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Full text of "Bulletin du Musum national d'histoire naturelle"

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BULLETIN 



DU 



MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 






La figure placée sur le litre du Bulletin représente un Écureuil -Volant du 

genre Pteromys, le Pt. punctatvs Gray, espèce indienne des forêts de l'Himalaya; 
elle a été exécutée par M. le Professeur A. Millet, d'après les observations et le 
croquis de M. Guy Bal^ault {Bull Mus. nal. d'iiist. nal., igiO, p. 43o). 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



RÉUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSÉUM 




TOME VINGT-TROISIÈME 



1917 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCCGGXVII 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



REUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSEUM 




ANNEE 1917 

N« 1 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCGCCXVII 



AVIS. 

Les auteurs sont priés de vouloir bien se rappeler que 
l'étendue des notes insérées dans le Bulletin ne saurait 
dépasser 5 pages d'impression. 

Les auteurs sont également priés de donner des manu- 
scrits mis au net qui puissent permettre la composi- 
tion rapide du Bulletin. 

Les auteurs sont instamment priés de remettre les cli- 
chés des figures qui accompagnent leurs notes en même 
temps que leurs manuscrits. 

SOCIÉTÉ 

DES 

AMIS DU MUSÉUM NATIONAL 
D'HISTOIRE NATURELLE 

(EXTRAIT DES STATUTS). 



I. But et composition de la Société. 

Article premier. 

L'Association dite Société des Amis du Muséum national d'Histoire natu- 
relle, fondée en 1907, a pour but de donner son appui moral et financier 
à cet établissement, d'enrichir ses collections, ménageries, laboratoires, 
serres, jardins et bibliothèques, et de favoriser les travaux scientifiques et 
l'enseignement qui s'y rattachent. 

Elle a son siège à Paris. 

Article 3. 

L'Association se compose de Membres titulaires, de Membres donateurs et de 
Membres bienfaiteurs, qui doivent être agréés par le Conseil dadministration. 

Pour être Membre titulaire, il faut payer une cotisation annuelle d'au 
moins 10 francs. La cotisation peut être rachetée en versant une somme 
fixe de i5o francs. 

Pour être Membre donateur, il faut avoir donné une somme d'au moins 
5oo francs, ou avoir versé pendant dix ans une cotisation d'au moins 
60 francs par an. 

Pour être Membre bienfaiteur, il faut avoir donné au Muséum, ou à la 
Société, soit une somme de 10,000 francs, soit des collections scientifiques 
ou des objets, meubles ou immeubles, ayant une valeur équivalente, soit, 
pendant oix ans, une cotisation annuelle d'au moins 1,200 francs'*'. 

<') S'adresser pour les versements à M. Pierre Masson, trésorier de l'Association, 
19 0, boulevard Saint-Germain. 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE, 



ANNEE 1917. — N" 1 



-=5*<>- 



167' REUNION DES NATURALISTES DU MUSEUM. 

25 JANVIER 1917. 



PRESIDENCE DE M. ROULE, 

PROFESSEUR AU MUSEUM. 



ACTES ADMINISTRATIFS. 

M. LE Président donne connaissance des faits suivants qui inté- 
ressent le Muséum : 

M. Stanislas Meunier, Professeur de Géologie au Muséum, a été 
nommé, pour Tannée 1917, Assesseur du Directeur. 

M"^ Dehorne (Lucienne), Docteur es Sciences naturelles, a été 
nommée Stagiaire (i"^' anne'e) près le Muséum pour Tannée sco- 
laire 1916-1917. 

M. LE Président donne ensuite la parole à M. le Professeur 
H. Lecomte, qui annonce la mort du R. P. Urbain Faurie, Mission- 
naire; au cours de ses herborisations en diverses régions de 
TExtrême-Orient et des îles de TOcéan Pacifique, il a récolté 
de nombreuses collections dont il a enrichi THerbier du Muse'um; 
la notice ci-jointe permettra d'appre'cier ses mérites. 

Muséum. — xxin. i 



— 2 — 

Le R. p. Urbain F au me, 
PAR LE Professeur H. Lecomte, 

Les services botaniques du Muséum ont perdu dans ie Père U, Faurie 
un actif et précieux correspondant. 

Né à Dunières (Haute-Loire) en 18/17, ^^ P^''^ Urbain Faurie était 
envoyé au Japon eu 1878 en qualité de missionnaire, et c'est dans ce pays 
que sa carrière s'écoula complètement (à Hokkaido, à Hirosaki et enfin à 
Aomori). Rarement il revint en Europe passer un congé, car il profitait 
liabituellement des périodes de repos qui lui étaient accordées pour her- 
boriser soit au Japon même, soit dans d'autres pays d'Extrême-Orient. 
C'est pendant le cours d'une excursion botanique à Formose que la mort 
le surprit, le h juin 1910 (à Taihoku). 

Le Révérend Père Faurie fut un Rotaniste herborisant d'une très 
grande activité ; non seulement il parcourut le Japon , mais il fit encore 
l'exploration botanique de Formose, de Corée , de l'archipel des îles Kou- 
riles, de Sakkaline, etc.; dans ces dernières années, grâce à une petite 
subvention du Muséum , il put étendre le cercle de ses exploi'ations bota- 
niques jusqu'aux îles Hawaï. 

Le relevé de ses envois successifs au service de Phanérogamie du Mu- 
séum est la meilleure preuve de son activité et de sou zèle : 

Plantes du Japon (envois répétés de i885 à 1909). 1 'i,3oo échantillons. 

Plantes de Corée (1902) 1,000 

Plantes de Sakkaline (1909) 600 

Plantes de Formose (190^) 8o'i 

Plantes de Hawaï (1911-1915) 3, 8 96 

triantes fossiles du Japon [Horonoï, Sado, etc.] 

(1886-1891) 1,868 

Total 2a,/i68 



Il conviendrait d'ajouter de nombreux envois de Cryptogames, particu- 
lièrement des Muscinées et des Lichens pour le service de Cryptogamie. 

Ce laldeau est assez éloquent«ar lui-même pour se passer de tout com- 
mentaire. Le Muséum, qui put" acquérir du Père Faurie un si grand 
nombre d'échantillons boîaniques, perd dans la personne de ce mission- 
naire l'un de ses plus actifs collaborateiu-s. 



3 — 



COMMUNICATIONS. 



DtSCRIPTION d'un LaCERTILIEN NOUVEAU DU MàROC, 

PAR M. Paul Chabanaud, 
Correspondant du Muséum. 

J'ai publié, Tau dernier''', la nomenclature des Reptiles recueillis 
au Maroc par M. Pallary, dont les envois étaient parvenus au Muséum 
de 1918 à 1910, et" je considérais cette étude, qui m'avait été confiée par 
M. le Professeur Louis Roule, comme entièrement terminée. 

Or je viens de m'apercevoir qu'il n'en était pas ainsi : l'un des bocaux 
dans lesquels était enfermé le produit de ces chasses avait échappé au 
recensement, motif pour lequel je n'ai pu examiner que tout dernièrement 
son contenu. Ce bocal contenait trois Lacertiliens capturés à Agadir. L'un 
d'eux est un exemplaire de la vulgaire Tarentola muuiitanica L. ; les deux 
autres appartiennent à une espèce inédite et fort jolie du genre Chalcides 
Laur. 

Avec (hjmnodacUjhss moerens Chabanaud '"'', cette espèce est la deuxième 
qui a été découverte au Maroc par M. Pallary durant le cours des années 
1918 à 1915. 

Chalcides trifasciatus , sp. nov. — Museau obtus, à bord antérieur 
arrondi mais assez proéminent en avant de la bouche. Distance de l'extré- 
mité du museau au bord antérieur de l'œil égale à la distance du bord pos- 
térieur de l'œil au milieu de l'orifice aui'iculaire. Deux supra-nasales en 
contact réciproque. Fronto-nasale plus large que longue. Frontale plus 
longue que large. Naiine percée entièrement en avant de la suture entre 
la rostrale et la première labiale supérieure. Quali'ième ou cinquième 
labiale supérieure bordant l'œil. Post-nasale en contact avec la première 
labiale supérieure seulement (chez l'individu dont la quatrième lal)iale 
borde l'œil) ou avec les deux premières labiales supérieures (chez l'indi- 
vidu dont la cinquième labiale borde l'd'il). Yeux modérément grands. 

C' Rullelin du Muséum, igi6, n" 2 , p. 79, et n" 5, p. ;î28. 
(') Op. cit., p. 298. 

1 . 



— k — 

Oi-ifice aiiiiculaire plus ou moins Inangulaire ou ovalaiic; uu peu plus 
grand que la narine. Corps à section transversale neltement subquadran- 
gulaire. Écailles parfaitement lisses, sur vingt-quatre rangs autour du milieu 
du corps; celles des rangs médians non élargies. Les Ix membres très courts, 
pentadactyles ; les postérieurs beaucoup plus courts que la distance qui 
sépare l'extrémité du museau de l'épaule; la longueur de ces derniers com- 
prise cinq Ibis dans la distance qui sépare l'extrémité du museau de l'anus. 
Dessus d'un brunâtre clair, un peu plus foncé sur la tête, avec la suture 
entre toutes les labiales plus ou moins largement noirâtre. Sur le milieu du 
dos, à partir de l'occiput, s'étend une bande longitudinale d'un brun assez 
foncé, dont la largeur occupe les deux rangs médians d'écaillés et la moitié 
des deux rangs adjacents. Cette bande, très régulière, est nettement déli- 

Chcdcides trifasctahis , s]». nov. 





Fig. 1. 



Fig. 2. 



mitée, de chaque côté et sur toute sa longueur, par une série de petites 
taches noires, placées chacune sur une écaille, et accompagnées, du côté 
externe, d'une série de petites taches d'un blanc pur, plus ou moins dis- 
tinctes. Sur le milieu de cette même bande, une double série longitudinale 
de taches d'un blanc pur, ocellées de noir, semblables à celles qui se voient 
sur certains exemplaires de Ch. ocellatus Forsk. Chacune de ces taches 
occupe toute une écaille; elles sont assez régulièrement groupées deux par 
deux transversalement et disposées , dans le sens longitudinal , à intervalles 
de deux ou trois rangs transversaux d'écaillés. Deux autres bandes de 
même couleur prennent naissance de la narine , passent par l'œil et se 
poursuivent le long des côtés du dos , oîi elles se trouvent séparées de la 
bande médiane par un intervalle constant d'un rang et deux demi-rangs 
d'écaillés, et où elles occupent elles-mêmes une largeur d'un rang et 
demi d'écaillés. L'intervalle qui sépare ces bandes est de la couleur fon- 
cière brun clair, sans aucune tache. Chacune de ces bandes latérales est 



marquée en son niilioii d'une série unique de lâches ocellées, en lous 
points sembhiMes aux taches du milieu de la bande médiane. Enlin le 
bord interne de ces mêmes bandes latérales est limité de façon identique 
aux bords latéraux de la bande médiane, mais leur bord externe s'éclaircit 
et se fusionne assez brusquement avec la teinte claire du dessous du corps. 
Sur la queue, ces trois bandes s'éclaircissent de plus en plus vers l'extré- 
niité et deviennent (!e moins en moins distinctes, ainsi que les taches 
ocellées. Elles sont totalement invisibles sur une queue régénérée, dont 
la coloration est d'un gris brunâtre clair, à peu près uniforme. Tout le 
dessous de la tête et du corps d'un blanc jaunâtre immaculé. 

Deux individus : 

N" 1 (quatrième labiale bordant l'œil, queue intacte); 
N° 9 (cinquième labiale bordant l'œil, queue régénérée). 

N" 1. N° 2. 

millim. millim. 

Longueur totale i5o,o ii3,o 

Longueur de la tête, prise de l'extrémité du 

museau à l'oreille 9,0 10,2 

Largeur de la tête 6,0 8,0 

Longueur du corps, prise de l'oreille à i'anus. 83, o 81, 3 

Longueur des membres antérieurs 6,7 7,6 

Longueur des membres postérieurs la,.*! i5,o . 

Longueur de la queue 78,0 5i,5 

Cette nouvelle espèce est voisine à la fois de Ch. bedriagrie Bosca , oscel- 
latus Forsk. et bottegi Boul. ''', sans pouvoir cependant être considérée 
comme intermédiaire entre l'une ou l'autre de ces trois formes, dont elle 
se distingue, indépendamment des auti-es caractères différentiels, par son 
corps évidemment angulé et non arrondi latéralement. 

Elle se rapproche de Ch. bedriagae par sa narine percée entièrement en 
avant de la suture entre la rostrale et la première labiale supérieure, par 
le nombre de ses rangs d'écaillés, dont celles des rangs dorsaux ue sont 
nullement élargies, et par ses membres courts; mais elle s'en dislingue 
par son museau fortement proéminent, parla plus grande longueur de sa 
queue ainsi que par sa coloration tonte dilféreute. 

Elle n'a guère de commun avec Ch. ocellatus, ou du moins avec certains 
individus de celte espèce, que son système de coloration. Indépendam- 
ment, comme je l'ai (ht plus haut, de ses flancs non ariondis, elle s'en 

'■'> Aiun'i (1,1 MnuPd riv'ro ili Gi'itorn (a), XVIH [1897], p. 719. 



— 6 — 

dislingue par sa forme gëuérale beaucoup plus ailongée . par son museau 
plus proéminent, la position de ses narines, le nombre plus réduit de ses 
rangs d'écaillés, ses membres plus courts et sa (jueue plus longue. 

C'est avec Ch. botiegi Boni, cpie cette nouvelle espèce a le plus grand 
nombie de points communs : même sveltesse dans les proportions du 
corps, silualion identicpie de la narine et, à peu de cbose près, même sys- 
tème de coloration. Par conti-e, Ch. hottegi présente un museau nullement 
proéminent, des rangs dorsaux d'écaillés fortement élorgies transversale- 
ment et des membres postérieurs dont la longueur, comprise seulement 
trois fois dans celle de la tête et du tronc piis ensemble, est de beaucoup 
supérieure à celle des mêmes membres cbez Ch. trifasciatm. Ces cai'jic- 
tères, joints à la différence de forme des côtés du corps, rendent impossible 
la réunion de ces deux espèces. 

Maroc : Agadir [Pallary]. 

Types, collection du Muséum de Paris. 

Si, comme l'a fort justement remarqué M. G.-A. Boulenger "', la décou- 
verte de Ch. hottegi, espèce intermédiaire à certains égards entre Ch. be- 
(Iriagac et occUatus, constitue un fait des plus intéressants, celle de Ch. 
tnfasciatus ne présente pa> un intérêt moins considérable, en laison de la 
position systématicjue que lui assigne l'ensemble de ses caractères , et préci- 
sément parce qu'elle ne semble pas, malgré ses affinités, pouvoir être con- 
sidérée comme inlermédiaire entre les mêmes espèces que tend à léunir 
67*. hottegi Boul. 

(') Loc. cil., p. 720. 



Note COAfPLÉMENTAIRE SUIi LES OpHIDlENS DE l'AfRIQUE OCCIDEISTALE , 
AVEC LA DESCRIPTION flViVE ESPECE NOUVELLE, 

PAR M. Paul Chabanaud , 
Correspondant du Muséum, 

Lors de ia ])iiblication de ma dernière note sur les Ophidiens de 
l'Afrique occidentale ''', je ne possédais pour tous renseignements que les 
seules indications générales portées sur le Registre des Enli-ées du Labo- 
ratoire d'HerpétoIogie et sur les bocaux où étaient enfermés ces matériaux 
d'étude. Sur la foi de ces données sommaires, j'avais attribué le Dahomey 
comme patrie exclusive à toutes les espèces dont la capture était due anx 
chasses du D' G. Bouet. Cette indication s'accordait parfaitement, pour un 
certain nombre d'enire ces espèces, avec les connaissances acquises sur 
ce point à leur sujet ; mais il n'en était pas de même pour quelques autres 
dont l'aire d'habitat connue se trouvait, de ce fait, étendue dans des pro- 
portions plus ou moins considérables. Aussi avais-je formulé des réserves 
dont le bien fondé vient de m'ètre démontré par la réception d'une lettre 
du D' Bouet, contenant la liste complète des endroits précis où avaient en 
lieu ces captures. 

Il résulte de celle nouvelle documentation que , si la plupart des Ser- 
pents en question ont bien été pris au Dahomey, il en est, par contre, un 
certain nombre dont la capture a été faite au cours d'un voyage effectué 
par le D' Bouet, en 191 j, d'Agouagon (près Pauignan) à Dakar, en 
passant par Tombouctou. L'itinéraire de ce voyage traverse le Dahomey 
du Sud au Nord, suit le cours du Niger de Kariraana jusqu'à Kouhkoro, 
emprunte la voie ferrée de Koulikoro à Kayes et se poursuit, par voie 
de terre, de Bafoulabé à la mer, en suivant à partir de Koldé le cours de 
la Casamance. De là le D' Bouet gagna Dakar par la voie maritime. 

Par conséquent, et ceci contrairement à mes premières assertions, il 
s'ensuit que, dans le travail auquel celte note fait suite, j'avais étudié des 
spécimens originaires de loutes les possessions françaises de l'Afrique 
occidentale, dont l'ensemble se trouve ainsi complété de la façon la plus 
heureuse. Il y a donc lieu d'ajouter aux pays dont j'avais donné précédem- 

(') Bulletin du Muséum, 1916, n" 7, p. 36a. 



— 8 ~ 

ment ia nomenclature : le Niger, le Haut-Sénegal et la partie du Sénégal 
proprement dit située à Test et au sud do la Gambie anglaise. 

Parmi les espèces capturées dans ces dernières régions se trouve 
notamment l'exemplaire de Psammophis shokan Forsk., dont la présence 
au Dahomey m'avait paru un fait inadmissible. Cet exemplaire provient 
en réalité de Tombouctou, localité évidemment intéressante pour cette 
espèce, mais tout à fait en rapport avec ses habitudes déserticoles. 

Grâce à la précaution prise par le D' Bouet d'attacher à chacune de 
ses captures un numéro d'ordre se rappoi'tant à la série des localités qu'il 
vient de me communiquer, j'ai pu aisément reconstituer l'ensemble de 
ses chasses, à une ou deux exceptions près. Les lieux de capture que l'on 
trouvera mentionnés ci-dessous, en regard du nom de chaque espèce, 
s'ajoutent en les précisant aux indications figurant déjà dans mon pré- 
cédent travail , ou les modifient suivant le cas. Je prie donc le lecteur de 
ne tenir compte , à ce point de vue , que du seul texte de la présente note. 

En résumé, toutes les espèces dont le nom figure ci-dessous font double 
emploi avec celles qui ont été mentionnées dans ma note parue dans le 
numéro du Bulletin du mois de novembre 1916. Il n'en est de nouveau 
question ici que pour la mise au point définitive de leur lieu d'origine et 
pour l'adjonction de quelques renseignements complémentaires ayant trait 
à la morphologie d'un certain nombre d'entre elles. 

Seule une espèce du genre Glauconia Gray ne figurait pas dans le tra- 
vail précédent. L'unique exemplaire en a été découvert au Soudan, par le 
D' Bouet, qui l'a envoyé tout dernièrement au Muséum. Cette espèce est 
nouvelle et décrite dans les lignes qui suivent. 

Typhlops punctatcs Leach, typicus. — Dahomey : Ouidah, k indi- 
vidus '>) [Bouet]. 

Ajouter aux autres indications : Haute-Guinée française, 1 individu 
[Monnet]. 

Typhlops punctatcs intermedius Peters (var. B b Boul.). — Dahomey : 
Ouidah? [Bouet]. 

Typhlops punctatus nigrolixeatus Hallow. (var. B c Boni.). — L'indi- 
cation est erronée et doit être remplacée par la suivante : Haut-Sénégal : 
Bafoulabé [Bouet]. 

Typhlops mccroso Peters. — Dahomey : Agouagon [Bouet]. 
(') Et non 5, comme il a été imprimé par erreur dans le texte. 



— 9 — 

Glauconia boueti, sp. nov. — Museau arrondi, légèrejnent concave 
inférieui-ement, assez failjlemenl proéminent en avant de la bouche. Ros- 
Irale pioiongëe en arrière au moins jusqu'au niveau du bord postérieur 
des yeux ; sa largeur égale à la moitié de la largeur de la tête. Nasale 
complètement divisée ; la fente nasale procédant de la première labiale ; sa 
largeur égale à la moitié de la largeur de la rostraie. Oculaire bordant la 
lèvre entre deux labiales , dont la première est très petite et la deuxième 
beaucoup plus grande, mais n'atteignant pas le niveau de l'oeil. Les deux 
oculaires séparées l'une de l'autre par trois écailles : la frontale, en 
contact avec la rostraie et les nasales, et deux petites supra-oculaires, 
dont la largeur égale environ les deux tiers de la largeur de la frontale i 
chacune d'elles en contact avec la frontale, la nasale, l'oculaire, et suivie 
d'une grande écaille (postoculaire) transversale, large d'environ deux 




Fig. 1. 



Glauconia boueti, sp. nov. 




Fig. 9. 




Fig. 3. 



rangs d'écaillés et elle-même en contact avec la a" labiale supérieure. 
Six labiales inférieures. Quatorze i-angs d'écaillés autour du milieu du 
corps. Diamètre : 3 millimètres, compris 55 fois dans la longueur totale, 
qui est de i66 millimètres. Queue terminée par une petite épine. Lon- 
gueur de la queue : i5 milhmètres, comprise ii fois dans la longueur 
totale. 

Dessus d'un roussâtre pâle, un peu plus foncé sur la tête et le cou. 
Cette couleur forme, sur la nasale et la postoculaire, une bande qui 
occupe le milieu de ces plaques. Partie antérieure de la rostraie, l'ocu- 
laire en entier, le bord de toutes les écailles et tout le dessous du corps et 
de la (jueue blanchâtres. 

Voisine de G. longicauda Peters ''', dont elle diffère par son museau 
moins saillant en avant de Ja bouche, sa rostraie beaucoup plus longue, 
sa frontale plus large, ses supra-oculaires plus petites, les proportions du 
corps et de la queue, et par la coloration. Une autre différence porterait 



(1) 



Reisc nacli Mossainbicuio, lîorlin, iS8;>, 111, p. lo;!, pi. XV, f. .^). 



— 10 — 

également sur le nombre des lal)iyies iaferieuros : d'après la figure donnée 
par Peters {loc. cit.), G. longicauda ne posséderait que 5 lal)iales infé- 
rieures, en comptant pour i ]al)iale la moitié delà symphysiale qui, tou- 
jours d'après celte m^me figure, ne parait pas divisée, tandis que G. houet'i 
possède 6 labiales inférieures, en comptant pour une labiale la même 
partie de la symphysiale qui, au contraire, m'a paru divisée. 

Voisine également de G. gracilior Boul. '*', dont elle diffère par la ros- 
trale l)eaucoup plus large et prolongée plus en arrière, les proportions du 
corps et la coloration. 

Diffère enfin de G. htirostris Sternfeld '^^ par sa rostrale moins large '■^\ 
ses supra-oculaires plus écartées l'une de l'autre, les proportions du corps 
et de la queue, et la coloration. 

Soudan : Djenné, dans les cases sombres, i individu [D' Bouel, à qui 
j'ai le grand plaisir de la tlédier]. ^ 

Type, collection du Muséum de Paris. 

Gladcoma MGRicAiNS Scblcg. — Daliomey : Ouidah, 3 individus 
[Bouet]. 

Tropidonotds olivaceds Peters. — Niger : Gao, i individu [Bouet]. 

Bo\oi)ON- UNEATUS T). ot B. — Dahomey : Agouagon, 6 individus; Haul- 
Sunégal : Bafoulahé, i individu: Gorée (ile à •?. milles de Dakar), i indi- 
vidu [Bouet]. 

BoAODON FULIGIN0SU6 Boie. — Dahomey : Agouagon, 9 individus 
[ Bouet]. 

LvcoPHiDiDM CAPENSE Smith . forma tijpica. — Dahomey : Agouagon , 
1 individu [Bouet]. 

Lycophidium capense multimaculatum Boettg. (var. G Boul,). — Daho- 
mey : Agouagon, 5 individus [Bouet]. 

HoRMONOTus MODESTUs D. et B. — Dahomcy, environs du lac Azzi, 
1 individu [Chevalier]. 

(') A7inah oj the South AJrican Muséum, V [1910], p. Sa^i. 

(2) Wissenschaftliche Ergebnisse der Deutsche Zentral-Afrika- Expédition 
(Leipzig, 1912), IV, p. 26^. 

W Sternfekl ne donne pas l-^s dimensions exactes de ia largeur de celte 
rostrale qu'il dit être extraordinairement grande : tfauszerordenliich gross». 



— 11 — 

Cet exemplaire prësenle un certain nombre d'anomalies intéressantes : 
pas de loréale à droite, d'où il résulte que la préfrontale se trouve en 
contact de ce côté avec la a' et la 3" labiale supérieure; loréale gauche 
très courte, ne séparant pas complètement la préfrontale de la 3' labiale 
supérieure qui se trouvent ainsi en contact en ari'ière de la loréale; 
frontale plus courte cjue les pariétales; ventrales 232; anale entière; sous- 
caudales -r + 1- 

Longueur totale : 6oo millimètres, dont 126 millimètres pour la 
c[ueue. 

SiMOCEPHALus sp. — D'accord avec M. (i.-A. Boulenger, je conserve à 
ce genre le nom qui lui a été donné par Gimiher. l'antériorité invoquée 
par M. Poche ' ne paraissant pas établie de façon suffisamment absolue 
pour motiver l'application d'un nom nouveau. 

Chlorophis emini Gùnlh. — L'individu capturé au Congo belge, par 
MM. Gromier et Le Petit, possède les caractéristiques suivantes : vontiales 

1 58 ; anale divisée ; sous-caudales — + i- 

' 107 

Longueur totale : 801 millimètres, dont 268 millimètres pour la queue. 

Chloropihs irregularis Leach. — L'individu provenant du Congo fran- 
çais [ Fourneau ] et n'ayant que 8 labiales supérieures du côté gauche possède 
en outre les caractéristiques suivantes : ventrales 162; anale divisée; sous- 

caudaies — ^+1. Longueur totale : 5^9 millimètres, dont 176 millimètres 
pour la queue. 

Philothamncs semivariegatds Smith. — Dahomey : Agouagon et Coto- 
nou, 7 individus [Bouet]. 

Rhamnopiiis aethiops Giinth. — L'individu signalé ici est en instance 
de mue, circonstance à laquelle est peut-être due sa coloration foncière 

rougeâtre. Ventrales 171; anale divisée; sous-caudales -^ + 1 . Longueur 

totale : liSo millimètres, dont 168 millimètres pour la queue. 

Prosymna meleagris Reinh. — Dahomey : Agouagon, 2 individus 
[Bouet]. 

ScAPHioPHis ALBOPCNCTATUS Petcrs. — DaHoniev : Agouagon, commun 
dans le voisinage des habitations, 3 individus [Bouet]. 



(1) 



Zoologischer Anzeigei-, XXVt [i9<>3J, p. 699, ot XSVdl [190;!], p. 38, 



— 12 — 

Dasvpeltis scabra palmarum Leacli. — Dahomey : Agnuagnn. -3 joiines 
[Bouet]. 

Tarbophis variegatcs Reinh. — Dahomey : Aguouagon , 6 imhvithis 
[Bouet]. 

Tarbophis semianulatds Smith. — Dahomey : Agouagon, i indivithi 
[Bouet]. 

DiPSADOMORPHCS BOCETi Chabaiiaucl. — Contiairement à ce que j'ai éciit , 
les deux types de cette espèce sont deux mâles. L'individu indiqué par 
erreur comme étant une femelle est encore à l'ëtat de juvénilité'. Tous les 
deux proviennent bien du Dahomey, où ils ont été capturés à Po to- 
Novo. 

Leptodira hotamboeia Laur. — Dahomey : Agouagon, 12 individus 
[Bouet]. 

Dromophis lineatus D. et B. — Dahomey : Agouagon , 1 individu 
[Bouet]. 

Dromophis praeornàtos Schleg. — Haut-Sénégal : Satadougou, 1 indi- 
vidu [Bouet]. 

PsAMMOPHis 8H0KARI Forsk. — Niger : Tombouctou , 1 individu [Bouel]. 

PsAMMOPHis sibilans L. — Dahomey : Gotonou et Agouagon, 2 individus, 
dont l'un présente les caractéristiques suivantes : 3 préoculaires ; ventrales 

1 .56 ; anale divisée ; sous-caudales ;^ 4 1 • Longueur totale : Sk centimètres , 

dont 90 centimètres pour la queue. 

PsAMMOPHis REGCLARI8 Sternfeld. — Dahomey : Agouagon, 1 individu 
[Bouel], chez lequel la préoculaire est en contact avec la frontale. 

Ventrales 166; anale entière; sous-caudales — + 1 . Longueur lolale : 

57B millimètres, dont 169 millimètres pour la queue. 

MioDON NEuwiEDi Jau. — Daliomey : Agouagon, 3 individus [Douet]. 

RouLEOPHis CHEVALiERi Chabaaaud. — La diagnose générique doit être 
modifiée comme suit : 

Dents palatines presque de même longueur que les dents maxillaires. 
Dents ptérygoïdales bien développées mais plus petites. Les /^ dents niaudi- 



— 13 — 

biliaires aotérieures, aussi grandes que les dents maxillaires, suivies d'une 
série de dents plus courtes. Tète petite, distincte du cou ' . 

Aux considérations générales dont j'ai fait suivre la diagnose spécitique 
j'ajouterai celle-ci : 

Une autre forme de Colubridésopisthoglv^hes. chez laquelle les dorsales 
sont lisses sur la partie antérieure du corps et carénées sur la partie posté- 
rieure, a été récemment décrite de lEtat libre du Congo, sous le nom de 
Michellia kaiangae Lorenz Millier ' . Elle difl^re très sensiblement de Rou- 
leophis chevalieri par la réduction numérique encore plus accentuée de 
sa dentition maxillaire (2 dents pleines seulement), par ses yeux à pupille 
elliptique verticale, par son museau fortement proéminent, avec la roslrale 
très grande et munie d'un canthus horizontal tranchant, par sa nasale 
semi-divisée et enfin par une disposition toute spéciale de la première 
labiale supérieure qui se trouve en contact avec l'internasale , séparant 
ainsi la nasale de la rostrale. 

Est-il permis de supposer, eu égard à la particularité , commime à ces 
deux genres, de la structure des dorsales, que le genre Michellia possède, 
tout comme le genre Rouleophi-s, des vertèbres munies d'bypapophyses? 
C'est fort possible, mais on ne peut que regretter la négligence de 
M. L. Millier, qui n'a pas jugé à propos d'examiner ce caractère ostéo- 
logique, dont l'importance n'échappera cependant à personne. 

Elapechis GfNTHERi Bocage. — Dahomey : Agouagon, 1 individu 
[Bouetj. 

Naia MEiANOLEccA Hailow. — Haute-Casamauce : Kolda , 1 peau desséchée 
[Bouet]. 

Naia nigricollis Beinh. — Dahomey : Agouagon: Haut-Sénégal : Sata- 
dougou. 1 peau desséchée [Bouet]. 

Caiscs rhombeatcs Licht. — , Dahomey : Agouagon, 8 individus 
[Bouet]. 

BiTis ARiETAXs Meriem. — Dahomey : Agouagon. 1 individu; Niger: 
Karioumé. près Tombouctou, 1 individu [Bouet]. 

EcHis cARixATCS Schn. — Dahomey: Agouagon, 4 individus; .Niger : 
Tombouctou, i individu; Haute-Gambie : Guenoto, 1 individu [Bouet]. 

' Et non imiistincte, comme il a été imprimé par erreur. 
-' Zoologischer Anzeiger, XXXVIII [1911], p. 358. 



- u — 

Atragtaspis iRREGULàBis Reiuh. — L'exemplaire provenant du Congo 
[Fourneau] est en instance de mue, circonstance à laquelle il faut sans 
doute attribuer sa coloration d'un gris de plomb un peu verdàtre, beaucoup 
plus claire que la coloration noire habituelle. Ventrales âsS ; anale divisée; 

sous-caudales7—+i- Longueur totale : kki millimètres, dont 33 milli- 
mètres pour la queue. 



i 



15 — 



Note zoologique et anâtomiqve 
SUR us Regalecus (Gymnetrus) gladius Cuv. et V-lLEya. 

PRIS DANS LE GOLFE DE MARSEILLE, 
PAR M. A. VaYSSIÈRE, 

Professeur a la Faculté des Sciences et Directeur du Muséum 

DE Marseille. 

La région du pelit port fie Carry, silné à l'entrée ouest du golfe de 
Marseille, m'a donné depuis une vingtaine d'années un certain nombre 
d'animaux nouveaux ou très rares. Cette année (1916) , dans le port même, 
a été pris par un pêcheur de cette localité, Félix Thourel, un bel individu 
d'une espèce de Trachyptéridé, qui n'avait jamais été signalée sur nos côtes. 

