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Full text of "Bulletin des sciences historiques, antiquités, philologie"

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BULLETIN 

DES SCIENCES HISTORIQUES, 
ANTIQUITÉS, PHILOLOGIE. 



jbïGoogIc 



LISTE 
DE HH. LES COIiLAJBORATElJRS 

DE LA vn* SECnOTT 

pu BULLETIN UNIVERSEL DES SOENCES 

ET DE L'INDUSTRIE (i). 



Hédaçleart pTÛie^aux : BW. CauiPOLi-ian-FiOKAC et CmàMtoi.-: 

UOH IBUNI. 

Philologie con^iarative ( Ferglekkeiide S^rwihlituide, on Lin- 
goUtU de* Allemands ), et Etbholooie ( FSlkeriuiuie des 
Allemands ). — CoBab. : MM. Agoub, Bianchi, de Chéiy, 
Choppin d'Arnouville , Coquebert de Monibret, Depping , 
Dubois (l'abbé), DufaiB>Montbel|Gaîl,Gan:indeTassy, de 
Golbérj, Grangeret de Lagraoge, Guiguiaut, Hase, Héreau* 
Amédée Jaubert, Langlnis, Letronoe, Heinand, Abelftému-, 
sat, deRoguier, RoeeKinitBaroTiSilTeslredeS.tcj, Stahl. 

Httbolooib. — CoUab.; MH. Choppin d'Arnouville, Depping, 
Dubois (l'abbé), Dugas^Hontbet,' de Golbéry, Gaigniaut, 
Hétral. 

AacHiOLOC», NoMisiUTtqvB. — CoUab. : MH. Bottîn, Coquo- 
quebert de Hontbret, Dubois, de Golbéry, Letronne, Mîon- 
net, Reinaud, Abel Rémuaat, Roiellini, Baiou Silvestrede 
Sacy. 

HisTOima. — CoUab.: MH. B^chel Berr, Berthevb, Bottin, 
Choppîo d'AmouTtlle , Coquebert de Montbret, Dcppiug, 
Dubois(rabbé),Duga3-Montbel,Garcîn de Ifassy, Gence, 
Gley { l'abbé ), de 6<4béry, Hase, Héreau, At Jaubert, Lan- 
glob, Letronne, Hétral, Albert Monténiant, A. Pellat, Reî- 
DBud, AbéI Rémusat, Baron Sîlveslre de Sac^, Stafal. 

[t^ Ce. S««i«il, cooqioti da kuil «aclioua, uiiqaella on pcoa 
«'■bonoir •éptrcmeat , fait «uiie la BiiHelin. général et uniymtl Jtt. 
«wtoncri fL Jii netutllti ttieniifijHci > qni totm» li prcnlin anaia d*. 
^ joDTD*!. Leprixda celle première ■iioc<(iS3 3) <** Je 4° fr.popr ^ eoL. 
în-S*, on 11 niiaiécoi, compoeit de lO fenillei d'impteMioa phnciiB. 

PARIS. — IMPRIMERIE DE FIRMIN DIDO^i, 
tA^v, jAcon, n° 3&. 



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BULLETIN 

DES SCIENCES HISTORIQUES, 

ABTIQDITÉS PHILOIXlGlEi 

•LiDid vtB M. CHAHPOLLION. 



7' SICTIOH DU BUtlETin VmTKKSEi,, 
SOUS LES A.USPICES 

it ^Htmetigutur Ir lilau|)l)m, 
PAR LA SOCIÉTÉ 

ron LA 

noPACATION DES CONNAISSANCES 

SCIENTIFIQUES ET INDCSTBIELI^ES, 
rr sous LA DIEECTIOB 

DE M. LE BARON D£ FËRDSSAC. 
TOME ONZIÈME, 



A PARIS, 

*D BntxD eevvBAi. ds Bolletih , foc àc l'AUttyc, n* 3^ 
Il chw FiRHiN DiDOT, rue Jacob, n' a4, 
^tSratboorget Londret, ches HH. Tkbuttbl «I Wwku. 




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jbïGoogIc 



- BULLETIN 

DES SCIEISGES HISTORIQUES, 

' ANTIQUITÉS. PHILOLOGIE. 

PHIL01X)GIE, ETHNOGRAPHIE ET LINGUISTIQUE. 

t. FiAcmi» zxTBAin des xhhtsciiits dit Vhticait, ■daptva 
aux iSo Psaumes de David ; traduits sur les manuscrits ori- 
ginaux par feu l'abbé de Svklzmokbb , mis en ordre et pu- 
bliés par H. 1- H. M. De ViàHY. i vol. in-S" de plus de 6oa 
P>S^>P"Xt^ '^''■i et 13 h. papier vélin. — Marseille, i8aS; 
Bayoié; et cUez les principaux libraires de Paris et des dé- 



1. Lethes sus les MA^ftjscniTs okiextaux, parlicnlièi'cmcnt 
arabes, qoî se trouvent dans les diverses bibliothèques d'I- 
talie, par M. de Hamneu fSibiioteca italiana; avril i8aG. 
-^Janvier, avril et juillet 1617, — Janvier et mai i8a8. ) 

M. de Haimner, d^à connn par ses nombreux travaux sur 
la liKémlare arabe, persane et turque, pareourant il y a 3 
ans tlialip, s'attacba k eKaminer les manuscrits orientaux exis- 
tant dans les {HÏncîpales villes de cette belle contrée. Un tel 
travail était devenu d'autant plus nécessaire, que la plupart de 
ces manoscrits , par la dtlficnlté de trouver des penonnes en 
état de tes lire, étaient presque restés iucoanns. Ce n'est pas 
que M. de Hammer ait eu l'intcnlioa de faire un catalogue com- 
pleL Le plus souvent il n'avait que quelques jours dont il pbt 
dbpoier.et il se bornait à passer en revue les ouvrages faistori- 
quea, ainsi qne ceux qui lui paraissaient devoir offrir de l'in- 
térêt Ainsi, on ne doit pas' s'attendre à ironfer ici un travail 
raiscmné , ee sont de simples indications qui attendent que 
qndqa'nn, moins pressé, puisse les compléter et les mettre en 
«nvie. 

Le travail de H. Hammer est rédigé en forme de lettres , et 
CCS lettres se pnblieBi soccescivement dans la BiWothètpte Ua- 



jbïGooglc 



n a paru jiuqu'id doq lettres , et «es letint traitent des ma- 
nuscrits ijuise trouvent i" dans ta Bibliothèque .(i^broUienne 
cl daks le palais TriyBiBÎ & Hilan; a" daM ht Biblioth^n» 
royale de Naples; 3° dans la Bibliothèque du Vatican et dans 
les Biblioihèqnes BariMrini , de la Uioerva ^ Albairi «t Italiaslû 
iRonte; la Bibliothèque ItalinsVi, depuis Ja publication de 
celte h^ttre, a passé en Russie, M. ItalIrisU étant tborf.TI t^té 
encore à faire connaUrfe les Bibliothèques de Fl4rence, de Vo- 
nise, etc. Dès que quelques nouvelles lettres auront paru, nous 
sous «npressei'Oiu de les aonoocer. Quant 1 la Bibliottwqoe djt 
Turin , la notice des livre» orientaux qui en Ta*! pattie « d«jà 
Uouv« place dirns te £uAif(Mi;ToQi. VUiO" 448, S- 

3. Pbojct db Cataloocb nu Hircscbits Aa&ad, fSHkira kx 
■rvacs, ne la BiBLiOTsiQUEDr aoi DEfWRCX; paf M. llEiiT*tB, 

M. Reinaud, dans l'introduction à sa Deten'/ttiofi ilôt «otM- 
mens Musulmans du cabinet de M. le due de Btaeas, T. l*', 
parlant des ressources multiplii-es qull a eues à sa disposition, 
s'exprime ainsi : 

> Par une drcoostancc particulière, nous nous sommes trouve 
mieux k portée que personne d'exploiter les trésors de toot 
georeque itnferwtet les manusorits orientaux de la l^bliotbè- 
que du Hoi Chargù par la oonlianc« de H. Abel-Re«t»»it, d«. 
Ua mettre en ordre, noua «(i osa obligé de les examiner «4. li 
un , et cet exanien a été pour noua une occnaioB prts^ne coir- 
tinoeUe d'étendre le cercle de noa himières. 
. ■ Cette entreprise nons occupe depoîs pluiieun anntw, «1 
son utilité ne doit pas être circonserile dans l'encriaCe 4e m' 
royal éiablissnraenl.II en sera fait part au publie sons le titre dn 
Catalagme det MaKtuerùf *mies , pertams et luret de la A*A£p»> 
AèqiM du Roi. E>éjà la Boitié environ de la tiche est oche*^, 
el le reste se poursuit awc activitil'. On ^ira uneifléff ^ V'ym." 
portante de ce travail, qnand on saura que Vaneinn eataloguo ù» 
prÏMéen 1739, fourmille d'ercctiia ; qne d'ailleuvs, depina eattt 
époque , le nombre de* volumes a augmenté èe ph» dn dofUe. 
La collection, telle qu'elle est aujourd'hui, et en 7 cnmpra- 
Dont les divevsea MMjuititiona que noa Koia n'nat oetsé dn bke 
defuûi plusieurs siècles, offm l'ensemble le^oa inyaiiwtqyi 
existe en Europe, ce qui est dir«, dans le monde civilité sjbuai 



jbïGoogIc 



«n préMntn« ua tibleau à U fiMi exact «t pcétii, 
M peut nanquer d'exciter l'intérêt , non-MuleiiKDt des oiie»* 
tdbtn de proEtMion , iihIs de toutes les personnel qui recher» ' 
dintl la vnle icslroctioii. Un tel ouvrage, eoriehi dei prédetiacs 
okamions de H. Silveatre de Sacy el autres savans modcr- 
■n, peut dereair le ccatre eommun de la bibliographie oncK^ 
laie CD Earape. ■ 

4> Sn LU UTKBS I» imoiT ces Hianous. — {Atiat. /ourn.} 
■oât i8aft,pag. iS5.} 
F«i Br. Whjte Eltis avait préparû un travail sur la législa^ 
tÏM indienne. Ces matériaux ont été déposés dans la Biblio- 
Owqne de la Socîélû littéraire de Madras ; le président, M. C. 
E. Grey, en publie une partie qui trailc des livres de droit des 
lidieu. Le sujet est divisé en trois sectioDs : i° des livres de 
imt (B général chez les Indiens j a" des difTércnces qui existent 
ntte les écoles de droit de l'Inde septentrionale et de l'Inde 
■tndkMie; 3° des livres qui jouissent de la plus haute auto- 
nttdmi les écoles du Drâvida ou de l'Inde méridionale. 

Le droit, sous le nom de Dkarma, forme une des 14 bran- 
■^ttdelascifnce chez les Indiens. Elle se compose de 18 tex- 
te ipptUs Smriti et attribués à d'anciens sagps , de gloses ou 
«KDoniaîre* sur ces textes, (Vyâkhyâna), el de digestes ( A'»- 
ioMma-Grantha) formés des textes originaux et des meil- 
Invs commentaires. Ces commentaires et ces digestes sont 
fnt DODibreux. 

Voici les traductions que l'on a faites jusqu'à présent de ces 
ooTnges. i" Traduction par Halhed de la traduction persane 
du Viradhdmavtuéton , sous le titre de code des Gcntous 
[Lmidres 1787^ ; a° traduction par W. Jones des lois de Hc- 
aou; V traduction par H. Colebrooke du digeste de Djagan— 
sltba Tarvapantcbânana (Londres 1801J; 4° traduction par 
le même H. Colebrooke du Dttjdbhâga, ou traité des héritages, 
de P)îmo&ta VAhana , ninsî que de la portion du Fùtjgndnefipa- 
fhùm on M&dkdmrd, qui a rapport au même objet (Calcutta 
1810); 5° traduction par M. "Winch du Ddyâcrama Sangraha 
(CalcDtU 1818 ); 8° traduction du Dnttaia Mtmdiud et du 
0*Maàm Tt&amdnU , par H. Stadierland. 
M. Mil cite quetfjnes^una des dtfféiettces matériellM qtM 



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4 Phihhgiey Ethnogrt^Me, 

l'on remarque dans les lois suivies par les états qaî appaHien- 
nent aux deux grondesdivisions morales de Ilnile, appelées l'ane 
Gôra ou Gdda, l'autre' DrAvira ou Drlvida. Il paraît que la d^ 
raarcation de chacune n'est pas bien déterminée. Après avoir 
tracé une esquisse historique des trob prindpautés tamoules, 
comprises dans la partie méridionale ou Drlvida, et décrit en 
peu de mots les diverses rcvaluiioas qu'a subies la presqu'île, il 
désigne les ouvra^'es de droit qui sont principalement en usage 
dans ces contrées, et donne quelques légers détails sur leurs 
auteurs et les matières qu'ils contiennent. 

5. Classic Selec-moits, etc. — Recneil d'ouvrages classiques per- 
sans, a vol. in-4", contenant: i° Altlaki-Movrsimnee; a" Zo- 
le^khn ; 3" Behar-Danisch ; 4° Divan Sadi ; S° Akhlahi-Jelali; 
6"Lejla elMedjnoun jS" Rookaatee-Jaamee; S'Sobhet-Ala- 
brar; 9" Inscha-Aboul-Fazel ; io"Seluuider Nameh. Bostan, 
en persan , avec commentaires et un dictionnaire in-^". Gu- 
lisOn, Doorool-Mooktar, 3 vol. in-S", d'environ i5oo pages. 
{Cet ouvrage est annoncé par YAiiatic journal sans autre dé- 
iiignation ). 

6. Histoire et Cbitiqde ue l'odvback iHTiTDLi les Hillk 
ET OSE Nuits, {Bermei; Vol. 3o,cah. a, i8a8, p. 157.) 
Cet article, extrêmement savant sous le rapport bibliogra- 
phique , a pour but de déterminer quelle a pu être l'origine de 
ces contes connus sous le ncim de 1061 nuits, et de passer en 
revue toutes les éditions et traductions qui en ont été publiées. 
Sans rien dire de précis sur le i" objet, l'auteur rappelle quel 
a été de tout temps le penchantdcs Orientaux pour les histoi- 
res et les récils , et finit par cette conclusion qui, au reste, n'est 
pas nouvelle, que l'ouvrage des looi nuits n'est qu'un cadre , 
où !1 a été permis de rassembler plus ou moins de conles, sui- 
vant le go&t particulier ou la science de l'aulcor ou de l'édi- 
teur, sans qu'il se crât obligé de s'en [cuir au nombre indique 
par le titre. 

7. Remarques ckitiqdxs sua lk pasinEK tome db L'inmoK 
AKASi! DU MiUe oL une Nuits de H. Hamcht; par H. Flki»- 
CKF.B, {Journal Afiaiique ; oct. 1837, p. 217 et auiv.j 
Depuis quelque temps le goAi se porte plus que jamais vers 

ks contes Orientaux. Cest surtout la partie traduite de l'Anbe . 
par Gallao^ qui attire le public. Cette espèce d'eothonsiasiiie 



Philologie, Ethnographie S 

a donaé ridée de publier le texte arabe. Déjl les deux cOit ]ire- 
miètcs Boib avaient paru à Calcutta, en deux volumes inSf. 
II se publie mainleDant à Breslau une édition complète de for- 
mat ut-mi cette édition doit avoir dix volumes, dont il en a 
para trois. L'aotear est H. Babicht. II annonce avoir fait usage 
A'm BUDDMnit apporté d'Afrique, plus complet que tous ceux 
qai étaient conaos jusqu'ici. Malheureusement, M. Habicht, 
Jotsqu'il a coDMBencé son édition, était peu au fait de l'écriture 
des luuuscriti. Du moins son premier volume fourmille de 
ùhèUs, et ce n'est qu'en avançant qu'il a commencé i donner 
■B texte plus correct. M. Fleiacber voulant aç rendre utile aux 
poioanes <pii tiraient le premier volume , a relevé les varianres 
ixiUKayaaaii^Aa Miiie et une Nuits , qui ne trouvent ù Paris; 
il 7 a joint ses propres observations. Ainsi , l'on pourra désor- 
■M bire cette lecture avec tout le fmit désirable. 

8. bcEtiT AucToais Lissa na KapccniTioifr HaurHiDis bt 
iuuNDHic , viilgo adscriptiis Abou-AbdallK-Mutianimedi 
Uwri Glio Wakidaeo Medioensi. Textuin Arabicmn ex 
Codice Bibliothecie L. B. descripsit, plurimisque viiiis pur- 
itain cdîdit et annolationem adjccit H. A. HiHuxEa, Lei~ 
JnsmH. G. in-S", xvi i5o et aao pp.; pr. 7 thaï. 16 gr. 
lààt, iftaS; \MQ\kUaxia.{Jtlgem. Rtpertonitm,A€ Beck; 
'Bijin"», p. 108.) 

LcBBQtwcrit arabe, petit iik4'' de aig pp., écrit vers l'an 
14^, M trouve dans la bibliothèque de l'université de Leide. 
L'taituie en est très^lisible , mais remplie de fautes. D'après 
fapiaioa générale des Arabes, c'est Abu-Abdallah-Mohammed- 
ll>*Onitr-Ibn-WaLeda|.Wakcdi de Hcdine , qui en est l'auteur. 
ScImi eux, cet auteur naquit en 747 de notre ère, et mourut 
a> S1I. Il prcÂdait un tribunal sous les califes Haroun AIraschid 
(t Ataumotiti. On lui attribue un grand nombre d'autres écrits 
iif les guerres qui ont été soutenues contre lc« Grecs et les 
P^mos après la mort de Mabomct , entre autres la conquête 
^ la Syrie , dont plusieurs manuscrits se trouvent dans di^é- 
tcMe* bibliotbèquet , et que Ockley a principalement consultés 
^*M lOB Histoire des Sarrasins. Ou trouve dans ces manuscrits 
>KcdtiqHe qui n'est pas relative au texte; cependant, d'après 
'opinm la ph^ géné-ale , on ^ reconnait le raêine auteur Al- 



•6 PhUoIogie, Ethnographie. 

Wakid, à qui on attribue également ta rela^on de la oonqndle 
de l'itgTpte. M. Hamakcr soutient an contraire que Al-Wddd 
n'est pas l'auteur de ces manuscrits , TU qne leur auteur se fonde 
BOuvent sur l'autorité de Jnnis-Ibn-Abdal-Ala , écrivain pos- 
térieur ft Al-Wakid. n produit en outre d'autres preutes qv 
constatent que ces écrits ne peuvent dater d'uile époque ant^ 
rieure à la fin du it* siècle, et qu'ils ne peuTentéire non plus 
d'une époque postérieure eu tft'ivu que le mannscrit de Saint- 
Pétersbourg a été écrit en 1371. Il présume que c'est versM 
temps-là que le même anlenr a composé l'histoire de la oon~ 
quête tle l'Irak, onvra^jc o{i l'on trouve l'histoire complète de 
la guerre des Perses, jusqu'à la mon de Jasdeschir , et qu'on 
attribpe également h Al-Wakîd , ainsi qu'un grand n«iDbt« d'aR- 
tres ouvrages arabes , sortis de la plume de différens écnvainSf 
tels que la prise de la ritle de Bahiies , la conquête de l'ATriqua, 
l'histoire du persan Sciman , etc. M, Hamaker prétend q«e 
l'histoire de la prise de Bahnes, ou phitùt la conquête de la 
Haute-Egypte , qui se trouve dans un grand nombre de ma- 
nuscrits, est tout-fi-fait fabuleuse, attendu que le plagiaire suit 
presque exactement la description de la conquête de la Syrie, 
BU point qu'il en reproduit souvent des passages entiers. Tnus 
autres manuscrits que M. H. a eu l'occasion de voir , et qui ont 
pour objet la conquête de l'Afrique, sont de même faussement 
attribués à Al-Wakid. Ayant l'inteolion de s'étendre sur tous 
ces écrits dans un traité détaillé relatif à l'auteur arabe et à 
ses ouvrages , il exprime le désîr d'apprendre des bibliothd- 
caires ou des savans qui s'occupent de la littératui^ arabe ^^ll 
existe encore des écrits attribués k Al-Wakid, afin de rendre 
son traité aussi complet et aussi exact que possible. L. 0. L>. 

9. FajnEB. MunTEM Notitia codicis ohcci Evanoeuum JotK- 

Ris variatum eontinentU. Va-'i" de 36 pp. ; prix , 8 {;r. 

Havni», 1818; Schubothe. (i^i'i/.^ 1828, vol. u, cah. a, p. 

■ 36.) 

Il y eut dans l'antiquité chrétienne denx évangiles altrâ^i 
celui des Hébreux et celui de Marciao , le premier ayant m 
pour origine celui de S. Mathieu , et l'autre celui de S. lioe. U 
y enl de même im S. Marc complet. Le loanutcrit qoa M. Mn*- 
let nous fait connaître , est égateorail un tfvsngilv aMré , M 



J^U^agie^ EthiwgrapM&. if 

l|af a «fa pcwr oH^e «ehn de S. Jmd. 11 k ttaan diw 1» m^ 
cbives di la Sotiété du Temple, à Paris. Il a été comparé pu- tq 
proTesseur Uoblenbeiç avec le texte deS. Jean, et c'est à retlv 
comparaison que H. Mûnter doit les variaDlrs qu'il nous fait 
connatlrc. Ce nanuscril, sur parchemin , est, dit-oa, imc copie 
d'un ancien Codex du Mont Alhos. Il est ccril en lettres d'or par 
n>a main auAm élégante qu'exercée, 11 n'en wantiue ancdne 
feuille; on n'y rencontre que fort peu de fautes, et celles qui 
s'y trouvenl, proviennent ponr la plupart de Tlotncisme. tUt 
JH&nter reporte le OHcx dti Mont Athos, ninai que sa coptej 
an i3* siède. Il re n ferme tous les écrits de S. Jean ; l'évangile i 
les épîtres et l'apocalypse. Cette copie offre peu de variâmes , 
mais plusieurs omissions, des additions, et l'évangile est divisé 
en ig tbapiires. Les variantes de ces manuscrits n« sauraient 
trotiver leur origine dans les évangiles des Gnosiîques ou Ati 
ftnlieiens, (qui font l'objet d'une disscrlatiun inaugurale que 
M. le D' Schnridt publia à Copenhague en 1 8a6 ) ; il coïncide 
din pluàcnrt i«terprdMtîons (non pas avec le texte intérieur'} 
avec les masMcn» Bjrsantins, T.e Icxie est ann-seulement tiré 
du manuscrit complet de S. Jean l'évang^lislfl, mais aussi des lec- 
âoHtmta, et pliHwnirt passages porbent l'empreinte de l'Orient 
at Al mvje» ^e. On y reorodlrO aussi fréquemment des lati- 
Binaea, «I I4 venet XV, aS, etprine le dogoM latia de t'vfaa- 
Mlion du St>Etprit. La divifiiou des cbapitres sV-cartd de celle 
de* Grecs nodanies. Os y trative lUtêi de» phtngeineos qui d»- 
Uat d'uw époque postérieure, et que l'on ne trouve dans au- 
wam Mttre Codex de tj. Jtean l'éviMgéliate , ckangnneraens qui., 
C^Moduit, n'cat «té bits ed ftveur il'aUcuDe secte. Les ao' et 
ai' chapitres nanqucnli 

10. IxiTi* rHiLosoPBK rLATOKiu, auctorc P. G. v*n Hbvsdb. 
Para prior. In-8», de aoi pp. Utrccht, i8a7; Allheet. ( Got- 
lùig.geL ^nzeig.: nov. 1817, n" »3« et 179, p. 1769.) 

l'^utiwi, nnau par son Sptcimem mlknm iu Ptatofitm, â 
Ut «vétade ipésialc de la philosophie platonique. Bn puUiaitt 
pMm«i^ ^oe MNis «anonçoM , il ne se proposait pas i'a(£tw 
■M iminiitii ^alématiqae de celte philosophie , ni d'esamkv 
b asMMéa «M dMMÎMSi ads hi«a d'enfaiM MBWrtir «Mit ae 

D.nt.zMbïG0Oglc 



9 PMMagiêf EthaogràfAk. 

tpà est {unpre à doann- dim idée couvte de l'«s|aît de tt/Um 

phHuophie, L. D. I. 

II. jCscbxlds. Rcceosuit S. Scholefizld. Gr. in-S", de ii et 
436 pp.; pr. 3 ithlr. 1 8gr. Londres, i8a8 ; Rivington. {Jllgem, 
Jleperfor., de Beck; i8i8,vol. I,cah. 6,p. l,ii.) 
Cette édition mcrîle à peine la qualité de critique , et ae pa- 
raît âtre destiuécqu'niis élèves à qui on sa propose d'expliquer 
fschylc. Les tragédies se suiveat probablement dans le niênM 
ordre qu'elles ont élé jonées. M. Scholffield y a ajouté les fng- 
meDS. Nous allons reproduire ce qu'il ditù cet égard pourdo»* 
ncr en même temps un écbaatillon de sa latinité : • Frapn«r>tm 
çuœ infiae t^rù post aliot congé sii, minus sevei r traetavi ; ^uifpe 
qtue e teriplonm ommgatarvm eilalioitibut crattt eneiida, uH 
omnia incerta , ne dkant eomipiciù scateniia , videbanlur. I» 
hac parte operia plurima , qute vel eomxivel non correxi, ertut 
ignoiceaila.* L.D.L. i 

la. AfttSTorsuriE AcaAaHEHSKs. Ex recensione G. Dmtoitnt. 
Gr. in-S**, de xii et to4 pp. ; pr. 1 4 gr. Lefpaig, i9i8; Rci- 
mer. {2bid.; p. /|a4.) 

Bien que M. Difidorf ait sauvent eu .recoure aux interpiAt- 
tions d'Elmstey.cependant il n'a pas' admis tontes ses expltca- 
-tions, ayant corrigé )e texte d'après des matériaux qni loi 
'paraissaient plus convenables , de manière qne l'écrit qu'il offre 
anx savans peut être cotHudéré comme an travail de critiqua 
entièrement neaf. Les éditeurs qui ont servi de guide à M.Din- 
-dorf ont travaillé sur 7 mannscrits, dont les principaux sont 
relui de Ravenne et nn antre de Florence, snr papier, et du 
14* siècle. Les anciennes éditions ne lui ont été presque d^u- 
cunc utilité, attendu que celle d'Aide , dans laquelle les Aehar- 
nentetnesout tirés que d'uu seul manuscrit peu exact, ne dif- 
fère des deiu des Junte, que par les fautes typographiques. Les 
notes placées sous le te\le indiquent les variantes, les change- 
ineiis que l'éditeur a cru devoir faire, les opinions «uJtqoeHei 
la diversité des interprétations a donné lien, et lea gramaù- 
' riens et écrivains qui ont cité et expliqué des passages. L'écrit est 
précédé des mémoires suivaas : â> rai DtaiwlM «ifl ^fifOc 
tutfuàiifrt, et «tfl^sfc^xf^^^p** du mène; 4 neiMHres pues 
SUT la comédie , le mémoire sur les non» et les drames des nt- 



PkUûioffti Sthnagraphié, 9 

letti Ae k comédie «acienDe , et tnr la ilififawiioe oatre t\ 
iUHriEin et éTTia(&n, deux biognpbiei if Arislo^iiie et quel- 
ques qngmHnes. L. D. !.. 
i3. Ita autbirtu DKCLAifATiOHrM GokGi« etc.; porScHosiT- 

BOBS. In-4', de 40 pp. Breslau, i8a6;Knprer. {Ibid:; i8a6, 

Tol. n,cah. 6, p. 44g.) 

Grand aombre de critiques ont considéré comme fausses 
ks Dcclaaiations qu'on a attribuées à Gorgies, et le profes. 
BeUer, dans son édition des orateurs attique», leur assigne la 
dcrmire phce. Des recherches savantes n'avaient pas encore 
Été biles à ce sujet. Gorgias fut, d'après les données des an- 
ciens, le jH'emier qui enseigna la rhétorique. Aide Manuce 
publia le {nvrnier son Encomium Melençg et son jipalogia Ftt~ 
lâmedù, tandis que Fulvio Orsini éleva des doutes sur l'au- 
Aenticilé de cette dernière, et que le profes. Geel défendit 
cdle-à en combattant l'autheniiciié de la première. H. .Schoeo- 
born défend l'une et l'autre. Il faut observer qu'aucun de ces 
savans n'est appuyé dans sa décision par l'autorité d'un écri- 
vain ancien, pas même par quelque granunairieD. Ils citent bien 
d'autres écrits et discours de Gorgias, mais pas les deux en 
question. Le sujet de ces deux disrours est du nombre de ceux 
que Goi^gias avait l'habitude de traiter. I.es manuscrits qui ren- 
ferment ces discours ne sont pas très-anciens et proviennent de 
la nénc source. 
jjf . Panai ^ico-komi, etc. Papyrus grecs et autres monumena 

grecs éa Musée L et B. de Corte; traduits et commeniés par 

GiovAxnP«Tikiarruit,deCorfon,etc.In-4'' dexiiet 76 p., 

avec 3 pi, litbogr. Vienne, 18x6. 

Los nwnnnens grées dont cet owrage contient le texte et 
l'aplicatkm c«maisteot en 3 inscriptions et en 3 papynu. Je 
{tarleni d'abord des inscriptioBS , d<«t l'une n'est d'aucun in- 
térêt, et les deux antres ont été pnbjiées soavent. 
. La i'*,qnî nt répitapbemi 8 vers d'une actrîoe nommée 
.SOfùUa, a été trouvée 11 jiquilée,en i8o5.H. Coray l'a puUiée 
le presùer avec des explications (■); tf. F. Jacoha l'a publiée 
de iKMiveaft dans les Litterarùeht J/tatecleii de W(^ (>)> et en- 
' (OBmsi^Mmutw, ToMlT, p*|.Ui. 

(») Teaal, f.-|«4<io7. 



jbïGoogle 



n> PmiegûfSlhmsrapiié. N* i4 

oontlM Ana^nsfesKotfls éeiatbMÙkan éNdan 4e ion A»^ 
l)M>lQgi« (i). C«fl dem kabiln eritiqaei'adt levé «i «ignalé loa- 
tes les difScDltCB} tt H. Petretlini, en Tnètiant.i jwoftt Iran ol^ 
servatio&i , me paraît o'y avoir ajouté rien d'istéresunt. 

La seconde inscription est chrétienne et absolument sans in- 
t^t. puisqu'elle ne contient que le noin. d'un enfanlt &vec 
l'indication de la durée de sa vie, et la formule h lipniy.- 

1^3' est la dédicace <Ttt raiPtalènt^tiieuSupalor, rapporté^ 
4e Chjpre et publia par M. le burou de Hammer, el deptùs 
bien souvent citée. 

On peut donc avancer, satrs crainte de se tromper bcauroup, 
que cette partie de l'ouvrage de M. Petrettîni n'ajoulcra rien à 
nos connaissances. Nous n'en dirons pas autuit de l'autre par^ 
tîe , qui se compose du texte et de l'explication de trois pa- 
pyrus. 

On ignore absolument les circonslanccs de la découverte de 
CCS 3 moniimens; ou ne saurait même pas en quel lieu de fË- 
gypte ils ont été trouvés, si leur contenu ne nous apprenait 
qu'ils proviennent de Memphîsou des environs, et non de Hiè- 
bes, comme la plupart de ceux qu'on a rapportés jusqu'ici. 
' Le sujet du premier est neuf, mais Ai peu d'intérêt. Ccst 
nnc supplique adress^-e !t Sérapis et aux dieux qui siègent avec 
lui (xai tiol, !,\ pTii TBÛ ZrptLRiec xaï^jiiiiii] par Arlémisia , Glle de 
DamasTS, qui les prie de rendre efficaces les imprécations qu'elle 
fait contre son père. Le papyrus est écrit en lettres majuscules 
fort distiactes ; mais il y a des lacunes unabtmuM n nmoM 
fort grandei. La lectnrs qn« H. Petretlini a faite an parties 
qnirestcnt.n'estpaalotQDursexaeta^ettoaatitKtiiM'dei lacu- 
nes m'a semblé quelquefois arbitraire, sArMiit aax^ntn-der-' 
nièpas lignes, d«>tt il ne reste pM leqhan. Les ab a unn How que 
l'huieura pwsmtées à l'af^ni moaitmtdii sawair M da-la la» 
gacité; mais elles m rendent pas plus probables la plupart ém 
restitutions qu'il propose. 

8m ol»ervatian la phts inip<irtaatt eoacenu la date do pa- 
pyrus. L'auteur vroit reconnaître qm le» canctèm soBt fort 
aBcln»;il troore en ontre des itMÙtntw dam le style, et ïcb 
Mnehil que le papyras est «ilMetir k l'époqM de li dnufalt*- 
tion grecque. L'opinioa é» «itui qw «-ouBti» «iM i»Mn^ 
(.)PaB.»7<>.37i. . ' : • 



,tz..i!/Googlc 



Phi/obgiâ^ EtinûgraplUe. «i 

plw aneico en Ëfjrp(« quels règaednploMoiies, «atUHtré- 
mmt fort probabls (i)iiiui> jusqu'ici iU n'ont puciterqucdc* 
iadoctions eu leur ftVHur , car le» faiii |>MÎtîft Inr ont aa^ 
que; et, par exemple, le nom du dieu Sénpiâ nb ^est «nowe 
tronvé que sur des monomeac d'une époque postér)euE«àAJ«X>n- 
dre. Cette opinion svait prouvé* tans retour, Û les obsenr*- 
tioBi de U. Petrettioi étaient exactes. Je crois qu'elles ne le sont 
pas. Le papyrus est écrit en lettres capitale» qui ont cela 4e 
partiniliCT, qu'au lieu d'éire les capiialtt nailées dans les pnpy- 
ras, elles ont la forme des lettres lapidaiitij à fexcaptwiu du 
X, quia ta%vroduC, elles ressemblent ji G<me« des inseii^ 
, lions da tea^% dçs Ptoiémées ; je ne vois rien U qui aanmee 
l'époque d« Thucydide que le«r assigne l'auleur, Quaat «nx 
ionismes , iU consistent dans les formes À^-iifMrwt, Imt^w j nw^ 
elles se rencontrent, par suite de la détérioration de la langue, 
dans des wcriptions du second on même du troisièoie siècle de 
notre ère (a). D'ailleurs les grossières fautes de langage et d'o^ 
dographe qw se trouvent dans ce papyrus, prouvent la date 
asaca récente de ce manuscrit , qui n'est certainonent pw entv^ 
rieur à la domination des Lagidest 

Les deux autres papj^us sont réellement la partie inpov- 
tanta de l'onTrage. SI> Petrettinl les distingue sous le nom de 
fapird di Xoïtb , parce que c'est une femme Bonunée Ziàt qui y 
joue le principal rôle. On peut les mettre au rang des plus civ- 
riena que t^n Donnaissc , mais en même temps des plus diffici- 
les i lire et à oomprendre dans leur tntier, 

i<etir oouleouest le même, sauf quelques dif^rences peu ii^ 
portantes, soit dans les noms , soit dans los dates. L'un et l'au- 
tre aont en awea mauvais eut, surtout le second, dont il man- 
qnè uM tmndu partie : cependant la oomparaison attentive de 
tous deaa fMnÛI quelque secoors pour les reslîturr l'on «t 
l'autre. U tdcbe serait plus Tacite, si H. Petreltini avait cbûsi 
un lîtht^^raphe plus exercé. MalbeufCusement oO de peut tÏM 
Toir tm 0» geow de plus f^teux que \t»/<w^imiU qu'il a don- 
mhi et s'il apa.dire,aivec raison, des originaux qu'il a sou» les 

(>} Voir ]« Himein Jt M. Gatgnhui tar Sirofii, dm* U Tomi V dti 
TsslMda M. BiirnonC 

(s)Jbdl«KilM/Mf- tenir & VUuolre4ertgrr-t P- S?*- 



!i!,Googlc 



-Il PhUologtë , Sthnogn^hiê. N" j4 

■ ym , • .'^ ..'jtdir vero, ijuei IratU dt letten sono taholia coti 

■ tii4de êcarah^echiati, ehcfarebberoperdere ii senno anche alpiù 
ptaienu mortale, qne diront ses lecteurs, qui en sont réduits, 
pour les déchiffrer, à des lithographies aussi iiuparfaites i 

Ce peu de soccèt tirat À ce que H. Petrettini n'a pas été du 
tout heureux dans leur déchifFremenl. En examinant avec at- 
Iration Ms copies, on reconnut facilement, quelque iaipar- 
frites qu'elles soient , qu'il a très -souvent lu dans le papyrus ce 

■ qui n'y est pas, et n'a pas toujours tu ce qui s'y trouve. Comme 
il y est questicm du paiement de certaines sommes , il importait 
surtout de connaître les signes numériqires qui servent à les ei- 
piimer; on peut même dire qœ l'intelligence du sujet en ài- 
pendait entièrement : or, H. Petrettini ne s'en est Fait auame 
iàêe , comme on va lé voir. 

Je n'ai ni le temps ni le désir de faire un mémoire sur ces 
papyrus , quoique assurément ils en vaillent bien la peine , et 
l'espace qui m'est accordé ne pourrait contenir les observations 
nombreuses auxquelles leur examen donnerait lieu. Je dois me 
contenter de faire quelques remarques sur le sujet eu général , 
et, en faveur de ceux qui aiment ces études, donner un texte 
- meilleur de l'un des deux. 

La presque identité de ces deux papyrus est une chose, dit 
l'auteur, alqiMiuo ttrana e non facile da spiegarsi : or, c'est pré- 
cisément cette identité qui sert k nous en révéler le sujet. Il s'a- 
git, en effet, du vertement fait au trésor public d'une somme 
de 64,000 drachmes , ou de 10 talent 4,000 drachmes , valeur 
d'un jardin de 6 aroures t/s et t/8 (ou 5/8); ceversemfflit a dû 
s'eflectuer ea quatre paiemens égaux, de 16,000 drachmes, ou 
a talma 4,000 drachmes chacun, d'année en année, à la mènae 
époque; de telle sorte que la somme a dft être acqtittée dans 
l'espace de quatre ans , à partir du mois pharmnthi de l'an xxx , 
jusqu'au même mois de l'on xxxiii. C'est Zois , lilie d'Héra- 
elide, qui doit cette somme et la paie. Void pourquoi. 

Un certain Dorion, en société avec d'autres, avait affermé 
one recette publique pour l'an xxix. Il avait donné ses bieoa en 
garantie de la somme convenue pour la fermer mais, comme 
ils ne suffisaient pas , Thanubis, 611e d'Ithoroys, se porta cau^ 
tion pour le reste, montant à 11 talens et 4,000 drachmes 
(70,000 drachmes ), dont l'hypothèque liit le jardin en quesUoq. 



Philda^ , EtAoûgn^kie. i3' 

e Thuinbis piyi comptant ta tràor 4iOOO drachiMs, I& 
esution se troovs rédnite à ii talens ( 66,000 dr. ). Cspea- 
dant, ni Dorion, ai celle qui l'avait cautionné, ne pouvant 
payer à la requête faîte par le trésor la soninw qui était due, 
force fut de procéder h la vente du gage. Zoïs, Gllede Thanu- 
bis, consratit à payer, pour le compte de sa mère , la fomme k 
laquelle monterait la vente du jardin. Un autre Dorion , admî- 
Distratcur de la recette que Dorion avait affennée, fit mettre 
les biens de celui-ci en vente, plus le jardin de Thaoubis, le 18 
pharmuthi de l'an xxx. Ce jardin Tut adjugé i Zois au prix de 
10 talens et 4,000 drachmes (64,000 drachmes], ou 3,000 de 
moins qu'il ne fallait; mais ces a,ooo drachmes ayant été sol- 
dées par Thanubis elle-même, Zoïs se reconnut débitrice en- 
vers le trésor de la somme de 64,000 drachmes, qu'elle paya 
par qnart , comme je l'ai dit. 

ToiU, si je ne me trompe, le siyet de ces papyrus; maïs, 
pour le comprendre, il fallait de toute nécessite connaître le 
sens des ûgles numériques qui sen'ent A exprimer toutes ces 
sommes d'argent. 

Ceux qui ont jeté les yeux sur quelqu'un des contrats de 
vente grecs rapportés v'cemment d'Egypte , savent que l'énoncé 
des sommes commence très-souvent par un signe qui ressemble 
i un Z. Comme on ignorait la valeur de ce signe, on ne pou- 
vait se faire une idée juste des lettres numériques qui le sui- 
vaient. H. Buttmann est, je crois, le premier qui, par une com- 
paraison de plusieurs cnregistremen3(i}, ait deviné qu'il repré- 
sente le mot ■cii.ittttn , et exprime une somme de 6,000 drach- 
mes. La sigle doit être un composé des deux lettres T et a nu 
A, Cette observation est conSrmée par les papyrus de Vienne, 
qui DMltent le fait hors de doute. 

L'acte dont chacun d'eux reproduit la teneur se ccoupose <Ie 
cjuatre parties. La i" est la déclaration du Irapeike, qui at- 
teatt avoir reçu telle somme avec tels droits. La a' est la lettre 
(le son supérieur , qui t'autorise à la percevoir. La 3* est la 
pièce oh sont exposées la nature et l'origine de la dette; j'en al 
éaanÈ l'analyse plus liant. J.^ 4' ta&a contient diverses décla- 
rations des ofScicrs publics , relatives à la somme payée. 

Je vais donner le texte de chacune d'elles, tel ^11 faut le 

(i) jKrAArwv *' grirdi. Btiidiriji u. ■. w. p, *5,a6. 



!i!,Googlc 



x4 PÀibbgiè,Bûui0gn^. N* i4 

lira* adim aboi Voici lA preaùère: j* «wti let oUfiirts «b n~ 
■■cii MI ordbuîm; le.^ Mm/r ci-joiut inoninn U forma 
qu'il* «at ( >*" t at 3 ) sur l'iio let Tautre papf fm, 
• AtMif Kk ^ILttin V «<«T(t)Ht iirl lin J(i U^i^fu ttmï'Kt* if**'- 

«Oi«rra Jùo , nTpueuxî).t« nEïAVTOt B& 

(■ itwwHi Zlf/ luTcd) FZ r Anrra Ba'IKc/ 

L'expression tA «of' 6pax]Liî^Mi (I. a), qui est dans les deux 
papynu , a slagulièrement embarrassé H. Petrettini : il ne lut 
tnmve aucun sens; et, en conséquence, il introduit dans le 
texte Ti> wtuïl , ce qui est on ne peut plus malheureux, â *afi 
Tiiat, dans le style de l'épo ue, se dit d'un homme qui dépend 
d'un autre, qui est son tahordona/f, son viee-géreni ou son com- 
mis (i). Tout est semblable dans le second papyrus , excepta 
que la date est du a3 pharmuthi de Tan xxxut , postérieure de 
deux ans environ, et que le nom de Chérémon est remplacé 
]iar celui d'Asclépiade. On pourra traduire : «L'an xxxi, le 6 
de pbammth! (a), a été versée & la caisse royale de Memphis , 
es mains de Chérémon , exerçant pour Héraclide le trapézite, 
Chryaippe présent , par Zoïdc , fille d'Héraclide , selon l'acte (5) 
lii-dessous , en monnaie de cuivre , dont le change [ddh être ef- 
fectué (4)], la somme de a talcns et 4 mille drachmes, ri ; a 
tal. et 4,000 drachmes ; ~— [plus] le soixantième , ci : a66 a/3 ; 

(i) FcjroD aâ pa^T. grac, p. i53. 

(a) Lin. eu échue. La lajel du Terb« nhntmtt «>t lai.tMtK', eomtot 
diiu Polybe, lïoxMxî^u t^tth. tcimÎv laU Aoxi J'Eiiiovîst; ; II, 6a, I. 
Dt CM Emploi dntarbe icnrcin, réwlls gbIdI da mot irr&ijiB, qnldéligoa 
MUa «» p i«e i» TCfo, Ainit, iiirjfs^f» «nafuiTcç, dnu on dci papym* 
4*ll.Gf<r, f«bUri'>* 'MnrTaang. 

(S) imjftufi : a'Mt U traûUtM pUM u—luim l'npml êâ l'Hbta. 

(4) L'énoncé daptwqaa tonlcilM MsuMiwt prcoMd dai noiSiXa^-* 
aoC li iiiarji TaAaim k. t. X- Ln nati oi iiXa.fii foiB«nt là dm wpi** 
)1< pHcnthcM qui iniliqiia qnc, qnoiqDfl lai uiniBei idiaDt exprinto aa 
Bonnaia ^ calvn <ioittteelh Je tomptt,eaf«ui»atU»y»i%uaauma 
triaor doI««ai M faira an arpoi, d'aprci la (apport M^al «nira 1m dmx 
«wéralrw. Il ■'•parfoU pas qad aotra mbi cm dau awi* paanaleat 



jbïGoogIc 



^[pUill«twd to f«ai: i6a--(;Tolsl]:sU)matt 4>4ftE> 
dncirtM ^. » m. PMraUiwi » |« de celte nanèniZlÂB. 
m^^mOOè. ik «Âwrm UZ ^ Imni* n« el il a tndnitf «»■ 

ce qui ne pr«Nnt« pat plu* <1« mu en ^c <|u'e> kaliea. 
. D«ux talew «t 4iOoo <lr. Toot i6^«o drtcbmn, dont le 60* 
égale en eflët 266 a/3, et le loo* i6a; en tout 4a6.a/3f qw* 
qonlii aiix 16,000, fimt esaeteiDcnt i6,4s6 dr. ï/3. Il »'y a 
4onc nicwt dgvM tur ton* cm u{^et , dont la vaLsur aat fixé* 
3«os retour. 

Je doBaem ici l'expIinlioD do qoelquc* mb»* signes que 
j'ai dvoMiTerti en lisant las papyrus du musée rojal égyptien ) 
•He Inera MEtaisas difficulté) qui pourraient airéter dani U 
lecture de ces monum^a, 

DsBs tes deux iuoatét àt ia loraBw lotalo, mi aura remar- 
qoc q«c ic nooibn 4,000 nt tepréasnté par un & sumonlé d'un 
orockM. Eb effet , U mulliplieatios par mOte est indiquée dana 
les pq>jms par na erodiet qui sunnoatc la lettr«.9umérique. 

Paa* les noBilires an-Jesans , on les eiqmnait en les faisant 
précéda de la si^ du talent, qui équiraut à S,ooo, suivie du 
«ari<rt da lalena, puis deoelni des dmohaiei. 

Quand il n'y a qu'on talopt, tantôt la tigle est suivie de U 
bttieil, MaUt cette lettre n'est pas eapiiméKjen enet.elleest 
inUile. 

les lettres nunèriqws qù ÎBdiqvcnt le Boabre de dracb- 
••s, fuirant presque toujours, sans interaiédiaîre, celles qui 
iadiqneat le nonlnv de talens i quclqucMa elles en sont sépa- 
rées parlas signes (n° 3),qni sont la sïgle du mot drachme, 
oonme jk ns'en snisconTaioea parune «ultUiide d'exemples. Ce 
qac, danft nos patptM , anus ctxpiimans par le «lat ei, s'ex- 
priate par va trait oliliqne, suivi quelquefois d'un autre plus 
petit hoeiaontal ( ■" 4 )■ 

Q«a« amx, signet dea cattaÎMes , je n'ai trouvé que oeiix du 
nwMbaii ite^wmu qui aie«t ({nelque ohete de partîcnlier ; les 
wtos(B* 5): feaccoad ta tiottredatu l'enregutTGOieat du pa- 
y ya ua 4êa oi^net du Xos, dan* celui qu'a publié H. fiuttniann , 
et 4m» lia Mitre et M. Grcy; M n'en avait pu connu U tb- 
leor. 
Vonr compléter ta déaMUration, je traïucrirû iln« addi- 



1, Google 



i6 PkiMogtf^ BOêMgMpUè. N' i4 

lion afec son total , que j'ai trouva dau un ftfjtoi dn aw- 



fée royal égyptien ( n" S); la soimm monte ft 8,70a d 

ce qui est ^al à un talent 9,700 drâchae* , total exprimé daM 

le papynu. J'ajoute ( a** 1 5 ) l'énonce d'une sooMoe plut co»ù- 

dérable , que je tire d'un papyins dû musrà rofai égyptien : 

celte somme est de 678 talens et 5,46o dracbmes, on 4,073,(60 

drachmes. 

Avec cette c\é, (]u'îl serait anssi facile qulnutile d'étendre 
davaninge, on pourra lire toutes les expressions de hudim* 
qu'on trouvera dàonnais dans les papyrus. 

Je reviens maintenant an teste que j'ai rapporté ph» haut. 
On voit donc qu'il contient l'enregistrement d'me somme de 
16,000 drachmes, plus les drmti, qui ie composent du «oixan- 
tième et du centième de celte même somme. 

La seconde pièce eat au-dessous de laprMédente;ilyest dit: 

■ Théodore i Héradide, salut. Reçois et impute à la recette 
de la nitriqae de l'an xxix , selon l'acte et-deasons , deux talm 
4,000 dr., monnaie de enivre, dont le diange (doit être efléc- 
tvé ) ; reçois en outre le soixantième et le centième (> ) , et tant 
autre droit qui pourrait appartenir an trésor royal, Dorim, 
l'antigraphe, souscrivant en même tempaque rien n'ettomik 
Porte-loi bien: l'anxxxt, le ) de phormnthi. > 

L'enregistrement est du 6 de {Aannnthi : il n donc eu lin 
trois jours après l'autoriMtion qu'on vient de lire. Dans le le 
Gond papyrus, la date de la même autorisation est du a8 phi- 
ménoth; celle de l'enre^strement est dn aS du mois suivaiti; 
l'intervalle entre l'autorisation et l'enn^trement a donc 
été cette fois-là de %•} jours. Comme je l'ai dit , lo soixaatiâBe 
et le centième étaient an droit dn trésor ; la réserre al fi n iU' 
xAhiiui... est bien fiscale; tous les cas, comme on vmt, soal 
prévus. Le mot l-jix^t n'existe pas en grec : mais le second pa- 
pyrus portant «£( tï Paaûnaiv ilf tiv i. t. i„ le sens en est asin 
clair ; et la tradnetton de H. Petrettini , rtgùui d$Ue rûtatuaMi, 
est probablement assex près de l'exactitude. Hais l'expresaion 
tS; Tficpixfit me semble très-diificîle : la rapptocàer, cocnmea 
fait H. Peti-etlini , du canton Siriotù on de }a vall£e des Lacs 
de Natron , est la première idée qui se présente : mais qnoiqM 

(i) TA. Ptlrrttial dui^ ÉTbiinimneat tt,i E* mI F «h ts T mû ft 
parc* ^oil ne cmnprtnd pM de quoi S •*•(!>. 



1:, Google 



Philologie, Ethnographie. 17 

ce canton ne soit pas Irës-éloignc dtt nome Memphitôs, comme 
il s'agit (It) prix d'un ttM'raiu situé ik Memphis même , on ne voit 
pas ce <|iie le pays Nitriotii viendrait Taire ici. D'ime autre part, 
je trouve dans un papyrus du musée royal é|;ypttcn, contenant 
un fragment de recette, le mot virpuritt, mêlé arec d'auti^es noms 
qui indiquent une espèce de percepliou { par excniplc, tptjiSî, 
tX-iVi rilcu;, ifrfjf.Tiii ■nifimi ■ TitofTT.c); >t nie semble donc bien 
dinicile qu'il n'en soit pas de même de ce mot. C'est peut-être un 
tcnnc de la langue égyptienne avec forme grecque , comme am- 
p'IwTi: et autres qui se rencontrent dans les papyrus gi'ees-^gyp- 
liens; mais j'ignore ce qu'il signifie. Une autre expression re- 
manjuablc est (nrmjtcypBçoyTC! «ai Aufîmeç tcÛ ttT\-^^%^iiàç jiaUn 
ieçtt-Uii. M. Peirettini a lu ^ttcyii6u, et traduit gitarda che auUa 
maaca. Huis outre que le verbe jTTCYiîotxi a tout l'air d'un bar- 
barisme , il m'est impossible de lire ici et dans l'antre papyrus 
autrement que lïjviïttM; tout à la fin, j'ai encore moins de doute 
sur ta leçon «iaiv itipiasp ^T^cnfui» , et non pas ■i^-rtvn.^iit.t , 
comme lit M. Petreitini. Il faut dune voir ici les temps de à;- 
iciîtxi : et jiKti) i-pinfUitv ou 'n'{'«cjs9ai sijjnifie qu'ii n'y a pnint 
terreur, quatoiUest comme il faat.\i3j\& [c style de celte époquç, 
dyiei» a souvent le sons de se tromper , tomber dans l'erreur. 
Théodore annonce donc au trapézlte Héraclidc, que l'antigra- 
plie Dorion a reconnu que, tout est en régie, cl qu'en consé- 
quence on peut passer outre. 

La 3* partie, dans chacun des deux papyrus, est la princi- 
pale ; c'est celle Ol^ sont exposés la nature et le montant de la 
dette de fid.ooo drachmes. Cette pièce, qui a a3 lignes, est 
fort curieuse, et pourrait faire la mniièrc d'un long mémoire. 
Oatrouvcralelextc(i)que]'adoptetrèsdirfcreDt de celui deM. 
Petreltiaî ; en comparant l'un et l'autre avec les fac limite, 011 
verni qn'it en a presque partout manqué la lecture. J'y joins le 
texte des diverses pièces formant la J|* partie. On aura donc, 
avec les dcnx parties rapportées plus haut, la totalité du pie- 
mîcT de ces pnpvrus. 

Pour ne pas alonger outre mesure cet article, ou n'être pas 
contraint d'en faire un second , je me bornerai à deux observa- 

(1) On an iroafa le tnic à la fia de l'iitlele daM. LalniiuiB dioi le 
JomrHml dtt Satam. C» IcxM al accompagna d« qnal^piM mtM mpUca- 
Ut», 

G, ToHi XI. Lj a 



1:, Google 



l8 Philologie, Ethnographie, 1i' ij 

fions. Le prix de 64,000 drachmes est , comme on voit, celui 
d'nn jardin du six aroiires ^ et { , pjynble par quart : ■{; n(iii 
«■pK^iioQit ifoijûi t\ vjiiîacu; iyiiiv, j«ipcu; TiT>;reu. Je ne vob p» 
d'nutrc s?us possible aux mots fiJfm; îirifna. Ce jiirdin , dont 
on donne les limites, émit situé ik Meaiphîs, dans le village .^i- 
elepinm ; car je d'aïs (]iic tel est le sens de I1 tiica AanXusui» 
( lig. 3 ). Celle jommc doit ôlre jwyce on quatre fois, à partir 
de l'an xx\, et d'aiinic en annûe juMjii'à l'an kxxid. 

Cela n'-salte siirloul du la dcnijère phrase , qui , dans le jire- 
nier papyrus, est uinsi conçue (lî),'. ai-a3} : isi ii :ûy t»t- 
xiijiiiuv] x.T. ).. « Sur la somme susdite, lo tnlens 4,i>>>o drach- 
mes, Zoïde, ci-dossus mentionnée, a Tait le premier paiement 
delà mt'me année (xsx); cl maintenant, ell*; fait le second de 
l'an x\si, iiiontani à 3 talens .'1,000 drachmes, monnaie dt 
cniviv, dont le change [ dnit étro efTectué]. u 

Il y avait dune déjà eu un premier paiement l'aunéc prwr- 
dente, pi-ohablemciit à la même époque, c'esl-Jt-dire en phii^ 
muthi. Comme l'autre papyrus est postérieur de deux ans, il 
dnit se rapporter au quatrième et dernier versement. En effet, 
on trouve le rappel de ces divers acquits dans le commer.ic- 
ment des \ dernières li[p)es du second papyrus , ce qui perml 
de restituer ces lignes avec une certitude presque entière, quoi- 
qu'il manque les 3 quarts de chacune d'elles. 

lit» A Tâ<l 

TDi àisf c f t»] Tcû &L fa.pnViS\ K [ , x'^xm , c£ iUix^ , ZBA(i}, rh " 
i%\iTii».i îtû AAL, x«l] TA» Tpim* ts5 AB[L, xaî ■nni TtiooiT«i ta '•'' 

Voici la date des 4 paiemens : l'an xxx , 20 pharmathi [acU 
perdu]; l'an xxxi, 6 pharmuilii [acte conservé]; l'ao xxxii— 
pharinutbi [acte perdu] ; l'an xxxiu, 35 pharmuthi [acte oon- 
serrc]. 

Il est très-possible que les deux autres acte» existent Atf 
quelque collection particulière , soit en Europe , soit en Éftypc^i 
et qu'on les connaisse plus lard. M. Peticltini les croit du rè* 
gne de Philométor : cela est Tort probable; ils pourraient iM 

(•J L«mte«,n* >4. 



jbïGoogIc 



Phthtogie^ Ethnographie. t^ 

aatti Viea dn HgM de vm frère ÉTcrgète II. Dans le premier 
ca*, lenr époqoe w reoffemerait entre let années iSa et i^gj 
dans lesctiond, entre les années iji et i38 avant notre ère 

Seconde observation : la surface du jardin en qw^tion est de 
S aroures i/a el ifi, c'«st-à-dire 5/B (i). Dans le premier papy- 
ms, cette super6cie est exprimée par les caractères [ n° 7 ) | 
dans le second , elle l'est en toutes lettres d^cj^û* lE ^jiitrnti ^- 
Km : il n'y a donc pas de doute sur la sigle dn mot aroure. O- 
la est curieux ; car voici la première fois que , dans un papyrus, 
la Rtrface d'un terrain est exprimée en aronres ; jusqu'il pré- 
sent la seule mesure agraire dont il y ait été Cait mention est la 
taiJ^ snpn^cielle irfx»: ndwnvhxic, dont la véritable valeur 
n'est pas connue , puisqu'on en est réduit h l'hypothèse ingé- 
nïraseî 11 la vérité, du comte de Balbe, mais enfin qui n'est 
qn^me hypothèse. Quoi qu'il en snit,raroitre égyptienne étant 
im carré de 100 coudées de cAté, équivaut à (aS% 7 X Sa",?) 
37 ares 77 centiares. La surface du jardin était donc de i hec- 
tare 84 ares, ou de 5 arpens t/3 environ. Son prix est estime & 
6(,ooQ drachmes, monnaie de cuivre, ce qui fait environ a ta- 
Icns l'arpent. B est bien (ïcheux qu'on ne puisse évaluer ce nu- ' 
infraiie -, ce point éclaircirait une infinité de détails de l'écono- 
mie publique de l'Egypte. Mais quel rapport existait en Egypte 
entre l'ai^gent et' le c\iivre monnayés ? Je ne crois pas que per- 
sonne le sache. 

Quant k la 4* partie composée de plusieurs pièces, la pre- 
mière n'est que la répélitioi abrégée de celle qui a été citée(pliis 
'"'"rpag- i6};Ies autres sont des déclaratioiis analogues d'or- 

(■)DHa U pnralOT pap^fw, la nnnbraaM «primé pir U •!(■■•( n* 7 
im/t»mmilr)i diuU HaiMd,il«M»l(iai» UttM*. IlMiéioananiqu' 
N.htiMtfala'aEtrinMnprUl Ml énoncé. Diu mw tui* aorrigé.U 
dOBM IfWfâv 1{ : |i^fgu{TrTafTCU,iI tndnit lai arur* *d an çaarto,Wu- 
H«t dad ia odli l^iatut i^Sim. Lu motJ [ilp eu; TiTapT«u na pcuviot 
a'MtaaJn d'osa poitioD daTiroaN, La fraction i/i al i/3 ::^ S/H eit ai- 
prlisét •aloal'aaage dei GrMi.ijai, faai U TacUlté da ciUui, décûmpo- 
•alanl laa nombrai InElionnilra* Ja manitr* 1 aToir l'onilé an naméra* 
tnrtlasBlatiua dat lonKliudaa al UtilndMnaaonlpMCiprliaéaa aa(ra< 
■Mt «au laa TéUm i» tuUmU. Alail , d.M nu dci papyni* da eablnat 
4a Bol, mjg^Tfitm «vnuuJiattTM, aW-à-difa, i'3 tt t/i5 =a/tf da 



D.nt.zMbïG0Oglc 



fto Philologie y Ethnographie. 

ficien dea finances, de l'antigraphe, du topogrammate, et de 
Chry sippe , (]ui a «té présent aa paiement : tout cela montre la 
complication des ron)ialit& qui accompagnaient les opérations - 
de ce genre. 

. Dans ie second papynis, la 3* partie est également suivie de 
plusieurs [ictites pièce* du mcme genre, mais diffûrcntcB par 
leur contenu, autant qu'on en peut juger d'après l'état déplo- 
rable où elles se trouvent Je lis d'abord : tX fpa{i)utTiTc jtttaO^i- 
- frt [«[( tii jvarf afwi ; puis... ^jàia^ai Q) iSfl*. koMii {%fvfixta.- 
«T«i, Tin»» ttafaiiifiia dfciifwi ÎE] ii^iowi iy^oûii, ^^m^ Tit.(ipttu(i) 
..'..] l enfin : lla^\k Z<it^«c Ah] p!« [i] ii},M, kxSoti ic;a[TfrF*"^<^ 

■a^n n«f a^iiatu toû Jito{ li M^jjtf ii ii Ti['KVf Asiâ.!:] miiki 1^ 

reste m'éckappe tout-à-fait. 

Je finis en recommandant ma copie à M. Petrettini, pour 
qu'il la compare aux originaux, la rectifie dans tous les points 
où cette comparaison ne leur serait pas favorable , et qu'il fasse 
un nouvel examen de ces manuscrits, dont il n'a pas, A beau- 
coup près, tiré le parti qu'il fallait. Je ne puis, m'empécher de 
désirer qu'ils soient aussi l'objet d'un travail spécial de la part 
deM. Peyron, qui, par son premier mémoire sur les papyrus 
de Turin , a montré une sagacité si judicieuse et une connais- 
sance aussi profonde qu'exacte de ce genre de monumens. 
Addition à l'article précédent. 

M. Amédée Peyron a devancé le vœu que je formais en ter- 
minant le précédent article, imprimé tel qu'il a été tu au bureau 
du journal le a4 avril , mais dont les principaux détails étaient 
arrêtés bien avant que j'aie pu en achever la rédaction. Le ao 
mai, H. le major Slade m'a apporté de Turin, de la part de ce 
savant philologue, un exemplaire en épreu^ d'un mémoire 
inédit de sa compositiou sur \v%papp^us de Zoft, accompafrné 
d'une lettre datée du 6 mai. Les fiie timitè qui doivent être 
joints it ce mémoire n'étant pas prêts , H. Peyron n'a pu me les 
envoyer. 

Quelle a été ma satisfaction de voir que, sans nous en avoir 
commimiqué, nous nous sommes rencontrés sur presque tous 
les points! Nous entendons de la même manière le sujet et les 
principaux détails de ces curieux papyrus ; nous donnoBs U 

(i) Dan* Ufae timUt, l«t mots i^n Cl liti» ont i 
InMporit partRcar. 



jbïGoogIc 



Philologie, Ethnographie, at 

m^ne Talevr aux sigles numériques qui Taisaient la principale 
difficulté. Mon texte du premier des deux papyrus est aussi à 
peu près le même que celui de M. Peyron ; et cet accord prouve 
que notre leçon est incontestable : il n'y a de diflërences qne ' 
dans les troisième et quatrième parties ; encore sont-elles bien 
légères. Ko voici quelques-unes, d'après un premier et rapide 
aperçu : I. 9 et 10, H. Peyrou remplit les lacunes que j'ai lais- 
sées en blanc ; il lit irta.inifmyJiui et xal finri ; 1. 17,1! lit tm 
[<»]t«û,que mon exemplaire du^cfûniT» ne me semble pas au- 
toriser; I. 3i , il lit jK-axalcu après Xfûsmoc , leçon douteuse. 
D'un autre cAlé, je crois avoir mieux lu les lignes 37 à 3i. II a 
hi comme moi itr>oi|iM et ij^anibn , mais il n'a pas proposé de 
restitution pour la fin du deuxième papyrus. Quant & Tinter- 
prétaltOD, H. Peyron donne nn sens très-probable à ««' iûpî- 
nnrcc (I. 1 5), que j'ai avoue ne pas comprendre; I. 4> il sus- 
pend le s^os après 'a«|iB>irai , tandis que l'en Tais dépendre le 
verbe tXitt de la 1. S; et je tiens encore à cette construction. 
Je crois également avoir raison do faire dépendre finïh -iff/v- 
lu do verbe inn-jfàifni (I. a6 cl 17); enfin je ne doute point 
que H. Peyrim ne couvicnuc qu'il n'a pas bien ciileudu n^iiacu^ 
i|)tw (,1. I )riu'îl croit signifier t/â, tandis que ces mots veu- 
lent dire certainement S/6 ( i/a et 1/8 ). A ces légères diH'ércn- 
ces près , et quelques autres que je n'ai pas le temps de relever 
ici, nous sommes d'accord en tout; c'est un résultat dont on 
me permettra de tp'applandir. 

Je dois m'empresser d'ajouter qu'au lieu des très-courtes no- 
tes «usqnellesj'aid&nie borner dans un simple article de jour- 
nal , M- Peyron a donné un commentaire excellent qui ne laisse 
presque aucun point sans explication suffisante. J'aurai occasion 
d'y rerenic en rendant compte de la a' et dernière partie de 
SCS Papyrigneci regii Taurinensit mutei MgyptU , dont !1 a eu 
la boolv de m'envoyer un exemplaire en épreuves par la même 
occasion. Celte fin couronne dignement un ouvrage aussi utile 
aux lettres qu'il est glorieux pour son auteur. (Extrait de l'ar- 
ticle inséré dans le lounial des Savons du mois d'août 1 8a8 ; p. 
477 à 490- ) Letbokhe. 

i5. C01.1.BCT1011 nis CLASSIQUES LATiKs à l'usage des classes élé- 
mentaircs et de grammaire, avec les signes de quantité et 
l'indication des roots composés, par MM. LsaoY et Paisna, 



1:, Google 



33 Philologie, Rhaographi», 

prof, au Collège royal de Sl.-Louîs. In-i8. Paris, i897-»S; 

Lassime et comp. 

Cette entrepris* littéraire, doot l'utilité eat îiicontetlabl«^ tm- 
clie à M fin. Le suffrage de divers membres de ruaiverailé, et 
turtout la manière doilt les éditeurs ont exécuté lear travul, 
recomniandent puissamment la collection que nous iDDoaeoas. 
Il serait difScile de mettre entre les mains des enfani qui cm»- 
meucent le latin, des livres qui leur rendissent plus faciles les 
premiers rudimens de cette langue ; et nous imitona les chéh 
d'établissemens d'éducation i examiner la nouvelle éditioa des 
.classiques, persuadés que nons sommes qu'ils en pCHlenmt, 
comme nous, le jugement le plus favorable. lodépendammcat 
lie la prosodie et de la décomposition des mots, on trouvera, m 
commencement de chaque volume, de très-bonnes obssrvatiaiu 
sur les prépositions; et, à la suite du texte, un Toeabolairs 
complet et détaillé de tous les mots maplorés dans l'ouvraige. 

16. Lbxicoh l*tino-cb«co- bblcicun. — Dictionnaire latîo- 
grec- néerlandais; par l'abbé Ou hcbk, membre de la Société 
de littérature de Leyde, etc., etc. 4" et 5' livr.; prix de 
chaque livraison, 1 fl. 5o c. Bruxelles, \%%%; Bemy. 
L'ouvrage est terminé. Il forme un volume gr. in-8°, de prés 

de iiSo pages ^ a colonnes, imprimées avec beaucoup de soin, 
du prix de 8 fl. 

17. PcKT^ LATiiri vETEBKs, etc. — Les anciens Portes lalîas, 
savoir: Catulle , Laerère , Firgile, TibuUe, Proptrce, Bonté, 
Ovide, Manilias, Phéttrr, Lueain, Perte, Siliiu ItaUeur, SÊÊte, 
^alertai Flaa:us,Javenal, Martial, Claudien, Plante, Téremee, 
Sénéque, d'après les meilleures éditions, i vol. în-fl*. Florence, 
1837; Molini. (Il nuopo Jticogliiore ; févr. i8a8,p. iSi.) 

Ce volume ne contiendra pas moins de 1440 pages, ou 90 
feuilles in-S". Les caractères ont été fondus exprès, le papier 
est vélia eoUé, de la meilleure qualité qui se fabrique en T<^ 
cane. L'encre est de la fabrique de Firmin Didot, de Paris. Le 
texte sera conforme aux plus belles éditions, et la correelioa 
en est confiée à 4 personnes intelligentes. 

Le volume sera publié en 6 cahiers de 1 5 feuilles. Le prix du 
volume est de 5o patrii de Florence, on aS Kv. iUtHemies , paj»- 



PiiUfiogù, Ethnographie. a3 

Um, savoir: 5 liv. ilal. & l^t ri-ccprioti de clucundesS premien 
ciliifra, ei 3 liv. irai. St la réception du 6' et dernier. 

ift. U.T(iuji GiCKBOKU beOivihationkktdbFato LmT,ciim 
oaHUUin emditoruiD iQnoUitioiiibus qiu» JoumiiDaviiii edt> 
(ioiiliîmalwb«t.Testuii>ileauoâdlîdeiu ampluriûm codd. 
mssloniin, edd. vett. alioniiii([nc adjunicnlorum rEcof^DOvil, 
Friderici CuuuMii «t Ciiroti Philippi Kanseki, «ias(|uc 
aDtmadvcraJoiws aildidit G«org.--Henr. Musbk. \t>~V. ¥nn~ 
'cufurli, i8a&; BroenntH'. 

Nom reviendroiis incessamment sur cette Iwllu et sav^uie 
êtlitiou. 

■9. LXkTiviDS m HiMiiTitis Fit-ix; nouvelle tradnetïon par 
AntoÎBe PiKic«OD , arec le texte m regard. In-8' <le aU p. 
Lyon, iSiSiimprim. deOiiraud. 

M. Pnicand, auquel nous devons déjà d'excellentes traduc- 
tions d'auteurs latins, a donné, il y a' quelques années, cdic de 
Lucius Hinntius Fclis. ud des apologistes de la reli^jinn cbré- ' 
tienne; il existait déjà deux traduclîoiis de cet atiiciir, maïs ni 
l'anc ni Tatitre ne devait arrêter celui qui se seulnït la force 
de tenter un nouveau travail. Les traductions de l'abbé du Mas, 
erdePerTotd'AbhiQCourt,qiii parurent lnutesl<:sdcux en 1637, 
ne sont plus lues depuis lon(;-teiups ; et depuis lors , la traduc- 
tion , en {,-é.iéraI , a Tait trop de [u'ogrès jiour ne ]>as rcruiru en 
entier celles dont les orij^iiaux méritent pnrini nous une plus 
grande publicité. 

Dans ce nombre, ou ne fait pas assez d'attention aux ]>re- 
mios apologist(>s de la religion. Sans parler ici des preuves de 
la venté du christianisme, puisées i leur source; sans parler 
du tableau admirable que présentent les vertus des jiremiers 
Chrétiens , peintes de couleurs si vives et de traits si touchans , 
il existe encore, dans cm sortes d'ouvrages, sous le point de 
vue de philosophie historique , un intérêt puissant qu'on serait 
coupable de négliger. Jamais, en cfTet, le monde n'olTrit un 
s|iectaete plus extraordinaire qu'à cette époque de renouvelle- 
ment, qui donnait à la société une face si différente de ccllequ'elle 
avait eue josqu'alors. Il'autres moeurs, des vertus ignorées 
s'empamîent de tous les cmurs, détraisaîent de honteux pré« 



jbïGoogIc 



a4 Philologie, EtknograplUe. N" 19. 

jugés, renversaient d'odieuses ambitions, subtituaîent des idées 
d'ordre, de sacinGce, aux idées de violence et de tyranoie; fai- 
siient triompher de toutes parts la sainte canse de l'humanité, 
si évidemment méconnue, et arrivaient.à la conquête de la terre 
par leseul moyen de ta persuasion, plus forte que le fer des 
bourreaux. 

Certes, des ouvrages destinés à nous faire connaître avec 
détails des temps qui ont eu une si grande influence sur les 
temps même où nous vivons , ne méritent pas qu'on les laisse 
tomber dans l'oiibli, et nous devons signaler à la reconnaissance 
publique les estimables travaux qui li's mettent à la portée d'un 
grand nombre de lecteurs. Ici, c'est bien plus la nature des idées 
que les formes du style qui nous intéresse. Sous ce dernier rap- 
port, MÎDUlias Felis laisse bien quelque chose '.\ désirer. Le 
style de cet auteur, comme l'observe fort bien M. Péricaud dans 
sa préface ( p. 4 ) , ■ n'a pas toute cette pureté qu'on remarque 
dans les auteurs du bon siècle de la lulitiitéj il est, parfois, af- 
fecté, obscur, déclamnloîrc, ce que l'on attribue à la profes- 
sion d'avocat qu'exerçait Minutius, et même aussi au pays où 
il était né, cai' on croit que l'Afrique fut sa patrie. <> Mais, au 
reste, ces défauts disparaissent tout il fait dans la traduction 
qui est fort bien écrite ; on y trouve la concision , l'cTégancc et 
le ton grave que réclament tes ouvrages de cette nature. Quel- 
ques citations recommanderont mieux cette production que nos 
paroles, et serviront en même temps à justi6er nos éloges. 

L'ouvrage que nous annonçons, le seul qui. nous soit resté 
de Minutius, est un dialogue dans le goût de ceux de Cîcéron. 
Il est intitulé Octavius , du nom de l'interlocuteur qui est cbai^ 
gé de l'apologie de la Religion. Ln discussion s'engage entre Ce- 
cilius et lui; Minutius leste juge entre eux deux, la scène se 
passe sur les bords de la mer, non loin de la ville d'Ostie, et 
le lieu en est très-agréablement décrit, quoiqu'on y trouve un 
peu de ce ton déclamatoire que M. Pcricaud signale avec rai- 
son. Cecilîiis parle le premier: aprcs avoir établi quels sont l'in- 
certitude de notre esprit et le peu de fondement de nos con- 
naissances, il s'écrie : « Or, puisque rien n'est certain dans la 
nature, et que tout est soumis au caprice du hazard, ne serait- 
il pas mieux de conserver la croyance de nos ancêtres comme le 
plus sûr garant delà vérité? de suivre une religiod transmise par 



jbïGoogIc 



philologie, Ethnographie. a5 

la IradîtioD ? d'adorer les dieux que nos paréos nous ont appris 
i craindre avant de les connaître ? rt, sans Juger nous-mêmes 
die nos diTinités, de nous en rapporter à nos pères qui, dans 
un siècle grossier (i), et à la naissance du monde, ont mérité 
d'avoir des dieux pour bicDruîteiirs et pour rois? De là vient 
que chaque province, chaque ville, a un culte particulier et 
des dieux municipauxl Eleusis adore Cércs; la Phrygie.Ci-- 
bèle; Épidaure, Esculape}. . . . Rome, totis les dieux. C'est en 
montrant dans la (-uerre une valeur religieuse j c'est en dcfeD- 
daot leur ville avec le secours de leurs vestales et de leurs pon- 
tifes, c'est en suppliant les dieux irrités, qiie d'autres auraient 
blasphémés, lorsque, assiégés, et n'ayant plus d'autre retraite 
que le capitole, ils passaient , sans autre arme que le bouclier 
de la religion , à travers les Gaulois admirant leur sainte au- 
dace ; c'est en se prosternant aux pieds des dieux vaincus , dans 
la chaleur même de la victoire, après avoir forcé les remparts 
CDBemis; c'est en cherchant partout les dieux hospitaliers pour 
«I rairc les leurs ; c'est, enfin, en élevant des autcb aux dieux 
Mines et aax dieux inconnus, que les Romains ont donné des 
lois à la terre, et étendu .leur empire au-delà des limites de 
rOcéan et des lieux ofi le soleil Qoit son cours ( p. 33 et 35). ■ 

Pour achever de faire apprécier le mérite du traducteur, à 
côté de ces raisons , dont toute la force repose sur une vaine 
admiration pour un passé qui s'écroule, offrons un coin de l'ad- 
mirable tableau des vertus chrétiennes, si nouvelles, si étran- 
ges alors, et qui pourtant étaient sur le point de renverser en- 
tièrement tout cet échafaudage d'idolûtrie sur lequel s'ap- 
pujaient, avec tant de confiance, les spectateurs des idées 
ancicntics. 

■ Si nous passons pour être presque tous pauvres, dit Ocla- 
vius à Cccilius, loin d'en rougir, nous en faisons gloire; le lui>e 
énerve le courage, tandis que la frugalité l'afTcrmit. Mais est-il 
pauvre, celui qui n'a besoin de rien, qni ne coavoite pas le 
bien d'aulrui, qui est riche devant Dieu ? tJn homme vraiment 
pauvre est celui qui, ayaut beaucoup, désire encore davantage. 
Cependant, si nous élicins persuadés que les dons de 

(f) Le Icilc porla rvdi urenh. P«al-#tT»Je kdi eil-U plDtât,nft rièdt 



JbyG0O(^lc 



36 Philologie i Bthnoff^ki». 

la Fortane nous fussent utiles, nous les demanderions k Dieu, 
qui pourrait nous accorder ce qui lui plairait , puisque tout lui 
appartient; mais nous aimons mieux les mépriser que les pos- 
séder; nous ambitionnons plutAt la justice; nous demandons 
plutôt la patience; nous aimons mieux être bons que prodigues. 
Si nous sommes en proie aux in6rmi(cs, aux afflictions aux- 
qnelles lliuinanité est sujette, eu n'est point ime peine pour 
nous, c'est un combat. Le courage s'augmente dans les souf- 
Trauces; le mHlhcur est souvent l'école de la vertu; les lorces 
du corps et de l'esprit s'engourdissent dans l'inaction (p. 1S7 

a .»9). 

Nous ne poussei-ons pas plus luiu nos citations; ce qu'on 
vient de lire sufiit jwur faire connaître le style du traducteur; 
ajoutons qu'en regnrd de ci;tte version élégante, se trouve un 
texte imprimé avec beaucoup de soin et de correction ; et 
qu'enfin l'ouvrage est termine par des notes remplies de goût 
et d'érudition. Ducas-Hodtbel. 

se. GoTBonani HiamiiKl OttnnDLit. In-S"; vol. I de iv et 
370 p. Vol. 11 , de 370 p. Vol. III , de 336 p. Loipxig , tSa?. 
[GoHttMg. g^. AmneigM; oct. 1817, a" 166, p. iSSS, el 
aoAt, iSaS, n" i37,p. iM?}. 

Cette collection d'opuscules contient en grande parti* des 
écrits de circonstance lus à l'académie de Lcipxig. La 1 " par- 
tie renferme les 17 écrits suivans : i. De fuadanienio juris pm- 
nieadi; a. De poéseot generibat ;^.Deâramanle comiro-iat)-ritoi 
4> Défragmenta CfytemneuriESophotUtinducbuscoJrl. trpatrti 
S. Commentalio de verbis t/uifuis Grœci iacesiaai eq-jorum in- 
Jitant,ad Xenaph. de re erjuettri, cap. VII, 6, ~ . De differentiâ 
praïae etpoeirciv orationit dUputatia ; 8. Obxervalionei de Grtecœ 
linguo! dlaleetis s 9. Disiertalio de ell^ti et pieanasmo iii Crœca 
liagna i 10. De dtidezto Pùtdari oltservatioaei ; it. De prœcfptis 
qaibmdam ÀllKialarmm diuertatio ; 11. De eanlico m Jtomamo- 
ram Jabulù icenici* dùiertaiio; j3. DUscrtatio de prottomine 
aÙT«'(; 14- Oinnen tateulare Âcadeniuv UpiieRsis ; i5. Canneit 
in Aonorer temùareulnret comitit G. G. ob tiapfgartea; 

16. Âkxandm, Riufomm tmperatori, liberata Ewt^ reduci; 

1 7. Jn rediut Kegii Friderûi Am^uti, — La teconde partie «lire 
les 18 traités dont voici tes litre»: i. De argumfHtû pnaHÊi^ 



D,tzs.i!/Goo(^lc 



ymitate Ofpia Ârgonaitàtorum maxime à XofnigtMMiu aUtlu 
^ÛMertalùti a. 3. De legibuf quibuulam mhlUiorOmt termomû 
Bometici; {■ De MtchjU Qlaucù dùsertatio ; S. De vettibtu rpu- 
riù ttpmd Msehylum iSssertatio ; 6. De MichjU Pertit dUierta- 
tio; 7. De metronm quorundam menturd r^ylnticà diuerutto f 
8. 9. Dt eharo Eumenidum Michjli; 10. De mythologid Grœco- 
rwN mitigMÙsimd; n. De kùlonm Grmem /trimoràiù iHtitrm- 
tio i i^ Centura HWNK aditûmù TheumriSi^amiaiU; i3. Za^c 
iu)in«ï; i4- £pùiola ttd Fr, Lùtdtimmtnmiii ; i!L DeM.Meime/o 
ejmtqae editione Tereniii dUtertatia ; t6. De MusU fluvialSiai 
MpMarmiet Eumeti; 17. De eompoiitione tetralogiarum Iragir- 
emmn ;iS.De /EteAjrU Danaidibu. — La troisième partie ren- 
ferme les i3 méHMHr» auTiiis: i. EnripùKs fragmenta duo 
PkaêtoHiù e (vdL Oermaiihum édita ; %. De Sagùtetit Mpnette 
■viemna^Hin^ueniî; 3. De Xidij'it Itlobe ; 4. ^fiitola tul Ferd. 
St uù t m Âe m m 1 S. Mpiikila ad G. Se^ffartimm (tcaletoMt sur le 
iota gnc){ 0. Pn^fiaio ad Bameri llindtm ) 7. Prt^i^ ad B— 
■WR Qdneetat (compléflieBt de rédidcm de Taocfaniu) ; 8. Da 
efitnÎM Doriit; 9, De emendaiiùite per Oamipofitimtem verhormm; 
tf>. De jSee/ijrli PHloeieta; it. De jEtehyU SetiadOat ; 1%. Jd- 
aotaUnaei ad iiedeam aè Elaulejo edùam; i3. De ttAeto tra- 
gaedia. Le jonmal «té observe que l'intérêt littéraire de la 
plopart de ces traités', et le itjlc classique dans leqnel ils sont 
4eHta , ne aatnriterDnt pas d'assnrer nn accneîl favorable à cette 
L. D. L. 



St. DtcnowauDKKOTO-cxLTicDK.— DklioDDaire de UlBBfpie 

gkâiqiMi par la Société do pcjs mcuiugneux de l'Éeosse. 

a vol. îa-4°; prix, 7 liv. st. 7 sh. Edimbourg, i8a8;Black' 

wood. Londres^ Cadell. 

Ce dictîoniuîre renferme un ample vocabulaire de inots 
pèltquea tels qu'ils sont conservés dans le langage ordinaire, 
dani les manuscrita on dans les ouvrages imprimés, avee leur 
signification et leon diverses acceptions en anglais et en latin ; 
le tout expliqué par des exemples et dos phrases , accompagoéa 
des remarqnes étymologiques et dei vocabulaires de mots la- 
tins et anglais, avec leur traduction en langue gaélique. Dans 
rintrodnclion , on fait connaître les sources auxquelles ses au- 
teun ont puisé > on y a joint no abiégé de la gn^unaire gaé- 



jbïGooglc 



aQ Philehgii, Ethnographie. 

Ce grand ouvrage, qui a occupé, depuis i8i4i rattentiDn 
d*un comité de ia Société de haiilc Ecosse, non-seulement pré- 
sente un ensemble complet de la tangue gaélique d'Ecosse, mais 
encore surpasse en étendue toute espèce de dictionnaire de U 
langue celti(|ue. 

sa. Obsekvations suk dv rtssAOB do Dante, oà il est question 
de BagnacavaHo dans la Somagne; par Vagcoliki. (Giontale 
Arcadieo; déc. iSi6, vol. 96, p. 3i6). 

Le passage du Dante dont il s'agit est ain» conçu (Purgat., 
ch.XlV,v.iia-ii43: 

Ben fi Ilagniai*al ck« Kon lifiglii, 
Ennair*CMtroaro,itp«ggioC9Dio . 
Cbe di £|l!«r n> cond pin l'impiglU. 
BagOMavalloet Castrocaro sont deux localités de la Romagne, 
de même que Conio, chiteau aujourd'hui détruit. Ces seigneu- 
ries avaient leurs comtes particuliers. Les commentateurs pen- 
sent que Gui , qui parle id , fait l'^ge de Bagnacavallo 
d'Avoir laissé s'éteindre la race de ses mauvais comtes i qu'il 
blâme Castrocaro,et,plusencpre, Conio, de perpétuer la do- 
miaaiion des leurs , qui sont pires que tons les autres. - 

a3. ROMAHCEBD ■ BISTOBIA nU. MUT VALEmOSO CABALLEBO EL Cllt 

HuT DiAs OE BiBAK. — Romanccs et hbtoire du valeureux 
chevalier le Cid; recueilKes par Jean d'Escobar. Édition 
complète , avec une traduction de la vie du Cid ; par l'histo- 
rien allemand Jean de Htiller. In-iS de 364 pag. ; Franc- 
fort, it(a8;Broenner. 

Parmi les anciennes romances espagnoles, celles qni chantent 
les expiQÎts du Cid sont célèbres. Qu<-lques-uncs sont Irès-voi- 
sines du temps où vécut le Cid; d'autres ont été composées 
dans des temps postérieurs; aussi cxiste-t-il une grande dilTc- 
rence dans le tangage , le style et même l'orthographe des di- 
verses romances. Jean d'Escobar les recueillit en un'petit vo- 
lume qui a été plusieurs fois imprimé; j'en comiais au moins 4 
éditions, une de Madrid, sans date, imc de Lisbonne, i6l5, 
une de Barcelone, i6a6, enGn, une de Sévllle, i633; il est 
vraitcmblabla qu'on en a fait d'autres éditions. Dans mon rc- 



jbïGooglc 



Philologie, Et/inographie, ig 

coeil d'anciennes romances espagnoles (i), j'ai admis 96 île ces 
pièces. La jolie édition qui vient de paraître à Leipzig repro- 
duit le recueil d'Escobar, ou plutôt celui de Gonçales del Rt~ 
guero, donnée à Madrid en 1818; ce recueil comprend 78 ro- 
nances , plus , 34 romances qu'on avait exclues de l'édition de 
Madrid , sous le singulier prétexte que ces romances ne s'ac- 
cotdeni pas avec l'histoire, comme si les autres étaient bien 
historiques. On a ajouté une traduction espagnole de la vie du 
Cid, de Jean de Mnller; il est à regretter que chaque romance 
n'ait pas aussi un sommaire pour en indiquer brièvement le 
sDJel. J'aurais désiré déplus que les romances fussent divisées eh 
strophes. Un journal anglais , Literarj- chronicle , 1 837 , a bidroé, 
il est vrai, cette division en strophes, que j'ai adoptée pour 
mou recueil de romances espagnoles; mais je persiste à croire 
que les Espagnols divisaient ces poésies en strophes pour les 
chanier; ce qui le pronve, i mon avis, c'est que, dans la plu- 
part de ees compositions, le sens est toujours complet au bout 
de chaque 4" vers. 

Cette jolie édition, mieux imprimée qucnele sont beaucoup de 
livres allemands , sera agréable aux amatenrs de l'ancienne lit- 
tàature espagnole. Il est étonnant que la tragédie du Cid , 
in^iée à Corneille par les romances sur le grand guerrier, 
n'ait jamais eop^ un libraire en France à publier atusi une 
éditioii de ce petit Romancero. Toutefois, les romances sur le 
Cid n'y sont pas inconnues. On en a traduit un bon nombre 
dans la Bibliothèque dei Romans , et M. Crciué de Lesser a 
donné, en 1S14, dans un petit volume in-18, ime traduction 
en vers du Romancero , ou du moins de la plus grande partie^ 
H. Hugo en a traduit aussi une partie, si je ne me trompe. 
Cette série de petites compositions, qui i>eigneot avec naïveté 
nn exploit du vaillant chajnpiou castillan 0(i quelque scène de 
sa vie, plaira toujours , comme un monument précieux de la 
littértlure poétique du moyen âge. . DEPnfc. 

34. Nouveau Dictioihtaibs FLutçAis-BOLUMstis; par le profes- 
' seur G. D. J. Haihoo , faisant suite au Dictionnaire hollandAλ 

français du même auteur. Tom. I". In-S"; prix, 6 fr. 77 c, 
. Hoo>i i8a8; Leroux. 

<i) SaauiBBg iêr banm altan ipnUchvK BonninK' AlMboiy H 
Wpiif,i8i7(. 



jbïGoogIc 



So Phihiogiâ, EthnûgraphU. 

t5. StiQCionctfinz , ou l'Art d'enseigner à lire en vingt Icf ods 

d'une heure, au moyen de l'analyse des sons de U parotet 

par }. ). HORTiMORT, professeur de littérature grecque ei 

latine. Br. in-8° de 7a pages; prix, 1 fr. 5o c. Paru, i8aB ; 

Chanmerot. 

Depuis quelque temps il pleut des méthodes sur l'art, en sp* 
parence si siipple et néanmoins difficile, d'enseigner rapide- 
ment i lire aux cnfsns. Celle de H. J.-J. Hontémont s'adresav 
plus partie uliârenieut aux professeurs; elle a pour bue les aotia 
de la parole, qu'elle énonce par l'oigane vocal k l'inspection 
seule de l'écriture; ses moyens sont deux lois invariables sur 
falliaiioe des voyelles et des consonnes entr'ellet , et sur U mx- 
niére de diviser les mots en syllabes pour reconstruire en sotis 
articulés les signes représenta tib de la parole. L'auteur avaace 
que , d'âpre! sa méthode , un exervice assidu de ao jt 3o leçom 
d'une heure snfht pour apprendre k lire correctement , même k 
un enfant de six ans, qui sera docile et attentif aux leçons; il 
^ute qu'elle peut s'appliquer aux masses par un enseigneinent 
simultané, ce qui offrirait une gnuule oinélioration dans l'en- 
seignemenlprimure. Z. 

*S> L»«DB ■nicsLX. — lUtMnr i l'Académie des beanx-Mte 

de France , sur la Ungne mitueale învmiée par M. Sddkx. 

Daus votre séance du a6 janvier dernier (i8a8}, H. Sudre a 
en rhonneur de voua développer le système de sa langue musi- 
cale, delà parler sur son violon, de l'écrire avec des signaux, 
musicaux, et d'en faire la traduction spontanée par son élève, 
lé jeune Deldcvez, Agé de 11 ans. Plusieurs expériences ont été 
réitérées devant vous, toutes ont réusu. L'enfant a toujours 
traduit ce qui lui était transmis musicalement par H. Sudre , et 
cette Iraducdon a toujours été conforme it ce que plusioun 
d'entre vous avaient dicté. 

L'Académie de musique a désiré que sa section de musique 
flt un rapport sur Touvrage de H. Sudre. Votre section a penii 
qu'il lui serait utile, en ce cas, de prier plusieurs membres des 
différentes académies dont se compote Ilnttitnt , de votdotr 
bien, pour cet examen, se réunir & elle et l'aider de lann 1«- 
■UrM t Mtte prafNMlkMi A.M tcaMiUitf , et nods noaa BoasMft 
lAunii 1« lundi, tS de ce BMi», dâu «M^MllMd* llBMlMlb : 



PAiMogte, Ethmt^pyipAie. 3t 

Crtte commù^on , dont 1« nembrM éuiciil MM. 4a Ptony, 
Arago , le baron Fonrier, RaouUHochette , Ch^rnbinî , Lesueur, 
Berton.Calel et Boieldieu, après avc^r pris coDaaiuanoe de 
toi» h» procédés inventés par M. Sndre , pour U fonnatiiH] de 
la langue musicale, et après plusieura expériences faites et réi- 
ttrits devBDt elle, a reconnu que l'auteitr avait parfaitenient 
atteint le bat qn'tl s'était proposé, celui de créer une véritable 
langue mnsicale; la Commission a donc pensé, qu'orTrir aux 
hommes un aouveau moyen de se communiquer leurs idées, de 
les transmettre à des distances é1oî{^ées , et dans l'obscurité la 
plus profonde , était un véritable service rendu à la société , et 
que surtout, dans l'art de ta guerre, l'emploi de ce langage 
pourrait, ea certain cas, devenir trés-ntilc, «i servir de télé- 
graphe nocturne, dans les drcoDstancei où souvent les corps 
militaires ac peuvent se communiquer les ordres nécessaires à 
l'exéciiiion de tels ou tels mouvemens. Les însirumens À vent 
seraient presque tous propres h l'emploi de ce moyen, surtout 
la petite elariocite , et il n'est pas de musique militaire qiiS n'en 
possède une. Il n'est pas non plus d'état-major, surtout en 
France, dans lequel on ne rencontre un oDirier sachant la mu- 
ùque, et puisqu'il nons est démontré qu'en 8 ou lo leçons, 
Iwsqn'cHi est mnsicieii , on petit parler et écrire la langue de 
M. Sadre, et ht traduire , ainsi que Ta fait devant nous le jeune 
DeMerex, nova sommes autorisés Jk croire que ce tél^raphe 
musical pourrait s'employer hcilement et ntilement dans nos 
campa. l.'ofBcier reeevraïl l'ordre de son général , le traduirait 
ransicalement , et le ferait transmettre d'une rive ou d'nn camp 
à on autre, par l'un des musiciens de son corps. Cette expé- 
rieaœ » été faite l'été dernier, & minuit, du pont des Arts au 
pont Royal , et elle a parfaitement réussi. Nous croyons donc 
dcroir aussi faire remarquer k l'Académie que nom sommes as- 
surés qu'il sera trés-Tecile, par le moyen de la transposition 
■nnairate, d'obtenir des variétés de transmission de ce langage, 
iHwhlablgg i celle» qui sont en usage dans les correspondances 
diplomatiques, par chiffres et autres signes, et de manière & 
préroùr l«a inoonTéniens qui résalteraient de eelte transmission 
Jonnte en si^es, dont tout le monde aurait fnlelligenre. 

La ConnMoM orolt «UMÎ que «e noureau moyenne eom- 
n w aicttiaa da U peiuéa peut offrir, d>M d'aatret arcoMtA0«M 



i:, Google 



3a PAUologU, Ethnographie. 

de la vie, de grands avantages, et qiie le système de H. Sudre 

renrcrme en lui tous les germes d'uite découverte ingénieuse et 

utile. 

Nous avons l'hooneui' de vous proposer, Mi;ssieurs, d'accor- 
der votre approbation a notre rapport. 

Signés de lE>rony,Ar3go, membres de l'AcBdémie des science^ 
le baron Fourier, de l'Académie Trançaîse; Raonl-lLochette, 
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres ; Chérubini, Le 
Sueur, SertOR, Catcl, Boieldieu , membres de l'Académie des 
beaux-arts; H. Bcrton , rapporteur. 

a?. DiB HOBCKSTE VsEKisFiCHDWO nsa ScBtEiBBKOHST.— L'Art 
de l'écriture, féduit à son plus haut degré de simplifieationi 
par le conseiller D' Ebdhahh, médecin de S. M. le roi de 
Saxe. Avec i pi. (^Dingkr's Poljlecfur. /ouitial; 1836, Tom. 
XXl.cab. S,p. 235.) 

C'est une naurcllc méthode sténographiquc dont H. Erd- 
mann est l'inventeur. Il n'emploie que a signes, le jmtR/ et la 
ligne, àont les diverses positions, déterminées par a lignes 
horizonlales parallèles, sufiiscnt. pour représenter toutes les 
lettres de l'alphabet allemand. Cette échelle offre 5 places 
pour chacun de ces signes. Les 5 places occupées par lé^wM 
représentent les voyelles. La ligne tirée horizontalement , per- 
pendiculairement , obliquement de bas en haut et obliqueuNot 
de haut en bas, occiip*: ao |)lacei pour représenter les 19 coa- 
' sonnes, plus le tch. Malgré cette grande simplification de si~ 
gnes, on conçoit facilement combien cette manière d'écnrese- 
rait compliquée , si l'on ne se servait paii de nombreuses ^ré- 
vtalions, telles que la liaison des lijjnes horizontales, perpen- 
diculaires et obliques, toutes les fob que ces diverses directions 
permettent de les combiner eatr'clles, la suppression des voyel- 
le etc., etc. Or, ces abréviations indispensables, toujours sut- 
ceplibles de nuire ik la clarté, doivent nécessairement faire 
naître une partie des difTicultés que présentent les autres mé- 
thodes sténographiques. 

L'auteur joint sur la planche qui accompagne son mémotre 
un exemple des abréviations que l'oii peut introduire danssa 
méthode^ mais il est à regretter qu'il n'en donoe pas l'eqiUca- 
tioo. G. 



jbvGooglc 



Phihtogiâ, Ethnographie. 33 

aS. NoDVFjku «TSTiMB db STâKoanASBie , ou Art d'éorire anui 
vîteijue l'on parle; par Hippolyte PitivcMT.uii des iténo- 
grapht» qui vecueillent les cours de MM. Villnnaiii , CoatM 
«t GnizoL i' édit. Broch. m-fi" de 47 pages, bvec 4 pi. ; prix, 
I ÎT. Sac.^ris, iSsSjPichon et Didier. 

L'art d'écrire aussi vite que la parole, connu dans les an- 
ciennes républiques, n'u cessé d'être plus ou moins en honneur; 
m îi^ il a dà trouver un plus grand nombre de partisans de nos 
jours, oi'i la nuiliiplicilé de nos cours publics el le rAle '([ue l.i 
tribune est appelé- ii jouer da.is notre gouvernement représen- 
tatif en ont Tait un besoin pour un plus g'rnnd nombre de per^ 
sonnes. Toutefois, cet ort a-t-il des principes Lien certains, et 
dont l'application ne soit pas entourée Ae trop de dilTicuItôs? 
Telle est In question importnntc fi résoudre. 

■ A en juger (dît M, Prévost dans sa préfac- ) par le petit 
nombre de sténographes qui existent, on s'imaginerait que la 
sténographie est un art bien difTîctIc ; et cependant , nous som- 
mes à portée de le dire , cette écriture est plus facile que celle 
dont on se sert ordinairement. » Notre scnlimcnl , A nou» , est 
que la sténographie est un art qui demande ^.1 esercic: .„.i- 
stant i-\ journalier pour oITrir des résultats satisfaisans, et qu'il 
n'est vériiaM-^roenl utile qu'aux personnes qui en ont fait leur 
profession habituelle. Lorsqu'aprés une étndc longue et pcrsé- 
véranie.on est parvenu à s6 servir de cette écriture decon- 
Tcnlion avec autant d'habileté et de promptitude (]uo de l'écri- 
ture ordinaire, tout n'est pas encore fait; car l'a ttcn lion et la 
mémoire jouent un si gi-and râle dans l'exercice de cette mé- 
thode, qu'à notre avis, bien pe-' de siénngraphcj peut-élro se- 
raient eu état de déchiffrer, après un certain laps de temps , ce 
qu'ils auraient écrit, même sur une matière qui ne leur serait 
]>as entièrement étrangère. 

Bien des essais ont été faits déjà pour réunir en corps de 
doctrine les préceptes de cet art, aussi fngitif que ta parole 
qu'il est appelé i représenter. Nous avons sous les yeux une 
méthode publiée, CD i&oi,parH. Honoré Blanc, sous le titre 
tïOtyp-aphie{i),n dans lit(;uclle nor.â trouTons des renseigne- 
niens curieux sur cet objet. Dcpub long- temps, nom n'avons 

(■)Ig-S'dai.x<lt7|»g«i, »«: iSpl. grirén. Parit, in nL( iSoi J) 
Bia>Bli. 

G. Tom XI. * 3 

i..i-,....i:,Goo>^lc 



34 P^loiogii, Rhnogrepfùe. M* 98 

plas mtesda parlnr de celte mélkodc, dont l'auteur, devançant 
l'enplat qu'on devait riire plus Urd des prospectut et An an- 
■onoei déeeraates des journanx , promettait de faire connaître 
•t de développer en une seule leçon la théorie de ses prin- 
cipes abrévialeurs. S\ l'effet eAt répoodu à cette offre pouH 
peuse, il n'existerait aujourd'hui personne qui ne ^ à même 
d'employer ta niûlhode ok y graphique. L'nuleur avait fait en 
m^e temps de lette wélhodcune espùcc du chiffre diplomati- 
que, et, avant Ac publier sa découverte, il avait cru devoir 
pressentir le ministre des H d« lions ester jeu r«t sur l'emploi <]ue 
le gouvernement pourrait en faire; mais un des empluyés char- 
gés de la correspondance secrète, auquel M. Blanc avait tic 
adrassé, répondit qu'il serait difficile de faire adopter une nou- 
\elle méthode aux agens diploiuaiiqun, et la proposition tom- 
ba d'elksm^mc. 

Avant VOijgrapiiie de H. Blanc, il avait déjà paru deux mé- 
thodes pour abr^<T l'écriture et la rendre plus rapide : l'une , 
sous le nom de Tachyp^aphU, imaginée par Coulon Thévenot, 
en 1790 ;la socnnde, sous le titre de j'ftVif^m/i/ue, inventée par 
un Anglais nommé Taylor, et dont JBertin fit l'application à la 
Uojpie française dans un ouvrage qui a paru pour la première 
lois en 1791, et dont nons connaissons une édition publiée ea 
1804 (1). Ces trois méthodes, comme on peut le voir par leur 
étymoli^pe (a), différent très-peti dans leur but; mab leurs iv- 
sultats ne sont pas entièrement les mêmes. 'La tachygraphie esl, 
des trois procédés, celui qui offre le moins de réductions et qui, 
par l'extrême multiplicité de ses signes , exîgv une plus longue 
«tude. Elle peut d'ailleurs donner lieu à de grandes mépriKs, 
Ml ce que le même caractère , un peu plus ou moins allongé, 
représente lanlùt une lettre, taol6t une autre, iRconvénieiil 
qui réclame de la part du taehygraphc un degré d'atlenûou 
presque incompatible avec la rapidité qui doit présider à son 
opération. ■ !<■ tb-nograpkie est plus rapide que la tachygra* 

(1) On piDt mcon dtw a oorra^ anlMniri i ocu-ti, utorc : u 
TaehygMphie d« U TaUd«, imprlmi* k Pirii en x•}^^^, il )■ Pmif'ii^^ 
pkatfl da oai4 d* 8«iBl>LjBrant, ^i pam lo «» ipiiit •'••**'>*'''' 
.. .7«J. 

(a) Jinm^i, viit, prompt, T«xlMït ivt«edMt4,vit« («tlvitt*"^'' 



jbïGoogIc 



Ph^togù , EtAaogmph'e, 35 

phi«;iiuisâ«s années d'exercice sont nécessaire» pour y acqué- 
rir quelqac Tacilité ; et , quand on saura que le principal moyen 
de réduction qu'elle emploie est de supprimer toutes les voyel- 
les médiantes, et de n'exprimer celles qui commencent un mot 
que par un si^e commim aux 5 voyelles et aux diphtongues , 
on sera tenté d'appliquer à la sténograpliie ce vers de Boileau : 
/'^viletfAre long , et je deviens obscur. ■■ 
L'auteur de YOlr^apkîe, auquel nous empmnlons ces deux 
jngemens, ajoute, îi l'appui de celui qu'il porte sur la sténogra- 
phie, une longue liste de mots qui doivent s'écrii-c de mérae 
dans le système de Taylor on de Bcrtîn , et qui présentent par 
conséquent une source d'erreurs fréquentes et inévitables, d'où 
pearent naître les plus graves incônvéniens. Fille fl folle, par 
exetnpie, s'écriront deméme^ Colette , caiollc , culle et calotte 
seront synonymes , ainsi qoe monstre et minislre, carême et cri- 
me, mat et miel, beauté JratcAe et béte farouche i enR.rt , s! un 
père écrit aténographiquement à son fils : Ménage ton argent, 
cetui-ci pourra fort bien lire : Mange ton argent. M. Blanc re- 
prochait encore à la sténographie l'impossibilité de rendre les 
noms propres et d'user également de mots nouveaux ou qui ne 
seraient pas déjà connus de ceux auxquels le sténographe pour- 
rait s'adresser. Votygraphie, ik son tour, a essuyé quelques cri- 
ti^ies assex vives ; une lettre , publiée dans le temps par le sté- 
nographe Breton, tondait à prouver que la méthode de M. 
Blanc ne pouvait jamais devenir une écriture assez rapide, parce 
qnll fallait une prccisîou presque mathématique dans le place- 
ment de ses caractères pour éviter la confusion , repioche que 
cehii-ri ïvait fait à la tachygraphie , comme ou l'a déjfk vu plus 
haut. Uafygrap/iie avAÏt , d'ailleurs, un autre luconvénient, rc- 
cODUO par l'inventeur lui-même, c'était d'exiger une asses 
grande surface pour son exécution; un livre imprimé otygra- 
pliiquement aurait présenté un volume aussi considérable que 
s'il eftt été imprimé avec des caractères ordinaires (i). 

M. Prévost est resté fidèle au système dé sténographie qu'il 
a trouvé établi. Il supprime les voyelles médialcs des mots, 

(l)fil l'oB *€at BD> mithad*qairàdaii«lM,UtrMin]|irimé« k on tien 
4* lauvalava t OB pent adopUT U lypogripUa û Iii|MiigaHniMt inaa 
^ai pu Pioat, al dont VMti SlctrJ a mdn 1* oooipu U pto* «vanta* 
IMSdaHknppottfa'ilwflidaaflataBiptàl'laMiiBtnailanaL - 

3. 



i:, Google 



36 Pkilologiâ, Ethnographie. 

ainsi que le Taisaient Taylor et Berdn , et comme on a tu plus 
liant que M. Blanc le leur reprochait avec une forte apparence 
de r.iison ; il assure que cette absence de voyelles ne rend nuUe- 
mcni difficile la reconstruction des mots et leur lecture , parce 
qae son alphabet n'est pas seulement composé de consonnes^ 
mais qu'il renferme eni^ore les sons et les syllabes qui entreot le 
plus rréquemmenC dans la composition des mots. Il cite, pour 
exemple de l 'amélioration introduite dans le systèmede Taylor 
et ficrtin , le mot plan , pour lequel il emploie a signes au lieu 
de i qu'il aurait fallu & ceux-ci. 

Du reste, nous ne nous engagerons pas à donner notre avis 
aux lecteurs sur ta préférence que mérite l'une ou l'autre des 3 
méthodes dont nous avons parlé, reconnaissant d'ailleurs notre 
insulEsance et notre peu de lumières à cet égard, malgré toutes 
les peines que nous nous sommes données pour satisfaire en œ 
point notre conscience et notre devoir de critique. Nous dirons 
seulement que nous avons cru remarquer, dans l'exposé de la 
méthode employée par M. Prévost , quelques améliorations que 
l'on devait atlcudrc d'un auteur qui ' p.ircouri une canière où 
d'autres étaient déjà entrés avant lui , et nous donnerons la di- 
vision qu'il a suivie dans son ouvrage, aGn de mettre les lec- 
teui-s plus k portée de juger du de^ré de conGauce et d'int«-rét 
qu'ils doivent accorder k cet ouvrage , écrit dans un but d'uti- 
lité publique. 11 fait connaître dans la première partie la ma- 
nière de tracer les caractcrcs sténographiques et les règles qiù 
en régissent l'emploi ; la i.' partie renferme les initiales ; dans 
la 3° partie sont comprises les finales ou terminaisons j et enfin, 
dans la 4' partie, qui n'est que le compl.'^nicnt de sonsystèoke, 
il communique à ceux qui ont le désir d'obtenir dans la prati- 
que une grande rapidité quelques nouvelles règles et ses princà- 
puux moyens abréviatifs particuliers. On y trouve aussi un sys- 
tème de numération et de ponctuation. T.e prix modique de cet 
ouvrage doit étrcun attrait déplus pour bien des personnes, et, 
si sa lecture pouvait suffu'e pour faire d&bons sténographes, il 
obtiendrait bien rapidement uu grand nombre d'éditions suc- 
cessives; mais, quel que soit son mérite, nous pensons que qnel- 
ques leçons orales et pratiquesjdonnées par son auteur, auront 
nn plus sûr résultat, et nous engageons ceux qui éprouvent le 
besoin d'acquérit cet art i recourir à un moyen que oe rnn- 



jbïGooglc 



Philologie, Ethnographie. 3^ 

placeront jamais l«s principes le mieux exposa et le mieux 

rùdjgés. E. Hékead. 

3g. Manuel de C*i.LiuRArBiE. Méthode complète de Caestaiks, 

â\.\K Mi^thode américaine; ou l'Art d'éeriie en peu de leçons, 

par des moyens prompls et faciles. Ini 8 dciao pag.,avec ua 

Bttas oblong, composé de 38 planches; prix, 3 fr. Paris , 

j8a8 ; Roret. 

Nous avoDS déjà annoncé [Bail, des Scit'nc. terhn. , Taui. IX , 
«"348) 4ID cahier ohlong, publié par M. Chandelft, sous lu 
litre de Sytième iTècriiiire américaine tlévoilce, qui depuis a 
obtfDU plllsîeu^^ éditions. Nous donnions, dans une noCe, le ti' 
Ire de la Méthode originale de Carslairs, traduite en françab 
cl Tormant ud volume in-S°. Nous ae saurions ju^jcr ce que 
contient ct't ouvrage, qui ne nous c:it point parvenu; mais 
nous ocrions portés à croire qu'il rcnfernie des choses étrangè- 
res à son objet, puisque celui que nous annonçons, et dont le 
format est bien plus petit, nous a paru contenir encore quel- 
ques répéii lions. 

Les journaux ont retenti des éloges donnés à la Mêihorie de 
Caritairt ,et la nombre considérable de maîtres qui enseignent 
ce nouveau système est une garantie du succès qu'il a obtenu , 
malgré les dénégations de quelques personnes, parmi lesquelles 
M. Ravnaud , grammairien et calligraphe , s'est fait surtout re- 
marquer par l'esprit et la vivacité de ses attaques dans une 
cause où il a cru que Thonneur fraoeais était intéressé. Nous 
regretterons, avec l'auteur du Manuel que nous annonçons, que 
ceux qui ont importé cette Méthode en France n'aient pas imite 
le noble désintéressement de son inventeur, et aient établi une 
espèce de monopole sur leurs concitoyens, 

M. Trémcry avait déjà publié en iSaS un précis de celte 
Méthode , avec un recueil de modèles gravés; mais, reconnais- 
sant lui-même que ce premier ouvrage était incomplet, il a 
voulu Taire jouir ses compatriotes de tout ce que rcnfernie de 
hon et de réellement utile la dernière édition de louvrage an- 
glais, pultliée A Londres, et c'est ce travail qu'il nous orTre au- 
jourd'hui. 

M. Carslairs, persuadé: 1" que récriture, produite par le 
simple mouvement de l'articulation des doigts, ne peut jamais 
conduire à l'expcdit-e ; a" que celle qui résulte du simple moa- 



I., Google 



.38 PhUotogie^ Ethnographes, 

vement du bras ou du poignet ne fournit que des cartctètes ■■• 
gulaircs , a reconau la Dccessitt de combiner ensemble le triple 
mouvement du bras , du poignet et des doigts ; c'est là ce qui 
a été la base de son système. Voici les conditions qu'il exige, 
et que sa Méthode tend à développer dans ses élèves : i" 11 
faut que l'élève puisse écrire dans tous les sens du papier avec 
facilité; i° qu'il acquière et communique au bras et à la main 
uu mouvement habituel et régulier , qui soit également appli- 
cable à toutes les lettres de l'alphabet, et donne, par son eiè' 
cution , ta méiue inclinaison à toutes les lettres, et qu'il observe 
la même distance entr'elles ; 3" qu'il, ne quitte' pas !a plume à 
chaque mot, mais qu'il lie, si cela lui est possible, les mots en- 
tr'eux; 4° que la louche delà plume soit légère et hardie, pour 
ajouter à l'uniTormitè du mouvement. Pour dispositions pre- 
mières, il faut que le poignet de l'élève soit dirige à plat sur 
la table, sans ccpcadanty toucher;il doit être tenu en paral- 
lèle, à la hauteur d'un pouce, et il faut le faire mouvoir sur 
la surface des ongles des 3" et 4" doigts , It^uels doivent être 
l'entres sous la mnin. 

L'ouvrage de M. Trémery reproduit avec soin toutes les in- 
dications nécessaires pour guider les lecteurs dans l'étude de 
cette Méthode, à laquelle nous avons vu plusieurs personnes 
dc^'oir un changemeut fort avantageux et remarquable dans 
leur écriture. Il est à désirer que la connaissance s'en répande 
de )>lus eu plus, et, pour ne citer qu'un exemple des gnads 
inconvénicns que peut entraîner l'imperfection de l'écriture, 
nous signalerons avec l'auteur le cas, qui peut se représenter 
souvent, où une ordonnance , mal écrite par le médecin, serait 
mal lue par le pharmacien chargé d'en préparer le contenu , et 
dont l'erreur pourrait avoir alors un résultat si funeste pour 
les jours du malade. 

Après les notions préliminaii-es, la impartie du Manuel de 
M. Trémery contient une hbtoire de l'écriture, puis l'indicalioa 
de diverses préparations pour obtenir toutes les espèces d'en- 
cre, cl pour enlever l'écriture et la faire disparaître du pipier 
ou du parchemin. La a* partie contient les indications maté- 
rielles nécessaires pour le développement de la Méthode d« 
Carstairs, puis des leçons ou iostructions sur dhacune des plan- 
ches qui composent l'atlas. Ces planches, au nombre de aS, 



jbïGoogIc 



ooNme DOS» l'avoDc dit dsns le tilrs de cet utidc ■ imt fort 
bi^ exécuiMS et gnvcea par H. Dieu- Enfii, oeU» rdUio* , 
beancoitp moins cfaére q>e celle qu'a publite le Ubrùre CoIm, 
ei qui eM du prix de 10 fr. (i), nom penft oflrir tout ce que 
peuTent désirer les persounes qui voudnùnil mettre ^pra- 
tique nae méthode k laqeclle oa M peet refnter une Miperio* 
rite marquée sur touletcdles qui avaieat «lé enusaoejuMiu'îi-i. 
E. H. 



MYTHOLOGIE. 

3o. Svixa HiYoïAGi*. — Sur b Mylbohigie; diieours de VJue. 

HovTi. Milan, 1093. ( AÏ/iafemitattiiM; a* oxviii , oetobre 

i8a5,p. 17.) 

Ce discours du vén<-rablc patriarche de la pocsic ilalieune 
semble être une ri'ponsc indirecte aux auteurs modernes qui 
pensent que la nature seule peut fournir des inspirations sans 
qu'il soit nrccssaii'c de recourir aux iîctions dcrnniiqiiîté. L'ou- 
vrage de Monti est en quelque sorte uni? rûrutalion du roaiao- 
tismc,q<iî, uherchant à s'alTraDchir de toutes les rèj^lea trans- 
mises par les. anciens, et pnk^ieusenlent rerueîllies par leurs 
doctes |>arlis.ins, se prive aussi des secours que nous ofTrent 
leurs leçons, et des conseils, mûris par l'expcrlcnce, qui ont 
guide la majeure partie de nos grands auteurs dans leurs tm- 
niortr^Ies compositions. Ce n'est pas que cette vénération , ce 
culte pour l'antiquité doive dégénérer en un enthousiasme fana- 
tique , et que , pour aimer les anciens , il faille se traîner en 
rampant sur leurs traces; il ne s'agit que de garder un juste 
milieu entre une audace téméraire et une imitation servile. 
Toujours est-il que le res])ect.ible Monti recommande l'étude 
de l'antiquilc comme une mine féconde et inépuisable de pen- 
sées aimables , brillantes , fortes et sublimes. 
3f. D« Pmoehicis Fabula apud Gr^rcos, Romanos et populos 
Orientales Commentât iouis Pailicolal, etc.; par J. F. Hkk- 
Bicnswi. In-S" de 3o pp. Copenhague, iSaS; Schulz. ( /ft*- 
deilberg./ahtbûeh.dcr Litertitur ; i8a6, cah. 9, sept., p. 904}. 

(1) Use >* Uitioa i» o«t OB*r*ga, «Tac us itlaa in-t* d« a6 p|., a 
m I et M f <nd dwi I« mtaat librairt, ad prix da 5 lï- 



I., Google 



4o- Mythologie. 

On conçoit (]u'iin ooril de 3o pp., consacré à une nitiire 
sut* [«iiielle it existe bien d'aiitrn travaux , ne peut oflrir que 
fort peu de chose , même s'il était doublé par la Panicula II, à 
Uduclle on doit s'attendre. Cependant l'upuscirle que nous an- 
DonrtHis n'est pas sans mérite ; car, ayant écarté totil ce qui n'est 
point essentiel, n'ayant considéré la tradition que sous le rap- 
port de son origine, et ayant rectifié, an moyen d'élémcns chro- 
nologiques, plusieurs données des anciens, l'auteur a pu se 
frayer une voie qui exigeait peu de dévcioppemens. Le pas- 
sage suivant fera coDonîtrc cupart^ l'opinion de l'auteur: 
1 Ducibus itaque scriptoribus antiquis cum Afunfe/n conteudere 
andemus, Phosnicis fabulam esse astronomicam , PboeuiceiDque 
mortuHin esse tempus prsteritum annis volventibus traosac- 
tum. Quot vero anni hoc cycio comprehcndantur, ob divcna 
veterum lestimonia inccrtiun est, maxime tamcn probatum 5oo 
aanorum spatium, ab Herodoto atque antiiinissimo qiioquc tra- 
ditum. Myrrha mnrtiios condiebant £gvptii , ncquc humabait- 
tur detiincii , scU in loris sacris scrv.ibantur. Fabula itaque sine 
dubio ctiam hoc indîcnt, mcmorinni prKtcrlapsi temporis '* 
sacerdotibus templi Hcliopolilani scrvatam fuisse. Cetera for- 
tasse pan la tim in ipsd Gneciù acccssere commenta, scd Rero- 
dotum sequimur. Atquc hKc hactenus plura enim de signilica- 
lione liiijiis fabiilxin altéra noslr» commenta lion i s pariiculâ 
ernnt diccnda. 

Nous ajouterons à ce que dit le journal cité au titre, qu'A n'y 
a rien de bien neuf dans les propositions de l'auteur. II est 
r«çn en érudition , nous dirons il est prouvé , que la fable dn 
Phénix était, en Egypte, un symbole de la grande période de 
1460 ans fixes, comprenitnt 1461 anuéos vagues : celait la 
période solhiaquc se renouvelant aussitôt qu'elle était terminée. 
Feu Larcher a traité ce sujet d'une manière trés-salisfaisanic. 

3a. Db Csacopians et Cvclopibus; par G. D. HiÎLMiAiiw. In-4* 
de i5 pp.; pri«,8gr. Cologne, i8a6; Bach. {B«ck, JUgem. 
Repertar.; .3a6, vol. IV, cali. 1 et a, p. 98. ) 

Le professeur Lol>eck de Kienigsberg publia, eu 1810, uu 
programme sur les Cercopcs (Kerkopes), où il prétendait que 
'ces personnages mytliologiiiues avaient été Aee/oealtiiorei, ùn~ 



,tz..i!,Googlc 



Mythologie. 4i 

mosaunloMet, qmhmi Btreulei «i/)aArf /iimt, denee hmi ipsi 
intidùu ttruerent; que c'était d'eux que les l>oufToi» des an- 
ciens rtû» avaient pris leur nom , et que ce nom avait été em- 
pruDlé d'une espèce de singes hideux, parce qu'ib imitaient les 
grimaces et les gestes de ces animanx, afin d'cKciter i rire. M. 
HiillmanD avance, dans le Mémoire que nous annonçons, une 
opinion opposée k celte de M. Lobeck, son ancien-collègue. D'a- 
près les notions qu'il a puisées à ce sujet dans les anciens écri- 
vains, il croit devoir prendi'e les Cercopes pour des gesticiilato- 
res, veteratorei, SYcophanItv , versuti fiillaciaruin ntoehinalorcs , 
qui ijut^ibet moilo popalum fraadc petiiierint. Il part de l'étymo- 
logie des mois de fpx«c, iupKO{, nipu^, aipïti ■û)ac, ■ûid.o;, qui 
ont la ûgnification de teptum; «iji, cfi signîiie dans plusieurs 
noms composés les yeux, le visage, tandis que dans plusieurs 
autres ce n'est qu'une simple finale sans ancunc signilicalian. 11 
s'en suit donc que les mois de Cyelope , Cercopc, Cccropo, si- 
gnifient origînairemeni, dans la véritable accrplion de ce mot, 
un circidateur, «Vcu/u/n/-. D'après les ancien» grammairiens, 
les mots de Kaxfc^, Kfpxu^ étaient synonymes, et le plus aneien 
nom des Cyclopes était Kt^xani;- C'étaient eux qui confection- 
naient les murs circulaires (rbiXsuï) de grosses pierres ( rrc/o- 
piit taxa). De là la tradition que tes Cyclopes étaient les abori- 
gènes de Sicile, où ils avaient élc accneillis par nn roi Cccaliu 
(Coda, Crclops). D'après Hérodote, la traditiun qui donne 
ans Cyclopes un oeil au milieu du Tront, vient d'un usage établi 
parmi les Arimaspes qui se tenaient à la proximité de l'Aliaï. 
Ce peuple, pour se garantir de la rigueur de l'hiver, qui du- 
rait pendant 8 mois de l'année, avait l'habitude de se couvrir 
la figure d'une espèce de réseau de crin , dont la Torrae était 
convexe, ayant vers le milieu du Front on trou fendu en 
amande; de lii la double signification de xùxï.ani; -.inuroncm ty- 
elicornm auctoret, ei,-per efclos cemeates. Les Cercopes étaient 
aussi connus sons le nom de Coclius , Coclearii. Il paraît qu'ils 
out clicrché à tromper le peuple au moyen de cercles et d'au- 
tres signes astrolo^ipies , et que c'est à cet le occasion qu'on a 
attaché au nom de Cercope l'idée d'un jongleur, d'un fourbe , 
etc. L, D. L. 

33. De RsLiGioNE etO>«cui.o Apollims Detruici CoMHEtcTk- 
Tio, pars prior ; par Chr.Fréd.WiLsTBR, theol. et juri». candid. 



4)r Archϝlogi^i ' Ifumtsmatique. 

- i>Spa(.ia-t''.CopeDha^e,i8»7;)intir.d»S«i<ltUii.(AiiMl 
liuenuur ndcMU; iftag, v!* b4 et aS. ) 

DaDS In Gazette littéraire danoise, <]ui nous fait - connaître 
celle dissertation, on rappelle deux dissertations semblables, 
celles de Groddeek De oraailorum qiiœ Hcrodott lihrÎM eontï- 
nrniur nalura;Gœ\\ii\\'»e , 1796; et de Cordes Disjiulatiùite ora- 
euh Dodontr.o ; Grontngue , 1 836 ; et lu rédacteur ajoute qull 
ne cODnait aiieiine dissertation rt'-cente lur les oracles. Ceci sem- 
ble jtronver que les r^dacleiii-s ont tort de ne pas lire le Bulle- 
tin, qui les tiendrait au courant des onvrages philologiques. Le 
Bulletin a annoncé en efTet, dans les dcrnièies années , deux 
ouvrages sur l'oracle de Delphes, Tun d'un savant d'Hollande, 
M. Menio , et l'autre d'un savant d'Italie , le conitc de 
Mengolli (Tom. I, n* 381, et Tom. lit, n° 558). La disser- 
tation de M. WiUter laisse beaucoup à désirer. Il y régne peu 
d'ordre, et au lien de puiser toujours aux sources , l'auteur pa- 
raît trop souvent s'être borné à reproduire les idées de Van 
Dale, les opinions d'Olfricd Mâller, auteur de l'ouvratjc sur les 
Doriens, et celles de Titlinana , qui a publié duc dissertation 
sur la ligue ampfaictyonique. Après avoir lu tout l'ouvrage, on 
ignore encore quelle idée l'auteur se fait de ces oracle» des an- 
ciens; il paraît du moins être loin de les regardet comnie une 
fourberie, 

La Gaiette littéraire danoise fait, sur la dissertation de M. 
ATilster, beaucoup d'observations critiques, contre lesquelles 
l'auteur a réclamé dans le n" a8 du ttiéme journal , où l'oa 
trouve aussi une réplique du- ri-dacteur de l'arlicle eritiquei 
n'ayant pas reçu la dissertation même, nous ne pouvons qu'eii- 
regislrcr les pièces de ce proe»-s litiéraire. D-o. 

ARCH£OIX>GIE, T4T.IH1SMATIQIJE. 

34. Antiquité ioTPTir.sNRS iio Muske as Livuroot. 
Le Muséum possède plusieurs belles antiquités égyptiennes, 
au nombre desquelles on rcmaniue un beau papyrus Irouvé 
dans la main d'uue momie. Ce papyrus, qui a plus de ao pieds 
de longueur, est chargé d'hiéroglyphes d'uB beau dessin, et orné 
(l'un grand nombi e de peintures. L'une de c^ dernières rcprê- 



jbïGooglc 



'JnLsohgU, NMmtmatiqitB. 

HBte If jugement des morts, tel que le décrit Diodora de Sicile. 
Du» e« tableui, l'etprît du défunt «t conduit par un génie de- 
vant le dieu TAotA , qui tient en main ses tablettes, sur lesquel- 
les il cantigne les i-rfsultats d'uncépreuve&itc devant lui, et qui 
OMitisle ep ce que les actions du défunt sont pesées dans une 
baLutce. Dans un compartiment supérieur, l'ime du mort , gui- 
dée parle niémegénie, est introduite devant Ostrii; cérémonie 
qui indique llMareuse issue du jugement. On voit ausû , dans 
c«tte eoUection d'antiquités, une tête de momie non enveloppée, 
qui est celle d'une jeune femme , avec uq net mince et long, et 
de lu^MS boucles de tjieveux d'un bran foncé, caractères qui 
conBiment l'opinion de CttTier,de Blumenbacb et autres sa- 
vana , que les Ëgjptieiis ( de l'ère , au moins , à laquelle appar- 
tient eetle moiiiie ) n'étaient point népet. On remarque «usai , 
dans ce Hwée, plusieurs souliers de momien, et une superbe 
sandale de feuillâ de palmier tissées; le tout fait sur las deux 
fonnes , draiu et gauci» ; en sorte que même cette mode mv- 
deme est d'origine égyptienne. J'ai en ma possession une figure 
SHarpocmtet en bronze, dlun travail exquis : le dieu est re- 
ivéscuié le doigt sur tes lèvres, et le scarabée sacré sur la tête. 
liCt contours du corps et l'expression gracieuse de la tète sopt 
entièrement dans le style grec. ( Lettre du H' Traill. EdûA. 
Ktv phitoioph. /our/i.; i trim., 1S37, p. SgS. ) 

35. Biuraa nis GUBCHiscnsN ÀLTsaTuifiu. — Dessins d'objets 
de l'antiquité givoque, ou Recueil de dessins offrant les con- 
trées les plus célèbres et les objets le» plus importans de l'an- 
cienne Grècet par J. Hoansa. Cah. X-XII; p. i3(}~i78; plan- 
ches LV-LXXn. Zurich, 1817 ; Oretl. (Beck , Jlfyem. Reper- 
tor. ; iSa8, vol. I,cab. a, p. i%^.) 

Les mnnnmens antiques figurés dans ce cahier se succèdent 
dana l'ordre suivant : 55. Therpsichore, et £ros dompteur de 
lion , d'après > gemmes du Musée de Florence, et dont la [Ma- 
nière « pour inscriptiou «oXun*;, et la seconde npoTafxot Ivetiu 
56, La tête de Dîonj'sos, d'après le dessin de Seidelmann (le 
buste colossal , autrefois dans le Husée du Capitole , poitait le 
nom d'Ariane. C'est Wtnkelmann qui a rendu à ce buste stm 
vni nom). 57. Marche triomphale de Dionysos, d'après les bas- 
relieb deZoëga. 58. Vue intérieure du théâtre deTauromenium, 



otzscii/GoogIc 



44 Archaohgie, Numismatique. 

d'après Houel, Foy.pittt^. en Sicile. 5g. Le plan de et théâtre, 
sivec une explication détaillée des difTcrentes parties du tfaéitre 
grec. 60. Grand candélabre antique, nchement orné, tiré de 
Millin, Monum. inid. 61. Zeus Aigiochos, (d'après un Camée 
Onyx , appartenant aiitrerois au chevalier Ztilian de Venise ) , 
et lin génie bachique ( ailé vers le milieu du corps ) , d'après 
Goiî , l'un et l'autre au Musée de Florence. 61. Deux grands et 
superbes vases de marbre (autrefois dans In villa Mcdicis) re- 
présentant le sacrifice d'Iphigénie, d'après Firanesi. 63. Un 
grand vase bachique, de marbre, d'aprè& le même Firaursi. 
64. Trépied, représentant le combat d'Hercule avec tes fib dHip- 
pocoon , d'après Visconti, Mas. Pi»-Clent. , T. V. 65. Electre, 
Oresie et Fylade, d'après le dessin d'un vase, de la collection 
de Millingen ; Peint, de vases grecs. 66. Thésée assommani Pro- 
crnste , d'après deux dessins de vase, de la collection de Millin- 
gen. 67. Scènes burlesques, d'après des vnses de Millingen. 
68. Apollon du Belvédère. 69. Le buste d'Apollon , d'après un 
plâtre. 70. Apollon Saurocktone, d'après Winkelmaon, 71, 
Apollon Musagère, d'après Visconti, M. P. Cl. T. II. 7a. Un 
fragment de la tour des Vents à Athènes, d'après S tuart. Les 
explications méritent les mêmes éloges que celles du cahier 
précédent. L. D. L. 

36. Selsctiuh or Vases , etc. — Choix de vases , d'autels, de 
candélabres et de trépieds antiques, qtii se trouvent dans le 
Musée royal , à Faris ; gravés par Henry Mosxs ; avec le leste 
par T. L. D. Londres , i8a8; Cooke. 

Ces dessins, au nombre de 9, doivent être familiers aux con- 
naisseurs qui ont observé les chefs-d'œuvre de sculpture des 
Grecs et des Romains, qui occupent le premier rang dans les 
vastes et m<ignîGques salles du Louvre, à Faris. Parmi ces ob- 
jets, on remarque surtout le giand cnndélabre de I^ranésr, qui 
forme le principal ornement de la salir du Candélabre, au cen- 
tre de laquelle il c§t placé. Les der'îns de cet intéressant ou- 
vrage sont de Boys et Cooke; et ils ont été gravés par Moses. 
Les descriptions ne bissent rien à désirer; et l'ensemble del'é- 
ditiou est d nue exécuiion élégante. ( London Hier. Caselte ; 18 
juiniâaS.) 



!i!,Googlc 



'^re&motogie , Nu m ùm at^ u â . 45 

37. HoMJi» nV^^ i-BS vonnifziis Asnqcu; par Tisosuv. 

^*. caiàer. (Kuiut tmd Jlterthum vort Goethe ; vol. V,cab. 3, 

p. 40, iS^fi. ) 

Ce cahier contient : I. Fragment d'un hftt-relîer, style >r- 
den , avec 3 figures, dont les noms se trouvent au bas de cha- 
cune : Agamemnon , Tsiihybins et Epeus. Le premier de ces 
noms est écrit de droite à gauche , et les deux autres de gauche 
ï draîle. Les jambes manquent à Agamemnon , assis sur une 
chaise; Talihybius et Epeus, tous les deux bien conservés, se 
tiennent derrière te roi. D'après les données des uns, ce mo- 
nument a été trouvé dans l'île de Lesbos ; selon d'autres , 
dans t1lc de Samothrace. II appartenait aiitrerois au comte de 
Choiseut-Gouffier, et se trouve aujourd'hui au Mtisée royal de 
Vvni. Il est hors de doute que ce morceau est très-ancien et 
qu'il est exécuté dans l'ancien style grec. U. Achille remettant 
son épée dans le Tourreau, dessiné d'après le fragment d'un bas- 
relief trouvé dans l'île de Capn. Monument d'une époque plus 
rapprochée, m. Diomède, Ulysse et Dolon. Peintures de vases. 
Si M. Tischhein a exactement rendu ces objets au moyen delà 
lithographie et du coloriage , il y aurait lieu de douter que ce 
travail appartienne à l'art ancien des Grecs , comme l'auteur le 
prétend dans le te:itc; car, bien que les figures de Diomède et 
d'Ulysse soient en noir et k la silhouette, avec quelques Irails 
blancs, et que ce genre appartienne au style ancien dans la pein- 
tore sur verri», cependant on trouve ce même genre sur des ra- 
ses d'une époque de beaucoup postérieure. D'ailleurs, les mem- 
bres de ces deux héros n'offrent point cette raideur prononcée 
qui caractérise l'ancien style. Cependant, il est possible que le 
dessinateur ait cru devoir faire quelque changement à sa ma- 
nière. Quant à la figure de Dolon , l'ombre et la lumière qu'elle 
orrre,sont iiD signe incontestable d'une époque postérieure, car, 
lorsque l'ombre et la lumière furent introduites dans la peinture, 
le style ancien était déjà oublié. IV. Antilochus porte à Achille 
la nouvelle de la mort de Patrocle. Dessin d'après le fragment 
d'un beau camée , autrefois appartenant à la comtesse Cherof- 
6ni, et déjà signalé par Winkelmann dans les Mont/m. ont. ined., 
n" tag. V. VI. La prise de Troie, tableau de vase de ig figu- 
res. Ce vase, trouvé dans les environs de Noia , en 1798, ap- 
puteaait i la famille de Viveiuta, i Nola. U >e trouve aujouf 



1:, Google 



46 Ar^iafotogîe t NtOnismati^iu, 

dlmi au Musée royal de Naples. L'exécnilM da dMata d* e» 

lableati est anui vicieuse, que les noms qit'on a donnél tBX t- 
gnres olTreiit de doute. 

38. PuNTDKu H PoLTOHon k DiLpna , deuinéea et gravte 
d'après la description de Fausaaias , par F. et 1. KiBniraan- 
su. iD-fol. Kome, i8a6. (^««s/cy.j o" 78, juin 1897, VoL 
XXVI, p. loo.) 

H y avait & Delphes deux fameux t.ibleatix peints par l>oly- 
gnole,desqueU Patisanias donne une description historiqne dans 
son livre to". Le premier représentait la prise de Troie el 
rembarquement des Grecs : l'autre, le Colloque d'Ulysse avec 
le devin Tbyrésias , dans les enfers. Tous les deux, tant sous le 
rapport de la nob1e.ase des sujets, que sous le rapport de la 
composition, peuvent 6tre comptés parmi les chefs-d'ceuvre d* 
l'aniiqnité. 

La description des tableaux de Polygnote représente admi- 
rablement à notre imagination le sens ,significatir de l'entière 
conception de cette oeuvre poétique et sublime ; mais on cprou- 
verait une grande difHctilté, si l'on voulait reproduire aux yeux 
l'ensemble de la composition , scion l'ordre etl'ordonnanceqne 
l'auteur lui-Riémeasuivis dans cette peinture; car, si Pausanias 
a été exact et même minutieux en décrivant chaque groupe 
en particulier , il est incertain toutes les Tois ciu'il s'agit de ren- 
dre raison do la situation et de la disposition de f;es mêmes 
groupes; du moins, il ne paraît pas qu'on puisse s'en rapporter 
en tout kses paroles. Les commentaires du texte, souvent plus 
tavans dans l'interprétation des mots que dans l'inlelligenccde 
l'art, se contredisent entr'eux, et presque toujours augmentent 
l'incertitude an lieu d'cclaîrcir les doutes. Les tentatives Taitrs 
presqn'en concurrence par l'abbé Gédoyn et le comte de Cay- 
luspDUr produire ces deux tableaux du peintre de Thasos, gra- 
vés à l'eau forte , n'ont pas été plus heureuses ; mais, aujour- 
d'hui , nous devons enfin à MSf. Riepenliausen , frères, habiles 
peintres allemands , domiciliés il Rome , la reproduction dans 
une forme convenable, des peintures de Polygnote, parfaite- 
ment dessinées, et gravées de leur propre main, et, dépôts peu 
de temps, il a été publié un grand tableau de la descente dtl^ 
IfsM'auxtafera, disposé en vingt planche* in-folio. La i**»* 



», NmmùmmUfn». 4j 

pnteale , ta petiM dinemKM, le bd «iMaibie du taUu«i ke> 
autres deMNH KpréacnlMit aaocewivoBsat 1« groopM détacha 
d« cette noble conpoailion , deHinéa mt gnind et eudcnent 
coororoMs , quant i l'action de ehupte figura et im aceesaoircs, 
MU e&preuions du teste de Païuaniu, qui , traduit en rraoçais, 
sert de préface. Pour cette partie éniditetMM. RiepeDhausen 
se soûl fait Irès-Mgemcntaiderpardcsavans philologues et an- 
tiquaires; mais ce qui e*l au-dessus de tout éloge, c'est la grande 
intclligcDce de l'art qu'ils ont déployée en reproduisant , dau 
l'étude de leursdcssing, et autaut qu'il a été possible, le stjrle 
de Poij'gnole. L'époque oi't Borissaît cet artiste peut se ilétcrmi- 
ner avec certitude, cl elle fut assurément celle qui précéda l'é- 
poque de la spleude,ur des beaux-arts i Athènes. 11 n'y a aucun 
molif de croire que la peinture , eti égard au dessin , (ùt nioina 
araocée que la sculpture. Ceux qui ont admiré le temple de 
Thésée étalent les m^nes qui ont éprouvé un semblable scnli- 
menl d'admiration en voyant les peintures de Palygnole. C'est 
pourquoi MM. Ricpenbausen , pour repro«luire le dessin de 
e«s peintures , se sont, avec raison, attachés mx modèles les ' 
plus parfaits que peut ofTiir la sculpture dans le même Age, et 
ils ont mis une égale intelligence à conserver exactement les 
furmes dan* les choses de détail; par exemple, la fonne du scep- 
tre qu'Agamcmuon tient dans sa main est tirée d'un vase grec 
appartenant à M. Dodwell , et si , cependant, le choix des belles 
formes que les dessioateuit ont données aux figures , les rend 
quelquefois plus légères i loin que ce soit une faute, il convient 
parfaitement à un grand maître de s'élevei- au-dessus du com- 
mun des artblcs, et de donner à la Ggurc des héros le caractère 
qui exprime le beau idéal de la nature. 

Ce )ireraier essai doit faire niiîlre im grand désir de voir bien- 
tôt paraître l'ouvrage entier par la publication du a* tableau, 
rrprcseniant la prise de Troie ; alors , les savana et les artistes, 
qui ont si justement applaudi au beau travail de ^H. Riepeo- 
hauten frères , trouveront un nouvel objet d'étude et de satis- 
faction. T. O. 

39. RacooLT* BXU.1 nu miCHi lABnicKc ni Rovi shtici b 

ura «djàcirbi. — Recueil des édifices Ir* plus remarquables de 
RomcaiiciwineetdemettvironiiinffMuréadciiouvtaactdM- 



!i!ïGoo>^lc 



48 - JrehaoUigie y Numùmatùfitê. 

. sîwt pir l'ardâtMle Joi. Valkimu, expliqua par des ob- 
servations archéologiq nés de Phil. Aurtie Viscohti. la-fol. 
atUntiq. ; prix de chaque cah. 34 liv. iul. Rome, 1847; 
tmpr. de DeRomanis. [Bibiiot. itaLjyàa iSa?.) 
Jusfiii'i présent il n'a paru, ik ce qu'il semble, que 7 liiTaisons 
de cet ouvrage dont le commencement date de iSi3. Chaqtic 
cahier ne fait connaître qu'un seul monument, mais avec tous 
ses développemem. Le I" donne te Temple rTJntonin et de 
Faaxtine, dessiné snr 9 planches. Ce temple se distingue, non 
pas par sa grandeur, mais par ses belles proportions et par Vu- 
légance des détails; dis colonnes de marbre cipolin, d'une settlc 
pièce , en décorent le vestibule. Le 11* cahier ronlient le Tem- 
ple itU de la Sibylle, à Tivoli, snv 10 planches. Ce temple, de 
forme ronde , n'est pas dans les proportions exactes de l'ordre 
corînthirn. Cah. III, Temple dit rie resta, à Home, 5 pi. Il ne 
reste qu'une partie de ce temple dont les proportions ne s'accor- 
de-,: oas, selon l'aulciir dn texte, avec les règles de Vilruve qu'il 
a ; ;>phqu('es h tons les monumcns de ce recueil. Cih. IV, Tem- 
ple illt rie Jupiier Stntor; g pi. On regarde ce monument comme 
ayant été construit dans la plus h-'V-.- -'/f:'!" ' de l'architecture 
romaine. Il en reste 3 colonnes magnifiques, avec base et cha- 
piteau corinthien, ainsi qu'avec leur entablement. Le texte dé- 
crit tous les détails de l'architecture de ce teoir'e. Cali. V, rcm- 
ple de Jupiter Tonnant , lo pi. Kdilîce bâti en marbre grec, 
mais malheureusement trés-délabré ; dans les rouilles faites il y 
a plusieurs années, on a reli-ouvc 3 colonnes; les orncmens 
scidptés sont d'une grande l>eauté. L'éditeur a ajouté la co- 
lonne honoraire érigée à Rome par l'empcienr Phocas , et qui 
*si aussi en marbre grec. Cah. VI , Théâtre de Marcellui , 7 pi. 
On sait que ce théâtre fut bflli par Auguste en l'honncnr de son 
pctit-fiIs eliéri : il n'en reste plus qu'un segment de la partie 
am phi théâtrale composée des gradins. En dehors, il y a un reste 
de colonnade d'ordre dorique sur lequel on a lîj^ré l'ordre 
ionique; peut-être les deux étages élaient-ils surmontés d'un 
3* o' .'"C. Ce monument a servi an célèbre Vignole ïk établir les 
|tro|).»'lions des ordres d'architecture dorique et ionique. Cah. 
VII, Temple dit de Mars fengeur, 11 pi. Selon Pline, ce fut 
Auguste qui éleva, après la bala'die de Philippe*, ce temple vo- 
tif, un des plus beaux de la capitale de l'empire romain. O-e, 



jbïGoogIc 



JnhÊologit^ tfitmùmatique. ^ 

40. RouTBS KOKAïKU CAiTs LK NoBTSDMBBKLUtD. { Gottletitaift 
Magtuùte;îazn. i8a5, vol. XCI et XVni de )■ nouvelle sé- 
rie, part. i,n" i,p. 39.) 

On a déconvert les traces d'une route romaine qoi romiaît 
une connu II nicattOD entre In de» x branches du Watltng-Street, 
qui tnverse le Norlhnmbértand. Elle commence à Rocbester 
et vaversHotystone, oA Saint-Paulin, nu rapport du vénérable 
BMe, convertît an christianinne plusieurs inilliers de païens et 
les baptisa durant tin voyage fi Millfield où était Edirin, rui sa- 
xon. La route est large de 14 pieds; elle passe an pied d'une 
monragne ail l'on voit nu triple retranrhi-ment , dont la plus 
petite enceinte est raillée dans le roc à la prorondeur de 8 on 
m pieds dans quelques endroits; mais comme rc lieu manque 
d'eau , il ne peut avoir servi que de refuge anx babitans contre . 
les invaàiws de l'ennemi. Selon toute appnrence cette FortiGca- 
tion est un niivrage des Bretons. La route dont il s'agit va join- 
dre la bniiche orientale du Walling-Street avant de traverser la 
rivière d'Aine, an nord de laqiirlleest la tour de Crawley, bâtia 
k l'angle oriental d'une station romaine sur un monlinile situé 
près de la roule, et qui pourrait être le Almtna AmnU de Ri- 
chard de Qrenceater. 

4i. AvTtQCiT^ BOMAtNBS OÀHS I.E MIDI DE LA Fa«NCB, dédicet 
à. V. le comte de Chabrol de Volvic, conseiller d'état, préfet 
dn départncent de la Seine, etc.; par M. TaunLonr. 

Parmi les monamciis qui fimt le pins d'honneur an génïe et 
an goAt des Romains, on peut ranger le temple deffîsmes, 
connu sous le nom de Maison carrée. Proportions, sculpture, 
tout y est admirable. L'aspect en est aussi riche que majestueux. 
Ce temple est attribué \ Agrippa. Un antiquaire célèbre , feu 
Segnier, a fait connaître l'inscription d'après les traces que l'on 
vmt encore sur la frise el sur une partie de l'architrave. D'aprèa 
lui , ce temple aurait été dédié aux deuï petils-fils d'Auguste, 
lorsqu'ils étaient princes de la Jeunesse. Tbnlcs les restaniations 
avant i8ai n'ont aidé que très-peu à sa conservation. Plusieurs 
an contraire lui ont été nuisibles ; et cependant c'est encore au- 
jonrdliui un des monutnens les plus complets de l'inliquité. 

JHusienn artistes distingués l'ont dessiné , très-peu ont mis 

lu jonr leurs dessins. H. Tbumeloup , ancien pensionnaire «hi 

G. Ton XL ,4 



,:, Google 



^ Arehœologiê^ Nifmùauaifu». 

va k l'acadcniio de Fraiic« & Rome, a inesun ot doatîoa Im dè- 
UikâTec tout le s«iD que l'enhiteclura devut exiger. Une 
vue de graiide ilinwnsion (format colombier et gcsnd-aiglc ) 
vient d'être eoa&ûa fur lui à M. Monrau , l'un de nos plus ha- 
bites graveui-s à Vaifaa-tinta. Elle a étù reproduite avec bcati- 
cmip de talent et de succès. M. Thumeloup a joint k sa vii« 
pers|M.-clivc> It- plan du teinplo, k-s détails géontctraux, et un 
plan f;én('i-al de l'i-n'^cinle niodume, qui l'enrei-ine encore (|Ucl-> 
qucs restes du t'iHum , qui ont clé retroutés lors de* Tmiilk-s 
de ittai et 1833. Ce Foniin, coinoïc ceux d'Italie, servnit d'ttv- 
ceintc au temple , fliàpositioa que l'on retrouve souvent cbez \e% 
Somnins;pav exemple, aux tctnpicsdu .NiTva-Ti'ajan,ei d'An- 
loniu et Fausiine. 

La gravure se vend seule , ou avec le texte et les détiiils de 
l'architcclure. Le pi-ix est de 11 U: pont' la gravure seulemeat. 
On souscrit h, Paris, cbea l'auteur, rue Cnumarlîn 0° i ; Chail- 
tou-Poti'elle , mai<chand d'estampes tve Saint-Uouoiv n" 140, 
en face de l'Oratoire. 

4a. Lvox. Biix* noMAins. 

H. Hichoiid ninc, propriétaire à Sainte-Colombe-les-Vieiiae, 
dt'parlemeiit du Rliône, en faisunl faire des fouilles dans une 
ïerre qui avoisinc nnc ruine romaine appelée le Mimir, a fait 
une découverte bien intéi'es«aiitc pour les amis de l'archéologie 
et des beaux ans. Cet amutcur zélé a rencontré d'abord d« 
tiiyaux de clialeiir en (citc cuite et l'ensemble d'un hyppc^ 
causie ou foyer qui In conduit dans deux salles de bains rcv^ 
tue» de mnrbre blanc; là, étaient des (gradins, des débiis de 
cuves de pnrpbirc, clc^ etc. II paraît que ces précieux reste* 
d'antiquité eut appartenu A di.-s tlieiates magninqucs, qui ont 
été saccagés lors de l'irruption des barbares du nord dans le* 
provinces. Pami les morceaux les plus marquaos de cette décou- 
verte, on destiugue des tones , des bustes , des bras , des jam- 
be*, des pied.i,detinaio!>, eu marbre , d'un excellent travail , 
mail surtout une Vénus Gi-nitrix uecroujiie, et une Uygie de- 
.bout, plus grande que nulurc, du meilleur slyle ((rec. Il est fd- 
cheuK qne ces deux statues soient privées de teiir télé; la pre- 
miôre devait être groupée uvec un amour, puisqu'une nain 
'4'eB^t eit teilM aUadiév ou dot de U d^eite. La seconde, 



!i!,Googlc 



Jtiekœobgie, Ifumismati^. Si 

BoblefneDt drapée, conserve encore autour d'un bru nae por- 
Ikm de mpettl qui caraclcnse Hdole de la unté. Dans les aal- 
let que bous venons de déùgner, on a encore extrait plusieurs 
troiifons de colonnes canneiràs , des chapiteaux corinthiens 
d'une grande proportion, et une tjuantilé prodigieuse de plaça- 
gn demailire qui ont dA, A cause de leur éclat brillant, faire 
appeter miroir l'édifice ruiné qui en était entièrement revêtu. 
On pourra d'ailleurs se faire une idée de la somptuosité de ce 
ntonoment , quand on saura que feu M. Schneider, professeur 
de desrin ^ Vienne, y avait trouvé des charretées de marbres 
rares; des torses, des têtes d'une grande beauté, dont il avait 
enrichi le musée de la ville ; et que les placages précieux du 
maître aatel de Saint-Uanrice, ainsi que ceux du magnifique 
Mausolée de H. de Hontmorin , ont été tirés de ce même en- 
droit A. 

