EBKS AVD RdU^HS ; 

Géographie des Grecs et des Romains , du temps d'AlepKaodre. 
et d'Auguste, par d'Anville; accompagné de carlKs exécutées 



Plans et Cartes. 49 

sur le giand formai atiajs deroriginalyet coloriées avec spîn. 

Prix y 5 1. 6t. denû-rel. Londres; Sherwood. Le prix de rëdition 

de Paris est annoncé de 12 gui nées à Londres. 

N, M. Elle ne coûte à Paris que ^6 à 40 fr. ( Foy. le Bfannel du 
libraire); et la copie anglaise ne l'emporte sûrement pas par l'exé- 
cntion sur l'édition originare. 

116. A SMALL GABiHST ATLAS. Petit atUs do cabinet, compo- 
sé de 40 cartes; in-4* impérial. Prix , 1. a. % sh« demi-reliure. 
Edimbourg ; Thomson. 

117. NomrxLLE carte politique et routière de l'Europe, où se 
trouvent tracés les empires, royaumes et autres états souve- 
rains d'après les derniers traités de paix. Publiée en 1 8a3 , par 
L H. Berthe, graveur, rue St. -Jacques, n*. 66. a feuilles cba- 
cnne de 1 p. 9 po. 6 lig., sur 1 p. 8 p. échelle de o, 8a c. pour 
5o myriam. , etc. 

Si cette carte assez bien gravée procure l'avantage de pouvoir 
saisir d'un seul coup d'œil l'ensemble de l'Europe* dont elle présente 
distinctement les grandes divisions,' elle a aussi l'inconvénient, 
étant dressée sur une petite échelle, de ne point faire distinguer 
autant qu'il serait nécessaire, les moindres divisions' poli tiques de 
cette belle partie du monde, et notamment quelques-uns des 3a 
états souverains de l'Allemagne. 

£n la comparant avec une carte moderne de l'espèce , à plus 
^and point , généralement estimée, nous avons remarqué que 
le système des routes était autant complet que possible, et que 
Tauteur l'avait même enrichie de différentes routes qui n'exis- 
taient pas sur celle-ci. Cette amélioration se fait particulièrement 
remarquer en Sicile et en Italie. 

On trouve chez le même éditeur, ainsi que chez les marchandas 
de cartes géographiques et les principaux libraires, une nouvel- 
le carte de la Turquie d'Europe et d'Asie, une feuille gr. colomb. 
coloriée avec le plus grand soin. Prix 5 fr. — Carte géologique 
de la France, des rays-Bas et de quelques contrées voisines , 
dressées par J. Domalins-d'Halloy, et M. le baron Coquebert de 
Monbret.Prix, 4 fî^* — Carte du royaume de France, indiquant 
'les principaux établissemens militaires , civils et religieux , et la 
navigation intérieure, avec partie des états limitrophes , d'après 
^es derniers traités, dressée par Achin. PrU-,3 fr. SuEua-MERtiN. 

ti8. Posv-vHD Wbosxaxte. Carte des postes et des roules d'Eu- 
F. Tome I. 4 



5o Plans et Cartes^ 

aoPK , à l'exception de ITslande , de la Laponie et de la Fionie ; 
publiée d'après les meilleures sources; in- fol., Pr. i tb.; et ayec 
un étui , sur toile , Pr. a tb. Leipzick ; Hînricbs. 
119. Tableaux descriptifs de la France et de s^s colon irs 
sous les rapports pbjsique , géograpbtque , statistique, admi- 
, nistratif , commercial et politique , comprenant les grandes 
divisions administratives du royaume , civile, militaire, ecclé- 
siastique et judiciaire, etc., etc.; suivis d'une notice bistorique 
sur la réunion successive des provinces , des pays , des villes 
et de leurs territoires à la couronne ; par J. B< D. B. In-4 • 
Prix : 10 fr. Bruxelles ; i8aa ; P. J. Demat. 
Cet ouvrage consiste en %o pi. grav. in-4°* et comprend: 
i». Carte de la France civile , divisée en départemeus ^ avec 
un tableau des départemens , siurface , population , justices de 
paix, etc., coloriée. 

a<>. Directions et divisions des ponts et cbaussées , mines, 
navigation et ports ; enregistrement , domaines , forêts, contri- 
butions directes et indirectes , douanes , salines, monnaies, lote- 
ries , poudre et salpêtre , et plusieurs tableaux. 
3°. Statistique de la France et des colonies. 
40. Fleuves , rivières et canaux. 
5<>. Carte de la France législative , coloriée. 
6^ Divisions militaires , garde royale et maison militaire du 
roi, régimens d'artillerie, du génie, d'infanterie et de cavale- 
rie ; légion de gendarmerie et chcfs^lieux , places de guerre. 
7<*. Carte de la France militaire , coloriée. 
'8^. Carte de la France ecclésiastique et tableau des diocèses. 
9**. Cours royales , tribunaux de commerce , cbambre , etc. 
lo**. Carte de la France judiciaire , coloriée. 
II". Culte réformé, circonscription des églises cousis toria les; 
culte de la confession d'Augsbourg ; culte israélite. 

ia°. Notice bistorique sur la réunion des anciennes provinces 
à la couronne. 

li°. Guerres , batailles sur terre et sur mer, traités de paix. 
i4". Cbarte constitutionnelle. 

{^Revue Bibliog. du nxf. des Pays-Bas^ avril i8a3, p. 161.) 
120. Atlas français. ( Prospectus) In-8^ d'un quart de feiiille. 
Imp. de Bailleul , à Paris. Chez les auteurs, Eugène de Beau- 
ville, rue de Grenelle, n®. 3, au Gros-Caillou , et L. A. Paul- 
xiEE, rue de Vaugirard, n". 90. 



I 
i 

Plans et Caries. 5 1 j 

L'atks français se composera de 90 feuilles format grand | 

aigle ; 86 feuilles représenteront les 86 départemens ; les 4 | 

antres feuilles sont destinées aux cartes générales , physique et 
politique , au titre de l'atlas et au tableau des signes convea- 
tjonoels. 

Cet atlas paraîtra par livraisons de 3 feuilles et de trois mois 
en trois mois à dater du i^*". mars. Chaque livraison , sur papier 
ordinaire enluminé , coûtera 12 fr. Sur papier vél. satin, et enl., { 

i5 fr. Chaque carte se vendra séparément | sur papier ordi- 1 

naire, 5 fr.; papier vélin, 6 fr. | 

m. Carte u'Espagitk st ns Portugal suivant les nouvelles di- 
visions civiles et politiques. Dressée sur les cartes et autres \ 
documens tant publiés qu'inédits, les plus authentiques; par 
Aleiis DoNNET , géographe attaché au cadastre, membre de 
la Société de Géographie. Gravée et publiée par J. A. Orgiazzi , 
graveur du dép6t génér. de la guerre , rue de la Harpe, n». loa. 
Paris; iSa3. 

Cette carte, d^une feuille de 1 pi. 10 po. sur 2 pi. i po. à l'é- 
chelle métrique de I à i,5oo,ooo ou 10 myriamctres pour un 
grade, répondant à a5 lieues communes de France, de aS an 
degré, est une réduction de la carte en 6 feuilles du même au- 
tcur, traitée d'après un procédé qui nécessite deux planches de V 

enivre , Tune pour le trait, la lettre , les cours d'eau et les détails; 
l'antre superposée sur l'impression en noir de la première , au 
moyen de repères, donne les reliefs et les montagnes à la Sépia. 
On y lit en note : 

« Cette carte, la preihière qui ait paru en ce genre de gra- 
» vure, présente le double avantage, i». de rendre mieux qii*en 
» toute autre manière TefFet pittoresque des montagnes , en imi- 
» tant parfaitement un dessin à la Sépia , et le coup de pinceau 
• de l'auteur; a^. de laisser la lettre dans toute sa pureté sans 
> nuire à l'ensemble du dessin, ce qui ne pourrait avoir lieu par 
» le procédé ordinaire dans lequel les hachures des montagnes se 
» confondent avec la lettre qui est de la même couleur et la rend 
» illisible (i). » 

(i) Lattre avait déjà gravé , pendant la guerre de sept ans , une carte 
de la Hesse , dont le trait et la lettre étaient en noir , tandis que les bois 
«t les montagnes, gravés sur un autre cuivré, étaient imprim^^ en 
rouge \ ce procédé donne en eflTet beaucoup de netteté à la carte. C. AI. P. 






/ 






- Plans et Cartes. 

à ravenit ce défaut , qui nm i g^^^_jg,^„,, 

tendre. ^.«cdoms or Spaw as» 

"*• ^ po«T«GAi; by W. Fades. Pr. a 1. lo s. 

"5- TH. «-/';';;it:rA. -L de .4 à X7 i pouces; par 
d'Angleterre co««-nU ^^^ ^^._^^ ^^ ^^^^^ ^^^ ^^^^ 

^•^' li Pr X, 6 li. 6 d. London-, Daston. 

r „,«.T Atlas ot Scoti.a«b. Atias de campagne d* l É- 

Sr-lntri^^s. Les nnméros W8 ^t déjà para; Pr.x 
,oi«.Édimbotirg; Thomson. 

.«. ae la Drovince àe Dawse ou Tavay, parUe 
,a5. S«» r«E CA»TE f '/"^'"J*" .j,e de Hnde, au delà 

^' !f •=*" rcéTpr t l^^Tl. ce pays, appartenant à 
^" ^''"''derMranmasTArticle adressé par M.-Fa. Hamx.xo» 

..ec «ne cop^ ^^JJi^^n^lUer.ui.qui dépendaient au- 
Cette provmce, et ceue a .^ ^^^^ ^^ ^j^, 

«^^"■'* f X" Wt 'ésiLnt à TenaLrim. ^. le. 
d'A-ra. Ses anciens P"° jt^j,^ de Daw« fournit 

• ^'^•""" dX et cotrî y a aussi des mines de ce métal 
beaucoup détain , et com j nîonl-Ceylan, au sud, d y a 

p,ès de Taunou, ^^^-^^^^l^^ ^Z», l la'péninsule. eo- 

Ueu de P'-*;^'^,*!'^! '*;'^:rT y latitude nord, sont générale- 
tre les parallèles de r^o, ^ 9 ^ ^ . et 

«eut i<iches -» ^'^^^^„^ ,f_S Tut cours dans le. environs. Ce 
T ": So^e tr rPo're et du cardamome, maU l'un et 
district expor e ""^ ^ , j j ^ Malabar, 

rautredequaluem «e^^^^^^^ ^^^^^^^ d'ambre 

^" "" t tm^^i ef Sn estimés à la Chine; et le t^ 
gris, des n^d*/^'^* Jf^-^ „oit appartenir à un^enre voism de 

----- S^xn^estrarJ^er c 

tl^ptr^rr rS;-'est d. Bengale, malgré son 



Économie publique. 55 

odeur itponmêmtt. Il s» prépare ayee de peliu cnisUcés séchés 
en Boleil, dont on fait uoe espèce de pAte. Pour lei détaUe géo<- 
graphiques anr eea dîstrîcai , il £iui néceaeairemeiit conacUter la 
earte et le mémoire. C M. 

ii6.GKooaAFHxsGR*aTATi8nftCB- ■laTOKiaesv Karteh DB&RKnr- 
■LUL CoiLOMMA, etc. Cartes géographiques, sUtiattqaes et hi»^ 
toriqves de la république de Colombie et des ProTÎnce^Uniee 
de rAmérique méridionale. % feuilles in-fol« f grand format. 
Weimar; x8a3. (Instii. geogr. ) 
127. Cabtb de C0LOMBIA9 dressée d'après les obserratioas astro- 
nomiques de M. A. de Hnmboldt, et celles des nayigateurs 
espagnols; par H. Bnui, géographe de S. A. R. MovsiEim. 
A Paris , chez Tauteur , rue d^ Màçons-Sorbonne, no. 9, 
1 feuille gr. raisin yélin. Paris; décem. i8a3. 
Cette carte comprend Tancicnne Capiîania ^^n^nnle de Caracas, 
et la Tice-royanté de la NouveNe- Grenade. M. de Hnmboldt j a 
ajouté trois coupes, dont la première offre les hauteurs compa- 
rées des grandes villes , en suivant le dos des Cordillères de-* 
pais Huancavilica , au Pérou , jusqu'à Guanascuato, au Mexi- 
que, ou depuis le iS» de latitude australe jusqu'au ai* de lati- 
tude boréale. La seconde coupe présente le chemin delà Guayra 
à Caracas ; elle est fondée sur les mesures de MM. de HundK>ldt , 
Bottssingault et Rivero. La troisième coupe , dirigée de l'est à 
l'ouest^ se prolonge depuis les côtes de la mer du sud ( par les 
Andes de Quito ti la vallée de l'Amazone } jusqu'aux côtes de 
l'océan Atlantique. I>e8 échelles ajoutées à ces profils géognosti- 
ques, indiquent la température moyenne de l'air depuis le 
niveau des mers équinoxialea jusqu à deux mille toises de hau- 
teur. M. Brué a porté une attention particulière » dans le dessin 
de celte carte, sur la ramification des Cordillères, et leurs hau- 
teurs relatives. 

« 

ÉCONOMIE PUBLIQUE. 

1018. OuTIiXZflS OF A SYSTEM OF POLITIGAL ECONOMT. EsqUÎSSCS 

d'un système d'économie politique , ayant pour but de prou- 
ver au gouvernement et à la patrie , que la cause de la détresse 
actuelle de ragriculture est entièrement factice, et de sug- 
gérer un plan d après lequel on puisse remédier à ce mal pour 
l'avenir , joint à la quatrième édition d'un essai sur les princi- 
pes dé la banque* Tfewcastle; 182B ^ Jopiin. 



54 Économie publique. 

L'iiutear a distribué son ouvrage en a6 chapitres. Il établît 
dans le premier la distinction que Ton doit faire > entre le 
prix' et la valeur , et ce qu'on doit entendre par produit et 
consommation; le deuxième chapitre traite de l'usage de l'ar- 
gent; le troisième de la balance du commerce; le quatrième, 
du point capital de la question , c'est- à-dire du rapport de la 
dépense au revenu ; le cinquième , de la richesse nationale , qui 
ne s'augmente point par l'économie nationale; le sixième, delà 
richesse nationale ^ qui se compose du revenu national; le sep- 
tième, du revenu réel et nominal de la Société ;^ le hoitième, de la 
consommation du revenu de la Société ; le neuvième, du capital ; 
.le dixième, des principes qui règlent l'épargne de Fargent; le 
onzième , de la demande du blé , créée par le blé m^ème ; le 
douzième , de la demande du blé , que le blé ne peut créer 
({u'en fournissant des bouches pour le consommer; le treizième,. 
du sol comme, source première delà richesse; le quatorzième,, du 
prix des denrées en profits du capital ; le quinzième, de la rente ; 
le seizième, des taxes; le dix-septième , de la taxe sur le blé 
étranger ; le dix-huitième, de l'argent; le dix- neuvième, du cours 
du papier ; le vingtième, du prix du blé non sujet à une fluctua- 
tion considérable, par rapprovîsionncment ; le yingt-uAième, 
des causes probables qui ont produit les principaux changemens 
dans le prix du blé pendant les trente dernières années ; le 
vingt-deuxième, établit que, avec le cours du papier, les iipppr- 
tations du blé étranger ne peuvent occasloner de réductions 
considérables dans les prix; le vingt-troisième, a pour objet) le prix 
des effets publics ; le vingt-quatrième, le fonds d'amortissement; 
le vingt-cinquième, un plan pour réglçr le cours du. papier; 
le vingt-sixième, la banque d'Angleterre. (Newcastle ^ag^^ nf . xv> 
pag. i34.) 

129. A COlfCISE HISTOEY OF AWCIENT INSTITUTIONS, inveUtionS 

and discoveries, etc. Histoire abrégée des institutions anciennes^ 
inventions et découvertes dans la science et les arts mécani- 
ques; abrégée et traduite de l'ouvrage allemand, Êeytrage zur 
GeschLchte der Erfindungen ( Mémoires ^our servir à l'his- 
toire des inventions ), du professeur Beckmann , de l'Univer- 
sité de Gœtlingue, avec plusieurs additions importantes, a vol. 
in-8. Prix, i5 sh. Londres; Whiltaker. 
L'estime dont jouit en Angleterre ce nouv^el abrégé;,- est pne 



Économie publique. 55 

prenve de son mérite Oa sait que le recaeil du professeur Beck- 
mann , dont celui-ci est extrait, présente un ensemble de résul- 
tats aussi utiles qne variés. Ce célèbre technologne , après avoir 
publié ses mémoires à mesure qu*il les composait, et p'«r parties 
détacbées, a réuni ensuite dans un grand ouvrage de cinq volu- 
mes, ces fruits précieux de son savoir et de ses recherche^; le 
seul inconvénient que présentât ce riche répertoire de connais- 
sances historiques et scientifiques , provenait du manque de 
plan: l'auteur de cette traduction abrégée anglaise s'efforce d y 
mettre plus d'ordre et de méthode. II a d'abord fait un choix de 
la partie la pins utile et la plus attrayante des recherches de 
fieckmann, en retranchant ses longues dissertations; et il y à 
ajouté une masse de renseignemens importans, surtout pour les 
Anglais. 

L'ouvrage est divisé de la manière suivante. 

Le premier livre traite de l'origine des coutumes et institu- 
tions anciennes. Il contient des recherches intéressantes sur réta- 
blissement et le perfectionnement des journaux , almanachs des 
maisons de banque, lettres de changes, tontines, etc.; on y 
trouve des détails historiques très curieux sur Tintroduction et 
les progrès de divers amusemens, tels que le jeu d'échecs, la 
chasse , les courses de chevaux , etc. , ainsi que sur les restric- 
tions de la presse , etc. 

Le second livre est consacré a l'emploi et au commerce des 
productions naturelles. Il embrasse les usages et la circulation 
d'un grand nombre d'articles divers , tels que le liège , la coche- 
nille, le jardinage , la bière , l'indigo , le tabac , etc. 

Le troisième livre comprend les inventions des arts mécani- 
ques. On y remarque celles des divers genres d'automates, d'an- 
ciennes statues et figures mouvantes à horloges et montres ; ma- 
chines à vapeurs, scies, manufactures de coton, de rubans, de 
bas, de drap et de toiles; verriries, dorures , armes a feu, etc. 

Le quatrième. livre contient les découvertes dans la science. Il 
traite de l'alun, des vins, des amalgames, des perles, des bal- 
lons, des verres colorés, poudres fulminantes, feu grégeois, etc., 
et de divers autres objets intéressans. ( Lond^ liter,. gaz» , S mars 
i8aB; et Month. Censon^ mai i8^3 , page 54 1*) Ro* 

i3o. SuK liA NicESsiTili n'ABarrEE les campagnes cultivées, et sur 

les moyens de leur rendre tous les principes de fécondité dont 

elles sont susceptibles , par des plantations raisonnées. ( Ann, 



56 Économie publique. 

Europ, de phys. végét, et tTéconom. pubL, ta. 3 , lo®. Ut., 
p. i35.) 

i3i. Uebea Produgtiovs-und FABRXCATioirsBETRtEBE. SuT les 
produits et les fabriques, par un anonyme. Leîpzîk; 1816; 
£,-F. Steinéker. 

i3s. Idées poub. l'emploi des femmes davs les maitufactubes. 
[lHonth, Mag. , juillet i8a3 , pag. 7.) 
n est à regreter j dit l'auteur de cette notice , que les machi- 
nes aient presque entièrement supprimé l'emploi des femmes 
dans notre pays , où conséquemment elles souffrent beau- 
coup plus que les hommes. Des milliers de personnes du sexe, 
que l'on avait coutume d'employer dans les filatures et les ma- 
nufactures de dentelles , ont été remplacées par des machines. 
Le travail de l'aiguille même, dans les manufactures de gants, se 
&it maintenant au moyen d'une machine. Il propose , en con- 
séquence , d'introduire des manufactures de tapis façon de Tur- 
quie , de l'Inde et de la Perse , pour lesquels on est entièrement 
dans la dépendance de ces contrées. On pourrait les faire en 
Angleterre d'une qualité bien supérieure à ceux qui sont impor- 
tés , et leur fabrication donnerait de l'emploi à plusieurs mil- 
liers de personnes du sexe. Cette opinion n'est pas une simple 
spéculation, elle est le résultat de plusieurs années d'expérience; 
ce travail pourrait être introduit avec avantage dans les établis- 
semens habités par des femmes , qui pourraient toutes y. prendre 
part. Ro. 

. i33. Nouvelle importation eh Fbaitce ses cnivEES pa Thibet. 
M. Temaux a nouvellement importé en France des chèvres 
de Cachemire de la .race tfaibétaine. Il en est arrivé à Marseille 
un premier envoi, le 10 octobre demiar, par lebrik Ippogriffo^ 
du capitaiiie autrichien Vidulich , qui avait chargé sur son bord 
à Taganrpk, dans le mois de ji^llet passé , neuf chèvres et m 
bouc. Une de ces chèvres qui a été perdue dans la traTersée, a 
réduit à neuf le nombre de ces anii^aux qui font actuelleoient 
quarantaine au Lazaret. M. Temaux attend successirvement de 
nouveaux envois de ces chèvres de Cachemire, par le port de 
Marseille. [Journ.des Fojr.^ nov. i8tA3> p. a55.) 

]34. The Christian and civil egonomt of large towns^ ou 
Économie politique et religîeose des grandes villes ; par Th. 
Chalmbes. a Tol. in-8. Prix, 17 ah.; Glascovr^ 1823. 



) 



Économie puUique. * 67 

i35. CoKsxDÉBATiOKs D'icoHoxiB V1IB1.1QVK ÊÊXt le coBiiierce 
des graiaBy qh moyens de concilier les intérêts de Tëtot, des 
propriétaires et du peuple » ayee ceux du commerce; par 
M. C B. In-8* de 11 f. ~, et on tableau imp. Paris ; i8a3 ; 
Delaiinay. 

i36. Eaccuilta dxgi<i scaiTToai classici italiavi di économia 
politîca; on Collection des auteurs cbssiqnes^ anciens et mo- 
dernes, qui ont écrit en Italie sur l'économie politique; pu- 
bliée par P. CusTODi. 5o vol. Milan; 18a 3; Soc. typ. 

Cette oolleetion est ancienne et a reçu un nouTeau frontispice. 
Il s'en trouve peu d'exemplaires dans le commerce. Pour en fa- 
ciliter l'acquisition y la Société typographique, qui en a acquis 
le fonds , en a réduit le prix de aoo lire à x5o lire. [Joum. de la 
litt.étranff», sept. i8a3, p a68.) 

137. Opère di Cesare Bbccaria. OBurres de C. Beccaria. a toI. 
in-8.; -vol. x. Prix des a toI. 11 lire. Milan ; i8aa ; Soc. typogr. 

x38. A LETTEE To THE HEW, etc. LcUrc au réy. T. R. Malthus, 
en répoQse à sa critique de l'ouvrage de M. Gonwixr sur la 
population , qui a été insérée dans le 70e. n«. de VEdinburg- 
RevievPf avec l'examen des recensemens de la population de 
la Grande-Bretagne et de l'Irlande; par David Booth. iQ-8. 
Prix, 5 sh. Londres; Longmann. 

x';9 • ËuLXEiiTAaUiiTEaaiGVTFiJa taub&tumiki Kimorâ. Instruc- 
ion élémentaire pour les enfans sourds et muets; par Huxai 
e Hauee. 48 p. in-8. Quedlinbourg et Leipsick; x8ai; Hasse. 

1 40. WoBETEEBtTCR FÛE TAUBSTUXME. Dictionnaîrc pour les 
sourds et muets; par H. F. Heumanit. In-8.y 272 p.; Schlfswîg; 
i8a\; à l'Institut des sourds et muets. 

141. AiEEçu DE LA siTUATioiT riKANGiiaB DE l'Espagne; par le 
comU A. DE Laboede. In-^^. Paris; i8a3; bureau des Tabl. 
Unh,y rue Rameau» n°. 6. 

Le ciédit, ou^Tart d'emprunter pour subvenir à ses besoins » 
e&t nue icieixce que nos financiers modernes ont réduite à un pnl 
principe: Adoptez tous les emprunts de vos prédécesseurs; joignez" 
y un emprunt nouveau , montrez^vous exact à en payer Vinté^ 
rit; placez à côté de cette dette une fiction qui^ sous le nom 
de caisse ^ amortissement j retirera un pour cent environ de la 
tFuisse de %*otre capital. Mais il est un principe éternel , c'est 



58 ' Économie publique. 

que par la force des choses il arrive, pour les états comme pour 
les particuliers, une époque où la masse des créances vient se 
présenter vis-à-vis des fonds destinés à les éteindre , et c'est à 
éloigner cette époque que tendent tous les efforts des financiers. 
La science du calcul a encore quelques nouvelles ressources à 
leur présenter; mais, une fois épuisées, il faudra descendre du 
piédestal où l'on se sera placé et rentrer dans des routes battues . 

On peut envisager cet opuscule sous trois rapports : le i«r. ^ 
la politique, sera toujours étranger à notre plan; le a*», est 
son rapport avec les doctrines financières. Il n'y a qu'une 
pensée dans l'ouvrage de M. de Laborde ; il dit aux Espagnols : 
vous ne pouvez pas vous passer de la ressource des emprunts , 
vous ne pourrez pas trouver de préteurs, si vous n'adoptez pas 
les conséquences des emprunts précédens. Le rapport des ùits 
nous offrira l'occasion de présenter le tableau de ceux que 
M. le comte de Laborde a consignés dans son Aperçu. 

Le point de départ de la dette espagnole que choisit l'auteur ^ 
est l'avènement de Philippe Y à la couronne ; elle était alors de 
aoo^ooo^ooo fr.; elle est aujourd'hui de 14 milliards de réaux , 
c'est-à-dire d'environ 3 roillLirds et demi de francs. L'intérêt seul 
de cette somme est de 175,000,000, tandis que, suivant M. de 
Laborde, les voies et moyens , même dans la plus brillante hy- 
pothèse, ne peuvent pas rapporter au delà de 140 millions. Il te 
peut sortir de cette inextricable position qu'en faisant voir (^c 
les deux tiers de cette dette, ayant pour débiteurs les membre^du 
clergé, en ne les payant pas on n'a plus qu'un tiers des dette.', et 
en prenant les biens qui ont permis à ceux-ci de devenir c^éan^ 
ciers, on paiera l'autre catégorie de débiteurs; c'est-à-dre en 
grande partie ceux qui ont servi les emprunts depuis 182^0 Cette 
voie , ce moyen est assez facile ; c'est parce qu'on veut enuser en 
sens inverse qu'on crie avec raison à Tinjustice. ?)ou> avons 
promis des faits : nous ne pouvons tnienx servir les intëré^sde nos 
lecteurs qu'en copiant, dans les tableaux des 6 dernières pages ,. 
les tableaux A et B seuls qui n'admettent pas d'hypotlèses et 
offrent même des résultats qu'on n'avait pas encore rasiemblés. 

Beathevin. 



A. 



hconomie publique. 

Perte des effets publics espagnols. 



59 



ait t8»i. 


EnjuIlcCsSti. 


74 


85 


34: 


90 


80 i 


96i 


8t 


97 



Le 90 février iSso, 
I indis aTant la Ea 

rOBftkMiMm. 

Valéft ordinaires 8a 

Valès non consolidés. . . 86 

Intérêts àe9 valès. .... 96 

Certificats du trésor. . • qS î 

II en fat de même des actioos delà banque, originairement de 
a,ooofr., qni étaient tombées à 160, remontèrent à 5oo, et retom- 
bèrent à 180; l'emprunt de Hollande de même, et enfin les der- 
niers emprunts élevés en 1 821 » à 77 » etcotés aujourd'hui k a4% 

B. 



PROVINCES. 



Ifatare des propriétéi. 



Prix 
drartii 



HottUai 
de U Tealc. 



Avila. • . . 
Cuenca. . . 

Ciudal-Réal. 

Gaadalaxara. 
Lago. 



Maiorca. 
Malasa. . 
Ovieuo. 
Valencia. 



Placentia. 



!>a]amanca. 
Santaoder, 
Victoria. . 
Zamora. . 



Sarragossa. 



Couvens et monastères. 

id irl. 

id. id. 
1 Communaux 

id. td. 

id. id. 

id. id. 

id. id. 

id. id. 

id. id. 

/ id. id. 

Fondations , . 

Couvens et monastères 

id. id. 

id. id. 

id. id. 

id. id. 



7a5,4aa 
3^,640 
384,.^ai 

67,225 
5î,533 
a3,a52 

349,748 

176,724 

93,260 

1,817,327 

16,600 

1.871,492 

621,145 



611,533 



',4: 



327,183 
389,862 

642,236 

1^4 ^?75 
io3,333 
67,136 
1,064,679 
293,326 
187:980! 

6,526,475 

32,0()n< 

4,25o,o(;6! 
i,857,o9i 

40f0"0 

2,059,6(^5 

I 



I 42* SaGOIO su i XEZZI 1)1 M ULTIPLICAKE LE RICHEZZE OELLA Si- 

ciLiA y etc. Essai sur les moyens d'aagcaenter la richesse en 
SicUe; par de Wetz. Avec des remarques du D*". Jos. Sude- 
LicATo. In-4. Palerme; 1822. 

L'auteur attribue la pauvreté de la Sicile à deux causes prin- 
cipales; Tune est le défaut de commerce intérieur; l'autre, la 
mauvaise construction des chemins. La fécondité même du sol 
de la Sicile, dit M. de Wetz, est une des causes de la misère du 
pays. {Joum* gên, de la litt, étr.^ août i823 y p. 343.) 



6o Éc(momie publique. 

143. CoiiQirixs DiKs LES Pats-Bas. 

L'exemple donné par les proriftces septentrionales du royaume 
des Pays-Bas , par rétablissement dans le pays de Drenthcy de co- 
lonies pour le défrichement des bruyères de Frédérics-Oord , et 
l'emploi d'une partie de la population indigente^' n'a pas été perdu 
pour les provinces méridionales du même royaume. Une société 
de personnes animées d'un véritable amour de l'humanité et du 
bien public a acquis en 1822 , époque où les colons de Frédérics- 
Oord étaient déjà au nombre de 2,5oo , 532 bonniers de 
bruyères dans la commune de Wai^tel pour y placer des cultiva- 
teurs libres , auxquels on donnera , pour les aider dans leurs 
travaux , des mendians et vagabonds valides. Un décret du roi 
des Pays-Bas porte qu'à Ta venir les enfans^trouvés et les orphe- 
lins, secourus par le gouvernement, seroni; élevés dans ces éta- 
blissemeos^ ruraux. C. M. 

l44* DARSTEliLUNG DES FaBEIXS^ITND GeWEEBSWESEKS. ExpO- 

sition de la situation des fabriques et de l'industrie dans les 

états d'Autriche, principalement sous les rapports technolo- 

' giques; par Stephazt von Keess. Vienne ; 1823 ; Wallishauser. 

x45. Quantité ù'eau dont se compose le Rhin a Bals. (Edinb. 

phiL journ.y avril 18 23, p. 399.) 

M. Ëscher a calculé que la quantité d'eau moyenne que le 
Bhin écoule à Bâle dans un an , est de 1,046,763,676 toises cu- 
bes de 1,000 pieds cubes chaque. 

X4 6.N0TICE sua LE COUME&GE DES VINS DE Fr ANGE CHEZ l'bTRANGEB . 

De i8«)6 à i8i4p l'Angleterre a importé des quantités 'de vin 
immenses ; tout à coup les arrivages ont cessé , çt ceux qu'elle 
reçoit encore ne se composent guère que des produits des pre- 
miers crus de Bordeaux , de rHera^itage , de Côke->Rotie, etc.» que 
nos voisins ont la modestie de croire réservés exclusivement aux 
bouches anglaises. La chambre des pairs, alarmée dq coups que 
prend cette branche de commerce, a recherché quelles sont Les 
causes qui le déterminent. Le résultat de son enquête établit que 
la difficulté des communications maritimes empêchait rXnd,ey le 
Brésil, et antres ccmUrées, de tirer directement de France ce qui 
était nécessaire à la consommiation \ que la rédpvcicit^ de» licen- 
ces avait fait de Londres le marcbé où le Nord» l'Amériquej etc., 



Économie publique. 61 

s'approTÎâomiaient : mais les produits étaient grevés de droits 
énomes : ce que perçoit l'accise, les frais d'emmagasinage, d'eil*- 
trepèt, s'âcTaient à plos de £0 pour 100 de la valevr. Ce taux 
est excessif; on ne réexporte pas à de telles conditions. Dès lors , 
les Tins qai ne se consomment pas à Londres ,cenx de a^ qualité 
sortent, ont nécessairement pris une autre direction. Ceux de 
Catalogne , dont l'Angleterre était aussi l'entrepôt , ont cessé de 
paraître dans les docks. Elle cherche aujourd'hui à ranimer cette 
branche de commerce : elle voudrait en favoriser la consomma- 
tion intérieure. Elle voudrait aussi admettre nos soiries; mais 
l'embarras de ses finances , et les obstacles que nous opposons à 
l'introduction de ses produits, l'empêchent de prendre unedétei^ 
mination positive, (^/i/i. deVind, naUet étr,, sept. x8a3,p.3o4.) 

x47« EvFET Ds LA VAPEUE pour l'cxtinction des incendies. — 
Le feu ayant pris dernièrement en Angleterre à la cheminée d'un 
bâtiment contenant une machine à vapeur, fut éteint presqu'in- 
stantanément par un voisin , qui se rendit aussitôt è l'atelier , et , 
an moyen du mécanisme de la machine , dirigea la vapeur de la 
chaudière sur la cheminée. Cette circonstance mérite d'autant 
pins l'attention des physiciens , qu'elle est propre à diminuer Tin- 
quiétude qne cause le voisinage des machines à vapeur, et qu'elle 
^^gère un moyen efacace d'éteindre les incendies, en détour- 
nant convenablement la vapeur de la chaudière par le moyen 
d'un tuyau et d'un robinet , que l'on tournerait i volonté. 
(Month, mag*^ avr. i8i3 , p* 197* ) 

1 48. Dette delà Geande-Beetacne. — On Ht , dans un jour* 
nal anglais, le calcul suivant sur la dette de la Grande-Bretagne, 
portée à 700 millions de livres sterling. Cette somme , en billets 
de banque d'une livre (a4 fr.), couvrirait un 'espace de 4,5 lO 
milles carrés (5oa lieues); en guinées, on ferait une ligne de 
io,5ai milles 558 yards; en shellins, elle serait de ^09,959 
1048 yards, ou à peu près neuf fois la circonférence du globe 
(la circonférence de la terre est de 23,o38 milles). Cette somme 
pèserait en or 14,981,27a livres; en argent, 3i5,8o5,45i livres; 
et en cuivre , elle ferait 49687,500 tonneaux. Pour compter cette 
somme à raison de 100 pièces par minute, pendant sa heures 
par jour, il faudrait, en guinées, 27 ans, 6 mois, % semaines, 5 
jours et 6 heures; en scheUtns, 678 ns , 8 mois, 1 semaines , % 
jours et 4 heures; et si c'était en monnaie de cuivre , et q^'on eût 



63 Étonomie publique. 

commencé à la création du monde y il faudrait encore Ii32 ans* 
Enfin, ponr transporter la totalité de la dette en cuivre, il fau- 
drait 9,37 s bâtimens du port de 5oo tonneaux chacun. [Joum* 
gén. de la litL étr.^ juil. 1 828 , p. aaa. ) x 

i49* Letter to the right hon. George Cannivo, on the prin- 
ciple apd the administration of the english poor laws. Lettre 
adressée à G. Caniting , sur les principes et l'administraiion 
des lois sur les pauvres en Angleterre. In-8. Londres; iBaS. 

i5o. Sketche of PLANS, ctc. Esquisse de plans pour coloniser, 
dans le haut Canada ,.une portion de paysans désœuvrés de la 
Grande-Bretagne et de l'Irlande; par un colon. In-8.; Prix, 
I \ sh. Londres; 1822; Harding. 

i5i. Écoles normales de Prusse. — La fondation d'écoles 
normales {Schullehrer-Seminarium), destinées à former des pro- 
fesseurs habiles , pour les deux confessions chrétiennes des pro- 
vinces rhénanes de la Prusse, a été depuis long-temps l'objet de 
la sollicitude des premiers fonctionnaires de l'état. D'après les 
intentions bienveillantes de S., M. le roi de Prusse, l'ouverture de 
ces institutions aura lieu bientôt. L'école normale catholique de 
Briihl, qui recevra ses élèves de Coblentz,, de Cologne , de -la 
Haie et de Dusseldorf, a dû être ouverte le le^. janvier i8a3. 
(^Leipz. Lit. Zeit.y mai 1823 , p. 962.) 

i52.Égoles du grand-duché de Weimar. (Z,^</7Z. Lit. Zeit,, juin 

1823, p. 1269. ) 

Le grand-duc de Weimar, vu l'accroissement considérable de 
)a population de la ville de Weimar, a résolu d'instituer une 
école générale pour la bourgeoisie ( Bùrgerschule ). Elle réunira 
les deux basses classes du gymnase, l'école des filles, l'école nor- 
male (Schullehrer-seminarium) et l'école franche , dans un même 
bâtiment. S. A. R. a destiné, pour cet objet , le local occupé par 
la. chambre des ûuamces ![Cameral-£auhqf) el le comptoir de 
l'industrie. Le 17 novembre, le grand-duc lui-même a posé la 
première pierre de l'édifice, à la construction duquel on travaille 
actnellemenL Ro. 

i53. École normale de Russie. (^Leipz. Lit. Ze/r., juin 1823, 

p. 1260.) 

' Cette école , destmée à former des professeurs pour l'instruc- 
tion de la jeunesse russe, a été fondée sous le règne de l'impéra- 



j 



Économie publique* G5 

trice Catherine II. L'instmctîoo , l'entretien j sont donnés gra- 
tuitement aux frais de la couronne. L'établissement continne à 
jonir d'une prospérité toujours croissante. Sous le règne de 
Tempereur Panl , cet institut ayait hà fort négligé , et près d'ê- 
tre entièrement abandonné. L'empereur actuellement régnant a 
fait refleurir cette école, dont il apprécie la grande importance' 
ponr la Russie. Depuis sa réorganisation solennelle, sa prospé- 
rité et sa splendeur se sont accrues pendant plusieurs années, 
et maintenant elle porte les fruits de sa régénération. Elle 
est instituée ponr recevoir loo jennes gens qui se destinent 
à l'enseignement; mais le nombre des élèves s'est augmenté; il 
s'élève actuellement a 1 1 5. Les cours sont faits en partie par des 
membres de l'Académie impériale des sciences, en partie par des 
professeurs attachés à rétablissement. La réparation et l'agran* 
«lissement du bâtiment ont coûté près de 30,000 roubles, et l'en- 
tretien de l'établissement s'élève k a5,ooo roubles par an. Ro. 

l5/|. UNlvr.BSITÉS , ACADEMIES , ^COLKS ET INSTITUTIONS OB RUS- 
SIE. {Leipz. Lit. Zeit, y janv. 1 8a 3, p. 217. ) 

Les établissemens d'instruction publique de la Russie sont ac- 
tuellement au nombre de 5. 

i*". r Université. Elle a été fondée en 1804 par S. M. l'em- 
pereur Alexandre I^*". , honorée de prérogatives considérables, et 
dotée de bfttimens, de collections, et d'un revenu annuel de 
iBo^oo roubles , sans compter les indemnités de logement des 
professeurs, répétiteurs et employés. Elle compte ao professeurs 
^ titre, 4 professeurs extraordinaires, 3 professeurs de langues, 
8 adjoints , quelques docteurs et maîtres; des maîtres de dessin, 
de danse et de musique, un archiviste et 40 élèves du gouverne- 
ment, soumis à la surveillance d'un inspecteur choisi parmi les 
professeurs. Les professeurs et adjoints sont répartis en 4 facul- 
tés, qui sont, i**« la faculté de théologie, de philosophie et des 
sciences morales et politiques ; a®, celle des sciences physiques 
et mathématiques; 3<>. celle des sciences médicales; t^o. celle des 

beaux-arts. 

a*. L'Académie ecclésiastique. Elle a été formée par l'empe- 
reur Panl I**. , en 1 797 , avec l'ancien séminaire qui existait de 
puis 1745. En Tan i8o5, on y ajouta , aux objets d'instruction 
théologique , les langues française, et allemande , les mathéma- 
tiques, l'histoire et la géographie. C'est le respectable arche- 



G4 Économie publique^ 

▼éqne Ambrosins qui, par ses efforts, parTint à Mre ériger ce 
sénitnaire en académie. En 1 8ao le nombre des séminaristes s'é- 
levait à 300, dont 3o entretenns aux frais de la couronne. Le 
nombre des professeurs est fixé à 6 , avec 3 lecteurs et un mattre 
deiangure tartare. Tout est dirige par Tarchimandrit-e, qni en 
est le recteur , et auquel est adjoint un inspecteur. Les classes 
sont divisées, conformément k l'organisation , savoir, en diasses , 
1 o. de littérature , a«. d'histoire , 3^. de mathématiques , 4°. de 
philosophie , 5^. de théologie , et 6^. de langues anciennes et mo; 
deraes.*Le cours entier dure 6 ans. 

■ 

3<». L'école des soldats. C'est une grande institution établie 
dans un édifice spacieux'.* Les élèves sont enfans de soldats, et au 
nombre de 35o. Us sont entretenus aux frais de la couronne, 
sous la surveillance d'un colonel et d'un iqspecteur militaire. On 
leureuseighe les connaissances les plus nécessaires à la vie, telles 
que le catéchisme , la lecture , l'écriture, le calcul, la géographie, 
l'histoire, le dessin, la musique militaire et les exercices militaires. 

4®. L'école primaire du peuple. Auparavant école normale. 
Elle fut ouverte en 1786, et confiée aux soins du collège de sur- 
Tèlllance générale. Elle est destinée principalement pour les basses 
classes de la société et les fils des marchands. Les bourgeois et do- 
mestiques y reçoivent gratis l'instruction première : elle n'est ce- 
pendant pas fermée aux nobles. J.1 y a 4 classes, un directeur et 
4 professeurs. On y enseigne la religion et la morale, la lecture, 
l'écriture , le calmai, la grammaire russe , la géométrie , l'histoire, 
la géographie , le dessin, les langues française et allemande. 

^<», Le Gymnase impérial. Il fut fondé par l'impératrice Elisa- 
beth en 1 766, réorganisé par l'empereur Paul I«"'.en 1 798,etdoté 
de Boo^obo roubles. Cet établissement est principalement destiné 
pour les fils de familles nobles , et il entretient en partie des élè- 
ves du gouvernement, en partie des pensionnaires réunis sous la 
surveillance d'un inspecteur et de quelques maîtres subordonnés. 
U y a 5o élèves du gouvernement, de 20 à 3o pensionnaires , à 
peu près autant de demi-pensionnaires, et de 100 à iSo externes. 
On y enseigne , i<>. les langues russe , latine , allemuide , fran- 
çaise, grecque et tartare , chacune dans 3 classes; 3<>. les sciencen, 
la religion et l'histoire sainte, les mathématiques, la physique > 
l'histoire et la géographie , la logique et la morale , l'histoire na- 
turelle et la technologie , l'artillerie et la fo|tificartion , également 
dans 5 classes; 3o. les arts^ le dessin, la musique vocale et io- 



Économie publique. 65 

strnmentale, la danse, récntnre. Les élèrea entreteiiiis par le 
gonTernemeiit sont tenus d'exercer pendant 6 ans les fonctions 
de professeurs dans les institutions publiques. U y a , outre ces 
cinq ëtablissemens principaux, un grand nombre d'institutions 
psrticalières, surtout dans le gouyemement deOasan. Ro. 

i55. Malgré les secours bnportans que la capitale de Tempire 
nuse offre pour les études, notamnfént ptr son académie des 
sdences, celle des arts, la ridie biniothéque impériale, et celle 
de l'académie : outre un grand nombre de collections apparte- 
nant à des particuliers qui se sont fait un plaisir d'en faire jouir 
lesjeonesgens studieux: enfin par la réunion de beaucoup <fhom- 
mes instruits en tout genres , l'université de Saint-Pétersbourg 
ne comptait pas encore en dernier lien 3oo étudians ; mais le 
nombre allait en augmentant. (Gaz. Litter, de Leipz.^ ao&t 
i8a3; n« aoo-) C. M. 

iS6. OsssaTATïoifS sua la puissance dv L'AirOLXTEaaB et sur 
celle de la Russia, au sujet du parallèle établi par M. de Pradt 
entre ces puissances; par C. Dupiiv, memb. de l'Institut, etc. 
Deux. édit. In-8., 68 p. Paris; 1 8 a4; Bachelier. 

La nature de cet ouvrage , qui se distingue par des aperçus 
justes et des vues profondes , nous interdit d'en rendre compte 
dans un journal exclusivement consacré aux arts et aux sciences ; 
mais nous pouvons du moins en extraire les résultats suivans» 
(pli nous ont paru devoir intéresser nos lecteurs , et qui sont ex- 
traits des pièces officielles. 

La population de l'Angleterre était, en 1790, de 8,675,000 
Itabitans; en idoi, de 9,168,000; en 1811, de io,i5o,6i5; en 
1821, de 11,978,875. 

En neuf années de guerre et deux de paix, l'accrobsemcnt 
annuel a été de 5 pour 1,000. 

En huit années de guerre et deux de paix ( 1 80 1 > 1 81 1) , il a été 
de 10 pour 1,000. 

En trois années dé guerre et sept de paix (i8ii-i8az), la |>o- 
palation s'est accrue de 16 pour i,ooo. 

Ainsi l'état de paix aurait été pour elle plus avantageux que 
l'état de guerre. On remarque que le contraire a exisl;!^ pour la 
France, observation curieuse qui conduit au même résultat par 
des canses bien différentes. . . • < -. 

On compte aujourd'hui plus de 45 miliions d'habitans dans 
F. Toux I. £» 



66 Économie publique^ 

IVmptre àt Russie, dont 40 te trouvent dans la partie £int>péeiiiie 
où donliiitf la civilisation. Cinq milKons sont dispersés sur Tim- 
diense étendue de l'Asie septentrionale. Si Ton^tatt de la Russie 
ces cinq nûllions de sujets , et qu'on la comparât k f Autriche , 
c'est cette dernière puissance qui semblerait la moins civilisée. 

L'empereur Alexandre a conçu la pensée ^ dit M. Ch. Dupin , 
de fonder, dans les diverses parties de ses états , des colonies 
ou plutôt des castes militaires. Là, loua les enfans mÀles' naîtront 
soldats; ils passeront sous les drapeaux dès l'âge de quinse ans^ 
ils y resteront jusqu'à soixante. Le monarque prend sur les do« 
roaines de la couronne les terres nécessaires à l'établissemeat et à 
la subsistance des régimens colonisés. Mais les guerriers qui les 
b^bitent doivent se nourrir et s'entretenir eux-mêmes, ainsi que 
lefu-s chevaux , tant qu'ils ne spnt pasconmnandés pour des expé- 
ditions qui leur fassent quitter le pays. La solde de ces troupes 
ne commence que quand elles sont appelées hors de leurs colo- 
nies respectives. 

Quand ce projet aura reçu toute son exécution, la Russie 
comptera trois millions de mâles de i5 à 60 ans dans ses colonies 
militaires, ce qui fournira au moins, i ,5oo,ooo combattans. 

t>ès à présent, 40,000 cavaliers sont déjà colonisés. Une seule 
colonie, établie près de St^^pétersbourg, à quelque distance de 
)?ovogorod , compte 70,000 combattans. Le total de la caste mi* 
Klaire déjà constituée , est de 400,000 soldats. C 

157. PoLooNx. Travaux publics. — Le gouvernement a en- 
trepris de curer et de rendre navigables les rivières de Pilica , 
du Niémen , de Kaminka et de Radomka. Il fait aussi raffermir 
les bords de la Yistule, près de Yinnicia, Issianowice et Brzys- 
çamj dans les districts de Sandomir et de Radow. {Rev, EnçycL; 
i8a3; p. 424*) 

X^^ HuiLK DE i»iT&oi.B ns Galucib, (Letter Kund* Ma^,y n**. 5; 

1828; p. 191.) 

Dans les monts C&rpsthiens, euGallicie, l'huile de pétrole se 
montre en abondance, sitftont '^cn le promontoire; elle a une 
oopileur bran foncé, et, lorsqu'elle coule, une couleur vert de 
•bouteille;: l'odeur en est moins désagréable que celle de l'huile 
dei pétrole du commeree ; cm s'en sert dans le pays pour graisser 
les roues de voiture, et pour cirer le cutç^noîr auquel il donne 
«m beau hnisant ; en* ereuse des fosses aux endroits où elTé vien t, et 



Économie publique . 6 7 

^s*élètéénbovrill6nsau-deskiu de Teaii; eu phiftieun endroits 
^6He pinrafl d'eUé-mémè. Là source principale est à Truscaa^c , 
il y en k d'antreft eohsid^bles à Staboda , et dans plasienrs 
attires lobàUtés il en éiiàte absst des couches; llrailé de pétrole 
«le TVascaiwèc donhe 40 et telle de Slaboda to parties de naphtè. 
Eti k'SiS', oh fit des lelpMencès potdr en recueillir le produit et 
tViA^rfoyèr i Titenne et à Plragne , pour l'édairage àt^ rues; on 
Htâirà qu'avec une ni^èhej qui n*avait que le tiet« de la grosseur 
yk ^eiSit tiont cm se sert pour les lampes ^ on obtenait une In- 
ttSère quaVre Ibis JpAus viire, sân^ que Ton eût besoih demoucber 
la mèche. Mais la quantité de naphte que donnait la iource de 
iVnscawecv ne fut pas suffisante pour éclaifW Ptéigù» , où il en 
faudrait »5e quintaux par an( à Ikobobyea^ Oa s'en sert égale- 
ment pour l'éclairage. Dans les prisons et ki mine* et XVnscawee, 
depuis que Ton éclaire avec le naphte» au lieu d'huile de Kn, on 
ne Toit pius aucun malade^ ce qu'il y a de remavquaUe» c'est 
qu'une lampe de naphte y brûle là o<i« âiute d'oxigène, une lampe 
ordinaire s'éteint. Ro. 

1S9. Société i.vrréÊXtik% n« Gai<cwya. (/onhi . Asiat.; octobre 

• t^nl \ p. 368.) 

hèk àâsèifabléés àt cette société ut sont paâ régulières. Elles se 
'ethkipésènt deXc^ux des Indons qui ont le plus de lumières et de 
fbhuhe , tet se répètent anasi souvent que l'exige le but qu'elle se 
propose. Elle se réunit dès qu'elle a à discuter quelque mesure 
qui intéresse les naturels, ou Finstruction publique. Elle traduit 
en bengali les ouvrages de sciences et d'utilité publique ; discute 
les habitudes, proscrit les mauTaisesi encourage les bonnet; 
publie de petits traités en anglaiâ et en bengali; elle réunit ka 
appareils de sciences | et les iostnunena qu'exige l'^neatic» pu- 
blique, fi. a. 
160. C Air AL xiTTaE tA COcBiircttiirx XT SUH. 

On a creusé, à la Cochinchine, 1^ canal qui établit une com- 
munication entre Toung-Po et le royaume de Siam , pour assurer 
une navigation sûre et conunode dans tduteà ks saisons. On dit 
({u'elleayait lieu autrefois, mais par une rivière dont Je cours ëtait 
tortueux , de sorte que le canal s'emplissait àt sable et de vase , 
et que l'on ne Cuvait 7 passer qu'au printemps. Afin de remé- 
dier à cet inconvénient, le canal actuel est profond et droit y et 
Ton à êûiéa chdngé le lit de la rivière dans l'endfôît où il s'y 



X 68 rojTé^es. 

joint. Il paraît que Texéciition de ce projet a coûté la yie à beau- 
coup de monde; il a aussi causé la disgrâce d'un grand person- 
nage qui avait )a surintendance des travaux. Lorsque le canal 
touchait aux maisons, aux jardins, ou aux plantations des ri- 
ches, on le faisait dévier à droite. ou à gauche pour épargner les 
propriétés ; mais quand il traversait la cabane ou' le champ du 
pauvre, on abattait, on coupait sans pitié. Un rapport, sur ers 
pratiques frauduleuses, a été envoyé au roi. £n conséquence, le 
ministre coupable, qui est, dit-on, beau-père du moparque, a 
étémis en 'prison, (^ndo-Chinese Gleaner^ 1821,) (^Nouv, Ann. 
des ^opT'i i^D^v- i8a3;p. i33.) 
» i6i.^lNTaoimcTioN dbla soie en Evrope. 

G*est sous le règne de Justinien , dit l'auteur de cette notice , 
que la soie fat introduite pour la première fois dans TOccident; 
elle n'était connue auparavant que dans la Chine. 

Quant aux temps modernes , le ver à soie fut introduit en 
I i3o par Roger, roi de Sicile, dans ses ^tats. Louis XI l'apporta 
en France , en 1 470 ; et enfin la manufacture de la soie fut in- 
troduite en Angleterre, en x6oo , par W. Liée. 

La soie était cependant, connue depuis long-temps dans les 
îles de l'Inde , et sur les bords de l'Indus , dont les habitans l'a- 
vaient reçue des Chinois , ainsi que les Persans , par les cara- 
vanes qui vont de l'Inde en Perse. {^Asiat. Joum,; août 182 3; 
p. 127.) 

VOYAGES. 

:i62.'DiE EEiSB noacH AI.I.E fuhfTheile nsa Erde. Voyage dans 

.; les 5 parties du globe^ spécialement consacré à la description 

.. des moeuif^ des beautés de la nature, et à celle de& arts; par 

le D"". Scu^EFFEK. 7«. et dernier vol., in-4*9 ^^^c 7 grav. col. et 

une en noir. Prix, 4 th. Leipsick. 

i63. Abe^oé d» l'bistoieb j^enébale des voyaoes; par J. F. La 
Harpe. Nouv. édit., ornée de 60 vignettes et d'un atlas in-4., 
tom* 22, 23 , 24 > 3 vol. in-18, ensemble de 32 f. |. Paris ; 1822 ; 

* Raymond. 

1 64o JoiÏRtr'AL DES VOYAGES, OU Archivcs géographiques du 19^ 
siècle/ etc.; par M. YEaNÉUR, etc. Octobre 1823. 

Ce cahijBr , .oo**. de la collection^ contient : 1°. mémoires ci 



Voyages. 6g 

notices: Mémoire sur la population de la TÎlle de Paris depuis 
la fin da XYII^. siècle , extrait de Fonvrage intitohê , Recherches 
statistiques sur la ville de PiàiSj publié par ordre de M. le comte 
de Chabrol ; découvertes d'Hes dans les mers australes ; notice sur 
Tfle Pnlo-Nias , par un Toyagenr qui Ta visitée en i8aa ; notice 
sur la grande et la petite Syrte, par le capitaine G. H. Smith ; 
sur l'histoire naturelle de l'Océan ( extrait de deux mémoires de 
M. van Reusselaer, insérés dans lé journal américain deSilliman). 
7,^, Extraits et analyses : Statistique du département des Bou- 
ches-du -Rhône, avec atlas , dédiée au roi et publiée d'après les 
Tœux du conseil général, par M. le comte de VilleneuTC, maître 
des requêtes, préfet du département, etc. , Marseille , chez Ri- 
card, imprimeur du roi. 3o. Événemens mémorables : Nanfirage 
da vaisseau le Richemond; bâtiment incendié. 4^* l^(sriétés^ mé^ 
langes ; Société de géographie , extraits des procès verbaux des 
séances des 3 et 17 octobre; sur les mines de diamans de l'Inde \ 
mœurs et usages des habitans de l'Ile de Madagascar; surface et 
population de l'Amérique, par M. le baron de Humboldt; 5o« 
Gazette géographique : Retour, du capitaine Parry ; voyage au- 
tour du monde de la corvette française la Coquille ; voyage du 
capitaine Kotzbne; prochain retour du voyageur russe M. le 
baron de WraDgel; voyages pédestres du capitaine Cochrane; 
voyage en Egypte de MM. Ehremberg et Hemprich ; excursion 
d un Tartare dans l'intérieur de l'Afrique; routes des vaisseaux 
baleiniers ; levé des câtes de la Laponie ; jehne mousse anglais 
devenu chef a la Nouvelle-'Zélande. * SnEu&-MEaLiir. . 

i65. Nouvelles annales des voyages , de la géographie et de 
rhistoire, etc.; par MM. Exaiis et Maltebruit; oct. 1823. 

Cette- 46^ livraison coatienfe : Voyage dans le pays eompria 
entre Alexandrie et Paraetôniom, le déseri de Lîbfé, Siooâb, 
l'Egypte , etc. ; par M* J. M. A. $cHOi.z ; voyage de KasivDjede- 
bije à Siouah , et ensuite à Alexandrie ; topographie A* pays entre 
Alexandrie et la frontière du territoire tripolitain ; habitans ac^ 
tuels de celte contrée ; descriptions des pays entre Agaba et 
Siouah, Siouah et K.ara-Kara et Libbeck; découverte d'un tem- 
ple très-ancien sur le mont Oché , dans l'ile d'Eobée, par 
M. Hawkins, accompagnée de deux planches. 

Bulletin géographique : i°. Analyse» Remarques sur les usages 
el les coutumes des Tartares de la Crimée , recueillies pendant 



70 f^ojages,. 

\xfk $^oiijr de quatre amuécs^ par Marie Holder^eM; pei^pîjB^ 
pfitMr bi cponaîastmce de rintérienr ^ b Russie, p^ M(« Rp^-r 
ap^jfup.; lettres i^ les vallées de Lao^to, par Lonii^ Er^aj»elû» 
o^le de MçauenUe; i toI., petit 19-4.1 aTec^fi?;yi<ytp d« pHy^ 
c^ lUhogcapliiées, Toriiiy x8^3^ a*. Mélangés. Extrait d'^^ 
raj^xirt officiel sur l'état des coloaies de 1^ No^TtUe-Qalles me* 
rîdiooftle, et da pays de Yan-Dieiaen, mb.soos lesy^en^ dapa^;? 
lementy eo iBaiS ; addition k, la lettre sjir les locutions reUtiyeA 
aux comptes monétaires^ dans Tinscriptiond^Olbia. %. Nom^Uéss, 
B^ronr du capitaine ^arry, et détails sijçr SiP^ expédition; letir^ 
àfi 'Bf.^ Qiamnette-dcs-Fossés. Annoncç. SuBn-Ms&uir. 

1G6. TmATXLS M THE IHTE&IOm O» SoVTH ÀFaiCA^ ctc. YofSLQes. 

dans Tintériear de rAfriqne méridionale. Londres; iS%%y 
Loqgmann. ( Isfs^ 1 8a>, H. i, lit. A. , p. 1x9^) 

Ce Tojage, déjà connu, dans des pays en grande partie tota- 
lement ignorés, a daré 4 9.ns. L'antenr y a fiiit une coHection de 
6^,000 objets; il a apporté lao peanx de mammifères, parmi 
lesquels on compte bo espèces ; a65 espèces d'oiseanx; avec 5oa 
relatif» à tontes les branches des sciences. 



167. A Narratite ^ etc. ftéçit de T^ipédition (ûtedaps^eft pays 
dé Dong;ola et de Sennaar ,. sous les ordres d'Ism^ëi i^acha ;; 
par nn Américain s^u, senrice du viccrroi d*Égypte. Londres ;. 
iSax. (^/ourn. des Pojra^es , ÎQÎa i8a3>, p. 33,4.) 

Axjâwé dans le pjiys de Berber, Isn^iël divisa ses tro^i^es ;; 
une pfirti^ i^dj^ig^.sur DongoU, ^tFantreipArcha 4Uf Siîhandy< 
Le pays était fertile, couvert d'une population nombreuse et poiH 
Tait metbre 3o,ooo cbevaux sur pied. Le pacha franchit l'Ahiatl ^ 
et s'aTanca sur Sennaar. La -terre était nue, dépouillée; mais elle 
étaî^eonvectedeTillages, étalait tons les caractères delà fertUité.. 
\a «dian Éo^ contraint de plier sous l'orage : on prît possession 
de sa. capitale, on cahua le peuple, les marchés s'approvisionne-^ 
tmktf on JQnit enfin de quelque repos, on fut dans l'abondance;, 
maïs la popoUtion des provinces ne fiât pas anssi docile que son 
chef, elle repoussa le joug de l'étranger, et refusa de se soumet- 
tre: toutefois, n'ayant que des épées, des lances, elle ne put tenir- 
contre, les armes à feu. Rile Ait battue, taillée en pièces, anéan^ 
tîe; ceux qui survécurent lurent traités en» esclaves, et Ismaël fit 
empaler, à Sennaar, nn deschefe. Us ne démentirent pas le cou-- 
rage qa'^ avaient montré, et ne cessèpent de flétrir leurs boiM> 



Fojages. ^ x 

tt9m% 4cs épklièles l«s plnsi o^Ketues qa^iii aïoiiienc où ifs rnidl- 
rm le deitiie» &cMipîr. Ils éfvîêBt b«attx , grands, Ttgoiifvor , tt 
votas i pe« prè» à 1» nuHiîère des sswagcs de L'Amérique. Lcsitv- 
tiirels pensent q«e fAdit ou 1» Nil prend sa sonroe dans les tto» 
taçnes de k Lane^ k 60 jours de narche de ditmeair, an midi 
éeSennsar; qna son eonrs est à pen près pamUèle à cefuf de l'A- 
kiad; nui» ils Wbnt jamais dépassé I^prfenir , et ne connatsseDt 
pas même le nom de Tombôocton. R s. 

163, VOTAGS A MilM, AU VLXIITB Bl«A|IC> MM MUiA M FaXO^L y 
DANS LB MIDI OU EOTAUME DE SbHKAAJL» A StOTAH Bff OûMt 

civ^Amaa» OAStâ^ £itt dans, lea années L8i9raa ; par K « Ftéd. 
CAiLLiAun» de NaateK Qiurrage poUâé par Fantettr^ rédigé 
par le même et par M. Jomaed. i>«. et 2«. livr. en nn seni cafaîaf 
îa^A^U de 1^ ; f. , plus lo pi» A Paris; ckez raulieur,.niede Gre- 
nelle-St.-tlonoré » a".. 1 S ; ckta IMmve Mres » Tilliard, TrenN 
tel «A Wuris, Foiwanit et Artk«i Btdrand. ( Vqy. leta. indu 
BuUetin de i8a3 , art 7?^ 

l«s dmK preai^e^ lÂvraisoos ds ae voya^ ,. attendu avec nat 
juste ûiBpatieacepap les sayans de foiisi le» payS| eonitiennem les 
titras »fci dédîcaee à & M. , et ITespUcation dea planches I à XIV 
de roqy«age. Les phuuskes;,, va nombre ^ lo», ne se suÂven^ pas 
dans If ordre niiȎrii|Qek 

IaI^. r^résente in T«e de Singaé, an* sud du FaBoq!*, e( du 
oanp» A'Ismayl pacluL Celte ville est le poÎAfc k ploa reculé 
it«s ht sud 0» les fiunipéens soient parvenus, dans eelte paetia 
cfe l'Aid[l|uek Sa^situationif la forme et la nature dea laabttatioas , 
Tiacendia qui les embrase , composeal la si*ène. 

PKVUI. Vue de Seanaac^ prise du c6té de la mosquée , bâti- 
ment principal de la ^ille^ constcuit en briques cuites^* et i^mar- 
quable par son étendue. Les habitations, comme à Singué, sontd^s 
cahutes circulaires recouvertes d'un chapeau conixpie en chaume . 
Cette ville est située sur, les bords du Nil.. 

Ija pi. X est partagée eii deux vues : Tune figure une petite ca- 
taracte du Nil, dans la province de Fazoql, prise du N.-O. ; une 
épaisse végét<'ition couvre les rives du fleuve. L'autre vue repré- 
sente les ruines à* Ouàd - Bejt - I^aga , dans la province de 
Chendy; on y remarque les restes d'un Typhonium^ dont trois 
piliers sont encore debout. 

La pi. XI est consacrée à Naga, lieu situé dans le désert à 6 



73 • Voyages. 

lieues do NU. C'est le plan topographiqae des raines qui indiquent 
Tantiqiae existence d'une yille assez considërable où l'on retroilTe 
les restes de 5 temples. Ces raines sont situées dans une large val- 
lée où croissent beaucoup d'herbages et d'acacias. 

La pi. XIV donne les. détails d'un des temples dont nous Te- 
nons de parler, c^lu^ de l'ouesky dont tout l'extérieur est rîdie- 
ment orné de scènes, et de figures hiéroglyphiques d*une belle 
conservation. 

La pi. XY donne les plans particuliers des divers temples/ 
, La XYII of&e I0 détail des bas-reliefs, des deux façades laté- 

a 

raies du temple^de l'ouest. 

. La XIX donne la vue antérieure du grand temple de l'est. 

La pi. XLY donne le plan, la coupe et l'élévation de la grande 
pyramide d'Assour. 

La pi. LUI donne les détails d'un baâ-relief sculpté à Tinté- 
rieur du sanctuaire d'une pyramide du mont Barkal. 

Nous renvoyons ^ pour les importantes considérations que font 
naître la découverte et la nature des antiquités dont ces planches 
donnent la représentation, à la 7e. section, où elles seront envi- 
sagées sous ce point de Vue. Mais nous^e terminerons pas cet ar« 
tîcle sans dire un mot de l'exécution de ces planchés , lithogra- 
phiées avec beaucoup de goût , d'intelligence et de talent. L'im- 
pression, le papier, sont dignes du sujet et de l'ouvrage. F. 

169. M. BowDicH à fait des arrangemens pour la publication 
prochaine d'une esquisse historique des établissemena portugais 
dans le, Congo, Angola et Benguela, ave&ùne description des 
découvertes modetia'es des Portugais dans l'intérieur d'Angola 
et de M(Szambique i et uilé carte de la c6te et de l'intérieur. 

i^. Nouvelles de M. Belzonï. Colonie de Sierra-Leone. ( Cap. 
' - Coast-Ca^tlte , le 22 oct. ) 

Le Swinger a touché j en passant, à Ténériffe, fet en a ramené 
M. Belzoni, qui se propose de continuer ses voyages dans l'in- 
térieur de l'Afrique. L'intention de M. Belzoni avait été de dé- 
barquer à nie de Saint- Jago, afin de gagner de là la rivière de 
Gambie, et dé prendre son point de départ de cette rivière. 
S'étant aperçu à f arrivée du Swinger à Saint- Jago qu'il n'avait 
aucune chance d'y trouver un bâtiment pour le transporter à la 
Gambie, ils'est déterminé à venir plus au sud. 

Nous sommes assez tranquilles en ce moment : les Ashantees 
s'étant retirés sur leur territoire, il y a cessation d'armes com- 



Voyages. 7$ 

plète. Le camp de Tan Comasbte esl entièrement leré, et plu- 
sieurs des chefs de Djoga te sont dispersés. Un des chefs de Wtr- 
soD est arrivé hier, et a prêté serment à notre goaTemement. 

M. Belzoni s*est embarqné ce matin sur le brick de S. M* la 
Swingef qui doit le transporter à la rÎTière de Bénin , d'où fl s'est 
décidé à prendre son point de départ II n'a areo Im qu'on 
senl homme qui est natif dé Haoussa. M. Belzoni a pris le cos- 
tome moresque, qui lui sied d'autant mieux qu'il a laissé crottre 
sa barbe et ses moustaches depuis six mois. Nous désirons sin-« 
cèrement que ce voyageur entreprenant puisse réussir dans le 
grand objet de l'exploration du Niger ; mais nous craignons qu'en 
prenant, comme il le fait, une route entièrement nourelle, il ne 
rencontre des obstacles sans nombre. {Moniteur, 3o déc. 1823.) 

N, B, Les nouvelles concernant le voyage de M. Belzoni se 
trouvent en contradiction avec sa lettre datée de Fez, 5 mai i8a3, 
insérée dans la Revue Encyclopédique ( août i8a3 , p. 4^^ ) » et 
dans le t. IV du Bulletin (p. 139). D'après cette lettre-, il a.?ait 
obtenu la permission de se joindre à la caravane qui devait partir 
un mois après pour Tombouctouy traverser les monts Atlas à Ta- 
fiJet, et entrer dans le grand Sahara, ou désert, qui devait le con- 
dnîre à son but. Il paraîtrait que des difficultés imprévues, et qu'il 
n'a pas pu vaincre, l'auraient déterminé à se diriger sur Téné- 
rîife, et de là vers le Sénégal, pour se frayer une autre route. 

171. Nouvelles de l'expédition anglaise, dans l'intérieur de 

l'Afrique. 

La Gazette littéraire de Londres, octobre i8a3, p. 63a, 
avait ^annoncé que trois voyageurs anglais envoyés par leur gou- 
vernement pour explorer le cours du Niger, étaient arrivés au 
mois de février dernier à Bournou, sans accident, où ils avaient 
été très- bien accueillis par le sultan. L'un d'eux, le D^. Oudney , 
Prof, à l'une des universités d'Ecosse , devait rester dans cette 
^ille comme vice- consul d'Angleterre , «et les deux autres, conti-< 
nuer leur mission. Voici les détails impatiemment attendus de* 
puis cette annonce que nous fournissent les journaux. 

Ce qui suit est l'extrait de la correspondance des voyageurs, 
analysée dans le dernier numéro du Quarterly review. Décem- 
bre i8a3: 

« Le Pacha de Tripoly avait annonce au consul d'Angleterre 
qu'il était disposé à faire escorter tous les voyageurs anglais ac- 



7i l^oyages. 

cMàtéSy, jmqù^è Bomouy â«nt le suite» est son ami. Lord Ra- 
A«nt t'empressâr éé pvofiftfr d'une oecft^kui si favorable , et 
trois pcnbuBe» loreHl ohoiaies peur cetle missio* ? li» 1^; Oud* 
Bcy , diinirgiien de la manae, homme iaslrmit , H* Cfaipperten y 
Meutesant de Taisseau, et le W»/ Dcnbapi , éleré au cbtfége royal 
■ûiîifircw On {cor adjoignit un charpentier de marime y nommé 
lohu Hilhuan. Le pacha leur conseilla de preudre Hiabît de 
Maures ou d'Arabes) mais ils se décidèrent k çcm^er^sev le eos- 
luBie européen , et à se moâlrev parComt ouvertement Anglais et 
ebrétiens; parti dont il se- sont bien trouyés^ puisqu'ils n'ont pas 
éproawé la plus légère insulte au milieu dcfr nombveusQ^ peupbt^ 
des qu'ib oat trarovées. 

» Boo^Khaloomy ami partionlîep du pneka y fot chargé dncoa»- 
mander une escorte de 3ooi caTaJiers arabea? an mois de- noTem- 
bre i8ika ils cpittèrent Moutzouk , capitale du Fesaan>, et snimi* 
rent, jusqu'à Tegherry, ht rout^ tracée par le capitaine LyiOib 
Dans le cours de quatre ou cilkiq cents nulles, les voyageurs tra- 
v«:sèrent quelques villes et villages habités par les Tibbos : qu»- 
tie de ces villes s'appellent Kishbee^ Ashaku■ma^, Dakec et 
Bilma. CTest à Bibua qu'es* le grand marché de snl. De ce lieu à 
AgadeSy c'est une suite de déserts de saUea qui se^surecèdfnt let» 
uns aux antres sans aucun, végétal ni créatnce vtvKuate. On ren- 
contre une seule vallée à Bilm», à moitié chemin de M ourzouA à 
Bpmou; elle produit de la verdure et quelques dattiers. 

» Le 4 février, ao jours après leur départ de Bilma , ils attei- 
gnirent Lan, situé à 14^ 40' dé latitude nord presque sous le mé- 
rktîen deMourzouk, et viHe frcmtière de Bornou. Là , le pays 
change subitement d^aspect: les plaines sont verdoyantes, la 
terre est couverte d'arbres; on aperçoit des viHages dont les mai- 
sons sont en paille de Dourah et en forme êe cloche. En cet en* 
droit les voyageurs furent frappés dé la vue d'iin grand lac ap- 
pelé Tàaad^ qui s'étend à Test et qui reçoit les coupans qui des- 
cendent des vallées du n6rd. Us continuèrent au midi pendant 
sept jours , presque toujours en vue des eaux du kc ou de ses 
rives. Le lac a beaucoup de baies et d'Iles couvertes de buissons 
et d<s roseaux \ la rive est basse , quoique environnée à un ou 
quelquefois deux milles de distance , d'un banc de sable élevé 
de 4o à 5o pieds, qui la suit parallèlement. C'est peut-être la li- 
mite du lac dans la saison des pluies. On aperçoit des éléphans 



daps. les hoif^ ^^m«l^ et (|fW \^ tt^ 4c(jmiMWV« Tom^le^ efivv*^ 

> En quittant Lari, à 60 milles de distance» iln l;^Tfi;«è(t]M^ ^ 

rit^ T«o^ ((^ ^ dç Pq^TB^anM^k , Tïi^d 4% 9»^^^ 
4«|r^e$jt e^ lonp^o^ 4w?a le l^f^ Ç>M ii|i çwfaiM l^gf 4ei»Kir 
l'on 100 pîeds^ âj99ji, l^ Tilesse est d'o^ miSe p^ hei»re; il, ^qlff 
e^{x9 dew^ kaacs de «iMc 4^ 1^ 4^ 3oo piedk On dit que^tte. lA- 
▼jèrç s^ dé^or^e dans la aaisoygi pHivieiuc. Au pointQ^Iet.yQja-« 
genis aTaiçot tra^era^ 1a rivière , il ae trouya d.eax banp^ groa-* 
sfèrevie^^ fyi\(^ U ^ «uu^ de. s'ing^pner \a. «^tUfactian q9,'i|% 
épron^ès^nt ei^ ce Uev | aprèa b^ Toja|^ d*Bi^ mUlies de I9ÂU^ 
dans le d^l^xt^ Daqs tontes leurs lettres, ils parlent des beavA^a 
dje çi;tte i^yière » djM. çaU»^ ^t de U 4pvceiv> d(e ses eaia » des 
hfevpi petji^ ^îH^ges i%»Wfi sar ses bor^s^ et de la possibilité qw 
ee spit Vi le iamei^ Niger, o^q^i est ipeo^testable. Voe yi^U eo<* 
ceinte de n)iKa et d|» ^o^â^ae vçnii Taou i^ est bâtie sur ses rlyes. D» 
ce lijçii à Koo^ ,, résidence du. çheyLb «. est hq sentier battu , eou- 
Tert de troupeaux de boeufs transportant Ijçs n^archandjsça, et 
de passagers annés d^ lances.. A un joi^r d^ l^,onàa,^o;i leur reu^ijt 
uaniessageduclieylLh, et quelques milles^ avaçt d'y ^rriver^ii^ 
forent reçus , à leur grande suprise , par 4000 hommes de cavale- 
rie, armés de lances. La garde du cbeykh porte des cotes de 
maîlleç qui. couTrent la tête, et qui, tombant d^ chaque côté du. 
cheval, protègent aussi les cuisses du cavalier; leur tête est re<- 
couverte d'une sorte d^ casque en fer ou en bronze, avec un turban 
}aune, roûge et blaçc, lié sous. le menton. La tète des. chevaux, 
est aussi défendue par dçs plaques du même métal. 

» Après avoir satisfait leur curiosité à Kouka , et dans les villes 
voisines, les voyageurs voulurent poursuivre leurs découvertes, 
an delà d« Bomou : le Bc Oudney et le lieutenant Clappertofi du 
eôtédv Soudan , et le M^^i Denham , vers l'esté Boo -BLaloom , qui 
avait accompagné les voyageurs depuis Tripoly , voulait aussi 
profita de sa présence dans l'intérieur pour faire une expédition 
cimtve ]«s naturels., c'est ce qu'en appelle grazzie, 3ooo hommes, 
furent réunis pour l'expédition ; le M^'^ Denham les accompngna. 
Après 6 jours de marche vevs le sud, ils. atteignirent Mora , ré^ 
«idence- d«i sultan de Ikfandara« C'est une ville située dans une- 
vallée^ au pied d^une chaîne de montagnes, à 1 70 milles deKoukar;^ 



76 f^ajrages. 

les gens dn pays prétendent que la cfaaine s'étend au sud-K>uest 
jiisqn*à 3o ou 40 jours de marche; elle est composée de granh et 
très-boisée. La vallée renferme beaucoup de villes habitées par des 
musulmans;. mais ceux qui demeurent dans les montagnes sont 
kindies, ou sauvages. » 

( Suit le récit de Texpédition de Boo^KJialoom contre les Fel- 
latas I qui eut une issue malheureuse ; le chef fut tué avec 4^ de 
ses Arabes , presque tous les autres furent blessés. ) 

« Après 45 milles, le Mor.D. revint sur le territoire deMandara, 
dans un état déplorable, et blessé lui-même. La aistance de 
Konka aux villages des Fellatas , dans les montagnes, est de a3o 
milles , presque au sud. Ce dernier lien est de 3o ao' moins élevé 
en latitude^ ce qui suppose 9 degrés 3o'. Admettant que la lon- 
gitude est la même que celle de Mourzouk, 14 degrés 10', on 
verra sur les cartes que le major n'était pas à plus de 3 00 milles 
du vieux Calabar. Ainsi, le capitaine Adams avait raison de dire 
que le meilleur et le plus court chemin pour conduire au Niger 
ou aux eaux qui s'y rendent , était à travers ce deroàer pays. 

» Pendant que le M^^ . Denham était occupé à ces découvertes, 
ses deux compagnons faisaient un autre pas très-important dans 
la géographie de l'Afrique. Du consentement du cheykh, ils firent 
une excursion vers la rivière Shary , qu'ils trouvèrent à la dis- 
tance de 90 milles an sud de Kouka» Cest un beau courant qui a 
près d'un mille de large , et contenant un grand nombre d'Iles 
plates; il descend du sud, et Ton croit qu'il a son origine dans la 
chaîne de granit visitée par le major. Ils dessinèrent son cours 
dirigé vers le nord, jusqu'à sa chute dans le lac Tsaad, par cinq 
ou six embouchures; ce qui est directement l'opposé du rapport 
qu'ils avaient partout recueilli, savoir, que cette rivière sortait 
du lac. 

p Jusqu'alors les. voyageurs n'avaient jamais vu le lac entière- 
ment à découvert, parce que le pays est très-plat; mais ici ils aper- 
çurent une'immense nappe d'eau qui s'étoidait au nord, au ndrd- 
est et à r.est, bien «iu delà de la portée delà vue. Quelques-unes 
des lies du lac sont habitées par des gens appelés Buddooma , 
qui enlèvent sur des radeaux tous, les bestiaux qu'ils peuvent 
prendre, et même fréquemment des femmes et des enfanS; le 
cheykh n'a point de canots , ni aucun moyen de puniif ces ma- 
raudeurs, » 



Fojrages. 77 

» L'excursion sut le Sharj dora ao jonrs : les voyageurs trovrè- 
rent partout atteution et obligeance de la part des babitans. La 
correspondance du docteur et de ses amis signale quelqnes-nnes 
des erreurs extraordinaires que renferment les meilleures cartesi. 
Dans l'une d'elles, la ville de Bornou est à près de 5oo railles 
de sa yraîe position^ et tout le pays est rejeté considérabfement 
â l'est de Mourzquk, tandis que son milieu est directement au 
sud de cette capitale du Fezzan. Tout le Boumou doit être d'une 
petite étendue, puisque le magnifique lac de Tsaad parait occq- 
per toute la partie centrale do territoire , depuis son extrémité 
nord jusqu'à son extrémité sud ; cependant ses limites orientales 
ne sont pas encore fixées. 

» Les "voyageurs avaient d'abord vu le lac à Lari, qui est à 
i3o milles au nord de Kouka; et comme Kouka est à 90 milles 
au nord de la bouche du Shary , le lac doit avoir au ipoins aao 
milles dans cette direction (i) .et plus , si ces deux points ne 
sont pas ses extrémités nord et sud. Une partie du lac occupe la 
position assignée par le major Rennell aux marais de ff^angara; 
mais les nouveaux voyageurs n'ont pas réussi plus que Burck- 
bardt, Ritchie, Lyon, et autres, à entendre prononcer ce nom 
une seule fois. Le lac ressemblait si peu à un marais , qu'.iu mois 
d'avril, la saison pluvieuse étant passée , quand pas une goutte de 
pluie (selon toute apparence) n'était tombée depuis 6 ou 7 mois, il 
semblait an contraire plein, et ses eaux parfaitement transpa- 
rentes. Il n'a pas été dit dans aucune des lettres que nous avons, 
si l'eau est douce ou salée ; la seule omission de cette circonstance 
est une preuve que l'eau est douce; une autre encore plus forte, 
est qu'il s*y trouve des hippopotames et des crocodiles, animaux 
qui n'existent que dans l'eau douce. » 

» La probabilité est que cette eau a une issue ; et si on met 
quelque confiance dans l'autorité des Arabes, le Gambarroo, 
qui coule par le Baghermi et Fittré à l'est, est cette issue. Quel- 
ques-uns rapportent, dit le docteur Oudney, que le Shary 
fournit une large branche qui sort vers le sud du Baghermi , s'é> 
coule par Fittré, et de là dans le Nil ; et le Major D. a appris du 
cheykh arabe de Waday, qu'une branche dn Shary , appelée 
Bahr el Dago , va dans le Nil , qu'il reçoit les afâuens du lac Fit- 

(i) Environ 80 lieues de a5 au degré'. 



7^ ^oy^gf"^^ 

«*> ft d'è^è fixAs Aès foôufeh^ dtt Shaï^y, fet v^ûtt dfe là il prend 
«en é<WiS*s Ycrs Tefet-, JiWqîùrà t* tjull gà^he lé TVîl. îl n'^ a jioiht 
iâ'dbjé«ti<^h tohVté k jôrtctîAii d^ sefs eaux 4v<»6 i'e Sahb-él-Abîàd , 
t\ tte n'test te Hiyèâii abaissé an Tsaatî, ^tii est êViàêthMèilt le i^- 
téf^éit {sink)àt l'Afrique sëpteiilriotiàlé. ta différehcé àe hU 
féatt cniife ces Iriviè>rt8 fest lônt-à-fait Incohrtkie, et nouà hè troù- 
Vèâs dans lès lettres dèi VoJ^a^i*s audine estithatioû dé leur 
élévettiôn an-dé^sns dek niei*. Atictin dohte he peut rester dans 
r^sj^rît isfit \é Yaoii sôit le Niger. S'il se tei-iiiiiie dâttS le Ia<* , ou 
té ipill devient tîhsttite , b'èslt tin point stib lequel hôns esterons 
que l«s toyagtâtirs J^oùk^xtotit hôiis fitèf^; 

» Nous ne connaissons pas sur quelle donnée réposé la popu- 
latiôil de déUx milUdhs d'hômmés i^'oh assigne Âd fi^ohiou; 
ttaîs la teulfitliâé dès villages à Toaest du lac , et les gtâudéà Villes 
d^ ëtivi^otis, «le péilAéttent pas dtô dtititef que èétte parité de 
l'Afi^iqUe sôit bieii t)etipléè. Là ville 'et Kouka a 86ôo hàbitaiiè, 
élté est située à iS miltés du bbrd occidental dU Tsaad; sa là»î- 
Ifide est àe la» 5 ï', et sa longitude l3^ 47', près dé fi6 liiîllesà 
l'oilèst dû méHdîen dé Moui'xbiik. La couirsé dés vôyagebrà a été 
de taillé milles et îb bttt hiis 90 joùts à franchit* cet intervalle. 

ABîrnîe, réfeldèhèe du éilltàri, est à iS liâiliés sud-sud-est de 
CLOuka^ et Cèfitieiit io mille babiUnis; Ëhg^othoù, à t6 milles 
sud-est j sud de Koukà, n'en a pas lUbin^ de ^o mille ; on y tierit 
ûti marché tous les mercredis , où hé rendent lés gens de Kanem 
et du Soudan, quelquefois àù honibré de 80 à 100 mille indivi- 
dus. Le major t). a visité èé:t endroit; on y v^nd de Tambre , du 
corail, et des verroteries; les dollâi^s y sont bieii c6iinùs> 

» La température, au mois de mars et d'avril , est rarement au- 
dessous de 100 degrés de fârenheit, quelquefois de 104 à deiix 
ou trois heures; le baromètre se tleiit a 29 {iôiicés : partout les 
habitans sdnt affables et ôbligeahs. i^ 

Telle est la substanèe des importantes nouvelles qui sont arri- 
vées à Londres dans le mois dernier; elles pourraient ouvrir un 
vaste champ aux 'réflexions et aux discussions des géographes, si 
l'on né devait pas attendre une relation plus circonstanciée. Mais 
ce qui peut être affirmé dès à présent, €*est que les découvertes 
du major Denham , du docteur ÔUdney, et du lieutenant Clap- 
perton , sont le plus grand pas que les Européens âîénl Fait en- 
core dans lia géographie de l'Afrique. Non -seulement ils dut pé- 



FajragêS. 79 

fiétréau cœur de ce oonliiif&C (i), mefis ilt Tout inrené pfes-- 

que en totalité : encore une centaine de lieues, et le Major 

Denham arrivait dans le golfe de ÇutHëew II est heorenx ^e la 

route suivie par leur guide ait été tnoée directement âii and , 

puis<{ae les rivières quelconques tenant de l'ouest » dont l'une est 

indubitablement le Niger, ne pouvaient leur ëchapper. Ds en ont 

trouvé une seule que, malgré son peu de largeur, on ne doit pas 

regarder comme différente du Niger; car dans le mois d'août 

elle peut avoir mille pieds , si elle en a cent au mois d'avril , au 

temps des plus basses eaux. Cette réflexion appartient au joUmal 

anglais; mais nous ne partageons pas également son opinion sur 

la nature des eaux du grand lac Tsaad. Le silence des voyageurs 

est pour lui une preuve que les eaux sont douces (a); mais 

jusqu'à ce qu'ils l'aient écrit , le contraire est aussi probable. 

Comme il parait que ses limites sont très-variables, et que 

le sol de l'Afrique septentrionale est partout fortement chargé 

de sel, il est bien difficile que les eaux du lac ne se salent pas, six 

mois après la sabon des pluies, lèssent-eUes même douces à ulie 

antre époque. U est vrai que de cette douceur des eaax, on veut 

inférer qu'elles s'écoulent nécessairement , et même qu'elles se 

jettent dansle Nil ; mais c'est tirer d'un fait encore inconnu, et même 

douteux , une conséquence presque inadmissible. Ni le Nil Bleu» 

ni le Nil Blanc , selon nous , ne peut recevoir le Yaou ni le Shary 

parce qu'ils sont plus élevés que le lac Tsaad qui reçoit ces der* 

niers. L'égout de l'Afrique ( Sin ), comme le dit le Q, R», ne 

peut porter ses eaux sur les montagnes de la Lune ou sur celles 

de TAbyssinie ; il fondrait que le prétendu Niger tombât dans le 

Nil à Dongolah, encore ce point est probablement plus élevé que 

' le lac Tsaad. U est a regretter que les voyageurs n'aient pas fait, 

ou du moins rapporté la mesure de la hauteur des lieux qu'ils ont 

parcourus; leurs observations ultérieures pourront faire évanouir 

Imcertitude à cet égard. Il est ftùr du moins qu'un seul mot de 

leur part fixera les idées sur la salure des eaux , s'il ne résout pas 

encore le grand problème de l'écoulement du lac vers Test. £n 

attendant^ la nombreuse population de l'Afrique centrale est 

maintenant mise hors de doute , et les récits des Noirs sur ce 

(>) Lari est à égale distance du cap Bon, de l'embouchure de la 
Gambie, et du détroit de fiâbel Handel. 

(2) U n'ait pas axaot dé dire, comme Tarance le Q. R. , que les cro- 
codiles ne vivent pal dans Veau salée. 



8o Voyages. 

point sont en partie confirmés; c'est d'après leurs rapports que 
les géographes, et principalement le,raajor Rennell, dès l'an 1 798, 
avaient dessiné le cours du l^iger, se dirigeant à Test vers un 
grand lac central. Les nouvelles que nous annonçons prouvent 
que les anciens voyageurs avaient été bien informés^ et que les 
savans avaient eu la sagacité de prédire les dernières décou- 
vertes, j»**»* 

172. Voyageurs pkussieks. — MM, Ehrenberg et HempricL, 
naturalistes prussiens qui voyagent en Egypte , ne doivent pas 
revenir en Europe, comme quelques journaux Font annoncé; 
ils se proposent au contraire, suivant une lettre datée de Suez, 
de reconnaître les côtes de la mer Rouge , de passer, de Tor à 
Hocca, de faire des eicursions sur la côte d'Abyssinie, de vi- 
siter les fies situées près de Rai et de Nandel, de pénétrer en 
Nubie, à Sennaar, et de revenir au Caire par Cosseir et Geneh. 
(philos. M ag,\ septembre iSaB; p. aSa.) 

173. Nouvelles relatives aux voyages du capitaine Sabine. 

Lé capitaine Sabine , commandant le vaisseau de découverte 
le Griper^ venant du Spitzberg, où il s'était rendu pour faire 
des expériences sur Toscillation du pendule, est arrivé à Dept- 
ford le 19 de ce mois. Pendant le séjour du capitaine Saisine 
dans cette île, le Gr^/^^r a*pénétré jusqu'au 75». degré de longi- 
tude orientale, et au 81^. degré de latitude nord. L'équipage a 
tué au Spitzberg une grande quantité de rennes, etla graisse de 
quelques-uns de ces animaux avait jusqu'à quatre pouces d'é- 
paisseur. Une circonstance extraordinaire a fort étonné les offi- 
ciers qui ont yrsilé les toinbeaux de quelques Russes ensevelis 
dans cet endroit il y a quatre-vingt-cinq ans : en enlevant la 
pierre tumulaire de chacun de ces tombeaux, le corps leur ap- 
parut dans un état parfait de conservation : la chair était encore 
entière et les joues vermeilles comme dans l'état de vie. Tous 
les corps étaient vêtus du costume du pays, avec des bonnets de 
nuit, des bottes et des bas. L'étonnante conservation de ces 
corps a déterminé le capitaine Sabine à en apporter un en An- 
gleterre, ainsi qu'une des pierres tumulaires. 



JAIPRIMERIE DE FAIN, PLACE DE L'ODBON. 



BULLETIN 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES; 

ÉCONOMIE PUBLIQUE ; VOYAGES. 






GÉOGRAPHIE et STATISTIQUF. 

174. Gi&o&&Arats jftlIiaoDots ptise dans les textes grecs d6 
Tautenry et appuyée sur un examen grammatical et critique, 
ttvec atloÉ contenant la géographie des trois grands historiens 
de l'antiquité et les plans des batailles qu'ils ont décrites! 
avec trois index; par J.-B. Gail. In-8. Paris; Treuttel et Wûrtz., 

{75. PaiciS DE bÉOORAPHIES AVGIBVHX BT MODXKITX COMPAEixsJ 

Qayrage entièrement rédigé sur le programme adopté pour 
Veoseignement de la géographie 9 dans les collèges royaux et 
particulièrement de Paris et de Versailles; et accompagné de 
tous les détails qui peurent faciliter l'étude de l'histoire et Tin^ 
telligence des auteurs classiques; par M. AirsAXT, docteur-ès- 
lettres, faachelier-ès-sciences , prof, au Collège royal de St.- 
Louis. %^^ édit. In-ia de 3So p. Paris; Aumont; Y*. Nyon. 

Cet ouvrage vient d'être mis, par arrêté du Conseil royal de Tin- 
Rtruction publique > au nombre des livres adoptés pour l'enseigne- 
ment dans les établissemens de l'université* Des notions prélimi* 
naires sur la sphère et Sur les définitions des mots les plus usuels 
employés en géographie , précèdent ce livre. Toute la matière est 
divisée en deux séries d'articles portant des n^. de renvoi comme 
dans les ouvrages de mathématique, et à l'exemple de M. Letronne 
qai,le premier, a introduit cet usage pour la géographie. L'une de 
ces séries est pour la géographie moderne , l'autre pour la ^éo-»' 
graphie ancienne qui suit la première. Après Ténumération des 
mers et de leurs principale divisions , l'auteur décrit l'Europe , 
et successivement les diverses parties du monde, en faisant pré- 
céder sa description de quelques généralités , bornes y étendue et 
population^ divisions prindpaUsf golfe s^ lacs, détroits, presqu*tie$f 
T. Tome L 6 



82 Géographie 

et isthmes, caps, montagnes, volcans et fleuves ;^i^t^ quoi il entre 
dans les descriptions partictiUères de dhaq^e état. Les noms des 
lieux, rivières, etc^ consacrés dans la géographie ancienne, sont 
donnés avec soin; en parlant des noms modernes et à chaque 
érat. Ton yenvoie pour la géographie ancienne qui le concerne, 
aux numéros de la a®, partie. Après cet exposé sommaire de la 
méthode suivie par M. Ansart, nous devons ajouter que, comme 
ouvrage élémentaire, il parait très-complet, et qu'il offre une 
grande masse de feits qui se trouvent rarement réunis dans aussi 
peu d espace. *^* 

176. DicTioHNAUL» GBOGEA^HiQUï ur^jvfiRspïi , Contenant la des- 
cription détaillée des régions, empires, royaumes, républi- 
ques , provinces, villes, bourgs, villAgeSj océans,, mers, ports, 
Uics , Canaux, caps, montagnes, etc,, de toutes les parties du 
monde ; ainsi que tcfit ce qui a rapport à la fornvî des gw- 
vernemens , aux mœurs et aux religions de kurs difféffens lia- 
bitaus' rédigé* sur un plan entièrement neuf, et accompagné 
' de quatorze cartes géographiques coloriées, conformes aux 
. diti&îons établies par les derniers traités; par J. Maccarthy, 
auteur du Choix de voyages modernes, traducteur du dernier 
Vtjyage en Cliine, du Voyage à Tripoli, etc. Chez l'auteur, 
quM des Aùgustîhs, n**. 17. ^ vol. in-8., d'à peu près 14 à 
lÔoo p. Prix, i4 ft. pour les souscripteurs, et 16 fr. pour les 
non-sotiscripteurs. 

Convaincu de la nécessité de puiWier un ouvrage entiècement 
neuf, qui soit au niveau des connaissances géographiques et des 
résultats des savantes excursions modernes faites dans les deux 
hémisphères par -d'intrépides voyageurs, et eu même temps con- 
forme âttx chàngemeus que le monde en général et l'Europe en 
particulier ont éprouvés par suite des commotions politiques qui 
les ont agités, Tauteur de ce nouveau Dictionnaire a pensé qu'il 
devait Completel? la nomenclature des lieux en donnant six ou 
huit fois plus d'articles qu'aucun des dictionnaires publiés jus- 
qu'à ce jour en un volume, et du même format que le sien. Si 
le travail de M. Maccarthy est exécuté fidèlement d'après le 
plan qtie no^js allons faire connaître , il pourra remplacer avec 
avantage le tîicjronnaire faussement attribué à Vpsgien , lequel a 
/été, dans ces derniers temps, réimprimé sous tant de titres dii^ 
-^ fcrens et avec des prétendue» corrections et augmentations. 



et Statistique. 8S 

Void ao sntplns le plan annoncé par k proapectm : « Après atoir 
> donné la description exacte de chaqne contrée, d'après sa cir- 
» conscription la plus récente , noys faisons connaître ses pro- 
»dactions, ses ressources territoriales et indo&trieUes ; nons 
» parlons de son gouvernement , des lois qui la régissent, de la 

• religion qui s'y trouve étahUç, de» monomens, tant anciens 
« que modernes, qu'elle renferme; de l'état où s'y. trouvent les 
» arts, les sciences et la littérature; du commerce qui s'y fitit; de 
» ses habîtans , de leurs traits caractéristiques , t«ut au physique 
» qu'au mor^l; nous pf^rion^ aussi d^ )iott histoire, des révoliï^ 
«lions qu'elle a éprouvées ^ des circonstances mémorables qui 
T»se rattachent i sou existence politique, qui intéressent sa 

• gloire, etc« Sa décrivant les villes, nous faisons mention des 
» évén^pmeus mémorables qui s'y soûl passés, des sièges qu'elles 
» ont soutex^l^, des hommes célèbres qu^dies ont vus naître» etc. 
» £t comme le premier mérite d'un livre est de se fave lire, 
» nous aTons lié notre narration de manière i rendre supporta» 
» ble une lecture déjà asseii aride par elle-même. En un mot, 
» rien n'a été on^ de ce qin pouvait donnerai notre ouvrage 
» tout le degré d'iutéi:ét et d'utilité que Ton oiercherait vaine- 
» ment ailleurs (i)* » SuEUi^*]l(B^iiilf. 

177. QuAP&o GEOUaAlrjco-rfisîco*politico-storioo di tutti i paesi e 
popoli del mondo. Tableau géogcaphique, physiqpte, politique 
et historique de tous les pays et peuples du monde. Livr. 19) 
à 195 , de 48 p., X fi*. 80 c. Milan ; Carlo Bertoni. 5So ex. 

178. Thb woaLD m MiinATURS. Le monde en miniature; 9^ di- 
vision. Le Japon ; in-8. Prix , 8 sh., cart. av. 9 pi. col. liondres; 
Ackermann. Les autres divisions, qui se vendent séparément, 
sont: 

' lilyrie et Dalmatie. 1 vol., 3a pi. col. Prix, la sh. 
Afrique occidentale. 4 ▼ol., 47 pi* color. Prix , i I. 1 sh. 
Turquie. 6 yoL, 78 pi. col. Prix, a 1. a sh. 
Indostan. 6 y., io3 pi. col. Prix , a 1. 8 sh. 
Perse. 3 vol., 3o pi. col. Prix , 16 sh. 6 d. 
Russie. 4 vol., 7a pi. col. Prix , i ]. a ^h. 

(i) L^ottvrage de M. Maccarthj ayant paru , on peut maintenant juger 
sHI t rempli ses pTOmetses. Nous le feronjs connaître dès que nou» 
l'aurons reçu. 



84 Géographie 

Aatriche. a toI., ^o pi. col. Fris , i a th. 
Chine. % toI., So pi. col. Prix , 12 ih. 

179^ NximsTi GioGBjLPxn , ooim Knzi imo VAiiLicHX Dah-* 
sTCLLUirG SX& VATHBVATUCBXir , phjsbchen nnd politischca 
Erdb^schreibiiiig. Géographie moderne, ou court exposé de I1 
géographie mathématique > physique et politique^ destiné aux' 
écoles et à l'instruction des particuliers; par JI-H. MiJLL». 
%*. édit, corrig. et considérabL augm.^ a56 p. Prix, 10 gr. 
Dusseldorf; J.-E. Schaub. 

La première édition de cet ouvrage fut promptement épuisée 
à cause de son utilité et de son bon marché qui le firent bien- 
tôt introduire dans beaucoup d'écoles. L'auteur a utilisé les con- 
seils et les avis qui lui ont été communiqués par les personnes 
éclairées, pour corriger et augmenter cette seconde édition. Cest 
ee dontichacnn peut s'assurer en comparant les deux. Celle-a se 
distingue par la richesse des matières , un choix judicieux et une 
sévère exactitude, le tout exposé d'une manière claire et facile, 
ce qui rend cet ouvrage également bon pour les écoles et pour 
l'instruction des particuliers qui veulent , sans le secours d'an 
maître, faire un cours de géographie. ( Jarhb. derLiiter^ IntelL 
BL.VL^. a, p. a.) 

280. De Aa&de Kir haxs bxWonees, volobns de hieurste 
OHTDEEEurGEK. La tcrrc et ses habifans, d'après les nouvelles 
découvertes , ouvrage pour servir à la connaissance des pays, 
des peuples et de leurs produits commerciaux ; par £.-A. voir 
ZiMMEEHÀzrir; grand in-8^., avec pi. f i4^ part. Prix, 8 fr. 
Harlem; F. Bohn. 

i8x. NiEuwE Eir HET DEszsLFs AF BEEL DiNGEir vermcerdc , vlt 
gave der beschryving von het konst-stuck verbeeldende een 
voUedig beweegbaar hemel gestèl. Édition enrichie de nouv. 
grav., de la description d'un chef-d'œuvre représentant un 
système des cieux mobile et complet, exécuté par Eise Eisinga, 
constructeor du planétaire de Franeker; gr. in«8^. , nouv. 
éd. , enr. de gr. , et augm. de 3 pL formant atlas. Prix, 6 fr. 
par souscrip. , et 7 fr. avec pi. col. .On a annoncé une b'ste 
des souscripteurs de l'ouvrage , et la clôture de la souscr. an 
i5 nov. i8a3. Franeker , Tacke J. Tuinstra, libr. 

t8a. Sue la lohgitude de quelques villes , déduite des obser- 
vations des éclipses do soleil, du 4 xnai x8x8, et du 7 sept. 



€l Statistique. 85 

iSfto ; juir M. Boke. ( Mém» de VJcad. roy, de SiocJtholm, 
182a ^ p. 5o et 54.) 

i83. Ah ukiysbsal a^'las. Atlas noiTersel k Tosage des écoles f 
par J. Walkek. In-8^. , detni rel. Prix , la sfa.^ ayec 27 cart. 
coL Londres ; J. Bivliigton. 

iS4- Tableau des produits de i.'AoaxcuLTi7E^ ieavcaisb. (^Extr. 
de la Chimie appliquée à l'AgricuU, , de M, le comte Chaptalf 
tom. i^. , p. 296.) 

Le recensement des produits de l'agricultare française, fait 
avec soin depuis 1800 jnsqn^à iSxa» a donné pour résultat moyen 
de ces douze années : i^. Froment , 5 i|5oo,aoo hect. — o?. Seigle 
et méteil, 30,290,161 b. — 3^ Mais, 6,3oa^3x6 b. — 4^ Sarra* 
lin ou blé noir, 8,509,473 b. — 5^ Orge, ia,576,5o3 h. — 6®. 
Légiunes secs^ 1,798,616 b.— ^70. Pommes-de-terre, 19,800^741 

— 8". Avoine, 3a,o66,587 11.^*90. Menus grains, 1,103,177 b. 
x^^ Vins, 35,358,890b.—- xx^ Laines: mérinos, 790,175 kiJog. 
métisses, 3,9ôx,88x k.,çomm., 33,a36,487 k.Tot. 37,928,543 k. 

— ia°. Cocons de soie, 5,x57,6o9k.— -Cbanvres et lins, 49^ 
677,300 k. ^— x4^# Huiles de toutes sortes, x3ojOoo,ooo kilogr* 
Indépendamment de ces produits principaux de Tagriculture 
française , il y a plusieurs récoltes particulières qui , sans pré- 
senter d'aussi grands résultats , enricbissent quelques localités : 
telle est la culture de la garance ^ du safran, du bonblon, de la 
gaude, des fruits , des légumes frais , etc. Je crois devoir ajouter 
à ce tableau celui du nombre d'animaux qui sont plus ou moins 
employés à l'agriculture: x^. Bceufs, x,70x,74o.i— a^. Tau- 
reaux , ai4,iax. •— 3**. Yacbes, 3,909,959. «— 4°« Génisses , 856| 
12a. — 5®. Chevaux ou mulets , 1,406,67 x. i^ 6». Poulains , 464, 
659.<»-7^. Moutons mérinos purs, 766,3x0.* — Moutons méri- 
nos métis, 3,578,748. — 9^. Moutons communs, 3o>845,85a. 
•*• xo**. Porcs, 3,900,000. 

x85 et 186. HisToiEE PHYSIQUE , civilc et morale de Pabis, de^ 
puis les premiers temps bistoriqnes jusqu'à nos jours; par 
J.-A. DuLAUEE ; a^. édit. , consid. augm. en texte et en grav. 

Les livraisons de cette édition nouvelle se sont succédées avec 
rapidité, ^ous avons sons les yeux l^annonce des 19*. et ao\ 
tom, V, a**, partie, in-8°. de 14 i^'i 3 pi. Prix, 7 fr. 5o c, 
Paris; Guillaume. > 



86 Géographie 

187. Suite dei Rbchkeches stituvxqves wok i.a viixe pk Pa&is 
et le département de la .Seine; recueil des tableaux dressés et 
réunis d'après les ordres de M. le eomte de Chabrol , conseil- 
ler d'état f préfet du département. Un toI. in-4"* Paris ; i8a3; 
imprimerie royale. (Voyéi le BuUetin^ jany. 1824^ 6^. fiv., 
géogr. et statist. , p. 5. ) 

Cbapitek m. — Secours publics, — Tableaux 56 , Sy. — • Art. i^^". 

Hôpitaux et hospices. 

Il existe dans Paris quatorze hôpitaux et huit hospices , qui 
renferment environ 6i,5oo malades et valides, et qui coûtent 
annuellement 6,6ga,ooo francs. 

Le nombre de malades reçus chaque ftnnéè dnns les premiers 
de ces établissemens (les hôpitaux ), est dé 4^1^00; celui des 
ifiÔrmes quihabiteiA les seconds ( le^ hospices) , de i8,5oo. 

Par rapport à la population de la capitale, c'èsl un malade sur 
16, et un infirme sur 38. 

La mortalité tao^enne âtss hôpitaux est d^ûh sur 7,68 , celle 
des hospices d'un sur 6,4^. Le prix moyen de la journée de ma- 
lade ou d'infirme de i firanc l5 centimes, et le revend actuel 
die 9,74^,000 firaUcSy dont près de ii ,000,000 sont en rentes ou 
en locations ; le resté provient de Foctroi de Paris ^ et de fonds 
ffSectés par le dépatteiâent à ce service'. 

Art. II, — Bureamx de charité, — Tableaux 58, Sg^ 60^ 61. 

Douze bureaux de chanté, un par arrondissement, sotit ^ar« 
gé$ des secours à domicile. Ces secours sont ôb en nature, 
comihe pain, viande , légum^> bois^ habits , linge , cOnvertut^s , 
Uyettes, etc., ou bien en argent. Ils soAt aidés dans eeâ nobles 
fohetions par un nombre kidéterminé de dames qm , soi» le 
nom de Dames de charité^ se répartissent entre elles les pauvres 
de leur arrondissement , en tiennent une liste exacte , les visitât 
souvent, les consolent toujours; c'est de letirs mains que left în- 
digens reçoivent une grande partie des secours des bureaux de 
charité, secours auxquels eDes ajoutent bien souvent leurs propres 
aumônes ; et c*est aux bureaux qu'elles remettent le produit des 
qUétes qu'elles se chargent de l&îre dans l'arrondissement une on 
deux fois par an, tâche pénible que leur zèle accepte, et que leur 
adroite patience remplit avec succis': 86,870 îndîvidtis, compo- 
sant 37,540 fiuniHes, participetat à ces distribntions datis les douze 
arrondissemens de Paris. Comme la population*, ainsi que les ri* 



ei Statistique. 87 

chesses, se trou^eat très-inégalement reparties entre ces arron- 
dissemens, nous a^ons pensé qu'il serait intéressant d'en présen- 
ter le tablean , ainsi qne celui du nombre des indigent , et le 
rapport dans lequel i?s se trouvent avec )a population respective 
de chaque quartier. Nous nous sommes servis , pour ce travail , 
du tableau n**. 4 9 du i^^ voînme de ces recherches,, publié 
en i8ai (1). 

Arrotidissemens. Population. ludigens Raiij>4)rlav>ecLi po|»ul. 

!«•. 5a,4ai 3,642 i sur i4,3 

2*. ...'.. 65,523 4,549 14,4 

3* 44,y32 4>23o 10,6 

4* 46,624 4,u2o ix^S 

5^ . . , . . 56,871 5,825 9,7 

fi* 72,682 ,7»y7*î 9,1 

f 56,245 4,758 ji,8 

8* 6a,758 12,689 4,5, 

9* ^^^9'^^ 9»7S4 4,3 

10® 8i,i33 8,880 9^1 

11* 51,766 6,8o3 7,6 

la* 80,079 13,707 5,8 . 

713,966 ^,870 «,11 

La somme des secours ^n argent distribués par iei douze 
bureaiik de cburltë est 1,100,000 francs, sur lî?<;qut1s flfaut 
prélever 5o/>eo firanes ponr les Aiiîs de bureau ; cVst le vikigt- 
quatrième. Parmi ceux délivrés en nature, on compte 747*000 
pains de quatre livres, 270,000 livres <le viande, 19,000 aunes 
de toile ponr chemises et draps | 7,000 paires de "sab^lSy <5^o 
couvertures I etc. 

Mais les bureaux de charité ne forment qu'une par^ des ii^- 
stitutions de bienfaisance de la capitale. Nous allossen mettre 
Tenserable complet sons les yeux de nos lecteurs. 

Indépendamment des quatorze hôpitaux de Paris, où 4^9500 
malades environ sont racus chaque année (ii en sorti peu près 
40,000 guéris ) , et de huit hospices habités par 1800 valides, 
d'autres asiles encore s'ouvrent à l'indigence. 

1 ^/L'hospice de la clinique de l'Éecde de Médecine reçoit par 
an 400 malades; 



t0*m 



(i) On peut prendre aussi le labieau u^. 44 ^^ nnèmti recueil , où la 
population muius forte doane un rapport plus grand. . 



68 Géographie 

a^. Celui de la cfiniqne de la Ghaiité 4009 

3^. L'hospice rojal des Aveugles ( Qninze-Vliigts} 3oo; 

4^. Llostitntion royale des Jeunes Ayeugles 90 ; 

5^. Llnstîtation royale des Sonrds-Mnets 90 ^ 

6^. Des pensions reprësentatiTes de l'a^nission dans les boa-* 
pices sont données à 400 personnes ; 

7^. Un établissement de filature procure de Touvrage à envi- 
ron 2,600 personnes; 

8^. La Société maternelle, présidée par Madame la duchesse 
d'Angouléme, et composée de 38 dames , secourt chaque année 
6000 femmes; 

9^. L'hospice des £n£ms - Trouvés en recueille annuelle^ 
ment 5ooo; 

10^. L'administration des hôpitaux en entretient à la cam-< 
pagne ia,3oo; , 

11?» Un bureau de placement, chargé spécialement de mettre 
en apprentissage les en£uis orphelins en place, 1760 ; 

17?. L*hospice de la vaccine reçoit 160 enfans; 

là^. Quatre-vingts écoles de charité, vingt écoles primaires, 
onze congrégations religieuses, et dix-neuf écoles d'enseigne- 
ment mutuel , instruisent gratuitement i5 à 16^000 en£eins. 

La Société Philanthropique entretient six dispensaires, où sont 
traités, année commune, 1400 malades. 

Total des indigens secoums.à domicile ou autrement, i a5 ,5oo 

Population des hôpitaux et hospices %^ 6i,5oo 

187,000(1), 

Outre ces secours , 5,ooo bains sont donnés gratuitement à 
l'hôpital Saint-Louis, 

La Société Philanthropique distribue annuellement trois à quatre 
cent mille soupes économiques dites à la Rumfort; et les dispen- 
saires, ainsi que les principaux hôpitaux de la capitale, donnent 
vingt à vingt-cinq mille consulta tions gratuites. 

Enfin MM. les curés de Paris distribuent aussi de leur côté 
des aumônes nombreuses qu'une charité, d'autant plus méritante 
qu'elle veut demeurer inconnue, laisse chaque jour dans leurs 
mains. On ne peut en savoir le montant; mais, d'après le rapport 
du conseil général des hôpitaux (année x8ai ), cette adminis-? 

(1) On sent assez , sans qa'il soit besoin de le dire , qn'il y a dfins ça 
nombre beaucoup de doubles emplois. 



et Statistique. 89 

tntion contiibiiey dttu les secours donnés à la population indi- 
gente de la capitale 9 pour noe somme de 3»3oOyOOO francs , 
dont les enfans tronvës absorbent le tiers. 

H est pénible de terminer cette énnmération des secours don« 
nés aux indigens de la capitale» par l'obsenration que ses mes , 
ses quais et ses places publiques sont remplis de mendians. 

Art. 111.-^ Moni-de-Piéié. — Tableaux 61, 63. 

De i8z5 â 1821 , c'est-à-dire dans l'espace de six ans , le total 
des engagemens ou des prêts ^ fiiits parle Mont-de-Piété, s'est 
monté à laS^ga 1,439 francs, et le nombre des articles mis en 
gage pour cette effrayante somme a été de 7ya5o,477« 

Le terme moyen des six années seulement ( la présence des 
armées étrangères devant faire exclure iSiS), est ds 18,000,000, 
et celni des articles, de 1,000,000; mais il n'est pas inutile d'en 
£ûre connaître la progression, qui disparait dans un rapport 
moyen. Layoici : x8i5, 853,6i4;'— *i8i6, 999,695; — 181 7, 
1,092,594; '-^ 1618, i,o4i,56o; -^ 1819, 1,055,898 ; — i8ao, 
1,095,686 ; — i8ai , x,x 11,4110. — Total 7,a5o,477» 

Les dégagemens ont été , pour les mêmes sept années , de 
91,7 1 5,400 francs , ou x3,ooo,ooo par an; ainsi plus des deux 
tiers des objets engagés sont retirés. 

Le terme moyen des prêts sur bijoux, diamansj argentexie, 
cachemires , sur les objets de luxe enfin , est de 40 francs, ce qui 
prouTe quelle énorme quantité de ces objets est mise en gage , 
et leur peu de râleur en même temps, qui fait descendre si bas 
le prêtmoyen. 

Celui qui est fiût sur le linge, les bardes , la perkale , les mous- 
selines en pièces, les armes, les tapis , les meubles , est de 6 francs. 

Enfin la Taleur moyenne d'un prêt en général est de 16 francs 
20 centimes. Aussi comme le remarque très-^bien le judicieux 
rédacteur de ces tableaux , l'abaissement du terme moyen des 
prêts sur tous les objets engagés , démontre que les secours sont 
donnés pour la plus grande partie , à la classe la moins fortunée* 

CHAPlTax XT. — Police administrative, — Tableaux 64 , 65 , 66. 

Les trois tableaux qui composent ce chapitre montrent que , 
pendant les années 1819, 1820 et 1821 , 85x personnes se sont 
noyées dans le département. Sur ce nombre , 348 se sont jetées 
i feaiiYolontairement, et 5o3 y sont tombées par accident. 



90 Géographie 

Les morts volontaires «e répartisseiit entre les trois année?, 
delà manière suivante : 1819, lai. — i8ao, ïio.-r— 1811, 116. 
Il y a quelqne chose de mystérieux dans cettte distribution pres- 
<pie égale d'un même effet produit par tant de causes. 

Sur les 85 1 noyés , 667 n'étaient pFus susceptibles d*être se- 
coorusy qaaad on les a retiré»; et, sur les 184 qui ont pu en 
revenir, i65 ont été rendus a la vie. Ce résultat console Thu- 
manité et fait honneur à l'administration. 

Art. IV. — Incendies, feux de ehenmées. — Tableau 67. 

Les secours que l'administration tient préparés en tout temps 
contre les incendies qui peuvent arriver dans la capitale sont: 
d'abord , un corps de sapeurs-pompiers, composé de 636 hoounes, 
soumis à la tenue ainsi qu'à la discipline militaire, distribués 
en 40 corps -de -garde , et qui se rendent, à la moindre alerte , sur 
le lieu du danger. 

Ce corps a à sa disposition 73 pompes. Sa tonneaux, 270 
seaux et 194 échelles. Des dépôts de ces objets sont en outre 
mis en réserve dans les principaux élablibsemens publics et par- 
ticuliers de Paris, tels que la Poste , la Banque, la Trésorerie, 
le Mont-de-Piété , l'Hôtel-de-Ville., les douze mairies , la Ûalie 
aux vins , les Abattoirs , les Salles de spectacles , etc. 

Les porteurs d'eau à tonneau, au nombre de i,338 , sont en 
ontre tenus de garder leurs tonneaux pleins d'eau pendant la nuit ^ 
et de se rendre , en cas d'incendie , sur le lieu où le feu s'est ma- 
nifesté. Une prime est accordée au premier qui y arrivé. 

Enfin, depuis quelques années , six compagnies d'assurance se 
sont formées dans le département de la Seine. Celle désignée sous 
le nom de Compagnie d'assurance mutuelle a pour 660,000,000 
de valeurs engagées. 

De 1 8o3 à 1 8ao , le nombre des feux de cheminées a été de x ^9705 
et celui des incendies de a,6i6. Total , i5,3mi, dont la moyenne 
annuelle est de 585. D'après ce calcul, en 17 ans le feu prend 
par an a a maisons sur 100 (on en compte a6,8oo dan* Paris), 
et la proiiabilité d'an incendie par diaque ménage swr mâle est 
dé a,6o (il y en a 22499^^)9 a^ussi par an. 

La valeur moyenne des sinistres est esdmée, pour chaque an- 
née, à on vingt-trois mUUème de la valeur totale des propriétés. 



cl SUiiisti(jtte. gi 

Chapitee V. — agriculture. — Tabl. 68-71. 

4(yK>oaTpeDft enmon (19,160 hect. )sont eoioiiencé» clique 
année dans le dqpaitemeBt de la Seine , et se distrtboent entre les 
différeas genres de culture, akisi qa*il sait : Blé , 9,400 arpens v 
seigle, 7000; «TOHie, 10,900 ; pommes-de-terre , 3,ooo. Le reste 
est consacré à des coltiirés moins importantes , t^es que l'orge , 
le sarrasin , pois , haricots , etc« 

Les terres rapportent en tont six fois la semence en blé, 5 
fois en seigle, et 7 fois en avoine. En 18 17, Pa^oine rendit jus- 
qu'à la et la grains pour nn dans l'arrondissement de Saint- 
Denis, et 8 seulement dans ceini de Sceaux. Une des raisons 
qui engagent les cultivateurs des environs de Parts à semer ce 
grain de préférence sur leurs terres est sans doute la ibrte de- 
Qtande que le nomlne des ckcvauz nourris dans la capitale en 
entretient, et dès-lors son débit assuré. Au reste , il est remar- 
quable que depuis plusieurs années, la culture deft pommes-de~ 
terre soit bien i^us répandue dans l'arrondissement de Saint- 
Denis que dans celui de Sceaux. Leprcmierxonsacre, année com- 
nrane, sur quatre (f^. les tableaux 48) 49 <st 5o du i^*". vol. de 
ces Recherches, 1817 ), a6oo arpens (i3oo hect.) à cette plante, 
tandis que le second n'en emfdoie guère que 900 (400 hect.); 
mais la culture de l'avoine occnpe à pea près le même notobre- 
d'arpens dans les deux cantons ruraux. 

On aurait désiré que l'exact rédacteur de ces tableaux eût 
donné quelques r^seignemens sur la culture de ces terrains 
connus sons le nom de marais , qui «itovrent Paris d'une cein- 
ture de verdure en été comme en hiver, et qui foumisseut à ses 
hafaitans une grande partie des légumes qu'ils consomment. Les 
maraisi dont la superficie totale représenta une étetidue de ter- 
rain de laoo arpens environ, sont entrett^nus dans un tel état de 
rapport continuel y au moyen des engrais et des irrigations, 
que leur C4ilture ne permet pas plus de point de comparaisDd 
que leur lertîlité. Il n'est pas rare de voir dans U*s jardins pota- 
gers telle pknohe qui donne, par an, quatre , cinq, et même jus- 
qu'à six récoltes diiTérentes; mais anssi le prix d'un arpent de ces 
marais esl41 en raison de leur étonnante fécondité. 

CHAriTXB VI. — Consommations, — Tabl. 72-76. 

Nous avons sous les yeux le tableau des consomniations de la 
capitale depuis douze ans, de 1809 à 182 1, çi lu première réflexion 



Q2 Géographie 

que sa Toe fait naître, c'est l'espèce de fixité qui les maintient, de- 
puis cette époque , dans des limites tellement invariables , que les 
nombres des quantités d'une année, prise au hasard, se retrouvent, 
à peu de chose près , les mêmes dans quelques-unes des autres 
années ; à l'exception du vin , qui semble être entré dans Paris en 
plus grande quantité ; ce qui donnerait à penser que, si la popu- 
lation de Paris augmente comme on' n'en saurait guère douter, 
elle n'en est pas mieux nourrie pour cela. La moyenne des bœufs 
se soutient toujours à 70,000 par an; celle des veaux à 75 ou 
76; les moutons demeurent aussi dans les mémes^ propor- 
tions. La quantité des porcs seule s'accrott toujours , et il es^ 
probable qu'il en sera de même tant que durera le haut prix 
de la viande de boucherie. 

D'après un calcul rigoureux auquel s'est livré le rédacteur 
des tableaux , calcul établi sur le prix moyen des bestiaux dé* 
duit des mercuriales des marchés de Sceaux et de Poissy (Tabl. 
'74 ) , la livre de viande ( du bœuf) ne revient pas aux bouchers à 
plus de 9 ou 10 sous et demi. Ils la vendent 14 et 1 5 sous; Ton 
peut juger du bénéfice énorme qu'ils retirent de leur commerce. 
L'année dernière la voix d'un honorable député ( M. Humblot- 
G>nté ) avait déjà signalé du haut de la tribune cet abus du 
monopole. Ses calculs avaient été reconnus justes , et cependant 
rien n'a changé* U semble, à voir les prix de toutes choses, et 
la richesse des objets que ^'industrie se plait à étaler chaque 
jour, que le peuple Français soit un peuple de princes ou de 
financiers. Quand donc voudra-t*on réfléchir que les petites 
fortunes sont les plus nombreuses , et s'occuper un peu de leur 
aisance ? £t nous aussi nous pensons comme le prince qui nous 
gouverne ; il n'y a d'industrie véritablement bonne, véritable- 
ment utile, que celle dont les produits sont beaux ^ bons et à un 
prix raisonnable. 

Il est presque inutile de faire remarquer que tous les objets 
propres à la construction des maisons , tels que les bob de char^ 
pente, la chaux, le plâtre, etc., ont éprouvé depuis trois ans une 
progression considérable dans leur quantité. De 1819a i8aif 
le plàtr^ a été porté de 1,200,000 hectol. à i,7oa,ooo. i,5oo,ooo 
briques de plui» ont* été employées , ainsi que 700,000 tuiles et 
a,ooo,ooo~de carreaux de terre cuite. 

Quant au foin et à la paille , les quantités ont k peine varié ; 
l'avoine seulement a subi une légère augmentation. Il faut en 



et Statistique. gS" 

cooclare qne le noinbre des chevaux ne s'est pas accra dans la 
capitale en raison dn nombre de ses habitans ; et, s'il est en effet 
derena plus grand , tant porte à croire qne la classe des indus- 
trieux s'est beaucoup plus étendue que celle des riches. 

Avant de terminer ce chapitre , n'oublions pas de d!re qu'on 
trouve dans un de ses tableaux ( n^. 73) les variations du prix du 
pain à Paris depuis vingt ans ; tableau d'un graud intérêt, qui 
montre tout â la fois l'inclémence des saisons et la fausse route 
qa*a suivie trop long-temps l'administration ; mais, s'il faut la hH- 
mer de s'y être égarée , il faut la louer aussi d'être revenue de son 
erreur 9 et d'avoir senti que la seule règle à suivre* dans le prix du 
pain, comme dans toutes les autres denrées, est le taux du 
marché; que le peuple le paie sans murmure un prix même 
élevé (nous ne parlons point ici des temps d'extrême disette; ces 
cas rares sont hors des mesures ordinaires) , quand il sait que ce 
prix est l'effet des intempéries , et non le calcul de l'autorité ; et 
pins alors il accuse le ciel , moins il s'en prend à ceux qui le gou- 
vernent,, certain qu'il est que la cherté cessera avec les causes qui 
l'ont fait naître. 

Depuis vingt ans , le prix moyen du pain de quatre livres est 
de quatorze sous, ce qui met la livre à trois sous et demi. Ce prix 
est trop cher; au moment où nous écrivons, il est de onze 
sons. On ne fait pas assez attention k l'effet que produit dans les 
petites fortunes, dans le gain annuel de l'artisan, la diminution 
on l'augmentation d'un sou par livre du pain qui le nourrit. £n 
admettant qu'il existe dans Paris 5oo,ooo consommateurs de ce 
genre < et cette supposition n'a rien d'exagéré, un sou par jour 
dans leur dépense fart 9,000,000 par an que leur coûte de plus 
l'aliment dpnt il est impossible qu'ils se passent. 9,000,000 
prélevés sur la misère et le travail ! 

ChapitekVIL — Tableau 81. 

Le nombre de boutiques où l'on vend des alimens de 
toute espèce est, à Paris, de 9761, sur 36 ou 40,000, dont 
1» principales sont occupées par a333 marchands de vin, 
56o boulangers, 355 bouchers, %6B charcutiers, 927 restau- 
rateurs , traiteurs , gargottiers ; 3a5 p&tissiers , 787 limona-' 
diers, 1466 épiciers en détail, 1767 fruitiers, 416 marchands 
d'eau-de-vie en détail , etc. C'est dans le 6®. et le a^. ar- 
ron^ssement (le Temple, la Porte Saint-Denis, le quarti^des 



94 Géographie 

Lombards et $«iiitrM£irtmTdie$-;Chaiiip9» Feydean , le Palais-: 
Royal, la Chausséerd'A.atia) qu'il y. a le plus de restaurateurs ;e( 
dans le %^. et Iç i'4^. (lf$ ifaul^our^ Saiu(- Jacques et Saint-Mar-r 
ceau ) qu'il y a le plus d< xqarchauds de tîu et d'eau-rde-vie en 
détail; mais c'est dans le 2*^. aussi qu'il y a le plus de copfiseurs. 
Ces détails moutreut mieux que tout ce qu'on eu pourrait dire 
la différence de m<£urs des habitans des quartiers pp^o&^s. 

Il faut, po^r compléter cette énumération, y ajouter 3^6 
nourrisseurs de bestûiux .qui vendent du lait, 17^ laitière^», et 
3ooo marcbandes environ ayant des places abritées dans les balles 
et marchés. (La suite au U^- prochain. ) 

188. AnNUAIRK du CoHIfEI^ÇS Blf. l^QVC^f,Rll^ A. Pa|LIS. ; — 

MM. les syndics et adjoints du couuuerce de la boucherie à P^fis 
viennent d'en publier l'Annuoirç ppur 1824^ nous eu ex^trairpns 
la notice suivapte : 

Le nombre des bouchers à Paris est de 367 ; cqlui des -étau^ 9 
370 ; les cantionncmens fournis par eux s'élèveut à 756,000 fr. 

Il a été vendu sur les marchés de Sceaux et de Poîssy , i la 
halle aux veaux et au marché des vaches grasses , depuis le i^'« 
décembre 182a jusqu'au 3o nov^bre inclusivement 1823, 
886,823 têtes de bétail, savoir : 1249X10 bœufs, 10,539 vaches, 
95,908 veauX) 656,266 moutons^ Sur ce nombre, 52x,522 têtes 
ont servie la consommation de Paris > savoir: 76,689 bœu&, 
8,142 vache , 74^749 veaux, 361,946 moutons. / 

189. S/TATisTiQUK DE LA LiBEAiRis. — Nos lectQura ne Ver- 
ront sans doute pas sans intérêt l'état suivant de situation de la 
librairie , gravure , musique 9) pour l'année 1823 , comparée à celle 
de 1822 : on peut compter sur son exactitude. 

Libr. Grav. l^us. 
£n 1822, lesarticlesdechaqueespèceontétéde 5,824 840 .229. 
Les mêmes pour 1 823 ont été de 6,007 978 365. 

Ce qui donne une différence en plus , pour 
id^3 sur 1822, de i83 i38. i36. 

