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Full text of "Bulletin du Comité des travaux historiques et scientifiques"

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BULLETIN 



ARCHÉOLOGIQUE. 



4 



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S'y. 



AVERTISSEMENT. 



Dans la séance de clôture de la réunion générale des 
délégués des sociétés savantes, tenue à la Sorbonne le 
i5 avril 1882, M. le Ministre de l'instruction publique et 
des beaux-arts répondait au vœu manifesté par plusieurs 
sociétés en prenant rengagement d'élargir le cadre des 
travaux du Comité des travaux historiques et scientifiques, 
de façon à y donner place à certaines branches de la science 
dont l'importance s'est accrue depuis quelques années d'une 
manière considérable. 

C'est en exécution de cette promesse qu'au mois de 
mars i883 M. le Ministre de l'instruction publique a pris 
une série d'arrêtés qui modifient l'ancienne organisation 
du Comité et dont voici le texte. 

Le Président du Conseil, Ministre de l'instruction publique et 
dbs beaux-arts, 

Vu les arrivés des 18 juillet i834, 10 janvier i835, 18 dé- 
cembre 1 837, 3 août 1 8/10 , 5 septembre 18/18, 1/1 septembre 
i85a, a a février i858, ai février 187/1, 5 mars 1881, 
3o juin 1881, relatifs à la création et à l'organisation dos Comités 
historiques institués près le Ministère de l'instruction publique et 
des beaux-arts. 

Arrête : 

Article premier. Le Comité des travaux historiques et scien- 
tifiques comprend cinq sections et une commission centrale. 



— 11 — 
Les sections sont ainsi réparties : 

i° Section d'histoire et de philologie; 

2° Section d'archéologie; 

3° Section de sciences économiques et sociales; 

4° Section de sciences mathématiques, physiques, chimiques 
et météorologiques; 

5° Section de sciences naturelles et de sciences géogra- 
phiques. 

Art. 2. Le Comité se compose de membres titulaires, de 
membres honoraires et de membres non résidents nommés par 
arrêté ministériel. 

Il a dans chaque département des correspondants. 

Les correspondants, nommés par M. le Minisire, conformé- 
ment aux articles 10 et î 5 du présent arrêté, prennent le titre 
de Correspondante thi Ministère <k l'instruction publique. 

Les membres titulaires du Comité qui ne font point partie 
de la Commission centrale peuvent prendre part aux travaux 
de ladite Commission, avec voix consultative, sur convocation 
spéciale. 

Les membres honoraires n'assistent aux séances des sections 
que sur convocation spéciale. Ils prennent part aux travaux avec 
voix délibérative. 

Les membres non résidents assistent, avec voix consultative, 
aux séances des sections lorsqu'ils \ son' convoqués. 

Art. 3. Le Comité peut inviter à ses séances les correspon- 
dants du Ministère, les présidents et secrétaires perpétuels des 
sociétés savantes qui se trouvent momentanément a Paris. 

Si le Comité traite une question intéressant une société sa- 
vante, cette société peut être appelée à désigner un délégué 
qui assiste à la séance et v est entendu. 



— m — 

Art. à. Le Ministre de l'instruction publique préside les 
assemblées générales du Comité et la Commission centrale. 

Il désigne pour chaque section un président, un ou deux vice- 
présidents et un secrétaire choisis parmi les membres titulaires 
du Comité. 

Il nomme, pour la Commission centrale, deux vice-pnisidents. 
Le secrétaire de la Commission est pris dans l'Administration. 

Art. 5. Le Ministre fixe les séances de chaque section ainsi 
que les réunions de la Commission centrale. Il convoqué le 
Comité en assemblée générale. 

Art. 6. En l'absence du Ministre, les assemblées générales 
du Comité sont présidées, en vertu d'uno délégation minis- 
térielle, soit par l'un des vice-présidents de la Commission cen- 
trale, soit par l'un des présidents de section. 

Art. 7. Dans Tordre de ses travaux, chaque section reçoit et 
examine les projets de publication pour la collection des docu- 
ments inédits de l'histoire de France et en propose l'adoption ou 
le rejet. 

Elle peut proposer la publication de tous autres documents 
ou travaux historiques et scientifiques. 

Art. 8. Pour les séries de publications ou pour les publica- 
tions périodiques, le Ministre forme au sein du Comité, soit di- 
rectement, soit sur la proposition du Comité, des commissions 
qui peuvent comprendre des membres titulaires ou honoraires, 
ou des personnes prises à divors titres en dehors du Comité. 

Aivr. 9. Chaque section prend connaissance des envois de 
ses correspondants et décide leur insertion au Bulletin du Co- 
mité ou leur renvoi aux archives. 

Elle prépare les instructions nécessaires pour diriger les 



._ _j- i- 



IV 

recherches des correspondants et des instructions spéciales pour 
les travaux des sociétés savantes ou des savants isolés qui les 
demandent au Ministre. 

Elle rédige, en ce qui concerne ses travaux, le programme 
des congrès de la Sorbonne et délibère sur la marche de ces 
congrès. 

Art. 10. Dans l'ordre de ses travaux, chaque section donne 
son avis sur les encouragements qui peuvent être accordés aux 
sociétés savantes ou aux savants, et sur les demandes faites par 
les sociétés en vue d'être reconnues comme établissements d'uti- 
lité publique. 

Elle donne son avis sur les candidatures au titre de corres- 
pondant. 

Elle dresse, pour être soumise à la Commission centrale, la 
liste des membres des sociétés savantes, des correspondants ou 
des savants qui lui paraissent mériter des distinctions honori- 
fiques. 

Art. 11. En cas de démission ou de décès d'un de ses mem- 
bres , chaque section présente , à la majorité des voix , une liste 
de trois candidats, laquelle est renvoyée à la Commission cen- 
trale. 

Pour que le vote soit valable, le nombre des suffrages doit 
être égal aux deux tiers au moins du nombre des membres de 
la section. 

Art. 12. Les secrétaires de chaque section sont chargés de 
préparer les travaux de la section. Ils en confèrent avec le pré- 
sident. 

Ils rédigent le procès-verbal des séances, font connaître les 
communications des correspondants et sont responsables de la 
pul lication de la partie du Bulletin concernant la section. 

fous les deux mois ils adressent à la Commission centrale 



uq rapport sur les travaux de la section jet sur l'état des publica- 
tions. 

Art, 1 3. La Commission centrale se réunit au moins tous 
les deux mois, sur convocation du Ministre. 

Art. là. Elle reçoit et examine les rapports des secrétaires 
visés à l'article 12. 

Elle surveille la publication du Bulletin du Comité. 

Elle examine les propositions de publications faites par cha- 
que section et assigne aux publications qu'elle adopte un rang 
d'impression. 

Elle arrête le programme du Congrès des sociétés savantes à 
la Sorbonne et règle la marche de ses travaux. 

Art. 15. Elle délibère sur les avis émis dans chaque section 
soit au sujet des encouragements à accorder aux sociétés savantes 
ou aux savants, soit sur les demandes faites par les sociétés 
pour être reconnues comme établissements d'utilité publique. 

Elle propose au Ministre les candidats au titre de correspon- 
dant du Ministère de l'instruction publique. 

Elle discute les propositions de distinctions honorifiques pré- 
sentées par les sections et en dresse la liste définitive. 

Art. 16. Lorsqu'il y a lieu de procéder au remplacement 
d'un membre dans une section , la Commission centrale discute 
la liste présentée par la section compétente. 

Elle peut modifier l'ordre des candidats et même dresser une 
liste nouvelle. 

En cas de modification dans l'ordre des présentations de la 
section ou de propositions nouvelles, les deux listes sont soumises 
au Ministre. 

Art. 17. Des jetons sont attribués aux membres titulaires 
ainsi qu'aux membres honoraires ou non résidents présents aux 
séances. 



. t 



VI 

Art. 18. Sont et demeurent abrogés tous arrêtés et disposi- 
tions contraires au présent arrêté. 

Art. 19. Le directeur du secrétariat est chargé de l'exécu- 
tion du présent arrêté. 

Fait à Paris, le 12 mars 1 883. 

Jules FERRY. 



Le Président i>v Conseil, Ministre de l'instruction publique et 
des beaux-arts, 

Vu l'arrêté du 17 juillet i858, instituant une Commission 
chargée de procéder k la confection d'une Carte des Gaules aux 
premiers siècles de l'ère chrétienne; . 

Vu l'arrêté du 20 janvier 1880, réinstituant cette même 
Commission sous le titre de Commission de géographie historique 
de l'ancienne France; 

Vu l'arrêté du 9 mars 1881, rattachant cette Commission au 
Comité des travaux historiques et scientifiques; 

Vu l'arrêté du 12 mars i883; 

Considérant que les travaux de cette Commission rentrent 
dans les attributions des diverses sections du Comité dès travaux 
historiques et scientifiques, 

Arrête : 

Article premier. Est dissoute la Commission de géographie 
historique de l'ancienne France. 

Art. 2. Le directeur du secrétariat est chargé de l'exécution 
du présent arrêté. 

Fait à Paris, le i3 mars 1 883. 

Jules FERRY. 



— ■ vu 

Le Président du Conseil, Ministre de l'instruction publique et 

DES BEAUX-ARTS y 

Vu les arrêtés des 1 2 et 1 3 mars 1 883 . 

* 

Arrête : 

Le Comité des travaux historiques et scientifiques e*t con- 
stitué ainsi qu'il suit : 

M. le Ministre de lmnstruction publique, président. 

SKGTIO* D'ARCHÉOLOGIE. 

Président. 
M. Martin (Henri), membre de l'Institut, sénateur. 

Vice*frérident. 
M. Ram4 (Alfred), conseiller à la cour d'appel de Paris. 

Membres titulaires. 

MM. Barthélémy (Anatole de), membre de la Société nationale des anti- 
quaires de France. 

Bertrand (Alexandre)., .membre de l'Institut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. 

Boeswillwald, inspecteur générai des monuments historiques. 

GniBouiLLET (Anatole), conservateur du département des Médailles et 
antiques à la Bibliothèque nationale. 

Courajod, conservateur adjoint au Musée du Louvre. 

Dabcel (Alfred), administrateur de la Manufacture nationale des Go- 
belins. 

Demay, chef de section aux Archives nationales. 

Delaborde (Vicomte Henri), secrétaire perpétuel de* l'Académie des 
beaux-arts, conservateur du département des Estampes à la Bi- 
bliothèque nationale. 

Desjardins (Ernest), membre de l'Institut. 

Dumoxt (Albert), membre de l'Institut, conseiller d'État, directeur de 
renseignement supérieur. 



^. ■- j/. 



(jcirrur, archiviste aux Archives nationales. 

Hiios h ViLLiranai (Antoine», attache* à la Commisaoa des monu- 

ments antiques an Musée du Louvre. 
Hicut. membre de l'Institut. 
Li Bust (Edmond), membre de l'Institut, directeur de l'École 

française de Rome. 
Lliouut ^ François, membre de llostitul. 
Lokto*. archiviste »ui Archives nationales. 
Mlsmio. professeur au Collège de France. 
Mosrucun ( Anatole as i. professeur à l'Ecole des chartes. 
Mt.vn (Eugène t. bibuotnécaire de r Ecole des beani-artâ. 
Piimi (George*!, membre de l'Institut, professeur à U Faculté des 

lettres de Paris. 
Kitct ^Otrrier\. professeur an Collège de France. 
Rémi (Leon'i. membre de l'Institut, président honoraire du Comité 

des travaux historiques et sœnbttques. 
BoauT v Charles', membre de rfostitart. 
SciLnuasu. membre de U Société nationale des antiquaires de 

France. 
Sonnait» \f)r\. dtt er le ui du musée des Thermes et de l'hôtel de 

Chmy. 
Wiaancnw . membre de f Institut . urina tcur. 
Lismui (Comte Robert m t. prcfeaucni à rÉcofe des chartes, aecré- 



Jafeastr» ir irait M Mua* a» «Ornas. 
Le directeur du Sccrrtiriat. 
I* chef du'*' bureau du Secrétariat. 
Le sous-chef au ■»" bureau du Secrét a riat, eharre de U 
«rehite» du Comité. 

CO«¥I^JO> C£>TULE. 



M. i* Mt>t*ru m i \\*T«t\T*« rnuorx. 
VM. lîwu». membre de r 



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BULLETIN 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



ARCHEOLOGIE. 



REUNION ANNUELLE 

DES DÉLÉGUÉS DES SOCIÉTÉS SAVANTES 

A LA SORBOiNINE. 



SÉANCE DU 27 MARS 1883. 

La vingt et unième réunion des délégués des Sociétés savantes de 
France s'est ouverte le mardi 27 mars i883, à une heure précise, 
dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de 
M. Levasseur, membre de l'Institut. 

Étaient présents : MM. Léon Renier, Mil ne-Edwards, Faye, Léo- 
pold Delisle, Henri Martin, Duruy, de Quatrefages, Tranchant, 
Charton, Chabouillet, Ramé, Gaston Boissier, Grénrd, Xavier 
Charmes, de Lasteyrie, Lyon-Caen, Gazier, Richet, Angot, Héron 
de Villefosse, Maggiolo, Hardouin, Paul Le Blanc, l'abbé Rance, 
Frédéric Passy, Nicolas, Gruey, Filhol, Lallemand, Dieulal'ait, 
Maunoir, Caillemer, Bufnoir, Palustre, A. Bertrand, de Mas-Latrie, 
de Boislisle, Servois, Grellet-Balguerie, Pigeonneau, Sipière, 
Bourget, le P. de la Croix, Hamy, Bonnassieux, etc. etc. 

M. Levasseur fait connaître aux membres du Congrès les dispo- 
sitions nouvelles prises par le Président du Conseil, .Ministre de 
l'instruction publique et des beaux-arts, par ses arrêtés des 12, 1 3 
et i4 mars, pour régler les travaux du Comité et ceux du Congrès. 

Archéologie. 1 



_ 2 — 

L'année dernière, à la réunion générale des sociétés sa van les, le 
Ministre avait répondu à une demande qui lui avait été adressée, par 
la promesse de constituer une section nouvelle, consacrée aux sciences 
morales et politiques. 

Il a tenu cette promesse. Il a fait en même temps aux sciences 
géographiques une place, qu'elles réclamaient depuis plusieurs an- 
nées. Les sections du Comité des travaux historiques et scientifiques 
et du Congrès des sociétés savantes se trouvent ainsi portées au 
nombre de cinq. Le champ des éludes s'est étendu sans que l'unité 
en soit compromise, grâce à la Commission centrale, qui servira 
désormais à relier toutes les sections du Comité. 

Le Président fait ensuite connaître la composition du bureau de 
chacune des cinq sections et Tordre général du travail : les séances 
du matin devront être consacrées aux communications particulières 
des délégués, et les séances du soir à la discussion des questions qui 
ont été proposées à l'étude des sociétés savantes dans le programme 
officiel. 

La séance générale est levée à une heure trois quarts, et les 
différentes sections du Congrès se réunissent dans leurs amphi- 
théâtres respectifs. 



La section d'archéologie se réunit en séance particulière à a heures , 
sous la présidence de M. Henri Martin. 

Le bureau est ainsi constitué : M. Henri Martin, président; 
MM. Chabouillet et Ramé, vice-présidents; M. de Lasteyrie, secré- 
taire. 

MM. Palustre et Morel sont élus assesseurs. 

M. Borrbl, vice-président de l'Académie de la Val d'Isère, ex- 
pose qu'il a fait le corpus épigraphique de la Tarentaise, arrondis- 
sement de Moutiers (Savoie), pays qui fut occupé par les Romains 
pendant près de cinq siècles. Les inscriptions et les fragments d'in- 
scriptions romaines qu'il a recueillis sont au nombre de trente : 
vingt-six à Aime, deux à la CMe-d'Aime, une à Villette et une à 
Bourg-Saint-Maurice. Il désire soumettre à l'appréciation du Cou* 
grès les conjectures que lui ont suggérées quelques-unes de ces in- 
scriptions. 



— 4 — 

MATRON1S AXJMO est une forme singulière. Faut-il l'inter- 
préter comme s'il y avait MATRONIS et AXIMO. c est-à-dire 
-aux matrones et à Axiinus-? Aximus aurait a!or> été le dieu lo- 
cal d'Aimé, comme le di»-u \emau>us l'était de Nîmes, etc. 1 

M. Borrel donne ensuite lecture de quelques observations rela- 
tives à l'inscription de Bourg-Saint-Maurice. publiée par MM. Jules 
Quicherat et Allmer-. Il adopte les restitutions proposées par 
M. Allm.T. 

M. Didier, membre de la Société académique de Cherbourg, pré- 
sente un mémoire dans lequel il s'efforce de démontrer que la ca- 
thédrale de Coutances. telle que nous la voyons aujourd'hui, date 
eu majeure partie de lepiscopat de Geoffroy de Muntbray. c'est-à- 
dire du xi siècle. S'appuyanl sur un |»as>age bien connu du Livre 
noir publié par lu Galiia ChrUliana* M. Didier a dressé uu plan qui 
indique les diverses phases de la construction de la cathédrale. Le 
texte du Livre noir est ainsi conçu : -: Majorent crucifixuui largis sump- 
libus et tempore longo ronstruxit (il >'agit ici de Geoffroy de Moût- 
bi-ay). Postea vero. . . capitium navis ecclesîœ cum circata et hinc 
et inde duo majora capitia nobiliora et ampliora coustruxit. Duas 
turres posleriores a fundanientis tertiamque supra chorum opère 
>pectabili sublimavit.* 

Ce texte, d'après M. Didier, s'applique de la façon la plus exacte 
à la cathédrale actuelle, dépouillée des chapelles et des annexes qui 
fuivnt ajoutées plus tard au plan primitif. Il faut \oir dans le r major 
erucilixus- du texte, la net actuelle, le -capitium navis* est le chœur, 
et les -duo majora capitia et nobiliora^ sont les bras du transept. 
Dans les -duas turre> posteriores- on doit reconnaître les deux 
clochers de la façade, et dans la -tertia turris supra chorum* . la tour 
qui s'élève encore aujourd'hui sur le carré du transept. Nous posséde- 
rions ainsi la cathédrale de Geoffroy de Montbray à peu près intacte. 

Bien des archéologues, il est \rai, ont objecté que la cathédrale , 
étant de style gothique, n'avait pu être construite au xi* siècle; mais 
M. Didier pense que l'on ue saurait s'arrêter à cet argument. Pour 
lui, l'architecture gothique a eu son berceau en Normandie. La nef de 

1 Cette question a déjà été résolue dans ce sens par M. Allmer {Revue rpigra- 
pkiqm dm Midi de f« Franc* , n* 8, p. ia5). 

a fistifft» «V ai SêeM nm îm m mh dn Amtiqnmr» tir FrtiiKv. i $79 .p. 1 7 a : Revue 
fpajrap&tyat du Midi de JW FVwartf, d* 8. p. ta3. 



— 6 — 

raonstration n est pas probante, malgré ie plan qui accompagne son 
mémoire. La description du xi* siècle signale an chevet l'existence 
de trois absides, suivant une disposition fréquente à l'époque ro- 
mane. M. Didier confond les deux abside* latérales avec les bras du 
transept. Il admet un bas otite circulant autour du chœur, et qui 
serait désigné par ie mot drcata: or. cette disposition n'était pas 
encore adoptée en Normandie à l'époque de Geoffroy de Montbray, 
*t de plus, le niot 'Tnwfj ue figurait pas dans le texte original. (Test 
une correction toute moderne introduite dans le te île véritable. 

Quant à l'expression -crucifiius major-, elle désigne. non pas la 
nef principale, comme le croit M. Didier, mais un grand crucifix en 
orfèvrerie exécuté avec les joyaux et va?es précieux que Geoffroy de 
Monlbrat. dans son voyage en A pâlie ti ea Calabre. avait obtenus 
des compagnons de Robert Gui^carj. Cette confusion a sans doute eu 
jwor cau^e le mot tt-mmur? . qui semble indiquer une anime de ma- 
•■onnere : -znajo-eui cr.:cidxum iarjis sumptibu* et tempore longo 
coosCnuit.r Mai? -jz '^r^e de iiK;ae ie mot *dM*n employé pour 
indiqoer 1» fabrication d'une châsse en orfèvrerie à l'abbaye de Vî- 
coijïie *j siiiirîi du xi:' siè-îe. Le dxite n'est pas possible pour 
G>u:a&.'-s. :"ér*ï-r'.'-:-a de ce crcciÈi. œuire d'un artiste nommé 
Lam'iv-r:. *\iz\ i?nae ii.u à une solennité décri:e plus loin par 
ri-s:ori«>7n:::e ie Geoffro* de Mcntbm. 

— » • • 

Lr> -.i:^-:s suis-L^in:** de la o-:-as;:--c::->- du xi f siècle se 
>::.se:." .-ux .>.;s ir '.± :a-.«i: ;. repris*:* cii Svïis-J«i*iv e. si bien 
■■?*-■; - i'zz T^.-vmrnt extérieur «s xï:i' siède. que iusqu"ea i*65 
>^it :-~.::z.- *iaï: é:é mé.vnnùe. e: à sue série d'arcades ran^nes 
zzz. Trvs ii-r.rz stjir. cachées :*sr le cLiiape» des ch*j*ell»*s du 
Tir* s~-:e. Ces ar-nies ^vr^H::?n: .ie csMsîaïer «r?e. !ors^u a on 
i r*rî>is-:r=:: ** :>*:' W-viie au x:u' si-ècie. ->a ^^c^erra !«?■> murs 
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— 8 — 

s* Lw piliers séparant la nef du transept et supportant la tour 
centrale, qui présentent des (races de reconduction dans la ga- 
lerie do clérestorv ; 

3* Le* portes situées près des tours à la hauteur du clérestory et 
qui sont aujourd'hui bouchées; 

6* Quelques fenêtres où la jonction dos deux architectures est 
de toute évidence. 

Ces conclusions concordent avec celles qu'ont défendues MM. Ramé 
et Palustre. 

xM. BoaiEL soumet au Congres une curieuse suite de planches re- 
présentant les parties les plus intéressantes de la cathédrale de 
Moûtiers en Tarentaise. Il donne en même temps la description el 
retrace l'histoire sommaire de ce monument peu connu. 

En 996, Rodolphe III, roi de Bourgogne, fit donation du comté 
de Tarentaise à l'archevêque Amizo; l'acte de donation nous apprend 
que les Sarrasins d'Espagne avaient, quelque temps auparavant, 
ravagé la Tarentaise. Ce fut donc vraisemblablement peu après 
celte date que l'archevêque Amizo reconstruisit la cathédrale de 
Moûtiers, qui avait été incendiée; en tout cas, cette reconstruc- 
tion est antérieure à 10&&, date du dernier document dans lequel 
on voit paraître l'archevêque Amizo 1 . Environ cent trente ans plus 
tard, l'édifice était encore en bon état, car saint Pierre II, qua- 
trième successeur d' Amizo, n' en répara que les couvertures : il refit 
celle de l'église en pierre, celle du clocher et de l'abside en plomb. 
Jusqu'en 1&61 l'église ne subit aucun changement; à cette date 
on reconstruisit sur les anciens soubassements, encore en grande 
partie visibles, toute la partie antérieure du monument jusqu'au 
transept. La date de cette réédification est gravée sur la façade prin- 
cipale. 

De la cathédrale de Moûtiers, construite au commencement du 
xi e siècle, il existe encore actuellement la crypte et ses collatéraux, 
l'abside de l'édifice, le chœur, le bas des deux tours qui le flanquent 
et le transept. 

La crypte se compose d'un chœur et d'une abside, occupant toute 
l'étendue du sanctuaire de la cathédrale; d'une salle antérieure 
ou martyrium, construite sous le chœur; de deux chapelles carrées, 

1 Besson, Mémoires pour l'histoire ecclésiastique de* diocèses du Genève, Taren- 
taise, etc., p. 193. 



— 10 — 

poses en arête de poisson. Les joints sont très épais , le mortier est 
excellent. 

Tout dans l'église de Moûtiers, aussi bien la forme que le sys- 
tème d'ornementation, indique une construction romane. 

M. de La8tby*ie insiste sur f intérêt tout particulier de cette com- 
munication. H fait remarquer l'analogie que présentent les rosaces 
dont M. Borrel a relevé le dessin dans la cathédrale de Moûtiers 
avec celles qui forment un des éléments principaux de la décoration 
de la tombe deBoëtius, évêque de Carpentras, mort au commence- 
ment du vu* siècle. Il exprime le voeu que le mémoire de M. Borrel 
et les excellentes planches qui l'accompagnent soient prochainement 
publiés. 

M. Mâssilloj-Rouvbt, membre de la Société archéologique niver- 
naise, donne lecture dune notice écrite par M. de Flamare, archi- 
viste du département de la Nièvre, sur un bas-relief provenant du 
château de Cuffy (Cher). La coupe des pierres sur lesquelles ce bas- 
relief est sculpté semble indiquer qu'il a fait partie du manteau 
d'une cheminée; on y voit un chevalier dont le costume peut appar- 
tenir au milieu du xrr* siècle; les armes représentées sur l'écu du 
personnage doivent être celles de Louis I", comte de Flandres, ou 
de Louis II de Maie. 

M. Didier, revenant sur sa communication relative à la cathé- 
drale de Coutances, parle du crucifix exécuté pour cette église 
par l'orfèvre Lambertus, et d'un autre crucifix qui aurait été fait 
pour l'abbaye du Mout-Saint-Mirhel par un autre orfèvre du 
même nom; il signale en même temps, d'après le testament de la 
reine Mathilde, l'existence d'un centre de fabrication d'orfèvrerie à 
Saint-Lo. 

M. l'abbé Pottim, président de la Société archéologique de 
Tarn-et-Garonne, décrit brièvement les peintures de l'abbaye de 
Moissac. Ces peintures, qui remontent au 111 e siècle, représentent le 
Christ et les douze Apôtres, la Vierge et l'arbre de Jessé. 11 indique 
en même temps les autres peintures qui existent dans le départe- 
ment de Tarn-et-Garonne. Au château de Bioule notamment se trouve 
un<» peinture du xv c siècle représentant les neuf preux; enfin on voit 



— 12 — 

dans ia première moitié du xm e siècle. Le Christ est du reste ab- 
sent de ce crucifix; on n'y voit plus que la place qu'il y occupait 
autrefois, et c'est ce qui a induit en erreur M. Gaillard de la Diou- 
nerie. Quant à la plaque portant une inscription, elle offre un in- 
térêt beaucoup plus grand ; mais il est difficile de reconnaître dans 
le personnage agenouillé autre chose qu'un simple clerc ou un 
moine : il en porte le costume, et les termes par lesquels' il est dé- 
signé dans l'inscription ne semblent pas pouvoir s'appliquer à un 
templier. Enfin comment admettre qu'en 1807 un templier se soit 
fait représenter, sur son épitaphe; dans une attitude d'humble prière 
devant le roi, qui allait anéantir son ordre? L'une des rosaces du 
fond de la plaque pourrait à la rigueur passer pour un nimbe, bien 
qu'elle ne se trouve pas exactement derrière la tête du roi ; dans ce 
cas, le roi représenté serait saint Louis, ce qui n'a rien d'impos- 
sible, étant donnée la date de l'épitaphe. 

Plusieurs membres appuient ces observations. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie , 

R. DE Lastbtrib, 

Membre du Comité. 



— 1& — 

M. Millescavp, membre du Comité archéologique de Senlis, met 
sous les yeux des membres du Congrès une figuriue antique en 
bronze, trouvée à Breny (Aisne). Breny fut, à Fépoque romaine et 
franque, un centre de population assez considérable. M. Frédéric 
Moreau y a fouillé, en 1880, plus de 3,ooo sépultures. La figu- 
rine de bronze dont il s'agit a été recueillie dans un cimetière franc. 
Elle représente un jeune homme assis, ou plutôt couché, vêtu d'une 
chlamyde, un peduni dans la main droite, un bouquet de fleurs ou 
de fruits dans la main gauche. On a d abord voulu voir dans ce 
bronze la représentation d'un empereur; on a même été jusqu'à 
préciser de quel empereur il s'agissait, on a nommé Néron. Il est 
plus probable qu'il faut simplement y voir un berger. Ces figurines 
couchées sont extrêmement rares; le cabinet des Antiques, à la 
Bibliothèque nationale, en possède une qui présente une certaine 
analogie avec le bronze de Breny, mais elle appartient à l'art ro- 
main de la décadence, tandis que le petit berger de Breny, bien 
qu'il ait été trouvé dans un cimetière franc, est d'une bonne époque. 

M. Léon Palustre, directeur de la Société française d'archéologie, 
croit reconnaître dans le bronze de Breny une figure de faune : la 
conformation des oreilles du personnage justifie celle conjecture 
que la présence dn pedum vient encore confirmer. M. Mowat s'as- 
socie aux conclusions de M. Palustre. Un autre membre du congrès 
signale l'existence d'un petit bronze analogue à celui de Breny au 
musée de Besançon. 

M. Mayaud entretient le Congrès des exploitations minières à 
l'époque celtique et à l'époque gallo-romaine dans le canton de 
Bénévent-rAbbaye (Creuse). Il rappelle l'extension que le com- 
merce des métaux avait prise en Gaule dès une haute antiquité, 
et décrit sommairement les procédés métallurgiques alors en usage. 
Les modes d'extraction des minerais semblent avoir été peu variés ; 
le procédé d'extraction à ciel ouvert fut le plus fréquemment em- 
ployé, comme le plus facile et le plus rapide; les puits de mines, 
au contraire, sont fort rares. A l'époque gallo-romaine, les mines 
exploitées anciennement furent assez souvent abandonnées, mais on 
continua à se servir des forges celtiques établies sur les cours d'eau. 
C'est ainsi que certaines localités acquirent, grâce à l'industrie mé- 
tallurgique, une importance que parfois elles ne conservèrent pas 
au moyen âge. 




— 16 — 

faire M. Doucet a tenu à soumettre ses doutes à l'auteur même de 
cette attribution. M. Lecointre-Dupont, avec une bienveillance et 
une loyauté à laquelle il faut rendre hommage, s'est livré à de 
nouvelles recherches, desquelles il résulte qu'il n'existe dans le Goiv 
bonnois aucune localité qui paraisse pouvoir revendiquer à bon 
droit le nom de Cdrtisasonieh; que les pièces à cette légende pro- 
viennent de l'ancienne capitale du Saonnois, Saosnes, à qui Ton at- 
tribue les légendes mérovingiennes Sagomo, Sagono, Sanono, Soïiho- 
vico, etc., et qui aujourd'hui est un bourg dans lequel se trouve 
un lieu nommé encore la cour de Saosnes (n° 1 3 1 du plan cadastral). 

M. Doucet invoque encore l'opinion de M. Gravelle-Désulis, 

* le savant et regretté archiviste de l'Orne, qui résumait ainsi, dans 

une lettre, les investigations auxquelles il s'était livré à propos de 

ces médailles : * Je ne doute nullement que les pièces de monnaie 

en question soient sorties de l'atelier monétaire de Saosnes. * 

Appuyé sur l'autorité de ces savants, M. Doucet propose d'attri- 
buer définitivement les monnaies à la légende PCVRTISAS 1 * 
NIEH à l'atelier de Saosnes, près Mamers (Sarthe). 

M. Mowat fait remarquer l'analogie du mot ASONIEH avec le 
vocable Axona, Y Aisne. Il se demande si l'on ne pourrait chercher 
dans la région que traverse cette rivière, Fatelier d'où proviennent 
ces pièces. M. Doucet répond qu'elles offrent les caractères du mon- 
nayage normand. 

M. Maxe-Werly fait à son tour remarquer que l'H initial de la 
légende de cette monnaie se retrouve sur un grand nombre de types 
de l'est de la France. 

M. de Lastetrib communique au Congrès un manuscrit de la bi- 
bliothèque d'Orléans dans lequel M. Léopold Delisle lui a signalé 
une particularité intéressante au point de vue de l'histoire de la 
reliure. Ce manuscrit, aujourd'hui en fort mauvais état, a conservé 
sa reliure originale, qui paraît remonter au xi e siècle. Elle se com- 
pose de deux ais de bois recouverts de basane blanche. Sur la face 
intérieure du dos se trouve inscrite une légende ainsi conçue : 

HIC EST LIBER SANCTI CIPRIANI MARTHIRIS. 

Cette légende donne évidemment le nom du monastère qui pos- 
sédait le manuscrit. C'était une précaution prise contre les voleurs, 



— 18 — 

que ce camp a été habité jusqu'à une époque assez avancée du 
moyen âge. 

M. À. Nicaise présente quelques observations au sujet de la 
communication de M. Delort. Il fait des réserves sur l'âge à assi- 
gner aux camps à murs vitrifiés; des découvertes récentes sembleut 
indiquer que certains de ces camps ne datent que du vi* ou du 
vu siècle. 

La séance est levée à 1 1 heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. DE Lastbtbib, 

Membre du Comité. 



— 20 — 
humain est représenté par des peintures à la barbolinc. C'est la 
première fois que ces vases troués sont signalés en France; les pre- 
miers échantillons ont été découverts à Reims, rue de Messy, par 
M. Blavat, en 1870. Des monuments ou stèles de pierre surmon- 
taient ces vases. M. Nicaise montre la reproduction de treize de ces 
stèles dont voici la description : 

Stèle n" 1. Hauteur o'",3o, largeur 
o,"a3. 

Elle simule la façade d'une maison 
avec fronton triangulaire; elle pré- 
sente à sa face antérieure une ouver- 
ture carrée destinée à recevoir les of- 
frandes et les libations. 

Stèle n° a. Hauteur o"',82 , largeur 
o-,33. 

Ou y lit l'inscription : 



MATONE 
MARTIN VS 

Au-dessous de cette inscription est 
représenté, en demi-relief, une ascia. 
Ce symbole constitue dans la région 
de Reims une véritable rareté. En 
Italie, on ne connaît guère qu'une 
dizaine de monuments funéraires por- 
tant ce signe; dans la première Lyon- 
naise on le trouve fréquemment et l'on en a signalé quelques 
exemples en Provence et à Bordeaux; M. Ernest Desjardins a re- 
trouvé ce symbole dans un monument de la région parisienne , dont 
il a récemment entretenu l'Académie des inscriptions et belles-lettres; 
c'est la première fois qu'on le rencontre dans l'est de la Gaule. 

Stèle n° 3. Hauteur o ra ,8ù, largeur o, m 3G, épaisseur o"",i6. 
Elle est de forme carrée, avec fronton triangulaire et porte l'in- 
scription : 



— 21 — 

Stèle n° 4. Hauteur o"\93, largeur o m ,39, épaisseur o m ,3a. 
Inscription : 

D M 
SERONNO 
CAVVAM 

Dit manibus Seronno Cawama. 

M. Nicaise n'est pas certain de la lecture Seronno; Seronno serait- 
il une forme dérivée de Seronino? 

Au bas de la stèle on yoit une cupule à libations surmontant 
une rigole qui descend jusqu'au pied du monument. 

Stèle n° 5. Hauteur o°\35, largeur o m ,2&. 

On y a représenté une femme assise vêtue de la tunique et de In 
stola; elle tient dans ses mains, appuyées sur ses genoux, deux ob- 
jets trop frustes pour qu'on puisse les déterminer d'une façon cer- 
taine; on peut y voir une ampulla et un vase. 

Stèle n° 6. Hauteur o m ,/i6, largeur o^ao, épaisseur o m ,99. 

On y a représenté une femme vêtue de la tunique, coiffée de 
larges bandeaux plats. De la main droite elle tient un flacon carré 
à col cylindrique; du bras gauche elle entoure un vase posé sur sa 
cuisse. La tunique porte encore des traces de couleur rouge. 

M. Nicaise voit dans ces personnages l'image des défunts dont 
les ossements incinérés sont placés dans les vases. 

N° 7. Hauteur o m ,4o, largeur o m ,4o. 

Un aigle en pierre; les deux serres de l'oiseau reposent sur un 
socle hémisphérique. Dans l'antiquité romaine, l'aigle est le sym- 
bole de l'immortalité; c'est pour cela qu'on le faisait figurer dans 
les apothéoses. 

Un aigle s'échappa, dit-on, du bûcher d'Auguste, symbole de 
l'âme du défunt s'envolant vers l'empyrée. Il n'est donc point éton- 
nant de retrouver le même symbole au-dessus d'un vase funéraire. 

Stèle n° 8. Hauteur o m ,4o, largeur o m ,43, hauteur des lettres 
o",o45. 

Au-dessous d'un fronton en saillie, on lit l'inscription suivante : 

AVGVSTVS 
APRILIS FIL 



— 22 — 

Stèle n*g. Hauteur o",so, largeur o"\i 3, 
épaisseur o m ,io. 

Petit monument avec fronton triangu- 
laire; au-dessous du Fronton trois cases de 
columbarium. 

Au-dessous de ces cases et au fronton, on 
lit le nom de SECVNDA deux fois répété. 

Stèle n* 10. Hauteur o*,85, largeur 
o"*,38, épaisseur o",a6, hauteur des lettres 

Carrée à sa base, triangulaire au sommet, elle porte l'inscription : 
DOVDi 
LLVSVl 
MPVRILA 

Une palère de bronze découverte à Evaux (Creuse), vers 18/io, 
porte sur son manche, l'inscription : 

VtMPVRO F[RM] 
LIB- IVAV 
V-SLM 

Vimpurn , affranchi de Libertin , d'Evaax , t'ttt acquitté utec rwwnniuom île tau 

I impuro est un nom gaulois, d'oîi le dérivé Vimpurita de la stèle 
rémoise. D'autres monuments épigraphiqucs onl déjà donné les 
formes Vimpia et Vimput. 

Stèle n° 1 1. Hauteur o",65, largeur o™,35, hauteur dos lettres 
o-,o5. 

Monument de forme triangulaire. Au fronton, l'inscription : 

D M 
GIA 



Ciama on Giama. Ce dernier vocable est la forme initiale de Gia- 
milns, déjà connu par des monnaies gauloises. 

Stèle n* i s. 

Cippe arrondi. Dans une niche, un personnage debout, revêtu 



— 24 — 

que cette église latine est analogue aux autres constructions qui nous 
restent du temps du roi Robert. M. Grellet-Balguerie répond en ci- 
tant l'église de Saint-Benoit-sur-Loire, construite de 1006 à 1022 
et qui n'a aucun rapport avec l'église latine de Saint-Front, tandis 
qu'elle présente une coupole, comme l'église de Frotaire. 

Un des grands arguments de M. Ramé pour reporter jusqu'après 
l'inceudie de 1120 la construction des coupoles de Saint-Front, 
c'est la présence d'arcs en ogive. Mais M. de Verneilh avait beau- 
coup exagéré en disant dans son beau livre que «les arcades sur 
lesquelles reposent Saint-Front sont toutes franchement en ogive». 
M. Ramé à tiré de cette affirmation des conclusions plus exagérées 
encore en soutenant tr que l'arc en ogive a joué un rôle essentiel 
dans la construction de l'édifice de Saint-Front». C'est là une erreur. 
Les arcs qui soutiennent les coupoles n'ont pas été, comme on Ta 
prétendu, modifiés dans la restauration de l'église, en réalité leur 
brisure était presque insensible, et tous les autres arcs du monu- 
ment sont en plein cintre. On ne peut appeler ogive un arc à peine 
brisé, employé exceptionnellement par suite de quelque nécessité 
de construction, à moins d'appeler ogivales les constructions 
grecques et romaines où l'on trouve des arcs de même forme. 

M. Grellet-Balguerie admet volontiers les dates données par 
M. Ramé pour l'église de Saint-Marc de Venise; elles ne prouvent 
pas que Saint-Front appartient au xn° siècle, mais seulement que 
Saint-Front n'est pas un dérivé de Saint-Marc; or M. Grellet-Bal- 
guerie croit que Saint-Front et Saint-Marc dérivent d'un type com- 
mun, les Saints-Apôtres de Gonstantinople, et que SaintrFront est 
l'œuvre d'un architecte français. C'est un Français qui construisit, au 
commencement du xi c - siècle, la coupole de Saint-Benoît-sur-Loire, 
pourquoi ne pas admettre qu'un Français ait également pu bâtir 
l'église de Saint-Front, entre 976 et 10A7? Le célèbre archéologue 
anglais, M. Parker, qui avait combattu cette opinion, a fini par s'y 
rallier après plus ample examen, et il a reconnu que les dates assi- 
gnées par M. de Verneilh à ce fameux monument devaient être admises. 

M. Alfred Ramé ne peut laisser la communication de M. Grellet- 
Balguerie sans réponse, puisqu'il a été personnellement mis en 
cause, ni donner à sa réponse toute l'étendue que la question com- 
porte. Il se contentera de limiter le débat en précisant les diffé- 
rents systèmes qui se sont produits depuis trente ans. 



— fi — 

la mort de Fiat lin : m mm archiftecle na pas snugé à 
Ûnr parti 4e Fart hrfaé pour «f«lfr fa feu* de rérêt wc des 
ara douhieaax qui supportent fa voile es kiuw du sanctuaire; 
lare famé n apparail qa a titre deaaaî isolé aux grand» mcadi* do 

que fa partie oratale de lénifiée. Ce fait 




A cité de fa question de date se place fa question de savoir l'ori- 
gine du pfaja exceptionnel de Saint-Front. De* i*ii, M. de Ver- 
neâh a établi que ce plan avait été emprunté à Saint-Marc de Ve- 
nise: Vîiet et Viofletle-Duc se sont rangés à mb an» et c'est peut- 
être tout ee qui rentra un jour de son litre. 

Mais M. de Yemeâb ae counanuait l'histoire de Saint-Mare que 
par des ouvrages de seco nde ou de troisième main. Ea réalité cet 
édifice appartient à fa fia da u* aède. 

IL J.-H. Parker, qui le savait, visita en 1 >à3 Saint-Front de Pé- 
rigueux: eo i?«7 H pabiia dan» le j ff n fi f n ÎB nmmmI* an article 
sur fa date de Saint-Front, qui demeare ce qai a été dit A» aieilievir 
«ar le monument- II accepta le» prémisaes de M. de Verneîlh. c'est- 
à-dire h filiation entre Saint-Marc et Saint-Front, mais rejeta ses 
coud osions, c'est-à-dire fa construction par Frotaire de réglise à 
coupoles. Snr les instances de M. de Verneîlh. M. Parker fit peo 
après on noovean voyage à Périgueux. et. modifiant son opinion 
première, il publia dans le Amena auuuuMnln? de 1860 un ar- 
ticle dans lequel il se rangea complètement à la»» de M. de Ver- 
neîlh. quant à fa date du monument: toutefois il reconnut dans 
Saint-Front, non une copie de Saint-Marc de Venise, mais l'œuvre 
d'un architecte de Conslanrinopie. Cette fois il rejetait les prémisses 
de l'arc h éolog u e périgourdin pour en accepter les conclusions. Ce 
revirement d'opinion parut alors inexplicable: il a'est pas encore 
expliqué. Un pareil système sauvait l'antiquité de Saint-Front en 
rattachant directement le monument à un édifice oriental. 

Le type commun à Saint-Marc et à Saint-Front a été cherché, 
mais n'a point été trouvé : on a parlé de fa basilique des Saints- 
Apôtres construite par Jostinien et qui. suivant Procope. était rou- 
verte par cinq coupoles disposées en croix; mais la basilique de* 
Saints- Apôtres a disparu depuis longtemps et avec elle a disparu 
le terme nécessaire de comparaison. D'ailleurs M. de Verneilh lui- 
même avait prévu ce rapprochement possible et avait fait remarquer 
que Saint-Front était l'imitation non d'un édifice quelconque sur- 



— 28 — 

C'est donc bien l'église qui fut incendiée, et non les bâtiments 
claustraux, les ojficinae, comme on disait alors. Quant au silence des 
textes, sur lequel se foude M. Grellet-Balguerie pour ne pas admettre 
la reconstruction par Guillaume d'Àuberoche de l'église incendiée, 
ce n'est pas un argument, car la dédicace de la basilique de Fro- 
taire elle-même n'est point mentionnée dans le Livre pontifical; cette 
date ne nous est connue que par une note marginale d'un marty- 
rologe ou d'un calendrier que le P. Labbe a publié à la suite du 
Livre pontifical. 

Le Livre pontifical est également muet sur la construction et la con- 
sécration de la cathédrale de Périgueux, dans laquelle M. de Verneilh 
reconnaît deux parties d'âge différent, ce qui implique deux con- 
sécrations successives. 

M. Grellet-Balguerie, suivant encore en cela M. de Verneilh, 
parle de moines de Saint-Front; or il n'y a jamais eu de moines à 
Saint-Front : c'était une collégiale et les chanoines de Saint-Front 
n'avaient d'autre abbé que l'évéque, qui avait annexé deux des 
prébendes à la mense épiscopale. 

Cette organisation explique les analogies de construction qui 
existent entre certaines parties de la cathédrale et de Saint-Front. Si 
cette dernière église a été rétablie, après l'incendie de nao, sur 
un plan plus vaste que la cathédrale, c'est que possédant le corps 
de l'apôtre du pays, elle disposait d'offrandes capables de subvenir 
à la construction d'un grand édifice; c'était aussi le lieu de sépul- 
ture ordinaire des évéques depuis Frotaire. 

La date de 1190 n'a pas seulement l'avantage de rétablir Saint- 
Front à sa vraie place dans l'histoire de l'art, elle concorde avec 
les dates d'autres monuments de la région que M. de Verneilh at- 
tribué au xn e siècle, la cathédrale de Cahors, par exemple, dont il 
place la dédicace en 1 1 19, et dans laquelle Vitet a cru remarquer 
des signes d'antériorité à Saint-Front. 

On ne s'est point préoccupé jusqu'ici de la forme extérieure des 
coupoles; la question a cependant son importance. 

Les coupoles de Saint-Front portent déjà des traces de dégénéres- 
cence. Leur tambour n'est pas perpendiculaire, comme dans les types 
purement byzantins; il est rétréci du haut et muni de contreforts 
plats. Si la coupole. avait fait son apparition en Aquitaine par Saint- 
Front, si elle avait été reproduite en'Périgord, en Quercy, en An- 
goumois, à l'imitation de Saint-Front, les imitations reproduiraient 



— 30 — 

créées par M. de Verneilb et si magistralement combattues par 
M. Vitet. 

M. Borrel présente les dessins des peintures murales qu'il a re- 
levées dans l'église Saint-Martin d'Aimé (Savoie). Cette église, beau- 
coup plus petite que la cathédrale de Moû tiers, peut remonter à la 
même époque que celle-ci, c est-à-dire au xi* siècle. Les voûtes et 
les murs ont été recouverts, à la fin du xn* siècle, de peintures in- 
téressantes. 

Sur le soubassement des murs du chœur et de l'abside est peinte 
une draperie d'un gris sombre, surmontée d'un large bandeau dé- 
coré de feuillages et de rinceaux. 

Dans les deux trumeaux de l'abside sont représentés, de grandeur 
naturelle, quatre saints, nimbés, vêtus d'une robe et d'un ample 
manteau et chaussés de sandales. Chacun d'eux tient un livre à la 
main gauche : ce sont sans doute les quatre évangélistes. Au- 
dessus d'eux étaient peints en buste, dans des médaillons, des ar- 
chevêques nimbés, portant la mitre et le paUium. 

Quant aux ébrasements des fenêtres, ils étaient également peints 
et couverts d'arabesques. 

Sur les pieds-droits de l'arc triomphal, cinq tableaux, trois d'un 
côté et deux de l'autre, retracent les principales phases de la vie 
d'Adam : la création de l'homme; Dieu donnant à Adam la puis- 
sance sur les animaux; la création d'Eve; la faute d'Adam et d'Eve; 
Adam et Eve chassés du paradis terrestre. 

Au-dessus du soubassement du mur du chœur l'artiste a peiut 
deux grandes scènes, le massacre des Innocents et la fuite en 
Egypte. La première de ces fresques, composition très mouvementée 
et à nombreux personnages, témoigne sinon d'une grande habileté, 
du moins d'une imagination très féconde; quant à la seconde, il 
n'en subsiste que des fragments, suffisants pour faire reconnaître le 
sujet, mais trop peu importants pour permettre d'apprécier l'œuvre. 
Au-dessus du massacre des Innocents se déroule une large frise 
ornée de feuillages sur lesquels sont perchés des oiseaux; elle est 
surmontée d'un ciborium supporté par des colonnes et fermé par 
des rideaux. 

Dans ces peintures l'ocre rouge est la teinte dominante; mais le 
bleu, le jaune, le vert et le gris, le blanc et le noir, toutes les 
teintes enfin ont été employées. La décoration ne devait pas se bor- 



— 32 — 

xvi e siècle. De plus, le clerc qui se trouve à genoux près de sait- — ^ 
François d'Assise est dans l'altitude d'un donateur; il est bien pi 
bable que c'est lui qui a fait exécuter ces peintures et qu'il est a] 
nouille devant son patron. Il s'appelait donc François; ce qui écar- 
terait l'hypothèse de. M- Fage que les peintures remontent au temps 
de Gui ou de Guillaume de Puy-de-Val. 

M. l'abbé Arbellot, président de la Société historique et ar- 
chéologique du Limousin, décrit sommairement diverses peintures 
murales de la cathédrale de Limoges. Dans la crypte de l'église ro- 
mane, qui a précédé l'édifice gothique, on voit une peinture du 
xi 6 siècle; cette peinture représente le Christ entouré des quatre 
évangélistes; la Madeleine est agenouillée près de lui. D'autres 
peintures ornent la voûte du chœur; elles représentent des anges 
et datent du xiv c siècle. 

M. l'abbé Arbellot appelle encore l'attention du Congrès sur une 
curieuse peinture murale du château de Hochcchouart. Cette pein- 
ture, du xv e siècle, représente une chasse au cerf et un cortège sei- 
gneurial; dans cette dernière scène on voit un char rempli de 
dames, entouré de seigneurs à cheval; un bouffon affublé d'un 
costume grotesque précède le cortège. 

M. l'abbé Pottikr , président de la Société archéologique de Tarn- 
et-Garonne, présente un manuscrit du xiv e siècle contenant les cou* 
tûmes de Beaumont de Lomagne. Au milieu du volume se trouvent 
deux miniatures, se faisant face, verso et recto, sur lesquelles on a 
peint le Christ en croix et la Trinité; dans chaque miniature on 
voit deux consuls à genoux, vêtus d'un costume mi-parti rouge et 
noir. C'est sur ces miniatures, qui ne remontent peut-être qu'au 
xv e siècle, que les consuls prêtaient serment en entrant en charge; 
aussi ce manuscrit était-il appelé w livre juratoire». 

La séance est levée à h heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie , 

R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



— 34 — 

iiêtre depuis longtemps murée el qu ou déblaya alors : elle est ap- 
pliquée sur le montant droit, qui est seul partiellement conservé; 
elle en occupe toute la largeur intérieure. Son principal motif con- 
siste dans des têtes de fou et des cornes d'abondance : elle est 
assez détériorée et ce n'est pas sans peine qu'on a pu en recueillir tout 
le dessin; la copie a été faite au quart de la grandeur. Par-des- 
sous se retrouvent les traces d'une autre peinture qui apparaît aussi 
sur les murs de la pièce, c'est une simple peinture blanche à la 
chaux, avec traits rouges simulant des joints de pierre. 

M. Warluzbl donne lecture, au nom de M. le docteur Pissot, 
président de la Société des sciences et beaux-arts de Choie t, d'une 
notice sur un objet en os de l'époque préhistorique. Ayant eu à exa- 
miner divers objets provenant de la station préhistorique de Laugerie- 
Basse (Dordogne), offerts au musée de Choie t, M. Pissot remarqua, 
parmi des pointes de lance et de flèche en silex, et autres objets 
en os ou en bois de renne, un morceau d'os offrant des rayures 
régulièrement espacées. Ce fragment mesure 75 millimètres de lon- 
gueur, 13 millimètres de largeur à l'une de ses extrémités, 9 milli- 
mètres à l'autre; l'une de ses faces est plane, l'autre légèrement con- 
vexe. La face plane montre des rayures transversales, séparées par 
des intervalles irréguliers oscillant entre 8 et 10 millimètres. La 
face convexe porte également des traits transversaux, dont les in- 
tervalles, assez réguliers, ont à peu près 5 millimètres. Les bords 
de l'objet portent aussi, dans la partie la plus étroite, des entailles 
ou coches beaucoup plus rapprochées les unes des autres. M. Pissot 
se demande s'il n'y a pas lieu de reconnaître dans ce morceau d'os 
un instrument ayant servi à mesurer les longueurs. 

Plusieurs membres présentent des observations au sujet de la 
communication de M. Pissot. M. Nicaise serait disposé à voir dans 
cet objet un instrument destiné à compter plutôt qu'à mesurer, in- 
strument très analogue à celui dont se servent encore les boulangers 
pour faire le compte des pains qu'ils vendent. Les hommes de l'âge 
de pierre pouvaient noter de la sorte le nombre des animaux qu'ils 
tuaient à la chasse. 

M. LELONG,au nom de M. Godard-Paultrier, membre de la Société 
d'agriculture, sciences et arts d'Angers, conservateur du musée 
de celte ville, donne lecture d'une notice sur un moule à monnaies 



*'1 



— 36 — 



verture évasée, indiquant qu'uu métal en fusion pouvait y être vei 
et se répandre jusqu'à l'extrémité de chaque branche. 

Chacune des rondelles présente le type, plus ou moins «Itéré, 
d'une monnaie du moyen âge. 

À gauche, lé premier fronton triangulaire, surmonté d'une croix 
à branches égales, appartient à la monnaie de Saint-Martin de 
Tours; il en est de même, sauf variantes, des première, troisième 
et quatrième rondelles de droite. Les deuxième et troisième ron- 
delles de gauche reproduisent le type chartrain ; dans la seconde 
rondelle de droite il faut peut être voir le type très dégénéré de la 
monnaie de Bëaugency *. À gauche, dans la quatrième rondelle, on 
reconnaît le type de la monnaie de Provins (revers), avec quelques 
traits formant comme une sorte de peigne 2 . Enfin la singulière tête 
de faee qui se trouve dans la cinquième rondelle de droite rap- 
pelle la monnaie de Sancerre 9 ou plutôt celle de Saint-Mayeux de 
Souvigny 4 . 

Par rapport à leur module, quelles pouvaient être ces menues 
monnaies? Leur diamètre est trop petit pour le denier, trop petit 
également pour l'obole ou la maille, qui valait un demi-denier. Mais 
au xni c siècle, particulièrement sous saint Louis, il y eut une me- 
une monnaie ou quart de denier, dont le module devait se rappro- 
cher de celui des rondelles du moule 5 , c'était la pougeoise, pite ou 
poitevine. La pite ou pougeoise tirait sans doute son nom de la province 
de Poitou, d'où elle était originaire, mais on en fabriquait ailleurs 
qu'en Poitou : il y avait la pite tournoise et fapite parisis 6 . On ne peut 
donc induire de ce que le type poitevin ne se trouve pas gravé sur 
les rondelles que celles-ci n'aient pu être destinées à fabriquer des 
pites. 

De ces observations il résulte : i° qu'on doit voir dans cet objet 
un moule à menues monnaies dites pites, le module de ces mon- 
naies étant le seul qui se rapproche du module des rondelles; 
9° qu'on peut dater ce moule de la fin du xu* ou du premier tiers du 
xiii* siècle; 3° que c'était très probablement un moule destiné à 

1 Poey d'Avant, I. I, pi. XXXIII, p. ify. 

* Hnd., t. III, pi. CXXXVIII, n M 19 et ai, p. a5i. 
*lbid., t.I,pl. XLIII. 

«/M!., Ll.pl. XLVIII.n a. 

* Le Blanc. Traite des monnoies, p. ao. 

* lbid., p. 19a. 



ÏK.-'" 



— 38 — 

laires, et sont munies en leur centre d'une saillie de forme conique-^ 
Cette découverte permet de faire des rapprochements curieux av< 
les harnachements de chevaux découverts dans les cimetières de la 
Marne. Des vases en poterie grossière, un statère d'or de Philippe 
de Macédoine, des couteaux gaulois en fer, trouvés non loin de ces 
pièces de harnais, # dans des sépultures à incinération, permettent 
de faire remonter ces objets au second siècle environ avant l'ère 
chrétienne. 

M. Nicaise fait remarquer que les sépultures gauloises à inciné* 
ration sont extrêmement rares; ce rite funéraire a été très proba- 
blement importé d'Italie en Gaule. 

M. Palustre partage l'avis de M. Nicaise; il ajoute que l'inci- 
nération a dû être usitée assez tard en Gaule; dans un bas-relief 
de la cathédrale de Dax représentant le jugement dernier, on 
voit les morts sortir les uns de sarcophages, les autres d'urnes 
funéraires. 

M. l'abbé Pottier entretient ensuite le Congrès de l'école d'orfè- 
vrerie toulousaine. L'existence de cette école est incontestable. Si les 
églises de Toulouse ne peuvent en offrir aujourd'hui que peu d'échan- 
tillons intéressants, on trouve dans les églises du département de 
Tarn-et-Garonne de nombreux spécimens de cette orfèvrerie appar- 
tenant au xii e et au xm e siècle. L'ancien trésor de l'abbaye de 
Grandselve, conservé aujourd'hui à Bouillac et à Ardus, compte plu- 
sieurs châsses de vermeil en forme d'église, des reliquaires ornés de 
filigranes, de cabochons et de pierres gravées antiques. 

M. Le Beun, membre de la Société d'émulation de l'arrondisse- 
ment de Lisieux , lit une notice sur les peintures murales de l'église 
Saint-Jacques, à Lisieux. Ces peintures, qui décorentries voûtes de la 
nef et du chœur, ainsi que les piliers qui séparent la nef principale 
des collatéraux, ne sont pas antérieures au milieu du xvi° siècle ] . 
Le principal tableau représente la Trinité ; au bas de la composi- 
tion on voit les portraits du donateur et des membres de sa fa- 
mille. Les noms des artistes qui ont exécuté ces peintures sont in- 
connus. 

1 Elles ont déjà été décrites dans le Bulletin nvmumental, t. XXXVI, 1870, 
p. 89 et suiv. 



— 40 — 

rentes religions pratiquées par le peuple. La masse du peuple cara 
bodgien appartenait probablement, sous le règne de Sûryavarman 
à Tune des deux communautés religieuses des bouddhistes ou d 
çivaïtes. C'est ce qui existait à Java pendant le moyen âge, et c 
ce qui subsiste encore aujourd'hui à Bali (Malaisie). 

Comme la plupart des inscriptions sanscrites, l'inscription de 
Prea-Khan n'est point datée; mais on sait que Sûryavarman monta 
sur le trône en çaka 934 1 , ce qui fixe approximativement la date 
de Tinscription. 

La seconde iuscription déchiffrée par le docteur Kern est celle 
de Bassac. Elle est également en sanscrit; elle ressemble par récri- 
ture à la précédente, mais elle est en mauvais état de conservation. 
Elle nous apprend que le roi Jayavarman pratiquait le çivaïsme ; 
qu'il eut pour successeur son frère aîné Dharanindravarman , pro- 
tecteur des lettres et des sciences; que le Cambodge était à celle 
époque divisé en deux royaumes ; que Sûryavarman , qui régnait en 
même temps que Dharanindravarman, tua ce dernier de sa propre 
main et devint ainsi seul roi du Cambodge ; que Sûryavarman fil 
une expédition heureuse à Ceylan ; qu'il bâtit le temple de Banthâf 
et dédia à Çiva ce monument, dans lequel il érigea un linga et une 
statue de Dourga. La même inscription nous apprend encore que 
le bouddhisme et le çivaïsme coexistaient avec le culte des ancêtres 
et que les traditions historiques étaient soigneusement conservées. 
Les arts et les lettres étaient en honneur, et le roi comblait de 
richesses les poètes et les philosophes, qui formaient une espèce de 
noblesse littéraire. La société était divisée en sept classes, et les 
femmes y occupaient un rang élevé. 

L'inscription de Hanh-Khiei (vu siècle) nous offre le nom du roi 
Bhavavarman, de la race lunaire ; le temple où l'inscription a été 
trouvée était dédié à Çiva. 

A la suite des travaux du docteur Kern, MM. Âyinonier, Lor- 
geau, Bergaigne, Barth et Senart ont déchiffré ou commenté plu- 
sieurs inscriptions cambodgiennes. Dès à présent on en peut con- 
clure que les premières migrations hindoues vers le Cambodge et 
vers Java sont venues du nord de l'Hindoustan, et non du sud, où 
l'on employait la langue poli. D'ailleurs, lorsque le Chinois Fa-Hian 
visita Java, vers l'an 4i3 de notre ère, il y trouva une population 

1 An i o i a de l'ère chrétienne. 



t 



— 42 — 

l'auteur; il ne sait même pas à quelle école de sculpture on doi 
la rattacher. 

M. DuvBRifOY, membre de la Société d'émulation de Mootbé- 
liard, rend compte des dernières découvertes faites à Mandeure, sur 
l'emplacement de l'ancienue ville d'Epamanduodurum. Les nou- 
velles fouilles ont porté sur l'espace compris entre les restes du 
théâtre antique et le Doubs. On a mis au jour une construction 
presque circulaire, garnie extérieurement, de distance en distance, 
de pilastres, et renfermant une seconde construction rectangulaire. 
On n'est pas encore fixé sur la destination de cette enceinte, qui 
n'a pas moins de 1 17 mètres dans son plus grand diamètre. On y 
a trouvé une grande quantité de débris de marbres de toutes cou- 
leurs, un chapiteau corinthien, plus de 300 sonnettes de bronxe 
et enfin beaucoup de monnaies gauloises et romaines; ces der- 
nières, dont les plus récentes sont de Commode, permettent de 
fixer l'époque à laquelle l'édifice a été détruit. Cependant un autre 
dépôt de monnaies de l'époque de Constantin, trouvé presque à la 
surface du sol, semble indiquer que ce lieu a été habité une seconde 
fois. M. Duvernoy signale, en terminant, la découverte, près de la 
voie romaine de Mandeure, d'une jolie figurine de bronze; mal- 
heureusement cette pièce est mutilée, les bras sont cassés, et il est 
fort difficile de décider si c'est un Jupiter ou un Neptune. 

M. de Veslt, membre de la Commission départementale des an- 
tiquités de la Seine-Inférieure, fait connaître au Congrès les résul- 
tats des dragages opérés dans le lit de la Seine entre le pont d'El- 
beuf et Orival. Orival est situé à l'entrée d'une vallée qui naît à 
Moulineaux, près du château de Robert le Diable, et qui forme la 
corde de la boucle de la Seine dont Rouen occupe le sommet. 
De tout temps ce petit village a dû être considéré comme un 
point stratégique. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que l'on ait 
retrouvé près d'Orival, dans le lit de la Seine, des armes de toutes 
les époques. M. de Vesly présente les photographies des principaux 
objets qui ont été ainsi trouvés : une épée de bronxe, un fer de 
lance gauloise, une épée gallo-romaine et un fer de lance de la 
même époque, quatre scramasaxes, une francisque, un couteau à 
manche plaqué d'or de l'époque carlovingienne, une écuelle d'élain 
du xu e siècle, un poignard, un fer de hallebarde et un chandelier 



— AS — 

de cuivre du xv* siècle. M. de Vesly pense que dans le voisinage 
do lieu où il a opéré ces dragages il a dû exister un camp re- 
tranché, entouré par la boucle de la Seine et qui devait protéger 
les approches de Rouen. 

H. db Lastbtrib émet des doutes au sujet de Page de plusieurs 
de ces objets. Le couteau orné de placages d or pourrait bien n'être 
pas cariovingien; les dessins gravés sur ces placages pourraient 
aussi bien dénoter l'époque mérovingienne. Il est plus prudent, dans 
l'état actuel de nos connaissances, de ne pas prétendre assigner 
une date précise à un objet de ce genre. Quant à l'écuelle en étain, 
il n'est guère possible de la faire remonter au xii e siècle. 

Elle porte gravée à la pointe le nom : R. LEBOVCHIE au- 
dessous de la représentation sommaire d'un navire; cette inscrip- 
tion est en capitales gothiques qui ne doivent pas être antérieures . 
an uv* siècle. 

La séance est levée à midi moins un quart. 

Le Stc rékû m d$ h Section d'archéologie, 

R. DB Lastbyrie, 

Membre du Comité. 



— 44 — 



SÉANCE DU 29 MARS 1883, 

SOIR. 
PRÉSIDENCE DE If. CHABOUILLET. 

La séance est ouverte à a heures. 

M. Borrel, vice-président de Y Académie de la Val-d'Isère, met 
sous les yeux du Congrès une châsse de cuivre émaillé appartenant 
au trésor de la cathédrale de Moûtiers en Taren taise. Cette chasse, 
de fabrication limousine, date de la première moitié du 2111 e siècle; 
elle affecte la forme si commune d'une botte rectangulaire couverte 
par un toit à deux rampants. L'un des rampants glisse dans une rai- 
nure et forme couvercle. Sur Tune des faces est représenté le Christ 
assis entre deux saints; sur l'autre on voit une série de médail- 
lons contenant des personnages luttant contre divers animaux; aux 
deux extrémités sont représentés un ange et un saint 1 . 

Le P. Camille de la Croix lit un long et important mémoire 
sur les découvertes archéologiques qu'il a faites dans la vallée de la 
Boissière, aux environs du village de Sanxay (Vienne). C'est au mois 
de février 1881 qu'il a commencé l'exploration méthodique des 
restes antiques dont il soumet le plan d'ensemble au Congrès et 
dont il présente une description sommaire. Les fouilles ont mis à 
découvert trois groupes de constructions. 

Le premier groupe comprend une grande enceinte rectangu- 
laire au centre de laquelle s'élevait une construction dans laquelle 
le P. de la Croix croit reconnaître la cella d'un temple. Cette 
cétta a un diamètre intérieur de 8 m ,85, elle est octogone extérieu- 
rement, décagone à l'intérieur. Quatre portes accouplées deux à 
deux et pratiquées sur les faces est et ouest y donnaient accès. Elle 
occupe le centre d'une sorte de croix dont les branches réunies par 
des pans coupés forment quatre vestibules de 7"\85 de longueur sur 
une largeur à peu près égale. Cette construction cruciforme était 
probablement recouverte de toitures à double rampant sur chacune 

Une description avec planche de cette châsse a été donnée dans le Bulletin mo- 
numental de 1 879. 



— 46 — 

les fouilles permettraient, d'après le P. de la Croix, de fixer la * 
date de construction de ces divers édifices à l'époque des Antonins, 
peut-être aux années qui suivirent le voyage qu'Adrien fit dans les 
Gaules en l'an i 20. Ils ont dû être détruits vers le v' siècle. Sans 
vouloir formuler un jugement définitif avant l'achèvement des 
fouilles , on pourrait supposer qu'ils ont été renversés pendant 
la terrible révolte qui occasionna tant de ravages dans les Gaules 
entre les années 436 et 43(). Mais auparavant des causes diverses 
avaient rendu nécessaires des réparations importantes, particulière- 
ment visibles dans les thermes. 

Le P. de la Croix examine ensuite ce que pouvait être tout 
cet ensemble de constructions. Leur plan, leur étendue, leur éloi- 
gnement de tout centre de population ne permettent pas d'y voir 
une villa, ce n'était pas non plus les restes d'une ville, car le temple 
et le théâtre pouvaient contenir environ 8,000 personnes chacun, 
tandis qufrles habitations, qui n'étaient pas de simples dépendances 
du temple ou des bains, n'auraient pu loger plus de èoo personnes. 
Certains des visiteurs, qui ont disserté sur les ruines de Sanxay, 
ont cru qu'H y avait en ce lieu un établissement d'eaux minérales; 
mais l'absence d'eaux minérales dans toute la contrée, l'absence de 
dépôts dans les nombreux égouts ou conduites d'eau qui sillonnent 
les ruines sont un obstacle absolu à l'adoption de cette hypothèse. 
Le P. de la Croix cherche la solution ailleurs. Il remarque que 
la disposition des lieux les rendait en partie inhabitables pendant 
la mauvaise saison. Or pour que les Romains aient construit des 
bâtiments aussi considérables dans un endroit éloigné de toute ville 
et inhabitable pendant plusieurs mois de l'année, il faut qu'un 
important concours de population y ait été attiré à certains jours 
par quelque antique usage. Or nous savons par César que les 
Gaulois se réunissaient chaque année en assemblée, générale dans 
le pays des Carnutes pour y traiter de leurs intérêts religieux et 
politiques. Chaque tribu devait de même avoir ses comices an- 
nuels; dès lors comment ne pas admettre que le lieu où se réunis- 
sait la tribu des Pictons devait être cette vallée de la Boissière. 
Les Romains, on le sait, respectaient les usages des peuples qu'ils 
soumettaient, ainsi s'explique qu'ils aient construit ces édifices au 
lieu d'assemblée des Pictons. Un temple, un théâtre, des bains 
étaient chez eux les accessoires obligés de toute agglomération 
d'hommes. Point n'était besoin, dans un lieu où l'on ne restait pas 



— 48 — 

l'ont habitée; elle présente seulement des dimensions plus grande^^ 
. que les autres, mais aucune peinture, aucune mosaïque, aucun dé-^ 
tail particulier ne justifie l'hypothèse du P. de la Croix. Dans la* 
détermination des autres constructions le P. de la Croix a formulé ^ 
bien d'autres hypothèses qui n'ajoutent rien à l'intérêt de la dé- 
couverte. En fouillant avec un zèle, un soin digne de tout éloge 
les ruines qu'il a eu le talent de découvrir, le P. de la Croix a 
déjà rendu un service suffisant à la science; qu'il se contente de 
constater les faits mis en lumière par ses fouilles, de les décrire 
d'une façon exacte et critique, mais sans prétendre tout expliquer, 
sans former des hypothèses prématurées, qui risquent d'égarer les 
savants. 

M. de Lasteyrie en présentant ces observations ne veut pas qu'on 
se méprenne sur l'importance qu'il attache aux travaux du P. de 
la Croix. Il sait aussi bien que personne leur valeur et il rend 
hommage en terminant aux qualités que le P. de la Croix a dé- 
ployées dans ses longues et patientes recherches sur le sol de 
Sanxay. 

M. Charles Read communique une note sur les arènes de Paris. 
Rappelant les réclamations élevées en 1870 par tous les corps sa- 
vants, et tout dernièrement encore par l'Académie des inscriptions 
et belles-lettres et la Société des antiquaires de France, il demande 
au Congrès de formuler un vœu pour la conservation de cet antique 
monument. 

La réunion s'associe unanimement au vœu émis par M. Read. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

[4 Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



— 40 - 



SÉANCE GÉNÉRALE DE CLÔTURE DU 31 MARS 1883. 



La séance de clôture du Congrès des Sociétés savantes a été tenue 
le samedi 3i mars, à 3 heures, dans le grand amphithéâtre de la 
Sorbonne, sous la présidence de M. Jules Ferry, président du Con- 
seil, Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts l . 

Dans son discours, le Ministre a exposé les avantages qu'il attend 
de la nouvelle organisation du Comité des travaux historiques et 
scientifiques, il a rappelé les nombreux encouragements donnés par 
les pouvoirs publics à l'enseignement supérieur et à toutes les re- 
cherches scientifiques, il a exprimé la confiance que les Chambres 
pourraient prochainement donner une nouvelle preuve de leur dé- 
vouement aux intérêts de la science, en accordant les crédits néces- 
saires pour Te rachat des manuscrits de la bibliothèque Àshburnham , 
dont le président de l'ancienne section d'histoire et d'archéologie du 
Comité, M. Léopold Delisle, a si habilement reconstitué la lugubre 
histoire. Le Ministre remet à M. Delisle, en récompense de ses 
beaux et patriotiques travaux, les insignes de commandeur de la Lé- 
gion d'honneur. Il proclame ensuite les noms des savants auxquels 
sont accordées les décorations dans l'ordre de la Légion d'honneur et 
le* palmes académiques. 



1 Le compte rendu détaillé de cette séance devant faire l'objet d'une publication 
«pédale, on n'a pas cru nécessaire de le reproduire ici. 



Archéologie. 



— 50 — 



SEANCE DU 23 AVRIL 1883. 



PRÉSIDENCK DE M. RAME. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Après lecture du procès-verbal de la séance du a 6 février 1 883, 
M. le Secrétaire communique l'arrêté ministériel en date du t & mars 
1 883, réglant la composition et les attributions du Comité des tra- 
vaux historiques et scientifiques. En vertu de cet arrêté, la Section 
d'archéologie est ainsi composée : 

Président. 
M. Martin (Henri), membre de l'Institut, sénateur. 

Vice-président. 
M. Rame (Alfred), conseiller à la cour d'appel de Paris. 

Membres titulaires. 

MM. Barthélémy (Anatole de), membre de la Société nationale des 
Antiquaires de France. 

Bertrand (Alexandre), membre de l'Institut, conservateur du 
Musée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye. 

Boeswilwald, inspecteur général des monuments historiques. 

Cuarouillbt (Anatole), conservateur du département des Mé- 
dailles et antiques à la Bibliothèque nationale. 

Courajod, conservateur adjoint au Musée du Louvre. 

Darcel (Alfred), administrateur de la Manufacture nationale 
des Gobelins. 

Dbmat, chef de section aux Archives nationales. 

Delaborde (Vicomte Henri), secrétaire perpétuel de l'Acadé- 
mie des beaux-arts, conservateur du département des Es- 
tampes à la Bibliothèque nationale. 

Disjardins (Ernest), membre de l'Institut. 



— 52 — 



11 faut y joindre : le Recueil des sarto una ges de Im Gaule y par M. Le 
Blant, et les Monuments de Im mytholo gie gmul o is e. par M. Alexandre 
Bertrand „ qui sont en préparation. 

M. Alexandre Bertrand demande qu on ajoute a cette liste les tra- 
vaux préparés par la Commission de géographie de fancienne 
France, actuellement rattachée à la Section d'archéologie. 

Ceux qui pourraient être publiés à bref délai sont : 

La suite du Dictionnaire arc h éolog iq ue de Im Gaule: le Recueil det 
monnaies gauloises, par M. Muret; la Curie de Im Gaule mu temps de 
César, par M. Longnon: la Carte des bernes uûuuùres, par M. Héron 
de Yillefosse; la Carie des voies rwiiwi. par M. Longnon; la Carte 
des efpiàm , par M. le commandant de Lanoê, et la Carie des noms 
de lieux a t époque des invasions, par M. Longnon. 

La Commission précédemment nommée pour examiner s'il y a 
lieu de publier un recueil d anciens inventaires reste composée de 
MM. Chabouillet , Darcel , Guiffrey et de Lasteyrie. Elle devra pré- 
senter un rapport à la Section dans la prochaine séance. 

Sur la demande de M. Guiffrey. l'Administration s'engagea faire 
rechercher dans les archives du Comité toutes les copies d'inventaires 
qui ont pu y être déposées. 



Une commission composée de MM. Chabouillet, Conrajod. Dar- 
cel, Guiffrey et de Monlaiglon est chargée d'examiner nue propo- 
sition de M. Graver tendant à la publication . dans la collection des 
documents inédits, de Ylnwemtmire des collections du Roi dressé en 
1709 par Bailly. 

M. le Secrétaire donne connaissance des communications adres- 
sées à la Section par divers correspondants : 

M. René envoie une série d empreintes de sceaux de la collec- 
tion de M. Rouaset „ à lies. — Renvoi à M. Demav. 

M. fabbé Barbier de Montault envoie la description de trois 
moules à hosties du xm r siècle. — Renvoi a M. Darcel. 

M. Léon Morel envoie la photographie (Ton bras en bronze doré 
de Fépoque romaine, trouvé à Reims en 1878. — Renvoi a M. Hé- 
ron de Villefosse. 

M. Bourbon eux oie une notice sur un jeton en cuivre récemment 
trouvé à Etreux. — Renvoi à M. Chabouillet. 



— 54 — 

Documents sur le mobilier du château d'Aiguillon confisqué m 1792 > 
par M. Tholin. 

La Section décide que ces ouvrages seront déposés à la biblio- 
thèque des Sociétés savantes, et que des remerciements seront 
adressés aux auteurs. 

M. Charles Robert expose qu'il a reçu une communication rela- 
tive à une demande d'exemption d'impôts formée par le grand-père 
du maréchal Bugeaud, comme père de douze enfants. — Renvoi à 
la Section d'histoire. 

• 

M. Héron de Villefosse donne lecture d'une communication de 
M. Lucien Merlet relative à une sépulture gallo-romaine découverte 
à Savigny-sur-Braye : 

trPar suite des travaux de terrassement du chemin de ferentrç 
Savigny et Bessé, près la ferme de Marcé, à environ 2 kilomètres 
du bourg de Savigny, on a trouvé, à 60 centimètres de profondeur, 
un tombeau gallo-romain parfaitement conservé. Il se compose d'un 
coffre de i m ,93 de longueur à l'intérieur, sur 38 centimètres de 
largeur; les parois, très épaisses, mesurent 3o à 45 centimètres. 
Ce coffre était fermé par un couvercle de 1 mètre de largeur, ar- 
rondi en dos d'âne. Le coffre et son couvercle, en tuffeau du pays, 
étaient formés chacun de deux pierres s'adaptant exactement au 
moyen de légères entailles pratiquées dans chacun des deux mor- 
ceaux. Cette disposition toute particulière a fait que l'on a pu con- 
stater avec tout le soin désirable la manière dont l'ensevelissement 
avait eu lieu. Les ouvriers en effet, creusant en dessous, ont cru d'a- 
bord que ce tombeau n'était qu'un bloc de pierre pareil à ceux qu'ils 
rencontraient assez fréquemment. Us ont continué à fouiller jusqu'au 
moment où la partie antérieure du tombeau s'est écroulée, entraî- 
nant dans ses débris une partie du corps et des objets renfermés 
dans le sépulcre. On a recueilli un certain nombre d'ossements, no- 
tamment une mâchoire supérieure encore garnie de toutes ses dents. 
L'examen de ces ossements permet de reconnaître qu'ils apparte- 
naient à un homme encore jeune et de taille moyenne. Avec ces os 
on a trouvé une médaille de Gordien (grand bronze) et les frag- 
ments d'un ceinturon, tellement oxydé qu'il est impossible de le 
reconstituer autrement que d'une manière fort problématique; on 
voit cependant encore les clous qui le décoraient. 



— 55 — 

t Cette découverte est intéressante au point de vue archéo- 
ogique, car il semble incontestable que c'est la sépulture d'un 
silo-romain du iv* ou du V e siècle? La partie postérieure du tom- 
»eau, telle qu'elle existe encore à sa place primitive, et telle que 
administration du chemin de fer a l'intention de la conserver, 
KHirra servir de point de repère pour des recherches ultérieures. Il 
tarait en effet évident que la demeure de ce gallo-romain ne devait 
tas être éloignée. On a rencontré près du tombeau deux excava- 
ions de s mètres de profondeur, creusées dans le tuffeau; on a 
ouille Tune d'elles, peut-être un peu sommairement : on n'y a rien 
Touvé ; il est probable que ce devait être des sortes de silos où Ton 
•onservait les provisions nécessaires à l'habitation.» 

M. Hbbon de Villbposse dépose un rapport sur une inscription ro- 
maine découverte près d'Aflou, au sud de la province d'Oran. — 
Renvoi à la Commission de publication l . 

M. Ramé communique à la Section le manuscrit original du car- 
lulaire de Landevenec, que l'administration municipale de Quimper 
vient d'envoyer au Ministère de l'instruction publique, pour mettre 
M. d'Arbois de Jubainville à même d'établir le texte définitif des 
chartes bretonnes, dont la publication a été décidée par le Comité 
des travaux historiques dans sa séance du 1 1 décembre dernier. 

«Ce volume, par la certitude de sa date, offre un grand intérêt 
pour l'histoire de l'ornementation des manuscrits en Bretagne. Le 
catalogue des abbés, inséré au folio i4o v°, entre la partie hagiogra- 
phique et la partie historique du recueil, a. été écrit de la même 
main que le corps du livre, depuis Winvalocus, premier abbé, qui 
a vécu à une époque inconnue, jusqu'à l'abbé Elisuc, dont le nom 
est suivi de cette indication chronologique : «In anno m xl° vh°w. Le 
manuscrit a donc été exécuté aux environs de Fan 1047. Quatre 
pages de la Vie de saint Guénolé, par Gurdestin, ont été décorées 
avec un soin particulier et encadrées de bordures variées. 

trLa première (fol. 2 v°) offre une représentation grossière du 
Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Elle a souffert de 
l'humidité, le saint Jean a presque disparu, l'ornementation du 
cadre est exclusivement végétale. 

1 Voir ci-après, p. 57. 



— 56 — 

«Les trois autres, placées en tête de la préface (fol. 3 r°), du 
livre 1 (fol. 9 r°) et du livre II (fol. 61 v°), sont des œuvres de pure 
calligraphie l . Elles contiennent, en capitale*' de. couleur, les pre- 
miers mots du texte qui sait; Elles sont surtout remarquables par 
les majuscules de grande dimension, dans lesquelles le scribe s'est 
complu à multiplier l'ornementation ; nous avons a^nsldè beaux spé- 
cimens des lettres V, B et P. 

trCe système de décoration devait, dans la pensée première de 
l'auteur, se compléter par- des lettres ornées du même style, mais 
de dimensions moindres, placées en tête de chaque chapitre; il n'a 
été mis à exécution que pour les chapitres 11, m et ix du livre I, 
qui commencent par les lettres I, E et N. 

«Ces diverses illustrations ont été exécutées à la plume, puis 
enluminées au pinceau. Les couleurs ont été employées avec ré- 
serve pour couvrir les fonds et détacher la silhouette des traits du 
dessin. 

«Le peintre n'a employé que trois couleurs : le vermillon, dont 
l'usage n'a jamais cessé dans la calligraphie du moyen, âjge, le 
pourpre foncé et un bleu très clair et peu solide, habituellement 
employés au ix e siècle.* 11 a recherché les alternances du bleu et du 
rouge, tant dans les diverses lettres d'un même mot que datns les 
diverses: parties d'une même majuscule ou d'un même: encadrement. 

ttLe style des grandes lettres et des encadrements' est 'tellement 
supérieur à leur, exécution , que l'enlumineur a dû s'inspirer de mo- 
dèles plus anciens; les entrelacs à têtes d'animaux, qui forment les 
extrémités des majuscules, appartiennent, aussi bien que les enca- 
drements des pages, à l'art carlovingien le mieux caractérisé. 

* Pour avoir une idée exacte du talent des scribes de Landevenec 
au xi p siècle, il faut rapprocher de ce volume le manuscrit latin 
56 10 A de la Bibliothèque nationale 2 , qui contient le même texte 
de Gurdeslin. Les initiales B et P dans les livres I et II, sans être 
identiques, sont exécutées dans le même style, mais n'ont pas été 
rehaussées de couleurs. » 

À la suite de cette communication plusieurs membres émettent 
l'avis qu'il y aurait lieu de faire reproduire dans le Bulletin du Co- 

1 C'est la troisième de ces pages ornées, celle qui occupe le folio 9 r° du ma- 
nuscrit , qui est reproduite dans la planche ci-jointe. 

* Voir dans le rapport sur le Gartulaire de Landevenec des détails sur ce manu- 
scrit, BttlUtin du Comité det travaux kistorique$ t 1889, p. 635. 



— 58 — 

M. Tournade, qui a vu et dessiné la pierre sur place, ainsi que le 
prouvent les renseignements très précis dont sa copie est accom- 
pagnée : 

«Sur l'un des affluents de fOued-Q'sob, appelé Oued-Agueneb, 
et sur sa rive droite, sur le territoire des Oulad-Sidi-En-Nasseur, 
de l'annexe d'Aflou, on rencontre sur la berge deux fragments qui 
gisent à terre. Vu leurs dimensions et leur forme en tronc de prisme, 
ils ont dû être renversés par l'action du temps. Les cassures des 
deux morceaux ne s'adaptent pas, de sorte qu'il y a une solution de 
continuité dans les caractères qui composent l'inscription. Ou la 
colonne se composait de deux pierres dont les surfaces de contact 
se sont effritées et même cassées, ou bien la colonne s'est fracturée 
en tombant, et alors il en manque un morceau pouvant servir en 
quelque sorte de trait d'union entre les deux fragments. Dans tous 
les cas cette portion absente est certainement très petite si on con- 
sidère les dimensions de la base du fragment supérieur et le som- 
met du fragment inférieur. A notre arrivée sur les lieux, les deux frag- 
ments de la colonne gisaient à terre bout à bout. L'une des faces 
adjacentes portait une inscription moins longue que celle de la face 
voisine. La nature de la pierre est du grès ordinaire devenu très 
dur par l'action du temps. * 

Ces explications sont claires; quant aux copies, elles ont dû être 
faites avec soin, mais elles sont fort insuffisantes ; elles prouvent que 
le texte est très mutilé et très fruste. Aflou est situé au sud de la 
province d'Oran, dans un pays agité depuis dix-huit mois par une 
insurrection violente 1 ; il n'est donc. pas facile d'aller y faire des es- 
tampages, et j'ai dû me contenter de ces copies défectueuses pour 
faire mon rapport au Comité 2 . 

J'ai présenté le document sur deux colonnes : celle de gauche 
contient la copie de M. H. Colin, celle de droite renferme le texte 
redressé et augmenté des compléments, qui me paraissent indiscu- 
tables : 



1 Ce rapport a été écrit au mois de mai 1 88a. J'en ai retardé le dépôt dans l'es- 
poir d'obtenir des estampages sérieux du texte; j'ai attendu en vain. 

' Je dois ajouter que des empreintes sur papier, d'ailleurs mal venues et incom- 
plètes, m'ont été communiquées par M. Poinssot, élève de l'École pratique des 
hautes études. Elles m'ont cependant servi à contrôler mes corrections et à amélio- 
rer le texte. 



— 59 — 



10 



10 



10 



I. Face principale, 

Copie du docteur Colin l . 

PROSAIV 

ANTO 

MART 

DOM 

TIAIAN 
QV NOM 
VOVIRM* 

PROSAL 
LIMACRII 
PRPRCVP 

CVIVSSVF 

A • SACRATISS 

ORDINIBV 

PANG-SII 



PARTIE SUPERIEURE. 

Rêêtitutions propoêéet, 

PROSALV/tf.imp.m. 
avr. AN TOitiiit . aug. 
arM • P ARTA . med.germ . 
et DOMus.divînnc 

...LLVDN 

QVAEOM 

VOVERANf 

et PRO • SAL'tn.aemi 
LI-MACRI-Lef. aug. 
PRPRCVPI 

C VI VS • SVYfragio 

A SACRATISSm/* 
ORDINIBV* . 



IL Face principale, partie inférieure. 



Copié du docteur Colin *. 

1FAV1I 

CELEGRAI-VB 

IIC TVEARIA 
NCTAMIHT 

N TXPLICV 

VAN 1BV 

ME..L 

TAPOD 

POPLLIC _ 

DECCOH-VÏ-C 

ETFIFELIOEE 

ETAVRELIOO 

TO-DVPLNFL 
FRMANOTE£ 
ANVARIOlVLI 
OCESSOAS1NIO 

DEKITOSESQ: 



Restilutioni proposée». 

m 

CELEBRNTVR 

..C...VEARI 

imNCTA-MIHI.... 

EXPLICVtf.c 

V R N T I B V* 

M • B r u t T i o . c o g i 
TATO'DEc .coh .... 

POPlLIOE. 1L 

DECCOHVlCoiwm. 
ET-FLFELICEB/co*. 
ET-AVRELIO-0/»<« 
TO-DVPL-AL-FL.... 

. .gERMANO -SERt'i 
/l'o.tANVARIOlVLIo 
/m-OCESSO • ASINIO 
«wERITO • SESQ_- 



1 La copie Tournade porte , ligne 5 : RM * IM. 

1 La copie Tonmade porte, ligne 9 : CELEBRAI- VE ;- ligne 3 : IG; ligne 9 : 
JOPILIO. 



_ 60 — 



III. Face latérale, partie supérieure. 



10 



i5 



Copie du docteur Colin '. 

VI SCIA. 
QVICVM 
INHAGIÏA 
DITIONE 

SFVERI 

OSTITVI 
FECEMS'i.V 
GENIOS 
THASVNI DF 
OSIirDE F 
MINSANC-. 
IAEONI • 
DlEBXLfl 
SCRIBSIFI 
CO ET 



Rêêùtutiom proposée*. 

VT-SCIAS-m 
QVI-CVMjne 
INHAC-EXpe 
DITIONE-#a/ 
t>VSFVERIS-*i 
HOS'TITVLo* 
LEGERIS ARam 
GENlOSancto 
THASVNI swe.de 
OSI^DEae.fw 
MlN-S % ANC(o 

LAEONES 

DIEBXL-I 

SCRIBSIF//ir 
CO • ET -gallo 

C09 



IV. Face latérale, partie inférieure. 



Copie du docteur Colin*. 

S-CRNN EOD 
DECSW • PRO 
TVSVOIVM 
IVIMIONO 
ATVLVS)L 
III AVO 



Restilutiom propotée t. 

..IIIVIVEODom 
DECSNVIPROmo 
TVS-VOTVM'io 
LVI • MEO • NOmiii* 
CATVLVS->L V . 
III • A VG 



I. Le premier fragment, qui appartient à la face principale du 
mou u ment, débute par une dédicace pouyr le salut d'un empereur 
portant le cognomen Antoninus, mais dont le nom reste incertain. 
Heureusement, à la neuvième ligne est cité un légat impérial dont 
le gentilicium mutilé se terminait 'en ..Mut et dont le cognomen 



1 La copie Touraade-porie, ligne n : SANGI; ligne îs : LAEONE. 
* La copie Touraade porte, ligne i : . . .VNEDD. 



— 6J — 

inscriptions, dont la plus ancienne appartient à Tannée 199 et la 
plus récente à Tannée 9 03. Vola Flâna est citée sur une seule in- 
scription de Numidie; mais, chose remarquable, ces deux troupes 
mentionnées sur le monument commémoratif d'Aflou se retrouvent 
à Zraïa 1 , dans deux textes différents, il est vrai. 

La chaîne des postes romains, reliés au quartier général de Lam- 
bèse et établis sur la frontière sud de la Numidie, soit pour protéger 
les contrées pacifiées, soit pour assurer la marche des caravanes à 
travers l'intérieur, commence à être connue. Les inscriptions qui 
mentionnent les praeridia et les vexillationes de l'armée d'Afrique nous 
montrent en même temps jusqu'à quels points s'étendait le pouvoir 
du légat de Numidie. Au sud, le point extrême de l'occupation était 
Cidamw, aujourd'hui Gdâmes 3 ; au sud-est, c'était Bonjem, où le ca- 
pitaine anglais Lyon a retrouvé, en 1818, une forteresse élevée sous 
le règne de Septime Sévère par le légat de Numidie Q. Anicius 
Faustus 3 ; au sud-ouest, c'était TOued-Agueneb, sur la rive droite 
duquel a été découverte l'inscription qui nous occupe. Ce texte im- 
portant nous permet donc de reculer au sud-ouest la frontière de 
la Numidie jusque vers la région des chotts, dans la partie méri- 
dionale de la province d'Oran , et d'agrandir encore la ligne de pro- 
tection formée par les troupes de la Numidie au sud de la province 
proconsulaire et de la Mauritanie. 

L'année 173 fut marquée par une grande agitation des Maures, 
qui pénétrèrent en Espagne 4 , et c'est à l'occasion de ce soulèvement 
que le gouvernement de la Bétique fut changé. Il semble naturel 
de supposer qu'il doit y avoir une relation entre cette révolte des 
Maures et la colonne envoyée par M. iGmilius Macer au sud de la 
Mauritanie, soit pour couper la retraite des rebelles, soit pour 
maintenir les autres dans l'obéissance. 

III. Le troisième fragment appartient à la face latérale; il con- 
tient la partie supérieure d'une inscription datée de Tannée 17& 
(consulat de Flaccus et de G ail us), inscription mentionnant un hom- 
mage rendu à une divinité locale, le Geniut Thatuni. Thasunus ou 

1 C. I. L., t. Vffl, n° A5a6, A5»7. 
* CL L., t. VIII, n*i. 

3 Gaptain 6. F. Lyon, A narrative oftraveU in Northern Africamtheyear» t8i8, 
i8tg and î8ao, London, 1891, p. 65 et 66, avec une planche; C. L L., t. VIII, 
n°6. 

4 Gapitolin, in M. Anlonino, c. ai. 



— 63 — 

Thasunum est donc le nom antique du point occupé par cette sta- 
tion militaire : 

Ut scias tu quicumque m hoc expédition* sahus/ueris et hos titulos legeris aratn (?) 

gtmo Mnefo Thasuni, swe dêo ewedeae 1 , numini sanclo dieb(us) XL 

SerUm Flacco et Gailo co(n)s[ulibus). 

IV. Le quatrième fragment renferme la fin de l'inscription de la 
face latérale : 

eum promotus , votum soki tneo notnine Catulus centurio leg(ionU) 

tertiae Aug(ustae), 

Ce Catulus n'est pas mentionné dans l'inscription de la face prin- 
cipale. 

Je dois ajouter, pour être complet, que des croquis représentant 
les quatre fragments de cette inscription ont été communiqués par 
le général Gérés à la Société de géographie d'Oran et gravés dans 
le Bulletin de cette société 2 , accompagnés d'une transcription tout 
à fait inadmissible. M. H. Tauxier a également consacré un article 
à l'inscription de l'Oued-Q'sob dans la Revue africaine s , et j'ai moi- 
même communiqué à M. E. Poinssot 4 mes observations et les cor- 
rections que j'avais cru pouvoir faire au texte à l'aide des copies qui 
étaient arrivées entre mes mains. J'ai vainement attendu un bon 
estampage pour éclaircir plus complètement cette importante in- 
scription. 

À nt. Héron de Villefossb, 

Membre du Comité. 



1 Sur la formule sive Deus sice Dea, voyei dans le Corpus inscn lut., L VI, 
n" 3099, * e procès-verbal des frères Arvales, réunion du i3 mai i883 : sive deo 
sive deae, in cujus tulehi hic lucus locusve est; cf. Marquai-dl, Rômische Staatsver- 
waltvng, 1878, t. III, p. 3i, et C. L L., t. VI, n° 110, 111. 

' N° 10, 1881, p. 56 et suiv. 

* N-i& 9 ,p. 3 9 3. 

4 Qui les a insérées dans le Bulletin trimestriel de* antiquités africaines, 1" fasci- 
cule, juillet 1889, p. a4-3o. * 



— «4 - 



SÉANCE DU 15 MAI 1883. 

PRÉSIDENCE DE M. HENRI MARTIN. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

• Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopte. 

M. Ramé rappelle qu'à la dernière séance il a été question de 
faire reproduire une ou plusieurs pages ornées de peintures du 
Cartulaire de Landevenec, il expose les difficultés matérielles qui 
empêchent de reproduire ces peintures par la photographie et de- 
mande si la Section estime qu'il y a lieu de recourir à quelque au Ire 
procédé. Après discussion , il est décidé que le manuscrit sera confié 
à M. Darcel, qui veut bien se charger d'en faire calquer une page. 

M. le Secrétaire donne communication de la correspondance: 

M. Voulût, secrétaire de la Société d'émulation des Vosges, 
adresse une notice et des photographies d'un bas-relief gallo-romain 
découvert à Xertigny (Vosges) et représentant une femme tenant 
un serpent. — Renvoi à M. Bertrand. 

M. Jules Gauthier, correspondant du Ministère à Besançon, en- 
voie une note sur le costume d'un chevalier, en i333, d'après un 
inventaire de la garde-robe de Jean de Chalon, comte d'Auxerre, et 
une note sur trois reliquaires de la vraie croix des xiv*-xvi e siècles. 
— Renvoi à MM. Demay et de Lasteyrie. 

M. Castan , membre non résident du Comité à Besançon , com- 
munique un document qui fait connaître la date de la mort et le 
dernier ouvrage du compositeur artésien Pierre de Manchicourt, 
maître de chapelle du roi d'Espagne Philippe II. — Renvoi à 
M. Mûntz. 

M. Morel, correspondant du Ministère à Carpentras, adresse l'es- 
tampage d'une inscription antique découverte à Arles. — Renvoi à 
M. Charles Robert. 

• M. le Président désigne les membres du Comité chargés d'exa- 
miner les travaux des sociétés savantes parvenus au Ministère de- 
puis le i" janvier dernier. 



— 66 — 

M. Longnon lit, au nom de M. de Barthélémy : 

i° Un rapport sur une demande de subvention présentée par 
la Société' d'archéologie de Beaune, en vue de faire des fouilles 
au village de Bouze (Côte-d'Or). Le Comité estime qu'il n'y a pas 
lieu d'accorder cette subvention avant que des découvertes ou des 
recherches préliminaires n'aient donné l'assurance que les fouilles 
projetées peuvent avoir des résultats intéressants. 

3° Un rapport sur une demande de subvention formée par la 
Société historique et archéologique de la Corrèze, k Brive, pour 
couvrir les dépenses faites par elle pour l'installation de son mu- 
sée. Après diverses observations de MM. de Lasteyrie et Bertrand , 
le Comité estime qu'on ne peut accorder de subventions aux musées 
créés par des sociétés savantes que lorsqu'il s'agit d'une dépense 
exceptionnelle et déterminée, par exemple pour l'achat d'un objet 
d'art ou d'autiquité qu'il y a intérêt à mettre à l'abri des chances de 
destruction , et dont les ressources ordinaires de la société ne per- 
mettraient point l'acquisition. Ce cas exceptionnel ne se présentant 
point dans f espèce, il u'y a pas lieu de prendre la demande en con- 
sidération. 

M. de Lasteyrie lit un rapport sur une demande de subvention 
présentée par la Société d'émulation de Montbéliard, à l'effet d'exé- 
cuter des fouilles à Mandeure. Le Comité, considérant que des objets 
antiques sont journellement découverts à Mandeure, et qu'il convient 
d'éviter que ces objets n'aillent enrichir les collections étrangères, 
en assurant aux sociétés locales les moyens d'en faire l'acquisition 
et les ressources nécessaires pour procéder à des fouilles métho- 
diques, est d'avis qu'il y a lieu d'accueillir favorablement la de- 
mande présentée par la Société de Montbéliard. 

M. Alfred Darc&l fait un rapport verbal sur une communication 
de M. Barbier de Montault relative a trois fers à hosties. 

Le premier, qui provient de Pressac (Vienne), est disposé pour 
fabriquer quatre hosties : deux grandes et deux petites. Le Christ en 
croix, accosté du soleil et de la lune, est représenté sur l'une des 
petites hosties et sur l'uu<> des grandes : le Christ en majesté est 
représenté sur l'autre grande d'une façon assez barbare. Ce fer 
semble appartenir au commencement du xrv* siècle 

Le second fer, qui appartient an monastère de Sainte-Croix, de 



— 68 — 

pièces à l'appui, soit aux archives du Comité, soit au Musée de 
Gluny, qui possède déjà une nombreuse collection de moulages et 
d'estampages de fers à hosties, si son conservateur, M. du Som- 
merard, croit que ces représentations peuvent entrer dans les séries 
qu'il a formées. 

M. Demay donne lecture d'une notice sur quarante-sept matrices 
de sceaux appartenant à M. Rousset, à Uzès, et dont les em- 
preintes ont été communiquées au Comité par M. l'abbé René. 
Dix-huit de ces sceaux appartiennent au moyen âge , les vingt-neuf 
autres consistent pour la plupart en cachets anonymes ne remon- 
tant pas au delà du xvi" siècle. — Renvoi de la notice à la Commis- 
sion de publication x . 

M. de Lasteyrie fait un rapport sommaire sur une communication 
de M. Tholin, correspondant du Ministère à Agen, contenant la 
transcription d'un curieux contrat passé en i5io, entre les habi- 
tants de la Plume (Lot-et-Garonne) et Guillaume Mas-Gautier, 
maçon de Neyrac, pour la construction de l'église. Ce document 
n'est pas complètement inconnu. L'abbé Rarrère l'a analysé dans 
son Histoire religieuse et monumentale du diocèse (TAgen, mais le texte 
même n'en a jamais été publié et il mérite de l'être. M. Tholin y a 
joint un court commentaire dans lequel il a fort bien résumé les 
principales observations auxquelles peut prêter le document. M. de 
Lasteyrie propose d'insérer cette communication dans le Bulletin 
du Comité. — Renvoi à la Commission de publication *. 

M. Charles Robert fait savoir au Comité que M. le lieutenant- 
colonel Pothier, directeur de l'Ecole d'artillerie à Tarbes, a reconnu 
la richesse archéologique des crêtes du contrefort qui règne sur la 
rive droite du gave de Pau. C'est un terrain qui n'a pas moins de 
75 à 80 kilomètres de longueur depuis les tombelles d'Ossun jus- 
qu'aux tumuli voisins de Dax. 

M. Pothier a fouillé déjà une trentaine de tumuli, qui lui ont 
procuré plus de deux cents vases en terre et une quantité considé- 
rable d'armes en pierre, en fer et en bronze. 

Les objets découverts forment, à l'École d'artillerie, un petit 
musée dont le Ministre de la guerre a autorisé la création. 

1 Voir ci-après, p. 69. 
• Voir ci-après, p. 73. 



— 70 — 

à la bordure engrêlée; au a, quatre fasces ondées sous un chef 
chargé de deux étoiles : 

* S> QVRI6 OASTRI DG FICUROTO 

Curia Foirns Regualis? ( xiv c siècle). 

Sceau rond, de 36 mill. — Écu portant trois bandes sous un 
chef chargé d'une couronne : 

«1 S> OVRie FÔTIS ReCVALIS 

SlBGE ROYAL DE RoQUEMAURE. (xvil* siècle). 

Sceau rond, de 34 mill. — Écu de France surmonté de la cou- 
ronne royale fermée : 

S DV SIEGE ROYAL DE ROQVEMAVRE 

* Juridiction de Saint-Maxmin. (xviii* siècle). 

Sceau ovale, de 34 mill. — Ecu au chevron accompagné de trois 
croissants, dans un cartouche, surmonté d'une couronne de comte 
et supporté par deux lions : 

SCEAV DE LA JUR1SDICTION DE SAINT MAXIMIN 

Cour de Vallabregubs. (xv* siècle.) 

Sceau rond, de 45 mill. — Écu à f aigle éployée chargée d'une 
étoile en abtme, sur champ festonné. 

stgtllû curie wlobnct 

Cour des appels du Comtat-Vbnaissin. (xv* siècle.) 

Sceau rond, de 37 mill. — Écu portant trois fasces ondées, sous 
un chef à la bande accompagnée de deux léopards , accosté des deux 
clefs papales en sautoir, dans un quadrilobe : 

* S> GVRI6 APGLLATON D QOITAT VANNVSINI 

Raimond Lunard, notairb. (xiv e siècle.) 

Sceau rond, de 99 mill. — Écu portant cinq croissants versés. 
2, 9 et 1, sous un arc supporté par deux colonnes : 

* S> RAIOIVNDI LVHARDI NOTARII 



— 71 — 

Société* des Bonsignori db Sienne, (xiv* siècle.) 

Sceau rond, de 34 mili. — Dans une rose gothique, un écu à 
la fasce bretessée contrebretessée, surmonté d'un mot que je crois 
pouvoir lire NIMGS. S'il en était ainsi , nous aurions le sceau de la 
maison des Bonsignori à Nîmes. 

* S* SOOIOTATIS BONS1NIORI DO S6NIS 

JoFFRBTTE, DAME d'ÂGRAIN. (xhT siècle.) 

Sceau rond, de a 6 mill. — Dame debout en surcot déceint à 

manches courtes, coiffée d'un couvre-chef, tenant à chaque main 

un écu : celui de gauche au dragon rampant; celui de droite à la 

bande : 

S* GTWFRIDG DNG DA6*RGN 

Nota. — Les armoiries ne concordent pas avec le blason donné 
par les héraldistes à la famille d'Agrain. 

Michel de Beauvoir. (xiv° siècle.) 

Sceau rond, de 19 mill. — Un renard passant sur un arbre : 

0URIGL DG BI0V6R6 

Roux du Jau? (xiv e siècle.) 

Sceau rond, de 20 mill. — Écu portant trois coqs. 

* S RAFVS DG GALLO 

Barthélémy Gerla. (xiv* siècle.) 

Sceau rond, de ai mill. — Dans le champ, le monogramme BS 
(Bartholomeus) : 

* S> BGRTOMIGV GGRLA 

Raimond Lambert, (xiv* siècle.) 

Sceau rond, de ai mill. — Écu portant trois rameaux en chef, 
une fleur de lis en pointe et une étoile à chaque flanc : 

* S> RAISïlOR LAOiBGRT 
Contre-sceau. — Le monogramme de Lambert Ivrf. 



— 72 — 

Berenger Nilcort. (xiv c siècle.) 

Sceau rond, de ai miil. — Un édifice à galerie surmonte d'une 
toiture conique. 

* s> BeRGNGVieR iuloort 

Contre-sceau. — La même représentation. 

* ..R NILOORT 

Jaumb Trévélian. (xiv siècle.) 

Sceau rond, de 20 mill. — Un bœuf passant surmonté d'une 
croix h double traverse couchée : 

* S> IRVOe TRGVeLIHH 

Jean de Vezere? (xiv° siècle.) 
Sceau ogival , de 3 a mill. — Un lévrier courant, 

* S IOAN DQ VGZGRA 

François de Lastic de Saint-Jal, évêque et coseigneur d'Uzès. 

(1729-1736.) 

Sceau ovale, de 68 mill. — Ecu de gueules à la fasce d'argent, 
dans un cartouche, surmonté d'une couronne entre la mitre et la 
crosse. Au-dessus, le chapeau épiscopal : 

FRANCIS DE LASTIC DE S* JAL EPIS 
ET CONDOMINUS UCETIENSIS 

Henri-Benoit-Jules de Bkthisy, évêque d'Uzès. 

(1780-1790.) 

Sceau ovale, de 55 mill. — Ecu d'azur fretté d'or, dans un car- 
touche, surmonté dune couronne de marquis entre la mitre et la 
crosse. Au-dessus, le chapeau épiscopal sous une banderole por- 
tant : VIRTUS ET SANGUIS. 

HENRICUS BENED1CTUS JUUUS DE BETHISY 

EPISCOPUS UCETIENSIS 

Type anonyme, (xiv 6 siècle.) 
Une croix cantonnée de quatre croisettes, rappelant les armes de 



— 74 — 

papiers de la commune. Bien que ee document ne remonte pas a. m 
moyen âge, bien qu'il ait été analysé par M. l'abbé Barrère 1 , m. 
m'a paru digne d'être encore mieux connu. Peu ai transcrit le text« , 
qui peut donner lieu à diverses observations. 

Les consuls et tes notables de la Plume, de Tan 1 5 1 1 , sont, à vrati 
dire, les architectes de leur église, et le rôle des maîtres maçom** 
est simplement celui d'entrepreneurs, qui n'ont pas à créer, qm i 
exécutent. 

Rien d'ailleurs n'est livré au hasard : on veut faire une copie -A 
bon escient. Le modèle adopté est la chapelle du couvent des Frères* 
prêcheurs de Lectoure* : on en reproduira la structure et même laaa 
façon des voûtes, dont les ogives sont en pierres et les remplissage*^ 
eu briques. 

Les mesures de largeur et de longueur sont exactement déter- 
minées. Pour la hauteur, on a tout à côté un élément d'appréciation - 
A quinze cents pas de la ville s'élève l'ancienne chapelle bénédictine 
de Saint-Pierre de Cazaux, avec sa façade romane et sa grande nef 
gothique non voûtée. L'église neuve aura la même hauteur « et davan- 
tage d'une canne». 

Ainsi, pas d'erreur possible : à l'avance on peut se rendre. compte 
de l'effet que produira l'édifice tant à l'extérieur qu'à l'intérieur. 

N'est-il pas vraisemblable qu'un grand nombre d'actes de fon- 
dation de nos églises du moyen âge furent passés dans les mêmes 
termes que celui-ci? Les analogies si fréquemment constatées entre 
des édifices situés même à de grandes distances les uns des autres 
peuvent s'expliquer par des clauses analogues imposées aux archi- 
tectes. 

Il faut reconnaître que les rédacteurs de notre contrat ignoraient 
les termes du métier; la définition de l'objet est toujours substituée 
au mot technique : le trumeau du portail est «rung pilier de pierre 
pour retenir la clausion dudit portai » ; f œil-de-bœuf ou la rosace 
au-dessus de la porte s'appelle tout simplement crung 0»; les dou- 
bleaux, ce sont cries arcz au travers de ladite esglise». Il ne faut 
point trop s'en étonner : une grande partie du vocabulaire spécial 
employé de nos jours par les architectes et les archéologues est toute 
moderne. 

1 Histoire religieuse et monumentale du diocèse d'Agen, Agen, Cbairou, i855, 
t. II, p. 177. 

' Lectoure est situé à ao kilomètres de la Plume. 



— 76 — 

songeât à garnir les fenêtres de vitraux. Un contrat fut passé pour 
la fabrication de ces verrières avec Berthomieu Laurens, <r maistre 
des berrinhesn, habitant d'Agen. Ledit Laurens s'engage à fournir 
de bonnes crberrinhes d'alamanhe», dont une partie en couleur 
et historiées; il «sera tenu de payer la moytié des patrons, sive 
portrietz des ymages desdites berrinhes, et lesditz consulz l'aultre 
moytié; et lesquelz portrietz, sive patrons, seront faicts par aultre 
maistre expert que par ledit Laurens, assavoir est par le maistre 
de M. de Condom». 

Ce texte nous fournit le nom d'un verrier agenais, mais nous 
laisse regretter l'omission de celui du maître employé à la cathédrale 
de Condom. On remarquera que les matériaux des verrières devaient 
être de provenance allemande. 

Nulle trace de conventions passées pour la décoration sculpturale 
qui fut appliquée à l'église. Très variée, à demi profane, elle com- 
porte un certain nombre de sujets historiés, empreints de toute la 
fantaisie qui caractérise les œuvres de la première Renaissance. 

L'église fut consacrée seulement en i54i , ainsi que l'atteste une 
inscription sommaire gravée sur un dosseret. A cette époque les 
voûtes en étoile de la nef étaient sans doute terminées. 

L'église de la Plume est encore intacte aujourd'hui, moins la 
flèche du clocher qui existait au xjn e siècle et les anciens vitraux, 
détruits par les ouragans, au témoignage des livres de records de la 
jurade. 

G. Thoun, 

Correspondant du Ministère à Agen. 



Contrat passé par les habitants di la Plume pour la reconstruction de leur église. 

(i5io.) 

L'an mil cinq cens et dix et le vingt quatriesme jour du moys d'avril , en 
la ville de Laplurae, viscomté de Brulhes, entre Jehan de Narp, Arnault 
Olivier, Jehan d'Escuranh, Philipes Desent, consulz de la ville de Laplume, 
et Guilhem de Castanh, dit Paissas, ouvrier de la glyse de ladite ville, tous 
ensemble, de la voulenté, mandament et consentement de Bernardon de 
Roy, maistre Martin de Marias, Guirault Olive, Jehan Maignan, maistre 
Oddetde Chausenx, maistre Martin Molard, notaires, Anthoyne Damblat, 
Pierre Damblat, maistre Arnault de Villeneufve, notaire, Pierre Colom, 
Guilhem Fortanault, Fort dit P. Vidault Despenan, Jehan Laporte, Jehan 



— 78 — 

de pierre, pour retenu- la clausion des portes dudit portai; auquel portai 
aura ung apte et convenable pour la viste l de ladite esglise. 

Item , ledit maistre Guilhem a promis et promet de fère en ladite esglise 
les arcz de voulte en la manière que sont fectz en ladite esglise des Prêcheurs 
de Lectore, et les pilhiers bons et souffizans, tek que seront neccessayres, 
tant dehors que dedans, pour pourter le bastiment de ladite esglise et de la 
voulte que au temps advenir se poura fère en ladite esglise. 

Item , a promis et promet ledit maistre Guilhem de laysser et mectre audit 
bastiment, aux lieu sont sera neccessayre, les lignes s pour fère la voulte de 
ladite esglise, pour le temps advenir, laquelle pour le présent et par les 
présents pactes n'est tenu de fère, excepté les arcz au travers 3 de ladite 
esglise, de chapelle en chapelle, en la manière de ladite esglise des Prêcheurs 
de Lectore , en la façon desquels seront fectz en ladicte esglise. 

Item , ledit Guilhem sera tenu de fère toutes fenestres de verrières et aultres 
fenestres de grousse pierre de talhe, et le tout au demeurant que se 
apartient de fère et sera neccessayre. 

Item, ledit maistre Guilhem sera tenu de fère à ung cousté de ladicte 
esglise une petite porte voultée, et au lieu où sera advisé au prouffit de 
ladite esglyse par les habitans dudit lieu. 

Item, ledit maistre Guilhem a promis de fère et laisser, en faysant ledit 
bastiment, en aulcun heu touchant à ladite esglise les lignes pour fère et 
hédifîer ung clochier, quant sera possible de le fère. 

Item, ledict maistre Guilhem a promis et promet fère ledit bastiment en 
la manière que dit est et au proffit de ladite ville, et y employer de bonne 
et grosse pierre où sera neccessayre, et tirer ou fère tirer desperrières toute 
pierre grosse de tailhe, et icelle bailher et mectre en forme deue, excepté 
tout aultre pierre de massonnerie que ne sera tenu de fournir ne tirer. 

Item , ledit maistre Guilhem a promis et promet fère tous cindres et 
empontamens neccessayres pour fère ledit bastiment, en luy baillant tote 
faste neccessayre, laquesle faste demeurera au prouffit et utilité de ladite 
esglise. 

Et, pour faire les chouses susdites, les consuls, ouvriers, jurés et ha- 
bitans de ladite ville ont promis et prometent et seront tenus de bailher et 
pouyer (sic) pour toute ladite matière, et fère aultres chouses, ce que s'en 
suyt: 

Item, premièrement la somme de douze cens quinze livres tournois; 
item , plus quatre vingts dix pipes de vin; item, quatre vingtz dix pipes de 
blé; item, plus quarante porceaulx, de la valeur de quarante escus petitz; 
item, deux quintalz d'uilhe d'olive; item, deux quintalz duylhe de noys; 

1 C'est-à-dire : Un oculu* donnant nn jour convenable à l'église. 
* Pièces de bois, peut-être tout le cintrage. 
3 Doubleaux. 



— 80 — 



SÉANCE DU il JUIN 1883. 



PRÉSIDENCE DE M. RAMÉ. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. M. le 
Secrétaire demande s'il doit faire figurer au compte rendu imprimé 
des séances les rapports et les votes du Comité relatifs aux demandes 
de subvention. Il est décidé que le compte rendu devra seulement 
contenir la mention sommaire des rapports et de l'avis favorable 
ou défavorable émis par le Comité. 

M. Dabcel dépose sur le bureau le dessin d'une des miniatures 
du cartulaire de Landevenec, qu'il a fait exécuter conformément à 
la décision prise parla Section dans la précédente séance. 

M. le Président communique au Comité le cinquième volume du 
Recueil des inscriptions de la France, commencé par M. de Guilhermy 
et terminé par M. de Lasteyrie. Il exprime à l'auteur la satisfaction 
du Comité pour le soin qu'il a apporté dans l'achèvement de ce 
recueil. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 
M me la baronne de Girardot, annonce au Comité la perte dou- 
loureuse qu'elle vient de faire en la personne de M. le baron de 
Girardot, ancien membre non résident du Comité des travaux his- 
toriques et des Sociétés savantes. M. le Président rappelle les nom- 
breux services rendus à l'archéologie nationale par M. de Girardot 
et les intéressantes communications qu'il a pendant bien des années 
adressées au Comité. La section s'associe unanimement aux paroles 
de son président et décide que l'expression de ses regrets sera 
consignée au procès-verbal et transmise à M me la baronne de Gi- 
rardot. 

M. Bourbon, correspondant du Ministère à Évreux, envoie une 
note sur la découverte d'un cimetière mérovingien au Grand'Àndely 
(Eure). — Renvoi à M. Bertrand. 



— 81 — 

M. C ha net, correspondant du Ministère à Alais, envoie une 
note sur la grotte sépulcrale de Rousson. — Renvoi à M. Bertrand. 

M. Rostan , correspondant du Ministère à Saint-Maximin , adresse 
une notice sur la chapelle de Notre-Dame du Revest, à Esparrou- 
de-Pallières (Var), et l'estampage d'une inscription du xvi c siècle 
conservée dans cette chapelle. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

La Société archéologique du Finistère demande une subvention 
à reflet d'exécuter des fouilles. — Renvoi à M. Chabouillet. 

M. Bottin , receveur des postes à Saint-Vallier (Alpes-Maritimes), 
adresse une demande analogue. — Renvoi à M. Rayet. 

M. J. Pinchard demande une subvention pour continuer les 
fouilles entreprises à Boisseron (Hérault). — Renvoi à M. Desjar- 
dins. 

M. Duhamel, correspondant du Ministère à Avignon, propose la 
publication d'un inventaire du mobilier et de la bibliothèque du 
cardinal de Brogny, camérier de Clément VII. — Le Comité décide 
que cette proposition sera renvoyée à la commission précédemment 
nommée pour examiner s'il y a lieu de publier une collection d'in- 
ventaires. Cette commission verra si le document signalé par 
M. Duhamel peut prendre place dans la collection. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Co- 
mité par leurs auteurs : 

Journal manuscrit et inédit de tannée îjjj. — Un procès au 
Tir* siècle. — Objets de bronze découverts au Plessis-Grohan. — Sépul- 
ture gallo-romaine de Ferrières-Haut-Clocher, par M. Bourbon; 

Mémoire archéologique sur les fouilles dïHerbord, dites de Sanxay, par 

le P. Camille de la Croix. 

§ 

Epigraphie gallo-romaine de la Moselle, 2 e fascicule, par MM. Ch. 
Robert et René Cagnat. 

La monnaie Morlane au nom de Centulk, par M. K. Taillebois. 

La Section décide que ces ouvrages seront déposés à la biblio- 
thèque des Sociétés savantes, et que des remerciements seront 
adressés aux auteurs. 

M. Riui annonce qu'il a été chargé par M. Boucher de Molandon 
d offrir au Comité de faire un moulage de l'inscription de Saint-Benoit 
&ur-Loire, dans laquelle on a voulu voir Tépitaphe du moine Aimoin. 
Un membre fait observer que l'original n'est pas en très bon étal , 

ARMléOLOGIE. 



— 82 — 

et qu'avant d accepter cet offre il faudrait que l'architecte du mo- 
nument donnât l'assurance que l'opération du moulage peut s'exé- 
cuter sans inconvénient Sous le bénéfice de cette réserve, le Comité 
accueille avec reconnaissance l'offre de M. de Molandon, et décide 
que le moulage sera déposé au Musée de Gluny. 

MM. Bertrand, Chabouillet, Darcel, de Lasteyrie et Ramé, 
membres de la Commission chargée de dresser le programme du 
Congrès de la Sorbonne en i884, rendent compte à la Section de 
l'examen qu'ils ont fait des questions proposées par diverses sociétés 
savantes. Après discussion une liste de seize questions est dressée. 
Elle sera imprimée par les soins de l'Administration et envoyée 
dans le plus bref délai à toutes les sociétés savantes de France. 

M. Bbrtrahd lit un rapport sur les travaux de la Commission de 
géographie de l'ancienne France, et sur les mesures qu'il convien- 
drait de prendre pour la continuation des diverses enquêtes entre- 
prises par cette commission, et la prompte publication des cartes 
et des mémoires qu'elle avait préparés. — - Renvoi à la Commission 
centrale. 

M. Courajod donne lecture d'un rapport de M. Héron de Ville- 
fosse sur une demande formée par l'Académie d'Hippone, a l'effet 
d'obtenir une subvention qui lui permette d'accompagner le volume 
de son Bulletin, actuellement sous presse, d'un certain nombre de 
planches exceptionnellement onéreuses. Lie Comité reconnaissant le 
soin avec lequel cette société enregistre, depuis bientôt vingt ans, 
les découvertes archéologiques faites dans' le nord de l'Afrique, le 
zèle qu'elle a mis à faire connaître les résultats des fouilles et des 
voyages scientifiques entrepris en Tunisie depuis l'établissement du 
protectorat français, les charges nouvelles qu'elle s'est imposées de- 
puis dix-huit mois en publiant un bulletin mensuel, estime tju'il y 
a lieu d'accueillir la demande formée par l'Académie d'Hippone , 
mais à la condition expresse que la subvention accordée devra être 
consacrée exclusivement à la publication de planches représentant 
des monuments archéologiques inédits. 

M. pb MoNTAiôLOH donne lecture d'un rapport sur la proposition 
faite par M. Gruyer de publier les inventaires des tableaux du roi 
en 1709 et 1732. Les conclusions tendant au renvoi de »tte pro* 



— 84 — 

Ce sceau doit être antérieur à i3o9, puisque le mari de Jeanne 
d'Artois n'y est pas encore désigné comme comte deFoix, mais seu- 
lement comme fils du comte de Foix. 

Le champ de ce sceau est orné de cinq écus entourés d'un en- 
cadrement en forme de quatrefeuille. Au centre est l'écu écartelé 
de Foix et de Béarn. Les deux écus placés à droite et à gauche por- 
tent les armes d'Artois. Les deux autres placés au-dessus et au-dessous 
du premier portent échiqueté d or et d'azur au franc quartier d'her- 
mine, à la bordure de gueules, ce sont les armes du grand-père de 
Jeanne d'Artois, Jean II, duc de Bretagne. 

M. Courajod donne lecture d'une notice de M. Héron de Villefosse 
sur un curieux bas-relief découvert en 1889 dans le rempart romain 
de Chalon-sur-Saône, et dont M. Jules Chevrier, directeur du mu- 
sée de cette ville, a envoyé une photographie au Comité. C'est un 
fragment de frise provenant d'un grand monument et décoré d'un 
centaure marin accompagné d'un amour et d'une divinité assise. 
M. Héron de Villefosse, en appelant l'attention du Comité sur ce 
monument, émet le vœu qu'une reproduction exacte en soit insérée 
dans le Bulletin. — Renvoi à la Commission de publication l . 

M. Demay fait un rapport sur une communication de M. Jules 
Gauthier, archiviste de Besançon, contenant copie de l'inventaire, 
dressé en i333, des armes et armures de Jean de Chalon, comte 
d'Auxerre et de Tonnerre. 

«La rareté du document, sa date (20 novembre i333), sa divi- 
sion en armes de joute, de guerre et de tournoi, les termes em- 
ployés, recommandent ce texte à l'attention des érudits. Si la signifi- 
cation de certains mots a échappé aux recherches de M. Gauthier et 
s'il a risqué des conjectures dont il faut lui laisser l'entière respon- 
sabilité, M. Demay avoue lui-même ne pas comprendre ce que l'in- 
ventaire désigne par des baiseux, un guazigan, des glissière*, un 
guynebaux, des vareingles. Ces expressions ne se trouvent ni dans 
les glossaires du moyen Age, ni dans les catalogues des musées spé- 
ciaux, ni dans les ouvrages sur le costume. 

«Où M. Gauthier se trompe, c'est lorsqu'il attribue au mot plaies 
le sens d'armure de corps complète. Il faut simplement entendre 

1 Voir ci-après p. 96, le rapport de M. de Villefosse. 



— 85 — 

par plates des plaques de métal. Bien avant i333 des plaques 
isolées protégeaient les organes essentiels de l'homme de guerre; 
mais de ces plaques à un ensemble articulé, emboîtant tout le corps, 
la distance est grande. L'armure de corps ne s'est complétée que 
dans les premières années du xv* siècle. 

cEspingalle signifie une espringale, sorte de baliste lançant des 
carreaux, et non pas une espingole. 

«La traduction de gagne-pain par épée est fort contestable, peut- 
être même erronée. À la vérité, Ducange et Littré admettent cette 
explication; mais dans un manuscrit de i&46, publié en 1866 par 
M. René de Belleval, on lit page 10 : «Item à la main droite y a 
ang petit gante! let, lequel s'appelle gaignepain,» et Viollet-tp-Duc a 
adopté le sens indiqué par ce texte. 

«Quant au tablier de cyprès, il y a tout lieu de croire que c'est un 
échiquier égaré dans une collection d'armures. Les comptes du 
• moyen âge fournissent de nombreux exemples de tabliers de cyprès 
pour jouer aux tables et aux échecs. Nous en citerons seulement 
deux : l'un dans un compte de l'hôtel de Jean, duc de Berry en 
1370 : «un tablier de cyprès garni de jeu de tables et eschaquier 
«lof* 1 ; l'autre dans un compte de l'argenterie de i4io, pour un 
<? grand tablier de cyprès marqueté» 2 . 

rrCes quelques observations montrent suffisamment que l'intérêt 
de la communication de M. Gauthier consiste non seulement dans 
ce qu'elle enseigne, mais encore dans les petits problèmes qu'elle 
laisse à résoudre. M. Demay propose en conséquence que la liste 
des armes de Jean de Chalon, avec les commentaires dont elle est 
accompagnée, soit imprimée dans le Bulletin du Comité 3 ». — Renvoi 
à la Commission de publication. 

M. db Lastetbie rend compte d'un envoi de six estampages 
adressés au Comité par M. Edmond Michel , correspondant à Fon- 
tenay-sur-Loing. 

M. Michel devant prochainement publier le recueil des inscrip- 
tions du département du Loiret, dont ces documents proviennent, 
il suffira de déposer les estampages dans les archives du Comité, en 
indiquant, brièvement ici le sujet de ces inscriptions : 

1 Arch. nat, KK a5i, P 19. 
1 Arch. nat, KK 99, P 198. 
3 Voir ci-après p. 98. 



— 86 — 

La première est conservée dans l'église de Ch&tillon-suivLoing. 
Elle mentionne la reconstruction de cette église, faite en 1697, aux 
frais du cardinal de Richelieu, abbé de Saint-Benoît-sur-Loire. 

Trois autres proviennent de l'église de Patay, ce sont: une in-» 
scription de 1669, relatant les fondations faites pour le repos des 
âmes de Pierre Haymon , fourrier ordinaire de la Maison du roi , et 
de Marie Royneau, sa femme; de Louis Rossignol, garde du corps 
de Marie de Médicis, et de Marie Haymon, sa femme; l'épitaphe 
très fruste d'un certain Damien Aubert et de sa femme Pétronille 
Grégoire; enfin l'épitaphe de messire Pierre Daniel, curé de Patay. 
Cette dernière présente cette particularité que son texte primitif a été 
martelé et qu'une rédaction nouvelle a été gravée dans les interlignes 
de la première. 

Deux autres des inscriptions communiquées par M. Michel ont 
été relevées par lui dans l'église de Pierrefitte-ès-Boia, Tune est 
l'épitaphe de Jeanne Gaillard, femme de Germain Pellerin, pro- 
cureur fiscal de Pierrefitte (f i&97)> l'autre l'épitaphe de Daniel 
Bourguignon (|i65i), 

M. de Lasteyrie propose également le dépôt aux archives du Go* 
mité de diverses copies d'inscriptions envoyées par M. de Backer, 
correspondant à Nordpeene (Nord), qui n'a joint au texte de ces 
documents aucune note ni aucun des renseignements qui seraient 
nécessaires pour qu'on pût les publier. L'une est une épitaphe 
collective à la mémoire d'Antonio Gonxalès de Albeda, gouverneur 
de Dunkerque, et de plusieurs Espagnols (fc marque du commence- 
ment dn xvii e siècle. Les autres proviennent de la chapelle Saint- 
Thomas, à Vire (Calvados), et de l'église de Lyon-twmer. La 
plus intéressante est l'épitaphe de messire Robert-Pierre Le Sens, 
marquis de Lion, mort en 1773. M. de Backer y a joint le texte 
de l'inscription élevée à Vimont, en i84t, par les soins de M. de 
Caumont, en mémoire de la bataille du VaUès-Dunes. 

M. de Last*t*i* fait un rapport sommaire sur une série de notices 
relatives à divers villages du département des Ardennes, commu- 
niquées par M. Noxot, correspondant à Sedan. Le Comité connaît 
depuis. longtemps le zèle de M. Noxot, il sait que malheureusement 
ce zèle ne trouve à s'exercer que sur une région de la France sin- 
gulièrement pauvre en monuments anciens, c'est dire qu'il y a 
bien peu à glaner pour les antiquaires dans les notices die ce cor- 



— 88 — 

de l'Isle-sur-le-Doubs, elle est datée de 1675, et porte des armoiries 
dans lesquelles M. Gauthier a su reconnaître les armes de la famille 
d'Ortembourg-Salamanca, qui posséda de 1 5a& à 1633 la seigneurie 
de risle-sur-le-Doubs. Il est fort probable que cette croix a été fabri- 
quée en Franche-Comté; il est possible qu'il en soit de même des 
deux autres, quoique à yrai dire rien ne le prouve. On sait qu'au 
moyen âge on faisait venir parfois de bien loin les objets d'orfèvrerie 
destinés à contenir les reliques des églises, on ne peut donc conclure 
de ce qu'un reliquaire est aujourd'hui conservé dans une province 
qu'il a été fabriqué dans cette province, à moins qu'elle ne fût le 
centre d'une importante école d'orfèvrerie, comme le Limousin ou 
les bords du Rhin; or ce n'est pas le cas pour la Franche-Comté. 
Quoi qu'il en soit, la communication de M. Jules Gauthier est inté- 
ressante, et M. de Lasteyrie propose de l'imprimer dans le Bulletin, 
en y joignant, s'il est possible, le dessin de la plus intéressante de 
ces croix. — Renvoi à la Commission de publication l . 

M. de Lastetmb lit un rapport sur une communication de M. Jules 
Gauthier relative à l'église de Courtefontaine (Jura). M. Gauthier 
a envoyé au Comité la copie d'une charte dans laquelle il croit 
trouver la date de consécration du monument. M. de Lasteyrie, tout 
en faisant des réserves sur l'interprétation que le savant archiviste 
du Doubs a donnée de cette pièce , estime qu'elle est assez intéressante 
pour être imprimée dans le Bulletin. — Renvoi à la Commission 
de publication 2 . 

M. Mûim fait un rapport sommaire sur un document découvert 
par M. Castan, membre non résident du Comité à Besançon, et 
d'après lequel la date, jusqu'ici inconnue, de la mort du célèbre 
compositeur artésien Pierre de Manchicourt doit être fixée au 5 oc- 
tobre 1 564. M. Mûntz propose l'insertion au Bulletin de la communi- 
cation de M. Castan. — Renvoi à la Commission de publication s . 

M. Charles Robert rend compte d'une communication de M. Mo- 
rel, correspondant du Ministère à Carpentras, relative à une in- 
scription romaine récemment découverte à Arles. 

« C'est une épitaphe en caractères très réguliers, qui occupe un 

1 Voir ci-après p. io3. 
* Voir ci-après p. 107. 
9 Voir ci-après p. 11a. 



— 89 — 

petit rectangle de marbre d'environ a 5 centimètres de haut sur 16 
de large. Elle est ainsi conçue : 

D M 

ANTIO 
ANTONIO 

BVCAMIA 
APHRODITE 

MARITO 
CARISSIMO 

FECIT 

-Ce texte ne présente pas grand intérêt. Il est bon cependant de 
remarquer quAnHtts et Antonius sont f un et l'autre des noms à 
proprement parier; Antonius cependant s'était déjà rencontré comme 
surnom 1 . Le nom de la femme, Bucamia, parait <Ure nouveau; on le 
rapproche tout naturellement de Bucania, nom que portait une 
gens romaine, originaire sans doute de Buca, ville des bords du 
golfe Adriatique (bucca, bouche, embouchure?). Si le C n'était pas 
comme FM, parfaitement accusé, on pourrait supposer une forme 
Budamia, dont le second élément se retrouve dans Hippodamia.» 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie , 

R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité'. 



Rapport de la Commission chargée d'examinée la proposition de M. Grvykr 

RELATIVE 1 LA PCELICATION DES INVENTAIRES DES T AELE AUX DU Roi EN ÎJOO, 
ET 1712a. 

La proposition de publier l'ancien inventaire des tableaux du Roi 
est en soi excellente. Il convient de faire pour nos musées ce que 
fltalie fait pour les siens. En effet, le Ministero délia publica instru- 
zione publie à Rome, par les soins de M. Fiorelli, le surintendant 
des beaux-arts, une collection de Documenti inediti per servire alla 
storia dei Musei d'italia, dont les quatre premiers volumes ont paru 
de 1878 à 1880, et l'on trouve dans les Scritli tfartc e (Fantiçhità 
du peintre Michèle Ridolfi, mort en i854, et publiés par son fils, 

1 Waimanns, n° 687. 



— 90 — 

chezLemonnier, à Florence, en 1879, la réimpression de mémoires 
très détaillés sur les restaurations faites aux tableaux des musées, 
détails et renseignements excellents à mettre en lumière. Il est donc 
à la fois étonnant et regrettable que la publication du vieil inven- 
taire des tableaux du Roi n'ait pas été faite depuis longtemps. Mais 
le Comité n'a devant lui qu'un projet II n'est pas saisi d'une copie 
annotée permettant de juger, non pas de l'intérêt et de l'utilité du 
sujet, qui sont indiscutables, mais de l'exécution définitive et de 
l'étendue matérielle de la publication. Par suite, votre Commission, 
se conformant aux précédents, ne peut examiner la question que 
d'une façon générale. 

U se trouve même qu'elle est en mesure de vous apporter sur ce 
point quelques renseignements précis, qui lui sont depuis longtemps 
familiers. La plupart de ses membres appartiennent à la Société de 
l'histoire de l'art français, et non seulement celle-ci a publié dans 
ses volumes bien des documents et même des suites de documents 
relatifs aux enrichissements et aux acquisitions des collections du 
Roi, mais, il y a dix ans déjà, elle a pensé de son cêté et d'une façon 
très formelle à publier les inventaires dont U est aujourd'hui ques- 
tion. Ce qui l'a empêchée de donner suite à cette idée, c'est la lon- 
gueur du travail préparatoire de refonte et d'annotations qui serait 
nécessaire et qui devrait être complet pour qu'on pût commencer 
l'impression. Ce travail se trouvant par là renvoyé à une date trop 
éloignée, elle a décidé de donner la priorité aux procès-verbaux de 
l'Académie de peinture et de sculpture. Mais la publication de ceux- 
ci, commencée en 1875 et qui a déjà cinq volumes, doit en avoir 
encore quatre, ce qui, vu la modicité des ressources de la Société, 
comporte encore plusieurs années; la Société de l'art français serait 
donc très heureuse de laisser faire par d'autres la publication des 
inventaires des tableaux du Roi. 

Dans la lettre qui a été communiquée à votre Commission, il 
n'est question que de l'inventaire de Bailly de 172a, dont la copie 
possédée par le Musée du Louvre est d'ailleurs précieuse par ses 
annotations successives; de la minute de 1709, qui est aux Archives 
nationales; d'un inventaire des tableaux celés en 1668 par le duc 
de Richelieu , qui est à ia Bibliothèque nationale ; et de l'inventaire des 
tableaux du Roi par le peintre Charles Lç Brun, antérieur à 1690, 
qui est aux Archives nationales. 

Or les éléments d'information sont bien autrement nombreux et 



— 92 — 

L'autre inventaire do même, refait en 1799. D y en a des copies 
non seulement aux Archives et an Louvre, mais aussi an départe- 
ment des manuscrits de la Bibliothèque nationale. 

Des inventaires plus spéciaux se joignent a ceux-là, ainsi : 

Inventaire des tableaux se trouvant dans les appartements de 
Versailles en 169&; 

Inventaire des tableaux sons la garde du sieur Yvart, aux Gobe- 
lins, en 1695. 

Enfin les procès-verbaux d'apposition de scellés à la mort de Le 
Brun, de Mignard et de Van der Meulen contiennent encore la 
mention de nombreux tableaux appartenant au Roi. 

Quelques-uns de ces documents, par leur caractère spécial , pour- 
raient être conservés dans leur forme originale et figurer dans des 
appendices comme pièces annexes, mais les gros inventaires de- 
vraient forcément être fondus ensemble. Les imprimer tous à la 
suite les uns des autres serait énorme et occasionnerait des répéti- 
tions innombrables. Le mieux serait de prendre Fun d'entre eux 
comme point de départ, celui de 1709 ou de 1713, par exemple; 
pour les tableaux, d'en établir la copie sur de grandes fiches séparées 
que l'on colla tionnerait avec les autres inventaires, en ajoutant à 
chacune de ces fiches toutes les différences notables, toutes les addi- 
tions, toutes les mentions de mesures (celles-ci ne sont pas dans 
tous les inventaires) ou de changements d'emplacement 

Il faudrait nécessairement y ajouter bien des renvois, en particu- 
lier au catalogue des tableaux du Roi imprimé par Lépicié. La pré- 
sence des tableaux dans les châteaux royaux de Paris et des envi- 
rons, dans le Cabinet des tableaux du Roi à Versailles, l'exposition 
d'une partie de ces tableaux au palais du Luxembourg, à partir du 
milieu du xvui* siècle, devraient être soigneusement notées a la 
suite de l'article principal. On ajouterait de même, d'après les 
Comptes des Bâtiments, dont une partie est déjà publiée, la date 
et le prix des acquisitions, ce qui donnerait en même temps les 
provenances, la date aussi et le prix des planches (maintenant à 
la chalcographie), exécutées d'après les tableaux anciens et les 
statues antiques pour la collection de gravures dite le Cabinet du 
Roi, et dont la date et le prix sont aussi dans les Comptes des Bâti- 
ments. Ce sont autant de dépouillements à effectuer et à répartir, 
c'est un travail qui doit être entrepris et mené à fin , mais qui est 
encore tout entier à faire. 



— 94 — 

Jeton de cuitre eu xtv* siècle. 
Commoiricaikra dt M. Bourbon, correspondant à Énenx. 

M. Bourbon a envoyé le dessin d'un jeton de cuivre trouvé ré- 
cemment à Évreux, dont il a fort bien lu les légendes. Les a-t-il 
aussi heureusement interprétées? Pen doute. 

Et d'abord, sur le côté principal de ce jeton, où parait un lion 
passant, M. Bourbon a cru voir un renard; c'est là ce qui Ta in- 
duit dans l'explication, selon moi erronée, qu'il expose dans cette 
communication. 