Ce Poisson, que Guvier et Valenciennes {Histoire naturelle des Poissons, 
t. X, p. 960) ont dénommé Gymnetrus, mais que d'autres auteurs avaient 
antérieurement appelé Regalecus (Brunn., Lacépède),a été capturé le 
31 mars; malheureusement, en le prenant avec une fouine (sorte de Iri- 
denl), le pêcheur l'a coupé en trois morceaux. 

Cette bête mesurait 2 mètres de long sur près de 1 5 centimètres de hau- 
teur sans la nageoire dorsale, qui avait elle-même de 4 à 5 centimolres: 
son épaisseur maximum était de 3 à /i centimètres, suivant les régions du 
corps. 

Le lendemain de sa capture, quand on me l'a remis, cet individu pos- 
sédait encore ses couleurs bien fraîches; sa peau, d'un beau vif argent, 
présentait sur toute son étendue quelques zébrures transversales d'un gris 
noirâtre ainsi qu'un très grand nombre de mouchetures grises; toute la 
longueur de son dos était surmontée d'une large nageoire dorsale rouge 
corail. Les douze premiers rayons de celle-ci , de longueur assez considé- 
rable, formaient panache au-dessus delà tête; deux autres rayons, aussi 
d'un beau rouge, plus longs que les précédents, se trouvaient disposés en 
dessous et un peu en ari-ière des petites nageoires pectorales. 

Peu de Poissons par la vivacité des couleurs , par la minceur relative 
du corps et par l'aspect général, offrent une physionomie aussi singu- 
lière. Pour ces diverses raisons, il n'est pas douteux que l'assurance qui 
m'a été donnée par les pêcheurs de la localité que jamais un Poisson de 
ce genre n'a été pris do ces côtés depuis plus d'une cinquantaine d'années, 
puisse être considérée comme tout à fait exacte. 



— 16 — 

Le Professeur Mai'ion, dans sa «• Faune tin golfe de Marseille 51, publiée 
en i883 dans les Annales du Musée d'Histoire naturelle de celle ville ( l. I), 
n'en fait pas mention, ce qui nous prouve bien que, depuis 1860 au moins, 
aucun sujet appartenant à cette espèce n'a e'té pris dans celle re'gion. 

11 n'en a pas ëté de même plus à l'Est, du côté de Nice. Risso, en 1810, 
dans son Ichtyologie de Nice , ne parle pas de cette espèce , mais il décrit et 
figure (pi. V, lig. 17), sous le nom de Gymnetrus Cepedianus, un Trachy- 
pterus vrai, qui ressemble beaucoup au Tr. tns de Guvier et Valenciennes. 
En 1826, sous la dénomination de Gijmnetrus longiradialus , il signale très 
probablement notre Poisson dans son Histoire naturelle de l'Europe méri- 
dionale (t. 111, p. 296) comme ayant été pris à Nice, bien que le dessin 
qu'il en donne (fig. 43) ne corresponde pas à sa desci'iption , mais plutôt 
à celle d'un Trachypterus. 

Vérany, dans sa rr Zoologie des Alpes-Maritimes ^i, publiée en 1869 dans 
la Statistique générale de Roux, cite également (p. 48) le Gymnetrus longi- 
radiatus de Risso, avec un point d'interrogation, ainsi que le Gymnetrus 
gladius de Guvier et Valenciennes. 

Tito de Garaffa, dans son tr Essai sur les Poissons des côtes de la Corse n, 
publié en 1909 dans les Mémoires de la Société des Sciences historiques et 
naturelles de la Corse, dit, pages 95-96, qu'il n'a été pris qu'une seule 
espèce de Trachyptéridés , le Regalecus gladius. L'unique spécimen, 
de 1 mètre de long, avait été capturé à Erbalunga, près de la côte, à 
5o centimètres de profondeur, par des pêcheurs de sardines qui étendaient 
leurs filets sur la plage. Malgré le dire de Garaffa affirmant que c'est 
l'unique espèce de ce groupe capturée autour de l'île , il a été pris le long des 
côtes de la Gorse d'autres espèces de Trachyptéridés; ainsi, en avril 1906, 
le commandant Ferton m'a envoyé un Trachypterus iris Guv. et Valenc. , 
péché dans le voisinage du port de Bonifacio, spécimen qui se trouve au 
Musée d'Histoire naturelle de Marseille. 

Enfin, dans le Produmus famue Mediteiraneœ , J.-V. Garus a indiqué, 
sous la dénomination générique de Regalecus, deux espèces : le Regalecus 
gladius, signalé à Nice par Risso et à Naples par Walbaum (Stazione Zoo- 
logico), elle Reg. telum. 

En dehors de ces ouvrages faunistiques, on constate que Guvier et 
Valenciennes, dans leur description de celte espèce (Hist. natur. des Pois- 
sons), mentionnent que les quelques individus qui leur ont servi pour 
l'étude de ce type, leur ont été envoyés par Laurillard, qui les avait pris 
en mai i83o, le long de la plage de Nice, tout près du bord, au point 
où Risso avait capturé le sien [Gymnetrus longiradiatus) quelques années 
auparavant. 

Depuis cette époque, le long de cette partie de notre littoral méditer- 
ranéen, il en a été pêche plusieurs spécimens, conservés dans les musées 
de la région. En 1897, un pêcheur de Beaulieu-Saint-Jean , Joseph Me- 






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— 17 — 

nassero, a pris un iiulividu de 3 mèlres de long sur ii à 16 cenlimèlres 
de hauleur, non compris la nageoire dorsale; ce Poisson, achète par 
MM. Ferrari et Féraud, a été donné par eux au Musée de Nice, où il se 
trouve actuellement. 

Le Musée Océanographique de Monaco possède aussi un individu de 
3 mètres de long, qui a été capturé au fond du port de Monaco. 

Les Regalecus se pèchent également et surtout en dehors de la Médi- 
terranée; Gunlher, en 1880, dans frTIie Study of Fishesn signale les cap- 
tures d'une soixantaine d'individus faites de 1769 à 1878, sur toute la 
longueur des côtes des Iles Britanniques. 

Poui- quelle raison la présence de ce type dans le golfe de Marseille ou 
dans son voisinage immédiat n'a presque jamais été constatée, tandis que 
dans le courant du xix" siècle et depuis 1900 à aujourd'hui on en a pris un 
certain nombre le long des côtes de Nice ? On peut expliquer ce fait par 
l'oiienlation de ces dernières; les courants marins, par suite de la configu- 
ration des côtes à l'ouest et à l'est de Marseille, sont éloignés de celles-ci 
et renvoyés au large; du côté de Nice, au contraire, les courants viennent 
perpendiculairement sur la côte, pénétrant à l'intérieur des ports et baies 
de celle-ci. C'est pour cette raison que la rade de Villefranche est si riche 
en animaux pélagiques, ceux-ci étant entraînés jusqu'au fond de la rade 
par les courants qui en font en quelque sorte le tour. Le Regalecus gladius, 
comme tous les autres Trachyptéridés, peut être considéré comme étant 
un Poisson pélagique; il se trouve donc amené par les courants qui remon- 
tent les côtes orientales de l'Espagne et celles de la Fi-ance jusqu'aux envi- 
rons du golfe de Marseille; l'individu qui fait l'objet de cette étude a dû 
sortir de ces courants et être progressivement poussé vers la côte. 

Passons à la description détaillée de notre animal. 

Toute la surface du corps avait un aspect finement grenu, un peu plus 
accentué ventraicmeni; une délicate membrane continue, froissée, d'une 
coloration vif-argent, l'entourait de toutes parts; ([uel(]ues zéhrures trans- 
versales ou obliques, d'un gris foncé, presque noirâtre, ainsi qu'un tiès 
grand nombre de mouchetures d'un gris pâle, atténuaient la teinte argen- 
tine de ces téguments. Les zéhrures se trouvaient surtout à la partie anté- 
rieure du corps, taudis que les nombreuses mouchetures, semblables à des 
empreintes digitales, étaient uniformément i-épandues sur toute la surtfice 
de ce Poisson. Je n'ai pas trouvé trace d'écaillés, môme très petites, dans 
l'épaisseur de cette pellicule argentée, ou au-dessous d"elle. 

La surface de la peau oiïrail comme le disent fort bien Cuvier et Valen- 
ciennes, une multitude de ])elites verrues osseuses, lisses, hémisphériques, 
qui sont plus proéminentes et un peu coniques du côté ventral; dans les 
ligures de faciès qui accompagnent cette étude, ces verrucosités, surtout 
les ventrales, se distinguent bien (PI. I, fig. 1 et 2). 

Muséum. — \\\\\. a 



— 18 - 

La ligne latérale, sans trace (répines, occupe la limite du tiers infe'rieui', 
sur loule la longueur du corps, sauf en avant, où elle remonte au-<lessus 
de l'opercule. 

Une nageoire dorsale d'un beau rouge corail s'étendait sur loule la lon- 
gueur du dos: les douze premiers rayons de celle-ci, forts, 1res allongés, 
constituaient au-dessus de la têle un panache dirigé d'avant en arrière. 

Aucune trace de nageoires caudale et anale. 

Les nageoires pectorales, de teinte rosée, en forme de demi-évenlail 
étalé, disposées en arrière et un peu au-dessous des plaques operculaires , 
étaient de bien petite taille. 

Les nageoires abdominales étaient réduites à deux très forts et très longs 
rayons, terminés à leur extrémité par une petite dilatation foliacée; ces 
deux rayons , insérés côte à côte sur le bord ventral , en dessous cl légère- 
ment en arrière de riusertion des nageoires pectorales , avaient aussi une 
belle couleur rouge corail. 

La tête, comprimée comme le corps, ne constituait à peine, en prenant 
comme limite postérieure l'extrémité arrondie de l'opercule, qu'un ving- 
tième de la longueur totale de cet individu ; elle était donc un peu plus 
longue que la hauteur, malgré le diie de Guvier et Valenciennes, qui adlr- 
ment que ces deux dimensions sont égales chez llcgalecus gladius. D'arrière 
en avant, jusqu'au premier rayon du panache, la tête se confond avec 
le corps et a presque la hauteurde celui-ci; mais, en avant, son bord dorsal 
s'incurve assez fortement sur une étendue de 5 centimètres, puis se ter- 
mine par une portion tronquée de k à 5 centimètres de hauteur. L'orifice 
buccal est placé au-dessous de cette extrémité tronquée, qui est extensible 
chez l'animal frais. 

Les yeux, placés à 35 millimètres au-dessous des six premiers rayons 
du panache, sont complètement ronds et d'un diamètre de 28 à -ik milli- 
mètres; le bord inférieur des cavités orbitaires se trouve à la moitié de la 
hauteur de la tète en ce point. 

Les branchies, au nombre de quatre, sont longues mais peu larges; 
elles décrivent des arcs à courbure accentuée, presque angulaire, dont les 
branches sont très inégales. La supérieure n'a que 20 32/1 millimètres 
de longueur, l'inféi'ieure, 67 à 61 millimètres; la largeur varie de 18 
à 21 millimètres. Dans la concavité angulaire, nous trouvons une quaran- 
taine de crochets pharyngiens, en forme de lame de poignard, de dimen- 
sions très inégales; la convexité ])orle les nombreux fdnmenls branchiaux, 
très grêles et li'ès serrés, qui sont disposés sur deux plans. 

Avant de m'occuper des autres parties extérieures du corps, je vais 
donner quelques dimensions précises des diverses régions de cet animal. 

Sa longueur totale élait de 2 mètres, mais ce Poisson avait été coupé en 
trois morceaux ayant respectivement : le morceau de la tête, 7 4 cenli- 
mèlres ; celui du milieu, 38 centimètres, et celui de la queue, 88 centimètres. 



— 19 — 

La largeur moyenne ou hauteur du corps variait de i3 à près de 
i5 centimètres, le maximum se trouvant vers la fin du premier tronçon 
el sur toute l'étendue du second; au début du troisième, on a ih5 milli- 
mètres, puis progressivement la hauteur baisse; près du milieu de ce 
morceau, elle n'est plus que de i3o millimètres et, à partir de ce point, la 
diminution s'accentue; cette hauteur n'est que de loo millimètres à la lin 
du troisième quart et de 70 millimètres au niveau de l'extrémité de la na- 
geoire dorsale. Enfin , dans les cinq derniers centimètres de la longueur, 
cette partie se termine assez brusquement en angle arrondi. 

L'épaisseur du corps de ce Regalecns gladius, le long de la colonne ver- 
tébrale, c'est-à-dire presque au milieu de la hauteur, était en moyenne 
de 3o à 36 millimètres; le maximum, qui se trouvait à une soixantaine de 
centimètres de la tête, arrivait à peine à ko millimètres; le minimum, 
vers l'extrémité caudale, avait encore de 18 à 20 millimètres. 

Les bords sont assez amincis, presque tranchants du côté dorsal. Ce 
peu d'épaisseur du corps chez ce Poisson lui donnait un aspect rubanné 
bien caractéristique. 

La nageoire dorsale qui, comme je l'ai déjà dit, s'étend depuis la tête 
jusqu'à l'extrémité postérieure du corps, a une hauteur de /40 à 5o milli- 
mètres; cette dernière dimension s'observe dans la première moitié de 
l'animal, puis elle va progressivement en diminuant, et ce n'est qu'à 
partir du dernier quart que sa hauteur devient inféi'ieure à ho milli- 
mètres, pour tomber à 90 millimètres à son extrémité. La membrane de 
cette nageoire, d'un beau rouge coi'ail, est soutenue par plus de iio rayons, 
guère plus longs que celle-ci, sauf les douze premiers, qui constituent le 
panache. Ces derniers, surtout les sept ou huit du début, sont plus forts 
et beauceup plus longs; cei'tains arrivent à 35 et ko centimètres: il n'y 
a que les trois derniers (10° à 12") qui sont réellement grêles et plus 
petits; la coloration de tous ces rayons est la même que celle de la nageoire. 

Cuvier et Valenciennes divisent le panache (p. 961-262) en deux par- 
ties : l'antérieure, composée de cinq rayons réunis entre eux à mi-hauteur 
par une membrane: la postérieure, de sept rayons, qui sont libres presque 
sur toute leur longueur; ce sont ces dispositions qui ont été représentées 
dans les figures qu'ils donnent soit dans leur Histoire naturelle des Pois- 
sons (fig. 298), soit dans la grande édition du fiègne animal, pi. LXIX. Je 
n'ai pas constaté cette division chez mon individu; le panache formait un 
tout continu, représenté par les douze longs rayons réunis entre eux par 
une membrane pouvant s'élever sur une hauteur de 7 à 1 o centimètres , mem- 
brane qui a été déchirée et détruite par les manipulations nécessitées pour 
la mise en alcool de ce Poisson dans une caisse de carbure de calcium, 
afin de faciliter son transport de Carry à Marseille. C'est pour cette raison 
que la photographie prise plus tard dans mon laboiatoirc ne montre 
presque aucune trace de cette membrane le long de ceux-ci. 

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— L'O — 

Ces (ieruiei's rayons ne m'ont pas ofl'ert non plus cette dilatalion ovale, 
membraneuse, très prononcée, qui est représentée à l'exl rémité des rayons 6 
à 1 2 , dans les figures des naturalistes français ainsi (pie dans les dessins 
donnés par Hancock et Embleton à fextréraité des rayons i et 5 à 1 1 ; 
tous les rayons étaient pourvus d'une dilatation peu accentuée, comme le 
montre l'extrémité de (juelques-uns dans la ligure que je donne (fig. i). 

A la face ventrale deux très longs rayons indépendants, très forts, ac- 
compagnés plus ou moins sur leurs côtés par un rehoid membraneux et 
terminés par une dilatation de 35 millimètres de long sur 8 à io milli- 
mètres de large, constituent les nageoires ventrales du Regalecus. La colo- 
ration de ces deux filaments de 67 centimètres de longueur était la même 
que celle du panache, c'est-à-dire d'un beau rouge corail. 

Les petites nageoires pectorales, placées même en arrière des ouïes, pos- 
sédaient chacune une dizaine de rayons; leurs dimensions, proportionnel- 
lement minuscules pour un Poisson de cette taille, étaient de i5 milli- 
mètres de largeur à leur l>ase d'insertion et de 9 3 millimètres en leur 
milieu, leur longueur de /ta millimètres seulement; chez l'animal frais, 
leur teinte était rosée. 

A l'extrémité du corps, j'ai vainement cherché les traces d'une caudale; 
les quelques rayons vaguement indiqués par Guvier et Valenciennes ne me 
paraissent pas exister. 

On constate également l'absence chez ce Poisson d'une nageoire anale. 

L'atrophie des nageoires pectorales et ventrales et la non-existence 
d'une caudale et d'une anale ne doivent pas nous étonner ; le rôle de ces 
organes chez un animal aussi long, très plat, qui se meut surtout par des 
mouvements ondulatoires verticaux, est nul; leur présence pourrait même 
le gêner. 

Nous pouvons inscrire ainsi la formule des nageoires : panache, la; 
dorsale, 209; pectorales, 10; ventrales, 1 ; caudale, 0; et anale, o. 

Détails anatomiques. — Guvier et Valenciennes font connaître assez 
succinctement l'anatomie de l'un de leurs individus, sans donner aucune 
ligure; Hancock et Embleton s'étendent plus longuement sur forganisa- 
tion de ce Poisson et font accompagner leur description de deux dessins 
un peu schématiques. 

Je n'ai pas l'intention de m'étendre beaucoup sur la description des 
organes internes , la plupart d'entre eux ayant été fort abîmés par les coups 
de trident qui ont coupé en trois ce Poisson, je me contenterai seule- 
ment de décrire son tube digestif et le cœur. Pour mettre à nu ces organes, 
j'ai fendu les parois du corps sur la face droite, au-dessous de la ligne 
latérale, à 2 centimètres du bord ventral; en relevant les parois ainsi sec- 
tionnées, on met à nu, en avant, la cavité péricardique e!, inunédiatemenl 
après , la cavité viscérale. 



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— 21 — 

Celte dernière est relativement spacieuse dans son premier tiers, c'est- 
à-dire jusqu'au niveau de l'anus; mais, à partir de ce point, elle ne forme 
plus qu'une sorte de fourreau étroit qui se prolonge jusqu'à l'extrémité du 
corps. Dans sa partie antérieure, la cavité viscérale a 55 millimètres de hau- 
teur sur une laigeur de 16 à 17 millimèlrcs au niveau du foie; mais ces 
dimensions diminuent progressivement et ne sont plus, vers l'orifice anal, 
que de 00 millimèlres de hauteur sur 10 de largeur; plus loin, dans la 
région en fourreau, les dimensions d'abord de 20 millimètres de hauteur 
sur moins de 10 de largeur, s'abaissent peu à peu à i5, puis 10 et enfin 
5 millimèti'es de hauteur sur 6 à 2 de largeur. Celte dernière partie de la 
cavité viscérale avait 8() centimètres de longueur, sou extrémité s'arrêlant 
à une dizaine de centimètres de l'extrémité du corps. 

C'est dans le premier tiers que sont renfermés prestpie tous les organes, 
le reste de la cavité viscérale , comme nous allons le voir, ne contient que le 
prolongement du cœcum stomacal, c;ecum qui atteint ici une longueur 
extraordinaire. 

Le tube digestif débute par une vaste cavité buccale dans laquelle je n'ai 
pas trouvé trace de dents sur le bord des maxillaires, ni sur les autres 
pièces osseuses de cette région; dans le fond, mais latéralement, on observe 
les crochets pharyngiens qui garnissent les bords concaves des arcs bran- 
chiaux, crochets servant à tamiser l'eau se rendant dans les cavités bran- 
chiales. 

Au fond de la bouche commence l'œsophage, tube à parois épaisses, très 
légèrement comprimé latéralement, d'un calibre extérieur de 1 1 millimè- 
tres et d'une longueur de -26 centimètres ; à sa partie postérieure ce tube offre 
un petit renflement que l'on peut considérer comme le début de l'estomac. 
Celui-ci, même en ce point, se subdivise eu deux parties : l'une qui, conti- 
nuant l'œsophage, se prolonge presque jusqu'à l'extrémité du corps, c'est le 
cœcum stomacal; l'autre qui revient en avant et au-dessus pour former avec 
ses nombreux petits ccecuras la région pyloriquede l'estomac (PI. Il, fig. 3). 

Ce ca'cum stomacal offre chez le Regalccus gladius un développement 
en longueur beaucoup plus considérable que chez aucune antre espèce de. 
Poisson, il atteignait chez notre individu une longueur totale de 1/16 centi- 
mètres; cette région a le même aspect que l'œsophage, mais elle est plus 
comprimée; ses dimensions en hauteur et en largeur vont progressivement 
en diminuant; au début, on a 17 millimèlres de hauteur sur 7 millimètres 
de diamètre transversal, tandis que \ers son extrémité arrondie il n'y a 
plus que 5 millimètres sur près de 2 (PI. Il , fig. k). 

La rJgion stomacale pylorique est relativement courte, car elle n'avait ici 
que iG centimètres de longueur; elle est complètement enveloppée par ses 
nombreux pclils tubes jaunâtres ou caecums pyloriques (600 environ). Ces 
tubes très comprimés par suite de l'aplaiissemiMit général du corps du 
Regalccus, sont en quelque sorte superposés, et leur ensemble parait 



22 

constiluer plusieurs couches. Chacun de ces tubes , terminé en pointe plus 
©u moins arrondie, a de 16 à 19 millimètres de longueur sur i,5 à 9 milli- 
mètres de diamètre; ses parois délicates laissent apercevoir les épaississe- 
ments et plissements longiludinaux de leur revêtement inteine. 

Le foie, placé soas l'œsophage en avant de la région pyloiique, est une 
masse très compacte, ayant la forme d'une amande dont la partie pointue 
serait dirigée en arrière; ses dimensions étaient : longueur 96 millimèlres, 
largeur maximum Ai millimètres , et son épaisseur maximum ao millimè- 
tres. Sur son bord inférieur se trouve un sillon bien acoentué de 6 à 7 milli- 
mèlres de largeur, allant du sommet à la fin du deuxième tiers de ce 
bord, soit siu* 6 h millimètres avec une profondeur maximum en son milieu 
de 8 millimètres. Snr le bord snpérieui' on dorsal du foie , on trouve un 
deuxième sillon de 5 7 millimètres de longueur, à parois presque verticales , 
plus profond (9 à 10 millim.) et un peu plus large (7 à 8 millim.). Ce der- 
nier sillon sert à loger la face inférieure de l'œsophage, tandis que dans 
le premier viennent s'enchâsser les os sur lesquels s'insèrent les nageoires 
abdominales. 

Sur la face droite de cette masse hépatique, on constate une profonde 
excavation enlevant le tiers postérieur de cette face; dans cette excavation 
est logée la partie antérieure de la région pylorique ainsi que le début de 
l'intestin; nous trouvons également dans cette concavité la vésicule hépa- 
tique. Cette vésicule est normalement recouverte par les organes précédents, 
ce qui fait qu'on ne peut la voir dans mon dessin d'ensemble de ces viscères 
(PI. Il, fig. 3); ses dimensions sont d'environ 99 millimèlres de longueur 
sur 9 de largeur; à l'état de vacuité, ses parois ofTienl une leinte blan- 
châtre, transparente; elle est reliée par un très court conduit cystique au 
canal hépatique. Ce dernier sort du foie au fond de la concavité, passe sous la 
vésicule, continue ensuite sa course d'avant en arrière en conservant une 
certaine adhérence avec le foie qui envoie encore quelques canalicules , puis 
revient en avant et va déboucher dans l'intestin au début de celui-ci. 

A l'état frais, le foie était d'une coloration jaune orangé rougeàtie assez 
vive, mais sous l'action de l'alcool cette teinte devient jaune grisâtre. Toute 
sa surface est très lisse, sans trace de divisions, sauf une ou deux petites 
dentelures à son extrémité postérieure. 

L'intestin présente d'aboyd un diamètre de 7 millimètres seulement avec 
des parois à demi transparentes sur une longueur de 18 centimètres; 
dans celte première partie , il longe , au-dessus de l'amas des cœcums pylo- 
riques, le côté droit du tube o'sophagien; mais, en arrivant au niveau de 
l'estomac , il se renfle et à partir de ce point l'intestiu prend un autre aspect , 
son diamètre arrive à 1 3 millimètres et ses parois plus épaisses sont com- 
plètement opaques. Cette seconde partie, que l'on peut considérer comme 
une sorte de rectum, se recourbe après un parcours de h^ centimètres, et 
va 9e tarminer à l'orifice anal placé même sur le bord venti'al, à une dis- 



— 23 — 

tance de 83 centimètres du bord ante'rieiir de la tête, c'est-à-dire un peu 
après les deux cinquièmes antérieurs du corps. 

La morphologie de ra[ïpareil digestif étant connue, je vais décrire la 
structure interne de ses diverses régions. 

Les parois de l'œsophage offrent 8 à 9 plis longitudinaux, assez pro- 
éminents, leur largeur étant de 9 à 3 milhmètres; sur ces plis et dans les 
intervalles se trouvent un revêtement épithélial aréole assez particulier qui 
ne me semble pss avoir été signalé; dans un dessin que je donne (PI. II, 
iig. 5) d'un fragment grossi 1 9 fois, on voit ces cryptes simples ou divisées 
en û, 3 ou même h compartiments, donnant à l'ensemble cet aspect sin- 
gulier. Celte disposition est surtout bien nette dans les inteivalles des plis 
de la moitié antérieure de l'oesophage; elle va ensuite en s'atténuant et se 
transforme peu à peu en une sorte de fin réseau. 

Au début du renllement stomacal, après avoir franchi un petit étran- 
glement séparant l'œsophage de i'eslomac, on constate que le nombre des 
plis augmente et arrive h ik, pour diminuer ensuite par la soudure de 
plusieurs d'entre eux; le revêtement épithélial offre encore ici une dispo- 
sition en réseau assez fin. Cette disposition se continue sur toute la longueur 
du ca.>cum stomacal : seulement, à mesure que le diamètre de celui-ci dimi- 
nue, le nombre et la force des plis diminuent également. 

Du coté de la région pylorif[uo, les parois stomacales présentent un autre 
aspect; plus de plis longitudinaux, mais des pHs très obliques, beaucoup 
moins prononcés, souvent anastomosés entre eux, entre lesquels sont les 
orifices internes des ctecums pyloriques (PI. II, fîg. 6); ces orifices, placés 
dans ces sillons les uns après les autres, montrent des contours plissés, six 
à neuf plissements qui se continuent à l'intérieur des tubes en s'anas- 
lomosant entre eux. Par transparence, surtout lorsque le Poisson était 
frais, ces réseaux étaient assez visibles à la surface de ces ciecums. 

Les parois internes de la ])remière partie de l'intestin possèdent sur toute 
leur étendue de 9 5 à 3o plis longitudinaux sinueux, reliés fréquemment 
par des plis transverses, tous assez proéminents puisqu'ils arrivent à avoir 
près de 2 millimètres de hauteur; après le renflement, dans toute la région 
rectale, les plis sont encore plus accentués (PI. Il, fig. 7) et leur revê- 
tement épithélial jaunâtre m'a paru être plus épais qu'au début de l'intestin; 
dans la région anale, les phs s'amoindrissent. 

Sur plus de la première moitié de la région rectale , on observe extérieu- 
rement, à la face dorsale, une sorte de crête avec prolongements ramifiés 
de chaque côté; un examen microscopique un peu rapide permet de con- 
stater que ces ramifications ont une structure glandulaire (amas de petites 
granulations dans de petites poches disposées parallèlement); c'est un pan- 
créas un peu diffus qui s'étend ainsi sur cette partie de l'intestin. 

Au-dessus du c;ecum stomacal, disposés h cheval sur celui-ci, se trou- 
vaient les deux pjiandes rénales; ces organes, d'aspect rubané,de 9. h '.\ milji- 



— 2/1 — 

mètres (répaisseur, sur 9 à lo millinièlrcs de largeur el od cenlimètres 
do lonoueiii", élaient reliés run à l'aiilre parmi repli périlonéal. Un conduit 
commun, placé entre eux sur près pie loiile leur longueur, recevait de 
chacune côté par de petits canalicules le liquide s;3crété; cet uretère allait 
s'ouvrir ensuite à l'orifice anal, sur le bord antérieur de celui-ci. Les 
glandes génitales n'étaient presque pas développées chez cet individu. 

Dans la figure 3, donnant dans sa position naturelle presque touti'a[)pa- 
reil digestif, j'ai représenté aussi la caviié përicardicpic avec le cœur vu de 
profil. Le ventricule en forme de mitre se distingue bien, il a des parois 
très épaisses et sa surface externe est lisse; au-dessus de lui et débordant 
assez en arrière, on a l'oreillette avec ses parois moins épaisses et un peu 
plissées; enfin en avant, au-dessus de la pointe du ventricule, se trouve le 
bulbe aortique. Ces diverses régions cardiaques n'ont pas la même teinte: 
l'oreillette est brune, le ventricule brun foncé, et le bulbe blanchâtre. 

Telles sont les parties internes qu'il m'a été possible d'étudier chez ce 
Bcgaleciis gladius, détails qui viennent compléter sur certains points les 
descriptions données par mes prédécesseui-s. 

Il n'est pas douteux que ce Poisson est bien le Bcgakcus gladhis de 
Cuvier et Valenciennes , les divers caractères externes et internes qu'il 
présentait concordent avec ceux que ces naturalistes signalent chez leur 
espèce, ff forme générale du corps, présence d'un panache céphalique de 
1 9 rayons et de nageoires ventrales formées par deux très longs rayons 
terminés chacun par une membrane en raquette, coloration générale vif 
argent avec très nombreuses mouchetures grises, teinte rouge corail de 
toutes les nageoires, caîcum stomacal se prolongeant jusqu'à l'extrémité 
du corps «; il n'y a que la présence de quelques zébrures presque noires 
qui ne sont pas sur leurs figures, caractère qui me paraît être tout à fait 
secondaire. Mais ce qui me semble étonnant, c'est que plusieurs naturalistes 
qui ont examiné plus tard d'autres individus de Regalecus aient cru 
devoir créer pour ces derniers de nouvelles espèces, bien que ces animaux 
présentassent tous les caractères du gUuihis; il faut peut-être voir dans 
cette manière d'agir une tendance, chez beaucoup de naturalistes étudiant 
un animal que l'on ne rencontre que très rarement, à s'exagérer les quel- 
ques différences secondaires que l'on peut constater, dues parfois à une 
conservation plus ou moins bonne du spécimen étudié. 

On a peut-être aussi accepté trop facilement comme espèces distinctes 
les Regalecus pris, de 1760 à i85o,le long des côtes des lies Britanniques 
et de la Norvège; tous ces Poissons, déterminés sous des noms dilférents, 
peuvent être rapportés à un nombre d'espèces tiès restreint. 

La présence de quelques zébrures transver.-;ales d'iui gris noirâtre ne 
semble avoir qu'une valeur de simple variété dans l'ornementation de cer- 



— 25 — 

tains individus, comme on peut le constater chez beaucoup d'autres espèces 
de Poissons dont on peut étudier à la fois un grand nombre de spécimens. 

]ja quantité de rayons de la nageoire dorsale varie certainement avec la 
longueur du corps de l'animal étudie'; de -309 chez mon individu, il s'éle- 
vait à 34o chez la bête décrite par Guvier et Valenciennes , qui avait trois 
mètres de longueur. 

Aussi, comme conclusion, je pense que le Begalpcus gladhts Cuv. 
et Valenc. , a comme synonymes : Regalecus glesne Ascanius, Gijmnetnis 
Baiiksii Cuv. et Valenc. Gjjmnetrus remipes Bloch, Gymnelrus Hcurkinsii 
Bloch et Gyinnetrus longiradialus Risso. 

Quant au fait de ti'ouver à la fois cette même espèce dans la Méditer- 
ranée et sur toutes les côtes de l'Europe occidentale, cela ne doit nullement 
nous étonner, car le Regalecus est un animal pélagique qui, entraîné par 
les courants marins, peut aussi bien être amené par eux dans le Méditer- 
ranée que le long des côtes des Iles Britanniques ou de la Noi'vège. Il peut 
même se faire que les espèces exotiques décrites (Océan Indien, . . .) appar- 
tiennent aussi au même type et qu'il en soit pour les Regalecus comme 
pour la plupart des espèces de Ptéropodes et d'Hétéropodcs que l'on prend 
dans l'Océan Atlantique et que l'on retrouve dans les Océans Indien et 
Pacifique. 

EXPLICATION DES FIGURES. 