4?. FOVILLBS FAITES BH HAKS iSlO, SDK IB MOXTICDLK DE Hon- 

amiTB, au territoire de la vilk de Joign7( Tonne). Extrait 
du rapport fait par H. Tbibaut, notaire. {Méinoiret de la 
Société nyrate des antiquaiiti de France ; Tome Vil , p. 373.) 
An mois de février 1819, nn maçon cherchant un banc de 
craie, trouva les ossemens de quatre cadavre* et quelques pe- 
tits vases de poterie commune : les os et les vases furent rendus 
i la i»m, GoBtinuant ses fouilles, le même Ouvrier découvHt 
«laM Feapaeede qœiqBes jours qnaranla-qnatre fasses renfer- 
flHBt des squeleltea |daa m moins altérés, avec des petits vases 
de diverses furmes, placés auprès de la tète on de la poitrine. 
Hais le maçon , n'attachant aucun prix à ces vases, les brisa ou 
les recouvrit de teiTe, H. Bunon, sous-préfet de l'arnmdiase- 
nent,et quelques particuliers de-Joigny, avertis de celte dé- 
couverte, se rendirent sur les lieux et recueillirent les vases 
échappés i, la destruction. Le préfet du département ordonna 
de continuer les fouilles, et de nouvelles fosses furent trouvées. 
-Cn fosses, réanies à celles dont on vient de parler, s'élèvent au 
monbrede iS^; tantes sont creusées dans le tuf, et, pour la plu- 
part, k S on 4 pieds de profondeur; elles out ordinairement 
4 ]Meda de long sur a de large. Tous tes corps étaient couchés 
«or le àbt, ayant le plus souveut- les bras étendus le long du 
t potét sur la poitrine ; tout avaient 1« tél« 

|..|-,....i:,Ci00^lc 



5ft ^rchœolo^i numismatique. 

tournée vers l'orient. La grandeur ordinaire des squelettes était 
de 5 pieds à 5 pieds et ,-. 36 fosses contenaient des vases ou des 
coupes : la [iliipart du temps, un vase et une conpe. Dans une 
autre on a trouvé un grand vase à a anses et un priil vase pobé 
i plomb duns une coupe. La furmt.' et la grandeur de ces vases 
varient ainsi que leur plie ; les uns out a anses , Ili autres n'en 
ont qu'une. Lm coupes recueillies sont au nombre de i8; elles 
out depuis 3 jusqu'il 6 pouces de diamètre. Les seuls objets de 
métal qui aient élé trouves dans les Tosses, sont ^ anneaux et 
des dons entièrement rongés par la rouille. Ces clous prouvent 
que les corps furent euTerniés dans des cercueils de bois. Oa 
conjecture que le monticule de Moucliette fut le cimetière d'une 
population chrétienne; car il est iippossiblc de penser que ces 
tombw appartiennent à l'époque gauloise ou romaine. Il est 
probable que les inhumations dont il s'agti remontent à l'inter- 
valle compris entre le quatrième et le dixième siècle de l'ère 
vulgaire. 

44. Opissakié, etc.-— Di-srription du monnsti'i-e de laTrihitt^ â 
Pérémorischle , avec la (.'énéatogie des boyards de Rhitror, 
qui ont contribué à restaurer ce couvent, dévasté par !i -s Li- 
thuaniens. 21 p. in-S". Moscou iSafij Jk l'univetsilé; . 

4S. TovÂCE ABcaïoLOGiyna ek Russik. 

L'Académie impériale des sciences A Pélersbourg a r^lu-de 
Caire faire h, ses frais un voyage arcbéologique en Russie, cvlie 
intéressante entreprise sera confiée au conseiller honoraire 
Strocf. {Joamal det Dél/aU ; 1 1 nov. iSaS.) 
46. EriETOLn , etc. — Lettre de J. Dav. Weber sur les colonnes 

acritanes et les monogrammes existant sur le devant de ta 

chapelle Saint-Jean de l'église Saint-Marc de Venise etc. 

Venise iSaO. {Antotog.; n" 81, vol. XXVIl, sept. 1817, 

p.i«4.) 

Ces colonnes appelées acritanes parce qu'elles ont été apr- 
portées de Saint- Jean-d'Acre par les Vénitiens après la con- 
quête de celle ville et de s<t forteresse, sont décrites dans oe 
petitutivragcoàTon expose d'abord tout ce qui est relatif aux 
affairesdecette villejiisqu'à l'époque ofl les Vénitiens s'en sont 
rendus maîtres, et l'on continue ensuite l'histoire d« ces cor 



jbïGoogIc 



j4rchàologU f Numismatique. '53 

loniin depuis leur transport à Venise jusqu'à la destination 
qu'elles oDt aujourd'hui. En rapportant les diverses interprata- 
tioDs données aux monogrammes qui y sont scutptùs, le sa- 
vant aotcur pense qu'ils doivent être ainsi expliqués : J Dieu 
tapréaie , trrt-haut , très-grand , et à ion JîU qm exauce , qui 
imlereède, qui protège, r/ut sauve , à qui soient honneur et gloire, 

4;< CaiovoLOciGu. HiSTOBT , etc. —Histtnre cfarooologiqDe et 

. Ducriptioa des nonumens d'architecture chrétienne en An- 

gletcrrre, par J. Buttor. iB-ft", avec planches. Londres, 

Ce Tolume peut également former le 5* de la collection en- 
tière, nu être considéré comme un ouvra(;e tlistinct et complet, 
H coromencv par une préface plus étendue que le sujet ne le 
coapartait, et qui traite de l'introduction et des prO);rcs du 
christianisme en Angleterre. 

. Le i"" chapitre offre l'explication des dirTércns termes era- 
ptows pour désij^er les deux styles d'architecture , dont la 
caraclùre essentiel est la voûte cintréo ou la voùle pointue. La 
sty e du cintre t-st |jcd oralement regardé comme une imitation 
dégénérée de l'architecture romaiue. Le style à ogive ouvre 
un vasle champ aux conjectures : il a reçu tour à tour les épi- 
thètcs de germain, de gothique, de sarrazin, d'arabe, d'italien, 
de normand , de français , d'anglais , ou simplement de poiuUi. 
M. BriltOD rapporte les opinions des divers auteurs sur l'ori- 
gine de ce dernier style, il les analyse et 1rs examine avec ta- 
lent et justice. > 

Le a* chapitre est consacré k l'histoire dos progrès et des 
caractères de l'architecture ecclésiastique ou chrétienne {vai- 
vanl M. Britton ) de l'Angleterre. 11 reronnait quil est presque 
impossible de dctenniner l'époque à laquelle le style pointu , 
impropremeut Dommé {,'othique, remplace le style normand; 
il ne peuse pas qu'on puisse la faire descendre plus bas que le 
rè^e d'Etienne, vers l'an i i6S. H donne une foule de détails 
fort eurieus , tant sur l'origine , les progrès et les vicissitudes 
de l'architecture ecclésiastique , que sur l'époque ii laquelle ont 
été coiulniils les monumens les plus curieux dans le style qui 
le> distÎDgne, tels que la cathédrale de Salisbury, etc. 

L'aotmir donne , dans le 3' chapitre , de nouveanx ^dairoisse- 



I., Litiot^lc 



54 Àrehasoli^, NamitwuUiqu*. 

mens qui acbèvent de jeter le plus grand jour sur le sïyet. !« vtx 
lameest teTniinéparimeappendicedantvoîcilecontenu : i'ubc 
table alphabétique des architectes et des fondateurs d'édifices 
daos la Grande-Bretagne, pendant le moyen Ige; a" une lista 
chronologique des moniimens ecclésîatiiqiies , aver l'indioAtion 
des dates , des fondateurs et des architectes; Z" une liste chro* 
noiogique de monumens d'architecture; 4° une liste de chaiiTs; 
5° Im fonts debapttoie;6° les croix de pierre; 7° un vocabu- 
laire des termes d'architecture; 8* use table qui se rapporte 
aux matières conianues dans les einq volumes des jfHtiqmkéâ 
arehitectoniqurs' ; 9° un index alphabétique des noms de per- 
sonnes et de lieux et de termes qui se trouvent dans 1« prisent 
volume. 

48. MoMUMXKT a L« H*vaxx. 

Oa trouve dans le 1*' cahier des A.DDales dM icieiicea , d'a- 
griculture et des arts, qui se publie à la Havane , et dont le 
I*' numéro a paru enjuiltetiSay, l'article suivant; ^«tnaffee 
de la description d'un moitument situé »ur ta place ^armtt d» 
Im Havane , qu'on vient de dégager det mataret qui tentemraleKl. 
— Ce monument rappelle, suivant l'auteur, l'introduction du 
ehriitianisme dans lllede Cuba; mail on ne nous ditpas ce que 
ponvait être ee monument qui ne peut remonter an-deU de la 
fin du iS'ùècle, époque de la découverte de lUe de Cnba par 
Colomb. 
4g. ExpLiCiTioH DU ixscBiFTioits d'une siiciENira MEEKE oa*- 

viB, par H. Korp. ( Heidelberg, /ohrbiieA. der titeratur; 

1838 , cah. 6, p. 5S] , avec une fig. 

Le comtedeCaylusa publié dans leTom. VI, pi. ai, de son 

Heeueil, etc., ia pierre gravée dont s'occupe H. K«pp. Elle r*' 

présente d'un côté une Vénus marine avec les mots xnnûOn 

lA&PA MESMî de l'autre côté, on Ut ; 

liwCA 

aOnbihkai 

£AA£CAI 

ArTONTAFT 

AFOXCKO 



jbïGoogIc 



j/tvkœohgh, Numismati^. U 

K. KopfiintGqirète celte rfonbleiHseriptÏAnaiiiMtpi'ilMilf 

Amo'.lc oqiiou Memphi! 
9* lui ZxfiMol kivt\ Xt Ki'i i% y.xX'n «ÙTcÛ T9tf ra^ni', 

laoSabaotb Adoni veriet coDaede calcatc ipsius tartan' 

terwbricosnm. 
Vauteiir ajout* nn commentaire pmir jusiifior m manière de 
lire. ComiDC il ne parait pas douteux <]ne la pierre gravée 
vieaiic de fËgyplo , il ne trouve ritn d'ctunnant dai» l'orlho- 
grftphc <l« mot» grecs, qiû e«t «onvent corrompue daiu lus iit- 
•criptions )(recquca faitea en Egypte, aiuti que H. Niebubr t'a 
{•il voir daac »m i-emarqueB sur les iascripiiona du recueil de 
M. Gan : jimtiqiité* de ta Nabit. D-o. 



5o. Df.lle iicRiiroHi Ve^kztane etc. — Inscriptions de Venise, 

rrcueillivs et publiées pni' Enimatiiicl -Antoine Cicoc:** de 

Venise. 5"cahiiT, i*'du a* vol. in-4° de loi pA^es, avec 

ime gravure; priK, !.. S-oy d'Autriche. Venise, 1837; in^r. 

dePicolti. (_£ibliot. ilnl.; mai iSatlin" 149, p. 1148]. 

Vautenr ne se borne pas simplement aux iDScripiion» «a les 

eommentaui , mais il prend encore occasion de fiii-e l'histoire 

des difTércnles époques auxquelles, elles se rap]XU'lenl et celle 

des personaes qu'elles concen>cne. Cet ouvra^ n'est donc poiot 

d'iiue petite importance gwur l'hisloire crcléiiiastique , pour la 

biographie et pour l'.mliquaire. Il aide encore à la littérature, 

paivequ'on y par|c des hommes lettres et que l'on y donne un 

cataiogiic de Ici|TS érrils et des édilions qui en out élO failes. 

Enfin, il peut être aussi regardé comme important pour les 

beaux-arts, étant, lors(]iul est nécessaire, enrichi de planches 

représentant les monumcus dont il est question. Il mérite donc 

à juste titre une place distinguée parmi tes collections de cf 

genre. Le 1" volume a déjà paru aiii» que le 1" cahier du 

second. L'ouvrage sera diviïé en 30 cahiers environ, au prix de 

ao cent. ital. la feuille eu papier commun. Le 5" cahier , qui eit 

le t*'du a' vol., contient les inscriptions de l'église du CorjMf 

Domiiu et de St-Ândré dt ta CAolreuie. 

Si. Autu. voriv siooir*a&x a Bouibavx. 
Ob ncal de déoAuvrir 1 Berdemn , dus les fo^riHc* 4*» pif- 



,:, Google 



56 Ankœoiog^f NumùmaHque. 

TiUon de la ci-devant Iniendance, un beau i 
marbre , coniiaianl en un piédestal rectangle en marbre gris, 
avec une inscription latine. It appartenait à un monument votif 
éi'igé ù Ttaela , déesse mystérieuse de l'antique Bordeaux. L'in- 
scription, lrù»-bien coaser\'ée, peut servir à constater le 
a" consulat de Julianus, en as4, qui, bien que mentionné déjà 
sur les marbres du Capitolc, était révoqué en doute par quel- 
ques antiquaires. La Tace opposée il l'inscrûitioii est décorée 
d'une conrouae de cbcne. (/ount.det artittet ; 1S2S , n" q, 
p. 14a ). 

Sa. UsBBa DEn Wbbth naa Mikse uan GavncHTX, etc.— Sur U 
vMtable détermination des poids et mesures des anciens Ro~ 
. mains , ibndée sur les originaux existant au musée BoiirtM» 
de Naples. Traité lu i l'académie de Napics par Luc de Sa- 
muele Cachaui, traduit de l'italien, précédé d'un avant- 
propos par J.Alb. de ScHOBHBEac. Avec 1 pi. in-8°; prix, i 
fl. la k. Copenhague, 1828; Schubothe. 

-53. TABEi-LtaiscHE IIebebsicbt etc.— Tableaa synoptique des 
anciennes monnaies romaines les plus connues, comparées 
avec' les monnaies attîques, ponr servir à l'histoire de l'c- 
. poque de Cicéron et d'Auguste ; par M. U. L. Hibtmaiiii. 
' In-4*'de IV et 66 pp.; prix, ai gr, Leipzig, i8a8; Hartmann. 
( Beok , Jt/gem. RepeHor.; i8a8, vol i , cah. a p. laS ). 
Pauctan , Rome de l'Ile , Groste , ff'iirm, nous ont donné, 
dans le temps moderne, «les tableaux métrolt^ques , qui em- 
brassent en mënie temps les monnaies anciennes ; maïs bien 
qu'ils soient calculés d'une manière plus exacte que ceux qui 
les ont précédés, cependant ils n'offrent pas, à beaucoup 
près, tous les détails de ceux que nous annonçons , et ce 
■ont spécialement ces détails (pii les rendent indispensables à 
la lecture des anciens. Ils sei'veot en même temps à déterminer 
les monnaies attiques. Après l'introduction, oii l'auteur parle 
des changcmens du poids des monnaies de cuivre des Homains, 
et de leur rapport avec les drachmes grecques, il offre, i", dans 
des tableaux synoptiques, le calcul des monnaies romaines et 
attiques, tant en cuivre qu'en argent; a" les déterminations 
anciennes des monnaies romaines et attiques; 3° le calcul des 
n«Hiai«4'prGl|9ZtftRoowiwetletGnca. UD.L, 



!i!,Googlc 



K4- Dueumov m qvhuium AirctxKSU vtouixu d'Esmohk 

K-m'lTALu; par FrM. Hc^teb. Avra i pi. (jWMtf&WH 

A<lAi«-MMa;Toin. II, cab. 3,p. 395). 

De Gadef <m Catiùe. Tcle d'Hercule coifTé de la peau de la 
tête du lion, au revc» 3 mou phcniciens , 1 p<^s5ons et le 
croùsant de la lune. Bronze. Cette médaille dUIèfv d'autres 
semblables publia par Velas«]tie2, Florei et Bayer, en ce que 
la massue se trouve devant le profil de la tête d'Hercule, lan-- 
dàs.qsenr les autres elle est denicre la tète. 

De Malaea ou Malaga. Tète de Vulcaia coiffée d'un bonnet 
pointa , au revers un astre rayonnant. Auprès de la tète on 
voit X lettrrs |diéii!cîennes , reste d'un mot effacé. Brouie. 
Tychseu a prouvé que les mi>dailles espagooles à tèlc de Viil' 
cain , qu^les savaos d'Espagne ne savaient appliqoer h aucune 
ville, appartenaient à Mala|;a , que Strabon parait ranger parmi 
les colonies phéniciennes. Les lettres phéniciennes sont, suivant 
Tychsen, le reste du mot Atturté; nom d'une divbilé princi- 
pale. L'astre sur la médaille en question est l'étoile du soir ou 
de Vénus , en sorte que Vulcaia et Vénus seraient ici , comme 
dans beaucoup d'autres monumensantiques, les symboles de la 
^ ffirce procréante et de la force concevante de la nature. 

De Sagoale (7). Tète de Bacehus, avec le ihyrse sur l'épaule 
droite, nue étoile devant le profil; aq revers ua taureau à face 
humaine; devant ce taureau un astre, et au-dessus un carré 
avec 5 caractères inconnus, et au-dessus de ce carré un astre. 
Argent. Les nomisniates ne s'accordent pas sur la valeur du 
taureau à face humaine qu'on voit sur beaucoup de médailles 
antiques, surtout de la Campanie , ainsi que de la Sicile et 
de quelques villes grecques. Les uns ont pensé que c'éiait'un 
syiBb<^ de fleuves, que l'on figurait en eHct avec des cornes 
lorsqu'on les personnifiait ; Eckhet et d'autres ont pensé au oon- 
tniiie que ce symbole était celui de Bacdius que la Campanie 
Térénit sooa U nom i'UéboR. H. Hnnter voit aussi un Bacchus 
dans le taurean à face de vieillard de la médaille en questitm. 
Sestini, qui en a public une semblable, présume que c'est une 
n^aiUe de Sagc»le; il interprète les 4 caractères inooniius en 
lisant Mtnieal : c'était, suivant les auteurs espagnols, une ville 
des Uerf^int; ^s auieon-andem s'en parlant point. |f . Se*- 
tisi pr^Muse que des habitans de celte villa s<mt allés s'établir 



,.,GooqIc 



S8 \ét»kmihgi«, Sumismitiqu». N' U 

k Sifdate, cl qae c'at de lit que U médaillB porta h n«m <te 
kac métropole. M. HunteE ne voit de certain que le ceractèrc 
espagnol de la médaille. 

De Popuhaia em Éirurie. Hasque autour duquel il y a des 
traces de leUm; i (ilobules dans l'aire de U médaille. Bronze. 
Eckhel , Sesljni et Avellino ont fait conniltrc «i tout iS mi- 
dailles de l'autique ville de Popnlonia, qui était déjà ruin^ dn 
temps de Strabon. Lu médaille décrite par M. Miinter est U 
]6'. Toutes CCS médailles sont d'un slyltf grossier. Le nuque, 
qui peut rcprûsento* la tâle de Gorgone on la lune, selon Eckhd, 
u voit aussi sur les mil-dailles de Camarina m Sicile, <{uî, pour 
cette raison, ont été quelquefois confondues avec celles de Po- 
pnlonia. 

D» Tèiamoa en Élrurie. Vole à une anse; auprès de ce vaae 
on petit globe, marque de l'once; au revers prone de navin. 
Jlronxe. Télnmon, père d'Ajax , passait pour le fondateur de la 
Tille étrusque; c'est à cette origine que paraît faire allusion la 
proue ^e navire, symbole du vaisseau d'Arjjos. On voit aasrx 
souvent sur les médaille!) étrusques un yaso à a anxes : sur la 
médaille en question le vase n'est qu'à une anse. La médullc 
n'a point de légende. Selon Millin, on trouve beaucoup du mé- 
dailles sans légende il Halria , dans l'ancienne Étrurie.- 

D'Mba daut le Lattim. Tête de Pallaa; au revers un pi^e 
debout &ur la foudre et étendiint les ailes. Argent. D'autres laé- 
dailles pareilles à celles-ci portent le mot alba. On en détem 
a>6«s souvent à Albano, ville qui a remplacé l'ancienne Alba 
Longa, et qui porte encore un griffon dans ses armei. 

Dt X<ila en Campante. Tète irApolloii laurééc; derrière, U 
lettre a; et devant, Ainis. Au revers le bnufHébon, au-dessus 
duquel plane une victoire ailée; au-dessous sont les traces des 
lettres nH, Bronie. Une médaille semblable, (»nservée à Gotha 
et publiée par Schlicfatcgroll , porte le commeitccineot du tool 
unAAinH doM on lit ici la fin ; celle de H. Miinter a de |rfBs la 
aarque A. Tout le type de la médailla est celni des médailla 
de Cannpanie. 

iïe Ttatnie en Cattbre. Homme nu sur nn dauphin at les 
lettres,.. PAZ ; au revers «n hippocampe. Br. saucé d'ai^ Mé- 
daillaaemblable à une médaille de Tarante publiée parATcOiBo; 
•Ue tu HUarqnafait par U fraude da iabrùataiir qui a vosla 



^ 



'Jrchaoiçfpa i NnmiataHguêi |§ 

fairt fMser me piécv en brotue pour use pï^ en urgeat i 
cette Fraude est presque aiuai enoieaiM que l'art raonéuîi«t 
( Voy. NeDmann .- Numi iatditi , II , p. 197 )■ 

D'Btractée cm LhcohU. 1° Télé de PalUa, uiu acylle ow 
renoie-poùson figurûc sur ton cuqve; au-deuus on lit lei 
lettres KtNO . . UPAKA. ( nitragr.) Au reven Hercule nu et de- 
bout, tenaal de la maia droite U mauiie, et^dc latjauche l'arc } 
la dépouille du lion e»l suipendue sur son bras gaurbe. Dam 
l'aire, un hibou volant, et les lettres a\L Arg. 

a° La néme, mais sans la légende de l'envers. Arg. 

3" Tête de Pallas , avec le niot ILïHOin. L'Hercule nu , fût~. 
tant sur le bras la dépouille du lion, tient un vase dans u nain 
droite ; dans l'aire sont les lettres AS. Br. — Ces médallUt «U^ 

A 

fièrent des autres mcdailles d'Héraclée par les noms des iMgis< 
trats qui j sont inscrits. Le nom de K.TNOTn était jusqu'à pré- 
sent inédit. Les lettres AAI paraissent indiquer le doid de JLAM 
qu'on Ut aussi, (du moins kaa) sur une médaille d'Héraclée, 
publiée par H. Avellino; Italias vtterit numismalai vol. i^ 
Saples, 1808). Dans U i" d'argent , le nom de Ift ville est écrit 
i Vancîenne manière, de droite à gauche. Le type de toutes cet 
pièces est assez iV^am. 

i' Télé de Pallas , et les lettres. . TAN. Au revers Hercule 
debout, étouffant le lion. Arg. — M. Avellino a fait connaître 
une médaille d'Héraclée avec la légende HP&KAEnTAN, tandis 
que les autres médailles de cette ville o()t HPAKAUinN ou 
IHPAK&XiniT-Les a lettres de notre médaille n" 4 sont évidem- 
ment la terminaison du mot de la médaille de M. Avellino. Le 
travail de cette pièce est moins délicat que celui des 3 autres. 

De Thurium en ÎJtcanie. i'* Tête de Diane, avec le carquois. 
Au revers eoiPmN ; un Mercure marchant, tenant de la main 
droite une patère et de la gauche une bourse; dans l'aire., 
A^fUr.Br. 

3° Tête déjeune homme casquée; au tevers tête de bœuf 
avec des iafules on bandelettes pendantes; au-dessus eot, et 
aur les c6t& AI, Br. 

y Tète d'ApolloDj derrière, AP; au revers, eoTPinn, et 
uoe lyre. Br. HagDan et Hionnet ont donné les 3 pre- 
mières; nais le Mercure et la bourse a'j sont pas très-recon- 



i.,Goo>^lc 



9o Anhteoiogiê, Numismatique. 

bussaUes. La 3* resiendUe à une médaille donnée par M. Sn- 

tinî , mail <iiii porte une autre aigle, 40. 

Dfs Bruttieni. Tête de Mors cas(]uée-, au revers HPETTIflTi, 
nne victoire couronnant un trophée; le inonogramnie BP (t«- 
trogr. ) H. Hânicr pense que le monogramme composé des let- 
tres K et b indique les mots KONZENTIAI BPFTTinW, et que 
par conaéquent la médaille vient des anciens babîtans de la ville 
de Cosenza. Il est donc porté à attribuer aux Cosentins touin 
les médaines marquées du même monogramme. 

a° Tête de la Victoire munie du dJadéroe et allée; la foudtt 
au-dessous; au revers la Victoire sur un char ïk simple atleUgei 
an-dessous, BPEZZin!!- Le changement du T en S dans le mot 
Brettion ( des Bnittïens ) n'empêche pas l'auteur d'attribuer 
cette médaille aux Bruttiens : le type est parraiiement sem- 
blable à celui des autres médailles de ce peuple. 

De Crotonedani tt pays dei Bntttient. 1° KAIZAP- Tète d'Au- 
guste jeune, nue; au revers KPOTO... T. ( K?c««r«. ) foodre 
^ée. Br. Eckfael avait prétendu que les villes d'Italie n'avaioit 
jamais figuré sur leurs monnaies la tête des empereurs; 
H. Monter se présente avec cette médaille pour renverser 
la thèse soutenue par le savant numismate', il cite d'aîllenn 
l'ouvrage du prince Torremuszo sur les médailles siciliennes 
pour faire voir que les habitans d'Agrigente, Hessîne, Pa- 
uormus etc. , ont figuré sur leurs monnaies les télés d'An- 
gusie, Livie et Tibère. 

a" Tête de Junon Lacinia; dam l'aire B- KP.-. ; au revers 
Hercule âvoTcsiMFiaiet , assis sur la dépouille du lion, tecani 
de la main droite un vase et de la gauche une massue. Br. 
ai^eolé. Cette médaille élégante est très-connue : H. Hûd- 
ter ne cite son exemplaire que parce qu'étant de brome 
argenté, il fournit une nouvelle preuve des fraudes cooi' 
mises dans l'antiquité sur les monnaies. 

Dt Loeres dan» te payt det Briittirns. Téies des Dïosruces at- 
tachées ensemble ; au revers AOKPflN; Jiipiter assis, étendant 
U main droite, et tenant de la gauche une lance : derrière sa 
tête nne corne d'abondance. Br. Cette médaille diDêre de celles 
qu'ont publiées MM. Magnan , Sestini et Mionnet, en ce qu'oc 
h't vwi point l'aigle perché sur la main droite de Jupiter. 
D— o. " 



jbïGoogIc 



55. Pun^iMH niusxATiQims: Miiuiuun sd fiosmou Cix- 

MiftlIV. 

Dans Ir nombre des médailles qti'oo décourre lut 1« bords 
Ae l'aocien Bos|diore Cimmérieii , et dam In contracs voitiiia , 
OD rencontre suitvral des pièces en bronsc, tpti, t^Trani des ty- 
pes TorÏM, portent te mont^amme commun BAE. On « coa 
jeciuré avec raboo que ce monogramme reofennait le titre et 
le nom d'un roi, eiprimé par les initiales BA. E; et conuK 
dans 11 série des rois du Bosphore dont les médailles nous sont 
paneaiies , on ne coonaissail que le seul Eupator dont le nom 
commençât par E, on u'a pas bataocé i attribuer à ce prisée 
toutes les pièces avec le monogramme BAE. JLvaut de combattre 
cette opinion , je décrirai les différcRS types de ces médailles : 

I. Tète diadémée d'un jeune homme, à gauche; devant, la 
Aarfm. — Jteccn .■ buste de Pnape, A droite, posé uir un iherme, 
de la base duquel s'élève une branche de palmier ornée de ban- 
d<-lt-ttes; dans le champ, ii gauche, le monograouoc BAË; à 
driHte. U lettre Z.-fir 5. 

s. Trte laiirée d'Apollon, h droite, dans nneconronne de 
laurier. — Afifrf : trépied, et à c6té, une branche de laurin. 
Dans le champ. 1 gauche BAE, à droite, a, — Br. 5. 

3. Télé laurée d'uu jeime homme, L drmte, dans nne eou- 
ronne de cbéoe. — Tlep^rc .' BAE; buste d'un bcMif, il droite— 
er. 5. 

jj. Tète imberbe, caMjuée, i droite, avec un boi)dier.<~ 
Setw* : BAE; buste de cheval , à droite, — Br. <(. 

5. Tète barbue, à droite, dans un cercle orné deglobulM. 
—^Rtvert : BAE; dmgon, se dressant sur sa queue, it droite— 
Br. 4. 

6. Tète d'un jeune homme , h droite , dans un cercle orné de 
globules. -— Repert: BAE; lévrier accroupi, i droite, ttMirnant 
U tète i gauche , — Br. 3. 

7. Tête barbue, à droite. — Revert: symbole indistinct, 
peut-être un poisson, ou une corne d'abondance, entre BAE 
et U lettre A. — Br. 3. 

8. Lion, courant à droite; au-dessus, on astre; le tout dans 
nne couronne de chêne. — Iteitri .■ branche de palmier, à la- 
qnHle eat attachée, avec des bandelettes, une couronne de 
peuplier ; dans le cbainp, k droite , le monogramme BAE^ et 
plus bw, la lettre r. — Br. 4. 



p, Google 



9, Tétc btH)» clliuléinée, ivec denx contremarques, dont 
l'une offre le monogramme BAE; l'autre un capricorne. — Jtg~ 
MW ■■ BAE. DluphiB ; phis bas , un carqnoii et un arc. — Br. 
3. cette deralère «Maille se trouve dans le Musée de Golfaa , 
■et a Md^riteparH. Sestini.dnnile rKrotumede sei Lettre* 
-immk/iMitiqaet ; peut-être est-ce k même que le a" 7, 

Ce qui paratt avoir le plus contribué à bire croire qtie tou- 
Wa ces mé^illM appartiennent >ir roi Eupator, c'est qu'il «1 
existe de ce roi qui oflrent d'un côté un temple avec le mot It AU E, 
et de l'autre le mont^ammc BAET, accompagné de quelques 
'uutres tettrn. Ces dernières pièces ont été évidemment imitées 
de celles de Cotys i, qui présentent aussi nn temple avec KATIB 
et le monogramme BAK. Elles ont , quant au goflt de la fabri- 
que et k la forme des lettres , trop d'analogie avec la monnaie 
certaine d'Enpalor, pour pouvoir être attribuées à tout autre 
roi qu'à lui ; mais elles dinërent en tont tellement des pièces ' 
décrites plus haut, qn'tl est impossible de les confoudre, et de 
" les croire de la même époque et du même prince. 

Toicî en quoi consiste principalement cette diffSrence : i* les 
médailles qu'on peut avec certitude attribuer ï Eupator, por- 
tent le fflonogranfme baeI' 1 les nAires n'ont que BAE. 1* La 
ftmne de l'E est en croissant sur les premières; elle est angu- 
-hire sur les nAtres; ce qni ne se volt sur aucnhé 'médaille dn 
Bosphore de l'époque à laquelle a régné Eupator. 3° Le métal 
-de nos médailles, leur fabrique et le dessin des Agnres qu'on j 
voit, offrant phis de pnreié et d'élégance que n'en présente Fa 
Monnaie d'Eupator, on doit les croire de beaucoup ontérieu- 
-TCi au siècle de ce roi. 4* Les têtes qu'eflrs représentent et qui 
sont évidemment des têtes de divinités, ainsi que tous les autres 
types, ne CMiviennent pas non plus ao temps d'Eupator, et 
dénotent une époqne beauconp plus ancienne, même anté- 
rieure à noire ère. 5° I^ contremarque du capricorne qn'on 
voit sur une de ces médailles convient A Auguste; donc la mé- 
daille doit être antérieure an rè^e de cet empereur. Il parait 
dune certain que les neuf médailles décrites pins haut ne sau- 
raient être attribuées à Eupator qui a rt'^né sous Antonin et 
Jfaro-Aurèle, M qu'elle sont d'un siècle trèa-antérieiir à ce 
'prince. H«U,cofnnc c'est principalement dans le Bosphore 
ifu'M Ui Mwwvre « rih* h nunùeat âpparUtiir qa'à un rm 



:|-:..i:,G0Oglc 



W /ftfai tf AyV , Numitmatifme. Si 

ê» eetU cODtrér. Et quel serait ce roi sous lequri cet médaille:! 
«U pa être frappées? C'est uo problème que nous eberelse- 
raas siBun i résoudre, au moins à éclaircir. 

L'histoire m nous fait coDuaîira , avant Eiipator , «fu'un seul 
RM du Bosphore dont le nom puisse convenir à la lettre ini- 
tiale reurennée dans le monogramme I1A£. Ce roi est Sameiu, 
petit- fils de Lcucoo, quia réjjoé Saïuet S mois, entre les an- 
nves "iio et 3o4 avant notre ère. 11 serait iualile de uomDier 
Embiottu, dont parle Lucien, mais qui n'a ilè imaginé que pour 
Egarer dans le roman de cet aoleur. -» Les médailles connue» 
4c Leucou , de Fierisade et de Spartoctis , nous font voir quo 
tes rais du Bosphore Av celte époque faissient Trapper leur 
monnaie à l'imilaiion de celle des princes macédoniens, leurs 
coBteuporains ou leun devanciers. Los médailles de Leucon 
ressemblent à celles d'Alexandre-le-Crand ; celles de Paerisade 
soot calquées sur cdlcs de Lysimaqiic. Les pièces décrites plus 
baut ont aussi une certaine analogie avec quelques-unes en 
fanmie de Cassandre, qui orfreni un tréjiied , un lion avec ua 
vtre,et cxprintcni aussi le titre et le nom du roi par les ini- 
tiales BA.K. «NI B. IL H. JUiOHaet décrit quelques médaille» n 
brame 4'Alcxandre-1e-Crand et de Philippe- A ridée , qai daai- 
gtnH tplnnent les noms de ces princes par les lettres B. A. «t 
U-M; et 0* trouva d« pièces de Sdeuous-A'icafau-, qui o'ex- 
f iim i M t son nom qu'au moyen d'une Kmblabte abréviation, 
Or, oomase EuiAcIim , fib de Leucun, a régné dans le Bosphore 
poeléneutcmrDt k Alexandre-le-Giand et k Philii^c-A ridée, 
M q<w son ri^ftc entier s'est écoulé pendant que Catsandre nt> 
cupait le trône de Macédoine, et Séicucus celui de Sjrie, il 
serait pcot-clrc possible d'atuîbucr les neuf médailles décrite» 
plos haut k cet Eiuoélua , roi du Bosphore. 

Cctteidée,qiiej'ai eu occasion de cooimuniqueTidésTaniSaft, 
1 quelques célèbres antiquaires de Paris, ainsi qu'au savant di- 
rectetrr des musées d'Odessa et de Kcrich , n'a point été ivjetôe 
par ces savaos. Cependant plusieurs objections s'élèvent pour 
b combattre: {"-un autKc ankéuloguc a chiTrhé à prouver 
par de savantes rechei-chcs qu'aucune des médailles connues 
JDsquIl présent des rois Leucon , Paerisade et Spni'tocus n'a pu 
être frappée antérieurement à la lacune de 170 ans, qui existe 
dans tes annale» du Bosphore. Or, comme cette lacune ne 
noHHWMe qa'tprè* le rèps àe Paetisads U, fils d« Sparioctu 



Otzecl!,Got")t^lc 



64 ^rehaotogiâ, Nttmismatiqae. 

IV,Mpetit-fib de notre Eiimélus, il est impossible d'admettre 
que nos médailles appartiennent il cet Euniélu», pninque Ton ne 
saurait croire qu'il se soit arrogû, le premier, dans leBosphon-, 
le titre de roi sur la monnaie. L'histoire de son règne, «[ue 
Diodore nous a conservée, ne permettrait pas d'adopter cette 
•opposition ; 3° le style et la fabrique de nos pièces paraissent 
dénoter une époque un peu postérieure à celle i laquelle les 
bellesmédaillcsdeLeocon, dePaerîsade et de Spartocus ont été 
frappées ; 3' enfin on voit sur nos médailles les lettres numé- 
rales A, r, A et Z , qui dési(^ent évidemment les années i , 3, 4 
et 6 du n-gne du roi. Or , comme Eumélus, fila de Leiicon, n'a 
régné qtie S ans et S mois, il est clair que ces médailles ne 
sauraient lui appartenir (>). 

Si ces objections contrebalancent l'opinion avancée plus haut, 
par laquelle les neuf médailles dont nous nous occupons pour- 
raient être attribuées à Eumélus, fils de Leucon, ou peut sup- 
poser qu'elles ont été frappées sons un Eumélus II, dont le rè> 
gne, inconnu dans l'histoire, se sera écoulé dans l'intervalle de 
cette lacimc de 170 années , qui estste dans les annales du Bos- 
phore. On voit sur la monnaie d'Antigone-Gonatas , de Démé- 
triuB II, de Philippe V, et de Persée, rois do Macédoine, Hoo- 
temporains de celte lacune, les méiAes abréviations de leurs ti- 
tres et de leurs noms, que sur les médailles d'Almandre-le- 
Grand , de Philippe III et de Cassandre : Eumélus II peut donc 
avoir imité en partie cette monnaie, en exprimant son nom et 
son titre par le monogramme BAE. Cette hypothèse ajoute- 
rait un roi de plus dans la liste des princes dn Bosphore, et 
contribuerait à remplir une portion de la lacune en question. 
Les savans archéologues qui s'occupent de l'histoire obscure du 
Bosphore cimmérien , et auxquels je soumets ces idées et ce* 
recherches, résoudront peut-être ce problème numismatique 
d'une manière plus satisfaisante. ( /oarnal iTCMma ; 1837, n* 
60 et 61.) 

56, SiiB LES AKGiERKES HOKVAiKs scAooisEs ayant eu une valeur 
forcée. [Kanstett Letterhoàe ; itlaS, n° k^.) 

Sous le règne de l'avcnLureux Charles XII, roi de Suède, le 
ministre Gcerti, u'ajant pas de quoi suffire aux dépenses du 

(i) Celle canclaiion a'git pu trù.fbailH : le chilTre Z liuliqHrait la 
6* iDD^ i/a rigne d*EQBiélDi, ^dî régna tn effet 5 mnic* eatièru, et 
S aïois i» la 6*< (H, dn R.J 

Dotzecl!ïGoi")^lc 



Bistoîrt, AS* 

rai, fitfrai^>n-desiiioiiiiuesdecuiTeeamiqtteUnoDiiapsHda, 
force une valeur de monnaies d'argent ; chacune pesait iib j 
d'once, et valait^d'un écud'a.e'CDt: cepeDdant le gouverne- 
ment leur donnait la valeur d'un écu entier. Comme on mettait 
tar <}uetqnes-iincs pour edîjjics des fîj^rcs mythologiques, 
le public appelait ironiquement ces pièces les Dieux de Gœm. 
On connaît to de ces pièces; la i'* de l'an i7i5, portant 
d'un eôté nne couronne i-oyale, et au revers les œotssncdois i 
Daler S. M. (i écu d'argent); In seconde partit en 1716, et la 
3* ta 1717 ; l'année d'après, il en fut frappé 6, dont une- re- 
présentait un guerrier armé, et les autres portaient les images 
de Jupiter, Pficbus , Mercure, Mars cl Saturne. La 10' et der- 
niÎTe monnaie de celte cspùcc a le millésima 171g . quoique 
mise en circulation depuis la fm de 1718, et porte le symbole 
de l'Espérance avec l'ancre et le mot Espérance. Cette 10" mon- 
naie est la plus rare ; comme le roi périt à lVpo(]UC où elle fut 
mise en circulation, elle conserva très-peu de temps sa valeur 
forcée, et on la réduisit comme les autres à leur taux comme 
monnaie de cuivre. D-c. 



HISTOIRE. 

57. RiEsEMiaE L'nisTOiaz i'hitemseli.e ; par H. H. F. J. K.'* 
TBCP. Traduit sur le manuscrit de rautenr;par L.A. Id-S". 
de XIV et 5io pp. Soroe, 1836. Holm. (lé/ia, AUgem. Ute- 
rat. Zeùung; îévr., iii9 , Si^ptém. , n" 10.) 

Le plan siir lequel l'autenr a travaillé nous paraît aussi simple 
que convenable. Il a divisé son ouvrage de la manière suivante: 
A. Uistoire ancienne jusqu'à 476 Ms après J.-C-; i. Temps ob- 
scurs jusqu'à 56o ans avant J.-C>i a. Périt>de dcsPerMuu et de* 
Grecs jusqu'à 3 là ans avant J.-C.; S. Période nacédcatenaa 
jusqu'à 1/16 ans avant J.-C; 4. Période rcmiaine. B. Mofe». 
ifge,de Ji76-iSig. 1° jusqu'à 814. a° Temps de la Ëtodalilé 
jusqu'à 1096. 3° Période de la hiérarchie. C, Bitloùv madtnie, 
1° Période de la réformation depuis i5ig jusqu'à 1661; 9°,' 
de 1661 à 1786; "i" Période de la révolution. L'auteur a jugé 
nécessaire de séparer dans chacune de ces 3 pétiodes de l'hi» . 
tmre mcxlerBe, l'hialoire des érénuwB» qui SMit dW intérêt 
G. TuKB XI. '5 



1:, Google 



gteârd, à* cdlt dffiptnfn particulier, ou do nthlofavkp^ 
date. L. 

58. DtCTlOKKAinB CLASSIQUE DES RO>S PBOPKBS DE I.'U(TiqillTi 

SAcaÉE ET PBOFiKE, coiitciiant Te-xplication Je tous les noms 
mytholojjiijiics, histnn(|ncs, gÙDgrnjiliiqiics, ainsi que An 
noms (l'iià3^cs, iti^tiilt's, clc., (]ue l'on rcnconin? dnns U 
lecture tlfs licrivniiis grecs, romuins et bcbrcu\i avec la ci- 
tation (les passages orijjiuaux oiï ces noms se trouvent men- 
tionnés; pn'cédé de tables cbronologiques, des fastes con- 
sulaires, delà série des archontes et di-s empereui'S, et suivi 
de tableaux synoptiques des poids , monnaies et mcsuiics de 
toute espèce, de la série des chiffres et des calendriers an 
anrîcns; ouvraj-e adopté par le Conseil royal de l'Université 
pour rusa|;e des Collèges et Institutions; parM.N. Bolillet, 
prof, de |)hilos. au Colley;» de S«inle-Barbe. a° édit. ^r. jn-S" 
sur a colonnes. To. i" de xi, 8a et 68a p, de texte; Tome 
-i', GGoet S/| p.; prix, i8 fr. Paris, 1838; Bclin-Mantlaret 
Dcvaux. 

Cette a* édition ne parait offrir aucune différence avec la 
i" , c'est sans doute une réimpression pure cl simple, et cet 
ouvra{[e est trop connu pour qu'il soit nécessaire d'entrer à 
soB sujet daps iiucun détail. 

S9. HlfTOlKK «^K^KALB UE l'InDE AirCIEMNE ET MODKBNK, de- 

puis l'an aooo avant J.-C. jusqu'à nos jours , précédée d'une 
notice géographique , etc. , nvee une carte de l'fndc ancienne 
et Diadème ; par M. de Miblès. 6 vol. in-B" ; prix , 4a fr. P»- 
ris, rfaS 1 Eymery. (.Ç«iVc clftn. Voy. le Butl., Tom. X, p. 38i). 

Le a* volume est consacré en tmlier h l'examen de la religion 
0t de la mythologie des Hindous, de leur philosophie et de 
l*ar Morale. H. de Mariés y expose d'abord les différeni systé- 
■■• des Brahminei sur la création, et donne une idùc de la eo»- 
iMOp«pkie hindoue. Il traite ensuite de la religion et de la my- 
ihalogia avee beaucoup d'ordre et de clarté. Distinguant la re- 
Itgloa étoiénqiu d'avec Vexoteriqae, il prouve bien qne la 
IU»dou« croient en l'unité de Dieu , b l'î m matérialité et à l'io- 
«artalitéderanw,Buxrécompenses et aux peines futures, etc. 
^li bm, dfai i iet >whMtMf, aimir et adorer Dieu. Lt vie 



D.nt.zMbïG0Oglc 



HtMUlrt. 9y 

dura peu. Malhenr ii celoi qui n'en profits pu pour piMiqwr 
U vertu, seul bi«D qui peut iwus lurvivre.... Les plaiiin qna 
l'oD go&le dans le ciel sont tous spirituels,. , ila ravisifliit I'mm 
en rem plkMBt tous ses dosirs.... Jouir de Dieu, voilà la tnesur* . 
de U félicité des élus.... Il faut servir Dieu pour lui-m^oM el 
SHM Micnn intérêt personnel (T. U, p. 4[.) Four trancher l« 
nœud de la diiEculté touchant le libre arbitre que les Biodous , 
quoiqu'on croie géuéralenicnt le contraire, admettent dans 
l'homme aussi bien que les Musulmans, les Brahmines refusent 
à Dieu la prescience des actions futures des hommes. M. de 
ïlarlésjustifie avec raison les Hindous d'une foule de reproches 
qu'on leur adresse i mais il va beaucoup trop loin lorsqu'il dit, 
dans son enthousiasme, que « celte religion n'aurait point de 
rivale si nous n'avions celle de l'Évangile • (T. I, p. 5.) Eh 
quoi! la religion musulnane, fondue sur la Bible, où rien de 
mythologique ne vient altérer la purclô du culte, n'est donc 
pas di)>oe d'être la rivale de la religion de Brahma! Hais M. de 
Maries a une antipathie prononcùe pour l'islamisme; il dit que 
cette religion ■ ne fit qu'ajouter l'iDlolérance aux autres fléaux 
qui afBigent les boaHnesu (T. III, p. 34?), comme si les em- 
pereurs TomaiDs qui persécutèrent si ciuellement les premiers 
- Chrétiens, n'étaient pas iutolérans ; comme si les Chrétiens qui 
s'en Iredûchiraieu t :i l'époque où parut Hahoinel , n'étaient paa 
iatojérans eux-mêmes. Eh quoi I M. de Maries ose mettre au- 
dessus de l'islamisme une religion où mille êtres phantastiques 
reçoivent un culte ridicule, uue religion qui recommande aux 
veuves de se brûler sur le cadavre de leurs époux, aux g«M 
pieux de se suicider pour aller au ciel (i), et qui engage ceux 
qui a'ont pas le courage de se donner la mort , de pratiquer 
mJlW auitcrités révoltantes, comme de se laisser tomber sur des 
pointes de fer, de marcher nu- pieds sur des charbons ardens , 
ds se percer U langue et les côtés avec des roseaux pointus , 
et aille autres gentillesses pareilles. L'islamisme, au contraire , 
a eoipnuité aes dogmes et sa morale h l'Ancien et au Nouveau 

(i) Soil en se coupant U coo , ou «□ h brAUnt , loU co h laÛMtit 
mourir da bïm, oa an *a laiitial diiorar par das Ciocodila* , toïl «ofia 
su se Uiant icnttt lous les roacs du char oà l'on pnunine l'Idole ds 
Ja|beratai(T.n, p.si]]. 



mCooglc 



«8 Histoirt. N° 59 

TecUment ; et unt qu'il ft étô dominant dau fEindoNStan, 
oa doit dire ^ la toiuDge des Musulmai» , qu'Us oal empécbé le* 
aacrîfices humains que les Anglais ont la barbare poUtique de 
tolérer dans les provinces soumises à leur empire. Bfais il est 
de mode de parler contre la religion musulmane et de repré- 
senter Mahomet comme un bri^jand ambitieux , le glaive d'une 
main et le Coran île l'autre, quoique l'Asie et l'Arrique soient li 
pour témoigner te contraire. En effet, des milliers de Chrétiens 
fidèles à leur culte peuplent encore ces contrées, tandis que de 
tous les Musulmans qui ont occupe l'Espagne, le Portugal , une 
partielle l'Italie, la Sicile, etc., il ne reste pas un seul individu, 
tous ayant été ou chassés, ou tués, ou baptisés /lar loUraitce. 
Mous sommes fâchés que M. de Mariés , qui paraît avoir des 
idées très-saines en matière de religion, ait cependant cédé en 
ce point à l'usage qui, pour être universel, n'en est pas iikhbs 
injuste. 

M. de Mariés consacre ensuite un chapitre de 56 pages à la 
Trinité hindoue, qu'il compare avec les croyances analogues qui 
se trouvent chea différens peuples. Il voit la Triailé che> les 
Persans, les Égyptiens, les Grecs, les Romains , les Thibétaios, 
les Tartares, les Scandinaves, les Américains, les Chinois, en- 
fin chei les anciens Hébreux. Nous n'examinerons pas jusqu'à 
quel point ces rapprochemens sont fondés; mais nous feriHis 
seulement observer combien sont faibles les raisons sur les- 
quelles M. de Hadès, et les personnes qui soutiennent que les 
anciens Hébreux ont cm à la trinité, se fondent pour étirjer 
leur système. I^e mot élohim, disenl-îls, employé pour dM- 
goer Dieu dans le premier verset de la Genèse, a une forate 
plurielle , donc on a voulu indiquer qu'il y a plusieurs person- 
nes en Dieu. Mais ici, iroBime dans les cas analogues, la forme 
plurielle est employée uniquement par respect ; c'est une sorte 
de figure orientale, ainsi que le démontre évidemment le con- 
texte. Les mêmes personnes trouvent qne ces paroles de la Ge- 
nèse « Faisons l'homme à notre image ■ sont une autre preuve 
de la pluralité des personnes. Mais cette expression tient i la 
même cause. On n'a qu'à ouvrir le Coran et l'on verra que Ma- 
homet qui, certes, n'est pSs irinitairc, fait toujours parler 
Dieu au pluriel. EnGn , elles observent qu'il est dit dans la Ge- 
nèse que ■ l'elprit de Itien se mouvait sur les eaux ■ et ^le ces 



jbïGoogIc 



Histoir». 6g 

nols d&igBent évîdmiment le Saint-Esprii. HaU le mot que 
l'on tndoit par esprit est raaii, qui sigoilî^ propremcnl jou^e , 
i>art;or, eo hébreu, nn louffleJe Dieu signifie purement et 
fimplement an grand vent , comme des arbres de Dieu , »i^i- 
fini de pvmis arbre*; des montagnet de Dieu, de hautrs mon' 
t^net, etc. On voit cgue ces preuves ne soot gnùrc concluantes. 
Il ta est de même de plusieurs autres (]n'i) serait trop long de 
nppKterici. 

Àprà avoir parlé de la TrinîtÉ hindoue, c'est-ù-dire de 
Brafama, Dieu créateur; de Vichnoii, Dieu conscrvnteur, et de 
Siva, nommé aussi plus souvent Haha-Dco, Dieu ri-générateur, 
des dix ÎDcamatioas de la 3* personne de la Trinité hindoue et 
ie ion apparititHi sous la Tonne de Kriehna, M. de Marlùs Tait 
eonndtK les dieux du a* ordre, les déesiies, les plnnùtrs, qui 
sont l'objet d'nn culte, et qui, en sanscrit, aussi bien qu'en 
biadoaatani, comme dans nos langues d'Europe, donnent leurs 
noua aux 7 jours de la semaine. Il parle ensuite de quelques 
aalresdijcts du culte ou du moins des honneurs des Hindous, 
telsquelavacbe, le lotus, etc. , du dogme de la métempsycose 
tl antres ooyances et pratiques indiennes, telles que celle de 
K FaÎK transporter au bord du Gange lorsqu'on est malade, 
aind'avoir le ÂonAenr de mourir dans un dm troii miUiom cinq 
etMmdle]itax consacrés ou réputés saints sur les rives du 
flearc fil, 175 ), et surtout ù Bénarès, oi\ on assure qu'im An- 
glais , à l'imilsticHi des Hindous , fit construire une pagode et y 
readit l'ame comme il en avait le désir (T. II, p, 373.) 

H. 4k Mariés trace ensuite le tableau des quatre degrés de 
prabation desBrahmines, de la vie des joghis ou yagnis(ct non 
fogis), ^est-1-dire péDiteiis,eI itifaiirt ou moines indiens, 
qu'il ne faut pas coafondi-e avec les soQs, philosophes miisnl- 
Kuns. Les Hindous sont fort lolérans , ainsi que l'observe H. de 
Mariés « Le ciel, disent-ils, ressemble à un palais qui aurait plu- 
sieira portes, et où chacun arrive d'un càtc opposé; carlout 
colteeat agréable il Dieu, de quelque nature qu'il soit.... La vé- 
ritafale religion est celle du cceur; les formes du culte sont des 
accessoires indifférens > [ T. II , p. 479). Ils ne contestent ni la 
vérité ai la sainteté de l'Évangile, ils prétendent au contraire 
qu'il se concilie parfaitement avec leur ehatirt (T. U, p. 178)* 
M. de Mariés consacre ensuite quelques pages aux KciateuntU 



1, Google 



yo Histoin. N« S9 

£où<idka, dâDt la doctrine est bien pen Mnnuejusqn'kii uix 
jaÎDs et anx sikhs (et non seikhs). Puis iresimine In np|)orts 
qui eHislent entre la religion hindoue et celle des autres psn- 
ples. A. propos des ï^yptiens , dont il compare la religion avec 
le brahmanisme, il. dit, emporté par la haine quil paraît avoir 
vouée aux Bfiui-.lmans, qiie «ses modernes et farouche! domina» 
leurs travaillent depuis ta siècles à ruiner ses institudou tm j 
éteignant les lumières, et à larir les sources de la prospérité, 
en donnant dos Fers k un peuple jadis agriculteur et commer- 
çant» (II, 309). Mais il aurait dû se souvenir qu'un béros, 
ami des sciences, protecteur des arts et de l'agricuhure, est m 
ce moment à la tête du gouvernement de l'Egypte, que fret 
bomme illustre, qui aeuvoyé i Paris l'élite de la jeunesse égj^ 
tienne pour si'instruireau foyer de nos lumières, vient d'accunl* 
lir avec enthousiasme le savant H. Champollion, qui est allé 
puiser dans la terre des Pharaons de nouveaux matériaux pour 
donner plus de développemens à la belle découverte qui lui 
assure une place dans les fastes littéraires de la France. Hon , 
l'Egypte n'offre pas aig'ounFkui, comme nous l'assure H. d« 
Mariés, l'image de la misère dans, les campagnes, la solitude 
dans les villes, la dégradation et l'abrutisscnient dans les babi- 
tans dégénérés. L'Egypte est actuellement une contrée presqtM 
européenne, o£l la civilisation fait chaque jour de rapides pro- 
grès. 

H. de Uariès examine ensuite les doctrines des six écoles ou 
systèmes de philosophie des Hindous, qiie nous avons été dam 
le cas de faire connaître dans ce journal, en rendant eompte 
des savantes dissertations deM. Colebrookc; il passe ensuite en 
revue les prindpaux philosophes de l'Inde, doon% des détails 
' intérestans sur la tangue sanscrite et les idiAmes vi^aos da l'In- 
de, parmi lesquels il cite Vhmdi ou htadiMtUiiti , langue usités 
dans toute la partie occidentale, qu'il dit être dérivée du san- 
scrit , ce qui est loin d'être prouvé. D est Jt croire au contraire, 
ainsi que le pensait Langlès, d'après Jones, que l'ancien hindi 
était la langue des autochthones , et qite le sanscrit fut apporté 
dans l'Iode par des conquérans étrangers. M. de Mariés s'étend 
ensuite sur les védas, sur In poésie sanscrite, sor les sciences et 
les arts. La médecine a été assea cnltivée par les Hindous; ib 
sont trèt-ignoran», À la vérité, en aDaloinie, et oonrettcM la 



•upctioriio des chùwgieiM européciu; mù ils prMcndnt-étra 
phu habile! que dm mûdecÎDS. Ils ont quelque! manies tiagn^ 
lîèm, orIle,parBx«in|)le, de irouTor dam le poivre dcsquali- 
tM raTraicbissantes, opinloa qvc, du reite, le peuple a gj a é- 
nleueU dam le midi de la France. Ils sont, dit-oo, Irân-intc^ 
resscs, à l'égard des richroi mais ou doit dire à leur cLi^ 
quils doBorat gratiiitaniFiit tous liura soius aUK paunts tt 
qu'Ut leur fournissent uéinc les remèdes, lis guérixaU 1r 
inonuic des replilM dangereux en iatroduisont daos la plate 
ua charbon ardent ^ le fcut disent-ils, absorbe peu k peu le v#. 
uiu, et cette opération ne Tait pas beaucoup sooQl-ir. Quand M 
fàut abtaùuncHi tirer du sang au malade, on lui applicjuo dt* 
langtmt* (111, i3S). Ou ne coonait pas dans les Indes k pro- 
fession d'accoudieor, les feminos se laisseraient mourir plutôt 
que d'avoir recoursà un accoucheur (111, ai8]. 

Les Uindous, comme tous lits peuples de l'Ch'ieat, n'oot ni 
peintres, ni ubieanx. Ils n'ont jamais connu l'art heurdox de 
mêler les couleurs pour les nuancer, ils n'ont pas mémo soU{^' 
(ftaw l'mgénieuM métkode du clair <dMcnr; mais slla aom ar~ 
riérés daos bien des arts que nous avons cnltiviis en Europb 
avec avantage, ib nous fturpasstrnt aussi dans qnelques^M», 
dans celui, par exemple, de [miporer le rotûii et de fonner ce» 
tissus précieux, dout la finesse est telle, qu'une fàèat de 3b 
aunes de long peut tenir roulée dan» le creux des deux maiav. 
Des voyageurs ont vu des mousselines dont le tissu était si dô- 
lié, que mises en neuf doubles, elles laissait apercevoir U 
couleur et la forme de ce qui est dmsoiM ( III , iC6 ). 

Eu examinant la législation des Uindous, H. de MarUa ob- 
serve que l'oignon , l'ail et le vin sont pr<Aibés pat Us institiK 
tes de Ucnon, sous peine de bannissement (III, i83). Notis 
Cerons observer à ce sujet qiia les législateur» orientaux ont eu 
gcBéral réprouvé le vin (i), ei que Mahomet n'a fait que suivre 
les idées reçues en le défendant & ses sectateurs. Le code de 
3IeDou recommande à iwlui qiû veut choisir une épouse, de 
prendre garde qu'elle n'ait point let cheveuj: rouges , qu'elle 
n'aioM pas trop ik parler, qu'elle no vienne pas d'une fanîUe 
où il n'jr a que des filles, etc. Le même code décrit aim ht 
corps huotain : ■ une maiscAt qiû a d«d oa pour solives et pMr 

(i) Mate amUMbate auUvtassd^llto asag*, roy. JiHc, Xi». 



i:, Google 



^ Hùtoire. 

■cbevrtNÛ ; dés tendom et des nerb pour cordes ; dés miudes et 

duungpour ciment; une frêle peau pour coUTerture (ni, 193). 
■ Le roi, litondaiule livre aufjitel Dom Tenons d'emprunter l«s 
«itatioDs qui précèdent , doit être va modèle de toutes les ver^ 
tus.... Il aurasept ou huit ministres.. .versés dans la science des 
lois. Il discutern avec uax les affaires de la paix, de la guerre , 
des alliances étrangères, celles de l'admiuistralion intérieure. 
31 sera très-circonspect dans le choix de ses ambassadeurs, 
car ses ambassadenrs doivent le représenter.... Le joiienr de 
professiou et celui <fui tient maison de jeu , doivent être pa- 
nb' du supplice des voleurs. Quand l'esprit du jeu domine dans 
un pays , on peut regarder comme prochaine ta ruine du prince 
et de l'empire.... Pour que tes crimes ne restent pas impunis, 
onadesagens secrets, généralement des hommes repris de 
justice ou des voleurs de profession , lesquels se glliscnt pat^ 
tuut, écoutent, épient et donnent A la justicelesmoyensd'agir.a 
CT.IIl,p. 189, 193, 194,199,300). 

bifitt, H. de Harlès aborde l'histoire du pavs dont il a fait 
counaîbe le sol , les habtians et les iosiitotions. Elle se divise en 
trois parties. La première contient l'histoire ancienne depuis 
l'an aooo environ avant J.-C., jusqu'à l'invasion de Mahotond- 
le-Gagnévide , eu l'an looodc notre ère; la denxiènte contient 
l'histoire moderne depuis cette époque jusqu'au règne de l'etn- 
pcrenr mogol Akbar ; la troisième , enfin , contient l'histoire des 
régnes suivans jusqu'à nos jours, oft nous voyons encore un 
descendant de Timour occuper les débris du trAne de Dehii. 

Nous n'essaierons pas de snivre M. de Mariés & travers le 
dédale immense des événcmens qtii se sont succédés sans ïnter^ 
mption dans l'Inde depuis les temps fabuleux jusqu'A nus jours, 
et le lecteur nous en saura gré sans doute. Nous n'aurions 
^ère A loi faire connaître que des invasions , des révoltes , 
dès assassinats , des crimes sans nombre , cl, au milieu de tant 
d'horreurs, un petit nombre de bonnes actions presque Inaper^ 
çnes. D'ailleurs, comment se retrouver au milieu de tant défaits? 
M. de Harlès n'a pas eu In précanlion de rfooncr des tables des 
fàuveraÎDS des diverses parties de l'Inde, dont U parie dans Swi 
histoire ; son récit est en gétiéral très- concis, et son style , trop 
velevé peut-être pour l'hbtoirc , irait un pen à la clarté si né- 
cesMiredsM ua ouvrage de' ce gams. C» dâfaut m fait «utout 



jbïGoogIc 



. Bùtoire. ^3 

sGDbr duu Upremièrepartie, où il trace, dam it5 pages, l'his- 
toire de },ooo ans. 

. A la suite de rbnioire se trouvent quatre morceanx impor- 
lana, soua le titre d'appeatHoet. Le i" est consirré i des con- 
stdéradoos sur l'accnnssetnent de la puissance anglaise dans 
rinde. M. de Marièsparle A ce propos de rcTéoemeni malheu- 
reux anivé à Bombay en iftoa, à Hajji-Kfaalil (et nonKhotiltl) 
ILban, anibassa^feiv po^n, qui fnt tué en voulant appaiser 
vœ querelle qui s'était élevée entre ses gens et des Stpahtt , 
i)ue les Anglais lui avaient dtMinés (mur sa jjarde (T. VI, p. 1 1 S). 
M. de Mariés aurait pu ajoaler que Pans a dans ses murs le Rfs 
de ce personnage éminent, Mohammed Ismai1-K.han, qui, de- 
puis la ans envii-oit, est en Europe pour son iastrûclion et son 
■grèi>>ent(i). ■. 

Une notice particulière sur la célèbre tiour-Mahal, nom- 
iD^ aussi Nottr-Jmhan , vient ensuite, puis on lit des détails 
curieux sur Haïder-Ali (et non Hydcr] et Tippon-Sabib , son 
iib; eafin, l'onvrage se termine par un tableau du commerce 
actuel de l'iude, de ses exportations en Europe, des importa- 
tions, des échanges,' du commerce intérieur et avec les pays 
voiùns, des poids, des mesures, des monnaies, etc. Deux car- 
tes, une de Tlnde aucienne, une de la moderne, ornent nril» 
mcot cet ouvrage , et deux bonnes tables des matières , une à 
la an dn tome 111° , et une autre à la fin du VI* et dernier, 
facilitent les recherches du lecteur. ■ 

2tons ne termîncrotis pas cette analyse rapide sans déclarer 
que, malgré les taches légères que nousavons signalées et d'au- 
tres qu'un examen approfondi pourraitfnire apercevoir, H. 
de Haiiès a rendu un service iauportant à la littérature fran- 
çaise en réunissant avec gofit et méthode eu quelques volumes 
drs notions épiirses dans uu très-grand nombre. Nons ajoute- 
rons que cet onvrage <<st bien écrit et bien pensé , qu'il réunit 
en tui mot les deux grandes qualités ulik'éaici, Gaxciv as Tasst. 
60. Histoire otto«ai»k ; par M. de Hiubex. Tome m, conte- 
nant les règnes de .Çi(/«V«n« /, i520-i566, eide &-7//n 77, 
(■) On pcnl lire anc Icttrs qu'il tciWil 1 l'anteitr di oct irliclc k Xi- 
poqae di w récrptioa eu qaililé de membre da la SocUlé aàatiqat. Cette 
lettre e>t rmurqaible p*r réIi>queDci orientait de* expreiiioni. Tojn la 
/pmmmtanalijiK;Tom,y,p. 38i, ■nuit i8i4* 



!i!ïGoo^lc 



94 Hiaùrt. TU' 60 

i566-i574. I>r«ffej», pp. YIH^Hiitaire, pp. 6t7t Hotctst 
Éclaircissemeni, pp. 618-804. In-S^.Pest, iliSiBattlelMiii. 
Le prÛMot voliime, que l'ititcur îaratigablc ■ fait succUer 
si rapidement au Mcond , eoalieot le périod» le plu* briUant de 
l'histoire ottomane; cet eoipire n'a fait que déchoir depaw, et 
. le public saura gré & M. de Uamiuer des détails dans lesquels il 
est entra. £a noos abstenant de suivre le fil chronologiqwe , 
nom (lonaerouB les estenaioiu que l'enpire turc reçut sovs ce 
règne , en commcnfant par l'Europe. I^ prise Smbmet et de Sei- 
gnd en iSai, la victoire de JtfoAacs et i'iavMioa de toute la 
Hougrio en i5a6 , le siège de Vienne 3 années après la caaipft- 
goe contre Charles V, en tSSa, qui Tnt suivie d'un traité de 
pais humiliant pour l'Autriche; l'oxpédition en Moldarîe, «d 
iS38, de nouvelles conquêtes en Hoagrie et la prise de Crmm 
(Str^onium), en iS^B, et enfin la dernière campagne, en i56S, 
ail Suleiman expira te 6 septeml»« sous les nnrs de U f(Wte> 
resse de Stigelh , qui fut prise deux jours après mus les ordres 
du grand-visir Mohammtd SoimUi, i]ui avait rénasi k cacher la 
mort du sultan. 

La première eipéditiun en Perse, en i5Hi se distiltgna par 
le prise de Taarù et celle de Sugdad; la seconde, en iS^, 
par celle de fan; la troisième , en 16S4, porta la déTeetatioa 
dans les contrées adjacentes. La prise de l'ile do Rhodes , ea 
i5»9, fut acheiûe par la perte de 100,000 honnnes; lacamfiiéle 
de presque toutes les îles de l'Archipel, sur les Vésiiliens, fut 
plus facile) en même temps Kaireddin (Barbenrosse), et après 
lui To/f/iuii (Otiifi,at) de la câte septentrionale de l'Afrique, 
helayaient en tout sens la UéditHrânée. Sitleimmîi ffachn , goa- 
verUeurd'Égjpte, conquit le }>/ir/i, et assiégea, moisen vaiu, 
les PorlugaU dans Diu , port et forteresse de la presqu'île de 
Auanate aux Indes, en iâ38. 

Les débttuchcs de Sélira II Tnin péchèrent de faire des con- 
quêtes en personne , mais les vastes plans dti Suleùnan se re- 
trouvent dans le véiitable souvernia , le grand-visîr Mokam- 
med Soiolli, qui voulut percer l'iithnie de Suez et joindre, au 
moyen d'un f-anai , le Don et le Vol^n 1 ce deniier projet fut 
sur le point d'être cx^Tuté lorsfjiic le gouveinement russe fcm- 
pécha. La conquête de l'île de Chyprt, va les pertes énormes 
des conijnérans , peut presque être euvisvgée coauue.aui échec 



jbïGoogIc 



Hittoin. 78 

{i5;i), et Ia grande vieloire navile da Lrpmtilg (t« 8 fMàbre 
i57i),r«atporlé<i>ur la flotte turque par J}«ii /mm rf'^Nlrfnl^, 
quoique, comme celle de TcAèehmèt mbi réMiItal imniédiat, 
ett le vérîtablfl point de décroiuance de lu puitMnce turque 
par mer. 

La constitutioa oltomano eut son plus grand dûveloppenMit 
MUS Suleiman i l(j Mollah /(roAim rédigea (d'aprèi p. 467} u> 
code, qui »ert généralement encore aujourd'hui; le A«nowi- 
itamr du monan)ue mérae se distingue par une douceur (|ue, 
peut-être, l'on cfaercberaît en vain duu let légiilationa d'aten 
en Europe. L'état militaire, basé en partie sur une sorte d« 
système féodal, se montait à 48,000 homme* de troupes ré- 
glées, dont aojooo Janissaire» et 16,000 Sipahis; la ovalcri* 
féodale s'élevait à i3o,ooo, dont te,ooo en Europe; U sonuM 
totale d'une t«lle armée , telle qu'on la vit k U seconde ekpédt 
lion de Hongrie, poavait surpasser sSo,oao hommes , avec Son 
bouches à feu ; la flotte au complet se composait de 3oo voiles, 
elk ea avait autant à la bataille de Liante. 

Les jurisconsultes , les ulémas qui, comme les rabios, s'oo- 
cupsiest du droit et de U théologie, jouissaient d'Un prïvil^e 
précieux sous ua gouvernement despMique : de n'avoir jamsit à 
craindre la confiscation de laurs biens ( p. 469 ) , et la fondation 
Je Borabreuses académies richement dotées, contribua à r^ 
pondre le savoir ; ou cite partout le moufli Mbuinnd, auteur du 
plus vaste commentaire sur le Coran, et TatehiôprittKià ,AaBt 
le f rand ouvrage enayolopédiquc fut extrait plus lard par Hadt- 
ehi Khai^, qui, à son tour, est la base de la Bibiiothéqut 
on'mtofrdc d'AcrMw, H . de Uaramer a donné, p. 664 > un 
éofilitalieo du graïkd-visir Ibnûtimsmx pacha (d'après p. 7^3), 
dans un écrit Utia,CÎIole Nouveau Testament A Cicéron. Hmis 
renurqueruns qu'«n général on est revenu de nos jours de l'o- 
pinion que tes Orientaux ne connaissaient et n'estimaient que 
leur pr«pre liltéralure; on a. trouvé (|ue les Chinois avaimt 
ioipiiné des dictionnaires polyglottes, qu'ArîMote était étudié 
jusque tUns l'île de Ccylan , par des Brahmanes , et l'histoire de 
la chuU de la dynastie des Seii, écrite en latin par le P. Kru- 
sinilti, en Perse, fut imprimée à Constantinopic , traduite en 
turc par an Turc, la ménieantiée oA la tnductloit ftvitçahe pa- 
rut 4 Paris'(en i?«9]> 



jbïGoogIc 



j$ Histoi/v. 

Nota avotu trouvé uns meatioD d« la poste utx pigetNis, dont 
les Turcs se servirent en Hoogrieen i5Sa (p. ^99); l« premier 
café fat établi k Conuantinople en »554 , quoiqu'il j en eAt de- 
puis loi^-lemps en Egypte , en Syrie et probablement aussi en 
Arabie. La première mention que l'un en trouve dans PEDrope 
chrétienne est à Londres en i636 (t); mais ce ne (iit qu'une qtia- 
rantaine d'années après, à Amsterdam, que les cafés acquirent 
quelqne célébrité et même une certaine inBuence dans les 
opinions politiques; on remarquera qne ce fut vers ce même 
temps qne prirent naissance un grand n<m]bre de feuilles poli- 
tiques et littéraires en Hollande. 

Deux passages curieux sur Suleimsn ont été foumis à M. de 
Hammerpardesrésidans vénitiens kConstantinople, et nonsal- 
lonsen faire part à nos lecteurs. Le premier est de iSio, année 
de l'avènement du monarque : ■ PetjHU» Tvreo, oiservm mobo la 
lege ,eotnùve U Chriiliani , Ira/a mal U Eirei ; è per loua ekt 
ttudia, (^tmato MeUa tua iqnnione, di età aS (16), tU nabam 
cholerko , bmao , porta un tiahaniemoUo siq>ra gU otxkt , the 
li nnde ua aspetto oteam tU pttdàio. 1 P. 6a6. L'autre est de 
i549 : ( Suilano SaUmano Imperatore d'anni 69 (5S) , loiigo dMi 
p&tona, eecede Ut ttatshi médiocre , magrv , di color Jareo , ht 
in faceia uita mirtAile graadeua , mro e poea came e di eaprtto 
solo cht haUiia la pelle resta, non heve -mna ma aeijue, malta 
deticale. — Servatore deOa tua kgge , fa profesihne di ne» 
mancar mai alla tua Jede. ■ P. 736. 

Le style de M. de Hammer est resté à peu près le mène pour 
les 3 tomes; ni la pureté ni la simplicité ne s'y ftmt ronarquer; 
l'auteur cbercbe, à la vérité, à lui donner dn colons et une cer- 
taine élégance ; mais elle rappelle plutAt celte des auteurs by- 
zantins on du latin du moyen fige , que celle de l'antiquité da»- 
nque; l'effet que ce style fait sur le lecteur ressemble il «Im 
d'Ammien Harccllin ; M. Bamaker (a) croit que la lertnre de 
bmi nombre d'anteun orii>ntaux , et surtout d'écrivains turcs, 
a porté M. de Hammer à tet imiter; néanmoins, pour le tatA, 
h style de H. de Hormavr, compatriote de H. de Hammer, 
dans son Bùtoire générale det temps moderne* , est k peu prei 

(i) ComtpowliiiM da Sohlowr, TUT, 3tS. 
(B)Badiadifca ciiii«a uots, IT, a^, La|d.llau«„ tsS. 



jbïGoogIc 



77 

le mtoe et n'en £tUn qnc pour !• forme. H. JUcicif « reMhi 
Il prou rinùe (le M(^'') du Bariri en allemand; loaù mmu 
croyons ^e dans un ouvrage d'bUtoire , comme l'histoiie otto-^ 
mane, cette imitation est totalement superflue et même cb»- 
qoante. La langue allemande, comme le grec, d'après le sys- 
tème assea compliqnc de sa syntaxe , admet des phrases d'une 
certaine éiendne, mais on période composé de 54 lignes (p. 
49^) nons semble trop alongc. 

De nombreuses négligences dans le premier volume ont fait 
n^iposeràH. Hamaker [i) que M. de Hammer n'avait pas la 
mémoira très-&dèle, et qu'il ne revoyait plas ce qu'il avait 
rcrit; dans le présent volume il est arrivé à l'auteur, qui, 
ans pages 646, 663, 713 et ailleurs, reprend les inexactitudes 
chroDol. de quelques écrivains, de placer la Saint-Barthélémy 
en iSyo.etde faire servir Fernand Cartes, le cooqiiérant^fur 
du Hexiqne, dans l'armée de Charles Qoint, en i54i (p. S87et 
94i}<Uit pen moins de précipitation dans la rédaction et quel- 
que soin dans la révision auraient fait disparaître ces anadutH 
nismes dans des dates connues de tout le monde (1). 

Toamebrt est une bien faible autorité pour prouver (d'aprét 
p. 19^) que l'évangéliste saint Jean a écrit l'Apocalypse dans 
lUe de Patbmos, et snr les présens accordés par Sivialopalk 
anx Magyars (p. 3oo), ce n'était pas ItOianfi , mais Thmvcs 
qn'îl Allait dier. Nous pensons que l'auteur nommé (p. 59a) 
TatùceoLMo {TaUaeoliu») est TagUaeoszi , de même que le 
Somtttxo (p. 636) (^Sambuetu) est le littérateur hongrois bien 
coonn Samboki.y. \t Magaùn himgraùy l , 414; IV, 498. S. 

61. BUmoikx snn lis nTHASTiis mvsolhahes qui ont successî- 
vement occupé la Mauritanie; par le Père Joseph de Saint- 
Antoine Honn*. ( Mémoir. de tActtd. roy. dei ScUncet de 
IMoiuieiTom. X, ifta?, p.4;-i4o-) 
On ne possédait jusqu'ici que des notions incomplètes ou 

(0 A- IV. ^3- 

(1) Noos lifiuloni i c<U« MMiion aa païuge ds l'itiialic/oiiriiml, 
XXT, SoS, oi Ton ptiM nac iaTMioa da KhéliJ d*Dt Tlud* en 03*, e*«N 
i' Jlw ■¥»! ^'aa Anb* ■'•&! nù 1« pwd *n Pma , cl 4 (oaMi a*MH la 
^mJÊhéa Y^nurnl |afnie pu ea ntaM KUUd et d««i U résalial fi« 
la MBfntH de l*Sym> 



JbyG0O(^lc 



7* 

ow aft w e » lur Im ptincm nnuulaus qm ont rigoi bw \m cm- 
tniei de Fei et de Ntroc. Let uns s'étaient bornés à umlter 
quelques ^wques en partioulier, In «utras avûent niMmltlé 
des aialérUux sans choix et saot critique. L'auteur du méiBOTO 
que nous snnonçoti» présente de bunnes garanties. Le P. de 
Honra ut un de œ* radieux portugais qui, se destinant à la 
carrière des langues orientales « rout passer quelques aseées sur 
les câlcs d'Afi'ique pour se perfuclïunuor dans la counnaissaocc 
delà lan(i;tie aTabe* et quivniuite remplissent les fonctioos 
d'interprètes du gouvernement. Un membre de l'AcMiéfnis 
de Lisbonne, le P. deSousa, maître del'aulcur, ayant cotn- 
posé une liste chronologique des princes musulmana de Hau- 
FÎtanie, et n'ayant pas eu le temps d'y tnetlrc la dernière 
main, l'Acatlémie chartjea le P. de Moura de la revoir et d'y 
faire toutes les améliorations convenables. Le P. de Moura , i 
ectie occasion , se mit ù lire les diferses chroniqui?» arabes qui 
étaient k sa disposition et qui se rapportaient à son sujet, et le 
mémoire dont il est ici question est le fruit de ces rerberehes. 
L'auteur déclare avoir fait usage de trois chroniques arabe», 
savoir, i° l'histoire de Carias, qui commence vers l'an 17a 
de lliégire (78H de J--C.), lorsque les gouverneurs d'Afrique 
se rendirent indépendans des califes de Bagdad, et qui se ler- 
mtneà l'an 796 de l'hégire ( iSaâ de J.-C), époque où vivait 
l'auteur. Cet ouvrage avait été jadis traduit eu français par Pe- 
tis de Lacroix fils ; la traduction et le texte se trouvent manu»- 
erits il la Bibliothèque du Hoi. 11 a paru depuis une nouvelle 
traduction allemande par feu François de Ûouibey. £nQn, le 
P. de Moura lui-même vient d'en donner une traduction por- 
tugaise, sous le titre de Bistoria dos soberanos tnohammetanoT 
das priineiras qitatro dinastias , e départe da qttinta , qiie reïaa- 
rao na Maaritania, Lisbonne, i8a0, un gros volume in-S". — ■ 
a" Une hutoire anonyme de Maroc, qui commence à l'endroit 
ob Gnit celle de Carias , et se termine au commencement du sei- 
zième siècle de notre ère. 3° Une histoire anonyme qui se pour- 
suit jusqu'il l'an ii3gde l'hégire (1737 de J.-C). 

Pour les temps postérieurs, l'auteur s'est servi des divers 
«easôgnenuos qu'il avait ancieaiiemwl recueillis pendant son 
•éjovr an Àf rii|iie , et de c«ux<[iti lui sont parvenus dspuw. 
C'est ÙDsi qu'il a pu retracer un ubleau duMfologîf «e-et km* 



jbïGoogIc 



79 

loriqaa dm évM)«niMu tt des lévalntUuu qui mi «h Ittu à Fn 
et à Bbroc, depuis la An du huitiàine «èctoile notre àr«,ju»- 
(jn'k noi joun. L'auteur déclare au reUe s'en iin teati au récit 
des auteun qui lui servaient d4i guide, te bornant, la plupart 
du temps, À reproduire leur» expressions. Ainsi, ce ncsuRtle 
plus souvent que des matériaux , et on ne doit pas lire le livre 
SMis dMance, surtout pour re qui concerne les relations des 
Miualmam avec les Chréliras. On ne gicut cependant qu'ap- 
pUuilïr k l'îdùequ'a eue Paulenr d'éclaircir relie partie de l'his- 
toire du moyen âge , partie qui est (l'un grand iutcrt-t , princi- 
palement par rapport h l'Espagiiç et au Forli^al qui furent pen- 
dant long temps exposés aax iavaùoa& des Maures d'Afrique. 

fia. P»sTi H EL Lt H ICI .—Fastes Helléniqurs; Chronologie civile 
etiiltcrairc de la Grèce, depuis la LV'justju'à la CXXIV* 
(^ympiade^par Hi'nry-FynesCi-iKTos. a* édit. revue et aug- 
mentée. Iu-4' de Lx et Ifi-^ pp. Oxford , i Si'j ; de l'inip. de 
darendon. (Jilgem. Repertorium, de Beck; 1837, vo). a, 
cah. 6, p. 460.) 

la i" «ditioa, publiée en iSa4) n'avait que xlv et 3*9 p.' 
Vautcur a earichi celle-ci ta traitant le» matières avec plus 
d'éteDdue que daw la précédente, 11 s en nuire reproduit en 
entier des pa>sa{[<sd'éorivain»,cltéaooinnae autorité», et qu'as 
n'est pas Uhijouts en nwMire de eonsnlter. L- D. L. 

83. HiSTOiES DR i.'ltvJ.iiBNr.:iT de l'île de Chio (ou Turque^; 
par WiiiD, parha de cette île. In-8° de 5o pa^cs. [Journal 
atùitîque ; lann 1837, p. 167.J 

Cette bîaloire da dernier massacre de Chio , est assurément , 
comme le dit le rédacteur de l'article cité, un des ouvrage* les 
plus intéressait» dont on puisse rendre compte, pour caracté- 
riser le lOD et le style des gouverneurs tunrs lorsqu'ils écrivent 
rbiatoire, non pas des siècles passés, mais de nés temps, ob le* 
Turc» ont trouvé tant de défenseurs dans les calnncts de l'Eu- 
vop«. 

U n'est personne qui ne se rappelle la eonquéie faite, il y a 
«palqtm anaée^ par Its Turos sur les Chrétiens, de llie de Cfaio, 
tt las horrible* watiaetM qtii l'acctmipagBirent. La ivlatiM 

qii« Bflw v BÊmfm* f*<* • P«^ «OMT ^ puAa mto* tpk 



ù Google 



8o Hùtmn. 

«!0niBHKlail&Ioraè(3iio; elle est didtéean sultan HalimoBi). 
On y voit un eseni|ile du ton emphatiqun et de la manière de 
penser des rmvaÎDS turcs. 11 est A regretter que l'exlrait quVn 
donne le Journal asiatique ne soit pas plus long et qu'on ne 
pHÏSM pai se faire une idée de l'ensemble de l'écrit. 

6\. Dk AaaBKTAKiis et HeiiMui.*miis Commentatio; scripsit W. 
T. Kkadt. In-8" de vm et i36 pp. Gœtting, i8a6; Diele- 
ïich. (Gottiag. gel. Jnseigea ; uov. iS^T , n"* 138 et t79,.p. 

Dans le cfaap. I, tte argentariorum nominihus , l'antetir, 
en opposition avec le plus grand nombre des écrivains moder- 
nes, s'attnche i> démontrer que les Itoinatns faisaient nue 
dincreacc sensible entre les argeatarii et les nitinmtûarii. Le 
chap. II [argentariorum et nummaJarioruin hrevli /liitoria) n'est 
pas susceptible d'une analyse. Chap. IIl, argentariorum et aam- 
mularioram negolia. Les principales occupations des premiers 
- étaient de faire 1rs pniemens de leurs cliens , de prêter de l'ar- 
gent k intérêts, de faiii; le courtage et les ventes, et de régler 
les héritages. Les derniers faisaient i peu piès les mêmes af- 
foires; mais lenr principale occupation consistait dans tecTian- 
g*. Chap. IV, de taberni» et measit argenlarioram et nummnla- 
ritrum. Chap. V , de argentariorum sodetatiùiit. Afin de donner 
une pins grande étendue à leurs afTaires, les banqnters avaient 
l'habitude de former des associations, composées d'un nombre 
plus ou moins fort d'individus. Il est remarquable que ces as- 
sociations isolées furent qualifiées dcplnrcs rei credendi et de- 
bendi. Cette circonstance explique, 1. i-j. pr. D. de pacl. 1. 
3t. S I. D.denovat. I. 34. ^r. derecep. etl. li.pr. D.dejurrjar. 
Cfaap. VI , de argentarionim et itammutariorum in imperio Ro- 
maito extema cimditioae coranique eoHegiis. Cbap. Vil , de co- 
dieibus argentariorum et nummularionint. Les banquiers, ainsi 
que les changeurs, étaient obligés d'enregistrer exactement leurs 
alTaîres. Leurs livres étaient considérés comme des documeos 
authentiques. Chap. VIII, de editione rationum argentariorvm 
tt nummulariorum. Comme il était important pour ceux q'u 
disaient des affaires avec eux, loit directeroevt ou indirecte- 
MMnt, du voir lenn Unes, les préteurs les obNgeaienl de les 
KadM publia. Ch*p.'lX., deJUetianm obUffUiaiM. Ti, di cens* 



jbv;Goog[c 



Hiitoire. 8i 

tituto ab argeittariit inito. XI , àe privilégie quo il, qiû apud ar- 
gfnlanum nummulariumve <iepofuera>tl,fruebantia: Chap. X]I> 
de compentaiione apud argentarioi. Chap. XIII , de prieilegiù 
ijute Jttitinianui argciilariis dcdit. L. D. L. 

6^ LcTikB DK L. A. NiBsi sur' le lieu où m forma le trium- 
vînt entre Octave) Aatoineet Lépide. (Grâra. armrf.; juio 
i8aG,p. 33-;.) 

L'auteur n'a que îles conjectures ik présenter; il s'attache aux 
récili de Plulanjuc el de Florus de pi-éférence i ceux de Dian>- 
Cassiusct d'Appicn, qui, ay sut vécu, l'un deux, et l'autre trois 
siàrles environ après ie fait historique dont il s'agit, n'ont pu, 
tdon lui , être aussi^bien informés des circonstances de temps 
et de lien qui s'y rapportent. Floms dit qu'Octave, Antoine et 
L^ide se réonirent entre Pérouie et Bologne au co^H^Rt; Plu- 
tarqiie place lascône dans une petite îledit^Mt4'e, c'est-à-diré, 
vraisemblablement, du Rubicon, que les armées ne pouvaient 
franchir sans le couseiiiement du sénat. Quoiqu'il en soit, les 
données fournies à ceisiijel par ces deux historiens sont bien 
vagiirs el bien insuflisantes ; et nous pensons qu'il faut se rési- 
gner \ ignorer long>lemps encore imc particularité locale sur 
laquelle nous ne trouvons, dans len anciens, aucun document 
précis. Au reste, la question disculée dans la lettre de M. Mardi 
paraîtra, sans doute, Ji plus d'une personne, sinon tout-jl-fait 
oiseuse, au moins d'une importance secondaire. £. Ç. D. A. 

66. Taiclx RtSToaix Ecclesiasticc secnndnm ordiuem syn- 
chronisticum et periodos digest» ; par C. Scboehe. In-fo1. de 
63 pp. Berlin, i838;Beimer. {Allg. Repenor., de Beck; 
i8s8, vol. I, cah. 6,p. 4ai.) 

L'auteur divise l'histoire ecclésiastique en ? périodes, et It 
conduit jusqu'en 1 837. La 7' est la plus riche et la plus satis- 
bicaDtc. Ses tables offrent plusieurs coloiuies cousacrces k b 
clatsiScation des événemens historiques relatifs à l'église. Il pa- 
raît que ces tables chronologiques méritent d'être recomman- 
dées, lanl BOUS le rapport de la disposition bien entendue du 
plan, que sous celui de la richesse des matières. L. D. L. 

67. Gkschicrtk Dxa Ausbeeitokg, etc. — Histoire de la pr»- 

G. ToMB XI. 6 



I., Google 



Ça Histoire. 

pagaiinn de la l'elifjiuD chrétîcnDe, 0|)ér>'e par les églises de 
Uambaurg et de Brème, dans les pays voisins situés au 
Nord, depuis Ctiurlemagiie Jus(]u'à l'i'piicinc (IcHcnn IV; et 
Traité géographique sur le Danemark et les pays voisins, 
situés au nord de ce i-oyaume; par Ahah de Brème. Traduite 
du latin, ut ac<:mn|>«gnce de notes explicatives , par Karsien 
MisBOAU. In-S** de xxiv et 36? pp. Brème; iSaS. {Gotûng. 
gel. j4nteig.; sept. i8a6, n" i$i, p. iSaç.) 

Voici la première traduction allcinande de XHittoria Scclf- 
MMlicado Adamut Brmmeitsit (i). Cet ouvrante offre non aeule- 
nteiit des donn^ pi-ét-ieuscs sous le rapport de rhisioiredel1'> 
4jliia dans le Nord , mais aussi des matières d'un intérêt plus gé- 
néral. Quint ik la vertion , le traducteur ne s'est pas contenté 
de la rendro avec la plus (,'rande fidélité , il )'a en outre enii- 
cfaie d'un grand nombre de remarques explicatives, tant aous 
le rappoi't des mots que sous celui des choses. L. D. L. 

86. HisToiaK ou GiiosTiasHK >t ds sou inrLtiEHcz sua les 

SICTU KEI.IGIRDSKS BT PHILOSOPHmUES SIS SIX HlSmllS 

SIÈCLES DE l'ère ciiBiitENHE 3 par M. Jacques MatteB) pro- 
fesseuT à l'Académie de Sti'nshoui'g. Ouvrage couronné par 
l'Académie des iii»criplions et bellcs-ledres. a vol. in-S" et i 
vol. deplaDcbc^i pi'ix, i8 fr. Paris, 1818; I^evimilt. {Frt- 
micr «rticie.) 

Ijt question que llnstitut a proposée pour le conconn df 
. iSaâ ne porte point sur une de ces spécialités qui ne profitent 
qu'aux aculs écudîtsj elle intéresse éisiaemmcnt l'esprit humain, 
SCS pn^ès, sa marche vers un autre ordre de choses. Les anti- 
ques doctrincsdc Zoroastre se communiquent aux Juifs pendant 
leur captivité h, Babylone , elles enfantent la cabale , et se mê- 
lent ans préceptes de Platon. Les hommes dépositaires do ces 
richesses diverses, les portent jusque dans le christianisme; ils 
s'y éi^gent en docteurs, et toutes li-s fois que les doctrines eEQ- 
l^if|ues des apétrea sont contraires aux leurs, ils avaneenl 
harAment que les commentaiMs historiques et les lettres paitO' 
raies desfwidateurs de ta reHgion ont été tronquée* , intarpolét«i 

(t)Oa t'*pp«]all aioil ■ csnie di mm nooniMldc Brio*. Adam ilsll "a" 
tll^lsa*. 



jbïGoogIc 



Histoire. 83 

fiilnfiées iTec ao^nt d'ignurance que de miuTaÎM Ah, et f b^iI ap< 
piTlieDt aux dépoïitoires de renseignement esotérique d'y ré- 
uUir la primitive pureté des textes. I,et gnostiques «ont donc 
d'une bmillede philosophes religieux qui veulent, par une sorte 
de rcvélatiou , de nmnifestation divine dont ils se disent les vé- 
ritables conservateurs, rétablir dans la religion nouvelle la théo- 
Sophie et U pneumatologie des sectes dont l'iiéritage compose 
leurs cioyauces. C'est, dit H. Matter, la dernière apparitioa du 
monde ancien venant pour lutter encore une /où avec ton tac-- 
eeuear avant que de lui céder tout l'avenir. 

Llotroduction est claire, précise et savante^elle faitconuaître 
parfailemenl lesujet,elleindique toutes lessources, tous les mo- 
Dumensienfin, elle nomme tous les ouvrages des modernes qui 
MU tnité ce même sujet. lie lecteur, dès les premières pages, re- 
c<H)Dait quil se con6e, pour l'étude de cette grande question, 
à un guide sAr, et qui sait juger les autorités auxquelles il lui 
faudra recourir. Nous citerons ce qui est dit sor St.-Irénée, 
Tertullien, Justin le martyr, Origéne, Clémeut d'Alexandrie, etc. 
La i" chose jt faire était de déterminer le sens des mots 
Tw«it et p«mx9c , qui d'abord n'avaient point de signiGcatiou 
spéciale pour désigner aucune secte. Le premier se traduit tout 
simplement par connaittance; le second , par doué de lafaeuUé 
decomtaùre. Cest dans Pytbagore et dans Platon que l'on 
trouve m Grèce les premières traces du langage et des idées dn 
goostîcisme, qui ne désigne encore que la teience supérieure. 
En ce sens, il se rattachait aux sanctuaires de la Thrace et de 
laSamotfarare, ainsi qu'A ceux d'Eleusis. Les Grecs ont toujours 
distingué entre les doctrines ésotériques et les doctrines esoté- 
riqoes. H. Uatter réfute vtcloriensemeat l'opinion selon la- 
quelle le mot Gnotii aurait plus ^écialemimt design^ les doc- 
trines orientales. Il aborde ensuite les deux plus illustres chefs 
de l'école judaïque d'Alexandrie , Aristobuk et Philon, qui es- 
sayerait de faire briller l'antique religion de leurs pères de 
tons les rayons ^rs dans d'autres systèmes. Aristobule était 
contemporain dePtolémée Ëvergète II j sa méthode consistait 
à r^rder tons les faits consignés dans les livres juifs, comme 
cadiant de profondes allégories ; il sut prêter h Moïse les idées 
des pins grands écrivains de la GréG« ; il alla jusqu'i prétendre 
qua Pl&toa {levait tuuiJui£t sel plus subliaws penséesj enfin, il 



i.,Goo>^lc 



84 Histoire. N" 68 

composa soDS les noms d'Orphée, de Linus, d'Homère et d'Hé- 
siode, des vers où il déposa des principes judaïques, ponr faire 
croire qiic les auteurs les plus vcuérés enseignaient la même 
chose que Moïse. Philon , tout en adoptant le système allégori- 
que quant aux livres juirs, y admettait aussi un sens littéral, Dieu 
ayant voulu, disait-il, s'accommoder à la faible intelligence de 
son peuple; mais il aj)partient à celui qui a la clé de lii science 
d'interpréter suivant ses lumiùrcs. M. Bfatter c?[amine avec soîn 
le système de Philon et sa théorie du togos, image de IMeu> 
forme plus brillante que le feu, véhicule sous lequel Dieu agit 
sur l'univers. Ce Logos est O'éatenr, mais il n'est pas le pi^re de 
l'univers. La vie de l'homme se compose de deux principes, 
l'un rationnel {Dieu souffla son haleine dam les narines de 
Cliommé) ; l'autre irrationnel , et qui vient des esprits infernaux 
comme ministres de Dieu. Ces esprits sont les protecteurs des 
hommes, mais ils n'ont pas eu assez de puissance pour mieux 
faire. Quant il Dieu , il s'est uni à U Sophin ou Science , et lui 
a communiqué le germe de la création , et elle a enCiDté le 
monde matériel. M. Matter établit que dès les temps les plus 
anciens, le syncrétisme existait chez les Juifs; il prouve qu'à 
Babylonc il y a eit des relations très-iiitimes entre les vain- 
queurs et les vaincus; cela lui donne occasion de présenter une 
rapide mais brillante analyse des doctrines du Zend-Avesta. 
L'Être Suprême y est qualifié de Temps saut bornes; il est tel- 
lement enveloppé dans sa gloire, qu'il ne peut être pour l'es- 
pèce humaine que l'objet d'une silencieuse vénération. Sa pre- 
mière émanation fut la lumière primitive, et de cette Inmièie 
sortit le roi de lumière Ormuzd. Celui-ci commença par créer 
six génies nommés ^mjAff/MTnrfr; ce sont ses oi^'Rnes auprès des 
esprits infemnux. Ces Amshapands, dont Ormuzd est le pr^ 
mier, sont des deux sexes; les Kabbatistes et les Gnostiques W 
ont adoptés dans leurs systèmes, avec cette distinction. La se- 
conde série des cvcations produisit les vingt huif iieds, dont 
Mithra est le chef; enfin, le troisième ordre des esprits est 
celui des Féroum, qui sont les pensées d'Ormim). Cependant 
Ahriman était, comme Ormuzd , émané de la lumière pria»' 
tive; mais, ambitieux et plein d'orgueil , il était devenu jaloux 
du premier né. Condamné aux ténèbres pour douïe mille «ta, 
il avait créé une foule innombrable de mauvais génies, de Dcw* 



Histoirt. SS 

(pli remplissuait le monde et y disputaient partout l'empire 
ansiliure d'Ormuzd. Aux sept Amshapands éiaieut opposés sept 
acbldews, attachés aux sept planètes; aus Uuds et aux Fé- 
louers résistait l'immense corps des Dews. Ces Dews répandi- 
dirent tous les maus^de l'ordre physicpie et moral, la pauvreté, 
II» maladies, l'irapun^té, etc., etc. Au milieu de cette lutte, An- 
raane était intervenu jusque dans la création de l'homme, il 
axait séduit le premier roupie ; mais au moment où h terre sera 
le plut profondément affligée des maux que les esprits de per- 
dilioo verseront sur elle, trois prophètes apparaîtront et por- 
teront aux mortels les secours de leurs lumières. L'un d'eux, 
Snuiosdi , jugera les bons et les mcchans. Après la résurrection 
universelle, les bons seront conduits par les esprits purs au 
séjour de l'éternelle félicité. M. Maiier fait judicieusement re- 
marquer combien il y a d'analogie entre tout ceci et ce (pie les 
Juifs apportaient eux-mêmes; pub, il parle des Magea et des 
Chaldéens, prouve que les Juifs ont dû se pénétrer de leur 
doctrine et connaître aussi celle des InJous; eiiQu il nous 
montre la kabbale naissant de tout cela au milieu des Juifs de 
la Palestine, qui manijiiaieiit de communications avec les Grecs. 
11 y a des traces évidentes des ductrlncs kalibalistiqiics dans les 
écrits de Daniel : l'idée de l'émanation en est l'àrae, te caractère 
essentiel; c'est aussi celui du itoroastrismc. Il y a donc lieu de 
croire ijue les Juifs doivent cette idée à leurs rapports avec les 
Perses ; enfin la cabale est à càté du zoroastrismc comuie la 
copie aupr^ de l'original. Le vieux detjourt est ici ii la place 
du tempi sans bornes; il est infini, cHsopk; mais on ne saurait le 
cuDDaicre ,■ c'est un ccil fermé ; tout est émané de Itii ; phis un 
être est rapproché de lui, plus il est parfait; plus il s'en éloigne 
sur l'échelte des émanations, plus il perd en pureté. D'abord la 
lumière primitive remplissant tout, l'Etre Suprême qui exis- 
tait dans cette lumière, résolut de déployer et de manifester les 
perfections : il forma un espace vide autour de lui, et y laissa 
tomber sa première émanalloD, principe de tout ce qui existe, 
force génénitricB et conccplivc , père et mère A la fois. Cest de 
cette double furce désignée par les deux premières lettres du 
mot Jchovab, qu'est émané Adam Kadmon, le premier né de 
Dica, le créateur, le conservateur du monde, l'homme pnmitif. 
M. Hatter poursuit l'aDaIy»e des dDctriqos kabbalistiques sur 



,.,Cioi")^lc 



86 HUtoire. 

l'émanatian des génies et des mondes qui vont de déchéance eu 
décbcance, depuis Azeluth, monde de pure émanation , jusqu'à 
ce quatrième moude appelé Asiah) ciù régnent tes Kleppoth, es- 
prits raéchans, dont Behal est le chef. Quand la lutte sera ter- 
minée, l'Éternel viendra rétabUr la primitive harmonie. La théo- 
rie sur la migration des âmes succède à ces ingénieux dével<^ 
pemens. Non content d'avoir montré les doctrines de l'Orient 
dans la Kabbale, l'anteur les signale dans le Talmud , dans la 
version des Septante, et dans les apocryphes composés par des 
écrivains d'Alexandrie. 

Dans un prochain article, nous nous occuperons des traces des 
doctrines gnostiques, postérieures à l'établissement du chris- 
tianisme. Mais nos lecteurs comprendront ce qu'ils doivent at- 
tendre d'un écrivain qui a ouvert ik l'histoiredes voies si neuves, 
et qui a si bien saisi, parmi les doctrines de l'Orient et du plato- 
nisme, celles qui donnèrent naissance à cette innombrable 
multitude de philosophes on plutôt de th^oMphes (qu'on nous 
passe cette expression, qu'il emploie lui-même avec beaucoup 
de" bonheur). Ainsi se trouvera désormais résolue une des plus 
importantes questions sur l'antiquité, une question tellement 
difficile qu'on ne t'avait jamais traitée encore sous un point de 
vue générât. P. de GoLBiar. 

69. Uebs« niK Veewahoscuhft, etc. — Sur l'affinité entre les 
doctrines gnostiques et théosophiques , et les systèmes relî' 
gieux de l'Orient, principalement le Buddhisme; par S. S. 
ScBMinT. In-4°. Leipzig, 1837; Cnobloch. 

70. REcaxacHES kistobkjues stia lks Cboisades et les Teh- 
pLiEKs, l'origine de la nublesse et de l'ancienne chevuleric, 
les cours d'uniour, les tournois, les duels ou combats judî- 
ciuircs, les tribunaux secrets; suivies de ta description de 
l'ancicu Musée au Dépôt central de l'artillerie de France, à 
Paris; par le Chevalier Jtcofi; ouv. orné de 4 fig. au trait. 
In-8"deaa8p. Paris /i8a8; Évc-ral. 

L'on conçoit que M. le Chev. Jacob n'a point prétendu traiter 
& fond tes sujets nombreux dont il s'occupe dans un ouvrage 
de aîo pages. Cest on précis propre à rappeler aux gens in- 
struits ce qu'ils ont lu , et it donner aux personne* qui veulent 



Histoire. 8y 

coanaître cette partie de notre histoire et de dos anciens usages 
une idée des résultats principaux des travaux des érudiis. Cet 
ouvrage est divisû en i^ chapitres, dont quelques- uns n'ont qu« 
a pa^'cs. Des noies acconipagncnt chaque chapitre i l'IIvs sont 
di-slinées & donner quelques dùvcloppemons ou h rapporter des 
tcmoîgnajjcs eu faveur des faits avances sur chaque objet. On j 
voit la preuve des nombreuses recherches de l'aiiieur, et qu'il 
a consulté avec fniit les écnvains allemands. L'un des chapitres 
tmilés îvcc le ]>lus de détail est relatif aux tribunaux secrets 
011 vehiniijaes. M. Jacob s'attache \ faire connaître l'origine 
et l'esprit de cette institution des temps de barbarie, sur la- 
quelle on a maintenant lui bon ouvrage allemand , publié par 
M.Wigand. Les derniers chapitres sont consacrés aux anciennes 
macliincs de guerre, aux anciennes armures, aux armes et \ nne 
desci'iplion du Musée de rartillerie. 4 planches au trait, irùs- 
bionlîtliograpbiécs, représentent d'anciennes armures, des ar- 
mes oITensives et un croisé tout équipé. D. 
71. MiKvcL DU Droit kumoh, on £xanieh sur les Instituies 
dcJusiinien, préseulé par demandes et réponses; précédé 
d'une latrodaciion contenant une Esquisse de l'Uîstotro An 
Droit romain, et une Bibliothèque des meilleurs lirtes h con- 
sulter, tant sur l'Uistoire que sur les Principes de ce Droit; 
par M. E. Lacbaxue. Ia-18 de 17 feuilles; prix, 5 fr. Soc. 
Paris, i838i Mansut fils. 

Nous nous bomerons à mentionner le titre de cet ouvrage, 
qui sufiit {tour indiquer le but de son auteur. Cet ouvrage tort 
des attribniions de notre Reciivil , mais il appartient i» lu clasM 
de» nombreitx ouvrages sur le droit romuta, et, couiDio tel, à 
l'histoire des institutions humaines, et nous ne croyons pas 
iuntile de le signaler à cetix de uns lecteurs qui s'occupent de 
cette étude importante. 

7». Lr.TTBE Sun i.f.s proc^ iîitbntés aox àkiwaux; par M. Bem- 
KiAT S-t.V%n.(Théinh; i8a6. Tom.VlII, p. 45.) 
11 n'est rien d'absurde que n'aient enfanté les siècles barbares 
La vie, l'innocence, l'honneur et la fortune des hommes dépen- 
dirent long-lem|)S de la chance d'un combat; l'épéc était la ba- 
lance de ta justice; cnsuiic un ne créa des juges que povr leur 
voir brûler des sorciers, pendre des porcs et des Anes, et fairt 



1:, Google 



88 HUloire, 

solcnnclleinenl des procès aux ruts et ù d'aiiti-es animaux mal- 
faiâaus. Une sentence ordonnait sûricusemeot à des insectes de 
cesser leurs ravages sons des peines graves. Ces poursuites judi- 
ciaires étaient fuites avec toute la solennité de la procédure; 
car on ne les condamnait point sans un avocat qui prenait leur 
dérensc. Dans un recueil de cnnsuliatîons publié en t53i par 
Cbassanéc , on traite à ce sujet des tjuestions i|ai feraient en- 
voyer à rh6pital des fous celui qui les traiterait aujourd'hui; 
mais tel était alors l'esprit d'ignorance et de superstition, qu'on 
appliquait les règles de la législation des Romains à. la bête, qui 
ne peut avoir d'autres lois que celles de l'instiMct. Snns 
doute, il aurait été fort heureux pour l'humanité, qu'au lieu de 
condamner au feu tant de malbeureiix qu'on croyait commu- 
niquer avec les démons, les tribunaux n'eussent condamné que 
des animaux malfaisans; mais, ce qu'il y avait de plus élraoge, 
c'est qu'on lançait alors la fuudre de l'excommunication sur 
des insectes , comme s'ils avaient eu la conscience de leur salut. 
Ce gi-nrc de peine est amplement discuté sous le titre de ex- 
commanicatwne artiinatiain imectorum [\). A. M&tbii.. 

•}Z. Uebes sttë Stuoiuh des hokdischeh Rechts im au«x- 
HEiNEH. — De l'élude du droit septentrional en général , et 
du droit danois en particulier; parle D'Chr. Paulsen. 5i p. 
in-S". Kiel , 1 827 ; librairie de l'Université. 

Selon l'auteur, l'étude de l'iiistoire du druit septentrional 
est d'autant plus importante, que, par les Varègues, les Danois 
et les Suédois, ce droit a été répandu en Russie, et, par les Da~ 
DOIS et les Normands, dans ta Normandie, en se modifiant sui- 
vant les localités et le caractère particulier des nations qui l'ool 
adopté. M. Paul sen trouve d'ailleurs, dans ce droit ancien, des 
prévisions pour toutes sortes de transactions dans la vie sociale. 
Le Nord avait une navigation très active, ainsi le droit mari- 
time devait prévoir tous les différends qui pouvaient naiirc du 
commerce snr nier. Dans l'intérieur, il existait des rontn'^es 
agricoles, pastorales, des forets, des mines; la Scandinavie 
présentait les diverses Tonnes de gouvernement, depuis le n^ 
gime républicain d'Islande, jusqu'à [a monarchie de Norvé};c. 

(i) [In némoite plm ilévcloppé aar cctrc ii»ii^K,pai lenteainicart 
fartjtri d«iuje 3* toI. dM SJémoirti dt /« Sociilé Jei JHtif. <k fivmcf. 



Hùtoiri. gg 

I/aateur recommande surtnut In taga$ islaiidaiMS comme une 
source de ronoaisMocfs hi&toriques sur le drait îles Scsiadi- 
n»a,et il indique celles qui, sous ce rapport, sont les plus 
importantes. D. 

74- Sdr les oBiciKKS SUSSES. Extraits de manuscrits oiicnlanx 
adressés par' H. de Hammbk à M. le C. de Romanzof, dans 
mw suite de Icilres, depuis l'an t8i6, jusqu'à 1833. In-4°. 
prix, 7 Tr. 5o c. Pétershauiy, 1 83S ; GraelT. - Paris, H. Bossante. 

;5. AssEXBLÉB A SHOLKHss,saK LsDniKPKB, i>za anbassidecbs 
■ussss iT Foi.oaus; i6i5. [Sièvenù Ariihif. — Archives du 
Nord; mais 1837,0° 5, p. 3.) 

Duraul les troubles qui suivirent la mort de Boris Godouoor, 
Vladislasgfilsdu roi Sigismond, fut appelé au trône de Russie; 
mais la noblesse et te peuple, exaspérés des vexations des Polo- 
iiiis , se soulcvéveot bientôt contre ces maîtres cruels , et ofîri- 
reot la couronne au jeune Michel Bouianor. Ce prince, k son 
avcaemcut , voulant consolider ses droits et mettre fia anx lon- 
gues gnenen qui avaient armé la Pologne contre ses états , en- 
tra en négociaiioDS avec Si^^ismond. Des ambassadeurs russes 
et polonais fnrent envoyés à Smolensk. Ces derniers y anivè- 
reiil le 30 septembre (v. s.), avec une escorte de 10 mille 
hommes, et accompagnés d'Érasme UeidéliusRessenstein, am- 
bassadeur de l'cmpereiiT Aluthias, qui, après quelques pour- 
jiarlere, fut choisi pour m<-diateur entre les deux jouissances. 

Six conférences eurent lieu pour déterminer les bases d'un 
armistice. L.» cinquiètne fut si ora|^use , que les Russes et les 
Polonais tircrunt leurs sabres en plein conseil, et en seraient 
venus aux mains , si l'ambassadeur allemand ne les eût arrêtés. 

Dès-lors, les Polonais refusèrent d'assister i aucune entrevue, 
ri cliar)^'ren t Ueidcliusde demander aux Russes leur ultimatum, 
dont voici la substance: 

Le Tsar abandonnait Smolensk, occupé d^à par les troupes 
polonaises, à condition: 

1° Qiie Vladislas renoncerait à ses prétenlions au trône de 

2° Qu'on rendrai! la liberté au métropolitain Philarùte, père 
du Tsar, et au prince Galil£Îa , envoyés comme ambassadeurs 



I., Google 



90 Histoire. 

auprès de Si^smond , et que celui-ci avait retenus prisoniiiers 

contre le droit des gens ; 

3° Qu'on s'entendrait sur l'i'chanjje des prisonniers; 

4° Qu'on rendrait aux Russes le cor|)s du Tsar Vassili Iva- 
uovitch ChouJisky, mort en Pologne, et l'iuiage de St. -Nicolas 
de Mojaïsk, enlevée par les Polonais. 

Les ambassadeurs polonais avaient accepté cet ultimatum, et 
la minute du traité était déjà préparée lorsqu'ils retirèrent leur 
consentement et retournèrent soudain près de Ifur conr. Hei- 
déliux les suivit, quoique Tort mécouteni de leur inclt^cision. Eu 
conséquence, tout fut rompu, et la guerre reeoinmenra. 
IT. de RoouiKii. 

76. VsasvcK EiNEa ENTwiGiLi.tina ,etc. — Ewaî d'un traité stir la 
langue, l'origine, l'histoire, la mythologie et les rapports ci- 
vils des Livoniens, des Lithuaniens et des Esthoni<Mis; avec 
des considérations sur quelques [leuples voisins de la met 
Baltique, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'intro- 
duction du Christianisme; avec une topographie et itne carte 
topographique de ces pays, au commencement du i3' siècle; 
parJ. L. DB P&HBOT, directeur des domaines du my. de Wur- 
(cniberg. I et n vol. in-S", de plus dc90o pp. Stuttgart, tSaS; 
Hnifinann. ( Beidelberger Johriiu:her lUr iÀteratiir; juin 
i8a8, 6' cah., suppléai, n" 6. ) 

Cet excellent ouvrage uous apprend à connaître la langue 
estbuniennc, ses mérites, son extensiou et sou aflînité avir 
d'autres langues, ainsi que le peuple qui la parle, et dont l'o- 
ri|pnc se retrouve chez les Celtes. Le journal allemand , cité au 
titre, nous promet une analyse détaillée de ce travail. 

77. I. Recueil db letthes , Pmoclavatiohs et Dtscocns ut, 
CaAKLiïs Jkam, Prince royal, ensuite Roi de Suède et de 
Korvéjio. ln-8''de JiS p. Stockholm, i8a5;Ddeen. 

78. IL PaocLAUATioKS ne S. A. R. le Phixce botal de Suédh, 
et Bulletins publiés au quartier général de rarniée combinée 
du nord de l'Allemagne, depuis le commenceineut des opé- 
rations jusfju'au iifévrier iSi/»; précédées de noies qui ex- 
pliquent les causes de la guerre. In-8° de i8g p. Stociholui , 
1816; Deleen. 



,,,GoOQ 



Hittoir*. gi 

Cea denx ouvrages, peu coonua ea France, wnt d'an inté- 
rêt réd, mais difTérent: tous deux offrent des documens dont 
l'hisloiK fera son pn^t ; mais dans l'un , le premier, Fon trouve 
plus spécialement des pièces qui concernent les rapports du 
Prince royal d'abord , et ensuite du Roi de Suéde , avec la na- 
tion SDédoise. Dans le a', on lit, avec un vif intérêt, qnelcpies 
docsmens diplomatiqaes (jui se ratiochent au fameux blocus 
coDiinental , à la conduite de la Suède dans la grande coalition 
des pniisances contre Nupoléon, et surtout une lettre du Prince 
royil à Hapolûon, où celte conduite est expliquée avec détail , 
et où il répond i une note du duc de Baasano, relative à lln- 
temipiion des relations diplomatiques entiï la Phnce et la 
Suède, Le reste de ce i* volume , c. Ji d. la plus grande partie 
dti livre, contient les bulletins des opérations de l'armée combi- 
née du nord de l'Allemagne, que commandait le Prince royal 
de Suéde. Kous rendrons compte , dans la 8* section , de cette 
partie, qui est presque entièrement niililaire. 

La lecture des pièces nombreuses qui composent le i*' 
ouvrage qae nous annonçons , prouve avec quelle sagesse le 
Prince royal de Suède a su diriger sa conduite pour comman- 
der, à une nation dont il ignoi-ait les mœurs et les loix , un vé- 
ritable attachement et un dévouement auquel il a le glorieux 
avantage de devoir la conservation de sa couronne. Plusieurs 
des discours que nous avons sous les yenx pourraient être cités 
pour la noblesse et l'élévation des idées : nous mentionnerons 
s{>FCialeiDent le discours du Hoi Charles Jean, alors Prince 
myal , prononcé au Conseil d'État le jour ou S. A. K. le Duc de 
Sodermanie, son fils, venait y siéger, [«ur la i"foîs,le i4 
juillet 1817. Ce discours fut prononcé devant le Roi de Suéde. 
On y trouve une certaine alliance du langage antique sur les 
vertus nécessaires aux souverains , avec les idées que les lumiè' 
res des temps modernes nous ont données sur leurs devoirs 
dans l'administration des états. • Dans les soins que j'ai pris 
]>0Lir vous préparer * l'exercice des hautes fonctions publi- 
ques, . dit le Prince royal à son fils, ' j'ai principalement in- 
sisté sur l'étude de l'histoire. C'est maintenant que vous allen 
sentir eombien ses leçons peuvent vous être utiles. Elle vous a 
fait connaître l'origine des princes, quelle est la source de leurs 
litres, comment ces titre» se perdcat et se détiutsenL Elle a dk 



I., Google 



99 Histoire, 

TOUS convaincre qa'an prince doit racheter la fAveor de ion 
rang par de grandes vertus et des qualités supérieures ; que pir 
de belles actions on excite l'admiration dn peuples, nuii qu'il 
faut en faite de bonnes pour s'attirer leur amour. Tout ce que 
l'intérêt et la flatterie ont inventé pour donner aox princes le 
change sur leurs actions disparaît bientàt à la lumière de la 
vérité. Utilitéjjustice : c'est là lesceau que respectent les temps, 
la seule illustration durable. 

• Voilà, mon fils , ce que l'étude de l'histoire a déjà dtk vous 
apprendre. Gravez dans votre cœur ses profondes le^ns; sod- 
IjCiC que l'auguste couronne que dcceme un peuple libre, son 
toujours Mal alTcrmie sur une tète gonflée d'orgueil et de ca- 
prices; qu'il faut s'y préparer par un sentiment profond du de- 
voir des rois et des droits des peuples. 

• Malheur au prince qui se persuade qu'en effaçant les traces 
des droitt de sa nation, il rehausse l'éclat et le pouvoir du 
trAne. Souvenes-vous , mon fils , que le prince le plus sage est 

* celui qui suit de l'ceil les clémens qui menacent de détruire les 
empires, qui les saisit avant que l'explosion n'arrive, et qui 
sait prévenir leur retour par son propre respect pour les lois. 
■ J'ai reconnu, > dit plus loin le Prince royal , <> combien il 
est rare cl même diflicile de s'élever à la hauteur d'où il con- 
vient de considérer les questions qui concernent l'administrs- 
tîon de l'État, quaud on veitt en saisir les rapports sans les- 
quels on ne peut en avoir la solution exacte. J'ai reconnu que 
les lois partielles ( ou de circonstance ) étaient presque toujours 
empreintes d'une couleur d'individualité ; que c'était là le vice 
radical et le plus dillicile à éviter, parce qu'il tient à la faiblesse 
humaine, et que chaque ordre de l'État (ou chaque parti)est 
naturellement porté à tourner A son avanUge la marche admi- 
nistrative. Je vous signale cet écueil ; vous le verrea souvent 
paraître. Vous verre* que le mot adminiurcr a \m sens ditlërent 
dans le langage de chaque classe de i'Éwt, et si on ne prend 
soin de leur faire entendre que cette latitude que chacune ré- 
clame, ne peut être permise qu'autant qu'elle se concilie avec 
l'intérêt commun , anquel il est indispensable de les subordon- 
oer toutes, vous n'aurez jamais qu'un système décousu , inco- 
hérent et versatile, qni amènerait infailliblement l'augmeniaiion 
du prix Ses denrées nécessaires aux premiers bewins de la vie, 



Jlùtoire. g 3 

la inbère do peuple, et, avec elle, 1« agitations tnmiiltneuses , 
qui démoralisent les nations et qui sont les premières causes de 
leur décadence. ■ 

Nous ne nous étendrons pas davantage sur ce recueil inté- 
ressant , et qui mérite l'attention de tous les honunes d'état. F. 

79. BuraccB, etc. —Matériaux pour servir 1 l'histoire du 
MecUetnbourg ; par le D' H. R. ScHtOBTEti. Vol. I, cali. 1. 
In- 4° de xvi, 44 et xsiv pp.; pr. , 18 gr. Rostock, i8a6; 
Stiller. {£et:i; jtUgem. Repertor.; Leipiig, i8a5j vol. IV, 
caL I et a, p. 9a.) 

Le 1" n'dece recueil, oflre : i" la chronique de Rostock, 
en bas-allemand, depuis i3to jusqu'il i3i4:elle se trouve 
dans la bibliothèque de rUniverûté de Rostock; a" spécimen 
diplomatarii Rostochiensis ta68^ i3a«, se composaut deao 
documens sur difTérens sujets. 

8o.DuRicuiSBiiKCMcnnMCBaoiiiK,etc. — Troisième volume de 
la Chrooique deRatisbonne, d'après les sources, tirée des 
arcbivea rojales et des dépdts publics de Ratisbonne; par 
CCn. GuniKEk. RAtJsbonnc, i8ai. 4' et dernier vol. delà 
même chronique , avec une biographie de Gcmeiner; par le 
H' KnTBkoit. {Heidetberg. Jahrhiicher der Literatur ; mars 
i8a6,p. aSi.) 

Le s* vtdume de cet ouvrage termine la série des anciennes 
faoûtles nc^les ; la 3' commence au premier trésorier Lem- 
pold Gnmberg, en i43o. L'auteur donne une foule de notions 
inténssantes, tant sur l'histoire de la Bavière en gcnéral, que 
sur celle de Ratisbonne en particulier; il s'attache de temps en 
temps i relever des erreurs comniîses par des écrivains qui 
n'ont pas eu , comme lui, le courage et la patience de compul- 
ser les documens originaux et authentiques. 11 donne , en sup- 
plément, une notice importante et d'un grand intéréiaiir l'origine 
de Ratisbonne. 

H. Gemeiner étant mort en novembre 1 814, le D' KJefbaber 
a continue son ouvrage. Le 4' volume, qu'il a puhtid, va de 
1497 i i5a5. On y trouve des détails curieux sur ce période 
fécond en événemens , surtout concernant la religion ; les moeurs 
du clergé ramaÎD y sont peintes avec autant d'énergie que de 



i.AiOOglc 



94 Hùtolff. 

ridélité. Ea un mot, H, Gemeiner a trouvé dus H. Kielllabet 

UD digne coatinuateur. 

SiTHistoibi oiHiijiLB DE Li Beloique; psF M. Dkwee , mem- 
bre de llnslilut roy. dw Pays-Bas, etc. Toffl. Vil, in -8"; 
prix, 6 fr. Bruxelles , i8i8; Tarlier. 

Ce volume termine l'ouvrage. 

Sa. CoiXECTiOH Dta Scriptores terum Belgicarmm. 

Le gouvemementbelge vient d'arrêter que les meilleurs maté- 
riaux historiques relatifs aux Pays-Bas , seraient publiés aux frais 
de l'état, et qn'on donnerait ainsi suite au projetqui,coiiçnsoiis 
le règne de Màkie Tbékèsb , est exposé nettement dans le pro- 
dromus de M. de Nélis. D'abord il a été résolu qu'on s'occupe- 
rait de Jtan de Nélu , Nicolas de Clerq , Pierre k Thjnao , Ed- 
.mond de Dinter, Jean Mnlinet , Antoine de Lalain, et d'une re- 
lation des troubles de Gand, sons CharJcvQuint, r»il« par un 
témoin oculaire. Cette première série se composera anssi des 
chroniques de St.-Bavon, si l'on réussit ft s'en procurer des co- 
pies. Le format in-S" a été adopté : les édlteiir» , sobrei de no- 
tes et de coromentaires,se borneront k lotit ce qui sera dénature 
jk écbircir les endroits où tine explication deviendra indispen- 
s.iblc. 

^ Tandis que les autres nations dit H. de Reiffcnbei^ l'un des 
éditeurs recueillaient avec soin leun Annales, aurious-iloiis 
négligé les nâtr«s, si belles, si rkhes en nobles iraditiMuF 
et cependant , telle est l'espèce de fatalité attachée k tont ce qui 
«9t bon et^utile, qu'à peine était-il question de mettre an joar 
des écrits loués , appréciés , désirés depuis long-temps p«r tous 
les doctes, que la malignité cherchait k répondre de la défaveur 
sur oatte entreprisse dont elle dénaturait le plan. Hais il est un 
-moyen tont naturel de répondre à ces critiqoes anticipées, c'est 
de redoubler de aèle et de soin pour que . l'attente du gonver- 
nement et de la république des lettres soit dignement remplie. 
(Jrdiùrt pour l'hiitoùv civile et tilt, det Pays-Sas ; Loovêin , 
iSa?. 

83. Rehut* »lv« rerum fioicarum Autographa ad annun utque 



Dotzecb/GoOgIC 



Histoire. gS 

MCCC e Jtegni scriniis felkilcr ia nunmas contracta jiixla- 
qac gentiinam tnrx stirpisque diversîtalem in Bavarica , Ale- 
maitnica et Franconica syDchronUtice dUpoJtita, curA Caroti 
H. del.wc. Vol. III, de 479 p., et Vol. IV, part. I et II, de 
;Sa p. in-^**. Munich , itlaS. [Cnettiitg. gclekrte Ànteigeni 
arril i8a8, p. Sgg.) Voy. Jiulkt., Tora. VI, n" 63. 

Le V volume de ces analyun de Chartes bavaroises em- 
brasse la période depuis ii5i jusqu'à la^S; la i^ partie du 4* 
vol., celle (le lajSà 1 290 i et la a' partie, celle de tagoJk i%oo, 
avec une série de supplénens. 

8j. GU11.LIDKE Tbll et la Révolution do 1S07, ou Histoire 
des trois prcinien cjintons, jusqu'au traité de Brnnncn en 
i3iS,etRéfutation de la fameuse brochure: Guillaume Ttll, 
fiible danoise; par J. J. Hiselt, D'^ en pbilos. In-6*> de vni 
et aSo pag. Deirt, 1816; Allart. 

L'ouvra(;e se divise en 4 |)artîes : 1° état primitif des cantons 
dXri , Schwyz et Unterwaldon ; 3° histoire de Guillaume Tell ; 
3° défense de Guillaume Tell, ou RéruUtion de la fable danoise-, 
4° les Acwx défenses de Guillaume Tell , publiées en Suisse, par 
Balthasar et de Baller. On a réimprimé la brochure suisse de 
ïajitèle danoist, brochure devenue fort rare. Si M. Hiseljr fait 
preuve, dans tout son oiivra|;e, d'un savoir déjà très-vaste, 
d'une grande érudition dans la littérature historique , ancienne 
et moderne, de la connaissance exacte de plusieurs langues; 
dans la rérutation de la brochure suisse , il montre surtout cet 
esprit de critique sans lequel on n'est pas historien. {BtvtuEn~ 
rjcfcp.; avril i8a8, p. i5i.) 

85. ACRHOMOLocictLetc. — Esquisse rhronologique de l'histoire 
de Bristol, et Guide de l'élranger dans tes rues et le voisinage 
H* cette ville; par John Evans, imprimeur. In-S", 376 p. 
(^Cendeimmi'i Magattitt^jauvKr i8a5, p. 4i-} 

L'histoire de Bristol , antérieure ik la conquête de l'An^iletcrre 
par tes Normands, est couverte de ténèbres. 11 paraît certain 
que les Romains eurent une statioit militaire k Clifton ; mais ils 
ne fimrt que s'emparer d'un poste auparavant occupé par les 
Br«tow. 0^ peiil croire qtw Clifton était la-ftprtereise métropo- 



!i!,Googlc 



gd Histoire, 

litaine du pays, et que les Torleresses secondaires étaient k King- 
wcrton Bill , à Btaixe Castle, à Kuoll Pnrk, etc. Il faut avouer, 
au rcsic, qu'on est réduit à des conjectures sur l'oi'ijpne de Bris- 
tol. On sait que les Anglo-Saxona désignaient par certains ter- 
mes les stations des Romains, comme Ccster, Sirut, Bitrgk, Dun, 
fVicli , etc.; mais l'itinéraire d'Antonin ne présente aucun nom 
qui, traduit dans la langue Anglo-Saxonne, se rapproche du 
nom ancien ou moderne de la ville de Bristol. Nous laissons anx 
antiquaires de profession le soin et l'honneur de débrouiller 
l'histoire primitive de cette importante cité. E. C. D. A. 

86. Gbihd Albebo okrkalogico , etc. Grand-Arbre généalo- 
gique des peuples iialinis ; par P. Fioccni. i feuilles; prix , 
9 liv. ao c. d'Italie. Milan iSa?; Stacchi. [BibUoteea italiana; 
juillet 1837, pag. i3i.) 

Cet arbre généalogique des peuples d'Italie remonte aux plus 
anciennes époques de l'histoire. Autant qu'il a été possible, 
les diverses races qui ont peuplé l'Italie sont ramenées A 
leur type primitif, dont des lignes prolongées montrent le& 
progrès, les mélanges et la fusion dans d'niitrcs racefi. Des co- 
lonnes chronologiques placées à droite et à gauche du tableau, 
marquent les époques de ces révolutions, indiquent les grandes 
découvertes dans les sciences, les noms de leurs auteurs italiens 
et ceux des grands hommes qui ont illustré cette contrée. Le 
journal cité au titre relève quelques erreurs d'orthographe et 
de classiiicaiion dans l'énoncé de ces noms, ce sont de légères 
taches qui n'dtent rien au mérite de ce tableau. On a employé 
successivement, pour l'ordre des temps, l'ére du commence- 
ment du monde, jusqu'à l'ère de la fondation de Rome, et 
celle-ci jusqu'à la première année de l'ère chrétienne. 

%3. Ubbxk ukbr uROBnBcciLTBM Codez , etc. ^ Sur un Code 
inédit des lois municipales de Pise; dissertation lue i l'Aca- 
démie royale des sciences de Berlin ; par M. de lUritBm, pro- 
fess. d'Hist. ît l'Univers, de Berlin. ^1-4° de la p. Berlin 
i8a8. 

Pendant son séjour à Florence, M. de Raumer ent tonnai»- 
sance d'un Code manuscrit des lois municipales de Pise, qui 
existait dans les archives; il ne put qu'y jeter un coup d'ceil; 



Histoire. 57 

mais tie retour i BeHin , il en rendit compte & l'Acidémie, qui 
chargea M, de Savigny, alors en Italie, d'en faire Taire ane 
copte. C'est aor cette copie que M. de Haumer a écrit la diaser- 
lalion qu'il vient de publier ; deitinéu ii une lecture publique 1 
rile est trop abK-gée , et ne satisfait pas suffisamment la curio- 
sité qu'elle excite; les do rumens détailles sur l'état et ta ^vî- 
lisAtinn du moyen Age sont si rares que , lorsqu'on en rencontre 
de nouveaux, on ne saurait les Taire trop bien connaître. Ce 
rrcucil des lois municipales de Pise est composé de Go feuillets 
d'iine écriture très-serrée : chaque feuillet est divisé en deux 
p.nrtics à peu près égales, dont l'une porte en titre : Ineipit li- 
ber conslîiutiomim Pisanae civitalis; l'autre : Constilulum usus 
Pisanae civilatis; ce qui indique que la première est un re- 
cueil de lois écrites, la seconde un recueil de coutumes. I^ 
première partie porte ù la fin la date de lafio; tandis qu'en 
tète de la seconde on Ut qu'elle a été faite en 1 161. Pise avait 
donc, dès l'an iiSi,un recueil de lois municipales. Hi l'une, ni 
l'autre des deux parties n'est un Code rédigé à neuf et d'en- 
semble : ce ne sont pas non plus de pures collections parlicn- 
lîères, formées dans un but d'intérêt ou de science, et dépour- 
vues de tout caraetcre officiel ; on y lit : Si ijuij ( qiùH) in f mit- 
dem coHSlitulionam aliqaarum in hoc valamine scriptantm 
faelum fuerit, laaqtiam ti contra ipsaai corutituliemem HoiHiita- 
timfactum fueril , haheatar... ita omnia httjua voiumimt eàntti- 
lata intrrprttari deeernimut. Ce sont donc des recueils des lois 
et coutumes de la cité, rédigés par ordre du pouTMr public et 
revêtus de sa fanction. 

I<a plupart des dispositions qui y sont contenues, omn pour 
objet le droit et la procédure civile ; elles répandent beaaconp 
de inmières sur le commerce des villes d'Italie, ses pratiques, 
les relations et les affaires auxquelles il donnait lieu. Qncique»-' 
unes ont trait à l'état des personnes , et indiquent un laMi 
grand ncmibre de précautions adoptées pour la gariintie et 
même l'cxtensitHi de la liberté. Quelques autres enfin rinmwl 
des édairôssemens indirects snr la consthution de lai républi- 
que, ses magistrats, les règles de leur élection, le inwle de dô- 
libératîon , soit de l'assemblée populaire , soit du sénat , etc. 

n serait fort dénrable que ce Code pisan iït pubbé , CI que 

nons pussions dtercher dans le leite même tooshs fti^ qni, 

G. ToM« XI. 7 



i.,Goo>^lc 



^9 Histoire. 

à coup tAr, s'y révéleraient k. uo examen ittantif. {Sevut/ran- 

fwùe/ juin. i8a8, pa(j. 340.) 

88 I. Memobixs ruSA a histobia k tmeoria bas Coktïs oi- 
mAEs QUB EM PoBTuciL SE cELEBRABAO. — HcmoirM potif 
scnir à l'histoire et à la théorie des Cortès gcnûraiix qni ont 
r-lû nssciiibli'S 011 Portugal ; disposés et rt'digL-s par le vicomte 
tic Santaceh , membre de In Coni mission clinr{;<-e de piihliiT 
les anciens Cortès. Purt. 1 et a. i^g et 1 18 pR{;. , pet. ia-4*. 
Lbhonnc, 1817 et i8a8; Impriin. Roy. 

89 II. Alcvks docvhentos r** sekvibkii a paktb ■■ e a* on 
iiEMOEiAS etc. — Uocumens ù l'appui de la 1" et a" partir* 
des mémoires pour servir ik l'histoire et à ta théorie drs 
Cortès gi-nérauK dti Portugal, a cali. de 108 et 3/)6 pag-i 
pet. ia-4° Lisbonne, iSaS; Impiim. Roy. 

Il serait i désirer que, l'on pouéddt sur Ws cortès ou astcni' 
Mée* nationales du Portugal, nu ouvrage comme Marisa en a 
composé lu sur les cortès de l'Espagne. Pour celui qni vondra 
se charger d'un travail de ce genre , lus 4 brocluirrs pobliéei 
par le vicomte de Santarem stotint d'un grand tecoars. Dans ta 
quolitâ de membre de la Commission chargée, en 1837, de pu- 
blier les extraits dn actes des anciens coi-lt!S, l'auteur a en A m 
disposition les pièces nrigioales conservées dans les archives 
royales de Torre do Pomba , archives ti'ès-riclics en doctincn*, 
et où ont déjà puisé plusieui-s savans Portugais, comme cm le 
voit par laof* citations, dans le recueil des méuiaires de l'aci- 
demie des sciences il Lisbonne. 

' M. de Saalarem est persuadé que le Portugal est un des piyi 
4o l'Enropo qui, les premiers, ont eu une rcprésenl.ition des 
3 «tats, savoir : de la noblesse, du clergé et de le boui^eoisif. 
L'aulcar s'micnsc de la prceipitation qu'il n été obligé de mctlie 
dMM son travail à cause des circonstances, et il e^Mrc qu'on 
hii pardtHUion de n'avoir pas employé tout le ^iu qu'il fiillait 
fowr ■bw salière sur laquelle on a si peu écrit. 

Dus la ■" partie ou broeliurG, M. de Santarem Tait coQ' 
■aàtra la WMwirrede procéder dans les cortès, le mode dus élec- 
tioU' et des convocations, celui dos délibération* et desvom> 
te cifénKBnai qui s'oba^rvait dans le» séances solennell») '^ 
«Nil tifpxjm mt le» MtM fk» «r«h)y«f «t Uùtiwmauifvat^ 

I , . i.X'ioi")^lc 



Histoire. , ^ 

pour douBor probablement aux cortès de- 1817 une «spèce d« 
guide, ' 

lA a* partie, plus «tendue que la précédeute, olTre aussi 
pkud'ititéréL L'auteur 7 donne une courte indication de tous 
les objeu traités dans les anciens cortès, depuis i4oy jnstpi'en 
i653. Apparenuneut on ne possède pas de sommaires des 
transactions des cortès antérieurs à l'an 1 409 ; ce qui est d'au- 
tant plus â regretter, que l'on voit dans ces sommaires Ji-peu- 
(wès tontes les doléances, tous les griefs, tous les projets, tous 
les Taux, et mèoie tous les préjugés de la nation portugaise, 
espnaii» par l'orgauc de ses reprdsentans. Cette revue est un 
bon supplément à l'histoire de la nation , et devra être consul- 
tée par les historiens. Dans les certes de l'an 1409, les députés 
demandèraut, par exemple, que les veuves et filles des bons 
boBUnes ( homens bons ) ne fussent pas contraintes à se marier 
conlre leur volonté, que l'on limitât le temps pendant lequel 
les grands et hidalgos devaient rester à la cour, qu'on ne le- 
vlt pointrui)p6tdita//»oMc(TÙisur iepain, le vin et la viande 
consommés par les paysans; que la justice du roi fît indem- 
niser les personnes dépouillées par les (jrands et par les hidal- 
gos^ qu'on ne donnât plus d'emplois publics aux Juifs; que les 
prélatsetnchoiiunes,euprenant leur pain et lenr vin, ne l'en- 
levassent pas k d'autres personnes ; que l'on ne s'emparât point 
des fils et des lîemmes de ceux qui , obligés de servir le roi , ne 
paraissaieal pas; que l'on convoquât les cortès de 3 en 3 ans. 

Les a cahiers de documens cunticnaent des pièces originales 
relatires anx cortès et tirées des archives du sénat de Lisbonne 
et des archives royales de Torrc do Tomba. De ces 3 caliicrs, 
le premier est peu important : on n'y trouve guère autre clMse 
que quelques formules de procuration et de votes aux cortès 
du 16' et i^* siècle; mais le second, beaucoup plus voluml- 
nenx, donne en entier les capitulations ou doléances de quel- 
qnes cortès du 14* et 1 &* siècles, avec les r^onses du roi à (oui 
letgrieb. Ces cortès sont ceux d'EWas,en 1399, d'£yora, en 
14B1 et 8a , ceux de Coïmbre en 1439, et de Lisbonne, cq 
1(98. Les griefs qui y sont exposés très en détail , pourraient 
suffire pour donner une idée assez juste de l'état de la sociét^ 
d'alon, de la justice, de l'admimstration publique, delà situar 
tio|^ 4hi pwiple, etc. Hou* prenons quelqtiea fùls au basardf 
■ 7- 



I., Google 



100 Histoire. 

"LtA cort^ de 1399 demandèrent qtie le roi rouIAt hier respec- 
ter les privilèges des diverse* villes er bourgs, à quoi le rot ré- 
pondit que les villes et bourgs n'avaient qu'à produire lés titres 
originaux constatant leurs privilèges, et qu'il était prêt k les 
confirmer. Les cortès avaient fait observer que les femmes pu- 
bliques donnaient aux femmes honnêtes un grand scandale par 
leurs pnnires; ils avaient demandé par conséquent queleva^r 
et autre parure leur fussent interdits. Le roi répliqua naïve- 
ment qu'il valait roicuxlaisser aux femmes publiques les costumes 
qu'elles avaient, parce qu'elles perdraient trop d'argent i les ré- 
former. On s'était plaint que dans tes provinces les autorités 
publii[ues levassent un tribut sur les veuves qui se remariaient 
avant l'expiration du terme d'im an et un jour après la mon du 
mari. Le rot déclara qu'à l'avenir les veuves, dans ce cas, ne se- 
raient plus réputées înfAmes , et que les autorités royales n'au- 
raient pas le droit de lever une amende sur elles. Les cavaliers 
usés par Vige demandaient A n'être plm tenus à faire le service 
auprès du roi, ni à entretenir chevaux et armes pour le prince, 
ce qui leur fut accordé. Ils avaient représenté encore que ceux 
d'entre eux qui étaiçnt débiteurs des Juifs, élaieni quelquefois 
empêchés de tenir chevaux et armes pour le service du prince ; 
le roi ré]iondit que s'ils pouvaient prouver leur impossibilité 
de s'acquitter envers leurs créanciers, il leur ferait grâce. Les 
cortés avaient représenté que beaucoup d'individus s'étaient 
enfuis pour se soustraire aux poursuites résultant des accusa- 
tions portées contre eux pour crime de mnlëBce par suite de 
dénoncialîtms. Le roi leur accorda une amnistie générale. On 
avait représenté au prince qu'il étaitinjustedeforcer les veuves 
et filles habitant sur les terres de son domaine, d'épouser les 
gens à qui il donnait des lettres de jussion. Dans sa réponse , le 
roi reconnaît que le mariage doit être entièrement libre , et il 
promet de ne plus expédier de lettres de ce genre. Dans ces 
cortès il fut aussi question des clercs mariés; ce qui prouve 
qu'à celte époque le célibat n'était pas observé en Portugal 
comme état indis^nsable du clergé. Aux cortès d'Evora,en 
1481 el 8a, on se plaignit encore de ce que les femmes de maii- 
Taise vie scandalisaient par leur voisinage et lenr luxe les hon- 
nêtes femmes; on demanda qu'elles vécussent isolément, ce 
qui fut accordé. On obtînt de même que les Juils et les BIttirefl 



lOI 

euKst des ctetumes qui les ilUtioguassent dei Chréttem, qu« 
les premien fxaaeut tenus d'habiter la juiveric, et fiiss«it em- 
pêchés de travailler dans les campagnes. On insbta sur la pour*- 
unte des juges prévaricateurs, sur la pmhibition de l'or, de 
l'argent et des étoITes de luxe pour la parure , excepté pour 
celle des grands et des hidalgos. On se plaignit des mœurs dis- 
solues du clei^é, et on demanda que les prêtres fussent tenus 
de TtaroycT leurs concubines. Le roi promît de révoquer les 
lettres par lesquelles il avait accorda aux prêtres un délai pour 
ce renvoi. Les cortcs voulurent encore que les (ib de paysans 
et d'artisans fussent tenui à rester Gdéles à l'état de leurs pères, 
que l'on interdit aux notaires aposlotiquts le droit de lancer des 
mandats contrelesPortugats,etdejeterle trouble dam les fa- 
milles par leurspouvoirsétrangel^ que l'un empécMtlesévéques 
d'envoyer à Home l'or et l'argent du royaume pour les Annates, 
que l'on ne permît plusaux vaisseaux étrangers de faire des char- 
gemens dans les porisduForlugal. Dans ces cortès, on s'occupa 
beaucoup phis de l'organisation de la justice que dans les pré- 
cédens, et une grande partie des capitulations présentées au 
roi roulent sur cette matière. 

Il scrùl à désirer que H. de Santarem continuât ce travail ; 
il fournirait au moins de précieux matériaux à ceux qui vou- 
draient faire des recherches sur l'état civil et politique du Por- 
tugal au moyen Age. Dippisg. 

90. UiSTOiae OES Fa*Hç*is, par J. C. L. SinOHnB de Sis- 
KosBi. Tom. X, XI, XII, in-S" de «U, 63a et 655 
pag,; prix, 8 fr. chaque. Paris, i8a8; Trcutlel etWôrti. 

he Tom. X commence vers la fin de l'année i3i8 , et par 
ravénement de Philippe VI ou de Valois au tr6ne; le Tome 
XII Bnit par la mort de Charles VI , et avec l'année 1433. 
Oue nouvelle livraison d'un ouvrage si important, fera l'objet 
d'un article étendu dans un de nos plus prochains cahîen. 
A. M. 

^i. MiLnoiaes roua servib a l'histoibc db la ville et du 
roax DE Bochefokt ; par M. THOHiks , ancien commissaire de 
lamnrine.In 8' de 396 p.Rocheforl, iRiSjFaye. 
Sa So^lé d« littérature , sciences et arts de Rgohefort coi^ 

D.nt.zedbïG0Oglc 



loi Mi$tùin. 

çul, !l 7 a qaelquM années, le projet de rectifier et de coh' 
tinuer rhistoire de la ville. Se« membres et tODS les eitOTens 
furent invités à s'occuper de recherches relatives à cet objet , 
et à rédiger des mémoires par lesquels on put atteindre le 
but proposé. Telle est rorigine du recueil que nous annon- 
çons. L'ouvrage de M. Thomas renferme un grand ncHubre 
de mémoires et de notices qui se rapportent à diverses bran- 
ches d'administration publique; deux de ces pièces senlement 
peuvent se référer à la -f section du Balletin ; l'une coneerae 
l'origine de Rochefort , et l'autre la bibliothèque de la ville. 
ITous en avons extrait la substance. 

Rochefort, qui, dans le ii* siècle, n'était qu'un château Md 
dans les marais et entoure de quelques cabaneshabitéespardes 
pécheurs, ligure dansl'hisloiredes guerres politiques et religieu- 
ses. Il fut plusieurs fois pris et repris par les seigneors du pays. 
Tsi 1^7, Philippe-Le-Bel le trouvant à sa convenance le prit 
en échange pour la baronie de Pauléon. Néanmoins la ehiteV 
lenic de Rochefort ne resta pas long-temps annexée an do- 
maine de la Couronne, car les Anglais s'en emparèrent en i356. 
L: roi de France ( Jean le Bon ) en ayant recouvré la pro- 
priété, l'aliéna pour en faire don A Giiichard d'Angles, séné- 
chal de Saintongc. En vertu du traité de Brétign j , conclu en 
mai i36o, cette terre fut cédée aux Anglais. Mais en i369, 
plusieurs seigneurs d'Aquitaine ayant jt se plaindre do prince 
de Galles , le citèrent devant la cour des pairs. Celui-ci fil dé- 
faut, et fut déclaré par un arrêt du lo mai lï^o, déchu de 
toutes SCS possessions en France ; et le roi CharlcG V réincor- 
pora à son domaine la châtellenie de Rochefort. En novembre 
i^aS, Charles TII, pressé par les Anglais et se voyant sur le 
point d'être dépouillé de ses états, fit avec Jacques I", roi 
d'Ecosse, un traité par lequel celui-ci s'engageait A fournir su 
roi de France un secours de sL\ mille hommes, et recevait en 
don le comté de Saintonge et la sngneurie de Rochefort. En 
1^58, cette terre fut concédée A Olivier de Cdetivy, et en 
1^65 elle devint la propriété de Charles d'Anjou, qui ne la 
. garda que quatorze ans. Après avoir été remise au domaine de 
la Couronne et en avoir été encore distraite, elle revînt au roi 
en i554. A cette époque, le pays d'A unis était en proie il* 
guerre dvite allumée par le fanatisme religieux. Le châwa 



Sùtoirt. 103 

Ae Rochefort fut tour Ji tour posséda, perdu, reeonqaia pir \e» 
ProtesUni et les Catholiques ; il appardni drpiiis k )dadeiire 
seigneurs, jnsqu'k ceqnll fit t repris sons LonU XIV, ca iSSS, 
comme «Icpcndance de In Conronnc, moyennnnt la promMSt 
d'un remboursement qiii n'eut pas lien. C'est, A proprement 
parler, de celte ci>oqiu! ijuc dote l'iiistoire de la ville de Rorhe- 
Tort. Colbert, cherchant nn lieu convcnalile pour rréer nit non» 
vcan port sur l'Océan , jeta les yeux sur Rochcfort , fit promp- 
tement commencer les travaux, qui se {lotirsuivirrat avec une 
telle activité , (]ue d<^ le mots de novembre de ta même année, 
une partie de la flotte de Ik'Bufort vint désamier à RoclH^rarli 
Le souvenir de cette époque fut comacré par une médaille qui 
représente, d'an cùté, le huste du roi avec cette légende : Lu- 
rtopicus Xiy, rex ckrhtianiisimuii ; et de l'autre, le plan de 
U ville et de l'arseniil. Neptune parait sur un rocher au milieu 
de la Charente ; la légende est : Vrhe et aavali famiaiit ; l'exer- 
gue porte : Rupefortiiim 1666. 

Le noyan de Li biblioth^iie de Hochefort se compose de 
livres provenant de celle des Capucins , laquelle abondait sor- 
tont en livres de dévotion. Le nombre des volumes s'est ancrn 
peu h peu et Relève aujourd'hui h plus de huit mille. Celte bi- 
blioibf-qne , indépendamment des ouvrages les plus estimés et 
les pins itsneb de littérature, d'hbtoire, de jurispnideiKe,'de 
philosophie , renferme des livres rorea et précieux , et qiiel(|Ues 
manuscrits. Au reste, l'élubllHernent fréquenté par de nom-, 
breuK lecteurs pros|H'rc par les seins de H. Dubois, profeisear 
<lc rhétorique an collège de la ville, lequel méritait par ses 
conoaissaDces d'y être préposé. E. C. D. A. 

9». Essai histobique sr» la BF.voLiiTioit nu Paraouat r.t le 
gauvcrneineRl dictatorial du U^ Francia ; par MM. ne 
Resocbk et Ix>;iccHAiiv, D. M. a* édit. In-8° de ai feuilles, 
avec une carte des états situés snr le Rio Paraguay , le Pa- 
raiiB et l'Uruguay ; prix, 7 fr. Paiîs. 1817 } Hector Bossanj^e. 

Le Paraguay, vaste réjiion de l'Amèriqne méridionale, a se- 
coué le joug de ta rour de Madrid, tans éprouver les malheurs 
attachés ordinairement aux révolutions. La république de Bue- 
nos- Ayres envoya, dan^ l'année 1810, nn corps de tranpes 
pour sonmeltre ce pays à sa dominatioii. Quoique cette' aip4- 



i.,Goo>^lc 



io4 HiUoin. N" 91 

ditioB n'eût pas obtenu le. succès dé^ré , elle fit lUttre parmi 
le& officiera de l'acinée du Paraguay, l'idée de rendre leur patrie 
indcpcofUnte. Le gouvernemcat du roi d'Ëspagoc fut remplacé 
par vOQ JuDte dout l'adminUtration fut si mauvaise, qu'elle 
tomba d'clle-raëme. Alors on élut deux coDSuls, Yégros et 
Fraocia. Celui-ci était considéré comme l'iiomme le plus ca- 
pable de gouverner les affaires publiques. 11 était fils d'un 
Francis établi au Paraguay ; ce fut dans des cgtiTens de Moines 
qu'il reçut sa première éducation , qu'il étudia la théologie, et 
qu'il puisa quelque connaissance de la science des lois. Il avait 
acquis dans la profession d'avocat , de la réputation par soa 
savoir, par son désintéressement, par son caractère singu- 
Uer. 

Le. jour qu'il prit possession du consulat, il fit pressentir 
l'amour excessif qu'il avait pour le pouvoir , en s'asseyaot sur 
un (aoteuil où se iioiivait écrit le nom de César, et laissant A 
son collègue cdtti qui portait le nom de Pompée. Il ne tarda 
pas en effet À so rendre maître, par ses intrigues, des suffrages 
du peuple , pour obtenir la dictature , qui ne fut d'abord que 
temporaii'C; mais son ambition ne put être satisfaite que parla 
dictature à vie. Poiu* arriver à cette dignité suprême, il mit 
d'abord de la modération dans l'administration des alTaires; 
mais quatfd il se vit revêtu d'un pouvoir immense et sans bornes, 
il gouverna l'état avec un sceptre de fer. Comme son humeur 
dépendait des variations de l'air, son despotisme devint oni' 
brageux et jaloux; tout se fit dans l'état par lui et pour lui; il 
n'eut plus d'ami; nul ne fut dépositaire de sa pensée qu'il ne 
confiait jamais 1 la foi d'autrui. De crainte de laisser transpirer 
ses desseins ou de communiquer une petite portion de son 
pouvoir, il ne s'environnait d'aucun conseil et ne suivait que 
SB volonté, qu'il faisait exécuter avec autant de promptitude 
que de sévérité. 

Son caractère, aigri par une conjuration qu'on trama contre 
sa personne, devint si farouche, que sa présence iaspîrait de 
l'effroi. Quand il paraissait en public ou qu'il passait dans les 
rues, tout le monde le fuyait comme une bétc féroce. Il faisait 
abattre les maisons qui gênaient son passage , voulant avoir de 
. l'c^Hce uitoar de lui, pour écarter ceux qui ne craindraient 
pM d'iittMter à tes jou». Il ne marcha plus qu'amw et accoa- 



]bïGoog[c 



Histoire. loS 

pagné d'une garde. Lea murs de ton habiution étaient tapûscs 
de sabres au.v Ses plus familiers ne l'approchaient qu'à une 
cerlaÎDc distance, avec les bras pendans et les mains ouvertes , 
comme s'il avait eu devant ses yeux un poi^at-d prêt à 
le frapper. Pour plus de sûreté, il n'habitait pas toujours 
le même lien < ni la même maison, et jamais il ne se 
coudiait sans avoir lui-même fermé les verroux. Il ne man- 
geait guère que les mets qu'il avait examinés on préparés 
lie sa main, de crainte de périr par le poison; son ame était 
agitée de toutes les frayeurs que donne la violence du pouvoir. 