( ^o/2àef<r^ 6 fév. i8a4* ) 

190. Cl&CUX«ATIOM ENTRE PaRIS, I<'llfTÉEIEU& ET jJkê^.TÈ" 

EiEUA. — 'On yerra sans doute avec intérêt la nptice suivante , 
qui fait connaître le mouvement de circulation . continuelle 
qui existe entre Paris, les départemens et l'étranger. 

Il a été délivré à la préfecture de police, pendant l'année 1823? 
savoir : 



SI . 



et Siatisiîqite . gS 

. PfrmiK de séjonr donnés aax natioi^iiix , 30,40^9 *^* renoiive^ 
Ips, 21 , 106; cartes dç sûreté données, j,iSo; passe-ports déli-* 
vrés pour rinlérieur, 34^1 61 9 id. visés pour déparr, 3i,a36; id, 
à I étranger* a,7 77; permis de séjour donnés aux étrangers, 16,661; 
cartes d'hospitalité iV/., 35; passe-ports ii.^ 7S8; id. visés pour 
départ id,y 22,375. Total: 170,375. (Moniteur, 21 janv. 1824.) 

191. ÀNiriIAIKi: STATISTIQUE DU PÉPAETEUSnT DE LA SeINI<^ 

Inféeieu&e pour Tannée i8a3. 

De tout temps Ton a trouvé beaucoup de difficultés à recueillir 
les &its qui doivent servir de fondement à la statistique et à Té-* 
conomie politique; et ce n*est encore que lorsque l'autorité a bien 
Youla aider les laborieuses recherches de ceux qui se livrent à 
cette étude , qu'on a obtenu les résultats qui ont le plus approché 
de la vérité. Grâces lui soient donc rendues, et au préfet qui a or- 
donné la publication actuelle qui, sur une base large, comprend 
tout ce que contiennent les antres calendriers, et présente un 
grand nombre de faits dont la générialité appartient à tout le 
royaume. On y trouve sur la ville de Paris une foule de rensei-< 
goeioens précieux. Les notions dont nous venons de' donner l'é- 
namération concourent à remplir la premièf e partie. La deuxième 
partie, reprenant sa spécialité^ rentre dans le cadre indiqué, et 
est toute consacrée au département de la Seine- Liférieure. D'a- 
bord , un abrégé clironologique de THistoire de la Normandie 1 
renfermé dans le court espace de 60 pages ; la sé^'ie des évéue- 
mens remar(|uables qui ont illustré celte province : ce qui est 
recueilli sur la topographie est un peu superficiel ; on. pourrait 
l'étendre aux dépens de parties moins essentielles et trop dé* 
veloppées. 

Le département de la Seine - Inférieure est particulièrement 
occupé de fabrications ; cette industrie, sans nuire à la culture , 
ne permet pas de consacrer à cette dernière la masse de capitaux 
qui peut seule la faire arriver au point de |>erfectionneknent où 
l'agriculture est dans diverses autres provinces. D'ailleurs, une 
partie plus considérable qu'ailleurs des terres arables est occupée 
par les chemins , la Seine et les autres rivières , et par les snper<*> 
ficies des villes et des manufactures rurales : on voit ensuite, sur 
retendue disponible près des j employés à la culture des chan- 
vres , des oléagineuses. 

O41 ne s'écarfera donc pas de la vérité en afSrmant qu'il reste 
moins de terrain qu'ailleurs pour les céréales et les plantes ali* 



96 Géographie 

ment^res. An reste, Il 7 a amëlioratioo dans la quantité Ae 
■obsistanccs récoltées âepiùs 3o ans : elle est, d'après un tablera 
coniparatifeinTe la reproduction dé 179} et celle de i8a3, d'en- 
viron nn quart. 

La minéralogie et la botanique ne peuvent nous permettre an- 
cnne observation importante. 100,000 bétes i cornes environ , 
93,000 chevaux , 600,000 montons prouvent l'intérêt que l'on 
apporte à l'élève de ces espèces : il est regrettable que la beauté 
des produits n'ait pas encore été l'objet des soins des cultivateurs, 
d'autant plus que les faveurs du gouvernement viendront aider 
leurs efforts; maïs, coutnandés par l'espace, nous nous hâtons 
d'arriver k la section qui traite de l'industrie. 

Peu de départemens peuvent s'enorgueillir, sur une étendue 
aussi resserrée , d'avoir autant de mouvement commercial. Cet 
avantage est piindpalement dû à laposition du département, qui, 
étant maritime, est le plus rapproché de Paris, lieuoj) la con- 
sommation est la phis grande ; mais il fiiut aussi en faire honneur 
à la constance laborieuse des babitans de ces contrées. 

Les principales industries cultivées dans ce pays sont: 1°. la 
pèche maritime; a", la filature et la fabrication du coton ; V. la 
fabrication des tissna de laine ; 4°- en outre, une foule d'établis- 
semens tels que poteries, fayenceries, chantiers de construction, 
raffineries, préparation desbniles, elc, etc. On promet d'éten^ 
dre et de recueillir les renseigncmens et de les consigner dans 
•une série de tableaux qui les puisse comprendre de la manière la 
plus utile. 

La pèche entre dans la balance des gains commerriaux pour 
un résultat de ^,^oa,ooo h. Cette prospérité laisse encore beau- 
coup à désirer, pmsqu'en 178Î et années suivantes , la pèche 
du hareng seule s'élevait, à Dieppe, a 5,Soo,ooo fr. ; il y a donc 
une diminution de produits. 

Une industrie nouvelle, et dont il est impossible de calculer 
les effets, parait vouloir devenir avantageuse a la ville de Dieppe. 
On voit que je veux parler des bains de mer , qui par la com- 
modité de la plage et les efforts de l'autorité pourraient prendre 
un grand accroissement. Au reste la sollicitude du gouveroe- 
m médecin habile, le docteur Mourgue, la 
les diverses parties de l'établissement, 
rech pour faire la soude n'est plus qu'une in- 
l'pour ce département, depuis que la chimiea 



et Statistique. ^j 

créé les «oades aitificîdlea. Mais ds loatcp les branchèt d*inda« 
«trie qn'on pratique dans le département de la Stine-Iiiftrieare 
«ncme n'a renfermé j^os d*élémens de prospérité que le filage 
de k laine, du ceton, du lin et da chanvre. Cent nBgt-ona 
filatares sur les coors d'eam> réparties dans les dirers arrondîs- 
semeui'nn nombre bien pins considérable ânes par des ma* 
dkines a Tapeur, on par des manèges, assurent une nusse de 
main-d'œuvre et de travaux qu'on ne peut évaluer qu'approxi* 
BMliveaMnt à plus de 15,<eoo,ocK>. 

S. L'industrie qui après le filage entra ponar une plus forte 
somme dans les produits coaunerciaux est la teinturci surtout 
celle du coton rouge d'Andrinople. Cent soixante*>^U»-sept éta- 
blissemens qui occupent environ 6,000 auvriers, dontiehaenn 
peat teindre 1,400 à 1,600 livres de coton eu de laine par an* 
née, doivent donner des gains très-considérables. La Isbriquedet 
toiles, des étoffes dites ftouenneries, et suitout des nankins , est 
portée à un degré de perfection qu'il sera difficile de surpasser. 
Des notes qui nous ont été transmises par un fiibricant portent 
à 70 millions les produits de cette grande branche d'industrie. 
Les détails où jef suis entré me forcent de passer sous silence les 
fabrications de toiles peintes , celles des draps et tissus de laine , 
et surtout des produits chimiques.Chacune d'elles serait assez in- 
téressante pour faire l'objet d'un article spécial. 

Le mouvement commercial reçoit de la multiplicité des mou- 
vemens divers de l'industrie une impulsion très-active^ et c'est 
la seule halle de Rouen qui se montre avec de tels résultats. 

Nous dépasserions les bornes d'un article si nous nous arrè- 
ti(tts avec \t même détail sur une foule d'objets qui pourraient 
commander l'intérêt. Les travaux publics, les mouvemens de la 
population, les soins apportés aux diverses parties du service 
pnbllc > les renseignemens sur les dinérentes parties de rimp6t 
feraient naître une foule ^observations ; elles sont recueillies dans 
cet annuaire : mais nous en consignons une ici , parce qu'elle 
pronve que les bons Normands n'ont pas dégénéré de leurs pru- 
dens ancêtres. 

*« La loierie, dit TAnnuatre, est une espèce d'impôt indirect 
•qni se perçoit sur les peraonnes séduites par l'appât d'un gain 
» considérable que peuvent procurer, an moyen dTune ftible 
»4nise de fonds, les diances très-hasardeuses du sort. Il est à 
» remarquer que le département de la Seîne-Ioftriettre , qui oc- 
F.Toiti i. 7 



gS Géographie 

^ cape enire tom \bà départ«medfc du.royaimie le premier rang 
» i«Utiteflient da produi des douaoes, le secoad relatlTement 
» au produit de reavcgisHenient et des contribations directes , 
» le troifiièrae relatÎTCBMat aa produit des cootribulioaft ûadi- 
b rectes, aest çie le haîtièlBe rdatireiiieiit aa produit de la le- 
i> terie : ce qui est une prevre de la sagesse de ses habitans. » 

Les détaib de locafité oceapcnl ane portion rdative de cet 
Annuaire , beaacoiqi moins considéraUe qoe dans les publica- 
tions de ce genre ; tout tend à la généralisation des idées , à tout 
ce qui péat conconrir à iastmire les administrés , on ceux à qui 
k statistique et Téconomie pubtique oflfieat quelque attrait. 

Toat eslp synoptique dans le second Tolame; il est composé de 
tableaux qui comprennent une foule de renseignemens locaux 
qui cassent entraTe la nKircfae des faits et coupé, pour ainsi dire, 
les instrnctioBS du premier ToIame, 

Les cent {Nrcmières pages sont consacrées à la géographie ; on 
y Yoit plusieurs dassemens des communes considérées sous plu- 
sieurs aspects. Le tout est terminé par une table des matières £itte 
avec beaucoup de soin, mais qu'on aurait pu étendre sans incon- 
vénient. Cet Annuaire contraste avec tontes les productions de 
ce genre , et nous ne doutons pas qu'il n'entre comme livre obtigé 
dans tontes les bibliothèques des hommes qai étudient la science 
politique et ses nombreuses brandies. Honneiur, nous le répétons, 
au digne magistrat qui a protégé cette publication. BESTKEViir. 

192. Memobia ivtorno al cehsimkhto dkixo stato di mi- 
I.A50. Mémoire sur le recensement de l'état de Milan , publié 
en 1760, et sur l'application subséquente de cette mesure, en 
1785, à celui de Mantoue. In-8. de uo p., i fr. 25 c, Ivî, Ca« 
ranentL Tiré à 4^0 ex. 

1(^3. Memosia sull' ORIGINE, ingraudimcnto e decadenza del 
commercîo di Vcnezia. Mémoire sur Forigine, l'agrandisse- 
ment et la décadence du commerce de Venise; par L. Casa- 
HiNi , in-8. de 7 1 p. Venise ; Picotti. 400 ex. 

I94- Gescbicute UNO Geoichte iiber das schamser ThaL No- 
tice historique et poème sur la vallée appelée ^ùi rnaia; par 
M. C. V. D. M. Akoesr; iii«8. de 16 p.; Como , Ostînelli ( ne 
se vend point ).. 

1 95.1>c SOL, OE l'aie et i>xs eaux n'SsFAGorE; prét^atioas quils 
exigent; par M. Cadet de Metx, biblkilbécaire de la^^Sodété 



ei Statistique. go 

Pbiiotecbniqne de Paris. In- 8. de /| f**. Pri» i fr. 5o centimes. 
Paru; iSiB ; chez Tantear, me de Berri, n**. lo. 

Cette.brochure , écrite ayec une .concision qui nnit peut-être 
quelquefois à la clarté , a été composée dans le but de faire con- 
naître à nos guerriers le climat de l'Espagne. Elle se compose de 
trois ordres de faits ; l'auteur donne d'abord une idée de la 
configuration du sol de la Péninsule; il passe à des considéra- 
tions générales sur les mers et leurs stations diverses ; puis il 
traite de l'air atmosphérique » et termine son ouvrage par des 
considérations sur l'eau envisagée comme aliment. 11 serait dif- 
ficile de donner une idée de l'ensemble de cet écrit qtiî , en peu 
de pages, touche à des sujets si divers, et indique une immense 
quantité de faits qui demanderaient souvent de grands déve* 
loppemens , et quelquefois des preuves pour être admis. Dans 
les deux premiers paragraphes, fort courts, l'auteur offre près» 
qne un système complet de géologie : le troisième forme vérita-> 
blement l'ensemble de cette brochure ; il concerne l'air atmoa- 
phérique, sa température le jour et la nuit, ses causes d'insalu- 
brité, les lieux où règne le plus ordinairement l'air insalubre: 
les mouvemens de l'air et leur opposition avec ceux de la 
terre, etc. , etc. , sont envisagés dans ce chapitre , et les détails 
dans lesquels entre l'auteur sont plutôt là une théorie géné- 
rale qu'une application à l'Espagne. Il signal e\ par exemple, un 
mouvement progressif du mauvais air du nord au sud, depuis le 
solstice d'été jusqu'au solstice d'hiver, et un mouvement dans une 
direction opposée, du solstice d'hiver à celui d'été. Il parle ensuite 
des prédispositions qui rendent l'air plus insalubre , des mouve- 
mens des miasmes et de leur formation en zones; il applique 
les principes qu'il pose à la propagation de la fièvre jaune ; il 
regarde les Pyrénées comme étant une l>arrière naturelle 
qu'elle ne saurait franchir. M. Cadet de Metz traite après cela 
des moyens de se garantir du mauvais air; son paragraphe sur 
les eaux alimentaires , qui termine son travail , n'offre qne deux 
pages et demie. Cet écrit peut être lu avec intérêt par les physi- 
ciens , les géologues , les physiologistes et les médecins. Enfin il 
en offre naturellement aussi à ceux qui s'occupent, en géogra- 
phes, de l'hygiène et du sol de l'Espagne : on y trouve des dé- 
tails curieux et quelquefois peu connus. F. 



ï oo Géographie 

196. Collection bistoaiqub des principales Tues des Pay&^fias/ 
5^ liv., in-fol. Prix, 5 fr. Tournai ; Dewasme et compagnie. 
« Cette livraison contient les vues suivantes : Harlebéck près 
» de Courtray ; hôtel-de-ville de Louvain ; château de Ruym- 
» beke, près de Roulers; château de Montaigle, près de Di- 
» nant ; salle de spectacle de Bruxelles ; château de Louis de 
u Maie y près de Bruges; maison de Juste-Lipse , k Yssche 9 près 
» de Bruxelles; château de Valzin, près de Dinant. » ÇBevue bibL 
du rcyaume dès Pays-Bas y novi i8a3 ^ p. 187. ) 

197. Ebel's TXATELLEa's GUIDE THROUGH SwiTZEELAND. Guide 

du voyageur en Suisse, par Ebel; cor. et aag« par Dj Wall. 

Prix, rel. en i toi. de poche et un joli atlas^ 16 sh. Londres; 

S. Leigh, 

L'ouvrage est divisé en 4 parties; ta i^e* comprend la ma^ 
nière de voyager , la valeur de» monnaies , la description des 
Alpes, des glaciers, etc.; la a«. Tilinéraire de la Suisse, les 
mosurs, coutumes, etc.; la 3^. la relation du voyageur; la 4'^ 
un dictionnaire topographique. L'atlas contient une excellente 
carte de la Suisse dressée par le capitaine Kbllea , dés vues en 
panorama des montagnes, un vocabttlaire du dialecte suisse, 
des phrases en langue romanche. 

198. Scbeeiber's tAaveller's GUIDE, dovfru the Rhine. Guide 
du voyageur en descendant le Rhin; par Sch&eiber; pré- 
sentant le cours de cette rivière depuis Schaffhoust jusqu'en 
Hollande; et celui de la MoseUe^ depuis Coblentz jusqu'à 
Trêves ^ avec la description des cités, villes et villages vus 
des pays voisins , et celle des lieux où il y a des sources mi^ 
nérales ; le tableau des diverses routes^ moyens de transport, 
auberges , monnaies , etc« ; enrichi d'une carte exacte et dé- 
taillée du Rhin depuis Sckajfhouse, jusqu'à ff^esel, et de la 
Moselle depuis Coblentz jusqu'à Trêves ; nouv. édit. In- S. 
Prix, 8 sh. relié. Londres; Sam. Leigh. 

199. Saltzburg und Bebchtesgaden , ein Taschenbuch zur 
Reisende und Naturefreund; par F. A. van Branne. In-8*'. 
Vienne; 1821. 

Ce manuel parait devoir servir d'introduction à la Flore de 
Saltzburg et de Berchtesgaden que l'auteur prépare ; il y décrit 
la situation physique de ce pays , et en indique les différentes 
régions botaniques. Cet ouvrage est cité comme important ponr 
la géographie des plantes. (J?. K J. Jorsberœt telser ^ iS^^k 
p. 386.) C. M. 



I 



I 



I 



J 



et Statistique. loi 

MA. Thr Stattstigai. àccouitt of Scotlatto. DetcriptioD sta- 
tistique de rÉcosse rédigée d'après les communications des 
ministres des diverses paroisses; par sir John Sinci^iie; 
ai vol. in-8**. Edimbourg^ Tait; Londres ;honQmatï. 

SOI. Quelques houv elles topogeaphiques et géognostiques sur 
une partie jusqu'ici inconnue du district norwégien de Son- 
denfield ; par Keilhau. ( Isis , iSaS , n^. 1 1 » p. i354.] 

li'Aggerhuus et une partie du Bergenhuns coqtiennent un 
district montagneux de |5q ipilles carrés inconnu en géogra- 
phie. Ce pays est le plus sauvage et a Içs plus hautes montagnes 
de la Norwége. C'est uii plateau spr lequel s'élèvent d^s cônes et 
des pyramides. Les crêtes courait de l'Ë^ à VO,; la chaîne princi- 
pale est sur les limites entre Yalders et GulbrandsdaL Le groupe 
central s'appelle Horurfglinde , Oaldeberg<-Knausc et Mugna- 
field; sur les limites dj^ ce groupe, le Mugnaiidd s'élève déjà à 
6,7^0 pieds y et le Skagastolens-find à 7,000 pieds parisienst. 

U y a beaucoup de lacs , dont les trois plus renia rqnables 
sont h lac de Bygdin , de 3 à 4 miHos de loi\g, et qui est à 3, 4 00 
pieds au-dessus de la mer \ le lac de Gjendin, a 3,ooo pieds , même 
élévation ; et le lac de Tycn. L'auteur raconte son voyage à tra- 
ders les hautes montagnes entre Yalders et Soga , et il y décrit 
les pyramides, nombreuses et les champs de neige. La liinite de 
la neige perpétuelle y serait, d'après lui, à 5,aoo pieds parisiens 
au^lessus de la mer. Les détails géologiques que donne l'auteur 
sur ce district se trouveront dans le BulL'des sciences natu^ 
relies et de géologie, A. B, 

V>%' A MiiftoiE or genteal Ivoia. Mémoire sur l'Inde centrale» 
çoiçprenant le Malwa et les provinces voisines , avec l'histoire 
de ce pays et de nombreux détails sur son état passé et pres- 
sent; par sir John Maz^olii , général major; a vol. grand 
in-80.^ 58o et 548p. Londres, i8a3; Kingsbary, Parbury et 
Allen ; avec une carte géograpli. et un essai de carte géolog. 

Cet ouvrage nous avait été communiqué par feu M. Lnnglès , 
ce savant universellement regretté , dont la bibliothèque , unique 
dans son genre , était ^Qt^nt a ses amis qu'à lui-même. Puissent 
des trésors littéraires dont leur possesseur fit un si noble usage, 
ne pas être dispersés ou perdus pour la France 1 Sir John Mal- 
colm, nommé au mois de janvier 18 18, par le gouverneur géné- 
ral de l'Inde anglaise , an commandement important des {Parties 



102. Géogi nphie 

centrales de la péninsule, a recueilli pendant les quatre années 
qu'il occupa ce poste les matériaux de ce rapport, et il a obtenu 
des directeurs de la compagnie la permission de les publier. L^ 
premier volume comprend Tfaistoire du pays ; le second se com- 
pose de renseigi^emens administratifs , et il est terminé par de 
nombreux appendices qui ne sont pas la partie la moins inté- 
ressante deTouTrage. 

Sous le nom dinde centrale Tauteur désigne Tancienne pro- 
TÎDce de Maltra et les contrées adjacentes, Nemaur^Rath, Ba- 
gnr, Rantnl et Harowtee, qui, sous la domination des souve- 
rains de Delhi , formèrent ensemble le Soubah, on gouYernement 
de Malwa. Un écarte, dressée par son ordre et placée à b tète du 
livre, fiiit voir quelle est Tétendue du territoire dont il s*agit. 
Cette carte a pour limites, au J^., le !k5«. degré de latitude N.; 
au S. , le 21*. Elle va , de VO. à TE., depuis 72** Zo £. jusqu'à 
80* 3o' de longitude E. de Greenwich. On y voit dans le S. O, 
Surate, et dans le N. E. Chatterpur et Punna. 

Lliistoire de Malwa sous les princes Indous e>t peu connue. 
Vers le commencement du i3^. siècle, les mahométans en firent 
la cronquéte. En 1^87, un chef musulman qui en avait été nommé 
gouverneur par le roi de Delhi se rendit indépendant; cet état 
de choses dura jusqu'en 1567, que l'empereur Akber 7 mit fin 
en rangeant cette province sous sa domination. A mesure que 
le trône du Mogol s'ébranlait, les Indous, et particulièrement 
les Maratles, essayèrent leurs forces. Ces derniers , après avoir Eût 
plusieurs invasions dans le Malwa , s*v établirent définitivement 
en 1 73a. Ce fut l'ouvrage des trois fimilies de Pnar, Sindia et Uol- 
kar, à lacune desquelles l'autedr consacre vn «^pitre. T.a puis- 
sance de cette dernière commença à é^e ébranlée en 1808 par 
le démigesent mcBlal de son chef, /etwuni Botf^, Les troubles 
qui s'ensoiriicnt frciiîtcrait aux Anglais les moTeos de compléter, 
tm i8>o, ra sju ii ^nw i ite t de llnde oenlrale^ es conservant toute- 
fois anx piîncifMax che6 des Maratles une autorité précaire 
sur qodques districts. II nous païuit inutile de suivre sir 
j€>hn dans les détails qull donue sur ce qui couccme dneon 
de ces fiuitoflics de princes en particulier^ au nombre de via^- 
trois « parmi lesquds saut deux maboractaus, le nabab de Bhopal 
et Énûr Khan. Les coudîtiuus anxqndles cbacnn d'eus a traité 
aéparêiu^t se trouvent dans les traités dont ra p pendice du 
diG^lâne volninei n^. %n » çonbcnt le texte ou des extraits. 



et Statistique. i o3 

Ce deuxième volume commence par «n chapkre ftur la dis* 
tribu tion delà propriété et la perception des impôts dans Tlnde 
ceairale. Ce chapitre est d'autant plus curieux 9 que l'auteur 
a été condi^it par son sujet à 7 dire quelque jcliiMf des modes. 
de cuUm-e, du produit des terres, des poids et mesures. Le 
suivant n'est pas moins intéressant; il traite de la population 
de cette iraste contrée , de la condition des différentes classes 
d'habitans et de leurs usages. Cette partie de l'ouvrage mérite 
d'être extraite ayec plus de détails, et nous y reviendrons dans un 
autre article. Sir Jolm fait connaître ensuite le mode d'admlni* 
stration établi par les Anglais , et il lui est facile de faire voir 
combien le pays a gagné à échanger son indépendance turbu- 
lente contre un gouvernement régulier et un état paisible. Il 
oppose la situation de ce pays sous l'influence anglaise à ce qu'il 
était lorsque des chefs , toujours en guerre les uns contre les 
autres , s'ea dîsputaieni les lambeaux. Les vHlages abandonnés se 
repenpient , Les ternes sont vemises en iculture; les tigres ne vien* 
uent plus enlever «ks kommes auprès de leurs habitations, tan- 
dis qu'en a 81^, qnatre-vin^-^iiatre personnes avaient péri de 
€ette maaière dans nn dialrict composé seulement de einq vti« 
kges, suivant nn rapport circonstancié dans Lequei les individuiv 
étaient désignés nominativement ( .p. %%%). 

Nous passons snr nn^noraeau fort curieux contenant les 
observations géologiques faites par le capitaine fiangerfield , er 
sor i'ébaoche de carte géologique qtn y est jointe , parce que 
nous nous proposons d'en parler ailleurs plus en détail » et nous 
nous hâtons de terminer cet article , dont ia longueur ne peut 
être excusée que par la nouveauté et l'intérêt du $ujet. 

M. W. Hamilton a joint à cet ouvrage une table ^éogrji^l^i- 
que, indépendante de la table générale des matières. Enfin l'pn 
trouve, à la page 3^8 du tome II, par forme de supplément, un 
t^lei* dains leqnel ^ lieux des provinces de Maivra et de 
Meivar sont iédicfiiés avec leur latitnde, lenr longitude et leur 
élévation fin-dessus de ia mer; p. 35o, des journanx météorolo*' 
giqaes, pour les mois de juillet i6ao et de janvier 1821, et 
p. 3S4, des détails agricoles Cfuî fbnt connaître ce que coûte 
la culture des terres et ce qu'elle rapporte dans un village de 
la principauté de Dhar; p. 7S7, des détails semblables sur- 
kl culture de la canne à sucre et sur ceHe de Topium; et, àiix 
psçes^^oet 36 1, le tableau des poids et mesures et des mon* 
uuies. C M. 



ia4 Géographie et Statistique. 

9o3. DxscAimoH de TÉgypte , ou recueil des obserratiotts et des 
recherches qui ont été faites tu Égjpie penoant l'eipédi* 
tion de rarmée française. Deux, édit.., livr. lai^, laa^, ia3% 
In-foKO) d*une feuille imprimée servant de couyerture, plus. 
x5 pl.Prizy 3of.y ia4^| Ia5^, ia6% iVf. Paria; Panekoucke.. 

!I04« DXGTIOITA^T Of AUEmiCA AND TBX W* I»DI£S, Qiction-: 

aaire de i'ÀQiériqne et des Indes occidentales, donnant 
une descnption générale de tout ce qu'il y a d'iAtéres$ant 
dans le nouveau continent » et uue peinture exacte du dié^tre 
de la guerre dans TAmérique du Sud ; par M. Thompsov. 
& Tol. in-4* Prix j xo L xg. sh« c^toiiné pojor les souscripteurs ^ 
et 22 1. a^eç Tatias. Londres ; che» Tauleui:, M. Thompson» 
Lamb^ Terrace. (Voy. le to. 2, 9lxX» 5i3 du J^uUetùi de 
y823j. où nous av9i|s,domié le titire de cet ouTi^e. }. 

L'onrrage en question est une traduetio» du Diicliennaire géo- 
graphique de ^Amérique et des indès occidentales , puhlié en 
espagnol par le colonel don Antonio de Aicbdo y k Madrid, en 
1787% Le traducteur Ta copisîdérablement augmenté , eft a puisé 
ses reaseigncmens dans les relation» des Toyagenn modernes les 
plus reGomman4ablef et les plus dignes de loi. H a entrepris cet 
ouyrage À l'âge de 23 ans à la recommandation de M^Vanslttart , 
(Chancelier da l'échiquier, qui lui a procuré, pour le rendre aussi 
complet que possible") tous les moyens en son pouvoir. Ce Dic- 
tionnaire a été pubKé à Londres par souscription , savoir les 
X^'*» 2*. et y. vol. en X&12 , le 4^. en x8i 4 , et le dernier en 18 1 5. 
tl renferme en tout 2,886 pages d'impression* W. 

9p5. ExGVASXOlf AU-pELA DBS MpNTAGNES BLEUBS DE LA NOU- 

▼£Xxb-Galle9 du Sud , par B. F. {London McLgazine, , nov. 
181^3.:^ 

Jjt pays dont il s'agit dans cett^etite relation est si peu o>Dnnu, 
que le public ne peut manquer de recevoir avec intérêt tout ce 
qui s'y rapporte. L'au.teor parait avoir le talent d'observer les 
paysages et n'être pas étranger à la botanique. Il fait sentir l'im- 
portance que doit acquérir un jour la partie de la NouvellerHol-: 
Içnde située au-delà des montagi^s^', pastie qui offre de belles, 
pjairiçs, de bons pâturages , des cours d'eau, et qui parait appe-> 
lée à nourrir des troupeaux nombreux. Il voudrait qu'au lien de 
réixnur les déportés près des c^tes , on les. dispers4^ d«n^ les no^- 



Topograp. , Géod. , Arpent^et Nivellement. io5 

vetnx établissemeiis de rintérienr, où risolement et la Tte pasto- 
?9lepoiiiTilieiit leur fiiire contracter des habitudes pins morales, 

C, M* 

TOPOGJIAPBIE, GÉODÉSIE, ARPENTAGE it NIVEI^LEMENT. 

106. EircTCLOPJBBiscKXS Lbxicoh y etc. Dictionnaire encyclopédi- 
qoe de géométrie 9 de géodésie 1 et d'arpentage, avec le levé 
des cartes et des plans, à Fosage des ingénieurs cirils et mili- 
taires I des arpenteurs et économes; par W. C* A. dk Schlie-«> 
BKir,acc. de x4 pL gray.; gr« in«-8<». Prix, 3 th. Leipzig ; i8ax ; 
fiinriclis* 

Le but de i^auteur a été de présenter areo toute la clarté ^« 
fible les principes les plus importans de l'arpentage, d'après 
l'état acturi de la science en les resserrant sous la forme d*un dic- 
tionnaire. CSes notions présentées dans un traité méthodique, 
eussent sana doute été plus utiles à tous les arpenteurs géomètres, 

S07. PaAx.^i8CBX& uiTTEmBxcHT , ctc. Instmctiou pratique pour 
lenÎTellement et la mesure des hauteurs, avec un nireau d'eau 
fiuâle à construire et économique, ou arec des perches diri-* 
gées suivant la sunbce d'une eau stagnante; opérations d'une 
exécution £icile même sans aucunes connaissances mathémati- 
ques préalables, dans les travaux hydrauliques, les aqueducs de 
tonte espèce, les arrosemens et desséchemens, et dans tous les 
autres cas qui se présentent aux économes, aux propriétaires , 
meuniers et possesseurs de machines hydrauliques , aux cou- 
«tracteurs ^ et à tous ceux qui sont employés ou intéressés à 
des constructions hydrauliques; avec 3 gray. ; gr. in-8^.*br, ; 
prix p la gr. Leipûck ; au Magasin de l'industrie, 

PLANS ET CARTES. 

ao8. Atlas ue la Bible, 

L'Institut géographique de Weimar annonce sous la date du 
l^^ oct. z8a3 qu'il s'occupe de la prochaine publication d'une 
collection complète de petites cartes pour seryir à l'intelligence 
de l'Ancien et du Nouyeau Testament. IjCs matériaux seront pui- 
sés aux meilleures sources, et naturellement tirés des nouyelles 
découvertes et voyages de Butckhardt, Hennicker , Richardson, 
^ils<ûi9 etc. ,* ainsi qu^ de l'atlas de la Bible de Calmer , publié à 



io6 Plans et Cartes. 

Londresi On compte aussi sur les avis d*un célèbre orient.i1iste. 
Il parattra plus tard une annonce plus détaillëe. {Leipz, LU, 
ZeiLy iiOT. iSsiSy p. 2366.) 

209. Wakdghakte von Europa. Carte routière d'Europe , d'a- 
près les nouvelles divisions; 6 feuilles qui comportent une 
hauteur de 34 po. sut 34 de large. Prix : i rthir. 8 gr. ; Mag- 
debourg-; Eyraud. 

Quoique cette carie ne puisse pas prétendre au mérite d'une 
carte de cabinet , ce qui an reste n'est nullement son bat , ce- 
pendant elle offre un tableau distinct de cette partie du monde, 
des cbaines de montagnes > des rivières, et des pays sous le rap- 
port de leurs limites d'après les nouvelles diviùoBS pc4itiqaes, et 
est essentieUeneiit appropriée à i'easeji^ment de 4a géog^phie 
dans les écoles. Quoiqu'elle n'ait pas encore été aoBoacée , elle 
« déjà mérité l'approbation de plusieurs maitiies instruits , et a 
été introduite dans plusieurs maisons d'éducatioa. L'éditeur se 
dispose à publier des cartes setnblibles pour les autres parties du 
monde, 

aio.Biai»ioMaN«, ou livre- cartes , ternies analytiques, tableaux 
et cattM indiquant gradueUement la géographie Batmi^, 
les divisioas géograpbi<|iMS , politiques, civiles, etc.; les noms 
géograpidques kistoriques de tous les âges et de toutes les 
parties de IHudvcis ; avec rindicabon chrono lo gique fies dé- 
couvertes des nav ig a leu fs , des changeaens survenus dans la 
circonscfftptiou écs clats, leurs dénominations , etc., de. ; 
rédigés dTapKS les plans do M. R.(J.-Cu. ;, par une société 
dlMMunes ée lettres et de savons géographes. 

Phfm de toÊKTia^. — Pour que l^isage des livres-cartes ait U 
m i b ac comuiodité que les autres Lvres^ le fortoat sera in-S"*. carré. 
Toutes les cartes seront droites, c'est-a-dîrc qnVllcs seront 
ti>i^ours onentées djin» le sens denmprrssàoUy le norden haaf, 
le mkii en bas « de «antère à ce qu*on ne soit pas obligé de 
|MKndre le livre en travées Ancutt<^ carte ne sera plîêe« excepté 
U MappanftOuAe, qui, à eau» d<> deux hémisphères, ssa double 
dnaMlMftCMte^ 

dTdhoid la 



Plans et Caries. 107 

détails , qiii pourront encore éCre subdiTÛéfi aaUnI qu'on le ju- 
gera utile. 

Les cartes, ainsi déduites les unes des autres» se lieront par 
des numéros et le nom principal de chaque division ou soiis- 
diyision , à mesure qu'elle devient le sujet d'une carte particu- 
lière. Par cet enchaînement , on pourra toujours descendre aux 
plus petits détails, comme , de ces détails , remonter non-seule- 
ment i tonte une contrée, maïs à une partie du monde, mais 
à on continent et à la mappemonde. Le même iftoyensera parfait 
pour des recherches sur les grandes cartes. 

Les points correspondans de deux contrées séparées por des 
mers, seront indiqués par la configuration des degrés qui les 
séparent. 

En iTgard de chaque carte, sera imprimé le tableau des non?s 
qui seront inscrits sur cette même carte , avec l'indication de 
l'ordre qu'ils occupent daus les divisions ou subdivisions poli-» 
tiques , administratives , judiciaires, militaires, ecclésiastiques, 
etc. , etc. , difficulté dont la solution est inappréciable , et que Ton 
ne pouvait obtenir que par* ce procédé. 

£n avant de ce tableau imprimé , en commençant par la map- 
pemonde , ou retracera les révolutions géographiques avec les 
dates; ce qui le mettra dans un rapport très-essentiel avec la 
chronologie. Par suite, on rappellera les noms qui, à toutes les 
époques, auront jusqu'à ce jour été* affectés à la oontrée et 
aux lieux qui sont l'objet spécial du tableau imprimé de la carte. 
Lorsqu'un nom sera devenu célèbre par quelque événement , oc 
citera l'événement et sa date : d'après la règle qu'on s'est impo- 
sée d'indiquer poiu*quoi un nom est devenu géographique, et ce 
qui lui a valu la distinction d'être mentionné duns les livres et 
inscrit sur les cartes. 

Dans le doute entre plusieurs opinions sur une position , on 
adoptera la plus généralement reçue. 

Si un nom transmis par l'histoire n'a plus d« uom corres- 
pondant, on indiquera sur la carte le lieu qu'il désignait. 

Par ce moyen , pas un nom , soit de peuple , soit de contrée, 
soit de lieu , ne sera omis. 

L'ouvrage formera de «cinq à sept volumes , qui serooit livrés» 
par demi-vplumes élégamment cartonnés. 

L'ouvrage contiendra de 3a 5 à 3âo cartes. 

£q adoptant le titre de Bibiiomappe ou livre-cartes y on a 



io8 Plans et Cartes, 

pensé qu'il fallait un nom novrean pour une conception, absolu- 
lUent nouyelle. 

Le premier demi-volume paraîtra du ao au 3o mars proehaixi ; 
les autres suivront de six semaines en six semaines. 

Le prix delà souscription, jusqu'au 3q janvier, sera de lo 
fr. par demi-volume ; passé cette époque , qui est de rigueur, il 
sera de 12 fr. par demi-volume. ( Extrait du prospectus. ) 

Cet ouvrage, qui sera publié sous la direction et la vérification 
de ^lA, Daunou et £yriès , compte parmi ses collaborateurs 
MM. Oepping, les docteurs Liiidner de Stuttgard et le professeur 
Mcmminger de Weimar ; les systèmes astronomiques et la partie 
historique qui les concerne seront confiés k im astronome, la 
gravure des cartes à MM. Malo frères. 

» 

On souscrit au bureau général du Bibliomappe, chez Renard, 
libraire , rue Sainte-Anne, n^. 7 1 ; Piquet , géographe , quai de 
Contî,n^, 17; et Simoneau, marchand de cartes géographiques, 
rue de la Paix, n^. 6. Sueur-Me&liit. 

SIX. Coup d'oeil sua l'état actuel de la géoghaphie ma- 
thématique DE l'Espaoue et du Portugal ; par M, Sueur* 
Merlin, membre résident de la Société royale académique 
des sciences, etc. In«>8., 201 feuilles et demie. Imprimerie de 
Gœtschy. (Cette notice est insérée dans le 54*'. cahier du Jour- 
nal des Voyages.) • 
L'auteur, connu depuis 11 ans par des travaux topographi- 
ques et statistiques d'administration publique , et par un mémoire 
intéressant sur les travaux géographiques de la famille Cas- 
siiii, dont l'objet était de faire rendre a ce nom célèbre la justice 
qui lui était due , fait connaître rapidement dans ce nouveau travail 
l'état actuel de la géographie mathématique de la péninsule espa- 
gnole : nous allom en donner un extrait. 

Le gouvemenvent espagnol, voulant imiter la carte de France, 
avait donné en 1755 des ordres pour le levé d'une carte générale; 
ils n'eurent aucune suite malgré rétablissement, en 1801 , d'un 
corps d'ingénieurs ; aussi la chorographie et la topographie , qui 
seules peuvent donner de bonnes cartes générales, sont encore à 
naître pour l'antique Ibérie. 

Les Portugais, sous la direction de leur savant astronome Ciera, 
exécutèrent de 1793 à 1820, dans l'Estramadure, des opérations 
trigonométriques et géodésiques du premier ordre, afin de me- 
surer t|n degré du méridien e^ d'établir une base pour une carte 



Plans et Caries. IO0 

générale de ce royannie ; il en est résulté y en i8o3 ^ une carte des 
principaux triangles des opérations géodésiques dn Portugal 
publiée par ordre de S. A. R. le prince régent. 

D'autres sayans nationaux et of&cierf ajoutèrent & ce grahd 
travail plusieurs triangulations partielles, quelques cartes dé 
provinces, etc. Parmi celles-ci, on cite, i». celle d'une partie 
déi'Ëstramadnre^ parle colonel Neres-Corta ; 1*. la carte topo- 
graphique des deux proTÎnces du Minho et du Tra-los-Montès , 
par Gaimareul; 3®. la carte de plusieurs parties de la Beiraf 
pat Ai Albailo; 4^* celle militaire de l'Alem-Tejo, par Soarès; 
5°. la carte topographique dupinhal de Leiria , par Peira ; 6*. celle 
de la côte^ depuis l'embouchure du Douro jusqu'à celle de la 
Yonga, par SouEa-Ramos; 7^ enfin, la carte de la province 
duTra-loft-Montes, par Freitas - Cœlho , etc. Ces cartes sont 
restées manuscrites; il serait à désirer qu'on reprit les tratanx 
de la' carte générale j et qu'on s'occupât des levés de détails qui 
doivent en remplir le canevas trîgonométrique; toua les autres 
tableaux vietidraient alors se fondre dans ce tableau topogra* 
phiqne « et Ton obtiendrait bientôt un ensemble satisfaisant* 
« Nous bâtons , dit l'auteur, de tous nos vo^x , cette époque , et 
)> nous ndns estimerons heureux d'annoncer cette nouvelle con- 
» qnéte géographique ; nous pourrons dire alors : le Portugal 
• a fourni son contingent pour former le grand atlas du monde. » 

La revue géographique et critique des atlas et principales 
cartes qui suit, et que nous allons abréger le plus possible, 
&it juger des progrès de la géogtaphie dans ces contrées , des 
ressources qu'elles peuvent offrir, ainsi que du degré de con- 
fiance que méritent les atlas et les différentes espèces de car-- 
tes dont il s'agit 

Thomas Lopez commença de publier en 1757 une carte 
générale sous le titre d'Atlas géographique des provinces d'Es- 
pagne, en 102 feuilles , qui comprend toutes les divisions et sub* 
divisions de l'Espagne et du Portugal; cette carte , terminée en 
1798, est sans triangulation. Dressée sur des matériaux équi- 
voques , elle ne donne que de la géographie imparfaite , et une 
expression fausse de la partie physique ; elle est en outre 
mal gravée. Malgré la diversité de ses échelles et ses autres 
défauts , c'est la seule à grand points qui existe , et, ûiute de 
mieux, elle est encore consul cée< C'est cependant cette même 
carte que M. Malte-Brun n*a pat craint de signaler comiac ayani 



1 1 o Plans et Cartes. 

afteint Vélégance et l'exactUade de l'œuTre des Cassîni. L'au- 
teur relève Terreur de ce géographe^littérateur plas par amour 
de la yérité que par orgueil national. ' 

Immédiatement après cette carte , viennent dans l'ordre chro- 
nologique celles de Jaillot, 17 16 , et de Mentelle, 1799; elles sont 
mauvaises et inexactes, et cela est d'autant plus fâcheux à re- 
gard de la dernière, qu'elle est fort bien gravée. On ne parle 
pas de pelle de Zannoni; on sait à quoi s'en tenir sur les tra- 
vaux de ce géographe. 

L'AtlaÀ d'Espagne, par Gussefeld, en a6. feuilles, publié à 
Nuremberg , de 1781 i 1812 , est a grand point et de différentes 
échelles; c'est une réduction de Lopez encore plus mal graVée 
que l'original. Beaucoup de militaires en ont fait ch^ix de pré- 
férence à la première, à raison du petit nombre de ses ieutlles 
qui la rend portative, et de la médiocrit<^ de son prix. 

La carte générale d'Espagne, etc*, dite d'Artaria, publiée à 
Vienne, en 6 feuilles. La gravure en est molle, et sa facture à 
peine lisible. C'est une réduction de Lopez et de Mcntelle qui 
porte le millésime rafraîchi de 1808, quoiqu'il soit antérieur à 
cette époque; elle est pour 'ainsi dire abandonnée. 

La carte de Nantia publiée à Londres en 18 10, 4 feuilles, 
est bien gravée ; on a imité pour les montagnes le système d'en* 
semble pittoresque ; elle a été construite pour les côtes , d'après 
l'excellente carte de Tofino et du Neptune français. Pour l'in- 
térieur on a consulté Roussel pour les Pyrénées; Cassini pour 
ce qui regarde la France, Dan ville pour l'Arragon, et l'on a 
également puisé dans les itinéraires dé Towosend , Bourgoing , 
La B6rde , etc. Le Portugal a été dressé au moyen de Lopez y 
d'une carte générale des routes de ce royaume , et d'une nou- 
velle carte topographique du Tage, peu connue. Cette carte est 
estimée; néanmoins celle de Faden, plus moderne et a plus 
grand point, lai est préférée. 

Il existe une carte fort intéressiinte en % feuilles publiée à 
Madrid en 181 1 ; elle contient une nomenclature assez complète , 
y las position des villes, bourgs , etc., ainsi que le tracé des routes ; 

elle est médiocrement gravée. Cette carte , peu connue en France, 
e>t estimée; elle est surtout remarquable par^tji^is tableaux statis- 
tiques fort intércssans , gravés à la marge , contenant dans le plus 
grand détail les résidtats du recensement général ordonné par 
le gouvernement espagnol en 1799 , et achevé en i8o3. Le 1' 



cr 



Plans et Cartes. 1 1 1 

tabl. donne la popnlalion de l'Espagne par proTÎnce, leur «uper- 
4cîe et leur riches&e en productions naturelles et industrielles. 
Les 2^. et 3*^. contiennent le détail des productions naturelles et 
industrielles de chaque province , et leur valeur en piastres for- 
tes. Il existe des exemplaires de cette carte qui portent la même 
daie de i8i i , mais ne sont point accompagnés de ces trois ta- 
bleaux; ils y sont remplacés par un tableau de la division terri- 
toriale en i5 gouvernemens militaires, 38 préfectures et m 
soDs-préfecturcSy etc., telle qu*on avait tenté de l'établir pendant 
loccupation française. ' 

En 18189 M. Calme t- Beau voisin ouvrit une souscription pour 
une nouvelle carte d*£spagne et du Portugal qui devait former 
un allas de 63 feuilles, non compris une carte d'assemblage. 
Cette entreprise n'eut pas de succès ^ et deux ou trois feuilles 
seulement furent gravées an aoo millième, échelle qu'il avait 
adoptée. 

La carte de Faden, publiée à Londres, date de 1820; elle est 
en 4 feuilles; estimée et bien grayée, elle donne , autant quepos^ 
sihle , au moyen des chaînes continues des montagnes et de leurs 
connexions , l'idée de la configuration naturelle et physique des 
deux royaumes. C'est une amplification de Nautia, et une com- 
pilation de Liopez, de Tofinoet d'autres cartes et itinéraires mo- 
dernes. C'est encore aujourd'hui la plus récente et la meilleure , 
comparativement à celles de Nantia, Gussefeld, Artaria, qui 
sont toutes autant de réductions de Lopez ; elle était entre les 
mains de la plupart des ofliciers généraux et supérieurs , etc. , de 
notre armée d'Espagne : on ne saurait trop en recommander 
l'usage. 

La carte des routes de postes et itinéraires d'Espagne et du 
Portugal, en une feuille, par Ch. Picquet, dressée par M. l'in- 
génieur-géographe Lapie en 18 10 , donne les routes montées avec 
voitures, montées avec chevaux de postes , non montées, itiné- 
raires et chemins. Les villes capitales, petites villes, lieux ordi- 
naires et les relais, y sont désignés par des signes distincts. La 
circonscription des grandes divisions et des provinces est égale- 
ment déterminée par des ligues ponctuées, des teintes plates^ 
des lettres capitales et des numéros de renvoi. Les 5i provinces 
décrétées en janv. 1822 y sontégalement tracées d'après une carte, 
authentique du dépôt hydrographique de Madrid. Cette carte por- 
tative, et nettement gravée, convient à la majeure partie des mi- 



îîl . Plans et Cartel. 

litairès , des Voyageurs et des lecteurs qui n'ont besoiii ^ile des 
positions géographiques on du tracé des routes , et pour lesquels 
les détails des cartes à grand point sont superflus. ^ 

Trois feuilles d'une nouvelle carte d'Espagne et du Portugal , 
en langue espagnole, par M. Bonnet, vieilnent de paraître. On 
iit peut juger en ce moment, dit M» Sueùr Merlin , de son eon^ 
semble, puisqu'elle n'est point acheyéé. Il se borne seulement à 
Consigner quelques erreurs relatives à la circonscription des 
nouvelles provinces, dont il s'est aperçu en comparant ces 3 felul'» 
les avec la carte envoyée du dépôt hydrographique de Madrid 
où ces limites sont exactement tracées. 

Les erreurs que M«Sûeiir^Merlin signale, lui semblent indiquer 
qu'il s'est servi de la carte routière de M. Lapie (la seule qui 
existait eb France avec cette division ), dont l'échelle est d'envi- 
ron un tiers plus petite que la sienne^ et feraient Craindre qu'en 
allant dîxmiàa petit au grand ^ et en dessinant sur sa carte les 
limites tracées sur la petite carte, il n'ait malheureusement mis 
en dehors ou en dedans des points appartenans  des protinc^ 
contiguës. 

Quant à la projection , M. Slieur-Merlin a remarqué qu'elle 
était , contre l'usage, construited'après la division centésimale du 
cercle; et il s'est demandé, à cet égard, pourquoi M. Donnât 
s'eit Hvré gratuitement à tant de calculs pour transformer en 
grades les observations astronomiques qui ont été constamment 
calculées suivant la division sexagésimale. Il ajoute que , vérifi- 
cation faite sur sa carte de la position d'Almeria , il a reconnu , 
dit-il, des erreurs en longitude et en latitude; erreurs qui ne sont 
pas très-considérables , mais qui sont néanmoins assez sensibles 
pour être remarquées , et qui pourraient faire présumer qu'il en 
existe d'autres, puisque parmi les points déterminés trîgonpmé- 
triquement , Almeria a été pris sans choix et à la première vue. 

Enfin , le dépôt général de la guerre s'occupe en ce moment 
de deux cartes destinées à l'Usage de l'armée : l'une, itinéraire , 
B l'échelle de la carte anglaise de Faden , sera composée de i6 
feuilles de o°^.,45 suro»^. 34; l'autre, à plus grand point, sera une 
continuation de la carte de France, dite de Capitaine, composée de 
iB demi-feuilles grand aigle; elle ne s'étendra que des Pyrénées 
jusqu'à Madrid. 

Telle est l'analyse de cette notice, non moins intéressante par 
des noteihistoriques, critiques et statbtiques, destinées à la corn-* 



Plans et Cartes. 1 1 S 

pléter on à servir de preuves , et qne nous avons dà négliger de 
hire connaître , en xftison d» peu d'étendue que nous pouvons 
donner à nos artides, étendue que nous avons cependant outre* 
passée, à cause de Tinstruction qu'elle présente dans un moment 
où elle sera souvent consultée. F. 

ai a, £xAXKN sua l'a^ticxs iNs^mi pae M. MAi.vB-Bai7ir dans 
le 19^. vol. des Annales des Voyages sur X Atlas universel de 
Géographie ancienne ei tnoderae; par A. H. B&ui. In-8. 
d'uâe U 7* Paris; iSa3; imp. de Herhan, 

L'objet de cet écrit est de répondre aux critiques dont l'atlas « 
dont il s'agit, a élé l'objet de la part de M. le baron de Zach , et 
sortoatde JH. Malte-Brun dans l'article cité. Le 1*'. de ces sa- 
vans a indiqué quelques erreurs graves. M. Brné répond à cette 
critique. Le 2^., M. Ma1te*Brun, en attaquant aussi Fadas de 
M. Brné , fait porter principalement ses observations sur une 
seule carte qui a pour titre : Dispersion des peuples jusqu'au 
temps de Moïse | nous devons nous borner a signaler les pièces 
du procès. Le lecteur 9 après les avoir parcourues, prononcera 
en connaissance de cause. F. 

ai3. Carte p'Éco&sv. [Europ. Mag,^ mai iSa3, p. 359.) 

Un artiste de New-York| nommé James Finlagsoui vient de 
publier le prospectus d'une carte d'Ecosse destinée à servir 
d'explication aux œuvres de sir Walter Scott. Cette carte sera 
coloriée et propre à se plier dans un livre. Le prix sera d'un 
dollar. Chaque lieu existant réellement et mentionné dans les ou- 
vrages du célèbre Écossais » sera indiqué de manière à ce qnel'oA 
conçoive' aisément sa relation avec ceux qui ne sont qu'imagi- 
naires. Dans Waverley , par exemple > on marquera Ben^Eavers 
et un lac à Test , qui rappelleront la reneontre de Waverley 
avec Donald-Bean-Scan, dans la caverne; le cliÂteau imaginaire 
de Fergus-Mao-Ivor serait, d'après le roman , isitué k $ milles au 
nord de ce lac; la marche du prétendant ainsi que celle de Wa- 
veriey , sont marquées par des lignes particulières , et chaque 
lieu où il y a «a une bataille, est indiqué par un drapeau oft 
étendard. 



F. ToM£ L $ 



1 1 4 Economie publique. 

ÉCONOMIE publique/ 

I 

ai3 bis. Thb beactice Of maeinb insuiiances. La pratique des 
assurances maritimes , contenant un sommaire des décisions 
légales les plus importantes à ce sujet , les règlemens de la 
police et des compagnies ii'assurances , avec les calculs qui 
appartiennent a l'intérêt à court terme et aux assurances ^ et 
les principes nécessaires pour régler les états de Térification 
généraux et particuliers^ et les pertes de sauvetage. London. 
Prix, 5 sh. 

114- Trait]^ db i.*associatio9 &OMESTIQUE-AG&IGOLE ; par Cit. 
Fou&iBE ; a forts vol. in-8. de lxxx et 692 , et viii et 648 p. 
Prix , la fr. y impr, à Besançon, chez la yeuve Daclin ; Paris 
et Londres ; 182a; Bossange père. 

Sommaire du traité de l'association domestique-agricole, oti 
ATTEACtiON iHDUSTElELLE , par Ic même; in- 8. de 8 feuilles. 
Besançon, impr. de la veuve badin , i8a3; Paris et Londres; 
chez les mêmes. 

Ce volumineux traité a pour but He montrer l'art d'associer 
en ii^dustrie agricole, manufacturière et domestique, des masses 
de 5oo à i5oo individus inégaux enfoj'tune ; de rétribuer chacun 
selon son capital , son travail et àon talent , et de satisfaire tous 
les sociétaires au point d'exciter l'enthousiasme et le dévouement 
réciproque. 

L'auteur décrit d'abord les bénéfices et les économies colos- 
sales qui naîtraient de l'association, aoo familles agricoles for- 
mant une bourgade, ont souvent 3oo feux où il en faudrait à 
peine 3o en régime sociétaire. Elles font 3oo négociations et 
courses au marché, la où une seule suffirait ; elles ont 3oo greniers 
mal tenus, 3oo caves en mauvais état ; le régime n'aurait besoin 
que d'un grenier et d'une cave. Elles s'accordent à dégrader la 
forêt, i dépeupler la rivière que ménagerait l'association. Bref, le 
produit de cette réunion serait triple de ce qu'il est aujourd'hui ; 
c'est-à-dire qu'en France, le revenu estimé 5 milliards s'élève- 
rait à6,8,io,ia, i4yi6, etc. , selon les degrés où parvien- 
drait le mécanisme sociétaire, dont les revenus croîtraient d'an- 
née en année , et pourraient dès la 2®. année d'exercice, élever 
dans tout le canton le produit au triple de celui que donne la 



Économie publique. ii5 

méthode morcelée dite civilisation , selon rexpression -de l'au- 
teur. Voilà l'exposé de la thèse et des résultats qu'obtiendrait 
rexécntion du système de M. Fonrier. Son livre est destiné à 
montrer, dans tous leurs détails^ les moyens d'exécution qu'il 
croit propres à atteindre son but. Il serait impossible, dans les 
bornes où doit rester le Bulletin , de donner une idée de Ten- 
semble de ces moyens , dont l'exposition remplit les deux forts 
volâmes que nous annonçons. On peut dire , en général , que 
M. Fourier cherche à tirer le parti le plus avantageux pour l'as- 
sociation des forces, des qualités, des penchans, des passions 
même de tous les individus qui la composent ; il fait naître des 
contrastes de caractères et de penchans, un élément d'action 
qui doit exister dans chacune de ses séries , dont un certain nom- 
bre forme une réunion sociétaire ; il indique l'emploi opportun 
des sexes, des âges et des inégalités, et les moyens qu'il croit 
propres à faire naître la passion du travail; le travail fait avec 
enthousiasme étant toujours exécuté activement et adroitement. 

L'on voit que l'idée mère de M. Fourier est du plus haut in- 
térêt, qu'elle est de nature à fixer les pensées des hommes oc- 
capes du bien public et du perfectionnement de la civilisation. 
Elle sera comprise partout; mais nous craignons que dans l'état 
actuel de nos sociétés politiques elles ne soit exécutable nulle 
part. Cependant dans les pays où l'esprit d'association est plus 
développé qu'en France, en Angleterre, par exemple, l'idée 
fondamentale de M. Fourier est susceptible d'être réalisée avec 
plus ou moins de succès. Déjà plusieurs associations remarqua- 
bles y prospèrent, et elles rentrent évidemment dans l'esprit de 
la ihébrie générale de cet écrivain. 

Les lecteurs superficiels , arrêtés à la vue des vol. de M. Fou- 
rier , effrayés d'une lecture pénible sous tous les rapports , moins 
par la matière en elle-même que par la manière dont elle est 
présentée , traiteront son système de rêverie. Plus d'un homme 
studieux et capable en agira peut-être ainsi, tant M. Fonrier a 
été malheureift: dans l'art d'exposer sa théorie'dont l'idée simple , 
quoique élevée , devait être mise à la portée de tout le monde et 
dont il était possible de développer tous les détails en un petit 
volume. Mais à moins d'une marche rétrograde dans la civili- 
sation, l'on peut hardiment prédire que, si le développement 
de l'esprit humain et de la population n'est point arrêté , hi force 
des choses conduira à T^pplication de son idée. Quant au mode 



I 

1 1 6 Économie publique, 

d'exécutioD> si les bases en sont, en général, naturelles, les détails 
doivent naturellement varier suivant les pays , les hommes et les 
institutions qui les régissent. 

L'auteur de cet ouvrage a voulu , par un sommaire , suppléer 
aux reproches que d'autres avant nous lui ont sans doute faits 
et faciliter la connaissance de sa théorie ; mais il est loin d'a- 
voir rempli son intention. Le vice radical est dans la forme ; il 
reste dans le sommaire; mais le fond n'en est pas moins un des 
sujets les plus' grands , les plus imposans , les plus fertiles en 
importans résultats pour le bien-être de l'espèce humaine. Quel- 
ques hommes capables et laborieux reprendront, nous n'en dou- 
tons pas, l'ouvrage de M. Fourier, et le rendront accessible au 
public. C'est cette idée qui seule a pu nous porter, contre 
nos règles , à des observations critiques. F. 

!ti5. Dksststâmbs D'iicoiroiiiE politique, de la valeur compa- 
rative de leurs doctrines, et de celle qui parait la plus favo- 
rable aux progrès de la richesse. Deuxième édit., avec denom- 

- breuses additions aux controverses récentes de MM. Mai.- 
TRUs, BucBANAir, RiGA&Do , sur les points les plus importans 
de l'économie politique; par M. Ch. Ganilh. m vol in-8. Pa- 
ris; iSai; Trenttel et Wurtz. 

On a considéré pendant quelque temps l'économie politique 
comme une science complète, et presque comme une des scien- 
ces exactes , dont le livre célèbre d'Adam Smith exposait les prin- 
cipes incontestables. Les controverses qui se sont élevées depuis 
entre ses disciples comme entre ses adversaires , sur presque tous 
les points regardés comme fondamentaux, ont fait naître des 
doutes sur l'exactitude des principes. En voyant les économistes 
reconnus pour les plus habiles se contester réciproquementles 
axiomes que l'on croyait démontrés, un grand nombre dé per- 
sonnes en ont conclu que la science n'était pas fixée, et en sont 
venues à craindre qu'elle ne fût pas susceptible de l'être. 

On s'est demandé d'abord si, comme l'école de Quesnay et 
celle de Smith l'ont prétendu, toute l'économie politique se ré- 
duisait à la connaissance. des moyens par lesquels se forment, 
s'accroissent et se distribuent les richesses, ou si elle n'était pas 
plutôt, comme on le croyait avant Quesnay, la science de l'éco- 
nomie sociale 9 c'est-à-dire celle qui nous révèle le secret de tous 
les moyens dont l'heureux emploi , le concours et l'harmonie 



Économie publique. 1 1 7 

peuvent seuls assurer la prospérité des nations : c*est ainsi 
que les anciens, et qu'à leur exemple , des publîcistes célèbres 
dans les temps modernes, tels que Fénélon , Montesquieu , 
J.-J. Rousseau, entendaient Tëconomie politique; et dans ce 
sens, l'étude du développement naturel des richesses n'en est 
qnnne branche déjà classée, il 7 a plus de deux mille ans, 
par Aristote , au nombre des sciences économiques , sous le nom 
de Chrématistique ou de Chrysologie, PoUr quiconque en effet 
a médité toute l'importance du sujet , l'économie publique 
n'est pas seulement une science de chiffres et de procédés mé- 
caniques; elle est aussi , elle est surtout une science morale. Les 
problèmes qu'elle cherche à résoudre sont complexes, et la con- 
naissance de la marche et des résultats dç l'industrie n'en donne 
pas seule la solution. Celle-ci ne peut s'obtenir que par une 
observation attentive de l'action réciproque du climat, du sol, 
des besoins , des institutions , de l'esprit d'un peuple sur l'indu- 
strie, et de l'industrie sur ces divers élémens sociaux. C'est ce 
qa'avait très-bien senti Stewart , qui a précédé Smith dans la 
carrière, et la partie de son ouvrage que le premier de ces deux 
écrivains a consacrée à l'examen de cette double action du mode 
d'existence d'une nation sur l'industrie , et de l'industrie sur sa 
situation, renferme beaucoup d'observations neuves et d'une 
grande importance. Smith a éclairé le champ de la science; mais 
il l'a rétréci. Les économistes allemands, ou du moins plusieurs 
des plus célèbres , tels que M. Lueder, M. le comte de Soden , 
M. Sartorius, l'historien des villes anséa tiques, lui avaient déjà 
renda toute son étendue, lorsque M. Simonde de Sismondi, dans 
ses Nouveaux principes d'économie poltique , a reconnu la liai* 
son nécessaire de tous les problèmes de la Chrjrsologie avec ceux 
de l'économie sociale. Ce publiciste a agité des questions du plus 
liant intérêt, et ouvert <de nouveaux débats. M. Storch, dans son 
Cours d'économie politique, M. le baron Massias, dans la partie 
de son livre Sur les rapports de la nature à V homme , et de 
f homme à la riature^ où il s'occupe de l'économie publique, ont 
suivi la même route. Ces questions se présentent en effet , sans 
qu'ils les cherchent, même aux écrivains qui , comme MM. Gar- 
Qîer,Say,Malthus,Bnchanan, Ricardo, lord Lauderdale, s'ef^ 
forcent de se circonscrire dans le cercle tracé par Smith à l'é- 
couomie publique, quand il l'a limitée à la chrysologle; et 
M. Ganilh, que ses travaux ont placé depuis long-temps parmi 



ii8 Éconofïue publique. 

nos chrysplogues les plus instruits , s'est vu aussi contraint a ef- 
fleurer ces questions déliccites. Il s'en faut bien cependant qu'elles 
aient été toutes résolues, comme on le prétend souvent, et 
l'auteur de cet article a essayé ailleurs d'indiquer les difficultés 
qui les compliquent ; la preuve de ces difficultés est dans l'ou- 
vrage même que nous annonçons. L'analyse en est à peu près 
impossible ^ puisqu'il est lui-même une analyse raisonnée , et une 
discussion de tousi les systèmes, de toutes les doctrines, sur ce 
quon était convenu d'appeler l'économie politique, c'est-à-dire 
sur la manière dont se forment , s'augmentent et se distribuent 
les richesses. M. Ganilh y combat tour à tbur Smith , MM. Say, 
Garnier, Malthus, Buchanan , Ricardo, etc. ; et après avoir dis- 
cuté et contredit avec beaucoup d'habileté les doctrines de ses 
adversaires, il y substitue le système qu'il a cru devoir adopter. 
En résumé, cet économiste regarde la production delà richesse, 
comme le but de l'activité sociale et comme la source de la pros- 
périté publique; le plus grand développement du commerce 
extérieur lui parait le moyen le plus sûr d'arriver au bat ; le com- 
merce intérieur et l'agriculture n'ont à ses yeux qu'une impor- 
tance secondaire. II ne croit pas que l'industrie agricole paisse 
conduire une nj(tion à la richesse et à la puissance , et il s^efforce 
de montrer la supériorité des nations commerçantes sur celles 
qui se sont plus spécialement appliquées à l'agriculture. Le li- 
vre de M. Ganilh est une nouvelle preuve du peu Raccord qui 
règne entre les écrivains qui professent la science des richesses, 
et, malgré son savoir et son talent, il ne mettra pas fin aux dé- 
bats; son système ne ralliera pas tous les esprits discordans: on 
n'en trouvera pas moins dans son ouvrage une connaissance ap- 
profondie de la matière , et beaucoup de vues très-dignes d'at- 

- tention. A. D. V. 

- 216. ApPEirmcE DU p&oiet i>'am£lio&atio9 coloniale^ In-S-> 

\ de feuille. Paris; veuve Porthmann. 

217» Kattffman's dictionary of mercuanpize. — Dictionnaire 
des marchandises, et leur nomenclature dans toutes les lan- 
gues européennes, a l'usage des banquet, contenant tout ce 
qui est relatif à l'histoire industrielle , aux lieux de production , 
à la culture, à l'usage et à l'excellence de toute production 
naturelle formant un article de commerce; par KaufFman. 4*^* 
édit, avec une table alphabétique de tous le^ noms de mar-^ 



Économie publique. 119 

chandises européennes, étrangères; traduit en anglais. In-8. 
br., la s. Lpn4res; i8aB; Boosey et com. ^ 

a 18. ESSAY ON THE INVENTIONS y AND CUSTOMS Or ANCIENTS., 

AVD vooEiLN NATIONS. Essaî sor les inventions, et coutu- 
mes des nations anciennes et modernes pour l'usage du via 
et antres liqueurs , avec un coup d'œil théorique sur la prati- 
que de la distillation et de son importance dans l'économie 
politique, comme une source de richesse et ve^enu; par S. 
Morewoody inspecteur des taxes sur les denrées. la s. Lon- 
dres; i8a3. 

a 10. Essai HisToaiguE sue l'istablissement des postes en 
France, sur les produits progressifs de ce domaine royal, 
les changemens on améliorations opérés dans son organisa- 
tion depuis l'année 1464 jusqu'au mois d octobre i8a3; par 
M. Gouin , administrateur des postes. In-4. de 1 5 pag. Paris ; 
]8a3. 

En 1464, Louis XI, qui était un excellent administrateur, 
profila des relais et messages de TUniversité de Paris , dans tou- 
tes les provinces de la France , et généralisa au profit de tous 
les citoyens , le service qu'elle avait créé dans l'intérêt des fa- 
milles. Mais ce ne fut qu'en i63o sous Louis XIII, que l'admi- 
nistration des postes prit une forme régulière. 46 «ns après , 
Louvo», qui était aussi un grand administrateur, donna à un 
particulier la ferme des postes, moyennant i,aoo,ooo fr. : a3 
baux successifs prouvent la progression des produits portés par 
le dernier en 1788 à ia,ooo,ooo, outre la remise volontaire du 
cinquième des produits nets, montant à 11 millions, faite en 
1791 à l'expiration du bail. Les produits, comme on le voit par 
i^n tableau comparatif joint à l'ouvrage, ont été décuplés en 
160 ans. Nous passerons sous silence les divers détails danrles- 
quels M. Gouin a cru devoir entrer sur les formes des malles 
antérieures à 1791 , et sur celle qu'elles ont aujourd'hui depuis 
1818. Moins encore nous arrêterons-nous aux discussions pro- 
duites par les prétentions rivales des maîtres de postes et des 
messageries ; en revanche , nous regretterons de n'en pas trou- 
ver sur les divers principes qui ont présidé à l'assiette de l'im- 
pôt, ni sur la taxation des lettres. 

Cest la question d'économie politique qui pouvait comman- 
der quelque intérêt. 



I aa Économie puBllqae. . 

La proposition de M. Chamonsset, du transport à domicîler 
des lettres de Paris, fut goûtée par M. de Silhouette ^ et non& 
devons à ce ministre, outre llart de' découper iè portrait , Tëta-^ 
Blissement de la petite poste. Transplantée en Angleterre , qui 
accueille tout ce qui sert à l'intérêt privé , cette sorte de corres- 
pondance a été organisée pour la commodité du public avecr 
une telïe deitéfité dé moyens , avec une telle précision de mou- 
vement, qu'aucun instant n'est perdu, et qu'un particulier peut 
écrire a fois et recevoir a réponses en 16= heures dont se com*- 
pose la journée. 

Grâces à M. le duc de Doudeauville, qui a plus fait pour rad-* 
ministratioB des postes en quelque^ années que toutes les ad^ 
mînîstrations antérieures, tm a ^ depuis le i^'*. février 1824 
un service qui présentera les mêmes avantages, et oe ser- 
vioe s'opère en substituant des postillons ^1» fbnt à cheval le 
transport des dépêches de l'hôtel des postes dans les bureaux 
généraux d'arrondissement. Cette amélioration et celle du servi-. 
ce de la banlieue, où l'on reçoit a fois par jour les dépêches de 
Paris , amèneront pour nous le résultat tant vanté l'année der- 
nière dans les feuilles anglaises^ Londres reçoit par jour i35,ooo 
lettres , et à Paris à peine en distribue-t-on 5a,ooo. Quoi qu'il 
en soit, le bien se fait; les améliorations insensibles ont toujours 
des résultats heureux. Qn a, encore beaucoup à faire, et il sufilt 
il l'administration éclairée de la poste d'entrevoir le bien, pour 
qu'il puisse être exécuté. D'iei à i83o ses produits peuvent être 
doublé»; tous les élémens de ce résultat sont à sa disposition. 

Bertheviit. 

2ad Dér MosELWfiiN als Geteank. ui^D Hetlmittel nebst einei^ 
Anh'ange iiber den Weinhandeï an der Mosel. Le vin de la 
Moselle considéré comme boisson et comme remède, avec une 

. notice sur le commerce de ce vin ; par le D*", E. Graff. Bonn f 
182 1: Marcus. 

A la suite d'une courte introduction , l'auteur indique les 
|>arties constitutives de ce vin d'après une analyse chimiijue, 
qui, comme dans toutes les productions végétales de celte na- 
ture, ne conduit cependant pas à des résultats bien exacts. Vient 
ensuite une nomenclature des vins de la Moselle, qui est très-bien 
faite. Après cela une classification de cesdifférens vins, où l'on diS' 
lingue une connaissance parfaite des localkés» On voit clairement 



Économie publique. 121 

qae Tanleiir estime le vin de aon pays, d'après ]a manière dont il 
en décrit les propriétés. Pour ce qni regarde la partie où il le 
traite comme boisson, elle est purement médicale; c'est poorqnoî 
nous l'abandonnons au jugement des médecins, ainsi que la a*. 
partie; nous ferons seulement observer que les remarques de 
l'auteur coïncident en général arec celles tjui ont déjà été 
fiiites. On trouve , dans un appendice , des documens intéressans 
pour la statistique, sur le commerce de ce vin daifs les pays de 
la Moselle. " 

lai. SuK LA Société nxs yigkks dk Làusahne* {Feuille du 

canton de 'Faudj n®. laà, p. 53.) 

Encouragemens pour la culture de la TÎgne* ^— Noos croyons 
utile de signaler, comme un très-bon exemple à imiter , la Société 
établie à Lausanne dans cette intention. Cette Société se compose 
de propriétaires de vignes situées dans le district; le nombre de 
ses membres était déjà , l'année dernière , de 90. Ses moyens 
sont : i^.une surveillance assidue sur les travaux; %^. des prix 
accordés aux vignerons les plus habiles. Les frais sont peu coi^ 
sidérables. Trois visites par année , à l'époque ou les principaux 
travaux doivent être terminés, sont faites par des commissions 
composées d'un ou de deux experts choisis avec soin, et accompa- 
gnés de propriétaires , membres de la Société , qui inscrivent à 
mesure , sur place, les jugemens prononcés par les experts. Des 
prix, pour une valeur de 10 louis, sont distribués chaque au- 
tonme aux vignerons qui ont été reconnus avoir le mieux cul- 
tivé pendant l'année. L'étendue du ressort de la Société l'a dit 
partager en 4 arrondissemens , visités chacun par une conunission 
particulière. On ne fait concourir ensemble que les vignerons du 
même arrondissement. Il est attribué à chacun deux prix ea ar- 
gent y l'un de «4 fr. et l'autre de 16 T., ce qui fait 8 prix annuels 
pour toute l'étendue du vignoble , lesquels sont distribués dans> 
une assemblée générale de la Société , avec des certificats qui en 
conservent la preuve. Douze déclarations de la Société servent 
chaque année d'accessit à ceux qui les ont obtenues; il est tenu 
registre du tout, pour fournir, avec les pièces, des renseigne- 
mens certains sur le degré d'habileté des vignerons. Un prix ex- 
traordinaire, d'une valeur d'envbon 100 francs, est décerné tous 
les cinq ans à celui d'entre eux qui , pendant cet intervalle , s'est 
montré le plus méritant^ soit par des succès constans, soit par quet» 



122 Économie publique . 

que amélioration sensible. Cesrésultats d'un avantage réel, qnoîqne 
encore peu saillans, ODt prouvé l'utilité de cette institution, déjà 
imitée dans les districts d'Orbe et deGrandson , et dans quelques 
communes du district de Morges. Des sociétés, instituées dans le 
même but et à peu près sous les mêmes formes, ont aussi été éta- 
blies dans le canton de Genève. A. D. Y. 

aas. Das Aucenwcsbk uno dik Milukh STivTURGKif IN Mag- 
DEBUBG. Situation des pauvres, et établissemens de charitc à 
Magdebourg. Prix, i rthlr. Magdebourg^ Creutz. 

Cet ouvrage contient : i°. notice sur Thistoire de Tadministra- 
tion des pauvres depuis 179^ jusqu'en iSao ; %^. administration 
actuelle et ses résultats en i8ao; 3^. des établissemens de bien- 
faisance administrés par un directeur particulier; 4^- d^ ^^^^ 
administrés par le conseil de charité; 5^. des établissemens de 
bienfaisance des églises luthériennes ; 6^. des secours adminis- 
trés sous la direction du magistrat. 

On peut a juste titre dire de cet ouvrage, que les résultats ea 
sont fondés sur l'expérience. 

223. BlJDRÀGKir TOT DE HUISHOUDIUG VAN STAAT, IN HET XO- 

NiNGRux DE& Neoeblanden. Mémoires sur l'économie pu- 
blique dans le royaume des Pays-Bas , recueillis pour l'usage 
des Ltats généraux ; par Gysbe&t Karel, C^^. de Hogendoep. 
Gr. in-8.; 7^ part. Prix, 8 fr. La Haye -, v^. J. Ailart et comp. 

2124. Accroissement de la population en Angleterre, dans 

LE PATS de Galles et en Ecosse. 

D'après le recensement fait en iftr i, et celui de i8ai présenté 
au parlement d'Angleterre par M. J. Cleland, au mois de juin 
1823, on voit quels ont été les. progrès de la population dans 
les 86 comtés de ces trois parties de la Grande-Bretagne, pen- 
dant l'espace de dix années. Cet accroissement est de i pour 
cent dans deux comtés, de 2 pour cent dans un, de 4 àauïs un, 
de 5 dans deux , de 7 dans un , de 8 dans quatre , de 9 dans 
trois , de 10 dans trois, de 11 dans six , de 12 dans trois, de i3 
dans quatorze, de 14 dans treize, de i5 dans six, de 16 dans 
quatre , de 17 dans quatre, de 18 dans quatre , de 19 dans trois, 
de 20 dans deux, de 21 dans trois, de 22 dinns deux, de 25 
dans un , de 26 dans deux , de 28 dans un , et de 29 dans un » 
celui de Caithness, 



Économie publique, x 5 5 

Vn général cet accrois^emeot a eu lini dans les principales 
viJies, telles qu'Édinibourgh , Glascow, Manchester, LiTcrpool» 
Londres, etc., par le ôoncours des habitans des campagnes qui 
se sont établis dans ces villes. Il est k remarquer que le comté 
de CaitliTiess , quoique situé an nord et très- éloigné du centre , 
a le plus augmenta en population ; ce qui est dû à rétablisse- 
ment de plusieurs villages fondés pour la pèche du hareng , aux' 
défricbemens qui ont eu lien sur de vastes étendues de landi-s, 
et aux nouvelles routes qui ont fiiciliié les communications. 

225. RevEHU de la GEANnE-BEETACRB. 

Voici Textrait du produit net des revenus de la Grande-Bretagne 
durant les années et quartiers finissant le 5 janvier i8a3 et i8a4 , 
avec l'indication de Taugmentation ou du déficit sur chaque article. 

Année finie le 5 janvier. 

i8a3. i8a4. 

Douanes. 9,397,113 1. io,o64,^i3o U 

Accise^ a5,747,44x 93,956,467 

Timbre ...... 6,ao8,552 6,362,6aa 

Poste 1,359,000 1,337,000 

Impôt foncier. . . . 6,999,007 6,188,877 

Droits divers . . • 4i3,4oo x,i83,o6oK 

Totaux. . • 5o,ix9y5i3I. 49*489^454 

U résulte de ce relevé qu'il y a en augmentation sensible dans 
tous les articles sur lesquels les droits n'ont point été révoqués , 
et qu'en résultat le déficit sur l'année est seulement de 63o,599 1^ 
somme fort inférieure à celles qu'euftsent produites ces droits. 

Quartiers finis le 5 janvier. 

i8a3. 1824. 

Douanes. « . . . . s,4o6,238 I. «,853,345 1. 

Accise 6,291,908 5,847)132 

Timbre. ..... 1*450,987 x,556,8io 

Poste ... .... 324fOoo 36 1,000 

Impôt foncier. . « 2,S45,23x ift946)084 

Droits divers . . . 144,342 860,684 

Totaux. . . 13,162,706 1. i3,425,o551. 

Déduction faite de tout déficit, l'augmenUtion sur le quar- 
tier est ainsi de 261,349 liv. st. {Star,) {Monit,^ xi janv. 1824.) 



I ^4 Économie publique. 

2126. Su& LES &KVEKU3 DU GLERci en Angleterre» y compris le 
pays de Galles. ( Quarterfy rewiew^ déc. i8a3.) 

Le nombre des paroisses est de 10,693 , -dont 5,177 ont le ti- 
tre de rectoriesy et 5,5 16 celui de vicariat (vicarag^s). Il y a 
de plus 6,119 chapelles, ce qui forme un total de 11,342 béné- 
fices ecclésiastiques. De ces bénéfices , nous trouTons que 7,268 
sont conférés par des particuliers, i,3oi parles évêques, 982 
par les doyens et les chapitres, x,o48 par la couronne , et 793 
tant par les deux uniyersités qoe par quelques autrefs établisse* 
mens d'instruction. 

Sur 57,960 milles carrés formant la surfece de l'Angleterre 
avec le pays de Galles, ce qui compose un total de 37,o94)4oo 
acres, on peut estimer que les | sont en culture; ce sont 31,795,200 
acres, dont 7^ environ est exempt de la dime. Restent 28,1 65,688 
acres , sur lesquels la dime se perçoit. L'auteur de l'article évalue 
cette charge à 3 shellings 6 pence , sur plus de la moitié des terres 
qui y sont assujetties, et à i5 pence pour le surplus. Mais il faut 
observer que les dîmes perçues par des particuliers âMa charge 
de rétribuer les vicaires (vicarages and perpétuai- curacies ) doi- 
vent former un produit annuel de 2,583, 142 liv. ster., qui laisse 
à ces laïcs un revenu net de 1,752,842 Hv. sterl. 

Il résulte de ces différens ctilculs que le revenu moyen des bé- 
néfices ecclésiastiques dans l'Angleterre et le pays de Galles est 
de 3o3 liv. ster», mais avec une grande inégalité dans la répar- 
tition. CM. 

SiVj» PopuiiATloir :iHt LA VILLE DE EoME. — <* Suivant un article 
de k gftzette dé Rome, intitulée, Notizia del Giorno (feuille 499 
du 4 décembre 1823), Rome avait, en i823 dans ses 81 parois- 
ses, 34,357 familles, composées de 136,269 individus, dont 
72,355 du sexe masculin. Lé nombre des personnes d'âge à pom- 
munier était de 97,1 99 { celui des enfans au-dessous de cet âge, 
de 39,070. H s'y trouvait 27 évéques et 1,39$ prêtres, i,565 
religieux, 1,370 religieuses, 4^^ séminaristes et étudians. Le 
nombre des pauvres dans les hôpitaux était de ij438, celui des 
prisonniers de 1,218. Il y avait 234 acatholiques oudissidens, 
non compris les juifs, dont la gazette nlndique pas le nombre. 

La population n'était que de i2o,5o5,âmes en 1814 ; 128,384 
en i8i5; 128,997 en i8i6; i3i,356en 1817; i33,8i2 en 18.18; 
i34,i6i en 1819; i'35,o46en 1820; 135,171 en i82i;et i36,o85 



Économie publique. i aS 

en 182a. Les naissances sont à la population totale comme i k 
3i j environ; les décès, comme i à a4 j , aussi environ. Il naît 
par jour environ 12 enfans, et il meurt environ i5 personnes* 
Les naissances des filles sont à celles des garçons à peu près dans le 
rapport de 100 à loa. Le nombre des mariages a été, en i8a3y 
de 1,269. Ily en avait i,5a3 en i8i5; i,44o en 1819; 1,395 en 
1820; i,3o3 en i8i6;mais i,o3i seulement en 1817 et 1,1 $7 en 
1822 : la moyenne est de ia85. Ils sont à la population totale 
comme i à 107 •}, et aux naissances comme 1 a 3 1. C. K. 

228. PopuLATioir DE Naplss. — Soivant un recensement lait k 
la fin de 182a, cette ville avait 344)X76 Labitans, ce qnifiiisait 
3,573 de plus que l'année d'avant. On évaluait le nombre des 
étrangers a 10,622. Celui des naissances avait éré de 1 4,233 , et 
cdui des décès de 12,195. Les mois où la mortalité est la plus 
forte, sont 'ceux de janvier, février et août; ceux où elle est le 
plus faible, avril , juillet et novembre. Les faubourgs de San-Lo- 
renzo, Paudina et Porta, ont une plus grande proportion de décéa 
que ceux de San-Femando , Chiaia et Avocata. Le nombre des 
centenaires avait été de 17, dont 11 femmes. Le nombre des 
mariages existans était de 59,384* {Letter bode de Harlem ^2, 
janvier 1824.) €. M. 

229. £sp AGITE. Progrès des sciences. •-» Dans un ouvrage sur 
TEspagne publié par M» d'Hautefort en 1820 (1) ^ on trouve une 
notice snr l'état actuel des sciences mathématiques et physiques 
de ce royaume* 

Cette notice comprend plus de deux cents pages d'impression. 
Personne avant M. d'Hautefort n!avait abordé ce sujet ; plo- 
sieura écrivains soit espagnols soit étrangers avaient parié des 
poètes et des littérateurs qui ont illustré la Péninsuley^mais aucun 
n'avait songé à nous donner utie idée de la culture des sciences 
exactes en Espagne. M. d'Hautefort a entrepris le premier cette 
tâche » il y 9 réussi ; et voici le jugement que porte de son ou- 
vrage M. le baron Foùrier» membre de l'Institut, secrétaire de 
l'Académie des sciences: 

« L'ouvrage que M. d'Hautefort a présenté à l'Académie et 



l**»! 



(i) Coup d'ceil sut* Lisbonne et Madrid, etc., etc., ete.'Otiyrage 
dédié au rot, {wr M. d^Hautefdvt. .Ch«E Duponl, imprimeur, rue de 
GrencUe-Saint-Honoré, hôtel des Fermes. 



1 26 Écorwmie publique. 

» qae }*ai été chargé d'ezamioer contient ane notice fort intéres* 
» santé snr Télat des sciences en Espagne, et fait connaître exacte^ 
» ment leor situation dans ce pays et les progrès successifs de 
» toutes les branches de U philosophie naturelle. Cet ouvrage 
m est le fruit d'une instruction variée et étendue : il est digne à 
» tons égards des suffrages des amis des sciences et des encou- 
• ragemens destinés aux productions utiles. » 

a3o. Portugal. — Instruction publique, — Le gouvernement 
de Portugal a établi à Lisbonne, dansThotel de la monnaie, deux 
cours publics, un pour la physique et l'autre pour la chimie, 
sous la direction de M. M osina Albuquerqne, qui a étudié à Paris, 
et qui j a suivi les cours les plus renommés ; il y a donné lui- 
même un ooors particulier l'année dernière. [Europ, Mag.^ oct. 
1823 , p. 553.) 

23 1. De l'écoitomix publique et eueale des Égtptieits et des 
Caethacinois , précédée de considérations sur les antiquités 
éthiopiennes; par L. Reynier. 1 vol. in-8. de 5ao p. Prix , 7 fr. 
Genève et Paris ; 1 8a3 ; Paschoud. 

M. Reynier a entrepris de Êiire connaître successivement Te- 
tat de Téconomie publique et rurale chez les diffcrens peuples de 
l'antiquité. Il avait déjà signalé sous ce double rapport la situa- 
tion sociale des Celtes , des Germains , etc. , des Perses et des 
Phéniciens , des Arabes et des Juifs , et enfin le mode d'existence 
de l'Egypte sous la domination des Romains. L'ouvrage que nous 
annonçons fait connattre ce qu'était cette contrée avant cette 
époque , et l'auteur s'efforce de répandre quelque lumière sur te 
système économique des Carthaginois , pour l'appréciation du- 
quel on a si peu de données. * 

Une étude approfondie de toutes les sources historiques, et 
une connaissance parfaite de l'Egypte «actuelle, dont M. Reynier 
a pu observer l'aspect physique, les mœurs, les lois et l'adminis- 
tration , pendant la mémorable expédition dont il Élisait partie, 
l'ont mis à même de représenter avec vérité l'état ancien de ce 
pays célèbre, avant que l'empire colossal de Rome l'eût englouti. 

La première partie, concernant les Égyptiens, et divisée en 
7 chapitres. Dans le i*'. , l'anleur se livre à des considérations 
sur les antiquités. éthiopiennes, et «'efforce , par diverses- conjec- 
tures tirées des emblèmes de l'ancien Zodiaque et de la langue 
sacrée, d'établir l'antériorité de cîvilisatîon de l'Ethiopie^ et d'y 



Économie publique. i a 7 

rapporter oeDe de VÈgy\yte. Selon lui , les peuples à qui les Grecs 
ont donné le nom d'Éthiopiens , seraient les Berberis ou fiercbè- 
res y qui se retrouvent encore aujourd'hui dans les chaînes de 
l' Atlas, dépendant de Maroc, comme dans les contrées qu'arrose 
le Niger; et ce peuple puissant , conformément à d'antiques tra- 
ditions , aurait étendu sa domination eu Asie, et même en Eu- 
rope, où il aurait porté ses opinions religieuses. Le nom de 
Pélasges ne serait que l'un de ceux de ce peuple conquérant. Les 
conjectures de l'auteur à cet égard sont très-ingénieuses. Il établit 
encore , sur des données qui fortifient son opinion d'un grand 
caractère de Traisemblance , que le régime théocratique aurait 
été précédé en Ethiopie, comme ill'a été aux Indes et en Egypte, 
par une époque antérieure , où un commerce étendu fayorisait la 
civilisation, les sciences et la prospérité publique. 

Dans le a*, chapitre , M. Reynier , s'occupant des plus anciens 
temps de TÉgypte, continue de» montrer qu'un système d'éco- 
nomie publique, dont un commerce étendu et brillant était la 
base, a dû précéder le système purement agricole, fondé depuis 
par le gouTcrnement théocratique 1 et que le i*'* des deux régi- 
mes a pu seul produire les nombreux et magnifiques monument 
clont on admire aujourd'hui les ruines. 

Le chapitre 3*. est consacré à l'examen de l'organisation politL 
que de l'Egypte , depuis le commencement de la théocratie. La 
nation se divise alors en a castes supérieures , celles des prêtres 
et des guerriers , ayant seules une influence politique ; et trois 
inférieures, celles des cultivateurs, des artisans et des pasteurs, 
se subdivisant à leur tour en professions diverses , auxquelles les 
familles étaient héréditairement et irrévocablement attachées. La 
même subdivision , avec les mêmes conditions d'iiTévocabilité , 
se retrouvait dans la hiérarchie des deux classes influentes, dans 
lesquelles la propriété du territoire était aussi concentrée ; l'élec- 
tion d'un roi appartenait à ces deux castes , mais de manière à la 
laisser réellement entre les mains de la 1''"., qui réglait l'édu- 
cation , les* fonctions y et toutes les actions dû prince et de sa fa- 
mille , exerçant ainsi en effet l'autorité souveraine en sou nom , 
occupant tous les emplois de l'administration , et s'étant réservé 
jusqu'au pouvoir de faire juger les rois après leur mort, afin de 
les mieux soumettre à leur ascendant pendant leur vie. C'est au 
même motif que M. Reynier attribue avec beaucoup de vrabem- 
blance l'inceste légal auquel les monarques de l'Kgypte étaient 



r ^8 Économie publique. 

condamnés, et dont les rois Grecs se courent obligés d'adopter 
Tûsage révoltant ; la caste sacerdotale administrait les revenus, 
fixait l'impôt, rendait la 'justice , dirigeait la police , inspectait les 
poids et mesures ; les lois , les sciences, tout, jusqu'à la médecine 
et même à la musique, était exclusivement dans ses attributions; 
et la langue, ainsi que l'écriture sacrée, dont elle avait seule la 
clef, fermaient au reste du peuple l'accès à toute connaissance 
d'un ordre élevé. La caste des guerriers se composait de pro- 
priétaires fonciers tenus au service militaire. 

Toutes Tes terres étaient réparties par tiers dans chaque village, 
entre le roi et Li famille royale, la caste sacerdotale et la caste 
n^ililaire ; ainsi les castes inférieures, même celle des cultivateurs, 
n'étaient pas propriétaires; celle-ci était réduite à une possession 
subordonnée ; attachés à la glèbe, comme les paysans d'une 
partie de l'Allemagne, ils payaient une redevance, et ne pou- 
vaient transmettre ou aliéner leur tenure qu'avec la permission 
de leur propriétaire, et moyennant une rétribution. Cet ancien 
système de culture indiqué par les historiens Grecs , est confirmé 
par le Système actuellement en vigueur , quoiqu'il se soit de beau- 
coup aggravé pour les fellahs. La division antique de chaque 
canton, de chaque village, entre trois propriétaires différens, 
avait en effet au moins l'avantage de les intéresser à empêcher 
que l'excès des redevances ne nuisît à la culture et au produit 
du' sol. Ils avaient un intérêt égal à la juste distribution des eaux 
destinées à fertiliser le sol ,par des canaux ; une particularité qui 
Caractérise le système rural de l'Egypte, et que fait remarquer l'au- 
teur, c'est l'impossibilité d'une division réelle et stable des proprié- 
tés territoriales; l'inondation , dont les résultats varient chaque 
année , déterminant seule la portion cultivable et productive du 
sol, une démarcation effective et fixe devient impraticable; on 
y supplée par un enregistrement annuel qui règle entre les pro- 
priétaires et entre les cultivateurs le partage du produit des ter- 
res fertilisées par l'inondation. Cette répartition si importante 
est aujourd'hui entre les mains des Coptes , descendant de la caste 
ancienne des prêtres , qui ont conservé précieusement cet héri^ 
ta|^e , dont ils disposent en partie, au moyen' d'une double comp- 
tabilité. Tune pstensible et l'autre cachée, dont ils se réservent 
le secret. Après avoir retracé la division politique et administra- 
tive de rÉgypte , M. Reynier examine successivement les causes 
et les résultats des diverses révolutions qu'elle a autrefois subies. 



Économie publique. 12g 

La première y Tinvasion des rois pasteurs, qui j régaèrent pen- 
dant trois siècles y lui parait avoir été Tépoque du séjour de Ja* 
seph et des Juifs, et celle de la construction des fameuses pyra- 
mides y destinées à Texercice du culte des conquérans, qu'ils tou- 
lurent imposer au peuple conquis. Cette destination principale 
de ces monumens gigantesques est aujourd'hui l'opinion qui a 
prévalu. L'invasion des Assyriens , la révolution opérée dans le 
gouvernement par Psamméticus , la conquête de l'Egypte par les 
Perses, ensuite par Alexandre; l'établissement de la dynastie des 
rois Grées y dits Lagidesi enfin la soumission de l'Egypte aux 
Romains, sont examinées avec le même soin dans leurs causes 
et dans leurs conséquences. Les chap. ^^ S,6p et'j^ contiennent 
l'exposé raisonné de la situation de TÉgypte, à ces di£férentes 
époques, sous les rapports de la religion, considérée d'après ses 
relations avec l'économie publique, des finances , des arts, du 
commerce et de l'agriculture. Partout l'auteur fait preuve d'une 
éradition profonde et d'une sagacité très-remarquable; partout il 
applique à ses recherches des notions aussi étendues qu'exactes 
sur l'Egypte moderne ; notions qui lui servent toujours à expli- 
<{uer avec beaucoup d'habileté, et le plus souvent avec une 
grande vraisemblance, les difficultés de l'histoire et du système 
économique de l'Egypte ancienne* Le travail de M. Reynier peut 
être mis au nombre de ceux qui apprennent le mieux à con- 
naître cette contrée célèbre. 

Le même genre de mérite se retrouve date çjAvâ qu'il a consa- 
cré aux Carthaginois, et il y a souvent surmonté Jivec bonheur 
les obstacles que lui opposait le défaut de documens précis et dé-* 
uillés sur l'économie publique et rurale de ce peuple rival des 
Romains. 4 chapitres sont consacrés à des considérations généra- 
les, k l'organisation politique, au commerce et à l'industrie , en- 
fin à l'agriculture de la nation Punique. L'auteur s'attache à 
signaler les résultats de son gouvernement, concentré comme 
depuis à Venise, entre les mains d'un petit nombre de familles 
paissantes. C'est par les factions que produisit ce système, et par 
l'esprit de conquête (qu'elles substituèrent bientôt ou génie du 
commerce, qu'il explique la décadence et la ruine de Carthage. 
Cette partie ne se distingue pas moins que la précédente par des 
vaes solides , ou des aperçus au moins ingénieux, et par des dé- 
tails très-curieux sur le commerce, l'industrie et l'agriculture des 
Carthaginob. A. D. Y. 

F. ToMX L 9 



1 5o Économie publique. 

a32. Culture du cotow ew Egypte. — Un Français, M. Jnmel, 
imagina, il y a quatre ans, de transplanter en Egypte le coton- 
nier du Brésil. L'essai lui réussît, ^et le. pacha ordonna bientôt 
d'augmenter la culture de cet arbuste, et de l'exécuter plus en 
grand. Le produit de la récolte s'accrut, la deuxième et la troisième 
année, dans une progression rapide. Maintenant, dans la qua- 
trième , il est déjà arrivé à Marseille 600,000 kilogrammes de ce 
coton , et a peu près autant à Livourne et à Trieste. Des lettres 
dignes de foi annoncent que la récolte de cette année s'âèyera à 
plus de 5,000,000 de kilogrammes. La culture de ce produit, qui, 
^ par Tordre exprès du pacha , a pris le nom de coton de Jumel, 
est permise dans toute l'Egypte sans restriction. Le pàHïa veut 
rétendre, dît-il, jusqu'aux sources du Nil. Ce nouveau coton 
d'Egypte est excellent ; il remplace patfaîtement celui de Per- 
nàmbouc , et paraît même plus pur et plus blanc. Ces qualités et 
le bon marché le feront sans doute employer dans les manufac- 
tures. ( Journal des Débats y 21 janvier i8i40 

a33. YicÉTAUx bovt s'est eneichic récemment la colonie de 
File de Bourbon. ( Ann. de VAgr, franc, ^ sept, et oct. 1828 , 
pag. 387. ) 

Nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs de l'état de 
prospérité auquel est parvenu, à Tîle de Bourbon, le jardin bo- 
tanique, destiné à faciliter la naturalisation, dans cette colonie, 
des plantes exotiques les plus précieuses. 

Cet établissement s'est enrichi, depuis peu d'années, de 
quatre végétaux, dont l'espèce s'est ensuite répandue dans la 
colonie. 

Vanillé, — Des boutures qui furent introduites de Cayenne 
en 1819 , par M. le capitaine de vaisseau Philibert , ont parfaite- 
ment réussi; et aujourd'hui le jardin de naturalisation, ainsi que 
plusieurs habitations particulières, possèdent des vanilles de cinq 
à six pieds de hauteur , et dans le meilleur état de végétation. 

Erythrina indica. — Cet arbre est considéré coihme éminem- 
ment propre à servir de tuteur au poivrier. Il en a été déposé à 
Bourbon, en i8ao , plusieurs plants qui sont maintenant éle- 
. vjés de trois mètres ^ et ont déjà multiplié. 

Dolichos bulbosus. —-Substance léguminense du genre hari- 
co{. La gousse est un mets sain et savoureux que les Malais et 
les Labitaiis des iles Philippines recherchent beaucoup. Semée 



Économie publique. 1 5 î 

dans le jairdin botanique de Bourbon le 6 dëcetnbre t^ii , elle 
montrait, an 1 5 mai i8l3, une Ti^ëtatîon aussi active que vî- 
gonrense. Les bulbes de Dolichosexbtant à Bourbon avaient alors 
deux pouces de diamètre. L'iniroductio^ de cette plante nonr- 
ricière, dont on s'occupe de faire des semis en grand , est pour 
la colonie un véritable bienfait. On est persuadé qu^il serait fa<^ 
cile de la naturaliser en France, surtout dans les départeroenà 
mértdlionaux. 

Arbre résineusp (non encore décrit). — • Le plant qui en fut 
apporté des Philippines à Bourbon en i8ao, par M. Perrotel» 
jardinier-botanbte, et qui était alors très-petit, a plus de deux 
mètres de baùteun II en existe actuellement don^e pieds au Jar» 
din du Roi à Bourbon. Il s'échappe du trône de cet arbre, lors- 
qu'il est fendu verticalement , un suo qui produit une résine 
abondante et précieuse pour divers usages. 

234. De l'EmpiIik ru Bbesil, considéré sous ses rapports poli -^ 
tiques et commerciaux; par M. V. Anglivikl La Beaumelle/ 
Un vol. în 8. de a6o p. Paris; i8a3; Bossange père. 

M. La Beaumelle a voulu, dans cet écrit,.ca]culer l'importance 
du Brésil sous le rapport politique et commercial. Dans l'hy*. 
pothèse de l'émancipation forcée de ces vastes contrées^ il a 
préludé dans les trois premières sections , à des généralités sur 
les causes qui amènent les cbangemens d'étendue des états , sur 
la colonisation en général, sur les progrès de la civilisation dûs à 
Tindépendance des Amériques,' et sur celle du -Brésil eu particu- 
lier. Ces réflexions amènent l'auteur aux trois seules sections qui 
paissent rentrer dans notre cadre; ce sont les sixième, septième 
et huitième. 

La sixième, 6ù l'auteur s'occupe de prouver que l*ittdépfiii. 
dance du Brésil sera utile au Portugal , outre les conjecl«res po^ 
litiques dont nous n'entretenons pas nos lecteurs, contient queU 
ques résultats sur les exportations et les importations empruntée^ 
aux gazettes anglaises. Pour qui connaît l'action irrégulière des 
douanes dans le royaume du Brésil, il est constant que les 
nombres qui représentent l'exportation sont inférieurs de moi- 
tié au moins à la quantité des matières sorties, et les chances 
d'erreur augmentent quand on voit les données évaluées en 
monnaies; nous dirons donc avec l'auteur: «Les rangées de chif* 
» fresne donnent pR3 toujours une idée juste ni un résultat exact, i 



iSa Voyages. 

Dans la saptième tectioD , où M. àt la Beaumelle traite de 
rindiépendance dn Brésil dans ses rapports avec TEiirope, il 
la considère avec raison comme une ntile relâche pour la naviga- 
tion de FInde depuis que le cap de Bonne-Espérance a cessé de 
l'être : mais la navigation de Tlnde attend de bien plu^ puissans 
moyens de la déterminatien qui couperait l'isthme de Suez. Le 
commerce du monde a besoin de ce .levier pour être tout ce 
qu'il doit être. 

On voit dans ce chapitre une longue énumération des avan- 
tages commerciaux à attendre^ pour chaque puissance de l'Eu- 
rope, des relations bbres établies entre elles et le Brésil; mais 
dans ces calculs de l'espérance , il ne faut pas oublier que la con- 
sommation est celle d'une population d'environ i,ftoo,ooo colons 
demi-sauvages ; voilà pour l'exportation européenne. 

n faut se rappeler aussi que , pour extraire du Brésil , on ne 
trouve, au lieu de moyens de communication, que quelques terres 
.voisines de la mer qui soient bien cultivées; voilà pour le com- 
merce d'extraction. Les choses peuvent changer; mais il faudra 
peut-être plus d'un siècle pourvue les vues de l'auteur forment 
même une perspective. - B^ftTBKvxif. 



VOYAGES. 

a35. JouRVAi DES voTAGSs, OU archivcs géographiques du ig*. 
siècle, etc.; par M. Yerneur, etc. I7ov. et déc. i823. 

Le cahîwSi^. de la collection contient: x^. Mémoires et no- 
tices. Voyage d'un Tartare en Afrique , extrait de la Gazette 
royale anglaise de la Côte-d'Or d'Afrique du 3i déc. 1822; 
•notes sur Batavia, par M. Lacheurie, ex-aspirant de marine; 
description de Barcelone; renseignemens géographiques et com- 
jnei*ciaux sur Calcutta et Chandemagor , recueillis pendant les 
années i8i8et 1819; notice sur la dernière expédition septen- 
trionale du capitaine Parry. %^. Extraits et analyses : Journal 
d'une excursion dans une partie de la chaîne neigeuse 4^ l'Hi- 
malaya , et aux sources du Gange et du Djemnah, par James 
Baillie Frazer. Londres , i8sii. 1 vol. in- 8. de 548 pages. Carte 
des eaux minérales de la France , dressée d'après .la carte de 
.Cassini; par M. Bréon, docteur médecin, et conforme à la di?i- 



yojages. 1 55 

sion adoptée par la commbsioa det eanx OMiiéralei. Parts; 
i8a3; chez L. Colaa, libraire, me Dauphine; une fenille; 
prix , 5 firaacs. 3^. Événetnens mémorabUs : Tremblement de 
terre à Yalparaiso , extrait d'uae lettre datée de cette Tille du 
Chily^ le a4 noyembre i8aa. 40. Variétés ^ méianges : Société 
de géographie, notice des trayaux de cette société pendant l'an* 
née i8a3 ; singnlier effet de la réfraction dans les mers Polairea; 
extrait du voyage de M. Scoresby. 5*. Gatette géographique : 
Noaveau voyage da capitaine Parry; voyage de M. Chaumètte- 
Desfossés en lïorwëge ; retour de M« Rnppel au Caire ; Toyage 
scientifique dans TAmérique méridionale; mine d'or en Russie; 
pèche extraordinaire ; culture du nopal et du café au Sénégal 
et à Bourbon ; variété des langues en Russie; nouvelle importa* 
tionen France des cbëvres du Thibet. 

Le cahier 69^. de la collection (décembre iSiS) contient : 
1°. Mémoires' et notices : Notice historique, géographique et sta- 
tistique aor rile de Cr)dan ; relation d'une excursion faite au- 
tour de la péninsule de Sierra*Léone; suite du voyage inédit 
ei| Italie; par M. O. %^. Extraits et analyses: Description de l'Ile 
de Saint-Michel , avec un essai sur sa structure géologique , et 
suivie de remarques sur les autres Açores ; par J. Webster ; 
Boston, xftm, X vol. in*8. Journal d'un voyage dans le terri- 
toire d*Arkansas, pendant l'année 1819; par Tb. Nuttal; Phi- 
ladelphie, 1 831 ; X vol. in-S. Nouvel atlas de la mer Adriatique ^ 
publié à Milan par l'institut géographique militaire, sons la di- 
rection de l'état-major des armées de S. M. l'empereur d'Au- 
triche. 3^. Événement mémorables : Atrocités commises par lea 
corsaires Barbaresques dans l'Adriatique et autres parties de 
laMéditernùtté, en x8xS, relatées dans une lettre adressée à 
sir Sidney Smith, perle capitaine Thurlow Smith, delà marine 
royale Britannique. 40. Variétés , tnélanges : Extrait des séances 
de la commission centrale de la société de géographie , des 17 et 
SI novembre x8ao; liste des volcans actuellement enflammés; 
par M. Fi^'Arago, de Tmatitut et de l'observatoire royaL 5^. Ga- 
utte géogjpapkique : Voyage de M. £d. Ruppel en Ni^ie, extrait 
d'une lettre datée du nouveau Dongola^ le i5 juin x8a3, et par 
lui adressée à M» le baron de Zach« SuBua-MBauir» 

)36. NofJvBLLBs ARV ALES DES VOTAMES , de la géographie et de 
fhistoii^, etc.; par MIVI, Evaiis et Mal^ ft«Baow ; novemb. et 
dccenib.; x8aS* 



i54 Voyages^ 

Cette Hyraison , 47^« d^ la collection , contîeot : Suite du 
voyage dam qnelques provinces dé rAsie-«Mineure, fait en 1800^ 
par M. Leake ; observations sur la géographie ancienne et mo<. 
dei*ne de la partie de la côte de TiLsie-Mineure et des pays de 
celte pre^qutle traversés par le général Koehler » avec des no- 
tes; description de l'Ile de Formose; nouvelles les pins récentes 
de Taiti, extraites delà Gazette de Vlnàe,, Bulletin géographique: 
i^. Analyse: Forêt vierge du Brésil » estampe gravée d'après le 
-dessin de M. le comte de Clarac y par M. Fortier ; voyage pit- 
toresque dans les porta et sur les côtes de la France , publié 
par M. J. F. d'Osterwald ; esquisse de la géographie physique 
et statistique des pays allemands, par M, N« T. Hoffmann; 
Umriss zur Ërd-nnd-Staaten-Kiuide, Stutgard, 1823. a^. Mé-. 
langes : Notice historique des travaux de la Société de géogra« 
pbie pendant Tannée i8a3 ; population du département de 
l'Aisne; con&titution physique de ce département ; mines d'or 
•découvertes dans les râonts Ourals; nombre des étudians dans 
quelques universités , en iSi^ ; élévation du mont Rosa ; les 
•nouveaux adamites dans la vallée de Hasli { la tour des Serpens, 
aux lies Schetlaqd; population de Naplea; essai de législation 
à Otaïti. 3^. Nouvelles ;■ Relation de M# Simonoffsnr lea décou^ 
vertes des Russes dans les mers polaires australes ; fouille de 
Pompéia ; voyages de MM. Spix et Martina au Brésil , et de 
M. Knppel en Arabie et Nubie; annonce du voyage de Moham-^ 
med-Misirah à travers l'Afrique ; troisième voyage dû capitaine 
Parry. 

La 48% livraison ( déo. i8a3 ) contient : Voyage de Rio de 
Janieiro au Comard^ d'Ilha grande ^ ûit en x8ao, par G. G, 
^'Esefawege; naufrli^fe du navire le Saint-Nicolas^ capitaine BoQr 
lu^in, le i^'. novenibrl? 1818, sur l'île Destruction du Van- 
couver, située par 4*7 degrés de latitude nord , le long de la côte 
nord-ouest de l'Amérique; observations sur la condition des 
femmes dans l'Inde. 

Bulletiït géographique : 1^. Analyse : Dîctionn^re géogra- 
phique universel , contenant la description de tous les lieux du 
globe, intéressant sous le rapport delà géographie physique et ' 
]»olitiqu«, de Thisfoire , de la statistique^ etc. ; par éne tôclété 
de géoi^ph^. "2°. Mélanges : Lettre de M. £d. Ruppell àlMl. le 
baro^-d^t.Zachr qu^lfiU^s us^ge» àes Bousch-wanas ; voyage de 
M. John Campbell a Maschaou et à K-ourritch^n; exploration ' 



delà Nouvelle-Zemble; remarques du capitaine %Scorefiby sur 
l'est du Groenland; sur le cboléra-morbus. 3^. Nouvelles : Pro- 
grès de M. Belzoni en Afrique; annonce de l'atlas polyglotte du 
globe, par M. Adrien Balbi; latitudes et longitudes de M, Bel- 
lingsfaausen. Sueue-Meelin. 

a37, Raccolta dsi yiacci dopo quclli di Copk. Recueil de voya- 
ges postérieurs à ceux de Cook , vol. g^^. 3^. Du voyage au 
Brésil pendant les années i8i5, 1816 et 1817 du prince Max. 
de Wiep-Neitwied. In-ia de a6a pag. avec pL Prix, 3 fr. ; 
Milan ; Sonzogno. 75o ex, 

a3$. ISFO&llATlOirS, AKD UIEECTIONS rO& TEAVELLEXS y etC. ludi* 

cations et directions pour les voyageurs sur le continent; par 
Har. Sta&xe. 5^ édit. in-8^. Prix, li sb. Londres ; i8a3;^ 
S. Murxay. 

aSg.T. F. M, RicHTEm's Rzisur zv Wassui uhd zn Lahbs , etc. 
YoyagesparterreetpamerdeT. F. RicBtsi^deittoS à 1817 
pour l'instruction et Tamusement de la jeunesse* a vol. in-8. de 
a4o p. Prix: i tb. 3 gr. ; Dresde, i8ai ; à la librairie d'Arnold. 

Cet ouvrage porte aussi le titre de f^erungtiicAte Rcise , etc. ; 
voyage malbeurenx de Hambourg à Saint-Tbomas, et retour par 
lïew<TorlL et Copenbague, avec des. remarques particulières sur 
le caractère et la manière de vivre des matelots. On trouve dans 
ce Recueil des indications sur les courans de la mer, des rensei- 
gnemens sur la manière dont les Algériens exercent leur pira- 
terie , et beaucoup de notions utiles , entre autres sur Porto- 
Santo, New- York et la Nouvelle Jersey. Il se recommande, en 
outre I par une belle exécution typographique. ( Leipz. Lit, 
Zeit.g i8a3, p. 376.) 

a40. AlX THE VOYAGES EOUND THE WOELD. ReCUcil dc tOUS IcS 

voyages autour du monde depuis ceux de Magellan jusqu*à 
ceux du capit. Freycinet, avec 100 gr. Prix : 10 sb. 6 d. Lon- 
dres; Lewb. 

a4i. 7^s UKIVEESAL MODEER TEAVELLEE. Lc voyagcur modeme 
universel, avec loo belles grav. Prix : 10 sb. 6 d.', rel. Lon- 
dres ; Lewis. 

a4si« PoPULAa voyages and Teavels , etc. Vovages populaires 
par terre et par mer , sur tous les continens ef iles d'Europe , 
avec ufte description des pays , du caractère , des mœurs et 



/ 



i56 f^ojrages* 

cpntimics des nations , et nne explieation scientifique des phé- 
nomènes les plus remarquables de la nature ; par mistriss Ja- 
MEsoir ( ci-devant miss TBuaTLE ) ; in- 1 1 , avec |3 viies, Prix , 
9 sh, Londres ; Wittaker. 

^4^« BiBLioTHEx. DER NEUESTEK Reisen , etc. Blblioth. des noii-r 
yeaux voyages dans les pays classiques du monde ancien, 
destinée à accélérer les progrès de Tétude de$ antiquités y prin- 
cipalement dans les universités et les gymnases; publiée par le 
Di*. F. K. L. SiGELElTy à Meiningen , chez Keyssner, i8a2 ; avec 
cçt autre titre : Classiche und topographîsche reise durch 
. Griechenland. Voyage classique et topographique dans la 
Grèce , pendant les années 1801 , 5 et 6 ; par 'Eo; Dobwell ; 
traduit et enrichi de remarques , par le D^*. Sickler, 2«. voL , 
A^ part., 367 p. {Leipz. LU, Zeit,^ juill., 1823, p. 1480.) 

C'est la fin de ce voyage intéressant et remarquable par l'in-^ 
^truclion étendue dont l'auteur y fait preuve, Ro. 

244. Bemeerunoen EiiTER Alpenreise, ctc. Obscrvations faites 
pendant un voyage aux Alpes , en passant par le St.-Gothârd , 
le 5t.-Bernard , Furka et le Grimsel ; avec des remarques sur 
la culture des Alpes , le changement de climat , les glaciers , 
etc. ; par C^h Kasi^ofee. In-80.,, 3 flor. Aran; x8a3 ; Sauer-f 
ïànder. 

fl45. 4 çLASisicAL TOUE THEOU&H Italy. Voyage classique en 
Italie \ par le R. J. C. ëustache; 6«. édit., augmentée d*une 
préface par l'éditeur, avec la traduction des passages cités dans 
l'ouvrage; ipie carte dfi l'Italie, 4 vol. in-8<>. Prix : 1. 3. Lon^ 
dres; J. Mawman. 

946. pEEEOEiNAZioinç Di Davioe Be&tolotti , etc. Recueil des 
voyages deD.B^ETOLOxTi, auteur du Voyage au lac de Como \ 
a vol, in- iÇ, avec le portr^ de l'auteur; 5 1. 5o; pap. vél. j cart, 
7 liv. 5o. Milan; i8aa; 5oc. /jp, 

Ce voyage contient les excursions de l'auteur au lac d*Orta , 
s^ux vallçes de Fobillo et d'Anzasca, au sommet du mont Rosa« 
Levoyage de Milan à Genève par le Simplon, et relour par le 
grand St.-Bernard ; la descrip. de la Chartreuse de Pavie et de 
la foire de Pavie , celle de Bergame et de la foirede St.-Alexan-» 
dre ; de la fête de Cinisello , etc., etc. {^Joum de /{iLiif, étra^^^x 
lept, i8a3, p. a6ô,.) 



P^o/ages. 1 57 

247. Taoebucb Biirxfi Imyalidsit, etc. Journal d'un inralide 
voyageant en Portugal , en Italie , en Saisse et en France » en 
1817, 1818 et 1819, traduit de Tanglais de S* Matthbws. 
!>«. part. Dresde, i8!ia. ( HeideL Jahih. , avril i8a3 , p. 416. \ 

Cet ouvrage est très-estime en Angleterre ; il se distingne de 
la plupart des relations de voyage , par l'exactitude des des- 
criptions et le choix des détails tout à la fois instructif et amu- 
sans ; la traduction allemande ajoute encore au inérke de Tori- 
ginaL par les remarques judicieuses qu'y a ajoutées le traduc- 
tenr. Ro. 

%tfi, Tbayils ih Italt , G&EiGs, AKn TES loHiAir isLARDS. Voya- 
ge en Italie y en Grèce et dans les iles Ioniennes, dans une 
suite de lettres décrivant les moeurs , les sites , et surtout les 
beaux-arts; par H. W. Williams, a yol. in -8^. avec grav. 
Edimbourg; Tait. Londres; IxMigman. 

Ces voyages ont été publiés il y a trois ans; mais ils n'ont 
rien perdu de leur intérêt, étant le fruit des observations d'un 
artiste distingué sur les ouvrages précieux de l'art en Italie et en 
Grèce, qui doivent être l'objet constant de l'attention de tous 
ceux qui ont quelque goût pour les beaux-arts* 

949- A ncTOBESQUB TOUB THBOUGH THE Obeblaio). Toyage 
pittoresque dans TOberland , canton de Berne en Suisse. 
In-8^. Pr. 1 1. 8 sli., demi-rel. avec 17 grav. col. et une carte . 
des principales montagnes et glaciers. Londres, Ackermann. 

ilSo. BeOBACHTUNGEN At7F EINEB ReISE DUBCH EINEH ThEIL VON 

WssTPnALBN UNO HoLLABD. Observatious faites dans une 
partie de la Westphalie et de la Hollande , pendant l'année 
1806, I vol. : Prix, 1 thlr. 18 gr. C'est le 3®. vol. d'un ou- 
vrage intitulé , Beohachtungen avf Reîsen in-und ausser 
PeiUschland. Remarques faites dans des voyages en Allema- 
gne et à l'étranger , par le D»". A. H. Niem^teb. Les 3 vol. 
S tblr. 6 gr. ; Halle ; WalsenLaus. 

aSi. YoTAOBS DANS LE NOBD DE l'Allemaone, comprenant 
rétat des institutions politiques et sociales, l'agriculture, le 
commerce, l'éducation, les arts et les mœurs, principalement 
en ce qmr concerne le Hanovre, par Th. Hodgsbin> 2 vol 
in-8,, X tiv* 45. 
Après avoir parcouru la France, Tltalie et la Suisse, l'auteur 



1 58 f^ojrnges. 

passa eh Allemagne dans le double bot de se fenitUamer avec la 
langue et d'étudier les institutions du pays. Il iFisita d'abord la 
Sobéme, dont il fait un tableau peu flatteur. Les auberges sans 
lit, sans pièces distinctes , n'offrent aux voyageurs qui s'y réfu- 
gient qu'une espèce de bangard où l'on trouve un peu de paille 
et qu'éclaire une lampe à la façon de celles qui servent à jeter 
quelque lumière daus les réunions de pèlerins ou les antres de 
voleurs. Les villes ne valent pas mieux que les ai^berges ; tout y 
.annonce le défaut d'industrie, touty signale la misère ou du moins 
la pauvreté. La Saxe, la Prusse, sont dans un état plus prospère; 
néanmoins l'industrie y perd de son activité. L'extension qu'on a 
donnée à l'usage du coton, ruine les manufactures de toiles; la 
culture intellectuelle de l'Allemagne , l'esprit de mysticité qui s'y 
fait remarquer , otit fourni à l'auteur des détails curieux. ' B. S* 

aSa. Reise eines gesunden, etc., voyages d'un bomme bien 
' portant aux bains de mer de Swinemùnde, de Putbus et de 

Dobéran; prix, i6 gr . A Berlin, cbez les frères Gaedicke. 

Cet ouvrage se recommande par des renseignemens exacts 
sur ces bains célèbres et leurs environs, tels queStettin^ An^ 
clam, Stralsund, l'ile de Riigen , Rostock, etc« 

a53. Thavels ok the continent and in ëngland. Voyages sur 
le continent et en Angleterre ; par \Nie9ceyee. ( Modem^ 
voyag, and travels de R. Phillips , t. IX , n^. 4p. ) 

L'auteur, dont l'éducation avait été toute anglaise» désirait ar- 
demment connaître le pays d'où lui étaient venues les productions 
qui l'avaient si long-temps cbarmé. Il admirait Shakspeare, GIo- 
ver, la constitution, les boxeurs, tout ce qui était d'origine bri- 
tannique. La bienfaisance de ce peuple commerçant était cepen- 
dant ce qui le touchait le plus; les Anglais ne'se bornaient pas à 
çxciter la guerre en Allemagne ; ils destinaient quelques secours 
^ ceux qui s'étaient fait mutiler pour soutenir leurs prétentions, 
et c*est par les mains de M.Niemeyer qu'ils répandaient leurs 
largesses. Cet auteur résolut de visiter l'île dont il avait conçu 
une si haute idée. Ayant en vain cherché à se procurer des lettres 
de recommandation, il n'en continua pas moins sa route. Il 
voyageait avec un commis de librairie, et ne voulait qa'exami* 
ner l'éducation spirituelle et religieuse de la nation anglaise. Il 
pouvait atteindre ce but sans protecteur. Cette étude ne l'a pas 
satisfait^ il se plaint amèrement des idées fausses qu'il avait pui- 



lées dans les liTres, et les couleurs sons lesquelles cet «bserrateur 
«représenté l'aspect moral de rAngleterre, ne seront pas pour 
loi un titre de recommandatioB auprès du peuple anglais. B. S. 

s54* Tbayki.s 19 ImBLAVDy ete. Voyages en Irlande en iSao, 
présentant des esquisses sur l'état physique » moral et politique 
du pays , avec des réflexions siur les meilleurs moyens d*en 
améliorer Tétat; par Th. Rsio, membre du collège des chi- 
rurgiens; in-8. Prix la sh., cart. Londres; Longroan.' 

s55. Rkisx nuicH Scewideit, Norwecek^ Lappland, etc. 
Voyage en Suède, en Norvège , en Laponie, etc. » fait dans 
les années 181 7 à 1810 9 par F. de Schubeet. 3 toI. in-8.y 
STec $g. et carte, tome i. Prix de souscription pour les trois 
▼ol.9 4rxd. Leipsic; i8a3; Hinrichs, 

Cet ouvrage est rédigé en forme de journal. Le premier voU 
est divisé en i5 chapitres dont nous n'indiquerons que le som- 
maire : voyage de Stralsnnd à Tstadt. — Description de cette der- 
nière ville. — Manière de voyager en Suède. — Voyage à Lund. 
L'église souterraine. — Description de la ville et de l'université de 
Lund. — Voyage à Christianstadt. — Description de la ville et 
de la forteresse de Christianstadt. — Voyage de Carlscrona. — 
Bétails sur la manière de vivre en Suède «— Description de la 
ville de Carlshamm. Antiquités trouvées près de Goby. Cascade 
deRonneby. — La vallée des Rossignols, près delà mer Baltique. 
^ Carlscrona avec ses curiosités. Sur les frères Moraves en 
Suède. — Voyage à Calmar. Antiquités. — La ville de Calmar, 
le Gymnase avec sa bibliothèque. Les lies Oeland et Gothiand. 
"'Voyage à Linkoping. Les Ostrogots. — Ville de Lenkôping. 
Le canal et les cascades de Trolhatta. Les eaux minérales de Me- 
deri. — Voyage à Stockholm. Entrée en Sudermanie. NikÔpiflg. — 
Description de la ville de Stockholm avec ses cnriosités, acadé- 
niies, bibliothèques, etc. — Voyage à UpssL L'ancienne Sigtuna. 
^ Description de la ville d*Up8al et de ses environs. Ce voyage 
est très-intéressant sous les rapports géographique , statistique, 
bistorique et littéraire. {Jour, delà LU, étr. sept. i8a3, p. 167.) 

a56. JouBNAL d'un voyage en Nobv^e en 1817, par F. Boie ; 
s Schlesw ig à l'Institut royal des^ sourds et muets. In-d. avec 
tmecarte^idaa. 

3^7* TbavAls thbough Swedeh , Nonvay, and Finmarck, etc. 
Ypyage eni Suède ^ Norvège et Lapouie jusqu'au cap Nord , 



i4o J^ôjrages. 

' dans l'été de iSao^par A. de Capkil Brookb. In-8. , aTec un 
^and nombre de pi. Prix, ^ fr. lo &.; et sur papier des Indes, 
prix y 3 ff. Londres'; Rodwell et Marlin. 

!i58. Magasin Yoir herkwuroigen , neuen Reisebescbreîbnn- 
gen , etc. Recueil de descriptions de voyages nouyelles et re- 
marquables; traduit de cinq langues et accompagné de remar- 
ques explicatives, avec cartes et grav. ,35* vol. Berlin; 1811 , 
Voss. ^ 

Ce volume se trouve également sous le titré de Ebenezer 
Henderson-Island. Islande d'£benezer Henderson, ou journal de 
son séjour dans cette ile en 181 4 et i8i5 ; traduit de l'anglais , 
par C. F. Franùson ; 2*. partie avec une' carte litbogra. Ber- 
lin, i4Bp* Prix, X th. 8 gr. 

L'annonce delà première partie de -cet ouvrage, qui a paru 
dans la Gazette littéraire de Leipziek du 3 mai 1 8a 1 , indique les 
motifs qui conduisirent l'auteur en Islande ;^cette partie contient 
aussi beaucoup d'observations relatives à l'histoire naturelle, à la 
géologie et à l'histoire de la culture de cette ile. 

^59. TaAVEiiS IN SiciLT , GaESCE AND Albania. Voyages en Si- 
cile, en Grèce et en Albanie ; par le Rev. T. S. Hugues , avee^ 
û^. a voL in«-4^* ^^ » 1* ^ ^« Londres; J.,Mawmaii. 

160.C0LLECT10NS OF A CLASSiGAL TOX7R, ctc. Souvcnirs d'uu voyage 
classique en diverses parties de la Grèce , de la Turquie et de 
l'Italie, fait en 1818 et 181 9 par P. ëdmund Laurent, enrichi 
de pi. col. ; a vol. in-8". Prix : 18 sb.,cart Londres; Wittakcr. 

a6i. Relation d'un voyage dans la Morée, par sir W. Gkll; 
in-8., 411 p. Prix, i5 sh., cart. Londres; i8a3; Longman. 
Cet ouvrage d'un auteur qui a voyagé dans la Morée, il y a 
quelques années , est écrit dans un esprit peu favorable aux Grecs. 
Il cherche surtout à prouver que leurs écoles ont contribué à 
hâter la crise dans laquelle ils se trouvent engagés* Le Monthly 
review, qui, dans V analyse de cette relation, s'est attaché à réfu- 
ter les opinions de l'auteur, donne, sur les progrès de rinslruction 
dans les pays habités par les Grecs , des détails dignes d'atten- 
tion. Il nous apprend qu'il y avait au collège de Bucharest, en 
1810 , a44 étudians et i a professeurs de physique, de mathéma- 
tiques, de géographie, de poésie, d'histoire et de langues mo- 
dernes. Dans cette institution les maîtres reçoivent des prix com- 
me les élèves; à l'examen de 181 1, on décerna au professeur 



k 



. f^ojages. ^ i4i 

principal, Constaitin Vardalachas, un prix consistant en une 
magnifique tabatière en or. Janina a deux académies ; un médecin 
grec,nonuné Sakallarius, est auteur de plusieurs onvrages originaux 
et de diverses traductions. Coletti a publié un traité sur la chaleur , 
et traduit en Grec mocTerne la Géométrie de Legendre et l'Arith- 
métrique de Biot. Philippidi, natif de Melies, a traduit pareil- 
lement l'Astronomie de Lalande et la Logique de Condillac. ( The 
Month* Rev,f août iSaB, p. 4o5.) 

262. PouQUEYiLLEy EEisB nimcB MoasA, ctc. Voyage en Morée, à 
Constantinople , en Albanie et plusieurs parties de Tempire Ot- / 

toman, traduit du français en allemand; par R. L. Mets MiÎL- 
ler; ^ Tol. ayec 6 grav. et cart, gr. in-8., iSox et«i8o6. Prix, 
a th. Leipzig ; Hinrichs. 

^63. OTToFaiSnaiGHS YOir RlCHTE&WALLFAHETEiriK MOEGEH- 

LANDE. Voyages en Orient» de F. de Richter; extraits de 
ses journaux et de ses lettres , par P. H. Gest Ewees. In-8. , 
avec fig. et port. Prix, 8 rxd. la gr. Berlin; i8aa; Reimer. 

Ces voyages offrent un grand intérêt principalement sous les 
rapports géographique, géologique et archéologique, {Jçun 
gén, de Lût, étrang.i avril i8a3; p. 107.) 

264* TmAVELs XH Geoegia, Pxesia, Abmevia, A9CIEKT Babtlo- 
HiA , etc. Voyages dans la Géorgie, la Perse, l'Arménie, Tan- 
cienne Babylone 9 etc. , en 181 7 , x8 , 19 et ao ; par sir 
R. K.EEPOETEE. % vol. in-i4^* a^ec un grand nombre de grav., 
portraits, costumes , antiquités, etc. Prix , 4 ]. 14 sh. 6 d. cart. 
Le vol. z*'. se vend séparément au même prix ; l'ouvrage est 
complet en % vol. Londres ; Longman. 

a65. Itiniêeaiex de la ee^gate la Cléopatee de Brest à Ma- 
nille, pendant la mousson du nord-est; par M. Fabe^, lient, 
de vaisseau. {Ann. MariU et Col, , sept, et oct. i8a3,p. 465. ) 

M. Fabré, l'un des officiers de rexpédition de découvertes', 
commandée par M. L. de Freycinet, embarqué depuis sur Ja 
frégate la Cleqpdtrcy trace l'itinéraire de cette frégate de Brest 
à Manille pendant la mousson du nord-est. ' 

La Cléopdtre appareille de la rade de Brest le 8 juillet 1821 , 
coape la ligne le 5 août par aa^ de longit. à l'ouest de Paris , 
double le cap de Bonne-Hspérance le a septembre, et mouil- 
le 24 à Saint-Paul dé Bourbon^ après une traversée de 78 jours. 



h 



i4î T^ojrcigès. 