Fig. 1. — Regalecus gladiim Cuv. et Valenc. — Partie antérieure du corps, mon- 
trant ia tète avec son panaclie, ainsi que les deux très long-s filaments représentant les 
nageoires ventrales. — 1 h grandeur naturelle. 

Fig. 3. — Regaleeits gladiiis Cuv. et Valenc. — Région terminale ne possédant chez 
ce Poisson aucune trace de nageoire caudale. — Un peu moins de 1 h de grandeur 
naturelle. 

Fig. 3. — Regalecus gladius Cuv. et Valenc. — Appareil digeslit et cœur vus du 
côté droit, dans leur position naturelle; le cœur est contenu flans la cavité péricar- 
diipie : V le ventricule, l'oreillette et b le bulbe aortique;»?, œ l'œsophage, e l'estomac, 
c c c cœcums pyloriques, i i première partie de l'intestin, //le foie. — Grand, natur. 

Fig. /i. — Regalecus gladius Cuv. et Valenc. — Tube digeslif isolé, vu du côté gau- 
che : œ , œ l'œsophage, e l'estomac avec son très long cœcum .s s s s; les nombreux 
caecums pyloriques c c entourant ia région j)ylorique de l'estomac, ! i première partie 
de l'intestin, /■ r r deuxième partie de l'intestin surmontée par un pancréas j) p assez 
diffus, a l'anus. — 1/2 grandeur naturelle. 

Fig. 5. — Regalecus gladius Cuv. et Valenc. — Quelques cryptes de ia surface in- 
terne des parois du début de l'oesophage. — Grossissement i -î l'ois. 

Fig. G. — Regalecus gladius Cuv. et Valenc. — Fragment de l'estomac pylorique 
montrant la structure de sa l'ace interne, ainsi que deux tubes pyloriipics. — (Grossis- 
sement 6 l'ois. 

^\- 7- — R'-galecus gladius Cuv. et Valenc. — Fragment des parois intestinales, 
lacB interne, oii de nombreux plis longilurlinanx et obliques sont très en relief. — Gros- 
sissement 5 fois. 



— 2G 



Les Arches de la Mer Rouge 

{n APRÈS LES MATÉRIAUJ RECUEILLIS PAR M, LE D'' JoUSSEAVMe) , 

PAR M. Ed. Lamy. 

En même temps qu'il donnait géne'reusement pour les collections du 
Muséum les Arches de la Mer Rouge recueillies par lui, M. le D' Jousseaume 
m'a fort obligeamment communiqué les nomijreuses observations restées 
manuscrites qu'il avait rédigées sur ces espèces et que j'ai largement uti- 
lisées dans les notes suivantes : 

Arca naviccuris Bruguière. 

L'Arca naviadark Bruguière (1792, Encijcl. MélhocL, Vers, I, p. 99) 
est une coquille qui se rencontre dans tout l'Océan Indien , depuis la Mer 
Rouge jusqu'à la Nouvelle-Calédonie. 

Cette espèce, chez la(|uelle, aiusi que le dit M. le D' Jousseaume dans 
ses notes, r'i'épitest qui recouvre l'aréa de la charnière varie de forme- , a 
été regardée avec raison par W. Kobelt {iHç)i, Mnrt. u. Cliemii. Conch. Cah., 
a' éd., Arca, p. 5i) comme étant la plus proche parente de l'/l. !^oc 
L. de la Méditerranée, auquel elle ressemble extrêmement à la fois par la 
forme, la sculpture et la coloration. Par suite, quand Issel (1869. Malac. 
Mar Bosso, p. 2.58) signale qu'au Musée de Turin se trouvent trois indi- 
vidus d'i. Noe provenant des plages soulevées de la Mer Rouge, on peut 
croire, avec M. le D' Jousseaume, qu rrU est probable qu'il y a eu une 
erreur de détermination et que l'i. Noe. n'existe pas dans la Mer Rouge : 
ces trois spécimens sont, en effet, vraisemblalilement des A. naiicularis. 

frHab. — Aden, Djibouti : rare. 51 

Arca imbricata Bruguière var. arabica Philippi. 

En indiquant de la Mer Rouge Y A. imhricnta Bruguière (179-2, Enc. 
Méth., Vers, II, p. 98), auquel il donne pour synonyme l'/l. artibica Phi- 
lippi (18^7, Abbild. Conch., 111, p. 28, Arca, pi. IV, lig. a), M. le 
D' Jousseaume fait, dans ses notes, les observations suivantes : ff Celle 
espèce est aussi répandue que variable dans sa forme : de, vieux individus 



— 27 — 

T'essemUent à VA. retttsa Lamarck (1819, Aniin. s. vert., VI, p. 89), 
d'auli'cs à VA. umhonaia Lamarck [ih'ul., p. 07), cl (juoique celle dernièie 
espèce provienne des Antilles, il est bien difficile de la séparer de celle de 
la Mer Ronge, n 

D'aulre part, en signalant de la même région VA. Kraiiasi Pliilippi 
(18/19, 4/'è?7(i Conch., m, p. 88, pi. V, fig. 8-10), il dil : ffCelte es{)èce 
que l'on rencontre avec la précédente , quoique plus réluse et moins colorée , 
n'en est probablemenl qu'une variété; la sculpture et l'épitest en sont iden- 
tiques, el lorsqu'on a de nombreux individus de ces espèces, l'on ne peut 
séparer que ceux des formes extrêmes : pour les intermédiaires, c'est une 
affaire d'appréciation, r 

Toutes ces remarques du D' Jousseaume sont complètement justifiées : 
j'ai montré, en effet (1907, Revis. Arca Mus. Hist. nat. Paris, Journ. de 
ConchjL, LV, p. 34), qu'il s'agit d'une espèce très polymorphe répandue 
dans toutes les mers chaudes : tout au plus peut-on restreindre l'emploi 
du nom d'.l. imbricata ]ivug. (= uinhonata Lk.) pour désigner les échan- 
tillons des xAntilles, tandis que l'on peut attribuer, comme ayant d'ailleurs 
une simple valeur géographique , l'appellation de var. arabica Phil. (=^ A raussi 
?hil. - reltmi Lk. ) aux coquilles représentant cet A. imbricata dans l'Océan 
Indo-Pacifique, delà Mer Rouge aux Tuamotu. 

pfllab. — Suez, Gamarau, Djibouti, Aden, Périin, clc.i 

Arca ventricosa Lamarck. 

L'yl. ventricosa Lamarck (1819, Aitim. s. vert., VI, p. 38), qui se ren- 
contre également dans tout l'Océan Indien, se distingue de l'yl. imbricata 
par la coloration blanche de la région antérieure el par le fait que le liga- 
ment, au lieu de couvrir entièrement l'aréa cardinale, n'en occupe même 
pas la moitié. 

Gomme le fait observer M. le D' Jousseaume, rcette espèce, qui vit 
dans les anfractuositi's des madrépores, est tourmentée dans sou dévelop- 
pement et sujette à de fréquentes monstruosités : presque tous les individus 
sont courts et ventrus antérieurement; à l'état adulte, les llamniules de la 
surface disparaissent et l'extrémité postérieure prend une teinte noire uni- 
forme n. 

rfHab. — Djibouli, Aden.i 

A. (Barbatia) parva Sowerby. 

VA. farva Sowerby [BijHHoarca] (i833, P. Z.S. L., p. 19), qui se 
trouve dans l'Océan Indo-Pacilicpie, de la Mer l'iougo aux Tuaiuotu, est 
une petite coquille qui est ornée d'une sculpture très délicate el qui pré- 



— 28 — 

sente une coloration géne'rale riibido-castmiea , dont le l'oiige est porticii- 
lièroment vif sur les crochets. 

A propos de celle espèce, M. le D' Joiissoaiiiiie dit : "Le B. Xilolphi 
Dunkor (i 858-1 870, Novit. Conch., p. 107, pi. XXXVII, fio-. i-3, et 
p. i33, pi. XLIV, fig. io-i3) n'est pour moi qu'un individu anortiial de 
B. parva : j'ai trouvé des exemplaires semblables à Aden^. 

Effectivement, ces deux formes sont certainement très voisines et font 
partie d'un même groupe qui comprend également le B. radula A. Adanis 
et qui se rattache au B. fasciata Reeve. 

rrllab. — Djibouti, Aden : vil sur les lécifs madrépoii(jues. ^ (D' J.) 

A. (Barbatu) flsca Rrugnière. 

L'A.fusca Bruguière (1792, Enc. Méth., Vers, I, p. 102) est répandu 
aussi dans l'Océan Indien, depuis la Mer Rouge et les Mascareignes jus- 
qu'en Polynésie. 

trHab. — Massaouah, Aden : cette espèce est rare; j'ai rencontré un 
individu de taille plus grande que le spécimen figuré par Reevei (D' J.). 
[L'échantillon en question a près de 80 millimètres de long.] 

A. (Barbatia) lacerata Linné. 

VA. setigera Reeve (iSMi, Conch Icon., Arca, pi. XIV, (Ig. 93), de la 
Mer Bouge, est inséparable de VA. lacerata Linné (1763, Mus. Tessin., 
p. 116, pi. VI, fig. 1), des Phili|)pines : c'en est tout au plus un stade 
jeune pour le D' Kobelt (1891, Conch. Cah., p. i53, pi. XXXIX, fig. 1-9) 
ou une variété locale pour A. H. Cooke (1886, Test. Moll. Suez. Ann. 
Mag. Nat. HisL, 5° s., XVIII, p. 93). 

Dans sa collection, M. le D' Jousseaume avait primitivement attribué à 
certains spécimens de cette espèce le nom, resté manuscrit, à' Arca Sari- 
gnyi: cette forme correspond, d'après lui, aux figures 5 de la planche X 
de Savigny (1817, Descr. Egijpte. Planches MolL), qui ont été rapportées 
par P. F'ischer (1871, Journ. de Conchijl., XIX, p. 21 3) à VA.fusca Brug. , 
mais dont i'assimilaliou à Y A. lacerata L. est, en effet, bien plus exacte. 

ffHab. — Suez, Massaouah, Aden : espèce assez abondante à Suez, où 
elle est rejetée sur la plage, -n 

A. (Barbatia) nivea Ghemnilz. 

Comme le dit M. le D' Jousseaume , recette espèce , très abondante . vit dans 
les anfractuosités des madrépores , ce qui inllue sur sa forme; aussi pn'sente- 
l-elle de nombreuses variétés : indépendamment du contour triangulaire, 



— 29 — 

on trouve des individus allonges presque cylindriques et d'autres Ironque's 
à l'une ou l'antre des extrémilës: à l'âge adulte, la rdfjion postérieure est 
recouverte de concrétions calcaires et souvent usée par le frottements. 

A côté de cet A. nirca Cheninitz (178/1, Conch. C«è.,VII,p. 191 ,])1.L1V, 
fig. 538), Issel (1869, Mnlac. Mar liosso, p. 91) cite comme une espèce 
distincte ÏA. Hclblingi Bruguière. D'aj)rès le D' Jonsseaume, rlssel, en as- 
signant la Mer Rouge comme habitat à cette dernière espèce, a été induit 
en erreur par Ree\e, qui a méconnu l'espèce figurée par Chemnitz (178/1, 
ihid., p. 195, pi. LV, fig. 5/12) et cpii a représenté (i8/i/j, Conch. Icon., 
Arcft, pi. XIV, fig. 90) sous le nom (VHelblingi un très vieil individu de 
son A. lima; l'étude comparative que j'ai faite m'a conduit à ce résultat; 
VHclbliugi de Reeve devra donc être dénommé, et il faut retrancher celte 
espèce de la faune malacologique de la Mer Rouge; le nom d'^. Hclblinoi 
Chemn. doit lui-m(5me être changé en celui d'/l. candidu Scliroeter^. 

En réalité, l'espèce décrite par Chemnitz sous l'appellation A. candida 
Hclblingi, puis nommée simplement 1. candida par Gnielin (1790, Syst. 
NaL, éd. XIII , p. 33 1 1 ) et A. HeWlingi pai- Bruguière (1799 , Eue. Méth., 
Vers, I, p. 99), doit être réunie, comme l'a reconnu Deshayes (i835, 
Anim. s. vert., 9° éd., \'I, p. h6^) , à ïA. nivea Chemn. : car, contraire- 
ment à l'opinion de Reeve, on trouve, ainsi que le dit Krauss (18/18, Sûd- 
ofrik. MolL, p. 16), tous les intermédiaires dans le degré de gibhosité des 
valves et dans la position des crochets, ce qui montre le peu d'imporfnnce 
de ces caractères sur lesquels ces deux espèces ont été distinguées'"'. 

ffHab. — Massaouah, Djibouti, Obock, Périm, Aden.» 

D'autre part, Dunker (1858-1870, Novit. Conch., p. 92, pi. XXXI, 
fig. 5-7) a cité de l'Océan Indien un .1. Grayana qui, d'après ce savant 
lui-même, rappellerait par plusieurs caractères VA. Hclblingi. 

Or une espèce qui ressemblait à cet 1. Grayana est signalée de Djibouti 
sous le nom de Barbalia djiboutiensis par M. le D' Jonsseaume, qui en donne 
dans ses notes manuscrites la description suivante : 

» Testa alba, solidula, subquadrato-ovalis , inacquilatcralis ; anlice roliin- 
data; postice producta , lata, oblique (runcata, cmarginata; carina obtusa ab 
nmbonibns ad latus poslicuni arcuatiin dccurrens ; in medio vcntricosa; coslis 
granosis radianlibus slriisquc concentricis sculpta; cpitesla fusca in lamcUis 
laccratis concentricc vcslila ; umbones oblusi , approximati, antrorsum inclinati; 
area ligamcnti angusta, parca, sal profunda , lanccolata ; cardo dcnticulis mc- 
dianis parois, laleralibus major Unis inslructus. 

(') Nyst (18^7, Tal). syn. Arcacécs, Méni. Acad. R. Boljfique, p. 98) et Môrch 
(iS.j'J, Cat. Conch. Yoldt , fasc. II, p. /lo) ont émis l'hypollièsc que rot .1. nivca 
élail peut-être identique à VA.foliala Forskal (1775, Dexcr. Inini. llni. Oneiil., 
p. XXXI), dénomination qui, si elle avait pu être vériliée, aurait eu raulcriorilé. 



- 30 — 

ff Dimensions : long. 26, haut. 17, épaiss. 19 millimètres. 

rr Coquille blanche, de forme irrégulièrement ovale et Irapézoïdo, plus 
ou moins ventrue au milieu et déprimée aux extrémités; bord antérieur 
arrondi et plus court que le postéi-ieui- ([ui est obliquement découpé; ce 
bord anguleux et très déprimé supérieurement est séparé du reste de la 
coquille par une carène obtuse qui s'étend du sommet à langle inféro- 
postérieur en décrivant une légère courbe : c'est au niveau de celle carène 
que la coquille présente sa plus grande épaisseur; le bord inférieur est 
presque droit ou légèrement déprimé au milieu : l'écartement des valves en 
cet endroit forme une longue et étroite ouverture bâillante pour livrer pas- 
page au l)yssus ; le bord supérieur, plus court que le précédent , est masqué 
dans sa partie antérieure par le sommet obtus des valves qui s'incline en 
avant et se contourne eu dessous comme le sommet des Liihodomus. Toute la 
surface est recouverte décotes granuleuses, à peu près d'égales dimensions , 
qui partent du sommet pour s'irradier vers les bords; ces petites côtes, 
ainsi que les sillons qui les séparent, sont découpées par des stries d'ac- 
croissement assez fortes et concentriques. L'épitest, cjui est brun et adhé- 
rent, se dresse en lamelles concentriques saillantes et ciliées sur leur bord 
libre. L'intérieur des valves est d'un blanc très légèrement bleuâtre; les 
impressions musculaires sont arrondies, inégales et, ainsi que les palléales, 
bien imprimées; au niveau de ces dernières, on aperçoit une zone très 
finement et i-égulièrement striée, qui s'étend d'une impression musculaire 
à l'autre; les bords inférieurs et latéraux très finement dentés sont bordés 
par une frange de l'épitest. Le bord cardinal , plus large à ses exlrémilés 
qu'au centre, est armé de dents inégales, fines et transversales au milieu, 
fortes et obliques sur les parties latérales; à l'exlrémilé anlérieure, trois 
de ces dents sont anguleuses et disposées en chevron; les postérieures, au 
contraire, au nombre de six, sont droites et obliques; l'aréa du ligament, 
dont l'extrémité antérieure s'arrête au niveau des crochets, est étroite, 
allongée et creusée eu fente. 

ff Cette esj)èce, qui rappelle par la taille et la forme le Barhalia Grai/(tHa 
Dunker, s'en distingue facilement par la largeur de sa charnière et l'irré- 
gularité très grande de ses dents. 

rfHab. — Djibouti : j'ai recueilli vivants six individus de cette espèce de 
taille et d'âge différents; la coquille de l'un d'eux, qui me paraît appar- 
tenir à un très vieil individu, mesure : long. 97, haut. 17, épaiss. id milli- 
mètres. « 

Après avoir examiné les types de ce B. djiboutiensis Jouss., qui sont 
donc des coquilles d'assez faible taille, je crois qu'il s'agit effectivement 
d'une forme inséparable du B. Hclblingi Brug. = nivea Chemn. 



31 - 



A. (I)Arbatia) decussata Sowerhy. 

D'après M. le D' Jnusseaume, rr cette espèce, qui vit sur les re'cifs ma- 
(Iro'poriques, présente clans sa forme un aussi grand nombre cranomalies 
que celles que l'on observe pour IM. iiivca-^. 

D'ailleurs cet A. decussata Sowerby [Byssoarca] (i843, P.Z.S.L., 
p. 18), qui pourrait tout au plus se caractériser par un contour plus ovale 
et par une sculptui-e plus régulière où les stries d'accroissement deviennent 
aussi fortes cpie les côtes, est une forme extrêmement voisine de l'.l. nivca 
(^ihenin.. €t c'est un peu artificiellement qu'on peut placer dans l'une ou 
l'aulre espèce certains éciiantillons. 

ffHab. — Massaouah, Djibouti, Obock, Périm, Aden.-i 

A. (Barbatia) lima Reeve. 

D'autres Arclics encore ont été signalées par Gb. Mayer (1868, Cat. 
Foss. Tcrt. Mus. Zurich, III, p. 81) comme des modifications du typemW«, 
reliées entre elles par toute une série de formes intermédiaires. 

Par exemple, si les nodules d'intersection fies côtes rayonnantes et des 
stiies d'accroissement deviennent relativement importants et si, les côtes 
médianes restant étroites et finement granuleuses, les côtes antérieures et 
postérieures prennent un grand développement et sont crénelées de nodo- 
sités très accentuées, on voit s'affirmer ainsi les caractères qui distinguent 
VA. lima Reeve (18U, Conch. Icon., pi. XV, fig. 101), d'ailleurs, à mon 
avis, plutôt comme variété que comme espèce. 

De même, le Barbatia oblongaDunkev (1808-70, Novit. Conch., p. 107, 
p. XXX VII, fig. 4-7), que le D' Jousseaume (1888, MoU. rec. Faurot 
Mer Rouge, Mém. Soc. Zool. France, I, p. 21 3) a signalé de la Mer Rouge, 
n'oiïre que des caractères insuffisants pour qu'on puisse en faire une es- 
pèce distincte: et effectivement, dans ses notes manuscrites, il dit : «Je crois 
que cette espèce n'est qu'une variété de B. lima. y) 

A propos de ce B. lima, il ajoute les observations suivantes : rr Cette 
espèce est peut-être encore plus tourmentée dans sa forme que le B. nivca : 
l'on trouve des individus presque équilatéraux ; d'autres, au contraire, 
dont l'extrémité antérieure est courte et semi-spbérique , alors que la pos- 
térieure s'atténue et s'allonge, d'autres affectant des formes bizarres et 
tellement éloignés du type qu'il serait impossible de les reconnaître si l'on 
n'avait pas près des crocbets les traces de la coquille avant son développe- 
ment anormal 51. 

ffHab. — Massouali, Djibouti, Obock, Aden, Périm : abondante sur- 
tout à Aden«. 



— 32. 



A. (Barbatia) obliquata Gray. 

M. le D' Jousseaiime a décrit en 1891, flans Le Naliiralisle , i3' année, 
p. 2 9-2, sous le nom de Savigiujarca saiiginjarcd , une Arclic d'Aden qu'il 
regardait comme le type d'un nouveau genre. Mais, dans ses noies manu- 
scrites, il ajoute à la description de cette coquille les observations sui- 
vantes : 

ffPhilippi a figuré celte espèce dans ses Abbildungen Concliylien , II 
(i865), p. 5o, Arca, pi. IT, fig. 4, et lui a donné le nom dWrco ohliquam 
Gray. Sous le même nom, Reeve (iS/ii, Coiich. Icon., pi. XII, fig. 80) 
a représenté une autre espèce. Comme la figure donnée pour celle espèce 
par Wood (1828, Index Test. SuppL, pi. 11, fig. l\) est insuirisante et 
qu'elle a conduit Philippi et Reeve à des interprétalions différentes, je n'ai 
pas pu arriver à une conviction complète : aussi devra-t-on peut-être 
changer le nom de Savignijarca saiignijarca en celui de Savigmjarca 
obliquata V. 

Démon côté, j'ai également établi en 190.3 [Bull. Mus. hist. nat., IX, 
pi. \ho) qu'effectivement il fallait identifier l'espèce du D' Jousseaume à 
r^. ( Barhatk ) obliquata Gray, signalé précisément d'Aden par M. E.-A. Smitli 
(1891, P. Z. S. L., p. 43i). Quant à YA. obliquata Reeve (non Gray), il a 
été reconnu avec raison par Philippi comme une espèce ditlcrente, pro- 
venant du Japon et des Philippines, qui a reçu de Lischhe le nom d'i. 
decurmta. 

ffHab. — Aden : dans les anfractuosités des l'ochers. n 

A. (Acar) plicata Chemnitz. 

Dans ses noies, M. le D' Jousseaume donne comme suionjmcde 
VA. plicata Ghemn. l'-l. squamosa Lk. cité de Suez par Issci (18(19, Malac. 
Mar Rosso, p. 89), ffqui a comparé cette espèce delà Mer Rouge avec les 
exemplaires du Muséum de Paris étiquetés sous ce nom par Lamarckn, 
et il ajoute : rrLM. domingensis Lk., indiquée par M. Smilli dans la Mer 
Rouge, doit également êlre rapportée à celte espèce ii. 

L'/l. plicata Ghemnitz (1795, Conch. Cab., \I , p. aAù, pi. 20/1, 
fig. 9008) est une forme cosmopolite dont le domaine d'extension em- 
brasse toutes les mers chaudes et qui a reçu différentes appellations, parmi 
lesquelles, en effet, .4. domingensis Lamarck (1818, Anini. s. vert., VI, 
p. îo) et A. squamosa Lamarck {ibid. , p. A5). 

Comme le dit le D' Jousseaume, c'est une '-espèce commune dans les 
récifs madrépori(pies et souvent déformée; les variétés les plus fréquentes 
soûl des coquilles oblongues, d'autres sont ventrues, et enfin il y en a de 



— 33 — 

ti'cs courtes, ia haiileur élant presque égale à la longueur; les côtes de 
rexlrémilé postérieure sont (pielquefois divise'es en deux parties à leur 
extrémité par un sillon longitudinal". 

tfHab. — Suez, Massaouali, Djibouti, Obock, Aden. n 

A. (Acar) dichotoma Deshayes. 

LM. dichotoma Desbayes (i863, Cat. Moll. Réunion, p. 9 3,pl. III, 
fig. 18-19), qui se rencontre dans TOcéan Indien (Mer Rouge, île de la 
Réunion, Madagascar, Nouvelle-Calédonie), offre un contour subquadran- 
gulaire et est orné de côtes tuberculeuses, alternativement grosses et 
petites. 

rcHab. — Djibouti, Adeu : rare dans ces deux localités.n (D' J.) 

A. (Acar) tenella Reeve. 

VA. tenella Reeve (i8i4, Conch. Icon., pi. XIV, fig. 91), qui est 
répandu également dans tout l'Océan Indien (Mer Rouge, Madagascar, 
Mascareignes, Philippines, Nouvelle-Guinée, détroit de Torrès), est une 
coquille oblongue, subcylindrique, 1res mince, presque translucide, ornée 
de stries rayonnantes granuleuses extrêmement fines et ayant ses crochets 
situés très en avant. 

M. le D' Jousseaume désigne, dans ses notes, celte espèce sous l'appel- 
lation de Barbalia mollis Dunker (1868-70, Novit. Conch., p. 92 , pi. XXX.I, 
fig. 9-^1 ), mais ce nom a été regardé avec raison par Tapparone-Ganelii 
(1877, Contr. fauna. malac. Papuane, Ann. Mus. Civ. St. Nat. Genova, IX, 
p. 992) comme étant synonyme d'/l. tenella Rve. 

ffHab. — Périm, Djibouti : je n'ai trouvé de cette espèce remarquable 
par la ténuité de ses stries que deux individus un peu plus oblougs que le 
type figuré, fl (D' J.) 

A. (Fossularca) afra Gmelin. 

Dans ses notes, M. le D' Jousseaume signale comme assez abondantes 
à Suez et à Aden deux petites Arches, Il attribue à l'une le nom d'i. scul- 
iHilis Reeve (i8/i/j, Conch. Icon., pi. XVII, fig. 118). 11 identifie l'autre 
àl'yl. zebuensis Reeve {ibid., sp. 120, pi. XVII, fig. 117 [non fig. 120]) ''', 

'^) Comme l'a fait remarquer M. E.-A. Smitli (i88i, Uep. Zool. Coll. Indo^ 
Pacif. «Alerlii, Mail., j). 111), la figure 120 de Reeve représente VA. sijimnetrica 
Rve., espèce qui se distingue nettement par sa teinte verdàtrc. 

Muséum. — xxin. 3 



— 3/1 — 

dont cependant il dit: a Quoique le ligament soit plus étroit, cette espèce 
ponrrail bien n'être qu'une variété de la première. 

Il ajoute : rrJe pense également que c'est aux espèces précédentes qu'il 
faul l'apporter 1'^. lactea L. var. enjthvaca signalée par Issel(i869,.1/rt/rtc. 
Mar Rosso, p. 89 et 267 ); quoique voisins, il est très facile de distinguer 
les individus de ia Méditerranée de ceux de la Mer Rouge, que l'on re- 
trouve disséminés sur plusieurs points de l'Océan Indien, n 

En effet, tandis que 1*^4 . lactea L. des mers européennes est caractarisé 
par un grand ligament couvrant plus de la moitié de l'aréa cardinale, Y A. 
zebucnsis est une espèce des Philippines qui se distingue par la petitesse 
de son ligament; mais, d'autre part, elle ne me paraît pas pouvoir être 
séparée spécifiquement de 1'^. ajra Gmelin (1790, Sijst. Nat., éd. xiii, 
I, p. 33o8) [ = Pectuncuhis Jabet Aài\nson (1757, Hist. Nat. Sénégal, Coq., 
p. 260, pi. 18, iig. 8)], du Sénégal, et c'est ce nom qui a la priorité 
pour désigner cette forme exotique, d'ailleurs cosmopolite, dont 1'^. scul- 
ptilis Rve. est tout au plus une variété de taille plus grande et, par suite, 
de sculpture plus accusée. 

ftHab. — Suez, Aden : vit attachée aux pierres isolées au milieu des 
sables. 'i (D'J.) 

Arca (Parallelepu'EDUm) tortuosa Linné var. torta Stcenstrup. 

Comme je l'ai dit antérieurement (1907, Revis. Arca Mus. Hist. nat. 
Paris, Joitrn. de Conchyl., LV, p. 108), la coquille d'Aden décrite sous le 
nom (\e Parallelepipedinn Fanroti par M. le D'Jousseaume (1888, MoH. rec. 
Faurot Mer Rouge, Mém. Soc. Zool. France, I, p. aiù) me paraît, en 
raison de fses bords presque parallèles'^ et de rrses extrémités arrondies, 
surtout l'antérieure 7) , identique à la variété /oHrt Steenstrup (i8o3, Morch, 
(Ait. CoHch. Yoldi, fasc. II, p. ho) de VArca tortuosa Linné (1758, Syst. 
Nat., ed, X, p, 698). 

nHab. — Aden : assez abondante sur la plage de sable de listhmus 
située en dehoi's de la presqu'île où l'on ne lencontre que la coquille. « (D' J.) 

(^4 suivre.) 



— 35 



Observations sur les Sapotacées du Groupe des Mimusopées, 
PAR M. Henri Lecomte. 



Le Botaniste L. Pierre, qui avait entrepris, depuis de nombreuses 
années déjà, l'étude comparative des Sapotacées du monde entier, quand 
la mort vint suspendre son travail (1905), avait merveilleusement com- 
pris le lôie impoi'tant de l'anatomie des organes dans l'étude taxiiiomique 
de cette famille. 

Je ne puis cependant adopter la manière de voir qu'il exprime dans 
une lettre à H. Bâillon (2^ janvier 1891), quand il place les caractères 
anatomiques en première ligne pour la classification des plantes appar- 
tenant à cette famille'*'. Mais, par la présente note, je désire montrer 
que ces caractères peuvent apporter à la morphologie de précieuses et 
indiscu tables confirmations. 

Les Botanistes distinguent, dans la famille des Sapotacées, plusieurs 
groupes, dont l'un, celui des Mimusopées, comprend des Sapotacées se 
séparant de toutes les autres par la présence d'appendices supplémentaires 
extérieurs aux lobes de la corolle, et qu'on pourrait appeler — sans 
cependant ajouter une trop grande inq)ortance à la lettre de celte 
désignation — des appendices slipuliformes externes des lobes de la 
corolle. 

Pour A. de Candolie, mouographe de la famille, ce groupe ne com- 
prendrait que les genres Imhrkaria et Mimusops (A. DG. Prodr. VIII, 
p. i55). II. Bâillon (llist. des PI., XI, |). 3o3) n'admet que le genre 
Mimusops, dans lequel il fait rentrer les genres Mitviea, Nortlmi, Semici- 
pium, Labourdomm'mu , Imbncaria, Buillonella , Tieghemella , Tretibella, 
Gi-oixia, etc., distingués par L. Pierre. 

A. Engler (Pflanzenf., IV, 1, p. i5o, et Nachtr., p. 278) adopte les 

'^' ff Pour moi , dans cette famille , où les caractères sont peu tranchés , je suis 
d'avis qu'il y a lieu de faire appel : 1" à l'anatomie; 2" à la nervation; 3° à i'élat 
de la graine et de l'embryon ; 5° à la position de l'ovule ; 6" aux données de la 
fleur. T) 

(Lettre à H. Bâillon, !i/i janvier ibiiji.) 

3. 



— 36 — . 

genres Labourdonnaisia Bojer, Noiihm Ho(»k. f. et Miiniisops L. , ce dernier 
avec les divisions suivantes : 

i" Sous-genre : Eiimimusops Engl., sect. ïernaria, Qiialcrnaria , Bail- 
lonella ; 

2° Sous-genre : P/e«o-l/f//»<so]}s Engl. ; 
3" Sous-genre : Labraimopsis Harlog ; 
h" Sous-genre : Imbricaria Gomni. ; 
5° Sons-genre : Labramia A. DG. ; 
6° Sous-genre : Mahea Pierre. 

De son côté, le regretté M. Dubard (Sapotacées du groupe des Sidéro- 
xylinées-Mimusopées, Ann. Mus. Col. Marseille, 1916), qui avait entre- 
pris l'étude de celte famille à l'aide des matériaux rasseml)lés au Muséum, 
a fourni de ce groupe {loc. cit., p. 6 a) la classification générale sui- 
vante : 

A. Mamlkarées, graines à cicatrices allongées : 

1° A caudicule saillante : Manilkara, Mxirica, Bumoria, hthainbanclla, 
Lecotiitedoxa , Bnillonella ; 

2° A caudicule punctiforme : Northea et Vitellariopsis. 

B. EuMiMiisopÉES, graines à cicatrice basilaire arrondie ou excavéc : 
Labramia, Mimusops et Labourdonnaisia. 

H n'est pas difficile de reconnaître les inconvénients d'une classification 
l'ondée uniquement sur des caractères tirés fie la graine cl dans lacjuelle 
les Labramia à fleurs Irimères viennent se placer avec les Mimusops, à 
fleurs létramères, alors que dans la première subdivision, les Balllonella 
à fleurs létramères voisinent avec les Manilkara à fleurs toujours Irimères. 

Je me garderai bien de méconnaître les caractères tirés de la graine ; ils 
sont, à mes yeux, de grande importance; mais que les grandes divisions 
d'un groupe soient fondées sur la nature saillante ou punctiforme de la 
radicule, c'est ce que je ne puis admettre, car ces différences sont parfois 
si minimes qu'elles ne constituent pas un critérium acceptable. 