On lit sur la face principale de ce jeton : 

* MAIN PRBVDONS EN EST DECBVS 

Et sur l'autre, autour d'une croix dans une rosace : 

+ PARKA :M:OVS«SVIDONE. 

Selon M. Bourbon, nous aurions ici d'un côté cet axiome: 
Maints prud'hommes sont déçus par Us fourbes, lesquels seraient figurés 
par le prétendu renard; tandis que de l'autre côté il faudrait voir 
îe nom du distributeur du jeton , Raymond, transformé en RÀMOVS. 

Ces deux hypothèses sont aussi inexactes l'une -que l'autre. 
L'axiome de la face principale du jeton d'Étreux s'applique ad jeton 
lui-même, qui pouvait tromper les plus habiles gens. En effet, un 
jeton de laiton, c'est-à-dire de cuivre jaune, avec ses types mo- 
nétaires, comme ceux du monument en question, pouvait fort bien, 
lorsqu'il était battant neuf, être pris pour une monnaie. C'est même 
de ce fait que vient le dicton : Faux comme un jeton, qui fait penser à 
cet autre: Tout ce qui reluit n'est pas or. 

Quant au revers, pour peu que l'on rectifie la disposition incor- 
recte des points destinés à séparer les mots de la légende , et que 
l'on modifie la place de certaines lettres, au lieu de lire avec 
M» Bourbon : Par Ramous suis donné f on aura la légende : Par amour 
suis donné. 

Cette explication n'est pas une hypothèse; c'est une assertion 
dont voici la preuve* 

Dans la curieuse Histoire du jeton de MM. Rouyer et Hucher \ dont 

1 Histoire du jeton au moyen âge, par MM. Jules Rouyer et Eugène Hucher* 
«, i858, i vol. 8° 



— 96 — 

BàSHLMUEF A3T1QCE ïÉCOCTMn À CmAL0Jh-4S*-SjÔSE. 

de M. Ma Cfaviier. 



M. Jules Che\rier, directeur do musée de Chalon-sur-Saône, -^ 
adressé au Comité une notice sur un bas-relief antique découvert 
au mois d'avril 1883 , dans le mur d'enceinte romain de cette ville 
Cette notice est extraite du journal le Cmurrier de Smôme-et-Loire , d 
î&mai 1889. 

Six grands blocs en pierre calcaire, prorenant de différents 
numents antiques et revêtus (Tune décoration architecturale assec 
riche, ont été trouvés récemment dans la partie du mur romain de? 
Chalon qui traverse la rue de Thiard, mur qui, toutes les fois qu'il 
a été attaqué, n'a jamais manqué de fournir des matériaux d'un 
grand intérêt. Ces précieux débris se composent de deux chapiteaux, 
de pilastres, de deux frises ornées de rinceaux, d'un caisson de 
corniche et d'un bas-relief mutilé, qui parait être un fragment de la 
frise d'un grand édifice. C'est ce que démontre l'architrave au-dessus 
de laquelle il se déroule. 

Ce fragment de frise se compose de trois figures principales dont 
les têtes manquent et semblent avoir été enlevées systématiquement. 
La première figure est celle d'un personnage divin représenté presque 
entièrement nu; une draperie, sur laquelle il est assis, recouvre 
en même temps sa cuisse gauche; de la main droite il tient un 
attribut malheureusement mutilé et peu reconnaissante; sa tête 
était légèrement tournée à gauche dans le sens de la marche de 
l'animal marin sur la croupe duquel il est assis 1 .. Après lui un 
Centaure marin est représenté au galop, marchant dans le même 
sens que le premier animal; sa queue forme plusieurs enroule- 
ments au-dessus desquels vole un Amour, qui saisit le bras gauche 
du Centaure et le contraint à se jeter en arrière 2 . Le mouvement du 
Centaure marin, qui forme le milieu de ce fragment de frise, est 
vigoureusement rendu. Les fonds étaient peints en bleu et les reliefs 
en rouge. 

1 Sur le devant d'un sarcophage romain conservé au Louvre , qui représente la 
Xatuance de Vénui , une Néréide du cortège de la déesse est assise exactement de 
même que cotte figure. On voit aussi des Centaures marins et des Amours voltigeant 
au-dessus d'eux. (Clarac, Musée de sculpture , pi. sa6, n. 83; cf. n. 83.) 

' Cf. dans les Annaii delV lnstituto, t. XIII, 1861, p. a 88 et 1189, ce que dit 
Otto Jahn de la puissance d'Ëros sur les Centaures. 



— 98 — 

L'armement d'vn chevalier au xn € siècle, d'après l'inventaire 

DE LA GARDE-ROBE DE JeAN DE ChALON, COMTE d'AvIERRE \ 

Au mois de novembre i333, un des plus brillants seigneurs 
franc-comtois, je pourrais dire français, Jean de Cbalon, comte 
d'Auxerre et de Tonnerre, sire d'Orgelet (Jura), congédiait un de ses 
serviteurs, Guyonnet de la Chambre, et confiait à Perrin Grive! la 
clef de sa garde-robe. En consciencieux dépositaire, Grivel dressa 
immédiatement l'inventaire des armures de son maître; son procès- 
verbal nous a fort heureusement conservé le tableau précis des 
pièces qui constituaient l'armement d'un seigneur à la mode, dans 
la première moitié du xiv* siècle, et cela au triple point de vue des 
joutes, de la guerre et des tournois. Cette triple division que j'em- 
prunte, du reste, à l'inventaire même, nous donne une classifica- 
tion très logique des trois circonstances dans lesquelles un chevalier 
des xm'-xv* siècles quittait le vêtement civil pour le costume mi- 
litaire. 

La joute , préparation immédiate soit à la guerre, soit au tournoi, 
était l'exercice d'assouplissement, la leçon d'armes tout à la fois 
théorique et pratique, donnée en présence d'un petit nombre de 
spectateurs et sans apparat, avec l'emploi alternatif d'armes cour- 
toises ou d'armes émoulues. Dans la joute, les luttes corps à corps, 
l'escrime, les exercices d'agilité, mettaient peu à peu l'élève attentif 
et intelligent à même de devenir tout ensemble un bel et bon che- 
valier. Ainsi préparé, assoupli, il pouvait courir hardiment les 
chances de la guerre, parer les mauvais coups, savoir en donner, 
frapper vite et fort, et aux bons endroits. 

Quant au tournoi, ce n'était ni la guerre avec ses incessants pe- 
rds, ni la joute avec le sans-façon de la salle d'armes; c'était la 
parade, le défilé brillant, où la souplesse du cavalier, l'adresse du 
manieur d'épée et de lance étaient mises en relief par la splendeur 
du décor, et où l'assaut d'armes se compliquait entre adversaires 
d'un assaut de courtoisie. 

Suivant ces situations différentes, on conçoit aisément que l'ar- 
mure du tournoi, où l'on n'exposait que l'amour-propre , devait 
différer de celle de la guerre, où la vie était en cause, et que celle 
de la joute devait les résumer toutes deux, en recueillant et en utili- 
sant leurs rebuts dépareillés ou démodés. 

1 Voy. p. 86 , les observation» de M. Demay sur cette commaiiicfttioQ. 



— iôo — 

(23); celle de bras : 2 paires de brassards d'acier et 1 paire de 
cuir (i5), enfin 2 paires de gants de fer (16); celle de jambes : 
2 paires de chausses, de mailles sans doute (25), î paire de cuis- 
sots et î paire de grèves (i3). L'habillement complémentaire des 
pièces de fer se compose : de 2 cottes à armer, en broderie (i 7), de 
1 haubergeon (25), 2 paires de treillis ou cottes treillissées (3a), 

1 corset de serge besanté, c'est-à-dire semé de besants (18), 3 paires 
de pans ou petites jupes (26), enfin de 3 paires de manches, 
vraisemblablement doublées de mailles (26). 

Les armes et accessoires constituent un véritable arsenal : 5 épées 
garnies d'argent, 10 autres épées et 3 couteaux (97), 6 arbalètes 
(39), 5 arcs (3o), 1 espingole (3o), 1 masse d'acier (38), 2 lan- 
ces de guerre et 1 fer de lance (glaive) non monté (3i). Qu'on 
y joigne k Scus (19), une petite targe (28), et 1 tablier de cy pris, 
où je verrais un écu échiqueté en cuivre émaillé (?), 6 bannières et 

2 pennons armoriés (18), et des éperons dorés (19), et l'on aura 
le mobilier de guerre du comte Jean de Chalon, seigneur d'Or- 
gelet. J'oubliais le harnachement de ses destriers : 3 harnais gam- 
besés (20), une couverture de mailles jazerant (26) et une seconde 
couverture de velours (17). 

Deux termes inexpliqués sont les suivants : m glissières (22), et 
1 guazigan (18). La glissière, que nous retrouvons à l'art. 60, ac- 
couplée au gaignepam, c'est-à-dire à une épée, me semble être une 
lance légère. Quant au guazigan, vraisemblablement c'est une pièce 
de costume, une pièce d'étoffe, car nous le rencontrons à l'art. 18 
entre des bannières et un corset. 

III. Harnais de tournoi. Le harnais de tournoi ajoutera peu de chose 
à la nomenclature' des harnais de joute et de guerre. 

L'armement défensif se borne à : 1 heaume, 1 bassinet (Ai), 
1 gorgière et une pièce [de poitrine] (36), 2 épaulières ouspal- 
lières (38), 2 hanchières (39) et 1 paire de cuissots (39). Ces 
pièces de fer sont complétées, soit en mailles, soit en étoffes gam- 
besées, d'une paire de chausses (35), de trois paires de manches et 
de pans (35), et de 2 camails de tournoi (36). 

Les armes offensives sont : 1 gaignepam (épée?) et 2 glissières 
ou laaces (&o). 

Le harnachement de cheval compte : deux freins (Ai), h selles 
et k cumêes ou harnais de cuir (37). 

Reste à expliquer le terme gw/nebaux (art. 38) et l'art. 62 : 



; *i - 



— 101 — 

/// vanmgks garnie» et quatre pièce* neuves dejiz de vareingles longues. 
Que veut dire gwnebauxî Si l'on traduit vareingles par garance, étoffe 
teinte en garance , ]inc\\ aérais à voir dans ces draperies les housses 
rouges dont on habillait, dont on caparaçonnait les chevaux de 
tournoi. Mais je n'insiste nullement sur cette hypothèse. 

En terminant cette trop longue analyse d'un texte inédit dont 
le Comité appréciera j'en suis sûr l'intérêt au point de vue de 
Thistoire du costume du xiv* siècle, j'aurais voulu accompagner ce 
commentaire de quelques dessins d'armures empruntés aux dalles 
funéraires et aux sceaux franc-comtois contemporains de l'inven- 
taire de i333. Mais la longueur et la minutie d'une pareille re- 
cherche m'ont arrêté, et j'attendrai pour la reprendre que les 
observations du Comité aient complété, confirmé ou rectifié les 
interprétations de termes que je me suis permis de formuler. 

Jules Gauthier, 
Archiviste du Doubs, correspondant à Besançon. 



hvEITAIBl DI1 AIMORES Dl JOUTf , Dl GUERBE IT DI TOCBHOl DU COMTE d'ÀUIERRE, 

Jejh de Cialoh, seigbecr d'Orgelet (Jdra). 
(90 novembre i333.) 

'Ce sont les parties du harnais monseignour, qui demorèrent en la garde- 
robbe monseignour d'Orgelet, dont Perrin Grivel a la clef, après ce que 
Guyonnet de la Chambre s'en fut parti , le samedi xx" jour de novembre 
l'anMCCCetXXXIU.» 

Premièrement. Du harnais de jottet. 

1 . Troîz harnais de jambes touz entiers et uns cuissoz par dessus et 

11 heaumes. 
9. Item une pissière, 11 flancaux et. . . lape. . . 

3. Item une jarelières d'argent. 

4. Item u plates et 11 baynnères et un pe[nnonJs. 

5. Item un escuz et 1 gantier d'acier. 

6. Item v mains de fer et u garde-braz et u poingnez de fer. 

7. Item 1 harnais tout entier de brodeure. 

8. Item mi roelles avant main et vm goucez et m baiseux. 

9. Item xxiiii rochez et m selles à joster. 

1 o. Item trois paires de paremenz de bature de Tordre Meleadus , louz 
garnis et trois bennières de la dicte ordre. 



— 102 — 

1 1. Item cropière, picière, benière et bracière des armes de Chalon. 
13. Item ini goucez à joster. 

Item, Du harnais de guerre. 
i3. Premièrement unes grèves et ung cuissoz. 



i5. 
16. 

*7- 
18. 

*9- 
ao. 

31. 
33. 
33. 
3*. 
35. 

s6. 

37. 
38. 

*9- 

3o. 

Si. 
3s. 
33. 



tem m heaumes et trois bacinez. 

tem 11 paire de braoeux d'acier et 1 de cuir. 

tem deux paire de ganz de fer. 

tem deux cottes a armer de brodeure et une couverture de cheval 

de veiuel. 
tem vi bennières et 11 penonceaux de Chalon et 1 guazigan et 

1 corcet de serge besanté. 
tem uns espérons dorez et v chanfrains et quatre escuz. 
tem m harnais de cheval de gambeseure. 
tem un paires de plates et une auquetonière de fer. 
tem troiz glissières. 

tem un gorgières pendanz et nu coieretes. 

tem in paires de panz et de manches et mi paires de musequins. 
tem 11 paires de chauçons et 1 hauberjon. 
tem unes couvertes de jazerant pour cheval. 
tem v espëes garnies d'argent et dix autres espëes et ni cousteaux. 
tem une mace d'acier et 1 tablier de cypris et trois chapeaux et une 

targete. . 

tem v selles, que de guerre que autres petites, et vi arbalestes. 
tem v ars et une petite espingalle. 
tem 11 lances de guerre et ung fer de glayve. 
tem 11 paires de trailliz. 
tem xix pièces, que frains que brides. 



Item. Du hantait de tornoy. 

36. Premièrement u quamaix a tornoyer. 

35. Item m paires de manches et uns chauçons et m paires de panz. 

36. Item une gorgière et une pièce. 

37. Item nu selles et mi cuyriées. 

38. Item 11 espaulières et uns guynebaux. 

39. Item unz cuissoz et n hanchières. 

ho. Item 11 glissières et uns gaingnepains. 
ai . Item 1 heaume, 1 bacinet et deux frains. 

4 3. Item xii vareingles garnies et quatre pièces neuves de fiz de varein- 
gles longues. 

(Original sur un feuillet simple de papier, filigrane : une aiguière. 
— Archives du Doube, fonds Chalon, série £.) 



— 104 — 

La croix reliquaire n° 1 est haute de o m ,i44, large de o m ,94, 
défalcation faite de trois pinacles d'argent ajoutés, à une date mé- 
diocrement ancienne, à ses trois croisillons. La plaque antérieure 
ou principale, portant au centre une croix à branches égales dessi- 
nées par un grènetis et remplies de filigranes très déliés, laisse appa- 
raître sous un verre la relique de la vraie croix; le surplus de la 
plaque est décoré de rinceaux formant des bouquets symétriques, 
sur lesquels s'épanouissent des fleurs à 6 pétales ou des boutons 
formés d'une pétale unique ou d'un point. Le contour extérieur de 
la croix est formé d'un grènetis en relief, 4 cristaux et 1 grenat 
montés en cabochons sont plantés sur les extrémités des croisillons 
ou au milieu du croisillon principal, des traces de dorure ornent 
le fond de la plaque et les parties non saillantes des filigranes. Le 
revers de la croix est plus intéressant quoique moins riche. La 
plaque d'argent doré, rivée à l'âme de bois par de nombreux clous 
de même métal, est bordée d'un double trait gravé et fendu de ha- 
chures, le champ de là croix est recouvert* de rinceaux; entre ce 
champ et la bordure règne un bandeau sur lequel est gravée l'in- 
scription suivante en capitales du xiv e siècle 1 : 

m I>GG : 8ST : PAR : 'LUSTRI : *OIU * DG : SGP VLCRO : 
Dm : D8 : SGPVLCRO : XRI * BG : MARIG : VGIR BEAVE 

MARIA <7RACIA[P]LA DO 

Notre croix comprenait donc, outre un morceau du Lignum Do- 
mini, deux pierres, ou peut-être davantage, rapportées du tombeau 
de Notre-Seigneur et quelque relique de la Vierge, ces pierres et 
cette relique étaient enchâssées vraisemblablement à l'extrémité des 
croisillons, sous des cristaux disposées de façon à les laisser aperce- 
voir. 

Cette croix est conservée dans la chapelle des dames du Sacré- 
Cœur de Saint-Ferréol, près Besançon. 

La croix n° 3, moins ancienne que la précédente mais plus 
élégante de forme et plus riche de décoration, est aujourd'hui con- 
servée dans la chapelle des religieuses de la Sainte-Famille, place 
du Palais, a Besançon. Haute de o m ,i 5o, large de o m ,io8, ses croi- 
sillons s'amortissent en trèfles, précédés d'un léger ressaut analogue 
au lien qui réunit les trois hampes de la fleur de lys. Au lieu de se 

1 M. de Lasteyrie pense que cette inscription est plutôt du un* siècle. ( Voir ci- 
dessus, p. 87.) 



ri 



— 105 — 

*i, les croisillons se fondent dans un noyau cir- 

^ a 5 millimètres de diamètre, où est encastrée 

^couverte d'une croix patlée d'argent décorée de 

tatenue par deux charnières, Tune fixe, l'autre 

tirémité des quatre croisillons sont serties et mon- 

quatre dents humaines mises en pal; des grenats 

Tnant avec des filigranes à un seul rang, moins 

moins riches pris en eux-mêmes que ceux de la 

très habilement agencés avec les cabochons et les 

mrent la surface du revers; le revers comporte une 

ilique de pierres et de filigranes symétriquement 

it agencés, comme on peut le voir sur les deux 

rates. 

ia provenance exacte de ces deux croix, mais il est 
l'eiies ont été fabriquées en Franche-Comté. 
V 3 a, au contraire, une origine absolument certaine. 
de Neuchàtel(Doubs) aurait, d'après la tradition, rap- 
des croisades du xm* siècle un morceau de la vraie 
Jbnda, pour l'y placer, à l'Isle-sur-le-Doubs, près de son 
église connue dès le xiv* siècle sous le nom de cha- 
4 la vraie croix, et dota un chapelain, remplacé sous ses 
fors par une familiarité, que le siècle dernier a vu disparaître 
m vieilles constructions de la chapelle primitive et les 
pu des sires de Xeuchàtel. Mais la croix-reliquaire conte- 
la vraie croix rapportée par Thibaud de Neuchâtel a sur- 
et od la conserve encore dans l'église moderne de la petite 
le Hsle-sur-le-Doubs. Les fragments assez notables du Lignum 
û sont insérés dans le centre d'une croix de bois, lamée d'ar- 
doré, qui mesure o m ,Qio sur les deux dimensions. Une croi- 
<f argent, mobile sur quatre charnières, comme dans la croix 
, cache la relique aux regards profanes, cette croisettc est or- 
le cinq grenats; les croisillons amortis en trèfles portent une 
ration analogue, complétée de filigranes en rinceaux, qui relient 
: eux les cabochons à un dessin d'ensemble symétrique; l'espace 
entre l'extrémité des croisillons et la partie centrale porte sur 
ue bras un grenat cl des filigranes, enfin une bordure en 
f fait le tour de la face antérieure de* celte croix. Le revers 
complètement uni, mais porte trois indications précieuses, 
{tos blason gravé au centre de la croix, et à la partie infé- 



— 106 — 

rieure un second blason plus petit avec les initiales N C et la 
date i575. 

Le blason central, qui a exercé vainement et pendant longtemps 
la curiosité des investigateurs, est celui des Ortembourg-Salamanca \ 
famille bavaroise, qui, par une acquisition faite de l'archiduc Ferdi- 
nand d'Autriche, fut de i5a& à 1699 nantie de la seigneurie de 
l'Isle-sur-le-Doubs. Ce fut sans doute de leur consentement comme 
seigneurs du lieu et propriétaires collateurs de la chapelle de la 
vraie croix, et sans doute avec leurs subsides, que fut renouvelé 
en 1575 le reliquaire de Neuchâtel. Quant au second blason : une 
pomme d'où sort en pal une fleur de lis flanquée des initiales N G, 
je considérais depuis longtemps comme probable qu'il appartenait 
au chapelain Nicolas Carlin, fondateur des écoles dellsle en 1578, 
quand j'ai acquis la certitude de mon attribution par la découverte 
d'un cachet du neveu de ce personnage portant les mêmes armoi- 
ries. Plus heureuse que les croix n" 1 et 9, la croix de l'Isle a 
donc son histoire aussi complète que possible, et, sauf le nom de 
l'orfèvre, sans doute bisontin, qui l'exécuta en 1670, rien ne 
manque à sa monographie sommaire. 

J'ai involontairement dépassé dan6 cette note les limites que je 

comptais lui tracer, mais la Franche-Comté est un pays si pauvre en 

orfèvrerie aussi bien qu'ep architecture de toms les âges, que la 

réunion de ces trois reliquaires de la vraie croix m'a paru une 

réelle découverte et que je leur ai attribué, je le crains, plus d'im- 

porlance qu'ils n'en méritent. 

Jules Gauthier, 

Archiviste du Doubs, correspondant à Besançon. 



1 Ortembourg porte : écarteié aux 1 et k de gueoies à an demi-vol d'argent 
chape, ployé du même à deux demi-vols adossés de "gueules; aux 9 et 3 de gueules 
à la fasce d'argent, accompagnée de cinq aiglettes de même, 3 au-dessus, a en des- 
sous de la fasce, et sur le tout d*axur à la fleur de lis de sable, chape, ployé de 
gueules à deux lions affrontés cT-argent. — Voir Ntu-Wapênbuch , Nuremberg, 
1 6o5 , pi. 1 5. 



— 108 — 

reçu le moindre ornement. La partie haute du mur de façade est 
légèrement en retraite sur le rez-de-chaussée; elle est percée de la 
fenêtre dont j'ai parlé plus haut, et amortie par un fronton triangu- 
laire, dont les rampants portent sur des modillons de forme carrée. 
Deux demi-frontons, ornés de modillons tout semblables, correspon- 
dent aux toitures en appentis qui couvrent les bas côtés. Deux con- 
treforts de peu de saillie s'élèvent le long de la façade dans Taxe 
des murs de la nef. D'autres contreforts très épais, sortes d'éperons 
certainement postérieurs au reste de la construction, soutiennent 
les angles de la façade. Au-dessus de la dernière travée du collatéral 
de droite, contre le transept, s'élève le clocher, massive construction 
carrée à un étage et dont le toit en pyramide à quatre pans surpasse 
de peu la toiture de l'église. Sur trois de ses faces il est éclairé par 
de petites fenêtres géminées et décoré de ces petites arcatures que 
les Allemands nomment bogenfries et qui sont si fréquentes dans l'est 
de la France et sur les bords du Rhin. Malgré sa simplicité, l'église 
est bien construite; la façade est en grand appareil, les flancs et le 
chevet en petit appareil avec un soubassement formé de pierres de 
plus grand échantillon , qui s'élève à 1 mètre environ au-dessus du sol. 

De son mobilier primitif l'église n'a gardé qu'un autel placé dans 
l'absidiole de droite; il est formé d'une table de pierre blanche sur 
laquelle sont gravées cinq croix de consécration et qui est portée 
par deux jambages, dont la partie antérieure est ornée de massives 
colonnettes avec bases munies de griffes et chapiteaux à crochets. 

(f D'après ces caractères architectoniques, dit M. Jules Gauthier, 
on ne peut hésiter à attribuer au xn* siècle la petite église de 
Courtefontaine. Mais un document précis permet d'assigner une date 
certaine, 1178, à sa consécration. En 1178, Éberard, archevêque 
de Besançon, entouré de ses archidiacres et des chanoines des deux 
cathédrales, vint solennellement consacrer cette église, dont la con- 
struction, commencée vers 1 160 par le prieur de Bellefontaine, Ram- 
baud, grand. j)âtisseur de monastères, venait d'être achevée par son 
successeur Harduin. Jusque-là simple dépendance, simple domaine 
rural de l'église mère de Bellefontaine, qui y entretenait quelques 
religieux augustins, Courtefontaine devint dès lors un prieuré ré- 
gulier, et pour compléter sa dotation l'archevêque Éberard lui donna 
l'église voisine d'Osselle avec les chapelles d'Abbans-la-Ville et de 
Torpes, en faisant confirmer et reconnaître ce don par ses redou- 
tables voisins Humbert et Louis d'Abbans.» 



— 110 — 

CORFIBMATIOH PAR EvEABD, ABCHEVffQUE DE BE8AHÇ0K , DE LA DORATIOH DE L*BGLI8E 

1>'089ELLE AU PRIEClé DE GoUBTEFOirTAIlfE. 

E. , divina miseratione Bisuntine sedis humilis minister, presentibus et 
futuris rem gestam in perpetuum. Cum ex officii commissi sollicitudine 
teneamur aliorum benegesta , ne per oblivionem depfereant] , memorie com- 
mendare, circa illa precipue que a nobis pia devotione facta sont, ne vel 
malicia hominum possint subverli vel [inter]capedine temporis deleri, pro- 
pensiorem deoet diligentiam adhibere. Sciant igitur quos scire oportuent 
quod in consecratione ecclesie Curtifontis, quam per gratiam Dei ea qua 
decuit sollempnitate peregimus, moltis canonicis et arcbidiaconibus nostris 
et aliis supplicantibus, ecclesiam AnriseUe 1 in manu nostra tune vacantem 
cum capeilis et appenditiis suis predicte ecclesie et fratribus ibidem sub ré- 
gula sancti Augustini Deo famulantibus, salvo jure et consuetudine nostra 
et ministrorum nostrorum, concessimus. Hanc autem ipsam AuriseHe eccle- 
siam, quotiens vacaverat, predecessores nostri dederant, sicut ex carta do- 
mini Anserici 1 bone memorie , sigiflo ejus insignita , qui eam coidam Guidoni 
contulit, manifeste poterit cognosci. Et quoniam bono semini inimicus 
semper invigilat superseminare zizania , Humbertus , dominus de Abens 3 , 
ausus dicere quod hereditate possideret sanctuarium Dei, predictam eccle- 
siam feodo quod a nobis habebat nitebatur permiscere, unde cum sacrilego 
ausu sui manus ad oblationes et elemosinas ex tendissent, eandcsn ecclesiam 
cessare et eis divina fecimus interdici. Tandem jam dictus Humbertus ad 
cor rediens, mediantibus Bernardo venerabili abbate BellevaHis* et Hum- 
berto cantore sancti Stephani et cancellario nostro, consilio Lodovici patris 
sui et quorumdam suorum, se observaturum quicquid judicio vel concordia 
super hoc diceremus, in presentia nostra sub fidei religione firmiter pro- 
misit Nos vero , communicato consitio et ex canonico jure et ex suprame- 
morato predecessoris nostri Anserici scripto instructi , dtximus quod eedesia 
Curtifontis ecclesiam AuriseHe, cum capeilis de Abensvilla 1 et de Torpa* et 
cimiteriis earum, oblationibos et elemosinis ex eis provenientibus, cessante 
omni inquietalione Humberti presentis domini de Abens et futurorum , de 
cetero quiète possideret Si quis vero hominum domini de Abens domum 
vel aliud congruum ediOcium in cimiteriis AuriseHe et de Torpa facere vo- 
luerit, a prelato Curtifontis requiret et ei, sub solita de talibus pensione, 
non negabitur. Quod sic fieri intelligimus ne platea corporibus sepeliendis 

1 Osselle, canton de Bonssières (Doubs). 

1 Anseric, archevêque de Besançon, 1117-113/u 

* Abbans-Dessus, autrefois Abbans-le-Château , canton de Boussières (Doubs). 

* BeUevaux, abbaye cistercienne, commune de Cirey, canton de Bios (Haute- 
Saône). 

5 Abbans-Dessous, autrefois Abbans-la-Ville , canton deBoussières (Doubs). 

* Torpes, canton de Boussières. 



— 112 — 

La date de la mort du compositeur Pierre de Maxcbicourt. 

Parmi les musiciens renommes du xvi* siècle, il en est peu dont 
la biographie soit aussi bien en règle que celle du compositeur 
Pierre de Manchicourt. 

Né à Béthune en Artois vers i5io, il fut d'abord chanoine d'Ar- 
ras, puis maître des enfants de chœur de l'église cathédrale de 
Tournai, position qu'il conserva jusqu'en i557- Ayant quitté ce 
poste et s'étant Gxéà Anvers, il fut appelé, en i56o, à Madrid pour 
remplir l'emploi de maître de la chapelle royale. Ses messes, ses 
motets et ses chansons l'avaient rendu célèbre. On savait qu'il était 
mort peu de jours avant le 7 octobre i56A, car à cette date le roi 
d'Espagne Philippe II écrivait à sa sœur, la gouvernante des Pays- 
Bas, que son maître de chapelle venant de mourir, il la priait de 
lui en trouver un autre dans les Flandres 1 . 

De la même date est une lettre qui nous renseigne encore plus 
complètement sur la mort de Pierre de Manchicourt. Cette lettre 
fut écrite de Madrid au cardinal de Granvelle, alors retiré en 
Franche-Comté, par Josse de Courteville, secrétaire d'Etat du roi 
Philippe II pour les affaires des Pays-Bas. La mort du maître de 
chapelle y est annoncée en ces termes : 

«Le service de l'Empereur se fist hier en ceste ville. Le bon 
maistre de la chapelle, Manchicourt, ne s'y peut trouver pour avoir 
este a pelle ailleurs le jour précédent Dieu veuille avoir son Âme! 
Sa composition donnera encoires souvent souvenance de luy 3 .» 

L'Empereur dont on fit le service funèbre à Madrid le 6 octobre 
i564 était Ferdinand I er , oncle du roi d'Espagne, mort à Vienne 
le 2 5 juillet précédent. Pierre de Manchicourt avait composé pour 
cette circonstance une messe en musique, qui fut son dernier ou- 
vrage, car il mourut la veille du jour où se fit le service, c'est-à- 
dire le 5 octobre i564. 

A. CA8TAif, 

Membre non résident du Comité. 

1 Fétis, Biographie universelle des musiciens, 3" édit, t. I, p. 17; t. V, p. 639 
elâa3. 

1 Mémoires de Granvelle, mss. de la bibliothèque de Besançon, t XIV, fol. 39a. 



— 114 — 

5° fascicule; Antiquités gauloises découvertes dans le département de la 
Haute-Marne, par M. Flouest. 

M. le Président communique à la Section les décisions prises par 
la Commission centrale dans sa dernière séance, relativement aux 
conclusions du rapport de M. Bertrand sur les travaux de la Com- 
mission de géographie de l'ancienne France, iu à la Section d'ar- 
chéologie dans sa séance du 1 1 juin dernier. La Commission cen- 
trale ayant approuvé les propositions faites par le rapporteur et 
adoptées par la Section d'archéologie, en ce qui concerne les pro- 
jets de publications qui pourraient être mis à exécution dans le 
plus bref délai, il y a lieu de nommer les commissaires chargés de 
veiller à la bonne exécution de ces diverê travaux. 

En conséquence, la Section décide qu'il y a lieu de pourvoir en 
premier lieu au prompt achèvement du Catalogue des monnaies gau- 
loises. L'ouvrage formera deux parties: la première rédigée par 
M". Muret, atlaché au cabinet des Médailles à la Bibliothèque na- 
tionale, comprendra le catalogue des pièces conservées à la Biblio- 
thèque; la seconde, qui sera confiée aux soins de M. Anatole de 
Barthélémy, comprendra la description de toutes les pièces gau- 
loises qui ne figurent pas dans la grande collection de la rue de Ri- 
chelieu. M. Chabouillet est nommé commissaire responsable pour 
la première, partie du travail, M. Charles Robert pour la seconde. 

La Section décide ensuite qu'une commission, composée de 
MM. Alexandre Bertrand, Ernest Desjardins, Le Blant et Longuon, 
sera chargée d'examiner la Carte des bornes mUliaires de la Gaule et 
le Recueil des inscriptions mUliaires préparés par M. Héron de Ville- 
fosse , et d'aviser aux moyens d'en hâter l'impression. 

Une autre commission, composée de MM. Alexandre Bertrand, 
Longnon et Charles Robert, est chargée d'examiner le travail pré- 
paré par M. le commandant de Lanoë sur les oppida ou enceintes 
fortifiées. 

Enfin la Section vote la publication de la Carte de la Gaule au 
temps de César, préparée par M. Longnon, et nomme M. Ernest Des- 
jardins commissaire responsable pour cette publication. 

M. Guiffrey lit un rapport au nom de la commission cha'rgée 
d'examiner s'il y a lieu d'entreprendre la publication d'un recueil 
d'anciens inventaires 1 . Il propose au Comité les résolutions suivantes: 

1 Voir ci-après page 127, le texte de ce rapport 



— 116 — 

Le Comité décide qu'il laisse à cette commission le soin de déci- 
der sur les &* et 5 e propositions du rapport. 

M. Chabouillet lit un rapport sur une demande de subvention 
formée par la Société archéologique du Finistère, à l'effet d'opérer 
des fouilles à Quimperlé, au lieu où Ton suppose que campa l'em- 
pereur Louis le Pieux dans la guerre contre les Bretons. Le Comité, 
considérant qu'il est impossible de savoir si l'hypothèse relative à 
l'emplacement du camp de Louis le Pieux est exacte, tant que cer- 
taines recherches préliminaires n'auront pas été faites; qu'il ne 
semble pas que la Société ait fait jusqu'ici la moindre dépense en 
vue d'exécuter ces recherches; que les subventions doivent être ré- 
servées aux sociétés qui ont préalablement fait des sacrifices en vue 
des fouilles pour lesquelles elles réclament l'assistance de l'Etat, 
estime que la demande de la Société archéologique du Finistère 
ne saurait. être accueillie. 

M. Charles Robert demande ce que les membres du Comité 
doivent faire des articles des Sociétés savantes qui leur ont été 
adressés. Doivent-ils consacrer un rapport spécial à chacun de ces 
articles? Ces rapports doivent-ils être publiés dans le Bulletin du 
Comité? doivent-ils être lus en séance ou simplement transmis au 
secrétaire de la Section ? 

M. Charmes, directeur du Secrétariat, répond que les membres 
du Comité ne doivent pas se croire obligés de faire un rapport sur 
tous les articles imprimés qui leur sont adressés. Os ne doivent s'oc- 
cuper que de ceux qui méritent d'être signalés pour l'intérêt véri- 
table qu'ils présentent, ou qui peuvent fournir l'occasion d'observa- 
tions critiques dout les auteurs feront leur profit. Il est d'avis que 
les rapports écrits soient lus en séance, mais souvent il suffira 
d'une simple appréciation verbale. Enfin les travaux qui ne paraî- 
traient pas dignes de l'attention du Comité devront être complète- 
ment passés sous silence. 

M. de Lasteyrie croit être l'interprète de plus d'un de ses col- 
lègues en répétant devant la Section les objections qu'il a déjà faites 
devant la Commission centrale au sujet des rapports que l'on de- 
mande au Comité sur les travaux des Sociétés savantes. Si l'on re- 
vient à l'idée, abandonnée depuis deux ans, de confier aux membres 
du Comité le soin de rendre compte des travaux des Sociétés sa- 
vantes, il est bien difficile de ne pas préférer, le système suivi jadis 



— 117 — 

à celai que f Administration soutient aujourd'hui. Autrefois chaque 
rapporteur rendait compte de tous les travaux d'histoire ou de tous 
les travaux d'archéologie compris dans un même volume, le même 
rapporteur était généralement chargé d'examiner tous les volumes 
publiés par une même société, il pouvait ainsi suivre ses travaux, 
apprécier son activité, signaler ses défaillances, et le Comité était 
constamment au courant du mouvement scientiGque du aux Sociétés 
savantes. Aujourd'hui on veut découper chaque volume en autant 
de morceaux qu'il contient d'articles et. renvoyer chaque article 
an membre du Comité plus spécialement compétent. Comment 
pourra-ton ainsi avoir des vues d'ensemble sur les travaux d'une 
société ? N'est-il pas certain qu'on arrivera aux disparates les plus 
choquants? Tel rapporteur par trop scrupuleux viendra parler d'un 
article de peu de valeur, quand tel autre se sera cru autorisé à ne 
rien dire d'un travail beaucoup plus important. Enfin quelle phy- 
sionomie aura le Bulletin du Comité, si Ton doit y insérer sans 
ordre une foule de petits comptes rendus que tout le talent des 
membres du Comité aura peine à rendre intéressants. Comme se- 
crétaire, plus encore que comrao membre du Comité, M. de Las- 
teyric a cru devoir protester contre ce système; plusieurs des mem- 
bres les plus autorisés de la Section d'histoire ont appuyé ses obser- 
vations devant la Commission centrale, celle-ci a décidé que chaque 
section serait libre de rendre compte, comme elle le jugerait con- 
venable, des travaux des Sociétés savantes. M. de Lasteyrie tient à 
dégager sa responsabilité de secrétaire en rappelant cette décision 
à la Section d'archéologie. 

M. Charmes répond qu'il est parfaitement exact que la Commission 
centrale a déclaré s'en rapporter à chaque section du soin de régler 
les détails qui concernent la publication de son Bulletin, mais il y a 
des difficultés matérielles dont il est nécessaire de tenir compte. Le 
Comité compte aujourd'hui cinq sections, il est donc bien difficile 
d'avoir un nombre suffisant d'exemplaires des publications des So- 
ciétés savantes pour en revenir aux errements d'autrefois. De plus, 
si chaque volume était soumis en son entier à un rapporteur pris 
dans chacune des cinq sertions, il serait impossible d'empêcher 
qu'il n'y eût souvent double emploi, que le môme article ne fût 
souvent l'objet d'appréciations parallèles, parfois peut-être contradic- 
toires, de la part de deux rapporteurs appartenant à deux sections 
différentes. En détaillant les volumes et en renvoyant chaque ar- 



_ 118 — ^ ■■ f 



ticle au membre spécialement compétent, on évite ces inconvénients 
et Ton est certain de ne pas faire juger des mémoires importants 
par des membres du Comité dont les études habituelles ont trait à 
des sujets tout autres. 11 y a donc de fort bons arguments à faire 
valoir à l'appui du système préconisé par l'Administration; avant 
de le condamner, il faut au moins en faire loyalement Fessai. 

Après quelques observations présentées par MM. Bertrand, Darcel 
et autres membres, le Comité reprend son ordre du jour. 

M. Charles Robert signale divers travaux d'épigraphie antique 
qui lui paraissent mériter l'attention de la Section d'archéologie. 
M. Charles Tissot a commencé, dans le Bulletin de la Société de géo- 
graphie et dî archéologie de la province if Or an *, un important mémoire 
sur les Fastes des provinces africaines. 

«Le travail de M. Tissot doit comprendre trois parties : province 
d'Afrique, Numidie et Maurétanie. Il commence par la province 
d'Afrique. Cette province, comme on le sait, était formée à l'origine 
du territoire propre de Carthage, elle s'accrut de la Numidie en 729 , 
elle la perdit sous Septime Sévère , et fut réduite sous Dioclétien à la 
partie de l'ancien territoire de Carthage qu'on appelait la Zengitane. 
L'auteur fait commencer les fastes de la province d'Afrique à l'an- 
née 1A6 avant J.-C, où l'administration des pays conquis fut orga- 
nisée par Scipion l'Africain. L'histoire des gouverneurs successifs 
de la province est habilement restituée. Les dates du commencement 
et de la fin de leurs fonctions sont solidement discutées; lorsque 
les monuments ou les textes ne les indiquent pas formellement, elles 
sont établies par divers arguments, tels que l'intervalle légal qui 
séparait l'année du consulat de l'obtention des charges proconsu- 
laires. Les matériaux employés dans la composition de l'ouvrage 
surprennent par leur nombre et leur variété; auteurs anciens, ou- 
vrages numisma tiques, recueils épigraphiques, Âcta triumphorum, 
fastes consulaires, fastes des provinces asiatiques, Corpus juris et Co- 
dex theodosianus, enfin des monuments nouveaux et des manuscrits 
inédits de Borghesi , tout a été mis à contribution avec une préci- 
sion et un discernement qui révèlent un savant consommé. « 

M. Maxe-Werly a publié dans le dernier volume des Mémoires de 
la Société des lettres , sciences et arts de Bar-le-Duc 2 une bonne mono- 

1 à* Irim. de 1889, p. i53-i8A. 
* T. II, a* série i883. 



— 120 — 

mentes avec le plus grand soin. On peut même reprocher à l'auteur 
d'avoir poussé trop loin ses tentatives de restitution. Ainsi, dans une 
inscription il veut rétablir l'expression numérale indiquant l'âge 
d'un défunt, bien que le premier chiffre X en soit seul visible; cal- 
culant l'espace libre à la fin de la ligne, il repousse Ip nombre XIV 
qui ne renferme que trois chiffres, sans remarquer que ce nombre 
peut aussi s'écrire XIIII. De même, un peu plus haut, dans un texte 
réduit à deux fins de ligne 



...OS 

MAIIS 



M. Taillebois se demande s'il ne faut pas voir la consécration d'un 
acte accompli aux calendes de mai par quelque consul ou proconsul, 
ou tout au moins l'épitaphe d'un de ces hauts personnages. Des 
hypothèses aussi peu fondées sont fort dangereuses, et le Comité ne 
saurait trop recommander à ses correspondants de ne proposer que 
des restitutions motivées.» 

M. de Lastbtrir lit un rapport sur une communication de 
M. Rostan, correspondant du Ministère à Saint-Maximin , sur la 
chapelle Notre-Dame du Revest, à Esparron-de-Pallières (Var). Cet 
édifice consacré en to33 contient deux tables d'autel de date très 
reculée, deux inscriptions romaines et une du xvi e siècle. — 
Renvoi à la Commission de publication 1 . 

M. Alexandre Bertrand communique au Comité des renseigne- 
ments circonstanciés sur les fouilles de Grand (Vosges) et sur 
l'importante mosaïque qu'elles ont fait découvrir. Le terrain sur 
lequel elle se trouve appartient à la commune, il est enclavé dans 
le jardin de l'école des filles, et le conseil municipal a voté une 
somme de 5,ooo francs pour assurer la conservation de ce précieux 
monument. 

M. Bertrand dépose sur le bureau deux photographies exécutées 
d'après les dessins de M. Henri Poulain, architecte à Grand, et 
donne connaissance d'une note qui lui a été adressée par M. Voulot 
et qui contient une description sommaire de cette découverte. Voici 
les principaux passages de cette note : 

*Le a5 avril i883, dit M. Voulot, je visitai les abords de l'éta- 

1 Voir ci-après p. i33 , le texte de ce rapport. 



— 121 — 

Mimaient des écoles de filles de Grand. Pétais averti depuis plu- 
sieurs années par un maçon qu'on avait rencontré jadis des «croyons 
ide pierre blanche et noire» en construisant un petit mur de sou- 
tènement près de la maison. J'avais conclu de ces données à l'exis- 
tence d'une mosaïque bicolore, et d'après la vue du terrain, à la 
probabilité d'une bonne conservation. Je soupçonnais quelque chose 
d'important, le lieu étant voisin de l'emplacement, assez indéter- 
miné, il est vrai, d'où l'on avait tiré jadis un fragment d'archi- 
trave portant l'inscription suivante * : 

DINVI 

ACDEINDEC 
NTONINVM 
S NVMINI I 
MI SER 

r Je commençai, muni de l'autorisation des propriétaires et usu- 
fruitiers du terrain, un sondage contre le mur précité, et je rencon- 
trai en effet une mosaïque bicolore, formée de prismes de pierre 
blanche et violacée, d'environ 1 4 millimètres décote. Ces dimensions 
des prismes et la largeur des dessins me firent présumer que 
j'avais affaire à un pavé de grandes dimensions. Toutefois, comme 
je faisais les fouilles à mes frais et risques, et que la mosaïque se 
trouvait à plus de 2 mètres sous le sol , j'avançais prudemment par 
tranchées. L'affluence des spectateurs attirés par la découverte» 
m'obligeait à ne décaper qu'un étroit rayon à la fois, ce qui me fit 
supposer d'abord l'existence de plusieurs mosaïques. Mais quand 
je vis que j'avais atteint la moitié d'une salle régulière, je reconnus 
f unité parfaite d'une mosaïque de dimensions exceptionnelles. Elle 
a i&",i9 de largeur dans œuvre et i3 ,n ,8i de longueur, auxquels 
il faut ajouter un hémicycle de 5 m ,3s de profondeur qui s'ouvre 
sur une des parois. La longueur maximum est donc de i8 ra ,/iQ. La 
salle est orientée assez exactement, l'hémicycle étant ouvert au sud 
5 degrés sud-ouest. La forme générale de cette salle et l'état de 
la mosaïque, qui n'a jamais supporté ni colonnes ni statues, me 
firent supposer que j'étais au fond d'une basilique dont la moitié 
septentrionale est en partie occupée aujourd'hui. 

1 Voir le nouveau Catalogue du musée des Voges. — Voir aussi : Jollois , Quel- 
eues emtiquités des Voges, i8û3, 1 vol. in- 4". 



— 122 — 

«Le rectangle central, qui a 8 m ,65 de longueur sur 5 m ,5o de 
largeur, est d'une si grande richesse et d'une si élégante compli- 
cation de lignes, qu'il déGe toute description. 

«t Aux extrémités du rectangle central, s'élancent quatre ani* 
maux qui semblent sortir d'élégants cartouches. Ce sont : un chien 
armé, un léopard, une panthère, un sanglier. Au centre se trou- 
vaient quatre arcades garnies chacune d'un personnage. La moitié 
de ce sujet a malheureusement disparu, ainsi qu'une partie des 
figures géométriques qui l'entouraient. Des deux personnages qui 
restent, l'un est complet: c'est un berger portant un masque de 
loup ou de chien. Il est serré dans un haillon frangé, il tient 
d'une main une cornemuse ou une houlette, il lève l'autre timi- 
dement comme pour consulter un gros personnage placé à sa 
gauche, sous l'arcade voisine. Celui-ci, sous son masque léonin, 
ne manque pas de majesté. Il étend la main droite vers son inter- 
locuteur, tandis que le mouvement de son corps, comme celui 
de sa tête tournée vers la gauche, semble indiquer quelque chose 
sous une arcade disparue. Le costume de ce gros personnage est 
fort intéressant. 

«(Le rectangle central, exécuté en prismes beaucoup plus fins que 
les parties environnantes et en teintes bien plus variées, est séparé 
de l'hémicycle par deux longues bandes rectangulaires : Tune est 
composée de fleurons gracieusement encadrés, l'autre se développe 
en rinceaux d'acanthe enroulés avec un goût parfait. Dans l'hé- 
micycle, une sorte d'imbrication composée de demi-cercles super- 
posés est entourée d'un liséré de denticules aigus. Enfin, le vaste 
encadrement du rectangle central précité est formé d'un quadrillé 
encadrant deux figures géométriques alternantes, et ceint lui-même 
d'une bande blanche où se détachent des espèces de croix pattées. 

«Les murs rectilignes du bâtiment ont i m ,95 d'épaisseur, ceux 
de l'abside 1 mètre. Le parement extérieur est en petit appareil 
romain d'une régularité parfaite, les joints étant placés sur une 
même verticale. A l'intérieur, le stuc les recouvre encore en grande 
partie. Dans ses épaisses couches, appliquées à l'aide de planches, 
qui ont laissé l'empreinte de leurs bords, on voit encore affleurer 
des fragments de marbre retenus par des crochets de bronze. Ces 
fragments étaient destinés sans doute à faire adhérer davantage le 
revêtement de stuc qui couvrait les parois. Ce revêtement devait 
être décoré lui-même de mosaïques en minces plaquettes de marbre 



— 123 — 

découpées et formant tableaux. Pai recueilli une grande quantité 
de ces plaquettes, comme aussi des moulures qui les encadraient. 

?Le haut des murs paraît avoir été tapissé de stuc blanc, jaune, 
range et bleu, au lieu de marbre. 

rLe sommet et la base de ces murs étaient garnis de moulures 
de marbre brun et blanc, dont j'ai conservé de nombreux fragments, 
et un cordon de marbre rouge joignait la mosaïque aux murs. 
L'abside s'ouvrait sur une arcade supportée par deux épais pilastres, 
dont une base et une corniche sont conservées; j'ai aussi recueilli 
de nombreux claveaux de l'arcade et des fenêtres. La couverture 
était une charpente de chêne garnie de planches de sapin. C'est ce 
qui résulte des empreintes produites par l'incendie sur la mosaïque, 
lors de la destruction de l'édifice. La pente même du toit, pente 
très faible, peut se déterminer exactement d'après la taille des 
pierres qui portaient les chevrons. 

«Chose étonnante! dans l'énorme cube de décombres que j'ai 
dû enlever pour mettre à jour la mosaïque et dégager les murs, il 
ne s'est pas rencontré le moindre objet, la moindre médaille de 
Tépoque romaine. Deux fragments d'un crâne humain, deux canines 
et nn énorme fémur de félin de très grande taille, voilà tout ce que 
Tépoque romaine a laissé sur ce passé. 

«r Après l'effondrement de l'édifice, des familles de l'époque méro- 
ïingienne ont dû y vivre dans une extrême misère. Elles n'ont 
laissé qu'une bractée, une marmite do bronze et quatre crémaillères 
avec quelques rares débris de leur vaisselle à demi cuite. Leurs 
épais foyers étaient adossés à six mauvais murs en pierres sèches, 
dont un seul a endommagé la mosaïque qu'il recouvrait. Un nouvel 
incendie ayant détruit ces cases de l'époque mérovingienne, des 
familles nouvelles les ont remplacées dans la deuxième moitié du 
xn" siècle. Leur séjour est marqué par deux testons de Charles IX, 
une bague d'argent don: portant des figures géométriques, un 
éperon d'acier ciselé et un petit crucifix de bronze dont la croix 
est élégammen ouvragée. 

trUn troisième incendie réduisit en cendres ce nouvel habitat, 
sans doute en i5g5 *. 

r Je citerai seulement pour mémoire un moyen bronze de Vespa- 

1 La ville de Grand fut prise, reprise, démantelée, saccagée, presque détruite 
a i5g5. 



— 124 — 

sien que j'ai recueilli à dix pas de la basilique, avec laquelle il n a 
qu une relation problématique. Toutefois je dois rappeler que le 
père Benoist disait de Grand : «On y a trouvé grand nombre de 
médailles dont la plupart sont de Vespasien 1 .* 

M. Voulot, en terminant cette note, exprime le vœu que le 
curieux monument découvert à Grand soit conservé intact, entouré 
d'un mur et surmonté d'un toit protecteur; ensuite, comme il 
fait partie d'un vaste ensemble, il serait du plus haut intérêt de 
poursuivre les fouilles sur le terrain ù peine cultivé qui le touche à 
l'ouest. 

M. Bertrand ajoute que M. Voulot est sur les traces d'une autre 
découverte; qu'il croit pouvoir affirmer que les gradins des arènes 
de Grand, décrites par Jollois, ne sont point assis, comme le croyait 
cet archéologue, sur une colline naturelle, mais qu'ils appartiennent 
à une construction sur voûte. 

M. Bertrand propose qu'une nouvelle subvention soit accordée à 
M. Voulot pour l'aider à achever ses explorations, et que la suite 
de l'affaire soit renvoyée à la Commission des monuments histo- 
riques, puisque les arènes de Grand sont classées. — Cette propo- 
sition est adoptée. 

M. de Grandmaison, correspondant à Tours, annonce au Comité 
la destruction récente, par un propriétaire désireux d'agrandir la 
cour de sa maison, d'une assez notable portion des murailles gallo- 
romaines de la ville de Tours. «La partie détruite s'étendait entre 
le côté nord de la rue Saint-Pierre-des-Corps et la Loire, et for- 
mait l'angle nord-est de l'enceinte. Elle mesurait ko mètres du sud 
au nord, perpendiculairement à la Loire, et i5 mètres en retour 
d'équerre du côté de l'ouest et parallèlement au fleuve. Nulle (race de 
tour à cet angle, où du reste une porte avait été ouverte a.u moyen 
âge. Le mur, de 4 m ,3o d'épaisseur, était revêtu d'un parement en 
petit appareil avec cordons de briques à des distances un peu inégales 
et variant de 75 à 90 centimètres. Le blocage intérieur était com- 
posé de matériaux de petite dimension et de toute nature : pierres 
tendres, pierres dures, moellons, débris de constructions antérieures, 
petits blocs cubiques ornés sur leur face externe de losanges et qui 
ont pu appartenir à un mur plus soigné. Il s'y est même rencontré 

1 Hiêioirt êccUêUutiquê et politique du diocètê de Toul. 



— 125 — 

in asseï grand nombre de briques rondes de sa à a 3 centimètres 
de diamètre et de 6 & 7 d'épaisseur, qui semblent provenir de co- 
lonnes laites de plusieurs pièces. Les débris de sculpture étaient 
assez rares et se composaient surtout de fragments de chapiteaux aux 
feuillages profondément fouillés, et de modillons sculptés sur trois 
faces. Le mortier très dur et très résistant qui liait le tout était 
compose de chaux pure et de sable de Loire, et généralement très 
blanc. Cependant quelques coulées étaient rouges et accusaient pro- 
bablement une restauration postérieure à la construction primitive 

1* Au-dessous de la muraille étaient les fondations, formées de gros 
blocs mesurant en général un mètre cube et simplement juxtaposés 
et superposés sans aucun ciment. Ils étaient presque tous en pierre 
dure analogue à celle de Sainte-Maure. La plupart avaient été non 
seulement équarris mais dressés au marteau , plusieurs même avaient 
gardé le trou de louve qui avait servi à les mettre en place, et tout 
indiquait qu'ils provenaient de monuments antérieurs. Parmi eux se 
trouyaient plusieurs tambours de colonnes, dont l'un aux profondes 
cannelures avait 85 centimètres de diamètre, et dont un autre, sim- 
plement arrondi, ne mesurait pas moins de $5 centimètres, ce qui 
indique un monument de dimensions considérables. 

t Enfin il a été rencontré dans ces fondations des morceaux de 
sculpture dont quelques-uns paraissent devoir être signalés : 

* i* Sur une pierre coquillière, de médiocre qualité et assez peu 
favorable à la sculpture, se détache en ronde-bosse et de grandeur 
naturelle une femme assise, vue jusqu'à la ceinture, ayant à sa 
gauche uu enfant ailé vers lequel elle se penche , mais dont elle est 
séparée par une grappe de fruits trop gros pour être des raisins. 
L'enfant, qui représente probablement l'Amour ou quelque génie, 
est entièrement nu , la femme est vêtue et bien drapée. Les visages des 
deux personnages ont beaucoup souffert, mais celui de la femme, 
mieux conservé que l'autre, présente des traces incontestables de 
peinture, ce qui est rare dans nos contrées sur les monuments an- 
tiques. Les yeux sont entourés d'un cercle rouge, et des points 
également rouges marquent les prunelles. Ce groupe devait faire 
partie d'une composition plus étendue et destinée à être vue de 
loin ou de haut. 

fr9° Une sorte de faune barbu, d'un relief très bas, au nez écrasé, 
aux joues bouffies, aux lèvres épaisses, coiffé d'uue calotte ronde 
surmontée d'un bouton. Sa large Ggure emplit un cercle placé 



— 126 — 

dans un losange encadré lui-même dans quatre baguettes formant 
un carré dont les angles sont occupés par des arabesques qui rap- 
pellent par leur forme la pelta antique. 

«3° Un fragment de frise d'un relief également très bas, conte- 
nant des arabesques disposées en losanges dont les angles sont dé- 
corés du même ornement en forme de petto. 

<r 4° Un pied et un bas de jambe, en très haut relief et plus grand 
que nature, le pied mesurait ko centimètres. 

«5° Un chapiteau d'ordre composite d'un mètre de haut, très 
mutilé. 

«6° Un encadrement d'un bon style; de 5o centimètres sur 6o, 
destiné sans doute à recevoir une inscription , qui manque malheu- 
reusement. 

<t Enfin plusieurs gros blocs portant des traces de sculptures im- 
possibles à déterminer et dont plusieurs paraissent même n'avoir 
jamais été achevées. 

ftQuel peut être l'âge de ces débris? 

<t Ils sont évidemment antérieurs à la construction de nos remparts , 
que l'on attribuait autrefois au commencement du y 9 siècle ou tout 
au plus à la fin du vi*. Mais on tend de plus en plus à la faire re- 
monter, avec tous les ouvrages du même genre, à la fin du m e siècle, 
ainsi que, l'un des premiers, j'essayais de l'établir dans une note 
insérée en 1 8 5 9 dans le tome XI des Mémoires de la Société archéologique 
de Touraine. Ces fragments seraient donc au moins du 111 e siècle, 
et rien dans leur style et dans leur facture ne s'oppose à cette attri- 
bution. 

<r Si l'on considère que trois couches de blocs seulement ont été 
enlevées des fondations, qu'il en reste au moins deux, et que l'on 
n'a guère exploité que la trentième partie de la muraille gallo- 
romaine de Tours, on pourra se faire une idée du nombre consi- 
dérable de monuments publics qui embellissaient l'antique Cœsaro- 
dunum, car des pierres de la dimension de celles qui ont été mises 
au jour ue pouvaient appartenir cju'à des monuments publics ou à 
des palais. 

«Les fouilles n'ont donné aucune monnaie romaine; quant aux 
monuments épigraphiques, la récolte s'est bornée à trois fragments 
d'inscriptions, dont un seul même est certainement antérieur à la 
construction de la muraille, puisque seul il a été trouvé dans les 
fondations. 



— 127 — 

lis sont tellement mutilés que la restitution en est bien difficile, 
k des estampages en seront prochainement emoyés au Comité.» 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Sec ré ta ir e de la Section d'archéologie. 

R. DE LiSTBYRIB, 

Membfo du Comité. 



RlPfOMT FMB3EXTi AU NOM DELA COMMISSION CE AUGE B ù' EXAMINER VN PROJET 
DE PUBLICATION d'dN RbCCBIL ù' ANCIENS INVENTAIRES. 

Par une lettre en date du 9 5 février dernier, M. Roman, corres- 
respondant du Ministère, proposait an Comité des travaux histo- 
riques de publier dans lejs Mélanges plusieurs inventaires d'objets 
fart et de joyaux possédés par les princes de la maison d'Orléans 
et portant diverses dates comprises entre i3ga et 1&81. M. Roman 
offrait en même lenfps de joindre aux pièces inédiles, dont la copie 
accompagne sa lettre, un état des bijoux apportés en France, en 
1389, par Valentine de Milan, état déjà imprimé, mais fort incom- 
plètement, dans le grand recueil de Muratori. 

Cette communication devint le point de départ de plusieurs pro- 
positions émanées des membres du Comité, qui ont singulièrement 
élargi les limites de la question. Nous allons les indiquer sommai- 
rement : 

1" Proposition de créer un recueil de Mélanges archéologiques con- 
sacre particulièrement à la publication d'auciens inventaires; 

a* Impression dans cette collection, s'il y a lieu, des inventaires 
anciennement adressés au Comité et déposés aux Archives; 

3* Confection d'une liste bibliographique des inventaires [Kibliés 
jusqu'ici, liste qui paraîtrait en tête du recueil projeté. 

Ces diverses propositions furent renvoyées, avec celle de M. Ro- 
man, par les Sections, alors réunies, d'histoire et d'archéologie, à 
[examen d'une commission composée de MM. Chabouilicl, Darcel, 
de Lasteyrie et Guiffrey. Le nom seul des commissaires, tous 
membres de la Section actuelle d'archéologie, indique suffisamment 
à quelle classe du Comité revient aujourd'hui l'examen de la ques- 
tion. Aussi, dans une de vos dernières réunions, avez vous conGrmé, 
au nom de la Section d'archéologie, les pouvoirs des commissaires 
antérieurement désignés. 



— 128 — 

Premier point à examiner : convient-il de créer un recueil de 
mélanges archéologiques et d'en consacrer le premier volume à un 
choix d'anciens inventaires ? 

Ce n'est pas la première fois que pareille question se pose devant 
la Section d'archéologie. Une proposition identique a été discutée 
ici el résolue par l'affirmative, il y a bientôt trente ans. On lit en 
effet dans ie procès- verbal imprimé de la séance du 3 juillet i854* : 
«M. Guessard fait remarquer que la Section d'archéologie a dési- 
gné plusieurs inventaires pour entrer dans la portion du volume 
de Mélanges qui lui est réservée; mais ces inventaires paraissent de- 
voir exiger plus «de place qu'il n'en devrait régulièrement être laissé 
à la disposition de la Section. M. Guessard signale en outre l'incon- 
vénient de séparer ces documents de l'inventaire de Charles V, qui 
doit être publié à part et qui sera accompagné d'un glossaire auquel 
il sera indispensable d'avoir recours pour les inventaires destinés à 
paraître dans les Mélanges. En conséquence, il propose de deman- 
der à M. le Ministre d'autoriser M. de Laborde à publier deux vo- 
lumes d'inventaires, l'un comprenant l'inventaire de Charles V et le 
second les divers inventaires primitivement admis pour les Mé- 
langes. — Adopté, n 

Six mois après cette séance, un rapport sur les travaux du Co- 
mité, présenté au Ministre de l'instruction publique à la date du 
3t janvier i855, reproduit presque littéralement la proposition de 
M. Guessard, en ajoutant la phrase suivante : rr Cette proposition 
a été agréée et Votre Excellence a bien voulu mettre en même temps 
à la disposition de l'éditeur les moyens de faire commencer immé- 
diatement la gravure des dessins sur bois qui seront joints au texte 
et qui reproduiront les types des principaux objets indiqués dans 
ces inventaires. * 

Pourquoi n'a-t-il pas été donné suite à un projet si favorablement 
accueilli à l'origine? Il importe peu de le rechercher. Qu'il nous 
suffise d'avoir établi l'ancienneté de la proposition qui se représente 
aujourd'hui. Il s'agit en effet de reprendre un projet déjà bien vieux, 
dont maintes fois les anciens membres de la Section d'archéologie 
ont déploré l'abandon. 

Le moment actuel semble d'ailleurs particulièrement favorable 
pour mettre ce projet à exécution. Jamais on n'a recherché avec 

1 Tome II, page 627. 



— 129 — 

autant d'ardeur que depuis quelques années les textes riches en 
renseignements sur le mobilier, la parure, le costume et les mœurs 
de l'ancien temps. Aucun document ne vaut, à ce point de vue, 
un inventaire. Peut-être, avec f activité fébrile qui distingue notre 
époque, s'est-on jeté avec trop d'ardeur sur tout ce qui se présentait. 
a-t-on accueilli indistinctement, avec une trop grande complaisance, 
tons les documents rencontrés, sans égard à leur intérêt, à leur 
date, à leur provenance. Bien des inventaires d'une importance ca- 
pitale restent inédits, tandis que nous en voyons paraître chaque 
jour d'autres d'une utilité contestable pour les études historiques 
ou archéologiques. Il appartiendra au Comité de discerner parmi 
les propositions soumises à son examen celles qui mériteront de 
passer les premières, de signaler même aux travailleurs 1rs docu- 
ments dignes de leur attention. 

N'est-il pas regrettable, par exemple, que l'étal des trésors de toute 
nature réunis par un prince aussi éclairé, aussi intelligent que le 
duc de Berry, n'ait pas encore été mis en lumière? Voilà une tache 
de nature à tenter un jeune archéologue et a lui faire honneur. 
Certainement un pareil document serait accueilli avec empressement 
dans la collection dont le plan vous e*t aujourd'hui soumis. 

Votre Commission a pensé qu'il y aurait réelle utilité à réunir, à 
grouper, a éclairer l'un par l'autre ces inventaires disséminés aujour- 
d'hui dans vingt recueils différents et donl la Revue des Sociétés 
savantes a, pour sa part, recueilli un certain nombre. 

Une Commission spéciale serait investie par le Comité du soin 
d'examiner les travaux proposés, de les accepter, de surveiller haïr 
publication; mais la tâche de suivre de près l'impression du volume 
d'en coordonner les éléments divers, et surtout de rédiger les tables 
et le glossaire, indispensables en pareille matière, doit être réservée 
à une seule personne, à un éditeur responsable, pris dans le sein 
du Comité. 

En effet, l'intérêt principal de la collection que votre Commission 
est d'avis de commencer le plus tôt possible consiste dans le rap- 
prochement et la comparaison de plusieurs textes, d'époques et de 
localités différentes. Or il importe, aussi bien pour assurer l'unité 
d'une publication de cette nature que pour en tirer tout l'avantage 
dont elle est susceptible, qu'un éditeur compétent en suive de près 
la composition, en résume la substance dans une table bien com- 
plète et dans un glossaire offrant tous les éclaircissements désirables. 

ARCflKOlOWK. i) 



— 130 — 

La tâche est lourde, il est vrai; mais le Comité ne manque pas 
d'érudits capables de la mener à bonne fin. 

Une objection s'est produite, dont il convient de dire quelques 
mots. Une fois le volume commencé, n'est-ii pas à craindre qu'il 
reste longtemps en suspens, faute de matériaux? Une pareille préoc- 
cupation ne doit pas vous arrêter. Les manuscrits renvoyés à votre 
Commission occuperont au moins un demi-volume. Il ne sera pas 
difficile de trouver la matière nécessaire pour compléter ce tome 
premier de Mélanges , en s adressant, au besoin , aux membres mêmes 
du Comité. 

Toutefois il n'entrerait dans la publication projetée que des do- 
cuments relatifs à la France , d'une réelle valeur historique ou ar- 
chéologique. Ceux que propose M. Roman appartiennent tout à fait 
à cette catégorie. Les inventaires des princes de la maison d'Orléans, 
surtout l'état des joyaux et pierreries du malheureux frère de 
Charles VI, fournissent les détails les plus précis et les plus curieux 
sur le luxe inouï de cette époque en fait de costume et de parure. 

Aux inventaires fournis par les collections de la Bibliothèque 
nationale M. Roman a joint des pièces plus courtes, quittances, 
ordres de payement, décharges et autres documents présentant 
tous les éléments d une annotation substantielle. Les plus longues 
de ces pièces détachées trouveraient place dans un Appendice , à la 
suite des inventaires. 

M. Roman voudrait en outre réimprimer l'inventaire des bijoux 
et objets de prix apportés en France par Valentine de Milan, en 
faisant observer toutefois que ce document a été publié déjà, mais 
incomplètement, parMuratori. 

La Commission a pensé que cette proposition devait être favora- 
blement accueillie, après avoir constaté par un examen attentif 
que le texte de Muratori diffère sensiblement de celui du manuscrit 
conservé aux Archives nationales. D'ailleurs le Muratori, qui manque 
à beaucoup de bibliothèques, ne se trouve pas à ta portée du plus 
grand nombre des travailleurs. Ajoutons que les recherches y sont 
parfois difficiles quand les documents ont été oubliés dans les tables 
qui remplissent le tome XXVII 6 ; c'est précisément le cas pour l'inven- 
taire de Valentine de Milan. 

Les quatre inventaires de la maison d'Orléans proposés par 
M. Roman feraient la matière de cent vingt à cent quarante pages 
d'impression. 



— 132 — 

verra mieux, quand on possédera cet état, ce qui reste à faire et de 
quel côté doit se porter la sollicitude du Comité. 

Une dernière question a préoccupé votre Commission. Jusqu'ici 
la plupart des volumes appartenant à la Collection des documents iné- 
dits ont été publiés dans le format in-quarto. La Section d'histoire 
s'est conformée pour sa collection de Mélanges aux usages anciens. 
Convient-il de suivre la même règle pour les Mélanges archéologiques? 
N'y aurait-il pas avantage à adopter, pour une série entièrement 
nouvelle, un format plus commode et moins dispendieux? 

La Section d'archéologie, un des membres de la Commission Ta 
fait remarquer, ne s'est jamais astreinte sous ce rapport, comme la 
Section d'histoire, à une loi inflexible. La dimension des volumes 
qui forment en quelque sorte le patrimoine propre de notre Section 
a varié suivant la nature et les exigences des publications. Nous 
avons des in-folio de toutes les tailles à côté de nos in-quarto; 
certains textes ont paru dans le format ordinaire, accompagnés 
d'un atlas de grandes planches. Quelques chiffres feront ressortir les 
avantages que présenterait l'adoption du format in-octavo pour la 
nouvelle publication qui vous est proposée. 

Prenons le Bulletin du Comité comme type de l'in-octavo ordi- 
naire. Il compte 39 lignes à la page et 5o lettres en moyenne à la 
ligue, soit 1,950 lettres à la page; tandis qu'une page in-quarto 
d'un volume des Documents inédits ne contient que 33 lignes faisant, 
avec 55 lettres en moyenne à la ligne, un total de 1,81 5 lettres à 
la page. La page in-octavo a donc déjà à son avantage 1 35 lettres 
de plus que la page in-quarto. 

A calculer par feuille sur les données qui précèdent, on trouve 
que la feuille in-octavo renferme 3 1,200 lettres, et la feuille in- 
quarto i&,5ao lettres seulement, c'est-à-dire moins de moitié. Cette 
différence devient plus sensible encore s'il s'agit de pièces présentant 
de nombreux alinéas; plus les lignes sont longues, plus on perd de 
place. Ainsi, une feuille in-octavo tient plus du double de la matière 
qui entre dans une feuille in-quarto, ou, autrement dit, un volume 
uV quarante feuilles in-octavo correspond à peu près, comme ina- 
ty&re* à un volume in-quarto de cent feuilles. Soit, pour la dépense 
ta papier, économie de plus de moitié, et, sans avoir de bases cer- 
tyÂW*t on peut affirmer que la feuille d'impression de 16 pages 
tfeiKtaxo ne coûte pas le double de la feuille de 8 pages in-quarto. 

\V* W veuille bien considérer encore ceci : les documents dont il 



— 133 — 

s'agît ne se lisent pas d'un bout à l'autre, ainsi que des textes his- 
toriques ou littéraires, on les parcourt, on les consulte comme un 
répertoire ou un dictionnaire, et c'est pour cela que des tables bien 
ordonnées, complètes, paraissent indispensables. Un gros caractère 
est donc moins nécessaire pour une publication de cette nature que 
pour des pièces d'une lecture courante. 

Nous ne nous étendrons pas davantage sur cette question, c'est 
au Comité d'apprécier si des volumes in-octavo ne sont pas plus 
commodes à manier que les lourds in-quarto. 

Telles sont les questions que soulèvent les diverses propositions 
renvoyées à l'examen de la Commission. Elle soumet à votre appro- 
bation, k l'unanimité, les résolutions suivantes : 

î 9 Un recueil de Mélanges archéologiques sera créé et consacré 
d'abord à la publication d'anciens inventaires. 

9* Cette nouvelle publication sera faite dans le format et avec le 
caractère du Bulletin du Comité. 

3° Une Commission nommée par le Comité sera spécialement 
chargée de diriger et de surveiller cette publication. 

4° Chaque volume, composé d'un ou de plusieurs inventaires, 
sera accompagné d'une table-glossaire aussi détaillée que possible. 

Le premier volume des Mélanges contiendra en outre un relevé 
de tous les inventaires publiés jusqu'à ce jour, soit isolément, soit 
dans les Revues scientifiques de Paris et de la province. 

5° Les inventaires des princes d'Orléans , proposés par M. Roman , 
et l'inventaire de Valentine de Milan seront publiés dans le premier 
volume des Mélanges archéologiques, ainsi que le procès-verbal de la 
vente des biens de l'archevêque de Rouen , Guillaume de Lestrange , 
annoté par M. Le Breton. 



La châpbllb Notre-Dame du Revest à Esparron-db-Pallières (Vin). 
Communication de M. Rostan, correspondant à Saiut-Maximin. 

La chapelle de Notre-Dame du Revest , à Esparron-de-Pallières 
( Var), ne figure pas dans la belle monographie des églises romanes 
du midi de la France, de M. Revoil, cependant elle paratt offrir 
un certain intérêt. 

irLa chapelle Notre-Dame du Revest, dit M. Rostan, est située 
au quartier de ce nom à Esparron-de-Pallières, elle s'élève sur l'em- 



— ISA — 

placement d'un établissement romain dont il subsiste encore quel- 
ques vestiges. À cet établissement avait succédé un monastère, ruiné 
très probablement par les Sarrasins au vm* siècle l . Au u°, le sol 
de cet édifice religieux avec les terres environnantes fut donné à 
f abbaye de Saint- Victor de Marseille. C'est de cette époque que 
date la construction d un nouveau monastère ou prieuré aujourd'hui 
détruit, et d'une chapelle encore conservée que l'archevêque d'Aix 
Pierre I" consacra en io33, sous l'invocation de Sainte-Marie, 
mère de Dieu, et de saint Jean-Baptiste a . De nombreuses chartes 
de l'abbaye de Saint-Victor font mention de ces faits. » 

M» Rostan estime qu'une partie de cette chapelle peut remonter 
à l'époque même de la consécration mentionnée dans le Cartodaire 
de Saint-Victor, le reste serait du xii* siècle. Les monuments à date 
certaine, ceux qui remontent au commencement de l'époque ro- 
mane principalement, sont assez peu communs, il serait donc fort 
à désirer qu'une bonne étude f&t consacrée au monument signalé 
par M. Rostan. Malheureusement les renseignements que ce très 
zélé correspondant nous a transmis sur les dispositions architecto- 
niques du monument manquent de précision. Nous y voyons seu- 
lement que la chapelle du Revest est un petit édifice de quatre tra- 
vées, voûté en berceau garni de doubleaux. Elle doit avoir des bas 
côtés, car M. Roslan nous apprend que les arcades latérales de la 
nef sont en plein cintre, sauf la première qui est en arc brisé; mais 
à cela se bornent à peu près les renseignements qu'il nous fournit 
sur la structure du monument. Le berceau de la nef est-il en plein 
cintre ou brisé? Quelle est la forme des voûtes des bas côtés? Quelle 
est la forme des piliers qui soutiennent l'église? N'y a-t-il pas des 
fenêtres percées dans les murs des bas côtés? Ce sont là, entre plu- 
sieurs autres, des points importants sur lesquels M. Rostan est resté 
muet. J'ajoute que des photographies ou tout au moins un bon 
plan nous en eussent appris plus que toutes les descriptions. 

La chapelle de Notre-Dame du Revest possède deux tables d'au- 
tel probablement fort anciennes, car elles sont creusées de plusieurs 
centimètres et entourées d'un cadre de moulures; l'une d'elles me- 

1 «Qui j«m, longo vero tampore, destroetui fuit a pagania.» (CarhU. i§ Sanu- 
Victor, t. 1, 11*269.) 

' «UncLe domnus Petru* Aquensis anlistes, cum canonicia suis ammonitus con- 
sacrât atque sanctificat Domino haoc ecdesiam in bonorem sancte Marie Dei geni- 
trfrifl et sancti Johannts Baptiste.» (Ibid., 1 1, n° «68.) 



— 135 — 

*u* i", 90 de longueur sur 65 centimètres de largeur; l'autre me- 
ure i a ,8S sur t mètre. Cette'dernière sert, parait-il, de marchepied 
«banc des marguilliers; M. Rostan a proteste auprès du curéd'Es- 
parroo contre une profanation aussi choquante au point de vue 
religieux que regrettable au point de vue archéologique. Il serait 
à désirer que F Administration prit les mesures nécessaires pour 
mettre en lieu plus convenable et plus BÛr un objet aussi intéressant. 
On Toit encore dans la chapelle du Revest deux inscriptions ro- 
maines. La première sert de support à une table de pierre, elle est 
admirablement conservée, et ainsi conçue : 

T • DOMITI • L • F • TER • PED VLLO 
AKELATENSI • OMNIBVS * 
HONORIB • IN ' COLON • 
SV A • FVNCTO • EVTYCHON • 
LIBERTVS- 

TiÊm Dmmêiùf LttcHfitio, Teretina, PedmUo, Artlaimui, ommbu$ honoribu$ tu co- 
km*mafimeto 9 Eutycken tibertut 1 . 

La plupart des auteurs qui ont publié cette inscription ont lu 

PerduRo au lieu de PeduUo. La seconde forme parait la meilleure. 

M. Charles Robert la croit dérivée de Pedo, comme homullus de homo. 

La seconde porte : 

c-ivlio 
vitioni-q, 

IVL1VSSN> 

ESTES -FRATRI • 

IVLIAE'Q^F-AVI 

TAE'Q:LVCANIVS 

INSEQVENSOP 

TVMEVXSORP 

Il faut y joindre une inscription du xvi e siècle encastrée dans le 
sol de l'église à l'entrée de l'abside et qui recouvre la sépulture de 
deux membres de la famille d'Arcussia , anciens seigneurs d'Espar- 

1 M. Rostan interprète mal cette inscription. Du mot TER il fait un gentiliaum 
Ti il mi m, tandis que c'est le aigle bien connu de la tribu Teretiiui. Cette pierre a 
do reste été signalée depuis longtemps. M. Rostan eu a trouve le texte dans Bouche, 
EmU cterog. iê I Vêvemeê, L I, p. *3s ; Papou, UUt. de Provence, t. 1, p. 3*7; La 
Lauére, HUL fArlm, inscripL p. XXIV, n° 169; l'abbé Féraud, HuL géogr. et 
tUgitf. dm BmMêm-Alpêê, p. 2 A3 ; Noyon, Statùûq. du Var; BonsteUen , Carte mrchéol. 
du For, p. 18; etc. 

t QtU* inacription, très connue comme la précédente, a été également publiée 
par Bouche, Bonstetten, etc. 



— 136 — 

ron. Le frottement des pieds l'a rendue assez fruste, et les deux 
estampages que M. Rostan en a joints à sa copie ne permettent de 
lire avec certitude que ce qui suit : 

cg gtfl fratttttg* fc awttf fa «ts r fclpaw[0it] 
ûlî fc fog* (ôte fc t«prt fcattlfettww m[wt] 
[&]* tl Un&vtoU «m wigattirae fc «apte *tt[s r ] 
fc forcé* <t ptafttiir* antre* plwt* ttt 
pwmttttt fma (a lu* 1505 l ott twg* te «a 
ttttttbw 

1546 tt H mag» tortafo* J*frm fc [arat]ffw 
Ux& v fetparw fût fc fawttg* «tt tewte. . . 
repolie 2 . 

M. Rostan a retrouvé les armoiries de la famille d'Arcussia 3 , jointes 
à celles des Glandevès 4 , peintes sur une litre funèbre à l'intérieur 
de la chapelle. Il rappelle à cette occasion que. François d'Àrcussia 
avait épousé en 1&80 Madeleine d'Esclapon, dame d'Esparron de 
Pallières, dont il eut le fils mentionné dans l'inscription. Celui-ci 
eut lui-même deux fils, dont l'un fut chevalier de Malte, et l'autre, 
Gaspard d'Àrcussia, vicomte d'Esparron, épousa en t546 Mar- 
guerite de Glandevès. C'est ce dernier évidemment qui fit graver 
l'épitaphe de son père et de son grand-père et qui fit peindre la 
litre dans la chapelle de Notre-Dame du Revesl. 

En remerciant M. Rostan de cette intéressante communication, 
je proposerai au Comité de s'associer au vœu que notre correspon- 
dant exprime de voir classer l'édifice qu'il nous signale parmi les 
monuments historiques; et je demanderai qu'à cet effet sa commu- 
nication soit renvoyée à l'administration des beaux- arts, pour être 
soumise à la Commission des monuments historiques. 

R. ds Lasteybie, 

Membre du Comité. 
1 Ou i5oi. 

* Cette dernière ligne est très fruste. M. Rostan a lu : «est décédé la ... . année 

de son temps, ici repose.» Je croirais plutôt distinguer sur l'estampage les mots : 

«est décédé et [près du corps] de son feu père repose. » Mais cette lecture est trop 

incertaine pour que j'ose la proposer. 

3 D'or à la fasce d'azur accompagnée de trois arcs de gueules posés en pal. 

4 Fascé d'or et de gueules de six pièces. 



BULLETIN 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



ARCHEOLOGIE. 



SÉANCE DU 19 NOVEMBRE 1883. 



PRESIDENCE DE M. HENRI MARTIN. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

La Commission des monuments historiques de la Gironde de- 
mande une subvention en vue d exécuter des Fouilles pour le déga- 
gement de la mosaïque de Plassac. — Renvoi à M. Desjardins. 

L'Académie d'Hippone demande une subvention pour l'installa- 
tion de son musée épigraphique. — Renvoi à M. de Yillefosse. 

La Société de statistique des Deux-Sèvres demande une subven- 
tion pour continuer les fouilles quelle a entreprises à Rom. — 
Renvoi à M. Bertrand. 

La Société savoisienne d'histoire et d'archéologie demande une 
subvention en vue de fouilles quelle voudrait entreprendre aux 
abords du lac du Bourget. — Renvoi à M. Bertrand. 

La Société historique et archéologique du Périgord demande 
une subvention pour l'indemniser des frais que lui ont occasionnés 
les fouilles qu'elle a exécutées en 1 883 à Castel-Sarrazi. — Renvoi 
à M. de Lasteyrie. 

M. le Ministre de l'instruction publique consulte le Comité sur la 
demande en reconnaissance légale formée par la Société archéolo- 
gique de Montauban. — Renvoi à M. Ramé. 

AicaioLOGiK. io 



9 

L 



— 138 — . 

M. Barbier de Montault, correspondant du Ministère à Poitiers, 
envoie la copie d'un inventaire de la sacristie du Moutiers d'Àhun 
(Creuse), rédigé en i656. — Renvoi à M. Guiffrey. 

Le même correspondant envoie la copie d'un catalogue des re- 
liques de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers. — Renvoi à M. Le 
Blant. 

M. Charvet, correspondant du Ministère à Alais, envoie la pho- 
tographie des principaux objets trouvés dans la grotte de Rousson , 
dont il avait entretenu le Comité dans une communication précé- 
dente l . -=— Renvoi à M. Bertrand. 

M. l'abbé Hamard, curé de Hermès (Oise), envoie la description 
des objets découverts dans les fouilles du Mont de Hermès. — Ren- 
voi à M. Le Blant. 

M. Leciercq de la Prairie, correspondant du Ministère à Sois- 
sons, communique le texte de treize inscriptions qu'il a relevées 
sur des cloches du département de l'Aisne. — Renvoi à M. de 
Lasteyrie. 

M. Auguste Nicaise, correspondant du Ministère à Châlons-sur- 
Marne, adresse une note sur les sigles figulins découverts dans les 
gisements gallo-romains du département de la Haute-Marne. — 
Renvoi à M. Charles Robert. 

M. Payen, correspondant du Ministère à Sé(if (Algérie), envoie 
une notice sur la découverte d'un champ funéraire à Sétif. — Ren- 
voi à M. Héron de Villefosse. 

M. l'abbé Pottier envoie la copie de trois inventaires relatifs à 
l'église Saint-Jacques de Montauban. — Renvoi à M. Demay. 

M. Pouy, correspondant du Ministère à Amiens, adresse une no- 
tice sur la découverte à Boves, près d'Amiens, d'une construction 
du xm e siècle dépendant de l'ancien Hôtel-Dieu de cette localité, 
ainsi que des dessins représentant les principaux ornements sculp- 
tés de ce monument — Renvoi à M. Ramé. 

M. l'abbé René, à la Capelle (Gard), envoie copie d'un inven- 
taire des joyaux de l'abbaye de Psalmody, d'un inventaire des or- 
nements de l'église d'Aigues-Mortes et d'un inventaire des reli- 
quaires et joyaux de la même église. — Renvoi à M. Darcel. 

M. Siegen, conducteur des ponts et chaussées à Luxembourg, 
envoie une carte archéologique du grand-duché de Luxembourg, 

1 Voir à la séance du 11 juin i883, ci-dessus p. 81. 



¥ -- 



— 139 — 

me une notice explicative de cette carte. — Renvoi à M. de Bar- 
thélémy. 

Sont déposes sur le bureau les ouvrages suivants, offerts au Co- 
mité' par leurs auteurs : 

Troie inscriptions nouvelles du département de l Hérault, par M. Caza- 
lis de Fondouce. 

Quelques observations sur les premières monnaies des Comtes de 
Flandre, par M. Deschamps de Pas. 

Vitrail de l église du collège de Courdemanche (Sarthe). — Vitrai/ de 
la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à F abside de F église de Sobre- 
le-Ckâteau (Nord), par M. 1 Eugène H u cher. 

V art en Saintonge et en Aunis, tome I, arrondissement de Saintes, 
par M. l'abbé Julien Laferrière et M. Georges Musset. 

Sceaux picards de la collection Charvet, par M. de Marsy. 

Le cisnetière de la Fosse Jean-Fat, à Reims, par M. Auguste Ni- 
eaise. 

Enfin M. Henri Martin fait hommage au Comité, de la part de 
l'auteur, de ¥ Inventaire des monuments mégalithiques du département 
flUe-et'VUaine, par M. P. Bézier. 

La Section décide que ces ouvrages seront déposés à la biblio- 
thèque des Sociétés savantes et que des remerciements seront adres- 
sés aux auteurs. 

M. Desjaedihs expose qu'il n a pu obtenir de renseignements assez 
précis sur les demandes de subvention présentées par MM. Pinchard 
et Morand, et dont l'examen lui avait été précédemment confié. 
U prie la Section de lui adjoindre un autre membre qui puisse 
laider à apprécier ces deux demandes. La Section désigne M. de 
Lasteyrie. 

M. di Lasteybii dépose un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par la Société philomatique vosgienne. Cette société 
motive sa demande sur les frais qu'elle a dû faire pour la publi- 
cation d'un important mémoire, accompagné de nombreux dessins, 
relatif à l'église de Saint-Dié. Le Comité, considérant que ce mé- 
moire ne constitue pas une publication exceptionnelle, qu'il fait 
partie d'un assez mince volume du Bulletin de la Société philoma- 
tique, et que les subventions du Ministère ne doivent servir qu'à 



10. 



— 140 — 

encourager les publications ou les travaux extraordinaires des so- 
ciétés savantes, estime qu'il n'y a pas lieu de donner suite à cette 
demande. 

M. de Lastetrie dépose un rapport sur une demande de subven- 
tion présentée par la Société de Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie). 
Cette société avait fait, il y a quelques mois, une première de- 
mande qui n'avait pu être accueillie. Elle n'a publié depuis lors 
aucun travail qui soit de nature à faire revenir le Ministre sur sa 
décision. Le Comité estime donc qu'il n'y a pas lieu d'émettre un 
avis favorable. 

M. Rayet dépose un rapport sur une demande de subvention 
présentée par M. Bottin, receveur des postes à Saint- Valiier (Alpes- 
Maritimes), à l'effet d'entreprendre des fouilles. Le Comité, ne se 
trouvant pas suffisamment édifié sur l'intérêt que peuvent offrir les 
recherches que M. Bottin se propose de faire, estime qu'il n'y a 
pas lieu actuellement de donner suite à sa demande. 

M. Darcel fait un rapport verbal sur Y Inventaire de Féglise métro- 
politaine iAix en i533, dont copie a été envoyée par M. l'abbé Al- 
banès, correspondant du Ministère à Marseille. 

Cet inventaire, riche en pièces d'orfèvrerie et en vêtements sa- 
cerdotaux, ne soulève guère de questions d'interprétation. Tous les 
termes employés sont connus, sauf un : c'est celui d'or dame, qui sert 
pour désigner l'or de certains orfrois, en opposition à celui (Vorjin 
appliqué à certains autres. Le mot est une fois écrit avec une barre 
sur l'm, mais le plus souvent sans signe abréviatif. 

Le rapporteur a vainement cherché dans les anciens traités sur 
la fabrication des filés d'or quelle pouvait en être la signification. 
Il suppose que c'était de l'or demi-fin, comme celui dont les Mila- 
nais avaient le monopole, et qui était fait de cuivre argenté et 
doré d'un seul côté. 

M. l'abbé Albanès a d'ailleurs pris soin de traduire dans des 
notes nombreuses tous les mots d'un latin par trop provençal que 
renferme le document. 

Ces notes sont reléguées à la fin de la copie, mais il convien- 
dra de les rétablir, en imprimant cet inventaire, au bas des pages 
qui contiennent chacun des articles auxquels elles se rapportent. 



— 141 — 

il. Darcel conclut, en effet, à la publication du document eom- 
moaiqué et commenté par M. Tabbé Allâmes. — Renvoi à la Com- 
mission de publication 1 . 

H. Desat rend compte d'un iuléressant travail de M. Philippe 
de Bosredon sur la Sigillographie dm Bas-Limousin y dont la Société 
scientifique, historique et archéologique de la Corrèze- a entrepris 
la publication. Il en reparlera avec plus de détail quand la tin du 
travail lui sera parvenue. 

M. Desjaidiss dépose sur ie bureau deux estampages d'une im- 
portante inscription latine découverte au mois de juin dernier, par 
M. Maspero, à Coptos, sur les bords du Nil. Ce précieux texte, que 
M. Desjardins a communiqué à l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres dans sa séance du 29 juiu i883, donne la liste des légion- 
naires qui ont réparé, vers la fin du 11* siècle, les citernes creusées 
aux lieux d'étape de la route commerciale de Coptos à Bérénice, 
port situé à rentrée de la mer Rouge. M. Desjardins donne un com- 
mentaire de ce monument et demande qu'une reproduction en soit 
faite pour le Bulletin. — Renvoi à la Commission de publication 3 . 

M. Desjardins entretient également la section d'un diplôme mili- 
taire récemment découvert et dont il s'engage à apporter prochaine- 
ment le texte exact. 

M. GtirraBT communique la photographie d'une dalle de pierre 
sur laquelle sont gravées les figures de deux jeunes gens agenouillés, 
en costume du xiv* siècle. Cette pierre est aujourd'hui conservée 
dans une maison particulière du village de Soisy-sous-Etioles. Les 
inscriptions qui se lisent au-dessous des deux figures font connaître 
que ces jeunes gens sont les fils de Giles Malet, dont l'église de Soisy 
possède encore un curieux monument, qui a été fidèlement reproduit 
dans ie Becueil des inscriptions du diocèse de Paris 1 . Nul doute que la 
pierre signalée par M. Guiffrey n'ait appartenu au même monument, 

1 Voir le texte de eeUe communication, ci-après p. 169. 

* Bulletin de la Soc. kist. et archeoL de la Corrèze, à Brive, t. II, p. 73 1 ; t. III, 
p.35,993, 676, 701, et t. VI, p. 906,369, 657 et 701. 

3 Voirie teite de la communication de M. Desjardins et les planches représentant 
rioscription. ci-après p. 178. 

4 T.IV.p «06.908. 



— 142 — 

car l'ornement de fond sur lequel se détachent les deux figures se 
retrouvB avec un dessin analogue sur le fragment principal con- 
servé dans l'église de Soisy. 

Plusieurs membres demandent que Ton fasse prendre un estam- 
page de ces deux figures et qu'on les fasse reproduire dans le pro- 
chain numéro du Bulletin 1 . — Renvoi à la Commission de publica- 
tion. 

M. de Lastetrib entretient la Section d'une inscription du xv e siècle 
relevée par M. Roman, correspondant du Ministère, dans le mur 
extérieur d'une maison de la commune de Restoul (canton de Guil- 
lestre, arrondissement d'Embrun, Hautes-Alpes). C'est la seule 
inscription en langue vulgaire qui ait été signalée jusqu'ici dans le 
département. Peu de régions de la France sont d'ailleurs aussi 
pauvres en monuments de la langue vulgaire du moyen âge. Ce petit 
texte est ainsi conçu : 

LAN DE 1HV XPI NOSTRE SENHOR 
CORENT MILCCCOL QUE YOV PEYRE 
PINATEL E MON FIHL SANDRON NOS 
FESON AQVEST OSTAL 

Il est gravé sur une pierre de grès, et par une exception assez rare 
dans le pays, dit M. Roman, il est gravé en creux. 

M. Le Blakt lit un rapport sur une inscription chrétienne com- 
muniquée par M. Delort : 

rr Cette épitaphe, dit M. Le Blant, a été trouvée à Saint- Victor, près 
deMontluçon;c'estla pierre tumulaire d'une femme portant le nom 
germanique de Sigegonde : 

* VHIC REQVIESCIT FAMO 
LA DÏ SIGGECONDIS V1XIT 
ANNVS XXVIIH DEFVNC 
TA EST VIII KAL IVNIAS 

« Cette inscription , gravée sur une plaque de grès , était encastrée , 
dans le couvercle d'un tombeau et, si j'ai bien compris la note de 
M. Delort, tournée vers l'intérieur. Elle provient d'un cimetière mé- 

1 Voir ci-après p. 186, la reproduction de cette pierre et le texte de la commu- 
nication de M. Guiffirey. 



— 143 — 

rwingien existant autour de l'église de Saint-Victor, et c'est le seul 
débris que notre correspondant, par malheur averti trop tard, ait 
jm recueillir de la fouille pratiquée en ce lieu. Lors de son arrivée, 
de nombreux sarcophages de pierre, sortis de la nécropole, avaient 
été employés pour construire des passerelles dans des propriétés 
particulières. Sur un couvercle demeuré en place était inscrite en 
beaux caractères la syllabe 

MÔM 

surmontée d'un signe d'abréviation. 

* L'épi taphe de Sigegonde, au revers de laquelle sont gravés quel- 
ques caractères sans suite, ne présente aucune difficulté de lecture. 
Je ne vois à y relever que quelques particularités orthographiques. 
La permutation entre le c et le g dans le nom de Sigegondi* est des 
pins connues; nous trouvons de même sur les marbres QVADRA- 
CINTA, GARTACO, CONIVCI 1 . Un trait plus curieux par sa 
rareté consiste dans l'addition du v en tête de l'adverbe HIC. Je 
l'attribue à l'accent guttural des- langues germaniques et je crois y 
voir une marque de l'analogie existant, dans ces idiomes, entre le 
son du v et celui de l'aspiration h; elle nous est déjà attestée par le 
nom de Vhdoar, dont le radical est Hlod 2 y et par celui de Hwido, 
et de Hvtim\ où l'A est insérée avant le t>. 

«L*épitaphe de Sigegonde appartient au vi" siècle.* 

M. Alexandre Bbrtrand dépose sur le bureau un compte rendu 
sommaire des principaux articles qui lui ont paru dignes d'être 
signalés dans les volumes des Sociétés savantes dont l'examen lui a 
été confié : 

•Un des membres de la section d'archéologie du congrès tenu à 
Dax en 1889 a fait, dans le compte rendu de ce congrès 4 , sous le 
titre : Les tumultu de Tarbes, un intéressant résumé de la commu- 
nication verbale faite au congrès par le colonel Pothier, directeur de 
l'école d'artillerie de Tarbes, au sujet des fouilles qu'il a entreprises 
sur un plateau qui domine toute la plaine de l'Adour à l'ouest de la 

1 Reinenus, XX, hk ; Gori . Inter. Ktruriœ, t. Ht, p. 33a ; etc. 

1 Pardessus, Diplomata, t. II, p. a5i. 

3 Perti, Motiumenta Germaniœ, t. VIII, p. 3 A; Codex Laurethamensii , t. II, 

p. si 3. 

* Congre* scientifique de Da.r, i" session, mai 1K89. 



— 144 — 

ville de Tarbes. Ce plateau, couvert de landes appartenant aui com- 
munes d'Ibos, d'Azereix et d'Ossun (Hautes-Pyrénées), de Ger et 
de Ponlacq (Basses-Pyrénées), présente de légères ondulations d'où 
s'écoulent les deux petits cours d'eau dits la Geline et le Rieutord. 
Les tombelles sont situées sur les crêtes des bassins de ces deux 
ruisseaux. Elles ont en général a 4 à 3o mètres de diamètre sur une 
hauteur moyenne de a m ,5o. La structure de ces tumulus est des 
plus variées. «On peut dire, affirme le rapporteur, que chaque 
monument possède une construction particulière, car jamais nous 
n'avons découvert deux combinaisons identiques. Seule, la forme 
circulaire apparaît partout. Elle semble avoir eu une importance 
spéciale dans les rites funéraires.?) A côté d'un tumulus dont le 
centre est formé par un dolmen recouvert d'une plaque de granit de 
6,000 kilogrammes, d'un autre renfermant une allée couverte de 
5 mètres de long, il en est où se rencontrent seulement des cercles 
de pierre, souvent concentriques , dont le plus grand parait avoir servi 
de base au tumulus. Sur deux ou (rois points ont été constatés des 
pavages presque rectangulaires. Ces tombelles ne se distinguent pas 
seulement les unes des autres par le mode de construction, elles se 
distinguent par la variété du rite funéraire. Les unes sont à inhuma- 
tion, les autres à incinération. La pratique de l'inhumation est propre 
aux tertres qui contiennent des monuments mégalithiques; ces sé- 
pultures ne renferment pas d'objets en métal. Dans les sépultures 
incinérées se sont toujours trouvés, au contraire, sauf une seule 
exception, des objets en bronze et en fer. Tous les tumulus renfer- 
ment des poteries. Les vases des sépultures à inhumation sont d'une 
pâte grossière, façonnée à la main, mais ils dénotent un remarquable 
sentiment artistique. Les vases destinés à l'incinération, d'une pâte 
plus soignée, sont beaucoup moins élégants. Cette distinction est 
très sensible. «De l'examen des poteries se dégagent, dit le colonel 
rr Pothier, ces deux faits caractéristiques : les poteries de l'époque néo- 
lithique prouvent à la fois de la part de leurs auteurs une grande 
* ignorance de la fabrication des pâtes céramiques et des sentiments 
«t artistiques très développés. Les poteries de l'époque des métaux, 
«au contraire, sont l'œuvre d'artisans connaissant la confection des 
t matières premières, mais maintenus par l'imperfection de leur 
t outillage industriel dans une fabrication primitive sans originalité. 
tr L'industrie semble avoir tué l'art.» Ajoutons qu'il existe, au point 
de vue des formes, la plus grande ressemblance entre les vases re- 



— 145 — 

cueillis dans les sépultures et les vases employés encore aujourd'hui 
d'une manière usuelle par les populations des environs de Tarbes. 
«Nous devons relever une dernière remarque du colonel. * L'âge 
rdn bronze, s il a existé dans la région explorée, na eu, dit-il, 
r- qu'une courte durée. Le fer y est presque toujours mêlé au bronze. » 
Des observations analogues ont déjà été faites sur plusieurs autres 
points de la Gaule. 

* 11 faut signaler dans le même volume le travail de M. Testai sur 
La nécropole préhistorique de Nauthery, canton d'Aire (Landes). 

«On sait que de nombreux tumuli à incinération renfermant, 
outre les urnes cinéraires, des objets de bronze et de fer, apparte- 
nant k la plus ancienne époque d'importation des métaux en Gaule, 
ont "été signalés depuis quelques années dans la Haute-Garonne, 
les Basses et les Hautes-Pyrénées et le département des Landes. 
M. le D r L. Testut signale un nouveau groupe de monuments ana- 
logues, situés non loin d'Aire, sur le territoire du petit village de 
Nauthery. Ce groupe se compose de onze (ombelles, dont sept ont 
été fouillées par M. Testut. Les fouilles ont donné les résultats sui- 
vants: 

*Le tumuliis n° i a fourni une épingle de bronze, une perle en 
quartz byalin et de nombreux fragments de poterie. Le n° 3, outre 
un grand nombre de tessons de poterie se rapportant à cinq vases 
au moins, contenait une fibule de bronze brisée, dix rouelles de 
bronze, les restes d'un torque de bronze à bouton, un petit anneau 
de fer. La plupnrl des objets de bronze étaient recouverts, par 
place, d oxyde de fer. L'urne cinéraire du n° 5, placée au centre du 
tu mu lus, était entourée de débris de fer paraissant avoir appartenu 
à une épée ou à son fourreau. Les tombellcs n" 4, (! et 7 ne con- 
tenaient que de la poterie mêlée aux cendres; le n° 2, des cendres 
seulement. Les vases étaient en général d'une pâte très grossière 
d'un rouge brun. Une planche accompagne cette noie. 

ff Dans les Mémoires de la Société a" émulation de Cambrai 1 , M. A. Du- 
rieux a publié, sous le titre : Les souterrains de Sailly-lis-Cambrai. 
la description d'un vaste souterrain à branches multiples exploré 
en janvier 1889 par MM. Durieux et Ronnelle, architectes. Aucun 
fait nouveau n'a été signalé par les explorateurs. Ce soulerrain- 

1 T. IV, a* livraison. 



— 146 — 

refuge, comme tous les autres souterrains de la contrée, se com- 
pose de longs couloirs flanqués à droite et à gauche d'un nombre 
considérable de réduits sensiblement circulaires, de & mètres de 
diamètre environ sur une hauteur à peu près égale sous* plafond. 
Toutes ces chambres recèlent des traces d'habitation. Des trous 
régulièrement percés dans la craie font reconnaître la place de râte- 
liers pour les bestiaux. Quelques rares inscriptions s'y rencontrent : 
deux ou trois noms: Guill. Antienne, Tribou; quatre ou cinq mil- 
lésimes, i5o6 (?), i633, 16&0, 1660, 1711, le monogramme 
du Christ gravé avec art en caractères de la fin du xvi* siècle. 

«L'exploration avait lieu le si 6 janvier, par 3 degrés de froid. Les 
explorateurs font remarquer que le thermomètre indiquait dans le 
souterrain i5 degrés au-dessus de zéro. Un plan du souterrain 
relevé à la boussole est annexé à ce rapport. 

«M. Marcel Gouyon, dans le Bulletin de la Société scientifique de la 
Corrèze \ a décrit sous le titre : Puits funéraires ou silos de la com- 
mune de Rosiers, l'existence d'excavations antiques creusées dans le 
grès rouge, au-dessus du hameau de Laleu, commune de Rosiers, 
près de Juillac. Ces excavations, dont la forme est à peu près celle 
du vase romain dit dolium, ont i m ,3o environ de profondeur. L'ori- 
fice, relativement fort étroit, mesure à peine o m ,35, alors qu'à 
l'intérieur le diamètre atteint jusqu'à i m ,s5 dans la partie renflée. 
Les cavités sont séparées les unes des autres par un intervalle 
de a mètres. L'auteur se demande par quel procédé on a pu 
creuser dans une roche assez dure des excavations dont l'orifice 
est si étroit, et dans quel but?Sont-ce des tombes analogues aux 
puits funéraires signalés dans d'autres contrées ? sont-ce des silos ? 
Il déclare ne pouvoir résoudre le problème. Les fouilles n'ont rien 
produit de concluant. Il se contente d'appeler l'attention sur ces 
faits nouveaux. 

« Enfin, M. le comle de Contades, dans le Bulletin de la Société des 
antiquaires de Normandie' 2 , a publié une note sur des fouilles opérées 
au hameau de la Bertinière, commune de la Sauvagère (Orne). 

«Le monument fouillé est un monnment mégalithique sépulcral 
connu dans le pays sous le nom de Grotte aux fées. Les supports , 

1 Bull, de la Soc. êdentif. hitt. et archéol. de la Corrèze, t. IV, p. 38g. 
* T. XI, 1881-188*. 



— 147 — 

sauf deux, étaient encore intacts, mais des neuf tables qui formaient 

la toiture trois seulement étaient en place. Deux pierres de granit 

(les autres pierres étaient en quartz grenu), fermant l'allée du côté 

de l'occident, portaient des traces évidentes de taille et parurent 

on remaniement relativement récent Le monument avait été déjà 

exploré. Dans ces conditions, les fouilles ne pouvaient donner que 

peu de résultats. Aucun objet intéressant n'a été découvert. Nous 

relèverons un seul détail mentionné dans le rapport. «La chambre 

t sépulcrale était distincte de 1 allée couverte. On y pénétrait par un 

* orifice formé de deux pierres juxtaposées, dont la partie supérieure 

rétait de forme ovale.?) La chambre constituait-elle une sorte de 

do lme n troué, précédé d'une avenue? Le monument s'étendait sur 

une longueur de i k m ,*jo. 

M, Rayit rend compte de divers articles qu'il a remarqués dans 
les publications des Sociétés savantes dont l'examen lui a été 
confié. 

ffDans les Annales de f Académie de Mâcon 1 , M. Jandet a publié 
sons le litre: Un peintre maçonnai* inconnu, une notice sur Phili- 
bert Barbier, peintre du roi et de la ville de Mâcon , d'après des 
documents tirés, les uns de la collection de l'auteur, les autres des 
archives municipales de Mâcon. Barbier naquit à Maçon en 1618, 
il mourut à Solutré en 1687; il existe encore une Notre-Dame-de- 
Pitié peinte par lui dans la chapelle de Pouilly. 

rDans les Mémoires de la Société des antiquaires de France 2 , M. de 
Longpérier a publié sous le litre : Un portrait de la Pythie del- 
phique, une notice sur une petite pièce d'argent de Syracuse, du 
poids de 2 1/2 librœ; elle porle au droit une tête d'Apollon, au revers 
une femme debout, violemment agitée, les cheveux au vent, tenant 
dans la main droite une tablette, dans la main gauche un rameau 3 . 

«M. de Longpérier reconnaît avec Cavedoni, dans cette femme, 
la Pythie donnant à Archias l'oracle relatif a la fondation de Syra- 

1 a* série, tome IV, p. 333. 

* Tome XLII, p. 1 à 8. 

* Neumann, Populorum et regum nummi veleres inediti, t. J, p. 5o, pi. a , 7. 
— Cavedoni, Spicilegio numUmatico , p. 3o. — Catalogue of greek coin* in the 
Brituk Muséum, I, Sicily, p. 226, n° 66a. — Head, Chronoingical séquence of the 
coùu of Syracuse , pi. i3, n° 9. 



— 148 — 

cuse. Ii voit de même limage de la Pylhie dans la tète féminine 
aux cheveux hérisses de la belle pièce d'argent n° 195 du Briiish 
Muséum 1 . 

«Sous le titre de Sépultures antique* du boulevard de l'Arsenal à 
Bourges, MM. Alph. de la Guère, Vallois, de Goy et Buhot de 
Kersers donnent, dans les Mémoires de la Société des antiquaires du 
Centre\ le compte rendu détaillé et accompagné de nombreuses 
planches du résultat des fouilles faites à Bourges en 1881-1889. 
Des travaux de voirie ont amené la découverte de nombreuses 
sépultures, quelques-unes gauloises, la majeure partie romaines; il 
en est résulté la trouvaille de plusieurs fragments de stèles sculptées 
en pierre, et une ample collection de débris de vases en terre noire, 
en terre rouge sigillée et en verre, ainsi que de menus objets- en 
pâte de verre et eu bronze. » 

M. Chabouillbt fait savoir qu'il a reçu communication d'un 
important inventaire, qui pourrait figurer dans le volume de 
Mélanges actuellement en préparation , il demande si la commission 
chargée de recueillir les éléments de ce volume doit se réunir 
prochainement, et s'il n'y aurait pas lieu de lui renvoyer ce docu- 
ment. La Section approuve cette proposition et renvoie l'affaire à la 
Commission des Mélanges, qui doit se réunir à bref délai. 

M. le Président rappelle à la Section qu'il y a lieu de désigner 
trois membres qui devront faire partie de la commission mixte 
chargée de régler toutes les questions de détail relatives au Congrès 
de la Sorbonne en 1886. La Section décide qu'elle se fera repré- 
senter dans cette commission par son Bureau. 

La séance est levée à & heures un quart. 

Le Secrétaire de la Section d'Archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 
1 Head,pl. 6,n° 5. 
* Tome X, 188s, p. 33. 



— 149 — 

ht ESTIME DU TRESOR DE L* EGLISE METROPOLITAINE D'Ail 

âc commencement du xri' siècle. 

Les églises de Provence étaient loin d'avoir les ressources et l'opu- 
lence que possédaient la plupart des églises du Nord. Ravagées cl 
pillées pendant plus de deux cents ans par les Sarrasins, elles de- 
meurèrent, du x* à la fin du xv* siècle, sous le gouvernement de 
comtes particuliers dont les finances ne furent jamais brillantes, et 
desquels elles n avaient pas à espérer les dotations qui ailleurs con- 
stituèrent à certaines cathédrales des domaines et des revenus si 
considérables. Il ne faut donc pas s'attendre à trouver dans l'inven- 
taire qui va suivre, quoiqu'il s'agisse ici de la première église de la 
capitale du comté de Provence, les richesses et la profusion d'orne- 
ments que Ton admire dans d'autres documents de ce genre. Com- 
parée à beaucoup d'autres, l'église métropolitaine d'Aix était pauvre. 
Il nous semble néanmoins que l'acte qui nous fait connaître son 
modeste trésor n'est pas dépourvu d'intérêt, et peut donner lieu, 
sous plus d'un rapport, à de curieuses observations. 

Les objets qui y figurent sont classés, à peu près méthodique- 
ment, en six subdivisions principales : les reliquaires, l'argenterie 
et les joyaux, les calices, les ornements, les tapisseries, les livres. 

En fait de reliques, l'église d'Aix ne fut jamais bien partagée, 
car aucune église peut-être ne compte moins de saints. A l'exccj*- 
lion du martyr saint Mitre, qui est le patron de la \ille, elle ne 
possédait aucun corps saint. Ses deux premiers évoques, qui sont 
honorés d'un culte public traditionnel, avaient été ense\elis loin 
d'elle, dans la crypte de Sainte-Madeleine et auprès du tombeau de 
celle-ci. Il est vrai que la cathédrale avait obtenu d'avoir le chef de 
saint Maximin; elle lui avait fait construire un reliquaire orné de 
perles et de pierres précieuses, qui est décrit au commencement de 
notre inventaire (n 01 1-9), et qui parait très riche à côté de celui qui 
contenait la tétc de saint Mitre ( n° 1 9 ) , lequel était d'une remarquable 
simplicité. Après ces deux reliques principales, il n'y a à citer que 
celles de deux compagnes de sainte Ursule (n 0> 10-18), d'un des 
Dix-mille martyrs (n° 20), et quelques autres de peu d'importance 
(n M 97, 99, 3i, 35. 36, 37), le tout évidemment venu du 
dehors. 

L'argenterie cl les joyaux donnent lieu à un bon nombre d'ar- 
ticles (n°* 26-52, 80-1 25). La série commence par une grande eus- 



— 150 — 

Iode d'argent doré, pour l'exposition du Saint-Sacrement, formée 
d'un ange qui portait dans ses mains la demi-lune où Ton plaçait 
le Corpus Christi (n° a 6). C'était la même, croyons-nous, pour la 
fabrication de laquelle l'archevêque Avignon Nicolaï avait légué, 
dans son testament du 3o mai i4&3, une partie notable» de sa 
vaisselle d'argent l . 

Nous ne ferons pas i'énumération des objets divers qui compo- 
saient le trésor; nous renvoyons au texte de notre document pour 
se faire une idée des croix, chandeliers, vases, paix, crosses, bour- 
dons, images et statues qui y figuraient. Presque toutes ces pièces 
étaient précieuses par la matière et par les perles et les pierres qui 
les décoraient; quelques-unes ont une histoire et portent les noms 
de leurs anciens possesseurs. Signalons, en passant, une Vierge à 
l'oiseau (n° 3a), qui nous semble avoir été remarquable autant par 
sa valeur artistique que par la richesse de la matière. 

La série des calices forme une collection assez notable (n°* 53- 
79) : ils étaient numérotés et s'y trouvaient au nombre de vingt- 
sept. Ils sont en général du poids de deux à trois marcs, excepté 
pourtant le grand calice des jours solennels (n° 53), qui pesait 
cinq marcs et au delà. 

Bien plus longue est la description des ornements et des vête- 
ments sacerdotaux (n 0> 136-193 et 236-377). On avait inventorié 
en tête de la série (n° 126) la chape bleue à fleurs de lis d'or 
qui avait appartenu au petit-neveu de saint Louis, roi de France, 
saint Louis, évêque de Toulouse; la mitre du même saint, à cause 
de sa richesse, avait été .placée dans la série des joyaux (n°8g). 
Saint-Sauveur devait ces précieuses reliques au roi Charles II, qui, 
après la mort de son fils, avait distribué aux principales églises 
de Provence les ornements qui avaient été à l'usage de celui-ci 2 . De 

1 Item, legavit ... pro oonstrui faàendo, ad honorem, gloriam, laudem et 
decorem Um precelsi et saluuferi sacramenti glorioaissimi corporis Christi, unam 
solemnem custodiam, in qua reponalur et honoriûce portelur, in die celebritatis 
beucaristie et aliis solemnitatibus opportunis, videlicet quemdam suum magnum 
nve aitum pitalphum de argento, in ejus cupcrcello et supercilio coronalum; 
item et unam magnam cupam, majorent) quam habeat, de argenlo, totam bolhona- 
tam et notabiliter deauratam, cum suo cupercello, habente desuper unum penon- 
cellum cum armis domini imperatoris; in qua quidein custodia idem dominus tes- 
ta tor, ad eternam sui memoriam, jussit et ordinavit apponi et construi debere arma 
sua.» (Àrch. des Bouches-du-Rbone, Fond» de V archevêché d'Aix , Reg. 6 i5o). 

1 «mil kalendas septembris. Eodetn die obiit dominus Ludovicus, Tholosanus 



— 151 — 

là venait aussi le chapeau pontiûcal du saiut prélat, conservé à Aix 
dans l'église de Saint-Jean-de-Jeïusalem , ainsi que nous rappre- 
nons d'un inventaire fail en i3o5 l . 

En rapprochant les deux articles 96 et 190, nous pouvons con- 
stater qne Ton suivait dans la métropole de Saint-Sauveur le sin- 
gulier usage, que Ton retrouve en tant d'endroits, de faire, le jour 
des Innocents, un évéque des fous. La chose n'est pas douteuse, 
puisque notre document fait mention explicitement de la mitre de 
velours bleu et de la chape noire qui servaient dans cette céré- 
monie s . Quant au reste de cette partie de l'inventaire , nous ne 
sommes pas compétent pour disserter sur les diverses étoffes qui 
figurent dans la composition de ces nombreux vêtements ecclésias- 
tiques ni sur la provenance de ces tissus de toute espèce. 

Les tapisseries suivent les ornements (n 09 * 19/1-335), et rémuné- 
ration qui en est faite mérite d'attirer l'attention des connaisseurs. 
L'église d'Aix était riche en tentures de soie et de laine ; quarante- 
deux numéros sont consacrés à les décrire. Elle en avait pour déco- 
rer son grand autel, pour parer le presbytère, pour tendre d'un 
bout à l'autre son grand et son petit chœur. Dix pièces de tapisse- 
ries de laine bien assorties pouvaient être ainsi alignées. Elles 
étalaient aux yeux les principaux traits de la vie de la sainte Vierge 
et de Xotre-Seigneur (n° a 16). C'est l'archevêque Olivier de Pen- 
nart qui en avait fait don à son église. Nous retrouvons également 
(n w 209, aao) les tentures qu'Avignon Nicoiaï avait laissées à 
Saint-Sauveur, et dont il est question dans son testament 3 , et celles 

episcopus, filins domini régis Karoli; qui dictus dominus rox K. dédit eedesie 
Sancti Salvatoris mitrani piilcrain dicli domini episcopi filii sui, an no domini 
■\cc°.\c-tii\-> (Martyrol. de S. Sauveur, fol. ua, ms. de la Bibliothèque d'Aix.) 

1 -rltem, unum eapeUum magnum de lana, quod olim fuit venerabilis domini 
Ludovici, episcopi Tholose.» (Arch. des Bouches-du-Rliône, Ordre de. Malte, liasse 

*7 5 -) 
9 Ce lait est encore mieux constaté par un inventaire de i38o, que nous n'avons 

pas retrouvé, et qui est mentionne par un auteur de la lin du siècle dernier : 

»ltem, qnatuor mitre antique, pro episcopi s fatuis faciendis. — IUmii, ulia cap pu 

de ândone rubeo, cum friio, laborata cum avibus, et cnm pectornli de lotono, curn 

nnagine béate Marie, et cum tribus yinaginibus aliis, que vocalur cnppa episcopi 

stulti. f 

i «rltem. legavit dictus testator, et dari jussit dicte sue cappelle nove, et tam pro 

paramento ojusdem quam sancle cathedralis ecclesie, omnia panna sive lapissarie, 

prêter et exclu» bancalia sua.* (Arch. des Bourhes-du-Rhonc , Archevêché d'Aù\ 

G. i5o.) 



— 152 — 

que l'on avait reçues depuis peu de l'archevêque Pierre Filholi 
(n° 194). Du reste, les armoiries qui y étaient dessinées rappe- 
laient les donateurs. Les sujets représentés sur ces diverses tapis- 
series étaient des plus variés. En dehors des dix grandes pièces, 
qui formaient un ensemble, on y voyait de grands crucifix, l'his- 
toire du Buisson ardent, l'Annonciation de la sainte Vierge, les 
six jours de la création, le Jugement dernier, saint Thomas touchant 
le côté du Sauveur. On y trouvait d'autre part le tableau d'une 
grande chasse, une lionne et une licorne, une horloge, une famille 
de sauvages, servant de tapis au devant de l'autel, et bien d'autres 
pièces encore avec de nombreux personnages. Les détails fournis 
par notre inventaire sont bons à recueillir. L'église de Saint-Sau- 
veur possède encore de nos jours d'antiques tapisseries, au sujet 
desquelles le président de Saint-Vincent a publié, au commence- 
ment du siècle, un curieux mémoire 1 . Il en est d'autres aussi qui 
recouvrent les murailles des grands appartements de l'archevêché 
d'Aix. Il pourrait être utile, pour un travail de comparaison, d'avoir 
sous les yeux les indications contenues dans l'acte du xvi e siècle. 

Nous arrivons à la dernière série, celle des livres (n M 278-295), 
laquelle n'est pas à dédaigner, bien qu'il n'y soit question à peu 
près que de livres liturgiques. A peine y trouve-t-on deux ou- 
vrages qui n'aient pas exclusivement ce caractère, à savoir, le Ratio- 
nal de Durand de Mende et les Fleurs des Saints. Tous les autres 
sont des livres qui servaient à ta célébration des messes et des of- 
fices. On y remarque surtout quinze missels manuscrits, tous en par- 
chemiu, comme en général tous les livres liturgiques portés à l'in- 
ventaire. Quatre missels seulement, non compris dans les quinze, 
étaient écrits sur papier; mais ou les regardait .comme des objets 
sans valeur, trpauci valorisa (n° 293). Il nous semble hors de doute 
que tous ces missels devaient être des livres spéciaux à l'église 
d'Aix, c'est-à-dire des missels d'Aix, trsecundum usum Aquensem*, 
et non des missels romains. On sait qu'à cette époque chaque 
église avait une liturgie qui portait son nom; et bien que le fonds 
de celle-ci fut romain, on y trouvait pourtant, réunis en un seul 
tout avec le fonds commun, les usages locaux, les fêtes particulières 
et les cérémonies diverses qui variaient d'église à église. Hélas! 

1 Mémoire $ur la tapisserie du chœur de V église cathédrale d'Aix, par L. P. D. S. V. 
— A Àix,de l'impr. d'Aug. Pontier, 1816, in-8*, 33 pages — Publié d'abord dans 
le Magasin encyclopédique, décembre 181a, puis tiré à part, chex Sajou, 1812. 



— 153 — 

toute cette belle collection rie missels aixois a disparu, el il nous 
serait bien difficile de signaler, daus nos bibliothèques provençales, 
l'existence d'un seul manuscrit de ce genre qui permit d'étudier 
les vieux usages de f illustre métropole. 

Un seul missel imprimé figure au milieu des nombreux missels 
manuscrits que nous venons de mentionner, et, comme à une chose 
rare ou à uue nouveauté, on lui a assigné le premier rang dans cette 
partie de l'inventaire (n° 378). Il sera de quelque utilité de recher- 
cher si ce trMissale de pressa», qui était, lui aussi, en parchemin, 
a pu être un missel d'Aix, ou s'il faut y voir tout simplement un 
missel romain; ceci nous fournira l'occasion de préciser les dates 
de l'impression des livres à l'usage de l'église d'Aix. 

Rien n'autorise à penser que le livre eu question pût <Hre un 
missel d'Aix, et une observation bien facile à faire donne à supposer 
le contraire. Si le chapitre d'Aix s'était mis en frais pour faire im- 
primer son missel, à la lin du xv c siècle ou au début du xvi', 
comme il fit imprimer son bréviaire, nous trouverions dans le pré- 
sent inventaire l'inverse de ce que nous y lisons; les missels impri- 
més y paraîtraient en bien plus grand nombre que les manuscrits, 
puisque l'édition tout entière aurait été à la disposition des cha- 
noines, et qu'on aurait eu hâte d'utiliser les produits d'une inven- 
tion nouvelle. Or, puisque nous constatons que Ton continuait à se 
servir des missels manuscrits, et que l'imprimé se présente comme 
une exception unique, il est évident que nous sommes ici en face 
d'un objet de curiosité elde luxe, et non d'un livre usuel, et que 
le missel d'Aix imprimé n'existait point encore à cette époque ou 
n'existait que depuis peu de temps. La série chronologique des livres 
sortis de la presse pour l'église d'Aix confirme ce que nous venons 
de dire. 

En 1&99, le chapitre d'Aix fit imprimer son bréviaire à Lyon. 
C'est un petit in-octavo, dont il devait être tiré, selon les accords, 
cinq cents exemplaires; mais l'imprimeur n'en put livrer en réalité 
que quatre cent quatre-vingt-sept, qui furent rendus à Aix le 9 no- 
vembre 1&99 1 . Ils furent vendus aux particuliers au prix de trois 

1 -Eadeni die (9 nov. 1A99), hreviaria facla noviler el impressa Liigduni, nu- 
méro v', ad usuin Aquenscm, reddila fiicrunt in capiluio, por illuui improssorem 
cum que capitulnm rotilratil. Die lune, capitiiluiii incepil iiu r iaixvii volumina 
biwiariorum, qui ascondunl, ad ralioncm \x grossorum, un' H \i flor. (;r. vin".» 
(Arch. des Bouches-du-Rliônc, SamtSnnvcur tVAùc, Rc;j. 121, fol. 1.) 

Archéologie. 1 1 



— 15A — 

florins 1 . Malgré l'importance du tirage, ce volume est devenu d'une 
extrême rareté; nous en connaissons un bel exemplaire sur vélin à 
la bibliothèque publique de la ville d'Aix 2 . 

Ce bréviaire eut une seconde édition en i5q6, toujours à Lyon 
et dans le même format 3 . Ce ne fut pas une simple réimpression; 
car, par une délibération du a 3 décembre i5q&, le chapitre avait 
nommé une commission de chanoines et de bénéficiers pour reviser 
l'ancien bréviaire, y insérer des rubriques bien ordonnées et y 
faire les suppressions et les adjonctions convenables 4 . 

Cette fois l'impression du missel d'Aix suivit de près l'impres- 
sion du bréviaire. La commission qui avait préparé celle-ci avait 
aussi été chargée de s'occuper du missel 5 , et les deux opérations 
marchèrent de front, de manière que les deux livres purent pa- 
raître à une année d'intervalle . Les exemplaires du missel d'Aix 
furent mis en vente pour quatre florins et quatre gros, comme nous 
l'apprennent les registres du chapitre 7 . 

Bientôt ce fut le tour du diurnal d'Aix, qui vit le jour en 1 f)3*i 8 ; 
et enfin son rituel, ou * Liber ordinarius*, que nous décrivons ci- 
dessous, à la note du n° 290, sortit en 1577 des presses de Tho- 
mas Maillou. 

1 trAnno domini n°cccc° nonagesinio nono et die u* mensis ociobris, fue- 
runt recepta iiii c lxxitii breviaria . . . Primo , dominus Johannes Joye , Aquensis 
canonicus, habuitunum, pro quo débet solvere.. . — Item, dominus vicarius de 
Manoasca, unum breviarium, flor. m. Dominus Stephanus Durenti, unum, 
fl. m, etc.» (lbid., Reg. 1 1, fol. 1 i/i v°.) 

• Breviarium insignis ecclesie Aquensis. — In fine : Breviarium secundum Aquen- 
$em ecclesiam. — 1^99. 

3 Breviarium secundum consuetudinem sancte metropolitane Aquensis ecclesie iwvi- 
ter impressum, m.ccccc.xwi. 

4 Arch. des Bouches-du-Rhône, Saint-Sauveur d'Aix, Reg. îa, fol. 93 v°. 

6 «Et idem fuit ordinatum de missalibus faciendis et ordinandis. n lbid. 

• Missale s(ecundu)m vsum Metro=politane ecclesie Aquen. — lu fine : Lugduni, 
arte et industria Dionysii de Harsy, calcographi disertissimi. Sumplib 1 et expensis 
honesti viri Johannis Osmôt, bibliopole eiusde ci ui la lis, mccccc xwii, die vero pe- 
nulliâ mësis nouëbris. — In- fol. goth., car. rouges et noirs, 12 feuillets non chif. , 
ccxxxn et xxxix feuillets, grav. sur bois. 

7 «Milleshno ? c xxx et die xxvi mensis mardi, probi viri Johannes Chain eti et 
Johannes Armandi , de Laureis , habuerunt unum missale, precio flor. iin or , gros. mi or . 
Die k maii, sindicide Montejustino habuerunt unum missale, precio fl.iin or ,gr. 11 if r . 
Die xiii! decembris, sindici de Buco habuerunt unum missale, precio fl. iin or , 
gr. iin or .T» (Arch. des Bouches-du-Rhône , Saint-Sauveur d'Aix, Reg. 13, fol. 18Ù.) 

• Diurnale secundum usum metropolitane ecclesie Aquensis. i53a. 



— 155 — 

Telles sont les dates d'impression des livres à l'usage de l'église 
cTAix. On n'en connaît point d'autre édition que celles que nous 
Tenons d'indiquer, et ni dans les bibliothèques, ni dans les délibé- 
rations du chapitre, ni dans aucune autre partie de ses archives, il 
n'y a trace d'une édition de son missel antérieure à celle de 1537. 
Il y a donc bien des probabilités pour que le missel imprimé qui 
figure à l'inventaire de i533 (n° 378) fût un missel étranger, pro- 
bablement un missel romain , employé peut-être dans certains jours, 
ou à l'usage de certaines personnes. 

J.-H. Âlbanès, 

Correspondant du Ministère. 

IsVIXTAIRK DE l'IgLISE d'ÂIX. 

(i3 décembre 1 533.) 

Sequitur inventarium reliquiarum et joqualium existentium in seristia 1 , 
hac etiani ornamenta et paramenla existentium in dicta seristia, factum per 
dominos Bernardinum Rascacii et Honoratum Penchinati, canonicos eo- 
cJesie Sancti Salvatoris, et dorainum Jacobum Grossi, beneficiatum, re- 
ceptum per dominum Johannem Tribleti, modernum subsacristam , sub 
anno domini millesimo quingentesimo tricesimo tertio, die décima tertia 
mensis decembris. 

1. Et primo, caput sancti Maximini, cum raitra et pendentibus, et cum 
duobus angellis bine inde. Et in dicta [mitra] sunt xxvn rose cum lapilis 
vitreis; et in collo ejus, quedam zona argenlea cum textuto* veluti rubei, 
cum decem clavelis n argenteis, et funela 4 et mordenti argenteis deauratis. 

a . Item , quedam pana cmx deaurata , cum viginti una perlis , et duobus 
lapilis viridibus. 

3. Item, quedam alia parva crux, in qua est Cmsifisus. 

1 Nous avons dû respecter l'orthographe du rédacteur de notre inventaire, bien 
qu'elle soit passablement singulière et inconstante; il y aurait eu trop à faire pour 
la réduire à une forme régulière. Pour lui, la sacristie se rend en latin par «mstta; 
nu lieu tfargenti, il écrit argenteifi); il transpose les consonnes, crupeo(ûb) pour 
cupreo, puis cradatra (37) pour cadrata; les emploie les unes pour les autres, 
cruxtm (97) et esmalho (27), et d'autre part crutifisxu (3); les redouble ou les 
supprime à son gré, angellii (1), nnnulli (7), labulle (37), et par contre, clavelis (1), 
lnp\H${\, a); allonge les « initiales, acriptura (1/4), estellarum (16), etpme (3i); 
écrit une pour unitu, marûi pour marce, etc. Nous signalons une fois pour toutes 
ces irrégularités. 

* Textuto, tissu. Du Cange leitutus. 

3 Des clous d'argent, pour ornements. Du Gange claveïïm. 

4 Petite corde, cordon pour agrafer. 

11. 



— 156 — 

A. Item, quedam alia parva crux, in <]ua sunt deceui perle. 

5. Item, quidam lapilus, in quo est quidam anullus argeulei, et duc 
pecie argentei, pauci valoris, simul alligati. 

6. Item, quidam patres nostres de coralh, pai-tim ex coralheo parti m ex 
argenteo, cum uno botono parvaruni perlarum. 

7. Item, duo annulli in dos patres nostres, in quorum altero sunt sex 
perle et in altero quatuor, cum uno lapillo in quolibet annullo. 

8. Item, circa pe[c]tus dicti capitis Snncti Maximini sunt sex rosée ar- 
gentée, cum certis lapilis vitreis diversorun collorum [et] certis parvis 
perlis. 

9. Item, subtus pectus dicti capitis sunt sex imagines argentée sanclo- 
nim et sanctarum. 

10. Item, est aliud capud sancle Ceciilie, de numéro undecim luilium 
vii'ginum, cum coroua argenlea deaurata, cum lapillis \itreis; et circa co- 
rona[m] sunt perle, tam parve quam magne, numéro quadraginta; et sunt 
quinque loca vncua, in quibus désuni sex lapilli. 

1 1 . Item , quedam fronleria perlarum , habens quatuor ordines sive tie- 
ros 1 , in qua tamen defïïciunt certe perle, circiter octo vel novem. 

19. Item, liabet circa colliim duos paler nostres de coralb, in quorum 
altero sunt quinquaginta sex de argento, et de coralh nonaginta, cum bo- 
tono ubi est un us pater noster grossus de coralbo, et due perle; in altero 
vero omnes sunt de coralh; in quorum botono est unus grossus bolonus 
de coralh, et alius pater est confectus perlis. Et desubtus pendet Agnus 
Dey, habens circa se cerlos parvos paternostres de coralh, et octo botono s 
perlarum. Pendet ctiam in dictis paternostres unus lapillus jaspidis, habens 
garniluram argenti. Et etiam pendet in dictis paternostres una parva crux 
argenlea, habens in una parte Crucifîxum. et in altéra parte imaginem 
Virginis Marie. 

i3. Item, alia crux argenlea, habens imaginem virginis Marie et Crusi- 
fixi. 

1/1. Item, alia crux deaurata, habens in una parte, in medio, Agnus 
Dey, et in quatuor summilatibus Evangelistas, cum certa escriptura. 

i5. Item, quedam parva tabella de argento deaurato, habens in medio 
imaginem beati Johannis Batiste, cum certis reliquiis. 

16. Item, unum par vu m monille', sive paternostres esmalhas, ad for- 
mara de o et ** sive eslellarum, in quo pendet parva crux argenlea et 
deaurata, cum Crusifixo. 

17. Item, dictum capud habet pectorale cum xi perlis et sex lapillis vi- 
treis, diversorum collorum. 

18. Item, aliud capud Undecim millium virgiuum, in quodam calice, 

1 Ticros, provençal; quatre rangs de perles. 
* Mont lie pour monde , collier. 



— 157 — 

partial de argento deaurato, et partim capro deaurato. El in dicio capile 
estfronteria parvarum perlaram ad formam rozarum, numéro xm, in qua 
malle perle defliciunt, et unura capelletum de estanpetos 1 cericarnm. 

19. Ifem, quoddam capud argenteum Sancti Mittrii, cum diadematc 
argentea {ne). 

90. Item, quoddam aliud capud argenteum Decem millia marlirum, 
habens supra capud quandam fronteriam veluti rubey; et circa collum ip- 
hos capitis sunl quidam patrenostres de coralh, satis longi, habentes in 
fine botonum filli argenti , et floquetum ceruley collons , sive pers \ 1111 i 
cericev. 

m 

91. Ilem, unum Àgnus Dey garnitum de argenlo, cujus interius est la- 
piflis de nacro. 

99. Item, unum satis magnum annullum auri, cum qnodam lapillo albo 
per médium perforato. 

a 3. Item, unum aliura annullum auri, tort « m. 

9 à. Item, unum alium annullum parvum argenti. 

«5. Item, quoddam brachium sancti Mitri; et in digitis ejus sunl qua- 
tuor annuli; et circa dictum brachium sunt lapilli vitrey diversi colloris. 
numéro quadraginta duo, satis magni, et multi alii incerti qui sunt minu- 
tîsime forme; ponderis decem et septem marcarum, unsias ses, inclusis re- 
Kquiïs infrapositis et pede crupeo (sic). 

96. Item, quedam magna custodia argentea, tota deaurata, cum crure 
desuper, habenlem Cruxiilixum ; et inlra dictam custodiam est angellusdeau- 
ratus, tenons in manibus formant medie lune argentée et deaurato, super 
qua collocatur Corpus Christi; ponderis marcarum decem et octo, unsia- 
mm septem, cum suis portis vitreys. 

97. Item, quedam crux argentea deaurata, cum Cruxiflixo, in qua est 
alligala quedam tabella cradalra Iota de auro , habens in summitate cruxem 
cura roza . et sex magnarum perlarum habentium circuni circa quinque 1a- 
pillos dictos robim; habetque in se dicta tabella imaginem sancti Sebasliani; 
ad hujus pedes sunt alligate reliquie ipsius sancti Sebastiani; et in pede 
dicte tabulle sunl depicti et cxmalhati quatuor evangelliste; ponderis qua- 
tuor marcarum , unsiarum sex. Kl etiain in dicta cruxe pendet etiam tabella 
auri in forma A [g] nus Dey, que habet infra imagines Gruxilîki, et béate 
Marie, et beali Johann is , éleva tas; et abalia parte, imaginem beati Johann is 
Batiste, cum exmalho rubeo; et circuni circa habet orlo perlas; qnani de- 
dit Monelus Régis , de Aquis. 

a8. Item, quedam crux argenti deaurata, partim de crislallo et partim 
gespidina *, habens magnum pedem argenteum, cum duobus imagiuibus 

1 Une couronne de petites images de cire. Voir Du Gange, au mol stamput, d'où 
provient lo provençal es taupe tôt. 
* Ptr$, bleu. 
J Geêpidma pour/af/m/iW , de jaspe. 






— i;»8 — 

_...::-«: ïhi dieti pedis, oi smit inia[;iin*s hoalr 
.-i>: i»:i'leri> iiiarcarum quindccim, iiusiariiui 

; v:^.* argenloa deaurula. lialx'iis cimimcirra 

• ;■•:.••«. iiifra iquas) smit ceitc roliquie; pon- 
.1 : ::u quatuor, reliquiis exceptis. 

..-: : v»}* majjni ealicis mppri. liabens loquo 
•• .l - .*:îîrmis quandam cruxfiii parvam. et tns 
::- tr .:. niagno allaiî. ilnmiiiica il* 1 lioza 1 : pou- 
.» :..v.:?i quatuor mm dimidia. 

•riiiin aident i deauratum. Indiens vitroum 

„ < . :-• oorona Domiiii ; in laterilui> hahens iina- 

_-.;.-. ..iictas «opinas est alligatum quoddam frus- 

>::: Jean Christi: pendetquc ad dieluni reli- 

i -.. Iwalo Marie Madalem», j[arnila de ar<;ento: 

.-.-. -.îarranim , uiilianiin duaruin. 

'..• * «'.ryiiiis Marie argeutea. altitudinis diiuruui 

\:;:!li> deaurutis. et corniia et diademate etiam 

-. : . <..!-tr«i liliiuti stiiim parvulhim. qui leuel 

- îr* ::it»T duas inanus. 

: • ... „":ui dicti (illii pendel quidam \onus l)p\. 

: .: jidt'iiiate dicli lillii siiul xijjmli Ins perle. 

_.•». : :. l > patres noslres de coralli. unus uiafpiiis. 

. :•;: -nu* ciricciiï», eoperfus de perlis, et iinns 

.. . ■> marearum Iresderim, iintiaruui ff riiitn '. 

. • iv^/ata. rujns pes est mpreus deauralus. oiiui 

.^ <h runldani spéculum atlixum. iutra quoil *'M 

* : •;; ouicruci est alli|;ata una co^ta Inoce ( n |luin , 

:. i.i^> Bruni quondaiii henellieiatus: punderis. 

iitiarum sox ciiui dimidia; que tenetur in 

. .pi itriiim pan uni ar^enleum. Indiens quatuor 

• -nui laie quaiudam petram cristallin , con- 
..,..t: Marie Jacnbi et Sallome. 

..i \as cristalinum. mjus pes el siiiuiuitas 
É ;i Moumine quidam parvus jaillis arméniens 
.-.:-• Uni petiam beali Laurenlii. 

.. .i iiii-carùiin 1 , jour où !•• Pape benil avec solen- 

Si'iit-Sauvtiii.- la U<»m« d'or <|iie Haunoml J>» ; - 

..... -.vue d'Innocent IV au concile d»» Lyon, «-I on 

. ;.: appelait ce dimanche le dimanche d- la Bo-e. 

.. • ,;? du doij;l. 

,..-> itf la statue de la Yierjje à l'oiseau. 



— 159 — 

38. Item, due bacille argentée, cura armis quondam R. D. Olivarii de 
Puait \ arehiepiscopi , ponderis marquarum xni. 

3o. Item, due alie bacille argentée médiocres, cum armis- in medio 
quondam domini Avinionensis *, quondam Aquensis archiepiscopi, pon- 
deris inarcarum novcm. 

ho. Item, duc alie bacille aryentee, cum armis in medio quondam do- 
mini Armandi de ?iarcissio a , Aquensis archiepiscopi , que arma sunt très 
barre 1 ; cum Agnus Dey dcsupcr; ponderis septem marquarum et inedie 

UflllV. 

ki. Item, quedam cupa argenti deaurata, facta a goderons, cum coper- 
tura de an m ta , et estandardo desuper, et pomicello' cum armis damjoph* 
inc) et aquilla; in qua solebat mancre caput sancli Mitri; ponderis inarca- 
rum quatuor, unsiarum quatuor cum dimidia. 

hû. Item, duo magna can délabra argenté a, cum tribus pomellis iu pede 
deaoratis et emalhatis, et aliis armis; ponderis marcarum quindecim cum 
dimidio. 