De file de Bourbon , que la Clàopdtre quitte le 9 octobre, 
jusqu'au parallèle de 33®, les vents sont constamment de la par- 
tie de l'est, Yariables à î'est-8ud-est et est-nord- est , se rappro- 
chant du nord en augmentant de latitude. Dans les parages 
d'Amboine , vents excessivement variables , accompagnés de 
calmes et d'orages de la partie de l'ouest. Le i5 novembre, la 
Cléopâtre entre dans le canal situé entre l'île Nouvelle et San- 
dulood; le 16, vue des iles Banjouan et Savu; le ao^ vue de 
Goula B;itou. Le a3, la frégate franchit très-promptemeot le 
détroit d'Ombay.Nous remarquerons que tous les navigateurs ne 
sont pas aussi heureux. M. de Freycinet fut retenu par les cat- 
mes et les courans pendant vingt jours dans ce détroit , où VU^ 
rame éprouva une chaleur accablante. Le gonveroenr hollandais 
de Cayeli ne voulut point permettre à la Cléopâtre de relâcher 
dans cet établissemoit. Le scorbut commençait k se faire sentir 
parmi les gens de l'équipage; une relicbe était indispensable 
et la frégate mouilla le 4 décembre dans la rade d'Amboine. Là 
se trouvait heureusement M. le colonel Jauff&vt, Français au 
service du roi de Hollande et commandant supérieur des Moln- 
ques« Ce brave et digne colonel , aussi poli que désintéressé , 
voulut que tous les soins et que tous les rafratcbîssemens fussent 
prodigués aux malades de la Ciropélire qu'à avait fait loger dans 
une maison lui appartenant. A son exemple, toutes les autorités 
s'empressèrent d'être agréables aux officiers et à l'équqMige de 
la frégate» Le juste tnbut d'éloges que M. Fabré paie au colooel 
Jauffiret nous rappdle le noble désintéressement du gouverneur 
général des iles Mariannes, Don José de Hédinilla, grand et 
généreux comme un véritable Castillan » et dont le souvenir sera 
toujours cher i ceux qui ont £àit partie de l'expédition de M. de 

Ffçycînet. 

Lies Chinois , que l'on peut à juste titre considérer comme les 
jttiib du grand Archipel d'Asie, étaient presque les seuls mar- 
diands qu^îl y tut à Amboine; c'est dire qu'ils fusaient payer 
tvès-dMT tout ce qu'ils vendaient. La Circpctirt quittai cette colo- 
nie le iS décembre, eut le 19 eonnat^anee de IHe Aaabloo : la 
cbalenr êîail excessive; les courans portaient dans le wMrd-est 
avec ussex de fi>rte et entraînaient la frv^te dans le canal qui 
séfttreRâar de lIanipa.Elïe passa entre Bouroo et Manipa « vît 
suco^iveaaent ks ile* Pu^ou Gass (grande et petite^ Oby, 
GSoio^ LAvm>R«àit>PisasÇ, travena k détroit de Gass, eut 



à 



Fojages. i45 

connaissance des lies Wredey, Geby, Moar. Les eoarans au 
nord des lies Pelew portent dans Toaest avec beaucoup de force. 
M. Fabrë remarque qu*il finit donc faire le nord toutes les fois 
qne le vent le permettra ; car, sans cela , on risquerait de s*af« 
Êilerdans Tonest, de manière à ne plus pouvoir doubler la tête 
de Luçon. Le i6 janvier i8aa, la Cléopdtre reconnut Grafton, 
Momnouth, Orange et ses Ilots, ainsi que l'iiede la Plantatiou^ 
et le 24 elle mouilla dans la rade de Manille* P. Gaim. 

a66; Ext&a.it d'uv rapport sue les ma tiaiAUx recueillis par 
M. Caxlliaud f pendant son dernier voyage en Ethiopie , par 
ime commission composée de MM. le comte de Chabrol , 

QUATRKMiRX DE QuilfCY, ÀBEL RÉXUSAT et LeTROITHE» 

membres de l'Institut , et désignée par S. £ec. le ministre 
secrétaire d*état de l'intérieur. 

La commission chargée d'examiner les matériaux recueillis 
par M. Gainiaud , de Tfantes , dans son dernier voyage en 
Ethiopie, et de donner un avis sur les moyens les pins convena- 
bles pour en assurer la prompte publication, a fait une revue 
exacfe et détaillée de tous les objets qui composent la collec- 
tion de ce Toyageur, et a reçu tous les renseignemens qu'elle 
a crus nécessaires pour éclairer son jugement. Ce sont les résul- 
tats de cet examen qui font l'objet du Rapport qu'elle adresse 
à S. £*xc. le ministre de l'intérieur. 

Les circonstances qui ont permis à M. Caillîaud de remonter 
le cours du Nil jusqu'à un point plus reculé que ceux où se sont 
arrêtés tous les voyageurs qui l'ont précédé dans ces contrées , 
sont de nature à ne pouvoir se renouveler de long-temps. A la 
faveur de l'expédition qu'Ismaîl- Pacha ^ fils du gouverneur d'E- 
gypte, fit en Nubie, dans l'année 1821, M. Caillîaud, sur les 
connaissances duquel on comptait pour la découverte des minesi 
d'or, a pu suivre l'année , et atteindre avec elle le terme où elle 
s'arrêta. Il a eu toutes les facilités nécessaires pour faire des 
observations astronomiques , noter la direction des routes, tenir 
compte des distances , prendre des vues , dessiner des monu- 
mens, lever des plans , copier des inscriptions ; et, comme il 
s'était préparé par des études spéciales à ce second voyage , 
les résultats qu'il en a tirés sont du plus haut intérêt pour la 
géographie , les arts et l'a connaissance ' de l'antiquité. 
Pour appîrécier l'importance de ses matériaux géographiques 



i44 yojrages. 

il ivaX se rappeler que M. Gau ^ dont le bd ouvrage sur les 
antiquités de la Nubie a ajouté tant de laits nouveaux à ceux 
dont l'expédition d'£gjpte a procuré Tacquisition , s'est arrêté 
sur le Nil , à Ouadi-Halfa , à la hauteur de la seconde cataracte ; 
que Kobbé dans le Darfour, a i6 degrés de latitude nord, est 
le lieu le plus méridional où le voyageur anglais Brovra ait pu 
pénétrer en 1793 , et que Bruce , partant de Sennaret traversant 
le désert pour se rendre sur les bords de la mer Rouge, ne s'est 
pas élevé an delà du 13^.7 degré. Or, BL Cailliaud est parvenu 
jusqu'au 10, environ 170 lieues plus loin que Sennar et dans 
la direction de la branche principale du Nil, sur laquelle, par 
conséquent, il a pu recueillir des renseignemens précis et se pro- 
curer des notions depuis long-temps désirées des géographes. 
Cette partie de sa route est donc entièrement nouvelle et ne 
saurait manquer de fixer l'attention des savans. M. Cailliaud 
parait n'avoir rien négligé pour répondre dignement i leur 
attente. U a tenu , pendant tout son voyage , un journal exact 
de sa Kiarche , et marqué avec soin les directions d'après la 
boussole, et en tenant compte de la déclinaison. Il n'a pas 
mis moins d'attention à évaluer les distances, en notant la 
différence des journées d'homme , de cheval et de chameau. 
Indépendamment de cet itinéraire détaillé, plus de 5o 
points ont été relevés astronomiquement par M. Cailliaud « et 
par son compagnon , M. Letorzec , et serviront à lier ensemble 
les différentes parties de la route, et à contrôler les énoncés des 
distai^ces. Les cahiers contenant le journal et les observations 
astronomiques ont été mis souâ les yeux de la commission , qui 
pense qu'après qu'ils auront été vérifiés et soumis de nouveau 
au calcul , ils pourront offrir les élémens d'une bonne carte. 
Cette carte acquerra même un prix particulier par la précaution 
que M. Cailliaud a prise, après avoir recueilli les noms des lieux 
qu'il a visités ou dont il a eu connaissance , de les faire écrire 
en arabe par les naturels du pays : la table de ces noms pré- 
viendra bien des incertitudes et des malentendus auxquels 
donnent souvent lieu les relations des voyageurs qui ont par- 
couru des c(mtrées peu connues. L'issue définitive de l'expédition 
d'Ismail-Pacha', le massacre d'une partie de la garde de ce prince 
par les naturels, la révolte de toutes les tribus barbares de la 
Baute-Éthiopie, opposeront désormais d'insurmontables ob- 
stacles nxkx Européens qui voudraient pénétrer aussi loin dans le 



ybjragês. 145 

sud , et cette circonstance augmente encore le prix des renseî- 
gnemens géographiques dont 01^ est redevable au voyageur 
français. 

M. Cailliaud a pris soin de recueillir aussi des observations 
météorologiques, en notant trois fois par jour l'état du thermo- 
mètre et du baromètre. Les tables qu'il a formées de cette 
manière, et dont la commission a pris connaissance , peuvent, 
étant rapprochées des renseignemens du même genre qui sont 
épars dans les autres parties de la relation, donner une juste 
idée du climat des pays parcourus, lequel parait différer consi- 
dérablement de celui des contrées situées plus au nord. On sait 
qne M. Cc^illîaud s'est occupé de rassembler aussi des plantes , 
des animaux et des minéraux , dont la collection aidera a com- 
pléter la description physique des pays vbitcs par ce voyageur. 

Mais les objets qui ont surtout fixé son attention, et qui, 
dans la fiî^ action actuelle des recherches en Europe, exciteront 
peut-être un. intérêt plus général, ce sont les monumens et les 
niioes d'édifices antiques , tels que les temples , pyramides , 
colosses , bas-relie£5 , inscriptions grecques ou hiéroglyphiques , 
etc.; la limite des pays où l'on supposait que devaient se trouver 
ces principaux vestiges d'antiquités , a successivement été reculée 
par le progrès des découvertes. 

Mais nul voyageur ne l'avait encore portée si loin que 
M. Cailliaud, et l'on peut à peine se flatter de rien trouver en ce 
genre au-delà du terme qu'il a atteint. Le précieux ouvrage de 
M. Gan, sur les antiquités de la Nubie, ne contient rien au-des- 
sus de Oùadi-Halfa , et c'est précisément le point où commencent 
les investigations de M. Cailliaud. Ainsi les deux relations se corn* 
plèteront l'une par loutre , et en y joignant le grand ouvrage 
publié par la commission d'Egypte , on possédera la série non 
interrompue et presque complète des mQuumens placés dans la 
vallée du Nil , depuis les rivages de la Méditerranée jusqu'au 
tond de l'Ethiopie. Le nombre de ceux que M. Cailliaud a dé- 
crits est d'environ une centaine. Plusieurs se distinguent par 
des caractères particuliers , et la comparaison qu'on en peut faire 
avec les monumens d'Egypte et de la Nubie inférieure , touche à 
d'importantes questions sur l'histoire des arts et les antiquités. 
Da nombre des plus remarquables sont les temples de Naga et 
de Soleb , les pyramides de Barkal et de CJhendy , lieu où toutes 
les probabilités se réunissent pour placer la célèbre presqu'ile 
F. Tome L 10 



i46 Voyages. 

de Méroé. Tels soat encore, âoiu uo antre rapport» lesrninet 
qni se trouyeut à Souliah au i5^. degré dt Utiinde : rerabouchore 
du Rahad et du fleuve Blanc, ie point le plus méridional où 
on ait trouvé des monumens antiques, et le lieu le plus reculé, 
suivant toute apparence, où les anciens aient formé des établis- 
semens durables*. 

La commission ayant eu occasion de comparer quelques des- 
sins de monumens qui ont été pris en Egypte et en Nubie par 
ie voyageur français d'une part, et par MM. Waddington et 
Belzoni de l'autre i doit déclarer qu'elle a remarqué dans les pre- 
miers une supériorité incontestable, en ce qui concerne l'exprès- 
sion sincère du style égyptien» l'énoncé des mesures, et la re- 
présentation des détails* 

Enfin, la relation de M. Cailliaud, le récit de se^ aventures 
personnelles et de ses observations journalières, celui de l'expé- 
dition d'Ismaïl -Pacha dans un pays situé à 400 lieues au sud des 
frontières d'Egypte , les renseignemens de devers genres que le 
voyageur a recueillis sur les mœurs « les productions et le com- 
merce des vastes contrées où s'est étendue son excursion, pour- 
ront, sans doute, assurer à son ouvrage l'estime du public, éclai- 
ré, et justifieront la protection que le gouvernement a déjà ac- 
cordée à ce ^élé et courageux observateur. 

Il est donc d'une incontestable utilité pour la géographie, 
les sciences historiques , les antiquités et l'histoire naturelle, que 
les matériaux rassemblés par M. Cailliaud soient mis au jour; il 
est même a désirer que la publication soit aussi prompte que 
possible , pour éviter qu'un voyageur français ne soit devancé 
par des étrangers qui ont pu avoir connaissance d'une partie des 
faits qu'il a étudiés, ou parcouru après lui quelques-unes des 
contrées qu il a visitées. La commission ne peut qu'applaudir 
aux vues bienveillantes que le ministre a déjà manifestées à cet 
égard L'intérêt de la science et l'honneur national se réunissent 
pour faire souhaiter que notre compatriote reçoive la récom- 
pense qu'il a méritée par ses travaux, et qu'il puisse s'assurer, 
en publiant son ouvrage, l'estime et la considération qui sont 
dues à ses efforts. (Extrait du Journal des savans et du Moniteur, 
V. le t. 3 du Bulletin de i8a3, n. 780 , où nous avons annoncé 
la publication du voyage de M. Cailliaud, l'art, du n*'. de jan- 
vier dernier et du présent n°., où nous faisons connaître les 4 
l>remièses Tivraisons qui ont été publiées* ) 



Voyages. i47 

t67. VoTACB A Mimoi, au vlbuvk Biakc, an ddà du Fa- 
seqly etc.; par M. Fr. Caiuiaud. Iir. et IV^ lWr..(yo5«E le 
Bulletin de janvier dernier, art. i6S; et l'art, qai précède dans 
ieprésentn^.) 

Ces deux nouvelles lîyraisons contiennent l'explication des 
planches XV à XXTV, et les planches suivantes dont nous allons 
indiquer le sujet. 

PI. II. Vue du village nord d'Agâdy, dans le pays de Berlâr , 
prise du sud. Ce village est divbé en denx , celui du nord et celui 
du midi. Il est habité par des paîeps, et bâti suif le penchant de 
montagnes de granit, dont les rochers sont garnis de quelques 
acacias et de napecas. On voit sur le devant du tableau des Boa- 
babs, appelés Oufapar les naturels. 

Les pi. XII, XVI, XVIII et XXI, sont consacrées à Naga , 
dont nous avons parlé en rendant compte des deux x^**. livraisons, 
La l'^.de ces pi. est divisée en deux vues rTune représente le grand 
temple de l*Est ; Tautre donne le temple de TOnest et un portique ou 
édifice à jour. Ces temples sont remarquables par le mélange des 
Offiemens grecs et égyptiens. Les pi. i6 et x8 figurent les détails 
du pylône et un bas-relief de la façade postérieure du temple de 
l'Ouest; ce sont des figures symboliques et colossales dans le style 
égyptien , mais d'un caractère particulier. Enfin , la pi. ai donne 
la vue des ruines du petit temple de l'Est de Naga : édifice situé 
au bas d'une montagne de ^rès; cette pierre a servi aux construc-. 
tions de tous les édifices de celte ville. 

Les pi. XXII , X^VI et XXX sont relatives à £l-Meçaoura1n 
La planche 22 donne le plan général, celui de la grande enceinte 
et celui d'nne construction isolée d'un monument antique, dont 
les grandes ruines sont situées au milieu du désert, à 9 lieues 
environ dans le sud de Chendy. Les principales mines sont con- 
tenues dans une grande enceinte que Ton croit être une dépen* 
dance de l'ancien collège de Méroé.La circonférence de ces vas- 
tes ruines n'est pas moindre de a,S5o pieds ; elles se composent 
de plusieurs temples et édifices destinés à divers usages, et réu-r 
nîs entre eux par des cours et des galeries : on y distingue le 
monument central^ et autour quatre édifices principaux et trois 
longues galeries. Des habitations sont placées dans le voisinage 
de ces divers bâtimcns. Au Sud de l'espace occupé par ces inté- 
ressantes raines , est une pièce d'eau entourée de monticules qui 
h jgaranttssent des sables. La pi. a6 représente la vue dn ^empjl^ 



X 



i48 Fojages. 

du Nord. La pi. 3o donne les plans particuliers de plusieurs des 
édifices que nous venons de citer et des détails des colonnes* 

Les pi. XXXII, XXXV, XXXVIII, XXXIX, XL, XLI, 
concernent Assour et les pyramides situées aux environs* L'em- 
placement de cet endroit convient à la position que les anciens 
assignaient à Méroé, capitale de l'île du même nom. La pi. Si 
donne le plan typographique des pyramides rapprochées du Nil. 
On est étonné de la quantité de ces monumens gigantesques , 
dont deux sont entourés d'une enceinte, et dont plusieurs ont 
leiïrs arêtes garnies de bordures arrondies ou carrées. La pi. 3S 
donne le même plan pour d'autres pyramides situées à une lieue 
du I^il. La pi. 38 donne la vue de ces pyramides ; la 39^. , la vue 
particulière de ces monumens remarquables par une construc- 
tion particulière : ce sont des assises en retrait les unes au-dessus 
des autres; La pi. 40 «i^ figure un autre dont une des faces est 
précédée d'un petit temple. Bans la pi. 4 1 est représentée une des 
grandes pyramides, également précédée d'un petit temple, et 
dont les arêtes sont bordées. L'on sait que les importantes décou- 
vertes des ruines de Méroé et de ses nombreuses pyramides sont 
entièrement dues à M» Cailliaud. 

La dernière planche de ces deux livraisons, la LXXI^., repré- 
sente une décoration du sanctuaire du jyphonium du mont 
Barkal. F. 

268^. VOTAOE DE MM. DE HuMBOLDT ET BONPLAITD aUX régiOQS 

équinoxiales du Nouveau Continent.. Paris; chez MM. Dufonr 
et d'Ocagne. 

Les circonstances fâcheuses qui ont retenu pendant si long- 
temps ce magnifique ouvrage sous le scellé , par suite des af&ires 
judiciaires auxquelles les libraires qui en furent primitivement 
chargés se trouvaient en butte, ayant heureusement cessé , les 
souscripteurs pourront enfin compléter les parties dont ils ont 
fait l'acquisition : la publication des parties non terminées se 
.poursuit avec constahce et activité. Nous allons donner ici un 
aperçu général de l'état de tout l'ouvrage , beaucoup de personnes 
ignorant à quel point ses diverses parties sont arrivées , et de quoi 
il se compose. 

Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent^ fait 
en 1799-1804; rédigé par Alex, de Humboldt; avec deux atlas 
qui renferment, l'un les vues des Cordilièreset les monumens des 



Foyages. ï49 

peuples indigènes de rAmériqne; et l'autre des eartes géographi- 
ques. 4 ToL in 4 • et 3 yiÀ, in-fol. Il en a para : les livraisons i à 
4 de texte, in- 4. formant les to. i**". et sl^9 avec 4 livr. de l'atlas 
géographique. Prix : papier fin , a 40 ît, ; papier vélin, a88 fr. 

Les livr. 5 à 8, formant les to. 3«. et 4^ a^ec leurs atl«is géo- 
graphiques , sont sous presse. 

L'atlas pittoresque. en 7 livr. , formant 1 toi. in-fbl. , sur pa- 
pier gr. colombier vélin , l'un de texte et Fautre de planches , est 
complet 9 et porte le titre suivant ; Vues des CordUières et Mo^ 
numens des peuples indigènes de F Amérique; avec 69 pi., la 
plupart coloriées, avec la lettre, pour accompagner la relati(m 
liistorique en 4 toi. in-4- «nr papier fin. Prix, S»o4 fr. 

Les exemplaires avant k lettre, ou lettres grises^ premier ti- 
rage des épreuves , sont destinés a l'édition da voyage imprimée 
sur papier vélin. Prix, 7S6 fr. 

Les livraisons se vendent détachées à raison de 7:1 fr. avec la 
lettre, et de 108 fr. en lettres grises. 

Essai politique sur la Nouvelle-Espagne ; ouvrage qui pré- 
sente des recherches sur la géographie du Mexique , sur l'étendue 
de sa surface,' sur l'aspect physique du sol; sur la population ac- 
tuelle, l'état de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et du 
commerce ; sur les canaux qui pourraient réunir la mer des An- 
tilles au grand Océan \ sur les revenus de la eouroniie, la quan- 
tité des métaux qui a reflué du Mexique en Europe et en Asie 
depuis la découverte de la Nouvelle- Espagne, a voL in-4., avec 
un atlas géographique et physique, fondé sur les observations as- 
tronomiques, des mesures trigonom étriqués et des nivellemens 
barométriques;' composé de 20 cartes. Ouvrage complet. Prix : 
papier fin, a6o fr.; papier vélin , 38o fr. 

L'atlas séparément : papier fin, aoo fr. 

Petite éditiow. — Voyage aux régions équinoxiales du Nou- 
veau Continent^ fait en 1769- 1804. Paris, 1816 à 1821. 

Il en a ptiru les to. 1 à 8 et les vues des Cordilières et monn- 
mens des peuples indigènes de l'Amérique, 2 vol. in- 8, avec 19 
pi., dont plusieurs coloriées. Prix, 80 fr. les 10 vol. 

Les> personnes qui voudront joindre à cette édition in-8. les 
4 livr. de l'atlas géographique pourront les obtenir au prix 

de x44 ^^' 
Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, Vixris t 181 1, 5 vol. 

in-S* avec une carte et une coupe coloriées, brochés, 4$ fr* 



Jpù» On peut enfin se procurer le grAûd ouvrage de MM. de 
fitimbokltet Bonptand, dont les suites sont sous presse, chcE 
MM. Dufour el d'Oc«gne, quai Yoltaire, n^ i3. 

269. MeMOIRS OP a CAPTIVITT AMONG THE IkdIANS OF HORTff 

AùKHiGA. Mémoires d'une captivité chez les Indiens de rAmc- 
rique du Sud f jusqu'à Tiâge de 19^ ans , avec d^ anecdotes 
descriptives de leurs mœurs et coutumes , et une description 
du sol , du climat et des productions végétales du territoire 
situé à Test du Missîssipt; par J. D. Hunyer. Lond. ;# Longmau 

«70. Reiae firuECH OAft IN HSEE voff B&ASililEN , «fc. Voyage dans 
l'intérieur du Brésil , fait et décrit par ordre de S. M* le roi de 
Bavière dansées années 28x79 18, 19 et ax>. a vol. m-'4^ 
Prix, chaque volume tel. avec atlas et cartes t 4 caroL; papier 
roy.y 3 carol.; papier ord. sans atlas, 4 fi^; U carte générale 
âéparée coéle i5 â. Nieremberg; Schrag. 

971. TrAVELS TROUGH PARTS OF THE UnITED-StATES ANU CaNABA. 

Voyage dans diverses parties des États-Unis et du Canada en 
1818 et 1819; par J. Duncan. 2 voLin-8^. Prix, 16 ^b., avec 
i4 cartes topographiques des principaux lieux décrits dan» 
l'ouvrage. Londres ^ Hurst et Robiuson. 

Cet ouvrage est principalement destiné à écli»ircir des objets 
relatifs à l'état moral, littéraire et religieux du pays. BrO. 

272. BRt7casTiJc&E EiNEs Tageruchs , ctc. Fragmcns d'un 
toyage au Groenland de 1770 en 1778; traduit du danois, 
par G. Fries ; Hambourg; Pcrthés; i8i7, {ïsis ^ i823, i"- 
cah., p. i8î). ) 

Cet ouvrage instructif et amusant donne une idée claire, sou» 
tous les rapports , de ce pays remarquable. Le recueil se com - 
pose de a3 chapitres très-curieux sur les usages, les mœurs et 
lliistoire du Groenland. Ces chapitres sont précédés d'une des^ 
cription de Ja constitution physique des Groënlandais y de leurs 
liabitudesi de leurs costumes | àe leur nourriture , de leurs 
moyens de transport , de leurs chasses par terre et par eau. Le 
voyageur fait connaître l'industrie, le caractère, les supersti- 
tions et les idées religieuses de ce peuple ; l'ouvrage est côm- 
piété par un tableau géographique du pays , et par une indi-; 
cation de l'état et des progrès de la mission danoise. 



Mélanges. i5i 

173. JouRiTAL of a ten nronths mcsiDVireB in Nkw*Z«ala«d. 
Jonmal d'une résidence de dix mois dans la Tfonyelle-Zëlan» 
de ; par le Capitaine Cavno. In*8*. Prix, 9 sb. cart. Londres ; 
Longman. 

MÉLANGES. 

a74« SociiTi YEmiriaixvirs n'Éniif aoumo. ( Lond. loum. ùf 
Arts^lmu i8a3, p« ao8.) 

3 maL On a In nn mémoire très-intéressant dn D^. RAHaAT , 
eontenantnne description de Tile Macquarrie.CtUt tic est située 
parles \^g^ 28' long, est , et les 54^ ao' lat. sud. Elle n'a qne de 
là 4 milles de largeur; elle est montagneuse; les terrains életés 
s'ëlèTcnt de 700 à 1,000 pi. au-dessus du nireau de la mer ; il y 
a des oiseaux en abondance , mais point de quadrupèdes^ on n'y 
leAcontre ni arbres ni art^risseaux , et^ quoiqu'elle soit d'un 
abord dilBcile à cause de la violence presque constante des 
Tagues,rile est cependant considérée comme précieuse, en raison 
de l'huile qu'on y retire de la yache de mer. Ro. 

275.— M. Frédéric Gailliaud, de Nantes, déjà célèbre par ses 
découTcrtes en Egypte et en Étbiopie , Tient de recevoir derniè- 
rement une récompense justement méritée. Sur la proposition 
d'un ministre , illustré dans les lettres et Toyageur lui-même, le 
roi vient d'accorder a M* Cailliaud la croix de la Légion-d'Hon* 
nenr. G. 

a76. Atzs aux vaxihs. -~ Les marins sont avertis, qu'à 
compter du 1 5 octobre i8a3, il a été établi sur la jetée de Royi(n , 
une lanterne ordinaire à 3 becs : elle est installée sur un po- 
teau placé sur la falaise^ à l'origine de la jetée et à la mètres au 
dessus du niveau des bantes mers. (Ann. Marit. et CoL^ sept, 
et cet i8a3,p. 389.) 

277. Nouveau 'MUsiuM Bxitaiinique. ( Gentlem, Mag. , sept. 

i8a3,p. 269. ) 

Le nouveau muséum , dont on construit actuellement un côté 
pour la bibliothèque offerte par le roi' à la nation , doit être un 
des plus grands bàtimens quadrangulaires qui aient été élevés 
dans la capitale ;, la cour intérieure sera a«ssi grande que la place 
(Hanover-Square). 

978. VoTAGX DU CAPITAINE Sabike daus les mers polaires. 
•^ Extrait d'une lettre écrite par un officier du brlg le Griper , 



iSa Mélanges. 

datée de la baie-d'Hammerfbrt , dans la Laponie norvcgieime, 
le 5 juin xBa3. 

« ^ous sommes arrivés ici le a de ce mois; le a4 ^ous avons 
passé le cercle arctique et nous avons eu quelque peine à trou- 
ver la baie d*Hammerfort , à cause d'une chaîne d*iles non in- 
terrompue qui s'étend tout le long de la côte, et dont la posi- 
tion est imparfaitement indiquée sur les cartes. Nous jouissons 
d'une bonne santé et nous ne manquons de rien. Le temps de- 
vient plus beau à mesure que nous avançons vers l'été ; et com- 
me le soleil ne quitte jamais l'horizon , nous avons un jour con- 
tinuel. L'ile a environ a 4 milles de circonférence^ et sa largeur 
est de 5 â 6. Elle donne son nom k un petit village composé de 
3o à 4o maisons de bois , et peuplé d'environ 200 habttans. Le 
capit« Sabine a tous ses instrumens a terre pour commencer les 
opérations. Nous resterons ici la À 14 jours, après quoi nQus 
ferons route pour le Spitzberg. Si nous revenons cet hiver , le 
capit. se propose de toucher à Droutheim (i}. {Jnn, Mar. et CoLy 
sept, et oct. 1823, p. 533.) 

279. La frégate le Glascow , à bord de laquelle le dernier 
gouverneur général de l'Inde est revenu en Europe, a apporté 
en Angleterre , comme prései^s du Nabab d'Oude à sa majesté , 
divers articles précieux qui sont estiipés valoir plus de 200,000 h 
sterl. Entre autres objets on y remarque une épée garnie en dia- 
mans , un baudrier et une dragonne ; cette dernière est composée 
de diamans et autres bijoux précieux dans le goût le plus recher- 
ché; à cette dragonne est suspendue une émeraude d'an grand 
prix, que l'on considère comme la plus grosse qui existe, puis- 
qu'elle est presque de la grosseur d'un œuf. Un oiseau de para- 
dis, vivant, a aussi été apporté sur ce vaisseau. Il a amené en 
même temps, pour être donnés en présent aux princesses, un tau- 
reau et une vache d'une petite race blanche qui est adorée par les 
Indous. (Europ, Ma^,^ août 1823, p. 78.) Ro. 

280. Nouvelles de la Chine. <^ Une lettre particulière de Pé- 
tersbourg parle ayec admiration des trésors littéraires qu'a rap- 
portés de la Chine l'archimandrite Hyacinthe, directeur pen- 
dant treize ans de la mission ecclésiastique pusse à Pékin. On 

(i) Le Griper est en effet arrivé à Drontheim le 6 octobre , ayint à 
bord le capitaine- Sabine. 



Mélanges. 1 53 

nomme , parmi les livres chinois qu'il a rapportés et traduits , 
une histoire de la Chine , en neuf yolumes in-folio; une statis- 
tique de cet empire avec des cartes géographiques en cinq idiomes; 
plosienrs traités sur la géographie du Thibetet de la petite Bu- 
charie^ une collection des lois données pstfr les empereurs aux 
nations de la Tartarie , et beaucoup d'autres ouvrages d'une 
hjtute importance. ( Journ. des Débats y 5 février i8a4* ) 

28 1 . Chike. — Reconstruction de Canton. 

Les nouvelles suivantes sont extraites du Calcutta journal ^ en 
date du 6 mars i8a3. 

Des lettres particulières de Canton, Tenues par VArgyle^ parti 
le 20 janvier, disent que les Chinois réparent à force les désastres 
do I^^ novembre 1 82a , et que le mois prochain toute la partie de 
la ville qui avait été détruite sera rebâtie , et si exactement sur le 
même plan, qu'une personne , y arrivant sans avoir.cu connais- 
sance du feu , apercevrait à peine quelques changemens. Ces 
mêmes lettres disent que les affaires; parmi les Chinois, com- 
mençaient à reprendre leur premier aspect ; que les édifices s'é- 
levaient avec une rapidité étonnante ; que le commerce, quoique 
ayant considérablement souffert par l'incendie du i^^ novembre, 
éprouverait cependant moins de pertes qu'on ne l'avait supposé 
d'abord. 

A Canton, le 19 janvier, l'opium de Patna valait par caisse» 
Moo dollars; l'opium de Bénarès, 2,35o d.; l'opium de Malwa^ 
i,38o d.; l'opium de Turquie, 1,200 d. {Ann, Marit, et Col. , 
sept, etoct. 1823; p. 3go.) ^ 

283. Coup de veht ressfitti a l'Ile de Bourbon, le 6 mars 
1822. ( Ann, Marit, et Colon, , septembre et octobre 1823.) 
Les lies de France et de Bourbon, rapprochées l'une de Tau- 
tre,sont de temps en temps exposées à des ouragans qui, dans 
quelques heures , détruisent les plantations, renversent les édi- 
fices, font nauirager les vaisseaux et portent partout l'effroi et la 
désolation. 

L'analyse que nous allons faire traitera d'abord des effets 
destructeurs de ces terribles météores , ensuite des phénomènes 
qu'ils ofïrent dans leur manière d'agir. 

Depuis long- temps on n'avait pas vu dans l'ile de Bourbon 
des apparences de récolte aussi belles que celles qui se présen- 
taient; les girofleries et les cafétieries étaient remises des dégâts 



1 54 Mélwiges. 

qu*elles ayaient ëprouTés dans les années 1806, 1807 et i8i4r 
les champs de riz, de manioc et de cannes à sucre « étaient su- 
perbes par leur végétation ; enfin tout faisait espérer qu'encore 
quelques années sans coup de vent , la colonie ne se ressentirait 
plus de ces dégâts. Le 6 mars détruisit ces espérances ; une forte 
brise du sud - sud-est , en forçant les navires qui étaient sur 
rade d'appareiller, annonça tout ce qu'on avait à craindre ; in- 
sensiblement le vent augmenta de force en changeant souvent de 
rhumb; une pluie abondante faisait déborder les rivières de toutes 
parts 9 tandis que la mer en fureur battait la côte et détruisait les 
édifices élevés pour favoriser l'embarquement des marchandises. 
A tetre , des ponts ont été emportés , des jetées renversées , des 
chemins détruits. A la mer, les navires qui furent obligés de quit- 
ter la rade à la hâte coururent les plus grands risques. Deux 
hommes d'une chaloupe périrent sur le rivage sans qu'on pût 
leur porter de secours, et le Régulus, de Nantes, navire de 5oo 
tonneaux , vint se perdre sur l'ile avec sa cargaison. 

Mais c'est dans les plantations que les pertes sont plus grandes, 
parce qu'il faut plusieurs années pour les réparer. Les communes 
qui composent l'île ont diversement souffert, selon leur exposi- 
tion. Celle de Sainte-Rose, la première atteinte, a eu 18,000 
pieds de girofliers déracinés et tous ses maïs saccagés. On an- 
nonçait que la récolte du girofle serait nulle cette année. ^ 

Saint-Benoît a moins éprouvé de dommage dans ses girofliers \ 
mais tous les cafiers ont été égrenés. Enfin Saint- André, Sainte- 
Suzanne et Sainte-Marié , etc« , ont plus ou moins été victimes 
du désastre, lequel a achevé de ruiner la commune de Saint- 
Louis , qui depuis quatre années a été en proie à de longues sé- 
cheresses ; aussi n'est il point de quartier où la consternation 
et V affliction soient plus grandes ^ plus générales et plus fondées. 

Les champs de cannes à sucre n'ont pas moins été endomma- 
gés, de même que les établissemens de sucrerie , dont quelques- 
uns ont été détruits de fond en' comble. Le débordement des 
rivières a fait périr deux négresses. 

Les phénomènes météorologiques qu'a présentés cet ouragan 
sont : l'abaissement du baromètre jusqu'à 27° 10, et ses varia- 
tions de 7 à 8 lignes pendant le temps qu'a duré la tempête. Les 
vents , accompagnés de forte pluie , ont changé du sud-est au snd- 
sud-est. La mer était furieuse , et l'on dit que les vagues qui ve- 
naient fondre sur la côte avaient de 4o à 46 pieds de bautear. 



Mélanges. 1 55 

La tourmente fîit dans dans tonte sa force depuis dix benres jus- 
/qu^ deux heures et demie de l'après-midi. 

Daos une partie de l'ile/à Sainte-Susanne, un ciel animé, des 
nuages cuivrés et un vent chaud , présagèrent le mauyais temps 
deux jours â Tavance. 

Le yolcan n'a point augmenté son action pendant ce boulerer- 
sèment passager, et quoiqu'il ait jelé continuellement des flammes 
depuis le commencement des pluies , aucune coulée de lave n'a 
encore paru. 

Nous rapprocherons de cet ouragan celui qui eut lien en 1818, 
à File de France, et qui fut bien plus fort. Il fut remarquable 
surtout en ce que quelquefois la pluie se trouTait salée, ce qui 
semble indiquer que des trombes Tenant de la mer traversaient l'ile 
en ravageant tout ce qu'elles trouvaient sur leur passage. Ainsi 
nous pensons qu'à l'époque actuelle il n'existe plus de doutes sur 
les effets' destructeurs de ces météores; et qu'à la mer les vais- 
seaux courront toujours des dangers en leur présence , ce qu'on 
a voulu long-temps nier à l'aide de futiles théories. 

Presque tous les navires qm étaient sur rade firent naufrage ; 
beaucoup se perdirent; dans plusieurs quartiers la mer monta 
de i« pieds an-dessus des plus hautes marées , ce qui est extraoi^ 
dinaire. 

K* Suffield vit crouler sa maison en pierres ^ qui, assise sur une 
large base , avait jusqu'alors résisté à tous les coups de vent ; 
le père et la mère furent blessés , un de leurs fils écrasé sous leurs 
yeai. Un pavillon construit en bois fut roulé et culbuté comme 
le corps le plus léger. Beaucoup d'habitans et d'esclaves périrent 
«OUI les débris de leurs maisons. 

La salle de spectacle du Port-Louis est un vaste édifice en 
bois £iiten fcHrme de T. Hé bien! sa partie postérieure, qui a 
53 pieds de largeur sur 8a de longueur, chassa de S pieds de 
dessus son soubassement qui est en pierre. Nous l'avons vu. 

Mais un fait , qui paraîtra incroyable è ceux qui n'ont pas. 
M à même de juger de la force de ces coups de vent , et que 
raconte celui qui a décrit celui-ci, mais que nous n'avons garde 
de garantir, c'est que sur une batterie, dans le voisinage de la 
grande rivière, deux pièces de canon de gros calibre, montées 
sur des affiftis de marine , ont été trouvées tournées en sens con- 
tiaire de la direction qu'elles avaient la veille. Q. Y. 



r 



i56 Mélanges. 

«83. Voyàgk dx m. Dklzoiti dans l'Afirique centrale. 

Le Quarîerfy^Review (décembre i8si3) confirme les dernières 
noQTelles relatives k ce Toyageur célèbre. H est certain mainte- 
nant qne, n'ayant pas pu pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique 
par l'empire de Maroc, il s'est décidé à se diriger du Bénin sur 
Haoussa et Timbuctoo. Le ai octobre dernier, le commandant 
en cbef de la croisière anglaise dans ces parages l'a fait conduire 
sur le bâtiment le Svptngerk l'emboucbure de la rivière de Bé- 
nin. Il a débarqué au cap Coast-Castle ( Cabo - Corso ),où il a 
benreusement rencontré, k bord ieVOtn^en-Glendower^ un ma- 
telot depuis long-temps au service de l'Angleterre, connu sous le 
nom de William Pasco , et dont le vrai nom est Abou-Bouker. Cet 
homme intelligent et'd'une bonne conduite, natif de Haussa tt 
voulant y retourner, accompagnera M. Belzoni. Il donne sur les 
contrées qu'il a parcourues des détails cunjeux , et dont on n'a 
aucun motif de suspecter l'aulbenticité. Abou-Bouker a quitté 
Kashna qu'il appelle Bimie^Kashna [y\iXe àe Kashna) vers 
i8o5, faisant route avec une caravane de marchands, dont les uns 
se rendaient dans le Gunja pour s'y pourvoir de noix de Coola , 
et les auti*es gagnaient la côte avec des esclaves. A 4 journées de 
marche de Kashna ( environ 36 lieues , a raison de 9 lieues par 
jour ), voyageant sur des ânes et sur des mulets , la caravane at- 
teignit une rivière aussi large que la Gambie à Sainte- Blarie, 
ayant son cours vers l'est et venant d'une contrée qu'Aboa- 
Bouker appelle le Gober. 5 jours après , la caravane, marchant 
vers l'ouest, parvint au bord d'un autre fleuve plus large et plus 
profond que le i^^, on le nomme le Gulbi; c'est le Yaou des 
voyageurs anglais , ou le Niger. U parcourt les pays de Guari et 
de Nooffi, Abou-Bouker croit que les deux fleuves se confondent 
et n'en forment plus qu'un seul à Zugurn près de Kaba» H se 
dirige alors à l'est yers Birnie-Bomou. Les eaux du Gulbi ont un 
fort goût de sel , et il est rempli d'hippopotames et de crocodi- 
les. Après plusieurs jours de marche vers l'ouest , Abou-Bonker 
et ses compagnons aperçurent une chaîne de hautes montagnes -, 
le sommet de la partie la plus élevée appelée Waoony a par sa 
blancheur l'aspect du marbre ou de la neige ; il est le même 
que celui de Fogo , dans l'une des îles du Cap-Yert. Au bout de 
8 jour$ ils aperçurent la mer, traversèrent une petite rivière 
qu'on désignait sons le nom ^Ecfioo ( probablement le Logos )t 
et dix jours après ils eurent atteint Jnnamaboe sur la côte. 



Mélanges. i5j 

Abon-Bouker représente Bimie-Kaskna comme enTÎron YÎngt 
fois aussi grande que Sierra- Leone ^ dont le palais seul du roi 
tgale rétendue. Tous les habitans sont mahométans , et on n'y 
compte pas ,moin8 de 5o mosquées. Cette YÎIle , située dans une 
yaste plaine , est à environ 36 lieues du Gulbi ( le Ifiger ), qui, 
dans le dernier mois des pluies annuelles , inonde une immense 
étendue de pays. Ces débordemens sont farorables à la culture 
du riz j mai9 nuisent quelquefois à celle du blé de Turquie et des 
patates. La contrée produit des figues , des citrons, des oranges ; 
mais il n*a tu de cocotiers que sur la c6te. Les animaux domesti- 
ques sont des bœufs , des moutons , des chameaux , des chevaux. 
La plupart des maisons sont construites en pierre , mAis n'ont 
qa'on étage. Il y a marché k Kashna trois fois la semaine ; des 
esclaves , des noix de Coola , et du sel sont les objets que les 
Maures y viennent échanger contre Tor et les cauris. 

Le roi a une nombreuse armée , cavalerie et infanterie. Ses 
troupes sont armées de lances, d'arcs et de flèches. Dans leurs 
expéditions militaires , des éléphans sont employés à transporter 
ks bagages. Le roi a une multitude de femmes ; chacun peut en 
prendre autant qu'il lui plait, ou qu'il peut en nourrir > et, sui- 
Tant l'expression d'Abou-Bouker, le degré de considération dont 
jouit un homme se mesure sur le nombre de ses femmes. 

A une journée de marche de Kashna , vers l'ouest , on trouve 
une Tille appelée ÉuHmi ; la plupart des habitans sont Maures. A 
trois journées de distance , dans la même direction , on rencontre 
Zangfara ; et à deux journées encore plus loin, toujours à l'ouest, 
est JlAaii, capitale du pays , que les indigènes appellent le Go- 
ber. £lle est bâtie sur une des rives du Gulbi ( Niger). Abou* 
Bouker ne sait rien des contrées de l'est ; il a seulement ouï -dire 
soavent à son grand-père que Bimie-Bomou é|ait à 1 4 journées 
de distance ( environ 140 lieues } de Birnie- Kashtia ^ du côté 
de l'est. 

Les nouvelles insérées dans les Nouv. ann, des voy, (48*. livr. 
dcc. 182^, p. 4^2)» s'accordent à peu près avec celles dont on 
vIeDt de lire l'extrait. Quelques passages d'une lettre récente de 
M. Belzoni expliquent les obstacles qull a éprouvés dans l'em- 
pire de Maroc , pour l'accomplissement de son projet. Il parait 
qa'il y a été l'objet de soupçons et de persécutions : après avoir 
rcçQ à Fez un accueil favorable , l'empereur de Maroc lui a fait 
intimer la défense d'outre-passer le mont Atlas ^ dans les défilés; 



1 58 Mélangea. 

duquel il se tronrait déjà. La chaîne principale de ces monts ne 
consiste qu'en collines. Parti de nouveau de Mongador, M. Bel- 
Boni s'était embarqué à Ténériffe sur un bâtiment anglais qui 
se rendait aux lies du Cap-^Vert, d'où il voulait passera la ri-^ 
vière de Gambie , sur le continent ; mais aucune occasion ne se 
présentant pour passer immédiatement aux rives d'Afrique^ il 
continua sa navigation à bord du bâtiment où il était , et vint 
débarquer à Cape-Coast (Cabo- Corso) , où il s*embarqua aus- 
sitôt sur le bâtiment le Smnger pour la c6t€ de Ben m. 

Cest de là y dit le journal que nous citons » que M. Belaoni 
va essayer de pénétrer dans l'intérieur. « J'irai, écrit-il, dans 
» une, direction uord sur la ville de Haoussa » et je dois renoon- 
» trer le Niger avant d'y arriver, à l'est de cette grande ville. 
»> De Haoussa, mon voyage se portera peut-être sur Tombouc^ 
> tou : peut-être aussi essaierai-je de revenir par la route d'É- 
» gypte. » 

M. Belzoni , ajoute-t-on , est accompagné d'un négociant 
maure, domicilié à Haoussa, et qui devait lui servir de protec- 
teur , en suivant une caravane. C'est un associé moins utile en 
traversant les pays nègres ; mais il parait pourtant que, sur les 
bords du Niger, les Maures, sans doute à raison de leurs rela- 
tions habituelles de commerce avec les habitans, sont individuel- 
lement considérés. Notre voyageur porte lui-même le costume 
maure et une barbe vénérable. Ce récit n'exclut sans doute pas 
celui du Qtiarterfy^Review, qui donne pour compagnon à M. Bel- 
zoni le matelot Abou-Boukerou William Pasco, natif d'Haoussa. 

A. D. V. 

184. L'Anglais Cochbane, qui s'est déjà rendu célèbre par ses 
longs voyages à pied, et qui, depuis deux ans , avait entrepris ua 
pareil voyage en Sibérie pour rechercher si aux confins septen- 
trionaux de la terre il n'y avait point un isthme joignant les deux 
contineus d'Asie et d'Amérique, est actuellement en route pour 
revenir de son voyagew Des obstacles indépendans de sa volonté 
l'ont empêché de continuer sa route , et de constater si ces deux 
parties du monde sont réellement unies. (Leipz, Litt, ZeîL; mars 
1823; p. 619.) 

a85. EnoxMous fall of eain in tkb tropics. Torrens de pluies 

extraordinaires sous les tropiques. 
Le journal américain des sciences | vol. I V , p. 87$ , par le pro» 



Mélanges. i Sg 

fesseur Sil]iman, rapporte, d'après nne lettre de M. Ronssin , 
cajntaiiie de vaisseau» en date de Cayenne, 28 février 1820 : « Ce 
n'esi pas peut-être sans intérêt que vous apprendrez le fiiît mé-* 
téorologiqne suivant dont je peux vous garantir l'authenticité. 
ûq>ais le f • fév* jusqu'au a 4 il est tombé sur l'ile de Cayenne 
Il pieds et 4 pouces à* eau. Un individu très-digne de foi a fisit 
cette observation 1 et je me suis assuré moi même, en plaçant on 
vase an milieu de ma cour, qu'entre le 14 et le x 5 de ce mois» 
savoir depuis 8 heures du soir jusqu'à 6 heures du matin» il est 
tombé dans la ville xo pouces | d'eau. Ces pluies énoi^es ont 
cansé nne inondation dont toutes les plantations ont souffert* 
[Philos, joum*^ n». x5; janvier i8a3; p, i85.) 

286. CoLOifis AcaicoLB A Java. 

M. de Wilde est arrivé dernièrement à Java» revenant du 
cap de Bonne-Espérance, après une traversée très-orageuse; il a 
réussi à transporter en cette île du bétail» des plantes et des 
graines, avec une grande quantité de vers à soie qui» nourris 
avec des feuilles de mûrier, ont produit beaucoup de soie pen- 
dant la traversée. II se propose d'établir à Java une colonie agri- 
cole , à la manière hollandaise , avec des instrumens d'agriculture 
et des bestiaux européens; il a déjà semé du froment, du seigle^ 
du lin et de la graine de choux qui viennent très-bien, et il es- 
père obtenir une belle récolte. ( Allg. konst en leier-bode; juin 
i8a3 , p. ) 

^87, ÉtaBUSSEMSHS pour la GOMMODlTi DES VOYAGEUES EN 

Russie. {Investigator y avril ]8a3, p. 43o. ) 

Le gouvernement russe a établi l'hiver dernier le Ion g du golfe 
de Finlande et de Pétersbonrg à Cronstadt, des espèces de cara« 
Tasserais. Disposés de deux en deux milles et surmontés de pha* 
res et de cloches » ils offrent aux voyageurs une direction et un 
refuge qui peuvent les guider au milieu des neiges et des brouil- 
lards de ce climat meurtrier. 

188. SOUECE INFLAMMABLE, (ilfo;?/^. ^Og;, SCpt. l8!&3, p. 162.) 

Dans la province de TOhio , près du village de Milan, sur les 
ri?esde la rivière de Huron,dans les États-Unis, il y a une source 
dont l'eau est inflammable, et prend feu lorsqu'on en approche 
nn flambeau allumé ; la flamme, qui est très-pure et très-ardente, 
serait peut être susceptible d'être employée pour réclairage. 



i6o V MeLmges. ^ 

289. FoMOATioir o'uifB YiLLE BouYelle eu Géorgie. 
Un Allemand, nommé Jacob Schulz, qni était autrefois pilote, 
est parvenu à fonder une ville dans une situation très-avan« 
tageuse, en face de la ville d'Augusta en Géorgie. Il lui a 
donné le nom de Nouvelle-Hambourg. Cette ville s'agrandit 
journellement, et partagera un jour avec Augusta, le commerce 
entre le haut pays et les villes maritimes. Une partie des exporta- 
tionS) qui autrefois se faisaient parSavannab, se feront maintenant 
par Charlestown , qui n'est éloigné, par terre, que de 120 railles 
de la Nouvelle-Hambourg. L'état de la Caroline du sud a avancé 
à M. Schalz la somme de 5o,ooo dollars. Une nouvelle chaussée 
a été construite entre Charlestown et la Nouvellci-Hambourg, 
et un bateau à vapeur entretient la communication par eaa. 
{/oum. de la Litt, étr,f sept. iSiS , p. 285.) 

2^0. DÉCOUVERTE d'une MINE D*oE. Ou vicut, dit-on, dc décou- 
vrir dans la Caroline du nord, entre les rivières Deep ctSavannah, 
une mine d'or d'une étendue de i mille -^ à 2 milles. Un des ou- 
vriers employés à l'exploitation a trouvé un morceau d'or de la 
valeur de 1,700 dollars. 

291 . On ▲ DÉCOUVERT sur la côte méridionale du lac Supérieur, 
dans une langue de terre et à fleur d'eau, une mine ou plfltôt un 
bloc de cuivre d'une très-grande dimension. 

292. DÉCOUVERTE d'un NOUVEAU FLEUVE. 

Dans le mois de décembre dernier, le lieutenant John Stone 
a découvert une nouveau fleuve dans l'Australasie, auquel il a 
donné le nom de Clyde; il a remonté le cours de ce fleuve dans 
un espace de quarante milles, si^r son brick , le Snapper, et, au- 
tant qu'il a pu le distinguer, la rivière paraissait navigable, pour 
des bâtimens plus considérables. Elle se jette dans la baie de 
£ateman. {Europ» Maff, ; sept. 1823 ; p. 172. ) 
293. Fermenting pond in Massachusets. Étang qui fermenteà 

Massachusets. 

On vient d'observer à Sharm, état de Massachusets, un étang 
remarquable, connu sous le nom de Mask-Bog-Pondy duquel on 
tire une grande quantité d'oxide de fer lenticulaire argileux et 
de charbon minerai. Depuis la mi-août jusqu'aux premiers jours 
du mois de septembre , cet étang paraît se trouver dans un état 
de fermentation ou de travail comme la bière lorsqu'elle est en- 
core nouvelle. ( 6V////W. Journ,, vol. V, p. 199.) 



IMPRIiMERIE DE FAIN, PLACE DE L'ÔDÉON. 



BULLETIN 

DES SCIENCES 6Ë0GRAPHIQUES; 

ÉCONOMIE PUBLIQUE j VOYAGES. 



GÉOGRAPHIE et STATISTIQUE. 

294. A NkW and COMPEBHENSITB StSTEK OF MODJUIN CEOGEAPHT, 

Système nouyeau et complet de Géographie moderoei ma- 

thématiqae, physique, politique et commerciale. 

Description de l'état du globe avec indication du nombre de ses 
babitanset de sesproductioas, précédée de l'histoire de la géogra- 
phie, avec des tableaux statistiques et synoptiques, une série de 
cartes correctes et coloriées pour former uu atlas complet , une 
grande variété de Tues, et d'autr,es gravures indiquant les usages» 
mœurs et coutumes des nations; par Thomas Myars, A. M. de TA- 
cadémie royale et militaire de fFboltvich. Londres. Sherwood^ 
Jones et comp. Annoncé comme devant paraître par livraisons. 

i^ Cet ouvrage sera soigneusement imprimé in-quarto y avec 
des caractères neufs et élégant sur papier fin. 

2^. On en publiera un cahier chaque mois (a5 cahiers compléte- 
ront l'ouvrage). Prix du cahier, 2 sh. J. M. M. 

395. A CoNGisx hbw CAZETTEE& ov THE woELD. NouvcUe Ga- 
zette du Monde, avec la description de sa situation, sa gran- 
deur, ses limites et ses grande^ formes naturelles, ainsi que ses 
divisions et subdivisions politiques, etc.; par Chris. Eaeitshaw. 
in-ia, Pr. 5 sh.; Londres; 1824., 

296. Memoeials of Columbus , or a collection ofautkenlic do^ 
cuments of that celehrated navigaton Mémoires de Colomb , 
ou documens authentiques de ce célèbre navigateur, publiés 
d'après les manuscrits originaux par ordre des Décurions de 
Gènes y et prâ;édés d'un mémoire sur la vie et les découvertes 
de ce grand homme ; traduit de l'espagnol et de l'italiete; In-8. 
Prix y 18 sh. Londres ; 1823. 

F. Tome L ix 



L 



i62 Géographie 

297. Suite des RECtffc&dKSâ StATIStlQieiES êUE LA VILLB DE PaEIS 

et le département de la Seine; recaeil des tableaux dressés et 
réunis d'après les ordres de M. le comte de Chab&ol , conseil- 
ler d'état» préfet du département. Un toi. in-4<». Paris; i8l3} 
imprimerie royale. (Voyez le Bulletin ^ jany. 1824* 6®. sect., 
géogr. et stattst. , p* 5 | fStrier, ibid. , p. 96» ) 

' Industrie , Commerce^ Manufactures, 

Nous nous sommes permis d*interyertirici l'ordre des tableaux 
en mettant à la fin ceux qui sont au commencement; en effet , il 
nous a semblé que l'état des exportations de la capitale, ainsi 
que le nombre des faillites et des jugémens de commerce, n'é- 
tant que la eon^équencë de ce qtti pf <$cède dans les autres tables, 
il était plus naturel fie terminer ce èhapitl^e pat eette espèce de 
renseignemens qui en est comme le résumé. 

iS Raffinerie dont 19 à Parb, 4 ^ Choisy, Mont-ftouge^ 
Vatlgiràrd et Bercy, 1 à Mîgnaux et Villeneuve St.-Georges, 
dccupent 598 oturriers^ et Versent dans le commerce 20 millions 
aoo mille livrèis dé sndte raffiné ; pi^oduit de 18 millions^de livres 
àt siicrè bnit, et dtf 5 milKons 400 mille livres de suere terrée 

Outre ce premier produit ( le sucre en pain) représentant une 

somme de . . .^ * .- 4 ^ aSyoooyOoo fr. 

on retire encore du raffinage 5 miHibas dé- 
livres de vergeoise» valant. • • . ^ « • . • ^/Sidovoo*- 
7 millions de livres de mélasse valant • • . i,5oo,oea 

3ir,'^oo,oô6 

On estime cjue ces raffineries emploient % millions aoâ,ooo lîv.' 
de charbon anîmaf, 3o2,ooo lîv. de cbarbon fossile, S,S44 ba- 
rils de sang de bœuf, 1 million dTceufs', 9S0 liv. de papicF, 662,000' 
piècfes de poterie, et 33i,(yoo pièces en ttsténs&eii dû cuiVre. 

$oigrms^^^^l^9kA* 83; 

65 ÊtablisseiÉiens, dont 28 a Paris ,. et le reste situé partie à 
Paris et partie en Picardie, d'où les ouvrages^ d^abord ébauchés, 
sont ensuite totaleinent flerfectionnés dans la capitale, emploient, 
année commune, 24|2o8 liv. ( 12^109 k.) de soie de tarante à 



et Staiistiquex i6S 

4o fr. ia livre . . . ^ ^ 968,3^0 fr. 

10,222 Uy. de sbiède Piémont ( 5,1 1 1 k) % 4^ ft^* 
la livre 459,99<' 

147,600 lîv: ( i28,8do k. ) de mérinos à 15 fr. 322,000 

^^^^—— ^ » 

49638,310 fty 

Les ëtablissemens de iParîs font battre 811 métiers ( ceux de 
Picardie 1843) et occnpent 3,8oo ouvriers (8197 en Picardie) 
qui coûtent i,6S3,5oo fr. 

Des 65 ëtablissemens, huit seulement travaillent le cachemire 
à la manière de Tlnde. 

La vente totale de ces manufactures est estimée se monter à 
15^271,000 fr. 

Filatures de cdton. — Tableau Ô4. 

67 ^Filatures faisant tourner i5o,ooo broclies, et occupant 
io,55o ouvriers, dévident i,5oa,ooo lit. de coton , représentaut 
« 2 f. 5o c. la livre, 3,760,000 fr« 

Ces i5e,ooo broches filent 60 millions d*écheveaux, et peu* 
Vent même en donner 90,000^000 par an , qtund on accélère leur 
iBouvement jusqu'à 1,260 tours par 12 h. de travail, au lieu de 
790, terme moyen ordinaire. 

370,000 livres de coton servent au débit de 3 10 bonnetiers ^ 
et donnent 1,480,000 paires de bas, valant â 2 f. 48 c. 3,670,400 f. 

Le reste est converti en tissus, et compose une quantité de 
^226,000 pièces, qui alimentent la vente de 44 fabricaDs> et pro-^ 
daisaient une somme de 8,258,ooo Â'.il 7 a quelques années (en 
181 3)$ mais les prix étant diminués d'un tiers, aujourd'hui la 
consommation de la bonneterie et des tissus ^e coton ne repré^ 
sente plus qn*une valeur de 8 millions» au lieu de 1 2,000^000. 

Matières éCor et d'àrgenL^-JM. 85. 

1247 t^abricans, parmi lesquels on doit compter avant tout 
63o bijoutiers, 60 joailliers , 85 orfèvres, etc., emploient dans 
leUrs travaux , des matières d'or et d'argent pour une somme de 
14)552,000 fr. ainsi répartie : or, 8,25o marcs, à 721 fr. le marc, 
5332,000 fr.;>-^ argent^ i62jOoo in. à 5l fr. , 18^000 m. à 
44 fr* ^5 c. ; ,180,000 m. 9,220,000 : total i4)552,ooo fr. 

La niain -d'oeuvre ajouta à cette première somme une valeur 
de 7,246,000 fr. pour Fdr^ et de 5^694,000 fk*. pour l'argent, 



1 G4 Géographie 

ce qui donne un total de 27,3941000 fr. pour cette branche d'in- 
dustrie , à laquelle travaillent 7 à 8,000 ouvriers. 

X^ dernière recense des ouvrages d'or et d'argent , faite en 
18 19 dans Paris et les départemens , a donné 6,4 7 4^09 1 pièces, 
valant 649000,000 francs. 

Horlogerie. — Tabl. 86. 

On compte dans Paris 52o horlogers occupant environ a,o56 
ouvriers et produisant , année moyenne, 80,000 montres en or, 
40,000 en argent, et iS^ooo pendules ^ représentant une vente 
de 19,765,000 fr. 

Bronzes dorés et argentés, — Tabl. 87. 

io5 Établissemens^ faisant travailler 840 ouvriers environ , 
emploient 3oo,ooo liv. de cuivre d'Allemagne ou da Suède , au- 
tant de fer indigène, et 4)000 mouvemens de pendules , et don- 
nent une fabrication estimée 5j25o,ooo fr* 

Tannerie et hongroierie, — Tabl. 88. 

Il y a dans Parb 3o tanneries , où 3oo ouvriers environ pré- 
parent, année moyenne, 4^,000 peaux de bœufs, 4^000 de va- 
ches, 60,000 de veaux, 8000 de cheval et emploient, à cette 
opération, 11 millions de livres de tan, 97,000 liv. d'alun, et 
1,000 liv. de suif et de sel (moitié de chacun). 

Le produit de cette btanche de commerce est estimé à 
3,726,000 fr., terme moyen. 

Le nombre moyen des chevaux vendus dans Paris (tabl. 89) 
est de 4)200 par an , sur 37,400 présentés au marché : c'est le 
neuvième. Sur ce nombre on en vend la moitié hors d'âge, le 
huitième pour selle ou cabriolet , le reste se compose de che- 
vaux de trait. 

Dans les choses utiles , mais chères , la production se soutient 
dans les limites de la demande et les passe rarement. Aussi le 
nombre des chevaux vendus représente-t-il exactement celui des 
chevaux morts. Nous venons de voir que la vente moyenne est 
de 4)205 , l'abattage est de 4>i3a. 

Imprimerie, — - Tabl. 9 1 . 

80 Imprimeries , occupant 3, 000 ouvriers et faisant mouvoir 
600 presses , emploient chaque année 280,800 rames, de papier, 
et donnent une i:^cette de 8,75o,ooo fr. On estime que dans les 
livres imprimés chaque année en France la théologie en repré- 



j 



et Statistique. i65 

sente le 7*., la juHsprudence le 5* , les sdences et arts le ao®., 

la politique le 16^. , les belles-lettres le 18*., et l'histoire le a4«. 

L'imprimerie royale , qui emploie 80 presses , agS ouTriers 

et 70 à 80,000 rames de papiers , n'est pas comprise dans ce 

calcul 

ExpOTtatiom de Pétris. -— Tabl. 78— -79. 

Tout ce que Paris produit est loin de pouvoir être consommé 
dans son sein. Il en envoie une grande partie à l'étranger ; et la 
somme qu'il en retire se monte chaque année â 4^ on 47 millions*. 
Les principaux objets d'exportations sont les suivans r 

Étoffes de soie 4>99o,ooo fc. 

Schals^ idem 3,890,000 

Merceries 1,480,00a 

Librairie 9}58o,ooo 

Métaux dorés et argentés. • . • . a^aSo^ooo 

Draps «••«•••«•. a,aoo^ooa 

Schals de laine. ...«...•• 1,070^000 

Porcelaines. .... « « a,ooo,ooo 

Modes et fleurs. « « « a^3oo,oo<» 

Peaux ouvrées. ,..«..«•.. i,5oo,ooo 

/ Horlogerie. . • « • . x,5oo,ooo 

Rubans.. i,aoo,ooo 

Batistes et linons. .«.««•«. i,i8q,ooq 

Parfumeries. •..«......« 980,000 

Verrerie, cristaux, glaces* . . » 398^000 

Meubles ..«.••..• 6^0,000 

Bonneterie. .«...•«•»..« 600,000 

Tabletterie .........••« SoQ^ooa 

Diamans et autres pierres. • « • Sqo^ooq 

Dentelles de soie. ........ 5oo,ooo 

Chapeaux de paille. • 4^o,ooa 

Chapeaux de feutre. ....... 3oo,ooa 

Parapluies en soie. ......... 275^000 

Faillites , Jugemens de commerce. -— Tabl. 77.. 

Le tribunal de commerce est souvent pouv l'industrie, ce que 
lliôpital est toujours pour les maisons de jeux. L'un est la con- 
séquence de l'autre. Dix-sept mille trois cents causes- sont por- 
tées annuellement devant ce tribunal. Sur ce nombre^ cinq à six 



i66 Géographie 

mille sont ofdlqairemepl conciUées; la )oi décida 4a reste, el 
presque fous (es )i^eiiieq4 eatrainent la çontK^îm^ par corp$<^ 
Hais il s'en iaiil bien q«*^l9 soit mise à eiiécatioii contre tona 
oen^ qu'elle alt^t* Sur on^e mille sis cents jugfipçps lerés, en- 
won cinq à six cents débiteurs seulement peuvent être savM$. 

Depuis iftiS le terpie v^ojea d^ faillites cs( ^ dftiix cent neuf, 
Une soixantaine sont terminées par un concordat ou un contrat 
d'union ; quarante-huit n'ont ofifert aucune ressource. 

Le maximum du passif de c^ faillites a été ^ i8ig de sept à 
SIX millions. 



CnAPiraB huit et vnif\E,%.^^ finances , T^d^- d^* — ^io4* — * 
Art I^'. Feniesfiufes dans Paris depuis, dix ans, T^bl. 99. 

Le terme moyen des yentes dé toute espèce effectuées dana 
Paris est pour une année sur dix, de ao4i ; elles se partagent 
ainsi : Tentes '?olontaireSy74o \ après décès, 8o3 ; par autorité de 
justice, 3^8; par désbérencè , lai; au Mont-de- Piété, 48. 

Les premières se montent à 3,565,6oo fr.; les secondes & 
3,3 12,000 fr.; les troisièmes à 701,000 fr.; les déskérences à 
45,000 fr.; enfin celles du Hont-de-Piété à 1,196,0006'..—^ 
Total 8,800,000 fr. en nombre rond. 

Les meubles entrent dans cette somme pour 6,000,000 ; les 
objets d'art pour 660,000 fr. ; les liTrés pfiur 56o,ooo fr. et les 
fonds de commerce pour 270,006 fr. 

Une remarque singulière , et que l'etpérience justifie cepen- 
dant y est que généralement la yaleur moyenne d'une vente ne 
passe pas 4,ooo fr., et que le montant d'un mobifier ordinaire peut 
généralement s'estimer avec certitude à une année de revenu de 
la personne à laquelle il appartient. La valeur moyenne 4'W 
f<wds de commerce mis en vente est de !i^6oQ fr. 



et Statistique • 167 

Art. 9. CçfUntnUiomf, T«b. \o^. 

Les contribattom de tonte espèce que la Tflle de Paris paie au 
gourenieBiéiit peuvent se placer dans Tordre suivant : 

iEnreeûtrement. (S46> I go actes. 11, 85 1,000 fro .^ o. c 
AmeSdM. . . . j,X iâ. . iS*^ (•V3'.<«"f'- 
Uypotliékiues. . 7,000 h1. . r^prësantant r 
i33,Qoo,(«o dç créances J 179,000 

! Papier de commerce 3,000,000 fr.' 
Journaux, 4^,000 ramet ou 

aaySooiQoo feuillet, , . . . . i,io<^doo 

Papier de musiiiue» 4oo rames. 9,000 

Livr. de commerce, a8o 5o,ooo ^ 4i444><>oo fr. 

Afiiches. .«•... 70» iSjyOoo 

Passe-ports 9^,000 

Ports d'armes 93,ooo 

Amendée ib,6oo 

Douaires et sels 1,408,000 

Goatributione indif«ctes, octsoi^ t9,i56,ooo 

Poste aux lettres ( le nombre mojen des lettres reçues è 
P^rîa dans un jaur est de |8yoaQ ; eelui des lettres 
mises à I4 p^tita po^te de lo,o<^ \ pour la France et 
Fétraneer , a8»ooo i le nombre des feuiUai p<friodi(|uea 

et sen|i -périodiques , «le a8,ooo) i»^^^»^^*' 

Loterie. .' 0,438,o6o 

! Foncière i3,$i 1,000 fr.1 
Pofftes et fealtres *»994,ooo f^ 
Personnelle al laobiUère. jiolj,^»^ ?'30|Oa7,ooo 
Patentes 5,175,000 J 

Total i0^>9i8»ooo Cr 

U résulte de ces Mts que Paris entre dnns les contributions 
générales de France 1 saToir : 
Domaines, enregistrement, timbre, hypothèques, pour. . 0,10^ 

Douanes, sels. « • • < o,oia 

Contributions indirectes, 0,101 

Postes aux lettres. • 0,180 

Loterie • • '. o,43(^ 

Contributions directes o,o83 

¥t q«? chacun de ses habitans paie ie6 h. pour sa part de 
tous les inîpâls, tandis qne le rerto de la France n'en paie q|ne 
a?. ( T«iU. to4. ) C'est le 8®. du retenu mpyen d'un habilanl de 
la capitale caloulé sur ^fào fc. enTÎton. 



i68 Géographie ' 

Le reyenu moyen d'une maison est : 





Kombre des 


ReTenu moyen 


Prix d*unt 


Kombre moyen 


Arrondissement. 


maisons. 


de chacune. 


location. 


des locataires 
d'une maison. 


Dans 1* I**. 


1,933 


3,ia4 fr. 


497 fr- 


6 


••- 


a,o59 


4,779 


6o5 


7 . 


3«. 


1,346 


3,97^ 


4^5 


9 


4^ 


i,63i 


a,953 


328 


9 


5«. 


, 1.77^ 


2,1 65 


225 


9^ 


6'. 


«,4^1 


a,a33 


242 


9 


7«. 


i>947 


^9^5 


217 


a 


8«. 


a,33o 


i,3ox 


172 


7 


9'- 


«>49» 


.1,571 


172 


9 


J0«. 


a,47î» 


2,32 J 


285 


8 


11*. 


. . ^,093 


1,94» 


257. 


• 7 


ia«. 


a,634 


9^^ 


147 


6 



Là yalenr totale des loyers de Paris, est de 59,524000 fr., 
ee qui donne 89 fr. 37 c. par habitant. Mais s'ir^est patenté j» 
comme le nombre en est de 36,ooo environ , payant 27,300000 fr. 
de location, la valeur moyenne de son loyer s'élève à 758 fr. 

Les locations vacantes sont de 740,000 fr. pour 1820. La 
valeur moyenne d'une location étant pour les douze arrondisse^ 
mens de 289, on en compterait i3 sur 1000 de vacantes. C'est 
le premier arrondissement où il y en a le plus (22 sur 1000), et 
le quatrième où il y en a le moins, 5 sur 1000. 

Le nombre des portes et fenêtres é;tant en 182 1 de 920,238, on 
a démoli pour différentes causes 34,342 maisons , depuis quinze 
ans : on en a construit 57,496 dans le même espace de temps. 

La moyenne des portes et fenêtres étant de 34 y environ pour 
une maison , il s'ensuit que le nombre des maisons construites 
depub i5 ans , représente dix fois et demie l'île Saint-Louis, où 
l'on compte 8,823 portes et fenêtres ; mais comme il faut sous- 
traire de ce calcul toutes celles>battues , l'accroissement effectif 
équivaut seulement à deux fois et un tiers l'ile Saint-Louis. C'est 
l'étendue de deux villes de provinces du troisième ordre; ce 
rapprochement est un des plus ingénieux d'un ouvrage où il y 
en a beaucoup. Enfin, le calcul d'une progression géométrique , 
indique que la durée moyenne d'une mabon , peut être évaluée 
à 3 10 ans. Benoiston de Chateauneuf. 



et Statistique. 169 

29B. CoMMBmcB DB Pabis. Exportations en i8ai. 

Ha été exporté de Paris en i8ai , savoir : articles de modes, 
pour a,6oo,ooô fr. ^-^ Fleurs artificielles, 4^0,000 fr. — Tableaux , 
56o,ooo fr. — Parfumerie ponr plus de i ,000,000 de fr.— Bijouterie^ 
aiOoo,ooo de fr.— Coton et toile, 2,280,000 fr. — Batistes et linons, 
1,237,000 fr.-— Schals, moitié laine, moitié soie, a,i25,ooo fr. 
' — Rubans de soie , 2,280,000 fr.— Étoffes en soiei 6,457,000 fr. 
— Draps , 3 3 0,000 fr. {Journ. ^fur Lit, Kunst^ Luxus und Modes , 
de Weimar; décembre 1823, p. 917.) 

B99. Navigation db Paris a Sèvres, de 1776 à 1779. 

Il est remonté du pont de Sèvres dans les ports de Paris , pen- 
dant les années ci-après, savoir : pendant l'année 1776 à i777f 
65o bateaux, et pendant Tannée 1777 à 1778, 665 bateaux. 

Il a été déchargé au port de Sèvres, tant les bateaux venant 
d'amont que ceux venant d'aval , savoir : pendant l'année 1776 
à 177 7, 223 bateaux, et pendant l'annéei 77 7 a 1778,341 bateaux. 

Les produits des droits du mettage à port au pont de Sèvres 
se sont montés, savoir : pour l'année 1777 à 1778, à 1729 liv. 
14 s. 4 d. ; pour l'année 1778 à 1779 , à 1882 liv. 1 5 s. 

Les 8 sous pour livre ne sont point compris dans ces produits. 

Les bateaux passant debout sous le pont de Sèvres rie sont 
point compris aiu présent état. 

3oo. Statistiqub nE quelques Universités en 1823. (Nouv. 
Ann, des Voyag, ; novembre i823,p.2^5.) 

Pays-Bas. Louvain, 309 étudians; Gand, 297; Liège, 462; 
Leyde, 382; Utrecht, 3i2; Groningue, 277. Allemagne, Gœt- 
tingae, i559 ; Leipsick, i645; Tubingue, 79$; Ilalle, 1119; 
Heidelberg, 660 ; Wurtzbourg, 663 ; Bonn, 528 ; Berlin , 1249; 
Freyburg, 556; Grei£swalde, 127. Norwège, Christiania, 211. 
Russie, Moscou , 695; Dorpat , 400; Charkow , 264. 

Ces relevés indiquent généralement le nombre des étudians 
CD été; il est moindre en hiver. 

Soi. Notice sur quelques Bibliothèques de l'Allemagne. (Nouv. 

Ann, des Voy, ; novembre i8a3 , p. 255 ; extrait de l'ouvrage 

de M. Hoffmann , ci-après cité. ) 

L'auteur indique , dans les états de ce piiys dont suit le nom , 
les villes où se trouvent divers établissemens remarquables pour 
les sciences , les lettres et les arts, entre autres , des bibliothèques 
plas on moins considérables dont il a évalué le contenu."— -^«r- 



1 70 Géographie 

temberg, Siutgard; hibliodi. publique | sioi^^oofl vol, T\thoigue\ 
bibliothèque ëynluée à 60,000 vol. Bade, QiHsruhç; bili^l, 79,000 
vol. Heidelber^; id., 40'<><'<' voK — tiesfa-Dcuv^tcidt. JOl^urf^s-r 
tadt; id.y i^o^ooo toL Mayenc^ ; id., 80^000 yol. Gies^en; a 
bibliothéqi^es, mais évaluées à peinç k ^(>,qoo vol. -— Hesse^ 
CasseL Cassel; une bibl. , 70,000 vol. Marf^o^rg^ id,, ÇSsQOO-voU 
Hanovre, Gœltingue } id. , iLoo^oop vol. ^ toujours croiss^ntec 
Hanovre; id., So^ooo vp). -r- Brunswick. fFolfenbutiçi ^ yViH 
d'environ 7,000 âmes, et qui n'a jamais eu d'i^niyqrsit^y a cepen- 
dant une bibliothèque de 190,000 vol. 

3o2. Population actuelle de quelques villes d'Allema^e. 

[Nouv, ann. des vçj,^ nov. i823, p.^4i- £xt<^ de Voi|vrage 

' intitulé : Umpîss zur £rd-Qnd Staatenkunde , etc. £squiss^ 

de la géographie physique et statistique des divers éU^ e^ 

VAUetnagne^ par M, R. E. Hoffmaniç*) 

FFurtemberg^ Stuttgard, capîti^^e, :^7,58^ habitons» ^ve^ les, 

faubourgs , maia s^^s y comprendre ^ ÇQiJ|r çt i^ m^Slmif es ; 

Eeutlingen, 9;,35o; Heilbronn, 7994^1 Hall-:Ç9-SQuabâ , 6,370; 

Ludwigsburg , 5,980 ; EssUngen , 5,73o ; Ffor^zbeîm , $99^70 ; 

Gi|iund, 5,55o. — lfç4ç» Carlsrueb, ç^n. '^%k^'^\ Mai^eim;, 

1 8,400 ; Heidelberg , saiv» les étudiais , Qi3q(»;^ Ffeyi^^ui^ y 9,260 \ 

Bruchsal, 5,45o; Lahr, 49700; Rastadt^ 4>^'(0. -r-? Hesse-Darm" 

stadif Parmstadt, cap., sans le miliiaire, i5,6oo; Ms^yence, 

sans le militaire, a 5^ 400; Offenbach, 9,000; Giessen, 'Sf^oo. 

-— > Hesse-Casself ([^assél, cap., 23,3op; Hanau, 9,640; (cette 

ville en comptait 12,000 en 1811); Fi^lde, 8,333; IHarbourg, 

6,600; Hersfeld, 5,720. — ^a/ioy/'e, Hanovre, cap., 24>ooo; 

Embden , 1 1 , 3oo ; Hilde^l^eim 1 i o,6.5p ; Goéttîngue , , 1 0,000 > 

sans les ètudians; Osnabnick, 9,2 5q; Celle, 8,370; Minden, 

8,340. — Brunsa^ick fBmnsynckj cap., 3 1^,000; Wolfenbiittel, 

6,800. 

303. TopooHAPHisGHB-sTATisTic«ES Aeghiv., etc, Arcliive^ 
topographiques et statistiq^es du royaume de Hongrie; p^ 
J. Capleviez. 2 vol. Prix» 4 ^^^' Vienne, DoU»; Leipzig 9 
1823, Hartmann. 

304. Dee Spessart. Versuch ^iner Topographie dieser Waldge- 
gend , etc. Le Spessart. Essai d'une topographie de cette 
ibrét; par Bkhleu;. 3 vol. in-8., ayec carte. Prix^ 5 rxA 
Leipzig; i623; Broçkhaus, 



r 



et Staiislique^ 171 

$ûi5. Krakpw^ qsoucK JMo ( en polonais )• Bescxiplion 4« 
Cracovie et de ses e^v^îi'^n^ ; p%r k^ Geabowsk.!* In-rS., 2|vep 
%. colpr. Pm» 9L ]p(d, s5 gr. Cracoyie; 1822; Mateeki. 

Lapopalation delà ville de CraooTÎe , selon l'autenr, est d'en* 
viton- 24,800 habitanSy dont 19,3 ro sont chrétiens, et le reste 
jaifs. Sous Sigismood III , eUe était de 8o,ooo. Il 7 avait autrefois 
à GraeoYÎe plus de 70 églises , il n'y en a plus que 38. Parmi leâ 
curiosîtés de la yâle , on eite le palais épiseopal que l'évéque aor 
toely J, Pai|l Woroniczi a îsix décorer de tres-t»qtie9 pçinturea à 
fresque » par le célèbre peintre Stachowicz , et qyi représ^n-- 
tent dea sujets histpriqi]^^ de l'histoii» de Pplogne. Ce même 
peintre a a^issi décoré l'ancienne salle de Jagellon dans un 
des bâtimens de runiversité; 11 7 a représenté l'histoire véri* 
table et traditionnelle de l'université. Les curiosités des environs 
sont le château de Labrow, séjour favori de Casimir-le-Graad; 
le mont de Sainte-Bronislawa , Biclany , nomn^é Mons argenteus, 
coQvent de moines camaldules; Krseszowice, bains d'eaux miné- 
rales, appartenant aux comtes Potocki, domaine de 36 villages et 
d'une ville appelée Nowagara , où il 7 a des carrières de marbre 
noir; Oycow et GrodzisEb, village et ville situés dans une vallée 
très-pittoresque; WieKe£ka> les grandes salines, en Galltcie, à 
deux milles de Cracovie. Ces salines sont très-considérables, et 
ne peuvent être comparées qu'à celles de Cachemire en Asie. 
^-Les planches représentent des costumes polonais d'hommes et 
de femmes. Le tout est précédé d'une histoire abrégée de l'ori^ 
gine de la ville, et suivi du Bozmaiioscif c'est-à-dire mélanges, 
qai contiennent des mémoires historiques fort intéressans* 
[Jounu Gén. de Lia. éùtmg,^ oct. i8a3 , p. 3oa.) 

3o6. A DESCRIPTIOll OF THE AHTIQVITIKS AKD OTHER CURIOSITIES 

OF Rome. Description des antiquités et autres curiosités de 
Rome; par le R. Ed. Bu&ton, M. A. In-8., p. 690. Londres; 
i8a3. 

M. Burton a divjsé son ouvrage en trois parties : dans la pre- 
mière il traite des antiquités , et on 7 peut trouver de belles des- 
criptions de quelques anciens monumens. Il parait que dans ses 
reoierches M. Burton a quelquefois oublié ou négligé de parler 
de monumens très-intércssans. Dan#la seconde partie, l'auteur 
donne une description des églises de Rorae , mais non de toutes- 
M. Burton a tiré d'un almanach officiel , publié à Rome en 1800 \ 



1^2 Géographie 

la sUtistiqae de cette TÎlIe 9 dont la population montait alors à 
1 53,000 habitansy parmi lesquels 8 ëréqnes, i,586 prêtres, 
iy33o religieuses y 1,337 moines. Les observations qaeM. Bnrton 
fait snr les portes et les anciens chemins de Rome ont de l'intérêt 
et pourraient être utiles pour la lecture des classiques latins. La 
troisième partie est consacrée à une courte description des pa- 
lais de Rome ; malgré ses omissions M. Burton a fait preuve d'é* 
rudition. (^Quart, Rey. Lond,y juil. x8a3 , p« 3 1 5.) Moscati. 

307. Memoir descriptive of Sigilt and its Islands. Mémoire 
descriptif sur la Sicile, ses lies, ses antiquités, par le capi- 
taine W. H. Smith; in-4^. , al. 12 s. 6 d. Londres; 1824; 
J. Murray. ( London Lit, Gaz» ; juin 1824 ; p« 18.) 

3o8.The Histort of the Towk akd county of Galloway. Hist. de 
la ville et du comté de Galloway, depuis les temps les plus reculés 
jusqu'à présent; par John Hardimait , £sq. , in-4^v P* ^^^) 
avec gravures. Dublin. 

L'éditeur de cet ouvrage ayant été un des sous-<:ommissaires 
des archives publiques d'Irlande, a pu facilement tirer des sources 
tes plus authentiques, les informations dont il avait besoin. 
M. Hardiman , après avoir fait toutes les recherches nécessaires 
dans les archives du collège de la Trinité, dans celles de la Tour , 
et dans divers autres établissemens publics de Dublin , se rendit 
ensuite à Londres et à Oxford , où il examina avec soin tous les 
documens qui pouvaient lui être utiles pour son travail ; ses ef- 
forts laborieux l'ont mis à portée de donner aux Irlandais et aux 
amateurs de l'histoire en général , un livre qui mérite leur recon- 
naissance. { Month, Rev* enL ; décembre 1823 ; 4^^ V^ë*) 

Moscati. 

309. Tableau topographique et agricole du canton moyen du 
Lanarkshire, par W. Aiton. (Farmer's Magaz. ; mai idiS; 
p. i5o.) 

Ce canton, ou district manufacturier, comme l'auteur vent 
qu'on l'appelle , présente une surface tout-a-fait pittoresque. 
Coupé, inégal, couvert de montagnes, de bois et de rivières, il 
offre à chaque pas des accidens de terrain , des points de ^^^ 
nouveaux et une populaticm actiin; 5 3, 182 habitans, dont le 
5". environ se livre aux exploitations rurales , sont répandus sur 
une superficie de i58,28i acres d'Ecosse, que les eaux, 1^ 
mousse, etc., disputent à l'agriculture. L'auteur ne pense pas 



et Statistique é ij5 

que la charrue en sillonne plus des deux tiers. Les terres ara-» 
blés y sont au reste de bonne qualité. C'est un fond d'argile 
qui est baigné par 25 à 27 pouces d'eau pluviale , dont la tem- 
pérature moyenne varie de 89 à 55^ F. , suivant qu'on la prend 
de septembre en mars , ou de mars en septembre. 

3 10. The Character of the Russian^s, and detailed Hîstory 
of Moscow. Caractère des Russes , et Histoire complète de 
Moscovf , accompagnée d'une dissertation sur la langue russe 
et d'un appendice contenant les tableaux statistiques , histo- 
riques et politiques , etc. y etc. } ouvrage enrichi d'un grand 
nombre de gravures, avec un plan de Moscow en i823; par 
le D'^. R. Lyall , memb. de plus. Soc. sav., in-4°. de 689 pag. 
Londres et Edimbourg, 1823 , T. Cadell et W. Black wood. 

Les journaux anglais qui ont rendu compte de cet ouvrage 
important rannonccnt comme ayant excité vivement l'attention 
publique. L'auteur, par un long séjour en Russie , a été à même 
d'observer les mœurs na^onales, et d'y étudier l'histoire, ainsi 
que l'état actuel de ^ancienne capitale dont iV a donné une 
ample description. Il s'est proposé d'être impartial à l'égard de 
la nation russe ; et l'une des feuilles anglaise^ [European Mag.; 
Janvier; p. 5o) , signale ses observations comme également éloi- 
gnées du ton d^ la flatterie et de la satire. Quant au degré ac- 
tuel de la civilisation russe , le D^ Lyall ne le présente pas comme 
assez élevé pour que l'on puisse la comparer avec aucun peuple 
e\iropéen d'une civilisation plus ancienne. La marche de cet em- 
pire est sans doute progressive ; toutefois , si les détails donnés 
par l'auteur sur le caractère, les moeurs et l'instruction des di- 
verses classes de la société , présentent la noblesse , le clergé , lé 
commerce et les paysans russes, sous un jour beaucoup moins 
défavorable que le voyage du D^. Clarke , ces notions sont cepen- 
dant loin de confirmer l'opinion de l'un de nos écrivains les plus 
distingués , M. Dupin , qui , comparant la Russie telle qu'elle est 
aujourd'hui , avec l'Autriche , paraîtrait porté à attribuer à la 
première de ces deux contrées , une supériorité de culture intel- 
lectuelle et morale. 

i54 pages de l'ouvrage sont consacrées à des remarques sur 
le caractère des Russes. L'auteur, iiprès avoir examiné les causes 
des erreurs auxquelles se sont laissé entraîner les voyageurs qui 



\ 



174 . ' Géographie 

Vont précédé , dépeint succeSsîvemeht leé mœurs , lés Usagés , la 
manière d*étre habituelle de la noblesse , en faisant ressortir les 
traits spéciaux kjui caractéiisent les damés' russes , quaat à l*exté- 
tieuf et aux qualités morales. L'étî^t dé la littérature , celui du 
clergé , des coinmerçahs et dés paysatis ,* lés défauts qiiè te D'^ 
Lyall a remarqués dans les diverses branches de radministration 
civile^ le Culte des images, rinâtieilce Vienfaisaùté des Sociétés 
l)ibliques sur le caractère liational, lui suggèrent des observa tiens 
d*iin haut intérêt. 

L'auteur passe ensuitç à tuib description générale de Moscou , 
description précédée d*uné disèértafi on sur la langue ru^se. 
Cette i^^e. section contient des rèchercli^s sur lé nom, l'origuie 
et la fondation de Cette capitale. Le docteur Lyall y indique Tas^ 
pect général de cette grande >cité et de ses environs eh 1820; 
ce qui concerne lé sol et ses productions , ainsi que l'approyi- 
sionnement dé la ville; le nomiire des édificéâ , des palais de la 
noblesse , et des maisons de boi6 occupées par là généralité deè 
habitans , celui des églises et des convëns ; ' la distribution et 
Tordre intérieur de ces demeures ; la population de la ville , 
le rapport des naissances à la mortalité ; la police , les bains et 
les écoles , les barrières , ou Zastavas. On comptait à Moscou 
i523 jardins en ï8o5; on n'en compte plus aujotfrd*htti que 
loai. Avant Tincendie de x8il , le nombre des maisons était dé 
9,1 58, dont 2,967 eu pierres et 6,591 en bois. L'incendie con- 
suma 3)04 1 maisons bâties en pierre^ et 4)491 en bofs. On éva- 
luait entre 8 et 9,000 le nombre des maisons rebâties en 1820* 
On y comptait alors 6 églises cathédrales, ai monastères, 267 
églises grecqties , et jr affectées à d'autres cuftes. On portait la 
population de la ville , avài^t FinVasiôn^ à 3t2 mille babitatis au 
maximum , c'est-à-dire , pendant ITiitcr. M. Lyaîl douté qu'elle 
s'élève maintenant à loo mille âmes. Le nombre des morts acci-^ 
dentelles et violentes est de beaucoup inférieur â celui que pré- 
sentent les autres capitales de l'Europe. Le suicide est un évé- 
nement très>rare en Russie. On n'eU 9 compté que iô à Moscou 
en 181 7. L'auteur fait un grand éloge dé la policé de cette ca-^ 
pitale , sous le rapport de l'ordre et dé la sûreté. Les cinq sec- 
tions suivantes sont remplies par la description particulière et 
détaillée de chacune des grandes divisions de Moscovl^ , savoir : 
le KreiuUn , Kitai - Gorod , Bdoi - Gorod , Zemlianoi - Gorod et 
Slobodi y ou les faùboâ]^gs. Dans la septième section ,' l'auteur 



et Statistique. 1 75 

donne Une histoire S0tain]aîl*e de cette cîté célèbre y depuis l'an 
11 4^ jusqu'en l8l3. H attribue Tincendie de 18 12 aux natio- 
luiiiî. Où lira , avee beaucoup d'intérêt , les détails dans lesquela 
M. Lyall est eûtré, p. 5a3-52l7 , sur la rapidité extraordinaire 
et les hetiretÉx effets dé la reconstruction de Moscou ; cette ville 
eonsidéi^blelnent ^belUe n'offre plus que rarement le con- 
traste enti'e des palais maguifi^iùes et de chétives cabanes, qui 
pstâissàit Autrefois si choquant aux étrangers. La nouvelle Mos> 
Cou a perdu presque entièrement son aspect asiatique , pour 
pi^ndre tatig parmi les autres capitales de FEurope. 

Parmi les embellissemens de la nouvelle Moscou , on remar- 
quera i^. kl magnifique promenade publique plantée dans le 
({uartier de Beloi»Oorod , et à laquelle on a donné le nom de 
lardin d'Alelândre ; a^. l'édifice construit pour l'exercice des 
troupes, Etercise-House. La rigueur du climat ne permettant 
)n8 long' temps en Riissie lés exercices en plein air, des bâti- 
mete de ce genre ont été -construits dans les principales villes de 
Tempire. La construction de celui - ci a été dirigée par deux 
Francis , les géliéranz Betancourt et Charbonnier. Cet édifice 
i a imeitoc est admirable par la solidité et l'élégance de l'archi- 
(eetore. La façade et les ailes sont ornées de belles colonnes d'or- 
dre ionique. Il surpasse de beaucoup en grandeur tous les édifices 
connus ffn ont des murs pour appuis , ajant 56o pieds anglai» 
de lotig, ifi8 de large, ef 43 7 environ de hauteur; en le com- 
parant à la grande salle du Palais de Justice, à Padoue, la phi» 
tMte de l'Europe , on ne trouve à celle-ci que 3oo pieds anglais 
en longdetrr, sur 100 de largeur , et autant de hauteur. On peut 
frire tnancetivrer dans l'édifice de Moscow a,ooo hommes d'In-* 
Ganterie et 1000 de cavalerie; mab on n'y exerce d'ordinaire à 
h fois qu'un bataillon de fantassins avec un escadron. 

Le temps nous manque pour mettre sous les yeux du lecteur 
dM partienlerifés très-intéressantes dans le corps de l'ouvrage , 
tlMsr que dans l'appendice qui Taccoftipaghé. Noui nous borne- 
rons à signaler dans eet appendice, d'abord les sept tableaux 
iadictuatit fo. le nombre des édifices à Moscoti, en i8o3; a"^. 
Tétat dé eette ville en i8ô3 ; 3«. et 40., en 1817 , et eh 1819 
et iSare ; 5^. la date de la naissance , le cotnmenceinent du rè- 
gne , et l'époque de la mort dé tous les souverains de la Russie, 
depuis le moment où Moscow devint la métropole de l'empire, 
jusqu'au règne de Pierre-le-Grand, avec une notice sur lesprîn* 



•s 



I y6 Géographie 

cipaux évënemens de chaque règne; 6®. un semblable, résumé » 
depuis le règne de Pierpe-le-Grand jusqu'à l'empereur actuel; 
70. les noms et l'époque de la mort des descendans mâles des 
familles qui ont régné en Russie, pendant les i3^. , i4^* et i5^. 
siècles, et dont les restes sont déposés dans la cathédrale de Saint* 
Michel ; ensuite le programme de la méthode d'instruction sui- 
vie dans l'université de Moscou , et dans lés autres universités 
et collèges de l'empire ; 2^. une notice sur la Société impériale 
d'agriculture établie dans cette capitale. ( Voyez dans la 4*^. sec- 
tion, sciences agricoles, janvier et mars i8a4, la notice de 
M. le prince Gagarin sur eet établissement ) ; 3^. tableau des 
frais annuels de l'Académie de médecine et de chirurgie, à Mos- 
cow ; 4^. remarques sur les champignons , avec un catalogue 
des espèces que l'on mange en Russie , et des indications sur 
la manière de les accommoder ; 5^. un catalogue des plantes que 
l'on trouve à Moscou et aux environs ; 6^. récit de l'arrivée dans 
cette ville , et du séjour de LL. MM. l'empereur de Russie et 
le roi de Prusse en 181 8; 7^. détail des cérémonies qui eurent 
lieu aux obsèques d'Augustin, archevêque métropolitain de 
Moscou^ en 18 19 ; 8°. idi de celles qui sont en usage toutes les 
fois que l'empereur Alexandre entre dans cette ville ; 9p. deux 
inscriptions gravées au frontispice du palais du sénat ; lo^. essai 
sur l'origine et les progrès de l'architecture en Russie ; 1 1®. notes 
sur divers objets ; la^. et enfin une explication détaillée du plan 
de Moscou, en iSaS, 

Nous nous réservons de revenir sur un livre destiné k faire 
mieux connaître le plus vaste , et l'un des plus puissans em^nres 
du globe. ' A. D. V. 

3ii. MouvEMEifT DE LA POPULATION In Islande ^ auuée 1819. 
[Bibliotek for Lœger^ i8ai , cah.a, pag. 3a8. Copenhague.) 

D'après le relevé envoyé par l'évéque dislande à la chancel- 
lerie danoise, il est né dans le courant de 18 19 en Islande, 
i3a6 individus, non compris 33 morts-nés. Parmi ces i3a6 nés , 
il y avait 11 40 enfans légitimes; savoir, 564 garçons et 576 filles; 
et 1 86 enfans naturels. Le nombre des décès s'est monté dans la 
même année à 1264; savoir^ 6aa du sexe masculin et 642. du 
sexe féminin; parmi les 1264, il y avait : 



et Statistique. 'ijj 

383 âe u> ans et •a-dcitou». 

go de 10 à ao ans. * 
io5 de au à 3o ans. 

59 de 3o à 40 siis. 

^7 de 40 à 5o an». 
i4a de 5o à 60 ans« 
i5a de 60 à 70 ans. 
149 de 70 à 80 ans, 

80 de 80 à 90 ans. 

17 de 90 à 100 ans. 

Ancun n*a passé Tâge de 100 ans. Parmi hs 17 îndÎTÎdus 
morts entre 90 et 100 , il y avait i x femmes et 6 hommes ; de 
mène dans la classe de ceux qui sont morts plus qu'octog*»- 
naires, il y avait 4^ femmes et 37 hommes; de même» dans la 
classe de 70 à 80 ans , on a compté 8 1 fenunes sur 68 hommes. 
Vun des décédés , Eggert Olafsen , paysan &gé de 87 ans, a laissé 
de ses deux mariages 99 descendans, dont 84 issus de sa première 
union. 

Les décès offraient 42 morts par aecidens , dont 3 1 noyés, 
le nombre des naissances a surpassé de 6a celui des décès. 

L*évéque a confirmé la même année 46 garçons et 410 filles; 
il y en avait de Tâge de 10 ans , mab la plupart étaient de 1 4 à 
19 ans. Dappiifc. 

3ia. Ambassaux anglaisk a Siam et a la CocniircBiNR* 

Noos avons déji indiqué sommairement les résultats de la mis- 
sion à Siam, de M^ Crawfurd, auteur de l'ouvrage intitulé VAr^ 
chipel indien. (Voy. le Bull, août i8a3, tom. 3, pag. 329.) Nous 
extrairons de la Gazette du gouvernement de l'Inde à Calcutta , 
14 juin. i8a3 , des détails plus étendus, et que nous puiserons 
dans l'analyse du rapport fait an gouvernement par l'envoyé 
anglais. Cette analyse est précédée d'une notice historique assez 
curieuse sur les diverses tentatives faites sans succès par l'An- 
gleterre auprès des gouvernemens de Siam et de la Cochinchine, 
depuis 16 10 jusqu'en 1808, pour nouer des relations de corn* 
merce avec ces contrées. La mission de M. Crawfurd en 1822 a 
eu des résultats plus favorables , dont voici l'aperçu. -^ Siam. 
D'après le rapport de cet envoyé , ce royaume , quoique dimi- 
nué dans la dernière moitié du dix-huitième siècle , par les usur- 
pations des Birmans , est dans un étal plus florissant qu'aupara-» 
F. ToMB I. 12 



f 78 Géographie 

Tant. Ses UmitM aoliieUes loat y «a midi, le septième degré, qoant 
au territoire Siamois « et^en y ajoutant la pallie tributaire de 
la presqu'île de Malacca, le troisième degré de latitude sept.; au 
nord, le royaume s'étend, à ce qu'il parait, jusqu'au vingt- cin- 
quième. Toutefois, sur le golfe du Bengale, il se termine au port 
de Tauoy , qui appartient maintenant auic Birmans ^ au treizième 
degré de lat. sept, et au quatre-vingt-dix-huitième de long. or. 
Sur la côte orientale du golfe de Siam , il est borné au onzième 
degré de lat. et au cent quatrième de long, on , par la ville et le 
port ^Athien ou Kung-Kao , dépendant de la Cochinchine. Les 
Siamois sont| ^u nord-ouest, limitrophes du Pégu^ partie de 
l'empire Birman ; au nord ils touchât à cet empire et à la pro- 
vince chinoise de You-nan, A l'orient et au midi, Siam est borné 
par le pays de Cambo^e et la Cochinchine. . 

Des havres , des rivières , facilitent la navigation intérieures 
Celle à\\ golfe est l'une des plus commodes dans les mers orien- 
tales* On trouve sur la c6te occidentale les ports de Sungora y de 
Ligor et celui de Ban-don^ moins connu. Mais le grand port de 
Siam, accessible aux bàtimens au-dessQus de a5o tpnneanxycst 
celui àe Bang'Kok. La c6te orientale du golfe est le centre 
de la culture et.du commerfïe du poivre, du cardamome.et delà 
gomme gutte. La culture du poivre occupe un grand nombre de 
Chinois établis dans le pays. Le prineipal port de celte côte 
est Chanti'lum; mais les étrangers en sont, exclus. 

La vaste étendue du royaume indique une grande variété de 
sol et de productions; aucune contrée n'a été plus favorisée 
par la nature ^ et n offre plus de ressources pour lès grandes en* 
treprises du commerce. 

Les métaux qu'on y trouve sont le fer, l'étaîn, le cuivre, le 
plomb et l'or \ des mines de fer , à environ 3oo milles an nord de 
la capitale, en fournissent abondamment. On en fabrique des 
Ustensiles de cuisine et de tout genre. C'est un des principaux 
objets d'exportation pour l'archipel Malais , le pays de Camboye 
et la Cochinchine. Le prix du fer brut n'excède pas quatre rou- 
pies (environ 11 fr.) le picul (le picul on joéçul représentant à 
peu près 60 liL). L'étain ne se trouve nulle part répandu sur 
plus de points que dans ce royaume. Les mines de Junk Ceylon, 
si elles n'égalent pas en abondance celles de Banca , sont an 
moins les plus productives après celles-ci. Les npûnes de plomb et 
d'or sont inférieures quant aux produits. ./ . 



et Siatisiique. i f^ 

L«s itnfiê dir Minnan so&t cultlTéc» oireo betw^Mip de taîa; 
mais il pars^ que lai plus grande partie du rôyaum» est e^wrerte 
de fbréts ans ancieniies que le monde. On y trouve le Tdfr, le boir 
de rose , le bois d'aigle ou d'aloes, et le bois de teinture ou desa*'^ 
pan. Le Tek de Siam a les même» qualités que celui d*Ava. Le bois, 
de rose^ que les Portugais appellent Pao-Roza, a quelque ressem-' 
blance avec le Mahogai^y; il abonde dans les forêts; on en fait 
des meul^es. Il s'exporte en très- grande quantité par les Chinois 
à Canton et dans Tile d^Hoînûn, Mais l'arbre le plua commun est 
le bois de teinture ou le sapan; ;îl -forme en grandepartie lascar*» 
gaison des jonques chinoises. Hngila, bois d'aigli^ oud'aloes» est 
un bois odoriférant , très^rechcrché dans l'Asie occidentale. On 
I pense qu'il ne se tro|ive que dans le royaume de Siam et à 'la 
Coehinchine. Il croit dans lés iles de la c6te orientale du^ golfe 
de Siam et sur quelques montagnes de ce paya. 

Le riz, le sucre , le poivre , le tabac sont les principales pr<»- . 
ductions qu'on y cultive; lé sucre y est devenu un objet cons^ 
dérable d'exportation. On évalue la quantité annuellement ex- 
portée à 80 mille piculs ( Ifi mille quintaux métriques); celle du. 
poivre est évaluée à 60 mille piculs ( 36 mille quintaux métri- 
ques ), quantité égale au produit de la cète odcidentale de Suma<* 
tra. Plus des | entrent dans le tribut annuel payé au roi , qui 
exerce ainsi à peu près le monopole de cette denrée. Ces deux 
branches de culture sont entre les mains des Chinois, qui font, 
aussi la plus grande partie du commerce de Siam. Les peaux »> 
les pelleteries, la corne, les os, l'ivoire « les plumes, le poisson 
salé, la gomme laque, les nids d'olf^eàux, si recherchés en Chi- 
ne , forment les autres articles d'exportation. Qn exporte tous . 
les ans pour cet empire 8 mille piculs ( 49800 quintaux métri- 
ques) de gomme laque. Le coton, la soie ouvrée, l'opium, et 
surtout celui du Bengale, sont les produits que les Siamois re- 
çoiveiti en échange. Les articles de l'industrie européenne qu'ils 
accueillent sont les étoffes blanches de coton ^ des draps, les ar- 
més à feu et la verrerie. Leurs relations de commerce ont lieu 
avec la Chine, et celles-ci sont de beaucoup les plus étendues; 
ensuite avec la Coehinchine et Camboye , quelques ports des iles 
de l'Archipel indien, Batavia, les ports des Européens dans le 
détroit de Malacca , l'Inde Britannique et l'Amérique^ •— Le phis^ 
grand obstacle à l'extension du commerce européen avee Siam» 
n'est ni dans la nature dit gouvernement de ee royaume, ni< 



1 8o Géographie 

daas 1« défaak de iftreté poar les propriétés des étrangers aussi 
respectées ) dit M. Crawfurd^ sur les rives du Mé^nany que sur 
celles de VHougfy, ni dans un mépris supposé poi|r le commerce , 
tenu au contraire è Siam en haute estime. L'obstacle réel est dans 
rinteryentien continuelle , et dans le monopole exercé par le gou- 
▼ememcnt siamois. L'administration fixe les prix , et il faut une 
licence spéciale pour chaque transaction. On ne peut traiter que 
olandestinement avec les naturels. Les droits de douane sont de 
8 pour > pour tous les objets importés. Il y a une taxe détermi- 
née pour chaque objet d'exportation. Les règlemens relatifs au 
commerce étranger sont conçus dans un esprit assez libéraL II 
n'y a d'abus que dans leur application. 

CocHiNGHiiTE. *>^ Cet cmpirc , tel qu'il existe maintenant^ ne 
date que des premières années de ce siècle. Il comprend la Co- 
chin chine et le Tonquin entiers, avec une partie du Camboje et 
du Ciampa. Il a pour limites, à l'est , les proYinces chinoises de 
Canton , de Chang-si et de Yu-nan ; et à l'ouest, les ipDyaumes de 
Lao et de Siam. Les golfes de Siam et de Tonquin , la mer de 
la Chine , baignent ses côtes. 

Cet empire , quoiqu'il semble inférieur à Siam pour la fertilité 
du sol et la variété des productions ^ n'offre pas de moins grands 
avantages au commerce par sa position centrale, ses rivières na- 
vigables f ses havres et ports aussi nombreux qu'excellens. Il est 
arrosé par cinq grandes rivières navigables, celles de Kangkao , 
de Camboye , de Sai-Oun , de Tonquin et de Hué. Cachao^ ca- 
pitale du Tonquin y e$t située sur la grande rivière de ce pays, à 
lao milles de son embouchure. Elle fertilise toute cette contrée. 
Panompin^ capitale du Camboye, est le seul port considérable 
de la Cochinchine sur le golfe de Siam , et le seul qui ouvre l'ac- 
cès dans l'intérieur dn premier de ces royaumes. Dans l'espace 
de 6 7 deg. de lat. du cap de Saint- James à la baie de Touran , 
net^ des plus beaux havres ou ports du monde, et du plus fa- 
cile abord , offrent en tout temps aux vaisseaux le plus sûr abri. 
Les principaux objets d'exportation, sont i°. le sucre, cultivé 
dans les provinces centrales de la Cochinchine proprement dite 
par les habitans et non par les Chinois, CQinme à Siam; a^ la 
soie écrne, produit de la Cochinchine et du Tonquin. Les vais- 
seaux français qui ont fait récemment le voyage de la Cochin- 
chine en ont chargé une grande quantité. L'exportation an- 
nuelle est évaluée à environ un last ou 465 quintaux métriques;, 



et Statistique.. 1 8 1 

3«. là Tfaîe cannelle. On en estime la qaantité annuelle exportée 
a enyiron ^^ooo piculs on i,aoo quintaux métriques; 4^* 1® ^'^ 9 
production d^ mêmes proyinces centrales.' II. est de qualité in- 
férieure. La livre ne coûte pas plus d'uni penny ou n pence. Les 
autres productions des parties de l'empirei Toistnes clés fleuves 
et des forêts sont à peu près les mêmes que dans le royabme de 
Sîam. Les métaux, savoir , le fer , l'or et l'argent, ne se trouvent 
qu'au Tonquin. Le fer y est presque aussi abondant qu'à Siam« 
Les importations d'Europe pour l'empire d'Annam, ou la Cochin- 
chine, se bornent, quant à présent, aux draps fins , aux cotonna- 
des, aux armes à feu et au fer brut. Les provinces centrales pro- 
duisent aussi du poivre, que son excellente qualité maintient A 
ua prix élevé. * 

L'armée cochin chinoise , de 40,000 hommes (i), est habillée 
de draps anglais. Une certaine quantité de drap plus fin sert aux 
classes aisées pour l'hiver. Quoique les indigènes ne soient pas 
étrangers à l'art de fondre les canons et de fabriquer la poudre, 
ils reçoivent de l'Eturope la plus grande partie de leurs armes à 
feu. L'un des bâtimens français leur a fourni 1 0,000 fusils , en 
1819. Le fer d'Europe est aussi recherché, malgré l'abondance 
du fer indigène , parce qu'on perd moins sur le premier en le for* 
géant. La presque totalité du commerce étranger de cet empire 
se fait au surplus avec la Chine. Dans la Cochinchine comme à 
Siam il n'est pas permis aux naturels de voyager. Cependant on 
accorde des permissions spéciales dans le premier de ces deux 
pays, dont quelques habitans vont en Chine, et visitent les 
ports du détroit de Malacca , surtout Singapoure. Les indigènes 
deTAnnam oriental, par leur hardiesse, leur activité, leursûbor* 
dination, paraissent propres à devenir iï'exceUens marins. Le 
gouvernement d'Annam, despotique en théorie, est, dans la pra- 
tique, plus loyal et plus franc que celui de Siam. L'administra- 
tion cochinchinoise procède avec régularité , ^t les affaires 
setpédient avec promptitude. On croyait le commerce avec cette 
nation aussi difficile qu'avec le Japon ou la Chine; il n'est pas de 
pays, au contraire, où les commerçans de l'Europe soient admis 
pins librement qu'à la Cochinchine. Un nouveau tarif établit l'é- 
galité entre tous les étrangers , Européens ou Asiatiques. L'im^^ 
portation est franche de toute taxe et de toute inspection. Les 
taxes sur l'exportation sont modiques et bornées à un petit nom- 

(i) 11 y a sans doute ici erreur de chiffres, cetl* armée étant tfva- 
'luc« a i5o mille hommes^^ 



* i8i ^ Géographie 

kre d'articles. Quatre porte prîodpaiiK sont onverts au coaunepce 
eompéen. Peint de aoBepole, point de dr<Ht de pré-emptioa 
an profit du souiwrain. Les Français sont le seul penf^e qui ait 
inis à profit les bonnes dispositions du gouvernement dijinnam 
en faveur des nations européennes. Les 4 vaisseaux français qui 
ont visité réeemment cette contrée avaient de fortes, cargaisons. 
Ib ont apporté du fer, du cuivre, des draps, quelques objets 
curieux pour la cour y et ont reatfporté en écbange beaucoup de 
sucre et de soie écruef. Vdé maison considérable de comm^xe 
de Bordeaux a laissé deux agens firançais à Touran , pour lui pré- 
parer des cargaisons. Cette analyse du rapport de M. Crawfurd 
est terminée par des observations sur les avantages que FAogle- 

" , terre peut retirer de ses relations avec l'empire ^Jnnam, pour un 
commerce indirect avec la Chine , qui la mettrait à l'abri des 
caprices du gouvernement chinois. 

r Le résultat de la mission de cet envoyé a été Tordre donné 
par l'administration cochinchinoise d'admettre tons' les raisseaux 
britanniques dans les ports de Sai-Gun , Han ou Touran , Fai^ 
fo , et Eue y aux conditions pQrtées dans le tarif et dans les 
règlemens <pe contient ce décret. Mais tous les vaisseaux chinois 
et européens étant adoiis dans ces ports au^ méines conditions, 
aiaài que le poste le décret , il n'en résulte aucun privilège pour 
le commerce ang^is. Une traduation authentique de cet acte a 
été insérée dans Ig gaaette du gouvernement de Calcutta , du 24 
juillet 1 8a 3. Les vaisseaux paient à leur arrivée dans chacun des 
. ports une taxe spéciale , réglée d'après (eur tonnage. La plus éle- 
v<ée se perçoit au port de Sai-Qu». £lle est de 140 kwans., à rai- 
son d'un dollar d'Espagne pour i kwan 5 mas, par cubit(.i8 
pouces anglais) pour un vaisseau dont le tonnage est de 14 a a 5 
Guhils. L'aident ayant cours dans le pays est reçu a raison de 
a k^vans 8 -mas « le Ungot* La taxe peut être acquittée en tout ou 
en partie, en monnaie d'argent ou de zinc ayant cours dans le 
pays , à la volonté du 4<%iteur. Les objets dont l'exportation est 
prolnbée sont les bois, dits tet-lan et nam , bois odoriférant, 
l'or et l'argent en lingot^ le ri«,le sel, le cuivre , le zinc monnayé, 
le bois d^aigle. H est également défendu d'emmener des ind^;ènes. 
La taxe une fois payée dans un port, le vais3eau n'a plus à ac- 
quitter dans les autres que les droits d'exportation, en sëjoumant 
un an sur les côtes d'Annam , poiiFvu que , pendant ce temps ^ ils 
ne vbitent plus d'-autre pays. Ces^droits sont fixés à 5 pour 100 

' pour le cardamome ( poivre d'Ethiopie ). Le poivre, la laine. 



€i Statistique. 1 85 

rîToire, les conMs de riiinooérot , les nids d*oiMaas , U bois de 
sapan^le bois d'ébène €t de rose. Ils sont de lO ponr loo pour 
les bob de constmction , et pour ceux dont oa fiiit des cercueils. 

A. D. Y. 

3i3. CocBiHCHiKC. Commerce de la France ayeè ce pays. (Gaz. 
de Vile de Bourbon, la juîHet iSa3.) 

On se rappelle que M. Cbaigneau , ancien officier de marine , 
était parvenu, sous le règne de Gia^Long, à la dignité de manda- 
rin dans l'empire d*Annam ou de la Cocbinchine. C'était la récom- 
pense des services importans par lui rendus à ce prince. M. Cbai- 
gneau, retournant en cette contrée, en i8ai, comme agent du 
roi et consul général , y a reçu de la part du prince actuel , fils et 
successeur de Gia^Long, l'accueil le plus favorable. Le souverain 
d'Annam envoie au roi des présens en échange de eeux qui hi 
ont été offerts par ordre de Sa Majesté; il donne l'assurance que 
les Français seront bien reçus dans ses états ; quelques-uns ont 
même déjà obtenu la permission d'y résider > soit pour y suivre 
les affaires de leur commerce , soit pour s'y occuper de recher- 
ches scientifiques. Le commerce avec une nation composée de 
plus de ao millions d'individus , répandus sur une terre fertile , 
ne peut nianquer d'être avantageux , pourvu que les cnrgnisons 
soient formées avec soin de produits industiiels , dont la natrtre 
et le nombre auront été calculés sur les besoins des consomma- 
teurs. On trouvera des cbargemens en retour appropriés aux 
besoins de la France et de ses colonies. Aucun droit n'est perçu 
en Cochincbine sur les marchandises, ni à l'importation ni à l'ex- 
portation; il n'y existe qu'un droit d'ancrage , que le souverain 
se réserve de percevoir quand bon loi semble , mais dont les 
hâtimens français qui y sont venus depuis la paix ont générale- 
ment été exemptés. 

N, B, Il parait , d'après le rapport de M. Crawfurd , dont on 
1^ lu l'extrait ci-dessus , que quelques objets d'exportation sont 
assujettis en Cocbinehine à des taxes déterminées. A. D. Y. 

3i4. A vxKW of Câxir^, etc. Coup d'ceil sur la Chine, conte- 
nant unaperçu ^e la chronologie, population , gouvernement , 
religion et coutumes des Chinois. Les noms des empereurs , des 
palais, des offices du gouvernement, sont donnés en carac- 
tères chinois; par le D^MoaaxsoN. Londres; i^%l\ Kimgs- 
bury et com^. 



i84 Géographie • 

3l5. A GSOGEAPHICAI»^ STATISTXCAL , AND HlSTOAIGAli DBSGBIP- 

TiON OF VHB EMPiEB ov Chiha , etc. Description géographi- 
que^ statistique et historique, de TeDnpirede la Chine et 4> 
SCS dépendances, par M. J. Klaproth, membre des Soc. Asiat, 
de Londres et de Paris, et de plusieurs autres Soc. sav«; a v. 
in- 40. avec une carte* ( ProspecUu. ) 

Nous croyons utile de donner au monde savant , d'après le 
prospectus {Miblié par l'auteur , une idée du plan de cet ouvrage 
important qui doit être publié en anglais , et pour lequel les 
souscriptions sont ouvertes. 

C'est pour suppléer à l'insuffisance de documens qu'il regarde 
\ comme incomplets ou surannés, et pour foire connaître l'état 
actuel de la Chine , que M. Kkproth a conçu le projet d'ua 
nouveau travail sur la géographie statistique çt historique de 
cet empire. Toutes les descriptions qu'on nous donne depuis 
long- temps sont puisées dans le grand ouvrage du père du 
Halde, imprimé en 1739. Or la partie géographique n'était 
qu'une nouvelle publication de la description donnée par Thc- 
venot, dans ses voyages, en i69(>, et qu'il avai^ lui-même tra- 
duite de V Atlas Sinensis du père Martini, publié à Amsterdam, 
,en 1649* Le père Martini, à son tour, avait puisé les élémens de 
son livre dans un ouvrage chinois imprimé à Pékin en i58o. Pïi 
les mémoires des missionnaires, presque entièrement consacrés à 
l'histoire, a la philosophie, aux antiquités, aux moeurs et aux coutu- 
mes des Chinois , ni même les voyages publiés en Europe jusqu'à 
nos jours ne nous ont procuré des notions beaucoup plus exactes 
sur la géographie chinoise. La connaissance de la langue et de la 
littérature de ce pays, acquise par a3 ans d'étude, un voyage à la 
Chine où M. Klaproth accompagna l'ambassadeur russe en i8o5 
et 1806, les matériaux qu'il y a recueillis en abondance, l'ont mis 
a même d'entreprendre l'ouvrage dont il annonce la publication. 
Entre autres livres chinois qu'il s'est procurés, il a eu pour élé- 
mens de son travail plusieurs traités sur la géographie , la statis- 
tique , et l'administration générale de l'empire , et spécialement 
une description générale de la Chine en ao8 sections , publiée 
par ordre du prédécesseur de Tempercur régnaàt, recueil quf 
seul forme 108 volumes. 

C'est à l'aide de ces documens précieux que l'auteur a pu ré- 
diger une nouvelle description complète de l'empire chinois et 
de ses dépendances. Il a pris pour modèle Texcellente description 



ei Staiisiiqne. 1 85 

de llnde, par-Walte^ Hamilton, avec TintentioD, stifon. 'd€ Té- 
galer^ an moins de l'imiter, autant que possible » en n'admettant 
aucun renseignement qoi n'aurait pas été pnisé à des sources an* 
thentiques. 

Sans prétendre donner une libtoire complète de la Chine 9 
M. KJaprof fa a cru nécessaire de placer en tête de son ouvrage une 
introduction historique dans laquelle il fera connaître l'origine 
et les progrès de cet empire* U retracera les révolutions qui ont 
amené la. chute des différentes dynasties , en signalant les véri- 
tables causes de leur ruine. Les invasions des nations barbares 
voisines.de. la Chine , à l'ouest et an nord, lui ont paru dignes 
d une attention spéciale, à raison de l'influence que ces grands 
inoavemens, dans l'Asie centrale , exercèrent sur l'occident de 
cette partie du monde , et sur les parties limitrophes de l'Europe 
et de l'empire romain. Il en a pris occasion de montrer corn-*- 
ment , tant que la Chine fut bien gouvernée par ses propres prin- 
ces, on vit échouer toutes les tentatives des étrangers pour la 
subjnguer ou pOmr démembrer ses provinces. Il en résulte que 
la faiblesse, les fautes et l'anarchie dans le gouvernement ont 
seules causé le succès définitif de ces invasions. 

L'esquisse des principaux événemens des annales chinoises, 
depuis l'établissement de l'empire jusqu'à notre temps , sera sui- 
vie de l'histoire des principales inventions dont les Chinois sont 
les auteurs. On y soumettra a un nouvel examen , d'après les do- 
ciimens originaux conservés dans l'empire , l'origine de l'écriture, 
de la bous&ole , de la poudre à canon , de l'imprimerie, du papier, 
du papier-monnaie, les anciens voyages des Labitans dans des 
contrées lointaines , etc. 

L'ouvrage sera divisé par chapitres, dans l'ordre suivant : 

L Géographie physique de la Chine , ses principales chaînes 
de montagnes, ses mers, ses lacs, ses rivières, ses canaux, ses 
grandes routes et ses postes. IL Aperçu général de l'adminis- 
tration civile et militaire. IIL Description de Pékin , capitale et 
résidence impériale. IV. Province de Pe-tchi*-li. Y. De Kiang* 
sou. VL De Ngan-hoei. VIL De Chan-si. VIII. De Chan-toung. 
IX. Du Ho-nan. X. Du Chcn-si. XL Du Kan-^ou. XIL Du Tchi«- 
liiang. XIIL Du Kiang-si. XIV. Du Hou-pe. XV. Du Hou-nan. 
XVI. Du Szuptchbouan. XVII. Du Fou-kien. XVIII. Du Kouang- 
toung. XIX. Du Kouang-si. XX. Du Tun-nan. XXL De Kuei- 
ichcotL XXIL Montagnards indépendans dans la Chine même. 



/ 



1 86 Géo^rojfhie 

XXIII. Pnmnces de Hing-king, et Chin-kîng oa de Lîao- 
toung y et le pays Mandcboa. XlUV. Mongols , sujets de la 
Chine. XXV. Les nouvelles proTÎnces sitnées sor la limite nord- 
onest de Teinpire ^ dans Ja petite Bukharie et dans le pays des 
Ëleuth-Dzoungarsy' s'étendant jusqu'aux sources de l'Oxns et de 
riaxartes. XXYIJ Description du Tibet. XXVII. De la Corée. 
XXVIII. Du iroyaurae de Tonqnin , on Annatn. XXIX. Com- 
merce intérieur de la Chine. XXX. Commerce arec les étrangers 
à Canton. XXXI. Commerce et traité de commerce entre la 
Chine et la Russie. XXXII. Commerce entre la Chine et le Japon. 

L'ouvrage de M. Klaproth est dédié au célèbre S.Ck Stacktou, 
qui lui a communiqué plusieurs ouvrages chinois, dont il s*est 
beaucoup aidé. 

La carte qui accompagnera l'onvrage a été dressée d'après les 
observations les plus récentes; elle offnra la division actuelle de 
Tempire y que l'on ne trouve dans aucune des cartes publiées jus- 
qu'à présent. 

Le prix de l'ouvrage n'excédera pas 5 gninées. IjCs souscriptions 
seront reçues che^ MM. Treuttel et Wiiriz , Treuttel jun. et 
Bichter y 3o , Soho^Square, A. D. V. 

3i6. Notice cépGaAPHiQUE sur le pats de Nedjd, ou Ara- 
bie centrale , et sur la carte de ce pays , comprenant FÉgypte 
et les autres contrées occupées en 1820 par les troupes de Mo- 
l\ainnied-Aly, vice-roi d*Égypte, pour servir à Tintelligence^ de 
Thistoire d'Egypte sous le gouvernement de Mohammed- Aly , 
par M. £• JoHAED, de llnstitut. In-8^. Paris; i823; impr. de 
Rignoux. 

L'auteur rend compte dans cet ouvrage des moyens cfn'il a 
employés pour dresser la carte de l'Arabie centrale , qui accom- 
pagne l'histoire d'Egypte sous Mohammed- Aly^ par M. Mengin. 
Il fait voir les difficultés qu'il a rencontrées dans l'emploi des ma- 
tériaux en général , assez vagues , toujours incomplets et souvent 
en contradiction. Néanmoins il a pu dresser 'une carte intéres- 
sante de cette partie de l'Arabie , qui ajoute beaucoup à nos con« 
naissances. Danville n'a eu pour base de son travail sur l'Arabie 
que les écrits des géographes arabes. M. Jomard les a repris de 
noweau^ les a conférés avec les matériaux récens qu'il a pu se 
procurer, et il nous présente un tableau intéressant de la partie 
«levée de l'Arabie. 



IC^' 



et Statistique. 187 

Ce pa js , que l'cm croirait ètr^ un désert, parait coii^;H>fté d'une 
assez grande quantité de petites oasb, qui foumisseot des habita* 
tioas et des subsistances à une population assez nombreuse. La 
population du Nedjd est de 3oo,ooo homnesy dont plus de 60,000 
sQot en état de porter les armes > et Ton peut croire même qu'elle 
est {dus considérable. Cette contrée renferme un assez grand 
nombre de Tilles, dont la principale est Ël-Derreyeh, qui parait 
avoir succédé à celle de £1-Temftmeh. C'est la capitale des Waha- 
bis , de ces peuples qui ont fiiit trembler l'empire othoman , et 
qui viennent d'être réduits , mais dont le sommeil léthargique 
pourrait n'être pas de très -longue durée. Trois cents ans après 
rétablissement du mahométisme, les Carnathes , sortis du même 
pays avec des dogmes semblables, pensèrent détruire Tisla- 
misme. Leurs conquêtes ks affaiblirent promptement, et leur 
dispersion rendit la tranquillité aux califes. 

Le Nedjd , pays élevé , a été parcouru en entier par l'armée 
d'Ibrahim-Pacha, fib du^acha d'Egypte, qui avait avec lui un 
officier français et un chirurgien itaUen. Des différens renseigne- 
mens qui ont été apportés par cette armée, M. Jomard a composé 
Il De carte dont il discute les principaux points dans ce Mémoire* 
U indique d'abord les sources où il a puisé ; il les compare avec 
ce que les meilleures cartes et les meilleurs écrits précédens 
avaient pu fournir, et il en conclut que nous étions loin de 
connaître ce pays dans l'état où il se. trouve aujourd'hui. £n 
effet les positions de la Mecque et de Médine étaient pUcées 
beaucoup trop près de la mer, et leurs latitudes sont bien dififé- 
rentes de celles que donnaient les cartes. M. Jomard établit les 
principaux points de la sienne par des discussions ; il examine 
quelle était la position de l'ancienne EUYemâmeh ; celle de £1- 
Quetif vient ensuite ; su^ celle de £KDerreyeh il a donné un plan 
particulier dressé par M. Rousseau , ci-devant consul de France 
à Bagdad. Il diseute les points de Médine et de la Mecque, 
ceux qui se trouvent sur la route de l'armée , les autres points 
da Nedjd , et ensuite il ctonne un aperçu du^ voyage du capi- 
taine Sadlier, Anglais, voyage dont il n'avait point connais* 
sance lorsqu'il a composé sa carte , et qui ,ne fait, pour ainsi 
dire, que confirmer ses conjectures. Son ouvrsge est suivi d'une 
nomenclature en caractères européens et en caractères^ arabes, 
de tous les noms de lieux du pays de Nedjd, et d'une table 
des principales longitudes qu'il a adoptées dans sa carte^ Si 



1 88 Géographie 

eetf e carte n'est point parfaite , da moins eik a été traTatUëo 
avec soin. M. Jomard ne s'en dissimule point les défauts ; H 
espère seulement qu'elle servira à améliorer les coanalssaBces 
«nr nn pays presque entièrement ignoré. 

Viennent ensuite des notes curieuses qui ajoutent à llntérét 
de l'histoire de l'Egypte sôuis Mohàmmed-Âiy. B. su B. 

.317. Description de l'Égtpte^ ou recueil des otiservations et 
des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédi- 
lion française. ( J?^V. oiigin»^ 

La nouvelle publication de la DescrqHionde TÈ^fpte complète 
entièrement la partie géographique impatiemment attendue dans 
tonte l'Europe, et à peu de chose près, la collection des momimens 
et des antiquités de toute <espèce^ observéis, mesurés et décrits 
par les voyageurs de l'expédition française. Le volume V et der- 
nier des antiquités qui paraît dans cette livraison, est consacré au 
pays compris entre Memphis et la côte d'Egypte; c*est-à-dire 
qu'il embrasse Babylone, Héliopolis , Alexandrie , Péluse , et tout 
l'aiicîen Delta. Le recueil général des antiques ramassés par les 
voyageurs français en divers points de l'Égyptè , jusqu'au-delà 
des cataractes , gravé en trente planches , termine le volume. Ce 
recueil est précédé de la collection des manuscrits, des inscrip- 
tions grecques ou hiéroglyphiques , et des médailles. On a joint 
à la livraison deux planches d'antiquités en couleur , appartenant 
aux volumes précédens et dont la publication avait été retardée 
à cause de la difficulté et de la longueur de l'exécution \ l'une 
d'elles représente une des colonnes de Dendérah avec toutes ses 
couleurs , copiées sur les lieux ; l'autre , nn intérieur également 
colorié , dont l6 sujet a été pris dans nn petit temple de Thèbes. 
Les monumens égyptiens sont si grands qu'on ne peut en repré- 
senter par la gravure que de petites portions pour donner un 
échantillon de cette architecture singulière^ dont les couleurs 
ajoutent à leur effet magique. 