Les deux genres Mimusops et Manilkara , dont Dubard tire les noms de 
ses deux tribus (Eumimusopées et Manilkarées), seront spécialement exa- 
minés ici. 

Les caractères invoqués par Duljard, à la suite de Pierre (qui ne faisait 
cependant des Manillcara qu'une section du genve Mimusops , Symb. Anlill. , 
vol. V, p. 1G9), sont les suivants (loc. cit., p. 4) : 

Eumimusops : graines à cicatrice basilaire réduite et ffeurs à calice télra- 
mère ; 

Manilkara : graines h cicatrice allongée et fleurs à calice trimère. 



— 37 — 

Tous les oiiletirs ayant réuni jusqu'à ce moment dans le même genre 
Miniusnps les plantes distribuées par Dubard dans les genres Mimusops et 
Manilhara (seclions Euniimusops et Manilkara pour Pierre), nous avons 
du nous demander si le nouveau geiu'e Manilkam pouvait être légitime- 
ment adopté, et en particulier si quelque caractère tiré de Panatomie pou- 
vait le ju^lilier. 

Disons tout de suite que des sections transversales pratic|uées dans le 
pétiole, au niveau de la naissance du limbe (caractéristique dé Petit), 
présentent les mêmes caractères : deux arcs libéro-ligneux se rejoignant 
par leurs extiémilés pour former une figure en forme de croissant dont la 
partie centrale est occupée par un tissu parencUymateux où Ton distingue 
un certain noinbre d'ilôts libériens. 

Cette analogie de structure chez les Mimusopées à calice trimère et chez 
celles à calice létramère montre surabondamment l'étroite affinité de ces 
deux groupes de plantes. 

Avant examiné la structure du limbe foliaire chez les Mimusops à calice 
létramère, nous avons trouvé uniformément chez Mimusops Elengi, 
M. kummcl, M. lucida , un mésophylle hétérogène comprenant, entre les 
deux épidémies : un hypoderme de plusieurs assises de cellules, un tissu 
en palissade et un parenchyme lacuneux, mais nous avons constaté l'ab- 
sence de sclériles dans ce mésophylle, ou du moins, s'il en existe, ils ne 
peuvent être que très rares, puisqu'ils nous ont échappé. 

La tétramérie du calice (4 + 4), la présence d'une cicatrice basilaire 
arrondie à la graine et enfin l'absence de sdérites dans les feuilles consti- 
tuent les caractères communs de toutes les espèces étudiées des Mimusops 
à calice tétramère. 

Chez Mimusops heœandra , M. Wehviischii, M. Balata, M. Pioxhurghiaiui, 
M. caloneura Pierre, qui possèdent tous un calice trimère, nous avons 
reconnu au contraire la présence constante, dans le mésophylle de la feuille, 
de sclérites ou cellules fibreuses à membrane épaissie et lignifiée, plongés 
dans le parenchyme de la feuille et allant souvent d'un épidémie à l'aufi'e, 
formant ainsi une sorte de squelette entre ces deux épidémies. Chez quel- 
ques espèces, ces sclérites sont particulièrement nombreux; mais ils ne sont 
pas toujours disposés comme il est indiqué ci-dessus; souvent ou rencontre 
des sclérites disposés plus ou moins parallèlement aux épidémies. 

Les caractères de ce deuxième groupe sont donc les suivants : 

Calice ti-imère (3 + 3); 

Cicatrice dorsale allongée; 

Sclérites dans le mésophylle de la feuille et allant d'un épiderme à l'autre. 

Il est facile de prévoir les différences qui pourront se manifester au 
moment de la dessiccation des feuilles et qui correspondent à la structure 
spéciale du parencliyme. 



— 38 — 

Chez les Mimusops véritables à feuilles dépourvues de sclérites. le limbe, 
par la dessiccation, contracte ses tissus et s'amincit, excepté au niveau des 
nervures , où il reste des cordons babituellement saillants sur les deux faces 
de la feuille. 

Au contraire, cbez les Maiiilkara, dont le mésophylle renferme de nom- 
breux scle'rites tendus entre les deux épidémies, la dessiccation ne produit 
guère son effet d'amincissement qu'au niveau des nervures , où le paren- 
chyme interposé entre le faisceau et les épidémies se contracte, et iî en 
résulte que, sur le sec, les feuilles conservent une épaisseur assez grande, 
surtout dans les mailles, de telle façon que le limbe prend une surface 
chagrinée tout à fait caractéristique. 

Les feuilles des Mimusops véritables à lleurs tétramères présentent donc 
un lim])e lisse relevé uniquement aux nervures. Au contraire , les Maiiilkara 
ou Mimusops à fleurs trimères possèdent un limlie à surface nettement cha- 
grinée bien reconnaissable à un examen même superficiel (sur le sec). 

Les Botanistes qui conservent au genre Mimusops sa signification la plus 
large admettent deux sections suivant que le calice est trimère (sect. Tri- 
meria A. DG.) ou tétramère (secl. Quaternaria A.DC); ils soulignent de 
cette façon l'importance secondaire qu'ils ajoutent au nombre des pièces 
de la fleur en tant que caractère générique. 

Mais si l'on veut bien se reporter à ce que nous venons de dire, il paraîtra 
inadmissible de conserver réunies dans un même genre des plantes qui 
diffèrent à la fois par un caractère important de structure, par l'oi^ani- 
sation numérique de la fleur et par la forme de la graine. 

D'ailleurs ajoutons que nous nous croyons autorisé, par une multitude 
d'analyses , à aflîrmer que le caractère trimère ou tétramèie du calice chez 
les Mimusopées ne présente aucunement la variabilité qu'on a bien voulu 
lui prêter gratuitement; nous avons, au contraire, trouvé ce caractère tout 
à fait constant dans une même espèce, à moins de fleurs monstrueuses, ce 
qui est toujours rare. 

De co que nous \enons de dire il résulte que les deux genres Mimusops 
et Manilkara sont diflerents l'un de l'autre non seulement par la Irimérie 
ou la tétramérie de la fleur et par la forme de la graine , mais encore par un 
caractère de structure dont l'apparition ou la disparition n'a jamais été 
constatée par les biologistes sous de simples influences de milieu. 

Nous devons en conclure qu'à côté du genre Mimusops L. , le genre 
Manilkara (Rheede) Adanson a une place marquée dont la légitimité est 
aussi éclatante qu'incontestable. 

Bien mieux, nous avons constaté que les sclérites existent dans le méso- 
phylle de la feuille chez les diverses espèces des genves Lahourdomiaisia , 
Muriea, qui ont précisément, comme les Manilkara, des fleurs à calice 
trimère. Au contraire, ces sclérites font absolument défaut chez les Eumi- 
musops et aussi chez les Baillonella d'Afrique qu'Engler rapporte au genre 



— 39 — 

Mhnusops et qui ont des fleurs à calice télramère comme celles de ce der- 
nier genre. Ainsi , d'un côté , des Mimusopées à calice trimère et à feuilles 
pourvues de sclérites , de l'autre des Mimusopées à calice tëtramère et à 
feuilles dépourvues de sclérites. 

11 est difficile de trouver une correspondance plus marquée et plus nette 
entre les caractères tirés de l'organisation florale et ceux qui sont tirés de 
la structure. 

Enfin L. Pierre a créé un genre spécial Lecomtedoxa (réduit à la dignité 
de section par Engler) pour une Sapotacée de l'Ouest africain dont les fleurs 
seraient, parait-il, pentamères et parfois même tétramères et même tri- 
mères, ce que nous n'avons pu vérifier par insuflisance de matériaux; cette 
espèce Lecomtedoxa Klnineana Pierre (Mitnusops Klaineana Engl.) nous a 
présenté un type de sclérites disposés irrégulièrement dans le mésophylle. 
Il s'agit probablement — si la variabilité d'organisation du calice est bien 
réelle — d'une réduction du type Manilkava, et non pas d'un genre bien 
caractérisé. 

Mais dans les plantes recueillies à la cote d'Afrique par le voyageur 
Thollon, qui fut le dévoué compagnon de Savorgnan de Brazza, nous avons 
distingué une Sapotacée (n" 1/16) i-éellement pentamère, venant se placer 
entre les Sidéroxylées et les Mimusopées. Cette Sapotacée, qui sera décrite 
dans une note spéciale, se distingue de celles dont il a été question ci-des- 
sus, au point de vue de la structure, par la présence sous l'épiderme des 
feuilles de faisceaux fibreux à peu près parallèles entre eux, très nombreux 
et très rapprochés et courant dans une direction sensiblement parallèle à 
celle des nervures secondaires. 

Cette plante constitue donc un troisième type de Mimusopée que nous 
pouvons ajouter aux genres Mmusops et Mainlkara. 

Les plantes appai'tenant à ces trois genres sont si difl'érentes les unes 
des autres, même par l'aspect général, qu'il n'est pas possible de les con- 
fondre. 

Enfin nous rappellerons que toutes les Mimusopées à calice trimère 
{Manilkara, Miiriea, Norlhea, Lahounlonnama) sont pourvues de sclérites 
dans le mésophylle de leurs feuilles, ce qui justifie incontestablement leur 
rapprochement, alors que les Mimusopées à calice tétramère {Mitnusops, 
sections Imhicaria et Bailhnella) sont dépourvues de ces sclérites. 

La forme et la position de la cicatrice, qui dépendent essentiellement du 
mode d'attache de l'ovule, ne peuvent intervenir que secondairement pour 
la classification des genres appartenant au groupe des Mimusopées, et au 
lieu de leur donner, à l'exemple de Dubard, la priorité sur les autres carac- 
tères, nous ne leur accorderons qu'une importance secondaire. 



/iO 



La nouvelle collection A. Chevalieii, d' Indo-Chine, 
PAR M. F. Gagnepain. 

Dans son séjour en Indo-Chine, da ao mars 1910 au 22 février 191A , 
M. A. Chevalier, aidé de son iidèle compagnon M, Fleury, a trouvé le 
moyen de faire d'abondantes récoites sur un grand nombre de localités 
dans notre colonie. 

Plus de 3,5oo numéros, représentant peut-être 9,5oo espèces, ont 
été recueillis dans le delta du Fleuve Rouge, à Ninh-binh et Nham-dinh, 
à Lao-kay et Chapa, à Langson et Phu-tho (Tonkin); à Bien-boa, Thu- 
dau-mot, Cantho, dans le haut Donnai (Cochinchine); au Lang-bian et 
à Phan-rang, à Nha-trang et à Vinh (Annam); à Kampot, à Kom-pong- 
chnang, etc. (Cambodge). Ces chiffres, tout autant que ces locolités, 
témoignent éloquemment d'une grande activité bien dirigée. 

liCS échantillons au point de vue choix, préparation, étiquettes sont ce 
qu'ils doivent être, étant donnée la longue expérience du voyageur. Mais, 
éminemment pratique, ce dont il doit être loué vivement, M. Chevalier 
a attaché une grande importance dans ses récoltes aux plantes utiles, aux 
essences forestières , par exemple. C'est dans l'intention bien évidente de 
contribuer à la prospérité de cette colonie de grand avenir (et ce but nous 
est commun) que cette collection renferme des quantités d'espèces fores- 
tières, que chacune est largement représentée par les échantillons d'her- 
bier et les spécimens de bois en concordance parfaite. Cette concordance 
permet seule une détermination rigoureuse que ne comportent jamais les 
seuls échantillons de bois, fussent-ils accompagnés des noms indigènes 
les plus authentiques. Insister sur ce fait, c'est non seulement féliciter 
M. Chevalier de sa méthode, c'est aussi donner un excellent conseil aux 
futurs collecteurs. 

Puisque M. Chevalier travaillait pour cette colonie, il devait s'intéresser 
à l'important ouvrage intitulé rr Flore générale de l'Indo-Chinen , qui s<? 
])ublie depuis neuf ans au Laboratoire de Phanérogamie sous la direction 
de M. le Professeur Lecomte. 

En réalité, les marques de l'intérêt de M. Chevalier pour la première 
llore coloniale entrepiise au Muséum ne datent pas d'hier, — bien que 
l'écemment il mît sa nouvelle collection à la disposition du service. C'est 
ainsi <juc j'ai pu prélever pour l'herbier du Muséum plus de 800 échan- 



-ti- 
tillons appartenant aux parties non encore publiées de notre Flore ^''; 
que le reste de ses récoltes, classées par moi par familles, est mis à la dis- 
position de la Flore au fur et à mesure des besoins, avec une largeur de 
vues qui est à Thonneur du voyageur et à l'avantage de l'œuvre. 

C'est donc avec le plus grand plaisir que nous verrons figurer dans le 
très prochain fascicule de la ff Flore générale de Tlndo-Ghinen, et en mainte 
page, le nom du voyageur infatigable h qui ne suffisait plus l'immense 
domaine de l'Afrique tropicale française. 

(') Quatre-vingt-onze numéros sont déjà déterminés par M. Gardot et moi, et 
incorporés à l'Herbier général (déc. 1916). 



h1 — 



FouGBiîEs d'Afrique de l'Herbier du Muséum, 



DÉTERMmATlONS DU PrINCE BoNAPARTE , MeMBRE DE l'InSTITUT. 

Les numéros qui précèdent les noms de genre sont ceux qui letu' sont 
attribués dans Vlndea- Filiciim de G. Ghristensen. 



1 . Triclionianes. 

Trichomanes erosum Wiild. 

Société d'études et d'exploitation du Congo français. Collections re- 
cueillies par M. Henii Leconile. 

Sans nom de coUecleur, sans date. 

Trichomanes gigamelm Bory. 

Iles Comores, Anjouan. — Legit M. Lavancliic, sans date. 

Trichomanes ràdicans Svvartz. 

1° Iles Comores, sans date. — Legit Himiblot, n° 24/j. 

9° Iles Comores, Anjouan, sans date. — Legil liumblol, n" iByô. 

3° Madagascar, Foule Pointe, sans date. — Logit Humblot, sans 
numéro. 

k" Madagascar, sans localité précise el sans date. — Legil R. P. Cam- 
penon, sans numéro. 

Trichomanes rigidum Swartz. 

1° Iles Comores, Anjonan, sans date. — Legil M. Lavancbie, sans 
numéro. 

9" Madagascar, environs de la cascade de Ranomaina, i834. — Legit 
Bernier, n° 26, . 



— A3 — 

35. LeiKochilus. 

Leptochilus Heudeloth g. Ghristensen. 

GoDgo français; Gabon; Foret dn Mayunibe, route de Brazzaville. — 
Janvier 1891. — Legit Tliollon, n° ^^099. 

Obs. — Sur l'étiquette originale : Fougère aquatique, forme sub- 
mergée. 

Leptochilus Humbloth G. Ghristensen. 

Madagascar, sans localité précise, iS/jy-iSSs. — Voyage de M. Boivin, 
n" 1 58 1-9. 

.89. TVoplirolopis. 

Nepiirolepis biserrata Schott. 

1" Gabon, i8(U. — Legit M. Griffon dn Bellay. 
Herbier de l'Exposition coloniale, Ministère de la Marine. 

9° Madagascar, sans localité précise. — Legit Perrier de la Bàlhie, 
n" 279 favie. 

Obs. — L'autre moitié de cette part se rapporte à la variété jnibescens 
de Sieber; voir ci-après. — R. B. 

Nephrolepis biserrata Schott. 

Monstruosité. 

Iles Gomores, sans date. — Legit Humblot, n" A 98. 

Nephrolepis biserrata Schott, var. : pi bescens Sieber 5^»ojjs. Filicinn, 
n^35. 

Madagascar, sans localité précise. — Legit Perrier de la Bâtliie, n° 979 
pai'te. 

Obs. — L'autre moitié de cette part se rapporte au type. — R. B. 

Nephrolepis cordifolia Presl. 

1° Gôte occidentale d'Afrique, Gabon, sans date. — Legit le R. P. Dn- 
parquet, cat. i864, n" 1. 

9° Africpie éqnatoriale, haul Oubanghi, sans date. — Legit D'Viancin. 



— txh — 

hh. DavaKia. 

Davallu mauritiana Hooker. 

Madagascar, sans localité précise. — Legit Hiimblol. n° -iGi. 

Go. Aspleuiiiiu. 

AspLENKJM ABSCISSUM Willd, var. : FiRMiiM Kunze i^ro spccic. 
Iles Comores, sans date. — Legit Ilunihlot, n" Son. 

AspLENiCM ACHII-LEIF0L1UM C. Chi'istensen , var. : rutaefolium Knnze 
fro specie. 

Madagascar, sans localité précise. — Legit R. P. Campenon. 

AsPLENiuM adiantoides C. Christcnsen. 

1° Madagascar, côte Nord-Est. — Legit PerviUé. 

9° Madagascar, sans localité précise. — Legit P». Baron, n" Cyiç). 

AsPLENUIH AFRICANUM DeSVailX. 

Côte occidentale d'Afrique, Assinie. — Legit Cliapcr. 

AspLENiuM CAUDATUM Forster. 

1° lies Comores. — Legit Humblot, n" 3o5. 

9° Madagascar, sans date. — Legit M. Calai. 

AsPLENIUiM GEMMIFERUM Sclliader. 

Plantes jeunes. 

Afrique orientale, Uganda Protectorate. — Lesse Islands, iyo/i. — 
Coll. J. Dawe, n° 79. 

Obs. — Cet échantillon de plante jeune a été déterminé par conq)a- 
raison avec un spécimen du Congo déterminé par M. llieronynius, le 
i5 octobre 191 3. — R. B. 

AsPLEMUM GEMMIFERUM Scbrader, var. : . . . 

Madagascar, Ordakana, le i5 mai 1889. — Legit M. Calât, plantes 
ligneuses, n° i233. 



— àb — 

AspLEMiM lunulatjjm Swai'tz. 

i" Iles Comores, sans date. — Legit Humljlot, sans numéro. 

2° Iles Comores, sans date. — Legit Humblot, n" 275. 

3° Iles Comores, Anjouan, sans date. — Legit Humblot, n" iSyy. 

AsPLENiDM LUNULATUM Swartz , var. : suBBipiNNATUM Hookcr. 
Madagascar, sans date. — Legit R. P. Campenon. 

AsPLEMl M MONANTHES L. 

Madagascar, sans date. — Legit R. P. Campenon. 

AsPLENIUM NIDUS L. 

1° Iles Comores, sans date. — Legit Humblot, n" 3 10. 

2" Madagascar, 1897. — Legit G. Paroisse, n° 56. 

Obs. — Spécimens identiques à ceux récoltés à Madagascar jjar M. d'Al- 
leizette, décembre igoS, et déterminés par le D' H. Glirist, le 2 3 juil- 
let 190G. — R. B. 

AsPLENILM OUGOPHVLM M KaulfuSS. 

1° Sans localité, sans date. — Legit Humblot, n" 3 1/1. 

2° Iles Comores, Anjouan, sans date. — Legit Humblot, n" i565. 

AspLENiLM PooLii Baker. 

1° Sans localité, sans date. — Legit Hundjlot, n° 317. 

2° Madagascar, sans date. — Legit R. P. Campenon. 

ASPLENIUM PRAEMORSOAI SwartZ. 

Angola. — Herbier de la Mission de Huilla, n' 378. 

AsPLENiiM PROTEiNSLJi Schrader. 

La Réunion, Silaos, sans nom de collecteur, n" G9. — Herbier Ed. Bu- 



reau. 



AsPLEMUM Sanuerson Hookcr. 

Iles Comores, Anjouan. — Legit M. Humblot, n" i5/i8. 



— /i6 — 

AsPLENIUM TENERUM Foi'Ster. 

Iles Seychelles, Silhouette, janvier 1876. — Legit G. de i'Isle. 

AsPLENiuM UNILATERALE Lamai'ck. 

1° Sans localité, sans date. — Legit Humblot, n° 287. 

2° Iles Comores, Anjouan. — Legit Humblot, n° 1507. 

72. G;»'iiiiiogrniniiia< 

GvMNOGRAMMA ARGENTEA Mcltcnius , var. : AUREA Dcsvaux ]jro specie. 

Angola. — Coll. liR. PP. Antunez et Dekindt. — Heibier de la Mis- 
sion d'Httilia, n" 807^. 

96. Pteris. 

Pteris borbo.mca Hooker. 

Isle de Bourbon , sans date. — Sans nom de collecteur. 

Obs. — L'écriture de l'ëtiquette est celle de la (in du xvui" siècle. — R.B. 

PtERIS QUADRIAURITA Relz. 

Madagascar, sans date. — Legit P». Baron, n" 6120. 

99. Ptcridiuiu. 

Pteridium aqujlinum Kuhn, Subspecies : cavdatk h. pro sjjecie, var. : 
AFRicANA R. Bonaparte. 

Angola. — Herbier de la Mission de Huilla, n° 909. 

Obs. I. — La sous-espèce caudata est signalée dans l'Angola par Wel- 
witsch, Catalogue, vol. II, part. II, p. 268; la localité indicpiée par cet 
auteur est Galungo Alto. — R. B. 

Obs. II. — Cette nouvelle variété diffère du type par : 
1° Sa consistance coriace; 

2° Les nervures des segments de dernier ordre en creux sm' les deux 
faces ; 

3° Les segments de dernier ordre plus ou moins rétrécis à la base. 



— 47 — 

loa. Aiitro|ili,yiini. 

Antrophvum Boryanl'm Kaiilfuss. 

1° Hes Comores. — Legit Humblot, u" 208. 

a° Ues Comores, Anjouan. — Legit Humblot, 11" i53-2. 

Antrophvum C0R14CEUM Walli'ch. 

Madagascar. — Legit Humblot, n' 5io. 

Obs. — Les écailles du rhizome sont denliculées. — R. B. 

11/1. Pol.T|tu«liiim. 

PoLYPODIUM FUROATUAI DcSVauX. 

Frondes entières. 

Herbier de l'île de la Réunion, recueilli par M. Frappier, de i853 
à i863, et donné par lui au Muséum en 1875. 

PoLYPODiuM GiLPiNAE Baker. 

Madagascar, sans date. — Legit R. P. Campenon. 

POLYPODIL'M LOXOGRAMME McttcniuS. 

Congo français, forêt du Mayuœbe, juillet 1888. -^ Legit ThoUon? 

POLYPODIUH LYCOPODIOIDES L. 

1° Côte occidentale d'Afrique, Gabon. — Legit M. Griffon du Bellay, 
n" oih, donné par l'Exposition coloniale. Cat. 1864, n" h. 

2° Côte occidentale d'Afrique, Gabon, 1882. — Legit R. P. Klaine. 

Obs. — Sur l'étiquette originale : Planche 18, feuilles de plantes para- 
sites croissant sur le tronc des palmiei's, Gabon. 

8° Congo français, Mayomba, le 30 février 189/J. — Legit Lecomte, 
E. 28. — Société d'études et d'exploration du Congo français. Collections 
recueillies par M. Henri Lecomte. 

Ors. — Sur l'étiquette originale : Fougère sur un arbre. 

POLYPODHIM PARVULUM Bopy. 

A 

Iles Comores, Anjouan. — Legit Humblot, n" iS^y. 



— i!i8 — 

PoLYPODIUM PUNCTATUM Swai'tz. 

Gabon, i864. — Legit M. Grillon du Bclloy, n' -jSS. — Hcrhicr de 
l'Exposition coloniale, Ministère de la Marine. 

Obs. — Sur l'étiquette originale : ^83, sorte de fougère épipliyte. 

l'21. ElaplioglosMiini. 

Elaphoglossum petiolatom Urban. 

Sans localitë. — Legit Humblot, n° 002. 

ElAPHOGLOSSDM SiEBERl MoOPC. 

Iles Seyclielles, Mahé, Mare aux Cochons, le 36 janvier 187G. — Legit 
G. de l'isle. 

Obs. — Cet e'chantillon est conforme au n° 96 de Sieber qui se trouve 
sous ce nom dans mon Herbier. — R. B. 

Elaphoglossum spathdlatum Moore. 

Madagascar, Imarina, 1881. — Legit Revd. Wm. Deans Cowan. 

l3-2. IVIohria. 
MoHRIA CAFFRORIJM DesVaUX. 

Angola. — Herbier de la Mission do Huilla, n" gi A. 

1^7' Opliiog;lo»«!!iiiiii. 

Ophioglossum vulgatum L. 

lies Comores. — Legit M. Humblot, n" 899. 

Ophioglossum vulgatum L. , var. 

Madagascar, Alixville, mars 1897. — Legit M. Henri Perrier de la 
Bâthie, n''^ 198 et 193". 



^ ^9 



Trois OncniDÉEs de l'Annâm, 

PAR M. J. COSTANTIN, 



Au mois (le juin dernier, M. Verlaque, de Tamaris-su r-Mer (Var), 
amaleur de belles piaules, qui possède une riche colieclion de types de 
i'Annam , envoyait deux Orchidées en fleurs à M. Bois, en vue delà déter- 
mination. 

L'examen de ces fleuis m'a convaincu immédiatement que l'envoi était 
intéressant et qu'il s'agissait de deux Dcndrobium, dont l'un était le Den- 
ilrobiuni Bronckharln de Wildeman, et dont l'autre était un Demlroh'mm 
de la section Aponm nouveau; je l'ai dédié à M. Verlaque sous le nom de 
D. Ycrlaquii. M. Verlaque s'est empressé d'offrir aux cultures du Muséum 
des échantillons vivants des plantes ainsi déterminées avec quelques autres 
types d'Orchidées, non encoreen fleurs, delà même région , qui seront 
étudiés à la floraison. Qu'il soit permis d'exprimer à M. Verlaque les 
remerciements du Service de la culture du Muséum pour son géné- 
reux envoi. 11 se propose d'ailleurs de nous enrichir encore , et il vient 
tout récemment, en novembre, de nous envoyer de nouvelles fleurs 
annamites où j'ai reconnu une variété nouvelle de VAerides odonttum 
var. (timamensis. 



1. Dendrobium (Aporum) Verlaqoii Costanlin. 

Gaules fasciculali, ao-aS cm. longi, dense foliati. Folia equitantia, 
carnosa, scapelliformia, late ovata,acula, compressa, arcle vaginanlia, subito 
desinanlia. 2,8-3,2 cm. longa, o,8-i cm. alla. Pars superior caulis flori- 
fera. Flores pallide flavi-rosci, nervis pur[)ureis, i5 mm. longi, 8 mm. 
lati, pedicelli 10-12 mm. longi. Sepalum dorsale oblongum, lanceo- 
latum, 5-6 mm. longum, 2-5 mm. latum, sepaia lateralia G-7 mm. 
longa, 3 mm. lata, postice mentum obtusum, curvum, i5-20 mm. lon- 
gum, formanlia. Petala lanceolata, acuta, 5-6 mm. longa, 9 mm. lata. 
Labellum cuneatum, antice oblongatum, obtusum, simplex, margine 
involutum, 1 cm. longum, 5 mm. latum. Gynostemium brève; anthei-a 
relusa. 

Aunam. Environs de Hué. 

Muséum, — xxni. A 



— 50 — 

Le sous-genre Aporum esl caractérisé, parmi les représentants très 
nombreux (lu genre Dendrohium'^^\ par ses feuilles éf[uitantes. 

Parmi les Aporum de rindo-Gliine, il y a lieu de distinguer, d'après 
l'Herbier du Muséum et les déterminations si soigneusement laites par 
Finet, et aussi en prenant comme base le grand travail complémentaire 
de Kriinzlin, les espèces suivantes de l'Indo-Gliine que Ton peut grouper 
ainsi qu'il suit : 



I. Section hemiphijllum , à tige feuillée jusqu'au milieu, dénudée à la 
partie supérieure : 



Feuilles courtes, 

à peine plus longues 

que larges; 

triangulaires vues de côté. 



Feuilles 

beaucoup plus longues 

que larges. 



Lahelle Irilubé \. D. cochinchmense Ridley. 

Labeilc subsimple. 

2. D. aloifoliitm (Blume) Reichb. f. 

Labello bilobé, à disque pourvu de deux lignes 
élevées. Fleurs blanches de 7-8 milliniètres de 
long 3. /). acinacijorme Roxburgh. 

Labelle antérieurement (juadrilobé, à disque avec 
une ligne plus épaisse. Fleurs blanches ou jau- 
nàlres, striées de rose, 6-7 millimètres. 

h. D. NatJianielis Reichb. f. 



II. Section holophjllum, à tige feuillée jusqu'en haut 



Feuilles courtes, en scalpel. 

Fleurs 

apicales ou subapicales, 

naissant à l'aisselle 

des iéuilles supérieures. 

Labelle simple, spalulé. 



Feuilles 

plus longues que larges, 

lancéolées , acuminées. 



Tige obliquement dressée. Feuilles 2 centimètres 
long X 1 centimètre haut, Labelle cilié au som- 
met 5. D. Leonis Reich b. f. 

ïige longuement rampante, 3o centimètres long, 
rameuse, radicante. Feuilles 7-8 millimèlres 
long, vert noirâtre ou pourprées. Labelle non 
cilié. Fleurs plus petites que celles du D. Leo- 
nis 6. D. prostralwn Ridley. 

Labelle trilobé. 

7. D. airopurpureum (Rlume) Miquel. 

Labelle simple. . 8. D. rigens (Blume) Reichb. f. 



1. D. Cocliincliinense Ridley in Journ. Linn. Soc. XXXII (1896), p. 2Û4. 
Cochinchine, Saigon (Haffner). 



(1) KnÏNZLiN, Orchidaceae-Monondrae-Dendrobiinae. Pars I Gênera 975-277 
(Das Pflanzenreicli Ikgui vegetabilis conspectus, — publié par Engler, 1910,1V, 
5o n lî, 21, 082 pages avec 827 tigurej). Gel auteur décrit 671 espèces de Den- 
drobiuin, sans compter un certain nondjre de genres qu'il dislingue comme 
Inobulbon, Sarcopodium , etc., qui sont d'ordinaire rangés parmi les Dendrubium. 



— 51 — 

2. D. nloifoUnm (Blume) Reichb. f. in Walp. Ann. VI (1861), p. 979. 

— D. Serra Lindl. in Joarn. Linn. Soc. Ill (18.59), ^- — ^- ^^^^'~ 
rillii 0. Ames Oichid. II (1908). — Aporum Serra Lindl. in Wall. 
Cat. (1828), n" 90-31, et Gen. et Sp. Orch. (i83o), p. 71. — 
Macrostomium aloifolium Blume ^Bijdr. (i895), p. 335, fîg. 37. — 
Oxyslophyllum macrostoma Hassk. in Hoev et de Vriese Tijdschr. X 
(1863), p. 122. 

Cocbinchine, rivière de Saigon, près Caï-Cong (Pierre). — Cam- 
bodge (D' Habn). — Péninsule Malaise (Penang). — Singapore, 
Perak. — Bornéo. — Java. — Philippines. 

3. D. acinaciforme Roxb. Hort. Bengal (181/1), p. 63, et FI. Ind. III 

(i833), p. 687. Hook. f. FI. Brit. Ind. V, p. 723. — Aporum acinaci- 
forme Griir. in Gale. Journ. Nal. Hist. V (i8/i5), p. 370. 

Cocbincbine, île Phu-Quoc. — Himalaya tropical : Assam, 
M" Kbasiya. 

h. D. NfitliaiiUlls Reichb. 1". in Scbill. Cat. Orch. éd. 3 (1867) p. 26, et 
in Walp. Ann. VI (18G1), p. 279: Hook f. FI. Brit. Ind. V, p. 72/i. 

— D. cuspldaliiin Lindl. in Journ. Linn. Soc. III (1889), p. h. — 
Aporum cuspidatiim Wall, ex Lindl. in Bot. Reg. (i84i) Mise. 2. 

— A. anceps Lindl in Wall. Cat. (1828) 11° 9026. Kninzlin 
Pflanzen reich IV, 5o, II B, 21 Dandrobiinae, p. 908, 11° 391; 
p. 365(''. 

Cambodge (M' Cherreo), Lakhom (expédition du Mékong) 
[Thorel]. 

Birmanie (Moulniein), Papouasie. 

5. D.Leonis Reichb. f. in Walp. Ann. VI (i8(m), p. 280; Hook. f. FI. 
Brit. Ind. V (1890), p. 723, et in Ann. Bot. Gard. Cale. V, p. 7, 
tab. 10, et in Bot. Mag. t. 7^90; Ridiey in Journ. Linn. Soc. XXXII, 
p. 2/18, et Mater. FI. Maley. Penins. I, p. hi. — Aporum vuHoisiim 
Lindl. in Wall. CaL (1828) n° 2018, et Gen. et Sp. Orch. (i83o), 
p. 70 (non Blume). — A. anceps Lindl. in Bot. Reg. XXVI (18/10), 
Mise. 59. 

Cocbinchine (Haiïner), Péninsule Malaise (Singapore, Johore, 
Rhio, Malacca, Selangor, Pahang, Kedah, Perak). 