Jamais tyrannie plus extrême ne fut pourtant accompagnée 
de vertus plus admirables. Sobre , actif, économe, laborieux, 
vigilant, il sait vivre de peu et sans aucun faste. Il n'emploie 
que trab on quatre domestiques à son service j sa maison res- 
semble plutât à celle d'un simple citoyen qu'it la demeure d'un 
prince ou d'un dictateur. Ses mceiu^ sont d'une sévérité exem- 
l^aire. Il fuit les voluptés , qu'il juge pernicieuses au pouvoir. 
Ce qu'il y a de plus remarquable dans ses qualités, c'est qu'il 
est resté pauvre, célibataire, sans femme et sans enfans, avec 
un ponvuir qui doit périr après lui , et des richesses dont il 
n'est avare que pour l'état. Il aime les arts et les sciences utiles 
à la prospérité de son pays, si bien qu'il ne passe aucun jour 
sans coosarrer rjuelques heureS'à l'étude j il sait tout ce qu'il est 
possible d'apprendre dans un pays où règne encore. l'ignorance. 

On dirait que la fortune a fait naître un tel homme pour 
roudnirc par la tyrannie ses concitoyens à la liberté. Son génie 
a pénétré le caractère de sa nation ; il a vu que , placée sous un 
ciel brûlant, fermée par des fleuves, environnée de déserts et 
de peuplades sauvages, elle était ignorante, superstitieux et 
d'une indolence extrême, quoiqu'elle ne manquât ni d'intclli- 
-gcnce ni d'esprit naturel, que les âmes et tes corps se trouvaient 
sans ressort, et comme afGtissés sous le poids de ces vices qui 
provcnaitmt autant du climat que des mauvaises inslllntlons 
transplantées par les Espaguuls. Comoie la nature, sans beau- 
coup de travail, y prodigue ses dons, on restait plongé dans 
une apathie ennemie de toute espèce de félicité publique. 

Francisa bien jtigé qu'avec de pareils vices, un peuple, qni 
devait w liberté à la faycur des circonstances plutôt qu'à des 
vertus trempées dans l'advcrùté, retomberut bientôt dans la 



!i!,Googlc 



Io6 Bistoire. N" Qa 

servitude et t'abnitissemcnt. Il n'entrevît d'autre remède ponr 
établir et consolider la liberté, que d'miqier par la violence, 
des vices profondément onracini5s , et de lui imposer des vertus 
capables de faire un jour sa pros[KTÎlé. Il a donc entrepris de 
réformer sa nation comme un père (|(iî chdtic avec barbarie ses 
cnfans pour corriger leurs mauvais pcuchnns. Voici les moyens 
violens qu'il a rais en pratique pour atteindre ijn but si digne 
pourtant d'une dme élevée et qui pénètre l'avenir. 

Dès qu'il fui ])Brveno it la diclature, il s'occupa d'affermir son 
pouvoir et de le rendre de plus en plus absolu; il ne soufFraû 
pas la moindre contradiction , ni la plus petite rdsislance à sa 
volonté, e:iig;e3nt de chacun tme obéissance passive et sans 
mumture. Comme un pareil pouvoir ne pouvait reposer qiic 
sur une force également redoutable au dedans et au dehors , il 
mit d'abord ses soins à crfer une armée bien disciplinée , aveu- 
glément soumise, aussi propre h la défense de l'état qu'i\ servir 
son autorité. 11 renvoya beaucoup d'oflicieTS dont la &délité lai 
paraissait suspecte, pnrce qu'ils appartenaient \ des familles 
puissantes qui lui inspiraient de la crainte; il les remplaça par 
des hommes qu'il tirade la basse classe du peuple, et qui s'at- 
tachèrent i lui par intérêt, si ce n'est par reconnaissance. Le 
soldat qu'il laissait, hors du service, vivre selon sa fantaisie, 
n'avait pas moins d'attacbemcni pour sa personne. Tons devin- 
rent les instramcns de son caprice cl de ses volonté». 

Quelque dévouée que soit mie armée, elle ne garantit pas 
siifKsamnicnt une puissance qui se montre terrible et sans frein. 
Francis crut donc ne pouvoir la conserver qu'en établissant 
une j>olice d'une nature telle , qu'on ne potvait rien entrepren- 
dre ni contre son gouvernement ni contre s,i personne sans qu'il 
en fût informé ; car il n'ignorait point que sa tyrannie 1<; faisait 
haïr, Ch.iqae employé ne fut pns .seidemcnt chargé de surveil- 
ler les citoyens, mais il devait lui servir d'espion sâr et fidèle; 
quiconque était inrormé de la moindre atteinte portée i son au- 
torité, soit par des actions, soit par des paroles, essuyait la 
même peine que l'auieur de l'attentat s'il ne se hâtait de le dé- 
noncer; ainsi les citoyens se surveillBient les uns et les autres. 
Dès-lors plus d'amitié, plus de concorde, plus d'union dans les 
familles; on ne s'ibordaît qu'avec crainte, on n'osait parler. 
Hais, sans une police de cette natnrepl attrait étédiffiàle d'tr- 



jbïGoogle 



Blstoin. 107 

riler on d« provenir les ctmspiratioiis que fait toujours naître 
la tyrannie. 

Comme on ne péuéErBÎt point les desseins de Prancia , on le 
regardait comme un aflreux tyran dont !t allait délivrer la pa- 
trie. Une vaste conjuration ne tarda pas h se former contre lui. 
Quoique eAt dans le principe ari-f té l'un des chefs de l'entre- 
prise , il ne parvint à la découvrir que par la rcvclitioa qu'un 
conjuré en fit Jt im moine au tribunal de la pénitence. Le mo- 
ment de l'exécution était fixé au vendredi saint i8ao. Les cun- 
jurés devBÎeot poignarder le dictateur et les principaux chefs 
du goavemement. Francia en fut tellement irrité, qu'il punit la 
coojuration à la manière des tyrans. On vit, au milieu des tor- 
tures, des fr^vs dénoncer des frères, un père accuser ses enfans. 
Les exécotions furent nombreuses et durèrent plus d'une année. 
Le sang qu'il fit verser répandit dans tout le Paraguay une 
grande terreur, qu'il continua d'entretenir en jettant dans les 
fers une multitude de citoyens; sa persécution s'arrêta surtout 
sur un grand nombre d'Espagnols, qu'il retint d'une manière 
barbare dans les prisons d'état. Il ne leur rendit la liberté qu'en 
les dépouillant de leurs richesses. 

La tyrannie est si odieuse de sa nature , qu'on ne saurait la 
justifier, quand même elle tournerait à l'avantage public, puis- 
que, se souillant de crïmc et de sang , elle viole tous les droits 
de fliumanité, de la nature et de la société. Cependant Francia, 
qui n'était pas un stupide' tyran, se promettait de tirer de 
grands avantages d'un pouvoir qu'il maintenait par la terreur. 
Il entreprit, à l'aide de la tyrannie, de réformer sa nation, et 
c'est dans cette entreprise que se montre le plus beau côté de 
son génie. Tant que les Paraguavs auraient eu des communica- 
tions a>'ecles autres peuples, il ne pouvait introduire parmi eux 
des réformes salutaires, parce qu'outre un esprit d'inquiétude 
et de révolte , ils auraient reçu du dehors p!us de vices qu'il 
n'eu aurait pu corriger au dedans. Francia fit donc une chose 
neuve et bien digne des législateurs de l'antiquité , en défendant 
toute espèce de relations, de correspondance et de commerce 
avec les nations étrangères. Il ne permit à personne de sortir 
du pays sous quelque prétexta que ce pAt être. 

Aucun étranger ne pouvait entrer au Paraguay, y séjourner, 
CD partir, sm» une permission qu'il n'accordait qu'arec une 



I., Google 



lo8 Bittûire, N" 9a 

circoaspectîoa extrême. 11 mit tant de rigueur dans cette in&- 
ivxe, qu'il ne se fit aucun scrupule de retenir prisouniers dans 
ses ûtats des Anglais, àts Italiens, des Portugais, et des indivi- 
dus d'autres pays. H. Bonptand, compagnon de voyage du baron 
de Uumboldt, ayant été enievû par ses soldats dans une bour- 
gade de sauvages, n'a pu , après plusieurs années de captivité, 
obtenir la permission de revoir la France, sa patrie. 

Ce qui facilitait singulièrement Fraocia dans sod dessein, 
c'est que le Paraguay se trouvant dans l'intérieur de l'Ainv- 
rique, à une grande distance de la mer, avec laquelle il n'a de 
communication que par ses fleuves, dont le cours l'entoure et 
en forme une presqu'île, il était d'autant plus difficile d'y en- 
trer et d'en sortir sans permission, qu'au-delà de ces Heuves se 
trouvent des déserts et des forets où le voyageur est expose à 
périr. 

Cependant, pour interdire de plus en plus toute correspon- 
dance au dehors et même dans l'intérieur, il supprima lu poste 
aux lettres, et mit des entraves prodigieuses au commerce. Au- 
cun navire ne pouvait aborder ni mettre à la voile ^ns pet- 
mission. Le peu de marchandise qui venait de l'étranger i>ayaii 
des drwts exhorbîtans; bientdt les négocians cessèrent de fré- 
quenter ces parages. Les navires du pays pourrissaieut dans les 
ports. Ainsi, sur terre comme par merf tes Paraguays cessèreot 
d'avoir toute espèce de relations avec les autres peuples, si bien 
qu'on ne savait pas mieux ce qui se passait chez eux qu'ils ne 
savaient ce qui se passait en Europe et dans les autres étals 
d'Amérique. Excepte le pays ob ils vivaient, le raoude entier était 
pour eux comme s'il n'eût pas existé. 

Dès que les Faraguays furent de cette manière isolés et sé- 
parés des autres peuples, ils furent obligés de renoncer aux 
voyages, qu'ils aimaient singiilièrementi car ils allaient, sans 
beaucoup de profit et souvent par esprit de légèreté, courir le 
monde. Non-seulement ils furent forcés de rester ches eux, 
mais de chercher dans leurs propres ressources les moyens de 
satisfaire à leurs besoins. Dès'Iors ils s'a<lonnèr«nl k la «illure 
des champs, à l'éducation des troupeaux, aux différens arts 
mécaniques. On ne pouvait plus rien demander aux antres 
peuples ni rien en recevoir. 

Bicutût le Paraguay changea de face : l'induatrie est tp fiUc 



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Histoire. loo 

du besoin. Des campagnes naguère ra fricKe et déseries se cou- 



vrirent de moissons. On établit de tous côli-s des hergenes ; de 
belles races d'animaux se multiplièrent au seio de vastes et fer- 
tiles piturages. Le nombre des chevaux qu'on Taisait venir au- 
paravant de l'étranger s'accrut au point d'en avoir au-delà des 
besoins. Bien n'augmente en effet les richesses comme les trou- 
peanx, qui fournissent des vétemens et de la nourriture, et 
dont les soins forment l'une des plus douces occupations de 
la vie. 

L'agriculture, sans laquelle l'homme reste sauvage, ne fait 
[tas de prc^rès sans ijue les ^autres arts ne se perfectionnent. 
Outre les instniraens du labourage, il fallut des machines pour 
la fabrication des laines et du coton, qu'on ne pouvait plus 
vendre à l'étranger; on aurait manqué sans cela de toile et de 
drap. Ce fut alors que les arts mécaniques sortirent de cet état 
d'enfance et de rudesse, où les tenait auparavant l'inertie des 
ouvriers. On éle\'a des ateliers qui fabriquèrent la plupart des 
ch'oses nécessaires aux usages de l'homme, et pour lesquelles 
le Paraguay avait été tributaire des autres nations, ce qui le 
tenait dans la pauvreté malgré la fertilité de son sol. 

Cet état de prospérité u'arrivait point sans le génie de Fran- 
eia, et sans beaucoup d'actes de tyrannie. Il n'y avait point 
d'hommes pins adonnés h. la paresse que les Paraguays. C'était 
lia déh'ce pour eux de ne rien faire. Ils passaient une partie de 
leur vie ù cheval , â l'église , au jeu , avec les femmes. Ce fut par 
ces motifs que Francia, doue par la nature d'une activité ex-< 
traordinaire, mit tout en œuvre pour combattre cette apathie 
de corps et d'esprit. Il força tout le monde au travail en punis- 
sant la paresse comme un crime. Il couJamnait à la prison ceux 
qiiî négligeaient d'ensemencer leur chniD]> ou de soigner leurs 
troupeaux. Si par défaut de surveillance , un pâtre laissait éga- 
rer quelques-uues de ses hétes, il les confisquait au profit de 
réut pour le rendre plus vigilant. Il ne s'en rapportait pas tou- 
jours i la confiance d'autrui; il parcourait la campa^e à che- 
val, visitait les ateliers, les marchés, les magasins, et voyait 
tont par lui-même , et communiquait ix tout sa pensée , son ac- 
tion, tant il avait à coeur la prospérité de son pays. ' 

Francia fut siagulîcrement favorisé dans ces entreprises par 
un cvéaciDcnt désastreux qu'il sut faire tourner à l'avanUge ds 



i:, Google 



1 10 BUtoim. IT* 9a 

l'agriculture. ÏJ» champi du Paraguay ayant été d«vatt& par 
d'inDoml>rables essaims de sauterelles, les habitans, se voyant à 
la veille d'être désolés par la famine , étaient plongés dans une 
grande consternalion ; on murmurait contre le dictateur de ce 
qu'il avait interdit et détruit le commerce, qui était la seule 
voie pour les empêcher de mourir de faim. Sans s'inquiéter de 
ces murmures, il ordonna, sous des peines sévères, de confier 
de nouvelles semences il la terre, et ce ne fut pas sans une es- 
pèce de prodige qu'on la vit porter une seconde moisson; ce 
qui révéla que le Paraguay était d'une fertilité incomparable. 
Depuis ce temps, vcillanià ce qu'une partie des champs fût deux 
fois ensemencée durant l'nnnéc , il fit régner et circuler l'abon- 

Comme il y avait dans le pays une multitude de chiens qui , 
devenus sauvages après avoir abandonné leurs maîtres , s'asso- 
ciaieut, il l'imitation des loups, pour commettre des carnagvs 
dans les bergeries, il ordonnait de temps à autre de les dé- 
truire. Alors on tuait la plupart des chiens, qu'ils fussent oa 
non sauvages; ce qui n'était pas toujours facile de reconnaître. 
Lorsqu'il donnait de pareils ordres, qui chagrinaient un peu 
les habitans , on répandait le bruit qu'un chien avait aboyé con- 
tre le cheval du dictateur. C'était une manière détournée de 
blâmer sa tyrannie, ce que l'on u'osait faire ouvertement. 

Franctn ne faisait point fleurir l'agriculture sans améliorer 
les autres arts , en employant toujours avec un pareil succès la 
crainte, la menace et les cbfltimens, comme pour forcer la na- 
ture humaine à produire ce qu'elle crée naturellement dans 
une soricté bien organisée. Il ne se montrait pas seulement l'en- 
nemi de l'oisiveté, mais il exigeait que tout ouvrier perfcc- 
tionndt sonart,selon le degré de son intelligence, et, danscette 
intention, il |e réprimandait, le menaçait, le punissait même 
avec une rigueur arbitraire et sans exemple, tellemenr-que, 
visitant un atelier, il fit mettre aux fers un ouvrier pour avoir 
mal fait la vis i pointer d'un canon. Son esprit, naturellement 
inventif, cherchait à tout perfectionner. Il se mit si fort en co- 
lère contre un cordonnier qui n'avait pas coupé des ceintures 
de cuir d'après une forme quil avait imaginée, qu'il fit dresser 
uoe potence pour l'y atucher, s'il ne faisait pas mieux à rave- 
ntr. Il finit par inspii«r tut de terreur aux ouvriets, qa'il 



jbïGoogIc 



Histoire.- 1 1 1 

rendit lus forgerons serruriers, les orfèvres fondeors, les ma- 
(ons architectes. C'est ainsi qu'il dûracinait du coeur des Para- 
guay» la paresse, pour y faire germer l'amour du travail et 
l'émulitioD des arls. 

CoDinte tes babitans du la capitale n't-n continuaient pas. 
moins à vivre <Iaiis l'inaction , il imagina de faire abattre la 
plus grande partie des maisons de la ville, qui ressemblait ii 
un grand village bdti irrt'gulièreincut sur un ampUilliédtrc et 
rempli de rues viroiles, tortueuses, et de cloaques impurs. 
C'était un moyen de rompre leurs habitudes de mollesse, de 
doDDcr une nouvelle vie aii\ arts et d'embellir la ville par des 
constrartioDs dont la riigulaiité cliarmei'ait la vue. Chacun ne 
déniolttqu'à regret sa maison j plusieurs manquaient d'argent 
puur en faire reconstruire une autre; ce qui aurait e.xcilé beau- 
coup de plaintes s'il n'avait pris soin de les étouffer. ]l ne souf- 
ft^it pas de représentation, et voulait que sa volonté fut 
sur- le~ champ exécutée. Il savait que s'il s'était amusé i écouler 
les discours de chacun, il ne serait jamais venu à bout de ré- 
former les mœurs de sa nation et d'accomplir son ouvrage. 
Aiosî, sans s'inquiéter de violer le droit de propriété, détnii- 
saut pour créer, et bouleversant la société jusque dans ses fon- 
demcDs , il livrait une guerre éternelle fk la paresse d'une nation 
qu'il voulait rendre digne de la liberté, que la tyrannie rendrait 
jiliis chère à la chute de sa dictature, sachant fort bien qu'un 
|>euplc fainéant est destiné à rester toujours esclave. 

Cependant il employa une partie du trésor de l'état à recon- 
struire la capitale. Il aida les habitans en payant les maîtres ou- 
vriers, et faisant travailler des gens condamnés à la prîstm ; il 
ouvrit aussi de nouvelles routes avec les bras des geus de la 
carapagDt;; il fallait que r.bacun mît la main fi l'oeuvre; les uns 
bâtissaient, les autres labouraient, d'antres ouvraient des 
roules; on entendait de tous câtcs le bruit des ateliers. On 
avait assez à faire cheit soi sans avoir de relation de commerce 
avec l'érrangcr. La capitale, oil l'on n'arrivait que par de belles 
routes, devint, à force de travaux, une nouvelle ville plus belle, 
plussaiuc, plus régulière que l'ancienne, et digne d'étra un 
jour le siège d'une république, dont le fondement était ainù 
jeté par la main de la tyrannie. 

ToutefoUi il tij avait guère 4e pays où l'on T^At avec plus 



i:, Google 



tia Histoire N" gs 

de liberté, pourvu qu'on ne se mêlât en aucune manière des af- 
faires du gouvernement. La police , qui veillait à la sûreté du 
dictateur, s'occupait aussi de prévenir et de faire punir les 
crimes, qui devenaient de jour en jour plus rares. Les routes 
étaient purgées de brigands. Cette st'curiK; satisfit beaucoup 
d'étrangers, qui s'élnbltrent au Paraguay pour s'i[ûigni-r dM 
orages qui s'élevaient chez les républiques unissantes de l'Amé- 
riqut. Comme il y avait dans la capitale des vagabonds, des 
gens sans aveu , des femmes prostituées , il en forma une colonie 
sur une frontière de l'état , autant pour les chasser de la ville 
que pour contenir sur ce point une tribu de farouches sauvages 
qui dévastaient les terres. 

L'un des plus grands fléaux pour le Paraguay était d'élre en- 
touré de peuplades sauvages qui venaient ravager les cam- 
pagnes, enlever les bestiaux, piller les ré-eoltes, commettre 
toute espèce de dégAts, sans qu'on pût trouver aucun moyen 
de les contenir nî de les punir, car ils s'cnfon^ient ensuite 
dans les déserts, où it n'était guère possible de les atteindre, et 
leurs dilapidations restaient impunies. Ces dégits se commet- 
taient surtout le long du fleuve du Rio-Paraguay ; les sauvages 
prolitaient du temps où les eaux étaient basses pour le traver- 
ser et se répandre dans la campagne ; ce qui causait une grande 
désolation et nuisait beaucoup it ragriculttn-e. On se souciait 
peu de labourer des champs pour en faire piller les récoltes, 
et d'élever des troupeaux pour les voir enlever par des sau- 
vages. 

Le dictateur, qui n'avait rien tant à cœur que !a fécondité 
des terres, fit bllir de distance en distance de petits forts en 
palissade, dont les plus considérables étaient gardés par la 
troupe de ligne, et les autres par les gens des villages. Dans le 
temps où leseaux du fleuve étaient basses, on faisait avec des 
bateaux la garde sur le fleuve ; comme les difîérens postes com- 
muniquaient ensemble, au signal de l'approche de l'ennemi, la 
troupe de ligue se réunissait anx habitans, qui avaient alors 
des officiers capables de diriger les manœuvres. Ce lut de cette 
manière que la campagne fut à l'abri de ces aHrenses dévasta- 
tions. 

Sans l'ordiv et l'économie, un état penche vers ss ruine. Le 
dictateur administrait en bon père de famille les Eicances de 



l'âUt, doBt les rereniis consùtaient dans des droits de vente* 
dep^er timbré, dans les dîmes levées snrles champs, et des 
iinp6ts sur les maisons , dans les douanes, dans In confiscation 
des biens dès condamnés ou des étranj^'ers qui mouraient sans 
enfuis , et surtout dnns le produit des terres de l'ctat , aiï l'on 
nourrissait beaucoup de troupeaux. Il surveillait tout avec une 
alieotion extrême, il taxait le prix des denrées pour réprimer 
l'andité du marcbaud , et s'entretenait Tréquemment avec des 
pâtres et des laboureurs sur les moyens de pcrrectioaner l'agri- 
cnlttire et d'améliorer la race des troupeaux. Il soufTratt si peu 
qu'on le trompât, qu'au moyen de lignes qu'il traça avec de la 
craie sur une pièce de drap, ayant prouvé à un tailleur qu'U 
était un fripon, il le fit-mettre eo prison. 

Ce fut par cet ordre, cette surveillance et celte activité 
qu'il accrut les richesses publiques, au milieu desquelles il vi- 
vait comme un simple citoyen; Il n'avait pour tout bien que la 
moitié d'une maison en ville et une petite campagne qu'il te- 
nait de l'héritage de ses parens. 11 aimait si peu les richesse?, 
qu'avaol de tenir en main li's affaires publiques, se trouvant 
avoir buit cent piastres, il considéra cette snmme comme trop 
forte pour les besoins d'un seul homme , il la joua , la perdit et 
s'en réjODÎt. Son Ime se montrait telleuieoc dégagée de toute 
ai'arice, qu'il était toujours en retard de toucher les appointe- 
mens attachés à la dictature. 

C'est principalement sur les mceurs que le dictateur étendait 
ses réformes, et comme elles se trouvaient infectées d'un esprit 
de superMÏtion , il s'occupa de le déraciuer. Il défendit les pro- 
ceuîona et les cérémonies nocturnes de l'église, comme étant un 
rendei-Tous d'intrigue et de corruption ; il détruisit les moines, 
trop adonnes, sous ce ciel bràlant, au désordre et à l'incontî- 
oenoe; et renversa le tribonal de l'Inquisition comme le plus 
dangereux ennemi d'une religion d'amour et de charité. Il crut 
devoir réformer le calendrier en abolissant un grand nombre 
de fêtes qui nourrissaient l'oisiveté dont il s'était déclaré le mot^ 
tel ennenii. Ce fui par ces innovations qull secoua le jong du 
pape , dont il méconnaissait l'autorité au point de dire qu'il en 
ferait «os premier vicaire, si jamais il débarquait au Paraguay. 
La tolénuKC qu'il avait ponr toutes les religions ne l'empêchait 
pu de pMndre un itm de saicume et de plùsanterie sur de 
G. Ton Xt 8 



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yi4 HUtoiié. 

|)uérUo& croyaocea ,' lellenient , qu'un capiuhte ayanl i 

l'image d'un saint pour la placer dans un fort, il lui répradil 

que I» l»Urs, et non pas les saints , gardaient la frontière des 

étais. 

Malgré la haine qu'on portait k )a lyrauDie du dictateur, a» 
Mnlit bien qu'il en faisait usage pour le bien cotninuii , puis- 
.qu'il n'en lirait aucun profit. Il était sans exemple de voir un 
homme, arrive it la puissance suprême, vivre sans reniinc, uni 
le faste et les pompes de la grandeur^ et rester pauvre, tenant 
0u main touteii les richesses de l'ùlaL Quoiqu'il fAt dans nu %e 
Avancé, il t:c songeait |K>int à transmettre, par hùrîlage, une 
puissance qtiî ne devait pas lui survivre. Si , par den roiips d'aif- 
torité, il avait isole sa uadon , n'était-ce pas pour réformer ses 
jnceiirs , l'habituer au travail , lui faire aimer lei arts, la d^ager 
de tout esprit de supentition , lui donner des vertus d'ordre, 
.d'économie et de constance, et Uxer le Lonhcnr de chaque f^ 
mille autour du fo^er domestique? Sa tyrannie, quelque cou- 
pable qu'elle pût être, u'olTrait jKiint autour d'elle l'aspect de 
la désolation et de k misère. S'il avait détruit le commerce an 
dciu>rs , n'avait-il pas créé une armée, ouvert des routes, re- 
bâti la capitale, enrichi l'agriculture, animé les arts, contena 
dans le respect de farouches nations, fait régner la tranquillité 
au dedans , au dehors , taus aucune guerre étrangère ni civile, 
événement rare pour un état naissant? On no pouvait doac 
btimersuu despotisme saus louer en méiue temps la plupart 
de ses actions et de ses vertus. 

Quand Francia eut achevé d'introduire dans l'état les re- 
formes qu'il avait jugées utiles, el qu'il remarqua qu'on se re^ 
lAehait de In haine qu'oo lui portait , il ne se montra plus si dur 
dans le gouvernement. Il ouvrit les prisons d'état, il n'écotils 
plus avec la même facilité les dén<»eiadons , si bien , qu'il pt^ 
nissait les dénonciateurs. Il eou&a des emploi» civils et mili- 
taires à des personnes plus dignes de les remplir. Ses manièm 
devinrent plus douces; sou humeur fut moins farouche et plus 
traitabk's Alors la terreur dont il s'était eovironiK'C, se dîsHr- 
pant peuit peu, fit eutrevwr le jour o4 la liberté, sans dis- 
cordes civiles, allait luire sur le Paraguay. II avait préparé les 
'moiurs à recevoir la Homence de Ixmnes Ims. On peut dire de 
lui qu'il ne Cut guère de plu* Bwcbont lyna ni de meillair c{- 
loyen. ^ A.AU?ùi. 

Dotzecli/GoO^IC 



Meuiit^iï, 



9). SociiTi ASIATIQUE DE &LcinTA. — Séance du a janvier 181S. 

Il est dMi&â lecture d'im essai sur U fonnation d'un alpha- 
bet universel, par te D' Butter, de Ghazeepore, Depuis l« tesfM 
■le Vétéiiae Wilkina juiqu'â celui du D' Gilehiist, noaibreide 
savans u sont exercés sur ce sujet difficile. L'auteur observa 
<|tie rëcribir« peut représeater, soit l'ionombrable série des- 
idées qui viemirat à l'esprit, cas dans lequel les caractères da 
cette écrilore doivent aussi être inoombnblei; soit le nombre. 
eoBn paranvement linûté, des tons que la voix bumaine est ca- 
pable d'articnIcT, et que l'on emploie dans des combinaisons 
infinies pour exprimer ces mêmes idées ; entre cas dans lequel le 
no^ne de ces carad^es doit être également limité. Les idées 
peuvent èta rendues par un signe figuratif complet ou abrégé, 
enome ceux des aborigènes du Mexique ou des anciens Égyp- 
tiens; ou biea larsc[n'«lles se rapportent à des qualités abstrai- 
tes, Wbt expression peut exig^ le concours de figures ajmbo- 
bqnes, comme dans la partie idéograpbiqjie des hiéroglyphes de 
rancicnne ÉgTpte, En outre , si on évite avec soin le grand per>. 
fécriomieffient qui consiste à Teprésenter de simples sons pav 
ces figures, le mouvement rapide de l'écriture. et la tendancs 
eottStanie qaî porte à abréger, finiront par réduire cette espèce 
d'écritnre à la condition des caractères chinois modernes et 
écrits, dont fétnde et la connaissance complète exigent l« 
ooms de tonte U vie. 

I> meiUenr mode d'écriture est celui qui représente les dif-^ 
férvDS sons des langues parlées ; et, sans s'arrêter au sjsième 
chïiaériqne de l'évéque Wilkins, il faut tenter un ellbrt, quel- 
qa'inparbit qu'il puisse être, pour constater et classer les som 
de plusieurs des langages qui se parlent présentement dans dif- 
férentes parties du monde. Le D' Butter propose de prendre 
pour bnce de la classification des sous, la différence qui exista 
entra la voix haute et la voix basse. Les sons étant ainsi classé» 
et arrangés , nous apercevrons plus clairement les moyens dV 
Capter à <^oun d'eux un symbole ou une crailHnfticon de 
symboles tpi leqr nient approprié*, t Noos powroiw» dit l'uip 



1:, Google 



ii6 .Mâaagtt. 

leur, choisir pour modèle l'une des langues de lïurope, et as- 
sigaer ipaUérablemeot l'une de ses lettres et combioBiscHis de 
lettres , suivant X'asA^e le plus général de cette langue , à chactua 
des sons résultant de l'arrAnj^enient mentionné ci-desMu; mais 
ce mode aurait le désavantage d'être îniatetligible pour les an- 
tres nations européennes, (jiii jamais, probablement, ne se 
montreraient disposées k l'adopter. ■ 

Au lieu diinc dé suivre implicitement aucune de* Ungna 
de i'£ur<tpe , nous pouvons prendre le teimé moyen de tonin, 
et adapter i chaque son l.i lettre ou les kttn-s romaines dont oo 
se sert te plus ^ênérnlement dans toute l'Europe pour le n-pr^ 
senter. Ce principe, adaptt- par l'cvèque Willuns, par Franklin 
et par Jouw, fut suivi ci jMjrrectionné par le D*" Wilkins, par 
M. Shakespearr et par quelques autres savnns orientalictes. >*<cn 
élégante simplîiité et son indépendance de toute ontioBalilé, 
finiront probablement par li.- faire adapter en général. Il «t, 
dans la construction d'un al[^abet parfait, un principe qiw 
l'on ne doit pas perdre de vur, et qui conaistr à reprnealrr 
chaque son par une lettre simple-, et, comme en se «tirant de 
l'alphabet romain, déjà si limité en lu^méme, il était impossi- 
ble de s'astreindre ioette règle, on jugea qu'il fallait en varier 
les caractères par d'autres signes prosodiques, ou par une ac- 
centuation particulière et par des combinaisons de.ces diven 
types. 

X-e D' Butter est d'avis qu'il convient, dans la constnictioa 
d'un alphabet entièrement nouveau , de tenir rigoureusement 
tux principes suivans, autant qu'ils sont susceptibles désac- 
corder entr'eux : d'abord, la brièveté, en évitant touteftw 
l'abus des ellipses, grandes sources de la oorrnption du lan- 
gage; en second lieu, la netteté des caractères: chaque lettir, 
écrite avec soin , devrait être facile à dbtinguer, au premier 
coup d'oeil , de toutes les autres prises , tant isolément que dan 
leur ensemble. Enfin, l'aptitude de chaque lettre k se lier i la 
précédente et aux suivantes sans que l'écrivain soit obligé de 
lever la plume. Il n'est pas difficile de construire nombre d'al- 
phabets difTérena fondés sur les mêmes principes. Le D' Botter 
a adopté la iignre la plus simple qui se présente d'aboid k l'es- 
prit; savoir: une ligne compée d'oeillcls , de crodieti et de m»* 
(. (.^«M&>o«m.; juillet i8a8, p. $9). 



DotzecbïGoOgIC 



MUanget, zsy 

9J. TiAinterrims o> ykk litbbakt Soenrr, etc. — Hémâirea 

de U Société littérair* de Marins. Part. L In-^" de iso p. 

Londm, 1817. {Jsiatic /oum.; sept. 169S, p. S3s.) 
' la Société littéraire de Madras, pendant cjtielqoes années , 
n'a esisté que de nom. Elle vient de publier le premier fascicule 
de s« Transactions. On y distingue : 1° un travail sur les livres 
de droit des Indiens, extrait par H. Gray des papiers de feu 
Fr. 'Wby te Ellis ; a" un compte rendu sur quelques anciens tom- 
beansdans le voisinage d'Oupulgutt; par le capt. H. Joung. Ces 
tombeaux, que les habitans du pays regardent comme les de- 
meures des mauvais esprits, nommés K&kchasas, consistent en 
nu certtin nombre de pierres grossières et non taillées , placées 
pcTpen^ctiIairement sur la terre. En ouvrant ces tombeaux, 
OD trouve d'abord un cercueil en pierre brute , rempli de terre, 
et, i la profondeur de 3 ou 4 pieds, quelques pots de terre cuite, 
eonteDaol des ossemens qui paraissent brûlés. On dit que ce sont 
les tombeaux d'une race de Malais venus des !les orientales. Le 
D* Voysey a reconnu qu'nn des crines était celii d'une m- 
dienne , sans aucun caractère malai ; 3** un article sur l'alpha- 
bet indien , par H. Whbh; 4" "u >otre sur l'origine et l'anti^ 
quîlé du Zodiaque indien, par M. G. Hyne; 5" suit l'extrait 
d'une lettre de M. Jones , avec la gravure d'une pierre chargée 
de caractères ciméïformes et trouvée dans un canal qui va 
d'Hellab an Tigre près de Bagdad ; 6° la traduction d'une an- 
cienne domtion en dialecte Camataka, avec 6 pi. où le texte 
se timive gravé. 

95. Aniçc siSTOBiQnK deslravaux de l'AGadémie impériale des 

scicDce» de Saint-Pétersbourg, depuis 1736 jusqu'à i8a6. 

{RtcmfittU* acte* de fa léanee toifunelie de cette Académie, 

tenue 1« «9 déc. i8a6; Pélenbourg, 183;, in-4°, p. ai & 4^. 

sparts, H. Bossange; prix, 6 fr. 5o c) 

L'aMe de fondation de l'Académie imp. de St-Pétersbourg 

rulaignéle3idécembrci735par l'impératrice Catherine I, qui 

accomplit ûaù l'une des vnes arrêtées par Pierre- la-Grand. 

L'Actdénùe tînt sa première séance publique le 37 décemhrede 

knéiM année; la seconde eut lieu en présence de llmpéritrice, 

lei*'M>Ati796,etc'est decejourqoe l'Académie date sa cobS' 

dtotioii dâftnitiTe. Une fête semi-séculaire fut fixée par Catbe- 

rine II, âo 99dcG0inbn 1776:1e même jour, en i8a6, a donc 



L 



iiB .Mélangêt. 

été cslul d«-l« fête séculaire «cadénique , qui k donné lien u 

discours que nbos Bnalysoas. 

Elle fut précédée d'une d^utation à U fiuailie impériale; et, 
d'après les vœux de l'Acadéoùe , aon-seulement l'Empereur pet^ 
mit que le princR héritier de l'empire , le Ccsarévitch et gruid- 
duc Constantin , et le grand-duc Alichel , fussent inscrits au 
nombre des membres honoraires, mais encore S. H. maaifiesta 
ce désic pour lui-même. Le dipldme de membre hoBoraire fut 
Missi offert au roi de Prusse. La séance eut lieu ensuite au jour 
fixé, en la présence de toute la famille impériale, y comprit 
Ilmpératncâ-raére , l'Impératrice-régnante et la grande du- 
chesse Hélène. Xes académiciens furent présentés iadividuelle- 
meal i l'Empereur. 

C'est dans cette rénuion solennelle que fut prononcé, eu 
français, le discours contenant l'aperçu historique des travaux 
de l'Académie durant le premier siècle de son existence. Nous 
y remarquons, dans l'ordre des matières de notre Builetia, 
■ qu'un règlement de >74î avait soustrait de la série des attri- 
butions académiques, l'histoire et ses sciences accessoires, et 
que la daasc chargée de ces objets fut rétablie en i8o3. C'est 
aux temps postérieurs ù cette dernière année que se rapportent 
les Iravauxde KrugjLehrberg et Kxefaler, qui ont répandu des 
lumières nouvelles sur la numismatique du pays qui livinait 
l'empire russe. Il en est de même des recherches de MH. Pracba 
et Graefe sur la philologie orientale, grecque ou latine. 

L'Académie n'a pas mis moins de soins à compléter et i ai- 
richir ses musées et ses collections. C'est ainsi qu'elle a acquis 
successivement sa collection de mcdaîllcs grecques et romaine 
de Suchtelen , les objets en or trouvés dans les tombeaux de U 
Sibérie, envoyés à l'Académie d'après les oukases de ]MerreI, 
rendus en 1720 et 1711. Le Musée Asiatique a aussi éléfond^ 
et accru surtout par les soins particuliers du président actuéfde 
l'Académie, et qui réunitlrs livres, les manuscrits et lesmonu- 
mens de l'Asie. A ce Musée Asiatique a été joint un Musée ÉçyP' 
tien , dont le fond principal est la collection de M. Castigliooe, 
de Milan , et comprenant environ mille objets acheté* pour le 
prix de 40,000 roubles , et on journal fnm^is ne doit pal s'ab- 
«t«nir de dire que, d'après le discours que nous avom tons k* 
Jtfa, M sont les travaux d'un savant français, ceoK de V* 



.i:,Goog[c 



MdlaHget. itg. 

CbampottioB le jeans, qui ont détenniBc l'Aùdérsie à faire 
reite'acqaîsidon, et à fonder ita Hasée qui devient par là uns 
t-oUectitu de hranamens poor l'histoire. 

Ce diacoim est suivi de la série des questions propotéa p«r 
VAendànie impériale. Il v en a denx qui ont pour ol^et rkis< 
loire du droit maae comparo h celui des nation* sbivcs. Le con- 
rovrs de\'ant être ferme au i" janvier 18^, nous nous «bate- 
nonsdeles rapporter, en regrettant que la lenteur des cominu- 
nicatiot» bue parvenir si tard eo France les onvragn impri- 
nin par les Axradéiiiics du Nurd. 

I^ même reeueîl eonlient la liste des membres nouveUcmeiit 
associé» aux travaux de l'Académie , et nous trauvons dans la ; 
liste des membres honoraires externes, réiidant à Paris, MH. 
Pcnuon, Ch. Dtipin, Thénard, Abel-Hemusat et Champollioa' 
lejennc. 

gS. Société aux. ji&iatiqi:e de l* Gai:ioe-BBETACnB et u'Ia- 

28 juin 1838. -~ Sir W. Outeley préseute deux fragoienc da 
marbre des ruines de Pci-sépolis. Un du ces morceaux porte la re- 
prcscn talion d'une boucle de cheveux, et a appartenu à l'un des 
quatre quadrupèdes placés à l'entrée principale. D'anciens voya- 
geurs disent que l'on trouvait dans ces ruines les dorures en- 
core fraichos : le 3" fragment est recouvert d'une couche de 
conTcnr janne, mais qui n'a aucun rapport avec la dorure. On 
V flistingiic une inscription m caracli^es cun^tfoi-mcs. 

Ob lit nn écrit du iy Livin^Tone stir l'oriiànc et l'anrique 
dvilisalîon des Chinois. L'nutcur recherche d'abord quette a 
pu être rinslrtrelion d'&dam et de ses descendans immédiats , <> 
et snppose qu'elle a d6 i^trc bien plus étcndj^e que celle de leur* 
postérité. H croît qn'nne colonie d'Hébreux s'c*l établie fort an- 
cieDDenienl dans la Chine avant la promnlgntton dn Décaloguo 
par Muîse. 

On communique des renseignemens sur le Bouddhisme, ob- 
tenut par H. Hodgson d'un vieux prêtre Bouddhiste résidant i 
htan. Ces rensuignemens sont sous la forme de demandes et de 
réponses, accompagnées de noips de H. Hoilgwn. On j n joint 
quolqim itwainn «■àcaiàt pac un artiste du Népi), etrefWéaaD- 
tanl lea temples bouddhbles appelés FiAanu et Tci^w, ft 
les formes différenles des cinq Bouddhas célestes. 



1:, Google 



i9o: MiUmgtt. 

is juillet. Le lient.-col. Tod présente un nuniwcrit sur l'art 
de la guerre ehes les anciens Hajputa , intitulé Samgrdma téni 
on Ettence des bulaiUet. Il renferme des deicriptioiia de com~ 
bats tirées des poèmes antiques. M. Tod Tait encore hommage i 
la Société d'une centaine de manuscrits originaux, nooiinés 
jikkàri ou journaux de la cour du Mogol, priocîpMlemeiit da 
rèpie-de Balladur Shah , de 1707 à 171a. Ils sont d'une extrême 
importance pour cMIe partie de l'histoire de l'Iode^ et jettent 
quekpie Inmière sur ta véritablH cause de la décadence de l'em- 
pire Mogol. 

On lit une lettre du baron W. de Humboldt sur la méthode k 
suivre dans la comparaison des langues. 

ig juillet. On Ut la section du mariage, dans le digeste des 
lois siamoises du capitaine Low. 

26 juillet. H. FullarlDn présente un beau manuscrit en Pâli, 
qu'il tient d'un prêtre de Hergui, et qui reoferme un compte 
authentique des ductrines bouddhblts proférée* dans l'empire 
Birman. — On lit un rapport de M. Thomas sur une sculpture 
représentant les trois symboles de la triade indioine. 
97. ÀTuiniE ns Bbesci*.— Prix accordés dans le concours de 

l'année i8a8. {Annali unlv. di statut. iVoX. 16, mai 1838, 

p. "4)- . ■ 

L'Aibéoce de Brescia, dans sa séance du 12 avril, a adjugé 
le grasd prix biennal au chevalier Jules Cordero ,' des cpmtes 
de St-QuintinOi conservateur du Mutée roy. Égj^tiea de Tu- 
rin, pour le mémoire sur la question suivante proposée par le 
programoie du no aoAt i8a6. 

■ Oélcrinioer le genre d'architecture employé en Italie à l'é- 

■ poque de la domination des Lombards ; rechercher si cette 

■ architecture eut une origine : établir les caractères parbcu- 

■ lien qui la distinguent, principalement dans la constructioa 

■ des temples, en ce qui regarde leurs décorations internes et 
• externes, de même que la distribution du plan, le choix et 

■ l'emploi des matériaux employés k leur construction. Désigner 

■ enfin les principaux édifices de cette architecture qui se trou- 
a vent en Italie. ■• 

9B. AcaoAiua bula Causca ; Coaooun fo*r f miitée iSSo. 
C'esifoorU 3*fois que l'objetthi programmesurrantest proposé 



i.Aioo^lc 



MMoHgtti l'ai 

aux rcch^T-bes dn uctua in VWtSàe , et même de U Frtnce. On 
demuMla oamment et ai quel temps se sont formées les langues 
iUlVenne, provençale et française, aux dépens de leur souche 
commune: quelles circonstances contriiMièrent principalement 
àimprimeri t'idiôrae italien le caractère qui le distingue: quand 
et à quelle occasion peut-os remarqoer une difTérence n<rtall>le 
entre le langage du peuple et celui des écrivains ? Quelle in- 
flnence ces deus sortes de langage exercèrent-ils l'un sur l'au- 
tre? Dbk quelle partie de IllaUe la longue populaire fut- elle la 
moins éloignée de celle des livres? Les poètes siciliens eurent- 
ils (|nelqne influence sur les révolutions de la langae écrite 7 Si 
avant le Dante, Pétrarque et Boccacc, quelqu'un des dialectes 
italiens avait obtenu la prééminence sur les antres : pourquoi la 
laogne italienne, Tormée et perfectionnée la première, fille 
aûoée de la Isi^e latine , ressemblant mieux à sa mère, qu'au- 
cune de SCS soeurs, n'a pourtant pas obtenu l'honneur d'être la 
langue de la diplomatie et des principales relations entre les 
penptes? 

9g. SociÉTi DES Ahtiquiius de NosHMintE. Séance du 5 dé^ 
cembre i8a8. ( Journal de Caen ; 7 déc. 1 818 ). 

Le secrétaire a communiqué à la Société une courte descrip- 
tion du chiteau de Beauintint à £nglesqueville , arrondissement 
de Bajeux. Situé sur une éminence naturelle, ce château pié-' 
sente une enceinte assez vaste de murailles, au milieu desquelles 
existent encore des constructions civiles du XU' siècle : tout 
ce qui reste de ces anciennes constructions est extrêmement 
curieux à étudier. L'obscur donjon du X° et du XI" siècle, a 
fait place 1 une habitation moins sévère, elles progrès du luxe 
sont visibles dans la décoration intérieure des appsrtemens. On 
y voit, comme dans le donjon de Chamboy (Orne), des cor- 
niches supportées par des modillons , des murs garnis d'arcades, 
et la plupart des sculptures qui ornent nos églises de la même 
époque : tout ce qui reste d'ancien dans ce chAtcau peut four- ■ 
nir un bon konzoa-ckrmtoiagique pour distinguer les constnic- 
tions civiles du XII* siècle de celles du XI" et des temps anté- 
rieurs. 

BL Lécbaudé-d'Anis^ a mis sous les yeux de la Compagnie 
une collection de dessins trè»4oignés des anciennes maisons de 



1:, Google 



, lia JltëaHget.' 

Oen , pour fnre suite k l'onvrage de H. Jtriîiwmt snr les mt^ 
namei» da Calvados. Ces dcuins doivent être inoessaniDeet 
publics. 

H. de CaumoDt a donnô d« nouveaux détails snr les mvaax 
de M > de Gerrille. Cet antiquaire distinguù vient de recoBuaître 
dans le Cotealin, deux camps romains, dont l'un renipii de 
tuiles , se trouve sur l'ancienne voie ({ni conduisait de Cotatia 
(Coulances) ji Corialliun. Dans la forêt de Barnavast à a -f lîcties 
de Vnlognes, H. de Gerrille a remarqué les vestiges d'une ville 
antique qiii n'a été raentionDÂc par aucun géographe, et dont 
l'étendue paraîi comparable k celle des villes actuelles de Bajens 
ou de Coulances. 

La Société a ensuite entendu un Héinoirc de H. Augustn Le- 
Prùvost de Roocn, sur une diAsse du XiW sièdo i»iisBrvée 
dans l'église de Saint-Taurin à Évreux. Elle r^réaente une 
chapelle avec un clocher central et des contreforts Bnnnontés 
de clochetons. Toutes les pièces chargées de bas-reliefs sont 
d'at^'ent dore, les surfaces unies, de cuivre doré; le plan de 
l'édiKce est rectangulaire, chacune des faces principales est or- 
née de trois arcs ogives; tout le luxe et toute la variété des dé-' 
laîls de l'uri^liitecture gothique ont été prodij^és dans la déco- 
ration des arcades des pignons qui les surmontent , et des autres 
parties de ce magnifique ouvrage. Autrefois, on y remarquait 
en otitre i35 pierres précieuses incrustées, qi)i en ont été ir- 
rdchées on ne sait à quelle époque. La hauteur totale de ce reli- 
quaire est d'environ 3 pieds, y compris le docher cetitral. Les 
bas-rdiefs qui le recouvaent représentent les principaux trait* 
de la vie de Saiot-Tpurin. M. Lambert en a fait plusieurs des- 
sins, qui seront réunis au Mémoire de M. Le Prévost. HBf . Ger- 
vab , Roger et Oeshayes ont été chargés d'examiner cette |MO- 

La séance a été terminée par la lecture d'une notice de'K> 
Vaultier, professeur de littérature latine et membre de la'So- 
ciété, sur une portion de Mosaïque découverte il Vieux en i5i3- 

M. Sever, dont nous avons annoncé la mort , a lé^pié sa bt- 
blioibéque et son cabinet d'antiquités ù la vîllo d'Évrcux. 



100. MiËHouB SDK l'okicikc BuaoFÏBNKE n'HoH&BE , ou Dévc- 
loppeincus ultci^eurs de l'opinion sur l'époque et la patrie 



D,tz..i!/GOOQ|C 



' «THômèn; par le D' Bemard TnuscM, à HalbersUdt. 
{JakfbQehtrfiU-Phaohgù; iSa6,vol. I, cah. a, p. «35.) 
D^à H. Thtersch sYiit soutenu l'opinîon que le clunlre de 
niùde était originaire du Péioponése , et vivait à l'époque qui 
s'écoula entre la prise de Troie et l'invasion des Héntciides , e. 
i d. de Vax 1 184 à i 100. Otte opinioii ajant été vivement at- 
taqoéa dans les joumanx de philologie aDenands , l'aticeiir a 
cm devoir la soutenir dans un nouveau mémcHre dont vain un 
court précis. Un philologue anglais avait d^i oombaUu l'opi- 
nion gtnmtic qui &it nabre Homère en Asie. Le po^te donne 
biCB moins de détails sur cette partie du monde , et il cite pe« 
deheuY, à l'exception de ceux qui étaient ritiiés surl'Helle»» 
pont, dans te {rantL^pace qu'embrassent ses poèmes : il passe 
néme sous nience beaucoup de lieux remarquables qui étaient 
dansh voiainage de Troie, tels que Sinyme, Sarde, Éphèae, 
Otme, Pergame, ainsi quePisène, Colophon, Magnésie, le motit 
Caléné et les fleuves Cil>otus, Caïque et Pactole. Si Homère avait 
été originaire de l'Asie mineure, dit Ayant, auTait-il gardé un 
âlenoe complet sur des lieux oticiens et aussi remarquables, 
tandis qu'il parle avec exactitude de tant de localité» étrangè- 
res? L'Helladc était le pays qu'il connaissait le mieux, ainsi que 
ftMt d^ fait remarquer Ératosihtee et Apollodore. 

H.IliieTScfavaplusIointîlcheréhei faire voir que la géogr»- 
pllieet HiiMoire du Péloponnèse sont le plus familières au chan- 
tre de rniade : dans ses comparaisons , il dontie la préférence 
aux localités du Pélopotmèso : it compare NauHcaé à Diane sur 
leTaygète et l'Érymanthe. Un poète ionien n'aorait-il pas pensé 
phitAt 1 des montagnes de sa patrie , qu'à des mputs dMa La- 
ccwie et de l'Ajcadie , consacrés ï la même divinité, par exemple 
le Latmos? Il connaît d'ailleurs exactement les local! tés de tonte 1^ 
Grèce, et n'entasse point, comme Virgile, l'Olympe et rOssa sur 
le Pélion , c. à d. les grandes montagnes sur les petites : Homèie, 
les connaifiSMit mieux, les range dans la proportion de leur graa- 
dcur. Homère a beaucoup d'altusious à l'histoire grecque an- 
térieure au siège de Troie : dans ces allusions, il y en a peu qui 
se rapportent à l'Asîe mineure; est-ît question, au contraire, des 
événemens de la Grèce, surtout de ceux du Pûloponnèse, le 
poète BDnooM des connaissances qu'un Grec de llonie ae pou- 
«lit goève nToir. Llâaloire des Pjliens, pnr exemple, estnov 



t^i itekatffû. 

oonlée dans an gnnd détail : Nnb» expose l'origbiê de I> qat- 
rdle entre les Pytiens et les Ëléeu ; il fait mention de U guerre 
«ntre les Pjlie&s et les Arcadiens : Nestor rite les héros qu'il m 
TBinens à U course et à la lutte, etc. C'est avec le B>ëme détail 
que le poète fait racconter par Phénix le combat entre les Éto- 
lieoa et les Kurètes , auprès de Kalydon. Ce qu'Homère dit des 
aventures d'Hercnlc se raj^rte surtout au Péloponnèse^ et «st 
d^gé du meireilleuxdans lequel im a enveloppé dans la suite 
l'histoire de ce personnage mythologique. 

Voici raabtenant ce que M. Thierscfa pense de l'époque où a 
▼écu Hoœèn;. Ce pnèle parle du temps qui suivit inunédûte- 
ment la prise de Troiej il représente ce temps cmnme un temps 
de paix et de calme. En effet, pendant les So ans qui suivirent 
l'expédition des Grecs dans la Troade, l'histoire ne fait men- 
tion d'aucun trouble dans le Péloponnèse; elle passe même celte 
époque sous silence. C'est dans cette époqoe de repos que les 
Grecs ont d& éprouver le plus de plaisir aux chants des riuip- 
■odes qui leur 'retraçaient leurs hauts faits. Le butin rappcwté 
de Troie, les relations que les Grecs avaient eues avec dea peu- 
plea et des contrées inconnues auparavant, devaient nécessaire- 
ment contribuer à la prospérité du pajrs , et agrandir le eemle 
de leurs idées : c'était un temps favorable à la poésie quque. 
Hus tard, les Dorieas font des invasions dans le Péloponnèse ; 
les peuples de la Péninsule sont subjugués ou chassés de leiin 
foyers: les Ioniens, vaincus par las Achêens, passent l'Uthme, 
pour se rendre dans l'Attique, patrie de leurs aneétrcs. Les fils 
de Codras les conduisirent dans l'Asie, oii il fallut livrer des 
combats aux Cariens , aux Lydiens et k d'autres peuples , «t où 
ees colons so combattirent mutudleramt. H.Thierst^ne pense 
point que ce tbt là un tenips propice à la poésie épique. Il m 
conçoit l'existence du chantre de l'Ilisde que parmi les preinten 
descendans des vainqueurs de Troie, et dans un temps de paix 
et de prospérité. D-o. 

loi. Dx StaABOKis PATau, cKHBax, «tatx, etc. ; par Sibbkl. 
De 33 pp. fiaudissen, i8aS; Mon. (Jl/gem. JUpertorium , ùe 
Beck; i8aS,vol.I, cah. 3, p. 384.) 

L'auteur commence par déteradoer la ville nttale de fltnf 
boa D'après lui , c'eat Aniama, dans le Pont, (pajv qui fat akn 



MJiangM. ï%$ 

diffiifattdecriuideCappadoce),oàiuigruid nombre de Greos 
sntïent établi leur deinenre. 11 parle ensuite de la AuiiUe de 
Stnbon, et combat, à cette occasit», deuxopiniona ràùiespar 
le ptofcueur Hâller, i" que Strabon prétendait i lort qu'il 
avait esisté dans l'ai)d«ine Attaque une tribu ttcerdotale. H. 
•Snate/ répHqoe à eette réfntation, que Strabon avait probabl»- 
ment troavé le nom de Ti)i{(tt(( au lien de TûMmxtt , pour déci- 
gner le oa«n d'une tribu, et qu'il avait expliqué le premier de 
ces deux mots par U^Mmii; a" que Strabua prétendait descei^ 
dre d'eue tiibo sacerdotale , dont l'existence ne se tixmve coo- 
firmée par aucnn indice duu le$ anciens écrivains ; qu'il est plu* 
probable que Strabon est isxa d'une race distinjpiée , vt l'édu- 
ration saignée qu'on lui avait donnée , et la grande fortune dont 
ÎIjauinBiL II fut rontemporain de Pompée, Cicérou, César, 
Ai^osle et Tibère ; du moins, il a vécu jusqu'en 771 de Home, 
et peut avoir atteint i'â(;e de 90 ana. L. D. L. 

103. Notice xistobiiiiib sdb les AHciTXEs, lx listi ob hao- 
siscB XT Là viK Ds St.-Bbxii«bo; par C.-X. Gixault. (^n- 
RMwe Aùr. et ttalitl. de ta Côte-d'Or ; i8a4. ) 
H. Giraalt ne donne sur la famille et la vie de St.-Bernard 
'ucon nouveau renseignement. Le célèbre orateur sacré était né 
en logi , an Cbâteaa de Fontaine , près Dijon ; son père, Tes- 
«eIin-'Ic-&oux, était seigneur du village de ce nom. Sur l'empl»- 
oaneot du chiteau de Fontaine , on construisit, dans le 1 7 ' siè- 
de, un couvent de Feuillans, en vertu de lettres-patentes ds 
Louis XŒ. H. Giraiilt décrit cet édifice, et ajoute quelque^ dé- 
tails sur sa dégradation depuis la révolution. En i8ai , un 4* 
acquéreur arrêta les destructions , et assura , par des répare- 
tiom , la cOBservatian des chapelles existantes ; elles sont un 
des beaux monumens d'architecture û... Il parait que c'est H. 
Girault Ini-inèmc qui a sauvé de la destruction ce qui restait de 
l'aocieB conven L D. 

io3. HéjiowES SDB L« VIS DE Bekjami!! FaAKELiN, écrits par 
Im-mémc. frad. nouvelle, a vol. in-ia de viiJ-346 et aS? p., 
avec a portraits grav. ; prix, 6 fr. Paris, i8a8; J. Scnouard, 

Le but des éditeurs a été de rassembler tout ce que Franklin 
a écrit nr sa vie, en élaguant ce qui , dans le* diverKs cdi- 



1, Google 



tioi» anglaiM ou' (rançaises, aoit dn«RiVKi dfloA h 
célèbre , soit de ses mémoires m pattieidim', était étranger «ttx 
èvéttemma <1« sa vie. 

Les doox premières parties des Hônoiras ont été co nwci 
bien avant leur suite ; cclle-à a été publiée en 4 autres partis 
par William Tem|de. Les éditeurs ayant eu commanicatioB def 
manusorits des deux premières parties que FnnkliB avait c^ 
lièremcnt terminées , ils ont rétabli dans leur intégrité qtwbpm 
pages qui terminent la •t.' partie. Ils ool composé, avec ce qui. 
était connu, une 3' partie, qui renferme tout* 1* suite des Hé- 
moires de Frunklin. On trouve , daas cette S' partie , l'interro- 
galoire subi par Franklin devant la Chambre des rnmmimn. 
dans l'enquête relative an rappel de l'acte da timbre. Ce nsor- 
ceau n'avait été publié dans aucune édition des MémcHrvs. Les 
spinsapportés à cette édition eu font un ouvrage aussi attachant. 
qu'instructif, en même temps qu'un cbarmant livre par la beaolc 
du papier et de l'impression. Celte édition fait suite aux Mélam- 
ges de Franklin, publiés par les mêmes libraires. D. 

104. HisTOiBEDS LA viEETDuovvBAOEsnBH<»jiax;par Ju- 
- les Tascherzac. a" édition , revue et augmentée. In-8° de 
35a pages; prix, 7 fr. Paris, i8a8; Brissot-Thivars. 

Nous possédions déjà de«x ouvrages semblable* sur La Bon- 
laine et sur J.J. Rousseau , le premier d& à H. Walckenaer, et 
le second à M. Musse t-Pathay. H. Taichereau les a pria poor 
guides dans son travail sur l'histoire et sur la vie d'an écsivun 
qui méritait à tant de litres l'hommage qu'il reçoit de la posté- 
rité. Le même amour, le même dévouement pour stm béroa, la 
même conscience , unie au même zèle pour la vérité, que Ton a 
remarqués ches ses devanders , ont animé l'esprit et dirigi 
l«s recherches de H. Taschereau. Nous reviendrons snr son mh 
vrflge pour en signaler les points importaos, et nous aurmu 
surtout l'occasion de réfuter , en nous appuyant des |h««vm 
qu'il a rassemblées, une assertion trop long-temps accréditée et 
qui tendait^ faire peser l'accusation lu plus grave sur les mœnn 
d'un écrivain qui a si bien peint celles de son siècle. E. H, 
io5. NoTiïiK SToaicRE. — Notices historiques sur G. B. L. Se- 

roujc d'Aginconrt; jtar Gaïunoo m ftoMi. In-S^ Vcuk, 
- l8a7i AlviiopoU. ...... ^ 



jbïGoogIc 



Milangm, ta; 

io6. Akrucbs nook«pnKttn«, ou Complément annuel «t contÎT 
DuatîiHi de toutes les biograpkies ou (lictionnaipcft hutoriques 
cootmant la vie <les personnes remarqiubles en tous genres, 
mortes dans le cour» de choque année. — Année i8a; , i" 
partie. lii-S" de 3i4 pag.; prix, 5 fr, Paris, i8aS; Sehn- 
bart et HeidelolT. 

En rendant compte, l'année dernière, da .lé/vialet biogre^ 
phliput pour i8a6 , nous avions exprimé combien, dans notre 
npinioD, la <»Hnparaison avec ÏAmmaûe nécrologique de H. 
Mafanl, ouvrage (]uî,ccpenilBat, n'était pas sans reproche, leur 
était peu favorable : la i" partie des ^/ana/fj pour 1827 ne ga- 
gnerait pas davantage, il faut le dire , à un semblable parallèle. 
Aux imperfections que nous avions signalées, vient encore s'a- 
jouter un titre évidemment Irompeur : sur 4a notices que ren- 
ferme celte première partie , 7 seulement sont consacrées à des 
personnages morts dans la courant de 1837, les autres appar- 
tiennent à i8ao, 31 , 33, a3, 34,a5et 1816; même, dans l'ar- 
ticle Raîcvski,la date de la mort n'est pas indii^uéc. Cependant, 
malgré llncurie que supposent de telles omissions, plusieurs 
articles ne mantjiiént point d'intcrét, gntce surtout nu carric- 
tére, auraient, ou à la vie aventureuse des hommes dont lebio- 
graphe avait i s'occuper ; d'où l'on peut conclure qu'un peu plus 
de coMcieBce, soit dans le choix et la disposition des faits, soit 
dans U rédaction proprement dite, eût procuré an lecteur ii la 
fois plus de plaisir et de proKt. La notice aur lord Sjron , par 
exemple,'est loin de leuir ce que son étendue semble promettre; 
li y règne un désordre qui sent la précipitation , et le nombre do 
choses nouvelles qu'on peut y apprendre sur ce grand poète, 
s'accorde mal avecla fastueuse nomencklure de sources biogra- 
phiques qui la termine. L'article BeHart semble de deux mains 
di{rérentcs;lB première moitié est écrite d'un style négligé, con- 
traint, et renferme une erreur grave relativement au général 
MenoD, que H. Bcllart défendit après le 1 3 rendémlairc ; il ne 
commandait pas l'armée des Sections, mais une partie des trou- 
pes de la Convention, et il fut mis en jugement pour n'avoir 
pas su dissiper le rassemblement de sectionnaires qui s'était 
formé, le la vendémiaire, rue Vi vienne et rue des Filles-Salnt- 
Thomas. Daqs la dernière moitié de la notice, le biographe 
«xamiae avec sévérité U conduite et le* principes de M. Bcllart, 



!i!/Googlc 



138 Mélanges, 

devenu procureur-gteéral. Après ces deu« articles, les plt» im- 
portans et peat-étre aossi les meilleurs du volume, sont ceux 
du pasteur OberUti,àa siatuaii^ Z>ni(?f,de91erG-Anguste/'ictef 
et Guill. A/frurice , fondaient delà Ret-ue bnianm^ue , Ka}0\\r- 
d'hui Bibliothèque univeneUeiàa physicien F'olta , de madame 
Guizot, par M. Ch. de Hémutat, et de lord ErtÂ-ine, par M. 
Taillandier. Quelques autres ont été erapitintés à diven jour- 
naux, tels que la Xei'ue rncyclopédique , la Bibliographie tie fa 
France , de H. Beuchot, la Frane» littéraire de H. Quérard ; et, 
dans l'article .^morirax qu'a fourni ce dernier recueil, lerédactear 
n'a pas même pris la peine de substituer à l'ordre alphabétique 
des ouvrages, adopta pur H. Quérard, l'ordre chronologique, 
beaucoup plus coav^iable à un article de bi<^raphie. 

A. Mira&L. 

107. UisTOiiK ciirÉ«LACi<ii]B ET BiÉatLniQDE des pairs de Fran- 
ce, des grands dignitaires de la Couronne, dt^ principales 
famill» nobles du rbyaiime et des maisons princières de l'Eu- 
rope ; précédée de la ^'cnéalogie de la maison de France ; par 
M. le chevalier ne CnunczLLEs. Tome IX*i 10-4° de 86 
feuilles j, plus une planche. Paris, iSaS; l'auteur, rue de 
Sèvres , ï 1 1 ; Arlhus Bertrand. 

iaS.1. MÉNOtBBS poua sbivik * t^iviK no oiiRiui, L«vat>ttb, 
et & l'histoire de l'AMemblce constituante, rédigés par M. 
REOHikUi.T~WAaTH. a vol, in-S". Paris, 1814. 

IO9.II.MEIIOIBS UF TSE LIFEOr GiLBEBT MOTIBR LaFAÏETTE.^ 

Mémoires de la vie de Gilbert MotierLafayette; par le général 

H. L- VlLLAUJIE DUCOLDBAT-HOLSTKIH, qui , SOUS IC tlODI 

supposé de Pierre Feldmann, contribua h, son clai^issemeol 
des prisons d'Olmiitz.Traduit sur le iranuscrilfrançais.In-i a 
de 3o5 pp. New-Yoïk, i8a4, [Nonk Americait Revieiv} 
n"XLVI, janvier i8a5, p. 147. ) 

Parmi les ouvrages qui ont paru dans ces derniers temps sur 
le général Lafayette, sent en Europe, soit en Amérique , nous 
avons choisi, comme les plus remarquables, ceux de M. Rc- 
gnault Warin et du général Ducoudray-Holstein. Toutefois, nous 
' voyons avec regret que ces deux productions laissent beaucoup 
à désirer : peu digues du sujet auquel elles sont consacrées, die» 



.„..A;oc,gic 



Mélanges, tig 

DC sauraient donner une idée exacte des temps ob reçut La- 
fayette , et des événemcns auxquels il prit une part si consi- 

I/ouvrage de M. Rognnult-Warin est nu livre mal digéré. 
Quoique intitulé Mémoires de L^aycttt, il n'est cependant rien 
moins qu'une bi<^^phîc; il est plein de discussions politiques 
d'un mauvais style, et dont le but n'est pas toujours facile à 
découvrir; et ceux qui veulent apprendre quelque cIio»e de la 
vie et du caractère de I^fayelte, ne trouveront que peu di? do- 
cumens épars dans les deux volumes ou rejetés dons un appen- 
dLv à la fin du second. 

L'c-crit pul>lié par le général Ducoudray-Holstciu est encore 
plus mauvais. Il ne mérite aucune conflancc. Prés de la moitié 
de l'ouvrage est consacrée aux cinq ans qui s'écoulcrcnt depuis 
le moment où Lafayctle quitta l'armée en ao&t i^ya, jusqu'à 
sa sortie des prisons d'Olmiitz. Et quand on compare celle moi- 
tié avec les l'écirs de Toulongeon et do Bollmann, avec les actes 
uDÎvcrseDement connus du général , avec les détails que peu- 
vent donner des lémnins encore vivans , on ne saurait la consi- 
dérer comme autre chose qu'un mauvais rom.tn. 

ito. 'Notice tcB lks Auchivfs ne DépARTENEirr de -lk CAte- 
d'Ok; par m. Boddot, conservateur; précédée d'une lettre 
dédicatoire à M- d'Arbaud-Jniiques , cons. d'État, préFet du 
dcpart.Br.in-i6. Dijon, i8a8(Exlr. der^/inuni/vpourtSaB}. , 

Les archives du département de la Cote-d'Or ont été, ik dif- 
férentes époques, mutilées par des pertes, des vols, des cnlèvc- 
mens, des envois et hrûlcrics de litres. Aux années i6a6, 1680, 
1793» ■79^1 i79'i> 1814 et i6i5, se rattachent les souvenirs 
Ac ces dc-sastrcs. La plus grande de ces perles, dit M. Boudot, 
rst re&lèveroent que firent les commissaires de la marine , en 
1793 et 1794, de 80 milliers de parchemin pour faire des gar- 
gousses, parce qn'il fut fait sans choix et sans ménagement. Les 
troap4'S alliées vinrent empirer le mal en 1814 et i8i5; pen- 
dant plusieurs jouis les soldats se sont chauffés avec des pa- 
piers du dépôt. 

Néanmoins , ces archives sont encore extrêmement riches. 
Elles forment deux grandes divisions : 1° Ânhivet de la ci-de- 
vant Chambre déi comptes dt Dgon ; %" Archives eectésiastiquet 

G. Tou XL 9 



jbïGoogIc 



i3o Mélanget. N<* iio 

( clergé sfenlier et clergé relier) , réiinitt aux aivh'ns éépet- 
ttmentaki. 

Les archives de la Chambre des comptes sont classées a\ lo 
séries dans la notice; HIes se coin|)nscnt d'une immense collec- 
tion de chartes ondiilÔL's, dentelées on chyro^^raphiérs, et de di- 
pl6mes et antres actes et dociimens anciens en langue latine, en 
français, ou en idi<Wes et dialectes des dilTérentes provinces 
du royaume. 

Une partie de ces pièces concernent l'ancien comté de Bojr' 
gognc , SCS souverains , leur administration , la réodahté, In no- 
blesse, le clergé, et n'offrent plus guère d'intérêt que pour l'Iiis- 
toire ou ponr quelques anciennes familles; mais M. Boudai 
ne les présente pas moins comme une source féconde de maté- 
riaiiTt ponr une histoire des ducs de Bourgogne de la première 
et (le la seconde race, plim vraie, ce sont ses expressions, q'if 
erlle publiée dans ces derniers temps , et qui tient jietit Are au- 
tant ria roman que de f histoire. 

lyautrespièces.ct en grand nombre, sont relatives fl l'état lirj 
citoyens, aux propriétés territoriales, aux diverses hranrh«s 
de l'économie publique dans les temps qui ont prf-cédé le nou- 
vel ordre de choseï^, ii l'histoire des localités, auxmaurs,aux 
usages. 

Ainsi, l'homme qui voudra se livrer à des recherches utiles 
dans ce riche dépùt, consultera avec fruit dans les archives tie 
la Chambre des comptes: 

i" Les registres des actes de naturalisation et de franchise 
des particuliers des deux Bourgognes, et s'y arrêtera avec cu- 
riosité sur les actes de naturalisation des cnfnns dncai-dînalRol- 
ISn , d'un grand nombre d'enfans naturels de prêtres et Je re- 
ligieuses, d'enfans de nobles (i). 

a" Les terriers, censiers, reconnaissances générales, maiiuelj, 
arpentages , plans. 

3" Les protocoles des enciens tabellions des ducs de Bour- 
(i) L'bltlolie aona ■ Inoimii Ici détail) do 1i gnenv filta en liioi 
pn l« dnc de Lorrsioe wax Tod'.oIi, m tnjet d'ooe incidiiit cooonitoB 
fiila par lai tmpttiatt k sai aTcai, de tout la in/ant dt frittti, L" 
Boargniii toi atatenl rcroai da loi mnaltra oaH> qni clalaDt dani laar 
TJlIa; Ui rarni dabiit, (I le droit fut coDT«rtt an ona Mdannea ■<>- 
bmIU da •!■ eani* fiaiica , ■* te la diaige d* faii* dira à paipilniiJ. d^M 
la grand* i(|liia, un* msiic, m czpïatiOD do* UrHH lig'ariwx d«>l I>* 
rétaJmtnn'UcBnnUOiic. Bomf- 



Mélanges. l3ï 

gogne, depuis i3oo jusqu'en 1^76, et ile cenx qHiIenr ont suc- 
cède jusqu'à l'an i5oo; protocoles qui rcrfcrment des actes 
precieax et rares pour les annales de la France, et dans le»- 
qneb on recueille la preuve si positive qu'anciennement les re- 
fiirres de l'ctat civil n'ûlnient pas entre les mains du clergé , et 
q»ie , dans la provirice de Bourgogne , n'a pas été exécutée de 
suite Tordonnance de François 1", de i51g, qui ordonne quil 
serait tenu des registres de baptêmes et de mariages. 

Ij' Les rôles des feux de cliaque ville et village de la Bour- 
gogne, avec les noms et surnoms dés habitons, depuis i3oo. 

S" Les déclarations faites en 1666 d es 1)ie as communaux des 
villes , bourgs et villages de la province de Bourgone et pays 

6" Les registres des actes de la couRscaiion des biens des Juifs 
et des Protes tans. 

Passant légèrement sur les Zo^eHejecc/c'jiiMl/yuei, qui necou- 
cernenl aujourd'hui que des établissemens qui n'existent plus, 
à moins qu'il ne veuille se livrer à un examen philosophique des 
circonstances presque toujours eu rieuses qui ont amené leur ri- 
che dotation, il recueillera avec avidité, dans les jirchives gé- 
Htralei du département , des remarques sur le droit public, sur 
les usages , les dignités , les qualiUcations personnelles ou hé- 
rédititres dans les didércnles classes de l'État , et une iafinité 
de traits historiques qui y sont répandus, concernant ; 

1' L'histoire particulière de chaque Heu. 

9* L'histoire particulière des villes capitales de la province et 
de chacune des autres villes et bourgs. 

3° L'histoire de la Bourgogne en général. 

4* L'histoire des pays de Bresse, Bugey, Valromey, Gex et 
Dombes. 

S" L'histoire du comté de Bourgogne. 

6* L'histoire de France. 

7. L'histoire des mœurs, lois, usages et coutumes de la province. 

6° La valeur des aucîennes monnaies, le prix des denrées 
pour chaque siècle , et les anciens poids et mesures. 

g* Enfin, une masse innombrable de mots tirés du celtique, 

du latin et du teuton , qui ont fomie la lanr'ue romane, l'idlAme 

et le langage de nos pères, leurs termes forgés du latin, leur 

orth<^raphe primilîve, etc., inconnus dans tous nos ouvra^ 

9' 



cGoti^lc 



iSa Mélanges^ 

et dicdonnAÎrei de diplomatique, et susceptibles de leur tanatr 

va très- volumineux supplément. 

La ronualion et la cunservation des archives fut, dans les 
temps les plii^ reculés , une des branches de haute atbninjstr»- 
tion les plus soignées. Elle le fut surtout sous le gouvernement 
des ducs de Bourgogne. A Dijon , le logement du eoaeîe/ge , 
dés l'an i394i était nommé Vhôlel de la conciergerie de la 
Chambre des comptes. Cet office de concierge était alors trè»- " 
recherché par dts gens de disiincliou, et fut en honneur pen- 
dant plusieurs siècles. En i430, le concici^e fut un Jacques de 
Busseuil, écuyer. Chambellan et premier maître d'hôtel de Mon- 
sieur. Ce Jacques de Busseuil avait commandé des troupes et 
avait été employé dans des négociations diplomatiipies. 

Le Portier, ou huissier de la Chambre des comptes, ne de- 
vait savoirni lire ai écrire. Il nedeyait Are si hardi d'apprcteher 
des bureaux , et regarder aucun papier étant sus iceux ou ailleurs. 

Le Garde dm chartes du Dur: était toujours d'un mérite distin- 
gue et d'une lidélitc ù l'épreuve. Lorsqu'il avait prêté le serment, 
on lui livmit une clé du trésor des chartes. Il ne devait permet- 
tre à personne l'entrée du trésor, ni souOTi'ir qu'où l&t ou copiât 
aucun titre, sans un ordre exprès du Duc ou de la Chambre 
des Comptes. 

On n'a découvert , dans le dép6t de la Chambre des comptes 
de Dijon , aueunc charte ou diplûme écrit sur parchemin , anté- 
rieurement au 6' siècle. Avant cette époque, dit M. Boudot , le 
parchemin servait pour les livres, et le papier d'Egypte pour les 
diplàmes. Il y a des chartes, dans les archives de la Câle-d'Orr 
qui n'cKcèdent pas l'étendue d'une carte ii jouer; et il y a un 
rouleau, daté de l'an ii3o, qui est formé de 4^ peaux depar- 
chcmiu , portant de longueur 33 mètres | ( io4 pieds), sur | de 
mètre ( ou deux pieds ) de larjjeur. Il n'est écrit que d'un côté. 
Il y a aussijdans les mêmes archives, des po]yptiques,Bécrologes 
et protocoles de notaires, en papiers de coton, dont l'usage n'é- 
tait devenu général en France, que depuis son importation de 
l'Orient , au commencement du i3 siècle ; le papier de chiffon 
ne succéda à celui de coton , dans les archives de la Côtc-d'Or, 
(pie vers le milieu du i ii' siècle, quoique son invention fftt du i3". 

■ Les archives possèdent une de ces tables de bois dont ou 
Taisait des livres appelé-s Codices, provenant de l'abbaye de Ci- 
tMAxj elle est recouverte de* denx cdtés en cire qui parait noJre 



jbïGoogIc 



Mélanges. tSS 

oa d'un vert si obscur , qu^il est difficile de le distinguer du 
noir ; des bandes de peaui collées de distance en distance , sur 
te dos de chaque ais, et rapprochées les unes des autres, en ont 
Ibnné un livre. Ces tablettes de cire paraissent avoir été un an- 
deo ouvrage qui n'intéressait point les religieux de cet ordre; 
ils l'ont efTacé eu rendant uni l'enduit de cire; on y déchiffre 
encore des traits d'une écriture plus ancienne que celle qu'on y 
lit et qui est un sommaire des revenus de l'abbaye et de ses dé- 
penses. Toutes les tablettes de cire que l'on connaît ne remon- 
tent point Bu-delii di's dernières années du i4"si^!c; mais cel- 
le»^! portent une écrilnre de la Gn du 1 3', quoique ces tablettes 
fussent plus anciennes ; leur osage a duré jusqu'à ce que le pa- 
pier de chiffon ait prévalu. » Bottiv. . 
III. VoTAGt DR M. Chamfoluoh le jkvue kv Éot'ti. 
Seconde Lettre. — Aiexamlrie, le li septembre iSa8. 

Mon départ pour le Caire est définitivement arrêté pour de- 
main, tons nos préparatifs étant hcnreuscmcnt terminés, ainsi 
que ce que je puis appeler l'organisation de l'expéilitiaD, chacun 
ayant sa part officielle d'action pour le bien de tous. Le docteur 
mccî est chargé de la santé et des vivres; M. DucUesne, do 
raisenal',M.B'ibent,des fouilles, ustensileset engins; M. Lhôlc, 
des finances ; BL Gactano Rosellini , du mobilier et des bagages, 
etc. ffous avons avec nous deux domestiques et un cuisinier 
arabes; deux antres domestiques barabras; mon homme à moi, 
Soliman, est un Arabe, de belle mine, et dont le service est 
excellent. 

Deux bdtimens à voile nous porteront sur le Nil; l'un est le 
plus grand maash du pays, et qui a été monté par S. A. Mehe- 
med-Ali : je l'ai nommé VIsU; l'autre est une dahabié, où cinq 
personnes logeront assez commodément; j'en ai donné le com- 
maDdement à H. Duchesoe, en survivance du bon docteur 
Raddi qui doit nous quitter pour aller à la chasse des papil- 
lons dans le désert libyque. Cette (£3Aa6/^a reçu le nom d'.y(A/r.- 
nous v<^erons ainsi sous les auspices des deux déesses tes plus 
joviales du Panthéon égyptien. D'Alexandrie au Caire, nous ne 
nous arrêterons qu'à Kerioua, l'ancienne Chereos des Grecs , et 
Ji Sta-el-Hagat, l'antiqoe Sais. Je dois ces politesses & In patrie 
du Tsak Psammétichus , et du brutal Apriés; enfin, je verrai 
sll reste quelques débris de Siouph k Saouafé, oà naquît AnM- 



i.,Goi")^lc 



i34 Mélanges. ITiii 

sis, et à Sais , quelques Iraces dn collège où Platon et t«Qt d'au- 
tres Grecs atlèrentà l'école. 

Notre santé se soutient, et l'épreuve du climat d'Alexandrie, 
qui est une ville toute libyquc, est d'un très-bon au^pire. Nous 
sommes tous enchantés de notre voyage, et heureux d'avoir 
échappé aux dépêches télégraphiques qui devaient nous n- 
tarder. Les circonstances de mauvaise apparence ont toutes 
tourné pour nous; quelques difQcullés inattendues sont appla- 
nies : nous voyageons pour le Roi et pour la science; nous se- 
rons heureux partout. 

Je viens à l'instant (8 heures du soir) de prendre coogc du 
vice-roi. S. A. a été on nu peut pas plus gracieuse ; je l'ai ptiû 
d'agréer notre gratitude pour la protection ouverte qu'elle vent 
bien nous assurer. I.e vice-roi a répondu que les princes chré- 
tiens traitant ses sujets avec distinction, la réciprocité était 
pour lui un devoir. Nous avons parlé hiéroglyphes, et il m'a 
demandé une traduction des inscriptions des obélisques d'A- 
lexandrie. Je me suis empressé de la lui promettre, et elle lui 
sera rcniise demain malin , iriise en langue turque par M. le 
chancelier du consulat de France. S. A. a désiré savoir jusqu'à 
qud point de la Nubie je pousserai mon voyage, et elle m'a as- 
sure que nous trouverions partout honneurs et protections: je 
lui ai exprimé ma reconnaissance dans les termes les plus flat- 
teurs, et je puis dire qu'il les repoussait d'une manière fort ai- 
mable; CCS bons musulmans nous ont traiti-s avec iinc franchise 
qui nous charme. Adieu. 

Troisième lettre ^it Caire te a? septembre i8>8. 

C'est le 1 4 de ce mois , au matin, que j'ai quitté Alexandrie, 
après avoir arboré le pavillon de France. Nous avons pris le 
canal nommé le Muhhmaadiéh, auquel ont travaillé MM. Costt 
et Masi ; il suit la direction générale de l'ancien canal d'Alexan- 
drie; mais il fait beaucoup moins de détours, et se rend plus 
directement au Nil , en passant entra le lac MaréoLis, à droite, 
et celui A'Edkou, ît gauche. Nous débouchâmes dans le fleuve, 
le i5 de très-bonne heure, et Je conçus dès lors les transports 
de joie des Arabes d'occident , lorsque, quittant les sables liby- 
ques d'Alexaudi-ie/ils entrent dans In branche canopique, et 
sont frappés de la vue des tapis de verdure du I>elta , cooTCrt 



jbïGoogIc 



Mélangés, i35 

d'ftrbrcs de tOut« espèce, au-dessus desquels s'élèvent les ceo- 
tahics de minarets des nombreux villages qui sont dispersés sur 
cette terre de prédilection. Ce spectacle est véritablement en- 
chauteur, et la renommée de la fertilité de la campagne d'E- 
gvpic n'est point exagérée. 

Le fleuve est immen.<!e, et les rives en sont dî-licieuses. Nous 
ITuics une courte halte à. Fouah, où nous arrivâmes î\ midi. 
A 7 heures j du soir, nous dépassâmes Desoui ; c'est te Heu où 
le respectable Sait a «xpirc il y a cjuetijucs mois. Le i6 , à 6 
heures du matin je trouvai , en m'éveillaiit , le Mnasch amarré 
dans le voisinage de Ss/i'Cl-Hagar, où j'avais recommandé d'u- 
horder pour visiter les ruines do Saïs, devant lesquelles je lie 
pouvais passer sans respect. 

?ios fusils sur l'épaule , nous gagnâmes le village qui est k 
luic demi-heure du fleuvei nos jeunes artistes chassèrent en 
chemin, et firent lever deux schacal s qui s'échapi>èrent à toutes 
jambes à travers les coups de l^iails. Nous nous dirigeâmes sur 
uiic {grande enceinte que nous apercevions dans la plaine de- 
puis le matiu. L'inondation, qui couvrait une partie des tcr- 
roÎDS^nous força de faire quelques détours, et nous passâmes 
sur une première ni-cnipnle égyptienne, bâtie en briques crues. 
Sa surface est couverte de débris de poterie, et j'y ramassai 
quelques fragmras de figurines funéraires : la grande enceinte 
n'était abordable que par une porte forcée tout ù fait moderne. 
Je a'nsaierai point de rendre l'impression que j'éprouvai après' 
avoir dépassé cette ]»orte, et en Irouvant sotis mes yeux do» 
iiiass«'s énoriucs de 8a pieds de hauteur, semblables ù des ro- 
chers déchirés par la fnudi'c ou par des Ircmbicmens de terre. 
Je cuunts vers le milieu de cette immense circonvallatiou , et 
reconnus encore des constructions égyptieunes en briques erues. 
Je i5 pouces de lonj:, 7 <Ie large et 5 d'épaisseur. C'était aussi 
une iticriipole , et cela nous expliqua une chose jusqu'ici assea 
embarrassa u te , savoir ce que fai.-uiient de leui-s momies les villes 
siiuées daus )a Ba.iSL-I^gyple, et loin des montagnes. Cette se- 
cniide uécro|H>le de ^aïs, duus les débris colossaux de laquelle 
uu reconnaît encore plusieurs étages de petites chambres funé- 
raires (et il devait y en avoir un nombre infini), n'a p.is moins 
de 1 4oD pieds de longueur, et près de 5oo de large. Sur les pa- 
rois de quelques-unes des chambres, ou trouve encore un grand 



jbïGoogIc 



i36 Mèlanget. N** m 

vase de terre cuite , qtii servait à renfermer les intesdiu des 
morts, et fesait l'onice des vases dits caoopes.. Nous avons re- 
connu (lu bitume au fond de l'un d'entre eux. 

A droite et ;i gauche de cette nécropole existant deux monti- 
cules, sur l'un desquels nous avous Iroiivé des d^-bris de granit 
rose, de granit gris, de beau grùs rouge et de marbre blanc, dit 
de Tlièbes. Cette dernière particularité intéressera infmi- 
mrait notre ami Dubois, qui a tant travaillé sur les matièi'cs 
employées dans les monumcns de l'aniiqtiité; des légendes de 
Pharaons sont sculptt-cs sur ce marbre blanc, et j'en aï recueilli 
de beaux échantillons- 

Lcs dimensions de ta grande enceinte qui rcnFermaît ces cdi- 
fices, sont vraiment étonnantes. Le parallélograme, dont les 
petits côtés n'ont pas moins de lA^o pieds, et les grands ai6o, 
a ainsi plus de 7000 pieds de tour. La hauteur de celte muraille 
peut être estimée i 80 pieds, et son épaisseur mesurée est de 
S/| pieds : on pourrait donc y compter les grandes briques par 
millions. 

Cette circonvallation de géant me parait avoir renferme les 
principaux édifices sacrés de Sais. Tom ceux dont il reste des 
débris étaient des nécropoles; et, d'après les indications four- 
nies par Hérodote, l'enceinte que j'ai visitée renfermerait les 
tombeaux A'Apriès et des rois Sailes ses ancêtres. De l'autre 
coté de ceux-ci, serait le raonumenl funéraire de l'usurpateur 
jtmnsls. La partie de l'enceinte, vers le Nil , a pu aisément con- 
tenir le graud temple de Néiih , la grande déesse de Sais, et 
nous avons dimné la rhasse à coups de fusils à des chouettes, 
uiseau sacré de Minerve 00 Néith, que les médailles-de Sais et 
celles d'Athènes sa fille , portent pour armes parlantes. A quel- 
ques centaines de toises de l'aufjle voisin de la fausse porte, 
existent des collines qui couvrent une 3' nécropole.' Elle était 
celle des gens de qualité : on y a déjà fouillé, et j'y ai vu ud 
énorme sarcophage en basalte vert, celui d'un gardien des tem- 
ples sous Puammetickas 11'. M. Rosctti , son possesseur, m'avait 
permb de l'emporter, mais la dépense scr.iit trop considérable, 
et le monument n'est jias assez important pour la risquer. A mon 
retour en Basse-Egypte je ferai faire des fouilles sur ce poînt-U 
e( sur quelques autres, si Fétat des fonds me le permet. Cette 
dernière rcinan]tie est importante; avec peu de fonds 00 peut 



Uâanges. iS^ 

faire beaucoup, etjeseraù alBigé de quitter ce pays saas avoir 
pu assarer, à peu de frais, l'acquisition de monumens de choix, 
les plus propres à enricliir nos collcclions royales, et h éclairer 
les travaux historiques de nus savans. J'ai l'espoir qu'on voudra 
bien m'aïder pour l'accomplissement de ces vues d'une utilité 
iofon lesta blc. 

Cette premicrc visite \ Sais ne sera pas la dernière ; je quittai 
ce lieu à 6 hvures du soir. Le lendemain , 17 septembre, nous 
passlmes devant Schabour. Le 18, à 9 heures du malin, nous 
fîmes halle ù Nader, où des Almèh nous donnèrent un concert 
. vocal et instrumental, suivi des gambades et des chants i^rot- 
Icsques habituels aux baladins. A midi et demi nous étions de~ 
vant Tkarraneh, où je vis des monticules de natron transportés 
des lacs qui le produisent. Le soir nous dépassdnics Mit-Sala- 
mM, triste village assis dans le désert Hbyqtic; et, faute devait, 
nous pissâmes une partie de la nuit sur la rive verdoyante du 
Delta, près du village d'^jrAmou/i. Le ig au malin, nous vîmes 
enfin les Pyramides, dont on pouvait dt-ji apprécier les masses, 
quoique nous fussions à 8 lieues de distance. A une heure trois 
quart, nous arrivdmcs au sommet du Delta {Bathn-tl-Baknrafi, 
le ventre de la vache), à l'endroit même où le Seuve se par- 
tage en deux grandes branches, celle de Rosette et celle de 
Uamiette. La rue est magnifique, et la largeur dn Nil ^lon- 
nante. A l'occident, les Pyramides s'élèvent au milieu des pal- 
miers; une multitude de barques et de bâtimctis se croisent 
dans tous les sens; à l'orient, le village très- pittoresque de 
SchoFuféh, daus ta direction d'Hctiopolis : le fond du tableau 
est occupé par le mont Maialtnm, qve couronne la citadelle 
du Caire, et dont la base est cachée par la forél de Minarets 
de cette grande capitale. A 3 hcitres nous vîmes le Caire plus 
distinctement : c'est lA que les matelots vinrent nous demander 
le bakschis de bonne arrivée. L'orateur était accompagné de 
deux camarades babilles d'une façon très-bizarre, des bonnets 
en pain de sucre, barriolés de couleurs tranchantes ; des barbes 
et d'énonnes moustaches d'ctoupe blanche ; des langes étroites, 
serrant et dessinant toutes les parties de leur corps ; et chacun 
d'eux s'était ajusté d'énormes accessoires en linge blanc forte- 
mcDt tonlu. Ce costume, ces iusigoes et leurs postures grot- 
lesques figuraient au mieux les vieux faunes peints sur les vam 



1, Google 



i38 MMamga$. IT m 

grecs d'ancien slylc. Quelques minutes après, notre nutasd 
donna sur un banc du sable et fuEarrélv tout court; nus mate- 
lots te jetèrent au Nil pour le dt-|;ager, en se servant du nom 
d'jilla/i, et bien plus eiTicaccmcnt do leurs Urges et robustes 
épaules; la plupart de ces mariniers sont des hercules admira- 
blement t.iilli-s, d'une force étonnante, et ressemblant i de* 
statues de kron» uonrellcment eouU-es, quand ils ourlent du 
fleuve. Ce travail d'une demie licure sufTit puur déjuger le bi- 
timcnl. Noiis passâmes devant Embabèh, et après avoir salur 
le cbamp de bataille des Pyramides, nous abordâmes au port 
de Boutiiif, à ô heures précises. La journée du 30 se passa eo 
préparatiTs de <lé|)art pour le Caire, et plusieurs convois d'ànn 
et de cliamcaux transportèrent en Tille nos lits, malles cl etitt^ 
pour meubler la maison que j'avais fait louer d'avance. A 5 heu- 
res du soir, suivi de ma caravane , et cufoiu'chant nos àncs. 
bien plus beaux que reuK d'Alexandrie, je partis pour le Caire, 
. Le Janissaire du Consulat ouvrnit ta marche, le ditignian ctâti 
avec moi , et toute la jeunesse paradait à ma suite : je m'aperçin 
que ct'Ia ue déplaisait nullement aux Arabes, qui eriBiL-nl/><i«- 
saouï (français) avec viic certaine satisfnction. 

Nous arrivions nu Caire au bon moment ; ix jour là t-i le 
lendemain étaient ceux de la fctc que les MMsulmans céléhrairu! 
pour la naissance du Propbèie. La grande et imposante plan 
A'Eihckiéh, dont l'inondation occupe le milieu, était coutnu 
de monde entourant les baladins, les danseuses, les cfiantcusn, 
et de très-belles tentes sous lesquelles on pratiquait des acli.-^ 
Je dévotion. Ici , des Musulmans assis Ibaient en cadence in 
chapitres du Coran; là, 3oo dévots, ranjjés en lij^ncs jûralléln, 
assis, mouvant in<^-gsammeut le haut de leur corps trn ataut ri 
en arriérecommcdes poupées à charnière, chantaii-ut en chftur, 
La-Atlah-EW Attah fil n'y a point d'antre Dieu que Dicu^ ; plus 
loin, 5oo énerguinènes , debout, rangi'-s cireulairemcut, et s« 
seutanl les coudes, sautaient eu cadence , et poussaient , du roiiJ 
de leur jtoiirine épuisée, le nom li'Alhh, mille fois i-épéie, niiii 
d'tiu Ion si sourd, si caverneux , que je n'ai entendu de ma ii> 
un chceur plus infernal ; cet crfroyable boui-doniiemcnt sembl.iit 
sortir des profondeurs du Tartarc. A coté de ces ,rctigieir>«i 
démonstrations , circulaient les musiciens et les 61les de joie ; 
des jeux de bagues , des escarpolettes de tout genre éUiient ta 



jbïGoogIc 



Mélanget, i3g 

pleine «ctlvité : ce mélange de jeux profane* et de pratique» 
reli^euses, joint à fétrangeté des figures et à l'cslrème Toriété 
des costumes, formait un spectacle infiniment curieux, et que je 
n'oobtierai jamais. En quittant la place nous travereâmcs une 
partie de la ville pour gagner notre logement. 

On a dit beaucoup de mal du Caire : pour moi , je m'y trouvo 
fort bien , et ces rues de 8 à lo pieds de largeur, si décrïûcs, 
me paraissent parfaitement bien caleultes pour éviter les trop 
grandes chaleurs. Sans être pavées, elles sont d'une propreté 
fort remarquable. Le Caire est une ville tout-à-fait monumen" 
laie : ta plus grande partie des maisons est en pierre, et à cha^ 
que instant on y remarque des portes sculptées dans le goù( 
arabe : nue multitude de mosquées, plus élégantes les unes que 
les autres, couvertes d'arabesques du meilleur goût , et ornées 
de minarets admirables de richesse et de grâce, donnent h celte 
capitale un aspect imposant et trè^-vaiic. Je l'ai parcourus 
dans tous les sens , et je ilécouvre chaque jour de nouveaux 
édifices que je n'avais pas encore soupçonnés. Grâces il ta 
dynastie des ThouloumitUs , aux califes Fathimites , aux sutr 
tans AytiabUes, et aux mamloutis BcAarites, le Caire est encore 
une vîtie des mille et une nuits , quoique la barbarie ait détruit 
ou laissû détruire en très-grande partie les délicieux produits 
des arts et de la civilisation arabes. J'ai fait mes premières dé- 
votions dans la mosquée de Thoutonm, vdilice du g' siècle , mor 
déle d'élégance et de grandeur, que je ne puis asseï admirer, 
quoique à moitié ruiné. Pendant que j'en considérais la porte, 
UD vieux scltéïA me fil proposer d'entrer dans la mosquée i j'ac- 
ceptai avec «rapresscment , et, franchissant lestement la pre- 
mière porte , on m'arrêta tout court il la seconde : il fallait en- 
trer dans le lieu saint sans chaussure; j'avais des boites, mais 
j'étais sans bas ; la difficulté était pressante. Je quitte mes boites, 
j'emprimte un mouchoir à mon janissaire pour envelopper mou 
pied droit , un autre mouchoir à mon domestique Nubien Mo- 
hammed, pour mon pied gauche, et me voilà sur le parquet 
en marbre de l'enceinte sacrée ; c'est sans contredit le plus beau 
nionusient arabe qui reste en Egypte. La délicatesse des sculp- 
tures est incroyable, et cette suite de portiques en arcades 
est d'un effet charmant. le ne parlerai ici ni des autres mas- 
quées, ni des tombeaux des califes et des sultans mamlouka, qui 



i:, Google 



i4o Mélanges. K* m 

forment autour du Caire une seconde ville plus magniâque en- 
core que la première; cela me mènerait trop loin , et c'en est 
assez tle la vieille Éj^vpte, saos m'occuper de k nouvelle. 

Lundi aa septembre, je montai à la citadelle du Caire, pour 
rendre visite à Habid-ErTeudi , gouverneur, et l'un des hommes 
les plus estimés par le vice-roi. Il me reçut fort agréablement, 
causa beaucoup avec moi sur les monumens de la Haute-£gyple, 
et me donna quelques conseils pour les étudier plus à l'aûe. Ea 
sortant de chci le gouverneur, je parcourus la citadelle , et je 
trouvai d'abord des blocsénonues degrés, portant un baa-relief, 
oà est figure le roi Psammétichut II, faisant la dédicace d'un 
propylon : je l'ai fait copier avec soin. D'autres blocs épars, et 
qui ont appartenu au même monument de Memphis d'où ces 
pierresont été apportées, m'ont ofîert une particularité fort ca> 
rieuse. Chacune de ces pierres, parfaitement dressées et taillée;, 
porte une marque constatant sous quel roi le bloc a été tiré de 
la carrière; la légende royale, accompagnée d'un titre qui fait 
connaître la destination du bloc pour Memphis, est gravée dans 
une aire carrée et trcuse. J'ai recueilli sur divers blocs le» mar- 
ques de trois rois : Psamméiichuj II, Apriés, son (ils, et Amatù, 
successeur de ce dernier : ces trois légendes nous donnent donc 
la durée de la construction de l'édifice dont ces blocs faisaient 
partie. Un peu plus loin, sont les ruines du palais royal du fa- 
meux Salahh-Eildin (le sulun Saladin) , le cltef de la djoBstie 
des Ayoubiles; un incendie a dévoré les toits, il j a 4 b"*) '' 
depuis quelques mois, on démolît par fois ce qui reste de ce 
grand et beau monument : j'ai pu reconnaître une salle carrée, 
la priucipalc du palais. Plus de 3o colonnes de granit rose poi^ 
tant encore les trace» de la dorure épaisse qui couvrait leur fût, 
sont debout, et leurs énormes chapiteaux de sculpture arabe, 
imitation grossière de vieux chapïtaux égyptiens, sont «itassts 
su ries décombres. Ces chapitaux,que les Arabes avaient ajonics 
& cet colonnes grecques ou romaines, sont tirés de blocs ae 
granit enlevés aux ruines de Memphis, et la plupart portent 
encore des traces de sculptures hiéroglyphiques : j'ai méiiie 
trouve sur l'un d'entre eus, à la partie qui joignait le fât à la 
colonne, nn bas-relief représentant le roi Neelanèèbe, faisanl 
une offrande aux dieux. Dans une de mes courses à ta citadelle, 
où je suis allé plusieurs fois pour faire dessiner les débris égyp- 
ûeLtj i'ù f'mXkXtùmeat. piàti de loi^ ,K. k A, \t puittqw 



MâoKgas. i4i 

le grand S^adùt (SalaUi-EddiD - JouiMHif) « lait creoier dans 
la citadelle non loin de son palais ; c'est un grand ouvrage. J'à 
TU aussi U ménagerie du pacha, cooûstant en un lion, deox 
tigres et un éléphant; jo suis arrîv« trop tard pour voir l'Up- 
popotame vivant ; la pauvre béte venait de mourir d'un coup 
de soleil, pris en faisant sa lîe&ta sans précaotioa; mais j'en ai 
*n la peau empaillée à U turque, et pendue au-des&us de la 
porte principale de la citadelle. J'ai visité avant hier Mm- 
hammed-Bey, delflerdar (trésorier) du pacha. D m'a fait mon- 
trer la maison i]u'il construit à Boulaq sur le Kil, et dans les 
murailles de laquelle il a fait encastrer, comme ornement, 
iTastes beaux bat^reliçO égyptûnt, venant de Sakkara; c'est 
un pas fort remarquable, fait par un des ministres du pacha, 
auea renommé pour son opposition à la réforme. 

Tai trouvé ici notre agent consulaire, M. Derche, malade, et, 
parmi les étrangers , lord Prudhoe, U. Bufton et le major Félix , 
Anglais qui s'occupent beauconp d'hiéroglyphes, et qui me 
comblent de bontés. Je n'àî encore fait aucune acquisition : je 
présume que notre arrivée a fait hausser le prix des antiquité^ 
mais cela ne peut durer long-temps. Je pars demain ou après 
pourHemphù; je ne reviendrai pas au Caire cette année; nons 
débarquerons près de itft't-itaAMtf, (le centre des ruines de la 
vieille ville), où je m'établirai ; je pousserai de là des reconnais- 
sances sur Sakkara, Dahschour et toute la plaine de Memphis, 
jusqu'aux grandes pyramides de Gisch , d'où j'espère dater ma 
prochaine lettre. Après avoir couru le sol de la seconde capi- 
tale ^yptinme, je mets le cap sur Thèbes, où je serai vers la 
fin d'oâobre, après m'étre arrêté quelques faenres à Abjdos et 
i Dendéra. Ha santé est toujours excellente et meilleure qu'en 
Europe; il est vrai que je suis un homme tout nouveau; ma 
tête rasée est couverte d'un énorme turban ; je suis complète- 
ment babille It la turque , une belle moustache couvre ma bou- 
che, et un large cimeterre pend à mon càté : ce costume est très- 
rhaod, et c'est justcmetit ce qui convient en Egypte; on y sue 
« plaisir et l'on s'y porte de même. Leï arabes me prennent 
parfont pour un nature) ; dans peu je pourrai joindre l'illusion 
de U parole k celle des habits; je débrouille mon arabe, et à 
forée de jargonner, on ne me prendra plus pour un débutant. 

J'ai déjà recueilli des coquilles du Ki\ pour H. de Férossac 

ratieadt iapatiCTiMat des UtUn de Paiîs..... Adieu. 



i:, Google 



l4* Table des artieles. 

119. J. B. Gau. L« lettm «avaniM vienimt êe faire 
une p«tte réelle par U mort de H. Jean-Bapiiste Gail , nmn- 
bre de l'Académie ro;fale de* intcriptioas et belle»~lettrei, lec- 
teur et profeueiir royal de lan^e grecque eu Collège de France, 
MHKcrvatcur des manuscrits grecs i la Bibliothèque du Roii 
ohevaUer de la Légion- d'Honaeiir et de l'ordre de Saint-Tli- 
diinir. Il est décédé Ji Paris , le 5 février 1 8^9, après nue mala- 
die de près de deux mois. Il était i^è de 7? ans. Sa vie fut de* 
plut actives, des plus laborieuses; voué à la prospérité d« 
éludes (grecques depuis sa jeuticsse , il ne perdit jamais de me 
ce but de toute ton existence : on lui doit à la fois de bons lirns 
élémentaires, de bonnes traductions et de savans comron- 
taires. Sa mémoire sera l'objet de la vénération de ses Dombren 
disciples. 



TABLE 

DES ARTICLES DE CE CAHIER. 

Philologie, Ethnographie «f Lingmiuifn*, 

fngaiera ds minuter, du Viticin; J H.M. DsTiaoy ... 

lictlni anr lu niODicr. oriniuiis ; Himmcr. . 

ProjM da ciiilogB* du BtDiucr. orlotiaos d« I* SIblivth. rajaW ; 

Sai 1« l'iTrii de droit du Hintloai 

Clauic Stitcllaai , 

Uutoîrs cl criliqne An Milla •tune Hnili.. 1 

RemirqD» critiqaci inr leTomelds l'cdilioD de* Mille tluBC Naiti 

de M. Habicht ; Flsltchcr. 1 

Inctîi muetorii Hier d» expugnationt UtmphiJit ri AlexanJritt. . . . 
NotitiiÈ eojicii grati rvangt/iuim Joaniûi raritUam eomtiiifiait i ¥r. 

Miknlcr 

Initia phlhiophi/r plaloniea ; P. G. V*n Kcoule. 

EMliyle, DODV. Milioo; J. SoboliGcld 

,4riilophoiiii Jcharntaitt ; G. Dindorf 1 

De aulheiiiia deelamationum Corgîte; ScboDborn.. ■ 

Papiri grteeo-egiti ; J. Perrettioi , 

Collcclioa dc> cUuic|au Utini; Leroy et Pricnr 

LexicoH latiiio-grœco Mgicam ; l'ibbs Olingar 

Cieeremt, de Dhinmtlone; Crcoier, Xiiiier et Muer 

L'Oet«Tia>d* Hinniiu* Fells; ^at. Pitlcnid < 

(ialhofi. Hcnaanni opuieula 

Dittioitariuim leoio-celiieum 

ObMnatioDi lor on p»ugt du Diuta; Vaecelmi 

Rimaaciro g hlitùriit dil mv r*l»mo ombaKer» tl CH, U»t\ Jwa 

d'EKobir. J 

KoDTMoDietloimatrefbiiçeli-bolliiidâli; G. D. J. Kalago 

StiqaiotMluiie ; J, J, Uonténoai,,,, ,1,,,,,,, 1,. l 



TaMê dts artieUt. t43 

ïiUgiie BDiîcaU; 9ndn,... j|. 

Dit hSdutt WtrtmfackuHg dtr S<krtMaiut f Eiimtut :I3 

NooTMn ■yilpmc de itÉaognphle ; Hîpp, PrJ*(UI 3] 

Mannal dcCmlligriphùisCinlairi et Trémny 37 

Mjt^o/egie. 

SiiUa Wilolog!» ; yiaad 3J 

Dr Phcettmt fithula opudCraeot , etc. ; J. F. HfDrictluii /(, 

Dt Ctrtopitui e: Cjchpitui; C. D. Râllmnon 40 

Denligïone et omçulo Apon'uiii De/pkiti tomuttmlalh ; C.V. Wiliicr. 4t 
j4rchitotogie, tfamlnnallqui. 

Anlîqoïlâ ^cTpllenaei dn Maié» île Llverpool 4} 

iJi'Ucr 4ei gtieehiichtii Àlunkumi;}. Uorner 43 

Srintion o/raKi, *lc.[ Star. MoKi 44 

Howre, d'apt^i 1» monamcDiinliqDea; Tiirhbfln 45 

Pcinrrtnadc Polygnoïc, 1 Dtlphei; J. et F. lUfpenhaiMrn 40 

Baaolta JtlItpibiiargHifabbiitheiliKamaaitûca e lueagglaeentiei 

Talmdîcr et Viiroiili 47 

Ronln ntiDiiuM diDi U Northoniberbad 49 

Aniïqaîifi romalDc* dani teniill At la Fruca; lliameloDp 16. 

lUiDi romiini pTci de Lyon jg 

Fonilln &iiM lac le mmlîcala de Mouchelle, prèi de Jolguj 

(Yoatie}; Thibaal 5I 

Dcicripiian dn moaiiicre de li Triolti, i PMmooiidile. S3 

Vojagc ercli^IogîqDc en Raule /f. 

I^lire de J. Dav. Weber iut}m coloDue* lerilaaei /(. 

ChroBological AÛIoir,- BritlOD. J3 

3I«niin»CDi ■ le HeTine 54 

ExpUealioD dei tnicrijitloDa J'una ancienna pieRe graTce; Kopp.. . ii. 

Délit iicriàoni tmtvane ; E, A. Clcogna gS 

Anlel Tolif déeonTcit 1 Bordeiai /&, 

Veier den Wtnk itr Ma,e und Gevfichtt, aie.; CaBDioù et J. Alb. 

deScJiuaberg 1 Sg 

TeUno iTDonl. JeiaDcleoDei moDDaie* romaîofii H. L. Harlmano. îi, 
Deicriplion de qulquea anciïDaea nétLiEllei U'Eapigne et d'Italie; 

Fr. MÛDier i^ 

Problénca iiuiniiauti(|D«. SI 

Sut Ica amriïDTiei monaiio auidoliei , n 

Mittoir*. 

IWnmc de l'hiiloire anidnellei H. F. J. Eilrop 6j 

Dictlonnaiie tbitiqiie d«i nom) propret de ï'aalitjail^ ucrfa et 

pro&DC ; Zi. Boaillel C6 

Hiiloire gcocrata de llode ancienDe et moderDe; de Uarlj*. U. 

Iliiloirs oiionuoei J. de Uimmer 73 

Uémoire ant tu d;M*iiei maialnui»* de !a Uanriianla ; la P. Jtn. 

de Saint- Antoine Uonra 77 

Fmiii Htllenici; H. V. CUdIoo. 79 

Hi>tain de révcnraïf di de l'ile de Chio; Vahid Facbi /«. 

IJ< argrDlariii et nnimmaliirii.; W. T. Kraot 80 

Lcltre mr le Iriomrinti L. A Kanli SI 

Tatulft tiitontr eccleiiattùtr ; C. S«hCne /«, 

Ulfloire de U propaKalion d* la religion dirAîtaot <bn* l«a paya 

aitnttam nord da l'AlliBaRBa; Adam. ■! K. Hiatpet gl 

HUioin du OBOi(UiuD(| Ualltr • /*. 



:l!,G0t")t^le 



i44 '^liff <^ articles. 

Snr r>fBnItd «ntta Ui doctrine* gnouiqnMcl llicoM^lfiiM; 5. S. 

Schnidi M 

KcrhercheihiitoriquCBiur lu Crgiude* M Ici Tcmp lien ; Jicab. ... A. 

MiDDcl dn Droil ronuin; E. Ligno^ 17 

Lettre lor Ui procii mleolëi «ai inloiiDZ ; Berriat-Saint'Pni. ... It, 

Uebtr dai Studlum JtJ noidiictin KecAli {Chr. Panlwn M 

Sfltici originri rousi; de Himncr S9 

AutnihUe i Smolenik , dei ainb»Mdriin mue* et polaniii It. 

£>uî d'nn Iraili lar la ladgae. l'origiae , lliisioire , elc. , de* IdiO- 

DÎeiM , det UlhoaDicDi et du liathoaiens ; J. L. de Parrot 90 

Kecoeil de LcHrei , Proclamaiion* , «le. , da Cbirlei Jeaa , piïoce 

Toytl de Suéde tt. 

Uat^auiponrMrirlràVhiiloire daMecklunboargi H. H. Schriher. H 

Chronique de Ralîibonne, S* vol.; C. Ch. Genieiuet et Kledubcr., It. 

Hùtoire générale da la Delpqoa; Dewn. gt 

MegtfU , lin rernm Boicanim aulogn^ka ; H. d* L*Dg H. 

GDi11>DmaTelt;I- J. Hiwly ,, Bi 

Esqaiafc chtonolngiquc de l'hialair* de Brialol ; J. ETani li. 

Gian Alhtro geutaiogito ; P. Fiocchî M 

Sur nn Code Inédit dei loi* m on ici pain dePiie; lUnintf J(. 

iitmoria para a hiiloria • a Atari» Jai Coriu gtiiiraci do Portugal. 

■ — Algani doaimentoi para ai mémorial; le *ïe. deSiDtarein.,. . 91 

Hiiloir* de* Françaia; J. C. L. Siimondade Siimondl tOl 

Uémoirei retalir* 1 la Tilte et an pori de Kocbefoni ThoniM It. 

El**) butor. *ar la rcTolatioa da Pingnay ; RcDggei el Longchanp. 103 

Soeîélt Misliqne de Calcotl* |iS 

Hémoirci de U Soelélf liltcnira de Hadr** ) |7 

Aperçu bietoriqne dea travaux d* rAcidémii ini|iérlal* ' de Saîni- 
Piirnbourg. /», 

Sociétf aûatiqae de la Cragde-BrelagiM el d'Irlande 1)9 

Alb^te de Breicia. — Acadiniic Délia Crutea. uq 

Société de* «aliqnair** de Notmitadle Ijl 

Méoioirf inr rorigine earo|ittniie d'Homère; B. Tblencb.. 111 

De Slra^enùpalria, génère, atme, etc.; Siebel |14 

Hoiice b1*iariqu« «ir ht mcf trei, U pauic et la Tic de St.-Bemard; 

C. X. Ciraait. lîS 

Hànoîre* anr la vî* de Bcnj. PranLlio ft. 

Riitoiredela vieel de*onvra|cei de HoUcre; Jute* Taacbercaa. . ! ! IM 
Notice* biilorIqiiM snr Seroiii d'Agincourt; Ghcrardo de IloieL .... /*. 

Annalei biograpbiqne*. . . , '. (57 

Kittoire géiiBBlogiqDeelhénldîqBed(*P>ir* de Prince; Conmllct. 11» 
MeiiialrupDiirsenirtl*«iedagniJra1-Larayelte;ItcgnaDh-W*rIn. 

— «emoù-i o/ Ihe Kfe ofd&trt SfaUer Lafi^elte \ B. L. TilhoBe 

Ducondray-Uolilein H. 

notice *or le* Anbiieedn déparlement de U CAle-d'Or ; Boadot... IÎ9 
TofagedeU. Oiampollionlejeiuieca^pte (a'et 3* \jM.te»\.. 133 
nécrotog»:!. B. Gail . nj 

PARIS. — IHPRIUE&IE DE ÏIRSUN DIOOT, 

us Mcx»,»" %|^, 



]bïGoog[c 



BULLETIN 

DES SCIENCES HISTORIQUES, 
ANTIQUITÉS, PHILOLOGIE. 



PHILOtOGIE, ETHNOGRAPHIE ET LÏHGUISTIQUE. 

it3. Hoovxlle niTBODc tovt âtcdier les ukcdes «sciBmES 

ET VIVANTES, par M. db FaBEce. 

L'élude des langues étrangères, qui est deveaue sinéM^aire 
à la jeunesse actuelle, sepréscnre m slheureii sèment environ- 
aie de difScoItés si nombreuses, et entraîne une perte àe 
temps si grande, qae l'esprit est contraint de renoncer aux 
avantages quSI en poarraït tirer. Celte considération, cl une 
infinilé d'autres qu'il serait trop long de développer ici, nous 
ont délermiiiés à parler d'une déconverle qui est de nature à 
remédier an mal, et qui, d'ailleurs, mérite à Ions ^ards la pins 
grande ailenlion. 

Hont voulons parler de la nouvelle méthode d'après laquelle 
il, de Fabkck. enseigne acinellemeni la langue slleiuande à 
Paris. Koas avons eu plus d'une fois l'occasion de nous con- 
vaincre, tant â Florence qu'à Paris, da|tR supériorité de celte 
me'liiode par les résnliais qu'elle donne, et l'étude approfon- 
die que nons en avons lâiie nous a démontré qu'on pourrait 
indubitablement l'appliqtter , non seulement eux langues 
gKcqne el Uline , mais encore aux langues vivantes. 

Cette nouvelle méthode offre l'avantage de conduire en peu 

de temps l'élève au but vers lequel il tend , et de lui épargner 

tous les détails arides et fastidieux qui jusqu'à présent ont été 

inséparables de l'étude de toute langue étrangère, et cela sans 

nrgliger de familiariser l'élève avec les formes des mots, avec 

les analogies sur lesquelles est fondée la composition des mots, 

et de lui donner une idée claire el précise de la construction 

et du génie de la langue qu'il se propose d'étudier. D....ir. 

114. DissxBTATioH sun L'iTTKOLociE; par M. CainroLLioir- 

FicEsc. s4 p. in-8*. Paris 1 Sag ; Moreau. 

Cette dissertation, très-sommaire, a ét^ insérée dans le 

G. Tous XI. 10 



!i!,Googlc 



i49 Philologiéf Ethnographk. ^"114 

plus fêcondei àe celle de Virgile et de Ctaéron. C'cit encore U 
critique moderne qui eti appelée à faire, a'ilse peut, la généa- 
logie de Rome. 

Sa puiisance fut auiti l'agent d'un second période de coo' 
fusion des langues et de mélanges des peuples : 1» simple es- 
quisse de ce tableau est au-dessus des forces de la plus habile 
et de la plus tenace critique, et cependant il lui faut ayair le 
courage de l'entreprendre, trait à trait, élénenl par dément, 
les séparant d'abord pour les grouper ensuite selon des ana- 
logies indubitablemem reconnues, composant ainsi succesSTe- 
ment les masses principales, qu'il ne ramènera jamais, peul- 
£tre , à cette unité désirable , uns doute , mais qa'il est idu 
facile de croire que de démontrer, lant le monde est Tien, 
et tant ses premiers Ages sent pour nous incertains. 

.L'élat actuel des langues est l'ouvrage de U puissance ro- 
maine ; elle avait mis en communauté de servitude l'Asie , l'A- 
frique et d'Europe : les barbares du Nord posèrent bienlût 
leur cpée daus la balance ; mais, s'ils apprirent quelque cbose, 
ils gAtcrent aussi ce que nous savions. L'Europe romaiae 
s'abAtardit en subissant celte nouvelle influence; la civilisa- 
tion ne fit que reculer loin du but ; le morcetlemeot des em- 
pires morcela aussi l'intelligence générale ; les peuples, ssM 
liberté , furent sans génie , et tonl dormait dans l'obscurîié ds 
même tombeau, quand les Turcs rejetèrent sur l'Europe In 
débris de la Grèce, qui réveillèrent les grands soiivcnirs de 
Borne. De nouveaux élats se créèrent de noaveaux idioaies: 
voilà déjà le Iroiiiùme période connu de la confusion des lin- 
gues et des idées ; voilà le terrain véritable sur lequel doit 
s'exercer aujourd'hui la science étymologique. 

Après U renaissance des lettres, des savons de divers paj<< 
avertis par le petit nombre d'eiemples qu'ils rencoalraiest 
dans les auteurs anciens, excités aussi sans doute par la cootic- 
tion éclairée de ruiiliié de leurs recherches , s'adonnèrent sm 
études étymologiques. Mais il faut encore ici faire la part de* 
idées rerues ou dominantes. 

De vaitis systèmes servirent utilement la vérilaU* 

science, e" de très-bons esprils ne redoutèrent pas de s'y en- 
gager. Au 17' siècle, l'érudition se montrait riche de boni 
exemples et de boni préceptes; des mots grecs et lajins, on 



!i!,Googlc 



Philologie, Ethnographie. 149 

ciait arrivé aux langues mêmes ; la science grammallcale le 
perfectionna par l'analyse; la pratique apprit à préKrer le 
doute à tonte interpréta lion incertaine. Bien de grandes ques- 
tions furent soulevées, et l'on prit sagement sur les plus graves 
le parti d'un plus amplement informé. La mélliodc s'offrit à 
ions camme le 6r conducteur dons tous ces hb^rlnthes : on 
s'adonoa avec ardenr ani recherches sur les langues ; des in- 
lériis qui n'éiaient pas purement litte'raires entretenaient 
néanmoÎRS celte ardeur, et quelques principes féconds en 
bonnes conséquences s'introduisirent enlîo dans l'école, accré- 
dités par le succès même de ceux qnî les avaient dévnilés. On 
comprit finalemenl que c'était à l'histoire des vicisaitudes dt- 
venes d'nne nation à éclairer les investigations relatives a la 
laDgue de cette nation; on sonp^onna qu'il pourrait se trou* 
ver de Farabe dans l'espagnol et dans le portugais , du français 
et An saxon dans l'anglais, du grec et dn lalïn partout. Poui' 
sant eosoile plus haut, ou fat conduit à eiaminer s'il n'y an- 
rait pas d'influence asiatique dans le grec d'Europe, du grec 
et de l*«tmque dans le latin ; et la science étymologique ayant 
alor» rcconnn son véritable objet, put distinguer, avec le 
aecoars de l'histoire, les langues inftaentet des langues irt- 
Jfaeneées, el l'on vil bientôt, en effet, se produire a l'envi , 
dans tons les élats lettrés , des recbenlies étymologiques sur 
lA idiomes nationaux : Henry Etienne, dans son Trésor de la 
Uuifpie grecque, avait montré l'utilité des lexiques où les mots, 
ramenés a leur racine originelle, sont nngés l\ la saite dans 
l'ordre de leur composition; et les travaux sur la langue 
arabe ou sur qnelquà idiomes bibliques, justifiaient pleine- 
ment le* tentatives de ce genre. Mais on sentit heureusement 
qu'elles n'étaient possibles et fructueuses qu'à l'é{<ard des lan- 
gue* dont la formation tonte logique, et procédant par des 
principe» constans préalablement admla, pouvaient se prêter 
pour cela raéme à une déca m position méthodique; et tels 
n'étaient pas lea idiomes modernes sur lesquels les savans du 
temps avaient h, opérer. Comme ils étaient presque tous le 
produit du troisième période de confusion déjà énoncé, ce 
n'était pini sur des mots atialoguea d'origine et de formation , 
que les linguiste* devaient porter le scalpel de l'analyse et ap- 
pliquer les règles d'aasUuilation ; c'était pai mafte* de mots 



i.Aioo^lc 



i5o Philologie, Ethnoffvphie. N" ii4 

qu'ïU devaient procédw , parce qu'il y Kvùt partoot un pett 
de toat. Guidés par ce premier principe , avertis par lluitoin 
sur 1m vicissitudes de la nation , et consëquenunent de la laa< 
gue qu'ils étudiaient, ils jugèrent sans peine qu'il lenr fallait 
d'abord dresser une sorte de géographie de celle langue, rt 
quel'eiamen de ses mots, en preosnt pour guides les faits d( 
l'histoire , porterait successif enient leurs recherches vers les 
climats les plus opposés. Quand ils en furent là, les plus ntilet 
principes de la science étaient reconnus , et ils furent appliqnês 
a*ec plus ou moins de succès , selon l'étendue d'esprit et de 
jugement propre â cbaqae investigateur. 

C'est ici, cependant, le lieu de faire remarquer contnenlcs 
lonables travaux qui viennent d'être rappelés nuisirent indt- 
rectement à la science même. En ne considérant que »ea réral' 
tata , on la crut très-aisée et à la portée de tons les esprilsi 
on la déconsidéra, parce que les plus médiocres ftirent les plas 
hardis. Halheureusemenl on ne les méprisa paa; on s'en di- 
vertit, et Ménage en fut réduit à avouer ses recherches pres- 
que comme une faute on une méprise, parce que, de son 
temps, la science des étjrmologies n'était plus r^ardée qiw 
comme un agréable amusement. Aujourd'hui, je n'oseraii pss 
affirmer qu'elle soit plus estimée : pour leurs travaux plùlologi- 
ques , les hommes les plus insInUti n'osent reconrir aux élj- 
mologies qa'incognito , et il n'y a que les moint habiles Cfà 
■oient les moins réserves. Hais la liguistiqae rend Irop.dt 
bons services à l'bisioirc, ponr que la véritahle science det 
élymologies ne reprenne pas , dans l'estime publique, la plK* 
qui lui est due : c'est aux savass , dont l'Europe lettrée htt- 
nore le plus les travaux , à la lui assurer. 

Four exposer sommairement les, principes les pins niilc* 
de la science des étymologies; pour les présenter avec tonte 
la clarté nécessaire , et afin de ne pas les priver de ta certi- 
tade que doivent leur donner l'unité d'origine et l'aoïlopt 
des exemples , nous devons les tirer d'un seul idiome, pnrpn 
tonlefbîs, par son état actuel , à snffire à toutes les diseas- 
sioni , à tontes les démonstrations , et ce ne sera pas a'snéirr 
à celui de tons où les effets de profonde confusion et dlflci' 
tricâblcs mélanges sont le moins sensihles , que de préférer U 
Ungat {no^ûae. 

D.nt.zMbïG00g[c 



PhiMogie, Rthutff^^hie i5i 

CoMidértfa dini m>o ^lat «ctncl , la langue h^nçtiie tit 
oompotée des moli qai nous sont reités âtt dialecte* ganloii, 
et dtt noi* qui l'y aont méiéi avec eux par la luccaHioii de» 
tièclei, el provenant du grec , du latin , des idionei d'outra 
Bbk, de l'airabe et de eei d^rivalîona eii (i«a(;e dan* l'Orient. 
Ce tout- là lei aouicei les pins abondante! où notre langue n 
puisé; toulefoi* ces lonrces se mnlli pi Seraient presque i l'in- 
fini, si l'on conaidérait ici antre chose que les masse* princi- 
pales; on pourrait irouTer cent mots importas de cent paya 
dÏTen; mais isoles entre eux et de tout les antres, n'ayant 
pat, si on pent le dire, pria racine dans notre langue , ni for- 
mé une lamille , ils ne sont plus que des locution* indi*idua- 
Usées et adoptées pour un besoin ou pour nn moment. Noua 
ne mettons pas non plus dans le compte des inHuences esoti- 
qae, l'italien, l'espagnol ni l'anglais : ces idiomes ont pu 
transmettre an français des mots qu'ils avaient eux-mCmea 
emprunté* à un autre idiome, mais celni-ci étant déjà an 
nombre de noa origines, cette communauté d'emprunts peut 
dispenser de noter minutieusement ce* transmissions en gënd- 
ni réciproques. 

Outre le* moer, notre langue a tuui »t comtùalion gmmma- 
tkale, et celte constitution est , à l'égard de toutes les langues, 
l'ettatt même de la science étymologique; c'est l'ensemble 
de* règles pour la formation des mots, coniéquemmcnt aussi 
la r^le de lear décomposition ou de leur étymologie. Ignorer 
ces r^Iet, c'est Tonloir analyser cbimiqnemenl une substance 
solide en la brisant à coups de marteau. On doit donc connaî- 
tre ces loi* easentiellet de la viulilé de notre langae : les prin- 
dpaletsont, enouliede tontela/jAnu^o&i^ie, i° Ut détinencei, 
a° let augme/ii initiaux, V le mot radical, 4° Veuphimie, â" Cor- 
Aegfopkt et ses variatîooi. 

Lest^fÛMffcef ne*ont,defaIt, que det/>firiicufef a/}leej ou 
ajont^ à la fin des mois; assemblage de lettres toujours 
moDoijllabiqaes, n'ayant par elles~mËmes aucune acception 
propre, pour nous dn moins aujourd'hui, et pour toute fonc< 
tioa qne celle de signes moniteurs du caractère particulier et 
pknséologiqoe du mot dont ils sont la dernière syllabe. Les 
désinences sont donc un des élémens principaux de tonte lan- 
gnc bim £Ule , ou ipsinuBcnt gramsutîtal d'an usage nniver- 



l5a . Philologù, Ethnûgraphiâ. N" ii4 

sel ponr Ions lei mots, À la ua\t exception da nom propres 
et dei mata radicaux caractérisa par l'absence m^e des 
désinencM. C'est cet înitrument qui , avec les mots radicaux , 
fait les noms, les adjectifs, Ifs verbes et les adverbes, les gen- 
res et les nombra , et d'un seul monosyllabe de deux on trois 
lettres, compose les mots les plus longs de notre Tangue, ceux 
de cjtiq ott de six syllabes et de douce à qainxe lettres. Les 
désinences ont cependant pour notre langue une valeur con- 
ventionnelle , mais absolue , cjui modifie , dans nii sens déter- 
miné, l'idée dont le mot écrit est le signe; elles oDt lont.e la 
régularité qui distingue les idiomes anciens les plus estimés ; 
on ne les viole pas sans inconvénient, et ce n'est pas la faote 
de la langue si nos grammairiens ont négligé ce point de u 
constitution. L'éty m ologi s te doit donc porter sur lui les premier* 
efforts de son attention , et s'il reconnaît exactement la nature 
de la désinence da mot qu'il analyse , ce mot se dégage aosii- 
l6t de la partie qui déguise le plus sensiblement sa racine pri- 
milive. Le critique doit donc posséder i fond la connaîssioce 
des désinences propres , on ne sait pourquoi ni comment , à 1* 
langue dont il s'occupe. 

Il en est de mSme des augmens initiaux , on placés au com- 
nencement des mots. Ces particules sont toujours deipr^xni- 
tiont, d'ordinaire monoiyllablques comme les désineocu, 
parce qu'elles devaient , les unes et les antres , entrer dans Is 
formation des mots sans leur imposer un trop grand nombre 
do syllabes. An coolraire des désinences , les préposition! ont 
un sens par elles-mêmes, une acception propre, qui, frappsn< 
selon ce sens , sur le mot radical auquel elle est nme , modifie 
l'idée absolue dont ce mot est le signe, au moyen de l'accep- 
tion , absolue aussi , qui est celle de la préposition. 11 en résulte 
une nouvelle idée qui est la combinaison des deux antres, 
sans être absolument ni l'un ni l'autre. L'éiymologiste doit 
donc opérer snr ces prépositions avec la même attention quil 
l'a fait sur les déiinences , et après les avoir trancbées, le mal 
radical se montre de plus en pltis libre des accessoires qm 
l'enveloppaient. 

Ce mot rwlical, ou raein* du mot , est le véritable bat vers 
lequel tendent les recberckes analytiques de l'étymologiste. S'il 
l'a recoQoa avec certitude, il s'enquiert alors de sa véritable 



jbïGoogIc 



PhihlogU, Ethnographie. iS3 

origtM. A|»«i ivoir âémmiui , je dirai en toute conicîence , 
l'icception pare, inconiesuble , génial ement reçue, de ce 
mot radical , il appelle i Bon aille toutei 1m langues qui, ptr 
leur inSnence connue sur le français, ont pu lui donner ce 
mol radical, et il fera honneur de ce don à celle de ces lan- 
^et , et i la plus prochaine , où ce mot se reirooTe avec la 
mime acception. Son but eit alors atteint ; il a poar résultat, 
i" l'origine certaine dn mot radical , a" son mode de formation 
an moyen des démens de sa composition en son ctat actnel ; 
3" l'acception rigoureuse qui en cit la conséquence ; et il a 
oblcnn de ce mot une tljmologie incontestable , démontra 
ptr M décomporition , son origine et son élément radical. 

Un antre élément, que j'appellerai secondaire, doit aussi 
lires pm en considération par l'étymolagiite ; c'est l'influence 
de VéifAonù. On appelle'ainsi le soin qn'on se donne pour 
que la conaonnance résultant de la série des syllabes qui se 
succèdent dans la prononciation d^in mot , ne frappe pat dés - 
agréablement l'oreille; et ici, trop souvent la raison a dA se 
sDmnetirc an go&t , si ce n'est ans exigeanccs «l'une puérile 
délicaiesse. C'est elle qui a fuit du mot augastus le nom de 
moii aoAt. L'eupbonie supprime donc arbitrairement des teiires 
dans les mots, même des plus niicessaires pour en constater 
l'ongîne, comme le sont les consonnes ; et nous dirons , à ce 
sDJet, tpt toute élymologie serait suspecte, qui, dans l'exa- 
men de la racine de ce mot, ne l'asaimilerait au mot d'une 
autre langue, qu'en sacrifiant quelqu'une des consonnes. Celles- 
d sont comme U charpente du Taissean ; les voyelles peuvent 
n'en élre que le revêtement ; mais il est prudent de n'y tonrher 
qn'sTec précaution. Dans les langues oti, comme celles de 
l'Orient, on n'écrit pai tes voyelles rigonreasement, oii son- 
vent encore les dialectes particuliers ne différent entre eux 
que par l'emploi non uniforme de certaines voyelles , il est 
permis d'user de celte disparité pour s'éclairer ; mais , dans 
■ les'idiomes de nuire- Occident , on ne doit point renoncer trop 
Incrément à tenir compte des voyelles ; elles prouvent parfois 
qnelqne chose , pourquoi vouloir que jamais elles ne prouvent 
rien?Ajouton8 queTeuphonie n'est pas absolnmentresiriclive, 
et qu'elle est aussi sonvcnl caractérisée par l'addition de quel- 
ques lettres , que par la suppression de plusieurs. On donnera 



i:, Google 



i54 Philologie, Ethnographù. N** ii4 

donc à reophonta certaines lettres ^videximent îaoléet , ^ 
n'a ppariien Dent ni à U racine de* nota, ni à I« désiaanM , ai 
aux anginens initiaux. 

1,' orthographe est un point astrimement essesti*! daaa les 
recherches étymologiques sur U langue français*. Ia foosseU 
de l'ctymologie , en apparence U puis régnUèrei d'an not 
français d'après son orthographe actuellei serait iHen oçuTent 
démontrée par sa seule orthographe ancieiiae. C'est donc nu 
principe important dans le sujet actuel , de rechercli^ d'abord 
dans les auteor* de tons les siècles de notre littèralara, «em- 
nent ils ont écrit le mot dam on veut eoanatlre rétym»logie. 
Il y a deux aTantagei marquant dans cet examen : i" on se 
rapproche plus sûrement de U véritable origine da mot ; a° on 
, coDoatt quelles ont été ses acuptîona sncceaiiTM , et le» modi- 
fications qu'il a subies , à cet égard , par l'efTet du temps. Fsr 
exemple , il ne faudrait pas remonter bien haut ponr voir que 
le verbe permettre n'avait qu'on sens actif , et se «'«aploysil 
jamais sans un complément ; on permettait la faculté d* ftira 
une chose i on tr^uismettaimne îàeuUi, permitten, et l'wcep- 
tioo du mot répondait alors à son ëtj^ologîe; elle s'en tfcwte 
totalement aujooid'haî. Il est certain que l'orthographe cl la 
proDODcialîon sont dans nne dépendance mutoelle : l'ortho- 
graphe , avec tous ses ageos , figure ht prononciation «a moyea 
des valeurs conventio on elles données aux signes de récriture, 
et la prononciation n'est que l'expression tonique de ces rstne* 
valeurs. Dans l'intérêt des étymologies, j'oierai-dire dont l'io- 
térit de l'existence et de U généalogie ItLiéraire et philosophi- 
que de toute langue écrite, la meilleure orlhographe sera celle 
qui respectera le plus les formes origioellea des mots. I<a fto- 
cidé contraire a de graves inconvénieni , et si l'on y ajoute 1* 
variabilité des acceptions trop fscilemeot inventées, trop faci- 
lement admises, on comprendra comment chaqae siècle, ta 
France,» pn et pourra avoir sa langue française. Un plus grand 
mal encore résulte de l'introduciiou de mot* nul faits, et je 
donne ce nom à tous cens qui , même légititnés par leur rscine, 
blessent cependant l'un des principes cooititutiEs de U laaga*' 
et parliculièrement celui des désinences qui n'ont rien dsrbi- 
troire dans lenr expression. On pourrait prendre pour esein- 
. pie le mot lUiliter, repoussât non MB» r>î«on, par l«t écrii»»* 



jbïGoogIc 



q«i iMfactmi !■ Unfoe : m mot n'eat pu aulogiqae ux loû 
Ct wil il wtiTC» d« l'idioiBe, «t li utilùtr doit ùfalAw rendre utile, 
fn fi Bi i »,on éewi dln mUifier , comme clarifier , rendre clair , 
puifitr, iwidn par, de On peut citer beauconp de maU qnj . 
JMiificrueat tUiHter, wm» ci «ont dei mot» ■nsiî mal faiu , 
qne l'usage peatabaoudre, mais qneleboa go&tetlei bonnes 
nglca n'adoyteraal qna par respect pour cet usage mime. 

Afrit cet exposé trè»4ommûre Jes principes essentiels de 
Usci«w«iityoialogiqne(st de longs développemensaur un te' 
Myel n'asTaioBt rien da soparfln), aons citerons qodqnea 
<Km[dea , pria des mots les pin» longs de notre langue : 

ÎHtAamixmtMMEWJ : meni , désinence des adverbes; able, 
ddsincneo d'un adjectif participe; <&, augmcnt initial, em- 
portant l'îd^ eontraure k l'action du mot devant lequel il eit 
plwé (bire, df^aire; m£Ier, démUKr, etc.) à article ayant 
CM eom|isaslioo le sans à'avee (à pUiiîr, avec plaisir); jre', 
ncÛM du mot, d'où il résulte qoe le t, entre dé et a, n'est 
qu'usa lettre ct^thonique. Ainsi, le mot détagréableinent, de 
Ù ajUabcs et de quiiue tetlres , est ramené à un met radical 
nMmoeylUlriqne^ et de troia lettres aenleni<nt,fn?, analogue 
i gRit,raciM dn latin gratutt qui a le mime sens. 

bBinDBnuMKST ; meta, désinence adverbiale; el, elle, 
Jrf sjn e noB «djective; ûi, préposition négative, non; di, signe 
de ridée /égarer ( en grec, éimique,etc.)} û'u ettiûf», soit du 
lelin «âdm, videH, dividere, parce qne ce qui est sépara est 
aw ^nw on |rin»iaura foi» ; soit plutAt, comme le veut Voa- 
fina, du mot étrusque et latin iduo, je sépare, je divise : un 
indinda est donc un être qui n'est pas ou qui ne peut être 
divisé. Jiidividiiellement a le mSme sens adverbialement, el la 
raeâoe de ce mot de aept syllabes est, en définitive, lé mol iti- 
lîote id, qui a fait le verbe iduo, viduo avec le v euphonique, 
et qu'on retrouve dans le laiin dividta, discorde, divido , je di- 
vise, fait de l'aneien latin dididuo, ou le second (^ est euphoni- 
que, et qui avait le même sens; <&Vw, divise (portion de la 
bacn dans nn blason), divùer et tous ses temps et modes ; di- 
fùemr, dhimbUité, divisif, divition, et pent-étre divorce, avec 
lona lenr» compoaés , appardennent i cette même racine, et 
Tnagmeat A'j est aussi employé dans une Ion le d'antre» mots, 
tria qae éueordê, dt^^rmttt et avec le n&ne sois. 



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iSff PhUologU, Ethnographie'. 1^*114 

Au sujet da mot françiï* iiuHvù/aelleiaeitt.iï BalSl d« nmoa- 
ter au mot latin, IVljmologiste n'étant pas tenu de ponrani- 
tre noe racine jasqn'à ion origine pritniliTe: il doit walemeDt, 
la rapporter i la langue inâucnte U plus prochaine , et dam 
le ca« préieot, c'eat le latin. La même règle l'eipiique au mot 
tnivant : 

GiBiFFB : il eit arrivé font fait dan* le frànçait ; c'est le mot 
arabe torafck, et l'on peut s'en tenir k la seule éoonciation de 
cetie origine. Si l'on veut cependant remonter pins haut, on 
peut considérer que les syllabes de ce mot n'ont , en arabe, 
aucun sens analogue à ce quadrupède, et l'eiplicalion qu'en 
donnent lea lexiques est tôut-à-faît arbitraire. On en c»nelul 
tout naturellement que la langue arabe aussi a reçu ce mot 
tout lait d'an antre idiome. Si l'on s'avance daus celle recher- 
che, on trouve que le mot égyptien sar-aphé est composé de 
deux racines qui signifient rigoorcu sèment long toi on tétt bou- 
gée, et tel est le caractère émioent de la girafFe. Ce mol est 
donc d'origine égyptienne, et la giraTre, en effet, venoe des 
contrées au midi de l'^.gypte , et qui n'a pu ttre connue des 
Arabes que par lei Égyptiens, est plusieurs fois figurée sur 
lenra anciens monumens, non-seulement de sculpture, mais 
encore dans les peintures de manuscrits, et ce fait n'est pu 
indifférent pour justifier l'étymologie du nom français de ce 
singulier quadrupède. 

Tous les mots de notre langue n'exigent point le même (n- 
vail analomique; mais il n'en est pas non plus dont cette opé- 
ration ne pàt rendre un compte satisfaisant à un bon esprit. 
On doit remarquer, à cet vgard, que ceci ne s'applique abio- 
lument qu'aux mots véritablement /ranger , je veux dire à ceux 
qui, nés d'une racine dont l'origine primitive ou secondait' 
peut être ou non déterminée, ont suivi dans leurs accr<^»»e- 
mens on composition, les règles impoiéet par la eoitstituito* 
grammaticale de la langue française. De celles-ci, la plupart 
sont communes à d'autres idiomes, surtout au lalin, et quel- 
ques autres, venant on ne uit d'où, lui sont tout à fait iu con- 
nues. Pour les artielet et les cas, par exemple , le lalin n'a pas 
les premiers et emploie les seconds; le français, au contraire, 
ne connaît pas le eat, et a adopté les artiekt : le grec a admii 
les uns et les autres. On ne conaidérera (hwcpescoiniBe.^V'i^ 



jbïGoogIc 



PkiMog^y Ethnogti^ie. x%j 

qaaat k l'Aytulogte , la mois introdtllti d'une taUtt Uugiw , 
toat &iti, d'uD leiil jet, dam la langue francaîie : ili aoot 
«onpM^ mIob la conititstioa i»opre à l'idiome d'oà ili lont 
tiré*. Si donc on Teat lei anal7>er , c'eità celle conitilntioi qu'il 
Aot reconrir, et teie tout le* mots de notre langue, qui aont 
tant grée», tout arabes, etc., dont lei dëtinencei, lea augment) 
l'eupiionie, etc., ont suivï les règles de ces laognei tnéme. Leur 
aligne, nue foii reconnne,donnebienlAtleur T^rilaUe ttjma- 
logie. 

Hais l'espace nous presse d'imposer des limite» k l'eiposi- 
tioB pins complète d'nn sujet propre à un grand nombre d'im- 
portantes considérations. Nons n'en ajontons pins qu'nne que 
l'état, ADJourdliui >i prospère, de l'èlade comparative des 
langnei, nous (ait un devoir de ne pas omettre. Nous diroDS 
dose que rntiiité de cette émde, nommée récemment tùiguû- 
liqMt, ne pouvant Cire douteuse, il faut ne pas la décréditer 
par l'usage d'une méthode erronée. Cette comparaison, pour 
être fmctneiise, doit repoici sur des élémens bien déterminas) 
incon Ici tables, oeriaios pour ions en raison même de Icor ao- 
tbenticLU. Hais dans l'état aciael des choses, ce sont ces élè- 
racns qui nous manquent pour la plupart, et cependant on le 
hàle de combiner le pelit nombre de ceui qui sont acquis, 
d'en concbire absolument des cboses quelquefois Ires-surpre- 
nantes, mais qui, malbeureusement, ne partent avec elle* an- 
CUDO conviction : c'est ce que nous appelons décréditer habi- 
lement la science. On travaille sur des vocabulaires, des r^ 
coeiU de mais venus d^ Ions les coins du monde : maïs qnellp 
foi ajouter k ces nomenclaiures recueillies par des voyageurs, 
d'ordinaire fort onrieux , mais qui , ne voyageant pas pour les 
former, les dressent an hasard, les transcrivent comme ils 
pcaTent avec notre nlpliabet, figarent bien on mal des sont 
entiùiwnent élrangera à noire idiome, après avoir bien ou. mal 
enteatla <e qu'on leur dit, en supposant encore que ceu.x 
qu'ils ont întermgés savaient bien ce qu'on leur demandait et 
nussi ce qu'ils répondaient. Il n'en est pas ainsi des langues 
ëcrtteai mai* la variété de la prononciation, snr laquelle les 
linguistes s'accordent si peu, est encore Ici une chance con- 
iMUie d'wreur*. On ne doit donc pas s'étonner de cqs rappco- 
fh^P'*f àt luig«M, do cea anidogia, qoelqncioU ù iaatte^- 



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t58 PiHohgie^ Etbiograp^. 

4u», qse t«a ptvsM» da l'EwrotM pr»*ii«eBt li MqMMKAi 
ml* on lu aântrc plai ^'on a« 1«« MtîiMt ite imuu km 41^ 
«jinfoM bcHtcoap d'eiprit o« (fiiiMgîmtiaD, «t ph» MwtM 
peu de conniiiunce* poiitiTca inr le injet. Lt vériuUe ttktte 
«M plne pmdefite, elk repoM mr du ccrtitBdu , dl« m U 
pki du<|Dff JMF use déeoaverte nsoveHe, mil «lie endi iMti 
éclaire U philoiopMe de lliUtoire, U guide daiw m* rcdxnba 
sirr In ori^DU et les (ortotie* diveraes de la crvilÎMlioa ; dit 
Mille enGn obtient et mérite l'approbation et ta reconntianv 
du faoïamu. 

1 15. OatUXK MUHTALZ D*triB EXCt^MATMUi BU mMJt U El- 

ruxK. {Pertonnai narrative qf adventures m tbe Penàmà- 
. Londru, 1827 i Harraj.) 

Le jttremeiit dont {et mnletien d*Eip>^eet de nntnplK 
•errent pour failer l'allnrede lenri béte* de (onne, eu pov 
In gronder, te raient fortement de mu origme oricBnl<.St 
diMnt, orra mulo ! on turaiva mah t et cria d*ns ion d« tw 
gvtlnralet minant, utta «emblablean grond t-f t éëVtfm 
Tinioe. L'origine de ce mot ut todabitablemeat l« <pr d«i W- 
hnm, execratat ett ; ath {mprtmtntfMlimlpnpeOen,*H- 
^tre, comme venant, anivant Scholtena, dn or «lu Aiabct' 
Arrtùpa t est nn terme qui s'emploie, en général, An« le M> 
dlmprécation, d'exécration. Le mot grec àfk, jurement, pw- 
vienlansn de cette ndne; et ce mot temble mnren.nte 
an temps d'Homère , la propriété particulière d'aider 1 tw- 
^irelebélail. royessadeMriptiondn cheranxduCKaôdcti 
dans laquelle on Ironve ce ven : 

ilûrf. p. 43i. 
Le mot arvirtt, qne %ak>pnt« met dans la bowcbe de» 
«ofdèm, ne poBirati-îlpas dériver de h aiéme Mvm? (i«t* 
dan Hier. Gmette; 3i mari 1897.) L. 

116. I^TTÉaiTVBB HKUtlQDB. 

On m« de ftire dans ta Ktaératore KbTîtpie ung dwwTBit 
Importante qnl ne pent manquer de Iher l'attention dn Ciué 
ttem et dn hommn de lettm. H i'agttda tlrredeJatlM», 
donHI rtt fiât ncittîD& dtat Jotoé, cfeap.^^dMHtfuM' 



jbïGoogIc 



Philologiéy Ethnogn^kie. 1 59 

litMd* Shanel, ehmp. i. Cet aanien .onvragc Ait obtenu à 
grands' fnis par AlcuEim, rhcmmue le \Ao» illnatre de Mn 
lerop», i Gnann en Pêne , oit il parait mit été coniené it- 
puit r^poqoc du retoar de* Jnifa de la captivité de Babylone, 
ajaatét^ transponé par Cjn» dans iiM propre pey«.(ClMnwf,. 
GaiigMani't Mesfeng.; ti OOT. t8s8.) 

117. CuKESTOsiÀTBiBMAiiucaoD, on Recueil de leites mand- 
choax, destiné aux penoDue» qui veulent •'occoper de l'etnde 
de cette langue; par M. J. Klapioth. In-8°de373 p. PAît, 
1838} Merlin. 

Le a^e pour l'étude dei idiomn savans de l'Aiie ne te ri- 
leutil pn>, et les ootngei nëeeiMÎres k leur enseignement te 
tncccdent avec rapidité. La langue cfaf Aabe , qu'on a cru , pen- 
dant plos de deui sièolei', la plus difficile à apprendre, offre 
à présent un vatta ehamp aux recherches det personnes slu- 
dienseï et disfiosées i eiploiter la riche littérature de la nation 
la {dot psiicfc de l'Orieht. C'est le résollat de h publication 
do dictionnaire chinois, ordonnée tous le règne imiwrial, et 
de celle de l'excdlenle grammaire de M. Abel-Rémnsat. La lit- 
térature nundch ou e est, pOnr ainsi dire, te complément de la 
chinoise; il ett donc probable que l'apparition de cette Chrcs- 
tomalhie anra également nue influence favorable suc la direc- 
tiott de l'étnde de tontes les denx. 

Les Handcboui, qni sont actuellement let msttres de la Chi- 
ne, étaient , nvnnt de déTcnir conquérant, un peuple chasseur; 
ils D'avaient aucune cnllure Uttéraire ; et si leurs ancêtres , les 
DJoMf^îe, ea ont en une , ils l'avaient absolument perdue avec 
la doMinutioB de la Chine septentrionale. Les premiers empe- 
mrs de la dynastie mandcfaoue, avant d'avoir tournis le Leno 
totuig, se servaient de la langue mongole dans leur correspoa- 
danoc diplomatique. Ce ne fut qu'en 1S99 que l'empereur 
natOoM , voulant donner une écriture A son penpie , chargea 
Eidaiibaktitl Gagal HJargoalst A'tn former une d'après celle 
des Hoatgrit. CcDx-ci font usage depuis long-temps d'un alpha- 
bet déàvi de celai des OnEgourt, peuplade turque de l'Asie 
centrale, qni avait été civilisa de bonne faenre; elle employait 
«aaéaritarcfarmAs d'après ocUc des Syriens, que vraîsembla- 
UoMBt das prtoes aestotîaH hur aviùani pori<i. 



otzscii/GoogIc 



i6o P/uloiogiâ , Ethnographie. M" ii4 

L'écriture de> Hnndchons fat bienl&t arrivée ■ aa perTM- 
lioutctodle; et depuis la conquête qu'ili firent, en 1644, de 
la ChiDe,Ieurlill^ratnre l'est enrichie d'ungrand nombre d'ou- 
vragei, contislant pour la plupart en traductions de li*rci 
Chinois. Ce* tradactiona donnent une certaine facilité ponr 
l'intelligence des telles originsos; et c'est principalement soni 
ce point de vue que les missionnaires catholiqae» qai ont ré- 
sida i Wltiog, se sont occupe's d'apprendre le ntandchon, cl 
de composer des livres élémentaires pour Tétude de celte lan- 
giie. 

Le P. Amiot envoya en Europe sa traduction du diction- 
naire alphabétique mandchou- cliiiiois, intitulé /l/aA/cAoa^V''- 
boukha frjiilAf, ainsi qu'un extrait français de la grammaire de 
la même langue, compaiée en latin par le P. Gerbillon, et in- 
Gérùe dans le recueil de TliéTenot.-H. Langlêi fat chaigé de 
réclliion de ces deux ou «rages,- dont le dernier fat inséré dan) 
le XII' volume des Mémoires concernant les Oiinois, et le 
premier publi<ï à part en trois volumes in-4?. On avait 
donc en Europe noe grammaire et un leiiqne de la langne 
mandchoue; mais on mnuquait de textes dans cet idiome, in- 
dîjpensablement^ nécessaires pour se livrer avec fmit à son 
étude. Cette consiiléiation a dotermiDéSI. Klaprolh à faire pa- 
raiii-e l'ouvrage qui fait l'objet de cet article. Cette publicalioii 
est un .'crvJce esseniicl rendu à la philologie asiatique. Keprè- 
tendant pai donner ici une analyse «omplcle de ce travail îb- 
porlant , nous nous ^contenions d'en indiquer le contenu en 
général. 