La géographie se compose de 53 planches format grand-aigle. 
On sait avec quel soin cet atlas a été gravé âfu dépôt général de 
la guerre , sous la direction du Colonel Jacotin , chef de la section 
topographiqùe qui a dirigé lui-même tout le travail en Egypte, 
avec un rare talent et un zèle infatigable , souvent au. péril de sa 
vie. L'exécution répond aux soins qu'ont coûté les opérations 
faites sur le terrain. A côté de chaque nom de village , on a ajoute 



et Statistique. 189 

le nom écrit en arabe. Toute la carte repose sar on très«grand 
ncfcnbre d'observations célestes faites par les astronomes de l'ex- 
pédition. Le ministre de l'intérieur a autorisé la vente séparée de 
ce volume. 

L'bistoire naturelle entre seulement pour dix planches dans 
cette livraison ; mais ces estampes forment le complément 4^ 
deux branches de l'ouvrage consacrées à l'ornithologie et à la mi- 
néralogie; elles sont imprimées en couleur' et retouchées au pin- 
ceau avec tput le soin possible. On peut juger par l'exécution 
de ces planches du degré où est parvenu l'art de représenter la 
nature morte ou animée. Ce travail offrait plns^ d'un genre de 
difficultés; non* seulement il fallait des procédés sûrs et économi- 
ques pour reproduire un très-grand nombre de copies fidèles d^ 
beaux dessins des Barraband; mais il fallait de plus, pour la 
représentation des fossiles et des roches y avec toutes leurs cou- 
leurs, des moyeiMs appropriés et des soins tout particuliers. 

On trouvera dans les quatre parties de texte jointes à la livrai- 
son, des mémoires importans sur les antiquités, ('histoire naturel- 
le et l'état actuel de l'Egypte ; il serait .trop long de les passer 
ici en revue , et nous renvoyons au prospectus qui a été publié 
par la commission chargée de surveiller la venté de l'ouvrage : 
on le distribue au dépôt de l'ouvrage, Palais -de -l'Institut, et 
chez Debure et Tilliaril, Hbraires. 

3 18. Notes duriwg a visrr to Egypt , Nubia, etc. Observations 
faites dans un voyage en Egypte, en Nubie, aux Oasis, au^ Mont 
Sinaî , et à Jérusalem, avec gravures; par sir Frxd. Henitikee , 
Bart* 8^. prix la sh. broché. Londres; i8a3; Murray. 

M. Henniker dans son ouvrage a prouvé que son humeur, na- 
turellement portée à la gaieté, ne l'avait pas abandonné même 
dans les pays barbares et déserts ; et comme son voyage a été un 
peu rapide , il n'a pas fait de grandes recherches dans l'intention 
de plaire aux antiquaires : il a plutôt examiné la nature que les 
ouvrages de l'art. Cependant ses descriptions di Alexandrie y de 
Rosette j de Peluse, de Dnmiette, du grand Caire et de plusieurs 
antres villes d'Egypte , sont instructives malgré leur brièveté. Son 
esquisse sur les mœurs , le caractère, et les usages des peuples de 
ces pays lui a fourni bon nombre d'observations critiques. Il n'a 
pas négligé de donner des détails siir les piincipaux fruits, plantes 
et végétaux de l'Egypte; partout où la nature y fait éclater ses 



igo Géographie 

heautééy l'aUtem^ sait let pemdre à ses lecteurs pftt M^ d«^ri{(- 
tioQS, et i^îeûx encore par se» paysages très-^bien dessinés. Il a fait 
aussi "de beaux dessins des plus célèbres monumens de TÉgypte , 
•ainsi que des antres pays qu'il a yisîtés dans ce voyage-, et qu'il a' 
trouvés dignéè dé son attention. Nons regrettons de ne pouvoir pas 
suivre partout M. Hennikër. Nous passerons donc sous silence se^ 
excursions à Thëbes, à l'Oasis, au Mônt-Sina!, tons ces lieux étant 
diy à très-connus par les Ouvrages de Bêlzoni, Hamiltàny Burck^ 
hirdt et autres. Sir Frédéric fait l'éloge de la vallée ^Ascalon, 
Il parle an contraire peu avantageusement de JénisalenL , ou il 
n'a trouvé ni commerce , ni aisance , ni bonheut. Nous rappor- 
terons, en terminant cet article, un événement du voyage de 
M. Henntker, qui iàit conuattre les dangers auxquels sont exposés 
ceux qui «e hasardent à parcourir ces contrées. Cette aventure 
lui arriva dans son excursion de Jérusalem au Joutdain. Le ché^ 
min , dit l'auteur , passe sur des collines pleint s de rochers sté-» 
rlles. J'arrivai à une fontaine , et là mes domestiques voulurent 
se reposer. La chaleur était très-grande , et désirant accélérer lé 
terme de ma course , je voirius avancer. Je vis un bâtiment miné 
sur le sommet d'une colline ; j'y dirigeai mon cheval ; mon janis- 
saire galopait auprès de moi , et , me faisant signe de l'attendre , 
entra dans ces ruines , les parcourut , et me dit que je pouvais 
passer. Nous arrivâmes à une colline , sur le sommet de laquelle 
on avait taillé un passage dans le roc. Ce fut en le traversant 
qu'une balle de mousquet bourdonna auprès de ma tête \ je ne 
voyais personne, et j'avais à peine eu le temps d'y penser, qu'une 
autre balle siffla à une petite distance. Cependant je ne dëcouTrais 
rien; le janissaire était au bas de la colline : à la descente, je re- 
gardai derrière moi, mais je ne vis pas mes domestiques; en me 
retournant , je me trouvai entouré de trois hommes armés de 
mousquets. Échapper ou résister m'était également impossible. Je 
descendis de mon cheval , et hait hommes sortant des rochers 
commencèrent à faire leurs efforts pour m'atteindre; une autre 
partie courut vers Nicolas^ mon domestique. Dans ce moment le 
janissaire vint.au grand galop vers nous avec son sabre à la main. 
N'ignorant pas que, s'il répandait du sang, je serais sacrifié, je le 
priai de se retirer. Il blessa cependant un de ceux qui me tenaient, 
et je reçus d'eux deux grands coups. Je n'avais pas d'armes ; 
le janissaire abattit un autre Arabe , et leurs compagnons s'enfui- 
rent sur les rochers ; le janissaire tourna son cheval , et, faysint 



et Statistique. 191 

npidemeat, me priadek tiirrre» ce ^pejeHi à pied^Ltâ Arabes 
GonuneneèreBt à faire feu eur noiw» nudi mua nous atteindre* 
Nous étions à peine A Ja dbunce d'une liene, que deux de ces 
bandits parurent disposés à nous vouloir surprendre. Le janis* 
saire efirayé, après avoir prié le prophète ^ se mit au ^lop. Je 
loi dis qu'ils étaient deux et qu'avec son sabre et ses pbtoleta 
nous pouvions nous en dé&ire. Il retourna vers les Arabes ; mais, 
les trouvant armés de mousquets y il prit la fîiite; et eomme il pas* 
sait près de moi, je saisis une corde qui pendait de sa selle , 
croyant pouvoir m'élancer sur son cheval , mais cela me fut im- 
possible. Mes pieds étaient horriblement déchirés, je perdais mes 
forces y je tombai, mais tenant toujours la corde ; enfin , me tron- 
Tantauxabois, je me résignai k ma destinéç. . Je ne m'étais pas. 
encore levé <{u*un des assaillans fit feu Sttr moi, mais sans 
m'atteindre; l'autre me donna un coup de sabre , dont je reçus 
une forte blessure sur l'oreille et sur le visage ; ils me dépouillé» 
rent de tout , et ils m'auraient certainement tué s'ils eussent su 
que nous avions blessé leurs compagnons. Il était alors midi passé 
et la chaleur était brûlante. Je saignais de tous côtés, et deux de 
ces vautours qui dévorent les cadavres volaient autour de moi : il 
me restait à peii^e assea de force pour leur résister , s'ils eussent 
voulu m'attaquer. Après environ vingt minutes Nicolas arriva et 
se montra affligé de ma blessure et de la p'erte de son sabre. A ce 
moment le janissaire revint à notre secours, et, me mettant sur- 
son cheval, me conduisit à Jéricho, ( Month, Rev. enL, dec. 
1823, p. 355.) F. M. N. MoscATi. 

^rg. RAProftT nx la ropcLATioïc aux ÉrATs-Uzfis. La propor* 
tion des mariages avec la population est Calculée , comme i à 3o ; 
celle des naissances comme i à 20 ; celle des décès comme i à 4o $ 
celle des hommes -avec les femmes comnre^6 à si 5; et celle des 
garçons au-dessous de dix ans à celle des filles du même âge comme 
20 à 19, et 19 à 18. {Month. Mag.^ févr. 1824 ,p. 75.) F. M. M. 

îao. SoME ACCOUNT OF THB MosQuiTO TEExiTOEY, ctc. Quel- 
ques détails sur le territoire des Mousquites , contenus dans 
un méihoire écrit en 1757 , lorsque l'Angleterre était en pos- 
session de ce pays, et publiés aujourd'hui avec Fautorisation 
delà famille, et sur le manuscrit original de feu le 'colonel 
Robert Honosbir, surintendant, agent et commandant en 
chef de la côte des Mousquites, avant sa réunion aux posses* 
sions espagnoles j 1^. édit in-8.y p. 55. Edimbourg; 182a. 



iga Géographie et Statistique. 

tA c6te des Monsqattes est siiaée enfre-les lo^ àS' et i6» 
lo' de latitude nofd, et ks 86^ i5' et 90^ 10 'de longimde ouest 
dd Paris; elle s'étend "depuis le cap Honduras à* l'ouest jusqu'à 
la riyière de Nicaragua au sud, fespaee de 180 lieues. Depuis le 
cap Gracias-è-Dios, par iaticode nord i5^ , et longitude ouest 
86^ 1 5' , où la côte forme un angle tant Soit peu obtus , elle a 
85 lieues de longueur dans la direction de l'ouest, et 9 S dans 
celle du sud. Les limites intérieures ne sont pas exactement dé> 
terminées. '' '• 

La c6te est basse et unie, entrecoupée de marais et de la- 
gunes communiquant ensemble « et qui, pendant ïe» hautes 
eaux , offrent une navigation inlérieure<le 9010 milles , ex- 
cepté à l'ouest et au .sud des dent caps ci -dessus, où le rivage 
est bordé de collines qui s'élèyent par une pente insensible. A 
environ ao lieues de la mer , le pays devient graduellement 
plus haut , et e$t couvert dé forêts considérables. Toutefois dans 
les terres basses et les savannes , dont quelques 7 unes ont une 
grande étendue , on trouve à peine un seul arbre. Le sol de 
la partie marécageuse est fort riche; celui des savannes se com- 
pose d'un sable léger mêlé à' de la terre grasse ; et celui de la 
partie haute et boisée, d'un ten^eau noirâtre et profond, ou 
d'argile rouge. Si l'on en juge par la nature de la terre et par 
celle des sources qui l'arrosent 9 ce pays doit renfermer des 
mines précieuses. On vient d'en découvrir une d'or à Albra- 
poya, dont l'exploitation, suivant le capitaine Wright, pré- 
senterait les plus grands avantages. 

Le climat y est plus tempéré qu'à 1^ Jamaïque , et les sai- 
sons y sont à peu près les mêmes que dans les^ autres parties 
du continent. La première saison pluvieuse commence en juin . 
et dure près de six semaines, et la seconde, depuis la mi- octo- 
bre jusqu'à la mi-décembre. 

On a calculé qu'il y a dans ce, pays environ 3o millions 
d'acres de terre propres à la culture de la plupart des plantes 
et fruits des tropiques , et qu'pn pourrait y récolter en quan- 
tité suffisante pour en approvisionner tous les marchés de FËn- 
rope à un prix très-modérë. Le pays abonde en excellens bois, 
tels qu'acajou ( l'anacardier), cèdres et pins ; le coton , l'indigo 
et le cacao y croissent naturellement, et tous les fruits des 
Antilles y viennent dans la perfection. Les mers, les rivières 
et les lagunes abondent en poissons. 



Topograp. j Géod^y j4rpent. et Nivellement. 195 

M. Bryah Edwards prétend que les Indiens Mousquites et 
tes Sambois ou Métis, ont fourni à l'exportation, en 1769, 
enyiron 800,000 pieds carrés dWajou , aoo,ooo livras de sal- 
separeille , et 10,000 livres d'écaillé de tortue. Ces . Indiens 
parlent un peu anglais, et sont ennemis de tous les autres peu- 
ples. Leur nombre s'élève, dit^on, de 10 à 12,000. 

La traversée de la côte des Mousquites à la Jamaïque se 
fait en cinq jours ; mais pour retourner de cette ile contfe 
les vent alises, au cap Gracias>à-Dios , il faut seize jours ^ à 
Tïicaragua, vingt jours, et au cap de Honduras trente jours. 
Toutefois quand le vent souffle du nord ou de Toncst^onne 
met que la moitié du temps à faire le même tirajet. ; 

La population des établissemens anglais sur la côte des Mous- 
quites, était en 1757, non compris les Indiens, de i54 blancs, 
170 mulâtres et métis, et 800 esclaves , en tont 1 1 24 babitans. 

Outre les avantages que présente cette côte , sous le rapport 
du sol et du climat , il en existe un autre ,^ résultant des faci- 
lités qu'elle offre au commerce par la communication que la 
rivière de Saint- Jean et les lacs de Nicaragua et de Léon , d'où 
l'on a pratiqué jusqu'à l'océan Pacifique une route fort unie 
d'environ 20 milles de longueur > ouvrent entre hs deux, 
océans. "W. 

TOPOGRAPHIE, GÉODÉSIE, ARPENTAGE et NlVEllEMENTi 

321. BeSCHEEIBUKG EINES NEUEN MATHEMATISCHCir InSTEUMEIYTS 
ZU& ËRLEICHTEKUNG DEE OEOMETRISGBEK FlaCHENBEEECH- 

iTUiTG, etc. Description d'un nouvel instrument de mathéma- 
tiques pour faciliter le calcul géométrique des surfaces; par 
GoTTFE. WiEssNEE. Brocb. de I f. 7 avec une pi. Jéna; i823. 

Cet instrument est composé d'un châssis muni de divisions et 
d'un triangle mobile. Il a l'avantage de ménager beaucoup les 
cartes et les plans ^ en épargnant l'usage du compas. L'auteur 
avait déjà réalisé son idée en 1817^ mais elle nécessitait les per- 
fectionnemens qu'il a donnés depuis à son instrument. ( Archiv» 
fur Ge^ch. Stat, und KunsL, oct. 1823, p. 647.) , 



F. Tome L i3 



194 Plans et Caries, 



PUNS ET CARTES. 



3 22. Nouvel atlas de la France. Cartes des 86 départemens , 
précédées des cartes de rancienne France et de la France ac- 
tuelle | dressées par MM. Aupick et Peebot^ gravées par 
MM. Malo frères^ ayec des descriptions historiques et sta- 
tistiques; publiées par M. L. Duprat Duverger. 9^. liv. in- fol. 

' de 5 f. Paris ; l'éditeur rue des fossés St.- Germain- des-Prés, 
• n**. 3 ; Rapilly et Aimé André. 

Cette 9^. livraison comprend les départemens des Bouches^a- 
Rhône, de la Haute-Saône et de Vaucluse. Le texte est imprimé 
en quatre colonnes , dont deux de chaque côté de la carte; eha* 
que carte se vend séparément. Il existe des exemplaires sur pins 
petit papier : la carte est imprimée sur une feuille y et le texte 
pu tableau statbtique sur une autre. La collection aura SB car- 
tes et un frontispice. Il parait par mois, une livr. 4^ 3 cartes avec 
texte. Chaque livraison de 3 cartes et 3 feuilles de texte coûte 
aux souscripteurs y 6 fr. 10 exemplaires numérotés sur papier de 
Chine; avec texte sur papier vélixi> se vendent %S fr. Chaque 
carte se vend séparémeiit 2 fr. 5o c. 

323. Carte ^l^ctorale et ADMiirtSTKAtivB de la France, etc., 
dressée par L. Yivzev , géographe ; gravée par £. Colun. 
I f. de3 pi. I po., sur 2 pi. 9 lig. Paris; 1823 ; CoUin. 

Cette carte de circonstance , a l'àchelle d'environ i po. 8 lig. 
pour 25 lieues communes de France» ou de 6 cent pour i5 my- 
riam«, présente» au moyen d'une couleur uniforme , la circon- 
scription des arrondissemens électofau^.de chaque département 
d'après la loi du 16 mai 1821, ainsi que les séries distinguées 
par cinq couleurs diverses ; elle contient aussi les chefs-lieux de 
préfectures , sou^préf^ctures et de cantons ; les routes des pos- 
tes , et parties des routes royales et départementales. Un tableau 
deâlirrondissemens électoraux rangés selon l'ordre alphabétique 
des départemens \ plaèé de gauche à droite et au-dessous de la 
carte» donne: i^« les départemens avec leur superficie en hec- 
tares, leur population et série , et le nombre des députés; 2% les 
n°*. des arrondissemens électoraux ; 3^. les cantons qui les com- 
posent; 4^. les chefs-lieux d'arrondissemens civils compris dans 



Plans et Canes. ^oS 

Icsarrondissemens électorau, avec les distancfs des eMrtons, en 
Vîmes de aooo toises à chacnn d'eux, aux préfectures et sons- 
préfectures par la route la plus courte. Au coin de la carte, et 
« la fin du tableau dont U yient d'éUe question, se trouve ^e 
récapitula lion générale. 5uxtm.-MxaM». 

3a4. Caxtk DBS environs de Milàn; dessinée et gravée à lin- 
stitnt géographique impérial et royal de l'étal major de Milan. 
Echelle de a pouces 9 lig., pour a milles de 60 au degré «« 
aooo ( la Klasters où toises de rienne). Paris; Ck Siraonea», 

Cette belle carte topograpbiqw en 4 fcuaies , chacune de a 
pieds 9 ponces sur 1 pied 10 pouces, qui a Milan à son centre 
s'étend du nord an sud depuis Somma, Mezwrna, Carale, le cours' 
de TAdda À la hauteur de Paderaa jusqu'au delà de Mortari 
Carobolo, Sl.-A»gcte; de Test À l'ouest depuis Cologno, Ba-' 
nano et Greum, jusqu'au ddâ de Somma de Mortma. Le Tésin 
et lAdda sont les principaux cours d'eau qui fix«nt rattenKon- 
le premiei* principalement se joint à Mikn par de beaux canaui' 
A l'inspection da cette carte il est facile déjugea* des localités et 
des prodoctians des eaviroDS de cette ancienne capitale de l'ini 
des plus grands duchés d'Italie, autant renommé par 1 influence 
poUtique qu'a exerçait jadis sur les a«ti«s états, que par la 
beauté et la fertilité de son territoire, dont la partie nord est 
généralement coaveite de bods, de foréta et de prairies. La parHc 
sud , comprise entre les cours supérieurs du Tésin et de FAifda 
ne présente absolument à l'œil que des rizières baignées par d'in- 
nombrablas canaux d'irrigation etcondurtade distribnVîén d^eau 
ncceasaircs a la culture du riz. Celte carte «s i égolement reeom-. 
mandabk par la netteté de la gravure- Lea détails topographe 
ques tels que les bois, forêts, ete-, vus à vol d'oiseau, sont^ bien 
traités, ainsi que les prairies, rizières et autres nature» de ter- 
rain. Les villes, villages , et les moindres lieux d'agglomération, 
y sont détaillés s^ivant la méthode actuelle , avee leurs îlots ' 
plans et dîst«ibutit>n« particulières à chacun d'eu*. Ees grandes 
communication» Qt celles de t^ut/es^pècea y sont distmcte^r. 

S«»iija-M«HLi!f. 

325. Plaw nKR Umoebuitoen Barcelok a's. Plans des environs de 
Barcelone. Prix, 18 kr. Weimar; 1823, 



1 9^ Économie publique. 

3i&6. GB<M»&APffHClf-STATl8TtSCH*HIST0ftlSCHl ChAKTB TOK CïlU 

Li , etc. Carte géographique , statistique et historique du 
Chéiij et carte géographique, statistique et historique de Gua" 
timalay formant ayee la description un gros volume. 

Cet onvrage offre une description exacte de ces pays : il est 
accompagné de cinq autres cartes géographiques, statîstiqiies et 
historiques de ta Colombia , des provinces de l'Amérique du 
sud, du Brésil, du Pérou et du Mexique. Chaque carte sur grand 
pilier d'Hollande coûte la gr.; sur papier commun, 8 gr. Wei* 
mar; décemb. xBi3. 

ÉCONOMIE PUBLIQUE. 

327. AviriJAiac du BuaKAir des LOHciTUDEs.Ponft l'ak 1824; 

prix t fr. Paris ; 182 3 ; Bachelier. 

Cet utile recueil > indépendamment des documens qu'on j 
trouve d'ordinaire, contient des notices scientifiques par M. Arago 
dont il sera rendu compte dans les sections du Bulletin qu'elles 
concernent. Nous mentionnerons ici les faits qui se rapportent à 
la statistique. Outre le tableau du mefivement de tm population 
de la pille de Paris ^ pendant i%^% , les décès pat âges ^ les con- 
sommations de celte ville pendant la même année , le mouvement 
de la population du royaume en 1821 , la population des chefs- 
lieux ; on y trouve aussi Tétat de la population de la France , 
dont le total ne s'élève qu'à 30,407,907 habitans > y compris 
la Corse. 

Un lablean dressé par M. Coqad»ert de Montbret^^n n^. 5 do 
Bulletin ide li^ Soc. de Géographie, la portait à 3o,6i5,o53 (h 
Corse comprise). Une note de l'auteur , insérée au même jour- 
nal, n^. 9, explique cette différence par la mention du total de 
l'armée, évaluée à i5o,ooo hommes-effectifs 3^ que rien n'annon- 
çait avoir été compris dans les d^ombremens partiels, et par 
l'augmentation résultant des états de quatre départemens par- 
venus en i8ax , états dont les données n'étaient point entrées 
dans les calculs de l'Annuaire. Nous croyons utile de mettre sons 
les yeux de noa lecteurs le tableau joint à la note de M. Coque- 
bert de Montbret. 



Économie publique. , yy 

Tableau ra ia Po^Unon um t^ Fbarcs , d'après le recensew 
mcBK lait peadast l^s années i8ao et i8ai. 



Ai» . , 
Aisne. 
AHicr . 



459,666 
276,58» 
149,3 10 

i3i,/ii8 



Alpes (Basses), . 
Alpes (Hantes) • 

^'dèche 5o3',5o7 

Ardennc • ^67,405 

^rnè^e a34,878 

^«^e 23o,688 

^»de a5a,876 

^"^ron 339,4aa 

Bouches-dâ-Rh6ne . . 3 1 3,6 14 

Calvados 492,6i3 

^n*al aSa^ioo 

Charente 347,5ifi 

Charente-Iofénenre . 409,477 

^^^ a39,56i 

^rrèxe. a73,4i8 

Côte-d'Or 358,148 

Côtes-du-IVord .... 55a,4i4 

Creuse . 248,785 

Dordogne 4 53, 1 36 

Doubs a4a,663 

^rome a73,5ii 

^■re 417*078 

Eure-et-Loire .... 264,448 

Finistère 483,095 

C^rd 334,164 

Garonne (Haute) . . . 391,118 

Gers.. . 3pi/336 

Gironde 5aa,o4i 

Hérault 3a3,y74 

Ille-et-Vilaine 533,ao7 

^^àre a3o,373 

Indre-et-Loire ..... a8a,37a 
Isère ......... 5o5,585 

Jura 301,768 

Undts aS6,3ii 

Loir-et-Cher 227,537 

l'Oire 343,554 

Loire (Haute), i . . . a76,83o 
Loire Inférieure . . . 43a,638 

J'^îret. 291,394 

Lot. . . ^ 275,396 

Lot-et-Garonne.. . . 33o,iai 
Lozère. ......... 1 33,934 

14,879,735 



257,990 
902,793 
375,817 

423,5a8 
6a6,584 



' Ci-eontrt. 14,879,735 

Maîne-ei-Loire. . . , 443,788 

Manche.; . . 594,195 

Marne. . . ; 309,444 

Marne (Hante) .... a33,a58 
Mayenne 3/i3,8iq 

îî*»'^*'^ 379,985 

"«ose. 291,965 

Morbihan 417,3?/ 

Moselle. : 376',428 

Nièvre. ^ . . » 

Nord 

Oise.. 

Orne 

Pas-de-Cnkiis. 

Puy-de-Dé«e 553^ 10 

Pyrénées (Basàcs). . . 399,474 
Pyrénées (Hantes) . . 312,077 
Pyrénées<>rientales . 143,054 

Rhin (Haut) 370,06a 

^'»^n^ . 391,590 

Saône (Haute) .... 308,171 
Saône-ct-fLoire 49^,0% 

f^^*^^ 428,43a 

l^Y^ 831,906 

Seuie-Inférteure . . . 655,8o4 
Seineet-Maine. . , . 3o3,i5o 
Seine-el-Oise. .... 434,490 
Sevrés (Deux) .... 379,845 

Son>»ne 508,910 

3i3,7i8 



Tarn 

Tarn-et-Garonne . . 
Var. ...... 



238,14^ 

^05,096 

Yaucinse 334,431 

Vendée ........ 3i6,^$j 

Vienne . 360,697 

Tienne (Haute) .... 273,330 

Vosges 357,727 

Yonne 343,90$ 

V 

3o,285,7o5 
180,348 

1 5o,oo« 



Corse . . , . • . . 

L'armée française 
évaluée alors . . 



30,616,05*^ 



[BiUleiin de la Société de Géo^qphie^ 1824 , u*. 9 , p. 9.) 



â 98 Éeononùe publique. 

3s»S. RisiftTÀVf CQMP4&& àa comikiérce extérieur de la Fraiure, 

à la fin du règae deLoinsXIV ( 1716), et* ayant la réyolu- 

tîon ( 17^7 }. ( Kep^ commerc, , 5", et 6*. livr., p. i33 et «74. ) 

Nous avoiis pensé que ce tabléan c<^paratif des progrès de 

nôtre commerce au eommeacement et vers la fin du ï8^. siècle , 

aurait de I intérêt pour m» lecteurs. Dans l'un des numéros sui- 

Tans y nous les. mettrons à même de comparer l'état du commerce 

«xJtçrxeur de la France en 1767, avec son état actuel. 

Europe et colonies européennes. —Avec TËspagne et ses colonies. 

JÉpoycft • • Balance rclatÎTcoicnt 

^coasparée*. Importetiona. EsportaliOM. à la France. 

1716-. 17,600,000 fr. ao,o 00,000 fr. pour a>4oo,ooofir. 
X787 33,3oo,ooo '44>4oo,ooo id. ii|ibo>ooo 

Avec le Portugal et ses colonies» • 

171^6 340^000 740,000 pour 400,000 

1787 ■ .io,4oo,>M>o 4)00o^oo contre 6^400,000 

^ Avec ritalie et la Suisse. 

17 16 . . 10^700,000 ^3,100,000 ' pour xa|4oo,ooo 

9787 ,8ayOOO|Ooo 78,300,000 contre 3,700,000 

Arec la Grande-Bretagne. 

17 16 . i.3>S7^9<M>6 8,ooOjOOo ' contre 5,876,000 

1787 &8,5oo,ooo 38,000,000 contre 2o,5oo,ooo 

Avec la Hollande et ses colonies. 

1716 . 12,071,000 30,730,000 pour 18,659,000 

1707. 33>i4'2»ooo 46,022,000 pour 12,880,000 

' Avec rAllemagne , Flandre , Pologne et Prusse. 

.1716 ' 9,o55,ooo i4)iB3',ooo pour 5,128,000 

17Ç7 < .63,974,000 95,6i4>ooo pour 3i,64o,ooo 

•i • 

4^yeo \<^ contrées du Nord , Suède , Danemarck, Russie , Brème , 
' , Hambourg, Dan tzick et Lûbeck. 

1716' 2,338,oôo ' 6,795,000 pour 4)457,000 

5587' 3t,684,ooo 79,85i,ood pour 48,167,000 

. .Avec les Etats-Unis. 

1787 24,539,000 i2,6o2|OOo contre 11,937,000 

"^ A-feç It Levant , empire ottoman et ikations barbaresques. 

1716 • 3i4S2,doo' • 2,0x6,000 contre 1^416^000 



Économie publique^ 



•99 

]fé]iéâ«e défiittti pour U Fc^nce,. daa» aoa iniiiii»ck«» avec 

rEuropc et sea-^oloaies. 

1716 36,04^,000 
1767 S6,68i,ooo 

Augmentation des importations et des exportations du même 

commerce. 

I>ei7i6ài7^ 384^81,000; 3q6,i58pOoo 

ftttniAats con^Mrés di» co^nmeroe finmçais avec les diircrsë& pav*- 
tîes du monde, en 1716 et en i't^. - ^ 

Asie , Indes et Chine. 



Epofi 

1716 

1787 



▼alear de» 
ÛMportaiioac» 

6,368,000 
34,7a6,ooa 



BaIktKc 
|iDar la Fr«4ce* 

contre 3,5iS,ooo 
contre 17,^97,000^ 



1716 
1787 

1716 
1787 



5oo,ooo 
4,a5A,ooo 

16,711,000 
192,107,000 



pdar iSOjobo* * 

ponr 18,578,000 • 

contre 7,547iOoo 
cont. 11 4)1 94)000 



a,85a,ooo 
17,429^00 

Afrique» 

65o|Ooo 
aa,83o,ooo 

Amérique* 

9,i64>ooo 
77,913,000 

Augmentation des importations et des exportations dei7i6ai787> 

Asie 28,358,000 i4>577,ooo 

Afrique 3,752,000 18,4^8,100 

Amer. 176,296,000 68,749,000 

ïlésultat général con\paré ducommerce français en 1 7 1 6 et en 1 787 . 

1716 93,991,000 ii8,338,ooo pour 25,347,ooo 

1787 6o6,i4q,ooo 542,604,000 cont. 63,545,ooo (i) 

Accroissement totkl du commerce français, de 1716 à 1787', 

dans totites 1^ parties dis globe. 
Importations 49^)987,000 

Exportations 407,912,100 

Excès de l'augmentation des im{>ortations 

sar les exportations. 85,074,900 



(i) On n'^entend ici par balance favorable que Texcès des exporta- 
lions strr les importations, et par balance défavoràblcy que Texcès des 
importatioDS sur les exportations , sans considtfrer s*il résulte deccs 
balances une augmentation jOu une diminution de richesses. 



aoo Économie publique. 

Sa9* GoTOa. NoUoiM sur l'étendue du commerce de ee p«dait 
m France. 
IToos trouToni da.us.la Revue commercial ( V. livr., i8a3, 
paf. 77.) des renseignemens sur le commerce dn coton CD 
France ; il nous a para utile d'e& o&ïr le réMuné. Les sii sortes 
les plus gënëralement cultivées sont, 1 °> le cotonnier de Moite , ■ 
il croit en Sjr'i« et aux Indes ; a», le cotonnier velu croit dans 
rAmêriqne méridionale. Le coton qa'il produit est très-abob- 
da&t; 3". le cottmitier des Sarbadet ^ 4°. le cotonnier des Indes, 
ori|^naire des Indes orientales, j est très-^nltiré ; 5°. le coton- 
nier en arhre ( Gossypium arboreunt ^croit dans l'Inde , en Ara- 
bie , eu Egypte : son colon est très-blanc et d'une grande fi- 
nesse; 6'. le cotonnier (fe Siam , cultivé aux Antilles, produit 
nn coton très-Gn et roujsAtrc. 

Les cotons du Levant , qui autrefois étaient presque les seitls 
que nous connussions, sont devenus chel nous d'un emploi 
iDoini eommun, et plusieurs de leurs sortes n'oot conservé sur 
nos places qu'une valenrnominale; ce sont les eotoss du Brésil, 
mais principalement ceux de nos Antillesetde l'Amérique septen- 
trionale, qui ibumissent k nos besoins. La culture du coton est 
une des principales richesses des États-Unis, et l'exportation de 
celte marchandise est une des branches les plus étendues de leur 
oommefoe. La Louisiane et la Géoi^ie sont les sortes )m plus 
générales, et d'après la convention du a^ j<ûn tftax eotceU 
France et les Étals-Unis , les cotons et autres objets importés ta 
France snr bâtimens américains ne paient qu'im droit addition- 
nel de 30 francs par tonneau , en sas des droits payés quand ils 
•ont importés par navires français. La culture du coton se sou- 
tient avec succès à Saint-Domingue. La Martinique en foomit 
01,69/1 li^<^ > leur eiportalion sur bfttimens français. Ces co- 
tons paient nn droit de sortie de 3 pour cent , et en sas , à titre 
de droits coloniaux , 4 fr. 60 cent, par quintal. Ce droit n'est 
que.de -^^ i la Guadeloupe. Cette colonie possède 711 coton- 
; la quantité de coton exporté en iSai a été de aSi,i09 
1 1804 1 nos colonies fie nous avaient envoyé que 4iSoo 
il en 1807 , que iS,o3i. La Guyane noua fournit aussi du 
de bonne qualité ; il est doux, moelleux, d'un beau blanc, 
tout le fil est très-long, et les cotons y sont soumis pour 
rtaiion , aux mêmes droits de sortie que dans nos Aniilln. 
-ésil , l'exportation des cQtons était peu considérable ; maia 



Économie publique. 20 1 

d^ois qiielcjiieg années elle a pris Un grand accroissement. Ce*- 
\ai de Pemambonc est très-estimé. Le régime des douanes , les 
difficultés ponr nos chargçniens et nos importations , surtout à 
Bahia , .sont autant d'obstacles à nos relations avec ce pays. Les 
Anglais ont presque Je monopole du commerce de cette contrée. 
Les exportations de coton pour l'Angleterre sont de plus de 
90,000 balles par an^.sur une quantité de i5o,ooo. (La balle 
pèse habituellement de laS à i5o kil.) 

Les cotons , importés en France des différentes parties du 
monde , paient à leur entrée en France , saToi* : — Longue soie f 
les 100 kil. Des établissemens français de Tlnde, par navire 
français, aS fr. — Des comptoirs étrangers de l'Inde , par navire 
français, 3o fr. , par navire étranger, 55 fr. — Des autres pays, 
surtout d'Europe , par navire français, 40 f^* » P^r navire étran- 
ger, 55 fr. — Courte soie. Des établissemens français de l'Inde, 
par navire français, 10 fr. ; des comptoirs étrangers de l'Inde, 
par navire français, i5 fr.; par navire étranger, 35 francs.-— 
Des colonies françaises. Du Sénégal , par navire françab , 5 fr. ; 
de toutes autres , 10 fr. ; de Turquie, sans distinction d'espèces , 
par navire français, i5 fr. ; par navire étranger, a5 fr. La taxe 
admise à la douane pour la perception des droits sur le coton 
est, sur ceux de Turquie, de 10 pour cent , et sur ceux de toute 
autre origine, de 6 pour cent, le crédit accordé pour le paie- 
ment des taxes est de 4 mois. Voilà pour les lieux d'origine et 
de production et pour l'importation. Ce qui concerne la fabri* 
cation et ses progrès appartient à la section des arts industriels* 
Nous terminerons ce résumé par l'énoncé des notions que donne 
l'auteur sur leç opérations du négociant, quaiità la vente et a 
l'exportation des produits fabriqués. 

Les principaux débouchés des articles de coton fabriqués eii 
France sont : la consommation de l'intérieur et l'exportation 
pour l'Amérique , mais surtout pour les Antilles et pour toute 
l'Amérique méridionale. Quelques états de l'Europe l;eur sont 
aussi ouverts, entre autres l'Italie et l'Espagne, où l'on expédie 
par Bayonne. Les plus grandes quantités s'expédient par le Ha- 
vre et Bordeaux.. Le coton est un retour lucratif pour nous des 
marchandises importées d'Amérique. Des relations plus favo- 
rables à notre industrie rendraient l'exportation bien plus pro- 
ductive. Notre gouvernement l'a favorisée par des primes i la 
sortie, réglées comme il suit ; Tissus de pur coton , lés loo kil. 



\ 



^^^ Économie publique. 

5o fr. Fils de pur coton^ portant 46,000 au moins au'kiL : ëcru»^ 
23 fr.; blanthis , a4 fr. 5o cent ; teint» en bleu , a6 fr. 5o cent.;. 
en rouge, aS fr. 75 cent. Au-dessus de ëctte portée: écrus , 5o fr. 
blanchis, idem ; teints en bleu, 67750; en rôùge, 6^^5o; le 
tout par lOo kîl. La consommation intérieure est- i son apogée 
de prospérité. Les progrès de Tnsage du drap'prouireni que \st 
grande extension donnée à la consommation du coton ne nuit 
pas au lainage.' Il est à l'egrctter que l'auteur de Tarticle n'aû 
pas donné un aperçu au moins approximatif du montant de la 
consommation intérieure et de Texportation d'es produits fabri- 
, ^ qués en coton. A . D. V. 

33o. Lbttaes a m. lb comte de*^*^*^, sur le commerce des colo- 
nies ; par un ancien administrateur. In-8^. Paris, 1824 ; Bos- 
sange père, etc.^ 

La question du meilleur système colonial pour une nation ne 
saurait être résolue par nne théorie exclusive; tant d'événèmens 
accessoires , tant de circonstances relatives à la position' des lieux, 
aux mœurs, au caractère , au génie des peuples , tant d'élémens 
en un mot la compliquent , que les généralités sont inutiles , et 
que Timitation de ce qui se pratique ailleurs ne peut être invo- 
quée sans créer des intérêts dtfféreQs. Risquer cie s'imposer des 
doctrines dans un cas semblable, c'est s'ouvrir une fausse route. 

L'administrateur , auteur de cet écrit , paratt avoir vu les colo- 
nies ; il explique dans ces lettres, au nombre de six^ les besoins 
de ces établissemens avec des couleurs locales qui prouvent qu'il 
a esquissé, s'il m'est permis de le, dif'e , son tableau sur la na- 
ture vivante. Il a vu; 11 rend compte de ses sensations, et chez 
lui l'accent de la vérité commande la confiance. ' 

La première lettre offre l'état de la question , et tend à prouver 
qu'un système de liberté illimitée ou de restriction absolue, ve- 
nant se mêler à chaque transaction , ne saurait avoir pour résul- 
tat la prospérité coloniale. C'est donc d'un système mixte et 
intermédiaire qu'il espère les plus grands avantages: ' 

Dans la deuxième lettre , l'a .teur émet la pensée neuve et' juste 
que ce ne sont que les Ëui^opéens disséminés dans les diverses 
contrées du globe qui peuvent être les consommateurs des pro- 
duits industriels de l'Europe. Vouloir croire que les naturels 
concourront à la consommation , ce serait prendre l'exception 
pour la règle : ainsi il préfère , et en cela il a raison , une colonie 



Économie pubU<p$e. 2o5 

qn anrait' ioo^o^o habiUiu Mânes povr consomnitteiirs à une 
contrée de-llnde de iSyOOO^ooo d'habitans. ÎCette idée poarrlît , 
dansTopnscnley receToir on plus grand déyeloppement; mats dans 
1 application on Yoit iressortir Tintérél <pie nous avons à ménager 
les consommateurs de nos lies. 

Si on ajoute à ce principe que nul commerce étendu ne peut 
admettre on solde entier en numéraire , on verra que pour pro- 
duire une action commerciale entre les colonies et la métropole , 
céDe-ci doit favoriser la production de la. denrée coloniale, le 
sncrë, pour que les colonies aient un moyen d'échange. Il par- 
court dans la troisième lettre les causes de langueur qui stérilisent 
le commerce des colonies françaises. Droits exorbitans sur les 
sucres , concurrence étrangère » monopole colonial , Voilà les 
causes extérieures qui* agissent contre le commerce aux Antilles 
et à Bourbon. Impôts locaux , défaut de cultivateurs nègres, dé* 
faut de la législation sur les créances , tels sont les maux qui at- 
taquent le commerce dans sa racine en paralysant le mouvement 
intérieur. ' ' * 

Dans la quatrième lettre se trouve une sorte de parallèle entre 
les effets du monopole et du commerce illimité qui porte Tauteur 
à rejeter l'un et l'autre système. Ici les preuves sont' assez acti- 
ves , et les argumens se pressent avec beaucoup de force pour 
démontrer la nécessité d'un système où , pour les colonies et la 
mère pa^ie , les avantages soient pondérés. En commerce plus 
qu'aîllenrs les intérêts commandent , et une des partie contrac- 
tantes ne peut pas encourir la chance d'une perte constante. 

Dans la cinquième lettre , l'auteur, partant ae ce principe ad- 
mis ]par tous les écrivains et les administrateurs, que les colonies 
françaises ne peuvent produire au même prix , se demande d'a- 
bord si l'augmentation des taxes peut atteindre le but. Sa réponse 
est négative , parce que cette augmentation d'impôts est asset 
élevée déjà pour empêcher que la consommation ne puisse par- 
venir à son maximum, 

U voudrait que la diminution en faveur des sucres français fût 
essayée : mais la fraude n'ést-elle pas aussi toujours assez active 
pour donner l'éveil sur les moyens de franciser des sucres étran- 
gers ? L'auteur propose une mesure analogue à celle qui a lieu 
pour leÀ blés : mais la parité est-elle bien établie ? On peut en 
douter; c'est dans l'ouvrage même qu'on doit voir la discussion 
àe% nouveaux mdyens de l'auteur , et surtout son projet de 



.âo4 Economie ptiMique. 

xëglement pour - TonTerture limitée des ' ports de ne» co» 
lonies. BB&ïHsVur^ 

c » 

a * 

33i. Du coMMEmcB de la Fraitge. Examen des étais de M. le 
directeur général des douanes; par M. le comte de Yau- 
BLANC, ministre d'état. In-8^ de a4o pages^ Paris^ i8a4; 
Ladvocat. 

Ainsi que rannonce«on titre, ce livre est une discussion bien 
Srive, bien animée, des états et des discours de M. le directeur 
général , et par cela méiçe s'éloigne de notre cadre dont nous 
avons exclu la polémique. Mais (Quelques mies générales nous ont 
paru pouvoir être présentées , et celles-là feront k matière de, 
notre article. Dans le premier chapitre, l'auteur fait ressortir les 
avantages trop méconnus du commerce maritime. C'est avec rai- 
son qu'il combat ceux qui , comparant ses résultats généraux 
avec ceux du commerce intérieur , voudraient donner la pré- 
férence à eelui'ci; mais il a oublié l'argument le plus/ort|.et 
nous croyons Revoir le reproduire. Il est vrai , pour l'Angleterre 
même et pour toute puissance territoriale, que h» commerce ma- 
ritime n'a jamais égalé en somme, pour les capitaux engagés i. 
plus du cinquième du commerce intérieur ; mais il remplace 
éminemment cet avantage, en ce que par la nature de ses opé- 
rations, par l'emploi des moyens, par le retard des rentrées.^ 
par les chances qu'il subit , il donne lieu à un mouvement, à un- 
emploi d'hommes quatre fois au moins plus considérable que le 
commerce intérieur. Ainsi, dans ce dernier, les rapports sont si 
rapprochés, que les gains sont insensibles , tandis que la combi- 
naison des autres crée, pour les peuples qui s'y adonnent, une 
source active de richesses (i). M. de- Vaublanc le lie plus à la 
haute politique qu'à la richesse, et il loue surtout notre Louis XIV 
et Colbert d'avoir associé les grandes pensées de la gloire a la pro- 
spérité du^commerce extérieur. 



(i) La question, éeoï^omique n'ett pas de savoir lequel du commerce 
extérieur ou du commerce intérieur rapporte le plus ^ il faut ezamioer 
s^il peut y avoir un commerce exte'rieur sans commerce intérieur 
préalable , et si les progrés de celui-ci ne précédent pas naturellement 
et ne favoiisent pas ceux de Tautre. La question de prééminence entre 
l'agriculture, le commerce intérieur et le commerce extérieur, sous 
le point de vue chrysologiqae , n'est-elle pas réellement une question 
oiseuse? A. D. V. 



Économie publique. .loS 

tktnê les Ai'apilre» II, III et IV, l'attaqne étant directe contre 
)f . le directeur général des douanes , ne peut offrir matière a 
aucune réflexion de notre part. Mais nons non^ arrêtons un mo- 
ii)€Bt an chap. 5 de l'Exanien , qui porte en partie sur la contra* 
diction apparente d'une importation de matières d'or et d'argent 
considérable , tandis que la masse dés exportations est trop fai- 
ble pôilr que cet or- et cet argeAt puissent être regardés comme 
entrés pour être le solde de nos exportations^ Dcs^iBig qette 
contradiction nous avait frappés , et nous croyons favoii^ résolue 
par cette idée simple. La place de Paris est aujourd'hui le lieu 
du continent où le mourement de banque se cen traîne. Là l'An- 
gleterre doit soutenir son change ; là il lui importe d'avoir des 
créanciers y et cet or, cet argent ^ ces matières qui ne sont pas né- 
cessaii^s à ses paiemens , elle les transporte comme marchandises 
à Paris, s'y crée ,des créanciers , soutient son change, et le sa- 
crifice d'un fret de quelques heures est assez bien racheté par le 
baut prix de 8 à lo pour loo qu'en retire la livre sterling. Cette 
seule vue expliquera à bien des économistes une des mille et une 
ressources de l'Angleterre , dont au reste nous espérons pouvoir 
un jour développer le système de politique commerciale. 

Nous n'avons pas toujours adopté les sentimens et les vues de 
M. de Vaublanc; mais nous pouvons être en harmonie avec 
lui lorsqu'il parle en faveur de notre commerce de toiles. Il iàit 
CDDaaitre le mal sans peut-être assez parler du remède ; mais 
cette branche d'industrie va recevoir, de cet éveil, des encoura- 
gemens, tant sous le rapport de la législation, que sous celui des 
moyens locaux qui peuvent aider ses efforts. Nous avons mouillé 
des larmes du regret l'état d'importation des toiles faites, en An- 
gleterre en 1674 ; environ deux cent mille pièces étaient vendues 
à cette nation rîvale, qui aujourd'hui nous impose les tissus de 
ses manufactures. 

Les chapitres VII et VIII sont consacrés tout entiers aux co- 
lonies. Tous les vœux tendent à leur prospérité ; on en sent le 
besoin ; mais la lenteur des mesures , l'intempestivité de quelques- 
unes appellent toute l'attention. On a par le malheur.des temps 
trop chargé les denrées des tropiques : on a atteint par l'impôt 
la consommation. Une secousse serait plus funeste que l'état ac- 
tael ; mais que de biens on pourrait faire par des diminutions 
graduées de i'imp6t, par des encouragemens , par un système 
adapté plutôt aux intérêts des colonies qu'à ceux du fisc. Bona- 

a 



!8lo6 Economie publique. 

parte a légué aux finiuiçters, qnî rônt appliquée* au#coloBks» h 
trop fameuse masime : Partout Je veuxqm^ la chose pM ia chose. 

Faîtes des coiKSeisioas succeflUTes aux cK>k»mes» atteadez beau- 
coup du temps; l'effet de vos améliorations et quelques auaées 
vous paieront le prix de vos saerifiices. Avec quelle justesse. d'ar- 
gumens Mt le comte de Vac^kmc fait yaloir les admirables vues 
de Louis %IV1 h^ temps demanderaient qu'elles^ fussent modi- 
fiées; mais que de bien peut faire encore le système de sa politi^ 
que toute nançaisel 

Dans le dernier chapitre, Fauteur présente les avantages des 
transactions eom'mereiales sur des objets particoliera» et les op«> 
pose aux graves inconvéniens des traités qui embrassent le corn-» 
meree général entre deux peuples. Il choisit son exemple » et le 
fiimenK traité de Methuen se présente à sa mémcùreu Le Portugal 
ne stipule que pour ses vins, rAp^eterre que pour se9kilnès ma** 
nulacturées; le résultat est connu, et nous ne retomberons pas 
ici dans une redite inutile. Bertubvik, 

S3a. Pa&is. • — PoKT DU LouvRK , ^iV Pont des Arts. (Traité de 
la police 9 par Lamarre^ tom. i^^, liv. 3, lit. 4« Dissertation 
théologique sur les loteries , impr. en 1 742. ) 

11 ne sera pas sans intérêt de remarquer que l'utilité bien sen- 
tie d'une communication prompte et directe entre le Louvre et 
le quartier à l'opposite, avait depuis long-temps engogé le gou- 
vernement à autoriser la construction d'un pont là où il est 
maintenant étabK. 

«Sous le ministè;re du cardinal Mazarin, le nommé Tonti, Ita- 
» lien f avait proposé l'établissement d'une loterie pour la con- 
» struction iTun pont de pierre entre les galeries du J^aure et le 
» Faubourg'Saint'GerméUn , au lieu d'un pont de bois que rin^ 
» cendie avait consumé. Il lui fut accordé lettres-pétenteSy mais 
» la loterie ne fut point tirée; elle fut défendue par artéc du Par- 
» lement du 16 janvier %6M , qui prohibe toutes espèces de 
•> loteries. » 

333. Saggio d'xconouia pubslica deglx Immobile. £ssai d'éco- 
nomie publique, sur les immeubles ,, par G&^goirb Chiaaiki» 
t vol. in-S^. de ïoo pag. Florence ^ tSao^. 



Éamomie publique. ^toj 

334* VACcniB. '( fFeekL Regist.^ 7 mars i8a4.) 
n résulte du rapport adressé par la Société de raocine, k 
M. Fee), ministre de fintérienr en Angleterre , qtfe les Taccina- 
lions y depnis le dernier rapport , ont été beancoup plus nom* 
brenses qne de coutume. Depuis lors on aTait envoyé du raccin 
dansrinde et en Amérique, à Ceylan, an Cap de Bonne-Espé- 
rance, à rile de France, sur la côte d'Afrique, à la Nouvelle 
Galles, en France, en Italie, etc. L'épidémie Tdriolique s'était 
manifestée sur plusieurs points' de l'Angleterre, avec les symp- 
tômes d'une malignité extraordiiiaire , et ses ravages avaient fait 
beaucoup de victimes partout où on avait négligé le préservatif 
de Jenner. Ses avantages ont été très-sensibles dans les endroits 
sujets à ce fléau. Ceux qni y ont eu recours ont été à l'abri de sa 
fîmest«r influence y et le très-petit nombre d'entre eux que la con- 
tagion a pu atteindre n'ont éprouvé qu'un mal exempt de péril. 
Le nombre total Vies vaccinés dans le royaume-uni (la capitale 
exceptée), de 18 18 À 1822, a été de 327,^24, et le total de ceux 
à qui la vaccine a été administrée par des vaccinateurs locaux y 
de 349^7$, pendant le même espace de temps. En 1821, 90,000 
personnes ont été vaccinées à Ceylan, 20,149 l'ont été dans la 
présidence du fort William , et 22,478 » dans celle de Bombay. 

A. D. V. 

335. The peactigal Booe-Keepee. Méthode pour les teneurs 
de livres , ou conseils aux marchands , contenant les procédés 
delà tenue des livres, fondés sur ce qu'on pratique dans les 
banques, par Geoil. Wilsoxt, in-8^. Londres; i823; Sher- 
wood , Jones , and C. ( Eurqp, Mag, , décembre 1823 ^ p. 549*) 
Ce recueil est signalé par le journal d'où nous tirons cette an- 

nonce 9 comme l'ouvrage d'un homme éclairé par une longue 
expérience y et qui a composé avec soin un traité méthodique 
clair et simple , que les commerçans en général ^ et les Anglais en 
particulier, consulteront avec â:uit. 

336. A GUXDE To THE coMxsEGE OF BsRGAL. Guidc poiir' le 
commerce du Bengale, contenant un aperçu du commerce* 
extérieur du Bengale, avec une appendice renfermant divers 
détails et r^glemens relatif à la navigation et au commerce 
des pays alliés avec les Indes anglaises et la Ghine^ par J. Phipps. 
Calcutta j i8)3. ^ 

* L'ouvrage qpac nous annonçons sera utile aux commerçans qui 



3o8 Économie publique. 

vont aux Indes orientales , et particulièrement av Bengale* 
M. Phipps a rédigé son Guide avec beaucoup 4^ soin sur. un 
plan tout nouTeau. Il a consulté le Commerce oriental de M. Mil'^ 
hum , dont il a extrait et amélioré tout ce qi|i pouvait être né* 
cessaire pour son ouvrage , qu'il a divisé en trois parles. 

Il n*a pas mis moins d'exactitude à indiquer les rapi>Qrts des 
monnaies^ des poids «t des mesures de l'Inde. Dans son appen- 
dice , l'auteur a donné des instructions particulières relativement 
au commerce de Madras^ Bombay, Ceylan et d'autres vailles de 
rinde. [AsiaU Jour. , janv. i8a4 , p. 44.) Moscati. 

337. SoCliTi LITT^EAiaX DES NATURELS DE l'InOE. VcrS 

le commencement de l'an 1 8a3^ les principaux et les plus instruits 
des naturels de llnde, se réunirent dansle collège des indigènes, 
à Calcutta , pour organiser entre eux une Société destinée à la 
propagation de la littérature et des connaissances utiles parmi 
les Hindous. On y lut un discours pour prouver la nécessité et 
l'utilité dé cette institution , après quoi l'assemblée adopta à l'u- 
nanimité les articles suivons : 

lo. Une Société sera formée des'bommes les plus respecta* 
blés et les pins instruits parmi les naturels de llnde ; 

a». Son objet principsrl sera l'encouragement et la propagation 
de la littérature y et des' connaissances utiles parjni les naturels; 

3^. Pour parvenir à son but, la Société fera traduire i ses 
frais ^ des langues étrangères , et publier en langue du Bengale, 
tous les ouvrages les plus importans et les plus utiles; 

4^. Elle fera tous ses efforts pour réprimer le9 crimes des na- 
turels , qui portent atteinte à la morale et aux lois ; 

5°. Pour obtenir l'accomplissement de ses vœux sur cet ob- 
jet, la Société fera publier à ses frais des mémoires en anglais, 
et en langue du Bengale ; * ' 

60. Il sera formé une bibliothèque des livres les plus néces* 
saires et les plus utiles ; 

'f. La So<;;iété tâchera d'avoir une collection des objets les 
• pins importans pour l'étude des sciences ; 

8^. Lorsque la Société aura des fonds suf&sans^ on achètera 
une maison pour son usage particulier. En attendant la Société 
tiendra ses séances au collège des naturels ; 

Le a^. de chaif^a{^^ï\ mars) 1823, les fondateurs se sont 
réunis une, seconde fois ; on a ouvert une souscription , et, dans 



Économie publique. 20g 

h métee séance > la somtne des dotis s'est éleyëe à ^fiS'j r. llii 
comité a été nommé pour régler les afïaires de la Société. Ra^ 
hoos^ Prasanna ^ Kuh%ar y Thakuret Ram-Kompi, ont été élns 
secrétaires. {Asiat. Journ^^ déc, ]8a3,'p. 55o.) Moscati.' 

338. Expo&TATioir dis caaiks nu Danemark, des duchés de 
Sleswick et de Holstein , depuis octobre 18 19 jusqu'à novem- 
bre i8!io. (Collin. For Historié og StatisiiA isœr Faedrelan^ 
dets; Copenhague; i8aa. To. i , p. 33o.) 

Il a été exporté dans le coulrant de cette année 216,173 ton- 
neaux de froment (dont 172,016 du SIeswick et du Holsteîn), 
iiif5i7 tonneaux de seigle, 289,3id d*orge,.35o,32a d'avoine 
(dont 2o5,859 du Slesiivick et du Holstein), 7,o5i tonneaux de 
sarrasin (dont seulement i5 tonneaux du Danemark) , ^94^4 
tonneaux de farine de froment, 3^943 de farine de seigle et org^, 
âyde farine de sarrasin (entièrement du Sleswick et du Holstein), 
4,011 tonneaux d'qrge perlé; 4>)^i ^e gruau d'orge, i,6a5 de 
gruau de sarrasin et d'avoine; total (y compris les pois, fèves , 
etc.) 1,1 56,1 55 tonneaux : valeur en rixdales, ii9,o3G. 

Dans le courant de 1821 , il a été exporté du Danemark et des 
duchés, 33,950 tonneaux de beurre, et 3,5oo shippund de fruit. 

339 Histoire nss iIauufactures nx draps bit Danemark, de- 
puis 1736 jusqu'en 1799. (Collin. For Historié og Statistik isœr 
Fœdrelandets y to. i, p. 179* ) 

Dans le dernier siècle, le Danemarck a fait beaucoup d'efforts 
pour attlrA* des fabricans étrangers. Une ordonnance de 1705 
leur accorde l'exemption de toutes les charges, 3o rixdales pour 
chaque famiJle , 20 rixdales pour les frais de voyage , la liberté 
de l'importation des matières brutes , bn prêt de 5o ritd. pbui* 
l'achat de laine. £n 1739 on comptait 14 familles de Saxe, que 
ces avantages avaient attirées. Un des prindpaux et des plus an- 
ciens fabricans de draps en Danemark^ Courtonne^ avait été 
appelé, en i737ydeLeyde. Il reçut un don de 5 mille rixd.; pour 
chaque ouvrier étranger 20 rixd. ; pour chaque ouvrière idem^ 
10 rixd.; et pour chaque enfant 5 rixd. ^jusqu'à la concufrence 
de 60 individus. On lui établit aux frais du gouvernement une 
teinturerie et un moulin à foulon; on lui prêta de l'argent; on 
Tcienipta pendant 10 ans des droits de douane, etc. Après la 
mort de Courtonne, cette manufacture eut plusicur:> fois besoin 
F. Tome I. i4 



\ 



/ 



de» secours dtt goitttrnemeiit. £n 17B6, on attira aosâi en htt^ 
nemark un fabricant çL^ Blagdebourg , nommé Gandil. Un fa- 
Jbiricant français , nommé Fron tin, reçut en 17&4 le titre de com-< 
missaire de fabriques^ et établit une manufacture de draps fins 
français , moyennant des avances de 20,000 rixd. Elle prit le 
nom de manufacture royale de Frontifï; mais en 1763, Frontinr 
quitta le Danemark, et son établissement tomba. Un fabricant 
d'Aix-la-Chapelle en fonda un nouveau, qui occupa , en 1786^ 
3o métiers, dont sio à Blangaard» 5 à Wandreck, 3 àOdensée , 
et a à Kors»r , atec 5 filatures* 55o ouvriers travaillerait à cette 
manufacture;' mais les frais surpassèrent bientôt les bénéfices^ 
En 1788, il n'y avait que 3 fabriques avec-aBo ouvriers en acti- 
vité. A la fin du dernier siècle , un de» principaux établisseinens 
pour la fabrication du drap était celui de Hansen à Raqders y 
«n Jutland. Il avait, en 1798, 6 métiers, et occupait 107 ouvriers.- 

340. De l'Agadémik nsSomoBB, par M. Malliko (CoUin. /br 
Historié og Statistik isœr Fœdrelandets ^ to. i ; Copenhague^ 
i8aa; jf, 3.) 

Sorcee était autrefois un couvent qui, d'après le but du foo-p 
dateur, devait s'occuper , entre autres choses, de l'histoire du 
royaume de Danemark. Les moines négligèrent cette partie de 
kurs statuts* Dans la suite on établit à Soroee une école, puis uncr 
Académie ou institution pour les jeunes nobles y mais comme 
elle eut de la peine à se soutenir , on l'ouvrit aussi aux jeunes 
gens non nobles. Cependant il fallut à plusieurs reprises reformer 
l'établissement. Un incendie a acheyé sa déoadencCé Ï41 x8ai , la 
direction de l'université et des écoles savantes a soumis à l'ap* 
probation du roi de Danemarck un plan pour la nouvelle orga-» 
nisation de l'Académie de Sonee. D. «. 

N 

* VOYAGES. • 

341. ImcEftAïkY ov Provence and the Rhône. —* Voyage fait 
eb Provence et sur le Rhône pendant l'année 1819 ; P^ John 
HtJGHEs^In«8*, prix, 12 sh* Londres; i8a3.; Cawthorn. 

341. Remakes oir the vorth or S#Xiii« Observations stur le 
nord de l'Espagne ; par J« B&amsen , auteur des Voyages en 
Egypte , Syrie et Gi^èce. In-8. Prix , 6 s.. 6' d* broché. Lon« 
dres; i8a3', Whittaker. 
M. Braipsen , déjà très*connu dans le monde littéraire par set 



iraraia ét^iêHt ion instruction Tariëe , en a Toaln donner de non- 
teUes preoYes par ses obsenrations anr le nord de FE^agne ; U 
y a signalé arec prëcâsion et exactitude le caractère des EspagnolSp 
mais l^irticnlièrement des paysans | qu'il dépeint comme igûo- 
rans , superstitieux , et comme incapables d'apprécier les ayan* 
tages d'un gouvernement libre et constitutionnel. L'auteuir ayant 
été en Espagne pendant la dernière guerre de la péninsule , a été 
à même de présenter un tableau fidèle de l'esprit de l'armée 
eotastitutionnelle et des partis qui la divisaient C'est dans ces di* 
visions cju'il trouve la première cause des succès de l'armée fran* 
faise, et de la chute de ses adversaires. Mosc^ti. 

{Momh, Rev, enl.f janv« iS%if p* io6. ) 

343. CoixKGTiov CBOxsiB DB YoTAOBs PiTToaBSQuss , cnGrècé; 
par Cholseul-Gouffier; à Constantinople, par Melling; en 
Suisse f par Zurlauben ; à T^aples et en Sicile, par Saint-Non ; 
et en Espagne, par Laborde. ( iS\ et i4*« livr. des pi. in-lbl. 
Prix, 10 fr. Bruxelles; Aug. Wahlen. 

Ces deux livraisons contiennent les planches suivantes : 
t**. Voyage en Grèce. Vestiges du temple de Minerve Polias, à 
Prienne. Détails des ruines d'un monument Élévation géométrale 
da temple de Téos. Plan d'un temple périptère, à Euromus. 
1^. Voyage à Constantinople. Vue du village de Tarapia, sur la 
riye européenne du Bosphore. Vue de la place et de la fontaine 
de Top-Hané. Vue dés anciens châteaux d'Europe et d'Asie, 
sur le plus étroit du Bosphore. Vue de l'embouchure de la mer 
Noire. Intérieur d'un café public, sur la place de Top- Hané. 
{Revue BibL des Fays^BaSy janv.i8a4y p* 5*) 

344. ScHILDSaunO SINER XNTHUSXASMiaTEN RfcISS HACB Gais- 

GHKiri.ANn. Tableau du Voyage d'un enthousiaste en Grèce , 
pendant l'année i8aa; par F. A. LasssH ,, lieutenant prus- 
sien, etc. VI et 194 p* Prix, 18 gr. Gorlitz; x8a3 ; Zobel- 

L'auteur alla en Grèce, comme tant d'autres , dans l'espoir de 
s'y rendre n^ile \ mais il fut , dit-il , trompé dans ses espérances» 
et, à l'en croire , la nation grecque serait le pire de tous les peu- 
ples. Ses remarques , relativement au défaut d'ordre , de disci- 
pliae et d'argent, parmi les insurgés, ne sont guère susceptibles 
d'être contredites ; mais d'autres détails sont démentis par des, 
récits authentiques. Il prétend, par exemple, que les progrès des 
Grecs sont dus à ce qu'ils n'avaient pas rencontré jusqu'àprésent 



^12 Voyages. 

^d'armée turque en rase campagne. Mais qu'était-ce donc que 

celle qui, sôus les ordres de Churschid - Pacha , pénétra jnsqaà 

Argos, et qui fut ensuite repoussée jusqu'à Larisse ? L'ouvrage' 

est plein d'assertions aussi évidemment erronées et d'exagérations. 

^Leipz, Litter, Zeit.y nov. 18^3, p. ni 60.) 

345. Une prohenade a P^estuh. 

Nous avons lu avec beaucoup de plaisir le récit intéressant de 
cet^e excursion de deux jeunes Anglais instruits , qui ont voulu 
visiter à pied les antiquités et les ruines de Paestum. Ils partirent 
de Naples , et passa i^t par Portici^^ Résina et la Torre delV An- 
nunziata , ils examinèrent les ruines à'Hercuianum , de Pompeï 
et de Stabia , dont ils donnent de nouvelles descriptions. De la 
Torre delV Annunziata ils se dirigèrent , par un pays très-fer- 
tile et bien cultivé , vers Scafati, sur le Samo, où ils observè- 
rent des restes des anciens châteaux , autrefois les retraites des 
Sarrasins contre les Lombards. De Scafati, nos promeneurs pas- 
sèrent k Paganij et de là à Nocera di Pagani, ville peuplée et 
où ils remarquèrent un temple ancien qui maintenant est dé- 
dié à sainte Marie majeure. Ce temple^ tout près d'un village ap- 
pelé le Taî»emej est bâti environ i5 pieds au-dessous de la sur- 
face actuelle du sol ; on y voit encore i 5 colonnes d'ordre co- 
rinthien en albâtre , granit et jaune antique , mais entièrement 
en ruine. Les niches des dieux des anciens sont maintenant oc- 
cupées par des statues de Saints. De ce temple , les deux voya - 
geurs se portèrent a un village qu'on nomme Pecoraro , d'où la 
vue de la vallée de Nocera est très-belle ; elle est entourée de trois 
côtés par des montagnes ; à l'est par celles de la Cava; au sud, 
par le Monte Albino; slu nord, par le Monte Sussolano ; du côté 
de Naples, on voit le Vésuve à quelque distance. Deux ruisseaux 
divisent et fertilisent cette vallée. De Pecotaro à la Cava , les en- 
virons sont oriiésde villages , de couvents, de châteaux et d'her- 
mitages ; 1^ Cava est située au sommet de la montagne. Nos pro* 
meneurs visitèrent aussi le célèbre monastère délia Trinità delta 
Cava f qui , après celui de Monte Cassino , est le plus renommé 
de toute lltalie. Ils eurent l'avantage de voir, dans la bibliothèque 
de ce couvent deux écrits curieux du IX*. siècle ; savoir , les 
manuscrits originaux, de deux lettres en latin, l'une de l'empe- 
reur d'Orient à Charlemagne , et la réponse de ce dernier, 
toutes deux remarquables par l'extrême incorrection du style. 



Voyages. 31 5 

De la Cava allant à Fietri, on trayersa. un village qni ae distingue 
par ses manufactures , et par l'élégante propreté de ses mai- 
soDs ; les collines des environs sont bien cultivées. A Yietri , qui 
est nne grande ville maritime et florissante ,avec un port , les 
deux jeunes Anglais allèrent visiter les vestiges des mines an- 
ciennes , découvertes depuis 1675, et ib 7 observèrent des aque- 
ducs ^ des fragmens de colonnes et des restes de grands bàd- 
mens. Dans l'emplacement de ces ruinçs était , selon l'opinion 
àeRomanelli^ célèbre antiquaire napolitain, l'ancienne ville de 
Marcùia , fondée par les Étrusques lorsqu'ils possédaient ces 
terres. Leur excursion n'offre plus rien jusqu'à leur retour , qui 
doive être signalé. {Lond. Mag^^ fér. 1824, p, laa») Mosgati. 

346. Petit votaok eh baaquk, de la c6te d'Islande à l'tle nom- 
mée en islandois Grimsey; en danois Grimsôe. par F. Faber, 
quartier-maitre {Mdg, des Foy., par Nyerup, 3*. vol. p. 3 1 a). 

Il s'agit dans ce morceau d'une petite lie située à près de dix- 
neuf lieues marines au nord de Fliot-Horn, un des caps sep- 
tentrionaux de l'Islande, et à i a' environ au delà du cercle polaire^ 
II est fait mention de Grimsôe dans les voyages de Olaftsen et 
Povelsen, to. xi,p. ^Ayet dans ceux d'Olavius, to, xx»p, ^ao à 
324 ; mais ces voyageurs n'en ont parlé que sur la foi d'autrui, et 
de mémoire d'homme il n'avait paru dans- cette ile aucune per- 
sonne étrangère à l'Islande. 

Lorsque M. Faber s'y rendit vers la fin de mai 1820 dans une 
petite barque de pèche à 6 rameurs, qui partait du golfe nom- 
mé Oèfiord pour aller pécher des Hakail [Squa^lus carcharias) 
dans les eaux de cette ile, étant amateur de zoologie, sonpbjet 
était d'étudier les oiseaux de mer dont cette ilé est remplie et 
qui y déposent leurs œufs dans cette saison. Il était a peine à 3 
lieues marines de cette ile , qu'il vit de nombreuses bandes de ces 
oiseaux nager autour de son embarcation. Ce fut le a8 mai qu'il 
débarqua sur la côte de Grimsôe. vil trouva l'ile encore couverte 
dune couche épaisse de neige , laquelle ne commença à fondre 
qu'au commencement de juin. Il n'y a sur ce triste rocher que 
huit misérables cabanes de terre, dont les habitans, au nombre 
dune<;inquantaine, sont d'une pauvreté extrême, et sont même 
exposés à toutes les horreurs de la famine lorsque Thiver se pro- 
longe et que les glaces flottantes venues du Groenland les tiennent 
bloqués, et les privent des ressources que leur offre la pèche. Du 



2i4 yoyages, 

temps d'Olavius ( 1770 à 1780) ils avaient encore 3 Yachîes., 8d 
mioTitons , et même un cheyal déjà âgé de 3o ans, et qui était re- 
gardé,' dit cet auteur, eomme une espèce d'antiquité. M. Faber ne 
trouva plus dans cette ile que quelques moulons. 

Mais une incliis(ne qui s'était perfectionnée était la chasse aux 
oiseaux et aiix œufs dans les rocbers. Les insulaires s'étaient pro^ 
curé des lanières de peau de bepuf dont ils se' servaient en guise 
de corde, pour se faire descendre du haut de falaises taillées à picy 
ainsi que cela est rapporté de quelques autres lies dans les rela- 
tions de voyage. On sent assez quel danger accompagne une telle 
ehas&e ; aussi celui qui s'y expose reçoit-il une part double dq 
butin , le reste étant mis en commun. Notre voyageur vit périr 
im jeune homme qu'un quartier de rocher avait frappé à la tête 
dans cette position en se détachant. Le corps de <;e jeune homme 
Alt déposé, suivant l'usage du pays, dans l'é^li^e. C'était là que 
H. Faber s'était logé, et il convient qu'une telle compagnie lui 
rendit encore pioîns agréable le séjour froid et humide de ce lo- 
cal; aussi se décida-t-il à retourner en Islande dès le 20 juin. Il 
avait cependant eu le temps de se procurer des échantillons de 
différons oiseaux qui nii;hent sbr cette ile et qui y élèvent leurs pe- 
tits. Ce sont de nombreuses espèces à\Vria,Alcaj Çarboy Larusy 
le Procellaria glacialis ^pais surtout une multitude incroyable de 
Larus pidàçtylus. Il observe, au sujet àeV^ria Aile, que ce joK 
oiseau sait déipober ses œufs aux recherches , en Ij^^ déposant dans 
le creux des rochers et entre les quartiers de roches qui se sont 
détachés des falaises. L'auteur aurait pu donner plus de détails 
qu'il ne Yk fait sur cette île, où il n'est pas probable qu'aucun 
voyageur instruit retourne de sitôt, et il est à regretter qii'il ne 
l'ait pas fajf . La' pensée s'arrête avec un intérêt mêlé de corn-: 
passion sur ces liuit familles européennes luttant sur ce rocher 
isplé contre toutes les horreurs du froid et de la misère , surtout 
lorsqu'on voit , parla relation de M. Faber, que ces liommes que 
leur isolement préserve de tant de vices , sont disposés à l'hospi- 
talité , et ne murmurent point contre la Providence. C. M. 

347* 1. Nàxauoffs EXPinxTioN To KoKAirn. — a. EvERSMÂirir ano 
Jaxovlxw's AccouiÏT or Bucharia. — 3. Cap. MouRAVixw'si 
Embasst ToTuRKolftiKiA ANo CfiiVA. (PhiUpps* 7>ape/^. T0.91 
,aoùti8a3. 

De tous les états du continent, la Russiie est mi des plus favo-^ 



Vojagff. 2x5 

niblemetit situés pour servir d'eDtrep6t entre TEarope et l'Asie. 
Des rivières et des canaux unissent d'un côté la Baltique à Ja mer 
Cajf>ienne , et' font de liischniec-ICorogorod et d'Astrakhan de 
grands marcbés, tandis que de l'autre tous les ports de la mer 
Ivoire sont ouyei;U aux flottes marchandes qui vont trafiquer 
dans le Levant, Cependant le peu de sûreté des routes qv*il faut 
suivre et plus encore le caractère insociable des hordes asiatiques 
qui peuplent les frontières de la Russie, joint à la différence de 
moeurs , de religion , et au peu de civilisation qui règne parmi 
elles , sont autant d'obstacles qui retardent les progrès du com- 
merce et qui ne lui permettent point de prendre un cours ré* 
gulier. Depuis long- temps , il est vrai , quelques caravanes vieiH 
nent de la Bucbarie à Orenbourg et à Astrakhan ; mais comme 
elles ont k traverser de vastes steppes exposés aux incursions 
àes Kii^hts, le défaut de sûreté s*oppose à la constance et à la 
régularité des expéditions qui se font de Manghichlak à Astra- 
chan. Le gouvernement russe a dans ces dernières années , fa^t 
diverses tentatives pour faciliter ces relations de commerce et 
pou^ ce concilier les bordoi indépendantes qui parcourent sans 
cesse CCS plaines immenses* Plusieurs voyages ont eu lieu dans 
ce but ; c'est le récit de ces divers voyages que l'on offre ici au 
public. La première narration est celle d*une tournée k Kokand^ 
faite dans les années i8i3 et 1814» par M. PhUippe Nazaro/fut- 
terprète du corps sibérien, et chef lui-fnémê de cette expédition. 
M. Nazaroff ne donne point sur cette portion de pays autant de 
renseignemens qu'on aurait pu l'espérer ;cepend«ant il offre quel- 
ques aperçus neufs tant sur la force; que sur le caractère des 
hordes tartares qui l'habitent. Le second récit est celui d'une 
ambassade envoyée dans la Bucharie en 1820 et 1821 , et à la 
tête de laqueUe se trouvait le conseiller d'état Negri, Il a pour 
titre : Voyage d'Qrenhourg en Bucharie , par le D'. Eversmann 
médecin de l'ambassade. Ce récit, plus étendu que le premier, 
présente aussi des documens beaucoup plus importans : on y a 
joint des extraits fort intéressans de lettres de M. P. J. Jahovlew 
secrétaire de l'ambassade. — La troisième relation est celle d'un 
voyage en Turcomaniè et a Chiya^ par le capitaine Mouraviet^^ 
qui fut envoyé en mission dans ces contrées, en 1819 et 1^20. 
Ce dernier ouvrage vient d'être traduit en français , par M. le 
Cointe de Laveeui , dont la traduction a été revue par MM. $.ia- 
proth et Eyriès. Il en a été rendu compte dans le 3*. vol. rr®. an- 
née du Bulletin, p, 174, Alex. B. i>v B. 



a 1 6 WQfiiges. 

348. NAKRATitE OF A voYAG* To IwDiA, elc. Relatîoii d'nn voyage 
dans rinde et naafrdge à bord du bâtiment Laefy Castlereagh, 
avec nne' description de la Nouvelle-Galle du sud; par W; B. 
CliAMP. (Philipps.TKipe/^, to. IX, p. 3. ) 
Cet ouvrage renferme la relation de deux voyages que Tauteur 
entreprit dans les Indes orientales. Il partit, pour la première 
fuis, le 8 ou le 9 janvier 181 5, sur un bâtimeat de la compagnie 
des Indes. Pendant ce premier voyage, il vit Madras ^ le Ben- 
gale, et en dernier lieu Bombay, non §ans courir sur mçr quel- 
ques dangers. Les curiosités qui , aux environs de Bombay^ atti- 
rent l'attenlion de tous^les voyageurs, sont décrites par M. Craihp. 
Il quitta bientôt Bombay pour retourner à Madras; mais son sé^ 
jour n'y fut cette fois qiie de courte durée ; il lui fallut partir 
pour l'Angleterre , après toutefois avoir relâche à l'île Sainte- 
Hélène, dont il dit ici quelques mots, mais qu'il déeritplus au 
long, lors de son second voyage. A peine fut-il arrivé en Angle- 
terre qu'il SiC détermina de nouveau à tenter la fortune et à re- 
tourner aux Indes orientales. Un bâtiment mettait à la vôîlepour 
transporter des condamnés dans la Nouvelle-Galles du sud; 
M. Cramp profita de son départ pourvoir cette contrée. Il y ar- 
riva en effet le 26 avril 1818, et parcourut successivement toute 
la çôtç, Il fait connaître les divers établlssèmens que les Anglais y 
ont formés, et s*il la quitte, c'est pour aller à la terre de Van- 
Diemen, où des déport'és furent encore menés et qu'il décrit 
aussi. Ces descriptions offrent queîqu'intcrêt dans les détails rc- 
Jntifs a la terre de Vari-Diemen. Le voyageur se ^'endit ensuite à 
IM.'idras, où il arriva après avoir couru encore de grands dtn- 
gcrs. De là il vit Goudelour, puis Pondicbéry, et retourna à Ma- 
céras , d*où il se dirigea, par l'intérieur des terres, vers Pouamalec, 
Cldddapah , Hydrabad , Nerraul , Nagpore , Jaolnab , Pounah , et 
enfin Bombay, qu'il décrit successivement. H arriva à Bombay dans 
la plus grande détre^scy et n'en partît que pour s'en' retourner au 
Bongale. Arrivé au Bengale, un vaste champ s'offrait encore à ses 
longues et pénibles excursions; il entreprit le voyage de la Chine» 
et s'embarqua pour Macao , d'où il se rendit à Canton. Son séjour 
^àns cette ville lui a fourni des observations sur les mœurs , les 
usages et la religion, à la Chine. Enfin il quitta Macao pour aller 
visiter le pays des Malais, à la pointe d'Anjure, où il trouva un 
pouplç d'antropophages. Les voyages de M. Cramp , jusqu'à son 
retour en Angleterre, où il arriva le i3 septembre 1821, ont 



Vojrages. a i ^ 

duré à peu prés six années. Qaoiqae Taiitear idt beancoi^ Tn , ses 
récits ne font le pins souTent que rappeler des objets déjà 
connus. AiAx. B. nu B. 

349. A Tour throuoh the upper provikces of Hin doostam. 
Voyage dans les contrées élevées de THindoustan pendant 
1804 et 1814» avec des observations, des 1 anecdotes authen- 
tiques, une direction pour la navigation dn Ganre et une 
carte; par A. D. In-8^.; prix ^ scb. , Londres, 1824. [Jsiat. 
Joum,^ feb. 1824, p. lai.) 

S5o. A Nabeative of the establishment ako pbogress, etc. 
Kécitde rétablissement et des progrès de la mission à Ceylan et 
dans V Inde y fondée par le Rév. Hiomas Coàe, directeur de 
cette mission , avec une introdaction sur l'histoire naturelle , 
civile et religieuse de Ceylan; par W. M. HAEVAEn, mission- 
naire. In-8® ; prix 9 sch. Londres; 1 824* 

35 1. ReMARXS OV THE COUNTRT EXTEWDIÎtG FROM CAPE PaL- 

iTAS , etc. Observations sur le pays qui est entre le Cap Pal- 
mas et la rivière de Congo j sur les mœurs et coutumes àes 
habîtans, accompagné d'un Appendice sur fes relations com- 
merciales de FEtirope avec la côte occidentale d'Afrique ; par 
le capitaine J. Adams. In- S^, , p 270; prix 7 sch. 6 d. Londres; 
} 823 ; Whittaker. 

• Le p.dys entre le cap Palrruu et la rivière Congo est très-peu 
connu , et c'est le moins fréquenté de cette partie de l'Afrique. 
Cependant il présente un vaste champ aux recherches des voya- 
geurs. L'étendue de ce pays, entre les deux points précités^ est 
d'environ joo lieues. Le capitaine Adams a visité soigneusement 
toutes les petites villes .et villages de cette partie de l'Afrique , 
et il en a donné dans son ouvrage des descriptions exactes. Ses 
observations sur les caractères et les coutumes des peuples de 
cette contrée ont de l'intérêt. Elles seront utiles à tous ceux 
qui voudraient la visiter. L'auteur n'a pas négligé de donner 
la statistique de presque toutes les villes, avec un aperçu sur 
leur religion^ pu plutôt sur leurs superstitions. (^Mont/i, Reu, 
Enl., déc. 182'^ , p. 3^9.) M0SCATI. 

352. Voyage de M. J, Campbell à Maschaou et à Kourritchan, 
{Nouv. ann, des vof.y décembre 1823.) Ce recueil a extrait 
les détails qui suivent de la Relation du deuxième iojrage ilans 



ai 8 Voyages: 

l'JJrtque australe; par le missionnaire John Gâmpbxll a yoI, 
Londres; i8aa. 

AtasehaoUy capitale d'une tribu des Boascliwanas^ est située 
sur une colline , dans un pciys superbe , à environ So m. anglais, 
T9^.-£. de Vieux-Litahou^ Ce pays est une oasis ou les mission- 
naires aperçurent a^ TiUages dont ils estimèrent la population à 
lo o^ la mille habitans. Le roi, que M. Campbell nomme Kossih^ 
leur fit une réception solennelle , et le» pria dé séjourner dans la 
ville et de prêcher ^es sujets. Les maisons j quoique semblables 
à celles de Litakou , sont plus élégantes et plus commodes. Les 
femmes portent beaucoup de Terroteries qu'elles paraissent re^ 
ceToir des étabUssemens portugais. C'est par k même voie que 
la vaccine s'est répandue parmi cette peuplade; l'usage de lactiv' 
coacision peut leur être venu de l'Abyssinie ou des colonies 
arabes, jadb maîtresses de Sofala. La ville de Kourritchan est 
la capitale de la nation des Maroutzis, située par a4 ^ d^^Si 
de latit. austr., à peu près un demi-degré plus au N. que le pa^ 
ralléle de la baie de Lagoa. Elle est peuplée d'environ x6ooo ha-« 
bilans, et se compose, en général, de jolies malsonnettes , à la 
manière des Bouschwanas, environnées d'un mur en pierre qui 
circonscrit une espèce de colir ou à* aire j couvert d'ar^jîie battue» 
Les habitans fabriquent des vases d'argile qu'ils savent vernisser 
et peindre; ils travaillent le fer et le cuivre. Le missionnaire 
vit un de leurs fours fondre le minerai de fer; il vit un for- 
geron muni d'un appareil complet. L'ivoire leur sert a faire des 
manches de couteaux^ des têtes de, pipes, des bracelets et des 
anneaux. Us tannent les cuirs de leurs nombreux troupeaux pour 
en faire des habits, d^ souliers , des boucliers. Ils ne manquent 
d'aucune espèce d'ustensile en bois, et leur liourritnrese compose 
de bonnes viandes , de blé ^grillé , du jus de la canne , de lait et 
d'une espèce de bière. Leur civilisation matérielle est assez avancée. 
Les deux villes du Fieux tt du Nouveau Litakou^ ou Lette-- 
ftoiv^ chef-lieu de la tribu des Matjupping,^ peuvent renfermer 
chacune 4 mille habitans. Les missioimaires ont construit à iVb^t- 
^au- Litakou une chapelle pouvant contenir 400 personnes, et 
* une rangée de maisons, avec jardins pour leur usage.' A. D. V. 

353. IÏ0UVEI.LE EXPEDITION DU MAJoa Long. 

Une nouvelle expédition , aux ordres du major Long, partit 
de Philadelphie , le 3o avril 1823, avec l'intention de traverser 



Voyages. aig 

le territoire américain dans une direction nord-ouest, et de re* 
Tenir par les grande lacs du nord. Elle passa par Wheeling, le 
fort Wayne , Chicago , la Prairie da chien et le fort Saint-Antoine ^ 
pour se rendre anx sources de la rivière de Saint-Pierre; delà 
elle descendit la rivière Rouge jusqu'à son confluent avec TAssi* 
niboin, et détermina le point où le 49^ de latitude, limite sep* 
tentrionale des États-Unis , traverse celte dernière. Suivant le 
calcul du major, il semblerait qu'une grande partie du pays qui 
est occupé par la colonie de feu le lord Seikirk, et qu'on appelle 
' les établissemens de Pembina , se trouve comprise dans le terri- 
toire des États-Unis. Jusque-là le voyage s'était fait par tetire, 
l'expédition s'étant pourvue d'un nombre suffisant de chevaux 
pour le transport de son bagage. 

L'expédition s'embarqua en cet endroit sur des canots d'écorce > 
dans lesquels elle descendit la rivière Rouge jusqu'à son- embou* 
chure; elle traversa ensuite le lac Winipick à son extrémité 
méridionale, remonta la rivière du même nom , entra dans le lac 
des Bois , et pénétra par la rivière et le lac de la Pluie , et ensuite 
par la Thamana-«Tekoea jusqu'au lac Sup^ieur. Là , les voya-i ' 
geurs trouvèrent un grand bateau sur lequel ils s'embarquèrent. 
Depuis le 1 5 jnsqu^ân Zo septembre qu'ils naviguèrent sur ce lac « 
avant d'arriver à son embouchure, le temps fut très-orageux , et il 
y eut des rafales de neige pendant neuf jours sans interruption.. 
Dans la nuit du ao septembre il en était'tombé une si grande quan- 
tité que la terre en fut couverte pendant tonte la journée du ai. 

Le majo^Long continua son voyage dans le même bateau jus^ 
qu'à Mackinaw, où il laissa les lieutenans Scott et Denny, ainsi 
que le détachement qui avait esco|:té l'expédition depuis le fort 
Saint-Antoine , avec ordre de rejoindre leur régiment qui se 
trouvait sur les bords du Wississipi. II. fit voile pour le détroit , 
à bord du cutter de la douane , A. J. Dallas , monta sur le bateau 
à vapeur le Supérieur^ et alla débarquer à Buffalo. 

£n revenant, l'expédition prit un des paquebots du canal de 
New-York à Rochester , sur la Genessee , navigua sur le canal 
jusqu'à Albany, et se rendit de là à Philadelphie par la route 
ordinaij^e. 

Nous afvons la satisfaction d'annoncer qu'uucun accident ou 
malheur d'une nature sérieuse n'est arrivé aux voyageurs. Ils ont 
été presqills partout bien reçus par les indigènes, et se louent 
)>eai^coup de l'accueil qui leur a été &it aux différens établisse- 



:i2o T^ojrages\ 

nieni^ de la compagnie des fourrages de la baie d'Hudsoti qu'ih 
pnt Visites. Ils se sont avancés jusqu'au* 57* de latitude nord , et 
ont parcoarn un espace de plus de 4,600 miMes , dont 3,ooo dans 
un désert où la eirilisation n^'a pas encore pénétré. Cette expé- 
£tion, longue et hasardeuse , a été achevée en six mois moins 
trois jours, et fait le plus grand honneur aux personnes qui la 
composaient. Elle a jeté un grand jÀur sur le territoire du nord- 
ouest, et sur les ressources qu'il présente. [Franklin Gazette y 
Philadelphia.) W— ir. 

354. Voyage au Mexique^ par M. W. Bullogx.. {Lond. Lit. Gaz.y 

janv. 1824, p. 'S et a5.) 

, 8i' l'on en juge d'après le résumé des travaux de ce voyageur 
£t de leurs résultats , tel que le publie là Gazette de Londres , on 
'doit le compter parmi ceux qui ont rendu aux sciences les ser- 
vices les plus signalés. ^ 

On sait avec quelle sévérité le gouvernement espagnol écartait les 
étrangers de cette colonie , la pins ancienne de ses immenses pos- 
sessions dans le Nouveau-Monde , puisque la peine de' mort était 
prononcée contre quiconque s'y seraitlntroduitsans autorisation. 
Ce gouvernement n'en avait permis l'entrée qu'à M. de Humboldt 
et à ses compagnons, les seuls voyageurs étrangers qui eussent pu, 
jusqu'à présent , visiter et nous faire connaître le Mexique avec 
quelques détails. L'administration avait même enfoui ou caché un 
grand nombre de monumens de tous genres , dérobant ainsi à la 
connaissance des habitans tout ce qui pouvait les éclaijftr sur l'état 
ancien dei'erapire avant la conquête. Les gouvernemens nouveaux 
se sont montrés plus communicatifs, et l'Angleterre s'e.^t empressée 
de mettre leur bonne volonté à profit* M. W. Bullock, Cjélèbre par 
la variété et l'étendue de ses connaissances, s'est rendu à Mexico, 
où il a séjourné six-mois. Il a parcouru le pays, étendant à la fois 
ses observations sur son^tat physique, sur ses richesses minérales, 
zoolbgiques, botaniques , etc., et jsur ses antiquités, comme sur 
les monumens et les documens qui peuvent servir à y répandre 
la lumière. Il paraît que M. Bullock a réellement rapporté des 
trésors de tout genre. Une perspective, dans le genre du pano- 
rama^ de la maghifique capitale de là Nouvelle-Espagne, prise 
du sommet de là cathédrale,, embrassant dans toute son étendue 
la célèbre vallée de Mexico , les lacs de Tézeuco et dV Chalco , 
le volcan de Pépocatepec, couronné de neiges, des vues de quel- 



P^ojrages. ùLtit 

<jiies autres ailles , enire autres de Puehla de los Angelos^ con- 
tenant de 70 à 80,000 âmes , riche en édifices publics, dont les 
églises , peut-être les plus magnifiques du monde , sont d*wie 
architecture somptueuse , et parmi lesquelles quelques-unes sont 
décorées de balustrades en argent massif, de -la grosseur de la 
jambe, des modèles en grand et en petit des fruits et des végé- 
taux de ce pays , dont un grand nombre se présentent sous des 
formes tout -à -fait nouvelles pour nous, comme, par exemple, 
rarbre-77?^z</z , ainsi nommé à cause de la ressemblance de son 
fruit avec la main de l'homme, et dont on révoquait en doute 
l'existence ; une variété infinie de Courges, parmi lesquelles une 
courge blanche , longue de deux pieds et ayant la forme d'un 
grand bâton; un fruit, dont le nom nous est inconnu, ressem- 
blant à nos chapelets d*ognons, 'long de 4 À 5 pieds, et charge de 
grappes très-serrées , que Ton prendrait pour des cerises ou des 
prunes ; un cierge épineux (cierge du Pérou) , de 3 pieds d'épais- 
seur, de 3o pieds de haut, et dont le tronc massif est couvert de 
fleurs et de fruits , etc« Ensemble merveilleux qui reproduit l'é- 
clat des productions végétales du tropique ; des echantillons.de 
toutes celles que M. Bullock a pu conserver dans leur état naturel; 
une vaste collection de plantes vivantes et de» graines des fleurs 
les plus belles et les plus rares ; près de aoo espèces d'oiseaux , 
dont un grand nombre n'a jamais été décrit, dont plusieurs espè- 
ces par la beauté et les couleurs brillantes de leur plumage riva- 
lisent on surpassent en éclat les produits éblouissans des mines, 
auprès desquelles on les voit voltiger, et dont M. Bullock a pu 
étudier les habitudes, en ayant vu réunis jusqu'à 70 vivans dans 
une volière. Deux à 3oo espèces de poissons particuliers au 
Mexique et à ses côtes , la plupart peu connus , et 'aussi singu- 
liers par leurs formes que remarquables par leurs couFeurs briU 
lantes ; plusieurs espèces d'animaux que M. Bullock avait rap- 
portés vivans, mais qui n'ont pas pu supporter notre climat , 
toutes espèces nouvelles ou presque inconnues en Europe , telles 
que VAcolotil ou Chien sauvage du Mexique , petk animal à 
peine aussi gros qu'un rât , qui se creuse des terriers dans les 
montagnes voisines de Durango ; des nouvelles races de Daims , 
d'A.rmadilles , de Curassos (un des noms du Hocco , Cyicus alec- 
tor, Linn.), de Flamants, de Perroquets, etc., non -décrits jus- 
qu'à présent; enfin, comme dernière merveille, un jeune Indien 
dtt Mexique , sans doute le premier qu'on avait vu en Europe de- 



iiaa f^ofages. 

puis le tempe dé CoHeZ| saehâ^nt lire çt écrire la langue anciéime iit 
ceipaysy et même ea état d'expliquer, au moins en partie, les maiiu« 
scidts de cette Iangue.Tel es tpar aperça Tensembledes acqfuisitions 
et des objets rares dont le zèle et Tactivité de M. Bullock ont eof 
irichi les sciences naturellçs ^ les arts et la géogi'aphie physique. 

Nous laissons aux savans rédacteurs de la section d'kistoire et 
de linguistique le soin de signaler dans les découY ertes de M; Bal* 
lock celles qui jetteront un jour nouveau, sur les antiquités da 
Mexique , sur son culte affreux , sur Thistoire^ la langue , les 
peintures et l'écriture lûéroglypliique du peuple qui avait porté 
cet empire au degré de civilisation où le trouvèrent les Espa- 
gnols. !Nous nous bornerons à citer un fragment d'un rapport 
adressé à Monfézuma sur l'arrivée des Européens f un moule que 
Mi. Bullock a eu la permission de faire faire du fameux zodiaque, 
ou pierre de Kellenday connue sous le nom d'borloge de Moh-^ 
tézuma y laquelle a été placée sur l'un des' côtés de la cathédrale; 
et la carte originale de l'ancienne vilje de Mexico, que cet em- 
pereur fit dresser pour Cortez , qui Voulait en faire hommage à 
Charles-Quint. Cette carte avait été inutilement cherchée par 
M* de Humboldt* M. Bullotk a aussi réuni beaucoup de docn- 
mens sur l'état acljiel des produits naturels , des arts , des manu- 
factures et du commerce de la Nouvelle-Espagne. Il se propose de 
faire de ses curieuses collections l'objet d'une exposition pourks 
amateurs , au printemps prochain. 

Tout en s'occupant des progrès des sciences , ce voyageur et 
fies compatriotes n'ont pas , on le pense bien , négligé les intérêts 
de l'industrie et de la richesse nationale > quiv, chez eux, mar* 
chent toujours en première ligne. Aussi les capitaux anglais sont- 
ils maintenant employés à l'exploitatiobu des mines du Mexique. 
Des négocians de cette nation ( on croit que ce sont MM. Bar- 
clay) sont devenus propriétaires de la fameuse mine de Falenr 
ciana ^hi plus riche du monde ^ et qui passe pour avoir jadis 
produit en quelques années jusqu'à 36 millions de bénéfice net» 
M. Bullock lui-même a obtenu à titre gratuit', de M. Allamao, 
actuellement ministre du nouveau gouvernement mexicain, la 
(RhicessioQ d'une mine d'argent qu'il fait exploiter par son 
âls. C'est à la protection spéciale de ce ministre, homme très- 
instruit et qui a résidé. en Europe, que M. Bullock a dû les ob- 
jets d'antiquités qu!il a recueillis, et dont quelques-uns ont été 
déterres aux frais du gouvernement. Il a même eu eommunica- 



tion des dessîlis appartenant à BI. AUaman ponr en tirer des 
copies. A. D. V. 

355. Sua LES IirniEirs AEACCiiHos Iaîtieks du Chili. ( Gai* 
de Vue Bourbon , aa févr., 8 et i5 mars i8a3. ) ^ 

Un jeune ehirorgien de ta marine , embarqué sur le Taîsseail 
le Colosse , faisant partie de rexpédltion faite an Chili et an P^- 
rouy en iSao et i8aiy sons les ordres de M. le .contre*amiral 
Jurien , a recueilli sur cette peuplade des notions intéressantes. 
£Ue se distingue des autres tribus indiennes par une férocité et un 
courage extraordinaires; une taille moyenne^ une forte charpente 
osseuse, un très-gros pied , des formes' bien nourries , le con<* 
iraste d'un regard toujours effaré ayec une physioi^omie calme f 
caractérisent lenr constitution physique. Le cheval, compagnon 
fidèle de ce sauvage à la chasse et au combat , ne lui inspire pas 
moins dTattachement qu'aux Arabes. Errant dans de vastes forêts, 
rAraucano ne s'abrite que par intervalles soit sous l'espace 
triangulaire d'une peau en forme de tente , soit sous un toit 
formé de branches eu de feuilles ; des peaux ou des nattes pour 
se coQcher; un poucho , tissu grossier qu'il fabrique , une mar- 
mite de fer ou de grès qu'il se procure par des échanges avec leâ 
Européens y composent tout son mobilier; la chair crue ou lé- 
gèrement cuite lui sert de nourriture; La polygamie est che^ eux 
en usage, et leurs femmes sont accablées de travaux. Ils n*ont de 
chef que pour la guerre, et leur grand cacique est toujours le 
plus brave d'entre eux. Cette peuplade si farouche connaît 
cependant le respect et les soins pour la vieiltesse ; ils ne vont au 
combat qu'après avoir caché les femmes et les vieillards dans 
quelque soUtude ; ceux-ci sont leurs bardes et leurs historiens^ 
On voit ces sauvages pleurer de joie, en écoutant les récits qu'ils 
leur font d'anciens exploits. Les Français> à raison de leur célé- 
brité guerrière, jouissent parmi eux d'une haute estime; ils se 
plaisent à retenir lés noms des guerriers français les plus re-' 
nommés , et à en décorer leurs plus braves combattans. Ils 
croient que les âmes de leurs camarades morts revivent dans 
ces Vaillans Européens. Leur religion est superstitieuse et atroce ; 
la crainte des êtres surnaturels malfaisans en est le caractère do- 
minant ; ils leur sacrifient des victimes humaines , et la croyance 
aux maléfices leur fait souvent commettre, sur les prétendus 
coupables^ des meurtres qui perpé^tuent dans les familles la haine 



324 f^qjrageSi 

et la vengeance. Ils sont méfians, colères. et vindicatifs; aasâi 
leur bravoure rend « elle parmi eux le combat singulier très- 
fréquent ; toutefois il n'a lieu qu'après que les deux adversaires, 
ont vidé ensemble*une coupe à plusieurs reprises sans que les 
•explications réciproques aient pu apaiser l'offensé. Les indé- 
pend ans du Chili se sont servis avec beaucoup d'avant;ige du 
secours delà tribu Araucana d'Iaïta* L'extrém^ bravoure, Ta- 
dresse ,1a force, et Topiniàtreté invincible de ces sauvages^ les 
rend 1res -redoutables. Leurs armes sont une lance de i5 à ao pi., 
de long , qu'ils manient avec une rare dextérité , et des. sabres 
dentelés ^d'un,bois très- dur; des espèces de lacets armés de bou- 
lettes de plomb aux deux bouts , et qu'ils lancent de la manière 
la plus adroite leurs servent à arrêter le coursier d'un ennemi ,• 
et à démonter le cavalier. La dureté de leur vie physique les 
rend pour ainsi dire inaccessibles à la crainte et aux souffrances. 
Quoique renfermés dans un cercle d'idées très-étroit, ils annon- 
cent de l'intelligence , et savent admirer la puissance des arts de 
l'Europe; un témoignage d'estime, surtout pour leur Héroïsme^ 
excite chez eux une profonde sensibilité^a Le commandant De Ro- 
samel mit un jour dans les mains de Marian Lomonoël , fils du 
grand cacique, un sabr« qu'il avait porté au combat de la Pomone, 
dans l'Adriatique, en 1811, contre a frégaies anglaises. Le sau- 
vage le considérait avec attention : «Il t'appartiendra, lui dit notre 
chef, pojarvu que le pavillon blanc trouve en toi désormais un 
véritable ami. » Lomonoël mit la main sur son cœur , et , avec 
des yeux où roulèrent deux grosses larmes, il prononça d'un ton 
grave le serment demandé. Tels sont encore aujourd'hui ces 
Araucanos, que don Alonzo d'Ërcilla a dépeints dans son poème 
célèbre. A. D. V. 

356. Voir AGE DÛ CAPITAIWE PoWELL W ShETÏîAWD MERIDIONAL; 

en 182 1 et 1822. 

On trouve. dans les Annales maritimes ^ iom. i*'. , un mor- 
ceau qui ouvre le i^'', numéro de 1824, et qui contient des détails 
pleins d'intérêt pour la géographie. C'est un extrait du journal du 
voyage du capitainç Powell au Shetland méridional , pendant les 
années 1821 et 1822. Ces ^enseignemens sont précieux pour les 
navigateurs qui se portent sur la côte de Patagonie pour la pèche 
de la baleine et du. cachalot. La notice qui les renferme a été 
publiée par ordre de S. Lxc. le ministre de la marine. Les deux 



navires VEli^a et la ^o/om^tf , naviguAnt de conserve sous les t>rdreft 
do capitaine Powell, se trouvaient en novembre 1821 par 61^ 
%" de latitude, observé S., £t par 65^ 55", de longitude du mé- 
ridien de paris , estimé O., en vue de Tile de Smith. Le 10 no» 
Vembre, ils mouillèrent dans le port de New-Pljrmouth dans Tile 
de Rugged-island^ ainsi appelée à cause de son aspect raboteux. 
Ce pays présentait un spectacle affreux; quoique plat, il était 
èérissé de monticules de neiges de la à i3 pieds; on aurait cra 
qu'il s*élevait à pic; et au bas Ion voyait la trace de la haute 
mer. Le i3 on était à Fentrée de SklreJ[f*s cove^ et à la nuit oa 
mouilla à Bijrthebay, formée par les côtes de i'ile de la Désola^ 
tionj, ainsi appelée à cause des nombreux naufrages qui l'ont 
signalée. Le ai novembre on atteignit Seal-Reefs, Jusqu'aa 
3o novembre, on fit route vers l'est, et , après divers «accident 
de mer, on reconnut enfin, le 6 décembre i8ai , le groupe des 
îles nommées iles Powell. Les baies, les porls furent explorés, 
et nie principale reçat le nom de Coronation Island ^ parce que 
c'est la première terre qui fut découverte après le couronnement* 
de Georges IV, qui avait eu lieu le 19 juillet iSai. 

Le capitaine Powell employa jusqu'au 2a décembre à revenir 
chercher des bateaux qu'il avait laissés à Clothier's Harbour, où 
il se trouva après une campagne de découvertes, d'un mois deux 
jours. Nous terminerons cet article par les remarques générales 
qu'offre cette excellente notice. 

« Toute la partie N. de la côte de South-Shetland est précédée 
» d'une multitude d'iles , déroches et debrisans; tandis que la 
> côte S. est entièrement libre ; maïs au commencement du prin- 
» temps , la côte S. est entièrement cernée de glaces *venani de 
» la terre du S. qui lui e^t opposée. Quand vous dépassez les 
» plages du S. , vous rencontrez encore des rochers et des bri- 

• sans. On trouve plusieurs ports sur la côte S. Poiter^s cope, au 
» S.-O. de King George's iskmd, est bon, et peut contenir plu- 

• sieusis navires. Hçspïtal cove , situé sur la côte O. de I'ile de 
» Gee»iwckf et appelé parles Américains /â/zX^^i? Uarbour, peut 
« aussi contenir un bon nombre de bàtimens; mais la tenue n'y 
» estpas bonne , et lorsqu^il vente , les rafales tombent des mou- 
» tagnes avec tant de violence^ que l'on court le risque de cha- 
» virer; les navires ne peuvent plus tenir à Tancre, et on les voit 
» dérivant dans toi^tes les directions. Le fqnd du port ressemble 
« a un euionnoir; au centre se trouve la plus grande profondeur, 

F. Tome I. i5 



226 f^ojrages. 

» et elle diminue rapidement à mesure qu'on s'approche des 
» bords. 

» Jonhson* docAdans la baie S. de Idvingston's island, est un 
» fort bon port ; mais les glaces qui se détachent des montagnes 
» empêchent les navires d'y être en sûreté. 

» Le meilleur port est formé par Déception island^ Cette ile 
» offre un des résultats les plus curieux des forces delà nature; 
>» la terre en est élevée et accore de tous côtés; dans la partie du 
» 5.-E. on rencontre un passage d'une encablure de largeur, 
» qui aboutit au bassin le plus spacieux du monde. Gela parait 
» être le résultat d'une éruption volcanique; car, de tontes 
» parts , les rives sont extra ordinairemenit accores , et l'on y 
» rencontre fréquemment des pierres ponces et d'autres sub- 
» stances volcaniques : on y trouve aussi plusieurs sources d'eaux 
» chaudes^ dont quelques-unes sont d'une température assez 
» élevée pour qu'oii y fasse cuire un œuf. Le bassin a 1 2 milles 
» de largeur, et dans le milieu on né trouve pas fond à 200 
» brasses : à l'entrée, on a 3, 4 et 7 brasses ; vous sautez assez 
» rapidement à 10 , 18, 27 et 3a, et dans un instant la profon- 
» deur excède 60 brasses. Sur la côte N.-O. de ce bassin on 
» tl:ouve une fort belle crique, dans laquelle peuvent entrer 
» plusieurs vavîres ; le fond y est bon , et a de 4 à 5 brasses : de 
»^ rentrée du bassin à celle de la crique la route est le N.-O. ^O., 
n et la distance la à i3 milles. La mer y marne de 7 à 8 pieds 
» dans les grandes marées. » 

Les jinnales maritimes sont enrichies pour ce numéro d'une 
carte très-bien exécutée ^ et qui contient l'exploration du capi- 
taine Powelly sûr une très-grande échelle. B. 

367. JOUKN^L OF A TEW MONTHS' RESIDENCE IN New-ZeaLANO, 

Journal d'un séjour de dix mois à la Nouvelle-Zélande; par 
le Cap. R. A. C&uise. Londres, 1823. {The Asiat, Journ.yiéy- 
i8a4 1 p* 1^7. Londoriy Utter, Gaz,, oct. 1823, p. i.) 

Les insulaires de la Nouvelle-Zélande sont peut-être de tous 
les peuples de lïi mer du Sud le plus remarquable à la fois par 
son intelligence^, sa hardiesse et sa férocité. Cependant les Anglais 
prennent un vif intérêt à 1» civilisation de ces lies, voisines de 
leurs colonies dïins l'Australasie, et dont la culture et le commerce 
offriraient des ressources à leur^ navigateurs, particulièrement 
à leurs vaisseaux baleiniers , qui les visitent souvent. Aussi ne né^ 



f^ojagèSm 327 

g1i£fent-!ls rien powr parvenir à tirer ces satiTages de U barbarie, 
bes missionnaires se sont établis sur les c6les de l'une de cestles, 
et, malgré les privations et les vexations, inévitables au milieu 
d'un semblabie peuple, ces bommes zélés et courageux persé- 
vèrent dans letirs efforts, qui ne sont pas toujours sans succès 1 
pour btroduirte datas cette contrée barbare l'agriculture et les 
arts utiles avec les lumières et la morale chrétienne. La Socic té 
des missions a publié les rapports de ces colons ^ dus en par- 
tie à M. Marsden du Port -Jackson , ecclésiastique qui dirige l'é- 
tablissement zélandais. Le récit de M. le capitaine Cruise ajoute 
de nouvelles lumières à celles qu*on tenait d'eux. Cet ofBcier fai- 
sait partie d'un corps à bord du DrotMtdaire y vaisseau de la 
marine royale , expédié pour. la Nouvelle-Galle du Sud, avec 
ordre de se poni-voit à la Nouvelle-Zélande de bois de con- 
struction. Après beaucoup de délais et de difficultés ce but a été 
aiteint> 

Peu de pays ont un climat plus doux que ces lies , puisque les 
arbres y conservent leur verdure pendant l'hiver; et la fertilité 
du sol, favorable à la culture des végétaux de l'Europe, permet 
d'y faire deu^ récoltes par an. Parmi les productions indigènes 
on remarque le bois de construction , qui peut former un bon 
article de CDSimerce y et l'espèce de chanvre, dite le Phormium 
tenax. On n'y a trouvé, en quadrupèdes , que des chiens et des 
rats. Depuis quelques années on y a élevé des porcs , dont les 
naturels font un objet de trafic avec les navigateurs qui les visi- 
tent. Sous le rapport de la civilisation, les habitans, supérieurs 
aux naturels de la Nouvelle-Hollande , sont fort en arrière de 
ceux de la Polynésie. Leur cannibalisme invétéré, leur passion 
pour la guerre et leur manière de la faire, leur inhumanité à l'é- 
gard des femmes , leur malpropreté 4 leur antipathie pour les 
vétemens , la violence , l'habitude du vol , celle de se nourrir de 
toute espèce de viandes indistinctement, sont autant de traits 
d'une révoltante barbarie» Le récit de M. Cruise contient sur les 
superstitions et la cruauté de ces insulaires des détails bizarres 
* et qui font frémir. Une de ces coutumes superstitieuses a du 
moins des résultats souvent utiles, et les chefs s'en servent fré- 
quemment pour l'avantage oommun; c'est celle qui consacre un 
individu ou> un objet quelconque, et rend criminel ceux qui 
en approcheraient; cela s'appelle tabouer. Ainsi un terrain en 
culture et les cultivateurs sont taboues à l'époque des semailles 



aa8 P^ojrages. 

On pense bien. que les chefs ne manquant pas de tabouer «Tec 
soin ce qu'ils veulent s'approprier. On taboue de plusieurs ma- 
nières î la plus commune est d'entourer l'ol^et d'une corde en 
annonçant qu'il est taboue. Parmi leurs habitudes singulières , 
nous citerons la suivante : an départ, pu au retour de l'un d'en- 
tre eux , son plus proche parent approche son nea; du sien ; ses 
autres parens et ses amis s'attachent à ses bras, à ses épaules , à 
ses jambes 9 conservant tous la mente position pendant une demi- 
heure au moins, et poussant continuellement des sanglots et des 
hurlemensy après quoi ils reprennent leur gaieté habituelle , et 
s*entre tiennent avec le nouvel arrivé de tout ce qui s'est passé 
pendant leur séparation. < 

Tant de circonstances, qui caractérisent la barbarie des non- 
veaux Zélandais , semblent laisser peu d*espoir pour leur civili- 
sation ^u n^oins prochaine. La passion de 1^ guerre, les super* 
stitions y l'exemple de leurs compatriotes , font souvent oublier à 
ceux des naturels que les missionnaires emploient à l'agriculture 
ou à d'autres travaux , les habitudes encore trop faibles d une 
éducation imparfaite. On avait espéré que le voyage de Shungie 
et d'un autre chef «élandais en Angleterre produirait sur leur 
esprit- des impressions favorables à la civilisatian de leur patrie; 
mais cet espoir a été trompé. Ils ne se 9ont occupés ftn Europe 
qu'à se procurer, beaucoup d'armes à feu et de munitions, pour 
une expédition qu'ils projetaient à leur retour. Arrivés au port 
Jackson, ils se sont empressés d'échanger contre ces provisions 
de guerre les outils qu'on leur avait donnés. A peine avajent-ils 
mis le pied dans leur île qif ils ont manifesté de la nuilveiUance 
pour les colons anglais : les scènes de carnage et de f^érocité ont 
recommencé. Cependant ils n'ont montré fiucune iiitiention de 
les expulser , car les exen^ples de culture et de travail qu'ils ont 
sous les yeux ne son( pas sans influence sur eux , les demandes 
d'instrumens de labourage surpassant la quantité dont les mis- 
sionnaires peuvent disposer, quoiqu'on les en ait amplement 
pourvus. Ces demandes n'ont inis même cessé pendant les fu- 
reurs 4e la guerre. Un naturel, nommé Tywangha^ est cité 
entre autres par les missionnaires comme un modèle de con- 
stance, de zèle ; d'activité et d'intelligence dans les travaux qu'il 
fait avec les cultivateurs européens. Les végétaux, et le« fruits 
plantés par l'illustre Cpok ont été conservés et même propagés 
p^ar la culture; et le soin, avec lequel.on taboue les endroits cul- 



Fojrages. aag 

lîvés prouve l'intérêt qa'y prennent tes habitans; celui qn'ils 
mettent à se former des magasins où ils conservent des patates et 
da poisson sec pour l'hiver, le soin avec lequel ils multiplient les 
porcs pour en faire un objet de trafic , n'attestent pas moins leur 
sagacité- et leur prévoyance : Malgré les vices affreux et les pas- 
sions qui s'opposent aux progrès du christianisme et de la civili- 
sation dans ces lies , on n'est donc pas sans espoir de voir le bon 
exemple, le zèle et la persévérance y obtenir, avec le temps, 
heureux résultats. A. D. Y. 

S58. Copix DB LA LKTTRX icAiTB »A& M. DupsiRET, comnan* 
dant l'expédition française autour du monde , à M. db Fbxt* 
ciiiBT. Baie de Matavai ( lie de Taheiti ), le i5 mai x8a3. 

Commandant, j'ai en l'honneur de vous écrire de la Concep* 
tlon qu'immédiatement après l'embarquement de nos vivres , 
nous nous dirigerions sur l'Ile de Taheiti. Je viens en effet de 
terminer cette longue course ; mais l'impossibilité de me procu- 
rer des légumes sur la côte du Chili, m'a fait prendre la déter- 
mination de remonter jusqu'au Pérou, et désirant que cette nou- 
velle disposition fût agréable à l'Institut, je me suis de suite 
rendu à Payta , excellent port , situé entre l'équateur terrestre 
et l'équateur magnétique , et j'y ai observé la variation diurne 
de l'aiguille aimantée , ainsi que l'intensité de cette même ai- 
guille» J'ai observé également sur ce point l'inclinaison de toutes 
nos aiguilles. Toutes c^ observations sont l'objet des tableaux 
que j'adresse à S. Exe. le ministre de la marine, et que je vous 
prie d'annoncer à M. Aràgo. Dans ma route j'ai coupé deux fois 
féquateur magnétique, et l'on trouvera dans les tableaux des 
observations faites sous voiles, la position que nos observations' 
assignent à cet équateûr. 

Dans ma traversée de Payta à Taheiti , J'ai cherché, maïs sans 
succès y le récif nommé le trépied^ que nos cartes conservent 
encore , mais dont les cartes anglaises né font plus mention 
maintenant. Abandonnant cette vaine recherche, j'ai suivi la 
route qui avait été prescrite à La Pérouse , dans l'espoir de faire 
les découvertes qui lui avaient été réservées ; et en effet, j'ai été 
assez heureux pour prendre connaissance de six lies , dont qua-^ 
tre appartiennent à mon expédition. Ces quatte lies dépendent 
de l'Archipel dangereux; elles sont basses, ont un lagon au 
milieu , et sont presque toutes habitées. Lés temps affreux que 



nous avons éprouvés dana ces parages ne nous ont point re- 
butés ; la première lie décourerte y qui est maintenant la plus 
orientale de cet archipel , a manqué de nous être fatale ;^ elle 
nous fut indiquée , pendant une nuit obscure , par le bruit de la 
mer qui brisait sur ses rives. Je mis en panne, et au point du 
jour nous nous vtmes à moins d'un mille de sa partie nord. Dans 
raprès^mididuméme jour (22 avril)» jepris connaissance de File 
Sarlesy qui, je crois, a été découverte par Wilson en 1797. J'ai 
donné à la première le nom de Clermont-Tonnerre en recon- 
naissance de la protection que S. Exe. daigne accorder à mon 
expédition. Le a3, à six heures du soir, la vigie a signalé une 
nouvelle ile basse que j'ai nommée d Augier,^ Je suis resté eu 
panne toute la nuit > et le lendemain j'en ai fait la géograpliie de 
détail; ainsi que la première', elle est peuplée et couverte d'une 
belle végétation. Les peuples de ces ile& sont si défians, qu'il 
in 'a été impossible d'avoir la moindre communication avec eux^. 

Le 26 , également au coucher du soleil , j*aî découvert l'île 
freycinety dont j'ai fait la géographie le lendemain matin. Elle 
e t de beaucoup plus grande que les autres.; mais je n'y ai pas 
aperçu un seul individu. Elle est au N.-N.-E. d'une ile que j'ai 
aperçue dana la soirée du 27, et que je présume être la Harpe de 
Buugainville^ malgré qu'elle soit 3q' plus à l'O. que celle-ci ; sa 
piirtie PI., est du moins sur le même parallèle. 

J'ai cherché vainement les groupes de Cook -^ il est vrai que y 
pendant cette recherche, j'ai été assailli par des orages et des 
grains de la plus grande violence, qui rapprochaient notre ho- 
rizon à moins de deux encablures du navire ; d'ailleurs ces îles 
sont si basses ji quil faut en être à moins de 5 milles pour les 

apercevoir^ 

Le S18, à 5 h. 5o m. du soir, commencement du crépuscule > 
une nouvelle terre fut encore signalée par la vigie; elle est au 
sud des groupes^ Je la nommai de f^ostanges. De ce point je fis 
route sur Taheiti. Le a mai je rangeai l'ile d'Osuaburg, ou le pic 
de la boudeuse, a moins d'un mille de distince, etle3,à/|h. du 
sqir, je mouillai dans la baie deMatavaï, près de la pointe Vénus, 
sur laquelle je plaçai mon observatoire. 

Les deux montres de Bréguet , qui avaient été réglées à Pajta 
comme celles de Berthoud et de Motel , sont celles qui m'ont 
donné les résultats les plus satisfaisans ; elles m'ont donné la lon- 
gitude de la pointe Vénus à 58" de degré près; aussi ce sout 



P^ojrages. aSi 

cUm que j*ai employées pour fixer les tles décoaTertes dans l'Ar- 
chipel dangereux. La montre de poche de Berthoud n'ayait que 
II' d'erreur. La montre n^. a6 de Motel donnerait exactement 
ia ioogltude de la pointe Vénus , si nous adoptions une marche 
particulière qu'elle a affectée pendant les dnq derniers jours de 
notre relâche à Payta. 

Position géographique dei Geïï découçertes. 

latit. tad. long. 0. deParif. 

Ilcdeaermont-Tonnerre, pointe E. 180 33' i5'' i38« 33' 53" 

pointe N.O. 18 a8 34 't38 4^^ >S 

llesSarlcsde WîlsoB, poioteN.O. 18 18 48 tSg 18 16 

pointe S. E. 18 a3 93 139 i3 a6 

lie (TAugier, pointe E. 17 18 18 i4o ^ 4<* 

pointe 0. 17 ao 55 \^o 46 i5 

Ile Frpycinet , pointe N. E- 17 4^ ^ >43 ^ ^ 

pointe S..0. 17 55 18 i43 t^ 18- 

ile Laharpe ( présumée ) , pointe N. 0. 18 6 o i43 99 3o 

lie Lostaoget, pointe E. t8 4^ ^^ 1^8 8 4^ 

pointe 0. 18 4^ 17 i44 i^ ^ 

lie d'Osuaburg , le pic, 17 5i 44 '^ ^ 4 

Puiiite Vénus diaprés le No. 307a de Bréguet,^ t5i 5i ^4 

J'ai l'honneur de vous prier, commandant, d'avoir la. bonté de 
faire parti M. Bréguet de l'extrême exactitude que nous donnent 
&es deux montres, n^*. 307a et 3377. 

£d outre des découvertes que je viens de faire,, j'ai recueilli, 
par la voie des baleiniers que j'ai rencontrés sur ma route, des 
documens du plus grand intérêt sur une foule de découvertes 
faites par eux dans différentes parties du globe. £n arrivant à 
Taheiti , j'ai trouvé , au mouillage de Paparo , le capitaine 
Charlston , commandant l'Active. Ce capitaine est un jeune 
homme trés-iustruit , chargé de faire la pèche des perles dans les 
iles basses; il a pu ajouter à nos documens une foule de détails 
curieux. C'est ainsi que j'ai maintenant le véritable nom des fies 
de la Société et des iles basses qui composent les archipels envi- 
ronnans, dans la langue des naturels. L'ile de Taheiti est aujour- 
d'hui si différente de ce qu'elle était du temps de Cook, qu'il 
m'est impossible de vous en donner une idée complète dans une 
letiiT aussi abrégée que celle-ci , et d'ailleurs écrite en toute hâte^ 
mais JR puis vous en donner une idée générale, en vous faisant 
connaître que les missionnaires ont totalement changé la direc- 
tion des mœurs et des coutumes de ce peuple. L'idolâtrie n'existe 



i5i P^oyages. 

plus, et leclirlslîji&i&iné e&t générâleâietit adopté. L^» feinmc!» 
sont actuellement d^une réserve extraordinaire ; elles ne toât plilîs^ 
à bord des bàfiniens , et à terre , il est impossible d^exercel* ^ur 
elles le moindre empire (i). Les tnariages ont lieu couime 
en Europe y et le roi même ne peut avoir qu^une seule fqmme. 
Les femmes sont aujourd'hui admises à la table de leurs maris , 
et cette société infâme , qui ayait pour but de. détruire les enfans , 
n'est plus en usage, non plus que les sacriâces humains. LesTahei- 
tiens savent lire, écrire et compter. Us ont tous entre les main^ 
des livres de religion écrits dans leur langue et imprimés soit à 
Taheiti^ soit à EméOi soit à Uliéta, S^ églises onX été coiistruites 
dans tous les districts, et deux fois par semaine tout le peuple s'y 
réunit avec une grande dévotion pour entendre la prédication ^ 
et l'on voit souvent plusieurs individus noter sur une feuille de 
papier au moyen d'un crayon les passages les plus intéressans 
dQ discours. Les missioitna^es convoquent tous les ans la popu^ 
lation entière, qui se compose de 7,000 individus , dans l'église 
de Paparo y construite pour recevoir cette immense population.. 
Cette convocation a lieu au moment où je vous écris ;. on y 
cGscute dans ce moment un nouveau code de lois,, et les princi- 
paux chefs montetot à la tribune et parlent des heures entières.avec 
une véhémence vraiment admirable (1). Je regrette de ne pott*;^ 
voir vous en dire davantage ; le vif intérêt que présente cette île 
m'appelle encore à terre, et je rémets à Port- Jackson^ sur lequel 
Je vais me diriger, de vous informer de toupies détails que 
J'acquiers ici. 

p. S. li y a deux mois que l'île id« Tahetti a décUré son indé-^ 
pendance à l'Angleterre. Elle me connaît plus que* ses mission* 
naires. Un pavilloni rouge orné d'une étoile blanche, placé dans 
Vangle supérîeur, flotte maintenant sur la pointe Vénus. 

359. Afrique centrale. **-- D'après les dernières nouvelles 
reçues de nos voyageurs ( le doct. Oudney „ le major Denham „ 



(i) On voit que Diderot ne pourrait plus aujourd'hui essayer un 
dialogue semblable à celui quHl suppose avoir eu lieu entre Bougaio- 
ville et un insulaire de Taheiti. F. 

(a) Gook a visite' Otahiti en 1769 et en 1776 ^ il a sufli de 47 ans pour 
opérer un changement aussi complet! Ainsi voilà les bienfaits du 
christianisme et de la civilisation quHl a procurés, dans tout leur e'clat^ 
voilià presque nos chambres. dans le sein de la mer du sud! ! F. 



Mélanges. a 55 

« 

et te lieutenant Clapperton ) , ils ont séjourne à Bornou ju^n'à 
)a mi -juillet dernier. Nos entreprenans compatriotes ne sont 
cependant pas demeurés oisifs ; ils ont remonté le Niger depuis 
Je grand lac dé Tsad y où Homemannr a^ait lait abonttr le fleuve'. 
Entre ce lac et le lac Nyffe , il porte le nom de Yaou , et Ton 
trouve sur ses bords les ruines dé plusieurs grandes villes. L*une , 
qu'on appelait le vieux Bornou , passe pour avoir eu 9 milles 
de circonférence ; elle é^ait bâtie en briques. I/apr^ nos voya- 
geurs, le lac de Tsad est magnifique et parsemé d'iles. Les na- 
turels y naviguent dans des bateaux de 5o à 60 pieds de \on^^ 
L'élévation du lac, au-dessus du niveau delà mer, est évaluée 
À 1200 pieds. {Lond, Liiter. Gaz., janv. 18^49 p* 770 

MÉLANGES. 

36o, Extrait d'on M^xoiaz sur l'Afrique centrale; par M. La* 
treille; lu à l'Acadédiie des sciences, le i5 mars 1824. 

D'après une éttide spéciale et comparative de divers écrits 
arabes, dont tooUs avoYis des traductions, j'avais acquis la con- 
naissance de leurs itinéraires dans l'Afrique centrale, de manière 
à pouvoir suivre, sans interruption, la marche des caravanes 
i^t,* |>artant de la Nubie , se dirigent le long du Tfiger ou Dja- 
liba, et terminent leUr toy«nge près des confins delà Sénégambie. 
Ces recherches se lient intimement ave'c celles que j'avais faites à 
l'occasion du fleuve Niger des auteurs romains, et que plusieurs 
membres de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, notam- 
ment M. Barbié-du-Bocage, ont favorablement accueillies. Il ré- 
sultait de mes derniers travaux que plusieurs parties de l'Afrique 
centrale avaient été mal orientées, portées trop à l'est, et qu'en 
général nos cartes les' plus récentes', sans en excepter celle du 
major Rennell, étaient fautives. Mais proposer à cet égard des 
changemens eût paru un acte de témérité , et d'autant plus pré- 
somptueux, en apparence, que l'on est toujours tenté de re- 
pousser les opinions de ceux qui écrivent sur un sujet étranger 
à leurs études habituelles : je devais donc garder le silence. Ce- 
pendant les dernières découvertes de quelques voyageurs anglais 
nous ont fait sentir la nécessité de ces rectifications , de celle , par 
exemple, qui est relative a la place qu'occupe sur nos cartes le 
royaume de Bornou. Ayant maintenant une telle garantie, j'ai 
consacré mes iiiomens de loisir à là rédaction d'un mémoire, où, 



J234 Mélafiges. 

j*ex]^ose les fruits de mes recherches sur l 'Afrique ceatrale y les 
«perçus suivans, et qui sont la base de mes observations , pour- 
ront vous donner une idée générale de Timportance et des avan- 
tages de mon travail pour, les progrès de la géographie. 

M. Silvestre de Sacy, ainsi que le fait remarquer M. Walcke^' 
paer, page 33 de son excellent ouvrage intitulé , Recherches 
géographiques sur V intérieur de tJ^frique septentrionale , a 
prouvé que vers le milieu même du seizième siècle , les connais- 
sances des Arabes ne s'étendaient pas , du côté de TOccident , 
au delà du royaume de Jenné ou Djennawa, c'est-à-dire le 
Ginné de nos cartrs, à dix journées sud-sud-ouest de Tim- 
bouctoq, et dont la longitude est de trois degrés à l'ouest du 
méridien de Paris. L'un des itinéraires arabes, dont les géogra- 
phes ont tiré le plus départi, mais sans en saisir l'enchainemeat, 
commence à l'un des bras an Nil enclavant If le de Méro^ ( l'oc- 
cidental), et dans un lieu qui, d'après une earte.de M. Jomard, 
est à 3 1^ %o à l'orient de Paris et vers le 17^. degré de latitude 
nord. De ce point initial à l'autre extrémité ,^ l'itinéraire donne 
144 journées de marche de caravane^ Le major Eenœll évalue 
celles de long cours , et lorsque les caravanes sont pesamment 
chargées, à i3 milles géographiques, toute réduction faite. 
M^ Walckenaer les augmente de a milles, ou les porte à i5 ; en 
prenant un terme moyen, c'est-à-dire i4 » le chemin parcouru 
dans cet espace de temps sera représeaté, en ligne droite, par 
un arc de cercle <^e 33^ 36'; puisque le méridien du lieu d'où 
l'on est parti est au 3i^ ao', l'autre point extrême tpmbera à 
2^ 16' à l'ouest du méridien de Paris. Or nous avons dit que la 
longitude de Ginné n'était que de trois degrés plus occidentale 
que ce méridien ; la différence n'e&t que de quarante-quatre mi- 
nutes. Je démontrerai, d'après ces données, que la fameuse ile 
Oulil des Arabes^ qui a si vainement exercé la sagacité des 
critiques, est l'ile Jinbala, ou VUe des Noirs ^ située près 
de Timbouctoù , et contiguë au lac Dibbie,. cette mer inté- 
rieure dont parle Édrisi. Elle était alors pour les rapports corn* 
merciaux ce que devint peu de temps après Tiinbouclou, et 
c'e&t là que finit l'itinéraire précité. Je vais maintenant faire 
voir que cette base métrique s'applique à la géographie an- 
cienne. de ces contrées. 