'') Kraiîzlin n'admet pas la synonymie, de cette espèce avec le D. multijlorum 
Par. et l\eichlj. f. in Trans. Linn. Soc, XXX(i87.S), p. 1/19, tah. XXXI, 2, 
non Hook. f. in Fi. Bril. ind. V, 72^. 



— 52 — 

6. D. prostraliim Riflley in Journ. Linn. Soc. XXXII (1896), p. 968, et 

Mal. FI. Malay Peiiins. I, p. Ui. — D. unijlorum Teijsm. el Binn. 
in Tijdschr. Nederl. Ind. XXIV (1862), p. 3i3 (non GiilT.). — 
— D. xanthoacron Schiechler in Bull. Herb. Boiss., a sér. VI (1906), 
p. /159. 

Cambodge (Cara-Gbay) [Pierre]. — Gocbincbine (île Pbu Quoc) 
[Pierre]. Cultivé au Jardin bot. de Saigon (Pierre). — Sumatra 
(prov. de Lampong). — Péninsule Malaise (Selangor: sur arbres de 
la Mangrove à Kranji, Sciilar, Sangei Blukang be Seppan). 

7. D. atropurpumim (Pdiune) Miq. FI. Ind. Bot. III (i855), p. 6A6 ; 

Reicbb. f. in Trans. Liini. Soc. XXX, p. 1/19; Hook. f. FI. Brit. 
Ind. V, p. 7 '2 A; Grant Oich. Burmab, p. 68; Bidl. Joiirn. Linn. 
Soc. XXXI (1896), p. 9(i8, et X\XI (1896), p. 59, et Mat. Fi. 
Malay Penins. l (1907), p. do; J. J. Smith Orch. Amb., p. 54; 
Ames Orchidac. I (igoS), p. 86, et II (1908), p. 172. — D. car- 
nosum Reicbb. f. in Walp. Ann. VI (1861), p. 280. — D. concinnum 
Miq. FI. Ind. III (i855), p. 64 1. — Oœystoplujllum atropurpureum 
Blurae Rumphia IV (18/18), p. 5i, tab. 19.3, llg. h, et tab. 198, 
fig. 6; Rei-^hb. f. Walp. Ann. III, p. 53o. — 0.ri/stopluiUuin cariw- 
sum Blume Bijdi'. (1826), p. 336, lab., fig. 38; Lindl. Geu. et Sp. 
Orch. (i83o), 72. — Aponiin concinimm Lindl. in Wall. Cat. (1828), 
n° 9019, et Gen. et Sp. Orch. 72. — Hciba supplcx niiiior el Daun 
Subat Rumphiiis Hort. Amboin. VI (1760), p. 1 10. Kranzlin Pflanzen 
reich Dendrobinae, p. 217, u° tif]. 

Siam? Péninsule Malaise (Singapore), Birmanie (Tenasserim, 
Moulmein), Bornéo, Java, Gélèbes, Philippines. 

8. D. rigeiis (Blume) Reicbb. f. in Walp. Ann. VI (1861), p. 280; 

J. J. Smith in FI. de Buileng. , p. 9/i3. — Oxyatophyllum rigidtim 
Blurae Bijdr. (1826), p. 335; Lindl. Gen. et Sp. Orch. (i83o), 
p. 72. — D. riijidum Miq. FI. Ind. Bal. III (i855), p. 6o4. — 
AporophijUnin rigidum Blume Ms. Kranzlin in Pflanzr. Dendrob. , 
p. 2 18, n" /i2 0. 

Gochinchiue (M" Deonba) [Pierre- G odefroy], Cambodge (Kam- 
pot) [Geoffroy], île de Singapore (marais de Kranji) [LanglasséJ. — 
Java (Salak, Pantjar). 

9. D. Verlaqnii Costanlin. 

Les tiges fasciculées, de 17 à 25 centimètres de haut, sont formées 
d'une série d'articles d'épaisseur variable le long d'un entre-nœud, de 



— 53 — 

1 2-1 i millimèlres de long, plus ëpais vers le milieu et le haut fie l'article 
que vers la base, largeur à la base 3 millimètres, largeur en haut 6 milli- 
mètres. La partie supéiicure élargie d'un entre-nœud sert d'insertion à la 
feuille dquitanle se trouvant au-dessus. La partie basilaire de la feuille 
forme un étui de 9 millimètres de haut, susceptible de se détacher du 
limbe qui est caduc, la gaine étant au contraire persistante; cette gaine, 
q-iand le limbe est tombé, affecte de profil l'aspect d'un pantagone dont 
les deux côtés supérieurs seraient légèrement courbes, les trois côtés infé- 
rieurs du pentagone précédent ayant 9-10 millimètres de long, les deux 
côtés supérieurs du pentagone un peu plus grands; le limbe est ovale, 
terminé par une pointe aiguë courte, mais sa base terminée obliquement 
en biseau, de sorte qu'un des bords tranchants mesure 9 0-2 5 millimètres 
et l'autre 10-1 5 millimètres; la base séparée a une cicatrice plane. Une 
feuille ovale acuminée avec son étui peut mesurer 28-82 millimètres de 
long sur 8-10 millimètres de large. A la partie supérieure de la tige ainsi 
recouverte par ses feuilles engainantes, on voit de l'aisselle d'une feuille 
sortir une fleur; cette fleur est solitaire, mais part du milieu d'une sorte 
de bourgeon formé d'un certain nombre d'écaillés plus ou moins dissociées 
et dilacérées. Ce bourgeon mesure environ 5-6 millimèlres de haut, quel- 
quefois moins. Le pédoncule ovarien solitaire qui en sort est arqué et 
mesure 10-12 millimètres, son épaisseur à la base 1 millimètre, et, là où 
l'ovaire est nettement difl'érencié, il mesure 9 millimètres d'épaisseur. La 
fleur est arquée et elle mesure i5 millimètres de long sur 5-8 millimèlres 
de large. Le sépale dorsal lancéolé a 5-6 millimètres de long sur 9,5 milli- 
mètres de large, à 5 nervures, à extrémité un peu arrondie au bout; 
sépales latéraux à paitie libre terminale tiiangulaire de 6-7 millimètres de 
long sur 3 millimètres de large, mais la base est extraordinairement 
développée, l'arc de l'éperon-menton a i5 millimètres de long, il aurait 

2 centimètres s'il était tout à fait redressé, étant fortement arqué. Les 
pétales sont lancéolés de même longueur que le sépale dorsal , mais plus 
étroits, 9 millimètres de large, à 5 nervures. Le labelle est en gouttière à 
la base s'élargissant progressivement vers l'extrémité, de 1 centimètre de 
long sur 5 millimètres de large dans sa partie terminale, nervures au 
nombre de 7 à droite et autant à gauche de part et d'autre de la nervure 
médiane; la partie médiane est un peu plus épaissie, mais il n'y a pas de 
crête, le sommet est en pointe ou anondi. La colonne est très courte 
et les masses polliniques couvertes par un capuchon qui se sépare au 
sommet. 

Nota. — Quand la tige vieillit, les limbes foliaires tombent, la tige 
reste entourée par les gaines qui se dessèchent en persistant. On voit alors 
parfois apparaître un certain nombre de fleuis qui sont à une certaine 
distance du sommet (6-8 entre nœuds). La tige est parfois feuillée jus- 



— 54 — 

qu'en liaiil ou dénudt'e jusqu'à la base : ie caractère tles deux sections 
hemiphylium ou liomopliyllum perd sa valeur. 

Celte espèce nouvelle est très voisine de D, Leonis; elle en est très dis- 
tincte cependant par ses feuilles. 

II. Desdrobium Brouckarth de Wildeman 

1!! Gard. Chron. 190O, 1, 38o; Revue Horl. Belge, 1907, p. 869, 
fig. 67 et pi. en couleur; Bot. Mag. , 1909, t. 895a. 

Cette seconde espèce envoyée par M. Verlaque est une des récentes 
acquisitions des cultures de serre. Elle a été introduite en 190(1 des mon- 
tagnes de l'Annani par le collecteur dont elle porte le nom: achetée 
par un horticulteur de Gand, M. Verdonck, elle a fleuri la première fois 
en Belgique; c'est ainsi que cette belle fleur a été décrite par M. de 
Wildeman. 

[/envoi de M. Verlaque était donc très intéressant, et la plante, si elle 
])eut êlre introduite par lui dans les cultures du Muséum, pourra contri- 
buei' à en orner les serres. 

C'est à la section densijlora (Finet in Bull, du Muséum, 190.3, p. 29.5) 
ou à la section chrysotoxa (que Kranzlin rattache au sous-genre Eudcnbro- 
himn) que cette espèce se rattache. Celle section comprend, comme espèces 
de l'Indo-Chine, les espèces suivantes, toutes caractérisées par leur grappe 
florale j-ichement florifère : 



Tige. allongée 

ayant parfois 

i feuilles 

au sommel. 



Tige courte, monophylle D. aggregalum. 

! Grappe richement florifère; labelle à base 
l jaune vif, ])lanc rosé anlérieurement, 
1' Fleurs à sépales 1 sépales et pétales non tordus. 

ou pétales / D. Bronckartii. 

blanc rosé ou lilas. 1 Grappe à peu de fleurs, sépales et pétales 

I tnidi(s; labelle à base jaune pâle violacé 

\ autérieuremenl D. lovtile. 

Sépales et pétales blancs; labelle jaune vif Timbré au bord. 

D. densijlovum var. Schroederi. 

(Labelle blanc et strié de jaune et gorge jaune vac. Galli- 
ceanum.) 

Grappe pauciflore. 

D. tortile V. Dartoisianum (Indo-Cbine). 

[ Labelle finement cilié. 
Giappe ! * ^- dpnsiflorum. 

pluriflore. J Labelle profondément crénelé 
et cilié. D. chryxotoxum. 



Sépales et pélales 

jaunes 
ainsi que le labelle. 



55 — 



Aerides odoratdm var. annamensis Cost. 

M. Verlaque a envoyé au Muséum les fleurs d'un Aerides de l'Annam 
qui paraît intéressant, 

II est voisin de ïodoralum, c'est même une variété de celte espèce, 
mais une forme d'un coloris spécial qui n'a |>as encore été signalée dans 
ce gron|)e. 

Ce qui caractérise le groupe de V Aerides odoratum, c'est de ne pas avoir 
les lobes latéraux du labeile denliculés. En réalité, c'est véritablement 
sous une autre forme de rédaction qu'il serait pi'éférable d'annoncer celte 
particularité. 

Dans ]e groupe des Aerides suavissimum et Lawrenciae , le bord des 
lobes latéraux du labeile sont nettement frangés, et ce caractère est nette- 
ment apparent parce que ces bords, après s'être recourbés sur la ligne 
médiane pour recouvrir le lobe médian (qui est étroit et presque caché), 
se recourbent brusquement en sens inverse de manière que leurs bords 
denticulés sont nettement apparents. Dans le cas de V Aerides siiamsimuni 
var. Beivhenhachii , ces bords des lobes latéraux sont dressés et droits au 
lieu d'être voûtés sur le lobe médian. Dans V Aerides vireiis (Orchid. Album, 
t. IV, pi. 160, et var. Ellisii, idem, t. VllI, pi. 298), on voit nettement 
que les bords des loltes latéraux qui sont un peu courbés vers la ligne 
médiane laissent cependant apercevoir leur bord, qui est à 2 ou 3 grosses 
dents. 

Dans le cas de YAo^ides odoratum, les choses ne se passent pas ainsi, 
les bords des lobes latéraux sont infléchis sur le lobe médian (qui est 
étroit et en une grêle languette cachée incomplètement) et ces bords se 
j-eplient légèrement en dedans, de sorte que sur les dessins on ne voit pas 
la constitution do la bordure. Si l'on envisage seulement le bord courbé 
visible, on ne peut voir s'il y a des denticulations à la marge. Dans le 
Aer. Duqtiesnei de Régnier, que j'ai placé dans mon ouvrage des Orchi- 
dées''' au voisinage de VA. odoratum, il y a une légère denticulation sur 
ce bord rentrant, mais ces dentilalions n'apparaissent pas à l'extérieur. 
Il est très possible qu'il en soit ainsi dans VA. odoratum. En tous cas, c'est 
ainsi que les choses se présentent dans le type nouveau que je décris 
aujourd'hui. 

A. ODORATUM var. ANNAMENSIS. 

La grappe est richement florifère, de 18 centimètres de long x 6 centi- 
mètres de large, comprenant plus d'une vingtaine de fleurs. Fleurs épa- 
nouies de 3 centimètres de long. Ces fleurs ont une odeur assez forte un 

f CosTANTiN , Orchidées cultivées. Description, p. 36. 



-- 56 — 

peu incommodante et entêtante plutôt qu'agrëaljle. Le pédoncule général 
est vert (plus de ao centimètres de longx 2 millimètres d'épaisseur). Les 
bractées existant à la base de cbaque pédicelle ovarien sont brunâtres, 
pointues, triangulaires; elles engainent la base du pédicelle de 5 milli- 
mètres de baut. Les pédicelles et ovaires sont blancs, 2 centimètres long 
X 1,5 millimètre d'épaisseur. Le sépale dors.al et pétales latéraux sont 
d'un jaune clair citrin bien caractérisé. Ils sont ovales oblongs, rétrécis à 
la partie basilaire, arrondis à leur sommet; le sépale dorsal a 12 milli- 
mètres longx g millimètres large; ce sépale dorsal est rejeté on arrière 
et ses bords sont rabattus en dessous. Les sépales latéraux sont oblique- 
ment ovales à base d'insertion plus large (5 millimètres); ils mesurent 
i3 millimètres longx 9 milliinèlres de large; ils sont rabattus en dessous, 
un des bords plus largement replié que l'autre. Les pétales latéraux sont 
plus étalés, 1 2 millimètres long x 9 millimètres de large. Le Libelle est blanc, 
il se prolonge en avant en un éperon cornu dont la pointe vert pâle revient 
en avant ( 1 centimètre long sur la jdus forte courbuie); les lobes latéraux 
blancs paiaissent couj)és à angle ilroit au sommet (ils mesurent 6 milli- 
mètres large), en réalité leur boid est légèrement replié en dedans et 
présente quelques fines denticulations; la bauteur de ces lobes latéraux 
est de i3 millimètres, ils se terminent à leur soudure à l'éperon, par une 
très petite bosse (une de cbaque côté, saillante de 1 millimètre à peine); 
le lobe médian blanc est lancéolé étroit, arqué vers l'intérieur, les bords 
latéraux saillanis de feçon à faire une gouttière (la face inférieuie 7 milli- 
mètres x 2 millimètres non étalé; 8-9 X 3 millimètres, étalé). La colonne 
est courte, blanche, le sommet est ocracé roussâtre pâle, 5 millimètres 
de baut, terminée en un bec en avant. 

On a déjà signalé dans ce groupe des formes albinos analogues. L'une 
est Wtlhi/hrum de Finet, qui a été considéi-ée par ce botaniste comme un 
type décoloré de Y A. odoratmn, mais les Heurs étaient blanches, à la fin 
blanc d'ivoire; cette forme a été introduite dans la culture du Muséum par 
M. Guibert, où elle a fleuri en 1910. L'autre est Farmeri Hort. que l'on 
considère comme rattachée à une espèce très voisine, VA. quinquivulnera, 
qui est d'ordinaire caractérisée par un ceitain nombre de taches pouipres 
qui ont fait dénommer cette espèce l'Aerides à cinq blessures. 



SOMMAIRE. 

Pag;*s, 
Actes administratifs. — Nomination de M. le Professeur Stanislas Meunier 
comme Assesseur du Directeur du Muséum. — Nomination de 
M"" Dehorne comme Stagiaire. — Notice nécrologique snr le R. P. 
Urbain Faurie , par M. H. Lecomte i et a 

Communications : 

P. Chabanaud. Description d'un Lacertilien nouveau du Maroc [Figs.] ... 3 

— ' Note complémentaire sur les Ophidiens de l'Afrique occidentale avec la 

description d'une espèce nouvelle [Figs.] 7 

A. Vayssière. Note zoologique et anatomique sur un Regalecus ( Gymnetrus) 

gladius Cuv. et Valenc. pris dans le golfe de Marseille [PI. I et II]. 1.5 

Ed. Lamy. Les Arches de la Mer Rouge (d'après les matériaux recueillis 

par M. le D"^ Jousseaume) 26 

H. Lecomte. Observations sur les Sapotacées du Groupe des Mimusopées. . 35 

F. Gagne PAIN. La nouvelle collection de plantes recueillies en Indo-Chine 

par M. A. Chevalier : , . Uo 

Prince Bonaparte. Fougères d'Afrique de l'Herbier du Muséum 4 a 

J. GosTANTiN. Trois Orchidées de l'Annam 69 

i 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



RÉUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSÉUM 




ANNEE 1917 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDGGCGXVII 



AVIS. 

Les auteurs sont priés de vouloir bien se rappeler que 
l'étendue des notes insérées dans le Bulletin ne saurait 
dépasser 5 pages d'impression. 

Les auteurs sont également priés de donner des manu- 
scrits mis au net qui puissent permettre la composi- 
tion rapide du Bulletin. 

Les auteurs sont instamment priés de remettre les cli- 
chés des figures qui accompagnent leurs notes en même 
temps que leurs manuscrits. 

SOCIÉTÉ 

DES 

AMIS DU MUSÉUM NATIONAL 
D'HISTOIRE NATURELLE 

(EXTRAIT DES STATUTS). 



l. But et composition de la Société. 

Article premier. 

L'Association dite Société des Amis du Muséum national d'histoire natu- 
relle, fondée en 1907, a pour but de donner son appui moral et financier 
à cet établissement, d'enrichir ses collections, ménageries, laboratoires, 
serres , jardins et bibliothèques , et de favoriser les travaux scientifiques et 
l'enseignement qui s'y rattachent. 

Elle a son siège à Paris. 

Article 3. 

L'Association se compose àe Membres titulaires, de Membres donateurs et de 
Membres bienfaiteurs, qui doivent être agréés par le Conseil d'administration. 

Pour être membre titulaire , il faut payer une cotisation annuelle d'au 
moins 10 francs. La cotisation peut être rachetée en versant une somme 
fixe de i5o francs. 

Pour être Membre donateur, il faut avoir donné une somme d'au moins 
5oo francs, ou avoir versé pendant dix ans une cotisation d'au moins 
60 francs par an. 

Pour être Membre bienfaiteur, il faut avoir donné au Muséum , ou à la 
Société, soit une somme de 10,000 francs, soit des collections scientifiques 
ou des objets, meubles ou immeubles, ayant une valeur équivalente, soit, 
pendant dix ans, une cotisation annuelle d'au moins 1,200 francs ^*\ 

^'' S'adresser pour ies versements à M. Pierre Masson, trésorier de l'Atsociation, 
130, boulevard Saint-Germain. 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



ANNEE 1917. — r 2. 



-=>o<= 



168^ REUNION DES NATURALISTES DU MUSEUM. 

22 FÉVRIER 1917. 



PRESIDENCE DE M. EDiMOND PERRIER, 

DIRECTEUR DU MDSÉOM. 



ACTES ADMINISTRATIFS. 

M. LE Présideim donne connaissance des faits suivants qui inté- 
ressent le Muséum : 

Sur la proposition de MM. les Professeurs Mangin et Lecomte, 
M. l'Abbé BouRDET, à Saint-Priest-en-Murat, par Montmarault 
(Allier), et M. J. Gardot, de Charleville(Ardennes), ont été nommés 
Correspondants du Muséum. (Assemblée du 18 janvier dernier.) 

11 annonce ensuite que le service de la Propagande au Minis- 
tère des Affaires étrangères a confié à M. Gravier, Assistant au 
Muséum, une Mission pour recherches scientifiques au Laboratoire 
de Zoologie maritime de Naples. 



Mdséum. XXIII. 



^ 58 — 



COMMUNICATIONS. 



Quelques remarques sur la FormaldÉhyde et soy emploi, 
PAR M. H. Neuville. 

L'intensité du froid qui vieut de sévir sur nos régions (janvier-fé- 
vrier 1917) et la difficulté de réagir contre ce froid ont mis assez bruta- 
lement en évidence un inconvénient des solutions de formaldéhyde. Aux 
très faibles titres où elles doivent êli-e employées dans les sciences natu- 
relles, celles-ci gèlent en elTet comme de l'eau pure en faisant éclater les 
récipients qui les renferment. De tels accidents ne se limitent pas aux bocaux 
de verre : sous l'influence des températures que nous venons de subir, et 
qui ne sont pourtant pas extrêmes, les bacs de grès éclatent également, 
et ceux de tôle galvanisée, où l'on conserve de très grosses pièces, cèdent 
eux-mêmes sous la dilatation de l'eau congelée. Celte congélation ne 
borne pas là ses méfaits : elle altère plus ou moins gravement les pièces 
de collections sur lesquelles elle agit. Malgré l'emploi fait commimément 
dans certains laboratoires des méthodes de congélation comme procédé 
bistologique, je suis fondé à considérer cette formation de glace jusque 
dans ia profondeur des tissus, ainsi qu'elle vient de se produire en grand,» 
comme devant être évitée; je l'ai vue produire de véritables déchirures 
dans le corps d'animaux conservés en entier. 

Il m'a donc paru nécessaire de chercher des artifices permettant de 
restreindre la poitée de ces accidents. En exposant ici les recherches que je 
viens de faire à ce sujet, je présenterai également (juelques remarques sur 
certaines propriétés ou certains modes d'emploi de la formaldéhyde. Après 
avoir développé les considérations provoquées par la nécessité d'atténuer 
les inconvénients de la congélation , et de ne le faire qu'à bon escient, je 
signalerai plus particulièrement quelques détails relatifs h la polyméri- 
sation de l'aldéhyde formique et à l'emploi de celte aldéhyde, surtout en 
injections interstitielles ou intra-viscérales. L'ensemble de cet exposé aura le 
caractère d'une série de notes de laboratoire, groupées autour de trois 
sujets principaux, et non pas celui d'un travail méthodique sur les pro- 
priétés et utilisations du corps envisagé. 



59 — 



I 



Actuellement, les liquides conservateurs employe's dans les grandes 
collections anatomiques ou zoologiques se réduisent, en fait, à l'alcool et 
aux solutions de formaldéhyde, obtenues en partant du produit commercial 
nommé formol. Diverses compositions ont été autrefois usitées dans le même 
but; c'est ainsi que la liqueur d'Owen a servi pendant presque toute la 
seconde moitié du xi\° siècle, au laboratoire d'Anatomic comparée du 
Muséum, pour tous les usages auxquels on réserve maintenant, ajuste 
titre, l'aldéhyde formique. D'autres conqiositions , destinées surtout à 
conserver la couleur naturelle des objets, sont parfois aussi employées. 
Tels sont la liqueur sucrée et formolée de Fabre-Domerguk, le liquide 
(où plutôt les liquides) de Melnikoff-Razvedenkoff, et ceux de Kaiserling. 
Ces dernières compositions mettent d'ailleurs à profit les propriétés dur- 
cissantes de la formaldéhyde. Je les ai expérimentées, celles-là et aussi 
(juelques autres. Elles ont certes l'avantage de décolorer moins rapidement 
que l'alcool ou la formaldéhyde employés en solutions simples , et ce fait 
mérite d'être pris en considération; mais, finalement, la transformation 
des couleurs y devient généralement si grande (ce qui ne peut être aj)- 
précié qu'en se reportant, à de longs intervalles, à des nuances soigneu- 
sement repérées sur des échelles de teintes), qu'elle peut devenir une 
source de méprises d'autant plus graves que l'on a plus de confiance 
dans la fidélité d'action de ces compositions. 

La plupait des espéi-ances fondées autrefois sur le rôle de la formal- 
déhyde, seule ou jointe à d'autres corps, le tout employé successivement 
ou simultanément, pour la conservation des couleurs naturelles, ont mal- 
heureusement été ruinées par l'expérience. En exprimant, il y a quelque 
vingt ans*'', l'opinion qu'il convenait d'attendre pour juger certaines pro- 
priétés de l'aldéhyde formique, je dois reconnaître que je ne m'attendais 
pas à ce que le supplément alors désirable d'expériences nouvelles et de 
vérifications aboutisse à des résultats aussi négatifs. Dans la plupart des 
cas, en elTet, ce caractère négatif, quant à la conservation des couleurs, 
est absolu. Au moment où je publiais le travail auquel je me reporte, nies 
expériences sur la formaldéhyde avaient duré de quelques mois, pour 
certaines pièces, à deux ans et même à quatre pour certaines autres. Oi' 
les quelques conservations de pigments que j'avais ainsi observées n'ont 
pas résisté à une épreuve plus prolongée. Les lipochromes eux-mêmes sont 
altérés à la longue par la formaldéhyde. Je maintiens donc simplement 
mon assertion d'alors : on doit se borner à dire que lu formaldéhyde 

'•' H. Neuville, Sur la P^ormaldéhydc. (Bullelin de la Société philomatkiqiie (fc 
Paris, y'sério, t. I, i89!S-()(), p. io4-i2i.) 



— 60 — 

décolore généralement moins, ou moins vite, que Talcool; un volume 
serait nécessaire pour exposer la variabilité de son action à ce point de 
vue. 

Si, du reste, ce problème de la conservation des couleurs naturelles est 
d'une importance capitale en zoologie systématique, et s'il est à peu près 
aussi important, tout en n'ayant trait qu'à un matériel infiniment moins 
varié, en anatomie pathologique, en anatomie normale, par contre, sa 
portée est assez limitée ; à tel point que l'on peut se demander, au moins 
quant à cette dernière science, si le temps et les matériaux consacrés aux 
manipulations assez longues et assez délicates destinées à cette conservation 
des couleurs, toujours aléatoire, souvent même fallacieuse, ne trouveraient 
pas facilement un meilleur emploi. 

Ce n'est donc pas à ce point de vue que les préférences me semblent 
devoir être acquises à la formaldéhyde. L'emploi de celle-ci a d'abord 
l'avantage de faire réaliser une économie considérable. 11 en a un autre, 
plus important encore et absolument indiscutable, qui est celui d'écaiter 
les risques d'incendie. Si l'on met en comparaison les accidents dus à la 
gelée et ceux qu'entraînerait le feu, il est, je crois, impossible de ne pas 
admettre que les seconds soient infiniment plus gi'aves''^ Ce danger d'in- 
cendie devant être considéré comme de beaucoup le plus. important, et 
comme susceptible de faire écarter ou limiter étroitement l'emploi de 
l'alcool (sauf cas d'installation spéciale, avec surveillance constante, 
effective), il reste à chercher le moyen d'écarter des solutions de formal- 
déhyde les risques de gelée qui viennent de se montrer si fâcheusement 
opéi'ants. 

J'ai fait, dans ce but, diverses expériences qui ont essentiellement porté 
sur l'addition de chloi'ure de sodium, d'alcool élhylique et de glycérine 
aux solutions usuelles de formaldéhyde. J'ai exposé à des températures 
identiques des groupes de llacons identiques eux-mêmes les uns aux autres 
et remplis d'une même quantité de solutions variées. La température am- 
biante a suffi à me renseigner sur l'action du fi'oid de o" à — io''C. ;pour 
les températures plus basses, j'ai eu recours au mélange de glace et de 
sel marin. 

'•^ D'après ce qu'il a déjà été permis de voir, on ne peut songer sans appré- 
hension au désastre qui résulterait d'un incendie propagé dans une collection 
de pièces à l'alcool. La rapidité de ce désastre serait probablement extrême. La 
projection d'eau des pompes ou des canalisations ad hoc ne le limiterait qu'à 
grand'peino et ruinerait à elle seule la partie des colleclions sur laquelle elle 
porterait. Une mise en action de ces moyens, assez rapide pour prévenir la pro- 
pagation du feu par i'alcooi enflammé , serait diflicilement réalisable ; la gelée 
ou d'autres accidents peuvent même rendre ces moyens inutilisables, et l'emploi 
des appareils extincteurs , surtout en pareil cas , mérite de n'être envisagé qu'avec 
un scepticisme fondé sur des exemples. 



— 61 — 

Les solutions sur lesquelles j'ai expérimenté sont les suivantes, addi- 
tionnées toutes, unifoi-niément, de 3 p. loo de fonnol commercial'''. 

SOLliTIONS SALINES. 

NaCl. EAU. 

► — — 

grammes. centiin. cubes, 

1 90 100 

Cl,- ; 2 10 100 

Dolulions{ „ 

3 7 100 

4 5 100 

SOLUTIONS ALCOOLIQURS.. 

TITRK 
ALCOOL À 90°. EAU. apimio\imatik. 

(■enlini. ciilies. ci'iiliui. tiihcs. degrés. 

1 i5 i5 45 

2 i5 3o 3o 

3 i5 AS 23 

Solutions { !i 1 5 60 18 

5 i5 75 i5 

6 1 T) 90 1 3 

7 i5 io5 11 

SOLUTIONS GLYCÉRINÉES. 

GLYCÉHINE PURE 

À 3o°. EAU. 

centim. cubes. cenlim. cubes. 

I 10 10 

2 10 9 

3 10 ^ ^^ 

li 10 60 

5 10 80 

ù. . 10 100 

Voici comment se sont comportées ces solutions aux températures expé- 
rimentées. 

Solutiom salines. — La solution 1 ne présente aucune trace de cong»'- 
lation à la plus basse température dont j'aie disposé, qui était de — i8''C. 

'"' Tous mes pourcentajjes sont indiqués do même, conformément à l'usa{>e, 
enfinmol commerciaL Les indications de titrage en aldéliyde active sont toujours 
illusoires, car on ne sait jamais exactement quel est le titre de la solution-mère 
employée. (Voir ci-dessous.) 



Solutions/ 



— 0-2 — 

La solution a résiste à ua froid de — 6° ; elle gèle en masse au-dessous 
(le - 10°; 

La solution 3 présente des traces de congélation vers — 5" et ne tarde 
|) ;s, dès lors, à se prendre en masse ; 

La solution 4 gèle dès que se produit un froid d'environ — 3°. 

Solulions alcooliques. — La solution i résiste à — 18" ; 

La solution 9 résiste à cette même température ; elle y manifeste 
cependant une légère tendance à la congélation, mais il n'y a pas for- 
mation de bloc de glace ; 

La solution 3 gèle vers — 10° ; 

La solution h se comporte à peu près comme la précédente ; 

La solution 5 gèle partiellement dès — 5°. 

Les solutions 6 et 7 résistent à peine à des températures de - 9° ou 3°. 

Solutions glycérinées. — Les solutions 1 et a résistent à — 18°. 

La solution 3 ne résiste pas à cette température, à laquelle elle se prend 
en masse ; 

Les autres solutions gèlent à des températures de moins en moins 
basses. La résistance des dernières est à peu près nulle. 

Diveises considérations, que je développerai ci-dessous, rendent peu 
inléressanles, pratiquement, ces solulions glycérinées. 

Dans de telles expériences , il est nécessaire de s'inspirer de toutes les 
données pbysiques influençant la congélation. J'ai expérimenté sur des 
flacons incomplètement remj)lis, berméliquemeut bouchés et non remués, 
conditions réalisées dans les collections. Mais en ouvrant, par exemple, 
le flacon renfermant la solution saline n" 1 (à ao p. 100 de NaCI), et en 
l'agilant dans le mélange réfrigérant h — 1 8°, j'ai vu s'y former quelques 
ci'istaux de glace, qui ne gagnaient cependant pas toute la masse. 

Avant d'examiner la portée pratique de ces observations, il convient 
tout d'abord de s'inspirer du milieu dans lequel sont plac(^es les collections 
à préserver. 

A Paris, un fioid de —18° à l'intérieur suppose à la fois un hiver 
très exceptionnellement rigoureux et un manque à peu près absolu de 
moyens de chaullage. Si l'on se base sur celle double éventualité , il semble 
que seule, parmi les solutions salines , celle du n° 1, à 90 p. 100 de NaCl, 
puisse écarter les riscjues de gelée. Si l'on élimiue au contraire la possibilité 



— 63 - 

d'uno coïncidence entre un froid extrême et une disette de combustible (éga- 
lement extrême, des solutions salines à i5 p. loo et même à lo p. loo 
peuvent sutiire. 

Quant aux solutions alcooliques , la solution û° i,au titre d'environ 45", 
ne figure ici qu'à titre d'indication; pour être relativement faible, sa com- 
bustibilité n'en est pas moins effective, et elle n'e'carte pas, elle atte'nue à 
peine , les risques d'incendie. Je dois rappeler à ce sujet que la pre'sence 
de vapeurs d'aldéhyde formique a été considérée comme diminuant l'in- 
flammabilité des vapeurs d'alcool métbYli(pie(TRiLi,AT). Je ne sais comment 
les premièi-es se comporteraient, surtout en grand, vis-à-vis de l'alcool 
éthylique; je constate seulement qu'une solution titrant 45° de cet alcool et 
3 p. 100 de formol commercial est facilement inflammable. 