43. Item, duo alia parva candellabra argentea, que tenentur in festis 

duarunicapparum; ponderis marcarum quinque , unciam unam cum dimidia. 

hh. Item, quoddam magnum turrubullum de argento, cum quatuor ca- 

tenîs argeuteis, et cum naveta eliam argentea, ponderis quinque marcarum 

cum dimidia. 

45. Item, aliud par vu m t[u]ribulum, cum catenis argeuteis et naveta 
argentea , pondeiis marcarum quatuor, unciarum septem cum dimidia. 

46. Item, due idrie argentée, martellate, pro diebus solenmibus, pon- 
deris marcarum duarum et unciarum duaruin. 

«'17. Item, alie duc parve idrie argentée, que leneri consue\erunt sin- 
gullis diebus iu magno al ta ri, ponderis unius marci, unciarum septem. 

48. Item, quedam alia ta bel la trium palmorum, quasi radrala, tecta 
argento, in qua est imago \irginis .Marie iu medio, et cum quatuor evan- 
geKstis et armis (iapituli emalhatis, cum lapilis vitreisdiversorum colorum 
circumcirca. 

1 Olivier de Pennart, archevêque d'Aix, du 8 août 1/160 au :*8 janvier 1/18/1. 

5 Avignon Mirolaï, qui tint le siè^e d'Aix du .'{ juillet 1/133 au 1;') juin i643, 
jour de sa mort. 

' Armand de farces. 11 n'y eut ù Aix point d'à 11 Ire archevêque qu'Armand, du 
19 juillet 1339 jusqu'au :io ou mi juillet 1 368. 

1 Trois /as ces. Les armes d'Armand de ]\arcès sont encore visibles sur son sceau 
attaché à une charte du 7 mai 1.V11, conservée aux arrimes départementales d<*s 
Bouches-du-Rhône, fouds du chapitre métropolitain de Saint-Sauveur. 

* Peut-être faudrait-il là penuncelln. 

* .Nous verrions volontiers ici le» arme» d'Anjou; mais nous de\ons faire re- 
marquer qu'on avait écrit d'ahord de Anjo, il qu'on a cflac-'- ces mots pour les 
remplacer par damjoph. 



* 



À 

\ 



— 160 — 

&g. Item, duo texlus sive due tabulle facte argenlo, que tenentur in 
feslis duarum capparum; in quarum altéra est imago Cruxiffixi, habens in 
latere sinistro ymaginem sancti Johannis evangeliste; in altéra vero est 
ymago sancti Johannis Batiste scribentis. 

5o. Item, quoddam pinaculum eburneum, incisum, in quo sunt di- 
verse ymagines, cuni cruce desuper, cum tribus patrenostres de coraih; 
infra quod asseritur esse de ligno crucis Domini , cum sua teca sive stuch. 

5i. Item, quedam tabella eburnea, elaborata, in qua sunt ymagines 
virginis Marie, cum aliis quatuor a destris et a sinistris. 

5 a. Item, quedam ymago virginis Marie parva, lignea, et desuper deau- 
rata. 

Sequuntur calices. 

53. Item, quidam magnus calix, qui tenetur in missis solemnibus, pon- 
deris marcarum quinque et unsiarum duarum. N° i. 

5&. Item, alius calix no vus, argenteus deauratus, in cujuspomello sunt 
ymagines beati Ludovici, régis Francorum, ponderis marcarum duarum, 
unsiarum duarum, denariorura sex. N° il 

55. Item, alius calix novus, cum armis unius aquile et duarum colum- 
banun; ponderis marcarum duarum, unsiarum duarum cum dimidia. 
N'm. 

56. Item , alius calix quondam domini canonici Merindoli , argenteus totus 
deauratus, cum suis armis; ponderis marcarum duarum, unsiarum sex cum 
dimidia. N° un. 

57. Item , quidam calix argenteus quondam domini Rostagni , Régis con- 
siliarii, totus deauratus, cum armis dicti quondam Rostagni, videlicet tri- 
bus stellis; ponderis marcarum duarum, unsiarum trium cum dimidia. 
N'v. 

58. Item, alius magnus calix, qui habet foramen in pede, cum patena 
in qua scriptum est: Christus rex venit, etc.; ponderis marcarum trium, 
unsiarum sex. N° vi. 

59. Item, alius magnus calix, datus per quondam R. D. Vapincensem 
episcopum. in cujus pede sunt arma dicti episcopi, cum patena habente 
ymaginem Christi Venilc adjudicium ; ponderis marcarum duarum , unsia- 
rum septem. N° vu. 

60. Item, quidam alius calix, argenteus deauratus; in pomello sunt sex 
leones; cum patena ad modum roze; ponderis marcarum duarum et unsia- 
rum trium. N° nu. 

61. Item , alius calix , argenteus deauratus; in pomello sunt depicta cap- 
pita apostolorum, et in pede ymago Cruxiiïici, virginis Marie, et beati Jo- 
hannis; cum patena manu benedicentis , circumcirca deaurata in medio; 
ponderis marcarum duarum , unsiarum sex. N° ix. 

6a. Item, alius calix, deauratus argenteus, in cujus pomello sunt de- 



— 161 — 

pied draeones et griffones; cam patena bebente manum benedicentis; 
ponderis marcarum duarum, unsie une, et denariorum decem et octo. 

63. Item, alius calix. argenteus deauratus, Rertrandi de Alpis, in cujus 
poawlio deffiaunt duo annuUi, cl habet patenam in forma benedicentis; 
pooderis marcarum duarum , unsie unius cura dimidia. N° \i. 

64. Item, alius calix argenteus, signatus in pede cum crucibus que 
habent très- ciavos ; et babet patenam cum signo Christi venturi ad judi- 
dum; ponderis marcarum duarum, unsiarum trium cum dimidia. N° xu. 

65. Item, quidam alius calix, argenteus deauratus, cum sex botonis in 
pomello, et Cruxiffixo in pede emalhato, cum ymaginibus béate Marie et 
beati Johannis, cum patena in su[>erticie deaurata; ponderis marcarum dua- 
rum, unsiarum quatuor, denariorum decem et octo; el babet certum 
lignum infra pedem. N* xm. 

66. Item, quidam alius calix argenteus, babens in pomello octo bo- 
tonos, cum soie tenente cuppam, cum patena el manu benedicentis; pon- 
dons duarum marcarum, unsie unius. Y xuu. 

67. Item, alius calix argenteus, habens in pomello sex botonos ad 
modum rosarura, et in pede quedam crux deaurata. cum patena manu 
benedicentis; ponderis marcarum duarum, untiarum duarum, denariorum 
decem et octo. N° xv. 

68. Item, alius calix argenteus deauratus, cum pomello rotundo, 
habens in pede crucem, el patenam cum manu benedicentis, Iota deaurata; 
ponderis marcarum duarum, untiarum duarum. denariorum decem el 
octo. N* XVI. 

69. Item, quidam alius calix argenteus, habens in pomello sex rosas, 
et crucem in pede deanratam, cum patena manu benedicentis; ponderis 
diiaruiii marcarum, unliarum trium. N" xvn. 

70. Item, quidam alius calix argenteus. domini Vénales, ubi sunt sex 
rose in |>omé)lo, et in pede crux deaurata, cum patena habens cruxiflixuin 
deauratum; ponderis marcarum unius. untiarum quinque. IS U xvm. 

71. Item, est quidam alius calix, deauratus inlus, quondam magislri 
Pétri Poncii, cum patena habente crucem in medio; ponderis unius marri, 
untiarum duarum. N" xix. 

79. Item, quidam parvus calix argenteus, ubi sunt sex llores in po- 
mello deaurato, habens crucem in pede deauralam, et patena cum cruce. 
in tus deaurata: calix esl desubtus scriptus : Juhan Jaunie; ponderis mar- 
carum unius, untie une cum dimidia. N° xx. 

73. Item, quidam alius parvus calix argenteus, cum pomello albo, 
cum cruce in pede deaurata; patena habet crucem in medio deauralam; 
ponderis marcarum unius, untiarum duarum, et denariorum decem el 
octo. N* xxi. (Nota marg. Habet ecclesia Marie Magdalenc. ) 

7&. Item, alius parvus calis argenteus, cum pomello deaurato, habens 



— 162 — 

in pomello très roses, et patena cum manu benedicentis, intus deaurata; 
ponderis unius martii, decem et octo denariorum. N° xxn. 

75. Item, quidam alius calix argenteus, fractus, quem tenent curati, 
sine patena; ponderis unius martii, untiarum duarum. N° xxm. 

76. Item, quidam alius parvus calix argenteus, cum sex botonis in 
pomello deauralo; ponderis unius marcii, untie unius, et denariorum 
decem et octo, cum armis R ni D. canonici Penchenati. N° xxiv. 

77. Item , quidam alius calix , argenteus deauratus , cum armis do mini de 
Salerais; ponderis duarum marcarum, quatuor testulorum (festucariim?) 
cum dimidio. N° xxv. 

78. (En marge). Alius calix, ponderis unius marci, untie unius, dena- 
riorum xii ; qui quidem calix est de Nostra Domina de Sede, fractus. 

79. (Item). Alius calix argenteus, ponderis unius marci, untiamm 
trium. 

80. Item, due patène argentée, quarum major habet manum benedi- 
centis, et parva crucem deauratam; ponderis imtiarum sex, denariorum 
decem et octo. 

81. Item, quedam custodia, sive cuppa argentea deaurata, facla a 
Paris, cum pomissello habenle sex botonos, cum ymaginibus emalhalis, 
in qua curati portant Corpus Christi; ponderis unius marci, untiarum 
septem, denariorum sex. 

8a. Item, quedam pax rolonda r argentea deaurata, ubi est quedam 
aux de Jherusalem l deaurata ; ponderis untiarum sex cum dimidia. 

83. Item, quedam alia pax de argento deaurato, cum ymagine Noii me 
tangere 1 , et armis quondam D. Ludovici Rostagni, benefîiciati; ponderis 
quatuor untiarum. 

8â. Item, quedam pax eburnea, habens ymaginem Annunliationis, cir- 
cumdata argento deaurato. 

85. Item, quedam massa argenti, habens in sumitate Agnus Dey; in 
longitudinem habet nodos quinque; ponderis marcarum quatuor, untiarum 
quatuor. 

86. Item, quedam parva crux argentea, habens pomellum ex cupro 
deaurato, cum armis quondam domini Ludovici Rostagui; ponderis mar- 
carum duarum , untiarum quinque. 

87. Item, quedam crux argentea deaurata, cum pede cupreo; et habet 
subtus pedes quandam parvam crucem nigram, ut fertur, de cruce Do- 
mini. 

88. Item, quedam parva crux argentea, sine pede, habens novem la- 
pides vitreos, diversorum colorum. 

88 bis. Item, quedam parva crossa argentea. 

1 La croix de Jérusalem est une croix grecque, cantonnée de quatre autres petites 
croix semblables. 

1 C'est-à-dire, l'apparition du Sauveur à la Madeleine, après sa résurrection. 



r 



— 163 — 

89. Item, quedam mitra sancti Ludovici 1 , ornata muitis iappillis, 
cum yiginti quatuor perlis in sircuitu, et muitis aliis perlis, et pendentibus, 
in quibus uiuite pai-ve perle defficiunt; et in fine pendentium, sunt novera 
eampanelle parve argenti , et cura quinque perlis aliis. 

go. Item , quedam alia my tra , cum diversis lapîdibus preciosis et parvis 
perhs; in cujus medio deest, a parte posteriori, unus magnus lapis, et in 
parte anteriori, desunt duo magni lapides; et habet pendentia habentia in 
Gdp v* campanellas argenteas, sine perlis. 

91. Item, duo ciroteca habentia ab estra rosas argenteas deauratas, 
nun decem lapidibus preciosis, quibus utitur R. D. archiepiscopus, cum 
arniuHo argentée deaurato , et quinque lapidibus ad instar rosarum. 

99. Item, quedam parva crux aurea, habens tresdecim parvas perlas, 
qua ntitur R. D. archiepiscopus, quando facit officiura; habetque infra de 
ligno crucis. 

9<{. Item, quedam crosea* argentea, qua utitur R. D. archiepiscopus, 
habens in somma et in toto quatuor petias, cum muitis lapidibus vitreis, et 
multi lapides desunt; ponderis duodecim marcarum, unctiarum duarum. 

9&. Item, «piedam alia mitra confecta fillo argenti et auri, cum muitis 
perlis circumcirca , et in medio , cum pendentibus. 

96. Item, quedam alia mitra de velluto perso, qua utitur episcopus 
lunocentiuin. 

96. Item, alie très mitre albe, sine testura 3 . 

97. Item, duo magni bordoni argentei, cum propignaculis, habentes 
in sumniitale Agnus Dei , cum vacolis '. 

98. Item, alii duo bordoni 5 argenti. 

99. Item, 1res cratères argenti, quas dédit dominus Glaudius de Ruppe, 
et una dominus Guillelmus Croserii ; ponderis duarum marcarum. 

100. Item, quidam baculus coopertus argento, dictus laferlo 6 , in quo, 
desuper, est Agnus Dei, cum parvo vexillo argenteo, et diademate. 

101. Item , quedam magna crux argentea deaurata, cum certis lapidibus 
vitreis . et in muitis locis vacuis, que fertur diebus solemnibus. 

' Saint Louis, évéquo de Toulouse, mort à Brignoles en 1297, dont plusieurs 
«^lises de Provence recueillirent les ornements. On conserve encore de nos jours à 
Sainl-Maximin la chape de ce prélat. Saint-Sauveur avait eu, pour sa part, sa 
mitre précieuse et la chape mentionnée au numéro i'><>. 

' La même chose que crocia , crusuia , crosse épiscopale. 

s Sine tettura, sans broderie? 

4 Vacolis nous parait devoir signifier de petits vases, vasculù [ou plutôt de petits 
étendard:», vexillix, montés sur la croix hampée,quc l'Agneau divin tient habitucl- 
li.'meDt enliv ses pattes. Cf. n° 100.] 

1 fh/rdoni, bourdons, grands bâtons en métal pour les chantres. 

• Du (iange, Ferla, pro/erufa, béquille. Mais ici h ferla doit être un bâton de 
commandement pour le directeur des cérémonies. 



— 164 — 

îoa. Item, quedam alia crux raediocris, argentea deaurata, in qua, a 
parte posteriori, sunt quattuor evangeliste, et in medio Agnus Dei. 

io3. Item, duo bordoni pro corareis 1 , de lotono. 

to4. Item, alia crux argentea, mediocris, non deaurata, cum pomello 
cupreo , non arjentato nec deaurato. 

io5. Item, quedam alia crux magna argentea, cum nuillis lapidibus 
vilreis, facta a Tantiqualho s , que tenetur die veneris sancta, et die sancle 
Lucie. 

106. Item, quedam alia crux 1 argentea deaurata, que est in ecclesia 
Magdalenes; et in ermario est quedam ymago argentea ipsius crucis, béate 
Marie Magdalenes , in modum manus benedicentis. 

107. Item, due pecie cupree deaurate, que sunt colligate et fleci biles, 
et habent imaginem Annunciationis. 

108. Item, quedam parva crux cooperta de argento, cum pede cupreo 
non argentato nec deaurato. 

1 09. Item, très rami de coralbo, duo magni et unus parvus; et unus ex 
magnis est munitus ex argento, cum parva cruce decenti et elaborata, et 
deaurata, cum xv parvis perlis; et parvus ramus est munitus argento; 
alius magnus vero est sine garnitura. 

110. Item, octo pessie argenli emallat. (Fuerunt mutate in uno calixe. 
Nota marg.) 

111. Item, quedam bogeta 3 nigra, in qua sunt ea que sequtintur : 
Primo, una zona broquata auro, in qua sunt octo clavi argenti deaurati, 
cum bloca et mordenti. 

11a. Item, bursa texta auro, cum perlis. 

11 3. Item, quedam corona argentea deaurata, cum lapidibus vitreis, 
que est de magna cruce superius désigna ta. 

1 14. Item, quidam leo argenteus deauratus. 

11 5. Item, quidam flos argenti, cum quatuor lapidibus vilreis et 
ix perlis, ad modum rose. 

116. Item, quidam flos argenti. 

117. Item, quattuor fremaus 4 de argento deaurato, quorum duo fue- 
runt de magno missali. 

118. Item, sex parve pecie coralhi, 1res munite argento et 1res non. 

119. Item, duo pater noster de couralh, longi sed minuti, quorum 
alius habet floquetum de céda viridi, et (alter) habet floquelum vieulatia*, 
cum testa fillo auri, cum parvo Agnus Dei. 

1 Corareti pour chorariis, chantres, choristes. 
' Faite à l'antique. 

5 Bogeta est une boile ou un polit snc. Voy. Du Cange nu mot Boieta, et Littré 
au mot Bougette. 

* Fremauê, fermoirs. 

5 De céda violacea, de soie violette. 



1. 



— 165 — 

lao. Item, qoedam fronleria de 1res tieros', cum muitis perlis dispersis 
îd quadaoi emmena linea. É 

191. Item, due alie fronterie, quorum una est compléta et altéra in- 
complète. 

las. Item, duo sygnarelia 1 librorum, de argeuto, quorum un um est 
frectum. 

ia3. Item, quoddnm parvum massapanum, coopertum fîllo serico di- 
Ter» collons, et una parva capsula cadrata in qua sunt mu Ile rcliquie. 

ni. Item, très cruces argentée, quorum raajoreui liaient curati pro 
ucramentis, que est deaurata; et altéra est arçentea, et pomcllum est 
ereum; et minima est argentea deaurata , cum pomollo et pede ereo deaurata. 

\ao. Item, quedam alia crux nova, que fertur quando Corpus Dornini 
fertur ad infinnos, cum pomello rotoudo deaurato et ymagine Crucifixi a 
parte anteriori. 

Soquitur inveiilarium indumciitoram, la m capparum quam rasiillarum , 

dalinaticaruin et tunicellarum. 

is6. Et primo, cappa beati Ludovici, de satino percici colloris, sive 
esura , cum floribus liliorum. 

197. Item, quedani cappa de auro fresalo, cum offris ad Passionem, 
(for miee, cum armis R. D. Pétri Philholi s archiepiscopi. 

198. Item, duc alie cappe de drapt d'or ras, cum offris (for (in, cum 
armis R. D. Pétri Philholi, archiepiscopi. 

199. Item, casula. dalmalica , tunicella, cum stollis cl manipulis, ejus- 
deni panni auri, curn offris d'or fin, cum armis 4 predicti domini archie- 
piscopi. 

i3o. Item, due alie cappe de drap d'or velutat blanc, cum casula, dal- 
matica et tunicella, cum stollis et manipulis ejusdem panni, cum offris 
d'or fia, et cum armis predicti reverendi domini Philholi. 

i3i. Item, quedam alia cappa de drapt d'or velutat, rubea, una cum 
casula. dalmalica, tunicella, cum stollis et manipulis ejusdem panni, cum 
offris d'or dome , cum armis domini Ballhezaris Jarente\ canonici ejus- 
|dem] ecclesie. 

i3a. Item, gremiale de auro. cum armis domini Aquensis. 

t33. Item, aliud gremiale de satino azural. cum armis domini Aqucnsis. 

1 A trois rangées de perles. 

* Sifiitarelia, signets pour marquer dans les livres les page* auxquelles 011 doit 
recourir. N'est pas dans Du Gange. 

3 L'archevêque Pierre Filholi gouverna l'église d'Aix depuis 1 f>o(> jusqu'en 1 5 fi 1 . 

• Les amies de Pierre Filholi cl d'Antoine Filholi, son neveu et successeur, 
sont d'azur à la bande d'or, accosté»? de doux glands, ligé.s et fouillés d'or, l'un en 
Hicf, l'autre en pointe. 

Baltliasar Jarentc, évoque de Vcnrc eu i5oo, puis evèqu»' de Saint-Flour. 



— 166 — 

i34. Item, quedam cappa ex \eluto brocato rubeo, cum casuia, dal- 
matica et tunicella, quondam domini Olivarii, archiepiscopi Aquensis. 

i35. Item, quedam cappa de velluto viridi, cum offris d'or fin, ad 
ystoriam Pationis, cum armis R. D. Rascacii 1 . 

i36. Item, quedam cappa de satino cremesin*, cum offris d'or fin, cum 
armis R. D. de Forlivio. 

137. Idem, quedam cappa de auro velutato de velut pers, cum offri sad 
Passionem, d'or fin, cum armis R. D. Bartholomei Delphini, precemptoris 
hujus ecclesie. 

i38. Item, quedam cappa de velluto rubeo, cum offris d'or fin, habet- 
que in caputio Rubrum quem viderat Moyses 3 , cum casuia, dalmatica et 
tunicella , cum paramento de velluto viridL 

139. Item, quedam cappa de velluto violeto, cum offris d'or fin, cum 
armis domini Johannis Duranti , canonici. 

i4o. Item, quedam alia cappa de veluto rubeo, cum armis domini 
Pugeti, quondam canonici, videliccl cum bove et stella in fronte. 

1A1. Item, quedam alia cappa de velluto rubeo, cum armis R. D. Elziarii 
de Turri; et habet pro armis, turrim cum collumbis desupert (sic). 

16a. Item, quedam alia cappa de velluto rubeo figurato, cum caputio, 
habens in caputio figuram Domini defferentis cruceni , cum casuia , dalma- 
tica et tunicella; et palio de velluto rubeo figurato, cum duabus stollis et 
manipulis; cum armis quondam domini Johannis Martini 4 , cansellarii, et 
habet pro armis collumbam albam vollantem, cum ramo ollive in rostro, 
et stella desuper. 

i43. Item, quedam alia cappa de velluto rubeo figurato, habens pro 
pectorali tabemaculum, habensque caputium cum ymagine Virginis por- 
tants filium, cum duobus angelis hinc inde. 

i44. Item, quedam alia cappa de damatio albo, cum offris de auro; et 
in caputio habet ystoriam Quem genuit adoravit*; habet et in pectorali de 
argento emalhat, cum quattuor lapidibus; cum casuia, dalmatica et tuni- 
cella, cum armis quondam domini Alardoni 6 , episcopi Massiliensis;et ]>alio 
pro magno altari. 

archevêque d'Embrun, président de la chambre des comptes de Provence, portail 
d'or au sautoir de gueules. 

1 Chacun des chanoines d'Aix était tenu, après sa réception, de fournir une 
chape à la sacristie de Saint-Sauveur ; de là les nombreux ornements mentionnés 
à partir de ce numéro i35, avec les armes de ceux qui les avaient donnés. 

1 De satin cramoisi. 

3 C'est-à-dire la représentation du Buisson ardent. 

4 Jean de Martin, seigneur de Puyloubier, chancelier du roi René, comte de 
Provence. 

6 La vierge Marie à genoux devant son fils nouveau-né. 

* Avant d'être évéque de Marseille (1666-1696), Jean Aiardeau était chanoine 



— 167 — 

i&5. Item, quedam cappa de velluto persico figurato, eam offris de 
aaro; habelque iii capulio sancti Michaelis ymaginem cum dracone de- 
sobtns; et in pectorali habet manum, sive brachium, et barram in medio, 
in roodnm crucis. 

i46. Item, quedam aiia cappa de velioto violeto, cum armis domini 
Lodovici Rostagni, quondam benefficiati, pauci valons. 

1&7. Item, quedam cappa de dainatio croseo, cum offris d'or dôme. 

1A8. Item, unam cappam damacii albi, cum offris d'or dôme, in cujus 
caputio est la saumeto 1 , cum casula, dalmatica et tunicella, ejusdem panni, 
eam paramentis de velluto rubeo. 

169. Item, quedam cappa alba damacii, cum offris d'or fin, cum armis, 
habet martem in pectorali. 

i5o. Item, qualtuor cappe albe damacii albi, pro corariis, cum offris 
dor dôme. 

i5i. Item, quedam cappa damacii albi, cum offris dor fin, enbe* 
ymages doubles, sine caputio, que habet in pectorali tabernaculum ad rao- 
dom trioletorum. 

i5a. Item, due cappe de mieja ostado" alba, cum offris d'or fin, cum 
casula, dalmatica et tunicella. 

iS3. Item, quedam casula de salino albo, cum stolla et manipulo, que 
erat quondam domini Merindoli. 

i54. Item, qualtuor cappe de dalmatio rubeo. cum offris, pro corariis. 

i55. Item, quedam casula de auro. et offris de flodalis 4 . 

i56. Item, quedam cappa de dalmatio rubeo, que erat quondam do- 
mini Andrée Morges, cum ejus armis in pectorali. 

157. Item, casula, dalmatica, tunicella, cum tribus capis de ostado 
rubeo, pro corariis. 

i58. Item, due casule dalmacii rubei, cum offris auri, pauci valoris. 

1 5g. Item , duo floqueli cum casula , dalmacii rubei , ad formant rosa- 
ram, sive a rosos d or et leons b . 

160. Item, capa de veluto rubeo, pro illo qui facit officium in festis 
duarum caparum. 

161. Item, due cappe de dalmatio violatio, pi*o corariis. 

dMix; ses armoiries, dont nous ignorons les couleurs, avaient une fasce surmontée 
de deux vires, avec trois rameaux en pointe; parfois son écusson est parti, et Ton 
voit au second une étoile à huit rais. C'est ce que Ton peut vérifier à la cathédrale 
de Marseille, au monument de Saint-Lazare, construit sous son épiscopat. 

1 Saumeto signifie en provençal une petite ânessc. 

1 Enbe, provençal, avec. 

3 Gitada, specics panni (Du Cange). En provençal mieja signifie demi. Ce devait 
être une étoffe mélangée de soie et de laine. 

* Avec les orfrois semés de fleur* de li$. 

* Avec des roses d'or et des lions. 



— 168 — 

i6a. Item, casula, dalmalica et tunicella, pro missa domini Aqueiiëis. 

i63. Item, quedam casula de dalmatio violatio, cum offris d'or lin, cum 
dalmatica et tunicella , cum paramentis de damalio viridi. 

166. Item, casula, dalmatica et tunicella de satino violelio, cum para- 
mentis de satino turquioo, cum armis quondam domini Ludovici Rostagui. 

1 65. Item, quedam casula cum offris d'or Cn, de damatio violeto cum 
rosis aureis, cum dalmatica et tunicella ejusdem panni. 

166. Item, alia dalmatica et tunicella ejusdem panni, pauci valons, 
cum duabus stollis et manipulis pauci valoris. 

167. Item, quedam casula de damatio violeto, dalmatica et tunicella, 
pauci valoris, pro missa populi. 

168. Item, quedam casula de damatio violeto, et offris de satino cre- 
mesino, cum stolla. 

169. Item, due cappe de damacio viridi, pro corariis, cum capuciis, 
pauci valoris. 

170. Item, casula, dalmatica et tunicella de damatio viridi, cum offris 
fâchas a flos d'or \ et paramentis de auro, cum stolla et manipulis. 

171. Item, casula de damatio viridi, cum offris d'or dôme, stolla cum 
manipido. 

173. Item, casula, dalmatica, tunicella, de velluto viridi ramegat', cum 
offris de tavello. 

173. Item, casula, dalmatica, tunicella, de tella viridi, cum paramentis 
de saya rubea. 

17/1. Item, très cappe de ostade viridi, pro corariis. 

175. Item, una cappa de bonbasina viridi, pauci valoris. 

Indumenta crosei coloris. 

176. Et primo, casula, dalmalica, tunicella, de damatio crosei coloris, 
cum paramentis velluti nigri, pauci valoris ipsius paramenti. 

177. Item, tunicella, dalmatica, de camellot crosei coloris, cum para* 
mentis de veluto violatio. 

178. Item, una cappa de damatio croseo, a coulour de palha 3 , cum 
offris d'or dôme. 

179. Item, una cappa de satino croseo, pro corariis, pauci valoris. 

180. Item, quedam casula de drapt turquino, pauci valoris. 

Indumenta nigra. 

181. Et [primo] quedam cappa de veluto nigro, cum offris d'or fin, et 
armis Capituli, cum caputio. 

1 Faites à fleurs d'or. 

3 Ramegat y pro v en rai, à ramages. 

3 Couleur de paille, jaune. 



— 169 — 

18a. Item, ensuis, dalmatica et tunicella, de \elluto nigro, que quidem 
rasofa est pauci valons, cum offris d'or dôme, dalmatica, tunicella, cum 
{taramentis de velluto cremesino et armis capituli. 

i83. Item, casala, dalmatica, tunicella, de veluto nigro, pauci valons. 

i8A. Item, casula de velluto nigro, cum offris de velluto cremesino. 

i85. Item, casula, dalmatica, tunicella, de velluto nigro, pauci valoris. 

186. Item, une casula de camellot nègre 1 , cum offris do velluto viola tio. 
ram armis domini Roslagni, quondam bénéficia ti. 

187. Item, due cappe de damatio nigro, cum paramentis sive offris de 
cHneHoto nibeo. 

188. Item, très cappe de ostada nigra, cum paramentis sive offris de 
cameloto turquino. 

189. Item, casula, dalmatica, tunicella, de ostada nigra, cum para- 
mentis de tavella, pro singulis diebus. 

190. Item, cappa de damatio nigro, que servit per l'evesque fol*. 

191. Item, très casule de bordo\ crosei rubeique colloris, de sado, pro 
diebus festivis. 

199. Item, due alie casule de miege ostado roge 4 , cum stollis et mani- 
puiis, pro diebus festivis. 

193. Item, très alie casule de hordo, diversorum collorum. pro diebus 
feriatibus. 

InrenUrium paramrntorum , *iv« tnpissnri»* s , tant serica qunm lanea. 

19'j. Et primo, duo palia de satino esurat r> R mi domini Pétri Philholi, 
in quorum altero est CruciGxus, cum certis aliis ymaginibus de auro, et 
corn suis armis, et in altero cum duabus liltcris de auro, videlicet L. A. 

195. Item, aliud paramentum de velluto rubeo, pro magno altari, cir- 
cumeirca cum veluto persico. 

196. Item, duo alia parameuta de velluto rubeo, pro scabellis magni 
altaris. 

197. Item, quoddam aliud palium, in quo est Passio Ghristi, do bro- 
qnat, et circumcirca de taffalat viridi, pro para m en to magni altaris. 

198. Item, aliud palium de satino rubeo, et circumcirca de veluto pur- 
pnreo, in quo est Rubrum quem viderat Moyses. 

199. Item, aliud palium deseda rubea, cum certis figuris de auro, et 
circumcirca de taffatat viridi , in quo est Annunciatio béate Marie. 

1 Nègre, provençal, noir, de camelot noir. 

* Pour f évéque des fous. 

3 Bordum, panni species, dit DuCange, qui n'a rien pour interpréter de tadn. 

1 D'ostade rouge mêlée. 

* Tapiseries. 
s Azuré, bleu. 

Archéologie. i 1 



— 170 — 

qoo. Item, tria palia de satino persico, cum florîbus lilîi de auro, cir- 
cumcirca de taffatat viridi, pro paramento presbiterii. 

soi. Item, tria alia palia de damatio griso, ramato de jaune, et circum- 
circa de satino nigro. 

so9. Item, aliud palium de serico deaurato. cum Crucifixis, circumcirca 
de taffatat turquino, cum arrais domini Avinionensis, olim archiepiscopi 
Aquensis. 

ao3. Item, aliud palium de brocato, cum leonibus et griffonibus in 
medio , circumcirca de taffatat rubeo. 

soâ. Item, aliud palium de veluto nigro, circumcirca de veluto rubeo. 

ao5. Item aliud palium deseda crosea, in quo sunt arma Capituli in 
medio, et desuper duo pavones, et circumcirca de tella rubea, pro para- 
mento presbiterii. 

so6. Item, aliud palium magnum de taffatat viridi, de vtaffatas. 

307. Item, aliud palium parvum de taffatat viridi. 

3 08. Item, aliud palium de seda figura ta, circumcirca de ostada nigra, 
cum armis capituli. 

309. Item, duo palia de tella persica, circumcirca. . . , ubi sunt arma 
domini Saltus l . 

2to. Item, aliud palium deseda, circumcirca de tello perso*, in quo 
sunt alique cruces. 

311. Item, aliud palium de seda , circumcirca de tella rubea, cum armis 
Jherusalem et floribus lilii. 

313. Item, aliud palium antiquum de seda, brocatum, circumcirca de 
tella rubea. 

31 3. Item, aliud palium, factum en modo de vano\ de taffatat roge, 
circumcirca de tella persica. 

316. Item, quedam cortina magna de taffatat viridi, cum frangis de 
seda , ejusdem coloris. 

si 5. Item, quedam alia pessia de taffatas viridi, vu palmorum. 

316. Item, decem pessie de tapisserie confecte ex lana, pro ornamento 
cori; et in parte magni cori est depicta vita Christi, et in parte parvi cori 
est depicta vita béate Marie; quas dédit olim quondam dominus Olivarius, 
archiepiscopus Aquensis. 

317. Item, très pessie cortinarum, de tella diversorum collorum, que 
ponuntur, due in sommitate cori , et alie due in pavilhone magni altaris. 

3 18. Item, due petie de ta pissa rie, ex lana facte, cum personagis, et 
in una est lea \ et in altéra unicornis. 

1 Les armes des d'Agout, seigneurs de Sault, étaient d'or au lion ravissant d'aiur. 
1 De toile bleue. 

3 Vanna , vanoa , couverture , Du Cange ; en forme de couverture , de taffetas rouge. 

4 Lea, laie, Du Gange. Nous nous demandons si le rédacteur de l'inventaire n'a 
pas, en écrivant ce mot, cru désigner une lionne , 



— 171 — 

919- Item, quattuor aKe pessîe de tapissarie a borduro \ inter quas est 
una magne forme, et très alie mediocris forme. 

990. Item , sex petie de draperie viridi , in qaibus sunt arma reverendi 
domini Àvinionensis, archiepiscopi [Àquensis]. 

491. Item, dae pessie de tapissarie, in qaarura [una] est Opns sex die- 
rum, et in altéra ymago Cbristi [venientis] ad judicium. 

999. Item, quedam tapissaria, in qua est homo silvester cum uxore 
et fitio, «pie ponitur ante altare, super terrain. 

993. Item, alia pessia pana, in qua est ymago sancti Thome inferenlis 
digitnm in latus Domini. 

9 9 A. Item, alia pessia magna, vocata La cassa 1 . 

995. Item, quedam alia magna pessia de panno diversorum collorum, 
in qna est orologium. 

996. Item, duo banqualia fachs a personages, quattuor in quolibet 
banquali, de viridi ramato. 

997. Item, duo alia banqualia fachs a testos, diversi coloris. 

998. Item, quedam cortina de tapissaria fach a borduro, pauci valons. 

999. Item, duo paramcnfa de tclla viridi, pro magno altari, circum- 
rirca de tella rubea. 

930. Item, quoddam paramentuin de veluto, factum a triules. 

93 1. Item, quedam frangeria, pro magno altari, de seda viridi, cum 
titteris continentibus Jhesus, Maria, foderata de tella alba, pauci valoris. 

939. Item, quoddam alind palium. sive paramentum de damatio albo, 
pro capella sancti Salvatoris. 

933. Item, sex petie de tapissa rio turquoise, très magne et très parve. 

934. Item, quedam cortina de (affalât \iridi, rubeo et croseo, pro cre- 
dentia. 

935. Item qnoddam bunquale fach a personages, et appellat Lo So- 
ienne 1 . 

Scqiimilur Hlollc et mniiipuii. 

936. Et primo, quedam stolla et manipulo script 1 , a personages. 

937. Item, quoddam manipuluiii fach a quayrons' d'or. 

938. Item, quedam stolla cum manipulo fach a medalhos de auro. 

939. Item, quedam alia stolla cum manipulo, de seda violacea, fach a 
qnayrons d'or. 

960. Item, quedam alia stolla. scripta, contexta ex auro et seda de 
esur \ facta cum crucibus , et foderata de tella rubea. 

1 Tapisseries à bordure. 

* La chasse. 

3 Et appelé le Solennel, le pins beau. 

* Ecrit, où il y a quelque chose d'écrit. 
' A compartiments. 

* De soie bleue. 

19. 



— 172 — 

a 4i. Item, stolla cum manipulo, de damatio crocei coloris, foderata de 
tella rubea. 

a 4a. Item, quedam stolla contexta ex céda auro et rubea, facta a quay- 
rons, foderata ex satino aeris coloris. 

ai 3. Item, quedam stolla de damatio rubeo decremesin, foderata de 
tella viridi. 

a44. Item, quedam stolla contexta ex auro, in qua sunt octo personages. 

a 45. Item, stolla cum manipulo, de taffatat viridi, foderata de tella 
rubea. 

a 46. Item , duo collaria pro diacono et subdiacono, argentea, cum céda 
percica. 

a 47. Item, duo alia collaria, contexta ex argento et auro, cum ymagi- 
nibus. 

968. Item, alia stolla cum manipulo, fach a borduro, pauci valoris. 

a4o,. Item, stolla de camelloto nigro, foderata de tella rubea, cum ma- 
nipulo. 

a5o. Item, duo collaria, contesta ex auro et céda persica, fach a perso- 
nages. 

a5i. Item , quedam alie stolle et manipuli, diversorum collorum, pauci 
valoris. 

a 5 a. Item, due stolle cum uno manipulo, de camelloto nigro, foderate 
de tella persica. 

a 53. Item, due stolle cum duobus manipulis, de damaso albo. 

a 54. Item, duo collaria de velluto nigro. 

a 55. Item, très stolle de damaso albo, cum sex manipulis. 

a 56. Item, due stolle de damaso violeto, fach a rosas de auro, cum 
duobus manipulis, pauci valoris. 

357. Item, due stolle de damaso viridi, fach a rosos et flours d or \ cum 
duobus manipulis. 

a 58. Item, quedam vestis de taffatat gris, pro ymagine virginis Marie. 

359. Item, quoddam palium de taffatat albo. 

Pro pueris. 

a 60. Et primo, due parve tunicelle, albi coloris. 

a6i. Item, due tunicelle, rubei coloris, pauci valoris. 

a 6a. Item, due tunicelle de raieje ostado, violacei coloris. 

a 63. Item, due tunicelle crosei coloris, de savo. 

a64. Item, due tunicelle de sayo, viridi coloris. 

a65. Item, due tunicelle nigre, de ostado. 

266. Item, quedam ymago Magdalenes de bordure aurea '. 

1 Avec des roses et des fleurs d'or. 
s Brodée en or. 



— 173 — 

967. Item, quidam angélus de bordure d'or. 

Sequuntur albe et amietua. 

968. Et primo, très albe cum amictis, pro diebus solemnibus, cum 
paramentîs de drap d'or ras. 

969. Item, très aiie albe, pro festivitatibus, quarum una est cum pa- 
ramenlo de drap d'or blanc velulat 1 , et alie due cum paramenfis de veluto 
rubeo, et amicti très parati de drap d'or velutat blanc. 

970. Item, très alie albe parale, pro magnis festivitatibus, cum para- 
mentis facb a personages et a bordure. 

971. Item, albe cum amictis lvii. 
979. Item, vu cortine telle. 

973. Item, quatuor cortine de serico, diversorum collorum. 

974. Item, due mapule pro pulpitro, de lella diversorum collorum, pro 
magnis festivitatibus, quando dicitur evangelium et epislolla. 

975. Item, uni mape pro raagno al tari. 

976. Item, lxiiii pro aliis altaribus. (A lia manu : Habet, inclusis illis 
de céda, lxxxu.) 

977. Item, quatuor longerie. 

978. Item, quoddam missale de pressa 1 , de pergameno, quod dédit 
dominus Bernardinus Rascacii, canonicus bujus ecclesie. 

979. Item, duo alia magna missalia de pergameno, scripla a la man \ 

980. Item, aliud missale, mediocris forme, in pergameno, descriptum 
ad ma nu m, quod dédit dominus Ludovicus Rostagni, benefliciatus ecclesie 
Aquensis. 

981. Item, aliud missale de pergameno, descriptum, promissa [populi]. 
989. Item, undecim missalia de pergameno, descripta ad manum. 
983. Item, unum pontiflicale du pergameno, descriptum a la man. 
086. Item, liber benedictionum ponlifficalium , de pergameno, descrip- 
tum a la man. 

985. Item, unum Rationale divinorum ojjlciorum, in papiro descrip- 
tum. 

986. Item, Flores aanctorum^ in papiro descripte. 

987. Item, liber in pergameno descriptum et notatum, in quo conti- 
nentur benedictio candellarum, ramorum, quattuor passiones, et benedic- 
tiones fonlium et serei pascalis, lectiones majoris ebdomade. 

988. Item, alius liber, in quo continentur quattuor passiones. et ovan- 
gelia Liber generationis , et Factum est autem k . 

1 Velouté. 

1 Missel imprimé *ur parchemin. 

3 A la main, manuscrits. 

4 Évangiles que Ton chantait solennellement, dans certaines élises, n In fin 
des Matines, à Noël et à l'Epiphanie. 



— 174 — 

289. Item, duo coUeclaria, unum pro diebus festivis, et aliud pro die- 
bus feriatis. 

990. Item, Liber ordinarius ', in pergameno descriptus. 

391. Item, duo iibri testuumevangeliorum, in pergameno. 

399. Item, duo testas epistolarum, in pergameno. 

393. Item, quattuor Missalia, in papiro descripta, ad es. . .pan, pauci 
valoris. 

396. Item, testas evangeliorum et epistolarum, pro missa reverendi 
domini Aquensis, in pergameno. 

395. Item, liber missarum béate Marie, ad notam, pro missa reverendi 
domini Aquensis. 

296. Item, quedam cassea in qua portatur Corpus Christi in die domi- 
nica Ramis palmarum, in qua sunt beleti ' (?) pauci valoris. 

397. Item , quedam pessia de tella crusa \ in qua continentar cane 4 . 

398. Item, quedam pessia de ostada negro 1 , il palmorum. 

399. Item, vu pulvinaria, sive coyssi de plumo 6 . 

3oo. Item, i533 et 18 mensis novembris, dominus canonicus de 
Leone. . ., pro suo felici ingressu, dédit presenti ecclesie quandam pacem 
argenteam, quadratam, factam cum tribus propinaculis, in qua est ymago 
[Cru]ci[fixi] , babens hinc inde ymagines béate Marie et beati Johannis evan- 
geliste, totam deauratam, et extra, cum suo reclinatorio sive stacb ex 
corio bolhito, ponderis trium unciarum, denariorum très (sic). 

3oi. Item, quattuor baculi parvide bresil 7 , garnis in qualibet summi- 
tate de argento. 

3o2. Item, due caysie, quarum una est de noguier 8 , talhado a perso- 
nages, et alia est de sap 9 ; et quedam alia de noguier, quattuor palmorum, 
in capella sancti Mitri. 

Borrilli, notarius. 

• 

1 Le Liber ordinarius était le Rituel de l'église d'Aix. Il a été imprimé en 1577; 
mais il est d'une si grande rareté que nous croyons devoir le décrire ici. Le titre 
.est en rouge : Liber ordinarius, sive modus baptizandi secundum usum et consuetu- 
dinem sancte metropolitanœ Aquensis ecclesie, ordinem ad benedicendû aquâ diebus 
dominiciê y et multa alia contmens. Aquis Sestiis. Apud Thomam Maillou. îSjj. — 
Petit in-8° de a 20 pages et 1 feuillet, rouge et noir. Il y a des bois au recto et au 
verso du titre, et à la fin. 

* Mot de lecture douteuse. 

3 De toile écrue. 

4 II s'agit probablement de la mesure de longueur nommée canne. 

5 D'ostade noire. 

* Coussins de plumes. 

7 De bois rouge. Voir Du Gange, v° Br asile. 

8 De bois de noyer, taillée à personnages. 

9 De bois de sapin. 



— 175 — 

Seqmtar inventarium honorant mobilium ecclesie Nostre Domine de Sede \ 

extra mnros rivitatis Aquensis. 

303. Et primo, uno grosso grabelle de metalh, per faire udo petite 
campaDO a ladicte église Nostre-Dame. 

304. Item, viginti due roappe allaris, tam grosse quam parve. 

305. Item, una servieta fina, et valde bona. 

306. Item, una callota, velluti nigri et rubei. 

307. Item^ ungs pendens * [ambe] crous, de diversas coullors. 

308. Item, ung aultre pendent, tout blanc. 

309. Item, dous amictzde [tello] blanche. 

3 10. Item, una coopertura calicis. 

3n. Item , una casibla de camellot aurengat 3 . 

3 19. Item, alia casibla de mieja ostada alba. 

3i3. Item, una alia casibla, parmi violeti, cum cruce de thaffatas vert. 

3iA. Item, una alia. casibla, de fino escarlato rouge, cum cruce veluti 

3i5. Item, una alia de drap gris, cum cruce de mieja ostada jauno. 

3 16. Item, ung mantel de Nostre-Dame, de taffatas violet chanjant 4 . 

317. Item, ung aultre mantel de blanc, pauci valons. 
3i8. Item, ung aultre mantel, de fino escarlato rouge. 
3 19. Item, uno petito robo de Nostre-Seignour. 

3*o. Item, uno petito robo de camellot nègre, de Nostre-Seignour. 

3a 1. Item , doas albas de tello grosso, uno novo et uno fort usado. 

399. Item, una stolla de ramages, de seda. 

3*3. Item, ung cordon. 

39&. Item, uno petito longiero obrada. 

3«5. Item; ung vels de crespo per Nostro-Damo, et ung petit cordon, 
dintre ung petit coffre 5 . 

3 96. Item, una frange de seda roge et jauna. 

Borrilli, notarius. 

397. Anno Domini millesimo quingentesimo tricesimo quinto, et de 
mense novembris, honesta muliier domina Johann a Boche, soror quondam 
domini Barlbolomei, canonici, dédit presenti ecclesie, [de rébus] dicti 
quondam domini Boche, sui fratris, videlicet, unam mapam, longitudinis 
doarum cannarum et palmorum duorum, vel circa, in medio adjuslata 6 . 

1 Notre-Dame de la Sed, église métropolitaine d'Aix jusqu'au xi* siècle, actuel- 
lement hors de f enceinte de la ville, au couchant. 

* Un fanon de mitre, avec une croix. 

3 De couleur orange. 

4 Un manteau de Notre-Dame de taffetas violet changeant. 

1 Un voile de crêpe pour Notre-Dame, et un petit cordon, dans un petit coffre. 

* Ajoutée , formée de deux pièces. 



— 17C — 

3a8. Item, duo indumenta pulvinariorum, operata ex (ilis cericis et de 
auro, diversorum colorum. 

3a 9. Item, unum flabellum, sive deflendalh \ ex plumis pavonura, cuni 
genimis et niedalhis in medio. 

330. Item, unum parvum pavalhonum pro corpore Christi, ex tella 
sublillissima, operatuin ex auro, cum suis fraugis ex auro et cirico. 

m v c xxx quinto, die xxvii iticiisis septembres , doininus Nicolaus Fabri, sub- 
sacrista, confessus fuit habuisse inventarium jurium sacristie. Et fidejusse- 
runt pro eo nobiiis Spirilus Stepbani, doininus de Veuellis, et Galacius de 
Rocca, de La m bis co, et quilibet eorum in solidum; constante nota siimpta 
manu mei Imberti Borrilli, notarii de Aquis. 

Borrilli, notarius. 

33 1. Anno domini nriilesimo quingentesimo trigesimo sexto, et die 
xxv mensis decembns, die nativitatis Christi, doininus Bernardinus Ras- 
cassii, de Modio*, canonicus Aquensis, dédit presenli ecclesie indumenta 
sequentia, videlicet : planetam sive casulam, dalmalicam, tunicellam, 
cum suis stollis et manipulis, ex tella aurea trecto frizado, in quibus sunt 
arma dicti domini canonici. 

33a. Item, quoddam pallium sive paramentum, pro magno allari, de 
damassio cremesin, munitum in circuitu de velluto viridi, cum armis dicti 
domini Rascassi. 

333. Item, quandam magnam tobaleam factam a damas, longitudinis 
duarum canna ru m cum dimidia , et latitudinis unius cane. 

334. Item, etiam dédit pro pueris duas tunicellas ex cameloto albo. 

(Archives départementales des Bouches-do-Rhône. 
Fond* de V archevêché d'Air. Liasse G. i<)9.) 



Monnaies gauloises inédites attribuées à Strasbourg. 
(Rapport sur un mémoire de M. Bretagne \) 

On connaît certaines monnaies gauloises de bronze qui ont au 
revers un bœuf marchant placé au milieu d'une couronne, et mon- 

1 Le mot defendalh, dans le sens que lui applique son correspondant^!a£e//ia», 
n'a pas été connu par Raynouard, qui Ta traduit seulement par retranchement, bar- 
rière (Lexique Roman, ir. 36a). 

1 Du Muy. Le Muy, commune de l'arrondissement de Draguignan , canton do 
Fréjus, département du Var. 

3 Publié dans les Mémoire» de la Société d'archéologie lorraine et du Mutée histo- 
rique lorrain, 3* série, t. X, p. 3i 1 à 3i5, avec une planche. 



1 



— 178 — 



témoignages concordants de César 1 el du vieux glossaire de Phi- f j 
loxène , qui, s'appuyant sur le poëte Ennius, le traduit par SovXos-. 
Mais, de ce que Ton nommait ambactus le suivant d'un homme puis- : 
sant par sa noblesse et sa richesse, peut-on conclure que Ton ait S 
désigné par ce même terme la sujétion d'un peuple vis-à-vis d'un ; 
autre peuple, ou vis-à-vis d'un souverain? Et en admettant même j 
que ce terme ait exprimé cette infériorité, l'aurait-on inscrite sur j 
les monnaies ? D'ailleurs n'est-il pas possible qu' Ambactus soit ici un 
nom propre? Il y a dans l'antiquité des exemples de noms ana- 
logues, par exemple celui du roi de Rome Servius Tullius? 

Je ne suis pas le premier (M. Bretagne me le rappellerait si je 
l'avais oublié) qui ait émis cette opinion. On la trouve dans un 
excellent travail de M. Charles Robert, publié. il y a déjà trois ans 3 . 

Ce n'est pas sans regret que je me vois amené à combattre un 
savant dont personne plus que moi n'apprécie les services et avec 
qui j'ai l'honneur d'entretenir d'amicales relations; mais c'est ici le 
cas de répéter le vieil adage sur le respect dû à la vérité, ou du 
moins à ce que l'on croit être la vérité. J'ai d'ailleurs, en terminant, 
le plaisir de féliciter M. Bretagne d'avoir fait connaître des pièces 
nouvelles de cette numismatique gauloise, dont on ne peut espérer 
dissiper les' désolantes obscurités qu'à l'aide de découvertes multi- 
pliées. 

Chabouillet. 

Membre du Comité. 



L'Inscription de Coptos. 
Document nouveau pour l'histoire du commerce dans l'antiquité. 

M. Maspero nous a envoyé de Boulaq, à la date du 16 juin der- 
nier, l'estampage d'une inscription récemment trouvée par lui à 
Coptos, et que le Comité â jugée assez importante pour la reproduire 
dans son Bulletin par le procédé de l'héliogravure. 

L'intérêt épigraphique et historique qui recommande ce monu- 
ment nous a décidé à le communiquer d'abord à l'Académie des 
Inscriptions, en l'accompagnant de quelques explications, qu'on 

1 Comm., 1. XV, ch. 6. 

1 Voir œ mot dans l'édition de Labbe. 

3 Monnaies gauloises de la collection de M. Charles Robert, Paris, 1880 , p. 79. 



— 179 — 

pourra lire dans les comptes rendus des séances de cette Académie 
pour cette année, pages 217-396. 

L'inscription de Coptos est incomplète. Nous ne possédons que 
deux tablettes sur les six qui devaient composer le monument dans 
son ensemble; chacune d'elles mesure seulement 36 centimètres 
de haut sur 3o de large. Les lettres n'ont que 1 centimètre, leur 
forme annonce l'époque des Antonins. 

La première (A) des deux tablettes que nous reproduisons ici 
devait être la troisième du monument complet, et la seconde (B) 
devait être la sixième et dernière. 

C'est une liste de légionnaires romains répartis par centuries et 
par cohortes. 

Les six centuries dont chaque cohorte de la légion était composée 
sont désignées dans notre inscription, selon l'usage, par les noms 
des centurions qui les commandaient; mais il n'y a qu'un seul soldat 
de nommé par centurie. Ce militaire est inscrit avec : 1 ° son prénom , 
9 e son nom, 3° sa filiation, U° son état civil (inscription dans sa 
tribu) r 5° son lieu de naissance. 

Comme il y avait toujours dix cohortes dans la légion et que 
nous avons sur la pierre A trois cohortes seulement : la quatrième, 
la cinquième et la sixième de chacune des deux légions qui se trou- 
vaient en Egypte à cette époque, la //• Trajana Fartis et la XXII* 
Dejotariana Primigenia Pia Fidelis, on doit nécessairement supposer 
que : 

La première tablette devait donner le titre exposant l'objet du 
monument ; 

La deuxième, les soldats des 1", 9 e et 3 e cohortes de chacune 
des deux légions; 

La troisième, que reproduit notre planche A, les 4% 5* et 
6* cohortes; 

La quatrième, les 7 e , 8* et 9* cohortes des deux légions; 

La cinquième, la 10 e cohorte et le commencement de la liste des 
soldats prélevés dans les corps auxiliaires, ailes de cavalerie et 
cohortes auxiliaires. 

Enfin la sixième, que figure notre planche 6, donne la fin de 
la liste des soldats prélevés dans les corps auxiliaires et une réca- 
pitulation générale. 

Cette dernière tablette nous apprend qu'il s'agit d'un grand tra- 
vail accompli dans le désert, sur les deux routes qui conduisaient 



— 180 — 

de Port de Bérénice et de Myos Hormos, sur le golfe Arabique , 
Copias , sur le Nil, près de la moderne Kénet. 

Ce travail consistait à construire des citernes, a6n de ren<=zfa 
plus accessibles ces deux voies, qui suppléaient, par les caravam^c*, 
à la navigation du golfe Arabique, plus dispendieuse dans la par — lie 
septentrionale de la mer Rouge, et beaucoup trop longue surtout ^ i 
cause des vents régnants dans ces parages pendant les deux tiers 
de Tannée. 

Strabon nous apprend l que c'est Philadelphe qui ouvrit cette 
route du désert avec une armée et y établit des stations avec des 
citernes, ùSpevfiara (dans notre inscription, lacet, mot latin forgé 
du grec Xdxxoi). La difficulté de la navigation dans le nord de 
la mer Rouge fut le motif de cette création; «l'expérience a dé- 
montré la grande utilité de cette route, disait le géographe grec 
au temps de Tibère, car toutes les marchandises de l'Inde, de 
l'Arabie et de l'Ethiopie qui nous arrivent maintenant par le golfe 
Arabique sont ainsi transportées, par cette voie, à Coptos, en- 
trepôt de tout ce commerce». De Coptos, elles gagnaient Alexandrie 
par le Nil et le canal, qui correspondait au Mahmoudieh d'au- 
jourd'hui. 

Les navires, qui pouvaient remonter un peu plus haut dans la 
mer Rouge, trouvaient un second port à Myos Hormos (Koseir), et 
une seconde route à travers le désert conduisait également de ce 
point à Coptos. 

Il y a 258 milles romains (38o kilomètres) entre Port de Béré- 
nice et Coptos. 

On compte t5o milles romains (222 kilomètres) de Port de 
Bérénice à Myos Hormos. 

Les commerçants, qui gagnaient cette dernière station, avaient 
un chemin bien plus court à travers le désert pour atteindre Coptos. 
Sur cette seconde route, Strabon nous apprend qu'il y avait aussi 
des citernes. 

Pline 2 confirme le témoignage de Strabon et estime à 5o mil- 
lions de sesterces, soit 10 millions de francs, les exportations an- 
nuelles de l'Empire dans l'Inde, et au centuple le chiffre des im- 
portations, soit 5 milliards de sesterces ou 1 milliard de francs. 

Pour un commerce aussi considérable, on comprend qu'une 

1 XVII, 1, /»5. 
» Vl,mi.6 el7- 



f 



— 181 — 

distance de 38o kilomètres, qu'il fallait franchir dans le désert, 

entre Port de Bérénice et Coptos, avait exigé que toutes les facilités 

possibles fussent données au commerce par la création de lieux de 

repos, et surtout de citernes pour l'eau et de stations militaires 

pour la protection des voyageurs. 

Aussi f espace qui sépare Coptos de Bérénice avait-il été par- 
tagé en dix parties à peu près égales par des stations, qui sont nom- 
mées dans Tltinéraire d'Antonin 1 et dans la Table de Peutinger 2 
et dont cinq sont désignées dans Pline 3 , ce sont celles où Ton trou- 
vait des citernes : ^On va depuis Coptos avec les chameaux, des 
stations sont disposées pour l'eau, a Copto camelis iiur, aquationum 
mmsionibus dispositif.* Les noms mêmes de ces cinq stations indi- 
quent leur but : 

i° Hydreum, û° Hydreuma, 3° Hydreum Apollinis, 4° Hydreum, 
5° Hydreum Troglodyticum. 

L'inscription nouvellement découverte à Coptos mentionne 
cinq citernes, qui ont été l'objet de travaux accomplis par les sol- 
dats détachés des deux lésions stationnées en Egypte : c'est d'abord 
Compasi, la station postale à 90 milles de Coptos, voisine de la ci- 
terne désignée par Pline comme étant à 96 milles de Coptos; elle 
est située a dans la montagne», c'est la première Hydreum. 

La seconde citerne de l'inscription est Apollonos Hydreuma, qui est 
évidemment la même que Y Hydreum Apollinis de Pline, à i84 milles 
de Coptos (les itinéraires donnent 186 milles entre cette ville et 
Apollonos); cette citerne est à 72 milles de Bérénice, ce qui corres- 
pond exactement à la dislance donnée par les itinéraires. 

Les (rois citernes auxquelles ont travaillé les soldats, sans parler 
des castra, partageaient donc la distance entre les points extrêmes 
de la route, en trois parties à peu près égales : 

i° de Coptos à Compasi 90 milles. 

2° de Compasi à Apollonos Hydreuma 96 

3* de Apollonos Hydreuma à Port de Bérénice .... 72 

T58 



La troisième citerne à laquelle ont travaillé les légionnaires ro- 



1 Pages 171-178 de l'édition de Wesseling. 

2 Segm. VIII, a , de la nouv. édit 

J VI, txyi, alia$ xim, S 7 et 8, éd. Littré. 



— 182 — 

mains est celle de Port de Bérénice et la cinquième est celle de 
Myos Hormos; ces stations maritimes n'étaient évidemment pas 
mieux approvisionnées d'eau naturelle que ne Test Suez de nos 
jours. 

L'explication épigraphique de l'inscription de Coptos a été don- 
née par nous à ï Académie des inscriptions et belles-lettres, au reçu 
même de l'estampage de M. Maspero, dans la séance du 29 juin 
dernier. 

Nous nous bornerons à rappeler ici nos conclusions, qui ne sont 
que provisoires, car nous croyons savoir que M. Mommsen prépare 
un travail d'ensemble sur les légions stationnées en Orient, travail 
dans lequel trouveront place ses observations sur l'inscription de 
Coptos. Mais nous n'avons pas voulu différer les explications que 
nous a suggérées à première vue un document d'une telle impor- 
tance. 

Telles sont donc nos conclusions : L'inscription de Coptos doit 
être comprise entre les années 98, époque de la création de la 
légion II* Trajana, et l'année 180, date de la suppression de la 
\XII a Dejolariana. 

Le travail dont il s'agit a été exécuté par des soldats pris dans 
ces deux légions. Leur nombre total, exprimé dans la dernière ta- 
blette, ligne 8, était de 788, pour les fantassins, à raison d'un par 
centurie et de six par cohorte. Les cavaliers, fournis par trois ailes 
de cavalerie, étaient au nombre de &5o; de plus, 61 cavaliers étaient 
prélevés dans la cohorte auxiliaire Prima Thebaeorum (equitata). Ce 
qui fait en tout, en comptant les sous-officiers, 1,275 hommes dé- 
tachés ou réquisitionnés pour les travaux des citernes des deux sta- 
tions maritimes de la route du désert. 

11 s'en faut que tous ces soldats aient été mentionnés dans le 
monument. Car, en ne tenant compte que des 788 fantassins, on 
remarquera que le texte n'en nomme qu'un par centurie; or, comme 
la légion était composée de 60 centuries, cela fait 60 hommes par 
légion, ou 120 pour les deux légions, ce qui ne représente qu'un 
peu plus du sixième du nombre 788. Il restait donc 668 soldats 
non inscrits, et par suite les 120 hommes qui figuraient sur la 
liste, avec l'indication de leur patrie et de leur état civil, devaient 
être dans une condition supérieure. Nous pensons que chaque 
centurie devait fournir aux chantiers six à sept travailleurs sous les 
ordres du soldat d'élite, dont les noms et condition figurent sur 



INSCRIPTION DE COPTOS 
Pierre A. 



£* 



— 183 — 

l'inscription 1 . C'étaient donc de petites escouades détachées des 
cohortes et ayant chacune son chef. 

Les deux planches ci-jointes donnent une reproduction parfaite- 
ment Adèle de l'inscription de Coptos, voici de quelle façon elle 
doit être lue: 

Pierre A (3 e de l'inscription). 

i rc colonne. 

[coh(or8) quabta.] 

Centuria Longi : C(aius) Marcius, C(aii jilius) , Pol(lia tribu) , Alexan- 
d(rinus) ; 

Centuria Catli : L(ucius) Longinus, L(ucii) J[ilius), Serigia tribu), 
Tawo(aaui$yi 

Centuria Vedi{%) : L(ncius) Licinius, L(uciî) ftilius) , Pol(lia tribu) , Se- 
lnutop(oiitanuM); 

Centuria Servatifi) : M(arcus) Lollius, M(arci) f{iliu$), Pol(lia tribu), 
Ancyr\anmu)\ 

Centuria Gaeeili[i) : C(aius) Cornélius, C(aii)/(ilius), Pol(lia tribu), An- 
ciyrmk*) ; 

Centuria Aquilae : C(aius) Sosrius, C(aii) J[ilius) , Pol(lia tribu), Pom-. 
priup(olikmuk)> t 

cob(ors) quihta. 

Centur* PwbUli(C) : C{aius) Didius, C(aii) fiUius) , Pol(lm tribu), Ancy- 
r(anuë); 

Centuria GavisuU(t) : C(aius) Heîvius , C(aii)J[iliw), Po((lia tribu), Gan- 
g(renm\; 

Centuria Justiana: T(itus) Antoniua, T(iti) /(ilius) , SerQpa tribu) , Tauio- 
(nensià); 

Centuria Licini(t) Veri : C(aius) Sentius, C(uii) J[iliun) , Ser(gia tribu), 

Tamo(ne*ris) ; 

Centuria Numeri(t) : C(aius) Julius , C(aiî) /[ilius) , Pol(lia tribu), Alextm- 
drinui)', 

Centuria Lucretiana : L(ucius) Julius, L(ucit) J[ilius) , Gai(eria tribu), 
Lugdun(ensi*). 

COIl(ORS) SEXTA. 

Centuria Treboni(i) : M(arcvs) Valerius, M(arci) f[Mus) , Pol(lia tribu) , 
Sid(etes); 

' Voir nos remarques sur les tribus dans lesquelles sont inscrits les soldats d'élite 
et sur les ethniques géographiques. (Compta rendus de l* Académie de» Inicription» , 
p. 999 et 996.) 



— 184 — 

Centuria Curti{i) : Qaiu*) Valerius, C(au) J[ilius)^ Pap(iria tribu), Aï- 
cae(us) ; 

Centuria Mini(i): C(aius) Granius, C(ait)J[ilius) , Pol(lia tribu) , Anc(yranus) ; 

Centuria Coti(t): C(aius) Valerius, C(ait) /{ilius) , Gal{eria tribu) , Lngd(u- 
nensis)\ 

Centuria Curiati(i) : C(aius) Trebius, C(aii)J(ilius), Pup(inia tribu), Parae- 
t(onensis); 

Centuria Galbae : Qaius) Aveidius, C(ait) J[ilius) , Pol(lia tribu), Cast(aba' 
leus). 

COD(ORS) SEPTI1A. 

a* colonne. 

[coh(ors) quarta.] 

Centuria Etri : L(ucius) Longinus, L(uciï) J{ilius) , Pol(lia tribu), Ancy- 
r[anus); 

Centuria Vetti(t) Rufi : C(aius) Longinus, C(aii) /(Uius) , Pol(lia tribu), 
Alex[andrinus); 

Centuria Casti : M\arcus) Cassius , M(arci) J[ilius) , Pol(lia tribu) , Ishia- 
d(ensis) ; 

Centuria C(aii) Mammi(t) : M(arcus) Petronius, M{arcx) J[ilius) , Pol[lia 
tribu), Alex{andrinus)\ 

Centuria P{ublit) Mammi(t) : Cn(aeus) Otacilius, Cn{aeî) flilius) , Pol(lia 
tribu) , A nc{yranus) ; 

Centuria Oeniana : M (arcus) Longinus, M(arcî) J[ilius) , Pol[lia tri/tu), 
Eten(nensis). 

coh(ors) quinta. 

Centuria Canini(t) : C(aius) Valerius, C(aiî) J{ilius) , Pol(lia tribu), Anc(y* 
ranus); 

Centuria M(arci) CorneU(i) : M(areus) Julius, M(arci)J(ilius), Pol(lia tri- 
bu), Alex[anarinus)\ 

Centuria Materni : M(arcus) Lollius, M{arc%) /[Uius) , Pol(lia tribu), An- 
cyr(anus); 

Centuria Cliternia: Sex(tus) Lusius, Sex(ti)J{ilius), Polijia tribu), Tauio- 
(nensis); 

Centuria Clementis: Qaius) Vibius, C(aiî) J[ilius) , Ani(ensi tribu) , Verg{el- 
lensis) ; 

Centuria Gavisidiana : C(aim) Aveidius, C(aii)f[ilius), Pol(lia tribu), An- 
c(yranus). 

COU(ORS) SEÏTA. 

Centuria Firmi : C(aius) Spedius, C(aii) j(ilius), PolÇlia tribu), Cy- 
fen(aeus) ; 



INSCRIPTION DE COPTOS 



— 185 — 

Centuria Longi: C(aius) Antonius, C(aii)f(ilius), Pol(lia tribu), Alex(an- 
drinus); 

Centuria Fiacà: P(ubhus) Papirius, P(ubtit)flitiu$), PoUfia tribu), Àntfr 
rmuu); 

Centuria Vari : C(aius) Longinus, C(au)/{ilius), Pol(lia tribu), Cas^aba- 
(eut); 

Centuria Pac*(i) : Publia*) Flavius, P(ublii)f(ilius), Anm(si tribu), Pa- 

Cent uria Hordoni(i) : C(aius) Romanus, G(aii)j[ilius) , Fab(ia tribu), Ber(y- 
tensis). 

coh(ors) [tu]. 



Pierre B (6* de l'inscription). 

1 i ,e colonne. 

Alarum trium decuriae sex : 

DupHariuê) unus, se$quiplic(arii) quattuor; 

Equités quadringenti quattuor et viginti. 

a" colonne. 
Cokors Prima Theb(aeorum) , cui praeest Sex(tus) Pompeius Merula [prae- 

Centurio : S(extus) Terentius Maxmus; 
Centurio : Qaûts) Jutius Mmtanus ; 
Centurio : L(ueius) Domitius Aper. 
S*m(ma) : eenturiones très. 

F(iunt) s(upra) s{criptaé) coh(ortes) septem, centuriae decem '. 
Eq(uttes) unus et sexaginta; 
Milites) stptingenù oetoginta et octo. 

Colonne unique. 

Pereosdem, qui supra seripti sunt, lacet* aedificati dedicati sunt : ApoUoms 
Hijdreum 3 , a(nte) septùnum(diem) k(alendas) januar(iae) ; Compost, k\aiendis) 
Augustis; Berenicide, [ante] dechnum et sepùmum [diem] kialendas) ja- 
timr\ias); Myos Honni, idus januar(ias); castra m(ilites) aedijicaverunt , duo 
refecerunt. 

1 Ce sont les troupes auxiliaires. 
' i. e. Xdxxot, cittemaê. 
* i. e. Apolltniê Hydrei. 



Arcukqlogik. i3 



— 186 — 

Pierre conservée 1 Soisysous-Étiolles représentant les enfants 
de Gilles Malet, barde des litres de Cbarles F. 

Le monument que nous signalons se trouve dans une propriété 
particulière du village «de Soisy-sous-Étiolles, à U kilomètres de 
Corbeil. D a échappé jusqu'ici aux investigations des archéologues. 
S'il l'eût connu, M. de Guilhermy n'eût pas manqué d'en donner 
une description détaillée, sinon une gravure, dans son ouvrage sur 
les inscriptions de l'ancien diocèse de Paris. Son existence nous a 
été révélée par une photographie de M. Georges Mauban, qui le 
premier a pressenti l'intérêt de ce monument et l'a tiré de son 
obscurité. 

H consiste en une pierre plate, portant gravée en ireux, par 
des traits d'une faible profondeur, l'effigie de deux personnages 
agenouillés, l'un de profil, l'autre de trois quarts, dont les noms 
sont inscrits sur la partie inférieure. On remarque tout d'abord que 
le monument est incomplet. Un fragment notable manque à droite; 
un personnage tout entier a disparu. En effet, l'inscription, bien 
qu'incomplète, elle aussi, annonce au moins trois figures. D'après 
la disposition de celles qui subsistent, on peut conjecturer que la 
troisième, agenouillée comme les deux autres et ayant la même atti- 
tude, se présentait de profil, tournée vers la gauche, faisant face à 
ses deux compagnons. Le deux priants sont encore dans la fleur de 
l'âge; celui de gauche a quinze ou dix-huit ans à peine; l'autre pa- 
rait un peu pl&s. vieux.. Tous deux portent le même costume: tête 
nue, les cheveux coupés droit sur le front, les jambes et les bras 
protégés par l'armure en fer battu. La poitrine, défendue par une 
cotte de mailles qui ne parait qu'au cou et vers le haut des 
cuisses, est presque entièrement recouverte d'un pourpoint très 
collant avec de larges manches s'évasant au coude. Ce vêtement de 
dessus est décoré des armoiries reproduites sur l'écu qui surmonte 
la tê(e de chaque personnage. Le champ du fond est orné de com- 
partiments carrés, garnis de rosaces et d'ornements géométriques, 
terminés par des feuilles d'une forme bien particulière. Le tout est 
gravé dans la pierre par le même procédé que les figures. Une 
seule des trois inscriptions encore visibles est entière. Une partie de 
celle de droite, nous l'avons déjà observé, a été enlevée par la 
fracture de la dalle; quant à celle de gauche, le frottement en a 



ïraimcnt du Xo. 



— 188 — 

Nicole de Chambly, sa femme. La pierre retrouvée récemment a 
conservé l'effigie de leurs enfants. 

Quand on rapproche les deux monuments, les points de ressem- 
blance sautent aux yeux : mêmes procédés de gravure en creux et 
au trait; mêmes ornements symétriques à rosaces et à feuilles, in- 
scrits dans des compartiments carrés. Ni Tune ni l'autre des deux 
pierres n'était destinée à un tombeau. Leur taille et leurs caractères 
intrinsèques interdisent absolument cette hypothèse. Sur une dalle 
tumulaire les personnages sont presque toujours représentés, non 
pas priant, c'est à-dire en état de vie, mais morts et couchés. En 
outre, l'inscription n'entoure pas le dessin, suivant l'usage presque 
invariablement suivi pour les pierres tombales; sa place indique 
que la dalle devait être dressée dans une position verticale, contre 
le mur. Enfin, une dalle funéraire n'eût pas manqué d'enregistrer 
la date de la mort des personnages, ce qui était impossible si le 
monument était élevé de leur vivant , quand ils avaient à peine 
atteint l'âge viril. Pour tous ces motifs, il est impossible de voir 
un caractère funéraire dans la pierre consaerée à l'effigie des fils 
de Gilles Malet. Elle appartient bien plutôt à un ensemble comme- 
moratif, à une sorte d'ex-voto rappelant la résidence et les bienfaits 
d'un des anciens seigneurs du village. 

En effet, Gilles Malet, valet de chambre et garde de» livres du 
roi Charles V, parmi les nombreux titres que son monument prend 
soin de rappeler, possédait celui de. seigneur de Soisy et avait très 
certainement (les témoignages contemporains le prouvent) établi 
dans le village de Soisy sa résidence favorite. Comblé de faveurs 
par les rois Charles V et Charles VI, Gilles Malet était, vers la fin de 
sa vie, seigneur de Villepècle, conseiller et maître d'hôtel du Roi, 
châtelain de Pont-Sainte-Maxence , vicomte de Corbeil, enfin sei- 
gneur de Soisy. Les mandements de Charles V fournissent la 
preuve que le souverain pensait souvent à ce serviteur dévoué, quand 
il répandait sur son entourage les marques de sa libéralité. Parmi 
les titres énumérés sur la pierre de Soisy, devrait figurer celui de 
capitaine du château de Beaumont-sur Oise, octroyé par le roi à 
Malet le 1 7 mars 1379, lors de la résignation du précédent titulaire. 

La bienveillance royale avait ainsi fait du modeste domestique 
un personnage de marque. Gilles Malet semble avoir partagé cette 
faveur avec un autre valet de chambre du Roi, dont le nom revient 
souvent à côté du sien sur les documents du temps : nous voulons 



— 190 — 

savant abbé que nous devons des détails précis sur la famille de 
notre personnage. Selon lui, Gilles Malet serait mort vers i&io, 
laissant Nicole de Chambly veuve avec deux fils : Jean, maître 
d'bôtel du roi, et Charles, licencié es lois. Tous deux paraissent 
sur la dalle nouvellement retrouvée; mais l'abbé Le Beuf ne dit 
rien du troisième, dé ce Philippe, seigneur de Ballancourt, ou 
de Ballainvilliers, pannetier du roi, dont l'effigie est perdue. Faut- 
il l'ajouter aux enfants déjà signalés du garde des livres de Charles V? 
Malheureusement le nom de famille primitivement inscrit sur ia 
pierre n'a laissé aucun vestige, et Philippe peut aussi bien être un 
gendre qu'un fils du seigneur de Soisy *. 

N'est-il pas étrange que cette précieuse pierre, après avoir 
échappé à la curiosité de l'abbé Le Beuf, revienne au jour, par 
un accident tout fortuit, un siècle après la publication de rémi- 
nent érudit? Voici donc un acte de vandalisme qu'on ne saurait 
imputer à ia Révolution. Bien avant 1789 nos deux dalles avaient 
été employées comme matériaux à des usages infimes, qui devaient 
assurer leur conservation. M. T. Pinard, auteur de l'article publié 
dans la Revue archéologique en 1857, suppose que le monument de 
Gilles Malet fut enlevé de l'église de Soisy pendant les troubles de 
la Fronde. C'est pure hypothèse; rien n'empêcherait de faire re- 
monter sa disparition aux désordres et aux pillages des guerres 
de religion, dont la ville de Corbeil et le pays a voisinant eurent 
tant à souffrir; il y a là un point d'histoire locale qu'il serait trop 
long de chercher à éclaircir ici. 

Malgré les mutilations qu'elle a subies 2 , malgré l'enlèvement 
d'une portion importante de sa surface, là pierre consacrée a l'effigie 
des enfants de Gilles Malet nous offre un spécimen très remar- 
quable de l'art du commencement du xv* siècle. Bien que les per- 
sonnages ne soient indiqués que par un simple trait, le dessin des 
■ 

1 Cette circonstance permettrait presque de supposer l'existence d'une troisième 
dalle sur laquelle auraient été représentées les filles ou brus du seigneur de Soisy 
et qui aurait fait pendant à la pierre dont nous publions la gravure. Le monument 
complet aurait ainsi présenté l'aspect d'une sorte de tryptique fixe, dont un volet 
n'a pas encore été retrouvé. 

* La principale consiste* en un trou carré, creusé dans ia tête de Jean Malet, 
très visible sur notre planche. 11 nous a été dit que ce trou fut pratiqué pour pou- 
voir fixer la dalle quand elle était employée comme marche d'escalier. Un traite- 
ment analogue a fait disparaître une partie du dessin de la robe de Nicole de 
Chambly sur la pierre de l'église de Soisy. 



— 191 — 

tètes annonce un artiste habile. N'est-il pas charmant et bien caracté- 
ristique ce profil du jeune Charles Malet? Il semble qu'on reconnaî- 
trait facilement et à première vue cette mine éveillée, ce nez court 
et retroussé, ce npenton arrondi et juvénil. Quel* charmant portrait 
dans cette légère silhouette ! La représentation de Gilles Malet sur 
la pierre de l'église de Soisy offre un type aussi caractéristique. 
Évidemment c'est à un imagier de mérite que lé seigneur de Soisy 
a eu affaire. 

Qu'il nous soit permis d'exprimer un vœu en terminant. A n'en 
pas douter, la pierre des enfants de Gilles Malet fut faite pour ac- 
compagner celle qui occupe une place d'honneur 1 dans l'église de 
Soisy, complètement restaurée, grâce aqx libéralités de M. de Van- 
deuil, le maire actuel de la commune. Séparée d'elle depuis de 
longues années, depuis des siècles peut-être, par suite d'événements 
qu'il est impossible de préciser, elle gagnerait singulièrement à re- 
prendre sa place dans l'ensemble dont elle a fait jadis partie. Le 
possesseur de ce monument, si précieux par les souvenirs qu'il 
évoque, ferait acte d'intelligente libéralité en l'offrant à l'église pa- 
roissiale, son ancienne et naturelle propriétaire* 

Mais souhaitons en même temps que l'état actuel de cette curieuse 
relique soit respecté. La pierre des enfants du seigneur de Soisy devra 
être placée, telle qu'elle est parvenue jusqu'à nous, dans la chapelle 
du village, à côté de l'effigie de leur père. Et il n'y aura pas beau- 
coup d'églises dans les environs de Paris qui puissent montrer un 
monument aussi ancien, aussi complet, aussi respectable à tous 
égards. 

J.-J. GUIFFRET, 

Membre du Comité. 

1 Elle sert actuellement de retable dans la chapelle des fonts; elle est adossée au 
bot de la façade, à gauche en entrant dans l'église. 



— 192 — 



SÉANCE DU 10 DÉCEMBRE 1883. 

PRÉSIDENCE DE If. ALFRED RAMÉ. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la précédente 

séance, qui est adopté. 

« 
M. le Président annonce à la Section la perte douloureuse que le 
Comité des Travaux historiques vient de faire en la personne de 
M. François Lenormant, membre de F Institut. M. Lenormant était 
entré récemment au Comité; sa profonde érudition, l'extrême va- 
riété de ses connaissances archéologiques rappelaient à y rendre 
les plus grands services. M. le Président est donc certain d'être l'in- 
terprète des sentiments de tous ses collègues en demandant que 
l'expression des regrets du Comité soit consignée au procès-verbal. 

M. le Secrétaire donne lecture de ta correspondance : 

M. l'abbé Albanès, correspondant du Ministère à Marseille, adresse 
au Comité une copie de Tin ven taire des meubles d'Avignon Nicolaï, 
archevêque d'Aix, en t&&3. — Renvoi à M. Darcel. 

M. l'abbé Barbier de Montault, correspondant du Ministère à 
Poitiers, envoie la description et les empreintes de trois sceaux 
du xiii* et du xiv* siècle. — Renvoi à M. Demay. 

M. le baron de Baye, correspondant du Ministère à Baye (Marne), 
envoie le compte rendu de l'exploration qu'il a faite d'un cimetière 
gaulois à Mareuil-le-Port, canton de Dormans, Marne. — Renvoi 
à M. Bertrand. 

M. Emile Molinier, attaché au Musée du Louvre, fait savoir qu'il 
possède la copie de l'Inventaire de Valentine de Milan , dont l'origi- 
nal est aux Archives nationales et dont partie a été publiée jadis 
par Muratori. M. Molinier comptait publier ce document dans une 
revue étrangère qui le lui a demandé; mais ayant su que la Com- 
mission des Mélanges d'archéologie avait manifesté l'intention d'en 
faire prendre copie pour l'insérer dans le recueil d'inventaires dont 



— 193 — 

elle s'occupe de recueillir les éléments, ii offre sa copie au Comité 
et demande, si on l'insère dans le recueil, à être chargé d'en sur- 
veiller l'impression. — Renvoi à la Commission des Mélanges. 

M. le colonel Pothier adresse au Comité le procès-verbal des 
fouilles qu'il a faites au champ de tir de Ger (Hautes-Pyrénées). — 
Renvoi à H. Bertrand. 

M. Charles Robbbt fait hommage au Comité d'un travail intitulé : 
Le* étranger* à Bordeaux, étude d'inscriptions de la période romaine por- 
tant de* ethnique*. 

M. le Président adresse a M. Charles Robert les remerciements 
du Comité. 



I. m LiSTETHE lit un rapport sur une demande d'indemnité for- 
mée par la Société historique et archéologique du Périgord, pour 
les fouilles qu'elle a exécutées au mois de juin dernier à Castel- 
Sarraii. près d'Excideuil (Dordogne), dans un camp-refuge entouré 
de mors vitrifiés. Ces fouilles ont été méthodiquement conduites et 
les résultats quelles ont produits ont été soigneusement exposés par 
M. Michel Hardy, dans un mémoire qui est soumis au Comité. De 
plus, à la requête de M. le secrétaire de l'ancienne Commission de 
topographie des Gaules, la Société du Périgord a fait dresser un 
plan fort exact et fort bien exécuté du camp de Castel-Sarrazi et de 
ses abords. Le Comité, estimant qu'il est juste de tenir compte a 
cette société des dépendes qu'elle a faites, à la demande d'une com- 
mission qui est aujourd'hui fondue dans la section d'archéologie 
do Comité, émet le vœu qu'une indemnité soit accordée à la Société 
archéologique du Périgord. 

M. m Lastbtiib lit un rapport sur une demande de subvention 
présentée par M. Pinchard , pour fouiller une - caterne de troglodytes 
aeprès de Roisseron. village situé sur les limites des départements 
dm Gard et de l'Hérault, en un lieu où de précédentes recherches 
auraient fait découvrir -un autel druidique, une fontaine à sang». 
les traces d'un cromlech, etc. Les renseignements que le Comité 
possède sur les résultats des recherches entreprises jusqu'ici par 
M. Pinchard ne permettant pas d'attendre grand proGt des fouilles 
pour lesquelles il demande l'appui du .Ministère, la Section estime 
qu'il n'y a pas lieu de prendre cette demande en considération. 



— 194 — 

M. Darcel donne lecture d'un rapport sur un inventaire des 
meubles du château de Limours, dresse en i6â6, à l'occasion de la 
cession de ce château faite par le cardinal de Richelieu à Gaston 
d'Orléans, frère du roi. M. Darcel propose l'impression du document. 
— Renvoi h la Commission de publication '. 

M. Darcel rend compte sommairement de plusieurs articles qui 
lui ont paru mériter d'être signalés dans les publications des socié- 
tés savantes qui ont été soumises 'à son examen. 

Sous le titre de L'Enfant à la crèche, M. Maxe Werly a cherché à 
déterminer l'origine d'une figure qui appartient aujourd'hui au 
Musée du Louvre. C'est une sculpture en pierre de la Meuse, qui 
semble identique à la pierre employée dans les sculptures de Saint- 
Mihiel et de Bar-le-Duc, attribuées à Ligier Richier. Elle provien- 
drait de l'église Saint-Maxe de Bar-le-Duc et non du château ou 
de la collégiale de Ligny, comme le dit la notice des sculptures 
du Musée du Louvre rédigée par M. Barbet- de Jouy. Aucun des 
auteurs lorrains qui ont parlé des monuments de Ligny ne parle 
de cette sculpture, tandis qu'il est certain qu'une grande Nativité 
sculptée par Richier existait dans l'église Saint-Maxe avant la Ré- 
volution. Il est donc très probable que L'Enfant à la crèche est un 
fragment provenant de ce monument. 

M. de Linas, à propos d'une Croix ouvrante de travail espagtiol 2 , 
a fait un travail très développé sur les croix ayant servi de re- 
liquaires, lès encolpium, comme il les appelle. Cette dissertation 
est un hors-d'œuvre très savant dans lequel il y a beaucoup à 
prendre. 

M. Dbmay lit un rapport sur trois courts inventaires des reli- 
quaires, joyaux et ornements de l'église Saint-Jacques de Montau- 
ban en i54ii, copié dans un des registres des archives de cette 
ville par M. le chanoine Pottier. Il estime que ces trois documents 
méritent de figurer dans le Bulletin. — Renvoi à la Commission de 
publication *. 

1 Voir ci-après, p. nos , le rapport de M. Darcel et le texte de cet inventaire. 

* Publiée dans le Bull, de la Soc. scient., hi*t. et archeol de la Corrfae (à Brive), 
t. IV, p. 5)53 et suiv. 

3 Voir ci-après, p. 919, le rapport de M. Demay et le texte de ces trois docu« 
ments. 



— 196 — 

cinq cites; et que Ton pourrait dire seulement de l'inscription 
de Hasparren que, si elle datait matériellement du temps de Dio- 
ctétien, elle pourrait bien reproduire un texte plus ancien modifié, 
mais que cette modification avait dû, en ce cas, précisément con- 
sister en ceci : les mots novem populi substitués à ceux de quinque po- 
puU. 

La note de M. Henry Poydenot, dont il s'agit, suppose que l'in- 
scription de Hasparren est du temps d'Hadrien, qu'elle correspond à 
de grands changements que cet empereur aurait accomplis, et à un 
remaniement des divisions provinciales de la Gaule. L'auteur, 
comme témoignage de ce qu'il avance, cite Mazure 1 , mais il ne 
peut produire, bien entendu, aucun lexte ancien, par la raison 
qu'il n'y en a pas et que Ptolémée, qui est postérieur à Hadrien, 
est contraire à cette assertion, ainsi que M. Desjardins Ta démontré 
de concert avec M. Longnon. M. Poydenot croit que le Verus de 
l'inscription, duumvir, questeur, flamine de sa cité et magister de 
son pagus y est JElius Verus, qui fut adopté par Hadrien. Cela dis- 
pense peut-être d'examiner ce mémoire plus en détail. 

Enfin M. Drsjardins signale un article de M. Je D r G. de Clos- 
madeuc intitulé : Le Cromlech cTEr-Lanic 2 . 

<r On se rappelle . dit-il , que M. le D r de Closmadeuc a découvert en 
1 866 le cromlech de l'île d'Er-Lanic, petit îlot désert de î oo mètres 
de diamètre, situé entre Gavr'inis et la presqu'île de Rhuys, k 
l'entrée du Morbihan et à gauche dû grand courant ou chenal 
creusé dans le golfe par le prolongement de la rivière de Vannes. 

ffCe qui faisait l'intérêt exceptionnel de cette découverte, c'est 
qu'elle était la preuve certaine de l'affaissement du Morbihan depuis 
les temps anciens, puisqu'à 5 mètres environ sous l'eau, à marée 
haute, il existait des monuments mégalithiques, qui avaient néces- 
sairement dû, aux âges historiques, poser sur un sol immergé. 
Nous avions déjà signalé cette observation et les applications qu'on 
en pouvait tirer pour la guerre de César contre les Vénèles 3 . Cette 
découverte d'un cromlech sous-marin semblait confirmer la conjec- 
ture de M. de Kersabiec et la nôtre, adoptée depuis par M. Elisée 

1 Histoire du Béarn et du payt basque , Pau , 1 839. 

' Publié dans tes Mém. de la Soc. polymathique du Morbihan, p. 8-9/1, avec 
doux caries. 

3 Gtogr. hi$t. et admimetr. de la Gaule rom. , t. I, p. 999-306 ; 1. 1! , p. 661 . 



— 197 — 

Redus et M. Kenriler, touchant l'adaptation du texte de César aux 
parages de Guérande, au lieu des lies du Morbihan, lequel n aurait 
pas existe au temps de César, ce golfe devant être de formation plus 
moderne. 

«M. de Closmadeuc rend compte d'une visite récente qu' il vient 
de faire à Er-Laoic. Il a confirmé se» premières observations tou- 
chant {affaissement progressif du sol et l'envahissement de l'Océan. 
H a reconnu que soixante menhirs de granit, dont une partie était 
sous l'eau, formaient un vaste cercle irrégulier, presque ovale, de 
54 k 69 mètres de diamètre et de 180 mètres de circonférence. 
L'intervalle qui les sépare est, en certaines parties, de 5o centi- 
mètres seulement; la plupart sont renversés, mais ils sont à leur 
ancienne place, * comme des soldats tombés dans les rangs n; quatre 
ou cinq sont encore debout. Leur longueur moyenne est de 3 mètres. 
Un des peulvans couchés atteint cependant 5"\3o. 

3 Le fait important à signaler, c'est que la moitié de ce cromlech 
est sur le rivage et même dans la mer, et qu'on ne peut embrasser 
d'un coup d'oeil le cercle entier du cromlech qu'à marée basse. La 
découverte de ce premier cromlech date du mois d'août 1866 et 
les fouilles pratiquées depuis, à diverses reprises, dans l'enceinte 
ont produit un grand nombre de haches dites celtae, de poteries 
noires grossières et de meules en granit, etc. En octobre 1872, 
M. le D r de Closmadeuc, pendant la marée la plus basse de l'année, 
aperçut distinctement, plus bas que le cromlech déjà découvert, un 
second cromlech, tangent au premier et formant également un 
cercle de mêmes dimensions. Sept ou huit menhirs seulement 
étaient immergés; mais les autres, quoique submergés pendant 
celte marée exceptionnelle, montraient leur sommet à fleur d'eau. 
A l'extrémité du cercle, un menhir colossal faisait une saillie d'un 
mètre au-dessus de l'eau : c'est le Careck-er-go (la roche du forgeron), 
signalé comme roc à éviter sur la carte marine de Beautemps-Bcau- 
pré (1890). V marée haute, le quart de ces deux cromlechs est 
visible: l'envahissement de la mer sur ce point, depuis l'érection du 
double cromlech d'Er-Lanic, est de 5"\5o. Ce phénomène ne peut 
être dû qu'aux oscillations de la côte. La seconde des cartes qui 
accompagnent ce mémoire est la reproduction de celle que nous 
avions publiée pour expliquer la formation du Morbihan pendant 
Tige historique. M. de Closmadeuc apporte quelque restriction à 
nos conclusions; ne voulant pas limiter la questiou à l'époque ro- 



— 198 — 

mai ne, il croit ne pouvoir les accepter que dans ces termes : <cDe- 
« puis la construction du cromlech d'Er-Lanic, des modifications 
« considérables ont eu lieu sur nos côtes et il est infiniment probable 
«que le golfe du Morbihan n'existait qu'à l'état rudimentaire lorsque 
tria plupart des monuments mégalithiques ont été dressés sur le sol 
«de nos tles et de nos côtes.?) 

M. Guifpret rend compte de renvoi fait par M. l'abbé Barbier de 
Montault d'un inventaire de la sacristie du Moutier-d'Ahun, daté 
de 16 56, et copié par M. Georges Callier, inspecteur de la Société 
française d'archéologie pour le département de la Creuse. Cet inven- 
taire offre cette particularité intéressante, que deux des objets si- 
gnalés en 1 656 existent encore. Le premier est une croix de cuivre, 
que l'inventaire dit «fort ancienne n; l'autre un devant d'autel de 
cuir doré, aussi «fort vieil». L'abbé Barbier de Montault, qui a 
ajouté quelques notes au document copié par M. Callier, regrette 
avec raison que celui-ci n'ait pas décrit avec détail la croix-reli- 
quaire signalée dès i656 et qu'il a pu voir au Moutier-d'Ahun. 
L'existence de cette croix donne un certain intérêt à l'inventaire de 
1 6 56, et comme il est d'ailleurs fort court, M. Guiffrey en propose 
l'insertion dans le Bulletin 1 . — Renvoi à la Commission de publica- 
tion. 

M. de Lastbtrib fait un rapport sur une communication de 
M. Morand, qui fait savoir au Comité qu'en creusant une conduite 
d'égout dans la haute ville de Boulogne-sur-Mer, on a découvert 
cinq énormes blocs de pierre qui paraissent arrachés à des con- 
structions antiques. L'un est de forme carrée et entouré de mou- 
lures, il semble que ce soit la base ou l'imposte de quelque pilier; 
le second, fort détérioré, affecte une forme analogue; quant aux trois 
autres, ce sont des blocs rectangulaires sans ornement. Il paraîtrait, 
par la disposition que ces pierres occupaient, qu'elles formaient les 
montants d'une porte. On les a enlevées pour les porter au Musée 
de la ville, mais on a peut-être procédé à leur enlèvement avec trop 
de précipitation et sans remarquer que leur position en travers de 
la rue de Lille, autrefois nommée rue des Cuisiniers ou de Notre- 
Dame, qui est une des plus anciennes rues de Boulogne, pouvait 

1 Voir ci-après, p. 9s6« 



f 



— 199 — 

prêter à des observations fort intéressantes pour la topographie de 
la ville. M. Morand pense en effet que ces pierres proviennent de 
quelque construction de l'époque romaine; mais il serait possible 
qu'elles appartinssent à quelque enceinte élevée hâtivement à 
rëpoqoe des invasions avec des matériaux arrachés aux principaux 
édifiées publics. On sait combien nombreuses sont les villes de la 
Gaule où Ton a retrouvé des constructions de ce genre. Il est .à 
souhaiter que quelqu'un ait pu étudier les substructions dont parle 
M. Morand, et reconnaître si elles appartiennent à une ancienne 
enceinte de la ville. En tous cas, il n'est pas inutile de conserver le 
souvenir de cette découverte, dans f espoir que des fouilles nouvelles 
pourront peut-être un jour donner le mot du petit problème ar- 
chéologique qu'elles soulèvent. 

M. de Lastktrib rend compte d'une communication de M. Le- 
dereq de la Prairie relative aux anciennes cloches du département 
de l'Aisne. Le même érudit a déjà envoyé au Ministère, à différentes 
époques, huit communications sur ce sujet. Il en adresse aujour- 
d'hui une neuvième, qui mentionne quatorze cloches nouvelles. 
M. de Lasteyrie propose d'en faire le dépôt aux archives du Comité, 
oà cette communication se joindra fort utilement aux précédentes. 
Il se contente d'indiquer ici sommairement lu provenance de ces 
cloches: 

Cys-la-Commune, cloche datée de 1 5 7 5 . 

Dammard, cloche datée de i583, bénie par Charles de Roussy, 
évêque de Soissons, porte les noms de M™ Nicolas de Lion et dame 
Josseline de Pisseleux, dame de Vignory; M™ de Fleurigny et la 
dame de Lenoncourt, sa femme, etc. 

Oulchy-le-Chdteau, cloche de 1600. 

Saint-Martin de Soissons, cloche de 1667, est aujourd'hui au 
Musée de celte ville. 

Fussigny-Courtrisy, cloche bénie en 1657, ayant pour parrain et 
marraine M* Charles Le Danois, seigneur de Fussigny, etc., et ma- 
dame Catherine de Bezanne, dame de Promay, son épouse. 

Venizel, cloche de 17A2. 

Coucy-la-ViUe , cloche de 1770, ayant pour parrain et marraine 
M" Alexis du Bois, conseiller au parlement de Paris, seigneur du 
lieu, et madame Joly de Flcury, sa nièce. Les registres de l'étal 
civil de cette commune mentionnent eu cette même année 1770 



— 200 — 

le baptême de deux autres cloches dont les parrains furent M e Du 
bois de Pinon , conseiller au Parlement, et sa femme, X. du Couéiin 
de Kerdrain; Louis -François Joly de Fleury, avocat du roi au 
Parlement et Louise-Prospère-Hyacinthe Buniâtre. 

Bourguignon, cloche de 177&; l'inscription apprend qu'elle avait 
été fondue pour le village d'Ossencourt. 

Cujîes, cloche de 1788. 

M. Ramb fait un rapport sur une communication de M. Pouy, 
correspondant du Ministère à Amiens : 

M. Robert, juge de paix du canton de Boves, ayanl remarqué, 
sous une ferme située près du pont Saint-Nicolas de Boves, les 
restes d'un édifice du moyen âge, les a signalés à M. Pouy, qui u 
adressé à ce sujet au Ministère une notice accompagnée de croquis 
de M. Robert. Ces dessins très sommaires donnent l'idée d'une 
construction de la seconde moitié du xiu e siècle : c'est une salle 
carrée de 5"\5o de diamètre, donl la voûte est formée de quatre 
croisées d'ogives, reposant sur une colonne centrale; les clefs de 
la voûte représentent soit ces ornements de fantaisie que Vilars de 
Honnecourt appelait fort justement des « testes de feuilles «, soit 
une tête de femme voilée, soit un masque informe entouré de 
huit petites roses. Il n'y a dans tout cela rien que d'assez vulgaire. 
M. Pouy ne dit pas comment cette salle recevait le jour de l'exté- 
rieur. Il y voit la chapelb de l'hôpital de Saint-Nicolas de Boves , 
dont l'emplacement était jusqu'ici inconnu et dont la construction 
était projetée en 126&. Cette date conviendrait assez aux restes 
récemment retrouvés, autant qu'on peut l'apprécier sur de simples 
croquis. M. Pouy doit être dans le vrai quançl il considère ce 
fragment d'architecture comme un débris de l'hôpital Saint-Ni- 
colas, mais il a négligé de mentionner les signes auxquels on 
pourrait reconnaître avec certitude un édifice religieux plutôt que 
les substruclious d'un édifice civil. On y descend par un escalier de 
douze /uarches, mais le niveau inférieur a été fort exhaussé, et il a 
fallu des fouilles dont nous ignorons la profondeur pour retrouver 
le dallage primitif. Peut-être M. Pouy a-t-il trop aisément cédé 
au préjugé si général qui assigne une consécration religieuse à 
la plupart des constructions à ogives établies en sous-sol, même 
aux simples caves. 

M. Ramé, tout en faisant ses réserves sur la destination de la 



— 201 — 

salle souterraine ainsi rendue à l'étude, propose l'insertion au Bul- 
letin de la notice de M. Pouy, qui a, en tous cas, le mérite de 
signaler le dernier reste d'un établissement hospitalier, dont rem- 
placement même était ignoré avant la découverte de M. Robert. 

M. Charles Robkbt analyse une communication de M. Auguste 
Nicaise, correspondant du Ministère à Châlons-sur-Marne, inti- 
tulée : Sigles Jtgulins découverts dans le département de la Marne. 

«Sous ce titre, dit M. Robert, M. Niraisc a réuni une série de 
noms de potiers qui se lisent sur des vases ou fragments de vases 
faisant partie de sa collection. L'expression sigle Jigulin est, je le 
sais, généralement admise, mais elle n'est pas exacte, surtout dans 
le cas actuel, où la plupart des noms, lorsqu'ils ne sont pas écrits 
en toutes lettres, ne sont pas abrégés plus sommairement que dans 
les inscriptions lapidaires de l'époque romaine. 

«Les noms relevés par M. Nicaise paraissent bien lus. Nous 
regrettons toutefois que ce zélé correspondant n'en ait pas joint 
les estampages à sa note. 

ir Voici ces noms; je les ferai suivre, lorsqu'il y aura lieu, d'une 
courte observation : 

«rt. PEREGR1VS, imprimé au fond d'un vase trouvé à Reims; 
M'I-INGIINVI, tracé à la pointe sur la panse. PEREGRIVS, 
nom du potier, est peut-être là pour peregrinus, plus connu. Les 
mots M(arci) \(ulii) INGIINVI paraissent former les dénomina- 
tions, au génitif, du propriétaire du vase. Le surnom Ingenuus 
s'est déjà rencontré à Reims dans une épi tap lie découverte en 1889. 

ira. OF'VINII, à rapprocher de OF(Jicina) VIN, dans Schuer- 
mans 1 . 

«3. ALBVCIM, Albucius, gentilicium romain, s'est déjà ren- 
contré comme nom de potier: AUmci ma^u) 2 . 

th. DAVA F, à rapprocher de Deva, nom de potier connu, et 
de Davus, nom d'esclave. 

« 5. MONTAN, Montanus se rencontre fréquemment comme 
nom de potier. 

ff6. PVBLIVS, même observation. 

î?7. VIDVCIMN, ce nom se lit aussi sur une polerie de l'Allier 
et sur un fragment trouvé à Metz. Les lettres D et S se prononçant 

1 Sdiuermans, Sigles figu lin*, n" 57 '10. 
9 Schuernians, n° ao3. 

AichIologie. i& 



— 202 — 

de la même manière (Epad sur les monnaies du chef Arverne, 
Epas dans César), Viducus fait penser à Vwicius, surnom gaulois que 
portait Mercure à Nancy et dans les contrées rhénanes. 

«8. PRIMVS. Surnom latin très commun. 

«9. POr T. Le gamma, qui sert de troisième lettre au nom du 
potier, est peut-être un L retourné 1 ; mais il faudrait remplacer le 
T par un F (fecit) , et la note de M. Nicaise donne nettement un T. 

«■ 1 o. MOTVCVS, variante de Mutacu*, dont on a un exemplaire 
au Musée de Bordeaux. 

frit. SECCOF. Secco semble gaulois; c'est un nom fréquent 
dans les Germanies rhénanes et la seconde Belgique 2 . 

<ria. OF-CINP. 

«i3. MINVI. M. O. 

«■ i4. LVCIITVS, Lucetus, variante du gaulois Loucotos, Loucotî- 
knos, fils de Loucotos, que Ton rencontre sur des monnaies des en- 
virons de Narbonne. 

ff i5. T c E, empreinte d'un petit vase découvert à Châlons-sur- 
Marne. La marque du potier se présente ici en sigles, difficiles à 
interpréter, s'ils sont correctement transcrits. 

En somme , la communication de M. Auguste Nicaise est intéres- 
sante et apporte un contingent d'une certaine importance au corpus 
des noms de potiers.?) 

La séance est levée à U heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d? archéologie , 

B. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



Inventaire des meubles du château de Limovrs en t6a6. 
Communication de M. l'abbé Esnault. 

M. l'abbé Esnault a envoyé au Comité, sans commentaire d'au- 
cun genre, sans même dire où il en avait découvert l'original, une 
copie de l'inventaire des meubles du château de Limours, dressé 
en 1626. 

1 Schuerraans, n" &35/i et 6358. 

' Brambach , pauim. — Maxe Werly, Epigr. du Barrois, ri* a 3. 

3 Cf. Schaermans, a ' 1371 et 1376. 



... j . 



— 203 — 

' L'intitulé du document nous apprend que ce château, qui appar- 
tenait au cardinal de Richelieu, ayant été cédé au duc d'Orléans 
avec tous ses meubles, il fut nécessaire d'en dresser un inventaire 
pour la régularité de la cession. 

Malgré la date récente de cet acte, le détail du mobilier garnis- 
sant le château d'un aussi grand personnage que le cardinal de 
Richelieu ne peut que présenter un intérêt certain. 

Les objets que contiennent les différentes pièces du château de 
Lùhouts sont décrits chacun à leur place, comme si tout était prêt 
à recevoir les hôtes de l'endroit, qui semblent avoir été concur- 
remment : le cardinal, la duchesse d'Orléans et le roi. 

L'histoire des tissus recevra quelques contributions d'un certain 
nombre d'articles de cet inventaire. 

Ainsi il y est question de tentures en tapisserie de Beau vais; 
comme le document ne désigne pas le sujet de ces tapisseries, 
ainsi qu'il le fait pour d'autres tentures, mais qu'il se contente de 
spécifier le nombre de pièces dont chacune d'elles est composée, il 
s'ensuit que les produits de Beauvais sont Tort probablement le 
résultat d'un tissage particulier, ce qui est confirmé d'ailleurs par 
un document de 1589, fort explicite à cet égard *. 

Il en doit être de même pour les tapis de Rouen, qui générale- 
ment recouvrent des tables et qui se rencontrent en assez grand 
nombre. 

Parmi les tapisseries, suspendues aux murs de la plupart des 
chambres, on remarque celle du Pastor, en neuf pièces, qui garnit la 
&alle du roi (art. 1 ti6) ; on sait qu'il est question du Paêtàr Jido dans 
l'histoire de la tapisserie parisienne. 11 y a aussi une tenture dite 
des triomphes. 

Le cardinal, s'il avait acquis quelques tapisseries flamandes 
comme celle de Saint Jean (art. 10 A), avait aussi commandé des 
tentures où il avait fait tisser ses armes. L'article 81 vise en effet 
«une tenture de tapisserie à grands bouquets contenant huit 
pièces, ausquelles sont les armes dudit seigneur cardinal?). 

Mais il s'en fallait que toutes ces tentures fussent des chefs- 

1 Une tente de tapisserye de Beauvais de coulleur rouge à brodeures blanches et 

bleues servant à lad. chambre, valant lxyi escus et demy; une tente de tapisserie 

%erte d« Béarnais, \i. esrus. (Sommaire déclaration des meublée appartenant au sieur 

de Bourgtheroulde , publiée dans le Bulletin de la Soc. de l'histoire de Normandie, 

année 1877-1878, p. *j&6.) 



— 204 — 

d'oeuvre, car le hasard nous a fait apercevoir une verdure au\ 
armes du cardinal, accompagnées de tridents, qui était d'un tissu 
assez grossier. 

La tenture de Tune des chambres du château de Limours, com- 
posée de neuf pièces, était aux armes de la reine mère, Marie de 
Médicis, et était à fleurs (art. t3i). 

En même temps que des tapis d'Orient et de Rosette (art. 1&1), 
il y avait des tapis de Tournay (art. 101 et 167). 

II est enfin plusieurs fois question de meubles garnis de mo- 
quette (art. 45-67) e * d'un 8T an d ^pis d e moquette (art. 79). 

Plusieurs garnitures de lit sont faites de serge de Beauvais 
(art. 99 et 93, 154-170), qui semble plus estimée que la serge de 
Mouy, laquelle est souvent de couleur pensée (art. 99, i&4, i5i). 

Notre document prouve que l'industrie des tissus imprimés 
remonte plus loin qu'on ne le supposerait, car il note (art. 36) 
«trois ciels de serge jaulne imprimées. 

Avec les tentures de tapisserie on rencontre deux tentures de cuir 
doré d'Espagne (art. 60 et îaa). 

Apres les lits plus ou moins richement garnis, et parfois ac- 
compagnés de leur couchette, suivant l'ancien usage (art 1 3a- 137), 
les meubles principaux sont des armoires ou guichets, que l'on 
rencontre si rarement au siècle précédent. En revanche il n'y a que 
quelques coffres, dont un seul bahut (art. ai), alors qu'on en 
rencontre si souvent dans les inventaires plus anciens. Les mœurs 
nomades commencent à se perdre. 

Les autres meubles sont, avec les tables, dont plusieurs s'allon- 
gent, des bancs et des chaises, les uns et les autres de plusieurs 
genres : 

La ce l'ormei (art 77) est le banc à dossier. 

Le «banc à couche* (art. 1 et 11) qui est aussi orthographié 
'•banc à coucher* (ail. i83), nous semble être à deux fins : siège 
pour le jour, lit pour la nuit, ainsi qu'il est expliqué par l'ar- 
ticle 35, «un banc à couche garni d'une paillasse, traversin et 
couverture n. 

Nous ignorons ce qu'est «le banc à selle* (art. 1 et 10). Il est 
parfois couvert d'une étoffe (art 17); c'était sans doute un banc 
sans dossier sur lequel on pouvait s'asseoir à califourchon. 

La rchaise caquetière* (art. 37 et 65), garnie de cuir, qui se 
trouve dans la chambre des gentilshommes, et dont deux exem- 



— 205 — 

plaires, garnis de velours bleu à fond d'or, se trouvent dans le ca- 
binet du cardinal, est, ainsi que son nom l'indique, un siège plus 
mobile que les chaïères anciennes, qui semblent désigner les noms 
plus modernes de chaise et de grande chaise, dans l'inventaire qui 
nous occupe. 

La t chaise l\ vertugadin» (art. 78, 98, 1 13, ifti ) doit être une 
chaise d'usage ordinaire, 'car l'inventaire en note dix-sept. Elles 
sont garnies, en général, d'étofle assortie au mobilier. L'article 78 
en vise six qui sont trgarnyes de leur housse et tapisserie*. Mais 
quelle était leur nature? Le vertugadin était, comme on sait, un 
bourrelet que les femmes posaient sur leurs hanches, afin de 
donner plus d'ampleur à la jupe qu'on passait par-dessus. Plus tard 
la vertugade ou le vertugadin est devenu le panier, puis la crino- 
line. La chaise à vertugadin est-elle un siège sans bras, mais à dos- 
sier, muni tout autour d'une garniture rembourrée faisant saillie 
sur la monture en bois? Ou bien, le mot vertugadin s'étant étendu 
au jupon qui le recouvrait, la chaise à vertugadin est-elle garnie 
d'une étoffe tombant du siège, ainsi que le ferait supposer l'ar- 
ticle 78 , où il est précisément question de housses garnissant des 
sièges de cette espèce? 

Il n'est pas besoin de dire ce qu'est la chaise percée, qui joue un 
si grand rôle dans les comptes et dans les inventaires de jadis. 

Les«placels<>,qui se trouvent en nombre, sont des tabourets. 

Il n'est point encore question de rideaux de fenêtre dans l'inven- 
taire du château de Limours, si les rideaux de lit s'y trouvent à 
foison. Mais il est un détail de mobilier qui nous semble nou\eau : 
ce sont «deux portes garnyes de drap \erU (arl. 6a), dans la 
chambre du cardinal, et «ung huis de drap vert» (art 176) dans 
le garde-meuble. 

Notons encore une galerie peinte ornée des portraits des rois 
et des reines de France, comme c'était la mode en ce temps-la 
(art 139). 

De nombreux tableaux décoraient d'autres pièces, surtout l'an- 
tichambre et la salle du roi, ainsi que la salle du commun, 011 l'on 
voyait les douze empereurs (art. 43). Parfois des tableaux étaient 
placés sur le manteau de la cheminée (art. 108, 117, 1 33). 

Nous* en comptons soixante-deux en tout. Les désignations en 
sont sommaires. Il y a une Cléopâtre, une Conversion tir saint Paul 
et un David. Si le David du Dominiquin, qui est venu de .Mazarin 



— 206 — 

dans ie Cabinet du roi, n'avait pas été directement apporté d'Ita- 
lie, ainsi que le dit le catalogue Villot, on pourrait supposer que 
c'est le David du château de Limours qui se trouve au Louvre au- 
jourd'hui. 

Nous espérons que cette analyse du document envoyé par 
M. l'abbé Esnault justifiera la proposition que nous ferons de lui 
donner place dans les publications du Comité. 

Alfred Darcel, 

Membre du Comité. 



Inventaire des meubles quy ont esté baillez et dellaisséz dans le chalteau 
de Lymours à Monseigneur, frère unique du Roy, en exécution du conlract 
passé entre mondict seigneur et Monseigneur le cardinal de Richelieu , le 
xxim - jour de décembre dernier passé mil six cens vingt-six. 

Premièrement dedans les offices quy sont soubs terre, à commancer 
par Tune des cuisines, quy est en la tour du chatteau à main droicte entrant 
en icelluy, s'est trouvé : 

1. Trois grandes tables, deux bancs à couche, deux bancs à selle, deux 
chenets, une cramaillière. 

Dans le garde manger : 

a. Une table, deux aiz, deux escabeaux. 

3. Item, une grande marmitte, ung grand poislon, une casserolle et 
deux cuillières. 

k. Item, une grande marmitte, deux moyennes, une petite cuvette, 
cinq poisle à confiture, une grande poisle à frira, deux moyennes, ung 
grand bassin jaulne, deux chaudrons, trois lichefrittes, deux broches, 
quinze chaudières de cuivre, ung poislon, trois tourtières, unze placques 
de cuivre, dix-huict bassins de chambre, trente deux pots de chambre, 
quatre flambaux destain, ung gril, un réchaud l, un trépier, deux chenetz 
de fer et garde manger garny de thoille. 

Dans le fournil : 

5. Deux huches, une table et ustancilles qui servent au four, une cou- 
verture et deux traversins. 

Dans la salle du commun où les eslafiers mangent : 

6. Une grande table contenant vingt sept pieds de long avec quatre 
tréteaux et quatre bancz. 



— 207 — 

Dans l'office du vin : 

7. Une paillasse, ung mathelas, ung traversin, une couverture blanche. 

8. Item, deux bancs à selle et ung escabeau. 

Dans la sommellerie : 

9. Dix tables, dont il y eu a une quy se tire. 

Dans la eui*ine d'eu bault, à costé de la porte à main gauche en entrant au chambre: 

10. Une couchette, une pailliasse. ung matelas, un traversin, une cou- 
verture blanche, ung coffre de bois, deux tables avec tresteaux, deux 
autres tables, quatre escabeaux, deux banez à selle, six platz d'estain, six 
assiettes, [deux] esquières, deux sallières. 

Dam une chambrette proche ladite cuisine : 

11. Ung banc à couche, une pailliasse, deux mathelas, ung traversin et 
une couverture. 

Dans celle a tenant où csloyt le suisse : 

19. Une couschette, une paillasse, ung mathelas, une couverture, ung 
traversin , une table avec son châssis. 

Item, dans toutes les chambres garderobes, salle et cabinetz du premier 
estage, k commancer par la chambre du concierge estant près du pont levy, 
en entrant à main droite dans le chatteau. 

Dans la chambre du concierge s'est trouvé : 

i3. Deux chenetz de ter, pelle et fourchette. 

1/1. Item, deux tables, sçavoir Tune sur son châssis, laultre simple, le 
tout de bois de noyer. 

1 5. Item , neuf escabeaux de bois de noyer. 

16. Item, ung tappis rie coulleur jaulne et noyr, de droguer, ayant deux 
aulnes de long. 

17. Item, ung banc à selle couvert de serge rouge. 

18. Item, ung grand coffre <le bois de noyer, dedans lequel s'est trouvé 
ce quy s'ensuict : 

19. Sept douzaines de draps de lin, plus quarente-trois draps neufs 
quy servent pour le commum. 

90. Plus, une douzaine, neuf draps tels quels. 

91. Item, ving-cinq nappes blanches ouvrées, quy servent pour le corn- 
mung. 

aa. Item, dix huicl douzaine cl cinq serviette pour le rnuuuting. 
a."». Item, quinze grandes nappes pour la lalib» de nwwlict seigneur, 



— 208 — 

94. Item , an bahu où il y a vingt douzaines , moings deux , de serviettes 
servant à la table de mondict seigneur. 

9 5. Plus, seze nappes de cuisine. 

a 6. Item, quatre douzaines de torchons. 

97. Item, une grande armoire fermant à trois grands guichets. 

98. Item, une aultre armoire à quatre guichetz fermant à clef. 
39. Item, une douzaine de flambeaux de cuivre. 

3o. Item , un banc à couche, où il y a dedans ung lict de plume, deux 
traversins et une couverture blanche. 

3i. Item, ung bois de lict de noyer, de cinq pieds, garny de serge vert 
brun, ciel et rideaux passements d'un passement de soye blanc et vert, 
pailliasse, ung lict et traversin de plume, ung mathelas de bour lanesse (?) 
et une couverture verte. 

3a. Item, une petite armoire à guichet fermant à clef. 

33. Item, six chaises, couvertes de tapisserye, de bois de noyer. 

Dedans la chambre des gentilshommes estant au premier estage de la tour : 

3 A. S'est trouvé trois bois de lict garnys de trois pailliasses, trois ma- 
thelas, six couvertures, trois traversins, trois cielz de serge jaulne im- 
primée, garnye de leurs pantes et dossiers. 

35. Item, ung banc à couche, garny d'une paillasse, traversin et cou- 
verture. 

36. Item , une table de bois de noyer, garnye de son châssis. 

37. Item deux chaires, scavoir une chaire percée, garnye Tune de serge 
verte et l'autre de cuir, qui est une cacquetoire. 

Dedans la chambre attenant à celle des gentilshommes : 

38. S'est trouvé une paire de chenetz de fer, garniz de pommes de cuivre. 

39. Item , ung grand coffre de bois de noyer fermant à clef. 

40. Item, une petite table, trois chaires, et ung tappis de Rouen. 

4t. Item, ung bois de lict garny de sa paillasse, lict de plume, ung ma- 
thelas, àev.x traversins, deux couvertures, une blanche et Taultre verte, 
ung ciel de serge verte, garnye de son dossier et rideaux, passementé de 
mesmes d'un passement de soye et. . . 

DaD8 la salle du commung : 

4 9. S'est trouvé une grande table de quinze pieds de long, sur son chas- 
sis et deux bancs a scelle. 

43. Item, douze tableaux d'empereurs. 

Dans la chambre du contrôleur attenant à ladite salle : 

44. S'est trouvé ung bois de lict garny de sa paillasse, deux mathelas. 



— 209 — 

■ng travertin, deux couvertures, une blanche el l'aultre violette, ung tour 
de Kct de serge de Mouy, coulleur de panser, gamy de passemens de soye 
orange et violet et de trois pommes dorées. 

45. Item, deux petites tables de bois de noyer avec leur tappis de Uouen , 
et deux chaires de mocqiiette avec une autre de bois. 

Dans la chambre neufve : 

46. S v est trouvé ung lict garny de paillasse, ung mathelas, ung traver- 
sin, une couverture rouge, ung lict de taffetas trace» d'or, (rois chaires et 
trois pkcetx. 

Dans la jjard< robbe île ladicte chambre : 

h*]. Premièrement, ung bois de lict garny d'une paillasse et deux mathe- 
las. ung traversin, une couverture verte, ung ciel de serge de Mou\ de 
pareille coulleur, garny de ses rideaux, passemenlé de passements de soye 
incarnat, blanc et vert. 

48. Item, ung bois de lict où il y a des armoires. 

49. Phis, deux chenetz de fer. 

Dedans une aullre garde robbe servant à la chambre tludict soigneur Cardinal : 

50. S'est trouvé premièrement une table de bois de noyer avec son 
châssis. 

5i. Item, ung tappis de Rouen. 

5a. Quatre tabouretz de mocqiiette et six chaires. 

53. Item, un grand rideau de serge tannée garny de frange de soye. 

Dana la chambre basse dudit seigneur Cardinal : 

54. S'est trouvé premièrement ung bois de lict garny de trois mathelas. 
ung traversin, une couverture tannée, uug ciel de velloui-s tanné, en hro- 
derye d'or de soye, où il y a trois pan tes de vellours, deux cantonnières , 
trois soubzbassements , trois rideaux doubles de satin, le fonds, le dossier, 
les foureaux, le tout gamy de frange de soye et or avec la couverture de 
satin a fleurs, quatre pommes et quatre bouquestz d'or et soye, un tour de 
serge tannée. 

55. Item, ung tappis de satin à fleurs de mesme coulleur. et frange d'or 
et soye. 

56. Item, une chaire garnye de vellours en hroderye avec la frange do 



57. Item, ung cabinet dVbeyne noir estant sur son châssis. 

58. Item, six chaires de serge violette, frangés de soye. 

59. Item, une grande forme de serge violette avec léserai) de mesme. 

60. Item, une tanture de cuir doré d'Espaigne contenant neuf pièces. 

61 . Item, une grande paire de cheuelz de cuivre avec la garniture de 1er. 



— 210 — 

6fi. Item, deux portes garnyes de drap vert. 
63. Item, une table brisée, de bois de noyer. 
66. Item une autre table avec son châssis, aussy de bois de noyer. 

Dans le cabinet de mondict seigneur le Cardinal : 

65. S'est trouvé ung petit lict, quy sert de lict. . . où il y a deux mathelas 
de mocquette , garny d'un traversin avec une housse et traversin de vellours 
bleu à fondzd'or, sans soubzbassement de pied, avec deux tabou retz et deux 
cacquettoires de mesme estoffe. 

66. Item, deux chaires, l'une de vellours rouge à fondz d'argent, et 
l'aultre de drap d'or. 

67. Item, deux petits coffres garnys de mocquette. 

68. Item, une table brisée de bois de noyer. 

69. Item , une petite tenture de tappisserie de Beau vais , contenant quatre 
pièces. 

70. Item, ung tappis persien contenant deux aulnes de long et une aulne 
de large. 

Dedans la cbappelie : 

71. S'est trouvé premièrement deux paremens de damas blanc, une 
cbappe, une tunicque, ensemble la suicte, ung oreillier de damas blanc et 
ung corporallier. 

7a. Item, une petitte tappisserye de Rouen. 

73. Item, six oreilliers de serge avec un marchepied. 

76. Item, deux prie-Dieu de bois. 

Dedans la salle où les gentils hommes mangent : 

75. S'est trouvé cinq grandz tableaux de villes. 

76. Item, une grande table avec deux tresteaux et deux au lires tables 
garnyes de leurs châssis. 

77. Item, trois formes garnies scavoir deux de tappisserye et l'aultre de 
serge rouge. 

78. Item, six chaises à vertugadin, garnyes de leur housse el tappis- 
serye. 

79. Item, ung grand tappis de mocquette. 

80. Item, deux chenetz de cuivre. 

Dedans la chambre proche ladite salle et le grand escallier neuf, où logeoict 

M T le commandeur de la porte : 

81. S'est trouvé premièrement une tenture de tappisserye à grandz 
bouquestz, contenant huict pieds [pièces], ausquelles sont les armes dudict 
seigneur Cardinal. 

89 r Item, ung bois de lict, trois mathelas de bourre lanisse, ung Ira- 



— 211 — 

varan, on tour de lict de damars rouge cramoisy, ung soubzbassement, 
une couvertnre rouge, trois rideaux, quatre quantonnières, le fondz, le 
dossier et les (bureaux, quatre pommes, neuf cordons garnis de crépine de 
soye, avec un tour de serge. 

83. Item, une table brisée avec son tappis de damars et ung tappis de 
cuir ronge. 

84. Item, six placetz garnys de damars avec une chaire aussy garnye 
de damas. 

85. Item, ung tableau de Y histoire de Caxn et Abel. 

86. Item, deux chaires de vellours rouge à ramaiges, avec leurs 
franges. 

87. Item, ung petict lict de vellours vert en forme de lict de salle. 

88. Item, deux chenetz de cuivre garnys de leurs pommes et le fert. 

Dedans la garde robbe servant à ladite chambre c'est trouvé : 

8g. Premièrement, un bois de lict garny d'une paillasse, deux mathelas, 
ong traversin, une couverture blanche, un tour de lict de droguet blanc et 
rouge, un tappis de mesme estofle et une table brissée. 

90. Item , une chaire percée , quatre escabeaux de bois de noyer et ung 
tabouret de droguet. 

Dans le cabinet dessoubz la gallerye d'en bas : 

91. Une paillasse, deux mathelas et une couverture blanche. 

Dedans la chambre basse de la seconde tour : 

93. Premièrement, ung bois de lict, une paillasse, ung lict de plumes, 
ung mathelas, ung traversin, deux couvertures. Tune blanche et l'aullre 
verte, ung tour de lict de serge de Beauvais, passementé et garny de 
frange, le tout de soye, avec quatre pommes dorées. 

93. Item, une table garnve de son tappis de serge de Beauvais à 
frange de soye, deux escabeaux ployans gamys de serge, avec une grande 
chaire aussy garnye de serge. 

95. Item , ung banc à couche, une [taillasse et ung mathelas, ung tra- 
versin et une couverture, une table garnye de son châssis, dix-neuf esca- 
beaux de bois de noyer et une chaire percée. 

90. Dedans le cabinet de ladicte chambre : une table, une paire d'ar- 
moires avec deux grandz guichelz et une paire de chenetz. 

Dedans la chambre du second estaige iiu-dessus celle des gentilshommes : 

96. S'est trouvé une lanture de tappisserie ù leuillaige. 

97. Item, ung bois do lict, une paillasse, deux mathelas defutaine, 
ung traversin, deux couvertures, une blanche et une violete, ung lict 



— 212 — 

de vellours noir, scavoir six pantes, quatre canlonnières, trois rideaux de 
damas, ie fondz, le dossier de vellours, quatre pommes de vellours à 
pannaiches , une table avec ung tappis de vellours garny de franges et 
larges passemens de soye. 

98. Item, six placetz et deux vertugadins couvertz de mocquette 
blanche et noir, une autre chaire de vellours blanc et noir, une chaire 
percée garnye de serge , deux chenetz de cuivre avec le fer. 

Dans la chambre du maistrc d'hoslel : 

99. Premièrement, ung bois de lict garny d'une paillasse, deux mathe- 
las, ung traversin, deux couvertures, une blanche et une violette, ung ciel, 
quatre rideaux de serge de Mouy, coulleur de pansée, chamarée de passe- 
mens de soye jauîne et tannée avec quatre pommes dorées. 

100. Plus une couchette, une paillaisse, ung malhelas, ung traversin 
et une couverture blanche. 

101. Item, une table garnye de son châssis avec un tappis de Tournay. 
109. Item, une armoire à quatre guichets fermans à clef. 

10.3. Plus deux chaires à vertugadin, une chaire percée de serge tan- 
née , deux escabeaux et deux petits chenetz. 

Dans la chambre blanche : 

10 A. S'est trouvé une tenture de tappisserie de Flandre, de V histoire de 
sainct Jeltan. 

1 o5. Plus, ung bois de lict, trois mathelas, ung traversin, deux couver- 
tures. 

106. Ung lict de vellours violet, garny de foureaux et cantonnières avec 
pantes, le fondz et le dossier de vellours, trois rideaux de damas violet, 
une couverture de taffettas picquée, deux tappis de table de serge, six 
chaises violettes et une table brissée avec quatre pommes dorées. 

1 07. Item , une paire de chenetz avec le fer. 

108. Item, ung tableau sur la cheminée. 

Dans un 17 passa ige : 

109. Premièrement, unetanture de Beau vais, contenant quatre pièces. 

1 1 0. Une table de bois, un tappis de Turquye, plus six chaires de lap- 
pis8eries. 

Dans la chambre de M" la duchesse d'Orléans : 

111. Premièrement, une tanture de tappisserie contenant cinq pièces 
de jardinages. 

lia. Plus, ung bois de lict garny de trois mathelas, ung traversin, 
deux couvertures avec ung lict de vellours vert garny de six pantes, le 
fondz et le dossier, quatre quantonmères, le soubzbassement, le tout de 



— 213 — 

vellours; trois grandz rideaux, une couverture de parade de damas, une 
table brisée, ung fappis de vellours, le tout passcmenlé el garny d'unp 
grand passement d'or à jour, avec franges et crespines d'or, fora le (apis 
qui n est poinct passements. 

11 3. Plus, six plaoets, six chaires à vertugadin, deux graudes chaires, 
le tout garny de vellours avec franges d or et soye. 

Dans la partie robbc : 

114. Plus dans la garde robbe c'est trouvé ung grand pavillon de 
damans vert, une couchette garnye de paillasse, deux mathclas, traversin, 
couverture, avec une table et une paire de chenetz. 

Dans l'antichambre de Madame : 

il 5. S'est trouvé une tanture de tappisserye de jardinages, contenant 
six pièces. 

u G. Plus, six chaires à bras garnyes de tappisserye. 

117. Plus, ung tableau de Cléopastre, sur la cheminée. 

118. Plus, deux tables, deux tappis, l'un de Turquie, l'autre de Rouen, 
et quatre escabeaux. 

Dans la chambre dn Roy : 

119. S'est trouvé une lanture de tappisserie de bergerye, contenant 
huict pièces. 

îâo. Plus un bois de lict garny de trois mathelas, ung traversin, deux 
couvertures, ung lict de vellours tanné, en broderye d'or, garny de trois 
|Kintes, quatre quantonnières , trois rideaux, trois soubzbassemens , le 
tout de vellours, et le dedans doublé de satin à fleurs bordées d'or, avec la 
couverture de parade et quatre pommes d or. 

lai. Une table, ung tapis de vellours, deux chaires brisées, six placetz, 
ung dais de vellours en broderye, le tout garny de franges et crespines 
d'or, avec une table et ung tappis persien. 

Plus, une paire de chenetz de cuivre. 

Dans le cabinet du llov : 

t «.la. Une tappisserie de cuir d'Espaigne doré, dont il n'y en a pas sur la 
porte, ung bois de lict garny de trois malhelas, ung traversin, deux cou- 
vertures, un tour de lict de damas violet, quatre quantonnières, trois 
rideaux, le fondz, le dossier, le soubz bassement et ung entour de serge, 
neuf cordons de soye, quatre pommes, une table, ung (apis de damas à 
housse, une grande chaire et six placetz. 

190. Plus, une chaire à la\elle j'arme de vellours tanné. 

Dans l'antichambre dn Roy : 

\*ïU. S'est trouvé une tanture de tappisserie de triomphe, contenant 



— 214 — 

huict pièces, une table avec son châssis, ung grand tappis de Turquie, 
une paire de chenets avec le fert. 

12 5. Item, deux tableaux, fun de la Charitté, et l'aultre une Nostre 

Dame. 

Dans la salle du Roy : 

126. S'est trouvé une douzaine de chaires, six tabourets, trois bancs à 
scelles couverts de tappisserie à gros poinct de plusieurs coulleurs, une 
grande table quy se tire, ung grand buflect, une paire de chenetz, deux 
grands tappis de Turquye persiens, une tanlure de tappisserie contenant 
neuf pièces, histoire de Pastor. 

127. Plus trois grands tableaux : La conversion de Sainct-Paul, ung 
David et ung Empereur. 

12& Dans la chambre quy est au bout de la galleryc. y a douze 
grandz tableaux. 

Dans la grande galleryc peinte : 

129. S'est trouvé vingt grandz tableaux des Roy s et Koynes de France 
et princes de leur sang, et seize petis. 

Dans le cabinet quy est au million de ladietc gallerie painsto : 

i3o. Cinq grands tableaux sans châssis, une couchette, une table, une 
paire d'armoires, quatre escabeaux et trois chaires. 

Dans la chambre de la seconde tour estant au bout de la gallerye : 

1 3 1 . Une tanture de tappisserye à fleur contenant neuf pièces , où il y a 
les armes de la Royne , mère du Roy. 

i3a. Item, ung bois de lict. une paillasse, deux mathelas, ung traver- 
sin, deux couvertures, avec un lict de vellours amarante, double pante et 
soubzbassement, trois rideaux, quatre cantonnières, une couverture de 
parrade, une table, ung tappis de vellours et une couchette ganiye de 
paillasse, deux couvertures, ung traversin et ung pavillion de damas. 

i33. Item, ung tableau sur la cheminée. 

Dans une petite garde-robbe : 

1 34. Une couchette garnye. 

i35. Item, une paire de chenetz à pommes avec la garniture de fert. 

Dans la salle du bal : 

i36. Une table qui se tire sur son châssis, avec une paire de chenetz de 
cuivre. 

Dans la troisiesme chatnbre de la tour, à main d roi clc en entrant dans le château : 

137. C'est trouvé une tanlurc de tapisserie de Beauvais, ung bois de 
lict, une paillasse, deux mathelas defutaine, ung traversin, mie couverture 



— 215 — 

blanche et tannée, avec iing lict à double pante de damas amarante, gamy 
de franges et crespines, une couverture de parade, quantonnières et fou- 
reanx, ung tapi de table de damas, une table, quatre pommes dorées. 

i38. Item, ung banc à couche, une couchette garnye de pillasse, ung 
mathelas, ung traversin, une couverture et une chaire percée, cinq 
pkcetz, trois chaires à vertugadin, une forme, le tout couvert de serge. 

Dam la quatriesme chambre de ladite tour : 

139. S'est trouvé trois licls garnys, sçavoir, bois de lict, paillaisse, 
mathelas, couverture et tour de lict de serge amarante, chamarée de 
passemens orange et tannée, une table brisée, quatre escabeaux et une 
chaire percée. 

Dans la chambre estant à costé de la troizicsme chambre de ladite tour : 

160. Ung Hct de damas garny de bois de lict, une pailliasse, ung ma- 
tbellas, une couverture verte, une couchette, une paillaisse, ung mathelas, 
ung traversin, une couverture, ung pavillon de serge, — supprimer une 
table avec son châssis, — ung escabeau. 

Dans la chaiiihiv suivant la précédente : 

161. S'est trouvé ung bois de lict garny de paillasse, ung mathelas, 
ung traversin, une couverture blanche, ung lict de damas blanc garny de 
six pantes , trois rideau* , une bonne-grâce , une couverture de parade et 
les foureaux, le fondz et les dossiers, une chaire de damas, trois placetz 
garnys de serge, trois chaires à vertugadin, une table et ung tapi de 
Rosette. 

Dans la chambre suivante : 

i6q. Deux impérialles garnyes nue de damas vert et l'aultre de serge 
blanc en broderye, avec leur paillasse, mathelas et couverture, une table 
brisée, ung tapis de Rouen, trois escabeaux brisés, une forme de bois, 
deux chenetz de fer. 

Dans la chambre des estafBers : 

1 A3. Cinq couchettes garnyes de pailliasse, mathelas et couverture, 
une table. 

Dans la chambre du secrétaire . estant proche de l'orloge : 

i44. Un bois de lict, une paillasse, deux mathellas, une couverture, 
ung traversin , ung tour de lict de serge de Mouy, chamarée de passemens 
orange et. . . . 

i45. Plus, dans la garde robbe, une couchette garnye de paillasse, ung 
lict de plume, un traversin, deux mathelas, une couverture, ung tour de 
lict de serge vert, une table, deux escabeaux, une chaire percée. 



— 216 — 

Dans la cliiiiubre joignant la précédente : 

1 66. ling bois de iict garny de paillasse, lict de plume, mathelas, tra- 
versin, couverture, ung ciel de drap coulleur d'ollive, garny de passemens 
de sove. 

1/17. Item, une paire de grandes armoires fermons à six guichets, avec 
une table carrée et ung tapis de Rouen, deux chaires garnyes de serge 
bleue, et une nul Ire garnie de cuir, ung escabeau, une paire de chenetz. 

Dans la garde robbe : 

t48. Une couchette, deux paillasse, trois mathelas, deux couvertures, 
deux traversins, une chaire percée. 

Dans la chambre an-dessus de celle du Roy, où estoyt la bibliothèque : 

1 ^19. Duc grande table avec son châssis et quatre escabeaux. 

Dans la chambre proche celle où estoyt la bibliothèque : 

t Ou. Une tanture de lappisserie de Beauvais, contenant six pièces. 

101. Item, ung bois de lict, une paillasse, mathelas, traversin, une 
couverture, ung tour de lict de serge de Mouy, coulleur de pansée, garny c 
d'une frange de soye. 

i5a. Item, une couchette garnye de paillasse, ung mathelas, traversin 
et couverture, une table avec un tappy de se*ge verte garnye d'une frange 
de soye, deux escabeaux, et une chaire percée. 

Dans une aullre chambre attenant la précédente : 

i53. Ung bois de iict, une paillasse, ung traversin, une couverture, 
ung ciel de vellours en broderye, les rideaux de serge passementés d'un 
passement vert, une table avec un tapis de Rouen, une chaire percée 
garnye de serge, ung banc à coucher garny de mathelas, couverture et 
deux escabeaux. 

Dans la chambre suivant la précédente : 

i54. Six pièces de lappisserie dessortyes, ung bois de lict, une pail- 
lasse, ung lict de plume, ung mathelas, ung traversin, une couverture, 
ung ciel de serge de Beauvais vert en broderye. 

i55. Item, deux tables avec ung tappi, deux chaires et deux chenetz 
de fer. 

Dans la garde robbe : 

1 56. Une couchette garnye d'une paillasse, mathelas, traversin et cou- 
verture, ung pavilon de serge verte, une chaire percée et ung escabeau. 

Dans la chambre suivante : 

157. Un bois de lict, une paillasse, deux mathelas, ung traversin, 



— 217 — 

deux couvertures, ung tour de lict de serge verte, un banc à coucher, ung 
mathelas, une couverture, une table, un tapis de Tournay, deux escabeaux 
«*t deux chenets de Ter. 

Dans la chambre de madame de Combalet : 

i58. Item, une tanture de tapisserie contenant six pièces, do rlnix 
aulnes et demve de bault. • 

i5q. Ung bois de lict, trois mathelas, un traversin, deux couvertures, 
nng tour de lict de damas coulleur de pansée , où il y a trois rideaux . 
quatre quautonnières, deux fourra ux, le fondz et le dossier et le soubz- 
bassemenl, neuf cordons de soye, quatre pommes garnyes de damas à 
housse, ung entour de serge, six placetz, une grande chaire ù bras, le 
toutgarny de leur crespine et franges de soye, ung tappy de cuir, une 
paire de chenelz à pommes avec le fer. 

Dan* la garde robbe de ladite chambre : 

160. Ung bois de lict, une paillasse, deux mathelas, ung traversin, 
nue couverture violette, ung tour de lict de droguet tanné et gris, ung 
tapy de table en housse, une table et une chaire percée. 

Dan* la chambre au-dessus de la précédente : 

161. C'est trouvé : premièrement, une tenture de tapisserye de berge- 
rye, contenant huict pièces. 

169. Item, ung bois de lict, une paillasse, deux mathelas de futaine, 
ung traversin, une couverture blanche, ung ciel de serge coulleur de 
pensée, quatre quantonnières, trois rideaux, le fondz, le dossier, le tout 
passementé demy soye et quatre pommes. 

i63. Item, une table, une aultre petite table painste, quatre placetz. 
quatre chaires, deux chenetz et le fer. 

Dans le cabinet : 

16&. Ung comptouer avec guichet, une paire de grandes armoires fer- 
mans à huict guichetz, une paire d'armoire painte garnye de serge, une 
chaire brisée de damas , deux escabeaux et une chaire, trois porte-chan- 
delliers. 

Dans la garde robbe : 

i65. Une paire d'armoire fermant à neuf guichets, une couchette, une 
paillasse, ung matellas, ung traversin, une couverture blanche, ung pa- 
villon de serge bleue, une table avec ung tapy, doux chaires percées et ung 

escaœau. 

Dans le grenier : 

1 66. Une grande garderobbe , deux tresteaux et quatre aiz. 
AicaioLOGiE. 1 5 



— 218 — 

Sur la montée do grand escallier : 

167. Ung banc à coucher. 

Dans le cabinet aux papiers : 

168. Une grande paire d'armoire fermant à neuf guichets, une table, 
ung tapy de Rouen , une chaire et ung escabeau. 

Dans la troisiesme chambre de la tour estant k main gauche : 

169. Une tanture de tappisserie de boccage contenant six pièces. Deux 
bois de lict, deux paillasses, deux mathelas, deux traversins, deux couver- 
tures, deux tours de lict de serge de Beauvais, deux chaires, quatre esca- 
beaux, une table, ung tapi de serge de Beauvais, ung banc à coucher, 
ung mathelas et une paire de chenetz de cuivre. 