Plolémce a ceriaiiiement eu connaissance des pays et des peu- 
ples situés le long' du Niger ou le Djaliba^ documens dont les 



Mélanges. 335 

Arabes, devenus possesseurs d'une jyrtîe de l'Afrique, shérîtè- 
reat ;, mais ce géographe place ces jSys sons Téquateur. 

La marcbe ordinaire des journées de caravanes est généra-" 
lement évaluée à 17 ou 18 milles géographiqnes. Si nous adop- 
tons cette dernière estimation , les 3 44 journées de marche de 
l'itinéraire dont nous avons parlé, formeront une longueur de 
43^ I a' ; elle sera d'un peu plus d'un cinquième , et d'un peu 
moins d'un quart plus forte que la précédente. Si nous prenons 
)e milieu entre 17 et 18, nous aurons 4^^; l'excédant de cette 
quantité sur celle de y^^ 36', sera justement le ^ de celle-ci , on 
I^'s deux distances seront comme 4 ^st à 5. Le mont Dauchis , de 
Ptolémée, représente par sa position la chaioe de montagnes où 
les fleuves de la Sénégambie et le Niger prennent leitr source. 
L'extrémité la plus orientale de ce mont, ou la plus rapprochée 
de Ginné et de Timbouctou , est À 17^ 3o' du premier méridien 
de ce géographe. Celui qui passe par la branche du Nil , 011. nous 
avons commencé l'itinéraire , est au 590 3o'. La différence est 
de 4a degrés , mesurés sur l'éqnateur. 

On' voit donc que Ptolémée s'est servi d'un itinéraire sem- 
blable, ma» qu'il a descendu trop bas les contrées situées le 
long du Niger', et qu'il a angmenté , dans un sens inverse , d*un 
cinquième , l'étendue de cette zone intérieure* 

Il nous est maintenant £acile de reconnaître la place que doit 
occuper cette peuplade qu'il nomme Aphricerones , magnutn 
genus. D'après sa graduation « elle est éloignée du premier mé- 
ridien, de 3i degrés. De là è 690 3o', la différence est de a8^ 3o'. 
Si nous en retranchons le cinquième, nous aurons ^3^ 4^ • C'est 
la distance en ligne droite du premier terme de notre itinéraire 
aax limites orientales du Soudan (Afhou, Noufi> Bousstf). Les 
Agangines , à l'ouest des Aphricerones , sont dès-lors le peuple 
de Ghana ou les Bouassiens. 

Je pourrais vous présenter d'autres rapprochemens non moins 
curieux, vous expliquer , par exemple, ce qu*on entendait ]>ar 
les sources du Niger. Je me contenterai de vou» dire que c'est 
le lac d'où sort le Shary et portant le même nom ; qu'on le pla- 
çait dans les montagnes granitiques , situées au sud du royaume 
de Boraou« et dont une portion est occupée par les Fellatas , 
et qu'enfin ce lac Shary, clairement indiqué dans un itinéraire 
arabe ( Walck , ibid. Itiner^n*'. 4 ), est, selon toutes les probabi- 
lités, le pcUus occidentalis Nili de Ptolémée. 



> 



/ 



i'36 Méhng^s. 

Voilà , messieurs , que] q|| es-unes des Vues principales de mon 
mémoire. Les détails où je suis obligé d'entrer pouvant yoiis pa*- 
mitre fastidieux, j'ai dû iHe borner à ce simple exposé. 
^ P* S. La publication du mémoire dont je viens de préseiiter 
ks bases pouvant être retardée , je donnerai ici le précis de» ré- 
sultats , les plus intéressans. C'est particulièrement sur les itiné- 
raires d*Édrisi que mon travail est fondé. Le plus long et le plus 
suivi de tous commence à Nuabia , situé sur le bras occidental 
du SI il y près du lien où D'Anville a placé Méroé, et à peu de 
distance de Chendi; la position dece point peut être évaluée, sans 
erreur notable , à 3i^ 20' à Test du méridien de Paris , vers le 
170 de latitude nord. De. là à Kucu, en passant par Tagoa, 
IHuthan et Tamalma, 57 stations ou journées de marche. De 
Kuca à Ghana il y a un mois et demi de chemin , ou 45 journées , 
et de cette dernière à Tile Oulil ou Ulil , en passant successive- 
ment par Bénssa , Tocrur et Salla, 4 2 journées. Total des sta- 
tions: i44< Cette route, propre aux caravanes qui venaient de 
la Haute-Egypte et de la Nubie, traversait la partie septentrio- 
nale du Bomou. Kucu en était alors la capitale, et je présume 
que c'^st Bilma , au sud de Mour2ouk , et qu'il faut placer près 
du la^. degré de longitude et du 20^. de, latitude. Elle était 
située sur une rivière qui, selon les coojectuifes d'Édrisi, se 
perdait dans un lae'( Agram ? ). Une autre route , qui conduisait 
aussi à Oulil , en passant encore par Ghana , était plus. particu>- 
lièrement destinée aux caravanes venant de Sennaar, du Dar- 
four et du Wadey ; Kaiigha était leur point de réunion.* Selon 
Édrisi, elle était distante de Ghana de presque un mois cl 
demi de marche; il n'y aurait que 36 jours en additionnant les 
distantes partielles des lieux intermédiaires ( Se^negonda oa 
Semagda , Secmara, Marasa et Tirca) ; mais il y a quelque 
erreur à l'égard du nombre des stations compris entre Tlrca 
(Kallaghée? Bowd., Kirka) et Ghana; car il n'est que de six, et 
cependant Édrisi en compte deux de plus de cette detnière aux 
premières limites du Wangara ou TOuangara, quoique Tirca soit 
de cette contrée. Ainsi le nombre des journées deKaugha à Ghana 
peut être porté sans inconvénient à 40. D'autres routes , mais 
se dirigeant dans un sens opposé, communiquaient ou s'embran<* 
dhaient avec les précédentes. I^Tous citerons, en allant du nord-est 
9U nord-ouest , Santaryah (Sant-rie) oii Syoùah, Germa dans le 
Fezzan, ou le Pharan d'Édrisi, et Sidjilmessa; cette ville était 



Mélanges u - d5j 

à.4o jourxtées environ d*U!il, et 45 selon Ibn-Haukal. Les cara- 
yanes qui en partaient $e rendaient d'abord à Areke , TAkka des 
modernes 9 et ensuite à Arca , probablement Touadeny. Celles qui 
venaient de Germa (Taigary) passaient par Tasaiiâ (Édrisi) ou 
Tegberein , ensuite par Audagost ou Agadès , éloigné d'enviroq 
25 journées du premier de ces lieux , de douze de Ghana et d'ua 
mois de l'île Oulil. Audegest , à la journées au nord de Bérissa, 
était situé sur la rpute de terre qui allait de Ghana à OuHl; c'est 
selon nous TAgadez, situé à huit jours de marche de Timbonc-r 
tou y dont il est fait mention dans l'ouvrage précité de M. Walc- 
kenaer, p. 9a. On trouve dans Édrisi deux contrées ayant le 
nom commun de Zagbara. L'une est située dans la troisième di* 
visioo de sou premier climat, et sa ville principale, s'appelle aussi 
Zagbara. C'est probablement Makarii de la relation du capitaine 
Lyon ( Voyez Maaskari^ carte de Bowd. ). L'autre pays, nommé 
encore Zagbara et de la première division du second climat , est 
limitrophe du Fezzan; il a pour villes principales Sagra etSama. 
Celle de Ganat ou ^gary, chef-lieu des Touariks orientaux , dési- 
gnés sous le nom de Khagara, nous parait indiquer une situation 
corrélative. A la même division de ce climat appartient la ville de 
I^ebrina, et qui était éloignée de Tirca de 17 stations \ je présume 
qu'elle répond à Tareknah. On trouve sur le Nil des nègres, oa 
le Niger, à trois journées à l'est de 'f imbouctou , un lieu nomm^ 
Sala. Il nous rappelle naturellement la ville du même nom qu'É- 
dri^i place à seize journées d'Oulil. Bérissa, située sur le fleuve^ 
était très -commerçante. Cives iamen* ipsius sunt mercçtçres 
quocumque prqficisfierUes, (Géogr. nub.^ p. 8.) C'est près d^ 
Gambadi, de la carte de M. Bowdich^ canton d'où partent 
plusieurs routes^ qu'elle doit être placée. Le pays de Lamlen où 
l'on ne trouvait que deux petites viile^» Dau et Makl^ en était 
distant de presque dix jours de m^fche. Le canton de Toko- 
girri, de la même carte, répond à celai de Tocrur d'Edrisi, et 
celui, de Dpllooe et le pays adjacent est le même que la terre de 
Lamlem; le nom de Dau ou Daou nous l'ai^nonce encore. La 
plupart des habitans étaient juifs et faisaient le commerce. Ce 
spnt probablement ces hommes blancs ou à vL^ige pâle dont il 
est parlé dans quelques voyages. Il serait cependant possibles 
que des peuples du nord de l'Asie ou de l'Ethiopie , les FouUes 
surtout (Voyez l'Itin. de Bou-be^uu:), y eiusseut fonné un.e co- 
lonie; car plusieurs des dénominations locales ont une grande 



3Î8 • Mélanges. 

analogie avec celles de quelques penplea île res parties du mondé. 
Le pays de Ouaonaon , de la carte de M. Bowdich, et où l'oil 
▼oit une route venant du snd-onest et menant à Kassina ou Ca- 
chenah , se compose de l'extrémité occidentale de celui de Wan- 
gara d'Edrisi, et qni avait pour ville principale Ghanara, sitnée 
. snr le Nil , distante de Ghana de onze jours de marche, et penl- 
être Ifi même que Sakkatou i hAttëe par les Fellalas. La détennî-- 
nation du lien nommé Secmara par Édrisi , avait fort embarrassé 
les géographes; mais il me paraît évident, d'après cet aatenr, 
que c'est la même ville qne Cachenah; de là, en tirant vers 
le sud, on se transportait dans les contrées au midi dn Niger. 
Beghubil est peut-être l'Yagouba de M. Lyon, à six journées, 
de part et d'autre, de Cachenah et de Secmara. L'OuaAgara 
commençait, d'après nos raesores, près du 6". degré à l'est dn 
méridien de Paris; et comme dans le temps .des inondations, il 
formait nne mer qui avait 3ao milles de long,' il s'étendait vers 
1 orient jusqu'au ii*. degré, et pouvait dés lors former cet inf 
mense lac qu'on a nommé rnerdu Saiulaii, Celai sur lequel Kau-* 
ghaétaitsituéeestleTifuif^onleCouiM, et répond du moins en 
partie , an lac Rottnko, de la carte d'Afrique de M. Briié. Sur la 
route de Kangha à Dar-conka , près ds lac Ftttré on Wadh , l'on 
trouve Wara, qn'il ne faut pas confondre avec une autre dn même 
nom , capitale du Bergoo. L^ dénomination de Wadey on Waday 
ne doit pas non pins être restreinte a celte contrée. Celle de 
Sbary et divers noius dn Niger sont communs a des rîTières 
qu'il reçoit. Nous n'avodb point parlé des lienx qn'Edrisi nomme 
Damocla , Sabîa , Angimi, Somna et Mura. Noos préstunong qne 
le premier est Dar-Conka , éloigné d'un mois de cfaemt» de Kan- 
gha ; le second devait être an pen pins an sud ; Angimi semhle 
répondre il G^nnÙ72 de Browne ou à quelque liendn Bagbermi; 
on retrouve Somna dans Bir-el-malAa, et Mura dans JUara 
( Walck , ièid. pag. ^a. ). 

Tel est pour l'Afrique centrale l'enchaînement des itinéraires 
du géographe de Nnbie , et auxquels se rattachent plus ou moins 
ceni des voyageurs modernes. Au temps d'Ëdrîsi, Ulil, tenant 
lien de Timbonctou, Fon aurait dû soupçonner qne d'après la 
force des habitudes et les circonstances locales, celte ville avait 
dû être fondée près'd'UlîL 

! dénomination me parait venir de celle d'tmlalo on d'au- 



Mélanges. 2S9 

lili, propre à nne tribu de nègres de la Sënëgambte. On retrooTe 
encore, dans le langage des Tonariks, des noms analogues. Léon 
TAfricain nous dit que le pays de Ginne ou Gaine formait, à 
Tcpoque des inondations et pendant trois mois de Tannée , une 
ile où les habita n s de Timbonctou se rendaient avec leurs bar- 
ques. Suivant Édrisi, on naviguait pendant un jour' sur le lac 
près du rivage duquel était située l'île Oulil, de manière qu'à 
en juger d'après la position que l'on donne sur nos cartes au lac 
Dibbie, cette ile serait plutôt à son extrémité méridionale , entre 
le Niger et le Miniana, qu'à l'extrémité opposée de l'île Jirobala; 
sa longitude est de il^ 4^' environ plus occidentale que Paris. 
VHaoussa etVOuassannh de quel({ues itinéraires, sont selon 
nous, synonimes de Ganah. (Les journées de marche d'Édrisî 
ont deux évaluations : celles qui avaient lieu le long du Niger ^ 
depuis Kaugha et &ucu,'ne sont, réduction fiiite, que de dix 
milles géographiques; les autres sont le double. Cette estime 
n'est point arbitraire ; elle est la suite de la détermination de 
Kouka , de celle de Timbouctou et du lac Dibbie , et du nom- 
bre des stations ou journées démarche, rapporté ci-dessus. Les 
distances de , Kouka et de Kucu à Nuabia , de Sidjilmessa à 
Ulil, etc., nous montrent aussi que l'évaluation des journées doit 
être d'environ vingt milles. ) 

Quant aux sources du Niger, elles sont, suivant Léon l'Afri- 
cain , à près de i5o milles (i5 journées à lo milles) , de distance 
du royaume de fiomou. Il lui donne pour limites méridionales 
le dessert de Set. En prenant pour bornes l'extrémité sud du lac 
Tsaad, placée vers le ii^. degré de latitude, les sources de- 
vaient élre entre les 8®. et 9". degrés. Il est dit , dans l'itinéraire 
de Gaudja (Kaugha) à Haoussa (la même que Ganah) , que le lac 
Schar (Douy , Rennell), est à 3i journées de marche de Bornou 
(Walck., ibid^'paig. 4^^)* D'après notre évaluation et la position 
que nous assignons à Bornou , ce serait aussi entre les 8^. et 9®. 
degrés de latitude que ce lac serait situé. On conçoit dès lors 
que de ce lac , plus élevé que celui de Tsaad, pourrait partir quel- 
que rivière qui irait se joindre au Bahr-el-Abiad ; et de là l'ori- 
gine de l'opinion qui fait communiquer le Niger avec le Nil. Le 
palus occidentalis Nili de Ptolémée est probablement formé de 
la réunion de plusieurs lacs, tels que ceux de Shary, d'Heimad, 
et peut-être de celui de Tsaad. 

Le méridien de'Paris passe entre Salla et Tocrur à 10' envi- 



2^0 Mélangés. 

ron , de part et d'autre. -«- Bérissa , i** lo' , à l'est. — Ghana ^ 
4®/ lo'.— • Audagost ou Agadèsy près de 6° -7. '^Secinara ou Ca- 
chenak , vers le 8®. — Kaugha , 11** i5'. — J^//ci< , 1 1** 46'. Il 
y en a un autre , mais plus oriental, et appelé aussi ^//ma. — 
Tamalma, dans lejKaouar^ environ ]7<>. — Mcitkan^ capitale 
du j^oyaume de A^rtit€»//i , aujourd'hui Maou^ vers le ai®. • — Ta- 
gtia^ vers le 9^^. ^^ Limites occidentales du Wangara ^ vers le 
5*^. 3o'. Kaugha ^tait près des confins du Boumou , appelé alors 
Kanem. Semeyonda^ d'environ un degré àU'ouest de la précéi- 
dente , est peut-être la Kalanga de M. Bowdicfa. La nouvelle 
Bornou étant au i5^ de longitude et vers le 19^, de latitttde» 
Tamalma pourrait répondre à l'ancienne Bornou, qqi est à 
cinq journées (de a6 à 27 milles chaque ) de la précédente. 
Tagua devait être peu éloignée de Dagbeou. 

Si l'on réduisait les srations depuis Nuabia jusqu'à Ghana, à 
i5 milles chaque, on aurait les rapports suivans : KucUy l'an^ 
cie une Bornou ; J[fa/Afl;/i , Wara ; Zaghara^ Ghannim; Tegua^ 
Zeghawa y etc. Je m'arrête à ce dernier sentiment, Lat&eille, 

36i. Nouvelle-Zemble. — En 1821 et 1822, un brick de 
guerre russe, sous le commandement du lieutenant LitJse , a 
suivi la côte de la Nouvelle-Zemble jusqu'à la laiit. de'fÔ* '^, où 
une barrière de glace impénétrable l'arrêta; c'est la pointe sep^- 
tentrîonale de cette terre. M. Litke a relevé presque toute la 
côte occidentale avec de grands détails; il a démenti toutes les 
relations exagérées de ses devanciers sur l'in accessibilité de ses 
côtes et sur le caractère mortel du climat. On y trouve un. grand 
nombre de bons mouillages et même d'excellens ports ; circon- 
stance qui peut Vendre ce pays d'une grande utilité pour les na- 
vigateurs qui visiteront les mers polaires. Dans le même temps , 
le pilote Iwar^ofint chargé de relever la côte continentale depuis 
la Petcliora, d'examiner Hle Waygat, et de pénétrer dans la 
mer Karieniys , pour suivre les côtes orientales de.la Nouvelle- 
Zemble. M, Iwanof n'a pu aller au delà de /l'île Waygat, ayant 
trouvé la mer Karienne entièrement couverte de glaces. M. Litke 
étant revenu à Pétersbourg , on espère que ses cartes et ses rela- 
tions pourront bientôt paraître. Ces renseignemens sont tirés 
du Sun Otetchestwa; i823; n®. 4» {Nouv, Jnn. des Voyag, Dé- 
cembre 182^ , p. 4îio.) 

IMPRIMERIE DE FAIN , PLACE DE L'ÔDÉÔN. 



BULLETIN 

I 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES; 

ÉCONOMIE PUBLIQUE ; VOYAGES. 



>%<»»»> i»»^»%<Wl»»t>i»^i<W(»»*»»»»»%»»^%»%»%»%<^»» 



OROGRAPHIE «C STATISTIQUE. 

16%, GAogmâfhu dIBU&odotb puisée dans les textes grecs de l'an- 
tenr, et appajée sor un examen grammatical et critique , avec 
atlas contenant la géographie des trois grands historiens de 
l'amiqiitté y les plans des batailles qu'ils ont décrites , et trois 
index; par J. B. Gàil. a vol. in-8.^ ensemble de 4? feuilles f. 
Impr. royale. Paris ; Trenttel et Wnrtz. 

363. Choix des lettres édifiantes écrites des missions étrangères, 
avec des tableaux géographiques, historiques, politiques , reli« 
gîenx et littéraires, des pays^de mission : la Chine, le Tunquin, 

, h Codiinchine , Siam, la Corée , la Tartarie ^ — Dans tinde : 
le Madaré, le Tanjaour, le Malabar , le Bengale, le Birman , le 
Mogol , le Thibet , etc. , etc. ; — jtu Levant : Constantîno« 
pie , la Grèce , l'Arménie, la Perse, la Syrie, l'Egypte, TËthio- 
pie, etc. , etc«; — En Amérique : les £tats«Unia , le Canada , 
la Louisiime, la Goiane, le Pérou, le Paraguay, etc.,tt<t;a*. 
édition. 8 voI.ia*8', de 5oo p. environ. Prix : 6 fr«'le vol. pour 
les souscripteuxB. Il paraîtra un vol. par mois, à dater du iS. 
avril pioefaain. On souscrit, sans rien payer d*«vance, chex 
Grimbert , libraire-édiieur, suceesiisur de BSaxadan, rue de 
Savoie, n^ x4 » 6t ches toqs le» libraires de Franee et de Yé^ 
txangtT^{ Prospectus,) 

Cette réimpression d'i^i recueil que les sdencea géographiques, 
llnitoiré et la religion ont également adqpté , sera* enrichi d'un 
grand nombre^ lettres médites, qui Qnt été recueillies jdepuis 
la première édition. Le Brésil , le Mexi<piie, la Grèce et l'Egypte se- 
ront sui^Mit l'objet de ces additions, comme ces pays le sont de 
) attention générale, depuis na quart de, siècle^ , B. 

F. ToMK I. i6 



342 Géograplne 

361). Teattato TEdRiGD-niATico t)Ri Fiuiii« Traité llii^*orîqtiect 
pratique des fleuves, parleprofes. Mich. BFftTi7ri;iiK-8. Luc- 
ques; iSaS ; Baroni. 

M5» AsEici DE LA 6iôeEAP«lE ÉLEHEEtAIEE DE lA PEAtrCE^ 

adopté par l'unÎTersité pour les collèges royaux et commu- 
naux-, in-ia de 8 feuilles { , plus une carte. Prix , 1 fr. Paris; 
Egron. 

366. Le pilote français ( environs de Brest ); par M. Beautems- 
Beaupes et MJVi. les ingénieurs hydrographes sous ses ordres. 

Le dépôt général de la marine vient de compléter cet impor- 
tant ouvrage en ce qui concerne les environs de Brest. Il se com- 
pose d'une carie générale de ces environs; 4^ cartes partiçur 
Itères du passage du Four, de l'entrée de ^ rade de ^rest et de 
la baie de Douarnenez , du passage du Raz- de-Sein ^ etc.» et d^ la 
chaussée des pierres noires , des roches de Penmarçk, du gooiet 
de Brest, des environs d'Argenton, du'port de la B^ildul, du 
port du Conquet , du port de Camaret , des passages du Toulin- 
guet et du petit Léatch, des environs du cap de la Chèvre, des 
environs de Douarnenez, du plateau de Tévennec , du port d^ l*ile 
de Sein, du port d'Audierne et de Tanse de la Torche , ainsi que de 
74 feuilles de vues prises sur les principaux dangers des environs 
de Brest, de deux tableaux des marées, des signes conven- 
tionnés adoptés par les ingénieurs hydrographes de la loarine, 
et d'un modèle des lances employées pour sondes. 

367. Veesihsh einxe ALtGEHEiMEir Gesghighte dbaStadt Muxs- 
TEE. Descripiion historique et topographiqne de la vifle de 
Munster > par A. Wileeus. In-8. Prix : 12 gr. Hamm; i8»3; 

Schultz. 

368. Statistiscbe» Hepeetoaium îîbee Diks RoBNKG&Bictt Hak- 
KovsEi Eépe^oire statistique du royaume d'Hamo^re , |>ar 
TVoBBBLOHDBé Iri-4* Hanofrc} i8ii3; Hadn, ' . 

369. Handeuch dee Eedbescheeibung des KônicEEitks Sach*' 
. sEV. Manuel de géographie dès ix»yanmes de Saseypar Ga. A. 

EneiiiHAEDT. &^* éd* m^^i Prix : 20 gr# Dresde ; 1 8a 3 ; l'auttenl'» 

370. La St^isSE, oii coslUiûès,' mœurs et usages des Suites, fiii- 
salit partie des co^tume^^ tnœui's et usages de tous l«s {ieuplés , 
avec leurs ex^ilicatious; psrr J. B;B. Ëràtis. i^^liVj^.^ifa-8* 
d une f. ^ et 6 pi. Paris ; Gide fils. - 



ei Siaiis^qué. 24 5 

371. Lk MoÊ6AiricHE,ossia leUferé scrlttè Ja nn Italiano a ttuAdt 
Morgan, sopra varj articôlrrelatîvt a Milano éà al regno d^- 
talût. ËdlmburgOy 1824. In-8. Les Morganiques , oa lettres 
écrites par un Italien à lady Morgan , sur divers passages de 

' son ottti^^e relatifs à Milan et «n royauinc d'Italie. 

373. Descrizioite della Valtellina e delle gaahdiose steadb 
Di STBI.VIO E Di SpLugà. DescripHon de la Valteline et des 
routes magnifiques de Stelvio et de Spluga, par A. M. M. 
I vol. in-8. Milan; i8i3. 

Le petit oavmgf! que nous annonçons aura de l'intérêt et de 
IHitâité^ surtout pour les Toyageurs qui , après avoir visité Le lac 
de Cômc, et avoir admiré les beautés pittoresques de la contrée 
qui s'étend j.usqu'ilu lac Supérieur, qu*on appelle aussi le lac de 
Cfaiavenna, aimeraient à traverser la belle taUée qu'arrosent la 
Herty.lrLjro et i'Adda, et « traverser les montagnes qui don- 
nent Kccès dans le Tyrol. Cette vallée, dite Valteline» ^uit au- 
trefois a& des domaines des Grisons; elle a été souvent le théÀ^' 
tre de combats sans nombre et trcs-céièbres dans l'I^istoire. La 
Valtdi^ie appartient maintenant au royaume Lombard-Vénitieù! 
Outre la ville capitale appelée Sdndrio, elle contient 5 bourgs, 
79 communes, xBg paroisses, et une population de 81,000 ha- 
bitans. Sondrio est située sur la rivière Mallero, qui prend 
sa source dans la. vallée de Mâlenca, territoire aboiiélant en 
pâturages, en bestiaux, et riche en très- belles ardôisîes: Dkns 
cette ville il y a ttn collège impérial /plusieurs écoles gyninasti* 
ques et élémentaires pour les deux sexes, un thé&tre et un hôpi- 
tal. Les environs de Sondrio sont lont-à>fa)t romahtiques. Oe 
Sondrio jusqu'au sommet du Stelvio, monta'grte trè^-bàute et la 
plus, majestueuse de TEurope^' après le Mont-Blanc et le Mdnt- 
Rosa,ona cqnstruit,,à force d'industrie, de travail et de persé- 
vérance, une xt>ute parmi àti précipices et des rochers qiii pât^ls*- 
saiént inâècessible& L'auteur en dbiiùe dans àoti duvraere tme 
exacte descriphonaccompa|rnée de détails curiètix. Cette rodtè, 
A^ la longueur de ao,i^l8 mètres , est déjà ^ratiqu^e par les voitu^ 
res et par les voyagcflirs obsèrvatëdrâ dé lâ belle nature, quî 
sans danget montent aisément au sdmftiet dû Stbivio', et de là' 
passent ^s le Tyrol. Dans là partie ôdéidentale de la Yaftelitie' 
on troulre une Voûtie semblable et tfès-^utlie au «onunerce entre 
ritaKe et rAUemagnè. Cette roi^e caiiiaieiice à la TaltëeidelChia- 



52 44 Géographie 

y^eùim , H ouaàaàx an «ommet do Splvgen : sa longaeiir est dç 
331,000 mètre^ On en trouTO une description dans l'onTrage 
dont noms donnons ici l'analyse. [RaccogUtore^tèr, i8a3, p. 8i. ) 

» MOSCATZ. 

37S«.rfOTS STATISTIQUE SUE I.A HoHGftiE; par J. de CSAPLOVICS. 

[Tudomanfos Gyujtemenf^ Pesth, i8aa, cahier th.) 

. , La Hongrie offre, comme on saitj» nne grande diversité de na- 
tions et de cultes. 

Les Hongrois , Slowaques, Autrichiens, Wendes, Croates, Sla- 
▼onites, Schokatz^, Wallaques et Bohémiens errans, professent 
le cblte catholique. D'après le releré ecclésiastique de 1819 , le 
nombre des catholiques se monte en Hongrie à 49935,o56. M. de 
Csaplovics le réduit à 4,5aa,38o , pensant que le clergé a compris 
dans son relevé quelques lieux habités par des Grecs. Les Grec»- 
unis sont au nombre de 6a5,3oo. 

On n'a pas la liste exacte des luthériens ; Fauteur Uéyalue 4 
830,000; ils sont répartis en quatre sections on surintendances. 
Les calvinistes, répartis de même, forment une communauté de 
1,355,167 individus. 

D'après M. Csaplovics, «en prenant les choses en généra), on 
^eut dire qu'en Hongrie les magnats sont catholiques > les autres 
nobles,' protestans, les commierçans grecs, catholiques, et les vas- 
saux ou sujets , grecs-unis. . 

374- UiriVEasiTi ]»E Vaesovie. Varsovie, le a 5 février ^824. 
On sait que l'origine de notre université est peu ancienne^: son 
extstei^oe date de 1807. Il fut alors établi ici une faculté de mé- 
decine; l'année suivante il fut fondé une école de droit. L'em- 
pereur .Alexandre fonda formellement Tuniversité en 181 6, et 
les cours commencèrent en 1817. Plusieurs édifices lui furent 
successivement accordés pour sa bibliothèque , ses collections 
d'histoire naturelle, son laboratoire, etc.. Depuis , le nombre de 
ses. étudians a rapidement augmenté. Il était, en 1819, die 396; 
eaiflaQyde 496$ en i8ai,de S07 ; en 1822, de $75; et en 
i^a^^ de 619. Le nombre des professeurs est de 44* Des prix 
ont été fondés- pour exciter l'émulation dés étudiàns. Ils ont, 
ainsi q^^ 1^ prof^eurs y un uniforme qui a été fixé par un dé- 
çipf;^. iqipé^. [Moniteur y i5,mars i8a4.) ' - 

3^!^ L'AifaxBTEEEA, outcostiiroes, ^o^^s et os^»^ des. Anglais; 
' fHir J. B. B. Ëjiiès^ If»<f98f de % f. et a4'.pl*; Paris;, Gide ,$is. 



J 



et Statistique. »45 

376. UAKotETsmEK , ovudescription historique et topograpbîque 
du royaume uni de la Grande-Bretagne , contenant, etc.; par 
M. G. Deppiitg; orné de 75 cartes et Tues ; 6 vol. in-l8, en- 
semble de 44 f. ~ plus les c. et pi. Prix, 3o fr.; Paris; Ledouz. 

377, Notices misto&iqubs et statistiques sue la tiixe de 

Newcastle-sue-uetTthe, Angleterre. 

La ville de Newcastle est certainement une des plus anciennes 
et des plus renommées du nord de l'Angleterre. La célèbre ma*» 
raille des Romains passait par cette ville , qui était à cette époque 
d'une très-grande importance* On en hït mention aussi dans 
rhistoîre ancienne vers l'an 44^ sous le nom de Pans EUi^ et 
environ aoo ans après elle a été la résidence d'un roi de Nor^ 
tkumberkuuL Lorsque Guillaume -le Conquérant , après avoir 
subjugué l'Angleterre, voulut envoyer son fils Guillaume le Roux^ 
pear détruire le% rebelles anglais, qui s'étaient retirés sout la 
dij'ection du duc àt - Nofthumkerland dans le fort cbAteau de 
Prudboc , cet orgueilleux Normand y fut battu ; et n'ayant pas 
pu prendre le château de Prudkoc , il en fit bâtir un autre avec 
le nom de Newcastle^ ou nouveau château; c'est de celui-ci que 
la ville a tiré son nom. Entre les villes du comté de Northum^ 
berlamd^ Nevrcastle est sans contredit la première, quoiqu'elle 
n'en soit par le chef- Ken. Sa population, y compris les fau- 
bourgs , et G€aeslandy qui est de l'autre e6té du pont, s'élève à 
54,390 habitans. La commune est une des pins riches du royaume; 
son commerce principal consiste, comme on sait, en charban^de- 
terre, combustible si nécessaire à toute la Grande-Bretagne. (Jfiet^-- 
castle Mac. , janvier i8a4 » P* k^A j Moscati. 

37S. Histoeisxe eftbeextkingee om dét store kongl. biblio- 
tbek Kijœbenhavn. Notice historique sur la grande bibliothè- 
que royale à Copenhague, par le conseiller de justice E.-C. 
WERLAurr, secrétaire de la bibliothèque de Copenhague; ches 
GyIdendaL (Annonce.) 

En 3o feuilles d'impression lauleur se propose de faire con- 
naître la fondation, l'accroissement, les règlemens de la biblio* 
théque royale de Copenhague,. les hommes qui y ont été era- 
ployés, les raretés bibliographiques, et les principaux manuscrits. 
Le prâ( sera de 5 écus de banque; s'il se présiwiUe plus de i5o 
souscripteurs , ce prix sera diminué d'un tiers. 



:Ufi Géographie, 

379. Dahiuiaiici^. Il se pn))]t^ à Copenhagijç « par les 9011)» de 
M* Eo^elstoft y chez Seîdelin, impriineur de runiversité , nn jour- 
1^1 spécialement consacré à rendre compte de tout ce qi|i con- 
cenfe runÎTersîté de cette ville , Técoledite académie deSorœe 
et les autres établissemcns d*instrBCt ion publique, sous le titre de 
Efterrètiiirtger: Parmi beaucoup de renseignemens A'tin întcrjêt 
pnrement local , nous ^croyons ^ouToit* noter qtie dans les 9 an- 
nées 1814 à i6ft«4 il a été accordé -des degrés de licenciés et de 
doetenvs à 4^ personne^ en tout , savoir :r3 en ibéologie , 14 ^n 
idroit, 10 en roédeoine^ ai en philosophie. 11 n'y. aidait pas- eu 
de promotions en ff8iS, probablement parce cpi.*^l y en avait eu 
m l'année d'ayant. Les docteurs c^ médecine reçus: dans>les unit 
versités «étrangères, ne peuvent exercer dans les lies danoises des 
Antilles s^s avoir été examinés et adinis par l'université de Cor* 
penhagme; M. Engelstoft observe que cet^e préeaution a été ja-; 
gée nécessaire à raison de }» .faeliité avec laqii^ quelques uni-; 
versités des autres pays confèrent des grades. . C M. 

38o. Brkve fra C0X.DING, eh topograpTilsk, ^Itîzze... Lettres sur 
Colding, esquisse topograpbiiqut* , etc., par £. G. Tauberj 
directeur de l'école de Colilîng. In-8. Odcnsé; 1822. 

Colding est an lieu peu important dnns le nord du Jutland^ il a 
«pendant un petit collège ou une éc(^ j(ai>ante ; son château fut 
détroit par unincendie en 1 808 ; le bourg même est assez bien con- 
acrvé ; aussi toit-on des maisons très- anciennes. U y a une maison 
de Qommuoe dont les archives renferment des chartes des rois de 
Denemarli. et d'autres documens intéressans. D'anciennes tradî* 
tions locales se conservent dans, le bourg» On prétend entr'autres 
<in*ime bataille a été autrefois livrée atii^ environs' : ce qu'il y. a 
de certain, c'est que l'on y compte une cinquantaine de tombelles 
qui paraissent avoir été des tombeaux. 

La chose la plus curieuse qu'il y ait à Colding, c'jcst on mar- 
ché aux domestiques qui a lieu tous les ans au cpmmencenàçnt 
d'octobre. Des valets et des servantes y accpurent en foule des 
paroisses, occidentales , afin de trouver du service pour l'hiver. 
Ils se mettent en rang le long des maisons. Les gens qui ont 
besoin de domestiques viennent les regarder et faire ]euT choix; 
ils les examinent de tous les côtés, les font marcher, retourner, 
observent leurs mains, etc. Si les individus leur conviennent, 
les amateurs marchandent; les valeurs des Stipulations consistent 



cp vé^f»nens on ep firgent;. pour la coAdusipii dafparçhé Us 
Hieitent .un de|3ier'-.adiev,çnfre les ipaUi^dfs. valets oi^ s^ryantc^ 
dont ils.yienQent de Içoifif )e s^rvii^e ppur riûv«r, Cet airgept nt^ 
reste pjjis. long- temps dans ,1a po^se^slon df^isio^ividiis oiigyigés^ U 
se çqnsQipnie pi'dinairc^^nt.le soir daiis tes cal^arf^fs du lieu t on 
boit et ojn^anse^^t lelendeimin initia chaffue in^Ure eiRnièB^ 
le Talet ot^ lii servante qu'il s{ >r^tea|i Ja vçiU9..,paasie .|ioipd-d^ 
la France , en» Angleterre,. (&!(;., il «x^edej^ n>dr«b4$s semUaMes^ 

3ëi. Mots sTÂTisv9Qfns ivK x.A-Scii}E. ' ». ^ ) 

' D'après un tableau statistique pt-ësenlé à la 'chambre de Stoc- 
kholm y^le iiombre des ibnctioniiaires publics salariés, dans tout 
îc royaume, en 1817', s'éleVait 8^7,740, et la soramd totale de 
leurs appointeménsà à,iS6\26^ couronnes de banque. Là force 
mtlitsArë était calculée h ligfio^ individus , dont Tentretien mon- 
tait à la somn^ de ^^B^^fi^T, couronnes. La li^te civlîé, sans y 
comprendre la cour, entre'feQait 5,835 individus, dont les àp- 
]>ointemens s'élevaient à la somme de 2,381,918 couronnes. Le 
nombre des ecclésiastiques rétribués était de /|,76o. ( Moiith, 
il/tf^.,mar8 i8a4 , p. 1^64. ) F. M. *N. Moscati. 

38'i. An ACCOUNT or the organisation. Administration, ^nd 
présent st^teof the military colonies in Russia, etc.Surrorga- 
nîsation, l'administration et letat actuel des colonies |nilitaires 
établies en Russie, ayec un appendice contenant des tableau j;^ 
statistiques, etc., par le D"*. R. ^^all. Londres; 1824; T. 
Cadell ; Edimbourg; Black wood*. .. ♦ ,. 

. .Nous avon^ donné , d'^ppcès M. Dupin, dans notre auoi^ru di» 
janvier dernier , p. 65, une idée de& colonies miiil^rç&réiceni*^. 
ment établies en Russie; l'écrit que nous annon,€onSiexptiqne. 
dans ses détails et d'une manière complète qette in^ttlfition ex- 
traordinaire, et ^i remarquable par l'influence qu'elle doii ejier-' 
cer sur la puissance militaire, la con&tituiion înt'érieure .et la . 
civilisation du peqpje russe. 2i';»uteur de cet écrit paiie en- 
homme instruit par .ses propres ob^rvations et par des rensei- : 
goeroens fidèles* 

Après avoir eiEamioé les dif:^rens syatè<»eti de Q^^lonisaiion , 
et particulièrement I9 nature àt^s cok)ni^s greoquies et romaines , 
il caractérise le syslème tout part-iculiei- des nouvelles oolo^tea 
militaires russes. .... 



^4^ Géographie 

Le désir de dimmiiér les dépenses énormes causées par l'eif- 
treHen d'une année immense parait «voir suggéré la première 
idée de ces colonies. Le comte Anktclieëf, général d'artillerie, 
et l'nn des généianx attachés y comme conseillers de gnerre, a là 
personne de Temperenr , passe ponr avoir proposé à ce prinee 
de construire des villages fniUtaîres d'après nn plan régnlier, 
d'attacher une portion de terre à chaque maison , de charger les 
paysans de la conronne de Fentretien des soldats , et de soumettre 
ces colonies nouveUes à, une législation spéciale. C'est ce plan 
qu'on a commencé à exécuter dans le gonvernement de lïovo- 
gorody et dans ceux du midi de la Russie , Kherson^ Kharkof et 
YekaterinoslaL Ces trois derniers lonnent un d^str^ militaire 
composé de S8o villages, sous l'autorité da général comte de 
"Witt y commandant en chef de la cdiopie, et dont U% décisions , à 
quelques exceptions près , sont sans appel. Dans chaque village 
désigné par un Ukase impérial pour fiiire partie d'une colonie 
militaire» un registre constate le nom» T&ge» la propriété, et la 
famille de chaque chef de maison. Tous ceux qui ont pliisde 5o 
ans sont déclarés maîtres coloi9s ou colons principaux. On leur 
bâtit des m.aison6 semblables entre elles, séparées par des cours, et 
alignées en rues. Chaque colon principal reçoit quinze dessetines 
' de terre ( environ 4o acres anglais ) , à la charge d'entretenir un 
soldat , sa famille , s'il en a une , et son cheval , ai la colonie est 
assignée à un corps^de cavalerie. En retour, le soldai doit l'aider 
dans la culture de son champ , pendant tout le temps que soa 
service lui laisse de libre. Le colon en chef porte lui-même rnni- 
formé; on lai apprend à marcher^ à manier le sabre , à saluer ses 
offieiers.* Il peut choisir pour aide un de ses fils , un parent , un 
ami, qui, avec l'agrément dn colonel dii régiment, lui succède 
après sa mort. 

Le soldat , devenu membre de la famille du colon en chef, et 
vivant k sa table, est qualifié de soldat^cuUivateur, Yiént en- 
suite l'homme de réserve, choisi par le colonel parmi les pay- 
sans. C'est d'ordinaire un fils ou un parent du colon en chef ; on 
le style an service militaîre. Il est destiné à remplacer le soldat- 
cultivateur, en cas de mort ou de retraite, après a 5 ans de ser- 
vice, ou a faire partie de l'armée de réserve, en cas de danger. 
Il aidé aussi à la culture, il est tailleur, cordonnier, etc. On lai 
donne uhe maison bâtie tout auprès de celle du colon en chef, 
et de la même nianière. Celui-ci, le soldat-cultivateur, et le i«v 



ei Statistique. y^ 

4efve penrent se marier à leur gré, et «m léê y eacDainçe; mats, 
les femmes qui font partie des cotontes mSitaires ne peuvent se 
marier aQlenrs. Les enians mftles des trois membres de la colonie 
que nous aTons désignés , depuis Tàge de i3 ans jusqu'à 17^ sont 
exereés coBume soldats , sons le nom de ctudotmiers. Us sntreot 
en même temps les écoles pour achever leur éducation. Les 
garçons de 8 à i3 ans vont à l'école du village où résident leutti 
parens» et sont instruits dans le service militaire y de deux joum 
l'un. Ils portent l'uniforme j et sont regardés comme soldats , 
ainsi que les coiOomtterSm Les parens ne disposent que de lelirs 
enfems au-dessous de 8 ans. Les antres reçoivent leur instruction 
dans des écoles d'enseignement mutuel, on on leur apprend 4 
lire y écrire et compter. On leur fait apprendre, en outre , une es- 
pèce de catéchisme qui les instruit de leurs devoirs de soldats. 

Tous les habitans des villages militaires , j compris les femtne s 
de fout Age, sotit inscrits sur un registre. Dans beaucoup de 
ces villages, les noms des chefii de maisons (colons en chef)> sont 
aussi inscrits sur les façades , et chaque maison est visitée tous les 
jours par un sous-officier inspecteur qui fiiit un rapport sur sa 
situation intérieure. Chaque soldat est tenu à un service de vingt- 
cinq ans. 

Ces colonies militaires sont régies par im code de lois et de 
règlemens spéciaux, rédigés et corrigés par un comité qui se réu* 
nit de temps en temps à Pétersbourg. Elles sont tenues , sous 
tous les rapports, dans un tel isolement du reste de l'empire, que 
Ton ne peut même entrer sur leur territoire sans un passe-port 
spécial des autorités militaires. Le régime de la dbcipline la plus 
stricte que l'on puisse adopter pour les troupes est celui auquel 
^les sont soumises. Le service même de 19 poste s'y fait par des 
soldats; c'est un officier subalterne qui examine le podorojné', 
on ordre pour avoir des chevaux. Un soldat les attèle, un autre 
graisse les roues' des voitures^ et c'est encore nn soldatqui con- 
duit. Chaque village renferme depuis 7 jusqu'à a escadrons ou 
bataillons (de troupes réglées mises en colonies , suivant sa gran- 
deur. On évalue à 48 mille hommes les troupes ainsi canton- 
nées à poste fixe; a4 mille de cavalerie, dans les gouvernemens 
du midi, et a 4 mille dlnfanterie dans les gourvememens def^Or 
vogorod. 

Quant à l'adminiiftraHon et à l'application dts lois , elle est 
confiée en i*'. ressort au oomité de l'escadron compofé de ses 



oflicicrs préai^ par '1*011 d'eia;,îls Qa«i|aiî&»eat des déjdts Ii%bi9> 
coaunisdan^le ressort df r^scadreo, Cplte dénooHiMitiaa dMgae 
Bcm-sAUfiiiml les ironpes» mais lea colpns qui j soat atlacbés. . 

An-dessus de ces ooaités en c«jt«n autre; le comâié d'ado i- 
nislration da rf^gimc^H, f»iiipc»sé dvL cploiiel président, du lieu^ 
IÇBant-ooIqnel Yice-préfecdeat, de % eapitaîoes el de 6 député» 
pw p^ les f <A»Dft d«M ehaciw an Q cscadrpus fomant le réf^i- 
gbuei^, ^ t fin ^iMi« 9 d'an qiianier?lB|dlft M d'uq «cdésiasUqiM. 
Les d éci sig ft ft df çe'vwaîtésMpériair sont fomiiis^ à rnppipbf^tion 
da coniinanday»t«i cbf^f da district mtJUjûre, S^ arrêta aoat sanit 
appd, sauf pour las offi^iiers, qnî peiiveni app«4er à remp^reur 
Oapeot appeler àçecomil^ desâécisioaa du comité uifërit^in Les 
délits ^aTes soot jugés d'ordinaire par niie coounissiôny espèce 
de conr martiale, qne Iprme le commandant en cheC 

Le but de cette institution extraordinaire peut être envisagé 
sons le rapport militaire et soiM^ le rapport statistique et écono- 
mique, H ous n'avons à nous occuper ici que du dernier. Sous, ce 
point de vne, la double intention do gouvernement rus^e est de 
bâter les progrès de la population , et d'accélérer en même temps 
ceux de 1^ civilisation par l'instrvciion qu'il fait donner aux 
jeunes colons ; cette instruction étant une des parties eskcntielfes 
du nouveui système de ccdonies » ce système peut être com- 
paré à une serre cbaude ooasiniite pour y £aire germer promp* 
tement, comme an temps de Pierre* le -Grand, une plante 
exptique. 

L'analyse qu'on vient de lire suffit pour indiquer un plan for* 
tcmeni conçu. Ce plan si neuf à la fois et si vaste, qui ne tend à 
rien ipoîos qu'à reooastituer one anpée et même un*empire im-r 
mense sur des fiMidemcns assc» analogues, au moins sous qnelt 
qpes rapports, à ceux que Lycuigi^e avait posés pour sa sévère 
lêgislatÎQn, tU une conception qui, au premier coiop d'o^'d, pa- 
rait empeeinie d'un cacactcre de grandeur et d'énergie*. Mais, 
SOÎTant H. Lyall, la rigueur du système, qui courbe les paysans 
de la couronne et leurs familles sous la discipline la plus rude , 
comme, sous no joug de fer, excite contre les colonies nouvelles 
POe .aversion généi:ale« La répugnance, lliorreur même despaysans 
pour ces colonies se conçoit aisément. Leur esclavage civil anté- 
rienr se présente à leur souvenir avec tous les cbarmes d'une li- 
berté complèftç quand ils le comparent à leur sert ilude actuelle- 
AvparaTant ils n'étaient assiyettis qu'à une taxe annuelle de 8 



etStaiistiqfie. ;ii5i 

roubles (.enTiron 8 francs ), On leur ^onn?^» <n écb<|vigef.assr^ 
de terres à cultiver poar eiiK et leur fàmillei ayec une habilation* 
Us obtenaient sans difficulté ^ pour eux et popr leurs fils, d^s 
qu'il y trouvaient un avantage, des passe-ports poui; aller <»^éta- 
blir quelque part qu'ils voulussent, dans tootç lu Riisste» ft y 
exercer, a leur gré, une industrie autorisée par lea lois. Aujour-' 
d'hui, eux et leurs familles sont attaché^ irrévocablement à 1h 
glèbe. dans un village militaire, où ils sont contraint^ à la ipis 
aux travaux à^t Tagriculture, et à la discipline, ainsi qu'anx exer- 
cices du soldat. Lf s vieux paysans sont astreints k se couper Ic^ 
cheveux , à se raser la barbe , à porter r42i^ifprme. )>urs enfaps 
mâles le portent dès l'Âge de. huit ans , sont soustraits à leur au- 
torité di la même époque , et destinés a yn service militaire de 
a5 années. Leurs 6lles, leur^ veuves, ne peuvent plus se marier 
hors de Tétroite enceinte de la colonie. Isolés du reste des 
Russes I ils perdent jusqu'à l'avantage des lois despotiques com- 
mnnea à toute la nation i et passent sous le joug d'un code mili- 
taire spécial. Ce. qu'on leur accorde en retour, une habita tio)i 
plus commode, une portioride terre plu9 considérable, l'asti»- 
tance d'iin soldat dans leurs travaux, fi>sistance toujours pré- 
caire, puisqu'elle est toujours subordonnée aux besoin^ du ser- 
vice et à la volonté de$ sqpérieurs utilitaires^ pourrait*jl com- 
penser la perte des avantages dont ils. jouissaient aup^irayant ? 
Comment de. si faibles concessionii le^ il^demniseraient- elles d^ 
la présence toujours onéreuse | et souvent importune du soldat 
que l'on grede, pour, ainsi dire, sur leur rpénage, qu'on fait as- 
seoir à.leiir table, et qu'on l^ur impose l'obligation d'entreteniç 
avec sa famille, et son cheval , si c'est nn covqlier ? Con^meni ces 

i < ' t, 

concessions effaçeraient-elles pour eux la disproportion , éiiorme^ 
pour un paysan , entre la taxe de 8 fr» environ q^'il payait au- 
trefois, et la.^^pense de a5o à aÇo fr» qu'il a à supp^r^çr au- 
jourd'hui, quand il doit entretenir un cavalier avec sa iponture? 
Telles sont liss observations d'après lesquelles M. Lyall , persuada 
de la répugnance invincible des colons pour le nouveau plan , le 
regarde d'autant plus comme rnexécotable, que cette répugnance 
lui a para fM(Etëgé0 par les antres classes de la Soeiété > par IVr- 
née rëgnlière qtii ne voit pas de bon cei) un plan qni tend à 1^ 
refondre compléteauept , et par la noblesse ruiise , à qui oe plan^ 
parait dangcram pour l'aflipîne* 

£n sappos^Bten. effet l!exéciiCio« contimiéa.et re.xtieiMivprv 



aSa Géographiïg 

toujours croiManTe de ce système , pins les colons sont isolés da 
reste de la population , pins ils sont placés sous le régime qpécîal 
et urbitraîre des comités militaires et des commandans en chef, 
et plus cenx-ci, s'ils tiennent è éprouver des mécontentemens, 
on s'ils cèdent a l'ambition, disposeront aisément de soldats 
habitués dès l'enfance à ne connaître qu'eux , et à leur obéir, 
d'abord par devoir , ensuite par dévouement. 

Quelques généraux russes, supposant l'exécution complète du 
plan , et la fusion des 6 millions de paysans esclaves de la cou- 
ronne, dans les colonies knilltaires, présagent avec satisfaction 
répoque à laquelle la Russie pourra disposer, au premier si- 
gnal, de plusieurs millions de soldats. M. Lyall convient que si 
le plan adopté pouvait recevoir son application. complète, il n'y 
aurait d'alternative qu'entre l'asservissement de l'Europe en- 
tière par les immenses armées de la Russie, et le démembrement 
de ce vaste empire par ses colonies nyilitaires elles-mêmes; mais 
cette dernière chance est celle qui lui semble la plus probable. 
A ses yeux l'étendue du plan en serai ta la fois le vice radical et le 
principe' de mort. M. Lyall, après avoir cité les résistances que le 
système des colonies a éprouvées sur plusieurs points , et notam- 
ment à Tchuguëf , non loin de Kbarkof , rappelle , à la fin de son 
écrit, une circonstance qui peint l'affliction profonde des paysans. 
« Lorsque Tiropératrice régnante et Timpératrice douairière se 
rendaient à Moscou , et en revenaient en 1818, les paysans se 
réunirent par centaines dans les endroits de relais , et se jetant 
k genoux tous ensemble, ou se prosternant, au moment où les 
voitures impériales changeaient de chevaux, supplièrent, avec 
l'accent de la douleur la plus pénétrante , leurs majestés , d'é- 
couter leurs voix désolées, et d'intercéder auprès de l'empereur, 
pour qu'il renonçât au système de colonisation. » 

Nous croyons utile de joindre à cette analyse d'un écrit très- 
remarquable , quelques-uns des tableaux dont Fauteur a composé 
son appendice. A. D. V. 

NMV. 

Territoire de la Russie, ^- Ily a quelquek siècles, le territoire 
russe de formait que la 4^- partie deia B^àssie d'Europe attnelle, 
et la 17®. partie environ de l'empire russe, tel* qu'il est mainte- 
nant. Sous le règne d'Ivan Vassilievitch ( JH } ce territoire fax. 
au^aMBté d^ 1 0,000 milles, carrés , et sons le régne de Yassiii 



et Staiistiqite. 5 55 

Ivaoovîtchy de i4>ooo milles carrés. Ivan VassilieTÎtch (IV) 
tripla rétendue de sa domination , et Phédor ( V^.) l'étendit entïorc 
beaucoup. Sous le règne d* Alexis Michaîlowitch, toutes les pro- 
vinces dont les Polonais s*étaient emparés furent reconquises ; 
ce prince ajouta, en outre, a57,ooo milles carrés à Tempire 
russe. Le glaive de Phédor ( III ) y ajouta les tristes régions de la 
Nouvelle-Zemble. Pierre leGrand étendît ses domaines à 280,000 
milles carrés. L'impératrice Anne, marchant siir ses traces, laissa 
aprèd elle un état dont l'étendue surpassait 3a 4^000 m^les carrés^ 
et pendant que Catherine 11^. tenait le sceptre du nord , son 
teritoire fut accru jusqu'à 335,6oo niîlles carrés. Pendant le 
règne de Paul, et depuis que le souverain actuel, Alexandre^ 
est monté sur le trône , Tagrandissement de l'empire ne s'ese 
pas élevé à moins qu'à 34^jOOO milles géographiques carrés, 
dont 85,ooo appartiennent à l'Europe, et 260,000 à l'Asie (i), 
et nous pouvons prédire , si ce même système d'agrandissement 
se poursuit, qu'il laissera à son successeur un empire de 400, et 
même de 5oo,ooo milles carrés. Il y a ici matière a réflexion pour 
les spéculateurs politiques; cVst un champ pour les méditations sé- 
rieuses de l'Europe , et surtout des souverains du continent. (2) 

Tableau indiquant l'accroissement progressif de la population 
àe l'empire russe, parles na&sances, les conquêtes ^ et par l'In- 
troduction des colonies étrangères. - 



Recensement. 


' Ânne'es 


Nomjbre d'âmes. 


I 


1722.* 


14,000,000 


a 


174a 


1 6,ooO;OOo 


3 ^ 


1762 


i&6,ooo,oob 


4 


1782 


28,000,000 (3) 


5 


1795 


36„ooo,ooo 


— ':• 


180^ . 


35,006,000 ' 


6 


i8ir 


' 37,00^1,000 


— 


1818 


f 45,54 2,000 * 
(43,000,000 


— 


i8a4 


So,poo,aoQ . 



(i) Comparez à ceci le tableau ôo. Vl, ci-aprés^ 

(a) Voyez Tdavrage de Crome, intitulé : Aperqù général dei foroes 
des états , etc. 

(3) Ainsi la population' avait doublé en 60 an» , en y comprenant 
celle des parties ajoutées à Tempire. 



"a54 Géographie ' 

' Observations. —Les nt* tfcles dh ne se trouve Ws le nuin<5ro da 
recensement ont été puisés detns les sources citées ci-après , et 
qui in*oii( servi â dresser ce tableau. 

' Geographical Dictionarf ofthe ruMsian èttqyiré ; Jahîoushiis 
new russian gèogràphy ; VHçolojskii's Dictionnaire ' ^ograph\ 
kistor. de la Russie; Crorne*s Jllgemeine Uebvrsîctk der Siaats- 
Itràfte, etc. etc. 1818. Dupin^ dans la Reçue encyclopédique, 

'Dans Tannée 1818, sur 4 5,5 4a, 000 âmes, population dé touè 
Tempire russe, Crome en attribue 21 millions à la Sibérie. En 
'i8a3, sur 5o,ooo,ooo d*habiuns , lit>iiibre total de Ik population 
russe, M. Ûupin n^ea compté que 5 à â millions pour la Sibérie. 
Ce point a besoin d'être édlaircî. 

J'ai trouvé dans le journal de Pétersbourg les refevés de la 
population qui suivent i \ 

Annéf**. population. 

1890 ' 33,15^9,860 

, ,1801 34,04.^^7 

»8oîfc . 34,893,828 

jjBo3 35,134,177 

1804 36|043,483 

1806 4i,»53,483 

lies naissances, sont aux morts dans quel<{ues provinces comme 
i3 à 10 , ao à 10 et 3o à 10. Aiujû, dans un an , sur 3o,ooo,ooo 
dliabitaus, il n'en meurt qu'un peu plus de 600,000, tandis que 
les naissances s'élèvent au-dessus d'un million. Depuis Tannée 
I7aa jusqu'à X79a, c'est-à-dire dans l'espace de 70 ans (1), la 
population de la Russie s'est élevée de 14 à 35 millions. On a 
calculé qu^elic doublait sa population en un peu moins d'un demi- 
siècle (a). M. S tchekatof, l'auteur du célèbre dictionnaire russe 
que j'ai cité , se fondant sur la progression immanquable et con- 
tinue de sa populajtion par les i^ais^ances et les conquétcts, pré- 
dit qu'en 189a la population de la Russie s'élèvera à a30y000y00o 
d'âmes. 



t ... .1 .-. ..1 



(1) Geographical DicUon^ry ofthe Russian nptpirc^ vol. V, p. 167. 
\i) 4perçu dfi Çfim^irej-usse, par Tooka. 



i" ■ 



et Statistique. 
N». VI. 

Tableau statistique de la Russie d'Europe, ^ 

• ÉicadlM ft« 

NomIkv ^^loviaca. «ùH*» carris IfomBr* Ke» 

g^gnpli^aa. kabiUn*. 

'A. Provinces Je la Baltique. 

I. GoiiTerocroedt de Saint - 

Péttfrsboiirg 849 ÔSS^joa 

1. De Finlande 5,33a i,o83«$o6 

3. DE«llionie .4^7 217.7**® 

L Livonie ©"^9 S^g.io» 

B. Grande Rttusie. 

6. Go* -.▼ercement^è Moscou. 4?^ ' » * ^,000 • 

7. — D^Arrli;tngM avec la 

Nouvelle -Zemble. . . 16,916 i4it5oo 

8. — Volçf^da. ... « » 6.867 5go,ooo 

9. ^ Olonetz 3,787 a8i,4no 

10. — Kostrom 1.809 1,147,000 

II. — - Notogorod. . . . • 3,578 8a5,3oo 
n. — Pskof ou Pleskof. . . i,o45 ' 636sSo6 

i3. — Sraolennk ï»®*^ g65,ooo 

14. — Twcer • 1,180 969800 

i5. '*-' Nijoi-Notogorod; . . 961 9B9,Soq 

16. — Vladimir. ...» oti 960.700 

17. — Tula. . . fc . . . 559 904,100 

18. — Kaliig:a 395 645,^00 

19. — Taroslaf. .... 67a 8oo,ioo 

20 — Kursk 70a ' i,i8a,Doo 

Qi. — Voron^je. .... 1,434 957,ooo 

C. Petite Rattie. 

Qi. ^ Orel 860 i,ooT,5oo 

a3. — Riasan ^1 941,400 

ai. — Tambof. . 1,171 i,oa3yioo 
'j5. ^ BoHfgailes do l'Ukrai- 
ne nu Rnarkof. ... 1,118 657,900 
a6. — Tchemîgof. , . . • 1,100 1,014,200 

37. — Poltawa. .... 85 1 i,35o,8oo 

38. -«- Kief. 979 i,o66,5oo 

. D. Russie Noire et Blanche. 

aa -* Blolûlef. 01 o 8i3,ooo 

30. — Witepak ,668 671,600 

3i. ~^- Minsk. • . . . • 11098 9p8y4oo 

3a. — Volhinie. • . . • . i,^4 i,on6;5oo 

33. Podoliç. 6^ 1,181,200 

E. Lithuanîe. 

31. — > Wilna • 1,08a 962,100 

35. — Grodno 536 6a8,3oo 

— fiialhtok. .... ao6 i83,3oo 
F. Nouvelle Russie. 

36. — Yekaterinoslaf. . . . '»4'7. 54i,3oo 

32> -^ Kberson 1,107 407,000 

3o. ^ Tauride ou Crimée. . 1,646 3oi,5oo 

— Territoire du Don, 

Cosaques 3,976 318,900 

— Bessarabie et Moldavie. 85o a49,ooo 

G. Royaume de Pologne. i,n5 1,893,000 

Total 71,640 34,500,000 



a55 



a*tai« par 

■ûllMcairi*. 



77» 



«7 
617 

8aa 
a,36o 




1,178 
i,ao5 

8o5 

m 

1,584 
«»o«9 

884 

77a 
I9700 

890. 

38a 

^S 
io3 

107 

i,3oo 



a56 .Géographie 

Traduit , avec un changement dans la forme àt% tableaux , de 
V Aperça général sur la force des états , etc.> par Crome. 

Tableau statistique de t empire de Russie. 

!f MU dm aatioii». par tMtioiu. BTom» de» utioiM. parAttion*. 

L Race esdayonne. jReport. . . 33,8ao,ooo 
«. Russes et Cosaques. 3oy 000,000 

h. Polonais , Courkn- III. Tartares 1,750,00c. 

dais, LiUMiaaiens , IV. HabiUns du Cau-I 

ValaquesouServicns. 8,aoo»ooo case. Géorgiens , > 4<^><*^ 

IL Race finoise repar- CircassieQs. J 

, tie en i3 tiilMis , V. Mongols, Kalmouks* 3oo,ooo 

saToir : VI. Mandchouz , Ton- . 

1. Finoispropremenlv . „,?**"***' Lamoutes. . 80,000 

Jita \ Vil. Samoyédes (peuple 

3. tapons.. I ,r.r**"ir*.u ' • • • ^ i • '^'"^ 

3. LiYoniens, f VIll. Tnbus Bomad«a 

4. Esthoniens. I *« «o^d et a 1 e«t de 

5. Tcheréildisses. I la SiWne 1,000,000 

d. Vogouls. ^ l IX. Etranjers et co^ 

'j. Votiaks. > 3,ooo,poo Ions de diverses con- 

é. Tchouwaschei. / tréc» d« l'Europe. . 3oo,ooo 

a. Mordouawes ou t X- .Turcs et Ariné- 

liordouana- I ««»« - 5oo,ooo 

10. Pèrmiens. I ' 

11. Ziiianes. 1 Total. . . . 45,54a,ooo 
la. Teptiars. f 

1 3. Ostiaquea de VO^jJ 

»■ ■ ■■ ■ ■ * ■ 

33,8ao,ooo 

• * 

Religion. Worfwe d# lecUteur». R«li|tt)ii. Hombw d« 8«««t«ort. 

4. Chrétien» grecs 5 Report 41,128.000 

Russes, Cosaques et «- Herrnhoules 9.<>««> 

Vdaques , avec /• Ménnonitcs o,ooo 

beaucoup de chrë- g* Arméniens. . . .'. 48,000 

tiens grecs, dans la n: Juifs. . 5or.,ooo 

- Russie asiatique et • *• Mahométans i,»5o,ooo 

en Sibérie. ..... 34 ,000,000 k. Sectateurs du La- 

ii.Carfioliques, savoir: misme. ....... 3oo,6oo 

Polonais , ' Lithua- /• Brames , Hindous. . Joo 

niens , Allemands Sectateurs du féti-^ 

et Français. .... 6,800,000 chisme (idolâtres ).f g^o 000 

e» Luthériens. ..... i,4o*»»<*<^ Adorateurs du tèu , etf 

d. Église réforme . . ^^><wq Chamaos. ^ J^ ^ 

4i,i»8,ooo ToUl. , . 45,540,000 



et SîMisÙque. a57 

383. N9JK stAYisviQiA SUE LA RvMiK. D'âprèft ime tUlî«liq«« 
Técemment publiée y !«» So gonvcmemeiis de la Russie ooeapeut 
réteoduede a^S^So milles ^éogmphiquescerrësy aTcc 4Q»67<soeo 
iMbiteiis» On caaspCe dans eet empire 3^734 manufiicUires; le 
jcapiul en^loyë pour le commerce, d'après la déolaraiioii des 
cDmieFipas, s'élève à la somme de 319,660,000 roubles. I« 
Ujie de «apitatîoa, et Timp^t sur les JiqoeurSy s'élèTent à ta 
«omgie de 169,350,000 roubles» {Monta. Ilàag.^ mars Kte4» 

p. 164.) ' " MOSCATX. 

384. OBSERVATioirs OH TB% &!▼«& EtTvn&ATM. ObsefTafiofis sur 
l*£iipfarate; par sirW. Ousblbt. Mémoire lu à la Soc. royale 
de Littérature de Londfes, le a 4 ^v* xSft4* 

Ce mémoire est l'ouvrage de beaucoup de trayail, d'études' et de 
recherches. Tracer historiquement et gcograpbiquement le cours 
majestueux de l'Euphrate, depuis son origine, dans rArméûie, 
jusqu'au golfe Persique, c'était une tâche que peu d'écrivains au- 
raient pu entreprendre. Sir W. Ouseley, après avoir consulté 
toutes les autorités anciennes et modernes de l'Europe et de 
rOrient, et après avoir lui-même visité les lieux, s'est trouvé à 
même de présenter des détails vraiment satisfaisans. Lors de son 
voyage de la Perse à Constantînople , sir W. Ouseley , passant par 
V Arménie , s'arrêta sur VEuphrate dans la vaÛêe de Satan ( ap> 
pelée ainsi a cause de la quantité de scorpions et d'ani- 
maux venimeux qui y abondent). Dans cet endroit, il traversa le 
'£enve à la nage, et il trouva son lit large, sa course rapide , et sa 
profondeur de ^ & 6 pieds. En voyageant sur le canal de cette ri- 
vière, et particulièrement vers les derniers 20 milles, il observa 
que ses ondes coulaient entre des rivages élevés et bordés de 
roches, embellis de bois et de saules pleureurs, qui inspirent la 
mélancolie. Ses ondes, dans leur cours, produisent un bruit 
dontfefïet est rendu plus imposant par le silence qui règne dans 
le Toisinageé L'Euphrate était appelé le grand fleuve par les an- 
ciens, et emphatiquement le fleuve. L'origine du mot Enphrate 
n'est pas certaine; quelques-uns le dérivent de la racine hébraï- 
que nnp' phara, produire; mais cette étymologie est arbi- 
traire. Sir W. Ouseley s'est efFovcé de découvrir la véritable ; 
dans ses redierefaes sur la source de ce fleuve, il a tftefaé de re- 
connaître q«el étati le nom qu'il portait dans le pays. Il l'a troi^é 
cité dana l'Histoire d'Arménie par Moïse de CAo^#i€,«qui vivait 
F. Tome L 17 



a 58 Géographie 

éia» le einqnièine t îtele ; il l'appelle EphnU. Maintenant les Ar* 
tnéniena et les Tares qui virenl; sur ses bords le nomment Fràt 
on Forât y et avec un accent pins doux Foràd. Sur la fin de son 
mémoire, sir Onseley excite l'attention des lecteurs par des re- 
cherches ërudites sur un sujet d'intérêt universel, la yéritable si- 
tuation du paradis terrestre, doiff les quatre fleuves étaient le 
Pisoik, le Gkion y VHiddekel elle Phrath de Moise. Eotreles dif- 
férentes hypothèses, il cke les suivantes, i^. On prétend que le 
jardin d'Éden existait où i'Euphrate et le Tigre s'unissent, et pré- 
cisément ou est située maintenant la ville de Bassora, 

a^. Dans l'Arménie , entre les sources des quatre fleuves Pha- 
sis y Araxis , Tigris et Euphrates» 

3^. Près delà ville Edneissar {\à\. 4i> et entre 7a et 73 long. )t 
au pied de la montagne sur laquelle on a bâti la ville de Mardin. 

4*". Dans le territoire de Canaan^ de Palestine ou de la Terre* 
Sainte* ^ 

5^. Près de Damas en Syrie. 

6*^. Dans le lieu couvert maintenant par la mer Caspienne. 

7®. En Egypte. 

8<>. Dans l'Ile de Cejlan ou Serendib. 

Outre ces conjectures , dont chacune a ses partisans y d'autres 
ont prétendu fixer le paradis terrestre sur les bords du Gange y sous 
l'équateur, en Afrique , en Europe, et même en Amérique. Enfin ^ 
Huet dit qu'il y a eu des personnes qui ont placé le paradis ter- 
restre sous le troisième ou quatrième ciel, dans le ciel de la lune, 
àans la lune elle-même. Les mahométans le confondent avec 
leur bosquet de félicité , et les rabbins le font monter dans le 
septième ciel , où, suivant éux^ ces quatre rivières étaient de lait, 
de vin, de baume et de miel. Sir W. Ouseley, après avoir rap- 
porté toutes ces opinions , laisse au lecteur le soin de choisir en- 
tre elles. [Asiat, fourn, , mars 1824 > P« ^71.) Moscati. 

385. DEScmxPTioif des domaikes du sultan de palbubang. 

Entre les états de Sumatra , le royaume de Palembang est du 
premier rang, et occupe la partie de cette ile qui est entre les la- 
titudes 2^ et 4** 3'. Ses limites sont, vers leN. et l'K, les détroits 
de Banca; du côté de l'O. et du S.-O. , les chaînes des mon- 
tagnes qui séparent l'état de Palembang de Bencoulen et dépen- 
dances ; du côté du N.-O. , il confine avec les domaines du file- 
rait de Jafnbee. La rivière principale, sur laquelle est bâtie la 



ei Siaitsiique. 2Sg 

tSIe àt Pfttembaiigy et qa'on appelle Moust^ traverse U contrée 
entière', et prend sa sonrce dans les collines de Bencoolen. 
Tontes les antres rivières se déchargent dans le Mousi, qui Ta se 
jeter dans le détroit de i'tf/ura par diverses embouchnreslescpielies, 
sons les dénominations de Sali, d'Open, de Sœsmng et de Pon^. 
tian^ se séparent de la rivière Mousi^ aa*dessoas de la ville de 
Palemhang. Le Soesangent le pins prompt et le plus sûr moyen de 
commerce avec la ville capitale. Le village de Soesang est sitné 
près de rembtmcbure de la rivière, et il est gouverné par un 
Demang qui doit rendre compte de tous les navires arrivés au- 
dessos de 80 tonneaux. Il procure des pilotes pour accompa- 
gner et diriger la course des bAtimens jusqu'à la ville de Palem^ 
bang. Du côté du N. et de TE. , on parvient à cette ville par les 
rivières que nous avons citées. Toute la côte de Sumatra^ vers 
le détroit de Banca , ne présente auk yeux que des marais et des . 
bocages. De Soesang à Palembang^ on rencontre très-peu de 
villages^ et tous mai bâtis. La rivière Soesang abonde en AlU^ 
gaiorSf qui souvent attaquent les PantjaUangs ou petites bar- 
ques, et dévorent les passagers. Ces barques, qui sont particu- 
lières à Palembemg y%ontà\i reste très -commodes pour voyager. 
Eyaausstuneautre espèce de barques appelées biduA^ qui servent 
à transporter les bagages. Le sultan en a une de cette espèce ap- 
pelée Naga ayant sur la proue la tète en bois du dragon fabu-» 
leax Naga. Les rangs des babitans sont distingués par les orne- 
mens et les décorations de ces barques , comme dans tous ies 
pays malais. La ville de Palembang est bâtie sur les deux bords 
delà rivière Mousi qui , dans cet endroit, a plus de laoo pieds 
de large. Plusieurs maisons sont construites sur de grands ra*< 
deaux de bois ancrés près des bords, et qui s'élèvent et s'abais- 
tent avec la marée. Derrière ces maisons, il y en a d'autres bâties ' 
sor pilotis : lorsque la rivière est dans sa plus grande hauteur, 
elles se trouvent complètement isolées. D'autres sont bâties sur 
terre, à côté des ruisseaux qui coulent dans le Mousi, Le palais 
du suiUm est d'une structure magnifique , construit en briquet et 
entouré de murailles. Les maisons des principaux ha.bitans sont 
très-commodes sans être élégantes^ Les habitations du bas peuple 
sont formées des mêmes matériaux que celles de tous les peuples 
Malais. Il n'y a pas plus de trois ou quatre maisons qui aient 
conunnnication les unes avec les autres. De l'une à l'autre extré- 
mité > la ville de Paleinbtmg a au moins deux milles de long sur 



leé dem bbrds ée la miteev 8a p<^MilAlîen esl d'environ s&,90b 
habitMis^ y coinpris lès Amb^» et les Ghinûts. Le oonameree. de 
Pmlembangwt Skit ffor lek Arabes» le& Chinois et lefl nalonl», «vee 
Japà f Malùcea, BtÊntai Pûwftg, Rbio^ et tonte la eéle de ItO^ de 
MorHéo. Les iaportations printipâleà sctat en draps de-kiiie, en 
torat autre article de êoton Tenant d'Angleterfe« ; en Aare^andi- 
ses du Bengale et de Madras ; en coiTre, en aeier , ei en toot objet 
malmflNctiiré de ces tnétanz. Ob importe anssi àa tàhé» de la aoîe 
àd iar'Ghnie y ûe» d^ogtkes, de la fiiieiice ,- d«eel ^t de^ draps de 
Jama* Les exportations consistent en poivre qu'on a|jpe]le ^- 
?tan et ladah ; en coton dont il y a deax. espèces. s l'ane appelée 
kaf>aSj et l'autre Aapokf en rotins, dont on eipcCrte-toiis les ass 
plus de 100,000 bottes; en sang de dragon, iippeU JararUmgf 
en hezowtn, appelé Âaminiat^^ et en dents d'éléphans. On iaA 
au^i un grand commerce en pondre d'or^ qui est. de denxicfaar* 
lités , l'mia dite rtmada^ on nouvrile > et l'autre touaÂf oa vieille* 
Le Sultan reçoit une certaine somilie pt>or diaqne isavife qak 
entre dans le port de Palemban^. La jonque cbâBOtse paie 
i5do dollars ; les plus petites paient 1000 dollars; les tiavires de 
Sialii defSo tonneaux paient 76 dollars. De tons les poris makàs « 
Pllleflibang est certainement le plus sûr pour les commercans, et 
le âiitfat régie soûs |ous les rapports. Ce port est -sous legenver* 
n^s^ei^t et l'autorité d*un chef naturel , nommé par le aultan af eo 
le titte de Shabudat. Tontes les quenelles entre les équipages 
dès vaîsséaus, et toutes leS|qnestions de commence sont jugées 
par ée iHagiitrat, assisté, dans les causes de haute importance 1 
par d'autres chefs anssi nommés à cet effet par le sultan. La )us^ 
tice est administrée dans la ville de Palcnsbang par le che^desfkzis- 
gerangs, ou juges , qui, d'après ses IbnctioBs, prend le titre de Pa^ 
ah. Tontes les ^faires d'état et selles qui regardent les personnes 
décédécB, ainsi quelescauseaeeoléstaatiques, sont jugées par le 
PangerangpunghoâàHiy qui rendues jugefaiens d'4iprès les lois*dli 
§h)f^an. Les amendes Miilt généralement modiques^ et lés empriaon- 
iiemeAs d'nne courte durée* La |peine infligée contre rkomicide 
peM être convertie en une amende; maw tout domestiq«e qui 
attj'àit tué son mettre est pdni de mort. Palembang est la sen&e 
grahde ville de^ domaines dn sultan. Dans la noblesse, les enâins 
du sulun ont le pretàter rang, et le fils ataé a le titre de Pmagé- 
Ttihg'éiatùu^ Totis les Pangnfnngf sonten général alliés par «on- 
MDgniniité à la famttlé royale. Âpre» tes Pa^èrangs vêenAAiit le» 



et StaiistiqOM. a6f 

M^miris', avec 1« lîtveft HÛYam : Tomuggmg 9 Bangi* # Dein^agj^ 
uiitgbke^» Ces inagisuai» sont choisit eatre tout les liabiunt. 
Dmis les proTiaees , les dith des villages sopt élus par le peuple 
eteonfinnés per le suha») ils ont les titres de Dupaiti^ Lura et 
Proaétùi. Les proviaecs de Palembang preiment leur dénomiiia- 
tÎQp des' rivières sur lesquelles où près desquelles elles sont sir 
tuées. U j a aussi dass rintérienr des domaines du sultan de Pa- 
iembang une espèce de peuples sauvages appelés Otnag-Kabu:^ 
^ a'oBt eammiinicatioa avec persoaQey inais qui ne font pas de 
mal. iU a<Hil an contraiee atUeaan coanmcrce , et voifti la mamèiv 
dont ail le fiât avMc eux* On apporte sur ]es lieux où l'on- sait «que 
ees peuples tirant , des dtaps » du tabac > et autres articles dont 
ib ont liesofo. ijt propriétaire de ees asarcba^dlseï» ppur donner 
à «ootiattre. ^pn'ii se aetire» lait uo gfand bruit avec un instru- 
ment. Alors les oaluMls arritent» et, prenant les eifets » y substi- 
tuent un bon éqidvaUnt en miel , cire et autres articles qu'ils re- 
cueillent dans leurs sauvages retraites. Kous terminerons cet at^ 
lîde en indiquant sommairement la population de ce pays. Elle s'é- 
lève A (dus de too,ooo habttans , dont aS^ooo dans la capitale , et 
75,000 dans les provinces. ( Aaiat. Joum.yj^Kf» i8a4* > p< a8. ) 

F. M. N. MoscATi. 

3 85. VoLLSTAIfDICE UND NEUE EaDBESGHaEIBUITO DE& VEttEINIG- 

• < , 

tbnStaateh von Nob dam eriea. Géographie complète et noii- 
Yclle des États-Unis de rAmérique; par G. Hassel. i vol. in-8^. 
de 1200 p. Weimar; iSaS. 

il y a plus d'un demi-sièele que Bnsching composa sa grande 
géographie V c'était un bon ouvrage pour son temps; mais^depuiSi 
bien des choses ont clvangé » et la géographie a été enrichie d'une 
ionle de connaissances nouvelles. Aussi en Allemagne,. en France, 
en Anf^terre^ partout enfin, on a cherché dans les derniers temps 
à redire les livres -de géographie d'après Tétat actuel de la science 
qui change tous les }ours, à cause da renseignemens nott- 
veaux qu'elle reçoit. Les Allemands, à qui les gros ouvrages ne 
iont pa^ peur , ont commencé un Manuel de géographie , dont 
le 17*^. vol. vient de paraître : ce voh est composé de xaoo pages 
d'impression compacte, et ne contient que la description des États- 
Unis. L'auteur, M. Hassel, aresserré dans ce gros volumeles prin^- 
cipales connaissances topographiques que nous ont prociirées les 
géographes américains et étrangers, ainsi que les voyageurs. Il a 



s6a GSgraphie 

profité des ouvrages du géographe allemand Ebeling , du gtanâ 
-ouvrage anglais de M. Warden , deslWres géographiques etatatis- 
tiques des auteurs américains Morse, Seyber et Pitkin.L'impression 
du Manuel était déjà commencée, lorsqueVanteur reçut des États- 
Unis l'atlas géographique, statistique et htstoriqae de Carey , qui 
contient les résultats détaillés du recensement de i8ao, ainsi que 
l'organisation nouTelle des états d'Obio, Illinois et Indiana . Il fallut 
refaire les feuilles déj^ imprimées qui traitent de ces états, et donner 
dans un supplément, les antres renseignemens nouveaux qu'on 
n'était pas à temps de faire entrer dans le texte. Aussi l'auteur 
pense , non sans raison , que son ouvrage est le manuel le plus 
complet de la géographie des États-Unis , tels qu'ils sont en ce 
moment. Il décrit les trente et un états et territoires qui forment 
la grande confédération , les subdivisions en comtés , de chacun 
de ces états et territoires;. enfin il fait l'énumération des villes, 
bourgs , et villages contenus* dans chaqu^ subdivision. C'est le 
travail d'un géographe savant et laborieux qui a soigneusement 
comparé les sources où puise ordinairement la géographie ; ce- 
pendant , si l'Amérique septentrionale continue de se peupler , 
de s'agrandir et de se couvrir de villes et de cultures , comme 
elle le fait depuis une vingtaine d'années , il est à présumer que 
M. Hassel sera obligé un jour de revoir et de redresser sa géo- 
graphie américaine d'un bout à l'autre. Suivant la coutume 
louable des savans allemands, l'auteur indique pour chaque état 
les livres et les cartes que l'on peut consulter ; et une table al- 
phabétiquf et complète, de i3opages> termine ce gros volume. 
Cette table fait voir combien les Américains ont de noms sem- 
blables dans leurardi'vers états : on y trouve vingt Fairfield^dix la 
Fayette sans compter deux Fayetteville, six Francfort, huit 
Lancaster, dix-neuf Monroë, quarante -deux Franklin et cin- 
quante-cinq Washington. Quelle confusion luiitra un jour^ lorsque 
tous ces lieux auront pris quelque consistance , et lorsque la poste 
a ura à expédier des lettres en quantité pour les nouvelles villes 
de la confédération ; on aura beaU recommander aux corrcspon- 
dans démarquer sur les lettres l'état etle comté, il est impossible 
que cinquante cinq Washington ne troublent pas les géographes, 
et ne donnent quelquefois aux commis de la poste de l'humeur 
contre le grand homme qui a laissé son nom à tant de villes et 
de villages. { Rev, EncycL^ janv. ida4 , p, i54. ) D-G. 



et Statistique., j65 

367. Statmtiqux ULTTiKkiKt, deft États-Unis cTAinënqite. 

DnDs l'étendue de cette république , on compte 5oq,ooo éco- 
liers qui suivent leg écoles publiques, et pins de 3oooo étndians 
daft^les écoles spéciales, où Ton prend Ses degrés. On évalue à 
laoo les éindians en médecine; à 5oo, ceux de théologie dans 
les séminaires; à plus de 1000 les élèves en droit; à s 0,000 les mé- 
decins ; à 6000 et an-dessus les légistes ; les lieux oonsacrés aux di* 
vers cultes , à environ 9000 , et les ecclésiastiques a 5oooo à pea 
près. Les patentes délivrées pour inventions utiles , découvertes 
et perfectionnemens dans les arts , sont estimées à 4,4oo envi- 
ron. La valeur des livres publiés ajinnellemenl, varie entre deux 
on trois millions de dollars. On compte un millier de gazettes; 
plus de 100 bateaux à vapeur, dont le chargement excède 
i4»ooo tonneaux^ naviguent sur le Mis&issipi. Les bàtimens amé- 
ricains marchent un tiers plus vite que les b&limens anglais. On 
compte 5ooo bateaux, 80,000 milles de routes de postes, et 
12^000 milles de routes à barrières ; 3ooo membres des légUls'» 
tores; aoo Tolumes d'actes divers livrés à l'impression. Parmi 
les médecins, 667 pensent que la fièvre jabne n'est pas conta- 
gieuse; 28 seulement croient à la contagion. ( Jmerican Paper g 
Week. Reg.^i*'. février 1824, p. 74.) A. D. V. 

388* MuLTiPLiCATioH Dxs pAPixxs-ifowKLLxs daus les État^ 

Unis d'Amérique. 

On publie maintenant dix-huit de ces feuilles dans Téfat seul 
de Connecticut. La plus ancienne de toutes , la Nouvelle Gazette 
de Londres, date de 1763, et compte , par conséquent, 60 ans 
d'existence. La population du Connecticut mont«nit, en 1820, à 
276,248 âmes; ce qui donne une gazette par iSoqq habttans , ou 
3ooo familles. U y aurait donc 3ooo souscripteurs en supposant 
un abpnnement par famille. En 1755 , il ne se publiait qti'une 
gazette dans le Connecticut , quoique la population de la colonie 
fût alors de i3o,ooo habitans.En 179$ , la population , étant de 
200,000 &mes, se contentait de quatre gazettes. Cet état compte 
aujourd'hui 28 imprimeries, et 11 recueils périodiques, indé- 
pendamment des gazettes. {The ff^eek,Regist,y i5 février 1824, 
pag. 89.) A. D. V. 

389. DxscaiPTioir nx la ville de Washington et ou Capii^ole 
ou PALAIS DU CoNGRis , extrait d'uue lettre de M. C. A. Busby^ 
La ville de Wnshington^ siège du gouvernement des États^ 



a(»4 Gé>graplne 

Unis d'Âmériqve, eststtiiée dans le <KstricC et Co&mdia. Sm 
^lieodva 0i| de lo onlie» çaarés, £lle ettdiviâée eadeuk partie» 
iaégaloft par U Pùtommc^ magmfique rlviière ^ù, dans cet «n^ 
drokyseparMige en deux branches, lesqnelfes «e cMipant^llK* 
qve à an^e droit ; ic tariminintennédiaire a été dioist, d!!apiès ie 
c<naeîl da otièbre général WashingtoBy fKMir le site- de la Titte 
fiatronale, 4|iû a> déjà, «ne popidaticui^ io,aoo kaltfteas. D'a-^ 
,près M.^ Biuby, pour le tomatr une.JMte idée de eotte ▼ille et de 
«es environs , il faut se te^anaporter au centre de la 'ville , sur 1» 
ooilinc du Capitole, d<mt k lianleur nalarelie est d'environ S» 
pieds. En dirigeant 4k oe point ia irfie ^ta» le S.-E.^ on aperr 
çoit 9 à la distance de denx nulles , laforteresae.élevée jur G;«€9t 
ieqf't Paint y près lea bords du Poiomaà^ où cette rivière a i|n 
mille de iargeur^et d'où eHe suit son cours en iigne droite jiis^ 
qu'à la TiUed'j^towiM^ra^, disante de bnit m Ulesr£n séjournant 
«n peu À droite ^ «n découvre , a nn mille de le forteresse , un 
pont de bois long de trois quarts de mille (anrec un pont4evis 
un centre) , et qm communique -avec la grande route d'Aiexan^ 
drie ; plus à droite étacone et en sÛTant ie cours de la rivière» on 
distingue le lïber Creek ^. quelques bàtimens épars sur le sol 
de cetdl métropole de rAm^ique. Pcui pen le nombre des é& 
iices s'accroît h la vue; riD^il se repose sur de beau:^ i^rbres, ei; 
ensuite sur la belle Avenue de Fensylçanie , qui se prolonge de- 
puis la colline du Capitule jusqu'à Thôtel du président- On ^uit 
des yeux en même temps une ligne de bâtîmens, à partir (ie 
celte colline jusqu'à Georgetown sur le Potomac. L'hôtel du pré- 
sident, entre le Capitole et Georgetown, est d'une belle archi- 
tecture et dans une situation pittoresque , entouré des villas des 
principaux habitans. £n se tournant vecs Alexandrie, on reconnaît 
la rq^te de Baltimore; si les yeux se dirigent sur Georgetown , on 
aperçoit le Navi-yard et un grand nbmbre de maisons. Du Capitole 
dans cette Ndirection , la perspective se termine à un pont de bois , 
long de 990 pieds anglais. La ville de fFashington est à la dis- 
tance de 5oo milles de Boston , 248 de New-York , x44 de Phi- 
ladelphie ^ I^^ de Baltimore ,. i^Z de Richemond en Virginie, 
a3» de Halifax , de la Caroline du Nord ; de 63o de <lharletown 
de la Caroline du Sud ; 194 de Savannahy dans la Géorgie. Le 
Capitole , ou la Chambre du Congrès , est un édifice d'une belle 
structure; il a 348 pieds de longueur; tme pierre ordinaîre de 
couleur jaune, très^fbrte et très-solide., en forme les mnr!& à 



el Statistique. 26S 

l'es^érienr; J'intériei» «^ ée bii^ee; ie rex-de-cbaussée est en* 
tiérement ocç^pé'pn !«» Iiummix , «seepté la Cambre ténato-» 
riale; 1 étage inférienr sert de satle d'andience du tribtlnal sti«> 
préme des ÉUkN<4I»ia;-Iji diambre des reprëseDtans peut con- 
tenir .de aoo- à 3oo «iieinbves. Lcsi€<4««mes qui sttpfMMeiit la 
irott^e sont, d'une pierre 4iu'im AiipeUe- marbre de Potpma&^eï 
d*an bel effet ; les chapiteaux sont en marbre statuaire , oîsel^ eit 
Italie , sur le modèle de ceux du monument chorégique de Ly- 
siçnit€kJthénes>h*eiiltMement correspond ayec les 'colonnes , 
elle plafond est yoùlé. Derrière )e siégé du président, on Tott 
UQe belle statué de la liberté , avec un aigle américain , et les 
autres .emblèmes nationaux. Le cAté opposé du Capifole forme 
la chambre sénatoriale «d'une lurcbitectuse très^égantv, mais 
inférieure pour la grandeur à la chambre des représentan4> 
Le përystHe est composé de colonnes en marbre d'ordre ioniqpe 
et corinthien^ et d'une très-belle exécution. Le grand vestibule/au 
centre du Capitole, a environ loo pieds de diamètre; il est sur- 
monté d'une coupole. La bibliothèque est grande et belle, et elle 
«t ovrerte à tous les membres du Congrès. [Month, Mag, , no^ 
veiabve i8si3 , p. 194.) ' Moscati. 

390. Note statistique sua Cincinnati. 

La ville de Cincinnati, aux bords de l'Ohio, contient, d'après 
le dernier recensement, ii>4i7 habitans , dont ft|iooblanesxnà- 
les, de l'âge de ai ans et au-dessus. Au mois de juillet dernier 
on a commencé à construire 100 maisons en briques , de deux 
à trois étages. [Joum, Gen.de la Litt. Étr.^àéc. i6a3, p. 379.) 

391. A STATISTICAL ANQ COMXE&CXAL KlATitAY QV TH« XUreOOlf 

OF GuATiMALA in Spanîsh America , etc. Histoire statistique et 
commerciale du rojaame de Guatimala dans l'Amérique es- 
pagnole , par D. Domingo J^Aaaos; trjid. par J. JB^ailky. In-8. 
avec cartes. Londres: i8a3. 

De toutes les provinces de i' Amérique espagnole celle de Gua- 
timala est la moins connue. Ce n'est que dans quelques anciens 
auteurs espagnols et dans Aloeoo qu'on a pu recueillir jusqu*idi 
des renseignemens sur ce pays. Cet ouvrage, dont l'auteur est nn 
natprel de Guatimala . ren£erHi>e un grand nombre de détails his- 
toriques fort précieux, et beaucoup de notices statistiques inté- 
ressantes. La première partie contient la description géographi- 
que du royaume , et la seconde , son histoire. I^es deux cartes re^ 



-aâfi Topograp. , Géod. , etc. ^^ Plans et Cartes. 

prësentent, Ttfne le réjanme 'de Gaatiinda , Tautf e le plan delà 

baie de Salvador Jiqaili8Co.(/oif/7t. Gén. delà Utt. Étr.^ déc. 

iSaS, p. 463.) 

393. Mexico. <— lïoyv sTATisTiQirs* 

D/a|irè$ un dénombrement ofteîd fait an mois de jntUét der- 
nier, la population mâle de la Tille de Mexieo est de 76,006 in- 
dividus. 

TOPOORAPBIE, GÉODlSIE, ARPENTAGE et NIVELLEMENT. 

}93. Uebk& HÔHKirMSSsviTGSir ditrch das Barometer. Nouvelle 
méthode pour mesurer les -hauteurs par le baromètre. Par 
J. J. LiTTBOw , professeur d'astronomie, à Vienne. In- 4- Prix, 
I flor. 12 kr» Vienne; ifta3;' WalHshauser. 

394* Proposiïxoki di geodrsia elementare. — Élémens de géo- 
désie. Par A. BoRDONi. Ib^8. avec pL Prix, 3 lire. Milan; 
iSa3;Gîu8tL 

Cet ouvrage contient 141 problèmes choisis parmi ceux qui , 
depuis 5 ans , ont fourni le sujet du cours élémentaire de géo* 
désie de Tauteur à l'université de Pavie. (/okati. Gén* de la LùL 
Etr, , déc. 1823 , p. 358.) 

PLANS ET CARTES. , 

395. Carte «éherale^de i.*£urope en 1824* Par A. H. Baui, 
géographe de S. A. R. Monsieur, i feuille de i pied 6 pouces 
sur I pied i pouce. Prix ; 7S c. Paris ; janv. 1824; chez l'au- 
teur, rue des' Maçons^Sorbonne, n^ 9. 

L'auteur, jaloux de perfectionner son atlas Universel et de le 
tenir au courant des connaissances géographiques, a fait, sur la 
carte d'Europe, des changemens dont nous allons signaler les 
principaux: i^. l'étendue et la configuration de la mer Noire ont 
été tracées d'après les travaux et reconnaissances hydrographi- 
ques du capitaine Gauthier ; 2^. l'Archipel et tontes les côtes de 
la Turquie d'Europe et d'Asie ont été^rectifiés d'après les recon- 
naissances des capitaines Gauthier et Beaufort; 3^. la géographie 
physique des montagnes a été mise en harmonie avec toutes les 
autres cartes de l'atlas, dont la discordance jadis se faisait par- 
fois sentir à l'oeil. 

Cette carte est aussi mieux gravée et plus nette que celle de 1820^ 
qu'elle est destinée à remplacer dans l'atlas. Sueur -M erliit. 



.Plam et Caries. tErj 

: 396, NOTrYSt ATLAS DB LA Fkavc*^ etc. Les Uois.dil|MirtanieBs 
contenus dans la dernière liv« sont rfiure^ les Denx^-Sèrrcs et les 
Landes. Le texte est imprimé en quatre colonnes , dont deux de 
chaifue càU de la aute. (Yoy^le Bulletinàcmns demier,,p. 1.94^ 

397. Atlas Frakçais ; par EuciNE de Beauyillb et L. A. Paui«« 
M lEE. i'*. lÎTr. 3 f. ( Voy. le Bulletin de jan'vier dernier, p. 5o.) 
T^^» 74 y départ, de Seine-eC-Mamé divisé en 5 arrondisse- 
mens et 99 cantons, lithog. par les auteurs. — 1^^. 27 , départ. 
d'Eure-et-Loir divisé en 4 arrondissem^ns et en a4 cantons « 
par idem, • — N<>. 8, départ, de TArriége divisé en 3 arrondis- 
mens et en 20 cantons, par idem, Paris; Paulmier, rue de 
Yaugirardyn^. 90. 

B98. if TABLissEXEÎfT DU GifoEAMA , luveuté par M* Delakolaed 
père, et exécuté,.au coin du boulevard de la Chaussée d*Antin 
et de la rue de la Paix , n^. 3o , sur les plans, devis et dessins 
de M. Cbatelain, architecte. 

Description. — Le Géorama consiste en une sphère creuse de 
40 pieds de diamètre , au centre de laquelle s*élève un escalier 
en spirale , donnant accès à trois balcons circulaires et isolés , 
dont l'un sera placé à la hauteur de l'équateur ; un autre vers les 
régions du nord, et le troisième vers celle du midi : de ces gale- 
ries ou balcons , le spectateur embrassera , presque d'un seul 
coup d'œil la carte générale da monde , qui sera peinte sur les 
parois intérieures du globe , et dont l'exécution est confiée aux 
aavans et aux artistes les plus distingués. 

Au bord des balcons se trouveront des verres grossissans , 
à l'aide desquels on pourra apercevoir jusques aux plus petits 
détails. 

Ce globe immense recevrais lumière extérieure f^Aes moyens 
ingénieux et nouveaux. 

Les accessoires sont exécutés avec le plus grand soin. 

Utilité du Géorama^ — • Le Géorama offrira à l'œiL Timpor- 
fance des possessions de. chaque puissance : les nouvelles décou- 
vertes que font les voyageurs et les naturalistes y seront expri- 
mées; les armées et les flottes des diverses puissances belligérantes 
y seront figurées, et suivront chaque jour les mouvemens annon- 
cée par les nouvelles officielles : en un mot cette carte sphérique 
présentera journellement ce qui peut intéresser les voyageurs. 






a68 Piansfet Caries. 

Jes ràflitotres, les tnaritis, les cemaierçané, les <lip}Qiiuite^,* et 
toutes les pet^oimes curieuses de s'tnstmire. t 

Un démonstrateur fera au public Tesplicatton de tout ce <{iic 
le Géoroma offrira de curieux. ( Exilait du pfoêpeettts» ) 

M. Dupetit-Thouars, de l'académie royale des sciences, eut l'i- 
dée^ enf 179^ , de construire aux fies de France et de Bourbon au 
panorama de ces iles , appliqué à la géographie et à la' géologie. 
Les connaissances |\^'écieuses qu'un séjour de plusieurs années 
lut avait procurées sur la géograpkie, et. la rectification qU^fl fit 
des cartes de ces fies, semblaient lui en promettre le succès ; néan- 
moins ce projet ne fut pas mis à exécution. 

M. belanglard, enfaivéntant ie6éoratna,a généralisé cette idée, 
qui doit être ainsi appliquée au globe que bous habitons. Son 
projet, qui p'a aucune analogie avec les panoramas et diorantias^ij^ 
ayant été proposé par lui à la Société de géographie^ .dans sa séan- 
ce du 17 mai 182a , il y fit également lecture de son méinoh*e , 
et la commission centrale en ordonna le dépôt aux arclÛTes. Le 
5 juillet suivant, il obtint, par ordonnancé royale, lin brevet 
d'ÎBventÎM. 

Nous formerioBs sans doute des inceux cardans .pour le soecçs^^ 
cette «ntveprise , qoitprésen&era èoujours a« public .up iftJttrai^ ide 
plus ponr la cuviostté^ si son utilité, telle^'elle eâtearposée da^sje 
prospectus, nous «tait évidemment démontrée » et si , d'un aaUte 
o6té, nous pouvions croire à la parSaite esbécoùoiï mathématique ^X. 
géognt^ique de ce globe concave, qui, en ra^oo de&eis dimemioas 
et des nombreux élémens qu'il doit contenir, dok servir à donner 
des leçons de toutes les sciences qui sç satiai^ent 41 la cedùuiis- 
sance de notre planète. Lorsque ^nous entendons , .au sein de 
rinstitiit , le profonfi et savant explorateur des àndes et du Nob- 
veau-Monde (2), déclarer que « la vie d'un seul homme ne satffir^Kif 
» p€^ pour ta composition d'un àtlàs umpersel^ w fait ar^ee « cette 
u discussion approfondie et détaillée des élémens. que. d'o» ejpige 
M dans les travtnus entrepris sur la géographie d'un seuLpays; » 
ne devons-nous pas appréhender qu'un travail aussi immense 
qu^ £eltti dont -il s'agit n'atteigne jamais., ^u du moins d'ici à 
lottg-tetti|>s , sous les rapports scienti^ques , la. ^eiiCeetion ê4»t' 

» ■ ' jH -i !■ . m . ■■ ■ » m f , , npiiT-i f . ■ I II I « j I 1 , 11 y; y Ty ■■ >i n m I ^ Il ■!■■■■> n 

(i) Et moins epiïore avQc le Ço^^ioij^qf^^ e\ le l^olyoranuiy 9U 
ao,Qaa, 789,888,000 vi^es piltoresgues. 

(2) Rapport fait à T Académie des sciences , par M. le baron Alexan- 
dre de Humboldt , slance du 19 janvier' 1824. 



Plam et Cottes. ^ùg 

wMc^C^^e iMedàé tmlt«fint neMTA bioii stinlie (pw parle» vé-- 
vttafekM géographes d« ptofeMÛm, qiit disetaeel des partes avec 
»qtiiM i î»a n cede éaiM (i). 

• L'iatérél que aons |lortons aux proyès dea seienees géogra* 
phiqueVf et reDCoimigemenI que l'on doit à toute invenlion, 
tonqn'eUe est conçue dans utt but d'utilité, nous font délirer 
dès à présent d'avoir émis notre opimon en faux prophète. 

399. Plan topockaphxque des environs de Cadix , dressé 
par L« A. Paulmiee. Lithographie par Tauteur. x8a3. Échelle 
à^ TZTsr ^u ' décimètre pour 5ooo mètres , répondant k 
4 pouces pour ao'oo toises. Une feuille de a pieds, sur un pied 
4 pouces 9 lignes; 

Ce plan^admirablcmeut lithographie, riche de détails topogrà- 
phiques qu'on ne trouve pas dans ceux qui ont précédé sa publi- 
cation, est d'une très-belle exécution. La nature elles mouvemens 
du terrain y sont tellement bien rendus, que nous n'hésitons 
pas à le signaler comme pouvant servir de modèle de topogra- 
phie, n renferme dans ion étendue les positions et les environii 
de Kota, Puerto de SanU^Maria^ Puerto Real, la .Islo , -Sainte- 
Augustin, l'arsenal de la Carraca, les établisselneDS. de Trdca- 
4eroj San Fernando, Chiclana, etc. Nous avons remarqué seu- 
Jement que la nouvelle ville de San Carlos n y était pas figuré^. 

Une légende explicative des retranchemens et des batteries 
des Français en 1810, 181 1 et i8xa, fait connaître le nombre et 
le calibre des canons, obusiers et mortiers qui les ont servis. 

Susua Mealin. 

400. Atlas du eotaume de DaNemaegk. Oi>ersigt over det Kon- 
gelige Danskê yidemkmift Selsk, Forhandlwger ^ Pf p^- 
OErsted. 

En x8i5, la cdnttifssioh de Tatl as géographique du Datiemàtck, 
prise dans le sein de la société Royale deâ -sciences, était composée 
de ramiralL5weB6m,dueommandant-eapitaineWleugel,du ^Con- 
seiller d'état Woiff, des professéursDegenet01ttfsen;rin8{>ec^eur 
Brnin ftttnonUtoélnspfuteurenchefde ee bureau 'géegraphi(|ue. 

Depuis te temps où l'atlas du Danemarck a été commencé, Tart 
d'exprimer smv - les dartei les diverses qualités et .lès modifica» 



mim^ 



(i) Le nombre |iVii est pas grand. 



a 70 Êccfnomie piMiqae. 

tions da terrain à été porté" à Qiie grande perfeefîoa;^ «n eomé^ 
quence il a commencé le^ cartes du Holstein sur vn nonieau 
plan et en a confié la direction au professeur Schnbmaeher. Le 
roi est yennau secours delà société royale des sciencespour que 
ce travail fût exécuté avec tout le sotn possible. La carié générale 
du Jntland septentrional , à laquelle On a tra vaille x^us de 10 ans, 
a été mise au jour. La carte de Slesvig est entre les mains du gra* 
veur, et on fait des levées de terrain en Hobtein^ pour achever 
la carte de ce duché. 

401. A New and Improved Map of Iitdia. Nouvelle carte de 
l'Inde , dressée d'après les derniers documens, et gravée par 
J. Walkzk. p. 16 sh. Londres. [Montk^ Jlf^:/^., mars , p. i55.) 

40a. Cba&tb von Mexico. Carte géographique, statistique et 
historique du Mexique. x8a3. Inst. géograph. de Weimar. 

Cette carte y dessinée d'après celle de Humboldt, de Lapîe 
et d'Arrowsmith , embrasse toutes les parties des anciennes pos- 
sessions espagnoles dans les contrées de l'Amérique. ^Journ» gé- 
néral de la Litt, étr. y décembre 1828 » p. 365. ) 

4o3« Charte von Peev. Carte géographique, statistique et his- 
torique du Pérou* i8a3; inst. géogr. de Weimar. 

Cette carte contient la nouvelle division du pays en sept inten- 
dances, savoir: Truxillo, Tarma, Lima, Guancavelica , Gua* 
mango , Cuzho et Areqnipo. ( Joum. général delà LUt, étr, dé- 
cembi'e 1 8a3 , p. 365. ) 

tCONOMIE PUBLIQUE. 

404. RiIsuMi DE TOUTES LES EXpiEiBNCEs faîtcs poDT coustatcrla 
bonté du procédé proposé par M. le comte Dejkan pour la 
conservation illimitée des grjiins et fiirines, rédigé par M. le 
chev.STE.-FAEE-BoN TEMPS, avec cette épigraphe : ilf or etjru- 
mentis labor addilus..^. Virg. Georg., lib. i , v. i5o. In^, de 
40 p. Parb; mars i8a4; Bachelier. 

L'un des plus terribles fléaux qui puissent affliger on peuple 
est sans contredit la disette réelle ou factice des grains, son pre- 
mier aliment, et de tristes expériences «mttrop prouvé l'insoffir 
sauce des importations que tant de causes peuvent contrarier 
au moment même des disettes. Les greniers d'abondance rejetés 



Économie paiUque. 37 1 

pir on giand nombre d'économbtes , offrent ane ressource plu» 
assurée , si l'on peut trourer on mojenpeu &pendieiix de con» 
senrer long-temps le gtein. CesapprOTisionnemens de rëserre, 
faits loTsqae le blé est à bas prix, auraient alors le triple avan- 
tage de provoquer une bansse , qnand elle est utile au cultiva- 
teur , et de suppléer ainsi les effets de l'exportation , de remplacer 
efficacement le bienfait souvent é<|uivoque de l'importation, en 
alimentant le marcbé à l'instant du besoin, et de prévenir la disette 
en engageant les spéculateurs à vider leurs greniers. Les greniers 
de réserve deviendraient ainsi les meilletvs régulateurs, les ré- 
gulateurs constansdn prix du blé , et de la subsistance publique. 
L'économie kabitnelle sur les frais de l'appovisionnement pour 
la snbsbtance des armées de terre et de mer et les ctablîssemens 
publics serait un bienÊiit de plus. H y a bien une condition essen- 
tielle pour que l'on puisse jouir complètement de ces avantages, 
et l'on sent que laûicilité et le bon marché des transports sur tons^ 
les points sont cette condition. Toutefois, en plaçant convena- 
blement les greniers de réserve, o^ pourrait encore diiminuer de 
beaucoup les obstacles qui naitraieht d'iue circulation incom- 
plète et difficile. 

La grande difficulté était donc de trouver un moyen de con- 
servation certain et peu coûteux \ c'est la solution de ce problème 
qu'annonce l'écrit dont nous rendons compte. L'obstacle à vain- 
cre était le contact du grain avec l'air extérieur , cause unique de 
détérioration. Les tentatives faites jusqu'à présent pour trouver 
un récipient conservateur imperméable^ ou inaccessible à l'air 
extérieur , n'avaient pas été coqiplétement benreuses. Les silos 
ou fosses conservatrices n'en garantbsaient pas entièrement le 
blé, dont une portion quelconque se trouvait toujours atteinte et 
sacrifiée à la conservation du reste. Le résultat des expériences 
faites pendant quatre années consécutives par les ordres et sous 
la direction de M. le comte Dejean, parait, d'après l'exposé que 
nous avons sous les yeux, avoir résolu le problème. Si les faits 
et les calculs du résumé que nous analysons sont exacts , c'est à 
l'aide des silos métalliques que Ton pourra désormais conserver 
* les grains pendant un temps iOimité. 

On a fait construire trois cuves ou récipiens en plomb, coulé 
sur pierre , et de deux millimètres d'épaisseur. On leur a donné 
i» forme cylindrique, pour obtenir la plus grande capacité sous la 
moindre surface. Ces cuves ont été livrées à toutes les chances 



/ 



possibles d'altération, Time dans une 43 hskmbre exposée «9 midi, 
l'autre à l'aii: libre ^ sous un ^aagaruMtvert^ ta demicfre dmti uile 
cave exposée constamment k une chaleiu buibîde e€ dévl la tem- 
pérature se maintient dan& certaine parties à 36 degrés dé Kéàui^ 
mur; les parois latérales et les conTercles dei oordii avaient été 
soudés avec un soin extrét|ie^ condition sine quâ non pour 
l'imperméabilité. Tous nosleetenrt^ ponr un objet d'intérêt aussi 
grand , voudront cberoher dans le résnmé même le détail des 
expériences pendant les 4 années^ et a rexpîmtio« de ee terme. 
Le résultat qu'il nous sul&t dludiqucr , a été , à celte époque de 
Fouverturede ces trois cuves, te &5 novembre i.^), le e»a¥to- 
.tion pleine et entière qne le gi^ain , mène leblécfaaraiiçoiiné en- 
fermé dans l'une des trois ^ avait résisté à toutes les épi«tiTes> et 
s'était conservé intact et avec les mêmes poîdé. La certitude de 
l'imperméabilité des silos méialiiques ^ et de la (^oBServatiotl illi- 
mitée dès grains par ce moyen^ «ft donc acquise. <£tie est recon- 
nue même par le rapport fait à la Société d'eneoufagement pour 
l'industrie nationale p par M. le comte Lasteyric^ quoique ce sa- 
vant ait rejeté comme trop dispendieuse l'application géné- 
rale du procédé, et qu'il ait cru devoir indiquer, par ce motif, 
comme préférables a tous les autres » les silos construits à l'hèpital 
St*Louis.. 

M. Ste-Fare-Bontemps oppose à celte conclusion rigoureuse, un 
exposé raisonné des procédés à suivre pour la construction des 
silos métalliques^ un tableau synoptique destiné à servir de gtit<)e 
pour l'évaluation des dépenses , et un relevé comparatif des finis 
respectifs d'après ces données. (p« ft9 ^ ^7*) 

£n voici lès conséquences , suiveiit l'auteur* Le prix d« «létal 
ouvragé est auplusbaut d'un fir.ao c« le kilo. ; maïs chaque kilo, 
conserve toujours pour le propriétaire nue valeur intrinsèque de 
75 c. c'est-à-dire de 6% pour 100 des dépenses ^ et qull peut réa- 
liser à volonté, ce qui réduit ainsi en définitif les fie» a 38i pour 
100 de U dépense primitive» 

Le tableau synoptique indique, 1^. la quantité de mètres Cu- 
bes du silo, et pa^i: conséquent la capacité en hectolitres; a*. Id. 
en quintaux métriques; 3^. la surface mét^Uique; 4^. le plomb 
du poids. à employer; 5^. la dépense totale; 6^. fai valeur réduite 
par hectolitre; 7^ * la valeur intrinsèque du métal. . . 

£n calculant sur les données de ce tableau, hss frais de toû- 
struction des fosses, faites à l'hèpital St-Louis sont de 18 fr. 



Économie publique. 2j5 

10 c. par hectolitre; et en supposant ces frais rédatts an plus 
bas, de 9 fr. 60 c, ceux* de construction d'un silo métalliqiiCf 
contenant 10 hectolitres de plus» ^e sont que de 6 fr. par hectol. 

Un entrepreneur ayant prpposé de construire des fosses 

semblables à celles de Thôpital St.-Lcmb, pour 5 fr. 17 c, l'ai»- 
tenr du résumé répond que , dans un cas à très-peu près sem- 
blable, la dépense id'un silo métallique n'excédera pas 4 fr. 5o c* 
par hectol. Ce résultat une fois bien constaté; les avantages 
réunis du procédé de M. le comte Dejean sérient , i ^. la certi- 
tude non contestée d'une consenràtion parfaite et intégrale ; 
2^. la durée non limitée de cette conservation; 3^. l'économie 
de 67 c. par hectol., différence entre les i fr. 5o c, prix du silo 
métallique, et les 5 fr. 17 c, minimum du prix des autres silos; 
4*^. et enfin la faculté de recouvrer a tout instant 6% pour 100 
des frais d'établissement. La supériorité complète de ce procédé 
sur tous les autres serait donc incontestable. 

Il ne faut pas oublier que la condition essentielle de l'imper- 
méabilité conservatrice tient à la perfection des soudures pour 
les parois latérales et les couvercles des cuves métalliques^ et 
que la condition non moins importante de l'économie dépend 
en majeure partie de l'emploi strict de la quantité de métal in- 
dispensable. Dans les deux cas , la plus sévère surveillance sur 
les ouvriers est de toute nécessité pour prévenir des négligences 
ou des fraudes. M. S^^.-Fare-Bon temps n'a pas dissimulé l'é-- 
norme différence d'un huitième reconnue , lors de l'ouverture 
des cuves, entre le poids du métal à cette époque , et son poids à 
l'époque des fournitures. On avait livré 1,600 quintaux; on 
n'en a retrouvé que 1,400; il en avait donc été soustrait 200. 

Restent deux objections contre les avantages des silos , et 
même du silo métallique: l'augmentation du prix du blé emma- 
gasiné, et la facilité, pour les spéculateurs à la hausse, d'em- 
ployer un moyen sûr d'éviter les avaries dont la crainte pou- 
vait seule les obliger à. ouvrir leurs magasins. En supposant le 
plus bas prix du grain à 10 fr. l'hectol., et les frais dû silo à 5 fr. 
pour le même poids, raugmentation est d'un tiers en sus, pour 
le prix d'achat seulement. L'importation approvisionne à meil- 
leur marché. Mais , sans compter l'intérêt de l'agriculture na- 
tionale , la certitude de l'approvisionnement n'est-elle pas d'une 
haute importance , et , quant à la facilité de ce que l'on appelle 
les accaparemens , la concurrencé des magasins publics , tou- ' 
F. ToM«L '^ 18 



274 Économie publique . 

jours redoutable pour les spéculateurs, ne pourra-t-cUe pas, siu 
besoin^ les obliger à vendre? L'approvisionTienient n'& pas y en 
efTet , pour but de fournir complètement le marché ; l'objet es- 
sentiel est de déterminer une alimentation complète, en enlevant 
an spéculateur l'espoir d'une hausse. A. D. V. 

ioS^ Recueu. MiTBODiQ«7s ET BAisQiiiiÉ dei loîs e% règlemeos 
, sur la voirie y les alignemens et la police des coAStructioiis, 
. contenant un résumé de la jurisprudence du ministère de i'in- 

térienr et du conseil d'état 9 sur cette matière ; par D. H. B. 

Daveicne, sous-chef nu ministère de l'intérienr; i vol. iiH-8., 
, d'environ 5oo p. » prix 9 6 fr. ; Paris ; 18^4 » Madame Uozard ; 

l'auteur , rue de Gondé , n^. 1 9 ; Cariltan Gceury. 

L'auteur explique le but de ce recueil dans l'avis placé en télé. 
Il s'est proposé de coordonner enti'elles, mieux qu'on ne l'a fait 
jusqu'à présent, toutes les dispositions du Codcde la voirie épar- 
sés dans des recueils incomplets ou surannés , et en conséquence 
ïo, derapprocher les anciens règlemens d^ principes du système 
actuel , en retranchant ou rectifiant les dispositious^contraires à 
iiotre législation moderne; a^. de faire connaître la jurispru- 
dence de l'administration supérieure et du conseil d'état sur les 
iiombreuses questions que les lois n'ont pas formellement réso- 
lues ; 3^. de réunir aux règlemens généraux les règles particu- 
lières à la ville de Paris, pour fournir aux autres villes du royaume 
des modèles de règlemens qu'elles puissent se faire appliquer avec 
les modifications convenables. 

La 1'*. partie de l'ouvrage comprend les 'règlemens généraux 
sur la grande voirie et la voirie municipale; la a*, les règlemens 
particuliers à la ville de Paris. 

' Dans la i'^*. partie, le chapitre 1*^. traite de l'origine et des 
progrès de la législation sur la voirie, et de la compétence dés au- 
torités. On y trouve l'historique abrégé de cette branche de notre 
s$ystème administratif^ et l'indication des changemens qu'elle a 
subis , quant à l'attribution des pouvoirs^ 

Le 2*. chapitre développe les règles touchant les alignemens et 
les saillies, la confection des plans d'alignemens des villes et 
rexécution des projets arrêtés. 

Le chapitre 3 indique les prohibitions et les charges auxquelles 
la propriété particulière est sujette relativement à Tusage et aux 
besoins de la voie publique. ^ 



I 



Économie publique. 2jS 

' Le Êfaapkre 4 in^^ipie les })etnès prononcées pour fait de con- 
veatratlcfn-awL tèglemeoA, le mode de poursuites et les formes du 
ppHTvoi cootre les d^oisioqs administratives et les Jugepens des 
^dribonaiix. ... 

. Jje 5f. renferme ti^ntes les dispositions qui régissent les che» 
iniihs TÛci^aiix et le^ ^qyrs d'eau* J^a légiila tion relative aux chemins 
yici&aux devant .éti'e «incessanui^etit jrégnUrisée jit complétée « 
l'auteur s^est peu étendu sur cet objet. 

X^a a^. partie est divisée en^ chapltreS| dont le i^*^. concerne la 
grande voirie, administrée par le préfet de la Seine»' et le 2*^. la 
petite voirie , attribuée au préfet de police. 

Une table chronologique des lois , arrêtés et autres actes rap- 
portés dans l'ouvrage ^ et une table alphabétique et analytique 

des matières terminent cet utile recueiL A. D. Y. 

- " . . . • • 

40G» New insAS on population. Nouvelles idées sur Ja popu* 
lation , avec des observations sur les théories de Malthus et 
Godwin; par A. H. Ëvkr&tt, chargé d'affaires près la cour des 
Pays-Bas. In-8., p. ^4. Prix, 5 sh. br. Londres; i8a3 ; Miller. 
M. Everett a divisé son essai sur la population en chapitres 
et sections; il y traite successivement: i^. de la faculté multi- 
plicatrlce dans l'espèce humaine; 2^. des causes qui limitent 
cette faculté; 3**. de l'effet de l'augmentation dans la population 
sur l'accroissement du revenu, non-seulement pour les états, 
mais aussi pour les individus. L'opinion de l'auteur à cet égard 
est que l'augmentation de popualûon produit l'augmentation du ' 
revenu des individus par la division et la subdivision des em* 
plois , moyeii dont l'efficacité pour l'accroissement des pouvoirs 
productifs est reconnue. M. Malthus, en supposant que la popu- 
lation pouvait s'augmenter tous les vingt-cinq ans dans la pro- 
portion géométrique dei, 2,4)B,i6, etc., a prétendu que 
l'augmentation des produits ne pouvait au contraire excéder la 
proportion arithmétique de i, a, 3, 4 9 5, 6, etc. M. Everett 
combat cette opinion, et à l'exemple de M. Simond de Sismondi, 
dans ses nouveaux principes d'économie politique , il s'attache à 
prouver que l'augmentation de la subsistance n'^est nullement 
inférieure dans sa progression naturelle à celle de la population, 
ce qu'il établit surtout par des observations sur les progrès de 
la population et des subsistances dans les États-Unis, et parmi 
les naturels de l'Amérique du nyd. {^Month, Rev. Enc, , janvier 
'ip24, p. 60.^) " l\ M. N. MoscATi. 



aj6 Économie publique: 

(07. SuB l'ihvluihcx iMMiDiATB DBS BOIS telatWemeiit bu eoiir* 
des eaux , par Castellani (Biblioi» ItaL , àèc. i8b3 y p. 4o3.) 

C'est une lettre de M. Castellani , aatenr de l'onTrage sur le 
même sujet, au directeur de la Biblioth. italienne, en réponse i 
l'extrait de cet ouVrage fait par un anonyme et inséré dans les 
n^'. de mai et juin 1 8a a, suivie d'une réplique du même anonyme. 
Dans l'un de nos prochains n®'. nous donnerons im précis de ces 
intéressans débats. 

408. Rappobt sur l'état actuel nss Prisons dans les départe- 
mens du Calyados , de l'Eure , de la Manche et de la Seine- 
Inférieure, et sur la maison de correction deGaillon, présenté 
en octobre i8a3^ à S. A. R. M. le duc d'Angouléme , par 
M.Ie comte Barb^-Mabbois ; în-4°* de 34 p.; avec un état 
delà popidation des Prisons eu France. Paris; i8a4 ; Firmin- 
Didot 

Cet écrit si court et en même temps si substantiel , prouve de 
nouveau que l'importance et l'utilité dW travail ne doivent pas 
toujours être jugées d'après son étendue. Il prouve aussi l'intérêt 
que ne cesse de prendre à l'amélioration des prisons , l'auguste 
président de la Société royale fondée dans cette intention , et le 
zèle persévérant d'un magistrat vertueux et éclairé dans l'hono- 
rable tâche de la surveillance et des recherches qui doivent 
amener tous les perfectionnemens que réclament a la fois le 
bon ordre et l'humanité. 

On voit avec satisfaction dans cet intéressant rapport que y 
Dieppe et Cherbourg exceptés , toutes les villes des départemens 
visités par M. le comte Barbé-Marbois ont aujourd'hui des pri- 
sons mieux construites et plus saines. Les résultais de son rapport, 
quant à l'amendement moral des détenus , ne sont malheureuse- 
ment pas aussi satisfaisans. L'auteur' trouve les causes du peu de 
succès obtenu , dans la disproportion des peines à certains délits, 
2»i défavorable aux jeunes condamnés qu^un long séjour dans les 
prisons ne peut que pervertir, dans leur ignorance, dans les notes 
d'infamie qui rendent presque impossible aux libérés l'exercice 
d'une industrie utile, et dans la misère qui les repoussé |ers le dés- 
ordre. Une réforme du Code pénal qui restitue aux tribunaux cor- 
rectionnels la -connaissance des délits peu graves , et qui laisse aux 
juges supérieurs plus de latitude pour l'application des peines, 
les progrès de l'instruction pr Aaire , des mesures propres à pré- 



Économie publique. ^jj 

Tenir les délits par la Bmltiplicatîon dés ressources assurées i 
l'indigence laborieuse, tels sont les moyens d'amélioration dont 
le respectable antenr recommande l'emploi. La maison .de. déten- 
tion de Gaillon, qui renferme 1160 indÎTidus, dont trois ein^ 
qiiièmes d'hommes et deux cinquièmes de femmes» lui a. fourni 
des détails et des obseryations importantes. Ses réflexions sur le 
BM>ulin à marcher (tread-mill) , genre de peine et moyen de dis- 
cipline maintenant employés dans un très-grand nombre de 
prisons en Angleterre y n'ont pas moins d'intérêt. Les conclusions 
de l'auteur tendent à écarter de la France l'application de ce 
moyen comme aggravant évidemment avec beaucoup àe ri- 
gueur la situadon des prisonniers , et les exposant i des aecidens 
graves. 

La visite du Mont-Saint-Micbel , où les condamnés à la dé- 
portation pour délits <]its politiques subissent leur peine , donne 
occasion au -rapporteur d'insister sur la difliculté et même l'im* 
possibilité de trouver un lieu de déportation. Ces remarques le 
conduisent à des réflexions sur les colonies anginîses destinées 
aux déportés: « L'Angleterre, dit-il, couvrant l'Océan de ses 
» vaisseaux, l'Angleterre, qui a voulu dominer sur toutes les 
» mers du globe , a cru aussi pouvoir punir par la déportation , 
« ainsi que les Romains qui étaient maîtres du monde connu ; 
v mais le gouvernement anglais s'est trompé quand il a assigné 
» la liouvelle-Hollande pour lieu de déportation; i! a voulu ré- 
» primer les crimes , et peut-être il a donné des encouragemens 
9 aux criminels. Il ne fallait pas choisir une contrée 'douée par la 
» nature de toutes sortes 4'âvantages , et susceptible , par son 
» immense étendue, de contenir et de nourrir un jour cent mil- 
B lions d'habitans. Sous un autre aspect , cependant, cette er- 
» reur a été heureuse. Les Anglais ont , par un résultat imprévu, 
s fondé des colonies florissantes , où des familles estimées se 
» transportent avec leur fortune , et une autre Ëuz^ope com- 
a mence dans ce vaste continent. — Il parait que les Bermudes 
1» recevront désormais les coupables condamnés en Angleterre 
V à être déportés. » 

L'auteur indique ensuite , comme moyen principal de dimi- 
nuer les délits, rétablissement de colonies intérieures , qui of- 
friraient aux familles indigentes le préservatif le plus efficace 
contre la misère et le vice, c'est-à-dire la propriété et la cul- 
ture. Il rappelle les succès obtenus à cet égard dans le royaume 



3^8 Économie publique. 

des Pays-Bfts , tx intoqtfe l'esprit d'fefsiioelation qui troiiTeratt 
ainsi taxé henrébse t^ccâsion de déployer en France Une act^ 
vîtéutiiê. • . . . 

. Le nombre des prisonniers de tontes cTasstfs en France, était', 

au t^^janipier i8a3, de ; ^tfi^ 

Le nombre des forçats an bagne, à la même époque, de 10,408 

Total des prisonniers et forçats ..... 4iy3o7 

Ce nombre total donne à peu près z détenn sur 726 haln^ns. 
Les forçats condamnés à terme étaient , au i^'. octobre 

18^3, au nombre de 7^898 

Ceuj^ qui étaient condamnés à perpétuité , an nombre de 1,97 1 

Total. . 9,869 

La journée d*un forçat, terme moyen ^ coûte à l'état i fr. 2S c. 

Son travail est estimé à « . . * 46 c. 

C'est un peu plus du tiers de la dépense. 

Les militaires de terre et les marins condamnés aux fers pour 
insubordination ne sont plus confondus avec d'autres criminels, 
et subissent leur peine dans le bagfie particulier de Lorient. 

A. D. V." 

409.AK ACCOUNT OfFaEIS, AT THE CLOSE OFTflCE SEVEHTEB9TRCEV- 

TUftT, eic; Description de Paris à la fin du 17^. siècle y donnaat 
connaissaticedes édifices de cette ville, de ses bibliothèques, de 
ses jardins, de ses curiosités naturelles et artificielles, des mœnis 
et des corntames de ses babilans, de leurs arts et.de leurs 
manufactures , etc. ; par le docteur Màetin Lesïee. Bévue et 
augmentée d'une notice biographique sur l'aufeeur, de remar- 
ques et d'anecdotes historiques et littéraires , par le Docteur 
Georoes. HssifiNG. In-8. , de 2ip p. Londres; x8a3. 

Le voyage de Lister est curieux, et, s'il est rare en Angleterre, 
il méritait d'être reproduit ; mais je ferai k son éditeur plusieurs 
reproches ; il en a changé le titre pour en substituer un beau- 
coup trop long et trop fastueux. L'ouvrage de Lister est intittilé 
A Journejr to Paris in the year 1698 , hy D'. Martin Lister; 
c'est-à-dire. Voyage à Paris en 1698 , par Martin Lister. L'édi- 
teur a encore divisé ce voyage en chapitres. Ces divisions n'exis- 
tent pas daufi l'ouvrage original. Il a supprimé quatre planches 
qui contiennent une inscription grecque , deux médaiUoDS de 
Zénobie et de Yabâlatus, des objets d'histoire naturelle , dessi- 



hconomie publique^ 379 

nés dans le cabinet de Ptamier | et entre autres » le mollusque 
que Plumier croyait être celui qui produisait la pourpre des 
anciens; enfin , il s'est permis de changer et de rageimîr le texte 
de son auteur ; ce qui souvent le dénature* Les notes peu instruc- 
tives dont il a accompagné son édition ne sauraient compenser 
dea torts aussi graves , et la première édition du voyage de Lister 
ne se trouvant pas remplacée par la nouvelle, doit toujours 
être recherebée par ceux qui aiment à connaître un auteur, non 
d'après la manière d'un autre , mais d'après loi-même. W...a. 