Le premier morceau est l.-i traduction mandchoue d'une col- 
lection de proverbes et d'sphoriames chinois , connue aous le 
tiire de Ming bien lyr. L'éditeur j a ajouté une version fran- 
çaise qui nous a paru très exacte. Vient après, le texte niand- 
cliou du Livre des reeouipentei et ilei peirtet de liai cAang o" 
Lao Hua, Ce titre ne veut pas dire que c'est un ouvrage de 
Thaï chang même, il indique leulemcat que ce Iraite est foaàé 
sur sa doctrine, et en effet il commence par uae seotence de 
ce philosophe célèbre. C'est ainsi que nous parlons des ouvra- 
ges de Confucius, quoique les livres qu'on d^gneaoul ce 
nom , ne soient que rédigés par ses dîs<^plea. M. Abei-Re»"- 
tat avait déjà donné nae indnclioa de ce mule , AtiM Mtf ^ 



jbïGoogIc 



PhÛoiogie, Ethnographie, i6t 

texte chinois; mais M. Klaprotb l'a retraduit du iii>iid«liOH,'qitï 
en diffère dans plntîetirs endroits. Deni antres opascnles mo- 
raox ne sont Aatmé» qu'en orignal ; ils sont ai ftdles qne l'é- 
diteor a cm devoir les laisser sans tradnction , poor servir à 
eterver les commenrans. Cest aassi le ras de l'hiaioire de 
l'origine de la pitissanire mongole sons Tcttingic-kban , extraite 
da Toi jruan gourûmn ni toudouri bUihé. Le cinquième mor- 
ceaa est )e texte da traita de jiaîx entre la Rnisic et la Chine ; 
il est accompagné d'nne tradnction et de notes. H est snîvi par 
Toriginal mandchou de VÉhge dt là viUt de Moutden , ^ohn'é 
de l'emperenr Khian Loang , avec nnc nonvelle version fran- 
çaise. Les personnes qni s'occnpenl de U littérature efainoise 
doivent savoir gré à M. Kisproth d'avoir ml* dans le plus ^nd 
jonr la manière bUmsbIc avec laquelle les derniers mîssion- 
naîresjésaites faisaient Icors prétendues traductions dn chînoîai 
non seulement en défigurant le sens des textes, mais en le dé- 
layant eocofe'dans un torrent de pbrases qui leur paraissaient 
dégantes. Ce reproche tombe principalement sur le P. Amldt 
qni, dans celte occasion, a rempli pins de cent soixante pages 
avec la matière, qui, littéralement traduite, n'en occupe dans 
le livre de M. Klnpfotb que trente-cinq. Ce dernier met qael- 
qon passages de la version de son prédécesseur, en paral- 
Jéle avec U sienne; mais nous pensons qu'il aurait dû mnlti- 
plîer ces exemples, et noas le faisons pour lui , en en donnant 
deaa ici qui nous ont para eitrémement frappaits. 
Texte mandchou, p. 7g. 

Ifîoangian moudonri , kookonlon s^ekouri ih'tsi toug[i 
dekdeme ; fonigîan monkbnlon ouentchckhen 'midaldjat'st 
boldjon milnrambi. Ania goaidakba takbura de nitcboakbé 
bandcîB. 

Traduction de M. Klaproth, p. a56. 

Le dragon vert, dont U crinière se dresse comme un nuage, 

et le dragon rouge tans cornes , qui ouvre les vagues en re- 

nuant sa qnene en ligeags; enfin l'hnttre, dans laquelle se 

forme la perle pendant une longue suite d'années. 

Traduction d'Âmiot, p. 4 j. 

Hais le dragon vert, loriqn'avec sa crinière héria.i^, il 

forme des nuages sur h surface dés eaux ; mais le rouge mi>~ 

hoKlom quand, avec sa qnene tortnevie, il soulève ou abaisse 

G. Toju XI, Il 



1^ PUhlogU,eiiM)g/mpkie. 

In 0|m1«# 1m appabe, oa lea irrile ■ m>b pif MW étOMc- 
Tont, hm» raviroiti d'adariritioa. 

. e« lenit ici le lieu de parler dea coi|atllagct ; toat ce qni 
leaconatUue, lear aoliilité, leur &lat, leur variété, knrgtud 
nombre, n'embilliMCnt pai moins la nalnre dans lea lieux qae 
sons pouëdona, que loat ce dout j'si fait nuntioa jusqo'à 
préaeal. i^iUanie nacre , Too» refr^nteres poux loua In Ica- 
tat^éea I ouvres vo* précieut» écaillei , et latun-Bosa T«ir Ict 
globea plua ptécicus eacora que vant lenfrrtncsi vou, aur- 
(oui , qui pouvce Gonpter aur une longue luite d'ann^M d'naa 
tranquille vie, nuiatreE-naui ces magnifique* perles que tnas 
avez travailla avec tant de succùa. 

J'ej-te mtwdcjiou , p. 77. 
Bondjanotii, aoundjata lals i djaLdan, toumen aniat niai- 
laaona, dakuri Unda de abka ba dalime, loalt scne wadii 
, bandaifi; UuUi b« elbeme nioangiakan aahonngaian aiBgrti 
kIiso noa tai tcholgoropi niokholuui stan fodoUio luoo ba 
«■ilenibî ; amba djalgaasoa noo djakim wagaa bbib ba tiûa- 
foieri obonubi; ania goaidaba aotuiàba aïoo J«iiabi lo«- 
gpun de djabafJiaboitLhabi. 

Tradacliott de M, JUiprotA, p. 355. 
Qnani ans Caréu, (on 7 trasve) la pin à cinq feoiUea aiti- 
coléca, h cypréade dix mille aaaéfa , qui.taafé par iiago 
sur lea rocbera , cacbe le ciel, forme des Torâts tfpsia*«a« CM- 
vre lea toaraia , tarpaste la taille ûlaocéa de l'ariirff veidiin 
aux OTetllesdeioarii(.Siy^onry<ffMwini),alcachele aanleélat^ 
et d'na T«rt clair ; le frêne allier qui dure pendsat bnit aille 
pnoicmpi ; l'ftgé motukha moo , pour lequel iod utilité e#t ni 
aiaotage. 

TlfuIuclioM^Jmiol, p. 37. 
Après avoir parconnt les rnaïf rpn, apria avoir erriaar 
le* borda liiuaidc* des tiiiètea et des ^loags, oitroiis wi m- 
nent dan* uoa tarin pour j admirer les mcrveiltea d'au auirt 
(enn , que la nature bous offre dans quelques-una des sibrca 
qui lea embdbaaaut. Le Tckalttan , d« la classe des banta pi<>*i 
uoui invile Bob*erT(r,eD païasat^ lasiagularllé deaes fcuillei 
pointoei, quisorlaut d'uH même gaine, toujours au sambr* da 
cioq.I^ sombre Maïlaio/im, cette etpèca d« Cyprès, qui pow** 
M lit jus^o'av deUdc eut siiclea, £uca plsak 



1, Google 



PMMagif, Ethtograp^. iflS 

!t tonffbM a'éteoilefit bonsmitàleiBeiil; '^m,- 
eéet ]cs mMi nr In raim à distince ttnijonrs ^^« , dlcs fo^ 
MHit dn oocdic a lymAriqtm, qui panùainit tnttnt de cnde*, 
dont In nryoBS partant dn ironc, cofnme de leur centre eon»- 
m», vcmttnccr, en sVcartant , les diffifrcns potntt d'nnv 
ntae eir ccB fe eBce. L« lantière dn jonr se lannït pAiétreri 
tniTRi Mm épais fniîllage, il garantit dei ardeun dn «oleït le 
Teitaeana,il embellit le ptle sanle en leconTmit deionom- 
1>K, «t la terre, antonr de «tn pied, n'est jamais sans une 
Boîte (nlchenr. Ffni loin, nons tronVons le frtee allier qnï, 
aprh qBatre-TÏogt nècles, n'est encore qne dam son printemps; 
le Mott^a, qui doit à son inutilité la lonj^e vie dont il jouit. 
Hnns nom permettons de faire ofaserrer que, dans le passage 
prêchent, le sens des mots nandchonz Hjahu/t mingari ania 
ècHiaigmm oèomnbi, est mien x rendn par le P. Aœiot qne 
par BC.KIaproth; car ils lignifient, « fe./^/re dteVrfui.^ffifmf 
hail mille années est dans son printemps; > M. Klaprotli dit aen- 
Iraient tlefi^ae altier, qui dare pendant kwt mille printemps." 
lie teste mandchon de cet onvrage est assea correctement îm- 
piioté, \ l'exception de quelques / mis pour de* m et des hh 
pour des g. Ce n'est que dans la traduction française, p. a58, 
qu'il ^ a un passage rendu obscur, par une erreur typographî- 
qitc: On 7 lit ; • les empereurs nos ayenx illnstrea et noi saint* 
prédéeessetm , fFenitouet Chin tsoung, descendent alors; »lei 
mois Wentsoa et Odn tsoung , auraient dA être mis entre deux 
parenthèses, car ce qni pricède est la traduction de ces deux 
expressions chinoises , connue on le voit par la note même de 
H. Elaproth , dans laquelle il observe que le F. Amîot l'est 
trompé en' prenant ^en tsom et CMin tsoung pour dei noms 
ffempe r e uH mandchonx. D. . . .w, 

itS. Cnoia raF^SLU tiidiiitesui TiiKC,par nn EfTendî de 
CoiWaniinople, et publicci avec une vetiion iranfaiie et 
nn i^ouaiiei pif L. Victor I^TULixa. lo-S" de niij-a>3 p.; 
prix , 1 5 fr. Eaiis , i i%6 ; Dondejr-Dnpré. 

La langue turque est , pour ainsi dire , un phénomène dam 
rbisioIrcdelapbiMogw; c'est nne langue presque sans litt^ 
lalnrc : elle n'a ni poêles , ni rli^leurs , ni saTins. Les Turcs 
tradaiacBt eiifinnotent pas : & l'esceptïoadc quelques chroni-' 



;ifi4 Philologie^ Ethnographie. 

qqenrsauxqoelt on a l'eiceuWe bonté de donner l« nom d'Itûr 
toriens, ton» les livres qu'ili possèdent Kmt empruntés any 
Arabes oa aux Perun*. Quant à leur propre idîAiii«.« il* ne s'en 
servent que ponr parler et faire lenr co rreipond «ncf j encore 
ji'e.it-on censé écrire on parler le tnrc avec quelque -élégance 
qu'à mesure qu'on y introduit un plus grand nombre de mois 
.arabei. Les affaires adminîtlraiiT<-s se traitent paiement en 
tnrc dans les pays tonnûs au Grand-Seigneur: c'est, cnnoNBOt, 
la langne àet^firmaas el des passeports. Aussi, pour pallier celte 
nullité littéraire, ceux qui ont borné au turc leurs éludes phi' 
lologiques, se plaiaent-ils i exagérer l'inipor lance diplomati- 
que de cette langue, si panvre par elle-même, et dontlo nté> 
canisme grammatical mérite seul peut-éire quelque attention. 

L'ouvrage qiic-nous annonçons est une nouvetie preuve de 
crtte indigence : c'est un recueil de fables déjà connnei dans 
les quairepaclies du mnnde,el qiie l'Effeodi de Constantinoplc 
a prises un peu parloui pour les traduire, ou plntât pour t«* 
mutiler dans sa propre langue et dans le dialecte le plifs vul- 
gaire qui se soit jamais parlé sur les rives duBosphore.La 
Fontaine lui-même, noire aimable La Fontaine, travesti par 
l'Ëffendi turc, s'est vu dépouiller de tonte sa gr&ce. Eaveot- 
on avoir une idc'e? La fable du Corhenu et du Reaard eildau 
toutes les mémoires; voici ce qu'elle est devenue dansJaTtr- 
sion turque , dont l'éditeur nous donne ainsi la Iradnctim: 
■ Le Corbeau et le Renard. 

n Un Corbeau ayant volé un fromage, et le tenant dans SW 
bec, alla se percher sur un arbre. Un nué Renard, assisan 
pied de i'aibre, apercevant ce fromage dans le bec du Corbcsii, 
forma le projet de le lui prendre, et lui adressant la parole: A 
mon cher Corbeau, lui dit-il, que vous êtes beau 1 que voas 
fies jolil si votre vois ressemble à votre plumage, vous £tH 
digne d'être le roi des oiseaux. Le /on Oirèeoa, ravi deceltt 
louange, et voulant faire entendre ta vois, laisse tonber le 
fromage. Le Renard , orcouratit aussitAt ,' s'en saisit et Inî dît : 
appreneu, mon cber Corbeau , que celui qui écoule les IsnaD- 
gcs du flatteur, perd tans Jridt ce qn'il a. acquis. Cette lefon 
que je viens de donner vaut mieux que le fromage tombé île 
votre bec. Ce dit, il s'en alla. 

■ Ne soyes point lier des louanges d'un flattear, car ce/'>-" 
travaille évidemment à votre perte. * A. 

_D.nt.zMbïG0Oglc 



PhUotogie, Ethnographie. i63 

ti()- KLcm oBiicBtscHE poxTiscRB AitTBOLOGie , etc. — Pe- 
lile Aittbologîe poétique grecque, contenant Att morceaux 
finin poor les comniençaTis , les 9', 10* et 11* ehants de 
rOd/isÉe, des règles ponr faire des len grecs et un voca- 
bolsire grec-atleniand ; par F. T. FftiKuatnir. In-i" de viit 
et 143 pag. Braunschwctg, i8a5{ Luciui. [HeiiMb. Jahr- 
bùek.der Literat.; ig' aunëe, la' cah., dcc. i8a6, p, ^147.] 

M. Frîedmanna choisi troit des livres les plus înléressans 
de rodysse'e d'Homère; ils occupeot 53 pages de ce volume. 
tiCS règles delà versiBcalion grecque ne portent que sur le* vers 
heiimèlres et peulaniètres, qui ne constituent qu'une asses 
Taible partie de la science métrique des Grecs. Ou trouve aussi 
dans ce lirre plusieurs morceaux bien choisis de l'AnlfaoIogie 
palatine, et deux idylles, l'une de Bion, l'autre deThéocriic. Le 
tocabula ire po orrait £lreal>régé de beaucoup; ainsi l'onpourrait 
supprimer les verbes composés auxquels la pre'position n'ajoute 
qae son sens propre. £n établissant, par exemple, un fois que 
ni> esprimefCQ giéaéral, le mouvement de haut en bas, il était 
inuUle démettre dans un compendium , lel que celui-ci, les 
compose) ia,Ta.iti.im,Kt.Ta.aiXa,*.ini.yit,v.v.TKiùîta, asTBiriirTdi, etc. 
fous sommes partisans de cette oii]isgion,pon seulement parce 
quec'est autant d'espace de gaga(.',mais aussi, et bien plus encore^ 
parce que, de cette manière, lea etudiaos se déshabituent de 
feuilleter machinalement un dictionnaire, et s'accoutument à 
réfiéchir. Au reste, le litre est imprimé avec soin, nous u'y 
avons remarqué qu'un petit nombre de fautes typographique» j 
par exemple , p. tG,i îrci pour H tci , IIsaiiux»u pour ncatiJ'ù» ; 
p. 36, >ftu;> pour âpeuf et; p. 53 , mt^mni pour vfn'Jaoïv. W. 

110. Pt.*T(nnsDiAu)GOS selictos recmsnit et commentariis in 
nsnm scholarum 'instraxit God. Stillbau». (Aussi sous le 
titre suivant: Btbiiotfaeca gneca vlrorum doclorum; opéra 
rccognitJi et commentariis in usum scholarum inslracta. 
cnrantibua T. Jicoas et Vol. Cbr. T. Rost. B. fcriptorum 
orat. pedatris. VoL XU, sect. ta.) igSpp. in-isj Gotha et 
Erfort,. i8a8; Hènnings. {MUgem. Repertorium, de Beck, 
vol. I, qih.6, p. k'^k-) 
- Lé journal allemand sigiute ce travail comme un excellent 

i..i- ....i.,Cioo^lc 



i66 PMiologùf BtAnùgng>kitk 

^czil, (OUI le rapport de la ciUiqoe et de l'es^ite. I^a tote Ht 
corrigé d'après le> meilleDra mannacriu et U* plui etrtaiiiu 
Tt^ea grâianiaticaki. Ao bu dutexte se trouvent le»TBriutei 
dci manuscrits, lei différent changeinciu qoî yootéUportéi 
par lea aditenni, et les motifi qui oot hii adopter telle oa IiIIb 
interprctatioD. L. D. L. 

■3t. Padsikic cb.ecix DEscaimo. GdidSt, graeca etneodavit, 
latinam Amasœî iaterpretationem casUgatam adjyB>ît,cl 
adootationes atque inrlicei adjeclt C. G. Siuxus. VoLIYi 
cui et tabnls in destro Leschae dslpliicse pariete àPoljg- 
noto piclK adnmbraito , et Eicerpta es preefationibiu prih 
caninl ediliooum PauianiK addita sont.. Gr, in-ft" de szti- 
354 et 3a8 pp. Leipsig, 1837 j Reiioer. {Ibid.} p. 4a8.} 

Ce Tolnme offre lea deas derniers livrea de l'antesrgrec 
II porte en tête no extrait dei BTaot-propos des Milioni pr^ 
cjdentes, depuis celle de Marcos Husnms et Aide SboacC) 
jusqu'à l'ëdilion de Pacius. Vient ensoite l'arant-propoi di 
savant édiicar , on il s'exprime de la manière inÎTante lur le 
but de son e'dîtion : ■ Tf ifail Yolai , niai ab oratione Pansaoî* 
maculas injorii négligent llqne hominma adspersaa, qninlam 
fier! posset, abstergere; deinde, quid qnoqne locoîlle dixisMt 
ant dixisse viderelur, plénum reddere, idque, nbi opns eiiet, 
alioram scriptorum testimoniis confirmarej tnm remm, qou 
nie persequutus est, ubi et qnam possem explicationcra ad- 
dere ; denique reprehensiiMies qu» viderentnr iniqoK esKj ib 
ejus opère defendere; pottrem6, si fieri pouet, efficcrenli 
qui mea utereiur.prïoribus nonindigeret editionibni. ■L'^' 
tcur a consacré un soin particulier i recueillir arec critique fei 
difUrens matériaux et les remarques duel aux ptilolognes tl 
•BX archéologues. Il paraît qu'il n'a pu se servir del'AUtioo 
de Becker qne dans les notes du 10* livre. L. D- h- 

133. RaLi^ittci Lcsaii FaiCMaim. E variis scriptoribos colle- 
git, emendatît, iH uslra vit, commenta lîonem de Hellanici 
xlaie, vita, et Kriptis in universum prssmisit, ei indien 
adjccît T. G. Stuke- Editio altéra, ancia et emeiidata,cai 
accessit G. Ci h tk ai Syntagma de raiiooe emeadandt gr>* 
co» auclores. Gr. in-S" de svui et a6i pp.; pr. i rlblr. ^F- 



Ptàlolo^^ Bihnographia. 167 

hâfâf, iSx6ï QnhHim. (/W.; tSiS, vol. Il,flrii. 9, 

I^ 1" Mitionfirt pubtiéi, en 1787, par k pref. Stnv. 
Db urut «nglna j copit ton» )et fragmeiu d'Hellaiwea> M 
In Jt imirtr, mn ancvM abasmiien , dns 1* Jftt w wi «nr- 
litut de Camhridgt, CttmtittU Keiamroket, n" *. UmmmIi». 
tMM de rUitUm d« H. SUbs parot à Lalp>tf *n iTpS) d*Rs 
b Mikctioa iattinUt : .AMAWtfi g^tMi mimortê. H l'eaMiili]** 
féditiwi i|iw noaa «noonçom aBJMird'bai , mi la iteemée pr«- 
pwwt dit». Elle«st oonudérablencKt asgmcBlée, 1" par d«i 
addiiiaa» ti riea de aoama depaii p«s décasTertM ; a" paf la 
tcxia daa toiwma dont ab a lire parti poar la biographie «le 
rastear; 3* pBrrdcrii deGaïl. Gaaterat, Jtrmtbtiu emfmAuHU 
ptMu « ■ e lwa» tginmgpia rccena aoctam (Aaiverpis, iS?!, 
flatiB.) , pablU d« iioaTeaa , corri^ et angiDenié par Slnn. 
L. D. L. 

1)3. Dionu Ciuu CoccMANi xistoiiuvb aosuniaiiH qv^ 
iCKaniRT eaxGt, ex codd. mai. aliiiijDe anbaidiii aqppleiit 
el ctncndaTÎti XJphilmi apiioae» llbromw Dienia Canii 
Kqae ancDdaUm addidU; Ulina vcraio vt Grxcii Tcrbia 
■a^t rctpondenl opcram dédit; fragmenta et indicem 
gtKtxm vatde tiuit, annoutionei rx cdiliooe Beixariasa 
oauei repetiii , a>tilta«]ue tam Joh. Jac. lUiikii et alioraia 
ij^km awaa notas adjeçit F. G. Stdbui:s. 8 vol. de 600 a 900 
pagci. Leipzig, itta^et i8a5i Kuhn. (/^(rf.; 1837, \ol. 3, 
Gab.a.D** 3, p. 81.) 

D'apria le jeoml (|ae aoua veMiiia da ctMr, l'd^ilioB dMt 
nom naiu at«Opon> doit Mre cttasidMe eoaiM« la phu eoià- 
plèla , ym qu'aU« rsifcraM non-» nilu Mi | wt ie»t ce qu'on trouve 
dasa odie Aa HciBianH « ania qu'elle o^re ca oatrc boBBcaap 
de cboaes Bowellca q u) n'ûlaien t pu eneore eoBanaa à t'tfpoqu 
de la publication de celle dernière. On Irouve en tête du 1*' 
voLladMicace de l'édition de H. S. Beimarus au card. QnlriBt, 
et ton avanl'propoa on il cite Ici éditions antérieures de Dion 
Casûoa, ainsi que les maiiriaus qui ont «le employés. M. Çlun 
a cariclù ce* cilation* d'un grand nombre d'addiliosa qot ren- 
fcnneMl, entra «nircs, les vailantea et les fra^ens que Ho- 
fdB B pnWfc, d'après «a manuscrit de Tenise da XTaikle. 



cGoti^lc 



i68 PhUologie, Ethnographie. 

Cet additions font an»i coniwIrnqueXiphîIiaet d'aatmV/>^ 
tomateurt de D. C. , ainsi (jne la première édition li difHrçnte 
4u éditioiu qui l'opt euivie, ont été compara d'une ma- 
nière plut. exacte; qn'on s'eU ter*! dei correctioiu des criti- 
qua le* pla« diitiognéa, et qu'on a ktu la tradoGlioa latine 

.del-a!WeiikUa..Lfs réaullaladea comparaison* se tronventia- 
diquét sui; plusieurs pages. L'éditeur a aussi enrichi d'additiou 
Je traité de Reinurui sor le* fragiueiis de* 35 premiers livres, 
et ce dernier les a rangés ca 3 classes. H. I^ora a été en mesnix 
de profiter .d<s recbercbes couiparalives , iailes par le eonsec- 
,<ralcur de la Bibliothèque Médidi à Florence, sar !•• Mannt- 

..cril* dont Gronoviu* a fait connaître, quelques fragBMn& Cis 
manuscrit* sont au nombre de trois, l'uneiidu lo'sièclB 

, ( Pbd. 70 , coà. 8 , avec un fragment qui conunenco au 36* li- 
vre et.qui finit dantleSo*.]; le «econd est du ifi' sîèdc(i'te. 
70 , 10, dépôts le 43* jusqu'à la fin du 60" livre) et quelqu» 
fragment du 38* livre. Le troisième offre un extrait du trtilc 
He Ifili adscensti [Pùil. 58, cod. 44.). M. le proresscurPeyroo 
a non-seulement procure à l'éditeur une description exacte da 

■ manuscrit de Turin , do i6* siècle (depuis le 37* jusqu'au 60' 
livre) , et dont les choie* les plus importâmes se trouvent si- 
gnalées dans l'a rant-propo* de l'édition que nous annonçoni, 

■ mais il a autti extrait les variantes des 37* el 5y* livret. Ce ma- 
nuscrit ne remplit point de lacunes, el il n'y a que quel<]ues 
variante* qui soient précicusct. Reimarus n'ayant fait roeotion 
que d'une partie des variante* du Xîphilîn ( manuscrit de Cois- 
lin), M. Stura les a citées toutes d'après MoDtfencon. Il a ^gale- 
anent employé .le* variante* de a manuscrits de l>rBpIe*(ruiide 

-la Bibliolh. roj., et l'antre de celle du prince délia RoncUa) et 
•. de «jnelqueB antres mannsorit* qui, de la Bibliolhèqne desAa- 
., festins, ont passé dan* celle du Roi, al qni n'of&entqae <Iri 
Iradoctions latines da Xiphilin. L. O. L. 

lail. TPAroïAlA PflMAIKA, etc. — Chanson* nationales ta 
grec moderne, recueillies el publiera par M. Fiubisl; tra- 
duites du rrançais en allemand, parM.de Miii.LE*. impar- 
tie. Cltanions historiques. \ri'V Ae lixii et lao pp. a'par''*- 
Chanson! romaniiquei et rlomestîg'ies , avec uu appendice, 
de ai7 pag.; pri», a rllilr. Leipzig , iSaS; Vos*. {/W''» 
1816, vol. I,cab. a, pag. 114.) 

D.nt.zMbïG00g[c 



PhiJôlogig, Ethnc^n^hie. 169 

On trouve dâotpliuieortducEiptioiia de vey^gM, ainiîqMe 
duid'aiitKa ^«riu nbiib à \* Grèce moderne, dé* échauiiU 
lonc préctcnx de* cbaniont natioBsles de» Grecs de noi jovra ; 
■Mil eiicaBe de ce* «Sections n'offre nn choix uuù heoreax 
et use IradnctioD anefi bien faite que celle qne nons aanan- 
foat. £Ue rrsfemie des cbamoqs nattdnalea d'une époqne pins 
éloifoée , et d'one date unifr4-fwt réDentc, La noyau de celle 
coUection ett dû avx ehaMOBS-iineHlI. JConrr, de Paris, et 
And. MnrtOKJdi, de Corfoa, ont bien voolu procurer à H. Fad- 
ricl; naîi In pkis grande partie lui fat cnroyée 3e difSér^tes 
province* pecqaea, par de* indigence qnï s'empreataïent de 
coopérer à nne entreprise, pour eoi, toal-i-fait patriotique. 
Second^ par dca aarans grec*, il fit un choix critique , et tra- 
dniiil tesUMlledaent ea prose françrfiie tonte* le* chanaoae 
qui lui peraisaatenl lee ptns convuiables , en en expliquant les 
donnjeahbtoriqbes et lei alluaioai. Le tradoéteor allemand 
■ reproduit tontes les obserrations essentielles du tiadnctevr 
frao^nis, Les ilynnt enriebie* de notice* gtograpbiqnM ettopiv 
graphiques. IL HnUer, dans sa traduction, a- imité la mesure 
grecque et rendu sa Teriiou en vers allemands aaisî exacte- 
■Miit que l'a fait la prose française. De cette manière, le trsrail 
de H. Millier mérite d'être recommanda aax Allemands, non 
seulement conimK un monument de la poésie nationale de* 
Crccs modernes, mais aussi sous le rapport de l'eiécnt ion poé- 
tique dans leur langue nationiile. Mais, outre les mérites litté- 
raires qne peut avoir celle colleciion , il j en a encore un au- 
tre qui réclame l'attention à un titre bien plus lëgitime, r'est 
que ces chansons offrent des matériaux précieux à l'histoire 
des héros grers, au tableau des moeurs, des usages, de la fa- 
çon de penser, de la vie domestique île ce peuple, principale- 
ment dans les 18* et 19' siècles. L'ouvrage est divisé par cha- 
J'ilres. Le premier contient 35 chansons des Klephtei. Les no- 
tices offrent des détails hiilorlques sur les priucipanx chefs 
dont ces chansons expriment la louange , surtout de Cfaristos 
Hiltonii, l'ainé des héros de cette collection, d'Andrutxos, 
mort comme captif an bagne de Constantinople, en iSoo, et 
de Hiko-Tiaras. Les chansons dont le sujet est puisé dans l'his- 
toire, sont au nombre de lo, dont S offrent les frita d'arme* 
et le* iréamaiÊaà srririji dan* la gnérn ^>e fat Sc«l(ot«'en^ 



otzsci!/Goog[c 



1^0 PhUoiagUy EAnogr^h», ' 

nnt à MDlnâr conlie Ali Padu. — Im Hooad ▼ol., oa ptàt^ 
le 3* ^■^itre, offa» ét% dianatiu rmMniiqiH» plM ou hmWii 
^tcsduM et Htr dirm svjcti. L'«i^cadlee rcniMVM ptwitufi 
duMOBi kiiioriqaMt h Ht}ct 4m ■■«• ««t «opnmiA à mm 
ép«y w plu reculée, el celui dei eatnt, «ax ^WoeKem ré- 
«■s. Le M° 11 de eee dentièfct » pour <Ajat la mort Urtiqee 
de Ge«rfeki> cm G— ykit , le ■Iibc qei , etec quetgue^mii A 
ace mapëgnoM d'arses , «'dMii ealiraé dans le eo u Twt de 
flako* ta HoUaTie, peur «'emerelir ■•«■ ■•■ nrbMeav mojta 
d'une laiBedepeadn, afin de ae point leaber entre lei «im 
deVeoiMBi. Le n" i3a ponr eilijet la captrritj et rexéoutieBi 
CoDatanlhiople de Henaalui , coaipagean d^na» de Oeift- 
kn; la 14* la priée de Tripolicaa, en i8ei t la ig* l efpat w 
■haa an «dm «^faanlogMpie , )ei exploita 4e O ew g fa Skate* 
verge. Cette chenaon n^ M ad»M qae pour aoa aafel hitte- 
riqne et en aadaa teapi eounae fckaa ilUoa da dielaeta tcAni- 
IL Faarial, pendant aea aéionràTrifete et à Venise, apat 
eu l'ocaaaion de Caire nne noBTella caileelion de ihaniam 
gracie* pur le mofCB dee Orée» ija'il trouva daaa «a* dMS 
villes, promet d'an donner la UndodioadunsuBantreeiinq* 
qa'i) M prépose de poUier. L. D. I- 

laS. M. TuLUiCicEiaHit opKat qun svpKasuaT oniiii,UPI- 

paiintTaaux riionBirr*. Oecognovit et lingnlit libris ad op- 

timam quamijue receolianemcasiîgatJSjniin vericUleLW' 

binîanl (M DLXVI), Gnevio-GaraloniaDl, elc.; ac pnc- 

stintiasîinaruai cnjiuqnc libri editionom iotrgrai Jviiilii* 

ven accnrato delcolg brevïque annolatione critid) e<Iî<l'' 

J. Ci»r. Obelucs. roi. W ^ pars I; gr. in-S" de 576 PP- 

Zurich, i8a8 ; Orell. {Ihld.; i8a8, tcI. 1, cat. C, p. <3o) 

Ce volntne reuferme les Academica ; Je /uiibiu boiutrum et 

malonun; Tasculance clispnuitionei ^ 4e rrpublUi Ubri ie*i ^ 

trgibui libri III. Les nombreuses éditions qne l'antear a coa- 

tultéessont Sndiqu&i dans le journal auquel nous deronsee(l> 

annonce. L. D. t>- 

]a6. Da adissutu sbccs&e Oautonu CATiuKiau- Saripti' 

. H. G. 1. CfjiDius, if phJl. {Neae* Jrchv fmr P^iUegi*'' 

i8»7.cah.4.,) 



qae l'tnlKciitictté d'aot des Catilinurea loi partÙMÎt auptcM* 
M qu Mita barnpie éuit U %" ou la 3°. Obligé dus la 4Ùt* 
d'expliqaerici CitUinaire*dai>jiiBecUue,U.CIiiduulGau*- 
iniiu iTK plus d'attention , et ii aeqoit àbm U oonvktiuii qw 
Il 3*, qui potutast paiM poiu nn b«a« norcMn d'éleqstRCft, 
cit plal&t l'oBTn^e d'un rhéteur qui s imUé It ttjU cicéco* 
nlen qoe U tucangiu da priuee d« onteni». Vantior mmh 
qoa ria ne pourra détroirc «n loi celte GoaTÏciioa : miài 
qmidtm tam _firmier heeret keeoptrviaUot mkHù ut fouit w 
posterwm naionibut eript. Il se dont* pai qu'elle IM MMt part*>- 
gée pir tooi ceux qui Tondront sonmettre la harangue en 
quntton i m namcn tavi aévin que le lîen. A cet effet , Il 
prend dfrert passée* de la harangoe , et II t'eflbrce de prouver 
que ce MDt des dMamations Indiguei de Cîcéroa, on prises 
duu d'antres harangues du mfase oratenr. An sujet du passage - 
relatif k Calilina : Jbut, excessit, enaxit, erupit, U. Ctodias 
lait calta rasarque ùurgiqae : Dura prwJiea Uia, ^tm- hoc 
' coacsf a<M pottùu. Ms qaidtwt Aie loau prinuu athitrlit M dt^ 
fffinMterjM offtotcwn.., Quoauiqae U -otriiu, unt^tiu nf 
hieÊttilêmaiatalarabiIiavidwKntur.(^ôaXi)in a eu beau Imht 
capaïasgt de Cîaéron; M. Clndins est da l'aTÏ» da Caciliaf^ 
cita paris nàmt QnintUixni qui TOjait un ptéonsHuc àimu «•• 
iTScbcsaccunaUs. H. Cladius a'eat pas non plu* da l'ana^K 
son caapatriota DœrÎBg, qui prétend que c'ast an con^raat 
l'érsHM de CatiUna i «ne chaaja que Cioéron »'aat avri dt 
ces 4 wb««. O— «. 

■ a?. C. Jdlii CcsiKis coMMSKTAaii de bello Gallico et clvîlv 
Accedunt Ebrî de betio Alexsndrino, Africano et Hûpanîenu. 
Avec des note* géographîqncs , historiques, critiques et 
grammaticales; Villon publiée par M. Ant. Moebb. {Bei- 
deli. Jàhrbùch der. Ztier.;dée. i8a6, p. laiS.) 

H. Hoebe, par son édition des Discours choisis de Cànfan» 
et d'antre* pnhIicaiioDS du même genre, s'est déjà fait con- 
oalln pour nn lalinîate coDSouimd, et les notes dont il enri- 
cbit ses éditions ont mérité et obtenu le suffrage public. On 
peut s'ëtonner pourtant qu'il se présente, en i8a6 , avec une 
édition de César accompagnée d« notes en allenand , après que 
Henog a publié en i8a4 <ui loiig coouaeataire sur cet antenr 



otzscii/GoogIc 



l7* PkihUgie, Ethnographie. 

dans II même langue, et qu'en i8iS Held n donné anuî dei 
"iàùXtt anemandei snr lé mttaé onvrage. Néanmoîni it panit 
qoe le nonrel éditenr ne doit pai beanconp redouter la coacor- 
nnce. Toutefois le journal allemand ne loue pu cxchisiTr- 
neni le (ravaQ de H. Hoebe; car il relève plusieurs inezacti- 
tade* qui lui sont édiappées. An reste, le Critiqoe ronvienk 
'que la majeure partie des explications du commentateur sont 
de là plus grande justesse, et il recommande cette édiiioa 
comme propre à donner, sans le secours d'un maître, IIdItIIÏ- 
geriée des Hémoirei de Jules César. W* 

laS. Decu Juan Juf uiaus satoas XVI recemuit et annota- 

tionibus instraxit Eniest. Gnill. Wasma, pbiloioplûa doctor 

et prof, gjmnasii Wimar. In-B", z «t 38o pp. Weioiar, iSsS. 

{Heidelb, /ahrbucher der IMerat.} 19* anaéC) avril t8a6, 

P- 377O 

QDicooqne est tant sott pen familiarisé ateC Jovénal co»- 
-viendra facilemeni qu'une nouTelle édition critique de ce poète, 
mèine après celles d'Achaîntre et de Enpert , n'eit pas une cw- 
Ireprise superflue. L'édition de H. Weber offrira te rélaMtsae- 
zaent du tezte dans tonte sa pureté, et l'explicalioa d'une infi- 
mté de passages difficiles. Six ans aiiparavant , rédileolr s'était 
fait connatire dans le monde savant par ses Animatire r s i tut a 
iit JvMnalù saiirat, travail qu'il reproduit presque entiéremeiit 
^ns la nouvelle jmblicalion. Le journal allemand regrette qae 
M. Weber u'ait pas indiqué au-dessous du texte les variaam 
qu'il a empruntées à Rnpert. X\\ reste, a partir de la page i3i, 
les notes remplissent tout le volume : l'éditeur craint presque 
de les avoir faites trop longues, et d'avoir dépassé les bornes 
dans lesquelles il devait se renfermer; cependant l'antettr d« 
l'article fait des voeux pour que M. Weber pousse ses recher- 
ches pins loin , et continue à gratifier le public du fruit de srs 
tmwix. W. 

12g. MoMtiHEVTiL Gaaiiiinc histohic* , indè ab anno Chr. 5oo 

usque ad annum iSoo, auspicits Societalis aperien^s fonti- 

bus remm germanicarum medti kvi, edidit G. H. Paan. 

Tom. 1,660 p. in-fol. Hanovre, i8ï6; Hahn. {Goettiiig. ge- 

lehrte Anzetgea; i8a6, a"' 143 et i44') 

La publication ds recueil des historiens d'Allemagne du 



Piiioktgie, Ethn^f^i^kiê. a;S 

mojm ^9 «st umc .de« plni grandes ntnprisM àe Jibnirit 
qoe l'on ait fkitca dans ce pays àepaîi la o o mmœ tmtai àm 
J9* uèete. V a falU le* MHiKripliobi de la Sonki d'hiataira 
nationale fondée à FraMcfort, et ceUu ds pliutean inoiinlni, 
poDf la mettre k exécution- Oa »'j eu préparé virement ; on 
a diwaté te plan dn rccneil dana un OBTiage périodique >pé» 
cial oà ont été aconeillîea diveraei apimeui. L'arolrintta Peita, , 
rédacteur du recneil , a Tittlé lea bifaliolbèqnca et let dépAta de 
mannacrita d'Allemagne, d'Italie, de France at d'Aaglateite , 
et ce n'est qu'après avoir bien arrêté le plan que l'on a com- 
mence rimpreisioD. Ce plan concise à réimprimer, en S mc- 
lioDs on dit-isioDi indépcodaDtes l'one de l'autre, le* <èn>r 
niqnea otiginalei , lea loia , cliartaa, lettrée et autre* pièces 
Liatoiiques relativei à rAllentagae dn moyen ftge} de cboiair 
-panni lea. chroniques ceHu qui ne Mmt pat de limplat compi- 
lationa de aonroea d^jà connuet, et d'en donner un texte aoaii 
par que pouible. Ce plan exigeait nn grand travail prépara- 
toire ; il fallait. «xamMcr lea diversec chroniquee pour Mvoir 
leaqndlea. avaient le mérite de l'origtoalité , et l'enquérir dei 
éditiona et dei menascriia qui promettaient le telle le ^nt 
Tidêle. Ob a jngé à propos de dawer ce* dutmiqacs par 
groupe* : aiiui le* a4 premiers morceaux da i'' vol. sont lea 
^Miuiltt .Gtrmutofum anti^mititmi, par leaqneb coonaance 
J'hittorît^raplûe allemande. Ces annales sont tirée* de* c»- 
lendrier* que l'on tenait dan* le* église* et coavens, et dans 
lesquels on inscrivait le* érénemens remasqnaUc*. Laa pins 
aBcicui proviennent de la Bdgiqne,.et datent de la fin dn 7* 
siècle. La chronique qq'on a. appelée jaaqa'l préaent CAranieoH 
Sedaimia porte, ici le litre de AntiaUt Saiteti-Jmandi, parce 
que l'édiienr e*t per*uadé qu'elle provient deTabbaye de Saiafr 
AJnand ; il a acquis la certitnde qns le Chnniton Bed. a été co- 
llée par. les Annalei Tiliani jusqu'à l'an 740 , par les JimtUts 
iVAnaaMi jusqu'à l'an 770, et par les Anmaltt Laubaeentet jat- 
quli l'an 79t. Dan* chacune, de ces dironiqnes, la contâinailoa 
est on travail original, qne les Annotai Sàmn^AmanM oontt- 
Bueat jusqu'à, l'ui 810, en. aorte qne eet ouvrage prëacMe 
k ptftâts feites par de* contemporain*. Les Anitmht fmajann- 
êei , qui parai**ent ici pour la première foi*, ont été trovvéea 
par M. Pcrtx à Monsa ; U le* a intitulée* AnnalM de Lanbacb , 



1:, Google 



«74 MiMigiê^ XtlmegmpUÊ. 

pÊtm ^ot flcUB «kèa^e j «M ■« ■ rtuBu é e «a immÊÊmeemei». 
iM ■" 5 oaMMMMMt 1m diM«ït)M( du H«l^RI^a , WKvmt: 
•cUm d< l'afabi^ de MavbHh , qui Tment captées 4kbi pla- 
liwm ■■wnro, t BVtcndmt jntqa'i l'Bn 7SS; l«s jfffrMin 
JiiiumimmtiMttty rtubKn d'aprèi le namucrit origtnl qn 
se eonaenre à Vie^c; iem Jtmmiet Aimrnmt^mti, Aerhei daU 
)«• iBMia j ii ih B T ihei l i. nriihiinin fi *!! Car !ri l'niintr 
âiMJA%anu', létaUea d'aprèa le BniitMcrit original, «we h* 
pMiliBealieu d'avlena anonTiBai jiuqsU l'an Sa3; Ica ^»- 
, rtaldica d'eprii l'eriginal dëpoié as Vaiku; 
u(i»«(wr, iÊrantHità et wnvwv»},^*- 
«MHWf et JJ^adijfartMMii; 

TtenaeM «nanîM Ica r bw wî q o ea hercroîsea , aaroir : ka À^ 
main / ip ■! I. Mij , ■ wgér O et m i a m \ , i ,• lei jtfnRafar JWàrfcrrpoK 
M(,depaù l'aa 4gg juqv'ea io(g, pobKéeapear la première 
foù aar le ■■aMent de ¥>«■■*} Jimidet Sm^ett^Ximmerammi 
llmti^/fmauà, «nçieMf et mfmmi. 

tVBai hn chiwiipie» de FraBcvme, H. Pem n'a eneore pni 
fM lea Jbmaki oJitiqai/kJihiue», mtf n m i it i pear la pmnèrt 
f«M anr ^ «anaanit de VieiMe. Les Amelea de Wurtikuuif 
■'«ut pa «Miet deea «e volume, l>Dteiir n'eyaill pH cMon 
Mlklioniié le rnsMorit de Sarm. 

ftfMiiqiiai ^ Ba»-Khin. Jmmatrt Colmiatie*, publiées pwr 
la pi>euèce fola coaipUtcaKaat'; ^ t mtmhi MmHtOantuet, ^ 
leoe à iia5,««paTaTmlinéditM,et provenant de la anccec 
aww da CaaiaM Maaiiii à fceeae. 

GhraidqBea inta^ea. jiimalet Autefte>Cb&uR(« J'«m>m- 
«è ^i), de l'an 708 à laiS , iaiprinéea psat la premide fai* 
4'epeè« le naaaaciit origoMl coaicrrfi es Vaiicao. Cette veto- 
■ifae a de l'intM) avait peur la France; on 7 toit que le* 
wia gnelphea étaient de la tneiaon de Boargwgne : ea effet, d« 
a trim de l'iaipératriee JaâM, l'ahé eut « fils : Curad , pirt 
de Rodolphe, rai 4t Bowgogae, et le fiuaeu alibé Haetwi; h 
«Mict. Roddpàe, ent aaiii deux fila : Gariphe, abM de Sain»- 
CakMalM^etCowad, caaate de Paris. Jmtalet Liigdmuiiset,it 
t'aa 7C9 144x, in^eiaéaa aorlenamanitonparfeoMR*" 
i Smm» d-aprèa la^ael MriiMiiii «a «ntt 4d^ poUK »« 
' ^1) Doai Hutin a pnUIé nn Cbrmùm dlanci* Manha lenoiifu- 

D.nt.zMbyG()Ot^lc 



priaéss po«r h prcMiètc foit d'a^rà 1« mftaaictît oripnMl 
nuMorré à WoUcabaUcl. L'éditinr • pUcé k U aaile dr losMI 

l'in 680 à 817, conpliëtëH d'ipria un nansicnt de iUÎMI 
«wNrré i Berne; 

H. Perix doue mtuite les gnodH «ImaiqMt dm S' «t 9* 
«cdcs i d'abord 1» Annaltt Zauriuwtset el JSinAamii ( £gtft< 
bardï^ ^tuMlety canne étant les toarcei les plu iasportanic* 
pour I1*islotre d« rJurUmagna et de «on £ls «t snceeuenr, jus- 
qu'à l'am 809. Dans IlntroilaclioB, l'éditeur cherche & dissipa 
les doutes sur l'aotaur Égiahard. Hoas ariKia appris qn'en re- 
Teoant de Paris , M. Perla a trouvé à la bibliothèq» de Lmom 
des IcUrea d'ÉgiuIiard; dlei paiaiiroBl probaUeaeDt «Tec la 
vie d'IÉ^nhard, qui doit précéder, daaa le %' Toluase, la Mbs 
Xnrofi'CO-^^BhcrdsiKGèd^daiule 1*'' nL, le AiéM^ext», 
dont lea ver* ont été revus sur le auutascrlt die WolfenlMiiIel, 
Cknnueom Maùtimeemte, impriioé, d'apeôs le leste donné par 
Slartense et Dunod , sou te titre de ^mt^ k t dniaaeruet , «t 
^ui punit à l'édilcui étr« le véritable jtnnaièt JUeUMteti 
H-Periauless fait iapriuier que jusqu'à l'sB 768^ parce que 
le reste est ct^ sur d'autres chroutqncs insérées dune ce vo- 
luae, piipcipalenient sur la chronique de Héginou, que don 
Bouquet a négligée. Afutalei Fuldetuei; l'éditeur recherche l'o- 
rigine et lea auteurs de cette chronique. Jnnalet Bertùùaiti'; 
texte corrigé en quelques endroïls. Jiinulet fcdastîni; l'éditeur 
doMW eu ptàMKiXaitCimmkomtlelfyrmamiomn ge4tii, qoi 
■"eut qu'un MauTM attuit dsa deux chroniques précédestet. 
Mr gi mùm ù Ckrmmton ,- le texte en 4tait très-corronipo ; il • été 
rétabli d'après tes amniscrits, aiiisî que la esnliosation , qui 
est mm dea prweipales sonices pour l'hisioin du to* siMr. 
Vna iràlr du i—tiirn et un gtoeiatre tenrioent ce tolmne 



i3o. lueicnvA Livi Culitcii Sildtati reipublicte Florentins^ 
i aacrada in Anluniaat Luacun Vieeutinua» de eUen re> 
pMbUeà Malè seulieatcw; codes inedîMs. I»4°, i8a6> Ho- 
r a>Mi Mai^eri. {Jmêotogm;M!^\, i8ufi,n*> 69, p. 147.) 
(i)lMhUl(MélâgWMHd«ulMp«Uifa* ^ Dudbwui ■* par An 
Bauf^^t. La nauuMMi 4* ••• UttMt ^ (pfesHUsii 4 U vlNed* lues, 
vient d'ttre ac^idi par Is blhUotlii^ue du Kd. (IT. du IL) 



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1^6 Pkitologie, Ethnographie. 

Cet ouvrage , pnUié ponr la première fbii par M. Manxâ , 
âa Floienee , pr^ate le (al>1e«u poliilqne et liit^nire de llta- 
Ue à la fin dn i3' lîécle et aa rommencemetil dn 14*. Svlntali 
•'•lUclie à justifier lei Florentini du reproclie de lAcbetù et 
de lerrilitâ que leur adresie Antoine Lnico. Il ottribae >t im 
compatriotes une consUnce et un courage {dot qoe ronaini 
dans ta d^renie de lenr liberté , < bien oéleite et ptua prt^cieni 
qne toutes lei ricbeMcs de l'univeri ; > il dit que tons lei V\6- 
rCDtini Mmt animéi dn même eipril , et pr£ti 1 verser lenr sang 
poar la conservation de leur indépendance ; il prend même 
l'offeosive, et avance que Lttsco ne sait co que c'est que la li- 
berté, la vraie liberté, c'est-à-dire celle qui veille an maintien 
des lois. Le journal italien croit pouvoir conclure de cetlepo- 
Mmiqne qoe les deux adversaires avaient raison , parce qne 
■ Lnsco voulait parler de celte liberté qui existait de fait, non 
seulement k Florence , mais dans les antres républiques ita- 
liennes; ■ et que • Salntati faisait le paaégjriqne de celle qni 
était la gardienne des hit, de celle qui aurait dil eiiiter.* La 
préface de M. Moreni,rédiienr, pantt au critique pleine d'une 
solide érudition ; elle est (!crile , selon lui , en bon latin, non 
par pédanterie , mais ponr la faire cadrer arec lea Inveetlvet de 
LoBco et de Salntati , lesquelles sont écrites dans cette hngne. 

W. 
'i3i. Baymdrdi Ctmicvii (è Societale Jesu ) kmcbammiti 
XXXIV, à Francisco CuiCELLtBBio cotlecla. Borne. 
Ce recueil peu inléreisant se compose d'éloges , de compli- 
mens et de flatteries , adressés à divers personnages célèbres et 
occupant des postes fminens, tels que Pie VI, le cardinal Spl- 
nelli , Benoit Stay, Noël Jialiceii , etc. Quelqnra-noes de ces 
épigrammessont dn genre salyrique; sans toutefois cfaoqnerle 
bon goAl, elles sont dépourvues da.sel et de la finesse qni t> 
font remarquer à chaque page dans Martial et J,-B. Boosseau- 

W. 
, i3a. Ennjt àxnntnix niKs vaons. — Edda rh^hnica sen an- 
tiqnior vnlgo sMmnndiaa dicia. Pars III , contin.' càrmlos 
Voetnspé , Hivamit et Bysmal. Es cod. BiblioiliecK régi* 
Hafaieneispergameno, née non diversis légal i ■rnamagn**'" 
•i aliwvis lnell^tn■eia charlaceîsqae nHiom boIb n*"''' 



i.,Got-)^lc 



Philologie , Ethnographie. lyy 

scriptii. Cnm interprGlalione 1al!nâ, lectionibas variîi , no- 
tii, glofurio vocum, etc. 10-4°; P"<) i> riidal. Copen- 
hague, i8a8; Gyldendal. 

■ 33. Etimcxui ncDXDDM Mittscdm vnuo rsAVcici («cou 
IX, szc MOR ooraict sac. IV QuontuHBBST. — Venionea 
langnerniicîqiie(i)((la ii* siècle) de l'Ëtangile de aainlH*- 
tkwn, d'après le Codex deSaîni-Gall, dans lequel Tailenâ 
concilie les quatre ËTangélistes , comparée avec l'édition que 
Schiller a donnée du manuscrit d'Oiford, et accoBipagnéB 
de ce qaî reste encore de la traduction gothique, par S> An- 
dré ScHMHXea. 1 vol. de vi et io6 pages. Stuttgart , 1817 ; 
Colla. ( Gpelditg. gelthnc ^nzeigcni ai avril i8aS. ) 
Ce travail , enireprii consciencieusement et arec le* con- 
naisuncci nécessaires, fait sentir d'autant plus vivement le 
besoin (l'une édiiion critique de la iraduclion de Talien , que 
l'on ferait d'après Ica deux manusciils. Zabo s'était dévoué 
jusqu'à la fin de ses jours à ce travail : ses travaux n'ont pas 
été perdus; ils contiennent des recherchea très-étendues sur 
Tstien , avec une excellente copie dn mannscril de Saint-Gall. 
Il serait k désirer que l'on fit un choix parmi ces iravaui , et 
qn'on Ira pubMt. 

' La pena^ de séparer Saint Mathieu de l'harmonie du quatre 
érangélisies , et de le systématiser ontaiit qne possible, pré- 
sentsit beaneonp d'altraii, par cela seul qn'il est' irés-avanla* 
grox pour ceux qui veillent faire usage de l'ancienne traduc- 
tion, de pouvoir la trouver en saivant l'ordre des évangiles. On 
aoraît ai suivre le iqéme plan à l'égard de Saint Marc, ile 
Saint Lue et de Saint Jedn. Ce plan n'aurait pu être exécuté en 
loulité, parce que Tatien n'a pbint fait entrer dans son tra- 
vail Ion* les textes des ëvangéliste*. C'est pourqnoi M. Sclîmel- 
ler, qni voalaitdànnernn Saint Halhien complet, a rédige Ini^ 
même les versets qui manquaient, et les a fait insérer en o- 
raciér» italiques. L'anienr a fait ce travail avec beaucoup de 
soi*; mais il ne kanrail donner aneccrtitude complète. Beau- 
coup de mots qui aaraienl dû itre imprimés en caractères ita- 
liques ne l'onl pas élé ; par exemple : iho pilatus, a8. 5^. 38, 
(1) rof., M iDJei de celle lionne , l'oavrsge îotitaU 1 L'agut tt /ùf^ 
ratan dtM aiuitiu Pranct,v»i U. Ole;. Ib-S". Paris , iM4; Uidiiiid. 

G. ToMB XI. la 



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178 philologie, Ethnographie. 

6o,biwanttheo, a8. 61 ; tlieDin*ineinoniireagntbe;cirli>u> 
CM inoti ne se trouvent pas dans l'ancien texte. Il u'e>t pa* 
t^lonnanl que, relalivement à l'orlhograpUe, l'autenr ait été 
obligé de te déterinmcr pour une écriture quelconque ; car, non 
»eal««ent 1< mannicril d'Oxford et celui de Saiat'Gall din»- 
rent «on*i<léral>lenicnt aou* ce rappoH, mai* encore pluiieur* 
copiitaadn mannirrit deSaint-CialIdirfèrent •eriHblemcDlen- 
IM eux : par exempte, M. Schmellcr ^rit, ifi. i, aroogli; 
-17. 17, dinfal; 14. 19, niitthui. Le t«ate de Saint-Gai parte: 
1. so, arangla; a. 7, araugila; 17. 3, aronpa; 4. it, dinval; 
iS.aa, tiuval; qurlquerois niliihui, d'antm foit nîtlui, et 
«iCa mildni. Quant à la version gothique , il n'y a rwn à eo 
dire, parcequ'onn'a rienioipHiaéde nouveau à 10a sujet. C R. 

iJCi. D£covvzBTE d'uke ttouvELLC lanoiie. — Liî(»iJK muSKE. 
(NottpeUes Annales ilcs voyages ; oct. iSaS, p. li^-iZ^.) 

L'«riidc que l'an tu lire est une diKossioa scieniifi«|ae aiu- 
cslée par l'arlide des XaoMlle* Aimaks des vojvgtt menttMuaé 
«à-dettous. Quant à l'attaque , aussi inconvenaBle qu'iiatten- 
due, qae cet article reurerme contre le Bulletim, et qwi nom 
tegrettone qu'ua recueil estimable ait acoueUlie et publiée, 
nous n'avons rien à j répondre. Nous préviendrons seulencRt 
que l'auteur de cette attaque, voulant rester iDcoona,etprésen- 
l«c en néma temps une autorité à ses lecteurs , a osé s'enparw 
du nom d'un éiranger, d'un Russe qui avait habité Paris, d'où ' 
il était absent alors. M. J. Titoff , dont on a si oui rage oscinent 
«t û impudemment oompironus le nom et la réputation» en 
ayant été iofoitaé a son retour à Paria, a envoyé au rédattenr 
de* NouvcUei Aanalet des vûy%iget sa dénégation cOBplèie,Ct 
des observations remplies de force et de mesure, en eiîgMKt 
leur insertion dans ce journal. Nous ignorons aielIeacûUea; 
mais noas noos sommes engagés à publier celte lellre cl on 
observations, si les éditenn du AecueiL auquel elles untadrc*- 
•ées •« nfuaaieM, contre touu attente, à eetlc juste répantùw. 
M^mut de M. (^ar. Phû, 16 déwmbrt iSaS. 

Aux rédacteurs des Tfouvellet Annales des vojages et des 
teiences grographîqitei. 
Le n* d^ottobrc de vos ÀnnaUi n'est tombé «itrfljnes naing 



jbïGoogIc 



Phûologief Ethaographie. ijg 

qM mnedi dMnîer. Têi ëié anrpris et aiBigé d'y troa*er, 
p. iS^, nn article ûgoé J. Titoff , et intUalé : DécçM'cHe ctiate 
langue ineoanut. En attaquant ce que j'ai dit dans le BuEetùt 
(Jef seieaeeê hiitoriques (août i8aS, p. 333 et tDÏT.J aur lei 
laogBM slave* , ce savant a donn^ s la discussion nne certaine 
iipreté qni n'est point française. N'anriei-Toas pas pu renga- 
ger k adoDcir les foimes et les expressions de sa polémiqne? 
Ltioiioear de vos Annales, recndl ti précieux pour tes 
sciences, n'y éiail-il pas intéressé? Voici, en effet, ce qu'on 
lit sur le frontispice du cahier que j'ai sous les yeui. 

> Des Sivans qui ont consacré leurs ëtudea aux recherches 
sur la géographie, les nururs et la langue des peuples anciras 
et modernes ; d'antres qui sont allés porter un œil obserratenr 
dans di^irentes contrées dn globe, ventent bien seconder les 
rédacteurs dans leurs travaux. Nommer MM. Adelung, Beau- 
lema-Beanpié , de Buch , Durean de la Molle, Gl&y, de Ham- 
meT,Hasc, Humboldt, Janbert de Patsa , l'amiral Krusenstem, 
L^pie, Letronne, Abel Rëmusat, Rehtnanij, Rossel,'£nsèbe 
Salvnte , Scfaoell , etc., c'est dire que les Nouvelles Annales det 
vcyagtt se recommandent à l'attention des lecteurs par une 
feule de morceaux d'une âmdition profonde et variée, d'une 
critiqoe éc^airit et judicieuse , et par des aperçus neuf* et pi- 
qutns. • 

Cettainement vous m'aves élevé beaucoup trop haut quand 
vous avec daigné me placer au milieu de savans aussi respec- 
tables par la profondeur et l'étendue de leurs connaissances ; 
mais cet honneur, dont je me reconnais indigne, ne devait-il 
pas être poar moi un titre de protection dans le* Nouvelles 
Annaieâ? Aprèi ce que vous dilcs de mai dans la première 
page, ne nwltei-vous pas ces Annales ea contradiction avec 
elles-iDéascs quand vous pennettes à nn étranger d'y inaérer 
an article on il s'exprime sur un de vos collaborateurs «n 
termes si hasardés et aï peu mesurés? 

Unia venouaan fond de la question, et laissons l'aaleur de 
l'article auquel je réponds s'attacher aux penonnalités. 

Se proposant de confondre ceux qui , dAns le BaiUlitt det 
toateet, prétendent avoir fait la découoerte d'une lauffie m- 
aommut il commence par relever an passage iaséii dans le 
cahÎBrdcjaancr iSafi (p, 3i)âe cerecaeil. 

la. 

i..i-,....i:, Google 



x8o PMÎologie, Ethnographie. N" i34 

Je rendais eoiupte, dani cet article, du dictionnaire de la 
langue polonaite , publié par Lindé. En annonçant ce bel ou- 
vrage, je disait : ■ Chaque mot polonais y est rendu en alle- 
mand , en bohémien, en moravlen , en ilovaqne ( langue que 
l'on parle dans tea environs dePretbourg), en croate, en dal- 
matien, en bosniaque, en slyrien, en carinthien, en ragu- 
san ou monténégrin, en slavon, en lorabe ou lusacien, en russe 
vulgaire ou moderne , et en russe liturgique ou ancien slavon , 
employé dans les livres d'église. Pour cbaque dialecte, il donne 
des exemples tirés des auteurs nationaux etc.» On voit , par le 
dictionnaire de Linil^ , quelle grande étendue occupent en 
Europe les nations slaves et Icnrs difTcrens îdîAmes. It ne sera 
pent-ètre pas hors de propos d'insérer ici les reflétions sui- 
vantes, tirées d'un onvrage moderne. 

■ Les anciens Slaves avaient successivement occupé la Mé- 
gie, laDacie,la Pannonie, la Dardante, la Libumïe, l'IIlyrie, 
la^nimatie, l'Ittrie, l'Ëpire et une partie du Péloponèse. 
Ayant couvert ces contrées de leurs colonies, ils y introduisi- 
rent la langue slave , qui est encore aujourd'hui celle des pea- 
pies qui habitent la Circaasie , la Russie, la Prusse proprement 
dite, la Poméranie , la Pologne , la I.us;ice, la Sitésie, la Bo- 
hénic, la Moravie , nne partie de la Hongrie , la Dalmalie, In 
Bosnie, la Croatie, la Servie , la Camiole, la tiarinthie et une 
partie de la 'Grèce. Les armées turques, russes, anirichiennei 
et prussiennes trouvent partent dan* leurs rangs des hommes 
qui parlent slave. Dans la capitale des Musulmans, dans leurs 
sérails , la langue slave est pi us en usage que tes autres idiômet 
nsilés dans ce pays. Le sultan est obligé de parler slave lo.s- 
qn'il veut s'entretenir avec les Circassiennes et avec la plus 
grande partie des femmes qui peuplent son harem. • 

Ce dernier passage est tiré de mon- fojrage en Allemagne et 
en Pologne (Paris, 1816}, et je l'avais pris dans des disserta- 
tions qui^au commencement du 17' siècle, mirent en mouve- 
ment toute l'université de Prague. Sndet , professeur en cette 
université, avait pnblié, en it)i4 et i6i5, deux thèses, daoi 
lesquelles il cherchait à établir que les Busses, les Roioltns et 
les Bohémiens avaient eu nne seule et même origine; qac 
l'ancienne Roxolanîe était le berceau des Russe* et cefnt des 
Bohémiens. Troîle, recteur de l'tiniverHté, pabUàconlre cett« 



PhUologie, Ethnographie. i8i 

opinion denx tbèiei. Dans la preaiiérei il disait : Bohemos ori- 
gine Rarolanat este qui fcripsit, nescia an porcellus loquatur. La 
secoode est inlilnlée : De Bnheinid pid contra Koxolanos; Pra- 
gne, i6i5. Sudet ayant répliqaë, Troîle lui oiipoia une troi- 
uènelbéfc, inlitulëe: Jnti-Jtoxolaiiia ; Ptagae , 1616. Il 7 dît 
«Dire autres : Maneat Roxolaiiui qui saot veteres pro barbarls 
agnoseit. L'iiaÎTCrsilÉ de Prague donna gain de cuuie à Troîle , 
et Sudet fut admonétâ pour avoir osé faire imprimer ses ihéses 
sans avoir l'approballon de l'anÎTeriilé et du recteur. 

On peut lire à la Bibliothèque royale Ifs pièces de ce procès; 
c'est là que j'ai puisé Les passages que H. J. Tîtoff bl&me avec 
si peu de mesure. 

Celle discussion a précéda de aoo ans celle qui s'est élevée, 
en 181a et i8i3, dans le sein de l'Iosiilut. tin académicien , 
M. Petit-Badel , chargé de composer des inscriptions pour cé- 
lébrer l'entre'e de la grande-armée en Russie, donnait aux 
KussesUnomdeBoiotans, qui lui paraissait plus sonore, plai 
poétique. Un autre académicien, Af. Daunon, repoussa cette 
oernière déaDmination. Des mémoires pour et contre furent 
lui ; on voulut bien me consulter. Je dis et je prouvai que l'on 
donne dans l'bistoire le nom de Roxolante à la Ga^llicie et aox 
provinces gui coni[iosent aujourd'hui la Russie Rouge; que 
Lemberg et Kiefr sont les villes principales de cette Roxolanie; 
que ses habilans se sont toujours distingués des Bosses par 
Irurs OKEurs, leurs lois et leur langue; qu'ils parlent le rnske, 
qui, depuis 10 siècles, est la langue lithurgique de tous les peu- 
ples formant la grande famille des Slaves. 

J'assistai en i8i3 aui séances de l'Instîtat, où les deux aca- 
dcmîi-iens exposèrent leur opinion. On argumentait vivement, 
mais avec une décence et une ui'banité que ne connaît point 
l'auteur de l'article dirigé contre moi dans les Noavellti Annales 
dei voyages. 

En parlant des Roxolans , que l'on me permette de dire 
quelques mots sur celle illustre enclave qui sut captiver SoU- 
man-lc-Grand, et qui, étant devenue l'épouse de ce fier sul- 
Un, lui donna Bajaiet et Sélim II. La Biographie universelle , 
qui l'appelle Boxelane, la fuit Russe d'origine. D'autres biogra- 
phies ont prétendu qu'elle était née en France. Les manascrits 
historiques découverts et publiés à Varsovie, en 1833, par 



I., Google 



i8a Philologie , Ethnographie. N" i34 

3. 0rs. NîemeewicE (ij ont conduit à de nonTcIlei ndierelici 
et à des donnëes plus exactci. Parmi cei pièces historiqne* M 
trouTeot plusicnrt lettres adrels^es par Soliman à Sïgismondl", 
roi de Pologne. Dam l'aoe d'elles , le sultan dit : > Ton am- 
baitadenr Opaliniki pourra te dire dans qnel bonhenr tl a 
trouvé ta sœur et mon épouse. • 

On a toulu savoir ce qn'e'tatt cette sœur d« Sïgîsmond, 
^ouse de Soliman , et d'après des recherches faites sar 
les lieux, on est arrivé nuz indications suivantes. Roxotane, et 
non Roielane, née à Rocholyn, dans la Busste Bouge, d'an 
prêtre gçcc, pope de cette paroisse, enlevée par les Ta tars, fnt 
conduite à Constanlinople et achetée pour le léraîl impérial. 
Par sa beauté, sa gaîié, elle sat gagner le coeur de Soliman. 
On l'appela Roiolane , d'après le nom qne les ancienne* clir»> 
niques donnent Jt sa patrie. Après l'avoir épousée , Soliman di- 
sait, pour excuser son mariage ; ■ Roxolaae n'est point moD 
esclave; c'est nne princesse qai appartient à la maison du rot 
de Pologne. ■ Il avait sans doute été Escile aux flatteurs d'am^ 
ner le sultan a cette croyance ; et qui aurait pa être tenté de 
vouloir le tirer de l'erreur 7 La correspondance de Soliman Fait 
voir qu'en cela il était de bonne foi. Ce qui est bien certain, 
c'est que les Polonais en profitèrent; par les soini de Roxo- 
laoe, leurs liaisons avec Soliman furent constamment paîs3>lM 
et heureuse*. Or; Roxolane parlait non le russe, corrompu 
par les Tatars, mais l'antique langue de* Roxolans, que ■><"'' 
appelons ruske, et qui , depuis lo siècles , est la langne Utnr* 
gique de la grande famille slave. 

Envisageons maintenant de plus près la question principale. 
Selon H. J. TiloH', les savans coUaboratenn du BuUelin àet 
Mteneet historiques , ne sachant mettre aucune borne k l'ardein 
de leur ambition , viennent de découvrir une langne qui , jus- 
qu'à présent, était restée incounne; c'est ce qu'ils appellent la 
langue rusAe. 

Afin d'établir clairement la question, nous disons ; i° ^ 
fuske n'est point la langue russe; ce n'est point cette langue qaa 
les Tatars-Uongols ont corrompue par le mélange de leur 
idi^nte ; a" le ruile en usage dan* la Roxolanie est pur. Tool* 
la faaiUe slave l'emploie dan* ses livre* liturgiques j il ■ M 

(i) V07M AH/btin ^Cf JciMCM JwMrifMM} pclolin iSat , p. 3i9> 



Philologie, Ethnographie. l83 

lîlléralore, tel r^glu graïamaiicalei et tes imprimeries, qui 
ne toDt point employa ponr le rusie notlerne. 

1* Ia langue russe s'est, depuis 600 ans, corrompue parle 
mélange de mots talars ou mongols. Schicezer dit, dans la 
prèrace qui précéite son ddition de Nestor : ■ La période des 
Mongols a él^ longue et terrible; elle a duré depuis laa^ jas- 
qn'en i4^t dt tous ces peuples barbares, tout devint barbare 
en Bnisie. Il est tnrprenaot que, pendant celle époque de 
misère et de délation , il ae toit encore Irouv^ des bommea 
qui aient eu le courage de copier les vieilles chroniques et 
d'en composer de nouvelles. Les Rusiei, qu'alors on com- 
mrnça k appeler Sloacovites, séparas de la Grèce et du reste 
de l'Europe, n'avaient plut de communication qu'avec la 
grande hortie. ■ 

Les anciens annalistes sont d'accord avec Karamsin, avec 
Kamsicwics el avec tous les liistoricns modernes, quand ils 
parlent de la posilion abjecte et humiliante dam laquelle les 
Tatars-Mongols tinrent la Buisie moscovite pendant pins de 
aoo ans- En 1341, les pelîts-(ils de Vladimtr-Ie-Grand élaîent 
lîbaroblement soumis, que quelques-uns d'entre eus servaient 
de guide aux barbares pour entrer en Pologne. La bataille tan- 
glanle de Lïegnïlz (t5 avril 1141) arrêta le torrent; tes bar- 
bares , tftnyéi par le dévouement et te courage héroïque des 
Polonais, se replièrent sur la Moravie, la Hongrie, el l'Europe 
fui tanvée; mais la Moscovie plia sous le joog pendant deux 
liècles. Les Mongols y entraient quand cela leur convenait 
pour emmener les habiians, qu'à coups de fouet ils poussaient 
devant rai, dit nn (émoîn oculaire, comme de vils troiipeaiii. 
Les Mongols venaient lever les tributs, et les tzars de Moscou 
se courbaient devant eux. Les princes de la maison régnante, 
Im enfant du grand Vladimir, se disputant enlre eux pour 
l'arracher les lambeaux échappas aux barbares, cet prince* 
dégéniTet couraient à la grande horde pour s'accuser muind- 
lement et se supplanter. L'humiliation fut ai grande, qu'il y 
eut de ces princes que le grand- khan condamnait à porter au 
cou une planche percée, et le prince restait nuit et jour courbé 
tous le poida. Il j en eut qui épousèrent les Ailes des Tatart, 
el, dant les classes moms éicTécs, oa allait au-devant de cet 
unioDS. Comment, pendaut que la Hoicovle se soumettait à 



I., viootjlc 



i84 Philologie, Ethnographie. H** i34 

une parrille lervitude, coniraent aurait-elle pa eonierTer iUd» 
M pureté la langue nationale, et la protéger contre l'influence 
àa i>euple vainqueur ? M. Tiloff croît que les Téritablë* moli 
Uta» aont asiez rares dans le russe, et que leur nombre ne 
va peut-être pas à trois cenli. Contentons-nous de cette con- 
cession. Mais les barbares n'ont-ils pas introduit d'autres nio~ 
diricaiîans griammaticales dans la langue du peuple vaincu? 
Qui oserait le dire? Qui poiurait le prouver? 

Or peut, sur ces questions, consulter les Annales patriuti- 
quesl^Ociétcheitvenniymapisski),'yi\a iSaS, n''6a. On y trouve 
un article intéressant sous ce litre : Influence des Taiars-Mon- 
goh SUT les inccurs russes. Après avoir parlé des changement 
que les Taiars avaient introduits dans l'habi I le meni, les mœurs 
et les liabitudes des Russes, l'auteur de cet article dit: • Lca 
Mongols ont également introduit dans la langue russe une in- 
finité de leurs mots qui ciprimenl le nom d'objets dont l'usage 
avait passé de l'Asie en Russie pendant l'espace de 3oo ans..... 
. Indépendaminciit dece5mots,ilsy ont fait entrer partie u lié re- 
nient tons les noms de pierres précieuses Non- seulement 

1^ langue, maïs la littérature même, ressentit l'influence la- 
tare. C'est aux Mongols que les Russes ont emprunté leurs 
contes, remplis de descrîpiîons pompeuses, d'allégories, de 
féeries, de noms latares et mongols. On peut bieu dire que , 
sous la domination de ces barbares, les Russes devinrent, 
pour ainsi dire, Aiiaiiqucs. Quoiqu'ils dussent être les enne- 
■lis du peuple vainqueur, cependant ils enlraieni volontiers ù 
son service. Aussi beaucoup de nobles familles rosses tirent 
leur origine des Tatares ; telles sont les Stroganof , Sabourof , 
Mansourof, KhantsofiTalyzine, Khilrofr, Youschkof, Aprati- 
no, Pelervo-Solovof, KoloLolizof, Meslchenki, BaLhmitief, 
Dascbkof, Bostopirhine , Youssoupof, Bibikof, Kotcliou- 
bey, etc. * 

a'' Le ruske a sa lilte'rature particulière. Ne citons qu'jin de 
ses poètes, Zimorowicz (Simon). Cet auteur léger, élégant, 
appartenait a nne de ces familles arméniennes qui, réfugiées 
dans la Roxolanic, étaient, par leur industrie, parvenues aux 
premières magistratures de Lemberg. Simon, qui cnllivait le 
genre simple de la muse pastorale , a publié : i" Roxolanti, 
fo test ritskÎE pannf no wetcle BnrHomicia Zimoroiviçzi ,- prtf'z 



Philologie, Ethnographie. i85 

Simeona ZimatHviaa, hemberg, i634; réimprimé à Cracovie 
mèrae année, à Varsovie 1778 , el publié de notiTean a Vono- 
irie i&o3; a° Siebmki notve ruskie roznym staaom dla rabaivy 
teras l'ivino wydane pnez Simeona Zimorowicza , Lemberg, 
i6fi3; Varsovie, 1770, 1778 el i8o5. 

Si H. TltofT me le permet, je traduirai aînii le commepce- 
ment de ces denx piëcei : let Roxolaaes on les Dames ruskes} 
— Nouveaux rondeaux rushes. 

Ces lieux piécei, auxqnelles on poorrait en joindre beaU' 
coup d'antres, ne sont miseï ni quant an langage, ni quant 
aux caractères de l'alphabet. 

Ignace Danilowicx , sommé professeur du droit lithuanien 
à l'unÎTenité de KharXhofT, se rendant de S. Péteribourg au 
lieu de sa destination, passa par Moscou, oà il visita la bibllo- 
Ihèqne du comte Tolstoy, qui est si liche en monumens sla- 
Toos du mojen âge. Devant, d'après les roncltoo* qui lui 
MBt confiées, s'atiacber particnlièrement, dans ses leçons, à 
expliqner les ■ncieos slaluls de la Lithuanie, il chercha, dans 
la bibliothèque qo'il visilaît, les diplômes qui ont un rapport 
direct aiec sa mission- Il nomme ruilio-tUlluanie» , ou bhdo' 
tutke, ou bUtnt-raske , le dialecte dans lequel ils sont écrits. Il 
y en a depuis le la" siècle. On voit que , même dans le 16" siè- 
cle on parJait le ruslie ou rnsLo-Iitbnanien à Lemberg, comme 
à Wiloa et à KDyzsjD. C'était la langue dont on se servait 
dans la chancellerie des Jagellons et des Sigiimond, pour les 
affaires qui regardaient la Russie Rouge et la Liihnanie. 

C'rst un professeur enseignant dans une nniversité de l'em- 
pire russe, c'est Danilowici, qui dit aux Russes que leur lan- 
gue s'est corrompue pendant la triste période des Mongols, et 
que te >DSKa s'est conservé dans sa pureté primitive. 

Le savant Leiewell, qni a complété Danilowicz, a publié 
8 diplômes donnés en langue mske {Dziennii IVarsnawski ; 
(léc. 1 8a6 ). J'ai publié dans le Bulletin des sciences historiques , 
août i8a8, quelques morceaux pris Gdclement dans ces iliplû- 
mes; la copie a été soigneusement collationnée. M. TitofTdit 
le contraire, et, selon lui, j'ai mal copié et mal traduit. C'est 
chose facile i vériGericela se fera quand je pourrai me procu- 
rer les originaux que j'ai eu sous les yeux. Mais admettons 
que le Irsducieur et l'imprimeur se soient irompcsj les fautes 



i.Aioo^lc 



I 

L 



iM Philologie, Ethnographie. N" i34 

qui peuvent leur avoir £chapptf pronveraient-elles la Ihhe qne 
notre savant critique vent défendre? 

4" On a publié i MoKOu, 1814, lei Archives de la Rutsie- 
Slanehe, recueiltiet par Grygorowicl. Le Buttetin des seientxt 
historiques {îéi. i8a6, p. i38) dît en annonçant le tome i** de 
ces Archives : • Ce premier tome comprend S7 anciens dipl^ 
mes, raiig<!s selon l'ordre cbronologiqne. Us ont presqnc loni 
pour objet les privilèges qne les roii de Pologne ont accorda 
aux habitons de la Bnssie-Blanche avant qne ces contr^ei eus- 
sent cil! incorporées à l'empire russe par le traité d'Androssow. 
ns ont ordinairement rapport aui libertés civiles et religîeasn 
de CCI habitans, qui, en général, sont attachés au rit grée. 
Quelques-uns de ces diplAmes sont en latin , la plupart ea po- 
lonais on en ruske, qui est le langage usîl^ dans la Rnssie- 
Blanche. Avant la réunion à l'empire rosse, cet idiome, qui, 
n'étant ni le polonais ni le russe, est asiujetlî & des rigln 
particulières, était même employé dans les transactions publi- 
ques , ce que le gouvcrnemeut russe ne permet plus ; cependant 
les habitans de la Bussie-Blanche continuent i se servir de 
leur dialecte particulier dans leurs rapports sociaiit et com- 
merciaux. On ne peut déterminer d'une manière bien précise 
quelle était la population de b Bussie-Blanche lorsqn'en 1773 
se fit le premier partage de la Pologne; mais il paniît, d'après 
des documens assez certains , qu'en 178g, dii-srpt ans après 
la réunion à la Rusiie , la métropole de l'église ruske comptait 
1,936 églises catholiques, 3,136 ecclésiastiques cl >,i39,6Sa 
habitans catholiques. La population entière, en y joignant les 
habitans professant d'antres cultes, étaitde 3,148,6^9 Amel.' 

Voilil des faits positifs ; pour le* réfuter, il faut en produire 
d'autres qui les confondent et qui soient birn avérés. Il ne inf- 
£t point ici de crier à l'absurdité^ 

5" Nestor, le pcre de l'histoire rasse, mort âKief en iii<î| 
y avait écrit sa Chronique dans l'ancien langage qne nous appe- 
lons ruske on roiolan, et auquel d'autres donnent le nom de 
vieux slavon. Schloezer a publié en i8oa cette chronique soas . 
ce titra : Annales russes de Nestor dans leur langue originale 
êlapoiu. L'ouvrage est dédié à l'empereur Alexandre. Ce sa- 
vant dit dans sa préface : « La langue dans laquelle a écrit 
Neiior est le vieux slavon, qui a passé dans les livret tiiQTg>* 



PhûoIûgU, Ethnographie. 187 

ques dont m Kireni les nations slaves appartenant an rit grec 
Ces nilions, dont le nombre va bien i 60, sont les Rusi«s, 
le* Polonais, les Bohémiens, les HoraTÏens, les Croates, les 
Bosniens, les Itljriens, les Dalmates, etc., et tons ont înlro- 
dnit des changemens dans l'ancien langage. La langne originale 
Ht le viens slavon ; mais qni poarrait monlrer l'époque oè les 
di(Krena dialectes se sont s^arés de la langne originale par les 
ntodiEcations qni les distinguent aujourd'hui 7 Quand le vieux 
slavon, en se modifiant, a-t-il formé la langue rosse telle ijne 
noDs la parlons 7 Pour cela , nous n'avons qne des données con- 

Inses et imparfaites Nestor a été reproduit dans nn grand 

nombre de manuscrits; mais ob est l'original de cet ancien 
anleurT En 1721, TatistchefF, a qni Pierre- l»-Grand avait 
dotmé nne mission en Sibérie, 7 découvrît un ancien codex, 
qni, a enjnger par ^écrîture et le style, lui parnt être l'origi- 
Bal de Nestor. Celui qui en était le propriétaire l'avait étudiai 
il se chargea de le copier ; mais malhenrensement, pour rendre 
Ffiriginal Intelligible, il avait renda les mots et les phruesq«i 
)■■ patùsssicnt trop antiqaes, en russe moderne. > 

Le mtrae auteur explique la diiféreaca qn'i) y a entre te 
vieux slavon et le russe moderne, qni, selon Ini, ne s'est 
formé et n'a été Imprimé tel qu'il est qne dans le commence- 
ment da 18* siècle. Pierre-le-Grand, se ironvant en 1698 à 
Amsierdam , 7 avait bit établir une imprimerie avec les carac- 
tères da russe moderne. En 171T, cette imprimerie (itt Iranï- 
férée 11 Pélersbonrg , et on commença à 7 faire paraître les 
ulascs et quelques journaux. Le tzar vonlnt que l'on se servit 
soni de ces nonveanx caractères ponr imprimer les onvrages 
éciits en vieux slavon, et on obéit. La chronique de Nestor, 
publiée par Schlœzer, a pam en caractères latins , et Dnni- 
lowia, ainsi que Lelewetl, se sont servis des mêmes caracièrci. 

Enfin , lirons nne conclusion. U y a une langue originale 
qni appartient k loua les peuples slaves. Les Russes, courbés 
sons le joug des TaUres, ont corrompu la langne de leurs 
pères; l'ancien slavon, ou le mske, s'est conservé pur dans 
le pays des Roxolans : leur idi6me est conforme i. ta langne li- 
turgique; lenr dialecte n'est point nne tangue inconnue non- 
velleaient déconverte ; c'est la langue que parlaient le* anciens 
Slaves. 



]bïGoog[c 



l8S Phiiphgie, Ethnographie, 

6" La langue riisle a ici caractères typographiqnei et tra 
itnprimeri» parti cal icrei. Pierre- le-Grand en ^leblit vue à 
Moscou ; Théodore Poljcarpe , qui en était le directeur, publia 
en 1704 un Dictionnarium trilingue où ce vieil idiAme ilavoD 
eit expliqoii en grec et en latin. II y a plusieurs imprimerie* 
pareillei à Kiowj il y en a une à Poczajew, maison religieuse 
qui suit la règle de Saint-Basile , entre Lemberg et Kiow. Il y 
en a également à SaÎDt-Pctersboui^ ; un archevêque de Zagrab 
ou Agram en a établi une dans la capitale de la Croatie, et 
l'Autriche a fait ériger à Bnde et à Venise de ces imprimeries , 
pour les sujet! anlrichieni qui snivenl le rit ilavon. 

Je me suis hâté de vous donner ces renseignemens ; peut-être 
•uffiront-ils pour éclaircir l'article de H. TiiofT. J« pourrai 
développer le sujet quand les originaux me seront parvenus. 

Je vous prie de .Tonloir bien insérer mu lettre dans un de 
vos prochains cnhiert- 

Je suis, elc, G. Glet. 

l35. Fablxs PoLoirtiSES ns Kbasicbi, prince el afcher^qne de 
Gnesne; traduites pirJ. B. H. ni ViEHm. Un Tol. in-iS' 
Paris, i8i8;FirmiBDidot. 

A une époque encore récente, notre liltéralure, riche , mais 
dédaigneuse, se renfermait dans le cercle qui lui était tracé par 
les auteurs célèbres dont elle avait recueilli le brillant hérilage. 
Des limites, avaient été imposées augodt; le langage lui-même 
semblait rester siationnaire , comme si la pensée , désormais 
stérile, devait s'arrêter, ou rétrograder vers le passé. Depuis 
quelque temps,au contraire, on a senti que le beau ne pouvait 
être le partage exclusif d'un peuple; une généreuse émulation 
s'est manifestée, et chaque nation a vu se naturaliser parmi elle 
les «uvres du génie. La Hussie elle-même a payé son tribut à 
celte curiosité qui constitue le caractère distinclif de l'époque, 
et les fables da Kriloff, accueillies naguère avec inlérût, n'ont 
pas Irompé l'attente de leur savant éditeur. C'est donc avec 
empressement que nous annonçons au public la muse de Kra- 
aiclû dont celle de M. de Vienne est la digne interprête. Jeté 
en Liihuanie par les événcmens de la guerre , M. de Vienne 
trouva dans l'étude d'une nouvelle littérature, quelques adon- 
cissemcnsau sort d'un captif. La sympathie du talent elle 



Philologie, Ethnographie. 189 

louTcnir si doux de la patrie inr ont terre iUangète, rempli- 
reol son coeur du déiir âe faire connaître à la France les pro- 
ductions do Lafonlaine Polonaij : heureux projet qnele succès 
rient de couronner. Son ouvrage sera go&ic lous le rapport 
du mérite littéraire, mais il se recommaode plus particulière- 
ment auK lecteurs du Bulletin, fasbiluës à la recherche du 
connaissances posiiives. Leitfh, c'est Chomme; c'est aussi l'ex- 
pKstion de la socict£. L'application que nous faisons ici Je 
cette pensi'e d'un écriraîn distingué du dernier siècle, indique 
assez le double motif d'intérêt qui s'attache à la lectnre des 
fables Polonaises. N. de Roa. 

i36. Acn n'uif coktb Cousin de Wuktembuo , fait k Sainl- 
Jian d'Acre en S jrie dans l'année iai8, avec des obknratioos 
parl'éditeur. {H^urtembergishe JahrbucherJiirvaterltKitditehe 
Gachieku; i8a8, p.gB^l. 

Cet acte, par lequel Conrad, <»>nite de Grûningen, donne ton 
domaine de Harpach aux hospitaliers tealoniques à Jérusalem, 
est fort important pour l'histoire du Wurtemberg. C'est le do- 
cument le pins ancien que l'on possède en ce geure : le sceau , 
attaché an titre original, est au nom de Conrad de Wurtemberg, 
et proD*e les antiques rapports qnî ont eiîsti enire la famille 
de Woriemberg et celle des comtes de Griiningen. Celte pièce, 
qnidaiede L'an laaS, est encore fort intéressante sous ce 
point de Toe, qu'elle nous révèle un fait jusqu'à présent incon- 
nu; c'est que le Wurtemberg, comme les autres pays de l'Aile* 
inagoe, avait fourni des soutiens à la causcdes croisades. 

■ I7. DeoTscac SPHiCHLznaE -^Graminaire allemyide avec ce 
second litre: Orgaaitme â.u langa^ consitliré comme intre- 
dactianâ la grammaire aile/naatleiptr le D'. Ch. Fer-BacKkii. 
1° vol. gr. in-S" de xvi et 368 p. Francfort snr le Hein , 
18371 Reinherr. (Gœtting. getehrte Jmeig. imai 1818, p. 697}, 

En itaAi l'auteur a fait paraître un ouvrage intitulé : de la 
formation des mots de la langae allemande, ou développement 
organique de celte langue. Dans l'analyse, l'idée que le langage 
doit être considéré comme un produit organique de la nature 
humaine, et même comme un tont organique divisé en ses par- 
ties, n'avait été appliquée dans te premier ouvrage de l'auteMB. 



I:,G01")^|C 



190 Philologie^ Ethnographie. 

qu'inn élément ipécial dnUngage, ikToirM'^tynologie.DiBi 
ce second eiui, raotcnr l'eit proposé de traiter ions na pomt 
de Tue phyiiologiqne, le Uogige pris dans son ensemble, etd'en 
exposer tons leirapports comme étant des rapports organiques. 
La première section traite de l'organisme dn langage en gén^nL 
Le langage est une fonclion organique de l'espèce. Car la vie 
Iminaine n'exige pas seulement, comme celle des animani, une 
coexistence parement instinctive qaiest la condition nécessaire 
■ la propagation de l'espèce, elle demande en outre une con- 
munication bien veîl lame des idées, un développement commun 
de la vie intellecinelle, par leqnel la vie intellectuelle devient 
également on attribut de l'espèce. — Sons ce rapport, le lan- 
gage peut être oowparé aux foaclioas sexuelles, et suppose in 
double upparôl d'o r gane |. L'un pour donuer : orgaafi de U 
parole — L'antre pour recevoir : orgaues audîtifa. Cm osgaues 
atteignent de bonne beure lear déreloppement, et, par ce- 
la même , ils indiquent la destination infiniment plus élevée 
de la vie iotellectuellc. Dans la respiration et dans nu* 
foule d'autres fonctions , la voloaté agît plus par voie de res- 
triction, que par voie d'action. L'homme parle parce qu'il 
penseî il se tait parce que telle est sa volonté; il n'apprend pas 
A parler, il apprend à se taire. 

Le langage considéré comme produit naturel organique se 
manifestant, non avec spontanéité et conscience, staîs par une 
nécessité interne, se distingue de toute oeuvre de l'art et de t'io' 
veulion des hommes. S'il fallait encore une preuve de la jus- 
tesse de cette opiuion, on la trouverait dans les rapports entre 
les voyelles, daus les langues dérivées d'une langue mère. La 
seconde section traite de la fennalion organique des sons. Ou 
ne saurait asarn noaunnander à t'atteation de l'observai enr le 
rUe que jouent les sons qui se forment par l'aspîratioa. l^i- 
si^me section. Formation organique des mots, neioes, aggluti- 
iMtion.LangaessTntliéiiqoesetanaljtiques. Quatrième section. 
Formation organique de la proposition, i. C'est en génëfalle 
prédicat qui est la notion principale dans la proposition. LRip* 
ports de la proposition simple. 3. De la proposition composée. 
4. Topique et flexion. 

L'investigation historique du langage, dit l'auteur, «t à 
l'eiueigaement proprement dit du lainage , ce que l'bistoite 



Philologie , Ethnographie. ipl 

MtiudUe>liir«iBeigBemfDt det iciencet nttarellei. Il faut 
par «Huéqueot qu'elle sait comparative comme l'hiitoire natn- 
rcUe : de méou que U Boologie comparative fait connaître let 
rapport» organii]nn des corps dei animani.de même la thtorie 
comparée de* langues et des idi6mes de difTéreni trmpi et de 
dilTe'rens peuples, met en évidence les rajqxh-ti organiques 
du langage, et les résnltati des iniesiigations historiques sur le 
langage ne sont imporlans et utiles, que parce qu'ils mettent 
en évidence les mpports organiques de la longoc. la zoologie 
compantive nous a appris que des di^'érentes fonctions ani- 
males ei des organes qui y sont relatifs , les ans ont atteint le 
plus haut degré de développement dans telle classe d'animaux , 
les anlres dans telle anlrc classe, et qne les fondions princi- 
pales de la vie nnîmale sont à certains égards réparties parmi 
lesdifféreniesdasses d'animaux. Nous pouvons, dit-il, attendre 
dea résnllais analogues de l'étude comparée des langnes. Cette 
étude nous apprendra , que parmi les fonctions organiques 
pariicnlièrn an langage, il en est qui ont alteiotleur plus haut 
degré de dévelo^ipement dans telle langue particulière , et 
d'autres, dans tel autre idiAme, et que l'enaeinble des langues 
peut seul faire connaître tous les rapports organiques du lan- 
gage dans Icnr perfection. Ainsi, par exemple, la partie du 
rytfame semble s'être développée d'une manière plus parfaite 
dans la langue allemande, l'euplionie, par contre, dans la lan- 
gue laliae et dans l'idi Ame grec; et de mf me que la conjugaison 
du verbe semble avoir atteint, dans la langue grecque, son plus ^ 

haut développement , de laème la déclinaison du «ubstautif 
semble avoir atteint le sien dansla langue finlandaise. 

Nonaajouteroos.que, dans toutes les conjectures que rsaleur 
b«z«r(Ie, il se montre subiîJ, mais non tranchant, C fi. 

1 38. DtasiBTaTioK cbitkïgk m iroLaoinQiiK sra u liroitk 
BaMin; pB rucceléaiasUqnedu diocèse deBa]ronne.;prix, 
%(r. a5,Ba7MiBeChueaD.{GaeeaT(/0£(i^(vra; iSiig, N^Je, 
- p.5) 

L'an tenr, après avoir fait l'éloge des travaux de Larramendï, " 
qni a écrit la grammaire de la langue basque, expose la néces- 
iixi d'examiner plu* pbilosopIùqaemeDt cet idiâme, et d'^ 
chercher son économie sans tenir compte des théories gramma- 
ticale* qne l'on a appliqua» avec plut on moinf de bonheur k 

!■.,- ....I., Google 



»9a PAitologle, Ethnographie. 

d'antres langues. Pourse lirreri des rectierclieB de celte natnre, 
il faut connaître les principes de la grammaire générale. L'an- 
teur possède parfaitement cette connaissance, qaoiqne sa mo- 
destie l'oblige souvent à citer les auleari diitîngnés qui ont 
ccrîl sur cette matière. 

II examine d'abord les sons de l'idiAme basqoe, puis les élé- 
mens granimaticAnx, qu'il rédnit à deux, savoir : ' te noin et le 
verbe. Sons la d£nominatit>ii de nom, il comprend l'adjectif, le 
participe et l'iunnitif des verbes ; Il réduit les adverbes i des 
cas du nom, ce qu'ils sont en effet dans le basque. Les articles 
sont incorporas an nom comme encljtîques. Il n'y a pas de 
prépositions, parce que celle langue désigne par nn grand 
nombre de cas les diverses relations d'une chose avec d'anirei. 
Il ne dit rien des conjonctions, et quoique sa thëorîe gramma- 
ticale soit de peu d'importance dans toutes les langues, la ib^o- 
rie philosophique est plus importante, et offre plus dediffictiltés. 
Le Basque n'admet qde les cinq voyelles principales a, e, ', 
o, H, comme l'Espagnol , sans aucnn mélange de sons inleriné- 
diaires; aussila prononciation enesi-elle claire et forte. — Le 
Basque a un nombre convenable de consonnes. Des ariicnla- 
tions anciennes , il a conservé /, /, comme on tes prononce en 
. Castillan, et les aspirées pfi, kh, ih, comme ne les prononceaii- 
cune nation moderne. L'auteur fait remarquer avec raison que 
l'aspiration d'une consonne exige deux conditions, savoir: 
i" Qne l'on n'altère point le son propre â ce genre d'articuU' 
lions, et que l'on donne à ce ion le degré de force convenable. 
Enfin le Basque a rejeté les sons , qui lui sont étrangers, du v, 
^> 2| S> J • comme les prononcent les Français. Disons que 
l'ËspagnuI n'a rejeté de ccï sons que celui du v, et en a même 
conservé la forme. Cette partie de la dissertation est e'crite avec 
beaucoup de lalent, et avec une érudition irès^udicieiiK. 

Cependant U théorie de la déclinaison dans laquelle coasiUe 
le génie propre à cette langue, nous semble meilleure. Elle n'a 
pas de genre. L'auteur fait ressortir les avantages de ce défaut; 
il pourrait même le considérer comme la cause de la nouveauté 
et de la giàce que doit avoir te nom personnifié dans les mon- 
veroens oratoires ou poctiques , parce qu'on lui donne alors 
.un genre correspondant à des qualités. Le Basque n'a qu'une 
déclinaison qui consiste toute entière en inflexions avec deux 



philologie, Èthnographia. ig3 

nombres, \t singulier et le pitirïel définis, et le nombre ind<<fiaï, 
qui Mt parlicolier à celle langue, et dans Iniuel l*appeltaiir it 
prend dans Teinte sa gjni^ralité sans ^Ire ni singulier ni pTarîer, 
et sans être déierniîné il'Dacune luanlère. — Il en résiillc qn^* 
lorsqoe le nombre est snffisamment indiqua par le conteile de 
In phrase, le Basqne hisse te nom et les adjectifs qnî s'y rap- 
porleot, ïniléfinis, sans qn'il ait besoin d'employer le pluriel, 
de la même manière qu'en algèbre , on lît el l'on écrit 4 t sa 
lien de 4 o^'- l^s Basques qn! n'ont pas appris te daslillan dès 
Inir enrance, lorsqu'ils commencent s le parler, emploicni le 
singolier de cette langue au lien de rindéfînï qu'elle ne con- 
naît point, et disent fiiaf/-e <o/i/a( v^ir», au liru de dire fua'/w 
soldats vfutt, solécisme que les Espagnols appellent conc4>r- 
dance basqne. ' 

D'après l'autenr, la déclinaison, dans le basque , consiste en 
45 cas, i5 pour rinde'&ni , iSpourle singulier et iSpourfe 
pluriel. Tons ces cisauxquelsildonnedes noms inconnus dans 
les grammaires vulgaires, el, à noire avis, avec beaucoup de 
tact, différent par leurs inflexions. ' 

l'ai déjà dit queccite langue ne connaît point la préposition, 
parce qne les divers rapports du nom s'expriment par les ler- 
minaisous. Bcsie à savoir si elles n'ont pas été des enclyliques, 
ou drsposposiiions qui ont on ont' eu autrefois une valear 
séparée du nom , et qui ont fini par' s'y incorporer, ce qui ar- 
rive relaiîvement à l'arliclé , et évidemnicnt h l'égard des xa- 
1ia.\ona giili'e ,ganie ;\a même remcrque s'applique à la langue 
easiillaneen ce qui louche l'ausilialre lié, \i\i, dans les futurs 
de l'indicatif et aux imjiarfails du subjonclif, il n'y a point 
d'effet sans cause, et où pourratt-un mieux trouver la raison 
des déclinaisons, si ee n'est dans la valeur de pn'posiiions qui 
forment parelles-mômes les dernières lellre» des caj? Cet eia- 
nen trè»-dîfRnle, pour ne pas dire impossible, dans les langues 
anciennes, pourrait se faire avec plus despoir d'un résultai 
satisfaisani, ik l'i'gard des langues que l'on parle aujourd'hui. 

I.'anteiir passe ensuite k la conjugaison, et après avoir prouvé 
qne rinGaitif est un vérifable nom soumis aux règles de la 
déclinaison, tt dénioolreque la conju^ïjon dans l'idiâme bas- 
qne se forme de ce non combiné avec les deux verbes auxî- 
liaîm propres^ celte langue, et qui ont li peu prêt là même 
G. TuMi XI, i3 

L.:|-:=.i:. Google 



■ tg4 Philologie tSthiiof^v^hie. 

•i|nifiMliini qne MF et h«l>«daiM IflCuiill», DpronTeaaiii 
qae U »rb« iMsqne repré»ate l'sffirnation qoi exprime la 
eonsci«iice de celui qui parle , et dans laquelle cooiîtic euen- 
ticlJement l'acla du jugeaient. H explique eoiaîte l'art trai' 
vent admînble, auiTant lequel te ovmbineai le* prmontdc 
denx ea d^ui ei de troit en trait pour indiquer la pcnonH 
et lei relatioDi du Terbe,avec beaucoup de facilita et derapîdîti. 

Une paniculariié du verbe, v'eit que l'on peu! fonner arec 
cbacune de ses termiaaitoni un nom on nn participe lascep- 
libte d'éire décbn^ ; de mf me que l'on peut Tornier avec chaque 
cat de ta déclinaison de nouTeaui noms qui ont ta ilgniGcation. 
du premier, modifiée luivant la nature de ce caa. 

Lei ibi^ies philosophiques de la dccliiMiton et de la co^js- 
gaison présentées pour U première foii au public dans cet ou- 
vrage, prouvent que le Batqoe est na idiAme limple, parce 
que u formation s'accorde avec lea prïncipea oaturelt du lan- 
gage ; libre dana ton allure, parce que lei terminaisoni lui 
permettent de renverter l'ordre grammatical delà pbraie;sus- 
ceptible d'eiprimer la auccetsioo Inique des id^e* , parce que 
lei règles en aoRi pour ainsi dire architectoniqnrii de raiiae 
que de rendre les mouvement paJhëtiqne» de l'imagination et 
des ptsiioni, par la facilita que cet idiAme a de cr^r des n>ott 
nouveaux pour peindre de nonvellet images et de nouvraoi 
aentimens. Ces qualités , qne le petit nombre det ^tvaiot 
basques, etlepeu d'étebdoe du pays, ont rendues presque inu- 
tiles pour l'éloquence et !■ poésie, peuvent lui dtre communal 
avec d'aniret langues, et les richeites littéraires infiniment plu 
graudei de ces dernières snfGraîrnt pour les balancer. Le carae- 
lèra par lequel l'idiàme basque diffère det autres îdiAmea da 
l'Europe occidentale, c'est son originalitë, qui consiste, oomma 
celle de toutes les langues prîniiivea, dont la d^mpoiition 
qu'on peut fatre de tous tes mots en racines sigaificativet. Il 
suffit il un Basqne d'entendre prononcer le nom d'us peuplei 
poor deviner sur le champ les prinoipele* qualitéa dn ter* 
jitoire qu'occupe ce peuple. Ce caractère lui eM commun avec 
le Chinois, l'Arabe et nue foule d'autres langues primilives. 
L'aaieur d^eIoi>pe suffisamment ce caraciève en le bïtaat 
sentir par divers mots. L'éiymolugie qa'il donne aux noms dt 
U tcasaiito be4«ra«W«Btt«n boa esprit de critique foc sa ^4t4 



PAihiagù, Stkàogre^t^ '^ 

VMé ÉvpMTMi noNi e^éeherde rMoanaad«rlB Intara 
^eelNvraf») taat à cewi qni |>arl«iit b Bn*c|tt« al qnidot- 
Ytnt «heraber à coanatire pliilotojdiiqiUBnfl cvt idiAina, qo^ 
«nu qUioaninnil iTeo ailnHion mhs Mlwa, nnn laiigtic m 
■■(Mtvnvmcflt dont l'origine M perd Aanl !■ naît daUflnp^ 
.•tfaiwamt BtJDtMU pendant Unt de >iàdai, iNUs,ponr 
•iuî dli*t «■ nilira it» ccnvalsiona de !■ barbarie et de la 
aviliMtioii, sans tfproaTer Bucunr alléralioa eotable. Lll «b ^ 
y k iltlif a tetaûoe m» ufaMrrMkai, deireill otiumomt (*ll«t 
d« l'aatifBÉira et de llMitorin. C K. 

t%. IhcnoRMAlU Basque, EsrAoïtOL st Fa*nfti*; par H. F. 
Lkclo», deParii, profciMur de littérature frpcque et de 
tiii|tM hébraïque à la facnlté An leUret de Toulouw. a toL 
in-i*, de looo p. à a col.; prix, ao fr. 

leméaa Dieiia»imire r^anl en mi util vol. in-4*, i 3 colonneé ; 

' piMdtfil*atKdiiwrtkliotiphila)<^qve>urlMlBiignei, coft- 
tàMntn priBdpMlemem mui le MppArt de lenr flitation et 
dal«ira(»DMiiM,«t onrfd'KnvcankdelaCttitabrftettiS- 
pekeifraafltMifrbc, aS tt. 

tfo. Conu nitniQDB » raiTiQHi us GaAMSAiu niuftti», 
à Tua^e dea penaionoal* et de* peraonnea qui Tenlent a^ 
prendre la langue was maître; par C A. Jin-tiMt. !■•&' 
de vui et S?^ p. . aiac une appendice; prix, 8 fr. Paria, 

>8a8; Lenonnaal père etPichard. 

Ca UB Tragt n'en, il Von veut, qu'une esmpiUlidn; mafi 
eeita eotriplUtton rit , tn g^ërtl , faite avec «mci de ditcer- 
Rnaetf.^vntqiM l'auieur n'aborda pas, i beaucoup préi, 
miea l«> qBMiîm» auxquellM peut donner lieu la grammain 
de notr» langoe, il a'atlaehe néanmolm k rétntidre les diffl-- 
calt^i Im plni aérieate* , 'et qd non* arrêtent le ptua fMqnent- 
•cM dan* W diaconr* écrh An parU. 

Le plan adopt* dlni le nonwM Court de Grammaire fran- 
fiife val A peu p*i> le mâne tfae relui qu'on trouve sni*i dana 
la plupart dee livre* de te genre, •! ce n'est que H. B^lvart 
a nia t la Mît* de chaque chilpitre un exerdce cacolo^ique, 
wlaMrMKrigtei qu'il nnferme. Cette néihode, qnid^iilleurl 
«'m pu MMveHe, a , itiM tetttre^t , raMuiiaf^ d'oflWr hnmfr 
t3. 



i.AiOOglc 



tgfi Phikio^', Stkiieffiv^>Mt. N' i^o 

-dktedail l'ipplieatioti d« prto^nes qna l'on vim de'dimncr, 
B»ii, d'un antre cAl^ , comme elle iainrompt coaiiimeUmebt 
la Krie àa. faiia gmninaiîcam que préiente l'ontngc, eHe 
détroit l'iinîlé qui doit exiiier entre toutes !«■ parlin d'an 
.même cerpi de doctrine; en ce km , tontefbia , ipe les «xcr- 
cîceadottt il a'a^t enitéchent l'étndiant devoir chàmMOlet 
dn premier abord, la lioûon d'ini chapitre ênc cehli qu le 
précède on qui le anit. " ' 

Aprèi avoir perlé de l'enaeiMiUe dé la ftonvHIe OMDUBtire, 
il est boa d'entrer dam quelqncB détâili . et de iâgiMler [dn- 
■ietirs dei paitaget , en aisez grand nombre , qui noo* oçt iMiii 
'dosner prisp à la critique. 

D'abord, l'auiear adopte, pour la Grammaire en général, 
ladëGnilion surannée delà plapail de les devancieri, c'ett-i- 
dire, que la science qui a pour objet lei fondeniena de la tlito- 
rie du langage , eat transfor née en • l'art de parler et d'écrite 
correciement. >Ce n'cal paa tout i H. Ddvart ajoute A MUedéG- 
nition ridicule une propoiiiionqueumiavroyona lui appértcnir, 
à loi seul, et qui n'a paa besoin d'éire qnaUfito • P««r parler 
et [wnr écrire correctement, éJH-ïl, on m >eit de inola.» Kou 
le priona de non* apprendre de quoi l'on ae sert pour parler 
et ponr écrire ineorrectemcnt. M. Dplvart Teiit , { p. î ). qa'on 
ùt itiani , par analogie , le genre maiculin on ffnïnïn à dei 
cboieaquine lont ni mâles nifemrlles, ■ selon qn'ellei parai*- 
aent Imiter la force , le ronrage des êtres miles , ou la faiblesse, 
la doucenr des être* femelles »; et il donne comme éx^mpW 
les mots livre, table, saUil, lune. L'aaUtu T«^dra-t-il bien 
noiu dire en quoi constslcnt \i,/oree ou h courage d'un line> 
etU/àibleue onla rfoiiceitrd'DnetaliIeîIVoas liao»», (p. a*?^ 
que le verbe Aoî)* prend uu tréma anr l'«à touiea lei paTsonpea, 
excepté aux trois prenuéret du pré»entde l'indicatif, atc. NoM 
jTtndona à M. Oelvart la jnalice de croire qu'il ne coMptc-pas 
plus de trois penonoct, quoique lea termce qu'il «nplotc an»" 
blent, en quelque sorte, favoriser une «puînion diflTéi^nte; Ce 
qu'il a voulu dire vaut mieux ^e^e qu'il a.d)|t.L'aHlctir'«v«^ 
lit à la pafte auiTaule , de ne pas oonfoadf e rwvuerir avec rt- 
couBreri celte obseryaMon a, selon o^os, qualqge rhoM de 
naïf: pourquoi ne recommande>t-il pas auasi de'bie» disMUr 
guet mârir de murfr, tfffenmr À'n^rmer, toHr de f^i "*' 



!i!ïGooglc 



Philologie, Ethnographie. jm 

Dan> cette plinue ( p. 400 } : > eertiins philoiophei «neietii De 
MvaicBt pai cpie la lerrp tourne autour iln soleil , > nom gniiii- 
mairien regartte le mol toitrne comme un labjoiKtif : il est 
poBrtint uoes clair que c'est le préaeni tnilicaiîf. 

Le vi>l«iiic renferme, sons le litre à' Obiervattont partkttUèrêi, 
noreonire épreuTe (du moim en grande partie) dei RemuirqMet 
détaeUw qui terminent la Grammaire det Grammaire» de 
H. GManlt-DuTivier, qui, dn reste, n'est eiléo noUe part. Biais, 
pour ne parier ici que de M. Dclrart , dont l'ouvrage seul nous 
occupe, Doui ferons sur cette avant- dernière section de son 
livre deux on trois obiervaliona t)ui ne seront pent-£tre pas 
de son goût. Nous trouvons un article sur les mots aiumstie et 
tumiâtiee. L'autenr, Odéle à m défiance contre la sagacité de 
ses leeleurs, parait craindre qu'on ne prenne ces deux termes 
l'un pour l'autre. Quant ft dods, uuus ne voyons cotre enx 
qu'un faible rapport de conionasnce. Que u'a-t-il fait aussi, 
pendant qu'il y était, un article sur cimeterre et cimetière, sar 
liere "el lièvre, futaie etfutaine, mitfet et mulot, etc., eic. ? 
celtes, il existe, malcrirllement parlant, entre ces mois piis 
deux il deux, un rapport plus étroit qu'entre ceux que noire 
grammairien prend la peine de différencier. — II est dit (p. 494) 
que le max/mclion n'est d'usage que dan« quelques pliraie* 
consacrées, comme dans la fraction de Chostie. H. Delvart 
îjjnore-t-il qu'on l'emploie sans cesse en arîlhraélïque. — On 
lit (p. 5oi ) > L'Académie, Trévoux, Waïlly, etc., écrivent ce 
mot ( toleiinel') par deux rt : ceux qui Privent solemnei font 
donc une faute. D'ailleurs solennel est conforme a t'éljmolo- 
gîe, • etc. Ce raisonoentent a la mtoie force de logiqne que 
eelui qni serait ainsi conçu : • Pratiques la tempérance parce 
qu*Hippocrate la recommande ; d'ailleurs , elle est nécessaire à 
la taati. ■> Ainsi, comme 00 voit, M. Delvart donne, comme 
raison principale et décisive, le molif accessoire et subsidiaire,' 
el vice verdit. 

L'appendice est un volume assez mince, qnî, comme on l'a 
TU en léte de celte analyse , renferme les corriges des exercices 
r^paados dans la tîranmurc, exercices qui forment à peu 
prés Ici cinq onaicraes du livre. Cette partie de l'ouvrage nous 
parait korade foute proportion avec le rcsiei nous pensons 
qnc, d^pa tfio» le» cw, elle anrait pu <tre atw^gé^ de nMÏtii 



1:, Google 



iSfi, Sl/thotogie, 

MPI ÎKMBT^IvBl ( M qD'ell* r«At été avec sniiuge pnr 1m 
•tudiana , ri l'anlsiir avait accm d'autant ta pattîe nptietiîf» 
«tlhforigiiedc M Graismiaire. 

Le Bulletin étant ^ubli daDi rinlérét ds la aciMM plnl&t 
que dans celui dca aulnira, H. Delvari voudra bien «•«■ ptr- 
dttnpcr lei critiqn» que^ nooi nous somaiFs pnnisaa sur son 
ouvrage, qui, d'ailleurs, est eduî d'un hnmma insivnji) •! 
«tfritP, sons plus d'un rapport, l'aitenlion tt l'asiiaM du pvUio 
Mûri. E.CD.A. 



MYTHOLOGIE. 



i4i- Amiams »h nmiiiTri* pk u, nau» jiriMéti» 
•jmbolei lies £eura et des aDÎntaux les ploa conniist P" 
J. B. Patax. In-i8 d'un* reuiUc Paris, iBaS] PM^M'^*'** 
Oodat, n I. 

f43. Pbisc« teiehdm BoaiALiuM xvTnoLOOM lexicov, cuncta 
illius coMuotogica , iheosophica et dicnionica nnmina , entia 
et loca ordine alphabetico in'Hcans, illustrani et i ntgf» 
parle, cum exteris îsia con tingenti bu s, compara ns. Accrdit 
SepienlriDnalinm, Gothorum , Scandinavorntn aut Danor^'B 
gemile calendanum , ex Aiià oriunduRi , jam primnm expo- 
siium et cum larîis cngnalarnm genllum fastii> f**"* "' 
■otennibi» rîtibui vel anperslilionibua collatam. Aoclor* 
F|ifKo Maokiihh, profeaaore. In-^'î P>^^t 'o riidaU Cop** 
nhague, i8a8; Gyldenda!. 

Ce dielionoaire fait partie dn V TolnnM de U noardle W* 
lion del'Edda: ou l'a imprimé séparément pour le* •■•■*"'* 
des dieiionnairea niytholof(iquas. O* 

HZ. Ubbek d» DKuiDEB,ei«. Sur Ir* Druides des CelirsH 
sur les prilres des anciens Germains; par C, C. Baitb- 
Grand 10-8° de a3a pages; prix, 1 tlialer. Erlaiigen, ifia^! 
Palm, (ieyswg. Zifcr. Zci(unjr;mai,i8a8,ii" i36, p- '"^î). 

L'anunr traite son objet dans 1«a ebapitrea aainna : >' 4' 
nom det droidcs , 1" de l'organisation du draldiana, S <** 
IVdncatioB scientifique et des eonnaissances des dniidea* 4* "* 
la fcl^im de* dniidw, &" dn eslle daa ënidet , 0* de It** 



Jrehaoio^y Numismatique. 199 

Hneiiee peHtîqttedci draidei, 7* itt drnldetiei, %l*At l'citinc- 
tion de» draldei, 9* tsr l'origine du druidiime, 10* de* 
prtimgerManiqnes, 1 1' de* femme* tagei (doclci ) dei Gcr- 
matos. Il paraît que l'anlCDr, d^jà lioriorableraent cotinn pir 
d'aolre* érrîts faiitoritjnes, déploie dans celui-â uii« conntii- 
•ancc profonde de la matiire qu'il Iraiie. 



AKCILSOLÛGIE, NUaUSHATIQU£. 

if(. CosTUMH DM MGiui, par Thomas HnT.', publia* pur 
D. Vincent Boeifs et Van den BDftccat*n- 4* ii\U, 6* liv. 
în-^'; prix, t fr. 80 e. Bruxellea, iSa7iT|it]ier. 

i45> MIKKU.1XBA rMOKKiciA, ÙTe Comni«ntarîi de rcbniPfav* 
sieuaa,qRib» huoripiion«tnQliKli|ddaniaeiiiimaioram, 
«•MiiMqna ptepria bonùnu» et Ineornm etpljcantnr, item 
yamÊÊt g«ili> lingaa «i reUyionei pataim illnatnntnr. Au^ 
loM HaMi Av. B&auaB, Ib-4°, avce 5 pi. lithognph.; 
pris ai fir. t6 p. , Leyda iS»8 ; Lttdit«n<i 

14S. DEacaimox du nonviftai noiutitAKa ou cumw du duc 
nsBttcUfpar M. RniKtop, avec planchai Tom. ajprix, 
18 fr. le* a vol., et 3o fr. papier «elia. Pan*t 1838 i Poa- 
deT-Dnprtf. ( Voy . SutUtia , Tom. %, n* S^-J 

Il«a« a*«M dit «D rendant csmpic da i** volune de cet 
ouvraf* , qae rbbloire dei Hanlmani apparaiuatt iei iod* 
lea fMPmea d^rine belle fenme efcarg^e de pierre* précieotei et 
de direraet pamrei, dont les Iflieriptions révélaient «a croyan- 
ce, H religion, k* mnur* et son caractère. Ce rapport *ou) 
leqwl ■nna a«on* enniafé cet onvrage deriml loajoori plus 
véritable par la nature dei faîia cl de* dévelappemeni qiia ren- 
fcrae le aceond volnaie enrichi de planche*. Ladiviiibn qn'a 
soivie H. Reinaad noua a parn la plaa oonTenable. Il a'occnpe 
4'abonl de> pierrea ijni ae rapportent à Dieu , «unité de cellea 
qai ae rapportent anx patrîarchet on anx aaint* muaDlmant, 
c«f ■ de ceUe* qui n'ont d'aatre objet ^n'one peai^ jriniie 



Id fa f nïn la plat «itée de* MunlHutu est oonnne an etf 

!■.,- .. I., Google 



aoo JrcJuEoIogie ,■ NuinUinatiqHe. N° i46 

termes. <• An nom dn Dieu i.l<inent et roiijricordieax. > Lor>- 
que cet paroles (ie$cendir«ni pour la première fois du ciul, dît 
na de leurs docteurs , les nuages coururent vers rOrlent, les 
Tents retinrent leur haleine , la luer se «ouleTa , et tout ce qui 
respire prêta une oreille aticnlive^ ausiilAl les anges rebelles 
quittèrent le ciel, et Dieu jura par sa loule-puîssance que qui- 
conque respecterait ces paroles serait heureux en celte vie et 
en l'aalre. Amsi les Musnlmaos se servent de celte iovoca- 
tion dans toutes les actions de la vie , ils la font en se levant , 
en se couchant, en i*asseyatit, avant de se mettre à table, on la 
voit sur leur cachet, en l£te de leurs écrits et des objets qui 
serrent i leur usage. Selon eux, tous leurs grands personnages 
ne Sont arrivés que par celte invocalion â ce degré de vertu 
qui fait l'admiration des siècles, comme si Dien leur eut prêté 
«on bru. 

Le caractère de la divinité d'après l'alcoran se trouVe gravé 
But des pierres précieutes. On y lit ces paroles soblimcs. ■ Le 
Dieu «u-delÀ duqnel il n'f en « pas d'autre , vil et sgb*îsl« par 
Ini-mème, il n'est pas .sujpt au donpir ni au sanmeil. A lai 
appartient ce qui est au cîel el sur h terre. Qoî pourrait inter- 
céder auprès de lui, sî ce n'est par nn effet de sa volonté? Il 
connaît favenlr aussi bien que le passé, et nul ne possède de 
A science qne ce qu'il vent bien accorder. Son tr4ne embrasse 
les cieux et ta terre, et il les conserve l'un et l'auire sans peine ; 
lui seul est grand et sublime. ■ 

On voit sur d'autres pierres les nombrenz attriboU de la 
<|ivinité, je vais en citer quelques jint : • O toi qui resaerre* ! 
6 toi qni étends ! ù toi qui élèves ! i> toi qui ab*ùies 1 ô toi qui 
vois! ô sagel 6 loi qui glorifies 1 à loi qui avilis! à loi qui 
écontesl  équitable! ô l>on, » La plupart de ces attributs en 
forme de prières, sont tirés de l'alcoran. Telle est la baute 
idée que lus AJusulmans ont de la divinité qu'ils représtnlent 
Ip iciG couverte d'un voile , comota impénétrable à la vue dea 
mortels. 

, Parmi les pienes qui se rapportent à leur* propbètes, il 
n'rn est point de plus considérable pour l'histoire que ,edla 
qui traccleporirait (leHahopietences paroles :■ Il était bien 
jiroporlionné ; son leint était éclatant et tirant .un peu nr . 
^Uncj il exhalait une odeur agréable, il avait In tonrula \ifn 



!i!,Googlc 



Ankte^gù^ NamiiJiUÊtipa. sni 

fendas, tes dieveiix I irai cat sur le Uws; Uavait le/onddei 
yeuk tileo, le front ^irge, lei oreilles f^AUt, le na «qaïlin et 
les dents biens coupées; la figore et ta barbe élaienl rondes, 
ei ses maius longues, ses doigisarfiléa, ta taille ^isse; il n'a- 
Tair pas de poil aur le corps, si ce n'est depius la fattelie du 
gosier jusqu'au nombril. £ntie ses deux épaakt était le sceau 
de la prophétie; ou j lisait ces pargles : vas où tu voudras, tu 



C« aignalement du prophète fju'on trouve frécinerument , toit 
sur des pierres, toit sur da papier, eit port^ comme un objet 
de dévotion. Celui qui après moi lira la description de mon 
corps, a dit Ualtoroet, c'est comme s'il me voyait moi-m^e, 
et quiconque l'anra regardM par amoor de moi , Dieu le déli- 
vrera du feo de l'eafer. Il sera même anVancbi des peines dn 
sépnlchre, «t, au joar^ela résurrection, il ne te montrera pas 
nu. 

On lit sur un areau qu'on voit au mintsière des affaire* 
éirangères ces malt : • Omm Dieu, par les mérilcs de celui qui 
approcb de ton lr6ae jusqu'à la ditiance de deux arcs, Tout- 
K>uf devienne le minisire des deux mondes i ■ C'était le sceau 
do gnnd visir, eu l'an iSoo; il est l'expression de l'orguelt 
d'un barbare qui voudrait soumettre à son empire le ciel et la 
terre. PoDf eu comprendre le sens, éronlesMatiMnet rappor- 
tant nn mincie selon lot pins merveilleux que celui de tons 
les prophètes ensemble, n Une nuit, pendant que j'étais endor- 
mi, l'ange Gabriel te préteaia devant moi et me dil de le sui- 
vre; ea infime temps il me prit par la main, et me faisant 
KOnleranr unejument céleste appelée AI boriu^) <1 me conduisit 
ù travers ks airs. Nous voyagions entre le ciel cl la terre , et 
avec nnc telle npidité, qa'en moins d'nn instant nous nous 
trouvâmes sur le mont Sinm.La, nous nont arrêtâmes pour faire 
une prière, «pcèt quoi, reprenant noire route, nous arrivlmes 
à Bethléem, patrie de Jésus, fils de Marie; nom nous y srr£- 
time* encore ponr faire nue prière , ensuite nous nous rendî- 
mes à Jénmlem,aa temple de Suloroon, (on 7 monire l'an- 
nean où Mahomet aUadia sa jument ) ; après avoir pri^ ds 
DODVran, l'ange Gabriel me prit avec lui, et me convrant de 
nés ailes, n'éleva jniqn'auz cieox. Hous porcoarAroei les 
sept cîfm, sablant 1» srpbanges e} les anges que nous ren- 



i:,Goo>^lc 



oontriani, et «iiiveruNt paritmlîèrcmnii itm lei prafASiei 
qni m'âTawBl ytrioéAé. ArrÏTri mSn anprés dn trAn« de D!en, 
je m'BTUiçai tout muI, et n'en approchai i la diXaoce de deux 
arra. Là, je via des ckeiai qve la laagu« ne peat caprincr, ni 
r«{)ril ooncevoir. Apràa avoir joui qneltjtie lempa da l'mtreliea 
du Scignoir je relonriai Ten Gabriel et aoui deieendûne* à 
Uroialeiii. • 

C'est bien le ton , le langage et l'andacc d'an propMte mev- 
leur, mats douéd'Bneinaginaiion forte et brillante. Ce voja^ 
qni lert de prcavc à *a religion e» célébré daqm agnéa ptv 
une fâte. Ainsi a'eipRqaent Ici nota de ce acean : qui t'sffnchm 
de ton trâ/te Jutqu'à ia dUlaïKt dt Jetuc onv .Toiuaeaf la xA- 
niaire te rapporte à Joaqdi nuaUtre d'nn roi d'É^pie, coame 
lui ministre de la Coor Olionwne. Bcancoip d'antrea irnarip' 
ijon* M rapportent ligalemcnl a MahonMt, â aa familial k an 
compagnoni, et i d'aairei prophètes ponr lesquels l'Orient a 
de la renérviion ; tontci ont nu caractira ralîgicnx qui nrfiîte 
d'être ^lndi^> A la Hecqne, on y baiae l'image de la panlonBe 
du propbAte. C'est lartoat avec bu dévotion ardente qn'on . 
intercède de tonies parti Alis son nom aa trouve anr beancftop 
de pierrca.Sor les mura des écoles i sentafBdiieeeea paralci, 
« mon ovnr dît sans cesse, ÙNwfwe JU} non enie dn fond de 
mon corps s'écrie, iown diiâpé* chaque poti qui ma panste 
sur la tête et anr le corpa. ProaUuè lea noms de pieu, de 
Mabomel et d'Ali. > 

paqs les «npirea despotiqnes d'Orient oft Ton ne voit qu'on 
maître et des esclaves , il b';^' d'autre esprit que Mltd delà 
religion. C'est bien ce que révèlent tontes les inseriptloM des 
pierres précieuses dont s'est occupé aieo tant de fruit M. Rei- 
nsud. Cet esprit sDime surliml la guerre. Le Sis de Tamcrian 
se fit lire, la veille d'une grande bataille, donse mille fols le 
«liapitredeiavictoiredans l'alooran. LeméaKuaage règuacbea 
les Ollomana, un grand nombre d'officiers sont ohoiaia pour 
récita quaire-viogt-doiue fois par aemaîne le i" chapitre de 
l'alcoran. Ce qui rend surtout ces peuples rcdoulaUas dans la 
gneire, c'est qu'ils croient au dogme de k Ibtalilé M eombai- 
lent pour la religion. Une pierre porte cette idée: ■ On na 
pe«taegaf«Btirdadeatiniil n'y a paa d'abri qniaadéfcndo 



iOglc 



jfivkœologitf Numitmatiqm, 9*3' 

ld«cene-ei, •IId'j* de bra» qn'Ali etd'ép^eqvaDonlfébr.a 
Tj'alconn dit: • Hahomet et ceux qui sont âvrc lai >o»t tfiri- 
blea coBin le* ti)6dèlei , et bianTcillan» cnint <!ni. > Cm bien 
cet eaprit qna nontrenl aujonrd'bai Ifs Ollomani dai» U 
giiMT««oiilr« let BusiM. Lu moiqn^ci wnt lear pairie. 

Ii'aattar l'ett auMi occupé dei plaquei à jalinnan , de* pii- 
min magiqnei, propres à ae garaniirdei cbamoet dMaorii- 
Ugca ulrolo^iws dont oa le tert poor pénétrer le aecrel dM 
cboaes, deviner l'arenir, le préiervn de diiera accideoa et aff 
proouwr le* bîena le* plna digne* d'envie ; de* yaêe% rei»-é**n- 
Isnt te* plaoéica* de* tbici ■ inacriptiona , reprétentapt daa 
cba»«ea,dea combat! etd'autre»*cèneadeUTÎc,et de* Maas 
à boire oh l'on iroDTe inicrite celte belle peno^ anr l'eau , ei- 
primée à la manière de l'Orient ; ■ Comment ma beaoU m a** 
raii-elle pa* fièrc loraqne tont le moada recherche ma pr^ 
■eaee? • L'onrrage >e termine par le* tapi* où (ont repitem^at 
dca penaéei ton* rallégonc dea fleura, et par lei pienv* tépalo 
ctualea qui poruat de* idée* morale» et religieu*e*. 

Bien n'ett négligé dana ToaTrage ponr faire oonnailre I* 
«érïiable tcM de chaqoe inscription ; c'est une lumière ann- 
velle répandue aur l'hialoire de l'Orient. Ce* aorte* d'interip- 
tioaa soni nn recueil de pens^M intime* et fffofondei i|ai domi- 
nent M* barbare* et qni lervent a peindre leur earartire ^ 
objet le plus important de l'hiaioire et dont pourtaoi lee hiato- 
rien* a'occupeat peu. Le* monumcn* ont du mua» cet avan- 
t«fa , c'cit qn'iU ne aoat pa* menteuri. A- HAnuii. 

147, Dsa AirriQirrris se L'ÉTavaia; par H. Doaowj conieiUcr 
auliqne du roi de Pnuse. 

Jb penee qae lee antiquité* de l'Éinirle ont de* rapporta 
saoBiftetc* avcccelle*derorient;c'e*t là, einonpaaenGricet 
qne noua devons chercher de* éelaircii*craRi* *ur le* idéea 
T«li||îea*ea et sur les monumens antiques de J'Élrurie. Cra mo- 
nuMen* Aaient restas tout-a-fait inconnu* , et je ani* le pr*^ 
mïer qui en aie parlé dans une dissertation que j'ai publiée à 
Rome, tou* le titre Sotkîe înlomo aleunt vasi Etriuchi. La 
noureanlé da sujet me fait espérer qu'on jugera mes obserra- 
tiona avec indulgence. 

Ceat mn^uemeat danaraiicienne Étrurie^et surtout à Chinait 



1, Google 



ao4 Jtekttohgie , Numismatique. N" 147 

l'tBrienne Oosioin , qo'on a dtfconvn-t 1« vas« At terre noire 
qui font le «DJet de ce mémoire; cm vases me semblent poar 
la plupart ne pas être cnils au fen, mais avoir été siioplement 
Bêchés au folêil : les groupes mythologiques qui les couvrent 
sont en relief, le sijle du travail parait être Orïcnial ; ainsi les 
idées que ces tableans expriment (ronveront probablement 
lear explication dans l'Asie, car ils représentent presque les 
miaies scènes qu'on voit snr les bas-reliefs de Persépolis et 
dans les hiéroglvphes de l'Egypte. 

Le caractère de tous ces lableanx indiqnc d*abord anc liai- 
son iniîme avec lef ouvrages de l'art qu'on trouve en %rP"i 
il nous transporte dans une ère mytholo§:iqae de laqnells dé- 
rivent toutes les religions qui ont existé dans l'Asie occiden-' 
taie et dnnt TAsie antérieure . 

Cea vases noirs sortout confirment évidemment l'origine 
orientale des idées exprimées sur ces monnmens éirusqnes. 
Je passe sons silence les Canopes que jnaqu'îci l'on n'a iroiiré 
qn'à Chinsi , le) intéressantes figures à quatre allés , et tant 
d'antres lableanx qui peuvent servir i défendre l'ofrintoil en 
question contre celle de plusieurs savans qui soutiennent que' 
les arts et la langue de l'Étmrie tirent leur origine uniquement 
de la Créée. 

Je sois occupa maintenant de publier nu ouvrage dans le- 
quel on trouvera tontes ces représentations (i)- 

Fent-éire même ne serait-il pu trop hardi de supposer qn'a-- 
Yant l'arrivée des Pélasges et des Tbyrrhéniens , deux peuples 
souvent confondiu, mais certaînement d'origine absolument 
différente, l'Étrurie était habitée par une nation qui avait 
dt!jà atteint un haut degré de civilisation, et que ces Pélasges, 
i peine sortis de l'état sauvage, étant devenus maîtres de 
l'Étrorie, il arriva ce dont on a vu plus tard des exemples 
dans les migrations des peuples, qu'à la vérité les vaînqnenra 
aubJDguèrent le peuple envahi , mais que celni-ci par sa sop*- 
rionté intellectuelle, soumit ses vainqueurs, qui adopter*»! 

(1) Tojoge srchéologiqoB dans l'incIeDDa Elrarie, pir H. Dorowi 
avec iSplndi», conlenaat an* anile d'aaliqnilc* iroovcn pitl'aatcpr 
on comcrTMi diaïUgiIrrie de norence. Cbci I. S. Merlin, qui Sainl- 
Ao{ii*liD, n' 7, ■ Paria. Il pir*îua da iS «nx« nat tt«g. 



jbïGoogIc. 



s» tponin, scfluwgêa,M reHgiaii et m partie n^na u bi}|ae, 
de sorte qaû lodens peu]ilM se fondirent en un lenl. 

I.es PélaigM, faible brandie det peapUdei grecqaea aJon 
peu iBrimement unies entre elle*, et dans l'enfance sons le r^K 
port des instilutioni poliliqn», attirés en Étrnric par les récita 
qu'ils avaient rniendo faire de ce pays d^jà si avancé en ci«U 
lisalion, n'y apportèrent qne des traces de l'ordre diS cboMS 
qulroronençaienl à exister dans Jenr patrie; ilstronvàreatM 
pays oà In arts, Irs tcieiicn floniHieati où la forme dn gen- 
Temeneni était régniijn, Us s'incorporéfentlU natioa^n'Ui 
étaient venus conquérir. 

Si donc il c^ très-vratHfDUiUe que les PélaifCt et Icf 
TyrrbénieDS n'ont pas été les |>reniers. habita ns derÊlmriet 
et qq'Us n'y ont pas transplanta les genaei dei arts et dca 
mœurs de la Grèce comme le pensent des tavans italiens , d'ar 
pris les restes àft noiuimens de la liagM des Ëtnisqwa , nM 
seconde question se présenie : qoelle langue, quelle religion, 
et quels usages les Pélasgra ont-ils trouvé en Étrurie ? ce qui 
en identique avee .celte antre question ■ d'où et de quelle ih- 
^ière a-t-elleori^niirenient reçu te^ baUiians 7 

Des fouilles exécutées beureueement pendant num s^ur 
en Italie, dans l'ancienne Étrurie, et la collçclion important* 
de ces monumens que j'ai formée, donnent de grands éclair- 
cisseioens sur cette naiioa vraiment mémorable (ij. 

(ij Jt«ralt icroir ici Un nMlian d'un* opJcMlon ^ y«i unkanés 
l'aniona* dmier et qui ifiprochc da sa fin; cIlacooiiiM à fiirii sijitlai 
Ci Bcaanc l« taticoa» de Tarjuiniuia IConuio], Il d'csiimU Jnaq n'i4 
ni cartes si dewriptioDi lopograpbiqDca eiacic* de ce captcu , ni nitew 

«I le Tibn, juwju'i ana ligne panant par Cosi, C<ere elCortoni; ce tn- 
Tiil , dont j'>i confia rei^airon i H. I. O. WeitplnT , cdoud par non »- 
<!ellcnti! caile dea niTiroBi daKaplei, « taî\ décoaritr leancDDp da eLosrt 
■MMvaUti: la gra*w«<«c««arlei sera MentAt leherh. Dana la raite de 

ZWnfoiaiM oo m dAnné h ptaa le plM aact da tente ta ITécrepotjt • ou 
f T*it llailinMio* d* 5gi bypoféaa, qoi, WiN 7 aatrta trop -^leigajt 
poQi poaiidt élr* lap^araiét., porlcntla «eaalit^ loiala k 4«o lakuN. 
PanrlMacda u cutedaTarqaiaiaiB,!!. WaqttwlapBpreadr»k re- 
leré d la draun n.callealde ikod disfie cl nspt>Gtabla ami air W.GeU) 

liaoil^DB cet ami, aaiii uvDt qu'oimaUti atiitTail expreuéiBenl poor 

nDÏiCiqoi a clé un guide par&ii poui reiruarer randea clituiUitt las 

porta* de farf uiWiiM. 



,.,Got-)^lc 



M0 ^rAeùkgie, T/mnimatigt». N* 147 

' M. SMul'-ltMbelie, qat j^{ mit en posMittoB de tontH In 
rnutt el obtfmtion* qni peDvent être de quelque [ntMt pour 
hiMienen d'antiqait^, àrégtrcl delà d^nverte et dagtnre 
dM IMnbeiux, a la i l'Académie des btUei letlr» et i celle dei 
Waax ferti de Ilnilitnt de France, nn mémoire irts tpiriluel 
aarwtdéenuverlH mnan|nab1es qoe j'af faite* (lanileeotthmt 
4m nmii de K*f ier — mai iSsS , dam cei coniréea lonl-ft-fiilt 
llKMiHiei înaqu'alori, et par teiqnpilei j'ai attiré ratlenllofi 
sar BM voie qui a été tuivte par d'autiv* vert II fia de l'ail- 
•é< iB«$. Lei rétnllati importani poar les icîence* d*BiiiiqilitA 
élruaques amenés par-tà, furent la camedes ordres quele*éttéfa- 
Ufe aardtaal Galefft, caitieHinpM de la Satnte Aglise, fit donner, 
«t d'aprit leiqitela dorétiavant tout ce qat h été Ironvé et lent 
ce qnl sera déeontert i fatenir , doit être remit au gomehie- 
Heni romain, eviui-ct vonlant former on nméè national pour 
Mite br«netie iiAportante de U science de î^nriqnité. Cette 
agréable nouvelle nooi est communiqué par les feuillei pa- 
kUqnei. 

Croj'aat que le passage dn rapport de M. Raotil-Itoclrlle 
où il l'agii parliculiéttinent de l'histoire de mes découTet-Ett 
)K>Dm Btre de qnelque Intérêt pour les lecteurs dti ÈuUetiA, je 
le tranictif leitnellenient. U j est dit : 
- • Lt collection dont j'ai Ilionnear d'entretenir TAcadéinia 
••t à tons égards une des plus importante* qni aient éié for- 
«éaa dms le* damiirea année* si riehrs en déeoovertet anti- 
i|Me| cHe est sariout eitrémement renarquable entre iodIcs 
les Mltectiooi de vases peints, par le vaste ensemble qu'elle 
pr^eniede monumens de ce genre, trouvés uniquement dini 
les sépultures d'anciennes villes étrusques, et qu'on peut regai^ 
der, avec plus on moins de probabilité, comme provenant en 
partie de l'art et de l'iodastrie étrusques. 

Il est présumable qne dan* le grand oombn des vases las 
jAnsinconteilableBMBt reconnus posrgvee* et qnimmtMJOBl^ 
il'bui disséminés en tant de liraa divfrs, il en est pIu^DA 
qai oppartiaimewt par la Abriqnc i l'astique éirurfet nMl> 
■a n'en a ta «enîtode pnnr aucun de ce* vises qnl ont fini par 
perdre, en passant de mains m nains , tonte espace de ttacH 
8e kar première origine; tandis qne la collection entière é» 
M. borow , Torméa dans les licut où lés monumen* avaient été 



tionv^t, el prMqnïB moment ntee 4« law décdarcm, mu 
qfl'iocRK nMin étnnfira ic «oit, poBT ■iiii din, inlerpoi^ 
entre leur aniiqne cl lear aouv«IU •itnniioBi uMsat um 
qa'inoinc indnaine nodeive w »*it exercé* inr In «ontl- 
ment Hii -Minet, n conamc toute )■ foula cnrartère d* ion 
•niM|aîté et In certitude de loa origine ^ doublé nMio qui h 
rend iu6DiiBent recomnianddble. 

Tons les vn«et de cette coUcclion pr«»tnnoat A»* tonbeuuk 
de CocMio, l'nniique 7WywMÛi,.ei deUcont(4ooù<t(ieatif- 
tD^ le* Tilles ^truiqnes de Fulâ, de Conalo M de Gnmttuf, 
aujourdliiii Piano-dt-Koce, P6mte-Modh , Mtmiaiio 9t C^ 
ffwo duuo l'État Boguin, sur une tteodne de no nûIlM iislif ni, 
eniiron ( j milles d'Ailomagns de ctre o oHreuou. Ce fut lord 
Kinosir^ile preBHer,en i8n&, fil fairo doua In lUeropuIls 
de Tarquinin des fouilles dont le t^Snlui n'enrickit qua trop 
faiblement le ttoble Ecosuis , nui fiais et pir ks soins duquel 
clks avaient M entreprises: un pHit nombre des vase» Iron- 
léi k cette occasion diiai tes lonbeaus élntsqnn dt Conwio , 
soriit du pays par cette voie; mais la pio« grande partie de- 
mcun la propriété de la commune , tt t'y ironvnît encore dani 
l'état uiiflie où etU aTsit été trouvée, lorsqu'au mois de juil- 
let 1817, j« fis àCornelo le TOyage dont j'ai rendu oampH à 
l'Académie. Plus urd , de nourelW fotiillee faites lui frais de 
M'' réréque de Corneto, nardinal Gdaiola , et dirigée* pot 
Viitorio Mnasi , ptodsisirent la déoun*eru da pianicuM ckaw 
bres sëpnl^trales ornées de peintures; un petit tHunbre de 
vases Iranvrs à celte acrasion dans cos méoMÉ hypogées , passa 
dans ka asnios de Vittorio Massï, qui avait déjà réuni nne ainet 
grandn quantité de monumens semfalablo*, M** pro*«t)snt 
d'ancicane* sépultures étrusques , et ce fut oeUn enlleciioa par- 
ticulière, jointe i celle de Gomelo, *4 beaucoup de rares 
objet* de Part étmsqun se trouvaient d'aitletan rénnii, qiK 
fomin In base de la collection d'tBlîqniiés étrosquca de M.. 
Dorow. 

Vcrain fin do iS«7,daa pâtres trouvénal dans les «vircM 
de Poate-Bodio , l'ancienne Coriolo, ta suporfac poièro rrprtf* 
■cnlnitt BU mmHage pae , tnenamonl du atjla gRo lo plus es* 
qui* et de l'eiécalion ta i^nsa^cvée; ooii* pnilro, vendu* 
d'abord knx yna d'klbini dt Lntsan BoteparM, k Céabw, 



:,■:.. i:,G0Oglc 



■2o8 Jrviœotcgîe, Namisniatiqiu.- 

pait rerencliiv p*r ceèx-ri à dfs marchindt de cnriostTfi i 
• Rome, paiM dei mains de cei dernier* dans celles de M. Uo- 
row; mail ce a» fut pai la l'anique frait de cette imporianie 
découverte : l'attention de H. Dorow, éveîtlée par an mona- 
ment lî piMenx , se fixa loote entière nr une localité qui 
.Évail étëeoiBpléttenient infligée ju»qii'à ce moment :'un loyage 
qu'il (il à Canino, des perquisitiont actives dans tous l«s liens 
.eovifoiutans, et des Mcri6ccs de toute eipcce, curent pour 
Téiultat la réunion , op^ée * nfin entre les mains , de tons les 
«aies d^tritci dans le* mois d'avril, mai et juin i8aS', aux 
wvirans dePonta-Bodio, Montalio et Piano- de-Toce, t'a'nti- 
,que lerritutre étrntq«e de CoHoIo, Gravtscœ et Vulci. 

Ce n'est pas ici lelieodeparlerde l'enthousiasme avec leqncl 
le résultat dés aeipiîiitiont de M. Dorow fut accueilli en Italie 
et particulièrcnient i [iomé ; cet enthousiasme auquel se mêlè- 
rent hientAt dés intérêts étrangers i ccnx de la «cience, s'es- 
Jialta jusqu'à susciter on procès dont les dcinils seraient ici 
tout-B-fait déplacés, dont le but n'avait rien d'archéologique, 
puis4]u'il ne tendait qu'à dépouiller M. Dorow du fruit de ses 
travaux et dé sessacriEices , cl qui d'aitli-iirs terminé heureuse- 
ment parla géoéreate autorité du Saint-Pére,a laissé à peu 
prcsiaUctdaDS le* fnafna de H. Dorow, le riche trésor qtt'îl 
.était parvenn à recueillir. Ce sont les monumens eux-mêmes 
qui mériteat de fixer l'Hlteniiori de l'Académie , eT c'est aussi 
aur ces monumcnâ tëala, qu'il nié convient de l'appeler. 

Une olMerralion générale, qu'il n'esf (las sans iniérét de 
consigner ici, c'est qu'il règne une asset grande différence 
dans U.manière dont lestofnbes éirusques sont construites on 
dispeiéts-, dane le territoire de Cometo et dans celui de Canino: 
dans la premièra de ces localités, les sépntinres creusées danl 
le luf à une profondrur moyenne de 8 bu in pieds. Sont 
recoiivertea en buttes de terré en forme de tomnlus , qui ren^ 
dentl'aBtiqueNécrupoiisdeTarquinia facile à reconnaître sur 
tonte son étendue et à embrasser d'un seul coup d'ceil , bfen 
qito ces iQMuIaa aient été considérablement aFFectés dans leur 
forme et dans kot éWvalîun primitive par le cours des Sges ci 
p^r la main dqi boaamas : q«elqaefbiB mime ces tumnlui con- 
sistèrent orlgiminosent en um malse régnliéremcnt krrltildîei 
életéa tur un «fubaÉseoMDt «n maçonnerie, ijnr rappelle la 



]bï Google 



'Jrchaologie f Jfamismatique, ao^ 

forme de quelques tombeaux ronuii» An beaux temps de la 
r^pidbliqiie et de l'empire; et j'ai tu d^ouvrir un de cea In- 
mnliu étrutqnes de Cornelo, parfaitement consent dans bob 
soidMuemeol , et conilrnit avec beauconp de loîn et de préci- 
aïon. Iftiia dana lea Tfëcrapolis de Coiiolo, de Vnlcl et de Gnt- 
TÏMW, lea tombeaux, creuiëi i une plus grande profondeur, 
ne supportent à rextérienr aucun amas de Iqrre rapportée qui 
iadiqne l'esiitcnce de ces sépulture* aonterraîne* : le lol, semé 
de Ué, n'7 offie d'aillears aucun vestige apparent des chami 
brcs lépnlchrales qui s'y Ironvent cachées à plus de i5 pieds 
de profmdeur, de sorte que ce n'est qu'un heureux hazard 
qui peut conduire i les découvrir. Ces chambres, du reste, sont 
pins bases , maïs en même temps d'nne plus grande érendne 
qne celles de Cornelo; il ne parait pas qu'on y ait trouTéjas- 
qnes id de peinturas, non ploa qne dans les tombeaux grecs 
de in grande Grèce ; mais en reTanche il s'y est rencontré un 
assexgrandntnnbre de ces vases peints qui servaient sans donte 
anx mêmes osaget, et qni, par les représentations myslîqnes 
et funéraires dont ils sont ornés, remplissaient dana ces tom- 
beaux étmsqaei , anisi bien qne dans les sépultures grecques , 
le mime objet que les peintures observées dans les grottes de 
Cornelo, dans celles de Ctiiusi, et dans quelques autres tom- 
beaux de la campagne de Rome , qui était primiliTement nn 
territoire étmsqae. 

Une autre observation qni résulte des recherches de M. Do- 
row et qu'il importe aussi de recueillir, c'est que la plupart 
de cet hypogées deCanîno avaient été précédemment fouillés, 
et cdn dans An temps qni ne paraissent pas I rès -éloignés : 
H.Dorowen a acquis la prenve dans nn vase du i6"aiècle, 
qui s'y est trouvé parmi des débris de vases grecs. Je croîs 
qu'on pent former la même présomption , avec encore pins de 
fondement, «n aojet des grottes de Corneto, dans lesquelles il 
■ été cependant iranvé, lors des dernières fouilles, quelques 
objets en or, quelques bijonx, qni n'auraient pas échappé à 
lluvcstigation , si les tombeaux dont il s'agit avaient été visi- 
tés anpararvant : d'nn autre cAté , dans quelques nues des sé^ 
poliarMt mène réeammwt d^oovtertes, laa dosa d* Ktoum, 
qni acmsent probablement i attacher les armes et lea nsleit- 
tUca déposés dans les tombeau, se sont encore trouva Axés 
G. ToMl XI. M 



lAiOo^Ic 



910 Archte^agie t JVWNÙu 

tnx paroîi ie cti grotteit oaU lei objeU qui deiûaot J ili* 
*ii)pendtu araient dlipara, à L'eiceptïon de qne1<|nt* vut* 
dont U matière était trop vile pour tcnkr U cupidili. Géni* 
ralement parlant, les tombeaux do CorQeto> ont fourni plut 
d'objet!' di brooie ou de inatièret précieuset <fn aua. dt 
Cenina, dans leiquelt il n'i e'té trouvé que quelques vaut et 
nncaïque de inétAl, tandiï qu'ik Corneto, ou q détacri, outrt 
nn bouclier clielé, deploade troll pieds de diamètre cl rich»* 
ment ornétlc figures d'Iiomuiea et d'animauXi du idoW ■ di- 
venea parlies d'un char, entr'autrei le masque qui a'ajuiiail 
probablement au timon , dei vaiea , dei plaquei d'or kur bionae 
et faisant partie d'une armure, et enlin dei bijoux d'or. Daoi 
çea objeli de métal de Corneto i 1« ttj'le tembU K rappracbeft 
bien plus que dans le» fragmcns da diar votif tevéïu i» pU- 
quel d'argent dorù , irouTé il y a quelques inoéM près de 
WcU(>iB, et publié par U- Blillingeu. du style égyptien, qui 
n'est sans doute qu'un style primitif lié à des idées orieutaU*- 
Le masque de bronze dont il a été parlé a des yeux rapportés 
en émail, conformément au système de cette sculpture palf- 
chrome qui parait avoir éli la plus anciei^nement copuua «t 
pratiquée dans la Grèce, «près U sculpture en boisi et c'est 
du reste l'un des bronze» étrusques les plus rcmarquablsf M 
les mieux caractérisés que l'on possède, sous le double ra^ 
port du style et de l'snti^ité. Xvec le bouclier et les pbquM 
d'or indiqués plus baut, il s'est trouvé aussi de petites idoles 
en terre éioaillce bleuâtre, abjolumem semblables à cellss 
qu'on trouve par milliers dans les caltcombes de l'É^pt^iM 
cette singulière «ualogie pourrait donner quelque poids à 1* 
eonjeclnre indiquée plus baut, sur la resiembUuce faire |e 
Style égyptien et celui des bronxes de Corneto; mais j'avoue 
que, faute d'une certitude complète rclaiivetoeat a» lieus «ù 
ont été trouvées ces.idoles^ptictuet, je n'os«r4λ4i«pii)Û^ 
ter sur un pareil rfppfocbement. » 

Uais je m'arrête ici pour revenir au détail de mes coUeeiîoMi 
4it qtte j'«ar«i pris na^ ;r^alu;i«R i l'i$ai^ d« l«w F«W^ 
«fttion, 

.UA. T«* Mt Sm»a m fmiràt, 4e*ft*B roiKmfe paUM A 

, L.:|-:..i:,G0Oglc 



JrehaohgU^ Nttmitmatiqtu. 'ait 

Ce dumnm onvrage continue à mMter U favrar da pnbSe 
édalr^ par um nécation tonjoun pin* «oignëe. On volt «jn'U 
est d& à an aniKteor d» arts , qui lient sarloDt è produire ou 
bel onnage sur nn des sujets les plus faits ponr piquer Ift ca- 
riosité et nntértt. 

Les plsndies de cette noUTelle livrtiMR offrent, i° la tm 
générale d'une maison de campagne; 2° la yne intérieure dn 
temple de Jupiter; la Tue intérieure do tombeaa de NœToIeit; 
A* trais dessins de mosaïques en conlenr , d'nneparfaile esécn- 
tion ; 5" le plan de la maison de chirui^ie. 

Une fienllle imprimée fait auiii partie de cette liTraisoB. 
"NoDB ferons connaître le texte lorsqu'il sera terminé, et qw 
Ton pourra en suivre le* diierses parties. D. 

149- Di*cimo»ipm.A Villa AnauWA, aie. — Desciiplé— de 
U Villa Admnai par Ant Nnar, prafeta. d'nrnhiaiigiu à 

. lUBÏTtraité de B,oaa. Ja^ft" de 6a pif., avec -amm phathr. 
Bmm, s8»7 ; impr. de AjanL (MMioA. kal; n"* CXUT , 
Um. iBs7, p. 4».) 