Dans la quatriesme chambre de ladite tour : 

170. Trois bois de lict, trois paillasses, trois mathelas, trois traversins, 
trois couvertures, trois tours de lict de serge bleue passementee avec trois 
escabeaux , une chaire percée. 

Dans le garde-meubles estant sur la gallerye de» puinstures : 

171. Quatre bois de lict. 

172. Une grande paire d'armoires fermant à quatre guichetz. 

173. Une grande forme quy sert de lict, vert, avec un mathelas de satin 
bleu. 

176. Item, neuf grandes tables avec leurs tresteaux. 

175. Plus, trois lenternes de verre. 

176. Ung huis de drap vert. 

Dans le jardin : 

177. Quatre arrousoirs telz quelz. 

Dans la basse-cour : 

178. Une grande table avec trois tresteaux, trois mathelas, trois cou- 
vertures et deux traversins. 

Nous Roger, duc de Bellegarde, pair et grand escuyer de France, gou- 
verneur et lieutenant-général pour le Roy ez pays de Bourgongne et Bresse , 
premier gentilhomme de la chambre de Monseigneur le duc d'Orléans, 
frère unique de Sa Majesté et surintendant de sa maison, certifiions à 
tous qu'il appartiendra que Louis Comping, seigneur de l'Estang, cappi- 
taine du chasteau de Lymours, s'est ce jourd'huy chargé envers nous des 



— 219 — 

meubles estaus dan* ledict chasteaa de Lymours , mentionnez en l'inventaire 
qu'A a mis entre nos mains, dont coppie est cy-dessus. En tesiuoing de 
quoy nous avons signé la présente. A Paris, le hnict mars mil six cens 
vingt sept 

Roger de Bellegarde. 

Je sonbzsigné, Pierre de Gatry, escuyer, gentilhomme ordinaire de la 
chambre de Monseigneur, frère unique du Roy, à présent capitaine de 
ehasteau de Limours, recognois, suivant le commandement et ordonnance 
de mondict seigneur en dabte du vingt-neufvième jour d'aoust dernier. 
signé Gatry, et plus bas Goullet, laquelle ordonnance j'oy baillée présen- 
tement à Monsieur Compain, escuyer, sieur de l'Estang, naguères cappi- 
taine dudit ehasteau de Limours, ledit sieur de l'Kstang m'a remis es mains 
tous et chascuns les meubles estaus dans led. ehasteau de Limours e{ 
mentionnez en l'inventaire cy-dessus, signé de M. de Bellegarde, de tous 
lesquels meubles après les avoir tous \euz et vérifiiez, je m en suis chargé 
et en descharge par ces présentes ledit sieur de l'Estang. 

Duquel inventaire et du présent acquict, icelluy sieur de l'Estang, m'a 

baillé aultant, signé de sa main. Paict audit Limours, ce vingt-sixiesme 

jour de septembre mil six cens trente cineq. 

De Gatry. 



INVENTAIRES DE I.' ÉGLISE DE Sa1XT-J.\CQUES DE M<)\TAUBAV (liV/'i). 

Communication do M. l'abbé Potticr. 

M. le chanoine Potticr adresse au Comité trois inventaires des 
reliquaires, joyaux cl ornements appartenant, en i54a, à l'église 
paroissiale de Saint-Jacques de Montauban. 

Le trésor de l'église de Saint-Jacques n'est pas bien considérable. 
J'y relève seulement trois objets méritant une mention spéciale : 
une navette à tenir l'encens, émaillée des armes de France et de la 
ville de Montauban; une tapisserie représentant la Vierge, le saint 
patron de l'église avec les écussons de France et de la ville; un 
reliquaire orné de deux grands anges d'argent. Mais le document 
emprunte une certaine valeur do quelques termes, qui ne figurent 
pas dans les glossaires. Ainsi la patène se nomme une jmlatklle; 
l'amie t, un capxtel. La chasuble et la chape y sont désignées sous 
le nom commun de cape; la première est la cape missale, la 
deuxième la cape processionnelle. Deux autres mots : drague et sur- 
drague ont échappé complètement à mes recherches. Dans lïn- 
ventaire, mal rédigé du reste, les objets ainsi appelés semblent tan- 

i5. 



— 220 — 

tôt concourir à l'ornementation de la cape ((laquelle (art. U) est 
garnye de drague et surdrague»; tantôt ils paraissent constituer un 
vêtement distinct, l'expression «r garnie » étant employée comme 
synonyme « d'accompagnée*. On lit en effet (art. 16) * trente-une 
albes garnyes de dix-huict capitels*; évidemment les aubes étaient 
accompagnées et non pas garnies d'amicts. M. le chanoine Pottier 
traduit drague et surdrague par diacre et sous-diacre. Bien que 
dans les comptes on donne parfois à la dalmatique le nom de 
«diacre*, on doit regretter que M. le chanoine Pottier n'ait pas cité 
quelque texte probant à l'appui de son interprétation. 

Les notes explicatives ne paraissent pas être toutes à l'abri de la 
critique. Pour caractériser la différence entre la chasuble et la 
chape, il y est dit : *la différence existait dans la coupure qui, pour 
la chape, se faisait en avant, et latéralement pour la chasuble* 
Cette distinction manque d'exactitude. La chape était un manteau 
ouvert par devant, dont les bords étaient retenus sur la poitrine 
par un fermai! ou par une bride; elle était de plus garnie jadis 
d'un capuchon dont elle garde encore le simulacre. La chasuble 
consistait au contraire en un vêtement fermé, percé à son centre 
dune ouverture pour le passage de la tête de l'officiant. 

Sous les réserves que je viens d'exprimer au sujet des notes, 
j'estime qu'il est utile d'insérer au Bulletin du Comité les inven- 
taires de Saint-Jacques de Montauban. 

6. Demày, 

Membre du Comité. 



C'est l'inventaire des reliquaires, joyeaulx etornemens de l'église parois- 
siale Sainct-Jacques de Montauban, lesquels ont coustume estre baillez 
chaque année par messieurs les Consuls de la dicte ville, en garde à deux 
prestres de la dicte église , depputez par eulx sacristains, durant l'année de 
leur consulat, à la charge de les bien et lionnes tement entretenir et gou- 
verner, et, au bout de l'année, en. rendre compte aux Consuls successeurs; 
et de ce faict bailler bonnes et sou disantes cautions, moyennant les galges 
ordinés que les dicts sacristains ont de la dicte ville. 

1. Premièrement, une grande croix d'argent surdaurée. 

a. Ung calice, nommé Daspary \ avec sa paladelle 2 d'argent. 

3. Une navette pour tenir l'encens, sur laquelle y sont les armes de 
France et de la ville émaillées. 

1 Du nom du donateur. 
3 Patène. 



— 221 — 

4. Déni cappes d'or, velouté de velours pers \ assavoir : 

Une cappe missal * et une processionnel 3 , laquelle processionnel 4 est 
garnie de drague*, surdrague ê , deux estolles, troys manipules, fout d'une 
mesme estophe. • 

5. Item, la couverte et deux pendans du pavillon \ ensemble la garni- 
tare * et parement du devant du grand autel, sont de semblable dor velouté, 
doublez de bouracan roge, et la dicte couverture du pavillon, qui n'est 
poinct doublée. 

6. Autres deux cappes de velours roge, une missal et une processionnel , 
garnyes de drague et surdrague; deux estolles et deux manipules. d\mo 
nxsme estophe. 

7. Deux autres cappes d'or vieulx, processionnel et missal, avec drogue 
H surdrague, deux estolles et deux manipules, tout d'une estophe. 

8. Une autre cappe missal , nommée Dch Cotelz ', garnie de drague et 
tfordrague, deux estolles et ung manipule, d'une semblable estophe de lu 
dicte cappe 19 . 

9. Une autre cappe missal verte, garnye de drague et surdrague, une 
estolle et ung manipule, tout d'une estophe. 

1 o. Deux paremens d'autel d'or vieulx. 

1 1. Autres deux cappes, c'est une missal, sans drague et surdrague, et 
une processionnel , d'or fort vieulx; laquelle missal est fort foyble; une estolle 
et ung manipule fort rompuz. 

19. Une autre cappe missal, d'or mys sur damas blanc, garmc 
de drague, surdrague, deux estolles et ung manipule, d'une mesme 
estophe. 

1 Lepers devait tenir lieu du violet, qui n'est pas mentionné, peut-être aussi du 
noir, qui ne figure pas dans cet inventaire; j'ai vu, à Cologne, dans l'église d«> 
Saints-Apôtres, employer à un enterrement un drap mortuaire de couleur perse. 

1 Cappe est ici un terme générique, qui convient à la fois à la chasuble et ù la 
chape. L'un et l'autre vêtement avaient, au moyen âge, la mémo ampleur; la diffé- 
rence consistait dans la coupure qui, pour la chape, se faisait en avant, et pou:- l.i 
chasuble latéralement. 

: La cappe processionnel servait à 1'oflicianl pour les processions. 

4 H faut lire missels et non processionnels , puisque l'inventaire enregistre immé- 
diatement api es la dalmatique du diacre et la tunique du sous-diacre. 

1 Diacre. 

* Sous-diacre. 

7 Je ne crois pas qu'il s'agisse ici d'un dais portatif : la suite, parlant d'un de- 
vant d'autel, fait voir que ce pavillon se réfère à la réserve eucharistique. La cou- 
verte formait le fond (calotte ou ciel) et les deux pendans étaient les deuv rideaux 
qui l'enveloppaient. Pour un dais de procession , il eut fallu quatre pentes. 

* Frontal et orfrois, souvent mobiles. 

* Du nom de la famille qui la donna. 
'* La couleur n'est pas indiquée. 



— 222 — 

i3. Ung garniment de couverture de l'évangélistier ', de damas roge, 
doublé de bouracan. 

là. Ung autre garniment pour le dict évangelistier, de satin bleu, qui 
a esté preste aux accaptaires.de Taccapte de Nostre Dame de la dicte église 
Sainct-Jacques. 

i5. Une tapisserie, en laquelle sont ces ymaiges : Nostre-Dame tenant 
son petit enfant au bras, et sainct Jacques, avec les escussons de France et 
de la ville, semées de fleurs de lyz. 

16. Trente-une albes, garnyes de dix-huict capitels 2 et doutze cordons 
bons ou malvays. 

17. Vingt-neuf nappes, sives toailles \ bonnes ou malvayses. desquelles 
fust rompue une pour raccommoder les vieilles. 

18. Une perne 4 prime (?)\ servant de couverture à une croix, le terns 
du charesme 6 . 

19. Un grand linceul, qu'est croisé de finète noire à tout le long et au 
travers 7 . 

qo. Ung autre linceul moyen. 

ai. Ung autre linceul moyen, qui a esté faict pour faire parement au 
grand autel de la dicte église, le temps du charesme. 

92. Cinq petites esquiles \ 

a 3. Quatre petites bolles 9 de boys, teintes en roge, pour mettre aux 
quatre coins du pavillon. 

Faict le dix février, Tan mil cinq cent quarante-deux. 

Signé : Pogbti. 
Autre inventaire : 

ùk. Une grande croix d'argent, sans aulcune daurure. 

1 EvangeUttarium (voir Du Cange), se dit de l'évangéliaire. Ce serait donc la 
housse de ce livre, suivant l'usage romain. Mais je crois qu'il s'agit plutôt ici du 
pupitre sur lequel on lisait l'évangile. Les inventaires parlent souvent de couvertures 
de lutrin. 

* Amicts. 

3 C'esUà-dire vingt-neuf nappes ou toailles. 

4 Penne (?) du latin pannut. 

1 M. Potier interprète fine (?). 

6 Dans le rit gallican, les croix demeuraient couvertes depuis le premier dimanche 
de carême jusqu'au samedi saint 

7 Drap mortuaire blanc, traversé par une croix noire : c'est l'inverse de ce qui se 
pratique depuis longtemps. 

8 Du latin sqttilla, clochette. On sonnait ces clochettes en tête des processions et 
des enterrements. 

• Boules. Ces quatre boules rouges surmontaient les quatre angles du pavillon, 
d'où il ressort que la couvert* était carrée (n° 5). 



— 253 — 

*5. Une antre grande croix de laton estaâgnée 1 . ronde*. 

a6. Une custode d'argent, avec une petite crab à nng cracifii par 
dessus, et par dedans nng gonbetet aussi d'argent \ 

97. Ung reliquaire d'argent carré, avec nne petite croix par dessus 
surdaurée. 

*8. Ung calice d argent, avec sa paladefle; lequel calice a l'écosscn des 
armes de la ville au-dessus du pied. 

99. Une couverture de la custode, dans laquelle le corps de Xostre- 
Seigneur soûle estre porté, laquelle couverture est de tafiata roge *. 

3o. Item, antre semblable couverture de taftâta encarné', à six flocs ' 
pendans de soye verte. 

3t. Une cappe missal de camelot vert, sans drague ny surdrague. n\ 
estoUe, toutesfoys garnye de albe, capitel et cordon. 

Faict le onze février, Tan mil cinq cent quarante-deux. 

Signé : Pogkti. 

Autre inventaire : 

3a. Ung grand reliquaire carré, d'argent, nommé des Innocents, dans 
lequel y a certaines reliques et quatre escritz d'argent. 

33. Ung autre reliquaire, nommé des Anges 7 , faict à deux grands 
anges d'argent, ung à chaque coing, à l'ung desquels anges fault une main . 
et est le dict reliquaire surdauré en plusieurs partz. 

34. Ung grand calice, avec sa paladelle d'argent, surd aurez. 

35. Ung autre petit calice, avec sa paladelle d'argent. 

Faict le doutze février, Tan mil cinq cent quarante-deux. 

Signé : Pogeti. 
(Archives de Montauban. Livre des serments, f" 1 5 5- 1^7). 

1 Etamée. 

* Des croix de ce genre existent à Saint-Léger-la-Pallu (Vienne) et à Brides 
., Savoie). Elles sont du xti* siècle. 

3 On rencontre souvent ces deux vases ensemble : l'un contient la réserve et l'autre 
lui sert d'envelopj>e. 

4 Cette couverture s'employait pour le saint viatique. — Gomme le pavillon du 
n° 5, elle était ronge, couleur que le rit gallican consacre au Saint-Sacrement. 

9 Incarnat. 

• Houppes. 

7 Le reliquaire précédent prenait son nom des reliques qu'il contenait, celui-ci 
it tient de sa forme. 



— 224 — 

Inventaire de la sacristie do Moutier d'Âbun (Creuse) , 

en i656. 

Communication de M. G. Callier. 

I. Premièrement, une grande croix de bois, avec un crucifix et autres 
représentations de saints et anges , dont un des bras du crucifié est cassé 
et ladite croix en assez mauvais estât. 

a. Item, une autre croix fort ancienne, avec Ggures danses, le tout de 
cuivre, à la réserve du cruciGé et de quelques autres plaques portant la 
figure de la Vierge et autres qui sont d'argent, ladite croix aussy en assez 
mauvais estât, et un des bras du crucifix rompu, dans laquelle il y a quel- 
ques reliques, ensemble quelques cristaux et pierres. 

3. Item , un saint ciboire d'argent , où repose le Saint-Sacrement , fort petit. 

k. Item, un calice, avec sa platine d argent cizelé. 

5. Item, un autre calice, aussy garny de sa platine, fort ancien . . . , pa- 
reillement d'argent. 

6. Item, un autre ciboire, avec sa platine d'estaing l . 

7. Item, un soleil d'argent vermeil doré et cizelé, garny de ses cristaux. 

8. Item, un autre petit soleil de cuivre, fort ancien, garny de verre. 

9. Item, un vase ou empoulle pour mettre les saintes huiles, en plomb. 

10. Item, six chandelliers, un encensoir et une lampe, le tout de cuivre. 

II. Item, une chasube, la ebappe et deux tuniques 1 , garnies de leurs 
estolles , fanons , le tout de satin blanc à fleurs , avec passemens et franges 
de soye. 

19. Item, une autre chasube, garnie de son estolle et fanon, de damas 
vert, avec des passemens d'argent fausse \ assez vieille et usée. 

i3. Item, une autre chasube, avec la chappe, deux tuniques, garnies 
de leurs estolles et fanon, le tout de satin blanc et garny de passement d'or 
faux, en fort mauvais estât et tout deschiré, et qui ne sont plus propres à 
servir. 

\k. Item, une autre chasube, aussy garnie de son hestolle et fanon, de 
taffetas rouge, avec passement de soye meslé \ aussy fort vieille et fort 
rompue. 

i5. Item, deux tuniques de satin rouge, garnies de salin et de passe- 
ment de soye et or, et qui ne peuvent plus du tout servir. 

1 D est probable qu'il faut lire calice et non ciboire : d'abord, nous sommes à 
rénumération des calices; puis, la platine ou patène va toujours avec le calice dont 
elle est le complément nécessaire. Cependant, je dois faire observer que, dans le rite 
gallican, le prêtre prenait souvent une patène pour mettre sous le menton des com- 
muniants, dans le cas oùThostie lui glisserait entre les doigts. 

* Tunique* s'entend ici de la dalmalique du diacre et de la tunique du sous-diacre. 

3 Sic pour faux, 

4 Soie mêlée ou de différentes nuances. 



— 225 — 

1 6. Item , une autre ebasube , garnie de son estolle et fanon , de camelot 
bleu \ garay de passement de soye nieslé et laquelle est rompue en quel- 
ques endroits. 

17. Item, une autre ebasube, avec son estolle et fanon, de taffetas noir, 
sur laquelle il y a une croix de satin blanc s , avec deux armoiries, uses, et 
dont FestoUe et fanon ne peuvent plus servir. 

18. Item, une chappe de velours noir, fort ancienne et deschiree, gar- 
nie de vieilles broderies. 

19. Item, une autre ebasube, la chappe et deux tuniques, garnies de 
leur estolle et fanon, de sove noire, avec la croix de camelot blanc dessus, 
le tout fort use. 

•io. Item, un devant de autel, eu cuir doré \ fort vieil. 

41. Item, un autre devant d'autel de camelot vert, tout deschiré. 

*a. Item, un autre devant d'autel de soye noire, avec des rubans blancs . 
use et mangé de verres *. 

*3. Item, huict nappes de toille servant pour l'autel telles quelles. 

9 4. Item, six aubes telles quelles, garnies de leurs amict et ceintures. 

a5. Item, trois missels, fort vieux et rompus. 

96. Item , trois vieux livres d'esglize , qui ne sont entiers et sans couverture. 

♦17. Item , un autre livre d'esglize , couver B de veau noir, avec son fer- 
moir, en assez mauvais estât. 

«8. Item, une grand pire d'armoires, dans lesquelles sont lesdits or- 
nerons. 

»jq. Item , deux petites 6 d'armoires dans ladite sacristie. 

[Nota. Tous ces objets out disparu, a l'exception de la croix-reliquaire 
décrite au second paragraphe et du devant d'autel do cuir doré, que j'ai fait 
replacer au mois d'août dernier. 

Depuis la rédaction de cel inventaire, l'église d'Ahun s'est enrichie d'un 
reliquaire de forme cylindrique, monté sur pied à jour, formé d'enroulé- 
méats à télés de chimères. 11 est surmonté d'une croix. Sur le cylindre on 
lit l'inscription : Sancte Hoche; sous le pied, ces mots : B. Dahun i6j4. 
— G. Calmer.] 

1 Le bleu, suivant les diocèses, était affecté à certaines fêtes de la Vierge, ou 
remplaçait tantôt le vert, tantôt le violet. Ici il n'y a pas un seul ornement de ceUe 
dernière couleur, indispensable pour TA vent et le Carême. 

* La croix blanche sur un fond noir est propre au rite gallican. 

' L'église de Gi-iindbourg ( Creuse) a conservé un beau devant d'autel du x vu* siècle , 
en cuir doré et gaufré, représentant la colomhi» divine au milieu de fleurs et de fruits 
au naturel. 

* Sic pour vers. 

* Sic pour couvert. 

' D'armoire* fait supposer qu'on a omis pâtre». 



— 226 — 

Un débbis de l'hôpital Saixt-Nicolas de Boves (iiii' siècle). 

On a cherché en vain jusqu'ici remplacement de l'hôpital Saint- 
Nicolas ou Hôtel-Dieu de Boves, fondé au xii* siècle. Le plus an- 
cien document où il soit fait mention de cet hôpital est un acte de 
cession, par Gautier Figet et sa femme Mathilde, de leurs droits sur 
les deux mouh'ns de Boves. Un bref du pape Grégoire IX, du 
i er juillet îaflo, confirme la fondation de cet établissement. Cette 
fondation fut aussi confirmée par le pape Urbain IV, qui plaça sous 
la protection du Saint-Siège les maîtres et frères de ce lieu et 
leurs biens présents et à venir. 

La charge de faire administrer la chapelle de cet hôpital 
appartenait à la baronnie de Boves, et cette administration fut con- 
férée d'abord à des religieux, ensuite à des laïques. 

Le pape Urbain IV renvoie, le 19 décembre 1364, à Tévêque 
d'Amiens la demande que lui avaient adressée les frères hospita- 
liers afin d'obtenir la permission de bâtir une chapelle 1 . 

Nulle description n'existe de cette chapelle, et le souvenir en est 
perdu dans la localité; mais tout récemment, en visitant la cave 
d'un bâtiment actuellement à usage de ferme, situé près du pont 
Saint-Nicolas, construit sur la rivière d'Avre qui contourne cette 
propriété, on fut fort surpris de retrouver un monument gothique, 
avec des voussures et des ornements d'un style remarquable encore, 
malgré leur état de délabrement. Il y a tout lieu de croire que ce 
monument n'est autre que l'ancienne chapelle 2 , en partie détruite, 
ainsi que l'hôpital, lors des guerres des xvi e et xvii* siècles. Ce mo- 
nument se trouvait jadis au niveau du sol, fortement surélevé de- 
puis; ce qui en reste consiste en une salle de 2 m ,i5 de hauteur 3 , 
recouverte par une voûte d'ogives, divisée en quatre croisées, dont 
les retombées portent sur un pilier central mesurant 5o centimètres 
de diamètre. 

La voûte présente une surface de 36 mètres carrés environ; elle 

1 Les religieux voulaient aussi avoir une cloche pour leur chapelle et un cime- 
tière, encore bien que celui de la paroisse fût proche de l'hôpital. 

* On a pu voir ci-dessus, p. 201, dans le rapport consacré par M. Ramé à cette 
communication, que le bâtiment dont il s'agit ne doit pas être une chapelle. 

3 Ce peu d'élévation laisse supposer que la partie inférieure de l'édifice est en- 
core enterrée, ce qui pourrait être vérifié en faisant des fouilles, qui amèneraient 
peut-être la découverte d'un pavage. On descend à cette cave par un escalier de douze 
marches. 



— 227 — 

est ornée de clefs sculptées fort curieuses, mais malheureusement 
fort endommagées. L'une d'elles représente une figure de femme 
coiffée d'un voile qui encadre son visage; cette figure serait-elle 
celle de la fondatrice ou d'une bienfaitrice du monument ? Deux 
autres représentent une figure d'homme et une de femme encadrées 
de feuillages. Enfin la quatrième clef est décorée d'une tête entourée 
de huit roses. 

M. Petit, juge de paix de Boves, grand amateur de beaux-arts, 
a eu l'obligeance de faire quelques dessins du monument que je 
viens de décrire; je les joins à la présente notice, dont ils permet- 
tront de contrôler l'exactitude. 

F. Pouy, 

Correspondant du Ministère à Amiens. 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



f 



Ar loi (Inscription romaine découverte près d'), p. 55, 57-63. 

Aîiicii5E8 (Fastes des provinces), par M. Charles Tissot, p. 118. 

Aie*. Voir Moutikb-d'Ahcs. 

Aigus-Moites (Inventaire de l'église d 1 ), p. i38. 

Am (Peintures de Saint-Martin d 1 ), p. 3o , 3 1 . 

•Imok (Prétendue épitaphe d*), à Saint- Benoit-sur-Loire, p. 81 , 8a. 

•towi (Inscriptions de cloches du département de 1'), p. i38, 199, a 00. 

ta (Bréviaire de l'église d'), p. i53, i54. 

(Inventaire de l'église métropolitaine d'), p. 1/10, 1/1 1 , 169-176. 

(Missel de l'église d'), p. i54. 

"—— (Rituel de l'église d'), p. 176, note. 

AuAsfc (L'abbé). Inventaire de l'église d'Aix, p. 160, i4i , 1/19-176. 

Inventaire des meubles d'Avignon Nicolai, archevêque d'Aix, p. 192. 

«U>«s (Epigraphie gallo-romaine des Hautes-), par M. Florian Vallentin, p. 119. 

A *A6« (Église d'), p. 87. 

^Ult (Cimetière mérovingien du Grand-), p. 80. 

'fttBLLOT (L'abbé). Peintures de la cathédrale de Limoges et du château de Roclie- 

chouart, p. 3a. 
^•beshes (Notices sur divers villages des), communiquées par M. Nozot, p. 86, 87. 
A **ts (Trésor de l'église d'), p. 38. 
A *isEs de Paris , p. 48. 

A »Lts (Inscription antique découverte à), p. 64, 88, 89. 
Aitois (Sceau de Jeanne, fille de Philippe d'), p. 83, 8/1. 
Ascu (Remarques sur le symbole de 1'), p. 20, a3. 
Aidut (Louis). Le camp préhistorique de Peu-Richard, p. 1 j3. 
Atuiu (Comte d'). VoirCtULox (Jean de). 

b 

■Web (De). Communication relative à diverses inscriptions, p. 86. 
Nailly (Inventaire des collections du Roi, rédigé par), p. 5a, 8a, 89-93. 
Biiwr.11, nom d'une pièce d'armure, p. 84, 101. 
Biibier (Notice sur Philibert), peintre maçonnais, p. 147. 
BilBiEft de Mottault (L'abbé). Catalogue des reliques de l'abbaye de Sain t-Cyp rien 
de Poitiers, p. i38. 



— 230 — 

Babbieb »e Mobtaclt (L'abbé). Empreintes de trois sceaux do xni'et do nv* siècle, 
p. 19s. 

Inventaire de la sacristie du Moutier-d'Ahun, (Creuse), p. i38, , 198. 

- Moules à hosties, p. 5s, 66, 67, 68. 

Biibois (Collection des monuments épigraphiqoes du), par M. Ch. Maxe-WerK, 

p. 118, 119. 
Babthelemt (A. de). Rapports sur des demandes de subvention, p. 66. 
BItie-Most-Saleob (Fouilles de la), p. 65. 
Bâti (Baron de). Le cimetière gaulois de Mareuil-le-Port, p. 199. 
Batkci (Observation relative aux tours de la cathédrale de), p. 7. 
BEArvoCT-DE-LoMACsi (Manuscrit des coutumes de), p. 3a. 
Behevejit-l' Abbate (Exploitations minières de), p. 1 6. 
Beitihieie (Note sur les fouilles de la), p. 1/16, 1&7. 
Bebtbasd (Alexandre). Compte rendu du mémoire de M. le comte de Contades sur 

les fouilles de la Bertinière (Orne), p. i46, 1A7. 

Compte rendu de l'ouvrage de MM. Durieux et Ronnelle, intitulé : Le* «m- 

terrahu de SaUly-lh-Cambray, p. 1 65, 166. 

Compte rendu du mémoire de M. Gouyon, intitulé : Puits funéraires ou silos 



delà commune de Rosiers, p. 1&6. 

— Compte rendu do mémoire do colonel Pothier, intitulé : Lss tmmulus de 
Tarbet, p. i43, 166, i£5. 

Compte rendu de l'ouvrage de M. Testut, intitulé : La Nécropok préhUto- 
riquê de Nauthery, (Landes), p. i&5. 

— Rapport sur la Commission de géographie de l'ancienne France, p, 8a. 
Rapport sur les fouilles exécutées â Grand par M. Voulot, p. 1 90-1 a4. 
Rapport sur une demande de subvention pour la continuation des fouilla 



du Mont-Beuvray, p. 65. 
Biodle (Peintures du château de), p. 10. 
Boi88iion (Fouilles de la caverne de), p. 81 , 193. 
Bobbel. La cathédrale de Moûtiers-en-Tareotaise, p. 8, 9, 10. * 

Châsse émaillée du trésor de la cathédrale de Moûtiers-en-Tarentaise , p. iû. 

Inscriptions romaines de la Tarentaise, p. a , 3 , 4. 

Peintures de Saint-Martin d'Aimé (Savoie), p. 3o, 3i. 

Bosbedoh (De). Sigillographie du Bas-Limousin, p. 161. 

Bouches de Molaxdoh. Offre d'un moulage d'une inscription de Saint- Benoit -sur- 
Loire, p. 81 , 89. 

Boihllac (Trésor de l'église de), p. 38. 

Bolloghe-scb-Meh (Fragments de construction présumés romains découverts à ) % 
p. 198, 199. 

Bodbbor. Cimetière mérovingien du Grand-Andely, p. 80. 

Jeton de cuivre trouvé à Evreux, p. 59, 83, 96, 95. 

Boobgbs (Sépultures antiques du boulevard de l'Arsenal, à), p. 1 68. 
BoDBGuiGROR (Cloche de), p. 900. 

Bodze (Fouilles de), p. 66. 

Boves (Ancien Hotel-Dieu de), p. i38, 900, 901, 996, 997. 
Bbetagre (M.). Mémoire sur des monnaies gauloises inédites attrilmées à Stras- 
bourg, p. 176-178. 
Bbexy (Bronze antique trouvé à) p. 16. 



— 231 — 

Bbxtuub de l'église d'Aix, p. i53 et i56. 

Bbociiy (Inventaire du cardinal de) , p. 81. 

Bbohii dore (Bras en) de l'époque romaine, p. 5a. 

BrcEiuD (Communication relative à la famille du maréchal), p. 56. 

Bouot de Kiisebs. Sépultures antiques découvertes à Bourges, p. 168. 



Cambodgienne (Épigraphie), p. 3q-4 1. 
Camps mairies de Castel-Sazzari, p. 193. 

de Puy-de-Fage et de Rofliac, p. 17 et 18. 

• Castah. Le compositeur Pierre de Manchicbourt, p. 66, 88, 11s. 
Castel Sabbazi (Fouilles de), p. 193. 
César chez les Vénètes, par M. E. Orieux, p. 195. 
Cbabolillet. Opinion sur un moule à méreaux, p. 37. 

Rapport sur deux matrices de sceaux, p. 83 et 86. 

Rapport sur une communication de M. Bourbon relative à un jeton de cuivre 

trouvé à Évreux, p. 83, 96, 95. 

Rapport sur un mémoire de M. Bretagne concernant des monnaies gau- 



loises inédites attribuées à Strasbourg, p. 1 7(>-i 78- 
Rapport sur une demande de subvention, p. 116. 



Cbalos (Inventaire de Jean de), comte dWuxerre, p. 66, 86, 8." . 98 à 101. 

Chamflih (Cloche de), p. 87. 

Chabs trouvés dans des sépultures gauloises, p. 37. 

Cbabvet. Note sur la grotte sépulcrale de Rousson, p. 81, i3S. 

CflisfiE en aillée de la cathédrale de Moûliers-en-Tarentaise, p. 66. 

Chaotigby (Peintures du château de), p. '>3 cl 36. 

Cbetbieb (Jules). Bas-relief antique découvert à Reims, p. 86, 96, 97. 

Cihetièbe gaulois de Mareuil-le-Port, p. 19*). 

mérovingien du Grand-Àudely , p. 80. 

Cloches (Inscriptions sur des), p. 199, *joo. 
Closbadeuc(De). Le Cromlech d'Er-Lanic, p. 196-198. 

Colis (Henri). Inscription romaine découverte près d'Ailou (province d'Oran), 

p. 55, 57 à 63. 
Comité* des Travaux historiques et scientifiques (Composition du), p. 5o, 5i. — 

(Publications du), p. 5i,5«j. — (Ouvrages offerts au), p. 53, 56, 81, 1 13, 1 16, 

139. — (Rapports sur des demandes de subventions adressées au), p. 65, 66, 

n3, 139, 160, 193. 
Costades (Comte de). Note sur les fouilles de la Bertiuière, p. 166 et 167. 
Corros (Inscription découverte à), par M. Maspero, p. 161, 178-185. 
Col* ct-la- Ville (Cloche de), 199 et aoo. 
CocBTEFOTfTAiNF (Notice sur l*eglise de), p. 88, 107-11 1. 
Coctarces (Age de la cathédrale de), p. 6-8. 

(Crucifix de la cathédrale de), p. 10. 

Cboix (Le P. Camille de la). Fouilles de Sanxay, p. 66-68. 
Cboix oivba.vte de travail espagnol, par M. C. de Linas, p. 196. 
Cboix-beliquaibes communiquées par M. J. Gauthier, p. 87, 88, io3-io6. 
Cdffy (Bas-relief du château de), p. 10. 



— 232 — 



Ci ki es (Cloche de), p. 200. 
Crs-LA-CoMvri«B (Cloche de), p. 199. 



D 



Damuard (Cloche de), p. 199. 

Darcel (A.). Compte rendu du mémoire de M. de Linas, intitulé : Croix ouvrante 
de travail espagnol , p. 196. 

Compte rendu du mémoire de M. Maxe Werly, inliliilé : V Enfant à la Crèche, 

p. 19/i. 

Rapport sur l'inventaire de l'église métropolitaine d'Aix, p. 1 60 et l 'n. 

Rapport sur l'inventaire du château de Limours, p. 1 9^1 , 90Q-219. 

Rapport sur trois moules à hosties, p. 66-68. 



Dax (Bas relief de la cathédrale de) représentant le Jugement dernier, p. 3 H. 
Delort. Camp9 vitrifiés de Puy-de-Fage et de Roffiac, p. 17 et 18. 

Inscription chrétienne de Saint-Victor près Montluçon, p. îta et i'i3. 

Dbuay (G.). Compte rendu du livre de M. de Rosredon, intitulé : Sigillographie tfu 

Bas-Limousin, p. i4i. 

Rapport sur un inventaire de Jean de Ghalon, p. 86 et 85. 

■ Rapport sur trois inventaires de l'église Saint-Jacques de Montauban, p. 1 9/1. 

Rapport sur des matrices de sceaux appartenant à M. Rousset, p. 68, 69-73. 

Desjardins (Ernest). Compte rendu du mémoire de M. de Closmadeuc, intitulé : Lr 

cromlech d'Er-Lanic, p. 196-198. 

Compte rendu du mémoire de M. Orieux, intitulé : César chez les Vénètes, 



p. 195. 

— Compte rendu du mémoire de M. Poydenot, intitulé : Note sur la date pro- 
bable de l'inscription romaine de Hanparrcn, p. 195 et 196. 

Rapport sur une inscription latine découverte à Coplos par M. Maspero, 



p. i4i, 178-185. 

Didier. L'âge de la cathédrale de Coutances, p. h et 5. 

— — Crucifix exécuté par l'orfèvre Lambert us, p. 10. 

Doccet. Recherches sur l'emplacement du lieu où ont été frappées les monnaies car- 
lovingiennes portant la légende |- CVRTISAS + NIEH , p. 1 5 et 1 6. 

Drague. Mot cité dans un inventaire, p. s 19, 391. 

Duhamel. Proposition de publication de l'inventaire du cardinal de Rrogny, ca me- 
ner de Clément VII , p. 8 1 . 

DtJMUïs. Observation sur les antiquités découvertes à Sanxay, p. 67. 

Dukkerqce (Inscription du xvn # siècle à), p. 86. 

Duribux et Rorrelle. Les souterrains de Sailly-lès-Canibrai . p. 1 65 , 1 46. 

Dcterrot. Les fouilles de Mandeurc, p. hi. 

E 

É maillée (Châsse) de Moùtiers-en-Tarcntaise, p. h h. 
Émaux de Limoges (Communication relative à divers), p. 1 1. 
Er-Lamc (Le cromlech d'), par M. de Closmadeuc, p. 196-198. 
Emsàult (L'abbé). Inventaire du château de Limours en i6is6, p. 196 , 101-219. 
Esparros-de-Pallieres (Chapelle de Notre -Dame- du -Revest à), p. 81, îao, 
i33-i36. 



«. 1 



— 233 — 



Km (René). Peintures du château* 4e Puy-de-Val (Corrèxe), p. 3i 

Fistu des provinces africaines, par M* Chartes Tissol, p. 118. 

Fbii (Cloche de la), p. 87. 

Fldmbb (De). Bas-relief du château de Ccrfry (Cher), p. in. 

FutiT (Mort de M. Edouard), p. 1 13. 

Fkm-Jeas-Fat (Sépultures gallo-romaines de la), p. 19-33. 

Fftonis (Communication relative aux), p. i3. 

Fcbicm-Coubtbist (Cloche de), p. 199. 

Gailubd de la Dio.^ebie. Plaques de cuivre émai liées, p. 1 1. 



Gallois (Retranchements) de la Loire-lnferieure, p. i3. 

Gadtbieb (Jules). Inventaire des armes de Jean de Chaton, comte d'Auxerre, 
p. 64, 86, 85. 98-103. 

Notice sur l'église de Courtefonlaine (Jura), p. 88, 107-109. 

Trois reliquaires de la vraie croix, p. 66, 103-119. 

biocRAPBiE de l'ancienne France (Rapport de M. Bertrand sur la Commission <!<>). 

p. 8s. 
- — Renseignements sur ses tiavaux, p. .">a. 
Gibabdot (Mort du baron de), p. 80. 
Glikibbe, nom d'une pièce d'armure, p. 86, 100, 10a. 

Gobas» Faultrieb. Moule à méreaux du moyen âge, p. 36, 37; figure p. 3;V 
Gooioj (Marcel). Puits funéraires ou silos de la commune de Rosiers, p. 166. 
Goi (De). Sépultures antiques du boulevard de l'Arsenal, à Bourges, p. 1 68. 
Gbibd (Mosaïque de), p, 190-1 «6. 
Gbajdvaisos ( De). Destruction d'une partie des murailles gallo-romaine* de Tours, 

p. 196-137. 
Grmbselve (Trésor de l'abbaye de), p. 38. 

Grbllet-Balguerie. L'âge de l'église Saint-Front de Périgueux, p. a3, a6. 
<riiHR. Proposition de publication de l'Inventaire des collections du Roy, par 

Bailly, p. 5î, 8m, 83, 89-93. 
Giazigas, nom d'une pièce d'armure, p. 86, 100, 109. 

Gière (De u). Sépultures antiques du boulevard de l'Arsenal, à Bourges, p. 168. 
GiirrBEY. Pierre représentant les fils de Giles Malet, à Soisy-sous-Étiolles, p. 161, 
169 , 186-191. 

Rapport sur un inventaire de la sacristie du Moulier d'Aliun, p. 198. 

Rapport sur un projet d'acquisition dos papiers de l'ingénieur Janson, p. 8."). 

Rapport sur un projet de publication d'une collection d'inventaires, p. 1 1 '1 , 

1 1.">, 1 if>, 1^7-1 33. 

(inst.r.i>'\, nom d'une pieo» d'armure, p. S6 <•! io-». 

H 

Hivtru " LVahbi»). Ohjel> découverts dan* les fouilles H11 mont di- Herni's, p. i.îv 
\r.i.iiÉoi.rM-,ih. i'» 



— 234 — 

Hardy (Michel). Mémoire sur les fouilles de Caslel-Sarrazin . p. 193. 
Hasparri* (Note sur la date de l'inscription romaine de), p. 1 95 et 196. 
Hbrmes (Fouilles du mont de), p. i38. 



i 

Incinération (Sépultures gauloises à), p. 38. 

Inscriptions cambodgiennes, p. 39-61. 

Inscription chrétienne de Saint-Victor, près de Klontfuçon , p. 1 â s et 1 A3. 

Inscriptions latines découvertes dans le département des Landes (Recueil des), par 

M. Emile Tailleboisr, p, 119, isro. 
Inscription romaine découverte près d'Âflou (province d'Oran), p. 55, 57-63. 

- romaine découverte à Goptos par M. Maspero, p. 1 h 1 , 1 78-1 85. 

romaines de la Fosse- Jean-Fat, p. 30-33. 

romaine deHasparren (Note sot la date de 1'), p. 195, 196. 

■ ' ' romaine 4e Notre-Dame-du-Revest, a Esparron-de-Pallières, p. i35, i36. 

romaines de la Tarentaise, p. 2, 3, A. 

Inscriptions du moyen âge à Donkerque, p. 86. 

du Loiret, communiquées par M. Edmond Michel, p. 85, 86. 

à Lion-sur- Mer, p. 86. 

de Gui de Mevios, p. 11, ia. 

à Montigny-sur-Meuse, p. 87. 

à Mouzon, p. 87. 

— - de Notre-Dame-du-Revest, à Esparron-de-Pallières , p. 81 , i35, i30. 

- à Restoul, p. 1Û2. 

à Saint-Benoit-sur-Loire, p. Hf , 8*. 

à Vire, p. 86. 

sur des cloches du département de l'Aisne, p. i38, 199, *»on. 

■■■■ » à l'intérieur d'une reliure du xi* siècle, p. 16, 17. 

Inventaires de l'église d'Aigues-Mortcs, p. i38. 

de l'église métropolitaine d'Aix, p. 1&0, 1&1, 1/19-176. 

des coNections du Roy, par Bailly, p. 59, 8a, 89-93. 

du cardinal de Brogny , p. 81. 

de Jean de Cbalon, comte d'Auxerre, p. 64, 8A, 85, 98-1 o*?.. 

du château de Limours, p. 19/1, 303-319. 

de l'église Seint-Jacqucs âMontauban, p. i38, 194, <m 9-2*3. 

de la sacristie du* Moutier d'Ahun (Creuse), 188, 198, aa'i, <?a5. 

des meubles d'Avignon Nicolaï, archevêque d'Aix, p. 1 911. 

des reliques de Saint-Gyprien de Poitiers, p. i38. 

des joyaux de l'abbaye de Psalmody, p. i38. 



j 



Jaxdet. Un peintre maçonnais inconnu (Phililwt Barbier), p. 1 '1 
J.iNsoN (Papiers de l'ingénieur ), p. 53 , 65. 
Jeton do cuivre trouvé à Evreux, p. 53, 8.'{. 



— 235 — 



Kebyilie. Retranchements gaulois delà Loire-Inférieure, p. i3. 



L 

Lmsnrcs (Crucifix exécuté par l'orfèvre), p. 10. 

Lviut (Recueil des inscriptions latines découvertes dans le déparlement des), par 

U. Emile Taillebois, p. 119, 120. 
LiiftiTfjiEC (Cartulairede), p. 55-57, 6A. 

Ltsmaii (Robert de). Communication relative à la reliure d'un manuscrit de la 
Bibliothèque d'Orléans, p. 16, 17. 

Observations sur les antiquités découvertes à Sanxay, p. 67, 48. 
Sur Fâge des peintures du château de Puy-de-Val, p. 3i, 3*. 

— Sur des antiquités trouvées dans la Seine, p. A3. 

— Sur divers monuments d'émaillerie limousine , p. 11, 11. 

— Rapport sur diverses inscriptions, p. 85, 86, \h*\. 

— Rapport sur une communication de M. Jules Gauthier, relative à l'église de 
Conrtefontaine(Jura), p. 88, 107-109. 

Rapport sur une communication de M. Jules Gauthier, relative à trois croix 
d'orfèvrerie , p. 87 , 88. 

Rapport sur une communication de M. Leclercq de la Prairie, relative aux 



anciennes cloches du département de l'Aisne, p. 199-900. 

Rapport sur une communication de M. Morand , relative à des constructions 



présumées romaines découvertes à Boulogne-sur- Mer, p. 198, 199. 

Rapport sur des notices relatives à divers villages des Ardennes, communi- 



quées par M. Nozot, p. 86, 87. 

Rapport sur une communication de M. H os tan, relative à la chapelle Nolre- 



Dame-du-Revest, à Esparron-de-Pallières, p. i»o, i33-i36. 
— Rapport sur une communication de M. Tholin , relative à l'église de la Plume, 
p. 68. 

Rapport sur diverses demandes de subventions, p. 6(>, 139, 1A0, 193. 



La Blast (Edm.). Rapport sur une inscription chrétienne , p. 1A1, iA3. 

Le Bru*. Peintures de l'église Saint-Jacques de Lisieux, p. 38. 

Leclsicq de la Prairie. Inscriptions relevées sur les cloches du département de 

l'Aisne, p. i38, 199, aoo. 
Lehormait (Mort de M. François), p. 199. 
Limoges (Emaux de), p. 11. 
— (Peintures de la cathédrale de), p. 3n. 
LiaooRS (Inventaire du ch&teau de), p. 19A, 300-3 19. 
Liions» (Sigillographie du Bas-), par M. de Bosredon, p. 1/11. 
Liims (C. de). Croix ouvrante de travail espagnol, p. 196. 
Lios-sor-Mer (Inscription de), p. 86. 
LisiEOi (Peintures de l'église Saint-Jacques, à), p. 38. 
Lo5gpérikr (De). Un portrait de la Pythie delphique, p. 167, 168. 
Li'ïEMBoin», (Carte aichéologiquo du grand-duclu» de), p. i38, i3n. 

16. 






— 236 



M 

Malet (tfonumeot de Giles) et de ses (ils, p. i4i, i4a, 186-191. 

Manchicourt (Pierre de), compositeur artésien , p. 64, 88, 119. 

Mandeure (Fouilles de), p. 4a, 66. 

Mareuil-le-Pobt (Cimetière gaulois de), p. 199. 

Marne (Marques de potiers gallo-romains découvertes dans le département de la- 
Haute-), p. i38, 901, 909. 

(Sépultures gauloises du département de la), p. 37. 

Marques de potiers gallo-romains découvertes dans le département de la Haute- 
Marne, p. J 88, 901, 909. 

Maspero. Inscription découverte a Goptos, p. i4i, 178-185. 

Maxe-Werly. Collection des monuments épigraphiques du Barrois .p. 118, 119. 

— L'enfant à la crèche, p. 19&. 

Observations sur un moule à méreaux, p. 37. 

Mayaud. Exploitations minières dans le canton de Bénévent-l'Abbaye (Creuse),, 
p. i4. 

Mbuaux (Moule a), p. 34, 35, 36, 37; figure, p. 35. 

Merlet (Lucien). Sépulture gallo-romaine découverte â Savigny-en-Brayc, p. 54^ 
55. 

Mesure de longueur de l'époque préhistorique, p. 34. 

Mevios ( Inscription de Gui de), p. 11, 19. 

Mryners d'Estrey. Communication relative à l'épigraphie cambodgienne, p. 39, 
4o, 4i. 

Michel (Edmond). Inscriptions provenant du département du Loiret, p. 85, 86. 

Millescamp. Bronze antique trouvé à Breny, p. 1 4. 

Miniature du manuscrit des coutumes de Beauinontde Lomagne. p. 3s. 

• du cartulaire de Landevenec, p. 55-57- 

Missel de l'église d'Aix, p. 1 54. 

Moissac (Peintures de l'abbaye de), p. 10. 

Molirier (Emile). Proposition de publication de l'inventaire de Valentine de Milan , 
p. 199, 193. 

Monnaies carlovingiennes a la légende I-CVRTISAS+NIEH, p. i5, 16. 

gauloises attribuées à Strasbourg, p. 176-178. 

Montaiglon (A. de). Rapport sur un projet de publication de l'inventaire des col- 
lections du Roy par Bailly, p. 89, 83, 89-93. 

Montacban (Inventaires de l'église Saint-Jacques à), p. i38, 194, 919-933. 

Montrrat (Geoffroy de), évéque de Cou tances, p. 4, 6. 

Crucifix exécuté par ses ordres dans la cathédrale de Cou tances, p. 6. 

Montig.nt-sur-Meuse (Monuments de), p. 87. 

Mont-Saint-Michel ( Crucifix fait pour l'abbaye du) , par l'orfèvre Lambertus , p. 10. 

Morand. Fragments de construction présumés romains, découverts à Boulogne-sur- 
Mer, p. 198, 199. 

Morel (Léon). Communication relative à un bras en brome doré de l'époque ro- 
maine, p. 5a. 

— Inscription antique découverte à Arles, p. 64 , 88, 89. 

Mosuqik de Grand (Vosges), p. 190-19 4. 



— 237 — 

Mocuu à hosties, p. 5s, 66-68. 

:, p. 34, 35, 36, 37; figure p. 35. 



MocriM ft'Àiim (Inventaire de la sacristie «lu), p. i38, 198, 32/1, s* 5. 
HoÎTiias-m-TiamAisB (Communication relative a la cathédrale de), p. 8, 9,. 10. 

(Châsse entaillée de la cathédrale de), p. kh. 

Mocxo* (Inscriptions de), p. 87. 

Mowat. Observations sur les frondes des anciens, p. i3. 

^— Observations sur on bronse antique trouvé i Breny, p. 1 A. 

- Observations sur les monnaies carlovingiennes à la légende I-CVRTISAS4- 
NIEH, p. 16. 

Mîtctz (Eug.). Rapport sur une communication relative à Pierre de Manchicourl , 
p. 88. 

N 

Nacthut (La nécropole préhistorique de), par M. Testut, p. 1 !i 5. 

\icai8X (Auguste). Observations sur un obj et en os de l'époque préhistorique, p. 3 h. 

- Observation sur les camps à murs vitrifiés, p. 1 8. 

- Remarque sur les sépultures gauloises à incinération, p. 38. 

Sépultures gallo-romaines de la Fosse-Jean-Fat, p. 19-33. 

Sépultures gauloises dans le département de la Marne, p. 37. 

Sigies figulins découverts dans le département de la Haute-Marne, p. 188, 

SOI, 303. 

NicoLiî (Inventaire des meubles d'Avignon), archevêque d'Aix, p. 193. 
.Noter. Communication relative i divers villages des Ardennes, p. 8C, 87. 





UirivftERiE (Croix d'), p. 103-109. 

toulousaine, p. 38. 

O si eux (E.). César chez les Vénètes, p. 195. 

OileUrs (Communication relative à la reliure d'un manuscrit de la Bibliothèque d'), 

p. 16, 17. 
Os (Objet en) de l'époque préhistorique, p. 34. 
Dilcht-le-Château (Cloche d'), p. 199. 
Ocvbaues offerts au Comité, p. 53, 5/i, 81, n3, n'i, i3<j. 



Palustre (Léon). Observations sur les antiquités découvertes à San\ay, p. '17. 

« Observations sur un bronse antique trouvé à Breny, p. 1 '1. 

• Remarque sur les sépultures à incinération, p. 38. 

Puis (Arènes de), p. 48. 

Pisocua (F.). Communication relative à deux matrices de «ceaux, p. ^3, 81. 

Pâtes. Notice sur le champ funéraire de Sélif, p. 1 38. 

Peuteres du château de Bioule, p. 10. 

du chiiteau de Chauvigny, p. 33, 3'i. 



— 238 — 

Peintures de la cathédrale de Limoges, p. 3a. 

de r église Saint-Jacques à Lisieux, p. 38. 

de l'abbaye de Moissac, p. 10. 

— - — du château de Puy-de-Val (Corrèxe), p. 3i. 

du château de Rochechouart, p. 3a. 

de Saint-Martin-d'Aime (Savoie), p. 3o, 3i. 

de l'église de Saulx, près Montpeiat, p. n. 

Pebigoeux (Eglise Saint-Front à), discussion relative à l'âge de ce monument, 
p. 93-3o. 

Piu-Ricbabd (Camp préhistorique de), p. n3. 

Pigbok (L'abbé). Mémoire sur la cathédrale de Coûtantes, p. 7, 8. 

Pissot (Docteur). Communication relative à un objet en os de l'époque préhisto- 
rique, supposé une mesure de longueur, p. 3 A. 

Plume (Église de la), p. 53, 68, 73-79. 

Poitiers (Inventaire des reliques de Saint-Cyprien de), p. j38. 

Pothier (Colonel). Fouilles sur les bords du gave de Pau, p. 68, 69. 

Les tumulus de Tarbes, p. i43-i65. 

Pottier (L'abbé). Communication relative à l'orfèvrerie toulousaine, p. 38. 

Inventaires de l'église Saint-Jacques à Mon tau ban, p. i38, 196. 

Manuscrit des coutumes de Beaumont de Lomagne, p. 3a. 

Peintures murales du département de Tarn-et-Garonne, p. 10, 11. 

Sépulture gauloise découverte à Saula, près de Montaubati, p. 37, 38. 

Pouy. L'ancien Hôtel-Dieu de Boves, p. i38, aoo, 20 1. 

Potdenot. Note sur la date probable de l'inscription romaine de Hasparren , 

p. 195, 196. 
Psalmody (Inventaire des joyaux de l'abbaye de), p. i38. 
Puï-db-Fagb (Camp vitrifiés de), p. 17. 
Put-de-Val (Peintures du château de), p. 3i. 
Pythie delpbiqce (Un portrait de la), p. 167, 1 AS. 



R 

Ramé (à.). Communication relative au cartulaire de LaïuJevenec, p. .">,">, 57, 0>'\. 

Discussion au sujet de l'âge de l'église de Saint-Front à Périgueux , p. a /j- 

3o. 

Observations sur l'âge de la cathédrale do Coûtantes, p. 5-7. 

Rapport sur une communication de M. Pouy, relative à l'ancien Hôtel-Dieu 



de Boves, p. aoo, 201. 

Rapport sur une demande de subvention, p. 65. 



Ratbt (01.). Compte rendu du mémoire de MM. de la Guère, Vailois, de Goy et 
Buhot de Kersers, intitulé : Sépultures antiques du boulevard de l'Arsenal à 
Bourges, p. 168. 

Compte rendu du mémoire de M. Jandet, intitulé : Un peintre maçonnais 

inconnu (Philibert Barbier), p. 1A7. 

1 Compte rendu d'un mémoire de M. de Longpérier, intitulé : Un portrait de 



la Pythie delphique, p. 167, 1 48. 

Rapport sur une demande de subvention, p. 1A0. 



— 239 — 

Rinu (Rapport sur un bu-relief découvert à), p. 86, 96, 97. 
Relifbe du n" siècle, p. 16, 17. 
RtaoBTiLLB (Eglise de), p. 87. 

Rxni (L'abbé). Empreinte* de sceaux de la collection Rousset a L'ies. p. &»*, 
68-73. 

Inventaires de l'église d'Aigues-Mortes et de l'abbaye de Psalmody. p. 1 38. 

Ricana (Scnlptiure attribuée à Ligier), p. 19/1. 

Ricollot. Statue de marbre conservée à la Trinité de Vendôme, p. Ai, h-\. 
RrriiiL de l'église d'Aix, p. 176. 

Rombt (Charles). Compte rendu du livre de M. Maxe-Werly, intitulé : Collection 
des monuments épigraphiques du Barrais, p. 118-119. 

— Compte rendu de l'ouvrage de M. Emile Taillebois, intitulé : Recueil des in- 
scriptions latines découvertes dans le département des Landes, p. 119-1 ao. 

Compte rendu du mémoire de M. Charles Tissot, intitulé : Fastes des pro- 
vinces africaines, p. 118. 

Compte rendu de l'étude de M. Florian Vallentin, intitulée : Épigraphie 



gallo-romaine des Hautes-Alpes, p. 119. 

— Rapport sur une inscription romaine découverte à Arles, p. 88-Ky. 

Rapport sur une communication de M. Nicaise, relative aux sigles ligulins 

découverts dans le département do la Marne, p. aoi-aoa. 

Rapport sur les fouilles exécutées par M. le lieutenant-colonel Polluer sur 

les bords du gave de Pau , p. C8-O9. 
Rochecbocart (Peintures du château de), p. 3s. 
Rorri.it (Camp vitriBé de), p. 17-18. 
Rom* (Inscription française communiquée par M.), p. i'ia. 
Ro**elli. Voyez DraiErx. 

Rosiers (Puits funéraires ou silos de la commune de), p. 1 4(>. 
RosiTi*. Notice sur la chapelle de .N'otre-Dame-du-Revest , à Esparum-do-Pallières, 

p. 81, îao, 1 33 à 1 30. 
Roroiov (Grotte sépulcrale de), p. Ki, i3s. 



s 

Sully-lès-Caubrai (Los souterrains de), p. lA^-i'it). 

SinT-BEV^T-suR-LoutE (Inscription de), p. 8 1 -8 •• . 

Si.mat (Antiquités découvertes à), p. A'i-'iS. 

Saos>es (Monnaies de l'atelier de), p. 16. 

Saiili (Sépulture gauloise de), p. 37-38. 

Sai l\ ( Peintures de l'église de), p. 11. 

Savh;m-e5-Brite (Sépulture gallo-romaine découverte à), p. ri'i-o5. 

ScEllt DL «OYEX ÂGE, p. 08, Oy-73, 83, 8 fi , 1<)S. 

Sedo (Documents relatifs à), p. 87. 

Sei%e ( Antiquités trouvées dans la), p. A **-&.'{. 

Sépi litres gallo-romaines de la Fosse-Jean-Fat, p. «9-1 3. 

— gallo-romaine de Savigny-on-Braye , p. .">A-55. 

gauloises à incinération, p. 38. 

gauloises du déparlement de la Marne, p. 37. 



— no — 

Sbpcltlbi gauloise de Saula, près de M on tau ban, p. 37-38. 

Sebtioîi (Église et cloche de), p. 87. 

Setif (Notice sur le champ funéraire de), p. 1 38. 

Siège*. Carte archéologique du grand-duché de Luxembourg, p. i38. 

Sigegoxdb (Inscription tumulaire de), p. iÛ9, 1 63. 

Sociétés savaktbs (Congrès des). Séances du 97 mare i883, p. 3; du «8 mars, 
p. i3; du 39 mars. p. 33; du 3i mars, p. 4 y. 

(Congrès des) en 188/1 ; programme de cette réunion, p. 89. 

— — (Discussion relative aux comptes rendus des travaux des), p. 116-118. 

Soisy-sous-Étiolles (Tombeau des Gis de Giies Malet à), p. 1/11, 169, 186-191. 

Soissons (Cloche de Saint-Martin de), p. 199. 

Strasbourg (Monnaies gauloises attribuées à), p. 176-178. 

Subvehtioks (Demandes de) adressées au Comité, p. 53, 81, 1 13, 137. — (Rap- 
porte sur les demandes de), p. G5, 66, n3, 139, 160, 193. 

Sgrdragce, mot cité dans un inventaire, p. 9 19-331. 



Taillebois (Emile). Recueil des inscriptions latines découvertes dans le départe- 
ment des Landes, p. 1 19 et 1 90. 

Tapisseries de l'église d'Aix, p. i5i-i5a. — Du château de Limours, p. 9o3-ao6. 

Tardes (Les tumulus de), par le colonel Pothier, p. 1 63 à i65. 

Tarektaise (Inscriptions romaines do la), p. 9 -4. 

Testut. La nécropole préhistorique de \authery, canton d'Aire (Landes), p. 1 45. 

Tholiu. Documents relatifs à la construction de l'église de la Plume (Lot-et-Ga- 
ronne), p. 53, 68, 73-79. 

TissoT (Charles). Fastes des provinces africaines, p. 118. 

Toulouse (Orfèvrerie de), p. 38. 

Tours (Murailles gallo-romaines de), p. 106-137. 

Traxchaxt (Charles). Peintures du ch;U< nu de Chauvigny (en Poitou 1 ), p. 33-3 '1. 

Tiuums des l>ords du gave de Pau, p. 68-69. 



v 

Vallbnti.n (Florian). Épigraphie gallo-romaine des Hautes-Alpes, p. 119. 

Vallois. Sépultures antiques du boulevard de l'arsenal à Bourges, p. 1 68. 

Vareikgles, nom d'une pièce d'armure, p. 86, 109. 

Yesdôme (Statue conservée dans l'église de la Trinité de), p. 61 -6 -i. 

V en êtes (César chez les), par M. Orieux, p. 195. 

Venizel (Cloche de), p. 199. 

Vesly (De). Communication relative à des antiquités trouvées dans la Seine entre 

Elbeuf et Ori val, p. 62-63. 
V 1LLEFO88E ( A. Héron de). Rapport sur une inscription romaine découverte près 

d'Aflou (province d'Oran), p. 55, 57-63. 
— Rapport sur un bas-relief découvert à Reims et communiqué par M. Clievrier, 

p. 84, 96-97. 



— 241 — 

YiLUFOéu (À. Héron m). Rapport sur une oommunication de M. Merlet, relative 

i une sépcdtore gallo-romaine» découverte à Savigny-en-Braye, p. 56-55. 
■ Rapport sur une demande de subvention, p. 8*. 

Ym (lnjcriptions de), p. 86. 

Yoaxor. Bac-relief gallo-romain découvert a Xertigny, p. 66. 
— Découverte (Tune mosaïque à Grand (Vosges), p. 190-196. 



x 

XnriGsv (Bas-relief gallo-romain découvert à), p. 64 



PLANCHES HORS TEXTE. 

JÊWKhe 1 . Lettre ornée du cartulaire de Landevenec, p. 56. 
^nanche 2. Bas-relief antique découvert à Chalon-sur-Saône, p. 96. 

J^finehe 3. Croix-reKquaire conservée i Besançon, p. 106. 

Planche 4. Même croix, revers, p. 106. 
>"Ancbe 5. Inscription de Goptos (pierre A), p. i83. 
.flanche 6. Inscription de Coptes (pierre B), p. i83. 

.Hanche 7. Fragment du monument des Malet à Soisy-sous-Étioles, p. 186. 



VIGNETTES DANS LE TEXTE. 

Stèle romaine trouvée à Reims, p. 20. 
Autre stèle trouvée à Reims, p. sa. 
Moule à méreaux, p. 35. 



\ 



TABLE DES MATIERES. 



AVERTISSEMENT, p. 1-1X. 

Arrêtés de réorganisation du Comité , p. 1. 

Liste des membres de la Section d'archéologie , p. vu. 

liste des membres de la Commission centrale, p. vin. 

RrfumoH annuelle des délégués des Sociétés savantes à la Sorbonne, p. i - ' 1 9 . 

Séance du 97 mars i883, p. 1-13. 

Communication de M. Borrel, sur les inscriptions de la Tarentaise, p. a-.'i. 
Communication de M. Didier, sur la cathédrale de Coutances. p. 6-5. Réponse de 
M. Ramé , p. 5-7, et de M. Pigeon , p. 7. 

Communication de M. Borrel, sur la cathédrale de Moù tiers, p. 8-10. 
Communication de M* de Flamabe, sur un bas-relief du château de Cufly, p. 10. 
Communication de M. Pottier, sur les peintures murales du Tarn-et- Garonne, p. 10. 
Communication de M. Gaillard de la Diohhebik, sur dos émaux limousins, p. 11. 

Séance du 38 mars i883, matin, p. i3-i8. 

Communication de M. de Kerviler, sur les retranchements gaulois de la boire-Infé- 
rieure, p. i3. 

Communication de M. Millescamp, sur une statuette romaine en bronze, p. th. 

Communication de M. Mayaud, sur les anciennes exploitations de mines dans 1» 
Creuse, p. 16. 

Communication de M. Doccet, sur les monnaies carlovingiennes à la légende Curtis- 
asonieh, p. i5-i6. 
Communication de M. de Lastetrie, sur une reliure du xi* siècle, p. 16-17. 
Communication de M. Delort, sur les camps celtiques du Cantal, p. 17-18. 

Séance du a 8 mars i883, soir, p. 19-33. 

Communication de M. Nicaibe, sur un cimetière romain voisin de Reims, p. 19-93. 

Communication de M. Grellet-Balguerie , sur la date de Saint-Front de Périgueux, 
p. a3-*6. Réponse de M. Ramé, p. a6-3o. 

Communication de M. Borrel, sur les peintures murales de l'église d'Aimé, p. 3o-3i. 

Communication de M. Faoe, sur les peintures murales du château de Puy-de-Val, 
p. 3i-3a. 

Séance du 39 mars i883, matin, p. 33-63. 

Communication de M. Tranchant, sur les peintures murales de Chauvigny, p. 33-34. 

Communication de M. Pissot, sur des objets préhistoriques provenant de Laugerie- 
Basse, p. 3a. 

Communication de M. Godard-Facltrier , sur un moule à méreaux, p. 36-37. 

Communication de M. Nicaise, sur les cimetières gaulois de la Marne, p. 37. 

Communication de M. Pottier , sur des pièces de harnais celtiques en brome , p. 37-38. 

Communication de M. Le Brun , sur les peintures murales de Saint-Jacques de Lisieux , 
p. 38-39- 

Communication de M. Meyners dKstrry, sur l'épigraphie cambodgienne , p. 3o-â 1 . 



— 243 — 

Communication de M. Ricollot, sur une statue de l'élise Je la Trinité à Vendôme 
p. ai. 

Commoniealion de M. Dctebsoï, sur les fouilles de Mandenre, p. A 9. 
Communieâtion de M. de Veslt, sur dm objets trouva dans la Seine, p. 4*9-43. 

Siiici du 39 mare i883, soir, p. A 4-6 8. 

Communication de M. Bobrel, sur uno châsse cuiaillée de l'église de Moùti<>rs , p. 44 . 
Communication du P. de la Croix, sur les fouilles de Sanxay, p. 44-48. 
Vœu du Congrès en faveur de la conservation des arvnes de Paris » p. 48. 

Siisci générale de clôture, p. h 9. 

Simcs de la section d'archéologie du a3 avril 1 883, p. 50-67. 

Rapport de M. db Villifosse , sur une communication de M. Merlet relative à une 
sépulture gallo-romaine découverte a Savigny-en-Braye, p. 5^-55. 

Communication dp M. Rmb, sur le cartulairc de Landevennc. p. 55-57. ( f penche.) 
Rapport de M. ai Villifosse, sur une inscription romaine découverte près d'Aflou, 
province d'Oran, p. 57-63. 

Séance de la section d'archéologie du i5 mai i883, p. G4-f><). 

Rapport de M. Dircel. «ur des moules à boslies communiqués pnr M. Barbier de 
Mootauk. p. 66-68. 

Rapport de M. Dfnat, sur d"« matrices de sceaux communiquées par M. l'abbé 
Rané, p. 69-73. 

Commoniealion de M. Tbolu, relative à lV»glist» de la Plume ( Lot-ft-Garonne) . 
p. 7 3 "79- 

SincE de la section d'archéologie du '1 juin i8K3, p. 80-89. 

Rapport de M. Chaiouillet, sur un jelon communiqué par M. Bourbon, p. 83-84. 
Rapport de M. Dhav, sur un inventaire d'armures communiqué par M. Gauthier. 
p. 84-85. (Cf. p. 98-109.) 

Rapport de M. de Lasteyrie. sur des inscriptions communiquées par MM. Edmond 
Michel et île Hacker, p. 85-86. 

Rapport de M. de Lasteime. sur des notices de M. Nozot relatives a divers village» 
du département d'*M Ardenncs. p. 86-87. 

Rapport de M. de Lasteyrie, sur dr>s croix«reliquaires communiquées par M. Gau- 
thier, p. 87-88. (Cf. p. io3-io6.) 

Rapport île M. C barhs Robert, sur une inscription d'Arles cummuniquév pai 
M. More), p. 88-89. 

Rapport de M. de Moktaiglo* , snr une proposition de M. Gruyer. tendant à publier 
1rs inventaires des tableaux du Roi, rédigé* eu 1709 et 179* . p. 89-93. 

Rapport de M. Chabogillet, sur un jeton de cuivre communiqué par M. Bourbon. 
p. 94-95. 

Rapport de M. Hf'son de Villefossb sur un bas-relief antique trouvé à Chalon-sur- 
Saône et communiqué pnr M. Cbevrier. p. 96-97. (1 planche.) 

Communication de M. Jules Gauthier au .sujet de l'inventaire des armes de Jean d* 
Chalon en i333. p. 98-109. 

Communication de Al. Jules Gactjuffk relative à trois croix-reliquaires, p. io3-iut» 
( s planches. ) 

Rapport de M. de Lasteirie. sur l'éfjlise de Courtcfonlaine (Jura), à propos d'une 
ruarte communiquée pnr M. Jules G. millier, p. 107-1 1 1. 

Communication de M. Castan. au sujet de la mort dn compositeur Pierre de Mancbi- 
i-ofirt. p. 1 \'). 

Nf* ■»<".:■: do la serîion d'nrrln'»nlogit? du <j juillet |KN3. p. 1 1, '<-!•>-. 

Kappoil de M. C.baib.'S Hobfht. sur <îi\ - r s travaux épiprnphiq u » ct«* MM. < liM Itr- 
T:*t-:. Ma«M\erlv M L TV'Seb-- -i« 



— -2ià — 

lioiuiiiiiiiicaliuf) du M. Bebtba.\d, sur mie mosaïque trouvée à Graml (Vosges) par 
AI. Voulut, p. îau-iaa. 

Communication de M. de GnANMUSoa, sur des découvciles Cuites dans la marafllf 
gallo-romaine do Tours, p. 1 a 4-i 27. 

Rapport de M. GcimET, sur un projet de publication d'un recueil d'auciens inven- 
taires^. 137-133. (Cf. p. i 1 4-i 1 5. ) 

Rapport o> M. i>i Lastcyme, sur une eommunicalion de M. Rostan, relative à la cha- 
pelle Notre-Dame du Revcst, à Ësparron-de-Palliéres (Vor). p. i33-i36. 

Séasck de la section d'archéologie du 19 novembre 1 883, p. 1 37-1 A8. 

Rapport de M. Dabcel, sur un inventaire de IV|;iise d'Aix on t53a , communiqué par 
M. l'abbé Albancs, p. 1/10. (Cf. p. 1 Â9. ) 

Rapport de M. de Lastetkie, sur une inscription du xv r siècle communiquée par 
M. Roman, p. ifts. 

Rapport de M. Le Blast, sur une inscription chrétienne, communiquée pur M. Delort- 
p. i4*. 

Rapports do M. Bertbasd, sur divers mémoires publiés pur des Sociétés savante*, 
p. i43. 

Rapports de M. Raiet. sur divers mémoires publias par des Sociétés savantes, p. 167. 

Communication de M. Palmé ài.ba>ès, sur l'inventaire du trésor de réalise métropoli- 
taiiiA d'Aix au comiHoncoinent du ivt" siècle, p. t $9. 

Rapport de Al. Chaboilllet, sur un article de M. Bretagne, relatif à don monnaie* 
inédites attribuées à Strasbourg, p. 17O. 

Communication de M. Desjabdiss. sur l'inscription de Coptos, p. 178. (a piauchr*. i 

Communication de M. Giiiffbet, sur une pierre conservée à SoisY-sous-Étiolles ei 
représentant les enfouis de Gilles Malet, p. 186. (1 planche.) 

Séance de la section d'archéologie du 10 déccmbie iK83, p. 193-90*. 

Rapports de M. D\b<.ei,, sur divers mémoires publiés par des Sociétés savantes, p. 1 9Ï. 

Rapports de M. De&jabdins, sur divers mémoires publiés par des Sociétés savante 
p. 19:1. 

Rapport do M. Guippibt, sur l'inventaire de la sacristie, de Mouticr-d'Ahun , commu- 
niqué par M. Callier, p. 108. (Cf. p. aa'i.) 

Rapport de M. de Lartoybie, sur une communication de M. Morand, relative à de* 
antiquités découvertes à Bouloftne-sur-Mer, p. 198. 

Rapport do M. de Lasteibh, sur une communication de M. Lcclcrcq do la Prairie, 
relative aux cloches du département de l'Aisne, p. 199. 

Rapport de .M. Rave, sur une communication de M. Pouy, relative aux ruines dr 
l'hôpital Saint-Nicolas de Boves, p. :»oo. (<!f. p. aati.) 

Rapport de M. Ch. Robekt. sur des si^lcs fi^ulins communiques par M. Niçoise 

p. 901. 

Rapport de M. Dabcel, sur un inventaire du château de l.iiuours en itiat», coiumu- 
nique par M. l'abbé K.snnult, p. uoa. 

Rapport de M. Dfmay, sur trois inventaires de l'église Saint- Jacques de Montuuban 
communiqués par M. l'abbé Polluer, p. ni 9. 

Inventaire de la sacristie du Mnuticr-d'Ahiiii eu iC.Vi, communiqué par M. Calme:: 
p. aa'i. 

Communication de M. Poiy sur l'hôpital Sainl-Mcolas de Boves, ji. aaT>. 

TlBLi; .U.MIABtTlOl'h, p. •>•!<}. 

LlSTK DES l'Ll.NCHKS ET VI(..M;iTl>. p. ".'il. 

Table )».<• u\iii.i;i-:s. p. >,/ i -. 



r.. 



BULLETIN 



ARCHÉOLOGIQUE 



— 2àà — 

i 

(>>uiinunicalion de M. Bertramd, sur une mosaïque trouvée à Grand (Vo»gcs) par I 
M. Voulut, p. 130-1 34. ' 

* I 

Communication de M. de Grajumuisob, sur de» découvertes Cuites dans la muraille \ 
gallo-romaine de Tours, p. 134-137. 

Rapport de M. Gcctrey, sur un projet de publication d'un recueil d'anciens inven- 
taires, p. 137-133. (Cf. p. 11 à-11 5.) 

Rapport de M. i>i Lasteyme, sur une communication de M. Rostan, relative à la dis-' 
pelle Notre-Dame du Rcvcst, à Esparron-de-Pallières (Var), p. i33-i36. 

Séaxce de la section d'archéologie du 19 novembre 1 8 8 3 , p. 137-1 48. 

Rapport de M. Darcel, sur un inventaire de l'éplise d'Aix en t53a , communiqué par 
M. l'abbé Albanès, p. i4o. (Cf. p. 149.) 

Rapport de M. de Lastetrie, sur une inscription du xv e siècle communiquée par 
M. Rouan, p. i4s. 

Rapport de M. Le Blakt, sur une iuscriplion chrétienne, communiquée par M. Defort. 
p. i4*. 

Rapports de M. BBimixo, sur divers mémoires publiés pur des Sociétés savantes, 
p. 1 43. 

Rapports de M. Rayet. sur divers mémoires publiés par des Sociétés savantes, p. 147. 

Communication de M. l'abbé Alba^:>, sur l'inventaire du trésor de l'église métropoli- 
taine d'Aix au commencement du îvf siècle, p. i4<j. 

Rapport de M. Chabouillet, sur un article de M. Bretagne, relatif à des monnaie* 

inédites attribuées à Strasbourg, p. 17O. 

Communication de M. Desj\rdiks, sur l'inscription de Coptos, p. 178. (3 planches.) 
Communication de M. Guftrbt, sur 11110 pierre conservée à Soisy-sous-ÉtioHes et 

représentant les enfants de Gilles Malet, p. 186. (1 planche.) 

Séance de la section d'archéologie du 10 décembre i883, p. 193-303. 

Rapports de M. Darcel, sur divers mémoires publiés par de» Sociétés savantes, p. 10/1. 

Rapports do M. Desjardins, sur divers mémoires publiés pur des Société» savantes, 
p. ifj5. 

Rapport do M. GmmEr, sur l'inventaire de lu sacristie de Mouticr-d'Ahun , cominu 
nique par M. Callier, p. 198. (Cf. p. 33 'j.) 

Rapport de M. de Lastetrie, sur une communication de M. Morand, relative à des 
antiquités découvertes à Roulogne-sur-Mer, p. 198. 

Rapport de M. db Lastetrie, sur une communication de M. Leclercq de la Prairie, 
relative aux cloches du département de l'Aisne, p. 199. 

Rapport de M. Rame, sur une communication de M. Pouy, relative aux ruines dr 
l'hôpital Saint-Nicolas de Boves, p. 300. (Cf. p. 330.) 

Rapport de M. Ch. Robert, sur des siglcs figulins communiqués par M. Ricane 

p. 301. 

Rapport de M. Darcel, sur un inventaire du château de Li inouïs en 1626, commu- 
niqué par M. l'abbé Esnault, p. sos. 

Rapport de M. Dehat, sur trois inventaires de l'église Saint-Jacques de Montauban . 
communiqués par M. l'abbé Polluer, p. 319. 

Inventaire de la sacristie du Moutier-d'Ahun eu iGôO, communique par M. Caluli. 
p. 334. 

Communication de M. Poct sur l'hôpital Saint-Nicolas de Boves, p. 336. 

Table alphabîtioul, p. ♦>:»(). 

Liste des planches et vignettes, p. a Ai. 

Table des matikrks, p. :»'i». 



u 



1 - . 



I 



BULLETIN 



ARCHÉOLOGIQUE 



Hl.MSTERK 
DE L' IN STRICTION PLBL1QLK ET DES BEAUX-ARTS 

BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

m 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



ANNÉE 1884. 



PARIS. 
IMPRIMERIE NATIONALE. 



M DCCC LXXXIV. 






BULLETIN 



i-3ù 

'êS mJ f du 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



ARCHEOLOGIE. 



SÉANCE DU l'i JANVIER 18M. 



PRESIDENCE DE M. ALFRED RAME.. 

La séance est ouverte a 3 heures. 

M. k» Secrétaire don un lecture du procès-verbal de la dernière 
séance. 

Il donue ensuite connaissance d'une lettre par laquelle M. Bar- 
bier deMoiitault exprime le désir qu'il soil constate au procès- verbal 
que les inventaires imprimés dans le dernier fascicule du Hulleliu 
ont été communiqués au Comité par lui et non par MM. Callier el 
Potlier, sous le nom de qui ils ont été publiés. Sur les observations 
de plusieurs membres, qui font remarquer que les rapporteurs 
chargés d'examiner ces inventaires n'ont point complètement passé 
sous silence la part de travail qui appartenait à M. Barbier de 
Montault, que d'ailleurs l'honneur d'une publication doil revenir 
à ceux qui ont découvert et transcrit les documents au moins autant 
qu'à celui qui les a annotés, le Comité approuve le procès-verbal et 
passe à Tordre du jour. 

M. te Président rappelle au Comité la perte douloureuse que la 
Section d'archéologie a l'aile depuis sa dernière séance en la personne 
de M.. Henri Martin. Il s'exprime en ces termes : 

*Le Comité d'archéologie a été bien éprouvé pendant les derniers 
mois de Tannée qui vient de finir. Après M. Lenormant, M. Henri 
Martin, son président, vienl de lui être inopinément enlevé. Il n'est 
pas possible de rappeler sans émotion qu'il nous a donné les der- 

AncHÉni/»r.iK. 1 



»:»«.! vi .!■ i : , 



— 2 — 

niers instants de sa vie publique : c'est à l'issue de notre séance 
du 10 décembre, à laquelle il avait voulu prendre part en sortant 
du Sénat, qu'il s'est senti atteint pour ne plus se relever. La France 
lui a fait les funérailles solennelles qu'elle réserve à ses meilleurs 
enfants. Il ne s'était pas en eflél contenté décrire son histoire et 
de contempler dans le passé, avec la placide curiosité de l'érudit, le 
spectacle de nos gloires nationales; au lendemain de désastres sans 
exemple, il avait relevé le front et regardé l'avenir. Il avait compris 
que l'esprit français, retrempé par l'épreuve, devait ^reprendre 
son activité dans toutes les directions scientifiques aussi bien que 
morales et politiques*», et que ces études rétrospectives, qui sem- 
blent le luxe et la parure des temps de prospérité, peuvent devenir 
la consolation et le reconfort des jours d'infortune. C'est en oc- 
tobre 1871 que, dans une pensée virile, il nous conviait, par ses 
études d'archéologie celtique, au souvenir des farouches vertus de 
nos aïeux et qu'il en cherchait les témoignages épars dans le pays 
de Galles, en Irlande, dans la Bretagne armoricaine et dans le 
Nord Scandinave. L'archéologie en effet a surtout été chez ce vrai 
patriote une manifestation de cet amour sans limites du pays qui 
animait sa vieillesse d'une ardeur juvénile. Il l'appliquait avec ré- 
serve à l'intelligence des temps historiques, et à moins qu'elle ne 
lui révélât un aussi beau spectacle que le développement de l'art 
français à la fin du xn° siècle et son rayonnement sur l'Europe en- 
tière, il ne la considérait pas comme le complément nécessaire des 
textes. Mais il aimait à lui demander le secret de ces époques recu- 
lées et mystérieuses qui sont privées de documents écrits. Les mo- 
numents mégalithiques lui inspiraient un intérêt sans égal, et par 
une douce et rare application de la politique, il a pu consacrer à 
leur défense l'autorité que son titre de sénateur ajoutait à son renom 
d'historien. Grâce à son initiative, des mesures de protection , négli- 
gées avant lui, ont été prises pour la conservation de ces témoins 
énigmatiques des plus vieilles civilisations de l'Occident. C'est à ce 
titre qu'il a bien mérité de l'archéologie nationale et que son nom 
demeurera inscrit parmi les explorateurs des premières étapes de 
l'humanité. De nouveaux voyages, dont le dernier l'avait conduit en 
Grèce, nous promettaient des aperçus plus complets sur nos ori- 
gines; ils auraient pu accroître la somme de nos connaissances * 
sans nous apprendre rien de plus sur l'infatigable activité de l'au- 
teur et son incessant désir de perfectionner son œuvre. Il avait 



1 



— 3 — 

fermé ses études d'archéologie celtique sur cette maxime de la vieille 
sagesse galloise appropriée à la bienveillance extrême qui était un 
des traits de son caractère : tr Trois choses s'accroissent continuel- 
lement, la lumière, la vérité et la vie 7). Il a poursuivi cette recherche 
de la vérité jusqu'à son dernier jour, multipliant les labeurs les plus 
variés sans souci suffisant de ses forces. Le Comité d'archéologie, 
dout il aimait à diriger les travaux comme une sorte de délasse- 
ment à son mandat législatif et à ses fonctions administratives, 
gardera un fidèle et reconnaissant souvenir de cette présidence, si 
réduite qu'en ait été la durée. Quand un homme, joignant les hautes 
qualités de l'intelligence aux meilleurs sentiments du cœur, con- 
sacre ainsi aux études que nous avons la mission d'encourager les 
moments qu'il peut dérober aux exigences de la politique, il fait au 
profit de l'archéologie nationale une propagande comparable à celle 
des plus savants écrits, colle d'actes inspirés par un constant amour 
de la patrie française.» 

Le Comité s'associe unanimement aux paroles de M. Ramé, cl 
décide qu'elles seront insérées in extenso au procès -verbal de la 
séance. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. l'abbé Barbier de Montault, correspondant du Ministère à 
Poitiers, envoie copie de onze inscriptions recueillies en Poitou. — 
Renvoi à M. de Lastevrie. 

M. Alexandre Papier fait hommage au Comité de sa Notice histo- 
rique sur deux inscriptions romaines trouvées au Kzar-Mezouar ( Tunisie) 
en 1881-188 a. 

M. Pasquier fait hommage de sa Nomenclature des dolmens de 
rArUge. 

La Section décide que ces ouvrages seront déposés à la biblio- 
thèque des Sociétés savantes et que des remerciements seront 
adresses aux auteurs. 

M. Héron de Villefossk lit un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par l'Académie. d'Hippone eu vue de l'installation 
de son musée épigraphique. Depuis quelques années, l'Académie 
d'Hippone a fait de grands sacrifices pour recueillir et publier les 
inscriptions romaines et les antiquités de diverses époques, trouvées 

i* 



_ k — 

da us lu région de Boue : le Comité émet en conséquence un avis 
favorable à cette demande. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. Le Blant sur 
une demande de subvention formée par la Société de statistique du 
département des Deux-Sèvres, à l'effet de continuer les fouilles 
quelles a entreprises à Rom dans le courant de Tannée i883. Le 
village de Rom s'élève sur l'emplacement de l'ancienne station ro- 
maine de Rauranum ; on y a déjà trouvé un grand nombre d'objets 
intéressants, notamment une borne milliaire, des colonnes canne- 
lées, des échantillons de céramique et de verrerie, et les épitapbes 
chrétiennes de Bauthildis, de Lopecena, deDaveldis et de Faustus; 
il est fort probable que de nouvelles fouilles amèneraient d'heureux 
résultats : en conséquence, le Comité est d'avis qu'il y a lieu de 
prendre cette demande en considération. 

M. Alfred Ramk lit un rapport sur une demande de reconnais- 
sance légale formée par la Société archéologique de Montauban. Le 
Comité, considérant que cette Société, fondée en 1866, a rendu de 
nombreux services, tant en publiant un Bulletin qui forme aujour- 
d'hui une collection de dix volumes, qu'en accordant son patronage 
et ses encouragements à divers ouvrages intéressants pour l'his- 
toire locale, et en établissant un musée dans la ville de Montauban, 
est d'avis qu'il y a lieu de prendre cette demande en considéra- 
tion. 

M. Anatole de Barthélémy lit un rapport sur la carte archéolo- 
gique du grand-duché de Luxembourg, adressée au Comité par 
M. Siegen : 

prll y a déjà plusieurs années, avant 1870, l'ancienne Commission 
de la topographie des Gaules, s'occupant de réunir des indications 
précises pour fixer le tracé des voies antiques entre Trêves, Reims 
et Metz, s'adressa à M. le chanoine Wyes, Pun des hommes les 
plus compétents du grand-duché de Luxembourg en fait de recher- 
ches archéologiques. M. l'abbé Wyes vint à Paris, conféra à plu- 
sieurs reprises avec la Commission; celle-ci lui confia uue carte du 
grand-duché, à l'échelle du AO fl 00 , en l'invitant à y consigner le 
résultat de ses observations. Cet ecclésiastique mourut avant d'avoir 
terminé son travail, et l'un de ses collaborateurs l'a continué et 



— 5 — 

mené à bonne fin. C'est l'ensemble de ces pa lien les recherches que 
vous avez soumis à mon examen. 

trM. Siegen, conducteur de 1" classe des ira vaux publics à 
Luxembourg, a fait un inventaire complet et raisonné de tous les 
faits archéologiques se rattachant à la circonscription de sa pro- 
vince, qui parait lui être très bien connue, (le répertoire comprend 
3*6 pages manuscrites , divisées en trois parties : époque germano- 
celtique, gallo-romaine et gallo-franque. 

«Dans chacune de ces divisions, M. Siegen note, par localités, 
les monuments signalés et les objets tromés; à propos des germano- 
celtes, il eût été préférable qu'il adoptât un titre plus général, par 
exemple: ir Temps antérieurs ù la conquête romaine*, et qu'il fit 
une distinction entre ce qui appartient aux temps antérieurs et pos- 
térieurs à l'usage des métaux; mais ce n'est qu'un détail et il est 
facile de se retrouver dans ses notes. 

b L'époque gallo-romaine ne comprend pas moins de vingt-six cha- 
pitres; j'y remarque des observations précieuses sur la constitution 
et le tracé des voies antiques, sur les anciennes enceintes fortifiées, 
sur toutes les localités ou fou a constaté la présence de s ubs truc- 
bons antiques, sur l<s objets divers qui ont été découverts, etc. 
L'époque franque donne des indications utiles sur une série d'anti- 
quités et sur des lieux de sépulture que Ton étudie attentivement 
depuis quelques années. 

-A cet inventaire sont jointes les cartes du grand-duché, jadis 
prêtées par la Commission de la topographie des Gaules; M. Siegen 
y a marqué d'une manière 1res claire tout ce qui est mentionné 
dans son manuscrit. 

«Ce travail sera nécessairement, consulté avec fruit lorsqu'on 
s'occupera de tracer définitivement les \oies romaines dans l'éten- 
due du Luxembourg et de fixer remplacement des stations; il fau- 
dra y recourir encore pour l'étude générale des enceintes fortifiées 
et de la géographie des cimetières francs. J'estime qu'il y a lieu de 
témoigner à M. Siegen une vive reconnaissance, et que son travail 
doit être réuni, pour être consulté, aux matériaux qui forment les 
archives de l'ancienne Commission de la géographie historique de 
la France. 7) 



M. Anatole dr Barthélémy rend compte de divers mémoires pu- 
bliés par des Sociétés savantes : 



— 6 — 

«M me Las Combes a publié, sous le litre de La maison des Têtes 
au ivi c siècle M, l'histoire et l'inventaire du mobilier d'une maison de 
Valence appelée à la fin du xvi c siècle «la Grand'Maison» et au- 
jourd'hui <rla Maison des Têtes». Cet immeuble appartenait au 
chanoine Fortunat de Dorne; un de ses ancêtres l'avait fait construire 
dans les premières années du xvf siècle. Il est regrettable que Fau- 
teur n'ait pas fait connaître l'origine de la dénomination de cette 
maison et n'ait pas donné quelques détails sur la famille Marquel, 
qui la posséda pendant deux siècles. » 

c* M. J. Duverger a donné une Nouvelle lecture de la légende d'une 
médaille (TEuphémieW, fille de l'empereur Marcien et femme d'Anthé- 
mius, qui fut empereur de Tan 667 à /17s. M. Henri Poydenot, de 
Bayonne, a eu l'heureuse chance d'acquérir un exemplaire bien 
conservé d'une monnaie en argent de cette princesse. Mionnet ne 
connaissait cette pièce que par Banduri. Cohen en a décrit deux 
exemplaires, portant au droit la légende : D. N. AEL.MARXT. 
EVFEMIAE AVG, et D. N. AEL . EVFEMIAE . P. P. AVG., 
qu'il a trouvés dans le cabinet de France et dans celui du duc de 
Blacas. Dans son supplément il a mentionné la pièce de M. Poy- 
denot, qu'il lit : D. N. AELIAE . MARCIAE . PP . EVFIMIIG. 
Mais on ne sait par suite de quelle préoccupation un aussi bon 
juge en pareille matière que l'était Cohen n'a pas lu en toutes 
lettres sur la monnaie de M. Poydenot : D. N. AELIAE MAR- 
CIANAE EVFIM. AVG. Le nom de Marciana, déjà proposé par 
Eckhel, est donc indubitable, et celui de Marcia, donné par 
Cohen , doit être abandonné. » 

M. Alexandre Bertrand rend compte de diverses communications 
qui ont été renvoyées à son examen : 

ffM. Bourbon, correspondant du Ministère à E vieux, annonce la 
découverte d'un cimetière mérovingien faite au Grand-Andely. Ce 
cimetière n'offre aucune particularité remarquable, mais on doit 
savoir gré à M. Bourbon d'en avoir signalé l'existence. C'est un nou- 
veau nom à marquer sur l'importante carte des sépultures méro- 
vingiennes préparées par MM. E. Hamy et Aug. Longnon. 

«M. le Ministre des travaux publics demandait s'il était à propos 

W Bull, de la Soc. départ, d'archéol. et de statistique de la Drame, année i883, 
65 - livr., p. i53à i63. 

M Bull. delaSoc.de Borda, i883 , p. 35 à 38. 



_ 7 — 

de frire don au musée de Pont-Audemer de» antiquités recueillies 
dans les sépultures franques de Pont-Authou. Une réponse affir- 
mative a dû lui être adressée déjà, l'opinion du Comité ne pou- 
vant être douteuse. » 

«Nous connaissions deux cavernes sépulcrales dans le départe- 
ment du Gard. M. 6. Charvet en signale une troisième : la grotte 
sépulcrale de Rousson, où a été constatée la présence d'une soixan- 
taine de squelettes. Gomme la grotte de Durfort, comme la grotte 
d'Aubussargues, la grotte de Rousson appartient à la fin de la période 
de la pierre polie, c'est-à-dire qu'elle est contemporaine de l'époque 
de transition caractérisée par les premiers essais d'introduction des 
métaux en Gaule. Une perle et une épingle en cuivre ou en bronze, 
recueillies dans la même couche que les squelettes, ne peuvent 
laisser aucun doute à cet égard. La note de M. Charvet mérite d'être 
publiée. » — - Renvoi à la Commission de publication W. 

«M. Louis Audiat donne de curieux renseignements sur le camp 
du Peu-Iiichard, commune de Thenac, à 6 kilomètres et demi de 
Saintes. Ce camp, ou plutôt cet oppidum, que les populations 
occupaient déjà à l'époque où les instruments en pierre étaient 
presque seuls en usage, présente de curieuses particularités. Le 
mémoire de M. Audiat pourrait être fort utilement renvoyé à M. le 
commandant de la Noë, dont le beau travail sur les enceintes for- 
tifiées de la Gaule est déjà très avance'. * — La Section décide que 
ce travail sera communiqué à M. de la Noë par les soins de l'Admi- 
nistration. 

«rOn sait combien sont nombreux les cimetières gaulois sur le 
territoire du département de la Marne. Le cimetière de Mareuil-le- 
Port (arrondissement d'Épernay) doit être ajouté à la liste des 
cimetières déjà connus. Un beau torques de bronze orné de motifs 
qui semblent empruntés au règne animal, un bracelet élégant, deux 
fibules de bronze, une dague ou petite épée de fer à fourreau de 
métal terminé par une élégante bouterolle, permettent de classer 
les sépultures de Mareuil au nombre de celles qui appartenaient 
aux populations guerrières de la contrée. Le rapport de M. Joseph 
de Baye est de ceux qui peuvent être publiés avec fruit, surtout s'il 

< >: Voir ci-après, p. 69, le texte de la communication do M. Charvet. 



— 8 — 

était possible d'y joindre une ou deux planches. » — Renvoi au 
Comité de publication W. 

Enfin M. Bertrand signale l'importance exceptionnelle de f envoi 
fait par le colonel Polhier du procès-verbal des fouilles qu'il a 
entreprises au champ de tir de Ger (Hautes-Pyrénées) : 

«Il y a longtemps que le Comité n'avait reçu une communica- 
tion aussi intéressante que celle de M. le colonel Pothier. 

«L'exploration des lumulus du plateau de Ger peut être présen- 
tée comme un modèle du genre à tous les archéologues. Je voudrais 
pouvoir vous lire l'introduction de ce beau travail, où la méthode 
suivie dans les recherches , les résultats obtenus sont exposés avec 
une netteté et une clarté toute magistrale. Ces résultats sont déjà 
matériellement considérables. Le colonel Pothier est directeur de 
l'Ecole d'artillerie de Tarbes; grâce à ses fouilles, il a pu y créer 
un musée qui contenait, en novembre dernier, 1 53 vases en terre, 
29 armes ou outils en pierre, 1 56 armes ou bijoux de bronze, 
179 armes et ornements de fer, 1 anneau d'or. Total : 5a4 objets. 

«Mais les résultats d'ordre historique sont plus remarquables 
encore. 

«La distinction en sépultures à inhumation et en sépultures à 
incinération est ici nettement déterminée. Le colonel Pothier con- 
state, observation très précieuse, que chacun de ces rites correspond 
à un état social particulier. 

«Les inhumés sont déposés avec soin dans des grottes artificielles, 
dolmens ou allées couvertes, dont la construction a exigé des efforts 
considérables. Le mobilier funéraire se compose uniquement d'objets 
en pierre et de vases en terre. Les objets en pierre sont générale- 
ment grossiers, mais les vases, façonnés avec habileté, dénotent 
des instincts artistiques incontestables. 

«Les vases où sont renfermées les cendres des incinérés sont loin 
d'avoir la même élégance. La décadence de ce côté est visible, et 
cependant dans les urnes sont déposés, au milieu des cendres, 
divers objets en métal, dont quelques-uns indiquent une industrie 
relativement avancée. 

«La constatation de ces faits est fertile en conséquences de nature 
diverse sur lesquelles insiste le colonel. Mais je ne veux pas déflorer 
son travail, qui mérite d'être publié in extenso , avec un choix des 

"> Voir ri-apiès, ]». 66, le texle de la communication de M. de Raye. 



— 9 — 

planches qui l'accompagnent, et qui ne montent pas à moins de 
i3o, plus deux cartes. 

«t Je ne sais si le colonel Pothier, qui a eu jusqu'ici l'appui du Mi- 
nistre de la guerre, aura besoin d'aide. S'il en était ainsi, le Comité 
ne pourrait pas mieux placer ses fonds. En tout cas, le Comité, je 
pense, trouvera à propos de prier le Ministre de l'instruction pu- 
blique de signaler à son collègue de la guerre l'importance et l'in- 
térêt des fouilles poursuivies par le directeur de l'École d'artillerie 
de Tarbes. » 

La Section d'archéologie, reconnaissant l'intérêt considérable qui 
s'attache aux recherches entreprises par M. le colonel Pothier, s'as- 
socie unanimement aux éloges et aux conclusions formulées par le 
rapporteur. 

M. Chabouillet signale l'intéressant Bulletin numismatique pour 
i88z publié par M. Buhot de Kersers dans les Mémoires de la So- 
ciété des antiquaires du Centre n K 

irM. Buhot de Kersers continue a\ec persévérance l'utile tâche 
qu'il a entreprise, il y a dix ans, de donner l'état des médailles 
découvertes dans le ressort de la Société des antiquaires du Centre. 
La première des pièces décrites par lui dans son Bulletin est un 
grand bronze de Plolémée VIII, roi d'Egypte, qui a été trouvé par 
M. Abicot dans un pré touchant à son jardin de Ragis. 

rrLa rencontre, dit M. Buhot de Kersers, d'une pièce de cui\re 
-sur un point aussi éloigné de son émission est digne de remarque : 
*relle doit être rapprochée de la découverte en i85o, à Bourges, 
«par M. de Girardot, d'une pièce de Septime Sévère frappée à Sidé 
*de Pamphylie, découverte qui parait très extraordinaire à M. Cha- 
rbouillet. Celle de M. Abicot est bien plus singulière encore, puisque 
tt la pièce est d'une époque notablement antérieure à la conquête 
* romaine, y* 

«Je n'ai qu'un mot à ajouter aux considérations émises par moi 
au moment où je fis connaître dans la Bévue des Sociétés savantes ( ' 2 ' 
le don fait au Cabinet des médailles par M. le baron de Girardot 
de la pièce de Sidé de Pamphylie. Il est évident qu'il n'est pas 
absolument impossible qu'une monnaie de bronze ail été importée 
dans la Gaule par un voyageur, soit après, soit avant la conquête 

f> Tome X, année i88a, p. a85 et suiv. 
° : 7* série, U VI, p. 319. 



— 10 — 

romaine; niais il est certain aussi que ces faits sont rares, attendu 
que la monnaie de cuivre ne voyage guère. 

r Depuis que les fouilles se multiplient, que Ton en rédige métho- 
diquement les procès-verbaux, on a constaté la présence, dans des 
tombeaux gaulois, de vases grecs ou italo-grecs, ce qui d'abord 
parut tellement surprenant que l'on supposa des supercheries, 
comme de fait il s'en produisit parfois. Mais la répétition de décou- 
vertes de ce genre, constatée par des antiquaires dignes de foi à 
tous égards, a obligé les plus sceptiques à reconnaître qu'il exista 
jadis des communications entre la Gaule et l'Italie, assez fréquentes 
pour qu'il n'y ait pas lieu à tant de surprise. 

« En serait-il de même en ce qui concerne les monnaies de bronze? 
C'est possible, mais avant d'admettre les deux faits signalés par 
MM. de Girardot et de Kersers, je voudrais avoir la certitude que 
les trouvailles en question ont eu lieu sous les yeux, l'une de 
M. de Girardot, l'autre de M. Abicot, et qu'il résulte des cir- 
constances de ces trouvailles que ces pièces grecques n'auraient 
pu être perdues par quelque curieux des temps modernes dans 
l'endroit où l'on veut qu'elles aient été enfouies depuis des siècles. 

f?M. de Kersers décrit ensuite trois pièces d'or (quarts de slatère) 
dont les types sont semblables à ceux d'un statère et de sept autres 
quarts de statère décrits dans les Bulletins n°* 1, 2 et 3, circon- 
stance qui prouve tout au moins la circulation de ces monnaies 
chez les Bituriges. Ce type, imitation des statères de Philippe de 
Macédoine, offre une tête à droite, avec de grosses boucles de che- 
veux relevées par un bandeau. Au revers: cheval h droite, Victoire 
inclinée au-dessus. Ces pièces, qui varient dans quelques détails, 
sont gravées sous les numéros 1 , 2 et 3 de la planche qui accom- 
pagne le Bulletin. 

<?M. de Kersers décrit ensuite quelques pièces romaines trouvées 
par MM. de Goy, de Nicolaï, Ponroy, etc. Une découverte de pièces 
plus importantes est celle d'un trésor de saigas, petites monnaies 
mérovingiennes d'argent jadis si rares, et qui, aujourd'hui encore 
ne sont pas communes, bien qu'il en ait été trouvé des dépôts à di- 
verses reprises. Le possesseur de ce trésor se réservant le plaisir de 
le faire connaître, M. de Kersers a dû se contenter de le signaler. Il 
décrit ensuite rapidement quelques monnaies royales connues, 
mais s'arrête avec raison sur une monnaie d'argent de la comtesse 
Yolande de Nevers, inédite au moment où il écrivait son Bulletin, 



— 11 — 

nuis dont un similaire, trouvé depuis, a été publié par M. Caron 

dans son ouvrage sur les monnaies seigneuriales (1) . Toutefois M. de 

Kersers a figuré, sous le numéro 5 de sa planche, cette curieuse 

pièce, dont l'exemplaire qu'il a eu sous les yeux lui parait mieux 

conservé que celui de M. Caron. 

v Vient ensuite une pièce d'un seigneur de Cbarenton, en Berry, 
Renoul de Culant, provenant d'un trésor dont l'origine n'est pas bien 
connue. M. de Kersers propose de reconnaître ie mari d'Agnès de 
Tocy, héritière de Cbarenton, Renoul de Culant, qui serait ainsi 
devenu seigneur de cette terre entre i<*5o et 1265. Une pièce simi- 
laire a été publiée antérieurement par M. Caron ® , qui attribue cette 
pièce à Raoul II de Culant, à qui Philippe- Auguste concéda en 
1917 ' a mouvance de Vierzon et de Cbarenton, supposant que ce 
wigoeur aurait frappé ces monnaies en vertu de ce droit de suze- 
raineté. Je penche pour l'avis de M. de Kersers, mais ceci est une 
question de droit féodal qui ne peut être résolue que par les maîtres 
en celte matière; car ici on ne peut guère invoquer le style, les 
Renoul de Culant cités étant tous deux de la première moitié du 
lui* siècle. Il reste une dernière ressource : l'étude des pièces 
| trouvées dans ce trésor, que prépare M. Gariel, et que M. Caron 
annonce dans son livre (3) . 

ff Après avoir mentionné d'autres pièces des sires de Charenton et 
des ducs de Sully, comme princes d'Henrichemont , M. de Kersers 
décrit quelques méreaux et jetons ; un méreau du chapitre de 
Bourges, un jeton de Jacques Gobelin, correcteur des comptes, un 
autre des monnoyeurs de Bourges en 1617, et pour conclure, In 
matrice en bronze du sceau de Jacquelin Trousseau, qui parait être le 
Jacquelin Trousseau qui épousa en 1 A&7 une fille de Jacques Cœur. 
•? En finissant, je félicite M. de Kersers de cette revue spéciale de 
la numismatique du Berry; de tels travaux sont d'excellents auxi- 
liaires pour l'œuvre considérable entreprise par M. Caron dont nous 
venons de parler, et dont le premier fascicule a été si favorablement 
accueilli par tous ceux qui s'intéressent à l'archéologie nationale.* 

M. Chabouillet signale ensuite deux mémoires publiés par la 

•') Monnaie» féodal™ française» , par E. Caron. Paris, 1 88a , i* r fascicule, p. 1 07, 
pi. VIII, iT 5. 

<" Monnaie» féodales , p. 108, pi. VII, 11 6m. 
P) Monnaie» féodale» , p. 101. 



— 12 — 

Société des Antiquaires de France et qui font connaître des monu- 
ments fort intéressants. 

Dans le premier M. Charles Robert a décrit des Médaillons enterre 
du cabinet Duquenellc (l) . 

«Il s'agit dans ce travail de deux médaillons de terre, de i5 mil- 
limètres de diamètre, qui ont été trouvés à Reims. M. Robert, avec 
toute vraisemblance, place l'époque de leur fabrication au iv* siècle 
de notre ère, c'est-à-dire à celle où paraissent les médaillons de 
bronze dits Contorniates , avec lesquels ces petits monuments offrent 
de l'analogie. Sur l'un d'eux figure, d'un côté, la scène de Phèdre 
dédaignée par Hippolyte. Les mots HIPPOLYTVS PHADRA ne 
laissent pas de doute sur le sens de cette représentation. Il en est 
de même de celle du revers, où nous voyons Œdipe et le Sphinx 
avec leurs uoms: OEDEPODES, SPHINX. Sur le second de ces 
médaillons on voit Cadmus tuant le serpent, avec les mots CAD- 
MVS et COMITES, Cadmus et ses compagnons; ces derniers sont 
représentés par un guerrier qui s'enfuit. Au revers, c'est le com- 
bat de Diomède et d'Énée, pendant lequel Vénus lut blessée par 
le héros grec en venant secourir son lils; on lit : DIOMEDES, 
VENVS, AENEAS. M. Robert déclare ignorer à quel usage pou- 
vaient servir les médaillons de M. Uuquenelle; toutefois il suppose 
qu'ils avaient quelque rapport avec les représentations théâtrales, 
et qu'ils reproduisaient des scènes choisies parmi les plus popu- 
laires sous l'Empire. M. Robert ne prononce pas le nom de tableaux 
vivants, mais laisse entrevoir que ces petits monuments retracent 
le souvenir de spectacles de ce genres 

Dans le second mémoire M. Gustave Schlumberger a fait connaître 
plusieurs Sceaux byzantins du thème de Cherson et de la Bulgarie ^. 

«M. Schlumberger, qui a recueilli, à une ou deux exceptions 
près, des sceaux ou balles de plomb de fonctionnaires de tous les 
thèmes énumérés par Constantin Porphyrogéuèle, a choisi pour 
sujet de ce mémoire onze bulles très rares du thème de Cherson 
et de la Rulgarie. Des notices succinctes, mais prises aux sources, 
précèdent les descriptions de ces onze curieux monuments qui sont 
figurés avec une remarquable exactitude. On y voit les bulles du 
protospathaire impérial et stratège de Cherson , Nicéphore Cassité- 
ras, de Serge, spatharocandidat impérial et commerciaire, et de 

(') Mémoire» de la Société des Antiquaire» de France, t. XLII, p. 199 à i33. 
<*> Mémoire» de la Société de» Antiquaire* de France, t. XLII, p. i3f> à i5&. 



— 13 ~- 

Georges, protospathaire et commentaire du même thème. Les bulles 
de ta Bulgarie sont encore plus rares que celles de Chcrson; ou 
n'en connaissait jusqu'ici qu'une seule de Nicétas, duc de Bulgarie, 
et proèdre au xi e siècle, publiée à Constantînople par M. Mord- 
tmann en 1873. Outre celle-là, M. Schlumberger en fait connaître 
plusieurs nouvelles, de Constantin, veslarquc et provéditeur de toute 
h Bulgarie, de Jean Triakontaphylle, protoproèdre et provéditeur 
de Bulgarie, de Basile, protospathaire, préfet du chrysotricliniuin, 
mystolecte, juge de l'hippodrome et de Bulgarie, du métropolitain 
Michel (xi* ou xii* siècle) dont le nom ne figure pas dans Le Quieu. 
Ce travail suffit à faire juger de l'importance de celui que prépare 
M. Scblumberger sur les bulles byzantines en général. On peut, 
sans se compromettre, déclarer que cet ouvrage abondera en notions 
précises qui ont échappé aux savants éminents comme notre Du 
Caogeet ce Le Quien, que Ton vient de nommer, qui, les premiers, 
défrichèrent les champs hérissés de difficultés de la Byzantine.» 

M. Dabcel donne lecture d'un rapport sur les inventaires de 
l'église abbatiale de Psalmody en 1A91, des ornements, reliquaires 
et joyaux de l'église d'Âigues-Mortes en t5Gc), communiqués au 
Comité par M. l'abbé René. Il conclut à l'impression de ces docu- 
ments. — Renvoi à la Commission de publication W. 

M. Dahcel rend compte d'une communication de M. l'abbé Alba- 
uès, correspondant du Ministère à Marseille, relative à l'acte de vente, 
après décès, du mobilier d'Avignon Nicolaï, archevêque d'Aix, en 
i&&3< 2 >. 

r La vente, dit M. Darcel, du mobilier de l'archevêque d'Aix, 
Avignon Nicolaï, dont notre zélé et savant correspondant M. l'abbé 
Albanès nous communique le procès-verbal est le complément, natu- 
rel de l'inventaire du même prélat, que notre correspondant nous 
a déjà envoyé et que nous avons publié précédemment (3) . Si ce pro- 
cès-verbal se contentait d'énoncer à la suite, suivant le hasard de 
la mise en vente, les mêmes choses qu'on trouve dans l'Inventaire 
distribuées dans les différentes pièces du logis de l'archevêque, la 
publication n'en serait pas utile. Mais de chaque chose il men- 

<'' Voir ci-après , p. Go, le texte du rapport de M. Darcel el dv ces inventaires. 
W Voir ci-aprv* , p. 1 o, , la communication de M. Albanfa et le texte de cet acte 
de vente. 

^ IhiUHm dn Cnmitr, i 88-», p. 3-*5S à 35'i. 



— \â — 

lionne l'acquéreur et le prix de rente, ce qui présente un réel 
intérêt. La bibliothèque y est d'ailleurs beaucoup plus complète- 
ment décrite. 

«En outre, si l'Inventaire a soulevé plusieurs questions relatives 
k la signification précise de certains termes qui y sont employés, il 
s'en faut que le procès-verbal de la vente n'en présente pas aussi , 
son rédacteur étant différent. 

"M. Fabbé Albanès a eu soin de relever les mots qui de- 



mandent une explication en tâchant de les éclaircir dans de nom- 
breuses notes. 

«Nous en avons ajouté quelques-unes. 

«Malgré le soin pris par le rédacteur du procès-verbal de donnera 
l'équivalent de certains mots, comme unam guerbam site forçant 
(art. 2 02), nous avouons n'avoir pu y trouver aucune explication,^, 
pas. plus qu'il ne nous a été possible d'appliquer le mot à aucun d< 
articles de l'Inventaire. Le commencement de l'article particulier 
dont il s'agit se retrouve cependant dans cet inventaire (art 535). 
Il s'agit de bois de cyprès. 

« Le procès-verbal de la vente d'Avignon Nicolaïest suivi du dé- 
tail des frais de sépulture de l'archevêque et de l'aehèvement de la 
chapelle de Saint-Mitre qu'il avait commencé d'édifier au chevet de 
la cathédrale de Saint-Sauveur. 

«Nous ne noterons dans ceux-ci que les dépenses de l'exécution, 
sur la dalle funéraire du défunt , de son image et de l'inscription qui 
l'entoure. Nous disons qui l'entoure, car la pierre tumulaire d'Avi- 
gnon Ni cola ï existe encore dans la chapelle de Saint-Mitre. 

« C'est le peintre verrier qui avait fourni les vitraux de la chapelle , 
maître Guillaume d'Avignon (art. A 70), qui traça l'effigie et fin- 
cription (art. &90), qu'un lapicide de Draguignan, maître Rotet, 
fut chargé de graver (art. &91). 

«La ville d'Avignon, d'où le roi René, qui était contemporain 
de l'archevêque Nicolaï, fit venir le peintre du Bumon-Àrdmt, 
Nicolas Froment, était, on le voit, le centre artistique de la ville 
d'Aix. 

«Nous n'insistons pas plus longtemps sur le document complé- 
mentaire de Y Inventaire que nous a adressé M. l'abbé J.-H. Albanès, 
ni sur le commentaire dont il l'a fait précéder, parce que nous pro- 
posons de les imprimer l'un et l'autre ». — - Renvoi au Comité de 
publication. 



— 15 — 

M. Dbhat lit an rapport sur trois sceaux ecclésiastiques du xiv - et 

du x?* siècle, dont ia description a été envoyée au Comité par 

M. Barbier de Montault. H propose d'insérer dans le Bulletin les 

courtes notices consacrées par l'auteur de la communication à ces 

trois objets. — Renvoi à la Commission de publication (l K 

M. Hbio> de Villefossb lit un rapport sur deux tombes romaines 
découvertes a Sélit', et dont la description a été envoyée au Comité 
pirM. Payen, correspondant du Ministère dans cette ville. — Ren- 
voi à la Commission de publication (2) . 

M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. Edmond Le 
Bu.it, sur une communication de M. Barbier de Montault, conte- 
nant le catalogue avec notes hagiographiques de huit reliques con- 
fienées au xvn" siècle dans l'abbaye de Sainl-Cyprien à Poitiers. 
Cette pièce, due à Dom Estiennot, se retrouve en copie dans le re- 
cueil de Dom Fonteneau - 3 > à la bibliothèque de Poitiers. Elle n'est 
pis dénuée d'intérêt, mais elle rentre plutôt dans le domaine de 
la Section d'histoire. — Renvoi à la Commission de publication, 
qui transmettra, s'il y a lieu, ce document à la Section d'histoire. 

M. Edmond Le Blast a consacré un autre rapport aux touilles 
poursuivies au mont de Hermès par M. l'abbé Hainard. 

f? Les fouilles de l'abbé Hamard ont mis au jour des soubassements 
que ce zélé antiquaire croit appartenir à un temple construit par 
le personnage nommé dans l'inscription romaine précédemment 
découverte au même endroit. On vient d'y trouver également dners 
objets dont M. l'abbé Hamard a envoyé au Comité des croquis som- 
maires ou des empreintes. Il faut remarquer entre autres un mé- 
daillon de bronze très mince sur lequel est (iguré un empereur 
debout sur un char à six chevaux et tenant de la main gauche un 
globe surmonté d'une croix. Au bas du médaillon se lisent les 
lettres CONOB. Du même lieu sont sortis une clochette en métal 
blanc, des agrafes, un collier de grosses perles, plusieurs anneaux 
de métal à chatons grossièrement gravés, un sarcophage en plâtre 
d'une seule pièce, décoré de rosaces, et les restes fort mutilés d'une 

' n Voir ci-après 4 p. 57, le rapport de M. Demay et la description de ces sceaux. 
' ,] Voir ci-après, p. 73, le rapport de M. de Villofossc sur celte communication. 
« T. LVI, p. 7 à». 



— 16 — 

inscription chrétienne du vu siècle où Ton retrouve le mot RE- 
QVIESCIT et un nom propre commençant par RADOS. . . 
M. l'abbé Hamard termine sa communication en exprimant le regret 
que ces fouilles, qui ont déjà beaucoup produit et qui paraissent 
devoir être fructueuses, ne puissent être menées plus rapidement 
faute de ressources suffisantes. 11 demande au Ministre de l'in- 
struction publique de vouloir bien lui venir en aide. n 

Le Comité, considérant les résultats déjà obtenus par les fouilles 
entreprises à Hermès, est d'avis qu'il y a lieu de prendre en consi- 
dération la demande de M. l'abbé Hamard. 

«M. de Lasteyrie signale l'étude consacrée par M. de Verneilh à 
l'église de Bussière-Badil et au château de Laxion W. L'église deBus- 
sière-Badil est un monument du \n c siècle intéressant à beaucoup 
d'égards. Situé dans l'arrondissement de Nontron, c'est-à-dire dans 
une partie du Périgord qui dépendit jusqu'à ia Révolution du dio- 
cèse de Limoges, mais que sa position géographique rapproche 
d'Àngouléme beaucoup plus que de Limoges, cet édifice présente 
des caractères mixtes, qu'il a empruntés à chacune des écoles qui 
llorissaienl au xn e siècle dans les provinces du voisinage. C'est aux 
monuments périgourdins proprement dits qu'il ressemble le moins; 
mais par la disposition de sa nef sans jours directs sur l'extérieur, 
par l'élroitesse de ses bas-côtés, il rappelle les édifices limousins 
ou poitevins. Au contraire, par l'élégante ornementation de son joli 
portail, il fait penser aux monuments de l'Angoumois. M. de Ver- 
neilh, dont les talents de dessinateur sont bien connus, a donné 
une charmante gravure de ce portail, qu'il compare avec raison à 
celui de l'église de Chalais, dans la Charente. Il a joint au même 
article quelques mots sur le château de Laxion, grande et belle 
construction seigneuriale du xvi c siècle, qui se voit à 4 ou 5 kilo- 
mètres de Tbiviers, non loin du bourg de Corgnuc. Une fort bonne 
gravure permet de juger de l'intérêt que présente ce château, et fait 
regretter que M. de Verneilh n'ait pas complété son travail en don- 
nant un plan de ce monument, comme il aurait dû le faire égale- 
ment de l'église de Bussière-Badil.?) 

M. Mûntz signale une Note sur deux tableaux en broderie de soie pro- 

(>) Publiée daos le Bulletin de la Société historique et archéol. du Périgord, T. X , 

i88:i,p. :J6'i-:*7«. 



— 18 — 

d'archéologie. Eu attendant, la Commission des Mélanges est invitée 
à poursuivre son travail et à demander la communication, par {en- 
tremise du Ministère, de l'original même des documents dont l'im- 
pression lui serait proposée. 



M. Ramé signale un acte de vandalisme qu'il a eu le regret d 
constater dans une visite qu'il a récemment faite à l'église 
Sainte-Radegonde de Poitiers. 

«En 18/19, dit- il, 1 enlèvement des boiseries du chœur avai 
rendu à la lumière une inscription métrique de Tan 1012, primi- 
tivement gravée à la hauteur de l'œil, mais qui, par suite de l'ex- 
haussement du sanctuaire au xvu* siècle, se trouvait placée au r 
du sol. Elle relate la découverte du corps de sainte Radegonde e-*=* 
mentionne des travaux exécutés dans la crypte par l'abbesse Bé- — 
liarde, qui vivait du temps du roi Robert et de l'évêque Gilbert- 
Cinq vers se lisaient sur la face septentrionale d'un pilier, à l'entrée 
du chœur, et cinq en retour sur la face occidentale. M. l'abbé Au— 
bert les a signalés à la Société des Antiquaires de l'Ouest, et son* 
travail a pris place dans le Dictionnaire cFépigraphie, de Migne. J'ai 
voulu, au mois de septembre dernier, vérifier le texte publié, 
qui contient des lacunes et ne paraît pas tout à fait satisfaisant. J'ai 
trouvé les vers de la face occidentale masqués par une boiserie 
nouvelle. Quant à ceux de la face septentrionale, ils ont disparu 
sous le prolongement des marches du sanctuaire, relevé sur ce point, 
il y a peu d'années, au-dessus du niveau que lui avaient donné 
les travaux d'Anne d'Autriche. La seule partie visible de l'inscrip- 
tion se réduit aujourd'hui aux mots : ...w bisque peracti$ s qui for- 
maient la fin du premier vers. Ils sont gravés en belles capitales du 
xi e siècle, hautes de 5 centimètres. 

((Les inscriptions remontant au règne du roi Robert sont assez 
rares pour être conservées avec soin» Celle-ci a de plus la valeur 
d'un document historique, car elle conserve le souvenir de faits 
qui ne sont consignés dans aucune chronique. Il importerait de 
pouvoir l'examiner, pour savoir si elle appartient au commence- 
ment ou seulement à la fin du xr* siècle, car dans le premier cas 
le pilier sur une assise duquel l'inscription se déroule appartien- 
drait à une époque antérieure à la construction de l'abside, qui, 
réédifiée après l'incendie de io83, a été dédiée en 1099. A tous 
égards cette inscription mérite donc d'être dégagée. Mais dans le 



— 20 — 

eh : enregistré sous les noms précités, malgré les réclamations de 
Baluze, qui avait connu le nom vrai, et dont l'autorité aurait dû 
être mieux respectée (1; . Il est pourtant indubitable que notre prélat 
se nommait Avignon Nicolaï, comme en fait foi notre inventaire 
dès ses premières lignes. Nous avons dit ailleurs (2) comment ce 
prénom, un peu insolite, avait servi à faire de lui, dans plusieurs 
ouvrages, un évêque d'Avignon qui bien certainement n'exista 
jamais, et à embrouiller mal à propos diverses listes épiscopales. 

Une autre erreur non moins évidente que corrige l'inventaire, 
est celle qui se trouve dans le même grand ouvrage ci-dessus men- 
tionné , lequel a prétendu que Nicolaï avait. cess ^ d'être archevêque 
d'Aix six ans avant sa inorl^. Nous pourrions, à {'encontre de 
cette assertion fautive, citer le testament du prélat, dont le texte, 
malheureusement un peu trop long, précède immédiatement l'in- 
ventaire. Cet acte, qui est daté du 3o mai i&43, fut rédigé dans le 
palais archiépiscopal où le testateur faisait sa résidence (i) , et celui-ci 
y prend très explicitement le titre d'archevêque d'Aix ; ce qui nous 
le montre en possession de son siège six ans après l'époque où l'on 
a placé sa prétendue démission. Mais l'inventaire suffit à lui seul 
pour démontrer le mal fondé d'une opinion entièrement hasardée. 
Il nous fait voir qu'au mois de juin 1 4 4 3 , tous les meubles qui 
appartenaient au vieil archevêque étaient encore dans le palais, à 
leur place ordinaire, dans le même arrangement où ils se trou- 
vaient lorsque leur possesseur y habitait; ce qui ne serait ni pos- 
sible ni vraisemblable, si depuis six ans il avait cédé l'archevêché à 
un autre. 

Bien plus, malgré certains détails et certaines formules, qui doi- 
vent avoir été ajoutés quand on mit au net le brouillon primitif 
et que l'on écrivit le registre venu jusqu'à nous, il est facile de 
constater que l'inventaire fut commencé du vivant de l'archevêque 
Nicolaï, et lorsqu'il occupait encore les appartements que l'on in- 
ventoriait. En effet, il porte en tête la date du samedi 8 juin, et il 

'> «Contra Baluzium, qui in suis ad veterem Gatliam Christianam ammadrersio- 
iiihus legit Avinio non Amtno.n G ail. Christ, nova, L III, col. îab*]. 

^ Pierre d'Aigref étrille, évêque d'Avignon. . . Elimination de trou faux évëque* 
d'Avignon. Marseille, 1877, in-8°, p. ko. 

' y > «Ceterum Aimo ante modem cesserat cathedram alteri , cum habuerit succes- 
sotvtn anno rhô*"].* G ail. Chriet. nova, t. I,col. 3ay. 

• l) trAcla... in caméra paramenti domus solite residentie prenominati domini tes- 
tions, etr.t» 



— 22 — 

le missel des dominicains. Quant aux bas et aux souliers verts 
mentionnes au n° 3()4, c'étaient vraisemblablement des ornements 
pour la messe pontificale. Seules, une calotte rouge, une calotte 
violette et deux barrettes d'écarlate sont d'une couleur qui dé- 
tonne sur le reste, et que nous ne saurions comment expli- 
quer. 

Prélat régulier , Nicolaï n'avait pas amassé une grande fortune et 
son inventaire ne nous offre point les richesses que Ton rencontre 
souvent chez des prélats séculiers ayant appartenu à de grandes 
familles. Deux choses pourtant sont à remarquer dans sa succes- 
sion : d'abord sa bibliothèque, composée d'environ *5o volumes 
manuscrits, sur lesquels nous ne croyons pas à propos d'insister, 
parce que, pour un grand nombre, les termes dont on se sert en 
les désignant sont trop vagues pour qu'on puisse facilement les re- 
connaître; en second lieu, nous croyons que l'on parcourra avec 
intérêt l'inventaire de son argenterie, qui n'était pas sans impor- 
tance. Nous signalerons, entre autres, deux pièces qui portaient les 
armes impériales, et qui nous semblent un souvenir du concile de 
Constance, où notre prélat se rendit au moment où l'empereur 
Sigismond travaillait avec un aèle ardent à terminer le grand 
schisme d'Occident. L'arrivée des prélats de l'obédience de Be- 
noît XIII, à laquelle Nicolaï appartenait, Ait un événement notable 
dans l'histoire de ce concile, et dut en particulier réjouir grande- 
ment l'empereur, qui s'était rendu de sa personne jusqu'en Es- 
pagne pour procurer cette union. 

L'inventaire des meubles d'Avignon Nicolaï a pour complément 
utile et presque indispensable la vente de ces mêmw meubles, qui 
fut faite immédiatement après la mort, du prélat. Ces deux docu- 
ments se complètent et s'éclairent Tun par l'autre. La crainte seule 
de dépasser les limites d'une communication ordinaire nous em- 
pêcha de les envoyer tous les deux à la fois. Si le premier nous 
fait connaître de quoi se composait l'ameublement d'un archevêque 
d'Aix au xv° siècle, le second nous apprend comment on procéda 
pour en réaliser la valeur, affectée par le testament du défunt à 
des destinations particulières dûment spécifiées; il nous indique 
le prix des divers objets qui furent vendus, et nous fait assis- 
ter à une vente à l'encan faite, il y a quatre siècles et demi, dans 
la capitale de la Provence. C'est en effet à l'encan que furent mis 
en vente les biens mobiliers qui formaient le modeste héritage 



— 24 — 

(n°!*9&). k* 8 cuillers d'argent valent i florin la pièce (n°' 998,301). 
Six tasses se vendent 76 florins, à raison de 10 florins le marc 
(n° 3o6); deux anneaux avec leurs pierres, i4 florins (n° 307). 

La partie la plus curieuse de notre document est, sans con- 
tredit, celle qui concerne la vente de la bibliothèque d'Avignon 
Nicolaï, parce qu'elle nous fait connaître la liste de ses livres plus 
explicitement que l'inventaire déjà publié , où ils ne sont souven 
désignés que par leur Incipit, et qu'elle nous dit le prix de chacun 
Les volumes à vendre avaient été préalablement estimés par Àdémai 
Fidelis, prieur de Saint-Maximin (n° 3 1 3 ); et celui-ci reçut, pou 1 
sa peine, un ouvrage du vénérable Bède, qui avait coûté deuj 
ducats quand on l'avait acheté. Le nombre des volumes inscrit* 
dans cette liste est de 712; mais il y avait de plus deux caisses de 
petits livres de peu de vqleur, et il faut aussi tenir compte de 
plusieurs ouvrages qui étaient encore invendus. Le tout comprend 
soixante-cinq numéros (n°* 3 10-374). 

Ceux qui voudront savoir ce que valaient les livres à Aix, au 
milieu du xv° siècle, devront jeter les yeux sur cette partie de 
notre texte; nous ne donnerons que les prix les plus élevés. L'ou- 
vrage qui atteignit le plus haut prix fut la grande Bible en deux 
volumes, vendue à Avignon ao écus d'or, ou A9 florins (n° 355); 
la petite Bible alla jusqu'à 36 florins (n° 343). Les Décré- 
tâtes avec le Sexte furent payées 3 9 florins (n° 317); mais il y 
avait en plus le Livre des Sentences et un évangéliaire. Une Somme 
dos Confesseurs, en bel état (n° 3a3), et une Concordance (n° 399) 
furent poussées chacune à 3o florins. Les Fleurs des Saints, s 3 flo- 
rins (n° 3i4); un commentaire sur les Clémentines, 20 florins 
(n° 3 3 a); les Morales de Saint Grégoire sur Job, i5 florins (n° 346), 
bien qu'elles fussent incomplètes. Les auteurs profanes restèrent a 
des prix bien inférieurs : on n'eut que 5 florins des lettres de Ci- 
céron (n° 3i5), 4 florins des épitres de Sénèque (n° 3ao). 

Un manuscrit curieux, qui pourrait valoir aujourd'hui quelque 
argent, dut dire donné presque pour rien, c'était la Divine Coméau 
du Dante, dans son texte original italien, dont on ne put tirer que 
4 florins et G gros (n° 35o). Il est vrai que l'on disait, pour le dé- 
précier, qu'il était imparfait, c'est-à-dire qu'il y manquait quel- 
que partie, et Dieu sait s'il y avait là quelqu'un pour vérifier le 
fait et s'assurer que le défaut reproché existait réellement. Il est à 
remarquer que les œuvres de Bocace, en italieu, figuraient dans la 



— 28 — 

i3. Item , domino Johanni Agulhoni, clerico beneficiato dicte ecclesif 
Aquensis, duos caffues (1) de ferro, pan os : gr. h. 

\h. Item, magistro Johanni Gavaudani, unum bancale cum avibus, ca- 
nibus et litteris, Hvidi coloris : fl. i, gr. h. 

i5. Item, Laurencio Bertholomei, unum linteamen de panno albo: 
fl. ii, gr. i. 

16. Item, magistro Michaeii Matharoiû, notario, unum tappicium bar- 
ratum de nigro et rubeo , operatum : fl. 1 , den. mi° r . 

17. Item, domino de Molegesio, unam tabulam largam, pro tenendo 
vestes : gr. vi. 

18. Item, Astrugio Bonafos, judeo, cloquearia argenti duo, unum ta- 
men cum cuppa cristalb', deaurata : fl. 11, gr. vi. 

1 9. Item , domino Johanni Agulhoni , clerico beneficiato , unam culcilram 
modicum perforatara , cum pulvinari : fl. viu to . 

ao. Item , magistro Vincencio Peraudi , notario , unam sellam plicatissain 
sive frachissam: gr. 11. * 

a 1 . Item , magistro Hugoni Beraardi , notario , quatuor tabulas de alba {tj : 
fl. 1, gr.vi. 

a a. Item, magistro Davino Bonsenhor, judeo, unum linteamen de panno 
albo: fl. 1, gr. m. 

a3. Item, domino Jacobo Rebolli , canonico, raediam laueam (3) cumdua- 
bus listis rubeis : gr. x , den. vni to . 

a a. Item, Anthonio Robaudi, caussaterio (4) , unum bancale, fbderatum 
de tela grossa, cum ymaginibus et arboribus : fl. 1, gr. n. 

a 5. Item, Laurencio Bertholomey, mercatori, unam laneam albam cum 
tribus listis nigris : fl. 1 , gr. x. 

a 6. Item , domino Jacobo Duranti , jurisperito, unam laneam albam cuni 
lista nigra : gr. x. 

37. Item, fratri Isuardo, de ordine Predicatorum, unum pugiiar anli- 
cum: gr. 1, den. ▼ni tD . 

98. Item, Laurencio Bertholomei, mercatori, unum scriptorium fus- 
teum : gr. m , den. nu**. 

a 9. Item, magistro Bonjaco, judeo, unum moscalhe parvum, de anri- 
pello (l) : gr. 11. 

3o. Item , Johanni Rebolli , mercatori ,* unum marchape {i) fustetini : 
gr. m. 

(l > Deux chenéU; le mot retient au n" 307. 
<*> De bois de peuplier. 

(3 > Couverture de laine; variante de laneu* et de Umêottu. 
(t) Chaussetier (Du Caoge). 

(i) (In petit émouchoir ou chasse-mouche ri'oripeau. Du Oange traduit le mot au- 
ripeUum par lamina avrickake*. Cf. n° a5a. 
'•' Un marchepied. 



— 32 — 

Die secundo julii. 

84. Nobili Johanni Cureti, vicethezaurario regio, servietas duas: fl. i, 

gl\ YIH**. 

85. Item, domino Jacobo Rebolli, uiium tessoretum, ad modum ser- 
\iete, operatuni auro et cirico viridi : gr. x. 

86. Item, domino Petro Veylloni, preposito eedesie Massiliensis, ser- 
vietas quatuor simul tenentes: fl. n, gr. vî. 

87. Item, magistro Johanni de Ursis. notario, unum benecherium (1) sta- 
gni: gr. 11, den. mi". 

88. Item, Padono , judeo , unum superpeliicium ad causam induendi 
(iuni barba tonsuratur : gr. m, den. im or . 

89. Item, magistro Michaeli Matharoni, unum stuchum aquederie: 
gr. m, den. nu or . 

90. Item, domino regio thesaurario, cutellos quatuor ad serviendura in 
mensa , viratos de argento , cum vasina : fl. 1 , gr. ix. 

91. Item, magistro Ludovico Rebuffelli, secretario regio, unamsayam 
rubeam: fl. 11, gr. vin. 

93. Item, domino Johanni Aurose, priori de Verderia (,) , unam parvani 
pecîam panni burelli : gr. 1, den. x. 

93. Jtem, magistro Davino Bonsenhor, judeo, unum linteamen de saya 
ajba, valde usatum et perforatum: gr. v. 

9&. Item, Ferrussolo, judeo, unam disploidemsivejaquetam (5} de fus- 
laneo albo: fl. 1, gr. im or . 

95. Item, domino Bertrando Charpilhi, beneficiato, quasdam faudas : 
gr. 11. 

96. Item, Ferrussolo, judeo, unum linteamen de saya alba: gr. vu. 

97. Item, magistro Matharoni, unum arescle (4) : den. xu. 

98. Item, Laurencio Bertholomey, mercatori, unum par caligarum «1- 
barum: gr. v, den. nu". 

99. Item plus, unum aliud par caligarum de cadissio. 

1 00. Item, magistro Bonjac Josse, judeo, quosdam casses (J) panni scar- 
late : gr. vî, den. mi or . 

101. Item, domino Johanni Aurose, priori de Verderia, unum stuchum 
de coreo, pro barbitonsore, parvum : gr. u. 

w Un bénitier, du provençal benichier. 

(1) La Verdière, commune du canton de Rians, arrondissement de Brignoles, dé- 
partement du Var. 

(3) Jacquette doublée. 

(1) En provençal, un aretcle est un cercle de bois que Ton place sur un berceau 
pour retenir la couverture soulevée sur la tête d'un enfant 

5) Sans doute pour coues, que nous avons aux n°* 1 13 et 168. Cf. au n° i3s ma- 
nteau $ive c<me$, toujours dans le même sens. 






— 33 — 

î o*. Item Laurencio Bertholomey, unura mentellum (i) panni viridis obs- 
cori. ibderatom de panna nigra : fl. y, gr. vi. 

so3. liera, fratri Andrée, ordinis Augustinorum , alium mentellum ni- 
gram, simplicem : fl. vi. 

106. Item, Ferrussplo judeo, unam jaquetam de fustaneo albo, usatam: 
fl. 1, gr. 1. 

io5. Item, domino Anthonio Fulconis, priori de Fuvello, unam jaque- 
tam novam de fustaneo albo : fl. 1, gr. vm, den. vm t0 . 

106. Item, nobili Laugerio Guirani, unum linteamen panni albi, cum 
lista nigra [et] rubea : fl. 1, gr. x, den. iui or . 

107. Item, domino JacoboDuranli, jorisperito, aliud linteamen similis 
forme : fl. 11 , gr. m. 

108. Item , nobili Johauni Suavis , capitergium sive cuebrecap , magnum , 
usatum : gr. ni , den. 1111". 

109. Item, fratri Isnardo Lhataudi, ordinis Predicatorum, unam ma- 
lam de panno nigro, cum armis domini quondam arclûepiscopi : fl. 1. 

110. Item, fratri Andrée Gassini, ordinis Augustinorum, unam capain 
de cadissio nigro cum sup capucio : fl. vm, gr. vi. 

111. Item , Laurencio Bartholomei , unam jaquetam de bocassino albo , 
foderatam de faynis (5) usatis : fl. 1, gr. vm. 

11s. Plus, dicto Laurencio, unam jaquetam de fustaneo albo, fodera- 
lam de (aynis : fl. un", gr. 11. 

1 1 3. Item , magistro Hugoni Bernardi , notario , quosdam cosses de lus- 
laneo albo : gr. m. • 

nâ. Item, Abram Tbaman, judeo, unam jaquetam de fustaneo albo : 
fl. 1, gr. 1. 

1 15. Item, Bertrando Rebolli, unam pellem albam de chamoys : gr. n, 
den. vm. 

1 1 6. Item , Godono , judeo, unum capellum de panno nigro cum cordono 
de cirico nigro : gr. vi. 

117. Item, Perrineto, sartori, unum mantêllum de saya nigra cum ca- 
pucio : fl. 11. 

118. Item, Johanni Suavis, unum superpellicium ad serviendum pro 
barba fienda: fl. 1, gr. vm. 

119. Item, unum arambicum (3) ad faciendum aquam ardentem (4) , ven- 
ditum Padono cum certis aliis rébus. 

1 20. Item, Godono, judeo, unum capucium nigrum cape : gr. im or . 



l,) Variante de mantêllum. 
'■*'■ De peaux de fouines, fayne$. 
'*' Alambic; dans Du Cange, alembicum. 

lk) L'eau-de-vie, en provençal aiço artfatt. Du Gange n'a, pour aqua ardent, que 
potio flW/ira, et rieu pour rcau-de-\ie. 

Vkciiéologik. 3 



— 34 — 

îai. Item, magistro Lndovko Rebuflelli, uuara peeiam sive pereianr 
tek, osatam: gr. i. 

199. Item, Jacomino, mnim capueiom nigrom eape : fl. i, gr. vi. 

193. Item, Mancipo Goheni, jadeo, aliud capuciaar de panno nigro : 
gr. m, den. im". 

ia&. Item, Jacomino, duas almossias de panno nigro : gr. v. 

i«5 % Item, Godono, jadeo, anam capaciam nigrom cape: gr. un". 

i*6. Item, magistro Michaeii Matharoni, nnam roqnetam sive saper- 
peffichan, bonam, ad faciendam barbam, rive tune tenendnm : fl. n, 
den. W. Item, duas calotas perforatas. 

197. Item,Fennmo,dericoéèclesieso3>rad 
lam (1) tele perforatam : gr. 1. 

198. Item, Jacomino, imam cohoperiam aorionlaris : gr. 1, den. vm". 

199. Item, Pelro Robaudi, onam longeriam: gr. m. 

i3o. Item, domino Anthonio Faleonis, priori de FnveBô, qaasdam 
faudâs de fustaneo : gr. 1. 

i3i. Item, Johanni Saavis, nnam cohopertnram de panno viridi, fode- 
ratam de lela : gr. vi. s 

i3t. Item, magistro Georgio de Roeseto (t \ notario, qaasdam manicas, 
sive cosses, de panno rnbeo dicto scariata : gr. n. 

i33. Item, domino Anthonio Raynandi,presbitero, onnm capuciamde 
aaya nigra : gr. 1. a 

i34. Item, magistro Petro Gontier, medico phisico, onam mapam ma- 
gnam, de mtnsa domini: il. n, gr. vi. 

i35. Item, aKam mapam similis forme, qnam émit idim Confier: fl.u, 
gr. vi. 

1 36. Item , Lanrencio Bertholomey, mercatori , servietas septem paieras : 
fl. m, gr. 1. 

187. Item, magistro Ladovk» Rebaflelli, un" servietas bonas : fl. 1. 
gr. 1. 

i38. Item, magistro Anthonio Ganhoni, nnam mapam parvam: fl. 1. 
gr.ra. 