410. ^OTE SUR LES lÉTABLISSEMENS D'iIfSTaUGTION PUBLIQUE DE 

GEiràvE. 

Les établissemens qui existent dans Genève, pour favoriser 
les études scientifiques , littéraires ou technologiques, sont assez 
nombreux , si on les compare k la petitesse de la ville , qui a à 
peine 33>ooo habitans* Nous les diviserons en établissemens pu- 
blics et particuliers ; mais on verra que dans presque tous , c'est 
l'intérêt que les particuliers 7 portent, qui en est le véritable 
mobile. 

% I . Établissemens publics. 

Le principal établissement d'instruction publique est VAcadé^ 
mie. Elle a été fondée par Calvin et Théodore de Bèze, dans le but 
de former des théologiens ; mais peu à peu elle a reçu de nom- 
breuses modifications , de sorte ^'elle est destinée aujourd'hui à 
l'enseignement des divers objets d'études, et à former des sujets 
pour la plupart des vocations lettrées. L'Académie se compose 
de professeurs ordinaires, qui sont salariés très-modestement 
par l'état, et de professeurs honoraires. La fonction de professeur 
est assea honorée dans le pays pour qu'il arrive fréquemment 
de voir les premiers magistrats quitter leurs places pour devenir 
professeurs, et pour que les professeurs honoraires s'engagent à 
donner huit ans de leçons gratuites afin d'avoir le droit de faire 
partie de l'Académie. Les professeurs ordinaires sont nommés , 
ou par une vocation individuelle lorsqu'ils ont déjà de la célé- 
brité , ou par des concours publics ; les professeurs honoraires 
sont nommés par une simple vocation; ils ont les mêmes droits 
administratifs que les précédens. 

L'Académie jointe, tantôt avec quelques membres du conseil 
d'état , qui ont le titre de scholarqnes , tantôt avec la compagnie 
des ministres du culte protestant, a la surveillance et la dijrection 



a8o Économie publique. ' 

générale de tonte l'iastnictian publique. Celle-ci m compoK 

Conimé^siiit : ^ 

i"- L* b»»e école , ou le collège , se compose de obec claues , 
doDtune de lecture, deux d'écriture, deox d'ortho^aphe et six 
de littérature ( latin , grec, etc. ). Dans les classes inférieures on ■ 
commencé à introduire les principes de l'emeigneinent monito- 
rial; mais l'oi^inisation générale oflbe, à cet égard, quelques 
difficultés, parce qu'une classe étant toute composée d'enfansdn 
même Age exactement , les moniteurs n'ont pas assez de supério- 
rité sur les autres. Cependant on a fait des progrès à cet égard) 
et il n'y a pljis que les trois classes supérieures de littérature qui 
n'aient pas encore admis ce principe. Le nombre total des enfan» 
qui reçoivent l'instruction dans ces écoles est d'environ 600 poor 
la ville. Une commission spéciale , composée de quelques mem- 
bres du gouvernement, de l'Académie, et du clergé catholique et 
protestant, surveille les écoles de campagne, qui ont fait beau- 
coup de progrès dans ces dernières années. 

2°. La haute école, ou les auditoires, se compose de quatre 
écoles ou facultés , savoir : 1°. celle des lettres où l'on entre en 
sortant du collège et où les le^ns se donnent par trob profes- 
«eurs pour les littératures grecqoe , latine et française , on la lit- 
térature générale, et un pour les mathématiques élémentaires; 
3°. celle des sciences, où seErouvent un professeur de philosopbie 
rationnelle, un de mathématiques, nn de pbjsique-mathématique, 
un de physique particulière et de chimie, un d'bistoire naturelle; 
3°. celle de droit, où trois professeurs se partagent ledroit romain, 
le droit civil , la procédure civile et criminelle , le droit pénal , 
le droit public, etc. ; 4°- celle de théologie , où quatre profeïseDis 
enseignent l'histoire ecclésiastique , le dogme , l'éloquence de la. 
chaire , l'hébreu , la critique sacrée , etc. Outre cet enseignement 
régulier donné par les professeurs ordinaires, il y a des cours 
de littérature grecque supérieure , d'arabe , d'histoire, de chimie, 
des diverses branches 'd'histoire naturelle, d'astronomie, de 
mathématiques supérieures, données soit par les ^^fessenrs ho- 
noraires , soit par les professeurs ordinaires. 

D.ins le collège, les écoliers sont encouragés par des prix, dis- 
tribués en grande cérémonie par le premier magistrat de la ré- 
publique, et dans la fête qu'on appelle des Promotions et qui est 
lians sont 
capacité; 



Économie publique. a8 1 

on lenr expose, à la suite de cet examen, ropinion que F Académie 
a de lear conduite, et de la direction qu'ils doivent donner à 
leurs traTanx ; nais on évite avec soin de les mettre en colli- 
sion d'axDour-propre les uns avec les autres. Les quatre fiicultés 
ci-dessus nommées réunissent environ i9o élèves, dont moitié 
environ d'étrangers. 

Les établissemens publics liés à l'Académie sont les sutvans : 

i^ La Bibliothèque publique ; elle est administrée par un co* 
mité, nommé par l'Académie et présidé par un des membres du 
conseil d'état. Deux bibliothécaires font le service journalier. 
Elle reçoit des fonds du g[ouvemement et une petite rétribution 
de ceux qui sont reçus bourgeois de la ville. Elle possède environ 
4o mille volumes. Elle est ouverte trob jours par semaine pour 
la lecture , et une fois par semaine pour le prêt des livres. Ceux* 
ci son^ ainsi prêtés à domicile à tous les citoyens et rfux étran- 
gers connus des administrateurs. Cette méthode du prêt des livres 
à domicile rend l'entretien de la bibliothèque plus coûteux , di- 
minue le nombre des achats , mais rend l'emploi des livres très- 
vsuel et populaire. Cette institution remonte aux temps qui ont 
suivi immédiatement la réformation. 

2°. V observatoire a été fondé il y a environ 5o ans , ft amé- 
lioré en dernier lieu : il est confié aux soins àt& professeurs d'as- 
tronomie et de physique, et entretenu aux frais de la caisse 
municipale. Il vient de s'enrichir d'un beau quart de cercle de 
Gambé. 11 sert non-seulement à l'instruction des élèves et à four- 
nir des moyens dé travail aux savans, mais encore à régulariser 
tout ce qui tient à la fixation des heures , chose importante dans 
une ville dont l'industrie principale est l'horlogerie. 

3^. Le jardin botanique a été fondé en 1817 seulement; le ter- 
rain et l'entretien annuel sont fournis par le conseil municipal. 
Les frais de fondation, la construction des serres , etc., ont été 
fournis par une souscription volontaire des citoyens ; il est ad- 
ministré par une commission nommée par le gouvernement , et 
qui est chargée de la direction générale. Le professeur d'histoire 
naturelle fait partie de cette petite adminbtration et est seul 
chargé de la direction habituelle , de la surveillance , de la cul- 
ture , etc. Ce jardin a pour but de servir à l'enseignement et de 
distribuer dans le canton les objets utiles à l'agriculture ; il ren- 
ferme 5 à 6,000 espèces botaniques, environ un millier de va- 
riétés de vignes , arbres fruitiers ou légumes. On donne des gref- 



/ 
I 



2^2 Ecottomie publiquiCf 

fcs, graines ou boatures.d'objets utiles à iceux qui les désirent. 
Le jardia , y copiprps les serres , est ouyeri tQUs les jours , sau€ le 
dimanche; sa garde est entièrement confiée an public, qui lé 
respecte avec un soin religieux. 

4^. Le musée académique a été commencé en i8i8. D com<- 
prend des collections commencées sur divers objets , et toutes 
fournies par les dons particuliers. Le gouvernement lui fournit 
le local et les frais d'entretien amiuel. Le mus^ée est admiîniatré 
par un comité composé des professeurs.relati£i aux divers ob^ 
jets qui le composent et de deux membres diftconseU municipal. 
Malgré la date récente de.soa institution , il Ibrme des collectioDs 
dé)a suffisantes pour fficiliter renseignement^ savoir : x^. un« 
cpllection de zo(^ogie assez considérable , et où Tou trouve 
déjà des objets remarquables , tels que l'élé^bant, la ^ale> 
le lion 9 l'argus, ete. > tous donnés par des particuliers; a^<^ une 
collection de minéralogie et géologie mrâis considérable que U 
•précédente/ mais où. se trouvent des objets précieux > tels, par 
ex^ample , que la suite des roches décrites par de Saussure , et 
provenant de Bon cabinet ; 3^. une collection d'iierbiers qui est en- 
core mal rangée , faute de place, mais où se trouve en particulier 
rherbi|r.que M. Haller vient de léguer à la ville de G^ève; 
4*^. une collection de médailles et objets d'antiquité ou relatif aux 
mceurs des peuples ; 5^. un laboratoire de chimie où se donnent 
des cours ; 6^ un cabinet de physique provenant d'un legs que 
M. de Chapeaurouge a fait au musée, et qui vient de recevoir 
une extension importante par l'acquisition que le conseil* muni- 
cipal a faite du cabinet entier de M. le professeur Pictet. 

S a. Ètahlissemens particuliers. Outre les.institutions précé- 
dentes, qu'on peut regarder comme publiques, on copapte dans 
Genève plusieurs sociétés diverses qui s'occupent de différentes 
parties des arts, des lettres ou des sciences, et qui sont toutes» 
fondées par les> particuliers. Les principales sont : 

1^. La société des arts, destinée à l'encouragement des arts 
utiles. ËUese compose de 3 classes qui, par leur réunion, forment 
la société générale, mais dont chacune a son organisation parti- 
culière. Ces trois classes sont celles des beaux -arts , des arts in- 
.dustriels et d agriculture ; chacune d'elles se compose de tous les 
souscripteurs qui se présentent et sont agréés par elle, et qui 
paient chacun une petite cotisation annuelle. Le gouvernement 
fournit à chaque classe une somme égale à celle qu'elle â pu se 



Économie publique ^ a 8 S 

proenférpar les sonécrîpdons individuelles. De' cette manière, il 
estassitfé'de ne donner ses fayears qu'à une association qnî mé- 
rite l'approbutian du public; et les classes , de lenr c6téy ont un 
grand intérêt à obtenir des souscriptions , puisque chacune 
d'elles lui taut le double de sa valeur. La classe des beaux-arts a 
établi depins' plus de 4o ans des écoles pour le dessin , soit de la fi- 
gure , èott des omemens , ce dernier objet étant nécessaire daâs 
une TÎlie de fabrique : elle a fondé une collection de plâtres des- 
statues antiques , et quelques autres analogues pour favoriser 
renseignement des arts du dessin ; elle donne des prix et établit 
des expositions publiques pour l'encouragement des artistes- 
Elle a institué depuis deux ans une société des amis des beaux- 
arts, calquée sur celle de Paris > et qui produit de bons résultats , 
surtout pour faire connaître les jeunes artbtes , et leur assurer 
de' l'ouvrage. 
La classe des arts industriels fait donner chaque année des 

« 

conrs d'arithmétique ratsonnée , de mathématiques élémentaires , 
de mécanique, physique ou chimie appliquée aux arts; ces cours 
sont destinés aux jeûnes artisans, qui paraissent en général en ti- 
rer de bons résultats. Cette classe ^occupe aussi par des prix , 
des instructions et des encouragemens , à diriger et favoriser Tin- 
dustrie dé la ville^ qui roule, comme on sait , principalement sur 
l'horlogerie et la bijouterie. 

La classe d'agriculture s'occupe à introduire dans le canton 
toutes les améliorations reconnues utiles. Elle fait visiter par des 
experts les terres de chaque commune, et donne des primes à 
ceux qui cultivent le mieux telle ou telle partie , en portant suc- 
cessivement chaque année son attention sur des objets divers > 
tels que cliamps , vignes , etc. Elle a placé dans divers points du 
psys, des étalons des meilleures races de bestiaux pour améliorer 
par des croisemens celles du paya , et récompenser par des prix 
ceux qui ont les plus beaux individus de chaque espèce. Elle 
publie un bulletin qui parait chaque mots , et qui a pour but de 
diriger les agriculteurs du pays sur l'amélioration de leur do- 
maine. Elle est presque entièrement parvenue à substituer en deu^ 
ans la charrue belge à la charrue commune du pays ; et cela , en 
la faisant manœuvrer publiquement en concurrence , et en en don - 
nant à bas prix une ou deux par commune. Les primes qu'elle 
donne sont en général des instrumens d'agriculture amâiorés. 
Ces trois classes se réunissent en séance publique une fois par 



^84 Économie publique. 

jiD , et le président de cbacuiie d'elles rend ua compte des tnwanx 
de l'année qui est publié ; cliaque classe est régie par un comité 
nommé fiu scrutin par elle*méme :^es membres de ce comité sont 
nommés pour 5 ans : s'ils montrent du zèle , ils peuvent ét^ 
nommés à vie , et alors ils font partie de la société centrale , .et 
deviennent par*là membres des comités des 3 classes. Tous les 
membres des 3, classes se réunissent une fois par mois en société 
fandlicre pour se rendre compte verbalement des découvertes 
qui peuvent être venues à leur, connaissance , et qui leur parais— 
sent intéresser Tiiidustrie du pays. ' 

a^. La Société de physique et d'histoire naturelle est consacrée 
aux objets scientifiques indiqués par son titre ; elle se compose 
de 4o personnes, se nomme elle-même et est entièrement parti- 
culière; chacun de ses membres la pi;éside à son tour. On j lit 
des mémoires et on y fait des rapports sur les différentes, 
branches des sciences. Chaque année , elle nomme une commission, 
qui choisit dans les mémoires lus , ceux qui méritent d'être im-i 
primés. £lle a publié deux volumes in- 4^* de mémoires qui pa- 
raissent par demi-volumes , et qui renferment déjà quelques dis- 
sertations importantes. Les directeurs des établissemens publics 
relatifs aux sciences, tels que le nausée d'histoire naturelle , le 
jardin de botanique et l'observatoire , y consignent chaque an- 
née un rapport sur les observations ou objets nouveaux que 
leurs établissemens ont pu présenter. La société dépose à son 
tour dans ces collections tous les objets qui Im sont adressés y et 
n'a aucune collection qui lui soit propre. 

3^. La Société de lecture a été fondée en i8i8. Elle se compose 
de 35 o personnes qui , en fournissant chacune une cotisation an- 
nuelle, forment un fonds au moyen duquel on se procure : i*\ tous 
les bons journaux littéraires , politiques et scientifiques des di- 
verses nations; 2^. tous les livres courans et d'intérêt général 
qui se* publient;. 3^. les bons livres de bibliothèque, à mesure 
que l'occasion s'en présente. Les sociétaires jouissent de ces livres 
soit en allant dans le local de la société, soit en prenant les 
livres chez eux , d'après des règles déterminées. La société est 
administrée par un sociétaire nommé par elle. Sa bibliothèque 
renferme environ 12,000 volumes; les étrajpgers présentés par 
un secrétaire ont la' jouissance de l'établissement pendant le 
temps de leur séjour. La société se compose de personnes de 
tous les états de la vie et de toutes les opinions politiques, et a 



.Économe publique. a85 

un foîn t^èft-rigonreux d'acquérir ks jonmaux et Imes de tons 
lespartîs. 

4^. La Société pour rinUruction de lajeunessey d'abord fon- 
dée 9 il 7 a environ un siècle y dans un bat parement religieux , 
Tient, dans ces dernières années, d'étendre son institution en 
formant plusieurs écoles d'enseignement mutuel qui ont très-bien 
réussi , et qa\ rÎTalisent^ sous ce rapport, avec le collège public , 
ponr le nombre de leurs élèves. Cette société est entièrement 
soutenue par les dons des particuliers; elle se compose de laïques 
et d'ecclésiastiques protestans qui sont très-zélés pour l'encoura- 
gement de l'instruction populaire. 

Je n'ai mentionné que les Sociétés qui, par leur importance, 
se sont presque levées au rang d'institutions publiques; mais on 
pourrait encore indiquer une Société littéraire, où plusieurs lit* 
térateurs lisent des moVceaux de leur composition ; une associa- 
tion pour former de bons che£i d'ouvriers de campagne, sur le mo- 
dèle de celle d'Hoffwyll; une Société de droit, où les étudians et les 
jeanes avocats s'exercent aux plaidoiries et aux discussions ; une 
Société de philosophie, où les étudians, voués aux sciences physi- 
ques et mathématiques s'exercent par des extraits d'ouvrages et 
des recherches spéciales; une Société de littérature qui a le même 
but, pour une autre classe d'études; deux Sociétés médico-chi- 
rorgicales, où les praticiens, voués à l'art de guérir, se font part 
de leurs travaux; et enfin quelques Sociétés qui sont des rami- 
fications de celles qu'on a formées dans la Suisse , pour établir 
des points de contact entre les habitans des divers cantons, et 
pour encourager Tapplication des connaissances au bien généraL 

DE Candolle 

4 II. GxvivE. Rapports faits à l'assemblée générale de la Société 
de lecture, les ao avril 1820, et i5 janvier 18249 au nom du 
comité d'administration, par MM. ue GandOlXiE et Cheneviâre, 
présidens du comité. 

Le rapprochement des faits exposés dans ces rapports fait 
connaître les progrès d'une société utile vers le but qu'elle s'est 
proposé. Ces progrès sont faits pour provoquer des institutions 
analogues dans les villes où l'on sent vivement le besoin de pro- 
pager l'instruction et la culture des diverses branches de nos 

connaissances. 
La société réunit dans son local : i^. Une collection des meil- 



^86 ÉcononUfi publique. 

leurs jonmanix des divers payB, au nombre :âe 71 ,^âdiit So en 
langue française, parmi lesquels 8 sont publiés hors de France ; 
^o en faingne allemande » dafni 3 sont origtaiiipes' dé la Suisse^ 
44 en langue anglaise > dont 3 sont publiés aun Étata^Ums; 6 en 
langue italienne, dont i paraît en Puisse , et a eti langue espa- 
gnole; 41^. une bibliotlié^^ alimentée pardès dons TQlontaires 
et par des adiats de livres que Ton prête aussi à domicile. ^Getle 
eollectiott , qui ne comptait en i8ao que 5|8oo TOliimes-environ , 
en compte aujpnrd'hui la^ooo. Le cataloguer raisonné dealivr«s 
•qu'elle renftraie est de 14 f. d*impressM>n; 3^. nnê'coUéction de 
cartes géographiques et de tableaux statistiques. Le noinbre des 
sociétaires éuit en i8ao de 240. Il Vétevait an i 5 janvier der- 
nier^ à 35o. Les recettes du i^^ janvier an 3i décembre 18^3 

otatétéde. 32,9i3fl. 10 

£tles dépenses de. . . . * .'' ^^g'^o 6 

Excédant des recettes. . 3.4 

A.D V. 

4i a. BunoET dk hA SigiIiE. 
Le budget de la Sicile pour i8a3 vient d'é|re publié : les rêve» 
nus sont estimes à i^V'jfiog onees; la dépense à 1,744*977 onces; 
déûcit 367,366. {Joum.Gén.de la Liu. Étr.,éàc, L8!i3^p. 38o.) 

41 3. Le TÂRir dss dboits du simd , DERiriiasiiENT R'Éyisié, etc. 
par F. Thaartjp, conseiller d'état, et H. A. Martensev. 
Copenhague ; 1 8 2 3 . 

414. D. Nathan. David, commentationesde principiis à qnibus 
reditnum Daniae per posteriorem saeculi xviii partem administra- 
tiofliixit, spécimen primum. Gœttingue; i823. 

41 5. Rareté du ntiméraire. Sur ce que les plaintes qui régnent 
partout en Danemark relativement à la rareté du nnméraire ont 
de mal fondé ou d'exagéré, par J. Thomseit, conseiller de justice 
et directeur de la banque. ( Scandinaiiske Lîtteratw* Selskabs 
Skrifter, tome xix, p. 27$. ) 

Le commerce , l'industrie et l'agricvlture sont en Danenark. 
loin d'employer autant de capitaax qu'a la fin du dernier siècle. 
•M. Thqmsen en convient ; il suffit, ditnl, de eorapsrer avec.racti- 
•vite qui y régnait autrelbis la s<4kiide actuelle des ehantiers , le 
silence qui règne aux douanes et sur les canaux , où awtr^ois un 
bâtiment succédait à Tautre. Que l'on contemple, continue- t-il, 



Économie pubtiquà, 287 

les beaux et vaâtes magasins qui^pour la plupart, sotft maintenant 
îerxnéi^ tandis ^n'antrcfois un grand nombre de familles j Iron- 
Talent Içnr subsistance. Les manufactures et &bri()ues , qui pen* 
!^^ la guerre exigeaient de grands capitaux , 6ont pour la plu* 
part tombées depnis la paix ,.ne pouvant soutenir la concurrence 
avec les {Hroduits étrangers. Anparairant on employait une partie 
des capitaux pour défrichet ou dessécher les terrains, ainsi que 
pour d'autres entreprises agricoles ; actuellement les circonstan- 
ces sont trop défavorlibles pour un emploi semblable du numé- 
raire. On demande ce que sont devenus les capitaux qui s'appli- 
quaient antreloii à ces usages. Une partie, répond M. Tborasen, 
» été consumée pendant la stagnation du commerce sans produire 
de nouveaux capitaux. D'un autre côté, les emprunts faits par le 
Danemark à Hambourg et à Londres ont introduit du numéraire 
dans le royaume, et il est notoire que dans les marchés de TEurope 
l'argent est si abondant, que, par exemple, l'escompta pour 1820 
était à Hambourg de a et même de un et demi pour cent, et qne 
vers la fin de novembre cet escompte était réduit an point qu'on 
ne le notait plus. Des circonstances particulières l'ont fait mar- 
quer ensuite i 4 et même 5 pour eent^ cependant l'abondance 
du nunéraire et l'embarras de le placer l'ont fait retomber , et 
cette annnée ( i8a3 ) on ne le note plus. Ce qui prouve, selon 
M. Thomseo^ que le Danemark se trouve dans le même casque 
les autrçsétats de l'Europe, c'est quelorsque dans les années 1820, 
i8ai et i8aa, la banque nationale s'offrit à, rembourser les capi- 
taux prêtés à raison de 5 .pour cent^ ou bien à les garder au 
taux réduit de 4 pour cent, la plupart des créanciers laissèrent 
leurs fonds à la banque, et il j eut même un assez grand nombre 
de personnes qui prêtèrent de nouveaux fonds à 4 pour cent. 
. Ce qui prouve encore que l'argent n'est pas aussi rare qu'on 
le dit , et qu'il existe d'abondans capitaux disponibles , c'est qu'il 
a été lait des spéculations considérables et beaucoup d'agiotage 
dans les fonds .publics du Danemark. Voici la progression de la 
hausse de ces fonds : en 181 3, on donnait 5o écus de banque 
pour une obligation de cent écUs de banque ; en 181 4 9 7B; en 
i8i5,'48; en i8i6, 76; en 18* 7, '86; en 1818, 9Î. Dans les an- 
nées suivantes , ces obligations baissèrent ; elles furent , en 1 8 1 (;, 
à 77; en 1820, à 70; en 1821, à 7^; enfin, en 182^, à 77. 
M. Thomsen convient cependant avecll^febenitts, auteur d'un ou- 
vrage sur le crédit public , imprimé en 1820 , que lé prix de l'or 



^88 Économie publique. 

et de rargent en Europe a haassé depuis 1818, tant à cause do 
sommes qui, depuis la paix , ont été destinées au commerce de 
rAsicy que par les fonds considérables qui ont été envoyés anx 
banques des États-Unis, pour les tirer de leurs grands embarras^ 
on que l'Angleterre, rÀutriohe et la Russie ont attirées à elles, 
dans l'intention de .substituer de nouveau la monnaie au papier, 
pour la circulation dans leurs états. Le Daînemark aussi a cher- 
ché à attirer l'or et l'argent, et depuis l'ordonnance sur les mon- 
naies , il a été frappé , dans ce royaume , 3 millions et demi d'é^ 
eus de banque* 

On ne pent donc pas dire que le numéraire manque; da 
moins les plaintes qu'on élève à. cet égard sont exagérées. M. Thont- 
sen avoue néanmoins qu'il est étonnant que les capitalistes n'em- 
ploient guère de capitaux à l'achat de propriétés foncières, 
d'autant pluk que Ton se plaint généralement du bas prix de 
ces propriétés. D trouve la cause de cette hésitation dans le dé- 
faut de crédit et dans le désir des capitalistes d'avoir toujours 
leurs fonds disponibles* Enfin les capitaux non employés se diri- 
gent sur la capitale ; ainsi il peut se £iire réellement que les pro- 
vinces manquent d'argent. Mais le véritable motif de toutes les 
plaintes àcjix. être cherche dans le manque d'ouvrage. Quand l'in- 
dustrie reprendra quelque activité, quand le commerce trou?era 
de nouveaux débouchés , on ne se plaindra plus de la rareté da 
numéraire. D-O. 

416. VORTR^GE GEHALTEir IW DER GENERAL YERSABIMLUîrG OSE 
SCHLESW. HOLST. PATRIOTISCHEK GeSELLSCHAFT. DisCOUFS 

prononcés à l'assemblée générale de la société patriotique de 
Schleswig-Holstein. Lubeck, 1822; in-8. 

La société qui s'est formée dans le Schleswig-Holstein, de- 
puis une dixaine d'années, est à la fois une réunion pour les 
objets d'économie domestique et publique, et pour les œuvres 
philanthropiques. Elle tient tous les ans une séance générale, et 
publie des rapports sur ses travaux. Sa dernière publication 
concerne les comptes rendus et les discours prononcés par le 
vice-président et le secrétaire dans la séance générale du 3o sep- 
tembre 182a. Le vice-président, M. Lawœtz, rappelle^ daiîs son 
discours, les services rendus par cette association : 10,000 émi- 
grés de Hambourg , pendant l'occupation française , secourus à 
Altona^ les prix et encouragemens accordés aux maîtres d'éco- 



Économie publique. ^6g' 

le; i6 ca imites flVparp^Tics « établies dan^ les vîlles et bourgs des 
duchés, enfin les efforts £ails |)ar la société pour coonnitre 
Cjc^cleoaeDirétat des pauvres, et pour trouirer les moyens d'aï- 
U^T leur sort. après les relevés qu'elle a fait faire, les deui: 
duchés de Schleswig etHolstein, dont k population se monte 
è plus de 660,000 âmes, comptent plus de 20,000 indigens, ce 
qui fait à peu près 3 iodigens sur 100 habîtans Celte propor- 
tion n'est pas trè:i*forte, si on la compare à ce qu'on remarque 
d;ins quelques autres pays; mais aussi les moyens de secours 
dont la sociétié peut disposer sont ialUes. A l'exemple du prin- 
ce de Besse, qui préside la société , plusieurs villes ont assigné 
récemment aux pauvres de petits terrains pour* la culture des 
grains et des légumes. 3i familles pauvres de Schleswig^ 8 de 
Flensbourgj et ao d'uErtoeskivingy ont été gratifiées de jardins^ 
on espère qxys sous peu 400 familles d'indigens auront de quoi 
pourvoir à leur subsistance. On a commencé aussi à imiter 
l'exemple de la Hollande , en fondant une colonie pour Les pau- 
vres; elle compte actuellement ao maisons, dont 10 sont déjà 
occupées par des familles indigentes. Les cahiers publiés j^ar la 
société onteoniribué è propager, dans les campagnes, des vues 
et des procédés utiles. Le vice-président, dans son discours, 
exprime a«usi le vœu que la société veuille s'occuper du pixïjet 
de fonder, dans ces provinces, des banques de prêts pour les 
agrlcaUeurs qui ne peuvent vendre leurs grains. 11 termine 
son discours par une courte notice nécrologique sur les mem- 
bres décédés dans le cours de l'année, et dont le plus connu est 
Frédéric Jean Jacobsen, avocat au tribunal supérieur, né en 
1774, à Heide^ en Ditmarche, et mort le 24 février iSit^, 
Ayant fait un voyage-en Angleterre pour un procès au sujet de 
prises faites par les Anglais, il se lia avec le président de la 
cour des prisses, William Scott, et rédigiea son M«>nuel du droit 
pratique de navigation des Anglais et des Français ^ ouvrage 
qui parut en a vol. dans les années i8o3 et i8o5, jet qui de* 
puis sert de règle aux tribunaux de commerce en Allemagne. En 
181 5, il publia aussi le Droit de nawgation en temps de paia: 
et d€ guerre y relativement aux navires de commerce^ il en a pa- 
ru, à Baltimore , une traduction anglaise. Le secrétaire de la 
société, l'avocat y ogler, détaille, dans son compte rendu, lea 
travaux annuels de la société. Il fait conualtre Içs caisses d'cf^a/- 
gne qui ont été établies, en ajoutant , comme une remarque 
F. ToaiE L i^ 



/ 



'390 Économie publique. 

^nérale, que et sont moins les ouvriers que les domestiques 
qui déposent leur argent d.-tns ces caisses ; la raison en est que 
beaucoup d'ouvriers consomment en hiver l'argent gagné en 
été , qu'ils ont contracté des habitudes dispendieuses , ou qu'ils 
sont payés en vivres. L'enseignement mutuel, contre lequel des 
voix se sont élevées en Allemagne, a prouvé son utilité à l'école 
d'Eckernfœrde; il est vrai qu'on n'a mis cette méthode en prati- 
que qu'avec de grandes restrictions, et en prenant seulement ce- 
que la méthode a de bon. La société a couronné les meilleurs 
articles envoyés pour l'almanach de Schlcswig-Hoktein, et pro- 
pose un prix de la ducats pour des articles populaires destines 
àTalmanach de 1824. Elle promet d'autres prix pour des essais 
sur l'emploi du sel d'Espagne contre le fungus qui ruine le bois 
dans les édifices des deux duchés; pour des bourses sans cou- 
ture qu'on puisse employer aux envois d'argent, etc. Elle con- 
seille enfin l'établissement de sociétés affiliées dans les districts 
des deux duchés. D.-c. 

* 

417. New-Russia Journey from Riga to the Ceimea bt way; 
e* Kiev, etc. Nouvelle - Russie, ou voyage de Riga en 
€rimée, en passant par Kief, avec le détail de la colonisa- 
tion de ce pays , la description d^s mœurs et des usages des 
colons de la Nouvelle-Russie; suivi des Notes relatives aux 
Tartares de Crimée; par Mary Holdernkss. In-8. de 3 16 p. 
Londres; i8a.3. 

IVÏadame Hbld'erness a résidé , depuis 18 16 jusqu'en 1 820 , dans 
le village de Karagoss en Crimée. Ce long séjour dans une con- 
trée peu connue, lui a donné occasion d'observer les caractères 
les mœurs et les habitudes des habitans. Elle a consigné ses ob- 
servations dans une petite brochure intitulée Notes relatives aux 
Tartares de Crimée , qui eut un grand succès , et fut honorée de 
l'approbation de l'empereur de Russie. Alors elle se détermina , 
en publiant une seconde édition , à y joindre le récit de- son 
Yoyage et tout ce qu'elle a pu rassembler de renseignemens sur 
la Nouvelle-Russie. Ce volume, écrit avec simplicité, est accom- 
pagné de phisieurs planches en couleur grise, représentant les 
costumes des Tartares et des Arnaufs grecs, et de deux planches 
Kthographiées en noir, dont l'une représente une vue de RafTa,. 
tt l'autre l'intérieur d'un bain tartare. W-R* 



Économie publique. agi 

4i8. MissioNAKT REGisTER, februarj 18249 «te. Registre des 
missionnaires, contenant les transactions principales des diver- 
ses institutions qni ont pour but de propager la religion chré- 
tienne, et le détail particulier de tous les actas de la société 
des Missionnaires de l'église anglicane. In-8., Londres; février 
]8a4; p. 65 à lao. 

Ce recueil aussi intéressant pour l'histoire de la civilisation que 
pour celle de la religion se continue avec un succès toujours 
croissant depuis plusieurs années. Le numéro que nous avons 
sous les yeux \;on tient des extraits de correspondance des mis- 
sionnaires : i^. de l'archipel indien ; a**, de l'Australasie et de la 
Polynésie; 3^. de divers états de l'Amérique méridionale ; 4^* des 
Indes Occidentales; 5°. des sauvages de TAmérique du nord; 
60. du Labrador; 7®. du Groenland; puis des détails plus éten- 
dus sur les actes des missionnaires de l'église anglicane : i^. aux 
États-Unis; 1?. en Irlande; 3°. en Allemagne; 4°- en Mésopota- 
mie^ à Smyrne et à Andrinople ; 5°. et en tin dans les lies Sand- 
vich. Les progrès de la religion chrétienne ne sont pas aussi rapi- 
des dans ces îles que dans celles de la Société. Le roi des iles Sandwich 
est mort le 8 mai 1 822, toujours attaché à l'idolâtrie. Son fils qui lui 
a succédé, sans être converti au christianisme, parait secouer les 
superstitions de ses ancêtres. On en donne pour preuve qu'à la 
fête funèbre qu'il a donnée , selon l'usage , après la niort de son 
père, il s'est assis à table et a mangé avec ses femmes et avec les 
femmes de ses chefs^ ce qui est tabou, c'est-à-dire sévèrement in- 
terdit par le système religieux de ces peuples. W — k. 

419. Extrait de lettres ikgrites par le missionnaire da- 
nois Rosen dans l'Inde. { Magazin for Rejseiagtagelsen y 3*. 
vol., 3®. cah. ) 

Comboconum , a4 août 1820. — Je m'approche de Tranque- 
bar , et je vous écris sous une tente à Comboconum , village éloi- 
gné de Tranqnebar d'environ une journée et demie. Je me suis 
logé, suivant l'usage anglo-oriental, pour une nuit et une demi- 
journée chez un M. Poyrney : lo«;t gentleman dans l'Inde est 
obligé par l'étiquette d accorder l'hospitalité pour ce ttrine à 
chaque voyageur européen. La rivière de Coleron coule sous le 
balcon de la maison ^u'il s'est bâtie ; n'étant pas marié, il a quel- 
ques jeunes personnes indigènes avec lui; c'est ici la manière de 
vivrç ordinaire des riches célibataires européens. Comboconum 



i^â JIÊ^canomie publique. 

«si un ane» groa TilUfe coUha par sa tiasarandcrie ; il m aiiai 
qiiislc|ues grandes fai^odes. 

THiAftteAar, 1.6 septembre.. Je suis arrivé ici le aS aoùl. II pa- 
vait que le conyserce dé riz et de sel comxsence ma peu à revitre; 
cependant Timpât dç a pour cent que toutes les daorées sont 
obligées de payer au gouYernement danois en entnnit et ea sor- 
tant, et que les Français ont depuis long--temps supprimé dans 
leurs colonies de Pôndichéry et de Carical , ûiit du tort aux spé- 
culations. t)u côté de la terre rien ne peut passer sans payer 
16 pour 100 aux Anglais, qui- regardent Tliid^ conime leur 
propriété, et qui ont établi des douanes autosr des limites 
de chaque colonie étrangère. 

ïranquebar, situé sous 11^ de latil. nord, est entouré d'an 
mur du côté de la terre , et de fortifications du côté de la mer. 
La partie septentrionale de la ville est presque toute entière ha- . 
bitée par les indigènes ; la partie du midi consiste en maisons eu- 
ropéennes , dont plusieurs sont très-jolies; on y voit aussi le viens 
château fort de Dansborg, qui a été b4ti sous le règne de Chris- 
tian IV ; il est encore très-bien conservé , des murs et dès bisistions 
Tentourent; du côté de la mer il est défendu par des canons, qui 
pourtant ne servent guère. Le principal bâtiment de ce fort est 
employé à divers usages publics : on y conserve le traité orignal 
qui a été conclu entre le roi de lianemark et le rajah de Tanjour 
au sujet de la cession de Tranquebar et du district. Il est écrit en 
tamoul sur une mince feuille d'or en forme d'une oliyOn feuille de 
palmier. U est à remarquer que les caractères sur cette feuîlie ne 
sont ni écrits ni gi*avés; ils paraissent au contraii^e avoir été frap- 
-pè^ par le moj^tn d'uae èsliampille; nmis soit qoé ^^te estampille 
n'ait pas été bien marqué^j sett que les fréqvens frottemens da 
rouleau aient usé fes caractères, il est de fait qu'ils n^-sont pres- 
que plus lisibles» On sait que le commeree anglaia.a^ dëjà^, ponr 
ainsi dire, dévoré U plus grande partie de .l'Indfi et de W pre»- 
q^'ile. Les Anglais traitent ce pays comme les Roiiuiiiis traitaient 
leur^i provinces^ chaque année des sommes eoosîdévabl^s passent 
«n Europe; les indigènes , loin de rien gagner, pecdmt de plus 
en plns^; déjà- les manufactures de coton sont ruinées pac tes Aa- 
glais qui achètent le csoton brut pour le tsansforter en £»rc^, 
oïL, à l'aida disi mécf^nisme , ils peuvent ki tiasèr k hkem nMUkor 
marché que les indigiQne&, qui^aoni lentt et a'oat que des aéliers 
ii^parfaits. C*est ainsi que Tlnde est maintenant nn Pactole où 



Économie publique. agS 

FAeiigtet«rre paifte â pleines matns; eHe constâère chaque MtNMi 
({HÎ a 4eB eolomes dans l'Inde comme «ne rivale, «C ^Jierebe t 
en restreindre f actîyilé ai^itt qn'etle peut. Cesf ee doiil Traiii- 
qve^r s'apercok ansn. 

fWttkim^fmif\ XI aTrîl i9ii. -— Tranqnebav correspond atco 
CMctttia parvne poste qui parcourt par terre, en iS joun, le vastt 
«spocii qvi sépare les deox rilles ; faute de bons chemins , et à cause 
des riyières et torreos , te transport des lettres ne se fait poMit par 
des malles /tu de^ clfeey^u»^ dès geus appelée en Uufoal tappal^ 
nom adopta p«r les Anglais , et qui courent ou galop « portent des 
leures d'un relais à l'anj^^» en portant ja boîL^ sur la téti». De Uu- 
drafi on re^it des IdLtres k yrilchinapaJiii qui en est éloigné d^ 
%%o milles anglais i en 3 jour» ^t demi» 

y ai d^uis quelque t^mps commencé à éUidier le liant tamoui^ 
qui au Cood doit 4tre is ^n^ml ancien, tu que la plupart de# 
poésies ^nt écrites on ont été traduites «ncieanemept du siima- 
crit dans cette langue* U me parait aussi que l'ancien tamoiil i^ 
le même rapport au tamo^l modernje que notre ancien .dauai;^ 
au danois actuel ^ personne, pas même les Bralioiins, ne pa|4f 
plus Tancien idiome ; mais ils prononcent le tamoul avec un ac- 
cent plus pur que les pariahs et d'autres castes. Ce qui m'a surtout 
déterminé « étudier Fancien idiome, c*est lé désir d'être en état 
de ju«er des nonTcfles traductions que l'on commence é feire de 
quelques purties de la Bible; e'est que les missionnaires dan^ 
i*f flde { parmi lesquels il y en a de très- instruits ) se sont ima- 
giné qu^ll £ittait traduire la B&le en haut tamooi,' et négliger 
Fanoteiifie traduction fidèle èts sarans et laborieux misnon- 
fianies de Tranqnebar. I>es pédans ont crn que' te vieux tamoul 
était ime langue plus élégante, et que c*était dans celle-ci quM 
iMait traduire la Bible. Us espértdent d*aiilcnrs tendre un piège 
aux Bndimins ; en lisant un livre rempli de mots et de tonmui^s 
du Tievx iamoul, ceux-ci pouvaient croire que Técrit qu'on leur 
présentait était un de leurs propres livres anciens; mais on n'a 
pas songé que tant que le gouvernement paiera aux pagodes un 
revenu mensuel qui nourrît abondamment les Brahmins, ceux- 
ci n'abandonneront pas leurs fonctions pour les preuves les plus 
évidentes du christianisme. J'ai commencé à lire les anciennes 
poésies tamonies; f avoue que je les ai trouvées jusqu'à présent 
bien plus originales que riches en poésie. En général fl y a peu 
^'mm^BÊitàfftL dans les poésies indiennes que je connais , et- cette 



294 Economie publique. 

qu'on y trouve tombe dans de telles extrayagances qu'elle en de^ 
TÎeqt fatigante. Cependant ces poésies contribuent à nous donner 
presque une idée satisfaisante des antiquités de l'Inde. 

Depuis mon arrivée à Tritchinapnli, j'ai reçu plusieurs visites 
des missionnaires. Ceux de l'église anglicane sont plus dévots que 
pieux; presque tous leurs sermous roulent sur le dogme. Ils tour- 
mentent les gens à force d'exercices de dévotion ^ et regardent 
comme un pécbé de prêcher sur la morale. D-g. 

4210. ÉtABLISSEHEFS publics a SlNGAPOES. 

Le I*'. d'avril 1823, on a formé, pour l'instruction des natu- 
rels à Singapore y un établissement pour l'entretien duquel les 
souscriptions reçues montent déjà à une somme de 25,ooo dolL 
Cet institut consiste en trois collèges, un pour le chinois, un autre 
pour le malais, et le dernier pour les sciences. Entre les pa- 
trons on distingue, sir Stamford Raffle, M. Wilherforce ^ et 
M. Grant, Le colonel Fartiuhar est le patron du collège pour le 
chinois; le révér. M. Hutchingg de Panans pour celui du malais, 
et le cap. Davis est administrateur du dernier. {^Asiat. Journ.y 
fév. 1 8a4 , p. 208. ) F. M. N. Moscati. 

421. Commerce avec la Chine. 

lïous donnerons ici un extrait du journal asiatique Bengal 
Hurkaru, qui nous parait très- intéressant pour tous ceux qui 
commercent avec la Chine. Dans une ordonnance du gouver- 
nement de Calcutta on a fait connaître les provinces chinoises 
avec lesquelles le commerce a été permis aux vaisseaux euro- 
péens. Entre les Heux relatés dans cet acte, on trouve Can- 
ton, Kiang-Nan y Fo^Kien et Chi-Kiang» Canton nous est si 
bien connu que l'on peut se dispenser d'en parler. Nous nous 
bornerons à signaler les deux principales provinces avec les- 
quelles le commerce serait très- avantageux; ce sont celles de 
FO'Kien et de Ktang-Nan, Celte dernière est considérée 
comme la seconde de l'empire chinois , et qui ne le cède à au- 
cune en fertilité-, en industrie et en richesses. Nankin en est la 
capitale^ et avant que la cour se retiiât kPekin , cette ville était 
la capitale de l'empire. La province de Kiang-Nan compte qua« 
torze villes du premier rang, et quatre-vingt-dix du second et 
du troisième; elles sont toutes bien peuplées et presque toutes 
renommées pour quelque branche de commerce. La rivière, 
Tang'^Tse Kiang traverse la province, et par le moyen des ca- 



Economie publique. ayS 

nam, nntt le commerce de presque toutes les villes. Dans une de 
celles du premier rang, il y a plus de 100,000 tisserands en étoffes 
de coton. Les produits des manufactnres de cette proYÎncc sont 
d*iine pins grande valeur que ceux qui se fabriquent dans le reste 
de l'empire. Le commerce principal de Kiang-Nan consiste en 
étoffes de soie, en laque, en encre et papier; ces*deux derniers 
articles, avec les médica mens, forment toutes les exportations à 
la Coc}>inckine, Sur les bords de la mer on trouve des salines, et 
t04 t M marbre qu'on exporte au pays malais est le produit de 
;ette province. Les naturels de Kiang-Nan ont l'esprit singn- 
lièrement prompt, et ils apprennent les sciences avec beau- 
coup de facilité ; aussi sont-ils souvent élevés aux premiers em- 
plois et aux dignités. De Sou- Tcheou, seconde ville de cette pro- 
vince, les navires, par le moyen de grands canaux, peuvent arriver 
à la mer en deux jours. Sou-Tcheou est la plus belle ville et le 
séjour le plus délicieux de la Chine, ce qui a donné lieu au pro- 
verbe chinois ; Dans le ciel est le paradis céleste ; mais le paradis 
de ce monde est Sou-Tcheou, 

La province de Fo^Kien se distingue aussi par l'esprit et l'in- 
dustrie de ses habitans; quoiqu'elle ne soit pas très-étendue, on 
peut la considérer comme une des plus florissantes de l'empire. 
Ses produits sont le musc, le thé noir, le fer , rétain,.le mercure 
et les pierres précieuses. Emui esJt un port dépendant de Fo- 
Kien; il est assez grand pour contenir 1000 navires. 

Chi-Kiang est la province située entre Fo-Kien et Kiang-Nan; 
elle produit la plus grande quantité de soie écrue, avec laquelle 
les naturels manufacturent de belles étoffes brodées en or et ea 
argent, dont une grande quantité est exportée aux îles Phitippi" 
nés y au Japon , et même en Europe. Dans cette province est le 
port appelé par les Européens Liampo ^ et par les Chinois 
Ning'Po, A une petite distance de ce port est Tî'e de Cheo-Chou y 
sur laquelle les Anglais descendirent la première fois qu'il péné- 
trèrent en Cliine. Les naturels de cette province^ dans leur com- 
merce avec le Japon, échangent leurs étoffes de soie contre du 
cuivre, de l'or et de l'argent, que les marchands de Batavia vien- 
nent chercher à Ning-Po tous les ans. {j4siat.journ,, fév. 1824 9 
p. i55.) F. M. N. MoscATi* ' 



ycfi Ecojwme puhliqne. 

• 4^2. Site Sah^v^DoviiIouê. {fFeek, Rcg ^ i^ jftnv.^ p. 6\,y 

Uti Voyageur, qui a récemment visité Saint-Domingue, ci> 
porte la popTïlatioii à 5oo,ooo nègres , et à 10,000 malâires , sàn» 
compter ceux qui étaient sous la dépendance de TEspague. Le& 
mulâtres , supérieurs aux noirs en instruction et en activité, for- 
ment une espèce d'aristocratie, et remplissent la plupart des fbnc«- 
tîons civiles. Quoique les nègres les haïssent , la nécessité le^ 
force à les employer. Ils forment la masse des principaux habi- 
lans dans les villes. Leurs raceurs sont modelées sur celles de la 
France. Ce sont Tes femmes qui font la plus grande partie des 
Affaires. Les ïiègres qui habitent les villes sdnt la plupait des 
artisans et des portefaix; iha'is la plus grande partie d*entre 
eux sont occupés à la culture des terres. Beaucoup ont d^s plan- 
tations de café , et sont devenus très-riches. Les deux sexes s'ha- 
billent d'étoffes fabriquées en Europe. Outre les productions du 
sol, ils ^alimentent de riz , de farine, et de poisson sec, importés, 
des ports de i'Améi'ique. Les vins et les liqueurs de France ne 
leur manquent point. Le peuple qu'on voit dans les marchés a 
un extérieur de santé, de propreté et de contentemeut. T(^t le 
monde est vêtu. En général ils savent lire et écrîre. Les pièces' 
de théâtre et les romans sont leur lectute habituelle. L'exporta- 
tion annuelle du café monte à 3o,ôoo,ooo de livres. Aunsli.la 
iivre» le profit est égal, suivaxft M. Barham, à celui qu'on retirait 
d€ la cskure faite par des esclaves. Kotre voyageut' ii'a pa^ une- 
baute opinion du courage des nègres ; mais il pense que lé cTimat 
et les montagnes dont l'ile est pleine ne permettront jamais de 
les réduire aisément. Aucune puissance n'a jusqu'à présent re- 
connu l'indépendance d'Haïti. Le pape défunt y avait envoyé un 
évéque et onze prêtres. Ils furent bien accueillis ; mais quelques 
tentatives pour opérer des changemens dans le gouvernement 
ayant excité des soupçons , ils furent obligés de quitter le pays.^ 

A. D.V. 

4a 3. DouArNas 0% ^mskàuMumif,^ 



Les droits d'entrée à Philadelphie 6nt excédé « dans les six pre-> 
' miers mois de la présente année, ceux de Tannée dernière de 

■ 63 1 ,33B dollars. ( Joum. Géru de la LÀttéraK Étrang;,,. décembre 

I iB23ji p.379-) 



414. Note statistique &t& lb Budget ub Buéitos-Atees. 

Les vevenxis de la république de Buenos* Ayree se monUieut^ 
en i8a2y à' la somme de 2,519,094 piastres» dont I19879I99 
pour droits d'entrée^ 239,307 pour divers impôts; 749789 pour 
timbre; aS^ai* pour contributions directes, etc. Les dépenses 
sont au niveau de la recette* Le départ de la guerre a dépensé 
85o,oob piastres* [Joum, Gén, de la Litt, Étrange âàctmh* 182% 
p. 38o. ) 

4a5. Gonwur's sMiGEaHT's avib» •ao VAV-DiBUEv'ê lam», etc. 
Guide de i'émignuit à /« êerwe de Vk^^'Dwmxm^ pl«s «oirvem*- 
bleoKBt nMVfliée TiaiiASiB; odutemiat une descriplion de se» 
climat, de son sol <, de ses p^odnciiens^de la maniera dsnt il 
f«iit s'y prendre poi» s'y faire eooeéder des terres, avec le eab- 
cal de ce qu'il «n co4te à «a nombre doané d'boMunce^ de 
femmes et d*en£uia, pour ^y transporter , ainsi qu'une liste 
des objets dont on doit se munir , et enfin de tontes les autres 
ioformatiears nécessaires à un émîgrant; par M* Goovriv. In»S. 
de 9$ p. LoBdres; i&»3« 

Ce long tif re imt eonnattw tout ce que contient cet ouvrage. 
W est accompagné d'Hué vue Hthognrpbiée delà ville d*Hobart, et 
d'une catte de la Tasmanie, tfh Von a marqué f étendue dès ter- 
rains défrichés. Il convient de préférer ce nom de Tasmanie, qu)& 
les Anglais proposent à la place de celui de Terre de Van-Die^^ 
tnea : I^ parce que ce nom est plus court ; ^o. parce que c^est une 
justice rendue à Abel Tasman, qui le premier découvrit cette 
Ile; 3^. parce qu'il évite une eonfittion et un double emploi dan& 
les dénominations géographiques, pnisqult existe une autre terre 
de Van-Diemen sur la côte nord de la Nouvelle- HoHande. W-e« 

VOYAGES. 

4)6. ïloinrEAtJi^ voTAGEs tm Aeabiv , dftns la Turquie tTEurope 
et la Tnrqme d'Asie ; par Gtawrrm ; traduit de Tanglais en 
allemand, par &. L« Mete. Mvlieb ; gr. in-B. Prix ,^ 
10 gr. Leipsick ; 161 4; Hinricfas. 

417. VoYSrGE DE TTussiEABAD A Jypobe, avcc la descHpiiou des 
villes principales, et des mœurs des babitans de cette contrée 
(Extrait de trois lettres insérées dans ta Gazette indienne . Asiat* 
Jfour,^ mars i8b4i P* ^^^0 



Nussirabad csl une TÎUe située dans une grande plaine par- 
«emée de petites collines rocheuses, sans culture, et presque entiè- 
rement dépouillées de verdure quand il ne tombe pas de pluie. 
La YÎlle, peuplée de plus de io,oooliabitans,estla résidence d'une 
garnison anglaise. Dans ses enrirons les arbres sont très-rares , 
et les végétaux se rencontrent seulement dan&les jardins des plos 
riches habitans , où ils sont cultivés à grands frais. L'eau n'y est 
pas plus abondante, quoique le gouvernement ait fait desdépeu- 
sesénormes pour construire un grandnombrede puits. Ce'défant 
d'eau doit élre attribué à la nature du sol ; car à six pfeds de la 
«urface de la terre on trouve de 60 à 70 pieds de roc qu'il faut 
percer avant d'arriver a l'eau, laquelle souvent n'est pas bonne à 
boire. La rareté des arbres rend les combustibles extrêmement 
chers ; quant au bois de construction , on le tire à^Jgra et de 
MuttrUy villes distantes de plus de aoo milles de Nussirabad ; cette 
ville offre peu d'objets remarquables ; seulement les édifices pu- 
blics se distinguent par un air de grandeur : ils sont bâtis en 
J^ucka, Lelu s beau a coûté le somme de a4«ooo roupies, le 
moindre en a coûté plus de 5,ooo. On y a disposé dernièrement 
un mail, une grande caserne pour la gamison,avec un théâtre et un 
cabinet de lecture. Le 5ii</</er^azâr est bien achalandé, et très-bien 
pourvu de marchandises; mais tout y est fort cher. Dans le cours 
de Tannée quelques roarcliands de Bombay y apportent des draps 
et des marchandises européennes. Vis-à-vis de Nussirabad , à 
une très-petite distance, est la ci-devant ville royale àîAjmere ^ 
située au pied d'une chaîne de collines , au sommet desquelles , 
vers l'extrémité nord, est la forteresse de Tarragurh. Le gou- 
verneur a changé un vieux bâtiment audehors de la ville, entouré 
de murailles y défasses, et qui tombait en ruines, en une 
belle et agréable résidence. Ajmcre peut élre classée entre les 
prehiières villes de ce pays. Les maisons sont bâties cnpucka; les 
rues sont très-larges, et quelques édifices donnent encore une 
idée de l'ancienne splendeur de cette ville. La forteresse de Tar- 
ragurh est bâtie sur un point si bien fortifié par la nature, quelle 
peut passer pour imprenable. La plaine devant Ajmere forme un 
bel amphithéâtre, entouré de colltuas, dont le terrain est sablon- 
neux, et peu susceptible de culture. Le Dowlut Bagh , sur le- 
quel était bâti le palais royal, est un lieu charmant, sur les bords 
d'un lac de plus de six milles de circonférence , et dont les eaux 
sont belles et claires ; les poissons et les alligators y aboudent. 



Fojages. 399 

Les ruines de Fancien palais forment maintenant te quartier de 
k garnison. De Tatitre côté de ce lac on voit une longue chaîne 
de hautes collines qui ajoutent à la beauté de Ja perspective. A 
la distance d'environ a3 milles de Nussirabad commencent les 
domaines de Jxpore , aux frontières desquels est le pays du Eaja 
àt Kishertgurh, dont la ville c^ipiXzXe ^s\. Kishengurh , située à 
7 milles nord de Didouana^ au pied de belles collines, sur le 
haut desquelles est la forteresse. Le Ra/a de Kishengurh est un 
prince indépendant, mais qui n'a ni beaucoup de pouvoir, ni 
beaucoup d'influence; il demeure ordinairement dans une for- 
teresse auprès de Kishengurh sur les bords d'un lac magnifique et 
très-poissonneux. La beauté de cet endroit et l'extrême salubrité 
du climat attirent en ces lieux beaucoup de voyageurs, qui vien* 
nent y chercher ou le plaisir d'un séjour enchanteur, ou quelque 
amélioration à leur santé. Avant de partir de Jypore et des pays 
voisins, il est nécessaire de faire observer que cette contrée a 
été pendant plusieurs années dévastée par les incursions des Pin - 
darris et par les guerres civiles. La plus grande partie des. villages 
est maintenant sans habitans : ceux qui sont habités ont une 
population si faible , qu'elle est tout-à-fait insuffisante pour la 
culture du terrain. Ces grandes plaines de Jypore^ n'offrent au- 
jourd'hui qu'un aspect désolant. Les villages et les villes se trou- 
vent sur la grande route , à la distance de dix , douze et même 
vingt milles l'un de l'autre. L'intérieur du pays est presque dé- 
sert. Les villages sont misérables et composés d'une douzaine de 
cabanes, entourées des restes des anciennes murailles ou des ruines 
des remparts. Les Rajpoutes sont généralement grands et robus- 
tes, braves et courageux; ils ne connaissent guère que la guerre 
et l'agriculture ; maislemétier des armes est celui qu'ils préfèrent. 
Leurs troupes consistent principalement en cavalerie ; car ils 
font fort peu de cas de Tinfanterie. Les Rajpoutes^ descendant 
d'une caste noble , refusent toujours de se confondre avec les 
autres naturels de l'Inde ; ils aiment beaucoup les chevaux et 
prennent un grand plaisir à les élever et à les faire manœuvrer, 
exercice auquel ils sont très-habiles. Si ces peuples étaient disci- 
plinés, leur cavalerie pourrait rivaliser et peut- être surpasser la 
meilleure cavalerie du monde. Les Rajpoutes se plaisent à porter 
des turbans rouges; les vieillards, les enfans et même les fem- 
mes préfèrent cette couleur. Quoique peu hospitaliers, ils n'of- 
fensent ni n'insultent les Européens. Quant aux naturels ils ne 



TOjagenl jamais seuls dans \tRajpoutanai ceux qui s'y sont ha- 
sardé ont presque tous péri assassinés. 

La ville de Jyjpore , peut-être la plus be'Me de finde , est si^ 
tuée dans une vallée qui forme un croissant , entouré de belles 
collines, et à la distance de 8a milles de Nussinabàd. 'Ses rues 
sont grandes, parallèles^ et très-régulîèreâ. A l*eiftrëe de la 
yille, la première rue rappelle les souvenirs de sa grandeur an- 
cienne; elle est large de plus de loo pieds; a son extrémité, 
quatre belles rues se croisent. L'une de ces rues est la principale 
de la vîne, et a plus de 4o à 5o mètres de largeur : au milieu est 
un aqueduc , qui fournit de Teau à toute la ville. Cest dans cette 
rue qu'est situé le palab du prince» dont les appartemens splen- 
(Tides et élégans attirent Tattention des voyageurs. Ce palais ma- 
g;iifique est construit en marbre ; le Diouan-Kas ( la salle d*au- 
dience) est vaste , ouvert de tous côtés, çt a pour supports des 
colonnes de marbre j mais sans aucun, ornement. De cette sâllcj 
on voit les élégans appartemens de la mère du Raja actuel. Les 
chambres sont spacieuses et décorées de peintures et de mosaï- 
ques d*une belle exécution ; les plafonds ne sont pas moins beaux, 
et les planchers so|it couverts de tapis très-fins. Il y a des bains 
de marbre oibbragés d'orangers et d'autres arbres odoriférans» 
Tout, dans ces demeures, respire le luxe, félégance et le plai- 
sir. Les jardins à Teuropéenne sont entourés de hautes murailles,- 
et terminés par un lac artificiel d'un effet vraiment pittoresque. 
Les arbres y abondent, et on y voit beaucoup de plantes exoti- 
ques. Tous les monumens et tous les temples sont de marbre \ 
ainsi que la plus^rande partie des maison s ném es ; rien, jusqu'aux 
hal^italions des pauvres, ne manque d'élégance. Les environs de 
Jypore sont très-bien cultivés. Si la population était plus considé- 
rable et moins opprimée, il n'y a pas de doute que ce pays ne re* 
devînt très -florissant. Le climat de cette ville n^est pas malsain. 
Les matinées et les soirées y «ont très-froides. Quelquefois les 
brouillards accompagnent le froid ; mais dans fêté la chaleur y 
est intolérable. Pe février à juillet le vent ne cesse de souffler, et^ 
comme ce pays est 'sablonneux, il s'élève des nuages de pous- 
sière qui obscurcissent le jour , et pénètrent dans toutes les mai- 
sons. MOSGATX. 



. ^ofages. Soi 

i%9* VûTAQm pi m. Ei^ Rvppvx. d afs la Nubie et dans rÉthiopic. 
. Une letln* du ^oyag^yr à M. le l)aron de Zaoh, datée du Non- 
irean DongoU > 1 5 joia i SiB [Nquv. Jml, des Voyage , décembre 
j8a3,p, 4Q3]) contient des dëtaîla intëressans qne l'on pourra 
comparer airec les ob$erva4ions de M. Cailllaud. C'est Tendroit 
connu ^ans le pays sous le nom de Mérawé ^ que M. Riippel con- 
sidèi% comise Ja céLsbre 3Ikroi^. D donne la description des an- 
ciennes mines près du Mont Barkal. Du côté du midi on Toît 
ùa «Bs^niMBkge d« lemj^le« détltiits , dont la grandeur et Texéeti»* 
iMtt ftitiiiie<;ttiai4ti« |)eii«r«Bi rivaliser atec tout ce que l'Egypte 
et la Nubie ont conservé de plus beau et de pktt magiiifique 
en monuncns de ce genre. Le temple le plus occidental et le 
pins près de Gellat<C}Miusert est entièrement taillé dans le roc. Un 
autre temple > aussi taillé dans le roc, est fié avec le premier par 
.une suite de bàti^^rs détruiU's, lesquelles étaient probablement 
)es logemeaa despréires. Le temple à l'est est le plus magnifique 
de tous, mais le pins maltraité par le temps. ^ plus grande lôn- 
jg^ueur est de 5oo pi. de Paris; ce temple, dans son état primitif, 
doit avoir été dun effet imposant. Son autel, dressé dans une 
cour de ce temple, indi4|ue par sa construction , et par ses sculp- 
tures et ses bas* reliefs , qu*on y sacrifiait des victimes humaines. 
. En lisant avec attention , dit M. Riippel, le a^. livre, cb. 29 de 
rbistoire d'Hérodote, on ne peut douter que ce ne soit en ce lieu 
qu'avait existé la célèbre Méroé. La seule objection qu'on pour- 
rail faire, c'est qu'Hérodote dit que la partie non navigable du Nil 
an-dessus d'Élépbautine* est de 40 journées de marche à pied ; 
mais en supposant la journée dé 6 ou 7 heures, puisqu'il s'agit 
d'une marche longue, et un voyage le long des contours du Nil, 
«es 40 journées feraient arriver un voyageur d'Éléphnntine aux 
environs d'Argo. t)e là le fleuve est parfaitement navigable jusqu'à 
Méroé^ la distance, avee un yent tant soit peu favorable, n'est 
que de 1 a journées de navigation. 

Le voyageur décrit ensuite 14 pyramides sépulcrales assez 
bien conservées; elles sont situées à un t|uart de lieue derrière 
le Mont>9arkal, dans une direction N.>0.; elles diffèrent, sous 
plusieurs rapports , de toutes les autres pyramides de l'Egypte. 

Depuis le 25 mai , les Nilomèires avaient déjà indiqué Tac- 
cnûssement du fleuve, mais les eaux n'étaient pas encore trou- 
bles. L'inondation régulière parait s'étendre jusqu'à ao iieues au 
N. du Nouvean-Dongola, Dans le pays au sud de Wadi-Halfa 



5o2 Voyages. 

il n*y a point de rosée; da moins il n'en est pas tombé pendant 
les 5 mois de séjonr de M. Riippel, depuis le mois de février 
jusqu'à la fin de juin. L'ophthalmie égyptienne y est tout-à-fai( 
inconnue; on n'y Toit que des vieillards attaqués de la goutte 
sereine, et encore, seulement, parmi ceux qui ont fait de longs 
séjours dans les déserts de sables brùlans. M. Rûppel espérait 
toujours alors entreprendre son voyage au Kordonfan. A.D. Y. 

4^9* Journal of ▲ tour in New-South-Wàles » etc. Journal 
d'une excursion à travers les montagnes Bleues de la Nouvelle* 
Galles ^u sud. 

Nous donnerons ici un extrait de ce voyage publié dans le 
Magazin de Londres , de novembre i8a3. D*après l'auteur, il 
paraît que le temps le plus propre à voyager dans la Nouvelle- 
Galles du sud est le mois d'octobre. Les iifticul tés pour les 
voyageurs commencent à Emn Ford, sur la rivière Nepean y qui 
a sa source dans VHawkesbury, Sur les bords de cette rivière, 
H. B. F. observa que parmi les arbres indigènes, le plus beau 
était le cèdre blanc ; et, après avoir fait une belle desériptiou des 
fleurs et des plantes les plus rares len Europe , l'auteur dit que% 
quoique la Nouvelle- Galles du sud soit un jardin perpétuel de 
fleurs , la verdure inaltérable du paysage le rend monotone. Sur 
les plaines ^Emn il y a un établissement agriqple du gouverne- 
ment, avec une bonne maison bâtie en briques pour l'intendant, 
et des cabanes pour les laboureurs. Le froment y est abondant , 
et les terres sont fertiles. La civière Nepean, ovl Hawheshurf 
est le Nil de Botany-Bay, et toutes les terres doivent leur fer- 
tilité à ses débordemens. Il parait que l'auteur rencontra bien 
des difBcultés dans sa route vers Mount- York, et Lapstone-HUL 
On n'y voit guère de pâturages , et la seule espèce de bois qui 
s'y trouve c'est Veucalyptusj que les habitans appellent écorce 
fibreuse, et terreuse. Le 8 octobre, M. B. F., passant au-dessus 
de la vallée de Jamison, commença à traverser les montagnes 
^/tfKé'i'. Le passage, dit-il, était très-difficile à cause des rocs, 
des sables et des pierres. On n'était dédommagé qiie par 
la magnificence de la perspective. L'aspect des lieux avait par- 
tout quelque chuse de sublime. Le jour suivant, notre voyageur 
poursuivit son chemin sur la chaîne des montagnes , et arriva 
enfin à une petite colline, riche de verdure, et d'où od avait 
une vue très-pittoresque de toutes les belles collines aux envi* 



Vojages. 3o5 

rons da Passage de Cox , ainsi que de la yallée de Clwydel sar I» 
lÎTière de même nom. Le lo octobre , après un voyage de ai mil- 
les, il se tronva sur les bords de la rivière appelée Fish-River^ la 
première du pays qui coule vers Toccident. Ses rives sont très- 
belles , et très-intéressantes pour les botanistes. C'est ici que 
M. B. F. rencontra la première fois le granit y^^omme aussi qua- 
tre nouvelles et charmantes Grevilleœ, savoir : la cinerea^ Ift 
rosmarinifolia^ Xacanthifolia^ et la sulphurea* Notre voyageur 
vit en cet endroit quelques indigènes qai ne parlaient pas le 
même langage que ceux qui lui étaient connus , mais qui an- 
nonçaient en quelque sorte un premier degré de civilisation ;. 
car ils s'habillent de peanx cousues ensemble, mais seulement 
pour se mettre à l'abri du froid, et non pour la décence, puis* 
qu'à un degré de chaleur suffisante ils se débarrassent de ces 
peaux , et restent parfaitement nus. Ils n'ont cependant ni l'air 
ni les manières des sauvages. Ces peuples sont d'un bon natu- 
rel \ ils paraissent charmés et égayés à la vue de chaque objet 
nouveau , et répètent tout ce qu'ils entendent. Ils ne ressem- 
blent point aux nègres d* Afrique; leurs figures sont générale- 
ment belles. L'auteur fut présent à une de leurs fifttes, et il trouva 
leur musique agréable. Les hommes et les femmes qui ne dansent 
pas , chantent en chorus. Leur manière de danser est très-cu- 
rieuse , et tout-â-fait nouvelle pour les Européens. Le 1 1 , M. B. 
F. traversa les plaines d'OTo/i/ie/, situées aussi près le Fish-Ri'- 
ver^ passant par la vallée de Sidmouth. La végétation comme 
la géologie ont ici un aspect tout-à-fait nouveau. La plaine d'O* 
Connell est ornée de belles prairies , et de rians gazons décorent 
les bords de la rivière , dont le poisson est excellent. Un oiseau , 
qu'on appelle Pluvier à ailes éperonnées , se trouve très - fré- 
quemment dans le voisinage. Il porte une grande houppe de cou- 
leur sombre et jaunâtre; les ailes et les pâtes sont de la même 
couleur. Le la octobre, notre voyageur passa par les plaines de 
Macquerie et de Bathurst qui récréent la vue par l'aspect de rian- 
tes prairies, de ruisseaux, et de jolis paysages. Le i3 et le 1/(9 
le mauvais temps Tobligea à rester a Bathurst. Le i5, passant par 
la belle .vallée de la Reine-Charlotte, et par les plaines ^ Evans ^ 
f rès-fertiles , bien arrosées, et où se trouve une grande quantité- 
d'oies noires, il y vit aussi un couple de hérons étoiles, que les 
colons appellent leurs compagnons naturels. Le lait et le miel 
abondent dans cet endroit. Les 16, 17, et 18, M. B. F. fit diver-- 



5o4 yrïj'Ages^, 

s^ exçursiofu syr \2i.TW\ht^ Lachnan , qù i] observa une jofii)U« 
d*otseaax de toute espèce, et sur la rivière I^açQU4rie. ls% i%, 
1^ et aoy le mauvais temps , la pluie , le vent, la giséle, et Je 
froid y Tempéchèrent de poursuivre sa route.. Le ai il ae àwÀà^ 
à revenir sur ses pas par le même cjiemîn, et enfin il arriva le aÇ 
au lien d'où il était parti , après avoir pareourn , à traveiv b»s 
Montagnes bleues de la Noo-vellerGalles du sud , 3oo milles en 
moins de trois semaines. ( Lond. Ma§., nov. i8a3,. p. 46x«) 

F*M.H.MosGATi. 

iflo. Tra^su thbovoboot FAftv ov IDSE Uivive» SvATiia Ain> 
CAVAtiA ; ete. Voyagea dan une partie des titats-Unia et da 
Canada e» 1818 ot i8i9;par J. M» Bungah, A. S. a vt>I- 
}tt*8> Pris , l6 s. bnock. Londres; i^a^; Qursf , Robinaon 
etftompk 

Presque tous les Anglais qui ont visité l'Amérique , et ont 
voyagé dans les vastes contrées du nouveau monde, 7 ont élé con- 
duits ou par des affaires de commerce, ou par des spéculations 
agricoles, et ils ne se sont pas on se sont peu occupés de don- 
ner des détails exacte sur les États-Unis, et sur le caractère des 
habitans ; d*autres , dans leurs ouvrages sur l'Amérique, ont plu- 
tôt manifesté l'humeur f|Ue leur inspiraient leurs mécomple.N, 
c|ue les moeurs des peuples parmi lesquels ils ont vécu. Le juge- 
ment porté par M. puncan sur les Américains paraît plus im- 
partial. Les«notions qu'il donne sur les diverses classes de la 
société, et sur les institutions des Étits-Unis , ont un caractère 
d-exactitnde €t de justesse. L'auteur, en parlant des esclaves quo 
renferme cette contrée, s'est montré à la fois observateur Im- 
main et judicieux. Où trouvera aussi dans son ouvrage des dé- 
tails itttéressans sur toutes les universités et académies littéraires, 
scientifiques et agricoles des pays qu'il a parcourus. [New Month. 
Mag.j fév. 1824 , p. 77.) F. M. N. Moscati. 

43.1. ExTRACTS FROM A JOURNAL, ctc. Extrait d'un voyage écrit sur 
les côles du Chili, du Pérou et du Mexique , dans les années 
i8ao, 1821 , i8aa, avec des détails sur les dernières révolu- 
tions, et des observations sur l'état de la société dans ces pays; 
parle capit. Basil Hall, R. N. , auteur du voyage à Lieou- 
icheou, a v. ïn-8. , avec une carte. (Jnnonce.) Londres; Hurst, 
Robinson et comp. Édinburgh; Constable et corop. M, 



yvjragèS^ So5 

(}i. ▲acHil'Ex. .BX8 Amis, Cet archipel eêtun groupe de i88 
iles,dont les habitafis onlété engagés dans une guerre très-san^ 
glante pendant les 3o derni^tes années; cette guerre a détruit 
pins de ]a moitié de sa population. Maintenant ces peuples fatl-- 
gnës sont en paix , et les missionnaires anglais, dont le dérouc* 
ment a éprouvé de si cruels obstacles sur ees côtes inhospitaliè- 
res , ont senti renaître leurs espérances. M. Lawry y l'un d'eux f 
qui s'est rendu à Tongatabou pour essayer d'y porter la ctvili- 
satioft avec les lumières de l'Évangile, a acheté de Patau^ chef ou 
roi des insulaires , un grand terrain , où. il a fait bâtir une habi«> 
tation pour lui, sa fiimille et sa suite. Les détails qu'il donne sur 
ces îles sont asses satisfaisans. Il a cultivé dans son jardin du blé , 
du mais 9 des pois, des haricots , des choux , des melons , et plu- 
sieurs autres espècei^ de végétaux; les produits ont été abondans. 
Les arbres sont très-multipUés dans ces lies ; mais comme la plus 
grande partie consiste en arbres fruitiers , les habitans ne s'en 
servent pas pour la construction de leurs habitations. On y trouve 
des bananiers en quantité» Les chemins sont bons et bien ombra- * 
gés; la vigne s'y entrelace aux arbres comme en Italie; le Convoi- 
valus canarrènsis , a fleurs bleues et blanches , s^élance sur leurs 
sommets, et en forme une chaîne de Verdure. On aura une idée 
de ces arbres magnifiques lorsqu'on saura que M. Lavf^ry en a 
un dans son jardin qui pourrait contenir sous son ombrage tons 
les habitans de Tonga ^ lie principale de cet archipel. La mer 
abonde en poissons; mais ce peuple en fait pe|i d*usage. Le mille* 
pieds est l'unique animal venimeux qu'on rencontre dans ces 
pays, et encore ne l'y voit*on que rarement. Tonga, suivant 
M. Lawry, est une belle contrée , et les habitans sont bien supé- 
rieurs en beauté et en intelligence aux habitans de la Nouvelle- 
Zélande. Palau , chef de ces lies , et le protecteur de M. Lavrry 
et de sa famille, est un très-bel homme, et d'une corpulence 
égale à celle de deux Européens d'une taille ordinaire. Ses facul- 
tés répondent à sa haute stature. Il est discret, généreux, pru- 
dent à un point qu'on aurait peine à imaginer dans un homme 
non civilisé. Il a eu dans son enfance 14 nourrices pour le soi- 
gner et le divertir. Ces insulaires n'aiment pas le travail, et rient 
lorsqu'ils voient les domestiques de J^. Lawry travailler. On ne leur 
connaît pas d^ divinité qui soit pour eux l'objet d'un culte spécial; 
mais tous les ans ils célèbrent des fêtes pendant neuf jours^ et 
honorent les &mes des chefs les plus distingués qu'ib ont perdus ; 
F. Tovx I. gto 



/ 



/ 



3oC Mélangés. 

Hs leur olfeencà cette ëpoqae les premiers fruits de la saison, et 
dans le dernier, jour de ces fêtes, tous s'eiïbrcent de s'appro- 
prier une portion des offrandes , ce ifuî occasione une confu- 
sion générale. Tons les habitans mâles de ces îles se soumettent 
à )a circoncision. Xes individus des deux sexes subissent dans 
leur enfance l'amputation du petit doigt. Palau trouve dans les 
' autres cbefs , qui lui sont presque tous attachiés par des liens de 
parenté, autant d'appuis pour son autorité. Il parait disposé à 
feire instruire tous les enùuM qui lui sont soumis , par les Papy- 
langis ( les Anglais }, H. Lawry s'occupe d'apprendre la langae 
du pays , et il espère dans peu de temps commencer ses travaux 
apostoliques.( Asiat. /our,^ mars , iRa4, p. a44 )• Moscati. 



MÊLÂMES. 

433. Paris. — jécadémic des sciences» — Séance du 10 »ov. 
x8a3. — MM. Paubnier et de Beauville adressent les deux pre- 
mières livraisons de leur atlas de France en 90 feuUles , divisé 
par département. — ^M. de Ro&sel et Beautemps Beaupré exami- 
neroDt cet ouvrage et eu rendront compte. 

/|34. Paris. — Société de géographie, — Prùe proposés en 1824- 

I*'. Prix, — Une médaille de la valeur de 3,ooo francs, — 
« La Société demande une relation manuscrite et détaillée de 
> i'aneienne Cyrénaïque, fondée sur les observations personnelles 
» de Fauteur et accompagnée d'une carte géographique. » 

L'auteur examinera, sous tousto rapports de géograpMe na- 
turelle, civile et historique, le pays compris entre la Méditerra- 
née au nord, le désert de Barquah au sud, le golfe de Bomba i 
l'est, et celui delà grande syrte à l'ouest. Il déterminera le plus 
de positions géographiques qu'il hd sera possible et tâchera de 
mesurer barométriquement toute la chaîne ou le plateau quis'f- 
teiid , d'après Délia Cella , depuis Mourate et Ëricab à l'ouest 
jusqu'à Deme à l'est. En observant les peuples, il aura soin de rt- 
cueiUir des vocabulaires de leurs idiomes , et spécialement deeelai 
de la peuplade qui vit dans des cavernes entre les ruines de Cyrène 
et >les rivages de la mer. Il dessinera ks monumens et ^a des 
foc sindle des inscriptions qu'il remarquera , en s'àttachant snr- 
. tout aux alphabets inconnus* ^l est prié de faire^ attention aux 



Mélanges. 307 

iroi$ questioaB'spéciales snîyantes: i". Si leMlpbimn existe encore 
permi les plantes du pays ou p&ntai celles de Tilitérieur ; a^« si le 
Citrum des Romains ( le Thyion des Grecs ) se retrouve dans la 
C^rénaîqueou star l'Atlas; 3o. s'il existe qudques faits physiques 
réels qui ont pu servir de base à la tradition sur une ville ou Qon* 
trée remplie de pétrificatioiis humaines ? La Société verra avec 
plaisir les renselgnemens qu'il pourra se procuver soii^ les routes 
conduisant à Syouah , à Aogela ^ à Mounouk et à d'autres points 
de l'intérieur. Le prix sera décerné dans la première assemblée 
générale de xSa6. La relation devra être remise au bureau de la 
commission jOentrale avant le i*"*' janvier i8a6» 

a^. Prix, -r^ Une médaiUe de la valeur de \y%oo francs, — ^La 
Société rappelle qu'elle a remis au concours le sujet du prix 
suivant : 

« Déterminer la direction des chaînes de montagnes de l'Eu- 
» rope, leurs ramifications et leurs élévations successives dans 
» toute leur étendue. » 

La Société désire que l'on forme une série de tableaux , dans 
lesquels on rapportera le plus de mesures d'élévation au-dessus 
du niveau des mers qu*il sera possible d'en rassembler. Toutes 
ces mesures devront être accompagnées de l'indication précise 
du point de l'observation et de sa dépendance de telle chaîne ou 
de tel versant. U sera nécessaire de faire connaître le nom de 
l'observateur et la méthode qu'il a suivie. La Société préférera 
le travail qui, en s*étendant jusqu'aux rivages des mers , don- 
nera la position géographique du plus grand nombre de points 
à l'aide desquels on pourrait tracer avec précision des lignes de 
niveau I ainsi que la ligne de séparation des eaux et les limites 
des différens bassins. Mais la Société ne se dissimulant pas les 
difficultés que présente la solution complète d'une telle question, 
déclare qu'elle décernera le prix au mémoire le plus riche en 
faits positifs et en observations nouvelles. Ce prix sera décerné 
dans la première assemblée générale de l'année i8a5. Les mé- 
moires devront être remis au bureau de la commission centrale 
avant le i**". janvier 182 5. 

3®. Prix. — Une médaille de la valeur de 1,100 francs* • — Un 
Société remet au concours le sujet suivant : 

« Rechercher l'origine des divers peuples répandus dans VO-^ 
» céanie ou les tles du Grand- Océan , situées au sud-^st du eon- 
j» tinent d'Asie, en examinant les différences et les ressemblances 



^ 



3o8 Mékuiges. 

» qui existent entre eax et avec les antres penples tons le rap* 
V port de la configuration et de la constitution physique , des 
» mœurs , des usages , des institutions civiles et religieuses ^ des 
» tmditions et des monumens ; en comparant les élémens des 
» langues, relativement à l'analogie des mots et aux formes 
» grammaticales , et en prenant en considération les moyens de 
'» communication , d'après les positions géographiques y lès vents 
» régnans , les courans et l'état de la navigation. » 

Ce prix sera décerné dans la première assemblée générale an- 
nuelle de l'an i8a6. Les mémoires devront être remis au'faureaii 
de la commission centrale avant lé i*'. janvier i8a6. > 

f «^ ^ 5«, Prix, — • Une médaille ttor de la valeur de 800^., 
et une autre de la s^aleur de i\00 fr. — La Société met an con- 
cours le sujet de prix suivant : 

« Description physique' d'une partie quelconque du territoire 
s français, formant une région naturelle. » 

La Société indique comme exemples, les régions siiivantes: 
les Cévennes proprement dites , les Vosges , les Corbières, le 
Morvan , le bassin de l'Adour , de la Charente , celui du Cher , 
celui du Tarn,, le Delta du Rhône, la côte basse entre les Sables- 
d'Oloiine et Marcnnes , la Sologne , enfin toute contrée de la 
France distinguée par un caractère physique particulier. Les 
rapports physiques et moraux de Thomme, lorsqu'ils donnent 
lieu À des observations nouvelles, doivent être rattachés à la 
description de la région. Les mémoires doivent être accompa- 
gnés d'une carte qui indique les hauteurs -trigonométriques et 
barométriques des points principaux des montagnes, ainsi que 
U pente et la vitesse des principales rivières, et les limites des 
diverses végétations. Ces deux prix seront décernés dans la r'^ 
assemblée générale annuelle de Tannée 1826. Les mémoires de- 
vront être remis au bureau de la commission centrale avant 
le i^*^. janvier 1826. 

6®. Prix, — ' Une médaille d!or de la valeur dg 600 fr, — M. le 
baron Benjamin Delesserty membre de la Société, avait bien 
wulu faire les fonds d'un prix dont voici le sujet : 

« Itinéraire sUtistiquc et commercial de Paris au Havre -de^ 

» Grâce. » < 

Le sujet ca* remis au concours pour la deuxième fois. La So- 
ciété désire surtout des aperçus positifs et concis sur les comma- 



Mélanges. 5og 

nkationt entM ces deux villes. Ce prix sera décerné dans la i'*. 
assemUée générale annuelle de Tan i8a6. Les mémoires de* 
▼ront être remis an bureau de la commission centrale avant le 
i*'. janvier 1826. 

• 7*.' Prix, — - Une médaille éCor de la valeur de 5oo^. M. le 
comte Oiioffy sénateur de l'empire de Russie y membre de la 
Société, a bien voulu faire le fonds d*nm prix pour lequel la 
commission a dioisi le sujet suivant : 

« Analyser les ouvrages de géographie publiés en langue rus* 
V» se et qui ne sont pas encore traduits en fran^is. On désire 
» que l'auteur s'attache de préférence aux statistiques de goo- 
» vernemens . les plus récentes , et qui out pour objet les ré* 
» gtons les moins connues; sans néanmoins exclure aucun au- 
» tre genre de travail , et notamment les mémoires relatifs à la 
• géographie russe du moyen âge. » 

Ce prix sera distribué dans la i*^. assemblée générale an- 
nuelle de i8a6. Les mémoires devront être remis au bureau de 
la commission centrale avant le i^*^. janvier ^iSaô. 

Conditions générales des concoure, ^** Les mémoires qui ne 
seraient pas écrits en français doivent être accompagnés d'une 
traduction française. Tous les mémoires envoyés au concours 
doivent être écrits d'une manière lisible. L'auteur ne doit point 
se nommer ni sur le titre ni dans le corps de l'ouvrage. Tous 
les mémoires doivent être accompagnés d'une devise et d'un 
billet cacheté , sur lequel cette devise se trouvera répétée , et qui 
contiendra, dans l'intérieui: 9 le nom de Fauteur et son adresse. 
Les mémoires resteront déposés dans les archives de U Société; 
mais il sera libre aux auteurs d'en faire tirer des copies. Tous les 
membres de la Société peuvent concourir, excepté ceux qui sont 
piembres de la commission centrale. Tout ce qui est adressé à 
la Société doit être envoyé franc de port et sous le couvert de 
M. lepré»dent, àParis, rue Taranne, n^. la. 

435. Pauis. — Société de géo^aphie» — Notice sur ses tra- 
vaux. Depuis deux années et demie que la société de géographie 
a pris naissance, et qu'un grand nombre de souscripteurs se sont 
empressés de coopérer à son extension , une nouvelle impulsion 
semble avoir été donnée à cette partie importante de la science 
qu'elle a pour but ; la réanion des savans distingués qui s'y 
rassemblent attire les savans étrangers, les voyageurs qui sont à 
Paris, et ceux qui se préparent a des voyages lointains. Là, on vient 



5io Mékmges. 

puiser commit à me soafce alwwMfanfc , des ûoCroctioiis bienVetf- 
lanles que U «ocîété s^enpreiBe de eoiBiiiiim<iiier aax étranger» 
conune à tom Ici Fraseak ffid tniYaUeBt dans l'intérêt de la 



Le prcaîer ToftaAe dm Bnntfin de cette société, leqnd est 
composé des 8 premiers nnméros , et ffok a para en entier^ 
contient des moiceanx intércssans, et £ût preuve 'dm zèle et 
de la persérérance ipi'ont apportés les membres qni la composent 
pour parvenir au but qm'eOe se propose. &» en 182) , elle n'a 
pas pu décerner le prix qm'die avait mis an coneonrsy epi raison 
de ce que les mémoires e n v o yé s ne remplissaient point exacte- 
ment ses intentions , die a voulu du moins fiiire voir que sor» 
désir était d'encourager la science et ceux qui la cultivent , en 
accordant à titre d'encouragement orne partie des récompenses 
cpi'elle avait promises. 

Elle recrât du fond de l'Asie , du centre de l'Afrique et de 
tous les points du nouveau monde desdocumens qui deviennent, 
pour ainsi dire, ol&dels, et forment des jalons et des points de 
repère pour ceux qui veulent pousser plus Isiàk les découvertes 
dans cette science. 

Son organisation et son admûnistration inférieure pwmettent 
décompter sur un avenir qui doit toi]jours s'améliorer y et laissent 
entrevoir à queb dévdoppemens eUe pourra atteindre un jour. 
IiCfr fonds sagement administrés lui assurent une existence solide 
et lui attirent la confiance d'un grand nombre de ces personnes 
qui, redoutant toujours la nouveauté de ces sortes d*établissemens, 
tardent à la leur accorder , mais qui, envoyant celui-ci prospérer 
et reconnaissant de plus en plus son utilité, s'empressent au- 
jourd'hui de voiir hiipayDr leur tribut, et cberchent à conéou- 
rir de tons leurs moyens à ses progrès. Chaque Bulletin présente , 
à la lin du mois , de nouveaux membres dont le nombre et les 
noms font l'éloge même de la société. Ce n'est pas seulement en 
France que cette société, devenue universelle, trouve à se recru- 
ter : on y voit des noms anglais, rosses, américains, snédoisj^ grecs ^ 
arméniens et même égyptiens. La société compte dans ses r^ngsdes 
savans de toutes les parties du globe. Sa bibliothèque mise à 1^ dis^ 
position des membres, s'enrichit d'une grandepartie d'ouvrages in- 
tcressans que l'on s'empresse de lui adresser: ses arcUiveis renfer- 
ment des documens précieux envoyés par des membres et par des 
voyageurs dont plusieurs, encore éloignés du poiat central, travail- 



Mélanges. 3 \ i 

lent cependaxU à y frire arriver une iomme d^ comiaUmices tou- 
jours noiiTelIes. 

On doit an savant baron Coquebert de Montbiret, membre 
de cette société , une note importante sur la rectification de la 
population de la France , qui jusqu'ici avait souiTert des discos^ 
sions. Aujourd'hui, grâce à son zèle et à son amour pour k 
science » nous pouvons fixer nos idées d'une manière précise à 
cet égard : cette population s'élève a 3o,6i6,o53 âmes. M. Coquin 
bert en donne le détail par départemens , et l'on peut comparer 
avec assurance cette population airec celle des Iles Britanniques, 
fournie par le même auteur et insérée ,dans le cahier n^* 5 du 
premier volume du Bulletin de la société. 

M. lomard a consacré sa plume à rendre compte des nouvelles 
découvertes faites au centre de l'Afrique , pays qui nous laisse à 
regretter la perte de plus d'un voyageur, qu'un zèle trop ardent 
a fiait périr dans ces climats , dont la nature semble vouloir, mais 
en vain , nous laisser ignorer les mystères» Encore aujourd'hui 
nous venons d'apprendre la mort récente d'un jeune voyageur, 
M. Bowdich (i) , membre de la société de géographie, déjà connu 
par un voyage précédent, qu'il fit au pays des Aschantis , et par 
la publication de plusieurs ouvrages scientifiques. Ce jeune savant 
est mort à la suite d'une fièvre du pays qui s'était emparée de lui 
pendant un travail pénible, tandis qu'il £ûsait des observations 
astronomiques, exposé une journée entière à l'ardeur des rayons 
du soleil. Cette perte rappelle encore la mort douloureuse de 
M. Langlès , un des principaux membres fondateurs de la so- 
ciété et président élu pour i8si4 , à la mémoire duquel la société 
se propose de rendre un hommage dans la première séance pu- 
blique de cette année (2). 

Le n°. 10, second Bulletin de l'année ( mois de février ) con- 
tient des demandes de voyageurs qui se disposent à partir pour 
des pays lointains , et qui viennent se munir auprès de la société 
de géographie, d'instructions pour rendre leurs voyages encore 
plus utiles aux sciences. Parmi ces voyageurs sont MM. Buisson 

I 

(1) «Voyez ci-aprés la notice nécrologique sur ce voyaf;eur. 

(a) Kous nous proposons de consacrer à la mémoire de ce savant célé- 
bra , dans le prochain N». du Bulletin , une notice nécrologicfue dont 
VinserlioB n^a été retardée que dans Tint^ntion d'y joindre un catalo- 
gue complet de ses ti'avaux, lequel a exigé des recherches., (iV. du, R, ) 



3i3 Mélanges. 

d-Arraandy et Ch. de Sanrigny, tous dénx, membres de la lo- 
ciëté et qui se rendent , fan à Moka j l'antre il Calcntta. 
' On Toit que chaque séance de la société acquiert un nouvel 
intérêt par les communications que les membres s'empressent de 
lut faire,' et par les nouvelles qu'elle reçoit de tous les pays. 
M. Chaumette des Fossés , ancien consul de France à Gothen- 
bourg, et qui avait entrepris un voyage scientifique dans la Lapo* 
nie russe et suédoise , vient de donner de ses nouvelles. 

La mort de M. Langlès ayant laissé vacante la présidence , 
'M. Jomard y a été appelé par la voix de ses confrères, et MM. Co- 
quebert Montbret et Barbie du Bocage ont été désignés comme 
vice-présidens. Parmi les cinq nouveaux membres admis ^ns ce 
mois, on remarque le nom de M. Simonoff, professeur À llJnîve^ 
tité de Kasan , jeune astronome du plus grand mente, qui a fiiit 
le tour du monde avec M. de BelHnghansen. La liste des ouvra- 
ges offerts à la Société n'est pas dépourvue d'intérêt, et ce qm 
doit surtout fixer l'attention dans ces bulletins est la partie des 
documens, offrant toujours quelque relation où la science et les 
personnes instruites trouvent également de quoi satis&ire leur 
curiosité , et les progrès dans les découvertes. 

Ce Bulletin se termine par quelques mots prononcés par M. Jo- 
mard, au nom de la Société, sur la tombe de son savant confrère, 
M. Langlès , en attendant qu'une notice nécrologique soit rédigée 

pour la séance générale. B. nu B. 

■ 

436. Londres. — Société royale de littérature* ( Week^regist,, 

a8 mars, p. i37.) 

Quoique la littérature n'etotre point dans l6 plan du Bulletin, 
il tient registre de toutes les nouvelles institutions qui ont pour 
but! les progrès des connaissances humaines, et qui signalent, 
pour une nation, le degré de culture intellectuelle auquel elle 
est parvenu e. À ce titre nous devons faire remarquer â nos lec- 
teurs la nouvelle association récemment formée dans la capitale 
de la Grande-Bretagne, sous les auspices du roi, et d'après ses 
intentions. Ce prince, indépendamment d'un don annuel de loo 
guinées pour des prix , a fait présent â la société de looo gui- 
nées, également par année, pour être réparties, aux choix des 
membres, entre dix littérateurs recommandables, qui en joui* 
raient leur vie durant , et prendraient rang parmi les sociétaires. 
En donnant carte blanche à rassemblée, potir l'élection de ses 



Mélanges. 3i5 

«nociës 9 8« M. B. a exprimé le désir ^e les opinloiii politiques 
et les dÎTisioBs des partis n'exerçassent aocnne influence , ni mr 
leurs dioix , aï , en général , snr leurs opérations. La Société 
s'est empressée de se conformer au "vœu du prince. Les dix 
membres de la Société pris parmi les associés honoraires ont été 
élus, aana aucune distinction. d'opinions, d'après leur mérite 
reconnu. Ce sont MM. Si Taylor Coleridge, Edward Davies, 
J. Jameson, Th. R. Malthus , le célèbre auteur de VMssai sur 
la population , Th. J. Mathias, J. Millingen, S. W. Ouselej, 
orientaliste renommé, W« Roscoe, auteur des Fies de Laurent 
de Médieis e{ de Léon X^ J. Todd, et Shanon Tumer. Le 
nombre des membres de la Société est de plus de i5o; on y 
compte des hommes distingués^ de tous les rangs , de tous les 
pays, et des principales communions chrétiennes, entre autres, 
MM. de Hammer, Angelo Mai> et W. A. de SchlegeL A. D. Y. 

437. Projet d'ckb Houtelle expéditioit au p6lb roed. 

Voici quelques détails snr la prochaine expédition au pèle 
nord, que doit entreprendre de nouveau le capitaine Parry. 
Elle sera accompagnée du transport le ff^iliiam HarriSf ayant 
à bord les roues mécaniques pour l'usage des bàtimens au mi- 
lieu des glaces. Un autre bAtiment portera ^ canots et d'au- 
tres objets nécessaires pour la partie du service dont le capitaine 
Franklin est chargé. Ces objets doivent être débarqués à l'em- 
bouclsure de la rivière de Mackenzie où se rendra le capitaine 
Franklin, au commencement de l'année prochaine, pour essayer 
de pénétrer vers l'ouest jusqu'au détroit de Behring , c'est-à-dire 
de trouver un passage au pèle nord. 

Ces canots sont d'une construction légère; mais^ comme ils 
doivent élre portés à travers les caps et les promontoires , ils ne 
seront garnis qu'au, moment de les employer. Le capitaine Lyon 
se servira de pareils canots pour explorer la côte de Repulse-Bay, 
jusqu'à la rivière des mines de cuivre, tandis que le capitaine 
Parry entrera dans la passe de Lancastre, et renouvellera, dans 
la proximité de l'Ile Melviile, ses efforts pour trouver de ce point 
un passage au détroit de Behring , et accompUr ainsi le grand ob- 
jet de l'expédition. On a pris toutes les précautions possibles pour 
prémunir la nouvelle expédition par terre contre les embarras 
et les privations qu'avait éprouvés- la première. {Journal des Dé-- 
baUj II avril i8a4.^ 



3i4 Mélange. 

. xapîde e^trfr la Grande-Bretagne et ^es pos6(|ssion« dans Tlnde, 
( Gazette du gouvernement à Calcutta , tiP\ des %g nuii, 5 et is 
.juia i8a3| Supplément.) 

Il^aiatt'y d*après 4es renseigoemens domiés par le joarnrt du 
goiivemement de l'Inde, qne des prépositions oiitété faites aux 
directeurs de 4a compagnie ponr accélérer le transport des dé- 
pêches par rétablîssemeat de bàtiniefis ft ^apenr , qui snivraîenl 
l'ancienne route dn commerce par l'Egypte. Diaprés ee projet > 
le Toyage s'effectuerait x en 4o jours au plus, sur un bâtiment 
constmit pour prendre des passager^ . La distance de BcHnbay a 
Sues (^700 miUes anglais) pourrait être franchie en 18 joins; 
celle de Suez à Alexandrie, eil 6 jomrs; d'Alexandrie à Venise, 
en 8 jours; de Venise à Londres, par terre, en 8 jours; total, 
40 jours. Mais si le bâtiment n'était destiné qu*an transport des 
dépêches, il ne faudrait que moitié moins de temps pour le 
voyage ; en suivant le canal célèbre qui réunit la mer Rouge à la 
Méditerranée, on gagnerait S ou 6 jours, et le voyago d'Europe 
dans l'Inde, au lieu do 4 ^ 5 mois, n^exigeraît plus que iS à 16 
jours. Un obstacle se présente cependant pour l'emploi habituel 
de Tancienne route; cVst celui de l'assujettissement des bàdmens 
à la quarantaine.' Le royage, à raison de celte circonstance, exi- 
gerait an moias plus de temps; mais, dut-il être, de deux mois , 
il y i^urait encore un grand avantage pour le transport des dépê- 
ches. Une lettre de M^ 1. W. Andersen, insérée au.supplénMnt 
de la Gazette de Calcutta, du z& jtûn» indique la manière de 
construire les deux bàtimens à vapeur nécessaires pour établir 
entre Calcutta et Suez des communications régulières, en «uppo- 
iànt de a4 jours le voyage d une ville à l'antre. A. D. V. 

439. . IicTÉaiEua DE l'Afaïque. Invasion du Nouveau - Làta- 
hou y capitale de fune des nations Bouschwanas , par un peuple 
sauvage. {fFeehlj Reglster, 7 mars^ p. ii4 > Journ, des Voy^y 
, janv. deruier^; p. 127.) 

Des détails sont parvenus en Europe sur l'irruption d'une 
nation sauvage fort nombreuse , sortie de Fintérieur de l'Afri- 
que , dans les contrées voisines des colonies angld-hoUandaises. 
Ce peuple , nommé les Mantatées , après avoir ravagé une grande 
étendue de pays et détruit une trentaine de tribus , se dirigeait 
sur le Nouveau - Lktakou , capitale d'une nation Bpus^awana-, 



Mélanges. Si 5 

o« Bfint éïMèm dea aiislkHiiiaires animais. M. Ifaffiil, Tuti^'eax» 
ëunt allé reiïonnaltre reniieim, a iofonné lés Bouschwaaas du 
danger, et leur a procuré le secours des Vriquas , Iribtt inter- 
médiaire entre la colonie et littakon. Le i4 jnia i8aB » une as- 
semblée générale (PiefcBon) des indigènes , s'est ibrmée pour 
délSiéfer snr le parti à {^ndre. HM. Moffiit et HamUton , mis- 
sionnaires» M. G. Thompson » ont assisté à cette assemblée, et 
ont tean note de ce qni s'y était passé. La journée a coèunencé 
par les cris de guerre de plusieurs aûlliers de Bouschwanas, 
mêlés aux damenrs discordantes des lemmes' et des en&ns. 
Les guerrien» répandus par bandes aux environs de la Tille,- 
paraissaient d<^ttre entre eux le sujet dont on allait s'occuper» 
A dû heures , toute la population , au milieu des chants de guerre 
et de dauses analogues^ s'est dirigée vers un raste kraàl^ situé 
an centre de la lille et consacré à ces réunions, Quelques*una 
des terriers signalaient leur adresse dans des combats^ simulés 
^'ils exécutent ayec beaucoup d'habileté. Ils portent, dans ces 
grandes occasions , la aagaye , un bouclier , un carquois plein dé 
flèches empoisonnées , avee une hache de bataille^ Leurs épaules 
sont couTcrtes d'une peau de tigre , et des plumes flottent s\ir 
leurs tètes. Le knuiloix l'on s'assemble a 4^ pieds de diamètre : 
les guerriers se placent d'un cdté , les TieiHards , les febunes et 
Iss eB&Bs de l'antre. Au milieu est un espace fibre pour les chan- 
teon et les dansenn. Ces chants et danses sont le privilège dés 
gaerriers qui ont tué un ennemi snr le champ- de bataille t la 
«cènedura une demi-heure; les acteurs gesticulans de la mai-* 
nière la plus bîsarre, étales spectateurs manifestant leur satisfac- 
tbn par les plus bruyantes a^damations. 

Le roi (Mateebe), placé au milieu des guerriers, se leva* et 
ordonna qu'on fît sileoce. Un murmure sourd de la multitude 
arquée annonça qu'elle liii prétait attention r il prit la lance qu*il 
portait sur l'épattle, la dirigea du côté par où venaient les Man- 
tatées , avec des imprécations , signal de la guerre ; tous les guer- 
riers accueillirent cet acte par de» siffiemens, en témoignage 
d'approbation. Après que Mateebe eut parlé pour exciter son 
peuple à marcher contre l'ennemi, en signalant les services ren^ 
dus par les blancs, et le concours utile des Griquas, des guer- 
riers et des vieillards discoururent dans le même sens , et le roi 
termina la séance par des exhortations martiales. Son éloquence 
ineolte et celle des. autres orateurs , excitèrent les applaudisse- 



5i6 Mêlatigès. 

mens «t l'aUëgresse bariMire*de Taiseinbléey dont les résoltaU 
furent la prodamalion formeUe de la guerre contre rennemî, et 
des remercieinens à M. Mof&t pour les serrioes signales qa'tl 
Teoiit ,de rendre. 

Les habitans de Griqna-Town envoyèrent contre les Manlaié^s 
un détachement de cent hommes. La rencontre eut lieu le a 5 
juin an matin. L'ennemi , sanà vouloir écouter aucune proposi- 
tion., attaqna avec forie..Le détachement. fit un feu nouiri qui 
tua beaucoup de sauvages. Ceux«ci n'en continuèrent pas mains 
leur atta^ql^e avec acharnement» et firent reonler leurs adver- 
saires ^ avançant tonjonn sur les cadavres de leurs compagnon» ; 
ce ne fut qu'après deux heures et demie d'un combat opiniâtre , 
que, se voyant affiiiblis par leurs pertes, ils songèrent à la re- 
traite > ne voulant ni traiter , quoique poursuivis et dans une po- , 
sitjon critique , ni renouveler le combat , de peur, ainsi qu'ils le 
disaient, d'être httppés par l'éclair et par la foudre. 

On évalue le nombre de ces barbares à 40,000, y compris 
leurs femmes et leurs enfans, qu'ils conduisent avec eux. Les 
hommes, grands, robustes et d'un noir foncé, se couvrent de 
peaux* Us combattaient nus , excepté le milieu du corps , por- 
tant sur la tète une espèce de cocarde de plumes d'autrucbè 
noires. Leur cou , leurs bras et leurs jambes sont chargés de 
larges anneaux de cuivre et de chafielets de même métal , ^u 
de cauris. Leurs armes sont la hache, la lance et la massue. 
I^ur langage paraît être un dialecte des Bouschvranas. La plupart 
paraissaient affapiés t et l'on en vit plusieurs , au miliende la ba- 
taille « dévorer avidement des morceaux de viande crue. Après 
la victoire , on leur prit environ' mille têtes de bétail , dépouille 
des tribus par eux vaincues. A. D. V. 

44û. Nécrologie. M. Bowdigh. -— Le yoyageu; anglais, 
M. Bowdich , est mort récemment en Afrique. Il était né en 
1 7(^3,, à Bristol , où son père était manufacturier considéré. En- 
voyé à recelé de grammaire de eette ville, il donna , très -jeune 
encoire, des marques certaines des talens qui devaient le faire 
distinguer plus tard. Il fut ensuite placé à l'école de Corsham\ 
en Wiltshire , qui jouissait d*unp grande réputation pour 4es 
études classique^ ; de là il se rendit à Oxford. M. Bowdich se 
maria de bonne heure et résida pendant quelques années à.Bris<- 
tol , où il partageait les occupations de son père. Cependant dif* 



Mélanges. S17 

férent^ drcontlttuoet , et snrtoaisoa d^goàt pour le commeree, 
TeD^gèrent à t^txf^t une carrière plus confonne à son iûcli^ 
nation ; et «omme un de te» proches parens occupait à cette épo- 
que un poste important à la C6te-d'Or , M. Bowdkh sollicita et 
obtint sa nomination de secrétaire au service de la compagnie 
d'Afrique. Il arriva en 1816 au cap Coast^astle, où il fut bien- 
tôt rejoint par sa femme y compagne fid^e de tous ses dangers-, 
et sa collaboratrice dans ses travaux scientifiques. On était alors 
déterminé à envoyer une ambassade dans l'intérieur du royaume 
d'Ashantée, mission dont personne ne voulait se charger. M. Bow- 
dich demanda aussitôt la permission de la conduire ou de l'ac- 
compagner ; mais en considération de son état d'époux et de 
père 9 on crut d'abord devoir refuser sa demande. Cependant à 
force de sollicitations et de preuves de talens, il obtint cl'étre char- 
gé de cette périlleuse entreprise. La mission réussit sous tous les 
rapports. Dans le grand nombre de ceux qui s'étaient dévoués à 
la pénible tâche d'explorer l'intérieur de l'Afriquei il se distingua' 
seul par ses succès complets^ Jamais peut*étre entreprise ne fut 
conduite avec plus de prudence et d'intrépidité que la sienne. 
De retour en Angleterre pour y communiquer les intéressans et 
précieux détails , que même les périls imminens de sa situation 
ne l'avaient pas empêché de recueillir, et pour solliciter les 
moyens de faire des recherches plus vastes et plus utiles , M. Bow- 
dich reçut de toutes les personnes distinguées par leur science ou 
par leur rang , les témoignages les plus flatteurs de l'estime 
qu'elles attachaient à ses travaux infatigables , et du prix qu'elles 
mettaient à ses découvertes. Mais aux talens M. Bowdich joi- 
gnait ce qui ies accompagne souvent ^ et qui leur nuit quel- 
quefois dans le monde, un esprit indépendant, incapable de 
choisir le moment opportun et de céder à une antre supériorité 
que celle de la raison. Il eut le malheur d'offenser la compagnie 
^'il servait , en exposant tous les abus qui depuis ont causé sa 
mine , et de s'attirer l'inimitié d'un homme qui occupait un poste 
élevé, et qui était lui-même un voyageur d'Afrique distingué* 
Ces ofTenÀes suffirent pour faire oublier tout le prix des services 
qu'il avait rendu» , et toutes les obligations qu^on avait con- 
tractées envers lui. Aussi ne reçut- il ni récompense ppur ses 
services passés , ni encouragemens pour des recherches ulté- 
rieure^. M. Bowdich se rendit à Paris afin d'y compléter , avec 
les secours dont cette ville abonde , ses connaissances dans les 



3i8 Mékuiges. 

sciences natnlrelles^ li j reçat Fâectieîl lé pl«s fliitlettf ; titumboldt^ 
Cuvier, BîotyD6iiim,e<ifinlQii&iés savaYis loi lémoigtiènetit de 
grands égards; il rcçnt des éloges j>ubli<» dans une rénniôn àe& 
quatre Académies de llastitat , et le gon^ei^esieiit français lui 
offrit une place iraportaate qu'il refusa. M. Soirdieli côntiâiia de 
séjourner à Paris, cherclnnt à obtenir par aa propre industrie les 
moyens de poursuivre l'objet de son ambition. Après avoir âitt 
eafin tous les préparatifs nécessaires^ il quitta l'Europe, «cootn-^ 
pagné de sa femme et de deux en&os , et emportant le pénible 
soujrenir. de riadififSérence avec laquelle on ayait aocoeOli ses elT-* 
Ibrts dans sa patrie > ikiais espérant acquérir p^r des recherches 
scientifiques de nouveaux titres à l'estime de la société en géné-^ 
rai , et forcer ses adTersaires même i lui rendre justice.' C'est en 
faisant aUusion à ces nouveaux travaux que M. Bowdich, dans 
sa réponse à un article du QuArterly RevietP , disait : « le d^ire 
, que l'esprit des membres actuels du ministère anglais ne soit ja- 
mais troublé par des souvenirs qui leur rappelleraient les injusti- 
ces dont j!ai été l'objet > lorsqu'il sera trop tard pour en convenir, 
et lorsqu'une famille, dont je suis le seul soutien, répondra que 
j'ni été victime en Afrique d'nn aèle désintéressé, et d'une entre- 
prise non soutenue. ii La première nouvelle qu'on ait reçue de 
M. Bowdlck a été celle que sa prédiction était accomplie, et qu'il 
avait succombé dans la tentative à laquelle il' s'était voué, laissant 
une veuve intéressante et trots enfans sans soutien. M.Bowdtch 
était membre de plusi'eurs Sociétés savantes d'Angleterre et du 
contiiient. Outre la relation attachante de sa mission à Ashantée, 
41 a publié divers ouvrages sur les sciences. La mort d'un homme 
qui réunissait tant de qualités utiles è un voyageur, est une véri- 
table perte qu'il n*esl pas aisé de réparer ; l'Angleterre a de plus 
â regretter en lui un esprit généreux et élevé , qui ne s'était point 
laissé détourner de son but par Tingratitude qu'il avait éprou- 
vée. (New Monthfy Magazine , n. XL.) D — ^G. 

« 

' ^ * ^ 

44 ï» CoLMAR. — Bibliothèque alsacienne, — Par une idée aussi 
heureuse qu'elle est patriotique, M. le baron MuTler, maire de 
Golniar, vient d'arrêter qu'on disposerait dans la bibliothèque un 
local pôur^y réunir toutes les productions littéraires dues à des 
Alsaciens. Les portraits et les bustes des plus célèbres auteurs de 
cette partie de la France seront rétmis dans le même lieu; -et il 
sera rédigé une notice sur les ouvrages que l'on n'aura pu se pro- 



Mélanges. 619 

curera i caafte de kor rareté. En Alsace*, la âciencé eti riche 
en ^loms consacrés par d'honorables souvenirs : c'est la patrie 
de Schoepflin^ de Brunck, d'Oberlin, de Koch, et les touses 
alsaciennes ontdeox fois prononcé le nom de Schweighœoser » 
qui, dans une seule famille ^ a donné deux membres- à riftatitut; 
l'un levénérable patriarche de la philologie ; l'autre ^le premier de 
nos antiquaires , toujours reconnu pour tel par l'Aeadénite, et mil 
eo£n hors de ligne pour les concours. VHistoùie de l'école i^A- 
lexandrie^ ouvrage couronné par l'Académie, et dû à M. Metter» 
se montrera aussi avec avantage dans cette collection. Mais ne 
pouxrions-nous pas enlever à Paris même un des auteurs les plus 
aimables de la scène française , un de ses meilleurs comiqves? la 
petite ville de La Haye a bien réclamé Descartes , quoiqu'il y fût 
né pendant un voyage c(ue faisait sa mère; et qui nousempéclie'^ 
rait de revendiquer M. Andrieqx? Il nous appartient, car il est 
né à Strasbourg. G>Imar a donné le jour à l'un des premier^ 
poètes de 1* Allemagne : le ndm de Pleffely est encore en vénéra- 
tion , et , par les soins de l'autorité municipale, la rue qu'il habi- 
tait porte maintenant son nom. Cest par de semb^blca disposi- 
tions que l'administration peut encourager l'étude et favoriser le 
génie des beaux-arts; et cette espèce de Panthéon alsacien^ créé 
dans la seconde ville de l'Alsace, doit inspirer à une jeunesse stu- 
dieuse le désir d'y trouver place un jour, ( Kev, Encyc^ , janv. 
1823, p. aSi.) Ph. Golbeey. 

N. B, Nos lecteurs auront déjà remarqué que nous nous plai- 
sons à puiser des renseigncmens utiles et intéressa d s dans le recueil 
que nous venons de citer^ à la rédaction duquel concourent des 
savans célèbres et des hommes recommandables , dont plusieurs 
veulent bien en même temps coopérer à nos travaux. Plus spécia- 
4ement voué aux sciences morales, aux lettres et aux arts, il con- 
tient cependant aussi , sur- les sciences de calcul et de faits dont 
nous tâchons d'embrasser le cercle , des docamens précieux que 
nous nous empresserons toujours de mettre à profit. 

A 42* Hospice nu geand Saint-B^hnahd. ( Bibl, univ, de Ge- 
nève^ t. a4 , u**. 4 , déc. i8a3, p. 3o4.) 

Une lettre de M. de Candolle au professeur Pictet nous ap- 
prend que les travaux faits a cet hospice maintiendront la de- 
meure particulière de MM. les chanoines à une température de 5 
à lo^ au-dessus de glace. L'hospice doit être élevé d'un étage, ce 



SâO Mélanges. 

qui augmentera leoii moyens d%tre utiles ans nombreux passa-* 
gers attirés par la science , la curiosité, la piété ouïe commerce. 
Les dons des personnes charitables de tontes les communions 
chrétiennes faTOriseht ces améliorations. S. 'H. le roi de Sardai- 
gne a fait restaurer e^ presque créer un nouTcau chemin , qui 
permet maintenant de conduire en chars' à quatre roues tous les 
bois de construction jusque derant le couvent. A. D. V. 

44^* AcHiYEMENT DU CAKAL DS G6ta. — Lcs états dc Suède 
ont Toté, le i5 octobre i8a3, une somme de i,65o,ooo rixd* 
pourra continuation du canal de Gâta, en sorte que l'on croit 
qu'il pourra être achevé vers la fin de Tannée 1828, et rendu na- 
vigable en 1829. Plus de i\00 personnes ont déjà offert de bâtir 
des maisons et de se fixer dans la nouvelle ville de Motala , qui 
sera construite sur les bords de ce canal, dans une contrée fertile. 
Le plan de cette ville projetée présente des rues larges avec des 
trottoirs, de belles allées , de grandes places, des marchés, un 
beau port et des quais. [Joum, des Voy. , févr. 1824 , p. a55.) 

444* Islande. — On a reçu à Copenhague des nouvelles du ca- 
pitaine Titow, qui, au mois de juillet dernier, est parti pour 
l'Islande, dans l'intention d'y faire des découvertes géographi- 
ques. Il a rempli sa mission avec succès ; mais il n'a pu remonter 
le long des c6tes de l'Islande du côté du nord, à cause de la glace, 
ni faire par mer le tour de cette ile. IFest sur son retour, et se 
trouve actuellement à Portsmouth. ( Joum. gén, de la Litt, étr, , 
déc. x8a3, p. 379.) 

44&« PaOGEÈS DE LA LITTliaATtT&B. ET DE l'iMPRIKEEIS ElT 

Russie. 
Avant Tannée 1817, on ne comptait que 4f0^o ouvrages pu- 
bliés en Russie , nombre qui n'excède pas celui dçs publications 
qui ont lieu à l'une des foires annuelles de Leipztçk.Ëa i8ao , la 
bibliothèque de l'Académie des sciences, à Pétersboung, ne con- 
tenait qu'environ 3,ooo ouvrages nationanx, parmi iesquelsiàe 
trouvaient x5o romans. A présent les écrits publiés .en langue 
russe s'élèvent à plus de 8,000. On compte à Moscou 9 cabinets 
de lecture et 10 imprimeries ; à Pétersbourg, 7 cabinets et i5 im- 
primeries; à Wilna, i cabinet et 5 imprimeries; dans cha* 
cune dés villes de Dorpat , Revel et Kharkof , i cabinet et x 
imprimeries. Le nombre des fonderies de caractères dans tout 
l'empire est de 8 ou 9. (^PFeeA. Reg., 11 avril 1824 j p. i53.^ 



■s 



IMPRIMERIE D£ FAIN^ PLACE t)£ L'ODÉON. 



BULLETIN 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES, 

ÉCONOMIE PUBLIQUE ; VOYAGES. 






GÉOGRAPHIE et STATISTIQUE. 

446* Geogeaphia xodekHa cviyeesalb; G. R. Pacvozzi. Vol. 
4 y distribution 7 et 8. (Y. le Bulletin y i8a3,t. i,p. 2i3}t.':$, 
p. 142; 16^4) janv., p. 3.) 

L'aatear traite^ dans ce Tolum^, de la Chine , du Japon, de 
la Sibérie, du Liukiu, de l'Amérique. Il donne d*exceliens détails 
sur les glaces de rOcéaa arctique 9 sur les peuples de la Sibérie, 
sur le grand I^ma, etc. £. M. Baiixt. 

447- Couteau dzctiozi naiee géogeaphique beYoscien, traduit 
en italien , et augmenté par L. ^aedi. Livourne ; 1 823. ( Ana- 
lysé par G. B^ Pagnozzi. ArUologia^ oct. z823. ) 

L'auteur de cet extrait, ayant publié kif^niéme une géogra- 
phie moderne UBiversélle , avance que dans cette ëditioii , Nardi 
^1 respecté toutes les erreurs de Vosgten ; il en cite ]>liisieurs, 
relativementà la population de plusieurs villes et'à la situation 
de quelques autres ; il donne sur ces erreurs une note qui lui a été 
fournie par unPiémontaîs, et dont il garantit l'exactitude. 

E. M. Bailly. ' 

448. IsTiTUzioiri ni geogeafia fisica k folitiga. Institutions 
et géographie physique et politique; par Luigi Galanti. 4®- 
édition, améliorée et corrigée. 4 voU in-8. Prix, 3 duc. et ao gr. 
Naples; 1823 ; D. Sangiacomo. 

449* A GEO6EAPHIGAL DICTIONAETOEinflTEESAL OAZETTEEE , CtC. 

Dictionnaire géographique universel; par J. E. Wobgestek. 
2^. édit. In-8. Boston; i823« 

Ce dictionnaire est le plus étendu de fous ceux du même genre 
F. ToMF. I. 21 



5 2 i Géographie 

qui ont paru en Amérique et en Angleterre; il contient 23 1 
feuilles; au lieu que celui deMofse, intitulé Vrdversal gazetteer ^ 
n*en contient que io3. A la fin se trouvent : i°. une table stati- 
stûpe de r£ur6pe avec s^ colonies \,ik^, ope Hste de la popvla- 
tion des principales yilles ; 3^. un coup d'oeil rapide spr les 
principales bibliothèques ; 4^. un tableau de la population de la 
terre, d'après Hassel*, Lavoisne et Graeberg; 5^. un coupd'œil 
sur les différentes sectes religieuses et les différentes langues, 
d'après Malte-Brun, Hassel, Eob , Adams et Addung ; 6o. un ta- 
bleau des lois de la mortalité , d'après Euler , Duvillard et Hallej; 
7^. une table des hauteur» des principales montagnes de la terre; 
8^. une table de la hauteur de la neige perpétuelle; 9^. une table 
des mesures de longueurs; 10^. une table du climat des différ^ps 
pays; ii^. une table des monumens; la^. un coup d'œil s^r lé 
clergé en Europe, comparé à la population; i3^. ^une liste des 
missions évangéliques pour la conversion de tous les mécréans 
de la terre. (Jourru Gén. de la Liet, étr.j janv. iSft4 > P* 10.) 



/|5o. ApKBÇV 0K la HOPULATIOH IPU GLOnE, BÉPA&TIS BIlTmB LIS 

CULTK8 PRINCIPAUX. 

L'état suivant , tiré d'un rapport du secrétaire de h Société 
biblique anglaise, donne un aperçu de l'accroissement du nom- 
bre des chrétiens , depuis le premier siècle du christianisme jtis- 
ques et y compris le dix«>huîtième , savoir : 



i«f. siècle. 

a*. 

3-. 

6-. 

r- 

8«. 



. 5oo,ooo 


10*. siècle 


3,000,000 


II». 


5,000,000 


îî«. 


10,000,000 


i3». 


i5,oeo,ooo 


'4*. 


ao,ooo,ooo 


i5«. 


a5,ooo,Qoo 


i6«. 


^QOMàno 


17^ 


40,00^,000 


18?. 

* 



5o,ooo,ooo 
60,000,000 
70,000,000 

.^SyOOpjOOO 

80,090^^0 
100,000,000 

1 1 5^00,000 
lS$,orK>,ooo 
aoo,oq||Ooo 



* 



L. 



J 



et Sxaii^iiqiie. S2S 

Les Chiélieiis se divisent en : 

Catholiques romains 90,000,000 (i) 

€recs &a à*OT\tat 35,ooo,ooo (2) 

Ceux qui ne professent aacnn des cultes ci- 

dessus 75,000,000 

• " ■ '' ' ■■•■ — 

aoo,ooOyOoo (3) 

Il établit ensuite la {population entièee de ia terre à un mil- 
liard; alors les quotités suivantes fourniront assez approximati- 
vement le jusle contenu du nombre d*homines , relativement au 
coite divin. 
Jutfs : leur noi«bre reste presque con&ttm* 

ment Iç même; savoir « de 2,5oo,ooo 

Chrétiens : ie nombre augmente beaucoup. . 200,000,000 
Mahotnétams : if ur nambre reste presque le 

même, an diminue plutôt qu*il n augmente* 1 4^^ooo,o«p 
Idolâtres^ ou cei^x qui ne professent aucun 
des trois cultas ci-dessus, et dont ie nom- 
bre dimino^ 657,5oo,ooo (4) 

Total approximatif .... 1,000,000,000. 

Depuis 1818 9 le nombre des Chrétiens a b^ucoup augmenté 
dans toutes les parties du monde. La Sain te- Écriture se propage 
])ar presque mille Sociétés bibliques, dont le nombre s'augmente 
encore tous les jours. En 1800, les missionnaires évangélistes 
n'avaient que cent cinquante-sept établissemens dans toutes les 
parties du monde. Le nombre en est aujourd'hui de deux cent 

(1) Le-nombre des catholiques romains est bien plus gr^nd; ilVéléve 
en torvpe «mie k 90 millions , sur une popnlatioa générale de pins de 
X9Q miUi<m« d*Enrqpiéeps , d*aprés 1^ derniers iwcansenevs. il existe 
encore 30 à 3o millions de catholiques en Ao^ériqpe et en Asie. 

(2) Le nombre des chrétiens du rit grec est pl^us fort de 5 9 ^ mil~ 
lions y en j comprenant ceux de la Tiuniie. 

(3) Le nombre total des chrétiens dAoutes les communioas s^élève 
en 1834 â a3o millioas au moins. Il est juste de dire que l'auteur du 

r»BBo^ s'iwéM 4 xIpo* 

(4) Ce Boml^ d^ idoUtr^s e4 a^gértS. fip admaltant m^me les 3oo 
millions de la Chine et 100 de Tlnde, on i^e poerrait pas iroprer à lo 
remplir, car PAffiqpe est tr^^-mal peuplée. La Nouvcile-HoUande est 
presque déserte; tes tribus idolâtres de TA mérique-s^éleigpciit. On 
Ma v^uiM le nombre des idolâtres à 5oo ^ ou tant au ipkis à 55o mil- 
iipS>9> tt U lommc totale d^t genre htiniain 4^^ milKons au maximum. 



t \ 



524 Géographie 

cinquante-deux , et s'augmente contînaellemeat. Leurs reyenus 
s'élevaient, en 1819, à 18,000 liv. stcrl. (495oOyOoo fr.) 

« Les missionnaires catholiques romains, dit Fauteur de ce 
» Rapport , ne se ralentissent point dans leur zèle pour la pro* 
» pagation delà Foi; et dans le courant du siècle actuel il a été 
» imprimé par eux un nombre considérable d'éditions de l'Écri- 
»*ture- Sainte. » (fourn, des Débats , avril 1824.) 

45i. Annuaire statistique *dij depaetement de la Seine-In- 
Ffe-RiEURE, pour Tannée 1823. (2*^. art. Foyez le Bulletin^ 2^. 
Uvr., février 1824 , pag. 95. N**. 191.) 

L article in&éré au Bulletin sur ce reciieil avait uniquement 
pour objet d'en indiquer le plan et les résultats les plus saillans; 
inais persuadés , comme nous le sommes , i^u'une bonne théorie 
repose sur des faits bien constatés , nous nous sommes proposé 
de signaler buccessiv«ment, et en commençant par la France, les 
fuils statistiques vérifiés et recueillis sons les auspices de l'admi- 
nistration. Les excellens travaux de ce genre exécutés pour Pa- 
ris , et dont nous nous sommes empressés de communiquer les 
résumés à nos lecteurs , ont produit d'heureuses imitations» que 
nous nous hâterons de mettre à profit. 

Guidés par cette pensée , nous allons entreprendre de faire 
connaître les résultats des principaux faits statistiques contenus 
dans l'annuaire du département de la Seine-Inférieure , en nous 
bornant toutefois à ceux qui concernent spécialement ce dé- 
partement. 

L'Annuaire du département de la Seine-Inférieure se divise en 
deux parties , suivies d'un Recueil composé en entier 4<! tableaux. 

I". Partie. — La première partie de cet ouvrage renferme 
des notions qui se rapportent , soit à la généralité de la France , 
soit spécialement à la ville de Paris, et sous ce point de vue, 
cette 1*^^. partie se trouve hors du cadre que nous venons de 
noDS tracer. ^ 

II*'. Partie. — • La seconde partie concerne en entier le dé- 
partement de la Seine-Inférieure. £lle est divbée en 16 cha- 
pitres^ subdivisés eux-mêmes en plusieurs sections. 

C*est dans cet ordre que nous allons en faire l'analyse. 
S I . Abrégé chronologique de t Histoire de Normandie, 

Cet abrégé , rédigé en forme de tableau synoptique , expose 
la suite des Êtits les plus impor tans depuis l'ifivasion des Noc- 



et Statistique. 3i5 

rnands , «n 84 1 9 jusqnes à la réanîon de la Normandie à la coit^- 
ronne, en iao4. 

Il est sniyi de tablettes chronologiques qui ^rappellent les prîn- 
cipanx faita biatoriqnes relatifs à la Tforro:mdîe , et plus particu* 
lièrement au département de la Seine-Inférieure , depuis 1 20$ 
jusquos en 181 5. 

Ces deux cadres sont heureusement tracés; ils offrent de I^ 
facilité pour les recherches , et présentent à l'œil , dans un es- 
pace irès- circonscrit, les principaux faits historiques de la Nor- 
mandie ; mais on doit regretter qu'en ne les faisant remonter 
qu'au IX . siècle^ on ait cru ne devoir donner aucune idée de 
l'histoire de ce pays , depuis les Gaulois jusques aux Normands. 

§ a. Topographie, — La constitution atmosphérique du dé<- 
partement de la Seine- Inférieure, est plutôt froide que temprrr^r;. 
On y remarque des variations brusques et fréquentes, et i)fs in- 
tempéries phis ou moins longues qui donnent souvent à une- 
saison la température d'nne autre saison. 

Sa superficie, d'après d'anciens renseignemens, est de 6a 1/1.57 
hectares, ou environ 3i5 lieues carrées. Une nouvelle évalua- 
tion, faite d'après les données fournies par le cadastre, re'duirait 
cette superficie ^'un neuvième , c'est*à-dire , à 56o,ooo hecta- 
res, ou environ 283 lieues carrées. 

. L'étendue des côtes maritimes qui bordent le département dé- 
polis Tréport jusqu'au Havre est de i4iyOob met., ou 3 1,72 lieues* 

On compte dans le département 7 forêts principales; il est 
coupé par 16 routes, la royales et 4 départementales, dont la 
snp^*ficie occupe près de 1,000 hectares. 37 petites rivières, 
sans y comprendre la Seine, en traversent le* territoire; 8 d'en- 
tre elles se dirigent entre le S. N. et le S% N. O., et versent leurs 
eaux dans la mer. 11 coulent dans des directions N. S. £., N. S. 
et N. S^ O., et se jettent dans la Seine après avoir reçu les eaux 
des 18 autres rivières et des petits ruisseaux qui y affluent. Enfin 
4 cours d'eau d'un voIun»e peu considérable y sont en outre ex^ 
ploitéspar.Findustrie, et des eaux de sources souvent schisteuses, 
parce qu'ellies parcourent des terres calcaires , en sdNreùvent les 
habitans. 

Pour compléter les notions topographiques nous nous trou- 
vons obligés d'anticiper ici snrTanalyse du chapitre Iir( éco- 
nomie rurale ) et de lui emprunter le peu de renseignemens qu'il 
contieht sur les 3 règnes dont il n'a été fait aucune mention 
dans le chapitre intitulé Tiipographie. 