Un des admirable* vestige* de la magnificence romaine est 
certainement ce qui nous reste de la fameuse FiUa que l'em- 
perenr Adrien, de retour de ses voyages d'Orient, fit coni- 
Imire ponr ses délices près de TivoIL La silnatioan'en pour 
Tait être ni plus agréable, ni plus salubre ; elle égalait, en w- 
cnit, la TÎlIe des sept collines, et représentait, en petit, les 
liens «t loi édifioaskaplosoèltiircsdanuade, M qui avàest 
plus pastîcnliêremeat fMppé cet empereur dans aea ItmgB ^mjtr 
ges. Située à droite de la roale moderne d» Tivoli, dMt elle 
est éloignée de deux milles du cAlé dn midi , elle occupe ^e 
colline mionrée de deux vallées , qui , par leur situation , se 
^ttngncnt en septentrionale et méridionale, lesquelles se réo- 
nisceni i la plaine traversée par VAnieite. Les nombreux cy- 
près qnl croissent actuellement sur le sol semblent être plan- 
tés U ponr décorer d'omemens funèbres ces pompeasea raine^ 
'de la magnfficence romaine , et les indiquer de loin i la cnrio- 
aité dn veyagenr. Sa destruction paraît devoir Itre attribuée 
lax GOlhs et ensuite ànx Lombards, nonobstant tootei autrea 
caasea aecondalres. L'auteur démontre avec une savante et 
Min* critiqite, qn'ette a éié construite dons Teipace de pla* 

M. 

■ i..i-,....i:, Google 



au Jrokm^ogiê, tfiimùmatijÊU. 

•WON Bsnéci , et idon des modei Hftértat qoi se tmomuîi- 
Mot tm. la face du édifices , et il l'appnîe à la fois des aaeie^i 
«ntenri, des iaKriptioDs et de la forme de ces montmieas enx- 
nénsM. Les choiei les plos remarquables étalent le Lycét) 
rAcadtoie,IePr]nanée, le Pwcile d'Athènes, le Casope d'E- 
gypte, le Tempe de TkeiMlie. Outre les palais, les bâtas elle* 
aombreases itaïuei qui l'omaieiit, on j voyait aiisii les lieux 
qui se rapportaient à la vie future, tel' que le Tartare. On ne 
doit point s'étonner si les fooilles faites dans ces ruiaes ont 
produit les pin* précîenx monnmeni de. sculpture et de pein- 
ture intiqaes , consiiiant priDctpalemmi en de tri*^>eUei sta- 
tues et motaïqnei que l'on Toit aujourd'hui dau* le Musée de 
Bome. Beaucoup d'autres en ont déjà parlé et notamment tontes 
les histoires de la TÏlIe de Tivoli. Ligorio, et plus récemment 
ItMheii, en ontdwinë le plan, et c'est ce dernier qui est jcnât 
i ronvnge de H. Hibby , qui s'en est occupé avec plus de soin, 
de jttgeBtent et d'érudition qne les antres. 11 a divisé les édi- 
fices de la ville eu la grandes seclious , i°1b Palestre on Gym- 
nase, qui comprend les ihéitrei grec et latin et le nytoj^ieaia 
(Ninfeo, en iulien) ; a* le Foecile ; 3<* la Bibliothèque ; 4° lesloge- 
mens des gardes; 5" le Palais impérial; 6' le Stade; 7° les 
Bains; 8° le Canope; g" l'Académie, qui comprend l'autre 
théAire, ou pluiAt l'Odéon; 10° les Enfers; ti" le Lycée; la" 
le Pryianée; cl il a indiqué d'une manière plausible et sno- 
cincte la situation et l'usage de chaAin de ces édifices. T. D. 

tito. SCnramasDicouvEaT* non la comuna dk Dsbis (dé- 
partcm. dea Vosges). {Journal de te Société d'émahUon dk 
dép€tri. des Vosges ; n" i" , juillet tSaS.) 

Dans un domaine mral appartenant à M. de Raaey , anciai 
conseiller à la Cour royale de Nancy, on a découvert des Imr 
dations d'anciens bitîmens , de* débris de statues, des triple* 
voAtes en moellon* , dei cercueils et une de ces meules porta- 
tires, nommées tratatileit, semblable i celle* dont se servaient 
le* anden*. On a (ronvé aussi le* o**emens d'un guerrier ett^* 
terré avec aes armes, un tombeau antique qui ne coniensit 
que de* cadres éparsea , des morceaux d'urnes funéraires et 
de vase* dits lacrymatoires, des médailles du Hant-Empire ef 
biODse, deux «nneanx de mtme B<tal, ea£n , un déàjfliMF 



cGotiglc 



jéreiaologîe , Ifmiùsmatiqm, ti3 

m ivoire. Dans an prtfde la mhaK cammnne, on ■ mis à (M- 
coavert on édifice trèi-con»idëreble par&itement orienté; no 
^K*é de pierres poiéo dd>ent el rènniu ptr dn mortier r^ 
guit en trant du bdttineal. Les fooilln ont encore procura 
des médailles romain» et ganloiseï enbronae, des fragnens 
d'otn^ens ta cuirre doré, des anneanx, des morceinx d« 
poterie romaine et de Terroterie. La giande quaniité de c«b^ 
dres, de charbon et de tuiles calcinées que présente cet endroit 
«itette qn'il fat le théâtre d'nn vaste incendie. A. l'un des an- 
gles du bâtiment principal, on a rencontré un caveau piofond 
el ToAté, sans aucun jour, ayant aerri de sépulture et renfer- 
mant plusieurs squelettes d'hommeiet de femmes de diiTi^TBO* 
àfes. k. cité de ces squelettes, se trouTaieni des épéea, des poi- 
goards, des couteaux de sacrificateurs , de petites hachas en 
ier et ea bronse , des instnimcns ayant lerri i ^iler et rongés 
par t'oiide, des morceaux de larges amphores de terre com- 
mune, et des défentes de sanglier en abondance. Près de L'au- 
tre ao^ du même édifice, on a découvert un cabinet de faaîn, 
où l'on distinguait encore l'emplacement du foyer et planeurs 
des petits piliers de briquet qui servaient jk soutenir le pavé 
•OUI lequel se propageaient la flamme et la chaleiir.En reve- 
nant vers Damai , on rencontre de nouveaux indices d'anli- 
qniléi. Quelques coups de pioche ont mis à nu les fondations 
d'nn autre b4timent , et le hssard a fait jaillir une petite mé- 
daille en bronae du Bai-Empirc. An nord-ouest dn village, 
outre d» fondations, on trouve des sqneleliei de guerriers 
d'une hante atature , tantôt épars cotifuiéraeni , taniAt placés 
la télé vers le conchani; qnelquet-UDS étaient recouverts de 
chaux vive; loos avaient à leur càté une épée longne et ma»- 
•ive, toute rongée de ronîlle. Surle même point, on a décou- 
vert trois plaques de fer inerustées d'argent et nne agrafe de 
cuivre doré, enrichie de morceaux de verre de couleur lailléa 
à facettes, des fers de lances et de flèches, nne tnuatile on 
pierre meulière de beau granité, etc. Un peu pins loin, sur 
l'emplacement d'un petit bots où furent ensevelies les victimes 
de la peste dé i6}6, on a trouvé une belle médaille en argent 
de Philippe IV, roi d'Espagne et duc de Bourgogne; cette mé- 
daille, ainsi que les antres, a été déposée au Musée dn dépar- 
temeqt. W. 



1, Google 



9i4 'Jrehaoicgiet Numismitiqiu. 

' i6i. Esta IVK u KBCHERCKi de Mohwzkb mnoms et d<in^ 

■criptiang tamaliires «t votîvea dans le départ, de l'Ain; pw^ 
le comte de Of OTiu-Uuixi. ( ^nniiûv <b départ, de t' Ain ^ 
pour 1827,) 

TKds inieripliofli dëjk coniiaei lont rapportées et comnen-' 
lées diiii cet eiiii. Le première ei t celle de Hexînieni , pnblié* 
P«rGaich«K>ii;elle fait mention d'un Pra^tiu FiArWMm.Li 
%* ett celle de Boarg; elle ne contient que dei noms romdnti 
Lt S*, <|b1 est OM inscription dliemore, pnblîee également 
p^r Otttcbeaon , eal vouée par Tntellns à Mercure. En parlant 
de* niinn de cette ancivnse «ille, l'antenr nom apprend en 
note qu'il > acheté des habitant d'Isemore pluiients médailles,' 
uioit, 3 Adrien et t Trajan d'Argent, i Htre^A-nrèle petit 
htoWtt et 3 Antonins grand bronie. Le médaiHier dn déptrt. 
de l'Ain , qne possède le comte de Hoyn-Mailla , se cOmpostf 
de Boo médailles en argent et de 3oo en bronze, gtand,mo7«fi 
« petit. D. 

i5a. Ahtiqvit^ deBâTài, départ, dn ïford. 

n se piMe pes ds jonrs sans qne le haiard fuu d^nvris 
àBavâi <|iielqBes antiquités romaines. Il est d'(iM(e dans cetu 
ville, lorsqn'nn habitant a besoin de pierres à bitir on ipaver» 
de fti» simplement nn« fonille dans un jardin an nn champ g 
M est tonjonis sftr de rencontrer^ datu la ville on dans ■% 
rtysa d'une lieiM de son centre, ane coastmotion romaina 
^ fbmmît des pierres en abondance. Un haMiant de la rut- 
daa. JniA s* livrait, la semaine dernière, à oette oecopatioa 
dlns ton jardin, lorsqu'il découvrit un grand squelette condt4 
de l'est A l'ouest, ajant entre lesjambei un glaive à deux traor 
cbana, dont la lame seule avait trois pieds et dcmidelonguent^ 
Ses pieds r^otaient snr nu casque an borne un* cimier, al 
ayant la forme d'nnc grande calotte à visière. Près de la tét« 
était UB petit vase en terre griie, qnï contenait une médaille 
temaine du règne d'Aatonin-le-Pienx. 

■ i53. Amtiquitéi de Fsiins. 

Le Ministre de l'iatéfieur a fait mettre nue somme de 4,oMt 
ftnnca A la diapMitk» de l'aotorilé locale pour être «mployAa 
A Eaii* dai Itttillct dans l'amphithMlre de Fr^ns (Var^ tM 



^Jreheùlôgie, Humitmatique. atS 

mnat ont eonaeneJ il y t emiron un moii , et itéjk ou t dé- 
eonteri nu gndin bini ctmia^é, un troiiçon it celotine «s 
BWTiiire blanc , m» niridtille ta brante à l'efBgtd d'Adrien , «t 
plDiinminomanx de Marbre bien travaillas M qui paraiiient 
•Toirfiitpariie d'une frite. Le* ontrien coniinneniàdëbUyee 
I''ntfrintr dn monninent. C'est M. Tenter, irchiieclei qnt di- 
rige les tn-ranx. 

iS^. RiSTOBtscB ONDEKzoEK, etc.-^Recliercbes faûtonques SU* 
rorigine et la vraïc dwnomination des lieux publics, et luf 
quelques autres aotiquitéi de la \ille d'Anvers. In-S" de 19 
et 3g3 p. , av. fig- Anvers , i SaS ; Van der Hey. 

Le travail sur le nom des rues qui, au premier coup-d'eaS, 
paraît dénué d'intérêt, a tiré de l'oublï des noms qui n« méri- 
teat pas à'j être condapinés , ainsi que des traits de mcsurs in- 
lércssans. Une pièce tirée des archives de la ville, oflire, par 
exemple, des détails très-ciuieux sur un spéculateur du XVI* 
ûècle, aussi habile et aussi entreprenant que les financiers de 
nos ^rt, mais d'une industrie Imnnéie, d'une hardiesse légi- 
time : c^éuit Gilbert Tan Schoonbeke rpA consiniîsit la «wn«M 
Mttren 1S47. Des chartes non pnbliées par Hirms, sont relà* 
tira aux agi^ndlsSeinens d'Anvers . et servent à nous Taire cnn> 
nahie l'iMteii s^tème mimicipal. Pitmi les anecdotes qni ca^ 
raclMtnt mieut les époques divenes, qne le» peintttres ou M 
réIatfOBS les plus ingénieuses, je «terai celles de quelqnCi 
bonrgeoîa Doadatnnés, «s i3g6,pourlVéquentation de filles pn* 
bliqnetoudft folle vie (/wfrn'Jft'^), & accomplu' un pélerinagfe 
à 5t-Jacques en Galice , et à faire construire, à leuf retout 
une verge desmundrla ville. Les amateun de la sistlstique ne 
manquerotit pas de consulter nn dénombrement des maisons A 
foyera de la ville d'Anvers, exécuté par les oommissalres-dit- 
iwtés du Bnbant, en UgS, et la comparaison qu'on établit 
entre cet état de choses et ceux des années 1480, iSxfiet iS»7. 
On y voit qu'en 1480, Anvers comptait Si tS maisons dans aM 
mura, dont th inhabitées, et 1171 maisons du Sl.~£iprit on 
MÊitont rfe^Mwv/. Hors les nmrs,tl y avait SSohabiutiou et 
foyeiB.XD 1496, la Tille s'était accrue de tt3S kabiuttoua. Ift 
1S16, le sombre total des maisons a'élenit k êftSi, safttirt 
7943 du* rtMei&t» d« mon, dont ta<la à d«ai foy«rt, (M 



i.,Goi")^lc 



ai<3 Archaologùf Numismatique. 

k trou, 3a il quatre, iS à ciiu|, 3 i six et 5 iMpt Deplos,!! 
y avait 1 4 couvens , comprenant 555 pe^soBnes. Les Euiboiu^ 
traient 641 maiMOS.^ Dix plancbes qoutent un noureau prix. 
à ce recueil. Deux représentent Anvers aux XV* et XVI'swde». 
{leplan très-vaslc de Virgile de Bologne a étéreprodaitpar la 
lithographie. Nous dirons , li celle occasion, qu'au chiieaa 
d'Hererlé, apparlenaDt au duc d'Arembei^ , on rencontie dan 
aa salon une vue du port d'Anvers, peinte en i(>57,par J.B. 
Bonnecroy. Enfin , pour ne rien laisser à désirer, on a enricïii le 
Krre de deux tables fort amples dos lieux et des familles , sui- 
ines d'un glossaire de mots vieillis. {Rewe enefcl.; aoAt t8iê, 
p. 4tj)). 

iS5. AccovHT or ikisb «htiquai. Resbakcbis. — Compte rm- 

da d« Recbercbes d'antiquités irlandaises; par sirVfilliaa 

BtTHAii. a^a pp. Dublin, 1836. {Dublin Philoiopk. JomnuU, 

n" V; aoAt i8a6, p. 356, et Gmtlem. Magaz.; sept. 1816, 

p.î44-) 

. L'autrnr de cet ouvrage a puisé aux sources le* plu» a 

tiques; il a cousutlé les rej^tres des cours de justice , i« 

fctes poblics, papiers et docuraens dont il a pue 

l'existence, et en a extrait tout ce qu'il j a trouvé de reialif 

aux antiquités de l'Irlande; il y a employé vingt ans de aa vie 

et a tout mis à contribution pour se procurer une misse cw- 

tîdérable de matériaux et de pièces originales sur le méat 

sujet : en on mot, il n'a rien épargne pour mériter , par la ao»- 

veauté et l'exactitude de son travail, l'attention et la oonfiasec 

du public. , 

. . Nonsn'avonspasl'intenlion d'examiner dans toute» se» par- 
ties l'ouvrage de H. Beiham; nous citerons seulement qsd- 
qaes-unes de ses particularités les pins. intéressantes. Le des- 
sein de l'auteur paraît avoir été simplement la publication de 
fragmcns historiques et non d'un recueil complet et sjsKma- 
tique d'antîqnilcs irlandaises. 

, Le sujet du premirr esiai est une boite renfermant an exem- 
plaire latin des (évangiles, et que l'auteur affirme avoiri^par- 
tenu i l'Abbaye de Boscrea ; cite est de enivre argenté. Le asa- 
B^Acrit est signé Dimma mae Naihi, c'est-à-dira Dtmma-fJUs 
de. Nalhi: on fait remonter son origine an 7' siède ; t«i^onn 
est-il qu'il est assex bien conservé : son format est petit ia-^"» 



U ttt eomtp^ti it ^^ bvilkls; Im portnits da troîa érsagé^ 
lût» M trearent aa comaMBcnneat de leon écrits; an ttta ds 
VéTangile de St. JAb , oo voit nn aigle d'ime fenne atseï aiB- 
gulMre. 

H. Belhan parie «unité d'une relique appelée Caek ou Ca- 
fÀacA, et qni «t la propriété de la ftmîlla CDonntl. C'eit le 
psander de St. Colambliill. Cet antre nannscrit e>t auui dani 
une boite de cnîrre, qaela aupentilioa ne permettait pas d'ou- 
vrir , dani la penaée que ce Renit attirer tontei aoriei de maux 
aur tea propriéiaircs. Celte boite , que l'on croyait contenir les 
oi de St. Coinmhkill, était bermétiqnenient fermée et iccllée 
depnia plus d'an siècle ; elle fat ouverte et examinée sans au- 
coB éréncaieBt snmitnrel. Elle renfermait nne seconde boite 
de brâ groaniiBeBt trsTaillée, dan* laquelle on tronva le livre 
dont Bons venons de parler : ce livre a beaneonp souffert des 
ÏBJDrea du temps et «st en Irès-manvais état; tons les feuil- 
lets qn préeèdent le 39* psaume ont disparu; le dernier ne 
contient qne les i3 premiers venets du 106" psaume. I^ botte 
eat divisée en 3 compartimens; dans ceini dn milieu , est nne 
Bgnre auiie de St. Colnmbkill : ses cheveux flattent sur les 
épaules, sa tmin droite est élevée, et il tient nn livre de la 
gaucbe. Les bras de son sîége préientent des aigles ciselés ' 
tréS'fnrieux. 

Vient eiuaile, dans les Anliqnilés irlsndsîses, nne esquisse 
bistorique de la bmille O'Donnell, qui a produit des hommes 
distingués eu plus d'un genre , ou célèbres par leurs aventures. 

L'antenr parte d'une 3' boite trouvée' en Irlande, sur la- 
quelle il a lu la date de l'an 5o3 de J.-C. Elle est ornée de cm- 
ciÉix etde la fignrei, qne l'on a prises pour celles des apAtres. 
D'antres figures se voient également sur toutes les faces, entre 
celles de la Vierge, de l'enfant Jésns, d'nn praire, etc. A la 
boite , tient un anneau auquel est attaché une chaîne qni , peut. 
être, servait à la suspendre à un antel ou au cou d'un prêtre. 
Cette boite, du reste, eti faite sur le même modèle qne 
celle de Dimma, et renfermait, sans don te, comme elle, un 
msnnscrit , eoÉtae l'indique l'espace vide qui se trouve à l'un 
des cAtéa. W. 



jbïGoogIc 



st8 . ^roiflwJbgij, I JMmli ma t i q tH. 

iK6. Uruu DMnnKA me» mis ■uu.wuvtomM. -«• iJi 
CalhMrato d'UpMl M mi cnriodi^it dHiis^ «t MoiitM 
fu Fr«d. Vui>u et J. B. ScUoraci. (U. i-3 , grtnd l*-4*, 
»ec 18 pi. Stockholm , i8a6 ; lilhi^npbie de Millier. {Stm^ 
Mb. XI, B° I.) 

Tout l'ouvrage eit lithographie, texte et pUncbei. La des- 
cription est trèa-coiirle ; cependant il contient Ici principanl 
traiu de l'Miloire et de la description de ce roontunenl. Le 
deiaina leur n'a pas toujours bien choisi ses sujets, d'ailleur* 
plnsieurs planches sont mal lithographie ci ou mal tirées. Aossî 
ces vues ne sont-elles pas propres à donner une bavte idée da 
monument qui est l'objet de l'onvrage. D. 

t57. EtnuiT Di L'urtiaTiiaB rr bv nocto-vBKui. si vam* 

BDKoaiusK Dc cAaonu HuAUR, drewéen letStan-vw 
tu d'an arrêt da Parimnnt portait ooaBscatioit; par H. C» 
OnuskT DK HcmaaM. (Mémùàrt de Im Soeiélé ny. éuMf 
ti^Mint et Framx; Ton. VII , p. 34 1.) 

Cet extrait « èié fait sur la minute même; les articles qtû 
ont été choisis sont an nombre de cent vingt-ncaf, et compren- 
nent une foule d'objets plus ou moins précieux qu'il serait 
trop long de détailler. Tout ce que nous pouvons dire ici, c'est 
que le mobilier du cardinal répondait, loit pour la variiitë, 
■uit pour la magnificence, aux émiaenlei dignités dont il était 
revêtu. L'inventaire en question montre jusqu'où allait le luxe 
de ce prince dc Tcgliie, premier ministre d'uQ 'grand rojanme. 
W. 

iSS. I. iHKaimoiru AVTiQoc à ooHm Caiom Vinn* ih TvK* 
GicorrtmaE collkcvx. In-8°. Lulelie Ptrtolonim, iStS) 
Dondey-Dnpré. 

i5g. II. Ahai-tsb gbitiquk du Recneîl d'insiriptiooi grecque* 
et latines de M. le comte de Vîdua ; pur M. LxTaoïiiia Ji^8°. 
Paria, i8a8; Dondey-Dupré. 

Koai ne ponvons aîanx faire cwinaltra rintéresiant Rccutl 
de H. deTidua que par l'extrait suivant de l'analyat qnè Mt 
Letronne en a donnée dans le /oumal des Savant , et qui, 
comme complénient de l'oy vrage analysé , a ét^ i^impiiaé de 



'Jrciaologiâf ffumitmatiqMê, «tf 

aéau ronnati *<mc qaclipiet «dditioDft, ot ■««■ lo ittM taM* 
Krit ci-deuB>. Notn «itnit na Kra pu ir^ aibrégé, l'OBViagl 
et l'tiialjM piraiiMiit s'aToir étë dettiné* qu'à dM aMia. K«M 
feram uag« au oomctiou «t d« ^ adqoM boM ^b* l'animt 
de l'analjie non* a conmuùqaiet «o nuiMMiiti 

Le comte i.% Vidna md coiqUe, datu hm coarta prrffiwc, 
du bot qn'it a'cM proposé en pnbUant «elte coll«ciian. A toà 
d^rt de TmiB , il ne Montait pas à voyager en Tnrqnit; il 
K dirigea vers le nord. Mais, a^ès aToir paraoBra la Dana* 
mail, la Snéde, 1b Laponia et la Bnssie , il aot la dasir dé w 
lilet Upariie mrfridioBala de la Turquie d'Eorepa, les bords do 
U aar d'Aaof at da la iMr Noira; une fois parrcnn pnaqno 
au portas de CoosUntiBople , il ne vonlat paa rayeatr saoo 
aroirvn cette capitaU, et mbi avoir visilë les paûcipalaa proa» 
TineesdareaipirttMioaBan.NotraToyagcovM proposait d'ét»* 
dier aonoot tes oueiirs at les inatitutioiu dea kabilaoa, et do 
contempler les vesiigei de moanmens antiques : il n'entrait pao 
dans aoo plan de rociMÎllir des inscrif lions, pensant e^ ton- 
ttt oeUca qnSl pouvait renaontrer avaient été copiées par aas 
préd é aasie n rs, et qne, l'il s'en tronvait d'inéditos, dias do* 
vaieat itn reeuilU» sealement par des hommes versés dans la 
laivnagrecqM et le» aniiqaitéi. Bientôt cependant il dnegoà 
d'avisj àmenare que les inscriptions nniiqnes sa présenteront 
devant «es jmui, l'idde qne peut-être d'antres ne las nVaiont 
pss fna OM les avaient mal o^ées, devint ponr lui nn motif 
soSsant ponr qn'il essajAt da las copier lut-roémo avec tont la 
soin dont il était capable. 

An ratovr de se* longs vojagas, ii. béiitaît «ncoro à piAUv 
ces issceiptioBi, ne -vida mibi verieretKr ( dit-il modaataount ) , 
M grmeû litterù tUque tuHiqyitmtibM Ma^d versmto , veUutamaÊ 
n volmmeH emùtere. Déjà même il avait à pen prt* 



RBOOC^ n cette publication { d jam de iKà edendit comtOùim 
forme at'j€eenim),lomfae, en parcourant mes iI«cA«/»Ao^ar 
«emrACAùAWtfif^^^, il lut ce passage : ■ Puisse cet ezamr 
pie Montrer aux voyageurs combien il importe a leur propre 
^ oira da faire connaître le pins tAt poaùble le* monomena dont 
ils ont rapporté des dessina on des copies, onde lesMmmnn^ 
quer anx pceMnoea capables d'm tirer parti I Rie» n'ost in- 
di0ér«t«mpM«iU«aaMUn;et toilo inscription on loi demi* 
dlùéroglyphêa , retenn depnit dix ana dan* la porteCnilla ÙiM' 



L^Cioti^lc 



no 'Ar^aelogù^ Ifunàsmatigoé. N** iSS-iSg 

stiittk de qndqne Toyagenr, ctmtieni peut-Mre l« gcniw 
d'oBA dëcosTett« importante qni enrichirait déjà le donuine de 
I« scieaoc, «I dont il aurait pnuinrerrhonnenri Mm |)aji(i}.> 
Bmeverba , dit l'auteur, ibt me eommopertuii , ut ornai dabita~ 
tione rr/eetd, mm tandem vndgan tlatKfrim. 

Unefbia ceitarésolnti<mpriae,Ie oomlede Vidoa compnlaa 
lee raciwUa d'iaicription* de Gmter, de Reiaeiiui, de Hnra- 
tori, de Spon, de Focoeke, de Chandler, de Cfatihull, et In 
principaox voyagenrt, afin de retrancher de ta collection lon- 
lea ka iaacription* déjà pnbliëei, et d« ne ccnacrrer que let 
iné£tn et celle* dont on ne posiëdail que d'inexactei copin : 
H coHectim g'eit Ironvie de cette numère coniidérablecnent 
dnùnnée, anrtont en ce qui concerne l'Egypte et In NobJe. 
Telle qu'elle eat, elle prétente encore beanconp d'tniéréti et 
quand mon lirre n'aurait en d'autre réanltat qne d'avoir oieea- 
aioné celte pnUioalion, j'aarait encore à m'applandir de l'avoir 
oompcaé. 

- Le cemM dt Vidna a joint k chaque inicription une eomte 
notice indiquant le lientrii elle a été déconrerte , et la forme* 
iet dimensioDi, ainii que l'élat de la pierre; qnelqnefab entai 
il précente dea obaerratioDi hitteriquet et chronologiques : 
Avo (MnMA, dît-41, et parce, ^um nthil wttiqaùis kmhienm 
^Mam ermiili partes emiîiuo detreelare, ervditàvero iStutramii 
ememdaitdi, tuppleiuti, emtekaïuti materiam tvpfKdkan. Cet pa> 
volet modetiet montrent qne notre To^geureit loin d'aifidter 
dei prétentioni k la tcience : il donne set copîet tellet qn'îl le* 
a priaet , tant t'occuper d'en remplir les laconet , ou de eoiri- 
gtr let faulea inéritablet dans la tranacription de monumena 
plat ou aoint rmiliet et alltfréi. Il a propoté tontefoia qnel- 
quca oomciiont peu importantei , et une teule reatiiatîbn com> 
|d4te ; mait il a en le aoio de provenir qu'il le» doit aux lamiè- 
Kt d'un savant Italien. H. de Vidoa , voulant donner use re- 
préaentatioD austi exacte qnepoitible de tei copiea,aprisle 
parti de let faire lilhe^aphier : elles occupent cinquante plan- 
chet de grandear in-S". On a, de cette manière, la fMmc'et la 
ditpoaiiion des lettre*, et l'on peut, avec plntd'espcMr de sno- 
«èt, en ctiayer la rettiintion. «■ 

- L'auteur le* a di> U é M , telon l'ordre de ton voyage , en 14 
•kapitm, dont dwcan contînt toatwcfUe» qui omMlro»- 
'" (tjA»A p, zzv^ 



.ArchapiogU^ Ifumittifétifae. aax 

Téod«nitmiiié«epa7»,MT0Îr: i" ( Imtenptiome» ) Sartmiim; 
i' Bùiyaieiutu: 3° Troadù; 4° Ptrgami ae Tm;V JSgrpti-; 
6' JiMemeti •}" Sipw; 8° Qrprii 9" Bkodiaueii 10° Ckiti 
M*^ Cyeladiun; 12" .i(lù:<7. Je vaii |>aa«er en nme dwcOa d« 
cet chapitre*. > 

L Ce i]ae l'uitear appeUe .SanMdtiiv iiuenjUioaos %» cen^ott 
de deux fragnciM istigiiiiUaa qu'il a tu daiu le miufa de Is 
nonveUe TîUe de Kîcolaef , prèa de> reaiea ila randeane Olbta ; 
il «Tait eapii d'antrea inicriptioB* en Crtni^;nMua, le> syant 
trooTéo, pla> tard, dans les Antiqaitii Ai Borphon de H. lUoal- 
Rochette , il a jagi inutile de lu dimnef de tMitTeaa, 

n. Le* BiAjRieaies aont an nombre de leiaa. La première 
e»t nkc dédicace d'une mère i ton fil* , d^i pnUîée par P(h 
cocke(£>«cr. aM. p. 3i), mai* moina exactetneat. I^ dm* d« 
la mère dan* le* deflx copie* cit écrit KAÀXUA AAKUU; il fânt 
on nom de femaae, probablement ^«tc on iWiwv.LaMcnde 
et la trobième *ont lamnlairea, l'une Utine, l'antre grecqae, 
et n'ont ancno inlà^ Ijt quatrième esûte à Kicèeaur une 
arcbilrave : Gmier l'a déjà pnbUée d'aprè* lea p^ian de Bn^ 
bef|^p«g. i078,i)|nuii d'une manière trèi-impfrCule: la co- 
pie du comte de Vidûa e*t i peu prè* intacte. 

Celle deBuibcq ne contenait py* le nom de KAATAiaz,«t 
J'ab*ence de ce nom faisait une grande diiEcullé. On vmC 
BUrintCBant que l'inacription e*t du règne de Harc-Aurèle 
Oandc n , et que la date ett de l'an i&^ de noire ère fi). La 
m^BM copie portait EnoiEI BU.KFElNOr an lien de EmoTSH- 
UAK^EIHOT.Gmter et Reineaiui, ne ponvant se rendre compte 
des gAiitifs qm sniTent, ont *Dppo*è qu'il 7 avait à la fin le 
mol JsifuXauftJnn : mais, d'après U copie uacte dn comte de 
Vidna, la place manque pour ce mot; et d'ailleurs, il* n'ont 
pM fiait alteniion que le* participe* J«t|uXiiMiTD( , lin)u)L«a|ifiMi> 
on J«ipMb(N*TM, ln|it>Mjijiwi , le mettent lonjour* avant lea 
HiMiM ) il en e*t de même dn turam dgente ou agemtSiut de* La- 
tins. H eM doac dair que les nom* qat terminent l'inscription 
D* peuvent dépendre, selon l'usage, que de l«i; et, en èFTet* 
la l«Çaa cnifnrEHIUKPttnOT , danila copie de H. de Vldna, 
am p^t toc que M OttUiriieu] Mgnfih». L'inscription de ITicéa 
aat doac an nouvel esemi^ à ajonler â ceux qn« j'ai d^à d- 

(!) Omj^ Ei*bdlt i>M<r. wiM. TU, 47«- 



jbïGoogIc 



•M .Âr^ktÊole g tê t ymHÙmaHqag. N** iM-iSg 

,t^(t),poiirproav«rqtte le verbe t été sonrAt onU âani Im 
.jjucriptioH* doDt l'objat eit At c<HiBen(r le «ouvenir de la 
flaonmetian d'nn i«BipI« -, de murailles , on d'un lombrav. n 
tivÊlÊtm A» Mtu iaacriptioB qne, «ras le règne de CSande II , on 
conttraiiit à Nicée une nouvelle enceinte. 
. La «oquièiiM est une dMîeaee estrteement finutrc, et qa'îl 
ma parait impeaaible de rétaljlîr;Pacockeet Searinll'oDtd^ 
doanée, mai» dana nn tot plnt imparfait encore; elle com- 
■Bnwa par Ica tOOU m ZCBArm TRIT AITOKPATOPrïHO. KOI, 
^i ponrraiaBt itre th o-iSoft t&y «STtifiaTclpitv oËu*. 

Ijt 6* A 4t4 tronvAe par le comte de Vldna anr nn rocher 
qsidomiM le Ue Aacanlas, «t qne lea Romains avaient ceopé 
ponr tfarf Ir la route de Hicëe à Apamée ( de Blthynîe). Cette 
-ùacrlptloD, 4vi avait échappé à tel prédécennirt, parée qu'on 
4iHl or^Bidrecianl le bord lepteotrional dnlae, est en latin et 
«B gtoe. La partie laiiiM,p)aeéean-deafa8 de l'antre, a ^téfort 
■aadoonnag^ par l« temps ; mais, comme la version grecqne 
aat becreoaemcnl en asseï bon état, saof une lacune au mï- 
lian, aa«ompaX'ani lea denz testes l'on avec l'autre, on parvient 
aani palae fc les rétablir tous deux complèlemenL H. Je 
Vidua donne cette restitution , qo^ doit à un savant italien , et 
à laqMllo il 7 a pea de cbose i ajouter. Nous nous contente- 
«wt do rapporter ici la partie latine : 

KEao. CLAUDIVS. DIVI 

glavoLpilivs. oebnatiici, cxsinis. kbpos 

TIBIBl. CCS&niS. AVG. PROHEPOS. DIVI. AVC. ABKEPOi 

GXSAB. AVGVSTVS, fiESKÂKICVS. POITT. MIX. TKIB. POT. III> 

IMFBRll'OB. T. COnSVL. lit. VIAH. AB. APAHXl. AD. NIGVM 

COLLAPSAV. VETVSTITE. EBSTITTIT. HVMBHDAII. CVRAVII 

FEE CAIVM. ITLIVM. AQVILAV. PBOC, SVVM. 

Le troiaicme consulat de Néron répond k l'an W ^ 
lém» Christ ; cl comme Kéion fut cowuî pMi la qoairiéae 
fois en l'an 60, M. de VtduaeocopoluLtqua la daividal'lsM'*?' 
tion est entre 58 et 6o. rtai» l'iadication d« la qnat ai wwa p a»*- 
sance tribumitienne fat la date à l'ep $8 préciténavat. lie *•>'' 

Îrec porte AïTOWATOP 10 B^et l'pn a rempli «■ «•aé^w^ 
ilacant ^nï cù*i«.à l'endroit coroespaniUat du ieii»lali»> 

(■}a«ib«dNs peur imk A lUnefet^r^pie, p. 4» •* ni** 



jtrelueotogiéy Niimttmatiquâ. il) 

P» Im m»» TMPERJTOR W. Le tomte da Tîdi» obsCrre 
q«, (arnne Inieription du KciiefI de Spon, qui e>E égalmnit 
éeU<{ulrièiae paliMnce tnbvnllienne et Aa troidème coosii- 
bl it N^ran, e« prince 7 porte )« tltrft 9 IhtPXIUTOIt. ITE- 
RFÊf. Ce rapprochement derait l'avertir qn'U 7 a nne fante 
dnt ta «^ie, M qa'au lieu d* ATTOKPATflF TO I, l'original 
porte, NRi nul 4«nie, TO B; ceh «it confirmé par lei nédail- 
)*)(i). Il fautiencoM^neact, mettre dans )a reidintion la- 
lÎM IMPERdTOR. 11. on IMP. ITBRFM. H 7 a , ]« crob, 
nw aartro fiante âana le texte grec ; au lieu de IIPOZ NïtKiliZ 
( M i««pi(>(f ), il doit y avoir inr l'original ifZiKAIAir. Lei 
■ott MWNlElOidM CrRAVITtma retidai dans la venioa 
Btfeqoe par lei moMKATAZKEYAZeBTf AI nPOZETAKIETf (<k) : 
la faate d'orthographe KZ pour £, qni a la m^me pronnncla- 
tîon, a« reiroare dans d'snirea monomeni de l'jpoqae ro- 
naàie. 

La lixième eaiile sur nn antel élégant & I^Ifikmld, l'aiw 
eiemw Mûornédie; c'est nn hommage rendn i JuUa Domna, 
femme de 9e^m« Sétère, la première impéraltice qni reçut 
lo thre de mater eaitrorum, fujritp ar^a,xtviivt : elle est cnrieose 
par les litres qne prend la Tille de Nîcomédîe. On y remarqne 
aosii la rénuion de deax mots, Aireûara et ZtSaadi , dont l'on 
n'«t ponrtant que la tradoelioB de fatitre. Ecïhell en.a déjà 
cite de* exemples qui s'appliquent à Sabina et aux emperenra 
ContUnce «t Joatinien (i). It paaaltqne les Grecs, antears de 
ces ioscriplioDS , anront considéré l'on des deux titres comme 
faisant partio^dn nom de rimpéralrice ou de l'empereuri et, 
d^s lors , ils anront cru detoir y ajouter ce titre. I^ mâme sin- 
gularité se remarque dans une autre inscription également trou- 
lée â nicomédie par M. le comte de Vidua ; elle est inscrite 
lur nn pi^eslal qni a dû supporter une statue de Caracalla : 
;e prince y est appelé AïrOïZTOZ, ce qui n'empêche pas qn« 
■on nom ne soit accompagné du titre itSurii. 

I> titre de métropole , joint à celui de première de Sil^me et 
te Pont, que porte Nicomédie dans cette inscription, se 
:roaTe sur les médailles de cette YÎUe, depnit Donûiien, 

(1) CoV. EckiM». fiMT. JUM.VLSU. 

(a)BeUi. Dotlr. mm. TlII,,3Sg. 



jbïGoogIc 



aa4 Archteologity Numismatique. ^ N*^ i$8-i5g 

vaù aartont dqwU Ti^jan jtuqn'à ShmB : celui et &ic llla- 
KOPOC n'a commencé qu'eiec Ita médaille* de Comaedc; k» 
é|»ithèfc9 de ïSSiL%Jilà.CXàOC{*a<:rée,inviolabie),»fiçAMf^ia 
à d'ialrei ville* de l'empire, tellei que Smjrne, Penetoniom, 
Admedera, le lisent d^à inr une médaille de Nicomédis, da 
règne d'Anj^atte : celle* de f&« ■KaTit,arnie fid^U, et de np 
]fa^i and» Ty Hf^ tm htjutûr', ne le Toicnt qoc daoa. celle 
iiucripliont et >e rapportent lan* dante «ax locieBnc» rda- 
lion* amicale* dea roi* de Bithjaie avec le* BomaÏB* : caia 
les litre* A'Jdfieime et de Sércrienne, qni ne le trowcat «■*■ 
que dans cette inacriplion, appliquées à Nicomédie, aont •■*- 
iogucs à eenx de Sébaite, de Cétarieiuie, qae portent toi 
d'autres Tille* de l'empire romain : Cyûque (i) eat «uai ^pe- 
1^ Jdrienne, Jntoninute. 

Les mines de NicomMie ont encore fonmi à H. le c«anlc 4e 
Vidna cinq autres inscription* tnmnliirea, dontnne seule pé- 
sente qaelqves pariicnlartté* nonvellc*. 

III. Les inscriptions copiées dans la Troade sont an nomkn 
de donse ; six ont déjà été publiée* : mai* le* copie* da camic 
de Vidua ofTrcnt des difTérences. Parmi le* inédites, on k«» 
que celle-ci : 

01 NEOl 
TOH TXUHÀUAnaH 
AZKAAUnifA KAAAin 
nOIXPHllATIZAIf 

HEnNnpo. . . 

Probablement : el lin, rii» ^ufLyaoîa^x'" Ào»l«in«i(« KaUÛcn», 
XpiiriaTii>«[T« Twv]uiin «p^^ouXtu]. " Les jennes gen* honoreai k 
Gymnaslarque AscUpion , (ils de Callippe, somommé Coutal- 
lerdes jeunes gent.* Ou peut voir l'eiplication dn noi jg^- 
T(Tt»en ce sens, dans mti Recherches pour sen-ir à thiitoin de 
VÉgypM, ptg. 988. 

Iji sniranle est an fragment contenant une dédicace à C£rès 
et Proserpine : 

ÀmxTAroponE 

HHl'PIKAIKOPUAN 
. . .IfiaTOir^w. . . . An|ivT^ xel K^ itttmi- 
(■) Cw^ea,Jln!eM7, n, iiS, «16. 



jbïGoogIc 



'^reiOoiogie , Numismatique, . i]ft& 

Cet tnlre fngmcot n'«t gnèit r«narqoBbk ^e pu atL lilci» 
^fà miBqae ans Lesîqnu 

T. B. 

noEniSTÀTHN. ATP. HERA 

KANnxEPAPlON 

T*^auaTi flMA{(. Twennarâniv AApAiM Uftdnif|MV A'iii}',tpiffitn> C* 

dernier nona^ assez étrange, te retronve dans un antre fiv^' 

ment; et le personnage j porte le litre de bnaitBi^trpiAK* 

Une inscription extrêmement fmite parait avoir fait partie 
d'âne lettre ofiGdelle. 

rv. Pergami ac Tei inicriptiones. Ce chapitM en contient 8 , 
dont nne seule provieDl d« Téoa. La première est un oracle en 
Ter* hexamètres, dont 39 sont cnuervà. Il est grave snr vns 
laUe de marbre qn'oa a dëcoaTcrte en 1818, en rëtabltuant 
la maison d*Dn particulier à Pergame. H. de Tidna pente, 
d'après la forme des lettres , que l'inscription est fort an- 
cienne ; mais quelques tegmenS de lignes m prose qnî préc^ 
dent les vers, offrent des traces ^YÎdnites de l'époqne romaîae; 
on 7 diatiflgne plnsieurt M» le nom romain KAAT&IOZ , et l'on 
(ait qne ce'prénom ne se rencontre fréquemment, joint an 
noms grecs, qn'â partir du règne de Claude. D'aillc&r»^ ca 
pr^ambote se termine par les mots saivans :. . . . tïi yjj^^va 

psa ifpiinK, IIi^K|i»»âf kAiuï, h vrâLOK ivay^d^oroc 'fait ti rie 
ijt^it xol tin lipwi ivswTiivcu [rtli: fafusï]. • Il a plu an aëlMtn 
«a peuple de la métropole de l'Asie, deux fois première néo- 
core, ville dea Pergaménieos, d'ordonner aux qnestenrs da 
faire inscrire cet oracle sur des stèles, et de les placer dans 
l'Agora et dans tes templea. > Or, le titre de deux fois ttéoeore 
ne paraît sur les médailles de Pergame qo'à partir du règne de 
lCaro-ADrèle(i); elle le gSrde jusqu'au règne-deCaracalla sona 
lequel «etie ville prit 1^ titre de trait foi* néocore; la date.de 
l'inscription se place donc sons le règne de ce prince. Une mé- 
dailte de Caracalla, an m nsée impérial de Vienne [3), montre 
que l'adjectif npiirsï appartient i luaxôfot , et non pas à nipys^ia- 
tin tcAuf. 

La seconde est nne dédicace , un hommage rends par. la 

(i)Ilaieha, Lotie, nt iianui. iU, part. Ii,cal. 654. 

(a) £cUibI1,D. N., h, p. 4^2. 

G. Jmu il . >5 



ioA Andutol^Ut Nûmitautif»*. N°* iSS-iSp 

Tpdfwx, •ppMtafx'^"''*^'^ x«JAt); la tniùènw ne contient q"» 
du noms propre* ; la quatriôioe eit une diSdîcacc ( imtM<f *•? 
Afft^Tf), dont la TuTmeMt dijà connue; la cinquième, une 
dédicace à l'emperear Adrien (AtroNfircft A*ptM~ àht^Tnm , '<*• 
««pi , MÙ »iwTT , r««t Attio; ijJtxïJpeO ; la lixièmc , une inJCrip- . 
titta iaiine, dijà paJ>ltée par Smith et Hnratori(p-DCLXIXt 
n. 4] ; la leptièine, un fragment mutilé, dont il rcate ce qai 



KAl TUI AHnKOtFimN 2T1C 

Bimei AVAPCur. 
. npoEZTfrroz TBAEz*opinMos 

rPAUBUT£tONTO£ AXKAHinÂAOT. 
• El ■!■ communanlé d» hommes DicKnriiea,te chef étant 
Teleipborion , et le greffier Aeclëpiadc. « li s'agit U d'une eon- 
gr^tion , on d'une confrérie de gen« vivant enieBil>Ie («ap* 
fiÛMv)(')* comme les académicien* du musée d 'Aies and ne *■ 
•lie étaîl probablement sou* l'invocalion ou la protection oc* 
Dioteum , d'où les membre* avaient pris leur nom de mm»«>- 
^wdlv^pK, expression d«iit je ne connais pas d'autre exemple- 

La huitième , trouvée dans le* ruines de T«o* ( Bodrun)) **' 
m fragment extrêmement mntilé d'une dédicace en l'honncuf 
dSui empereur, consal pour la seconde foit; on peut dcvinci 
«score dans ce fragment U nom de Tcleni , car les lettre* 
HKAIO AUMOZOl'l non) représentent sans doute 4 p«ia}t »«< * 
MpQCiT(a(»]. 

V. £gypii ûueriptionet. L'auteur avait copié un asfcs graiw 
■ombre d'inscriptions en Egypte; nuis comme elle* ont cl" 
pnUiéu toatei, il n'ena conservé, dans *a colleclioD, que deui, 
P*toe qnc lei copie* préeentent des variantes qui ne ion' P** 
■ina tntétét. L'une c*t celle des coloaoet d'ARlinQé,qne jsi^ 
VMlitnée dan* mon ouvrage (a); H. de Vidaa ne le connaiisul 

fi) Ii^îssifHt employÈ qnelqucfoU en grec pour ilgiiiGcf r»ciioo"* 
vivre mumbti; le eanvittas det LDlini: miii on le trouve nroKn* ***' 
k nai de riunion de geni vivani aiitmble , le xsm'&ev do grée e«oI«»i'- 
«qs*. Il T a> ■ an nmpla dam Anénldote : lifX,i tc I< v-^f» >»' 
ffxifîaTeKeuti6uiTai;iM>nCt^av»iN«*r««;Meuftn. Oiuinv-^'"' 
p. 3J«v HaUr. ) 



Arehaoiogié , Numitmatiqiu. «17 

pu; il n'> donc pu oompucr u eopie qu'avec celle de If. Bk- 
Mltiw, dont il KTaît l'ouvrage aveo lai en ï^ypte. Cette copie, 
plu exacte, a coaflrmé lei conjeetnrea mv lesqnellia j'avaii 
fondé su reatîtalioa , et parlicalièrement la pins inportiiBte , 
celle d« la nenvième ligne, snr laqaelle tonte la reotitutioa 
repoM. Haia nom devons à H. de Vidât Ift connaissance de 
la vraie date : la copie de U. homard portait L. u. IIT, celle 
de M. Hamillon L. lA. UT ; les lettres placées après l'indication 
de l'année m'ayant pam ne pouvoir être qne le commence- 
nent da nom dn mois Enifl , je devais préférer la leçon de H. 
Jomafd, attenda que le mois d'épiphi de l'an ziv da règne 
d'Alexandre Sévère répond à jntn et juillet de l'an %34 de no- 
tre Are , et que ce prince est mort an mois de mars de cette 
même anaée. H. de Tidna a In bim distinctement L. i&, l'an 
2iv; mai*, en même temps, il a constaté que la première let- 
tre dn meis suivant est un T ; et comme le mois tybi est le seul 
mois égyptien dont le nom commence par un T , il n'y a ploi 
de doute à ce SDJet: ce mois répond & décembreetjanvier; 
ainûj la dédicace a été faite de décembre a33 k janvier 334. 
I^'expretiton Up vîm; m'avait fait présumer que l'érection des 
colonnes d'Antinoé se rapportait à la guerre des Perses, com- 
mence en 93a : la détermination de la date s'accorde égale-' 
ment bieii avec cette conjecture ; seulement la dédicace se rap- 
porte i la victoire d'Alexandre Sévère contre les Pênes, ce qui 
est pina naturel ( i ). 

L'antre inscription, rapportée par M. de Vidna, est celle 
d'Apollonopolis Farva ; sa copie con&rme pleinement la reatî- * 

talion ZTITHPEZ que j'avais proposée, d'après des considéra- 
tions bistorîqaes et paléograpbiques. Quant au nom de la di- 
vinité, M. Bimilton l'avait lu AnoHPEl ; mais , comme le des- 
sin figuré de l'inscription , publié par la Commission d'Egypte, 
porte distinctement HAUII, j'avais d& préférer cette leçon en 
bonne critique. L'original porte, sans nul doute, la leçon AFOH- 
PEI ; et je dois dire ici que M. Gnigniaut, qui s'est beaucoop 
occtipé de mythologie ancienne, m'a depuis long-temps (é- 

(a)H. 7amirda*iiicoDJccmrc sQui qac l'iiucriptioii h rapporuît k 
cette victoire ;aub M conjecture était ÎDadmi»iL!e,d'«préi lile^onliA 
f Tan xi] qull adoptsit , pQiiqae !'■■ SI réponil il'ui a3a I et^e U viclotM 
:t Sévirt est de l'an a}3. 

15. . 



jiaS Archaologie^ NwaimaHqiu, N*^ iSS-iSg 

raoign^ lU dontci sur la leçon HAini; d'aprti le nom d'A.pol- 
lonopolii qoe portait la ville , il ne baUn^tt pas à croire qa'îl 
■y eût ÀPOHPEt. Le fait a jmtifié m conJMtare (i). 

Wlnseriptiatet Nubieaset. lie comte de Vidda n'a pnUté 

que 4 inscriptions entre tontes celles qu'il avait recneiUies; la 

première déjà donnée par H. Gan , les 2 antres inédites : l'une 

est latine, et a été inscrite sur le propylon de DeUé{/'«e&û): 

nEO. maOko. MEacTBio 



UO. U. TB&I&VB, FOBTt[s ... 

Kosis. FXBB. Anxo. zi. mr. tbuaki 
scatrsiT 

La Notice de l'empire place la seconde légion trajane è 
jfpoUonopolis Magna (a) , dans la haute Egypte ; mais il parait 
qu'elle était divisée en denx parties, puisque la même notice (3) 
place aussi une Itgio secunda trajana à Parembole dans la basse 
Egypte. 

Les deux autres inscription* ont été trouvées près d'Ipsam- 
bul ; elles sont toutes deux chrétienne* et fanéraire*. 

M. de Vidaa dît que la date de l'ane et de l'antre est comp- 
tée de l'ère des martyrs; mais, dans celle-ci du moin*, celte 
ère n'est exprimée nulle part, si toutefois j'ai bien la cet en- 
droit du teste. L'autre se termine par les lettres *aF : A : AHO- 
hAptï : ïe .' il est difficile de savoir au juste ce qae signifie la 
ligature, ou la aigle de la fin ; je pense toutefois que c'est on 
T, auquel il manque le trait supérieur de gauche; dans ce cal, 
ou lira ft^jxsu6i \,Aicl pspTÛfwi 16. « I^e 4 pharmuthi, l'an 4^9 
depuis les martyrs j ■ ce qui répond i l'an 69a de notre ère. 

VU. SyricE inscriptiones. Le comte de Vidua , après avoir vt- 
srté l'Egypte , passa en Syrie , et parconnit une partie de» con- 
trées que BurcLhardt a décrites ; il y copia plusieurs des in- 
scriptions qui ont été publiées dans le second volume des 
Voyages de ce savaot exploratenr, et quelques autres qui '*" 
étaient échappées. Mais il n'a conservé dans ion onvrage qw 
celles qu'il a crues inédites, on que les copies de Burckliardt 
reproduisaient avec peu d'exactitude. 

(i)M. OumpoIlioD j« JBBue vient «ncote ili le rirtHer. ¥07» h lettr* 
diiée d« Tlièbc*. (Nota du Bïdseuor.} ~ 

(a) JTot Bfi-. imp. p. m*. 

(3)JM:p.ata. 



bïGoogIc 



\^ 



'Arehœohgie ^ Namismatique. asA 

Xo village de Jenu on Djerasch , daos raneieniie Aurànilu, 
a él^ Tcconna , par SeeUen, pour être l'ancienne ville de Ge~ 
rmta (i). hrtni tti débris d'antiquité , ce vojagear a trouvé a 
bloei (A etB), portant d« fragmeiu d'une inicrîplioa qui a 
dû élr« placée snr un des côtés d'une porte. Le comte de Vi- 
doa les a retronvés, et a copié de nouveau les lettres qu'ils 
portent. Il en a , de plus, découvert un troisième (C) : les f oici 
Ions les trois, tels que ces vojragears les ont donnés ; 





A. 




B. 




ANTonet 




OKPÀTO 




ANOr 


TOT RAI TON 




OTAAP 




BAIOTKA 


TOI KAI lePA 




IIKAIATf 




inhauto 


TonponTA 




HAtTOrt 




.rpnMAl 


OFHHAI 




-4HMO- 

■croA- 

■TICT- 




Atiepn 

■ïnAT- 











Cesi précisément le dernier bloc qui fournit le moyen de 
rétablir llnscriplion entière, i" La disposition des lettres qui 
commencent chaque ligne, dans le bloc A, prouve qu'il était le 
premier de tous ; et , comme il a deux lignes de moins que le 
suivant, îl fant qu'une fracture les lai ait enlevées : à ta pre- 
' mière inspection, on reconnaît que ces deux ligues ont dâ se 
trouver à la partie supéiieurc. a*" La première ligne du bloc C 
s'sJDSie exactement au bout de la seconde ligne du bloc B, et 
ainsi des anlrei; îl élah donc placé après ce dernier; seulement 
une fracture k la partie supérieure en a enlevé ime ligne. 3° 
Les mots qui se lisent sur le bloc B ne peuvent correspondre 
à cens do bloc A : il 7 en avait évidemment un autre enlr'cns : 
et, de même, après le bloc C, il y en avait, saut aucun doaie, 
encore un cinquième ; car les lettres ruiIANTO, qni forment la 
troisième ligne du bloc C, oei dû élre suivies des lettres Cot- 
KOÏCEBÀC, donnant U formule connut k4 t^ rijj.K«vTG; «(mu 

(1) ÀniMittdMy'v^.ya., ■]*. 



:i-zs.l:,G0O>^lc 



a3o "Jreheeoii^, TiamUmatiqiu, 

ciSMTtS (i) \ et en effet, les troii dernière» lettrM ia denier 
motMlUsat aucommencemeDtdelatroiiième ligne da bloc A. 
D'apré* cci observations, voici coDune je propose d* restitMi 
l'iDieriplion entière : 

À. Vhtat nui^mi. B. G. V U« «Ml 



.maFCnTHPi.ACTQnATT 
eeonujcA. . poctpaiam 

MOrCÊBACTO 

AïTOireKMfiM 

tXTflKAHTOTK 
ONXeKAlTB 



ARTnirei 

TOrEAlTOH 

TOTunepA 
TonPonrA 

KOPRHAl 



or . 



OK.PATO 
OTAAP 
TKAUrP 

KÀiTorc 

AUHHOT 
HCTOAM 
PATICTO 



pnnKVPin.HU]l0H 

TiTorA I or. 



Anorrior 
BAiorui 
nniAim> 

TOTPnlUI 

A*iepnc 
nrnATlKO 



CAPOCnOTAt. 

coKOiceuc 
(inanoAic. 
esem . . . • 
mpecB. CEB. 

I ■ 



H. il.LnlatlMtponcla^iterlesbloMA, B, CÎDdiqneDtilM rHU- 
totioDi : qaint inx bloci a' et S', il tit innlila d'iTSitir fiw un' ^ V 
•'jtroUTB Bit coDJectgnl. 

ÀùftXieu «5[i[B«je( uloù «v]:o3 MaÎTôv [aiToû lutïm] xal toû aûji»»'*'» 
sfiuu oiS»o[i6û imi iifi[{ oDYnî.TiTeu, Kill J^!)[u thJ t«)««i"'' 
A kAh] Tb itp'iruXliiv T> Jwi Tin] OTûij;*] iriifutoi* , lui (ou *«)• • ' 
lkcp««)i[ut Kfo(]TivT[av] â*aT|^(Ke5, nfioSiuToQ ai6ciirT<<'*J 

■ Pour le lalut des empereurs nos seigneurs Tilus ^«f 
. Antonin Auguste , £Is du dieu César Trajan Adrien ; d'Aurei» 
Cësar son filsj des enfani de celui-ci; de toute leur maison i u" 
sénat sacré [de Homejei du peuple romain, la ville a conucre le 
propylon et le portique , sous ( ou par les toias de). ■ ■ 'Cffr- 
nelius très-puisunt consulaire, Ueuleuant d'Aogiu'e- * 

Ce n'^t-pas ici le lieu de jusliGer les diverses parties de 
cette restitution : pour les personnes versées dans l'bistoire ae 
cette ^poqne et dans la paléographie, il auOSt de la leur pré- 
senter, pour qu'elles jugent de sa convenance et du degré de 

(i) S^ éuil pennii de changer TOT an KOI, k U tralsiim* Uf"* ^' 
bloc A, on li»ii a6[isavT0{ ainbi «^a, eipmrfeH plai ti«h4e< L'B**"^ 
raum dci dans arpraiiloiu Mt la vraïa. 



^rviaolcgle, Numùmatigtu. a3i 

«rtit»de qn'ctk ptnt «voir. Je ■« coBiaile d'obtcrrar qa'cUe 
iie là dmie de Is eaaMcntion d'anc grande nuM d'édiScw ■ 

A Baïaé, bonrg aiiné à environ dousc lifores d« Duus» 
BoUe ««yagen^ troan dcox intcripUona latiiie» qui tont de* 
dédicaen ds la •qttièau coliorle h l'einiiereur Titus JEiiuB Ha- 
drien Anionia, et à Sabioa TnmqnUla i femme de Goidien. 

Une imciîptioa pitu inpoitenle ctt eeUe qne notn «Djngenr 
cc^Ni dan* le déttatt entre Damii et Bàlnjtt r è esTitoa tndt 
beares de celte dernière : elle cit répétée aor deux Mjlobaïai. 
Ceit me dédicace de la ville à Jnpiier trù-liani , datée dn ai 
djUrudel'aa ^xi,nq1Ù répond à l'an iif de notre ère. I« 
TMCÏ en caractèrca ordinairei : 

Ad HisTM Md iwmif , 4 viUt lèxiii. 

Ét«d; EKI) iiicTfvi AK , Ini dj>yupiTK|ii&v ZiSiî^oit xfti MnfttfM 
Mai TiàixifrMt lifiCiditat , m1 lafaiw NwpfiOM , «al i*ai(^B( 

■ A Jnpïier trèi-hant, et qni écente iaverabluMBl, U ■riUe, 
[en acconpIîaeeHnii] d'an vœn. 

• L'an 4sS, le ai dfitnut étant r^ùienri Zébtde, Ho»- 
mède, HilDchimu» leriboUi , IiréuaHurbéliUietÂiunùHfr- 
heha». ■ 

Parmi Itt nom* des argjrotamet , on régiitinri, eons l'ad- 
jBÔîatraiion dcM|neli ctlle dédicace a élé fiiiM, le trouve oalw 
de Hcdianied; ca qui rend cette intcciptioa fort remarqnabla (i). 
( Lajm au pochaiu caJùer. ) 

iGo. AirticaiTA cicekokiare, etc. — Antii]tiitës cicéroDienoes 
et Inscriptions qui se trouTcnt dans la Villa Formiana , cliS- 
tean de Gacte. In-4'>, avec 5 pt. Naples, 1837; Borcl. 

Lee planche! repréaenient : iephn de la dite Villa ; le Bain^ 
leC^otapheetToBbcaa de Cicéron; les Orne«en> de U CoB- 
' taine; «fnëlttnea tiMn. 



l6i. IToTtcz sua quelquei pikcu ds morkiib tkoutéki dàh 
DU thiidli on distbict mékidiomal bs L'Inns ; par sîr Ant. 
CabUUe. ^jirchœologia, or miicfll. tracts ; vol. XXI, p. 1.^ 

(■)I« M* é» Htdwnad Mnttoa** dans qatt^m* AfMm im npfto 
ICa,M|mtipacdwAiéii*»fc«àcn«. (gala énEMulMT.) 

L>otzsci!/Goo^lc 



>3i ArehaologiB, NumismatiqfU. 

■ ' ÏAI tumuU on leréei de terre abondent dan* la proviaee d« 
Coimbatcmr ; et ils sont conilamment entmiréa â'nnecfaalneda 
pierrei braies on de fragmens de rocheri; le diamètre dei phu 
Tatlei eaceintea eit sourent de oentpiedi. LecNitrede chaque 
tunwtut nt couvert d'une Urge pierre non lailUe, qui sert d« 
couverture aux quatre compartlmena qui le di* iient; les parois 
et lea téparetiona août paiement de pierre brute; et dct mor- 
taiset avec det tenon* qai tombent en ponaaiére, servent k 
ûxtr le comble inr les mors. Une de ces pierres conienait trois 
ceAt pieds eubes de granité; et, yu rinpossibilité de U re- 
muer dan* ton entier, elle fut conpée en quatre partiea égales 
pour mettre à d&ouTert les caieaux dont elle formait le toîL 
Les prJlre* indien* appellent le* élévatioas dont il s'agit Pauit- 
dour coulis, mois dont le dernier signifie tertre on monticule 
de terre. 

Le premier tumulus eiaimné par le colonel Caldwdl, était 
fermé d'une pierre du genre de celle* dont nous venons de pai>- 
Jer, longue de vingt [neds et large de douse ; et contenait qua- 
tre companimens égaux, d'une hauteur d'enTiron six pieds. 
Chacune de oc* petites diambres aviil exiérienrement nne ou- 
verture d'n à pied *ur dix-huit ponces (anglais), et aemUaUc 
à la bouche d'un four. On trouva dans ces chambres des vases 
'd'une terre très-fine, monta sur trois pieds et entièrement 
pleins d'une substance terreose qni paraissait calcinée , et avec 
laquelle étaient mjlés des morceaux d'ouemens brAlés. A quel- 
que distance de ces vases, étaient éparies une quantité d'armes, 
telles que des piques et des épées d'une forme singulière et 
d'un travail grossier; mais les parties métalliques, consistant 
dans du fer, étaient tellement oxidéei, qu'il fut impossible 
de conserver entière aucune de ces armes; cependant il fut fa~ 
«le de reeonnalire lenrs formes en écsrlant soigaemsement 
-avec awe petite truelle la terre qui les recouvrait Elles étaient 
entièrement inconnues aux naturels du pays, et quelques-un» 
d'elles ressemblaient à des pioches. 

Dans le tuinulus dont la couverture fut coni^éc en quatre 
jnorceaui, étaient dépos<!'s des vases de terre noire luisante, 
d'environ douze pouces de dianiètre. Le mode de ftibHcaiion 
■é^ eelie polefio mt mainl«iMit ioeoniUi, et le tnvail est Itès- 
supéHdbf à feltfi de la vaiiselle qui M fat l aiqottrd'bpi daps et |l« 



Arehteologiê y TiumismaUqne. 333 

pirtîe de l'Inde. On troave dans cxi Tua des pîècM d'argent 
carrén, dont I« angle* glaïeul mdemmfnt luà par le frai ; 
«n ontre « deox |Hèce> d'or de même grandenr et de mime type; 
de plu, des retiM de pièee* de enivre lemblablu anx précé- 
dente* pour le* volpme et l'empreinte. On a mU é^jtlement à 
dëconvert de* coopes de quatre ponce* de diamètre. Chaque 
«aie renfieRnait la même sabslance que cinx dont nom avons 
pailé ci-dcwtii. n t'en eit ttowié tut d'nne grandenr exlraor- 
disaire dont on n'a pu expliquer l'neage. Ce mordeau d'une 
lFè«-bel)e poterie, était onTtrl à chaqne bout, avait la forme 
d'uD sablier et portait )8 potiee» de long anr 6 ponce* de dia- 
mètre. Snr le sol d'une de* chambre* du lamiiùu, étaient ao 
Çcain» plau, ronge* et temblablei à de U cornaline. D'après 
lenr aitiiation reapeclive, ces graini avaient évidemment été 
enfiU* «nsemUe : il* ewuerraient encore la adme disposition 
qoe lonqu'ils étaient léunii en chapelet. W. 

163. Descxvtioi DBS Mjnums *xtiqv^ ou Casiiixt dx fbu 
H. AvUEx DK Hautexochb; par H. DuMKatAii, employû su 
Cabinet de* médailles de U Bibliothèque du Roi. Ia-4'', ac- 
compagné de 16 planche*; prix,i5 fr. Pari*, i8aS}De- 
bore frère*. 

Il n'est pu d'amateurs de médailles qui n'ait entendu par- 
ler de la riche collection de H. Allier de Hauleroche. M. de 
Hanteroche, conduit de bonne hnire dan* le Levaut, et plein 
des SfKiTeaîrs que non* ont laissé* les anciens, l'était attaché 
à recoeillir les nédaîllei grecques et romaines, et ion cabinet 
était derena l'un des pins beaux qu'ait jamais possédés nn sitt- 
t>l« psrticnlier. 

Ce cabinet élait lu rioni riche en médailles, et déjà il en 
avait fait grarer unepartie, lorsque la mort est venu le sur- 
prendre au mitiea de ses recherches. Les hériiiers ont crn de- 
voir, dn moins autant qu'il était en eux, remplir sesintentîeiis. 
Cette eolleclîon se compose de plus de 5,ooo pièces , pres- 
que tomes du pins beau choix, et en grande partie inéditesiLa 
ilescription qu'en donne H. Dumersan est faile seulement poor 
les personnes qui ne sont pas étranger** à la numismatique. 
L'auteur s jugé inutile de *'appe*Bntir tnrles pièee* déji po- 
bliécs et coanne*. U ne l'uréte qn's celtes qui sont inéditeit 



Otzsci:,GoOt^lc 



934 Jrchado^, NumUmati^, 

00 qui MBt imporlantei soai le rapport de l'art et de h lucté. 
Poar cellet-ci, il entre dat» le* délaili, et fait qaelqveloii 
usage dei notes mannscritea qn'artit laÎMen Ceo H. ÀUùs ^ 
Banteroche. 

Les mëdaîllei g^vëes a'arrétant k \* ville de Cnide ca Carie 
Elles sont au nombre de 37g, eton en doit le deaiinet lagnTwr 
■ M. de Saint- Ange UesmoisOBS, avantagensemeat conan par 
des travaux dn mtfnc genre. U est fâcheux qa« la nerl n'M 
pai permis à H. de UaDlerochc de continuer cette suil« jw^'i 
lafin. 

Les médailles sont en ce moment à vendre. On pent s'adret- 
' ser à M. Hidy d'Ermesnil, me de rÉehîqoier, n° 4, i nrâ. 
Les enivres seront c^s aveo les mMailles. D'«prA« ce ^tt 
nous avoDi dit, on n'aora pas de peine à se représenter Fh- 
porlance de cette collection. Assnrdmeat, pour en fa snau it 
semblable, il Tandrail, ontie la temps et les recherche», de cer- 
taines occasions qu'on n'est pas sûr de rencontrer. U senit 
donc à désirer que quelque Hus^e royal en lit l'acquisiiioe. 
Far exemple , où cette collection serait-elle mienz placée qu 
dans le Cabinet du Roi de France, connu pour être le ptas ri- 
che qui ait jamais existé 1 H. 
i63. C*TAiocuE DES Coins du Cabinet de la morkaib moviu 

UKS MÉDAI1.ES. In-fl* clci33 p.; piix, a fr. Soc. Paris, i8î8; 

Pihan Detaforcsl. 

Ce Catalogne doit inlûnsster particulièrement les amateurs de 
médailles modernes, ocux surtout qui dcsircraiect completin- 
dcs suites déjà commencées. L'admimstrstion de la mowMÎc 
des mcdaJIlL-s a mis en tète de re citalogue le tnrif des prix aox- 
quels on peut se procurer les pièces qu'elle frappe , et ces prix 
sont fondés uniquement sur l'espèce du métal employé, or, ar- 
gent, platine ou bronze, et sur les dimensions de la tBédniJle, 
qui sont de 11 à 36 lignes. Pour le itronsiti le più de'cluqae 
pièce est de I fr. 3o c. pour le plus petit modèlu , la lî^es, et 
s'élève jusqu'à la iV. pour celui de 36 lignes: si les coins sont 
Promis par des particuliers , ces prix sont diminués de moitié. 

Ou voit par le catalogue que nous avons sous les yeux, que 
U monnaie des médaiUea possède cncfre quelques «oins ange ns , 
ijdu régne de Charles Vill , 9 «k Low> ÛI, et un tmrttm 
nombre de François I, Henri II, François II, Charles IX, 



Henri 01, Henri JT et Loats Xm. he nombce toUl des coins 
leUûb fc «s princes est de 87. Ia série relative à Louis XIV 
iw compfeud pas moins de 5o4 pièces difTéreates , et U gloire 
d'un tel règne explique suffisamment le nombre des soniuneBS 
qui l'ont consacrée, n y en a aoo pour le règne de Louis XV. Le 
r^e suivant fut trop agité pour que les arts aient pn troUTor 
ie calme si uéceuaire & leurs productions; 60 pièces seulement 
se rapportent à cette mémorable époque. On trouve immé- 
diatement après, daios te catalogue, la liste des médailles de 
Ldiû XVni, BU Boaabrc de 71 , et le rédacteur du catalc^e 
DODs pometira sans doute de ne paa comprendre dans ce nom- 
bre, comme il a cru pouvoir le faire , celles de ces médailles qui 
oDtété frappées avant 1&14. U s'agit ici seulement de l'intérêt 
de* coUecieurs qui ne comprendraient pas comment ils doivmt 
insérer dans la suite des médailles du feu roi , frappées depuis 
i8i4,des pièces qoi, datant de 1795 etannéesBuivantes,et por- 
tent les insignes de U république ou de l'empire. Car nous au- 
rions à faire remarquer aussi qoe le catalogue que nous annon- 
çons douterait une idée bien incomplette des richesses numismati- 
ques du Cabinet de UMouoiie des médailles, >> l'on ne oonsidéraît 
qu'onn'a pu compris dans ce catologue les coinsdet innombrables 
et trèsMJea médailles gravées par nos meilleurs artiatee, de- 
puis 1790 juâqu'en i8i4. Ces médailles existent partout; on oe 
les ferait dmc pas connaître en en donnant la liste : on ne peut 
pas faire que les artistes qui les ont gravées , que l'Académie 
qui le* a composées , ne les comptent au nombre de leurs ou^ 
vrages, et qn'on n'en connaisse des descriptions qu'on trouve 
partout : il fallait donc, ce nous semble, donner un catalogvc 
complet pour l'honneur delà Monnaie des médailles^ ce qui 
n'obligeait nullement à fournir aux amateurs celles des. pièces 
qu'on croirait ne pas devoir frapper, et puisque la Monnaie des 
médailles vend ses ouvrages, il n'y aurait pas grand mal à ce 
qu'elle ne renonçât pas à quelques produits qui, aujourd'hui 
où tout se vend, seraient bieninorTensirs. 

Les médailles du règne de Charles X terminent le catalogue; 
elles sont au nombre de 30 : la gloire et les bienfaits d'un tel 
règne nous promettent de nombreux supplémeiu. L. X. 
164. LxTTaz de Henri Ellis, écuy., sua le sceau de GEOrraoi, 
iviqox PE LiRGOLif, et fiU naturel de Henri M» roi d'Angle- 
terre. {JrcAtcvlogia ; vol. XXI, p. 3i-) 



336 'Archeeoiûgiêy NumUmatUpte. 

L'empreinte de ce Ke>u , marqaée sur de la cire rouge , est 
de fonne ovale. L'év^ue , à qui l'on a donné la figure d'un 
jeune homme, y est représenté tenant dans sa main droite une 
espèce decrosae pastorale; il est vêtu d'une robe à longues 
manches et a la tête nue. L'inscription, dont les deux premins 
mots sont tronqués en partie, e«t ainsi conçue : 

SiotiLUM. GuAraini. clbiici. kzgis. &hou>bum. rmi. 

On n'est pas d'accord sur l'époque de ta naissance de ce 
Geoffroi. £arie â lort de la fixer i, l'an iiSi , trois ans avant 
l'avénement de son père au trône d'Angletene. Tons les bislo- 
riens disent qu'il fut promu, en 1175, au si^ épiscopal de 
Zincoln. 

GîraldusCambrensîs, qui résidaitàla cour dn roi Henri II, et 
a écrit la vie du prélat, rapporte qu'il fut élevéàl'épiscopat Im»- 
qu'il avait A peine vingt ans ; et Diceto alSrme qu'il obtint nue 
dispense d'âge pour être revêtu de cette dignité. Son élection fut 
oocfirmée au concile de Woodstock. Brompton nous apprend 
que Henri ne voulut point qu'il fïkt sacré b oauso de son ex- 
trême jeunesse, et l'envoya i Tours pour achever son édoe»-- 
tîon. Geoffroi occupa , pendant sept ans , le siège de Lincola 
qu'il résigna en 1 18a, ayant été nommé chancelier d'Angleterre. 
C'est en cette dernière qualité qu'il est nommé dans le testa- 
ment de Henri , qui fut fait en sa présence. 

Sons Richard I , Geoffroi fut appelé au siège ardiié[HSCopal 
dTork; mais la dernière partie de sa vie fut très- maUienrense. 
La fortune et le pouvoir en firent un sujet rebelle ; il fut dé- 
pouillé de ses dignités et de ses revenus, et mourut dans l'exil 
en iai3. W. 

i$5. HAséE nx FBiirTDRB et de Scdlptdke; par MH. RivEu. 
et DccuBSNE aîné. In-ia. Paris, 1818-1839; Andot. 

Il a déjà paru il 4, livraisons de cet ouvrage, qui doit en avoir 
100, (lu prix de I fr. chacune (ij. Nous avons appelé plusieurs 
fois l'attention de nos lecteurs sur le mérilc de l'exécution du 
texte et des gravures de cette juIie collection; nous lui consa- 
crerons quelques lignes dans notre prochain cahier. 

(ij II jurait un» lÏTraiMB tutu In 10 ji^n. I^ dobtmdx soukiîii- 
tlDrs, qai na voudraient pis relirai k la fois loni et •jni cil publia, 
jionrront l'abiMinar, 1 nUpnda «llrraliaiu teolcmeut jaMiD'i ta qa'IU 



te aolent nU aa «onrani. 



D.nt.zM^ïG00g[c 



•37 



HISTOIRE. 



■66. VmncK manu AOsruEKUcBBS LsKiavcn dxk CnoRO» 

LoatK. Éltfmeni complets de chronologie. £iai ptr H. A. £. 

WiGMxt. i'* Partie. Avec 6 pi. Gr. îa-S", de xx et 76g pp.; 

pr. i rihlr. Leipiig, tflafi ; Hulmuut. ( Algem. Repertor., de 

Beck; 1S36, vol. Il.iah. i, p. 36.) 

Dam ion introduction, l'intenr s'attaclie k développer l'idée 
du tempt, le besoin d'une chronologie et Ift néceiriié de diviser 
cette seience en ehroitologK mathématique et ehnnologie Aùto- 
riqae. Celte i" partie est consscrëe à la chronologie mathéma- 
tique. Elle est divisée en dens section;, dont la i*^ a'étend sur 
les âémeni d'atironomie, et ta a* sur l'applicaiioniles prin- 
cipes de cette science. On rencontre fréquemment danslecorpi 
dei'onvTage,commeprenves,despassBges entiers d'astronomes 
it de mathématiciens dïatingnéi. L'aatenr trouve dans le jonr- 
oal allemand les pins grands éloges. L. D. L. 

167. Ai-LOuiEiSB BisTOBiscBB TucHaNSiBUOTBXK/ur /eder- 

mann. — Bibtiothèqne portative pour l'histoire universelle^ 

â l'usage de tont le monde, i^ Partie. BUtoiie de Fenise; 

(ea 5 petits volumes ), par le D'.Fzau. Fntum; In-8°. 

Dresde, i8a8. — 20* VatXw. Histoire de Bavière f en 3 petits 

vol.;; par le D'. Gustave KLBHN,in-S''i Dresde; iSa8;Hili~ 

cher. {Le^tig. Literat. Zeitimgi in. i8a8,p. 827, 833). 

Les matières consignées dans le premier de ces deux ouvrages, 

histoïi'e de Venise, se trouvent traitées dans Us périodes 

livans : i ( Depuis les temps les plus recalés de Venise jtts- 

n'â l'origine de la puissance ducale, a. J Depuis l'établissement 

a doges jusqu'à l'inslilution du sénat. 3 ) Depuis l'instita- 

OQ du s^nat jusqu'au partage de l'empire grec et l'origine de 

docnitMtton des mers par les Vénitiens ( 1173 à laoS). 

) Depuis le partage de l'empire grec jdsqa'à l'institution da 

oiu«il de» dix; ( ixo5 — i3io. ) k ) Depuu l'iostitu- 

ondatribunaldest/Lr^ jusqu'à celle de l'inqnisitioa politique 

i3io — 1457. ) 6) Depuis l'institution de riuqniaitioa poli- 

jœ jnsqn'à ta décadence de la domination dn ciHnmerce 

aritinu des Véaitieoj, occwonfe ptE le» foyagsi da d^ 



1:, Google 



s3S SiMcirt, 

coDTertu patiner ( l45;-i493). 7] Depnii U chale de U 
doiniiiation dn commerce mArilîme des v^nitûna jusqu'à U 
perte de tontes leurs possessions en Ilalie, effectuée par laligae 
de Canbray, ( i^gS-iStS ). 8 } Depaiala perted» poMcsùop* 
sur le continent italien jusqu'à l'époqne oh le pouroir du 
Conseil des dix se trouTa restreint ( i&iS-i6o^). 9) Depnii 
la restriction dn pouvoir des dis jusqu'à la décadence de la 
lépubliqne ( 1605-1789 ]. lo ) Depuis la décadence de la ré- 
publique, jusqu'à sa dissolution; depuia 1780-1796 (plutôt 
jusqu'à J797, attendu quesadbsolutionfutpioneucéean trai- 
té de paix de Campo Formio). Telles sont les matières que l'ao- 
teur traite dans ces 5 petits volumes, La bibliothèque portaliv* 
lui doit déjà l'histoire de plusieurs États libres, dont labonna 
méthode et l'élégance du style se reirouTeat aussi dan* l'on- 
■vrage que nous annonçons. 

Le second travail, l'histoire de Bavière, comprend 3 petits 
Tolomes. Le i*' renferme les événemen» qui eurent lieu depuis 
'les temps primitifs jusqu'à la proscription de Henri le Lion ; 
. le a* embrasse le mojren âge, depuis l'arrivée des Wittelsbach 
en Bavière, jusqu'à l'avènement du prince ( plus tard électeur ) 
Haximllien I( i5g8 ]; le 3* est consacré au temps moderne, 
( iSgÇ-i&aS ). Quant à ce dernier période, on reproche à l'an- 
tenrdel'avoir traité avec trop de brièveté, bien qu'il n'ait omis 
aucun des principaux évcnemens qui forment la chaîne de 
rhisloire de ce pays. L. D. L. 

168. HAirnsvcn Dxa Gescbicbtk des STitrEir, etc. Histoire des 
États de l'antiquité principalement coniidérés sous lerapport 
de leur organisation, leur commerce etieurscoloniesjpar S, 
H. L. Heeder, prof, d'histoire à l'univ, de Goelting. Gr.în^% 
de xmi et ^56 pp. ; pr. a thaï. la gr.Goetlîng, i8a8; 
VHKyier{Mlgem. ^^erf.deBeck; iSaS, vol. i,cab. 6,p.468J. 

Ce volume est le 7* des oeuvres historiques de l'anteur. 
Dans l'avant-propos , il fait connaître le point de vue soaa 
lequel il a traité l'histoire des Étals de l'antiquité. Quant aa 
corps del'onvrage.i) présente toutes les corrections quelesd^ 
couvertes Kienlifiqucs ont pu nécessiter. Cette ol»erv«tîon est 
principalement relative à l'histoire d'Egypte, de Gcitt et de 
ftomv. L'inteor ■ «u également soin de fdin conaaîtn Je» 



Hittoin. aSg 

im\t )cf plu iinporUDs qui oot para dfpnit, en lu aooompa* 
guBi d'aoe ivttiqne, tiotûl >é*èn mb» amertuiae, UalAt in- 
dulgateMDi partialité. X^ D.L. 

iGg.ÀBiiioKy or thbMahutt*!, etc.— Histoire dei HabraUes; 
jurJ. Gia;(t Duff, écuy. 3 toI. in-S". LonJr«s, i8a6; Long- 
■nanctcorap. ( Bhalhly Revkfv ; août 1896, p. 337). 

Si l'on examine cet ouvrage avec léTérlté, il ne saurait lou- 
:<nir la corapaMaon avec noa cLeft-d'œiivre hiitAnqaM. Le 
Uyte nt nu affectalioii ; maîi quoiqu'il loît génénilement clair 
Il vm^t, [I manque aonvent de clialear et d'énergie. Bien que 
vmt tof ou loin de nons aveugler inr les défaut! de rhbtoir« 
1#t Mahnttes,nous reconDaïssons toutefois qu'elle mérite des 
!bge) a bien des ^rdi^ elle est le fmit de recherches con- 
<nenci«a5esetii)stdnes; elfe proure dans ion auteur un juge- 
ncnt Min et droit. M. Duff a rendu un service signalé à la 
iiléralute historique; et nous ne mignons pas de lui prédire 
)our ion lirre un xang distingua et une réputation durable. 

I«s nanascrits «rigiuaux de l'Inde sont les principaux ina- 
letUni employés par notre historien pour la composition de 
ion ODnage-,à t'aide de ces précieux raonnmeni, il a pu retracer 
Im TÎctiiiindn qu'a subies le pays des Mabrnties : ces annales 
•éài^ti d'ane manioc claire et précise embrassent nu période 
le cinq siècles. 

Lei détails que donne M. Dnff snr les sources auxquelles it 
pniié sont d'un bant intérêt. U noos apprend qu'à l'époque 
Il renTcrtement du gouvernement des Feishiras, lenrs papiers 
ubiics et particuliers les 'plus imporlans lui furent coromunî- 
n^s par H. Elpbînsto ne, révéla de l'autorité suprême dans le 
'écaD,ea qualité de commissaire envoyé pour prendre posses- 
on des pays conquis. 

Eu tête de Tonvrage, se trouve un chapitre d'observations 
iris géographie, les principaux traits, le climat, les habitans, 

religion, rinstruclion , l'histoire ancienne et les inititiitions 
1 pays des Hahraltes. Chaqne ligne de cette introduction cit 
leioe d'intérêt ; nous regrettons seulement qu'elle soit aussi peu 
^reloppée stir tout ce qui concerne les institutions politiques. 
I partie historique proprement dite est, et devait être la plus 
cndue ^ l'anteur parcourt avec la plus scrupuleuse exacdtude 



1:, Google 



a4o tiûtôin. 

les jv^nemens qai oat pliuieiiri foU change la ûiM de l'ilat. 
Pent-âm reprochera -t-4>a à l'iuieur de nuoqaer qneliinefoU 
de critHiue; nuis oa ne laurait airarëment loi reTiuer nit 
ardent nmonr pour la vàiié et une , patience à l'ëprenve ponr 
la chercher et la connaître. W. 

170. HiiTOiBK DE 1.1 LioiSLiTioir; p*a M. na PASToaXT, $ to). 
in-8*.3'a[licle: Législation tietÉgjptieiis.Paiisiltapr.Rojilt. 

Quand ane nation célèbre dont l'origine le perd dans la nuit 
da temps, a rempli le monde de aa gloire, poar peu que ton 
histoire offre du vagne et de l'incertiludei elle devient pour la 
posiëritâle sujet d'une maltitnde d'ouvrages, d'interprétaliooi 
et de commentaires; c'est ce qui est arri?é pour l'Egypte qui 
de nos jours a tant occupé les savans. Mats quels que soient les 
eH'orts qu'on entreprenne de foire, il faudra s'en rapporter, 
surtout pour Us usages , les mœurs et les lois , aux auteurs de 
l'antiquité qui ont visité l'Egypte, ou qui en ont ët£ les con- 
temporains; c'est d'dprès ces auteurs que M. de Pastorst t 
fait l'histoire de la législation égyptienne. Peut-Ëire a-t-il don- 
né trop d'étendue aox autorités de la Bible en ne distinguant 
pointa9sei.les époques particulières de quelqnes lois; mais cette 
différence de temps, el ce degré d'dutoclté ne peuvent gaëre 
apporter quede légères différences dans un ouvrage biti turdes 
fondemens antiques et vénérables. C'est moins sous la domi- 
nation des pasteurs , des Grecs et surtout des Romaius , qu'il 
fiant juger les instituitons de ce peuple, que dans lei tempi 
antérieurs , parce qu'elles furent snccessivement altérées, oa 
modifiées par la conqui!-te. 

Le gonvei'oement de l'Egypte ne fut lotig~-lenq)s qn'nn col- 
lège de prêtres verséi dans la science des astres, de la nature, 
de la murale el des choses utiles an bonheur; toutes leurs divi- 
nités ne sont que les symboles de cet connaissances. I^ gou- 
vernement ne s'échappa de leurs mains, que pour passer daoS 
celles d'un soldat. Depuis , une longue suite de rois régna 
sur rSgypte avec un pouvoir qui ne fut pas tonl-à-fait absolu, 
puisque les prêtres conservèrent une grande influence dsni 
l'état, et que les guerriers formaient une corporation redou- 
table. L'Egypte qui a duré si long-tempi , n'a pas moins éie 
exposée à des troubles^ c'est la destinée conrause det corp* 



:|-:..i:,G0Oglc 



Histoire. t^i 

politiqaea, quelque bien organisai qu'ils soient. Quand la for- 
lane place sur le IrAae nn méchant prince, il briae toutei lei 
iHcrièrea qui le contiennent dans les voies de la justice. 

Si l'on coniidère loat ce qui se passait à la cour de» roii de 
l'Egypte, OD ne peut s'empéclitr de reconnaître qu'ils joois- 
saienl d'une grande pniisance. La ]>aiseise des courtisans , 
nombre d'officiers domestiques, des enfani de prêtres, une 
garde cbangeante et mobile, les adulations qu'on leur prodi- 
guait, beaucoup d'acies de cruauté et de tyrannie commis sons 
de mauvaii princes, aucune loî pour la régence, l'empire, de 
temps i antre , aHlig^ pa^ des reroltes qui chaDgeaienl la dy- 
nastie, le deuil général qui éclatait à lamort du prince, comme 
si la nature entière eût dû le pleurer, des grands de l'empire 
portant le dcTOuement jusqu'à se donner la mort et s'enfermer 
avec eus dans le même tombeau, les statnei des rois placées k 
citli de cdies des dieux, lear nom invoqué dans le lerraent , 
leur ame qu'on coosidcraït connue supérieure à celle desautres 
hommes, tout parait de'montrer que le monarque y jouissait d'un 
pouvoir immense. Mais ce pouvoir, qnel<]ue considérable qu'il 
parût, troniait néanmoins des bornes dam deux grandes insti- 
tutions, le corps des prêtres et le corps des guerriers ; les uns 
étaient les conjeillers du tr6ne, et les autres en étaient le braf j 
ils avaieat d'autant plus de puissance , que les professions en 
(■taicnt béréditaires. Chacun de ces corps avaitaon esprit, ses 
masimes et ses règles, qui servaient de freina l'autorité du 
monarque. Les prêtres l'inilisient aux rojstéres sacrés, et les 
soldats le formaient au métier des armes ; tout monarque était 
ainsi roi, prëtreet soldat;ce qu'il voulait comme roi, il ne le 
ponvait pas toujours comme prêtre, et ce qu'il voulait comme 
prêtre, il ne le pouvait pas toujours comme soldat. Comme ils 
étaient rois avant tout, de crainte qu'ils n'abusassent de leur 
ponvoir, ils ne devaient point vivre comme les autre* hommes i 
«Jes devoirs leur étaient prescrits à des heures de'terminées da 
jour et de la nuit. Un pontiHce était chargé de leur faire la 
lecture des acitons et des pensées des grands hommes pour leur 
servir d'exemple, et après la mort , leur mémoire était jugée , 
s» bien qu'on a va de mauvais princes privés delà sépulture. A 
la vérité, la législation n'avait posé aucune limite au ponvoir 
•les rois, mais ce pouvoir était contenn dau le» digues par 
G. ToMB XI. i6 

i..i-,....i., Google 



à4t Histoire. N* 170 

dei mages , des maximei, des liens et des rivalité At corps 
qae la lyrannie ponvait vieter , mais ne violait pas lODJonrs 
impunément. Ainsi le f^uTernemfnt de l'Égyple appartenait 
plulAt à la monarchie qn'an despotisme. 

La sagesse et le caractère de la plupart des lois de l'Egypte 
confirment celte vérité que M. dePastoret semble mettre pins 
qu'en doute. L'empire était partage et! province^ înd<!peudam- 
ment des gnerrieri et des praires, il y avait nne troistC-me 
clasie d'habitans, composée des artisans et des cutliTaleurs , 
dont les pi-ofesiioiis éiaient aussi hérédiiaiies et en honneur. 
Les terres étaient partagées entr'elles, l'impôt se percevait avec 
équité; les prêtres n'en payaient pas, La douane, la pêche, les 
mines formaient un revenu considérable. Ces instilaiiong ne 
pourraient gu^Tc se concilier avec le despotisme, où l'on ne voit 
qu'un maîire et des esclaves. 

Les prêtres, outre les fonctions variées et nombreuses dn 
sacerdoce, étaient chargés de l'administration de la jnslïce. 
Chaque province avait son tribunal, chaque tribunal nom- 
nait ses juges; chaque ville avait des magistrats particuliers. 
An sommet de la hiérarchie judiciaire, était une cour composée 
de trente juges et d'un président. Les villes de Memphit , d'Bé- 
lîopolis et de Thèbes en fonrnisssient dis chacuue. Les livres 
renfermant le dépôt de la législalion étaient sur leurs tables ; 
on représeniali les juges sans mains et les ^eux baissés. Ils 
prêtaient un serment admirable. C'était de d<!sobéir au roi s'^1 
leitr commandait une injustice. De crainte que l'éloquence ne 
chsrmftt l'oreille et a'égarït le oxarl on déposait simplement 
par ^erit le sujet de la coniesiation ; on ne permettait It ré- 
plique qu'une fois, te président touchait avec la figure de la 
venté le plaideur qui avait gagné son procès. Cette manière de 
rendre la justice est de l'essence même de la monarchie- 

Ancan tribunal ne fut plus singulier que le tribunal des 
morts. Il était formé de quarante deux juges. Chaque province 
avait le sien. Ils siégeaient ordinairement sur le rivage d'an lac. 
L'accusation était ouverte i tout le monde; mais quiconque 
cherchait à fiéirir la vie d'un homme vertueux était puni sévè- 
rement. Le jugement était-il favorable, nne barque recevait le 
cercueil pour le conduire dans la demeure étemelle du silence. 
Lesmaiioo* éltient remplies de momies, et aonTealee'a'ëlsit 



HUtoire, i43 

qae long-tnnpa iprii la mort qn'oB ^taitiogé. Atiui m Iron- 
Taitnn tr)bDiul>urlflsliimt«>delaTiflpoaracGordar la «épul^ 
ttuc à 1« vertD et la refaier an vice ; Iribanal deTant Icqael 
lu roii Btéme comparaùtaient , et qni ne h concilierait poiot 
arco la corruption dn despotiime qui S^tril toute* lei Terto», 
Mnf Pobéisaance qni n'en «t pas même nue dant cet état, parcA 
qn'etla est l'effet de la crainte. 

H. de Pastoret nous fait Gonnallre avec beanconp de détail 
ce qni M rapporte aui inititulioDa religietues, le oractire dea 
prêtres , leur admirable fragalilé, leur Tétement, leur manière 
de Tinv, lea nombreuies diTÎDilés de l'Egypte, Ici règles et les 
cérémonîea da culte, la pompe dei f<Stes, lei prédictions, les 
sacrifieea et le cboïi des victimes. Les maximes de la morale 
étaient gravées sur les temples. L'œil de la divinité bu centre 
de l'univers était représenté par on œil et un disque. Un élé- 
phant à la ehasM d'une souris, indiquait que l'homme puissant 
ne devait pas s'abaisser j le eicl répandant la rosée, exprimait 
la reconnaissance; l'égoïime était dépeint par aneaîgle qui bâ- 
tit tcm nid dans un désert. Ces prêtres, leur religion, levr mo- 
rale sont des dignes naturelles à la monarchie. 

Si nous jettons un coup d'osil sur les lois qui régiaiaieut les 
persomNi, sot» les voyons en rapport avec l'esprit de ce gou- 

Dans on cliauit dont la fertilité devint si prodigîease par 
l'art, tout enconngeait au mariage, alin que la fécondité de 
l'homme répondit à celle de la terre. Aussi ta différence du 
cntte, rdativement aux animaux sacrés, n'étaitpas on obstacle 
à ce lien, on pouvait épouser une étrangère, épouser plusieurs 
femmei; le prêtre n'en épousait qn'une seule. On permettait 
l'aBion do frère et de la saur; on tolérait te concubinage; le 
nuTÏage était soumis k des formes légales ; la femme suivait 
son ^poox partout où il habitait; elle jouissait néanmoins d'une 
eonaiiUimtion particulière qui semblait l'élrver an-dessns du 
poavoir dn mari. Tous les enfans étaient légitimes, mèmecegx 
d'nne esclave. Le droit de la naissance venait du père ; l'adop- 
tiOB était admise pour tenir lieu de la paternité. Chaque enfant 
portait le nomd'nne divinité, la pnissance paternelle était dans 
dca limite* aroné» par la nature; c'était nne obligation ponc 



i:, Google 



^44 Histoire. N" 170 

lea enfans, et panicnlièrement pour 1« fillei, de nourrir. on 
père indigent ; snrloat on respectait la vieilleue. 

Lrtloî* veillaientsorréducaliifn, onaccoiilaniBttlajcunesK 
à la frugalité, on lui enseignait la morale et la religion; maîi 
on ne cullîiait point le ccenr sans fortifier le corps. On l'exn- 
çait anx combats de la Intie, on riniIruUail à monter à chefil, 
à condnire un char dam la carrière. La loi prenait toio de 
régler ces exercices, pour ne pas donner an corpi noe force 
dangerense, elle réglait anisi le chant et la mnsiqne ponr ne 
point amollir les âmes , et n'inspirer que de Terlnenies pen- 
aées ; la musique était liée à U majeslë des lois et an culte des 
dieux. Cliaque enfant devait apprendre la profession de soi 
père, et les arts étaient ainsi un héritage de famille. Comme U 
stabilité était un dss traits du caractère de la nation , les lois 
imposaient aux arts du dessin, et même à l'archîteclure, des 
bornes qu'iln'était guère permis de dépasser; on aimait mieux 
la consianee que la perfection, la solidité que de fragiles or- 
nemens. Esprit de dar^e qui n'est point dans le despotisme, 
qui détruit plutôt qu'il ne conserve, si bien que Uonlesqniea, 
pour le peindrc,noas a montré des sauvages qniabattentl'arbte 
pour en manger le fruit. 

Qnanl anx lois qui régissent les contrats , elles sont a peu 
près les mêmes dans tous les gotiTcrnemens. L'Ëgjple en avait 
pourtant une qni prouve l'ascendant de ses moeurs monarchi- 
ques et religieuses : on ne pouvait empmnter sans donner en 
gage le corps de son père; un peu de poussière serrait dliypo- 
Ihèque, et ce gage était le plus siir de tous, tant il j avait du 
déshonnettr à ne pas le retirer. 

La police avaîldes lois qu'on ne saurait trop admirer, si la 
sévérité des peines s'y-troovait proportionnée au délit. Pour 
prévenir la mendicité , la paresse , le vagabondage , le vol , on 
était oblige de déclarer chaque année, sous peine de mort, son 
nom, son état , ses biens , le gain de son industrie. On ne né- 
gligeait rien pour régler les inondations du Nil, et prévenir la 
disette. On fortifiait le sol; on établissait des magasins de sob- 
aislaoce. la salubrité des villes et la santé des liabitans furent 
l'objet de plusieurs réglcmens; on nettoyait ks canaux, on 
faisait fréquemment usage de bains, de parfnms, on lavait soi- 
gnensement le* vases, les coupea, le* Télemens. Les prêtres 



Histoire, a4!( 

bràIai«Dt le natin de ]a r ëiinr, ponr purifier l'air île la unit et 
réveiller l'etprir. A midi, ils brûlaicDi de la mjrrhe, poar dii- 
■iper les vapenra qu'élève le soleil ; on antre iromare, le Kyphi, 
était destiné aasacrifice da soir. Une maladie menaçait-elle la 
santé publique? on alluinait des Teui de bois odoriférans 
pour purifier Tair. Les lois religieuses s'unissaient aux lois de 
police ponrprescriredes jeAnes, la «obriété, des ablulioni; pour 
défeixlre tantAt d'une nunière directe, tanlàt d'une manière 
dét onr née, des ali mens nuisibles à la sanié. La circontiiion , 
les rabaumemens , le soin de la scpntture étaient dei lois 
d'hj^èue. • 

Ix-s maladies dcTaient être traitées suivant les règle» dé- 
potées dans dfs livres religieux. Le médecin, sous peine de 
moii, répoudait de la vie dn malade, s'il s'était écarté de ces 
règles, dont l'une était de ne le purger qae le quatrième jour. 
On guérissait aussi les malades dans les temples ; Platon y re- 
courra la santé, Aspasie sa b^uté déligarée par un mal an 
visa^; la médecine d'ailleurs était eonane de tout le monde. 
Chaque maladie avait son médecin. Les femmes présidaient 
aux acconcbenens. Les médecins étaient payés par l'état. De 
pareils réglemeos, qui assuraient l'existence, la santé, prolon- 
geaient la rie, augmentaient la population, ne peuvent ^eqne 
l'ouvrage d'an gouvernement tempéré. 

Lei guerriers avaient aussi leurs régies. La honte et le mé- 
pris flétrissaient la désobéissance et la lichelé. Hais celte peine 
ne faisait point descendre le désespoir dans le cœnr, on pou- 
vait la racheter par d'éclatans exploits. Les soldats vivaient 
rn commun. Les noms de père, de Gis et d'époux enflammaient 
leur courage, ils s'exerçaient sans cesse aux manœnire* de la 
gnerre. C'était parmi eus qu'on choisissait les rois, lorsque la 
dynastie venait à manquer, fis imploraient les dieux avant le 
combat, et les remerciaient de la victoire dont ils déposaient 
le» trophées dans les temples. Le monarque, qui leur accordait 
de grandes récomprnses, pouvait convoquer ou licencier l'ar- 
inéê; mais elle n'en était pas moins un coi-ps vivant dans l'état , 
cl capable de lui résisler, tandis que, dans le despotisme, une 
armée dissoute va se perdre et se disperser parmi des esclaves. 
L'anenr de la vengeance domine le* sauvages ; cet amour se 
covftxn cBCon Jong^cnaps après la fonaviion ilet société et 



I., Google 



»4$ Hisfoirt. N*> 170 

c'eit II nUon ponr laquelle !■ plupart dei loU criiDndlM de 
l'ântiqoii^ plni voïilas de l'eEat de nature, rat an caractètt 
At craautë todépeDdant de la nature du gutiTeriKaMit. Ahmî 
l'Egypte a-t-elle d« peines tont-i-faït barbarei. M. de Pailo- 
retcit peut-être trop »éTère,lonqu'illea attribue àla ljraiiiiie> 
Mail en même terop» il fait preuve d'ane habileté rare, lorsqu'il 
rcconitrait le code dei lois criminellM de l'Égjrple. Nooi 7 
TOjoni l'auaisiaat volontaire puni de mort, toit qu'il ail été 
commiitaruneperionDelibreon •nraneaclave. Celai quinel'a- 
vait paa eiopéohé était regardé comme corapIiceiU caloaniatenr 
puDÎ de la peine qu'aurait lubie racensé; le parricide déchira 
et brAlé i\i; le père aMaiiin de ion fili, coodamné à tenir daut 
■es bras, durant trois jours, le corps du fils asiaisiné; l'hommo 
coupable d'ad ni 1ère, frappé de mille coups de fouets, et la femma 
défigurée par le nn coupé ^le viol d'une femme libre puni par 
la mutilation; l'altération de la monnaie et toute espèce de 
crimes de faux, punis par les deux mains coupées; le meurtre 
même involontaire d'un animal sacré, U révélation du lien de 
la sépulture d'Apis , un bceuf immolé sans être qurqné du 
sceau des victimes, la violation d'an serment religieux , tons 
ces criraei emportaient le dernier supplice. A. travers ladisprth- 
portion de ces peines, qui montrent une l^islation qui respire 
trop la vengeance, on trouve au moins quelques dispoaîtîoBs 
consolantes ponr l'humanité. Le monarque avait droit de faire 
grâce. La femme enceinte n'était point conduite au supplice. On 
enivrait le patient avant l'exécution , et l'ivresse lui - voilait 
l'horrenr de ses derniers momens;loi si conforme àl'hnmanité, 
qu'elle devrait être adoptée chei tous les peuples, d'autant qne 
l'appareil et l'effroi du supplice son plus que sufSseni poar 
inspirer la terreur an crime , et la pitié commande d'en re- 
trancher tout ce qui en est inutile, telle est la présence d'esprit 
du patient. 

Des légistes ont proposé de nos jours l'abolition de la peine 
de mort ;mais ne lerait-'il pas imprudent de la mettreà l'épreuve 
sans la remplacer par le simulacre d'un supplice propre «ins- 
pirer de l'effroi? Ainsi Artasercès ordonna , pour punir les Bai- 
gneurs de sa conr , qu'on fouetlSt leurs habita. Hien déplus 
barbare, par exemple, qne d'accompagner lepatient au supplice 
«tn d«t chanu lugubres de mort, oomne 'cela h prat^ae tu 



Histoire. 3^7 

quelques pays. Faire aisister on homme vivant à ton enterre* 
ment, c'est ud auUe tnpplïce. Qae de lois barbarei il reste en- 
core à efTacer des codes de r£aroj>e! 

Presque toutes les lois il'tgypte dont M. Pjistoret a prêtent^ 
UD bel ensemlile ne sauraient ai)|iarlenir lu despotisme; lu'îl 
oous permette de différer en ce point de son opinion. En effet, 
les soctûtés bnnuÎDts sont régiea par trois espèc» principales 
de gouvemenienl, la république, la monarchie et le despoliime, 
qui sont susceptibles de dilTérenles modifications, mais qui 
n'en ont pas moins un caractère déterminé, toit par le principe 
qui les anime, soit par la nature de leurs institutions. 11 ne se- 
raitgnère pins vrai de dire qu'avant la révolution, la France 
n'était pas une tnooarcbie, que de le dire de l'Égjpte. C'est un 
bonbeur saoe doute , autant ponr les princes que pour les 
peuples, qae ces conititulions qui règlent les droits et les de- , 
voira de tonsdans^I'ctat; mais, sanielles, la monarchie qui peut 
exister d'une manière moins parfaite, ne doit pas étn confon- 
due avec le despotisme, qui reçoit néanmoins quelques limites. 
RoMuet et Montesquieu considéraient l'Egypte comme utte ma- 

Tant de sagesse, tant deiavolr, tant de sollicitudes, tant de 
vigilance, une population si nombrenie, ne peuvent le conci- 
Jierarcc la tiolenceel la crainte, èlémens dn despotisme. Si 
nous cunsid^rtms, outre cela, tout ce qu'a fait d'immortel celte 
nation i le* caoani el lea tacs qu'elle a creusés; ses pyramide», 
ses temples majestueux, ses slalnei colossales, ses ob^lïiques, 
le» hauteurs qu'elles a élevées pour se garantir des inondations 
de son fleuve, le flanc des montagnes qu'elle a ouvert pour j 
logerles morts , il faut reconnairre qne l'iilgypte était animée 
par on esprit d'immortalilù qui portail nus choses sublimes< 
Le despotisme ne produit rien de semblable. La d^radation et 
In misère où l'Egypte est tombée atlettent qu'elle eut un gou- 
vernement tout différent de celui d'anjourd'hui. 

Xjonons néanmoins les vîtes élevées el bienfaisante! de M. de 
Pasiorel. En ne suivant pat ces distinctions classiques , il s'est 
proposé ungrand but qui résulte de l'esprit et de l'ensemble de 
son oovrage. Ce but est le désir de voir s'établir, dans tootas 
les moiurchies, des gouvernemens constitutionnels , <n les 
présentant sans cesse comme un modèle qu'il place entre Us 
troubles de la démocratie, et les malbenrs du despotisme. A 



i:, Google 



348 Histoire. 

l'appui de l'esp^rieDce de tontei les I^giilations qui oot paru 
lar la terre, il indique, tant eux nations qn'atii princes, la vé- 
ritable roDte qu'ils ont 8 suivre poar leur bonheur réciproque. 
Ce ne sont point de ces illuiions politiques dont se bercent qnel- 
ques esprits qui ne savent pas combien il est difiScile de mettre 
nn frein ans passions des hommes, mais trois milleans du passe', 
qaî instruisent tes siècles h venir; et ce que je vois inrlout de 
remarquable tlans lés progrès de la science des gouTernemeot, 
c'est qu'après tant d'épreuves, de troubles, de guerres, de divH 
sions, d'élévation et de décadence, tant devcilles, de méditations 
et d'innombrables écrits, on revient au simple gouvernement 
des peuplades de sauvages qui ont un chef et des assemléu ; ce 
qui forme la base de tout état constitutionnel. Ainsi, les peuples 
etleshommes.aprésBvoirabandonnénnefoisIs nature, s'égarent 
longtemps et pendant des tiècles avant à'y revenir. Halhenrea- 
aemenl leurs erreurs leur coAteotluen du sang et des larmes. 

A. MÉTBIL. 

.I7I.GESCBICHTB niK CABTBiciB. — Histoïre des Carthai^nois, 
d'après les documens authentiques; par le D' Guill. Boetti- 
CHBa. In-S° de xii et 4^^ p-i avec une cacle^ 1837. (&r'- 
ting. geUhrte Jnzeigea; avril 1838, p. 665.) 
Une histoire de Carthage ne peut contenir des faits plus 
nombreux que ceux que les historiens nous ont rajiportcs, et 
ils ont été très-incomplets. Nous renoncerions volontiers 1 une 
partie de l'histoire des guerres de cette république, si nous 
pouvions obtenir, par compensation, une explication plus 
exacte de ses rapports întérietirs. Mais il faudra que nous nous 
contentions des faits consi{,mé3 dans les sources, aussi long-temps 
qu'on no retrouvera pas, dans un codex resrriptds, la section que, 
dansson grand ouvrage sur la politique, Arislotc avait consacrée 
au gouvernement de Cartilage. Toutefois, mémo réduit à ce» sour- 
ce» uniques , on peut encore mériter une couronne si l'on sait 
en faire usage avec un judicieux espritdecritique.' Tel est aussi 
le critérium avec lequel nous jugerons l'oiivrago de l'auteur. 

Il a divisé son histoire en 3 périodes. La i", depuis la fonda- 
tion de Carthage jusqu'à la guerre avec Syracuse, 480 année» 
avant Jésus^^hrist. La a* jusqu'au commencement des gneirt* 
de Carthage avec la République romaine, k64 ann^ avknt J.-C- 



Histoirâ. iig 

L» i' jusqu'à la destroction de Carthage. Tant le monde sait 
que nous ne possédons point d'iiisloire suivie du premier 
|iLTiode, si l'on excepte les récits extrémenient brefs de Justin. 
C'est ponrquqî l'antair y a suppléé d'une manière fort judi- 
cieuse, par une exposition de la république de Carthage , con- 
sidérée dun toutes ses parties et dans tontes ses relations de 
détail. Ici, comme dans ta constilution même, il est certains 
points spéciaux sur lesquels on ne peut donner que des -conjec- 
tures, comme, par exemple, le rapport de la gerusia (conseil 
des anciens) avec le sénat proprement dit ; ainsi que les pentar- 
ciliés. Nous ne nous y arrêterons donc pas. En ce qui toiicfa« 
le commerce du pays, nous ferons remarquer que l'auteur place 
aussi dans le Bilroa actuel le dernier des peuples connus d'Hé- 
rodotc, savoir, les Atlantes, Encore aujourd'hui, Bilma est le 
but ordinaire des voyages des hnbitaos du Fezun, parce que 
c'est le lieu où se font les échanges avec les caravanes du Sou- 
dan , qui sont forcées de s'y rendre pour chercher du sel ( an- 
nnellenient 3o,ooo chai^mens de chameaux); car il n'y en a 
point dat» nu lieu plus rapproché. Il n'est donc pas étonnant 
qu'Hérodote n'ait pu obtenir de ses Garamantet de plus amples 
détails sur les hafaitans du Fezzan ; leurs expétlilions se bor- 
naient là. Le voyage de découvertes des NasamoRs jusqu'au 
Joliba, pcid aussi tout caractère merveilleux, du moment que 
l'on s'en lient aux expressions d'Hérodote. Ils voulurent, dit 
ci-t historien , essayer s'ils pourraient pénétrer au-deli des ré- 
{•ions connues (par conséquent te pays des Atlantes), et ils arri~ 
vùreot ainsi d'une manière tonte naturelle au Joliba. 

L'auteur croit reconnaître les 4 élémens dans les 4 dieux 
principaux des Cardiaginois , savoir , Baal , Astarte, Esculaj>c 
ft Poséidon (Neptune); comme les Grecs appellent les deux 
derniers. Hous nous en rapporterons , à cet égard , au jugement 
(les mythologues. Dans l'examen que l'aineur fait de Vétat de 
la civilisation des Carthaginois, if a oublié àc parler d'un point 
important, savoir, de leur patriotisme , dnnt ils ont donné tant 
(le preuves éclatantes, et qui tes porta assex fi-équemment & se 
sacrifier volontairement ponr le bien du leur patrie. 

Dans le a* et dans le 3* période, l'histoire de Carthage n'est 
iiialheurcusrmcnt, comme tout le monde sait, que t'iiistoirc des 
guerres de celle république. L'auteur a traite cette partie de 



aSo Histoire. 

son sujet avec bcancoup d'exactitude, et ed Taisaiit rréqueu* 
ment luage des tources qu'il a indiqucea; particulièrement de 
Zooaras, qui puisa pria ci paiement ses récita dans les livrci 
de Dion qui ont été perdus, et dont nous possédons les extraits 
(Esccrpta). Nous avons surtout porté notre attention sur ce que 
l'auteur nous dit du développement des rapports politiques ex- 
térieurs (le Carthage. L'auietir a parfaitement caractérisé l'oH< 
gine du parti démocratique qui se fomia contre le aénat par suite 
de la lutte qui avait éclaté entre Uannon -le- Grand et Hsmilcar, 
et qui , autant que nous en pouvons juger , a amené en grande 
partie les vicissitudes internes de la république. La réforme 
qu'après la seconde guerre punique Annibal opéra, comme pré- 
teur, dans la constitution, est exposée d'après Tite-Live. L'an- 
teur dit préteur, au lieu de Suffète. rtous ne savons s'il a eu ni- 
ion en cela, mais peu importe. Cependant il serait désirable 
que le rapport du questeur avec l'ordre desjugeRfOnfe/Ntfi- 
eiun,fùt déterminé d'une manière plus claire. Hais nous 
pensons que l'ordre des juges doit s'entendre du cenlumvlrat, 
que nous regardobs comme ne formant qu'une seule et même 
institution avec la gerusia , maïs non avec te collège des cat 
quatre hommes (centum et quatuor vin). Du moins ainsi, tout 
s'explique de la manière la plus naturelle , si toutefois Ton con- 
sidèru comme en dehors de la gerusia les pentarchies, parce 
qu elles ne formeraient que des branches d'administration par- 
ticulières. Il serait difficile de révoquer en doute les relations 
secrètes qui existaient entre Annibal et Antiuchus , même avaot 
qu'Aunibal ne s'enfuît de Cartbage. £t, sous ce rapport, la con- 
duite du sénat romain , jk son égard , est excusable. Ses derniè- 
res destinées, et la destruction de l'état sont racontées avec noc 
exactitude et un intérêt que personne assurément ne leur con- 
testera. Une carte ajoutée à l'ouvrage fournit, d'après les nou- 
velles explications d'Ësirup , un dessin pins exact de la localKu 
de Carthage. Ce dessiu semble bien fait, sous plusieitrs rap- 
ports; cependant nous ne pourrons jamais, à cet égard «ain- 
ver à une certitude complète sur tous les points, tant parce qt>e 
les documens fournis par les historiens sont incomplets, qœ 
parce que la localité Rcluelleasubi diverses altérations. C. R- 



ibvGoOQ 



Hittite, sSl 

17s. Mixoax an lis Uu n u conuï covuaiif a Acxilli 
dans le Poot-Eiudn, avec des ^Iaircis»niitm sur les anti- 
quités du littoral de la Sannatie, et des recherches sur le* 
honneurs que les Grecs ont rendus à Achille et auK autres 
héros de la guerre de Troie; par H. dk Koebleb; avec deux 
cartes géographiques, (^^/aoûy/ de l'Aead. imp. deSt.-Pé- 
teribourg; Tom. X, pag. 53i.) 

Les Blilésîms, qui fondÈrent sur les càtes du Font-Euxin les 
coloùes d'btms et d'Olbie , apportèrent dans ces parages le 
culte d'Achilte ta profondément vénéré dans l'Ionie, leurpajs; 
et consacrénmt, entre autres lieux, à ce héros fameux, deux 
îles situées, l'une , Tis-i-vis des bouches du Danube) l'autre, 
près de l'embouchure duBor^sibèDe (aujourd'hui Dnieper}. La 
première s'appelle Leucé dans la géographie ancienne ; M. K.(Bfa< 
1er, A'apfii Ptoleraée, donne à l'autre le nom de Borjsthénïs. 
Partout où le fils de Pelée était honoré, des courses étalent cél4- 
farées en son honneur sur des langues de terre, qui, pour cela, 
fureot nommées, par extension, </romM (^p«pi, course}, 

Après Pindare, Euripide est le plus ancien des poètes gracf, 
k notre connaissance, qui parle de l'île de Leucé: c'est dans son 
^nJ/Mnaçw. Dans Ylphigénie en Tauride^xx même auteur, il 
n'est question que des rivages blancs et du Drome d'AcbUle; 
mais celte meatioD peut autoriser A croire que la tradition re- 
lative lia course d'Achille est d'une aussi haute antiquité que 
^le de son île de Leucé. 

Aucun écrivain ancien ne parle de deux îles consacrées à 
Achille. Oenx qui nommât l'île de Leucé omettent celle de Bo- 
rysthénid, ou ne la citent pas comme un lieu consacré an héros 
thessalien } et ceux qui la mentionnent avec cette circonstance 
passent la première sous silence. 

Pindare, Euripide, Strabon, Philostrate, Arrien, Quintus 
d« SaiTTue, Hf^mias, le scholiaste de Platon, Hés^chius et 
Etienne de Bjsance, ne nous ont transmis que des notions va- 
(pws sur Itte de Leucé;.le même Philostrate, Pline, Déméirius 
il« Callatis,Conon,PloIâmée, Priscicn et Amnûen Harcellin, 
ont commis des erreurs plus ou moins graves sur la position 
de cette lie et du Drome d'Achille. L'obtcup Lycophron est le 
premier des auteurs de l'antiquité qui ait fixé d'une manière po- 
■itivef qnoà^e inosaote» la situation de Ltuci : il la place i 



I., Google 



aSa Bistoire. N* 179 

l'embt'ncfaiire àajleiive cr/ri^w ; c'est ainsi (ju'il appâte le Da- 
nube à cause des nations celtK établies sur ses rives. H n'ou- 
blie pas de nommer, ji cette occasion, le Drome d'Achille. 
Maxime de Tjrr et Pansanias assignent la même pouiitm à l'île 
de Leucé. 

Passant ans documens laissés par les anciens sur llle de Bo- 
rysthéois, M. Kœhler remarqne que Strabon est le premier au- 
teur cjui en Tasse mention; et ce géo{,Taphe la décrit si clairement 
qu'il est impossible de la conrondre avec Itle de Leucé. Le texte 
de Pomponius Hela , d'Arricn , de Martianns Capella et de Plo- 
l^ée, n'est pas moins explicite. Personne, avant ce dernier, 
n'avait donné h cette île le nom de Borysthénis. 
' Les Drames ou Courses d'Achille sont si intimement liés k 
l'histoire des îles consacrées à ce héros, qu'il a paru indi^>eo- 
asble à l'auteur du mémoire de comparer les relation que les 
anciens Dons ont données des premiers, avant de continuer ses 
recherches sur Leucé et Borysthénîs. 

Quoiqu'il ne soit pas probable que la tradition de la Course 
d'Achille soit plus ancienne que l'établissement de son culte 
dans les deux îles, néanmoins l'origine de la course remonte au 
commencement de la guerre de Troie; et, par ce motif, M. 
Ktehter croit ntile d'examiner préalablement les détails que les 
écrivains grecs et latins nous ont transmb sur ce sujet. Héro- 
dote, Euripide etLycophron paraissent en première ligne. Ce 
dernier dit qu'Achille, se trouvant sur le Drome, pleura pea- 
dant cinq ans sa chère Iphigénie , que Diane avait changée en 
ime vieille femme pour la soustraire au fer des Grecs. Plusieun 
conjectures ont été mises en avant ponr expliquer te nom de 
Drome d'Àchilk donné & la langue de terre ainsi appelée. 

M. Kœhler regarde comme la plus probable la tradition 
conservée par Pomponius Mêla , qui rapporte qu'une tempête 
ayant forcé Achille d'entrer dans le Pont-Euxin , le héros s'é- 
tait exercé A la course sur cette langue déterre, oi) il avait sé- 
journé tandis que le camp des Grecs se reposait. Pline et Am- 
Jîâvn Marcetlin parient à peu près dans le même sens. Le pays 
illustré par la Courte d'Achille était bien penplé. Denys d'A- 
lexandrie nomme'Ics habitans Taures; Pline les appelle Taures, 
Scythes et Sannates. Le Drome lai-ménw n'a probablement 
jamais été habité : le terrnn étant tria-4>» et , par ctMuéquent, 
exposé aux inondations. 



Hùtoira. a53 

H. Ko^ter revitmt, dans U iroiuénw section , à 111e de Leu- 
cé, à laquelle cette partie de son mémoire est spécialement con- 
sacrée. Il rappelle, d'après Philoslratc et Quintus de Smjme, 
rorigioe mythologique de cette terre, que Neptune, à la prière 
de ThélU, fit sortir du Font-Euxin. Cette île a reçu diverses 
dénominations ; les ancieDS ne sont pas d'accord sur l'origue 
de celle de Leueé. Les uns la font venir de la couleur blanche 
que prennent les eaus écumanlcs de la mer qui environne Itle; 
les autres, de la couleur du rocher dont l'ile est formée : tf. 
Kcehler inclioe ik cette dernière opinion, qui'est celle d'Arrieo. 
D'autres, parmi "lesquels nous citerons Denjs le Périégète et 
Tzetzès, veulent que le nom de Leueé ait été donné ù llle d'A- 
' chille à cause de la grande quantité d'oiseaux hlancs qui habi- 
taient et couvraient ses cdtes. 

L-'île, an rapport de Scylax, d'Arrien et d'Ammien Marcellin, 
était inhahitéei mais elle était bien plantée d'arbres: plusieurs 
sources y entretenaient ta fraîcheur, et un bel édifice y était 
consacra au héras, qui y faisait son séjour, recevait les sacri- 
fices qu'on lui offrait cl rendait des oracles. La renommée de 
cette île lui fit donner les épithètes de icauM«u(i»t et de juyoxû- 
wfMc ; selon Philostrate , on la qualifiait aussi de tacrée, parce 
qu'elle servait de refuge aux marins. Dans le temple , se trou- 
vait la statue d'Achille, dout parle Pausantas, et à laquelle Pbi- 
lostrate dit qu'on avait réuni celle d'Hélène. Ces deux auteurs ' 
donnent à Achille, pour épouse, la femme de Ménélas; d'après 
le témoignage de Simonide et dlbyciis, reproduit par Lyco- 
phroD, Dosiade et Apollonius, ce serait Hédée qtd aurait été 
unie au fils de Pelée. Mais, si l'on s'en rapporte à un£ traduc- 
tion fort ancienne que nous a conservée Antoninus Liberalis, 
Iphigénie, que Clytemneslre aurait 'fait passer pour sa fille, 
bien qu'elle fût véritablement celle de Thésée et d'Hélène, 
ayant passé quelque temps en Tauride et recouvré sa jeunesse, 
aurait été conduite par Diane dans l'île de Leueé, où elle serait 
devenue l'épouse d'Achille, après avoir reçu de la déesse le 
don de l'immortalité. 

Quoique 111e ne fût pas peuplée, il n'eo faut pas conclure 
que le temple n'eût ni prêtres ni gardiens; il est, au contraire, 
fort Traisemblable qu'un certain nombre de personne* y étaient 
attachées , soit pour le desservir, s<nt pour veiller à sa conser- 
vation. 



i54 BUtoin. N* 17a 

On lit dans quelques auteurs que les obeanx nurins , qu'on 
V07ait en grand nombre sur 111e de Lencé , fhisaient le service 
du temple, qu'ils le balayaient et le nettoyaient avec leurs ailes 
imbibées d'eau de la mer , et qu'aucun d'eux n'osait vol^ au- 
dessus de l'édifice. 

M. Kœhler Jette un coup-d'œil sur les sacrifices offerts à 
Achille , et sur l'asyle qu'offrait le mouillage de Leiicé aux na- 
vigaleurs, qui, pourtant, d'après PhilostraiCf ne pouvaient y 
-former d'établissemens, par respect pour le hcros auquel IHe 
itail crasBcrée. Au coucher du soleil, tous les marins devaient, 
•elon le même , s'éloigner ou du moins passer la nuit sur leurs 
vaisseaux ai les vents étaient contraires ; celui qui aurait man- 
qué à cette obligadoa ne l'aurait fait qu'au péril de sa vie. 
Cétait à la chute du jour qu'Achille et sa campagne se met- 
taient k table pourboire, chanter et se réjouir. L'accès de Leucé 
était interdit aux femmes ;. le héros extermina une troupe d'A- 
maKones qui envahirent son ile avec des intentions hostiles; il 
n'eut qu'à se montrer pour effrayer leurs chevaux , qui les ren- 
versèrent, les foulèrent aux pieds et leur déchirèrent les bras, 
te sein et les entrailles. 

Hais Achille recevait avec bonté les voyageurs, les cniienx 
et les navigateurs que la tempête avait jetés dans son tle. Des 
héros, ses compatriotes, ses anciens compagnons d'armes, le 
visitaient de temps ft autre. Parmi ceux-ci, on cite Protésilas,! 
q.ui la Chersonnèse de Thrace avait été assignée pour y passer 
les jours de son immortalilé; Patrocle, qui partageait avec le 
héros le séjour de nie. Les deux Ajax et An tiloque continuaient 
aossi les relations d'amitié qui les avaient liés pendant leur vie 
au ftls de Pélée. 

Apris quelques di^essions, dans lesquelles nous ne pouvons 
le suivre , H. Kœhler passe à la topographie de Leucé , sur la- 
quelle de préôeux détails lui ont été fournis par l'amiral Greig. 
Les anciens auteurs ne s'accordent pas sur l'étendue de cette île. 
Pline lui donne 10,000 pas ou 9o stades de tour; Pausanias, 
plus exact que les autres écrivains de l'antiquité, ne compte 
qne ao stades de circuit ; Philostrate évalue la longueur de 
llle i 3a stades, et Clarke, voyageur moderne, la porte à un 
nulle uiglais. D'après le plan du capitaine KritdLy, le périple 
de Lencé est de 9x5 sagines, qui font àpeu pris •] -^Atmt 



Kistotri. , iSfi 

li«]a.L> latitude de Itle est de 45^, i5', 63", et u longitude, 
comptée du méridieB de Paris, de 97°, iO', i4"< Elle est ^i- 
goùe de la cAte d'enviroD 43 lieues. Cet tlot n'est qu'un bloc de 
roche calcaire, dont les bords élevés et coupés h pic sar plu- 
neoH points, atteignent dans quelques endroits une hauteur de 
|i}us de sept pieds. C'est ù tort que Pline parle d'un port de 
Ijeueé: cette ile n'en a point. Elle n'est d'aillears couverte que 
d'une couche de teri'c épaisse d'un pied on de deux au plus, si 
ce n'est dans quelques ravins où le sol peut avoir quatre pieds 
de proroodeur. L'élenduc du plateau de I.eucé a 4>3 pieds du 
nord au sud, et 343 de l'est i l'ouest. Le temple d'A.chilIe, dont 
les mines eaistmt encore, y occupait un espace de ga pieds 
carrés. L'intérieur de cet édifice est divisé, du nord au sud, par 
une mnraiDe, en deux parties égales, dont l'une forme encore 
trob appartemens. Le sanctuaire du héros a environ 65 pieds -rr 
de long sur 49 ~ de large. Il est très- vraisemblable , d'après 
quelques eii'constaaces locales et un passage de Fhilostrate, que 
l'eDti'ce du temple était du cité de l'orient. Le monument est 
construit d'énormes blocs de pierre calcaire blanche , grossière- 
ment taillés et placés à sec les uns sur les autres. Les propor- 
tions en sont belles et gruides, et s'accordent avec le respect 
d«s anciens pour la mémoire d'Achille. Dans les temps anciens, 
ce temple était enrichi d'oroemens en marbre blanc, dont des 
morceaux conndérables furent enlevés en 1814 et on i8a3: 
d'antres sont encore dbpcrsés sur le plateau. Les fouilles faites 
dans cet endroit ont procuré des vases en terre cuite portant 
des inscriptions grecques et latines. Vers le nord-est de cet em- 
placemenl, est un puits taillé dans le roc, et qui a six pieds de 
circonféreitce sur quinte de profondeur. Ce puits était sans 
doute affecté au service du temple. 

Le célèbre Hanoert a confondu Lencé avec le Drome d'A- 
diille; il va même jusqu'à croire qu'elle n'a jamais existé. H. 
Barbie du Bocage, par de légers motifs , partage les doutes du 
géagni|die allemand , et prétend que cette ile n'est indiquée sur 
aucune carte moderne. H. Kœhler démontre la fausseté de cette 



Le Drome ou la Courte d'Achille n'était pas moins célèbre ~ 
dans l'antiquité que Itle consacrée à ce héros. Pomponius Héta 
M tbabcn m om itmaé ooe description «xocle ; mais cdle du 



i.AiOOglc 



fl56 Histowe. N" 17a 

dernier a étù mal interprétée. Ptoténée a snivï des relations 
difTÉrcntea et paraît n'avoir pas même connu les non» que por- 
taient les diverses localités du Drome dam les beaux siècles de 
la Grèce. Danville et Mannert, qui se sont attachés, de préfé- 
rence, i ce dernier, ont commis, d'après lui, des erreurs graves et 
en ont ajouté d'autres. Si ces deux grands géographes ont failli, 
il ne faut pas demander ce qu'a fait M. Barbie du Bocage. 

S[raboo évalue la longueur.du Dromc à i ,000 stades, qui équi- 
vaicotà 5a,o6i «nvironde nos lieues. Pline, d'après jAgrip- 
pa,la fixe à 80,000 pas, qui égalent 640 stades; et ajoute que 
le Dromc est éloigné de i a5,ooo pas de l'île de Leucé. La lar- 
geur de. ce terrain est, selon Stralion, de deux stades ; il a rai- 
son pour une partie du Drome, mais il se trou|ie en ne don- 
nant que 4» stades à risthme, qui en a environ io5. 

La langue de [erre qui porte le nom de Courte d'jichUle, est 
inhabitée, non-seulement parce qu'étant très-basse, elle est, 
comme on l'a remarqué, sujette aux iaoudations, mais encore 
« cause de la quantité de moucherons et d'autres insecles ailés 
dont elle est infestée. Cetic dernière raison em|)éche même de 
tirer parti de ses pâturages pour les bestiaux. Le Dronie se 
trouve aujourd'hui dans le même état qu'avant le quatrième siè- 
cle de notre ère; le bras situé au nord-ouest ne lient plus à 
l'isthme et est di\isé en deux parties. Camers, Isaac Vossîus, 
Barnes , Kusier , Uoreri , Asscmanui et Wernsdoif , induits en 
erreur par Charles Etienne et Hofmann, ont confondu l'île avec 
la course d'Achille. Quelques modernes ont prétendu qu'Euri- 
pide et Arrien sout tombés dans la méoie méprise : mais c'est 
sans raison. M. Kcehler signale quelques bévues échappées i 
plusieurs géograj^cs sur le nom et la position du Drome; il 
montre que Mclctliis , Fernvi> Peysonnel , Dclisle, Clarke, 
Thornton, Sanson, etc., n'ont donné, de ce lieu, que des no- 
lions fort imparfaites, soit dans leurs livres, soit dans leurs 
cartes géi^niphiqucs. 

Lorsque, en 1S14, on jetâtes foudemens d'un phare dans le 
Dromc, on fouilla un tumulus, dans lequel fut trouvée une 
grande quantité de médailles d'argent et de brome , des flèches, 
des boutons, etc. La plupart de ces médailles étaient bien con- 
servées. M. KcEhler saisit ici l'occasion , comme il l'a fait ail- 
leur*, de revendiquer au sujet d'une inscription 4e Kertcb, Ift 



Hùtùire. i&j 

firltnîté d'une correodon mal à propos attribuée k H. Baont-R»- 
chette. Cette décotiverlo de médulles est ialéressante pour la 
Bumisinatifiue , mais n'est d'aucune importance pour l'histoire 
et la géographie; car, non-seulement ces pièces ne pourraient 
prouver que la langue de terre est le Drome d'Achille, si les 
anciens géographes ne nous l'avaient appns; mais encore il est 
impossible d'en tirer aucun argument à l'appui de ce fait in- 
contestable. On ne saurait non plus rien en induire quant au 
commerce des colonies grecqoes éiablies sur les bords du Pont 
Euxin, ni pour l'époque de leor grande prospcrité, ni pour 
celle de leur état de décadence et de misère. 

H. Eeehler passe à la topographie de l'tle appelée par les an- 
ciens ^cAjAIr* , tle d' Achille ci Boryiihéait, et qui porte au- 
jourd'hui le nom de Bérézan. L'étjmoiogie de ce nom est fort 
incertaine et n'est appuyée que sur des conjectures. La latitude 
de l'île de Bércsan est do 46°! 35', 3o"; sa longitude, dn mérw 
dien de Paris, est de a8°, 5?', 17". Sa longueur est de 860,00a 
mètres; sa lai^ur,de 384 tt^ i^ 4o6 ^^^ mètres , et son cri- 
cuit, de 3,194 !~^ mètres; sa dbtaoce, de la pointe deSLin- 
bouTO, est de 7540 mètres. La c6le méridionale est élevée de 
iS - vVrS mètres; et la câte sepienirionale , de 1 4 t7: .'j' - . - .\ mè- 
tres. 

On ne voit plus à Bérézan aucun reste de monuraens antt-. 
ques; OB y trouve quelques forU£calions modernes bilies p«>- 
bablement avec des débris d'anciennes constructions. Les seules 
preuves, encore existui tes, que cette île était autrefois habitée, 
consistent dans quelques tertres hauts de deux ou trob {neds, 
situés vers la partie méridionale; on y découvre, mêlés ensem- 
ble, des charbons et des fragmens de vases d'argitc, quelquefois ' 
des médailles et des morceaux de pierre avec des inscripdoos. 

Les auteurs anciens ne noua ont laissé que fort peu de i-en- 
seignemens sur l'île de Borysthénis. La raison en est simple et 
■e trouve dans sa position même. Située au fond du golfe set^ 
lentrional da Pimt-Euxin, elle n'était guère visitée que par les 
narchands que leur n^oce appelait à Olbie; tandis qu'aucun 
vaisseau sortant du Bosphore de Thrace, ne pouvait entrer 
dans te golfe septeolrioDal de la mer Noirç sans rencontrer l'ile 
de Lencé, qui, se trouvant sur leur chemin, leur offrait ua 
ancrage et un abri contre le jjros tempa, ainsi qu'à ceux ^ 

ti. TOMB XI. 17 

!■.,■ ...1., Google 



358 Hiiloin. N* 17a 

fiiaticat t(A\e du Font-Enxin vert le détroit de BiruDoe. H. 
Kohkr pente qne L«Ncé doit Aire coniid^réc corame le lano- 
luaire d'Achille , coTnmnn à toutes Im villei mariUmet de U 
Sarmatiu , mtii <iiio Boryttht-nii n'était qu'an «tablluemetit re- 
li^eux fondu et consacré à Achille pur les Olbîent. Let écri- 
Tfliutde rantiquiténoutont appris à peu prêt tout ce que non» 
tavoni de Leucé) car IcimonumeDR, quelque coniidérafalet qu'ib 
loient, iODt pretque muets itir l'histoire de cette île. Noua ob- 
•ervons tout le contraire pour Borytlhéuit, àotA Ica ■■wions 
n'ont, pour ainti dire, rien dit (si l'on excepte qnelqnca mot* 
d'un fragment de Dion Chrysoatomc), et tur laquelle nout 
trouvtins des document important dans let inicriptiont qni j 
ont été découvertes. 

U. Kotlilrr analyse le Tragment de Dion (Sirysoslome. Ce 
morceau , assea obtenir, se rapporte au voyage que fil le ili^ 
teurà Olbie, oà Achille avait un temple, ainsi que dana une 
Ue voidne « nommée tie d'Achille >. Entuite notre antiquaire 
nq>pOTie et examine tes troit inacripiiona qui attestent hante- 
Rwnt qne le colle d'Achille cieît établi k Borysthcnis. Il avait 
déjà publié la première dans ses remarques, si sévères, sur 
l'ouvrage de H. Raoul Rochette, intitulé : AnHquUét grecqan 
du Bosphore cimmérien ; PotocLi et Clarke avaient transcrit la 
aecMinde; mais la troisième était encore inédile : ainsi, nous ne 
parleront que de cette dernière , dont voici le texte et la tra- 
duction tels que H. Kahter les donne. 
APAeHrmRi 
EniAPTtoiimB 

nEPINEIKHPATO!! 

âAAATOT..nrA2 
rrE*ANONlEPATEr 

2AÏT0AEÏTEP0N 
AXlAAHraOÎITAPXH! 
■ Avec la bonne Fortune. Soirs Nicératus, fils de Dtdaim H 
ses ardwnlet, .... 0(;as remplissant la seconde fois la charge 
do prêtre, a consacré une couronne ft Achille Pontarque», Dans 
cette inscription , comme dans les deux autres , Achille est tnr- 
Bommé PoirtarqiÊt. ■ Rien ne prouve nnetix, dit l'aiileur du Mé- 
moire, la vénération extraordinaire que let Ol^ens avaieM 
|Mi«r Achille, el la pi4fét««Ge qu'ils lai Rocordûent mt 1m ta- 



Sùtoire. sfig 

ti>M dîvnriUs de oetce ville, qne ta ciroonatanoe qu« l«S siv 
chontes , dont la dignité était la plus éiiiÎDenie dans cette répn- 
Uiqne, présentèrent leurs ofTrandes à Achille, et que les ma- 
pstntj ÏDférieois , comme les stratèges et les agoranomes «n- 
lOcrirent les leurs, soit fc Apollon Prostates ou Itbyporus, soit 

I Hennés Agonetn. • 

Ze promontoira de la e<Mr»e d'j4ehitte , dit aussi le hoi> laeré 
i'ÀchiUe, et nommé par Ptoléméeco^ du bois sacré d" Béeate , 
fat ûfpe[è par \ei Tarn Kil-iownou,\e cap d'^cAiUe,*^ porte 
aujourd'hui , par corruplion du précédent , le nom de Xtnbaum, 

II parait très probable à H. Kœhler que les Olbîens célébraient 
les courses d'Achille sur cette langue de terre, et non dans l*!le 
de Borystfaénis , dont le sol, plus élevé de quatorse pieds au 
midi qn'au nord, était peu favorable à cet exercice. Cette rai- 
son , qui nons semble très-faible , est apparemment fondée sur 
la supposition que les Olbiens prenaient, dans leurs courses , 
pour point de départ la partie du Dromc où ils abordaient; 
mais il faudrait encore admettre une seeonde hypothèse pour 
justifier la conjecture de H. Kœhler ; c'est-à-dire qu'au lieu de 
s'embarquer à Olbie même, et de faire route le long de la câte, 
parlelimendu Borysthèue (trajet qui leur était d'autant plus 
familier qu'ils Ib faisaient sans cesse pour le commerce), ils pré- 
férassent de suivre le chemin de terre jusqu'à la pointe qui 
ferme, à l'est, le golfe Sagarique. Cette petite critique, dans 
laquelle nous avons nniqucment en vue l'intérêt de la science, 
n'est, an surplus, qu'une simple observation que nous soumet- 
tons à l'illustre auteur, dont le vaste savoir est «u-dcssus de 
lont éloge. 

M. Koehler se livre ensuite k des recherches étendues sur la 
ville d'OIbie, située sur la rive droite de l'ancien Hypanis, et 
renommée parle commerce très-actif qu'elle entretenait avec les 
Grecs et quelques peuples septentrionaux, parmi lesquels on 
cite, d'après Hérodote, les Mélanchla-nes, Des inscriptions et 
des médailles nombreuses ont jeté un assez grand jour sur les 
principaux points de l'hbtoire d'Olbîe el de ses environs. Nous 
ne pouvons suivre M. Kœhler dans tous les dcveloppemcns aux- 
quels il se livre; s'il n'épuise pas la matière, il faut convenir 
qvll ne laissera pas plus à faire qu'à reprendre ^ ceux qui tra- 

i..i-,....i:, Google 



i6o Histoire. 

vailleront après lui sur le même sujet ; et nous affinuMis que 

c'est bien peu dire. 

Dans sa cinquième et dernière section , H. Kedbler exanôiie, 
toujours à l'aide des auteurs, une foule de-poînts de la géogra- 
phie ancienne, tant de l'Europe que de l'Asie; il passe en revue 
~ une multitude de localités ou de Tails historiques ayant rapport 
au culte d'Achille; on se eonvaincra facilement à la lecture de 
cette partie dn Mémoire , que jamais bétos ni souverain n'a, 
dans les temps suivans , joui de tant de gloire et d'une renom- 
mée aussi étendue. L'auteur fait ici preuve de la mime sagacité, 
de lu même profondeur d'érudition et de la même force de ju- 
gement que partout ailleurs. Hais il est temps de terminer cet 
article déjà bien long; et nous ne pouvons analyser les der- 
nières investigations de M. Kcchler, ainsi qne nous l'avons fait 
pour les autres sections, c'est-à-dire pour celles qui traitent 
spécialement des îles et du Drome d'/chillc : matières sur les- 
quelles nous avons dû entrer dans quelques détails, conune for- 
mant le principal sujet du savant Alémuire dont nous avons en- 
trepris l'analyse. E. C V. A. 

1 7?. Gescbichte dm Kaisbetsuiis vos T» tPszusT. — Histoire de 
l'empire de Trébizondc ; par M. Fallmf.rateb , professeur 
d'histoire universelle au lyct'c de Landshut; ouvrage qui a 
été couronné par l'Académie royale des sciences de Copen- 
hague. lQ-l^'' de 370 pages, Munich, 1837 ; Wcbi^r. 
L'histoire de l'empire de Trébizondc avait été négligée jus- 
qu'ici. On ignorait par quelle suite d'événemens cette partie. d« 
l'empire grec se rendit indépendante de la métropole. On ne 
connaissait pas même le nombre des princes qui y rouèrent 
successivement. C'est ce qui fait que les auteurs de X'Jri de ve- 
rger les ilatcs, et les autres chronologistcs n'avaient pas cm 
devoir en présenter la suite complète. 

Cependant cet empire qui se forma vers la Rn du la* siècle 
de notre ère, et qui dut sa principale stabilité au démembre- 
ment de l'empire de Constantinople par les latins, jeta pendant 
quelque temps un certain éclat : maître d'une grande partie des 
côtes de la mer Noire, jusqu'à plusieurs journées dans l'inté- 
rieur des leri'es , il comprit dans ses limites ta Colchide et 
d'autres contrées, et ne sucooniba qu'après Const^tinople sous 
' les coups de Mahomet II. 



Histoire. 261 

M. Fâllmenyer, pour la composition de son otivrage , ne 
s'est pas bomé , comme on avait fuit justiii'ici , ati petit nom- 
bre de matértaDK raucmblt^ par Ducange, Banduri et autres 
érndiis. Pénétre de l'idée cin'il fallait coGn étendre sur celte 
partie de l'histoire, l'esprit de recherche et de critique <]ui a 
déjà rendu de si grands services, il a fouillé dans toutes les 
bibliothèques, et mis à contribution les livres manuscrits et 
impriiiiés qui se rapportaient à son objet. La découverte qui , 
en ce genre, lui a été U plus utile, est celle d'une chronique iné- 
dite de Michel Panaretos, scerétuire de I.1 cour de Trébizonde. 
Cette chronique, conservée dans la bibliothèque de Saint-M.irc 
à Venise, commence ù la fondation de l'empire de Trébixondc 
et se termine à l'an i38a de notre ère, temps où vivait l'auteur. 
Ce n'est pas seulement une suite de noms de princes , accom- 
pagnés de l'époque précise où ils ont régné, ou y trouve une 
rdatiiMi détaillée des principaux événemens de chaque rèffic , 
des guerres qui les ensanglantèrent, des inslitulions qui en 
prolongèrent le souvenir. - 

H. Fallmerayer commence pardonner un tableau abrégé des 
révolulions auxquelles fut en proie le pnys de Trébizonde, do- 
pais les plus anciens temps historiques, jusqu'aux la" et i3" 
siècle^ de notre ère. Cest une espèce d'introduction. 

Vient ensuite l'ouvrage proprement dit, composé de 3 livres. 
Le premier retrace l'établissement d'un prince de la maison 
des Comnèoes, appelé Alexis, dans la Colchide, en 1186 de 
notre ère. Les guerriers d'Occident ayant pris Constantinople 
eo 1x04, et tout l'empire étant tombé dans la confusion, Alexis 
pEO&ta du désordre général , pour se rendre maître de Trébi- 
coïKlcjet dès ce moment' toute la partie des côtes de la mer 
Noire située entre l'orient et le midi fumièrent un empire A 
part. Vainement les Paleologue qui parvinrcnLJt rétablir l'éteu- 
dart grec à Constantinople, essayèrent de reconquérir cette par- 
tie de l'empire; vainement les Turcs seldjoukidcs et ollomans, 
successivement maîtres de l'intérieur de l'Asie mineure, vou- 
lurent achever de sometire cette belle région aux lois de Ma- 
homet ; les empereurs de Trébiionde, défendus à la fuis par 
la mer et les Tnontagnes , maintinrent leur indépendance, et 
o'est à cet avantage qo'cst dû le granit renom dont jouit peii- 
ditnt long-temps pami nous l'empire dg Trébûioode. 



i.,Goo>^lc 



aOa HUtoirt, 

Maû tM. &lat commença à se ternir vers l'u i34o d« notre 
ère; à cette époque la puissance impériale perdant aasapré- 
matie, les grands vaasaux se rendirent preeque indépendant; 
l'esprit de Taction se propagea parmi les peupiet, et il n'eet 
presque plus question , dans l'histoiie de cette époque, que da 
massacres de princes, de soulùvemuns de provinces, d'invasions 
étrangères, jusqu'à ce que Mahomet II, déjà maître de Cobs- 
tantînople, se pr^ntant avec une armée formidable, la ville 
de Trébizonde ouvrit ses portes sans résistance, et son dernier 
empereur , appelé David, Tut transféré à Andrinople où on la 
mit à mort. Le récit des événemeos qui eurent lieu dans l'intcc- 
vidie, est l'objet du second livre. 

Le y livre est consacré au tableau du climat et des prodno- 
lions naturelles de l'empire de Trébisonde, ainsi que de la for- 
me du gonvernemeut qui y fut établi, des croyances religiensca 
et philosophiques qui y furent proressées, enfin des noeon et 
des usages qui s'y trouverait en vigueur. On voit dans g« livra 
que Trébizonde, bâtie sur le penchant d'un montagne, et envi- 
ronnée de cAteaux couronnés d'oliviers, de citronniers, de 
vignes et do belles maisons de campagne, éuit défradne lu 
nord et au couchant par de profonds ravins ; le palais impérial , 
dont le cardinal Bessarion , originaire du pays , vante en termes 
magnifiques l'architecture et la richesse, dominait la ville. Lc- 
territoire produisait eu abondance de la soie et des vins recher* 
chés;dcs arts irés-avancés , l'industrie, le commerce enricbi»- 
saient une population nombreuse. On cultivait it Trébizonde la 
philosophie, l'astronomie, les sciences théologiqnes , et les ha- 
biians, jusqn'ft la chAte de l'empire, lurent anssi lellrés que 
l'étaient alors la plupart des nations européennes. M. Fallme- 
rayer donne beaucoup de détails sur leurs compositions litté- 
raires, sur leur vie publique et privée, mais il ne paraît pas 
que l'étnde des sciences ait développé en eux tes qualités qui 
seules font prospérer un état; tnrbulens, vindicatifs, perpé- 
tuellement armés les uns contre les antres , ils durent leur Ion- 
giie existence politique , bien moins li leur patriotisme qu'aux 
hautes chaînes de montagnes qui protégeaient leur territoire. 

Les observations qu'on vient de lire suffisent pour donner 
une idée de ('importance de l'ouvrage. L'auteur procède avee 
critique et méthode, et malgré la vaste érudition dont U Ml 



Hùtotre. a(t3 

preavc,oa le mit dai» son r«cit laiu (jeine st asas fati);ne, et c« 
récit se k borno pu à une sèche Iule de nom» pt de dates , l'aiK 
teiir ayant cDlremclé dans le récit les ruiti inlL-reuaps qui étaient 
parveous à «a cou naissance. Uuo circonstance tjui prouve à 
quel point il a cherche i rendre son travail à [a fuis exact et 
eiHnpIet ; c'est que lorsqu'il remporta le prix proposé par l'A- 
cadûmia de Cupeobague , il n'avait pas encore pu raeltre ii 
cooIributioD la chronique de Michel Panarotos. Aiissilôt, 
oomme s'il a'ràt encore rien fait , il » mît en marche pour Ve- 
nise , et ne conmcnça l'impression de son ouvrage , que lorsque 
toutes les rossouces littéraires connues eurent passé sous ses 
jreuz. Un tel exemple de zc\e est sans doute trop rare pour ttt 
<T d'être relcv<>. fl. 



17J. Essai sut l'histoibs ciHinitLB nu crhistunisiik; p»r 
H. Charles Coqubkel. a" édition. In-8° de xiv et aga p.; 
prix, 6 fr. Paris, iflaS; Snntelel. 

Cet ouvrage , qui a le triple mérite d'ôtre consciencieux, totr 
tbodiquc et Lien écrit, est celui d'un calviniste, sincèiement 
attaché à la religifm de ses pères. L'auteur saisit avec empres- 
sement les occasions qui se présentent d'attaquer l'église catho- 
lique et le clergé romain; et bien que l'écrit de secte ait par 
lois communiqué un peu d'amertume à ses censures, nom lui 
devons néanmoins la justice de convenir que la plupart de ses 
critiques, abstraction faite des termes dans lesquels elles sont 
conçues, obtiendront l'approbation de tout lecteur exempt de 
prévenlions; car, pour «ne qui, peut-être, manque d'exacti- 
tude, on en trouvera dix que l'impartialité, première vertu de 
l'histarifs , ne saurait désavouer, 

H. Coquercl examine d'abord l'origiiw, l'antiquité et les ca- 
ractères de l'idée religieuse : il esquisse rapidement l'histoire 
des principales reli|jions des anciens peuples ; sous le rapport 
historique , nous ne trouvons dans ce chapitre presque rien qui 
■l'ait été dit ailleurs. L'auteur ramène ensuite tous les cultes à 
un seul et même principe consistant en quatre idées fondamen- 
talea: ■ la rechcr^e d'une cause, la mystère des phénomènes 
( da monde physique ) j le basoin de consolslion et l'espoir de 
l'inraortalité. ■ Il conclut que toutes les religions se ressem- 
blaaieoMie», qu'elles ont une source commune.— Ces bases 



,.,Goi")^lc 



»66 Histoire. 

plùùtement de tset nhominationa ; et il est porlé à croire qM 
l'ouvrage cité par M. BegnauU appartient plutôt aui Nosai- 
riens , autrei acctaircs qui dérivent de La même touche que In 
Uruzes , «t qui professept encore plus de licence. 

Nous profitons de cette occasiuo pour exprimer dos regreta 
de ce que H. de Sacy ne se décide pas it foire enfin jouir le 
public d'tm travail qui l'a occupe pendant tant d'annéea, et qui 
ne pourrait manquer d'être bien accueilli, à une époque sur- 
tout où l'on est si curieux de ce qui lient aux nicBurs et au« 
croyances. H. 

176. MAIttCHXOBOH INDUtOEtlTIJtS CUN BBEV] TOTIUS MlSl- 

caxKut iDUHBBtTiona i. rosTiatis dssckikit A. F. V. ni 

WacKKRN, Phil. D. Gr. in-S" de ig4 p> Leipùg, i8>7; 

Rcclam. {^l^- Reperlor. de BecL; 1818, vol. i, cah. 6\ 

p.4ai.) 