189. Item, Mosse Cohen, jadeo, anam mapam fractam : gr. m, 
den. un". 

i4o. Item, Jacomino, onam longeriam perforatam: gr. 1. 

161. Item, Abram de Garcassona, jadeo, anam longeriam perforatam. 
gr. 1, den. xn. 

1&9. Item, Lanrencio Bertholomey, nnam mapam perforatam : gr. vm. 
den. vm. 



fl) Pour tnalhola, nappe. 

(,) Ronsset, commune do canton de Trets, arrondissement d'Àix, déparlemenl des 
Rour.heg-da-Rh6ne. 



— 35 — 

i43. Item, magistro Georgio de Rosseto, unam mapam perforatam : 
F- hl 

i&4. Item, Petro Contier, medico phisico, quamdam mapam magnam 
ethonam : fl. n,gr. vi. 

i45. Item, magistro Michaeli Matharoni, unam longeriain bonam : gr. v, 
fa.xn. 
t&6. Item, magistro Hugoni Bernardi, très tessoret08 cl) bonos: gr. un, 

167. Item, Jacob Saunerie, judeo, unam longeriam perforatam : gr. u, 
ton. mF. 

i48. Item, Laurencio Bertholomey,' mapam unam booam : fl. 1, gr. vi. 

ify. Item . Petro Fornerii, unam loogeriam perforatam : gr. u, den. xii. 

i5o. Item, derico dicte ecdesie Sancti Salvatoris, ipsius civitatis, unam 
* QD geriam perforatam : den. uni. 
J 5j . Item, Codono, jndeo, unam peciam parvani tele: gi*. 1, den. vm* . 
'5 a. Item, magistro Davino, judeo, unum tessoretum : gr. 1. 
*53. Item, magistro Michaeli Matharoni, unam servietam : gr. 1. 
*54. Item, Stephano Viguerii, unum tessoretum : den. ni. 

1 65. Item, JaoomiDo, unum tessoretum : den. vi. 

1 66. Item, domino Bertrando Charpilhi, beneficiato, aiiud tessoretum, 
r^otitom : den. xu. 

1 07. Item, magistro Hugoni Bernardi, unam toalbolam: gr. 1. 
*58. Item, magistro Michaeli Matharom, unam servietam : gr. 1, den. n. 
* 5g. Item, Abrara Ysac, judeo, unam mapam perforatam : den. 1. 
*6o. Item, Bertrando Rebolli, mediam mapam : gr. ni, den. u. 
1 61. Item, magistro Bonjac, judeo, très tessoretos : gr. 1, den. 11. 
169. Item, Petro Blegerii, unum linleamen tele, modici valons : gr.111. 

t63. Item, Bertrando Charpilhi, beneficiato, unum tessoretum : den. x. 

166. Item, Ferrussolo, judeo, unum linteamen, pauci valons : gr. u, 
tan. xn. 

t65. Item, magistro Hugoni Bernardi, unum linteamen, pauci valoris: 
gr. u, den. vm* . 

166. Item, nobili Laugerio Guirani, unum linteamen tele: gr. vi. 

167. Item, aliud linteamen parve forme: gr. vi. 

168. Item, domino Francisci, priori de Caprerio, quosdam cosses (1) de 
scarlata, pauci valoris: gr. 11, den. vni u . 

169. Item , domino Anthonio Garnerii , unum scannum parvum fusteum : 
p. 1. 

(1) liages à essuyer, essuie-mains. Ce mot, qui revient souvent, n°* i5a, i54. 
i&5, t56, etc., n'est pas dans Du Cange, où Ton trouve tersor. Au n° 85, nous 
Manon têtêontum, en forme de serviette, brodé en or et en soie verte. 

*' Braies ou quelque vêtement des jambes, si Ton rapproche couês de cona (Du 
C*oge)qui signifie cuisse [ou encore du mot chatiuet]. 



— 36 — 

170. Item, Jacomino, duos coffras saumerios, ferrâtes: fl. 11, gr. im%i 

171. Item, domino Bertrando Charpilhi, unam peciam de coreo robeo: j v 
gr. 1. 

179. Item, Astrugio Bonafos, judeo, unum bancum parrain fuste :gr.k] 
173. Item, magistro Rebuflelli, uoum scabellum : gr. 1, den. vm to . 
17a. Item, magistro Bonsenhor, judeo, unam maletam de pannonigi»,] 
laceratam : gr. 11, den. 11. 

175. Item plus, sibi judeo, unum bancale perforatum : gr. x. 

176. Item, aliud bancale simile : gr. vu. 

177. Item, magistro Petro, medico, nif r toalholas : gr. m, den. vin". 

178. Item, magistro Bonsenhor, judeo, unum parvum computoritm® 
fusteum : den. xnn. 

179. Item, plus sibi unum carrellum : gr. 11. 

1 80. Item , domino Bertrando Charpilhi , unum stuchum de coreo, pro 
custodia cupe : gr. 1. 

181. Item, Padono, judeo, unam securim magnam sine mannbrio: 
gr. 11, den. 11. 

183. Item, Barbolhe, cantori, unum parvum scannum fuste: den. vin*. 
i83. Item, Stephano Viguerii, unam servielam : den. vm t# . 
i84. Item, magistro Hugoni Bernardi, unam toalholam : gr. 1. den. l 
1 85. Item, magistro Ludovico Rebuflelli, duo pana scanna fuste, gr. 1. 
18 G. Item, domino Anthonio Raynaudi, presbitero,unam parvamcap- 
cietam : gr. 111. 

1 87. Item , domino Nicolao Torquati , unam sellain parvam pro sedendo: 
en. vu r. 

188. Item, Padono, judeo, unam olam cupri : gr. iui or . 

Die tercia julii. 

189. Primo, domino Johanni Agulhoni, unum par candelabronun de 
lothono : gr. vi. 

190. Item, fralri Isnardo, ordinis Predicatorum, unum caiidelabrura 
de lothono : gr. im". 

191. Item, doniino Guilhelmo Francisci, priori de Caprerio, unum fa» 
setum (>) de chamoys : fl. 1. 

(,) Variante de comptorium , comptoir, qui est dans Du Gange. 

(> ) Fa$$etwn me semble un vêtement couvrant la poitrine, une sorte de gilet avec 
ou sans manches. M. Darcel croit devoir le rapprocher defatciola, élément du vête- 
ment monacal que Du Gange commente longuement et qui parait être un vêtement 
de jambes attaché avec des lanières. M. de Lasteyrie me propose une interprétation 
toute différente, mais peut-être plus plausible : Fattetum serait une mauvaise forme 
de falêetnm, sorte de siège, mentionnée par Du Gange, et il serait ici question 
d'un siège recouvert en peau de chamoys. 



— 37 — 

i ga. Item, domino Johanni Agalhoni, unam saperpeliicium grosse tele : 
u i , gr. vi. 

193. Item, dicto fratri Isnardo, unum roquetum usatum : II. 1. 

19&. Item, Padonû, judeo, unum focale (1) de ferro, ad reponendum pru- 
las : gr. ui. 

ig5. Item, Jofaamiî Fachaudi, unam saperpeliicium débile : gr. 1111". 

196. Item, domino Anthonio Raynaudi, presbitero, aliud superpel- 
ficâum : fl. 1. 

Die nn u jalii. 

197. Die ipsa, domini executores dedernnt sorori Magdalene, fiiie 
domini de Caudalonga (,) , moniali monasterii béate Marie de Nazaret (3) , 
dicte cwitati*, amore Dei, et pro serviciis per eam impensis dicto quondam 
domino archiepiscopo, dum vivebat, in sibi epulas parando, videlicet, 
«mm disploidem panni nigri. 

198. Item, domino Johanni Agalhoni, unum auricular : gr. m. 

199. Item, fratri Isnardo, unum cauffatorium (4) de ferro, constructum 
tdmodum sartaginis : gr. ni. 

900. Item, dicto domino Johanni Agulhoni, quatuor carrellos cum avi- 
tos et ramagiis : fl. 11. 

901. Item, domino Nicolao Torquati, beneficiato, unam laneam tolani 
kn.Ua. : gr. n. 

909. Item, Padono, judeo, diversa ligna sippressi (5) , et unam guerbiam 
nVe torcam : gr. vi. 
9o3. Item, dicto Padono, aliqua bona debilia, precio : fl. nu". 



Vasa 



stagni retenta per dominum Johannem Agulhoni, clavnrium, 
pro usu et servicio domus archiepiscopalis. 



906. Primo, platos stagni 1111". 

905. Item, scutellas stagni xvin to . 

906. Item, scissoria quadrata xn. 

107. Item, pitalphos stagni nu", unum trium quartayronorum , duos 
quartayroni et medii, et alium unius quartayroni. 

908. Item , quinque aquaderias stagni. 

909. Item, platos duos de lothono, ad lavandum manus. 

(l) Une chaufferette. 

w Gollongiie, ancien château, dans la commune de Simiane, canton de Gardane, 
arrondissement d'Aix , département des Bouches-du-Rhône. 

w Couvent de religieuses dominicaines, fonde à Aix, A la fin du xm* siècle, par 
fe roi Charles II , comte de Provence. 

w Poêle ou chaufferette. 

* Des pièces de bois de cyprès. 



— 38 — 

Varia etiam alia remanserunt apud euni, quia custodiebat doiiuim,e/ 
remansit clavarius. [Alia manu : negatur quod aliquid sibi remanserit.] 

Empta per magistrum Franciscum Macellarii, notarium: 

a 1 o. Primo , umim scriptorium quadratum , cum armis domini desnper : 
gr. m. 

an. Item, urmm mathalacium lista tu m cum listis persis : fl. m. 

sti a. Item, très jacletas de tela persa : gr. m. 

ai 3. Item, unam tabulam mensalem magnam : gr. vm. 

ai 4. Item, unam servietam : gr. i t den. vm. 

si 5. Item, unam mapam perforatam : gr. vm. 

ai 6. Item, unum scannum fusteum parvum : gr. i. 

217. Item, unum par candelabroram de lothono : gr. vi. 

Empta per dominum Johannem de Puppio , oflicialem : 

a 18. Primo, unum marcipium de cirico, cum litteris deauratis, flocatoni 
cum tondulis (1) rubeis : gr. *i, den. vm. 

919. Item, unum scrinium de lothono : gr. ui. 

aao. Item, unum bancale barratum barris rubeis et croceys : gr. v, 
den. tiii. 

991. Item, unum streprSontum (,) : gr. vi. 

99a. Item, unum bancale operatumcum ymaginibus : fl. ru, den. 1111*^- 

a a 3. Item, aliud bancale cum arboribus : fl. 11, gr. m 

9 a 4. Item, unum jaque de cirico perso, ad deferendum in armis : fl.n^ 

995. Item, unum spéculum (3) vitreum : gr. 1. 

996. Item, unum linteamen tele, pauci valoris : gr. 11, den. vin". 

997. Item, unum roquetum sive superpelliciura : fl. 1, gr. vi. 

998. Item, unam magnam bassinam de cupro, cum pedibus ferreis 
fl. 11. 

999. Item, quinque scissoria rotunda, de stagno : gr. vi. 
a3o. Item, unum par caligarum albarum : gr. v. 

Empta per dominum Fulquetum Raynaudi, 
canonicum ecclesie Aquensis : 

a3i. Primo, unam cohopertam iecti, vocatum bore : fl. m. 

939 Item, unam magnam bassinam, et unum dreyssatorium fusteuur» 
cum panno desuper existente, viridi coloris, et unam bassachiam lecti pc»~ 
ramenti : fl. x. 

(1) Bien que nous ne trouvions ce tenue nulle part, il ne peut être ici quesa\«* D 
que de franges ou flots. Il faut peut-être lire cordulit. 

(1) Le n° 3sq de l'Inventaire nous engage à voir en ceci un matelas. 
(,) Un miroir en verre, par opposition aux miroirs en métal poli. 



— 39 — 

a 33. Item, unum cauffatorium de cupro : gr. ix. 

a34. Item, unam tobalhollam : den. xu. 

a35. Item, imam poncham tele, operatam de cirico : gr. ui. 

a36. Item, unum superpelu'cium de tela grosse : fl. i, gr. m. 

^37. Item, duos mochados (1 tele par vos, et unum fractum : gr. u. 

a38. Item, unam capam et duos disploides, sive armalansos, cum uno 

capucio panni brunete : fl. xxii. 

•i.39. Item, duo linteamina de panno albo : fl. u. 

Empta per dominum Jacobum Boyssoni, licenciatum in legibus : 

-iko. Primo , unam furquetam (>} de ferro , pro tenendo ad primas : gr. m. 

a4 1. Item, unum armarium de nuce, munitum duabus clavibus et 
*ris : fl. iut", gr. vu. 

a4a. Item, duos carrellos de coreo rubeo, rotundos : gr. vm M . 

ai 3. Item, unum pulvinar, cohopertum de tela : fl.u, gr. vi. 

sAA. Item, unam parvam culcitram : fl. u, gr. m. 

a/i5. Item, unum mathalacium listatum : fl. u, gr. vi. 

2 46. Item, duos cutellos ad serviendum in mensa, cum caniveto et 

tasina : gr. ix. , 

a&7. Item, unum baculum fusteum, valde pulcrum, habentem desuper 
îgoram leonis întercisam (?) : gr. 1. 

a à 8. Item, unam calolam de panno nigro : gr. 1, den. vin 1 *. 

9/19. Item, unum cappellum de vipro (3) , cum cordono : gr. m. 

a5o. Item, unum tappicium : fl. 1. 

ao 1 . Item , sex scissoria quadrata , de stagno : gr. un", den. vm t# . 

a5a. Item, unum moscale : gr. 1. 

a53. Item, unum parvum coffruui de coreo, ferratum de coreo rubeo : 
$r. m. 

9 5 A. Item, iinum horologium munitum : fl. xu. 

*5. r >. Item, auricular : gr. im or . 

Empta per dominum Petrum Haberti , canonicum 
et sacristam dicte ecclesie Aquensis : 

s 56. Primo, unam tabulam mensalem de sippressio : fl. 1, gr. m, 
dea. vih" 
407. Item, duos caffues ferreos, cum crocia desuper : fl. 1, gr. ix. 

[l ) Deux mouchoirs de toile. 

W Une petite fourche pour arranger le feu. 

■*> Mous n'avons pu parvenir à découvrir ce mot dans aucun dictionnaire. [C'est 
peut-être une mauvaise forme de vimpla, sorte d'étoffe, d'où est venu le mot 
B^tmpf. A. D.] 



_ 40 — 

s 58. Item, duos carrellos de coreo rubeo, rotundos : gr. vui M . 
969. Item, unam bassinam cum parva ydrea de lothono, et cou 
incausto (1> fu[s]teo, ad lavandum manus : fl. 11, gr. vi. H 

360. Item , unum quadrantem cum suo stucho de coreo : gr. vi , den. mT. 
261. Item, unam mapam bonam de mensa domioi : fl. 1. 
969. Item, aiiam mapam [de] mensa servitorum : gr. ?n, den. rm". 
963. Item, unum streppontum (,) : gr. vi. 
96a. Item, très platos stagni : fl. 1. 

Empta per Michael Dalmacii , notarium : 

965. Primo, unum duppletum parvum, dictum bore, pro cohopertum 
lecti : fl. 11. 

966. Item, unam laneam rubeam, pro copertura lecti, U8atam,cam 
listis viridis coloris : fl. 1, gr. m. 



967. 
968. 
969. 
970. 
971. 
979. 
973. 
974. 
975. 
976. 
977. 
978. 



tem, quasdam forGcetas (3) deauratas : gr. m. 

tem , duo bancaiia , cum arboribus et ramis : fl. nn". 

tem, unum stuchum cloqueariorum , de coreo : gr. 1. 

tem, unum massapanum longum : gr. 1. 

tem, unum carrellum quadratum, de coreo rubeo, gr. yi. 

tem, unum birretum nigrum, de tappa (4) : gr. in. 

tem, duo parva auricularia usata : gr. vi. 

tem, unum manutergium : gr. 1. 

tem , unum mocatorium vocatum poncha : gr. 1. 

tem, unum superpellicium laceratum : gr. 11. 

tem, unum bancale laceratum : gr. 11. 

tem , unum scabeltum fusteum : gr. vi. 

Sequitur modus distractionis vaysselle argenti. 



979. Primo, habuit ecclesia cathedralis Aquensis duos discos, sive 
platos argenti, sibi legatos, ponderis novem marcharum et unziarum dua- 
rum, ac denariorum xxih. 

980. Item, unam cupam pulcherrimam,boill[on]atam, deauratam intus 
et extra, cum cupercello in quo erat quidam pannuncellus, ponderis qua- 
tuor marcharum, et unziarum sex, ac denariorum sex. 

981. Item, uniim magnum pitalphium argenti, ponderis marcharum 
septem , et duarum unziarum , ac denariorum xxi. 

(') Le sens indique qu'il s'agit ici d'une manche en bois, mais il n'y a dans Du 
Cange que incatutum, encre. 
W Voir la note du n° 3 a 1 . 
P) De petits ciseaux dorés. Du Cange, forjex. 
w Mot que nous ne trouvons nulle part; peut-être faudrait-il lire de cappa ? 



— 41 — 

Item plus, habuit ecclesia, pro tricentis florenis, et in diminucione 
quingentorum florenorum solvendorum pro missa, omni die et per imper- 
petuum eelebranda in ecclesia predicta , videlicet in cappella noviter con- 
structa somplibus dicti domîni quondam archiepiscopi , sab vocabalo et 
iitulo beati Mitrii, martiris, in eadem cappella corpus ejus tumulati, 
desuper altare in altum, vasa argentea que sequuntur; et etiam pro missa 
aono isto primo eelebranda , in dicta cappella , pro anima ipsius quondam 
domini defiuncti , ad rationem uni florenorum monete currentis : 

989. Primo, quinque tasseas boyllonatas; \ 

983. Item, unum astralabium (1) argenti ; 

986. Item, scutellas et scissoria argenti reperta; 

a85. Item, unam aquaderiam cum sex gobellis (i) ; 

986. Item, quasdam cremerias (3) argenti ; 

987. Item, unam cupam argenti albam, cum cuper- 
«Bo; ) fl - m- ™"- 

988. Item, duo cloquearia argenti deaurata; 

989. Item, quinque vel sex cloquearia alba ; 

990. Item, très broquetas argenti, quarum due erant 
leaurate ; 

991. Item , doas aquaderias argenti , sine cupercello : / 

Omnia premissa ponderabant marchas argenti trigintaduas,unzias duas 
et denarios xii. 

999. Item , reverendo in Christo patri domino episcopo Aptensi fuit tra- 
dita una cupa argenti deaurata, sibi débita secundum consuetudinem dicte 
Aquensis ecclesie, quia venit, ut tenebatur, ad sepeKendum deffunctum 
metropolitanum suum. 

993. Item , religiosus vir frater Isnardus Lhataudi , ordinis Predicatorum , 
socius dicti quondam domini archiepiscopi , habuit unam pulcram aquade- 
riam argenti deaurata m. 

29a. Item et unam cupam pulcram, copertam, deauratam, pro florenis 
octuaginta , in diminutione sui legati florenorum centum : fl. lxxx u . 

«195. Item, nu" lacée argenti boillonate, ponderis marcharum quinque, 
unziarum seplem , et denariorum novem , fuerunt vendite pro solucione le- 
gati quinquaginta florenorum , debiti Pran[ci]sco Nicolay, fratri dicti quon- 
dam domini archiepiscopi, ad rationem decem florenorum pro marcha; va- 
luerunt in sumraa: fl. lix, gr. 11, den. x. 

996. Item, quedam cupa argenti deaurata, ponderis marcharum dua- 
ruen et denariorum trium, fuit vendita per dominum Guilhelmum Fabri, 
bajultim capituli, Bonifacio Salvanhi, pro expensis anniversarii dieu* quon- 
lam domini , de qua tantum habuit florenos viginti très , quia , ut dicebatur, 

(*) Variante à'aslrolabtum. 
W Six verres ou gobelets. 
(*) Vases pour tenir les saintes huiles, crémières. 



— 42 — 

non erat de argento fino, et erant alique saudature (1) , que non erant de 
argento : fl. xxui. 

397. Item.pro premissa causa, fuerunt vendita per dictum bajulum 
duo sigilla argentea dicli quondaui domini, fracta, ponderis unius marche 
et denariorum novem, de quibus habuit, quia non erant de tino argento, 
florenos novem, et gros8as septem, et denarios octo : fl. ix, gr. vu, 
den. vw*. 

398. Item, dominus Jacobus Boyssoni habuit duo cloquearia argenti 
pro fl. 11. 

399. f Item, magister Michael Dalmacii, alia duo cloquearia pro simili 
precio : fl. 11. 

3oo. Item, dominus Johannes Agulhoni, alia duo cloquearia, simili pre- 
cio : 11. 11. 

3oi. Item, magistro Astrugio Bonafos, judeo, cloquearia duo, prout 
supra in primo foleo distractionis bonorum habetur, et precio in eodem foleo 
designato. 

3 03. Item, quedam crux parva argenti deaurati v cuni uno cordono,fuit 
vendita, secundurn extimacionem faclam per Bonifacium Salvanbi : fl. 11, 

gr ' VL 

303. Item, magister Michael Dalmacii habuit unam broquetam cum 

manubrio corailli, ornatam de argento aurato: fl. 1. 

304. Item, dominus Fulquetos Raynaudi aliani broquetam cum manu- 
brio de cristalio, ornatam de argento deaurato, pro fl. 1. 

305. Item, dominus Jacobus Boyssoni habuit un uni curatorium au ris 
de argento. Item, unuin signetum de auro, fractura. 

306. Item, dominus Johannes de Puppio, ofliciaiis, habuit sex taceas 
argenti planas, ponderis marcha ru m septem, unziarum quinque cum dimi- 
dia, ad racionem decem florenorura pro marcha, valent: fl. lxxvi, gr. x, 
den. vin. 

307. Item, habuit duos anulos prelati, cum lapidibus omatos, precio : 

fl. XIIII. 

308. Item, dominus Jacobus Boyssoni habuit anulum unum auri, in 
quo erat licornu , precio : fl. v. 

309. Item, dominus episcopus Sistaricensis habuit anulum cum Lipide 
saphiri, precio : fl. v. 

Sequitur distractio librorum. 

3 10. Primo, convehtus Predicatorum civitatis Avinionis habuit grossirai 
missale quod erat in cappella sécréta dicti quondam domini, et quia proba- 
\«*runt ipsius conventus esse, tamcn acomodatum dicto quondam domino; 
quictancia est apud executores. 

(1) Des toudureu, faites probablement avec de Tétain, et non avec de l'argent. 



— 43 — 

3 1 1 . Item , magister Marcialis (1) , ordinis Predicatomm, émit duos iibros , 
umim De potestate ecclesie, et ahuni De consilio generaU, precio : fl. vi. 

3ia. Item, magister Adeiuarius Fidelis (>) , ordinis Predicatomm, habuit 
très Iibros, unum scilicet antiquum, intitulatum Concordia veteris et nom 
testament*; item , alium in quo continetur Exposicio régule sancti Augustini; 
item, alium in quo habetur copia Privilegiorumfratrum Predicatomm; pro 
quibus solvit : fl. i\. 

3 1 3. Item , fuit predicto Ademario donatus quidam liber venerabilis Bede . 
qui constiterat dicto quondam domino duos ducalos, ut in eodem scriptum 
reperiebatur ; et hoc, pro labore suscepto per eum in veniendo de Sancto 
Maximino ad civitatem Àquensem, in die novene, pro comendacione me- 
uiorie domini; item et pro labore suscepto in extimandis libris venalibus. 

3i/i. Item, reverendus in Ghristo pater dominus episcopus Forojuliensis 
habuit Flores sanctorwn, pro il. xxm. 

3i5. Item, dominus Jacobus Villechartre, canonicus Aquensis, habuit 
Epistolas Tulii , pro fl. v. 

3i6. Item, magister Marcialis, ordinis Predicator uni, habuit Dialogon, 
el quemdam parvum libellum in papiro De modo procederuU contra judeos , 
pro fl. vin* , gr. vi. 

317. Item, dominus Ludovicus Ferrandi, nepos, sive de affinitate dicti 
domini, bone memorie, habuit Iibros sequentes: Décrétâtes, Sextum décré- 
tait wn, textum Sentenciarum, textum iui or evangeiiorum in uno volumine; 
que omnia consliterunt : fl. xxxn. 

3 18. Item, dominus Johannes de Puppio habuit Petrum Jacobi super li- 
bellas, pro fl. v. 

319. Item, débet habere Papalistam et Summam Monardi super jure ca- 
nonico. 

3 q 0. Item , Petrus Haberti , sacrista , habuit Epistolas Senece , pro fl. un". 
3a 1. Item, Spéculum morale regium, extimatum ad fl. 11. 
3s 9. Item, Bonifacium deSmanatis super Clementinis : II. xx. 

Dominus Jacobus Boyssoni habuit Iibros sequentes [quos] retinuit 

pro extimacione que sequitur : 

3 s 3. Primo, Summam Confessorum, pulcram: fl. xxx. 

'.\ih. Secundam secunde Summe sancti Thome: fl. x. 

3 af>. ltom , primam partent Summe : fl. vi. 

3>6. Primam secunde babet de Montilio, et retinuit pro extimacione, 
lii <* nundum sol ver it : fl. m. 

3^7. Item plus, habuit Boyssoni Summam contra gentiles sancti 
Thome : fl. vu 



Martial Aunbelli, qui fut général des Dominicains de 16 53 à- 1/173. 
Adémar Fidelis, prieur de Saint-Maximin , de i/î3o à îAâg. 



■ii 



— 44 — 

3 s 8. Item, quemdam parvum librum in parvo voluniine, in quo con- 
tinentur MoraHa sompniorum Pharaonis et Epistole Joseph (l) : fl. i. 
339. Item, Librum concordanciarum : fl. xxx. 

330. Item, quemdam librum qui intitulatur in principio Summa colkc- 
tionum : fl. 1 . 

33 1. Item, librum De regimine sanùatis : gr. m. 
33s. Item, librum De exemplis sacre scripture : fl. 1. 

333. Item, unum parvum Psalterium: fl. 1. 

334. Item, librum Exodi, glosatum : fl. m. 

335. Item, Clementinas : fl. 1. 

336. Item , Repertorium Somme Raymundi de BeUaforti (,} : fl. 1 , den. vm" - 

337. Item, habuit librum Epistolarwn beati Bernardi. 

338. Item, librum Regiminis vivorum, in pergameno. 

In Avinione. 

Item, in Avinione, per manus judeorum, ut moris est, fuerunt venditi 

libri sequentes. 

339. Primo, Quartus sentenciarum sancti Thome : fl. vin. 

340. Item, postilla Nicolay de Lara super evangeliis, in papiro et mal^ 
litera : fl. v. 

36 1. Item, scriptum sancti Thome super ethicis elpoliticis : fl. v. 

3 A a. Item, liber Damasceni : fl. un". 

343. Item, parva Biblia domini : fl. xxvi. 

3 A 4. Item, Moralia GregorU super Job, imperfecta : fl. xv. 

345. Item, Historia seolastiea : fl. un". 

346. Item, postilla beati Thome super epistola ad Corinlhios , cum qua- 
dam postilla Traveti super psalterium 9 in uno volumine : fl. v. 

347. Item, quidam libellus De gaudio paradisi : gr. vi. 

348. Item, Sermones dominicales Jacobi de Voragine : fl. vu. 

349. Item, scriptum sancti Thome contra Guilfelmum de Sancto Amore, 
inpugnantem religiosos : fl. nu". 

350. Item, liber Danthe, in vulgari ytalico et rima, sed imperfectus, 
ut dicebatur : fl. un", gr. vi. 

35i. Item, quidam libellus qui incipit : crAccidia» : gr. vm t0 . 

359. Item, Auguslinus de Anchona, depotestate Pape ; fl. x. 

353. Item, beatus Thomas, de veritate : fl. nu". 

354. Item, Sermones beati Bernardi super Cantica : fl. iiu or . 

355. Item, Biblia grossa in duobus voluminibus, fuit vendita per 

W Les songes de Pharaon et Us lettre» de Joseph sont un ouvrage de Jean de Li- 
moges. Celait une sorte d'or* dietaminis (Voir Hi$t. litt. de la Fr. t L XVIII, 
p. 393-395.) 

» Lisez de Pemaforti. 



— 45 — 
judeam Tholorise, de Avinione, precio xx u oeto scutorum auri, valentium : 

fl. XLIX. 

Item , dominus Laurencius Dosoli , de Tritis, ciii ego sacrista dimisi onus 
injunctum, vendidit libros domini, quando sciiicet redii Aqnis, lie mandata 
domioi Aquensis, inmediate deffuncti (,) , vendidit libros sequenles, et tradi- 
dit judas : 

3 5 S. Primo, quemdam libellum Repertorii, in papiro, qui incipit : 
«t Aptavits : fl. i. 

357. Item, iibram Deeretorum mmmorum pontificum, in pargameno : 
fl. 11. 

358. Item, quamdam tabulam papiream Distinclionum , que sic incipit : 
« Incipit tabula dislinctionum » : fl. 1, gr. vi. 

359. Item , quemdam librum Sermonum beati Bernardi , qui incipit : 
trSicnt in corporum médicinal. 

3 60. Item, quemdam librum sermonum, quorum primus est de beato 
Johanne Baptista : *Hic erit magnusv : fl., gr. vu. 

36 1. Item, quamdam aliam tabulam papiream, que incipit : «r Abslinen- 
cia est meriti augmentativa» : fl. 1. 

36s. Item, beatum Thoraam de potencia Dei, et spirittialibus creaturis : 
fl. mi". 

363. Item, quidam judeus de Avinione, nomine Durant, habet quos- 
dam tractatus Francisa de Mai[r]onis, in uno volumine et pargameno, 
super capitulum Firmiter, de Summa Trinitate, etc., cuin marche de te 
misi, etc. (sic). 

364. Item, habet quemdam Tractation contra judeos et de AntîckrUto, 
quos sibi tradidit sacrista, ad vendendum in Avinione, ut solet fleri. 

365. Item, quidam judeus in Avinione, nomine Bonseignour, qui fugit 
de Avinione Arelate et hue est, habet Petrum de Tharentasia Super quarto 
senteneiarum , sive florenos très pro ipso libro. 

366. Item, habet scripta Bonaventure Super tercio et nu" senteneiarum, 
quos vendidit domino Johanni Payre, deeretorum doctore, pro septem flo- 
renis; istos très libros tradidit sacrista. 

Item, idem judeus Bonseignour habet libros sequentes, sibi traditos per 
dominum Laurencium Dosoli de Tritis : 

367. Primo, Postillam N. de Lira super libris regum et quibusdam aliis 
iibris Biblie, extimatos ad florenos xv, in pargameno et littera formata. 

368. Item, quamdam Postillam super Evangeliis, in pergameno et littera 

(l) L'archevêque nouvellement décédé, à l'époque où était rédigé le document 
que nous publions, est Robert Roger, oublié par le GalUa Ckriêtùma, lequel siégea 
de i&A3 à 1&&7, comme nous Payons récemment démontre dans le Bulletin du 
Comiùf de 1 883. 



— A6 — 

currente, qui liber est copertus de oorio aibo, et est, ut diritur, conventos 
Predieatorum Carpentoracensis. s 

369. Item, quemdam Librwn Mandagoli, cum quadam tabula papirea, 
totum modici valons. 

370. Item, quidam magister Johannes de Rivo, magister in théologie, 
ordinis Predieatorum, recuperavit quamdam Tabulant sancti Tkome, sive 
Repertorium super opéra dictorum, quam dudum amicabiliter commodaveral 
domino bone memorie ; dictam tabula m sibi porta vit Massilie dominus pre- 
positus Massiliensis. 

371. Item, dominus sacrista, ut dixit, tradidit quemdam librum ser- 
monum dominicaiium, extimatum florenos duos, cuidam fratri de ordine 
[Sancti] Augustini, vel Minorum, ut visitaret, qui emere se velle dicebat; 
et ex post, non audivit nova, et modo ignorât quis [sit] Hle frater. 

37s. Item, dicit idem dominus sacrista quod tradidit domino Jacobo 
Boyssoni librum epistolarum Cornelliiad Ciprianum, in pargameno et littera 
currente. 

373. Item, de aliis libris extimatis per magistrum Adhemarium et 
misais in Avinione dicto domino sacriste ad vendendum , scriptum reperitur 
apud magistrum Michaelem Dalmacii, ipse sacrista conûdit bonam red- 
deœ racionem. 

37 4. Multi parvi libri, prêter predictos extimatos, et aliqua alia de 
quibus fuit menlio in inventario, debent reperiri in duabus cassis (l) repo- 
sitis in tocristia ecclesie. 



-r 



Sequitnr alia recepta de arrayragiis. 

375. Primo a domino Petro Gavoti de Riancio (4) , per manus domini 
Johannis de Brachio (S) , canonici : fl. x. 

376. Item, dominus Jacobus Boyssoni apporta vit de Jocis (4} et de Pe- 
trolis (l> , quando ivit cum magistro Michaele Dalmacii, in pecunia : fi. xu, 
den. xu. 

377. Item, misit Aquis, de predictklocis, de arrayragiis annone débi- 
tas, saumatas annone xxv, vel circa. 

378. Item,. dominus Anthonius Roque recollexit Aquis, de arrayragiis, 
saumatas annone vin, vel circa. 

(1 > Cassis, variante de captis, caxàs, caisses. 

w Rians, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Brignolles, département du 
Var. 

< 3 > Bras, commune da canton de Saint-Maximin, arrondissement de Brignolles, 
département du Var. 

(*) Jouques, commune du canton de Peyrolles, arrondissement d'Àix, départe- 
ment des Bouches-du-Rhône. 

(, l Peyrolles, chef-lien de canton desdits arrondissement et département. 



— 48 — 

390. Item, pro euratis qui lavaverunt corpus pfedietum, antequam 
sepeHretur : gr. ti. 

391. Item, pro Johanne Albi, laptscida, qui apernit vas in quo fait 
corpas repositum, et claasit * gr. ti. 

392. Item, pro domino Petro Besaudini, qui ivit ad qoerendom domi- 
num episcopum Aptensem, sufiraganeum, qui, de consoeliidine et more, 
débet facere officium in sepultura archiepbeopi Âquensis, secondom ordi- 
naciones eedesie Aquensis, de quibus in qnodam libro eedesie, reposito in 
choro, habetur: fl. u 

3$É. Item, pro sex clerids benefieiatis qui portaverunt corpus dicti 
deffuncti ad sepnlturara. scilicet dorainis GtrilleJmo Fabri, bajulo capituli, 
Poncio Duranti, Ludovieo Barracii, Bertrando Charpilhi, Petro Besaodini 
etGuiileimo de Branca, coilibet ipsorum grossos très : fl. 1, gr. vi. 

396. Item, pro palsatoribns campanarum, qui fuerunt de villa : fl. 1, 

395. Item, pro clericulis qui juverunt ad pulsandum omoes cam panas, 
in die obitus : gr. m. 

396. Item , pro clericulo qui thurificavit ante corpus : gr. 1. 

397. Item, pro armis domini depictis, et repositis et affilis intorlieiis, 
et aliis locis necessariis : fl. v, gr. 11 , den. im* r . 

398. Item, pro sexaginta duobus intorticiis, ponderis im w iibraram 
pro quolibet, et ducenlis cereis parvis et aliis pro aJtari, candelîs et alia 
cera neccessaria, habitis a Bertrando de Bosco et Vigarono, speciatoribus, 
pro sepultura : florenos lixiix, grossos v; de quibus dictus de Bosco habuil 
florenos ildi, grossos xi, et dictus Vigayronus, florenos xlv et grossos sex. 

399. Item, pro cappella lignea, sive tabernaculum factum super fuiras , 
ad reponendum intorticia et cereos , et cassia X) in qua fuit repositum corpus, 
et bocassino reposito circuniquaque cappellain ipsam, que omnia facta 
fuerunt per magistrum Johauneni Nigri, lignifabrum : fl. xxv. 

Ixoo. Item, pro panno nigro habilo a Bonifacio Salvanhi, draperio, pro 
viginti vestibus et cappuciis lugubribus. pro servitoribus dicti domini 
deffuncti : fl. xcvii. 

/101. Item, pro sex cannis panni nigri habitis a Bertrando Robolli, pro 
vestibus domini Anthonii Roque, presbiteri, collectons censuum, et botel- 
herii domini : fl. xm. 

/ioa. Item, pro xiii°" vestibus albis panni de Bardonesca, traditis xm 
pauperibus, in die sépulture, habitis ab Slruc Bonafos, judeo : fl. xu, gr.xi. 

4o3. Item, in crastinum diei sépulture, que fuit lune, quia sepultura 
facta fuit in die dominica Trinitatis, fuit incepta novena, et contiiiuala 
martis, mercurii, etc, usque ad sequentem martis; et in qualibet die et 
niissa fuerunt duodecim intorticia; et die prima, scilicet lune, fuerunt 



(1 



) Le mol caxnia n'est pas dans Du Cangc, dans le «mis de bine, caisse de itiorl. 



— 49 — 

nova, que resta bail t de predîcla summa intorticioruin; aliis diebus, fue- 
runt recepla cam ioqaerio de sacristie ecclesie, ad rationem xn soli- 
dorum pro intorticio, ut moris est, et ila ascendit [dîctis] diebus: libras 
vui, solidos vin, io : fl. x, gr. n. 

404. Item, pro oflertorio, in missa illorum octo dierum, quia qualibct 
die oflerebaot luctum facientes, et persone notabiles ipsos concomitantes : 
fl. mi, gr. vi. 

405. Item, pro cera habita a sacristîa et consumpta, in duobus cereis 
mignis assidue nocte acdie cremantibus in loco sépulture, et subtus laber- 
naculum : fl. vi. 

So6. Item, pro domino Guillelmo de Branca, qui celebravit misses no- 
veue : fl. i. 

A 07. Item, in die novene, pro oflertorio : fl. x. 

A08. Item , pro oflertorio ducis Cala brie, unu m mutonem auri : fl. t. 

609. Item, pro xxiiii" intorticiis et centum cereis habitis a Roslagno 
^enebinati : fl. xxvm, gr. nii or , den. \n. 

k io. Item, pro distribucione facta canonicis, clericis et ceteris, per 
*Hanum domini Pétri Besaudimi : fl. vu. 

An. Item, servitoribus ecclesie, pro pulsacionc campanarum, sive 
t^lassibus l \ locius novene et cantaris (i) , quia illa die non invenerunt pulsa- 
*orea ville : fl. ini ,r , gr. vi. 

& 1 9. Item , magistro Perrineto , sartori , pro bastimento (3} vestium lugu- 
k*rium, que sunt numéro xxii : fl. vin*. 

-Anno revoluto post obitum domini, et paulo plus, scilicet die tercia no- 
vembris m° 1111 e xliih", fuit celebratum anniversarium prefati domini bone 
memorie solempniter, ut moris est, in quo facte sunt expense sequentes : 

Ai 3. Primo, Rostagno Penchinati, pro xxv intorticiis cereis et una libre 
«ndelarum, pro predicto cantari : fl. xxi, gr. vi. 
4ià. Item, pro oflertorio : fl. m, gr. 1, den. nu. 
Ai 5. Item, pro distribucione canonicorum et aliorum ecclesiaslicorum : 
fl. vi, gr. 11, den. un. 

616. Item, pro expensa prandii, in quo fuerunt canoniei et alii eccle- 
àastici : fl. vu, gr. m, den. ix. 

617. Item, pro bajulo capituli, scilicet domino Guillelmo Fabri, qui 
predictas expensas fecit, et in premissis laboravit, pro suo labore : 
gr. m. 

"> Les glas. 

(,) An lieu du mot canton», il y a dans le texte cantitm, que nous n'hésitons pas 
* regarder comme une erreur évidente. Cantar en provençal désigne le service du 
bout de la neuvaine. Cf. n° 61 3. 

(3) Pour la confection , pour la faron. Inconnu à Du Canjjc. 

Archéologie. 4 

lartiviftir lutiuiiLt 



^- 50 — 

4i8. Item, pro quolibet eonventu un" mcodkantinni ontinam, il 
commemoradnnem solennem lacèrent pro anima didi domini defonrfi, fl* 
renom unum, et lie in somma : fl. nu*. 

Ai g. Item, pro qoodam proboqui voeatiir Rastasmi,qniaDJOvfteofpai 
dicti domini defundide fovea in qui fuen*com6nda£am,et fini tonetrm»» 
latom in lepolenun eappelle sue : gr. n. 

&ao. Item, pro magistro Petro Cappelleti, laptscida, qui levant lapidai 
loei repositorii predieti, et poitea reposait, et aptavit locum, qui etisji 
tnmolnm in qno fait trandafum corpns daosit cnm gippo fa \ qnia lapis fli- 
dem reponendus non erat adhnegravatos,habuit tant pro gippo qoant pr» 
labore soo : fl. 1 , gr. u. 

&91. Item,. pro daobns postibas et tribus cabrionibas positis desopte 
gippam, habitis a magistro Johanne Nigri, fbsterio : gr. mi*. 

Î99. Item, pro dams campanaram un" : fl. n. 

Aa3. Item, pro potn pnkatorom : gr. 1. 

Alie expense commîmes. 

696. Primo, m die fnneraliam, pro vino albo, gr. m, qnia davarim, 
qui faciebat expensas, non fecerat provisionem de vino albo , et smdki ci- 
vitatis fuerunt invitati, et aliqui notables ecdesiastid. 

&ao. Item, in djebos prima et seconda inquantos, pro tribus jndaiaqoi 
portavernnt res de domo ad inquantom : gr. n. 
Aa6. Item, Desiderio Pictoni : gr. 1. 

697. Item, magistro Jobanni de Unis, bajulo burgi^, pro jure inqoaii- 
tos : fl. n. 

698. Item, pro qoadam sahragardia babita pro domino Anthonio Ray- 
naudi, presbitero, et olim camerario dicti quondam domini arcbieptseopi, 
eo quia timebat consanguineos domini Johannis Clari, cujus furtum detexe- 
rat, quos recepit dominus Antbonius : gr. xx u . 

699. Item, pro portu xxvi saumatarum annone de arrayragiis de Jocis 
et de Petrolis, ad rationem duorum grossorum cum dimidio pro xn sau- 
mabs apporta tis per Petrum Bernardi, de Jocis, et sex per aiios, ad 
rationem duorum grossorum , quia veniebant tantum de Petrolis , ascendant 
ad : fl. v, gr. u. 

43o. Item, pro mutacione dicti bladi, de domo sacriste ubi fueratrepo- 
siuim, ad domum domini Fulqueti, scilicet quando dictus sacrista voluit 
repetere studium , de anno domini n mo mi e xliih* , et de mense novembris, 
et etiam pro mutacione quinque saumatarum annone cum tribus eminis, 
de arreyragûs collectis Aquis per dominum Anthonium Roque : gr. vw. 
Item , pro mensuracione dicti bladi : gr. 11. 

(,) Plâtre, en provençal gip. 

(,) Le bayle du bourg Saint-Sauveur, dont le chapitre d'Aix avait la juridiction «* 
nommait les officiers. 



— 51 — 

i. Item, anoo revoluto, vel circa, fuit mutatum dîctum bladum, 
oodioo alk> quem postea dominos Fulquetus receperat ex levacione 
tî Antbonii Roque, et de dorao dicti domini Fulqueti, qaia non 
it pins custodire, fuit portatum ad domum anniversarioram , et men- 
im , et sont reperte xxxm saumate aonone ; pro porlu et mensura : 






a. Item, pro portu librorum venafium, qui nieront portati Avinio- 
gr. xv. 

3. Item, pro portu nn" librorum , qui remanserant in capitulo pro 
re, sciiicet Biblie in duobus voluininibus, Psalterii et Catholicon : 



r r . 



à. Item, fuerunt reportati de Avinione Aquis, ad requestam magistri 
uari. duo ex predictis libris, sciiicet Catholicon et Psalterium, cum 
ilio libro, et iterum reportati Avinioneni, qui non émit, ut dioebat; 
ortu et reportatu (l) : gr. vi. 

5. Item, magistro Jacobo Martini, in diminucione eorum que sibi 
ut deberi, pro suis scripluris in causa quam movit dominus Ludovicus 
i contra executores, pro stipendias sui vicariatus : fl. n. 

6. Item, in dicta causa, fuit fada certa remissio pro examinacione 
li prions olim de Laureis J) , testis producti, existent is Avinione; pro 
rocessu testiificatorio habuit Bertrandus Fregrestherii, notarius curie 
lis Avinionensis : fl. i, gr. i. 

7. Item, post sententiam latam in ipsa causa per officialem Aquen- 
foit appellacum per executores ad dominum legatum , et causa com- 

domino Johanni Payer (3) ; pro litteris inhibitoriis et cursoribus : 
m. 

8. Item, pro portando ad curiani appellationem contra magistrum 
eiem Bruni, habuit quidam 'Bonifacius Phillippi, de Mousteriis (4) , 
is Regensis : gr. vin". 

■gâta soluta familiaribus et ceteris legatariis, juxta ordinacionem 
dicti quondani domini archiepiscopi. 

). Primo, Johanni Fornerii, palefrenerio : il. quinque. 

3. Item, Remoneto, scutiffero domini : fl. x. 

1. Item, domino Anthonio Raynaudi : fl. x. 

2. Item, Johanni de Bosco, scutiffero domini : fl. x. 

Reportatu* a été omis par Du Gange, qui a reportuê et rtportatura. 

Lauris, commune du canton de Cadenet, arrondissement d'Apt, département 

icluse. 

Jean Payer, auditeur du cardinal Pierre de Foix, légat d'Avignon , devenu 

» d'Orange le 37 septembre iA5A, mort en 1666. 

Moustiers, chef-lieu de canton, arrondissement du Digne, département des 

-Alpes. 

4. 



— 52 - 

443. Item, domino Laugerio Blanqui : fl. x. 

444. Item, cuidam genero Francisci Nicolay, fratris domini bone me- 
morie Aquensis, pro legato ipsi fratri facto in testamento domini, florenos 
quinquaginta; notam quittancie sumpsit magister Jacobus Martini, et tes- 
tiflicatoriani habet de procuracione ipsius generi : fl. l. 

445. Item, domino priori de Cabries, antiquo servitori : fl. x. 

446. Item, Dionisio Garini, servitori domini ab antiquo, etquempo- 
suerat pro custodia in Castro domini Podii Sancte Reparate (1) , pro legato : 
fl. quinque. 

447. Item, domino Ludovico Ferrandi, qui erat de affinitale domini, 
pro jure legato : fl. xxv. 

448. Item, pro legato quatuor executoruui lesta menti, sciiicet domino- 
rum sacriste, Fulqueti, Johannis de Puppio et Jacobi Boyssoni, coifibet 
floi*enos xxv, ascendit : fl. c. 

449. Item, pro perfectione legati c florenorum fratris Ynardi Leutaudi: 
fl. xx. 

450. Residuum habuit in una aygaderia argenti et cupa, deauratiset 
pulcris, ascendentibus ut supra palet : fl. lxxx. 

45 1. Item, pro legato fratrum Predicatorum : fl. xx. 
45a. Item, pro legato fratrum Carmelitarum : fl. x. 

453. Item, pro legato fratrum Augustinensiu m : fl. x. 

454. Item, pro legato fratrum Minorum : fl. x. 

455. Item , pro valore unius tacee argentée legate fratri Ynardo, emptea 
capitulo quod jam habuerat cum aliis vasis pro m e florenis, pro missa, etc., 
ut infra lacius dicetur, et tradite ipsi Ynardo : fl. xin , gr. x. 

456. Item, pro fondacione misse, singulis diebus dicende in cappella 
edifRcata de bonis domini, ad racionem unius solidi, sive xii denariomm. 
pro célébrante ipsam missam illa die, habuerunt domini de capitulo p 
redditibus emendis, pro ista causa, florenos quingentos : fl. v c . 

457. Item, pro missa dicenda illo anno primo obitus, infra quem debe- 
bant domini emere redditus predictos, quia nulli adhuc erant reddilus, 
habuerunt : fl. xxm. 

458. Item, habuerunt florenos 111 e xxm, in vasis argenteis, ad racio- 
nem florenorum decem pro marcha, repertis in bonis domini, et 11 e florenos 
in pecunia numerata; que vasa fuerunt, apparebit supra, in racione argenti 
albi distracti. 

Sequuntur débita antiqua , soluta per executores. 

45g. Primo , Alziario Conte, macellario, pro antiquo debito nadonorom^, 
sive resta : fl. ni, gr. vi. 

(') Le Puy-Sainte-Réparade , commune du canton de Peyrolles, arrondisiaMBl 
d'Aix, département des Bouches-du-Rhone. 
(5) Les nadons étaient les jeunes agneaux. 



— 58 — 

460. Item, Girardino Ferose, qui vendiderat magnum orologium do- 
mino pro florenia xx uno, et, ut multi de domo dixeront, adhuc debebatur 
âhi, et ita firmabat juramento, anus florenus, qnem habait : fl. 1. 

46 1. Item, cuidam probo viro de monasterio monialium de Nazareth , 
qui jnrabat dominam deffunctum sibi debere mi" aut quinque florenos, 
habait : fl. n. 

46a. Item, Àrnoeeto (I) Botarici , pro debito de quo constabat per instru- 
mentant; qnittanciam et instrumenterai habet Dalmacii : fl. xv. 

A 63. Item, cnidam judeo medico, nomine Bonseignour, pro servions 
impensis per eum in infirmitate dominî : fl. ni. 

464. Item, domino vicario de Montejustino (,) , sive domino Jacobo Be- 
bolli pro eo, florenos vin 1 *, in quibus dominas sibi tenebatnr, ut constitil 
per fiïle dignos : fl. vin. 

465. Item, dominus Ludovicus Pitosii, ante questionem motam in judi- 
ào contra exeentorea, habuit ab ipsis execntoribus, sub spe aKcujus con- 
eordie et remiasionia, an aiiquid sibi deberetur vel non, pro gagiis sui 
vicariatus qooa petebat, et in magna somma, sommatas annone xi quas 
sibi tradidit dominus Guillelmus Fabri, bajulus, administrator tune anni- 
veraariorum, de blado arreragiorum de Petrolis et de Jocis, et de Aquis, 
qui erat tune in graneriis anniversariorum , ubi fait apportatus de domo 
domini Fulqueti. 

666. Item, habuit dominus Johannes de Puppio, pro resta de stipendiis 
sibi debitis , de tempore et temporibus quibus servivit in officio vicegeran- 
cie officialatus, demum officialatus, et novissime vicariatus et oflicialatus 
Àqoensis, temporibus domini bone memorie, florenos cxxxiiii, tam in sex 
taeeia argenti planis, de illis domini, ponderis marcharum septem, onzia- 
rum quinque cum dimidia, ad racionem florenorum decem pro marcha, 
qoam in duobus anulis cum lapidibus, presio exlimatis florenorum xim , 
quam ahis rébus receptis de incantu : fl. cxxxiiii. 

467. Item, dominus Jacobus Boyssoni, de summa aliquarum reruni 
receptarum per eum de bonis domini, retinuit florenos oclo, quos sibi dixit 
deberi dominus Johannes Clari, ut fidejussor consobrini fuit, ut dixit. 
constante instrumente quod apud se habet : fl. vin*. 

Sequuntur soluta pro cappella per executores. 

408. Primo, pro ferramentis necessariis pro fenestris cappelle, habitis 
a Johanne Cartier : fl. v, gr. vu. 

669. Item, pro aliquibus barretis ferri habitis ab eodem Cartier, [pro] 
vitralibus (3) ponendis in fenestris cappelle : gr. xx , den. xu. 

O Arnouttet, diminutif (TArnoux. 

,r > Mont- Justin , commune du canton de Reillane , arrondissement de Forcalquier, 
département des Basses- Alpes. 
3 > Les vitranx. 



— 54 — 

h-jo. Item, pro dictas vittralibus, liabitis a niagtstro Guillelmo, pirlore 
de Avinione, et positis per eumdem in ipsis fenestris : fl. xliii. 

4 7 1 . Item, pro iui" hominibus conductis per dominant GuiUelmiim Fafci, 
ad extendendum per cimilerium terram extractam de fundamentis cappele, 
qui fueruut per duos dies, ad racionem grossorum duortim pro die : gr.xn. 

\-j*. Item, Simoiii de Hospitali, pro predicla terra extrahenda, quia 
alii non totum perfecerant, sed ipse perîecit, juxta relacionem domini Fol- 
queti, de cujus mandato fecerat : gr. xvi. 

. /173. Item, pro uno anuio ferri et una trallola ferrie necessariis pro 
cappella , habitis a predicto Johanne Cartier : gr. v. 

07 4. Item, pro petra rubea : gr. vi. 

675. Item, pro tribus hominibus qui purgaverunt cappellam, et porta- 
verunt extra ecclesiam terram et lapides existentes in cappella, et vita 
ipsorum, et uno coffino : gr. ix, den. 11. 

076. Item, pro uno Domine cum suo animali, conducto pro domiao 
Guillelmo Fabri, ad portandum terram predictam exductam de cappella el 
repositam infra ecclesiam, extra ipsum locum, quia non bene erat, qui fait 
per duos dies : gr. vi. 

/I77. Item, magister Petrus Gappelleti, edifficator cappelle, haboil 
primo, per manus domini sacriste et domini Fulqueti, in diminucione 
eorum que sibi poterant deberi de editlicatione cappelle, florenos l. Istos 
recepit super unum vas in ciminterio, ante portam ecclesie, présente do- 
mino Paulo, prepositono, qui sibi mu tua ta restituebat, et islud mit die 
jovis post festum nativitatis béate Marie m" 1111 e xuin° : fl. l. 

/178. Item, ex post, habuit dictus Cappelleti a sacristq, per manus 
Nicolay Torquati, in domo magistri Dalmacii qui tune infirmabatur, et 
présente eo et quittanciam recipiente : fl. l. 

^79. Item, ex post, habuit a dicto sacrista florenos decem, in diminu- 
cione, etc., quia indigebat, pro illis qui cooperuerunt cappellam de tegulis 
et arena : fl. \. 

A 80. Item, ex post, habuit, in xx" tribus sommatis cum dimidia annone, 
habitis de arreragiis de Jocis et de Petrolis, ad racionem grossorum xwu 
pro somma ta : fl. i u 11 , gr. x et dimidium. 

48 1. Item, ex post, per manum domini Guillelmi Fabri : fl. vm, gr.v. 

48a. Item, ex post, pro finali complemento solucionis operis ipsius 
cappelle, habuit ipse Gappelleti florenos xxix cum dimidio, computato ins- 
trumento obligationis ipsius cappelle faciende; et ita quitum est opus 
cappelle. quantum ad ipsum Gappelleti: quittanciam habet Dalmacii : 
fl. xxix et dimidium. 

483. Item, quia fuit necesse quod opus cappelle canaretur, ut sciretur 
quantum debebatur magislro, qui pro cana :i} certam sommam recipere de- 



(0 



La canne, mesure de longueur ayant un peu moins de *> mètres. 



— 55 — 

jebat, fuit risum pro expedientiori quod magister haberetur de extra 
nvitatem ad canandnm; et fuit habitua unus expertus de Belicadro (1) , qui 
habuit pro expensis, veniendo et redeundo, et suo Iabore, pro parte exe- 
cutarum : fl. un. 

484. Item, magister Johannes Capucii, pictor, habuit, pro pictura cla- 
vis tecti cappelie : fl. quinque. 

485. Item, magister Johannes Nigri, fusterius, habuit, pro quadam 
tralhola ferri ad tenendum lapides : gr. vi. 

486. Item, pro scabeilo rasteo prope altare cappelie, habuit magister 
P. Riquerii : gr. mi. 

687. Item, pro ineastraciombus ferreisante vitreas, ad racionem trium 
florenorum pro incastracione fenestre, asoendit, quia sont quinque fenestre 
in cappella : fl. xv. 

4 88. Item, proparando acolas (1) ecclesie, in introitu cappelie, habuit 
Rodigo, lapiscida^florenum 1; plus debebat habere, quia cum hoc conve- 
nerat gravare lapidem tumuli , sed non fecit. 

489. Ilem, pro extracione lapidis repositi supra tumulum domini, iu 
qao effigies ipsius sculpta est, et adducendo ipsum de j>ereria (3) usque ad 
ecclesiam : fl. xvi. 

&90. Item , magistro Guillelmo, pictori de Aviuione, quitraxitpingendo 
et seripeit ipsum lapidem tumuli, pro suo Iabore : fl. nu. 

491. Item, cuidam magistro Roleto, lapiscide, commoranti in Dragui- 
aiano, pro sculpturael gravatura {K) ipsius lapidis, pro sua manu : fl*xxnn. 

^99. Item, pro cerîa expensa panis et vini sibi promissa pro dicto 
>pere : gr. ix. 

^93. Item, pro mundando cappellam, post gravaturam : gr. l 

A 9 4. Item, pro mille 11 e xxv tegulis necessariis pro copertura cappelie, 
traia, non obstante vota (5; lapîdea, pluebat in cappellam, ad racionem flo- 
renorum septem cum dimidio pro miliari, super quo miliari fuerunt 
donate l*\ ascendit : fl. vin , gr. x. 

495. Item, pro portu ipsaruin : gr. xxi. 

496. Item, pro illo qui portavit dictas tegulas supra cappellam : gr. 11. 

497. Item, pro aliis tegulis necessariis. quando fuit facta copertura 
cwncalce et arena, et hoc juxta relacionem domini Poncii : gr. ix. 

Sohrta Dalmacii , notarii. 

498. Item, pro laboribus et scripturis magistri Michaeiis Dalmacii, no- 
tarii publici, et olim dicli domini bone memorie archiepiscopi secretarii, 

;lJ Beaucaire , chef-lieu de canton du département du Gard. 

(') Les contreforts de l'église. 

(5) La carrière de pierres, en provençal peiriero. 

• 4) Ce mot manque au Dictionnaire de Du Cange. 

'* Vota , variante de volta , la voûte. 



— 56 — 

qui testamentum sumpsit ejusdem domini archiepiscopi, et m pobiicom 
reddegit; — item, inventarium booorom mobitium scripsit, — itemetîam, 
booorum ipsorum distractionem; — item, instraineatain eoovenbows cou- 
structionis eappeile beati Mitrii; — item, iDstromentum constructionis trt- 
ditum domino Juliano Margariti, cam dausula testament! produeta io eau» 
raota per dominom Ludovicum Pitosii; — item, vacant per nofem dies, 
cam domino Jacobo Boyssoni, tant in Castro de Petrolis quant de Jocw, ad 
recipiendum obligaciones arrayragiorum debitorum, in publicum; — item, 
vacavit cum magistro Gileto Joye, masson de Belcayre (, \ qui opos totnm 
dicte eappeile mensurnvit et canna vit, spacio trium diertim; — item, qoit- 
taneîas plnres et diverses sumpsit de soiutis per dictos dominos executora; 
— item, inventarinm bonorum Clari , et eorura distractionem scripsit, et 
plures alias scriptnras fecit et scripsit. [Cet article est biffe, avec cette aafc 
marginale : Non est verum, ymo magister Franciscos MaceJlarii fecit] 

499. Et ultra premissos labores, sibi debebantnr floreni sexdecim per 
dictum bone memorie dominum arebiepiscopum , de racionibus positki in 
duobus cartnlariis, de omnibus per eondem receptis, racione indiete 
décime per sanctissimum dominom Martinum papam quintum, contra 
Bohemistas, etc. 

500. Ex supradicto inventario (1> satis patet quod in bonis domini, ultra 
vasa argentea, pecunias repertas, et ornementa cappefle, et Kbros distrac- 
tos , nichil erat preciosam ; sed erant minuta , de quibus venditis per incantnm, 
receperunt executores, ultra ea que ipsâ habuerunt pro se, de quibus supra 
patet, florenos centum Lxxn et non plus. Quia de venditis in incantu, de 
quibus supra patet, aliqua non fuerunt soluta; quia recedebant, dicentei 
quod ibant quesitum pecunias, et non redierunt Et conffictus qui erat io 
mercatu multa impedivit. Et de emptis per Eguilhonum, nichil solfit, et 
ideo non reperitur sibi solutum legatum suum. Alia autem minuta, noo 
distracta, vel remanserunt in domo, vel fuerunt depreda ta, nec perveoe- 
runt ad executores ; qui etiam fuerunt prohibiti per successorem {3) ne aliquid 
amplius exigèrent. Sed ipse fecit exigi, et habuit ab Eguilhoni, clavario, 
florenos ni*. Et postea frater et dominus Robertus (l) idem fecit; et volebat 
omnia expedita ecclesie sibi restitui. 

(Archives départementales des Bouches-du-Rhône. 
Fondé de V archevêché d'Aix. Reg. G. 1 3o.) 

M Nom provençal de la ville de Beaucaire. 

W Ce dernier article est d'une autre écriture et d'une autre main. 

' 3 ' Le successeur immédiat d'Avignon Nicolaï fut Robert Roger, archevêque d'Aii 
de 1663 à 1/167. 

w Ce «frater et dominus Robertus» est Robert Damiani , de Tordre des Frères 
Mineurs, qui succéda à Robert Roger en 1AA7, et siégea jusqu'en 1660. 



— 57 — 

T»OIS 8CEAUI EÛdËSi ASTIQUES DES XIV* ET IV* 8lidE8. 

Communication de M. Tabbë Barbier de Monlault. 

Le Comité a reçu de M. Barbier de Montault les empreintes des 
tceaux de Jean de Peyralade, doyen de Gayrac; d'un autre ecclé- 
ûastique, nommé Guillaume le Breton et d'un prieur de Sainte-Ra- 
legonde de Poitiers. 

Le type de Jean de Peyralade nous offre un échantillon de plus 
l'une représentation assez fréquente : Dans une niche gothique, le 
saint, patron de l'église, et au -dessous, un écu aux armes du 
doyen. 

Sur le sceau de Guillaume Le Breton figure un calice accompa- 
gné du chalumeau qui servait au moyen Age à aspirer le vin eucha- 
ristique. Une étoile et un croissant accostent en outre le vase sacré 
jue la main divine bénit. La présence du chalumeau accompagnant 
e calice constitue une grande rareté. Pour mon compte, il ne 
n'avait pas encore été donné de la constater. Quant à la date du 
un* siècle, assignée au sceau de Guillaume Le Breton, M. Barbier 
le Montault vieillit le personnage de cent ans de plus qu'il ne con- 
vient. Les lettres de la légende appartiennent à l'alphabet sigillo- 
nrraphique du xiv* siècle. 

(Test également une rareté que je signalerai dans la composition 
du type du prieur de Sainte-Radegonde. En représentant le Christ 
debout, portant la main droite à son front et parlant à sainte Rade- 
gonde agenouillée, l'imagerie du sceau reproduit un trait de la 
légende qui veut que le Christ apparaissant à la sainte, la console de 
sa mort prochaine, en lui disant qu'elle est un des joyaux de sa 
couronne. Évidemment, par le geste du Christ, le graveur a voulu 
exprimer les paroles adressées à l'ancienne reine. Parmi les nom- 
breux types légendaires de la collection des Archives nationales, le 
sceau du prieur de Sainte-Radegonde remplirait une place encore 
vacante. Pour la lecture de la fin de l'inscription qui se trouve dans 
le champ, M. Barbier de Montault hésite entre deux interprétations 
différentes : ad causas jotraci ou ad causas contractuum. La seconde 
hypothèse est la vraie. 11 y a bien contract; la première lettre ne 
saurait être qu'un c et la dernière un t, dont la traverse forme, 
par sa terminaison en boucle, un signe abréviatif. 

Les notices sur les trois sceaux communiqués par M. Barbier de 



— 58 — 

Montault me paraissent pouvoir figurer utilement au Bulletin du 
Comité; j'ai l'honneur d'en demander l'impression. 

Demay, 

Membre du Comité. 

Sceau di Jean de Peybalade (xv* siècle). 

La matrice appartient à M. l'abbé Daux, du diocèse de Mon- 
tauban. Elle mesure en hauteur 7 centimètres et 45 millimètres en 
largeur. La forme est elliptique. 

Dans le champ, sous un dais d'architecture flanqué de contre- 
forts à pinacles, saint Pierre, debout, tonsuré, nimbé, en tunique 
et manteau, tenant dans la main droite une grande clef à double 
panneton et dans la main gauche un livre fermé. Ce doit être le 
titulaire de l'église décanale. Au-dessous, entre deux branches de 
feuillage, l'écusson du doyen. Il porte trois tourteaux (?), po- 
sés 3 et 1, et, en pal, le bourdon à double pomme, qui est In- 
signe ordinaire des prieurs : sa présence ici dénoterait que les doyens 
en faisaient également usage, sinon dans les fonctions ecclésias- 
tiques (usage qui se retrouve dans le Milanais pour les prévôts), au 
moins dans leurs armoiries à titre de signe distinctif. La légende, 
serrée entre deux lignes de grénetis , est en gothique carrée. Chaque 
mot est séparé par un fleuron. Elle se lit : 

s : ïmt lôfcis ïie peïra Info becant eatract : 

Des documents historiques établissent que Jean de Peyralade fut 
doyen de Cayrac de 1&57 à 1473. 

Cayrac est dans le département de Tarn-et-Garonne. 

Sceau de Guillaume Le Breton (xiv* siècle). 

Ce petit sceau, en cuivre jaune, a été découvert dans le sol de 
Poitiers il y a quelques années. Il fait partie maintenant du musée 
eucharistique de Paray-le-Monial (Saône-et-Loire). 

Sa forme est elliptique. Ses dimensions sont 3 centimètres en 
hauteur et 2 centimètres en largeur. Son exécution est peu soignée. 

La légende, gravée en majuscules du xiv* siècle, donne le nom 
du propriétaire : 

* S* • 0VII(LAVMe . S6BR6T0H • 



— 59 — 

Guillaume le Breton, comme l'indique le calice figuré dans le 
champ, était prêtre. 

Ce calice est accosté, à dextre, d'un soleil sous forme d'étoile à 
six rais et d'un croissant de lune montant. 

De ;jauche à droite apparaît, derrière le calice, une ligne 
oblique qui dépasse à la fois la coupe et le pied. Ce n'est pas une 
brisure, faite pour empêcher l'usage ultérieur du sceau, car alors 
elle atteindrait également le calice et la légende. A celte place, cet 
objet ne peut représenter que le chalumeau avec lequel s'absorbait 
le précieux sang. 

En haut, comme sortant du ciel, la main de Dieu bénit le calice. 

Sciau » un ruiua bi Sainte Rabmohdi di Poitiers (xv* siècle). 

La matrice appartient au musée de la ville de Poitiers. Elle est 
de forme orbiculaire, d'un diamètre de h centimètres. 

Daus le champ est figuré un trait de la légende de sainte Rade- 
{fonde : le Christ, en lui prédisant sa mort une année d'avance, 
la console en lui affirmant qu'elle est * l'une des gemmes de son 
diadème*. 

Sainte Radegonde, à genoux, embéguinée pour indiquer qu'elle 
est religieuse, couronnée et vêtue d'un manteau fleurdelisé en sa 
qualité d'ancienne reine, tend les mains vers le Christ qui lui ap- 
paraît. Celui-ci, debout, porte la main droite a son Iront, pendant 
que de la gauche il relève sa tunique, de façon à montrer sa jambe 
et ses pieds nus. Au lieu de nimbe, il a un rayonnement cruci- 
forme, à triple rayon, qui part du cerveau et des tempes. Derrière 
lui sont superposées trois grandes fleurs de lys. 

La légende, en gothique carrée, est prise entre deux filets : 

* s : pot : caph : secnUn* : sancie : rafrgnfc : pictaû 

Elle se continue dans le champ : 

cas : cotracf 

SigiUum jtriori* capituU •ecnlarit iancte Hadegundit pictavemiM [ad\ cautas am- 

'' On a introduit dans le texte de ceUe communication tes deux corrections indi- 
* | uéea ri-deuMU par M. Detnay. 



— 60 — 

Inventaires des églises de Psalmodï et d Aigu es-Mortes 

(z?' et xri' siicLBs). 

Communication de M. l'abbé René. 

Ces trois inventaires de peu d'importance peuvent se réduire à 
deux, car celui des reliquaires de l'église d'Aigues-Mortes semble 
n'être que la suite de l'inventaire des ornements de la même église 
qui le précède. 

Ils ont été adressés au Comité sans aucun commentaire par 
M. l'abbé René, et soulèvent d'ailleurs peu de controverses. 

Le premier semble réduit aux ornements pontificaux de l'abbé de 
Psalmody, car il mentionne une crosse, une mitre, des gants, des 
anneaux, un grémial, avec des gémellions (art. 5), des calices, des 
encensoirs et leurs navettes en argent. 

On y trouve aussi (art. 1 5) quatre mouchoirs en pointe «quatuor 
nasilergia acuta» qui, d'après leur forme, nous semblent être les 
linges qui, fixés à un orfroi, étaient suspendus aux crosses, ainsi que 
le montre l'imagerie du xv* siècle, surtout en pays allemand. 

L'inventaire de l'église d'Àigues-Mortes nous donne quelque chose 
de nouveau, ce sont des tresguillons» (art. 3 el 10) qui sont au 
nombre de huit dans un cas, et dans un autre, au nombre de 
douze tr d'argent surdoré a. Ils sont catalogués à la suite des étoles et 
des manipules. Nous serions assez perplexes sur leur usage si l'ex- 
cellent Glossaire archéologique que publie M. Victor Gay ne venait 
nous apporter un éclaircissement. 11 donne, en effet, un compte de 
Notre-Dame de Saint-Omer, du xv° siècle, ainsi conçu : ((Pour 
douze aiguillettes de cuir de chien ferrées pour atachier les affiques 
aux chappes de l'église. » Les affiques dont il est ici question sont 
les agrafes qui servent à maintenir la chappe fermée sur la poitrine. 

Sans ce document nous aurions pu croire que ces tresguillons?» 
servaient à ferrer l'extrémité des cordons des aubes que l'on trouve 
mentionnés dans l'article 19. 

Plusieurs des noms d'étoffes dont sont faits les vêtements re- 
latés dans l'inventaire d'Àigues-Mortes nous semblent défigurés, par 
suite probablement d'habitudes de prononciation locale : ainsi le 
(rcanbelot» d'un «manipoulfl (art. s3) est évidemment le camelot 
dont est fait ce manipule ainsi que plusieurs autres pièces. 

De même, parmi les chappes, il y en a une de «carnats» (art. 3i) 
qui devait être en incarnat. 



— 61 — 

■Vous sommes plus embarrasses par le mot qui se trouve à l'ar- 
ticle i4 sous la forme «tragitoyras* ou plutôt «eslragitoyras», et 
un peu plus bas, à l'article 4 7, sous la forme «estregiteyres». 
Il faut probablement y voir un nom d'étoffe. 

Aux différentes couleurs dont était la pourpre au moyen âge, il 
faut ajouter le blanc: «une chasuble de pourpre blanc, deux 
estolles, deux manipoules, deux flouques de môme 7» (art. 3 5). 
On sait que «* flouques est ici pour <rflo<juet, floquetus», nom 
donné à la dalmatique dans le Midi, à cause des floches ou glands 
qui décoraient jadis les deux bandes qui caractérisent ce vélemenl. 

Rien n'est à signaler dans le troisième inventaire : celui des re- 
liquaires et joyaux de la même église d'Aigues-Morles; sinon qu'en 
i5i>9 on ne sait encore comment nommer la monstrance du corpus 
dornini qui y est appelée r reliquaire» (art. 7) et qu'on y trouve 
ît trois calices d'eslaing» (art. 1 4) à la suite de quatre calices d'ar- 
gent. 

Nous proposons l'impression de ces trois inventaires, quoique 
l'uu d'eux ait été récemment publié^. Mais nous engageons M. l'abbé 
René k établir avec plus de soin le texte des documents qu'il pourra 
adresser au Comité à l'avenir, et à s'assurer, avant de prendre la 
peine de les copier, qu'ils sont inédits. 

Alfred Darcel, 

Membre du Comité. 

1 

Sequiittr inventorium jocahum eccleêiœ Ptalmodiensis monaiterii exiitentium in capta 
tribun*, factmn anno Dornini miUetimo quaterctntetimn nonaftrrimo primo et die 
undteima menti» aprili*. (Ex libro anliquo délibéra lionu m capitulnrium, fol. xxvi. ) 

1. Et primo, iiiiu crossa intégra. Et baculus est divisus in quatuor par- 
tes, et est de argenlo desuper deaurato. Quœ quidein est ciun imaginibus 
multum ornata, cum coopertoriis de corio, quœ pondérât cuni baculoxxn 
niarcas argent i. 

a. Item, una mitlra ornata perlis, quœ pondérât, ultra perlas, octo 
marras argenti, ai m cooperimento de corio; in qua quidem est quoddam 
reliquiariiini argentenm cum armis de sancto Felice (9) , quod portât prœlalus, 
dum ad celebrandum vadit, ante peclus. 

W Il a été publié par M. Bondurand dans les Mêm. de V Académie deNimeê, 1 883 , 
p. 139. 

( *' Trois abbés de Psalmody ont porté le nom de Saint-Félix. Ce sont Arnaud 111 
en 1A10, Arnaud IV en iA3() cl Guillaume VIII en 166a. 



— 62 — 

3. Item, etiam sont dira chirothecœ, cura ornamento de argento deau- 
rato, ubi sont imagines beatorum apostolorum Pétri et Pauli cum armis de 
sancto Felice. 

l\. Item, duo annuli cum duobus lapidibus pretiosis rubei coloris, qui 
quidem annuli sunt de argento deaurato , quorum unus est raagnus et alius 
est parvus cum cuspide de teia. 

5. Item, duo disci de argento, deaurati in circule cum armis de 
S* Felice pondère sexdecim marcarum argenti. 

6. Item, unus calix magnus de argento deaurato per totum, cum pateni 
de argento deaurato , pondère marcarum sex argenti. 

7. Item, unus alius calix de argento cum patena, pondère trium mar- 
carum argenti cum armis de S to Felice. 

8. Item, alius calix [de argento] deaurato per totum, cum patena, satis 
magnus, cum quibusdam armis antiquis quae de Veduna dicuntur. 

9. Item, unum magnum turibulum de argento, munitum cathenis, pon- 
dère septem marcarum cum duabus unciis et duodecim denariis. 

10. Item, aliud turibulum de argento, munitum cathenis, pondère qua- 
tuor marcharum cum duabus unciis et decem et octo denariis. 

1 1. Item, duœ naviculœ de argento ad tenendnm thura, cum armis de 
S'° Felice, pondère trium marcarum cum xxi denariis. 

1 a. Item, duo uroeoli de argento, pondère unius marchae cum quinque 
unciis et duodecim denariis. 

1 3. Item, quaedam parva crux de cornu sive bana (,) . 

xk. Item, quoddam greraiale de damasco ex |>ercico folliperato de tela 
rubnea (s> , munitum in circuitu de cirico. 

i5. Item, quatuor nasitergia acuta. 

16. Item, un a mapa ornata. 

(Arch. départ du Gard. II. 107, fol. 79-80.) 

Il 

Invanlcirr de» ornement de nostre église [d'Ayfruesmoilex] baiUée a Montten Antoine 
Fedon par Monsieur le *ub$anteur de Gours$ac, scindic du chapitre et moy Temmt, 
ce jour de tamt Nicoku 1 5g g. 

1 . Et premièrement , une chasuble de damas blanc et deux flouques , deux 
estolles et deux manipouls de même. 

9. Plus, une chasuble de la confrérie de S 1 Pierre, de damas ouvragé, 
une estolle et un manipoul de même. 

3. Plus, une chasuble et deux flouques de pourpre, deux estolles et deux 
manipouls avec huict esguillons. 

(l) En languedocien , une corne s'appelle une bana, 
(,) Sans doute pour rubea. 



— 63 — 

&. Plus, une chasuble de S. Sébastien , de damas jaune , quatre flouques , 
deux estolles et deux manipouls de même. 

5. Plus, une autre chasuble de damas blanc seule. 

6. Plus, une chasuble de velours rays violet avec deux estolles, deux ma- 
nipouls, deux flouques de même. 

7. Plus, une chasuble de damas noir, deux flouques, deux estolles, deux 
manipouls de même. 

8. Plus, deux chasubles de velours vert, deux estolles, deux manipouls 
de même; une estolle, deux manipouls, quatre flouques de damas vert. 

9. Plus, deux petits flouques des enfans de damas gris, parvi valons. 

10. Plus, une chasuble de velours cramoisy rouge, deux estolles, deux 

manipouls, quatre flouques de même, et douze esguillons d'argent sur- 
doré. 

11. Plus, une chasuble, deux estolles, deux manipouls, deux flouques, 
le tout de velours rouge. 

1 9. Trois aubes parades de velours rouge, garnides d*amys parats. 

i3. Deux aubes parades, de velours vert, garnides d'amis parats. 

i4. Une aube parade des tragitoyras, garnide d'amist parât. 

19. Une aube parade de damas vert, garnide d'amict parât. 

16. Une aube parade de damas aurange, garnide d'amict parât. 

17. Très aubes parades de taffetas violet, garnides d'amict parât, 
j 8. Très aubes parades de satin jaune, garnides a^'amict parai. 

1 9. Très aubes parades d'aurange damas et de soye; six autres aubes et 
sept amicts ourdenaries; courdons treze bons ou. . . 

90. Phis, le pally de corpus domini, de damas blanc, gamy de franges 
de filet d'or et de soye. 

ai. Deux coyssins, l'un de S. Pierre, l'autre de S. Paul. 

99. Plus, un flouques de satin paré d'étoilles d'or. 

93. Plus, deux chasubles de velours noir, deux estolles et un mauipoul 
de velours, et un manipoul de canbelot, et quatre flouques, trois capes de 
velours noir. 

96. Plus, une chasuble de pourpre rouge, et deux flouques, une estolle 
et un manipoul de même. 

95. Plus, une chasuble de pourpre blanc , deux estolles , deux manipouls , 
deux flouques de même. 

96. Plus, deux petits flouques de damas rouge. 

97. Plus, une cazuble de damas vert, deux estolles, deux manipouls, 
quatre flouques de même damas. 

98. Plus, deux casubles,deux flouques, deux manipouls, deux estolles, 
le tout de cambelot noir. 

99. Plus, une chasuble de cambelot vert ourdonaire, garnide d'estolle 
et de manipoul. 



— 64 — 

3o. Plus une casuble violette pour le caréuie, garnide d'estolle et de 
manipoul. 

deux capes de carnats. 
deux capes de pourpre rouge, 
deux capes de soye. 
une cape de damas jaune, 
une cape de damas vert, 
une cape de satin barregë vert, 
deux capes de pourpre verte, 
deux capes du tripié de velours noir, 
une cape de damas noir, 
ipes de velours rouge, 
trois capes de velours vert, 
une cape de damas rouge, 
quatre capes de soye de pourpre, 
une cape de damas blanc, 
une cape de cambelot blanc, 
un pally de soye brocart d'or, 
un pally d'eslregiteyres. 
un pally de bandes de velours rouge et de bandes de dams 

un pally de bandes de damas pers et jaune, 
un frontau de damas. 

un frontau de salin pers, rouge, vert et autres couleurs, 
autre frontau de velours rouge et damas pers avec ses frtogo. 
deux pare mens de la custodie de velours, et un de lofe 
perse. 

54. Plus , une robbe de Notre Daine de cambelot toute bourdee de velours 
rouge, et la robbe de son Gis de même. 

55. Un bonnet de satin gris, bordé de velours. 

56. Plus , une robbe de son Fils , de taffetas vert, bordée de vetours noir. 
Une petite robbe de velours rouge. 

57. Deux coissins, d'une part de velours, et l'autre de cuir. 

58. Plus, deux coissins brodes, de velours pers et satin changeant 

59. Deux autres coissins de soye rouge et jaune, fourrés de cuir rosp. 

60. Plus, deux autres coissins fayels à brins d'or et soye. 

61. Plus, une ceinture, bourse, et patenostres de Notre Dame. 
6a. Chasubles, vingt. 

63. Flouques, petits ou grands, quaranle-ung. 

64. Estolles, vingt et neuf. 

65. Manipouls, vingt et huict. 

66. Aubes, bonnes ou mauvaises, vint et trois, et vint et quatre amicte- 

67. Cordons, bons ou mauvais, Ireze. 



3i. 


Plus, 


3s. 


Plus, 


33. 


Plus, 


34. 


Plus, 


35. 


Plus, 


36. 


Plus, 


3 7 . 


Plus, 


38. 


Plus, 


39. 


Plus, 


4o. 


Six ca 


4t. 


Plus, 


4a. 


Plus, 


43. 


Plus, 


44. 


Plus, 


45. 


Plus, 


46. 


Plus, 


4 7 . 


Plus, 


48. 


Plus, 


rs. 


Plus, 


5o. 


Plus, 


5s. 


Plus, 


5a. 


Plus, 


53. 


Plus, 



— 65 — 

68. Capes, quarante-une. 

69. PaÙs pour parer l'autel, cinq; autre que Ton met au banc des capîes; 
outre celuy de Corpus domini , trois pontans pour mettre devant le paly 
l'autre. 

70. Touailhes, vingt et quatre. 

71. Coissins, dix. 
79. Longières, deux. 
7 3. Serviettes, deux. 

Tout ce qui est contenu au présant inventoire contient vérité. 

J. Fsydon, prebtre. 
111 

Suit ? inventaire de$ reliquaire* et joyaux de la dite églUe. 

I. Premièrement, la custodie du corps précieux de Jésus-Christ, d'ar- 
U. 

a. Plus, une grande croix d'argent surdoré. 
3. Plus, une autre grande croix d'argent 
h. Plus, une petite croix d'argent surdauré. 

5. Plus, la teste de saint Pierre, d'argent surdauré, avec un diadème 
pierrerie. 

6. Bus, un reliquaire d'argent des festes naus que aportoit le prebtre 
ant la procession. 

7. Plus, le reliquaire d'argent auquel on aportoit le corps prétieux de 
mis Christ le jour de la feste-Dieu. 

8. Plus, deux bourdons d'argent. 

9. Plus, un bras d'argent de sainct Audamare. 

10. Plus, un pied de saint Trophime couvert d'argent. 

II. Plus, une main de saint Georges couverte d'argent, enchâssée sur 
e platine d'argent sur quatre pieds. 

1 9. Plus, un grand calice d'argent surdauré. 

1 3. Plus, autres trois calices d'argent. 

*4. Mus, trois calices d'estaing. 

Et plusieurs autres reliquaires et joyaux de ladite église, appartenans à 

Lite ville [d'Ayguesmortes], desquieus Messieurs les consuls en avoient 

defe et administration d'iceux. 

F. Raymond, scindic. 

(Arch. départ, du Gard. H. 107, fol. 71 et 7a)* . 



n Celte copie n'est que du xtn* aiède. Le registre où elle est contenue a été écrit 
i683. 

Archéologie. 5 



— 66 — 

Cimetière gaulois de Maredil-le-Port (Marne). 

Des fouilles récentes viennent de révéler un nouveau groupe de 
sépultures gauloises à 3oo mètres environ de la commune de 
Mareuil-le-Port (1 ', dans un champ situé entre la route de Paris et 
la Marne. Ce n'est pas le seul point dans cette région où Ton trouve 
des restes de cette époque reculée. Quelques recherches m'ont per- 
mis d'acquérir la preuve qu'il existait d'autres sépultures gauloises 
sur la partie du territoire de Troissy qui confine avec la commune de 
Mareuil-le-Port. 

Les industries des époques antérieures ont aussi laissé dans cette 
partie du département des traces évidentes, j'en ai recueilli des 
preuves matérielles. Le pays a donc été très anciennement habité, 
il n'est pas possible d'en douter. 

Les ouvriers qui ont fait autrefois des terrassements dans la 
même contrée se rappellent avoir trouvé plusieurs fois des vases et 
des fragments de céramique. Les vestiges que l'on peut rencontrer 
sur le sol attestent indubitablement l'industrie gauloise. 

Vers la fin de l'année 1882, onze tombes ont été découvertes. 
Ces sépultures étaient disposées très irrégulièrement. Déjà d'autres 
tombes avaient été remarquées précédemment à une petite distance. 
Ces dernières ne contenaient que des ossements, particularité qui a 
souvent été constatée , dans d'autres cimetières gaulois, pour les sé- 
pultures séparées du groupe principal. 

La première tombe, ayant 60 centimètres de profondeur, con- 
tenait : 

i° Un torques mesurant 1 3 centimètres de diamètre (pi. I, fig. À). 
Ce collier est un des rares objets gaulois dont une partie de l'orne- 
mentation a été empruntée au règne animal. Il est assez difficile 
de déterminer, par l'examen de la tête, le sujet qu'on a voulu 
représenter. Il est cependant possible d'y reconnaître un oiseau 
aquatique. La branche du torques semble en effet sortir du bec 
(pi. II, fig. A). Les yeux sont fortement apparents et énergique- 
ment dessinés par le burin. 

Ce torques appartient à la catégorie de ceux qui portent aux 
extrémités formant l'ouverture une ornementation lourde et riche 
en même temps. Ils se distinguent nettement des autres colliers 

(0 Canton de Donnai» (Marne). 



— 68 — 

Pour icudre plus solide l'adhérence entre les parties rivées, ou a 
pratiqué uue soudure encore très visible. Des forces ou ciseaux 
étaient en contact avec la poignée de l'épée. Un grand vase en forme 
de coupe avait été déposé aux pieds du squelette. 

La troisième sépulture renfermait un bracelet (pi. II, fig. C) qui 
a environ 7 centimètres de diamètre. Ce bracelet est d'un genre 
peu ordinaire, il est entièrement couvert d'ornements en -relief affec- 
tant la forme d'un S terminé par des spirales. 

Un grand vase en terre cuite ayant la forme d'une coupe était 
placé dans la région des pieds. 

La quatrième tombe, peu distante de la précédente, a donné des 
fragments de vases et deux javelots en fer. 

La cinquième ne contenait que des ossements très détériorés et 
d'insignifiants fragments de poterie. 

La sixième laissait apercevoir des restes défigurés d'instruments 
en fer et en outre un petit vase, couleur de brique, de forme évasée. 

La septième a donné simplement un anneau en fer et un petit 
anneau en bronze. 

La huitième ne contenait qu'un vase d'une forme élégante. 

La neuvième tombe renfermait une dague (pi. II, fig. B) avec 
dos fragments de fourreau en fer et deux petites lances. 

La dixième a seulement donné une lame et des restes d'une 
dague. 

La onzième ne contenait que des ossements déformés et rongés 
par les racines des plantes qui y adhéraient. 

Les fragments de poterie qui proviennent de ce groupe de sépul- 
tures appartiennent à seize vases différents qu'il est facile de dis- 
cerner. Quelques-uns de ces vases, formés d'une terre soigneusement 
ment préparée, avaient une ornementation qui dénotait des ou- 
vriers assez habiles dans l'art de la céramique. 

Les sépultures de Mareuil-le-Port constituent un nouveau cime- 
tière à ajouter à la liste de ceux que l'on a déjà signalés dans le dé- 
parlement de la Marne. J'ai pensé que le torques et les deux bra- 
celets offraient assez d'intérêt pour mériter d'être soumis à l'appré- 
ciation du Comité d'archéologie. 

J. de Baye, 

Correspondant du Ministère de l'Instruction publique. 



• • 



. < 



— 70 — 

ter l'importance de la découverte. Le lendemain 98, je proposais 
à la Société scientifique et littéraire d'Àlais <Ty faire opérer des 
fouilles. Cette proposition fut acceptée et la Société vota, dans ce 
but, un crédit de 100 francs. Les jours suivants, j'obtenais des 
propriétaires du sol l'autorisation de faire exécuter les fouilles pro- 
jetées, lesquelles furent effectuées sous ma direction, et avec l'as- 
sistance d'un de mes confrères, les a et 3 mai suivants. 

Il résulte des renseignements par nous obtenus sur place que les 
ouvriers avaient trouvé dans la partie supérieure du gisement une 
soixantaine de crânes et de débris de squelettes humains. 

Les crânes que nous avons personnellement recueillis, au nombre 
de quatre, et d'autres qui nous ont été montrés, affectent, en gé- 
néral, la forme dolichocéphale. Quelques-uns d'entre eux offrent 
même une protubérance occipitale très accentuée. 

Parmi les ossements était déposée une grande marmite en pote- 
rie noire cuite au feu, et une sorte de grande cuiller aussi en 
pèterie cuite et portant la trace d'un manche de la même matière. 
Ces deux objets ont été immédiatement brisés et nous n'avons pu 
en recueillir que quelques débris, parmi lesquels se trouve une 
anse cylindrique en forme de gaine. 

Une certaine quantité de plaques de calcaire à en troques, qui 
semblaient avoir servi à recouvrir les couches successives des ca- 
davres inhumés, ont été retirées de la grotte; elles paraissent pro- 
venir des carrières voisines de la Font-du-Roure, établies dans un 
tlot de l'oolithe inférieur, bajocien d'Orbigny. 

Les vestiges contenus dans la portion inférieure du gisement, qui 
nous restait à explorer, étaient ensevelis dans une couche de terre 
argileuse rougeâtre et ocreuse, mélangée de blocs de rochers. 

Nous ne tardâmes pas à mettre au jour une première perle en 
cuivre rouge, en forme d'olive, de o m ,oa3 de longueur sur o m ,oao 
de diamètre, puis une seconde perle du même métal, de o m ,ag de 
longueur, un fragment d'épingle ou de poinçon en cuivre de o B ,o36 
de longueur, et quelques perles en calcaire blanc, semblables h 
celles qui ont été retirées de la Baume des Morts, de Durfort 

Une magnifique pointe en silex blond, de o m ,a3& de longueur 
sur o m ,o3& dans sa plus grande largeur, fut encore retirée du gise- 
ment Elle est taillée d'un seul éclat, sur une de ses faces, et tra- 
vaillée par petits éclats sur sa face opposée. Cette lame, d'une ad- 
mirable conservation, présente la même netteté de tranchant, la 



Tombes momuhmb oxcoutihths 1 Smtif. 
Communication de M. Payen, comaponduit du Comité. 

M. Payen signale au Comité une découverte faite à Sftit ls 
U octobre dernier. En cherchant des pierres de taille entre l'enceinte 
du cimetière européen et celle du parc a fourrages de ta garnison, i 
5no mètres à l'est des remparts de la ville, on a trouvé un champ 
funéraire de l'époque romaine. Les tombes sont nombreuses; 
M. Payen envoie le dessin de deux d'entre elles, qui lui paraissent 
mériter l'attention du Comité. 

La première est un beau sarcophage en calcaire gris, dont la 
décoration est très soignée; il mesure environ a m ,uo de longueur. 
La face antérieure est ornée d'un cartouche à queues d'arondes, 
anépigraphe, au-dessus duquel s'étend une plate-bande divisée en 
compartiments par des encadrements de différentes dimensions. Le 
nom de la défunte est inscrit sur celte plate-bande en grosses 
lettrée de 9 centimètres de hauteur; c'était une femme appelée 
VENEfUA. La division des lettres espacées dans l'intérieur des 
cadres contribue à l'aspect décoratif du sarcophage, et celte dispo- 
sition particulière m'engage à demander la reproduction du dessin 
ci-joint. 



Le couvercle se compose d'une forte dalle du même calcaire, 
finement sculptée sur le bord correspondant à la face antérieure du 
sarcophage. 

Le second monument signalé par M. Payen a élé découvert au 
même endroit et le même jour; c'est un cipoe funéraire haut de 



— 73 — 

o m ,6o et large de o m ,6a , qui porte l'inscription suivante entourée 
d'un encadrement sur trois de ses côtés : 



MEMORIAE 

AVRELI-RVFIMIL-COH-I 
V R B A N A E'C R ES I VS 
PEREGRINVSETAVRELIVS 
B ARICCIOMILITESCOHOR • P • V 
PROCVRA VERVNT 



: 



A V RE«IVSLIESLPSF 



C'est, comme on le voit, un monument funéraire élevé à la mé- 
moire d'un soldat d'une cohorte urbaine, c'est-à-dire faisant partie 
de la garde municipale de Rome, à la disposition du prae/ectus Urbi. 
On ne peut, en aucune façon, songer à y reconnaître un milicien 
de Sétif, comme le suppose M. Payen. Les cohortes urbaines, orga- 
nisées et commandées comme les cohortes prétoriennes, étaient 
casernées à Rome au Forum suarium ; leurs numéros d'ordre suivaient 
ceux des cohortes prétoriennes, qui étaient primitivement au 
nombre de neuf, de sorte que la première cohorte urbaine portait 
ien°X, et les autres à la suite les n"XI, XII, XIII, XIV, XV, XVI. 
Comment se fait-il que nous trouvions ici la mention d'un soldat 
de la cohors I urbanaf Ce fait, qui n'est pas isolé (1) , peut s'expli- 
quer. À la fin du i er siècle, on créa une nouvelle cohorte préto- 
rienne qui reçut le n° X, de sorte qu'elle portait le même numéro 
que la première cohorte urbaine. Il est fort probable que les men- 
tions cohors X urbana et cohors I urbana désignent la même cohorte. 

Cette inscription, qui appartient sans doute à un cénotaphe, 
doit se transcrire ainsi : 



AureU(t) Ruji mil(iti$) coh(ortit) primae urbanae, Cretitu T Peregrinus 
§t ÀmnKuê Bariecio miliUi cohor(tium) P(iarum) V(indiàum) procnraverunt, AwreHut 
p(êcuma) s(ua) J[ecit). 

Le monument a été élevé par les soins de deux soldats des co- 
hortes prétoriennes, amis du défunt. Les surnoms Piae Vindices 

(,) Voyei les exemples donnés par Marquardt, Râmisehe Staattvermalttmg , t. II, 
p. 667, note 4, et dans les inscriptions d'Afrique, C. /. L. t. VIII, n°* 109 A, 
«890, 6679, 8395. 



— 74 — 

sont, en effet, ceux des cohortes prétoriennes après leur réorgani- 
sation par Septime Sévère, et l'inscription est nécessairement pos- 
térieure à Tannée 19 3. Le surnom de celui qui a fait les frais du 
cénotaphe ne parait pas avoir été transcrit exactement, ou du 
moins je ne puis expliquer le groupe de lettres qui suit le gentili- 
cium Aurelius à la dernière ligne. Je profite de cette occasion pour 
prier les correspondants du Comité de vouloir bien joindre des 
estampages à leurs envois d'inscriptions. 

À. HifiOlf DK VlLLBPOSSK. 

Membre du Comité. 



— 75 — 



SÉANCE DU 11 FÉVRIER 1884. 



PRÉSIDENCE DE M. RAMÉ. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté. 

M. le Président donne lecture de l'arrêté suivant : 

Le Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, 

Arrête : 

M. Edmond Lk Blant, membre de l'Institut, est nommé président 
de la Section d'archéologie du Comité des Travaux historiques et 
scientifiques, en remplacement de M. Henri Martin, décédé. 

Fait à Paris, le U février i884. 

Signé : A. Fàlli^rks. 

M. le Président exprime sa satisfaction d'être appelé à annoncer 
lui-même cette nomination, à laquelle le Comité tout entier ne peut 
manquer d'applaudir. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Barbier de Montault, correspondant du Ministère à Poitiers, 
envoie la copie d'un inventaire des reliques de l'abbaye de Nouaillé 
(Vienne) au xvii* siècle, et d'un inventaire du mobilier de César 
Gromis, évêque d'Aoste. — Renvoi à M. Darcel, qui devra exa- 
miner si le premier de ces documents ne rentre pas plutôt dans 
les attributions de la Section d'histoire. 

M. Benêt, archiviste de Saône-et- Loire , communique la copie 
d'un marché pour l'exécution d'une verrière destinée à l'église 
Saint-Georges de Châlon, en iù5i. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Castan, membre non résidant du Comité k Besançon, envoie 
un mémoire intitulé : L'origine et la qualité du portrait de Finfante 



— 76 — 

Iêabelle-Claire- Eugénie par Van-Dick, au Mutée du Louvre — Renvoi 
à M. MûnU. 

M. Nicaise, correspondant du Ministère à Châlons-sur-Marne, 
adresse une étude sur le cimetière gaulois du Mont-Coutant, avec 
un pian et des planches à l'appui. — Renvoi à M. Bertrand. 

M. Nozot, correspondant du Ministère à Sedan , envoie copie d'une 
inscription de l'église de Saint-Juvin. — Renvoi a M. de Lasteyrie. 

La Société Éduenne adresse une demande de subvention pour la 
continuation des fouilles du Mont-Beuvray. — Renvoi à M. Ber- 
trand. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Co- 
mité par leurs auteurs : 

Rapport sur les fouillée des tumulus de la nécropole gauloise de Ge- 
vingey (Jura), par MM. L. Clos et F. Bobert. 

La Mosaïque du mariage cTAdmète, découverte à Nîmes, note explica- 
tive, par M. Maruéjol. 

Études et découvertes archéologiques, par M. Auguste Nicaise. 

Inscriptions antiques des Pyrénées françaises, par M. Julien Sacaze. 

La Section décide que ces ouvrages seront déposés à la biblio- 
thèque des Sociétés savantes et que des remerciements seront 
adressés aux auteurs. 

La Section procède à la revision de la liste des correspondants du 
Ministère de l'instruction publique. 

M. Bkrtrand tait un rapport sur une demande de subvention 
formée par la Société Ariégeoise des sciences, lettres et arts. Cette 
société ne motivant sa demande par aucun projet de fouilles ou de 
publication, le Comité ne croit pas qu'il y ait lieu d'y donner suite. 

M. Bertrand fait également un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par la Société Savoisienne d'histoire et d'archéologie, 
dans le but d'explorer un cimetière antique situé sur Jes bords du 
lac du Bourget en face d'une station lacustre. Le Comité, tout en 
faisant quelques réserves sur les résultats à attendre de ces fouilles, 
émet un avis favorable. 

M. Anatole de Barthélémy lit un rapport sur une liste des dolmens 
du département de TAriège communiquée par M. Pasquier, archi- 
>iMte de ce département et correspondant du Comité à Foix. 



— 78 — 

Une courte inscription de l'église de Vaussais (Deux-Sèvres), in- 
diquant que cet édifice fut restauré en 1686 aux frais du Roi; 

Les signatures P. et I. L. (Pénicaud et Jacques Laudin) relevées 
sur deux émaux de Limoges» du xvu c ou du xvm* siècle, tous deux 
conservés à Poitiers; 

Le monogramme £. M. avec la date de 1696, sur un tableau 
flamand représentant l'Adoration des mages, appartenant à l'église 
Saint-Hilaire de Poitiers; 

L'épitaphe de Madame de Na vailles, abbesse de Sainte-Croix de 
Poitiers, aujourd'hui déposée au Musée de la ville, et dont voici le 
texte : 

Écueeon entouré d'une cordelière. 

Cy giet SOVS CE MARBRE VNE ABBESS6 
dont lA DOVCEVR ET LA SAGEste 
omet que LÀ DEVOTION 
firent noTRE ADMIRatton 
NOS IOVRS APrè* SES funéraille* 
SE PASSERONT DANS La DOVLElir 

en vn mot povr notré malhevr 
cy gist madame de navailles 
Priez Diev povr le repo« 
de son Ame 

(Tête de mort sur deux os en sautoir.) 

Une inscription faisait le tour de la dalle. Il n'en reste que ces 
mots : Icy Repose le corps de madam[c Charlotte Françoise Ra- 
degonde de MorUauU Benac de Navailles, abbesse de Sainte Croix de 
Poitiers, qui trépassa k] 12 F RE(I) 1696. Agée de 44 ANS {,) . 

Il y a lieu de déposer cette communication aux archives du Co- 
mité, à la suite des très nombreuses copies d'inscriptions envoyées 
jadis par M. de Longuemar et quelques autres correspondants. 

M. Desjàrdiks rend compte de divers mémoires publiés dans les 
volumes des Sociétés savantes soumis à son examen : 

«M. Saunier a décrit neuf tombes antiques découvertes en 188 2 
dans la commune d'Eure t-les-Bains (Gard) &\ au lieu dit les Ba- 

(1) 5m? pour février. 

w Marbre noir. Hauteur, 1*70; largeur, 77 centimètres. 

<*> Mem. et comptée rendue dé ta Soc. ecient. et hU. d'Alaie, t. XIV, p. 67 à 76. 



— 79 — 

raques. Malheureusement ces tombes ne contenaient que des objets 
vulgaires : poteries, bagues, bracelets de l'époque gallo-romaine. 

«M. Butiiot a consacré un mémoire intitulé : La stèle juniraire du 
gladiateur éduen Columbus M, à l'étude d'une inscription sur laquelle 
une discussion a déjà eu lieu en 1862, dans une des séances de la 
Société Éduenne. Le monument original, trouvé à Nîmes, figure 
dans le musée de cette ville; Autun en possède aujourd'hui un mou- 
lage. Voici le texte de l'inscription : 

MVR 
COLVMBVS 
SERENIANVS XXV 
N AT • A ED VS 
HICADQVIESCIT 
SPERATACONHX 

«M. Bulliot a lu à la première ligne MVRmt/fo, delà toute sa dis- 
sertation. Il explique ce qu'étaient les trois catégories de gladia- 
teurs, les rétiaires, les thraces et les mirmillons. Il rapproche la 
stèle de Nîmes d'un fragment d'inscription portant : 

MVR 
1VENCVS 

et des inscriptions du thrace Aptus d'Alexandrie: 

TR 
APTVS-NAT 
ALEXSAND etc. 

et du thrace Q. Vettius Gracilis; 

TR 
Q-VETTIO'GRACI 
LI etc. 

enfin de celle du rétiaire L. Pompeius, de Vienne; la catégorie à 
laquelle appartenaient ces gladiateurs est en effet indiquée en tête 
de ces inscriptions. Mais on l'indiquait aussi après les noms, comme 
on le voit dans l'inscription du mirmillon L. Tarquinius Primus, 

(1) Mém. de la Soc. Eduenne, i, XI. 



— 80 — 

récemment trouvée à Bourges. Pour tous ces détails M. Bulliot 
s'est inspiré d'un article de M. Héron de Villefosse; nous n'y trouvons 
rien à reprendre, mais il aurait du remarquer que, d'après son 
propre dessin, on ne doit pas lire à la première ligne MVR, mais, 
MVR (avec un A lié dans l'M), ce qui donne, au lieu de MVR- 
millo COLVMBVS que propose M. Bulliot, Marcus AVKelùts 
COLVMBVS SERENIANVS. On voit donc que rien n'autorise à 
attribuer à Columbus la qualité de gladiateur, et que, par suite, 
loute la dissertation de M. Bulliot est sans objet.» 

M. Desjardins signale enfin un travail de M. Louis Noguier, in- 
titulé : La colonie romaine de Béziers M : 

«M. Noguier avait publié en 1870 un compte rendu des acquisi- 
tions faites par le Musée lapidaire de Béziers; cette fois il s'est 
proposé de donner un tableau complet des inscriptions gallo- 
romaines découvertes à Béziers ainsi qu'une description sommaire 
des monuments antiques de cette ville. En un mot, il a fait un cata- 
logue raisonné des uns et des autres, qui est divisé en deux; parties, 
intitulées Epigrapkie et Monuments, et comprenant l'une 1 o3 numéros 
et l'autre 4 9. Le tout est précédé d'une introduction sur l'histoire 
de Baeterrae, Béziers, à l'époque romaine, qui est suffisamment au 
courant de la science. C'est à tort toutefois que M. Noguier men- 
tionne comme <rla plus ancienne signature que les Romains aient 
* laissée dans notre Gaule », l'inscription de Domitius Àhenobarbus, 
laquelle est sortie de la même officine que les autres Iscrizioni $os- 
pette délie Alpi maritime W. 

Béziers était bien inscrite, comme le dit M. Noguier, dans la 

<*> Bull de la Soc. arch. scient, et Uttér. de Béziers , i883, p. <>o3-3lo. 

(,) Voir dans le Bull. deW Institut, di corrispond. areheoL de novembre i883, 
l'appel adressé aux épigraphisles français par M. Ettore Pais, au nom de la Com- 
mission du Corpus de Berlin. — Cf. la Revue archéol. de nov. i883, p. 957, et la 
lettre de M. Pommateau sur son excursion infructueuse au mont Tournairet, où 
M. Blanc prétendait avoir trouvé le monument en question ( BuU. épigr. de la Gaule, 
déc. i883, p. 3i5). Il Ue faut pas confondre cette inscription avec une autre 
qu'a publiée Durandi (Piemonte Cispadano antico, p. 6) et qui serait plus ancienne 
encore que celle d* Ahenobarbus, puisqu'elle serait relative à la victoire de Fulvius 
Flaccus sur les Ligures et les Salluvii, en ia4 avant J.-C. (Voir Géogr. admin. de 
la Gaule romaine, t II, p. a 56, n° 3.) Ces deux inscriptions sont l'anivre d'un 
faussaire qui s'est inspiré du texte des Fastes triomphaux relatif aux victoires de ces 
deux personnages en 63 1 et 633 de Rome. (Corp. mscripu htm. , 1 1, p. 46o.) 



— 81 — 

tribu Pupinia^. Mais il se fait une étrange idée des tribus romaines 
m temps d'Auguste, lorsqu'il di( que ries villes provinciales par- 
venues au droit de cité furent incorporées dans Tune des trente-cinq 
tribus du Latium^, et que «rieurs habitants étaient recensés sur 
"des rôles spéciaux a chacune de ces tribus et pouvaient y donner 
?lews votes ■». 

*M. Noguier remarque encore que la cité de Béziers reçoit dans 
les inscriptions les noms de C. V. I. B. Colonia \ . . . lulia Baeturm- 
à», ce qui concorde avec divers textes^. Ces mêmes textes sont 
confirmés quant à ce qui regarde la colonie des vétérans de la sep- 
tième légion établis dans cette ville, Colotiia Septimanorum Baeterrae. 
par une inscription de GruterW. Mais il n'est pas certain que ce 
fût une colonie de César, malgré son nom de Julia: car Borghesi - ,: 
a démontré que l'épithète de Julia désignait les colonies fondées 
parles Triumvirs de 43 à 3o av. J.-C. , et que celles dont César était 
le fondateur furent distinguées de ces dernières par l'appellation 
/«fis Patenta, comme Narbonne et Arles, fondées sous César par Tib. 
Claudius Néron, questeur du dictateur et père du futur empereur 
Tibère. Quanta l'initiale V. qui précède le mot lulia, M. Noguier 
ignore ce qu'elle signifie. Peut-être Baeterrae reçut-elle un second 
nom sous Trajan , Vlpia. 

* De l'ensemble des inscriptions de Béziers M. Noguier a pu dé- 
duire toute l'organisation administrative de la colonia Septimatw- 
m»; mais diverses erreurs sont à relever dans cette partie de sou 
travail. Ainsi, c'est à tort qu'il dit que les dieux Lares ne devinrent 
Lare$ Augusti qu'après l'apothéose d'Auguste, puisque ce culte nou- 
veau fat établi par Auguste lui-même l'an 7 avant Jésus- Christ fî> \ et 
que dès l'an 1 de notre ère nous trouvons un collège d'Augustales 
à Naples<°). C'est néanmoins une opinion très risquée que de consi- 
dérer les six personnages de Y Ara Narbonensix, datée de l'an 1 1 de 
notre ère, comme ayant désigne» des sévirs Augustaux. Il ne devat 

W En citant d'après Grotofcnd { hnp. roui, tributûn divitum, p. 1 17) doux iiiscrij»- 
tions de Mayence, M. N'o^uior aurait du einployor, comme pour toutes celles qu'il 
dovmedans son catalogue du \fusw, dos leltros latines. L'U n'est pas une lettre la- 
ie. 

W Pomponius Meta, II, 5, et Pline, lit, v (iv), (>. 
W Grater, p. 371, n° 10, et p. 53 A, n° 6. 

*'* Sulla iscrizione Perugitw tMIn porta Marzia. HKimr*, t. V, p. <>tf.'t. 
'< Dion Cassius, LV, 8. 
W Corp. mter. ht. I. X . n" 1 ."»«•». 

.Xw.n&Mjnçn.. i> 



— 83 — 

pas y avoir plus de rapports entre eux et des aévirs q o tnfcre m 
collège constitué et des particuliers désignés pour aeeompitr une fois 
pour toutes un* sorte de missmi eu de corvée.* 

M. de Lvsteybir rend compte d'un important tçavatt d'épigrapkie 
publié par M. Gabriel Dumay (1) et contenant la collection complète 
des inscriptions qui remplissaient jadis l'église de Sainte-Bénigne 
à Dijon. 

Le fonds de ce recueil est emprunté aux note* de D. Jacques Leroy» 
religieux de Sainte-Bénigne, qui entreprit au commencement du 
xvin c siècle une grande histoire de sou monastère, restée majuyi*» 
scrite. M. Dumay a trouvé dans les notes de D. Leroy lu texte duo» 
grand uombre descriptions aujourd'hui disparues^); il a pu»grào» 
à ces notes, donner un recueil de 2 5$ textes épigraphùniee, alors 
que l'église de Sainte-Bénigne n'en possède plus guèce aujousd'Uui 
qu une cinquantaine* Ces textes sont généralement asses corrects, 
mais il est regrettable que fauteur n ait pas contrôlé avec phi* de 
rigueur les dates attribuées aux monuments. Plusieurs sont, en- effet, 
complètement inadmissibles. 

Ainsi la tombe de Dominique Bigot (o° 78), sur laquelle étatont 
gravées les armoiries du défunt, ne peut (les armoiries n^nare te 
prouvent) appartenir à la première moitié du xu* siècle. 

Les inscriptions ( n° 73 ) qui accompagnent les bast-reliefs» mutités 
qu'on voit actuellement sous le porche de l'église ne peuvent être 
du xi e siècle; leur style, aussi bien que celui des sculptures, dénoie 
au plus tôt la fin du xn r . 

Il serait facile de multiplier ces observations. Elles ne doivent 
pas cependant empêcher de considérer le travail de M. Duinay 
comme une œuvre intéressante et utile. 

M. Ramk, chargé d'un rapport sur un travail de Al. Aubert, inti- 
tulé : Architecture carolingienne, étude sur F ancien clocher de V église 
Saint- Hilaire- le- Grand à Poitiers &>, ue peut donner son adhésion 
aux conclusions de ce travail. Les plus anciennes parties de Safnt- 
Hilaire appartiennent à une construction d'Agnès de Bourgogne 
dont la consécration eut lieu le 1" novembre iota). Le clocher pa- 



>n 



Mém. de la Comm. de» antiquité» Ht la C6te-d'()r y l. A, p. .«^-vtffi. 
â) Bibl. nat., Coll. de Bourgogne, t. XIV. 
3) Mém. de la Soc. de» Antiquaire» de France, t. XLII. 



— 83 — 

rail de date plus récente. La prétendue construction de l'église 
par Adèle d'Angleterre au commencement du xi e siècle n'est pas 
historiquement établie, mais cette question devant être prochaine- 
fient débattue à la Société des Antiquaires de France, qui a publié 
le travail de M. Aubert, M. Ramé demande à réserver la discussion 
fir ce point important d archéologie nationale. 

M. le Secrétaire lit, au nom de M. Charles Robbht, un rapport 
sommaire sur les publications de la Société de géographie et d'archéo- 
logie d'Oran. Cette Société publie, sous la direction de MM. Poins- 
totetDemaeght, un Bulletin trimestriel des antiquités africaines, 
4ms lequel sont insérés d'excellents mémoires. M. Robert signale 
particulièrement le remarquable travail de M. Tissot sur les Fastes 
itfnmncm africaines; — Un mémoire de M. Demaeght sur huit in- 
scriptions romaines trouvées à Oran ou dans les environs de cette 
ville. L'une d'elles mentionne un personnage qui w Bavarum pas- 
w «t. On trouve dans le tome VIII du Corpus d'autres inscrip- 
tions où il est question des Bavarés ; l'une d'elles parle d'un Q. Gar- 
gilias Bavarum insidiis deceptus (1) ; — Une autre inscription publiée 
par M. Demaeght, qui fait connaître quatre martyrs chrétiens de 
l'en 319; — Les JVotet tCépigraphie africaine de M. Héron de Ville- 
loue, recueil d'inscriptions inédites ou mal publiées jusqu'ici; on y 
trouve la mention de la Colonia Zamensis, de la Cwitas Muzucensis et 
d'un saâerdos promneiae AJrieae; — I^es inscriptions recueillies au kef 
par MM. Roy et Poinssot; — Une importante suite d'inscriptions 
recueillies en Tunisie par M. Poinssot; — En6n la traduction par 
M. l'abbé Thédenat de l'étude de Wilmanns sur Lambèze. 

M. Gtnrrair lit une notice sur divers documents relatifs au peintre 
François Clouet. — Renvoi à la Commission de publication (a) . 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Secrétaire de la Section tfarthésUgiê , 

R. DE LASfEYBll, 

Membre du Cdtnité. 

<*> Corp. msc. laL, t. VIII, n° 90/47. 

9 > Voir ci-dessous , le texte de cette communication. 



— 84 — 



\OTE SUR LA DATE DE LA MORT ET LE TESTA H EST DE FRANÇOIS ClOCKT, 

PEINTRE DV ROI. 



II? * 

"Fi 

Depuis le beau travail de M. Léon de Laborde sur les trois Clouet, |#t 
peu de faits nouveaux ont été ajoutés à la biographie des peintres de 
François I" et de Henri II; rien n'est donc changé aux lignes prin- 
cipales du monument élevé par l'historien de la Renaissance fran- \* 
çaise. Si , dans les additions de son second volume, M. de Laborde a 
pu serrer d'un peu plus près la date du décès de Jehannet Clouel, 
si les lettres patentes accordées au mois de novembre i54i à 
François Clouet (1) établissent avec certitude que le père de François 
avait cessé de vivre avant le mois de décembre i5Ai, on ne savait 
rien de positif sur l'époque de la naissance et de la mort du der- 
nier des Clouel. Trois pièces récemment découvertes dans un fonds 
peu exploré jusqu'ici des Archives nationales fournissent sur la \ 
mort de François Clouet et sur la destinée de ses descendants des 
détails d'un haut intérêt. Je vais donner ici faualyse de ces docu- 
ments, dont je réserve la publication à un recueil spécial sur fart 
et les artistes français. 

Mais, avant d'aborder cette analyse, quelques mots sur l'état 
actuel de la question nous paraissent indispensables. Quand est 
mort François Clouet? M. de Laborde s'est posé la question, et. 
sans avoir rencontré de preuve authentique, par une sorte d'intui- 
tion de chercheur, appuyée de savantes déductions, a fixé la date 
de cette mort à l'année 1673; il est tombé juste. Examinons ses 
raisons. 

François Clouet parait pour la dernière fois sur un compte royal 
de 1570^; le travail qui nous vaut cette mention est des plus insi- 
gnifiants; il n'a d'autre intérêt que sa date. En 1671, l'artiste est 
encore de ce monde; il peint la jeune reine Elisabeth d'Autriche 
dès son arrivée à Paris, et nous laisse dans ce portrait ainsi daté un 
des plus précieux témoignages de son talent. Eu i57&, c'est un 
peintre étranger, attaché à la maison du duc d'Alençon, un Anglais 
nommé Jean Belliard, qui est chargé de la mission délicate et secrète 
d'aller en Suède exécuter le portrait des filles du roi Jean. Eût-on 

(,) Lettres publiée* d'abord par M. de Fre'ville dans les Archives de Part français, 
l. III, p. 97. 

{i) Jal a constaté la présence de François Clouet sur uo compte de la Maison du 
Hoi pour Tannée 107 2. 



— 85 — 

songé à confier pareille lâche à un autre que le peintre eu titre des 
rois François I", Henri II, François II et Charles IX, s'il eût encore 
été de ce inonde. Pour n'âtre pas des plus rigoureux, le raisonne- 
ment aboutit cependant à une conclusion juste. M. de Laborde en 
effet termine ainsi le passage consacré à la biographie de son héros : 
«r Comme c'est au milieu de ses succès qu'on le voit remplacé par 
Jehan de Court, un artiste beaucoup moins connu et qui n'a pu, 
sans qu'il en soit resté de trace, conquérir une réputation de force 
à supplanter Janet, il est à supposer qu'il mourut jeune, en 1673 (1) .* 
La conclusion se trouve être de tous points exacte. François Clouet 
est mort en 167s, et, comme il avait eu des enfants une dizaine 
d'années auparavant, on peut dire que, bien qu'entré au service du 
roi de France en i54i, il mourut avant d'avoir atteint la vieillesse. 
11 pouvait être âgé de cinquante à cinquante-cinq ans en 1679. 
Voici l'analyse des pièces qui \ienneul confirmer les conjectures 
de l'auteur de la Renaissance en France. 

Le ai septembre 157a, Frauçpis Clouet, peintre et valet de 
chambre du Roi, sentant les approches de la mort, dicte à un no- 
taire ses dernières volontés, eu présence du curé de l'église de Saint- 
Méderic et des témoins suivants : Scipion Bruisbal, peintre de la 
Reine, mère du Roi (c'est alors Catherine de Médicis), Jehan Le 
Sueur, Marie Mougeoys, Françoise Bourgoing. Après les formules 
habituelles, et la déclaration de fidélité à l'Église apostolique et ro- 
maine, le moribond prend quelques dispositions pour ses funérailles, 
puis arrive à la répartition de ses biens. 11 possède dix-huit cents 
livres de rente sur l'hôtel de ville de Paris. Cette fortune est divisée 
en trois parts; le tiers* retiendra à la sœur du mourant, Catherine 
Clouet, veuve du sieur Abel Foulou-'; les deux autres tiers seront 

O Léon de Laborde : La Heuaùsance de$ art» à la mur du France, t. I, Pmn- 
twre, Paru, Potier, i85o, in-8°, p. îaa. 

(*) Oq connaît un peintre nommé Benjamin Foullon, qui vivait encore au 
ivu' siècle et qui même ne se maria qu'en i6o5 ou 1606. U figure sur un état des 
pensionnaires du Roi pour 1677, sous cette fonne: «rBainjamin Foullon, peindre, 
neveu de M. Jamet, de son vivant aussi peintre r» . . . 

M. de Laborde avait déjà reconnu dans ce Jamet un des Clouet ( Voir RênaU- 
umee dm arU, t I, p. 94a.) Toutefois l'étrangeté de l'orthographe lui avait laissé 
quelques inquiétudes. On voit par les nouveaux documents que Benjamin Foulon, 
qui suivant la mode pédante du temps, a quelquefois donné à son nom une forme 
latine, était le neveu de François Clouet, mais non de Jean Clouet, comme Ta dit 
Jal par erreur. 



— 86 — 

partagé* autre *e* filles «bâtardes» Diane ei Lucrèce; mais ï 
nistration de ces douze cents livrée restera aux min* de la eœur du 
défunt jusqu'à la majorité de ses filles» Enfin, au cas où Tune ou 
l'autre de ces deux filles viendrait à décéder, Catherine GJouet hé- 
riterait, dans le premier cas, par moitié avec la fille survivante; 
dans le second , de la totalité de la rente laissée par le peintre du 
Roi. 

D ailleurs Catherine Glouet est instituée légataire universelle des 
biens de son frère, à la charge de payer vingt livres à la fabrique 
de f église Seint-Méderic, quatre-vingts livres à de pauvres filles à 
marier ou autres personnes indigentes; enfin, cent écus à Nicolas, 
serviteur du mourant, «pour ses bons et agréables services». 

Le sieur Jehan Moavnrlet, procureur général des Comptes de 
Monsieur, frère du Roi , est nommé exécuteur testamentaire par le 
défunt 

A la suite de 1 acte, mention est faite de l'insinuation en date du 
i4 avril 1676, à la requête d'Hector Gedouyn, au nom et comme 
tuteur des mineures Diane et Lucrèce, filles de François Clouet. 

Ce testament, s'il tious révèle l'existence des deux filles naturelles 
de l'artiste, s'il nous le montre fort malade et se préparant à la 
mort le 21 septembre i&73, ne nous apprend pas la date précise 
de son décès. On prolonge souvent pendant des semaines et des 
mois une maladie mortelle; tel a vu les approches de la mort et 
a pris ses dispositions en conséquence, qui revient souvent de ce 
péril extrême et vit encore de longues années. François Clouet 
n'eut pas ce bonheur. Dès le lendemain du jour où il dictait son 
testament, le $â septembre 1672, H expirait. (Test ce que nous 
apprend avec certitude un arrêt du Parlement dont nous allons 
donner la substance. Cette pièce nous fait connaître en même 
temps la date de la naissance des filles de François Clouet. Elles 
avaient été baptisées le même jour, 38 novembre 1 563 , à l'église 
Saint-Leu~Saint-Gilles; les deux sœurs étaient donc jumelles. 

Nous avons vu que François Clouet avait partagé ses dix-huit 
cents livres de reftte par tiers entre ses deux filles et sa sœur, lais- 
sant six cents livres à chacune. Le testament fut attaqué, ou bien 
Catherine Clouet ne voulut pas rendre les sommes qui lui avaient 
été remise* t et le sieur Hector Gedouyn, tuteur nommé par justice, 
dut attaquer la légataire universelle. Le procès commença en 1677, 



— 87 — 

et ue dora pas moins de onze ans. Entamé devant fa juridiction 

des Requêtes dn Palais, if fut évoqué au Parlement, et, après une 

longue procédure, Diane et Lucrèce Clouet obtinrent enfin gain- de 

cause. Leur tante, déjà contrainte, par on arrêt de 1 584, à leur 

fournir à chacune une provision aunuelle de trois cents livres, fut 

définitivement condamnée, par arrêt du Parlement du 1? février 

i588, «à paier à chacune desdites filles la somme de cent esens, 

pour chascune des années escheues puis le jour du decedz audit 

François Clouet, advenu le vingt deuxiesme septembre mil cinq cens 

soixante douze y etc.». Ce passage vaut bien pour l'authenticité un acte 

de décès. 

Que devinrent les tilles de François Clouet? Nous ne savons rien 
de Lucrèce, après Tannée i588 et l'arrêt que nous venons de ré- 
sumer, si ce n'est qu'elle vivait encore le 21 juillet i5go, au mo- 
ment où sa sœur Diane demandait à être admise comme religieuse 
professe à l'hôpital de Sainl-Anastase, en abandonnant audit hô- 
pital tous ses biens, c'est-à-dire sa rente de six cents livres sur l'hô- 
tel de ville de Paris. L'acte de donation, insinué au Châtelet de 
Paris le 3 août 1690, présente certains détails curieux à relever. 
La postulante raconte que, «r après le décès dudit deffunct Clouet, 
son père, estant desnuée de tous moiens et deilaissée de tous pa- 
rens et amis, elle auroit eslé mise audit hospital par autorité de 
justice, où elle auroit esté bien receue, instruite, nourrie et entre- 
leneue, comme elle y est encore' à présent, depuis quinze ans ou 
environ, depuis lequel temps elle auroit toujours eu dévotion et af- 
fection d'estre relligieuse audit hospital. . . ». A la suite de cette tou- 
chante requête, le vœu de la pauvre abandonnée lut exaucé. On 
accepta le don de ses six cents livres de revenu, à la condition de 
la nourrir et entretenir sa vie durant, de lui servir une rente an- 
nuelle et viagère de cent livres tournois au cas où elle serait envoyée 
par ses supérieurs en un autre couvent, et de cinquante livres seu- 
lement si elle était autorisée, sur sa demande, à sortir du couvent 
de Sainte-Anastase. Les religieuses, on le voit, cherchaient à se 
prémunir contre tout événement, car Diane Clouet avait été un mo- 
ment sur le point de leur échapper. 

En effet, dans sa donation, la pauvre fille déclare révoquer de- 
rechef * comme elle a voit cy devant l'aie t, le contract qu'elle et la- 
dite Lucresse Clouet, sa sœur, a voient faict et passé avec les reili- 



Ii. 

I- 

I 

. * 

! t 

■ I 

1 

I 



Tels sont les renseignements que nous avons |>u recueillir 
la triste destinée des filles de François Clouet. 

Jules Ggiftiiy, 

Membre du Comité. 



BULLETIN 



COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



DU 



ARCHEOLOGIE. 



SÉANCE DU 10 MARS 1884. 



PRÉSIDENCE DE M. ALFRED RAMÉ. 

La séance est ouverte à 3 heures. 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté. 

M. le Secrétaire lit la correspondance. 

M. Barbier de Montault envoie l'empreinte et la description de 
huit matrices de sceaux récemment découvertes au couvent de 
rUnion chrétienne de Poitiers. — Renvoi à M. Dcmay. 

La Société agricole et scientifique de la Haute-Loire demande 
une subvention pour des fouilles qu'elle voudrait entreprendre 
dans les substructions romaines de Saint-Paulien. — Renvoi à 
M. Héron de Villefosse. 

La Société Éduenne envoie la seconde partie du rapport de 
M. Bulliot sur les dernières fouilles exécutées au mont Beuvray, et * 
renouvelle la demande de subvention qu'elle a précédemment for- 
mée pour la continuation de ces fouilles. — Renvoi à M. Ber- 
trand. 

La Société des antiquaires du Centre, à Bourges, adresse une 
demande de subvention pour ses publications et pour des fouilles 
qu'elle voudrait entreprendre. — Renvoi à M. de Barthélémy. 

AftCHtoLOGtE. 7 



IM»*l*I*ir. ««IlnlILt 



Ecosse. — L'inscription Tarbellienne du vieux Poitiers. 

La Section décide que cet ouvrage sera déposé à la bibli 
des Sociétés savantes, et que des remerciements seront a< 
l'auteur. 

M. Alexandre Bertrand rend compte d'un rapport eni 

M. Bulliot sur les fouilles exécutées au mont Beuvray en 1 

«r Le rapport de M. Bulliot, bien qu'il ne soit pas enco 

plet, prouve que celte nouvelle campagne de fouilles a < 

fructueuse que les précédentes. 

«Le plan annexé à son rapport, et qui est l'œuvre de 1 
pi tain e d'Abo ville, montre combien il s'en faut que l'exf 
soit complète. Sur deux points cependant les résultats pi 
assez satisfaisants pour que l'on puisse sans regret déclan 
ration close. Ces deux points sont : les terrains du Cham 
I de la Côme-Chaudron au nord-ouest, les terrains de la 

Saint-Martin au sud. 

«Il serait au contraire très regrettable de ne pas pourai 
fouilles commencées avec tant de succès au Parc-aux-Cheva 
j dit situé au centre même de l'oppidum. Là ont été déjà dé 

r des soubassements d'habitations luxueuses, bâties à l'image 

[ romaines et entourées de vastes enclos avec appentis couve 

pourraient avoir servi de grandes écuries ou de parc aux > 
ce qui s'accorderait avec la tradition. A proximité de ces 
nombreuses sépultures ont été signalées, sépultures à incii 
avec urnes au fond desquelles ont été recueillies, mêl 
cendres, plusieurs monnaies gauloises, dont deux à la iégi 
* vergobret ALAVCOS. Quelques particularités des rites fu 
ont, à bon droit, attiré l'attention de M. Bulliot Parmi les o 
il a remarqué, non sans étonnement, deux objets en ter 
espèce de chenet à tête de bélier et un fragment de récha 
lui ont paru recouverts d'une poudre d'or. 

«M. Bulliot déclare que des sondages lui ont démontré ■ 
villa et un nombre considérable de tombes existent encore , aiu 



d'envoi an Ministère, qu'Aoste n'appartient pu à In France. Mil 
il ajoute que le Geffie rtriifiaaa ayant compris dans son rnriil h 
profince ecclésiastique de Turin, qui relevait jadis dcT arthc fêcy 
de Tarentaise et dont Aosle bit partie, vie Comité ne saurait Un 
difficulté de considérer cette province comme tout entière franc»» 
en accueillant les actes inédits qui la concernent*. 

H. Darcel ne saurait admettre cette théorie des annexions sries- 
tifiques, et pense que le Comité, qui, institué tout d'abord poir 
s'occuper des études sur les antiquités réellement nationales, m 
voit peu à peu envahi par les communications venues de l'Algérie, 
de la Tunisie, et qui viendront bientôt sans doute des pays que 
nous protégeons dans l'extrême Orient, doit se poser certaines 
limites. Il propose donc, sans vouloir examiner la valeur du" do- 
cument, de retourner à M. Barbier de Montault la communes- 
tion de M. le chanoine Duc, avec les remerciements du Comité. 

Cependant, comme il faut toujours prendre son bien où on k 
trouve , M. Darcel note pour lui et pour ceux de ses collègues qm 
s'occupent de l'histoire de la tapisserie, que les tentures- que Foe 
appelle Berçâmes provenaient, en- 1 586 , de la ville même dont eBw 
portent le nom, et que, de plus, elles étaient vertes. 

L'article t* de l'inventaire de César Gromis mentionne, en eflet, 
une salie tendue de duoi pessi H tapissaria verda £ Bergamo, oJtaatfi 
atta mur agita, tandis qu'en marge il est écrit : Quest* lafied cm- 
pr*i> Varmo i5j3 dal Siff Melchior Picco m Bergam, H fa mumim k 
Aosta. 

Une autre salle est garnie d'une tenture de quatre pièces pa- 
reilles et ayant même origine, ainsi qu'il résulte de la note : Cam 
supra. 

M. de Lasteyrie fait un rapport sommaire sur une communication 
de M. Nozot, correspondant du Ministère à Sedan, relative à la 
commune de Saint-Juvin (Ardennes). Cette commune, comme la 
plupart de celles de la même région , est singulièrement pauvre au 
point de vue archéologique, et tout le zèle de M. Nozot ne saurait 
donner de l'intérêt à des monuments qui en sont dépourvus. L'église 
Saint-Juvin ressemble, parait-il, à une petite forteresse; les murs 
sont garnis de tourelles percées de meurtrières, un mâchicoulis dé- 
fend Tune des portes d'entrée; mais, malgré ces détails qu'on serait 
porté à attribuer au moyen âge, elle ne date que du xvii* siècle. 



(Test du moins ce que nous apprend une inscription dont M. Nozot 
» envoyé la copie et dont voici le texte : 

HANC ECCLESIAM >€DIFICARE 
CVRAVIT PRESBYTER MAVCLERC 
OPE HABÎTANTIVM HVIVS PARRO- 
CHbE ET ADJV VANTE D-CDE JOYEVSE^, 
COMITE DE GRANDI-PRATOANNO 

MDCXXIV. 

M. de Lasteyrie propose de joindre cette communication au dos- 
sier déjà considérable formé par les envois antérieurs de M. Nozot. 

M. de Lasteyrie fait un rapport verbal sur un curieux document 
envoyé au Comité par M. Bénet, archiviste de Saône-et-Loire. Il 
s'agit d'un contrat passé en i45i entre Jean, seigneur de Toulon- 
j<m et de Sennecey, Amé Le Noble, de Chalon-sur-Saône, et le 
peintre verrier Uriel Gillet, également domicilié à Chalon, pour ' 
l'exécution d'une verrière dans l'église Saint-Georges de cette ville. 
eût été à désirer que M. Bénet joignît au texte de ce document 
*n court commentaire pour nous renseigner sur cette église Saint- 
Georges, pour nous dire si le nom du peintre Gillet s'élait ren- 
contré déjà dans d'autres documents, et s'il existe encore dans la 
tule de Chalon quelques vitraux qui, à en juger par leur date, 
pourraient être sortis du même atelier. Toutefois, le document n'of- 
frant aucune difficulté d'interprétation , et présentant un réel inté- 
*&, M. de Lasteyrie en propose l'impression (2) . 

M. Mûntz lit un rapport sommaire sur une notice envoyée par 
■• Ca8tan et relative au portrait de l'infante Isabellc-Claire-Eu- 
(&ûe, peint par Van Dyck et conservé au musée du Louvre. 

M. Castan se fonde sur un document extrait des comptes de Fin- 
ale, par Philippe Chiflet, l'un des chapelains de son oratoire, pour 
Placer en 1628 l'exécution de son portrait, auquel on avait jus- 
qu'ici assigné la date de 1636. M. Castan démontre, en outre, 
lue l'exemplaire conservé au Louvre est identique à celui que Ma- 
n*de Médicis possédait en 1 634, et enfin que cet exemplaire n'est 
P*s le prototype créé par Van Dyck. 

**) Dommo Claudio dé Joyeuse. Ce Claude de Joyeuse est le vingt et unièmn 
ttuite de Grandpré. 11 succéda à son père en 1690 et mourut en 1639. 
^ Voir ci-après , p. 98 , le texte de ce document. 



— M — 

On retrouve dans ce travail la précision et la netteté qui earacté- I 1 
risent toutes les productions de M. Castan , aussi M. Mûntz en jhd- I 
pose-t-il l'insertion dans le Bulletin du Comité M. I ( 

M. le Président procède à la répartition entre les membres du 
Comité de divers mémoires publiés par des Sociétés savantes. 

M. Dbsjirdins appelle l'attention du Comité sur une très impor- 
tante inscription récemment découverte à Lambèse par M. Dultoit, 
architecte attaché à la Commission des monuments historiques, et 
dont M. Poinssot a communiqué le texte à l'Académie des inscrip- 
tions et belles-lettres le 7 mars dernier. Ce marbre contient une 
liste d'officiers, primi ordxnes et centwriones et evocatus, de la légion 
III' Auguste, qui tenait garnison en Numidie; il y aurait un grsad 
intérêt à en assurer la conservation et à le faire transporter aa 
Louvre à côté de l'inscription qui renferme la liste des seus-officiers, 
optione*, de la même légion. 

M. Léon Renier appuie chaudement cette proposition. Il rappelle 
que la moitié des inscriptions qu'il a vues et copiées à Lambèse, il 
y a une trentaine d'années, n'existent plus aujourd'hui. Il importe 
donc de soustraire au plus tôt ce monument aux chances de des- 
truction qui le menacent. 

Le Comité émet à l'unanimité le vœu que cette inscription soit 
transportée au Louvre. 

M. Desjabdiks signale un autre monument plus digne encore que 
le précédent de la sollicitude du Comité. Il s'agit d'une magni- 
fique mosaïque récemment découverte à Arzew, et qui doit être 
classée parmi les plus beaux spécimens de ce genre d'ouvrage qui 
nous restent de l'antiquité. Si on la laisse en pface, etfe sera dé- 
truite avant longtemps. D'autre part, les sociétés archéologiques et 
les musées de l'Algérie ne disposent pas des moyens nécessaire* 
pour la faire enlever avec soin et lui trouver une place où elle soi* 
& l'abri. Il faut que le Ministère en assure la conservation en la fai- 
sant transporter à Paris. 

M. Rayet appuie celte proposition. Cette mosaïque mérite, a« 
point de vue artistique, d'être classée immédiatement après la fc.— 

(1) Voir ci-après, p. 100, h teite de cette communication. 



s 



— 95 — 

meuse mosaïque de la bataille cFArbeliea, conservée aa musée de 
Naples. On ne saurait épargner aucun soin pour la sauver de la 
destruction, et la place d'un monument d'une pareille valeur est 
m Louvre. 

M. ni Lastbtrik propose d'appeler l'attention de la Commission 
des monuments historiques sur l'intérêt exceptionnel que présente 
la mosaïque d'Anew. Cette commission est animée du pins grand 
lèle pour nos monuments d'Afrique. Quel que soit le parti définitif 
que l'on prendra au sujet de cette précieuse œuvre d'art, elle pour- 
rait provisoirement en assurer la conservation. 

Le Comité émet à l'unanimité le vœu que tontes les mesures né- 
cessaires soient prises pour la conservation de la mosaïque d'Arsew, 
et appelle l'attention de M. le Ministre de l'instruction publique et 
des beaux-arts sur l'opportunité qu'il y aurait à transporter k Paris 
cette œuvre de premier ordre. 

H. GuimsY lit une notice sur les ateliers de tapisserie établis à 
Tmosen i6i3^. 



La séance est levée à 5 heures. 



Le Sicrétain dk la Section d' archéologie y 

R. db Lastbyrib» 

Membre «ta Comité. 



Inventaire des reliques de l'abbaye de Nov aillé (Vienne), 

au iv ii' siècle. 

Communication de M. Barbier de Mon ta ui t. 

La bibliothèque de la Société des antiquaires de l'Ouest, à Poi- 
tiers, possède un manuscrit, écrit sur papier au xyif° siècle, et 
intitulé : Fascieuhu antiquitatum Nobiliacensium. C'est le cartulaire de 
l'abbaye bénédictine de Nouaillé (Vienne). J'ai tout lieu de croire 
qu'iî a été compilé par dom Estiennot. 

Aux pages 187 et 188 de ce volume se trouve l'inventaire des re- 
liques de l'abbaye, qui n'a pas encore été publié. 

Les reliques qui y sont inscrites sont au nombre de quarante- 
six. Elles se répartissent ainsi : 

U) Voir ci-après, p. 100, le texte de cette notice. 



— 96 — 

Notee-Sbisheur : du sang (n° i), du suaire (n°* io, i&, ih). 
de la croix (n° i4), du sépulcre (n* i4, i5), de la couronne d'é- 
pines (n° i5), des cordes avec lesquelles il fut lié (n° i5), <ta 
manteau de pourpre (n° i5), des vêtements (n° 1 4), de la co- 
lonne de la flagellation (n° t6), de sa courroie (n° i4), de sa sa- 
live (n° 1 1), de la table et des reliefs de la dernière Gène (n° i5). 

La sainte Vierge : de son tombeau et de ses vêtements (n M i4, ib). 

Saint Jean-Baptiste (n M to, 19). 

Saints Innocents (n M 19, i4). 

Apôtrbs : saint Paul (n° t4); saint Jacques le majeur (n M i&, 
i5); saint Jacques le mineur (n° 16); saint Thomas (n° 19); saint 
Mathieu (n° 19). 

Martyrs : saint Etienne (n° i4); saint Laurent (n M 11, i4); 
saint Léger (n° 19); saint Maurice (n° i4); saint Nazaire (n° il). 

Saints : saint Lazare (n° i4); saint Cyprien (n° îi); saint 
Maixent (n° 10); saint Hilairc, évêque de Poitiers (n° 6); saint 
Junien (n 0f 9, 3, 4, i3). 

Saintes : sainte Madeleine (n° i4); sainte Marthe (n° i4); sainte 
Agathe (n° 1 4 ) ; sainte Anastasie (n° 1 4) ; sainte Radegonde (n* 1 5). 

Toutes ces reliques sont contenues dans la pierre (n° 9), l'ar- 
gent (n * 3, 4, 5, 7, 8), le cristal (n * 10, 11), le verre (n° 12) 
et la toile (n° i3). 