La résistance à la gelée de la solution alcoolique n" -2 est déjà fort a|)- 
préciable, et à ce degré l'alcool est incombustible. Les dilutions 3 et 4 
ont, a fortiori, ce même avantage de l'incombustibilité et résisteraient 
probablement, en l'absence de chauffage, aux froids d'un hiver moyen. 
Les suivantes ne présentent qu'une trop (liible résistance à ces froids 
moyens. 

Gomme je l'écrivais ci-dessus, les solutions glycérinées sont peu inté- 
ressantes quant à l'emploi qui nous occupe. 11 faut atteindre la dose rela- 
tivement considérable d'une partie de glycérine à 3o° contre deitv parties 
d'eau pour être à l'abri des très grands froids. Même à la dose d'une partie 
de glycérine pour quatre d'eau, la résistance à la congélation est trop 
faible pour que l'on puisse s'y fier. D'autre part, les propriétés deshydra- 
tantes, et ^" par suite ratatinantes, de la glycérine obligent à ne se servir 
de ce corps que d'une manière graduelle, avec des précautions assez minu- 
tieuses compliquant son emploi. Enfin ce produit, à moins qu'il ne soit à 
l'état brut, sous lequel il est très coloré et contient des impuretés modi- 
fiant son action, est d'un prix très élevé par rapport au sel et même pai' 
rapport à l'alcool exempt de droits que peuvent se procurer les labora- 
toires. 

En définitive , le choix parait donc devoir se porter, dans les hypothèses 
les plus pessimistes, sur les solutions salées à ao p. loo ou alcooliques 
à 3o°. Et si l'on n'admet que des risques moindres, les solutions salines à 
10 ou i5 p. 100, ou alcooliques à a 9." et même un peu plus faibles, 
sont suffisantes. 

Il impoite maintenant de savoir comment se comporteraient , à la longue , 
les pièces conservées dans ces liquides. 

Remarquons tout d'abord que les solutions salines à ao p. loo ne 
doivent généralement être employées, de même que les solutions glycé- 
rinées, mais avec des risques moindres, qu'après passage provisoire dans 
des solutions d'une plus faible teneur. Des solutions salées concentrées et 
formolées ont été déjà recommandées pour la conservation des cerveaux ; 



— 64 — 

leur forte densité est suffisante pour empêcher ces organes délicats de tom- 
ber au fond du liquide et de s'y déformer contre les parois du récipient ; 
d'autre part, gonflant manifestement sous l'action de la foi-maldéhyde , le 
cerveau subit, de la part du sel employé immédiatement à haute dose, 
une action rétractante compensant la tendance au gonflement ; c'est d'ail- 
leurs dans ce but spécial de compensation que l'on a préconisé l'addition 
d'alcool ou de glycérine aux liquides formolés destinés à la préparation 
des cerveaux. Mais cet exemple est, je crois, unique. Le sel a été maintes 
fois employé comme agent conservateur, soit sous la forme de saumure 
simple , saturée , soit sous celle de liquides composés, comme la liqueur 
d'Owen, précédemment citée'"'. Dans tous les cas où la teneur en sel est 
forte, et ce serait celui d'une solution à 20 p. 100 appliquée d'emblée, les 
organes parenchymateux (foie, rate, rein, surtout les deux premiers) 
subissent une rétraction, une déformation, qu'il est nécessaire d'éviter en 
faisant agir, comme je l'ai dit, des liquides graduellement concentrés. Sur 
le cœur et les muscles, cette action est moins marquée; elle l'est encore 
moins sur l'intestin, et pour ce dernier peut être considérée, sauf cas 
spéciaux , comme à peu près négligeable. 

L'emploi du sel, surtout quant aux pièces anatomiques, n'est cependant 
pas à écarter, tant s'en faut. On ne saurait toutefois perdre de vue 
que les recherches anatomiques doivent pouvoir être accompagnées , éven- 
tuellement, de recherches histologiques. A ce dernier point de vue, des 
expériences dûment prolongées pourront seules renseigner sur la valeur 
des solutions salées et formolées. Je suis fondé à considérer ces solutions 
comme parfaitement compatibles avec une utilisation ultérieui'e des pièces 
pour l'anatomie microscopique , dont les exigences sont beaucoup moins 
rigoureuses que celles de l'histologie proprement dite. Mais sur certains 
éléments comme les hématies, l'action de ces solutions est profondément 
perturbatrice. 

Je crois en outre devoir faire une remarque, toute théorique jusqu'ici, 
sur certains risques d'instabilité des solutions formolées en présence du 
chlorure de sodium. 

Les recherches de Boutleroff, puis celles d'O. Lôw, ont montré la 
possibilité d'une transfoimation expérimentale de l'aldéhyde formique en 
un sucre (Jormose de Lôw) isomère du glocose, et qui, s'il ne paraît pas 



(') La formule employée au laboratoire d'Anatomie du Muséum était la sui- 
vante : Pour 5 litres d'eau.: sel marin, 5 kilogrammes; alun, 2 kilogr. 5; 
sublimé, 5 grammes. Les viscères y conservaient assez bien leur forme, mais ils 
perdaient toute élasticité, et les parties osseuses étaient rapidement et gravement 
attaquées. En outre, malgré l'addition de petits cristaux -de campbre, cette solu- 
tion était fréquemment envahie par des moisissures dont le développement deve- 
nait parfois même exubérant au point de gagner toute la masse du liquide. 



— 65 — 

aussi fermentescibie , n'en est pas moins attaqué par les moisissures, sur- 
tout en présence de certaines matières organiques, avec formation d'acides 
lactique et succinique. On sait en effet que la formaldéhyde, dont le rôle 
est grand dans les phénomènes de nutrition des plantes puisqu'elle paraît 
être le premier produit de réduction de l'acide carbonique dans la cellule 
à chlorophylle (IUeyer, 1870), est, dans le règne végétal, le terme inter- 
médiaire entre cet acide , les matières sucrées , puis tous les hydrates de 
carbone de la plante. Or il a été démontré expérimentalement que cer- 
tains sels neutres , le chlorure de sodium notamment , accélèrent la conden- 
sation de l'aldéhyde formique en formose. Cette action risquerait-elle de 
se produire, à la longue, dans des solutions salées et formolées, et quelle 
pourrait être sa poitée ?Des expériences variées et longuement poursuivies 
peruiettraient seules de répondre à ces questions. La plupart des sels 
neutres sont sans action à ce point de vue ; d'autres même retardent la 
transformation de l'aldéhyde en sucre (acétate de sodium, nitrate de po- 
tassium). Il ne serait pas impossible d'étendre dans ce sens les recherches 
qui m'ont conduit à essayer du chlorure de sodium ; mais je tiens à répéter 
que de telles recherches ne pourraient devenir concluantes qu'après avoir 
été consacrées parle temps, et que quelques années d'expérience suffiraient 
h peine. En ce qui concerne tout au moins le salpêtre, qui, lui aussi, a 
été introduit dans certains liquides conservateurs ''', il importe de remar- 
quer qu'il n'exerce aucune action retardatrice sur la congélation. Même à 
une concentration de 20 p. 100, ses solutions se congèlent facilement, et 
un mélange à parties égales de solutions de sel marin et de salpêtre, l'une 
et l'autre à 20 p. 100, ne résiste pas, dans les conditions précédemment 
exposées, à un froid d'une dizaine de degrés au-dessous de zéro. 

Au sujet des solutions alcooliques , les réserves à faire sont beaucoup 
moins grandes ; je les crois même pratiquement nulles. J'ai pu m'assurer 
que l'action dissociante bien connue de l'alcool dilué (alcool au tiers no- 
tamment) est contrebalancée par la présence de la formaldéhyde. Je con- 
sidère même les milieux dans lesquels agissent à la fois l'alcool et l'al- 
déhyde formique comme particulièrement favorable à la conservation des 
pièces anatomiques et comme ne paraissant pas avoir d'influence fâcheuse 
propre , surtout avec de faibles doses d'alcool , sur la conservation des 
échantillons entiers, de délicatesse moyenne, destinés aux études de 
zoologie systématique. De telles solutions, judicieusement employées, 
assurent non seulement une bonne conservation macroscopique des pièces, 
mais permettent encore des recherches ultérieures d'anatomie microsco- 
pique, voire même, dans certains cas, des travaux d'histologie assez fine. 
J'y reviendrai plus loin. 

^'' Il a même l'avantage de décolorer beaucoup moins que fe sel marin , en 
raison notamment d'une différence d'action sur l'iiémoglobine. 



r.fi 



II 

L'aldëhyde formique gazeuse se liquéfie au-dessous de — 9i, et dès 
que la température remonte A — ao°, elle commence à se polyméi-iser 
(Kékulé). Elle se transforme ainsi en produits solides sur lesquels il a élé 
beaucoup discuté. 

A l'état de solutions concentrées, telles rpie les livre l'industrie, cette 
aldéhyde se polvmérise aussi, assez facilement même, et cest encore le 
froid qui provoque généralement cet accident. Aux températures d'hiver 
de nos pays, dans des locaux médiocrement chauffés, il est aisé de suivre 
la marche de cette polymérisation, qui se traduit par la présence d'un 
dépôt blanc, de plus en plus abondant, au fond des flacons de formol. 
Dans des conditions de température plus rigoureuses, le liquide finit par 
se prendre en une masse homogène, de couleur l^lanche, de consistance 
pulvérulente d'abord, gélatineuse ensuite. Même sans atteindre ce point 
extrême, la polymérisation de la formaldéhyde est fâcheuse et peut en- 
traîner de graves mécomptes. Le titrage des liqueurs conservatrices pré- 
parées avec les solutions-mères ainsi modifiées est, en effet , illusoire. C'est 
ainsi que des pièces plongées dans des liqueurs que l'on croyait fortes 
(5 à 10 p. 100 ) ont pu être retrouvées putréfiées au plus grand élonne- 
ment des personnes non prévenues de l'inconvénient des solutions poly- 
mérisées. Il faut d'ailleurs s'inspirer aussi de ce fait que la formaldéhyde 
se fixaut sur les albuminoïdes pour former des combinaisons insolubles, 
rappelant en cela l'action du tannin sur la peau , l'élément actif de ces 
liqueurs peut être totalement absorbé de cette manière , le résidu devenant 
incapable de prévenir la putréftiction là où elle peut encore se produire ^'^. 

L'emploi des instruments dlls fortnolomètres ne peut renseigner qu'im- 



''' Il peut arriver aussi que des moisissures se développent, parfois en très 
grande abondance , au sein de récipients mal fermés on sont conservées des pièces 
baignant dans une solution de formaldéliyde. La chaleur favorise naturellement 
ce développement. Celte présence de moisissures n'Implique nullement une insuf- 
fisance de force conservatrice. Malgré leurs puissantes propriétés antiseptiques , 
les solutions étendues de l'ormaldéliyde, en présence de certaines matières, se 
prêtent en eflot au développement des végétaux Inférieurs. Bokornv a jadis réussi 
à faire prospérer un microcoque dans de telles solutions, additionnées de sulfate 
de calcium. Il n'y a pas à s'inquiéter outre mesure de la présence de ces végétaux. 
Il suffit, en pareil cas, de nettoyer succinctement les pièces et les récipients, et 
le liquide, filtré au papier ou ù la chausse, peut servir de nouveau après un léger 
renforcement. Pour prévenir cet accident, le mieux est de bien boucher les réci- 
pients et de les préserver d'une trop grande chaleur. Des locaux d'une fraîcheur 
aussi constante que possible, et où l'on peut maintenir une certaine obscurité, 
doivent d'ailleurs être toujours préférés pour la conservation des collections, 



— 67 — 

parfaitement sur la teneui" des solutions en ald<^hyde active, car le formol 
commercial, qui est en théorie une solution aqueuse de formaldëhyde 
gazeuse, est en rëalitë un complexe mal défmi. Chimiquement, non seu- 
lement il n'est pas prouvé, mais il a été considéré comme inadmissible 
(Trillat) que le formol industriel soit une simple solution du premier 
terme, CH'O, de la série aldéhydicjue. Il semble que le cor[»s répondant à 
cette formule, et qui est la véritable aldéhyde formique, lacjuelle se liquéfie, 
comme je l'ai déjA dit, au-tlessous de — ai" et commence à se polymériser 
au-dessus de — ao", ne soit pas susceptible d'exister à l'état de solution 
aqueuse aux températures ordinaires ; ce corps est si facilement polymé- 
risable, qu'il est même diflîcile de l'observera l'état réellement pur. Ses 
solutions industiielles ont plutôt pour base un ou plusieurs polymères 
solubles dans l'eau. Il n'est pas non plus prouvé, d'après Trillat, que 
l'on se trouve fondamentalement ici en présence d'un hydrate, et que le 
formaldéhyde provienne, ainsi qu'il a été avancé, de la décomposition du 
}jlycol méthylénique. Dans un ordre plus immédiatement pratique, il a été 
admis que certaines solutions préparées à froid renfermeraient un mé- 
lange d'aldéhyde et de polymères, tandis que les solutions préparées à 
chaud ne renfermeraient que de l'aldéhyde. Cela ne peut ^'tre exact que 
jiour des produits fraîchement préparés ; car, même dans des solutions que 
des reflets bleuâtres caractérisent comme ayant été préparées à chaud (voir 
ci-dessous), on voit se déposer des polymères. 

A rencontre des dosages aréométriques, il est plus particulièrement 
important de savoir que les solutions industrielles de formaldéhyde, sauf 
peut-être celles de certaines marques , ne sont pas simplement aqueuses. 
On y trouve des doses variables d'alcool, d'acétone, d'acide formique, 
d'acide acétique, de produits pyroligneux, et jusqu'à des sels solubles de 
cuivre provenant de l'attaque exercée à chaud par la formaldéhyde sur 
le métal «les appareils servant à la préparer: ces sels peuvent donner aux 
solutions commerciales la très légère nuance bleuâtre à laquelle je viens de 
faire allusion. Il serait donc difficile d'évaluer à l'aide d'un aréomètre, 
<lans ce complexe très inconstant, le volume du composant principal. Quant 
aux proc«Més chimi(pies de dosage, ils ne sont pas d'un emploi expéditif. 

Sous ces réserves, dont l'importance varie avec le plus ou moins de 
délicatesse des travaux à effectuer, les solutions commerciales dites formol 
sont, en principe, au titre de l\o p. loo d'aldéhyde formique. Parfois 
elles sont plus concentrées: parfois aussi elles le sont moins. J'ai sous les 
yeux un document émanant d'une maison fort importante dans lequel la 
teneur en aldéhyde des solutions du commerce est indicpiée comme variant 
de 3o i\ lio p. loo. Quand de telles solutions ont été tillrées, ou simple- 
ment décantées, pour faire disparaître l'apparence louche qu'entraîne un 
commencement de polyméiisation , il ne i-este qu'un liquide très rassurant 
en apparence, mais de titre plus ou moins faible, et dont l'emploi peut 



— 68 — 

entraîner ies mécomptes que je signalais précédemment. Les solutions 
commerciales les plus limpides sont parfois ainsi les plus trompeuses. 

Au titre normal de ^o p. loo, ces solutions sont médiocrement 
stables. Au delà de cette concentration, leur instabilité s'accroît encore, 
et à 5-3 p. 100 il se produit une polymérisation en masse (Eschweiler et 
Gp.ossmann). Ces mêmes solutions sont, en général, faiblement acides (voir 
ci-dessus). Une certaine acidité diminue leur tendance à la polymérisation, 
tendance qui augmente en solution neutre et s'exagère encore en solution 
alcaline. On peut mettre à profit cette propriété pour stabiliser ies solu- 
tions-mères, en les additionnant d'acide acétique ou d'acide forraique 
jusqu'à réaction très fiancbement acide. En anatomie, cette addition peut 
être avantageuse, la présence d'une trace d'acide augmentant les propriétés 
coagulantes, c'est-à-dire durcissantes, qui sont la base de l'action conser- 
vatrice delà formaldébyde ''' ; mais dans certains cas particuliers, où l'on 
doit au contraire veiller à la neutralité des liqueurs conservatrices, 
une acidité même très faible peut devenir nuisible, en aboutissant, par 
exemple, à l'attaque d'éléments calcaiies très délicats (spicules, etc.). 

Je trouve très recommandable , pour la stabilisation des solutions-mères , 
de se baser sur ce fait que la tendance à la polymérisation diminue ■ 
lorsque s'abaisse le degré de concentration. Je considère comme prudent, 
lorsqu'on doit redouter l'effet polymérisant du froid, de dédoubler le 
formol commercial en lui ajoutant un volume égal d'eau ou d'alcool : 
l'eau est parfaitement suffisante dans les cas ordinaires; s'il y avait à 
redouter des froids intenses, l'alcool devrait être préféré. Connaissant ce 
dédoublement, il suffit de doubler les doses habituelles pour la prépara- 
lion des liquides conservateurs. 

Dans les solutions très étendues , la polymérisation n'est plus à craindre. 
En soumettant à une température de — i8° des liquides renfermant de 3 
à 10 p. 100 de formol , je n'ai observé, après dégel, aucun dépôt de pro- 
duits polymérisés. 

il est impossible de régénérer, pratiquement et utilement, la partie des 
solutions qui a subi la polymérisation. Chimiquement, la composition de 
cette partie reste indécise ; en fait , on peut considérer celle-ci comme 
formée d'un trtoœy méthylène impur, c'est-à-dire d'un corps constitué essen- 
tiellement par trois molécules d'aldéhyde formique. Le polymère géné- 
ralement désigné sous le nom de paraformaldéhyde , et qui ne renfermerait 
que deux molécules d'aldéhyde, paraît d'une instabilité telle qu'il n'a pas 
à être pris ici en considération : il se transforme de suite en trioxymétby- 
iène. Les deux expressions de paraformaldéhyde et de trioxyméthylène ont 

(•' Voir à ce sujet H. Neuville, loc. cit., p. m, et tfSur la présence et le rôle 
de l'acide formique dans ies solutions do Formaidéhyde employées en anatoniien, 
Bulletin du Muséum, 1899, n° 7. 



— 69 — 

d'aiHeiirs été souvent employées l'une pour l'autre '''. Ce trioxyméthylène 
est insoluble dans l'eau, l'alcool ou l'éther; à chaud, et sous pression 
seulement , l'eau arrive à le dissoudre , et il se dissocie alors en régénérant 
l'aldéhyde; cette dissociation s'effectue plus simplement en chauffant le 
trioxyméthylène, qui régénère directement ainsi l'aldéhyde gazeuse. Même 
aux températures ordinaires, de petites quantités d'aldéhyde gazeuse sont 
émises par le trioxyméthylène, ce qui donne à ce corps de très fortes 
propriétés antiseptiques, exaltées par la chaleur et souvent mises à profit. 

Bref ce produit accessoire, le trioxyméthylène, ne représente dans un 
laboratoire de biologie qu'un résidu , et à ce résidu je ne vois que deux 
emplois possibles , qui sont de l'utiliser éventuellement comme succédané 
du camphre et de la naphtaline , ou de s'en servir pour faire des fumigations 
désinfectantes comme celles que permettent de pratiquer, à l'aide de pas- 
tilles de trioxyméthylène comprimé (pastilles paraformiques . . . ), certains 
appareils spéciaux, basés sur la régénération de l'aldéhyde gazeuse par 
chaufl'age de son polymère banal. 

Ces fumigations peuvent être fort utiles dans des vitrines ou des locaux 
renfermant des collections périssables (pièces anatomiques ou zoologiques 
conservées à l'état sec, empaillages, peaux...), ou simplement pour 
diminuer les chances de contamination par les poussières septiques de 
certains laboratoires, des salles d'autopsie notamment. Les appareils ser- 
vant à les pratiquer dans des locaux de moyenne étendue se composent 
essentiellement d'une lampe à alcool chauffant un récipient dans lequel 
est déposé le trioxyméthylène. Le seul tour de main de ce procédé consiste 
à éviter la repolymérisation de l'aldéhyde gazeuse*^', et le seul moyen d'y 
parvenir est de faire dégager, simultanément aux vapeurs d'aldéhyde, de 
la vapeur d'eau. C'est là d'ailleurs ce que réalisent , plus ou moins osten- 
siblement, les appareils de désinfection basés sur l'emploi des dérivés 
solides du formol ; la présence dans ces appareils de lampes chauffantes 
à mèches multiples, brûlant un alcool relativement faible, ne paraît pas 
avoir d'autre but : l'eau mélangée à l'alcool s'évapore en même temps que 
brûle celui-ci, et en quantité d'autant plus considérable que le nombre 
de mèches est plus grand. On peut au besoin, pour renforcer celte évapo- 
ration, installer, parallèlement ou précédemment à l'appareil dégageant 



('' Il a été proposé de réserver la première de ces expressions à un polymère 
découvert par Lôsekann et qui serait un licxaoxyméthylène hydraté : 6CH^0. H^O ; 
il a même été considéré que le corps généralement nommé trioxyméthylène ne 
serait autre que cet hexaoxyméthylène non hydraté. Je ne signale ces diver- 
gences , sans aucune importance au présent point de vue , que pour mettre en 
garde contre la complexité avec laquelle se présentent ces questions. 

^^) Cette repolymérisation se traduit par le dépôt d'une très fine couche pulvé- 
rulente de trioxyméthylène sur les murs ou les objets exposés aux vapeurs. 



— 70 — 

de i'aldéhyde, un autre appareil du raéiiie genre dégageant de la vapeur 
d'eau. Une précaution supplémentaire consiste même à mouiller tout ce 
qui, dans la vitrine ou le local à désinfecter, peut Fêtre sans inconvé- 
nient; les risques de repolymérisation sont ainsi diminués en même temps 
qu'est augmentée la puissance de pénétiation des vapeurs de forraal- 
déhyde. Si donc l'on voulait employer à cet usage de désinfection le i-ésidu 
polymérisé des flacons de formol , il n'y aurait nullement lieu de dessécher 
ce résidu. Je rappellerai enfin que cette action désinfectante devient optima 
au-dessus de 2 0°G., et qu'il est facile de neutraliser reffet irritant des 
vapeurs de formaldéhyde (effet qui se prolonge parfois assez longtemps, 
surtout quand il y a eu tendance à la icpolymérisation de ces vapeurs) 
en faisant évaporer un peu d'ammoniaque '''. 

III 

J'en arrive maintenant à certaines applications de la formaldéhyde à la 
conservation des échantillons zoologiques, et plus particulièrement des 
pièces anatomiques. 

Je ne reviendrai pas, même brièvement, sur ce qui a été écrit et sur 
ce que j'ai publié moi-même concernant le mode général d'emploi de ce 
léactif, proposé par Trillat dès 1891 comme agent conservateur des 
substances organiques '^^ et introduit ensuite par J. et F. Blum dans la 
pratique journalière des laboratoires. En principe, les solutions faibles, 
oscillant autour de 9 p. 100, que je préconisais dans le travail précité''^' 
en opposition aux solutions fortes généralement employées alors, ont con- 
tinué à me donner satisfaction; elles ont d'ailleurs, je crois, rallié main- 
tenant la plupart des suffrages. Des solutions trop concentrées rendent les 
pièces cassantes, friables même, à tel point que la manipulation en devient 
parfois impossible; de telles pièces, d'apparence extérieuie satisfaisante, 
sont fréquemment perdues pour l'étude. Au contraire, les solutions faibles 
sont très favorables aux manipulations et respectent en même temps, au 
moins dans une certaine mesure, la possibilité d'examens microscopiques. 
Je crois pouvoir dire que l'idéal serait d'appliquer à chaque objet la dose 
minima strictement nécessaire à la conservation et au àegré de durcisse- 
ment que l'on cherche. 

Au point de vue histologique , je me suis cependant très bien trouvé , 
dans quelques cas , de l'emploi de solutions très fortes , renfermant jusqu'à 

(') On peut également laver avec une très faible solution d'ammoniaque, avant 
de les manipuler, les pièces conservées dans le formol. On atténue ainsi l'etTel 
irrilant de ce corps sur les muqueuses. 

W Brevet d'octobre 1891. 

(^' H. Neuville, loc. cit., p. ni. 



— 71 — 

90 p. 100 (le formalcléhyde commerciale, soit i/5 de celle-ci et 4/5 d'eau. 
Ces cas sont essentiellement ceux dans lesquels il s'agit d'observer certains 
éléments en eux-mêmes. De telles solutions conviennent notamment, quoi 
que l'on ait pu dire, pour l'étude des hématies et des organes hémato- 
poiétiques, envisagés au ])oint de vue spécial de l'hématopoièse. C'est à 
elles que Retterer , apiès des essais variés , donne la pi'éférence pour ces 
derniei-s cas'*'. 

Les liqueuis dont le type est celle de Lavdowskv m'ont constamment 
donné de bons résultats pour les Vertébrés; à tel point qu'après dos essais 
à la fois longs et nombj-eux, j'emploie couramment, pour la préparation 
de viscères à consei'ver dans la collection d'Anatomie du Muséum, et pour 
lesquels je tiens à respecter la possibilité d'études histologiques ultérieures, 
le mode suivant auquel je signalerai quelques variantes : . 

1° Fixation préalable, pendant un temps approprié au volume des 
pièces, dans : 

Alcool à i5" 1 00 ce. 

l^'ormaidéhyde (formol commercial) lo 

Acide acétique (ajouté au moment de l'emploi) .5 

Pour certains organes très volumineux et (ixés en entier, j'emploie des 
alcools plus forts. Pour d'autres, de très petit volume, je diminue par 
contre jusqu'à 5 p. loo seidement la dose de formaldéhyde ; 

9° Conservation dans la formaldéhyde à 3 p. lOO, c'est à-dire dans une 
eau additionnée de 3 p. loo de formol commercial. Ce liquide m'a paru 
préférable à l'alcool, aux titres où celui-ci est généralement employé seul 
comme conservateur (environ 70°), dans les cas où l'étude histoiogique 
a suivi, surtout au bout d'un temps prolongé, dépassant parfois une 
dizaine d'années, la conservation en collections. Il faut surtout se méfier 
des propriétés macérantes des alcools faibles, et ne pas oublier que les 
alcools forts commencent par s'aflaiblir en pénétrant dans l'épaisseui- des 
tissus, où ils ont le temps d'agir malencontreusement si cette épaisseur 
est grande. 

Dans le liquide dont je viens de donner la composition , l'élévation du 
titre de l'alcool favorise la pénétration, surtout vis-à-vis de certains tissus, 
cl notamment en présence des graisses; mais elle change quelque peu le 

''' ReTTEBEn et Neuville, Des hémalics de l'Éléphant et de deux Tylopodes 
( Bulleùn du Mméwa (fliisloirc miiuretlo , 1 9 1 5 , n" 7). Voir aussi nombreuses notes , 
spécialement sur la raté, publiées dans les Comptes rendus des séances de la Société 
de biologie, 191 5 et années suivantes. 



— 72 — 

mode d'action à l'égard des éléments. Sous cette même réserve, on peut 
augmenter encore la force de pénétration et diminuer en particulier la 
résistance des graisses, en ajoutant du chloroforme aux liquides du type 
précédent; de petites doses de ce dernier réactif, par exemple 5 p. loo, 
suffisent parfois; des cas spéciaux peuvent motiver l'emploi de doses plus 
fortes , dont chaque technicien sera juge. 

A part l'exception de certains tissus gras, notamment du tissu celluleux 
sous-cutané, sur lequel j'aurai à revenir, et certains cas d'ordre hanal, 
comme celui de la chitine, on peut considérer le pouvoir pénétrant de la 
formaldéhyde comme l'éellement grand. Le mode d'essai suivant, inspiré 
d'une expérience de Tru.lat, permet d'en suivre la progression. Utilisant 
la propjiété que possède cette aldéhyde de faire virer au bleu la couleur 
rouge de la fuschine'"', Trillvt a fait agir la formaldéhyde, à l'état ga- 
zeux, sur des cylindres de gélatine teintée par la fuschine (une partie de 
gélatine pour deux parties d'eau additionnée de quelques gouttes de solu- 
tion de fuschine, la masse étant coulée à chaud dans des cylindres de 
5-6 centimètres de diamètre). De tels cylindres étant soumis à l'action 
de solutions formolées , il est f^icile de suivre sur des coupes successives 
les progrès accomplis de la périphérie vers l'axe par la pénétration de 
l'aldéhyde, tiaduite par le virage au bleu de la couleur rouge. 

Une application particulièrement intéressante de la formaldéhyde est 
celle qui consiste à l'employer pour la conservation de cadavres entiers, 
avec leurs viscères fixés in situ, c'est-à-dire à en pratiquer des sortes d'em- 
baumement. Aucune substance n'est, je crois, plus propre à cet usage 
que celle dont il s'agit ici , à condition qu'elle soit employée d'une façon 
appropriée, et sauf certaines exceptions. 

L'emploi d'injections vasculaires formolées, telles qu'elles ont été con- 
seillées par divers anatomistes, et telles qu'elle sont pi-atiquées dans quel- 
(|ues Écoles de médecine, ne donne, il faut le reconnaître, que des lésultats 
hasardeux. D'une part, la présence de la graisse, insullisammenl atteinte par 
ces injections et qui résiste d'ailleurs à l'action de la formaldéhyde , est à 
elle seule une cause d'insuccès; d'autre part, il se produit fatalement dans 
les vaisseaux, au cours de ces injections, des coagulations énergiques qui 
arrêtent, sur des tei-ritoires plus ou moins étendus, la pénétration du 
liquide dans le système vasculaire. Au point de vue spécial des dissections 
du genre de celles qui sont pratiquées dans les Ecoles de médecine, il 
semble que rien ne vaille la vieille formule d'injections vasculaires géné- 

(ï) L'aldéhyde forniique possède, en effet, une action intéressante sur les colo- 
rants dérivés de la rosaniline. Elle bleuit les rouges et les nuance de gauche à 
droite suivant l'ordre des couleurs spectrales. Il n'y a pas alors dégradation des 
couleurs, mais au contraire renforcement avec modification de la teinte. 



— 73 — 

ralement connue sous le nom de formule de Le Prieur et qui est la 
suivante : 

Acide phénique cristaHisé -. . 2 5 gr. 

Acide arsénieux 3 5 

Glycérine industrielle i oo 

Acétate de soude i oo 

Eau 75o 

Cette injection , après laquelle les sujets peuvent être conservés à sec, 
respecte l'intégrité des organes, sulllsaniment au moins pour les dissec- 
tions lopograplîiques ; elle conserve surtout aux muscles l'élasticité nécessaire 
à ces sortes de dissections; enfin elle n'a pas l'inconvénient de dégager 
ces vapeurs formiques dont l'acciunulation , toujours désagréable, est insup- 
portable même à certaines personnes '*'. 

Le rfformolagen d'après la technique de Pierre Marie, telle qu'elle est 
exposée par Roussv et Ameuille '"', excellent pour des recherches d'ordre 
spécial, ne saurait être préconisé au point de vue strictement anato- 
mique. D'après cette technique, le crformoiager) du cerveau se pratique par 
l'introduction d'un trocart dans une fosse nasale, ce trocart devant être 
enfoncé avec assez de force pour effondrer l'ethmoïde et arriver ainsi au 
contact de l'encéphale; le cœur est injecté par une veine cave; la vessie, par 
cathétérisme; le poumon, par simple versement dans la bouche de liquide 
formolé ''', De telles pratiques sont incompatibles avec le respect de l'inté- 
grité des organes qui préoccupe avant tout l'anatomiste; elles seraient, en 
outre, insuffisantes pour la plupart des i*eclierches scientifiques, aussi bien 
sur l'homme que sur les animaux. 

J'exposerai ici une technique qui, comme toutes les autres, a des avan- 
tages et des inconvénients, ceux-là me paraissant cependant l'emporter 
de beaucoup sm* ceux-ci quant à la conservai ion des sujets entiers desti- 
nés à des recherches d'anatomie comparée, et plus particulièrement de 
splanchnologie. 

") On connaît notamment l'inconvénient que présente, pour les personnes à 
cpiderme délicat, la manipulation de pièces conservées au formol. Ce corps est en 
ellel susceptible de provoquer des accidents épidermiques , et spécialement des 
eczémas irritatifs qui, à la longue, altèrent irrémédiablement le sens du toucher. 

'^^ G. Roossï et P. Ameuille, Technique des nutopsies et des recherches anatomo- 
pathologiques, ]*i\rïs, iQio. 

(^^ Le liquide préconisé par Roussv et \meuille, avec l'indication : formol à 
20 p. 100, est le formol commercial dédoublé; cette indication de pourcentage 
est basée sur la teneur normale tliéorique en aldéhyilo (voir ci-dessus) de la 
solution commerciale. D'après le mode de titrage usuel, basé sur la dose do solu- 
tion mère (c'est-à-dire de formol commercial) employée , il s'agit donc de for- 
maldéhyde à oo p. loo. 