L'auteur émet , dans les prolégomènes , son opinion sur 5 
écrivains qni, jusqu'à présent, ont spécialeDient traité dn Ha- 
nichéistne , observe ce que ces travaux laissent encore à désirer, 
et cite le* sources auxquelles on a eraprnté tout ce qui a été 
dit relativement à l'histoire et à la doctrine de Hanis. Panni 
ces 5 écrivains , l'auteur fait surtout remarquer Ephraïm le 
Syrien, disant que cet auteur, qu'il parait avoir principalenienl 
consulté, n'a été mis à profit que trè^négligemuient. La première 
partie de son traité présente un exposé précis de toute la doo* 
trine de Manès. Cette partie est divisée CD 3 chapitres que voîd: 
I . Theologia S. Manelii ; de divlna «umint teitUMÛe. II a recon- 
nu deux divinités ou deux génies , le bon et le matmtit. 3. Cot- 
mobgia S. Manetit; de homine et mundo teHtenlite {iw I& 
créarion de l'homme et du monde, et sur l'état de l'homme sur 
la terre). 3. Chrislologia S. Manelis; de ChrUto tjiutpie opère 
lentenUœ. Dans la seconde partie l'auteur traite de soa objet 
principal , o'est-i-dire de indulgentiù teu peceatomm remit- 
fianibut, quat Manùhœi ejcercutre. Dans le 1*' chapitre il est 
question des indulgences des Uaniohéeo* d'après £phraîna. 
Le a* présente les opinions des Manichéens sur les deux anics, 
sur la volonté, le péché, la pénitence et l'absolution. Dan* le S' 
l'auteur s'attache à expliquer le sens dans lequel SLinès c'était 
appelé le ParakUu. Le 4* enfin att consacré À U doctriae d« 



i.Aioo^lc 



Hiaoirt. sSy 

Vàtàchéets, et l'appendice offre la seconde hTroiie d'Éphraïm 
coolre ki hérétique*. Cette piéue est reproduite eo langoe sy- 
lûque avec U traduction et des remarques. h. Q. L. 

177. Sra LES Cosaques ou Kasaes. Extrait de la seconde partie 
des recherches critiques sur l'histoire de Russie , par M. 
ËvBBS. ( Siévemi arhhif. — Archives du Nord ; n°* aj et a4 , 
pag. 17a — 178. St-Pét.,Dcc. i8a6.) 

Parmi les penidea wiuiua à la principauté de Tawntorokaii 
par Hitiilaf Vladimirovitcb, en loai, et qui payaient tribnt à 
ce prince, il faut remarquer les Kasiogues. Us habitaient sans 
dautc les paya connus par Cmutanlin Por[Ayrogénète , aoua le 
iKAi de Kabaxia, et qui n'est autre que la Kabardie actuelle (ij, 
CmX TrabeBiblamement la même contrée que Massoudi appelle 
Katchek, et dont les marchanda fr^umtaient la ville de Tré- 
bûonde (3). Ibo-el-Wardi fait ausai mention du peuple Kaa- 
<^tdL et loue avec entfaoaûasme la beauté des femmes de oa 
pay5(3).Si toutes ces circonatances réunies nous fbot reconnaîtra 
cesTcherkesses ou Circasaiena dans IcsKaacheka, il s'en mit évi- 
demment qu'il faut remoMcr à ces mâmra Tcherkesies ponr 
découvrir l'origiae .des premiers Cosaques , d'autant plus que 
cfaea lenrs voisins, les Osiétiniena, ces Cuaaqties portent encore 
aujourd'hui le nom de KatteJthi Catach. (Voy. le Voyage de 
Gûldcnstedt. i. 46S. ) 

On s'accorde parfaitement aveo oc que dit Boltinc, dans la 
première partie de ses observations sur l'histoire de Lederc ; 
■ En laSa, le Baskak delà principauté tatare de Koursk appela 

(1) A Timiurchi octodcdm , ant vlgioii milliariboi Adtîiu eit Ucmcb 
appcllatEUiqilIZicIiSim iTimaUrchi MpvaUAb Ucnidi uiqDe Nlcopiia 
flann , in qno Miim nrbi ejudon Bominii habvlDr, Zichia cal , td spa- 
ttoB BrilUarinm tiwmitonm : anpra ZiabUm Pingia ngiajaen) uipra 
Panglam Caaadb} lapn CiHehtiiB, noni Caoeaau; anprt noai«m 
C*ae>M«, AUnia ngio. ( Btddari iiop. Orient. I, ii3. 

(■}. . . Tout ï* paya, josqn'l la mit da CoDauntinaple , itail u4s- 
pcapUi luT la bord da ctUc mw «it la villa de Trcbixoad«, od tooi lei 
■aadci inarchaada Olluallnaiu, Boam, AcmBuIcna el cens du paj* de 
KaMihck >e lendenl en griDd nombre poor vendra et acheter <le* mar- 
d>ÉBdiaei.(Nollceiet exlnîtt dcimannicciti de la Bibliotb. dj Koi, 1, 16. 

(3) Opiu comognpbiEom, Ibn^Wardi. ïdtlioa de And. Bîlandcr, 
ref- U4. 



JbyG0O>^lc 



368 Histoire. 

les Tcheriesus àa paya de Beschtaï ou Pétigarie , et H en p«n- 
pla , sous le nom' de Katakt , plusieurs villages qu'U leur dési- 
gna pour habitations. Les brigandages qulh exercèrent dan» 
toute la contre ayant excité de nombreuMS plaintes contra 
eux, Olegipinnce de Koursk, avec l'autorisation du Khan, 
détruisit leurs demeures, en tua un grand nombre et força le 
reste & prendre la fuite. Cea derniers , réunis il des transfuges 
russes, se cachèrent, pour échapper à toutes les poursuites, dans 
des (nrèts et des dëfilés de raoutagnet, d'où ils infiectArent pen- 
dant long-temps les pays environnans. Ce ne fut qu'arec la plus 
grande peine qu'on parvint à les chasser de leurs retraites et à 
les anéantir entièrement. Une de leurs bandes, ne voyant plus 
de sûreté dans les liens où elle s'était retirée , se réfu^ auprès 
du Baskalt de K.aaef ^qui leur assigna un emplacement sur les 
bords du bas Dnieper. Li ils se constr nisirent une petite ville, oa 
pour mieux dire , une manière de forteresse qu'ib appelèrent 
Tcherkask , par la raison que la plus grande partie de ceux qui 
composaient cette bande étaient de la race des Tcherkesses. 

Pour expliquer les deux noms de ce peuple, il est nécessaire 
d'aroir recours h sou histoire ta plus ancienne, qui n'a, bien 
entendu, d'autre base que la tradition : voici donc ce que dit 
cette tradition. Les ancêtres des Tcherkesses étaient sortis da 
l'Egypte on de l'Arabie, ponr venir s'établir en Crimée, Une 
de ienrs tribus se donnait le nom de Kabares, mais tous r^çu- 
rent des Tatares celui de Tcherkesses, qui signifie voleura, bri- 
gands. Leur séjour en Crimée se prouve encore , parce que la 
partie supérieure du fleuve Belbek s'appelle Kabardie ; le beau 
pays entre cette rivière et la Gastcha , Tcherkesse, et la vallée 
du Tcht-rkesse, TscherhEs-Tui. Lorsqu'ils quittèrent la Crimée 
dans le 7' siècle de l'Hégyrc , ils donnèrent ce nom au peuple 
qu'ils trouvèrent dans leurs véritables demeures, et tpii , d'après 
les Ossétiniens portèrent celui de Kassakhes, jusqu'à leur fusion 
avec les étrangers. Il est difficile, de détenniner avec précision 
de quelle race était ce penptej mais on peut avancer, sanscrain- 
dre de pécher contre la vraisemhlanre, qu'ils étaient Turcsi car, 
1° les Kassaks habitaient dans le pays des Kozars; a" on voit 
encore aujourd'hui sur le Caucase la peuplade des Kassakis qui 
parlent la langue turque (i); V outre leur idiome particulier les 

(■} I« dîslrid de Kadakhi eit litnè «ur ta riva droit* da Kw avd» 



,....-i.Aitx-)glc 



Histoire. 269 

Tcherkessn parlent et écrivmt le ttUre; 4° '> plu> grande 
partie des noms polovtsi (tatarsj mentigiinés dans les annales 
mues, se rencontrent aiusi chez les Tcherkesses; &" leurs 
UKeuTs sont presque gcnéraleinent tatares. 

C'est ainsi que s'explique la liaison entre la Casacbie de 
Constantin, lt?s Kassoques de Nestor, les Tcherkesses et lesKasa- 
ques ou Cosaques modernes, liaison que l'on a si souvent pré- 
sumée et dont on a si souvent douté. Tant que les Xatais restè- 
rent maîtres des provinces méridionales de l'empire de Russie, 
OD ne connaissait point de Cosaques russes; leur orifpne remonte 
k l'époque 06 la domination des Talars cessa dans ces C4«tiéei. 
Iiiffn de quelque* mots koMtaltt et turcs. 



::S.~ 




178. Sua i-'oaicimi nB ia cianoe pbiitckssb Olga. (^nna/M 
patriotiques. — Otietseheitvennia utpissti; mars i8a6, 
n° 71 , pag. 361.) 

Il n'existe encore aucuap certitude dans l'histoire de Russie 
•nr la grande princesse Olga, si célèbre dans les fastes mosco- 
viles. 

■ou d« riad*clii iiur|n*in diiirict iv Toitubsbo et «n pcrtïc joA^n'l 
GiadJI; «0 Ml) on IroBve rsrrondliunmii de Bsnpck. ( MAdcnitria, 
psg.36i).&«lD«gfileooniutlaiuu M dlt,Ti>a«II,gt,iCc* iDi>DtigaM()i 
BanLck], da asédM qve 1m rirtilu valléM que l'an 7 ironvi , umt ImU- 
■cc< par dci peupla qoi tirmt laor origina daa Couqnn da I><ui, al qui, 
ponr calle niion, poRent aiod qna la eonliâa la bod Xoioi». L'ai^ 
(car de K«iieg|l ait cvldanM. Il aara md! doDta vodIb dlrc^oe UaCo- 
i»f UM dn Don vrnaiait dt e»2 Ja Cohmm ( KitvIUtnAie. ) 



1, Google 



9^0 Hiaotre. 3!f* 178 

K1taiiof{iMi\K., i784,pag. 33.)lar^trde comme petite 
fille de Gostomouisle. 

TatUtchef{ia\it. de Russie. T. ii.pag.}?!.) dément la b>ue 
origine de celte princesse et dit aussi : " II est bien plus pro- 
buble qn'elle était de la famille des anciens princes SlavODs et 
petite fille de Gostomotiisle. — Oleg cbangea par amoar en 
celui A'Olga le nom slovénien Prelcrassa ( belle ) qu'elle portait 
d'abord. » 

rémine. (T. i. pag. 114.) -Tout fait stipi>oser qu'OI^ se 
rappelant les bonnes dispositions de Gostotnouisle auqnet lui 
et Rnrik étaient tederables du irfne , s'empressa de prouver sa 
reconnaissance par oae alliance entre les deuiL familles. ■ 

Lt prince Stcherbatof ,{'t. i, ptg. aoi.)ne fait aocune men- 
tion de l'objet de cette petite discussion. 

Bottine, (d&na ses remarques sur l'hist. deStcberbatafit. i. 
pag. 308. ) Joachim dit expressément que • Olga était de la 
famille de Gostomouisie, et qu'elle se nommait Prekrassa. Cette 
assertion me paraît plus Traiscmblablc qu'aucune autre, plus 
en rapport avec l'illustration de son époux, et plus conforme 
aux circonstances. » 

£i7a;ume, (Essai sûr la Russie, pag. i96.}dit ëgalement,eit 
réfutant ceux qui prétendent qu'Olga était de ta basse extrac- 
tion: • Joachim est celui dont le r(?cit est le plus probable, 
lorsqu'il dit qu'elle fut prise à Izborsk , et que si elle n'était pas 
précisément petite fille de Gostomouisle , elle était dumoin* 
princesse de son saug. » 

Aiosi tous les historiens russes du 8* siècle ont été induits en 
erreur par la chronique supposée de Joachim , en croyant 
qa'Olga élaît slovénienne et petite fille de Gostomouisle. Au 
reste cette opinion, antérieure encore ft l'a pparition de la chro- 
nique de Joachim, remonte au lempsdu tsar Jean Vassiliévitcfa, 
lorstjue, par un patriotisme fort mal entendu , des ignoraw 
croyaient embellir l'hûtoire de leur pays en la défigurant pv 
leurs mensonges : a'ect ainsi qu'à cette époque ils fesaJent des- 
cendre le tsar Jean Vasailièvitch de l'empereur Augaste, et qne, 
pour justilter le tibre de tsar, ils fondaient les droits du prince 
russe sor ce que les empereurs grecs avaient envoyé une cou- 
ronne tt an manteau Impérial à Houomaquej alors Us touIu- 



I., Lit)Oglc 



Miitoire. a^l 

rent ^Iflnent donner une origine llliiitre et tlavonne à ta 
princesse Olga , en l'affiliant & la ftlle de GostomouUle. Mais la 
critique, même la moins sévère, doit faire jnslice de cette as- 
sertion, car l'histoire ne reconnaît point l'existence d'un Gosto- 
mouële. 

Strïltef est le premier des savans historiens qui ait dit ( T. i , 
pag. 37.) «L'histoire ne peut rien dire de précis sur l'origine 
d'CHga. • 

SehUezer, (Nestor ;T. ii.png. 694,) «On ignore entièrement 
son origine, le lieu de sa naissance, son âge et tant d'autres 
circonstances dont on serait si curieos d'dtre instmit. « 

Kammsitt : (T. ii,pag. ia8.)*Ei> 9^3 , OIeg choisit potir 
ipousc dlgor.... Olga... Elle fut amenéi! A Kief de Weskof, au- 
jourd'hui Psicof: ainsi dit Nestor. Mais, dans sa vie particulière 
et dans d'autres histoires plus modLTnes,iI est dit qu'Olga 
était d'une famille varègue fort obscure, et qu'elle habitait dans 
le vilbge de Vouiboutska, près de Pskof.» 

Hais tout cela ne dit pas si Olga élail d'origine varègue ou 
slavonne : tâchons de dèmcler la vérité au milieu de Ions les 
témoignages plus ou moins authentiques. 

Nestor dit tout simplement (Schloczcr,T. t i,pag. 5gi ) • Igor 
étant devenu grand , il alla trouver OIeg et il en fut écouté. On 
lui amena de Pleskof une femme nommée Olga, a Si elle eut été 
slavonne , lïestor aurait-il omis cette circonstance qui avait 
trait à l'illustration de notre héroïne ? Un pareil silence est 
très-important dans l'état de la question. 

D'apris Kanunùn, il est dit seulement, dans la vie de cette 
prioccaw, qu'elle «tait de race varcgne. Qiioique cette vie ne soit 
pas un des plus anciens ouvrages russes, il a cependant été ré- 
digé sur des manuscrits fort anciens, car depuis long- temps le 
nom d'Olga figurait au nombre des saintes honorées par l'église , 
et te témoignage de l'auteur de cette vie est d'autant plus re- 
marquable ici, qu'il n'aurait pas osé donner & sainte Olga, une 
origine obscure et surtout étrangère, s'il n'y avait été cootrainl 
par des traditions ou par des relations authentiqites. 

Dans le livre dcsd^rés, (Slépennaia Kjiiga; T. i , pag. 6.) 
• La grande princesse Olga reçut au baptême le nom d'Hélène. 
Hous célébrons ici sa fête, comme étant née dans le pays de 
' Pleskof, au village de Touiboutsk, près des Ixontières des po»* 



i.Ai(.X")^lc 



S73 tiittoin. 

sessions allemandes. Elle parlait le tangage des Varies, n'était 
de race ni de prince , ni de boyard , mais bien d'une condition 
obscure. ■ 

Pnisqu'aucun de» historiens que l'on vient de citer en der- 
nier lieu ne lui donne une origine slavonne , il n'est point 
douteux qu'Olga était normande ; d'ailleurs voici une autre 
preuve encure : 01{;a était- un nom norniaod-vari'gue, mal- 
gré ce qu'en disent Tatistchef et d'après lui Raramsin qui pr«- 
tend^it que ce fut Oleg qui lui donna ce nom pour désigner 
l'amour que lui portait Igor; mais l'histoire ne rapporte rien 
sur cet amour d'OIeg pour Igor, et d'Igor putir Oleg; il est 
bien plus vraisemblable que ce nom était et fut toujours depuis 
celui de la grande princesse. On trouve chez les Normands 
beaucoup de noms de femmes qui viennent de celui des hom- 
mes, par exemple : Dir, Dirvaj Regnvaid , Regnvaldn; et par 
analogie, Oleg, Olga. Chez les Siavons c'est le contraire. 

Oleg embrassa le christianisme, et ceci esteacore une preuve 
de son origine slavonne, car les premiers russes furent nor- 
mands , jusqu'à l'année 986, époque où Vladimir fit précipiter 
l'idole du dieuPérouu; il n'est pas fait mention dans Icsannnlt-s 
de la Russie d'un seul russe qui ait recule baptême. LesSiat'es , 
peuple fixé, n'nuraient pas admis ce changement comme les 
Normands, dont la vie était sans cesse errante et agitée. Enfin 
toute la vie d'Olga, son infatigable activité , ses voyages à Con&- 
tantinople dénotent plutât le génie des Normands que celui des 
Slaves. J T. 

17g. Des FAMILLES BITSSES QTTt TOITT MBTIK HK LA HOSLESSK 

SUEDOISE. ( Siéverni jirhhif, — Archives du Nord; fév. 1897^ 
n" 4,pag. 309.) 

Il résulte des r6les et documens héraldiques publiés à 
Stockholm, pmdant les années 1735, 176J, 1781 et 1807, que 
10, familles d'origine russe font partie de la noblesse suédoise, 
voici leurs noms : 

Aminof, Apollof, Boutouriin , Golaviich , Kalîlin, Klementi^f 
Nasaiin, Péretvetof-Moraih , Bosteulin, Roubtzof, 

L'auteur de l'article cit^, fournit quelques détails généalc^- 
ques sur chacune d'elles, à l'appui des faits qu'il rapporte. U 
démontre aussi que U famille des Toll sont de la même tige 
que «lie des Lévachof. V. de RooCibb. 



180. ESSU DS AÉTtLOPfBMZRT SES (UUSSB DS l'aidicatiow d« 
Cmiistiiie , mEiHB . DE Sitii>É ; par C. Th. Jaeetà. Hémoire 
couronnû par l'Acadéniie suédoise. (Sventka Jeademienâ 
Jimtilùigar; ytA. 11 , pag, 161. J 

Cesten prenant pn 11 r base les mots de Christine:' J'ai préféré 
h ronsen'ation de l'État ï tonte autre coDsidératiaq , j'ai lotit 
sacrifié avec joie jt ses intérêts ■ , qne l'auteur cherche à expli- 
quer les motifs de l'abdication de celte princesse. La Suède 
avait pris, par les victoires de ses armées, un essor qu'il était 
difficile de soutenir; la vieille aristocratie de la Suède élevait 
(le grandes prétentions , et se plaignait de l'élévation des par- 
venus sous les derniers rois. Les ennemis de la Suède n'atten- 
daient peut-être que la mort de Christine pour se venger de 
tout le mal qu'ils avaient essuyé sous Gustave Adolphe. Toutes 
CCS considérations durent engager'la reine à assurer, de son 
vivant, la succession au prince héréditaire, et à remettre ]fii 
rênes de l'État dans les mains d'un homme et d'un chef d'ar- 
mée, aimant la gloire. Cette princesse était peut-être ambitieuse 
aussi de l'admiration que devait exciter fa renonciation volon- 
taire et desintéressée k l'éclat d'un trône et à la puissance du 
sceptre. D. 

181. De Stedihbis. ConMiiiTATto qnani.... scripsit pnblicèquc 
defeadeï C A. Scbabliko, candid. Iheol. i53 p. in 8°. 
Copenhague, i8a8. 

Steding est un canton maritime de la province de Frise, qui 
jouissait, au moyen âge, d'une sorte d'indépendance commu- 
nale , et dont les habitaos , simples paysans , défendirent leur 
franchise contre les comtes d'Oldenbourg et les archevêques 
de Brème. L'auteur raconte d'une manière Erès-intéressante les 
détails de ces guerres des paysans frisons contre la noblesse et 
If clergé. Pour mieux dompter les Siédingiens, on les accusa 
d'hércues, et on prêcha coutr'euz une croisade, comme on Gt 
en France contre les Albigeois. Un moyen aussi violent t«nniaa 
la résistance des Stédingiens , et depuis ce temps l'histoire ne 
s'occupe plus de cette portion de la Frise. D-o. 

183. GucBicHTEvOH HsssKiT , etc. - Histoire deHesse; parChr. 

HoMMiL. S' partie. Depuis le partage entre les fils de Louis 

G. Tous XI. t6 



!t74 HUtnitt. 

le. DéboniiAirc, jusqu'au parrage entre les fils de Philippe 
le Hagoanime. i*^ sebtion : jusqu'b l'introduction de la doc- 
trine de Lullier en Hesse, i45ft—iSa8. Csssel, i6a8; chei 
l'autour. (GoelUng. gelehrie Aateig. ; sept. 1818, n" l55, 
p. .557.) 

Ce volume est divisû en 1 scetions principales , dont la a* 
doit inccss.iinment paraître. La i'' expose l'histoire de cinq 
LnndgrDves qui ont prirûdc Philippe : Louis II, Henri III, 
Guillaume I , II et III. La a* secliou rcurcrinoia tout le moyen 
âge de l'Iibtoirc de Hcssc, jusqu'à 1567, t'poi|uc de la niorl de 
Philipi». ' L. D. L. 

ï83. HiSTome Cokstitktiokkw.lb D'Anci.ETeiBR, depnis l'avè- 

ncnient de Henri III jiisqu'^ In mort de fîcori;i^II; par 

Henri Hu.LAM. Traduction revue et publii'e par M. GotzoT, 

et précédée d'une préface de l'éiUtour. Tom. a' et 3' , in-8°; 

prix, 7 fr, le volume (il y en aura 5). Paris, i8aS; Gtùbert. 

( V07. SuUetin, Tom. X, aoflt, i8s8, p. a3o — aî3.) 

Nous nous contentons d'annoncer aujourd'hui la publication 

de ces a volumes d'un ouvrage au sujet duquel nous sommes 

déjà entrés dans quelques considérations générales , lors de la 

pûlilicaliou du 1"^ volume. Nous 7 reviendrons, lorsque les 

toro. 4 et S, qui doivent le compléter, auront paru. La pr^race 

de l'éditeur, M. Gnizol, promise par le prospectus , est publiée 

avec le toin. 3*, mais un avis au relieur indique qu'elle doit 

être mise en tête du \" volume, oi"! est sa véritable place. 

Nous n'avons rien deuouvcauàdirc sur celte préface, qui est, 
& fort peu de chose près, h reproduction de l'excellent article 
inséré par l'auieur dans le cahier de mars i8a8 de la Revue 
française , au sujet de la publication originale du même ouvrage 
en Angleterre , et dont nous croyons avoir sufËsamment (ait ap- 
précier le mérite, dans notre premier article, par les fragmens 
quenousavons mis sous les yeux de nos lecteurs. £. H. 

■18^. DoDTU kutouques sra L'cavuifATimi dk CaoMWEu., de 
Bbadsiuw kt u'Ibetoi*. {Centleman' s Magazine ;Tao.i i895, 
p. 3ao.) 

On a dit et on a souvent répété que les eorps de Cromwell , 
de firadahaw et d'ireton avaient étû «xlrails de leurs lombeaiu 



Histoire. 178 

M utiaé» k Tybura sur des claies ; qu'ils 7 furent pendus 
et restèrent dans cet état, depuis dix heures du matin 
jnsqu'an coucher du soleil au jour suivant; qu'ensuite leun 
tiles furent coupées et exposées dans des lieux publics, 
et que letirs troncs furent enterras ensemble, dans une fosse 
creusée sous tes potences. Ce récit est ôvidemment faux quant i 
Ireton qui, comme le dit Hume, mourut en Irlande de la 
peste, peu de temps après le siège de Limcricli. Pour Brads- 
haw , il n'est guère douteux , d'après ce qu'affirme le savant et 
judicieux Blackbum , que, pour tcfaapper à la réaction qtii 
menaçait tous les partisans de la révolution, il se réfugia i la 
Jamaïque et y finit ses jours. L'anecdote n'est pas moins ab- 
surde relativement 1 Cromwell ; des historiens dignes de foi 
asnvent que les parens du Protecteur délibérèrent sur ce qu^s 
feraient d« son corps ; et que voulant le soustraire aux insultes 
de ses ennemis, ils le mirent dans un cercueil de plomb qu'ils 
jetèrent dans l'endroit le plus profond de la Tamise. W. 

t8S. MiMOimu rona ssavis a l'bistoiui de là LioisLiTioiF vt 
BU conmiss av Pobtdoal-, par Ant. Caet. do AM*a*t.. 5* 
mémoire. ( Hittar. e Memor. da acad. real da$ teienc. de Im- 
hoB; lom. VI, part, a ; et tom. Vn, pag. 35o. } 
Nous avons brièvement annoncé les 4 premiers mémoires du 
même auteur sur l'histoire de la législation et de l'état civil 
du Portugal. [EuHedn, Tom. X, n" 89, juill. i8a8.) Dans ces 
4 mémoires l'auteur avait traité des époques antérieures k 
rétablissement de la monarchie portugaise. Arrivé dans le 5' 
mémoire aux temps monarchiques , M. do Amaral se livre à 
des recherches très-étendues; il discute d'abord l'origine de la 
monarchie, en s'appuyant non-seulement sur les historiens 
connus , mais aussi sur les chartes des archives du Portugal. 
Dans le chapitre a , l'auteur devait examiner la constitution , la 
forme do gouvernement, les Cortès ; ce chapitre est renvoyé 
à la Gd du mémoire , nous présumons que le chapitre est omis 
par des motifs qu'on n'ose pas avouer. Daus le chapitre 3, l'au- 
leur fait connaître l'influence du clergé sur le gouvernement 
dans les premiers temps , des prérogatives de ce clergé et des 
abus qui en sont résultés. Il n'est pas rare de lire dans les char- 
Us des passages tels que celui-ci, extrait d'tuie charte de D. 
18. 



3^6 Histoire 

Alfome Hcnriqueiideran ti3a,et) faveur du monaitère d'A- 
voucAifaeio eautum talimodoutomnem rem illaat qiue ad regem 
pertinet etc. dimitto et dano , ut illii qui habitaverint in moaatte- 
rium ittum , kabeani semper facitlUitem faciendi quee voluerint; 
les moines se faisaieot incme accorder les niciDes honneurs 
c[ue les chevaliers : CIsrici dePrnamaeor sint liberi abomaifaco 
laicali et habcanl honores et hereditates ticat rniïifM; charte de 
I'qd ii^S. Privdielo monasterio concedimui omneiH jariidiclto- 
nem civilem et criminalein , s^oo homicitlio , raïuo (raplo?) et 
siercore in ore i charte du monastère de Saint- Vincent, 1176. 
Les richesses et les prérogatives des couvens Turent pnrtées à un 
tel excès, ijueles rois furent obligés de prendre des mesures pour 
les limiter. Les démêlés avec les papes occupent ime place asseï 
considérable dans l'histoire du Portugal, comme dans celle 
d'autres pays; aussi M. do Amaral se livrc-t-il à une longue dis- 
cussion sur cet objet. Dans le chapitre suivant l'auteur examine 
quels étaient les privilèges des vassaux ou de la noblesse. U ex- 
plique les termes de sotares, honras , contas, employés poiir 
déûgner les prérogatives des nobles ; les tolarei élatent les 
tnattoirs, terres ou fiefs; quant aux a autres mots, ils sont ex- 
pliqués par Ducange aux mots honor et eaïauni. Au sujet des 
obligations et prérogatives des grands vassaux, H. do Amaral 
rite encore une foule de chartes cuneuses; par exemple celle 
Oi'i il est dit ce qui suit: Dcdi et coacedijidelivassalto mto Giai- 
salvo Menendi de Sousa locuiii illam Mcanede ail populandam 
tali vidtlicet paeto ut ambo habeamus populationem ipuan per 
mediitm etc. Les grands vassaux ou richommei: formaient le con- 
seil du roi. Ego D. Sancius rex Port, vabis coneilio de Bargueiroi 
eoram mcîs Divitibus Hominibus et meaai aulam hanc carlam 
meis propriis manibat roboro ; charte de l'an laCi, L'auteur 
termine par une revue des dignités de !a cour. Dans le 5* cha- 
pitre, l'auteur arrive à la législation. Il ne faut pas chercher de 
code dans leis* siècle ; il n'y avait que des eotitnmes ; l'auinir 
donne une liste des ^ra/j ou chartes relatives â la juridiction, 
accordées à différentes villes et bourgs. Dnnsia charte d'Aroche, 
' de l'an ia55 on lit : Do vobis jtopularibus de Jroache forura et 
costume île Elvas; et dans celle de Sylvcs, de l'an n66 , le roi 
accorde à cette ville forum , usura et contuetu.Knes etfilatû 
Vlixboit , excepta Jugada de pane. Ces coutumes spéciales (br- 
illèrent dans l'origine de la monarchie le droit public du Foi- 



Histoire. iyy 

lugal , avec les restes du code des Visigoihs , et les ordonnances 
des Corlès. Plusieurs cliarles font alUisioa aux dispositions du 
(mdedes VisijjolUs,nc«/ ia legibas Golorum invenitur , Ux eanit 
Cotaram , etc. 

A la fin du mémoire on donne le clmpîtrc qui manque h sa 
place, sur la Torine du gouYcrncnient et sur les Coiiès. L'auteur 
prouve par des documeos, qu'au commencement de la monar- 
chie, les prélats et les grands vassaux formaient le conseil seci'et 
du roi , mais qu'ils n'avaient qu'une voix consultative, et qu'ils 
ne formaieut point un corps législatif. L'expression consentifnti- 
btis rtostrî palacii majoribut , charte de 1097, ne paraît pas à 
l'autcnr expHmer autre chose: il prciend que le roi ne convo- 
quait ordinaîremeni les Corlès que Kur les plaintes du peuple, 
au sitjet d'atteintes portées k ses franchises , et que le roi con- 
servait intact son pouvoir monarchique. M. doAmaral ne nous 
informe pas ;\ quelle cporgiic il renvoie le |>onvoir législatif des 
Corlès. Une note nous apprend que l'auteur est mort sans avoir 
achevé son travail. D-o> 



186. Cao.-(icA ce:(bbal hel pkincipiido de Caiiluki. — Cliro- 
nique générale de la principauté de Catalo(;ne. ( Annonce.) 
Un a ouvert à Barcelone une souscription anx 3° et 3° par- 
ties inédites de la chronique générale de la priucipauté de Ca- 
talogne, que Jérôiue Pujadcs, docteur en droit, comjMsa au 
corameacemcnt du 17' siècle, après avoir examiné les ar- 
chives de la couronne d'Aragon , et celles du Houssillon el d'au- 
tres provinces de France relevant immédiatement de la Cata- 
logne. Le prix de cet ouvrage, qui sera publié par D. Félix 
Torres de Amat, D. Prospcro de Bofarrull, premier archi- 
viste de la couronne d'Aragon , et D. Alberto Pujol , prêtre , 
sera de 4 peietas et demi par tome. On souscrit à la librairie du 
Tonier (1). ( Gaccta <tc Boyona; 37 octob. 1S18.) C. R. 

187. NoTicK caaoHOUiciQiiE sua LKS xocvis, coutumes et usa- 
ges A:(ctKiis DAXS LA BonRoouHE; par H. Amiiitor. ( An- 
nuaire du départ, de ta Cà!e-<VOr pour l'an 18^7.) 
L'auteur a extrait des historiens bourguignons une foule d* 

(i)Lt chrouiqDc de Pajadra ciiite parmi lo nunDacrili do II Biblio- 
tUqu«da Hoi, àPari>,cn 4 t<)I. ioToUo. Le tome i" ■ élc aucicnncmeiM 
IiiiprlaM;ildUI%Kdn>n(nn*criltli M que l'an «1 «n «^gnol ttranircan 
caul«B.(H. d. R.) 

|..|-,....i:,G0t")t^lc 



3^8 Histoire. 

traits de mœurs qu'ilarangéspar ordre chronologique, et qui, 
dans un annuaire, forment un morceau curieux : nous en rîte- 
roDS quelques exemples. 

An i384. « ParunpriviK'^e de la ville de Dijon, tout larron 
qui y demeurait était acquitté du larcin par lui commis en 

payant au prévôt G5 sols d'amende Ce singulier code pûoal 

fut révoqué en 14^6. 

i3gi. * Le duc Pliilippe-le-Hardi est le premier qui se soît 

occupé du pavé des rues de Dijon La 1" me pavée fut la rue 

Meuve, par laquelle passait le Suzon..... Avant qu'on cAt pavé la 
ville, le pourpre et les fluxions étaient des maladies communes. 
Auxonne a été pavée k peu prés dans le même temps que Dijon. 

1397. > Une ordonnance municipale défend aux habitans de 
Dijon de tenir chiens , oiseaux et Qlets, et ne permet la chasse 
qu'aux boui^eois vivant de leurs rentes. 

iSgg. * Le duc Philippe-le-Hardi acheta de Dyne Raponde 
un Tite-Live enluminé de lettres d'or et d'iinaiges f oui la somme 
de 5oo liv. (environ ^,3oo fr.]. Ce bel ouvrage fut envoyé Ji 
un cardinal du concile de Constance par le duc Jean. Un livre 
de la Propriété des chotes co&ta au même duc lioo ccus d'or; 
une bible en français , de lettres très-bien historiées , annoiriée 
de ses armes, garnie de fermoirs d'argent, fut payée 6ao écus 
d'or \i Jacques Baponde , Lombard. 

140Ç). « La police de Dijon ordonne que les hommes îroot le 
mardi et jeudi aux étuves (bains publics), et les femmes, le 
lundi et mercredi ; et si quelqu'un te veuille bouter avec letjèm- 
met à force , il paiera 60 toU d'amende. 

1 437. > Thomas Policout fut condamné par le bailli de HAcon 
à être ars ( br&lé ), comme enferlurier, deçinaleur, invoeatear det 
diables. 

i43a. Une ordonnance municipale rejette la demande des 
sei^ens de la ville de Dijon , qui désiraient jouir du privilège 
qu'avaient les ménétriers d'aller le jour de l'an de porte en porte 
pour ehereher leurs étrennet et corner le dorlM ( louanges dé- 
bitées à la porte d'une maison). La même ordonnance intndît 
le doHot aux ménétriers. 

i469- "* Il fut défendu aux oblayeurs (marchands d'oubliés) 
do les crier la nuit dans les rues de Dijon. 

i534-<Saive,iBairedeDijon, fit défendre aux ouvriers, ar- 
titan) et autres de porter barbe longue de plus de i5 joui». 



Hittûire, 
parce que des brigandi , épieun de cAemùii tt 
barbe longue, se Tendaient raLVODuais^ubles. L'année suivante, 
le niâme muire ordonna de nouveau aux babitans de faire l*iw 
barbe, sous |)einc du prison. D. 

i88. A.TUS poLiTiijiE D£ tA Fa*ncE , sa It'rgUIaiiou , ses Tatlrs 
militiiire^ , dppiiis 1789 jusqu'au règne dcCbarlesX, avec 
les antécédcns depuis 1774 ; par M. Weiss DE la nioiaaiE, 
K"* I, a et 3. 3 Tviiilles iu-plano. Pans, 1818; Bossangc pure, 
Treuttel et Wiirtz, 

Ces tableaux, relatifs à un périade de temps siTécond en 
«véuemeiis de tout genre, reulerracnt tous les faits im[>ortani 
pour l'histoire qui ont signalû cette parité de nos annales. QueU 
que l'auteur rapporte purement et »implemeiit ces faili sans les 
jttger, sans en tirer d'inductions , sans les lier tk leurs causes ppor 
vfaaiaes ou éloi);ni!es, nous nous enbrcerons toutefois d'en dan* 
aer une analyse. Le principal, pour ne pas dire le seul mérite 
de ce travail, est l'exactitude, et l'on doit convenir que, sou» 
le rapport de la lidcUlé , YMIat politique se recommande haule<- 
Bumt ù l'estime publique. ^ 

La i" colonne du 1"' tableau embrasse les faits précurseur» 
de la révolution , lesquels remontent , d'après H. Wcïss , à l'aitr 
oce i774<etdoDt le premier est le renvoi de TUrgot , qui , vou* 
tant modérer le régime féodal par des édits pleins de sagesse, 
éprouva tine vive opposition de la part du Parlement, rappelé 
depuis peu de sou exil. Dès cette époi|ue.- l'état de la France se 
compliqua de plus en plus, et In fenncntalion des esprits, de- 
venant tous les jours plus vive, amena des cvéDemens qui mi- 
rent notre patrie à deux doigts de sa perte. — Le même tableau 
oflre des dclails iotércssans sur le roi , sa cour, la haute admi- 
nistration. L'auteur trace avec rapi<lîié les événemeni de Paris 
du la au iti juillet et du 17 au 16 octobre 178g, et ceux de 
Versailles du 5 au 6 octobre de la incme année. 11 rapporte 
siicdnctement les séances de l'assemblée des états généraux et 
de l'assemblée nationale, appelée depuis constituante. On trouve 
dans le même tableau des •■x traits, soit des cjiscours ou des mes- 
sages de Louis XVf à ces assemblées, soit des procès-verbaux 
des séances ou des journaux du temps. M. Weiss ae n^lige pas 
Imitflfoia U politique eitérieure ; il consacre une ctriouoe aux 



Otzecl!,Got")^lc 



a8o Histoire. N" i88 

événemens polibqDes arrivés bars de la France , et qui se rat- 
tachent indirectement i I.i révotulion française. Dans le pre- 
mier tablean , ces événemens vont depuis les premières hostili- 
tés qui c-clntèreut eatre les Anglais et les Américains jusqu'à la 
souniisaion de la Belgique aux armes de l'empereur Léopold II. 

Le a" tableau comnnence par un extrait des déclarations pré- 
liminaires de l'acte i:onstî tut ion De! rcdi^jé en 1791 par uu co- 
mité composé de quatorze membres de l'assemblée constituante, 
parmi lesquels on remarque Talleyrand-Péri^jord, iSyeycs, A.de 
Laœeth, Barnave et Pction. Nous trouvons ensuite des détails 
assez curieux sur les principaux clubs et réunions populaires 
qui se formèrent à Paris dans les années 17S9, fj^o et 1791; 
sur la situation politique de cette ville et des départeoiens , et 
sur le départ du roi dans la nuit du ig an lo juin 1791, et 
l'arrestation de ee prince a Varennes. Deux grandes colonnes 
du même tableau embrassent les séances et les opérations de 
l'assemblée constituante depuis sa translation de Versailles à 
Paris jusqu'à sa séparation, c'est-à-dire du 19 octobiv 1789 
jusqu'au 3o septembre 1 790. Le nombre de ses décrets est d'en- 
viron a,5oo. Elle déclare que ta mistûn est finie. Le roi assise 
à la clôture. Dans une des colonnes supplémentaires, M. Weiu 
met sous les yeux du lecteur les articles les plus remarquables 
du fameux livre rtmge, dont l'assemblée constituante, dans sa 
séance du S mars 179a, demanda communication aux ministres. 
C'était un registre in-folio , relié en maroquin rouge, contenant 
le journal des sommes payées sur les bons du roi. « Ce livre, 
dit madame de Staël, attestait les torts de Louis XV et la trop 
grande bonté de Louis XVI. Le dépouillnnent de ce registre 
donne pour résultat la somme de aaS millions, rc^ue par diver- 
ses personnes â titre de pensions, de gratifications, de récom- 
penses, etc. lie comte de Provence figure dans le livre rouge 
pour 17,53^,000 livres, et le comte d'Artois pour 26,S5o,ooo 
livres. Au reste, les profusions se sont étendue» sur environ 
quarante personnes. Le même tableau contient quelques aulrn 
articles qui méritent d'être lus ; nous citerons ceux qui se rap- 
portent à l'administration de la justice, k la fétè de la rédéralion 
au Champ-de-Mars , et an retour du roi à Paris, retour suivi' 
d'un manifeste énei^ique. 

Nout Usons en tète du y tableau un court aper^ sur le* 



Histoire. aSi 

dernières ann^ du règne de Louis XVI. La première colonne 
montre dans quelles dispositions se trouvaient les princes étroD- 
gers relativemeul à la révolution frauçaite. Nous y voyons les 
prvniieis succès des armes républicaines, et le comuencenicnt 
de cette série de victoires qui illustra la Fraucc duiant un quart 
de siècle, et compensa, eu quelque torte, les divisions intesti- 
nes qui décltirèreat notre pajs pendant ce période de glo- 
rieuse et de sanglante mémoire. H.^Weiss fait voir ensuite quel 
était l'état des partis en 1791 et 179a. L'an 1791 vit la nation 
française se diviser en quatre pailis principaux , dont chacun 
offrait des nuances d'opinion plus ou moins nombreuses, plus 
ou moins tranchées. Ces partis étaient: 1° les constitutionnds , 
1 la tète desquels so trouvaient quelques-uns des membres les 
plus influens de l'assemblée constituante, tels que La Fayette, 
La Bochefoucault , les frères Lameth , Bailly, etc.; a" les rép»- 
biicaïrti, qui , en organisant dans toute la France des assemblées 
|>opiitaires, s'efforçaient de propager leurs doctriues dans tou-r 
les les classes de la société, et parvinrent ù gouverner legou- 
Temcment lui-inérae; 3° les modérés, appelés aussi indifférent 
ou neutre», partisans de tous les régimes, pourvu qu'ils ne 
craïgn«it.cus-mémesni pour leur vie, ni pour leurs proprié- 
tés , et que leurs intérêts personnels ne soient es rien compro- 
mis; 4" les arittocratet, qui rêvaient encore l'ancien ordre de 
choses: ces derniers, ennemis de la liberté du peuple, et vou- 
lant recouvrer k tout prix les privilèges que la constitution leur 
avait enlevés, se composaient de la presque totalité de la no- 
blesse et du haut clergé. — Des troubles sérieux éclatent dans 
tous les départemena et dans les colonies françaises. M. Woiss 
trace les événrmous les plus horriblement remarquables de ce 
temps ; de là il passe aux glorieux faits d'urines , qui jettent un 
voile, transparent, il est vrai, sur une épo<[uc aussi désas- 
treuse, et met sous nos yeux les savantes marches des généraux 
français , qui erTaceut uu revers par vingt succès. On ne tira pas 
sans intérêt les événemens dont la capitale fut alors le tliédtre , 
tels que ietrioinphcdcPétiau.élumairedvPjiris; l'émeute po- 
pulaire des faubourgs, dont les habitans, au nombre d'cuvirou 
iS,uoo, inondent les salles de l'assemblée légishitivc et le palais 
des Tuileries, et pénètrent, en poussant d'effrayantes vociféra- 
tions, jusqu'à la chambre du roi , à qui ils prodigueul tes m»- 



,:, Google 



a8s Hiitoire. N" 188 

naces et les ontrtgtu; U fameiu* journée du 10 aoAt 1791, i|iri 
porte lei caractères de la plus violente exaspération , et fut an- 
noncée par de biens sinistres présages. — Les deux grande! 
, colonnes du milieu rcurerment les séances de l'assemblée natio- 
nale, dite législative, depuis le i" octobre 1791 jusqu'au M 
sept. i7ga, et remplacée par la Cohikaiùm depuis cette dernière 
époque jusqu'à sa dissoUilioni mais les séances mentioaoéa 
dans ce tnbleiu ne vont que jusqu'au proci'-s de Louis XVI in- 
cluuvement. La première de ces colonnes fuit voir que, dès ta 
lin de 1791, la France marchait ver» sa ruine par wte ponte 
rapidC) et qu'une Torcc aveugle, mms irrésistible, l'cntrataait 
dansl'aUme. Comment, eu efrct, pourrait-on nier celle vérité, 
quand on voit une assemblée appelée k fiKcr les destinées d'une 
nation consacrer l'impunité d'hommes souillés de crimes, leti 
qu'un Jourdan ( dit coupe-tAe) et ses complices. Matthieu Du- 
mas et Stanislas Girardin s'élèvent avec courage contre cette 
amnistie; mais c'est en vain : le meurtre et le brigandage sont 
à l'ordre du jour, et deviennent un brevet de civisme. — îioui 
abordons la Convention, dont les excès sont jugés aujourd'hui. 
Des noms qui rappellent ce que la barbarie a de plus monstmeui 
frappent dos regards; Robespierre, Marat, CoUot-d'Herbois, 
Carrier, Danton, etc., paraissent sur la scène, et prélodeat 
déjà aux actes sanguinaires que leur sn;!gérerB plus tard leur 
impitoyable férocité. Mais les yens aiment â se reposer sur d'au- 
tres noms, que U philantropte et l'humaullé environnent d'anc 
auréole de gloire ; le contraste relève cncoi'e l'éclat dont bril- 
lent, dans nos fastes révolutionnaires, les Boissv-d'An^las et le) 
Lanjuinais. Louis X\ I est condamne A mort à la majorité de S3 
voix; on appel nominal sur la question de snrsis & l'cxécatioa 
de la sentence produit une majorité de 33 voix pour le rejet de 
la proposition i le roi monte sur l'écliafaud , et est inhumé 
comme un simple particulier dans le lieu de sépulture do la sec- 
tion où il est mort.' — La colonne suivante présente quelques 
détails snr la vie privée de I^ub XVI et de sa famille dans 11 
prison du Temple, sur les privations de tout genre qui lui 
étaient imposées par la plus minutieuse cruauté, sur les der- 
niers moniens de ce prince, sur les scènes sangla ntes données 
par les teptemhriiettrt , etc. Au bas de cette colonne est n^fo^ 
on substance l'iïrte énoatiattf tnjiXn le roi. Noua no reprodia- 



1:, Google 



ron« pu ici le tableau de ces cruelles imputalîoiu ; encore bien 
moins jugeroDs-n DUS les opinians manifettëes à cet égard parles 
membres de la Convenlion : les un» , aL'bamés contre ce prince 
infortuné, demandent sa mort à grands cris; les autres se con- 
tentent de l'exil ou de la prison \ d'uulres sont absens ou refu- 
sent de voter; quelques-uns ont le courage de se déclarer în- 
compétens, ou même d'invoquer en faveur du monarque les 
droits de l'humanité. H. Weiss cite les noms des couTentionnels 
qui, dans l'espression libre de leurs votes, n'écoutèrent que 
des seotîmens généreux ; parmi eux , nous remarquons Lanjui- 
nais, Dauuou et Kersaint. Les événemens de la guerre occupent 
la colonne suivante, qui ofTre de beaux faits d'armes à notre 
admiration : à ces exploits guerriers se rattachent les noms fa- 
meux de Custine, de Kellermann, le vainqueur de Valm;, et de . 
Dumouriez , dont la défection n'a pas encore.terni la gloire du 
héros de Jemmapes et du conquérant de la Belgique. L'auteur 
jette ensuite un coup-d'iril sur l'état de ta France à la fin de 
179a et au commencement de i7g3. Nous voyons que notre 
armée active se composait de 3o3,ooo hommes, et que les 
troupes en garnison formaient un effectif de aoo,ooo. La Cod- 
vention, dans son aveuglement, décrète une nouvelle création 
d'assignats; la somme de papier-monnaie en circulation s'élàve, 
par suite de cette émi&sion , 1 deux milliards neuf cent mille 
IraDCS.'Le commerce, l'industrie, l'agriculture, les arts, lan- 
gninent , ou même sont tout-à-fail nuls. Si , d'une part , l'arbre 
de la liberté est planté dans un grand nombre de départeroens, 
de l'autM, la famine moissonne une partie de la-popuiadon. — 
Enfin, H. Weîss donne, dans la dernière colonne, un résumé 
chronologique des principaux faits de l'histoire de l'Europe , 
depuis 17S9 jusqu'au ai janvier 179^. Les événemens n'y sont 
qu'indiqués ; mais ce résumé a l'avantage d'exposer rapidement, 
suivant leurs dates respectives , tous ceux qui peuvent offrir 
quelque intérêt pour le période qu'il embrasse. 

Kous rendrons successivement compte des autres livraisons 
à mesure qu'elles paraîtront, si, comme nous t'espérons, 
H. Wetss poursuit une entreprise utile et qui lui fait honoeur, 
E. C D. A. 



JbyG0O(^lc 



!»84 Histoire. 

189. iLLnsTKiTioHS or THm uTEiÂKT BisTotiT, etc. — Commen- 
laîres sur l'histoire littéraire du i8* siècle, consistant en mé- 
moires authentiques et en lettres originales de penoonagH 
marquans, et destinés à fiire suite aux anecdotes littéraires; 
par John Nichols. Vol. V. Londres, 182B. {L-ond. and Pa- 
■ ris Observ.; Sjuîu i8aft.) 

Cet ouvrage est un volumioeuiL répertoire de faits et de let- 
tres; c'est une masse et non un choix de matériaux qui peuvetit 
avoir quelque intérêt pour les contemporains de l'époque à la- 
quelle se rattache le recueil , mais qui n'out (;uères d'attraits 
pour la génération actuelle. Le lecteur peut quelquefois être 
dédommagé de sa peîuc par un article curieux; mais il tourt 
aussi la chance d'y gagner un violent mal de tète par la fatigue 
que doit apporter cet amas monstrueux de caractères grands, 
moyens et petits ; cc^rr^o de textes, de titres, de notes, de 
lettres, de disiertations, de mémoires, d'cpitaphes, etc., comme 
entasses les uns sur les autres. Néanmoins nous avons remarqué 
et nous citerons avec éloge la biographie de madcmoisclIcGulï- 
ton, écrite par elle-même; c'est un morceau de choix et de 
bon goAt, et nous sommes convaincus que les amateurs de ce 
genre d'écrits confirmeront notre jugement. \V. 

■90. UlSTOIKB SnOCINGTB KT BIOOB&PHIQDE DU, XIX* SIKCLE , 

ornée des portraits de tous les souverains connus de cette 
époque, et des hommes qui se sont illustrés de leur temps. 
{i''*livraisoD.)Gr. in-8", Bruxelles, i8ay; de Stobbeleîr. 11 
paraîtra ' tous les mois une livr. de 6 portraits avec texte; 
prix, a Tr. 64 c. ; avec les portraits sur papier de Chine, 
3 Ir. 70 c. 

191. OiSEaricioxEs sobeb las lecf.s de Ihdios, c sobre la in- 
dependencia de America. — Observations sur les lois des 
Indes et sur l'indépendance de l'Amérique; par L. I>îi>w 
Mehdei. (Extrait de la Bibliateta amencma. Londres, i8i3.) 
[Norlk Americnn Reritw ; n° 44, juillet 1824 ) 

Il existe un recueil espagnol des lois des colonies espagnoles 
en Amérique , sous le litre de Recopilaeion de lejes de lot rrynos 
de las Indias, nouv. êdit., Madrid , 177^. M. Mendci fait voir 
tes défauts de ce code, ainsi que les vices de l'administration 
espagnole dans les colonies qui se «ont rendues iadépendantes, 



MéîatigBs. a8S 

et qui expliquent l'iiuiirrection qui les a affranchies. Cette bro- 
chur« pourra servir à faire coimaitre aussi l'organitatioa (la 
gouvernement daus ces colooics, en parlant des A vice-royau- 
tés de Mexico , Përou , Nouvelle-Grenade et Buenos-Ayres i des 
S capitaineries-générales de Yucalan, Guatemala, Veneauela, 
Chili et Cuba; des t3 audiences royales ou principaux tribu- 
naux, des cahitihf ou corps municipaux , etc., ainsi que des di- 
vers iropôls, tels que l'aleapaia ou droit sur les ventes et 
achats, l'almaraiifatgo ou droit d'entrée dans les ports, Yar- 
mada et Varmadilla ou droits sur les marchandises, les biUa$ île 
emsadiioM bulles d'exemption, que débitait le gouvememcut, et 
qui exemptaient l'acquéreur des peines ecclésiastiques, des pei- 
nes du pui^atoirc, elc. L'auteur tracé aussi le tableau moral et 
intellectuel des colonies sous l'ancien régime. D. 

UÉLANGËS, 

191. TnèsBs stra l'bistoibb , la raiLOLoan et l'abcbcolooix , 
soutenues A l'université diJpsal, et publiées en i8a6 et 1897. 
(iWa,- cah. 11, n"* 1 et a.) 

En i8a6. StrœmiticrtttR, Norheck, etc., de Pelagianismo , 4 
part., G \ feuilles. — Sevéa, de Augusiinismodissertatio, i -Jf. 
— Madin, Dissert, de ortu et incrementis Monophysitarum. 

Boethias, Carmen Jacobi prophelicum. Gènes, xlix, suelh, 

rèdd. et observnt. illustralum; i \ f. — Soederland, NortUan^ 
der, T(tnturand,etc., Scholia selecta in Esaï; 34 part-, 5a f.— 
Ltettadiai, De periodîs hbtorix imprimis antiqu», i f f. — 
Lundwich , Elbnin, etc., Amytie grxcanics poetriae quee extant 
residua, part. 4-7; 5 ; f, — Jonsson , Sel/en, Frieberg , elc. 
Odarîon i4->g Anacreontis , melici vaûs ; 7 part., 10 j f. -^ 
Dahl/etdt, Brogren, etc.. Catalogua numorum cuficorum in au- 
mophylacio acad. Ipsal., 4 part., 7 J f. — Jœria, Opiniones 
hisloricorum do numéro incolarum Svccis prbiinis temporibus 
pcrmagno, quâiiam probabilitate nitantur ^isquisitio^ 3 f, — ■ 
AttriviUimt .YUaKotia. imprimis Arcbuz Ben Uiug in jEgyplum; 
I -- f . -^ RondqnUt, Ebn Arabschahi de vcre carmen, svethice 
vcrsuin et analysi grammaûcjl philologiedtjue dîiucidatum; 
part t, I ; r. — ffestman, Concio fuad>ris Periclia ex libri 



b80 Milimgei. 

wcntidî Thucydidis cap)t.3S'il6, in svecanam lingutm tranï- 
1«U; a f. — fTinquitt, Oraiio Periclis ad athéniens, populum 
de bello peloponnes. cootinuando, STCthice versa ; l'I f. — £«- 
ren, Ad mysteria, împrimis gneca, observationes; pan i, 
.% f, — Àtrnquiil, Joh. ChtTsosromi prima de Providenliâ Ort- 
tlo svethice reddita ; pars i , i ^ f. — Een , De templo Soina 
dissert. UstcT. lopographîca; i -^ f, — Bahrti ffrr/ittMyrm, 
grjBc. poetH» epigramraata et Mnemosyoe; a part., 3 -j f — 
ff^assrin , De Corinnâ poetria gr»cA dissertatjo ; i f f- — ^w- 
trand, Praxillie , (pvcanicte vatis , qn» extanl residua; i J f. — 
I^tlroem, Hagbor^, Àminoff, Lefler, Erynnse, grec, vatls, 
ijuK extant residua; yelerutn poetanim in Erynnam encomiai- 
lica earmina ; Eryno» in Aomam hymnus; Erynns «las, pa- 
tria, «eripta : 4 dissert.; 5 J f . — Brattstram, Telesîlla, griec. 
vales, t I f. . — ^<eberg , CXtfAmMBA. graec. vatis aenigmatii 
I -^ f . — Hallander, Seheele, Hagierg, De Homanis anle Bori- 
ti-jm satyrurnm scriptoribus ; 3 part., 5 r f • — ff^allinder, Jn- 
jou , bistorica iustitutionis linguœ liitian adumbratio, a pir)-t 
3 f. — Uuerierg , De fœderis hanseatici cuin Suecii commerciii ; 
part, i', a I r — Green , Legatio Joh^nis S)iytte ten. in Da- 
niam, i6i5ipart. 7, i jf. 

193. EixioK NacnucKTBN, etc.— Quelques détails sur les éeoln 
les plus andennes de Qoettingne, et partîcull^ineoi sur le 
gymaase fondé en t58S, sa constitution ou organisation > le> 
' études que l'on y fait, ses lois et sa discipline ; par H. J> F- ^ 
V^m,siKK.[Goettiitgiteke gelehrie AoMeigeit;^ Boytxabrt iS>7i 
pag. 1756.) 

L'écrit que nous avons sous les yeux a paru sous la forme 
d'une circulaire d'invitation adressée aux personnes qui de- 
vaient assister ik la solennité littéraire fixée au iS octobre 
de cette année. Si l'on considère que, nonobstant les Iravain 
d'un Ruhknpfet de quelques autres savans, une grande obscu- 
rité plane encoresur l'histoire de notre ancien système d'ensei- 
gnement , on se convaincra aisément qu'il n'est point de sujets 
qui s'adaptent Riieu:^ à de pareilles circulaires, que ceux q<u 
ont trait aux destinées primitives de nos écoles. En ce qiû con- 
cerne le gymnase de cette ville, l'intérêt s'accroît encore iP»*** 
que rancieBne célébrité et le vaste local de cet éttbiissenient 



Melaagit. 187 

Jmu le ci-deTBDl couvent (Pauliner ILI<»ler)oii est actuellement 
la btl>liotfa<:t|ue , n'a pas été aana iafluence sur le choix de 
GoetUogue lors île la fondation de l'univenitc. On ue sait 
quand a été fondée ici la première école savante. On en troiire 
les plus anciens vestiges dans deux actes des années ilia et 
1339, dans lesquels un Rector scliolarnm gottengensium , 
nomme Ludolpb , paraît comme témoin ; mais c'est aussi lout ce 
que nous savons à cet ('(^ixl. £n l'année i4g4 , fut fondée *inc 
école pour renseignement du latin ; elle était placée il cAté de la 
demeure du curé de la paroisse , denière l'église de Saint-Jean ; , 
mab on en lit ensuite la demeure da fossoyeur. Lorsque cette 
demeure fut démolie en l'année 1 774 ■ époque où l'on construi- 
sit la nouTelle liabiiaiion pour le curé de la paroisse, on trouva 
sur une poutre Ue ce bAtimenI une inscription Inlinc qui don- 
nait in date de sa fondation. Les professeurs étaient un recteur, 
un çonreclor, un atnlor et deux collaborateurs. L'enseignement 
se bornait à la langue latine. 

Ce n'est qu'à l'époque de la réformation que se fit sentir, ici 
comme partout ailleurs, le besoin d'un système d'enseigne- 
ment plus complet C'est ainsi que, grdce à l'activité de 
Luther, le magistrat de la ville fonda , dans les années 1 5ag et 
i53o, sous le nom de pcdagogium , dans le Pauliner Kloster, 
et à cote de l'école où l'on enseignait le latin , une institution 
d'nn ordre plus élevé, dont les dépenses nécessaires furent 
assurées par les revenus que donnaient le cnlanil , c'est à- 
dire les fonds que l'on économis.iit pAidaut les vacan- 
ces, et les biens ecclésiastiques, qui étaient rentrés dans 
le domaine public; et dans l'année i54a, trois magr'Hri k- 
gentej y furent établU professeui-s; mais les temps étaient trop 
peu favorables, et le pédagogium qui tenait d'être fondé dis- ^ 
parut au milieu des horreurs de la guerre de religion , et après 
l'ancantiMemeQt de la ligne de Smalkalde. Cependant le magis- 
trat résolut de le rétablir le plus promptement possible, et de 
l'améliorer; mais il ne put réaliser ce projet qu'en iS8$. L'an- 
cienne école latine fut supprimée et réunie au pédagogtum| 
Ces deux institutions formant ainsi, l'une l'école supérieure , 
et l'antre l'école inférieure, et chacune fut divisée en trais clas- 
ses. On trouva un excellent directeur dans la personne d'Henri 
PetrnuStChdevant recteur k Francfort, qu'il avait été obligé de 
quitter par suite de doctrines erroucet qu'on lui imputait. Les 



a88 ~ MéloHgêt. 

maîtres des classes supérieures avaient le titre de proreSietiH. 
Les classes i G férieures formaieDl, à proprement parler, une 
école pour la ville. On prit pour modèle, tant en ce qni concer- 
nait les matières à étudier que le mode d'enseignement & suivre, 
le gymnase de Strasbourg , qui jouissait alors d'une grande cé- 
lébrité. L'écrit de M. Kersien contient de plus amples détails, 
tant à cet égard que sur l'organisation de la discipline, qiii de- 
vint d'autant plus fadie que les professeurs étaient logés daus 
le ci-devant couvent ; il fournil par conséqueut des document 
précieux et féconds pour l'histoire du système d'enseignement 
que l'on suivait alors : toutefois il n'embrasse, comme od k 
voit, que la période la plus reculée; mais, en terminant, l'au- 
teur exprime l'espérance de continuer son travail ponr les pé- 
riodes suivantes, et, s'il tient parole, il est certain que dcsre- 
mercîemens lui seront adressés, mâme de la part d'étrangers ijni 
ont fait leurs premières études à cette unirersilc. C. K. 



194. SotuiTi DBS AKTtQDtiEBS DE NoBMAiTDiE, — Séûttce Ju 
iQ janvier iSag. 

La Société reçoit un grand nombre d'ouvrages impriiavs, 
parmi le^uels on remarque l'histoire de la ville et des rotnlr^ 
d'Eu , par H. Estencelin ; les Mémoires de la Société roy.ile dn 
antiquaires du Nord , séant il Copenhague; une dissertatina sur 
les sceaux de Richard-Cceur-de-Lion , par M. Devitte , de 
Rouen ; une Notice sur la statue pédestre en marbre blanc 
trouvée à Lillebonnc le 3i mars i8a8 , par M. F.. Gaillard; la 
5* livraison de la Statistique de la Flèche , par M. Pesche ; i"" 
Mémoire sur les fouilles faites dans le camp romain de Ver- 
mand, par H. Mangon de La Lande; 16 coins celtiques» 
bronze, trouvés dans les landes du département de la Manche, 
sont envoyés de Villedieu pour te musée de la Société. 

M. Bafn, secrétaire de la Société my. des antiquaires du 
Nord , exprime le désir que celte académie éprouve d'entrer ea 
relation avec la Société des antiquaires de Normandie; il fait 
parvenir Ic^c sùnile d'une inscription trouvée en i Sa^ sttr la 
cAte occidentale du Groenland, ii 73 degrés de latiinde Nord, 
et qui prouve que dès le la* siècle cette câtc a été visitée par 
des navigateurs Scandinaves. M. Gaillai'd , chargé de la surveil- 
lance des fouilles faites àLillebonne, annonce l'envoi d'an Hé- 



Mélanges. ^ 

moire sur les thermes antiques découverts dans cette ville. Ls 
Société royale des antiquaires d'Ecosse étant dans llnlenlioa 
' cTadmettre au nombre de ses correspondans cinq membres de 
' la Société des antiquaires de Normandie , désire que cette com- 
pa(^ie confère le même litre à cinq de ses membres les plaa 
distingués , c-t présente pour candidats HH. sir Walter Scott , 
liaronnet , président de la Société royale d'Edimbourg; Thomis 
ThorapsoD, es*]., membre du conseil di: la même société; le 
W Bninlun , profcss. d'hébreu et de langues orientales à l'uni- 
versité d'Edimbourg ; le D' Brewster, éditeur de l'Encyclopédie 
d'Édinaboiirgct du Journal des Sciences.publié dans cette fille; 
et le D'' Anviel Drummond Hay, secrétaire-général de la So- 
ciété. Les cinq candidats sont admis à l'unanimité. 

HH. Gervaïs, Roger et Deshayes font un rapport sur un 
mémoire de H. Auguste le Prévit, relatif à la châs»; de Saint 
Taurin , d'Ëvreux. M. Lair met ensuite sous les yeux de la com- 
pagnie plusieurs petits cylindres en terre cuite, qui ont été dé- 
couverts avec beaucoup d'autres de même espèce près du cIiA- 
leau de Villcrs-siir-Mer, arrondissement de Pont-l'Évéque. Il est 
difEcilc de savoir quel ^tait l'usagi; de ces objets et à quelle épo- 
que ils peuvent remonter^ mais on suppose qu'ils sont fort 
anciens, parce qu'on a déjà trouvé quelques monnaies delà 
première race et des médailles romaines dans la coinmune de 
Villers. 

On entend un mémoire sur l'influence des Normands dans la 
politique et la littérature, adressé par M. Chesnon, membre de 
la Société : l'auteur se livre i toutes les considcrations aux- 
quelles an pareil siijet pouvait donner lieu , et son discours , 
écrit avec éléganee , se distingue par un grand nombre d'aper- 
çus judicieux. 

H. Gcrvais annonce que plusieurs tombeaux rangés les uns 
à câté des autres ont été trouvés dernièrement h Feiigiierolles, 
sur la propriété de H. Duperré-Delisle; ils contenaient presqui 
tous des squelettes qui présentairat plusieurs particolarilés re- 
marquables. M. Gervais s'engage k prendre de nouveaux ren- 
KÏgoemens sur celle découverte. 

La séance se termine par la lecture d'un mémoire fort impor- 
tant de M. Auguste lePrév6t,de Rouen, sur quelques Aïonu- 
■cas rdigicnz du dépanemeiit de l'Eure. 

G. ToMB XI. ty 

D.nt.zMbïG0O^lc 



3])o Siéitmgn. 

HH, Lair et Oa CAuinoat, rappoiteui'». 

IL Jmt demande ijus cbaijiie année on dune la plue grande 
publicité aux oflTrandce qui auront été faite» au masiuiK d'uti- 
(|uités que la Société a commeucé it former dans k vîUe de Caci. 
• Vou> savci, dit M. Lair, combien cet établissement peut ac- 
quérir d'importance : déjà îl renferme beaucoup d'objets pré- 
cieux; mail combien d'autres objets sont perdus chaque jour, 
faute de trouver une voix amie qui les réclame 1 Ce»t en faiuBt 
connaître votre collection, en publiant les noms de ceux ^i 
l'ont déjà enrichie, que vous poorrei prévenir de pareilles per- 
tes, et eu(;ager vos concitoyens à seconder les cfforlE que voiu 
ne cessez de faire pour cnricbir votre ville d'un nouvel ('tablic- 
semcnt. > La proposition est adoptée , et le secrétaire est cfaai^ 
do faire impiimcr le catalogue des objcU olferls au miaèuui 
■ d'antiquités, avec les noins des donateurs. 

ig5, JEAs-FiBaBsTnaioi, auteur de l'histoire de Cyrène.pi-e- 
mier maître de l'école de la caibédraledeBocskildeenDani^ 
mark, est mort le i,^ janvier 1827, dam la 35* année de son 
ftge. Son ouvrage parutâ Copenbagiie, en 1819, sous le titre 
de Bittaria Çynnrt , jiars /*, de î/iîtiù cotom'œ et période 
reriim e/renentiani , 179 p. in-8". L'auteur avait refondu^t 
achevé ce travail important ; la nouvelle édition ne tardera 
pas à paraître. {Dansk Literatur-Ticlende ; 1837, n* 7.) 



196. BiooMm> DES Pats-Bas. — Koua venons de iwcevoir U 
»'• linaison de la Biographie Nationale, on Dirtionnaire Ki- 
loriqng d» tous les hommes morts et vivansi wit dans le 
njtama des Pays-Bas, et qui m sont rendus c«léhres pir 
leurs lalcna, leurs vertus ou leurs actions. CeL ouvrage im- 
portant, et qui tiendra un rang distingué dans ia bibliothè' 
qu« de tout Belge, pour qtii la mot de Patrie s'est pa« lu 
mot vide de sens, est rédigô par U»e «ici«tô de gens de loltKi 
du pays. CeUc i*^* livraison f'ûlend Jusqu'à la lettre C, «t » 
tennine à Charles-Quint le Gantoia. Quelques artidesr tels 
que ceux des deusvno Artaielde, qui, au XJV* aiôcle, jooè- 
lent un si graad râle dans l'histoire de la Flandre, et surtout 
i Gaad, ne m'ont pBru.ri«nconletiir de aouveeui aueoa- 
traire,oiiii'a nuU«Mnt profila <fe« mbnvhes Mtet depeii 



D.nt.zMbïG0Oglc 



Mélanges. s^t 

uiw qninMiiM d'années , pour rendre justice ji la inénioire dé 
CCI deax hommes. célèbres, qui furent factieux, si l'on veat, 
nais dont le caractère ne fut point tel que nous le retracèrent 
leaécriraÏDsdelamaisondeBonrgogne. H. Dewezlui-mdme, 
qui avait iii trompé sur leur compte , leur a rendu justice 
dans VHUtoire de la Belgique, t^W publie maintenant, et 
nous lui en lavons très-bon gré; mais, d'un autre côté, la 
Biographie ae recommande înGniment par la plupart des 
nouveaux articles, qui ont été rédigés avec nu soin digne 
d'éloges, et ont dA co&ier k leara rédacteurs beaucoup d* 
recherches. Us sont écrits avec une impartialité, une modé- 
ration et nn caractère calme qu'on ne renconh^ guère dans 
ces sortes d'ouvrages. (^Messager des Se. et dei Artsi i" et a* 
Iivr.,i8a7, p. 70.) 

197. Mkmouks soa u viK et les icaiTs d> L'iiSTOaiair roKTtt- 
OAis Fb. AniOiRE Brakdao; par Fr. Fortun. de S. Boayiii- 
TDBA. {Memor. da Acad. reaidas scienc. de Lùboa; Tom. VUI, 
part, a.) 

Le mcàne Fr. Antoine Brandon, qu'on écrit BrandSo, né en 
i5S4, et mort en 1637 au couvent des bénédictins d'AIcobaça, 
était historiographe, ou, selon l'espression portugaise, chro- 
.iiùfA-Awr du Portugal, comme Bernardo de Brito, autre moine 
qui pasH aussi pour un des meilleurs historiens portugais. 
. H. de & Boavenlura compare Brito à Xénophon, et Brandon à 
Thucydide. Brandon avait extrait beaucoup de documens des ri- 
ches archives de Torre do Tombo , ainsi que des canulaircs des 
établissemens publics de Lisbonne ; on lui fait surtout un mé- 
rite d'avoir tiré de l'obscurité les actes dci cortès de Lamcgo, 
sur lesquels se fonde l'ordre de b succession au trône en Por- 
tugal. Brandon continua le grand ouvrage historique Monarchta 
lusitana, commencé par Brito; il laissa au monastère d'Alcobaça 
plusieurs manuscrits, sur lesquels M. de S. Boaventura donne 
quelques renseigneincns. D- 

199. SuiOio, etc. — Essai sur la vie et les ouvrages d'Antonio 
Canova ; par Oïov. nosivi. In-fi". Pise, i8a5 ; Capurro. (An- 
Utogia; déc. i&aS.) 

Apris la vie de Canova, pubHèe it Prato, en 1834, par Htel- 
19. 



1:, Google 



3Qi Mélanges. 

cbior Hissirini, cette notice est l'ouvrage le plu* iaiportuit qm 
ait été publié jiuqu'fa ce jour, en Italie, sur l'histoire de ce gnnd 
homme. Sa destination a été d'accompagner la description de 
J'œuvre de ce maître, par la comtesse Albrizzi. Xji notice de 
H. Rosini semble contenir peu de Taits nouveaux i ajouter à It 
volumideuse publication de Missirini. Le Ion de son récit ne 
dîn%re poiat d'ailleurs de celui que les biographes itaUens sem- 
blent avoir irrévocablement adopté;etoii l'on voit toute la 
nuveté des faits s'engloutir sous les périodes laudatives et l'em- 
phase ampoulée des auteurs. Le mérite, et même le caractère 
de Canova sont des choses sur Insquelles les Italiens n'enten- 
dent pas plus raison que sur tout le reste. La glaire du grand 
sculpteur en soufTrira, comme en a soufTert dans l'étranger celle 
de plus d'un homme illustre de ce pays. P«Tnb à l'amitié du 
comte Cicogoara d'envisager cet artiste comme Xapagée à la- 
quelle Partda cUeau ett arrivé depuit la rrnaitsanee jiuqu'à koi 
jow$, et comme le but auquel tendait constamment ton travail 
(sur l'histoire de la sculpture). Mais qu'est-ec que cette solida- 
rité de tout un peuple qui ne permet pas k une seule voix de 
descendre du ton du panégyrique le plus exalté ? ïTappartient- 
drait-il plus à l'Italie de nous donner la vt'-ritable bic^raphie 
de ses grands hommes? L. 

I9(). Db raiVATis ATQUB iLLosTBiomiitra raoucis vETsmin Ro- 
VÂHOiini BiBLiOTnEcis, eorumque fatis; par le prof. Por^ 
aa pp. in-4°. Berlin, 1816 ; Spener. (JahrbiieA. filr PAUo- 
logie; i8a6, vol. Il.cah. -x.) 

Pour cette dissertation, l'auteur a fait usage de traités plus 
anciens , entr'aulres de relui de Lnrzenius , De Templo et Bi- 
bliotheea ApoUiaii Palatini ,Fraiicb.er, 1719.-11 divise son sujet 
en a sections , t" Bibliothèques particulières ; a" Bibliothèques 
publiques. Pendant les S premiers siècles, Rome ne paraît avoir 
eu ni littérature , ni bibliothèques. La première bibliothèque 
considérable fut apportée à Rome par £miliiis Probtis, l'an 
58fi, après le sac des trésors du roi Pei-sée ; mais on ignore si 
cette bibliothèque fut conservée, ou si elle fut mise eu vente. 
Après la prise d'Athènes, Sylla enrichit Rome de la belle bi- 
bliothèque de Pisistratci il la transmit à son fils; onigawele 
tort ultérieur de cette collection, à. l'exemple de Sylla, Locof' 



jbïGoogIc 



Mélanges. 39$ 

lus chMÛt dans le Iiutin du Pont une biblibthèque pour son 
usage et pour celai des studieux. On cite encorela bibliothèque 
particvlière de Térence Varroa ; matheureaseineDt elle fut dii- 
ùpéeaprislainon du propriétaire. Cicéron aussi posséda une 
belle Inbliotbéque. Aulegelle fuit mention encore de la belle bi- 
bliolbèque de Tiburce; il y en avait beaucoup d'autres dans tes 
muoicipes et les colonies. Epaphrodite de Chéronée passe pour 
avoir possédé 3oiOOO volumes, et Sereniis Sammonicus 6s,ooo, 
qui furait légués A l'empereur Gordien. 

Qnantaux bibliothèques publiques, Auguste fut le premier 
qui ca étdiUt nue à ftomc; elle fut placée sous le vestibule do 
Temple de la liberté, sur le mont Aven tin. Bientôt après, c4 
même empereur fonda encore 9 bibliothèques, yOctavienitef 
soos le portique de sa soeur Dctavie , et le Palatùie , dans le 
t«Dplc d'Apollon , au mont Palatin ; celle-ct était riche en ou- 
vrages grecs et latins, et les auteurs r^ardaient corame nn bon- 
aeur d'y avoir leurs ouvrages placés : sous le règne de Com- 
mode, ce trésor Ultéraire devînt la proie des flammes. Dans le 
palais de Til>ère , sur la même montagne , se trouva cnc(»e une 
bibliothèque, la Ti^w/inej elle devint aussi la proie des flam- 
mes, sous le règne de Néron. Une autre grande bibliothèque 
publique de Rome fut la Capitoline , dont la fondation est at- 
Iribuée par Donat à Adrien , et avec plus d'apparence de vérité 
par Lipsc , à Domitien ; un iocendie la détruisit comme les pré- 
cédentes, sous le règne de Comniode. Enfin , Aulegelle fait meu- 
tion de k bibliothèque Ulpienne on du temple de Trajan , qui 
fût transportée dans la suite sur la colline Viminale pour l'em- 
belUssement des bains de Dioctétien. Du temps de Constantin, 
on comptait à Rome, selon P. Victor, 39 bibliothèqnes publi- 
ques, dont les plus belles étaient la Palatine, restanrée après 
l'incendie, et l'f/lpicivie. D-«. 

300. BiBLioTBt» VALEHciAti*, o adicioues y coutinuacion de las 
escriloics de esto reino. — Bibliothèque de Valence , ou ad- 
ditions et continuation de la notice de D. Vie. Ximeno sur 
les écrivains de ce royaume; par D. Justo P(Stor FitsTEa. 
Valence i librairie de l'auteur. ( Extrait du prospectus.) 

D. Ticente Ximeno a publié, dans la 1" moitié dn dernier 
ùècle, an ouvrage biblic^raphique sur les Valen^ais : Eterrtoret 



»q4 Mâiattgés, 

Jel reûto de fakneiu , desde la eonq'dtta dt esta tap^al, Àané 
el ano 1748. M. Fusicr, libraire Jt Valenca , a pris k tAclie do 
compléter et de continuer cette bibliogrjipliie. S'éiant procura 
des renseignemens qui ont été iocouniu aux bibliographes pr^ 
cédens D. Plie. Antonio , P. Rodrigu» et Ximeno , il complé> 
tera les notices sur les auteurs ascieDS, et il ajoutera celles qui 
concerocat les auteurs posiérîeun ih 1 748. U comprendra néma 
les auteurs vivans dans sa liste , mais en s'abstenant & leur égard 
de tout éloge et de toute critique. Sou ouvrage aéra imprimé 
dans le rïiéme format et dans la même justification que cahii de 
Ximeno qu'il doit servir k compléter. Il formera a Toi. iD~foL, 
dont le t" comprendra les auteurs qui ont vécu depuis le i3* 
jusqu'au 17* siècle, et le second ceux qui ont écrit depuis 1* 
CommcDceinsntdutS" siècle jusqu'il nos jours; en tout, l'auteur 
parlera d'environ 800 écrivains. Il comprendra dans ce nombM 
les auteurs arabes qui ont fleuri dans le royaume de Valence , 
et sur lesquels il existe quelque renseignnnens dans les onvnges 
de Caoiri et de Conde. 

La Société roj. économique de Valence a fourni pour l'im- 

preisioa de cette £ibliotAèque Valenraise un secours de t.ooo 

tûaux vellon. Prix de ■ooicript. pour les 1 vol., 60 réius. D. 

i<it.DicT\oTikt.tvitt.Tin\orf\iummsclectaruintumapnmarumûue- 

toram classieorum et Gmecorum elRo/nanorum, ad optimot H- 

bliagraplwrum librot collatum emendavU,supplepil,notulUqut 

crilieù inttriixttD'Vf.llt.BETtsTVLt.iT. In-8''dea7J pp. Vienne, 

i^^R. ( Goetting. gct. jénieig. ; sept. i8a8, n° i56, p. i56o.) 

L'auteur n'a eu l'intention que d'indiquo: les principaux clas- 
siques. 11 les cite dans l'ordre alphabétique, avec l'indication 
de la première édition de chacun. Quant aux autres éditions, il 
n'en cite que les plus remarquables, dont il donne les titres 
complets. 

S03. C&TALOGi LisaoauM MARnscamoavK qui lu biUiolhecis 
Gallùe,Helvetie, Hispuiits, Lusitanis, Belgiî, Britannic, 
asservantnr i auct. G. Hxuel. In-^". Lipsi»,t8i8,'Hinriclis. 
Cet ouvrage est proposé par souscription ; il se composera de 
j( livraisons, chacnne de %o feuilles environ, in-^", grand for- 
mat à deux colonnes, petit-texte Les catalogucase luecédeiost 



Mélangée. 398 

dans l'ordre géogrlpfaiquc des pays ; mab , dans chatfne pays ; 
Va suivront l'ordre stphtibétique tjne présentent les tionis dd 
btttlîothéques. Dnns jflusieun de ces catulogurs se trouvent 
nMnjnés les numéros des mannscrils et leur état actuel. La col- 
leetîon sera accampn^iiée d'une table alphabétique des anteors 
M des ouvrages. La première livraison paraîtra à ta foire de PA- 
(jaes 1899- Le prix de souscription n'excédera pas a rixd. pat 
livraison. On souscrit chez Hinrichs il Leipzig , et ii Paris chec 
Trenttel et WûrU. {Joainatg^n. de ht till. firr.; octobre iBaS, 
p. 3io.) 

>o3. Éoinoas des oauvass sa PiTiUQua. 

Le boi Cbaki-bs X , sur la proposition du baron de la Bouîl- 
lerie, ministre d'état et inlcndant'gt^néral de sa maison, vient 
«Dcore d'enrichir la Prancc d'un monnment littéraire, unique 
en sao genre , élevé ù la gloire de Pétrarque. S. H. a daigné 
taire l'acquisition de ta collection précieuse que formait depuis 
nombre d'années H. Marsand , professeur de l'université de Pa- 
done , k qui Ton est redevable de la meilleure édition des oiv- 
▼tes poétiques de Pétrarque. Cette collection ou bibliothèque^ 
dont le catalogue deseriplif a été pnbtié sous le titre de S&lio- 
teea Petrarchexea, un vol. in-4', Ji Milan , chez Ginstî , se com- 
pose d'environ 900 volumes, et est divisé en trois parties. La 
1" ooiDprend la suite complète des éditions qui ont été données 
des œuvres poétiques de Pétrarque depuis l'année 1470 jusqu'à 
nos jours. La i' réunit toutes les traductions latines, françai- 
ses, espagnoles, allemandes et anglaises, qui ont été publiées 
de ces poésies; tous les commentaires qui en ont 6té donnés, et 
toutes les publications qui ont été faites sur la vie de Pétrarque. 
La y se compose d'une collection d'anciens et précieux manus- 
crits snr vélin on papier, avec des miniatures relatives aux poé- 
sies de Pétrarque. Cette bibliothèque, qui est en route, doit 
être placée dans l'nn des cabineU de la bibliothèque ])arttcn- 
lièrv du roi et da conseil-d'état, au Louvre. ( Nouveau Joantal 
de Paru ; a nov. i8a8, p. 3. ) 

304. VoXAOK sa ». GaaMTOixiON La laoaa aa iaYm. ' 

ITous sommes restés au Kaire jusqn'an So septembre, M h 

Dotzscii/Goo^lc 



996 MUanges. N" 3o4 

soir dii même jour DOiiit avods coucha dans notre (muucA.afia 
de meltre ^ la voile le lendemain de bonne heure pour gagner 
l'ancien emplacement de Mem)>his- Le 1" octobre , nous pas- 
siines la nuit devant le village de ^lUMiniA, sur la rive orie»- 
fale du Nil , et le lendemain , à «ix heures du matin , nous cm^ 
rftmes la plaine pour atteindre de grandes carrières que je 
Tonlais visiter , parce que Mempbis, lise sur la rive opposée, 
et précisément en Tace , doit être sortie de leurs vaates flancs, 
Le journée fut excessivement pénible ; mais je visitai presque 
une à une toutes les cavernes dont le penchant de U montagne 
de Tharra est crible. J'ai constaté que ces carrières de beau 
calcaire blanc ont été exploitées à tontes tes époifues , et j'ai 
trouvé 1° une inacription datée du mois de Paophi de Tan IT 
itc l'empereur Jagtttte ; a" imc seconde inscription de l'an VU, 
même mois, d'un Ptoléméequi doit être Soler I", puisqu'il n'y 
u pas de surnom; 3" une inscription de l'an II du roi JcorU, 
l'un des insurges contre les Perses ; enfin deux de ces carrières 
et les plus vastes ont été ouvertes l'an XXII du roi Amotit, le 
père de la ift* dynastie, comme portent textuellement deux 
belles stèles scuIpLées à même dans le roc , îi côté des deux en- 
trées. Ces mêmes stèles indiquent aussi que les pierres de cette 
carrière ont été employées aux constructions des tmiples 
de Phtha, A' Apis et i'Ammon à Memphii , et cette indicaiioD 
donne la date de ces mêmes temples bien connus de raniiqnité. 
J'ai trouvé aussi , dans une autre carrière , pour l'époque pha- 
raonique, deux monolithes tracés à J'encre rouge sur les pa* 
rois, avec une (inesse extrême, et une admirable sûreté de main : 
la corniche de l'un de ces monolithes , qui n'ont été que mis en 
projet , sans commencement d'exécution , porte le prénom et le 
nom propre de Psamméihiats V . Ainsi, les carrièi-es delà 
montagne arabique , entre Thorrtih et Mastflrah, ont été ei- 
ploîlées sous les Pharaons, les Perses, lesLagides, les Romains 
et dans les temps modernes ; j'ajoute que cela tient k leur voi- 
sinage des capitales successives de l'Ë^ypte, Memphis , Fosl/iatk 
et le Kaire. Rentrés le soir dans nos vaisseaux , comme les Grecs 
venant de livrer un assaut ïi la ville de Troye , mais plus heu- 
reux qu'eux , puisque nous emportions quelque butin , je fis 
mettre à la vtHie pour Sédréchéin , village situé à peu de dii- 
taoce sur le bord occidental du Nil. Le leodeiDain , de bonne 



Mêlangêt. 397 

YtÊon , Doos partîmes pour l'immense bois de dattiers , ([ui 
couvre l'einplaeemeiit de Hemphù : ptaté le village de BMré- 
cJWàt , qui est à un quart-d'heure dans Ivs terres , on s'aperroit 
qu'on foule le sol antique d'nne grande dté, aux blocs de gra- 
nit dispersés dans la plaine, et k ceux qui d^hirent le terrain 
et se foDt encore jour à travers les snbles qui ne tarderont pas 
k les recourrir pour jamais. Entre ce village et celui de Mil- 
BahÎMèk , s'élèvent deux longues collines parallèles qui m'ont 
paru être les ébonlemens d'une enceinte immense , construite 
en briques crues comme celle de Saiis , et renfermant jadis les 
principaux édifices saméi de Memphis. C'est dans l'intérieur de 
cette enceinte qoe nous avons vu le grand colosse exhumé par 
H- Caviglia. lime tardait d'examiner ce monument, dont j'avais 
beaucoup entendu parler, et j'avoue que je Tus agréablement 
surpria de trouver no magnifique morceau de sculpture égyp- 
tienne. Le colosse, dont une partie des jambes a disparu, n'a 
pas moins de 34 pieds et demi de long. Il est tombé la face coa> 
(re terre, ce qui a conservé le visage parfaitement intact. Sa 
phyùonomie suffit pour me le faire reconnaître comme une sta- 
tue de Sésoslris, car c'est en grand le pendant le plus fidèle da 
beau Sésostris de Tarin ; les inscriptions des bras , du pectord 
et de la ceinture confirmèrent mon idée , et il n'est plus dou- 
teux qu'il existe , à Turin et à Memphis , deux poTtraiu du pins 
i;r«nd des Pharaons. J'ai fait dessiner cette tète avec un soin 
extrême , et relever toutes les légendes. Ce colosse n'étùt point 
seul i et ù j'obtiens des fondsspéciaux pour des fouilles en grand 
k Memphis , je puis répondre , en moins de trois mois , de peu- 
pler le Musée du Louvre de statues des plus riches matières et 
du plus grand intérêt pour l'histoire. C<; colosse, devant lequel 
sont de grandes substruciions calcaires, était, selon toute ap- 
parence, placé devant une grande porte et devait avoir des pen- 
dans : j'ai fait faire quelque:» fouilles pour m'en assurer , mais 
le temps me manquera. Un peu plus loin et sur le même axe , 
existent encore des petits colosses du même Pharaon, en granit 
rose , mais en fort mauvais état. C'était encuri; une'porte. 

Ah nord du colosse exista un temple du Vénus ( Hatluir ) , 
construit en calcaire blanc , et hors de la grande enceinte , du 
edtê de l'nnent : j'ai continué des fouilles commencées par Ca- 
viglia , le résultat « été de constater dans cet endroit même 



agS Mélanges. N* ao4 

l'existence d'un temple oms de colonnes-pilutres wcooplén , 
et en granit tme , et dédié i Phtka et à AaiA^/- ( Vulcain «l 
Véoni ) , les duui grandes divinités do Memphis , par Baa»A>- 
l«-<irand. L'cDceiate priacipRle renfernuit ausai , du cAl£ i» 
l'eat, une vaste nécrnpole semblable \ celle qiie j'ainoonnucà 
Sou. 

C'est le 4 octobre qae je suis vcnit camper à SaUamk , car 
nous sommes sous ta tente ; une d'dles est occupée par nos do- 
mestiques : tous les soirs , sept ou h uJt Bédoui» rhoiiis d'avann 
font la garde de nuit , et les commissions le jour ; ce soai do 
braves et excellentes gens , quand on les traits en hommes. 

J'ai visita ici , h Sakkara , la plaine de* momies , l'ancieii d' 
metière de Hemphis , parsemé de pyramides et de looabeaax 
violés. Cette localité, grâces à la rapace bari>arie des nuiebanda 
d'antifiuités , est presque tout-b-fait nnltc poar l'étude : les tom- 
beaux oniés de sculptures M>nt,ponr la plupart, déraslés, on 
reeomblés après avoir été pillés. Ce désert «t affreux , il eM 
fomé par une suite de petits monticules de sable produits des 
fouilles et des bouleversemens , le tout parsemé d'ossemms bu- 
mains , débris des vieilles générations. Deux tombeaux seuls 
ont attiré notre attention , et m'ont d^oramagé dn triste aspect 
do ce champ de désolation. J'ai trouvé , dans l'un d'eux , nue 
série d'oiseaux sculptés sur les parois, et accompagnés de leurs 
MMnsenhiéroglyplies;cittq espéccsdegaxelles avec lenn noms; 
et enfin quelques scènes domestiques , telles que l'action de 
traire le {ait , deux cuisiniers exerçant leur art , etc. 

Cinquième lettre. — Au pied dei pyramide* de Gizèh ,Ui oc- 
tobre 1818. 

J'ai trnnsporlé mon camp et mf s pépiâtes il l'ombre des gran- 
des pyramides, depuis bier que , quittant Sakkarah pour vïû- 
ter l'une des merveilles dn monde, sept rhamcaiix et vingt ânes 
ont transporté nous et nos bagages à travers le désert qui sé- 
pare les pyramides mérîd ion airs de celles de Giiéh , les plus 
célèbres de toutes^ et qu'il me fallait voir enfin avant de partir 
pour la Haute-Égypthe. Ces merveilles ont besoin d'être étu- 
diées de près pour être bien appréciées; elles semblent dimi- 
nuer de hauteur k mesure qu'on en approche , et ce n'cstqu'cn 
touchant les Uocs de pierre dont elles Sont formées , qu'on a 



MiUmgu. 9^ 

QDe id^ jnstt A* leur niasM et de lear immeuUâ. Il 7 s peu à 
laire ici , et Im^u'oh. aura copié dei «cènes de U vie duinefr< 
tique Kulplées dws un tumbeau voisin de la deuxième pyra- 
mide, je regagnerai ne» embarcations qui viendront nout 
prendre à Gixèh, et nous cinglerons k force de voile |>otir U 
|Iau:c-Ég7pie,moD véritable quartier-généraL Tlièbeseat 14, 
etoa-j arrive loujoura trop tard. 
Sauf un peu de (atigue de ta journée d'bier , nous noua por- 

toM fort trien. Uais poiot encore de oouvelle d'Europe! 

Adieu. 

Sixième lettre. — Béai-Hastan ,le &,eià Mon/alouth , le 8 no- 
oembre i8aS. 

Je comptais être à Thèbesie l'^novemlire; voieidéjàlc 5, et 
je me trouve encore 1 Béni-Husan. C'eM un peu la faute de 
ceux qui ont déji décrit les hypogée* de cette localité, et eu 
ont donné une si mmce idée. Je comptais expédier ces grottes 
en une jouméei mais elles en tfnt pris quinze sans que j'en 
éprouve le moindre regret; mais je dots represdre non récit 
de plus hant. 

Ha dernière lettre était datée des grandes Pyramides, où je 
suis resté campé trois jours , non pour ces niasses énormes et 
de si peu d'effet lorsqu'on les voit de près, mais pour l'eiut- 
nen et le dépouillement des grottes sépulchrales creusées dans 
.le voisinage. Une, entre autres, celle d'un certain Eùnaï, nous 
a fourni une série de bas-reliefs trés-curieUx pour la connai»- 
sance des arts et métieii de l'ancienne Egypte, et je dois don- 
oer un soin très-particulier à la recherche des monumens de 
ce genre, qni sont aussi bien de l'histoire que les grands ta- 
Ueaua de bataille des palais de Thèbes. J'ai trouvé autour des 
Pyramides plusieurs tombeaux de prince* ( (ils de roi ) et de 
grands personnages, mais peu d'inscriptions d'un très-grand 
intérêt. 

Je quittai les Pyramides le 1 1 octobre pour revenir sur mes 
pas et gagner notre ancien campement de SaLkarah, it travers 
le désert, et de là noirbjfoMe, mouillée it Sé€lréehéln , ot nous 
arrivimes le soir même , grAce à nos infatigables baudets et 
aux chameaux qui portaient tout notre bagage. Nous mimes à 
!• Toile pour U hante Egypte, et ce ne fut que le as ociobT«, 



.3oo MèUmgês. N* ao4 

après avoir épronrè tout l'ennui du calme plat et du manque 
total de vent du nord, qoe nous arrivAniei kMûnVA, d'où je 
fia repartir de mite, après une visite à la fikunre de coton , mon- 
tée en machines européennes , et après l'achat de qnelques pro- 
visions indispensables. On se dirigea sur Saouadék jiour voir 
un hypogée grec d'ordre dorique, déjk décrit. De là nous 
cinglâmes vers Zaouyet-el-Ma!etiit, où nous f%mes rendus le 
^om^e au soir; là existent quelques hypogées décorés de bas- 
reliefs relatifs h la vie domestique et civile; j'ai fait copier tout 
ce qu'il y avait d'intéressant, et uous ne le quittâmes que le a3 
au soir, pour ooarir kBéai-Hoitan à la faveur d'une bourrasque 
à laquelk nous dûmes d'y arriver le même jour sur les minuit.^ 
A l'aube du jour, quelques-uns de nos jeunes gens étant al' 
lés, en édaireun , visiter les grottes voisines, rapportèreot 
qu'il y avait peu à faire, vu que les peintures étaient à peu prêt 
effacées, le montai néanmoins , an lever du soleil , visiter ces 
hypogées, et je fus agréablement surpris de trouver une étoo- 
nanle série de peintures parlailement visibles jusque dans leurs 
mcniidres détails , lorsqu'elles étaient mouillées avec une éponge 
et qu'on avait enlevé la croûte de poussière fine qui les recou- 
vrait, et qui avait donné le change à nos compagnons. Dès ce 
moment on se mit à l'ouvrage, elpar la vertu de nos échelle, 
et de l'admirable éponge, la plus belle conquête que l'industrie 
humaine ait pu faire , nous vîmes se dérouler à nos yeux la 
plus ancienne série de peintures qu'on puisse ima^ner, toutes 
relatives à la vie civile, aux arts et métiers , et ce qui était neuf, 
à la Mfte dkViAiûv. J'ai fait , dans tes deux premiers hypogées, 
une moisson immense, et cependant une moisson plus riche 
nous attendait dans les deux tombes les plus reculées vers le 
Nord : ces deux hypogées , dont l'architecture et quelques dé- 
tails intérieurs ont été mal reproduits , offrent cela de particu- 
lier (ainsi que plusieurs petits tombeaux voisins) , que la porte 
de l'hypogée est préiédée d'un portique taillé à juur dans le 
roc, et formé de olonnes qui ressemblent, à s'y méprendre à 
la première vue, au doriijue grec de Sicile et d'Italie. Elles 
sont canelées, à base arrondie, et presque toutes d'une ht^le 
proportion. L'intérieur des deux derniers hypogées était ou 
est encore soutenu par des colonnes semblables : nous y avou 
tous vn le véritable type du vieux dorique grtc, et je l'aflme 



i.Aiot")t^lc 



SSélangtt. 3bt 

sans crùndra d'Âublir mon opinion «nr des moamneBs dn 
temps ronuiii,c*r ces deuxfaypogées, les plus beaux de toDS, 
portent leur date et appartienneot au règne d'OtorUuen , a' roi 
• de la %i' dynastie (Tanite), et par conséquent remontent au 9* 
siède avant J.-C. J'ajouterai cjae le plus beau des deux porti- 
ques , encore intact , celui de l'hypogée d'un chef administra- 
teur des terres orientales de l'Heptauomide, nommé tfékâiàpi , 
est composé de ces colonnes doriques suis use , comme & 
Pacstum «t dans tous les beaux temples grecs- doriqnes. 

£>es pnntures du tombeau de Kéhàlhpk sont de véritables 
jwmcAm , d'une finesse et d'une beauté de dessin fort remar- 
quables : c'est ce que j'ai vu de plus beau jusqu'ici en Egypte ; 
les animaux, quadrupèdes, oiseaux et poissons y sont pdnts 
avec tant de finesse et de vérité, que les copies coloriées que 
j'en ai fait prendre, ressemblent aux gravures coloriées de 
nos beaux ouvrages d'histoire naturelle : nous aurons besoin 
de l'affirmation des 14 témoins qui les ont vues, pour qu'oncroie 
en Europe à la fidélité de nos dessins » qui sont d'une exacti- 
tade parfaite. 

Cest dans ce même hypogée que j'ai trouvé un tableau du 
{dus haut intérêt : il représente quinte prisonniers, hommes, 
femmes on enfans, pris par un des filsde JVi^M/^^, et présen- 
tés à ce chef par un scribe royal , qui offre en même temps nne 
léuille de papyrus sur laquelle est relatée la date de la prise, et 
le nombre de captifs, qui était de 37. Ces captifs, grands et 
d'une physionomie toute particidière, i net aquilin pour k 
plupart, étaient blancs comparativement aux Égyptiens, puis- 
qu'on a peint leurs chairs en jaune roux pour imiter ce que 
nous nommons la couleur de ekxtir. Les hommes et les femmes 
sont habillés d'étoffes très'riches, peintes (surtout celles des 
femmes) comme les tuniques de dames grecques, sur les vases 
grecs du vieox style ; la tunique, la coiffure et la chaussure des 
femmes captives peintes ù Béni-Haasun, ressemblent k celles 
des grecques des vienx vases, et j'ai retrouvé sur la robe d'une 
«Telles l'ornement enroulé si connu sous le nom de greegme, 
peint eo rouge , bleu et noir, et tracé verticalement. Ces détails 
piqueront la enriosité et réveilleront l'intérêt de nos arche»- 
lo^es et celui de notre ami H. Dubois (1), que j'ai regretté, ici 
(t)lf .Dshobftft Fani«dela«ow^i4M df iSTMM 1^ d'anirtvsMmrls 

i..i-,....i.AiOOglc 



3«i Mibmgu, N«3o4 

ph» qu'ailteon, Ae n'avoir f>H fc mes cAMs , pane que doM 
opinioD (ur l'avancement de l'art en Egypte y trouve im 
preuves atekt-muthenêiquei. Lea hommes captifs, à barbe poin^ 
tua , $0*1 armés d'am et de laoces , et l'un d'entre eux tient en 
main une fyre grecque de vieux style, Soot-ce des Grecs î Je \t 
crob fermement, mais des Greci ioniois, ou un peuple d'Asie- 
Mineure , voisin des coloaîes ioniennes et participant de lenis 
■naanrs et de leurs habitudes ; oc serait nne chose bien curieuie 
que des Oreci du 9' siècle avant J.-C. , peints avec fldélirf par 
des mains égyptiennes. J'ai fait copier ce long tablesa en cou- 
leur avec une exactitude toute particulière ; pas un coup de 
pinoean qnine soit dans l'original. 

Les i5 joura passés à Mémi'Huttcn ont été monotOMS, 
mais fruclueuK : au lever dn soleil nous montions aux hypogm 
dessiner, c<dorier et écrire, en donnant une heure au pins i un 
modeste r^>as , qi/on nous apportait des barques, prisàterrr 
sur le sable, dans la grande salle de i'bypogëe, d'où nous sp- 
percevions à travers les colonnes en dari^a» primibfXet magoi- 
fiquei plaines de l'Heptanomide; le soleil couchant, admirable 
dans ce pays-tù, donnait seul le signal du xepos; on r^agniit 
la barque poor souper, se coucher et reconunencer le lendensia. 

Cette vie de tombeaux a eu poor résultat un porte-fenille de 
dsaauiB parGùlement faits et d'une exactitude eompUtc , qui s'é- 
liïVMil <léjà à phis de 3oo. J'ose dire qu'avec ces seules ti- 
chesses, mon voyage d'Égypte-serait déjà bien rempli, à l'sr- 
ehiteeture près, dont je ne m'ooeupe qne dans les lieux qui n'mt 
pas été viHtca ou connnn. Voici un petit cmjrtm -de mes tôt- 
qoétes : «tU note sera divisée par matières alphabétiquement, 
nnfjfits comme l'est mon porto-feaille pendant le voyage, >^ 
tTavair sous la main le* dessins déji faits et de pouvoir le) 
- coDSpiffer vite avec les monumens nouveaux du même genre. 

1° AaucuLTDai. — Dessins représentant le labourage avec 
les b«ea& ou A bras d'hommes; le semige, le foulage da 
terres par les béliers, et ooa par \nporet, comme le dit Héro- 
dote; cinq sortes de ehmuei le piochage, la moisson du blé; 
la moisson dn lin; la mite en gerbe dff- ces deux espèces oe 
plantas ) la mise en meuh, le battage, lemcsnrage, ledépôitu 
•n Horéa par I* |oaTeT0«in(ut. Il «It cfairgé de diriger I< pirtta irdin>* 

IffifM dM M«hvaksi«Bi stmKlUM «m wu<«aifiai(l(«wdtl't} 



Mtiangat. 3«S 

gntû«r( deux dfasins ils grandi greaien «nr du plam diff^ 

rcns ; le lin traosporté par des dnei ; une foule d'antm travaux 
agrioutec, et enir'autre* la rûcolle du Lolua; la culture de la 
vigns, la vendange, sou traosport, l'égrénage, le pressoir de 
deux espèces, l'un k force de bras et l'autre à mécanique; la 
mise en boulralles ou jarret, cl le transport h la r-ave; la fabri- 
cation du vin cuir , etc. -, la culture du jardin , la cueillette des 
tttisk-h , des figues , etc. ', la culture de l'oignon , l'arrosage, eto., 
le touttcoinme tous les tableaux suivans, arec légendes hiérogly- 
pliiquM explicatives ; plus , VinleitdanI lie la maùon des ehampt 
et ses secrétaires. 

a° Abts et H^tibes. — Collection de tableaux , pour la plu- 
part coloriés , aKa de bien détermiaer la nature des objets, et 
représentant : le sculpteur en pierre, le sculpteur sur bois, le 
peintre de statues , le peintre d'objets irarchîtecture; meubles 
«t menuiserie; le peintre peignant un tableau, avec son cheva- 
let', des scribes et commis aux écritures de toute espèce; les 
ouvriers dea earriùrcs transportant des blocs de pierre; l'art 
du potier avec toutes les opùrations: les marcheun pétrissant 
la trrce sycc les pieds, d'autres avec les mains; la mise de 
Targilcen cône, le cône placé sur le tour; le potier faisant la 
panse, legouleandu vase, etc.; la t''" cuite au four, la seconde 
•u séchoir, etc.; la ooupe du bois; les fabrîcans de cannes, 
d'avirons et de rames; le charpentier, le menuisier; le fabri- 
cant de meubles ; les scieurs de bob j les corroyeurs ; le colo- 
riage des cuirs ou maroquins ; le cordomiiei ; la filature; le tis- 
sage des toiles à divers métiers; le verrier et toutes ses opéra- 
tions} l'orfèvre , ta bijoutier, le fot^ron. 

3" Cuti vilitaixe. — L'éducation de la caste militaire et 
tout aei exercices gymnastîques, roprésmtés en plus de >oo ta-, 
Ueanx, oA sont relraoûas toutes les poses et attitudes que peu-' 
vent prendre deux habiles hiUenrs, attaquant, se défendant, 
reculant, avançant, de bout, renversés, e|c.; on verra par W si 
l'art égyptien ae couCentait de figures de. proGI, les jambes 
«nies et les bras collés contre 1rs hanches. J'ai copié toute cette 
curieuse série de nibtaires ntis, luttant ensemble; pins une 
•oixmitalne de fignrq représentant des soldats de toute arme, 
de tout rang, la petite guerre, on stége, la tortue tt le bélier, 
les punitions militaires, un champ de b>taille, et les préparatifs 



3o4 Milaugêt. ^ I^ 904 

d'nn repH niilitaire; enfin la laliricatioB des lance*, jaTcloU, 

arcs, flèches, nusMies, haches d'anites, etc. 

^'CkakTjMiiiiqub zt Dàhsb. — Un tableau Kpréwntinl 
nn concert vocal et instrumental ; nu chanteur qu'un muucini 
accompague sur la harpe est secondé par deux chanirs, l'un de 
quatre hommes, l'autre de cinq femmes, et celles-ci battent la 
mesure avec leurs njnins ; c'est uu opéra ton t entier ; des jouenn 
de harpe de tout sexe, des joueurs Aejlûte travertiire, de fli' 
geolet, d'une surte de conque, etc.; des danseurs faisant di- 
Tcrses figures , avec les noms des pas qu'ils dansent ; enfin , noe 
collection très-curieuse de dessins représSotant les danseiucs 
(ou filles publiques de l'ancienne É^pte) , dansant , ehantanl> 
jouant k la peaume, faisant divers toun de force et d'adresse. 

5° Un nombre considérable de dessins représentant l'Éon- 
CATionnss aasTiAUi; tes bouviers, IcsImbuIs de foute c^KCe, 
les vaches, les veaux, le tirage du lait, la fabrication dn fro- 
mage et du beurre;, les chevriers , tes gardeurs d'ines, les ber- 
gers et leurs montons; des scènes relative» h l'art vétérinaire; 
enfin la bassc-.cour, compi'enant l'éducation d'une foale d'^ 
pèces d'oies et de canards , et celle d'une espèce de cigo^ ([ui 
^■tait domestique daos l'ancienne Egypte. 

6° Une première base de recueil Icovooat^uQVK, compre- 
nant les portraiti des rois égyptiens et de grands peraonosgo- 
Ce porte-feuille sera complété en Thébaïde. 

7° Dessins relatifs aux Janx , Exaacicas et DivsBTissnsss. 
— On y remarque la moum, le jeu de la paUie, luie sorte de 
main-ehaade , le mail, le jen de piquets piantés en Urre, divers 
jeux de force; la chassck la bétc fauve; un tableau reprcsai' 
tant une grande chasse daus le désert, et où sont figurées i !> a 
30 espèces de quadrupède»; tableaux représentant le retour de 
la chasse ; le gibier est portf' mort ou conduit vivant; plow*«"' 
tableaux représentant la chasse des oiseaux au filet; un de ce> 
tableaux est de grande dimension et gouache avec toutes \ei 
cotiieurs et le faire de l'original ; enfin , le dessin en grand des 
divers pièges pour prendre les rnseaux; ces instmmens de chasse 
sont peints isolément daiu quelques hypt^ies; plusieurs ta- 
bleaux relatifs à la pèche : i" la pèche à la ligne; a° àklignc 
avec canne; î** au trident ou anb^denl-y^" au filet; pin» It pré- 
paration des poissons, etc. 

D.nt.zMbïG0Oglc 



Mèlanget. 3oâ 

8° Justice sonKsnQnx. — J'ai réuni sous ce tiire une qnîn- 
mue de dcHÏns de bas-reliefs représentant des délits commis 
par desdomestiqnes; l'arrestation du pivvenu, son accusation, 
sa défense, son jugement par les intcndans de la maison; sa 
eondamnation et l'exéciition , qui te borne & ta basionade dont 
procès-Tcrbal est remis, avec le corps du procès, entre les 
mains du maître par l'intendant de la maison. 

9° Le KÉiiACK. — J'ai rî-uni , dans cette série déjà fort ntun- 
brense, tout ce qui se rapporte i la vie privée ou intérieure. 
Cesdessinsfort curieux représentent: i^'dÏTerses maisons égyp- 
tiennes, pins ou moins somptueuses; a" les vases de diverses 
formes, ustensiles et meubles, le tout colorié parce que les cou- 
leurs indiquent invariablement la matière; 3° un superbe pa- 
lanquin ; 4° des espèces de chambres à portes battantes , por- 
tées snr un traîneau et qui ont servi de voiluret aux anciens 
grands personnages de l'Égjpte ; 5** les singes , chats et chiens . 
qui faisaient partie de la maisou , ainsi que des nains et autres 
individus mal conformés, qui, i5oo ans et plus avant J.-C, 
servaient à dcsopiler U rat» des seigneurs égyptiens, aussi 
luenque, iSooans après, celle de nos vieux barons d'Europe; 
6° les offiders d'une grande maison , intendans , scribes , etc. ; 
•}" les domestiques portant les provisions de bouche de tonte 
Mpèce; les servantes apportant aussi divers comestibles; 8° la 
manière de tuer les bnufs et de les dépecer pour le service de 
U maison ; g? une suite de dessins représeatant des cuiiinlert 
préparant des mets de diverw^s sortes; lo" enfin, les domesti- 
ques portant les mets préparés à la table dti maître. 

lo" MonrMXiis aisTOKiQcss. — Ce recueil contient tontes les 
insrriptiont, bas-reliefs et monumens de tout genre portant 
des légendes royales avec une date exprimée, que j'ai vus jnt- 
qne-ici. 

ii^MoNvasm bxucikux. — Tontes les images des dîfFlè- 
rcntes divinités , dessinées en grand et coloriées d'après leti plus 
beaux bas-reliefs. Ce recueil s'accnrftra prodigieusement jt ni&- 
snre <|ue j'avannraî dans la Thébaïde. 

13° TfAvioATioir. — Recueil de desùns r^irésentant la cons- 
tmciiondes bâtimenseï barqnes de diverses espèces, et les jeux 
de* mariniers, lout-à-fail analogues aux joutes qui ont lieu sur 
U Seine dans les grands jours de fêle. 

G. Tous XL ao 

!■.,- ....I., Google 



%o6 Mélamgti. N' ao4 

iS° Enfin JbooLoatK.— Une Uiite de jwftfirMprdHid'fffrMur, 

de nptikt , SùueeUi et de poùtotu , deisinés et colonà avoc 
Aw/ff fidilUi d'apcès les b«&-reliefa peints on lei peioturcs Im 
mieux consta-v^cs. Ce recueil , qui compte déji près de xoa iit- 
dividuB, est du plus haut intérêt : les oiseaux sont na^nifiqnes, 
les poissons peint* dans la dernière pcrrcctioo, et on aura par 
là une idée de ce qu'était un hypogée éjiyptien un peu soif^né. 
Nous avons déjà recueilli le dessin de plus de i4 espèces dif- 
férentes de chient de gnrde on de cfaaitu; , depuis te lévrier jnt- 
qu'au £aHe(<i/iin)6e/ft>rM»; j'espère que MU. Citvier et GeoF- 
froi St,-Hilaire me sauront gré de leur rapporter ainsi l'histoîie 
naturelle égyptienne eu aussi bon ordre. 

J'espère completter et étendre dignement res direrses séries, 
puitiiue je n'ai c-ncorc vu, pour ainsi dire, aucun ntonnnHst 
égyptien; les grands édifices ne corommcent en efTel qu'à Abjr- 
Uos, et jen'y serai que dans lo jours. 

J'ai passé , le ctvur sefré , en faee d'AifkmauiM-ut, en rtçnt~ 
tanCsonmagnitiqiie portique détruit tout récemment {hier, A»- 
tinoé ne nous n plus montré qini des débris ; tous set édifices 
ont été démolis; il ne reste plus que quelques colonnes degrs- 
uit, qu'on n'a pu remuer. 

Je me suis consolé un peu de la perte de ces monumens , en 
en retrouvant un fort intéressant et dont personne n'a parié 
jusqu'ici. Nous avons reconnu dans une vatiée déserte de U 
montagne arabique, vis i-vis Béni-hanaM-elnaamar , un petit 
temple creusé dans le roc, dont la décoration, commencée par 
TAoutmoiù IV*, a été continuée par Mandouéi de la XVIII* djr- 
uastie; ce temple, orné de beaux bas-reliefs coloriés, est dé- 
dié à la déesse Pascht ou Pépaicht, qui est la £tcA«ifw des 
Grecs, et Ja Diatie des Romains : les géographes nous c»l indi- 
qué à Béni-hassan la position nommée Spau-jértemide* ^\m 
grotte de Diane), et ils ont raison puisque je viens de retrou- 
ver te temple creusé dans le roc (le Spcoa), de la déesse : et ce 
monument, qni ne présente en sctoe que des images de Bmhn- 
tis , la Diane égyptienne, est cerné par divers Igrpagéet de etktir 
f(ic/r.i ( l'animal de Dnbaslis), les uns creusés dans le ror, un 
entre autres construit sout le r^ne d'J/rx^ndre, filsd'Alexnn- 
dre-le-Grand. Devant le temple, sous le sable, est un grand 
banc de momies de chaU plies dans dos nattea et entre-ABéUs 



MHtatges. $07 

I chiens; pliiK ]oia, entre la vsIWe et le Ifit, data 
-la plahiflééMrte,M}Dldenx irès-^ndienirepAtademonaieid» 
dub en paquets , et recouverts de s piedi de sable. 

Cette nâit j'arriverai b Siouth (LTcapoliii). et demain je re- 
mettrai celle lettre aux aiitoiités locales pour qu'elle soit en*- 
veyée an Cair«, de là à Alexandrie, et de là enfin en Europe; 
puiase-t-elle être mieui dirigée qne les vôtres, car je n'ai rien 
reçu d'Europe depuis mon départ de Tonlon. Ma santé se sou* 
tient et j'eapfoe que le bon air de llièbes m'assurera la cond- 
-maiioB de ee bienfait. Adieu. 

Septième lettre. — Thèbei , le a^ not^mhre 1818. 

Ma dernière lettre datée de Séiù'lMuaii , continuée en xv- 
BoBlant le Nil et doee ft Oihtah, a dA en partir du 10 an t% 
de ce inttis} die parviendra par livourne. Dieu veuille qu'ellS 
arrive phia promptetnent qne eelles qui, depuis mon départ de 
France, m'ont été adressées par cenx qui se souviennent de 
noi;ja n'en ai reçu aucune! C'est hier seulement, et par un ca< 
|dtaine de navire anglais, qui parcourt l'Egypte, que j'ai ap- 
pris que 1« D' Pariset y était hossï «rrivé et qu'il se trouve dans 
ce nanent au Caire : mais je n'en sais pas davantage pour cela 
•or ma famille. S'il en était autrement, et que je fusse tran- 
quille sur la santé de tous les miens, je serais le plus benrenx 
des hommes, car esfinjesnisan centre de la vinlIeÉgjpte.et 
ssa ploa hantes merveilles sont à quelques toises de ma barqne. 
Voîoi d'abord la suite de mon itinéraire. 

Cast le 10 novembre que je quittai Otiouth , après avoir vi- 
nid set hypogées parfaitement décrits par HH. Jollois etDc- 
Tillien, dont je reconnais chaque jour & Thébes l'extrême 
cuetitnde. Le 11 au malin nous passâmes devant Qaou et-Kê- 
M>{ABtMopolîs), et mon maasch traversa à pleines voiles l'en- 
^acCDsentdu temple que leNtI a complètement englouti sans en 
laisser les moindres vestiges. Quelques ruines A'Mhmim (celles 
de Panopotis) reçurent ma visite le la , et je fus assez heureux 
pour y trouver un bloc sculpté qui m'a donné l'époque du 
temple, qui est de PloléméePhilopacor, et l'image du dieu Pan, 
lequel n'est antre chose, comme je l'avais établi d'avance, qne 
l'AmnNM- générateur de mon Panthéon. L'après midi et la nuit 
aaÏMBta w paasètent en fêtes, bal, tours de force et concert 



3o6 Mêlai^. N" 3o4 

chez l'oB des comnundaiu de la haute Egypte, M t J a mm ed- 
sga, qui envoya ta otngt, ses gens et son cheval pour me rfr- 
mener, avec tous mes compagnons, à jaoua/^ï que j'avais quit- 
te le matin , et où il fallut retourner bon gré mal gré pour ne 
pas désobliger ce brave homme, bon vivant, boa convive, et 
ne respirant que la joie et les plaisirs. L'air de Malbroiigh, que 
nos jcimes gens lui chantèrent en chœur, le fit pAmer de plai- 
sir , et SCS musicîeos curent aussitôt l'ordre de l'af^Midre. 

Nous partîmes le i3 au matin, comblés des duns du brave 
Osmanli. A midi, on dépassa Ptoléma» oCi il n'existe plus rioi 
de remarquable. Sur les 4 heures, en longeant le Djebel-cl-as~ 
serai, noua aperçûmes les premiers crocodiles; ils étaient 4, 
couchés sur un ilot de sabie, et une foule d'oiseaux circulaïeul 
au milieu d'eux. J'ignore si dans le nombre était le TroehUat 
de notre ami Geofîroi St.-Hilaire. Peu de temps après nous dé- 
barqudmesà Gir^f. Le vent était' faible le i S, et nous fîmes peu 
de chemin, ALiis nos nouveaux compagnons, les crocodiles, 
semblaient vouloir nous en dcdomma(;er; j'en comptai ai 
gronppéa sur un mène ilot , et une bordée de coupa de funl à 
balle, tirée d'asseï pr^, n'^t d'autre rvsultatque de dispener 
ce conciliabule. Ib se jettèrent au I4il et nous perdùaca un 
quart-d'heure à désengraver notre maatch qui s'était trop ap- 
proché de l'îlot. 

Le 16 au soir, nous aiTivàmes enfin ik Dendéra. Il faisait un 
dair de lune magnifique, et nous n'étions qu'à une heure de 
distance des temples : pouvions-nous résister à la tentation 7 
Souper et partir sur le champ furent l'an'aire d'un instant : 
seuls et sans guides, mais armés jusqu'aux dents, nous prîmes 
1^ travers champs , présumant que les temples étaient en ligne 
droite de notre maasch. Nous marchâmes ainsi, chantant les 
marches des opéras les plus nouveaux, pendant une heure et 
demie sans rien trouver. On découvrit enfin un homme; nons 
l'appelons, mais il s'enfuit à toutes jambes nous prenant pour 
des Bédouins , car , habillés à rorienlale et couverts d'un grand 
bemous blanc à capuchon , lious ressemblions, pour l'Égyptien, 
à une tribu de Bédouins, tandis qu'un Ëurt^téen nous eAt pris, 
sans balancer , pour im chapitre de chartreux bien aqnéa. On 
m'amena le fuyard, et le plaçant entre quatre de nous, je lui 
ordonnai de nous c<Hidiure aux temples. Ce pauvre dîabl») peu 



jbïGoogIc 



ifèteuiges. 3itg 

rassure d'abord , nous mit dans la bonne voie et finit par mav 
cher de bonne grâce : maigre, sec, noir, couvert de vieux hail- 
lons, c'était une ffiomiVtfM&vtoi»; mais il nous guida fort bien 
et nous le traiilmcs de même. Les temples nous apparurent en- 
fin. Je n'euaici'ai pns de décrire l'impression rjuc nous fit le 
grand Propylon et surtout le portif[ue du grand Temple. On 
peut bien le mesurer, mais eu donner une idée , c'est impossi- 
ble. C'est la ip-dce et la majestéc réunies au plus haut degré. 
Nous y restâmes deux heures en extase, courant les grandes 
salles avec notre pauvre falot, et cberchant à lire les inscrip- 
Itons extérieures au clair de la lune. On ne rentra au maasch 
qu'à trois heures du matin pour retourner aux temples à 7 heu- 
rt». Cest lu que nous passâmes toute la journée du 17. Ce qui 
^tait magnifique à la clarté de la lune, l'était encore pluslurs- 
qiie les rayons du soleil nous firent distinguer lous les détails. 
Je vis dès-lors que j'avais sous les yeux un chef-d'œuvre d'ar- 
chitecture, couvert de sculptures de détail du plus mauvais 
style. ?('cn déplaise à personne, les bas-reliefs de Dendéra sont 
détestables, et cela ne pouvait être autrement : ils sont d'ua 
temps de décadi nce. La sculpture s'était déjà corrompue , tan- 
dis que l'architecture , moins sujette â varier puisqu'elle est un 
tut chiffré, s'était soutenue digne des dieux de l'Egypte et de 
l'admiration de toos les siècles. Voici les époques de la décora- 
tion : U partie la plus ancienne est la muraille extérieure, 1 
l'extréroité du Temple, où sont figurés , de proportions colos- 
sales, C/lAyxfftr et son fils Ptolcmce-Ca:iar.l.es bas reliefs supé- 
rietiis sont du temps de l'empereur Auguste , ainsi que les mn- 
raillcs citérîeures latérales du Naos , i l'exception de quelques 
petites portions qui sont de l'époque de Néron. Le Pronaos est 
tout entier couvert de légendes impériales de Tibère , de C/iitit, 
de Claiule et de Néron; mais dans tout l'intérieur du Naos, 
ainsi que dans les chambres et les édifices construits sur la ter- 
rasse du Temple, il n'existe pas un seul cartouche sculpté: tous 
sont vides et rien n'a été effacé; mais toutes les sculptures 
de ces appartemens, comme celles de tout rintérieur du Tem- 
ple, sont du plus mauvais style, cl ne peuvent remonter plus 
haut que les temps de Trajan ou A'Antonin. Elles ressemblent 
2 celles du propylon du sud-ouest (du sud-est?) qui est de ce 
dernier empereur, cl qui, étant dédié à Isit, conduisait «1 



3to Mélaaget. If" ao4 

temple de cette déesse, placé dsrrière le grand temple, qui est 
bien le temple de HiAàr (Vénus), comme le moatrent les nilla. 
et une dédicaces doDt il est couvert , et non pas le temple d'I- 
ris, comme l'a cru la Commission d'Égyptv. Le grand propylon 
est couvert des images des empereurs Domitiat et T^t^fOM, Qnant 
au Tjphonmm, il a été décoré sous Trqjan, Àdrùn et Anto- 
nia le pieux. 

Le )S au matin, je quittai le maasch, et courus visiter le* 
ruines de Coptos { Krfih ); il n'y existe rien d'entier. Les tem- 
ples ont été démolis par les Chréliens qui employèrent les ma- 
tériaux à bAiir uDc grande église dans les ruines de laquelle or 
trouve des portions nombreuses de bas- reliefs égyptiens. J^ ai . 
reconnu les légendes royales de Nectanèbe, d'^agutte t de 
Claude et de Trajan , et plus loin , quelljues pierres d'un petit 
édifice bâti sous les Ptolémées. Ainsi la ville de Coptos renfer- 
mait peu de monuraeos de la haute antiquité, si l'on s'en rap- 
porteùce qui existe maintenant à la surface du sol. 

Les mines de Qoat ( ApolUnopolis Parva ), où j'arrivai le 
lendemain matin ig, présentent bien plus d'intérêt quoiqu'il 
n'existe de ses anciens édifices que le haut d'un propylon à 
moitié enfoui. Ce propylon est dédié au dieu Arvërit dont les 
images, sculptées sur toutes ses faces, sout adorées du c4té 
qui regarde le Nil, c'est-à-dire sur la face principale, la plus 
ancienneinen t sculptée par la reine Cléopâtre Coeee, qui y prend 
le surnom de P/ûloméiore, et par son fils Ptolémée&oter IJ*, qui 
se décore aussi du titre de Pkilomélor. Mais la face supérieure 
du propylon, celle qui regarde le temple, couverte de sculptures 
et terminée avec beaucoup de soin > porte partout les légendei 
royales de Ptolémée AUxandre /en toutes lettres \ il prend anssi 
le surnom de Philoméior. Quant à l'inscription grecque , la res- 
titution d(r£nTUPE£,au commencement de la seconde ligne, pro- 
posée par H. Letroanc , est indubitable. Car ou y lit encore 
très-distinctement... THPE2 , et cela sur la face principale où 
sont les images et les dédicaces de Cléopâtre Cocce et de son 
fils Ptolémée Philamétor Sotrr II". 

Mais H. Letronoe a mal à propos restitué HAUU U où il Tant 
réellement ApaHPEt, transcription exacte du nom ^ptiea da 
dieu auquel est dédié le propylon , car on lit trés-distincl«iBeat 



jbïGoogIc 



Mèiaugat. 3ll 

«More dam riiweriptk» grecqus AFnHmeEni (i). J'ai tvowé 
aussi danc le* ruines lie Qous une laoitié d* tlèle datée du i*' 
Jg pmoHt (te l'an XVI de Pharaon Ramtit^Melamawi , *( réla- 
rlïve à son retour d'i in e expédition militaire; j'anrai une bonae 
«iBpreinte de ix Rtoiiuinent trop lourd pour penser à l'em- 
jMirter. 

C'est dans la matinée du ao novembre que le vent , lassé da 
nous cooirarier dcpnit deux jours et de nous fermer Feotrée du 
suictuDirc, me permît d'aborder enfin à Thèfaes I Ce nom dtail 
déjà bien grand dans tua pensiv , il eal devenu coIusmI depuK 
que j'ai parcouru les mines de ta vieille capitale, l'alnéo de 
tontes les villes du momie; pendant quatre jours euiiars j'ai 
' «oum de merveille en merveille. Le premier jour , je visitai le 
palais de Xourma, les colosses du MtmMonmm , et te pratendu 
tombeau d'Osimandyas , qui ne porte d'autres landes que 
•ellea de Shmmtèt le Gtmiui et^e deux de se* descendass; la 
■om de ce palais est écrit sur toutes ses murailles ; les Ég^»- 
dcns l'appelaient le Rhamtiiéioii , comme ils nommaient Amé- 
miBfkian le MemHoaùim , et MmtbmJfoH le palab de Konma. 
Le prétendu colosse d'Osimandyas est un admirable colosse de 
JUlamtitltGnitd(i). 

Le second jour fut tout entier pané k Médimt-habmt, élon- 
aanle réunion d'édifices uù je trouvai des propylées A'Ântonm, 

(■) U. LcU^nas ■ d^ii diid'aâ eM vsoiie saa crreiir. Voir loacxjilica- 
tlon i/a laicriptioiu dn tccndl de H. de Vidna. Ou y ironve, quant in 
•om de la diviDilé (da lemple d'Apollonopolii Farra), ijae M. Hamtllon 
raTiitln APflBPEl: maû romme It daiin figuré dani la DeacrEption de 
rÉgvple porte diilinetfmenl RAIDI, il avait dà pr^Unr celte leçon tn 
bonne crlIiqDe: ne poavantnppoMr qu'on est flgnn minBlîeatenie&l no* 
Ùacrlplloe, pour j Imércrnn mil qal n'ekiile paa. C'eit ca qai (tl aTHva , ' 
•t liai tiMaat qn'oo doit prtfirer le lexM de H. Hamillon , l'orI|ta*l 
perlHl «ma mm\ doDM la taoon APQHPEI. H. Gaif eUal , qnt e'eet beaa- 
sonp oeeapà da ■; llulogie meicana, aiail dapuia loag-lenipa téMoigni 
aea doBln tar U ItfOB HAHU ; d'iprèi le nom d'ApoiloDopolU qna por> 
Ub U TÏUa , U ne Utanriit pat k croire qn'il ej tùt APflHFEI : le bit ■ 
JMlific M eonjïctare. • (TTole de l'É.) 

(s) Ces obierratlons melICDl bonde dôme l'oi^nion Hmlrnne par U. 
Iclroune II y ■ quelque* année* , el qnc ce aavinl a reprodaîl* rtnea- 
■tKdaaaDBématnapacial.an ilcuUEl qaeealaiMÎeiiMîtotMpcel 
«m I«M«weBl d'0il*nidfaa désrii par DiodeN dt ndh.CHoM 4*nt) 



Otzsci:,CiOOt;|c 



3 11 Mélanges. M** 3o4 

i'BàJriea et des Ao^mt^af, un édifice de NedOMèbe, un auKe 
de l'éthio|Hen Tharaca, un petit palais de Tlioutiuosii III 
( Mans ] , enËn l'énorme et gigante»|ue palais de Rhamtèt- 
Meûiinouii , couvert de bas-relie& hisioritjues. 

Le troisième jour, j'allai visiter les vieux rois tb'- bains dans 
leurs tombes, ou pluiât dans leurs palais creusés au cisi-audans 
la montagne de BUtan-^l-MoIoiti ; là , du matin au M>ir , i la 
lueur des flambeaux, je me lassai il parcourir des euGladesd'ap- 
partcmens couverts de sculptures et de peintures , pour la plu- 
part d'une étounantc fraîcheur; c'est là que j'ai recueilli, en 
courant, des faits d'un haut intérêt pour l'histoire ; j'y ai vu ua 
tombeau de roi martelé d'un bout à l'outre, excepté dans les 
parties où setrouraient sculptées les images de la reine sa mèra 
et celles de sa femme qu'on a religieusement respectées , aînsr 
que leurs l^endes. Cest, sans aucun doute, le tombeau d'un 
roi condamné par jugement après sa mort. J'en ai vu un se- 
cond, celui d'un roi thébain rtes pUiS aitcieitneâ époques, en- 
vahi postérieurement par un roi de la XIX' dynastie, qui a fait 
couvrir de stuc tous les vieux, cartouches pour y mettre le sien, 
et s'emparer ainsi des bas-relie& et des inscriptions tracées 
pour son prédécesseur. Il faut cependant dire que l'usurpateac 
fil creuser une seconde salle funéraire pour y mettre son sar- 
cophage , afin ' de ne point déplacer celui de son ancien, A 
l'exception de ce tombeau là, tous les autres apparticnneiit 
it des rois des XVni* et XIX* ou XX" dynasties : mats on 
n'y voit ni le tombeau de Sésostris, ni celui de Hccrïs. Je ne 
parle point ici d'une foule de petits temples et édifices épars au 
milieu de ces grandes clinscs; je mentionnerai seulement un 
petit temple de la' déesse Hatliôr ( Vénus ) , dédié par Ptolémée 
Kpiphanc, et un temple de Thôth près de MétUnet-halrou , 
dédié par Ptolémée Évergèto II* et ses deux fenuaes; dans 
les bas-relirfs de ce temple, ce Ptolémée fait des offrandes 
& tous ses nnc^res mJles et femelles , ïpiphanc et Cléo- 
pâtrc,' Philopator et Arsino»', Évergèto et Bérénice, Pbila- 
delpbe et Arsinoê. Tous ces Lagides sont représentés eu pied, 
avec leurs surnoms grecs traduits en égyptien , eu dehors de 
leurs cartouches. Du reste, ce temple est d'un fort mauvais 
goût à cause de l'époque. 

Le quatrième jour, ( hier a3 ), je quittai la rive gauche du 



jbïGoogIc 



Mélanges. 3i3 

Nîl poar visiter la partie orienuk de Tbèbes. Je vis d'abord 
Lomytor, pallia immense , précédé de deux obélisques de prùs 
de So pieds, d'un seul bloc de granit rose, d'un travail' exijuis, 
■ccooipagnés de quatre colosses de même matière, et de 3o pieds 
dehauienreiiviroo, carils sont enronis jusqu'à la poitrine. C'est ' 
encore là du Bhamsès le Grand. Les autres parties du pa- 
lais sent des rois Mandonei, Honis et Aménophis-Memnon ; 
plus, des réparations et additions de Sabacoa l'éthiopien et 
de quelques Ptolémées, avec nn sancinaire tout en granit, 
â'Aëexaadrt, fils du conquérant. J'allai enfin an palais ou 
plutôt à la ville de monumcns, à Karnae. Là m'appaïut toute 
la magnificence pharaoniqne , tout ce que les hommes ont 
imaginé et exécuté de plus grand. Tout ce qoe j'avais vn 
à Thèbes , tout ce que j'avais admiré avec enthousiasme sur 
la rive gauche, me parut misérable en comparaison des con- 
ceptions gigantesqaes dont j'étais entouré. Je noe gai-deraî 
biea de vouloir rien décrire; car, o» mes expressions ne 
Taodraient qoe la milliùme partie de ce qu'on doit dire en 
parlant de tels objets, ou bien si j'en traçais nne faible es- 
quisse, même fort décolorée, on me prendrait pour un en- 
thoonaue, peut-être même pour un Ton. Il' suffira d'ajouter 
qo'aucun peuple ancien ni moderne n'a conçu l'art de l'ar- 
cbi lecture sur une échelle aussi sublime, aussi large, aussi 
grandiose que le firent les vieux Égyptiens; ils concevaient 
en hommes de loo pieds de haut, et l'imagination qui, en Eu- 
n^, s'élance bien au-dessus de nos portiques, s'arrête et 
toiiâw impuissante aux pieds des ifo colonnes de la salle hy- 
postyle de Kamac. 

Dans ce palais merveilleux , j'ai contemplé les portrait* de la 
plupart des vieux Miaràom connus par leurs grandes actions, 
et ce sont des /)orfr<ir!(ï véritables; représentés cent fois dans les 
bas-reliefs des mars intérieurs cl extérieurs , chacun conserve 
ODC physionomie propre et qui n'a aucun rapport avec Celle de 
ses prédécesseon ou successeurs ; là , dans des tableaux colos- 
sals, d'ime sculpture véritablement grande et loDic héroïque, 
plos parfaite qu'on ne peut le croire en Europe , on voit MaH- 
</omM' combattant les peuples ennemis de l'Egypte, et rentrant 
en triomphateur dans sa patrie; plus loin , les campagnes de 
RbaiDsés Sésosiris; ailleurs Sé»onekit traînant aux pieds de Ir 



I., Google 



3i4 ÈiéUngêt. N" ao4 

Trinité Ihâwine, AitttBoii, Mouih et KJioai , les chefe da |dn> de 
tr«DtenAtioiiaviiiicues, parmi Inquelles j'ai retrouvé , coaune 
cela devait être, et en touti» lettres, loudahamaUk, hrt^fmu- 
me des Juift ou de JudA. Ce^t U un commentaire à joindre au 
diapitie XIV du i" livre des Aois, qui raconte en effet \mr— 
rivéede^AoAcAûi JéruMlemetMs succès : ainsi l'idenlilé que 
nous avons établie entre le Sckéschonk égyptien > le Sé$omcÂis 
de M&néthwi et le Sétae ou SchéidtAk de la Bible, est conGimée 
de la manière la plus satisfaisante. J'ai trouvé autour des pa- 
lais de Kamoc une foule d'édifices de touiek les époques, et lors- 
que , au retour de la seconde cataracte vers laquelle je fais vcmIa 
demain, je viendrai m'établir pour 5 ou fi mois à Tbèbea, je 
m'alteuds à nue récolte immense do faits historiques, pniaqtsc y 
an courant Thèbes comme je l'ai fait pendant 4 jours, au» 
voir même un seul des milliers d'hypogées qui criblent la mon- 
tagne Libyque , j'ai déjà recueilli dea docuBiens fort importaus. 

Je joins ici la traduclion de la partie cbronologiqHe d'unaa 
stUe que j'ai vue ît Alexandrie : elle est très-bnpartanle pour 
la cbronoiogie des derniers Saïtea de la XXVI' dynasSc J'ai 
de plus des copies d'inscriptions hiéroglyphiques gravées nur 
des rochers, sur la route de Coutîr , qui donnent la àartm ex- 
presse du règne des roù de la dynastie persane. 

J'omets une foule d'autres résultats curieux; je devraia pas- 
ser tout mon temps k écrire , s'il fallait délaitler tontes mes «rf»- 
terraiions nouvelles. J'écris ce que je puis dans les momens où 
les ruines égyptiennes me permettent de respirer au milieu de 
tout ces travaux, et de ces jouissances réellement trop vîvca si 
elles devaient se renouveler souvent ailleurs oorome a Tbèbes. 

Ma santé est excellente ; le climat me iwnvient et je un porte 
bien mieux qu'à Paris. Les gens du pays nous accaUeut de pO~ 
Ijtesses : j'ai dans ce moment-ci dans ma petite chambre i ' un 
Aga turc commandant en chef de Kouma, dans le palais de 
Handoueï ; a° le Scbrik-el-Bélad de Hédinet-Hahon , donnamt 
ses ordres au Ilanwsséiinn et au palais de Ramsès-Héiamoai ; 
enfin un Scbeik de Karnac devant lequel tout se prostenM 
dans les colonnades du vieux palais des rois d'É^^ypte. ie leur 
fais parler de temps en temps des pipes et du cafi, et mon 
drogmanest chargé de les amua«r peDdant qnej'écrit; jen'ai 
que la peÎDe de répondre par ûalarvaUea r«(^és Ti^Aài, ( oda 



Milanget. 3i5 

¥■ bien ^ i la queitioa Ente-lliaïeb ( ceU Tt-t-U bien ) î que . 
m'sdreaent régulièmneot toutes les dix minaiu ces braves 
gens que j'invite iidiner à tour de râle. On nous comble de pr«- 
•euB-, uous avons un troupeau de moutont et une cinquBnUine 
de poules qui, dans ce mament-ci, paissent et fouillent autour 
du portique du palais de Kouma. Nous donnons en retour de 
la pondre et autr» bagatelles. Je voudrais bien que le docteur 
Pariset vînt me joindre, nous pourrions causer Europe, dont 
je n'ai aucune nouvelle, pis même d'Alexandrie. J'écrirai de 
Syène, avant de franchir la première cataracte, si cependant 
j'ai une occasion pour faire descendre mes lettres. J'envoie 
celle-eî i Otjrouth où j'ai établi un agent Copte pour notre cor- 
napondance. J'ai recueilli il Béni-Hassan beaucoup de fossile* 
pour H. de Fcrussac} j'en ai trouvé aussi de trè&-beaux k Th^ 
bes. J'espère aussi que notre vénérable ami H. Dacier trouvera 
quelques distractions k ses souffrances dans le peu que j'ai pu 
dire des magnificences de cette Thèbes qui excitait tant son en- 
tbousiasme k cause de l'htmneur qui en revient k l'esprit hu- 
■lain : je lui en dirai encore davantage. Il ne manque i oies 
satii&ctiona que celte de recevoir des lettres de France... AdieM. 

ao5. Noncs sua L* aiBLiOTHàqna nx la villk db Lton. {Àr- 

ehkei hùtoriquet, stalUliques et Uaéraint du dfparUmetU du 

JtM/te,- n^ 36 ; octobre i8a8). 

La bibliothèque publique de Lyon est une des plus belles de 
l'Europe. L'emplacement en fut acheté par la ville vers iSa? , 
ions le r^ne de Françtûs i". La tradition veut que ce ne fut 
que vers la fin du règne de Louis XIU, et sur les dessins du 
jéaoîte frère Martel Ange, né À L^on, que l'on construisît le 
siqierbe vaisseau de la bibliothèque. Vers i5;7, François Gé- 
rard , grand prvvdt de l'église de Bourg , lui avait légué sa belle 
librairie , Henri III lui avait envoyé des livres de controverse 
et de théologie, et Henri IV et Louis XIII l'enrichirent de bous 
livres et principalement de belles éditions. 

Cet établissement a eu ses vicissitudes comme tout ce qui de 
•a nature est bon et utile. Dévoré en partie, en 1644 1 pai* 
riocendie qui détruisit les bàtiroens contigus du c<dlége, elle 
iiil presqn'ausaitAt restaurée par les soins du consulat de Lyon, 
jlie par la Ub^alité de tnus babitoss de la ville , qui lui 



,.,Goi")^lc 



3i6 Mélanges. 

léguèrent leurs biblioth^ues particntières et un revenu annuel. 
Ce Tut à Louis XIT qu'elle dut quelquei-uns de ses beaux tré- 
sors littéraires. Tant que les jésuites, possesseurs du collège, 
entent la bibliothèque en leur pouvoir, elle ne fut point pu- 
blique, mais les amis des sciences, des lettres et des arts en 
avaient facilemeut l'entrée. 

Desmains des jésuites, expulsés de FVance, cet établissement 
passa, en 176a, dans celles des oratoriens, et fut, il la rn^me 
époque i. peu près, augnenté considérablement par la réunion 
de U b&Uothèqiie des aivcati, et devint, dès ce moment, pu~ 
blît|ue. Par suite de celte réunion il se trouva un grand nombre 
de livres doubles, avec lesquels on réalisa un fond de 16,000 fr., 
qui fut employé en acquisition de livres. La bibliothèque de 
Lyon comptait 44|Ooo volumes , lorsque la révolution française 
éclau. 

Ensevelie sous les décombres des bâtîmens du collée, au 
siège de Lyon de 1 79$ , dépouillée peu apràs de ses livres , de 
ses manusciits les pins précieux , dont quelqucs-nns passèrent 
à la bibliothèque nationale à Paris, et le plus grand nombre 
chez les Anglais; livrée i la suite de ces enitvemens i la discré- 
tion de soldats volontaires casernes dans les bdtimens du col- 
lège, qui employaient, pour faire cuire leurs aliment, les 
livres qu'ils prenaient au bâtard; décimée par un juge de paix, 
qui , sous prétexte d'anéantir les ouvrages de dévotion, nouvel 
Omar, se faisait amener, chnqne décade, plusieurs charretées 
de livres pour alimeutcr son po^e et reiix du coraitc de la 
section ; privée enlia , pour comble d'infortune , par la hschc 
révolutionnaire , des soins de denx hommes lélés qui veillaient 
avec un zèle religieux il la conservation de précieux débris, c'en 
était fait de la bibliothèque de la ville de Lyon sans rétablis- 
sement de l'école centrale qui fut installée en 1794' Sous Pin- 
fluence de cette institution, qui laisse encore des regrets au- 
jourd'hui aux véritables nmis des sciences, la bibliothèque de 
Lyon se reconstitua , et elle se trouvait fort enrichie des res- 
sources [misées dans les bibliothèques et dans les dépôts scien- 
tifiques des maisons religieuses supprimées , lorsqu'aprés la des- 
truction de l'École centrale , Delandine en devint le conserra- 
leiir. Il garda ce poste 17 ans. A sa mort, ce savant avait déjà 
publié sept voltunes d'un catalogue enrichi du fraît de ses 



Mèlanget. 3 17 

longues recherches en biographie et en bibtit^raphie. Les 3 
premiers volumes contiennent les manuscrits , le 4* et le 5* les 
belles-lettres , le 6' le théâtre, le 7" l'histoire, qui derait com- 
prendre plusieurs tomes et dont le 8" a cté publié par son fils , 
son successeur temporaire, et il n'^ a pas de doute que cet 
iiDpoTtant catalogue serait aujourd'hui terminé , si des disposî' 
tions nouvelles, conçues dans des vues d'économie locale, n'é- 
taient venues en suspendre la rédaction , pour y substituer un 
catalogue rédigé sur le plan de celui que dressent les libraires 
pour leur usage particulier, c'est-à-dire un répertoire par ordre 
alphabétique de tous les livres de la bibliothèque, précédé du 
nom de l'auteur de chaque ouvrage, lorsque cet auteur est 
connu. Siins doute lorsque ce laconique catalogue sera achevé, 
ce sera déjik quelque chose , puisqu'on connaîtra le nombre des 
livres; mais avec celui de H. Delandîne, on aurait en outre pu 
se faire une idée de leur mérite înlrius^ne. Espérons que des 
temps plus prospères pour les finances municipales de Lyon 
feront reprendre et achever ee précieux monument littéraire. 

BOTTIN. 

fto6. VsKHisGBTE aisToaiscKB ScRatrrzir. — Mélanges d'his- 
toire, par IcD'Emst MiincH, prof, d'hist. eeclésiast. à Liè- 
ge, a Toi. in~S" de 374 et 33a pag. Ludwigsborg, tSaS ; Nast. 
La |dupart de ces mélanges sont des morceaux biograiAi- 
qnes tirés de l'histoire ancienne et moderne. Le premier mor- 
ceau, qui est aussi le plus étendu, et dont tous les détails pa- 
raissent être tirés de bonne soui-ce , est la vie du roi Enzius, 
fils naturel de Frédéric II , empereur d'Allemagne , que les Bo- 
lonais firent mourir en prison. M. Munch cite partout les as- 
sertions des chroniques, et ajoute des pièces justificatives. L'au- 
teur affirme avec raison que c'estia première fois que la vie de 
de ce dernier rejeton de la famille suaboise de». Hoheastaufen 
est donnée avec tous les dévclopppemeiu. M. Munch a pris 
tnoias de peine pourlesecond morceau, intitulé : Don Pedro le 
•Sévère et Inez de Castro, pour lequel n'ont guère été consultés 
que des ouvrages modernes : la Lusiade du Camoens est citée 
en notes parmi les sources. Vient ensuite une traduction des 
confessions ou de l'autobiographie de Pétrarque. Au poète ita- 
lien succèdent, dans cette galerie historique, Trapéa Pntus, 
peint d'après les hbtoriens romains, puis Hippatie d'Alexan- 



I., Google 



3i8 Tailê dei articles. 

drie, qui appartûiit à l'école néoplaionicienne. On t sur cette 
femiiM cél^re 4 disaerUtions laiines de Wcnudorf. LliistiHn 
du roi de Norvège HakoB^Tart, qui régna au lo'ùècl*, la- 
mine le premier volume; c'est d'après les htitorieni îrUndtii 
que fauteur a retracé le règne de ce prince. 

Dans le a* volume on trouve d'abord une notice des person- 
nages qui se signalèrent au commencement de U réforme nii- 
gieuse en Allemagne, Lienhard Kaiser et une femme Weltdcl- 
muth de Muncbendamm; tous deux furent brùléi vifs 1 cause 
do leur attachement aii protestantiune, et moururent ta héros. 
M. Munrh a raconté la vie d'une femme Fulvie 01yni|Hc Mo- 
rata, italienne savante du 16' siècle, qui épousa un médecin al- 
lemand , et mourut à Heidelberg, On a publié ses muncs en 
latin. M. Muncb a traduit quelques passages des discours qu'elle 
prononça en chaire , en expliquant les œuvres de Cicéron. L'au- 
teur fait connaître aussi quelques lettres d'Olympie, qui annon- 
cent un esprit très-élevé. Après la vie de cette italienne savante, 
viennent celles du cardinal Marone , qui présida au concile de 
Trente, et d'Etienne Porcaro, autre Rienii, qui conspira coatte 
le gouvernement papal de Rome , et dont la conjuration est le 
sujet d'une notice d'Alberti, dans le Tom. XXV du Recueil his- 
torique de Huratori. A la suite de ces morceaux biographiques 
l'anteur a fkft réimprimer sa dissertation sur U fausse donatkn 
de Constantin. D — c. 



TABLE 

DES ARTICLES CONTENUS DANS CE CABIEB. 



Xontalla BâikBda pào( éiadlu 1* Unaiw «nrWaïf rt vivattMi 

F.b«i;k 

DtiKTlRilon lorfètymologic; Chimpollton- figue 

Otigia* ortoairfa d'aM MHiuullim dn pnpla •■ E^«f» 

Lllléniare h^ntqn*. 

Chrrtionulble Hindcluin ; J. Kliprotb 

Cholli!* Ktbln rndaltei en iiirc;L. T. Lddlier. 

Pattoa «Mbakitli poii^u inoqw; P. T. VcMaMM 

flauHit ^ûUtjfof (f JwtM rtM/uuit, etc. 0. SuUbiaaki • 



T^AU dê$ artioUt. iig 

fniumma Grmcût dtttriftio', C. O.Biabch'* 186 

JMIawcf LtMi fmfpntnm !^. D. Slnn. • It. 

Diettii Cmtii! CseoniMi Uttariariim renumanim fwv n^iraMt F. 

G. Sun.. 187 

OunuuuiiitHleiaiJgTM nodsToe; Fniriil «I Unlltr 1S> 

ai. T. aaivait •p»rm,tlt.-,3. G. OretI ITO 

De umdmntia taeimJa ormliomii Caliliiiariir ; M. O. L. CtviHni .... M. 

J. CttiMiU contmtmlmfii, etc. ; AdI. Moaba 171 

D. JmrUMb't imiiimi ntmiuit etc. E. G. Weber ITJ 

Kommtala G<rmiuiia Ahloriai ; O. H. PcrU ti. 

Jurretira Uni Othià! SalKiaii. 175 

RaymmmJi CuiiiekU tpigrmmiiulai V. Clflcdlleri 176 

MdJa Tàjrikiniea ttu aMiqui»r rnlgo tamnatliiMt dicla H. 

Mimngtlii Mewtrfiua liaiihmim -vwtiafiaiitiea; S. A. SchmeUef. . . 177 

LHBgM rBika;G. CUy 17a 

Vabla* poloouHt d* KruicLi I J. B. H. de Vienne. IMI 

Acte d'un conta C^nd de Wurtemberg , KB 

GranMiM elkunda; C F. Beder. /*. 

.DiMft»tioacTiiiqa«Bl»polng<liqite»Brli lengoe Iwiqne 191 

Dictionnaire buqne-Hpafnal.fniaqaiij F, UclnM. 191 

CiHin ihéoiiqne et piaHqoa ila Grammilre fiancaliei C. A DelTart. Ib. 
MrltaiPsi't- 

Auribali des dlTÏBlrJ* de 1* Fable; J. B. Payau 188 

Pfùfm velernin Bortnlian nt/lkologia Itxieon; Fïno MagaaieD., . . U. 

Sarl»Dmideii)e*CeIle(,«Ic.;C. C. Bartb U. 

ÀrclutolagU, JVufnùnuuifH*. 

CoMomee dai Aiwleai ; Tbom. Mope. IM 

mùetOamta phccnltia / H. A. Uamaket /*. 

DeecriplioD Jei motiaineni miuulniaoa du des de Uacai ; Reinand. Ib. 

Dea uilIqBiiâ de l'Élurie; Donnr ao3 

Tacs de* rolnei de PompcL 310 

Daaiùome ddla rilla Adriana 311 

HoDDDena décoDTBrt» dam U commoiie de Danaa(Toagaa) 313 

Etailanrlea nubcrcheade monDmeDiaiitiqaaa, etc. , daaa la dàt»'!' 

da TAin; UojHa-Miilla SI* 

Aniiqdii^t da Bavai (lHati.) /». 

Aaliqailéa lie Fréjai , It, 

KedieTchei biiloriqnu rar l'origine et U dénoninaliOD i*» lieux 

pobllca, etc.; d'AiiTan. 3IS 

Àttoant ofiriih anli^uan'aa reitarckei ; W . Bstham 318 

La catliédrala J'Upaal al aea CDiioiitéi ; F. Temer et J. H. ScbWider, 318 
Eslnit da l'inTcntaiie et da prooèt-Tcrbai de Tenta dn nobllier da 

cardinal Maiarin ; Coquebert de Monibret . là. 

lutcnptàtiiti untiqua a comitt Car. Fidua collecta, — Analjae ecl- 
liqtie dn Récneil d'inacript. du comte da Vidoa; LelroDae., ... th. 

itmliehilà deeronioat 33 1 

Holtce anr qnclquee plècei de montiaiei iroDvéaa dana dea waui/ida 

ditirict B^ridioDal de tlade; A. CarlUle. /(. 

OeacripiloB dci ncdaillea antiqnea dn caliinet de H. Alliée de Han- 

terocbe; Damenan. 333 

Calalufoe dca coîni dn Cibinet da la suiaule royale d«i Médaillée. . 334 

lettre de H, EUia anr le aeeen de GmIImI 336 

Mneée da peltilttre at de icnlptnre ; Béveïl et DorbeMC ajnj. ..... 338 



L>otzsci:,GoO^IC 



3ao Toile du articles. 