Sa© Géogroffliie 

Règne minéral. — Le sol du dépaitéiaent peut ^tre divisé e!d 
trois espèces de terre : terres argileuses, terres oakaîres, t^res 
sablonneuses. La couleur de l'argile Tarie da Uacic sa grî», dn 
brun au rouge , et du jaune au noir: pÂfmi les terres il en estcpii 
sont propres à la fabrication de la poterie, des creuset ,- de la 
fayence dite terre- de- pipe, de la fajence ordinaire^ et même de 
la porcelaine. La marne se .rencontre en beanconp d'endroits et 
à des profondeurs très-^artées ; elle ne s'étend point soas terre en 
superficie, mais en profondeur. Le sable y est de coidenr blan- 
che , rouge , jaune et brune. 

On trouve dans ce département des pierres calcaires ^ui va- 
rient en dureté et en couleur; quelques-unes sont explokées 
]K>ur les constructions; des marbres uen exploités, plusietlrs» 
échantillons paraissent susceptibles d'un beau poli; des grès 
exploités; quelques uns sont si durs qu'on ne peut les tailler; du 
silex exploité dans plusieurs communes; quelques indices de 
charbon de terre ; de la tourbe seulement pur plaœ : il n'y a de 
oe combustible qu'une seule exploitation régulière sur une su- 
perficie de loo hectares; des coquilles fossiles; des sulfures de 
fer ; des eaux minérales ferrugineuses et salines ^ parmi lesquelles 
les plus renommées sont les eaux de Forges. 

Règne végétal. — Les aibres les {^ns communs dans le dépar-** 
tement sont : le ^héne, le hêtre, l'orme, le charme, le bouleau^ 
l'érable, le sapin, le peuplier tremble^ le châtaignier, le peus- 
micr, le poirier, le merisier, le tilleul et le frêne; le noyer y est 
presque abandcmné. Les arbustes sont : le jone marin ^ la bruyère 
et le troène. Les piaules, à l'exception de six ou sept, sont les 
mêmes que celles des environs de Paris^ la gunde est la scide 
plante tinctoriale que produise ce département. 

Règne anihtaL — Les animaux carnassiers ont disparu pur 
le défrichement desjorêts ; le renard seul y est encore eommlin* 
On trouve quelques chevreuils, cerfs et sangliers. On. remarque 
parmi les (Mseaux de passage , le mMrtin^pécheur^ la oîgogne, la 
spatule et l'avocette; le vautour et l'aigle commun y otit«té qud- 
quefois poimsés par les grands vents depuiaks moatàgiiies d'E- 
cosse. Les reptiles les plus ordinaires sont : la vipère notre, la 
couleuvre grise ^ la couleuvre a collier, l'orvet et la salmmandre 
terrestre* Les insectes y sont ea général ceux des environs de 
Paris. 

Enfin , outre les poissons eofumuns dons la SeiÉe, en trouve 
dans la Seine-Inférieure l'esturgeon, Faloie, la bi^ipe^ la fein- 



et Statistique. Sa; 

te, le mulet de mer y Téperlan, les fiondres, la loclie, le snu-" 
mon «les truites, la sept-œil. On pèche sur les côtes maritimes 
les raies , le turbot , la barbue , la rôle, le -maquereau, le merlan , 
le hareng, les crabes , les écrevisses de mer, les huHres , les mou- 
les , des' yers' mollusques , des zoopliy tes , etc. 

S 3. Économie r^ra/e. — L'agriculture n*a poiht encore at- 
teint, dans le département dé la Seine-Inférieure^ le degré de 
perfection dont elle est susceptible; cependant son état y eât 
tr^- florissant. Leà contrées du centre et de Test sont celles qui 
s'exploitent avec plus davantage. La i^^. fournit la majeure par- 
tie du froment, de l'orge, du seigle et de l'avoine que Ton ré- 
colte dans le département. La 2^. possède de riches prairies et 
de gras pâturages. 

La contrée qui borde la mer inférieure aux 2 précédentes four- 
nit les lins , lesrabettes et les colsa». Enfin les bords de la Seine , 
dont le sol est sabloneux , forment la partie la moins prodtictive. 

Les engrais les plus ordinairement employés' sont les fumiers,. 
les marnes ,* la pondrette , le plâtre réduit en poudre, notam- 
ment sur les prairies artificielles , les vases* de mer , les algues ,. 
les varechs; en^n le parcage des moutonfri. On a essayé, siu* 
quelques points, die 6nre usage de l'urate. 

La nIétHode des assolemeus est pratiquée dans les arrondisse- 
mens dé Neufchàtel et de Dieppe, et dans plusieurs cantons de 
ces arrondis&emens les terres sont divisée» en trois soles. 

L'usage des jachères diminué de jour en jour : elles ne sont 
plus, diins tQut le département, que le -n ou le 7^ des terres 
consacrées à la culture. Cest aux environs des villes que la di- 
mimition <ies }»c|ièFes se fait surtout sentir* Lesparlies N. N.-Ë. 
du département sont moins avancées. 

Les 56o,ooo. hectares qui composent la superficie dh dépar- 
tement peuvent être considérés comme étant -^ au moins ou 
190,000 hectares dccupés par les roules , chemins^ cours d'eau ^ 
m anufacture s , bâti me n s d'-exploitations , villes, terrains va- 
gues, bois, for^s , prairies et herbages, 

Le reste se divise en 120,000 hectares à peu ptès xemploy^s 
en vergers,, jardins, jachères, cultures des chanvres, lius, colzas 
et rabètles et en l5o,ooo hectares ensemencés annuellement en- 
grains et substances farineuses. 

Voici le tableau d'une récoUe moyenne, évaluée d'uprès les 
états fournis au ministère de l'intérieur, depuis 1818,' el com- 
parée à la consommation moyenne annuelle. 



5^8 










Géographie 




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et Statistique. 329. 

. On comptait, en i8aa, dans le département, 249000 chevaux 
et ponlains ; 4^Boo jonens et pouliches* Ensemble, 72,800. Ler 
nombre des cheranx importés est i celui des cheyjaax natifs^ 
comme 2:1, 

D'après un recensement général, opéré en 1817 et 1818 ,.• 
Tagriculiare possédait i5oo taureaux et bceufs, 91,000 vaches;, 
en tout 92,5oo bétes à corne au-dessus de % ans. 

II nait de ceè animaux, année moyenne, 3 1,800 veaux;: 
37,200 génisses ; ensemble , 69,000. Les tfoupeaux de bétes à 
laine se composent, pour la pins grande partie, d'animaux de 
race métisse , produit de la race indigène et des mérinos dont le 
nombre diminue joàrnellement. On élève beaucoup de porcs, 
peu de chèvres. Un petit troupeau de chèvres du Thibet, placé 
dans la commune de Belbœuf , parait s'acclimater facilement. 

Enfin on nourrit un grand nombre d'oiseaux de basse-cour, 
parmi lesquels les poules de Caux sont fort recherchées pour 
leur grande taille. 

J 4- Industrie et comFnerce,^^ Industrie, ^^Varmilt» bran^ 
ches d'industrie qui ïont les plus avantageuses à la population 
du département, on doit placer eu 1'^. ligne la pèche maritime 
et la salaison du poisson. 

Les 4 ports de pèche principaux sont Dieppe, Féôamp, St.- 
Valéry, Tréport. On arme dans les trois premiers pour la gran- 
de pèche , ou pèche de la morue au banc de Terré*Neuve. La 
pèche du hareng et celle du maquereau rentrent dans les pèches 
littorales ou petites pèches.qui produisent aussi le poisson frais 
ou non susceptible d'être salé. 

La morue se sale sur les lieux mêmes de la pèche. Le hareng 
éprouve 3 préparations différente^ : x^. la salaison qui se fait 
de même sur les lieux de la pèche; 2^. le marinage; 3^. le sau- 
rissage« Les deux dernières préparations demandent plus de 
soins et sont principalement exécutées à Dieppe et à Fecamp. 

En x8ao V les produits bruts de la pèche; vendus dans les 4 
ports, ont été : morues , i,a56,8oo fr. ; maquereaux, 695,500 fr. ; 
harengs, 1,242^600 fr.; poisson frais, i, 192,000 fr. Totat, 
4,386,900 fr. On doit remarquer toutefois que dans cette 
somme se trouvent compris^ pour j au moins, les'proidoits de 
la pèche de quelques petits bateaux des départeroena voisins qui 
viennent vendre leurs poissons dans lun des 4 principaux port*» 
dépêche. , 



35o Géographie 

Cm produits éuient beaucoup pi» e9tuààétMit& autrefois, 
La Tatoor da poisson , apporté aa seul port do IHeppe, passait 
5,000^000 9 asnée moyenne. Ce vaêtte port exportait laooo barils 
de harengs y en Talenr de 720,000 fr. On péchait aS k So^ooo 
aloses par saison } ai:ô<Nvd*hni t^ette pèche , ainsi que -cette de l'é- 
perlan , est réduite à moitié. 

On attribue la cause de ces diminutions soceessÎTes à la con^ 
currence de la pèche du Cahrados, en. harengs gais> pèche qui 
étail autrefois prohibée comme foumissaRt une nourriture mai' 
saine, et à Temploi abusif d'un engin de pèdie nommé chalut y 
sorte de filet traînant qui détruit les plantes sous*anartnes et dé^ 
peuple de poissons les c^es on Ton en fait usage. 

L'objet te plus important, après la pèche. maritime , est la fila- 
tore et la teinture du coton j là fid>rication des tissus^ dits 
rouenneries et calicots , le blanchiment, l'apprêt et rimpresdba 
des toiles. 

En X790 on comptait 190,000 fileuses de coton dans ce dé- 
partement; aujourd'hui cette indostrie est remplacée par des 
machines. Dans lax établissemens, elles ont l'eau pour moteur; 
dans d'antres elles sont mues par des manèges ou par la Tapeur. 
Les numéros qui sont filés ordinairement dans le dépaitemeut 
sont ceux de 20 à $0 , Findostriè ne s'y exerçant guère que sur 
des étoffes d'une consommation commune. Dix filatures â 
Darnelai filent par an a8o,ooo lûL de coton ; deux de ces âatnres 
sont dè.première classe. 

On temt le coton en grand teint , bon teint et petit teint. Il 
existe 177 teinturiers sur les cours d'eau du département* Un bon 
ouvrier teiht aùnneUement 75okîl. dé coton. A Darnetai , 9 tein- 
turiers occupent 'iSo ouvriers, qui teignent par an 35b,ooD U* 
de coton. Le prix de la journée est d'environ n, fr. 

Les tissus teints en nankin , à la façon de flndè , sont une des 
plus heureuses découvertes qu'ait faites ce genre d'industrie de- 
puis quelques années. Le prix d'une piooe de nankin , 6çon de 
riade, première beauté, ne coûte pas 4 àr. prisé à'Rtmen; On 
évalue à 600^000 le nombre de pièces de cette espèce <pii sent 
fabriquées dans une amiée : une grande partie en est expéâtée à 
réfranger. 

La fabrication des toiles se fait paÉ le moyen de courtiers qui 
transmettent le coton filé aux tisserands > et le rapportent tissé 
aux fabricans ; faute de bras, une partie du coton filé est envoyée 



et Staiistique. 53 r 

dait» les départ^uieilft V64siii9, à*ah il retient converti en toile. 
On évalue à 3,000,000 de £r. par an le montant de^ sommes dé- 
pensées fNH' les fabriques de Rotten pour le prix de cette main- 
d'oetirre étmngère an département, et le fransport des toiles. 

On compte sur les eonrs d'ean du département 70 imprime- 
ries en toile. On y emploie depuis ao ans le cylindre pour Tim- 
presBton. Par ce procédé une pièce de a4 aunes est imprimée 
en nne minute ^ elle aurait exigé deux heures et demie pour 
rimpression à la planéhe. * 

La filature et teinture de la laine , et la fabrication des draps , 
espagnolettes, flandles , serges , eic. , fintne, après le coton , une 
des branches les plus importantes de l'industrie du département. 
700 ouvriecs filent à Dametal x8o,ooo kil. de laine par an. 
aao ouvriers filent à Aumale 88,000 kil. de laine. 
-1400 ouvriers filent à filbenf 58o,ooo kil. de laine. 
La fabrication des draps de ce dernier pays se fait par 1200 
métiers de tissage , qui produisent a8 à 3o,ooo pièces de tissu 
de laine , et cette industrie y occupe 7000 ouvriers de toute 
nature. 

La filature, la teinture du lin et la fabrication des toiles ont 
beaucoup diminué de cç qu'elles étaient autrefois , par Tosage 
presque exclusif du coton. Cependant le ni de lin s'emploie 
quelquefois concurremment avec le coton; il se teint, ainsi que 
ce dernier, en grand teint , bon teint et petit teint. Quant aux toiles 
de lin , elles sont fabriquées plus particulièrement dans les com- 
munes qui bordent la nter, e#px:efles de chanvre dans quelques 
comnHines du pays de Caux. 

I«e8 produits chimiques nécessaires au blanchiknent deâ toiles 
et à la teinture des étof!les forment encore une branche impor- 
tante de Tindustrie du département; viennent ensuite des éta- 
blissemens intesfiriels de toute nature qni occupent une nom- 
breuse population ouvrière. . 

On compte dans ce département 8 fonderies de suif # i boyan- 
derie, x échaudoir, x fabrique de toiles cirées, 1 3 fours à plâtre 
et a chaux , 5 briqueteries, 5 raffineries de sucre , 4 corroyeries» 
taimeries et mégisseries, a épurations d'huile végétale, 3 fonde- 
ries de métaux , 6 fabriques de sulfate de cuivre , 1 4 pompes à 
feu, 2 blanchisseries par l'acide muriatlquc , 287 fourneaux pour 
la teinture , 36 sécheries , i savonnerie, 1 fabrique d'acétate de 
plomb, 5 brasseries, 7 fabriques de colle de parchemin ; en tout 



s 3 :2 Géographie 

4oa établissement incommodes ou insalabreSy autorisés de 1819 
à 1822. 

Enfin 3o3 communes du département possèdent ensemble : 
93 tanneries^ ao blanchisseries ^ 179 teintureries » 87 curande- 
ries , 70 imprimeries en toiles peintes ^ lai filatures, 'SA moulins 
à fouler les étoffes « a8 idem à tan , ao ùlem k alisari ou iudigo , 
48 idem à papier, 81 idem à huile j 697 idem à blé; ia66 éta- 
blissemens situés sur les cours d'eau qui^ en parcourent le ter- 
ritoire. 

Les ventes des produits de la fiibrique de Rouen effectuées aux 
balles de cette yille , en i8ai , se sont élevées : 

Rouenneries, Mousseline 9 2X9228 pièces; calicots, 21,268; 
toiles blanches et écrues , 23>24o; mouchoirs, 18,49^ ' siamoises 
et autres tissus 9 82,425. 

Velours, Pleins > 86.07 pièces ; cannelés , 6752. 

Cotons, Chaînes , 4691 ch.; fils , 430,229 kil. (i). 

Lins. Peignés^ 5i2S kil. ; fils blancs et écrus, 11 9920. 

Outre ces rentes et le mouvement d'un commerce de.consom* 
mation intérieur, les relations commerciales du département de 
la Seine-Inférieure s'étendent , soit dans l'intérieur du ro^raume , 
soit avec le reste de l'Europe, soit enfin avec les colonies , l'Inde 
et l'Amérique. 

. Les rouenneries sont devenues d'un usage si habituel , qu'elles 
se répandent presque dans toute la France. Les draps se dirigent, 
plus communément sur Paris , Lyon , Limoges et Bordeaux. 

Enfin de nombreux bàtîmens chargent dans les ports de 
Rouen et du Havre les produits de l'industrie et du sol du dépar- 
tement , et ceux des autres contrées 4e la France 9 en retour des 
cargaisons qu'ils y dépose;it ; ces importations et exportations 
donnent lieu à un commerce de commission ' très-flonssant , 
dont voici les principaux résultats pour l'année 1821. 



(i) En t8o6, la vente des cotons filés a e'té avee'eelie de i8ai , dans 
le rapport de 60 à 43- -- 



Importations. 



ei Statistique. 

Cofnparaison des importatiorts et exportations. 



355 



NAVII^ES. TOtîNAGE. 



570 français. 
744 étrangers. 

i3i4 



84)38q toD. 
97,810 

i8a,i9» 



VALEUR 

VAHTtELI^B. TOTALE. 



68,4'5,5oo fr. 
47,720,000 

116,1 35,000 



1 i€,l35,5oo fi'. 



Ex portations. < -^ 



4o6 français. 
317 étrangers. 

7^3 



58, 180 
36,960 



85, 140 



,a 1.8) 000 
14.076,000 

63,394.000 



69,994,000 



Balance en faveur des importations 53^84 > }5oo fr. 

La yaleur d;€s cargaboùs a été établie d'une manière àpprôxi« 
native, et en y comprenant les droits de. douane^ qui, pour 
l'année i8ai , se sont élevés à 26,000,000 fr. Dans le nombre 
des bAtimens on n*a point fait figurer 3 000 bàtimens environ 
qui ont fait le cabotage d'un port à l'autre du royaume. 

Enfin les objets d'exportation ont été plus particulièrement , 
vins, eaux-de« vie, fruits et autres produits du sol français; 
rouenneries, toiles peintes, tissus de lin et coton, dentelles, 
draps, soieries, étoffes de toute nature, habiUemens> modes, 
mercerie, quincaillerie , parfumerie , bijouterie , orfèvrerie , hor- 
logerie ^ meubles, glaces, verrerie, porcelaine, faïence, tôles 
vernies, papiers peints, librairie, gravures, etc. 

Les importations ont été composées pour la plus grande par- 
tie de denrées coloniales : étain-, plomb, fer, charbon, suif, 
planches , lin, chanvre , alcalis , gotidrons , huiles, fruits, etc. 

( La suite au n^. prochain. ) 

45a. De là nouvelle route de Nice àSabzanb; par CL.Bixio, 
de Gènes, (Antolof^,, oct. et nov. i8^3.) 

Le chemin de la Corniche, c'est-à-dire celui qui va de Gènes à 
Nice, est en grande réputation auprès de ceux qui font le voyage 
d'Italie; on manque rarement de le parcourir, soit en allant, 
soit en revenant; malheureusement la commodité de cette route 
n'est point en rapport avec les beautés pittoresques qu'elle pré- 
sente. Les Français commencèrent â la rendre praticable en 1808; 
enfin dans ce dernier temps on a continué à y travailler , et c'est 



554 Géographie. 

cet itinéraire (jûe l'auteur présente dans cet article y pu il indi- 
qne avec beaucoup de détails ^ les noms des villages , des mona- 
stères, des n^aïQU&^tures, des antiquités» etc., enfin de tout ce 
qui se rencontre sur cette routent qui peut intéressé les voya- 
geurs. On lui doit des explications et des ren8eignepirn& utiles 
pouf ks sciences naturelles, la géograpliie> l'histoire, iee belles- 
lettres, le commerce et les arts. * , £• M, Bah^^t* 

La population était an commencement de l'année i3a3 éyaiuée 
à 5,322,889 individus, dont 2,595,872 du sexe masculin, et 
2,729,017 du sexe Héminin; elle est augmentée depi|is 1821 de 
66,869 individus. {Joarn, Gén^dela Liti, étr*^ jaav. i824xp- ^^0 

454. MSXOXE nSSCRIPTIVE or TSE RKSOUaCES, lifHABITAHTS, AND 

HTDRQG&APHY OF SiciLT. Description de la Sicile souple triple 
rapport de aea rcAsources , dfs mesura' de sea babilans et de 
son hydrographie, avec celle di^ fies dont ^Ue iesèt entourée , et 
des pbservation& sur ses antiquités, etc^; par le capit. N. £1. 
. Shttq, R. N. In-4. , pp. 378. Prix, 2 1« <2s. 6.d. l^ondres; 
1824 ; Murray. 

Le capit. Smyth , connu dans le monde littéraire par son xèle 
infatigable ,. et par ses recherches sur Thydrographie de la Médi- 
terranée , a donné de nouvelles preuves de l'étendue de ses cou-- 
naissances dans l'ouvrage dofit nous publions une courte analyse, 
après l'avoir annoncé dans le n^. de mars 1824 1 p. 172* 

Selon l'auteur , la population actuelie de la Siéile peut èlre 
évaluée au dessous de eelles des anciennes villes et territoires d' A - 
grigente et'de Syracuse. La noblesse de cette Ile, outre les ar- 
chevêques et les évéques, est composée de l'à'j j^rmces ^ 78 ducs^ 
ilio marquis y et d'une infinité de comtes ^ de barons et de chc^ 
valiers$ mais la plupart de ces nobles n'en ont que le titre , avec 
l^ privil^e d'une vie oisiv^. 

Les Sicilieqn^ ii'obtieui^^nt dç Tf^uteur qi^^ T^Ioge de leurs 
çhprfnes. ^xtériçurs. L^ r?P^.^ sicilie|i^ rappf l|çu( Içs Sic^lœ ^ia-- 
pe^j et ij désigne le prùice de Butera cpfnu^e \^ Amphp.rion fe la 
Sicile. La hauteur du mont Etna n'es^çède pas, d'après ses cal- 
culs, ip,874 pieds a^-de^sus 4» niveau de la ïuÇF} oç V? cepen- 
dant toujours estimé^ à environ i2;,oop pipds. 

Ses desicnptions ppétiquQs spnt au reste de peu d*|itUi|é pour 
la géplogîe et la ipinéralogip^ de ce fameux volcan.^ Quant £^ la ^ta- 



eh Statistique. 555 

ti»tique deU $îcil« et de ses Iles, en commençant par sa capitale, 
Païenne i eette ville présente uji cantrasie affligeftnt de richesse 
et d'extrême panviwlé ; sa population est de 180^000 habîtans. 
Le» palais da roi et des principaux nobles sont niagnifiqoes. Les 
mes sont régulièpcs et belles; les bàtimcns publics , les églises , 
les yilfes , et les promenades peuvent riTaliser ayec les plus célè*- 
bres de l'Europe. 

Messine^ tIUc Ibrte et presque imprenable , contient une po- 
pulation de 73,000 habitans ; les édifices et les rues sont d'une 
beauté médiocre. 

Taormme , rancienne Taurominium^ est célèbre par ses anti- 
quité s, parmi lesquelles on cite depuis long-temps son théâtre et sa 
naumachie. Cette ville , qui n'a que 3ooo habitans » renferme une 
grande quantité de couvens. L'architecture mauresque j domine. 
Caiane, ]'un^ des villes les 'plus anciennes de la Sicile et où 
l'on voit de beaux débris» tels qi^e des théâtres^ des temples, 
des aquéd^cs et des baius , avait été , comme on sait , presque 
détruite parle tremblement de terre de 1698 ; elle a été rebâtie 
sur unj!>eau plan , et elle est maintenant une des plus belles villes 
d'Italie. Ses habitans, au nombre de 74fOOO , sont , par leurs 
maniéiies, leur amour des lettres et leur instruotien , supérieurs 
aax autres Siciliens. L'université , dont les professeurs sont ha- 
biles, compte plus de 5oo étudians* Des musées , des bibtUoithé- 
ques publiques offrent des secoura et des facilités pour les divers 
genres d'études, I^ population de M Sicile entière « d'après le 
calcul de M, Smyth y n'excède pas i,6/|5^ooo habitans. 

Quant aux principales lies éoliennes , Stromboli est une mon- 
tagne de aood pieds de hauteur et toute volcanique. Elle est 
toujours en 4^<nes « et il ^st probable qi|'e)le est U source de 
tou.te& Ifia cavités souterraines d^s volcans d'It^lîe. Le cratère est 
dans uu cét^ d|K la moutiigne; |e iîuidç de la tmp monte par 
degrés dans la cavité pendant un cei?taiu nonibre d'heures, et 
alors, avec explosion, lance des pierres et des cendres sablon- 
neuses, après quoi le fluide s^apaise pour renouveler le même 
phénomène au bout de quelques heures. 

Panaria ne compte que aoo habitans; Basiluzzo que quatre 
maisons; Dattali est déserte ; Llpari^ siège du gouvernement , 
contient une pc^mlation de 18,000 âmes, et beaucoup de restes 
d'antiqttité.\ Le ercoère du volaun a un miUe | de cireonférenee, 
et un mille de diamètre; il est toujours couvert de soi^e y de 



535 Géographie 

muriatey ê^ammoniaqueet à'acidç bomciqucOn y ântend souvent 
^es bruits senblables è celui da tonnerre. Satina , très-iertile> a 
4000 habitant C'est dans cette ile que l'on hltt un vin doux rrès« 
renommé. Felicudi et jiUcudù sont les dernières des îles éoltennes. 
La première a 9 miiles de circonférence, avec 800 babitans ; l'au- 
tre 6 milles, de circonférence et aSo babitans. 

Le reste des lies de la Sicile sont Ustica^ avec la ville de Ste.- 

Marie; Pa/if^/anVz, dont la circonférence est de 3o milles, et dont 

, 4» population s'élève à 5ooo babitans; Z/ziof a, san^habitans; et 

Lampedusay dans une solitude charmante , contient beaucoup 

d'Anglais, qui s'y sont établis *pour des spéculations de commerce. 

M. Sniyth a joint à son ouvrage un appendice avec ses obser- 
vations hydrographiques et géodésiques , les hauteurs des mon- 
tagnes , un tableau statistique de là Sicile , une liste des poissons 
Jes plus rares , et d'autres docum*ens intéressans et utiles. ( Uni- 
versai Inpest. y n», 1"., 1824^ P«>49') 

A. D. V. et MosCATi.' 

455. CoNFÉniÊRATioif GERMANIQUE. Notc stalîstique. 

" Toute la population des états confédérés de TAUemagne peut 
^tre évaluée aiùsi qu'il suit : environ 17,000,006 catholiques , ' 
1 3,000,000 protestans et aoo^ooo juifs , sur une superficie de 
•11,870 mille carrés d'Allemagne. L'armée des confédérés dans 
le temps de paix est de 301,781 hommes, et daàs le temps de 
guerre s'élève à 4^^9670 hommes. {Month. Jlfa^., avril 18249 

p. 25l.) MoSCATI. 

4^6* Sable AURiFéas du Rhiic. 

Dans le grand-duché de Bade, 126 personnes ont été employées, 
pendant l'année 1822, à laver le sable aurifère du Rliin, qui 
a produit i,4o5 couronnes 11 grains d'or pur. (/ourn, Gén. de la 
Litu tfVr., janv. 1824 , p. 29.)- 

45^. DÉTERÛINATION pY. LA POSITION DE QUELQUES LIEUX DE LA 

BouÈME, en latitude ^ longitude et élévation au-dessus de la 
mer. {Àhhandlungen der K. Boehmischen Geselhchaft der 
Wissenschaft^Hy t. VU, 1822. Prague, Hase.) 

Il y a deux morceaux sur ce sujet dans ce volume des mémoi- 
res de la Société royale de Bohème. Tous deux sont de M.Alo3rs 
David y directeur de l'observatoire de Prague. 



et Statistique. 337 

Nous ûous bornerons à donner ici quelques, uns des résultats. 

I^litude. Longitude de Élëvatioû au-des- 

nie de Fer. sus de la mer du 

Prague. A l'observât. Nord, en klaAer 

9 klafter f au-des- ^« Vienne. 

sus du niveau de 

laMoldau. 5o* 5' 18" 3a^ 5' 00" 94 et \. 

Horziiz. 5o II ao 33 18 ao x5o et i. 

Koenîggratï. 5o la 38 33 29 5o X19 et 7. 

Saaz. 5o. ao 7 3x xa 33' 

Rotenhans. 5o 3d 5o 3i 7 o aoi 

Kommotaa. 5o 37 33 3i 5 i5 166 et J. 
La chapelle dite de 

Kupfercapelle. 5o a5 43 3o 47 7 464 et f . 

Le Beerhûge). 459 et \. 

Les serpentines d'Einsiedel dans le cercle de Pilsen en Bohè- 
me se trouvent à une élévation de 44a klafter au-dessus de la 
mer. Zoeblits en Saxe , connu par ses belles. serpentines, est situé 
i44 Uftfterplus bas. 

Il £ttat voir dans les mémoires mêmes le détail des observations 
et une méthode proposée par Tauteur pour déterminer les azi- 
muts des objets terrestres d'une manière qu'il croit préférable 
à la méthode ordinaire. (11^. mém., p. 79.) C. M. 

458. The risto&t of Ltme-Regis, from the earliest periods to 
thé jpresent days. Histoire de Lyme-Regb (ville du comté de 
Dorset en Angleterre) , depuis son origine jusqu'à nos jours; 
par G. RoBERTS. Londres; 1824. [Month, Mag,y avril 1824 9 
pag. a6o.) 

Ce petit ouvrage y publié 'd'abord par souscription, contient 
une topographie complète de la ville de Lyme-Regis; il est ré- 
digé avec clarté et précision. L'auteur , après avoir fait connai- 
tre-l'origine de Lyme-Regis , en énumère la population et en dé- 
crit les progrès et les beautés. M. Roberts offre ensuite à ses lec-^ 
teurs la description des environs, et des remarques qui ne sont 
dépourvues nf d'intérêt ni d'ultlité sur les mœors et lés habitudes 
de cette ville. • F. M. N. Moscati.' 



F. Tome L aa 



558 Géographie 

459. SiràDB mv No&wéob. Popatadom - 

D'après nn dénombrement hit en i8i5y la Suède comptait 
a,465,o66 habit.; nnearmëede terre de 1 16,569 bom. ; une armée 
navale de 23,7^9 bommes. Sa superficie est de 3,87 1 milles carrés 
8uédois.-^-«LaNorwége comptait 886, 470 bommes. Sa superficie est 
de 2,828 milles carrés suédois^ elle a 22,000 hommes de troupes. 
La population des deux pays était par conséquent de 3,351, 536 
habitanSk {/ourn. Gén, de la LUt, Étr,^ p. 29.) 

460. FoBscBo TïL EN Bes&rivelsis ovcr Svendborg kiœbstaed. 
Essai d*une description de la ville commerçante de Svend- 

. borg, avec un plari; par J. Beotrup ; ^^4 pages in-8'*-. 
Odensé; 1823. 

Svendborg estun petit port danois dans l'ile deFionie, avec nn 
chantier de construction et une population de 25oo âmes. La ville 
emploie 3 1 navires plus oumoins grands à son commerce, qui con- 
siste dans Texportation des grains, des peaux , huiles de lin, etc. 
Elle a aussi des tanneries qui, dans les dernières années, ont pris 
beaucoup d'activité,, une &brique de coUe^orte^ une manufac- 
ture de tabac et une fabrique de poterie, enfin une quarantaine de 
distilleries de grains, dont les plus considérables consomment 
chacune 5 à 6 cents tonneanx de grains pur an. Les habiuins 
pensent plus au commerce qu'aux amusemens ; et , dans leoi 
costume, ils préfèrent le solide au brillant; aussi portent-ils gé^ 
néralement du drap fin d'une couleur foncée. En 181 2, la gar- 
nison donna lieu à l'établissement d'un petit théâtre. Les corn- 
merçans ont un club ; if existe aussi une petite bibliothèque. Un 
habitant avait lait présent à la ville d'une collection de livres ^ 
surtout de classiques latins , mais on les a vendus comme inutiles 
à des marchands de grains et d'huile de lin. Svendborg tire un 
revenu de 8 à xa mille francs d'une forêt qu'elle possède. Au- 
trefois elle nommait ses magistrats; mais «il y a long-temps que 
le gouvernenieat danois lui a oté sa liberté municipale , pour lui 
donner un baillL D.-<ï. 

461. IndIi. Détails sur les Mhairs. [Asiat, Jburn.^ avril 1824, 

pag. 365.) ■ ' 

Le pays des Mhairs ^ dont le nom est très-peu connu même 
dans l'Inde, est situé à quelques milles de distance d'jijmêre; il 
se compose d'une chaîne de montagnes et de belles vallées. L'é- 



et Statistique. ^ 35q 

tendue n'en est pas eousidërable. Les habita^ n'ont aucune idée 
dé justice «t de respect pour les propriétés, x^es Mhatrs^ dés les 
teAips les |>lfls rectdés , ont été la terreur de leurs voisins. Les 
Rujpàuts mêmes , les plus courageux naturels de l'Inde après les 
RohiliaSj ont toujours tremblé à leur approche. Les Mhairs sont 
de haute statifre, robustes , hardis et braves ; hommes et'ant- 
maùx, tout est ennemi pour eux , et devient leur proie. L'a- 
mour de ia liberté et de Tindépendance est leur trait caractéj'îs- 
tique 9 et ils ne reconnaissent ni rois lii chefs. On ne connaiè 
rien de leur religion. Ils méprisent les JBramùiesei}es Rajpouts. 
Ils répugnent à l'agrlcalture , préférant vivre d'incursions et de 
rapines sur les territoires limitrophes. Leur pays est presque im- 
pénétrable ; ils vivent dans les bois les plus épais , aux sommets 
de montagnes presque inaccessibles. Ils dérobent leurs rétraites 
aux regards des hommes , et les voyageurs pourraient croire la 
contrée déserte , tandis qu'ils sont épiés avec soin par ces mon- 
lagntrdsy toujours prêts & se réunir pour les attaquer. Il y a 
peu d'années ^ue les forées de la compagnie anglaise de Tin de, 
plusieurs fois surprises par leurs attaques imprévues , voulurent 
enfin détruire ou soumettre cette peuplade. Des combats très- 
sanglatiS furent livrés. Ces montagnards , avec leurs flèches et 
leurs lances, firent essuyer de grandes pertes aux troupes an- 
glaises ; mais la constance des Européens triompha , et (ours 
villes tombèrent au pouvoir des Anglais. Us se sont soumis de- 
puis à la Compagnie des Indes; ils ont commencé à reconnaître 
futilité de l'agricalture, et l'administra tio;n britannique s'efforce 
de civiliser ces peuples à demi barbares. Les Mhairs ont du res- 
pect pour les Européens , dont ils reconnaissent la supériorité ; 
mais ils conservent toujours leur caractère d'indépendance. 

A. D. V. et MoscATi. 

46a. I»nB. Svlk LB DISTRICT DE Stchbt. {Aùoè^ Jbum, V avril 

i8a4> pg- 369.) 

Le Sylhet est séparé d'AssAM vers le nord et le nord-est par 
une longue éhaine de montagnes, dont quelques-unes s'élèvent 
à plus de 6600 pieds au-dessus des plxiines ; ces montagnes sont. 
habitées par les Cossiahs et autres tribus. La route princij)ale qui 
conduit à Assatn passé -^^x Luchhath^hi environ 18 milles N. de la 
ville de Sffhety et par Bhoukoia dans le pays de Cachar. Vers 
Test , le Sylhet est séparé de l'empire des Birmans par les deux 



34o Géographie 

pelits «kats de Munnxpoureï de Oachar ; Ters le sud , par 7&/^' 
roh , quIiabiteDl: fts Koukias-^ race de peuplies sauTages. L'est 
et le sud de ce district sont parsemés de coUiaes ; mais le nord, 
le centre et l'ouest sont inondés pc^ndant plusieurs mois de l'an- 
née. Ce pays présente alors l'aspect d'un grand lac rempli de yil- 
lages , généralement bâtis sur des levées de terre. Toutes leurs 
communications se font -en bateaux , dont les plus grands tra- 
yersent aisément toute la contrée. Les gi'andes pluies commen- 
cent en avril, et l'inondation diminue vers la fin d'octobre^ 
mais"^ on ne peut pas voyager jusqu'à la fin de novembre , et 
même alors les chemins sont très-difficiles ; les rivières prioci- 
pales sont le Sourmah , qui passe tout près de Sjrlhetf et ou il a 
une largeur de 900 pieds , et le Kosiara ; ces rivières sont le 
seul moyen de communication entre l'est et Fouest de ce district 
Aucun transport ne se fait par terre, si ce n'est aux environs de 
Sjrihet. On n'y connaît ni l'usage des voitures , ni celui des bétes 
de somme. La température de l'atmosphère est très-vaiiable y et 
l'air malsain. Le cAaZenz-/7ior6i/j est tr^fréquent dans ce pays: 
tous les ans un grand nombre d'habitai^ en sont victimes. 
Dans l'hiver il y a souvent des brouillards très-épais t ^^ ^^ 
treroblemens de terre ne sont pas rares.. Les habitans cepen- 
dant sont très-forts, et grands ennemis des peuples Birmans, 
Cachar, pays limitrophe de ce district , est gouverné par deux 
frères , qui sont presque toujours en guerre entre eux. Les Kou- 
kUis^ habitans de Munnypour^ ont souvent fait des incursions sur 
le territoire de Cachar , et ont ca^sé beaucof^ de dommage a 
ce pays. * W^osGATi. 

463. Sua LKLACDE CoLAiR. ^Àsîat, Joum, ^ avr. 18^4 9 P*^7^') 

Le lac de Colairest situé auN.-N.-£. àe MasulipatamyetkVest 
à'Eliora ; il est très-large et d\ine grande importance pour l'a- 
griculture. Sa forme est prescpte ovale ; différentes rivières s y. 
déchargent ; sa largeur varie de 7 axa milles ; sa longueur est de 
221 milles; sa circonférence est de plus de 60 milles. Ce lac con- 
tient i5 iles de différentes grandeurs, avec 44 hameaux, 
habités originairement par cette caste des Pariàks j avilie dans 
l'Inde ; maintenant il n'y a d*habité que les hauteurs. Toutes ces 
iles sont entièrement couvertes par les eaux, quand le lac est f 
plein ; ce qui arrive au renouvellement de la belle saison. Ces 
inond(itions , d'uiie très-courte durée ^ fertilisent les terres. On 



et Statistique. 34 1 

Voit encore , dans une des iles de l'est de ce lac , des restes d'une 
fortification circulaire , qu'on appelle Colayti^cotta, Cette Ile est 
la seule des 44 viUages de ce lac , qui soit jbabitée par des Bra- 
mines et par des Soudras. Les iles et les bords du kc abondent 
en riz y en. une espèce d'herbe appelée jumhou , et une autre 
dont le nom est coràk , et qu'on emploie à couTrir les maisons. 
Ces terres produisent aussi des racines que le bas peuple mange 
et que l'on moud pour en faire du pain. Mosgatx. 

464. Sua I.ES MbnTAGNES dk SBEaovAHaAT. [Asiat, Journ»» avril 

i8a4» p> 370.) 

Les montagnes de Sherouahray tirent leur nom d'on fameux 
Sonniassi ( fakirs on moines hindous )^, qui y Ht sa demeure 
il y a plus de i,ooo ans. Elles sont situées à la distance de 
6 milles vers le nord de Salem ; tous les terrains i leur base 
sont très «-bien cultivés. On monte pendant 7 milles pQur 
atteindre les sommets habités; mais la montée est générale- 
ment aisée, et on peut y aller à cheval. Ces montagnes con* 
sistent en trois branches séparées : le Salem y \eMochou et le 
Moutou ; cette dernière est la plus élevée. Elle forme mi plateau 
d'environ 3 milles de large, sur 7 de long , et est en grande partie 
cultivée* Les habitans sont des Vellalers^ qui , selon leur tradi- 
tion, ont émigré de Conjeveram il y a environ 600 ans; ils ont 
de la simplicité .dans lès mœurs , et se montrent civils et oblîgeans. 
Ils sont presque tous bergers; les grands crimes sont presque in- 
connus parmi eux. Leurs disputes sont toujours apaisées par les 
chefs, dont la décision est reçue avec soumission et respeqt. Leurs 
femmes vivent dans la retraite; elles sont très-fécondes. Ilspar- 
▼iennent à un âge très-avancé> lorsque la petite- vérole, à peu près 
Tunique maladie qu'ils connaissent, et qui exerce parmi eux de 
grands ravages, les a respectés. On ne trouve aucun individu boi- 
teux ou difforme. Ils cultivent le blé, l'orge, le millet; et comme 
les terres sont très- fertiles , ils n'ont que la peine de semer pour 
obtenir d^abondantes récoltes. Leurs animaux domestiques sont 
le gros bétail et des buffles. Les espèce;i sauvages sont l'élan , 
l'ours , le sanglier et le bison, avec quelques tigres ^ des hyènes , 
et des chacals, lA volaille, les perdreaux, les cailles de toute es- 
pèce , abondent dans cette contrée. Le climat des montagnes de 
Sherouahray est très-bon; aussi offrent-elles aux Européens ûes 
retraites délicieuses pendant les chaleurs. On y voit accourir des- 



342 " Géographie 

habitans de Triçhenapafyj de VeUora^ à'Afcot^ à^ Madras f et 
laéme de Bangalore, Moscati* 

465. Descbiptioit i>es ilxs Likou-Khizou; par M. J. Kxap&otk. 
(Nottv. Ann» des Vof^y mars 1824 9 p« *890 

M. Klaproth décrit , d'après des ouvrages chinois et japonais , 
Farchipel conside'rable placé entre l'ile Formose , le Japon et la 
Corce^ que les Chinois appellent Lieou-Khiepu , que les Japonais 
prononcent tantôt Riu-Kio , et tantôt Loung-Khieou , mais dont 
le véritable nom indigène est Ogkii. 

Ce n'est qoe dans le 8^. siècle de liotre ère que les Chinois 
commencèrent à fréquenter cetarchipel, gouverné par des rois 
qui paient des tributs aux empereurs de la Chine et du Japon. 

L'archipel de Lîeou-Khieou renferme 36 îles \ la plus considé- 
rnble, qui porte particulièrement le nom de Ta-Lieou-Khieou 
(grande Lieou-Khieou), est située entre 36 et 97^ de latitude 
nord, et sous le ia5p 5o' de longitude à l'est de Paris. Les rela- 
tions japonaises estiment sa plus grande longaeùr du sud au nord 
à 5 jours et demi de route , ou à 60 ris, et sa plus grande largevpr 
^ un jour de route > ou i%k i4 ris. £Ile est partagée en trois pro- 
vinces; c'est dans celle de Tchoung-^Chan qu'est le lieu delà se-. 
. purturc des rois de la montagne du milieu, 

Na-Pa-Kiang est le port principal, et le plus fréqi^euté de 
nie, quoique celui de Ou-Ting ou You-Tchling , sitaé dans la 
même p|*ovince, soit plus sûr et plus commode, et q^'il ren- 
ferme le seul pic un peu élevé de toute l'île, dont la forme est 
conique, et qui sert de point de f^econxiaissance aux nayigateqrs. 

Lf^ religion dans le Lieou-Khieou, est celle de Fo ouÇaudha, 
que les Chinois y ont introduite i} y a plus de dix siècles. 

De même qja'à la Chine , on y a un grand respect ponr les 
morts, et les familles se distinguent par des noms et des surnonxs. 

Le roi, qui -ne peut prendre sa ienin^e que dans les trois prin- 
cipales familles^ est le plus riche propriétaire. Indépendamfnent 
de ce que lui rapportent ses domaines et certains impôts» il 
jouit des produits des mines de soufre , de cuivre, d'étain et des 
salines. Avec ces reviei^us, il paie les appointemens des fonction- 
naires publics , et entretient sa cour. Les traiteoiens se calculeni 
en sacs de riz^ 

Le fiis atoé du roi porte le titre de Yang - tsu , c*est-4-dire 
prince royal. Ses frères puînés sont égaux pour le rang, cl ap- 



et Statistique. 545 

partiennent a la première classe de la noblesse. Les grands du 
royaume sont obligés de résider dans la capitale; c'est le roi 
qui fait administrer leurs domaines, dont il leur remet le revenu, 
qui se trouve réduit à peu prés a^tiers , par les frais d'adminis- 
tration et autres dépenses. w 

On a commencé depuis quelque temps à adopter les modes et 
usages de }a Chine; c'étaient ceux des Japonais qu'on suivait au* 
paravant. 

La douceur de la température de ees lies , et leur fertilité, font 
qu'il ne a'y trouve pas de pauvres. Leurs principales productions 
consistent en soufre naturel^ en ciûvre ronge , zinc, poivre, ta« 
bac excellent fleur de carthame»pour teindre en rouge, sel, etc.; 
on y trouve le kin>king-lieou, arbre dont le bois, couleur d'or, 
est fort et durable, et dont l'odeur est extrêmement suave. On 
l'emploie dans l'ébénisterie; on s'en sert aussi pour&ire des blocs, 
sur lesquels ont s'appuie en dormant , suivant l'usage du Japon 
et de plusieurs provinces de la Chine. Les animaux sauvages de 
rArchipel sont les ours , les chacals , les loups. On y élève un 
grand nombre de porcs et de poules; la mer qui l'environne est 
très-po2ssonneose. La nacre de perle et les écailles de tortue de 
Lîeou-Kbieou sont recherchées. Presque tons les voyageurs qui 
ont visité cet archipel , en représentent les habitans comme des 
hommes très-doux , très-bons et très-heureux. 

Il aurait été à désirer que le savant auteur de la notice que 
nous avons abrégée, eût donné quelques renseignemeus sur lapo* 
pulation de l'archipel de Lieou-Khieou. D. D. L. R. 

466. Noms oi^ographiquis ob ii'AraïQVx ahcievi^b 9 expliqués 
par l'hébreu. {Nouu, Jnn* des Voy^^ févr^ i8a4 , p* 168. ) 

L'auteur de cet article , M. Malle-Brùn, avait annoncé que, 
sans connaître la langue arabe, il espérait» par la seule compa- 
raison des noms géographiques dans Pline elPtoIémée, avec ceux 
de l'Arabie et àa pays arabes , démontrer que de nombreuses 
tribus arabes habitaient V Afrique avant la naissance de Jésus- 
Christ ; il entreprend aujourd'hui de remplir en partie la pro- 
messe qu'il avait faite , par la comparaison des noms géographi- 
ques deTintérienr de l'Afrique i employés par ces deui^- auteurs,, 
avec les noms hébraïques du même genre. Il donne une longue 
série de ces noms, et pense qu'on peut, d'après Içs analogies qu'il 
présente, poser le dilemme suivant : Ouïes Carthaginois, qui 



544 Géographie 

pariaient une langue mêlée de Thébren^ ont porté leur commerce 
et leur idiome jusqu'en Nigiitie et jusqu'eQ Nubie; ou des tribus 
arabes ont pénétré dans rAirique centrale quelque temps avant 
l'époque où vivaient Pline le J^turaliste et Ptolémée; on bien il 
a existé dès la plus haute ant^iité une t*onte de caravanes par- 
tant des côtes de la Nubie , s'étendant jusqu'en Nîgritie, et fré- 
quentée par des Arabes et même par des Hébreux. On voit que 
le savant rédacteur penche pour la dernière de ces hypothèses; ' 
it manifeste et défend fopinion que les Kushiies de la Genèse 
sortirent de^l'Arabie, et notamment de Ia.c6te de THedjaz, & une 
époque antérieure à l'histmre profane; qu'ils formèrent une lon- 
gue chaîne d'étabKssemens en Afrique, et particulièrement dans 
la région que les anciens appelaient Mthiopia super Mgyptum ; 
enfin , que l'empire de Saba , devenu dan» la suite des temps eekii 
de Méroë, fut une colonie de ces Kushites. D. D. L. R. 

^^67. Population db la golonie du Gap de Bonne-Espérance. 

Mv Golebrookea publié un état delà colonie du Cap en iSsa, 
qui présente les £iits suivans. La population de la colonie a 
augmenté dans la progression suivante : en 1798» selon M.Bar- 
row> on domptait ^1)947 habitans; en 1806, d'après un recen- 
sementj '^^.^ilfi'yea iSio, idem, 8i>|22; en i8x4> i<f«//i;, 80,069; 
en 18 19, idem y 99*026 ; en 18^1 , idem^ 116,044 > en 1822, par 
estîmati(my 120,000^ Il 7 avait en 18189 4^^854 blancs, 22,980 
Hottentots, 33,32o nègres ;4.maintenant il y a 28,835. E[pttentot& 
et 32,188 nègres. Dans la populatioii libre, on compte, sur 5o, 
individus i décès , et au delà de 2 naissances. La ville du Cap a 
1,748 maisons et 18,422 habitans , parmi lesquels 7,534 °^' 
grés esclaves. Les revenus de la colonie s'élevaient en 1822 à 
1,463,5 10 rixdalers , et les dépenses à 1,249,900. Les Anglais 
ont singulièrement encouragé, depuis quelque ten^s, la culture 
de la vigne dans cette partie de leurs colonies , et de nombreuses 
importations se font actuellement de ce point dans la Grande- 
Bretagne. ( Joum^ des Foy. , avril 1824, p. 121.) 

468. Note statistiqç? sua la Xamaïque. 

On compte maintenant à la Jamaïque 35o,ooo esclaves. Cette 
ile p'roduit 60,000 mesures ( muid et demi) de rhum, 1,800,000 
de café, i3o^ooo pains de sucre. Les Anglais y importent pour 
2 millions de livres sterl. de marchandises de leurs manufactu- 
res, et en exportent pour 5 millions de productions du pays. lA 



et Statistique. 5^ 

fabrication dn sucre a aujoord'lnii diminné, mais la culture dn 
gingembre^ du poivre et du café , est considérablement augmen- 
tée, (/oerm. Gén. delà Utt. Étr., jailT. 1824, p. «ig.) 

469. Passage au itorb-zst pe l'Amérique; avantages qu'il y 
aurait à le tenter en partant de l'ouest; par le Capit. J. Duitdas 
Cocheake. (New. Month. Magaz.^ 1824, n**.XLI.) 

Trois eiTpéditions ont été entreprises pour traverser la mer 
Polaire au nord de l'Amérique; mais aucune d'elles n'a été coro • 
mencée par l'ouest. Le seul prétexte qu'on a allégué pour suivre 
toujours la même route y c'est qu'on subit moins les vicissitudes 
da climat, et qu'on arrive plus vite aux lieux qu'on veut explo- 
rer, en se dirigeant droit sur la baie de Baffin : cependant en 
continuant de prendre cette route, on fera bien des expéditions 
avant de réussir. Voyons ce qui arriverait si l'on partait du^dc- 
troit de Behring, en se dirigeant vers l'est. Remarquons d'abord 
comme un fait certain que le cap du Prince -de-Galles, dans le 
détroit de Belving, fait partie du continent d'Amérique, aussi- 
bien que le cap Lisbum et le cap de Glaces ( Icy cape) , malgré le 
détroit de K.otzebne (sur lequel Kotzebue a fourni moins de ren- 
seignemens que des cartes russes dressées il y a près d'un siècle). 
Or ce fait est un puissant motif pour espérer le succès d'une en- 
treprise dirigée dans ce sens. En effet, on sait en partant qu'on 
suit la côte du continent, où l'on peut trouver du secours en di^ 
vers cas. Si Ton part au contraire de l'est , on sait d'autant moins 
où l'on va , que l'on est induit en erreur' par le grand nombre de 
baies, de golfes , de courans et de détroits. Tontes les expéditions 
qui ont été envoyées d'Angleterre à la baie de Baffin, au détroit 
de Davis , à la baie d'Hudson , ont rencontré des courans perpé- 
tuels passant de la mer Polaire dans la première des deux baies ^ 
les capitaines Ross et Parry ont trouvé que leur vitesse était en 
raison de 3 à 4 milles par heure; les. détroits qu'on rencontre 
depuis la baie d'Hudson jusqu'au Lancaster->Sound doivent for- 
iner de nombreux courans d'autant plus difficiles à surmonter 
que les détroits sont plus nombreux et plus resserrés. Il est en- 
core étonnant que les expéditions aient si* souvent échappé au 
danger d'être englouties, ou d'être anéanties par les montagnes 
de glacés flottantes. 

De l'autre côté de l'Amérique , l'état des choses est bien diffé- 
rent: trois navigateurs, Cook(ou plutôt Clerke), Kotzebue et te 



3^6 Géographie 

capitaine rasse Yasilief , s'accordent ^ dire que les coorans y Toqt 
au nord, au nord-est et à l'est-nord-^st. Vasilief assuraà l'auteur 
de cet article qu'après avoir doublé le cap de Glaces, il avait trouTé 
un courant d'£.-N.-£. si fort, qu'il craignit de le suivre, de peur 
de ne pouvoir revenir et d'être obligé de passer l'hiver sur la 
côte septentrionale de l'Amérique, loin de son compagnon de 
voyage occupé, à sonder les côtes du N.-£. de l'Asie. Toutes les 
personnes instruites savent qu'il y a un courant qui v^ de la mer 
Pacifique à la mer Polaire par le détroit de Behring, et un autre 
courant qui^iie dirige de. la mer Polaire à l'Océan Atlantique par 
la baie àfi Baffin. Or il est bien plus aisé de suivre ces courans 
que de lea surmonter. 

On .sait d'aillçurs maintenant que Tile Melville est çîtuée à 
mi- route entre l'océan Atlantique et la mer du Sud; si donc 
une expédition partant du détroit de Behring ne faisait qu'aller 
jusqu'à Tile Melville, et revenir ensuite, le but maritime de l'en- 
treprise serait atteint Lors même que des glaces perpétuelles à 
l'ouest de l'Ile Melville empêcheraient l'expédition d'y toucher, 
elle pourrait y envoyer par terre un détachement. 

]^, Cochrane pense que quant aux voyages de découvertes en 
général, il ne faut pas trop remplir les vaisseaux de matelots^ 
de savans, d'instrumens de physique; il suffirait d'un petit 
nombre d'hommeir endurcis aux fatigues» munis d'un quart de 
cercle, de bonnes montres marines, de fusils et de poudre; les 
savans viendront ensuite, quand les marins auront réussi d'a- 
bord. Cest ainsi, dit- il, que font les Russes; aussi presque tou- 
lés leurs expéditions ont du succès* 

On sait qu'actuellement le gouvernement anglais prépare 
deux autres expéditions terrestres pour le nord-est de l'Amé- 
rique ; elles seront conduites par les capitaines Lyon et Friin- 
'klin. Yoici les idées que ce projet a suggérées à M. Cochrane. 
Le capitaine Lyon pourra se rendre très-utile , en partant de 
Repulse-fiay ^ et se dirigeant vers l'ouest jusqu'à la hauteur du 
ca.p Turnagain, s'assurant seulement de là direction de la côte, 
sans s'embarrasser des g<^fes et des baies ; peut être pourra-t-il 
pousser son ^s^cursion jusqu'à la rivière de Copper*Mine; il 
aurait alors exploré un tiers de la côte entre Repulâe-Bay et le 
cap de Glaces. Le second tiers de la côte s'étend depuis rem- 
bouchure de la Copper-^Mine jusqu'à celle du fleuve Mackenzie. 
Il ne paraît pas que le gouvernement ait désigné une expéditioo 



et Statistique. S^j 

particnlière pour cette partie. On assure qae dans le cas où le 
capitaine Ljon parviendrait à la Copper-Mine, il a ordre de coih 
tinner son expédition vers Tonest; mais M. Cochrane pense qae 
le capitaine aura assez de peine à revenir à son vaisseau dans la 
mém^ saison, et qu'il vaudrait mieux qu'un détachement des* 
cendit le Mackenzie pour se diriger ensuite vers la Copper-Mine, 
du côté de l'est. Il faudrait que le capitaine Lyon y eût laissé 
des vivres pour ce détachement. 

Il ne resterait à explorer alors que la c6te entre rembouchur^ ' 
dn Mackenzie et le cap de Glaces, et de là jusqu'au détroit de 
Kotzebne. Cest là le but de l'expédition dn capitaine Franklin ; 
mais on veut aussi qu'il explore le pays entre le détroit et la 
source de Mackenzie. xil. Cocbrane pense que c'est trop exiger, 
et que le capitaine FrAklin aurait beaucoup fait s'il était par- 
Tenu à bien reconnaître les 5oo miHes de c6tes entre l'embou- 
chure du Mackenzie et le cap de Glaces. 

Ija première et la troisième expéditions pourront se servir de 
chiens on de rennes, ou des uns et des autres , pour leur voyage; 
60 chieos trainent à peu près 60 quintaux, et font avec cette 
chaire ao milles par jour. M. Cochrane calcule ce qu'il faudrait 
de provisions, et comment il faudrait les distribuer. Il propose 
d'en enterrer de distance en distance pour qu^on puisse les 
trouver i^u retour. L'auteur parle d'après l'expérience qu'il a 
acquise en Sibérie et au Kamtchatka. 

Que le gouvernement adopte ces idées ou non, M. Cocbrane 
est persuadé avec beaucoup d'autres qu'en persistant à diriger 
les expéditions de l'est à l'ouest, on perdra beaucoup de temps 
et de peine, et que dans l'intervalle, d'autres nations pourront 
enlever à TAngTeterre l'honneur de découvrir le passage qu'on 
cherche depuis si long-temps. Déjà, dit-il, les deux dernières 
expéditions polaires des Eusses ont eu des résultats assez im- 
portans sur la côte nor4-ouest de TAmérique ; l'expédition arc- 
tique du capitaine Vasillef s'est plus avancée vers le nord 
et vers l'est que Cook , tandis que l'expédition antarctique dn 
capitaine BUlingshausen a fiiit 'le tour du monde avec plus de 
rapidité, et à une latifude plus élevée «pie l'immortel naviga- 
teur anglais. D.-o. 



348 Plans et Cartes. — Économie publique. 

• * *■. 

PLAHS ET CARTES. 

470. Chaetv des Pasdssischbh Staates. Carte des ëuts prus- 
- siens et des pays adjacens; par le professeur J. M. F. Schmidt. 
' Berlin; i8a3. 

471. TOPOG&APHISGHE Ka&TE DES FÛESTEHTHUMS WaLDECX.. 

Carte topographiqae de la principauté de Waldeck; par L.. 
• Bekitefeld. 

La réduction de cette carte est d'un ponce 4 P^' mille §^éo- 
graphique. Elle s'accorde au reste airec la carte de la Westphalie 
par Lecoq. Elle devrait être enluminée , il indiquer la division 
de la principauté en fi districts , savoir r^^uz de Diemel, Eder, 
Titiste, Werbe et Eisenberg. L'auteur aurait dû donner aussi, 
dans un coin de la carte, la principauté de Pyrmont> aa lieu 
d'en fiiire une petite carte séparée qui peut aisément s'égarer. 
( Geogr. Ephem, XIU , cah. a. ) 

47a. Postchaete i>es Koknigeeichs Sacbsen. Cartede postes du» 
' > royaume de Saxe. Carlsmhe ; i824«^^ 

Cette carte lithograpbiée parait élre fiûte sur des renseigna 
mens officiels , et indique tous les établîssemens des postes saxon- 
nes ; mais le titre prend plus de place que la carte v ^lû^d'^^Ucurs 
n'a point d'échelles ni même de positions géographiques , en^ 
sorte qu'on peut à peine hii donner le nom de* cartel ( Qeogr. 
Ephem, XIII, cah. a.) 

473. Chaete des Mjeheischeit GoD'VEEirEMEVTs. Carte du gou- 
Ternement de Moravie, dressée d'après les . obseirations tri- 
. gonométriques et les levées géométriques; par J. Batee. 

ÉCONOMIE PUBLIQUE. 

474- Obseevatiohs sue l'oeigivIs et les moGEis de i.'aev 
^D'nrsTEUiEE LES souEDS-M UETS de naissauce; par Math, Mabi- 
CACGX , direct, et institut, à Fécole imp.^ et roy. des sourds- 
muets. (Aniol.^ oct. 1823.) 

Quelles qu'aient été les recherches de l'auteur sur l'art d'instruire 
les sourds-muets chez les anciens, il n'a rien trouvé à cet égard 
avant Rodolphe Agricola, qui naquit à Refflon, près Gronin- 



Économie publique' S^g 

gue, en i44a| el mourut en 14^5. Ce pl^Upsophe raconte aroir 
Yu, mais sans préciser si ce fut en Italie on en Hollande ^ un 
sourd-muet qui avait appris à comprendre l'ëcriture, et qui lui*- 
méme pouvait consigner ses idées par écrit. Après Agricole , on 
ne trouTe plus rien jusqu'au i6^. siècle» époque à laquelle un 
moine du couvent de St.-SalYador d'Ogna, en Espagne, nommé 
Pierre Ponce de Léon , découvrit et mit en usage dans soi^ école 
Tart d'apprendre aux sourds*muets à parler et à s'instruire sur 
plusieurs matières ; telles que la parole, l'écriture, la lecture, 
Tarithméthique, la doctrine chrétienne , les langues latine, grec- 
que, italienne, espagnole, la physique, l'astronomie, l'histoire des 
différens Jiays, la politique, la discipline militaire, les connais- 
sances nécessaires pour être ecclésiastique , la peinture > etc. 

Après Pierre Ponce de Léon, qui était mort en i584, le silence 
général que les auteurs ont gardé sur cet art prouve assez qu'il 
est resté quelque temps dans l'oubli. Cène fut qu'en i6ao que 
Jean*Paul Bpnet, secrétaire des connétables de Castille, publia 
sa méthode d'instruire les sourds -muets de naissance, qu'il 
dédia à Philippe IIL 

Après Bonet, il parut en i6aa un ouvrage sur le même objet, 
publié par Emmanuel Ramires de Carrion , qui en donna une 
autre édition plus complète en 1629. Enfin on arrive en i635, 
époque à laquelle Wallis s'oQcupa également de cette bran- 
che d'instruction. Tel était cet art du temps de Bacon. L'auteur 
se propose de continuer cette histoire. , £. M. Baillt. 

475. CoiTSinÉaATIOlfS sua les ENFAHS-TaOUvis UANS LES PKINCT- 

PAUX iTATS UE l'Europe ; par M. Behoistom uECHATEAUifEur. 
(Mémoire lu à l'Académie roy. des sciences, 1^ 11 août 181 3, 
précédé du rapport fait k l'Académie sur ce mémoire ; par 
MM« Duhéeil et CoQUEBEmT-MoNTBEET, le 29 décembre sui- 
vant. ) In- 8. de 106, xxx^ p« avec 2 tableaux. Paria, i8a4; 
l'auteur, rue St.-Dominiqae-d'Enfer, n*. ao, et Martinet. 

Peu de sujets plus intéressans que celui qui fait l'objet du nou- 
veau travail de M. de Châteauneuf , s'offrent aux méditations de 
l'économiste, et peu d'écrits offrent des résultats plus importans. 
L'humanité éclairée dont l'auteur se montre animé, imprime à ses 
réflexions un caractère frappant de vérité ; son style élégant et 
noble est celui d'un homme qui écrit à la fois sous l'influence 
d'émotions vives , et de pensées inspirées par le sincère désir du 



SSd Êconorhie publique. 

bien. I^hisiettrs pages de sob outrage ne seraient pas désaVonéés 
pflrtaos môtaliâtes ëloqnèn^. Noos ayons crû, contre notre ttsiagé,èt 
par exception aux règles qui nous sont imposi^es , âeVbir signaler 
ee genre de mérite dans un travail où 'l'on ne s'attend gnère à le 
ti^buver , comme propre à lui procurer un pins grand nombre de 
lecteurs. Traiter avec talent un sujet réputé aride , joindre l'inté- 
rêt de l'expression à l'utilité des recherches , et à là solidité du 
fonds, c'est doubler le bienfait d'un écrit important, en y jfal- 
sant participer tous ceux à qui il faut commencei^ par plaire 
poiir pouvoir les instruire. 

L'excellent rapport des commissaires dé l'Académie ajoute un 
nouveau prix aux recherches de M« de Chàteauneuf, pa^ àes do- 
cuméns pleins d'intérêt. 

Nous regrettons de ne pouvoir signaler qu'un très-petit nom- 
bre de résultats. L'indication du contenu aux 7 chapitres de cet 
écrit substantiel déterminera sans doute nos lecteurs à y clier- 
cher des renseignemens plus complets. L'époque de la fondation 
en Europe des hospices d'enfans-trouvés , le nombre de ces in- 
fortunées créatures, dans les principaux états ^ et dans les villes 
principales , celui des enfans-trouvés , comparé à c^lui des nais- 
sances, les causes qui influent sur leur jiombre, la mortalité Jé 
l'enfance en Europe, la mortalité des enfans délaissés, et ses prin- 
cipal es causes, les soins et l'éducation qu*oii leur donné dans les 
différens états de l'Europe; telles sont les divisions sous les- 
quelles Tauteur a classé les divers points de vue que présentait son 
SBJet* 

On frémit quand, on pense à hi barbarie ifoi f chez les peuples 
les plus éclairés de l'antiquité , livra ai long-<tèmps la vie de Fen- 
lance à. la disorétion des pères | et les ertfans exposés à resclavage. 
Constantin ait le premier prince qui letlr donna deS .secoiars ; 
leur assujettissement à. la servitude ne cesâa qu'en tertu d'un édit 
de Justinien, seulement l'an 53o de l'ère- chrétienne; mais il fîiut 
arriver' au i3*. siècle pour leur voir en€a, et après tant de siè- 
cles d'une cruelle insouciance, assurer des asiles et Féducation. 
La première institution en leur faveur est celle de Guido,flls de 
Guillaume, comte de Montpellier, qui, en i2o4) fonda dans cette 
ville un hôpital, où ils sont reçus , et un ordre, dit du Saint-JEs- 
prit^ destiné aie dessertir. Le pape Iilinocent ÏII, ému dç pitié à la 
nouvelle que des corps d'enfans nouveau-nés avaient été retirés 
du Tibre, destina ensuite à recevoir 600 enfans- trouvés le local 



Économie publique . 5 5 1 

conna depuis à Rome «oos le nom àe Conservatoire dé la Ruota, à 
cause de la rose on tooroù Ton déposait ces en fans. On sait que le 
preniier asile , et les premiers secours efficaces ne leur furent pro- 
curés i Paris qii*en i638, par Tiriépulsable charité de saint Vin- 
cent de Panle^ secondé par la piété de madame Legras, nièce da 
garde des sceaux Marillac. M. de Châteaunenf, et après lui les 
commissaires de l'Académie, suivent les progrès de cet établisse* 
ment 9 progrès long-temps retardés par des abus effraya n&^ et 
qui n'ont été bien réels que dans ces derniers temps , et surtout 
depuis 4 ans, malgré les e^orts de l'administration. 

Le plus puissant moyen de conservation des enfans , étant les 
nonrrices sédentaires, on en a augmenté le nombre. Dés lits de 
fer ont été , comme plus sains , substitués aux couchettes en bois. 
Les enfans sont transportés dans des voitures à ressorts , où ils 
sont placés dans des hamacs. a5 préposés surveillent de concert 
avec des médecins, et paient les nonrrices de campagne, dont le' 
salaire a été augmenté, et & qui on a alloué ao fr. de récompense 
pour chaque nourrisson parvenu à l'âge de 1 5 mois. 

Malgifé tont le zèle des administrateurs, on n'a pu que réduire 
la mortalité de la première année à nn quart environ dans l'hospi- 
ce , et à la moitié à la campagne. Ainsi , sur ai,6a6 enfans , reçus 
de i8i8 à iSai, il en mourut, avant l'envoi à la campagne, 5, 
488;etsnr f^yi^A mîs en nourrice pendant ces quatreannées, 477^7 
succombèrent avant Tàge d'un an. En effet, sur looo enfans en- 
trés dans l'hospice, la mort en enlève a5i dans les premiers jours, 
et a35 de plus durant le transport en nourrice, ou avant la fin 
de la première année. Il n'en reste donc plus alors que 5i4 > un 
peu plus de moitié. Il résulte des calculs comparatifs de l'auteur, 
que l'abandon des enfans par leurs mères est à lui seul une cause 
de mort plus destructive pour eux que les deux plus cruels fléaux 
qui puissent décimer le genre humain, la peste et la guerre. 
Partout, dit-il, pour ces in fortunés, la vie est sans vieillesse, sans 
âge mûr, sans adolescence. La mortalité des enfans trouvés dans 
l'hospice de Paris est toujours en raison inverse de l'arrivée des 
nourrices de campagne , quelque essai qu'on ait fait du régime ar- 
fîciel. II est affligeant de reconnaître qu'avec une dépense annuelle 
de plus de 1,200,000 fr., et malgré les soins et les efforts d'un 
zèle persévérant, on n'a pu jusqu'à présent parvenir i conservera 
jusqu'à l'âge de 1% ans, que 122 enfans trouvés sur 1000, dont 
environ 54 garçons et 6IJ filles. Mais les effets déjà prôdtrits par* 



[ 



352 Économie publique. 

les ainéilopations effectuëes ces dernières. années, n'en sont pas 
moins encourageans, puisque la moyenne des enfans sottis de 
pension à la ans, qui^ prise sur les trois années i8i 6, 1817 et 
18 18, n'avait été qae de 55 1, s est élevée déjà à 742 pour les 
trois années i8ao, i8ai et i8aia. Un tel saccès donne de gran- 
des espérances ; les maladies qui affligeaient Thospice ei> ont dis- 
para , ou ont considérablement diminué. D'après le rapport des 
médecins qui ont inspecté les enfans existans à la, campagne aa 
3i décembre 1820, sur 12,333, nombre total, 11,2 3 4 étaient en 
bonne santé, 11,488 avaient des lits particuliers. Les départe- 
mens les plus favorables à leur conservation étaient ceux des pro- 
vinces de Bourgogne, de Normandie et de Nivernais. Les plus 
défavorables étaient ceux de la Picardie , surtout pour les enfans 
placés chez des fileurs. et des tisserands. Parmi les nourrices, au 
nombre de 9,727, 6000 étaient propriétaires de leurs demeures, 
et 6,274 avalent une vache ou une chèvre. 

Sur dix enfans naturels portés aux registres de l'état civil, on 
en trouve quatre abandonnés par leurs parens. Le non^bre des 
enfans apportés à l'hospice est beaucoup plus grand en hiver , 
après que les parens ont épuisé ieurs ressources, qu'en été, où 
elles se renouvellent, et dans les années de disette que danscellls 
d'abondance. 

Nos lecteurs s'empressetont de chercher dans l'ouvrage même 
de M. de Châteauneûf le rapport des enfans trouvés aux nais- 
sances , à Paris , dans les départemens et dans les diverses capita- 
les de l'Europe (chap. 3 , p. 28-35} ; ses recherches sur ie& causes 
qui influent relativement au nombre de ces victimes (chap. 4 , 
p. 36r47)9 et dont le résultat est que la misère l'augmente au- 
tant que le désordre ; sur la mortalité de l'enfance en Europe , 
moins grande depuis !i6 ans , et qui diminue ^ de jour en jour 
(chap. 5 , p. 48-62) ; sur la mortalité des enfans abandonnés et 
ses principales causes (chap. 6, p. 63-84)^ Mais nous croyons 
surtout devoir indiquer à leur attention, quelque défavorable 
qu'il soit pour nous, le parallèle établi par Taûtenr (chap. 'j , 
p. 84-1 o5), entre les soins et l'éducation que l'on donne aux 
enfans trouvés dans les différens états de l'Europe. L'avantage 
dans cette comparaison est tout en faveur de l'ancienne capitale 
de la Russie , Moscou. Espérons avec l'auteur que ses judicieuses 
et éloquentes réflexions ne seront pas perdues » et que, sur un 
pbj^t aussi important^ nous ne resterons pas en arrière des na- 
tions dont la civilisation est bien inférieure à la nôtre. A. D. V. 



Économie publique. S5S 

476. Makitzi dû GOMMsacK sur la place de Paris , ponr la vente , 
i'achaty l'échange et Tescompte des dîfiérentès marchandises q«i 
&*y trafiiiQeiit $ contenant, entre antres matières intéressantes, et 

Btiles, le tarif général des contnmes adoptées par les conmer^ 
çans de Paris» Ouvrage indispensable anx négocians, agenf 
de change , commissionnaires > conrtiers de commerce, et gé<* 
néralement à tonte espèce de commercans. In-8. d'une fenillai 
|. Prix, 3 fr* 5o c. Paris ^ Brianchon* 

477. Recreeches sue la foruLATiotr ns StIlasboueg, faites d*a«* 
près les actes civils, passés en cette ville, depuis le t^^. ven- 
démiaire an Ti (ai sept. 1797)» jusqu'au i«', vendémiaire 
an XI (ai sept. 180a); par M. Coze, prof, à la £ic».de méd* 
de ladite ville. ( Mémoires de la Soc, des Sciences, Agr, et 
Arts de Strasbourg y tom a^., i8a3 , p. 56.) 

L'analyse de ces intéressantes recherches nous a paru propre 
à entrer dans le cadre des élémens que nous nous attachons à 
réunir pour la statistique de la France. 

Késullats des actes civils dans une période de 5 ans. 



Années. ^i 


lissances. 


Mariages. 


Divorces. . 


Adoptions. 


Décéi. 


VI 


aat9 


589 


'9 


00 


x6a7 


vn 


aia9 


36^ 


35 


00 . 


1669 


vm 


ai6a 


337 


^1 


00 


Ï971 


ÏX 


ai94 


454 


a3 


a 


1731 


X 


aia4 
o,Sa8. 


540 
aa87. 


a8 


3 


x3ia 


Totaux, 1 


i3a. 


5. 


83ia 


Terme moyen 


\ de 


■ 






• 


Chaq. ann.^ 


ai6S 


457,4 


a6,4 


t 


166a 


Chaq. mois , 


X 80,41 


38,11 


a,ao 


00 


i38,9o 


Chaq. jour, 


5,94 


i,aa 


00 


00 


4,5a 



N. S, Les tableaux des actes civils de Strasbourg sont dressés 
avec la plus grande exactitude. 

Sur i098a8 naissances » il y a 547a mâles, et 5356 femelles, 
ce qui fait une différence de z 16 en plus pour les mâles. 

La mortalité des femmes , pendant cette période de 5 ans , ex-« 
cède celle des hommes de 8a. Ainsi par deux causes , l'une posi- 
tive , Vautre n^atiye ,14 population en hommes se trouve sur- 
F. TovB n. a3 



354 Écciàimm fMùjptel 

p^fMt eéh des fMHncB ds; ngS Mifiàm «k & oar» Alfcsulbc 

ill^uMii^d'M iivéwkticp^ièost né un eii£MftlxkQiEsr du ivusiage 

. Le BésalM de^^natriagÉ»- est de> 3.»94 naiséanec» par mariage. 
Q'f9^ à. tI? prè* la «lAaiie réwUtat qa'à Pack. 

Le rapport des diyorce&aos ■urriage^-a été d'bn^iïr i7,33. 

L'an Xne donne que i3iîi morts contre un terme moyen de 
1^4^ pour les 4 années précédentes : différence en moins 4^7 « 
ce résultat favqrabfe est avec raison attribué à la température 
sèche de Tannée , dont les effets ont été les mêmes pour les autres 
▼tîîes du département. 

' M. Coze donne ensuite un tableau comparatif de la mortalité 
relativement aux âges à Strasbourg, avec les calculs de BnifTonet 
de Paucton. Les résultats sont, i. . que, dans la i^ . année de la vie 
ifroeurt proportionnelfement plus d'individus à Strasbourg qii'è 
l^aris; 2*^* que la a^. année la mortalité est inférieure à' celle qui a 
lieu dans d'autres glandas ville»; ^^«deS à 20 ans, Ui proportion 
est à l'avantage de Strasbourg, qui répare ainsi les pertes de la 
preQiièr,e année;, de 10 à i.5 ans surtout la ténacité de la vie y 
est plus forte que dans d'autres contrées de la Frauice à cet âge ; 
Buffon et Paucton comptent, le i*^^.., » décès sur M,3i ; le a^, 
I sur 4^,4^* ^ Strasbourg^ il n'y en a qu'un sur 77^65. De 20 a 
a5 aps^ la mortalité y redevient plus forte q^u'à. Paris, etc.; 
maîa> aox. âga^auisans , las^dumcoS'Soatda nouveau, en faveur de 
StraAetu'g. 

Quant aux rapports de la mortalité aux naissances, les propor- 
tions, à Strasbourg s'établissent ain^i qu'il suit : de la naissance à 
l'âge cf*un an, -5- bu o,33 ; d'un à 60 ans, -j^, ou plus exactiement 
o>49 ; de 60 à^ r 06 ans, ^ ou o«25 : total , 1,00. 

Quant à la mortalité des femmes en coucbçs , elle s'est trouvée 
àtSiraa^MPg ^ pdodattt lea S anbéea , d'une sur 10^ acaoncbé^, 
ou d'une accouchée sur 42 femmes décédéea^ 

• Le toombi^ des enfans morts-nés a été de 9403 cr^est un sur 
12 7, ou'plifs exactement sur i2,52, de toutes les naissantes , on 
X stit'ifij des enfans morts avant l an. A Édimbonrg, vîlfede 
39 à 4a,oioo «âMves*, au milieu du deimter sièdé) pendant les années 
X «7?^*— 1738 , léÉr tt w>rtg*nés n'ont fbrméa qirNin ar5>»e. dè^ h tota- 



J 



Êcofwtnie pùbîiqUe. S 55 

Kté dés <lécès, tumîîs qu'à Stï'asfrôfai'g ils oitt feîfttlé.un ftof*. dans 
une même période. 

M. to^ &mi pop l'âj^Koatioii d^ se» ealetj^à li^i^&ebfekhe de 
la poput^rtion totale de la vUle. Le terme «ftôT'en- dè$'fiftiisances 
étanty daitâcfeâi» ai>s,-de 2i&5 ,• il multiplia oe «ditf6re ^ai* ^5 ^, 
comme a fait 5T. Kecker , et trouve une population totale de 
55,743 individus. 4^7» terme moye(|^es mariages, multiplié par 
ttj-^. doA«e *ît lotai.de 5^, 86g, ^OHerrtfç^oyeti, poi*té à Soo, 
donnerait 56,7 5o âmes. Les calculs s'établissent phis exactement 
d'après. les naissaBces^ et la mortalité. Celle-ci, prise pour base > 
donnerait un^ population totale de 53, 184 âmes. E» prenant 
enfin la moyenne, proportionnelle de tous les produits, on trouve 
pour total 54)5oi. Au reste., les 3 bases de calcul étant affectées 
par les.évéueroçns, les résultats nepeuyent être qu'approximatifs. 
Xj'autey.f témoigne toutefois le désir qu'il fût fait -des recherches 
pareilles sur plusieurs points. $i les calculs s'accordaient. ave^ le 
dénombrement, on aurait un moyen facile de connaître la po- 
pùfattoii effective de la f rance , en employant cettcr miéthode, 
dan» chaque chef-lieu de sous-préfecture. - &. I). V. ' 

4J78. PicHE MARITIME, r-^ Produit. ( Extrait du procès verbal de 
la séance publique de là Soc, d^Agric.^ ^^-j, de Boulogne^ 
jr/<r-iK?rf année i8a3, pag. ai.) •• . 

B&ulogrte''^^ut*Mer. — La commission que vous* àrvèz chafr- 
gétl dé visitci* chaque année- l'atelier de filets de pêche éfa-Wi 
en cette ville vous a rendu compte^ par -l'organe de M. Ho-» 
Fé^ti , sott rapf ollîetrr , que cet établissement confectionne in^in- 
tetkatût les filets- aussi biefn qti'ori peut le désirer; qit'oA i/f 
emploie? qfttc' du chanvre de Riga , prfeittièi^e qtialite , bicti supë«^ 
/fetff à cehfî du p'afys potir sa durée dans l'eatï , et qtie Tatîeliér a 
tlKtinfettaiit 80,000 aunes d'alaise, ou filet pour le hareurg, daijii 
§eè magasin^. Le btAreau de bteYifaisânce veùant de fsiîre un sa^-^ 
cUfiée pt)tïr «fn rëdtiire de beaucoup les prix, tout portéà ci?ok'é 
que' les péchrettts ii*dnt s'y appr'oyisionuer. Cette fabriqué eirf-* 
ploie depuis un aitr 160 enfàrts'des deu^ seles daifs son imérrent, 
et adonné de roiivi*âge à 25jo femmes. ' 

' Le ptôdoit d^eS pécbes' que leis matins de' ce port ont fentes 
'p'endant 1%^^ st été de beaucoup inférietir à cehiî dès àifUét'^ 
;ptécëdciit€^. l)Tvei^es causes , indépendantes de ràctîtité éf d^é 
VhttelUgetice deâ pécBeut^, ont donné lieu à un résultat auiâslpea 



2^4 Éaoâimm /mMiçm; 

, Sir c^ i.M<i^^ MMMti4W % 7 • ^>» «»^*^ l^Si^^ 

Le »ésttiW da»^m«ri^*«t de>3^94 naiséanee» par raAvia||€. 

Le rapport des divorce» an* mariageta été d'iirafltir 173I 
L'an X ne donne que i3i!ï morts contre un terme moyen de 
i'7A9pour tes 4 années précédentes : différence en moins 43? »' 
ce résultat favqrabfe est avec raison attribué à la température 
séché de rarinée , dont les efffets otit été les mêmes pour les autres 
vJîîes du département. ^ 

' M. èozc donne ensuite un tableau comparatif dé la mortalité 
relativement aux âges à Strasbourg, avec les calculs de Bnffonet 
dé Paucton. Les résultats sont, i!*. que, dans la i»'''. année de la vie 
il*meurt proportionnellement plus dindividus à Strasbourg qu'à 
lPûris;a°- que la a«. année la mortalité est inférieure à' celle qui a 
lieu dans d^autrts gfaad«s villes.; i''. de 5 à 20 ans, la ptoportion 
est à Ta^vantage de Strasbourg, qui répare ainsi les pertes de la 
preoiièr.e année;. de 10 à iS ans surtout la ténacité de la vfft y 
est plus! ^one que dans d'autres contrées de la Franjce à cet âge ; 
Buffon et Pauctpn comptent , le i*»". , » décès sur 58,3 1 ; le a*. , 
I sur 4S,45. A Strasbourg, U n*y en a qu'un sur 77^65. De aoà 
a5 aiis^ la moi?talité y uedevient plus forte (ju'i Paris , ete.; 
mail aux âgefl^Auisans, lea chances ftoat de nou.veaa en faveur de 

Str«%e«irg. 

Quant aux rapports de la mortalité aux naissances, les propor- 
tions à Strasbourg s'établissent ain^i qu'il suit : de la naissance à^ 
l'â^e ct*un an, i ou o,33 ; dW à 60 ans,' -^ , ou'plus exactement 
o,4;ï ; cte 60 à^ 106 ans, ^ 01^ q,a5 : total , 1,00. 

Qiiant à la mortalité des femmes en coucbçs , elle s^est trouvée 
MSirflahMivg ppeùàtOkl les S anbéea, d'une sur 109 acooucbéas, 
ou d'une accouchée sur 4» femmes d^cédées. 
• Le taombt^ dei enfans morts-nés a été' de 940^; c^est un sur 
xa - ouphtt exactement sur ia,5a, de toutes les naissances , on 
I ixtc'^flj de» enfans. morts avant i* an. A Edimbourg, vîlfcde 
36f à 4o,obo èmes-, an milieu dto ckirnier siècle, pendantlés années 
j^ r^îS , lét «wrts-nés n'ont foiméa qft'un arS**». âela tata* 



'//l 



Km^<)«<% itiVè^i P\\\\\U t)u*à .HhNulioMi^ lU (iM( fcirinilMn fl"^*. itMii« 

M, t nM Hiiii \^f PA|ipHii4ill«)M t)0 10* rHleiiU à lu r<»«h«^'lia ili« 

sMwU tldMimi b Mi»ii| il(s ttitih , il uiuUijiliD (<i* niMiiliri» p^r i«^ , , 
i-uimufs H (hIi M< Ni^ikoit ri tiuiivo un«i iinimUtitMi imIiOu iIh 
^^l7^H iiuUvMun. .^^7, idimi» iHuyii§i^\)i'» iiiMiliiiii^fe, Miulii|ilio y^v 
ni \ 4«iiifitt un htiol (kl Si,Hri{). ()t lt*niit)%oy(iii, porti^ a ^mm, 

d'M|iriS lr« MMiiMiuu'^, ri U MMMtiilUi^. (.illt) ri| (ti'Ut» |mmm' («hm* , 

OnlIllltuU Mlll» |M)|UlluliMII l(MM)t> \\^ S'\)lH.^ Allim, l*iM |MiMl4Mll 

«siillu liMiMtytiuH» |)io|miliuiiM6)l0 (tn liiUM lon (ummImIu, iMi trouva 

|«'iaO«)uy U^iMMijiinu itiuiotni^ b (l0)>ii i|iril hW i^tii ilm iDMlu*it |id« 
l^rvilUn «Ml* iiUmIdui'ii luiiiiini Aii lr« \m\W\\U ^\\mmUW\\\ \^\f\|^ lu 

(U^IIMlulM't^lMl^Ul t »M HtlI'Ail un llioydll furlj^ lUi r(Mlh«Orti la (10- 

pMlutioii rftVclIvn ilo 1« f'i'«MM-(i , 011 0iii|O(i)iiiil (t0)te uumiotU 
dftil» dmqiiD i)|Hif limMln niMiii (uof^i^uio. A. W Y. 

4iimh^m>'AHr^ir9\ t<ii (uiumluioii (|Mo vomu avo» rhiir* 

011 V0U0 vUlt» VtlM« M riMulu IHUUpU, )Uir rul^HIUMln M*. HiH 

r<mM , Mm iMippnrl^iir , i|ii0 r^l tMniiUiitiiMnDnr rMMriM>ii(Mui0 nmw 
leiiAfit In HlnfM Htu^i hliMi ((i)*un pt^m lu itt^lriMi cjuNm it'y 
fiHpIiilv q\i0 «lu rlmuvrt) (W Hl^it , pmuU^ro qutihtti , hirn «^uiiii* 
fivnnT à c#hri «lu p«y« |uuiv mh «turt^o «iMiiit IVmu i 0t que rnr^Hpr «t 
mnint^nHUl lln,oou humdn (rHliiUt). mu WWX \\\\\\t I0 IuuhmiOi ^^^^^''^ 
«iM lANipuUiii Ii0 luiimu (I0 iilmiftiUMMtio V0UHIU <i(^ t^lro un ma * 
frlA00 pour fu r«i«lulr«) «lo brHui uup U'n prlu , lout porif) ^^ rvoit*^ 
<j|iifi l^a pMimir« iront «'y Mppvoyiniouutii. tltiMu t^UM'hjufi 0m** 
ptatfi (t^luiU uu m iflu miCnuii «Ii^m «tmix nuittikituna mmi luttiriouri 
frf A f)o«m«i (t«rouvrM||0 A ufio (Wmnoti. 
' ^^f^ pr0«(uil (t^D |i4ohf>ii {\m b« niAiiiiv d^ 00 luirt ont t^Ua» 
ppndMU itl«« M é\^ (tu houuooup iiit'i^iiruv <i «m^ImI tifti Miméttâ 

ft^flt(t0nl0i<i llW^riU»!! OMUIfH , Mutt^pi^lMlMllIfH «tu l'tM Uvlié tt (1«l 

l'hilf IU|{0(iri» iltMi p^oh^urii 1 oui doiui^ lUui A uu lOnultitt humI |usu 



356 ijconomie publique. 

satbûiisant , quoique soit encore fort important en luî-ipéme y 
eomme tous allez en juger. 

La petite pèche ^ en i8la , a produit. • . 34^i^^7 fr- 
La pèche du maquereau. . ... ^ ... . 3* 49*36 5 
Celle du hareng ^ ....... . 438,147 

1,129,869 

Ce produit n'exqjMe guev celui de la pèche du hareng dans 
les années al)Oddantes. 

479. P&^cis SU& LA MINE DE SEL GEMME DE Yïc , départelben€ 
de la Meurthe, et sur les principales mines, de sel de TEu- 
rope , suivi du rapport fait à TAcadémie royale des Sciences \ 
par, M. d*AacET, au nom d*une commission composée de 
MM. le comte Chaptal , Gay-Lussac, Yauquelin, Dolang 
et d'Axcet. In-8. de 86 p. , avec un tableau. Paris; 18^24 \ de 
rimpr. d'Éverat, rue du Cadran, n^x 6. 

La notice que nous annonçons, en rapprochant la description 
sommaire des principales mines de sel qui existent en Europe et 
celle des produits que, d'après les premiers essais d'exploita- 
tion, promet la mine découverte en 1819, à Vie, a pour but 
de faire ressortir la supériorité des avantages que Ton peut at- 
tendre d'une exploitation complète et bien dirigée de cette 
nouvelle mine. Le rapport fait à l'Académie des Sciences par se» 
commissaires confirme entièrement les espérances données par 
la notice. 

En effet la mine de Cardone, à seize lieues de Barcelone, 
exploitée de temps immémorial , produit un très-beau sel gemme, 
d'une extraction facile ; mais l'importance de l'exploitation dimi- 
nue à raison de la difficulté des chemins , qui rend les transports 
coûteux , et de la concurrence du sel , ^briqué en abondance 
par l'action du soleil dans ce pays chaud et voisin de la n^er. Le 
sel que produit la mine de Diirrenberg , près de Salzbourg, est 
loin d'être pur ; il s'exploite en partie par des travaux souter- 
rains, communs dans ces mines, et ei^. partie, à l'aide de la disso- 
lution par le moyen de l'eau. Le produit annuel est, d'environ 
35o,ooo quintaux. Le sel des mines de Norwich , comté de 
Chester, en Angleterre , contient , pour la plus grande partie , 
une très-forte dose de magnésie , qui en nécessite le raffinage. lie 
produit annuel est une fabrication de i5oo. mille quintaux desd 



Économie publique . 5 5j 

raffiné, et une exportation de 800 mille quinlanx de sel bnit. 
Celai des mines célèbres de Wieliska et de Bochdîa , exploitées 
depuis six cents ans , n'est d'une certaine pureté qu'à une grande 
profondeur. Wieliska expédie annuellement i5oo mille quintaux, 
et Bochnia 3oo mille. 

La mine de Vie , découverte le 14 mai 1819 , depuis i53 jus- 
qu'à a8o pieds de profondeur, occupe une étendue en superficie, 
dont le minimum, réellement prodigieux, est de 3o lieues car- 
rées. Déjà trois puits ont été construits avec succès; quatre 
puits exploités simultanément donneront un produit annuel 
d'un million de quintaux métriques ; c'cst-â-dire que dans un 
seul enclos on pourra concentrer une exploitation triple de celle 
des huit salines de l'est réunies. L'épaisseur réunie de neuf cou- 
ches de sel gemme reconnues est de laS pieds. Grâce à la salu- 
brité de l'air dans la mine, à l'absence d'infiltration, et à la solidité 
des bancs de sel ainsi que des roches intermédiaires , qui rend 
inutile toute dépense de boisage , l'extraction ne peut roanqueir 
de prendre un grand essor , aussitôt que les travaux nécessaires 
pour une exploitation régulière, auront été terminés. L'auteur de 
la notice entre dans tous les détails qui tendent à prouver les 
avantages immenses de cette mine nouvelle , sous les rapports 
de la facilité des copimunications, de là qualité supérieure du 
sel gemme , de la concentration du travail , du commerce d'ex- 
portation I de l'intérêt du trésor , de la diminution dans la con- 
sommation des bois , de l'utilité d'une aussi vaste exploitation 
pour les salaisons du poisson et des viandes, la conservation des 
bestiaux , les engrais et la fabrication des produits chimiques. 

Le rapport de l'Académie des Sciences ne laisse aucun doute 
sur la grande supériorité en qualité et en pureté du sel gemme 
de Vie , comparativement aux produits des autres mines con- 
nues , ni par conséquent sur l'immense bienfait de cette décou- 
verte , danà son application à l'économie domestique et aux 
divers genres de consommation. L'importance de cette mine 
nouvelle pour le commerce est donc incontestable ; et l'on ne peut 
que former des vœux pour le prompt développement de son ex- 
ploitation. A. D. y. 

A 80, YEaHAlIDELIKG OVEK EEH ONTWEBP OM HET T BY PaMPUS.... 

AFTEDAMMEN. Mémoire sur le projet de barrer l'iT , prèls du 
pampus, an moyen d'une digue munie d'écluses; par Ad, 



358 Économie publique, 

¥%àrsç. GouDiiiAAir , inspecteur géjaéral ides travaux hydraa-. 
iiqqes jdu royaume des P«ys-B^s; ouvrage cpurowié.pap U 
Société holland^^be de Harlem, en i^t^B , et récompensé par 
le roi djBS PaySrftas.,(^<?/w, d*Hist. Naturelle d& cette Société, 
t. XII, 1824.) 

On sait que le bra« de mer qui a^e détache du Zuydérvée vers 
Fouest- nord- ouest, et s'enfonce dansi les terres l'espace d'en- 
viron a3 kilom., jusqu'à Beverwyk, en passant devant le porÇ 
d'Amsterdam , et en séparant la sud- Hollande de la nord-Hol- 
lande, porte le nom de F, et, avec l'article neutre ket, hetY ou 
't F, qu'on prononce Taï. II paraît que c'était dans l'origine 
un lac d'eau douce qui recevait les eaux d'un bras du Rhin , et 
les transmettait,, à travers la nord-Hollande, au lac FleTum, 
aujourd'hui le Zuyderzée. On a lieu de croire que ce fut vers le 
milieu du 1 y. siècle que les terres qui séparaient 4ces deux lacs 
ayant cédé à l'efibrt des eaux , il se forma entre eux , près du 
Pampus, yne communication au moyen de laquelle les eaux 
salées du Zuyderzée pénétrèrent dans 1* F, qui devint ainsi un 
golfe de cette mer intérieure. Par l'effet de cette rupture des 
anciennes rives de l' Y, les eaux salées pénétrèrent aussi ians 
rintérieur de la Hollande méridionale , et il fallut pour se pré-, 
server de leur irruption ultérieure, établir un grand nombre 
de barrages (en hollandais dan}) du nombre desquels est celui 
de l'Àmstel qui a 4onné son nom à la ville d'Amsterdajny dont 
le vrai nom est Amstelr^dam (barrage de l'Amstel). Par ces 
barrages et les digues qui en sont la continuation sur une 
longueur totale de» 67 kilomètres , l' F a été réduit à ses di- 
mensions actuelles. Il f>ccupe encore cependant, y compris la 
partie dite Jfykermeer, une étendue de 10,000 morgen ( 8609 
hectares). 8à profondeur la plus ordinaire n'est assez uniformé- 
ment que dé iS à 18 décimètres, si Ton en excepte les chenaux, 
[geuleri) par lesquels se fait la navigation intérieure. La diffé- 
rence du niveau des eaux , dans les marées ordinaires , y e$t de 
36 centimètres; mais elle va jusqu'à a mètres 46 centim. lorsque 
les grandes marées sont accompagnées de tempêtes. On imagine 
facilement quel danger courent les digues dans ces circonstances. 
On éviterait ces dangers, on préviendrait en même temps le 
comblement successif des passes nécessaires pour la navigaiicn, • 
suite inévitable des dépôts que ferment les HmonsaoïeBés par la 
marée, ^i l'çm parvenait à barrer l'entrée de FF, de manière à 



ie aéMUlirè pea près dans Vétm, oà «oui jimu Tm qs'ii devait 
-^tee .«Yaat ht ti^. BÎèeié. L'examen ées avRaUges al des incon- 
Méoîeas dtee'teHe entreprise, eetnt des inoyeas pmpies è en 
.MstiMT rexécaftion dans le en w elle serait tcoavée ntilaet fn^ 
4icable , eelai encore de i'inHaence qae cette e%écvêMm 'pOM^ 
Tait «vair eâr le dessèchement projeté dn lac de fiaidem; tels 
ont été ies sajetsda programme rédigé par la Société de6.acicn- 
oea. -L'aateor da mémoire traite siiectaslvcment ces dififiéreatés 
questiaiis. U coodtit affiraïaÛYemeot quant aax avastagps du 
projet , anaopRis il m'ouXe cdaî de piocnrer un écoulement ladle 
am oanaax d'Àaaterdam, et deaipécber ataai, à ïayreû'ir^ la 
-.pntrîdité ak lenrs eaux. Quant aux inconTéniens, il nVn TOtt 
aticun en ce qui concerne le Za3rderaée , cette mer intérienre 
étant d^une telle grandeur par rapport al' F, que le l>arra^<^e 
ce dernier n^ saurait avqir sur elle aucune influence^ Il n'est pas 
également rassuré relativement à la passe du pampus^qui est le 
débouché actuel de la navigation d* Amsterdam. Il pense au 
contraire que reffet inévitable du barrage en question serait 
d'en diminuer la profondeur ; mais c'est , observe- t-îl , ce qui 
arrivera également» quetqae dans «a temps plus loo^, par le 
«leiil effet des dépôts qui tendent à combler le bassin de VY. kt 
mieux , suivant M. Goudriaan , serait d'ouvrir lure nouvelle îsaae 
.à ïê navigations travers la nord- Hoi lande, soit en la faisant 
})a6seF par Purmerand et Edam , soit , ce qui lui parait préféra- 
ble, en crepsadt, à peu de distance de la cète , parallèleroent au 
Pampas 9.UIL caoial qui cammanoeFait près du Phare actuel, et 
ahoatisoit au Zaydereée, an deiÂde Tile de Marken, laquelle 
dans cette hypothèse, serait jointe -à la terre ferme» 

Les moyieas d'exécmioa du projet en général sont Tobjet de 
la. troisième section du Mémoire. Nous ne pouvons suivie Tau- 
ietH* àauB les déti^ls où il a dâi entrer pour déterminer le meil- 
leur emplacement à choisirpour y établir le barrage , les dimen- 
sioas â donner à la digue ou chaussée , la grandeur des écluses , 
enfin U dépense que tout cela devra occasioner. Nous nous bor- 
ner4>as à dijre qu'il n'évalue les frais de ce grand ouvrage qu'à 
a^i 53,960 florin^ de Hollande, outre 1,611, 4 4o florins pour le 
canal qu'il propose de faire jusqu'à travers l'Ile de Marluen ^ ce 
qvd fait AU total environ 7 aûUioçs et demi de notre monnaîe. 
Cette dépense est considérable sans doute , ouis elle dàspoiserait 
de toutes celles qu'entraînent l'entretien des dignes le long de 



56o. Économie publique. 

VYf Je enrage da port d'Amsterdam , qni seul est éTalaé à 
i38,ooo florins par an , les dommages que les vaisseaux éprou** 
vent en échouant à chaque marée , ceux que les hautes eanx 
causent dans les celliers et les caves d'Amsterdam , ce qu'il en 
«oùte pour se procurer de l'eau propre à abreuver les ani«r 
maux ) etc,<r-^nfin, sur la dernière question , M. Goudriaan est 
d'avis que l'exécution du projet, dont il s'agit, ne peut que facili- 
ter celui qui a pour objet le dessèchement du lac d'Harlem.— Son 
Mémoire est accompagné dHxne carte générale du Zuyderzée, 
d'une carte à plus grand point de tout l'T , de quelques coupes 
qui font connaître la forme et la profondeur du lit de ce golfe 
dans différentes directions; enfin de quelques profils ou tableaax 
propres à faciliter Fintelligence du projet. Le tout est sorti des 
presses de la lilbographip royale de La Haie. C. M. 

481. AuxaB MixoiEE sur le même sujet par M. Diax. MeitVz, 
ingénieur en chef pour les travaux hydrauliques à Harlem 1 
couronné et récompensé comnie le précédent. ( Même çoI-. 
leçtipn.J 

L'auteur de ce Mémoire se rencontre avec Mé Goudriaan sur. 
tous les points importans. Il admet comme lui la possibilité de failra 
de l'T un bassin intérieur; il en démontre les nombreux avantage^ 
pour l'écoulement des eaux d^une grande partie de la Hollande , 
même pour le dessèchement projeté du lac de Harlem , ainsi que 
pour la sûreté et l'agrément de la ville d'Amsterdam. Il propose, 
comsne l'auteur du premier Mémoire , de diriger à l'avenir la 
navigation , non plus par le Pampus , mais à travers la Nord- 
Bollandej au moyen de canatix ereusés en différentes directions; 

' il fait voir cependant qu'il serait possible de conserver la passe 
du Pampus, en établissant près. de son issue un bassin dé retenue 
et une écluse de chasse; mais il ne dissimule pas qu'on n'obtien- 
drait qu'un palliatif d*une durée incertaine > cette passe devant 

r finir tôt ou tard par s^objstruer lorsque le limon qu'y amène la ma- 
rée, ne trouvera plus à se répandre comme à présent sur la sur- 
face du golfe de l'T.'; — Une des choses particulières au projet de 
M. BfentK, c'est \k conversion en polders d'une grande partie des 

' atterrissemens qui se sont formés dans ce golfe , notamment k 

> son extrémité , connue sous le nom de Wjkermeer, Plus du tiers 
de l'étendue actuelle de l'Y lui paraît susceptible d^être mise ainsi 
ef( yaleur i^vec une modique dépense. Pour cet effet, il conyien-i 



Économie publique. 36 1 

Jrait de creuser un canal entre le fond du golfe et la mer du 
Nardy dans les environs de Velzen. — M. Mentz termine par un 
aperçu de ce qu'il en pourrait coûter ]^our l'exécution de ces 
différens projets. Sa conclusion est qu'en se fixant même à celui 
de ces projets qui serait le plus complet et aussi le plus cher, la 
dépense totale serait de 3,004,724 florins de Hollande. Mais il 
fait voir aussi que cette somme n'excède pas le capital de la dé- 
pense qui est occasîonée tous les ans par des travaux dont le 
barrage de l'T dispenserait à l'IR^enîr*, tels que l'entretien des 
dignes qui bordent le golfe , le curage des ports et des passes. 

Outre une carte détaillée de 1% où l'auteur a tracé ses différens 
projets, il a joint à son Mémoire une petite carte d'une partie du 
^ayderzée , indiquant les routes que suivent actuellement les 
vaisseaux pour se rendre du Pampus à la mer par le Texel et par 
le Vlie, C. M. 

48?. ZwÔLFTE BEcHcirscHAFT dcr Unterstuzungsanstalt iiir die 
Blinden.... Douzième compte rendu de l'institution de secours 
pour les aveugles,' de 1822 à i8a3; par F. -F. âxto&fer. 
Scbaffouse , j 8 a 3. 

Depuis douze ans Finstttution des aveuglés à Schafhonse , 
canton du même nom , subsiste à l'aide des secours des particu- 
liers , surtout des étrangers qui traversent la Suisse. On y soutient 
environ a5 aveugles par an. Le fils de l'auteur du douzième 
compte rendu est chef de ce petit établissement, 

483. Lettre au dieecteur de l'antologie sur la situation 
icoNOMiQUB DE Ii'Ahgleterre. (Antolog. , oct. i8a3, p. 3.) 

L'auteur, s'appuyant sur les maximes émises par Jean Fabbroni 
dans ses ouvrages d'économie politique , cherche à répondre 
anx opinions consignées dans deux oiivrages publiés en 181 7 et 
ïSao , par Jean Batton, sur l'état critique des ouvriers d'An- 
gleterre , dont lé salaire n'est pas proportiohpé à la cherté des 
vivres, et sur le nombre prodigieux des mendians de la Grande- 
Bretagne. 

Il avance qne le seul moyen de s'opposer à la cherté des vi- 
vres et de prévenir les disettes et Tes famines qui ont ravagé à 
plusieurs reprises l'Angleterre et l'Ecosse, est de favoriser le 
commerce , et de ne pas encourager les manufactures aux dépens 
de l'agriculture ; il pense que les primes d'encouragemens accor* 
dé^s à ceux qui exportent le grain à un prix plus élevé, ou qui 



36a Économie publique:, 

ViTQipQfit^l k ua bas prix , lue sont que 4es r«sioiu«eft «Homafr- 
tan^es , iasuffisantes pour la »uîte des temps , «t q«*il est Iwwl- 
coup plus ixBpoctajit de reRdre ragrkultitre «upérieure ««x 
manufactures que de favoriser celies-ciaux dépens de «eUt-li; 
que la taxe imposée à la classe aisée pour nourrir les mouiiaas 
favorise Ja paresse et Tiiusouciance en diminuant le» JHEanUges 
que chacun doit retirer de son industrie , puisque ce «o«it les geas 
laborieux qui jse tiouvent obligés de nourrir leafaînéana; qu'ea- 
fin Te^périençe est d*aGcor#eTec celte manière de voir les 
choses , puisque daos la Grande-Bretagne le nombre des mendiios 
est le 7^. de la population , tandis que dans le& autres pays il a'est 
environ que le 3o*, £. SC B^ijli.t« 

484* PéAGE DU Suim. Depuis* le milieu du dernier siècle la 
naNrigation du Snnd a- considérablement augmenté. Jusqu'à Tan- 
née 1759 le nombre des navires qui passaient annuelienient par 
\e Siuid était évaluée à 4 ott ^ mille. £n 1770 il passa 7786 ns- 
vires;«n 1783, ii,a33 ilavires) en 1790,973a navires en iloO| 
9048 navires ; efi i.8o5 , i i,fi37 navires ; en 1806 ^ 7 1 40 navires ; 
en 1817, 13,170 navires; en 1819, 10,690 navires; en 1B20, 
10,929 navires ; en 1 8a i , 9177 navires ; en i8aa, 8486 aaTires; 
enfin en 1823 y 9206 navires. On peut remarquer que ranaée 
i8i7 a été celle où il a passé le ^us de navires par le ânnd. A au- 
cune époque de la navigation il n'en a passé ;autan t. (probablement 
à cause des grands tran^orts de grains sortis de la ^Baltique pen- 
dant la disette.) (iV. Mlgem, geogr, £ph,, tom. XIII, cah. 2.)D.-c- 

485. Notice sua la Mouoavie et la Valaqbis. 

La Moldavie avait autrefois des princes indépendans. Lorsque 
le dernier de ces princes s'aperçut que les puissances qui entoo- 
raient cette contrée se préparaient à l'attaquer, il sentit qu'il 
était impossible de leur résister , et il imposa à son sacce^sear 
l'obligation de se mettre sous la protection de l'une d'elles. Il lui 
désigna les Turcs comme le peuple qui, parla forme même de son 
gouvernement , offrait une ^garantie plus certaine de raccom- 
plissement des traités qui seraient conclus entre les deux parties- 
La principauté se soumit aux Turcs, sous la condition qu'elle con- 
serverait la pratique exclusive de la religion chrétienne, son oigaiii- 
sa ttonintérieureet l'administration de la justice, et qu'aucun Turc 
ne pourrait s'établir, niposséder des biens dans le pays. La Sublioie 
Porte accéda à toutes ces conditions , et 1 on «'engagea à lui pa^ner on 



Economie iHzblique. 555 

tribul aBHUel. L^prû^oqs^ouyeraios de filold^dvle qtii %t saccédèreat 
en ligoe dliérédîté ^ca)$ le titra de waiwod«s, aeqnittèrent cetribat 
jusqu'au tenips do prince Cantanir» qui, dans l'espoir de se rendre 
indépendant, s'attacha au C^r Pierre t^'. et publia an manifeste 
contre la Porte; mais le peuple moldave raata fidèle. Le plan de 
Ccinteoiir échoua, et le prince fut obligé de se sauycri la cour de 
Russie.. Deptiis lors aucun Moldaye ne futpluaappelé à gouverner^ 
I^ Po^te choisit les waiwodes parmi les Grecs qui, k cause da la 
parité <]e religion , ne /violèrent point les traités ; mais cette di- 
gnité ne fut plus héréditaire. Les princes changèrent tantôt tons le» 
trois ans, tantôt tous les deux ans, même Mus Us ans et quelque* 
fois de. six mois en six mois. Dès lors la principauté n'eut plus de 
garantie' de ses droits » pas même dans Texi^teiioe morale de ses 
princes, qui, effrayés du poids de leur charge, se retiraient dans 
l'ombre d'une condition privée. Les privilèges réservés par les 
traités souffrirent d'abord des ehangemena imperceptibles et 
ensuite quelques-uns finirent par dispiurattre. Rien ne se fit plus 
dans l'intérêt public, et là principauté ne devint plus qu'un fer- 
mage qnel'ion pntobtenirà force de sacrifices d'argenL-Ces princes, 
ainsi parvenus à l'opolence , ne pensaient plus qu'à s'enrichir , et 
enrichissaient anasi leur suite nofnbrenae ; tout cela se faisait en 
peu de temps , parce q^e leur situation n'était que précaire. La 
province gémissait sous les exactions; les impôts directs n'avaient 
plus de mesure fixe , ils étaient élevés suivant le besoin ou le ca- 
price du prince. Jje prince envoyé de Copstantinople, ne connais- 
sant ni l'administration ni les lois du pays , n'entendant même rien 
a gouverner, se trompait souvent dans le choix des gens aux- 
quels les places étaient également vendues. Plusieurs boyards se 
plaignirent de cette oppression ; mais leurs plaintes furent étouf- 
fés : ils furent dénoncés au prince et exécutés sans jugement et 
sans justice. Ces princes ne craignaient pas d'attaquer les droits 
particuliers des boyards en leur imposant un droit , que , dans ^a 
langue du pays, on B'p^eÛesocatiluceti; d'où il arrivait qu'un cer- 
tain nombre de boyards se tenaient à la campagne , où ils ne 
payaient qu'un petit impôt annuel et où ils étaient eu outre dis- 
pensés de tonte fourniture en nature et de toute corvée. Ces coups 
d'autorité ont excité la révolte. 

La principauté a cherché a recouvrer ses privilèges par Tin- 
lervention et l'appui de la Russie, et celte puissance seplait à 
les lui assurer. Ainsi furent arrêtées des stipulations égales pour U 



S64 Économie publique. 

Molda'vie et la Valaquîe ; stipulations qui font la base da traité 
conclu entre le sultan Sëlim et l'envoyé russe à Constantinople 
et ratifié en mai xSi a. Le bienfait de ce traité se manifesta bientôt 
par rétablissement dHmpÀts consentis par les primats , et par an 
gouyemement plus paternel. Les princes purent dans l'es* 
pace de sept ans atteindre leur but sans concussion ; car depuis 
ce temps ils ne peuTent plus être changés sans le consentement 
de la Russie. La violation de cet article fut la cause de la dernière 
guerre. Ces princes, observés de près par la Russie, craignent 
d'être déposés si Fou portait des plaintes contre eux. La po- 
pulation de Moldavie se compose de boyards de différentes 
dasses , de paysans et de juifs qui forment en grande partie la 
classe moyenne des gens de commerce. Les principaux boyards 
remplissent on remplissaient les charges à la cour du prince y ou 
dans l'administration du pays ; les autre boyards occupent les em- 
plois inférieurs, et leur existence est attachée à chacun des dif- 
férens gouvernemens. Les premiers boyards sont très-jaloux d& 
leurs titreset de leurs richesses : ils ont une grande influence sur les, 
autres classes. Le paysan n'est apte à aucune possession en propre; 
il travaille strictejaent pour satisfaire ses prenaiers besoins , et sa 
moralité est a peu près nulle. Les grandes richesses sont concen- 
trées dans quelques familles, dont tes membi^es nombreux occu- 
pent toutes les hautes charges lucratives; outre de grosses pensions, 
ils tirent quelques émolumens secrets , ce qui n'est point étranger 
aux usages du pays. Les autres boyards pourvoient à leurs be- 
soins par des moyens analogues , dans les emplois subalternes. 
La fortune et le crédit dépendent donc essentiellement de 
l'existence de cette cour, qui dispense les titres, les dignités et 
les grâces. Si l'on examine les constitutions de l'Europe, on recon- 
nait bientôt qu'un pareil état de choses ne peut exister que dans 
l'empire turc* N. 

4S6, Notice sur les poets de Taganeock. et de Keetgh oiMS 
LA. MÉE d'Azof. [Asiat, Journ, , avril 1824 y p. 365.) 

\ Sans vouloir nous ériger en prophètes nous croyons , dît le 

\' journaliste anglais dont le travail nous a fourni les élémens de' 

j[| cet article , pouvoir prédire que , d'ici à peu de temps, le midi 

de la Russie formera un des plus puissans empires du monde, et 
qui, suivant toutes les probabilités, finira par se séparer de celm 
qui dominera a Saint-Pétersbourg ou à Moscou. Les riverains 



Économie publique. 565 

du Dnieper , du Don , de la mer Noire et de la mer d*Azof , 
la Chersonèse , la Crimée , le pays des Cosaques , la Tauride , 
sont, à peu d'exceptions près, si riches par leur sol^ si fa- 
vorisés par leur climat, si heureusement situés pour les 
communications du commerce intérieur et extérieur; ces pAys 
abondent tellement en productions indigènes, et ont tant de 
moyens de les multiplier , que pour parvenir rapidement 
au degré de prospérité on de puissance des États-Unis de 
l'Amérique , il ne faudrait qu'un gouTemement qui pût garantir 
au commerce une égale liberté et une sécurité aussi complète. 
Car y même sous un gouvernement constitué comme l'est celui 
de la Russie , et mxJgré les guerres fréquentes de cet empire 
contre la Turquie et la Perse, guerres dont l'effet inévitable a 
été de retarder la prospérité des provinces voisines de ces deux 
états ; depuis que Catherine et Alexandre en ont ravi une partie 
aux Turcs et aux Tartares, en opposant une barrière aux incursions 
de ces barbares , les progrès de ces contrées, en population et en 
importance, ont été si rapides qu'on peut les regarder mainte- 
nant comme les provinces de l'empire qui promettent le plus, et 
comme le grenier de l'Europe. Les villes d'Odessa, de Théodosie» 
de Kertch et deTaganrok, qui, il y a 40 ans, n'étaient que 
d'informes réunions de cabanes habitées par de pauvres pécheurs 
russes ou par d'indolens Tartares , renferment aujourd'hui. Une 
nombreuse population d'habit ans industrieux et riches , dont les 
demeures sont en général des maisons bien construites eu bri- 
ques ou en pierres , et de beaux édifices y sont consacrés au 
culte, au commerce et aux amusemens ou au service public. Les 
steppes immenses , négligées sous le régime des Tartares , sont 
maintenant couvertes de moissons dont les produits s'exportent 
dans toutes les parties du monde. Mais quoique le blé puisse 
passer pour le grand objet de commerce du pays , il n'en est pas 
moins un centre d'exportation pour quantité d'autres objets , 
tels que le fer, le enivre, le suif, la cire , le cuir , les peaux, les 
pelleteries, et en général pour tous les produits, même ceux des 
contrées les plus lointaines de la Russie. Il n'est aucune produc- 
tion du Pïord et 4u Midi qu'on n'y puisse introduira avec l'espoir 
du succès. Ainsi la vigne et l'olivier peuvent croitrç en Crimée et 
dans quelques parties de la Tauride , puisque le câprier , cet ar- 
buste délicat; croit eu abondance et sans culture sur les côtes de 
Li mér d'Azof. 



366 Économie publique. 

ftganrœk fii hkiî p«r Pierre le Grahd > en tÔ^^ poux* réta- 
blir f iiii^ieiy tommrrce eittre la Russie et l'Orlént. Ce pliin , sus^ 
pendtt pur 1.1 paix da Pratèr , tepris ioos lé règne de CatLeiniié , 
s'acccmiplir», suivant tAotes hs probftliîiité^ , karïÈ cdui de Pem- 
pereur actuel. Par ses ordres, le port a- été rëprarë et agraudi ; 
des édi6oe8 public» se sont éîcvés. OttA créé un gouverrierur par- 
tfeuUer. De^marcbands ëtramgers iont venus s'établir dansta ville; 
«l les divers gouvertiemeiis de l'Europe y but envoyé des con- 
aulB. Ou compte déjà à* Taganrock, auprès de la* bourse, 170 
Magasins, doftt la-construction n'a pas coàté nloins dé ii,oôo,66o 
de roubles^ ' , . ■ 

' D'après léS rensergnerireiis fes plus e^cacts, les importa tîoiis à 
Taganrock se sont élevées*^- pendant fes 10 anuées dc^ 1808 à 
ldi8, à 47,549,786 roubles ^ et les^ exportations' à 57,435,828 
roubles^ Les progrès du commercé ôiii été en croissant par de- 
gvés; caf, en 1809, l'importation' n'excédait pas 808,775 l'oubîes, 
et Importation, i,4(r8,siSi ; tandis qu'en i8t8 ht preniîère ^est 
éli0vée à 8,516,775, et la dernière à i3,755,68o roubles. 

Plttaîèiirâ eauses'ont eondoum au rapide accroîsseménr âd cotti- 
mevcé* de ee port. Sa srifnaâon , près du Tolga et de rembouchurë 
du Don , le fait préférer à tous les autres ports de la tàet l^xsiré , 
c«9 deux fli^ves M appc^tant en abondance , et au meinetir 
matcMyles produits de rintérieur de l'empire > et le (rarisporC 
ées produits même industriels de l'étranger jusqu'en Sibérie , 
»y c£CbceuftffC srvee la ^lus grande facilité. Le bfé qui croit dan^ 
les eofironsde ee port est en même temps le plus*^ estime, et celiiî 
dont te pnx éFevé se soutient lé mieux dans les difFéreus ports 
dr l'Europe. £n outre, les denrées s'y t*^)uteni en si grande 
aboodauï^e et à si boif compte que les navfgateitr^ lé préfèrent 
pOttT's'y approvisionner. Tousrces avatrfages no fcrotft quef s'ac- 
tv^itwt »v\e gouvernement parvient à réunir le f>on avec le Toi- 
ga« P«wirpi?évenir le* périls de la navigation dans la mer d*Aïof, 
* m il se perdait d'ordinaire de f o à isr vaisseaux par an ,.off 
« érigé un pfaare 'sur le cap de Bjeèpraskara ^ à i5o werstes de 
TagMroek-, et 5 aut)res ont été élevésf sur des navires qui se tien- 
nent sur le» poiht^ de cette mer lès plus pérîH'eux. Si la Kussief 
féuBsît à établir dé» communications par terrte pour le co mnrerèe 
ffv^' l'Inde et la Tartame, projet qu^elle s'efforce de réaliser de- 
p«u4 plosteunsannéès^y et qu'an noneenft ses ambassade k prest|Tte 
tous les états et toutes les hordes de l'Asie centrale j Fiinportanc«* 



Êeonmme publique. jG-t 

di?ïagiiitM>cll irîft t^^ors croissant: ce port'deTietxtra à l'a fois, 
avec le tieiii]^s^, l'un des grands marchés du Nord et de l'Orient. 
. L'em^e^euv Aîtsandarc a ûktt conutamire un nomveawr port » 
Kertch , petite YiUe située an pied d'uAe ckaliie de collines, dont 
lapins élevée porte encore le nom de Siége^de-Mithridate^k 
quelque distauce des ruines de Tancienne ville de Panticapée ^ 
près du détroit de Yenikale. On sait que Pauticapée , bâtie par. 
une colonie grecque de Milet, devint ensuite la capitale de 1* 
partie européenne du royaume du Bosphore, et que ce fut là qTie 
périt le grand IVlithridate. Ce port, qui ressemble beaucoup à 
celai de Constantinople , est formé sur un golfe d'environ quatre 
milles et qui forme à son tour une péninsule , laquelle s'unit à la 
tervtt- ferm^ àe Crimée t>dv ^'isthme de Théod^ie. Une forte- 
resse,, an pied de laqfuelle on voit encore des restes d'un and en 
môle , divise ce port en deux bassins. Protégé de tous les côf es 
par la nature contre les vents et les flots, il est à k- Cois va»le , 
commode et parfaitement sur. Les navires peuvent, en tout tempsy 
y entrer et en sortir sans, danger. Kertch est sous.la même autorité 
que la ville de Yenikale , de l'autre eôté de la péninsule. Le» h»- 
bilans de la première de ces deux viUes qui s'y sont établis sou» 
le règne d^ Catherine II sont au nombre d'euviron 4000. Gbè- 
que pas que l'on fait dans la péninéule de Kertch offre à la vue 
quelque, monument de l'industrie commerciale ,, et de la splen-* 
denr des. Grecs, des Vénitiens et des Génois, qui en ont sUcees^ 
sivement occupé les côtes. Grâccau développement d'une sphère 
d'ente'epnses plus vastes , et à L'étendue toujours progressive des 
relations, il 3'ouvre pour- cette contrée une perspective de pro- 
spérité plus brillante que jamais. Toutefois l'apathie et l'ine^pé^ 
rieuce ^es Tar tares en agriculture ont empêché jusqu'à présent 
que la eampague de Kertch ne fût cultivée comme elle pourrait 
rêtre. Mais si d'industrieux Européenâ s'y établissaient ,, ils trou-, 
veraienit ce canton de la Crimée aussi productif qu'aucun autre 
district de cfitte fertile province. Les riches pâturages de ^la pé- 
ninsule de. Kertch nourrissent de nonfibreux troupeaux de gros 
bétail, et de n^outons npirs et gris dits à' Astrakan ^ dont les 
peaux sont très-estîmées. On y trouve aussi des moutons d An- 
gola et d^Astrakan de la même espèce que ceux qu'on a importés 
récemment en France. L'empereuè Alexandre a accordé les mé- 
iBc* privilifges att port de Kiertcli qu'à ceux de Taganrack et de 
TlteiHlosîej aùsiw -peutnon augurer -qu^il' deviendra •tt'êsr-coiiimeri- ' 



S68 Économie publiques 

çant, et très-utile pour le trafic de la mer Noire et de là îQé/ 
d'Azof. . . A.,D. V. 

487. MissiONART Register, februâry 1824. (^oyez le BuUetùt 

d'avril, dernier, p. agi , n®. 418.) 

Dans ce numéro on trouve la fin de la revue annuelle de 
toutes les missions commencées dans les numérqs précédens, 
puis des nouvelles récentes des mîssioûs des États-Unis et de la 
Mésopotamie , et enfin des détails très-curieux sur les iQÎssionsr 
aux îles Sandwich; on y lit a la page 117 une.lettre de Tamaah- 
maah , roi des Iles Sandwich, aux directeurs des missions , daté^ 
de Woahou^ le 3i mars 1822. AY«...ra. 

488. Inde aitglaise. Progrès de l'éducation des naturels; insti-' 
tutions sur cet objet. {Jsiat. Joum. , avril i8a4 > P- 47i«) 

L'éducation des naturels hindous parait faire à Calcutta les 
progrès les plus rapides. La Société des études classiques est^ 
comme on sait , fortement protégée. Elle a publié un rapport 
sur ses opérations. Cet établissement, dont l'objet est de répan- 
dre parmi les naturels de l'Inde les livres utiles pour chaque 
branche de l'éducation , a donné une impulsion dont les effets 
ont surfiassé les plus vives espérances. On s'est convaincu que 
l'instruction européenne était très-bien accueillie parles Hmdous. 
Avant la création de la Société classique, oh ne comptait qu'un 
petit nombre d'écoles dirigées à l'européenne; mab aujourd'hui, 
indépendamment des autres établissemens, la Société classique 
de Calcutta compte 84 écoles dans l'eiiceinte de la ville. Elle four- 
pit à toutes les écoles indistinctement les livres élémentaires les 
plus estimés. Le gouvernement compte si bien sur l'importance 
progressive des résultats de ce plan , qu'il s'est décidé à y con- 
sacrer anhuellement un lac de roupies (809,000 fr.) additionnd- 
leihent aux dons qu'il avait déjà £Eiits. 

La Société pour les jeunes femmes hindoues , établie à Çeram- 
pore, reçoit aussi beaucoup d'encouragemens. On y compte 70 
écoles, et 344 enfans. Le terme moyen est d'environ îSo, A.D. V. 

489. Obseevations ow THE TEADE wiTH China. Obscrvalious sur 
le corbmerce avec la Chine. Londres, 1821. [The Edimb, Rev.^ 
n^, 68, janv. i8a4 , p. 458.) 

. Le but des remarques du journaliste, anglais sur le commerce 
de la Chine^st de prouver que le monopole du commerce du 



Économie publique. 869 

lii<f , exercé par là compagnie des Indes , éqnlraot k tlik impôt 
QDniiet sur le peuple anglais , de a,aoo,ooo liv. st. (So,4('o,'ooo 
fr.), cl produit mie diminution sur la consomiBadoti proportion- 
neilc à l'énorroiré de l'impôt. C'est ce que le jonntali^e «tabtit 
par des tableaux comparatifs des prix des diverses qttkKlés de 
thés en Angleterre où Fapproirisionnement se fait par le mo- 
nopole die la compagnie y et à Neir-York, ainsi qtl'à Uam- 
iN>urg o4 il est le résultat d'un comm erce libre ; on propose en 
conséquence d'astreindre là compagnie à l'exécution des con- 
ditions de son privilège , lesquelles l'obligent , /il y a lieu , à ac* 
corder des licences aux spéculateurs , afin de ramener le prix du 

thé au niyeatt de celui des marchés voisins de l'Europe. A.D. V* 

I 1' 

4^. CoLOSix niAvçAiSB DU Sen^écal. — Un de nos corres|>onr 
dans nous adresse, sur cette colonie, à la date du 5 octobre 
i8ai 9 quelques détails intéressans» auxquels il nous parait utile 
de donner de la publicité* 

« Les mois de juin , juillet , et les premiers jours d'août, qui 
ordinairement composent la partie la plus notable de la saisoa 
des pluies y ont été marqués par une sécheresse opiniâtre, sans 
exemple pour les plus anciens du pa s , et qui a menacé de dé- 
soler les bords du Sénégal. Les anciennes plantat2Q|^ ne dépé- 
rissaient pas; mais rien de ce qu'on semMÎt ne pV^s^ît &ute 
d*humidité. Les vives inquiétudes que nous avions conçues se 
sont heareusement dissipées vers le i5 août : des pluies abon- 
dantes sont alors survenues pour féconder les terres; elles du* 
rent encore à présent, et grâces aux travaux exécutés d'abord, et à 
la vigueiir de la végétation, tout A peu près est réparé. Les planta- 
lions de cotonniers donçent les plus belles e^érances; elles sont 
d'autant plus étendues , qu'4>n a profité du temps de la séche- 
resse pour agrandir les défrichement. Onse concessions peu 
éloignées de St.-Louis, attenant l'une à. l'autre, présentent, sur 
une ligné d'environ deux lieues , une suite non interrompue é^ 
ebamps de jeunes eotonaiers. Sept oti huit autres plantations non* 
Telles offrent aussi dans le voisinage, des apparences flat'ieusea. 

« Vers le haut de la rivière , des travaux plus solides et non 
moins importans s'exécutent dans de meilleurs terrain^. MM* Bovih 
geretet Berthelot , négocians àSt.-Lonis, forment, en société 
avec It. dé Kougèmont , gérant de l'habitation royale , une très-< 
Testé plan ta f ion de coton , sur des emplaceméns immenses et qui 
F. Ton» L a4 



o 7 o Economie publique» 

paraissent d'une bonne nature. Lesancicnn.es plani allons s'amé* 
liorent et s'accroissent de la manicre la plus satisfaisante. Le jar- 
din xoyal de Richard Toi est dans un état de prospérité qui ne 
laisse rien à désirer. 

» Au milieu des guerres que Âe font continuellement les pco- 
plades Toisinesy et que le commandant du. Sénégal modère au- 
tant que possible , la colonie a été assez heureii.<Me pour se main- 
tenir en paix avec tout le monde, Maures et Nègres. Pas un. de 
Bos étabUssemens de culture , quoiqu'il y en ait de très-iso!^ , 
n'a été attaqué ni même insulté. {Journ. des Fcqt^^ févr. 1824, 
pag. a54.) 

491* GoLOHÏk AMKRlCAlHEEN AVAIQUE. 