Le nom du récipient varie en raison de la forme et de la ma- 
tière : reliquaire, reliquiarium (n M 5, 7, 8); sarcophage, locxdvu \a- 
pideus (n° 9); chef, caput (n° 3); bras, brachium (n M 4, 5); vase, 
vas (n°* 10, i5), vascidum (n° 9); besace, pera (n a i3); mons- 
trance, tabernaculum (n° i4). 

CiTALOGUS RELIQUARUM. 

1. Pretiosissiraa omnium reliquia quœ uspiam haberi potest, quamque 
in hoc cœnobio repositam et asservatam fuisse certo mihi constat, est san- 
guis pretiosissimus Christi Domini, qui, solemni supplicatione indicta, 
decimo quoque anno tantura, fidelibus populis, undique magna frequentia 
concurrentibus , raonstrabatur. 

a. Corpus beati Juniani , abbalis Mariacencis (1) ,patroni (1) Nobiliacensis, 
quod in loculo lapideo (3 \ tribus pedibus a terra elëvato et quinque colum- 

(l > Maire , diocèse de Poitiers. 

w Saint Junien est le patron du lieu et saint Hilaire le titulaire de l'église. 

(J) Ce sarcophage existe encore : lors de la restauration de l'église au xvin' siècle , 



— 97 — 

lis sustentato, sub inferiori fornice decenter ornato (l) , cui majus altare 
luperpositum erat, reverenter asservabatnr. 

3. Item, capot ejusdem beati Jiimam\theca argentea, ad capitis similito- 
finem efformata, inclusum, appendente (,) quatuor argenti marcas. 

A. Item, brachiura ejusdem sancti, theca pariter argentea inclusum, 
appendente duas argenti marcas. 

5. Item, aliud brachium argenteis laminis, ponderis marchœ unius et 
dimidiœ, contectum. 

6. Zona beati Hilarii, magni protopatroni nostri, et ossa quœdam ip- 
sius. 

7. Reliquiarium unum, appendens argenti sex uncias. 

8. Reliquiarium aliud, appendens argenti quatuor uncias. 

9. Item, vascula quatuor argentea [pro] recondendis rek'quiis, ponderis 
marchœ unius. 

io« Vas cristallinum , continens de sudario Domini, de sancto Maxentio, 
de sancto Joanne Baptista. 

11. Item, vas aliud cristallinum, continens de sputo Domini et de 
sepulchro sancti Laurentii. 

13. Fiala vitrea, continens de reiiquiis SS. Innocentium, S. Joannis 
Baptistœ, S. Thomœ apostoli, S. Mathei apostoli, S. Leodegarii. 

i3. Pera parva byssina, continens de cineribus beati Juniani. 

là. Tabernaculum portable, quo defertur Corpus Domini (3) , ponderis 
. . • unriarum, in quo continentur reliquiae quœ sequuntur: de monumento 
Domini, de capillis beatœ Àgathœ, de capillis beatœ Anastasiœ, de sudario 
Domini et de Cruce, de ossibus beati Pauli et de Innocentibus, de sepul- 
diro beatœ Mariœ et de vestimentis ejus, reliquiœ SS. Innocentium, 
SS. Mariœ Magdalenœ et Martbœ sororum , S. Mauritii , S. Lazari , S. Naza- 
rii, SS. Jacobi majoris et Jacobi minons, apostolorum; de vestimentis Do- 
mini, corrigia* 1 ' ipsius et columna ad quara fuit ligatus dum flagellaretur; 
de §. Stephano protomartyre; costa S. Laurentii, de reiiquiis S. Cipriani (S) . 

1 5. Item , in alio vase , de spinea corona , de funibus , de pallio purpureo , 

on Ta encastré dans le mur du chevet. On en voit un seul coté, qui est peint de 
grands aigles, qu'on peut croire carlovingiens, car la translation du corps de Maire 
î Nouaillé eut lieu «imperante Ludovico pion, dit le cartulaire. Le sarcophage est 
actuellement vide. 

m La crypte s'effondra au siècle dernier et le sarcophage en fut retiré. 

M Sic, pour appensante. 

W On ne faisait pas difficulté, au moyen Age, de mettre des reliques dans l'os- 
tensoir affecté au Saint-Sacrement, comme en font foi les inventaires et plusieurs 
ostensoirs subsistants. 

w II faut probablement ajouter de avant corrigia et très certainement avant 

(l) Probablement celui qui a donné son nom à l'abbaye bénédictine de Poitiers. 



— 98 — 

de sudario et sepulchro Domini, de mensa ultimas Gœnm ejusque reliqaiïi, 
de sepulchro et vestimentis beat» Mari», de ossibus beati Jacobi, de ca- 
pittis beat» Radeguncbs regines. 



Marché pour l'exécution d'une verriers i l'église Saint-Georges 

de Chalon (tâ5i). 

Communication de M. Armand Bénet. 

En nom de Nostre Seigneur » Amen. L'an de f Incarnation d'icellui 
couvrant mil nrt* cinquante et ung, le x vu" jour du mois d'aost, nous, 
Jehan, seigneur de Thoulonjon et de Senecey, chevalier, et Ame* le Noble, 
de Chalon , d'une part, et Uriel Gillet, pointre et verrier, demeurant à Cha- 
lon, d'autre part, savoir faisons à tous qui ces présentes lettres verront et 
orront , que nous avons fais et par ces présentes lettres faisons entre nous 
ensemble les traictés et accordz qu'ilz s'ensuignent : c'est assavoir que nous, 
ledit seigneur de Thoulonjon et ledit Ame' le Noble , et mesmement moy 
ledit Amé te Noble, moy faisant fort et prenant en main en ceste matière 
pour tous les parroehiens de l'église Saroct-Ceorge de Chalon, baillons à 
faire audit Uriei la grant verrière qui est affaire en ladite église de Sainct- 
George, ou nevel édimoe qui nouvellement je est encomnancé de faire, et 
se parfera, se Dieu plait; laquelle grant verrière ledit UrieJ Gillet fera par 
la forme et manière cy après escripte, et pour la fassoa oVicefie saignera 
plomb et toutes verrières et mettra iceUe à ses propres frais, inàssions et 
despens. En laquelle verrière ledit Uriel Gillet fera ou faire fera, bien et 
convenablement, de son mestier et de sa main, et le mieuk que frire le 
pourra, les ymaiges et autres ouvraiges cy après escriptz et divises. C'est 
assavoir, ou fenestraige du myliea de ladite grant verrière, la manière de 
rAssnmpcion Nostre Dame, mère de Jhesa-Crist, environnée de anges, re- 
vestue de chappiteal. Item , fera , en l'ung des autres deux fenestraiges , ung 
ymaige de sainct Jehan Baptiste, tenant ung aâgnel en sa main, reveatne 
de chappiteaul. Item, fera en l'autre desdites verrières ung aulfre ymaige 
de saincte Marie Magdelaine, revestue comme dessus, lesdits trois ymaiges 
tous d'une grandeur. Item, fera, ou soubassement desdites verrières, deux 
ymaiges prians, ung de homme et ung aultre de femme, qui représenteront 
moy, ledit seigneur de Thoulonjon, et ma très chière femme et compaigne 
la dame desdits lieux et de Saint- Amour, ma femme; mon ymaige revestue 
de harnoiz et de ma cote d'armes, et ladite ma compaigne de habit tel que 
à son estât appartient Item, revestira toutes, les clècevoyes de ladite ver- 
rière d'ymaiges et harmoèrie des armes de moy et de ladite ma compaigne. 
fan, fera lesdits ouvraiges de bonne verrières et estons de fine eoteors, et 



— 100 — 

espéciaulment appelles et requis, fan et jour dessusdits, environ une heure 

après midi. 

J. Gadthbbot. 

(Protocole da notaire Gautherot, de Ghaion. Arch. départ 
de Saône-et-Loire, E. n&i, fol.' 63.) 



L'origine et la qualité du portrait de l'infante Isabelle-Claire- 
Eugénie, par Van Dtck, au musée du Louvre. 

Parmi les portraits qui ont légitimement leur place au musée du 
Louvre, il n en est pas de plus connu que celui de l'infante Isabelle- 
Glaire-Eugénie, par Van DyckM. Cette princesse y est représentée 
en habit de religieuse du tiers ordre de Saint-François, costume 
sous lequel elle vécut depuis le premier jour de son veuvage jus- 
qu'à sa mort (1 3 juillet 1691-3 décembre i633). Le peintre a 
merveilleusement réussi à fixer les traits et la physionomie de ce 
visage énergiquement résigné et sensuellement béat. <rli existe, dit 
M. Jules Guiffrey, de nombreuses répétitions de cette effigie. Évi- 
demment un premier tableau, exécuté d'après nature, a servi de 
modèle aux répliques disséminées un peu partout. . . Le tableau da 
Louvre a toujours passé pour une œuvre originale; il appartient a 
la collection du Roi,. premier noyau de notre musée. Quelque 
remarquables que soient les portraits de la princesse conservés à 
Vienne ou à Turin, celui du Louvre nous parait supérieur. On 
assure toutefois que le prototype de ces nombreuses toiles est le 
tableau du musée de Parme (2) .» 

Le prototype, où qu'il soit, passe pour avoir été peint en 1626$. 
Cependant un article extrait des comptes de l'infante, par Philippe 
Chiflet, l'un des chapelains de son oratoire, donne à cette peinture 
une date postérieure de deux années. Cet article, qui fait en même 
temps connaître la récompense que reçut le peintre, est ainsi conçu : 

* 1 6 38, décembre. — A Van de Hœyck, le peintre d'Anvers, 
pour avoir peint Son Altesse, une chaîne d'or de la valeur de 
760 florins M. a 

W Écoles allemande, flamande et hollandaise, n° iû5 : hauteur 1" 17; largeur 
o" 90 ; toile , £gure à mi-corps de grandeur naturelle. 

<*> J. Guiffrey, Antoine Van Dyck, pages 86 et 87. 

<»> Ibtd., page 86. 

< 4 > Présenté faite par la êérémstime infante : collection Chiflet, à la bibliothèque 
de Besançon, 139 B. 



tigutions dans les dépôts publics et les études des anciens tabel- 
lions, M. de Grandmaiaon « pu réunir quelques éléments positifs sur 
les métiers tourangeaux du in* siècle. 

Or, les tapissiers de Tours ont joui pendant longtemps d'une in- 
contestable réputation. 

Leur habileté est reconnue par tes tapissiers parisiens, dans un 
recueil de statuts, imprimé en 1718, qui contient le passage sui- 
vant: «Les premières fabriques de tapisseries qui ont paru ea 
France ont pris naissance dans les villes de Tours et d'Amiens; 
mais aujourd'hui elles ne subsistent plus. Celle de Tours se faisait 
remarquer par un goût de travail si singulier qu'elle a été de (ont 
temps fort estimée, aussi bien que ses dessins et ses figures, qui 
ont toujours esté bien travaille»; Bon grain était rond et bien fabri- 
qué; sa marque étoit une tour double; les tapisseries qu'on y faisoit 



— 104 — 

duction (p. xxm) : «rEn 161 a, survint une tentative de l'autorité 
royale pour relever chei nous ce bel art, mais des circonstances ifr 
connues la firent échouer, et depuis lors il n'en est pins question! 
À part une légère erreur de date, le fait est exact, comme oak 
verra tout à l'heure. Encore l'historien traite-t-il avec trop de & 
dain un établissement qui eut son heure d'éclat et de suces, 
comme des textes contemporains le prouvent suffisamment 

Voici d'abord un témoignage d'autant plus précieux qu'il vieat 
de personnes impartiales : c'est le rapport envoyé au cardinal Bar- 
berini par des correspondants chargés d'étudier sur place les prin- 
cipales manufactures de France, leurs mérites respectifs, leurs pro- 
cédés techniques. Le passage sur les ateliers tourangeaux est for- 
mel : cr Depuis quelque temps une fabrique s'est établie à Tours, 
qui emploie les laines de France et d'Angleterre, teintes à Tours 
avec l'eau de la Loire. Les tapissiers sont de Paris. 

(tLe cardinal de Richelieu leur fait exécuter plusieurs pièces qui 
seront très riches, d'un assez bon dessin, et dont les couleurs seront 
durables, parce quelles sont teintes avec méthode, par plusieurs 
passages successifs dans la cuve, avec force pastels et fort peu de 
bleu d'Inde.» 

Ce rapport d'un témoin bien renseigné a un grand poids. Il con- 
corde parfaitement avec les éloges donnés en 1718 par les tapis- 
siers parisiens aux ateliers de Tours. Le correspondant du cardinal 
italien ignore que les directeurs de cet établissement sont des Fla- 
mands fixés en France. Rien d'étonnant à cela. Marc de Cornant 
et François de la Planche , principaux titulaires du privilège de 1 6 1 3 
pour la ville de Tours, ayant à Paris le principal siège de leur 
industrie, devaient passer aux yeux des étrangers pour des artisans 
parisiens. 

Le rapport sur la tapisserie française qui vient d'être cité porte 
la date de i63o. A cette époque donc les ateliers tourangeaux* 
grâce à la toute-puissante protection du cardinal-ministre, sont en 
pleine activité. 

Nul doute qu'on ne trouve, dans l'inventaire des trésors garnis- 
sant le château de Richelieu, mention de tapisseries provenant des 
ateliers qui font l'objet de cette étude. Mais cet inventaire, dont la 
publication est promise depuis longtemps, n'a pas encore vu le jour, 
et il faut bien nous contenter, jusqu'à nouvel ordre, des renseigne- 
ments fournis par le correspondant du cardinal Rarberini. 



— 106 — 

f appât de nombreux avantages, venaient fonder à Parte la prauèn 
manufacture des Gobelins. Mais le roi n'eot pas le temps de douar 
à ses grands projets tout leur, développement Dana une réctaà 
étude consacrée à l'industrie en France sous le règne de Henri IV ty 
M. Fagniez a montré les efforts persévérants, acharnés, du souvena 
pour acclimater et répandre sur tous les points du territoire la ad- 
ture du mûrier et celle du bombyx de la soie. Le roi n'avait pu 
moins à cœur la fabrication des tapisseries que celle des soiemi 
La ville de Tours était indiquée comme un des centres les pins fa- 
vorables à l'installation de cette industrie. Sous le règne de Henri III, 
le Conseil de ville avait songé à faire venir des ouvriers flamandi 
pour remettre en activité les métiers languissants; c'était en i58i 
Les événements politiques vinrent traverser ces projets. Il n'y ta 
pas donné suite. Henri IV, paraît-il , c'est M. Fagniez qui l'assure, 
jeta les yeux sur la ville de Tours pour y établir des ateliers de ta- 
pisserie et en faire un centre important de production. 

La mort du roi empêcha la réalisation de ce dessein; mais si t dès 
1 6 1 3 , au milieu des embarras d'une minorité agitée, son succemar 
put établir dans la capitale de la Touraine un atelier de tapissiers, 
c'est certainement grâce aux plans mûrement étudiés par son père. 
Il n'est donc que juste de reporter à Henri IV l'idée première de cet 
fondation ; son successeur d'ailleurs prend soin de proclamer bien 
haut les titres de son père à la reconnaissance des Tourangeaux, les 
difficultés seules de l'entreprise en ayant ajourné l'exécution. 

Un privilège exclusif de quinze années, accompagné de certain 
avantages, était accordé aux sieurs Marc de Comans et François de 
la Planche, les deux directeurs de la manufacture de tapisseries) 
la façon de Flandre établie aux Gobelins. Ils partagent ce privi- 
lège avec deux marchands tapissiers nommés Alexandre Motheros 
et Jacques Cottart et le tapissier ordinaire et valet de chambre du 
Roi, Jean Gaboury; ces derniers s'occuperont probablement d'une 
manière spéciale de l'atelier de Tours, les sieurs de Comans et de 
la Planche ne pouvant exercer qu'une surveillance lointaine, ter 
leur maison de Paris exigeait continuellement leur présence. 

On remarquera qu'il n'est question dans le privilège que d'ot- 
vrages de basse lisse. En effet , nous avons démontré que Comtas 
et de la Planche avaient été appelés de Flandre pour répandre à 
Paris l'usage du métier de basse lisse, ce qui ne laissa pas que de 

M Revue hûtoriqnê, i883. 



— 108 — 

naire pendant les quinze années du privilège. Cette prescription 
ne s'étend pas aux cinq associés directeurs. Il suffira qu'un serf 
d'entre eux reste sur place pour surveiller les huit métiers obliga- 
toires et ceux qu'il plaira aux entrepreneurs d'ajouter à ce nombn 
En dédommagement de leurs frais et dépenses, tant pour rétablis- 
sement de la manufacture que pour la nourriture des apprentii, 
les associés recevront la somme de i5,ooo francs, 6,000 presque 
immédiatement après la date de la concession , et le surplus pir 
tiers, en trois ans, à partir du i er janvier 161&. Ils auront la fa- 
culté, à défaut de payement, de fermer leurs ateliers après un in- 
tervalle d'un an, sans être tenus de restituer tout ou partie d« 
sommes déjà reçues. 

Les entrepreneurs, leurs familles et leurs ouvriers seront, pen- 
dant la durée des quinze années, exemptés de toutes imposition! 
levées sur les habitants de Tours et autres charges quelconques, 
même de celles dont les ecclésiastiques ou autres privilégies seraient 
tenus. Ils sont ainsi placés au-dessus des plus favorisés. Toute 
liberté leur est laissée pour teindre et appareiller leurs laines et 
leurs soies. 

Datées du mois de février 1 6 1 3 , les lettres patentes étaient en- 
registrées à la Chambre des comptes le 1 5 mai suivant. 

Rien n'était négligé, on le voit, pour assurer la prospérité do 
nouvel atelier auquel le pouvoir royal et le corps municipal por- 
taient, chacun de leur côté, un si vif intérêt. Le nom des deox 
maîtres tapissiers placés à la tête de l'entreprise n'était-il pas une 
garantie de succès? Enfin la toute-puissante intervention du cardi- 
nal de Richelieu semblait promettre h la manufacture de Ton» 
une longue durée. Comment toutes ces belles espérances s'en- 
nouirent-elles en fumée? A quelle époque les métiers tourangeau 
cessèrent-ils leurs travaux? Il est impossible de répondre d'une 
manière précise à ces questions. On a la preuve que l'atelier était 
fermé en 1718. Mais il faut faire remonter beaucoup plus haut, 
peut-être aux troubles de la Fronde et au ministère de Mazarin, k 
départ des ouvriers et la ruine de l'entreprise. On n'a jusqu'ici 
signalé aucune démarche, aucun effort de Colbert pour soutenir 
la fabrication de la tapisserie à Tours, preuve décisive que réta- 
blissement avait cessé d'exister avant l'avènement du grand mi- 
nistre. Son éphémère durée peut donc être placée entre les dates 
i6i3 et i65o, ou environ. 



— 110 — 

fabrication nous ont paru médiocres. C'était évidemment un de ces 
articles qu'on destine à la fente courante, et non une pièce soi- 
gnée, laite sur commande pour un prince ou un souverain. 

En terminant ce préambule, nous rapprocherons des sujeb 
attribués aux tapissiers de Tours un certain nombre de tentant 
inscrites dans l'inventaire de Louis XIV comme fabriquées 1 
Amiens. Les tapissiers parisiens établissent en 1718, comme ci 
Ta vu, une sorte de parallèle rétrospectif entre les ateliers d'Amie* 
et ceux de Tours, en proclamant la supériorité de ces derniers. 

H n'est donc pas sans intérêt de faire connaître un certain nombit 
de tapisseries mises au compte des métiers d'Amiens par des os*- 
temporains bien informés. N'est-il pas singulier que le Mobilier 
royal ait possédé trente-deux pièces de ces manufactures picardes 
si dédaignées par l'historien du xvin* siècle, tandis que les tapis- 
siers de Tours étaient représentés, dans la collection de Louis XIV, 
par huit pièces seulement? 

Voici Ténumération des sujets attribués aux ateliers d'Amiens w : 

16. Tous. Une tenture de tapisserie de laine et soye haulte fine, 
fabrique d'Amiens, dessein de Lucas ou de quelqu'un de ses âèvei, 
représentant l'histoire de Tobie dans une bordure de rinceaux par le huit 
et par le bas, avec de grands escriteaux en lettres blanches sur un fondi 
rouge qui explique l'histoire; contenant cinquante deux aunes de cours aar 
trois aunes et demi de hault, en douze pièces, doublées par bandes de toffle 
blanche, cy 5a aunes sur 3 aunes et demi 

97. Tbiomphb des Vertus et des Vices. Une tenture de tapisserie de laine 
et soye ancienne, haulte lisse d'Amiens, représentant les triomphes des 
Vertus et des Vices, avec escriteaux de lettres blanches sur un fonds rouge « 
en six pièces, dont une coupée en deux , contenant dix neuf aunes de 
sur trois aunes de hault, cy 19 aunes sur 3 

98. DivbbsJeox. Une autre tenture de tapisserie de laine et soye 
de haulte lisse d'Amiens, à fond vert brun , semé de fleurs, fruits, feuillage 
et oyseaux , représentant divers jeux ; en sept pièces , contenant vingt-une aun^ 
de cours sur deux aunes trois quarts de hault, cy... ai aunes sur a aunes 3/fl* 

4a. Une tenture de tapisserie de haulte lisse, fabrique d'Amiens, toutC^ 
de laine, représentant l'histoire de Troyes, en figures gotiques sans bor" 

M L'inventaire de Louis XIV énumère aussi d'antres tapisseries sorties d'ataliea^" 
provinciaux français : une histoire de Henri III, de Cadillac, des tentures d'Aubosa* 
son, de Felletin, de l'atelier des galeries dn Louvre; mais la majeure partie des ta^ 
pisseries provient de Bruxelles, de la manufacture des Gobelins ou des fabriqua 
anglaises. 




et tau — jli ipomaR. mersamna a naos 

de 
èe- T<mr*. et «a» jk • iiafilMw» ça^ife 
i«ow bien iwnht inr jearrwer- 1 as 



1» fartes qi 
estrequ'a*el' ¥ 

s'est preHriil^ 9 

i i 

esté manda 1^ 
et Brabans poor|« 

rata 
iertai des édite i em 
, Jacques 
de chambre 
et le pnbieq. es «oroient 
cArt de (aire ledit éla- 
à b asarcke en ladite fille 
«■t propmeei, lesquelles nom 
estant bien et deoement 



arfbnvde a sufisme** e»-neneea«n* art de b nnnirfîar liire desteles 
ûpcMmes. <xni •»* •» personne» desdâts de Gwnmw et de la Planche, Mo- 
tbienM . Gâtant -K Ga fe e my - et de knrs bonnes moeurs et 6deUité es ou- 

«rag 1 » z*ï s ^acvcf'fciwat . Vœ. ie *ad*is de (a R«»yne. nostre très bon- 
non? 'id-w « iikpî ■> n«tre Conseil . et particulièrement dudit sieur de 
Sea*re. a*«oc£ r:c3» et eon-iiettons ies«îits Cornons, de b Planche, Mo- 
ther?a. Cociri « G-i>:«zry p»-«r <?xercer par eui lesditles manufactures de 
tapisseries. H :*.*eîJ^ r^stabhr en nostre ditte ville, faaxbourgs et banlieue 
de Tours p**.^ :•* temp «et espace de quinie ans consécutifs , à comraancer 
du jour qu'ils recevront les premiers trois mil livres cy après déclarez, 
sans que autres puissent faire . ne faire (aire ledit exercice pendant ledit 
tempe au dedans de nostreditte ville, faubourgs et banlieue d'icefle. Seront, 
en ce faisant, tenux lesdits Comans, de la Planche. Motheron, Cottard et 
Gabourv. faire dresser dans trois mois après la venftication des pré- 
sentes . en une ou plusieurs maisons de laditie ville èsqu elles ils feront leurs 
demeures, huit mestiers garnis d'artisans à suffisance pour travailler en la- 
dite manufacture, d\ enseigner gratuitement huit apprenlifs masles. les- 
quels ils prendront des mains des maire et escbevins de nostredite ville de 
Tours . et de les rendre capables dedans cinq ans de travailler ausdils astel- 



.— lia — 

Et outre, pour d'autant plus donner moyen susdite entrepreneurs de 
rendre tout devoir, affection et dilligeooe à ladite manufacture, nous les 
avons pendant ledit temps de quinze ans affranchi* et exemptes , affranchis- 
sons et exemptons, avec leurs familles et ouvriers qu'ils pourront amener 
et appeller avec eux servans actuellement à ladite manufacture, de touttes 
contributions et cottisations, levées de deniers qui pourraient estre impo- 
sées sur lesdits habitons de notredite ville de Tours, et de touttes autres 
charges quelconques, et pour quelque cause et occasion que ce soit, encores 
que ce fust pour cause pour laquelle les eclésiastiques et autres privilégies 
défissent contribuer. Sy donnons en mandement à nos amez et féaux con- 
seiHero les gens de nos Comptes, Cour des Àydesà Paris, trésoriers géné- 
raux de France à Tours, bailly dudit Tours ou son lieutenant, et à tous 
autres juges et officiers, et chacun d'eulx, ainsy qu'il appartiendra, que ces 
présentes ils fassent registrer, et du contenu en icelles faire souffrir et lais- 
ser jouir et user lesdits entrepreneurs et ouvriers, cessans et faisans cesser 
tous empeschemens au contraire; car tel est nostre plaisir. Et, afin que ce 
soit chose ferme et stable à toujours, nous avons fait mettre nostre seel a 
cesdites présentes, sauf en autre chose nostre droit et l'autruy en touttes. 
Donné à Paris, au mois de février, Tan de grâce mil six cent treize, et de 
nostre règne le troisième. Signé : Louis. Et plus bas, par le Roy, la Royne 
régente, sa mère, présente : Pornsa, et scellées sur lacs de soye rouge et 
verte du grand sceau de cire verte. 

Et sur le reply est écrit : Registrees en la Chambre des comptes, ouy le 
procureur général du Roy, pour estre le contenu en icelles exécutté, gardé, 
et observé selon sa forme et teneur,' à la charge qu'A chacun des payemens 
qui seront fait susdits impétrans, ils seront tenus mettre es mains des rece- 
veurs un certificat des maire et eschevins de Tours comme ils auront exé- 
cuté le contenu esdites lettres et satisfait aux charges et conditions d'iceUes, 
ainsy qu'il est contenu en f arrest de ce fait le quinzième jour de may mil 
six cent treize. Signé : Bodrlon. 

Collationné par nous conseiliier maistre à ce commis, 

Gaschibr. 
(Arch. nat, P a3*7, fol. i&5.) 



— 116 — 

M. Ledeuil fait hommage au Comité d'une Notice sur 
Auxois. 

La Section décide que cet ouvrage sera déposé à la bibliothèque 
des Sociétés savantes, et que des remerciements seront adressés à 
l'auteur. 

M. de Barthélémy lit un rapport sur une demande de subvention 
formée par la Société des antiquaires du Centre. Cette société ne 
se borne pas à publier annuellement un volume de mémoires, ac- 
compagné de planches, elle fait en outre des fouilles archéologiques, 
et ne laisse échapper aucune occasion de centraliser au musée lapi- 
daire de Bourges les sculptures et les inscriptions antiques qui lui 
sont signalées. Les services qu'elle rend de la sorte et les sacrifices 
qu'elle s'impose sont considérables; le Comité estime donc qu'il y a 
lieu de lui accorder une subvention. 

M. Rame lit un rapport sur une demande de subvention formée 
par la Société archéologique et historique de la Charente. Cette de- 
mande est principalement motivée par un travail de M. Lièvre, in- 
titulé: Exploration archéologique de la Charente, sorte de statistique 
monumentale du département, divisée par cantons, et qui a com- 
mencé à paraître dans le Bulletin de la Société en 1880. Cette œuvre 
rentre par sa nature dans les travaux d'exploration méthodique des 
provinces que le Comité a pour mission d'encourager, mais par son 
mode de publication elle ne constitue pas un travail exceptionnel; 
c'est en redite une subvention pour la publication de son Bulletin 
que la Société de la Charente réclame; le Comité ne croit donc pas 
qu'il y ait lieu de faire droit à sa demande; toutefois, reconnais- 
sant l'intérêt qui s'attache au travail de M. Lièvre, et tenant compte 
des frais que doivent occasionner les planches jointes à ce travail, 
il estime qu'il y a seulement lieu à ajournement, et que la Société 
pourra utilement renouveler sa demande quand la publication dont 
il s'agit sera plus avancée. 

M. Hilton de Villbfosse lit un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par la Société agricole et scientifique de la Haute- 
Loire, pour exécuter des fouilles à Saint-Paulien. Cette localité 
occupe l'emplacement de l'ancienne Revessio, la capitale des Vellavi. 
Les inscriptions, les sculptures, les objets antiques de toute sorte 



— 118 — 

chefs, et an roche! «à la nouvelle manières ce qui indique qu'une 
mode nouvelle s'introduisait alors dans le vêtement des femmes. 

Enfin M. Charles Givelet a publié une intéressante notice sur Le$ 
totios bradées conservées à Motel-Dieu de Reim^. 

Ces toiles brodées, qui servaient encore lorsque M. Givelet les a 
vues pour la première fois, sont de la classe des couUes-pom&es ou 
cukitrœ jmnetœ des inventaires. Le dessin y est exprimé par son con- 
tour seul tracé par des points à l'aiguille en fil d'une autre couleur 
que le fond, mais parfois aussi de la même couleur. 

L'Hôtel-Dieu de Reims possède six «mantes», ainsi qu'on dit dans 
le pays : Tune est du xin* siècle; une seconde, du xvi°; les autres 
sont du xvn e siècle. De ces dernières deux portent la date de i6a3; 
la troisième, celle de i6a6. Le dessin y est tracé en fil bleu sur le 
fond blanc de la toile. 

La pièce du xiii* siècle est excessivement précieuse. Le fond forme 
un damier dont les compartiments encadrent des fleurs de lis hé- 
raldiques et des animaux, poissons, oiseaux et quadrupèdes. Un 
côté de la bordure représente les travaux des mois sous une arca- 
ture. 

La seconde, qui doit appartenir à la fin du xvi* siècle, représente 
YÂMumciation, entourée de saints au milieu d'ornements assez mal 
agencés. Les quatre dernières sont de vraies compositions religieuses, 
qui semblent assez bien dessinées. 

Il a suffi que l'Académie de Reims signalât l'importance de ces 
tissus brodés pour que l'administration de f Hôtel-Dieu les remplaçât 
pour le service des malades par des couvertures de laine acquises 
tout exprès. 

M. Givelet a accompagné son mémoire de gravures au trait, 
exécutées d'après des photographies qui paraissent très exactes. 

Il se demande quelle pourrait bien être l'origine de ces coultes- 
poinctes. La tradition, parmi les religieuses de l'Hôtel-Dieu, est 
que les dernières, celles du xvii* siècle, furent exécutées dans la 
maison même par les sœurs, qui occupaient ainsi leurs loisirs dans 
les années heureuses où il y avait disette de malades. 

Mais M. Gh. Givelet se demande si l'Allemagne ou les Flandres 
ne pourraient revendiquer l'exécution de ces pièces, ces pays lui 
semblant avoir pratiqué tout particulièrement l'art de la broderie. 

W Travaux de f Académie de Reims, année* 1881-1 88a, p. i63-i 88. 



— 120 — 

M. Héboh m Villbfossr rend compte de deux mémoires relatifs à 
l'épigraphie romaine qui ont été publiés dans le dernier volume de 
la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes W. Le 
premier est un Supplément à TÉpigrapkie des Alpes-Maritimes, par 
M. Ed. Blanc. 

« Ce supplément contient un certain nombre d'inscriptions et de 
fragments, nouveaux ou retrouvés, qui nç figurent pas dans le tra- 
vail d'ensemble de M. Ed. Blanc, ÏÉpigraphie des Alpes-Maritimes. 
Ces textes proviennent d'Antibes ou des environs, de Nice, de Ci- 
jmiez et de Vintimille. Le plus intéressant est l'inscription trouvée à 
Saint-Cassien et déjà connue par les publications de M. Révellat et 
de M. E. Desjardins. M. Blanc a tort de traiter si sévèrement l'esti- 
mable ingénieur qui a publié cette inscription avant lui et de parler 
à ce propos de ((tour de force!» Voilà un mot qu'il eût mieux fait 
de ne pas prononcer. Assurément il est fâcheux d'interpréter une in- 
scription sans en saisir le véritable sens; mais, en fait de tour de 
force, il y a quelque chose de plus étonnant encore, c'est de déclarer 
très haut qu'on a retrouvé une inscription qui n'a jamais existé, 
d'en déposer l'estampage dans un musée, d'en présenter le dessin, 
sans sourciller, au Congrès des Sociétés savantes, de recueillir à ce 
sujet les éloges et les encouragements les plus flatteurs et les plus 
enviés, de solliciter et d'obtenir des fonds pour aller chercher ce 
monument imaginaire, enfin de le publier et de le faire graver 
comme un document archéologique de la plus haute valeur. Voilà 
un véritable tour de force I et il faut reconnaître qu'il a été accompli 
par M. Ed. Blanc avec une aisance et une souplesse qui démontrent 
toute son aptitude pour ce genre d'exercice. 

«J'ajoute que M. Blanc, au lieu de s'appesantir avec tant de 
complaisance sur les erreurs des autres ferait beaucoup mieux de 
corriger les siennes et de profiter des conseils et des avertissements 
qui lui ont été prodigués à ce sujet. Je m'attendais, en ouvrant ce 
supplément à ÏÉpigraphie des Alpes-Maritimes, à y trouver surtout des 
corrections et des errata; mais il n'en est rien. Le nouveau mé- 
moire renferme, au contraire, de nouvelles perles. 

((Ainsi dans un fragment d'inscription de Cimiez (n° 8, p. us 
et 11 3), l'auteur lit à la ligne 3 les caractères suivants : 

...AC-AMNORV... 

(> > Mémoires de la Société des lettre», eciencee et art» de» Alpee-Maritime» , i88a, 
t. VIII, p. to&à 125. 



— 121 — 

rr 11 reconnaît là une mention d'un ((curateur des fleuves (curator 
* anmoru[m] ! . . . , magistrat chargé de veiller à l'entretien de la na- 
"* vigabilité (sic) sur les fleuves de province*. 

«r Je puis affirmer que celte explication causera un étonnement 
véritable aux savants qui étudient l'orthographe latine, et qu'elle 
excitera également la stupéfaction de tous ceux qui s'adonnent à 
l'étude des institutions romaines. On voit qu'en fait d'interprétation, 
M. Blanc n'est pas impeccable et qu'il n'a rien à reprocher aux 
autres. 

(t Le même volume (p. 1 5 à a a ) contient une notice de M. Sardou , 
intitulée : Utilité des études épigraphiques , dans laquelle l'auteur a fait 
ressortir d'une manière générale les services importants que l'épi- 
graphie a rendus h l'histoire, et prenant pour exemples deux in- 
scriptions, l'une de Cannes et l'autre d'Antibes, il en a tiré quel- 
ques renseignements intéressants sur l'administration municipale 
dans l'antiquité et sur les mœurs romaines. » 

M. dbLastetrib communique une intéressante notice de M. Maxe- 
Werly snr des vitraux de l'ancienne église Saint-Nicaise de Reims. 
Cette église était une des plus belles de Reims, malheureusement 
on n'en possède que des descriptions incomplètes et l'on n'a que 
des renseignements plus ou moins exacts sur sa magnifique vitrerie. 
M. Maxe-Werly a eu la bonne fortune de trouver dans un volume 
de la collection Decamps, à la Bibliothèque nationale, un croquis 
fait au xvn 9 siècle d'un des plus curieux parmi ces vitraux. L'artiste 
y avait représenté une suite de personnages du temps, membres de 
la famille des comtes de Bar; ce dessin offre donc un intérêt histo- 
rique aussi grand que son intérêt archéologique; M. de Lasteyrie 
croit qu'il y aurait lieu de le faire reproduire par la gravure, en tous 
«as il propose l'impression de la notice de M. Maxe-Werly dans le 
prochain fascicule du Bulletin W. — Approuvé. 

M. db Lastbyiib communique également, de la part de M. Maxe- 
Werly, la photographie d'un curieux vase en terre cuite représen- 
tant un singe accroupi; il porte une espèce de capuchon rabattu 
qui formait l'embouchure du vase. Il a été trouvé à Reims dans 
une sépulture antique. Des boucles d'oreilles trouvées en même 

M Voir ie texte de cette communication , ci-après p. i92-i3o. 

AicaéoLOGii. 9 



l«niMUI i»TI«i»l« 



— 122 — 

temps ont fait supposer que c'était une tombe de jeune fille. Cet 
objet appartient à M. Léon Fouché, de Reims, qui en a obligeam- 
ment envoyé la photographie à M. Maxe-Werly. M. de Lasteyrie pro- 
pose de renvoyer l'examen de cet objet à an des membres de la Sec- 
tion qui ont plus spécialement étudié la céramique antique. — 
Renvoi à M. Rayet. 

M. de Montaiglon entretient la Section de l'intéressante brochure 
que vient de publier M. Boucher de Molandon sur les inscriptions 
romanes de Saint-Benoit-sur-Loire. Il propose diverses restitutions 
pour compléter l'une d'elles qui est fort mutilée. Sur l'avis qu'un 
membre d'une des sociétés savantes d'Orléans doit proposer au Con- 
grès de la Sorbonne un essai de restitution de la même inscription. 
M. de Montaiglon réserve pour ce moment les observations que ce 
monument lui a suggérées. 

M Billotte donne lecture de la liste des communications an- 
noncées pour le Congrès de la Sorbonne. Celte liste est approuvée. 
à l'exception de deux communications relatives à des questions d'ar- 
chéologie antique qui ne paraissent pas rentrer dans le cadre or- 
dinaire des travaux du Congrès. 

La séance est levée à 6 heures. 

Le Secrétùirc de la Section d'Archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



Les vitraux de Saint-Nicaise de Reims. 

Merveille de l'architecture gothique qui devait immortaliser les 
noms de Libergier et de Robert de Coucy, ces maîtres des œuvres si 
remarquables entre tous ceux dont les travaux appartiennent au 
xiii* siècle, l'église abbatiale de Saint-Nicaise de Reims, convertie 
sous la Révolution en hôpital, puis en magasin à fourrages, ne put 
échapper à la dévastation; mais ce fut seulement plus tard que, 
condamnée à disparaître, elle fut livrée, de 1799 à 1806, au mar- 
teau des démolisseurs. 

Si le tombeau de Jovin, œuvre de l'époque romaine, a été sauvé 
de la destruction dont il était menacé, si le magnifique pavé aux 






L r . 



* 



- . tvo-'e-' 



— 123 — 

dalles incrustées de plomb a pu être conservé en partie dans la 
tourmente révolutionnaire, dès Tannée 179s, le riche mobilier de 
cette basilique avait été vendu, pillé ou détruit; toutefois il est en- 
core possible de retrouver à la cathédrale, à la bibliothèque de la 
ville, au musée lapidaire de l'archevêché, à l'église Saint-Maurice, 
et dans le voisinage de remplacement de l'abbaye de Saint-Nicaise, 
des fragments de pierres sculptées, des débris de pavés, de colonnes, 
de dalles tumulaires, épaves précieuses qu'il convient de recueillir 
avec soin et dont il faudrait assurer la conservation en les réunis- 
sant toutes dans un même musée. 

Ce que le vandalisme des premières années de la Révolution n'a 
pas eu à détruire, ce sont ces admirables verrières de la fin du 
xin* siècle. Remplacés, vers 1762, par des verres blancs destinés à 
laisser la lumière pénétrer plus abondamment dans l'intérieur de 
l'église, ces vitraux historiés, œuvres d'artistes inconnus, présents 
des rois, princes et seigneurs venus par dévotion rendre leurs hom- 
mages au tombeau du grand martyr, avaient été détruits en plein 
xtiii" siècle W, pour laisser la place «à des cristaux de couleur 
naturelle, ce qui, suivant l'opinion d'un chroniqueur moderne, 
donnait un très beau jour et ajoutait au merveilleux que présentait 
la construction de l'édifice (2) ». 

Ce fut sans doute dom Mathieu Hubert, procureur et receveur 
de la maase abbatiale de Saint-Nicaise, k homme de goût, économe 
et zélé pour la décoration de ce bel édifice w, l'auteur de la suppres- 
sion crdu vilain jubé gothique qui coupait en deux la nef d'avec le 
chœur M», qui, de 1760 à 1764, fit détruire ces admirables ver- 
rières, dont le grand historien rémois disait tr qu'elles achevaient la 
beauté de cette somptueuse église et étaient tellement exquises 

• 

(>) a Tous les vitraux étaient autrefois peints dans le goût du teins et représen- 
taient des mystères, des vies de saints, et ceux qui en faisoient présent; il y en a 
encore d'entiers où Ton voit Marie de Brabant, seconde femme de Philippe le 
Hardy, tenant la vitre qu'elle offre à Saint-Nicaise, etc.. . . . Philippe le Bel et la 

reine Jeanne son épouse avec ses sept enfante, ete On y voit aussi les armes 

de la famille de Cou ci. n Almanach historique de Reims, 1779. 

w tr On 7 comptait en tout deux grandes roses et quarante-quatre verrières, dont 
dix principales éclairaient les chapelles du rond-point.» Povillon-Piérard , Histoire 
de l'église Saint-Nicaise de Reims. Manuscrit de la bibliothèque de la ville de Reims. 

W L'auteur du Précis historique sur l'église Saint-Nicaise éprouvait le besoin de 
«jetter quelques fleurs sur le tombeau de cet homme à qui l'église et la maison ont 
tant d'obligations •>. Almanath historique de Reims. 



rv 



— 126 — 

de chaque côté de la tête des différente personnages; dans les cin 
dernières, sur les bande? brodées qui garnissent les costumes, o 
voit figurées alternatirement les armes de Bar et de Toucy. Ces ar 
moines se retrouvent dans la bordure servant d'encadrement à c 
vitrail dans le sens de la hauteur, et deux écussons seulement oc 
été dessinés dans le bas, contre le montant de droite, par Tauteu 
inconnu du croquis, objet de cette étude. Les légendes avaient et 
primitivement écrites au crayon rouge, mais plus tard une mai 
inhabile, en les rechargeant à l'encre, en a altéré les caractères. 

Dans la troisième baie, divisée comme la première en plusieur 
tableaux, on voit au premier un personnage crosse et mitre, bénis 
sant une femme agenouillée devant lui, puis dans les trois autres ui 
homme vu de face, debout et les mains jointes. Tous portent su 
leurs vêtements des bandes brodées aux armes de la maison d 
Ghâtillon, armoiries qui se retrouvent alternées dans fencadremen 
avec celles de la maison de Dreux, et dont deux seuls spécimen 
ont été indiqués contre le montant de droite. 

Au bas du dessin, dans le blanc, l'artiste anonyme a dessiné e 
enluminé, sous le panneau du centre deux écussons aux armes d 
Bar et de Toucy, sous celui de gauche ceux des maisons de Dreu 
etdeChâtillonW. 

En l'absence de tout renseignement qui pût me guider dans me 
recherches pour découvrir l'édifice auquel avaient appartenu ce 
vitraux, j'avais inutilement consulté aux Archives de la Meuse le 
cartulaires des abbayes de Jeand'heures, d'Evaux, de l'Isle et autres 
sans y rencontrer l'ODO ABBAS qui, selon mon opinion, devai 
me conduire à la solution désirée, lorsque le hasard me fit rencon 
trer dans Y Histoire de la trille, cité et université de Reims le renseigne 
ment que vainement je cherchais ailleurs. 

Dans cet ouvrage, en parlant des vitraux de l'église Saint-Ni 
caise, dom Marlot s'exprime ainsi : rr II y a encore une autre vitr 
en la même chapelle (celle de Saint-Remy), qui vient de Thibaut 

W Bar, d'azur à deux bars adossés d'or, semé de croix recroiseltées au pie 
fiché d'or. 

Toucy, de gueules à trois pals de vair, au chef d'or chargé de quatre merletU 
de gueules. 

Dreux, branche de Beu, échiqueté d'or et d'azur à la bordure dentelée ou en 
grêlée de gueules. 

ChdtiUon, de gueules à trois pals de vair, au chef d'or chargé d'une raerlette d 
sable au canton dextre. 



— 127 — 

comte de Bar-le-Duc, fils de Hetfry, comte de Bar et de Philippe 
de Dreux. Ce seigneur fut marié trois fois, suivant Duchèsne, et 
eut en premières noces Jeanne de Flandres, en deuxième Jeanne 
de Montmorency W, puis enfin Jeanne de Toucy, fille de Jean, sei- 
gneur de Toucy, de la maison de Châlillon . . . Les seigneurs de 
Toucy prirent les armes de Châlillon qu'ils brisèrent de quatre 
merlettes de gueules sur le chef pour différent, ainsi qu'on le voit 
en la vitre de Saint-Nicaise, où sont encore les armes de Bar qui 
portent d'azur à deux bars adossés d'or, semé de croix recroisettées 
au pied fiché. Au-dessous sont les noms des enfants sortis de leur 
mariage, Henry, Jean, Charles, Marie, Aeiis, Marguerite, Isabeau, 
Thibaut, Renaud, Errard et Pierre. La bordure de la vitre est en- 
richie des armes de Toucy et de Bar. En haut, dans le trèfle, est la 
figure du comte armé et à cheval, tenant l'épée nue en main et au 
premier côté de la vitre sont écrits ces mots : La comtesse de Bar en 
lettres d'or. » 

Ce récit de l'historien rémois, qui écrivait vers i66o-i663, nous 
permet de reconstituer par la pensée ce que notre dessinateur a 
omis de reproduire au centre de la rosace demeurée vide, quand, 
dans l'espace au-dessous des arcs trilobés des quatre derniers ta- 
bleaux, il a indiqué en un trait de plume de petites scènes cé- 
lestes qui se laissent deviner, mais dont le croquis trop rapide- 
ment exécuté n'autorise point à donner une description exacte. 
En rapprochant la description fournie par dom Marlot du croquis 
de la Bibliothèque nationale, il devient possible d'acquérir une idée 
exacte des admirables verrières de la chapelle Saint-Remy, qui 
fut aussi dédiée à Saint-Quentin (2 \ et de connaître l'époque à la- 
quelle elles furent faites. 

Le vitrail de droite, présentant dans la partie supérieure la scène 
de l'Annonciation, fut offert par un rémois, Eudes Le Plat, élu abbé 
de Saint-Nicaise en 1289. Or comme ce personnage, «dont le por- 
trait se voit en une vitre de la chapelle de Saint-Quentin qu'il a 

<*> Thibaut n'eut que deux femmes, Jeanne de Flandre et Jeanne de Toucy. 
Dans son histoire de la maison de Bar-le-Duc, Duchèsne rectifie Terreur qu'il avait 
commise en lui donnant comme seconde épouse Jeanne de Montmorency. 

(,} «Gilles de Montcornet, abbé de Saint-Nicaise, fut enterré dans la chapelle 
de Saint-Quentin, proche l'abbé Odo, où sont les vitres des Ghâtillon dont il 
était parent.» Dom Marlot, Histoire dp la ville, cité et université de Reims, t. III, 
p. 36a. 



— 128 — 

fait faire, où il est représente en chape» , mourut le 38 avril 1 997 ('< 
nous avons la date extrême de la fabrication de ce vitrail. 

Celui de gauche est ainsi décrit par dom Marlot : « En la chapell 
de Saint-Remy sont les vitres venant de la libéralité des seigneur 
de Chastillon-sur-Marne, Gaucher de Ghastillon, cinquiesme di 
nom, sieur de Grécy, Grèvecœur, etc., connestable de Champagne 
comte de Porcien, puis connestable de France, époux de Jeanm 

de Dreux , qui vivait en 1976. Le comte et la comtesse 9 

voyent en la vitre avec leurs armes dont elle est environnée à l'en 
tour. Le mari porte de Chastillon pour briseure, la merlette de sabl< 
sur le quanton dextre du chef, et la femme, de Dreux échiquet 
d'azur et d'or à la bordure de gueules.» 

Ici dom Marlot indique par erreur Jeanne de Dreux comm< 
épouse de Gaucher. Ce renseignement, emprunté à Y Histoire de h 
maison de ChAtUlon, d'André Duchesne, a été rectifié par cet auteu 
dans Y Histoire de la maison de Dreux, où il prouve que Gauche 
épousa en premières noces Isabeau de Dreux, dame de Nesle ei 
Tardenois, morte le 99 e jour d'avril 1997. Le vitrail en questioi 
est donc antérieur à cette date. 

Dans la verrière du centre, où se trouvaient représentés Thibau 
et sa famille, nous ne rencontrons point Charles de Bar, indique 
par dom Marlot, ni Philippe, qui complètent la liste des douze en- 
fanls issus, selon Duchesne, du mariage du comte de Bar avec 
Jeanne de Toucy. 

En voici la liste : 

i° Henri III, comte de Bar, qui succéda à Thibaut en 1297 {2) : 

9° Jean, seigneur de Puisaye en i3o5; 

3° Charles, qui mourut jeune; 

4° Thibaut, évêque de Liège en i3o3; 

5° Renaud, évêque de Metz en i3o9; 

6° Errard, seigneur de Picrrepont, mort vers t335; 

7 Pierre, seigneur de Pierrefort vers 1 3 1 4 ; 

(1 > crOdo le Plat, remus, electus mense Januario anno 1 990 , Theobaldum Lotha- 
ringie doeem pro Ruminiaci feodis, , carnis sarcioam deposuit iv cal. Mai 

Anno 1397. 

« In vitrea Quintiniani sacelli fenestra cernitur ejus imago depicta vivis coloribus 
Ibidem illius j a cent ossa lapideo snb tumulo, literis et figuris evanescentibus. r 
( Gallia chrittiana, t. IX , col. 9 1 5. ) 

(1) Le comte Thibaut II est mort, non en 1977, comme le rapporte Maillet, ni 
en 1188, date indiquée par Duchesne et Moréri, mais bien vers 1996-1997. 



— 129 — 

8° Philippe, femme d'Othon IV, comte de Bourgogne, morte 
avant îagt; 

9* Alix, qui épousa, en 1378, Mathieu, fils de Ferri III, duc de 
Lorraine; 

10° Marguerite; 

ii a Isabeau; 

13° Marie, femme de Gobert d'Apremoni. 

Si donc les noms de Charles, mort en bas âge, et de Philippe, 
décédée avant 1991, ne figurent point sur le vitrail de la chapelle 
Saint-Remy, il faut admettre : i° que le don en fut fait entre 
cette dernière date et Tannée 1397, époque à laquelle mourut le 
comte Thibaut; 3° que dom Marlot a commis une erreur en y in- 
diquant la présence de Charles à côté de ses frères Henri et Jean, 
chaque tableau ne renfermant que deux personnages. Déjà en i63i, 
dans ses preuves de Y Histoire de la maison de Bar-le-Duc, André 
Duchesne décrivait ainsi tria vitre qui se void en l'église de Sainct- 

Nicaise de Reims Et au premier costé de la vitre on lit ces 

mots : la comtesse de Bar y escrits en lettres d'or et d'argent autour 

dune figure de femme Au-dessous sont ces autres mots, 

Marie, Aelis, et plus bas Marguerite, Isabeau. De l'autre costé de la 
mesme vitre il y a Messire Jean, Messire Charles. Et plus bas, Re- 
naus, Thiebaut, et plus bas encore, Erars, Pierre*. 

Charles, étant mort en bas âge, ne doit point avoir été mentionné 
sur la vitte, quand le second des fils de Thibaut était encore de 
ce monde; je ne trouve point ce Charles indiqué dans le livre inti- 
tulé : «Le lignage de Coucy, de Dreux, etc., mis par escript en Tan 
M CCC III » . où Tordre de naissance des enfants du comte de Bar est 
ainsi rapporté : 

ir Henry, ly aisnez des fils; 

9 Jehan, le second filz du conte; 

(t Thibault, le tiers fils du conte; 

* Pierre, le quars fils; 

t Philippe, Taisnée des filles, etc.» 

11 serait inutile de rechercher quels furent les artistes auteurs de 
ces vitres de la chapelle Saint-Remy. Si les noms de Libergier 
et de Raoul de Coucy sont arrivés jusqu'à nous, il n'en est point de 
même pour les peintres verriers qui, pendant près de cinq siècles, 
ont produit à Reims ces magnifiques verrières de Notre-Dame, de 
SaintrRemy et des édifices religieux si nombreux en cette ville. Dès 



— 130 — 

Je x* siècle, l'art de la peinture sur verre avait fait de tels progrès 
dans cette région que, suivant le rapport de Richer, déjà en 970 
1 ancienne cathédrale était éclairée par des fenêtres où se trouvaient 
représentées diverses histoires' 1 ), mais il faudrait descendre jusqu'à 
la fin du xv e siècle pour rencontrer le nom de Nicolas Dérodé, le 
plus ancien peintre verrier qui ait signé ses œuvres sur les vitraux 
de Reims. 

L. Maxe-Wbrly. 

Correspondant du Ministère. 

(1) «rQuam fenestris diversas continentibus historias diiucidatam . . . « Richer, His 
loin d$ ton tempt; édition de J. Guadet, t. II, cliap. ixu, p. as. 



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REUNION ANNUELLE 



DES DÉLÉGUÉS DES SOCIÉTÉS SAVANTES 



A LA SORBONNE. 



SÉANCE GÉNÉRALE DU 15 AVRIL 1884. 

PRÉSIDENCE DE M. FATE. 

La vingt-deuxième réunion des délégués des Sociétés savantes de 
France s'est ouverte le mardi i5 avril i884 à midi et demi précis, 
dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous la présidence de 
de M. Faye, membre de l'Institut. 

Étaient présents: MM. Léon Rénier, Léopold Delisle, Levasseur, 
Edouard Char ton, deQuatrefages, Tranchant, Chabouillet, Ramé, 
A. de Barthélémy, de Lasleyrie, Bufnoir, Servois, Lyon-Caen, Ga- 
zier, Héron deVillefosse, Frédéric Passy, le colonel Perrier, Duvey- 
rier, Maunoir, Beaussire, Georges Picot, Angot, Richet, Siméon Luce, 
Flach, le P. de la Croix, Castan, de Sainte-Marie, Léon Palustre, 
Charles Robert, Sipière, le commandant de la Noë, l'abbé Arbellot, 
Allard, Bonnassieux, etc. 

M. Faye, prend la parole: il excuse M. H. Milne-Edwards qui 
devait présider le Congrès et en est empêché par un deuil de famille. 

M. Faye rapelle l'immense perte que vient de faire la science en la 
personne de M. Jean-Baptiste Dumas. Il retrace en quelques mots la 
carrière de cet illustre savant : «La France, dit-il, si répétés et si 
cruels que soient les coups qui la frappent, doit, au lieu de se 
laisser aller au découragement, travailler et suivre l'exemple donné 
par les hommes tels que celui auquel on rend en ce moment les 
derniers devoirs. * 



— 132 — 

Le Président fait ensuite connaître la composition du bureau de 
chacune des cinq sections et l'ordre général du travail : les séances 
du soir devront être consacrées à la discussion des questions qui ont 
été proposées à l'étude des Sociétés savantes dans le programme 
officiel, et les séances du matin aux communications particulières 
des délégués. 

La séance générale est levée à 1 heure et les différentes sec- 
tions du Congrès se réunissent dans leurs amphithéâtres respectifs. 



■ 






— 133 — 



SEANCE DU 15 AVRIL 1884. 



PRÉSIDENCE DE M. RAJfÉ. 

La séance est ouverte à î heure et demie. 

Le bureau est ainsi constitué : M. Alfred Ramé, président; 
MM. Alexandre Bertrand et Chabouillet, vice-présidents; M. Ro- 
bert de Lasteyrib, secrétaire. 

MM. Léon Palustre et Morel sont élus assesseurs. 

Le président donne lecture de la première question du pro- 
gramme relative aux cimetières gaulois à incinération antérieurs à 
l'époque romaine. 

Aucun membre du Congrès n'a apporté un travail d'ensemble 
sur cette question, mais plusieurs présentent quelques observations. 

M. Auguste Nicaisb ne connaît à vrai dire aucun cimetière gau- 
lois à incinération, mais il peut citer plusieurs sépultures gau- 
loises isolées dans lesquelles ce mode d'inhumation a été constaté. 
M. Morel en a signalé un exemple à Bussy-Ie-Château , dans le 
département de la Marne. On a découvert une sépulture du même 
genre à Condé-sur-Suippes. Cette dernière présente même, à cause 
des objets qu'on y a trouvés, un certain intérêt : on y a recueilli 
un vase à long col, une fibule, un fer de lance et une monnaie des 
Catalauni. M. Nicaise estime que, si Ton n'a trouvé jusqu'ici dans 
le département de la Marne que deux ou trois exemples bien authen- 
tiques de sépultures gauloises à incinération, cela tient au peu de 
soin que la plupart des archéologues apportent à leurs fouilles; mais 
maintenant que l'attention est appelée sur ce point, il est probable 
que les découvertes ne se feront pas attendre. 

M. Morel fait remarquer qu'il a découvert dans le département 
de Vaucluse un certain nombre de sépultures à incinération qui 
peuvent fort bien être antérieures à l'époque romaine. 

M. Dumuts rappelle que des sépultures du même genre ont été 
également signalées en Orléanais. 



— 134 — 

M. Lucas demande s'il n'y aurait pas lieu de modifier le libellé de 
la question en la laissant à l'étude. On n a pas découvert un assez 
grand nombre de sépultures gauloises à incinération pour que Ton 
puisse actuellement en établir les caractères distinctifs d'une façon 
certaine. Elles sont toujours mélangées à d'autres sépultures. Il faut 
donc pour le moment se contenter d'appeler l'attention des fouil- 
leurs sur les différents rites funéraires que l'on trouve juxtaposés 
ou superposés dans les mêmes cimetières. 

M. le président conclut de ce qui vient d'être dit que la ques- 
tion mérite de rester à l'étude. Ce n'est que par des fouilles bien 
conduites qu'on peut la faire avancer. Il rappelle que le Comité 
des Travaux historiques appuiera toujours avec empressement au- 
près du Ministre les demandes de subventions que les sociétés sa- 
vantes pourraient lui adresser dans le but d'entreprendre des 
fouilles sérieuses. 

La première question du programme se trouvant ainsi épuisée, 
on passe à la seconde relative aux enceintes fortifiées gauloises, 
romaines ou féodales. 



M. Léon de Vesly, professeur à l'Ecole des beaux-arts de Rouen, 
donne lecture d'un mémoire de M. Brun, membre de la Société 
des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, relatif au camp 
du mont Bastida, situé près de la route de la Corniche, non 
loin d'Eza (Alpes-Maritimes). 

Il y a dix-huit mois environ, M. Germain, conducteur des 
ponts et chaussées, appela l'attention de la Société des Alpes-Mari- 
times sur la découverte d'une ville gauloise (c'était son expres- 
sion) située sur le côté sud de la route nationale n° 7 , près du point 
où cette route, connue sous le nom de route de la Corniche, ren- 
contre le chemin communal conduisant au lieu d'Eza. Cet oppidum , 
situé à 56o mètres environ au-dessus du niveau de la mer, occu- 
pait un sommet connu dans le pays sous le nom de mont Bastida; 
il était entouré d'une épaisse muraille en pierres sèches, composée 
de gros blocs irrégulièrement disposés. 

M. Brun fut chargé d'étudier sur place cette découverte. Au 
premier abord , la disposition très régulière des cases, au nombre de 
i5o,que l'on trouva sur le plateau, des traces de taille des pierres 



— 135 — 

et d'enduits lui firent conclure que l'enceinte du mont Bastida n a- 
vait point renfermé une ville gauloise, mais un camp romain. Une 
sorte de 'tumulus semblait fermer l'entrée de l'enceinte du côté du 
nord; on le fouilla, sans y trouver autre chose que quelques dents 
de sangliers; mais en continuant les fouilles on mit à découvert la 
continuation de la muraille d'enceinte, et l'ayant démolie, on trouva 
au niveau du rocher quatre grands bronzes romains : Fausûna 
Diva, avec Cérès au revers; Lucilla Augusta, avec Vénus au revers; 
un Antomnus Augustin Pius, et un Marais Antomnus Augustin, avec 
une Victoire au revers, portant sur son bouclier la légende : Vic- 
toria germanica. 

Le camp est situé sur un sommet isolé; il domine d'une part 
une vallée profonde qui descend vers le Paillon, et de l'autre le ri- 
vage de la mer. Sa forme est presque elliptique; sa longueur est 
d'environ îao mètres et sa largeur moyenne de 54. 

11 /enferme i5o cases qui ont en moyenne k mètres de largeur 
sur 5 de longueur. Ces cases sont séparées par trois rues longitu- 
dinales et deux rues transversales, parfaitement droites, d'une lar- 
geur de a mètres 5o centimètres. 

A l'angle nord-est du camp on a trouvé les restes d'une bai- 
gnoire, à l'angle sud-ouest des vestiges de constructions et des 
poteries, entre autres le fond d'un vase en terre rouge avec une 
marque de potier représentant l'empreinte d'un pied sur lequel 
sont gravées les lettres S'M'P* C'est aussi dans le voisinage de 
cette enceinte qu'a été trouvée une inscription que le Corpus W a 
publiée et qui appartient aujourd'hui à la Société des Alpes-Mari- 
times : 

(tyEREDES EX TEST(amento) 
LAEMILIVS BANNO 
CRISPVS IBZALA 
COSCONIVS GALLVS 
MILES 

L'appareil du mur d'enceinte rappelle les constructions de My- 
cènes et de Tirynthe; ce sont de gros blocs posés irrégulièrement et 
dont quelques-uns dépassent î mètre oo centimètres de long sur 
6o centimètres de haut. 

Il semble que les Romains aient remanié une partie de cette en- 



(0 



Corp. inscr. lat., t. I, n" partie, n° 7819. 



— 136 — 

ceinte, surtout aux issues et aux angles saillants, où Ton reconnais 
facilement que la pierre a été taillée; M. Brun a observé le même 
fait dans Y oppidum de Cimiez. 

De nouvelles recherches ont permis à M. Brun de retrouver toute 
une série d'autres enceintes semblables et dans l'enceinte même du 
mont Bastida une quantité considérable de débris de poterie de 
l'époque préhistorique, absolument de même nature que ceux que 
l'on a trouvés mêlés à des armes de l'époque néolithique aux envi- 
rons de Saint-Vallier. M. Brun a dressé une liste de ces enceintes 
pour les deux arrondissements de Nice et de Grasse et la principauté 
de Monaco; il n'a pas relevé moins de trente de ces oppida. 

En voici les noms : 

Arrondissement de Nice et principauté de Monaco, 



i° 



Mont Bastida (peut-être le Castrum Avisionis); 
3° Mont Pacanaglia; 

3° Colle del Castello, entre la Turbie et Laghet; 
U° Enceinte du Pas-des-Mvles , au-dessus de Monte-Carlo; 
5° Enceinte au-dessus du cap d'Ail (Monaco); 
6° Mont Barri, au-dessus d'Àspremont, au pied du mont 
Chauve; 

7° Saint-Sébastien, sur le flanc du mont Chauve; on y a trouvé 
une monnaie d'Âgrippa; 

8° Camp Ricard, sur le territoire de Roquebrune; 
9° Camp de Val-Fenouil (Roquebrune) ; 

o° Mont-Gros de Roquebrune; 

i° La Vigna (Roquebrune); 

3° Peymenargue (Roquebrune); 

3° Tourraca (Roquebrune); 

U° Camp de la Cime-<FOurs ( Cas ti lion); 

5° Camp du mont Sirococca (Castillon); 

6° Oppidum de Cimiez. 

Arrondissement de Grasse. 

17 Camp de Roquevignon, au-dessus de Grasse; 
18 Castellaras de TÀudido, entre Saint-Vallier et Saint-Cé- 
saire; 

19 Castel à Bram (?), entre Saint-Vallier et Saint-Césaire; 



• \ * 



— 137 — 

*=mo° Casteou Bassou, entre Saint-Vallier et Saint-Césaire; 

st° Casteliaras de Mauvans; 

^2° Casteliaras de Gamplong; 

a 3° Casteliaras de la Tourré; 

a&° Casteliaras de la Malle; 

ja5° Casteliaras deBasthiar; 

26° Casteliaras de Pierrefeu; 

37° Casteliaras de l'Eouvière (territoire du Tigtiet); 

28° Casteu dei Gaï, près de Tourette-lès-Vence. 

Arrondissement de Puget-Tkeniers. 

29 Camp de la Tubia (territoire de la Roquette); 
3o° Casteu Viei (territoire de la Roquette). 

Ces enceintes ont été signalées ou décrites par MM. Germain , 
deRosemont, Bruyns-Andrews, Chiris, Sénequier et Bottin. Il en 
existe encore dans le département des Alpes-Maritimes beaucoup 
Vautres; mais elles nont point été étudiées jusqu'ici, de sorte que 
ï*od ne sait point si elles sont anciennes ou modernes. 

Plusieurs de ces camps que Ton croit préhistoriques paraissent 
avoir été occupés à l'époque romaine; ils formaient une ligne de 
défense qui s'étendait de Menton à la chaîne de TEstérel et même 
jusque dans le département du Var; mais aucune de ces enceintes 
ne constitue un camp romain proprement dit. Il est à remarquer 
?ue Ton ne rencontre dans le pays qu'un très petit nombre de 
bottes féodales; on profita au moyen âge des accidents naturels 
du terrain , sans chercher à en créer de factices. 

11 serait à désirer que Ton étendit ce travail de recherches à 
*°Ute la France, en divisant les enceintes préhistoriques en trois 
basses : i° celles formées de murs composés de gros blocs; a° celles 
dont les murs sont en petits matériaux; 3° celles qui furent trans- 
formées en camp romain ou pour mieux dire en poste romain. 
^n pourrait y joindre la nomenclature des véritables camps ro- 
mains et des mottes féodales; on aurait ainsi un tableau complet 
des stations militaires de la France depuis les temps préhistoriques 
j^squ aux temps modernes. 

Le P. de la Croix critique cette classification. La dimension des 

Archéologie. 1 o 



imiiuit ■èttva.ii.ii 



— 138 — 

matériaux ne peut fournir les éléments suffisants pour un classement 
chronologique , car les matériaux employés variaient suivant la na- 
ture dos pierres dont on disposait dans le pays. 

MM. Mowat, Nigaisb, Lucas, Palustre et Morbl signalent di- 
verses enceintes rentrant dans la catégorie des camps étudiés par 
M. Brun, notamment dans le département de la Meuse; en Belgi- 
que, près de Naihur, au confluent de la Meuse et de la Sambre; 
dans les départements du Lot et de Vaucluse. 

M. Buuot de Kirsers, président de la Société des antiquaires do 
Centre, donne lecture d'un mémoire dans lequel il s'efforce de po- 
ser des règles pour la classification des enceintes fortifiées en terre, 
oppida gaulois, camps romains, mottes féodales. Il a pris soin de 
réunir et de dessiner un certain nombre d'exemples, réduits à la 
même échelle, qu'il a groupés sur une même planche, afin de faire 
mieux comprendre son système. 

La déformation des profils par l'action du temps, la grossiè- 
reté des matériaux employés, certaines formes communes à toutes 
les époques donnent souvent une apparence identique à des ou- 
vrages fort différents de date : Y oppidum gaulois, le eaitrum ro- 
main, la motte féodale et le bastion moderne ont des traits com- 
muns. 

Cependant la situation, la forme, la disposition , la dimension de 
ces ouvrages soigneusement étudiées peuvent fournir à l'archéologue 
des éléments suffisants pour classer assez rigoureusement ces en- 
ceintes. 

Les grands oppida gaulois, tels que Gergovie, Bibracte, Uxello- 
dunum, sont aujourd'hui bien connus; mais outre ces grandes 
places d'armes, les Gaulois avaient des refuges de moindre impor- 
tance. 

Quelques-uns, au moment de la conquête, étaient entourés de 
murs, mais la plupart étaient protégés par de simples ouvrages de 
terre ou de bois. Si l'on cherche quels principes ont présidé au 
tracé de ces ouvrages, on est porté h admettre que les Gaulois firent 
usage des principes que Polybe prête aux Grecs et qui consistaient 
à varier la forme des retranchements suivant les exigences et la 
configuration du terrain. 

Ils étaient donc en contradiction formelle avec les Romains, qui 






■+J. ~. . 



— 140 — 

l'intérieur de l'enceinte, celle-ci s'est trouvée exhaussée de telle 
manière qu'elle se rapproche par sa forme des simples mottes féo- 
dales; elle n'en diffère que par l'étendue. 

Toutes ces enceintes procèdent plus ou moins des traditions an- 
tiques : il n'en est pas de même de la motte ou donjon qui n'a pas 
d'analogue à l'époque romaine. Ces tertres, élevés parfois de to à 
ta mètres, sont entourés à leur base d'un fossé; ils se rattachent 
généralement à une enceinte munie d'un fossé de moindre largeur, 
à une cour destinée à loger les services féodaux. Le Dureau , com- 
mune de Preuilly, sur la rive gauche du Cher, offre un exemple 
remarquable de ce système de défense; on y remarque deux mottes 
réunies par une enceinte. Rarement ces mottes sont devenues la 
base d'un donjon de pierre, qu'il aurait été difficile d'y asseoir so- 
lidement; on ne rencontre à leur sommet aucune trace de con- 
structions, car elles n'ont jamais supporté que des ouvrages de bois; 
aussi les a-t-on prises souvent pour des tumuti. Le fossé qui les en- 
toure est pourtant une indication suffisante pour qu'aucune méprise 
ne soit possible. 

En résumé, suivant M. Buhot de Kersers, il faut attribuer aux 
Gaulois les enoeintes parfois très vastes, parfois restreintes, dont la 
forme varie suivant la disposition naturelle des lieux; aux Romains, 
les ouvrages à formes géométriques et à défenses rectilignes; au 
moyen âge, les vieux châteaux de formes et de dimensions très 
variées et les mottes ou tertres avec fossés à leur pied. 

Cette classification ne peut du reste s'appliquer à toutes les en- 
ceintes sans exception : il y en a qu'il est impossible de dater; telle 
est par exemple une immense presqu'île située près de Dun-le- 
Roi, qui mesure plus de 100 hectares de superficie, et qui est fer- 
mée à la gorge par des ouvrages disposés régulièrement, mais dont 
on ne peut comprendre l'usage. 

M. Léon Palustre présente diverses objections aux conclusions 
de M) Buhot de Kersers. Il n'est pas probable que tous les camps 
romains aient été rigoureusement conformes aux indications que 
nous trouvons dans Végèce. Dans la pratique on tenait certaine- 
ment compte de la disposition des lieux, bien que les Romains pré- 
férassent pour établir leurs camps certains emplacements. 

Enfin il est des camps incontestablement gaulois, ceux du Lot 
par exemple, dont les formes sont très régulières. Les théories de 



— 141 — 

[. Buhotde Kersers, applicables peut-être aux enceintes d'une partie 
e la France, ne ie sont donc pas au reste de la Gaule. 

M. Béiisaire Ledais lit un mémoire relatif aux camps dits Chà- 
eUers, camps qu'il suppose romains. 

Il a constate, dans l'ouest de la France, l'existence de plus de 
joo de ces enceintes. Toutes ne subsistent pas aujourd'hui; mais les 
documents écrits, le cadastre, la simple liste des noms de lieux 
permettent de constater que beaucoup de Châteliers actuellement 
détruits ont autrefois existé. 

Ces Châteliers étaient des camps romains. Beaucoup d'entre eux 
devraient, si Ton considère leurs formes irrégulières, être reportés 
a une époque plus ancienne. Mais, au dire de Végèce lui-même, 
si la forme carrée ou rectangulaire était particulièrement recom- 
mandée et par le fait la plus usitée pour les camps romains, on 
pouvait à l'occasion profiter des accidents de terrain et de la con- 
b'guration naturelle des lieux. 

'Les dimensions de ces camps varient souvent; le nombre des 
portes qui y donnent accès est aussi très variable. Us sont en général 
divisés en deux parties par une enceinte intérieure. A quelle époque 
faut-il en faire remonter la création? Ni à César ni aux empe- 
reurs du 1 er et du h* siècle, à coup sûr. Ce n'est que beaucoup 
plus tard que l'on peut trouver les raisons historiques de leur con- 
struction. 

Aux ravages des pirates germains sur les cales de la Gaule répond 
la création de camps retranchés établis à l'embouchure de la Seine 
par Constance Chlore; Ammien Marcellin parle de ces retranche- 
ments et en indique la situation. 

Aux révoltes des Bagaudes sous Constantin répond la création des 
camps construits à l'intérieur du pays; un texte de Zozime permet 
de le supposer. Ces camps avaient dû recevoir des garnisons de 
barbares, des colons militaires qui s'y étaient établis, sous la pro- 
tection des empereurs, avec leurs familles. Ces Châteliers ne remon- 
teraient donc pas plus haut que le iv a siècle. 

M. Màyaud fait remarquer qu'à son avis beaucoup de ces lieux- 
dits Châteliers portent des traces de constructions qui ne remontent 
pas plus haut que le moyen âge. 

M. le commandant de la Noe ne croit pas pouvoir admettre les 



— 142 — 

conclusions de M. Ledain. On ne saurait s'expliquer si tous ces camps 
étaient de la même époque, comment on pouvait trouver pour les 
défendre un nombre suffisant de combattants. 

M. de la Noë pense, du reste, qu'une foule d'enceintes sont 
qualifiées bien à tort du nom de camp romain. Il cherche à le prouver 
en résumant rapidement les caractères propres aux camps dont 
parlent les auteurs anciens : 

Il faut dans la fortification distinguer les ouvrages construits pour 
une durée très courte, d'une ou plusieurs nuits par exemple, ou 
d'une campagne au plus, et ceux construits en vue d'une durée pour 
ainsi dire illimitée : Les premiers, généralement en terre, font partie 
de la fortification passagère; les autres, le plus souvent en maçon- 
nerie, de h fortification permanente. 

Sous la dénomination générale de castra , les Romains employaient 
divers ouvrages qui appartiennent à Tune ou à l'autre de ces caté- 
gories. Le mot castra n'entraîne pas forcément l'idée de fortification. 
En le traduisant par camp fortifié on a commis souvent de très 
graves erreurs. A proprement parler, c'est l'ensemble des tentes ou 
des baraques sous lesquelles les soldats s'installaient; on doit le tra- 
duire par campement et quelquefois par bivouac. 

En général, lorsque le campement était fortifié, les auteurs ont 
pris soin de le mentionner. Pour éviter toute confusion, on fera 
bien, d'une façon générale, de réserver le mot camp pour désigner 
les campements munis d'une enceinte. 

Les camps fortifiés étaient de plusieurs sortes , savoir : 

i° Les camps passagers y c'est-à-dire ceux construits pour une nuit 
ou un petit nombre de jours; 

s° Lqs camps de stationnement, castra stativa, construits généra- 
lement pour la durée de la mauvaise saison. C'est là que les troupes 
prenaient leurs quartiers d'hiver; 

3° Les camps permanents , castra assidua , établis le long des fron- 
tières pour défendre l'entrée du territoire; 

Et 4° enfin les camps a* occupation, castra prœsidiaria, établis au 
delà de la frontière même, au milieu des nations ennemies. 

Les camps permanents et les camps d'occupation faisaient partie 
de h fortification permanente , ils étaient construits en maçonnerie. Il 
n'y a pas lieu d'en parler ici. 

Les camps passagers et les camps de stationnement se ressem- 
blaient beaucoup par l'enceinte, le tracé et même le profil. César 



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— U5 — 

commune de Thénac, à 6 kilomètres environ au sud de Saintes. 
De forme circulaire et d'une superficie d'environ 7 hectares, ce 
camp est entouré de deux fossés à peu près parallèles, d'une lar- 
geur moyenne, l'un de 7 mètres et l'autre de 5. Quatre portes 
donnent accès dans le camp et il semble que le sol des issues ait 
été payé. De chaque côté existent les ruines de murailles qui ve- 
naient soutenir les terres des parapets; il semble que les entrées 
étaient marquées par de longues pierres grossièrement taillées et 
plantées en terre; on en a trouvé plusieurs dans les fossés. 

À l'intérieur du camp on a découvert une vaste excavation rem- 
plie de cendres, d'os d'animaux et d'instruments de silex. Le talus 
qui surmontait les bords de celte excavation a peut-être servi à 
appuyer les cases des habitants du camp; dans tous les cas, les dé- 
bris de poutres assez grosses et les pierres trouvées dans l'excavation 
même permettent de supposer que cet endroit était protégé par une 
toiture de bois recouverte de pierres et de terre. Les instruments 
en os travaillé ou en silex trouvés à Peu-Richard sont en très grand 
nombre; mais ce sont surtout les débris de poterie qu'on y a re- 
cueillis qui méritent de fixer l'attention; beaucoup témoignent d'une 
industrie notablement plus avancée que les instruments de pierre 
qui les accompagnent et l'on peut en conclure que ces poteries étaient 
d'importation étrangère. 

M. le Président donne lecture de la troisième question relative 
aux enceintes de villes où se rencontrent des débris de grands mo- 
numents de l'époque romaine. 

M. Buhot de Kersers na pas étudié spécialement la question; il 
ne veut que soumettre au Congrès quelques observations. Son sen- 
timent est que les enceintes romaines ne furent construites qu'après 
les désastres de la fin du iv° siècle; cependant il ne faut pas ou- 
blier que certains auteurs du ni siècle parlent de villes fortifiées 
à l'intérieur de la Gaule, villes dont les murailles étaient déjà à 
cette époque à moitié ruinées faute de réparations. Toute ville 
antique était, en principe, entourée de murailles; mais eu Gaule 
il semble en avoir été autrement : car si les villes avaient au 
iv* siècle possédé des enceintes, on n'aurait pas abattu des temples 
pour en construire. Il faut, selon toute vraisemblance, reporter ces 
constructions à l'époque des invasions, vers 4io ou A20. 



— U6 — 

M. le commandant db la Nos partage cet avis. Il regarde comme 
certain que César et les Romains, après la conquête, ruinèrent les 
enceintes gauloises ; or, pendant trois siècles aucun événement ne 
put faire songer à en élever de nouvelles. 

La Gaule conquise, les Romains portèrent toutes leurs forces sur 
le Rhin. Là ils élevèrent des camps permanents et entourèrent 
quelques villes de murailles pour défendre leur nouvelle frontière. 
A l'intérieur, aucune raison d'admettre la construction de places 
pour l'occupation desquelles il n'y avait pas de soldats. Au contraire, 
ce moment dut être celui de la démolition ou de l'abandon forcé des 
oppida gaulois, dont on ne pouvait laisser les ressources défensives 
aux mains d'une population incomplètement soumise. 

Nous devons excepter la Province romaine, qui, occupée depuis 
un grand nombre d'années déjà avant l'arrivée de César, avait né- 
cessité la création de plusieurs places fortes destinées à la défendre 
contre le reste de la Gaule. En dehors de cette région et de la fron- 
tière du Rhin, jusque vers le milieu du 111 e siècle, seule la fortifi- 
cation de Resançon est hors de doute et celle d'Autun et de Langres 
probable. Et, de fait, pendant les trois cents années de prospérité 
qui suivirent la conquête romaine on ne voit pas l'utilité des places 
fortes à l'intérieur. 

Vers le milieu du m* siècle, en revanche, les invasions com- 
mencent; mais elles s'étendent d'abord peu au delà de la rive gauche 
du Rhin, et seules les villes voisines de la frontière eurent besoin de 
construire des murailles que les populations défendaient probable- 
ment elles-mêmes. Ces places, construites pour résister aux enva- 
hisseurs, servirent souvent de point d'appui contre les empereurs 
légitimes aux usurpateurs si nombreux de cette période. Metz , Reims, 
Troyes , Dijon ont pu être fortifiées à cette époque. Alors proba- 
blement on construisit sur le littoral du nord de la Gaule quelques 
camps permanents, en même temps que certaines villes dans la 
même région s'entouraient de murailles. 

Pendant la première moitié du îv* siècle il n'y eut aucune raison 
pour construire des places nouvelles; aussi semble-t-on les avoir 
plutôt négligées. Mais dans l'autre moitié de ce siècle l'invasion re- 
parait plus terrible, et, sous le coup de ses menaces, on relève les 
fortifications et l'on en construit de nouvelles en des points de plus 
en plus éloignés de la frontière, au fur et à mesure que l'ennemi 
étend plus loin ses ravages. 



-» * • 



— 147 — 

Enfin, f invasion de 4 06 force les contrées jusqu'alors épargnées, 
et par suite imprévoyantes, à fortifier leurs cités à la bâte. C'est 
vraisemblablement h cette époque que furent élevées les murailles 
qui présentent à la base des débris de toutes sortes de monuments 
appartenant aux siècles précédents. 

Les découvertes archéologiques conGrment cette dernière suppo- 
sition. D'après M. de Caumont, presque toutes les inscriptions re- 
cueillies sur ces monuments datent du iv* siècle. Les monnaies 
trouvées à l'intérieur des murailles conduisent au même résultat; 
celles trouvées à Tours s'arrêtaient à Gratien (373-385). Ce mode 
de construction s'est retrouvé dans les murs d'Orléans, d'Auxerre, 
d'Angers, de Bordeaux, de Saintes, du Mans, de Lillebonne, 
d'Évreux, de Bayeux, de Périgueux, de Langres, de Reims, de Sens, 
de Narbonne,de Beauvais, de Troyes, etc., n'est-ce point une rai- 
son suffisante pour rapporter l'origine des remparts de toutes ces 
villes à une même cause, cause générale, dont les effets se firent 
sentir à la fois dans le nord-est, le nord, l'ouest et le sud-ouest 
de la Gaule, c'est-à-dire à l'invasion de l'an Û06. 

M. Mowat rappelle qu'on a trouvé dans l'enceinte de Rennes 
une inscription du n a siècle; M. Braquebaye fait remarquer que les 
murailles de Bordeaux sont mentionnées par Ausone et qu'elles 
sont presque datées par la quantité d'inscriptions qu'on y a décou- 
vertes. 

La quatrième question relative aux monuments romains connus 
sous le nom de piles n'a été traitée par aucun des membres du Con- 
grès. Néanmpins plusieurs des membres présents échangent à ce 
sujet quelques observations. 

M. de Lauriere cite un certain nombre de ces monuments; tous 
ceux qu'il a pu étudier, sauf la pile de Cinq-Mars, présentent à leur 
partie supérieure une niche qui semble avoir abrité quelque divi- 
nité, peut-être Mercure, dieu protecteur des voyageurs. 

M. Mowat pense que les niches signalées sur les piles par M. de 
Lauriere ne renfermaient pas des images de Mercure, mais les lares 
compitales, dont le culte fut rétabli par Auguste. 

M. dr Monta iglon dit qu'on a voulu à tort reconnaître dans la 



^ 148 — 

pile de Cinq-Mars, près de Tours, un tombeau antique. Les fouilles 
exécutées au pied de ce monument n'ont pas donné de résultats. 
Ce n'est point là qu'on aurait dû fouiller, mais au pied des mars 
qui entourent la pile; s'il a existé des inscriptions, c'est là qu'elles 
doivent se trouver. 

M. A. Héron de Villefosse rappelle qu'en Tunisie, le long de la 
voie qui conduit d'Hadrumète à Carthage, entre Sousa et Hamma- 
met, on rencontre un monument qui offre la plus grande analogie 
avec les piles; on le nomme Czar-el-Menarah> château de lumière. 
Ce monument, que M. de Laurière a étudié et photographié, ne 
présente aujourd'hui aucune inscription; mais le voyageur Shaw 
en a donné une reproduction, et de son temps il portait trois in- 
scriptions. 

M. Palustre fait remarquer que dans le voisinage de la pile de 
Cinq-Mars on a trouvé un assez grand nombre d'armes gauloises en 
bronze qui sont conservées au musée de Tours. Peut-être cette pile 
est-elle un monument commémoratif élevé à la suite de quelque 
combat dont l'histoire ne nous a pas conservé le souvenir. 

M. R. de Lasteyrie signale un passage des Chroniques des comtes 
(T Anjou où il est question d'un monument de cette espèce élevé 
aux environs d'Amboise et que surmontait une statue de Mars. 
Même en ne prenant pas ce texte à la lettre, on en peut induire 
que les gens du moyen âge considéraient les piles comme des mo- 
numents religieux. 

M. de Lauriers ajoute qu'il existe aussi un texte de saint Paulin 
relatif à ces monuments. 

Le P. de la Croix pense qu'il faudrait s'assurer si les piles 
qui ne sont pas munies de niches n'ont point conservé des 
traces de trous de scellement. Car si elles ont porté des monu- 
ments votifs, les ex-votos pouvaient avoir la forme de bas-reliefs 
scellés aux murs et non de statues en ronde bosse; de la sorte les 
piles qui n'offrent point de niches auraient eu, tout aussi bien 
que les autres, une destination religieuse. 

M. le Président appelle la discussion sur la cinquième question. 



— 149 — 

relative aux monuments d'origine grecque qui existent dans les 
:ollectious publiques ou privées du midi de la France. Personne 
ne se présentant pour répondre à cette question, il fait remarquer 
que le programme a été dressé sur les propositions faites par les 
sociétés elles-mêmes, et qu'il serait à désirer, quand une société 
demande qu'une question soit inscrite au programme, qu'elle s'as- 
sure en même temps qu'un de ses membres est disposé à la traiter. 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



— 150 — 



U 



SÉANCE DU 16 AVRIL 1884, 

MATIN. 
PRÉSIDENCE DE MM. RAMÉ ET PALUSTRE. 

M. le baron de Baye lit un mémoire qui a pour titre: Uimportam 
des temps néolithiques affirmée par les travaux pratiqués à Tintérieur à 
sol et à sa surface dans quelques stations de la Champagne avoisinant le 
Petit-Morin. On retrouve en Champagne les traces d'une civilisation, 
bien modeste sans doute, mais facile néanmoins à reconnaître. Des 
grottes bien disposées, régulièrement taillées, au nombre de i5o 
environ, attestent l'existence du troglodytisme sur les deux rives du 
Petit-Morin. Ces groupes de cavernes s'étendent sur plus d'ut* 
myriamètre, ce qui accuse une nombreuse population. Derrière 
ces grottes, à une distance de 3oo mètres environ, se trouve, dan^ 
une gorge environnée de bois, un champ nommé la Haie-Jeanneton ^ 
ce champ est presque entièrement miné : les habitants des grotte^ 
allaient y chercher le silex destiné à confectionner leurs instrument» — 
Des puits y ont été creusés sur différents points et l'on y retrouva 
encore de nombreux débris de fabrication. La dimension des puit^ 
et des galeries qui les réunissent est telle qu'on peut supposer qu0 
c'était là, à l'époque néolithique, un véritable centre de fabrication - 
5 kilomètres plus loin, près de Vert-la-Gravelle, on a rencontré ui» 
centre d'exploitation du même genre; on y a retrouvé les débris 
d'un vase de l'époque néolithique. A Courjeonnet, dans la vallée qui 
s'étend derrière le hameau de Joches,les traces de travaux exécuté» 
de main d'homme ne sont pas moins évidentes; on y reconnaît 
même des excavations qui ont dû servir de cachette, peut-être de 
postes de défense. 

Près de la commune de Courjeonnet, M. de Baye a pu explorer 
une grande excavation circulaire de près de 8 mètres de diamètre. 
Les parois étaient pourvues de trous dans lesquels se trouvaient 
des crânes; plusieurs étaient parfaitement conservés ; des fragments 
de vases, des silex et des cornes de cerf travaillées attestaient assez 
l'origine néolithique de ce dépôt. Le temps considérable que de- 
mandait la confection de pareils puits, de pareilles excavations, le 



— 152 — 

couvertes près de Pamiers (Âriège). Le premier des abris fouillés 
par M. Marty existe sur le mamelou de Montgrenier, à 5 kilo- 
mètres environ de Mirepoix. Bien qu'à une époque très ancienne 
une partie de celte sépulture se soit d'elle-même effondrée, 
M. Marly a pu cependant y reconnaître un foyer contenant des 
cendres et des fragments brûlés, et cinq squelettes à peu près 
complets, deux hommes, une femme et deux enfants; malheureu- 
sement ces ossements étaient en si mauvais état qu'il a été fort 
difficile de les transporter. Cela est d'autant plus regrettable, que, 
suivant M. Marty. les sépultures de Montgrenier seraient contem- 
poraines dos sépultures de Solutré et des Eyzies ; cependant on a pu 
reconnaître que les crânes appartenaient à des brachycéphales. Ces 
crânes offrent un prognathisme alvéolaire bien accusé : les dents 
étaient implantées obliquement en avant; l'œil n'était pas profondé- 
ment enfoncé. Et si Ton considère les menus objets retrouvés près 
d'eux, ces individus appartenaient à une race relativement intelli- 
gente et civilisée. Les instruments en silex dont ils se servaient et 
qu'on a pu recueillir étaient très perfectionnés. Une certaine quan- 
tité de dents humaines percées et formant sans doute un collier, 
des anneaux plats et des poinçons en os, des instruments semi-cir- 
culaires en pierre schisteuse : tels sont les vestiges que l'on a pu 
recueillir à Montgrenier. 

A i,5oo mètres environ de celte sépulture, M. Marty a retrouvé, 
sur un autre monticule appelé le Pic-de-Boileau, les traces d'une 
sépulture (ffe la même époque que celle de Montgrenier; mais cette 
dernière trouvaille n'a fourni que deux crânes assez bien conservés. 

Après avoir comparé les fouilles de Montgrenier avec les princi- 
pales fouilles qui ont mis au jour des restes humains et des objets 
de la même époque, M. Marty émet des considérations sur les 
conséquences à tirer des formes crâniennes des squelettes de Mont- 
grenier, au point de vue du degré intellectuel des races, qu'il consi- 
dère comme très avancé. Il recherche ensuite la destination de 
l'abri de Montgrenier et le considère à la fois comme un lieu de 
sépulture et d'habitation. 

M. Cerquand, de l'Académie de Vaucluse, lit un mémoire sur la 
déesse Copia. Le point de départ de cette étude est un autel votif 
découvert en décembre i883 à Boulbon (Bouches-du-Rhône) et 
récemment transporté au musée d'Avignon. Cet intéressant monu- 



— 154 — 

du-Ciar les ruines romaines sont nombreuses; mais les fragments 
de marbres, de statues, de corniches qu'on y a trouvés indiquent 
toute autre chose qu'un camp; c'est une construction luxueuse, fais 
postérieure à l'époque où la Gaule devint province romaine; d'ail- 
leurs l'espace aurait manqué pour y installer une armée. 

Il est également impossible de se rallier à l'opinion qui place le 
camp de César à Véron; il est fort probable qu'à cette époque cette 
plaine n'était qu'un immense marais; aujourd'hui encore elle est 
submergée à la moindre crue de la rivière et les fossés qui la sil- 
lonnaient autrefois n'étaient sans doute que des canaux de dérivation 
et non des vestiges des retranchements romains. 

C'est ailleurs qu'il faut chercher le camp de César et M. Mayaud 
croit l'avoir retrouvé. Du plateau qui domine la rive gauche de 
l'Yonne se détache une masse imposante connue sous le nom de 
Montagne de Château, séparée de la vallée par une pente escarpée, 
entourée des autres côtés par des ravins plus ou moins profonds. 
Par sa position, la montagne de Château convient parfaitement à 
l'établissement d'un camp : vaste, facile à défendre, à proximité 
d'une rivière, elle présente toutes les qualités stratégiques que 
César devait rechercher. Or, on y reconnaît aujourd'hui des restes 
de retranchements assez bien conservés. 

Ce camp avait la forme d'un trapèze dont les quatre angles cor- 
respondaient aux quatre points cardinaux. Du côté sud-ouest la 
fortification consistait en une levée de terre, qui a encore aujour- 
d'hui 6 m ,ao d'élévation moyenne; au nord-ouest on retrouve aussi 
un retranchement de terre, moins important que le précédent, 
mais qui était précédé d'un fossé qui existe encore en partie; au 
nord-est, même défense protégée par un fossé de 20 mètres de 
large. Ce camp était de plus entouré d'une ligne de circonvallation 
dont il subsiste de nombreux vestiges, et au sud-ouest on avait 
creusé, à une distance de 950 mètres, une tranchée de 690 mètres 
de long qui a encore sur certains points i5 mètres de profondeur. 
Elle était sans doute défendue de distance en distance par des 
tours; du moins quelques restes de murs encore existants per- 
mettent de le supposer. Les noms de tr Cimetières des Romains», 
de k Place de justice», de <r Grands Fossés», que donnent les habi- 
tants aux différentes parties de ces ruines ne permettent pas de se 
tromper sur leur caractère ancien. Il est à croire que ce camp fut 
consolidé et conservé par les Romains après la conquête de la 



— 155 — 

Gaule : ce qui ie ferait penser c'est l'énorme quantité de poteries 
romaines qu'on y trouve et surtout le détour que l'on fit faire à la 
voie romaine pour atteindre ce camp. De Petit-Port à VillefoHe on 
Tavait fait obliquer à l'ouest; elle suivait le fond du vallon , montait 
en pente douce jusqu'aux «Grands Fossés», qu'elle longeait; puis, 
après avoir desservi le camp, elle se dirigeait vers l'est, vers Ville- 
folle et Bfarsangis. On en retrouve les traces dans le vallon et dans 
les bois en différents endroits; celte déviation ne lui faisait pas 
éprouver un allongement de plus d'un kilomètre et demi. 

En résumé, ce serait à César lui-même qu'il faudrait reporter 
la construction du camp de Château, camp devenu plus tard, sous 
Auguate et ses successeurs, une de ces stations romaines connues 
sous le nom de castra stativa. 

M. Buhot de Kbrsbb8 croit que ce camp pourrait être un ancien 
oppidum gaulois. 

M. db la Noi pense que, pour en déterminer la date avec sûreté, 
il faudrait procéder à des fouilles dans le parapet même qui l'en- 
toure. 

M. Auguste Nicaisb rend compte de la découverte d'une sépulture 
gauloise à Sept-Saulx (Marne). Cette sépulture a été mise au jour 
an mois de janvier i883, au lieu dit: le chemin de Livry; un 
Gaulois y avait été inhumé sur son char. On y a trouvé un squelette 
couché sur le dos, la face regardant Test. Aux côtés du squelette, 
h la hauteur de la poitrine, étaient creusés dans la craie deux étroits 
fossés dans lesquels venaient se placer les roues du char, qui repo- 
sait sur le fond de la sépulture comme sur une plate-forme. Une 
armature composée de plaques de fer épaisses protégeait les parois 
du char, formées sans doute de vannerie ou de membrures légères 
en bois. Ces plaques métalliques sont sillonnées de profondes rai- 
nures parallèles qui empêchaient le guerrier de glisser en condui- 
sant le char ou en combattant. Sur cette armature étaient soudées 
diverses pièces, telles qu'un bouton, une petite clavette et un an- 
neau dans lequel passait sans doute une courroie servant h l'attelage 
ou à l'aménagement intérieur du char. 

En avant des pieds de l'inhumé on a trouvé un mors en fer, ou 
bridon, formé de deux tiges de fer articulées au milieu par une 



1 1 



— 156 — 

double boucle et présentant à chaque extrémité un large anneau 
auquel la rêne était attachée. À Tune des tiges du mors est passée 
une remarquable phalère en bronze, découpée à jour, de 19 centi- 
mètres de diamètre; un petit secteur mobile, que Ton attachait arec 
un fil métallique, permettait de l'enlever à volonté. En avant et à 
droite du char on a recueilli une belle rosace, ornée d'S affrontées 
et de cabochons de bronze; au centre de la rosace est une saillie 
en forme de coupe, décorée d'un cabochon de corail retenu par 
une tige de bronze. A la tête de l'inhumé se trouvaient les fragments 
d'un casque, parmi lesquels on a recueilli une petite phalère avec 
cabochon de corail et deux boutons ornés de corail également, qui 
étaient peut-être placés au point où s'attachait la jugulaire. La maia 
droite du défunt était ornée d'une bague de bronze, à chaton rond. 
Enfin on a découvert dans cette tombe une œnochoé de bronze, à 
ouverture tréflée, de 3 a centimètres de haut On sait que ces vases 
appartiennent à la civilisation de la haute Italie; c'est le troisième 
que l'on rencontre dans le département de la Marne. 

M. Nicaise met ensuite sous les yeux des membres du Congrès 
quelques-uns des principaux objets recueillis dans le cimetière gau- 
lois des Varilles, commune de Bouy (Marne). Ce cimetière est, 
comme étendue , un des plus considérables du département de la 
Marne ; il est situé sur le territoire de la commune de Bouy, an sud- 
ouest de ce village» sur un plateau qui descend en pente douce vers 
la rivière de Vesle ; de l'autre côté de la rivière passe la route dépar- 
tementale de Reims à Bar-le-Duc, qui n'est autre que la voie romaine 
de Durocortorum Rémi à Nasium. 

Entre Bouy et Vadenay il existe un point appelé le Tatnbeau de$ 
Sarrazins. Fouillé déjà il y a vingt-cinq ans, ce terrain l'a été de 
nouveau en 1880 par M. Fallot; depuis ce temps les fouilles ont 
continué. 

En 1880, on rencontra une sépulture renfermant quatre sque- 
lettes; l'un d'eux avait près de lui un poignard dont l'un des côtés 
du fourreau était en bronze et l'autre en fer; cette arme avait été 
repliée intentionnellement à angle droit avant d'être placée dans 
la tombe. 

Le second squelette avait une petite épée, également à fourreau 
de bronze et de fer, dont la bouterolle était composée de deux tiges 
recourbées en forme de C, affrontées et terminées par un cylindre 
orné d'un cabochon d'émail ou de pâte de verre d'un rouge bril- 



— 157 — 

tant. Dans la même tombe on a trouvé des lances et un collier com- 
posé de perles de corail, de grains d'ambre et de terre cuite, au- 
quel on avait suspendu une canine de sanglier et une amulette 
humaine formée d'un fragment de vertèbre lombaire. 

Dans d'autres tombes on a trouvé des torques, une lance très 
longue (la lame mesure 5a centimètres) et de petites appliques de 
bronze destinées à l'ornement d'une ceinture de cuir. 

En 1881, le cimetière des Yarilles a donné 60 tombes, dont un 
grand nombre avaient déjà été violées; dans l'une se trouvait un 
char et trois squelettes : c'est la première fois que l'on rencontre 
plusieurs personnes inhumées ainsi sur un même char. Toutes ces 
sépultures ont fourni des torques, des bracelets, des phalères, des 
pointes de flèches , des boucliers. M. Nicaise met sous les yeux des 
assistants un certain nombre de ces objets; il attire particulièrement 
leur attention sur un bracelet trouvé en novembre i883 dans une 
sépulture de femme ouverte sur le mont Coûtant, commune de Fon- 
taine-sur-Coole. Ce bracelet a 6 centimètres de largeur : on en a 
trouvé de semblables dans le Jura et dans le Châtillonais; on ne 
sait pas au juste de quelle matière ils sont composés : les uns y re- 
connaissent du bois fossile, les autres du bois d'if, d'autres enfin 
pensent qu'ils sont formés d'argile mélangée à une autre matière 
comme de la cire ou du bitume. 

Après quelques observations présentées par divers membres qui 
hésitent à voir de l'émail dans la matière de couleur rouge qui 
orne les armes présentées par M. Nicaise, la séance est levée à 
1 1 heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. de Lastbyrie, 

Membre du Comité. 



— 158 — 



SÉANCE DU 16 AVRIL 1884, 

SOIR. 
PRÉSIDENCE DE M. CHABOUILLET. 

La séance est ouverte ai heure et demie. 

M. le Président donne lecture de la sixième question du pro- 
gramme, relative aux basiliques chrétiennes de l'Algérie et de la 
Tunisie. 

M. EspjBRiiNDiEu, sous-lieutenant au 77 e de ligne, lit une Note 
sur quelques basiliques chrétiennes de Tunisie. Des deux basiliques 
que possède la ville du Kef, Tune, celle de Ksar-el-Ghoul, parait 
avoir été construite par des païens; sa forme est bien celle des 
basiliques judiciaires romaines. Il n'en subsiste plus aujourd'hui 
que l'abside et les fondations des deux murs principaux. L'abside 
affecte une forme semi-circulaire de 6 mètres de diamètre environ; 
elle est reliée aux murs de la nef par deux murs ayant environ 
5 mètres de long. La nef a environ 16 mètres de large sur 3o & 35 
de longueur; les colonnes ont disparu. Les inscriptions que Ton 
rencontre dans les fondations de cet édifice sont toutes des inscrip- 
tions funèbres. On en a découvert un fort grand nombre et tous les 
cippes qui recouvrent les tombes du cimetière juif voisin de la 
basilique en proviennent II est probable que cette basilique est 
construite sur l'emplacement d'un cimetière païen. Il faut peut-être 
admettre qu'en se développant la ville engloba ce cimetière dans 
son enceinte, et qu'un jour vint où, sur le terrain nivelé et battu, 
on construisit une basilique avec les matériaux que l'on avait sous 
la main, et surtout avec les pierres tumulaires qui, se trouvant déjà 
taillées , étaient toutes prêtes à entrer dans la construction. Si réel- 
lement la basilique de Ksar-el-Ghoul a été affectée au culte chré- 
tien, il semblerait que l'on dût trouver dans les environs des tombes 
chrétiennes; cependant aucune trouvaille de ce genre n'a été faite 
jusqu'ici. 

Dans l'intérieur même de la ville du Kef se trouve une seconde 
basilique. Postérieure sans doute à la précédente, elle en diffère par 



. v .• 



— 1S9 — 

le style et a été très probablement construite par les chrétiens sur 
remplacement d'un temple païen. La nef est encore bien conservée 
et d'une bonne exécution. Les architraves des diverses portes sont 
formés par de gros blocs de pierre portant des inscriptions telles 
que les suivantes : 

i 

. . . VINCIENVMIDIEUW9WWWC 

9 

. . . ATO PORTICVM ARi» 

3 
. . . DICAVIT . . . 

U 
...E TEMPORVM DE... 

5 

• • • E ArrR. ... 

n est difficile de les rapprocher pour en constituer un tout; ce- 
pendant, il est permis de supposer qu'elles ont appartenu à un 
temple dont les matériaux ont servi à la construction de la basi- 
lique W. 

À Macteur se voient encore les ruines d'une basilique; il n'en 
subsiste que les fondations et quelques colonnes. Des fouilles pra- 
tiquées dans cette basilique ont amené la découverte de quelques 
tombes chrétiennes , entre autres celle d'un évéque dont la pierre 
tumulaire a été transportée au musée du Louvre par les soins de 
M. Espérandieu. 

L'inscription de cet évéque est ainsi conçue : 

RVTILIVS EPISCOP 

IN EP VIXIT ANNIS XXIII 

wm\ D X 

RultUus epiêcopui in epitcopatu vùcit annit XXIII, [mensibui] II, diebut X. 

Rutilius est évidemment un évéque de Macteur, d'où l'on peut 

<*> M. Willmans (C. I. L., t. VIII, n° 1637) lit ainsi cette inscription : 

[pro beatit]VD!NE TEMPORVM DDNn AVGVSftorum] 

. . .ETO PORTICVM AR. . . EAEFR. . . V1NCIENVMIDIEWK. . . 



— 160 — 

conclure que la basilique où il était inhumé était bien une basilique 
chrétienne, et en outre que cette basilique était probablement la 
plus importante de la ville. 

À Lorbeuss on voit encore les restes d'une basilique; il n'en 
subsiste que quelques murs et des constructions souterraines. 
M. Guérin pense qu'elle fut transformée plus tard en mosquée. Ce 
qui rend cette hypothèse parfaitement admissible, c'est non seule- 
ment la forme de certains murs extérieurs dont la construction est, 
à n'en pas douter, arabe, mais encore la présence d'un assez grand 
nombre de colonnes de différentes grosseurs à côté des magnifiques 
fûts qui faisaient sans doute partie de la basilique primitive. Quel- 
ques-unes de ces colonnes sont des milliaires; or, nous savons que 
les Arabes se sont servi , dans la construction de leurs mosquées et de 
leurs koubas, de toutes les colonnes facilement transportâmes qu'ils 
ont pu trouver. 

M. R. de Lasteyrie demande sur quoi s'appuie M. Espérandieu 
pour penser que la basilique de Ksar-el-Ghoul a été à l'origine une 
basilique païenne. Il serait très important d'établir ce fait d'une 
façon certaine, car jusqu'ici on ne possède que fort peu de rensei- 
gnements sur les basiliques judiciaires des Romains. 

M. Espérandieu répond que c'est là une simple conjecture. 

M. A. Héron de Villbfossb dit quelques mots des diverses basi- 
liques de l'Algérie et de la Tunisie. Il insiste particulièrement sur 
l'intérêt que présenterait un relevé exact de ces monuments encore 
peu connus. Une étude de ce genre pourrait donner lieu à la dé- 
couverte d'autres inscriptions analogues à celle de l'évêque Rutilius, 
que M. Espérandieu a donnée au Louvre, inscription qui ajoute un 
nom nouveau à la liste des évéques de Macteur. 

La septième question, relative à la classification des églises ro- 
manes de la France, n'ayant donné lieu à aucune discussion, on 
passe à la huitième, qui est relative aux églises antérieures au 
xu e siècle. 

M. I. Montfort, architecte, délégué par la Société archéologique 
de Nantes, lit un compte rendu détaillé des fouilles que cette 
Société vient de faire dans le chœur de la cathédrale de cette 
ville. 



— 162 — 

que Ton veuille la recouvrir de voûtes surbaissées, ce qui permet- 
trait de ne rien changer à l'état du chœur actuel. À l'appui de son 
mémoire, M. Montfort présente des plans et des coupes du monu- 
ment, ainsi que les monnaies trouvées dans les fouilles. 

M. le Président croit être l'interprète de la plupart des assistants 
en proposant au Congrès d'émettre un vœu pour la conservation de 
la crypte de la cathédrale de Nantes. 

M. de Lasteybie rend compte des démarches déjà faites dans ce 
but auprès de l'administration supérieure et appuie la proposition du 
président, qui est adoptée à l'unanimité. 

y 

M. Boucher de Molandon parle incidemment d'une curieuse cha- 
pelle du xi e siècle, la chapelle du prieuré de Pont-aux-Moines, 
aux environs d'Orléans, sur laquelle il prépare un travail. 

M. Buhot de Kersers appelle l'attention des membres du Congrès 
sur l'intérêt qu'il y aurait à connaître l'époque précise à laquelle 
l'arc brisé apparaît dans les constructions religieuses des différentes 
parties de la France. Il croit que l'examen de quelques églises du 
centre de la France, par exemple celle du prieuré de Plainpied, 
permet de fixer l'apparition de l'arc brisé dans la région du centre 
vers 1090. A l'église de la Charité, consacrée en 1107, l'arc 
brisé se trouve dans les grandes arcades et aux voûtes. La région du 
centre serait donc, sur ce point, en avance sur le reste de la 
France. 

M. Boucher de Molandon fait remarquer que dans l'église du 
prieuré de Pont-aux-Moines, qui est de la fin du xi e siècle ou du 
commencement du xii 6 , toutes les ouvertures sont encore en plein 
cintre. 

Au sujet de la neuvième question, relative à la distribution géo- 
graphique des églises à une seule nef, dont les cathédrales d'Albi 
et de Perpignan sont les types principaux, M. de Laurière cite un 
exemple de ce genre beaucoup plus ancien, puisqu'il remonte au 
XII* siècle : c'est la nef de la cathédrale de Toulouse. Albi et Per- 
pignan ne sont donc pas, à proprement parler, les types des édifices 
de ce genre. 



— 163 — 

M. Lucas rappelle qu'à Girone, au xv* siècle, lorsqu'il* fut ques- 
tion de poursuivre la construction de la cathédrale, l'évêque réu- 
nit une junte de huit architectes espagnols et français pour décider 
s'il valait mieux ne construire qu'une nef unique , ou une nef accom- 
pagnée de bas-côlés. 

M. Léon Palustre fait remarquer que ce n'est pas dans le Midi 
seulement que Ton rencontre des églises à une seule nef: l'église 
de la Couture, au Mans, et la cathédrale d'Angers sont construites 
suivant ce plan. 

M. de Liubière ajoute qu'on peut même trouver des exemples de 
ce mode de construction dans des régions encore plus septen- 
trionales : la cathédrale de Trêves en est un exemple. Il y a donc 
eu des églises à une seule nef dans toutes les parties de la France. 

Les personnes inscrites pour traiter la dixième question du pro- 
gramme, relative aux églises à coupoles, ne répondant point à l'ap- 
pel de leur nom, on passe à la onzième question, relative à l'archi- 
tecture militaire du moyen âge. 

M. Dumuys lit un mémoire, qu'il va prochainement publier, sur 
le château de Ghantecoq (Loiret), qui a été habité par les sires de 
Courtenay. 

Ce château est une construction rectangulaire munie de quatre 
tours d'angle, l'une carrée, les trois autres rondes. L'entrée est 
flanquée de deux demi-tours; un large fossé entourait tout l'édifice. 
Construit au commencement du xn° siècle, ce château est aujour- 
d'hui presque entièrement rasé. La partie la mieux conservée con- 
siste en un souterrain voûté auquel on accède par un escalier de 
quarante marches. Ce château fut détruit par les Anglais en i358. 

M. Roman lit un travail M sur les monuments d'architecture mili- 
taire du XI e et du xii* siècle dans le département des Hautes-Alpes. Le 
château de la Bâtie de Montmaur est une enceinte rectangulaire en 
pierre appareillée en arêtes de poisson ; il parait dater du xi* siècle. 
11 n'a d'autre ouverture qu'une porte et n'a jamais été surmonté 

f,) Voir ci-après le texte de ce mémoire. 



— 16A — 

d'un toit. Le même plan quadrangulaire se retrouve dans des moi 
ments militaires du xn' et du xm* siècle. Ce sont des tours à de 
étages, celui d'en bas sans ouverture, l'étage supérieur percé d'à 
porte et d'une fenêtre; tous deux sont voûtés en plein cintre. V 
charte permet d'affirmer que la tour de Montrond, Tune des mie 
conservées de cette catégorie, existait avant 1209. M. Roman pei 
que ces tours n'étaient point des tours de guet, mais de véritab 
donjons qui ont été habités par les seigneurs du xii* et du xui* sièc 

M. L. Palustre, répondant à la treizième question, relative a 
peintures murales de la France antérieures au xvi* siècle, signale 
quelques mots de curieuses peintures qu'il a découvertes au châle 
de Luynes. Ces peintures, qui datent du xv* siècle, représentent! 
verses scènes de tournoi. Les scènes de celte espèce sont beauco 
plus rares que les représentations religieuses, et les peintures 
Luynes mériteraient une étude approfondie. 

En réponse à la quatorzième question, relative aux œuvres 
sculpture du moyen âge, M. le docteur Barthélémy lit un mémoi 
sur le monument de saint Lazare, à l'église de la Major, à Mi 
seille. 

Jusqu'à ce jour l'auteur de ce beau monument n'était pas code 
Divers actes trouvés dans des registres de notaires ont permii 
M. Barthélémy de donner le nom de l'artiste qui l'a produit ail 
que le nom du sculpteur qui a exécuté les délicats ornements d 
piliers et des arcades qui supportent le monument. L'exécution 
fut confiée par le chapitre et la ville à François Laurana, connu de 
par diverses œuvres, en particulier par le portement de croix 1 
l'église Saint-Didier d'Avignon, et à Thomas de Côme. France 
Laurana habita Marseille de 1 ^77 à 1 /i 8 3 ; il s'y maria avec u 
tille de Gentile le Vieux, peintre de Marseille; il eut une fille q 
épousa Jean de la Barre, peintre d'Avignon. 

La quinzième question, relative aux anciens tissus, n'ayante 
étudiée par aucun des membres présents, on passe à la seizièm 
qui a trait à la numismatique. 

M. L. Maxe-Werly donne lecture d'un travail sur la numism 
tique gauloise, dans lequel il cherche à suivre les transformatioi 



— 166 — 

M. Morel signale, en terminant, l'analogie qui existe entre le 
casque de Coolus et celui qui se voit sur la tête d'un cavalier figuré 
sur une plaque de ceinturon de bronze provenant du cimetière 
gaulois de Walsch en Carniole (1 ). 

M. Morel donne ensuite lecture, au nom de M. H. Dbvillabio, 
d'une note relative à un mode particulier de construction romaine 
observé à Carpentras dans des fouilles faites en 188Û, au quartier 
de la Croizette ou de Marignane. On a trouvé une série d'amphores 
enfouies sous terre à une profondeur de i m ,6o, protégées par des 
murs latéraux et encastrées par leur base dans une couche de 
béton jusqu'à moitié de leur panse. Au-dessus de ce béton, les vides 
laissés par le retrait des panses et l'étranglement des cols étaient 
comblés par du sable; du sable remplissait aussi les amphores, ali- 
gnées par cinq de front sur neuf rangs parallèles. Ces amphores 
supportaient un sol formé d'une couche de béton très unie de 
o m ,i5 d'épaisseur. La terre qui recouvrait cette couche de béton 
était mêlée à des matières charbonneuses décelant un foyer. Ce 
mode de construction semble avoir été fort rarement employé; un 
des seuls exemples qu'on en puisse citera été tout récemment fourni 
par les fouilles de la maison des Vestales, à Rome. Cette dispo- 
sition avait sans doute pour but de combattre l'humidité du sol. Il 
convient d'ajouter qu'on a découvert près de ces constructions un 
cippe portant l'inscription suivante : 

LOC-S 

L • THORI • 

EVTYCHI 

LjV-P-XV'IN 

FP-XV 

Cette inscription présente une grande analogie avec la suivante, 
qu'a publiée Gruter W : 

L-THORIO 

EVTYCHE 

VA-I-M-VI-D-XII- 

Le père de cet enfant mort si jeune serait-il l'individu dont le 

M Cette plaque vient d'être publiée dans la Bévue archéologique, février i88â. 
«>II, p. 2g4,'n'9. 



— 167 — 

uom est gravé sur l'inscription de Carpentras? On a aussi trouvé 
dans ces fouilles une hache en fer qui semble appartenir à l'époque 
franque, une espèce de serpe de fer, une anse de vase de bronze, 
une grosse pierre (longueur, a m ,7o; largeur, o m ,55; épaisseur, 
o",35) bien appareillée et qui a pu faire partie de l'entablement 
d'un portique; elle est munie d'une rainure médiane de o m ,o3 de 
profondeur; enfin un petit vase en terre noire et grise semée de 
points blancs à l'intérieur, qui remonte peut-être à l'âge de bronze. 
On sait que, d'après Festus, les Romains, avant d'incinérer leurs 
morts, avaient coutume de leur couper quelque membre, comme le 
doigt; or, sur le pavé en béton on a trouvé trois phalanges hu- 
maines non incinérées, placées dans leur position anatomique; 
faudrait-il en conclure que ces substructions récemment découvertes 
à Carpentras indiquent l'endroit de la ville où l'on incinérait les 
morts? 

M. Bbgouin rappelle qu'on a trouvé à Die, il y a quelques années, 
des substructions analogues à celles que M. Devillario a rencontrées 
à Carpentras. 

M. Morel met sous les yeux des membres du Congrès la repro- 
duction d'un mors de cheval en fer, trouvé dans la rivière qui en- 
toure le camp gaulois de la Cheppe (Marne). Il lit en même temps 
un travail du docteur Charvet, de Grenoble, sur ce curieux mors; 
M. Charvet pense qu'il pourrait avoir été importé par un chef de 
la suite d'Attila; on y retrouve les dispositions qui furent adoptées 
plus tard, au xvi* siècle, par les fabricants de harnachement de che- 
val. On a découvert au même endroit des squelettes humains dont les 
crânes sont regardés comme de race mongole. 

Le P. de la Croix lit une notice sur les nécropoles antiques de 
Poitiers. Celles qu'il a étudiées sont au nombre de trois; elles n'a- 
vaient point, avant 1878, été fouillées méthodiquement; aussi a-t-il 
pu y faire une ample moisson de monuments et de renseignements 
intéressants. Il a pu y constater vingt et un modes différents de sé- 
pulture, depuis l'inhumation simple, qui semble avoir été pratiquée 
surtout par les pauvres, jusqu'à l'incinération, réservée aux riches. 
Ces sépultures datent probablement du iv c ou du v* siècle. On y a 
trouvé des cercueils de bois, des sarcophages en pierre et en plomb 



— 168 — 

de différentes formes, des urnes en terre et en verre, des monna 
des styles en os. Dans beaucoup de sépultures & incinération 
a pu constater qu'un conduit mettait l'orne funéraire en commi 
cation avec la surface du sol, sans doute pour faire pénétrer jua 
l'urne le liquide des libations qu on répandait sur la tombe 
défunt 



La séance est levée à 5 heures. 



Le Secrétaire de le Seetiem d'erckeelogi 

R. DB Lastbtme, 

Membre du Comité. 



— 169 — 



SÉANCE DU 17 AVRIL 1886, 

MATIN. 
PRÉSIDENCE DE MM. A. RAMÉ ET L. PALUSTRE. 

Lia séance est ouverte à 9 heures et demie. 

M. Marquis, membre de la Société historique et archéologique 
du G&tinais, lit un mémoire sur d'anciennes caves de la ville 
cfÉtampes. Il en signale une trentaine, dont plusieurs peuvent re- 
monter au xn° siècle. Cinq d'entre elles sont voûtées en croisées 
d'ogive dont les retombées portent sur une colonne centrale : elles 
pourraient avoir servi de chapelles ou de salles capitulaires. 
D'autres servaient de magasins; d'aulres enfin, formées de longs 
couloirs voûtés ou creusés dans le tuf et coupées ci et là de galeries 
transversales, ont pu être construites dans un dessein militaire. 

M. Léon Palustre ne croit pas qu'on puisse considérer aucune 
de ces caves comme des chapelles ou des salles capitulaires. Les 
chapelles souterraines ou cryptes n'ont jamais eu cette disposition. 
Quant aux salles capitulaires, leurs voûtes retombent toujours sur 
deux ou quatre colonnes, jamais sur une seule. 

M. B. de Lastbvrib s'associe à l'observation de M. Palustre, 
mais il pense que la dernière partie en est trop absolue. Jamais 
on n'a fait de salles capitulaires souterraines, mais il existe des 
salles capitulaires dont les voûtes sont supportées par une colonne 
isolée. 

M. A. Rame appuie la remarque de M. de Lasteyrie; il cite 
en particulier les belles salles capitulaires rondes ou polygonales 
que l'on trouve en Angleterre et dont les voûtes reposent sur une 
seule colonne centrale. 

M.Gardi* signale l'existence à Conches de caves du même genre 
que celles qui viennent d'être décrites; elles ont servi de prisons et 
leurs murs portent encore des inscriptions gravées par les prison- 
niers qui y ont été enfermés. 

Archéologie. t a 



■■t»iar»>B ■iitoatta. 



— 170 — 

M. Gardin soumet ensuite au Congrès une carte de l'arrondisse- 
ment de Bernay à l'époque gauloise, sur laquelle il a marqué les 
camps gaulois, les dolmens et autres monuments de la même époque. 
Il a relevé aussi un certain nombre d'enceintes gauloises ou ro- 
maines, et il met sous les yeux des membres de la réunion une 
suite de dessins fort bien exécutés, donnant les plans des plus 
curieuses de ces enceintes. 

M. Wahluzel communique, de la part de M.Pissot, de la Société 
des sciences de Gholet, une poterie trouvée dans un mur de soutè- 
nement du château de Gbolet : c'est une sorte de demi-cylindre 
creux soudé à une partie plane. La partie convexe ne présente au- 
cun ornement; elle est percée en son centre d'un large trou rond. 
La partie plane est ornée d'un médaillon circulaire en relief, autour 
duquel on lit la légende suivante, en capitales romaines : 

PACE-AC'CONCORDIA-PARVAE RES-CRESCVNT 
DISCORDI A • MAXIM AE • DIL AB VNT VR 

Le centre du médaillon est partagé en deux par un caducée posé 
verticalement, de chaque côté duquel on voit deux éléphants coupés 
par le milieu du corps et tournés en sens inverse, que rongent des 
scorpions. Toute la partie plane est vernissée en vert et en jaune. 
À quoi a pu servir cet objet ? L'intérieur porte des traces de feu. 
Les uns ont voulu y voir un réchaud, les autres une chaufferette; 
peut-être s'en servait-on pour chauffer les lits. M. Pissot s'arrête à 
cette dernière explication. 

M. Maxe-Wbrlt reconnaît dans cette poterie un spécimen d'une 
catégorie de pièces de céramique très communes dans Test de la 
France et en Allemagne : ce sont des plaques de revêtement de 
poêle. 11 en est souvent question dans les inventaires du xvi* siècle 
sous le nom de claques vertes. Quant à leur forme assez bizarre, il 
est probable qu'elle avait pour but d'emmagasiner la chaleur. Le 
Musée lorrain de Nancy en possède une collection très variée, dont 
les principaux spécimens, autant qu'il est permis d'en juger par les 
diverses représentations qui y sont figurées, doivent appartenir au 
xvi* et au xvii* siècle. Le musée de Bar-le-Duc en possède quelques 
exemplaires curieux, et M. Maxe-Werly y a déposé, il y a deux ans, 
ceux qu'il avait recueillis dans des fouilles faites à Ginauval (Meuse). 



— 172 — 

différents personnages séparés par des palmiers : Adam et Eve, 
Daniel dans la fosse aux lions, la chaste Suzanne. Cette coupe, dont 
les analogues sont fort rares, doit être rapprochée de la curieuse 
coupe trouvée jadis à Podgoritza et aujourd'hui conservée dans U 
collection Basilewski. M. Pilloy a exécuté de fort bons dessins de 
cette coupe, qui sont soumis aux membres du Congrès. 

M. le docteur Plicque lit une notice sur un* petit vase en terre 
cuite découvert dans les ruines d'une officine de potier gallo- 
romain à Lezoux (Puy-de-Dôme). Ce vase représente la tète du 
cyclope Polyphème sous les traits d'un nègre. Il a probablement 
servi à contenir un philtre ou des aromates (1) . 

M. Thiboolet entretient le Congrès du camp de Chênehutte, 
près de Saumur; il en dessine le plan au tableau et montre une 
hache ou marteau en pierre fort bien conservé qu'il y a recueilli. 

M» Alcide Leboux décrit les buttes de Nozay et d'Abbaretz, cu- 
rieux retranchements antiques, qui forment une ligne continue 
d'une dizaine de lieues dans le département de la Loire-Inférieure. 
M. Kerviler, qui leur a consacré un excellent travail, y a vu des 
restes d'excavations pratiquées à une époque reculée pour l'extrac- 
tion des minerais de fer. M. Leroux combat ces conclusions; il 
pense que ces excavations sont d'anciens retranchements auxquels 
sont venues postérieurement se souder des habitations. Des décou- 
vertes d'armes et de tumulus permettent de les faire remonter à 
l'époque gauloise. 

M. Léon de Veslt entretient le Congrès de l'ancien château de 
Saint-Clair-sur-Epte. U en reste encore quelques vestiges de l'é- 
poque romane. Il serait à désirer que l'on prît des mesures pour en 
assurer la conservation. 

M.Delobt, professeur au collège d'Auxerre, dépose sur le bureau 
une curieuse série d'objets recueillis par lui dans les sépultures 
burgondesdes bords de l'Yonne. Vers i83a, M. Baudot entreprit 
des fouilles à Charaay, à Brochon, à Sainte-Sabine; il y fit des dé- 

(1) Voir ci-après le texte de la notice de M. Plicque et une planche reproduisant 
ce vase. 



i ■■ 



— 173 — 

couvertes précieuses et put y reconnaître de nombreuses sépultures 
burgondes qui présentent une grande analogie avec celles que 
M. Delort a explorées dans les environs d'Auxerre. Dans une pre- 
mière sépulture il a pu recueillir un scramassax semblable à ceux 
des sépultures de Gharnay, et une boucle en fer de forme rectan- 
gulaire. Dans une seconde il a trouvé une fibule en or, une plaque 
avec chaînette et une bague, le tout en bronze. La fibule est un spé- 
cimen tris remarquable d'orfèvrerie mérovingienne : elle est de 
forme circulaire et offre dix-sept pierres disposées en forme de 
croix et entourées de délicats filigranes; l'ardillon est en fer. 
Quant à la chaînette, terminée par une plaque de bronze grossiè- 
rement ciselée, elle parait avoir une certaine relation avec la 
fibule : on trouve très souvent ces objets réunis. La bague présente 
sur son chaton un monogramme gravé, non déchiffré jusqu'ici. 

Une autre sépulture a fourni k M. Delort une bague et des 
boucles d'oreilles en or. Au chaton de la bague est enchâssée une 
intaille antique en cornaline, qui parait représenter Silène et un bac- 
chant; de chaque côté du chaton sont trois perles d'or. Les boucles 
d'oreilles, en forme de gland trilobé, sont ornées sur leurs faces de 
petits cordons perlés. 

La séance est levée à 1 1 heures et demie. 

Le Secrétaire do la Section d'archéologie , 

R. db Lastbybib, 

Membre du Comité. 



— 174 — 



SÉANCE DU 17 AVRIL 1*8A, 

80». 

PRÉSIDENCE DE M. CHABOUILLET. 

La séance est ouverte à a heures un quart. 

M. Léon Dumuys lit un résumé d'un long mémoire qu'il compte 
publier prochainement sur un moule à patène de Fépoque méro- 
vingienne M. 

M. Sagaw donne lecture d un mémoire relatif à quelques faux 
dieux des Pyrénées. Les inscriptions de ce pays ont été déjà maintes 
fois publiées, mais d'une façon si imparfaite que bon nombre 
d'entre elles peuvent être considérées comme inédites. De nouvelles 
lectures permettent à M. Sacaxe de rayer de la liste des dieux py- 
rénéens le dieu Sorhausi, le dieu Kagire, le dieu Sire, le dieu 
Nerdosion, et le plus grand de tous, le dieu Nétbon, qui a joui 
jusqu'à ce jour de la plus grande considération parmi tous les auteurs 
qui se sont occupés de l'archéologie pyrénéenne. 

En revanche, M. Sacaze fait entrer dans l'Olympe un certain 
nombre de dieux nouveaux qui ont des titres plus authentiques 
pour mériter cet honneur que les intrus dont ils vont prendre la 
place W. 

M. Biillet lit un travail dans lequel il s'est efforcé de restituer 
une inscription provenant de la célèbre abbaye de Saint-Benoît-sur- 
Loire. Cette inscription est incomplète, car l'original est mutilé, 
mais il en existe des copies prises il y a une quarantaine d'années, 
qui permettent d'en restituer quelques lettres. Elle paraît avoir été 
relevée pour la première fois en i838, par M. Marchand, qui la 
publia sous la forme suivante W : 

IN MVNDO MS DV NESGAV 
SED PIVS ET SAPIENS PV...VS 

(,) Voir ci-après le texte de cette communication. 
<*> Voir ci-après le texte de ce mémoire. 

(s > Souvenirs historique* sur Y ancienne abbaye de Saint-Benoit-sur-Lotre , p. 161 
et 169. 



— 175 — 

SOBR1VS ET CASTVS SP. . .VIST. . .GA 
. . .MVND. . .DELICIAS SAC 
QVE SVSPIRASTI QVE VIVIS SV 
ET CVI SERVISTI El ITAS 

L'éditeur en donnait la restitution que voici : 

Ai mmnio monachus ductus, Nesgau, 
Sedpiui et sapiens , pur ut , 
Sobrius et castus sprevistî gaudia 
Mundi, deîicias; sacraque 
Suspirasti, quœ vivis sunt; 
Et cm servisti et itas. 

Il n'y a pas besoin de faire ressortir les bizarreries de cçlte pré- 
tendue restitution, dont! auteur ne s'était même pas aperçu que 
l'inscription était en vers. M. Baiilet, en prenant pour point de dé- 
part l'analyse de cette épitaphe, conservée par dom Chazal à une 
époque où elle était moins mutilée qu'elle ne Test aujourd'hui* et en 
s'aidant des nombreuses poésies composées par les moines de Saint- 
Benoît-sur-Loire, a pu la restituer à l'abbé Gausbert de Ferrières 
(10&A-1060) et en rétablir le texte de la façon suivante : 

IN MVNDO MVNDVM NON ES GAV[sberte secutus] 
SED PIVS ET SAPIENS PRO[wfa* atque tigO\ 
SOBRIVS ET CASTVS SPREVISTI GA V[«ta voua] 
MVNDI DELICIAS [astra pete alta Dei\ 
QVEM SVSPIRASTI QVEM VIWS SEM[p«r amasU\ 
ET CVI SERVISTI VITA S[it ergo tibi] 

M. l'abbé Mullbr présente quelques observations au sujet de cette 
inscription. U lui semble que l'on pourrait facilement, au moyen 
de très légères modifications à la restitution proposée, conserver à 
tous ces vers la forme de vers léonins, forme que les versificateurs 
du xi e siècle ont particulièrement recherchée. 

M. l'abbé Li Bouillb , ancien aumônier militaire de la place du 
Kef, donne la description des basiliques du Kef (Tunisie), au sujet 
desquelles M. Espérandieu a déjà fait une communication. Il décrit 
la basilique située à l'intérieur de la ville et la basilique du cime- 
tière. Dans la première, assez bien conservée, on remarque au 
tympan d'une porte latérale une croix à branches égales entre deux 



— 176 — 

branches de palmier et d'olivier. Cette sculpture, qui fait partie de 
la construction primitive, indique clairement que la basilique a été 
construite par des chrétiens. 

La basilique du cimetière du Kef , dont les substructions existent 
entièrement, avait une nef ornée de quatorze colonnes de marbre; 
les murs étaient en grande partie composés d'inscriptions païennes; 
elle était pavée de mosaïques dont la croix formait le principal 
motif d'ornement. Une partie de cette mosaïque a pu être transpor- 
tée au musée du Kef, qui sera bientôt transféré à Tunis. Dans les 
fouilles que M. La Bouille a pu exécuter dans cette basilique, en 
1883, on a mis au jour un certain nombre d'inscriptions chré- 
tiennes, latines ou grecques. 

M. Warluzbl demande si les basiliques du Kef ont été réelle- 
ment construites par des chrétiens, ou si ce sont des basiliques 
païennes transformées plus tard en églises chrétiennes. 

M. l'abbé La Bouille se prononce pour la première alterna- 
tive. 

M. de Laubibre fait remarquer que toutes ces basiliques, aussi 
bien celle de Tébessa que celles du Kef, sont construites sur un 
plan essentiellement chrétien; elles ne peuvent avoir été, à l'origine, 
des basiliques judiciaires romaines. 

M. B. de Lastbtrie insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à bien con- 
stater ce fait. Les basiliques païennes sont maintes fois mentionnées 
dans les auteurs de l'antiquité; mais aucune de celles dont les sub- 
structions sont parvenues jusqu'à nous, pas plus celles de Rome 
que celle de Pompéï, ne reproduisent les dispositions que nous 
retrouvons plus tard dans les basiliques chrétiennes. Ces basiliques 
sont, en général, construites d'après des plans très divers; il est 
même aujourd'hui regardé comme très douteux que la basilique 
chrétienne procède en droite ligne de la basilique judiciaire des 
Romains; nombre d'archéologues, surtout en Allemagne, pensent, 
au contraire , qu'il faut chercher son origine dans ces basiliques 
domestiques dont les fouilles du Palatin ont fait retrouver un si 
curieux exemple. On peut voir dans la Real-Encyklopaedie du doc- 
teur Kraus, au mot Basilique, le résumé des principales disserta- 
tions publiées en Allemagne sur ce curieux sujet encore si con- 



— 177 — 

traversé. En réalité, on ne sait que bien peu de chose des basi- 
liques païennes. C'est en Algérie et en Tunisie qu'il y a chance de 
trouver des monuments de cette espèce; on ne saurait donc trop 
appeler l'attention des savants qui s'occupent des., antiquités afri- 
caines sur cette intéressante question. 

M. J. Roman donne lecture, au nom de M. l'abbé Guillaume, ar- 
chiviste du département des Hautes-Alpes , d'une communication 
relative aux fortifications du xiv* siècle dans les Hautes-Alpes (1 l 

L'auteur a d'abord signalé l'importance qu'a eue de tout temps, 
au point de vue de la défense du territoire, la chaîne des Alpes. Le 
Dauphiné fut assez paisible pendant le xu* et le xm* siècle; mais 
au xiv 4 siècle les incursions des routiers, après le traité de Bréti- 
gny, forcèrent les habitants des Alpes à élever de nouvelles fortifi- 
cations ou du moins à réparer les anciennes. L'abbé Guillaume 
cite comme exemple Embrun fortiCé en i36o,Briançon en 1389, 
Guillestre de 1392 à 1397. 

M. J. Roman fait observer que s'il est exact de dire que les fortifi- 
cations des Alpes ont été restaurées ou augmentées au xiv* siècle, 
la plupart étaient antérieures à cet époque. Une faible partie des 
murs de la Baume-des-Arnauds est de l'époque romaine; à la même 
époque Briançon était ceint de murailles; à la fin du xu 6 siècle on 
augmentait celles de Gap, au commencement du xm* siècle celles 
d'Embrun. C'est l'invention de l'artillerie combinée avec les dépré- 
dations des grandes compagnies qui a amené la restauration des 
fortifications des Alpes. 

M. Marionneau lit, au nom de M. Gaullieur, le résumé d'un mé- 
moire relatif aux phares élevés successivement sur les rochers de 
Cordouan depuis l'époque de Charlemagne jusqu'à nos jours &\ Des 
ermites établis sur ces rochers élaient primitivemenl chargés de 
l'entretien du fanal. Au xiv° siècle les Anglais éloèrent un phare 
nouveau qui dura jusqu'au xvr siècle. Il tombait en ruines quand, 
sous le règne de Henri III, l'architecte Louis de Foix fut chargé de 
le reconstruire. Le contrat relatif à cette reconstruction date de 
1 586 ; mais les difficultés du travail furent telles que le monument 
ne fut achevé qu'en 1610. 

(,) Voir ci-après le texte de celle communication. 

'' Voir ci-après le lexlc de la notice de M. Gaullieur. 



— 179 — 



SÉANCE GÉNÉRALE DE CLÔTURE DU 19 AVRIL 188*. 



La séance de clôture du Congrès des Sociétés savantes a été tenue 
le samedi 19 avril, à 2 heures, dans le grand amphithéâtre de la 
Sorbonne, sous la présidence de M. Fallières, ministre de l'instruc- 
tion publique et des beaux-arts. 

Le Ministre dans son discours a rappelé les services rendus à la 
science depuis cinquante ans par le Comité des travaux historiques 
et scientifiques» les importants travaux exécutés récemment par 
quelques-uns de ses membres, les pertes cruelles faites depuis 
quelques mois par la science française en la personne de François 
Lenormant, de Henri Martin, de Jean-Baptiste Dumas. Il a ensuite 
proclamé les noms des savants auxquels ont été accordées les déco- 
rations dans l'ordre de la Légion d'honneur et les palmes acadé- 
miques. 



— 180 — 

NoTB SUE UN MOULE À PATENE DE l' ÉPOQUE MEROVINGIENNE. 

L'objet que nous allons décrire a été trouvé par hasard , vers le 
mois de janvier i884, au milieu d'importantes substructions gallo- 
romaines ou mérovingiennes situées sur le domaine de la Grande- 
Malmusse, commune de Gémigny (Loiret) M, et qui n ont pas encore 
été explorées méthodiquement. 

Il fait aujourd'hui partie des collections du musée historique 
d'Orléans. 

C'est un fragment de pierre calcaire W, du poids de 5a5 grammes, 
représentant environ le tiers d'un ménisque légèrement aplati , de 
166 millimètres de diamètre, épais en son centre de h centimètres. 

Seule la partie supérieure est ornée de lettres et de dessins au 
trait d'une exécution barbare, dont la profondeur maxima peut être 
de 2 millimètres. 

La partie centrale de cette face est occupée par une circonférence 
mesurant o m ,oa8 de rayon, indiquée par deux traits concentriques 
espacés de o m ,ooa et portant au point de centre un trou profond de 
o m ,oo8, large de o^ooS et légèrement évasé. 

On y remarque le buste d'un personnage vu de face, bénissant 
ou enseignant, velu d'un manteau à larges plis sur lequel est dis- 
posé une sorte de baudrier. 

A sa droite et à sa gauche l'on voit une croix pattée à branches 
inégales et en légende, les trois lettres TOR retournées, comme 
toutes celles dont nous allons parler. Ajoutons que cetle syllabe 
TOR est précédée d'un jambage incliné cl que de l'autre côté du 
personnage on distingue la partie inférieure d'une lettre recourbée, 
telle que l'S. 

Au-dessous de ce médaillon s'en trouve un autre toul semblable 
ne mesurant que o m ,028 de rayon , représentant un personnage en 
buste, vu de face, chevelu ou nimbé, ailé, vêtu, portant une sorte 
d'écharpe vaguement indiquée et tenant à la main droite un petit 
bâton terminé par deux boules. On lit au-dessus de la tête le mot : 
RAGVEL. 

A droite et à gauche sont deux autres médaillons identiques, 

(1) C'est-à-dire eu Beauce, et, pour mieux préciser : sur le champ de bataille de 
Coulmiers. 

(*) De même nalure que celle dite de Tonnerre (Bourgogne) 



MOULE A PATENE 



6 



— 182 — 

preuves indéniables , les raisons très probantes sur lesquelles s ap- 
puie notre opinion. 

«t C'était, dit l'abbé Martigny W, un usage très répandu dans la 
primitive église de représenter le buste de Notre-Seîgneur dans 
un espace circulaire en forme de bouclier. — Quelquefois le mé- 
daillon, soutenu par des anges, ne renfermait qu'une croix, qui 
tenait la place du Sauveur. Cet usage, ajoute-t-il, existait encore au 
vu siècle et se propagea jusque dans les bas temps. * 

Les premiers chrétiens avaient sans doute emprunté cette cou- 
tume aux païens, qui réservaient ces imagines dypeatœ pour les mo- 
numents élevés en l'honneur des citoyens de distinction. 

D'autre part, la pose et le costume de notre personnage offrent une 
ressemblance frappante avec un portrait gravé sur ivoire, classé 
dans les collections du musée du Vatican et qui est peut-être l'image 
la plus incontestablement antique du Sauveur d. 