Muséum. - wni. 6 



_ 7/j — ^ 

Dès launée lyoo, voulaiil j'appoiler quelques Sélaciens des bords do 
la mer jusqu'à Paris, avec ie minimum de difficulté et d'encombrement, 
je pratiquai sur ces Sélaciens , à l'aide d'une seringue de Pravaz , des injec- 
tions interstitielles et intra-viscérales de formaidéhyde commerciale, sans 
faire subir à celle-ci aucune dilution et sans pratiquer aucune ouverture dans 
les parois du corps. J'injectai ainsi quelques centimètres cujjes de liquide 
dans la cavité abdominale; d'autres injections, plus profondes, atteignaient 
ie cœur, les sinus vasculaires et l'intérieur du tube digestif. A certains 
des sujets j'injectai également un peu de formaidéhyde (i ce. environ) 
dans la cavité cérébrale. Et je conservai les sujets ainsi préparés dans de 
l'étoupe simplement imprégnée de formaidéhyde commerciale, ou mouillée 
d'alcool à 90°, ce qui avait l'avantage de permettre le transport dans des 
récipients imparfaitement étauches et diminuait, en raison de l'absence 
de liquide baignant les pièces , le poids à transporter. La' dose de formai- 
déhyde employée pour ces injections interstitielles et intra-viscérales repré- 
sentait à peu près celle que j'aurais diluée dans l'eau , à la dose moyenne 
de 9 à 3 p. 100, ])our conserver les mêmes sujets par immersion, comme 
cela se pratique d'habitude. 

Le résultat de ce procédé fut toujours favorable aux recherches de 
splanchnologie que je poursuivais alors. Les viscères, durcis in situ, gar- 
daient leurs rapports natu)els; les vaisseaux conservaient à l'état coagulé 
le sang qui s'y trouvait au moment de la préparation, réalisant ainsi un 
état d'injection naturelle que je trouve bien préférable à la léplétion par 
injections artificielles, à la fois pour la simplicité de préparation et pour 
la certitude des résultats. Je pus conserver ainsi des pièces sur lesquelles 
certains vaisseaux, considérés comme lymphatiques, se montraient en 
réalité gorgés de sang, détail que mettait déjà en évidence l'observation 
directe, mais qu'il devenait dilllcile,- sinon impossible, de fixer après 
ouverture du corps de l'animal. La dissection des sujets ainsi préparés 
consistait en une sorte de sculpture d'un bloc hétérogène, dont les parties 
se dégageaient successivement et pouvaient être facilement isolées et étu- 
diées séparément après l'avoir été dans leur ensemble. 

J'ai eu l'occasion, dans la suite, d'étendre ce procédé soit à d'autres 
Poissons, soit à différents Vertébrés. Appliqué avec discernement , il donne 
des résultats tout à fait recommandables. Je l'ai employé en 1908-1909, 
au Musée de IMonaco, pour la préparation de Poissons qui se sont depuis 
conservés dans des conditions satisfaisantes. 11 s'agissait surtout, alors, 
de respecter la forme générale. Cette forme est le plus souvent alté- 
rée par la simple immersion dans un liquide conservateur, soit que, 
la cavité viscérale étant ouverte, il y ail une déformation plus ou moins 
accentuée due à l'incision, ou soit que, cette incision n'étant pas faite, la 
lenteur de la pénétration entraîne un affaissement des viscères et, par 
suite, de la paroi abdominale. Hicn de semblable ne se produit avec la 



— 75 — 

mélhofle qu'^j*! piéconise; la zoologie sy8léma(if|iic et l'analoniie ont donc 
à y gagiicr toutes deux. 

Je tiens d'ailleurs à lépe'ter que ce procédé donne des résultais d'autant 
meilleurs qu'il est appliqué par une main plus expérimentée. Il nécessite, 
en effet, une connaissance préalable, au moins approximative, de Tana- 
tomie topographique du sujet auquel il est appliqué. Le mode de conser- 
vation ultérieure nécessite , lui aussi, quelque discernement. Je citerai des 
cas où ces conditions sont particulièrement inéluctables et qui serviront 
d'exemple. 

En principe, les Carnivores, sauf s'ils sont très gras, ce qui arrive fré- 
quemment, peuvent être conservés par injection profonde d'une quantité 
relativement faible de formol pur. Pour un Chat pesant 5 kilogrammes, 
il peut suffire de loo grammes, répartis en trois injections abdominales, 
deux pleuro-pulmonaires, une médiastino-cardiaque, et, si l'on veut, une 
ou deux péricérébrales pratiquées entre l'atlas et l'occipital. Chacune de 
ces injections doit être faite au moins en deux temps : au premier de ces 
temps, la canule perforante''^ doit être enfoncée de manière à ne pénétrer 
que dans la cavité péritonéale, pleurale ou médiastinale ; au second temps, 
elle doit être enfoncée plus profondément, de manière à pénétrer les vis- 
cères mêmes : ce second temps peut être omis, pour les poumons par 
exemple, si l'on craint la formation d'une boule d'œdème; il peut l'être 
surtout pour le cerveau, où l'injection profonde détermine inévitablement 
des lésions susceptibles de nuire à l'étude du point injecté. La conservation 
de ce dernier organe est d'ailleurs beaucoup plus aléatoire; en principe, 
on doit s'efforcer à son sujet, s'il s'agit d'un Mammifère, de faire pénétrer 
le liquide dan ^ le sac arachnojdien et dans cet ensemble de tissu celUiloux 
à mailles lâches sous-jacent à l'arachnoïde où l'on décrit les espaces sous- 
arachnoidiens ; de là, sous l'effet de la pression, il n'est peut-être pas im- 
possible que le liquide gagne le système des ventricules; c'est naturellement 
chez les Oiseaux et les Mammifères que cette opération est la plus délicate. 
Quoi qu'il en soit, cette technique permet au moins une certaine préser- 
vation du cerveau en l'absence de toute effraction des parois crâniennes, 
effraction qui pennet seule d'assurer la parfaite conservation de l'encé- 
phale, mais qui exige des précautions délicates, et après laquelle il est à 
peu près nécessaire d'enlever le cerveau; le système préconisé permet, au 
contraire, de le laisser in situ juscpi'au moment où il sera étudié, ce ({ui 
permet d'examiner à loisir certains détails, les rapports de l'hypophyse 
par exemple. 

Une évaluation de la quantité de formaldéhyde à employer d'après le 
poids de l'animal serait tout à fait illusoire. Je viens de citer le cas d'un 

('^ Les seringues dites à «séruitm , et leurs accessoires usuels, sont très com- 
modet, |jour ces injeclionb. 

G. 



— 76 - 

Chat. Si nous prenons maintenant celui d'un Herbivore , la dose de liquide 
employée devra être proportionnellement beaucoup plus e'ieve'e. Le oon- 
tenu intestinal des Herbivores, à la fois abondant et très fermentescible , 
nécessite en effet des injections plus nombreuses et plus fortes. Si , pour 
un Carnivore pesant environ 26 kilogrammes, il faut à peu près un demi- 
litre de formaldéhyde , pour un Herbivore de même poids il en faudra 
un litre ou même un litre et demi , dont les deux tiers pour les viscères 
abdominaux, et Ton devra employer des canules assez longues, ou assez 
fortement enfoncées, ponr bien atteindre la profondeur des organes. 

Enfin, au point de vue de la conservation ultérieure, il est bon de pro- 
céder également avec réflexion. Un Mammifère dépouillé, ainsi traité, se 
conservera facilement dans une quantité d'alcool à environ 80", ou de formol 
à 3 ou 5 p. 100 (ces titres variant d'après l'épaisseur des muscles ou 
d'après la nature des études que l'on se propose de faire), suffisante pour 
qu'il y soit strictement immergé. Le simple enroulement dans de Tétoupe 
imbibée d'alcool à 90° ou de formaldéhyde peu diluée donne même, en 
pareil cas, de bons résultats. Mais pour un animal recouvert de sa peau, il 
conviendra de prendi"e des précautions spéciales , car le revêtement cutané 
diminue sensiblement le pouvoir de pénétration du liquide; il fixe en 
outre, comme je l'ai déjà exprimé, une certaine quantité de formaldéhyde 
et contribue ainsi à diminuer le titre de la solution. Je considère comme 
indispensable , surtout s'il est fait usage de ce dernier réactif, de pratiquer 
des incisions dans les téguments , par exemple de la nuque au sacrum et le 
long de la face interne des membres , et en outre de renforcer le liquide de 
conservation ou d'augmenter son volume. S'il s'agit d'animaux à derme 
épais , lardacé , comme les Suidés , il conviendra , même après dépouillement, 
d'avoir l'ecours à l'alcool plutôt qu'au formol comme bain conservateur, 
et de veiller à ce que, pendant les premières semaines de la conservation, 
le titre de cet alcool reste au moins de 80°; il sera même bon de prati- 
quer, dans les cas où de tels sujets ne seraient pas dépouillés, des injections- 
hypodermiques de formaldéhyde diluée dans un ou deux volumes d'alcool 
à 90-96° pour faciliter sa pénétration. En l'absence de cet ensemble de 
précautions , il arrive que des animaux dont la masse viscérale est irrépro- 
chablement conservée ont leurs parties externes macérées , à tel point que 
les muscles se dissocient et dénudent les os. Partout où il existe une couche 
de graisse épaisse ou continue, la formaldéhyde risque de ne donner que 
des résultats suspects. 

Comme mesure générale s'appliquant à la plupart des cas de ce genre, 
si l'on n'a en vue que des études de grosse morphologie , viscérale ou sur- 
tout musculaire, il convient de n'avoir recours, comme milieu extérieur, 
qu'à des solutions faibles, ou de n'employer que de faibles doses de liquide 
conservateur. Pour des éludes de myologie rappelant plus ou moins celles 
qui se font dans les pavillons de dissection des Ecoles de médecine , il est 



— 77 — 

préférable de ne pas employer le formol comme bain conservateur, si 
ce n'est à letat de solutions extrêmement faibles , et encore le mieux est-il, 
en pareil cas, de n'employer que l'alcool. Sauf lorsque le revêtement mus- 
culaire est très puissant, il est le plus souvent possible, et il est même 
parfois très favorable, de se borner à envelopper grossièrement le sujet 
d'e'toupe mouillée d'alcool à go-gS"; l'alcool agit alors par ses vapeurs : 
l'effet ménagé qu'il produit ainsi laisse aux tissus une certaine élasticité, 
nécessaire à diverses observations. Encore une fois, les muscles, de même 
que les viscères, deviennent cassants lorsqu'ils sont trop durcis, et c'est 
là un inconvénient inhérent à l'emploi de la formaldéhyde à hautes doses ; 
en les manipulant, on risque alors de les détruire. Je ne chercherai pas à 
donner à ce sujet des indications formelles, s'appliquant intégralement à 
tous les cas. L'extrême variabilité des choses de la nature se prête mal à la 
rigueur des formules, et c'est à chacun à s'inspirer de sa propre expé- 
rience pour atteindre le but spécial qu'il poursuit. Je serais heureux si 
les quelques données que je viens de présenter pouvaient simplement per- 
mettre d'éviter une partie ' des tâtonnements inévitables du début, et 
abréger ainsi des recherches préalables que l'on peut et doit simplifier, 
mais qu'il serait téméraire de vouloir supprimer. 



^ 78 



ISFLVENCE DES AGENTS ÇLIMATÉrIQUES SVR lES VABIATIONS DE FaIJNB, 

PAR M. J. DeLPHY. 



La côte Est du Cotentiii vient d'être le théâtre de variations considérables 
do sa faune , notamment de sa faune marine , variations très intéressantes 
l;inl au point de vue de la Zoologie générale qu'au point de vue écono- 
iiii(|uc. Elles ont été tout particulièrement sensibles par deux fois, en 
t'ié i()i6 et en hiver 1916-1917, passant de beaucoup en importance 
celles qui se produisent d'une manière continuelle et moins frappante. 

Le fait capital de la première de ces variations, en élé-automne 1916, 
fut la disparition rapide et pratiquement complète des moulières naturelles, 
naguère très riches, de la côte entre la pointe de Réville et Sainte-Marie- 
du-Mont. Ce fait était certainement en corrélation avec une modification 
oénérale importante de la faune marine, révélée par des disparitions et 
des apparitions de certaines espèces. Parmi ces dernières , remarquons celles 
de la Galaihea strigosa, de la Squilla Desmaresti, la réapparition en quelque 
abondance (surtout aux îles Saint-Marcouf) , quoique très irrégulière, de 
YAsterina gibbosa. Il ne m'est pas encore possible d'établir d'une manière 
suffisamment précise le déterminisme de cette première variation impor- 
tante. 

Il n'en est pas de même de celle qui vient de se produire depuis la fin 
de 1916. Celle-ci est certainement due principalement à la température 
excessivement basse et à la persistance des vents du INord et du N. E. 
soufllaut en tempête. 

Malard ''', en 1902, avait signalé les résultats intéressants produits par 
le froid et la tempête agissant simultanément. crDéjà, dit-il, la fin de jan- 
vier, mais surtout le mois de février, sont des mois exceptionnellement 
favorables pour la récolte et l'étude d'un grand nombre d'espèces , ensa- 
blées à un niveau assez profond pour qu'il ne découvre jamais ou du moins 

(') A.-E. Malard, Des variations mensuelles de la Faune et de la Flore mari- 
limes de la baie de La Hougue (Bnllotin du Muséum, t. Vlll, 1902, p. 3o-35 
cl 190-197). 

Voir aussi Fauvel, Influence de Thiver 1896-1895 sur la faune marine 

(Comptes rendus, 9 septembre 1895). 



— 79 — 

très raretaent, ou pour les espèces vivant dans les fentes et les creux des 
rochei"s et où les instruments traînants de récolte ne peuvent atteindre en 
temps ordinaire. Lorsque quelque tempête vient à se produire dans ce 
dernier mois surtout, la vague lourde et froide afîouille profondément le 
sol et détache des roches immergées les animaux que l'on trouve alors 
roulés, engourdis par le froid au plein de la mem ( op. cit., p. ig^). 

La tempête est un grand pourvoyeur du naturaliste maritime; on peut 
dire sans paradoxe que nombre d êtres marins qui vivent plus ou moins 
en profondeur en des lieux où nos instruments de pêche ne peuvent 
atteindre nous seraient inconnus sans elle. Le froid , agissant au coui's de 
la basse mer pendant les grandes marées, intervient en engourdissant, en 
anesthésiant les animaux qui perdent alors toute force de résistance, sont 
aiTachés et roulés par la lame et amenés par elle à notre portée. Mais pour 
que ce froid anesthésiant se fasse sentir à une certaine profondeur, il faut 
qu'il soit très intense. Or il est assez souvent arrivé , à l'époque considérée 
et notamment les matins des 27, 28 et 29 janvier, que les eaux laissées par 
la mer en se retirant aient gelé; on sait que l'eau de mer se congèle, dans la 
Manche, à une température voisine de -2°; en tenant compte de lagi- 
tation de l'eau et de la surfusion probablement très considérable , on doit 
estimer la température moyenne de l'eau de mer dans la région littorale 
au-dessous de ce chiffi'e; la température atmosphérique est d'ailleurs des- 
cendue bien plus bas. D'autre part, le vent n'a guère cessé de souflQer 
en forte tempête sur toute la côte, avec une direction générale moyenne 
N. N. E. C'est certainement une de ces époques mal déterminées où, comme 
le dit Malard {op. cit., p. Sa), ffl'influence des courants arctiques se fait 
sentir vivement dans la baie de La Houguen. 

Je n'indiquerai ici que des faits nouveaux , c'est-à-dire qui n'ont pas été 
signalés dans le travail de Malard cité plus haut, et, au contraire de ce 
qu'il a fait et devait faire, je mentionnerai rtout ce qui offre un caractère 
exceptionnel ou particidiern. 

Ainsi je signale sans y insister, et sans rechercher pour le moment quels 
sont ses rapports avec les modifications d'ensemble de la faune, la capture 
de deux tout jeunes Hérissons {Erinaceus eiiropœus) sur l'ile Tatihou, où la 
présence de cette espèce n'avait pas encore été signalée. 

Un fait en rapport étroit avec les conditions climatériques susindiquées 
est la découverte d'un jeune Requin bleu {Carcharias glaucus) femelle, 
échoué sur la côte N. 0. de l'ile Tatihou; ce Poisson , que les auteurs s'ac- 
cordent à dire assez rare en Manche, ne l'est malheureusement pour les 
pêcheurs que trop peu dans les pêcheries de Fécamp, et, contrairement 
à ce que dit Moreau ''', il semble bien le devenir davantage en allant de 

(') E. MoREAD, Histoire naturelle des Poîhsous de France, Paris, 1881 , t. I, 
p. 332. 



— 80 ~ 

l'Est à l'Ouest. Il est cité clans le Catalogue de Malard '*', sans aucune indi- 
cation , et n'était pas représenté dans les Collections du Laboratoire mari- 
time du Muséum ; malheui-eusement l'individu échoué avait été découvert 
d'aJjord par des curieux qui l'avaient dépecé, et je n'ai })u que disséquer 
ce qui en restait et en conserver quelques organes. — Une Baudroie 
commune {Lophius piscaloriiis) d'assez grande taille (environ i m. 3o à 
1 m. 5o), animai commun mais dont on ne trouve pas fréquemment de 
grands individus sur le rivage, s'est échouée entre l'île et lilet de Tatihou; 
elle renfermait dans son estomac , entre autres choses , un Grèbe à cou noir 
{Podiceps nigricolUs) entier et encore presque intact. 

Mais empressons-nous d'arriver aux résultats si remarquables du froid 
et de la tempête agissant ensemble , comme ils ont pu être constatés parti- 
culièrement pendant la deuxième quinzaine de janvier 1917. Tout le long 
de la côte , la grève était couverte de cadavres d'animaux marins très variés , 
répartis au gré des courants de la manière suivante dans le voisinage 
immédiat de Tatihou : partout des Poulpes, des Labres, des Congres, des 
Anguilles, des Holothuries, des Vers; sous Réville, LaHougue, Morsalines 
et plus au Sud, des Crustacés; sous Tatihou, côté de la mer, très peu de 
Crustacés, des Équilles {Ammodijtes tobianus) en quantité prodigieuse: 
entre l'île Tatihou et l'îlet (situé à l'Est), eu une station restreinte, des 
Amphioxus [Branchiostoma lanceolatum) ; entre l'île Tatihou et Saint-Vaast- 
ia-Hougue (à l'Ouest), pas grand'chose, presque rien. Les Poulpes, les 
plus abondants des animaux rejetés , couvrent la grève de leurs cadavres , 
mais non , comme le dit Malard ( Des variations, etc. ) , ff la plupart du temps 
en débris informes « ; ils sont au contraire parfaitement conservés (au point 
qu'ils ont pu, en certains endroits, être livrés à la consommation!) Mais 
tous dans la même attitude, les bras retournés autour du corps, les ven- 
touses contractées. Les troupes très nombreuses de Mouettes, Goélands, 
Canerotes et autres Oiseaux marins les dédaignent, mais se jettent sur 
les Lamellibranches et surtout sur les Equilles, avec leur voracité cou- 
tumière. Les Labres, désignés en langage local sous le nom de Vrâs, 
ont fourni aux habitants du rivage des pêches très fructueuses et d'autant 
plus rénumératrices que le pêche était impossible et le poisson excessive- 
ment cher sur les marchés. Le Labre est d'ailleurs un poisson délicieux 
( à condition , bien entendu , d'être bien cuisiné ) quoiqu'il soit très dédaigné , 
sans doute à cause de son orchnaire bon marché. J'ai eu la bonne fortune 
d'en trouver trois espèces très rares, aucune d'elles n'ayant encore été 
pêchée sur la côte ni représentée dans les collections du Laboratoire de 
Tatihou : 1° Le Crénilabre de Bâillon {Lahrus [Crenilabrus] Bailloni), que 
MoREAu (ojp. cit., m, p. 121) dit f excessivement rare en Manche«. Il n'y 

(1) A.-E. Malard, Catalogue des Poissons des côtes de la Manche dans les 
environs de Saint-Vaast [BuU. Soc. Philom., Paris, 1890). 



— 81 — 

a été trouvé jusqu'ici, à ma connaissance, qu'à Saint- Valery-sur-Somme 
( Mor.] : j'en ai recueilli plusiews exemplaires. — 2° Le Cténolabre rupesti-e 
[Labrus [Ctenoîabrus] rupestris) , que Moreau (p. i36) dit ffort rare sur 
nos côtes Manche, Le Havre, Saint-Maloi '''. — 3° Le Centrolabre exolète 
[Labrus [Centrolabrus] exoletus), signalé pour la première fois dans la 
faune française à Koscoff, en 1918, par Ed. Le Danois'^'. — Je n'ai rien 
il ajouter pour le moment, en ce qui concerne les autres groupes d'êtres 
vivants, aux observations deMALARD (Des variations, etc., 1909). 

II faut remarquer que si un grand nombre des animaux rejetés à la côte 
paria tempête étaient morts (les Poulpes, les Equilles, les Congres, les 
Anguilles, la plupart des Crustacés), la plupart au contraire (les Labres, 
les Holothuries, de nombreux Vers) n'étaient qae profoiidétnent engourdis, 
endormis par le froid , et que souvent le seul fait de les prendre dans les 
mains suffisait à les ramener à la vie. Les Ampbioxus, bourrés de produits 
génitaux, s'agitaient vivement sur le sable gelé, souvent même sous la 
glace; j'ai pu remarquer que le seul fait de les plonger alors dans l'eau 
(à une température assez élevée, entre o et 4°) suffisait à les engour- 
dir, mais pas tellement ([u'ils ne répondissent par de vifs mouvements à la 
pression exercée sur leur corps en les prenant avec une pince et qu'ils 
ne reprissent leur activité quand on les remettait à sec. 

Il faut remarquer aussi l'importance du froid (ou tout au moins du gel 
rapide) pour la technique des fixations : notamment pour les Holothuries, 
pour les Vers, il se présente comme un fixateur excellent, les anesthésiant 
parfaitement, en extension. Quand l'extension n'a pas subsisté pendant 
l'engourdissement de l'animal par le froid, et que celui-ci a au contraire 
produit un ratatinement plus ou moins considérable, il suffit de plonger 
l'animal dans de l'eau de mer moins froide (o à 4°) pour le voir le plus 
souvent revenir à sa position naturelle. Quand il se trouve ou est parvenu 
à une extension satisfaisante, il suffit de l'arroser rapidement avec une 
assez grande quantité de formol (4 p. 100 d'aldéhyde formique dans l'eau 
de mer), dans laquelle on pourra le conserver, à moins qu'on ne pré- 
fère y substituer l'alcool ou tout autre médium conservateur. Pour des 
recherches spéciales , histologiques ou cytologiques, par exemple, on rem- 
placera le formol par tout autre fixateur convenable, sublimé, Bouin, 
Flemming , etc. Danc le cas présent, nous voyons le froid servir naturelle- 
ment de réactif, mais il sera très intéressant d'en essayer l'usage artificiel- 

f) Le Danois [voir 1918, ci-dessous] dit seulement qu'yen Manche, ce Poisson 
se rencontre sur la côte anglaise; il n'a jamais été trouvé dans la région de 
RoscoCfn. 

'^' Ed. Le Danois, Contribution à l'étude systématique et biologique des Pots- 
sons de la Manche occidentale, Paris, 1918. 



— sa- 
lement. Il est certain que , dans bien des cas , on devra obtenir d'excellents 
re'suitats par l'emploi du froid, que l'on doit ajouter à la liste des anes- 
tbësiques susceptibles de nous procurer en bonne extension les animaux 
à fixer. 

En résume, le froid intense qui a régné à la fin de 1916 et au début 
de 1917 a détruit un très grand nombre d'êtres marins, soit en les tuant 
(Poulpes, Équilles), soit en les engourdissant (Labres, Vers), et en per- 
mettant ainsi à la tempête de les rejeter sur une zone où , s'ils n'étaient 
capturés par les Oiseaux ou par l'Homme , ils ne pouvaient retrouver des 
conditions leur permettant de reprendre et poursuivre leur existence. 

Il sera intéressant de connaître quelles seront les conséquences de ces 
faits pour ce qui subsistera de la faune , car si de nombreux êtres ont été 
détruits, il en est parmi eux, comme les Poulpes, qui sont de grands pré- 
dateurs. Au point de vue économique surtout , il sera tout particulièrement 
important de voir si, comme il est infiniment probable, le fait s étant déjà 
produit en 189/1-1895 [Fauvel] dans des conditions bien semblables, le 
printemps sera marqué par le retour des Moules qui ont disparu en de 
nombreux points. On peut donc dire à l'avance que l'observation générale 
de la faune marine pendant la présente année ne pourra que présenter un 
grand intérêt. 

Tatihou , février 1917. 



83 



ÉwMÉnATION DES BfPTILES NON ENCORE ÉTUDIES DE lAfRIQUE OCCIDEN- 
TALE, APPARTENANT AUX COLLECTIONS DU MusÉUM , AVEC LA DESCRIP- 
TION DES ESPÈCES NOUVELLES, 

PAR M. Patif; Chabanaud, 
Correspondant du Muséum. 

J'ai pul)lié dans le Bulletin du Muséum, 1916, p. 3()9, et 1917, p. 7, 
une jiarlie de i'éniimératiou des Reptiles de l'Afrique occidentale dont 
rélude m'avait été confiée par M. le Professeur Louis Roule. Ces deux notes 
précédentes comprenaient la liste des Ophidiens qui se trouvent dans cette 
importante collection. Le présent travail comprend les Lacertiliens et les 
Chéloniens, et termine ainsi l'étude des Reptiles proprement dits. Celle 
des Ratraciens sera publiée plus tard. 

Les divers Reptiles mentionnés dans cette énumération proviennent 
exclusivement de celles de nos colonies d'Afrique dont l'ensemble constitue 
l'Afrique Occidentale française , d'où elles ont été envoyées au Muséum par 
douze personnes différentes : 

MM. AcDAN (Mauritanie saharienne, 1909 et 1918) : 9 espèces, 3 exem- 
plaires ; 

le D' G. Rouet (Sénégal, Casamanee, Haut-Sénégal, Niger et Daho- 
mey, 1910-19 13) : 99 espèces, 89 exemplaires; 

Brot (Haut-Dahomey, 1908) : 1 espèce, 1 exemplaire; 

A. Chevalier (Côte de l'Ivoire, 1909) : 9 espèces, 3 exemplaires; 

Ellenberger (Lambaréné, 1911, Ogooûé et Haut-Zambèze , 1919): 
7 espèces, 9 exemplaires; 

Fourneau (Congo, 1909) : 1 espèce, 1 exemplaire; 

DE GiRONCouRT ( Haut-Dahomoy et Niger, 1910) : 3 espèces, 3 exem- 
plaires ; 

Gruvel (Dahomey, i9i3) ; 1 espèce, 1 exemplaire; 

le Commandant Modest (Congo, 1911) : a espèces, 9 exemplaires; 

Martial Monnet (Haute-Guinée française, 1919) : 9 espèces, 9 exem- 
plaires; 

PouiLLOT (Côte de l'Ivoire, 1912) : a espèces, 2 exemplaires; 

Waterlot (Dahomey, 1919) : 9 espèces, 3 exemplaires. 



— 8li — 

Le tolal des exemplaires s'élève au nombre de 119, répaitis en 36 es- 
pèces, dont 14 ne figuraient pas encore dans les Collections du Muséum ''\ 
Parmi ces dernières, 8 sont inédites et décrites pour la première fois 
dans les lignes qui suivent; Tune d'entre elles est le type d'un sous-genre 
nouveau. 

Les chasses du D' G. Bouet, actuellement Inspecteur de l'Hygiène en 
Afrique Occidentale française , méritent une mention particulière, tant à 
cause de leur importance numérique considérable qu'en raison du soin 
avec lequel les exemplaires ont été traités et surtout de la précision des 
renseignements dont chacun d'eux est accompagné. Au nombre de ces 
renseignements figure le résultat de l'examen fait par le D' Bouet au point 
de vue parasitologique. Les parasites du sang qui sont signalés se trouvent 
au nombre de trois sortes : Trypanosomes , Hémogrégarines et Hémo- 
protéus. 

Les indications que l'on trouvera à ce sujet, en regard du nom des 
espèces chez lesquelles ces parasites ont été trouvés, sont donc la repro- 
duction pure et simple des observations du D' Bouet. 



LACERTILIENS. 

Ptyodactylos lobatus GeofFr. — Soudan : Djenné, dans les cases très 
sombres^-', 1 individu, Hémogrégarines [Bouet]. 

Hemidactylds echinus O'Shaugn. — Congo : Lambaréné, 1 individu 
[EUenberger]. 

Hemidactylcs fasciatus Gray. — Congo : Lambaréné, 1 individu 
[EUenberger]. 

* Hemidactylus Brooki Gray. — Haute-Guinée française, 1 individu 
[Monnet]; Dahomey : Agouagon, 3 individus [Bouet]. 

Hemidactylcs stellatus Boul. — Dahomey : Agouagon , A c? et 1 1 9 , 
Trypanosomes [Bouet]. 

(1) J'indique par un astérisque (*) celles des espèces non inédites qui sont 
nouvelles pour la Collection du Muséum. 

W C'est par erreur que j'ai attribué cette indication à Glauconia Boueti {Bul- 
letin du Muséum, 1917, p. 10) ; cet Ophidien, qui provient également de Djenné, 
n'était accompagné d'aucun renseignement d'ordre biologique. La mention : 
«Dans les cases sombres» doit donc être supprimée. 



— 85 — 

* Lygodactylus Fischeri Boiil. ''\ — 1 individu avec les caractères sui- 
vants : 8 ou 9 labiales supérieures; 6 labiales inférieures; dessus d'un gris 
olivâtre très clair; région nasale, région supra-orbitale et tempes vague- 
ment brunâtres; une ligne s'étendant depuis l'œil jusqu'au dessus de 
l'oreille et quelques traits sur les tempes bruns; tout le reste du dessus 
du cou, du dos, des pattes et de la queue avec des nébulosités brunâtres, à 
peine distinctes; seule la grande tache brune postéro-axillaire bien mar- 
quée; dessous entièrement d'un blanc plus ou moins jaunâtre; lamelles 
infi-a-digitales brunes. 

MILLIMÈTRES. 

Longueur totale '7/1,0 

Longueur de la fête r),o 

Largeur de la tête 6,0 

Distance de l'extrémité du museau à l'anus 33, 

Longueur des membres antérieurs 1 1,0 

Longueur des membres postérieurs 1/1, 5 

Longueur de la queue i 1 ,0 

Congo : Ogooiié [EUenberger]. 

Tarentola annularis Geoffroy. — Sénégal : Corée, sur les rochers, 
a individus; Niger : Gourao (lac Debo), sur les rochers, h individus, 
Hémogrégarines et Hémoprotéus [Bouet]. 

Tarentola Delalandei D. et B. — Mauritanie saharienne, 2 individus 
[Audan]. 

Psilodactylds CAUDiciNCTus Dum. — Dahomey : Agouagon , a individus 
[Bouet]; Haut-Dahomey, 1 individu [de Gironcourt]. 

Agama Boueti, sp. nov. — Tête assez grosse, déprimée. Narines tubu- 
laires, percées dans la partie postérieure d'une petite nasale située sur le 
canthus rostrale. Ecailles du dessus de la tête hsses; une écaille allongée 
sur le museau; occipitale élargie; côtés de la tête autour des orifices auri- 
culaires et côtés du cou avec des groupes d'épines dont les plus grandes 
égaient en longueur les deux tiers du diamètres du tympan. Tympan 
presque superficiel, de la largeur de l'orbite. 10 labiales supérieures; 
1 1 labiales inférieures. Une courte crête nuchale composée de G ou 
7 épines assez longues ; pas de ci-êle dorsale. Deux pHs transversaux sous 
la gorge, sans trace de poche gulaire. Corps très allongé, sub-cylindrique 
chez la femelle , un peu plus aplati en dessus chez le mâle. Écailles dor- 
sales modérément grandes, fortement carénées et très fortement mucro- 

<') Proceedings of the Zoological Society 0/ London , 1890, p. 80. 



- 86 - 

nées, snilout sur les flancs; les carènes convergeant vers la ligne verté- 
brale; 60 à 5o écailles sur la ligne vertébrale (à compter de l'origine Hes 
membres antérieurs à l'origine des membres postérieurs); 56 (d) à 69 (9) 
autour du milieu du corps. Caudales non verticiliées , plus grandes que les 
dorsales. Ventrales sub-carénées (plus distinctement siu- la poitrine), obtu- 
sément épineuses. Membres longs et grêles; les postérieurs atteignant 
le bord antérieur du tympan; tibias beaucoup plus longs que le crâne: 
3" doigt beaucoup plus long que le 6'; 3" orteil un peu plus long que le 6° 
cliez le mâle, égal au k" cbez la femelle; 5"= s'étendant au delà du 1". Une 
séi'ie de 1 2 pores préanaux chez le mâle. 