Une feuille de Baltimore, d'une date récente, contient la 
nouvelle snÎTanle : « Noos saisissons Toccasion' de mettre sôus les 
yeux de nos lecteurs quelques faits intéressans concernant la co- 
lonie américaine établie à Mesurado. Les détails nous ont été 
communiqués par l'agent américain, le docteur Ayres. On a dis- 
tribué à des nègres des terres partagées en lots et en plantations; 
la plus grande partie a été défrichée \ des habitations ont été 
construites ; des clôtures ont éîé formées avec plus ou moins de 
soin. Tous les mois on vérifie les progrès des travaux. Les colons 
de ce petlMÉLiblissement , au nombre de i5b, s'occupent à con- 
struire , i^Riclore les terre», à planter et à labourer. Quel- 
ques-uns élèvent temporairement des baraquçs auprès des jar- 
dins qu'ils cultivent. On leur a notifié qu'on cesserait au mois 
de juin prochain de leur fournir des provisions , et qu'il» ne 
pourraient -plus , à dater de cette époque, compter que sur les 
produits de leurs travaux , ^à moins qu'pne force majeure im- 
prévue , comme une épidémie ou une invasion , n^y mette ob- 
stacle. Depuis le dernier rappprt il n'est mort aucun ancien colon 
acclimaté, à l'exception d'un seul par accident. Deux vaisseanx 
américains continuent l'odieux ^commerce delà traite. Malhea- 
reusement il ne se trouve point dans ces parages de croisière qui 
puisse s'y opposer. L'opinion formelle du docteur Ayres est 
que cette colonie peut prospérer si l'on adopte les mesures con- 
venables pour en favoriser les progrès. {ff^eefK'Reg.y 4 «▼rii 
i8a4,p. 145-) a: D. V. 

P,S. Nous invitons nos lecteurs à consulter lesTcnseignemens 
contradictoires ci-après, lesquels paraissent avoir pour objet la 
même colonie. ' . 



f^ojragcs. 57 c 

JI91. D^piiLissxioiri o*ujiB..ciOLoiris Axi&iCAiHS^ ior la c^e 
occidentale d'Afrique* (Extrait tC.une lettre du cap Coast Ût/- 
r/&, datée du a4 octobre detniet.) , 

Certaîna Am^tkains ont acheté nne petite portion de terre mtr 
la c^.te d'Afrique y prés dn cap :Mcearadot et l'ont coloniiée en y 
aitienant des nègres, et des mnlâires des États*Unis, où la popu- 
lation .esclaTe s'çst accrue à un point qui n'alarme pas • peu le 
gouremement. Ces infortunés» au nombre d'enriron 400» sa 
. sont trouYésy en débarquant » exposés à là firiponnerie et aux exac- 
tions des agens des premiers acquéreurs deia colonie; Ces der- 
niers s'étiien^ munis des objets nécessabes à leurs colons; mais 
leurs agens ayaient Ycndu ces proyisions aux indigènes à leur 
profit y et les colons mouraient de faim. Pour ajouter à cette 
scènftde misère, les indigènes, s'imagînant que les Américains les 
avaient trompés .dans l'achat des terres , leur avaient déclaré la 
guerre et les poursuivaient dans toutes les .directions. A ^ date 
des derniers avis, ces malheureux > abandonnés deJ^énr mé- 
tropole qui les avait ainsi délaissés sur une o6te inhospitalière , 
élevaient des ouvrages autour du misérable assemblage de caba- 
nes qu'ils appelaient une ville à laquelle ils avaient donné le nom 
de Monroê-town , d'après le nom du président des États-Unis. Cs 
n'avaient aucun espoir d'être en état d'opposer, une résistance 
efficace aux essaims de nègres qui les entouraient et les avaient 
littéralement forcés de se renfermer dans leurs, cabanes. Lei 
Américains avaient nommé cette colonie, primaire Liberica. » 
l/ourn* des Voif.^ janv* i8a4 1 p* xa6.) 



VOYAGES. 

493. VoTAOt DANS UKE PARTIE DE LAFaÂKCAy OU LcttrCS dcS- 

criptives et hbtoriques adressées à Mad. la comtesse Sophie 
de St^ogonoff, par M. le comte OkLOFr, sénateur de Russie* 
3 Tol. in-8. Paris; i8a4 ; Bossange. ^ 

La partie de la France que M. le comte Orloff a parcourue 
dans ce voyage est celle qui est comprise entre Paris et les Py- 
rénées. Il a suivi , pour se rendre a Bordeaux > la route ordinaire 
par Orléans» Blois, -Tours , Poitiers «t Angpuléme. De Bor* 
deauz il est allé à Bagnères et Barèges par Langon» Roquefort 
de Marsan , Aire et Pau. Il est revenu à P%ris par Bayonne 



572 y^ages. 

"tarbéii, '^•àloiiaé, Cfihogeli, Gttàtetm^ttt , Boiif|;ei «t Fontail- 

lielilctii. t>fté tournée-a été ft)te«n pfyst«.pélirdâhtlSSlé de 1820. 

La relation proprement dile d^oeeupe* iqti^enTîroii 'la moitié de 

.l'ViiTvage; ie snrpte fit «onaiêcié «^ëcs détails irîHMritfies sur 

vlet proriiu^ et leeMllea q[iie le ii(iMd:ÉDieiir « vialtéM. Sér '4o4 

pijgca qoeTenfeitinele 1^'. ^ohnae^ iS) tmilént dé lliistoi^de 

BfMrdeanx, «I §4 facile du îBéasn* De même ,'daBS le 3*. volmne, 

,)e9 XQ7 ipremières fnges aoat mlatnrea à Tlmtoti^e de Toolotift. 

tA second volsme, eu Fon aqeonpa^e le v o yag ea ir dans \h 

Pyrénées , esi pkis;partîeolîèMni«nt dans le ^enre descriptif. Lés 

éloges -nous sont interdits; mais il nons est permis de dter, et 

.«eite meni^iié de kwier n*esl pësia'p^iis mauYttlse., péroe qu'elle 

associe le'keteor 410 jo^ment qn*on lai sonmet. Noos ennoss 

.le second volomé, à r«r(iole de Bevèges, et Toid ce que iptrs y 

«Usons : « Ce serait ici le iiên' de tous faire tme pompeuse de»- 

» cri||i6n des bams de Barègfes , chérdiés de si loin , qui jerns^ 

» sent d'une répatatioa si éteadne et si ancienne y* et qni doivent 

. » siirlftiil être salutaires à ce que j'ai de phis ei^^r au monde. Le 

» ittoyên de ue pas abonder en citations , ctt analyses des éaiu, 

» en âaœdoies sur leurs •cor^, en récits et> en portraits sur les 

» bavenn «t les liaigheurs , M de ne pes Yons féire enin une de 

»«es peîntnves de n^erars si lîsrt à la mode aujonrd'linr? Ces tft- 

i> bleaua he'|iiBwrent jamais mienx s'exéctfter que dans les fiei» 

> bà se véamissentdes divers coins de KEnrope et- les liat^aosda 

» Kiard et cenm du Midi. Un Russe let q#e inoî, par exeiopley 

«> qui vient fraterniser au benqucut d'flygie avec un grarelos^ 

» tanien ou un gai Provençal , ou un pesant Gennain, enfin un 

» léger petit maître de la Seine ou de vifs habitans des bords de 

» la Garonne. Tous ces individus si divers de manières et de lan- 

» gage. o£|nr.ai.ent au m^ral le même contraste que les vost^- 

» gnes au milieu desquelles nous nous trouToas enoUirentau 

» pi^Ysique^ et cette singularité > ces disparates entre la matière 

» et l'esprit, babilement saisies par un savant observatenr de 

» l'h^flnme, tel qu'un La Bruyère, un La Rocbefoucault, un Vaa- 

» venargùes , et tiôn moins babilèinént exprimées , feraient^ vous 

tt en conviendrez , 'une description qui occiiperaît trés-c6nvena- 

» blement sa place après la description géologique ; économique 

» et pittoresque des Pyrénées. Ce serait nue sorte de panoràms 

» ihlcffiéf^tueldu raionde; mais malfeeureûiiement peu ou ibrt peu 

« 'die Jbmigneurs sont Tenus , comme nous , implorer les fSuveors de 



» U ààmê Salm «n de U nidade de Bwrfuii^itpi.i.» H.votts iin^ 
» dr« fenonoer à «eeeroir d'ici, comiue tow Vaiféis^ p«ut-ètr^ . 
» noa^Midcoient.qaelcpieft^aiiM dû. eca obserr^Uont pvp^nd«» 
» sor notre e^ièce ^ que l'on est si fiwt à: portée de &ire afi^ lieiw 
» où elle n'élrie pas. moins ses faiblesses que aeê inau^^. mais 
» loéme ces légères esquisses dans lesquelles on ne saisit. q;ie ta 
9 snriace des objets » ^e la superficie d'individus éuiineiuinent 
m superficiels^ coi^me le sont tous les oisife; esquisses. qui toias 
» auraient rappelé les bfiliantes coteries deSpa, de Plombières, 
» d'Ems on de Pise. » Croirait^on que l'écrivain qui s'exprime 
ainsi ait pu dire dans le même volume : « Qu'il est étranger à ia 
» langue comme au.. ciel de la France, et qu'il sait à peine les 
m premiers éléuien» de cet idiome» créé et, embelli par le génie de 
» Pascal et de Comeillei de. Bossnet et d^ Eacine,, etc.! » Quelle 
idée ]lf r le comte Orlofif se fait-il àp^ç de la .perfection du style 
français lorsqu'il parle du sien areoune (elle fiodeslie? Quant 
il nous, nous ne- craindrons pas de proposer la manière dont il ^ 
manie un idiome étrange^,- ponr modèle à ces nations du midi 
auxquelles on peut reprocher de .négliger l'élude des langues vi- . 
▼antesy et de faire; consister ce q^'on appelle une bonpe éduce*-* . 
tiony.à savoir plnaou moinabien une ou dep:[f langues qiortes , après 
atoir consacré à;ce seul objet, huit ou di;^ des plus belles années 
de la vie* .... 

Revenons a. la relation de H* fe comte Qrloff , pon pour le 
fti^iyre-pas a pas dans son voy^gt^.^ mais pour donner encore une 
juste idée de sa manière de vpir et de sentir. Tous les lieux où 
il passe lui rappellent les hommes et les événeuiens dont le sou- 
venir s'y rattache. A Bourg- la-Reine , c'est la belle Gabrielle qui 
y consdUit le Titus des Français des erreurs de soù sièele et du 
fanatisme qui ne cessa de le persécuter jusqlfè ce qu^il l'eût pré- 
cipité dàttr la toûibei A O^iéaftfs^ c*est Jeati!né'd*A'rc, dont la 
mëflaoire' est em monument impérissalrfe élevé dans le eon» diea 
ckoyeua , dèS défeilseurb dte toutes les^panies. A Blois , ce sont 
(par un comrtùite remarquable) Yalenthle de Milan ^ quÉ dé« 
pktr» dana^ lé silence de ce chilieaa> la pins cru^e des pertes, 
eedana ce rnsètakechàteau' réponse coupable* de Chéries VI , traî- 
nant lea restes d'une vie déshonoc^éi Le voisinage seul de la 
petite viUê'de Richelieu suffit pour réveiller dans l'àme du séna- 
teur de Ijeaspire russe , des sentimens touchans. % S'il fût resté 
» queJqne chose de son ancien chftteau, j'aurais voulu , dit-il , y 



574 P^ojrages. 

9 ftlier^ non pas ^Mir sdiief roinbr« dé ce ca^iààl céllèL^ qui 
9 maitrÎM loii maftre^ mais pour TÎsiler l'âncièri domaine d'an ami 
n qfle lainorC Tient de me i^Vir. Ketiré en Ro^îe pendant la totus 
> mente rérolationnaireyle dne de Richelieu maiii feinta sa recbn- 
9 nài$sance pour cètteseconde patrie par la sagesse^avec laquelle il 
» gounrema trois grandes provinces , peuplées d^un million d'ha- 
ll bitans, de diverses, nations , qui béniront à jamais son équité et 
» son noble^ésintéressement; honoré de la juste confiancéde mon 
» auguste souverain ( Tempereur Alexandre), il a laissé dans la 
9 Russie d'impérissables souvenirs. Je ne parlé pas des services 
» quHl rendit à la France depuis la restauration ; ils sont trop ré-* 
» icena pour être rappelés, trop importans pour être oubliés. » — 
Les grands événemens dont Bordeaux fut }e théâtre en i8i4 et 
\SiS, viennent i^ placer sous la plume dé Técrivain dans son 
passage par cette vUle; et à Ff^u, l'ombre dtt premier des 
héros français hd apparaît brillante dé bonté ,^ de valeur , de 
loyauté cit d'honneur, -r- Tek sont les souvenirs hû^toriqùes qw 
se présentent dan^ la délation de M; le comte OrlofT; toutes les, 
fotè que l'occasion les fiaii naître : ils forment le caractère distinc- 
tif de son voyage. — - Ce n'est point une statistique qu'il a voulu 
écrire , et nous aurions mauvaise grâce de prétendre exaniiner ici 
si Ijpùrs ^ encore des manufactures de s^oîeries qui rivalisent avec 
celles de Lyon i ^i le> commerce fait e^ effet des progrès rapides 
à Tooloasej si Argentan a, ou non , des verreries considérables; 
si le départenfient de Tlndre élève beaucoup de mulets , et 's'A est 
renommée pour ses marrons; si ce \ même département k des 
sources minérales propres à rappeler celles dés Pjrétiées , etc. 

Vo^vrage cs^ tçriiiiiié par une description très-dé taillée dapa-, 
iais de Fontainebleau, ^ . 

i ^i Mr le comte Orloff enrichit encore x^otre littévatnre de 
quelques retationa de voyagea* dans SiOtre. patrie ,' il serait à/dçsi-< 
rw qu'il y plaçât un plus grand nombre de ces rapprochement 
ingénieux, de ces utiles coonparj^ison^ ,que>ila grande, connais** 
tiî\uee qu'il a de fFurope entière doit 'Offrir, saiiscessie à sa 
pensée. C^es^t une des choses qu'^ pe^t faire mieux que persoanex 
et qui. exciterait vivement 1^, reççinnai^ai^e de ses l/QçJ»Qr$. • 

CM. 



r t 



4^4*I^C^TTEEEDI ANTÔtflO BXNCI AL SUO AMICO PlETEO^ VlEUSSEUX. 

Jjetires d'Aatoine Benei à son ami Pierre Vieasseux, relatives 



* « 

f^ojragcs. 575 

à son voyage dans la Sntsse, et sur les bords du Rhîn. [Jntolo^\^ 
fév. iBa4 , p. ^ I ; mars id, , p- 1 .) 

Ce qu*il y a de plus intéressant , comme document nouveau , 
dans ce recueil y qui porte d'ailleurs sur des objets très^connys, 
ce sont les observations de M. Benci. relatives à la méthode d'in- 
struction mutuelle de M. Sonnay » qju^a établi il y a quelques an- 
nées, sur un grand plan, une maison d'éducation à Nyon, jolie 
ville située, comme on sait, sur une hauteur, non loin du lac 
de Genève j an milieu des vignes et des pommiers. M. Benci, 
ayant visité lui-même l'établissement, et l'ayant examiné avec 
soin^ entre sur cet institut dans des détails intéressons, et 
qui doivent engager à consnlter son recueil tous cenx qui 
sont jaloux de connaître des vues nouvelles sur l'éducation. 

MOSCATI. 
495. TaAVELS COUPRISinC 0BSE1lVA'm>IfS HADK PURIlfG i KESI-; 

DENCE, etc. Voyages avec des observations faites pendant un 
séjour en diverses parties de la S^^voie , rarement visitées par 
les voyageurs anglais, particulièrement dans la province de Ta- 
rantaise^ et dans quelques districts des Alpes et des canton<> 
suisses^ en i8ao, i8ai et 189a ; avec les détails d'une excur- 
sion en Auvergne, une description des anciens volcans aux 
environs de Clermont; des observations sur l'état présent de 
la société, des mççurs et de la religion, sur Le climat^ l'agricul- 
ture et la structure physique et géologique de ces pays , et l'ex. 
posé impartial des motifs qui doivent faire préférer aux An- 
glais la ville de Genève» pour une résidence temporaire, ou 
pour l'éducation de leurs eiifans; par R. Bakewell.^s vol. 
inr8. avec plancfa. Prix , i 1< 6 s. broch. Londres ; 182^ ; Lon^-^ 
. rnan Hurst et comp,) 

IggSl^'^'Xpvmsfipm ait Montebaho. (Ricoglit.y n". lxxix, juillet 

i8a3, p. 14S. ) . ■ . . 

Un 'voyageur anglais a fait insérer dans le Ricoglitore les dé- 
tails d'une excursion au Mctnteharo. Ayant quitta Milan le 7 
août 1823, vers minuitj'il arriva avec l'aurore sur les bords du 
pelit mais charmant ' lac d'Or^«>ia/e, dont les collines et les 
environs sont remplis de villages, de couvens et d'habitations 
champêtres. Passant par des petits chemins entre les rocs et les 
collines, ayant toujours sous les yeux une vue 'magnifique, il 
Arriva à Galhiate^ ville bien peuplée et dont le climat est très- 



By6 f^ojagcs: 

MinLDtt Gffibmiê^tn monlaot rets Montebarç^'O^ g^i^i;€i^!U^)à 
belle maison de campagne du baxon Custode f t»\îmé %l respecté 
I>ar tous les habitana des environs, qa'jl o.cct;\pe, et à qui sa bien- 
faisance fournit des sécoors abondans. C'est dans, eetfè retraite 
que ce philosophe, éditeur .et commentateur deâ .écohqinistes 
îtàHens, se livre i ses travrfix littéraires^ son unique récréation 
eif d'embellir sa çilta^ donrYà situation est très-belle , et Tair 
salubre et pur. Après une route difficile , notre voyageur par- 
.vint au sommet du MontebarOy ou il vît Taiicien couvent des 
Carmes déchaussés y main tenant bi^t de pèlerinage, pour tous 
les Labitans des collines Eupilées et Briantées* Ce monastère 
ressemble à une forteresse du moyen âge; on y voit encore des 
ruines d*un ancien château. La scène qui environne cet hermi- 
tige^ est champêtre , romantique , et propre a la fois aux inspi'* 
rations de la poésie et de la prière. De ce lieu la perspective s'é 
tend siir toutes les collines les villages des environs, et même 
jusqu'aux Alpes. On voit de cette hauteur le lac ^Oggiaito s'a- 
hissant à celui d^^/i/io/?^ , #l*Adda se transformant d*abord en 
lac, ensuite en fleuve rapide, devenant marécageux à Brim, et 
traversant le Valais ; on découvre aussi les montagnes de Val- 
lassine jusqu'aux plaines de Milan. Sur le mont délie Crocette , 
appelé ainsi à cause de trois petites croix que les fidèles et pieux 
villageois ont plantées sur son sommet, la perspective esteneore 
plus belle. Du c6té de l'orient, on voit les Âipei EhétienHeit ,\es 
montagnes de Bergame avec leurs fertiles colKnes , et la -belle 
vallée de Saint-Martin, On %uit en même temps le cours de 
VAdda qui pa$se par Leccoy entre les rocs et les colliAes^, et se 
perd dans les plaines du Lodigiano, Yérs le èud on aperçoit les 
montagnes dfe Brianze^ et tontes les' cbUfnesjnsqtt'atix vallées ar- 
rosées par VOlona, Vers l'ouest, les quatre lacs reafentiés entre 
les collines, paraissent n'en former qn'vn aeuir jutqv^^au potnt rà 
le Lambro s'ouvre un passage ven BtMkruge, D^ ce côté on dé* 
couvre aussi les Alpes ; vers le ^ozid«ouest on a 1a vue de Fin/- 
madrera et de- sa fertile. vallée, £n descendant de Montéwo, 
notre voyageur , quoique fatigué> yonlii^t visiter les viUçs de 
Galàiatfii qdl^ 4^ Bala^io e^^, «et^n loi , la plus bçU^* Afo^CATi* 

' ' ' ■ ■ ' . -^ ' - 

497. £xcu&sipN DE LuGAifo AU LAC, DE ÇoMEj par le. UieK 

AifoaBTTi. Conservât, de la Blbl. Ambroislenne. ( Montk 

Magazm / avril 1824 > p. 2o5. ) 



rqjrages, $77, 

Le lÎYfe 4'AiPortttl ayant paru il y a plot de dix anii de loogê 
extraits en ayant été publiés dans les AHmUet et le Journal des 
Fojfoges , nons novs bornerons à ces observi^ions : Nous n*aa- 
rions pas même indiqué ce titre , si noqs n'avions l'obligation de 
font enregistrer» et d*éclairer les sayans sur l^iptérét et la non-> 
yeânté des articles qui se publient dans les divers journaux, dont, 
quoique la critique nous soit interdite ^ nous ne pouvons nous 
empêcher de relever les jfaits matériellement inexacts. Le Mon^ 
thlj Magazine, qui donne \a. nouveauté dont nous nous, occu- 
pons, répète , sfins observations 9 la grosse bévue des Igùanet 
du Milanez de 3 à 6 pieds de long» très^frinnâs du lait de vache ^ 
qt^ils savent fort bien extraire du pis de l'animal! Il P. 

498. VoTAGB A l'île u'Iscria. {JFienerZeîtschrift, i8à3, n®. xoi.) 

» 

Iscbîa est la plus grande lie dli goKe de Partfaénope , ayant iS 
milles de circonférence^ et unepopulation dex4 000 âmea. Un ro- 
cher de basalte, haut d'environ 600 pieds, et uni à ITilepav uiie di^' 
gue artificielle, porte les ruiiiesdela forteresse bàtle au 16^. siècle 
par Alphonse d'Aragon ; les égKscs et les palais ^1 l'entouraient 
•ont également lombéji en mines; quelques familfes de pécheurs 
les habitent;' un grand nombre de figuiers dlndes'éUvenl eati^O' 
Tes roches de ce c6ne basaltique. La ville moderne s'étend sur W 
rivage de TlHe. L'ile d'Ischia doit évidemment son existence aux' 
volcans; le mont Épomée, élevé d'environ iSbo piedA in^deasuf- 
du niveau de la mei^eut être regardé comme lé noyau de 111e)} 
ce sont ses éruptions qui ont dû former et agrandir le terrain à*9LJ 
lentour; dou^e volcans accessoires entourent ce grand eraière» 

On reconnaît encpre les. traces de l'éruption du mont Rotaro ^ 
qui eut lieu 9 ^ècles avant notre ère , et qui chassa les Eubéena 
«le cette.ile. U^e autre éruption, qui a fait naître le promontoire 
de Carusa , et qui tombe dans le 4^- siècle avant notre ère, fit re- 
partir les S^racusains 1 qui avaient occupé Tile après le départ des 
Eubéeos., C^ ne fut que long- temps après que la terreur causée 
par, cetLe révolution se dissipa , et que les Napolitains osèrent 
faire de nouvelles colonies dans l'ile. La dernière éruption vol- 
canique eut lieu en i3o3; il s'ouvrit alors un nouveau cratère i 
l'est de l'Épomée , qui jeta .ses torrens de lave dans la direction 
de la ville d'Ischia. Cette lave de 5 siècles^ encore intacte, s'étend, 
sur un espace de % inilles et demi jusqu'à, la mcr^ celle du Vésuve 



578 yojtiges. 

est calcinée au bout de 40 à 5o an»;^ dans Isçhia les laves restent 
inaltérables. 

Pour visiter l'intérieur dé l'ile, on loué 9 Isçhia des tchontches; 
c'est ainsi qu'on y appelle les ânes. En sortant de la ville, on 
passe un courant de lave , b^ut de 80 pieds ^ appçlé YArso , qui 
date de l'éruption de i3oiji et élève encore ses, pointes noires^ 
un arrive ensuite dans une petite plaine charmante , resserrée 
entre la mer et deux volcans, et couverte de légunies, de coton-r 
niers , de mûriers , de grenadiers et d'orangers, le long desquels 
grimpent les branches, des vignes. Celte plaine conduit aux deux 
sources thermales d'Ischia , qui ont jusqn^à 4o degrés de chaleur, 
et se jettent dans un petit lac, séparé de là mer par une écluse. 
Les stufe ou étuves de Castiglione se trouvent sur un bloc de 
lave, et ont des qualités salutaires, la chaleur y étant de 4^^ 
(Réaunuir); mais on n'y a arien fiiit pour la commodité <|ea bai- 
gneurs , qui sont, obligés d*aller logeir dans la ville d'Isphia: Cest 
auprès de là qu'a dû^ être située la ville des Eubéenç,, avant 
qu'elle fbx détruite par les laves du niqnt Rotaro. Qa entend en- 
core une espèce de bouillonnement dans rintérIeuB> de cette 
montagne, et les bains de vapeur |de Cacciutto^ au bas du vol- 
can^ ont 55^ de cbftleur. Pe jolies, plantations conduisent de là 
aa village de I^eco^ g^ù.ily a un port, et des bains de 40^ de 
chaleur, qui portent le pom de Stç.-Restitute, patronede l'ile., 
Laeco exporte une «^rgile. très*l^ojine pour la poterie. Danjy l'é* 
glise, on voit une statue d'JSercule, ti^ouvégdans les rnlnesi de la 
ville d^s £ubé^^^ A I^aeco, l^mal^de^muaçnl; fréquenunent 
prendre les.étuvç^ de St.-^Laurent >.qui. se. trouvent à la pointe 
orientale du rocher de lave de Carusa,, Foria, petite ville mal 
bâtie, mais munie d'un bon port, et située dans une plaine cou- 
verte de vignobles , .de maisons de plaisance, et Me jardins, a 
aussi son bain de vapeur; c'est celui de Cîtàra. £n&n Casamic- 
ciola, qui n'est qu'un village , possède les eaux thermales Tes plus 
fréquentées de Tile. Trois sources , de djvers degrés de chaleur, 
y sont réunies dans uh hôpital , doté de 6,060 ducats de rente, 
pour 3oo malades. C'est un vaste édifice , avec une grande, salle t 
où des niches renferment chacun un bain, et sont, fermées par 
des rideaux. Tous les étés, IVaples envoie ici ^ aiix frais de la fon- 
dation, 600 pauvres. JE^lusleurs maisons particulières ont jdes 
bains de vapeur pour les voyageurs qui sont eii état de payer, 
licur séjour, ainsi que la fertilité de la contrée/*qui eit remplie 



royages. 379 

cle maisons de campagne, ont* répanda beaucoup d*a!sanee ches 
\ts vlHageoU. D-g. 

49^ A GuzDS To THE liA&ss OF KiL|.AAVST. Guldc pouT ua 
Toy^ge aux lacs de KLilarney ( près du bourg de même nom^ 
comté de Kerry , fn Irlande ) , aYCc une carte des lacs, et cinq 
vues d'après les dessins de G. PAtmic, ëcuy; par le Rér» . 
G. ^. W&iGHT. In^i, PrU,.6 s. Londres; }8a3. 

Le Guide aux lacs de Killaràey est un manuel à Ia fois exact 
et élégant L'auteur ne s^anfionce que comme un indicateur util* 
à e«sx qnt veulent visiter ces lacs romantiques* Ses descriptions, 
ses observa tioDs' et ses avis , k Taide desquels ces lacs peuvent 
être visités dans un jour, n'en sont pas moins iit%ak intérêt réel. 
(LontL Quart, Mev.y déc. xSi).) Fp M, M« Moscati. 

5oo. Desckiptioit or a votace feov Maeseiixe to Cokstaitti- 
Ho^LE. Voyage de Marseille a Constantindple. (Ifew, Month, 
Màg. , février i8a4 » P« >37« ) 

L'au|epr, en traversant la Méditerranée^ a en roccasion de 
passer à la vue de la Morée, de9 iles de Cérigp ^t de Milo. Jl 
donne lone très-belle description de Ttle de Zéa et de la petite 
ville grecque que l'on y voit sur le penchant d'une coUincLesmaî- ^ 
sons, toutes construites en pierres blanches , donnent à cette ville ^ 
un aspect tout-à-fait pittoresque. Les montagnes, entre le cap 
Colonna et ^ègrepont, sont d*une très-grande hauteur : les col- 
lines d^lcntour sont ornées de bois. On aperçoit dans Tenfonce- . 
ment, des sommités couvertes de nei^e. Après avoir rangé les iles 
de Mîtylène, d'Ipsara çt de Ténédos vis-à-vis de l'ancienne Troie, 
non sans éprouver quelques difficultés de la part des croiseurs 
turcs, il arriva aux Dardanelles, et dans le même jour à Gonstan- 
tinople ; ipais comme le vaisseau sur lequel il s'était embarqué , al- 
lait à OdessBy'^il fut obligé de passer par le canal , et d*aller débar^- 
qu^r au village de Puyukderé, Heu très-célèbre pour sa beauté, 
et à quelques milles de Constantinoplc. Les descriptions de la 
vue de Çonstantinople , de Fera et de Galata , oomme aùs^i celles 
de tout le pays aux bords du canal jusqu'à Buyukderé sont très- 
exactes. INotre voyageur s'étant trouvé à Conslantlnpple lors des 
derniers massacres des Grecs, il donne des détails sur ces affreux' 
événemens. Il fut témoin de la vente des femmes grecques , et il 
rapporte que l'une d'elles, jeune personne d'une rare beauté, 



58o ^oj^^' 

fu^ ^ndne ptMuimtfcliMiâ ariiiéai«a|>Qiir h tomm^ de M^taor 
piastres. Ses remarques sur les eontomes et le caissctèrç des Tutes^ 
et particnliÀrement sur leurs plaisirs et leur indolence^ sont d'nn 
obserratèoi^ exact. Fendant «on s^cFnr dans la capitale dte feàb* 
pire ottoman , il ent foccaslon de voir la célébration des fSIlM du 
Bèirato^sar lesquelles il donne des détails àmnsana.It fit ansti 
une exc^siott aux tics dé Chalcè et de FHnlipo , dans ebaçnhs 
desquelles il troura un courent, dont la situation était ntagnifiqtie 
eb laite pour iaspwer Ftimoup- de la f etyiaîte. Sa pt^aAtna^e 
autour dea ttuifs de' Consta^tinople a 4^ l-intérét. Il estime la 
himteoff, dea remparts à 4o,pi(9ds ; tomes ka tout a» daut; ees ma» 
sont flanqués par intervalles, so|i| nainrellemant con««rtéade 
lierre ;^ la eireai^Miice 4e cette ancieTine «iceînte f e»i de «S 
milles, ■ . MotCATT. . 

5pi« Exus ¥oy. QaxKaiiao y Acà Bpohajla. Voyage d'Oreubenrg 
à Boukhara; par En. £vxasi^AirH; sveeun vacahulaire de b 
langue Afgane , un supplément jelatif à- l'histoire naturelle^ et 
une préface du D'.H. Lichténstein. \]n yoI. in-/t. av. a pi. et 
' un' plan de Boukhara. Berlin; iSi?, {^J^qyez te Bulletin^ d^. \ 
mats tf8si4/p. !fei4.) ' ^ 

En tSao le gouTcmement russe envoja une ambassade au 
.khan de Boukhurie. Selon la. coutume du cabinet de Péters- 
bourg^ le n^ystère enveloppa cette mission; mais on sait qu'il 
s'agissait d'établir des relations de commette avecles BoukliareSy 
ou plutôt de prendre connaissance de l'intérieur du pays. On 
imprime en ce moment à Paris la Relation du voyage de IW- 
bassade;; le médecin allemand Eversmann, qui eu a fait partie» 
vient de publier de son c6té une relation, où il garde néanmoins 
le silence.sur la partie diplomatique. L'ambassade partît d'.Oren- 
bourg le ao octobre^ étant accompagnée^ où plutôt escortée^ 
duncr caravane armée , coiysistant en Soo chameaux, 23b jQOsa- 
qucSj, autant d'infanterie ^ et a canons. Le cortège guerrier em- 
ploya.ya jours pour traverser les steppes et faire un trajet de 
i^oo verstes ou environ 4oo Ueues. Cet immense désert» dé- 
pourvu, de végétation, se compose de terres d'ailuvion , et a été 
évidemment le lit de la mei^î dans le charbon de terre qu'on y 
trouva 9. M. Eversmann reconniit distincten^ent la contèxtnre 
d'anciens bois ^ d'où il conclut qu'avant, que la mer r^plît cette 
eon irée, elle était couverte de forêts. Au restç il rassemble beau- 



coap de faits pour proaTei* que la niei^ Caspienne et le lac Aral 
eut formé, d'abord uii seul lac, et que ces niasses d*éaat aîqû 
que les fleures qui 'y débouchent, en ininant des steppes, dui^i- 
nneAt de plus en plus. D'après râssertîon du guide de la carf- 
Tane, la ^ilîe de Sarlboulack était presque baignée par les eaux 
delà mer, il y a une soixantaine d'années; maintenant elle en 
%st à 60 terstes > en sorte que le l^c se serait rétiré chiiqne an- 
née d*unevèrstè. Sur d'ancienne^ cartes géographiques les ruinés 
éle £i "ville de Janikend sont inarquées auprès de l'emboucliure 
du Jan-Daria dans le lac Aral. Actuellement elles en sont à qua- 
tre journées.. Si le rétrécissement de l'Aral a toujours continué 
dans cette progression , il ne doit pas y aroîr mille ans depuis qo^s 
ce lac s'est détaché de la mer Caspienne. H. ETersmann présume 
même que le temps'où la mer Caspienne s'unissait i la Baltique 
( ne serait-ce pas pldtôt la mer Noire? ) , n'excé(|p pas notre ère. 
Les environs de Boukhara ne différent de m stérilité des step- 
pes que parce qu'on les cultive et qu'on les arrose avec soin. 
Cett^ TÎUe où affluent les caravanes des rilles russes YoisÎA^ das 
frontières; celles de la Perse ^ de Cascfagar, Caboul^ Cache- 
mire , etc< pour £iire un échange des marchandises d'Europe et 
d'Asie, est -une ville d'environ a lieues de tour, bâtie en argile, 
et percée de ruelles étroites. Il n'y a qu'une seule place un peu 
grande ; c'est le Registan ; les étaux des bouchers le remplissent , 
et Ton j voit le gibet ^ qui est rarement vide. Les maisons n*ont 
rii toits ni fenêtres. Le despotisme du khan pèse de toute sa 
force sur cette ville, habitée par des Tadschiks (descendans des 
Persans ) , des TJsbecks et des Juifs. Les Tadschiks sont les plus 
anciens hàbitans du pays, et se livrent presque tous au com- 
merce ; lés ITsbecks exercent les fonctions civiles et militaires : 
ces deux peuples sont mahométans. L'auteur les représenté 
tomme les plus viles des nations; il dit que pour quelques liards 
un Botikharé vendrait son père et son frère. Les laoo juifs qui 
habitent Boukhara sont asisujettis à la capitation, et obligés de 
porter dés bonnets noirs, et des cordes à la place de ceintures. 
Us fiibrlquenl et vendent du vin, de Teau-de-vie, et exercent ta 
médecine. Toute l'agriculture est pratiquée par des esclaves qui , 
poiir la plupart, viennent de la Perse. Deux fois par semaine 
il y a marché dTésclaves. Les femmes sont traitées avec la plnâr 
grande brutalité, et nulle part les moeurs ne sont plus corrom- 
pues. L'espèce de dvflisatiun qui , dvL temps de Tainerlan , s'était 



S82 f^ojages. 

répandue en Boukharle^ a disparu, et le commerce 4iiéme n^ 
est plus qu'an trafic fondé sur la cupidité. 

On a dans cette contrée 3 espèces de chaxpeaux ^i se mêlent, 
d*où ïjoû Yotl qiie.les chameaux à une et à deux bosses, que 
Ton a regardés comme des espèces distinctes , sont au îoni les 
mêmes. Les dievaux et les ânes des Boukhares sont d'une race 
superbe. Il y a des araignées Tcmmeuses. La flore et la faun^ 
de BonkbKrie offrent peu d'espèces; on j trouve deux o« trois 
espèces, en apparence nouTelles^ de D^us (Gerboises), qui ont 
une ressemblance frappante avec les kangurous de la Nouvelle^ 
Hollande; les genres d'insectes les pins riches sont les canthari- 
des f les mylabrides et les ténébrionites. 

Le$ renseignemens que. nous fournit M. Eyersmannne sont 
pas très -nombreux, nuis ils concernent un, pays où Içs voyà-* 
geurs pénètrent difficilement; peut-être la relation, qui doit pa- 
raître à Paris, aYe# une carte gépgrapliique, complèt^era celle du 
médecin allemand. IVg. 

\ 

Soi* JoH. Toif Makignola Reise in das MôaGENLAND. Voyage dur 
frère Jean de Marîghola dans l'Orient depuis l'an x 3 Sg jusqu'en 
i353 ; trad. du latin^ mis en ordre et commenté par J.-G. Mei- 
NE&T. 107 p. in-S. ( faisant aussi partie du tome VU des Mé- 
moires de la Société des Sciences de Bohème, ) Prague; 1820* 

• 

Au 1 4^' siècle les franciscains et les dominicains allaient avec 
des missions du pape en Tartane , pour essayer de contertir le 
khan des Mongols et ses sujets, ou d'obtenir au moins la permis- 
sion de bâtir des égl^es. Nous devons à ces missions des rela^ 
tidns de voyage intéressantes ; ce sont à peu près les seules qui 

s 

nous fassent connaître l'état de l'intérieur de l'Asie à cette épo- 
que. Jean de Marignol», is^^u d'une famille de Florence, fut du 
nombre de ces envoyés. Franciscain et professeur. à Bologne, 
il se rendit en z339, avec le titre pompeux de. légat du 
pape , dans Tintérieur de l'Asie. Il fut l'un des premiers mis- 
sionnaires qui réussirent à pénétrer par le désert de Cobi jus- 
qu'en Chine, où il séjourna quatre ans. I)e.là il s'embarqua 
pour l'Inde, et ensuite pour le golfe Persique; il revint par la 
Palestine et par Chypre à Avignon, en 1 35 3. Quelque. temps 
après le roi de Bohènie l'appela, en qualité de cbapelain à U 
cour de Prague ; mais vers le Qiéme temps Jean de Marignola 
obtint l'évéché de Bisign^no en Calabre. Le roi l'invita alors à 



Voyages. 385 

écrire Thisto bre de Bohème. L'i^deo mifisionnaire obéit ; il rédi- 
gea uae c]iroiii(jue, qui suivant l'usage du temps commence par 
Adam et Ève^ et où il a trouvé moyen d'insérer ou plutôt de 
disséminer l'hbtoire de sa misûon.Elley est si bien restée cachée^ 
que jusqu'à présent on n'a guèresongé.a compter Jean de Mari- 
gnola parmi les voyageurs qui ont agrandi les limites de la géo- 
graphie, et à lui faire le même honneur qu'à Plan Carpin^ Marco- 
Polo et Mandeville. Il est vrai que la Chronique même n'a été 
publiée qu'en 1768 parle P. Dobner, parmi ses Monumenta 
historica j^okemûefVTagaej in*4> 9 4 ▼ol., et que le P. Dobner, 
n'étant pas géographe, a laissé subsister dans le voyage de Mari^ 
gnola une obscurité telle que l'on n'a pas dû être tenté d'y cher- 
cher des vérités (1). 

Marignola n est pas , il est vrai, heureux dans ses vues 
géographiques ; il s'imagine que la terre repose sur les eaux, et. 
que rOcéan a la forme d'une croix, dont deux branches ne sont 
pas navigables , parce que Dieu n'a pas voulu que l'homme fit le 
tour de la terre. Le missionnaire florentin se rendit d'abord 
chez le premier empereur tartare, TJsbeck, dans l'empire duquel 
il comprend le mont Ararat de la petite Arménie. Il parait 
qu Usbeck résidait à Saray, sur la rivière d'Actuba , à l'est du 
Volga. De là Marignola se rendit à Armalek dans Vempire de 
Médie, Ce que les missionnaires appellent l'empire de Médic n'a 
pu être que leDschagataï ouDjagatat , qui s'étendait alors depuis 
la rive orientale du lac Aral jusqu'au désert de CobL. Armalek 
était situé sur la rivière d'Ab-Ëila, au milieu de cet état. Marignola 
parle d'une ville de Camout qu'il traversa dans sa route : c'est 

(1) On reconnaît aisément les causes de celte obscurité dans le dtîs- 
ordre dos récits et des remarques de Marignola , qui sVst borné a rap- 
peler ses soQvenirs sur l'Orient , à ipesure que roccasion Tinvitait à 
les interpoler au milieu de la chronique de la Bohême , dans Tirrégu- 
larité des de'nominaUons géographiques, à la fin du 14". siècle , et dans 
l'indifférence du moine voyageur , pour les progrés de la géographie 
profane. M. Meinert, après aiVoir comparé soigneuse rirent Je manuscrit 
de la chronique de Marignola , existant k la h>bUothéque de Tuoiver- 
site de Prague , avec le texte publié par le P. Dobner , s^est attaché à 
épurer ce dernier texte, â extraire de la chronique du franciscain tout 
ce qui avait rapport a ses voyages en Asie , à rétablir Tordre naturel 
de ses récits par là rectification de celui de son itinéraire, et à les ren- 
dre intelligibles par d€ savans commentaires et par une meilleure no- 
mei>claturé des lieux que Marignola avait visités. Cette restauration 
réelle des vajages du moine franciscain, est un service, éminent que 
M. Mfinerl a rendu à la géogr.iphic du inoyen ;1ge. N. du R. 



584 ^ojrages^ 

sans dofttte Kami! «laiis la petite Botikharie; fifereo-PoIo connah 
aussi une proTÎnce de Camottli appartenait an Tangut ( Tbt> 
l>et)y et dont les liabitakis sont si lipspitaliers, <|ifils offi*ettt aux 
YoyagenrS Jusque leurs jfemittes. Depuis les frontière^ d'Anna- 
lek , la route de commercte se dirigeait sur la ville Umitropbe de 
Kantchen , et passait par Lop , viRe située sur le lac du méims 
nom , où les carayanes se pourvoyaient de chameaux et de -che- 
vaux pour traverser les montagnes. Marignola arriva enfin eti 
1 34 a a la capitale du Kàthai ou de la Chine septentriariale ; elle 
avait alors le nom infôpgole "de Kaàibelek : c'est le Pékin d'au- 
|ourd'huî. Le franciscain se présenta a l'audience du grand khan 
avec les omemens ecclésiasti()ues, faisant porter devant lui une 
CTf îx y des cierges et un encensoir, et aspergeant le Mongole 
d'eau bénite que le grand khan reçut très-poliment. Il avait 
peitnis aux missionnaires de fonder dans sa capitale un arche- 
vêché, une cathédrale et plusieurs églises aVèc dH cloches. 

I«a guerre ayant éclaté en Mongolie , Marignola résolut de 
revenir par mer en Europe, tte grand khan l'etigngea à psisser 
par le Mautchi ou la Grande-Inde. Selon le missionnaire, 
rinde se compose du Cynkalan ou grande Inde , du îfyn^bar ou 
petite tnde, avec les villes de Kolumbus et Cynkali; enfin du 
Maabar ou Inde supérieure /dans laquelle il connaît une ville de 
Mirapolis. Il cite aussi des iles de la mèr des Indes , surtout 
Seyllan, Saba et le Paradis. Le Mantchi du grand khan était évi- 
demment la C!hine méridionale ou llnde postérieure. Marignoia 
cite» comme Marco-Polo, le fleuve Caramora qui sépare ce pays 
du kathai; il parle probablement du Klangoti fleuve fitèu. Ici 
commencent rétennement et l'exagération du franciscain floren- 
tin. Il trouve sur les bords du fleuve des villes superbe»» rîehes 
en or ; on récolte sur ses bords plus de soie que daiis le reste 
du monde. Des maisons flottantes sur le fleuve sont remplies des 
artistes les plus habiles , surtout de tisserand^n soie et de £ihri- 
cans d'étoffes d'or. La ville de Kampsay , la plus grande place 
du Mantehi, n'a pas de settblable pour la population, la ém* 
gnificence et le nodibre des 'pagodes ; il y a le mille penis de 
pierre avec des statues de princes du pays. Des couvens renferment 
100 a 9000 moines. Dans l'enclos d'iin de ces couvens on nourrit 
beauconp d*aaima«x singuliers que les habi tans regardent comui^ 
les àttes des marts. Cette viUe est Jâ même qiie 4'autres aii- 
sionnaires appellent Cassai , Quinsai , Casiaya , -et q^'oa nommt 



P^ofages. 585 

àti}oar(l*fam Nailkin. Mafvo-Polo cilé égalêmeiit ses fï mille 
poAts. lyàns une des pagodes on adorait Timage de la mère 
de Fo', que le simple Marignok prit pour la rierge Marie; 
il ajoute que lés Chinois célèbrent »a fête pendant la nuit et 
aux flambeaux , lôrs de la nouvelle lime du premier mois de 
Tannée chinobe. 

Marignola passa ensuite à'2ayton^ dont il trouva le port ad«- 
mirable. Les franciscains y avaient 3 belles églises avec des do<- 
chcs , un bain et un dép6t pour toutes les marchandises. Marco* 
Polo vante le commerce que Zayton , Zartan oo ZanUn, faisait 
avec les fies aux épices : die était située sur la côte orientale dé 
la Chine méridionale. Marignola débarqua à Kolombus qu*tl 
appelle la ville la plus célèbre de l'Inde , et où croit tout lepoi^ 
vre du monde. Les chrétiens de Saint-ThOmas sont les maîtres de 
cette ciiltore et lèvent an tribut sur ia récoke; elle rapport 
tait à Marignola, en sa qualité de légat du pape, cent à mille 
fans (i) d'or par mois. Meinert pense que ce Kolumbus est le Pa*^ 
lumbe de Mandeville, le Coulam des Arabes et le Colanum des 
Portugais. Cette ville, située sur la côte de Malabar, à a4 lieues 
sud de Cochin, était une des plus riches de llnde, et faisait 
par son excellent port un commerce de poivre considérablct 
Marignola donne sur la culture du poivre des détails contraires 
à ceux de Mandeville, que Marignola combat qudquefoig', mais 
sans le nommer. De Kolumbus, le missionnaire florentin 
se rendit à MirapoUs dans ia haute Inde : c'est probable* 
ment Méliopour sur la côte de Coromandel, comme le pays 
qu'il uppelle Maabar est le royaume de Maravar. Il y avait 
effectivement à Meliàpour une église de Saint-Thomas , ainsi 
que 'Marignola le dit de Mirapolis. On sait que te3 chré- 
tiens de Saint-Thomas foribent depuis long-temps une secte 
particulière dans rinde ; les Portugais l'extirpèrent peu à peu 
sur la côte de Coromandel. Après avoir quitté Mirapolis,'le 
franciscain s'embarqua pour V^iie de Sabaj'oà depuis un temps 
immémorial les femmes régnent en commun sur les hommes. Le 
missionnaire a vu de ses propres yeux des femmes assises dans 
des chariots ou des sièges , tandis que les hommes menaient les 
bœu£& ou les élép^ans. Dans le palais il a trouvé des tableaux 
qui'représentaient les femmes sur le trône , et il a été admis à 



. (i) Le fan, représenta dans le voyage de Sonnecaf, est uoe petite 
monnaie indienne de la valeur de a à lo sous. 

F. ToMK L 25 



S86 P^ojrages. 

^'Audience de U reiae, ^qni h g^liûà 4^ nch^ pré^ens. Il parlt 
^.]a pins hante montogite.de riie,.ii|^el^ Qjfbeitf et. dont h 
^smpitiet était inaccessible. Meioert pease que le Saha du voya- 
geur itaUen est nie de Java.; effectiyement le» Arabes'du 9*^4 
alècle connaissaient le yù\c$n de Jaya so,us le nom de G(fbeù. 
Marignola se Vante aussi d'avoir été auprès du paradis terrestre^ 
situé seloii lui vis à-^is de Seyllan ou Ceylan. Cest là aussi 
4fite le placent les /MMcm^oir , indiens. Il .parle du pic d'A-* 
dam et dn jardin du premier hoaipe ou croissent lepisang et Je 
nargil (cocotier )4 Au pied .de la montagne il vit un couvei^t de 
fakirs dont il vante lea maewtfs sobrea et la vie retirée ; ils accueil- 
lirent très-bieti. Itfarignola ,: comme s'il avait été, dit-il^ de {eut 
Wdr^. Il y avait dans le couvent deux arbres qui venaient d Adiam, 
aelon la tradition, et qui étaient entourés de; couronnes et de 
pierres précieuses. Il parle enicore d'une caste ou secte aiobu- 
lajate ;, les sectaires s'appelle;at^Zf^tf Çaïjij pnt un air affreux, 
sont généralement détestés et se montrent rarement. Il est évi- 
itent que JMCarignola parle d'une des castes réprouvées dont parle 
le code de Menou. Il fait mention qfi particulier desyèdeSy ou 
hommes. des boin àCeykn, ain8ique4eleus trafic. muet. Il parle 
;iu resté des fakirs avec beaucoup de modération, on peut même 
dire «vee diarité , chose assez rare dans ce ûèçle. M^l^i^oreuse- 
ment dans l'Ile où ii trouva de si bons fakirs, il fut dépf^uilléde 
ses richesses par un inttudit Sarrasin, teumtque-Coja'-Joeinf 
iuurjomiew dn roycokmé de SçyllaH. Tout en le cemblant de po- 
litesses I ce Goja'Joan enleva au franciscain 60 mille marc» en 
or ^ de l'argent I) de la soie > èm étoffes d'or , des pierres pré- 
cieuses, des perléà, du camphre, duinusc*, de ^ mirrbe et.des 
épices ,. qu'il avail re^^ du grand khan et d'aiitrfïs princes , tant 
pour lui que pour le pdpef vers le même te]if>s des brigands 
Je dépouillèrent de sa bel}« oeji^ture 0n qr , présent de la reifte 
de Sàba. 

. Le toyage par la TetterSaikit^ , que Jffarignola traversa en 
revenant de l'Inde^ ofifirepeu de choses rewArquables ;, il parait 
même que le voyageur les à titrées des A^tesdesapdtres» ^D-g, 

io^. Voyage dans l«s monts ÏIa^j-Mohal , en àèé^hte 
1 820. et janvier' 1 8a 1 j par Vf'^. FaAii klïn, liteûtenant ëofôlrét. 
(Nouv, :/inn, des Vojr.^féyr. iS^ti,)^,ïj9.) 

M. W"^. Franklin , que ses affaires appelaient dii c6té d'Âonde , 



Fojrages. 587 

ffésol»! 4e %*j rcodcCy dt BliAgolpoor rà il 4e tM9T«it/en tra« 
▼«stant les moati Ba^f-Mokal. Il se nil en route le 6 du 7 déeem-i 
bre i8ai>; arme le S à Colgong, sitaé près de l'endroil ou le 
Covitift-Holla ee jette damleGenge, et le 17 a« pied du Ghat on 
Ck>l de IMly 9 per oà s'expédient dans le plaine les produits dea 
montagnes. Parvenu au sommet da Boîsom , il prit dlfférens relè* 
Témens y parcoumt ensuite un pays couvert (le forêts et de cliaraps 
cultivés , vit à Test les monts Potsonda et le village d'Aroida^ , 
qui n*en est pas éloigné et qui est placé au milieu des bois. Les 
montagnards > dont la figure rappelle en général celle des in^u* 
laioef du grand Océan, sont de taille moyenne; quelques-uns 
fm% ki lèvres épaisses et les cheveux crépus ; d'autres les ont. 
nottéa en touffe derrière la tête. Le ponderîh , fruit ressemblant, 
k «ne pomme^et qu'on mange cuit quand il est vert, et k graine, 
eentenve dans la gousse d'un arbre appelé mAH^ et qu'on fait 
giitter» ferment 9 dans les temps de disette» la principale nourri- 
tore des montagnards. 

Apd^ avoir visité les monts Barcaoupi notre voyageur pé*. 
nèti« par le Ghmt de Djim-Counày dans la chaîne occidentale 
des ÂadJ'^Môhul; il décrit les différens villages qu'il trouve sur sa 
MUte, le pays qu'il parcourt jusqu'à Kst^Goia » terme de son 
voyage dans eette contrée montagneuse. Il passe ensuite à So-» 
Ipranpouty 4oade, Molla, etc., et retourne par le grand chemin 
à BhAgolpouf 9 où il arrive le ^ janvier iftai. 

XâU peu de temps que M. Franklin mit à parcourir les Radj^ 
Hobal ne lui permit pas de &ire des observations profondes, ni 
anr cea nantais 9 ni sur les individus qui les habitent, dont 
aueune personne de sa troupe ne connaissait le langage. Il apprit 
scfileaieiit que les hommes appartenant aux robustes tribus des 
Radj-Mobal , méprisés par les ladous les pins al^ecto, sont $tar 
aimiiMiires, k l'exception d'un petit nombre qui se r^ident qMel-^ 
qnefois dans le pays inférieur ou sur les bords du Gange poui 
s'y procurer des subsistances ou des vétemens. U pense qu'ils sui-* 
vent le polythéisme, et qu'ils y ont adopté quelques pratiques du 
bsn^mieisme, LHia de leuxv poudjahs^ ou sacrifices en l'honneur 
de lenm deuthas ou dieux, est décrit par notre voyageur ^i qui 
tecmiaeison récit pajr la description des cérémonie^ pratiquées à 
la prestation des swmms lors des mariages et des iuoérailles , et 
par /dee détails esses curieux sur l'éducation des garçons, sur la 
situttÎMi. des femmes» sur l'agriculture, les productions , le eom* 



I 



388 Fojages. 

merce de ce pays. Le gonvememeht brîtannîqne â'su tlter nii' 
grand parti des babitans pour la défense de la province dis^Rhà- 
golpour, et il a 'assuré la tranquillité de ces cantons , eh accor^ 
dant des salaires aux chefs , et en enrôlant un homme par village 
dans un corps de chasseurs. . Dezos de la Roquette. 

5o4« Account of .a*^aet of a jou&ket through the H17 
KALAYA MOumrAiNs. Détailis sur un voyage dans les monts 
Himalayas; par MM. A..et P. Geea&d. (.Communiqué par le 
colonel Gérard. ) [Edimb. Pf^il, Journ., avril 1824^ P* 295. ) 

Voici les détails les plus intéressans que ces deux jeunes offi- 
ciers donnent de ccvoyage, le second qulls ont exécuté dans ces' 
montagnes célèbres. Le 21 septembre 1 822, partant de Sonba- 
thou^ lat. Bo° 58', long. ^70 2', situé à 20 milles des plaines, et- 
à la hauteur de 4>2oo pieds au-dessus du mveau de la mer, ils 
allèrent à Nuwibeg, éloigné de 9 milles , passant par Gumbuty. 
petite rivière , mais difQcile à traverser. Le jour suiVant, ils s'a- 
viincèrent à Semta , distance de 1 3 nïilles ; la route , pendant 8 
milles et demi, est dans une plaine; il y a un mille et demi de caftes 
à monter; les derniers 3 milles sont sur une chaîne de coUines^ è 
7,000 pieds au-deàsus du niveau de la mer, au milieu des belles 
forêts de chênes et de pins. Le 23 , ils se rendirent à Burdy dis- 
tance de II milles; la route est bonne entre les forêts «de pins, à 
la hauteur de 8,000 et 9,000 pieds. Le 24 » ils arrivèrent à jPa&- 
na , distance de 10 milles; le chemin était passable. Les domaines 
de ce village appartiennent au rana de Theog, Le jour suivant, par 
une route montagneuse et dangereuse, i\s sXlèreuX. k'Kotkhace'^ 
distance de ii milles.- Cette ville est la résidence du rana Kot- 
goun , qui gouverne sous la protection de TAngieteme. La situa- 
tion de ceUe ville est tout-à-fait romantique dans .Fcndroit où 
deux petites rivières confondent leurs eaux et forment' le fleuve 
QirL Ces deux rivières ne sont pas guéables; leur ]ai*g^p est de 
20 pieds; ainsi, en détruisant les ponts, 'la placé dévient très-^ 
forte. Le palais du rana a trois étages; il est d'une trqs-b^ellé ap- 
parence; le sommet est surmonté d« deux magnifiques belvédères 
chinois. Le 26, passant par Dervisi, ils arrivèrent à Gujptdi, 
après avoir fait un chemin très-fatigant de 8 milles. Cette ville 
est dans le district de Naouar^ dépendaftt de BuscTtar , - célèbre 
par ses grandes mines de fer. Il y a très-peu de terrain'^tiltivablc, 
et les habitans, presque tous mineqi's, vivent de lèiir commerce 



Fojages. 589 

de fer : ils ne travaillent a leurs mines que pendant trois mois Uc 
l'année, sa'ioîrde mers à jnin. Le '27 septembre, par un chemin 
de i^ milles au milieu des montagnes, les voyageurs passèrent à 
Bourou , ville située dans le Choara , un des plus grands districts 
du- Busckar^ le pins peuplé et le mieux cultivé. Les. deux jours 
suivans, après uVie marcke de plus de a6 milles, ils arrivèrent à 
Jangliffy ie dernier village et le plus élevé de la vallée de Pubar; 
sa hauteur est de pins de 9,200 pieds. Lf! 3o septembre ils arri- 
vèrent à Moundar, à 10 milles àeJangiigy et a milles de Bou^ 
ràng,^ Dans cette journée ils passèrent par une vallée élevée de 
1 3,000 pieds; la végétation y est très-abondante; les deux offi- 
ciers s*y reposèrent avec leur troupe le i^^. octobre. Le jour suÎp 
vant ils portèrent lenrs tentes sur un endroit dont la hauteur 
est à 1 5,000 pieds. Après avoir beaucoup souffert de la fatigue 
et des dif]6cultës du chemin, ils trouvèrent, d'après Ifeurs obser- 
vations, que les sommets des principales montagnes ide Sutluj 
excèdent ao,ooo pieds d'élévation. Ce passage sépare le Choara, 
du Kounawury autre grand dbtrict du Buschar^ qui s'étend le 
Ion du Setîedje, de 3i'' 3o' à 32"" bt. , et 'j^'' 10' à 78"" 45' long. 
Cette contrée est déserte; sa limite vers le N. et N.-O. est une 
«haine de montagnes, toujours couvertes de neige à une hauteur 
de plus de 20,000 pieds , et qui la sépare du district de Ludak. 
Le petit nombre de villages de ce dernier district est à une hau- 
teur de 8,000 à 12,000 pieds. Les habitans ne sont remarquables 
que par la .couleur très-brune de leur peau et par leur malpro- 
preté. Ces villages sont généralement grands, les maisons spa- 
cieuses, même élégantes, et bâties de pierres et de bois. Les 
temples des Deotas (divinités) sont magnifiques, et décorés avec 
.une grande provision d'ornemens. Le pays abonde en ours féro- 
ces et dangereux. On y trouve aussi une grande quantité de 
chiens très-grands , couverts de laine, et qui attaquent les étran- 
gers. Le langcige du Kounawur, qni leur a fourni un vocabulaire 
de 1000 mots, diffère beaucoup de celui des Indous; la plus 
grande partie des substantifs finit en ing et ung, et les verbes se 
terminent presque tous en rniget nig. Le 3 octobre, nos voya- 
geurs allèrent kBourang, petit village distant de 8 milles et demi 
dans le district de Toitpka^ sous l'administration des gouver- 
n^enrs ( Tihumdasy fFurirs) du- Kaunawur^ et près de la ^rivière 
Buêpa: Le jour suivant , après 'une marche de 12 milles et demi 
entre les rocs et les précipices, Us atteignirent Pouari, Le 5 oc-r 



Sgô . Votymges. 

lobn ili «mvèMBt à ilùptf > éloigné àt iS iMiltoi M éemîr Le 
jour snttimt lift pirvinreiit kMurumgy après aToirtnrfersé la tî* 
▼ière Tidmng^ qai prend sa source Mvk ttrritoîre chiitoîs. />«*- 
n»i^ est une viiiesomsia dépeadance du Lmma; elle est fmnde, 
Inen située , et divisée ea % seetions qot forment prescpie ana 
ellipse; elle est traversée par use rivière bordée de vignes et de 
hennx jardins. La sitoation de cette Tille est b^eet pittoresçfie. 
Les templM , qn*oa appelle ckostem^ sent eneeints chacnn de trois 
amnilles ; ib sont voiktés et ouverts dans b partie antérienro. Les 
kabitans paraissent dons et civils. Le 7, les voyageurs se rends» 
rent à Nisung^ petit village sons la domination du Làma^ situé 
sur le TaglaÀ'har^ grande rivière qui prendsa sonree dansla Tar- 
tarie chinoise. Le jour suivant , ayant traversé ie Tagiaiiàar^ ils 
montèrent pendant un mille et demi sur un grand roc , oà !ib 
lurent obligés de se reposer. Les 9 et ro octobre, passant par 
des montagnes difficiles et dangereuses, après avoir Int vm cbe- 
min de 16 milles et demi, ils arrivèrent à BabUng^ d'oà ils allé*» 
rent visiter le pont de bois %wclt Setie^t^ appelé Ntiptou SéngOL 
Lt Ut de cette rivière est à 8,«oo pieds de hauteur. Ank environs 
de Numgioy où ils se trouvaient le 11 » ils reconnurent unebellt 
Tégétallon. Shipke^ où ils arrivèrent ensuite, est un grand vfl- 
lage, dans le petit district de Rongzhoungj gouventé par le ma- 
gistrat (deba ) de CHubrung^ grande ville sur les botdselu Skt/v/» 
Les maisons de Shipke sont en pierre, et Soûles ont un jardin ; k 
population est nombreuse^ les hafaitMiB vont toujours la télé dé» 
rouverte , ce qne leur permettent la quantité et répatsseur de lenn 
«keveux , dont une partie leur retombe sûr le dos ; ienr extérieur 
a beancotip de ressemblanee avec celni des Chinois; ils po rt en t dd 
cbIKers, et ont tonjours des pipes de fer ornées d'isi^^t. Bfoscsn. 

5o5. Teavkls ta Egtpt aitd Nubia, Steia, mxd Asia Mi- 
Mon , etc. Toyages en Egypte et dans la;r(ubie, dans la Syrie 
et dans l'Asie Mineure, en ;8i7 et 1818; par C, L. lasT et 
J, MAVGX.SS , commandans de la marine royale. (Ne se vend 
pas.) I vol. in•8^t p* S60. Londres; iM. 

Il parait que ces deux voyageurs , exempts de prétention quoi- 
que fort instruits, t>nt bravé les dangers et la fiitigoe , pour vin- 
fer avec soin TÉgypte et la Kobie, la Syrie et i'Anie l^uteete. 
On trouve autant dHntiirêt tpie d'agrément dmw le» détmb iqnMi 
donnent sur les principales «vMles , «t aur les eonmmes des habi- 



rojages. 59 c 

ttsft it «M pa ji liarlMre» 9 autrefois le berceau d«$ «cignces » da». 
•risel de la civiUsatign. Comme il pousserait impossit^le de faire 
connaître tout ce que reaferment d'important, et de curieux» les. 
▼oyagesqneBOttsaiiiKMifODSy nous nous couteaterons d'en don- 
ner k nos lecteurs un a{)erçu général y et d'en citer quelques trj^its 
veroarqniibles. Ce volume est composé de six lettres. La première 
contient le récit d'un voyage dans la Nubie &nt le Nilj et du re- 
tour au (kùre. Trop de documens ont déjà été publiés sur ces 
contrées , et même dans le Bulletin , pour qu'il soit besoin d'y 
revenir. Dans la seconde, on trouve le journal d'un voyage du 
Caire en Syrie , en passant par le désert et sur la côte de la Mé- 
diterraaéeipar Jajfa, 4cr^i lyr^Sidon, etc. » à Tripoli, et 
delà à Bmibek. La troisième qpus transporte à Palmyre , à tr^' 
ven les tribus arabes des Bedoin* « et de là à Damas, Nos voya* 
geurs ont ëéerit avec beaucoup de soin l'anctenoe Pabanyre ou 
Tadtfior; maïs leur description ne s'accorde nullement avec celle 
du célèbre Votney^ Les quatrième et cinquième lettres coàtien- 
aent les détails de divers voyages dans la Terre^Sainte. Les ré^ 
Miltsts ont un intérêt vraiment neuf. MM* Irby et Mangles ont 
laivî la route non esplorée qu'avait parcourue Burckhatdty en 
traversant le Jourdain^ lé petit lac de Houle et Tiberiade. Ils visi- 
tèrent Taricksa , Om Kei^^XÂcythopoUi , on Bysan (qu'on sup* 
pose être la même que Bethsham de la Bible , aux murailles de 
laquelle le corps de Saiil £at attaobé) ; hdh antiquités de cette ville , 
les mines doox elle est envirminée ont été 1 4e leur part , Les 
objets d'nn eyamen attentif. Djerash , qa'ils virent ensuite ^ leutr 
a porn avoir été très-£orissanle. £lle était bètie tor les àeitf. 
côtés d'une vallée , et traversée par une rivière. La situation en 
est magnifique. Il parait que la ville était iiomposée de Aeux 
grandes rues qui se croisaient au centre » à angles droits, et que 
décorait on double lang de colonnes , tes unes d'ordre ioniquie » 
et les autres d'ordre corinthien. Le pavé est encore en très-^on 
état, avee des trottoirs pour les promeojeuirs. On découvre av^i 
sur le paire des marques des ;roues des anciens chsirs. Les tanti- 
quités «qu'on y rencontre sont d'un très*|;rand intérêt. 1.A& tewir 
pies , les théâtres , les bains , les tombeaux et les iËe^£h des ao- 
cienaesenuraîHes , sont vraiment imposans ,et inspirant radmi- 
ratioB. De Djerush^ nous visiteiKUis «vec MM. frAy et Ma/f^ffi^ 
les ruines de l'iindeAne Necropolfs de P^ra >eA pfis^ut ^^nc 
Henkf 4àxVùn «oit ie^nsail ^ iMi^^-re-Jp^i^r. Qn entre d^fis 



5^3 Voyages. 

ce bâtiment pur une arche éleyëe sur l'eatrée â'uoe caverne , et ' 
le passage est taillé dans le roc.,On y voit aussi une vieille église 
très-mal bâtie , qu'on suppose Touvrage de Godefroi de Bouil- 
lon. Les antiquités de ce lieu ne sont pas remarquables. Mais 
nous YOici enfin dans la vallée de fVctdy Afousa et dans le voisi- 
nage de Petra. Déjà les * collines deviennent à chaque pas plus 
imposantes. On voit de tous côtés des excavations , des sculp- 
tures , et on arrive a une longue avenue de tombeaux , où les 
rocs commencent a. se rapprocher l'un de l'antre. Il n'y a de ce 
côté qu'une seule ouverture pour le passage de la petite rivière 
qui conduit, comme autrefois, à Petra. Il est impossible de 
eoncevmr rien de plus terrible 0U de plus sublime que ce pas- 
sage , dont la largeur suffit au plus pour deux cavaliers marchant 
de front ; les côtés s'élèvent perpendieulaîremenf à une hauteur 
de 100 à aoo pieds, et les rocs sont quelquelois si serrés qu'il 
n'y pénètre pas plus de jour que dans une cav^ne. Presque à 
l'entrée de ce passage romantique , une grande arche unit les 
deux roches opposées. Au-dessous, on voit des niches tailiées 
dans le roc , et probablement destinées pour des statues , mais à 
une telle hauteur, qu'il fut impossible à nos voyageurs de ks exa- 
miner et.de vérifier s'il y avait des inscriptions. Un peuplas 
bas , on remarque un autel du dieu. Tenne , et des inscriptions en 
grec toutes effacées. Après avoir traversé cette espèce de sou- 
terrain pendant l'espace de deux milles, à la lueur d'un rayoa 
de lumière, on aperçoit des colonnes , des statues, des omemens 
d'un goût élégant et parfait, et d'une belle exécution, sur une pierre 
de couleur rose pâle. La verdure perpétuelle des arbrisseaux et 
l'aspect sombre du passage forment un très-beau contraste avec 
les couleurs qui décorent cet édifice. On n'en distingue d'abord 
qu'une [portion, où l'on voit au centre une grande statue, les 
ailes ouvertes, qui parait être suspendue dans l'air; peu à peu 
on- a une perspective de ce beau temple dont la situation est im- 
posante , et dont la richesse et les décorations offrent un remar- 
quable contraste avec la scène sauvage qui l'environne. Ce temple 
n'a pas été construit comme le sont ces sortes d'édifices ; c'est un 
travail exécuté au moyen d'excavations; ses ornemens sont si 
bien conservés qu^on pourrait douter s'il existe quelque autre mo- 
nunïent antérieur , excepté ceux qui embellissent les bords du 
Nil , qui se soit ^ussi bien défendu contre les injures du temps. 
Nos voyageurs arrivèrent enfin à la ville, dont les beautés «t 



Voyages. SgS 

toutes ksaiKtqoitéft Boni très- bien décrites. Dans la sixième lettre 
on trouvera des détaills à la fois amusans et instr actifs sar rA^tc 
Mineure et sur l'ile de Cypre. Moscati. 

5o6. Voyage a deux des Oasis de la &aute-Égypte ; par sir 
Archibald Edmovstone, baronet , avec une carte. [Nouv, 
j^nn, des Voy, , janvier et février i8a4 9 pag. 5 et i45. ) 

Arrivé en Egypte à la fin de i8i8| sir Archibald Ëdmonstooe 
4»nçat le projet de visiter les deux Oasis de la Haute-Egypte. 

Parti du Caire le 14 janvier 1819 avec MM. Hoghton et Master, 
ses amis , il se détourna pour examiner les pyramides et les 
ruines de Memphis, et parvint à Siout le 7 février. Munis d*une 
lettre de recommandation du gouverneur de ■ cette. villç pour le 
cheikh des Bédouins , nos voyageurs , vêtus et armés comme des 
cavaliers turcs et montés sur des ânes , se mirent en route pour 
les Oasjs , suivis de trois chameaux qui portaient leurs bagages. 
La lettre du gouyerneur de Siout les fit très-bien accueillir à Be- 
niali par le cheikh Daoud Ouaffi , qui les mit en rapport avec le 
cheikh Hamel, chargé de les accompagner. Le marché conclu 
dans le camp des Bédouins , ils commencèrent la traversée du 
désert escortés par six Arabes, et ayant avec eux deux domesti- 
ques^ un interprète , dont l'ignorance ne tarda pas à leur être 
démoptrée, et douze chameaux qui portaient, outre les bagages, 
J'eau nécessaire à la petite caravane. Ce ne fut que le 1 1 qu*ils 
«e mirent définitivement en marche pour le désert , et que per- 
dant graduellement la vue du Nil et de ses rives fertiles , une 
plaine immense de sable, où l'œil cherchait en vain un objet sur 
lequel il pût se reposer, s'ouvrit à leurs regards. 

En avançant, ils se trouvèrent le 1 5 au niilieu de monticules 
qui , an premier abord , semblent étce faites de main d'homme , 
et virent constamment , même a 70 et 80 ngtilles de distance de 
tout lieu cultivé ou contenant de l'eau, des troupes de per- 
drix d'une couleur sablonneuse mélangée , probablement la perr 
dix cegyptiaca , que le père Sicard appelle Quapha. 

L'eau commençait à manquer, lorsque le 16^ sur les huit 
heures , des palmiers épars qu'ils aperçurent dans réloignement^ 
calmèrent leur inquiétude , et une heure après ils étaient à Ba- 
laté ou BeUata , premier village de l'Oasis la plus occidentale. Ils 
trouvèrent que ce n'est pas sans raison que les voyageurs anciens 
et modernes ont vanté la fertilité des Oasis. Celle-ci renfermé 



5^ Vio^rages. 

pfiisiettn wX^^y des endos arrosés -ptr^dn «qiikm «rbÎMi, 
]^Tantés de dattiers qjû prôdtfîtént des Ihât» «xocllena , dont <ha 
ùXi un comnierce considérable , et produit de l*or{^e et dai vis; 
ks limons e^ les citxvons y soat très^^abondans. Les lions <€( le» 
pantlières j sont fort communs ; on n'j.yoit pas d'autrndiesj et 
nos voyageurs n'y purent rien apprendre sur le tpghan« serpent 
d*une grandeur immense qui, suivant Edrisi, ne se tronte que 
dans rd'Ouabat. Les habitaiis de eette Oasis sont très-exp05é& 
aux incursions des Maugrebins , ou Maures de Barbarie , et soaf- 
iîrent beaucoup de leurs déprédations. 

' Jusqu'au 9 nos voyageurs n'avaient trotivé rien de remarqua- 
ble. Des tracés d'anciennes habitations sur des espaces . très- 
étendtrs avaient seules frappé leurs regards. Mais ee }oi]v4à ib 
découvrirent un temple assez bien conservé, quoique k moitié 
rempli de 'sable : les Arabes le nomment Dtèr'ehBadjar ( le 
couvent de pierre). En allant le visiter, nos voyageurs trouvè- 
rent sur la droite les vestiges d^une grande ville > qui n« pi«- 
sentait ({u'un monceau de ruines , où ils ne parent distinguer que 
tes restes d'un temple et le' fragment d'une statue en marbre 
blanc , qqi ne manquait pas d'éléganee. 

La porte du temple Betr-el-Hai^ar était encombrée de sable ; 
ils en escaladèrent les murs , et voyant que leurs efSMrts pour en 
débarrasser Tintérîenr étaient inutiles , ifs se bornèrent à mesu- 
rer chaque partie de Tédifice avec un cordeau gradué; Après ee 
travail ,' ils retournèrent coucher à Abondaklou. Ils en partirent 
le ao , retournèrent à Bellata par un chemin plus court , en se 
rapprochant du pied des montagnes; et lorsqiï'ifs eurent re^ 
nouvelé leurs provisions et examiné une -manufacture d'in- 
digo, que l'on préparait en plein air , ils se dirigèrent le ai vers 
l'autre Oasis en marchant au siid-sud«ouest. 

A peu de distance de Tenida, village lephts oiientstl déTOastSy 
ils rencontrèrent M. Drovetti, qtti affàît visiter 'iH}a»is qu'as 
Venaient^ de quitter. Après avoir descendu par une gorge ^ro-^ 
cailleuse et escarpée , ils atiivèrent aux ruines d'un temple , que 
lés Arabes appellent Eût amours qm est extrêmement dégradé 
et paradt très^ncien. Le i5 , ils éVatent ià El-Khargtk, l!>ourgade 
principale de la grande Oasis , ou de ceHe tfui est la pkis rap- 
prodiée de l'Egypte. C'est la résidence du ketdhef ottgouvernear 
turc de tes deux cantons. A peu près « i mille et demi au hord, 
il» aperçtnrent tin petit temple quadrangulaire , Mfffimé Ei- 



Foyages* 3i)5 

JMdUr, et «A tiord-ooMt de celiû*ci «m teai|Je |ihu grAi^4 
9Îlaé Ml «liiicii à*ua bocage toalSn de palmier», d'^ç^oîas et 
d'autres arbres : uoraissea» conUit inr le devait de renciœ. 

Les Toyagean visitèrent deux autres temples» appelés Cazar- 
el'Goeta , Caisar^el-Zayan ^ dont les portails étaient chargés de 
figures et de Lîéroglyplies. D'après une inscription grecque qui 
se tronye au-dessus du portail de ce dernier temple , et dont sir 
Arcbibald donne la traduction^ ce temple , dédié à Âmeuebis ,, 
aurait été construit sous le règne d'Antonin > et restauré irers 
Fan 140 de J.-C. Sir Archibald entre dans de grands détails sur 
ce temple, et donne la traduction de plusieurs inscriptions qu'il 
a relevées. 

La Nécropolis , réunion de aoo à 3oo tombeaux en briques 
sédkées au soleil , tous placés irrégulièrement , de formes et de 
grandeurs différentes y est ensuite visitée par nos voyageurs. Us 
pensent -que «es tombeaux formaient ie cimetière de la ville iâ<^ 
tuée auprès et autour du temple d'£l-iSJiargeh. Les inM^ptions 
dont ils sont chargés et les croix. placées dans ceux où ils ont 
pénétré , donnent matière à des réflexions scientifique^^ de leur 
part. Ils en font également sur les Oasis en général 9 et sur leur 
destination » et passent «n revue ce qu'en ont dit les anciens 
et les modernes. 

Partis diEUK'hargèh le «7 l^rier , ils a r r iv en t le 5 mars i 
Farchont , dans la vaflée d*Égypte , et le lendennÎQ ils rejoignent 
leur bateau à Egné , après avoir fait près de 6eo milles en vingt- 
deux jours. 

A la suite de cette relation , sir Archibald Èdmfonstone donne 
mre analyse nvccincte des Voyages à t Oasis de ThèbeSy et dans 
tes déserts situés à C orient et à f'occidentde la Hhébaîde^ publié en 
rSâfa par M. Jomard, Ces voyages contiennent , i^. les décou- 
vertes et les Toyages & VtaU du Nil , et un voyage à la grande 
Oasis de Thèbes, par M» CaillaaAy «t %^, la relation dn voyage 
de M, Brovetti à l'Oasis laplnstyccLdentarle. La critique la plus 
ihipôrtante est relative à la position du vallon de Dakel , que 
M. Drovetlâ, ou du moins celui qui a tracé la carltde ton Toyage, 
fait courir du nord au sud, tandis quevîr Arcbibald pense qu'-ft 
s*étend de l'est à l'cmest. M. Letronne, en rendant compote de 
l'ouvrage de M, Edmoustone dans ie Journal des savans ( ^ai 
1823 ) , partage l'opbmn^du voyageur atiglaîs. 

IhsZOS BC LA ROQWETTE. 



596 f^oynges, 

507. Notice sur ia NigIlitie oRi«WTAtEi d'af^rès le voyage 
. de Barckhardtcn Nubie, les relations de LyoB,de Ritchie, etc. 

[Nouv. anH, des Voyages^ janv. 1824, p. 97.) 

Le savant rédacteur met^ sous les yeux du lecteur toutes les 
notions existantes sur la Nigritie orientale, en réunissant dans 
cet article, i^. les renseigneiuens obtenus par Burckhardt ,. 
Rîtchie et Lyon, sur le royaume de Bornou; 2^. les diverses re- 
lations historiques sur la nation des Phellatas ou Phalattes ; et 
3°. les indications de Burckhardt sur les pays de Bagherme et 
ile Bergou , situés entre le Bornou et le Simaar. Cet article est 
tellement chargé de faits aiixquels le rédacteur joint ses propres 
observations et ses conjectures qu'il serait très > difficile d'en 
donner Tanalyse ; aussi croyons-nous dfevoir nous borner à cetle 

courte indication. DÏezos de la Roquette. 

- * ' . ■ ' 

508. Notice sue le voyage fait dans le Briésil, de 1817 
à 1820 y, par deux naturalistes, MM. Spix et Martius, en- 
voyés parle roi de Bavière. 

Cette expédition, importante pour les sciences naturelles, et 
couronnée d'un plein succès, ne paraissant pas avoir été connue 
en France comme elle méritait de Tétre , nous croyons devoir en 
reproduire les principaux traits. Le Journal étranger, auquel nous 
les empruntons , annonce les avoir puisés dans un discours pro- 
noncé par M. Spix à l'occasion de la^féte du roi de Bavière,. et 
imprimé à Munich en 1821, in-49 &ous le titre de Brasilien in 
seiner Entwickelung: 

Les deux savans voyageurs , dont le premier s'occupait prin- 
cipalement de zoologie et le second de botanique, arrivèrent lei4 
juillet 18 17 à Rio de Janeiro; ils allèrent le 8 décembre suivant 
à St.rPaulj et de là à Porto -F^liz sur le Tiete^ d'où ils se ren- 
dirent à la capHainerie de Minas geraes , après quoi ils se rappro- 
chèrent des forêts de la côte, ppur observer les tribus sauvages qui 
habitent le long des affLuens du. Rio Doce.. De là^ ils pénétrèrent 
de nouveau dan§ l'intérieur, et visitèrent les beaux pays qu'ar- 
rose \eRio San-Francisco^ où sont des grottes calcaires. contenant 
du salpêtre, et où. ils tro|ivèrent , aussi. dans des grottes, des os 
fossiles de ilie^a^^e/'/M/Tï. L&S(^l.comQauo-€fâeurit,.daiis ç.ette con- 
trée, après les pluies, à la surface du sol et le rend blanc comme s'il 
était couvert dé neige. Bravant les difficultés de la route j les deux 



Fojrof^es: 597 

naturalistes allèrent de Salgado, Ueii^itué sur le Rio Supr^Fx^o- 
cisco^, à.Gbyaz^ eo passait par le {^teau d*où nauseni les /i^mcjes 
du Rio Tœantin, Ils Te¥»ii)rent ensuite tots la c6te par Tifitérieiir 
-de la proYÎnce de Pemambouc, traversant le San-Firançisco à 
Mo,lha4ay et se rendirent à Bahia le B novembre xSi8,aprèsaToii; 
• beaucoup souffert dans ce tr^aj et par le manque de vivrez et de 
fourrages.- Une «zcursion de 60 lieues qu'ils firent dans les ibréts. 
de la côte jusqu'à hio éos Ilheos^ ajouta encore à leurs cqllec-. 
tions y dont ils* firent l'envoi en Europe. A Babia , ils obtinrent ., 
apcès beaucoup d'instances*, la permission de se rendre au Para. 
Cette nouvelle expédîition, la plus hasardeuse qu'ils eussent encore 
lentéev commença le 18 février 1819. Ayant traversé des plaines 
sans eau jusqu'au mont Thinba^ où ils eurent le bonheur d'obr 
aeryer-un bloc de pierre météorique de plusieurs quintaux., ils 
-redescendirent avec pein^ aux bords fertiles du San*-Franciscp, le 
traversèrent , et attdgnirent les beaux environs de Ptauhi, qui 
«ont fécondés par des pluies périodiques. Cette capitainerie , pai^ 
ses herbages magnifiques et ses nombreux troupeaux, pourrait 
erre comparée à la Suisse; mais les maladies qu'occasione l'exf 
tréme chaleur empêchent les progrès de la population. Les voya- 
geurs bavarois payèrent eux-mêmes tribut au climat , et ils arri- 
vèrent* malades à Fïllaide Aldeas-Altas y premier bourg de la 
cap. de Maranham ^ situé sur la rivière Itapicououy qq'ils travers 
sèrent ensuite plus bas, et sans être arrêtés par les .cataractes. 
Ce ne fut qu'à Si^-Louia ; où ils parvinrent le z 6. juin 18 19 , qu'ils 
se i:étab]irent entièrçment. Ils visitèrent l'île où cette ville est 517 
tuée, et Ja côte adjacente, où ils virent , pour la première fois ^ 
des bandes'<i'/&û nw^^ et de flamants. De St.^Louis'ûsst rendi^ 
rent en six jours au Para. — ^Ici commença pour eux une nouvelle 
entreprise, qu'ils eurent le bonheur de. conduire à bien. Ce iFut 
de remonter le fleuve des Amazones.La saison favorisait ce projetj 
c'était celle où ce fleuve a le moins de rapidité, et où les vents d'est 
en facilitent la navigation ascendante. La chaleur est tempérée 
en même temps par des orages journaliers. Ils s'embarquèrent 
donc le 21 août i8i9> accompagnés de quelques indigènes, et 
avec une escorte milhaîre. Deux mois après ils étaient âTem« 
bouchure du Rio Negro; et, excîtéspar lé désir de voit la récolte 
des œufs dé tortues, ils ise dëddèrént à remonter rAma^On© en- 
core plus haut. tJn autre mois de navigationles conduisit à Ega-, 
bourg près du Rio Teffé. Là ils' résolurent de se séparer,* pouir 



5gâ f^ojra^es. 

HKfc M. ItâittBB pritparlie Jln»\A2/HmV^l# c^sdaisil j«sq«/fttt 
l^îèd' du mont AnaraeêOta^ tfoi iitt fMteic de !• «opdiiièi>e del 
Aiid«i. M^ Spti, cmitimuHt è roiMMiter PAnÉiaènfv pMseï de«aM 
ionrik Utrg^ «ffkieiii de «e ictfvé, tiORKMé»- Ama^ JauMéi Ith 
îeay et arriyt enfin à St;^Pami idtOi^agrumf , à l'emiMnudittve dn 
SavùH\ et â TàbéOingay ipà est 1* ]pMBtieîan portiigàke It pfa» 
oétïàetkîàlt , el ôti kl kmgtte de* iaets renpbcd^Ui kitig^eTmipi; 
Aithrés «us! FtM éf Vtmîteptrt des votitee d&ifôreiites ami liridtes 
des frontières i>6f Ifl ga fa es , et nli^nt pas les pasae>-p0Hs nécel- 
Stfîres pbttr pénétrer dans rescot<Miles espagnole&y^Và les oiremn 
sfanees polîtî(|nes devaient d'aîltemv tes écaiter, ils- se déeidè«- 
rtat i rétrograder. Le courant de f Amazone kenr-fif firanéhîr ea 
efaiq jours Tespace qnîlenr avait pris nn mois en remontant. Lt 
Kio Nejgro n'étant pas encore enflé, tandis ^e les afllnens ^a 
stàd de TAmatone fêtaient dé{li, à raison de*répoqil6 ^iMR^renfè 
des pîlnïes périodiques de Tna et de fatitre eàté du fienve; ibf 
pénétrèrent sor phts de So lienes jos«|a'à Bareellos^ an voisitiage 
de réqnateur^ entrèrent aussi dans le Rio- BraMc*, et «Vèrent vv* 
site^ le mont Paron qui appartient à la Gu^wiei 

Us revihreîat enfin au Para , le i6 avrA iS2<>, et quirtéreat Is 
Brésil le 1 4 jnin de la même année, ponr revenir en Eiirope par 
lisbonne. Il parait que leurs rielies collections sont arrivées à bon 
port jusqu'à Mtmich , où le gouvemeikient bavarois a établi pôar 
tes recevoir un Màseum brnsiliantêm. Ainsi a été accompli, par 
des sa vans partis dû centre de l'Allemagne, un voyage dans le- 
quel, sans tenir compte des diverses excursions, ik ont paroonnl 
600 îîeues du S. au N. (depuis le a4^ degré de latittide N. jusqu'à 
Téquateur), et plus de zooolieués de l'est a IVmest, entre le né* 
rîdién dé Pernàmbouc et celui de Tabeitingw, C M. 

$0]^ Jou&ifALOF AVOTAGE TO Brazil. Journ. d^QU voyage au Bré- 
sil, et d'un séjour dans ce pays pendant les années i52i, i^^a 
et i8a3; par Mailia Okaham. i vol. în-4* 

Maria Grabam a débuté, je croîs, dans le monde littéraire, par 
le Journal de son voyage et de sqn séjour dans l'Hindoostan. Le 
i«eoèa de cette agréable relation lui a fait prendre la résokitioa 
d'«n publier de semblables pour tous les pays qu'elle visiterait, 
et btitrettseaaent pour les amateurs de voyages «aucune personne 
de son sexe n'a plus qu'elle le goût de voyager. De l'anciea 



Mélanges. Sg^ 

Môitde ^Ite BiMift fràmporté di*nt Fe H «iitêitt* Ce Voyi^ «i 
9^il e^t précédé d'tttie inrMdvction qui fioaiieHt Yïàmamn 
abt^géé àt cette eomréé. Cette faiirodiietion eât dttiîiiée à Ama* 
Mt BU leeteut atiephi» eon^lèie intettîgeDoedeft évén«Écao.|>o** 
iflff)tie«d«n(it Mena Grtiiim à étété léinoii^ el ^ellé wacotsuJLn 
}ifttqtï'éût â tiiitéSy et qu'elle décrit der^ styt* élég«at et ■•• 
torel ^*ofl lui coimâH^ sonc Madère, Ténériifei PcrfMunbtmd^ 
Bafaia et Rio-de-Jaoeiro. Elle est revenue une seconde fois da'ns 
.cette dernière ville. L'ouvrage est terminé par un tableau des 
ioaportatioDS et des exportations de la province de Miaranham ^ 
depuis i8ia jusqu'en i8ai. Nous y lisons ce fait très- remarqua-* 
blCf que, malgré l'abolition de la traite des nègres, on en a trans* 
porté durant ces 9 années 45,^77 esclaves. 

La relation de Maria Graham est accompagnée de 1 1 planches 
gravées à la manière noire , et de 9 vignettes en bois. La plu- 
part représentent des vues dessinées par l'auteur. W-r. . 

MÉLANGES. 

5 10. Moat i^s B£t2oiri. — Les joumaut quotidiens ottt an* 
nùûté la perte imprévue que Toii vient de feire de ce voyageur 
diôdenie , âu moment où il se préparait à effectuer son v^yagiè 
à Timbouctou. La nouvelle de ce déplorable ëvénemenr a élé 
transmise, à ce qu'il parait^ par un officier de VOwen Glettdo^ 
Ver, dans une lettre parvenue en Angleterre, lyaprès eetcte kl- 
ire, rinfortnné voyageur se trouvant dans une petite ville » à 
quelque distance des çôfesde Bénin et appelée Gato^ a été atta- 
qué d'une dyssenten'e à laquelle il a succombé te 3 décembre 
dernier. Nous attendrons des détails plus circonstanciés pom les 
communiquer «nos lec leurs dans une notice que nous nous pro- 
posons de consacrer à la mémoire de l'un des voyageurs les plus 
entreprenans et les plus beureux en découvertes , qui aient ex- 
ploré l'Egypte* 

Belzoni , au moment où la mort Fa surpris , était sur la ronte 
de Raortissa et de Timboctou. Le roi de Bénin lui avait donné sur 
la route qui conduit k la première de ces deux villes , les indi- 
cations suivante^ .: Le, voyage est de 27 jours ^ savoir, 6 jours 
jusqu'à Jabou'y delà à Eyouy 3 jours; de£you à Tdppa^ 9; de 
Tàppà à Nyjffou , 4, et de Nyfftra à Httaassa , 3 , en trav«rBant un 
flenve cbmidérable au-dessus de Tongara, A Tongararaétnc^ il 



4od Mélanges. 

est d'tme rapidité eflrayante, malgré sa largeur. Son cours se 
dirige vers le sud : cfaelques personoes croient que c'est leNigor 
qui se décHarge dans les baies de Beapor et de Bénin . par sept 
emboodmres , appelées ^e/i</i , dos EsdavQS^ 4os Âamosi Bonnjj 
Nouveau Calabar^ Vieux Calabar et Rio del 'Rey. D'autres pen- 
sent que le Congo > n'est autre que le Niger, et que le grand fleuve 
dont il est ici question est une rivière différente du Niger. 

A. D. V. 

5 1 1. Utrecht. — Sujets de prix proposés pour le i**". octobre 
i8a4. — Société des sciences et arts, — i^. Comme les grands 
services que les Pays-Bas ont rendu à la géographie , surtout re- 
lativement à la navigation , n'ont jamais été présentés dans leur 
vrai jour , la Société désire un jugement raisonné des cartes ma^ 
rines et terrestres qui ont été publiées par les Hollandais avant 
i65o. 

7?. Dans les cartes géographiques publiées en Angleterre ^ eh 
France et ailleurs , relativement à l'Amérique , les Terres -Aus- 
trales , l'Inde et les contrées polaires , on voit disparaître de plus 
en plus les noms de côte^, mers, baies, rivières, caps> lies, villes, 
forts et colonies , qui ont été donnés à ces localités par les Hol- 
landais dans leurs premières expéditions pour ces pays. £n con- 
séquence la Société demande un mémoire dans lequel on expose 
les découvertes des Hollandais, en indiquant les voyageurs et na- 
vigateurs qui ont donné les divers noms , et en renvoyant aux 
relations de voyages où l'on peut trouver de plus amples dé- 
tails. Autant que possible , on joindra au mémoire des cartes où 
les noms anciens soient rétablis. ( uéllg, konst en letter bode , 
sept. iSaS. ) 

ERRATA pour leN^, I^du Bulletin, Jvril i8a4. 

Quelques erreurs de chiiTces se sont glissées p. a56 , dans le tablean 
statistique de la Russie. Le lecteur est prié de les rectifier ains^ qu'il suit : 

Au total partiel, 2* colonne, au lieu de 33y8ao,ooo, \iset : 4(7^00,000. 

Report : 4'. col. Au lieu de 33)8ao,ooo, lisez d^méme, 41-1^00,000. 

Total partiel, au pied de la a*, colonne, au lieu de /^ifi^SfOoo, lisez : 
4^,328,000 , et le même nombre au report de la 4^* colon-oe. 
■ Total ge'neral , au pied de cette colonne , au lieu de 4S)^4^>ooo , 
lisez : 45,54o,3oo. ' 



PAPIS. ~ IMPRIMERIE DE FAIN, RUE RACINE, IT. 4, 



» 



PLACE DEL ODEON. 



BULLETIN 

■ 

DES SCIENCES GÉOGRAPHIQUES, 

ÉCONOMIE PUBLIQUE ; VOYAGES. 



GÉOG RAPHIE et STATISTIQilE. 

5ia. A GEOGBAPHiGAi. DIGTXOVA&T 9 OF Uniyersal Gszetteer . Dîo« 
tîonnaire universel de la géographie anciemie et moderne ; 
par J. £. W0&GE6TEE. a vol. de 972 et 96a p. , a^. édit. 
Boston; i8aS. 

Cest le premier dictionnaire géographique important qui pa-s 
raisse aux États-Unis d'Amérique. Pour cette partie du monde^ 
les articles du dictionnaire de AL Worcester sont bons à consul^ 
ter. Pour le reste , il a profité de YEdmbm^h gazeftteer, du die-^ 
tîonnaire de Hassel, publié en x 8 x 6, de la Géographie de la France^ 
par Mentelie , y, édit. , ainsi que d'un grand nombre de topogra-» 
phies et de voyages. Il a ajouté des tableaux statistiques , des ta-» 
blés ée mortalité, de poids et mesures^ de lignes isotl^ermes, etc. 

5t3. VoXXSTÂNOIGEsHAirDBUCH DER NEUESTEN EEDBESCHRElBUirG. 

Nouveau manuel de géographie ; par A. C. Gaspari, G. Hassel, 
J. G. F. Cahuabich , etc. 16*. volume delà collection , i®*'. vol. 
de la Z\ partie , contenant une introduction à la description 
du continent américain et de l'Amérique septentrionale , avec 
la description des terres polaires boréales et des possessions 
anglaises , russes et françaises dans le nord de ce continent. 
Rédigé par G. Hassel. In-8. de 6o4'XrV. p. Weimar; 1822. 
impr. de l'Inst. géogr. 

I?ons ffvoi^^ inséré , au n*. 4 àa Bulletin ( avril dernier p. 1 6 i), 
une annonce détaillée du 17*. volume de ce recueil géographi-' 
que, empruntée àia Revue encyclopédique. N'ayant eu les deux 
volumes que très-récemment à notre disposition , nous nous bor- 
nons à signaler aujourd'hui la publication et le- contenu du 16"- 
indiqué par le titre. La réputation de l'auteur , comme géographe 
etcomme statisticien, est faite depuis long- temps. Elle garantit que 
F. Tome I. t^^ 



4oa Géographie 

Von troQTera dans son livre éradidoni clafté et exactitude. Tmé 
Tordre qu'il a adopté ïrintrodacdon, comme la description de 
chaque contrée, sont précédées de l'indication des sources 
ou il a puisé ; suivent s i®. remarques sur la découverte ,> le 
nom f la position des lieux et l'étendue du territoire ; a**, l'aspect 
physique, sous les rapports du climat, de la superficie du sol, 
des montagnes, 4e4 eaux 9 des productions naturelles; 3^. ce qui 
concerne les habitans, considérés d'après la population , les lieux 
qu'ils habitent, leur origine, leur religion, leur état social et leur 
division en classes ; 4^* ^*éiaLt de l'agriculture , de l'industrie et du 
commerce ; 5^. la situation sociale sons le rapport du progrès des 
connaissances et des lumières ; 6®. les divisions du pays. M. Hassel 
partage F Amérique en 5 grandes divisions : i°. les terres polaires 
boréales, savoir le Spitzberg , le Groenland, les contrées du 
Bord-ouest, la terre de Baffin ; ao. l'Amérique septentrionale; 
3o, les Indes occidentales ; 4^- l'Amérique méridionale ; 5^. les 
terres polaires australes, qui se composent delà terre de Feu et 
delà terre des États , de la Géorgie méridionale, du pays de Sand- 
vrich et du Nouveau-Shetland. Lorsqu'il a publié ce volume, M. Has- 
sel n'avait connaissance ni des relations du voyage de Franklin et 
de la deuxième expédition du cap. Parry,nides résultats des ten- 
tatives desKusses pour des découvertes au nord>-ouest. A. D. Y. 

5x4. £nt>K.uNOE rua nxN Unterright. Zweit. Theil ; Lândeiv-nnd 
y ôlkerkilnde, Zweite Abtheil. Africa , etc. Géographie élémen- 
taire, deuxième partie; notions* sur les pays et les peuples, 
a^. division. L'Afrique, l'Amérique et la Polynésie, avec un 
aperçu général des progrès en population des diverses races 
d'hommes sur le globe, une table des matières , un vocabulaire 

* des noms de lieux,, etc., mentionnés dans les a divisions,, et 
une carte indicative des races qui occupent les diverses contrées 

' de la terre; par M. F. A. d'ErzEL, officier d'état-major en 
Crusse, etc. In-8. de 260 p. Berlin ; 1822; Diimmler» 

La première division de cette deuxième partie embrassait la 
cosmographie et la géographie physique élémentaires du globe , 
ensuite, et pour ainsi dire, la géographie morale, c'est-à-dire la 
répartition des peuples sur la terre , d'après les races primitives , 
leaétablisscmens qu elles ont formés , les langues , les religions, etc. 
Les divers peuples de l'Europe y étaient classés d'après les lan- 
gues-mcrcs. L'Asie y était divisée d'abord par contrées, enaiite 



et Statistique. 4^^ 

pit lés peuplés qfai Thabittot , classés eux-mêmes d'après lès races 
el les iangaes primitives. 

Le même système a présidé aa plau de la 3^. partie , 3^. divi* 
sion, que nous annonçons. Elle contient la description sommaire 
de l'Afrique, de l'Amérique et de la Polynésie. Dans son aperçu 
l^néral sur les races primitives du genre humain , l'auteur en 
compte cinq î la raCe Caucasietme ; la Mongole, Ift Malayc, la 
I9^ègre et l'Américaine. En adoptant ces dirbions, M. d'Etzel 
n'a pas eu seulement en vue les différences corporelles qui nais- 
sent de la conformation; lia eu encore , et surtout, égard à celles 
qui doivent leur origine aux facultés intellectuelles. Cest aussi 
d'après ces' observations sur le physique et le moral des peuples 
qu'il caractérise les races mélanjg;ées. L'idée d'une carte indicative 
des pays, suivant les races qui les occupent, est ingénieuse.* Oétte 
carte est exécutée avec nPétteié. Le résultat est que les habitans du 
globe se divisent en 6 tftces pui'es) et en 8 races mélangées. A. D. Y. 

5i 5. DiB EiinK,uif UB im Verhâltniss zur Natur und zur Geschichte 
des Menschen , etc. La connaissance du globe , dans ses rap- 

. ports avec la nature et l'histoire de l'homme; ou Géographie 
Uniyers^le comparée , comme base certaine des études et de 

. l'instruction dans les sciences physiques et historiques; par le 
D^ C. RiTTBB , professeur à l'université et a l'école royale mi- 
litaire de Berlin, etci; i'^. partie> z«^ vol. covXtxmfiXX j(/rique 4 , 
9«. édition considérablement augmentée et perfectionnée ; 
in-8^.; 1084 p.» y <îompris une table alphab. des noms tt des 

t matières; Berlin; 182a; Reimer< 

Le succès qu^a obtenu en Allemagne cette géographie est suf- 
. fisamment constaté par la seconde édition dont tious annonçons 
le i^'^. volume. Ce grand travail a déjà concilié au savant auteur, 
le suffrage de l'un de nos plus célèbres géographes , M. Malte- 
liriin, qui, dans les Nouvelles Annales des voyages ^ atteste 
l'excellence du livre de M. Ritter(i). Le titre de l'ouvrage, et 
mieux encore l'introduction, font connaître l'étendue du plan 
qu'il a embrassé. Cest dans ses relations avec la physîqaé et 
l'histoire naturelle du globe , ainsi qu'avec celle du plus noble 
dé ses habitans , qu*il a envisagé la description dé'la terre. C'est 
donc , comme ilTannonce, une géographie comparée qu'il a eq- 

■■■ M ■ iii^i ■ ,1 iii ■ iiwi^^ m^mmm^mm 

(i) Tov. le no. de janvier dernier , tom. ai , p. 1 15. , 



4o4 . Géographie 

trepiise. Il a voulu que le tableaa.de notre monde si^blunairey 
tel qu'il l'a conçu , servit de base et de document primitif pour 
l'étude des sciences pbysiques et historiques. Son IWre^ comme 
un grand nombre d'ouVrages allemands, est donc en même temp$ 
une géographie systématique et transcendante^ pour me servir de 
l'expression par laquelle on désigne d'ordinaire , au delà du Rhin, 
la philosophie d'une science quelconque , et une géographie 
usuelle ou empirique , terme usité en Allemagne pour indiquer 
un traité rédigé d'après les idées commune»! et circonscrit dans le^ 
cercle des faits dont une science isolée s'occupe. 

L'importance et l'étendue de la partie que nous avons sous ,le& 
yeux ne nous permettent, pour le moment, d'en donner qu'upe 
idée impar&ite. Nous nous efforcerons du moins de faire com- 
prendre le plan de l'auteur, sauf à en signaler l'exécution d'une 
manière plus e^iacte'et plus détaillée daas un article subséquent*. 
M. Ritter ayant considéré la description du globe comme un 
moyen d'en étudier la physique, et en définitif, l'histoire du genre 
humain , auquel tout aboutit , a recherché d'abord lés traits ca-^ 
ractéristiques et £xes de la structure de la terre , ou plutôt ses 
formes primitives et fondamentales. Il a saisi dans les rapports de 
notre globe avec le soleil , ce grand mobile de toute là vie ter- 
restre , ceux qui offraient les caractères les plus frappàns de sta- 
bilité et de. durée. Cest dfins l'Afrique , et spécialement dans le 
Soudan qu'il les a trouvés : c'est cette partie du monde que l'alstre 
du jour éclaire et échauffe avec le plus de régularité et d'unifor- 
mité. C'est celle qui, plus séparée du reste de la terre , et conser- 
vant le mieux ses formes primitives, se présente au milieu du 
globe, comme un individu dont la connaissance peut conduire à 
celle du tout. C'est aussi celle qui offre plus particulièrement ^ 
et avec le moins d'altération dans les races humaines, les traits 
originaires , à côté de l'empreinte imprimée par quelques progrès r 
dans les arts de la société. Ce point de vue a engagé M. Ritter à 
commencer l'histoire descriptive du globe, par l'Airique, et à en 
suivre le développement naturel dans l'Asie orientale et cen> 
traie, ensuite dans l'Asie occidentale et en Europe, puis enfin 
d^ns les contrées du Nouveau*Monde. Cest suivant lui dans cet 
ordre physique et progressif, de l'équateur aux pôles, d'Orient 
en Occident, que se sont formés et étendus par degrés le sol et 
la température, les races végétales et animales, les langues, la 
poésie , les religions et la philosophie. Les continens comme les 



et Statistique. 4o5 

peuples orientaux et occidentaux sont les uns à l'égard des au- 
tres en opposition constante : les uns restent fidèles aux formes 
primitives ; les autres voient se rarfer sans cesse celles de leur 
existence, et tendent toujours vers un avenir plein d'espérances. 
L'uniformité, sous tous les rapports, est donc le caractère dis* 
tinctif de TAfrigne; les phénomènes, les saisons, la nature physi- 
que et morale y sont sans vicissitudes et sans variété. Cette partie 
du monde semble vouée à un repos éternel. On dirait que les 
peuples du Soudan surtout, tranquilles possesseur» d'un ciel dont 
ks feux verticaux du soleil entretiennent constamment la séré- 
ùité f sont attachés au présent par des liens indissolubles. Au- 
cune tradition vénérable de l'antiquité ne l'embeUit : aucun souci 
de l'avenir ne le trouble ; aucune espérance ne les transporte sur 
les ailes de l'imltgination dans le vaste champ de l'infini. Les cou* 
trées polaires semblent au contraire le domaine d'une nuit éter- 
nelle , et les régions du Nouveau-Monde , celui de FOcéan et des 
eaux. L'auteur> en suivant cette marche qui lut a paru tracée par 
la nature , a voulu procéder du simple au composé, partant de ce 
^ui porle le cachet de l'uniformité pour arriver à ce qui alterne 
et varie. 

Ainsi la i*"^. partie de l'ouvrage traite des formes fondamen- 
tales et fixes , ou de la division naturelle du globe. Les régions 
élevées , isolées au milieu de chaque continent comme un débris 
du monde primitif, forment d'immenses plateaux qui impriment 
au tout un caractère particulier. Les fleuves, les principales masses 
d'eaux qui en découlent, peuvent être assimilés à de grands degrés 
intermédiaires, qui, au moyen des cataractes, des torrens et des 
canaux, nous font descendre dans les plaines, qui, à leur tour^ 
servent de degrés intermédiaires entre les hauteurs de la terre et 
Tocéan. Tandis que par des chaînes et des groupes de monts et 
dé collines, cfllés dépendent des sommités du plateau continen- 
tal, parles marais, les bancs de sable et les groupes d'iles rap- 
prochées de la terre , elles semblent faire partie du domaine de 
la mer. Telles sont les trois formes principales dont les combi- 
naisons , dans leurs dimensions horizontales et perpendiculaires 
et d'après leurs propriétés caractéristiques , peuvent présenter 
au mieux les traits essentiels d'une partie du globe, et les gratids 
élémens de sa division. 

Dans la 2^. partie, l'auteur considère le globe sous ses for- 
mes mobiles^ et pour ainsi dire fluides^ Tair^ Teau et le calo* 



4o6 Géographie 

rîque ou le feu. Cette partie a donc pour objet rinâuence et 
ractîon des élémena sur ia surfjice et dans rintérieur du globe. 
Les eHets de cette action sont le lien qui unit les profondeurs 
de la terre avec sa superficie; celle-ci avec les hauteurs dû ciel; 
le sud avec le nord; l'orient avec Toccident, et leur médiation 
rapproche les sociétés humaines, que des divisions naturelles 
/Semblaient séparer. L'expansion ^ la con^pression, la grayitatiopj 
çont les lois qui régissent cette action. 

Pans la 3*^. partie, M. Ritter continue sa géographie univer-r 
selle comparée, sous le rapport des trois règnes de la nature) 
considérés d'après les traits principaux et essentiels qui en ca- 
ractérisent les productions innombrables, et en tant que leur 
infl^eiice s'exerce sur l'ensemble de la surface terrestre. Dans 
cette partie de la géographie physique, les productions des 
trois règnes classées par familles, dans leur ordre naturel, re^ 
présentent les localités distincte^ du globe. Leurs répartitions 
géographiques servent à éclaircir les notions sur les zones, les 
climats , les ressources alimenjtaires , les moyens d'accroissemeqs 
pour 1^ population , l'histoire de l'industrie et des progrès du 
genre humain, auquel tout aboutit, comme au centre commuai 
comme au chef-d*œuvre. de la création, dont les intérêts raiac- 
peut toutes les parties h, l'unité. Il serait i;npossible, nous le ré- 
pétons, de donner une idée cçtmplétement exacte du plan del'au-, 
teur, sans, traduire entièrement son introduction, qui n'en est 
qu'une an^ly^e très-serrée. Heureux si nous avons pu en laisser 
entrevoir \t^ conceptions primordiales^ et. la méthode; dans ce 
cas, nos lecteurs reconnaîtront q\i*il ne s'agit 4e. rien moins que 
d'uft Système i4nwersely ou d'une vaste introduction à f histoire 
générale de la uature et du genre humain, dont (a géogr^plûe est 
à la fois la base et le moyen d'exécutioxi. 

Tâchons maintenant de donner aussi très-son^mairement nue 
idée d^ la manière dpnt M. Ritter applique à sa Géographie 
usuelle les principes et If n^éthode de sa Géographie phîîoso' 
phique Qu transcendance. Voyons comment il procède à la des- 
cription de l'Afrique, d'après.sa doctrine. -.Son système descrip- 
tif j comme o|i a pu le remarquer, est cdljai que l'on désigne 
par la dénomination de Système des terrasses. Cette partie da 
monde, en effet, ainsi que l'a fait observer M. Malte-JBmn, 
p. 4^5 et suiv«, tom. /| de son Frecis ele Géographie universelle % 
pçut ^tre considérée connue un« sui^e de terrasses ou d^ pi*"» 



et Statistique. 4^7 

leiiix'fle dirigeant dn snd au nord, à partir des edtes , le long 
desquelles elles se prolongent, depuis le cap de Bonne-Espérance 
jusqu'à Téquateur, et jasque Ters les 5^. et lo^. degrés de lati- 
tude septentrionale 9 ainsi que jusqu'aux fleuves du Joliba et du 
Sénégal, entre les lo^ et ii«. d^rés, même latitude; ces terrains 
élevés forment très-probablement l'ensemble le plus compact 
des plateaux du globe qui vont s'abaissant jusqu'aux terres in- 
férieures en contre-terrasses régulières , d'un c6té vers les côtes 
orientales de l'océan Indien , et de l'autre vers les côtes occi- 
dentales de la mer Éthiopienne et de l'océan Atlantique mé • 
ridional. 

Après des remarques générales dont le but est d'éclaircir en- 
core sa méthode et sa manière d'envisager la charpente du globe « 
M. Aitter l'applique a la division et à la description de l'Afrique, 
La première division comprend l'ensemble des montagnes ou 
la Haute- Afrique. — x'*. Section. Chaîne méridionale de la 
Haute- Afrique. — i*'. chapitre. Terrasse supérieure ou plateau 
de la rivière Orange. Plateau des Betjouanas , des Koi^inas et des 
Bojesmans. -— a", chap. 2«. terrasse. Les Karros. — • 3*. chap. 
3®. terrasse. Les côtes. Bjiies et promontoires. Aperçu géognos- 
tique et hydrographique. Banc des Aiguilles. Colonie du Cap* 
Son état ax:tnel. — a*, section. Chaîne orientale de la Haute- 
Afrique. Les deux chapitres de cette section décrivent en des- 
cendant par degrés les côtes de la Gafrerie, le plateau des Bo- 
jesmans, etc., les côtes de Sofala et de Mozambique, etc., — La 3®. 
section comprend la chaîne septentrionale de la Haute-Afrique p 
en remontant vers rOrienl. Les quatre chapitres de celte section 
traitent de la i^e, terrasse ou Haute-Éthîopie , de la a*, terrasse, 
on des Alpes de l'Abyssin ie, de la même chaîne , dans l'accep- 
tion la plus étroite, de la pente des Alpes abyssiniennes vers les 
côtes et les plaines du nord de l'Afrique. En marquant Tenchai- 
nement des pentes, soit en montant soit en descendant, j'au- 
teur décrit les contrées qu'elles renferment , et les peuples qui 
les occupent sous les rapports topographiques, historiques et 
statistiques. La description de l'Afrique suit toujours la même 
marche dans cette i". division. La a«. embrasse les terrains qui 
servent de transition entre la Haute et la Basse- Afrique , entre, 
les terrasses et les plaines. C'est le système des bassins, du des 
eaux et de leurs cours, dans les terrains intermédiaires ou de 
hauteur moyenne, qui sert ici de base aux subdivisions, et à h^ 



4o8 GéopxtphU 

marche du géographe « 1 1 parcoure «inkî^et ittytsioppe k «yslème 
des bassin* ou le eours de la rÎYÎè^e Orange , du. Sénégal, au Tfiger 
et du Nilk La 3«, division est consacrée aux ewntrées où domi- 
JXGOl des montagnes isolée» ; tellea q«ele plateau de la Barbarie , 
ou de TAtlas , avec tes dépendances et celui de Barca. La 4*. di- 
-vision comprend les terres basses ou TAfrique-Inférieiire , G*est- 
à-dire le Sahara , ou les mers de sable et le» oasis. 

Peut-être d'après ce trop court aperçu , auquel le temps et 
l'espace nous prescriTcnt âe notis borner, pourra-t-oa se for- 
mer à peu près une idée du plan de M, Rîlter. Nous tâcherons , 
dans un autre aj'ticle , d'indiquer le mode d'exécution et les ré- 
sultats principaux de son travaU (x). A. D: V. 

!ri5. Alvanacbc nu cle&gé ueFraitcs pour l'an i8a4^.conle- 
nant l'état de Téglise de Rome, l'organisation de chacun des 
80 diocèses de France ^.les noms des archevêques et évéques^ 
des vicaires généraux , des chanoines, de» professeurs et direc- 
teurs des séminaires, et demeurés; les succursales, les vicariats; 
la grande aum6ner^e, le clergé de 1^ cour, le chapitre royal 
deSt.-Denis, les congrégations religieuses , les anmèniers des 
régimens , les missions , le clergé des colonies , les établisse- 
mens religieux de la Terre-Sain tè f les facultés de théologie , 
la table chronologique de la législation relative aufc affaires 

' • ^^ llll I ■ 11.. ..Il IMIIII^ K.» Il, Il 11.^1 III.» 

(1) On pourra c<ftnparer avec le système g^'ograpbique de M« Rit- 
ter , quant â la division de la terre et de ses parties y celui qu^a exposé 
Tun de nos savans compatriotes , M. Lacroix f dans son introduc- 
tion ii la géographie (a*. édiÉ. î8îi , a*, partie , ge'ographie , physique, 
p. 193), sur la (ttvision de la siirfece terrestre ôa p<?gioû8 naturelles. 
Suivant la manière dont M. LaCrotx envisage 1« gh)be , la gramde masse 
d'eaçi qu'on appelle TOcean', partage en grandes presqu^tles les terres 
qui s'e'lèvent hors de son sein. Ces terres se divisent d leur tour natu- 
rellement d'après les pentes que suivent les grands cours d^eaujc : ces 
petaïes se dirigent <m vers rOcéan ou vers des mers intérieures, telles 
que la mer Caspienne » se partageant ainsi en peates de i***. et de a*. 
classe , qui sépctrent les divers pays du globe en régicns dont la nature 
a. trace les limites , en les enfermant en quelque sorte dans de» bas- 
sins formés par le cours des principaux fleuves et rivières, et dont la 
description se rattache à celle des chataes de montagnes et des pla- 
teaux d'où les eaux découléht. Telle est l'idée première de la méthode 
géographique qo'on a désign<^e sous le tiom de Systèm-e àes bassins , 
comme celle de U. Rittar peut Tétre par la dénominatidn de Système 
des tervasses'^ d'après les- points de départ des deux siéthadca. 



et SiiUis&.que. 409 

r e^c^i|ifl^flyiûllil6»'c|c.> le CabJaMi synèpliqvd du pérsonnd des 
. 4ip€Â$^>rpl«t de#^ f^uds àfîeeté» 9m âé^nses du elergé poor 
. |'«pui?cûe iJ^%k 9 1^ tMtikXk de la fupevficie^ de la ^ûpulation 
. ideé^dioiGèse», e|c. ; par M/ Ckatili^ik, chev. de la Légion^ 
d'Sonne9i:,,ph^f du,bttte«u des iiffaires eccléskstîques xa iin« 
■^tèi'e.de l'iPt^rieoré ln*ft« de 588 p. y âTCC taMeam. Pam^ 
. i8^4s^uyot. 

, T^pi^ ayons i«iit conii«tl|?e^& t^a3 (voyez le BuUeêin^ to. i > 
n^. $49)1 le plaa et le bal de cet Almapach dont le titre, <\x»t 
Dou» ri^p^rtons eti entier> indique leoontcna ébligéi Mais ikms 
pouvons y puiier des docanens utiles pour la statistique de la 
Francf, quantàllorganisatioa de sa comstitutioa et de son admi7 
nistratiqu e^cclé^iaàtiqaés. Le nombre des ârehetÀchés est de 1 3*^ 
o^ui dfis évécbés de 67« Le diocèse de Paris comprend, 1^. le 
ch^itre i^étliOpoUtaiil^oouiposé de 16 chanoines et de 35-cha- 
noineS'bonQraires; a^. ua séminaire diocésain, dirigé par la cou-» , 
grégpuîon des prêtres de St^Snipice et coaorpréiîaixt )a maison de 
Paris., qiii/epnipte x6o élèyeseï) théologie^ celle dfissy, qtll en 
c<Hnpte iko'i et celle dite Uà Solitude^ au même lien, destinée à^ 
forinerdes directeurs attachés à la congrégation ; V^* un petit sé«' 
mtnaire ea a divisions, l'une au séminaire de St.-Nîcolffs*dti~ ' 
Chardonnet, l'autre à :1a petite communauté des clercs de St.- 
Sulpice^ chaque division compte ia5 élèves; 4^- la^foissès et 
25 succursales dans l'enceînté de la ville; 5^. 3a congrégations 
religieuses de femmes presque toutes consacra à l'éducation des • 
jeunes personnes ; plusieurs se. livrent à rinstraetron des jeunes 
fiUeS; pauvres, a offrent des asiles à de» dames et. demoiselles peu 
foc^iui^esy 4 soi|% conssiorée» aux soins des malades» et a Sfux 
personnçs dfi sexe qui veulent revenir aux bonnet nMeui% ou' 
dont l'innocence est exposée; 6^. une faculté de théologie jcom-' 
posée'de 1 2 membres , dont 8 professeurs ; 7*". une congrégatipn; 
de la mtssion, rétablie |iar ordonnance royale du 3 février 18 16. 
Les fonctions des missionnaires y réparties entre la maison chef- 
lieu et plusieurs éfablissemens en France , consistent à former 
les élèves du sanctuaire , à faire des missions dans tes campagnes, 
à'dooaer des retraites aux eeclésias tiques et suit làlés, à envoyer^ 
desrsl^^ts prêcher TÉvangile dans les pays les plu^ éloignes, 
ete».Uil séminaire des missions étrangères est établi à Paris; il 
envoie, des; sujets en Chine, au Tonquin^, en Cochinchine, à 
Siatn etfà Pondicfaéfy^ Ils s'attachent, dans chacune de ces con- 



4iO Géographie 

trécs, k /ormer un dèrgé com|iosé de naUi^ls du pays. H y a 
dans le Tonquîn occidental i séminaire, a collèges, enYitt>n 80 
prêtres du pays et près de aoo mille chrétiens; à la Cochinchine, 
I séminaire, i collège , enyiron 3o prêtres indigènes et près de 
100 mille chrétiens ; en Chine, dans la province de Se-Tchncn, 
i5 prêtres du pays et environ 60,000 chrétiens ; à Siam, 6 prê- 
tres du pays, le collège des Siamois à Bancok, capitale du royau- 
me , et le collège de Chinois, à Pouio-Pinang , ile du détroit de 
Malacca ; à Pondichéry j i séminaire pour les Indiens, i collège 
pour les colons, 5 prêtres indiens et plus de 5o,ooo chrétiens'; 
I maison de correspondance à Macao. Le nombre des catéchistes, 
élèves des collèges et séminaires et autres oblats , qui sont nour- 
ris et entretenus gratuitement aux frais des missions , est , dans 
toute leur étendue, d'environ 1800. Le Tonquin seul en nourrît 
plus de laoo. 8^. La congrèagtion du St.^sprit, qui fournit des 
snjete pour la desserte des hôpitaux et le» missions; un petit sè^ 
minaire a été établi, en i8i3 , dans la maison chef-lieu. 9^. Une 
maison principale avec noviciat, pour les missions de France, 
fournissant dans quelques diocèse» des prêtres auxiliaires pour 
les missions diocésaines, dans les paroUses dépourvues de pas- 
teurs. En i8a3, les dons et legs faits en fiiveur d'établissemens 
ecclésiastiques, dans les divers diocèses de France , se sont éle- 
vés au nombre de 661 et à une valeur, en capital, de ij9iâ,i6o f. 
L'évaluation des libéralités de même nature» faites de 180a à i8a4 
présente un total d^ i5,3oo,7 « 4 fr- > dont le revenu annuel, dé- 
duction faite des charges et des dons qui ne produisent point 
d'intérêt, est estimé à 5oo,ooo^fr. qui, ré^Mirtis entre 4o5o èta- 
blissemens donataires , donneraient à chacun laofr. de rente, 
en supposant un partage égal. A. D. V. 

517. Vuçs DES CÔTES DE France , daus l'Océan et dans la'' Médi- 
terranée , peintes et gravées par M. L, Ga&neilkt , décrites 
par M. E. Jouy, de TAcad. fraûç. 1'®. et a*, liyr. , a cah. in- 
fol. ; ensemble de 4 feuil. , plus 8 pi. (L'ouvtage aura a5 livr^ 
de chacune la fr.) Paris ; Panckoucke. 

5i8. Descriptioit abs eu virons djb Paris, considérés sous le 
rapport topographique, historique et monumental ; par Alexis 
DowHET , ingénieur géographe , avec une carte et 58 grav, 
( le titre en anonce 6a ) représentant les plans , coupe , èléva^ 
tion des principaux édifices , et les vues pittoresques èf» site« 



et Statistique. 4 ^ ^ 

l€8 plus remarquables, i toI. in-8°. de 468 pag. : prix , 20 fr. 

Paris ; i8a4 ; Treuttel et AVûrtz. 

Les Parisiens , peut-être plus encore que les étrangers , avaient 
besoin qu'on leur présentât dans un cadre convenable un itiné- 
raire descriptif des environs de cette capitale , qu'on les condui-> 
sit, pour ainsi dire par la main, tout autour de cette ville dont 
beaucoup d'entre eux ne sortent jamais. Les étrangers viennent 
à Paris , en général , pour voir , pour observer ; et quoique le 
livre que nous annonçons ait parmi eux des chances de débit 
assuré , il est certain qu'ils savaient tout voir sans lui , et qu'au 
contraire bien des Parisiens y qui n'y songeaient pas, feront les 
ànq promenades de M. Donnet, son livre à la main. Ce sera pour 
eux comme une occasion ; et, généralement parlant, les Parisiens 
ne visitent, ne regardent même les choses curieuses et intéres- 
santes de leur ville que par occasion. Cet ouvrage est indiqué 
dans l'avant • propos comme le complément nécessaire de la 
Description de Paris et de ses édifices^ publiée par MM. Legrand 
et Landon (n vol. gr. in-8^. av. lao pi. et un plan : prix 36 fr. ) 
et l'on y trace l'ordre des courses dont l'itinéraire a été déter^ 
miné sur les meilleures bases. 

La i''^^* de ces courses est dirigée vers le nord. £lle a pour 
but le chÂteau de Compiègne ; on visite , chemin faisant , Saint* 
Pénis et ses tombeaux, la vallée de Montmorency, les bords de 
rûise et Ermenonville. Le château de Yincennes , les rives de la 
Marne sont l'objet de la 2^. promenade dirigée au levant. La 3*. , 
au midi , a pour but le château de Fontainebleau , et ramène le 
voyageur par la route d'Orléans , au pied de la tour de 
Mpntlhéry. 

La 4^-> 90 S.-0., a pour objet principal Versailles , s^n châ* 
teau et celui de Hambouillet, et en revenant $aiat*Cloud. 

Enfin, la 5^ à l'ouest , suit les rives de la Seine jusqu'à Pois- 
sy et Mantes. 

Pans une introduction de la pages, M. Donnet donne ui» 
aperçu rapide , historique, et statistique de Paris. 

Le voyageur est conduit , pendant ces cinq excursions, dans 
tous les lieux qui méritent de fixer son attention sous les rap- 
ports pittoresque , historique , industriel ou monumental, hau- 
teur parait avoir visité tous les lieux qu'il décrit. Tous les sou- 
venirs historiques, tous les faits qui peuvent jeter de l'intérêt 
sur les localités qu'on visite , ou dont on est à proximité , sont 
rappelés d'une manière concise. Les descriptions sont courtes «t 



' 4i2 Géographie 

lient de technique que ce qui est indispensable. Les TUeK/graTées 
par M. Dangeau, sans atteindre la perle<ition des gravures an* 
glaises dans les liVres de ce genre , sont trtis-jqlies. Les planelies- 
géométrales sont très-bien exécutée^ parr M» Cl^enoe , torelii- 
tecte. Enfin ,.cè livre parait atteindre oompiéCettièài le but que 
s'est proposé son aotenr. G. D. 

619. Annuaire ADMiNisTRATiF,judici<iire, ecclésiastique, indus- 
triel et commercial de Seine- et-Oise , an 1824 9 i^*- année ;. i v^ 
in-i2 avec une petite carte. Versailles; Jacob père. 

- Aila snite de notices snceinctes sor le département, cet annuaire 
donne avec exaetilude ions les détails administra tifs ^ ceux qui 
concernent rorganis$tiotn judiciaire çt ecclésiastique de cette 
préfecture; il est terminé par les tableaux des œoyoïa com^' 
roercianx et industriels , et par celui de tous les électeurs. De 
toutes les parties. qui ont reçu de l'aecrcMSsement depuis la 
restauration , la partie industrielle est Oelié qtù a le phis ob- 
lenu de succès; les établîssemens .de . tous génies ont doublé 
pour 'le nombce , et Tapplioation d'une masse de gr«n(nds capi^^ 
taux a permis d'immenses développemens« Cette assertion vraie 
reçoit encore jllus d'exactitude pour lesi départemens qui avoisi- 
nent eelui de la Seine. 

' ' 4st4v4do. iûdividas sont répandus sur Ane suHaaede 270 lieues^ 
carrées, c'esi-^à-*dire que l'on en compte iS7'3 par lieue carrée* 
, L'antioaire de Seinè^-et-Oise dontif lùéthadiquement le tableau 
raisonné des comnàùnes; elles sont au nombre ^de 688; pour 
eibicune d'elles on trouve des renseignemens utiles» , 

Une des causes de prospérité la plus marquée est le système 
d'aecéléralrion et de ri^ularisdtfoti ddns fe service des postes ; la 
célérité des CommùniCaliotiS' feit 'dîs]j>a'rft!trè lès disfeaiices, et îm* 
prim'é au mouvement une f<>rce multiple. C'est «urt<>Wt tdans l'é- 
tablissement desbacs et des ponts qu'on trouve une gi*ande facilité 
pour les irân^ports. Dn. ferait plus encore si on ean tri rsait entre 
chaque serpen^ment de la, rivière pour rendre le communica- 
ftoni 'directe de Pafî&â^ HiiVre^ ce plan repris serait d'une haute 
iniportànide. . . ^ 

Ùà voit sur les prisons et lès (hôpitaux des notions remar'- 
quables'; nous signalerons un fait : la journée de prisonnier est 
de 52 Centimes, celte des hommes daus leshospices estde 65 
centimes, tandis qu'à PuriS elle est de ii5 c. Ne serai t>il pas 
possible dé faii'e pot|r. les hommes âgés, ce qu'on fait pour les 



et Statist iqite . 4 ^ ^ 

enfans, en les disséminant dans des ho^ices des départemens voi- 
sins? Dix mille individqs coûtent par jonr ii,SoQfr., tapdis ^u'à 
5 on 61ienesnne pareille somme fournirait aux besoins de 1700P 
individus. C'est plutôt la masse des consommations qu'il faut 
étendre que de tâcher d'augmenter les revenus. Je vois avec 
une vive satisfaction tout le bien que le pays doit au zèle de la 
société d'agriculture : le précepte est à côté de l'exemple , et les 
progrès dérivent des deux sources. 

Berthevin. 

520. Suite kt fin n^ i^ésuvés statistiques extraits de Tannuaire 
dudépt. delà Sein^-Iiwkei^uiie, pour Ttuiuée 1823 : 3^. etd^r* 
art. ( F. le Bull, , ji^K a et 5,fév.et mai 1824; p. 95 et 334« j 

S V. Travaux publics. 

Les trayAux publics détaillés dans ce chapitre cQmprennent 
lo. Içs entretien et réparation des routes royales et départe-* 
mentales, et les travaux qui s'y rattachent; %\ les entretien et 
réparation des chemins, de hallage > et tous l