Sur notre moule, le Christ est vêtu d'un ample manteau sous 
les plis duquel est caché son bras gauche w , tandis que le bras 
droit revêtu de la tunique est apparent et ramené sur la poitrine* 
La main dégagée laisse voir l'index et le médius étendus et les autres 
doigts repliés sur la paume. C'est ce qu'on est convenu d'appeler la 
bénédiction latine (4) . 

Faisons toutefois remarquer que ce geste n'est pas spécial aux 
images du Christ, mais qu'on le retrouve constamment employé au 
cours des premiers siècles, dans la représentation des personnages 
les plus divers < 5 >. 

Mais si l'on nous objectait que la main est ici moins relevée que 
dans d'autres images du Christ bénissant, nous répondrions que, 
d'une part, le graveur était très malhabile dans son art, et que, de 
l'autre, si cette main eût été plus dressée, la perforation du point 
de centre l'eût fait disparaître complètement. 

(,} Martigny, Dict. des Antiquités chrétiennes, a* édiL, p. 35a, au mot Ima- 
gines dypeatœ. 

{î) Voir Martigny, au mot Jésus-Christ, p. 388. L'ivoire dont nous parlons s'y 
trouve représenté. 

(3) On uo doit pas oublier que, sur le moule, les images sout renversées; il faut 
donc, pour se bien rendre compte de la disposition des figures, rétablir par la pea- 
sée les personnages dans le sens qu'ils occupaient sur les épreuves sorties du moule. 

(4) Voir Martigny, au mot Bénir. 

(l > Voir Martigny, aux mots : Prophète, Imagines clypeatœ. Cf. Garrucri, Vtlri 
ernati, pi. XXX. 



— 18â — 

vullum Salvatoris et angeiorum, quam intrinsecus ex auro perfu- 
dit,elc. («a 

II existe de nombreux monuments qui, par l'ordonnnance de 
leur ornementation rappellent notre moule. Nous pouvons citer notam- 
ment : six fonds de vases publiés par Garrucci (pi. XVIII) et Perret W, 
et les ampoules du trésor de Monza, qui sont du vi* siècle. 

Peut-être enfin le vase dont nous ne pouvons reconstituer sûre- 
ment que la partie concave avait-il un rebord plus ou moins large, 
plat ou infléchi, uni ou orné d'un bourrelet; un examen attentif de 
la cassure du moule nous porte à faire cette remarque. Les textes 
nous apprennent d'autre part que certains vases sacrés étaient cer- 
clés d'un métal différent de celui dont ils étaient fabriqués : rPa- 
tena argentea auro cincta^.w 

Nous avons émis l'opinion que les huit médaillons devaient re- 
présenter des personnages semblables à ceux qui existent encore. 
Toutefois une difficulté se présente qui nous rappelle avec quelle 
prudence on doit agir en matière de restitution; aussi croyons-nous 
devoir faire quelque réserve sur ce point. 

Un de nos médaillons incomplets porte la syllabe DR A; or 
cette syllabe n'entre dans la composition d'aucun des î&o noms 
d'anges cités par les auteurs spéciaux, tels que Montfaucon, Éliphas- 
Lévy, Noël, le P. Labbe, dom Calmet, de Mirville et autres encore. 

Comment donc l'interpréter? 

Ces trois lettres, nettement lisibles, appartiennent-elles à un nom 
d'ange inconnu, tel quAsdraël, par exemple? Cette supposition étant 
absolument gratuite, nous devons la rejeter jusqu'à nouvel ordre. 

Le nom cherché serait-il celui d'un être étranger à la milice 
céleste? Cette hypothèse serait à nos yeux infiniment plus accep- 
table que la précédente. En effet, nous trouvons parfois conjointe- 
ment figurés sur les monuments mérovingiens les anges et les 
personnages bibliques , apôtres ou prophètes , sans qu'on puisse saisir 
la pensée qui avait guidé l'artiste dans sou choix. C'est ainsi que, 
sur un des sarcophages de l'hypogée de Poitiers, le P. de la Croix 
a trouvé les deux anges Rafaël et Raguel représentés à côté des 
apôtres saint Jean et saint Mathieu <*). 

(1 > Muratori, (.11, 9' partie, p. 3 10. 

(*> Catacombes de Rome, t IV, pi. XXII, n° 10. 

(3 > Ànastaae le bibliothécaire, Vie de taint Syhettre (3 1 4-330). 

<*> Hypogeum martyrum de Poitiern, p. 37, pi. VIII. 



— 185 — 

On sait quelle prédilection les Mérovingiens axaient pour les 
irophètes. Ils portaient jusque sur leurs ornements guerriers les 
mages de Daniel et d'Habacuc. Personne n'ignore que dans les 
premiers siècles, sur plus d'un point des sanctuaires spéciaux ou 
nemoriœ avaient été ériges en leur honneur sous le nom deprophetea. 
Enfin, les monuments anciens, nous dit l'abbé Martigny, mon- 
trent assez fréquemment les prophètes de l'ancienne loi* représentés 
lans des scènes historiques ayant un sens figuré applicable soit aux 
Faits, soit aux dogmes de la nouvelle alliance. 

Nous pouvons dès lors nous demander si le nom que nous cher- 
chons ne serait pas celui d'ESDRAS. 

Mais une autre hypothèse nous parait plus plausible encore : 

La syllabe DRA ne pourrait-elle appartenir au mot DRACO 
employé dans cette epithète : VICTOR DRACONIS, qui désigne- 
rait l'archange saint Michel. 

Saint Michel était en effet le plus grand, le plus anciennement et 
te plus généralement honoré des anges : on n'a donc pas dû l'oublier 
dans le cortège d'êtres célestes figurés autour du Sauveur sur notre 
monument. Sa place naturelle est à la droite du Christ, c'est-à-dire 
dans le médaillon même sur lequel nous trouvons ces trois lettres 
DRA. 

Voyons maintenant quelles sont les particularités qui peuvent 
aider à déterminer l'âge et la destination de ce moule. 

Les lettres employées dans les incriptions qu'on y lit dénotent 
l'époque mérovingienne. 

Nous les trouvons de même forme que celles dont est composée 
l'inscription du reliquaire de Saint-Mommole (vu" siècle), identi- 
ques à celles que Ton voit sur les monnaies orléanaises, pièces et 
monuments fabriqués dans la même région que celle où le moule 
a été recueilli. Enfin nous les trouvons encore pareilles à celles que 
portent les plaques de ceinturons mérovingiens au type de «Da- 
niel projeta-n. 

Non seulement les lettres sont identiques sur ces monuments, 
mais l'orthographe y est la même. Ici nous voyons Raphaël écrit 
par FA, là nous voyons trprofeta» orthographié de la même façon 
défectueuse. Ajoutons que ces divers monuments sont empreints du 
même caractère grossier et barbare. 

Nous attirerons particulièrement l'attention sur celles des lettres 
qui ont une forme plus caractéristique, l'E carré par exemple, indi- 

AacBéoLociK. i3 



f*M!«r«!B MTOIAW. 



— 186 — 

que par M. Edmond Le Blant dans son Manuel d'épi graphie chré- 
tienne comme employé aux vi* et vn* siècles (5o6-6go) et L en 
forme de A grec usité du iv* au yiii* siècle. 

Les croix pâtées gravées à droite et à gauche de l'image du Sau- 
veur sont latines et semblables à celles qui décorent les revers des 
monnaies mérovingiennes d'Orléans , les ampoules de terre cuite de 
Monza (vi* siècle), le plateau d'or de Gourdon (vi* siècle), les in- 
scriptions de Fhypogée de Poitiers (vi* ou vu* siècle) et nombre de 
monuments de la même époque, tels que les ambons du Dôme de 
Murano et de Saint-Marc de Venise (fi* siècle), l'autel de Saint- 
Zacharie (Var, vu* siècle) W. 

L'âge de notre monument nous parait donc nettement établi. Il 
appartient au vu* ou au vm* siècle. 

Quant à l'espèce de vase qu'il a servi à fabriquer, nous croyons 
que c'était une patène. 

«La patène, dit Isidore de Se ville, est un vase de forme ouverte 
et aplatie. «Vas laie païens.* «Vas lotis patenUbus labiis-n, dit Coin- 
mella. 

Ce vase sacré a été employé de toute antiquité dans le culte 
chrétien. Les patènes furent faites de toutes matières et se divi- 
saient en trois catégories, savoir : 

i° La patène ordinaire on de consécration, affectant la forme d'un 
petit plat et en ayant les dimensions ; 

9° La patène ministérielle, plus grande que la précédente, servant 
pour la communion des fidèles sous l'espèce du pain ; 

3° La patène ehrismale, destinée à contenir le saint chrême em- 
ployé pour l'administration du baptême et de la confirmation , mais 
seulement pendant les premiers siècles. 

En dehors de ces différentes variétés de patènes proprement 
dites, l'Église faisait usage d'autres vaisseaux de forme analogue, 
mais spécialement affectés à certaines cérémonies et portant des 
noms différents. Citons entre autres : 

i° Uoffertorium, sorte de plat de métal servant à recevoir l'offrande 
des fidèles; il y en avait de très grands qui servaient pour toute 
l'assistance et de moindres qui étaient personnels; l'usage de ces 
ustensiles semble avoir été spécialement répandu dans les églises 
de la Gaule ; 

M Voir La me*u, par Rohault de Fleury, \\V vol., pi. CLXXVIÏI-CLXXXVI, et 
f'vol.^pl. XXXVI. 



— 187 — 

2° Laquamanile, sorte de bassin fait d'un métal précieux et ser- 
vant aux ablutions du prêtre; 

3° La patire baptismale, dont l'usage général est assez mal démon- 
tré, et qui, d'après quelques auteurs, aurait servi pour verser l'eau 
du baptême sur la tête du nouveau chrétien; 

4° Les disques votifs, sortes de patènes votives destinées à être sus- 
pendues dans les temples, en commémoration d'une victoire ou 
d'un triomphe, etc. 

La dimension de ces vases était très variable, o m ,i6 k o a ,^]b de 
diamètre; ils étaient faits d'un métal précieux et décorés d'orne- 
ments divers, gravés, ciselés ou repoussés. 

A laquelle de ces diverses espèces de vases notre moule a-t-il 
pu servir? 

Rien n'autorise à y voir un aquamanile ou une patère baptismale. 
D'autre part, ses dimensions ne sont pas assez grandes pour conve- 
nir à un offertorium ou à une patène ministérielle. C'est donc sans 
doute une patène de consécration ou une patène chrismale. Mais 
nous ne voulons pas insister sur l'usage auquel ce vase a pu servir, 
nous laisserons ce soin a nos maîtres dans la science, et nous nous 
contenterons d'avoir pu faire connaître un objet d'autant plus in- 
téressant que les analogues en sont plus rares. 

Léon Dumuys, 

Conservateur adjoint au musée d'Orléans, 
membre de la Société archéologique et historique 

de l'Orléanais. 



Note sir o/v vase gallo-bohais mocvÊ À Lezovx (Puy-de-Dôme). 

Avant de décrire le petit objet que j'ai recueilli à Lezoux et que 
reproduit la planche ci-jointe, je ne crois pas inutile de justiGer le 
qualificatif de gallo-romain qu'il me parait mériter. On applique en 
général cette épithèle à tous les restes trouvés sur notre sol qui 
paraissent remonter à l'époque de la domination romaine, et cepen- 
dant bien des objets dits gallo-romains ont été importés en Gaule 
ou exécutés sur notre territoire par des artistes étrangers. 

Le goût artistique qui a présidé à leur naissance, chez nous ou 
ailleurs, se rattache étroitement à la tradition grecque, et le nom 
mémo de romain ne leur convient que dans une certaine mesure. 



— 188 — 

Je n'ai retrouvé, en effet, parmi l'amoncellement céramique des 
soixante officines que j'ai explorées à Lezoux, qu'une quantité mi- 
nime de vestiges franchement gaulois. La grande masse est grecque 
et latine, avec des souvenirs figurés de tous les vieux mondes dis- 
parus. 

Il parait acquis que les industriels qui, sous le règne de Vespa- 
sien, organisèrent à Lezoux la fabrication des poteries de luxe 
n'empruntèrent à notre sol que les matières premières. Us appor- 
tèrent, avec une inspiration exotique, un outillage et des procédés 
anciennement exploités à Calés, Hadria, Arezzo et dans d'autres 
localités inconnues de la Campanie, de la Lucanie, de la grande 
Grèce. 

A partir de Trajan jusqu'à la fin du règne de Galieu, on a con- 
fectionné à Lezoux, par quantités inouïes, des vases rouges sem- 
blables à ceux dont on se servait en Italie. En Gaule on n'y regarda 
pas de trop près, et Ton accueillit avec faveur et comme une nou- 
veauté des produite démodés au delà des Alpes, mais qui consti- 
tuaient après tout un grand progrès sur la vaisselle inférieure de* 
occidentaux. Il existe au British Muséum des vases rouges prove- 
nant des ruines de Pompéi, c'est-à-dire antérieurs à l'an 79 de 
notre ère; il est impossible de les distinguer de ceux qui furent 
fabriqués à Lezoux sous les Césars gaulois du 111 e siècle. 

Lorsque, vers 265 environ, les pillards alamans conduits' par 
Chrocus eurent saccagé l'Auvergne, les fours perfectionnés furent 
définitivement éteints. La céramique rouge disparut de celte pro- 
vince et Ton revint sans transition aux anciennes poteries noires el 
grossières. 

Le nom de gaulois, attribué au monument qui fait l'objet de celte 
notice, n'a donc qu'une valeur géographique. C'est à Lezoux qu'il 
a été exécuté au temps de Domitien ou de Trajan, et Ton pourrait 
tout aussi bien dire qu'il est romain. 

Il a été recueilli dans l'officine du maître céramiste Libertus, 
qui probablement apporta de par delà les Alpes le moule avec le- 
quel on le façonna. Si c'est un ouvrier exercé qui l'a exécuté, c'est 
un lettré qui l'a conçu, et il devait rester lettre morte aux ignorants 
de la Gaule. 

Le maître d'officine Libertus exécuta à Lezoux les premières ^î- 
glinœ à pâte dure, d'un beau rouge corallin, connues partout sous 
te nom de romaines ou de samiennes. Mois i! décorait aussi avec. 






— 189 — 

des poinçons parfaits comme des pierres gravées des vases teints 
en noir et à reflets métalliques. Ainsi j'ai recueilli dans un des fours 
de ce potier une tête de Gorgone qui a été obtenue dans un moule 
et fixée par le procédé de la barbotine aux flancs d'un vase mince 
à teinte bronzée. Elle est d'un travail très analogue à celui de la 
Icrre cuite qui fait l'objet de cette communication. 

Celle-ci doit avoir la même origine, quoiqu'elle ne provienne pas 
des débris ordinaires des fours. Elle gisait dans l'enceinte de sub- 
struclions assez vastes où j'ai cru reconnaître l'habitation du fabri- 
cant. 

C'est un vase de 80 millimètres de hauteur, formé par deux 
figures en relief sorties du même creux, réunies et adossées dans 
le même sens vertical. On connaît un certain nombre de terres cuites 
obtenues de la sorte par la soudure de deux moulages évidés après 
coup. Le Louvre en conserve quelques-unes. Il serait facile d'en 
citer un grand nombre. Celte tête à deux faces s'ouvre au sommet 
et est creuse à l'intérieur. Le col qui la termine inférieurement lui 
sert de pied, mais à cause de son étroitesse ne lui fournit pas une 
base bien stable. 

On a nommé unguentarium, balsamaire les récipients de ce 
genre fréquemment recueillis dans les tombeaux, parce qu'ils rece- 
laient des parfums, des onguents, des cosmétiques et parfois des 
remèdes. J'ai recueilli à Lezoux, dans l'officine du potier Bo- 
rillus, un moule qui servait à confectionner de ces balsamaires. Il 
date de Commode ou de Septime Sévère et offre un beau type de 
Jupiter. 

Un autre balsamaire est figuré dans l'histoire des Romains de 
M. Duruy. C'est une tête de nègre, à une seule face il est vrai, qui, 
par une certaine harmonie de forme et de destination, parait bien 
adaptée à conserver les précieux aromates qu'on allait chercher 
jusqu'au centre africain. 

Le potier Libertus a aussi donné les traits d'un nègre à son bal- 
samaire. On reconnaît neltemenl les boucles courtes et laineuses de 
la chevelure crépue, le nez épaté et large à la base, enfin la 
bouche saillante et lippue. Le menton a été déformé et atténué par 
le doigt de l'ouvrier, qui a dû prendre là son point d'appui pour 
faire adhérer les deux moitiés du vase et en former le pied. Les dé- 
tails sont du reste bien fondus dans l'ensemble, et tout concourt, 
comme dans une œuvre bien mesurée, à donner une impression 



— 190 — 

juste. Enfin l'ouvrier a su imprimer à sou ouvrage un nouvel ac- 
cent de vérité en le colorant d'un lustre noir à reflets métalliques. 

Ce nègre a un front singulièrement proéminent. Quoique cbei 
certains Africains le front soit très bombé, celui-ci présente une 
telle exagération de courbure, qu'il a l'apparence d'une difformité. 
Le petit cordon saillant en forme de croissant qui limite inférieure- 
ment la bosse frontale n'est pas une ride ordinaire de la peau, 
puisqu'elle serait isolée. Elle représente la fente de paupières closes. 
Les deux commissures sont même arrondies. Dès lors la voussure 
médiane indique nettement l'intention de l'artiste : elle trahit le 
globe de l'œil énorme et monstrueux que l'épopée héroïque attribue 
aux Cyclopes. 

Quoiqu'on ne connaisse pas d'autre image de Polyphème avec 
les traits d'un nègre, il répugne d'admettre que l'artiste ait voulu 
figurer un Cyclope anonyme. Aucun auteur, sauf Virgile, ne nous a 
transmis le nom d'autres monstres de ce genre. Et si Virgile dans 
l'Enéide nomme trois Cyclopes qui, au fond des cavernes de l'Etna, 
forgent le bouclier d'Euée , il est à croire qu'il a inventé ces noms 
pour les besoins de ses vers. 

Homère a chanté la tragique aventure d'Ulysse dans l'antre de 
Polyphème, et l'œil horrible est resté légendaire. Or, sur la pau- 
pière difforme que figure notre vase on distingue deux brides verti- 
cales qui représentent évidemment la cicatrice de l'effroyable bles- 
sure. 

Mais dans ce cas Polyphème aurait trois yeux, car la terre cuite 
représente une tête de nègre normalement conformée. Et cepen- 
dant tous ceux qui, depuis Homère, ont traité ce sujet cher aux 
poètes Alexandrins et à leurs imitateurs, tous ceux qui ont chanté 
les amours de Polyphème et de Galathée ont parlé d'un œil 
unique. Ovide a dit : 

Unum est in média lumen mihi ironie, 
Sed instar ingentis clypei. . . . 

Mais les artistes renoncèrent à représenter cet œil et imaginèrent 
un moyen terme : donner à Polyphème deux yeux placés comme 
ceux de tout le monde, et viser la vieille tradition en conservant 
au milieu du front l'œil unique des Cyclopes. 

Dans certaines peintures, ce troisième œil très nettement mar- 
qué produit un assez étrange effet. Dans la fresque de la maison 



— 192 — 

Voilà pourquoi l'image du Cyclope devait être généralement regar- 
dée comme un véritable porte-bonheur en amour. 

La double ou triple figure d'Hécate, la déesse des enchantements 
nocturnes, n'était peut-être pas sans quelque secret rapport avec 
les deux visages du balsamaire. M'oublions pas non plus que Lo- 
custe avait fait école; que si le commerce des poisons avait été 
libre, à plus forte raison celui des philtres, qui faisaient fureur. 
Enfin, les esprits les plus clairvoyants et les plus sceptiques ne met- 
taient pas en doute la puissance de la sorcellerie. 

Un philtre contenu dans le balsamaire à tête de Polyphème 
constituait donc un engin scientifique incontesté, euvié des uns et 
redoutable aux autres. Si cet objet avait été trouvé à Pompéi, et non 
pas en Auvergne, cette interprétation n'aurait pas besoin d'être 
discutée. Mais il ne faut pas oublier que cet objet devait être fait 
pour des Romains et nullement pour des Gaulois, qui n'en auraient 
point compris l'usage. .4 . ay • < 

Je ferai observer en terminant que lastof-l *&tution du mauvais 
œil règne en souveraine en Italie, qu'on ignore à peu près son ori- 
gine et qu'il est fort possible qu'elle ait été engendrée par celle de 
Polyphème, enfin que la double pointe qui conjure le mauvais œil 
des simples mortels n'est pas sans analogie avec le pieu d'Ulysse. 

D r Plicque, 

Membre do l'Académie de Clermonl-Fcrrand. 



[ 



— 193 — 

Notice sur les phares de Cordouan (1} . 

Divers auteurs se sont occupés déjà de l'histoire des phares 
construits successivement sur les rochers de Cordouan. 

Parmi les travaux modernes qui traitent de cet intéressant 
sujet, il n'est que juste de citer en première ligne les publications 
de M. Tamizey de Larroque (2) , le chercheur infatigable, auquel 
on doit la connaissance de tant de documents précieux pour les 
annales du sud-ouest de la France; MM. A. Geffroy, Jules Delpit< 3 >, 
Marionneau <*) et l'abbé Besselière (5) méritent après M. Tamizey 
de Larroque une mention spéciale. 

J'ai cherché à grouper dans un travail d'ensemble toutes les in- 
formations recueillies jusqu'ici, et à les coordonner en essayant de 
combler quelques lacunes par la publication des documents inédits 
que j'ai pu recueillir, et dont quelques-uns remontent à une époque 
reculée. 

Il résulte de ce travail que l'on peut constater à Cordouan l'exis- 
tence successive ou simultanée de quatre phares de structures 
et de hauteurs diverses. Je dis simultanée, car pendant près de 
deux siècles, il y avait dans l'Ile deux tours assez distantes Tune de 
Fautre, comme le prouvent une foule de documents et même 
quelques vues cavalières fort curieuses, dessinées au xvii* siècle. 

De ces quatre phares, le premier fut construit par ordre de 
Charlemagne, au ix e siècle, par un architecte inconnu dont le corps 
fut enseveli sous les marches de l'autel dans l'église Saint-Nicolas 
de Grave, également construite par lui, ainsi que celle de Soulac. 

On sait que l'église de Saint-Nicolas, située encore plus au nord 
que celle de Soulac , vers l'extrémité de l'éperon formé par l'em- 
bouchure de la Gironde, a complètement disparu sous les flots de 
FOcéan, avec des paroisses entières. 

W Ce mémoire a été lu à la Sorlxmne, le 17 avril. Voir ci-dessus , p. 117. 

W Louis de Foix et la tour de Cordouan, dans la Bévue de Gascogne, années 1 866 
el 1868. Yoy. aussi les Archive* historiques de la Gironde, t. III, VII, XIV, XIX. 

W Cotai, génér. des documents français qui se trouvent en Angleterre (Paris, 
1867, in-A*), p. ai 3. 

<*> Documents inédits sur Louis de Foix, tirés des Arch. munie, de Nantes (Nantes, 
imp. Fores t, h p.). 

<*) De la question bayonnaise dans ses rapports avec la richesse du pays (Aire, 
1876, io3 p.). 

AiaiioLoeii. 1 û 



mniaïui iatmiau. 



— 194 — 

(Test à M. Peigné-Delacourt, correspondant de la Société des au- 
tiquaires de France, que revient l'honneur de la découverte du 
texte relatif au premier phare de Cordouan^. C'est la traduction 
faite au xn e ou au xm e siècle, en français poitevin , d'une chronique 
relative aux invasions des Normands. L'histoire nous apprend com- 
bien Charlemagne fut douloureusement impressionné par leurs 
premières incursions. La marine des Francs était alors à peu près 
nulle; l'empereur résolut d'en créer une capable de résister aux 
invasions des pirates. L'entreprise était difficile ; il fallait, dit un histo- 
rien, mettre les côtes en état de défense, fortifier les endroits les plus 
exposés, et faire en sorte que tous les gens de guerre pussent être 
rassemblés au premier signal , si l'ennemi osait tenter une descente. 
Mais Charlemagne déploya une telle activité et ses ordres furent 
si ponctuellement exécutés que, dès les premières années du 
ix* siècle, la flotte se trouva prête. 

Louis, fils aîné de Charlemagne, avait reçu de ce dernier le gou- 
vernement de l'Aquitaine avec le titre de roi. En 810, l'empereur 
lui prescrivit de prendre les plus grandes précautions contre les 
Danois, trll lui ordonna défaire construire des vaisseaux en toute 
hâte, et surtout de garder les fleuves avec autant de soin que les 
côtes maritimes W.n C'est d'après les ordres de son père que le roi 
d'Aquitaine fit stationner des navires à l'embouchure de la Gi- 
ronde. 

En 811, Charlemagne se rendit à Boulogne et à Gand pour vi- 
siter les vaisseaux qu'il avait fait construire. Il fil relever dans la 
première de ces deux villes une ancienne tour romaine destinée à 
servir de phare, et il ordonna qu'un fanal y fût allumé toutes les 
nuits. Ce phare, s'il faut en croire certaines traditions, datait du 
premier siècle de notre ère, on le nommait la Tour d? ordre (3 K 

Cette résolution de faire élever des phares à l'entrée des ports ou 
à l'embouchure des grands fleuves pour guider la marche de ses 
vaisseaux et signaler aux riverains l'approche des Normands était 
toute naturelle. C'est, sans doute, dans ce double but que Charle- 

O Voir le$ Norman» dan» le Lyonnais. Ce texte se trouve dans le mt. fr. 571 h de 
la Bibliothèque nationale. 

<*> Aitronomi Viia HUdovià Pu imper atorU , ad ann. 810. Pcrtz, ScrrpUirts, 
t. Il, p. 61 A. 

<*> Hat. du règne de Charlemagne, par M. de la Bruère; Paris, 1766, -> vol. in-i a , 
p. aao. — Cf. Rec. det hist. de la France, t. V, p. 360 et 357. 



— 196 — 

vertu du traité de Brétigny. Peu de temps après , le priace de Galles, 
fils aine d'Edouard III, fut pourvu par son père du gouvernement 
delà Guyenne qui! conserva pendant neuf ans de i36i à 1371. 
C'est dans cet intervalle qu'il fit construire à Cordouan une tour 
assez élevée pour servir de phare, une chapelle sous l'invocation 
de Notre-Dame, et quelques habitations en pierre de taille avec 
leurs dépendances, destinées sans doute à servir de magasins. 

Ces faits, connus depuis longtemps, sont établis de la manière 
la plus positive par une charte d'Henri, roi d'Angleterre, quatrième 
du nom, en date du 8 août 1/109 W. 

D'anciennes vues cavalières nous font voir W que les construc- 
tions du xiv e siècle étaient situées à l'ouest du phare que Ton voit 
aujourd'hui, mais beaucoup plus au nord, c'est-à-dire du côté de la 
haute mer. La tour était de forme polygonale; son élévation devait 
être d'environ 60 pieds. 

Il y avait dans les gros temps , quand le vent soufflait avec vio- 
lence, un danger très réel à circuler sur cette terrasse découverte 
d'où l'on pouvait être précipité sur les rochers au milieu desquels 
s'élevait la tour; il fallait aux religieux chargés de l'entretien du 
fanal un véritable courage et une grande habitude pour s'y main- 
tenir en équilibre, «parce que, est-il dit dans un document encore 
Médit, à toute heure les hermites dudit Cordoan sont subjectz passer 
par dessus ledit plomb pour aller allumer la lampe w ». 

Ces ermites, dont le nom semble indiquer le plus souvent des 
cadets de famille, jouissaient d'ailleurs de revenus assez importants, 
comme les greffes de Saintes, de Montendre et de Talmont-sur-Gi- 
ronde. Citons, en i363, Raymond Guillaume; en 1/109, Godefroy 
de Lesparre; en 1&90, Jehan de l'Aigle; en 1617, Archambault de 
Béarn, etc. 

On voit, par une quittance inédite < 4 ), que ce dernier reconnaît 

W Rymer, Fœdera, convenùones , litterœ, etc. Édition de 17/15, L IV, p. i56; et 
Thomas Carte, Catalogue des Rôlet gascons , t. I er , p. 193. 

(') Arch. municip. de Bordeaux, Collection de plans, cartes géographiques et vues 
cavalières pour la province de Guyenne; album de Tassin (vers i63o). Plans et pro- 
filz des pricipales villes de la province de Guyenne, P 7 ; « Vue cavalière de la Tour de 
Louis de Foix, dédiée à Monseigneur Boucher, intendant de la Guyenue, parSelis, 
maître vitrier, rue Saint-Dominique, faubourg Saint-Jacques, à Paris?) (1730 à 
17/10). 

(3) Arch. départ, de la Gironde, série E, notaires (mars i5o6). 

(4) Arch. départ, de la Gironde, contrat du s 8 novembre 1517. 



— 198 — 

de Cordouan et d'estimer approximativement à quelle somme pour- 
raient s'élever les travaux de consolidation du phare* 

Louis de Foix s'était déjà fait connaître par des travaux d'une 
importance réelle. Sous la direction de Jean-Baptiste de Tolède, il 
avait été employé comme architecte à la construction du palais de 
l'Escurial, commencé en 1 563. 

Il inventa et fit exécuter la machine hydraulique qui servait à 
distribuer l'eau du Tage jusque dans les quartiers les plus élevé» 
de la ville de Tolède, appareil fort ingénieux pour l'époque M. 

Ayant su conquérir l'amitié de Philippe II, il composa pour lui, 
en 1667, une horloge extrêmement remarquable et divers autres 
travaux^. 

Il quitta l'Espagne pour se rendre à Bayonne et de là en Bre- 
tagne, où, d'après les documents publiés par M. Marionneau, il 
fut appelé une première fois pour construire « les piliers et arches 
du pont de Pirmil», en 1667 et 1668. 

Le 7 mai 157s il est encore à Nantes, où il s'engage à visiter le 
lac de Grand -Lieu, pour étudier les moyens de faciliter l'écoulé* 
ment de ses eaux. 

Le 19 juin, c'est-à-dire quarante-deux jours après, on le trouve 
à Bayonne, où il s'engage par contrat à construire en deux ans un 
port au Trossoat, à creuser dans les sables du Boucaut-Neuf, et à 
forcer par une puissante digue les eaux de l'Adour à abandonner 
leur ancien lit pour s'écouler plus directement dans la mer. 

Il venait de traverser la France, sur la demande de l'amiral de 
Villars, gouverneur de Guyenne, comme le prouve une lettre de ce 
dernier conservée à la Bibliothèque de Saint-Pétersbourg et restée 
inédite jusqu'à ce jour. 

Pendant six ans, Louis de Foix eut à lutter contre des obstacles 
de toute espèce; sans parier des difficultés que la nature lui op- 
posa, il eut à se défendre contre le mauvais vouloir des habitants 
de Câpbreton et du Marancin , qui cherchaient à détruire ses travaux 
et plusieurs fois essayèrent de mettre le feu aux piquets préparés 
pour les digues. 

Enfln le 28 octobre 1678, aux acclamations des Bayonnais, le 
fleuve, vaincu par le génie du jeune ingénieur, coula pour la pre- 
mière fois dans le nouveau lit. La mémoire de ce grand événement 

W De Thou, Hitt. univ., t. IV, p. 70. 

<*) Ârch. royales de Simancas, Compte* de ht Casa real, n° A 63, t. V, p. «*/i3. 



— 200 — 

Nesmond, président au parlement de Guyenne, et d'Ogier de 
Gourgues,. l'un des trésoriers généraux, Louis de Foix signe le 
contrat par lequel il s'engage à construire sur l'îlot de Cordouan 
un phare beaucoup plus élevé que les précédents, et semblable au 
modèle en bois qu'il devait déposer à l'hôtel de ville de Bordeaux. 

L'architecte qui, malgré son talent, ne s'était pas encore rendu un 
compte bien exact des incroyables difficultés que présentait l'œuvre 
qu'il allait entreprendre, s'était engagé à la terminer en deux an- 
nées , tandis qu'elle ne fut complètement achevée qu'en 1610, c'est-à- 
dire vingt-six ans après (1) . 

Louis de Foix mourut à la peine, mais depuis plusieurs années 
il avait cru devoir associer à ses travaux son fils, Pierre de Foix, 
architecte comme lui (2) . 

Malheureusement le fils n'avait pas hérité des qualités et de la 
ténacité de son père, il fut en peu d'années rebuté par le manque 
d'argent, les exigences de son personnel et les difficultés que lui 
créaient sans cesse les trésoriers généraux ou leurs commis ; il 
abandonna la tour inachevée dans le courant de l'année 1606. 

Henri IV, qui s'intéressait vivement à l'œuvre de Louis de Foix et 
en comprenait l'importance, donna l'ordre au sieur de Ghastillon, 
<r topographe du roi » , de se rendre à Cordouan. De son côté Sully, 
grand maître de l'artillerie et grand voyer de France, écrivait aux 
trésoriers généraux des finances à Bordeaux pour les stimuler. 

Un nouveau traité fut passé, le 7 décembre 1606, entre les com- 
missaires royaux et François Beuscher ou Beaucher (on trouve les 
deux orthographes) qui, de simple conducteur des travaux de Louis 
de Foix, s'était élevé par son intelligence et sa bonne conduite aux 
fonctions importantes «de maître des œuvres, réparations et fortifi- 
cations de S. M. en Guyenne (9) j>. 

Ce fut lui qui, moyennant une somme de 81,000 livres, eut l'in- 
signe honneur d'achever en cinq années la tour de Cordouan et la 

(1) L'histoire émouvante des tribulations de l'illustre architecte, de son empri- 
sonnement, de ses voyages à Paris, de la suspension des travaux et de leur reprise 
comprendra plusieurs chapitres d'après un assez grand nombre de documents iné- 
dits. 

C> Me sera-t-il permis de revendiquer l'honneur d'avoir le premier signalé son 
existence? 

(3) En 1606, François Beuscher était « intendant des ouvrages publicqs de mas- 
sonnerie et charpenterie de la ville de Bordeaux.» On trouve aux Arch. munirip. , 
série DD, carton 186, un rapport signé de sa main. Ce fut lui qui fit, vers 



— 201 — 

plate-forme de 18 pieds de haut destinée à la préserver des fureurs 
de la mer. 

Un arrêt du Conseil d'État du 28 avril 1611 ordonne l'inspec- 
tion des derniers travaux. 

Sous Louis XV, en 1727, une lanterne en fer fut substituée à 
celle de pierre que le feu avait calcinée et dont les larges pieds- 
droits avaient le grave inconvénient de masquer une grande partie 
de la lumière. Le foyer n'était alors élevé que de 37 mètres environ 
au-dessus du niveau des plus hautes mers, élévation très insuffi- 
sante. • 

Vers la fin du siècle dernier l'exhaussement de la tour fut décidé 
et réalisé par Joseph Teulère, ingénieur en chef des bâtiments civils 
de la marine au port de Rochefort, et plus tard ingénieur en chef de 
la généralité de Guyenne. 

C'est à Teulère que Ton doit l'invention des réflecteurs parabo- 
liques. Il acheva avec un rare bonheur les travaux de transforma- 
tion du phare, dont le foyer fut élevé à 60 mètres au-dessus du 
niveau des plus hautes mers. 

Enfin de nos jours, en i8a3,un physicien célèbre par ses travaux 
sur la polarisation de la lumière, Auguste-Jean Fresnel, membre de 
l'Institut, fut chargé par l'État de substituer le système lenticulaire, 
dont il était l'inventeur, à l'ancien mode d'éclairage. 

Ernest Gaullieur, 

Archiviste de la ville de Bordeaux. 



QUELQUES FAUX DIEUX DBS PtrÉNé'bS 



(1) 



Les débats qui se sont élevés au sujet de l'authenticité et de 
l'existence même du monument d'Ahenobarbus, montrent qu'il 
n'est pas sans intérêt de signaler quelques inscriptions pyrénéennes 
sûrement authentiques, mais tellement défigurées par leurs éditeurs 
successifs que la lecture exacte peut passer pour encore inédite. 

1610, le plan du beau pont de Villeneuve-sur-Lot; c'est à M. Barckhausen que 
revient l'honneur de cette découverte. Voir aussi l'arrêt du Conseil d'Etat du 
a 8 avril 1611, publié par M. Barckhausen dans le tome XIII des Arch. hiitor. de la 
Gironde, p. 3o8. 

(,) Ce mémoire a été lu à la Sorbonne, le 17 avril. Voir ci-dessus, p. 17Â. 



— 202 — 

L'épigraphie des Pyrénées françaises, si intéressante au point de 
vue de la linguistique et de l'ethnographie, a été fort peu en hon- 
neur, il faut bien le reconnaître, jusqu'en ces dernières années, et 
la cause de ce discrédit ne serait pas difficile à trouver. 

Les lectures fautives abondent dans l'épigraphie des Pyrénées, 
et les plus curieuses de ces erreurs sont certainement celles qui ont 
eu pour conséquence de faire considérer comme des noms divins 
des noms d'hommes ou des mots quelconques. Voici quelques 

échantillons de ces bizarres lectures : 

• 

L Le dieu Sorhausi. — Petit cippe en marbre blanc, mutilé à la 
partie supérieure, provenant d'Anla (Hautes-Pyrénées) et conservé 
aujourd'hui dans la collection de M. d'Agos, à Tibiran : 



DEO 

CORN ou SORN (?) 
FAVST 

«A , dieu, Corn(eliu*)1 Fautt(us)y> 

Le vocable divin était probablement écrit sur la corniche. Le 
nom de Cornélius Faustus, celui du fameux dictateur Syila, parait 
bien ambitieux pour le dédicant ; mais, voulue ou fortuite, cette 
similitude de noms ne présenterait rien de surprenant. Ce qui doit 
étonner, c'est la manière dont celte inscription a été publiée jusqu'à 
présent: dko Saurhausi, dans les Mémoires de la Société archéologique 
du midi de la France M; deoIsornosi, dans le Bulletin de la Société aca- 
démique des Hautes-Pyrénées ( -ï ; deo Sorxausi, dans Orelli-Henzen ®. 
El, comme il faut tout expliquer, M. Dumège nous apprend que 
cet Isornaus était la divinité locale d'Izaourt, petit village voisin 
d'Anla M, et M. Luchaire, dans ses Etudes sur les idiomes pyrénéens, 
1res bon ouvrage d'ailleurs, inscrit ce nom dans la liste des divinités 
et le propose comme un exempte de la fréquence de h médial ( 5Î . Il y 
a urgence à chasser cet intrus de l'Olympe pyrénéen. 

II. Le dieu Kagire aura le même sort. Un fragment supérieur de 

w T. IV, p. i3 7 . 

<•> Année 1 861, p. 454. 

W IV 5 9 i 3. 

W Archéologie pyrénéenne, t. II, p. 287, et t. III, p. 85. 

(*} Elude* sur le* idiomes pyrénéen*, p. 60 et 63. 



— 208 — 

cippe, recueilli dans le village d'Àrguénos, au pied du mont Ca- 
gire (Haute-Garonne), et déposé dans la collection de M. d'Agos, 
porte ces trois lignes, assez difficiles à lire, sauf le premier mot: 

SEVERVS OHAS ou ONAS 

SERIS'FIL-ET-N 

5SRESVMALII ou [CjRESVMALVS 



«Severus,fis d'Ohasseris, et . . . Chrysomalus Tu 

Or, M. Castillon d'Aspet a lu (1) : 

KAGIRIDEOHAR 
GESIS'ET-ILVM 

BER V'S'L'M 

Après avoir reproduit cette leçon absolument erronée, M. Lu- 
chaire établit des rapprochements entre Argesis et d'autres noms 
d'homme, et il met le nom de Kagiri, * montagne divinisée», au 
nombre de ceux que trieurs radicaux et leur allure générale rat- 
tachent plutôt à l'idiome ibéro-euskarien» qu'à l'idiome celtique ^. 

M. Barry, le regretté professeur de la Faculté des lettres de Tou- 
louse, a lui-même publié ce titulus d'une manière très fautive: 
severvs ollas skrane, fil(iae) k[a]risvmae - 3) ; mais sa lecture et la 
mienne sont identiques pour le premier mot, Severus, et l'on peut, 
sans hésitation, rayer le nom de Kagiru* de la liste de nos an- 
ciennes divinités. 

III. Le dieu Sir. — Cippe en marbre blanc, couservé au Musée 
de Toulouse et provenant du village de Galié, près de Saint-Ber- 
trand-de-Comminges (Lugdunum Convenarum); le texte est com- 
posé de cinq lignes dont la première se trouve sur le sommet du 
monument: 

ARGASSI ou ALCASSI 

GEMINVS 

QJVL-BALBI 

SER 
V-S-L-M 

«A Argot, Geminus, enclave de Quinlut Julius Bafoue, acquitte ton vœu avec em- 
preuement et reconnaissance,» 

M Histoire des populations pyrMennes , t. I, pi. 5, n* a (5. 

W Op. cit., p. gA et 96. 

tJ) Inscriptions inédites des Pyrtwees, i863, p. 8. 



[ 



— 204 — 

M. Dumège n'a d'abord vu aucune des lettres gravées sur le som- 
met du cippe; mais il a lu sir, au lieu de seb, à la quatrième ligne 
et pris l'abréviation du mot servus pour le nom d'une divinité to- 
pique, Sir M. Il faut donc ajouter le nom d'Argas ou Àlcas à la no- 
menclature mythologique des Pyrénées, mais il faut en retrancher 
le nom de Sir. 

IV. Une erreur de lecture y avait aussi fait inscrire le nom de 
NardosùmW, lu Mardosio par M. Cénac-Moncaut w , et Narbostonfèr 
le général Creuly^. Le cippe recueilli dans les environs de Gaod, 
au nord de la vallée de Luchon , et porté au Musée de Toulouse, 
contient le texte suivant, qui ne présente aucune difficulté : 

ALARDOSTO DEO 

TAVRVS 
SOSONNIS-F 

V-S-L-M 

Alardoito deo, Tauru», So*onni»J[iUu»), v(otum) *(olvit) l(ibeni) m(erito). 

On possède d'autres monuments consacrés à la même divinité: 
Alar, Alardossis, Alardotus&K 

V. La divinité du pic le plus élevé de la Maladetta et de toutes 
les Wrénées, le Néthou (3,&o4 mètres d'altitude), doit aussi être 
rangée parmi les fables. Un beau cippe en marbre blanc, provenant 
de Baudéan, village de la vallée de Campan , et déposé au Musée de 
Toulouse, porte ces sept lignes, dont la quatrième est difficile à 
lire, et les trois dernières complètement frustes : 

MONTI ' 
BVS AG 
EIONI 
NETELII 



f&mEsmm 

aS-L-M 

Le premier éditeur de ce monument votif, Bertrand Barrère, 

O Monument* religieux, p. 909 ; Archéologie pyrénéenne, p. 993, 961. 
(*) Dumège, Description de» antique» du Musée de Toulouse, p. txh. 
(3) Voyage archéologique dan» V ancien comté de Comminge», p. 19, note 1. 
(*) Liste de nom» supposés gaulai», tiré» de» inscription* (Revue celtique, t. III). 
< & ) Julien Sacaze, Epigraphie de Luchon, p. 37, 38, et Inscriptions de* Pyrénées, 
dans la Bévue archéologique, numéro de juin 1889. 



— 206 — 

• 

On pourrait ainsi discuter «r l'état civil* de plusieurs autres divi- 
nités pyrénéennes sûrement fausses, telles que Tuste, Eteioi, Oroam y 
Stoioeo, Erdà, ou très suspectes, quoique admises comme authen- 
tiques, telles' 1 ) que Dvnsion, Burca, Teotan, ArmasUm, Habissus. En 
revanche, il manque une vingtaine de noms divins, en ce qui con- 
cerne les Pyrénées françaises, dans la liste publiée par le général 
Creuly. La nomenclature donnée par M. Luchaire, la plus récente 
de toutes, est loin elle-même d'être complète. Pourquoi, par 
exemple, le général Creuly, M. Luchaire et M. Barry lui-même 
ferment-ils les portes de l'Olympe à Motte, un petit dieu qui n'a 
jamais fait de mal à personne? Est-ce parce qu'on ne retrouvait 
pas la pierre sur laquelle l'auteur de l'Histoire des populations pyré- 
néennes (*), M. Castillon d'Aspet, avait lu ce nom? ou parce que le 
texte, quoique bien conservé, présentait des difficultés de lecture? 
J'ai retrouvé ce monument dans une armoire à reliques de l'église 
de Saint-Pé-d'Ardet, et je n'hésite pas à certifier sa parfaite authen- 
ticité. 11 convient parfois d'être sceptique en fait d'épigraphie, mais 
il faut aussi se défier de soi-même. Ainsi, pour prendre un exemple 
dans les inscriptions des Pyrénées, sur une colonne milliaire de 
Labroquère que j'ai publiée en 1880 W, l'empereur Gallien porte, 
parmi ses cognomma, celui de Valerianus. Cette dénomination a para 
ff fort étrange» à un professeur de la Faculté des lettres de Douai, 
qui a déjà rendu et rendra encore de très grands services à l'épi- 
graphie, M. René Gagnât; il a donc fortement suspecté l'authenti- 
cité du monument et exprimé le r regret que l'auteur n'ait pas cru 
devoir ajouter à son livre un fac-similé de l'inscription O*, Heureuse- 
ment, une publication ultérieure de M. Mowat< 5 ), sur un médaillon 
inédit de Gallien, faisant partie du trésor de Monaco, a montré 
d'une manière péremptoire que, pendant les huit années de son 
principal, associé à celui de Valérien, Gallien a porté quelquefois, 
outre son cognomen, celui de Valérien son père. 

Julien Sacaze. 

(1) A. Luchaire, Op. cit., p. 56, 61, 55, 57, et plusieurs autres écrivains. 

<*> T. II, p. 5o8. 

M Epigraphie de Luchon, p. 90. 

W Revue archéologique, numéro de septembre 1880, p. 188. 

(s) Mémoires de la Société des antiquaires de France, t. XL, p. 301. 



— 207 — 

* 

Note sur les uoxuuents d'architecture militaire du xi' et du xu' siècle 

dans les Hautes-Alpes (i) . 

Il existe dans le département des Hautes-Alpes au moins deux 
camps de l'époque romaine, mais on n'y a rencontré aucune forti- 
fication du moyen âge que Ton puisse attribuer à une époque anté- 
rieure au xi e siècle. Les monuments d'architecture militaire du 
xi* siècle que j ai pu examiner sont au nombre de deux : le châ- 
teau de Ville-Vieille-sur-Tallard et l'ancien château de Montmaur. 
On peut fixer la date de l'un et de l'autre grâce à l'appareil en 
arête de poisson, dont ils offrent les uniques spécimens dans le 
département des Hautes-Alpes. 

Du château de Ville-Vieille il ne subsiste plus que les restes de 
deux terrasses superposées, soutenues par des murs dont quelques 
pans sont encore debout. Au sommet sont les fondations d'une tour 
carrée et d'une petite chapelle, peut-être postérieures aux terrasses. 

Le vieux château de Montmaur, qui porta pendant le moyen âge 
le nom de Bastida Monlis Mauri et pour lequel les barons de Montmaur 
prêtèrent hommage jusqu'au xiv* siècle, est bien mieux conservé. 
Il consiste simplement en un rectangle d'épaisses murailles construit 
au haut de la montagne qui domine le village moderne de Mont- 
maur, et au bord même de la pente de cette montagne. Il n'a pas 
d'autres ouvertures qu'une porte en plein cintre, et ses murailles 
sont percées de trous carrés de quelques centimètres de côté, destinés 
à supporter les échafaudages lors de la construction. L'absence d'ou- 
vertures et les restes d'un chemin de ronde que l'on voit encore au 
haut du rempart, excluent l'idée que cet édifice ait pu êlre recou- 
vert d'une toiture. L'appareil est en arête de poisson , mais quel- 
ques parties de l'enceinte ont été réparées après coup en appareil 
ordinaire. 

Le sol a été fortement remué tout à l'entour; un fossé large et 
profond a été creusé sur trois de ses côtés; le quatrième, situé au 
bord même de l'escarpement de la montagne, était suffisamment 
défendu parla position. De plus, une crête rocheuse, du haut de 
laquelle on aurait pu dominer les murailles, a été aplanie sur une 
certaine étendue, et ses débris ont servi à combler les inégalités du 
terrain environnant, de manière à ce que rien ne pût échapper à 
l'œil des défenseurs de ce poste. 

(1) Ce mémoire a «Hé lu à la Sorboane, le 16 avril. Voir ci-desnif pige i63. 



— 208 — 

La porte est située sur le côté le moins accessible, c'est-à-dire 
sur la pente même de la montagne, et à quelques mètres au-dessous 
d'elle on voit encore les fondations d'une petite chapelle dont les 
murailles dépassent à peine le niveau du sol. 

Le vieux château de Montinaur, car c'est le nom que portent ces 
ruines dans le pays, était donc une sorte de petit camp retranché, 
dominant la contrée environnante du haut de ses i,3oo mètres 
d'altitude, à l'abri d'un coup demain par un bon fossé, et dont la 
position sur le bord d'un précipice, ou tout au moins d'un escar- 
pement très raide, permettait à ses défenseurs de s'échapper s'ils 
étaient trop pressés par un assaillant. Evidemment la garnison n'a- 
vait pour abri que des huttes en planches ou en branchages dressées 
dans l'intérieur du quadrilatère de murailles qui les abritait. 

La forme rectangulaire qu'affecte le vieux château de Montmaur 
a été conservée dans la région des Alpes pour les monuments d'ar- 
chitecture militaire au xn c et au xm e siècle, sauf un très petit 
nombre d'exceptions. Ces monuments sont nombreux et plusieurs 
sont construits avec soin. Beaucoup de sommets des Alpes sont en 
effet couronnés de tours qui datent de cette époque ; presque toutes 
sont carrées ; une seule , malheureusement presque rasée aujourd'hui , 
était pentagonale, et présentait un angle très aigu sur le côté le plus 
accessible de la position ; une autre était rectangulaire sur trois de 
ses faces et circulaire sur la quatrième , et opposait une énorme 
masse de maçonnerie circulaire de k mètres d'épaisseur au côté où 
devait se porter nécessairement le principal effort des assaillants. 

Les tours de Montrond et de la Bâtie-Vieille offrent des types assez 
bien conservés de ce genre d'architecture. 

Elles se composent toutes deux d'un rez-de-chaussée sans ouver- 
ture extérieure et d'un premier étage dans lequel sont percées l'uni- 
que porte qui donne accès dans l'intérieur, et une ou deux fenêtres; 
les voûtes sont en plein cintre. 

La tour de Montrond, qui est la plus ancienne, est aussi la mieux 
construite, et celle dans laquelle on a réuni les ressources les plus 
abondantes pour ses habitants et ses défenseurs ; ses deux étages 
sont voûtés ; le second était surmonté d'une terrasse probablement 
crénelée. On accédait d'un étage à l'autre par des trappes percées 
dans l'épaisseur des voûtes et que l'on avait eu soin de ne pas su- 
perposer exactement au-dessus l'une de l'autre; une cheminée était 
ménagée dans l'épaisseur de la muraille. La construction de la tour 



— 210 — 

Déjà la proximité de ces monuments d'époques différentes per- 
met de supposer qu'ils ont dû servir aux mêmes usages. Cette pré- 
somption est augmentée par le nom que portent un grand nombre 
de châteaux dans nos contrées; on ne les nomme pas le Château, 
mais la Tour, nom qui paraît un souvenir évident de leur forme an- 
cienne. Il existe aux archives de l'Isère M une enquête ou plutôt un 
rapport du châtelain de Montalquier, près de Gap, sur l'état du 
château du Dauphin dans ce mandement qui lui appartenait Ce 
document, qui date de t &7 i , nous apprend que le château de Mon* 
talquier n'était pas autre chose qu'une grande tour carrée sans antre 
corps de logis; il était de construction ancienne et en assez mau- 
vais état, puisqu'une de ses façades s'était écroulée. 

En ce qui concerne la tour de Montrond, le double fait de sa 
construction au xn e siècle et de son habitation par le seigneur 
de Montrond, nous est révélé par une charte de 1209 du carln- 
laire encore inédit de Durbon W. Par cet acte, Guigues de Mont- 
rond et ses deux frères autorisent les Chartreux de Durbon à 
faire passer leurs troupeaux sur leurs terres sans être tenus à 
aucun péage ; or, cet acte fut signé sur la terrasse qui est située 
devant la tour de Montrond, en présence des parties, de plusieurs 
témoins et du chapelain du seigneur, auxquels on n'eût certaine- 
ment pas imposé l'obligation fatigante et superflue de faire l'as- 
cension de cette colline très raide et élevée de 8a a mètres, si la 
tour qui la surmonte n'avait pas été la résidence ordinaire -du 
seigneur qui faisait cette libéralité à la Chartreuse de Durbon. Il 
résulte en outre de cet acte que la tour de Montrond existait déjà 
en îaoo, elle avait donc été très vraisemblablement construite au 
xn r siècle. 

On pourrait objecter contre cette opinion la dimension res- 
treinte de ces tours; elles pouvaient en effet difficilement servir 
d'habitation à une famille nombreuse; mais il est probable qu'elles 
servaient seulement de refuge en cas d'alerte et qu'elles étaient 
le centre de tout un ensemble de constructions en bois dans les- 
quelles se logeaient, en temps ordinaire, les serviteurs et les trou- 
peaux, tandis que la famille seule du seigneur habitait la chambre 
de la tour. 

Ce fait devient évident quand on examine une tour située dans 

f> Àrch. de l'Isère, B, 3996. 

(i) Ce cartulaire appartient à M. Amat, conseiller général des Hautes-Alpes. 



— 212 — 

montagnards, retranchés dans leurs châteaux forts, castella, lui en 
disputèrent vivement le passage. Antoine alla triompher à Rome 
pour avoir pris les forteresses alpines. Durant plus d'un siècle, 
Donnus et les deux Gottius surent vivre libres et indépendants à la 
cime des Alpes M. Du iv au vi° siècle, Briançod, CasteUum Virgantia, 
Embrun, Ebrodunum, et Gap, Vapincum, eurent une importance mili- 
taire véritable, ainsi que l'attestent les itinéraires et les historiens^. 

C'est encore dans les Alpes que se cantonnèrent ces hordes de 
pillards et de voleurs de grands chemins, connus sous les noms de 
Sarrasins et de Hongrois, qui désolèrent le sud-est de la France 
presque sans interruption , depuis le commencement du vui* siècle 
jusqu'à la fin du x° (732-976 )< 3 >. 

Vers cette dernière époque, les populations des Alpes, se groupant 
autour de quelques chefs vaillante, construisirent sur les hauteurs 
ces châteaux forts, castra, autour desquels elles trouvèrent bien 
souvent un abri. Il existe de ces châteaux de nombreuses mentions 
dans les chartes des xi% xn° et xiii* siècles, et même des vestiges, 
souvent considérables et très intéressants M. 

Durant les xii e et xin e siècles et pendant la première moitié du xiv e , 
les Hauts-Alpins jouirent d'une certaine tranquillité et même d'un 
bien-être relatif, grâce surtout au gouvernement paternel des comtes 
de Forcalquier, puis des Dauphins de Viennois. Moins exposés aux 
rapines des troupes de passage, ils s'éloignèrent peu à peu du 
château féodal qui les avait abrités jusque-là, pour s'établir dans 
des endroits plus accessibles et plus commodes. Les habitants des 
bourgs s'appelèrent alors burgenses; par opposition, ceux qui étaient 
disséminés dans les campagnes furent désignés sous le nom de 
foresterii, de/orâ, au dehors^. 

Au xiv* siècle la funeste guerre de Gent ans, entre la France et 
l'Angleterre, produisit un douloureux contre-coup jusqu'au milieu 
des Alpes. 

(0 Promis, op. du passim. 

w Vases Apolinaires, Itinéraire d'Ànlonin, Table de Peutinger, Ammien Mar- 
cellin, xr, 10, etc. 

W Recherchée historiques sur les Hautes- Alpet , par P. Guillaume; Gap, Jouglard, 
1881, passim, surtout p. 6g-5a et 84-i a 8. 

< 4 > Voir une longue liste de ces châteaux forts dans les Recherches historiques, 
p. 1 36-i 38. 

<*) Voir Premières fortifications de Rriançon, Gap, 1879, p. 7 à 8, et les pièces 
justificatives citées ci-après, n°* II et III. 



V» .... 



— 213 — 

En i36o les routiers saccagèrent Pont-Saint-Esprit, puis (avril 
i36i) s'engagèrent à passer les Alpes pour aller guerroyer en Italie 
sous les ordres du marquis de MontferratM. Peu après (17 dé- 
cembre 1 36 1), le pape Innocent VI adressa des lettres très pressantes 
aux habitants de Gap, d'Embrun et d'ailleurs pour les exhorter à 
prendre les armes contre les bandes dévastatrices des routiers M. 

Les habitants d'Embrun s'occupaient, depuis quelque temps déjà, 
des fortifications de leur ville, lorsque les lettres d'Innocent VI 
leur parvinrent. C'est, en effet, ce que nous prouve un acte du 
12 juillet i36o (3) . D'après cet acte important, les Embrunais à 
cette date creusaient des fossés, dressaient des palissades et des 
barrières, faisaient des ponts, construisaient des murailles et des 
avant-murs, élevaient des tours et des guérites ou tourelles d'obser- 
vation, couronnaient le haut de leurs murailles de mâchicoulis ou 
de bretécbes, et prenaient d'autres moyens de défense capables de 
mettre la ville à l'abri d'un coup de main. L'organisation de tous ces 
travaux de défense avait été laissée au jugement et à la décision de 
messire Jean Guillaume, docteur es décrets, vicaire général de 
Guillaume de Bordes, archevêque d'Embrun(i35i-i36i), et à celle 
de Nicolde de Glaude, chevalier, bailli de l'Embrunais. Dans cette 
circonstance, les chanoines et le clergé du diocèse d'Embrun se firent 
remarquer par leur générosité. Ils avaient précédemment prêté à la 
ville d'Embrun une somme de 5oo florins; après en avoir obtenu 
l'autorisation du pape, ils cédèrent à cette ville, pour subvenir à 
la dépense des fortifications, une somme de 45o florins, somme 
considérable pour l'époque et qui, suivant l'évaluation de M. Na- 
talis de Wailly, correspondrait à plus de 1 4, 000 francs de notre 
monnaie < 4) . 

tr Partout, dit M. Féraud en parlant de cette époque, partout des 
fortifications furent construites' 5 *.» Suivant le baron de Coston, en 
1 36a , les travaux de défense étaient très activement poussés à Mon- 
télimar (6 '. Le 21 novembre i36Zt, Urbain V enjoignit aux ecclésias- 

W Baron de Coaton, Hut. de MontéUmar, 1878, t. I, p. a5a et a65. 

(*> Martèoe et Durand, Thésaurus novus anecdotorum , L II, p. 85a et 85/i. 

W En voir le texte au Pièces justificatives , n° I. 

M Mémoire turlê* variation de la litre tourruns,p*r M 

<*) Histoire, géographie et statistique du département de$ Basse* -Alpes, par 
J.-J.-M. Férand; Digne, Vial, 1861, in -8 # , p. 38. 

M Histoire de Montékmar, i. I v p. a5a et a58. — Cf. ArrJiiva* dcprlementalea 
de la Drôme, E a6oa. 



— 214 — 

tiques de contribuer aux réparations des murailles de SisteronM. 
«C'est alors, fait observer fort justement M. de Laplane, que sons 
la double inspiration du patriotisme et de la science militaire 
s'élevèrent ces tours qui aujourd'hui encore frappent nos regards, 
et montrent si bien l'intelligence de l'art pour les besoins de l'é- 
poque W. T> 

Des mesures de précaution, en tout semblables aux précédentes, 
étaient alors prises dans le Haut-Dauphiné. En 1367, nous voyons 
le gouverneur du Dauphiné, Raoul de Louppy, inspectant les châ- 
teaux de TEmbrunais en compagnie de Pierre de Sarcenas, arche- 
vêque d'Embrun; avec lui, cette année (août 1367), il fut visiter 
le château fort de Guillestre^. L'année suivante (juillet i368), 
redoutant les Provençaux el les routiers, Raoul de Louppy éta- 
blissait son quartier général à Serres, petite ville située à peu près 
h mi-chemin entre Gap et Sisteron , et, de là , il envoyait des hommes 
d'armes sur tous les points des Alpes. Jean de Bérard et Guignes 
Allemand furent dirigés sur les confins du Champsaur; Artaud 
d'Arces, bailli du Briançonnais, fut chargé du commandement des 
gens d'armes de son bailliage; la garde de Serres fut spécialement 
confiée à Raoul de Saint-Geoirs M. Malgré ces préparatifs de dé- 
fense, les routiers commirent peu après des dévastations considé- 
rables et allumèrent l'incendie en maint endroit. Ces routiers, au 
dire du jésuite Marcellin Fournier, étaient surtout composés d'An- 
glais, de Gascons, de Bretons et de Picards. C'étaient des hordes de 
pillards et de brigands W. Après avoir rançonné Pierre Bonnabel et 
Guigues de Savines, Georges de Prunières et Raymond de 
Veynes, après avoir pris, comme otage, Folqued'Agoult, ils rava- 
gèrent les terres de Raymond de Laye et celles des habitants de 
Saint-Laurent-du-Cros, ruinèrent le monastère des chartreuses de 
Bertaud^. Cette guerre, au rapport de Nostradamus, fut telle- 

O Laplane, HisU dêSisteron, i8&3, t. I, p. 5u et suiv. 
<*) Ibid., Introduct., p. xtiii. 

W Fournier, Hist. des Alpes Maritime» et Cottiennes, manuscrit inédit de la Biblio- 
thèque de Lyon, n* 83 1 , p. 543. 

(4) A. Lacroix, dans le Bull de la Soc. de statut, el d'archéol. de la Drame, 

1879, p. i83-i84. 

(•) Fournier, op. cit., p. 55 1. CF. Laplane, Hi$t. de Sisteron, L I, p. 1 56- 167; 
E. Maiguicn, Raoul de Vienne , sire de Louppy, dans le Bull, de l'Acad. delphinale, 

1880, p. 57. 

(i) A. Lacroix, loc. cit. 



* 



— 215 — 

ment cruelle que (ries belligérants se couraient suz non autrement 
que bêtes sauvages» W. 

Pour remédier à ces maux, l'archevêque d'Embrun convoqua à 
Seyne (Basses-Alpes) un concile national qu'il présida et où dix 
diocèses furent représentés W. Peu après, il intercédait auprès de 
Charles V en faveur de ses malheureux diocésains <*). À la suite 
de ces démarches, la reine de Naples, comtesse de Provence, 
connue dans les Alpes sous le nom de la Reine Jeanne, enjoignit à 
ceux qui avaient <r ravagé les terres de l'archevêque d'Embrun de 
rendre tout ce qu'ils avaient pris » , et le roi de France donna ordre 
de rendre à cet archevêque le château de Guillestre (ii^jû)^. 

Toutefois, malgré les lettres du roi, le château de Guillestre n'était 
point encore rendu en 1378 W. Dans l'intervalle, un corps de 
6,000 cavaliers bretons (ainsi nommés à cause de la nationalité 
de leurs chefs, qui avaient été pris au service de Grégoire XI pour 
mettre à la raison les villes d'Italie révoltées contre lui) vint encore 
traverser les Alpes. <t Ces cavaliers, dit le baron de Coston, suivant 
l'usage de l'époque, traitèrent en pays ennemi le Haut-Dauphiné, 
dans lequel ils commirent de graves désordres?) (6) . 

(Test surtout à la suite de tant de calamités que, dans les Hautes- 
Alpes, de tous côtés et presque en même temps, l'on se mit à 
élever des fortifications. Je citerai ici l'exemple de Gap, de Briançon, 
et surtout celui de Guillestre. 

En i383 on travaillait aux fortifications de Gap. L'évêque de 
cette ville, Jacques Artaud ( 1 366-juillet i383), fut alors obligé de 
contribuer pour sa quote-part à la dépense, suivant les prescrip- 
tions contenues dans les lettres pontificales (7) . 

<*) Histoire et chronique de Provence, 161 6, in-fol., ad an. 1889. 

M Fournler, op. cit., p. 556. 

« Ibid. 

<*> Fournler, op. cit., p. 556. — La lettre originale de Charles V existe aux 
archives communales d'Embrun. 

(•) Fournier, loc. cit. 

<*> Baron de Coston, Hi$t. de MontéUmar, t. I, p. 367. 

t 7 ) trltem in fortifficatione civitatis Vapinci, prefatus dominus Episcopus con- 
tribuet pro rata sibi contengenli, juxta formam papalium Hlterarum, prout juris 
fuerit et rationis.» (Arch. comm. de Gap; transaction du i5 mai i383, dans le 
Livre rouge, fol. i3<j, n° X.) — 11 est bon de faire remarquer ici que, cent ans 
auparavant, la ville de Gap devait avoir déjà des fortifications; car, après le siège 
de cette ville par Charles, prince de Salerne, fils de Charles l" d'Anjou, roi de 
Sicile (1282), les Gapençais, à la sollicitation d'Othon, leur évoque, donnèrent à 



— 216 — 

Vers i38g, les habitante de Briançon adressèrent au gouverneur 
du Dauphiné une requête pour obtenir l'autorisation d'établir un 
impôt sur le vin, ou commun du vin, «afin de pouvoir subvenir 
aux dépenses des fortifications de ladite ville» M. Le 1 er août i3go, 
Enguerrand d'Eudin, gouverneur du Dauphiné, leur accorde la 
faculté de prélever, durant cinq ans, la dix-septième partie du vin 
vendu en détail à Briançon, à condition de l'employer aux fortifi- 
cations de cette ville, et particulièrement à la muraille qui est du côté 
du rocher W. 

Les documents qui concernent les fortifications de Guillestre 
sont assez nombreux et entièrement inédits. 

Guillestre, chef-lieu de canton de l'arrondissement d'Embrun, 
est situé au débouché de trois importantes vallées, lesquelles, par de 
nombreux cols, donnent un accès facile de la France en Italie. De 
la vallée de la Haute-Durance et du Briançonnais on peut entrer en 
Italie par les cols de l'Échelle et du mont Genèvre; de la vallée de 
Queyras on y pénètre par les cols d'Àbriés, de la Croix, du Viso ou 
de la Traversette et de TAgnel; et de la vallée de Chagne ou de 
Vars (dont la vallée dç Barcelonnette est en quelque sorte le pro- 
longement), on y arrive encore par les cols de Maurin et ceux de 
l'Arche ou de FArgentière W. Tous ces cols, je le répète, sont dis- 
posés autour de Guillestre comme un vaste demi-cercle et per- 
mettent de déboucher dans les plaines du Piémont, ou bien d'arriver 
du Piémont vers Guillestre en une ou deux journées. Aussi Guil- 
lestre au moyen âge, et même dès les temps préhistoriques M, 
remplissait-il, au point de vue militaire, exactement le même rôle 

ce prince , entre autres choses , les fossés de Gap. ( Ibid., transaction du a janvier 1986, 
fol. 8 o-83.) — Remarquons encore que, dès 118/1, une tour avait été élevée à Gap 
aux frais du comte de Forcaiquier. (Bulletin de la Société d'étude» de» Haute»- Alpes y 
188a, p. 186-188.) 

(l) «In clausura et fortificatione dicti loci de Brianczone.» (Les premières fortifi- 
cations de Briançon, p. 3o.) 

(') cr Levare possint . .. commune vini , videlicet decimam septimam partem fini quod 
vendelur ad minutum in dicta villa. . .ad quinque annos. . . convertendum dum- 
taxal in clausura et fortiffîcatione ipsius ville, et spécial! ter ad conslruendum et re- 
parandum quemdam murum dicte ville a parte Rochacii existentem.» (Ibid., p. 3i.) 

(1) Voirie rapport de Vauban au Ministre de la guerre, du A décembre 1693, 
intitulé : Agenda des ouvrage» 'à faire aux ville et château de Guillestre, dans le 
Bulletin de la Société de statistique de V Itère (1876, p. iQ3-ia5). Cf. Elisée 
Reclus, dans V Annuaire des Hautes-Alpes, de i883, Gap, p. 96 et suiv. 

(') C'est ce que prouvent les innombrables objets découverts dans la nécropole 



A 



— 217 — 

qu'a eu, depuis 1693, la place forte de Mont-Dauphin, car cette 
dernière est considérée avec raison comme le centre d'un puis- 
sant système de défense, dont les points (Tappui sont Tournoux 
(dans la vallée de Barcelonnelte), Château -Queyras et surtout 
Briançon. 

«Le bourg de Guillestre, lisons-nous dans un mémoire manu- 
scrit de 1761, est situé dans fEmbrunois, mais au bout de cette 
contrée et de la province, tellement qu'il touche à peu près d'un 
côté au Piémont, et d'un autre au Briançonnois; aussi formait-il 
autrefois la première et la principale forteresse de nos frontières 
dans cette partie, mais qui est devenu absolument inutile par 
rétablissement d'un fort à Mont-Dauphin (1) . » 

Voici un résumé rapide des documents qui se rattachent à la 
construction des barris W ou remparts de Guillestre, au xiv* siècle. 

Le 11 décembre 1390, les principaux habitants de Guillestre 
envoient à Michel Estienne, archevêque d'Embrun (1379-1627), 
une députation de quatre personnes. Ces députés lui exposent que 
le pays est sous la terreur qu'inspirent les bandes de gens d'armes 
(routiers), qui récemment, venant de France, ont traversé le Rhône. 
Les habitants de Guillestre sont dispersés et n'ont point de rem- 
parts. Ils prient l'archevêque de faire élever des fortifications et des 
barris soit au bourg même de Guillestre, soit ailleurs, dans un en- 
droit convenable. 

Le même jour (11 décembre 1390), l'archevêque se rend à 
Guillestre et, dès son arrivée, s'occupe, dans une longue réunion, 
de l'édification des murailles désirées. 

Le lendemain, après une convocation faite par le crieur public 
et à la suite de démarches gracieuses auprès des principaux habi- 
tants, une nouvelle assemblée a lieu, sous la présidence de l'arche- 
vêque, dans la maison d'Antoine Borrel. A cette importante réunion 
assistait noble Borrel, bailli du Briançonnais, qui, en sa qualité 
de bailli, requit l'archevêque de faire entourer Guillestre de murs 
d'enceinte, afin, disait-il, que le logement des gens d'armes qui 

de Panacelle, près Peyre-Haute, écart de Guillestre. Voir E. Chantre, Premier 
âge de fer, 1880, in-û , patsim. 

M Arch. cnmm. de Guillestre, n° 107, fol. a. 

C> Ce mot parait dériver du bas latin barrare, établir des barrières, fermer; 
d'où barriare, que Ton trouvera plus loin dans le sens d'élever des murailles, el 
barris, remparts, encore usité dans la langue vulgaire des Alpes. 



•A 
t 



— 218 — 

passaient par ce lieu, ne causât pas, à Ta venir, de graves dommages 
au pays de Dauphiné. 

L'archevêque, en sa qualité de seigneur unique de Guillestre, 
était comme un prince dans son domaine ; il ne relevait que de 
l'Empire. Il aurait pu, par suite, faire exécuter directement les for- 
tifications demandées. 

Toutefois les habitants plus particulièrement intéressés dans la 
question, tout en reconnaissant le droit de l'archevêque et la néces- 
sité de fortifier Guillestre, ne s'entendaient point sur le choix de 
remplacement. Après bien des discussions, ils décidèrent de s'en 
rapporter à la décision de l'archevêque lui-même. Ils s'engagèrent 
donc par serment, en jurant sur les saints Évangiles, et sous peine 
de 5o marcs d'argent, à élever les barris à l'endroit qui serait 
choisi et fixé par l'archevêque, que ce fût à Guillestre même, dans 
une partie du bourg, au-dessus ou au-dessous du château archi- 
épiscopal ou partout ailleurs. Ils lui donnèrent plein pouvoir de fixer 
cet emplacement; d'ordonner, à son gré, la construction des forti- 
fications; d'en déterminer la forme et l'étendue; de choisir les mai- 
sons du bourg qu'il conviendrait d'abattre, enfin de commander 
des hommes pour monter la garde. 

Les habitants qui prennent cette décision et dont les noms sont 
minutieusement énumérés, sont au nombre de quatre-vingt-trois, 
parmi lesquels un certain nombre que nous retrouverons plus tard , 
par exemple Albert RéolierM. 

Cet acte fut passé à Guilleslre, avons-nous dit, en la maison 
d'Antoine Borrel, et en présence de noble Rambaud Bérard, baile 
du lieu, de son .fils Pons, et de quelques autres personnes ^. 

Toutefois l'archevêque Michel Estienne, pour des motifs qui ne 
sont pas connus, fit attendre assez longtemps sa décision. Un an 
après (5 décembre 1391), tandis qu'il se trouvait à Guillestre, en 
son château (3) , les consuls de Guillestre, au nom de toute la po- 
pulation, vinrent le prier de se prononcer enfin : «Les habitants de 

O Reorteriï, Réotier, commune du canton de Guillestre. 

W Voir aux Pièces justificatives , n* II. 

M Guilheslre infra castrum. Le château de Guillestre, dont les ruines se voient 
sur une élévation qui domine le bourg et le pays, date probablement du xti* siècle. 
Un document de i38A dit, en effet, que les archevêques d'Embrun possédaient 
depuis deux cents ans le droit de faire mettre des bulles ou sceaux, bullari facere , 
aux actes passés à Guillestre. C'est dans ce château que les archevêques d'Embrun , 



> 



— 219 — 

GuiUestre, disent-ils, attendent tes ordres: le temps presse, car la 
guerre est imminente et les routiers s'approchent. Le besoin de se 
fortifier est urgent. Il y va de l'intérêt de l'archevêque, de Féglise 
d'Embrun et de tout le monde. * L'archevêque répond aui consuls 
que leur requête est tout à fait raisonnable; que les fortifications 
de GuiUestre sont absolument nécessaires, et il s'engage à faire 
connaître son avis, le troisième jour après l'Epiphanie (le dimanche 
9 janvier i3$s) ll \ 

Mais, malgré sa nouvelle promesse, Michel Estienne n'avait 
point encore fait connaître sa volonté le 3i mai 1392; ce jour-là 
pourtant en présence de François Péroné, de noble Galcerand 
dUrgel, damoiseau et courrier de la terre archiépiscopale d'Embrun, 
il promit sa décision pour le lendemain. Le notaire Pierre Gotbaud 
dressa aussitôt lacté que je viens d'analyser, acte qui fut scellé de 
la bulle en plomb de la cour ou tribunal de l'archevêque d'Em- 
brun W. 

D'autre part, le même jour (3 1 mai 1392), les habitants de 
GuiUestre s'engagèrent solennellement, par acte notarié, à exécuter 
les fortifications de GuiUestre, chacun en proportion de son avoir. 

Suivant ce nouveau document, les habitants de GuiUestre se 
rendirent, le 3 1 mai 1392, dans la maison priorale. On comptait 
à cette assemblée : les deux consuls, les dix conseillers et cent huit 
chefs de famille dont les noms sont minutieusement indiqués, c'est- 
à-dire plus des deux tiers des hommes de GuiUestre < 3) . L'assemblée 
choisit des syndics et des délégués qui, d'accord avec un com- 
missaire désigné spécialement par l'archevêque, devaient fixer la 
portion des remparts et des tours que chaque habitant aurait à con- 
struire, celle des fossés qu il aurait à creuser, en Un mot le rôle des 
'charges qu'il devait supporter proportionnellement à ses ressources. 

comtes de GuiUestre, se rendaient ordinairement en villégiature. Le célèbre Jacques 
Gela (1617-1 63*) y composa plusieurs de ses travaux. (Cf. Saurai, Estai hist sur 
la ville d'Embrun, 1860, p. i8a-i85.) 

0) Voir aux Pièces justificatives , n°UI. 

m JtefeN,n*IV. 

f> La population de GuiUestre, en i3ga, était au moins d'un millier de per- 
sonnes, car, en supposant que les cent vingt chefs de famille nommés n'aient re- 
présenté que les deux tiers des familles, et que chaque famille fût de six personnes , 
on obtient un total de 1,080 individus. (Sur la valeur numérique du feu ou ménage 
au xiv* siècle, voir Aug. Mobilier, Biblioth. de l'Ecole des chartes, i883, p. 65o,- 
660.) 



— 220 — 

Cet acte important M fut peu après ratifié à la porte d entrée du 
cbâteau de l'archevêque et en présence de témoins. 

Nous ne connaissons pas la décision qui dut être prise, le 
1 er juin 1399, au sujet de l'emplacement des fortifications de Guii- 
lestre, de leur étendue, de leur forme, etc. Mais cette décision fut 
certainement portée par l'archevêque; plusieurs actes postérieurs 
nous le prouvent. D'ailleurs les barris ou remparts de Guillestre, qui 
existent encore en partie aujourd'hui, nous disent assez que l'ar- 
chevêque Michel Ëstienne, dans sa détermination, s'arrêtant au 
parti le plus sage, décida que Guillestre ne serait pas déplacé et 
que le bourg ancien serait entouré d'une enceinte de fortes mu- 
railles. Cette enceinte, dont la plus grande partie existe encore, 
embrassa non seulement la ville ancienne, qui s'appela toujours 
dès lors, et qui s'appelle encore: Ville-Vieille (c'est celle qui est la 
plus rapprochée du château archiépiscopal), mais encore les nou- 
veaux quartiers connus sous le nom de la Place et de SanUe-Ca- 
therine. 

Les remparts de Guillestre, tels qu'ils furent construits au 
xiv* siècle et autant qu'on peut en juger aujourd'hui, avaient a$sez 
bien la forme d'un ovale très allongé, traversé par deux rues prin- 
cipales, se coupant obliquement, et aboutissant à quatre portes. 
Ces portes, qui toutes sont encore très reconnaissables et en partie 
debout, sont en marbre rouge, bien taillé et appareillé. Elles ap- 
partiennent à l'architecture gothique. Elles s'appellent : 

1. Celle de l'est, porte du Château [-Queyras]. 

2. Celle de l'ouest, porte de la Condamine. 

3. Celle du sud, porte d'Embrun. 

4. Celle du sud-est, porte de Coni. 

De loin en loin, surtout au sud, à l'est et au nord, où se trouvent 
les points les plus accessibles et les plus faibles, s'élevaient des 
tours et demi-tours circulaires, dont trois sont encore en partie de- 
bout; je citerai en particulier la tour de l'est; une quatrième est 
parfaitement conservée. Elle appartient aujourd'hui à M. A. de La- 
valette, intendant militaire en retraite à Guillestre et vice-président 
de la Société d'études des Hautes-Alpes. 

Un des parchemins auxquels je faisais allusion tout à l'heure 
nous prouve qu'en Tan 1397 les barris de Guillestre étaient en 

f> Voir aux Pièce* juiùficatweê, n° V. 



— 221 — 

pleine construction. Ce document est d'autant plus intéressant qu'il 
ajoute divers traits à ceux que nous connaissons déjà relativement à 
remplacement des fortifications de Guillestre, à la manière dont 
elles furent élevées, aux ressources qui servirent à payer les dé- 
penses, aux directeurs des travaux, et aux personnes qui les exécu- 
tèrent. Ce document est relatif à la construction de la tour d'Ey- 
giiers M. 

Quelque importance que Ton attache aux documents que nous 
venons de résumer, il nous semble que Tonne doit point oublier les 
généreux efforts des habitants de Guillestre, de Briançon, d'Embrun 
et de Gap et en général des Hauts-Alpins, pour défendre le sol 
français contre les invasions des routiers ou de l'étranger, alors 
surtout que notre frontière du sud-est était réputée terre d'Empire ^ 
et que les rois-dauphins étaient impuissants à la protéger O. 

C'est durant ces temps malheureux que les pauvres, mais gé- 
néreuses populations des Alpes s'imposèrent de lourds sacrifices 
pour élever ces barris, ces remparts dont les derniers vestiges vont 
chaque jour disparaissant et qui, du reste, sont aujourd'hui avanta- 
geusement suppléés par les grandioses fortifications de Mont-Dau- 
phin et de Briançon. Mais ces humbles barris, s'ils n'ont pas tou- 
jours arrêté les envahisseurs du sol français, ont eu du moins l'hon- 
neur de résister courageusement à des armées entières, comme en 
1699, et d'accueillir dans leur enceinte des rois et des hommes 
de guerre, vengeurs de l'honneur outragé, tels que François I er , 
Lesdiguières, Catinat, Vauban, Berwick et Championnet. Aussi 
avec Augustin Thierry pouvons-nous dire de nos petites villes des 
Alpes et en particulier de Guillestre : « Parmi les villes les plus obs- 
cures, il n'en est peut-être pas une qui n'ait eu ses jours d'éner- 
gie M.» 

P. Guillaume, 

Archiviste des Hautes-Alpes. 

(0 Voir aux Pièces justificatives , n° VL 

C> Dans l'acte du 13 décembre 1399 les habitants de Guillestre reconnaissent 
que l'archevêque d'Embrun , seul seigneur de Guillestre , ne relève que de l'Empire. 
(Voir aux Pièces justificatives , n° IV.) Cet état de choses durait encore au xvi* siècle, 
suivant le mémoire manuscrit cité ci-dessus. 

(3) Inutile d'insister sur ce point, il suffit de dire que la France était alors gou- 
vernée par l'infortuné Charles VI (i38o-i&aa). 

<*> XXF lettre sur l'histoire de France, citée par Gautier, Précis de l'hist. de Gap, 
18/16 , p. 1. 



— 222 — 

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 
I. 

Contention postée entre le clergé et Ue habitante d'Embrun pour la eoneùrueùon 

de$ fortifications de cette ville. 

(1 a juillet i36o.) 

In nomine Domini, amen. Anno ejusdem incarnationis millesimo trecen- 
tesimo sexagesimo , die duodecima mensis jullii. Noverint universi et singuli 
quod venerabiles viri domini Hugo Chabassolis, legum doctor, Johannes 
Égidii, licentiatus in decretis, Ludo viens Marro et Guigo MaceHarii,can- 
noniei eeclesie Ebredunensis, deliberato ooncilio in capitule, de ticentk 
speciali domini nostri Pape, dederant seroel et prohac vice tantum, nomine 
«no, comeannonicorum et aliorum beneûciatorum Ebredunensis eeclesie, 
tam presentiura quam absentium; et venerabilis vir dominos Johannes 
Guillelmi, doctor decretorum, vkarius generaiis domini nostri Ebredunensis 
archiepiscopi, eadem fultus licentia (1) et mandato ejusdem domini nostri 
archiepiscopi, sibi, ut dicebat, oretenus facto, pro toto clero mandamenti 
civitatis Ebreduni; nobilibus et discretis viris domino Petro Bonabelli, 
Anthonio Marro, Bartholomeo Reymundi, Petro Roy, Petro Macellarii, 
Anthonio Roy, Jacobo Henrici, Petro Medici et Ysnardo Ysnardt, sindicis 
universitatis Ebredunensis, presentibus et recipientibus ac solempniter sti- 
palantibus, sindicorio nomme qtio supra, et sragularibos personis dicte 
civitatis; tractatu intercedente nobilium et potentinm virorum ctominornni 
Nicholdi de Glande et Amedey de Mota , militum, baythri et jadicis dalphi- 
nalium, pro bono pacis et concordie inbrascripta tractantium, et ad concor- 
diam reducentium; videlicet quadringentos et qoinquagenta florenos auri, 
ad voluntatem Nicholdi, baylivi antedicti; et hoc, pro dono gracioso, ad 
supportandum predictarum universitatis et singularum personarum onera 
fienda et per eos supportanda in reparacione totali , fortificatione et municione 
civitatis antedicte; que quidem onera predicte universitas et singu- 
lares persone penitus et ex toto habeant supportare , sub pactis et conven- 
tionibus tamen infrascriptis, videlicet : infra terminum continuo computan- 
dum, omnem fortifleationem necessaria[m] dicte civitati, tam pro fossatis, 
vailis w , palenqnis, barreriis, pontibus, mûris et antemuralibus, turribus, 
gachilibus, verdechiis, et aliis quibuscumque neeessariis, juxta arbitrium 
et cognitionem dominorum vicarii et baylivi, qui tune fuerint, omnimode 
compleverint; et si, juxta predictorum dominorum cognitionem, premissa 
ydonee compléta fuerint , de dictis IIII or et L florenis , predicti domini cano- 
nici, qui, pro neceasaria utilitale civitatis predicte, quingentos florenos 

(l) Ms. licentiam. 

W Disons une fois poar tontes que le texte de ce document est asses fautif, si 
bien même que certains passages sont peu intelligibles. 



— 224 — 

et obligatione omnium bonorum suorum se obligaverunl; sub omni reoun- 
ciatione et cautella, et subeadem obligatione, ad simplicem requisitionem 
dictorum dominorum canonicorum, Domine dicte ecclesie, quinquagenta 
florenos restantes de mutuo antedicto, ipsis sen predicte ecclesie solvere 
promiserunt; sollempnibus hinc inde stipulationibus intercedentibus . . . 
De quibus, etc. . . promiserunt, etc.. . . ad sancta Dei Euvangeiia jurave- 
runt manibus suis dextris tactis Euvangeliis corporaliter sacrosanctis. 

Actum Ebreduni , in orto claustri Fratrum minorum , presentibus : reli- 
gioso viro domino Petro de Grandmonte, nobili Bernardo de Belhaco, 
Stephano Cayre, Johanne Fabri, domino Johanne Meynardi, procuratore 
dalphinali , et Reymundo Serraterii , notario , testibus , etc. . . Et me Lantelmo 
Reymundi , de Ebreduno , publico imperiali auctoritate notario , etc. . . . 

(Arch. commua. d'Embrun, Livre des libertés, in-f\ fol. ioft-io5 v\) 



II. 

Accord par lequel les habitants de GmUestre déclarent s'en remettre à l'archevêque 

d'Embrun pour fixer le tracé des remparts de leur ville. 

* 

(13 décembre i3go.) 

In nomine Domini, amen. Anno ejusdem millesimo trecentesimo nonage- 
simo , die duodecima menais decembris. Noverint universi et singuli quod , 
cum, prout infra relatum extitit, magister Anthonius Argensse notarius, 
Borrellus Borrelli, Fatius Aygre, Lan tel mus Martini et Antbonius Borrelli, 
loci de Guilhestra, missi fuerint pridie , ut dicebant, pro parte universitatis 
ejusdem loci de Guilhestra , Ebredunura , occasione et animo infrascripta 
intimandi, sup1icandietpostulandi (1> videîicet ad reverendissimum in Ghristo 
patrem et dominum dominum Michaellem , Dei gratia Ebredunensem archi- 
episcopum; et demum, accessi ipsi domino nostro archiepiscopo , pro parte 
dicte universitatis suplicando, supliciter postulaverint et requisierint qua- 
tenus, cumnunc sit retentus et territus societatum gentium armorum que 
nuper a regno Francie citra Rodanum accesserunt, locusque de Guilhestra 
fuerit et sit dispersus et sine fortalitio, dignaretur ipse dominus archiepis- 
copus ipsum locum, videîicet villam, aut in ioco illo fortificari facere, aut 
in alio ydoneo loco transmutare et fortificari facere. Et cum in premissis 
expediens sit consensum universalium hominum dicti loci interveniri et ha- 
bere, ipsi domino archiepiscopo, ut asseruerunt, etiam suplicarunt ut ad 
eundem locum de Guilhestra accederet, pro ipsa fortiGcatione destinanda in 
loco aptiori etmeliori ac utiliori; ut suprascripti hommes, existentes externa 
ethodierna diebus in prescntia dicti domini nostri archiepiscopi , meique 
notarii et testium infrascriptorum, sic fuisse lirmiter asserebant, etiam me 
infrascripto notario, in premissis présente, me recolente. Tandem eodem 

(1 > Mb. intimanda, suplicanda et poabulanda. 



— 226 — 

absentes paucissi mi esse dicebanlur, eidem domino nosLro archiepisco|io plé- 
num et liberuni posse et omnimodam dispositionem, ut eamdem fortiticauo 
oem fieri faciat et precipiat, dum et quando ejus Dominationi placuerit et 
fuerit -visum, in villa ipsa de Guilhestra seu parte ipsius, domos et alia cir- 
curastantia resequando , irruendo et destraendo usque adnecessariam operam 
dicte fortificationis fiende, aut desuper castrum in prato ipsius, eut snbtus 
castrum, ubi videlicet sibi, juxta suum bonum concilium, eidem visum 
fuerit et placuerit fieri facere, disponere et ordinare, cum exinde depen- 
dentibus, emergentibus , incidentibus et connexis, necessariis et oportunis, 
cum custodia ordinanda; ac promitentes omnes premissi infrascripti ho- 
mmes, omnes simul dictis nominibus, et quilibetper se et in solidum, et 
subpena quinquaginta marcharum argenti fini, ipsis ipsismetet in solidum 
cuilibet per eum et eorum singulum sponte posita et curie dicti domini 
nostri archiepiscopi aplicanda; et hoc per se et eorum heredes, ad ipsius 
domini nostri archiepiscopi, seu alterius ab eo potestatem babentis, dispo- 
sitionem , volunlatem , preceptum et ordinationem in loco ubi per ipsum do- 
minum archiepiscopum fuerit dispositum et ordinatum , fortificare, claudere, 
munire, mox et incontinenti adimplere, possethenus operam dare et ejus 
ordinationi obtemperare et hobedire, ipsamque fortificationem facere et 
transmutare, nec ejusdem Dominationis ordinationi in aliquo contradicere, 
impedire aut alias aliqualiter, directe vel indirecte, contraire nec aliqua- 
thenus apeliare, reclamare , contradicere aut aliud remedium facere seu pe- 
tere, sub eadem pena. Qua quidem pena soluta vel non, exacta vel non, 
ordinatio tamen super premissis fienda per ipsum dominum archiepiscopum 
remaneat in suo robore duratura. Insuper vol en tes, precipientes et ordi- 
nantes premissi infrascripti hommes quod omnia privilégia, litere, instru- 
menta et alie quecumque scripture acthenus habite et obtente, habita 
seu obtenta, per utramque partiura dicti loci, de fortificatione infra villam, 
seu extra, fienda vel non, sint de cetero casse et cassa, vane et vana, et 
presens acordium et cetera iode subsequenda circa premissa in suo rema- 
neant roboris firmitate. Renunciantes infrascripti homines juri , cujus remedio 
in contractibus lesis subvenitur, ac omnibus ahis et singulis juribus [et con- 
su]etudinibusincontrarium habitisseu factis. Et premissa omnia et singula , 
prout dicta , scripta sunt et etiam ennarrata , promiserunt dicti infrascripti 
homines et ad [sacrosancta Dei] Euvangelia , ab ipsis et eorum quolibet 
corporaliter manibus libro tacto, juraverunt attendere, observare, adim- 
plere, sub suorum omnium et cujuslibet eorum obligatione bonorum , 
presentium [et futurorum], non contrafacere, dicere vel venire, per se vel 
alios, de jure vel de facto, directe vel indirecte, tactis ab eis et eorum quo- 
libet Euvangeliis sacrosanctis. Nomina vero dictorum hominum [sunt hec :] 
magister Ànthonius Argensse, Jacobus Juliani, notarii; Johannes Martini . 
dominus Gerardus Chatbrandi, capellanus; Arnulphus David, consul; Jo- 
hannes Gafarelli, Guilielmus , GuilleJnius Pontii, Àntho- 



— 228 — 

pellano, curato Sancti démentis; [nobili] Sadelico de Burgomalo, fisioo; 
magistro Petro Stephani, notario,testibus ad infrascripla vocatis et rogatis. 
Noverint universi et singuli quod, existentes Baudinus Asterii et Anthonias 
Bforrelli sjenior, consules ejasdem loci de Guilhestra, ia presentia supra- 
scripti domini nostri archiepiscopi, ipsi domino nostro archiepiscopo per 
similia verba exponendo et suplicando dixerunt, exposuerunt et postula- 
runt, suis et totius universitatis de Guilhestra nominibus, quod, cum de 
faciendofortificarilocum de Guilhestra singulares homines loci de Guilhestra 
dudum se submiserint ordinationi, voluntati et dispositioni ejusdem domini 
archiepiscopi, ymineatque tempus necessarium, propter instantes guerras 
et societates, dighetur in eadem fortificatione fieri facienda, in loco ubi ejus 
Domina tioni, pro comodo suo et ecdesie sue Ebredunensis ac suorum ho- 
minum, melius videbitur faciendum, dare et precipere operam efficacem; 
quoniam paraderont ejus bonum preceptum, ordinationem et dispositionem 
adimplere, prout et secundum quod eidem visum fuerit et placuerit preci- 
piendium. Et dictus dominus noster archiepiscopus eisdem consulibus gratiose 
respondit quod eorum requisitio est consona rationi et quod bene erat eis 
necessaria fortificatio. Unde, adaudiendum dispositionem, ordinationem et 
preceptum, supra ipsa fortificatione facienda, in villa Guilhestre aut alibi, 
ubi juxta suum consilium melius videbitur ordinandum et disponendum, 
eisdem consulibus diem tertiam post instans festum Epiphanie Domini aut 
intérim quandocumque pro termino assignavit. 

r 

( Arch. commun, de Guillestre, n° 60, lignes 5i à 61.) 



IV. 

• L'archevêque d'Embrun remet $a décision au 1" juin pour dernier délai. 

(3i mail 3o,9.) 

Deinde, anno Domini millesimo trecentesimo nonagesimo secundo, die 
ultima menais maii; actum Guilhestre, in domo Anthonii Borrelli, in pre- 
sentia venerabilium virorum, dominorum Felicis Melhasse, licentiati in 
legibus, canonici Ebredunensis; Francisci Perone, in decretis baquallerii, 
canonici Urgellensis ; nobilis Galserandi de Urgio , domicelli et conrearii terre 
archiepiscopalis Ebredunensis : reverendissimus in Christo pater et dominus 
dominus archiepiscopus suprascriptus, in presentia mei notarii et dictorum 
testium, certo raotu proprio , publiée dixit de mente sua prorrogasse dictam 
ordinationem proferendam usque ad diem crastinam peremptorie. 

Et ego Petrus Gotbaudi, publiais imperiali auctoritate, et curie dicti 
domini archiepiscopi notarius, premissis omnibus, una cum prenominatis 
testibus, presens fui et rogatus scripsi ac in hanc formam publicam, in 
hiis duobus pargamenis simui pargaminea cordula et cum apositione ab 



— 229 — 

utroqoe latere mei notariatns signo, redegî hoc présent pnbheam instru- 
mentons reqaintas et rogatns, sjgnoqoe meo eonsaeto signa vi; qnod bal- 
landam tradidi bafla phimbea carie aithiepiscppaH» Ebredunensis, in testi- 
moniom omniom premissoram. 

(Arcb. fommnn. de Gmflestre, n* 60, lignes 6s à 69.) 



Nomination par k$ kmbUêmU d§ GwDmtn dt qmmtrt itmmit ta in t chargée, dt concert 
avec U n mm iiê ê irt désigné par ta rtk m ê qm Ê fEmbnm, de dé t m' w m nn Upartpowr 

UqntUe ehmcm dm hahUantt de GtnOmtrt dem contrQmer amxfnrtfcatmm et la 

tiHt 

(3i mai 1399.) 



In nomine Domini, amen. Anno ejosdem inmVmno traeentesimo nona- 
gesimo secundo, die oitima mensb maiL NoYerintuniversi et sîngrii qood, 
eongregataunivenilaie hominom de GaiOiesIra voce preconia et ad sonam 
eampane, de mandate nobibs et poienns viri domini Galserandi de Urgio, 
domiceUi et conrrearii terre arehiepiicoprfw EbredniienA, ad dViniam infina- 
seriptam, pro infrascriptis negoeiis peragendis, eonim proprns noimnibaf 
et totins mrôersitatis Guilbestre ; in qna eongregatione internant pins quam 
doe partes bominom Guilbestre, ridehcet : consoles* coosSiariï et abi in- 
ferius nominab' et seripti : et primo, Anthonins Borefli senior, rVHidffin"* 
Asterti, consoles; nobfo Georgîus de Burgooialo, AnthoniasBcyrefli,jttri*- 
peritus, GaiUefanos Gonterii, GniBelnios Gonterii, fifins eoodam Afrfboaii, 
RaymnndasRogerii, Anthonins Gonterii, Anmlpbas Darid, BoreHu* Bor- 
rdli, Petras ArUndi, Jobannes CaAareHi, eonsnjarii; nec non magister An- 
tbonins Argensse, notariat, Peùns Meyssonerii, JaeobosGirarA, Jobannes 
Reorterii, Imber Raymbandi, Petras GakVrti, Anthoniut Asseois, Fatius 
Aygre, Jobannes Oh varti, Jobannes Foroerii senior, Petras Dalraatii, Guigo 
Peilegrini, GtrilHmnt Fabri, Afitbomns Araandi, Gnflhrimns Landonis, 
Gufllehnus Pascahs, Aleiandrr Remparts. Petras Aymari, Sysmuodu* A* 
Risobs, Arnniphas Vial, imber, Petras Dmd r Jobannes Maerii, Jobannes 
lliebaeuïs, Jobannes Assonis junior, Meibinas Meerii, Stephanu* Aotbomi, 
Girandos Robert, Giraadns Galberti, Jacobos Laureritii, Petras Bertrandi, 
Petras Corneti, Jobannes Fornerii junior, Lantefanu* Martini, JobatMM* 
Martini, Girandos David. Jacobos Antboaii, AJexandVr Obvariï, Jacobos 
Otivarii, [«antrimns Girardi, Petras Bovi», Johanues MaoreUi, Jaeotm* iu~ 
liani, notarius, Jobannes Cbatbrandi junior, Aittbooiii* ArtiMudi. Antbo* 
nias Gonterii, Jaeobas Girardi, Gailbeunos Truebaudi, Jacobu* Juverjj*, 
Antbonios Uarid. Laonutins Pdlieerii, Aotboniu* Jubaiii, (mlUiisnm 
Pontiï, Hogo Ofavarii. Petras Gonterii, Baynuindas Gotbsud, Petras Bo- 
neti, Petras Lanlebn, Bsndhms Otivarii, Alessnder Peyronti, AouWfo* 



— 280 — 

Boverii , Guiilelmus Vassaroti , Lndovicus Juliani , notarîns , Martinas Borelli, 
Johannes Rostagni, Johannes Bec, Lantelmus Motini, ootarius, Jacobus 
Thome, Datilus Anthonii, Johannes Saré, sartor, Johannes Rethagni, Jo- 
hannes Girendi, Johannes Asterii, Petrus Arlandi, Anthonius Roberti. no- 
tarius, Guigo Peromnia, Petrus Falconis, Johannes Sotherà, Anthonins 
Ghatbrandi , Petrus Boneti , Petrus Alhaudi , Hugo A y mari i , Agnus Dalraatii , 
Hugo Gauterii, dominus Girardus Chatbrandi, cappelanus, Guiilelmus 
Juliani, Stephanus Girendi, Jacobus Frogerii, Giraudus Borrelli, Colinetus 
Dauvini, Laurentius Blachatii , Jacobus Blacliatii, Guiilelmus Verani, Petros 
Lantelmi, Anthonius Salvi, Hugo Guini, Guigo Dalmatii, Guiilelmus 
Anthonii, Hugo Bontosii, Johannes Borrelli, Jacobus Peyroni, Anthonius 
Bomparis, Hugo- Roberti, Anthonius Borrelli, Guiilelmus Oue, Jacobus 
Michaelis, et plures alii, qui, propter mnltitudinem , non fuerunt descripti. 
Qui, eorum propriis nominibus et tonus universitatis Guilhestre et singu- 
lorttm ejusdem universitatis, unanimiler et concorditer, nemine discre- 
pante, exceptis Johanne Valerius, Hngone Blachatii, Durando Lau[renbï], 
Guigone Pellegrini , Jacobo Bertrandi et Raymundo Rogerii ; de voluntate [et] 
licentia supradicti domini conrearii, ibidem presentis, nominaverunt et 
eiegerunt infrascriptos, videlicet : nobilem Georgium de Bnrgomalo, Bor- 
rellum Borrelli, Anthonium Gonterii et Arnnlphum David, ibidem présentes 
et honus infrascriptorum sponte assumentes ad infrascripta peragenda vice 
et nomine prenominatorum et tonus universitatis Guilhestre. Quibus dede- 
runt plénum posse et liberam potestatem et facultatem ordinandi et divi- 
dende, seu parliendi cuifibet tenenti de jure fecere seu contribuere partem 
seu pro parte murorum etfortalitiorum ficndorum, pro saiwatione (sic) per- 
sonarum et rerum Guilhestre; videlicet, quod, cum reverendus in Ghristo 
pater et dominus dominus M., Dei gratia Ebredunensis archiepiscopus, 
maxime juxta potestatem eidem domino atributam per dictos hommes et 
communitatem predictam, ut constat instrumento publico scripto manu mei 
infrascripti notarii, declaraverit, dixerit et ordinaverit ubi , in quo loco, seu 
per que loca debebit fieri ambitus, seu circuytus murorum et fortaliliorum 
Guilhestre; quod dicti nominati et electi debeant et teneantur assignare 
et dividere, una cum uno commissario ad hoc per ipsum dominum nostrum 
eligendo etdeputando, cuilibet, secundum suum registrum, quot et quantum 
debebit quilibet facere, hediûcare et mu rare de dictis mûris et rortalitiis , tur- 
ribus, et verdesquis, ac fossatis fiendis, ut supra; et hoc, grossitudine, 
altitudine et cementorum bonitate prout et sicut jier prenominatos electos 
seu majorem partem ipsorum , una cum dicto commissario depuiando per 
dictnm dominum nostrum, fuerit ordinatum et determinatum. Volenles 
omnes dicti hommes Guilhestre, eorum propriis nominibus et totius dicte 
universitatis, quod dicti mûri et dictum fortalilium fiât et cum eûectu corn- 
pleatur, prout et sicut fueiit per prefatum dominum nostrum dictum. 
ordinatum et declaratum, et per supranominatns electos seu majorem 



— 232 — 

Et paulo post, actum in porta castri dicti loci, présentions Hugone, 
filio Lantelmi Girardi, Hugone Aymarii, Giraudus Fabri et Raymandos 
Manhani jaraverunt per similem modum. 

Ego Petms Gotbaudi, publicus imperiali auctoritate notarius et carie 
dicti domini archiepiscopi , premissis omnibus, una cum prenominatis tes- 
tions, presens fui, et rogatus scripsi, ac in hanc formam pubiicam redegi, 
signoque meo consueto signa vi; quod buJlandum tradidi bulia plumbea 
curie archiepiscopalis Ebredunensis in testimonium omnium premissorum. 

(Arch. commun, de GuiUestre, n° 59.) 

VI. 

Sentence arbitrale tur un» action en responsabilité intentée par le» consuls de Gvil- 
lestre, à deux habitante de cette ville, à cause de la chute de la tour d'Eygkers 
qu'Us avaient été chargés de construire. 

(i3 9 7-i3 9 8.) 

In nomme Domini, amen. Anno incarnationis ejusdem millesimo tercen- 
tesimo nonagesimo septimo, et die septima mensis novembris, apud Guil- 
hestram, infra domum mei notarii infrascripti, presentibus Petro Meysso- 
nerii , Johanne filio Johannis Pasqualis et Joanne Pellicerii , testibus ad hoc 
vocatis et rogatis, noverint. . . quod, cum lis seu questio verteretur seu 
verti speraretur inter Anthonium Borrelli et Baudinum Asterii, consoles et 
sindicos Guilhestre, nomine ipsorum et universitatis Guilbestre, ex una 
parte, agentes; et Agnum Dalmasii et Albertum Reorterii, habitatores dicti 
loci, ex parte altéra, deffendentes, super eo videlicet quod petebant supra- 
dicti consules et sindici, suis et quibus supra nominibus, eisdem restitui 
per dictos Agnum et Albertum pro medietate dampnum passum per dictam 
universitatem, quod, culpa ipsorum et Raymundi Martini , dirrupta et des- 
tructa turris vocata de Aygleriis, ex eo quod morterium fecerant videlicet 
déterra, et magistros ineptos in dicto opère posuerunt, sic quod culpa 
illorum dirruit. Dicto Agno in contrarium asserente et dicente quod ipse 
nichil fecerat in dicta turre, sed ad faciendum dederat dicto Alberto, sic 
quod culpa ipsius non fuit. Et contra idem Aibertus dicebat et asserebat 
se ad predicta minime teneri, licet, parte dicti Agni, accepisset ad facien- 
dum, et ex eo quod partem dicti Agni fecerat de bono morterio, sine terra , 
sed tantum de bona calce et arena bona ; dictis consulibus el sindicis in con- 
trarium asserentibus. Tandem dicte partes volentes inter se lites et contro- 
versias evitare, de dicta questione et dependentibus ac emergentibus ex 
eadem se compromiseront in venerabilem virum dorai num Franciscum Pé- 
roné, licentiatum in decretis, canonicum Urgeliensem , in spiritualibus et 
temporalibus generalem. vicarium Ebredunensem, nec non Petrum Ber- 
trandi, de Guilhestra, et Guillelmum Marcellini, de Arveolo, tamquam in 



— 233 — 

, anabaâorai et anacalalea caaniosnarea; omis... 
sub pena et in peaa rigeati et qwpe anreaorani «ni, eajas peae terria 
pare rit carie donnai nostri Ebr wn ia fmU ar rfairpism pi, — aha terua pars 
ait parti hobedieoli et aKa lerna pars rit in opère turris : qne peaa tobens 
exigatur. . . quodeat per afiqaaai ipaanna parnam eoolra predîeta coa- 
tradictnm fbeiit rive gestion. • . Qaod comproanssain vomeront habere 
duratorum hine ad praxanam fcstnm saacti Andrée et aJtnu ad toIob- 
tatem dietorum arhilronnn — et ad saaeta E uiaag e n a jaraveraat corpo- 
raliter iibro tacto. • . 

PoBtqaam anao qno supra, et die nv menât decembris. apad Gan- 
hestram infra dommn aidriepMcopalem, preseatibas Ganfchno Berardi, 
de Risolis, et Petro Ghatnndi, de Gunhestra, amipam e t ant dicte parlât, 
videhcet dieti Aatbonins BarreHi et Baodmof Asterii. eonsnie» et riadiei, 
nec non Agiras Dahnasn et Albertns Reorterii. acenam Raymnndus Mar- 
tini, ooram dido domino vieario ac Petro Bertrandï, arbitras Qoi 

quidem Raymnndos Hartiai. bcet non nnsset in compromisse p recedcnti, 
dictamcompromissom... pro parte siiagratam, ratant et firmam habere 

volait Et, qnia, «eut Domino plaçait. Guineimus Marcellini, onos ex 

dictis eompromissariis, aies saos cbadîdit extrêmes, ioco iprias, elegerant 
Raymandam Rogernantiqaiorein etpromiserunt — et . . . jaraverunt . . 

Postqaam, anno qno fapra et die ix menas janaarii, apad Guilhestram, 
infra domom arehiepiscopalem , preseatibas: magistro Petro Gotbaadi, 
JacoboJavenbetJohanneArgense.testibas — dictiarbitri — visig.auditisac 
intellects ranonibos etailegationibas partiam predictaram — processerant 

ad diffinitionem dicte questionis Et primo dixerunt, pronuDciaverunt 

et pro mandato dederont. vigore dieti compromissi in eis facti, videlicet 
qaod, quia constat eis per testes ûdei dignos. qood dicta turris cecidit 
culpa dieti Raymandi , qui in morterio ponebat terram ; et quia constat 
etiam per testes fidei dignos, qood dictas Albertus Reorterii, qui partem 
dieti Agni fecerat, fecerat de bono morterio, videlicetde bona calce etbona 
arena; licet, facta calcoJatioDe eorum que constitit dicta turris, computatis 
cannis ibidem edificatis, et . quantum decet pro canna, computatis morte- 
riis, videlicet calce, arena et deterioritate lapidam,computatisqaelaboribas 
.et jornaHbus, didarum comitarum cuipa, dicte dirruitionis longe plus as- 
cenderet; verumtamen ipsi Raymundo coinpationem habentes, ut parti 
singalari, ex causis moveutibus animum dietorum arbitrorum, videlicet 
quod dictus Mondonus, pro refectione dicte turris et pro darnpno passo per 
dictam universitatem occasione destructionis dicte turris, culpa dieti Ray- 
mundi, idem Ravmundus det et solvat, ac dare et solvere leneatur An- 
thonio Borrelli et Baudino Asteri , coasulibas dieti loci , nomine dicte uni- 
versitatis Guilhestre, pro omnibus et singulis que ab eodem, occasions 
premissorum, petere possent, sexaginta et très cum dimidio AWnos anri 
currentes, videlicet compatato anico floreno pro xxxn solidis vd pro xh 



— 234 — 

turomboftargeoti, porter minos infirascriptos, videhœt : de présenta, quinqne 
cum dimidio, qui distribuantur juxta voluntatem dictorum arbitrorum ... ; 
residuum vero solvere teneatur per solutiones infrascriptas , videlicet : in 
festo beati Johannis Babtiste, iriginta et très florenos, de quibos xxx u ni 
florenis ipsi consules solvere teneantur magistris Melanesis pro dampno 
passo per eos, videlicet octo florenos aari; residuum vero bine ad proximuin 
festum Omnium sanctorum. Item dixerunt, pronuntiaverunt et pro man- 
dato dederant dicti arbitrii . . . quod dictus Alberto» satisfaciat notario de 
hiis que pro ipso fecit seu scripsit, et consules, de hiis que pro ipsis, 
nomine ipsorum et universitatis fecit. Item dixerunt . . . quod cum predictis 
ait pax . . . Item dixerunt . . . quod dicti consules de dicta summa pecunie 
tenentur dare, ob reverentiam Dei et beati Anthonii, ad servieodum in ca- 
pella beati Anthonii, in Guilhestra, pro uno oereo, sex turones, propter 
gratiam Dei factam magistris qui ceciderunt de dicta turre, quia non 
obierunt. Et ibidem dicte partes, ante publica tionera , ratificaverunt et 
confirmaverunt . . . Actum ut supra, présentions testibus supradictis et 
me Anthonio Argense, . . . notario . . . 

(Arch. commun, de Guillestre, n° 1 1.) 



BULLETIN 



DU 



COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



ARCHÉOLOGIE. 



SÉANCE DU 12 MAI 1884. 

PRÉSIDENCE DE M. LÉON RENIER. 

La séance est ouverte à 3 heures. * 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la dernière 
séance, qui est adopté. 

M. le Secrétaire fait un rapport sommaire à la Section sur les 
diverses communications archéologiques faites au Congrès de la 
Sorbonne. 

On a plusieurs fois reproché au Comité , dans ces dernières 
années, de ne publier dans son Bulletin aucun des Mémoires lus 
à la Sorbonne. • 

Les membres du Comité savent que la Section d'archéologie a 
toujours été disposée à publier dans son Bulletin les mémoires qui 
en paraîtraient dignes. Mais elle en a presque toujours été empêchée 
par les engagements pris par les auteurs eux-mêmes envers les 
Sociétés qui les avaient délégués, ou envers nos principales revues 
d'érudition. 

Le Comité voulant éviter de faire concurrence h ces divers 
recueils, et trouvant inutile d'imprimer dans son Bulletin des tra- 
vaux qui avaient leur place ailleurs, était naturellement réduit à 
n'en donner qu'une courte analyse. 

Cette année toutefois, le bureau de la Section d'archéologie s'est 
préoccupé tout spécialement de cette question. Il s'est efforcé de 



— 236 — 

faire bien comprendre aux délégués des Sociétés savantes que le 
Bulletin serait ouvert à tous les mémoires jugés dignes de l'im- 
pression, et que leurs auteurs n'auraient point antérieurement 
promis à quelque autre recueil. Le bureau a pu obtenir de la sorte 
le dépôt d'un certain nombre de manuscrits, dont il est heureux de 
pouvoir proposer l'impression, M. le Secrétaire donne à la Section 
la liste de ces mémoires, qui est approuvée après échange de quel- 
ques observations. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. l'abbé Albanès, correspondant du Ministère à Marseille, envoie 
copie de nouveaux documents sur le peintre Antoine Ronzen «dit 
le Vénitiens. — Renvoi à M. Mûntz. 

M. Barbier de Montault, correspondant du Ministère à Poitiers, 
envoie : i° l'estampage d'un fer à hosties appartenant aux religieuses 
du Calvaire à Poitiers; 2° le fac-similé d'une inscription en vers du 
xvn e siècle ; 3° la copie de douze inscriptions du Poitou ou du Li- 
mousin. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Bourbon, correspondant du Ministère à Évreux, envoie copie 
d'un inventaire des biens de M* 1 " Yves de Viespont. — Renvoi à 
M. Darcel. 

M. Dramard, conseiller à la cour de Limoges, envoie l'empreinte 
d'un sceau de Guillaume Ménier, bailli d'Étampes au xiu e siècle, 
avec une notice sur ce personnage. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Jules Finot, correspondant du Ministère à Lille, envoie la 
copie d'un compte des sommes dépensées pour le transport des 
restes mortels de Charles le Téméraire de Nancy à Luxembourg, 
en i55o. — Renvoi à M. Demay. 

M. Mayaud, membre de la Société historique et archéologique du 
Limousin, demande une subvention pour opérer des fouilles au 
mont de Joué, entre Limoges et Àhun, sur l'emplacement de l'an- 
cienne Prœtorium. — Renvoi à M. Bertrand. 

M. l'abbé Pottier, président de la Société archéologique de Mon- 
tauban, envoie une notice sur diverses églises à coupoles. — 
Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Voulot, conservateur du Musée d'Épinal , adresse une notice 
sur l'amphithéâtre de Grand (Vosges), avec quatre dessins. — Renvoi 
à M. de Barthélémy. 

La Commission des monuments historiques de la Gironde 



— 238 — 

ce qu'était une ville gauloise aux derniers lemps de l'indépendance 
nationale et durant les premières années de la conquête romaine. 
Chaque nouvelle campagne de fouilles confirme, avec plus de préci- 
sion, les conclusions formulées par M. Anatole de Barthélémy 
concernant la date de l'abandon de l'oppidum. Les monnaies 
découvertes continuent à s'arrêter à Auguste. Ce sont toujours, en 
majorité, des monnaies gauloises ou de grands bronzes de la colonie 
de Nîmes. Nous assistons à la transformation des mœurs, à l'intro- 
duction d'un luxe relatif dans des habitations construites sur un 
plan emprunté aux architectes grecs et romains. Une des der- 
nières maisons découvertes au Parc-aux-Chevaux, le quartier aristo- 
cratique de Bibracte, nous met en présence d'une grande villa, avec 
atrium et portiques. La façade d'un de ces portiques est ornée d'une 
colonnade en calcaire oolithique d'eau douce, la pierre de luxe du 
pays éduen. Dans les décombres se sont rencontrés un grand 
nombres d'ustensiles et de poteries de luxe mêlés à des monnaies 
gauloises. M. Bulliot signale les débris d'un grand plat de Terre de 
o m ,3o de diamètre avec un bord rabattu large et plat, des vases 
peints, des boules de bleu égyptien, des goulots d'amphore estam- 
pillés, curieux par quelques particularités relevées avec soin par 
M. Bulliot, qui signale entre autres le D barré qui chez les Gaulois 
se prononçait S ainsi que l'a démontré Longpérier^. Parmi ces 
estampilles se remarquent l'étoile, le rameau, un grand nombre de 
noms abrégés à côté d'un nom entier, RETIOMARJ, en lettres 
romaines, tandis qu'un autre est en lettres grecques. Sous "le pied 
d'un vase était une grande médaille celtibérienne en bronze parais- 
sant appartenir à la ville d'Isa (Tarraconnaise).v 

M. Bertrand termine en émettant le vœu que les excellents 
rapports de M. Bulliot soient déposés dans les archives du Musée 
de Saint-Germain, à côté des rapports manuscrits qui furent con- 
sacrés jadis aux fouilles d'Alise. Cette proposition est adoptée. 

M. Alexandre Bertrand lit ensuite un rapport sur une commu- 
nication de M. Auguste Nicaise, relative au cimetière gaulois du 
mont Coûtant, commune de Fontaine-sur-Coole (Marne). Ce travail 
est accompagné de cinq planches manuscrites, exécutées avec soin. 

« Quarante-quatre tombes, dit M. Bertrand, ont été fouillées sur 

W Sur une inscription dont le moulage eiisle au Musée de Saint- Germain le 
nom de la déease Sirona est écrit Dinma avec le D barré. 



— 239 — 

le plateau du mont Coulant, sous la direction de M. Auguste Nicaise. 
Ces tombes appartiennent toutes à l'époque gauloise. La majorité 
de ces sépultures avait malheureusement été violée fort anciennement. 
M. Nicaise a pu néanmoins y recueillir une série d'objets intéres- 
sants dont il envoie des dessins et qui, sans être absolument nou- 
veaux, offrent des variétés curieuses; ce sont : 

i° Une boucle d'oreille en or; 

a° Huit bracelets de bronze ; 

3° Un torques de bronze ; 

k° Deux fibules de bronze ; 

5° Un couteau de fer avec viroles de bronze; 

6° La poignée d'un umbo de bouclier eo fer ; 

7° Un bracelet en jayet, ou ce qui passe pour du jayet ou bois d'if; 

8° Un autre bracelet en jayet surmonté d'un bracelet en fer ; 

9° Trois vases portant des traces de peinture rouge, et décorés 
d'ornements géométriques. 

«Notre correspondant termine sa communication par une re- 
marque que je dois signaler à l'attention de la Section, mais qui, 
à mes yeux, demande confirmation. 

«Dans notre région, dit M. Nicaise, le collier ou torques était 
« exclusivement porté par les femmes. Dans la Marne, l'Aube et 
« l'Aisne on n'a jamais, que je sache, rencontré dans une sépulture 
«un torques accompagné d'une épée ou d'une lance, ou d'un bou- 
rrelier, ou d'un objet quelconque, dénotant que l'inhumé fût du 
« sexe masculin. 

«J'ai consulté attentivement, ajoute-t-il, les registres de fouilles 
«de M. Frédéric Moreau père, et partout où un torques a été ren- 
« contré, la sépulture était celle d'une femme.» 

«Cette affirmation me semble bien absolue. Je me réserve de 
l'examiner et de la discuter dans une de nos plus prochaines séances. 
Je puis dire, dès aujourd'hui, que, dans la seule salle IX du Musée 
de Saint-Germain , j'ai relevé six tombes : deux à Saint-Hilaire-le- 
Grand, une à la Cheppe, trois à Thuisy, où des torques se sont 
rencontrés associés à des épées, des lances et des boucliers. Il est 
donc certain que l'assertion de M. Nicaise, dans ces termes absolus, 
est inexacte. * 

M. Bertrand termine en demandant le dépôt du mémoire et des 
dessins de M. Nicaise au Musée de Saint-Germain. Cette proposition 
est adoptée. 



— 240 — 

M, de Montaiglon lit un rapport sur une communication de 
M. Àlcius Ledieu , bibliothécaire d' Abbeville , relative aux dépenses de 
la ville d' Abbeville à l'occasion du second mariage de Louis XII M. 

M. Eugène Mûntz, lit un rapport sommaire sur une communi- 
cation de M. l'abbé Albanès, correspondant du Ministère à Mar- 
seille, relative à un peintre de la fin du XV e siècle, nommé Josse 
Lifferin W : 

«rAu moment où l'on s'occupe avec tant d'ardeur d'élucider l'his- 
toire de nos écoles provinciales aux approches de la Renaissance, 
le Comité ne peut qu'accueillir avec faveur les importants docu- 
ments découverts par M. l'abbé Albanès sur un peintre de la fin 
du xv° siècle, le Picard Josse Lifferin, fixé à Marseille de 1&93 
à i5o3. 

tt Cet artiste, très certainement élevé dans les traditions des écoles 
flamandes, exécuta à Marseille cinq tableaux, tantôt seul, tantôt en 
collaboration avec d'autres maîtres. Nous apprenons, à cette occa- 
sion, à connaître Philippon Malros et Bernardin Simondi, peintres 
comme lui, et le sculpteur Guillaume Tiénard. 

tr Le travail de M. l'abbé Albanès mérite, à tous égards, de figurer 
dans le Bulletin. Je demanderai, toutefois, qu'une note jointe à 
l'introduction indique que le célèbre peintre verrier, Guillaume 
Marcillat, n'a rien à faire avec Marseille, ainsi que semble le croire 
M. l'abbé Albanès. Il est aujourd'hui bien établi que cet artiste 
éminent appartenait à la Lorraine par son éducation et sa famille, 
sinon par sa naissance; son pays natal, d'après son testament, 
semble avoir été la Châtre, dans le Berry. Dans tous les cas, Mar- 
seille est hors de cause. r> 

M, Charles Robert signale au Comité divers articles publiés par 
l'Académie d'Hippone dans son Bulletin de i883. Ce sont : 

i° Des Notes épigraphiques sur Mascula (Khenchela), par M. Abel 
Farges. 

Petite monographie où sont bien étudiés : le texte d'une borne 
milliaire du temps de Trajan; une dédicace en l'honneur de Valé- 
rien, Gallien, Valérien jeune et Salonine; une inscription rappe- 
lant la restauration des remparts de la ville; un cippe à em- 

(') Voir ci-après, p. a 63, le leile de ce rapport. 

W Voir ci-après, p. a 45, la communication de M. l'abbé Albanès. 



— 242 — 

le. doute que la poignée, toute d'orfèvrerie entaillée, fût celle dune 
arme de guerre. M. le comte de Valencia lui a répondu ceci : 

<r Vous avez deviné juste. J'ai trouvé un document signe de Phi- 
«r lippe II constatant que ce roi Tacheta en i585 h Toriose au fils 
«d'un soldat espagnol qui Pavait de François I er , sans doute de 
( a son bagage, car Y estoc et le gantelet droit qu'il rendit quand il fut 
ff pris se trouvaient à l'Armeria de Charles V, à Valladolid, en i556. 
«Je l'ai retrouvé, mais la lame seulement * 

trM.de Valencia, sans doute, va placer cette lame à côté de l'écu 
en fer repoussé qui passe pour avoir été celui du roi de France, 
dans l'Àrmeria qu il réorganise. M. A. Darcel pense qu'il n'est peut- 
être pas hors de propos d'ajouter qu'un inventaire manuscrit et 
illustré de l'Armeria reale, fait à la fin du xvi e siècle, aide considéra- 
blement M. le comte de Valencia à reconstituer les armures avec 
toutes les pièces de rechange qui permettaient de s'en servir pour la 
parade, pour la joute ou pour la guerre, et à supprimer toutes les 
attributions trop évidemment erronées qu'on était dans l'habitude 
de leur donner. r> 

M. de Lastiyrje donne communication à la Section d'an mémoire 
de M. Camille Jullian sur une inscription du Musée de Bordeaux 
dont la lecture présente de grandes difficultés. M. Jullian en pro- 
pose une interprétation que les membres compétents du Comité ont 
trouvée fort plausible. M. deLasteyrie demande en conséquence l'in- 
sertion du travail de M. Jullian dans la prochaine livraison du Bul- 
letin M. 

M. de Montmglon donne lecture d'une élégie de Jean Second, 
dans laquelle se trouve la description des tombeaux de Charles VIII 
et de Louis XII, à Saint-Denis. U fait ressortir tout l'intérêt de ce 
petit poème au point de vue archéologique. 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Sécréteur* de la Section d y mrckéoUgi* , 

R. de Lastbtmb, 

Membre du Comité. 

Cl Voir ci-après, p. 959, le texte de cette communication. 



— 244 — 

à 396 tt 7 s 7 d parla revente des charpentes et des toiles. Le détail est 
pourtant intéressant, et j'en résumerai quelques articles. 

Les deux cygnes et le héron, achetés à Rue pour être offerts au 
duc de Sommerset, n'ayant pu être employés parce qu'il survint on 
jour maigre, furent envoyés, les cygnes aux fossés de la ville et le 
héron à l'hôtel du maire. A la suite, on trouve les prix des moutons, 
des volailles et des poissons, qui sont tantôt achetés, tantôt péchés 
dans les fossés de la ville; les prix de la poudre, celui de la répara- 
tion et du transport des * chambres et chargons* des canons; pour 
les charpentiers, le prix des hourds «à faire joyeulx mistères», 
dont certains étaient faits en jardins de lattes de chêne en losanges; 
le prix des falots et des potences à les suspendre pour éclairer les 
rues; celui des clous à pont, à lattes, à treilles ou de tillort (?), des 
<r bandes de fer à vernis?), des cordes, ficelles et fouet; celui des 
pintes à pied, marquées chacune d'une fleur de lis double. 

On y trouve aussi qu'on envoya quérir chez l'abbé de Forestmou- 
tiers, abbaye voisine d'Abbeville, un navire d'argent qui lui appar- 
tenait, pour être offert à la reine ; mais on le lui rendit , le don n'ayant 
pas été fait, probablement parce que le morceau était trop cher. 

Trois artistes sont nommés, mais pour des ouvrages de décora- 
tion courante. Avant de les citer, indiquons que c'est Jean du May, 
prêtre, qui a été l'inventeur des mystères et des vers des écriteaux. 
Philippot du Quesne, imagier, et Mathieu Rembert, peintre, sont 
nommés pour deux grands porcs-épics dorés, colletés de la couronne 
royale et du collier de Saint-Michel , et pour la peinture des ban- 
nières des enfants «acoustrez à la mode des Lansquenets» qui con- 
duisaient lesdits porcs-épics. 

Jean du Rois, le peintre, fut le plus occupé. C'est à lui qu'on 
donna le bois pour faire les engins et les écriteaux des mystères; il 
peint les écus de France supportés par des anges; il fait la peinture 
des bâtons des poêles d'honneur; il peint les bandes des harnais, 
azuré et sème de fleurs de lis d'or les cornes de trois beaux 
bœufs de Normandie, qui furent donnés par le roi, avec tout ce 
qu'on lui offrit, à Guillaume Popinot, maître de sa garde-robe, et 
revendus par celui-ci aux fournisseurs; il peint les robes royales des 
acteurs, le roi Louis XII, le roi d'Angleterre et un Charlemagne, 
qui figuraient à l'état de tableaux vivants sur les échafauds; il peint 
en lettres d'or toutes les inscriptions en vers, un grand navire, un 
serpent à sept têtes, dont les gueules jetaient du vin blanc, et un 



— 246 — 

la trace de leur passage. Mais, à f époque où ils Tiraient, lu 
recherches artistiques étaient peu en faveur, et ils ont laissé de côté 
les nombreuses pièces qui n'ont pu manquer de passer sous leurs 
yeux, et qui leur auraient fourni en abondance des renseignements 
précis sur un grand nombre d'artistes. 

Nos écrivains modernes ne sont pas moins pauvres sous ce rap- 
port, et Ton attendrait vainement d'eux ce que les anciens ne nous 
ont pas donné. Peut-être ce silence est-il pour nous une bonne for- 
tune, car avec les tendances et le laisser-aller d'une certaine école, 
on ne pourrait se flatter d'avoir trouvé, sous leur plume, l'eue- 
titade, la précision et le déGnitif auquel l'histoire a droit Mieai 
vaut que Ton n'ait pas à refaire ce qu'ils n'auraient pas pris la peine 
de faire bien. 

On serait dans Terreur si l'on croyait que l'histoire artistique a 
peu h trouver à Marseille ; au contraire , elle peut y recueillir des noms 
d'artistes et des faits nombreux. Notre cathédrale, notre abbaye de 
Saint-Victor, nos paroisses, nos monastères de femmes, nos grands 
couvents, ceux surtout des Franciscains et des Dominicains qui 
dataient du xm* siècle, ont eu des architectes, des sculpteurs, des 
décorateurs, des verriers, dont les noms sont à peu près tous à dé- 
couvrir. Une foule d'objets de peinture, de sculpture et d'orfèvrerie, • 
reliquaires, tableaux, autels, statues, tombeaux, dont presque aucun 
n'a été signalé, ont été faits pour la décoration de nos églises. 
(Test donc une mine considérable et non encore exploitée. 

On se tromperait également en pensant que les documents font 
défaut pour la découverte et l'étude de ces richesses de l'art Les 
documents imprimés manquent , c'est vrai , mais les pièces manu- 
scrites existent abondantes et précieuses dans nos archives départe- 
mentales et municipales, et dans les minutes de nos notaires. L'ac- 
quisition d'un objet d'art donnait toujours lieu à un contrat, 
quelquefois à plusieurs ; la confection d'un tableau était régulière- 
ment précédée d'un acte de prix-fait décrivant plus ou moins expli- 
citement le sujet et ses principales subdivisions, acte presque 
toujours accompagné de quittances échelonnées qui indiquent des 
dates et des faits. On pourrait donc, en en prenant la peine, ra- 
masser une riche collection de documents servant à l'histoire des 
arts. Malheureusement nos archives demeurent inexplorées, et 
les protocoles des notaires deviennent la proie des vers et de la 
moisissure quand ils ne vont pas au pilon, et avec eux toute notre 



— 248 — 

même. Ce fut un autre peintre, maître Pbilippon Malros, qui 
la commande, et s'engagea à faire faire le travail par Lifferin, i^r- 
appelle son serviteur. Le sujet était une Notre-Dame-de-Pilié, aj 
sainte Madeleine et sainte Marthe à ses côtés, et saint Lazare a 
d'autres saints au-dessus ; au bas du tableau , le Sauveur au mi 
des douze apôtres. Le tout devait être peint à l'huile et payé 60 
rins, dont la quittance fut donnée le 16 septembre de la m 
année. 

Nous ne retrouvons ensuite maître Josse qu'en 1/197. Le i& j 
de cette année il traitait, avec un sculpteur du nom de Guilla 
Tiénard, pour lui peindre un retable de la sainte Vierge et div 
saints. Cette fois l'œuvre lui était commandée directement, et 
tribuée d'un prix plus raisonnable, car il devait recevoir 160 flo^i 
rins. Il avait un an pour exécuter et terminer son tableau; et le 
5 juin 1/198, ayant livré son travail dans les conditions voulues, il|rt 
recevait le complément de la somme qui lui était due et s'en décla- . -., , 
rait satisfait. U, 

Avant même d'avoir achevé ce second tableau, il contractait un ^ 
nouvel engagement pour un troisième, de compagnie avec un autre 
peintre marseillais, Bernardin Simondi. Il s'agissait de peindre à 
Notre-Dame des Accoules, église paroissiale maintenant détruite, au 
centre de Marseille, la chapelle et le retable de la confrérie de Saint- 
Sébastien. Les peintres prirent un an pour ce travail, et se firent 
donner l'autorisation de porter dans leur atelier le retable qui était 
déjà rendu dans sa chapelle. Ils avaient à faire trois grandes figures, 
celle de saint Sébastien au milieu, comme de juste, à droite et à 
gauche saint Antoine et saint Roch, plus, diverses histoires de 
moindre grandeur. L'acte de prix-fait est du 1 1 juillet 1&97, et sti- 
pule une somme de 3oo florins pour les artistes. Mais l'année en- 
tière s'écoula sans que l'ouvrage fût fait. Il surgit probablement 
quelque mésintelligence entre les deux peintres, et, par suite, ils ne 
tinrent point leur parole. Le 6 août 1/198, Josse Lifferin, seul cette 
fois, passa avec les prieurs de la confrérie de Saint-Sébastien une 
nouvelle convention par laquelle il s'engageait à faire pour eux, 
avant la Pentecôte, l'œuvre primitivement commandée. Une amende 
était imposée en cas de nouveau manque de parole. Il n'y eut pas 
lieu de l'appliquer, car Lifferin eut terminé ses peintures avant le 
terme fixé, et le 95 janvier 1&99 les parties se donnaient une dé- 
charge mutuelle pour les engagements contractés. C'est à Lifferin 



— MO — 

y peignit saint Ehne, le patron des gens de sa profession, et soi 
patron à lui, saint Raphaël. Aux pieds de la sainte Vierge, il 
devait placer nn suppliant et une suppliante, vraisemblablement 
Raphaël Rostang et sa femme. 

Ce travail pen rétribué, 4o florins, dont l'acte fat passé le 
16 février 1 5oo , est la dernière œuvre, à nous connue, de matto 
Lifferin. Ce serait aussi la dernière date que nous pussions citer sur 
son compte, et nous devrions abandonner là l'artiste picard, si une 
quittance donnée par lui pour un de ses précédents travaux ne nous 
permettait do l'entrevoir encore trois ans après. Le s 1 janvier i5o3, 
il était à Marseille et faisait à Barthélémy Gapel une déclaration 
expresse qu'il avait reçu de lui, en diverses fois, les i5o florins 
promis pour le retable d'Istres, de façon qu'il n'avait plus rien i 
lui réclamer. Josse Lifferin prend dans cet acte le titre de peiatrt 
de MarteiUe, ce qui nous justifie pour le lui avoir attribué noos- 
méme. Cela prouve aussi qu'il n'avait pas cessé encore d'habiter 
cette ville, et d'y faire vraisemblablement d'autres travaux d'art, 
qu'il n'est pas en notre pouvoir de désigner en ce moment Nous 
prenons donc congé de lui, en attendant quelque nouvelle ren- 
contre qui nous mette sur la trace d'autres œuvres. 

J.-H. Àlbànes, 

Correspondant du Ministère. 

Documents concernant les oeuvres de Josse Lipteein. 

I. Retable de Notre- Dame-dt-Pitié pour la Uproterie de Marmlk. 

( i3 juillet i4o3.) 

Anno incarnationis Domini m un* ixxxxni 9 et die xm mensis julln. 
Notum .sit, etc. Quod viri honorabiles et discreti Andréas Morlandi et Ber- 
trandus Bachoni, rectores hospitalis Christi panperum morbo lèpre lan- 
guentium, extra muros Massilienses , hoc anno more solito eiecti, ex una, 
et magister Philipponus Malros, habitator dicte civitatis etpictor, ex parte 
altéra, pro deppingendo quoddam retabulum pro ecclesia dicti hospi- 
talis Sancti Lazari, sponle et bona fide, gratis et ex eorum certis scientiis, 
videlicet, dicti rectores nomine et vice ejusdem hospitalis, et dictus Philip- 
ponus per se et suos, ad pacta et conventiones , in Dei nomine, sibi ad 
invicem et vicissim, mediante stipulatione solemni et valida, devenerunt, 
in hune qui sequitur modum. — Et primo, fuit de pacto inter dictas par- 
tes habito et solemni et valida stipulatione firmato, quod dictus magister 
Philipponus Malros, pictor, teneatur et debeat deptngi lacère dictum reta- 



trem, et in udo latere virginem Mariam Aununcialionis, et in alto latere 
Angelum, jnxla morem et ystoriam. — Item plus, fuit de pacto , etc. . quod 
maotelii Virginia Marie sint ex azuro. — Item, supersoiium dicti retabnli 
ait depictum in campo ex azuro seminato stellis aureys. — Item etiam, 
depiuget duos aageloa substinentes supersolium dicti retabuli, videlicet, 
la chevelure ex euro, et reliqua pars ex coloribua. — Item etiam, depinget 
acabellum dicti relaimu", videliceL mislerium passionis Domini, quantum se 
poterit extendere; ita quod campus ait ex modo celi, et lot hors ex auro. 
— Item plus, mit de pacto quod idem magister Guillelmus debeat et 
lenealur solvere ipsi magislro Jedoco , piclori, pro faciendo et coraplendo 
opéra premiasa, videlicet, (loronos centum et sexaginta de l'ego, solvendos 
in hune modum; videlicet, hinc ad octo dies proxirnos, flurenos lx", in 
viginli scutis anri régis, boni et legatîs ponderis; residuum vero, facieudo 
opus, et ipso opère complelo, de omni monela. — Item plus, de pacto, etc., 
quod idem magister Jedocus teneatur ponere colores cum oleo nucis, ubi 



«ppothocmn; «t complète ipeo opère illud repouere tlebeaol, ecrum sump- 
tibus <it expemtM , in eodemloco nbi prias «rat, fciroet innjwwaeria eicepbs; 
primitna e»dem nugittrie saùsJàctk et aiAuba intègre de «oriua opère ipsins 
relabnh' et rappelle, seu de picturis ipaonun per et» Gmdia, ai dictam est 
sapent». — Item plus, fuit «dam. etc.qaodipei domini prioresdebeant et 
twieantnrdareetsolvereprefafii niagistiù pictoribus, pro picturia premiaaii 
et per eoe modo et forma («W*- predidis] fiendis, bêne tameo, débile et 
mfficienler, cum ipsii boaia coloriboi, aura et azuro comuni , videlicet flo- 
re»» iricentum de rege, ipserum quolibet, etc., aolvendoi et expediendoe 
vide liwi rt nonc incontinent!, floreuo* centaja etquiuquagiaui; quoa flore- 
non n, dieti mugi «tri pictorea, per m et wjos. coofeasi tueront habuiase et 
récépissé nb eisdemdoiiiinisprioribus.presentibiis.etc. , et illus realiter ha- 
butinwt et receperunl, in preseutia mei notarii et Icrtiuoi iofrascripto- 




— 256 — 

quinquaginta, pro complemento precii manufacture seu picture dicti reta- 
buli. De qaibus florenis cl se bene tacitum et contentum tenuit, et de 
eisdem et tota summa dictos compriores, et per eos dictam luminariam 
quitlavit et absolvit. Cum pacto, etc... Actum Massilie, in appotheca met 
notarii. Testes, dominus Stephanus Darsaqui, JohannesGhabassii, Bernar- 
dus de Portali, sahbaterius. 

(Protocole de Barthélémy Darneti, 1*197, fol. 907 v° à a 10.) 

IV. Retable pour l'église de Saint-Sébastien d'htres. 

(ai juillet 1*197.) 