. aïMlrt. 

iUtatateomphtt de chionologia j U. &.E. Wagner •... 137 

biblioihèqas porUtifa da l'hiitoin u^nmàta; F. Pbiljppi M 6. 

KleaiBi H. 

UUioin di!*éi*U dtr*aliqiiiis;D. H. l.]lMren 131 

j4 hiilorr o/ Uakrattai 1 J. Gmt DoB. 131 

UiitoiredsU UgùlatîoD; Pulonl, ItO 

Hitioire deaCirtluginuia;G. Baltigar. IM 

Mcnoin lar In ile> « I> ^biw coancrM k AdtilU; U. de CeUcr. Ul 

Hiitainile l'inpire de Trcbiioodc; FalUncrayer. H0 

EhiI lur rbùloire gcnsrale dp chrùlisniaiM t Ch. CoqowcL HJ 

ObKrval. ■nranapnliqnoDpaniltiaawatuibMe au Draaw , aie. i 

SilTCilrc da Sac; Hl 

UaaieKteomia iiidnlgtnliiu exe. tUttriptîlt A. F. V. da Wagam. . Itt 

Su le* Coaaqota oa Kaaiki; Évera . . -. VI 

Sar l'origine de U grande ptinoeate Olf;! It* 

Dca fainiilea rnaiei qoi foni partie da lanablcBar ancdoîae. 371 

EiuisarlMeaaKtderabdiciilIon dr la raine CIitlalIn«(C. XI^JaMa. 1T9 

De Siediagii Conmentatio; C. A. Seliariiiig • A. 

Hiitoira ileHeue; C. Kooimel Jt- 

HÎMoira conililatioDnellad'Angletarre; H. Hallain lît 

DoDtcaliialoni|Dei>Drresbiunali(jndaBiadifaaw,d'IntunetCruiDWal. li. 
Mémairei poar ieriir àf It'iUoirE de la légûlilioii et dea eonlBMW 

daPonugal; A. C. do Anural ITJ 

CroHÎea général dtl piincipado ■/« CalabiSa , ITT 

noiiee cbntaalo|iqae vai lea mieara, oonloinci al uaagra ascteu 

dam la Boargogna; AmanloD t^- 

Ali aa poli Itqoe delayraoce; Wei» de la RicherU. l't 

lUnitratiani cftkt liatrrny hinotyefOie tigkteitA etntarj-; J, NI- 

cbob IM 

IlMiaire iDcciocla et biograpbiqne du 19* iIMe U- 

Oiierracianei sotit lui leget de ladimi, elc.} L. Lopei Meodra.. ■ . I^- 

M/lBBgtl. 

Tbéaei aor l*hlalolra, U plilloloete et raTcbxologte, aoalenaea k 

rUnÎTenil* d'Upaal Mî 

IMiîltaBr lai éeolea lei plua aodeonM de Goctiïueaej J.'K.an(cn. 11' 

SodétJde* aalkpuimda Normandie 311 

MorldeJean-PiErraTbrigt,anl«itde llUloire de Cyrêoe, etc.. »<> 

Blograpbie du Pa7i-]ta> *' 

Mtooitci larlaile et lei écrite de'Fr. Ant. Rrandeo; S. BoafeDlara. Hl 

Enai iDi' )a lia et lea onmgei de CaDOTa;, J. Roilui 0- 

De primth et pablkii prteram OùmancraiB tiNiolkeeii; Poppe 39^ 

BiNioleca raleieiana; J. P. Potier. 193 

DictieHoriam edilrotmm atKlomm tiaiiitonim Graeorum et Kamaito- ■ 

rnn;W. Ilebenilrrit. »i 

Gilahgi .Stroran Hutauscriptonim qui t'a tibSothetii GaUitr, Bctre- 

liœ. Hiipanim, Bn'laaiilâ,ete.,eiitmuimr,- G. H«na! Jl> 

itditkni ilei aorttt de Pétrarque . • ■ Hî 

Tovagg de M. Chrapolltan jeune en itg^ple H- 

Notln mr la Bibllolli. de la lille de Ljon 3tJ 

Mêlangn d'hhl. parle D' E.-nal Honeb 3lT 

PARIS. — IMPRIMERIE DE FIRHIK DIDOTt 

avE lAGO», 11° a4. 



BULLETIN 

DES SCIENCES HISTORIQUES, 
ANTIQUITÉS, PHILOLOGIE. 



PHILOLOGIE, ETHNOGRAPHIE ET LINCmSTIQUE. 

aoS. COMlTlfroOBUraàDDCTIORD'oDVBACISBirUHDItUOKtKl- 

TALza, i Londres. [ Jsiaik journal j'yào iSaS, p. Sot.) 

Dans une «ssembtëe récente des perao&nes qui ont souicrit 
pour cette entreprise scientifique , le duc de Sax»-Coboarg 
préstiU. 

$ir Oore Ouseley , en sa qualité de président du coPMié dss 
Inductions onenlales, Gt lecture du praspeclus de i'établîue- 
menl , de la liste de ses protecteurs et souscripteurs , ainù que 
de celle de» UMinbrea qiii , dans l'origine , avaient composé le 
Comité de la Société; liste qui , depuis, s'était augmentée des 
noms des osientalistes anglais les plus distingués. 

Sic G. Ouscle; lut ensuite le rapport des travinx du Coaiité, 
depms J'époque de son insUtution jusqu'à présm, et la liste 
des traductions dont l> publication lui avait été propoaée. 

Voici. les oovnges qui ont été agréés, et qui se trourent, 
m partie, prêts «être mis sous presse , savoir : 

1° Le Curai; ouvrage sur les Éthiques; par TiravalluTen ; 
traduit par Sichard Citirke, — Cet ancien ouvrage, écrit du 
style le plus pur de la poé«e Tamoule , jouit d'une hante ré- 
putation duu tout le midi de l'Inde. 

a*^ Les AitnaUt d' EUas , métropolitain de Hisibi , traduites 
par le Rc«.' Josiah FonhalL — > Cette chronique sjriaque cob- 
tient la nomenclature chronologique des principales dynasties 
du inonde, des mémoires succincts sur les patriarches de ("É^ 
glise nestorienne , et des notices sur les événemens les plus re- 
marquables snrrenus en Orient, depuis la naissance du Christ 
jusqu'au commencetnent du ii" siècle. 

3* ^khlak^ Ntueri, de Nacei--£d-Din de Tous, dans la Bn- 
dorie ; traduit par le Rev.' H. G. Keene. — Cet ouvrage per- 
san, sur les Éthiques, composé d'après des roodètes grecs, est 
tcèi-«tlimé on Perse. 

G. Ton XL M 



:|-:=.i:,G0Oglc 



3a3 PhOolegU^ EAntgnphie. 

4' Une ropie cailationnée du roaDuscrit syriaque du Nouvcm 
T«stk(Eent, tant nestorien que jacobiie , tel qu'il ■ été iitmdât 
en Angleterre par le Rev.' professeur Lee. — Celte copie con- 
tiendra les dÎTeract leçoni de tout let manuwrib >jriaqaei di 
Nouveau Testament, qui existent dans le muséum briianoiqued 
)n lHbliothè<|ues d'Oiford, de Cambridge, etc. 

&" Les DidoMealia , ou CoDstitutioni apouoliquet de l't^îtc 
abyssinienne ; traduites par T. P. Flatl. — Cet ancien ou- 
vrage éthiopien , inconnu en Europe , contient l'exposé Je 
' nombre d'opinions d'un haut intéri}t. 

9," Le BemHan de Sadî; traduit par Jamea Ross. —Ce 
poème , très-estimé en Perae , se compose de eoates et de f^la 
allégoriques, dont lessujets sont puisés dans la liste decdercin 
noram de la vie sociale. 

7° Le Tarik-i Afghan; traduit par le D'Bersard Don.— €rt 
ouvrage est une histoire des Afghans , qui prétendent deseeadrc 
deiJiiils. 11 sera accompagné d'one notice sur lesIribasiF- 



V yoroge* ^XMa ^eHéi ; tradoib par M. le et 
Hammer. ~ Cet ouvrage conlienl ta rdatiMi , en langue tmqut, 
des voyages d'En.!* dans toutes les parties de l'empire tarai 
dans leTurkestan , etc. , faits dans le commencement du •j'sMit. 

9* Jitnatei de Natma ; traduites par le Rev.' D' Hendefsoa. 
— Cette histoire turque s'étend de i6s9 ft 1699 ; elle comprod 
)k relatioa de l'invasiOB de l'Allctnagoe par les Turcs, des lièga ^ 
de Bnde , de Tienne , etc. 

10° Sisloire det Btrben, par Ibn Khaledoan ; IradoclioB 
du Rev.* prof. Lee. — Cet ouvrage arabe , rare et précien» , 
contient une notice snr l'origine, les progrès et la décadence 
des dj^Mties qui gonvemèren t la cAtc leplentrionale de rAfriqoA 

ti" Le grand ouvrage d'Eoaici , sur la géographie; traduit 
pa^leRev.'G. C. Renoua rd. — Cet ouvrage arabe fut écrit l'm 
degrice ti63. Il avait pour objet de donner l'explicatioB d'une 
grande sphère d'ai^ent faite pour Roger, roi de Sicile. Ce gMe 
est divisé de manière à correspondre ans 7 diaat* décrits par 
Ptotétnée. 

13* Khitat Mairùi ; ou Histoire et Slatistiqne de Vtfjy»; 
-traduction d'Abraham Satamé. — Cet ouvrage arabe contiml 
la relation de la conquête de l'Egypte par les etffln, Aéltwl'w 



jbïGoogIc 



PiUMogie, RtJutogn^i» 8aS 

ée grtee 640 > m une notice sur Im dté* et las iMim , et nu- 
1m hiUtms tant aorieiu que modernes de ce pays. 

i3* Une partie du RtmrV tu Sufa , de Hirkond ; tradueiloa 
4e David Shea, éoiiy. — Cetts par^ de l'oovrage persan «st 
edie qui contient l'histoire de la Perte , depuis Kaimmirs jus- 
qu'à la mort d'AIeiandre- te- grand, 

tk''Meherva MeaeAieri; traduction du Doct. Berehard Oorg. 
— Ce poime , très-populaire en Perse , célibre Tamitié et les 
«veniores de Heher et de Mouchtori , fils do roi Chapour, et i» 
p-and-iisir. 

i5* Batim lai; traduction de Daneau ToAts, eo-direot««r 
■▼ce H. Araot de Vlnttùiitiom orientale. On vtrit dans ce ronaa 
persan la rriation des 7 aTcntnres pilleuses de Hatim , ebef 
ànbe. 

16* Ferluid va CAiriit ; traduction de James Hitchell. — - Ce 
■fttime persan contient l'histoire de Ferhad , statuaire célèbre , 
ctdeChîrlo.princesse de Perse. L'ouvrage comprend, en outre, 
plusieurs légendes curieuses sur Adam , Mahomet , etc. 

Il estditdaiis ce rapport, que le montant des souscriptions 
pour la publication drs manuscrits orientaux est de 1,099 'i*'- 
St. par su. 

L'assemblée vota des remercîmeus au doc de Clarence , 
ponr le iMe que ce prince avait manifesta dans Tintérél de ré- 
tablissement. L. 
S06. SloVjUi vaANTSOmKO-ABiBsaii. — Dictionnaire français- 
arabe; par H. Jacob Baaooazv. {Siévernala Ptekéla — 

Abàlle du Nord ; 33 sept. iSaS, n* iji;.) 

I^ publication de ce diclionnaire français-arabe de H. Jaeob 
MerggrtH , voyageur luédgis nouvellement arrivé Ik St -Pétcrs- 
Iwurg, satisfera Timpatience et l'attente du monde savant. i5 
feuilles de ce nouveau lesique sont déjà imprimées avec un luxe 
qui fait honneur aux typographes russes, et l'on peut afGrmer 
qu'aucun des dictionnaires du même genre, imprimés soit k 
Londres, soit i Paris, ne saurait entrer en comparaison avec 
celui Je H. BtrggrtR , sous le rapport typographique. Ce savant 
ot le premier étranger qui ait, ik dessein, entrepris le voyage de 
SL-Pétersboui^, pour y faire un primer un ouvrage, et surtout 
un onvrage k l'usage des langues asiatiques (i^. La feuille du 

(1) D'aptii Ih Jaaraaaa dn ffotd, M, Ser^m ■ dijl abndonaé 



394 PAUoiogie^ EtAnograp&ù. 

dictîoniuùre précité, impnmé sur ^uid papùr is-^uuto, tm 
petit* canctères , au nombre de mille exemplaire* , ne revient, 
le papier compris , qu'à Co roubles , tandis qu'à Paris on ne 
povTrail l'imprimer à moins de ifio' francs. Et de plus, l'impri* 
merie de l'Acadéœia impériale des sciences de St.-Pétersbouig 
•'est attachée plusieurs compositeurs asiatiques, ce qui ne pnt 
que contribuer Ji la beauté et i l'esactitude du texte oriental. 

Quant au mérite de l'ouvrage lui-même, H. Bcrggrcn a voulu 
queson livre lût à-la-fois UJX&^ùauam, un ;atij<p, et un mat- 
tar pour les voyageurs , et en général pour tous les Àrangen 
déjà «tablis , ou qui voudraient s'établir dans un pajn de l'O- 
rient , oik l'on fait usage de la langue arabe. Pour leur en iaci- 
liter l'intelligence , et leur éviter l'étude trop compliquée de 

' l'écriture arabe , M. Berggren a représenté la prononciation de 
chaque mot en regard du texte et en lettres latines. 11 a «nriehi 
saa dictionnaire d'une infinité d'observations planes d'intérêt 
sur la géographie de la Syrie , sur les moeurs , les coutumes , 
les cultes de» difTérentes tribus asiatiques , sur les productioni 
de cfaaque province; et à l'anicle Âutnfi par exemple, il parle 
de toutes les ruines, de toutes les antiquités qui se trouvent^ 
Syrie et daus le Haouran. Au mot ambe, il décrit toutîR les 
tribus Bédouines qui babileut la Syrie. En un mot , chaque pé- 
riode renferme, soit la deS(»iption dequeiqu'objet digne de i'in^ 
lérèt général , soit quelques proverbes ou quelques sentences 
arabes , dont la plupart mériteraient de passer dans les autres 

- langues. Le dictionnaire de M. Berggren contieut les mots des 
3 dialectes arabes , du syriaque , de l'^yptien et du barbares- 
que ; et outre ce m/rile lexitxtgrapbique , il peut servir comme 
d'une espèce d'encyclopédie pour les Européens qui voyagml, 
ou qui sont établis dans l'Orient. La lecture de cet ouvrage sera 
même utile et profitable pour ceux qui, n'ayant point l'intco- 
tion d'apprendre la langue arabe , voudraient acquérir des coo' 
naissances sur l'histoire , les antiquités , la statistique et l'his- 
toire naturelle de l'Orient. On trouve au commencement du 
diclionnairc une grammaire abréi^ée de la langue arabe moderne, 
ainsi qu'une carte géographique de la Syrie et de l'Égyple. 
M. Berggren esi retourné à Stockholm pour y faire imprimer 
■cUi cntrapriM, M il Mt dunUDx qoa U dicdonour* pinloa j*MÎi- 
Il«n* iftatOÊ» Ui a|oilfs d« aiéoan tHtUiBW d« J'sbimv. 



jbïGoogIc 



Pkihlogie, Ethnographie. 3x5 

sou voyage en Orient; mais, avant son dûpart, il a confié le soin 
de rallerii'Ia publication dason lexique, à sonamictcollégne , 
M. Senko&ky, professeur de l'iknirerailé impériale de St.-Péters- 
boui^. Le choix d'un orientaliste aussi éclairé ne peut ijue tour- ' 
ner an profit de l'ouvrage , M. St-nkofsky avant déjà donn; tant 
de preuves de son talent et de ses hautes connaissances dans 
les longues orientales. 

A pn^ms du mot barbe , voici ce que dit , dans son dic.tion- 
naive, H.^erggren , qui ne manque j.imais l'occnsion d'éclairer 
ses leeteors. 

■ ÏJ» barbiers arabes connaissent mieux qu'aucun des coëf^ 
feuTS européens l'art de teindre en noir les barbes grises, blan^ 
ches et rousses j ils prennent lao drachmes de sitmae/i qu'ils 
font bouillir dans 36o draefames d'eau naturelle , jusqu'à cequ'il 
ne reste plus que lesdenx tiers du liquide. Après avoir passé ce 
résidu, ils l'exposent au soleil dans une bouteillede verre, et y 
âjoatent, jusqu'à la masse de cinq drachmes, du vitriol vert , de 
la noii de Galle , de l'alnn et de jeunes bougeons de chatoi-' 
gniers. Tout cela une fois préparé , ils lavent In barbe qu^ 
veulent teindre , «t quand elle est bien sèche , ils la frottent avec 
«etteGaiDpositi<H],qui-doit rester pendant une heure, afin que 
les poils en absorbent bien la substance. On la fait|disparaitre 
avec de l'eau chaude , et dès lors la barbe devient noire et bril- 
,IaDte. •- A. J. 

ao7. CxaiiBs AUzsua* niQTun Aei Becbi Musammedis Ibr 
Houmi Jhh DoKiDOi AzDisMSis, cum scholiis int^ria nunc 
primum editis Abi Abdallah Ibn Heschami , collatis codici- 
bus Parbiensibus , Havniensibus nev non reccnsioue ibn 
Chaluvis ; editum , interpretatione latiiià , proicgomenis et 
notis inslroctum ; par L. N. Botszn. g't pag. , et 4 5 p. de texte 
arabe, Ia-4*. Copenhague, t8a8. 

ao8. MiMoiBEs d'histoibe it db LiTTÉBATutz obiskt&les, ex- 
traits des Mémoiret rie r/fuiAuf (Académie des inscriptions et 
belles-lettres ; Toro. VII et \1II} ; par H. le Baron Silvbstbz 
SB Sacy. I11-4* de 94a p. Paris, iSaS} Imprim. roy. 
Ces Mémoires se distinguent par cette érudition solide et 

vraie ' qui tfaraclèrisc les savans écrits de M. le baron de Sacf 



jbïGoogIc 



Sa9 PkOologûj EthasgreflUê. N* ooS 

et le hil oonudérer depuis long-tempi cuame la yneâu 
orienUlbto de l'Earape. Us lont au nombre de qiutrft. 

Lei"etle 3' toal^it nu- /« wtun «t /m rrvo&cmi/ <b ^nt 
dt proftriélé UrrikmMie en igypte, dtpmii la eonfuéta Jt tm puf* 
par Ut MuiMlmaiu jutqu'à te^Mition de* Fnuiçait. Ce« deos 
HéaKuree, înpriinés danilei T«W). VHet VIII de l'Ajcedémie de* 
inscriptions et belles- lettres, font suite à une autre ilim iletimi 
cgeleomt imprimée dus le Tom. I" des Mémoiret de tJntti- 
tMt, datte d'hûloirt at de UuéraùLre a/uùttnat p> i-iSS , qni • 
été aussi tirée i part, comme celles-cî, arec quelques aatm 
Mteoire* de l'auteur, sous le titte de USémeiret fhituin et die 
Huérature ariemutt, extndu det Métitaim da eimitiltttt 
Pari», i8iS. 

L'objet de ees trois Uémoires est de d^cooYrir par ^pial «d- 
«hatsement de eirconstancei une contre. sur laquelle le vai»- 
qoeur ne s'était réservé que des droits régaliens, se trouve a^ 
jourd'bvi , et se irauvait déjà, lorsqu'elle passa soas la ■''"tHi- 
ti<« ottomane, af^iartenir enpro^étéàseesouvomiksiet dt 
Eaira ooiuudtre comment le gouversement de l'Egypte esK de> 
ytwa, Miccesstrement propriétaire de toutes les terres, «t à 
quelles conditions il les a coneédées , à diCTéreates ^uques, mk 
particuliers, considérés lantAteODUoe simptea (Miniers, tanlAt 
flowme nsufruitiera , taniAt enfin eomnepropriétains, mais wm 
avec une pleine et entière propriété. 

Ou s vu, dans le i*' de ces Hémoires, quel a été l'état de 
la propriété territoriale eo Egypte depuis la conquête decepayt 
par Sélim I" jusqu'à l'époque de l'expédition française. Le sa- 
vant académicien y indique l'origine du système d'administt»- 
lion des terres que les Fran<;ais ont trouvé établi en Egypte ; il 
prouve que les souverains ottomans, en se regahlant connw 
propriétaires exelusifii des terres, ne Crent que succéder anx 
droits prétendus par les sultans circa&siens, et que les cbaiige- 
nens survenus d^niis cette époque ont pluUk diminué e« dtott 
du aouvMvia en partagaont cette propriété avae les tenancîeis, 
qu'ils M l'ont étendu ou fortifié. 

Aujourd'hui M. de Sacy emwiaa, dans les deux deraisis 
Uémoires, comment ces droits avaient pris naissance, et il fait 
voir qu'ils ne sont Dullemenl le résultat de la conquête priai- 
tife d« r£gfpte par les HustilBena , ni rexéeutioa d*wi wj*- 



tèaw Hmiiapfé peo à peo , nuis bien l'eflbt d'oM nBlâtudi d« 
r^ToluÔom socoeMÎves , du la dépopulation de l'Egypte et dt 
rél»bliMBfiientd«di>eriea colonie» arabe», appdéwAdifféreBtei 
époque» pour ramplaccf (es habitaiu esmuHiés on diapanëi 
par l'action et ia ration des cause* politiques. 

Cas deux M^OMia, ncfae» de bits et de dtatioiu, prouvant 
bien qne le droit que les souverains actuels de l'Egypte exer- 
cent sur toutes les propriétés foncières de ce pays , n'est qu'on 
abus d'autorité, uodroitusurpé, que l'usage, il est vrai, a en 
quelque sorte consacré, mais qui, dans sou origine, est iilëgi- 
dme, et dérive uniquement de la violence , et non d'une légis- 
lation avouée et reconnue. C'est ainsique chez tous les peuples 
«n peut remonter i la source de tous le» genras d'opjMessioft 
et suivre k» progn» cUi despotisme & travers la nuit des temps. 

Le a' Mémoire du recueil dont nous parlons a rapport k 
une eorrrtpondatiee inédite de Tamerlan avec Chariet VI (Mé- 
moiret de l'Académie de* inteript. ; Tom. VIJ. Les pièces qui la 
constituent sont une lettre du prince Uogol écrite en persan , 
une prétendue traductisa latine de cette lettre, une traduction 
latine d'une lettre écrite par un des fils de Tamerlan; enfin, la 
copie de la réponse du roi de France. 

M. de Sacy fait connaître ces différentes pièces, et donne la 
Induction véritable de la première. Cette lettre du vainqueur 
de Bajazet paraît n'être qu'une réponse à une autre lettre que 
le roi de France devait lui avcdr écrite. Il annonce qu'il est on 
ne peut mieux disposé envers les marchands fraufais; qu'ils 
peuvent venir librement dans ses états, îûrs d'y être bien vus 
<t traités avec égards , car, dit-il , le monde pmpère par les ni- 
^ocMAf: DouniibabiiargAn Abâdànast. Cette lettre, écrite à la 
sollicitation des mîsûonnaiies, n'a du reste pas une grande im- 
portanee, comme l'oiiserve l'habile orientaliste dont noua 
analysons le travail. Ainsi , les historiens qui en ont parlé comme 
d'une véritable ambassade et d'une négociation politique de la 
part de Tamerlan, ne l'ont point envisagée sous son vrai point de 
voe. 

L'objet du 4' et dernier Héasoire du recueil que nous exn- 
minoDs, est de faire connaître «n traité couda ta 1M7, eatre 
Ui Géaoi» de Péra et aa prime des Bulgares Hommé/uancAot, 



jbïGoogIc 



3a8 PhUologis^ Ethtogrephie. 

[Itém. Je VÀcad. det intcript.; Tom. Vil, pp. 55 et s$«). O '\t%\\i, 
dont plusieurs uticles sont fort curieux, fournit à H. de Sacy 
Foccasion de se livrer à de UTtnt«s minsîdérstions pour savoir 
quel eu ce JaaKeAui, et quelle était la nation sur laqndleîl 
commandait. Nons n'essayerons pas de suivre l'auteur dans sel 
pénibles recherches, bien faites {i^ur satisfaire les émdits. 

G. T. 

309. Aaaici se li GsAntAïaE tokque , -outre les principes de 

cette langue , les îdiotismes des discours familiers , et un petit 

vocabulaire en français , turc et hongrois ; par S. Ch. de 

' Bbssb. Gr. in-S'iprix, i fior. Sokr. Pcstli, 1829; Wigand. 

sio. Ipvllbs ne Thbocbitx, traduites en vers français, par 
H. SravAM sa Soobt. a* édition. Paiis, 1829. in-V de 3i6 
pages. 

Il faut bien nous y résigner, nous autres traiulateiirt du grée 
êa Jrvn\aU, notre renommée n'étourdit pas le monde; nos 
succès n'excitent pas In bile des envieux j soit que nos eftorts 
s'exhalent en vers faciles comme ceux de M. de Sugny,soitquï 
notre désir de nous rapprocher des modèles nous fasse lutter 
en vile prose, nos ouvrages n'attirent point rattcniion du 
grand nombre. Il y a quelque cinquante ans, une tra- 
duction de Théocrilc aurait fait événement ; on en aurait 
aunùt parlé dans les salons des lettrés, elles dames auraient 
cité des vers. Aujourd'hui, iljàal bien nous y résigner, nos livres 
font peu de bruit, nos éditions ne s'exécutent que lentement, 
et ne s'écoulent qu'avec peine ; tout au plus occupons-nous quel- 
ques instans des lecteurs intrépides qui, rares, et surnageant 
sur le gouffre politique, se plaisent encore Mix doux souvenirs 
de l'antiquité. Eh bien soit , noire lot n'est pas tant ii mépriser ; 
û nous ne comptons pas les suffrages, nous en apprécions la va- 
leur, ce qui vaut mieux peut-être. Si nous ne fatiguons pas la 
renommée , nous jouissons en paix de nos loisirs. Le calme ue 
Télnde est souvent préférable au tumulte éclatant de la poli- 
tique; le silence du cabinet vaut mieux qtte les agitations delà 
tribune, et dans une noble in dépend .mce il nous est encore 
permis de goûter les biens ineffables que procure le commerce 
des muscs. 



L 



jbïGoogIc 



■ PhiMogù^ Ethnographie. 3ag 

C'«M et que semble avtrir parfaitement compris l'étégant imi- 
tateur de Tbéocrite. A sa nMnîère, on sent qu'il est sortout 
entraîné par le channe que lui inspire scm modèle. On n'y vojt 
aucun cntcB) pour arriver au suëcâs, aucun travail ponr se 
bire une réputatiim; son premier besoin est d'exprimer M 
(ju'ii éprouve , la pensée d'être auteur ne rient qn'après. Il ^ a 
dans sa poésie quelque cfam* de tendre et d'harmonieux qui 
eielut toute autre idée qoe la ptiésie elle-même. Pour lui, 
Tbéocrite parait bien plus uc texte k des vers agréables, qu'um 
t]^ sur lequel il s'njiute péniblement; il traduit moii» qu'il 
n'imite , maïs il imite toujours avec grlce. 

Peut-être je me trompe; mais lorsqu'on veut F^raduire en 
ven les ouvrages de l'autiquilé , c'a>t ainsi qu'il faut s'j pren- 
dre ; nos vers onrent trop d'obstacles au traducteur ponr qu'il 
soit exact. Le désir de tout rendri; dessèche son îmajjinatitm , 
et nuit souvent ik cc[ abandon qui est comme l'ame de la poé- 
sie. Laissons cette fidélité scTère aux traducteurs en prose que 
géaeut de moins nomlireuses entraves, et couservons à chaque ' 
genre le c^iactèrcqui lui est propre. On a souvent mis en ques- 
tion si les poètes anciens devait-nt être traduits en vers ou en 
prose ; qoesiion vjinc et sans objet ; chaque travail a son mérite 
quand il est fait dans la direction convenable. Mais l'un n'est 
pas l'aulre , et l'un surtout uc dispense pas de l'autre ; ce sont 
dcQK sortes de travaux d'une nature toute diffërente. 

Ce serait donc une mauvaise méthode pour juger cette tra- 
duction, dont une seconde édition atteste le mérite, que ifcxa- 
niner minutieusement chaque mot, que de r^arder avec soin 
si telle expression est bien reproduite , si tel sens est rigonreu- 
seasrat exprimé. Il faut lire les vers de M. de Sugny sans les a\- 
tigner sur ceux du poète grec, il faut les lire pour eux-mêmes, 
on y trouvera le plaisir qu'on est en droit d'en attendra et cette 
tournure aisée et sans apprêt qui sied si bien fi la muse buco- 
lique. 

Cependant, on doit le dire pour être juste, et l'auteor vaut 
Ueo la pMne qu'on soit juste envers lui, chaque qualité ren- 
ferme en soi le défaut qui lui est presque inhérent; le sljle 
ferme est parfois sec et dur ; le style gracieux manque aussi par 
Ms de précision et d'énergie. Celui de H. de Sugny n'est pas 
toujours exempt de ce reproche. On pourrait n 



otzscii/Goo^le 



33a PiOolcgie, BtiHognpkte. N« ato 

dMW M» anm^ cenùan «xptmùou «(ni n'ipp irlîtD w w i f*s 
i l'antiqnité de i'aotwir tju'ii traduit. Cstte fidàlité , qui tasd t 
reproduire l'^ioqiie du modile, hm Muible une ohoee iadiipc»» 
aaUe, même en vtn. Il ne Taut pu (tira d'anadirgnÛMe de 
pcméea, MUS peine de tout défigurer, d'effacer Eonle culear 
loeale ; c'est là prindpalemeDt le ooatre-eeat qu'il font ériter. 

J'ofaeerre, par exemple, queThéociite n'emploie jamaiicelli 
mythologie qui place Apollon et les Blases snr le Pinde, sat 
l'Hâicon, sur les borda 



HaMi qnc lw«Je»^OB« qatnd b JcnneSapltBk 
IW^BiU diM In plaen ■■« trop ooeiMvh? 

dttea^eMwrfafMrffMdBaibTlHnilkf (f ■ •■-) 

Il y a bien des observations ii faire ici ; d'abord Théocrite M 
s'adresse pas aux Huses, mais aux Nymphes. Secondement, le 
Pinde était une montagne de la Tbessalie, de sorte qu'on ne 
doit pas les distinguer. EnGn , il n'est pas question dans le grec 
de la montagne dû Pinde , mais d'une rivière de ce nom qui M 
jetait dans le Céphisse, non loin de la ville de Lill^ (Strab., 
IX, 4>7)- Tous les traducteurs s'y sont trompés, et ont pris le 
nom du fleuve pour celui de la montagne; cependant le sens 
est très-clair : 

«>f «MM nb(if at; 

i Mrà nt)iâ maià tjfuna, 4 h>t« Ilii^Mi C'i'- ■ 6&--j), 

• OAétie^voiis, Nymphes? étiei-Tona dans les frais T^oet 
dn Fénée, on dans ceux du Pkidas 7 ■ Il est évident qu'on doit 
construire en ajonuot à U fin du ▼. 67 ; fi aadi mAA T^funa 
llh#i*; l'ellipec est inoontestable , comme l'observe tràs-bicn U 
schoUe qui se rapporte au vers âg. Je contestcnis auHt est 
awtre paoaage 4e l'idylle S -. 

CeobU t*r moioam Att pin* dooM* ftwmrt 

J'iBiBoIil raotn inuranaehtrn aoK wieaf tamn. ( P-V'') 

Le texte dit simplement : -nd M6««t fu fOaSvn; it* Mmtt me 
cMrmvHt, Je croie qu'il y anrtii aussi à reprkidre cette espM* 
«m des Motf Sanirtf que Théocrite n'emploie jamais , qw^"" 
dans ww antre eîrcowtance, mùi mie seule, il ait parié des 
mmftJUkMM. Cest m «MMBenoemcM ^ fidèle XI, adraH^ 



jbïGoogIc 



PhilologUy Ethiiùpi^>hifi. 33y 

jwi tkI; inU H vif iXofUvci t^fi/fi Uoiiwc (ÙJL irf 5 «t 6]. 
ce ijne H. de Sugn; traduit : 



Dp laurier itfiJaun «t Att/Utiri iu ftimmt: (p. i*8.) 
l!lMOGrit« M parle janait ni i^ipiimwe ai du PtniKue, &a> 
«M tndacuur, ni «■ vert ni en proM, n'a oaé haaarder la mot 
propra, médseim. Ne pourrait-on pii, sans trop de vulgarité, 
traduke aioai tout le comneiKanaaat de cette i^Ueî nCooti* 
Vanoar, A Nùiai, il n'cM aaeun lioineat, auenne bMaioa , ait- 
en autre renèda k employer ifae oelni dsi habitantea da Pifra 
na. Hait cette récite agréable et aalutain aux hasaine* a'ett 
pis ailée 1 trouver. Je uitpoartant que tu la connais, toiqnii 
Midedn babile,n'eaat punMMuÂer aoxneufHuaei.* Aii- 
lawi le tradncleor dit eneoce : 

O fflMd'ApolUn, AajapbMde Ft w iwii. (p. lie.) 

pur rendre 4e TCts : 

■ Kjmpbes de Casialie, qui habitea tes aonmiets du Par- 
nasse.! On pourrait multiplier beaucoup de tellea dtatùni ; 
ou exemples suffisent Ici il ne s'agit pas de fautes {Hwciiénieot, 
m*is d'un système de traduction *, or, tout système peut s'alta- 
qoeret se défendre i c'est Aoac une idée que j'expose plus 
qu'une censare que je lais. 

L'auteur a joint quelques notes à sa traduction; j'ai vu avec 
pnne, peut-être suis-je trop pointilleui , que les citations 
grecques avaient beaucoup de fautes ; on n'est pas tenu de citer 
du grec, mais quand on s'y décide , comme on na le donne que 
pour ceux qui le savent, il faut y mettre du la correction. Au 
Ksl^ ces notes annoncent une grande lecture et la conoaissaooi 
de plusieurs langues. J'aurais désiré que M. de Sugny eAt in- 
diqué les sources de ses citations ; il en coÂte fort peu 1 celui 
qai travaille, et c'est une grande économie de temps i celui 
qni cherche quand il veut recourir aux textes. Les éraditi ne 
doîvoit pas négliger les bonnes habitudes. 

Maintenant que H. de Sugny me permette quelques observa- 
tions k l'occasion de ces notes. Je lui demande de n'yvoirqu'unc 



i.,Goo>^lc 



33a VhûoJogie , EthnographU. M** aïo 

simple caïuerie philologique snr un auteur qu'il aioM, M dont 
il a pu rendre la lecture si alttchaote , m^e à ceux qui pm- 
vent lire l'auteur original. 

A la page aSa , l'auteur a raison de dire que notre- mot nupe 
ne rend pas exactement oe que tes Grecs nommBieÂt on eisQ- 
bhn (jusoù&m)- Le eissybùm était une roupe ou nn vase cham- 
pêtre ; c'était la compe des bergers. Homère n' e M plo ie ce mol 
que lonqu'il est question de la coupe du Cyclope ou du pattcor 
Sumée (Conf. od. ( 3^6 , (' 7S , s' 5»)- Sans doute le etujiûm 
devait ressembler k une large écuelle , avec ses deux oreilles 
(4ftf<Mc},etdia-4ors on conçoit quesur nu vaae de cette tiaet- 
■ion on pouvait aisément représenter une jeune fiHe et ses pré- 
tendant, plus loin nu pécheur, enfin un jeune enfant souS hdc 
vigne, et deux renards qui cherekeul à manger les raisins. Le 
cùçbiaiifdua l'origine , fut fait avec du bois de lière, c'«t 
même de là que vient son nom , parce que lièrs se dit en grtc 
Kieecc (Cf. Uacrob., Satur. V, 31. Aliien. Deip. XI, 477, s— c 
Eust., p. 1751,1. 48-g). Oe là sans doute le préjugé, que boire 
dans une coupe de Uére guérissait les œ^Uncoliques. • Hujus 
quoque lignî (Edcrae) vase Spicnicoi bibentes sanari invenjoii 
dit Pline (Hist. nat., lib. 34, c. 47, éd. Hitler}. On aura dit 
d'abord aux fa7pocondriaqu<.-s, iui^z dans le ciisybùui , dans la 
coupe de lière, c'est-à-.dire menez une vie active , sobre, fro- 
gale comme les habitans de la campa^'nc, et puis ce sera devenu 
un aphorisme de médecine. Voici comment Samonicus l'a ■■>>> 
en vers dans son poème intitulé : De Medicind : 
Qnando lîea lamidaciriaiiiligtt îlii tîbcIo, 
El pliBim iplfluii doDoiutmil mcmbra tlgoroo, 
Holllbot ex boden Mrn«iiinT pocalj tignis 
HIbc Inlut Hanatm ager qncucunqa* lîqaom. (cip- s(- ) 
Au reste , c'est le même qui recommandait de porter sur ^ 
le quatrième livre de llliade, comme préséi^valif de la fiérrï 
quarte. Dans le cbap. 5o , intitulé : Quartutinof typo medicaado , 
on trouve ce vers : . 

Mwlnix Ilîadoi ijiurlaai loppoue linciiti. 
A^l'occasion de ce vers qui , dans la seconde idylle revif"' 
plusieurs fois comme ivfrcin : 

O pbiliTM, npptUi BB imvti infidck. 



1:, Google 



Phâologù, Ethitogn^pUê. 333 

H. de S. . .y donne oeite note : ■ Le texte dit titt^lenmit 
Tongx (oiseau mci^) ramène non amant ilans ma maûoB 
(p. 23$). * Pois l'aDiear cite la tranhiction d'nn passage de Pift- 
dare par ChabaDon, pour expliquer le vers de Tlifocrite. 
D'abord je crois qu'il MIait érrirc lynx poar suivre la Téritabh 
orthographe grecque; ensuite je ne tronve pas que les ven do 
Pindarc expliquent quel est cet oiseau dont les anciens ae ser- 
vaient dans les enchantemens. Peut-être fallak-il dire qoe c'est 
celai que nous nommons en français Is Toreot. ■ Cet oiseau, dit 
BnfTon, se reconnaît au premier coup d'ceîl, par un signe ou 
plutôt par une habitude qui n'appartient qu'à lm}c'est de tordio 
et de toniner le cou de cdté et en arrière, la tête renversée 
vers le dos et les yeux à dami fermés, pendant tout le temps 
que dore ce iirouTenient,quîn'a rien defH^etfMté, et qui est 
aa contraire lait, sinueux, et semblable aux replis ondoyaos 
do reptile (Hist. des oiseaux, Tom. XIII, p. ta5 etsuitr).> 
Comme ces mouvemens donnent divers aspects à son pluma^, 
mélangé de gris , de noir et de tanné , Pindare le caractérise par 
l*épith£te de varié (mwfic. H^^) (Pjlh^ k, v. 38i). 'ùatitm 
ajoote un plus plus loin : * Ce sont apparemment cfis bisaires 
attitudes et ces tortures naturelles qui ont anciennedtent frappé 
les jeux de la superstition quand elle adopta cet oiseau dans 
les enchantemens, et qu'elle en prescrivit l'usage comme dn 
plus puissant de» philtres (L. c, p. 139). ■ I^ scholie qui se 
rapporte au vers 17 de cette seconde idylle, a donc grand tvb. 
de confondre l'Iynx avec le Hoehe-Queiu (stieMcvrlf)) car Hs 
n'ont rien de commun. 

H. de Sugny a eu raison de rendre tSrE par le terme géné- 
rique de jthiUre. Ce mot avait en grec une acception fort 
étcodne, de U ces tournures lûyyt ftiMy.n,je lait eHlratitépv 
le détir (Knd., TTem., IVt 56), et cette autre de Diogène de 
Laerce : nndrn nt xp«oi> lOyE Aoflwvf r«ït U^ut (L-i VI, segm. 7S), 
tant était piàtiant le ekame des diteours de Diogème. Cest dans 
le mûme sois que les Grecs disaient les SirèM* de la eonfemt- 
; tÛM-iatunit IfLÙiKi aMc al Miphtc (Aristhen^ cap. t). 
Dans la m^e idylle, et 1 l'occasion des vers suivans : 
PdUiM^I nr la Mul i« moa Iriiu moar 
A mw pitd* proitera^ , sorpaiMBl ma nncra, 
Ce»«« M fbb* d'«f conltr dans U ponsdln I 



jbïGoogIc 



394 neohgig, EAnifgraphk. N" aïo 

fanni* voalu que interprète notn eAt dit quelque ehaie snr oe 
gbAt que les «aglciranes TaiMient tourner duts les eniAwit^ 
nens. Il y a dam le grec ; j^A; ^iTI' (Ji \ifSai i f^ikun , comme 
to»rw9 te nAomèe d'airain (r. 3a). H. Nodier prétend que • le 
XAambtH ita aneîena était précisémcRt ce que nous avotu ip- 
pelé le Diable (Exam. de> dict de la langue françaiM «u mot 
Mo m tmt). Je ne crois pas cela foM prouva; mais il 7 avait mw 
bonne note à hire sur ce point Gail traduit ; ■ Agité par noo 
bru, ce aabot tourne et roule autour demoî; que, pousaf pir 
U nain de VArat , llnBdtie roule ainsi autour de ma deoieun 
^ 17 et lêdoVid. io-iB). Js crois qne c'est là lesena. 

ODhDa,raçelie«fliyilliiae ftvncni; 

Ta Uohli Iw eaan dBn,at tiToEzMmiaBU 

JUMBpbws nfen la lotAm >h«iliw*i. . . . 

Habj'wiMrii.fle. (I^.•.^<»•} 

Voici la note qni u ra|^MHc k ce pana^ ; * Qndqnei iottt- 
prètet prétendent qoll Unit dire : O Diane Jléekit , ete., t l^B* 
pintif. Eeinsiu* , qui adopte ce dernier sens ^également préfm 
par Ovtfùroj), obsarre que les Dori«u aiouient à k wrrir 
de l't^Utir au lien de Impératif (le texte dit ^nvit)- Castabon 
'et Bfl&ry Batienne paraiuent d'un avis contraire , et j'ai niri 
kur inteiprétation [p. aSg}. aEt K. de Sugnj a trè»4iien lait| 
on aait parfaitement que non-setilement «n Dorique, nais qM 
dans tons les dialecte» l'tqitatif parfois remplace Pimpéntifj 
-nons-némes, en français, selon la circonstance, nous d)SM>: 
fadéiirequ4^tOHsfanie% cela, et non ^ufaitet cela. H^on, 
comme l'observe Ëustathe, le discours prend la forme optf 
tive au lien d'am{doyer l'bapéraiir. t4-e% ht\ «^eçaxnxti .itemâi 
I Mfit •x^v^^'ïiTai (p> >Ot I- 40}; naia id ce n'est pat le cu, d 
■■e prière adressée i la divinité dans un m<«ient de paMOBi 
■'admet pas ces locutions détournées. Il est bien plus nitam 
de supposer qu'il y a un vetbe loui-cntendu , tel t(uê tfn M 
tùMi jMi; Diame, memun, exauce ma prière, toi quiJNehif»it ^'-< 
par U même niaon , je ne crois pas que dam ce passaj^e l( "* 
doive être Buapendu. Tout en oonservant une partie de laplins^ 
ne poumit4n pas dire? 



jbïGoogIc 



PhiMagù, Etkmogn^ki». 335 

FirdoB, de refaire aioii la poésie de l'auteur, o» n'ast que 
ptmr nûeax expliquer na penaée. Haii il 7 a ici me remanpie 
plos impOT-liiite à faire, o'eat snr le mot de RhaiimmamUi 
û Tbéocriie avait voulu parler du juge d«s enfera, il aurait écrh 
fr«lâ|Ln*vi , car ion nom au nooinatif ait ^miiitim^K, pkr hb | 
et Boo par ira t. Je pense donc qu'il 6iut Un cornue Gai»- 
fiHtl dans SO& éditim des poet. Minar : 

• - • TV ^, Af Tt|ll , KAl Tb h »H 

a«fMif \ Uol|Lavra, Ou mieux xmlaait ii^»tt. (Tbéoc., ff O-h). 
Alan le sens serait : «Diane, toi qui pourrais énioavMr au leiu 
fies enfan Yùifexibk même. ■ éHfmtt aignifie ici PÙÊton , c'eat 
■rt« M* 4^dfiefT«, le Dieu iHfiexibU, comine l'ohaerve ValkeMor. 
Hemau propoae une autre conectioR qui on semMe noiai 
plauaifale (Vojca Gaiaibrd, endroit dté). Geoffroy fait sur «M 
«■ d r o i t nae note qui prouve qirïl n'a pas omnpris Casauboa. n 
néle ee qui a report à tUtm i amamie avec la question de l'i»- 
péaadf, deux choMs qoi n'ont pas la moindre analogie. 

Je lis dans la troisiiaaB idylle , page 7g 1 

IMIu) dhwekant aifeiH à pJoarar tM nav, 
U bailla da panl ■'■pfril laM«a« «talbiar, 
EtHstModra sMianfo»,«M«*MC> dotfU pMMla, 
DW tammU pr^gi ■ecabk bm piBi4*. 
On ne conçoit pas comment une feuille de pavot puisse ren- 
dre un sou quand elU ettfjrettée entre Us doifi*. J'ai eu recours 
«nx notes, et voici ce que j'ai trouvé: «Chez les anciens, lor^ 
qn'un amant voulait savoir s'il était aimé, il nwttait une feuill* 
de pavot sur sa main, sur son épaule et même sur son coude, 
et la frappait ensuite : si cette feuille rendait un son , tl jugeait 
qu'il était aimé , et qu'il ne l'était pas si elle n'eu rendait point 
(p. a$9-5o). ■ Une feuille de pavot placé tar t'épaule ou air le 
coude aepeal pas plus rendre uatttaqiMprettéeeHtreietdoigti. 
ll.deSugo7,mall]eureuiement, a voulu suivre Lon((s- Pierre 
dons cette explication, et le trmducteur Dandinière , comme l'ap- 
pelait J. B. Rousseau , est un fort pauvre guide. Au reste, au- 
cun interprète français n'a expliqué ce passage d'une manière 
satisiâisante. Voici le sens , à ce que je crois. Je suis le texte de 
Gaisford , ou plntôl do scholiaste , il me parait iofinimeni pr^ 
ierable: 

rtM vk TiXJfAav «witwWiufn itXcTtlraet* 

«A' «Stik ixAy «ni miiH f^t^sf «if)! {id /-i9-3«). 



i.,Goo>^lc 



336 Phûologiât Ethtu^p-aphiê. N" aïo 

Mot k mot : * La feaille de pavot étaot fnipp««, ne ttndk lu- 
caa Mm , mais an contraire elle m flétrit par le eoitdg dWÈMf. > 
.iwaU «rax>i> Noiu expliquerom cela tout-à-l'heure. Voyou 
d'ibord comoieut une feuille de pavot, frappée de certaine 
.manière, peut produire un son. Juliut Pollux (IX, 137} notu 
apprend qu'il eit ici question d'un jeu que nous Ions avou ré- 
pété cent fois. 11 s'agit de fermer légèrcinent la main , en laissant 
une faible ouverture formée par l'index et le pouce ; on pose 
BU bord de cette ouverture la feuille de pavot, de manièrei in- 
tercepter tout pauage à l'air ; puis de U main ilroite on frappe 
.à plat sur la feuille; l'air comprimé la fait relater, en se dédù- 
.rmnt elle produit une détonnaiion assea forte, û le coup est 
bien donné; dans ce caa le présage était heureux. Si «u con- 
traire la main droite ne frappe pas horii^ntalement , si c'est le 
/>M|(»«r qui porte, alon la feuille meurtrie, mic^rée par lU) coup 
donné à faux, ne produit aucun ton ; c'est ce qui arriva au ber- 
ger de Tbéoctite. Cenainement par IntUf *éifî il but entendre 
\t poignet. Les scholiastes s'y sont trompés, et ont crn qnele 
poète parlait ici du mitk, ce qui donna un sens ridicule. Four 
en finir sur ce passage, disons que c'était de ce jeu lui-mtoe, 
de cette espèce de divination que la feuille de pavot se nomiDsil 
Tii)if Oiit , ou , ce qui est la même cbose , Jii)ifi)Ls< , car presque 
toujours en Ëolique le T se confondait avec le t, c'est-à-diic U 
forte avec la faible (Eusth., p. 1618, 1. 35 scq., et le sch. de 
Théocr. aa v. ag) ; or, Jvj.fTiXo;, composé de ^Xcin montrer, cl 
'de f iXiïv tiÛTfcr, signifiait que cette feuille montmÀr m /*(mi ^ait 
aimt'. De cette manière tout s'explique aisément. Du temps de 
Théocriie, on n'avait pas besoin de ces longs commentalns, 
parce que le mot mJJfiXs; avait noe acception connue de tout 
le monde. 

- Au risque d'altmger des observations déjA. trt^ luogu«, 
qn'on me pertnette de dire encore quelques mots sur Tidylle 
aSf intitulée la mort ^Adonis, Peut-être M. de Sugny aursit-il 
dft prévenir dans ses notes que , selon quelques critiques , cetK 
pièce n'était pas de Théocrite ; une telle question valait la peine 
d'étr« examinée et d'être traitée un peu plus sérieusemmt que 
ne l'a fait Geoffroy, qui croyait sans doDte rédiger tm feuille- 
ton. Je n'entrerai point dans celte discussion, mais je dirai qne 
cette idylle, soit de Théocriie, mt d'un autre, « Miaitce 



jbïGoogIc 



Phiiotogie, Ëthaogr^iià. 33^ 

par ntw t^onnaise célèbre, Pernciie Du Gnillet, dont les poé- 
sies , derennes extr^ement rar« , viennent enfin d'être rctrou- 
Yées par no amatrar distingué (H. de Soleinne) (i) ; mainte- 
nant donc tout nous faite^>érer que ces tmvres seront bientôt 
i«prt>duites par les inai&s babiles qui nous ont ûéjk donné une 
si bonne édition des œuvres deLo(iiseLabbé(a].£n attendant, 
voici un échantillon des vers de notre roinpatriote, et de cet 
ancien système de traduction dans lequel l'autrur original 
n'ofl're qu'un thème à l'imitateur, pour Taire des variations qui 
n'ont aucun rapport avec le texte. Dans le grec, Vénus désolée 
de la mort d'Adonis ordonne aux Amours 

De Hi*lr, d'amean pria d'alla 

I« BODitra qoi trancha mi jonra. 

( Tnd. J« là. Rognf. p. >«i. ] 

Pemetle trouve cebl trop simple; elle suppose donc qne 

l'Amour et Psyché, jouant aux échecs, sont interrompus par 

les cris de mauvaise angure que fait entendre 1« cygne de Vénus : 

Amonr ancgaei Fiiobei 

Qnlt Uniii 1 n pUmdm 

Imolt nunaUe laa Eiobtls 

ta nia irand nùonymiiae. 

Haû biaa f Ml II a ouy 

Bian loiag lamoattr nn ejga» 

DcqDoj pa« t'et miosy, 

El là priai ponr minlnali figDa. 

LalHonla i«>,Ii voaipiy ' 

DIm il d'naa td[x aman 

Et tUoni Myrltcfi 

Dn Bouger da ma wèra. 

Lon tons dcox j'an vont boalcr 

A la proehaïaa fcnaiire, 

El Isar fciu dniict |tcler 

U, oU'oyieiu ponaatl «Ira. ( p, ^^\ 

Il y a loin d'une telle fiction au récit de Théocrilei cependant 
(■] Btuci da Geatiit cl *art*sTM Dana D. Parwiia DvgalUM Lyon- 

b«Im. a Ltob par bao daToima tSiS. în-l*. 

(i) xTTKis de LovïaK Liai LioHHOUt. a UOV par ovmaKB ir 

MUUi. aoKccxxini. ïa-S''. 

G. Tom XL «a 



]byG0O>^lc 



338 Philologie, Ethnogr^ik. 

il faut dire que U muse française ii*est pas loujoun ù floignét 
de son modile, et que même elle Kinbl? parfois vouloir lutter 
de précision arec lui, oomme dans cette strophe : 

L'on U tnynelt pn !■ coH* 

L'ngalUon «nt , «t baruai , 

L'aatn MU BUtiiGanh 

Ds MM u« l'aUoit UlUBI. < p. S>, ) 

Ce qui donne le sent asseï littéral de ces 4 vers grecs : 

■/tt («h , Cp^^f* s«leE4>a( 

f«wpn «fuiiXaro*. 

Ivnif Ttîn t6Ϋiî («/. V V. 1 1-^). 
Cette Gdétité au texte en certains endroits me ferait croire 
que c'est sur notre auteur que Pemette Du Guïliet fit ses pre- 
miers essais er langue grecque, car, au' rapport d'AntMoe Du- 
moulin, le premier éditeur de ses onivrcs, elle savait non-sea- 
lement l'italien et l'espagnol , mais apr^t aaoit ià bien aamt 
passé les ntdimentt de la langme Uttint tupirvM h la grecque [li 
la lampe de sa vie eustpea vtiller ÙÊiqueB a» soir de son eage) 
quand les deux emùaat tel hear la nous raitirent (p. 4 et 5). En 
un autre endroit de ces oeuvres , et dans la pièce intitula Par- 
faicte amjrtié, elle joue sur une phrase très-usitée dn grec vul- 
gaire : 

Et aapwttrlniait: CilHMwra; (p-SS-) 

d'oà l'on peut conclure qu'elleprit ses premières leçons de qncV- 
que Grec alors établi 'a. Lyon ; car c'est ainsi que les Grecs mo- 
dernes prononcent KiiXi AfiJ^a, par contraction MUii{|Ufa.(boD 
jour). Plus loin on lit aussi : 

J< le dMoi* pMadre ■ sii|iin , 

Qoeplni, ^'elU,il m'cittmara. 

Et pour ma bonna (oinlan , 

HcMWa qu'il nt ipod Imcn. (p. 3s. ) 

c'est-à-dire mon Jour, ma lumière, tna vie. Certainement ù die 
n'avait pas reçu ses premières leçons d'un Grec, elle n'eut pa> 
prononcé l'èta en i. 

H. de Sugny me pardonnera de terminer par cette digresiioa, 
■vu faveur d'une jeune dame qui reçut le jour, comme lui 1 w 
les bords rians de la Saône; qui fu(f comme lui^ saniible m 



Philologie f EthnographU, 33^ 

dume des b«aux vers , «t qui peut>étr«, comme lui, dut ses 
plus douces inspirations aux acccns mélodieux du poète de 
Syracuse. Dvcu-Moktbei.. 



311. ScBOLi&m £i,ti AaiSTiD» sopsiSTJt oiatioubs paka^hk- 
BUCAK XT VLATOif icAS PLBsiHA, es parte n un cprimuœ ex codd. 
nucr. edidit G. Fxomhbl. lD-8'*,de xx et 5a8 pp. Francfort, 
iSaSi Broeoner. {Goeltùig. gel Antei^n; août iSaS;!!** 
i37,p. i365.) 

D^k dans l'andquité ta grande érudilion du rhéteur Aristide 
ftvait donné naissance à un commentaire généralement lu, et 
nombre de savans possédaient des manuscrits qui rcnfermaïent 
Oa tout l'Aristide, ou une partie de ses discours , enrichis de 
bdutlies. Cependant personne n'avait entrepris la publication 
d'une édition complète de cet écnTain. Il fut réservé à M. Wer- 
Cer de se charger de cette tâche, et à M. Frommel de continuer 
ce travail après la mort précoce de son prédécesseur. Nous ne 
parlcroDS pas des tcholîes que Samuel Jebb a reproduites dans 
■on édition d'Aristide : elles sont tellement tronquées et déna- 
turées, qu'à peine peuvent-elles offrir quelque utilité. La plus 
riche source de ces scbolies se trouve dans un codex de Leyde , 
dont la copie a été communiquée à l'éditeur par les soins du 
bibliothécaire Geel. Il paraît qu'elles ont été extraites d'un 
commentaire du rhéteur Sapatras d'Apaniée, le même quiavait 
aussi écrit des prolégomènes pour les discours d'Aristide. La co- 
|tte da codex de Leyde n'ayant été communiquée à l'éditeur 
qi^après Vimp'ressiou des autres scholies, il ne put fuire d'autre 
changement que d'ajouter à la fin de son travail les variantes 
tàtéa de la comparaison avec le codex de Leyde, ainsi que les 
passages qui lui paraissaient être plus complets. Il s'est trouvé 
dans le même cas- relativement aux résultats de la comparaison 
de 3 manuscrits de Paris. It s'en suit que la principale partie du 
linc ne se compose que d'un rapprochement des scbolies pu- 
Uiées par Jpfab, avec celles qui se trouvent dans Photius, et de 
celles des manuscrits Palatin et Schellersheim, avec quelques 
manuacrits de Munich. On ne saurait méconnaître la sollicitude 
qoe l'èditear a itaise dans l'exploitation de tant de matériaux di- 
Ten; cependant on conçoit que l'altécatian du texte de ces scho- 
Kei of&e encore nu très vaste champ \ la critique conjecturale. 
aa. 



L>otzsci:,GoOglc 



34o Philologie, Ethnographie. 

11 faut esp^et" que l'importaace historique d'une Toule de ces 
fragnensnc hissera pas que d'nccasiuner des recherches criti- 
ques, dont les résultats pourraient amener des donué«s extrê- 
mement curieuses. Tel est par exemple, dans ces scholies,Ie frag- 
ment d'Andralion, lequel fait connaître les noms dert dis guer- 
riers qui accompagnèrent Périclès leur chef contre Samos, et 
qui furent nommés chacun à son tour et pour un an, comman- 
dant des Phy||ènes altiques. Voici leurs noms dans l'ordre de 
leur nomination : Sucrate d'Ana{;yrus ( Ercchtheis ), Sophorle 
deCDlonos(^eis), Andocide de Cydalheateon (Fandionis), 
Chrcon le Scambonide (Leontis), Périclès de Cholargos (Ica- 
mantis ), Glaucon le Caramécn ( Acamantis ), Calltstratca d'A- 
chamae, [CËneis), Xénophon de Helite ( Cecropis }. Il manque 
ici les 3 derniers phylèncs de l'ordre ordinaire, tes Hîppothoon- 
tis, Acantîs et Antiochis. L. D. L. 

919. TbSOHIS SHYBHCI , PLATOmCt , EXKISITIO KOKVH QCXIS 

AmiTBiuTicis AD PLATOHis LEcTioifBM VTiLiA sosT. Bullialdi 
inlerpretationem latinam, lectionis diversitalem suamque an* 
DOtationem addidit J. J. de Geldzk. Gr. in-S", de iv,l»ii 
et ig4 pr-I'^P''S> i^'?) Weigel.(Beck: Allgemeinet Rtper' 
torium; i8a8, vol. I, cah. 3, p. ao3. ) 

L'avant propos est suivi des Prmmonenda de tetate, icry^tt 
docùina Theonit Smyrtttei, oit Tauttur a principalement profité 
des données de Bouillaud. Le chap. i" traite de l'époquede 
Théon, c'est-à-dire de celle de l'empereur Hadriep eldeFIs' 
tarque, ami de Théon. D'après l'auieur, Théon es( représMté 
par le buste de marbre qui se trouve au musée du Capilole et 
qui est connu sous le nom deThéoo le platonicien. Il paratque 
ce buste n'a pas été destiné au peuple, mais bien à un temple. 
Théon, né à Smyrae, après le règne de Tibère, s'est prinçip»- 
lement voué à l'astionomie et à ta philosophie de Platon. L'au- 
teur cite les dilTérens philosophes et autres hommes dislingnél 
qui ont porté le nom de Théon. Ces citations s'étendent jusqu'au 
6' siècle. Dans le a* chapitre, il fait connaître les divers écrits 
perdus ou encore cxislans de Théon ; le 3' est consacré à l'éru- 
dilion de ce classique. L'auteur aborde principalement ta con- 
nexion de la philosophie platonique avec le» connaissances nu* 
tbémiuiques. Le 4* chap, fait connaître les awaïucriu qui ont 



jbïGoogIc 



Philologie^ Ethnographie. 34 1 

donné naissance aux ouvrages imprimés, ainsi que les biblio- 
thèques ou les uns et les autres se trouvent. Toutes ces indica- 
tions sont ici beaucoup plus coniplètes que dans l'édilion de 
Harless. Elles se trouvent en outre enrichies du nom des savans 
qui ont traduit en latin ou publié des écrits de Théon. L'auteur 
parle ensuite de l'édition de fiouillaud, ayant pour objet les 
écrits de Théon de ariihmetica et de musiça. Il a copié le texte 
d'un manuscrit du i6*;siècle, tiré d'un manuscrit plus ancien , 
appartenant alors à ]. A. de Thou ; les corrections qu'il a jugées 
nécessaires de Faire, se trouvent conrormcs à trois autres ma- 
nuscrits de la bibliothèque royale de Paris, et les varianlcssont 
reproduites dans les notes. La rareté de cette édition, l'utilité de 
récrit de Théon sur l'arithmétique pour expliquer plusieurs 
passages des dialogues de Platon, et la possibilité de comparer 
cet écrit avec deux manuscrits de Leyde, ont engagé l'auteur 1 
faire réimprimer le livre sur l'arithmétique. Ces manuscrits se 
trouvent, l'un parmi ceux de Scaltger ; c'est une copie faite vers 
la fin du i6* s'ècle, sur on manuscrit beaucoup plus ancien. 
Il ne renferme que le livre snr l'arithmétique. L'antre, sur papier, 
est de la collection de Voss. Il offre, entr'autres écrits. On frag- 
ment dv même livre. « Hit auxitlis ( dit l'auteur, dont la latinité 
serait siuceplible de plus de clarté et de puteté)certequodpa- 
tai feci, nonquod voiui. Textiun Ubelli de arithmctica emendare 
coaauu mm cui laltnam versioiiem BaUialdi, paueis loets mala- 
tam subjeei, pnecipua lectionis divenitate nolalei. " Après le 
texte, divisé en 3a chapitres, on trouve les annotations, avec 
deanotesdeBoulIiaud.â ladiscrétion de l'auteur. Dans ses remar- 
ques, il rend compte de l'interprétation qu'il» cru devoir adop- 
ter; il explique les expressions propres aux mathématiciens, les 
passages de Platon et d'autres écrivains que Théon a eus sous 
les yeux, ainsi que le sens et les principes de ce classique. Un 
appendice offre la nomenctatuit: des expressions mathématiques 
interprétées par Théon, et une liste des choses et des mots ex- 
pliqués dans ce travail. L. D. L. 

ai3. SorMocLis TK&ctxnix septcx; adoplimoruin exemplariura 
fidem ac praecipue codicis vetnstissimi Sorentini emendatae, 
cum annobilione tantum non intégra BruncUi et Schseferi, et 
aliorum.selecta. Acccduat dcpcrditarum tragoediarum frag- 

!■.,- .... i.AiOOglc 



34a Philologie^ Ethnographe. 

raenta. i vol. io-S**; pr. i liv.if. 4 sb. Londres » i8i7;Wlùl< 

Iaker. 

De ces tragédies, jtjax, Aittigone, les TracAiniemes, Philos 
tèle et Elertre paraîtroot séparément, chacune au prix de 3 th. 
6d. Cette édition coniprendplusdematières en a vol., que n'en 
renferme itucune des précédentes. Les notes de BruDck y sont 
insérées presque en entier, avec nombre d'autres de Scbafer ■ 
d'Erfurt, et de quelques critiques modernes. On y a aussi ajouté 
les passages de Suidas et d'Ëustaibe, qui ont rapport à So[Ao- 
cle. D'après le bon usage qu'on a fait des meilleun manuscrits 
dans les citations, nous croyons rcconDaStre la main du profefr- 
seur Gaisford. Son Bmi,'lcD' EIm5ley,a consacré an« parti« da 
ses veilles â commenter son tragique favori. Les manuscrits dMI 
on s'est servi dans la présente édition ont été colUtionncs aveo 
soin par ce savant, à Florence, à Kome et k N^les ( tes colle- 
tions sont aujourd'hui la propriété de l'imprimerie de Claren< 
don); et lorsque indépeudammeat de ces diverses sourCM oik 
on a puisé, nous jetons un coup-d'ceil sur la beauté . et ( autant 
que nous avons pu en juger) sur l'exactitude de l'exécution tf* 
pographique , nous voyous avec un plaisir particulier dam un 
tel ouvrage, ce qu'on peut appeler véritablemmit la premièn 
édition d'un tragique grec. {Britith Critie, 1S27.) L 

ai4. Lonci »ST0Bu,inH tiaai quatdob. E duobns codicibos 
Hss. italicis nunc primum integros grace edidil Paulus Ludo- 
vicusCouaiBB.Exemplarromanumemendatiùsetaucti&sred- 
dendum cuj-avit Ludovicusde Piirsxa. In-8°, Paris (Annonce). 

L'édition de Longus publiée à Rome chezContedini, en 1810^ 
par les soins de feu IH. P. L. Courier, tirée k Sa exempbires 
seulement, était devenue un livre presque impossible i trouver, 
et le véritable texte du trop fameux fragment de Florence ne sa 
trouvait cependant que dans l'édilion du texte complet ; car la 
publication séparée de ce morceau qui fut seul généralraieiit 
répandu, fourmille de fautes typographiques ; et c'est ainsi que 
lemorceau fut réimprimé depuis par MM.Passowet Auch-Eloy- 
L'édition de Rome elle-même, bien qu'infiniment correcte pom 
le corps des lettres, fourmille de fautes d'accens et de ponetna- 
lion. M. de Pinner a fait réimprimer très coirectement le teste 
de Courier, en plaçant les notes grecques de ce savant lonjours 



PAUe/ogi», Ethwgraphig. S^S 

an bt* in ptgM. Dana le sui^lément d« notes latines se trou- 
vent refbndun et rapportées à leur pUce tantes les ofaserra- 
tionsiaséréet, aprte la publication de l'édition de Rome par Cou* 
lier, dam ses notes sur sa traduction française et aur l'âne da 
Liocîen ou Lucius. Le lecteur aura ainsi tout t:e que Courier a 
écrit snr Longns. Pour donner encore plus de mérite à cette 
Mitàon, H. de Pinner a dans tsti notes latines ajoaté : 

l'Un extrait complet des observations de Bronck, ron- 
serrées à la Bibliothèque du Roi. 

9° Les conjectures de H. Coraï , prises de son édition magni- 
fique, imprimée par M. P. Didot, en iSoa, qui, bien que consi- 
gnées par Chardon la Rochette , T. a de ses Mélanges de ctit. , 
etc., paraissent être restées presque inconnues. 

3° Les observations sur Longus par Wyticnbac)), consignées 
dans la Kbtiotheca ciitica, p. 4, et de M. Boôssonade, dispenées 
du» ses savans conunentaires. 

QnetqoAToia anssi, selon l'occasion , H. de Pinner a em de- 
voir éelaircir plus amplement quelques points de grammaire 
oa de lexiM^rapbie: 

Bani sa préface latine, le nouvel éditeur^ après avoir exposé 
les principes suivis dans cette nouvelle édition, nous donne un 
catalogue étendn et bibliographicpie à peu près complet 
des romans p«cs postérieurs ou inédits, on négligemment pu- 
Mtés. 

Une table des autenrs cités par P. L. Courier, et nn index des 
nots expliqués par H. de Pinner terminent cette édition, que 
Bons croyons pouvoir annoncer comme le complément de tou- 
tes celles de ce charmant ouvrage. 

Cette édition, imprimée avec grand soin par MH. Firmin 
Didnt, dans le format de leur belle ctriiection des classiques 
pvcs, paraîtra incessammeuL La traduction française qnlls ont 
imprimée soui les yenx de H. Courier se vend séparément' in-S° 
etÎB-ia. 

aiS.BiBLioTBiQVB LATiiTB raiirçusE, ou Collecliou des classi- 
ques latins, avec la traduction en regard, publiée sous les aus- 
pices de S. A. ft. Mgr. le Dauphin; par C. L. F. PAncKoucKe. 
Ib-8°. Livraisons liXVIlI.Paris, iSaS-iSa^^Pandioucke. 
7 Ir. chaque livraison d'un volume. 



jbïGoogIc 



344 PHlologiâf Etlmùgrqthie: 

Jalaux de natkwalUer en France la litténituM i 
Panckoucke,uDivenellcnient connu pars» bellet et inumenseï pu- 
blicatioai,«coDçul'heureu»eicl«ede Tonner une collection com- 
plète des claisiquei latins traduits dans notre langue. Aiin que le 
•uccès répondit à l'importance et a l'utilité incontestable de son 
entreprise, il a cru judicieusement devoir s'ac^oindre les littéra- 
leurs, non seulement les plus distingués par leur érudition, mais 
encore le plus spécialement verset dans la langue de Cicéron et 
de Virgile. Parmi les savans qui concourent ik l'érection de ce 
beau monomait littéraire, nous citerons HH. ChampolUon-Fi- 
geac, Villemain, Y. Leclerc, Andrieux , Naudet, Bumouf et de 
Golbér^. Ces noms, auxquels se rattache une juste célébrité , 
sont pour le public une garantie plus que sulfisuite d'un tra- 
vail qui ne laisse rien à désirer. 

Tous les auteurs latins, soiten prose, soit en vers, feront par- 
tie de la nouvelle collection. L'éditeur s'est fait ime loi de pren- 
dre pour point de départl'époque à laquelle les Romains ccns- 
mencèrent à avoir réellem«it une littérature et de s'arrêter 
à ce temps de décadence où le génie et l'imagination, mena- 
cés d'une extinction totale, sont près de s'abîmer dans une af- 
freuse barbarie. Le teite de chaque écrivain, soumis à une nou- 
velle récension, est établi d'après les maDUScrits et les édilioiii 
les plus estimées. Deux ou trois traductions seulement, entre 
relies qui existent déjà, seront conservées ; encore seront-dirt 
retouchées avec le plus grand tuin partout oii il es sera beseio: 
cesonl, par exemple, celles deDussaulx, pour Juvénal; deSacy, 
pour Pline le jeune, etc. Ainsi les amateurs de ta belle lati- 
nité trouveront en regard d'un texte puret correct, une versioa 
dont la scrupuleuse fidélité rivalisera avec une élégance desl;l< 
toujours soutenue. Tous les ouvrages seront prérédés d'une ■»>- 
lice biographiqoe sur leurs auteurs et sur les traducteurs an- 
ciens dont le travail doit entrer dans la collectioD. Des notes, 
' datts lesquelles un goAt sévère s'alliera A une saine cntiquei 
serviront à c-claircir les passages qui exigent une cxpticalioe 
spéciale sous le rapport de Tfaistoire, de la' mythologie, des an- 
tiquités, de la géographie et de la philologie. 

S. A. H. le Dauphin, l'auguste protecteur du BuUetift anirer- 
tel, a daigné agréer la dédicace de la Bibliothèqae latiite-p^^~ 
faite. Les auteurs actuellement publiés sont Juvénal, Vdlem* 



i:, Google 



PWohgùt Ethaogrt^e. 345 

Pftt«railU9, Ptine le jenne, Florus, CorneKus NepOSt JusIïd, V&- 
lère-Hazime, Jules-César, Qnioie-Curce et Valeriui Flaccus. 
nine rancien, Lucrèce, Sî-oéque le poêle, Cicéron, Suétone, 
Ovide, Salliute et Stace sont sons presse et paraîtront lr«s pr»< 
chaiBement. Les voliimea que nous avons sous les yeux sont 
d'une belle exûcution typographique. Un article détaillé sera 
consacré dans le BulUtiii k chaque ouvrage en particulier , que 
l'on peut acquérir séparéinent. La cotleciîoD entière formera de 
sao k i3o volumes. E. C D. A. 

3i6. SvEciMEic Kovx m BELUS Jvui CasAMs comiEiiTAMOBiiH 
BECKHsioRi s.— Discours par C. E. Ch. Scbhbidek, docteur et 
proresseur de l'université de Brésiau. In-4''. Breslau, 1837. 

Ce discouis a été écrit à l'occasion de l'anniversaire de la 
naissance du roi Frcdéric-Guillaiimc III, le 3 aoAt 1827. L'au- 
teur expose de nouvelles vnes' sur l'édition des Commenlaîrea 
, qu'il prépare. Il énumère les ressources qu'il s'est procurées > 
l'examen qu'il a faitou fait faire de plusieurs manuscrits, l'usage 
qu'en ont fait les éditeurs qui l'ont précédé, et le parti que l'on 
peut encore en tirer pour obtenir une plus parfaite correction 
du texte. H. Schneider s'attache surtout aux anciennes éditions, 
Jt la i" particulièrement, celle -de 1469, que Oudendorp avoue 
n'avoir pn consulter. Une idée nous a pjni remarquable dans 
ce discours.Ccst la classification par famille des principales édi- 
tions des Commentaires. Illeur recoonait cinq généraiious, en 
lèle de chacune desquelles il place comme leur souche 1" l'édi- 
tinMpriaeept de 1469; 2° celle de Florence, copiée dans cellede 
Venise, i5ii ;3''celle desAldi^s, i5i3;4° celle de Vascosan,quc 
celle de Frelon, à Lyon, a reproduite à peu près, etil met dans 
la même bgnéc les éditions de Robert Etienne et de Gryphius ; 
la 5* génération procède de l'édition de Juste Lipse, perfection- 
née par Scaliger, dont te ti-avail fut encore amélioré, par Quden- 
ilotp. Quant auséditions particulières qui ont été mnarquées, 
celles de Godwin, Grieviusi, Cellarius, Davisius, Clarlie, ils ne 
consultèrent point de manuscrits ou les reproduisirent tout 
tîmpIeiDent. M. .Schneider recommande ensuite les éditions 
de Homs, Obertiu, Dachu et Kreyssig; il nous semble lui- 
même très bien préparé pour ajouter encore par ses iTckerches 
i tout ce qu'il y a de recomouDdakle dans les travaux de ses 
prédccessenrs. C. F. 



1:, Google 



346 PtUloIogU^ Ethnographie. 

917. CoionvTAuus is *rocju.Tp»R Johahvu i 

GHTictis; par G. H. A. Ewau), profesieur k Goettiiigne. Gr. 

iii-8° d« IT et 3a8 p. Leipiig, iSaSiBobo. (GœaiigiÊd» 

gtlehrte Jneigen } KvrA i9a8, p. 6«g.) 

Le dernier livre de la Bible est aussi celui qui, en apparence, 
présente le plus d'obscnrîtés. Jamais ouvrage ne fut plus eoa^ 
plèteœetit et plus long-temps méconnu par lej hommes ponr le*- 
qnels il n'était point positivement destiné, que l'Apoc^ypac. Oa 
ne peut comparer k cet ouvrage que le livre de Daniel. L'Apo- 
caljpse écrite suivant ce commentaire dans l'année 69 de Vin 
chrétienue, et ins{ûrûe k l'auteur par les dangers plutàteité- 
rieuis qu'intérieurs qui menaçaient alors le christianisme, et 
surtout par les persécutions sanglantes qu'éprouvaient les pir- 
dsans innocens de la croyance nouvelle, rattache an tablcai 
des circonstances de l'époque , et d'après le but principal dm 
lequel elle avait été conçue, des espérances et des vanxpoorDB 
avenir prochain, et le pressentiment de temps plus heorem. 
Sans l'enthousiasme avec lequel cet ouvrage est écrit, il cAtM 
difBcile, dit le journal de Goettingue , de maintenir le eiirit- 
tianîsme naissant au milieu des tempêtes déchaînées contre Kii. 

Il est facile de démontrer comment tes images renfennte 
dans l'Apocalypse ont pu être méconnues pina tard. Depnii k 
deuxième siècle de l'ère chrétienne, les Chrétiens et les Juib k 
sépa.rèrent toujours davantage, et c'est ainsi que la connais- 
sance, ou du moins le sentiment vif des idées et des foma 
juives, se perdit insensiblement parmi les (^retiens éclÛRs. 
Et comme avec le temps où l'Apocalypse parut, et dans leqod 
elle était très-compréhensible, on perdit également le sourtnir 
des circonstances présentées dans des tableaui, ainsi que Ii 
connaissance du motif qui l'avait inspirée, et que l'on con- 
mença il croire que tout ce qui était contenu dans M livrt 
avait trait à Tavenir, il n'est pas étonnant que dès la fin da 
deuxième siècle , ainsi que le dit Irénée , le sens profond et k 
but de l'ouvrage commencèrent par être méconnus , et le fioeni 
toujonrsdavantoge, ainsi que le prétendent les Pères de fÉgliis 
qui vinrent eus 11 ire. Cette opinion se conserva à travers le Doyts 
flge jusqu'à nos jours , et personne n'ignore qne ses partisiu 
ont appliqué le sens de ce livre, et même des passages spé- 
ciaux, à des événemens historiqnes importons de tous les temps- 



PAiiologit, Ethnogn^hie. 34y 

Kicfahom et Hcrder auront toujours le mérite d'aTob Sût les 
premiers pas vers uue islerprétation plus raisonn^le ; le pre- 
mier, ea disant que le prophète BDiioDçut lachutedujndusme; 
et l'autre qu'il prédisait à la fois la chute du judaume et du pa- 
ganisme. De cette manière, le prophète' reste du moins un pro- 
phète de son temps, et traite un sujet que l'on peut concevoir. 
Biais l'idée que le prophète décrit le renversement du judu^nC) 
qu'avant Herder, Wetstein avait àéji émise , repose sur des 
ioter|»^tatioQS forcées et inadmissibles , de passages partico- 
liera, et ces commentaires abondent d'ailleurs en hypothèses 
et en conjectures. Dans son traité sur l'Apocalypse, le profes- 
MUr SIeek a élevé des doutes très-judicieux sur les interpréta- 
tïoDS dlUchbom et de Herder. Uais on ne saurait admettra 
l'idée de ce savant que le livre a été composé de parties inco- 
hérentes et écrites en divers temps. Quoiqu'il s'agisse de repré- 
senter un drame , on découvre néanmoins , dans la composition 
éa livre entier et dans la division de ses parties, un grand art 
qui est parMtemcnt développé, et l'auteur a fait passer dans 
W moiodres parties de l'ouvrage la tricbotomie ainsi que l'hep- 
tatomie à cause du caractère sacré de ces nombres. Ou doit 
considérer Jean comme le véritable auteur du livre. D'ailleurs, 
il s'annonce comme tel et sans aucun déguisement ; ce livra 
n'est eertaînement pas écrit comme celui de Daniel an nom du 
prophète. Btais après avoir bien pesé toutes les raisons, surfout 
ridîOBW de l'ouvrage, l'auteur du commentaire n'a pu l'atlri- 
bver à Saint -Jean. Le livre lui-même s'oppose à ce qu'on l'at- 
tribue à l'un des douze apôtres, et le passage, ai-14, conduit 
k tm aatenr qui est pénétré d'une haute estime pour les douse 
•pAtres. Pour expliquer rAptKalypse,^» eut recours antérieo- 
remrat à des moyens ou auxiliaires inusités, comme par exem- 
ple le livre d'Henocb ; et l'interprétation éprouvait on vif plai- 
sr k démontrer qne, d'après son but, son esprit, son siècle ot 
•on idiome, l'ouvrage ne devait être ni trop estimé ni estimé 
trop peu. Ce qui n'arrive que trop souvent. C, R. 

ïiS.Da.G. LjtHCiiGomsnT&Tio ox DirriciLi Boa^rn loco in 
S*T. I, 4, 87 et 88. In-S" de 56 p. Balle, i8a6. (Beck: 
JUgem. Hejterior.; 1816, vol. 3, cah. 4, p. 3o5.) 

: indiqué dans le titre a été expliqué et corrigé d« 



I., Google 



348 PhûolûgieiEthnographiêi 

dtfTérentes manières. On examine ici tous les essais qiri ont hi 
faits à cet égard, puis on propose de tire aquit au lïcn de 
^uavis. L'auteur dit qu'on peut aussi lire, conformèmoit à 
quelques manoscrits, amct uu lieu d'OMt; que chei Hor. le pln- 
riel A'aqute se trouvait souvent au lieu du «uf^ulier; que la 
première syllabe A'aqaa était longue chez Lucr. vi , 860, et 
qu'on pouvait tire ce mot comme étant composé de 3 syllabes. 
L'auteur rejette le mot A'imus que plusieurs, s'en rapportant l 
quelques manuscrits, ont voulu admettre an Iteo d'attiu. Dn 
autre changement moins forcé pourrait peut-être se faire de la 
manière suivnnte : 

Equibusunusomet cpiamvtBadspergereciuictos(quamqiiam 
cunctos soleat conspergere excepto eo qui aqaam praebel, ta- 
men potus tune quoque eum adsperget. ) 

319. OMEavATioHs sua dr r*ss*«i saca Afinia de SiàiQca' 
par Georges HtNiLTOH, TccteurdeKilIennogh.( rntAtacfMU 
. ofUie rojat irish acadeinj ; vol. XIV; antiquitétj p. 3.) 

Cette disserUlion peut être considérée comme m supplé- 
ment à deux sermons, l'un de Uiird , l'autre de Horsley, dans 
lesquels ces deux évëques s'eflorceat de réfuter quelques asae^ 
lions dnrélèbrBCollins,quioppOKaux prophéties delà BîUe 
quelques vers.de Sénèquele tragique, consûlcrés parluicorame 
nneprédiction de la découverte de l' Amérique et dn GroenlaBd; 
Coltins dé6e Wollaston de lui citer une seule pro|diélîe ainai 
claire , aussi positive que le passage du poète latin. H. Hamîltoa 
appelle l'érudition au secours de la svaceplibilîté religieuse des 
deux prélats, pour prouver que les paroles de Sénèque ne taat 
rien moins que l'efTet de la prescience, et n'ont d'autre fmde- 
ment qu'une ancienne tradition sur l'existence d'une rêgioa 
transatlantique. Il invoque le témoignage d'un grand nombre 
d'auteurs, dont les textes, sans fournir des armes à son adver- 
saire, ne militent pourtant pas tons en sa faveur; il fak BéoM , 
à notre avis , une fausse application de ceriaina paasaiges de ecs 
écrivains. Au reste, bien que les documens les plus concluani, 
n'onrent,àr^ard de l'Amérique, que des conjectures plus on 
moins plausibles, il est hors de doute qu'il existait chei les 
Grecs, qui l'ont transmise aux Romains, une vieille tradition 
relative k un continent situé par de là l'Ooéan : c'est ce qn'al- 



PMolûgie, Ethnographie. i4g 

testent Platon, Arislote, Diodore, Virgile, etc. £t si S^oâqrie 
a parlé au ftitur de ce qui est exprimé cfaexces auteurs au pré- 
sent on au parfait, c'est , selon nous, parce qu'il mit en scène 
Mé4ée, qui a , comme magicienne, le dou de lire dans l'ave- 
nir, et ne croit pouvoir rien annoncer de plus grand que la dé- 
couTCTte d'un nouTel univers. Que le poète trafpque ait fait al- 
lusion à des traditions accréditées, ou que le passage cité soit 
le fruit d'une imagination fantastique , il faut convenir que Col- 
Hds a étrangement abusé de ses paroles ; mais on avouera aussi 
que, pour des paradoxes qui ne méritent pas de réfutation, M> 
Hamiltou aurait pu s'épargner le luxe d'érudition qu'il lui a plu 
d'étaler. W. 

aao. Fa acvbutb, etc.— Fragmensrelatilsi l'histoire de la langue 
des peuples hongrois et slaves, rédigés d'après les sonrces 
grecques; par Grég. Dakkowsikt. i"' cahier, contenant l'his- 
toire ancienne de la langue dés peuples slaves. In -S" de 5a 
pp. Presbourg, i9i5. (Heidelb. Jahrbiie/i. der Ziterut. ; oui 
1816, p. 483.) 

L'auteur met à contribution les auteurs grecs qui ont parlé 
des Scythes et chez lesquels se trouvent des mots , noms pro- 
pres on communs, de la langue de cette nation. Il cite comme 
appartenant à cet idiome, les mots TaCirî, Airia. evfuitatr^cft 
AfTiVirsaa,ài TooufBfj Àpî^Ti;, etc. Le journal allemand adresse 
quelques conseils i M. Dankowssky pour la suite de son tra- 
vail : il l'exhorte k ne pas se laisser trop séduire par l'analogie 
des noms, k fonder sur autre chose que sur quelques mots le 
rapport d'affinité qu'il trouve entre les Scythes et plusieurs 
peuples de l'Europe, à s'appuyer davantage sur les faits histo- 
riques consignés dans les anciens auteurs, à profiter des re- 
cherches de ses devanciers sur le même sujet; enfin , à faire une 
élude plus approfondie des écrivains de l'antiquité. W. 

su. ItLDSTBAZlOKB AL CODICX ADTOCBAFO m NESSEK Fka5CESCO 

PsTUAkc* stato OGcuIto alla republica letteraria fin dall anno 
iSoi. — Remarques sur un manuscrit autographe de Pé- 
trarqne, inconnu à la république des lettres depuis l'année 
iSoi, et qui appartenait 'alors à Pierre Bembo, Félers- 
bonrg, i9ii.(Siéi'eriiaïa plehéla — Abeille du nord; a5 fév. 



jbïGoogIc 



35o Philologie, Ethnogrt^hi». 

L'auteur de la brochure, le chevalier ATTtghi,est nuinte- 
iMDt poueueur de ce loanuscrit , qu'il prétend être de la main 
de Pétrarque lui-même. H. Arrighi appuie son assertion sur tfi 
preores qui doivent en démontrer l'authenticité. A. J. 
saa. DicnoicitAinB irrKOLOOiQDE ne la livodk fkasçusk, oà 
les mots sont classés par fiaroîlles; contenant les mots du Dic- 
tionnaire de f Académie française , avec les principaux ter- 
mes d'arts, de sciences et de métiers ; par B. na RoQnrokT} 
précédé d'une dissertation sur les étymologies ; par H. Cuk- 
POLLion Finale, a vol. grand in-S"; prix, ao fr. Paris, 1819; 
Gœury. 

Noua reviendrons sur cet important ouvrage , et nous en 
donnerons une analyse complète, propre à en faire connittre 
tout l'utilité et tout le mérite. 

aa3. JouBXAL CHisos^K. Il paraît actuolleffleat k la Nouvelle- 
Echota, chef-lieu du territoire des Chérokées , un journal heb- 
domadaire, publié par un individu de cette nation. Il est im- 
primé en anglais, arec la traduction chérokée en regard, et Fa- 
bonne ment n'en coûte que i3 francs par an. Le premier nn- 
méro , intitulé le Phénix ehirolée, a paru le ai février 1818. D 
ratfenne : i" deux articles sur la bonne conscience et la flatte- 
rie ; a" la constitulion adoptée par la nation , au mois de juil- 
let 1S37, et dont on a fait connaître tes principale! dii- 
postions dans les 60* et 61* n"' An BiûleUn M la Société 
de géographie-, 3* une lettre de ïf. Thomas L. Rînejr, au se- 
crétaire de la guerre sur rémîgration des Indiens; 4° le Paltr 
luattr, en prose et en vers chérokées , que la Société se propose 
de faire lithographier; 5° le récit du danger que Vashingtoa 
eoomt à Westpoint de tomber entre 1rs maim des Anglais; 
tf l'alphabet chérokée; 7° une lettre du préùdeot Jeffenoo, 
adressée aux députés chérokées, le 9 janvier 1S09; et 8° un 
exposé de la marche que l'auteur se propose de suivra dans la 
conduite de son journal. 

L'alphabet chérokée se compose de 85 lettre* , classées, sans 
système ni méthode, dans l'ordre qu'elles se sont présenlées i 
l'esprit de H. Guess, qui en est l'inventeur. Chaque caractère 
exprime ime syllabe, à l'exception d'un seiU, qui a le son de 
notre t, et qui se combine de tant de manières diffénuteai qM) 



Jrvkmologù, NwHÙmatiqM, 35i 

si ouletupprimaîtiil faudrait y nobstituer 17 Donrean urac- 
térei : ce qui porterait 1 10a le mombre det lettres de l'alpha- 
bvt, et le rendrait eutiérement ayllabique. Il réuilte de U, et 
du peu de syliabei que renrerme la langue, que l'étude en e»t 
beaucoup plus facile que celle de l'anglais. Aussi , un élève an- 
^ais, qui se rappelle les longs mois qu'il a passés avant de pou- 
voir épder son abécédaire, eit-il étonné de voir un jeune ché- 
rokée intelligent apprendre À lire m langue en un jour, et n'f 
en mettre jamais plus de deux ou trois, {tondon Uiermy Ga- 
lette, févr. 1 899. Cette Gaiett* , aînii que le Bulietût de la Soc. de 
Géograplm, ont donné un spécimen de l'écriture chéroquoiie. 



AHCHiEOLOGIE, NVMISHATIQUE. 

334. De lA.vttxKsvwi n'tTmi exact dans la représentation et la 
description des monnmens archéologîqnes , et des graves con- 
séquences auxquelles entrabe l'oubli de cette règle; suivi 
d'une £ssertatian critiqne sur un bas-relief qui se trouve 
dans la ville de Clermonf; par J. J. Joband, peintre, eto. 
{IHimaint dtta Sociélé royale detantiquairei de Fnmee;Tma, 
Vn, p.a57.) 

La fMemière condition, pour bien faire juger d'un monu- 
ment, est de le décrire avec esactitude par le moyen du dis- 
cours, ou mieux encore, de le reproduire par le secours du 
dessin} mais dans l'un ou l'autre cas, l'intentionné suffit point; 
il faut en avoir préparé les moyeiu par des études suivies; il 
faut être assex versé dans la connaissance des arts et des anti- 
quités pour représenter les monnmens d'une manière fidèle. Ce 
n'est que par une grande et constante habitude de comparer, et 
surtout de dessiner ces restes précieux des arts, qu'on peut 
éviter de tomber dans de fausses interprétatians. 

Si, par exemple, un accessoire, tout à la fob propre à carac- 
tériser une figure ou un grouppe est devenu fruste; si ce n'est 
plus que la masse, en quelque sorte, de ce détail qui s'ofCre à 
nos regards, 00 ne peut se flatter alors d'en deviner le sens que 
par l'analogie qu'il offre avec ce qu'on a déjà observé de sem- 
blable dans d'autres monumens. Cette vérité est surtout frap- 
pante dans l'étude de la science numismatique; combien de st- 



i.,Cioo^lc 



353 jtrehaologie f Nwitùmati^ue. 1^394 

gnes , d'emblèmes, de caractères semblent ÎDCxplicables &n pre- 
micF abord, et cessent bientAt-de l'être pour celui jt qui vne 
graade pratique permettra de reconnaître les sif^es les moini 
apparens. 

Tfous ne parlerons pas de la négligence qu'on met souvent i 
reproduire le style des fi^^ires, ainsi que le caraclère de la fi- 
gure; ce sont cependant des choses d'autant plus importan- 
tes qu'elles serrent à fixer l'époque des monumens , lorsque l« 
artistes n'ont pas eu soin d'j mettre les dates; omission très- 
commune dans les monumens de l'antiquité et surtout du moven 

Un savant fort recommandable croyait voir, dans les sculp- 
tures qui décorent une des portes de l'église de St. - Julien sa 
Haas, le signe de VéerevUse, au lieu d'unemoMplac^auptâot 
d'intersection d'une croix grecque entourée de l'auréole; tt 
plus bas , dans la même voussure , ce même auteur crut leeoa- 
nattre le bélier dans Vagaeau, image du ChrïsL 

Biais une preuve bien frappante des erreurs dans lesquelles 
peut nous jeter notre imagination, quand elle n'est point diii^ée 
par une étude assidue des arts,c'est l'explication qu'ont dotuMtc 
divers écrivains d'un fragment de sculpture qui se voit à Oer- 
mont-Ferrand , et qui sert aujourd'hui de linteau à nne des fe- 
nêtres d'une maison particulière de la rue des Bohèmes. Foiu 
ne parler que de la description donnée par H. Gault , la der- 
nièrequc nous connaissions, M. Jorand assure qu'elle est pleioe 
d'inexactitude, soit dans le dessin , qui n'est d'ailleurs que celui 
de Simeonî; soit dans le leste, qui renferme quantité de noltons 
fausses ou hasardées. Ce bas-retïcf représente une tclc de femme 
ayant des ailes au front, des écailles tout autour de la face, 
et, de chaque c6té, un serpent à deux têtes. H. Gault prend 
ces écailles pour celles du poisnon législateur dei BabrloHï""' 
tandis que ce sont tout simplement celles de l'égide. 

Si H. Gault avait soigneusement examiné ce bas-relief, il aa- 
rait reconnu, par le caractère de la sculpture, le style rcmiin 
du lemps des empereurs d'Orient. S'il l'avait comparé avec l« 
monumens de diverses époques, il y aurait vu la rcprésen talion 
d'une tête de Méduse; et, avec une connaissance moins vague 
des antiquités celtiques, it n'en aurait pas fait un emblârae de 
la religion des Druides, mais il rauraît considéré comnie 1> 



'ArchcBohgU^ NamismaHque. 3S3 

tympan du fronton d'une porte, qui était pniJMblenmt celle 
tf nn temple., W. 

3a5. 1.mrrKi de M. Fkkd. Thikssci, conseiller du roi de Ba- 
vière , i H. Jos. Tainhroni, sur deux statues du Vatican , f t 
sur l'expression des alTectîoDs de l'Ame dans les ouvrages de 
l'art antique. ( Giora. artaâ. ; avril i Sa3, vol. LU, p. 63. ) 
Les dnix statues dont il s'agit paraissent être la répétition 
l'oDcde l'autre, et représentent chacune nne femme assise et vé- 
toe. L'une se tronve dans le musée Pio-Clém enfin, et l'antre 
dans le musée Cbiaramonti. Celle-ci a de moins la tête , la par- 
lie inférieiire des deux bras et pins de la moitié du corps, des 
genoux aux pieds. La main gauche, posée sur un fragment da 
siège, s'est conservée) et indique la position où était le bras de 
ce côté. Celte statue porte une tunique agrafée, et dont les plis 
sont arrangés avec beaucoup de symétrie : ce qui atteste et l'a- 
nifbrmilé du style autiqnc et le soin minutieux que mettaient 
les artistes de cette époque jusqnes dans les plus petits détaiti. 
Elle avait autrefois la tête couverte d'un voile, dont une par- 
tie se reconnaît encore facilement sur son cou. Ce morceau ' 
d'antiquité est d'ailleurs, non de style étrusque, comme on l'a 
cni, mais de style grec très-pur. Quant à la statue du musée 
Pio-Clémentin, bien qu'elle paraisse entière, elle n'a pas souf- 
fert moins de dégradation que l'autre; seulement, elle a été 
restaurée , mais par des mains inhabiles ; car l'artiste qui l'a ra- 
justée n'a pu ni saisir l'idée de l'original, ni suivre en aucune 
manière le goût de l'antique. 

Ces statues sont dans l'attitude d'une personne accablée de 
douleur : c'est-à-dire, assises, le corps penché en avant; la tête 
po«ée sur la main et soutenue par le bras , et le coode appuyé 
sur la cuisse. H. Tbiersch entre dans des Cousidérations inté- 
ressantes sur les diverses postures données à plusieurs statues, 
suivant la cause, la nature ou Tm ten si té de la douleur attribuée 
aux personnes représentées par ces statues; il fait voir que l'ar- 
tiste doit étudier avec soin la nature physique et morale de 
l'homme, et avoir égard aux modifications extérieures que su- 
bit notre corps par suite des affections de notre Atne. Ce savant 
antiquaire lait une juste et ingénieuse application des principes 
qnll vient d'exposer : il cite le Laocoon , si digne de l'admira- 
G. ToMi XI. a3 



i:, Google 



354 jfrehmologk t rfumismatipu. 

don de tous le» cannaisseun; le groupe deNiobé, l'Apolloadii 
Vatican , une statue de la galerie de Dresde , prise d'abord poar 
une AgrippiDC , puis pour une Hiobét , et reconnue enSn pour 
être une Ariadne abandonnée par Thésée, 

M, Tliiersch recherche quels pcnonnages peuvent représen- 
ter ces deux statues , qu'il considère comme une copie l'une 
de l'autre. Il passe ed rcvnc les déesses et les Bemmes célébm 
les plus connues parleurs inforiunes.LespreiDièreaquis'on'rent 
i son esprit sont: Vénus désolée de la mort d'A,donis, Phèdre 
tounnen tée par un amour incestueux dont elle a horrear, Andro- 
nnique pleurant son Hector, Ariadne délaissée par un amiat 
ingrat, Pénélope désespérant do revoir son époux. Hais, ne 
voyant aucun des attributs de Vénns, H. Thiersch ne pentx 
dédder pour la déesse; il n'a plus qu'à opter entre les quatre 
mortelles; un petit meuble placé à c6té du siège de la statue lai 
facilitera le moyen de &ier son choix : c'est une corbeille ayant 
la forme de celles que les Orecs nommaient vii.ûfo^, et qui ser- 
▼aient à mettre de la laine et les instrumens nécessaires aux 08- 
vragea de femmes. Hélène avait refu de Polybe, roi d'Egypte, 
un talarus d'argent bordé d'or. 

Cette corbeille ne permet pas à H. Thiersch d'admettre Phè- 
dre et Ariadne comme étant représentées par les statues du Va- 
tican. Restent donc Andromaque et Pénélope, toutes deux éga- 
lement célèbres pour leur amour conjugal et leur assiduité aox 
travaux domestiques. Pour se décider entre ces deux femnies, 
notre antiquaire compare avec les statues un bas-relief troym , 
de terre cuite, et dont le sujet ne saurait être douteux. Ce mor- 
ceau représente une femme placée dans la même attitude que 
les deux statues, et qui, comme celle-ci, a auprès d'elle une 
corbeille à ouvrage. Il exîale un autre baa-relief qui, d'après 
la dimension, les omeiaens, etc., a certainement appartenu 
au même morceau que le précédent ; et où l'on voit Ulysse se 
lavant les pieds, et reconnu par sa nourrice Euryclée, en pré- 
sence de deux bergers, £umée et Philétius, qui lui étaient de- 
meurés fidèles. Cette circonstance, combinée avec l'identité de 
•njct qui existe évidemment entre la première partie du bas^e- 
tief de terre cuite et les statues des musées Chiaramontî et Pio- 
C^ementin , prouve incontestablement que celles-ci reprcsenleat 
In chaste Pinélope soupirant après le retour d'Ulysse, que soa 
absence a plongée dan» une profonde afOiction. W. 



^reheeologie , Numismatique. 356 

aa6. DicoDvsBTKs h Vourti. 
Ob a déconvort , dans une petite maison derrière la Cr^>la 
dïeHnircAÛTfT, plusieurs tableaux représenlanl : Hercule étiole. 
-~- Une femme nue, dansant , embr.-issant du bras droit le cou 
d'un taurean, et tenant dans la main gauche un voile de cou- 
lenr vioIet-pSle. ^ Deux centaures, sur un fond noir, portant 
sur leur dos de jeunes Bacchantes. Ces tableaux sont d'un beau 
ttjSe et d'une parfaite conservation. 

«27. HosÙQDB iHTiqDz découTcrte A Triesteen iSaS, et dé- 
crite par M. Oom. de Rossktti. ( Araologia; mars iSaS, 
n* 63,p. i35.) 

Cette mosaïque, quoique dégradée, a pu néanmoins être 
nesurée assez exactement. Elle est de forme circulaire , et a 
D ireîse pieds de diamètre. Elle est composée de petits 
X de terre cuite et de petits cubes de marbre blanc , 
iKHr sale , rouge et jaune. * Ce bariolage , et toute l'exécution 
du travail , dît H. de Rossetti , attestent un temps de bari>arie , 
00 du moins un ouvrier inhabile. La mosaïque n'a pour base 
qoe laterre et une couche légère de mauvais ciment ; et , par 
suite de cette construction vicieuse , le pavé , au lieu de former 
on plan horizontal , est enfoncé dans beaucoup d'endroits , et 
présente des ondulations très-sensibles. Dans cette mosiùque , 
se trouve une bande large d'un pied sept pouces, composée de 
six cercles concentriques en couleurs sur fond blanc. Le prin- 
cipal de ces cercles représente une chaîne de ceeurs dont cha- 
cun renferme un triangle. >• Il paraît que la mosaïque de Trieste 
date d'oneépoque un peu antérieure ik Juslinieu. M. de Rossetti 
tire de la position de ce monument quelques inductions qui 
peuvent être utiles à ceux qui voudront reconnaître et dessiner 
l'ancinme topographie de Trieste. W. 

>a8. UiTSiisiLU BELioiEvx AirriQUES expliqués par M.lecomte 
Galeani Napiohb si Coccohato. ( Giorn. areael. ; ocl. i8a3 , 
p. 106; déc. 1893, p. 36o; fév. 1894, P- ^94 ; mars iSaS , 
p. 194 (mai iSaS, p. i57; juin i8a5,'p. 3oi. ) 
Une collection d'ustensiles religieux païens, en argent, fut 

déterrée en 1777 , dam la Tarantaise, au pied du mont Iserano. 

Les objets trouvés sont dix patères d'argent , presque toutes 
ai. 



356 Arckœologie, Numîsmati^oe. 

ornées d'images de dieux , peintes ou en relief , appartênint 
toutes à une même époque , autant que je puis croire , et con- 
sacrées ik un même culte ', deux tasses d'nrgent pur sans aucon 
oinement, un simpulum , un grand vase uni , rond et sani an- 
ses, trois cuillers de diverses grandeurs , deux anses moinles , 
un clou romain et d'autres petits morceaux d'argent. Cette dé- 
converle, une des plus belles qui aient jamais été faites , est 
certainement unique en son genre. Et je ne pense pas qu'i ce 
mobilier sacré du culte païen, il manque quelqu'un des usten- 
siles qui pouvaient appartenir il un templ« riche , et se fabri- 
quer avec l'argent. Le clou romain et les anses mobiles, dont 
on a parlé en dernier lieu, sont, peut-être , des restes de Xa- 
eerra ou boilc à encens , que poi-lait un des enfans employés 
au service des autels , comme on le voit sur des bas-relïeb en 
marbre où sont représentés des sacrifices. La cassette, étaut de 
bois ou d'une matière moins durable encore , se sera pouine 
dans la terre. Les trois cuillers auront servi à prendre l'eDcnu 
de cette accrra , et à le mettre brûler sur lu cassolette. 

Il est vraisemblable que tes patères dont'^l a été question 
plus haut , servaient d'encensoits , et que les noms difiërens 
donnés à cette sorte de vases tirent leur origine , non d'une 
forme différente , mais de l'usage auquel on les employait II 
est constant qu'un même mot sigtiiEe souvent des choses dif' 
férentrs, ainsi qu'un meuble ou ustensile quelconque porte un 
autre nom que tel ou tel ayant la mérac forme. Fomutus, dus 
Morestelli , dit que X'acerra était la coupe avec laquelle se fair 
saient les libations ; tandis que Festus affirme que ce mot dé- 
signe le vase sur lequel on brûlait de l'encens. De là vient piv- 
bablemenl le grand nombre des pâtures qui composent notre 
collection d'nslcnsiles sacrés , et parmi lesquelles s'en trouve une 
sans orncmens qui semble encore noircie par le feu. 

Les bas-reliefs de la première patère , lesquels sont d'un tra^ 
vail l'Iégnnt , représentent sur l'anse l'effigie nue de Jupiter, 
que chacun peut reconnaître à la foudre qu'il tient d'une main, 
et A la lance ou plutât au sceptre qu'il brandit de l'autre. Sur 
la seconde patôre (c'est-A-dire toujours sur l'anse), est la tnoi- 
tié d'une ligure de femmetenantau bras une corne d'abondance. 
Au-dessoDS se voient un autel embrasé , un caducée et que^ 
quès autres emblèmes qu'il est impossible de distinguer, le 

!■.,- .... I., i^ioo^lc 



ArehcBologie y Numismatique. 35^ 

métal étant oxidé dans cette partie. La troisième patèrc oftre 
l'image de Mercure, qui se reconDaît au chnpeau et au caduci-c. 
Ses Tonnes, et notamment lapoitrinc, sont celles d'imc rcrainc; 
il porte au con un eotlierou une i^iîrlande de fruits. De chaque 
cAté est un masque bachique ; au-dessous , on remarque une 
tête de Han armée d'un casque, et portant une barbe épaisse 
et courte; plus bas encore, on voit un autel sur lequel sont des 
rniits. D'un càté de l'autel , et sur le même plan , il 7 a un oi- 
leau , et de l'antre , une petite cruche. Sont aussi représentées 
deux chèvres , l'une debout et l'autre couchée ; elles sont par" 
faitement exécutées. Deux cornes d'abondance sur lesquelles se 
ironvcDt deux oiseaux qui la becquètenl, forment l'ornement 
qui UDtt de chaque c6lé l'anse A la coupe. Sur la 4' patère est 
représenté le même Mercure caressant un enfant placé sur une 
cohmne. An-de»soiis sont de mdme deux masques et un ihyrse , 
antpiel est attaché un ruban noné avec élégance. On retrouve 
encore Mercure sur la 5* patère ; auprès, sont deux tètes de 
dauphins. Pius bas, est un petit temple ayant deux portes cin- 
iréciet des degrés ; à c6té s'élèvent deux arbres , dont l'un est 
«I pin. Au-dessous des chèvres, des corbeilles pleines de fruits 
et deux oiseaux à bec crochu forment l'omcmeut qui entoure 
la ciiTonférence de cette patère. La 6' offre de nouveau Mer- 
cure BTcc le caducée et la bourse , et un autel en face. Derrière 
loi , te lisent les deux lettres m. s. Les 4 autres patères sont 
coies à quelques petits ornemens près , tels que des Seurs , des 
tètes d'oiseaux aquatiques , et autres du même genre. 

Je ne dirai rien des autres vases , tasses et ustensiles : car ils 
De méritent pas nue description particulière. Je ferai observer 
seulement que le (jW/iu'tun a la forme d'un de ceux qtii se voient 
dans la planche annexée h l'ouvrage de La Chausse , c'est-à- 
dire qu'il ressemble à une cuiller à manche tordu. W. 

11g. NoTicK srx un Hercule trouve à Tailly , près de Beaunc 

(Côtc-d'Or); parM.MoKELOT. (J/r/»o(n'j de la Société royale 

tlc! antiqaaiics de France; Tom. VU , p. 355. ) 

En 1819, un laboureur trouva dans un champ situé dans la 

commuue de Taili; , un bloc de pierre sculpté en demi-relief, 

que tout le village s'imagina être un saint. Cette pierre était de 

l'espèce dite coquillère ; et les petits coquillages, à moitié cris- 



I., Google 



358 Archteoïogù, Numismatique, 

talUsés, étaient réunis par une sorte de pite calcaire fort |n>^ 
siére. Il n'est pas doutcuxque celle sorte de pierre ait été cbrâia 
à dessein par le sculpteur , qui dût trouver une très-grande b- 
cililé à travailler un bloc qui n'olTrait aucune résialance à um 
ciseau. La pierre est si peu homogène qu'on aperçoit an ailioi 
du ventre de la statue une longue crevasse, qui n'est que le i*- 
suliat de la destruction de la pâle calcaire. 

Le corps de la statue, qu'il était aisé de reconn^tre pour ^ 
celle d'Hercule, est nu , excepté au cou, où l'on remarque nae 
espèce de pli formé satu doute par la peau du lion , dont on 
voit encore queltjues traces sur l'épaule. De sa main gaucfa«,k 
statue lient une massue sur laquelle elle paraît s'appuyer, et qû 
a éprouvé des altérations telles qu'elle est rongée de pha de 
moitié, tant par l'effet du temps , que par la mauvaîae qualité 
de la pierre. La main droite est placée entre te« deax cmdm 
d'un animal qu'il est facile de reconnaître pour la biche du noot 
Blénale. La tête de la statue est assez bien proportionnée ; mùi 
les traits du visage sont effacés. Ce qu'il y a de plus remarqua- 
ble , ce sont deux cornes qui partent de la partie postérieunda 
GOTonal , vers la suture de cet os avec les pariétaux, et hM 
d'une forme différente de celles qu'on donne aux faunes M un 
satyres. 

La hauteur totale de la pierre est de deux pieds dix pODC», 
et sa largeur est de treice pouces. La tète a quaixe potMCS de 
grandeur , le cou quatorze lignes , le tronc neuf poucts ataf 
ligues , les extrémités inférieures sept pouces cinq laines, l(s 
bras six pouces;enGn, la massue est hante de dixpouces. 

Le défaut de proportion et le mauvais goit de cet ownf* 
nous portent à croire que sa confection remonte à une époque 
antérieure à l'entrée de César dans la Gaule , d'autant plas f» 
les ouvrages exécutés depuis cette invasion ont un canKtèrt 
de régularité et de perfection qu'on chercherait en vain due 
ceux des siècles précédens. Cet Hercule n'est pas non pin» J« 
l'époque où les arts tombèrent en décadence ; car il est encon 
trop mal sculpté pour le temps' de Constantin ; et l'on »itt 
qu'après ce prince , le christianisme , qui se répandit fvBt ma- 
nière exclusive dans tout l'empire, ne souffrait pas qu'on éri- 
geât des statues aux dieux du paganisme. Il serait doue pemus 
de penser que l'Bercule de Taîlly date du tamps oft les Afr- 



Areheeologie , NumismaHque. 389 

céena se répandirent dans la Gaule, et établirent un commerce 
i^gnlier avec les habitans de cette cnntrée. 

Quant aux cornas que porte ta stalne , c'est tin ornement em- 
blématique assez extraordinaire; on peut croire qu'elles sont 
l'embléine de la force , ou que ce sont des rayons représentant 
ceux du soleil , avec lequel o» a quelquefois identifié Hercule. 

EqBd, il est probable que cette statue était placée dans une 
sorte de chapelle , nommée par tes anciens sacellum ; que der- 
rière l'autel du dieu il y avait une mortaise qui devait servir à 
recevoir tme espèce de queue en forme de tenon , qu'on remai> 
que an bai de la statue ; ce tenon s'emboîtait dans la mortaise 
et fixait d'une manière invariable l'objet dn culte de nos aïenx. 

W. 

a3o. DÉCODVEBTES A Rou. 
On a découvert dans des fouilles, 1 Rome , au mois de jan- 
vier dernier , dans le jardin des moioes de Latran , une statue 
colossale de Vespasien , k laquelle manque un bras , et une sta- 
tue de sa fille Julia. Ces deux statues sont en marbre , et se dis- 
tinguent par leurs b^les draperies k raies rouges qui représen- 
tent la coutenr propre de la toga pieta. On a aussi trouvé une 
tète colossale de Junon , dans le meilleur style grec. {Jaum.dn 
artiiUi;^' année, a" série, n' 1", t8s8. ) 

>3t. AvTiQDtTKS nacoDvsaTSs k foLOcnanAz , dan& le canton 
de Vaud , en Suisse. ( FcuiUe du canton de Faad ; n" 1 70 ^ 
XIV* année, 1817 , n° a. ) 

Au printemps de iSay , on commença à défricher un mon- 
ticule qui , de temps immémorial , servait de pâturage ; on ne 
tarda pas i trouver une suite nombreuse de tombes composées 
de pierres brutes de a à 5 pouces d'épaisseur , et si bien join- 
tes , qu'au premier coup-d'ceil on serait tenté de croire qu'elles 
sont noies par du ciment. La plupart de ces tombes étaient plei- 
nes de terre et contenaient des squelettes. Une seule était vide 
de terre et reniénnait deux squelettes , dont l'un était , selon 
tonte apparence, celui d'un homme, et l'autre celui d'une fem- 
me. Tous deux étaient couchés sur la face ; cette circonstance 
frappante porta H. Kaupert à examiner les squelettes desauirei 
tombes : tous étaient couchés dans )a même position , et avaient 



i.Aiot")t^lc 



36o 'AnhaologiCy Numitmatique. 

U tète vers l'ocddent , et le» pieds vers l'orîeDL Dans qnelque»- 
unes de ces lombes , ou trouva des plaqacs en fer qui doivent 
arbirété des agrafes, et présentent la même fonne que celles 
qui furent découvertes ilAmcs en iS>a ; seulement elles sont 
â'ua travail beaucoup plus grossier. Elles sont ornées d'arabes- 
ques , et l'on présume que ce sont des débris d'armures pro- 
venant des bordes de Sarrazios qui, au moyen âge, traversaient 
la Suiuepour aller en Italie et eu revenir. Ueuxautres tombes, 
qui paraissent avoir reçu, des corps de femmes , renfermaient 
chacune un vase conique, de pierre ollaire, de quatre à cinq 
pouces de hauteur sur trois de diamètre à l'ouverture. Ces va- 
ses ne contenaient que de la len'e; et on ne sait à quel usage 
ils ont pu être destinés : ils sont d'ailleurs grossièrement tonr- 
nés, comme ceux qui se fabriquent de nos jours chez les Grisons 
et dans la Suisse italienne. W. 

333. ToMBBLLES DE BoosEMONT. — E&tralt de la notice de 
H. P&KisoT. [Joarnalde la Société d'émulation du départ, des 
Fofget ; n" V, i8a6, p. aa?.) 

Les tumitii dont il est question sont au nombre de quatre , 
et sont placés à chaque angle d'un losange à peu près régulier. ' 
I<B forme de ces monticules est conique, et leur hauteur actuelle 
varie de i'°,75 k a^isS. Dans le tumuiiu situé au sud du qua- 
drilatère , on a d'abord trouva , à un mètre et demi environ de 
profondeur , deux anneaux de bronie , recouverts de patine 
antique et parfaitement conservés ; deux bracelets de cuivre , 
une petite quantité de cendres et quelques charbons. Les fouil- 
les faites dans le tumutut du nord ont mis ii découvert, i" quatre 
lames de ferde largeur inégale, longues de a5 à 4o centimètres 
et rongées de rouille ; a" quatre plaques de fur également oxi- 
dées , et qui servaient probablement à assujettir le ceinturon 
auquel les lances étaient suspendues ; 3° un fer de lance et im 
ferdcflèche non moins rouilles; ^^une/î^^ en cuivre très-bien 
conservée , longue de s«pt centimètres , et attachée à un mor- 
ceau de peau encore garnie de poil; ti° la moitié&peu près d'un 
disque tranchant de cuivre , orné de ciselures , ayant un dia- 
mètre de neuf ccntimètr(.-s ; G" une urne cinéraire de terre noi- 
râtre , remplie de ceodi'es , et travaillée intérieuremimt en spi- 
rale; 7° deux petits morceaux d'agatbe poUe et taillée circulaire- 



jtnhaologù, Numùmatiqtu. 36i 

moit; 8* beaucoup de cendreset quelques morceaux de charbon. 
Des fouilles fuites dans d'autres endroits delà roàne commune 
onl faitdécouvrirdesmorceauxdeces tuiles plates et à rebords 
dont les Romains nous ont transmis l'usage , des instnimens 
d'agriculture, des médailles d'argeot et de bronze de Séleucus, 
et de onw empereurs romaios ; deux bteufa de pierre sur un 
même piédestal , dts tuiles creuses du genre de celles qu'on ap- 
pelait ùnbnces , des fondations nombreuses d'édifices assez vas- 
tes , un pavé d'une très-grande étendue , fait de chaux et de 
ciment à la manière des Romains ; des peintures à fresque re- 
présentant des guirlandes de fleurs , un sphinx et d'autres ani- 
maux dont OD n'a pu reconnaître l'espèce , tu l'état de dégra- 
dation des mun ; des grains de colliers ea terre cuite , sembla- 
bles à ceusque M. Bot tin regarde comxie une parure des Gaulois; 
enfin d'autres médailles , parmi lesquelles on remarque une Sa- 
bine, en aident, un Hadrien , du même métal et ûgaieraent bien 
conservé , deux Commotle , une Fuuftine , une Ladite , etc. 

W. 

iXS. HÉHOiBB sua LES AsTtqoiTbS DE L* viLi-s ii'Ed ct dc son 
territoire ; par M. L. Estancelim. ( Sfém. de la Soc. des an- 
tiquaires de Normandie ; année i8a5 , p. i.) 

Les nombreux débris d'antiquités romaines trouvés dans les 
envircms d'En ne laissent aucun doute sur l'existence d'une 
ville dont le nom s'est perdu et dont l'histoire n'a pas conservé 
ie moindre souvenir. M. Esiancelin est convaincu qu'Eu n'existe 
dans sa situation actuetlc que depuis le 6° siècle au plus > ct 
s'eflbrce de prouver qu'il existait long-temps auparavant dans 
une autre partie de son territoire. 

A ime demi-Iîeue environ , au sud-est de la ville , est un bois 
appelé le Bois-l'Abbé , et dans lequel se trouve un grand nom- 
bre de monticules plus ou moins élevés. L'auteur du Mcmoire 
ramarqUa que les arbres qui croissaient sur ecs émiuences ne 
prospéraient point. Examinant le terrain de près, il vit à la 
surface dn sol des morceaux de marbre poli. Ayant appris en- 
suite que des ouvriers traçant une route an travers du bois , 
avaient découvert , il y a quarante uns , un gros mur , au-dessus 
duquel était une lar^e pierre couverte do caractères , il cun^ut 
le désir de fouiller ce terrain. 



JbyG0O>^lc 



30* ^rehiÊalogie , NuitùtmtaûjuB. 

Les pmnien travaux n'amenèreat que des morceaux de tui- 
les, de bricpies et de ciment. A detis pieds de prorondeor , on 
trouva une murfliUe ëpaisse de quatre pieds , et dont les foade- 
aiens n'atteignaient qu'une profondrar de neuf pieds. Cette mn- 
raille est faite de briques , de pierre et de cimem si dur, cpie 
le pic ne l'eKtame que difBdlement. La faee de l'ouest , enti^ 
rament mise à jour , présente une longueur de 40 pied^. Vers le 
nord , on trouva une assise d'énormes pierres de taille qui for> 
miient le soubassement de constructions sapéricuies. A dix 
pieds de distance régnait nn autre mur, dont il n'existe pins 
que des parties de fondatitms , qui , situées & des intervalles ir- 
réguliers , poarraient faire croire que le péristyle de l'édifice 
était de ce c6té. L'intérieur et les approches de ce péristyle 
étaient encombrés de Iraglnens de pierre , dont qaelques-una 
ont de trois à qttatre pieds de largeur. Us sont ornés de acalptn- 
reJ d'assea bon goAt , représentant des palmettes , des n»*ees , 
des feuilles d'acanthe , des irauclien , des épées , etc. Panai les 
débris, on a remarqué plusieurs espèces de marbre rare et pré- 
cieux, tels le vert et le jaune antique, |e marbre de Carraie, etc. 
Tous ces fragmens paraissent avoir formé ce que les ancînis 
Boramaieat rynu reticuUitiun. Ont été aussi mis à découvert des 
morceaux de poterie plus ou moins fine et de difFérentes cou- 
leurs, plus deux petites urnes onies f c«iiipaR«), une lampe de 
terre, des morceaux de verre en lames assez épaisses , des dé- 
bris d'un i^acage de ciment peint en rouge ou en vert, une petite 
lionne en bronze , d'un bon travail ; un grand nombre de mé- 
dailles romaines et gauloises , des instrumens et des armes de 
fer oxidés , des osiemena humains , des vases , des meubles , 
une patère de cuivre et des clefs de bronie. 

Parmi les médailles , il 7 en a plusieurs d'Auguste , en grand 
et en moyen bronze, portant en exergiierATKaHTMix. aoN.x* 
Aoc. ; une seule de Nfmes (col. itek.), quelques-unes de Tibère 
et de CaKguIa, huit ou dix dcNéron , avec diflérens revers; ane 
de Domitien , deux ou trois de Vespasicn , de Titus , de Trajan 
et d'Adrien , un grand nombre des Antonins et des femmes de 
(Ktte famille, TiCS médailles gauloises, fort nombreuses, sont 
pour la plupart indéchiffrables ; snr plusieurs d'entr'elles est 
représenté un cheval très-mal dessiné ; sur d'autres, on voit an 
bœufassez bien fait , avec le mot eirmtutiu ; et sur )» mrrSf 
une tète de jeune homme avec des cheveux bouclés. 



Arekaologiay Numùmaiiqiu. 3At 

M. EsUiiodin recherche ensuite si les ruines dMCDTiroiiatf En 
soDt ks restes d'une ville, quel éult le nom de cette villa, 
eoniBCni et à quelle ëpoqne elle fut détruite. Pour perreDlr à 
%oa bat , ne trouvant rien dans les auteurs de l'antiquité , il a 
recours au raisoDuenent et aux écrivaini do moyen ige. H'irr 
prés l'étendne et Hniportance des ruines dont il vient de donne* 
le descriplioB , il ne doute point que ce soieat celles d'iva an- 
tique «té : c'est sur quoi chacun tombera d'accord avec lui. Il 
prouve par le titre de la donation du Bois-l'Abbé, faite, en 11901 
par le ctMote Jean ji l'abbajre d'En, que, dés le la* liécle de 
notre ère , la ville ruinée était convertie «1 fbrét ; il croit poiH' 
voir rapporter sa destruction an quatrième siècle , époque i la* 
quelle Ica barbare» du nord , selon Grégoire de Tours , mireni 
toot à feu et k sang dans ta Gaule , et détruisirent les villes de 
fond en comble. Il est en effet assez probable , que la àté nei» 
tricane subit le sort de tant tfautret. Ce qui précède explique 
asseï comment il arriva qu'elle fut presqu'entièrement anésntie; 
«tàwR/Mrwrerirmr. Enfln,M. Estancelin s'efforce de retrouva 
le tiom ancien de la viHe qui s'est plus. Il oensuUe la table 
TWodoûxme qui ne le conduit qu'it des probabilités; mais il 
nppocle un passage beaucoup plus conclnant d'Àdri«i de V*> 
lus. Cet écrivain eile ope ville appelée Avgmtta viUa AmUamo- 
mm, qui , selon notre antiquaire , doit être cdle qui faisait I4 
sojet de son Uémoire , et dont il croit reconnaltie le nom tiéf 
corrompu dans celui du village d'AoAte , séparé des minet du 
Bois-l*AM>é par la longueur de la vallée seulement , et tonjoura 
désigné, d'ailleurs, dans les plus anciens actes, sous la dénomi- 
nation de jiuguita, Nous fondant sur cette fmnûmité et cette 
ressemblance de noms , uous ajouterms , en terminant , qu'il eat 
possible qae la cité en ruines s'étendit anciranement jusqu'au 
lien occupé aujourd'hui par le village , qui , étant dans ce cal 
très-probable , la seule partie sauvée de la destruction , aurait 
naturellement conservé le nom delà ville enti^ dont il serait 
le reste. W. 

^^4- Hixoiu sua l'ajicuiihb ville uns Gaulss qdi k vovtt 
LS noH na Samabobuva; par SI. Hauook m la Larob. In-S". 
Saint-Quentin, i837;T>lloy. 
Amiens et Saint-Quenlîa prétendent conourremmroi «u nom 



:,■:.. I:,GOO^|C 



364 Arehteolùgie, Numismatique. 

de l'antique Samarobriva : H. Higotlot «st l'avocat de U pre- 
laiâre de ces villes, et M. Hangon de la Lande, celoi de la sertm- 
de. Les deux cités prennent nne égale part à U marche de leur 
cause, encouragent leurs champions, les'exciteat par leun suf- 
frages, et attendent le jugement des doctes sur celte patrioti- 
que controverse. Il faut espérer qu'elle finira bientât; les mé- 
moires des avocats sont empreints déjà de cette vivacité qui 
prouvequechacnn d'eux fait sienne et personnelle cette qoesiioii 
^e géographie comparée , et ce qne uous ferons remarquer d'a- 
bord, c'est qu'aucun' des deux écrivains, dans leurs laborieuses 
recherches et dans leur énumération des autorités de tonte - 
sorte en ce qui touche le sujet de leurs écrits, n'a connu ni 
cité le travail d'un homme de grand poids qui a aussi exaunné 
tous les points accessoires de la question principale si chaude- 
ment controversée, je veux dire les Observations sur la sitaMio» 
de quelques peuples de la Belgique et sur la position de qtulqmes 
places de ce pays, lors de sa coaquAe par les Romaùu, par Fmé- 
UT, mémoire inséré dans le Tom. XL VII du Recueil de l'Aca- 
démie des inscriptions, pag. 43^ ^ i^T- Ces observations nom 
ont paru très-propres k éclaircir bien des difficultés et sur les 
distances réciproques des lieux, tirées du texte de César, et 
nir les corretions probables qui peuvent être admises , ou re- 
jetées comme trop hardies. Quoiqu'il en soit , H. Mangon de la 
Lande reprend une à une les objections de H. Rîgollot, en 
examine la solidité et la justesse , explique et corrobore par de 
nouveaux faits ou des considérations nouvelles ses prop'es as- 
sertions et les conséquences qu'il a tirées du texte des ComiDen- 
taires, des distances qui y sont mentionnées , appliquées aux 
localités modernes , et la bonne foi de sa discussion pourra sé- 
duire plus d'un lecteur et l'entraîner à reconnaître Samaiobriva 
(Pont sur la Somme, seiou l'étymologie très-probable qu'il en 
donne] dans l'emplacement actuel de Saint- Quentin, nous ne 
pouvons qu'applaudir au zèle qui se montre dans beaucoup de 
villes de la France poui' en éclairer ou illustrer les aniiqiHlés. 
Les doutes de la géographie comparée sont encore en grand 
nombre : honneur à ceux qui , comme MH. Rigollot et Hangon 
de la Lande consacrent leurs luniii^res et leur zèle il les diminuer: 
ce sont autant de certitudes que l'histoire doit y gagner, et la 
vérité sur les lieux ne peut luauquer d'en répandre sur les fiûts. 
L.R. 



ArchœohgU^ Namiamatique. 365 

a35. H^oiu SDK lks kums t>i Viui^Év»ux (Eure); par 
RtvKB. Id-S", avec i6 planches. Évreux, 1837 ; Ancelin, 
Le volume que nous annonçons a été imprimé par l'ordre de 
la Société d'émulation du départemenl de l'Eure ; il serait très- 
utile que les Sociélés littéraires de nos provinces snivissent cet 
exempte. Nous sommes' convaincus que de très-bons mémoires 
sur des faits particuliers de l'histoire de France , de très-exac- 
tes descriptions des monumens qui existent dans chaque loct- 
lité, sont communiqués à ces Sociétés; mais ces travaux sont 
perdus pour la science , tant qu'ils restent enfouis dans leurs 
cartons. Aujourd'hui une émulation généreuse excite le lèle de 
l'adiiiiaistnition publique, et les plus honorables citoyens de 
nos villes concourent de tous leurs moyens à en rechercher les 
illustrations de tous les temps, à los fairç connaître, à appeler 
sur elles l'attentioii et la justice des écrivains qui reproduisent 
nos annales nationales : c'est sans contredit leur préparer d'ex- 
cellens matériaux déjà bien élaborés. 

Feu M, Rêver a travaillé d'après ces idées que son zèle lui 
suggérait de prime abord , et les recherches sur Vieil-Évreux 
en sont le fruit. Le volume que nous atinonçons en est le ré- 
sultat : il se compose d'une suite de mémoires et de note* plus 
on moins étendus. La première moitié du volume , celle qui se 
rapporte aax fouilles et aux découvertes primitives , a déji été 
annoncée dans le fu'/ffin, Tom. Vin, n°397;il ne nous reste 
donc à faire connaître que la a* partie. Elle renferme beau- 
coup de recherches physiques et chimiques sur des faits rela- 
tifs aux monuments découverts^ noas avons annoncé aussi son 
opinion, et les faits sur lesquels il la fonde, an sujet du pla- 
tine qn'il croit avoir été connu des anciens (Voy. le BitUetin, 
Tom. IX, a" la^ ). Ce que nous avons à remarquer |de nou- 
veau pour les lecteurs du Bulletin dans le volume de 9f . Rover, 
se bnnie donc aux planches et à leur explication. Cei planches 
représentent les divers objets antiques trouvés dans les fouilles ; 
il 7 aime grande pierre levée de l'époque gauloise; presque 
tout le reste est romain; ce sont des constructions, restes de 
baias et autres «difices; des poteries à reliefs 011 communes, des 
portions de mosaïques, des ustensiles en bronze, et parmi eux 
se trouve un mors de bride en fer, des figurines dont plusieurs 
■ont du style égyptien, ce qui a été remarqué déjà panni las 
figures découvertes dans des ruiiKS romaines} il y a autsi d«5 



^66 Histoire. 

médailles comme partout ailleurs. On peut donc considérer te 
volume des mémoires de M. Rêver comme ime bonne maao- 
graphie sur les antiquités de Vieil-Évreux, oA M. ReTcr recon- 
natt comme le Mediolanum chef-lieu du peuple AutervL L K. 



HISTOIRE. 
«S6. DiLL* oiMura DSI Coosovi, etc.— ^ur l'origine des umi 
et surnoms; lettre de L. Cibkauo à Jos. Hiinto. Itt-8°. 
Turin, i8s7;pic. 

L'ouvrage de M. Cibrarîo vient après ceux de Delà Roque, roo- 
primé par l'auteur à la suite de ton Traité de la noblcsset Bodco 
1735. Le P. Menestrier, Aaa& ion véritable art da blatoM,1tjaBï- 
faucon et Mabillon ont auui traité le même sujet, et naos 
avons rendu compte dans le Bulktin de 1837, Tom. IV n" 
146, de l'ouvrage plus général (ur &t nomnf'AoïnffMf, publié 
par Sf. Eusébe Salverte. M. Cibrario n'j^oute rien aux notions 
spéciales sur la matière^ mais il Tait de ses principes une appli- 
cation plus particulière aux noms propres italiens; il en cite 
486 , quelques-uns comparés aux noms français correspondaiu, 
dont il donne l'origine , et, en ce point, ses rechercUes et n 
bonne critique commandent tonte confiance en ses déductieos- 
II rapporte ces origines des noms et surnoms à 10 causes dont 
l'influence doit se retrouver dans tous les autreis pa7s, K ■!>" 
-sont : t" les noms d'anciennes familles romaines; a" la pairie 
des personnages; 3° les qualités physiques; 4° les qnalitésde 
l'esprit on du cceur; &" les fonctions publiques et autres qua- 
lités honorifiques; 6° les noms des pères, mèrea, femmes, on- 
cles, etc.;;" les titres et dignités; 8° des terres et pofsesjiow; 
9° les grandes actions , supériorité dans les professions, elcj 
10" des distinctions reçues, etc. M. Cibrario fait remarqu» 
ensuite comment l'usage a corrompu l'origine et la véniaWe 
orthographe de beaucoup de noms propret, surtout quand il* 
passent d'une langue dans une autre. On voit donc que ta tetft* 
est un bon sommaire sur le sujet qu'il y a traité. Le voluix' 
est terminé par une notice sur Philibert de Pingone : on ^ 
trouvera aux mélanges biographiques du Bidletia. 
«37. ILat* SaitxiLii* ; a coLtacrioir or «noias , etc.— ColI«- 
tisa <ki ménoim sur l'astronomie chronologique indienMi 



Histoire, 367 

ptr le lieutenaBt-colond Johr Wajjibv. In-4°( 5S7 pag. Hft- 
dras, iSaS; îniprim. du collège. 

L'âuteur, Français de naissaDce, mais au service d'Angletern 
depuis 1 791 , avait d'abord pour but d'expliquer le calendrier 
tamoul ; mais ce dernier étant basé sur des traités écrits en san- 
scrit, H. Warren étendit son travail, en lui conserraot toute- 
fois sft forme primitive, ce qui en rend la lecture asses fati- 
gante. On a cru s'apercevoir , bien que les théories soient 
toutes tirées de livres sanscrits, qu'il 7 « eu des notions étran- 
gères mêlées à ce fond, ce qui diminue, sous de certains rap- 
ports I le mérile littéraire de ce travail. De plus , l'auteui) de aaa 
propre aveu (p. 35i),ne connaissant pas le sanscrit, a d& s'en 
rapporter ou i des travaux précédens de Davis, ou à des pan- 
dits da pajs dont on n'est pas toujours sur de tirer des ootioas 
certaines, comme les exemples de BentUy, et surtout de ^l- 
ford, le prouvent. 

Les Indiens aiment, en toutes choses, les chiffres poussés k 
l'excès, peut-être parce qu'ils supposent qu'ils en seraient 
moins sujets à rerreur; ils ont en la patience de calculer le nom- 
bre des jours, «t peut-être même des minutes, contenu dans la 
grande période astronomique {Mahajug) de 4|3%o,ooo années; 
et l'auteur se plaint de ce que les logarithmes devenant tout-b- 
fait inutiles, il faille à tout instant recourir k la règle de trois 
(TVràtuûta), aussi langue qu'ennnyeuse. 

La t" partie de L'ouvrage contient l'esposiliou de l'année so- 
laire en usage chez les Tamouls. Cette année est partagée en fi 
saisons (nta), dont chacune contient 1 mois; les jours sont de 
deux sortes : le Savon se compose du temps écoulé entre a le- 
vers du soleil , et le Saura comprend le temps que met le soleil 
à décrire un degré de l'ét^liptique. L'année civile admettant, 
comme chez nous, des jours intercalaires, les astronomes ont 
tAché de remédier 4 cet inconvénient en divisant l'année eu s 
parties inégales , où les fractions des jours se trouvent compri- . 
SCS. La durée du Savan a été diversement évaluée k 365 joun, 
6', 11", 3o"', à 36", 34'", ou k la" 36"', Les tables que l'auteur a 
ajoutées k sou traité supposent le premier méridien à AvanU, 
que l'on croit être Oudjein, ou pliitAt k Sanka (i), une des 4- 
villes imaginaires que les Indiens placent sous l'cquateur jt 90° 
de distance. D'autres astronomes prennent pour point de départ 
(t)75*ï>' iS*'B. daGTMDwkh. 7S'3S'o''E.<bfMt. 



368 Histoire. N* ùiy 

la petite île de Kamitturam (t),sitnée entre Ceyian et ta Terre 
ferme, à q" i8" f" lat. sept,, célèbre par son observatoire et 
par une ancienne pagode. 

La seconde partie, contenant l'année luni-solaire , était sans 
contredit la plus difficile à traiter, et l'auteur avoue que son- 
vent il était réduit Ji deviner avant de pouvoir démontrer; l'ob- 
scurité de ce calendrier est telle, que H. Warren pense que ses 
auteurs l'ont fait à dessein de tlérober le secret de leurs princi- 
pes à l'astronome aussi bien qu'au cbronologistc; aussi /oner, 
qui s'était occupé précédemment de ce sujet, s'était contenté 
de l'efBeurer (a). L'année commence avec la nouvelle lune qui 
précède l'année solaire ; elle se partage en i a mois auxquels on 
ajoute, an besoin, un i3"; chacun de ces mois est divisé en a 
Faucha, dont le i" est nommé /alla ou Jouteha (écUii^J, et 
l'autre Kriehna ou Baioula (sombre); cbaque PaAeha contient 
i5 lïdhi oxi jours lunaires de a3 heures 3^' 37" et y; l'année 
solaire en contient 371. Suit l'exposé de la gnomoniqiie in- 
dienne, od l'auteur a étendu les découvertes de Davis, et Tex- 
posilion du système des intercala lions pour accorder cène an- 
née , ainsi constniite , avec l'année solaire. Il est vrai que l'au- 
teur, dans celte exposition, est sorti de son sujet, son but étant 
l'utilité pratique, et l'année luni-solaire a cessé d'être en usage, 
excepté dans le Tellinga ; mats des rechercbes sur des antiqui- 
tés sont toujours s&res d'être bien reçues en Europe. 

Vient ensuite la triple exposition du cycle sexagésimal de Jn- 
^iter {Vrihaipaii Tchahrn) , i\o\ n'a jamais beaucoup servi en 
astronomie, mais trés-fréqucniment en chronologie, et raiitenr 
a consacré une quarantaine de pages (a^S-aSg) à donner des 
régies générales accompagnées d'exemples, destinées à Taira 
voir la manière de calculer la date quelconque d'un ancien mo- 
otiment indien. 

M. Warren a ajouté un traité snr l'année musulmane d'après 
des autorités un peu anciennes; cette partie ne saurait *trc 
d'aucun usage en Europe, oft l'on possède les travaijx A'Itteler 
et de Savoni A ce sujet ; mais, aux Indes, tes livres scientifiques 
sont très-rares, et on aime A trouver réuni dans un volume 
tout ce qui se rapporte an même sujet. 

(1) 79' a»' 5" Cr. 77" i' 5" P»ri>. 

(9) V. la Ménoin rÀ« /nn<ir,mir a/ (ie flÙKbi. Aiiaiic Rti. III, «Sj- 
>g3, édîl. d« Calent*. 



Mistùtfe. 36]) 

L'uileur ilédare , à dilliérantes reprisn , que l'utrononiie 
pratique est son unique point de vue; toutefois on se demande 
si, d'après les données qu'il fonmit, on est à même de voir 
pins clair dans la question sur l'anliquité de l'astronomie ehcB 
.tes Indiens, admise par Bu]Tow(i)ei niée avec nne égale assu- 
tvKx par Bentley. Il est vrai que ce dernier, ne sachant pas le 
sanscrit (a),a pu être troiopé par des pandits, de même que son 
ami WilTord; ieP. Hudouin, dans sod système connu, avait 
au moins lu les auteurs de l'antiquité; mais lorsque Bentle; 
traite les pouranas de romans modernes (3), sans pouvoir en 
lire nne ligne , on trouve, avec Colebrooke, qu'on peut facile- 
ment renverser son système par ses propres armes. 

Il est clair que des progrès quelcxHiques en astronomie doi- 
vent être précédés de progrès dans les mathématiques pures. Il 
est prouvé que nos chifrres sont d'origine indienne, et que ja- 
mais les lettres de l'alphabet n'ont servi chea ce peuple comme 
namérales (4) ; l'invention du zéro ne saurait lui être refusée, 
quoique le mot Sanjra, qui le désigne, ne se trouve pas avec 
celte signification dans l'Aonra Kocha (p. a63, éd. Golebr.); 
les Arabes, en le nommant ùfr (dont nous avons fait chiffre), 
ini signifie vide, n'ont fait que traduire le mot sanscrit qui a 
laméneùgnification; dans la notation algébrique placée i gau- 
che, en hant du chiffre, il désigne te miitiu, Burrov (5) avait 
déji le dessein de traduire un traité sanscrit d'arilhmétiqne; 
Tavlor et Colebroote l'exécutèrent. Le premier remarque (fi) 
qoc) d'après uue superstition très-répandue, la connaissance 
dece traité donne un pouvoir surnaturel, tel que de compter 
en on instant les feuilles d'un arbre, etc. Cette idée se trouvant 
déjà dans le Blahobbarata (7) , il y a lieu de présumer que la ■ 
connaissance de celte science lui est antérieure. C'était une 
opiuÎMi assex accréditée en Europe, que les Indiens se servaient 
de leors limnnin ïans les comprendre. H. Warren iAaerm 

(1) Aii>t!o Ke*., II , 4B8 , 4S9 . iHx. Cile. 

(?) A*iatic Jonnul, xxi, M4, 365. 

(1) Aiulio Km. , ^'111,141. 

U)Ti7lor, IiUir>tiidrrod.3S.BiM>lw7,SiS.' 

(S)A«.,leR„„ n, «8g. 

(a)LUiwiti,lS. 

(T}H*lu,aa, o-ii,p,i44» Mit. Sopp. 

G. Tou 2J. 04 



1:, Google 



S^o Hiitoire. 

(p. 93 , noL) avec nîioii que beaucoup de géomètre» et d*!»- 

tronomes, qui se servent des formnlei données par la Africuiti^M 
céleste, sont dans le luéine cas. Au surplus, Davh et Ta]rlor(i) 
ont trouvé (]ue cette opinion n'était pas fondée. 

Pour l'algèbre , le traité de Srahmogypta, traduit par Col«- 
brooke, contient des théories qui n'ont été retrouvées que datu 
le siècle passé par Euler et Lagrange. Il est vrai que cet auteur 
n'est que du septième siècle de notre ère ; mais eu Ait de scien- 
ces mathématiques, les derniers livres sont toujours les plus 
usités; de la roérac manière Ptolémée édîpsa Marànu,Kt Stra- 
boa ftl oublier Enuosthène. Il serait possible au reste qu'on ou- 
vrage réputé d'un âge mythique, fAt asses moderne; car les 
Jndiens avaient l'habitude, selon la remarque judicieuse de H. 
de Schlegel (*), de mettre leurs nouvelles découvertes sot» les 
noms que déjà l'antiquité révérait. 

La traduction d'un traité complet d'astronomie serait sans 
doute le meilleur moyen pour faire cesser les ineertitudea au 
sujet des connaissances que les Indiens y pouvaient avoir. Co- 
lebrooke (3) les suppose plus forts en théoriequ'en cdisemtîoii; 
toujours est~il vrai (4) que les Indiens, en admettant que la 
distance d'Oodjein à P«nca (sous l'équateur) est la 16' partie 
de la circonférence , ne se sont trompés que d'un quarvate-cio- 
«piième. Nous ignorons si cette évaluation eat ccUe A'jtryatAaU» 
dont parle Colebrooke (5); si cela était, elle serait vraiaaabla- 
ble et antérieure k notre ère. 

D'après tout ce qui précède, nous croyons avoir fait voir 
ipi'à la vérité il faut encore des développemens «t surtout das 
faits ultérieurs , mais que déjà maintenant on se &ent porté i se 
décider ponr l'affirmative dans la question relative aux connaii- 
sances que Ilnde antique pouvait avoir dans dinïnntes bnn- 
ches dea sciences exactes. Au reste, ces peuples avairat, comme 
les Grecs, le talent de s'identifier, même avee les invcntiuBS 
importées. La langue sanscriteest si flexible et si riche , que ja- 
mais, ou bien rarement, un mot étranger n'indique des idées on 
des inventions étrangères. S. 

(i)AiIsiicItM., Il, laff, a( j, Liliwid, 37. 

(1) nbliotbcqDi IndiniiB, Il , 47s. 

(>} Atiaiic JoBTDal , sxi , 36f. 

(4)UliW(tt, 39. 

(S) BiatawagjpU and Bba««tn , nuiixj IwJon, ttf . 

!■.,- ....I., Google 



ffistolre. 3^1 

«38. Gavnii'innMrTBxifcKxrKDXL'ImneniSS?, àConstao- 
tino de Friuli, reçue par celui-ci en iSJg, «t contenant di- 
vises choses merveilleuses relatives à cette contrée. 40 pp- 
T«lice, iè%i i Alvisopoti. ( Giorn. arcad. di icienze etc. ; juin 
ib4. vol. 66, p. 33 5.) 

La lettre que nous Bononçons fut écrite par Maffio Priuli k 
ses amis de Venise, sa patrie. Imprimée pour la première fois dans 
le 16" siècle, par Marcoiino, elle est devenue fort rare et est 
presque tombée dans l'oubli. L'abbé Moschini en a publié une 
nouvelle édition précédée d'une savante préface. ' 

Après un préambule consacré ii la piété 61iale, à l'amour de 
la patrie et A l'amitié, MafGo Priuli entre en matière et parle des 
iBiEon indiennes en commençant par la religion. 11 raconte lus 
supplices que s'imposent les Indiens pour honorer leurs dieux. 
Mais nous ne pouvons nous empêcher de croire que ce récit est 
au moins exagéré : le lecteur va en juger. ■ Les uns, dit-il, se dé- 
cfairent la cbair et en donnent des lambeaux aux assistans qui 
les conservent précieusement et s'en servent dans leurs ablu- 
tioDS après les avoir réduites en cendres. Les autres, non con- 
ICBS de eette espèce de lioucherie, s'arrachent une cote et ua 
nerf de la gorge, et en font un arc avec lequel ils lancent aux 
qiectatenrs les plus éloignés des morceaux de leur chair, accora- 
piytiit de telles horreurs d'une sorte de chant an milieu da- 
quri ils expirent. ■ 

Passant ans autres usages de la vie, Priuli donne des renset- 
gnemcns sur les vaisseaux indiens, dont les pièces sont assem- 
blées non au moyen de clous, mais avec des cordes dont la ma- 
tiÀrv est liécorce de l'arbre qui produit les noix dinde. Selon 
l'aoteur, cet arbre leur sert à faire les vaisseaux , les voiles , les 
mcrea, leshanbanset les mAts; il leur procure de plus une nour- 
riton «t nne boisson abondantes. Suivaint le même, les Indiens 
vont tontnoa, excepté qu'ils portent nne ceinture faite de toile 
de ooton; ils se laissent croître leurs cheveux' et leurs ongles, 
MBS jainaii les couper. Priuli dit que les langues de llnde sont 
trii KmbrmuM, et qu'il ena compté jusqu'à deux cent-soixante 

No«* lûons eneore dans cette lettre que la chair humaine 
éûât Mlle ga'AnÙAnt le mieux tes habitana d'une tie de llnde 
qolliwiioiiunepasiquetle fila vend son père quand ccluî-ciest 
a4. 



i.Aioo^lc 



Zji ^ Histoire. 

TÎciix, parce qii'U est plus honorable d'être mugi que de m» 

rir oaiurellem^t. 

L'auteur rapporte que dans nu paj^s de l'Iude, cdai qni *nt 
donner un régal, sert à ses convives un chien mort et plàa dt 
vers; et que plus il sent mauvais plus on le Ironve bon. Eanilt 
il entre dans des détails assez circonstancié, sur divers auçtt 
de l'Inde peu curieux, ou que l'on trouve dans toutes les rela- 
tions des voyages ; les bornes d'un simple extrait ne nouspcp- 
metlaal pas de les transcrire, nous renvoyons le lecteur i Tn- 
vrage original. W. 

a^g. Hellehischk Altistmcmskuitoe elc. — Antiquité hdlém- 
que, considérée sous le rapport de la poliliq'ue; parGuHL 
WacHSxuTB, profess. d'histoire à l'université de Leipzig, i" 
parlie : Constitutions et rapports politiques extcrienn in 
étals helléniques, a' divùion : Depuis les guerres contie l« 
Perses jusqu'à la fin de Tiudépendance des Hellènes. Id-8° et 
' XII et 536 pp.; pris a thlr. 18 gr. Halle, i8a8; Hemmccdf, 
{Leipzig. Ziteral. Zeitung; mare 1828, p. 5oi.) 
Celte seconde division termine k peu pris la moitié de toni 
l'ouvrage. Noua n'en signalerons que les chapitres les plttàa- 
.portans. Cesont: p. i-iS, la fameuse guerre contre les Pnso; 
p. 1&-83, la démocratie en général et la démocntie àtbéBÎHUt 
en particulier; p. S8-69, Périclès, ses compagnons et ses tène- 
saires; p. 99-iog, l'oligarchie; p. 141-147, caractère de 11 
guerre du Péloponèse et l'inâuence qu'elle a exercée en géDénl 
sur l'économie intérieure des états helléniques; p. i47'*'"i 
état intérieur d'Athènes pendant la guerre; p. a65-a83, b dé- 
mocratie athénienne en général, ^aas«nbléedupeupleetla(l^ 
magogîe, les tribunaux et les sycophantes, la comédie aocicDM; 
CIcon et nicias, Alcibiades, ses amis et ses adversaires, » 
menées des oligarques etc. , la nouvelle démocratie atbcnicMt 
depuis son origine jusqu'à l'époque de Philippe; p. SoT-îi"' 
démocratie hellénique en général, depuis la fin de la goerre da 
Pélopouèse.La3'particaurapourobjet;(T}radmiBistra;ioa<ng*' 
néral ; i) économie politique; c) administration judiciaire,»*' 
taire, de police, étiLblissemens de bienfaisaoce; d] éda*>*<X* " 
instruction publique, réglemens relatils à la vte pb?**^ ^ 
morale ; e) scieuves, arta et nllglon. 



jbïGoogIc 



Histoire. 3pî 

s4o. Fm. Ckbitekki okatio de civttate Athenanim humanilatii 
parente. In-S". FrancCnrt-^uiyMeîn, i8a6; Bnxnner. 
M. Crenzera proDODcécc discours h Leyde aprùsnvoir quitté 
Heidelberg; ses amis et ses élèves l'ont engagé depuis à le faire 
imprimer, et on doit lui savoir gré d'avoir cédéà leurs instances. 
O discours est tont-à-fait in génère laudativo, et i) n'y a pas 
aatre dtose à dire lorsqu'on doit parler d'Athènes, le véritable 
fojer de la civilisation de l'antiqne Grèce. 

H. Creuser rappelle donc tous les succès de la ville de Mi- 
oérve dans tous les genres, et les noms de ses bommes devenus 
célèbres dans la pais et dans la guerre, les camps et les cités, les 
arts et les sciences, les lettres et la philosophie. Le sujet «Jtiit 
vaste, et l'orateur ne pouvait qu'être enibarrasséde l'abondance 
des matériaux. Du reste, s'il rappelle sommairement la gloire 
d'AlfaèoeS, c'est pour intéresser de plas en plus la génération 
présente à la résurrection de la Grèce. Ce motif est si noble 
qu'on ne peut que louer H. Creuzer d'avoir choisi im tel sujet; 
l'autorité de Son nom doit en donner beaucoup à ses conseils. 
Selon l'usage, il a commencé par l'éloge des célèbres érudits de 
Leyde; il devait cette politesse h ses nouveaux hâtes, et il y a 
satùTait Quelques notes expliquent celles de ses phrases où il 
n'a pa donner ji ses idées plus d'extension que le genre oratoire 
ne lui permettait de le faire. 

a4i> HiSTOixB DK LA K^voLUTiOR cRECQttE; par M. Alexandre 
SouTzo, témoin oculaire d'une grande partie des faits qu'il 
expose. In-S" de 4fi6 pages, avec le portrait lilhogr. d'A- 
lexandre Hypsilantis. Paris, i8a9;Firmin Didot. 
■ I^ plupart des historiens de la révolution grecque ont rédigé 
leurs écrits d'après les rapports souvent erronés de quelques 
voyageurs, on les relations intéressées des difTérens partis qui 
ont déchiré la Grèce; dans leurs ouvrages la vérité se trouve 
altérée de mille maaières-,les actions d'éclat de nos plus grands 
eajMtaines y sont défigurées ou méconnues; les traits o ri gin aux de 
leur caractère, omis on dénaturés > leurs uoms même mutilés 
on laissés dans l'oubli; les événemcns les plus remarquables, en- 
tassés sans ordre et sans tiajson, sont attribués à des causes se- 
condaires et souvent H des hommes'qui n'ont jamais existé, ou 
qui méritent peu de fixer les regards de la postérité. 



i:, Google 



3yfi Histoire, 

<■ Quant h moi, ajoute l'auteur, Toulant retrtc«r hXSuaaaX 
les faits inémorables qui ont signalé U lutte dans laqneUc nu 
patrie se trouve encore engagée, j'ai visité les lienx où je pou- 
vais puiser aux sources mêmes; mes relations avec tous ten 
qui ont influé sur les destinées de la Grèce m'ont édaîi^ tor 
leurs sentimens et sur leur conduite; mon refus constant fw- 
cepter aucun emploi m'a laissé libre d'engagemens «trers ton 
les partis. Riche de documens authentiques, exempt de tooW 
passion, sans condescendance pour le vice, sans entbousiasaw 
pour la vertu même , je consacrerai ma plume à U vérité, et j< 
distribuerai le blime et la louange avec l'équité d'im juge îi^ 

La première partie de cette citation, c'est-i-dir« le ji^enal 
porté par l'auteur sur les historiens qui l'ont derancé dois It 
récit des événemens qui ont signalé la régénération de la Grio^ 
bien qu'à certains égaïds il soit en effet applicable à plnneiiis 
ouvrages que l'on nous a donnés sur ce snjet, paraîtra sans doott 
un peu sévère de la part d'un écrivain qui entre dans la ntat 
carrière, et qui se présente devant le juge naturel d« tons, le [■- 
blic. C'est un engagement formel, d'ailleurs, de ne pobt ffr 
courir les mêmes reproches et de faire mieux que ses piédécs- 
senrs, et l'on sera fondé sans doute i se montrer d'autant plu 
sévère àson égard qu'iirestplusiui'mëmepourlesautres.Qii>iill 
la seconde partie de la citation, nous j trouvons en efTeC iti 
garanties personnelles, et les considérations tirées surtout de !» 
position de l'écrivain doivent nous donner tout lieu d'espént 
qu'il aura bien rempli sa tâche. C'est ce que nous nous propo- 
sons d'examiner dans un prochain article. E. H. 

343. Ikstitdtks oa Gaios, traduites en Français ; par J. B. £> 
Boulet. 3' et 4" commentaires. In-S". Paris 1827; léxasA 
fils. 



En annonçant la traduction des deux premiers c 
de Gaius {SiUI. 1837, Tom. VTI, n° 33), nons louflmes tesrf- 
fnrR ordinairement heureux que M. Boulet avait faits pour w 
produire fidèlement et sans paraphrase, la pensée du jnmrM- 
sulte romain, tout en regrettant qult eût trop souTpat sienlé 
le soin de l'élégance au désir de l'exactitude. Sous relevtoeiet 
raème temps quelques-uns des passages où il nous parut n'avoir 
pas saisi le sens du texte original. Malheureusement noui m 



Hiltoirê, ' 375 

pouvons féliciter aujourd'hui M. Boulet sur ses progrès dans, 
l'art de traduire. Son nouveau travail paraît avoir été fait avec 
trop de précipitation ; des fautes assez nombrouses s'y font re- 
marquer, et, indépendamment des contre-sens absolus, dans 
beaucoup d'endroits, les tenues employéssont tellement vagues, 
la coBStnictiDii et la liaison des phrases tellement négligées, que 
le sens reste obscur et confus. Par exemple, H. Boulet traduit 
maaeipio dore par vendre ( comm. 4, $ 1 1 7 ), inancipare par li- 
vrer {ih. S>3i)( <^ qui est d'autant plus inexact,quejmui»/Mir« 
est «nqilojfl dans be paragrapheen opposition avec vacuun^MM» 
tetiionem tradere; autre exemple : AUqitando lamea civis romo'. 
nm$ lU/ertmi lanquam latiniu moritur, vxlcti h latùiiu sahvjtffv 
patrom ab mperatare jiu Quiritùuti eonsecutut fuerit [comm. 3, 
S 71 ), Qadquefiù cependant lui affranchi, citojren romain, 
meartlatin, sa mAmb qus LoasQOK, pas asxiiPLa, l'empereur 
a accordé att latin , etc. , traduction qui ferait croire que 
le cas indiqué n'est pas celui que le jurisconsulte avait en 
w va commençant sa phrase, mais un autre cas semblable au 
pnmier. 

Toid des contre-sens encore plus graves. Comm. 3 % liS.Lcx 
vieetima heredilatum ne veut pas dire la loi Dio des hérédùét, cmn- 
mei« veut U. Boulet, mais la loi lar t'impét du vingtième qui s« 
pcfoevail sur les successions testameu taires des citoyens romains. 
La in^riae est d'autant plus singulière , qu'à cet impôt se rat- 
ttcbe une révolution importante dans le droit public des B,i>< 
mains. On sait que l'empereur Caracalla, non content d'avoir 
éleié le taux de cette conlributlon au dixième et supprimé di- 
verses exemptions, étendit tout d'un coup la classe des contri- 
buables, es déclarant que tous les hommes libres de naissance, 
habitant l'empire romain, seraient citoyens. 

g 180. Tollitur adhuc obligaiio lilis con lesta tione, si modo le- 
gitimo judicio fuerit actum. Nam tune obligaiio quidem princi- 
paiisdissolvitnr, incipitauteiotenerireuslitiaconiesialionerscdsi 
candemnalussit,sublatilitisconlestationc,iiicipitcxcausd judi- 
cali teneri.» Ce paragraphe est fort iinportant, car en le rappro- 
diantdea$$ luS-iofj du commentaire A, il fiiit ilisparaltre la con. 
tndtctionquiexistaîLdaQsleshvresdeJustinicn, eu trele principe 
qoela litisconleitation opère oovatiou, et leprincipe que la chose 
ji^ée n'éteint pas l'action ^oy'M/Vi nuls fournit seulnnent une 



,:, Google 



376 Histob-e. N* a^a 

exception. Nous apprenonsqne cette novatioii ne s'opénit qw 
dans certain! judieUt légitima, et que prccisëmenl dans cet c*f , 
l'action était supprimée iptojure, et l'exception reijitdieatm ie- 
tenait superflue. 
■ Voici comment H. Boulet rend la dernière phrase de ce pi* 
ragraphe : ■ Si la lititconteitaiion est lerminée et que le délor 
deur soit coadamné, c'est alors la force de la chose jugée qui 
l'oblige. ■ Le sens est évidemment : si Ir défendeur estcoDdiiBiM^ 
alors l'obligation produite par la titiiiCODtestation étant éteiiile, 
il commence à être obligé en vertu d'une nouvelle obligadoi, 
celle résultant du jugement. 

$331. «Si ËlinmeK, quEBTttionaplaest,injuriamfeceris,DM 
solumfilisenomine tecumagiinjuriarumpotesItvenimetiuDiiMi 
guoque et Ticiî nomine. • Trad. ■ Si vous avec fait injure 1 ma 
fille, épouse de Titius,/r/wi.t vous poursuivre tant ao nom dt 
tna fille que de mon chef et de celui de Tir/N/.» Le textedit bien 
que Tinjure faite à une femme mariée donne lieu i trois acikw, 
mais il ne dit pas, et il ne devait pas dire en effet, que le piie de 
cette femme put exercer, outre son action et celle de sa fille, celle 
qui appartient au raari.- 

' Dans le 4* commentaire, les contre-sens sont plus rrcquMi. 
Quelques-uns, sans doute, peuvent être attribués â la précipi- 
tation ; car plu^ d'une fois, lorsque la même pfarase te préteiile 
de nouveau le sens en est alors bien rendu. Ainsi.auS^it °ûil(St 
question de l'action de la loi per manut injeetiimem, te texte 
jporie ; • Hec licebat judicato mannm sil» depellere, et pro se 
legc agere ; sed vindirem dnbat, qui pro se causam agere sole- 
bat. » Ce que H. Boulet traduit ainsi : Celui-ci, qui apail 1^ 
jugement, ne pouvait se dégager et n'avait en waJapemroMcut 
action de la loi, mais il présentait une caution ^ui prenait 10» 
faitetrauie. < Et cependant uu peu plus loin, $34 etSaS, il tra- 
duit avec pi us d e raison, pro te iege agfre par te défendre itÀ^ném. 
Quand on lit dans les notes, p. 4à6, qu'il 7 avait des * fomiiiles 
imitées des actiuns de In loi , quee ad legit pctionem cjjnvnaMir 
et d'autres formules qui valaient de leur propre force, qux W 
'vietpotrstate conttant -; et que « la condiction, quoiqu'elle porte 
le nom d'une action de la loi ainsi nommée, n'est paicepiodaat 
imitatrice de cette action : Pfulla formata ad eoadietioiiiifiai*- 
nem exprimitur • ; quand on lit, dis-je, cette analyse exarte dtt 



Histoir». 3^^ 

texte de Gbîus à la fia do volume, il y a lieu de s'étonner de 
tmirrer.daiis la tradoctian les pasu];» corrapmidaiu ainsi dé» 
figures:» déplus, parmi les actions, Xaxattiontbesoind'anefie- 
tionpour être lé^times . ... (§ lo}. Quand k la coDdictian, au- 
cune fiction ne l'a ^teodue aux ronnules(S 33 ). ■ 

Su.* Sacramenti actio generalù erat ; de quibus enim rébus 
Rt aliter ageretur lege cautam dob erat, de his sacramento âge- 
batnr. ■ Cela ne veut pas dire que l'action du sacramentum s'ap- 
pliquait aux ca* même pour lesquels la loi n'avait pas donné 
d'antre action ■, puisque c'étaitprécîscineni pour ces cm qu'elle 
servait principalement. 

Dans le % 45, Gatus explique ce que c'est que les formules ùi 
jmt eoneeptœ. Ce sont celles in qttibus de Jure quarilur. < Quales 
snntqBibnsinlendimnsnostnun esse aliquid.exjure Quiritium, 
aut nobia dari oportere , ant pro fure danmam decidi oportere : 
in qnibus juris civilis intentioest;>ce que H. Boulet rend ainsi: 
■ Telles sont celles au moyen desquelles nous soutenons qu'une 
eboie nous appartient par le droit qniritaire, qu'il y a obligation 
denoos donner, ou qu'un vol noui a eaasé quelque dommage : en 
cesdivencas l'intention estdadroit civil. ■ Si l'/n/«i(ÉD de l'ac- 
tion/iirti était conçue, comme le dit H. Boulet, elle serait an con- 
tnâreiwtcepia infactum,ç-wa(\a'\xaeintattioinjuseoneeptaAmi 
présenter la question de savoir ùlel droit aj^>art!eat à an tel, si 
MM t^ doit doaner, doit répurvr le dommage eommevoleur. Un peu 
pins loin, H. Bonlet dit que ■ en certains cas, par exemple 
lorsqu'il s'agît de dépAt et de commodat, le Préteur donne en- 
core fies formnles ia fut auiceptte et injactum concepta. " Ces 
deux exemples ne sont point signalés comme des cas où le Pré- 
teur donne encore des actions in Jai et des actions infactum , 
car il n'en donue jamais d'antres ; mais comme des, cas particu- 
liers oh il propose A la fois des formules in jut et des formules 
infucImm.'La traduction que M. Boulet donne ensuite des deux 
fennules n'en fait pas bien ressortir la différence caracté- 

S 5i. «La condamnation est d'une somme indétemnoée de 
de deux manières. Dans certains cas, eWtfixe la tomme dune ma- 
nière abtolue, et alors on dit qu'elle renferme taxe. ■ Si la par- 
tie de la formule appelée condemnaUo,fixtÈit d'une manière ab- 
tobu la somme k laquelle le défendeur doit être condamné, 



I., Google 



378 ffiitoin. N« a43 

die ne serait plut ùteerto!, mais otrtta jncuiiia. Il fallût àm. 
qu'elle renfermait une lùmite que le juge ne pouvait dcpaner, 
eum aliqu4 preefiaùione. 

S 63 et 64. > Jndici compensationit rationem h>l>ere... 

formulae verbis praecîpitur ; sed quia id bout fidd judicio coo- 
veniens videtur, id ofHcio ejus coatÎDeri dicitur. Alia causa «1 
illins actionis qua argentaritu experitur; nani is codeur cun 
oompcnaatioaeagere, citai compeniatio Terbii fonuuUe compre- 
liendatur. Itaqtia argcntarim, ab initio compenHtîoae &cta, 
mintu intendit sibi dari oportere. ■ Le seiu de ce passage est 
évident, malgré deux laçants faciles i suppléer. Gaius dit qoa 
daofl les actions debonncfoi,qnoîqne la formule n'ordounepu 
•xpresiément au juge d'admettre la compensatiern, on legaide 
cependant comme de son devoir d'y avoir égard, parce que eda 
est confiorme à l'éqnilé, tandis que dans l'action donnée an bu* 
qoier la ctKBpeniation est exprimée en termes formels; autsile 
banquier, faisant d'abord la cumpenaatioo, prétend ( mteadiL) 
qu'on doit lui donner seulement le restanL II est bien dil&cila 
de démêler ce Sens dans la traduction de H. Bouli>l. * Haaa ces 
sortes d'actions, Iejuge,^xM0- établir la eomptiuaiion, n'ettjm 
atmùtt aux termes de la formule ;cttr on a cru qu'il était d«uU 
nature de ces actions de laisser au juge cette faculté. Il en eit 
dirrér«nment si Vaciitm est intentée par un argeiOaniu qui sers 
forcé d'agir avec compensation, parce que la compensation sers 
établie dans les termes de la formtde «Ile-méme. Aussi Varfea- 
Un'tu, après avoir, dès le commencement de la fonuule, établi 
la compensation, restreint ensuite sa tkmande. ■ Un peu plus bn 
(S 65), il est questimide celutqui a acheté les biens d'unlunant 
en déconfiture, et qui étant stnii devenu son successeur ùi ■*»* 
vartum ejus , exerce ses actions. . • Item débet cura dedncÛtHiv 
■gère bonorum emptor, ita ut in hoc solum adversariui cour 
demnetur quod superest deducto eo quod invicem tibi de friu* 
datoria nomine débet. > Trad. • Doit encore agir, déduction (ail* 

après que ta déduction de ce que l'adversaire *oei 

doit, pour cause frauduleuse, a été Elite, ■ au lieu de et tjui Mts 
est dû par te débUeur en déeonfilure. 

Jttdicium imperio eomtiitens n'est point un jugement Ji^d' 
sur ramtoritéf comme dit H. Boulet, S 104, mais une attioa rtH- 
fermée dans la durée desfiaetsoas du magittral, c'eat-à-din V>i 



iO^lc 



Bùteire. 3^ 

sst périniéa n die n'est jugée sTant l'espintioii d« U msgw- 
tratare du Prétenr on da Procomnl qui !'■ doonëe, par opposi- 
tion Ka.jadieia legitàna,tpû,d'ApTèsl*lmJ'aliaJiiiUeiarùiatpi- 
rinuient par dix -hait mois fixes. Cette disdnctioD n'a aucun n[y 
port, comme Gaius l'explique lui même, arec la diviaioD de«ae- 
tioiu en civiles et prétorienne*-, et quand on dit de oes derniè- 
res que le Préteor les donne intra annum, cela ne veut pas dire 
dans Fatuiée de ta magistrature, comme le croit H. Boulet, 
S iio, mais bien dans l'année du fait qui donne lieu à l'aclioii, 
car après tannée da la magùiraiare , le Prétenr ne dôme ni 
•ctHm drileni action prétorienne. 

H. Boulet présente d'une manière un peu confine tout ce qm 
eoBoenw les^raueri^MÛMWf, dont le principal usage était de li- 
miler ee que le demandeur entendait sonmettre à la décision da 
jnge (dedhiwrrûi ^ud&ùun ), afin de se réserver une nouvelle ac» 
tioB en vertn de la même cause. Ainsi il tindoil ces mots du pa- 
ragraphe i3i: >Neoe9se estatctunhtc prascriprioneagannsv^ 
par cenx-ci ; ■ Il faut poursuivre au moyen de la prescription, 
etcctte phrase du S i33* Eares agatur, quod prajudiâum he- 
reditati non fiai, • par celle-ci : qufil soit statué sur ee qu'ancun 
préJmiUee ne toit caosé ï l'hérédité. ■ 

nous remarquerons k cette occasion, que H. Boulet n'est pas 
heureux pour tes formules, et qu'il est en général difBcile de 
reconnaître dans ses traductions, les diverses parties qui com- 
posent une {ormuled'action,quoiqu'elle5 soient nettement tran- 
chées et clairement expliquées dans le texte latin. 

Dans le g 169, après avoir traité de l'action appelée eascel- 
Umuam te» seeatormmjudieùtmj qui a pour but la restitution d^ 
la possesnon adjugée à l'adversaire pendant le litige. Gains passe 
ànne autre action qui tend à la restitution des fruits perçus 
pendant cette possession provisoire, et quis'appelle./HicaHi/WMi 
Judieiam. 11 ajoute que ceUe action est aussi nommée séailoir», 
mais non pas easeeltienne comme la première : • dîcïtur antem 
«t hocjodîcium secutorium, sed non «que cascellanium voca- 
tor. > Trad. n Cette action se nomme encore sécUtoire, .... mais 
ee n'est pas indifféremment qu'on la nomme cascellienne. 

La plupart des fautes que nous avons relevées dénotent une 
eomiaissance un peu saperficielle du droit romain, et prouvent 
que pour bien traduire il est aussi essentiel de posséder la ma- 
tière traitée par l'auteur, que de bien savoir la langue dans 



lOglc 



38o Histoire. 

laquelle il a écrit. On rencontre aussi quelques fautes qui ponr- 
NÎcnt faire douter que le traducteur rein|rfit suffisamment 
cette seconde condition, s'il n'était aussi naturel de les imputer 
à la précipitation; par exemple dans la traduction des passages 
MÙTans : m pauciisimis eatuis, Atnt les causes tes moins iof 
parlantes [c. 4, S 54); nnde tu Ulum w'f£p/»Mfi( formule de l'in- 
terdit unde vi), de ee ^uevoas favetes^ulsépar yioieaee [S 1S4}; 
quamvis heredes dupli non ampUas obligati tunt, quoique les A^ 
ritien ne puissent être obligés pour plus dudaiMe[% 17a), tan- 
dis que le sens nalorel, qui est aussi le rentable, est celui-ci : 
quoique les héritiers ne soient plus obligés au double ( coaûne 
retaille d^nt.) 

TJODS terminons cet article en exprimant le regret qaeH.BoaIet 
n'ait pas donné une indication des points fHÏncipaux sur les- 
quels la découverte de Gaius a apporté des lumières oonvelks, 
détruit des erreurs accréditées, conSrmé on rectifié les conjec- 
tures des interprètes. Cette indication formerait un complémst 
très utile d'une traduction des lustitutes de Gains, et encoura- 
gerait les jeunes gens à àudier ce précieux monument du droit 
roinain, non altéré par les compilateurs grecs on barbirts. 
C.-A. Pbliat. 

a<i3. HISTOIRE UE Russie et nx PixaxE-LE-GaAirn ; par M. le 
général comlc de Sictra , auteur de l'Histoire de Napoléon et 
de la Grarule Armée pendant l'année 1813. In-ft" de TI11-5S3 
pages. Paris, 1839; Baudouin. 

- Essayer de renfermer en un seul volume IViMoire d'un peu- 
ple comme la Russie, celle d'an siècle aussi fécond en événe- 
mens et en résultats de tons geiùes qnc celui dcPierre-le<îrsDd| 
pourra paraître une entreprise- un peu difficile, sinOn tàné- 
raire. Hais l'auteur annonce d'avance qu'il a négligé les détails, 
qu'il ne s'est attaché qu'à la charpente du colosse russe. • ïc 
n'ai prétendu, dit-il, suivre sa croissance que dans ses pbûet 
les plus importantes, que dans ses plus grands mouvemcnsrea 
d'autres termes, j'ai cherché la raison ou l'esprit de sa longtK 
histoire; j'ai voulu la ressen-er, la réduire , l'encadrer dans un 
tableau presque synoptique; je me suis efforcé de tracer ee ti- 
bleau en caractères lisibles pour des gens de tout sexe et de 
tout Age. > 



jbïGoogIc 



Histoire. 38 1 

n mt fkat àttae s'attondre i troover dans t'oanage de IL de 
S^urqne l'indication rapide, la physionomie morale, pour ainri ' 
dire, des faits prindpanx de rhbioire du peuple russe. Cette 
hisUrire ne sera , en quelfQie sorte, que le vestibule de l'édifire 
qull a «oala élever an législateur, au héros , au réfonnateur de 
■on siMe, dans le Nord. La réputation que l'auteur s'est faite 
par l« publication de son BUioire de Napoléon et de la Grande 
Armée en\%\%, nous donne lien d'espérer que son nouvel oi^ 
vrage sera plnn d'intérêt. Un de nos Gollab<»9teurs , en ren~ 
dani compte dans ie Ballet, det se. mititairet (Tom. VI, n" 107), 
de cdoi que nous venons de rappeler, a dit avec raison : • C'est 
bien moias ^histoire militaire de la guerre même que les gran- 
des scènes qn'etle ol^t que H. de Ségur a voulu retracer. > Il 
en sera de mthne sans doute du volume que nous annonçons, et 
sur lequel nous nous proposons de revenir : nous devons nous 
attendre à j trouver plutôt des aperçus brillons que des re- 
(^eiches historiques bien profondes. Souhaitons de n'avoir pas 
an» i confirmer cel autre jugement de notre collaborateur 
qiù disait, dans l'article auquel nous renvoyons et au sujet du 
premier ouvrage de l'auteur : « ni la richesse du coloris dont il 
a paré son récit, ni l'intérêt dramatique qu'il a su y répandre 
ne penvent obtenir grdce pour llnexactitude des vues générales 
et d'une multitude de détails. " E. H. 

a44.Suai.isVABicDBs(<S(<nwrmii;a/>tcA^/a. — Abeille dn Nord ; 
n" 9} ai janv. i8a6.J 

H. Raunusaen, professeur k Stockholm, a publié une disser- 
tation, de eommerào Arabum Persarrnnque eam Rattia et Setm- 
({DMratinMifibaePOidontnous avons parlé, et dans laquelle, après 
avoir examiné les différentes opinions émises jusqu'à ce jour 
sûr kt FàrèguetiW soutient par de nouvelles preuves qu'ils 
étaient ScanÂnaves. A cette occasion, l'Observateur de Riga fait 
Pi^Mervation suivante ;■ Rien de pins étrange, dit-il, que le 
peu d'accord qui rè^e parmi les historiens au sujet des Var^ 
gnes, tandis que nous possédons l'ouvrage de VilloSardouin, 
historien fnDfaii, qui, ayant combattu et vécu pendant quel- 
que tempsan milieu d'eus, mérite sans doute quelque croyance. 
Dans la description qu'il fait de la conquête de Constantinople 
par les Francs, cet auteur, qui y prit une part fort active, dît 



i.,Ciot")t^lc 



384 Hùtoùv. 

expressément que les gardes du corps ou uteUitei de» enipe- 
Teurs grecs étaient toui de& Jnglaù et des Danoù, » Sit-il donc 
encore besolu d'&utres téiuoignages pour recotmaîti'e que le noni 
de Varèguci dans le NordgdéugDait en général un bommeannj, 
ou guerrwr ? — Demander aujourd'hui où se Irouvait le pays 
dea Varègues, c'est oonmtettre le même erreur que ceux qoi, 
danscinqceots ans d'ici, en lisant qu'an 19* siièdeil y a eu des 
dragons dans les troupes européennes, se mettraient l'esprit i 
, la torture pour deviner U situation du pAys appelle Dragonie. 
A.J. 
a45- Arnnçtr hutouqui kt n*nsnQi)i nn i-a Finuiin- 

{Feanik yevrvptuU. — Courrier de l'Europe; oct. iSa6, 

n" 19 et ^o, pag. i6i.) 

La grande principauté ou le grand duché de Finlande dsit 
ce nom au principal peuple qui, l'habite. LesFinMS étaient an- 
ciennement très-ncmibreux ; car aujourd'hui même ib ocoqist 
tout le nord de l'Europe et une partie de l'Asie. Il est mtae 
hors de doute qu'ils s'étendaient fort avftnt ven le Sud; mais 
resserrés dans la Scandinavie par les raees godiiques, et cbtt- 
sés de l'Europe orientale par les Slaves, les Huns, les Hongob 
et les Tatars , ils furent peu à peu contraints de rester dans les 
contrées septentrionales. On trouve la preuve de leur habita- 
tioD primitive dans les noms de plusieun fleuves, lacs et can- 
tons de la Russie dont on ne saurait expliquer la signiGcatioa 
ni par la langue msse,ni par celle dn Tatars. 

Les Finois habitaient la Tapoëtie (i),la CarëlU (a), la Saro- 
laxit {"i) , Ut Bothniet orientale et ocddeittak (4}r cependaBl on 
ne les voit f^us dans ces deux dernières provinces dès U fin du 
Xin* siècle. Le nom de ce peuple était connu dès les temps Im 
plus reculés. Tacite et Ptolémée en font mention. Jorluuidèi les 
divise en habltans des forêts et Finois gardeurs de troupeaax. 
Procope et Mlfred-le^ Grand leur donnaient les mêmes nwns. . 

Les opinions sur leur origine sont très-partagéet; mais U pi» 

(0 Oh Mmt mtoudïai Im (oavMsaBisH d'ÀsoT, ds KlBMfsHdi 
•SdaTaTHtoBf. 

(■} Les gMwnuMM* aoùMb da WlbM^ rt d'OloMtA. 

(3) Im gODTarawDMM a«la«li daWïbeiiigat da Sflaapkak. 

C4) U Botlmia orientiU MmpMnd i^lMrd'kai Im fMvtaMS ds Vss»** 
«rOidlahori l'eeoiduials} U prevInM toédds* du aUaHasmt 



jbïGoogIc 



Hittûire. t83 

le est celle d« Lehrberg quilmtfBUe m impie icAolufe .* 
Iran priocipalet races wut : iet Lapbuidait ou Lapom qui oo- 
rapent la partie la plus septealrionale de l'ËuiVpe; la Fiaoit 
pmpnment ditt , habitai» du grand duchâ de Finlande (i); les 
Mîtes, dans le gouvenieiueDt d'Ëstbome , et le uord du gouv«- 
Denwnt de Livonie ; les lÀvicnt, entre les Latitchei de la Livo- 
nie et laCourlande; les Pemùaits, dans le gouTemement de 
Pernte, qui habitaient autrefois dans tes provinces de Novgorod 
et d'Arcbangel ; les Zù-iané, dans le gouvernement de Vologda , 
«IX enTÎroDsd'Oustiouque, et dans celui de Penne; ks^qgwi- 
tiUktM, non loin des monts Oural, dons les gouverneBiens de 
Penne et de Tobolsk ; les yoliak$, dans les provinces de Viatkov 
et d'Orenbourg; les TchénmUst* , dan* celles d« Kasan et de 
Simbirsk \ les Tchaïuiaehti , dans celles de Viatka, de SimbîriL 
et de ftijegorodi les Mordvieiu, dans les gouvernemens de 
Kasan, Pensa, Simbirak^ Orenbourg, Kij^orod, et dans quel- 
ques «ndroita de celui de Tobolsk; \^Oiiiakide FOby, sur les 
rives de robj , delà Konda et de l'Irtisch; les Teptéri, dans 
le gouvernement d'Orenboui^. Les races finoises qui ont disparu 
aont:les 7(::Aoi(^wmi'0/d£c4|| les Vesses, qni habitaient près du 
lac Blanc (Béloié oxéro), et les Mériem, aux environs de &os- 
tof, prfa du lac PéresUbk. 

Les Fiuois doivent leur nom aux Germains, car Feu ou 
Rniw, en langue gennanique, ùgnifie marais , fdturage , lUu 
bat et htunide. Us ont été nommés ainsi vraisemblablement, 
parce que dès les temps les plus reculés , ils ont habité dans 
des contrées marécageuses et couvertes de forétt- Ils se dooneit 
eux-mêmes le nom de SouomaUUssi, c. à d, habitons des ma- 
rais. De ce mot les Russes ont formé celui de soum , et ils ont 
ai^lé le souverain de la Finlande prince de Soum, 

A l'exemple des lionnands, les Finois exerçaient le métier 
de |ûraies sur les càtes de la Suède. £rik £douardson,roide oe 
pays , pro&ta de celte circonstance pour soumettre la Finlande 
à sa domination et y répandre les semences du cbristianiaine. 
I.es btri>ares défendirent leur indépendance avec intrépidité ; 

{■) Ob In iiniiMi Ibtd t/arimi du bob i» la rivièra Ijon , on tngrr^ 
mmnhftâait Jsriag«wa«nUadlaqalcowpraB«ltioullapay*^rtwl«la- 
doffa,blU*a,b|Dlb de |riabada,h Hanra, «I tsi foawBMMt da 
Pikef «I <U XwiMed. 



jbïGoogIc 



384 Bùtoire. N" 345 

mais enfin lytot été battus, ils cofDineiicèrent à cibIkuut la 
religion chrédeime , et reçurent le baptême de Henri , ^éque 
dTJpsal. Afin de maintenir ses nouveaux sujets dans la dépen- 
dance , il fonda la ville de Wibonrg dans la Carélîe, fit cons- 
truire une église à Rcndamek , où il établit un siège épiscopil 
qui Tut transférée Abo, en l'année i3bo. Après avoir chaué 
les Finoîs et les Lappes de la Bothnie orientale , il peupla ce 
pays de Snédcûs (ii58). A la moK d'£rik, la Finlande se ré- 
volta, et ses habîtans s'oppooèreot ouvertenient à l'introdoc- 
tioo du christianisme. Dans leur fureur ils immolèrent sar 1« 
autels de leurs idoles tes enfans de ceux d'entre leurs compa- 
triotes qui avaient été baptisés. Ces cruautés exercées contre l« 
Chrétiens engagèrent le comte Birger i marcher contre la Fia- 
lande en i34g- 11 vainquit les habitans de la Tavastie, les forra 
de se faire de nouveau Chrétiens, et construisit la fortereMe 
de Tavastefaous , dont la nombreuse garnison devait provoquer 
le respect et la crainte des insurgés. Dans une troisième campa- 
gne en iiig3, la Finlande fut entièremcsit soumise par les Sné- 
doia; et le maréchal Torket Knoution fonda les places de ffcis- 
chlot et de Karlsi-rona, fortifia Wibourg et restaura la fortifica- 
tion de Kexholm. 

Les Russes firent rgalemeot de nombreuses incursions diDs 
cette contrée. En io4a,WlBdin)ir,fils du grand prince TarosUf 
marche contre les Tames et les défait. En i ia3 , Vsévolod, &i 
de Wladimir Monomaque, n'est pas moins heureux dans «ne 
eitpédition contre la FiDiande. En tsi? , nouvelle iovaùoa des 
Novgorodiens dans ce pays. Dans la même année , des prétn) 
sont envoyés pour baptiser les habîtans delaCarélie. En lagft 
les Novgorodiens s'emparent de Kcxholm , et en i agS , ils dé- 
truisent la forteresse de I^ndskron, qui fut reconstruite pK 
les Suédois en i3oi , et reprise par les Russes en i3oi , mal^ 
la courageuse et opiniltre résistance du célèbre et valenreM 
Sten-Stonr. En iSaS, traité d'Orckhof entre les Suédois et k 
grand prince George de Moscou. En 1 348 , le traité est lom^ 
parHagnns Erikson , roi deSuitdc; mais faientdt après la paix 
estde nouveau signée à Dorpat, et les deux peuples recoooai)- 
■ent les conditions du traité d'Orckhof. L« rivière 5«stn <■> 
désignée pour servir de timite entre les états re^>ecti6. i^T^'* 
i48o, les Russes entrent eu Finlande, mais îbsont tefooni*. 



i:, Google 



Histoire. SgS 

!k Msaient TsioeinêDt de preadre Wibourg ; ils éprouvent la 
rénsUnce U plus forte de la part de la ganùson commandée 
par le brave Canut Potte. 

Jusqn'À l'an i554ila Finlande fut souvent exposée aux. in- 
CUTMODS des Russes; ta paix obtenue par Canut , gouverneur 
d'Abo , envoyé en qnalité d'ambassadeur à Moscou par Gustave 
Erikson , ne put même en arrêter eniiéremcnt le cours. 

En 1 6o5, Charles IX , roi de Suède , fonda la ville de Wasa , 
en Botbme. La même année, il confirma les priviléjrcs accor- 
dés ^HelaingforsdanslaNilaDdie, et en 1607 la ville de Kaïan- 
borg s'éleva par son ordre dans la partie septentrionale de la 
Bothnie, et les fortifications de Wibourg furent restaurées. 

En 1617, en vertu du'iraité de Stolbof (village entre Tikhoin 
et I^doga ) , le Tsar Michel Féodoroviich cèJe à Gustave Adol< 
phe Kexholm, la Carélîe et l'Inguermanlandie. La frontière de 
la Russie fut désignée entre Ladoga et Isterboùig, près de la 
Lava qui sejettedat» le lac Lad<^a. Le comte Pierre Bragué, 
gouverneur de Finlande, ne négligea rien pour propager la ci- 
vilisation dans eette contrée. En 1640, il fonda l'université 
d'Abo, et en 1643, il établit une ii -.primer ie de caractères en 
fauigne finoise. En 1697 , famine horrible qni désola ce pays et 
lil périr une grande partie des habitans. 

Pierre I*', vainqueur de Charles XIT, à Pultava , porta tou- 
tes ses forces contre la Finlande. En 1710, les Russes, com- 
mandés par l'amiral comte Apraxiu, s'emparent de Wibourg 1 
d'Abo et des îles Aland. Pendant le cours de cette guerre, qui 
dura jusqu'en 1731, les Russes parvinrent jusqu'aux rivières 
Toméo et Kémi, et prirent même la forteresse de Raïanborg, 
La paix fut enfin signée k Ifistadt : la Ruuie obtint la Livonie, 
llnguermanlandie , une partie de la Carélie, le district de Wi- 
bourg, les îlesd'Oeset, dcDago, deHons, et Pierre I" rendit 
à Frédéric, roi de Suède , le reste delà Finlande, et paya en 
outre deuK millions de reîchsihalers. 

Eu 1741, sous le règne de l'impératrice Elisabeth, les Sué- 
dois ayant exigé plusieurs choses contraires aux intérêts de la 
RnsÀ«, le feld-maréchal «Sœte Lasry reçut ordre d'entrer en 
Finlande. Après s'être emparé de Frcderiksham, cet liabile gé- 
néral se dirigea immédiatement sur Abo , et s'élant rendu m^- 
, Ire de la grande route qui conduisait à cette ville, il coupa 
G. ToMi XL sS; 



386 Histoire. 

touteslescommotiicatiotudereanemi aTeclecontînenL 17/KiA 
Suédois furent , par cette aoB-fEavrc , obligés de se rendre pri- 
sonniers de guerre. Un évéoement aussi malheureux pour ces 
derniers les força de demander la paix, qui fut signée à xbo, en 
1743. £n vertu de ce traité, la Russie gagna 226 miUt» de ter- 
rain en Finlande, et ;o,ooo habitans. 

En 180S la guerre recommença avec la Suède, qui refusait 
de souscrire au système t;ontinental ; et après les succès rapides 
du gèiiL'ral comte Buxhowden, la paix fut conclue à Frideriks- 
ham , et la Finlande réunie pour tDiijoujrs i. l'empire de Bnsaie, 
Voici des détails fort intércssans sur cette contrée , extraits du 
rapport fait à l'empereur Alexandre par le comte Buxhowdea. 
■ De superbes ports sur toutes les cAtes des golfes de Finlande 
et de Bothnie, offrent les plus grandes commodités pour 
entretenir une nombreuse flotte : les bois de constructioa, 
dont abonde toute la Finlande suédoise , et la facilité de les 
transporter jusqu'aux ports mêmes, présentent une foule 
d'avantages pour la construction des vaisseauz. Le commerce 
des bois de construction et de chauffage est la principale bran- 
che de la richesse de la Finlande. Bien que cette contrée ae 
soit pas abondante en productions de la terre , comme les pro- 
vinces de la Russie méridionale , cependant il y a deux ans que 
l'on a exporté d'ici une grande quantité de blé pour l'étran- 
ger, et maintenant même (1808), malgré les mauvaises récoltes 
qui se sont succédées depuis deux ans, on n'aperçoit pas ici des 
traces trop grandes de disette. Les habitans de la Finlande te 
distinguent par un esprit d'ordre, beaucoup de propreté, des 
mœurs douces et un degré assea supérieur de civilisation- Un 
grand nombre de roines de fer et de cuivre, la possibilité de 
multiplier les manufactures et autres établi^semens pour encou- 
rager l'industrie, tout cela présente de très -grands avantage) 
en faveur de la Finlande. 

Ce gouvernement on'rc maintenant une surface de 311,890 
Tcrstes carrées , dont un tiers de lacs et de marais, et les deux 
autres tiers de terre ferme. État de la population : en 1810, 
i,o54,8io des deux sexes; en i6i5, i,og5,9S7;en ifiaOi 
1,177,546; en i8a4, i,a88,433. I^ masse de la population 
■e compose'de Finoîs; on en compte un million environ daus 
le grand duché de Finlande, j compris le gourem^neiU de ffî- 



1:, Google 



Hiatoiri. 387 

bourg; le reste des habiUns peut se diviser de la manière sui- 
vante: i5o,ooo Suédois et Carélîens ; 3,ooo Russes domicilies; 
h,oaa Lapons; il existe mi^mc quelques familles allemandes 
dan* le gouvernement de Wibourg , et un petit nombre de Bo- 
hémiens dans ceux d'Ouléaboi^ et de Wasa. 

La Finlande se divise en deux èparchîes de la confession la- 
Ihêrienne ; mais, parmi les Caréliens, on compte près de ao,ooa 
individus qui suivent la religion grecque-russe. J t. 

^4^- An oi MB im» ScBatrrsTiLLg» und GBuaaTBH LtxicottnKt 
pKoviitziHLiTuirD, tsTBi.KWB OHD Ku a uMB.— Dictionnaire 
général des aaleurs et savans des provinces de Livonie, E>- 
thonie et Courlande; rédigé par Jean-Fred. dcRscut, con- 
Miller-d'éiat russe, et Cb. Ed. Nàhuski. Vol.T' A-F. âa4 
p. iii-8**. UiUD , 1827; Steffenhagen. 

Les travaux des savans de Livonie, Esthonie et Courlande 
sont si peu connus hors de leur pays, que'MH. de Recke et 
Napierski ont rendu service à la littérature du Nord , en pu- 
Uiant un dictionnaire bibliographique de leur contrée. Nous 
avons déjà eu occasion de parler d'une dissertation de H. Ifa- 
piersU sur les bistoriens livoniens , estlandais et courlaudab. 
H. deBeckea inséré, si nous sommes bien inrormés, plusieurs 
mémoires dans le recueil de la Société savante de Courlande. 
Los deux rédacieun ont pris pour modèle le Dictionnaire alle- 
mand de Hensel ; comme ce laborieux biblit^raphe, ils doa- 
■eot d'abord une courte notice sur chaque auteur, et la font 
loiTre d'nn catalogue de ses écrits , même des articles qu'il a 
fait insérer dans les journaux; nous aurions désiré qu'ils eus- 
aent donné aussi quelques détails sur les ouvrages , au lieu d'en 
énoncer amplement le titre. Meusel, obligé d'embrasser une 
litlératore trèS'ricbe,n'a pu entrer dans ces détails ; mais ils se- 
raient bien vus dans un dictionnaire provincial. MM. de 
Becke et Ifapieiski ne se sont pas réduits aux auteurs nés dans 
les 3 provinces russes ; ils ont cité aussi tous ceux qui y ont 
séjourné quelque temps, ou qui ont seulement écrit sur ces 
contrées. Cest ainsi qalls ont compris dans leur liste le comte 
<le Bray, ambassadeur de Bavière , auteur d'un Estai kistoriqut 
nirto£iiwiiir;Brasey, comte de Léon, officiersupérieur n)sse , 
qui était fils da conseiller Horeau , à Dijon , et dont les Mé~ 



1:, Google 



366 Histoire. 

moiretpolitiques,amutant et ta^riquet,yinto'ptAM 1716,3 vol. 
in-ia, contiennent quelques reaseignemens historique» sur U 
même Livonie ; puis l'aventurier Cavallo , liomme bi;urre . mort 
en iSo5, dunt on ne connaît pas l'origine, qui vécut quelque 
temps en Courlande , et qui , dans sa folie , prenait les litres de 
rûiceatius, duxdemagao Cavallo, medicui, botanicus,chjrmùxt, 
pharmaceuticus , pocta , propheta, lama lamorum , poMifac 
pontificutn, etc. Il portait un costume de cour du siècle de Louis 
XIV, était toujours muni d'argent sans pratiquer aucun état, et 
publiait des brochures qui n'avaient pas le sens commun. Les 
rédacteurs ont compris aussi dans leur dictionnaire A.dduDg et 
Buscbingquisesont occupés de la géographie et des langues da 
3 provinces. Ou a admis l'abbé EdgewoFtfajConfesseardeLMts 
XVI, parfc qu'il est mortàHitau, en 1807. Le i"volu(Bese 
Icnnine it la lettre F, il sera probablement suivi de a autres. 
Si tes éditeurs y donnent les mêmes soins , comme on n'en 
peut douter, ce sera un boa dictionnaire provincial de plus. &«. 

347- KuBzcErissTK GascBicHra des Kccnigreicfas BayerD. 
Histoire abrégée du royaume de Bavière, par J. H. Gavais, 
i l'usage des écoles primaîi-esen Bavière. In -8° de 104 pp; 
pr., 6 gr. Wûrzbourg, i8a6; EtlJnger. [^Letptig. ZMer. 
Zeinuig;juhi i8a8, u" i'|5,p. nS?.) 

Il paraîtrait , d'après le jugement du Journal allemand , que 
ce précis historique u'ufTre pas toute la perfection dont il ew 
susceptible, ci qu'il ne saurait être employé avec utilité qu'an 
moyen des corrections et des commentaires d'un maître ymé 
dans cette matière. L. D. I. 

348. Ahhals or THE aocsE of HAirovca. — Annales de la mai- 
son de Hanovre , recueillies et mises en ordre par sir An- 
drew Uallidat, médecin ordinaire du duc de Clar«ice. > 
vol. gr. iii-S". Londres, 1 8a6 ; Sams. {Monthfy Amwip; aoAt 
1826, p. 384.) 

Cet ouvrage, qui n'est qu'une compilation, est celui d'oa 
homme laborieux qui se pique moins d'atteindre une haute n- 
nommée que d'être utile ÏL ses compatriotes. L'exactitude , qua- 
lité essentielle à ces sortes d'écrits, constitue le principal mé- 
rite des Ajinales de la Maison de Hurarre. Le Mjle es «M a»- 



i:,G0t")^lc 



HUtoire. 389 

■ra correct, et, Jiien qu'il sott sans élévation, il est toujours au 
niveau du sujet. Le loumal anglais relève (juelques erreurs fa^ 
ciles 1 corriger, el qui , pour la plupart, ne sont que d'inad- 
Tcrteof^, ou rcsulleot d'un peu trop de confiance accordée à 
des autorités queUjuefob suspectes. W. 

»49- BUmoikx cODiomii km ato)!»! a gbttb qubstiow noro- 
&ia MA L'AcADinB sotalb de Bbvxxllis : > Quel était l'eut 
de la legistattoo et des tribunaux ou cours de justice dans les 
Pays-^aa autrichiens, avant l'invasion des années françaises 
dans ce pays, et quels soqt les changemens que la Révolution 
iraoçaise et la réunion de ces provinces à la France , pendant 
pr^ de vingt aDS,OBt opérés dans la législation et l'adminis- 
tratioB de la législation civile et criminelle ? >. par H. Ptckb , 
avocat à Courtrai. xxviet 395 pag. iiHi^ Bruxelles, i8a3. 
{Mémomi tur ttf quetliont propoi.par TAwd. ray, des tt. 
ttbetUt-lettrtMde Brux^liet; Tom.Vi, iSaj.) 
Après avoir, dam son introduction, jeté un coup-d'oeil ra- 
pide sur l'histoire de la Bdgique, H. Pycke annonça qu'il divi- 
sera son Mémotl« en trois parties principales, dont la i^' 
comprendra l'état de l'ancienne législation , considérée dans ses 
iHvenes branches el subdivbioDs; la 2* présentera l'état dos 
anciens tritrananx ou cours de justice ; la 3* indiquera les chan- 
getnens opérés tant dans la législation que dans les tribunaux 
pendant la réunion de la Belgique i la France. 

L'ancienne législation , objet de la i*^ partie, se composant 
deloispalîtîqnes,de lois civiles et de lois criminelles, chacune 
de ces matières est traitée dans un chapitre particulier. En 
eomni'ençant le chapitre 1", consacré aux lois politiques, l'au- 
teur observe qu'à l'exception du Brabant et du Lïmbourg, qui 
jouissaient de leur charte constitutionnelle, appelée Itjoyeute _ 
■emrfe, les provinces belgiques n'avaient point de recueil de 
leurs lois fondamentales. Apr^ avoir subi plusieurs change- 
mens , tant avant et sous le règne de Charles V, que pendant oe- 
Ini de Charles VI , le gouvernement des Pays-Bas fut complè- 
tement organisé par lettres patentes des 1*' octobre i5i3i,2 
juin 1709 et % janvier 1718 , et celte organisation fut arrêtée 
d'une manière définitive par l'édit du 19 septembre i7aS. C'est 
de ce dernier état, qui a subsbté, avec très-peu de variations , 



i.,Got-)^lc 



iffo Histoire. N" 2^9 

jusqu'à sa suppression, en i7g3, que M. Pycke pr^senle Us 
points tes plus întéressaDs pour ia législation politique, en s'oc- 
cupant successivement du conseil d'état, du conseil privé, du 
conseil des finances, des chambres des comptes , etc. Telle est 
la matière du i " paragraphe. Dans le a" , qui a pour objet le 
pouvoir législatif, l'auleur traite d'abord des formes de la lé- 
gislation en général et des fomies particulières de Is publicaticn 
des lois pour les provinces du Brabant et du Limbouf^. Le $ 3 
est consacré ans états prorinciaux et aux priniàpes constitu- 
tionnels communs à toutes les provinces. Un de ces principes 
^ait que les Belges ne pouvaient être chargés d'impAts sans le 
consentement exprès des étals provinciaux; de 11 cette mixiBie: 
la Belgique n 'est pas un pays d'impôts , mais de nhâides. La JJ 
4'to s'occupent successivement des éuts des diverses province 
et des principes constitutionnels particulien à ehaenne. 
Les SS II et la traitent de l'état militaire, et des contnnuMi et 
bourgeoisies. 

Dus le chap. a, destiné aux lois civiles , l'aatimr awwDce 
que le droit civil belgique se composait desédits, ordoonanus 
et déclarations du souverain , des coutiunes particulières, de b 
coutome géaérale, du droit roouin, dts uatuts «t i^gknm 
politiques des villes et oommnnautés séculières, des arrêts das 
cours sonverainfi*, des sentence* des juges sabalteraea et des 
avis d«s avocats. Il traite s^tarànent de ces diverses soui- 
ces du droit, et observe, 1 l'égard des lois romaines , qn'ell» 
avaient conservé dans les Pays-Bas leur autorité législi- 
tive , autant qu'elles n'avaient pas été chaînées, modi- 
fiées ou remplacées par les édits, ordonnances et autm Iw 
dcsiouveraÎBsdupaySiOuparles coutumes liomologuée^ doat 
la réiuiion , aa nombre de trois au moins , formait le droit cob- 
' mun coutumier, qui était préféré au droit ronaio. Au «vet dis 
conauItatioBS d'avocats , H. Pydte rappcvte que, kvsquadts 
avocats étaient désignés par le juge supérieur pour donner li«r 
avis dans les causes instruites par un juge siibaliKne, cdui -t> 
était obligé de se conibnner à cet avis. Ces consultations, qw 
donnaient les avocats par forme de jugeraeas, s'appelaient aW 
projmdiet. M. Pjrcke asnsaere deux paragraphes de oeehB|4lR 
au dradt féodal et au droit cawmiqoe. 

Dam le chapitre 3, noire auteur trait« de la léy ilnriM oà- 



Histoîrt. 391 

r, d'abord sons le rapport de la procédure, ensuite soos 
ceini des crîines et des pénalité. 

Xa a* partie du mémoire, qui présente t'état des tribunaux 
ou cours de justice, contient, dans le chapitre i", des considé- 
rations générales sur l'administration de la justice , et , dans le 
chap. a, les règles sur les attributions du grand conseil, 
des conseils provinciaux et des autres tribunaux. 

Dans la 3* partie, M. Pycke retrace les changemeas que la 
Rérolulion françaisa.et la réunion des Fars-Bas à la France ont 
fait éprouver k la législation de ce pays, sous le triple rapport 
de Tordre politique ou constitutionnel, de l'ordre civil et del'or* 
dre criminel. Le chapitre i*' offre le tableau des révolutions 
sDceessives qu'a subies le gouvcmemeni français depuis l'an 3 
jusqu'en i8i4; ilne présente rien de nouveau pour des lec- 
teurs français. H est plus curieux pour nous de connaître le jn- 
g e m ent que Tanteur belge porte sur nos codes , dont plusieurs 
sont encore en vigueur, sauf quelques modifications, dans une 
grande partie du royaume des Pays Bas. << Le code de procé- 
dure civile, anqoel on reproche à juste titre un excès de formes 
trop nùnutieuses et trop propres à satisfaire l'avidité des pro- 
cureurs, renferme d'ailleurs d'excellentes règles sur l'instnio- 
tïoB de la procédure, et de très-bonnes dispositions légis- 
latives sur le Ibnd des contestations. • — «La loi de brumaire 
an 4 était le code pénal et de procédure criminelle le plus sage 
et le mieux rédigé qui fî&t encore sorti des maina d'aucun 
légialateor; il sera long^temps regretté par les sages magistrats 
et les bons jnriiconsnltes; et il a subsisté avee un succès com- 
plet, jnsqu'à ce qu'il fftt remplacé par deux codes impériam^ 
etc. • — •Ce code (le code pénal de i8io)so ressent beaucoup 
de Tesprit et de la nature du gouvernement sous lequel il a pris 
naissance. Tons les hommes de bien réunissent leurs voeux pour 
en solliciter la réformation , qu'on pourrait à juste titre appeler 
nue ^pnruDnw) des peines que le despotisme impérial avait inven- 
tées pour l'ench ai n entent de son peuple. ■ — ■ Nous considé- 
rons la In sur la police rurale ( du a8 septembre 1791} comme 
one des meillenres lois de la Révolution ; maû s'il fallait cboi- 
nrentre tous les codes, entre toutes les lois qne la France nous 
a laissés , nous décernerions la couronne au code ewii. Ce chef- 
^tanme de I^islitlon fat entrepris, etc. ... . Les principaux 



39a Histoire. 

caractères.de ce code consistent à être sans tnéUnge de droit 
polilitiuc; à être simple, unirorme, à la portée de tous et égal 
pour les citoyens de toutes les classes. Il a un système de pro- 
porliuas et de combinaisons tel que l'esprit de chaque partie 
est en corrélation avec l'esprit général ou homogène de son cd- 
serable;it a un ordre naturel qui forme la règle et qui a'admrt 
que des exceptions indispensables; les conséquences de détail 
sont abandonnées à l'eQseigneinent et à la jurisprudence ; il est 
dégagé des subtilités scolastiques. Ce sont souvent lesdroitset 1> 
justice qui sortent IriomphAUS des controverses de l'aocien ré- 
gime. Ses principes sont fondés sur la raison, la justice, les 
niœurs;ils ont pour base et pour objet la liberté, l'égalité, U 
prospérité, les conventions de tous les genres de la société ci- 
vile. Son style est clair, simple , laconique et seetentieux. ■ 
Après cet éloge auquel nous voudrions pouvoir souscrire sons 
reslriction , mais que, malheureusement, nous ne pouvonsnoas 
empêcher de trouver exagéré sur plusieurs points , H. Fjcke 
continue ainsi : ■ Mais il était impossible que ce code eût tout 
prévu, qu'il fût exempt de tout défaut; un pareil ouvragene 

sortira jamais de la main des hommes Nous avons l'espuir 

que les nouveaux codes nationaux ( annoncés par l'arL i63 de 
la loi fondamentale ] ne sortiront des mains de nos légishtwis 
qu'avec des a roélioration s. sensibles dans plusieurs branches dé- 
fectueuses de nos lois modernes. Nous ne résistais pas i la né- 
cessité de provoquer, 1° la réforme de La loi sur les tutelles et 
far l'administration des biens des mineurs ; il s'y trouve des U^ 
cunes et des négligences à corriger ; l'affection supposée des pa- 
ïens appelés à former le conseil de fiimille du mineur , a sédoit 
le législateur; l'hypothèque légale sur les biens des tuteurs n'est 
,qu'une sâreté idéale lorsque les tuteun ne possèdent point des 
immeubles, et cela arrive souvent, surtout^ la campagne; a'ia 
révision du titre sur les absens, qui présente aussi des lacunes et 
^éme des dispositious vicieuses; V le ralTermissement et la 
simplification du système hypothécaire; les fonaalités y sont 
trop multipliées et trop gênantes; les principes de publicité cl 
de spécialité sont excellcns; mais ils peuvent ètxe mieux oi^'' 
nisés. Nous pourrions signaler d'autres dispositions A rett»' 
eher, etc. >• 
. £a effet» l'auteur aurait pu encore indiquer les dtsposîtiM* 

D.nt.zedbïG00g[c 



Jlûtoin. 3g3 

relkrives à la translation de I« propriété , et ftox sospennons de 
prescriptions, aiiisi que lea fomalités , i U fois gênante* et il- 
lasfHres, pmcrilespour les donations entre-Ti&. Ce méfaoin, 
ûo peu superficiel soiis le rapport scientifique et criiiqiie , pcû- 
sente ane indication assez étendue de documens législatifs : 
c'est un tableau intéressant de l'oi^Ruisation politique et judi- 
ciaire de la Belgique. C.-A. Pilut. 

a5o. Kxcnra ScHvivTBii, etc. — Opuscules politiques et histori- 
ques; par G. F. KoLB. 400 pp. in-S". Spire, 1816; Kolb. 
[Heidetberg.JahTbûeherderLitcraluTi 19' année, avril 1836, 
p. 400.) 

Cet recueil consiste dans plusieurs écrits dignes d'atientioa 
et plus ou moins ctendus, sur des faits statistiques et histori- 
ques. Les essais les plus remarquables sont ceux qui Iraîtent des 
dette» et des revenus des états de l'Europe; de la puissance 
croissante de la Russie; sur tes causes de quelques rcvululions 
des temps modernes ; du caractère de Charlemagne , de Fierr»- 
le-Grand et de Napoléon ; de la dépopulation de l'Espagne par 
llnquisitioD , etc. M. Kolb fait preuve , dans son ouvrage , d'une 
grande impartialité et d'un savoir très-ctendu. W. 

sSi. Pmbvz bsku OncBnnsms at.% KKuisrooTnf. — Kasai 
mrles Cnnudes, jusqu'à la conquête de PtolémtiLs,en 1391 ; 
pu N, G. Vak Kavhit. Part. 11 et lu, gr.-S°; pr,, 7 Bor. 
80 c. Harlem, iSaSj Bohn. [Vaderbmds. LeUtr^Oefigùng, i 
déc i8a6,p.^5.) 

Dans le i"" volume, l'auteur hollandais était arrivé k l'an- 
née 1 161 ; ce volume se compose d'une introduction et de deux 
livres racontant l'un la prise de Jérusalem, et l'autre le règue 
des cinq premiers rois Francs. Les 3 livres du vol. ti exposent 
rbialoire de la seconde et de la 3" Croisade, et l'auteur s'arrête 
1 la destruction de Jérusalem en ia/i4. Il est probable qu'un 4* 
volume terminera l'ouvrage. On assure que le nouvel historien 
a puisé aux sourcK. Nous ignorons s'il a fait usage des auteurs 
orientaui. D. 

aSa. Stoiu u'Italu, etc. — Histoire d'Italie depuis la cliAte 
de l'empire .romain en Occident jusqu'il nos jours; par B. S.A. 
> T(d. in-18, avec des gravures tnstoriques et uoe carte géo- 
graphique de l'Italie. Milan, 1837; Stella.(^w>ra RUo^itorei 



^4 Hhtoim. 

Il y ■ Uni dfl tnite que oetts esquiiH art vMAqnfl et pbÏM 
tie faits. Elle a le mérite de renfermer des dtoset |wi 
cetiavcs jnsqu'i i>résent; et peol, à ce titre, être itprih 
p nu des bout abi^gëi historiqnes r^tib à lllde. 



«53. PftiCU SISTOUQBK HBS KVXHBKSHS DB LA K]i*OI.IITI0I H 

Pu^iKME en iSMi par le lieut.-gén. ùr Ricliard CBDici,t(- 
moiu oculaire. {Moatkh Magaùne i CÉv. etmmn i8a6,|Mg. 
til etMS). 

L'auteur raconte des évÈneaieiis auxquels il prit une put 
active en qualité de général coramandant une 'diTisiod nûliiaR 
en Sicile, où 11 fttt envoyé après avoir rétabli dans la Podie 
ce qu'il nomme l'ordre et la tranquillité. La révoIutioD At Ft- 
lerme, qui était une conséquence nécessaire de celle deNaptO) 
s'annonça par une fermentation sourde qui régnait dans le pco- 
pie il rapproche des fêtes de Sainte -Rosalie. Le i4îiûllet, os 
apprit dans la capitale de la Sicile que le parti consb'lntùnod 
avait triomphé & Naples, et que le roi avait été obligé de trai- 
ter avec les chefs de llnsnrrection j les mêmes dépêches annot- 
cèrent que ce souverain avait rendu un décret dans leqnd 1 
déclarait accepter la constitution dTspagne , et que le yrm 
^ bMditaire était nommé Uevtauat-BéBÀvl ds tofËmuc tt 
vi«»4Yn de Sieîie était trunmk l'ordre de proelamer à Palow 
H coBstilution d'Espaigne. Les hooimea du bitûnent qoi mil 
apporté lo nouvelles étaient descoidD* k terre et parcowsint 
les rues de Païenne portant )a cocarde tricokire i Iran At- 
peans. Ce signe de la liberté fut promptement adopté pirlt 
peuple, «vaut même que les dépêches reçues de Naples huai 
offlcielleraent connues du public Us avaient même ajonlé à Inn 
cocardes une quatrième couleur, le jaune, ^oar tûtdipt»^» 
de la SicUe, quils réclamaient à grands cris avec la coastilt' 
lion d'Espagne, 

Dans la matinée du iSjuil1et,le général-commandaDtetum 
les officiers généraux qui se trouvaient à Palerme, avN bn 
grande partie de la noblesse sicilienne, accompagnèrent lenct- 
roi à relise où l'on célébra avec pompe la fïte solmotlk*' 
saiBte Rosalie. La fbnle était conùdérable à Yt^at , et ks c» 
de «wv Stibtte JbiMSe, «Aw eiwdépeiiiùiiteÊ, tire b OMriM>>* 
é'Mtpiqiite, se Srent eBtettdre pendant la cétteeiiie,afl-dediB 



Histçire. 3f|5 

et «o-debon de la cathédrale. Le ttùr, on lira mr la plteo d« 
sénat des feux d'artifices qui attirèrent une fbale imneMe. H 
étJUt difGcileque, dans un tel état d'enthousiassi^ il n'y e&t oa 
peu de désordre, H. Chiircb parut avec quelques offîrâen pour 
qipaiser le tumulte; mais sa présenc* ne fit qu'augmenter 
l'exaspérattoiï de la multitude- Dana la foule, on distinguait 
Dotjunment un prêtre qui s'ava&ça ven le général anglais, et 
lui enjoignit, avec des gestes menaçani, de crier vwe thtà^ 
pmvtance. Celui^ ne sarait comment se tirer d'une poaition 
atiui critique ; plusieurs fois il fut tenté de t]r«r ton épée , sur 
la garde de laquelle il tenait toujours la main , et d'immoler le 
prêtre à sa colore; mais sentant la gravité des oouMgtianoes 
que poarait «voir pour lui et les siens ce parti violent , il te 
modéra et cmt plus prudent d'opposer le calme et le sangfroîd 
aux ef&ayantes vociférations du peuple. Haia le prêtre ne se 
rebutant pas du peu de soccèi que ces menaces avaiout obto- 
na,reTintàUc)iargeet voulut encore faire crier k M. Chnrdi 
Miw l'Indépeadaace, me la Zibcrté, lui disant qa'il serait mas- 
sacré sll s'y refusait. Ses aides-de-^«n)p, alarmés ei craignant 
pour sa vie , le prièrent instamment de se rendre au désir de 
U.nnldtnde; mais il demeura inébranlable. Alors le peuple en- 
tra dans une foreur q;Q^l serait impossible de décrire, et se 
porta aux [dus grands excès. Le général Chnrcb et ses compa- 
gnons furent assaillis à coups de pierre; il f\]t lui-même atteint 
à la tète et aux épaules. Mais il eut le.boDheor de trouver sur 
la place du sénat un carrosse dans leqiid il monu précàpitam- 
Moat; et( quoique poursuivi par les mulins qui l'atteignireBt 
et Bontirent sur la voiture malgré la vitesse des cbenuix, il 
parvint enfin k se sonatxaire à la rage de ces fereenée. U quitta 
Palerae sur une petite embarcation , et se dirigea ja% le méat 
Fellegrino, puis reçut du vioe-roi l'ordre de se retirer k Trap- 
paai. Pendant ce tenpa-Ià, le peuple »e porta ven l'aubtige où 
logoait le général Church , tua ou blessa quelques soldats de la 
garde, visita toute la maison, et la quitta aux uns répétés de 
«W r.&Hi^Md<MM, et an milieu des plus borribles mswso ef 
ooBtra le général et contre l'aubergitte. 

M. Chnieh n« trouva pas les habitana de Tqippaal nMUx 
dû posés en sa farQur que ceux de Païenne} il traita , en tam- 
M, ks ont et les «otics de CariMwi Yvfud.tfk'ilit'r 



i.Aioo^lc 



3gC Histoire. 

avait rien àfiUrt dans celte vitle, il songea à reloumer k ?■- 
lerme, où sa présence était au moins inutile au rétabliœoïKBt 
du bon ordre qu'il prétendait ramener. En outre, le peuple de 
Trappani, où les idéea libérales s'étaient propagées, songeait à 
lui faire nn mauvais parti ; le général sentit la nécessité de s'é- 
loigner de ce port , et se dirigea ters Hanala où il ne s'arrâa 
que quelques heures. H retourna à Trappanï où it ne fut pu 
mieux accueilli que la première fois ; car on le menaça de tiitr 
sur son embarcation s'il ne se retirait : ce qu'il fit. Il renoootn 
vne flotille dont le commandant lui apprit que tout était penh 
à Palerme, que les bagnes ayaient été ouTerts , et que le vk»- 
loi n'avait échappé qu'avec peine à la fureur des révoltés. Apns 
quelques jours d'une navigation sans intérêt pour le lecteur, 
le général Chnrch arriva i Haples, où le r^mecODstitntionDel 
était en vigueur. Le drspeau tricolore y Bottùt sur les forte- 
ressts et la palais. H. Church fut arrêté par les.ordres An gé- 
néral Pepe, et renfermé au chdleau de l'Œuf, comme suspect 
au gouvemem^il, qui Tojait en lui un hotnme dangereux pour 
la tranquillité publique. W. 

354. TeHT&TIVO KB irTl.KDAaE L'UTmiORK dill' xuiqubku. 

— Essai pour retarder la décadence de l'élo qn enc» en Italie; 

par le prof. Charles Antoine Puai, i vul. inria;prix, i L 3a. 

Milan, iSi7;Sooxagno. {H RieogUlore ; }uxv. 18x7, p.66j. 

Après avoir exposé l'état de l'éloquence en Italie, Tautev 
diercfae i lui tracer de nouvelles routes. Escbine, dit-it , dans 
■on plaidc^er contre Ctésiphon , parle de l'usage qu'on obser- 
vait i Athènes & l'égard des orateurs. Un hérant criait anrli 
place où se tenait l'assemblée du peuple : quel est ceini ifentie 
vous qui , ayant plus de 5o ans , désire prendre la parole poor 
l'intérêt du bien public 1 Hoi , je viens remplir en ce jour, dit 
l'aotenr, l'offiee de ce héraut, et faire entendre ma vmx à nm 
les gens de bien. L'égoïsme nmge les coeurs , la discorde «ose 
la ruine commune , et trahit les espérances ; l'arrogance ne peet 
eonnaître le bien et fait croître le mal ; quel est celui qnivnt 
parler pour combattre ces abus?— Il Faut c réer des moyens 
pour détnitre l'indigence , pour faire aimer la morale qui nom 
porte à t'neoompllssement de nos devoirs, pour rendre h vie 
du labo(u<ei^ muiiii misérable, pour oocûpff l\>îaiv«(é des pri- 



. SiltOÙV!. Sp^ 

•Danien, {war d jtoaner la regards <les richeirta pérâubles ; 
quel est celni qui aeprapme ds tnûter de pereib sujeu! Qui- 
conque veut réveiller dans les amet ces dess^M généreux , ces 
ridies vertus , ces périlleux travaux, dont les exemples devien- 
nent chaque jour jJus rares , qu'il prenne la pande 1 Qn'nn es- 
prit lumineux se consacre à éclairer les hommes «t dissiper 
leurs terreurs, qu'un autis plus étendu s'ein|d^e au progrés 
des sciences et des lettres, que k sage nous conduise sur les 
roules de la vraie gloire et de la véritable félicité , que l'homme 
de Inen se propose pour exemple dans la pratique de la vertu , 
que le plûlantrope aille plaindre et secourir le malheur. Que 
cenxqni, par de si beaux efforts, voudront obtenir la reconnai»- 
aance du public, je les en conjure, qu'ils se gardent poinlle tH 
lence ! Tels sont les sujets sur lesquels l'auteur appelle l'atten- 
tiott de ses concitoyens. On ne sauraitque louer ses vues ; elles 
soot d'un homme qui veut le bien ; mais elles ne sauraient con- 
duire à cette sublime éloquence d<»it les ressorts ne sont que 
dans l'amour de la patrie. Sans cet amour l'^oquence languit et 
périt; il n'y a plus de grandes pasùoni, et le zèle qui reste pour 
l bien public n'est pi ja un mobile assa poissant pour YHo- 
quenc«. A. HirRAt. 

955. Hbmoibb TERDiKT A pxoDVH qu'atamt le aiaHK nn aoi 
Dxns IL r'bxutut foirt bk Pobtdgai. de loi qui défendit 
aux églises et monastères l'acquisition des biens fonciers; par 
Fr. Han. Taicozo d'AsagSo Mosito. [Memor. da Aead. Bi 
das sciene. de Lîsboa; Tom. VU, part, i ]. 
L'auteur parcourt l'histoire du Portugal depuis Itf temps des 
Empereurs romains jusqu'au règne du roi Denis, au lA^siécICf 
pour prouver que les églises et monastères ont toujours acquis 
des biens sans que les rois y aient mis obstacle etsansqi^aucune 
loi ait restreint les donations. On lit bien dans quelques charUs 
l'approbation ou le consentement des rois; mais une feule 
d'autres chartes ne font pas la moindre mention de cette ap- 
probation qui séparait nullement avoir été nécessaire. Dans des 
royaumes voisins , tels que celui de Léon , on a pris de bonne 
heure quelques mesures pour limiter l'accumulaticm des biens 
de main morte; mais l'auteur pense que ces mesures n'ont m 
aucune influence sur le Portugal ; ce. n'est que sous le règne d« 



I:,G01")^|C 



308 HtMotre. ■ 

Denit que le bioa di l'état fit c<Hnpreiidi« ta eopt we ow M la 
aécastâté de MttnsDdre llnttoàu libénlitA det donatenn. IL 
Trif^KO d'Arogio Honto a ajouta «n notes les extraits fvw 
foule de chartes de danatÙMU adressées aux église* et monasl^ 
nsi quelques-unes ODt des coniidérans curieux. Le cAvdieT Gfl 
Martins fonda en ii98, Soo maravedk pour iet nnti€»*mjà- 
rair dttMtm dt e»iix ^"il m tuAffmà ou onhiwS, eontwibtiétm 
tameiiUdt tuer. D'autres lèguent des biens par eraînte de Tee- 
•ttr. Un y veut que si ses fils sont bons, ils Jonissent de en 
biens; sinon, les biens appartietidront an couvent Saint-Ieaa : 
Si autem lumjiiarùit bemi, ventât Sanelo JiAaniii. D'antres K- 
guent leurs Uens sons la eonditioa d'être nourris par le cmmat, 
«t d'âtre traités comme les moines. Dans une des chartes de ce 
faare, le donateur, nomné Henendîii, l'an 1078, avoue que 
les moines Ini ont donné une femme maure pour le serrtr:^ 
veut qu'après sa mort , celte femme retourne dans la prtipriM 
des mmnes aveo tout son avoir : Si aeeepi de vobtt im hmefaio 
Êua moam qaa taviet m» in vùa me», et pott eèùuinmemm M- 
miat UUi moara et mea Aaredilatê elmeo aper quantum haboerim, 
mdmoiMuteno SaïKii/otuutnù. D-e. 

a56. Hinoiax sua lu Jinvs kh PostdoIi. ; par J. Jos. FsKnmi 
. Ooano. ( Memor. da Aead. reat dot teiene. de UAoa; Ton. 

Vm, part. »•). 
- Ce m^oire, propre 1 servir à l'histoire des Juifs en Europe, 
est divisé en la chapitres; nous allons suivre rautear dans ks 
subdivisions de son travail. 

Cbap. i". Entrée det Juî/t dans la pénùuide eipagnole. L'é- 
.poque de cotte entrée est incertaine. En Portugal, les Juî&fb- 
fCBt tolérés long-temps en raison de leur aptitude au commercr. 
Quand Ferdinand , surnommé le Catholique, chassa les Jmb 
. de l'Espagne, il en reflna un bon nombre dans te Portugal) oà 
■le mi Jean II tira un parti fiscal de leur détresse, en les sonnet- 
Hmt k on tribut de 8 cruxades par tête pour le délai de i mois 
qu'il leur accorda pour s'embarquer. Ceux qui ne seraient pas . 
ftr^ au bout de S mois devaient être esclaves du fisc. D. Ha- 
anel leor fit grlee de cette peine ; mais voulant s'allier à la niai- 
•oB de CaslUle, ce prince fnt obligé de souscrire à deux cowG- 
tio»( il Mat M ligner avec l'Espagne contre la France, et 



jbïGoogIc 



Biitoin. Zgif 

chwer la* JuîTa de im éuu. £a vain/wi minûtict lui repiv- 
santèrait riuUité des JoUs en Portugal, Manuel les ♦t''^'"' P"' 
arrêt de l'aa 1496,' «u leur laiuuit un larme de 8 mois pour 
^Ticuer le Portitgal, sous pane de mort en eu d« dàobéU- 
suiee^ilse fitsuggérer une mecuie plus injuste, et que l'on tint 
secrète : le dinunche de Pâques on devait retirer eux Juifs les 
eofâos Agés de moins de 14 ans, pour les instruire dans le Chris- 
tianisme et les baptiser. Plusieurs Juifs turent leurs enbns 
pour les soustraire à la conyerMoa ; beaucoup de fwnilks se 
sauvèrent chez les Maures, d'autres se firent baptiaer. De là 
vint la dbtinctioD entre Chré liens vieux et Chrétiens nouveaux. 
Ce dernier titre fut en Portugal un titre de réprobation qui, 
selon l'auteur du mémoire, subsiste encore, et qui prouve, dit- 
il, le peu de fruit qu'on tire des conversions violentes. 

Chap. 9. Obligation det Jmfa de porter des mmr^eei distùic 
linet. £n Portugal , comme ailleurs, on forçut les Juifs à porter 
des marques sur leurs babits pour les distinguer des Chrétiens. 
Un concordat du roi Denis, de l'an laSg, est un des plus an- 
ciens documens qui leur impose cette obligation en FortugaL II 
fallnt renouveler souvent l'ordre de porter la marque. En iSgi, 
il leur fiit enjoint d'avoir sur leur habillement, au devant de la 
poitrine , un morceau rond d'étoffe ronge. Aux cortès d'Evora^ 
en 1481 , on se plaignit du luxe de la parure des Juifs et des 
Maures, et de la difficulté de les distinguer des Chrëtiois : on 
leur défendit la soie et les broderies. L'obligation de porter la 
mangue fut encore imposée , dans le 16* siècle, auxJui&à qui 
on permettait de venir faire le commerce dans le royaume. 

Chap. 3. OrdrtM tendant à ea^écher te commerce entre Jtiifl 
et Chrétùne, Dans toutes les villes on villages où il j avait plus 
de 10 Juifs, ils avaient une juiverie que l'on fermait le soir.Lea 
Maareriei ou quartiers des Maures étaient comme des camps 
dans les campagnes, parce que les Maures étaient un pevpte 
agricole; les juiveries étaient au contraire m dedans de l'm- 
ccinte des villes et villages. On n'y pouvait tenir des domestir 
ques chrétiens; les femmes chrétienaes n'y pouvaient entrer; 
d'an autre côté les Juifs ne pouvaient point entrer dans les mai- 
sons des femmes non mariées, Ik moins qu'ils ne fussent aceoiO' 
pagnée de deux Chrétiennes. Ces défense» fiireat souvent en- 
Creiiuei. 



jbïGoogIc 



40» . Hùtoirt. M^aSô 

dap. 4- -I^ ^ jandîeA»! dm grttnd rabim. Le droit partica>- 
lier des Jtâb du Portugal se trouve dam leKTre a du code d'&N 
fanie. Les rois accordaient le titre de grand rabbin à des laifs 
dont ils VonliieDt récompenser les serrices signalés. Il rendait 
la justice en dernière instance, scellait ses actes d'un sceanaux 
armes du royaume, et faisait parvenir ses ordres aux rabbins 
des communes juives. 

Chap. 5. De raudUeur et des autre* o^leien du gnad rabhm. 
Ce chef avait tonjonri un auditeur [ouviHùr) chargé de comiaî- 
tre des choses dont il ne pouvait s'occoper lui-même , et dont 
-le» fbnctiâtM répondaient à celles du corrégidor de la cour {eof- 
regedor da eorte) chei les Oiretiens. Il avait de plus <tn chin- 
celier pour l'expédidon des actes, un secrétaire et nn^artcira 
assermenté pour mettre & exécntioo les. sentences. 
' Chap. 6. Det auditeurs de diitricts. Chacnn des 7 districts 
dans lesqueb le royaume était divisé , avait nn auditeur ctn par 
le grand rabbin. Celui du district d'Estremadure résidait i Su- 
tarem , celui de Haut-Beira à Visen, celui de Bas-fieira à Co- 
vilbam , celtii d'Entre Douro et Hinbo ù Porto , celui de Tras- 
o»-Hontes à Torrc de Honcorvo , celai d'Alemtcjo k Evon, 
en6n l'anditenr du royaume d'Algarve à Faro : chacun scelUit 
ses actes aux armes du Portugal; il ctmnatssait des causes ju- 
gées par les rabbins des communes , et portées en appel derut 
lui ; chaque auditeur avait également un chancelier et un grel- 
Ber; ces deux fonctionnaires pouvaient être Juî& ou Chrélini- 

Chap. 7. Det rabbùu det eomnumet. Qiaque ville avfitDD 
rabbin renouvelé tous les ans, et confirmé parle grand nbbin- 
Des notaires particuliers étaient chargés de la, rédaction d» 
transactions civiles entre Juifs. Jusqu'au règne de Jean 1, il* ^ 
servirent de la langue hébraïque, elle leur fut interdite ensnite- 

Oiap. 8. Ordre dejiutiee cAes tet /ni/s pour les affairet «■ 
v^t et Ut déiitt. Le rabbin do lieu prtmonçait en preoi^ 
instance ; on ponvait appeler de ses senienccs au grand rabbm 
ou à son auditeur. Les grands criminels étaient renvoyés dena< 
le chef des alcades. On prouvait son droit par écriture , par sff- 
ment et par témoins. Le Juif prêtait serment, selon le Coirtiffiii^ 
de Béja , sur les 5 livres de Htnse appelés Toura , dans la 170*' 
gagne, en présrace du rabbin. Dans les contestation mtK 
Juifs et ChrétietM , le lémoign^ d'na Chzétieo contre un Jii>> 



jbïGoogIc 



Histoire. 4ot 

éuît V&kble, maù on ne laissait témoigner tn Jnif contre nn 

Chrétien. 

Chap. 9. Des priviUgei dent JoHÙtaùnt let /u^i portagait. 
Pendant quelque leiops tes Jujft passèrent pour les meilleun 
financiers; le roi don Denis ent pour miaistre des finances le 
grand rabbin Jndas; un aube Judas Tni grand trésorier de don 
Ferdinand, et David, également Israélite de naissance, fut le 
confident de <% prince. Hais une loi du roi Edouard défendit 
aux JuUs et aox Maures d'occuper des etnpiois auprès des rtùs, 
reines, infaus et pr«lats. Sous le règne du roi Jean I, son pre- 
mier mMecin , Mcnse, présenta â ce prince une bulle de Boni- 
face IX, de l'an i38g, qni en confirmait une autre de Clément 
TI, de l'an i38g; dans les deux bulles les papes défendaient 
aux Chrétiens de trooblcr les Juil^ dans l'exercice de leur reli- 
gion, de violer leurs cimetières, et de leur imposer d'autres 
tributs que ceux auxquels les Chrétiens étaient assujettis. En 
«mséqnence de ces bulles, le roi de Portugal ordonna, en 1393, 
de respecter les droits des Juifs. 

Chap I o. Privilàges des taift qui embrassèrent le CArùlia~ 
KÙme opoiu la conversion générale. Il était défendu , sous peine 
de 60 sols, de les appeler tornadieo, girouettes, et comme les 
joges eccléùastiques ne punissaient guère cette injure, la con- 
naissance en fut attribuée aux juges séculiers. Les Juifs conver- 
tis n'étaient point tenus, comme les autres vassaux, à avoir un 
cheval pour le service du roi. Si la femme d'un Juif converti 
persistait, au bout d'un an, dans le judaïsme, le mari pouvait 
la renvoyer avec, le douaire on le guete. Le fils converti d'un 
Joif ne pouvait être déshérité par sa famille; on était an con- 
traire obligé de lui donner son patrimoine dès sa conversion. 
S'il était Gis unique, on était oUigé de lui abandonner les u tiers 
de tous les biens de la famille , qui disposait alors librement de 
l'autre tiers. 

Chap. II. PrinUges des Juifs connertis depuis la conversion 
générale. Il y eut d'abord beaucoup de discorde entre les Chré- 
tieos vieux et nouveaux. En i5o6, on cria au miracle parce 
f[ue dans l'église des Dominicains à Lisbonne, un reliquaire 
brillait d'une manîèra^rticulîère; uu Juif converti se permit 
de dire que cela provenait d'une lumière qui frappait le reli- 
quaire. U dessus grand tumulte chez les vieux Chrétiens. I.es 
G, Tou XL a6 



lAiOo^Ic 



4oa Hittoirf. 

ûqûptigM 4m navires francaii, hoUindaù et allenuuMl* qui 
étaient "à l'ancre dans le Tage,s'en mélùretit;on se battit avec 
ftcbarnement pendant quelques jaurs) en\iron a mille indivïilus 
périrent] une grande partie consistait ea Chrétien* nouveaux. 
L'année suivante , le rai D. Manuel ordonna qu'à l'avenir il ae 
serait fait aucune distinction entre CfarétienavieuK et nouveauv 
l.es succeueurs de ce prince promulguèrent des ordre» wn- 
bldbles; néanmoins le préjugé populaire continua d'être hostile 
divers les familles des converti». £n 1601, il fallut défendre 
d'appeler quelqu'un Chrétien nouveau , ntanvmt ou Juif, et 
encore, en 1773, un crut nécestaire de rappeler les ancieiuHS 
défenses. 

Chap. la. Lois contre l'émignUion des Chrétient mapcam*. 
Don Manuel avait défendu , en i499( xix Chrétiens nouveau 
de sortir du royaume et de vendre leurs biens sans sa permii- 
fion. U révoqua cette défense tn iSo? ; puis voyant appi^en- 
ment le grand empressement des Juiis convertii à quitter le 
Portugal, il défendit de nouveau leur sortie pour l'Afrique et 
pour tous les pays habités par les Maures. Don Jean III pro- 
hiba, en i53a, toute sortie quelconque des familles converties; 
en i5fi7, on leur défendit de passer dans l'Inde , au Brésil, aux 
îles, ete. Don Sébastien révoqua les déicnses de sortir en 1577; 
Philippe II les rétablit, et Philippe III de Castille les révoqua 
(le nouveau , puis les remit en vigueur ; la prohibition des sor- 
ties fut définitivement abolie en i6ag. 

Toutes les assertions de l'auteur sont appuyées sur des do- 
cumens, particulièrement sur le code Aipboosin. Si l'on ajoute 
au mémoire de M. F. Gordo le travail important sur la littéra- 
ture hébraïque en Portugal , inséré dans le recueil des Mémoira 
tU littérature portugaise , et un mémoire sur la culture de l'hé- 
breu par les Portugais catholiques , public également pu l'ica- 
démie de Lisbonne, et dont nous parlerons dans un autre ar- 
ticle ; ou a une mt»»e de matériaux iuléressans sur l'hébraiMM 
en Portugal. D— o, 

a56. Tbatadx dk l'Acidéick aoiAi^ n'nisTons * Hadiid. 
A la fin de novembre 1 818 , l'Académie rpyale d'histoire de 
Madrid a terminé sou année académique ; les fonctions du pn~ 
sident , D. Martin Femandei de Navarrete, ont cessé. Dans la 
dernière (éance qui eut lieu le vendredi a0 de ce WM^ BL Fei^ 



Hiaoire. 4o3 

naiidez prononça un discours obli|^, dans lequel il exposa la 
s^rie des travaux auxquels oè corps savant s'était livré sous 
sji direction. Nous en donnerons k nos lecteurs une analyse 



Plusieurs commissions ont été chargées île bâter la publica- 
tion de la chronique du roi Don Ferdinand IV, qui était ar- 
rêtée depuis plus de ao ans. Elle est aujourd'hui achevée et 
prête pour l'impression. Le même travail a été fait pour les ao 
premiersltvres de l'histoire générale des Indes, de GonzaloFei^ 
sandex de Oviedo. On a fait graver plusieurs degâins qui y se- 
ront ajoutés ; ces dessins représentent divers ustensiles des In- 
diens, des animaux, des plantes, des fruits et d'autres objets 
d'histoire naturelle. Les matériaux, du Tome 7 des Mémoires 
académiques, qui ne tarderont pas à être Ii,vrés au public, ont 
été préparés ; ce sont des dissertations sur la numismatique, la 
lithologie, l'histoire deCastille, d'Aragon, de Navarre et des 
Indes. Cette variété rendra la lecture de ce tome plus agréable. 
ïjefatro reai (forum regium ) du Roi Don Alonso le sage , est 
«gaiement prêt pour l'impression. On en a confronté le texte 
avec un grand nombre de codes qui existent dans diverses bi- 
bliothèques. Toutefois , racadémie ne s'est pas contentée de ces 
codes; malgré leur caractère authentique , des recherches ont 
été faites par ses ordres à Cordoue , Valladolid, Sahagun , Bur- 
gos, Onà et San Millau, afin de découvrir un code légal, qui 
pût inspirer une confiance absolue. Ses efforts n'ont pas été 
inutilesi le livre intitulé le Miroir des Lois, Espéjo de las 
leym , sera ajouté i ce volume. Il n'en existe plus qu'un original 
dont l'académie possède déjà une copie correcte. 

Les séances hebdomadaires de l'académie ont été consacrées 
jk la lecture des travaux scientifiques des membres qui la com- 
posent M. Minano a lu successivement les principaux articles 
de son dictonnaire géographique et statistique de l'Espagne et 
du Portugal , qui , par ordre du roi, a été soumb au jugement 
de l'académie. H. Cean Bermudez a lu la vie du célèbre archi- 
tecte Jnan de Herrera , à laquelle il a fait de nombreuses addi- 
tiocu, et qu'il a enrichie d'explications nouvelles. Il a lu aussi 
une traduction de l'art du vrai dans les arts du dessin, ouvrage 
écrit en italien, par M. 3Iiliiia, avec d'excellentes notes et 
des obacTfatioBS profondes sur le sujet. 

a6. 

i..i-,....i:, Google 



4o4 Histoire. N' a56 

M. Gonialei Carvajat a lu sa traduction en ven cutilUiu 
des lamentations de Jcrcmîe, et du cantique sacré de Débora, 
ainsi que le savant éloge historique d'Arias Hontano. H. de 
Hautefort, membre corespondant de racadémie, a présenté 
divers chapitres de l'oiivrage qu'il fnit, sur le Conventus juri- 
dicus de Césat^Augusta ; M, C.-inal,une notice biographique et 
littéraire de noire digne collègue, le P. M. Frias;les niénioires 
sur U vie de maître Fr. Louis de Li-on, recueillis par le vieux 
et respeclable père Meriao , et quelques chapitres dir Tome 44 
de l'Espagne sacrée. On a lu les réflexions de don Sanliaigo 
F.stnfance, sur la situation des anciens licus appelés Ateliana, 
Barberiana et Gracuris, d'après l'ilinéraire'd'Antonin , el dts 
mémoires sur la vie de D. Alonzo VT. M. Maïutc y Gabîria a 
présenté son mémoire sur l'ancienne Italie, qui, ensuite, a été 
publié. M. don Jayme Ripoll a continué l'envoi des documens 
qu'il imprime, et qui- sont presque tous tirés des archives de 
l'église de Vich ; ces documens sont destinés à éclairer l'histoire 
de c^tlç église, ainsi que celle des antres églises du même 
diocèse. HM. Torres, Amat et Bofamill ont présenté la chro- 
nique de Catalogne, du docteur Pujades, expliquée par des 
notes et des documens, et complétée parla seconde et la 
troisième partie , encore inédites , que l'on croyait perduesj M. 
Marma, l'histoire de la vie de Jt-sus-Christ , renvoyée par or- 
dre du roi \ l'examen de l'acadcraie; M. Lisia , son mémoire sur 
les caractères de la féodalité en Espagne, et son discours snr 
l'histoire de notre littéralurej M. Huso, son discours sur h . 
nécessité où se trouve tout gouvernement de joindre la fer- 
meté à la prudence, pour assurer le bien être des sujets, 
comme l'enseigne l'histoire d'FUpagne depuis les temps les 
plus reculés; H. D. Francisco Antonio Gonzalez, ses travaux 
érudîls où se trouvent l'explication des légendes diverses, m^ 
dailles et inscriptions arabes, trouvées à Cordoue, Lanjaroz, 
Badajoz. 

Mais (^'est surtout le directeur de l'académie qui a contribué 
à rendre intéressaolrs les séances de ce corps littéraire, par la 
lecture qu'il a faite de son introduction à -la collection des 
voyages et découvertes de nos anciens navigateurs; de la 
troisième partie de la dissertation sur l'histoire de l'art nauti- 
que et des mathématiques en Espagne; de la notice hisloriqne 



Histoire. 4<*i 

des déconrertes que firent les Espagnols, de tout le cootioent 
Américain ; de la biographie d'Alooso de Uojcd» et du roarqtiîs 
,de la Enacnada ; d'une notice historique sur Amcric Vespuce , 
et l'examen de ses voyages, avec d'uutres observations analo- 
gues, préparées pour le Tome 3 , qui sera publié incessamment. 
L'académie a anssî reçu et examiné un grand nombre de 
DifHUiaies celtiques, romaines et arabes, et d'inscriptions anti- 
ques. Elles sont dues nu lèleet à la générosité de ses membres et 
d'antres littérateurs laborieux, qui les ont découvertes dans te 
(X>rrégûnent d'Alcira, il Taragonne, dans la vallée d'Olanez, aux 
eaviroDs de Gijon, àCordoue, h Lanjaron, AJcala deChesbert, 
.Ahnararron , Villafrance de Cordoue, Us Cabrillas, Alborache, 
■Toyaume de Valence, à Cadix, Badajoz, Cabeza del Gri^o, et 
Boija. — D.Antonio I.opez,de Cordoue, membre correspoD- 
ilant de l'académie, a envoyé de Coustnntinople, d'autres mon- 
naies turques , grecques et du bas-empire , et depuis son retour 
en Espagne il a donné k l'académie de nouvelles preuves da 
.dévouement et de libéralité. Kous ue devons point passer sous 
.ûkoce la déférence avec laquelle la municipalité de Cadix 
consulta l'académie, sur la légalité de certaines monnaies très- 
anclennn, dont elle avait fait sculpter les types en pierre, pour 
. en décorer la façade de la municipalité , et rappeler ainsi leur 

- aotiquilé reculée. Il en résulta une controverse tittéraîre que 

- l'académie termina avec cette impartialité et cette prudence 
qui la caractérisent. 

L'académie a aussi examiné dîfférens ouvrages qui luiout été 
soumis par le Roi; cntr'autresun ouvrage intitulé de Caggraadit- 
tement, de la décadence, et delà restauration de la maison de 
Bourbou, Divers articles du dictionnaire biographique des 
.Espagnols célèbres, entrepris par HM. Cortena et Hualdeî 
ainsi que la traduction que ces deux savans ont faite de l'alle- 
OMnd en espagnol, de l'histoire de la littérature espagnole , par 
Bouterweck, enrichie d'un grand nombredcnotes pleines d'éru- 
dition. Enfin le traité de chronologie théorique et pratique de 
Garriga ; et le catalogue d'un monétaire volumineux envoyé de 
Florence. - 

On a entretenu une correspondance active avec les personnes 
résidant hors de Madrid ; il en est résulté de grandes facilités 
pour la vérification de divers points historiques. M. Thomas 

i..i- ....lAiOo^Ic 



4o6 Hùtoirv. 

Gonsalez a envoyé de Simancas dont les arcbires Mot eonSitt 
h sa garde , quelque» dociimens qui fixent le jour et les rircoa- 
stHUftcs de la mort du connétable D. AIraro de Lima , point qoi, 
jusqu'à présent, avait été virement controvené eatra 1» hia- 
loriens, et sur lequel il n'y avait que dea doutes. D. Humel 
Cesareo del Casiillo, académicien laborieux, a envoyé estre 
autres notices quelques ceuvrea inédites du P. Blariana; H. Bo- 
farrull , des poésies du roi Don Pèdre IV , d'Angon; M. Zwi- 
navar, son essai sur la législation de la Havarre ; te P. Maioa, 
de l'ordre des Augustins , son traité sur la véritable origîiw de 
la religion, et ses principales époques. Plusieurs homiatide 
lettres français, tels que HH. Rajnouard, Jullien, Riool-Jt»- 
cfaelte et de La Roquette, ont envoyé à l'académie qnelq«a- 
uns de leurs ouvrages. Plus tard , H. de La Roquette a lait pi^ 
sent à l'académicde son édition de l'histoire d'Amérique, par 
Roberison , éclaircie par des notes très-importantes. La Sotâété 
'des antiquaires deFranoe a fait hommage des tomes 6 et 7 deaes 
mémoires; et l'académie des sciences de Paris; de trois tooMt 
de ses mémoires , et du premier de ceux des savans étnu^on. 
La Société littéraire de Londres, qui vient de s'établir, a (ait 
présent à l'académie du tome i" de ses investigations; et te 
vicomte de Santarem , ministre des aHaires étrangères M grand 
archiviste du royaume de Portugal , de divers mémoires nnù- 
mtitiques, lithologiques et diplomatiques, qui expliquent l'his- 
toire de son pays, ainsi que celle de toute la péninsule. 

Tels sont les travaux par lesqnek l'académie royale d'histoire 
a enrichi les diverses branches de son institution : ils stmt dss 
en grande partie à l'uoiMi eordiale et i l'harmonie parfaite 
qui r^c entre tous ses membres, et a laqudle a puissamnent 
contribué le caractère doux et conciliant de son chef inuoédiat, 
le S. D. Martin Femandea de Navarrete, qui a été réélu sbi 
fonctions de la présidence à rtmanimité des voix. ( Gat w m A 
Bayona, is déc. 1838.] 

s57. L'histobi.\[. du iorcleub. Chroniques et Légendes fras- 
çaises, publiées par Ferd. likVGvt et Emile Moaics. ■ vol. 
in-S", imprimé en gothique par Firmïn Didot avec initiales, 
vignettes et fleurons enluminés et dorés à l'imitation des db* 
nuscrits orginuux. Prix, 45 fr.; relié par Thouvenïn, 60} 



Histoire. 407 

s en noir, 16. Il y a 10 exèmpUÙM tii^ 
sur pai»er imitant U peau vélin , arec les dorure* «a relief 
camme dans le^ manuscrits origÎDaux. Ces applications , faites 
par un procédé tiDavelleiiieitt inventé, n'ont jamais été em- 
ployées. Prix, lao fr. Paris, 1839; Firinin Didot et Lanû 
Dcnosan. 

Jjet éditeurs de cet mtvrage curieux, sur lequel nous oons 
proposons de revenir dans un prochain cahier, avaient déjà 
publié nu recueil de tableaux tirés de manuscrits inédits du 
moyen âge, et auquel ils mit donné le titre suivant : Let Conlêt 
titt gaj rçavitir. Ce volume, qui ne nous est point parvenu, ett 
pareil au précédent, pour l'exéculion «t les ornemens typogra- 
phiques, et se V6nd au même prix. Il n'en reste plus, dit-on, 
qa'uo petit nombre d'exeniplaires. Ces 9 ouvrages nous aam- 
blA>t très-pkopres à donner une idée de la richesse des prenlien 
livres imprimés vers la fin du i5' siècle. £. H. 

aS8. Le coxbit oe tseste bretons cohtxe tmkte akclais , 
publié par M. CaAfELET , «â'après le manuscrit de la Biblio- 
thèque du Roi< Id-S". Paris , 1837 ; Kenouard. ( Le Breton ; 
vol. 1", p. 461.) 

Voici le sujet de ce poème : Au temps des guerres civiles, 
vers le milieu du 14' siècle, à l'époque où Jean de Hoiitfort 
défendait sa couronne contre Charles de filois, soutenu par la 
Franee, trente guerriers Bretons tenant pour Charles, sont 
conduits par Beaumasoir au Chén« de Ali-Foie, contre l'An- 
glais Bembrottgh , dont la troupe se composait da vingt de sas 
compatriotes , de six Allemands et de quatre Brabançons. 1.4b 
Bretons restent maîtres du champ de bataille. 

Les secours que l'éditeur a eus ù sa disposition sont, 1° un 
manuscrit presque contemporain, trouvé en i8i3 à la Biblio- 
Uièqne royale; a" un passage connu de Froissart; 3° le pro-' 
c^verbal de la restauration du monument de Mi-Voie en 1819^ 
4* l'armoriai des trente ou plutôt des trente-un chevaliers bre- 
tons dont les deScendans de plusieurs existent encore. 

La poème se compose de S19 vers; ii ue présente le combat 
que sous l'aspect le plus favorable pour les firctous, et passe 
MHU silence Us exploits des vaincus. Le chroniqueur Froiesard , 



jbïGoogIc 



'4oS Histoire. 

en u qualité d'historien , rend justice k U bnvodre des Anghis 
qui, en efTet, combaitirent vaillamment jusqu'à la dernière 
extrémité; quoiqu'il en soit , tous les doutes se sont pas encore 
éclaircis, non-seulement sur le motif, mais encore dur la réa- 
lité de ce combat. 

Au reste, le poème est, sous le rapport littéraire, inférieur 
aux chansons attribuées à Clotilde de Surville. L'éditeur doane 
mjaesimilecaneaxdtst premières pages du manuscrit, qu'oo 
croit être du commencnnent du 1 5* siècle. Le texte est imprimé 
ea caractères gothiques, quoique cette ècritnre, dit le jcamul 
breton, n'appartienne ni à l'époque du (ait, ni à celle de récrit; 
il est reproduit plus loin ea caractères modernes, et a re^n eac 
physionomie moderne par le (Changement des roots ou des 
toumnres, qui ne seraient pas intelligibles pour toat le nM»dc 
Hais , selon la même feuille, cette disposition , qni a ponr bot 
de faciliter l'intelligence du texte, est peu beurease, le charme 
du rbylhroeestdétriiit,etiarorceoula naïveté des expressions 
disparaît sous cette nouvelle forme. W< 

aSg. Hbghebghes sra txs C^Htiasiirs ou Caorsins du moyen Ige, 

extraites d'un mémoire sur l'état eipil , commercial et Htti' 

raire 4ts Juifs, depaia le 5" siècle jusqu'au 16*; par M< 

Darputo. ( Mémoires de la Société royale des aatiquairct 4r 

. France ; Tora. VU, p. 334. ) 

Les historiens français modernes ont pensé que les Cibmsim 
venaient d'Italie , et qu'ils étaient i peu prés les naénies que lei 
Lombards. Réciproquement, les Italiens accusent les Français 
d'avoir donné naissance à cette peuplade d'usuriers et d'avoir 
même envoyé ce fléau en Italie. Huratorij se fondant sur quel- 
ques autorités reconunaDdables,veut que ce soit la ville de 
Cahors , dont les babitans se nommaient en efTet Caburùns , <!■■> 
ait répandu en France et dans les pays voisins cette horde de 
vagabonds. Mathieu Paris dit positivement que les Cahursiiu 
étaient des bangaiers français , et que le roi Henri III exp»ib* 
de son royaume les Cahursins, surtout ceux de Sens. 

Néanmoîiis, ces données ne sont pas aussi concluantes que 
Mnraiori a prétendu le pronver; car, si les Cahursins étaient 
de CalHMY , ctmment se fait-il qu'en France même aat ùt igi»' 



jbïGoogIc 



Histoire. ^og 

ré celle origiM ? L'ordomunee de janvier ii68,i«ndue par 
Louis IX, fait naentioii dea Cwinrsiiu comme de matchanis 
étrangers ; dans une ordonnance de Charles d'Anjou et dans les 
sUtuts de l'église deHeamt , les Cabursina sont traités d'usarien 
étrangers. 

On voit (jn'il y a des témoignages ponr et contre l'origjne 
françaÎK des Cahursius. Une troisième opinion , qui est, peiil- 
être , la mieux fondée , les fait venir d'un pays intermédiaire , 
du Hémont : ce qui explique pourquoi Italiens et Français les 
considéraient comme étrangers. Des actes publics des Dauphins, 
publiés par Valbonnais, attestent que , dans le moyeu âge , le 
Oituphiné était plein de banquiers étrangers. Une chronique 
d'Asti affirme qu'en 1926, les marchands de cette ville pié- 
iDontnisc commencèrent k prêter ii usure en France. Une autre 
ville du Pîémout,Cavoursou Cavors(en latin Caburum)s'ap- 
pellnit en italien Caorsa. Cest probablement de celte ville que 
parle le Bante(£'£/i^r, chant zi), quand il dit qu'un des cer- 
cles de la demeure des réprouvés est réservé aux scélérats pires 
que ceux dé Sodome et de Caona. Un manuscrit de l'aDcieiuie 
bibliothèque de St.-Gennain , citait , entr'autres dictons an 
sujet de Averses villes, celui d'ufunrri^ Caïon»; et Guigneuîl, 
dans son vieux poème de ta pérégrination de la vie honudoe, 
bit naître la convoitise ( l'avarice) à Chaourtt. Après l'cxpul' 
sioa des Jnîb de Zurich , un banquier d'Asti , nommé Brandau 
Pelleta , fut autorisé à exercer son état i Zurich sous le titre de 
Kawendi , c'est-à-dire de Cabnrsin. 

Henri III , duc de Brabanl , proscrivit les Juifs et les Cahur- 
ûns par acte de dernière volonté , en leur permettant de res- 
ter dans ses domaines à condition qu'ils promettraient de 
faire un commerce honnête ; Philippe , fils de Louis IX, rendit 
une ordonnance à peu prés semblable. Toujours est-il , enfin , 
que les Cahursins disparaissent de l'histoire dans le 14* siècle. 
Hais ii reste aussi k savoir pourquoi cette peuplade usutière 
tira son nom de Caorsa plutôt que de toute autre ville du 
Piémont. 

a6o. CsAaTB nv aoi Cb^kles V. 

■ Charles, par la gricc de Dieu, Roi de France et de Navarre, 
au vicomte de Vire , ou à son lieutenant , salut. Comme pour 



lAiOo^Ic 



4io Histoire. 

«bvier ft la malcvolence et emprise do notre a<henftir« -d'Eii- 
^eterre, lequel a entencion et propos de venir et deKcendre on 
pais de Iformendie , de dens brief temps, ponr faire et porter 
guerre à nous, et ii nos suigex , et ponr mettre siège devant an- 
cunes bonnes villes et chostcaulx d'icellui pais, si comine de ce 
somtoes ton* adcerteoez , nuus avons commis et ordcné par 
DOa autres Lettres le Bailli de Caen , appeller avccques Ini le 
chastellain de Vire , pour venir et visiter nôtre chMtel dadit 
lieu et pour icelluî faire emparer garnir avîttiiller et mettre en 
estât de tonte deffense, sans ancundélay, Pourquoy noua te man- 
dons commandons et estroîtament enjoignons , que tout m que 
ka dia emparemeos et fortificacions causteront i fkîre , to paies 
et délivres des deuîersdelarecepte ordinaire et extraordinaire , 
on de tonpropre,encasquclcsd. recepteanenafBro[ent.noii 
obsUnt quelconques despenses de fieux anmosnes , renies per- 
pQlueles , dons , gaîges , assignacions ï vie ou à tems , par nous 
on nos prédécesseurs fais , à quelconques personnes de notre 
lignage , clen , estodianK ou autres , ponr quelconques censés 
que ce soit ( et pour pins prestement garnir et aviiailler led. 
diaalcl de vivres et antres chnses cMivenables et nécessaires , 
pour la seurté tnicion et deffense d'icellui, tu faces empmns aox 
gens plits puissans et riches de lad. ville , et pRÏs d'environ , de 
blez, vins, grains, sel, sidres, chars, corvoises, ik tel qaanlilé 
que led. cfaasiel soit garni et avitaillé sootGsanment pour denx 
ans proucbains ; et voulons et ordenom que premièrement les 
choses dessus dites faites et acompUes lesdix .emprunz on k 
juste pria et valeur dicenx, tu paies rendes et restitue à ceulxi 
qui il appartendra des premiers deniers il recevoir de ces dites 
receptes ; et tout ce que par tov sera paie pour les causes des- 
sus dites, parrapportant ces présentes, ou copie dicelles, soute 
scel autentique , avecques lettres de recognoisitnce dea person- 
nes qui aront fais lesdlt prests , Nous voulons estre alloé en tes 
comptes , par noa amfe et feanix gens de nos comptes à Pnis , 
sans contredit. Si garde que en ces choses n'ait par toy aucoti 
dûfTaut , car nous t'en punirions tellement que ce soit flxanple 
as autres. Donne à Paris, le xkv" jour de Janvier, l'an de grâce 
Hïl CGC. soixante et onze , et de notre R^ne , le viti*. Par le 
K^fGuiffart.» 

* jiuJot est Jait; Nou receinmes ces Lettres , te p 
jour de février . . .cccLxu. » 



BUtoiit. 4it 

Cette charte nont ■ étécommuniquéepar IfM. llo«t,oom- 

niù principal bu minûtère de U guerre. Elle m rapporte i ob 

passage de l'hùtoire de France par Uéaerai , lome u , pag. 483 

et 484 , aan. 1370 et iB;!. Le roi d'Angleterre était Edouard UL 

L.H. 

a6i. Louis XI * Naktbs, (£jrAarnjonc<iM;6'année,XI*voI., 
txii" livraison ; fév. 1838. ) 

■ Dés son avènement à la couronne , Louis XI , après avoir 
reçu it Touiï l'hommage de François 11, fil un voyage en Bre- 
tagne , cachant, sous le prétexte d'un pèlerinage à St.-Sauveur 
«le Redon , l'intention réelle de s'assuier de l'état des forces du 
duché , et d'enlever Françoise d'Amboise , veuve de Pierre II, 
La fenneté du duc fit échouer ce projet. François II reçut ce 
monarque avec plus d'ostentation que de franchise. I^s deux 
princes se sentaient divisés par la haine , car la dissimulation 
commence les inimitiés, u Ed. Richer, histoire de Bretagne. 

Un manuscrit du i£>° siècle raconte, dans le style naïf du 
temps, les circonstances de l'arrivée et du séjour du roi & Nan- 
tes, en novembre 1641. Le roi avait fait savoir la veille au duc 
François , par le héraut Normandie , qu'ayant entrepris un 
voyage à St.-Sauveur de Redon afin de satisfaire à un vœu , il 
désirait le saluer dans sa cité de Nantes. Cet avis causa de la 
rumeur , et les préparatifs faits pour recevoir cette visite im- 
portune , eurent plutôt l'air d'être pour un siège que pour une 
réception royale. < Cependant le son des trompettes se fit en- 
lendre aux barrières et l'attention générale se porta vers le cor- 
tège du roi. — Le voilà, le voilà, s'écria Guillaume! J'aperçois 
déji sa garde écossaise, que précède le beau sire Olivier de 
Qnelen , avec ses francs archers : monseigneur le duc est plus 
heureux que le roi, ii'peut du moins confier à des Bretons U 
garde de sa personne. — Mais , où donc est le roi , demanda 
Guion 7 — Voyei-vDUS , tout près de monseigneur le duc , si 
beau, si fier avec son manteau garni d'hermine, sa brillante 
cotte d'armes, chaînée de son blason, et qui représente un ca- 
valier dont le casque est surmonté de bail tes cornes; voyez-vous, 
dis-je , «et homme à piètre mine, au visage pâle et alongé com- 
mo s'il sortait de la léproserie de St.-Lazare, mais dont l'teil 
est vif et perçant? Avec sa casaque usée, sa calotte et son petit 



i.,Cioi")^lc 



i(is Histoire. N* &6i 

fdiapeta en foanmre , le<|uel est garni de* images de la Vierge 
et de Notre-Dame d'Embrun , u nonseill^; il ne ressemble 

pas mal à un marchand du Soargmain ou AoVÉe/iellerie 

C'est le Hoi. — Qnoi , c'est U le Roi? — Oui , lui-même ; n'a^t- 
il pas l'air d'être le très-4iumble valet de moDsei|pieur le duc , 
dont le riche costume relève encore la bonne mine? Mais le ma- 
lin monarque ne semble pas prendre garde à ce petit triomphe 
de son allié ; il est tout occupé de qnéter les suffrages de la 
foule : remarques comme il s'erTorce de sourire gracieusement 
aux nobles et hauts barons qui l'entourent , aux sires de Aienx, 
de Dervai , de Hohan , DuchafTaud , de Matesirois , à Guillaume 
Cliauvin,àOIÎTier deQuelen;maisilne sera pas aussi henreux 
auprès du grand maître Olivier, qu'avec les sires de Hontau- 
ban et de Pons-l'abbê , que vous apercevrez aux côtés de mes- 
ures Antoine de Chdteauneuf, mignon du rdi , Jacques de Vil- 

liers, Gilles Du Fay, comte de Donois, duc de Berry • 

Après avoir fait une réponse fiatteuse à l'uttiverùté qui venait 
de le haranguer , • Louis se bâta d'âter son chapeau en aper- 
cevant l'évéque , snivi de son dergé. Respectable Guillaume , 
dit-il d'un air hurfible et contrit, vous vojei un pauvre pécheur 
qui vient accomplir un vœu à St.-Sauveur : il réclame vos priè- 
res et celles de votre clergé près du très-illustre Saint Pierre, 
patron de votre cathédrale et de notre Dame de Bon-Secours 
dont j'irai implorer l'assistance. Puis apercevant les duchesses , 
fl s'eflbrça de prendre un iiir gracieux et dit tout haut, en s'ap- 
prochant du duc : FAques Dieu, mon beau neveu, vous êtes 
bien heureux d'avoir , dans votre cour , tant de nobles et hau' 
tes princesses et merveilleuses beautés. Sire, répliqua François , 
trois ducs , nos prédécesseurs , que Dten absolve , ont laissé à 
notre garde leurs nobles veuves ; uue encore manque à celle 
réunion , c'est la pieuse Françoise d'Amboîse , veuve de messire 
Pierre II ; elle ne tardera pas sans doute à se rendre à Nantes , 
en apprenant l'arrivée de Votre Majesté. Le roi se lut , mais no 
léger sourire erra sur ses lèvres , et il échangea un reganl avec 
Louis d'Amboise, vicomte deThouars, père de la princesse. • 
Pour avoir te mot de ce regard mystérieux , il faut se rappeler 
que le vicomte était d'accord avec te roi pour l'enlèvement de 
la riche héritière. Le roi avait d'abord essayé s'il pourrait pcr- 
sonneliement gagner quelque chose sur l'esprit de la princesse, 



Bùtûire. 4i3 

et s'Aait ptiaeUé diM elle acconpagné de lliouan y Hontmi- 
bao et Biiwis , père et ondes de U princesse d'Aniboi$e. 

■ Soumaintien était composé, et il y avait dans sa pbysiono- 
nomic mie expression extraordinaïA; il s'approcha de ta du- 
chesse en soarianL Les dames d'honneur et le page s'éloignèrent 
avec respect. Une demi-heure était A peine écoulée , lorsqu'on 
entendit un grand cri , au même instant la porte s'ouvrit, et le 
roi, en sortant avec les trcùs seigneurs qui paraissaient fnrienx, 
dit avec une trampiillît^ apparente , aux gens de la duchesse : 
voire maîtresse vient de se trouver mal , secourez-la .... Sor- 
tons, ajonta-t-il, elle me ferait mettre en colère, sijen'ypre- 
nais garde. Et saisissant son chapeau, il plaça devant lut l'image 
de notre Dame d'Embrun qui j était attachée, et s'éloigna en 
murmurant quelques prières. ■ 

La tentative d'enlèvement suivit cette entrevue ; elle eut lieu 
A 1 1 heures du soir et elle manquaparsuiiede la gelée qui avait 
glacé la Loire au-dessus des ponts , et empêcha le départ de la 
barque qui devait l'emporter. • À minuit , Tannegui Duchitel 
entre précipitamment dans la salle oA se donnaient les fêtes , et 
où le rw , affectant un air joyenx , ranimait la g^lé des spee> 
Uteura. Sou air était agité, le roi tressaillit. Monseigneur le 
duc , dit le sire DuchAtel , on a tenté de commettre un acte ini- 
que, on a voulu enlever la duchesse Françoise. — Enlever la 
duchesse , et qui donc ose se permettre cet attentat , s'écria le 
duc avec emportement 7 et ses yeux s'arrêtèrent sur le roi , qui 
resta calme et impassible. Htwseigneur , reprit Tannegui , vos 
archers et les bourgeois ont arraché la duchesse des mains des 
coupables, qui ont résisté long-temps , en se disant gens du 
roi et du vicomte de Thouars ; le trouble est dans la ville , et le 
peuple en rumeur poursuit les coupables et veut en tirer ven- 
geance. Louis piUt un moment Allez, Tannegui, et vous. 
Monsieur l'amiral , reprit vivement le duc, calmex cette agita- 
lion et que la dochessc soit placée sous votre sauve-garde. 

■ Tannegui et l'amiral sortirent : les Bretons et les Français 
s'étaient levés et étaient venus se placer , chacun de leur côté , 
près de leur souverain. D'où vient donc, Sire, dit le duc , en 
sXTorçant de réprimer sa colère , que le vicomte de Thouars se 
permet use telle entreprise en votre nom ? — Mon cousin ,' ré- 
pondît le roi avec dauquilli té , le vicomte de Iliouars est le père 



i.Aioo^lc 



4t< Hùtoin. 

deFrÉB^oiM, U a totUdrat nir allé.— Non pu, tant qu'elle 
est dans mes Aats et mus ina protection ; mais je oomuis let 
defiseliu que l'on « de «m aptnage , je uii que votre favori . . . 
— Duc Françoû'i oublies-Aoub que voua êtes deraot votre soo. 
verain? — Mon souverain, moimura le duc, je n'en eomais 
point d'autre que moi dans mes états P — Prince I adieu, dit le 
nii en lui lançant un soœbie regard ; pnii m retournant vers ta 
suite, U dit: que tout sait prêt pour le départ, au lever de 1' ••• 
lore. > 

Tous les bistoriens bretons disent que le mi et le doc se sépa- 
rèrent fâchés ; et ce fut dans l'année suivante qu'eut fies la 
ynerre du bien public, Skb. B. . . •■. 

a6i. Hecbekches 5Da*in(E RiroHSB ATTBJBuiE k SciXT, et 

remarques sur quelques lettres inédites de ce mîniatre; lues à 

la Société royale dei antiquaires de France , les Sf) man et 

g avril , par M. Bkbkiat-Saiht-Fbix. [Memoiret de la SodèÊi 

royale det antiquaires de France ; tome VII, p. 3o7. } 

* I« papeluiayant écrit (à Sully) une lettre qui conuBesçiit 

par des éloges de son ministère , et finissait par le prier d'o- 

Irer dans la bonne voie, le doc lui répondît qu'il ne cessait, de 

■on câté , de prier Dieu pour la conversion de Sa Sainteté. > 

Cette anecdote , rapportée dans le dictionnaire historiqne de 

Cbaodon, publié en 1771, est littéralement répétée dans tooiet 

les éditions subséquente* de 1804 à t&%i ; «t , ce qu'il 7 a de 

remarquable, elle se trouve dans la traductiouitalienne de l'on- 

vragede Cbauduu. 

Les littérateurs chargés de revoir les diverses édiliom da 
Dictionnaire historique , ont , sans doute , jugé inutile de vén- 
fier l'anecdote ; pensant que celui qui l'avait le premier poUiêe, 
étant ecclésiastique, n'avait pas légèrement adopté une r^tartr 
propre i ridiculiser le chef de l'église. Hais il eat invraiic 
blable que le premier ministre du roi très-chrétien se soit per- 
mis , de gaité de cosur , une plaisanterie qui pouvait compro- 
mettre hautement les intérêts de son maître. Sully savait cm^ieB 
U cour de Rome était susceptible , et que le roi avait U ^u 
grand besoin de la ménager ; on ne peut donc sn|qMiaer qn!! 
ait aussi ouvertement violé let convenances envers le prince qn 
devait étie le plat attodté & leur observitioiL 



Bittoitx. 4i5 

D'ailleurs, toute la carmpoqdance de SiiUy vient à l'apiMÛ 
de cet tlouttt légitimes ; et une lettre acbèvera de umvaincre 
que t'anecdote a été.iléfigurée dans les dictionnaires historique*. 
Le mintslre de Henri IV , écrivant an pape , lui dit i « j'adressa 
mes ardentes prières ii ce grand Dieu, afin qu'il lui plaise as^ 
uster et illuminer de son saint esprit votre zèle et béatitude , 
et lui donner de plus en plus entière connaissance dfl la vérité 
et bonne volonté , etc. ■ Ou voit que, bien que cette phrase 
soit susceptible d'uoeiulcrpréutiou maligne, elle est néanmoias 
encore en termes osscï généraux pour que le pape pAt la pren- 
dre dans uu sens favorable, surtout étant précédée de louanges 
non équivoques et très- flatteuses pour le saiut père. Aussi ap- 
prenons-nous que Paul V prit ea,bDune part les vceux de Sully : 
le cardinal Duperron écrit à celui-ci : ■t Le pape a pris un coa- 
tententent non pareil à la lecture de votre lettre , et croit qu'elle 
lui a apporté, un des plus grands plaisirs qu'il ait eus depuis 
son pontificat. .. . Il U lut avec moi par trois fois, s'écriant. ... 
que TOUS lui faisiez trop d'bonneur , qu'il vous était obligé et 
ne pouvait se lasser d'estimer votre style et de dire : voilà uae 
belle lettre , de belles considérations , de belles paroles ■ etc. 
Les inductions de phrases aussi positives se tirent d'elles-mêmes , 
car les paroles du pape sont évidemment incompatibles avee 
celles qu'eu attribue aussi gratuitement au grave duc de Sully. 

W. 

>1>3. RiSToiks TzBiTABLK DU Pusonricn s'iTAT communément 
appelé le Masque de fer , tirée de documens déposés aux 
archives de France; par AgarELLis. Mai i8afi, {Monihlj Ma- 
gasine; nouv. série, juin t8i6, vol. I, n° 6, p. 637.) 
Le premier auteur qui se soit occupé de rechercber qui était 
le Masque de fer est , je crois , Voltaire. Ne considérant que le 
fait des précautions extraordinaires prises pour cacher le pri- 
sonnier et s'assurer de sa personne , et les bruits vagues de res- 
pect que lui portait le gouverneur de la prison, il en inféra que 
le captif devait être un prince du sang royal , et conjectura , 
avec sa précipitation ordinaire, qu'il était frère aîné ou jumeau 
de Louis XIV. L'extrême improbabilité de celte supposition fît 
surgir une foule d'autres conjectures' ; et un grand nombre de 
personnages furent désignés par des écrivains distingués comme 



I., Google 



4i6 Histoùv 

ayant été l'îlliMlre prisonnier, Celni qui s'ett le plus appmebé 
de It vérité n'a cependant fait qu'une hïsUùre planùble. LoniiXT, 
qui prétendait tout savoir sur ce sujet ( on ne sait qui le Ini 
aurait appris), s'amusait de l'embarras des inveidgatean, et 
déclara plusiears fois que tous étaient dans l'erreur. Le duc de 
Choiseul essaya de lui arracher son secret par l'inlennédiaice 
de M™* de Pompadour -, mais tout ce qu'il put en tirer fnl , qne 
te prisonmer était le ministre d'nn' prince italien : le ministre 
Ini-ménie, pressant le roi de questions, n'obtint pas d'antre ré- 
ponse. H"* Campan rapporte avoir entendu dire i Lonis XTI , 
parlant à la reine , que le Masque de fer était un prisooDÙr 
dangerenx par son humeur intrigante, et qu'il était sojel du itac 
de Haitoue. 

- L'histoire de ce penonoage mystérieux peut se réduire luX 
-faits sLiivans. C'était un Bolonais nommé Mattioli , professeur 
de droit civil i l'université de Bologne , et qui , ayant ensuite 
passé au service du troisième duc de Hantoue , devînt tecré- 
taire d'état peu de temps avant la mort de ce prince. A l'aTéoe- 
ment du quatrième duc , l'administration fut confiée à d'antres 
niains,etHattioUse trouva sans emploi. Quelque temps après, 
D'Estrades , amfaassadenr français i Venise , désirant faire t(H»- 
ber dans la possession de son maître Casai , capitale du Hont- 
ferrat et la clef du Milanais , employa Hattioli à conduire cette 
intrigue. Le duc de Montrerrat , manquant d'aiçent et désirant 
s'en procurer k tout prix , accepta sans hésiter les propositioDi 
qui lui furent faites, et donna à Hattioli , avec qui il avait éic 
intimement lié autrefois, la facultéde traiter desconditiontivec 
la cour de France. Celle affaire requérait beaucoup de pia- 
dcnce et de discrétion , car la reddition de la ville 'devait bles- 
ser les intérêts de l'Autriche et de l'Espagne. Bfattioli partit pour 
Paris, où il fut reçuavec la plus grande distinction par Loub XIV, 
qui le combla de présens. Mais , à son retour en Italie , oo ae 
sait pour quelle raison , gagné probablement par des largesses 
supérieures à celles qu'il avait reçues , il arrêta le cours de 11 , 
négociation. Louis XIV , déçu de son espoir , résolut de se ven- 
ger. Catinat tdcha de l'attirer en-deça des frooliércs de France 
pour se saisir de sa personne. Mattioli tomba dans le piège et 
fut remis à la garde de St.-Mars k Kgnérol. Ceci arriva en iSîg. 
St.-HaTs ayant passé , en i$6i , à la prison d'éut d'ExileSi re- 



' Histoire. ^ty 

eut l'onlre d'emmener avec lui Haltîoli et un aube prisonnier 
qui était un prêtre igé. Le prêtre mourut à Exiles. En i G87 , 
St.-Mara fut nommé gouverneur des îles Ste.-Hai^uerite et 
St.- Honorât, près des c6tcs de Provence, et fut encore suivi 
danscelte résidence parsou prisonnîer.Ilyrestajusqn'en 1698, 
époque à laquelle il fut promu au commandement de la Bastille, 
où il conduisit son inséparable Hattioli. Ce déplacement fut le 
dernier; Mattiolimommt en 170Î. H avait le visage couvert d'un 
masque , non de fur , mais de velours , et attaché par derrière 
avec un cadenas; il le portait dans ses voyages de prison en pri- 
son t et toutes les fois qu'il était visité par son médecin ou son 



Cm faits sont tirés de pièces authenbques, telles que la cor- 
respondance de D'Estrade et de Louvois; d'autrei lettres qui 
prouTentles tergiversations de Hatdoliet la résolution de Louis 
XIT de le faire arrêter, des rapports de Catînat au ministre , 
et des communications entre ceux-ci et St.-Hars. Dam sa cor^ 
Tespondance officielle avec Louvois, St,-Han> dit qu'il a été 
obligé de punir un prisonnier pour avoir écrit sur nu plat d'é~ 
tain ses plaintes contre la cruauté du roi, et avoir jeté ce plat 
par la ienétre. Cette particularité explique l'histoire du plat 
d'at^eiu ramastépar un pécheur et rapporté an gouverneur de 
la prison. 

On voit que l'oavrage anglais n'est qu'une copie de l'écrit 
sur le même sujet publié en France par H. Dclort, qaia fait, 
pour cela, toutes les recherches propres k éclaircir ce doute 
historique. BLElIîs le déclare, non dans le titre de son livre, 
mais dans sa préface. W. 

164. Étodis SOk l'Histoiii SB Napoe^or, par J.C Biilleul, 
ancien député de la Seine-Inférieure. 6* liv. în-S" , pag. 3ii- 
3g6; prix, i fr.aSc. Paris, i8a&;Renard. (Toy. le .Sti//., 
Tom. X,n°390. } 

Dans l'article auquel nous renvoycms, nous avons parlé de 
l'introduction , et noua avons fait connaître le plan adopté par 
l'atttettr de cet ouYuge ; nous reviendrons sur l'exécution , en 
annonçant b 7' livraiscni , qui doit compléter le i" volume (i). 

E.H. 
(1} CmIs Un^Mn (p. 397^60) vitnt de pirdtN, tt Ici iDlnnoM 
6, Tun XI. a; 



I., Google 



4t8 Histoire. 

s65. Essai suk l'^tcdb sb L'oisTOias du pats couroshwt li 
niPAKTBMEMT DB l'Aiit, pour la recherche et l'observation 
des monumens militaires, expéditions, travaux et ouvrages 
de défense ou d'attaque doot il reste des vestiges ou des no- 
tices ; par M. Hiboud. ( Annuaire du départ, de tÀin pour les 
années i8i4, iSaS, 1837.) 

L'auteur distingoe ^dgt aitttque et le moyen tlge,ee qui fonne 
les deux divisions de son travail. 

I* Age aniiqae. M. lUboud réclame pour le delta de ^apff, 
' t'appKcation du passage de Polybe , qui dit qu'ADDÎbal 17101 
traversé le RhAne aborda an confluent de ee fleuve tvec mn de 
ses affluens eo un lieu appelé Ile par les Gaulois. Il pense avec 
d'autres auteurs que le eonfluent désigné par l'historien grec 
est celui du RbAne et de la Saône , et que le général cardiigi- 
noîs traversa la Tarentaise, le petit St.-Bernard et la viD« 
d'Anale pour descendre datu le pays des Taurîni -, on voit qiie 
H. Ribond est de l'avis de H. André de Luc et du génén) Mt(- 
Ttll. Le territtnre de l'Ain , dit-il , ofTrït k Annibal sArat^ et 
ressources de tout genre; il y était couvert par le Rhéne, Is 
StAne , l'Ain et les montagnes , et il pouvait s'y préparer i 1'»- 
cension prochaine des montjignes. ■ Ce qui confirme Ttutenr 
dans son-opinion, c'est qu'on a trouvé, il y a plus de 5o un, 
un os d'éléphant, non fossile, enseveli dans la grève sur Im 
bords de l'Ain , k plusieurs pieds de profondeur, entre Fiïaj et 
Varambon. Cet 01 a passé dans le eabinet de l'académie de Di- 
jon, oA peut-être il existe encore. M. Riboud présume que t^' 
nu reste d'un des éléphans de l'armée carthaginoise , et qns cd 
animal se noya eo traversant l'Ain. 

H. Riboud passe ensuite aux campagnes de César. Selon los 
opinion, c'est A l'extrémité septentrionale du départemoil k- 
tuel de l'Ain que fut tentée l'invasion helvéïienne; c'ntU 
qu'elle échoua par la résistance de Labienus : c'est en ce poist 
qu'existe le mur ou ouvrage défensif de César... Surceteni- 
toire il reçut % fois les députés helvétiens , et il dut le parcoO' 

MurararaMhtltn fcvelMH,Mf«tl 
» BodillMIioB. Votù cdni qne portsM Uts" »^ 
*«■ oovni*: 'flùtaln tU N^iim ; iindw inr bt eaaiM i» ws A^* 
tien et d*H ehu*. 



jbïGoogIc 



HUtoirê. ,;jl0 

rir qnuid il M porta en IUlie et jusqu'en Illyrie poar y allor 
chercher des légioni. Entre Gex et Venois on trouve let traces 
d'une chaussée pa»ant près de SauTemy et m dirigeant de l'est 
jk roueit,duIacauinont Jura; on l'appelle la chaussée des Ko- 
maim, et la tradition en attribue la construction à César , ce 
qui, an reste, est la coutume à l'égard d'un grand nombre d'an- 
cMm monumens de France dont on ignore l'origine. Comme 
cette chaussée ne mène qu'à une montagne , H. Hiboud ne croît 
pas que ce stnt une ancienne voie ; il pense plutAt que c'est un 
renipart faisant partie du retranchement que le capitaine ro- 
main fit élever pour empêcher les Helvéïiens de pénétrer dans 
la Gaule de ce cAté-ci. — On trouve les restes d'un camp romain 
sur la monlagne appelée Eoelu de Quinn, qui fait partie de 
lacha&ieda Hevermont. «Sur le plateau de cette montagne,dît 
l'auteur, sont disposés des retranchemens formés en pierre 
bmle, et couverts de gazons; leur base sur le sol est actuelle- 
ment de 7 à 8 mètres, et leur élévation verticale est d'environ 
> mètres, ce qui suppose qu'ils en avaient an menus 3, si l'on 
tient compte de l'abaissement produit dani le laps de près de 
19 siècles.... Cet retranchemens, anjonrd'hui char^ de brous- 
sailles , sont défendus par de petits vallons extérieurs ou par 
des fossés; ils forment une enceinte divisée en a parties ou sec- 
tions par une ligne de même genre. ■ L'auteur, après avoir dé- 
crit avec beaucoup de détail cet ancien camp , cherche à prou- 
Ter que c'est un ouvrage de César , qui a voulu s'assurer d'une 
position forte et centrale entre le RhAne et la Sadne, entre la 
Séquaaie , l'Helvétie , enfin entre les Allobroges et les Ednens. 
Les noms de Césériat, MoaUjali, Romtuii, que portent des 
localités du voisinage , Ini paraissent appuyer cette conjecture : 
il est même tenté de faire dériver le nom de Quiron du mot 
latin qmirtimm ou quiron, H. Hiboud réfute ceux qui ont attri- 
baé U camp de Quiron à Se^us Galba et à Albin. L'auteur fait 
cofm^tre ensuite les restes de quelques voies romaines, tours 
de ùgnaux, attribués aux Romains. 

Nous r^ettons de ne pouvoir rien dire de la 2* partie de ce 
mémoire , l'annuaire pour 1826 nous étant inconnu et ne nous 
«jant pas été envoyé par les éditeurs. 

Ia dernière partie du mémoire de H. Rîboud est un peu dif- 
fiue. Après un long préambule, l'auteur donne des détails sur 
37. 



jbïGoogIc 



430 Hittoir^, 

l'expédîtioti de Françoàs I" contre le doc de Savoie, puis sur 
celle d'Henri 'IV, qui ont eu pour réanltatU réunion du Bogey à 
Is France. Puis vient une notice sur les chAteaux-fbrts ruinés, 
les débrisde fortifications et antres nnonumens anciens qui subsis- 
taient dans la Bresse, le Bugey, etc., au commencement du 17' 
siècle ; notice dans laquelle l'auteur indique tous les bouf^ de 
(xttle coBtrée qui ont été ou qui sont encore dos de murailles, 
et décrit surtout les anciennes rorlifications de la ville de Bourf. 
Revenant ensuite aux temps les plus anciens, H. Hiboud fait 
connaître les tumuU , appelés dans le pays Poypes , et les cAnes 
moins élevés mais plus nombreux , qo'on trouve dbposés en li- 
gnes asscE ré(,'ulières sur les crêtes et plateaux des montagnes , 
et qui consistent en pierres brutes amoncelées. L'auteur assure 
qu'ils sont disposés en rangs irés-marqués sur les anciennes 
marches on frontières , et qu'il en existe une ligne asses étendue 
sur le mont Février, non loin de Cuiseaux» vers l'aoci«UM 
frontière de la Bourgc^ne. 

Far une antre transition , l'autenr revient aux forts aclnelle- 
ment existant dans le départetnenl de l'Ain , et décrit la cita- 
delle de Bourg, le fort de i'ËcIuse ( démoli ) et celui de Pterre- 
Chatel. D. 

366. RECniBCH£S SDK LBS SOCBCES ANTIQUES nX 1.4 LITTiXATCai 

rBAHçusB; par Jules Bkkcbk uk Xivbet, membre de plu- 
sieurs Sociétés savantes. In-S" de 388 p.; prix, 6 fr. Paris, 
i8a8;Crapelet. 

Nous reviendrons sur cet 'Ouvrage , qui a valu à son anteur 
le titre de membre de l'Académie de Toulouse, et que l'éditeur 
publie pour servir d'introduction à l'étude approfondie de h 
langue et de ta littérature française. 

Dans la pensée qu'il peut être annexé k la collection de dos 
anciens écrivains , sortie de ses presses, H. Crapdet en a fiut 
tirer quelques exonplaircs sur pi^îer Jésus vain ; cet exem- 
plaires sont du prix de t5 fr., chaque, cartonnés. E. H. 

267. QrasTiOHS nz LiTTéBATOKE lécale: Du Puoiat, de la sup- 
position d'auteurs, des supercheries qui ont rapport aux 
livres; par Charles Nodiex. 3" édition, re^-ne, corrigée et 
considérablement augmentée. In-8° de iv-aaS pages; priX| 
4 fr. 5u c. Paris, iSaéj Roret, Crapelet et PapinoL 

I.,- ., i.Ai(.X")t^lc 



Histoire. 4^1 ' 

Tj6 pTemier tim de cet ouvrage nous avait d'abord indiût en 
erreur-, nous nous réservions d'çn rendre compte dans la 6* 
action du Ballelia , pensant que l'auteur j discutait un point 
de droit et de I%is)ation et qu'il indiquait des moyens de ré- 
primer on do pnnir la plagiat. La lecture attentive que nous eu 
avons faite nous a convaincu qu'il appartient de droit à notre 
section de phUohgia par le point de vue où l'auteur s'est placé 
pfnir traiter cette question délicate, autant que pat l'érudition 
qu'il y a semée. Cette émditionj ausu variée qu'agréat:i|e , est 
reWtue d'ailleurs d'une forme neuve et piquante et de ce stylo 
■roBÎque qu'on sait être propre à l'auteur , et qu'il semble avoir 
hérité de Voltaire, quoiqu'il ne le ménage pourtant guère 
lootct les fois que l'occasion s'en présente. 

TfoDs espérons pouvoir revenir Bur cet ouvrage pour en faire 
apprécier le mérite à ceux de nos lecteurs qui ne le conoai- 
traieinl ptanL Cette 3* édition, d'ailleors, paraît être si différente 
de la prpni^re qu'elle constitue un livre presqu'entîè rement 
Honf et qui, par conséquent, demande une n^titki spéciale 
dans notre .£«/fa(M. £. H. 

a68. IsOGKUHiK DES Hontes ciLisais, ou Collection de fac 
sùnile de lettres autographes et de signatures dont les origt- 
nanz se trouvent à U Bibliothèque du Roi etc. Paris, 1 8i8 
et iBag; Treuttel et Wiirtï, etc. Grand in-4''i P"" de chaque 
livraison composée de a4 fac-simiie , 6 fr., papier ordinaire, 
et iQ £r. en papier vélin. 

Nous avons déjà rendu compte des premières livraisons de 
cette belle collection ; nous avons fait remarquer la fidélité de 
son. exécution, la bonne réussite des planches, l'esactitiide 
de la publication , et surtout son importance réelle pour l'his- 
toire. Aujourdliui que les ao livraisons qui composent la i" 
série sont terminées, nous ne pouvons que répéter ce que nous 
avons déjà dit j et recommander de nouveau cet ouvrage sous 
tous les rapports. Le nombre de collections publiques et parti- 
culières A'aaiographea qui ont concouru à enrichir celle-ci, qui 
en est la copie, la multiplicité de noms célèbres qui y sont 
réunis , et qui ne s'élèvent pas à moins de près de 5oo, doivent 
exciter un intérêt de plus d'un genre, servir aux amateurs à 
reconnaître l'origine de pièces manuscrites dont ils ne savent 



i.Aioo^lc 



432 Mélanges. 

pas toujours tonte l'importance, A rohaerratenr à itndier les 
traits de l'^riture d'hommes célèbres pour vérifier les sjstinKS 
des physiologistes , enfin , ii l^omme du monde à apprendre me 
foule d'anecdotes toujours curieuses et souTent Tort piquantes : 
l'historien lui-même y puisera avec certitude des faits et des 
dates qu'il ne trouverait peut-être pas ailleun. Le choii do 
autographes a été fait avec une grande sévérité : il est peu 
d'hommes illustres dont on ns reproduise une lettre ou au 
moins la signature , et parmi eux ne se trouvent pas comme 
remplissage d'éditeur des noms d'nn ordre inférieur; oa n'a pu 
niélé l'ivraie au bon grain. La France n'a pas fimmi seule le fond 
de cette riche nomenclature : l'étranger y a concouru aussi, et 
Von ne (jecherchera pas avec moins d'empressement les lettres 
d'hommes tels que Àlfieri, Camden, Métastase, Pallaa, Wïnticl- 
mann , Banks , Paoli , Sparmaon , Washington , Home, LeiboÎK, 
Bemini, Boertiaave, Buygens, Mariborougfa, MAanchtoa, 
Bonnet , lefferaon , Wieland, PnCfendorf , Pope , Albert Durer, 
«t tant d'au très , y compris des souverains de divers pays et ^ 
sieurs pàpés ou cardinaux. On voit par là quais ont été les seiat 
des éditeurs pour fouiller dans tous les recueils et en extraire 
les pièces les plus importantes et les plus curieuses. Ou ne Sto- 
rait remplir plus honorablement les engagemens contractés 
arec le public lettré. . 

Le succès de la première collection de ao livrmsons les a oh 
gagés à lui donner, comme ils l'avaient annoncé par le pros- 
pectus , un supplément de r o livraisons, au plus , du même ^o^ 
mat et aux mêmes conditions. Nous ne doutons pas qu'die ne 
trouve le même accueil ; il ne peut y avoir une manière pta 
agréable de retrouver les principaux soovmtrs de l'histoire lao* 
deme; on Voit la main, et quelquefois les phu secrètes pcDiM 
des hommes dont on admire les actions ou les ouvrages. 
L. R. 

MÉLANGES. 

a6g. VoT40s ABcnsoLOOiiiuE sit Russie. 
L'académie des soiences de St.-Pétenboui^ vient d'adop- 
ter le plan d'un voyage arcbéolo^que en Rusûe, qui luis 
été soumis en mars 1S38 par SL StxojefT, archédogoe distiB- 
gué. Ce voyage complétera celui de MuUér ta Sibérie, l* 



Mélangea. 4s3 

but de cette expédition scieutififiue est de visiter et de dé- 
crire toutes les biblîoihè({ues des couvens et celles qui ap- 
partiennent au clctg^, et d'eu extraire tout ce qui o^rica de 
riatérét. A son retour , H. SlrojcrT publiera un catalogue g^ 
nérsl et s;rstéinadque des bibliothèques de l'empire de Rus- 
sie , d'après un modèle qui a déjà été présenté à l'Académie. 
( Attgim. Zeitwtg; 47 fcvr. 1819. ) 

470. AcunbnB sotilb m Bbili*. ( Leg/ug. Uteratur Zeiou^i 
_ jaillet i6aS, p. i3ag.] 
Cette académie a tenu une séance publique le a4 janvier 
i8a8 pour^lébrer l'anniversaire delà naissance de Frédéric 
II. — Le D' Schleyermacher a ouvert la séance en remplace- 
nient du secrétaire de la classe bîstorîco-pfailologique de l'ac»- 
démie ; pnis le baron de Humboldt a lu un traité sur la lingue 
des insulaires de la mer du Sud. 



371. Société kotilk de Gozttinoue. Question mise au con- 
cours pour l'année 1899 par la etasse dtibtoire et de philo- 
logie. 

Expowtur bistorta s^ttematum chronologicomm , que Gr«- 
ci indè 1 teinporibus Ic^t^aphorum usque ad Eusebium, maxî- 
ne vin litterati alexandrini composuerunt; in qu4 potissûnum 
ad fontes , ex quibus ii temporum indicationcs hauserunt , at- 
ijoe ad raliones et calcules , quos computationibus suis funda- 
mento posuemnt, attendendum est. 

Les mémoires devront être envoyés avant ta fin de septembre 
18x9. Le prixest de 5o ducats. 

17s. SoGiini LnriauKB bt utCHiouiaïQiiB db Pekib. 

L'assemblée anniversaire de cette Société d'Ecosse eut lieu le 
34 novembre. Lord Gray occupait le fauteuil. Au nombre 
des livres présentés dans cette occasion, se trouvaient un ma- 
gnifique exemplaire, in-folio , du catalogue de la bibliothètiue 
de KinfauDs-Castle, enluminé k la manière du livre de prières 
d'Albert Durer; un exemplaire de la Sfiva américaine de Bfi- 
chaux, en % vol. in-ft", avec plancbes color. , et plusieurs au- 
tres beaux ouvrages. On montra aussi une grande collectiun 
d'objets curieux de Burmah et de la Tatuie chiooUe, envoyés 



ibvGoOQ 



Uti Mélanges. 

CD Angleterre, indépeDdamment de Doiobre de dons làib par 
I différentes personnes. Il fut fait lecture d'un rapport relatif au 
volume des Transactians de la Société , dont nous parleroot 
dans un cab. prochain. A ce rapportsetrouyait jointe une lettre 
de sir WaltcT Scott, adressée au secrétaire, et dans laquelle le 
savant Baronet exprimait, non-seulement son approbation de 
l'ouvrage, mais encore sa parfaite adhésion aux vues du secré- 
taire relativement à la conspiration de Goirry , et entrait dans 
use investigation détaillée de certaines circonstances liées à 
cette mystérieuse afiâire. Après la lecture du rapport, H. Ho- 
rison lut une dissertation sur quelques faits et traditions qni 
avaient trait aux progrès des armes romaines en Ecosse ; et k 
D' AndetsoB , de l'académie de Perth, lut un essai sur la tcm- 
pératnre de l'Océan, et d'après les faits recueillis dans c«tte 
recherche, combattit les notions régnantes qui tendaient à 
, établir que la chaleur de la terre augmentait vers son centre^ 
( LanrI. liter. gaz., a? déc. 1838 ). 

273. SoClilé KOVALS DX MTTi&ATOKK DK LOHDUS. — SémUCC 

du 16 mù.iSa?. 
Le secrétaire fait lecture d'un mémoire de H. ^haroo Tur- 
ner, tur tes resiemblaneet que l'on découvre entre lei lamgma 
anglo-saxonne et persanite. 

I L'originelaplus probabledesSaxODS,qui aitétéproposéejns* 
qu'à ce jour, selon H. Tumer, les fait descendre des&teaùwià'aa 
JincaMiini, don t Pline et Strahon font mention comme d'un peuple 
qui habitait primitivement les régions de la Perse situées aux en- 
virons de la mer Caspienne. Al'appuide cette opinion, on a (ait 
observer que plusieurs mots delà langue penanne actuelle res- 
semblent presque k ceux qui , dans le Saxon , ont la même t^ 
niGcation. Cambdra, d'après Jos. Scaliger, die 5 exemples 
frappans de ces analogies. Ce premier trait de lumière a donné 
lieu à l'essai actuel qui a pour objet de constater, par une 
comparaison analytique des deux langues , s'il s'y rencontre an 
nombre de coïncidences tel que l'on puisse en inférer que la 
Perse fut , ainsi qu'on le suppose communément , la patrie de 
nos ancêtres saxons, Bien que, en admettant cette opintoa 
comme fondée, la séparation totale des deux nations, durant 
une pciiode d'au moins a,poo ans, l'émigration pn^ressive 
des Saxons le long des contrées du nord de l'Asie et â travers 



Mélanges. 4aS 

toute la largear de la «uface supérieure de l'Eorope, et Ws 
nombreuse vicùsitudes qu'ils ont subies , «ont autant d« causes 
fjni doivent avoir eu graDdement pour efîTet d'edaccr ou de mo- 
dî6er les caractères de similitude primitive qui existaient entre 
leurs langages respectifs. Toutefois, la comparaison faite par 
l'aotenr du mémoire durant le court espace de temps qu'il a pu 
c(»isacrer à cet objet, a eu pour résultat la découverte de i6i 
mots persans qui ont une affinité directe avec un même nombre 
de termes anglo-saxons ayant la même sifjniBcatîon. A cette 
liste, il en a ajouté une de 67 analogies semblables existant 
entre la dernière de ces langues et le Zend, ou ancien persan , 
et nne troisième consistant en 43 coïncidences delà même latt- 
gue avec le Pchlvi , langage intermédiaire en usage en Perse , 
et participant du persan moderne et du ZenJ. 

M. Tumer pense qu'une investigation plus élaborée de ces 
analogies eonlribuerait i confirmer l'origine asiatique des , 
Saxons. A en juger par les échantillons de comparaison con- 
signés dans son ingénieuse notice, nous sommes portés à 
croire qu'une telle investigation , faite avec nne patience et une 
attention proportionnées h l'intérêt du sujet , ne saurait gaëre 
manquer de mettre le bit bors de toute espèce de doute. {Laad. 
Uler. GatettCi 7 juillet i897<} 

37 j. CoHFTEKuisD nzsTa&T&nxnBi.& Société n'ioBicuLToat, 
scmtcaSET ■zi.i.KS-La'rrB'is nsMicox, pendant l'année iSa6; 
par H. Alex. Hottin, Secrétaire perpétuel. 
Le Secrétaire perpétuel présente d'abord des considérations 
sur quelques pièces de monnaie trouvées près de Lugny , et sur 
quelques-unes desquelles se trouve une croix joiute A la lettre 
initiale du mot Lugdunum, de cette manière : L. Ces pièces ont 
fourni âH. Cochard, correspondant de la Société, le sujet d'une 
dissertation sur le droit qu'avait la ville de Lyon de batiremon- 
naie, sur l'évaluation des monnaies du moyen Age, sur l'hom-- 
nage que les rois de France, comme suceesseuis des Dauphins, 
éuient obligés de rendre .\ l'Église de Vienne. — Suivent quel^ 
que* observations sur un sceau assez curieux provenant dû ca- 
binet du savant Peiresc, et qui a été publié et gravé dans le 
XVni* vol. de» Mémoires de l'Académie des Inscriptions et 
Selles-Lettres. Peu satisfait des explications données à ce sujet 



4^6 Mélanges. 

par Hikiettrier et Secousse, M. Codiard rappelle la découverte 
Taite par tm bibliothécaire de GeDÙve, d'un virax raantiscrit 
offrant une idenlité Trappante avec le sceau dont il s'agit. A l'aide 
de centanuscrit, dont aucun auteur n'a parlé, l'honorable cor- 
respondaut de la Société a cru reconnaître que ce sceau appar- 
tient à l'espace de temps compris entre les années i3(aet il3i 
se fondant sur ce qu'on y trouveles armes de Pierre de Savoie, 
archevêque de Lyon , et celles de Guillaume de RoussillaD,évj- 
que de Valence; il pense que cette association comprenait \e 
pape, à cause d'Avijg'non, le roi de Sicile, à cause delà ProveO' 
ce, le comte de Val en tin ois ou peut-être l'évéque deGap,rar- 
cher^e d'Arles, le prince d'Orange de la maison de Baui, le 
DauphiD et l'Église de Vienne. Il y trouve encore d'autres fiiu 
historiques , que les bornes de cet article ne nous permetteal 
pas de rapporter. H. Cochard fait connaître enGn une pièce de 
monnaie de l'abbaye de Cluny, que possède M. dePina, nuire 
de Grenoble j d'un c6lé on voit «ne clef avec la légende Petni 
et Paaliu; sur le revers , est une crois accostée de 4 points, 
arec ces mots autour : Cluniaco Cenobît. 

Deux petites statues de brome sont devenues l'objet dlalf- 
ressantes observations'ponr M. de Lamartine. La plus gnuib 
paraît représenter un Cupidon adulte , de mauvais goAt et d'aï 
style grossier. Elle ne saurait ^e d'une haut* antiquité. La M- 
conde statue , beaucoup plus pedla , ut malheareiueDwat auti- 
lée; la main gaache et les deux pieds sont cassés. Elle rapré- 
sente Mercure, et ne porte d'autre vêtement qu'un demi-m»- 
teau qui lui couvre assez élégamment l'épaule gauche. Dans U 
main droite est une bourse , attribut' essentiel du dieu des mar- 
chands. H. LarairEine distingue dans cette statuette, à travcn 
les altérations que le temps lui a fait subir , des formes agré)- 
blâment dessinées , un torse tourné avec aisance , et cette pu- 
reté de goAt qui appartient aux bonnes écoles de l'antiqiûté. 

a^S. Soctivi ti'iMmjunon nu oàrÂVtvawt an Jvu; ( ti*'" 
publique du i6 aovtanbre 1837 ). In-S" de Sa pa^ ham-i*- 
Saulwer, 1B17 ; Gauthier. 

H. Baudot, de Dijon, a adressé à la Société un Hémoire ii^- 
titulé : Considérations sur l'histoire de Tart en France, dans le 
tetops du moycu-dge et gothique, particulièrement en « qiu 



Mélanges. 4^7 

e la relîgîoB dirétienne en Boui^ogne. Par l'histoire de 
l'nt, H. Baudot entend celle de l'a rchitec Eure e[ de la sculp- 
tare appliqua aux raonumens religieux. L'ouvrage renferme 
une foule de détails curieux etîiitéressans,Tclatif3 à la théogonie 
des Ganloîs et & llnfluence qu'exercèrent sur la religion de nos an- 
cétresles commDnicatiou.s qu'ils eurent avec les Grecs et les Ho- • 
maios. Il retrace les diverses superstitions qui nous restent en- 
core de l'héritage du polythéisme, et insiste particulièrement 
sur les transactions qui s'établissent entre le culte des naturels 
d'nn pays et celui des peuples qui 7 introduisent le leur. 

H. HailUrd de Cbambure, autre membre de l'Académie de 
Dijon, fait hommage à la Société d'émulation d'un Mémoire 
sur un fragment d'une statue du bœuf Apis, trouvé, en 181a, 
dans 1c département de la Côte-d'Or , près de Semur, dans le 
lieu oik existait anciennement la ville A'Jlexia. Cette disserta- 
tion , qui, d'ailleurs, est accompagnée d'un dessin, tend à éta- 
blir que le boeuf Apis était adoré dans la Gaule, et y avait dei 
autels; que le fragment en question se rapporte au culte de ce 
£ea; enfin, que l'œuf placé sous son pied doit s'entendre dii 
pooTob du bœuf Apis ou du soleil sur la terre, figurée par 
rœuF. 

Des fonilles bites dans une vaste caverne d'où jaillit la prin- 
cipale source de la Cuisance ont procuré la découverte de a 
squelettes humains gisans Sous une large pierre en forme de 
tombe, et si pesante que 4 hommes très -vigoureux ne purent U 
renverser qu'avec peine. Ils étaient couchés sur le dos, et avaient 
les pieds vers le Sud. A droite de l'un d'eux, était un couteau eo 
bronze, dont le manche était pourri et tombait en poussière. 
Deux longues épingles de même m»al se trouvaient k gauche; 
et sur la poitrine on voyait un certain nombre de petites por* 
tiens de ffl de cuivre tourné en spirale. 

H. Fallu, Inbliothécaire de la ville de Dole , a ofTert à la So- 
ciété U i'* partie d'une biographie de cet arrondissement. L'au- 
teur est exhorté & continuer un ouvrage qui doit offrir des noms 
justement célèbres, tels que Jacques Molai et Charles Dutillet, 
et qui sera un juste hommage rendn à la mémoire des citoyens 
<pù défendirent si héroïquement la ville de Dole en i479- 

176. BuuoQBWBncsx mts aiouAmtcBx Aiiuwmi , eùi. -^ 
Eecueil de morceaux bibliographiques et bi<^;rq»hiques pour 



I., Lkiot^lc 



4^9 Métangtt. N* 376 

tervir à la littérature d« classiques grecs et romain»; fwr 
M. G. Vksssnxbtbk, pruf, au gjioa. roy. dUlm. Ii»-«* ^ 
VI et laa pp.; pr. 14 gr. Ulin, i8a6 ; SteUiu. ( Z«9>s^- i*- 
leral. Zeitung; mars i8aS, p. 4a5.) 

L'auteur assure, daos son avant-propos, avoir en sous les 
^ yeux les écrits dont il s'occupe dans ce travail. Il «KnmcDce 
par les dictionnaires et les granunairet. Trois des premien ou 
été l'objet de ses recherches , i J un extrait du dictionnûre gre- 
co-latin de Jean Craston ou CntlM, pet. ia-4'', sana nâlé- 
siiue et sans