Anno incarnationis Domioi m° 1111 e lxxxxvii et die xxiiii menais julliL 
Notum sit, etc., quod viri bonorandi et discreti Bartholomeus GappeJli, 
mercator, et Bernardinus Simonis, pictor, cives et habitatores civitatis Mas- 
silie, pro pingendo quoddam retabulum in ecclesia loci de Ystrio, sponte, 
bona fide, gratis et ex eorum certis scientiis, per se et suos, ad pacta et 
conventiones, in Dei nomine, sibi ad invicem et vicissim, mediante stipa- 
latione solemni et valida [suppl. devenerunt] in hune modum. Et primo, fuit 
de paclo inter dictas partes habito et convento , soiemnique et valida stipula- 
tione firmato, quod dictus magister Bernardinus teneatur et debeat, prout 
se facturum promisit, depingere seu pingere, bene, débite et decenter, 
et cum bonis coloribus, videlicet, unum retabulum quod ûeri facit vir 
honorandus Johannes Cappelli, mercator de Ystrio, et hoc in ecclesia Beau' 
Sebastiani , secus portale dicti loci. Hoc modo videlicet, quod totus campus, 
molliras et pillaria, et les claravoyes, sint ex auro ûno; et ita fiet in sca- 
bello ipsius retabuli, ita quod le revers desuper dicti retabuli depictus sit 
ex azuro bono et fino, excepto azuré d'Accre; et in dicto revers sit seminato 
(sic) steliis auri. — Item plus , fuit de pacto , etc. , quod idem magister Ber- 
nardinus, pictor, faciet et depinget in quinque parquetis dicti retabuli , cum 
bonis et finis coloribus, videlicet, quinque ymagines, quarum prima erit 
ymago béate Marie cum infante in brachio, cum veste seu mantello de 
azuro fino et bono, cum folderatura ad discretionem dicti pictoris; que 
ymago erit erelecta (sic) et sub pedibus, et gamorra ipsius virginis Marie 
erit et esse debeat ex broquato aureo. In vero aliis parquetis, faciet yma- 
gines beatorum Jacobi, Joannis Baptiste, Pétri et Sebastiani, cum bonis 
picturis, et coloribus talibus ymaginibus pertinentibus. Et totas picturas 
ipsius retabuli faciet, ut dictum est, bene, decenter et débite, cum oleo. 
— Item , in scabeUo dicti retabuli , faciet idem pictor et depinget xn ap- 
postolos, cum Ghristo in medio. — Item, in dicto lo revers dicti scabelli, 
faciet idem pictor et depinget ymaginem Dei patris,ut decet; plus, ymagi- 
nem sancti Erasmi, ut decet, neenon ymaginem sancte Barbare; et hoc 
erit in una parte; et in alia parte, depinget ymaginem beati Bartholo- 
mei et sancte Margarite, ut decet. — Item plus, fuit de pacto, etc., quod 



— 258 — 

lomeo Cappelli, ibidem presenti, etc., se ab eodem habuisse, omnibus 90I0- 
iionibus inclusis in hujusmodi confessione, videlicet, florenos centam quin- 
quaginta de rege; quos habuit, ut asseruit, in presentia mei notarii et 
teetium subscriptorum . . . Actum Massilie, in appotheca mei notarii. 

(Protocole de Barthélémy Darneti , 1 £97, fol. 191.) 

V. Retable de V adoration des Mages pour VégUte de» Frères Mineure de MarseSk. 

(16 février i5oo.) 

Contrat passé, le 16 février 1A99, entre Josse Liflerin, et Raphaël Rot- 
lang, marin, et Henri Satissor, fuslier de Marseille, pour faire un retable 
de bois de noyer, de 10 palmes de haut sur 9 de large, pour la chapelle 
de Bethléem, dans l'église des Frères Mineurs de Marseille, à l'imitation do 
retable de la Transfiguration de la même église. Le sculpteur devait rece- 
voir ao florins pour son œuvre. Voici la partie de la convention qui con- 
cerne le peintre : 

Pacta Raphaelis Rostagni cum magistro Jos Lifrin. — Anno et die pre- 
dictis. Notum ait, etc., quod discretus vir Raphaël Rostagni, marinarius cm- 
tatis Massilie, cum magistro Jos Lifrin, pinctore, habita tore dicte civkatu, 
depinctando unum retaule in ecclesia Fratrum Minorum, et in cappella 
Nostre Domine de Bethléem sive de Bon viage, pacta fecit, mediahte stipu- 
latione, ut sequitur: — Et primo fuit de pacto quod dictus Lifrin teneatnr 
etdebeat, et ita promisit, penher lodit retaule, so es Nostra Dama en lo 
miech del retaule, ambe l'enfant al bras, que tetta. — Item, los très Reys a 
la man drecha, que venon uffrir, e a l'autra banda Nostra Dama, ambe 
Josep e lo petit enfant, e l'aze. — Item, al dessus, Dieu lo Payre al mitai), 
sant Teaume a la man drecha, e a la man seneslra sant RapheL — Item, 
al pe de Nostra Dama, ung precant, e a Fautra , una precanta. — Item, a 
l'escabeila, 1res ymages, so es Jhesu Christ salhant del sépulcre, sancUi 
Barbara de una part, e sancta Clara de l'autra. — Item, que las tinchas 
del dit retaule seran de bonas e degudas tenchas, a la semblanssa de 
quellas del retaule de Sant Anthoni de la dicha gleysa; los dîadeuias elas 
stellas del revestiment seran d'or, la cappella de Nostra Dama, d'asur. — 
Item, es de patil que, se lodich retaule si gastava per deffaut de la fiista, 
que el non sia tengut d'aquella dicha démettre. — Item , que aia lodich 
mestre, per la dicha obra, florins quarauta, fenidal'obra. — Item, lodich 
Jos sia tengut de penher una nau al dessus de la capella. — Item , devant 
l'ymage de sant Theaume, una nau. — Item, deia estre fach enfra quatre 
nieses après que aura reseuput lo retaule. — Renunciantes , etc. . . Obli- 
geantes, etc... De quibus, etc.. Actum in ecclesia Fratrum Minorum... 

(Protocole de Matthieu d'OHères, 1 /199 , fol. 5o , 
chez M. de La {jet, notaire à Marseille.) 



— 260 — 

Les trois premières lignes ont 5o millimètres, les quatre sui- 
vantes &o, l'avant-dernièrc 35, la dernière 5o. 

Sur le bandeau qui surmonte le dé du cippe on lit les lettres D 
et M, la première en partie brisée et plus haute que la seconde. 
Entre les deux on voit la partie inférieure de la patella tradition 
nelle. 

Les autres lignes sont gravées sur le dé du cippe. 

Ligne 1 . — Les quatre premières lettres sont visiblement : un A 
sans barre, comme un A grec, ce qui est un fait très fréquent dans 
les inscriptions de la Gaule en général et de Bordeaux en particulier; 
— V bien gravé; —RI; — viennent ensuite un L formé d'une haste 
verticale terminée en haut par une langue ou cédille qui s'infléchit 

vers la droite [ ; cet L ressemble assez à l'L cursif des graffiti de 
Pompéi, mais avec cette différence que l'L cursif ordinaire a son 
prolongement tourné vers la gauche, vers le commencement du 
mot, et non , comme dans notre inscription , vers la fin ; — un second 
I; —un V arrondi comme notre U majuscule;— un S droit et grêle. 

On a ainsi le nom propre AVRJLIVS; AuriUus pour AurcUus n'a 
rien qui doive nous étonner; Yi pour Ye se rencontre assez souvent 
dans les inscriptions et, à Bordeaux même, précisément pour ce 
nom d'AureUtuM. On sait que ce fut le nom de famille le plus 
répandu dans l'empire au m* siècle. 

A cheval sur le montant de droite du dernier V, on aperçoit un 
petit C qui parait suivi d'un point. Il faut voir là l'abréviation C* 
du prénom Coins, oublié et mis après coup par le lapicide. 

Ligne a. —S; —V recourbé à la base comme le précédent, comme 
le seront tous les autres; —Ml, deux M liés ensemble; — un autre 
M; — trois jambages III, le premier un peu plus long que les autres. 

<o d m e r 

m e M O B I A E 
a u B I I I A E S 

mmm\E vixi r 

a n N XXXV 
W8LVSTIVS CONIVG 
t opTlfA E POSVIT 

Musée de la rue Jean-Jacques fiel, n° 106. Il est à remarquer sur cette bizarre 
inscription que certains T ne sont barrés qu'à droite, que VI d'Auriliae n'a point de 
barre, et enfin que les R sont partout remplacés par des B. 11 faut lin* : [D{is) 
m(ant6iu) et [me]moriae [Au]riUae S. . . .aê, vixit [an]nos xxxv, [Salf]hutius con- 
jug[i op]Um(a)e potuit. 






y.. 



TIOK TROITVÏE A BOHDEAUX 



— 261 — 

On peut lire ainsi cette seconde ligne : SVMMMllL 

Ligne 3. — La première lettre est un L, fait comme celui d'Àu- 
rilius; — viennent ensuite un Ë dont la haste fait saillie en haut, ce 
qui est fréquent à Bordeaux, même dans les inscriptions les mieux 
gravées; — un S plus incliné que les précédents. 

Ces trois lettres réunies aux précédentes forment, sans aucun 
doute, le mot Ml II LES; nous avons donc affaire à un soldat 

SVMM qui précède doit être l'abréviation du cognamen du soldat, 
dont nous possédons déjà le prénom et le nom. On peut songer à 
Summus ou à des cognomina formés de ce mot (1) . 

MllILES pour miles peut s'expliquer de différentes manières : si 
le second jambage est un / incomplet, on lira m&les, redoublement 
fautif comme on en rencontre quelquefois, par exemple, à Bor- 
deaux, locucum pour hcum^\ ffiUa pour JUia^\ peut-être deux de 
ces hastes forment-elles un H et faut-il lire MIHLES ou, comme 
dans une inscription du Musée de Mayence W, MHILES; peut-être 
encore doit-on voir Ik un simple redoublement de l'I, comme nous 
verrons plus bas dans la même inscription, un redoublement de 
TO, comme on en trouve par exemple dans le MILHITAVERVNT 
d'un diplôme de l'empereur Decius (5) . 

(D Cf. une Swnmula à Mayence , Brambach , 9 a 3 ; un Sum(m)arius , Corpus , t III , 
n° 6985; des Summachus, i VIII, n" 3oi6, 53/17; Summums, t III, n° 54*4; 
Summamma, t. X, n° 6997, etc. 

W Robert, loc. cit., p. 39. 

(3) Sansas, Notice sur diverses sépultures, p. 39. 

< 4 > Brambach, 13 33. La lecture MHILES est très certaine. Voici d'ailleurs l'in- 
scription tout entière, d'après un excellent estampage que je dois à l'obligeance de 
M. le directeur du Germanisches Muséum de Mayence, et dont je suis heureux de 
le remercier ici. 

CAEVSHAN 

ELI -F- MHILES 

EXCOH-MTV 

RAIORVM 

ANNORVM 

L-STIPENDIo 

RVM-XIX 

H- S- E- 

IAMLICVS- 

FR ATER- F 

M Corpus, t. III, p. 898, 1, k. 



— 262 — 

Les lettres suivantes, dans cette même troisième ligne, sont : 
un très petit O, suivi de trois hastes, dont la première, plus haute 
que les autres, est très rapprochée de i'O. Ces lettres sont inexpli- 
cables si 1 on y voit simplement des majuscules épigraphiques. Mais 
on peut y chercher aussi des lettres de l'alphabet cursif : nous 
sommes autorisés à le faire, puisque les deux alphabets ont été em- 
ployés concurremment, semble-t-il, par le lapicide. Dans ce cas, le 
D de notre inscription O/ n'est autre chose que le D, o/ des graffiti 
de Pompéi M ou des tablettes de cire de Transylvanie, qui aurait été 
rectifié et redressé W. Les deux barres qui suivent, II , représentent E, 
comme à Pompéi, comme dans une inscription de Bordeaux^, 
comme dans un grand nombre d'autres, en particulier du centre de 
la Gaule. On a ainsi la préposition de; or miles de legione est une 
formule très fréquente dès la fin du m* siècle, au temps auquel 
appartient sans doute notre inscription. 

Et, de fait, la lettre qui suit, f, est bien un L, la première lettre 
du mot legio. 

De quelle légion faisait partie notre soldat? 

Laissant de côté les signes qui suivent immédiatement l'L, nous 
avons les lettres EMI | NOOR. On pense tout de suite, et c'est 
l'idée qui est venue à M. Mommsen^, à une légion Gemina, qu'on 
pouvait appeler à la rigueur legio Geminorum. On est donc en droit 
de se demander si les signes qui précèdent ne représentent pas la 
lettre G. 

Ces signes se composent dune haste verticale à laquelle semble 
se rattacher une sorte d'accent circonflexe W surmontant un petit O, 

ainsi: |0. Or, de toutes les lettres de l'alphabet cursif, x'est du g 
que cet assemblage de signes, je ne dirai pas se rapproche le plus, 
mais s'écarte le moins. Certains graffiti de Pompéi (f)) donnent t; 
une tablette M de l'an 167 donne c On trouvera sans doute qu'il 
y a beaucoup d'écart entre ces formes et celle de notre inscription, 
et cela est très certain : ce ne serait pas la seule étrangeté paléo- 

W Corpus, t. IV, pi. A, m, i3. 

W Corpus, t. III, pi. A, 16. 

Œ SIIVIIRA SIIVIIRI,etc.,Jouaonet,it«a^mie^fior^atur, i83a, pi. 1, 16. 

W Ephemeris,L V, p. 196, n° 1. 

W H est impossible de voir là une cassure de la pierre. 

W Corpus, t. IV, table I, 11, 1. 

M Corpus, t III, p. o,5o, ligne 11. 



— 263 — 

graphique que présente ie monument d'Aurilius. En tout cas, si 
ces signes ne représentent pas un G, il est difficile de ne pas ad- 
mettre qu'ils tiennent la place de cette lettre. 

Dans l'E qui suit, la haste fait saillie en haut et en bas f ; fM 
et l'I ne présentent rien de particulier. 

Nous proposons donc de lire celte ligne LESDELGEMI. 
• Ligne 4. — N OO; les deux O rapprochés l'un de l'autre in- 
diquent peut-être l'O long de Gêminorum, fait assez rare en épigra- 
phie. — RCI: cet I est recourbé dans le haut vers la gauche, 1; 

— V en forme d'U; — I également recourbé, mais dans le bas, J; 

— S M;- par conséquent NOORCIVISM. 

Ligne 5. — ENSIACVS. La panse supérieure de l'S est forte- 
ment recourbée, de manière à ce que le crochet vienne se ratta- 
cher à la panse inférieure 3, ce qu'on trouve quelquefois dans les 
inscriptions de Bordeaux. 

Mensiacus est pour Moesiacus, habitant de la Mésie. On écrivait 
d'ailleurs souvent Mesiacus. La nasalisation de Ve devant 1'* dans le 
milieu des mots est très rare dans les textes épigraphiques M. 

Ligne 6. — VIXIT ANNO. Le T ne semble pas avoir été barré. 
V par erreur pour N. 

Ligne 7. — XXXIII DESVO. La formule vixit annos pourrait 
presque à elle seule nous apprendre que le monument n'a pas été 
élevé par des gens de Bordeaux; la formule usitée ici presque sans 
exception est de/unctus annos. 

Ligne 8. — SIBI FECIT. 

Ligne 9. — CONM P S(?). Conm est plutôt l'abréviation de con- 
milito ou de conmilitones y que celle de conjux, marito. L'S semble 
avoir été corrigé en C. H faut lire p(onendum) c{uraverunt). 

On peut donc transcrire ainsi notre inscription : 

/)(u) Minibus), 

C(aiiu) AuriUus 

cVumm. • • ., fittA~ 

les de l(egione) Genû- 

noor(um), civi* M- 

ensiacus , 

vixit atmo(s) 

XXXIII, dp. suo 

sibifecii t 

conm(ilitoneê)p(o)nendum) c(uraverunt). 



:■:■ 



«Vicensumara», Corpui, t. V, 7769, «7; *Oneiramnui*, t. X, ftfi86. 



Toutes les inscriptions ainsi rédigées paraissent du iv* siècle on de 
la dernière partie du ni*. 

MiUt de legioœ, signifiant la même chose que mile» legitmit, ap- 
partient exclusivement au bas empire. Le de suivi de l'ablatif pre- 
nant la place du génitif, c'est le latin populaire pénétrant dans le 
style épigraphique. Dans les premiers siècles, ou trouve presque 
toujours tffponit: quelquefois e legïme; le génitif indique que l'on 
fait partie de la légion, la préposition ex, que l'on en est sorti: en 
bon style, veterattus t iegione s'oppose à mîlet legitmit. Le de semble 
parfois tenir lieu d'ex : il peut désigner un protector (a) , un vé- 



Momiran, I terme,, XIX, p. 35-38. 

sProlerlor, de numéro Araigerorum-, Corptu, t. V, n" 87A7; 
imero Bataiorum seniorum», ibid., L V, 0* 87S3. 



"k 



— 265 — 

téran W, sortis d'une légion. Le plus souvent il désigne, correspon- 
dant en cela à l'expression française, « le soldat d'une légion n^\ 
t l'habitant d'une province ( 3) ». 

La légion des Gemini n'est autre qu'une des légions qui por- 
taient le nom de Gemma. C'est encore là une habitude que prit la 
langue administrative depuis Dioctétien, de désigner une légion, 
non plus par son numéro d'ordre, mais par son surnom. Autrefois 
pour désigner les soldats de la prima ItaUca, par exemple, on disait 
les Primani; on dira, au iv* siècle, les Italidani^. De même que la 
légion des Minervii est la même que la prima Minervia, de même 
celle des Gemini est l'appellation bâtarde d'une legio Gemma. 

III. Mais de quelle légion s'agitril? 

Quatre légions ont porté, dans l'empire romain, ce surnom de 
Gemina. Je laisse de côté la prima Flavia Gemina et la secundo Flavia 
Gemina, qui n'apparaissent qu'au V e siècle, et seulement dans la 
NotUia®. — La sepûma Gemina, la seule légion qui, depuis Vespa- 
sien, campât en Espagne. — La décima Gemina, qui séjourna un 
moment en Espagne, puis en Germanie, enfin en Pannonie, où elle 
campait à Vienne même. — La iertia décima Gemina, qui, elle aussi, 
servit tour à tour sur les bords du Rhin et sur ceux du Danube : 
Trajan l'établit en Dacie , où elle resta jusqu'au temps de l'éva- 
cuation de la province, sous Aurélien; elle suivit alors les colons 
sur la rive droite du Danube, et s'établit avec eux dans la petite 
province de Dacie, que l'on créa aux dépens de la Mésie. — La 
quarta décima Gemina, qui, après avoir combattu en Bretagne et en 
Germanie, fut fixée en Pannonie au m* siècle. 

Pour retrouver la légion de notre Aurilius, il faut s'aider des 
excellentes listes des légionnaires que M. Mommsen vient de dres- 
ser W. Nous voyons, d'après ces listes, que la VII Gemina était pres- 
te «Veteranus de Menapis», Mowat, Inscriptions de Parié, p. 58, etc. 

O «Miles, de numéro Travisianon, Corpus, t. V, n° i5g3; ff miles, de numéro 
Cadisiano» , ibid. , t. V, n° 1 5o,o ; « eques , de ala Patrui» , ibid, , t. IX , n° 733 ; « circi- 
tor, de vixillalione Catafractariorum», ibid., t. V, n° bySli, etc.; cf., ibid., p. io6â. 

( 3 > trGorgonius memoriam posuit compari sue carissime, de prorincia Dalmatia*, 
Corpus, t. III, n° 644 1; «de Tusdro», ibid., L VII, n° MU. 

'»*) Dans la Notitia dignitalum, les Joviani correspondent à la /* Jovia; les Miner- 
vii, à la f Miner via; les Herculiani, à la //* Herculia; les Augustani, à la M* Au- 
gusia; les Marieuses, à la IV" Martia; les Ulpianenses, à la XXX 1 Ulpia. 

< 5 > Orient, 7, 8 et 9. 

( *> Epkemeiis, t V, fasc. 1. 



— 266 — 

que uniquement formée d'Espagnols; il n'est guère admissible que 
le Mésien Aurilius ait été envoyé des bords du Danube pour servir 
dans une garnison pyrénéenne. Restent les légions danubiennes : 
deux campées en Pannonie, l'autre en Mésie. Il n'est pas invrai- 
semblable qu'Àurilius ait servi dans Tune des deux premières; il 
est plus vraisemblable que, né en Mésie, il aura été envoyé daus 
la légion de Mésie, la XIII Gemina. 

Comment se fait-il, maintenant, qu'un soldat né en Mésie, ser- 
vant dans une légion campée sur les bords du Danube, soit venu 
mourir à Bordeaux, et y ait été enterré par des compagnons 
d'armes? H faut admettre, de toute nécessité, que la légion XI 11 Ge- 
mina, ou qu'un détachement formé de soldats de cette légion ait 
quitté son campement de Mésie et soit venue séjourner ou passer 
à Bordeaux. 

Cela n'eut certainement pas lieu pendant les trois premiers 
siècles : il y eut, il est vrai, des combats en Gaule, où prirent part 
des armées de Mésie; mais elles ne dépassèrent pas, sous Septime 
Sévère, le champ de bataille de Lyon; sous Aurélien, celui de 
Châlons-sur-Marne. 

On peut songer au règne de Constance, sous lequel des corps 
de Mésiens^, en 36o, traversèrent la Gaule; mais ils passèrent par 
la Belgique, pour aller s'embarquer à Boulogne à destination de 
l'Angleterre. 

On peut songer encore aux guerres du début du v e siècle, 
qui ensanglantèrent longtemps l'Aquitaine, à l'armée venue à la 
suite du comte Constance pour chasser les Goths et renverser les 
usurpateurs; mais il est impossible de placer si tard notre inscrip- 
tion. 

Il ne reste qu'une seule hypothèse à faire : les guerres de Maxi- 
mien en Gaule de 286 à 290. Maximien eut à réprimer les révoltes 
des Bagaudes qui se sont étendues fort avant dans le centre de 
la Gaule. De quelles troupes se servit- il? Les légions germaines ne 
pouvaient toutes quitter le Rhin, sans cesse menacé par les barbares; 
d'ailleurs, un certain nombre servit à l'expédition de Bretagne. 
C'est du Danube que devaient venir les secours : c'était alors la 
seule région de l'empire qui fût bien calme. Les victoires de Claude 
le Gothique firent taire pour un siècle en Mésie le bruit des armes. 

(,) Numéris Mœtiacorum, dit Àmmien, 20, t, 3. 



— 267 — 

De plus, les troupes du Danube étaient les meilleures de l'empire, 
les plus aimées des princes, qui étaient sortis de leur rang. Par- 
tout, au temps de Dioclétien, partout où un César, où un empereur 
fait la guerre, il veut avoir avec lui des légionnaires Mésiens ou 
Pannoniens. 

La XIIÎ Gemma , peut-être aussi la X et la XIV, dont un soldat 
est venu mourir de Bordeaux à Saintes M, a pu accompagner Maxi- 
mien en Gaule, et y séjourner avec lui de Tan 286 à Tan 296. 

C'est cette date que nous assignerions à l'inscription de Bor- 
deaux. 

Nous n'affirmerons pas qu'il y a quelque vérité dans ce tissu 
d'hypothèses : nous les donnons pour ce qu'elles valent. Si le pro- 
blème n'est pas résolu , de plus compétents pourront au moins le 
faire à l'aide de l'héliogravure jointe à notre travail. 

Camille Jullian. 

« Audiat, Epigraphie tontine, p. /17 : L- AVTIVS-EF | ANIFORIVLI | 
MIL LEG-XIIII | GEM ANNO | XXXV STIP XV | H- SE. 



du Comité. 

M. le Secrétaire lit In correspondance: 

La Société historique et archéologique de la Diana, à Montbrison, 
adresse uue demande de subvention pour l'aménagement de son 
musée. — Renvoi à M. Bertrand. 

La Société scientifique et littéraire des Basses-Alpes adresse 
une demande de subvention à l'effet d'opérer de» fouilles dans la 
commune de Moiillort (Basse s- Alpes). — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Barbier de Montault, correspondant du Ministère à Poitiers, 
envoie : t° la copie par exlrait de quinze testaments du m' au 
xvn* siècle, et a" une notice sur une ancienne gravure italienne 
représentant la mosaïque du (riclinium de Lalran. — Renvoi à 
M. MûnU. 



— 269 — 

M. Béuet, correspondant du Ministère à Mâcon, envoie commu- 
nication d'un article de l'Union républicaine de Mâcon, sur une 
monnaie du xi* siècle récemment trouvée à Toumus (Saône-et- 
Loire). — Renvoi à M. Schlumberger. 

M. Bondurand, archiviste du département du Gard, envoie la 
copie de trois inscriptions du moyen âge récemment trouvées à Nîmes. 
— Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Pouy, correspondant du Ministère à Amiens , envoie le fac-similé 
d'une inscription gallo-romaine trouvée à Saint-Àcheul. — Renvoi 
à M. Héron de Villefosse. 

M. Terninck, correspondant du Ministère à Bois-Bernard (Pas- 
de-Calais), adresse un travail sur les antiquités du Pas-de-Calais, 
classées par époques et par localités. — Renvoi à M. Bertrand. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Remarques sur un tarif récemment découvert à Palmyre, par M. Ga- 
gnât. 

L'alignement des grosses pierres dans la commune de Vanxains 
(Dordogne). — Le souterrain-refuge de la Croix-de-Boby, commune de 
Celles (Dordogne), par M. Miche lHardy. 

Fouilles archéologiques à Nixéville (Meuse), par M. Ch. Le Beuf. 

Les larcins de M. Libri à la Bibliothèque publique d'Orléans, par 
M. Loiseleur. 

Collection des monuments épigraphiques du Barrois. — Étude sur les 
monnaies antiques recueillies au Châtel de Bonolles de 1802 à 187Ù. — 
Note sur V origine du gros tournois. — V enfant à la crèche. — Nantois. — 
Lettre à M. Rénier Chalon. — Catalogue de la collection de M. P. Charles 
Robert , exposée au musée rétrospectif du métal en 1880. — Monnaies inédites 
(TAdhémar de Monteil, évêque de Metz. — Numismatique soissonnaise. — 
Numismatique de Remiremont et de Saint- Dié. — Note sur une nouvelle 
série de monnaies «h la croix»; monnaies des Cadurques, par M. Maxe- 
Werly. 

Supplément aux études sur Farchitecture religieuse de TAgénais. — 
Documents sur le mobilier du château d'Aiguillon confisqué en îjgz, par 
M. Tholin. 

Le Comité décide que ces ouvrages seront déposés à la Biblio- 
thèque des Sociétés savantes et que des remerciements seront adressés 
aux auteurs. 



— 270 — 

MM. Courajod et Héron de Villrfossb sont désignés pour sur- 
veiller, en qualité de commissaires responsables, l'impression du 
Répertoire archéologique des Hautes-Alpes rédigé par M. Roman. 

M. Anatole de Barthélémy lit un rapport sur une demande de 
subvention formée par la Société archéologique de Sens. Outre 
son Bulletin , cette Société a publié plusieurs volumes intéressants. 
Tout récemment encore elle a fait paraître le Cartulaire Sénonais 
de B. Taveau; elle a fait des sacrifices considérables pour l'organi- 
sation d'un musée archéologique, elle a sauvé de la destruction une 
précieuse série de monuments ou de fragments antiques découverts 
lors de la démolition des anciens remparts de Sens. Faute de res- 
sources, elle a dû interrompre depuis assez longtemps déjà la pu- 
blication du recueil de planches qu'elle avait entrepris sous le titre 
de Musée gallo-romain de Sens, le Comité estime en conséquence qu'il 
y a lieu d accorder à cette Société une subvention aussi large que 
possible, pour l'aménagement de son musée et l'achèvement de son 
recueil. 

M. Anatole de Barthélémy lit un rapport sur une demande formée 
par M. Voulot, conservateur du Musée d'Épinal, à l'effet d'obtenir 
une subvention qui lui permette d'opérer des fouilles dans l'amphi- 
théâtre de Grand (Vosges). Quelques sondages faits par ce corres- 
pondant ont mis à découvert un escalier et des murs qui donnent 
à penser que, sous les terres qui recouvrent le monument, il reste 
des substructions beaucoup plus importantes que les recherches 
trop sommaires faites jusqu'ici n'autorisaient à le supposer. M. Voulot 
voudrait entreprendre une exploration sérieuse et méthodique qui 
remît au jour tout l'ensemble de l'édifice. Le Comité s'associe volon- 
tiers à ce désir, mais la dépense serait sans doute considérable. 
Aussi le Ministère de l'instruction publique ne pourrait-il y contri- 
buer que le jour où des particuliers éclairés et jaloux de conserver 
les souvenirs archéologiques de leur région s'entendraient avec la 
Société d'émulation des Vosges pour faire des fouilles régulières. 

M. Alexandre Bertrand lit un rapport sur une demande de sub- 
vention présentée par la Société académique de l'Aube, à l'effet de 
reprendre les fouilles faites à Troyes en 1 855 lors de la construction 
du nouvel abattoir. La récente acquisition laite parla ville de Troyes 
de divers immeubles attenant au terrain exploré en i855 permet 



— 271 — 

d'espérer des découvertes intéressantes. On se rappelle en effet que 
les premières fouilles ont fait retrouver des constructions romaines 
très importantes, qui ont enrichi le Musée de Troyes d'objets nom- 
breux , entre autres de deux mosaïques bien conservées. Le Comité 
estime, en conséquence, qu'il y a lieu de prendre en considération 
la demande de la Société académique de l'Aube. 

M. Héron de Villefosse lit un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par la Commission des monuments historiques de 
la Gironde à l'effet de dégager une mosaïque récemment découverte 
en creusant les fondations des contreforts de l'église de Plassac. 
La partie de cette mosaïque qui a pu être reconnue n'offre que des 
dessins d'ornement; avant d'entreprendre des fouilles plus considé- 
rables, il importerait de constater, à l'aide de sondages, si la partie 
centrale ne contient pas des figures, et le Comité est d'avis qu'il y 
a lieu d'accorder à la Commission des monuments historiques de la 
Gironde une petite subvention qui lui permette de faire opérer ces 
sondages. 

M. Alexandre Bertrand rend compte d'une lettre par laquelle 
M. l'abbé Hamard, curé de Hermès (Oise), annonce la découverte 
d'un four romain. Cette découverte parait offrir un certain intérêt, 
mais les détails donnés par l'auteur de la communication sont trop 
incomplets pour qu'il soit possible de les analyser. 11 en ressort 
seulement que les six cheminées qui servaient de prise d'air au four, 
sont encore en assez bon état.* M. l'abbé Hamard manifeste le désir 
que quelque personne compétente vienne étudier sur place les dis- 
positions de ces substructions avant qu'elles soient détruites. Mais 
il faut se hâter, car le maire de Hermès n'a pu en garantir la con- 
servation que pour quelques semaines. En attendant, M. Bertrand 
propose d'insérer au Bulletin le passage suivant de la lettre de 
M. Hamard : 

rr Je viens de découvrir dans l'antique cité de Ratumagus, sur les 
flancs du mont de Hermès, un four romain, à 3 m ,70 au-dessous 
du niveau actuel du sol. Il forme un carré parfait de 3 mètres de 
coté. Il est construit en gros moellons de pterrc dure, et l'on des- 
cend au fond par un escalier eu pierre composé de cinq marches 
hautes de o m ,35 et larges de o m ,2o. Ce four était rempli de tuiles 
et de briques brisées de grandes dimensions. Parmi les décombres 



— ?72 — 

j'ai trouvé plusieurs pièces de monnaie d'Antonin, des épingles 
en os, un petit lion en bronze, servant de poignée à je ne sais quoi; 
deux meules de moulin, un grand compas en fer dont les extrémités 
se terminent par de petites boules; de nombreux tronçons de colonnes, 
un couperet en fer, plusieurs poids en marbre et en plomb, un 
moule à briques, et une bague en argent avec une pierre gravée, où 
Ton croit voir deux pigeons; enfin une foule d'autres petits objets 
en fer sans importance. » 

M. l'abbé Hamard a joint à sa lettre un petit croquis, dont 
M. Alexandre Bertrand demande le dépôt au Musée de Saint Ger- 
main. Le Comité adopte cette proposition et désigne M. de Lasteyrie 
pour aller sur place examiner la découverte de M. l'abbé Hamard. 

M. Alexandre Bertrand lit un rapport sommaire sur une lettre 
adressée au Comité par un sieur Eugène Martin, habitant de Neuvy- 
sur-Baraugeon (Cher), qui annonce qu'il est possesseur d'une belle 
série de bronzes gaulois découverts par un paysan de sa commune 
en labourant son champ. 

ff Celte découverte remonte au 8 mars, elle consiste en : une hache 
à ailerons et à douille, couteaux, faucilles, ciseaux, poinçons (?) M, 
quantité de bracelets d'un travail délicat, pendeloques et anneaux à 
grelots, plus, ajoute le sieur Eugène Martin, «bien d'autres objets in- 
connus pour moti), parmi lesquels cependant il croit reconnaître un 
moule de hache en bronze, des débris de vase, des fragments de 
colliers et beaucoup d'objets de parure de femme. Ces bronzes sont, 
dit-il, d'une belle conservation. Nous sommes très probablement eu 
présence d'une cachette de fondeur et il ne faudrait pas laisser dis- 
perser ces objets avant qu'ils aient été dessinés ou photographiés, 
si les Musées de Bourges ou de Saint-Germain ne peuvent en faire 
l'acquisition. Il faudrait, avant tout, charger un de nos correspon- 
dants officiels d'aller examiner et étudier ce petit trésor et s'en- 
quérir des conditions auxquelles le possesseur serait disposé à les 
céder à un établissement public. » 

Le Comité décide que l'on écrira à M. Buhot de Kersers, corres- 
pondant du Ministère à Bourges, pour le prier de se rendre à Neuvy 
et de recueillir tous les renseignements nécessaires pour apprécier 
l'authenticité et l'intérêt de cette découverte. 

O Le correspondant écrit poissons, mais tous les mots de sa lettre ou à peu près 
sont défigurés de la même manière. 



— 275 — 

de rappeler avec quelle scrupuleuse exactitude la bibliographie est 
traitée dans tous les grands recueils épigraphiques. Il est regret- 
table que M. Barbier de Montault ait négligé de s'inspirer de ces 
excellents exemples. Sur les onze inscriptions reproduites par lui, les 
cinq plus intéressantes ont été publiées déjà par M. de Longuemar 
avec des variantes presque insignifiantes. Ce sont les épitaphes de 
Jean Boilesve (f t&gS)* 1 ', de Pierre Pidoux» seigneur de Mala- 
quet (f i635) (2) , et du marquis de la Galissonnière (f 1 737) < 3) ; la 
première pierre de l'ancien Hôtel-Dieu de Poitiers ( 1675) M , et en- 
fia l'inscription commémorative de la reconstruction de la façade de 
l'église de Fontaine-le-Comte par l'abbé Guy Doucet(i435-iû3Ô) (5) . 
Dans ces cinq textes M. Barbier de Montault ne nous parait avoir 
relevé qu'une seule erreur qui ait quelque importance, elle concerne 
la date de la mort du marquis de la Galissonnière que M. de Lon- 
guemar a lue 1736 et que M. Barbier de Montault lit 1737. 

Les six autres inscriptions poitevines signalées par notre corres- 
pondant sont sans doute inédites, mais elles n'ont guère d'intérêt 
pour l'archéologie proprement dite. La première, dontle texte s'est 
conservé dans un manuscrit du xviii siècle, entourait le cœur do 
Madame de Croze, supérieure des sœurs de l'Union chrétienne de 
Portiers, morte en 1710; les autres sont peintes sur des tableaux 
du xvn* siècle conservés à Poitiers. L'une reproduit une devise ba- 
nale; une autre donne le nom de Madame de Polaillon, fondatrice 
des sœurs de l'Union chrétienne de Poitiers, dont elle accompagne 
le portrait; deux autres enfin nous donnent les signatures des 
peintres Jean Boucher (1618) et Pichon (1699). Ce sont des docu- 
ments qui intéressent plutôt le Comité des Beaux-Arts que celui 
d'Archéologie et qui seraient mieux placés dans les archives de la 
Commission de l'Inventaire des richesses d'art de la France, que 
dans celles du Comité des Travaux historiques. 

Quant à l'inscription limousine signalée par M. Barbier de Mon- 
tault, c'est une simple devise gravée sur une rondelle de cuivre et 
formée de ces deux vers : 

M Longuemar, dans les Mémoire» de la Société de» antiquaire» de l'Ouest, 
t. XXVfll, i863,n° i3 7 . 
(*) Longuemar, n° 298. 
M Longuemar, n° 370. 
(1) Longuemar, n° a k U. 
(s) Longuemar, n° 117. 



— 276 — 

• IAME LE- 
LIS-IAIME 
LA R.OSEIAI 
ME LHONEVR 

• SVR • TOVTE 

CHOSE- 

t Notre correspondant ne nous renseigne malheureusement pas sur 
la nature de cette rondelle, sur l'objet auquel elle a pu appartenir. 
Mais un croquis sommaire qu il a joint à sa copie nous fait suppo- 
ser qu'il s'agit d'une de ces plaques dont on ornait jadis la tête des 
mulets. Elle pourrait, en ce cas, être de date bien moderne, voire 
même ne pas être antérieure au commencement de ce siècle, mais 
nous n'osons nous prononcer sur sa date, la grossièreté du travail 
ne fournissant que des éléments trop incertains pour apprécier l'âge 
des objets de cette espèce. 75 

M. de Lastbvrie lit un rapport sur une communication de 
M. Dramard», conseiller à la cour de Limoges, au sujet du sceau de 
Guillaume Ménier, châtelain d'Étampes. 

«M. Dramard avait déjà signalé jadis au Comité la matrice de ce 
sceau, découverte en 1866 par un maçon d'Étrechy et conservée 
actuellement au Musée d'Étampes. Le rapporteur chargé d'exa- 
miner cette communication avait manifesté ' le regret qu'une em- 
preinte de cette matrice n'eût pas été envoyée au Comité afin 
qu'on pût la comparer avec un sceau du même personnage, con- 
servé en original aux Archives nationales M. M. Dramard a voulu 
faire droit à ce desideratum, et il adresse cette fois une excellente 
épreuve sur cire de la matrice du Musée d'Etampes. 

<rEn comparant les deux pièces, il est facile de reconnaître que, 
malgré la similitude du type et l'identité de la légende, le sceau 
des Archives provient d'une matrice autre que celle d'Etampes, et 
antérieure à cette dernière d'un certain nombre d'années. Il existe 
probablement entre les deux une différence de date d'une trentaine 
d'années au moins. Le sceau des Archives remonte au temps de 
Philippe-Auguste, il est appendu à une charte de l'an 1211; la 
matrice d'Étampes n'est pas antérieure au règne de saint Louis. 

«En effet, tandis que sur le sceau Guillaume Ménier est repré- . 

(1) Bulletin du Comité det travaux hàtoriquet, 188a , p. 70. 



— 278 — 

au Comité dans nne précédente séance M, au sujet d'un travail 
de M. Louis Noguier, intitulé La colonie romaine de Béziers. 

«La deuxième édition de ce mémoire», dit M. Desjardins, «est 
un tirage à part d'un article inséré dans le Bulletin de la Société ar- 
chéologique, scientifique et littéraire de Béziers &K Mes premières obser- 
vations subsistent donc. Si, comme il semble, cette notice est des- 
tinée , en même temps , à tenir lieu de catalogue pour les visiteurs du 
Musée de Bésiers, il est regrettable que les monuments épigraphi- 
ques y soient reproduits en capitales modernes, que les U voyelles 
romaines (V) y soient figurés, par exemple, par des U de la typogra- 
phie actuelle; que des restitutions parfois très risquées se trouvent 
intercalées dans le texte des monuments, etc. 

«M. Noguier a bien voulu, sur ma demande, nous adresser l'es- 
tampage de la très importante inscription n° 16 de son recueil et 
de celle qui est gravée au revers de la même pierre < 3) . Voici le texte 
de cette inscription : 

L • TE RE N TIO 

POTITO- FIL- AGEN 

XXVII- DEC VRIONI-C 

CLAVD-LVTEVA-QirVIRi 

L • TE R E NTIO • PO 

crRien n'autorise à inscrire la colonie de Luteva dans la tribu Pu- 
pinia. L'ancien Forum Neronis Lutevanorum, dont parle Pline W dans 
ses tables, dressées sans doute d'après des documents officiels anté- 
rieurs à la mort d' Agrippa (12 av. J.-C.)( 5 ), est devenu cité romaine 
après le conventus de Narbonne (27 av. J.-C), dans lequel avait 
dû être arrêtée la liste des soixante cités de l'ancienne GaUia comata 
de César (•), réparties dans les très provinciae , et probablement aussi 
la liste des cités de la Narbonnaise. 

«r L'inscription de L. Terentius nous apprend que Lodève dut rece- 
voir, de l'empereur Claude, le rang de cité avec le titre de colonia. 

W Séance du 11 février 188/1. — Voir le Bulletin de 188/1, p. 80-83. 

<*> Année i883, p. ao3 et suiv. 

(3Î N* 97, p. 8 1-83 du mémoire de M. Noguier. 

W « Lutevani, qui et Foroneronienset . . . <> (Hi*t. nat. III, V, al. IV, fi.) 

(*) Quelques additions, — faciles à reconnaître, comme celles de la colonia Âgrip- 
pinentii (Cologne); et de Dinia, que Galba ajouta au rôle des cités: «radjecit formulae 
Galba, » — ont été faites, sans doute, par Pline lui-même. 

W Strab. IV, m, 9. 





* 



.-1*- 



— 280 — 

M. de Grandmaison, membre non résidant du Comité , commu- 
nique une note sur une stèle antique, déposée au Musée de Tours 
et provenant de l'ancienne église de Langeais M. 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Secrétaire dé la Section d'archéologie, 
R. DE LA8TEYRIB, 

Membre du Comité. 



Nouveaux documents sur le peintre Antoine Ronzen, dit le Vénitiu. 

Lorsque nous publiâmes , en 1 880 , l'histoire du couvent de Saint- 
Maximin, le nom du peintre qui a fait le grand tableau sur bois 
conservé dans cette église, à l'autel du Corpus Domini, n'était point 
connu. Les opinions étaient fort partagées à son sujet, et voici 
comment M. Rostan, plus au courant de la question que tout 
autre, les exposait dans la seconde édition de sa Notice sur f église de 
Saint-Maximin (*>. 

«Le nom de l'artiste qui a peint ce retable est demeuré inconnu 
jusqu'à ce jour; on n'est pas même d'accord sur son origine: les 
uns le croient Flamand ou Allemand, d'autres Italien; tandis que 
ces peintures sont très probablement l'œuvre d'un peintre provençal 
du xvi° siècle, qui avait puisé ses inspirations dans ses voyages. 
C'est l'opinion de M. le duc de Luynes, que nous croyons être la 
vraie. » 

D'après une note, M. deLinas était, au contraire, d'avis que Tau- 
tel avait subi des remaniements; «la cène, le mandatum et les 
apôtres auraient été exécutés par un peintre de l'école milanaise; 
les médaillons qui entourent le tableau central appartiendraient à 
Breughel d'Enfer, qui aurait pu, à son retour d'Italie, vers l'an 159S, 
s'arrêter à Saint-Maximin pour décorer l'église; et le Christ en 
croix, ainsi que la Mise au sépulcre, seraient dus à un peintre 
franco-italien de la fin du xvi e siècle, n 

Ces suppositions ont dû faire place à des renseignements vrais et 
précis, bien qu'ils ne fussent pas tout à fait complets. Nous avons 

<*) Voir ci-après, p. 3o3, le telle de cette communication. 
M Notice sur V église de Saint-Maximin ( Var) , par M. L. Rostan ; Brignoies , 1 8 59 , 
p. 9/1. 



,•1 



— 281 — 

établi par les compta du prieur qui Ta lait faire et qui Ta payé, 
que le grand retable a pour auteur an peintre nommé Antoine le 
Vénitien. Les extraits que nous avons publiés dans la Revme des 
Sociétés sapantes &> nous ont appris que Fourrage fut terminé en 
juillet i520, après deux ans et demi de travail, et qu'il fut fait aux 
frais de Jacques de Beaune, seigneur de Semblançay, surintendant 
des finances de François I*, ce qui est confirmé par une inscription 
placée sur le devant de l'autel, avec la date du 39 mai i55io. Enfio 
une quittance autographe, que nous avons aussi publiée w , con- 
state que le peintre vulgairement connu alors sous le nom d'An- 
toine le Vénitien, prenait en signant celui d'Antoine Ronxen, ce 
qui permettra de reconnaître plus facilement son identité. 

De nouveaux documents, postérieurement découverts, nous per- 
mettent d ajouter quelques renseignements à ceux que nous don- 
nions en 1880. Nous avons quatre prix-laits d'ouvrages exécutés 
par Ronxen avant le retable de Saint-Maximin, et une lettre auto- 
graphe écrite par lui de cette ville à Marseille. Xous en adressons 
les copies au Comité, et nous consignons ici les données nou- 
velles qui ressortent de ces diverses pièces. 

D'abord, le peintre nous y apparaît encore avec son double nom, 
Ronzen et le Vénitien. Il signe sa lettre Remzen; les actes notariés 
sont passés sous le nom de Bonsimi, Ronsendi, Rossmi et Awn, va- 
riantes qui, en confirmant le nom primitif, montrent ce qu'en avait 
fait l'influence de la langue italienne. D'autre part, nous trouvons 
dans l'acte du 38 janvier i5ia, maître Antoine Ronssendi, alias lo 
Venissien et dans la quittance du i4 juillet, même année, wugisUr 
Antkomus Ymesûm. Nous sommes donc, sous ce rapport, au même 
point où nous en étions en 1880. 

Mais Fade du 8 octobre ton, où le nom de notre artiste est 
suivi des mots cwUatis Vene$ie 9 nous semble assez explicite pour 
nous faire regarder le surnom de Vénitien, qui lui est donné, non 
point comme un simple surnom ou sobriquet, mais comme un 
certificat d'origine, et Antoine Ronxen serait né à Venise d'un ar- 
tiste flamand établi dan* cette ville. A l'appui de cette origine, nous 
croyons qu'on peut alléguer la langue et le style dont il se servait 
dans des actes qui lui appartiennent incontestablement, et dont la 
rédaction lui est personnelle. Nous voulons parler de la lettre aufo- 

W 7- série, LU, 1HH0, p.*n. 

» LeùmmaimfdiÊ S*mtMnnmm; Usmtoe, tHH*, p, «33, 



— 282 — 

graphe qu'il écrivit, vers 1 6 1 8 , au notaire Massatelli , et de la quit- 
tance pareillement autographe donnée peu après au prieur de 
Saint-Maximin. Ces pièces, que l'on trouvera ci-dessous, sont 
écrites en provençal, avec des réminiscences d'italien, mais rien 
qui rappelle le flamand ou l'allemand. Ce serait le contraire, si 
Ronzen n'avait fait que traverser Venise et l'Italie. 

Ronzen écrivait donc en provençal : nous croyons qu'il avait sé- 
journé longtemps en Provence. La première fois que nous Py 
voyons, le 8 octobre i5ia , il habitait la ville d'Aix. Il paraît avoir 
encore le même domicile dans les deux actes de i5i5; mais en 
1 5 1 7, il demeurait à Marseille, et il ne pouvait en être autrement 
avec les ouvrages dont il s'élait chargé dans cette ville. La première 
œuvre qu'il entreprit à Marseille fut le retable de Saint-Joseph que 
les maîtres fus tiers firent faire pour la chapelle de leur confrérie, 
dans l'église Saint-Louis des Frères Mineurs. Le plan de ce ta- 
bleau et les sujets qui furent représentés, tant sur le retable lui- 
même que sur YescabeUe , méritent qu'on y attache une certaine im- 
portance, car ce fut probablement un des plus anciens que l'on ait 
peints en l'honneur de saint Joseph , dont le culte reçut un grand 
accroissement au début du xvi' siècle. Il aura servi de type à beau- 
coup d'autres. Pour ce travail, Ronzen s'associa avec le peintre An- 
toine Bréa, de Nice; mais il est nommé le premier dans l'acte de 
prix-fait. Les quittances qui suivent sont toutes au nom de Bréa, 
et son collègue n'y figure pas ; preuve nouvelle que celui-ci était 
absent de Marseille à ces diverses dates et qu'il faut le chercher à Aix 
ou ailleurs. 

Le 28 janvier i5i5, il entreprit de peindre seul une grande 
bannière pour la confrérie du Chapelet établie dans l'église des 
Dominicains de Marseille. Il en donna lui-même le plan qui est 
curieux et grandiose; car il proposa de placer sous le manteau 
étendu de Notre-Dame-du-Rosaire, d'un côté les principaux per- 
sonnages de Tordre spirituel, pape, empereur, cardinal, arche- 
vêque, é\êque, prélats; de l'autre, les représentants de l'ordre 
temporel, roi, reine, chevaliers, seigneurs et autres gens; tous se 
tenaient à genoux, un chapelet à la main. A côté de la Vierge, 
saint Dominique et saint Thomas, en pied; par-dessus, des anges 
la couronnant; et un grand chapelet d'or entourant la peinture 
tout entière. Le s 5 juillet i5i6, Ronzen avait remis son ouvrage 
achevé , et donnait quittance du prix. 



.t. » ». 



— 283 — 

Mais déjà, ayant la fin de l'année précédente, il avait traité avec 
les maîtres cordiers de Marseille, qui formaient la confrérie de 
Saint-Roch, et s'était engagé à leur peindre le retable de leur saint 
patron, à trois sujets: saint Roch, saint Antoine à sa droite et 
saint Sébastien à sa gauche, le tout accompagné de divers miracles 
du principal saint, et du couronnement de la sainte Vierge. La 
quittance qui est jointe à cet acte nous conduit au commencement 
de septembre 1617. 

Cinq mois auparavant, maître Ronzen avait accepté un travail 
d'un autre genre, qui nous fait voir qu'il n'était pas seulement 
peintre, mais aussi sculpteur sur bois. En effet, la date, le lieu, le 
nom, le prénom, tout nous engage à attribuer à notre artiste le 
contrat du i5 avril 1617, inséré ci-après sous le numéro 4, bien 
qu'on lui donne ici non le titre de picîor mais celui de fus tenus. Le 
nom de magister Anthonius Rossini, employé dans cet acte, appar- 
tient si incontestablement à Ronzen dans nos autres pièces, que 
nous ne saurions, dans ce dernier cas encore, penser à un autre 
que lui. Il s'engagea donc en \ ers Cosme Botegari à décorer la 
chapelle que celui-ci possédait dans F église de l'Observance de Mar- 
seille, et d'en revêtir tout le pourtour de panneaux en bois de 
noyer, ouvrés et ornés selon la forme convenue. Cet acte avec sa 
quittance nous mènent encore aux premiers jours de septembre 
1617. Après cela, nous ne trouvons plus Ronzen à Marseille. Il est 
rrai qu'il parait y avoir aussi travaillé h un retable de Saint-Pierre, 
auquel il est fait allusion dans la lettre qui va suivre; mais nous 
avons vainement cherché le prix-fait de celte œuvre d'art qu'il ne 
nous a pas été permis de voir. \ous ne pouvons donc en indiquer 
la date, et Ronzen disparaît de Marseille à partir de septembre 
1B17. 

C'est alors qu'il faut aller le chercher à SaintrMaximin, où il 
peignit un tableau qui existe encore. On sait déjà par les textes pu- 
bliés par nous*' 1 ), qu'il y terminait, après trente mois de travail, en 
juillet 1 5îo , le retable du Crucifix. Il le commença donc au début de 
Tannée 1 5 18; il est ainsi constaté qu'il quitta alors Marseille pour 
se rendre à Saint-Maximin, surtout si l'on admet qu'il y exécuta 
d'autres ouvrages, avant d'entreprendre celui qui en est le princi- 
pal. Or, c'esl ce qui semble résulter d'une curieuse leltre qu'il 



;i: 



Revut des Société* savantes, 1880, p. 911. 



— 284 — 

adressa, vers cette époque, à un notaire marseillais, son confident, 
laquelle, bien que non datée, ne peut être que de la fin de 1 &17 on 
des premiers mois de 1 5 18, peu de temps après qu'il fut parti de 
Marseille. En voici le texte fidèlement reproduit d'après l'auto- 
graphe lui-même : 

t Jésus. — Moser Mazatelli, a vos honblemens me reoomandL Vos 
avisi cornant dapos que io sui partit da Marsellia , io sui aisi al convent de 
San Maximin. Et Monsur lo prior me a fat faire una capella a la sancta Ma- 
dalena; laquai io non sui stat pagat, per que un signor de Franza deu pa- 
gar. Pertant , io non ai pogut sortir la scabela de San Peire. Io non sabi 
se elos son mal contens, et cresi que devon essere. Per tant se vos plas de 
mi far aquest plaser, de andar al quartier de San Ian , et demandar kg 
priors de San Peire; et in qualque fazon, aion un pauc de pacientia, que 
io vederai incontinent de mandar li la scabela , que sera milior fata que 
aquela da San Roc. Io vos doni tuior gran fadiga; se Dio vora, io vos re- 
conpensarai. Et vos pregi que non falias , per que vos sabes que los pin- 
très de la me volon mal. Non autres. Per lo tut vostre bon (amie) et servi- 
tor. — Antoni Ronzen, pintre. 

A San Maximin. — Vostres amolos de veire io vos las envoierai un jor. 
(Sur le dos:) Donada a miser Ian Mazatelli, notari de Marsilia. Marsilia. 

C'est le prieur Jean Damiani qui avait attiré Ronzen à Saint- 
Maximin. Originaire de Marseille où il avait sa famille, et où il 
avait gouverné le couvent de son ordre, avant d'être appelé au 
même titre auprès des reliques de sainte Madeleine, Damiani avait 
dû connaître notre artiste lorsqu'il travaillait pour les Dominicains 
de cette ville. Il fut bien aise d'associer cet habile ouvrier à la dé- 
coration de l'église qu'il venait de terminer. La chapelle de la Ma- 
deleine qu'il lui donna à peindre en arrivant, ne saurait être con- 
fondue avec l'autel du Crucifix, et est un premier ouvrage dû au 
même peintre. C'est peut-être la chapelle qui correspond à la 
crypte, dans le collatéral de gauche, celle où sont placées les 
grandes armoires qui ont renfermé les nombreuses reliques de la 
basilique. En tout cas, la lettre ci-dessus prouve que, lorsqu'il s'en 
occupait, Ronzen avait laissé à Marseille quelques travaux inachevés, 
et qu'il s'inquiétait du mécontentement où il avait dû mettre les 
prieurs de Saint-Pierre du quartier de Saint-Jean, c'est-à-dire les 
prud'hommes des patrons pêcheurs, avec qui il avait des engage- 
ments non encore tenus. C'était donc peu après son départ, vrai- 
semblablement en i5i8. 



— 286 — 

Juras et crestas de la scabella del dict retaure, et peyliers. — Item, es de 
pati que en lo panel de miech del dict retaure, deian piuctar los dicte 
pinctres sant Josep en patriarca, lenent per la man lo petit Jhesus ahShat 
de porpra, parelhament tenent en sa man causas infantillas; et lo tout 
ben fach, et de-richas et finas colors. — Item, es de pati que lo segont 
panel del dict retaure, de la banda del cor, sera, et deian pinctarlos dids 
pinctres lo mariage de Nostra Dama, ambe plusors personages, cascon 
fasent sa mina convenent a la dicta istoria; et tout de finas colors. — Item, 
lo ters ])anel del dict retaure , deian los dicts pinctres pinctar la Natrvitat 
de Nostra Dama, ambe lo bueu, mulla, anges, sant Joseph, Nostra 
Dama, masonaria et mayson convenabla a ladicta istoria, de la finessa 
et sufficiencia que dessus. — Item lo rêves del dict retaure, sera lo camp 
d'asur et stella(t) de stellas d'or. Et al panel dei mitan, Dieu lo payre; 
et en los dous autres paneus, la Nonsiada; tout fin como dessus, et antres 
causas convenentas a la besonha. — Item, als très grans paneus dessus 
las crestas, sian tengus los dicts pintres penher, al panel en miech dous 
patriarcas, et als autres dous panels, so que plasera aïs dicts pintres, juxta 
lor fantasia ; lout de bona(s) et finas colors. — Item, es de pati que la es- 
cabella , en la qualla Ti a sies panels , serau tengus los dicts pintres penher 
las storias et miracles que s'en segon; so es, al premier panel, los très Reys; 
lo segont, quant fugi en Agipte; lo ters, la presentacion de sant Simeon; 
lo quart, quant Nostre Senher es al temple disputant; lo sinquen, quant 
besonha va en la botigua, et osi quant serravan los sarrayres; lo seyseo, 
quant venc a limbo, anonsiar als sans payres. — Item, que lo tout deia 
estre de bonas colors, et or fin, como dessus es dich. — Item, es de pati, 
etc., que los dicts mestre(s) pinctres, ellos et non autres, deian pen(b)erlo 
dict retaure, so es los visages et los personages, de lur man propria. — 
Item , es de pati, etc., que los dicts pintres donaran et mostraran lo protrach 
als dicts prieus, et sufficiens avant que metan la man. — Item, es de 
pati, etc., que per lo dict prefach et la pinctura del dict retaure, los dicts 
prieus sobrenomas, en nom de la luminaria, sian tengus et deian donar als 
dicts mestre(s) Anthoni Rossin et Anthoni Brea, pinctres, per lo penher del 
dict retaure et lor trebalh, florins cent sinquanta, pagadors en la ma- 
niera que s'en sec; so es, quant acomensaran fobra, sive quant Tem- 
blanqniran, florins xiv; et quant lo voldran daurar, sive lo acomensament 
de la dauradura, florins sinquanta; et quant tout lo retaure sera fach, 
florins vint et sinq, ho plus, se podran, per compliment dels dicts flo- 
rins cent; et fach lo dict retaure a compliment, en ung an continuador et 
complendor, florins sinquanta, per compliment dels dicts cent sinquanta 
florins. — Item , es de pati que los dicts pintres aian perfesit et asovit lodict 
retaure, d'aysi per tout lo mes d'avost prochanament venent, sensa contradi- 
cion denguna. — Hauc autem , etc. . . Sub esmenda, etc. . . De qnibus , etc. . . 
Obligantes, etc. . . Snbmittentes dicte partes, videlicet dicti pictores bona ac 



— 288 — 

riam seu confratriam Nostre Domine del Chappellet, et discrelom vinim 
magistrum Anthonium Ronssendi , alias lo Venissien , pictorem. — Anno inc»- 
nationis Doraini millesimo quingentesimo decimo quarto, indictione tertii, 
et die xivih mensis januarii. Notum ait, etc. , quod hoDorabiies et disereti vin 
magistri Guilhelmus Olivarii, notarius, et Johannes Michaellis, pannitonsor 
presentis civitatis Massilie, duo dorainorum priorum venerabilis confratrie 
Nostre Domine del Chappellet, que fit et celebratur in venerabiK ecdesia 
devoti conventus Fratrum Predicatorum civitatis ipsius, nomme, locott 
vice, seu pro parte dicte confratrie, ac pro bono et evidenti devotione et 
utilitate ejusdem, cum beneplacito, adherentia et consilio nonnullorum 
devotorum confratrnm ipsius confratrie ad hoc convocatorura , ex una; et 
vir discretus magister Anthonius Ronssendi, alias lo Venissien, pictor, civis 
et habita tor civitatis Aquensis, per se et suos, partibus ex altéra; bona 
fide, etc., ambe partes simul, unanimiter et concorditer, per se et saos et 
dicto nomine , convenerunt et conventionem firmam et irrevocabilem fecenmt 
solenniter et inhierùnt ad invicem et vicissim inter se, mediante stipula- 
tione solenni hinc inde interveniente, de faciendo et construendo unam 
banderiam pro dicta confratria, ad laudemDei, et suecollende ac gioriosis- 
sime (genitricis) virginis Marie, modo et forma, ac sub pactis et conditioni- 
bus inferius que sequuntur, inter dictas partes, solennibus stipulationibus 
hinc inde intervenientibus, habitis et vallatis, et in vulgari descriptis de 
voluntate partium ipsarum ambarum. — Et premierament , que los dicte 
mess" priors, en nom et al coustz et despens de ladicta confrayria, de(ian) 
provesir al dict mestre Anthony, et a sa premiera requesta, de tafiatas que 
sera chozit per lodict mestre Anthony, so que sera necessary per la con- 
struction , et faire ladicta bandiera de des pals de long et sept pals et miech 
de lare. — Item, que lodict mestre Anthony sia tengut et dege far et 
peinhe ladicta bandiera ben et degudament, et sufficiament, de las dictas 
longor et largor, ben et degudament proportionada, de bon et fin or, et 
collors riches et convenientes a sos propres coustz et despens; depenhant 
l'ymage de Nostre Dame au miech de la dicta bandiera, regardant tout 
drech, non regardant plus en una part que en l'autre; tendent son mantel 
estendut ambe sus dos mans tant de una part que d'autre; et ung chap- 
pellet en code man , pendant. — Item , la rauba de sota de Nostre Dame 
sera d'or fin, la sainctura pendent aussi d'or fin, proportionada; la cappe 
sive mantel de Nostre Dame sera de azeur fin , forrat de arminas et orlat 
d'or; assamblant Testât de gleyse a part dreycha, et Testât temporal a part 
senestra; los pels pendens soto le mantel, dor, et la courona de Nostre 
Dame, aussi d'or fin. — Item, es tengut de faire lodict mestre Anthony, 
de faire et penher en ladicta bandiera, sota lodict mantel de Nostre Dame, 
so es a banda drecha, Testât de la gleysa, como es le pape, Tcmperador, 
patriarche, cardinal, archevesque, evesque et autres prelatz et senhors 
de gleyse, en nombre que porra estar en la dicta part drecha; estans 



— 290 — 

Et io restant, florins vint, enfra sieys meses continuadors et compledonj 
et del temps que ladicta bandiera sera aquebada en ia contadors. — Qaa 
quidem couventionem , etc. . . In pace, etc. . . Cum omnibus , etc. . . Dequibu, 
etc. . . Obligantes dicte partes , et earum utraque , in quantum tangîtur , vkkt ] 
cet, dicti domini priores, virtute eorum predeclarate potestatis, omnia bon 
et jura quecumque predicte coufratrie, mobilia et inmobilia, presenuad 
futura, realiter tantum; et dictus magister Anthonius se et ejus htm 
omnia, presentia et futura, realiter et personaliter, curiis camere régie 
rationum civitatis Aquensis, Massilie, etc. . . Renunciantes , etc. . . Jurantes, 
etc. . . De quibus , etc. , utraque pars , etc. . . Actum in sacristia predicti coa- 
ventus Fratrum Predicatorum. Testes, Ludovicus Torenqui, mercator, ma- 
gister Jobannes Tienardi, alias Flanjol, fiisterius, magister Jacothiou 
Papa Roqua, scisor lapidum. 

Anno incarnationis Domini millésime quingentesimo decimo quarto, die 
vero xx mensis marcii. Notum sit, etc. quod dictus magister Anthonius Rco- 
sini, pictor, confessus fuit habuisse et récépissé a dicta luminaria, et par 
manus magistri Guilbeimi Olivarii, alterius ex prioribus, videlicet summam 
florenorum quatuordecim, in diminutionem prefach. Hanc autem, etc.. 

Anno incarnationis Domini millesimo quingentesimo decimo quinto, die 
ultima mensis aprilis. Notum sit, etc., quod magister Anthonius Rossini, pw- 
tor, confessus fuit habuisse et récépissé adominis prioribus dicte lominarie, 
per manus magistri Guilhelmi Olivarii, videlicet florenos duodecim, indo- 
sis florenis tribus solutis Jobanni Bordoni, pro loquerio domus. De quibus 
eumdem qaictavit . . . 

Anno incarnationis Domini millesimo quingentesimo decimo qmnto, die 
vero xnu mensis jullii. Notum sit, etc., quod magister Anthonius Venesian 
sponte confessus fuit habuisse et récépissé a supradictis dominis prioribus, 
magistro Guilhelmo Olivarii et Johanne Miquaelhs, presentibus, etc., om- 
nibus solutionibus inclusis et computatis, et super his facto computo finali 
inter eos, videlicet, florenos quinquaginta quatuor, grosso» quatuor. De 
quibus dictam luminariam quictiavit. In pace, etc. . . 

Anno incarnationis Domini millesimo quingentesimo decimo sexto, die 
vero vicesima quinta mensis juhi. Notum sit, etc., quod nobtlis vir Guilher- 
mus Roquerii, consul, Guilhermus Gonfaroni, Jobannes Miquaeliis, paoni- 
tonsor, et Lansalotus Venaris, priores modérai venerande et dévote lumina- 
rie Nostre Domine de Ghapeleto, sponte confessi fuerunt habuisse et récé- 
pissé a dicto magistro Anthonio Rossini, pictore, banderiam predictam, 
bene et decenter factam et opéra tam , a dicha de mestres. Et vice versa , 
ipse magister Anthonius sponte confessus fuit habuisse et récépissé a dictis 
dominis prioribus, tam antiquis quam modérais, precium dictorum octua- 
ginta florenorum, necnon scuta duo pro laboribus et obragio facto* in 
dicta banderia de ampodio. De quibus invicem se quictarunt, jubentes no- 
tam cancallari. Hanc autem, etc... Subesmenda, etc..* De quibus, etc... 



— 292 — 

ipsi priores bona tantum, omnibus curiis. Actum Massiiie, in caméra Do- 
nias Domini. Testes, Nicolaus Siagœ, Stephanusde Alas. Ego Johann» 
Massatelli, notarius. 

Anno incarnationis Domini millesimo quingentesimo decimo septitno, 
die vero sexta mensis septembris. [Notum sit etc.,] quod dictas Anthonios 
Rossin, sponte, confessas fait récépissé a discretis vins Jheronimo Montanat, 
Jobanne de Aquis, prioribus dicte luminarie, in diminutione debiti et pre- 
fach, videlicet, summam florenoram decem. . . Testes, Victor Boniffaà. 
Georgius Gorsa, gipperius. Ego Jokannes Massatelli, notarius. 

(Protocole de Jean Massatelli, i5i5, fol. 33i.) 

IV. Décoration de la chapelle de Saint-Coime, à VObitrvance de MaruHk. 

(1 5 avril 1617.) 

Pacta inhita inter nobilem Cosmam Botegarii, ex una, et magistram An- 
ihonium Rossini, fasterium civitatis Massiiie. — Anno incarnationis Domini 
luillesimo quingentesimo decimo septimo* die vero décima quinta mensis 
«pprilis. Notum sit, etc., quod nobilis et honestus vir Cosma Botegari, mer- 
cator florentinus, civitatis Massiiie habitator, [ex una,] et magister Anthonius 
Rossini, fusterius dicte civitatis Massiiie, ex alia partibus, ambo simul, et 
quilibet ipsorum ut tangitur, sponte et bona fide, etc. , per se et suos, etc., 
promiserunt unus alteri, et econtra, mediante stipulalione mutua bine iode 
interveniente, tenere, attendere , complere et inviolabiliter observare omnia 
et singula pacta et conventiones, descriptas et descripta in quadam parcella 
manu mei notarii infrascripti in vulgari descripta. Gujus quidem parcelle 
ténor de verbo ad verbum sequitur, et est talis. — Aysi après s'en segon 
los pactis de presfach dels bans et espaliers [que ha] donat a fayre lo noble 
mesier [Gosm]e Botegarii, merchantde Masselha a mestre Anthoni Rossini, 
fustier de Masselha. — Et primo , es de pati entre las dictas partidas , so- 
lenna et valida stipulation ûrmada, que lodict mestre Anthoni Rossini 
Tara, bo fara fayre, en la capella dei dict mestre Gosme, que es a la Ser- 
vansa de ladicta cieutat de Masselha , contigua de la sacrestia de ladicta 
gleysa, ious bans tout l'en tort, en la forma et maniera, sive palis que s'en 
segon, ben et sufficienment. — Et premièrement, es de pati que lodict mestre 
Anthoni fara, como fayre promet, a las doas bandas de Fautar de ladicta 
capella , desa et delà , bans de noguier, ambe son espalier, clarevoya par 
dessus, aveques ung larmier audessus, ho al mitan de la claravoya, et es- 
pis, ambe caysas d'autor, de palmes vu d'autor, aut tout Et seran las dic- 
tas caysas de noguier, lo dessus et lo davant, et lo denier et desous, sive 
fons de las caysas, seran de tauliers de sap ho de melve, bons et sufficiens, 
enchatisas dedins. — Item , fara a las doas autras pars de ladicta cappella 
los dicta bans, de l'autor que dessus , a cla[re]voya et larmies, como dessus 



.% 



— 294 — 

que cette demande fût accueillie favorablement, car la Lorraine 
était alors gouvernée par Christine de Danemark, nièce de Charles- 
Quint et de Marie de Hongrie, exerçant la régence pendant la mi- 
norité de son fils Charles. Cette princesse descendait par sa mère 
de Charles le Téméraire et elle devait tenir à honneur de voir les 
restes mortels de son malheureux ancêtre enfin soustraits à l'hospi- 
talité d'une terre ennemie pour être pieusement recueillis, puis plus 
tard déposés dans un tombeau digne de lui. Les États de Lorraine 
accordèrent sans difficulté l'autorisation qui leur fut demandée dans 
cette circonstance. Soixante-treize ans s'étaient écoulés depuis la 
mort du duc de Bourgogne et il est probable que les haines que sa 
folle ambition avait excitées dans le cœur des Lorrains s'étaient bien 
apaisées. 

La régente Marie de Hongrie chargea en conséquence Martin de 
Cupere, abbé de Crespin, évêque de Chalcédoine et suffragant de 
Cambrai, avec Christophe de Schauwenbourg, justicier des nobles de 
Luxembourg, et Antoine de Beaulincourt, roi d'armes dit Toison 
d'Or, de se rendre à Nancy pour procéder à l'exhumation des osse- 
ments du duc, puis de les amener h Luxembourg où ils devaient 
être déposés provisoirement, en attendant leur transfert dans l'église 
Notre-Dame de Bruges. Par un mandement en date du k août 1 55o, 
suivi d'instruction» détaillées, délivrées le 2 6 du même mois, la 
régente informa l'évêquo de Chalcédoine que son intention, ainsi 
que celle de l'Empereur, était que cette translation eût lieu 
décemment, mais sans pompe. Au mois de septembre suivant, 
l'évêque et ses deux compagnons se rendirent à Nancy avec une 
suite de vingt chevaux seulement. Ils remplirent leur mission dans 
les conditions qui leur avaient été prescrites. Martin de Cupere en 
rendit compte, d'ailleurs, dans une relation qui nous a été con- 
servée M. 

La partie la plus importante de ce rapport est celle relative à 
i'exhumation des ossements qui eut lieu le 22 septembre. Après 
une messe de Requiem célébrée dans l'église Saint»George$ où il 
avait été enterré, le corps du duc fut retiré de la fosse dans laquelle 
il gisait depuis si longtemps. On y retrouva , dit la relation de l'évêque 
de Chalcédoine, tries ossements de la teste dont les mâchoires du 

M Elle a été publiée avec le mandement et les instructions dont il a été parlé plus 
haut dans le Bulletin de la Commiaion royak d'hùtotiy de Belgique, a* série, t IX. 
p. iA3 et suivantes. 



— 296 — 

ledit poêle; trente-trois aunes et demie de toile noire pour le doubler; 
trente-cinq aunes de drap noir pour les robes et chaperons des re- 
ligieux accompagnant l'évêque de Chalcédoine, les vêtements de se» 
serviteurs et les harnachements des chevaux; vingt-sept aunes de 
drap d'Angleterre pour les robes et chaperons du justicier des nobles 
de Luxembourg et du roi d'armes; vingt-six aunes de er crommelistet 
pour les seigneurs de Scudberg et de Mésenbourg; cinquante aunes 
trd'oultrefin» pour les serviteurs desdits justicier et Toison d'Or, 
quarante et une de drap noir, pour couvrir les harnais des chevaux de 
ces derniers ainsi que le chariot amené de Brabant pour le transport 
du corps; une aune pour un coussin servant « pour seoir le religieuli 
estant sur le chariot branslant au-devant desdits ossemens»; quatre 
harnais de sangle avec seize aunes de drap noir pour faire des cou- 
vertures auxdits chevaux, un trluyseau» (cercueil) de bois de chêne 
avec six « mannelles* (poignées) de fer pour le porter; cierges, of- 
frandes, banquet où ont été convoqués les nobles et chanoines de 
Nancy. Le funèbre cortège partit de l'église Saint-Georges dans la 
matinée du 2 2 septembre et arriva le soir au village dît le Petit- 
Fa, qui doit être la localité appelée aujourd'hui Falck^; le cercueil 
fut déposé dans l'église de ce village et y passa la nuit; le lendemain 
il arriva dans le monastère de Sainte-Lucie , à Metz , et le jour suivant, 
vers midi, à Thionville, où il resta environ deux heures dans l'église; 
le soir du même jour le cortège atteignit Luxembourg. Une dépu- 
tation composée des personnages les plus importants de la noblesse 
et du clergé ayant à sa tête le comte de Mansfeldt, gouverneur de 
la province, était venue à sa rencontre et conduisit les ossements du 
duc dans l'église des Frères Mineurs. Ce fut le lendemain que l'on 
procéda à leur inhumation et en même temps l'on songea à donner 
aussi la sépulture à ceux du roi de Bohême, Jean de Luxembourg, 
qui, parait-il, étaient restés à l'abandon, soit dans cette église, soit 
dans une autre chapelle de la ville. On les enveloppa soigneu- 
sement dans des linges blancs, puis on les mit dans une bière de 
chêne, qui fut descendue dans une fosse creusée au-dessous de 
dalles soulevées à cet effet. Une balustrade de bois fut établie autour 
du lieu où ils reposaient. On procéda de même à l'égard des restes 
mortels de Charles le Téméraire; puis une messe fut célébrée et un 
sermon prononcé par le provincial des Frères Mineurs. 

(1) Ancien département de la Moselle, canton de Bousonville. 



nance de messeigneurs de» finances, le receveur général lui a baillé et dé- 
livré comptant pour semblable somme qu'il iivoil paie cl débourssé, tant 
pour, nvocq révérend père en Dieu, messire Marlin Cuperns, évesque de 
Calcédoine, abbé de Crespin, souflraganl de Cambra y, et messire Chris- 
toile de Schauwenboreh , chevalier, seigneur de Bische, hanlt justicier des 
nobles de Luxembourg, accompagnié du roronoi Bernard de Schauwen- 
boreh, seigneur de Scudberg, et Ferry de Brnnden bourg, seigneur deMe- 
senbourg, gentilshommes du pays de Luxembourg, s'esfre transporté a 
Nancey, paye de Lorainn, quérir les osseraens de feu de recommandée 
mémoire le due Chartes de Bourgoingne, cuy Dieu absoiile, et les ramener 
au mois de septembre et les mectre aux Cordaliers, illecq; que pour achit 
de draps de soie et de laine, paiement d'offrandes, dons et autres parties 
nécessaires et servons a l'affaire dessus ililte, connue il s'ensuit. Assavoir: 
pour cinq aulnes trois quartiers de satin bleu, emploie en une cotte aux 
armes dudit feu duc de Bourgoingne, au pris de trente six patlars l'aulne, 
X livres VU sols. Item, pour trois aulnes cldcmy quartier de taffetas bleu. 



"\ 



— 300 — 

Item, pour cincquante deux aulnes d'oultrefin, à vingt sept sols l'aube, 
dont les quarante aulnes ont esté délivrées à dix serviteurs desdis justicier* 
des nobles et gentilshommes de Luxembourg, huict aulnes a deux serviteurs 
dudict Thoison d'or et quatre aulnes au charton, LXX livres IIII solz. Item, 
pour quarante une aulnes de drap , à vingt solz l'aulne , emploiëes si comme: 
treize aulnes pour couvrir les harnas de treize chevaulx desdits justicier 
des nobles et genlilzhommes de Luxembourg , trois aulnes pour les haro» 
des trois chevaulx d'icelluy Thoison d'or, vingt aulnes pour couvrir jusque* 
en terre le chariot amené de Brabant, une aulne pour ung coussin servant 
pour seoir le religieulx estant sur le chariot branslant audevant desdits os- 
semens, et quatre aubes dont a esté racoustré le serviteur dudit chartoo. 
XLI livres. Item, pour achat desdits pasles, coussin et des accoustremens 
desdis justicier des nobles gentilzhommes et leurs gens, ceulx dudit Thoi- 
son d'or, de ses serviteurs, et ceulx dudict suffragant, a esté paie pour tout 
X1III livres XVI solz. Item, à ung sellier de Bruxelles, pour avoir faictet 
livré quatre harnas de chaugles pour quatre chevaulx de chariot, iceuli 
esloffé de ferrures , et les fortiffié de cuyr, où besoing a esté , et les couvers de 
drap noir, a esté paie XV livres. Item , pour seize aulnes de drap noir, si 
comme les neuf aulnes pour couvrir lesdits harnas, à dix-huict pattars 
l'aulne, et sept aulnes acheté à Nancey pour faire couvertures noires ausdis 
chevaulx, au pris de unze pattars l'aulne, vont XI livres XIX solz. Item, à 
ung guyde pour avoir mené lesdis souflragant et Thoyson d'or de Marche à 
Marteling, sans passer à Bastoingne,aûin de gaigner chemin à costé, paie, 
comprins ses dépens, XII solz. Item, à deux autres guydes, l'ung pour 
mener et guyder le chariot et l'aultre pour conduire lesdis sufiragant et 
Thoison d'or, le plus court chemin dudit Marteling à Arlon et d'illecq à 
Luxembourg, III solz. Item, à ung messaigier qui, incontinent que lesdis 
souflragant et Thoison d'or furent arrivez audit Luxembourg, fut envoie 
vers ledit justicier des nobles , estant a sa maison distant deux lieues dudit 
Luxembourg , avec lettre dudit suffragant contenant advertence de leur ve- 
nue et ad ce que le lendemain matin il eusist à soy trouver audit Luxembourg, 
a esté paie par marchié fait, obstant la diversité du temps et obscurité de 
la nuict durant laquelle il debvoit cheminer, XXIII solz. Item, à certain 
cousturier à Luxembourg , pour avoir trenchié et cousu le drap et couver- 
ture dudit chariot, doublé et parachevé laditte cotte d'armes, XXVI solz. 
Item, à ung tourneur, pour avoir fait un baston propice à roller ladite cotte 
d'armes pour le porter, et lequel a esté depuis délaissé audit Luxembourg, 
pour pendre laditte cotte d'armes, V sols. Item, à ung guyde à cheval, 
pour avoir conduict et mené ledit Thoison d'or de Nomini à Nancey, qui 
alloit advertir ceulx du Conseil de madame la ducesse de Loraine de la ve- 
nue desdis commissaires, affin d'avoir plus briefve expédicion, a esté paie, 
comprins ses despens, XIX solz. Item, à ung marissal dudit Nancey, pour 
huict ferrures et autant de chaînettes et hocquetz servans aux traversiez 



— 302 — 

pour avoir faict une cloturre è l'entour du lieu où reposent les 
dudit feu duc, en longheur de neuf à dix piedf , et en largeur de qpeq à 
ail piedi, et en haulteur de quatre pieds demy ou environ, estoffé par b» 
de penneaulx et par hault de bon jonnis, deux tréteaultx sur lesquels re- 
posent iceulx ossements , couvers dudit pasle , et coussins de velours y délais»; 
et pour avoir fait ung luyseau d'asselles de cheane pour mettre le corps os 
ossemens dudit feu Roy Jehan de Bohesme, et aussi avoir noircy ledit cha- 
riot, a esté paie pour tout, X livres X sols* Item, a ung febvre qui a fini 
deux plattes bendes et icelles cloué au tour dudit luyseau, et livré la fer- 
rure nécessaire pour porter ung baston sur lequel laditte cotte d'armes i 
esté délaissée au couvent des Frères Mineurs audit Luxembourg, ensemble 
livré les ferrures du luyseau dudit feu Roy Jehan de Bohesme, LX sob. 
Item, au couvait des Frères Mineurs audit Luxembourg a esté déli- 
vré VI livres» Item, au ministre ou provincial d'illecq qui, après 
l'évangille de la messe chantée le jour du service qui s'est fâict 
auxdits Frères Mineurs, a faict la prédication, a esté délivré XXX sou. 
Item, pour ung demy réal mis au chierge offert par ledit Thoison 
d'or, XXXI sois VI deniers. Item, au couvent des sœurs grises de Saind- 
Esperit, audit Luxembourg, VI livres. Item , aux Jacopins, Hlecq, LX sou. 
Item , pour quatre cierges , chacune de trois libvres , les deux mises et appo- 
sées aux extrémités du corps dudit feu duc, et deux sur l'autel , pour estre 
allumées durant le temps que Ton chanteroit le service divin et tant que 
icelles polront durer et que autrement y seroit pourveu par Sa Majesté, s 
esté paie LXXII solz. Item, pour despens de bouche faictz par deux Carmes, 
rehgieulx du couvent d'Arlon , ayans accompaignié sur le chariot les osse- 
mens dudit feu duc durant unze jours qu'ils ont esté audist voiaige, a este 
paie XI livres XVII sols. Item , à deux guydes aians respectivement cou- 
duict et mené lesdis suffragant et Thoison d'or dudit Àrlon à Vitry, et 
d'illeeq à Sainct Hubert, XX sois. Item , audit evesque de Calcédoine, pour 
vingt-cinq jours qu'il a vacqnié audit voioige a cincq chevaulx , qui , au pris 
de seise pattars pour chacun cheval par jour, estant en ces pays, et à vingt 
sols pour cheval durant unze jours qu'il a esté hors de Luxembourg, valent 
CXI livres. Item , audit justicier des nobles de Luxembourg qui avecq lesdis 
coronel, Bernard d'Eschauwenborch et Ferry de Brandenbourg, gentils- 
hommes dudit pays, a vacqnié audit voiaige l'espace de unze jours à treize 
chevaulx, qui audit pris de vingt pattars pour chacun cheval par jour, vont 
CXLIII livres. Item, à ung chorton de Bruxelles, pour, avecq son serviteur 
et chariot attelle à quatre chevaulx , avoir esté en ladicte ville de Nancey 
quérir les ossemens dudit feu seigneur Duc et le ramené audit Luxembourg, 
en quoy faisant et retournant audit Bruxelles , il a vacquié vingt ung jours 
qui, au pris de soixante pattars par jour, vont LXIII livres. Et qu'il avait 
paie pour cincq larges cercles et ferrures y servans, dont il a esté rem» 
bourssé, XL sok. Item, audit Thoison d'or, pour soixante jours qu'il a vao- 



être un marteau, et j'eu conclus que nous pourrions avoir là une 
de ces représentations de divinités gauloises qu'on dut exécuter en 
assez grand nombre lorsque les Romains se furent établis en Gaule 
et eurent communiqué aux anciens habitants le goût et la pratique 
des arts, mais dont les spécimens sont aujourd'hui si rares. 

On est encore mal fixé sur les attributs des divinités gauloises; 
cependant on s'accorde généralement à regarder lu marteau comme 
celui de l'ancien dieu des gaulois Tarannis, qui devint à l'époque 
romaine Dis Pater ou Pluton; ce serait donc lui que représenterait 
le personnage qui occupe le milieu de notre groupe. Quant aux deux 
figures qui l'accompagnent et dont l'une est nue cl l'autre vêtue, je 
laisse à de plus compétents le soin de les déterminer, me bornant 
à appeler l'attention des savants sur ce monument dont les analogues 
sont, je crois, fort rares dans le centre et l'ouest de la France. 



"V 



r\ 



cation que je sollicite contribuera à le faire reconnaître si, comim' 
il y a lieu de l'espérer, il n'a pas été détroit ' 5| . 

Voici la description de ce feuillet de diptyque qui par son style 
et par sa décoration rappelle beaucoup le feuillet fragmenté du 

U> Ihicnptvm du mmuiatmU de ttijfértnt* igu eiisrwi dont te département de ta 
HaaU-Vùam», p. 71-78. 

<*) Manuel a" éi<igraphie tuivi du recueil dei mtcripliont du Lùnuitiin , p. 109, n. I7. 

! J) Bulletin de la AméU" trekètilogique et hiitoriipie du Litnouà», t. XXII, p. ""V 

u > Hnlnritjue mmtomntal de l'ancienne p rov inc e du Limousin , p. 9-10, avec iiik 
lithographie. 

W Je l'ai déjà signalé dftna la Gaulle archJuiogiam^ l\, 1886, p. isoà i)X. 
maïs je n'ai pan reçu à temps communication de la gravure appartenant à M. N'iiel- 
FotitmilterL, de sorte qu'elle n'a paa pu cire insérée dans ce recueil. Je reproduis 
ici la description du monument, ainsi que les remarque* que j'avuo été amené i 
faire à son sujet. 



''■ Vincent De-Vil, T< 

'' ... t&px.onot ItafauartA Mal Upoxerlou uter \ov paaiXtktwcos i'&ptt kr- 
fkpiov, . . . Kxeirplm t (ïauhdi lutlarm , dans le Curpvt m/itonm hûtoriat éjp**- 
ti'juM, éd. de Bonn., 1. 1, p. S77, 1. 

■" flnd. et dus les Erarpla t Ualclii kiiiorw, même volume, p. 960, 5-u. 

■" Sur «s consuls voir de Rossi, Ikht. chrxil., t, I, p. 4Si, et dans ïespreUgt- 

m Sur ses monnaies d'or l'empereur Anthemius est désigné ordinairement par 
ce seul nom ; la k-gende la plus commune est DNANTHEM1VS PFAVG. Eckbel, 
Ooctr. nuiH. t*t,, t. VIII, p. 196-197, ne cite qu'une seule pièce, encore ne Pa-t-il 
pas vue, portant la légeode DN-PR.OC- ANTHEM1VS PF-AVG. Cf. J. Chr. 
Ilasclie, Ltxieen uiumtsiw r« ■mnarioa, v* Anlhemiu»; Coben, Detcrtpt. dm mo* 
iiaiej imy. rom., I. VI , p. [ia 1, pi. XIX. 11 n'est donc pas étonnant qu'il ne soit pas 
désigné par un autre nom sur ce diptyque. 



— 309 — 

«Fragment d'un diptyque consulaire qui est chez M. Delépine, 
« subdélégué [de l'intendance à Limoges]. 1773.1» 

C'est le fragment d'un diptyque d'Ânastasius qui faisait partie de 
la collection de M. de Janzé et dont une photographie a été publiée 
par Westwood (1) . Ce fragment fut vendu avec d'autres objets de la 
collection de M. de Janzé le 16 avril 1866 (3) et acheté par le sieur 
Couvreur, marchand d'antiquités à Paris, pour le prix de 1,900 fr. 
M. W. Frôhner l'a retrouvé cette année, à Rome, dans la collection 
Castellani, et il a bien voulu me prévenir qu'à la vente de cette col- 
lection , qui a eu lieu en Italie au mois d'avril dernier, il avait été 
adjugé à un inconnu pour la somme de 770 francs. Dans le cata- 
logue de la vente Castellani il a été ainsi décrit : 

<rN° 58o. Ivoire. Bas- relief rectangulaire représentant en deux re- 
crgistres des scènes du cirque. Dans le haut, deux amazones entrant 
«dans l'arène en tenant chacune un cheval par la bride. Dans le bas, 
*à gauche, un jongleur; à la suite un groupe d'acrobates, à droite, 
cran acteur tragique s'appuyant sur un enfant Travail du v* ou du 
-vi* siècle. Haut., io5 millim., larg., i3o millim. (î ^ 

A. Hiaoïi de Vjllbfosse, 

Membre du Comité. 

n > A descripthê catalogué of theficûle horie» m the South Kentington MuHum 
with an aceount of the continental collection» of dauical and tnediaeval toorie», p. 91, 
d" 61 (photographié, sur la planche de la p. 5). Il avait été antérieurement publié 
par Artaud dans son mémoire sur V Autel de Lyon. 

'*> Dans le catalogue de vente, Collection de Janzé; objet» d'art et médaillée, 
16 avril 1866, on lit sous le n° 584 cette description très sommaire : «Bas d'un 
v diptyque consulaire représentant des jeux.» 

<*> Collection (Àutellam. Catalogue de» objet» d'art antique» , du moyen âge H de la 
Renaù»ance, Rome, 188&, in- A . 



— 310 — 



SÉANCE DU 1" JUILLET 1886. 



PRÉSIDENCE DE M- EDMOND LE BLANT. 

• i i 

La séance est ouverte à 3 heures. 

M. le Secrétaire donne lecture du procès-verbal de la précédente 
séance, qui est adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la Correspondance : 

La Société florimontane d'Annecy demande une subvention en 
vue des fouilles qu'elle voudrait exécuter sur les bords du lac d'An- 
necy. — Renvoi à M. Bertrand. 

Le président de la Commission archéologique de Narbonne écrit 
nu Ministre pour lui annoncer qu'il est question de remblayer les 
fouilles des Moulinasses pour cause d'hygiène publique, il demande 
ce qu'il convient de faire. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Guégan , adresse au Comité un mémoire avec planches intitulé: 
Recherches archéologiques dans Seine-et-QUe de 1879 à t883. 
— Renvoi à M. Bertrand. 

M. Matton, archiviste de l'Aisne, correspondant du Ministère k 
Laon f envoie une nomenclature de 446 monnaies du règne de 
Charles VI, récemment découvertes. — Renvoi à M. de Barthé- 
lémy. 

M. Lucien Merlet, membre non résidant du Comité à Chartres, 
envoie la copie d'un inventaire des joyaux de Jeanne de Hochberg, 
duchesse de Longueville, en i5i4. — Renvoi à M. Darcel. 

M. Harvut, membre de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, 
fait hommage au Comité de ses Notices sur les rues, ruelles, prome- 
nades, quais, places et fortifications de la ville de Saint-Malo. 

Le Comité décide que cet ouvrage sera déposé dans la Bibliothè- 
que des Sociétés savantes et que des remerciements seront adressés 
à l'auteur. 

M. le Président soumet à l'approbation du Comité le programme 
qui devra être proposé aux Sociétés savantes pour le Congrès de la 



et le Comité ne doit manquer aucune occasion de prouver l'intérêt 
qu'il porte à ces collections et d'appeler sur elles toute la sollicitude 
du Ministre. 

M. Héron de Villefosse appuie chaudement ces observations. Il 
existe des inspecteurs des Beaux-Arls, des Archives, des Bibliothè- 
ques, ne serait-il pas possible de faire inspecter également les mu- 
sées archéologiques? 

M. Charles llobert oppose au mauvais état de ces musées les sa- 
crifices considérables que l'on fait à l'étranger pour installer conre- 
nablemeot les collections archéologiques; les plus petites villes 
d'Italie ne craignent pas de faire des dépenses importantes pour 
recueillir dans des locaux convenables les débris des anciens monu- 
ments, les inscriptions, les objets découverts dans les fouilles. 

M. Léon Renier et d'autres membres rappellent les actes de van- 



Trousseau de Marie de Bourgogne en 1 4 1 5 w , expliquent que ce 
l>oii)fonnage fait avec un outil gravé en creux, produisait un orne- 
ment répété : celui de la coupe des ducs de Bourgogne était 
-à branchée et à oyseauU*; celui de la coupe de Marie de Bour- 
gogne était ■« unaflorette» et nesmaillé de bleu », 

r Une fort belle salière en cristal porté sur deux singes d'argent 
émaillé (art. 3), une aiguière en forme de sirène en argent email lé 
et doré (art. 3) et une noix d'Inde sur patte d'argent doré sont à 
citer parmi les joyaux de table. 

■ Un pol dans lequel sont contenus six gobelets, la tout d'argent 
vairé et marlellé (art 7), nous montre que le rrmartellé», nomme 

11 Remit in Sae. ÈOt., 7* série, I. V, p. »3<. 
l>> RnwiaSve. »«.., 6'iérie, t. I, p. 611. 



r\ 



— 315 — 

dit, en î&tA, l'Inventaire de Guy de l'Àrbaleste, qui est devenu à 
la mode avec le japonisme, n'est qu'une réapparition d'un décor né 
jadis du procédé même de fabrication de l'argenterie façonnée au 
marteau. Le mot «véré» ou vairé indique sans doute que la pièce 
était de deux couleurs : or et argent. 

« Douze cuillers, mais pas une fourchette, figurent dans l'Inven- 
laire (art. 8). 

«Un collier d'or, quatre fermeillets, un chapel d'or orné de pier- 
reries (art. 17), des anneaux (for ornés d'un diamant, des pate- 
nostres d'or, et quelques pièces pour garnir les ceintures (art. 16), 
constituent la part des joyaux de corps. 

«Enfin un oiseau de Chypre dans «une cagette d'argent vérée» 
est à ajouter à tous ceux que mentionne déjà le Glossaire de Léon 
de Laborde avec le commentaire qu'en donne le chapitre &3 du 
Petit Jehan de Saintré, où il est parlé d'«oyselets de Chippre. . . et 
tant d'autres odorifiques odeurs ». 

«Quelques cédules constatant des sommes d'argent dues à Yves 
de Vieux-Pont complètent l'Inventaire. 

«Nous proposons la publication de ce document dans le Bulletin 
du Comité. Il y aurait lieu d'y joindre la lettre d'envoi de M. Bourbon 
qui explique dans quelles circonstances il a été dressé, et qui note 
le fonds d'où il est extrait. » 

M. Hilton de Villbfossi lit un rapport sur une communication 
de M. Pouy, correspondant du Ministère à Amiens. 

«M. Pouy a adressé au Comité le dessin d'un fragment d'inscrip- 
tion romaine découverte à Saint-Àcheul. Elle est gravée sur une 
plaque de granit vert rosé qui était fixée à l'aide de clous en bronze. 
Un de ces clous, dont la tête est ornée d'un mascaron, est conservé 
sur le côté gauche de la pierre à sa place primitive. Ce qui reste du 

texte est ainsi conçu : 

D m 

MACCJ 

LVCILIN 

PVB 

RVEVS 

EJR.MVS 

AM 



« 



La première ligne contenait sans doute la formule 4(0$) [m(ani- 



— 316 — 

bus)]. Les lettres qui subsistent aux lignes suivantes paraissent ap- 
partenir à des noms propres. 

Macct[uM 
LuciUu[t 

Pub[Uantu T] 
Ru/us 
Firmut 
Am[andu$ ou Âm(omu$) ou Am(pliatu$) ? etc.]. 

ffLes F, d'après la copie de M. Pouy, ont la forme de E, ce qui 
indique une époque relativement basse. L'inscription provient pro- 
bablement d'une sépulture de famille. Il est regrettable que M. Pouy 
n'ait pas accompagné sa copie d'un estampage. » 

M. Mûntz lit un rapport sur une communication de M. Barbier 
de Hontault relative à l'inscription de la célèbre mosaïque du Tri- 
clinium de Latran. Cette communication se rattache à une publica- 
tion faite récemment par M. Mûntz lui-même sur cette mosaïque (l) . 

((Se fondant sur le témoignage d'une ancienne gravure, H. Bar- 
bier de Montault cherche à rectifier ou à compléter l'inscription de 
ce monument, aujourd'hui si singulièrement mutilé. 

^'importance de la mosaïque du Triclinium est fort grande pour 
notre pays, aussi M. Mûntz propose-t-il l'insertion du mémoire de 
M. Barbier de Montault dans le Bulletin du Comité (2) . Quant à la 
planche qui l'accompagne, si elle semble reproduire assez exacte- 
ment l'inscription primitive, elle est loin de conserver aux figures 
leur caractère original ; il suffira donc de la déposer dans les ar- 
chives du Comité. » 



M. Mûntz fait un rapport sommaire sur une seconde communi- 
cation de M. Barbier de Montault. Cet infatigable correspondant, se 
fondant sur l'importance des testaments au point de vue spécial de 
l'archéologie, adresse au Comité des extraits de plusieurs documents 
de ce genre conservés aux Archives de la préfecture à Angers. La 
première de ces pièces appartient à l'année i337; la plus récente 
à l'année i65o. Plusieurs des mentions qui y sont contenues of- 
frent un certain intérêt pour l'histoire des mœurs et du costume. 
L'annotation est faite avec le soin qui distingue M. Barbier de Mon- 

(l) Revue archéologique, numéro de janvier 188 h. 

W Voir ci-après, p. 3t8, le texte de cette commnmcation. 



— 318 — 

de celte communication , en attendant que le» documents graphiques 
qui seraient nécessaires puissent être fournit an Comité. 

M. de Lasteyrie lit un rapport sur une communication de M. Bon- 
durand, archiviste du Gard, relative à trois inscription» du moyen 
âge, récemment découvertes à Nîmes (1) . 

M. de L46TBY&1B présente au Comité de la part de M. de Curxon, 
archiviste aux Archives nationales, un mémoire sur l'église d'iseure 
en Bourbonnais. Ce travail appelle l'attention des archéologues sur 
un édifice intéressant et peu connu; M. de Curzon donne de ce 
monument une bonne description qu'il est facile de suivre, grâce 
à un plan fort exact joint à son travail. M. de Lasteyrie propose en 
conséquence d'imprimer ce mémoire dans le Bulletin du Comité f2] . 

M. ni Lasteyrie lit un mémoire sur une forte belle crôiï à 
double traverse appartenant aujourd'hui à l'église de Gorre et pro- 
venant de l'ancienne abbaye de Grandmont. D'excellentes photo- 
graphies de cet important objet d'art avaient été envoyées au Comité, 
il y a longtemps déjà, par M. de Montégut, correspondant dn Minis- 
tère à Limoges. M. Quicherat s'était chargé de les faire grtiver et 
de rédiger une notice sur cette croix. Les gravures ont été faites, 
mais la mort a empêché le regretté vice-président du Comité <f é- 
crire la notice qu'il avait promise, et M. de Lasteyrie a été prié de 
le faire à sa place; c'est de cette tâche qu'il a cherché à s'acquitter 
dans le présent mémoire Œ. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d 'archéologie , 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



CbàRLËMAVXB $Vfi U ÊVSAÏQV* »& TlitCLtNWM ÛK LitAiiT, À RoMg. 

La mosaïque absidaie du Triclinium du patriarcat de La Iran > à 
Rome* a disparu an xviu* siècle : il n'en existe actuellement que 

$ Voir ci-après, p. 336, le texte de ce rapport 
W Voir ci-après, p. 3 60, le texte de ce mémoire. 
< 3 > Voir le texte <k 4t aétteim à U fia du velumc» 



— $19 — 

d'anciens dessina, plus ou moins fidèles, à l'Ambrosienne, à la Vati- 
cane et à la Barberine , ainsi qu'une copie en mosaïque, du siècle der- 
nier et de nulle valeur archéologique, sur la place même du Latran. 

Les archéologues ont, depuis longtemps, disserté sur ce sujet. La 
question semble épuisée depuis la publication d'une étude spéciale 
et définitive, par M. Eugène Mûntz dans la Revue archéologique M. 

Si j'y reviens incidemment, c'est uniquement pour signaler un 
élément d'information que n'a pas connu, je crois, le savant bi- 
bliothécaire de l'école des Beaux-Arts. Je lui attribue quelque impor- 
tance, d'abord parce que la gravure dont je vais parler est rare, 
puis parce que les inscriptions, sur lesquelles on a tant varié, 
offrent une lecture meilleure qu'ailleurs. 

Le chapitre de la basilique de Sainte-Marie-Majeure possède une 
collection de cuivres gravés, destinés à illustrer le Propre de son 
bréviaire. Ils ont dû être exécutés au xyii 6 siècle et ne portent que 
le nom du graveur. Or, pour la fête de Léon III, les chanoines ont 
fait reproduire une des scènes de la mosaïque du Triclinium, celle 
où figure ce pape. Évidemment, là, comme dans les autres planches, 
ils ont voulu fixer d'anciens souvenirs et rappeler des monuments 
historiques. 

ïea l'honneur d'adresser au Comité un exemplaire de la planche 
relative k saint Léon m et à Charlemagne: il a été tiré, & ma de- 
mande, en 1876. 

On connaît le sujet s Saint Pierre, nimbé* assis sur une cathedra, 
le pa&um sur le manteau, les trois clefs posées sur ses genoux, 
les pieds chaussés de sandales et appuyés sur un escabeau, remet 
un pallium à saint Léon, agenouillé k sa droite et les mains enve- 
loppées de sa chasuble , et un étendard à Charlemagne , à genoux à sa 
gauche. Ces deux personnages, le pape et l'empereur, ont autour de 
la tête le nimbe carré, qui ne se donne qu'aux vivants. 

Au-dessous, sur une tablette à queues d'aronde, on lit : 

BEATE PETRB DONA 
VITÂ LEON1 PP- E BICTO 
RIÂ CARVLO REGI DON 4 

Lorsque Charlemagne fut couronné dans la basilique de Saint- 
Pierre, l'assistance entière poussa une acclamation analogue : «Tune 

(1 > ÈBvHé atckéol, numéro de janvier 1686. 



— 320 — 

universi fidèles Romani unanimiter altisona voce ex- 
clama verunt : Karolo, piissimo, Augusto, a Deo coronato, magno, 
pacifico Imperatori, vita et victoria.a 
La mosaïque actuelle porte fautivement : 



BEATE • PETRE • DON AS 
VITA • LEON • PP • ET • BICTO 
RI A • CARVLO • REGI • DON AS 

Les points-milieux paraissent très vraisemblables et sont tout à 
fait dans la tradition épigraphique. 

Au xvi* siècle, Panvinio transcrivait ainsi : 

BEATE PETRE 

LEONI PAPAE ET BICTORIA 
CARVLO REGI DONA 

Dona est préférable à donas. La répétition semble exigée k la fois 
par le parallélisme des deux acclamations confondues ensemble et 
par la disposition de la première ligne. 

Papae, écrit en entier, serait contraire aux usages épigraphiqnes 
et paléographiques. La vraie version doit donc être PP, probable- 
ment avec le signe d'abréviation au-dessus. 

Le graveur a écrit E, ne prenant pas garde que le T final était 
conjugué avec la voyelle initiale sous cette forme *E. 

Grimaldi dispose les trois lignes absolument comme le graveur. 
Cette concordance donne raison à ce dernier, ils étaient contempo- 
rains. 

Ciacconio a écrit SCS et le graveur SCS : cette dernière version 
plus fidèle doit être adoptée, le tiret abrévatif faisant toujours partie 
intégrante de sanctus abrégé. 

Ciacconio écrit encore : 

SCSSIMVS 

D-N- 

LE 

O 

PP 

Il omet la croix initiale, ce qui est une erreur, mais il met des 



— 32! — 



points après Dominas et ISoster et uu tiret mr papa. J'estime que ces 
trois corrections compléteraient utilement la gravure qui porte : 



+ SCSSIMVS 
D N 
L E 
O 
P P 

La gravure reproduit de la sorte le nom de Gharlemagne : 

+ DN CARVLOR 

E 

G 

I 

Panvinio a lu aussi D N CARVLO REGI et Grimaldi : D - N - 
CARVLO • REGI. Tous les deux ont omis la croix initiale : elle 
devait exister cependant, comme on la trouve sur l'inscription de 
saint Léon. J'adopte volontiers avec Grimaldi les trois points sépa- 
ra tifs, absents sur la gravure. 

Ciacconio, au xvn e siècle, donne une variante importante : 

+ D-NCARVLVS 

R 
EX 

Or, cette variante est rationnelle, car pourquoi le nom de Ghar- 
lemagne serait-il au datif, quand celui de saint Léon est au nomi- 
natif? Le datif suppose un sujet, un verbe, un régime direct, qui 
n'ont jamais existé : ce cas exigerait une restitution comme celle-ci : 

Sanctus Petnu dot vexillum domino nosiro Cartdo régi. 

Quoi qu'il en soit, la mosaïque moderne de Benoit XIV a malen- 
contreusement substitué ICN CARVLO REGI. Les deux premières 
lettres n ont pas de sens. 

La gravure est accompagnée de cette légende, qui renvoie pour 
l'explication du sujet à l'ouvrage d'Àlemanni : 

Munvum opu$ a S. Leone Papa lïï eanetruetum m 
Triciinio Patriarckii Lateremeneie , déclaration 
ab Alemanno inUb.de Latêrcmennbm pariêtmie. 



La première édition d'Alemanni, De Lateranen$ibuêparietmii 9 date 

AnciéoLoeu. 99 



latMMkai* «4tM»4tl* 



nifpi, i ungiuai sur uarcueuiui ue i imcuiairc ucs juyaui ei uo 
objets mobiliers ayant appartenu à Yves de Vieux- Pont, déposés dans 
l'hôtel du sénéchal d'Eu, près Saint -Thomas-du Louvre, et dire 
l'bùlel de ta Muse, près Saint-Antoine, à Paris. Cet inventaire fut 
dresse, à la requête des héritiers d'Yves de Vieux-Pont, en idifi. 
Je n'ai pas hésité à le transcrire pour le Comité des travaux histo- 
riques, d'autant plus qu'en dehors de l'intérêt intriptAgnc qu'il pré- 

W Ces lettres ont été imprimées, à la suite d'un rapport de H. Siméon Lues, 
dtos h An** dm SacMt — m m , ?' Mm, 1 1, p. |34. 



r\ 



cudtwTC rt onu nenes «armeres verees, sou a argent et pesais aamUt 
dû huit mats trot» «ores et dénie, prisé cent sexe sofas puis» le m*n, 
nient cent six tivres dii hait sali neuf deniers parîsis. 

9. Item, an eofaer d'or a Sears eamunees et pommettes pendant et- 
niaïuVes de ronge et de vert, pesant quatre onces, prise' vint trois Km* 
quatre sols paras. 

1 o. Item , un fénneiuet d'or garny a sa fax esmaïBes de blanc et <fe 
muge. d"nn petit saphir on imnen et de dix huit mennes perles en SB 
Iroches. pesant tout une ooee déni estertins. prisai six livres boit sob pt- 
risis. 

1 1. Item, ans peti* tableaux d'or, esmaibei par dehors d'une Aasamp- 



— 326 — 

*5. hem, un annel d'or massif, garm d'un dyamant neuf, priâié db 
livres xn sols parisis. 

*6. Item, on autre annel d'or, garni d'un petit dyamant, prisié un 
sois pariais. 

37. Item, un autre annel d'or, esmaillié de ronge cler et garni d on dra- 
inant, prisié quatre livres et dix sols parisis. 

«8. Item, un autre annel d'or, esmaillé de rouge et de Mime, garai 
d'un dyamant, prisié quarante huit sois parisis. 

99. Item, trois autres anneaulx esmaiUes et garnis chasoon d'un petit 
dyamant, prisies cent Irait sols parisis. 

3o. Item, un autre annel dont la verge est ronde et sans esmai), garai 
d'un petit dyamant, prisié quarante sois parisis. 

3i. Et un autre annel h demy rond, garni d'un saphir rond, prisil 
soixante sols parisis. 

Somme toute que les parties dessus dictes montent, neuf cens soixante 
quatorze livres huit solz neuf deniers parisis. 

Gr ÀPaàs s'snssoivbht les lettres monstrées ausdii notaires par les dessot- 
dia , lesquelles estaient en la possession ou garde dudit Guillaume Le Lyèvre, 
c'est assavoir (1) : 

Item, lundi ensuivant, quarte jour dudit mois de may, à la requeste 
dudit Jehan de Gouttes, dit Minguet, ou nom tuteur et curateur dessus 
dit, se transportèrent lesdi* notaires en l'ostel de la Muse, les Saint- 
An thoine, à Paris, en la présence dudit escuier, de messire Richart do 
Tertre, GuiUot Le Lyèvre et Pierre Jougan, serviteurs dudit sire de Vieil 
Pont, lesquels monstrèrent à iceulx notaires les biens meubles et utensilles 
cy après déclarés, qu'ilz disoient estre et appartenir audit sire de Vieb 
Pont, après ce que Marguerite, vesve de feu Jehan Pannier, concierge 
dudit hostel, jura aux sains ewangiles de Dieu que tous les biens estons 
ou dit hostel pt qu'elle saurait estre et appartenir audit sire de Viek Pont, 
le monstreroit et enseigneroit sans aucuns en receler; et furent prisies par 
Philippot Le Maire, priseur juré en la ville de Paris, qui semblablement 
jura que iceulx biens il priseroit justement, à son povoir, et les prisa en 
ceste manière : 

t. Premièrement fu trouvé une paelle d'arain, ronde, contenant ung 
seau et demi d'eaue ou environ , une autre paelle ronde contenant environ 
un seau, deux autres petites paelles rondes , prisiéeg ensemble xxxn sols 
parisis. 

a. Item, une paelle de feu à queue, prisies cinq sols parisis. 

3. Item, ung greil, prisié xn deniers parisis. 

W Nous omettons ici huit articles contenant rénumération de diverses créances, 
qui offrent peu d'intérêt. 



— 328 — 

l. — JW Ménari, corbolU* <») (iit* aède). 

1. Il fat inhumé dans le cloître delà cathédrale, «fin claustra, . . . prart 
fieri assuetum est corbiculariis (et) cappeHanfc». 

a. ff Johanne la Giguella, clienti et ancille mee, decetn scuta auri legitimi 
ponderis, unam tunicam meam percei coloris, aguicnlis foderatam, cm» 
eadem fourratura, et capucium meum rubei coloris (5) , pro pensione et sa- 
tisfactione bonorum et honestorum servidorum.» 

II. — Nieaùê Blondeau, chanoine (i337). 

Nicaise Blondeau (Blondelli) était chanoine de la cathédrale. 

î . cr Item , sepulturam meam eligo in capella de Papelleya (3) , juxta tumo- 
lum defuncti magistri Johannis, quondam fratris mei. 

a. «rEt volo super corpus meum poni, die obitus et inhumationis mee, 
unum pannum sericum, bordatum de syndone nigra ad souceilos (4) de 
armis meis, quod remanebit ecclesie seu capelle predicte. 

3. «rEtdecem octo torchas cereas, quamlibet ponderis decem Kbrarum, 
et volo quod fiant cerei et torticelli (,) et candete de viginti libris cere, ad 
reponendum circa corpus meum et altaria ; 

4. crEt quod fiant due caritates (<) communes, una die obitus seu inhu- 
mationis mee et alia die septimi (7) , et quod cuilibet pauperi ad eas affluenti 
detur unus denarius. 

(1) Du Gange définit les corbelliers des chanoines semi-prébendés « canon icos 
semi-prebendatos in ecdesia Andegavensi» et Macri, dans son Eierolexiconàii que 
corbiculariut dérive de corbula, rochet, «que apud Gallos idem est quod rochetum 
clericorum». Les corbelliers avaient donc le rochet pour insigne, tandis que les 
chanoines portaient le surplis à larges manches. 

<*> Cette tunique per$ê et ce chaperon rouge étaient prohibés par le Pontifical, 
réformé par Guillaume Durant à la fin du xiu' siècle. L'évéque , dans YOrdo ad «j 
nodum, dit à ses prêtres : trNullus vestrum rubeis aut viridibus vel laicalibus vesti- 
mentis utatur.» 

< s > La PapiUaye , près Angers. 

< 4 ) Mot inconnu à Du Gange, qui emprunte un texte analogue à Baluxe, dp 
Tan i365: trVolo et ordino quod in die sépulture mee supra corpus meum ponan- 
tur duo panni aurei, quorum unus sit bordatus de sandalo nigro cum scutis sire 
scutellis armorum meorum»; toucello* est donc popr xcutêlla. Les écussons, aux 
armes du défunt, étaient appliqués sur la bande noire qui entourait le drap mor- 
tuaire, usage qui se pratique encore à Rome. 

(*> Du Gange a tortieiui, mais non torùcellus, petite torche formée de cierges 
tordus ensemble , comme on en voit figurés sur les monuments du moyen âge. 

w Voir Du Gange au mot caritas. 

<7) On nommait à Angers tepmê l'office funèbre du septième jour à dater de la 
mort. Du Gange, au mot *eptimu$, en limite l'emploi à l'Anjou et an Poitou : * An- 



— 330 — 

6* * Htm,. .. mante •mtjrUraeeine^ 
cam cum capocio cum foderaturis et meam cadeitram metiorone phase cam 
traversario et sargia meliore; ut orent pro me et misses faàant célébra*. . . 

7. rRadulpbo Pani, Décrétâtes meta. 

8. «Hem, domino Johanni Brunost, unam albam paratam (,) cam amicto 
et unam de gonnis mek. 

9. «Item, lego domino Petro Gayssart meam Sommam de cash» et 
unam de metioribus gonnis meis.» 

IV. — Maurice de Sizun, chanoine de la cathédrale (90 décembre i36i). 

1. trAssumentur tresdecim pauperes cierici ad vigilandum una nocte. 
ita quod quilibet eorum joxta corpus meum légat psalterium val quod com- 
mode poterit légère de eodem vel officium mortuorum, quorum quilibet 
habeat de meodnodecim denarios et unam panem de duobus deneriis et 
unam pintam vini. . . 

a. » Volo quod canonici , qui manualiter défierait corpus meum ad ecde- 
siam de domo mea , habeant viginti solides teme) advendos, inter ee disiri- 
buendos. 

3. frltem, volo quod canonici qui revestiii in albis défièrent corpus 
meum ad altare et postmedom défièrent ad sepnlcrum et jmrebamt ad fa- 
oîendum inhumationem, habeant viginti solides. . • 

4. «Item, volo quod aasumentur sex vd octo capellani qui, revesthi in 
albis, juvabunt lacère inhumationem. . . 

5. «Item, lego Gaufrkb, nepoti meo, libros meos juris eivilis et cano- 
nici, cum lectura mea Hostiensi (3) , et cum Summa Guilleimi Durandi (4} cum 

péri trementi frigore, oorsetum foderatam que ertt sab cappa indutns exnit et 
patiperi tradi fecit.» (Martène, Anecdot., t. III, col. 1931.) 

< l > Voir ce mot dans Do Gange. — - D'après les testaments angevins, le costume 
ecclésiastique comprenait alors la gotma, la tuniea, le eupertwdcak , le coreetum, 
k» capucium, la cappa et le aapattue ehori.» 

W Aube à parements : ces parements se mettaient sur la poitrine , aux manches 
et en bas, tant en arrière qu'en avant: aussi les nommait-on à Angers les cinq 
pibeet. «Paramétras albe pro parte inferiori ante et rétro ac duobus poignetis . . . , 
desatino rubeo figurato cum longis foiiis et parvis rosis aureis.» (Inv. de la catk. 
d'Ângwt, 1^67.) 

(3) VOêtieneù ou caidinal-évôque d'Ostie, Henri de Suie, qui rivait au xiu* s., 
était très estimé au moyen ége pour son commentaire du droit canon, intitulé 
Summa aurea. 

<*) Durandi est une orthographe vicieuse; il font écrire Duranû, comme sur le 
tombeau du célèbre canoniste et titurgiste, à Rome, dans l'église de Sainte-Marie- 
sur-Minerve. Autre argument : Gastel Durante a pris son nom, car il en fut le fon- 
dateur en ia84, en qualité de délégué de Martin IV. {Gazette dit beams-aru, 
a-pér.,t XXIV, p. 3 7 i.) 



— 331 — 

repeitorio , et «un alla Somma ejnsdem sine repertario et etm Innoeendo (l \ 
îta lamen qood fibri hujusmodi costodientar pênes domimnn arehidia- 
conum Transligerensem (,) sea Johannem de Fresneya. 

6. «Item, lego Àktno, nepoti meo, eanonico immasternOmmumsancto- 
mm w , eentam sotidos convertendos in emptione unrâs itobe tampro panno 
quam pro foniratoris». 

V. — Jehan Baucepié, trésorier de la cathédrale (t avril i386). 

tEîigo sepultoram meam in capellam quam de novo ordinavi. . ., prout 
domini mei de capitulo mkhi concesserunL » 

VI. — Jehan Begnouart, chanoine de la cathédrale (5 décembre i4o4). 

Il vent être enterré cran cimetière de saint Manrille», à Angers. 

Son mobilier comprend «quatre plax, deux grans escuelles, deux sau- 
ciers, le tout d'estain et douze draps de lit» qu'il donne à «■ Colette sa cham- 
berrière.» 

VIL — Jehan Jahot, prêtre-chapelain dé la cathédrale (3 juillet îftài). 

î. «Item, voloetffujiplioo corpujm^ 
tradi sépulture in claustris (4) dicte Andegavensis ecclesie, ad modum alio- 
rum «apellanoram ipeiiis acdeeie (l) . . . 

a. «rltem, cum beneplacito dictorum dominonim [eanonioornm], do 
Guillelmete, filie deffuncti Robini Jouyn, nepti mee, ad eam maritandum, 
quinque regalia auri. 

3. «Item, volo et ordino satisfîeri Johanne, servienti mee, de duobus 
régalions et uno capucio ei debitis pro serviciis par eam micbi impensis. 
ultra duas tunicas quas pro eisdem serviciis sibi tradidi. - . 

4. «Item, volo quod Johannet Poyeti, dericus^ et servitor mens, oon- 

< l) Innocent m , par les soins de qui furent publiés la troisième collection des 
Décrétâtes et le quatrième concile de Latran tenu en î s 1 5. 

(*) L'archidiacre d'Outre-Loire était la quatrième dignité du chapitre de la ca- 
thédrale. 

(*) L'abbaye de Toussaint i Angers. 

<*> Le cloître est attenant à la cathédrale, au sud, suivant l'adage: CUnutrum 
diiigit auttrum. H a été reconstruit an xv* siècle. Il sert actuellement d'habitation 
à un sacristain et au suisse, ainsi que de vestiaire aux chantres, aux enfants de 
cbanir et aux bedeaux; le chapitre y a sa salle capiiukire. 

( & > Les corbelliers ei les chapelains étaient enterrés dans le cloître et les cha- 
noines dans la cathédrale. 

<*> Les chanoines avaient à leur service un clerc ou chapelain dont ils taisaient 
l'éducation ecclésiastique, sage mesure à une époque où les séminaires n'existaient 
pas. 



_ 332 — 

lentetur de pénis et laboribus suis usque ad valorem triutn regalinm 
ultra unum libnim vocatum Une intàtuu ( ", quem obi dedi atque do 
eundo ad studium Andegavense M . 

5. cltern, volo et ordino quod bons oeredum defluncti mngistri ' 
lemù de la Souzelle, que sunt pênes me, videlicet duo lecti, unns ma 
et alius parvus, una pelvîa, duo libri, videlicet unus codex- et alius 
velus, eisdem heredibus restitua n tur. « 

VIII. — M. Brocet, chanoine de \a cathédrale #1 d» Saim-Jta* (8 avril i kti 

î. a Item, do et lego eccletùe collégiale Sancti JohannU Andegavia, i 
sum canonicus, imam pulcram cappam meam sericeam, quam babeo ; 
me in domo raca , ad serviendum eidetn ecclesie perpetoo. 

a. «Item, volo et ordino quodomoes lucerne seu vitrine navis 
ecclesie Sancti Johannis refficiantur de novo (,) , exjtensis executionis i 
utiliter et boifeste, ut melius fieri poterit. . . 

3. rrltem, do et lego cuilibet quatuor ordinum Meudicaucium Ai 
gavis unam pippain vini et unum seitarium siliginis, nt leneantur D 
. exorare pro me et parentibus mm.» 

IX. — ftitUauM de Sànt-Jutl ( i/i février i45q). 

Docteur et chantre delà caLhédrale, il demande a être inhumé a laea 
draie, "fuite altare sancti Marcialis.» 

X. — Jea» île Lailh. chauoxncdela cathrdrak (, 8 joui 1Û67). 

1. «Item volo qnod nnlla arma 1 ' 1 aen insignia annonim ponantur 1 
corpus meum aut sepulturam, «eu alia pompa. . . 

9. nltem, licet de equilate non tenear solvere capam in ecclesie And 
vensi, cum in recepcione mea solverim îllam predecessoriB mei, vide 



111 Lai JwliiuWi de Justinien. 

M L'Université d'Angers. 

t 3 l lufortiai-um? Du Gange le définit ainsi, en délignant les trois partie 
droit civil, qui sont aussi énumérée* ici : «Pan una Digestorum juria, quod 
liari nostri JTiriscouaulti in très partes divisere; Digutun nomtm, h/ortiatu. 

VttMt.» 

i'1 Don important de verrières, qui malheureusement ont disparu avec l'éf 
— Du Cange a ntri'iu , mais non Suctma dam le sens de vitrail. 

(1) Chaque chanoine avait, comme tel, ses armes propres. Dans on acte 
date, du commencement du siède dernier, conservé aut Archives départe mec ii 
deux chanoines de la cathédrale, qui y ont apposé leur sceau, portent sur I 
armes un chapeau & deux rangs de houppes, ce qui est le droit commun. 



— 33â — 

pultoruin et totidem in eapeUa aancli Sttphani de Maiefeyo ">, 

netensis diocesis in qua natns aura 

5. «Item, do et lego fabrice paroetualia eodene de Tunïcnlo m , A 
gavensis di «oasis, unirai misse la impreMnm , perfectam et oompietui 

6. nltem, do et le^ doffliim UBODkùt ecelcae Aodegaveiiai» qoi p 
bunt corpus meum de domo habitnunniB raw usque ad loeum sept 
ni" solidos. . . . 

7. nltem, ordino pueris p*allela' I) pro canUndo supra tonbun ni 
iu exita matutinamm , pro salute anune mee, angnlis dîebns trium 1 
rum , pro quolibet anno , summam decem librarum 

8. «Iteto, do et lego Michaeli, nepoti meo, uoera cemeram, mui 
videUeet de duobo9lectiH,uulàc«(iiinibu»,coopertarii, curtina», ridell 
unum BCamnum, tabulamcjue et tripodes ( eomduobu* cathedris exîiten 
incarnera mea, ciLQi armariis ;s; oc imam archam, gallice coffre, eum 
bus iibris meis, demplis Decretalibus et Decisioiiiboj Hôte, et hoc pros 
dis suis per eum michi factis tam durante infirrailate mea quam per 
ff iim tempus per ente. 

g. b Item , plus do et lego dieto itapoti raeo unam tomcammeem, o 
rem qnam habeo, foderetam pellibus, galbée de martre*, eum daod 
scutellis , tribus discis ac duabua tarais '*', totam de stagna. 

10. titan, do et lego Jobumi, clerico meo, unam tunicam, mrtt 
quam habeo, foderatam pellibus agniculorum, eum Decretalibus et fia 
nibusfiota. 

11. allem, plus do et lego dicto Johanni, clerico meo, uaum la 
m uni tu m eum curtina et riddlis. » 

1. «Corpus meum in eoclesia Andegovensi et iiavi cjusdem ante a 

W L* Meilkraje (Loire- Intérieure). 

(*> Le ïoureit (Maine-et-Loire.). 

'*> Du Gange définit fiiolltta -puer symphonie, t*Jani dt ckawx, tooieni 
wre charte de ioa6 qui porte qui* puerot de psailela vocaut*. On nommée 
à Angers purfUtu la maison où sont élevés les enfant* de chœur. 

(l) Cortina signifie littéralement voile , rideau , courtine. .- ici ce root est eu < 
sition trec ritUUui , il ne peut donc avoir le mime sens. Du Cange définit 
tUUut, tteortina, et (jallico rùlmun. Le sens étant différent, puisqu'il n'aduu 
la synonymie, peut-être convicut-il, avec uu acte de 1280, cité par Du Caug 
dire que ia cartuui du testament est un ciel de lit : efaciant supercapelliua *e 

cl Do Gange, au mot armoria, ne parie que d'un tabernacle en armoin 
ormoin» étaient rares, à cette époque, dans le mobilier domestique. 

cl Du Gange, an mot tartan* , ne parle que d'une mesure agraire : ici, il 
très probablement de mesares pour les liquides. 



— 336 — 

Inscriptions dv moyen îoë rnouriss À Nîmks. 
(Communication de M* Bondurand, archiviste dn Gard.) 

M. Bondurand, archiviste du Gard, a adresse au Comité la 
copie ou l'estampage de diverses inscriptions, récemment décou- 
vertes dans ie département du Gard, et qui sont encore inédites», 
ou du moins peu connues. 

Trois d'entre elles sont des inscriptions du moyen âge trouvées 
à Nîmes. Comme le fait remarquer avec raison l'auteur de cette 
communication trie sol de Nîmes est d'une extrême richesse en ves- 
tiges de f époque gallo-romaine ; il n'est pas de fouille un peu pro- 
fonde qui ne mette à jour des inscriptions, des chapiteaux, des 
mosaïques, des poteries, etc. Des monuments antiques admirables, 
comme les Arènes et la Maison carrée, sont arrivés jusqu'à nous 
dans un remarquable état de conservation. Les monuments du 
moyen âge ont été beaucoup plus éprouvés que les monuments 
romains, et sont infiniment plus rares. Les inscriptions romaines se 
comptent à Nîmes par centaines, et il y en a de magnifiques; les 
inscriptions du moyen âge, au contraire, sont à peine au nombre 
de vingt dans le musée lapidaire de la ville». On ne saurait donc 
trop louer M. Bondurand du zèle qu'il met à étudier et à faire con- 
naître ces monuments du moyen âge, dont la rareté même double 
Tintérét. 

Les fouilles exécutées en 1 883 à Nîmes pour l'établissement des 
nouvelles halles ont fait découvrir deux importantes mosaïques an- 
tiques, dix-neuf inscriptions romaines et trois du moyen âge. Deux 
de ces dernières, découvertes à la fin de l'an dernier, ont été immé- 
diatement publiées par M. Bondurand dans la revue locale qui a 
pour titre Nemausa; la troisième, qui est récemment sortie de terre, 
est inédite. Voici le texte et la description de ces monuments tels 
que les donne le laborieux archiviste du Gard : 



Bloc de marbre uni, incomplet à droite et à gauche. L'inscription parait 
n'avoir jamais eu que deux lignes. Haut , o m 1 6 ; larg. , o" A a. 



TOR : VILeUït' : CLRRETV. . 
VRO : SIB : 6SS : SIUUI ! RN 



— 337 — 

M. fionduraiid propose de compléter ce texte de la façoo suivante : 
Prccentor (ou cantor) VUehnus Claretus m hoc muro situs est maii noms. 

Bien des objections peuvent être faites à cette restitution. Il im- 
porte d'abord de remarquer combien, en général, il est difficile de 
restituer avec certitude les parties manquantes dans les inscriptions 
iu moyen âge. Le mode même d'abréviation usité à cette époque 
fait que, lors même qu'on est fixé sur l'étendue exacte des fragments 
perdus, on est le plus souvent dans l'impossibilité de calculer le 
nombre de mots et de lettres qui devaient y entrer. Ici rien ne 
permet de déterminer avec certitude la longueur des lacunes qui 
existent aux deux extrémités de la pierre. La restitution de M. Bon- 
iurand oblige à supposer un oubli de la part du lapicide, qui aurait 
jmis le signe abréviatif nécessaire pour former le mot situs. De plus 
l'expression in hoc muro situs est est insolite, j'ajoute qu'elle est peu 
vraisemblable, car on n'enterrait pas au moyen âge dans les murs 
des églises, mais tout au plus au pied des murs. On voit donc com- 
bien il est délicat de chercher à compléter ce texte et l'on com- 
prendra que je n'oppose aucune hypothèse à celle que je viens de 
critiquer. 

II 

Tablette de pierre de Barutel (pierre calcaire), avec encadrement de rai- 
nures. Tout le côté gauche manque. Haut., o m ,5o; larg., o M ,i8. 

L : II : non 

etEur : RHI 

"m : HRCI>I 

Ei&B: OH* 

XPG : UIUJTC 

S : ISSe : OÏhl 

KBk : CGLGS 

ISH : UnG: DS 

Diem. 

Voici comment M. Bondurand propose de lire et de compléter 
cette inscription : 

Anno Dommi m 9 ce* (ou ecc 9 ) l° n* f noms» . . . obiit GwUehims Ramundtu, #c- 
clssiê Nemauiensit archidiacontu , levita (ou archypretbiter, $acri$ta) et ctmomicuê. h te, 
Christe, vivat tacerdot i$te, ommibus incerUm, eeleetem da ei vit em une Deu$ m éiem* 

AncuioLOGii. s3 



rV 



chaque ligne une lacune de douze à quinze lettres au moins; dose 
les deux mots in te sont trop courts pour la cinquième ligne connut 
le sont les mots da ti pour la huitième. Quant à l'expression biurre 
de ominibus incertain , e\\e prête à toutes sortes d'objections; enfin, siest 
archidiacre n'avait pas la prêtrise, l'aurai! un nommé tacerdot. M*i< 
est-il nécessaire de discuter plus longuement un teste aussi incertain. 
M. Beuduraod a parfaitement reconnu que les dernières lignas m 
contiennent qu'une pieuse invocation ssds intérêt historique. Gâta 
suffit à l'intelligence de l'ensemble du monument. 

hteript. du t' nti tuf tiicU. Toulouse, i838, )n-o # , p. |«Si Bitaitta 
Ménmrtt d, h AnW arrAMeg^n au mM et ta Fruact. 



— 340 — 

dant lai savoir gré du soin qu'il a mis à les signaler à l'attention da 
érndits en les communiquant au Comité. 

Robert db Lasteyhie, 

Membre da Comité. 



Notice archéologique sue l'église d'Isbube-lès^Moduns. 

On trouve aux portes de Moulins, à Test, une église de moyenne 
taille, sans grande apparence, qui n'attire pas beaucoup les visi- 
teurs, et qui pourtant à l'intérieur offre un véritable intérêt et mé- 
rite une étude attentive. C'est l'église paroissiale d'Iseure, une des 
plus anciennes du pays, attachée autrefois à une abbaye de femmes, 
et dont l'importance dans l'histoire de Moulins a été plus grande, 
nous le verrons, qu'on ne pourrait le croire. Si l'extérieur séduit 
peu, il faut en accuser les remaniements grossiers, — mais en gé- 
néral peu destructifs, — dont il a été l'objet; et si l'on pénètre 
dans l'édifice, on sera surpris de ses heureuses proportions et du 
caractère homogène qu'il a conservé et qu'il serait si facile de loi 
rendre tout à fait. L'archéologue surtout , dans les différences de 
style, y trouvera matière à d'intéressants rapprochements. 

I 

Ou n'a à peu près aucun document sur l'église même, au poinl 
de vue de la construction, mais il en reste encore beaucoup an 
point de vue de l'histoire ecclésiastique : comme ils ont un intérêt 
fort restreint, je vais les résumer brièvement (1) . 

La tradition veut que l'église d'Iseure ait été bâtie sur les ruines 
d'un ancien temple païen. D7*odrum, Isiotrum, Isoria, qui sont les 
noms ordinaires de l'endroit, on a fait dériver naturellement Istâ* 

(0 On a peu écrit sur Iseure, mais son nom se trouve forcément mêlé à l'histoire 
religieuse de Moulins. A cet égard, Y Ancien Bourbonnais (par Allier et Ad. Michel, 
1837, s vol. in-P et atlas) est très suffisamment complet, et c'est à lui que j'em- 
prunte presque tous les détails qui suivent II faut toutefois le contrôler i l'aide de 
l'excellent travail de Chaïaud sur la Chronologie des sires de Bourbon (1866) : ceci 
pour la partie historique. L'église n'a jamais été bien étudiée en elle-même. M. de 
Soullrait seul en a dit quelques mots dans le Bulletin monumental (t. XVIII, i85i), 
dans le Congrès archéologique, en i85&, et dans un petit abrégé de la statistique 
archéologique de l'arrondissement de Moulins (1860). Ces notes se répètent du 
reste Tune l'autre. — Peu on point de reproductions figurées. 



<la k Min fkwttrgiK, 4» M.btll™ ensuite, «1 t'est no triomphe, en W faaaa* 
ioaew <J*n» «w iMMto B* n » ftrnWi ne. de a« rinfcJ'mirw In ploa ujrânieui, Pear 
tout ceci , voir Chuaud , qui traite la question à fond. 

''1 (Datum if' kal. Mptamhria anno n° rognante donna Karnln in tp — aattJ 
Galbtcirùt.,ed. da ■656,1. m, col. 79» Jidn aW*««Waah, t I, p, i(f. 

(V Ckaaaud, p. 167. fiaiuie, dea note* inidrtoa dnqnet le document aat tiré, aa 
rapporte la date à 1099-1097. Cependant, ai Ton l'en rapporte a Qmm,8mimfè- 
sapsraan, IWqiie Oui, dont il parait l'agir, nagea da lOflê a apnn, a* lauagi- 
fut vacant depuis la mort de son prédécesseur, Hugues de Chaaafadlaaannt, m 
■••l.juaaai'ea 1096. 
• :J ' Ancien Bourboimai* , t. Il, p. 1 19 du Vopge pittoinaene. Voir le Uartt 4a la 
ptfe., p. in». 



K 



— Uk — 

chapitre. L'Ancien Bourbonnais les raconte tout au long W : il y i 
peu d'exemples d'une lutte aussi acharnée» devant laquelle, dm 
siècles durant, édite, arrêts ou mandements restèrent impuissants, 
Notons seulement que, dès 1890, le fief presbytéral avait été uni ai 
chapitre par une bulle de l'antipape Clément VII, et ce n'est qu'a 
1675 que le curé, appelant d'abus, put se le faire restituer Œ. Plu 
tard, on voit que l'importance de ses fonctions dans la capitale avait 
décidé le curé d'Iseure à fixer sa demeure à Moulins même, dès 
1690. La paroisse n'en garda pas moins toujours son titre primitif. 

II 

Dans son état actuel, l'église d'Iseure a subi quelques rema- 
niements qui en ont modifié sensiblement l'aspect extérieur et dé- 
naturé même un peu le plan primitif. De même que dans les églises 
romanes un peu complètes, ce plan, conçu dans <Télégantes pro- 
portions, est en forme de croix. Une nef, de trois travées avec bas 
côtés, est précédée d'un pronaos sur toute sa largeur, et coupée 
par un transept légèrement saillant. Un chœur d'une travée précède 
l'abside et est flanqué de deux absidioles qui ouvrent sur les bras 
du transept Une petite crypte s'étend sous le sanctuaire. Le clo- 
cher surmonte la partie centrale du pronaos. 

Je reviendrai plus loin sur les dates qu'il faut attribuer à ces dif- 
férentes parties de l'église, qui ne sont pas de la même époque. 

Disons tout de suite que l'abside centrale a été refaite à la go- 
thique et que les fâcheuses modifications que l'on remarque actuel- 
lement proviennent de l'adjonction de chapelles dans le courant do 
xv* siècle, et de la transformation des toitures. L'absidiole nord du 
transept a été abattue pour faire place à une grande chapelle rec- 
tangulaire, et le mur du bas côté nord de la nef a été également 
défoncé entre les contreforts et reculé jusqu'à la hauteur de la 
saillie du transept, pour établir trois étroites chapelles. De même 
la travée sud du pronaos a été flanquée d'une chapelle à peu près 
carrée pour les fonts. Quant aux toits, qui étaient en deux étages, 
mais très bas et posés sur les reins de la voûte, ils ont été rem- 

W T. II, p. 78 et suiv. 

( *> A cette époque la cure valait 3 00 livres. Description générale du Bourbormaù 
th t56$, par M. Nie. de Nicolay. réimpression par le comte d'Hérisson. Moulins 
1876, in-À°, p. i55. 



— S46 — 

placés par un seul et énorme toit qui couvre l'église tout entière de 
ses deux pans, passant sans aiicim ressaut sur les trois nefs, les 
chapelles, le chœur et l'abside, où il gp termine à pans coupés. 
Ce toit cache une partie des étages do clocher; on a exhaussé la 
murs de la façade et monté l'abside jisqu'à sa hauteur» Seuls les 
toits des bras du transept le traversent, mais au-dessous do sa crête; 
le toit conique do l'absidfole sud est aussi inctact 

Examinons de plus près les différente parties de l'édifiée. 

L extérieur, sauf la porte, est assez nu et offre un intérêt mé- 
diocre, comme d#ns la plupart des églises de cette époque, mais la 
façade est relayée par sa position sur une vaste place entourée 
d'arbres, et surtout par a* construction *n grand et bit* grès rou- 
geâtre très coloré et très bien appareillé. 

Il y t deux portes, une centrale, assez large, et une aftfre beau* 
coup plus petite, à droite, devant le bas côté sud. La Mite cen- 
trale, qui mesure 3 mètres d'ouverture, rgunit comme d'habitude les 
deux contreforts qui la flanquent en un seul massif amorti par une 
corniche à modillons couverts de tètes grimaçantes, et par un petit 
toit en appentis, au-dessous de la fenêtre du clocher. Ce système 
d'entrée est trop fréquent à l'époque romane pour que nous y 
insistions : il su retrouve un peu partout, et notamment dans la 
plupart des églises du pays. La baie est carrée et surmontée 
d'un tympan plein cintre, sans sculptures, mais qui parait avoir 
reçu autrefois d$& peintures, car il y a encore des traces de colo- 
ration ainsi que sur tout#s les moulure^ de cett§ porte. Les mon- 
tants qui supportent le tympan sont des pilastres ornés de deux 
cannelures et coiffés de chapiteaux à animaux fantastiques. Le tym- 
pan est encadré de trois voussures en ressaut : les deux premières 
se composent df moulures diverses, d'oves, de dftnts de scie et de 
perles; la troisième, plus importante, est marquée par un tore 
coloré de spirales rouges, blanches et jaunes, et comprend un ban- 
deau orné de rosaces. Le tout est encadré dans une grande archi- 
volte décorée d'un rang de billettes, comme à la corniche qui marque 
le sommet du massif. Le* deux dernière* voutsures portent sur 
deux colonnettas à chapiteaux sculptés figurant des animaux fan- 
tastiques et des feuillages. Toutes ces sculptures sont bien conservées 
et l'ensemble de la porte est vraiment intéressant fl \ 

M Voir un croquis de cette porte dans VAnmen Boiurbonnaii , t. II, p. 199. 



— 3S0 — 

vées* La travée médiane* qui porte le clocher, ouvre etor U ad 
par «ne grande arcade semblable à celles de la nef , maie pus 
large de section 9 car elle repose* sans pied-droit spécial, sur la fà 
même* prolongée en ce* endroil et à peine épanelée nos engin; 
elle n'est marquée que par une Moulure aux imposte*» 

Le premier étage du clocher se trouve au-deeou* de la travée 
centrale du pronaos, et sa voûte est exactement la continuation de 
celle de la nef; c'est une salle séparée par un mur plein de fiatf- 
rieur de l'église. Mais un examen attentif montre que cette parai t 
été ajoutée après coup, et que l'ouverture a été marée àaneépeqas 
indéterminée* On voit parfaitement l'arc ou plutôt le doublées qti 
séparait seul les deux voûtes. Le premier étage dm clocher n'étant 
donc aut