D'un jaune roussâtre très clair, avec la région supra-orbitale et l'occiput 
vaguement brunâtres. Deux ou trois traits très courts sur la partie supé- 
rieure de l'orbite, une ligne s'étendant du bord postérieur de l'œil jusqu'au 
dessus du tympan et une autre du dessous de l'œil à la commissure des 
lèvres bruns. Deux larges traits bruns, lougitudinaiu sur la nuque, cha- 
cun d'eux terminé en arrièi-e par un demi-cercle. Une ligne vertébrale 
claire tout le long du dos, se prolongeant sur la queue. De chaque côté du 
dos et sur les membres , des marbrures branes plus ou moins distinctes. 
Des taches transversales brunes sur la queue. Tout le dessous d'un blanc 
jaunâtre. 

Longueur totale 168 232 

Longueur de la tête - 18 ai 

Largeur de la tête l 'i 19 

Longueur du corps (du a' pli gulaire à l'anus) A 2 56 

Longueur des membres antérieurs 3o 89 

Longueur des membres postériem-s i6 61 

Longueur des fémurs 16 18 

Longueur des tibias 19 '^^ 

Longueur des pieds (du bord postérieur du talon à 

i'eîtrémité de l'orteil le plus long) > 8 ai 

Très voisine de A. spinosa Gray, dont elle diffère parla tète plus grosse, 
le corps de forme beaucoup [dus allongée, les membres plus grêles et sui- 
tout par le 3' doigt beaucoup plus long que le /4%le 3' orteil égal au 4° (9) 
ou légèrement plus long (d*) et par la coloration. 

Voisine également de A. Smithi Boui.''>, dont elle diffère par les mem- 
bres un peu plus courts, la dimension plus réduite et le plus grand 
nombre des écailles dorsales, par la proportion des doigts et des orteils, 
ainsi que \mv la coloration. Chez A. Smithi 9, les dorsales sont aussi 
grandes que les caudales, au nombre de 33 le long de la ligne vertébrale 

C Pfoceedings uf ike Zooldgieal Society ijf Limdon , 1896, p. 91 3. 



— 87 — 

et do 58 autour du milieu du coips; les membres postérieurs atteignent 
l'œii, le 3' doigt est seulement un peu plus longrpie le h\ et la différence 
de longueur entre le 3° et le 4' orteil paraît pins grande. 

Knfin A. Boucti pi'ésente.un système de coloration tout à fait analogue 
à celui iVA. Vaillanti Boul. ''\ avec une teinte probablement plus claire; 
mais A. Vnillnnti ne possède pas de crête nuchale, et ses dorsales sont au 
nombre de 27 le long do la ligne vertébrale et de (56 autour du milieu 
du corps, qui est fortement renflé. 

Niger: Gao, 1 c^et 1 9 [Bouel]. 

Types: (Collections du Muséum de Paris. 

C'est avec plaisir que je dédie cette nouvelle espèce au D' Bouet. 

Agama colonorum Daud. — Mauritanie saharienne, 1 individu [AudanJ. 

Agama planiceps Peteis. — Côle de l'Ivoire, 1 individu [Pouillol|. 

Varanus EXANTHEMATiciis Bosc. — Niger : Tombouctou , 1 jeune [Bouet]. 

Varanus NiLOTicDS L. — Dahomey : Agouagou , 5 jeunes [Bouet]; Haut- 
Dahomey, 1 jeune [Brot]; Côte de l'Ivoire, 1 jeune [Chevalier], 1 jeune 
[Pouillot]. 

Amphisbaena leucura D. et B. — Dahomey : Agouagon, 8 individus 
[Bouet]; Dahomey, 1 individu [Gruvel]. 

MoNopELTis GiJNTHERi Boul. — Cougo : BcazzaviUe, 1 individu [Modest]. 

Acanthodactylus (Latastia) Boueti, sp. nov. — Tète assez grosse; 
sa largeur, au niveau de la légion lem[)orale, comprise une fois et un tiers 
dans sa longueur, prise de l'extrémité du museau au l)ord postérieur des 
pariétales. Museau court, largement arrondi en avant; distance de son 
exti'émité à la commissure antérieure des paupières excédent à peine la 
distance comprise entre la commissure postéiieure des paupières et le bord 
postérieur de rorifice auriculaire. Supra-nasales courtes; leur suture com- 
mune égale au plus à la moitié de la longueur de la portion de la roslrah^ 
visible en dessus. Naso-frénale moins longue que large. Préfrontales 
réduites à 9 plaques longitudinales étroites, en contact en avant avec la 
naso-frénale, en arrière avec la frontale et séparées Tune de l'autre par 
une région interpréfrontalienne composée de deux plaques distinctes : 

(') Annali del Museo civicn di Slmia nul ri raie di Gcnoctt , (a), XXXV [1895], 
p. la. 



— 88 — 

i'aiiléj'ieure (la plus giande) subliiang-ulaire et en conlacl avec la naso- 
frénale; la postérieure, de forme allongée, en contact avec la frontale: ces 
deux interpréfrontales séparées l'une de l'autre, ainsi que des préfrontalcs 
externes , par des sillons profonds , à bords très irréguliers. Frontale étroite , 
très allongée, plus ou moins élargie en avant, aussi longue que la dis- 
tance qui la sépare du bord postérieur des supra-nasales, à peine plus 
courte que les fronto-pariétales et l'interpariétale prises ensemble, profon- 
dément sillonnée longitudiaaloment à sa partie antérieure. Une seule supra- 
oculaire (la 3"), en forme de disque plus ou moins régulier, en contact 
avec l'angle postéro-externe de la frontale, largement en contact avec les 
fronto-pariétales et séparée des supi-a-ciliaires par deux ou trois rangs de 
granules. Parfois un vestige de la 2" supra-oculaii-e , en forme de croissant, 
accoUé le long du bord antérieur de la grande supra-oculaire. Tout le reste 
de la région supra-orbitale envabi par des granules, dont quelques-unes 
sont un peu plus grandes et de forme allongée. Cinq supra-ciliaires ; la 1'" 
à peu près aussi longue que les Ix autres prises ensemble. Fronto-parié- 
tales très grandes, aussi longue?, ou à peu près aussi longues que la fron- 
tale. Interpariétale grande (surtout chez les individus jeunes), cunéiforme; 
sa longueur, égale aux deux tiers de la longueur des fronto-pariétales; pos- 
térieurement eu contact avec une occipitale excessivement petite, irr-égu- 
Hère et qui ne se distingue guère des granules qui l'environnent que par 
sa position et sa forme triangulaire. Pariétales très réduites, fortement 
i-étrécies en arrière, bordées postérieurement par une rangée de granules; 
leur largeur comnume, prise entre les deux angles postéro-externes , à 
peine égale aux trois quarts de la largeur des fronto-pariétales prise en- 
semble. Pas de plaque supra-temporale distincte ; à la place , 3 ou /i séries 
longitudinales d'écaillés, les unes en forme de petites plaques allongées, 
au nombre de 2 ou 3 sur chaque série , les autres plus ou moins granuli- 
foimes. Une seule post-nasale, petite, angulairement en contact avec la 
2" labiale supérieure, ou complètement séparée d'elle. Deux loréales suivies 
d'une préocidaire inférieure toujours distincte, eu contact avec la 3° labiale 
supérieure (ou avec la 3° et la k') et avec la grande suboculaij-e. Quatre 
labiales supérieiu-es en avant de la suboculaire ; celle-ci bordant largement 
la lèvre; 3 labiales en arrière de cette même suboculaire. Moitié supé- 
rieure de la région temporale garnies d'écaillés granuleuses très petites; 
moitié inférieure de cette même région garnie d'écadles plus grandes, 
en forme de petites plaques discoïdales, disposées assez régulièrement sur 
Il séries longitudinales; la série la plus inférieure en contact avec les 
labiales supérieures. Orifice auriculaire aussi grand que l'a^il; son bord 
antérieur sans lobules distinctes. Six ou sept labiales inférieures distinctes. 
Symphysiale non ou à peine prolongée postérieurement eu pointe, suivie 
de 5 paires de grandes plaques : 2 paires de mentonnières et 3 paires de 
sous-mandibulaires. Les mentonnières plus petites que la symphysiale; 



— 89 



chacune d'elles moins longue qne large; toutes en contact réciproque et 
avec les o premières labiales inférieures. Les sous-mandibulaires beaucoup 
plus grandes (|ue les mentonnières et à peu près égales entre elles; celles 
de la r" i)aire en contact réciproque, au moins sur la moitié antérieure de 
leur bord interne. Région gulaire couverte d'écaillés juxtaposées, plus 
petites et de forme allongée, en avant, de plus en plus fortement imbri- 
quées, d'aviint en arrière, et passant insensiblement à la forme et à la 
dimension des plaques qui constituent la bordure du collier; 9 écailles le 
long du boni interne des sous-mandibulaires, de 21 à 25 à compter de la 

:\ca:(thmhu-lijhiii {Lalaslia) Boueti, sp. uov. 





Fig. 2. 

suture entre les sous-mandibulaiies de la 1" paire et le bord du collier'''. 
Un pli gulaire transversal, assez faible mais bien distinct, partant du bord 
postérieur de l'oreille. Collier distinct sur toute son étendue, mais libre 
seulement sur les côtés du cou; son bord composé de 6 ou 7 écailles. Dor- 
sales petites, juxtaposées, gramdeuses sur la nuque, un peu plus grandes, 
rhomboïdales et faiblement imbriquées sur le dos , assez fortement carénées ; 
Go à 68 en travers du milieu du corps (à compter des plaques ventrales), 

'"' Chez Lataslia lonjricaïKJala Rouss, on compte au moins 8 labiales infé- 
rieures distinctes ; les mentonnières sont à peine aussi longues que larges , celles de 
ia a" paire beaucoup plus grandes que les premières; les sous-mandibulaires de la 
1" paire sont complètement séparées l'une de l'autre par une série au moins de 
petites écailles, ou ne sont en contact que par leur angle antcro-interne; les sous- 
mandibulaires de la 3° paire sont aussi grandes que les premières, mais celles de 
la y paire sont beaucoup plus petites; enfin on compte i5 à 18 écailles le long 
du bord interne des sous-mandibulaires, et de ko à /i5 de la suture entre les 
premières sous-mandibulaires à la bordure du collier. 

Muséum. — xxiii. 7 



— % — 

Veatrales disposées sans ordre entre les membres antérieurs, ensuite sur 
6 rangs longitudinaux très réguliers; celles des 9 rangs médians plus 
étroites que les autres; de chaque côté de ces 5 rangs, une série très peu 
régulière de plaques beaucoup pkis petites <*>. Une grande anale, trans- 
veri-e, précédée d'une ou de deux plaques un peu moins larges: le reste de 
la région préanale avec des pla(|ues plus petites. Extrémité des membres 
antérieurs atteignant le bord antérieur de lorbite ou rexliémité du mu- 
seau; extrémité des membres postérieurs atteignant l'épaule ou le collier. 
Doigts et orteils carénés iuférieurement , nettement denticulés latéralement. 



Acanthodactylus {Lata$lia) Boueli , sp. uov. 





Fig. 3. 



Fig. 4. 

a. Patte postérieure vue en dessous. 
b. h° orteil vu en dessus. 



Cette denticulation , caractéristique du genre Acanthodactylus Wiegm., est 
plus longue sur les côtés des orteils que sur ceux des doigts, et, à peu de 
chose près, aussi développée que chez Acanthodactylus vulgaris D. et B. 
Trois séries de plaques infra-tibiales. i5 pores fémoraux de chaque côté; 
les deux séries presque contiguës sur la ligne médiane du corps. Queue 
cylindrique; sa longueur égale à environ une fois et demie la dislance com- 
prise entre l'extrémité du museau et l'anus. Caudales verticillées , forte- 
ment carénées; les inférieures lisses sui" la région basilaire de Ja queue. 

Mâle. — Dessus d'un brun plus ou moins rougeâtre, avec des taches 
noires, irrégulières, bien marquées sur le dos, peu distinctes sur la tétc 



(1) 



Comprises dans le noiubre des dorsales. 



— 91 — 

et sur la queue. Six lignes lougiUidiaales claires; les -2 médianes s'éten- 
dent de l'occiput à la base de la queue ; les 9 externes supérieures prennent 
naissance du milieu de l'oeil , suivent les cMés du dos et sont visibles presque 
jusqu'à l'extrémité' de la queue ; les a externes inférieures partent du des- 
sous de l'œil, passent par la moitié supérieure de l'orifice auriculaire, le 
dessus de l'épaule et s'ari'éteut à l'aine. Lèvres supérieures blanchâtres, 
ave« des macules noirâtres. Quelques taches claires sur le dessus des mem- 
bres. Tout le dessous du corps , des membres et de la queue , blanc. 

Femelle. — Teinte plus sombre; les lignes médianes peu distinctes; 
les externes toujours bien marquées. 

Jeune. — Interpariétale plus grande que chez l'adulte. Dessus d'un 
noir brunâtre , beaucoup plus clair sur la tête ; les 6 lignes longitudinales 
blanches , très nettes ; les taches du dessus des 4 membres bien marquées. 
Les 9 lignes dorsales médianes confluentes un peu en arrière des cuisses, 
s'arrêtent à la base de la queue; les externes plus ou moins visibles sur 
les côtés de la queue. Dessous d'un blanc grisâtre, jaunâtre sous les pattes 
et la queue. 

Dimensions de trois des plus grands exemplaires : 



MILLIMETRES. 



Longueur totale , 128,0 ili5,o 187,0 

Longueur de la tête <>' 8,0 1 2,8 1 2,5 

Distance du museau aux épaules 18, .5 2^,0 21,0 

Distance du museau à i'anus .53,0 .59,0 56, o 

Longueur des membres antérieurs. .. . 19,5 20,0 19,0 

Longueur des membres postérieurs. . . 3o,o 82,0 28,5 

Longueur de la queue 70,0 86,0 81,0 

Je considère la découverte de cette nouvelle espèce comme des plus 
intéressantes , car elle constitue une forme évidemment intermédiaire entre 
le genre Acanthodactijlus Wiegm. et le genre Latastia Bedr. La présence 
des prolongements écailleux sur les côtés des doigts est caractéristique 
du genre Acanthodaclylus. Leur développement est faible chez A. Boueti, 
presque égal toutefois à celui qu'ils atteignent chez A. vuJgaris J) et B. 
L'essentiel , d'ailleurs , est que ces prolongements existent. Chez les Latastia , 
le collier est toujours entièrement libre, ce qui n'est pas le cas ici, taudis 
que nombre d'espèces d' Acanthodactijlus ont un colliei- libre seulement sur 
les côtés du cou. Enfin A. Boueti possèile bien l'occipitale caractéristique 

.l'y>. i*rise de l'extrémité du museau au bord postérieur do l'oritice auriculaire. 



/ 



— 92 — 

des Latastia et qui fait toujours défaut chez ies AcanlhodacUjlu>i , mais cette 
occipitale est réduite à sa plus simple expression et, comme je l'ai indiqué 
dans le texte de la diagnose, à peine distincte des granules qui l'avoisinent 
de chaque côté. La grande dimension, en même temps que le nond)re 
réduit de ses plaques ventrales, rattachent enfin celte espèce au genre 
Latastia. 

J'en conclus que la distinction entre les deux genres en question ne sau- 
rait être maintenue et que ces deux genres doivent être dorénavant réunis 
en un seul qui portera le nom d'Acauthodactylus Wiegm., de beaucoup 
antérieur en date à celui de Latastia Bedr. 

Il est possible cependant de conserver le nom de Latastia, à titre de 
sous-genre, pour distinguer des Acanlhodactylus s. str. les espèces qui 
n'ont que 6 rangs longitudinaux de plaques ventrales , qui présentent au 
moins un vestige d'occipitale et dont les doigts sont dépourvus de denti- 
culation latérale ou pourvus seulement d'une denticulation très réduite. 

A. Boueti est intéressante à un autre point de vue : celui de la fragmen- 
tation des plaques céphaliques. Je ne sache pas qu'il existe jusqu'ici une 
seule espèce de la famille des Lacertidae qui présente cette fragmentation 
à un degré aussi avancé. Chez A. Boueti, non seulement les tempes sont 
couvertes de granules extrêmement fines, semblables à celles de la nuque, 
mais la majeure partie des plaques supra-oculaires ont disparu et sont 
remplacées par des granules. Seule la 3" supra-oculaire subsiste, ainsi 
qu'un vestige de la 2% indistincte d'ailleurs dans un bon nombre de cas. 
Encore cette 3* supra-oculaire est-elle réduite à un disque, séparé des 
supra-ciliaires par a ou 3 rangs de granules , alors qu'il ne se trouve géné- 
ralement pas plus d'un seul rang de granules entre les supra-oculaires et 
les supra-ciliaires. La plaque supra-temporale n'a pas conservé son inté- 
grité : elle est morcelée en un grand nombre de petites plaques, dont 
certaines même prennent l'aspect de granules. Le bord postérieur des 
pariétales est morcelle, de telle sorte que ces plaques se trouvent séparées 
des granules de la nuque par une série de très petites écailles, seulement 
un peu plus grosses que celles de la nuque et de forme un peu allongée 
dans le sens transversal. C'est au milieu de cette série de petites écailles 
que se trouve l'occipitale, qui est ainsi placée plutôt en arrière des parié- 
tales qu'entre les pariétales elles-mêmes. 

Cette fragmentation se manifeste enfin sur des plaques appartenant à 
une région de la tête où semblable état de choses n'avait encore jamais 
été observé : il s'agit des préfrontales. Ces deux plaques ne sont plus en 
contact l'une avec l'autre sur la ligne médiane du museau, mais elles sont 
largement séparées l'une de l'autre [lar une série interpréfrontalieune de 
a plaques bien distinctes, placées Tune derrière l'autre, et dont toutes les 
sutures se trouvent au fond de sillons profonds et à bords irréguliers. 
J'insiste sur ce point qu'il ne s'agit pas ici de malformations individuelles 



— 93 — 

lie caractère plus ou moins te'ratologique : cette conformation des préfron- 
tales se pre'sente de la façon la plus identique cliez les 7 exemplaires que 
j'ai examine's. Si curieuse que puisse paraître cette particularité, sa con- 
stance est évidente et impose la nécessité d'en tenir compte dans l'énumé- 
ration des caractères spécifiques. 

Notons enfin que cette fragmentation des plaques ce'phaliques se pre'- 
sente chez les Acantlmlactylm et en particulier chez A. vulgaris D. et B., 
chez lequel deux supra-oculaires (la 9" et la 3°) restent seules entières, à 
un degré plus avancé que chez les Latastia, dont toutes les espèces déci-ites 
jusqu'à ce jour possèdent les k supra-oculaires distinctes. 

Je suis heureux de donner le nom du D' Bouetà une forme aussi remar- 
quable et qui est, en outre, la première du geni-e signalée en Afi-ique occi- 
dentale, 

Dahomey : Agouagon, 9 d*, 3 9 et 2 jeunes [Bouet]. 
Types : Collection du Muséum de Paris. 

Mabcia macdlilaiîris Gray. — Dahomey : Agouagon, 8 individus 

[Bouet]. 

Mabuia Raddoni Gray. — Dahomey : Saladougou, 1 individu [Bouet]. 

*Mabuia albilabris ïlallow. '■'. — Dahomey: Agouagon, 1 d*, 3 9 
[Bouet]. 

Mabuia Perroteti D. et B. — Sénégal (Casamance) : Koldé, 1 9 gra- 
vide, en mauvais état, avec les cai-actères suivants : préfronlales formant 
suture entre elles; frontale en contact avec la 9" (très gi-ande) et la 3' su- 
pra-oculaii-e ; pariétales angulairement en contact réciproque en arrière 
de l'inlcrpariétale; pas de nuchales; 2" loréale complètement séparée de 
la 1" labiale supérieure par la post-nasale s'éteiidant sur la 9' labiale; 
39 écailles autour du milieu du corps; extrémité des membres postérieurs 
atteignant à peine l'extrémité des antérieurs: i/t lamelles infra-digitales 
sous le /i" doigt: 17 sous le 4" orteil; dessus d'un brunâtre clair, avec 
quelques petites taches éparses sur la tête et le tour de toutes les écailles 
|)lus foncé; les lignes dorso-latérales claires et la bande brune latérale 
assez visibles : dessous blanc. Trypanosomes. [ Bouet. ] 

Mabuia intermedia, iiov. sp. — Museau obtusémeut arrondi à son 
extrémité. Nasales formant suture en arrière de la rostrale. Naso-frénale 
plus large que longue, angulairement en contact avec la frontale. Frontale 

<') BouLKNGER, 111 Mi'Diovias (le la Beal Sociedad espanala de Uistoria nalural^ 
1905, t. I, méiii. 7-18, p. 18/1. 



— 0^ — 

aussi longue que les iVoiito-pariélales et les pariétales prises ensemble; 
en contact avec les 3 premières supra-oculaires, li supra-oculaires ; la 9* 
la plus grande. 6 supra-ciliaires. Fronto-pariétales plus courtes que l'inter- 
pariétale. Pariétales brièvement en contact en arrière de i'interpariétale. 

I paire de nuchales. Narine perce'e en arrière de la suture entre la rostrale 
et la i" labiale supérieure. Post-nasale sur la i'" labiale. i'° loréale sur 
la 9* labiale, angulairement en contact avec la i'° labiale, a" loréale en 
contact avec les q" et 3' labiales. Paupière avec un disque transparent. 

II labiales supérieures en avant de i'infra-oculaire ; celle-ci non rélrécie à sa 
partie inférieure, bordant largement la lèvre. Orifice auriculaire oval, son 
plus grand diamètre un peu plus long que le diamètre longitudinal du 
disque transparent de la paupière; son bord antérieur avec 4 lobules 
courts, arrondis, les 2 médians les plus grands. 3 h écailles autour du mi- 
lieu du corps, toutes à peu près semblables entre elles; les dorsales forte- 
ment tri-carénées; les carènes distinctes, mais moins fortes sur les flancs 
et le dessous des membres. Extrémité des membres antérieurs atteignant 
la moitié de la distance entre la narine et l'œil : extrémité des membres 
inférieurs atteignant l'épaule. Squames plantaires inermes. Lamelles infra- 
digitales unicarénées : i5 sous le k' doigt, 20 sous le k' orteil. 

Dessus d'un brun grisâtre assez clair, graduellement plus clair et plus 
jaunâtre d'avant en arrière et devenant très pâle à l'extrémité de la queue. 
Flancs graduellement plus clairs. Quelques petites tacbes blanches, irrégu- 
lières, éparses sur la tête, les côtés du cou, le dessus des épaules et les 
membres antérieurs. Lèvres d'un blanc pur, maculées de brun noir. Dessous 
de la bouche et côtés de la gorge mêlés de brun noir et de blanc pur; les 
taches blanches un peu bleuâtres entre la bouche et les épaules, et formant 
une courte bande, mal définie, en amère de l'oreille. Au-dessus de cette 
bande, une série de 3 ou li taches d'un noir pi-ofond ; les premières petites, 
peu distinctes; les 2 dernières grandes, très nettes. Dessous d'un blanc 
grisâtre en avant, jaunâtre en arrière. 

MILLIMÈTRES. 

Lonn[ueur totale ao4,o 

Distance de l'extrémité du museau à l'anus 81,0 

Distance de l'extrémité du museau au bord postérieur de 

l'oreille i8,5 

Larfjf'ur de la tête i3,5 

Lon<jueur des membres antérieurs 9 6, .5 

Ijongueur des membres postérieurs '10,0 

Lonfjneur de la queue 1 9.3,0 

Je considère celte belle espèce comme intermédiaire entre M. Prr- 
roteti D. et B. et M. quiinjuctiicniala Lichl. l'allé se distingue de la première 
par ses membres beaucoup |)liis longs: de la deuxième par son nniseau 
plus couit et plus arrondi à sou extrémité, ainsi que par sa coloration. 



— 95 — 

Niger: Gao, i individu [Bouetj; i individu en mauvais état (38 écailles 
autour du milieu du corps) [de Gironcourt]. 

Types : Collection du Muséum de Paris. 

Mabuia qdinqoetaeniata Licht. — Niger : Gao, i individu (3-2 écailles 
autour du milieu du corps) ; Tombouctou, a individus (34 et 36 écailles 
autour du milieu du coi-ps) ; Dahomey : Agouagon , 3 individus ( 34 , 36 et 
38 écailles autour du milieu du corps) [Bouel] ; Niger : Gao, i individu 
[de Gironcourt]. 

Malgré la grande divergence du nombre des rangs d'écaillés, je n'ai 
aucun doute sur l'identité spécifique de tous ces exemplaires, en raison 
de leur faciès , de la longueur de leurs membres et de leur coloration , si 
caractéristique chez M. quinquetaeniatu. Chez les individus du Niger, les 
squames plantaires sont plus fortement épineuses et les lamelles infra- 
digitales plus fortement carénées que chez ceux du Dahomey. 

Mahuia breviparietalis, sp. nov. — Museau court, obtus : région 
nasale obUque. Narines s'ouvrant presque verticalement vers le haut, per- 
cées très en ari'ière de la suture entre la roslrale et la i" labiale supé- 
rieure. Supra -nasales presque linéaires, formant 

une courte suture entre elles, en arrière de la ros- i^chuta breviparietalis, 
traie. Fronto-nasale transversalement rhomboïdale, ^' 

presque deux fois aussi large que longue, large- 
ment séparée de la frontale par les préfrontales 
formant entre elles une longue suture. Frontale 
beaucoup plus courte que les fronto-pariétales et 
l'interpariétale prises ensemble, en contact avec 
la 3° et la 3" supra-oculaire. Quatre grandes supra- 
oculaires suivies d'une 5" très petite ; la 9° la plus 
grande. Six supra-ciliaires ; les 3 dernières plus 
longues que les premières. Fronto-pariétales dis- 
tinctes. Interpariétale très grande, sa longueur pj„^ 5 
égalant presque une fois et un tiers celle des fronto- 
pariétales. Pariétales très courtes, complètement séparées l'une de l'autre 
par l'interpariétale qui les déborde en arrière d'au moins un quart de 
sa longueur. Pas de nuchale. Une post-nasale en contact avec la i" et la 
9° labiale supérieure. Première loréale en contact avec la a" labiale supé- 
rieure; 2" loréale en contact avec la 3" labiale supérieure. Ces a loréaJes 
suivies de a écailles plus petites , dont la i " est en contact avec la 3° et 
la 4" labiale supérieure, et la a" en contact avec la 4" labiale et l'infra- 
oculaire. Sept labiales supérieures, dont 4 en avant de l'infra-oculaire; 
celle-ci nullement rétrécie à sa partie inférieure, bordant largement la 




— 96 — 

lèvre; la 6' labiale supérieure sous l'orbite. Paupière inférieure avec un 
p,rand disque transparent. Orifice auriculaire en oval oblique; son diamètre 
vertical à peine plus court que le diamètre longitudinal du disque trans- 
parent de la paupière ; son bord antérieur avec 3 lobules arrondis , larges 
mais assez courts. Environ 36 écailles ''' autour du milieu du corps; les 
dorsales faiblement mais nettement tri-carénées. Membres bien développés ; 
les antérieurs atteignent environ le milieu de l'œil; les postérieures 
atteignent le milieu de l'avant-bras ou l'épaule'^'. Ecailles palmaires et 
plantaires très fortement carénées, ainsi que les infra-digitales, qui sont en 
outre prolongées en longues pointes formant, sous les doigts et les orteils, 
une forte denticulation. 

Dessus du museau d'un brun jaunâtre clair; le reste du dessus du corps 
d'un brun grisâtre, plus foncé sur le dos, teinté par endroits de bleu 
verdâtre. De chaque côté, une bande brun foncé partant de la narine et 
s'étendant jusqu'à l'extrémité de la queue en passant par l'œil, le dessus 
de l'oreille, le dessus de l'épaule et l'aine, mal définie en bas, nettement 
limitée en haut par une ligne claire. Dessus des 4 membres du même 
brun foncé. Les flancs, au-dessous de la bande brune, d'un gris bleuâtre. 
Lèvres supérieures et tout le dessous du corps, des 6 membres et de la 
queue, blancs. 

MILLIMÈTRES. 

Longueur totale 69.0 

Longueur de la tête 8,0 

Largeur de la tête 5,o 

Distance de l'extrémité du museau à l'anus 98,0 

Longueur des membres antérieurs 8,5 

Longueur des membres postérieurs 1 1,.5 

Voisine de M. tessellata Andersou^'\ décrite d'Abyssinie, dont elle dif- 
fère par la frontale plus courte, par l'interpariétale très grande et sépa- 
rant complètement les pariétales qui sont très réduites, par l'absence de 
nuchales, par ses membres probablement plus courts et par la colora- 
lion toute diffiérente, et qui au contraire rappelle celle de M. hrevicoUis 
Wiegm. 

M. breviparietalis serait donc intermédiaire entre M. tessellata et M. hrevi- 
coUis, si, chez cette dernière espèce, les écailles plantaires et les lamelles 
infra-digitales sont réellement carénées, comme l'aflirme Sternfeld'*'. 

Ainsi que je l'ai écrit plus haut, l'unique exemplaire, qui est jeune. 



(') Le mauvais état du type unique ne me permet pas de préciser davantage. 

(^) Même observation que pour le nombre des écailles. 

(*' Pivceedings of the Zoohgical Societi/ of London , i895,p. 6^9. 

(*) Sitzungsberichte der Gesellschaft Naturforschender Freunde in Berlin, 1911, 

2/18. 



— 97 — 

est en assez mauvais état. 11 a subi uu commencement de dessiccation qui 
ne m'a pas permis d'étendre complètement ses membres; en outre, la 
]>eau du ventre a été fendue dans toute sa longueur. C'est pourquoi j'ai 
du réserver mes affirmations au sujet de quelques-uns de ses caractères. 

Sénégal : Koldé, i jeune [Bouetj. 

Type, Collection du Muséum de Paris. 



Lygosoma (Liolepisma) digitatum, sp. nov. — Faciès lacerti- 
forme. Distance entre l'extrémité du museau et l'épaule comprise une fois 
et demie dans la distance entre l'articulation des membres antérieurs et 
l'aine. Museau court, obtusément arrondi; sa longueur égale à une fois 
el un quart le diamètre longitudinal de l'œil , égale à la distance du bord 
postéi'ieui- de l'œil au centre de l'orilice auriculaire. Pas de supra-nasales. 

Lygosoma [Liolepisma) digitatum, sp. uov. 





FIg. 6. 



Fig. 7. 



Suture entre la rostrale et la naso-frénale égale à un peu plus de la moitié 
de la largeur de la frontale (en avant). Naso-frontale plus large que longue, 
étroitement en contact avec la frontale. Frontale un peu plus courte que 
les fronto-pariétales et les pariétales prises ensemble , en contact avec les 
9 premières supra-oculaires, k grandes supra-oculaires ; la 2' la plus large. 
6 supra-ciliaires. Fronto-pariétales distinctes, plus longues que l'inter- 
pariétale. Pariétales formant suture en arrière de l'interpariétale. Une paire 
de grandes nuchales, chacune de la largeur de 3 rangs d'écaillés. Une 
paire de supra-temporales, chacune de la largeur de 9 rangs d'écaillés. 
Narine percée dans une nasale entière, en contact avec la 1" labiale. 
2 loréales; la 1" en contact avec la 2° labiale; la 2' en contact avec la 3* la- 



— 08 — 

liialn. Une prëoculaire en contact avec la 3' labiale el une petite écaille, 
elle-même en contact avec l'infra-ociilaire. 3 labiales supérieures avant 
l'infra-oculaire; celle-ci non rétrécie à sa partie inférieure, bordant large- 
ment la lèvre. La h° labiale supérieure sous l'orbite, en arrière de l'infra- 
oculaire. Paupière inférieure avec un disque transparent beaucoup plus 
petit que le globe de l'œil. Tempes avec un petit nombre de grandes 
écailles. Orifice auriculaire oval; son plus grand diamètre égal au diamètre 
du disque transparent de la paupière; son bord antérieur sans trace de 
lobules. 96 écailles autour du milieu du corps; toutes semblables entre 
elles, entièrement lisses. Préanales non élargies. Membres bien développés: 
l'extrémité des antérieurs atteignant la narine; l'extrémité des postérieurs 
atteignant la base des doigts. Lamelles infra-digitales lisses; 18 sous le 
4" doigt; 96 sous le li' orteil. Queue assez grêle. 

Dessus d'une brun fauve uniforme, avec seulement quelques macules 
noirâtres à peine distinctes; flancs et le dessus de^ li membres d'un brun 
un peu plus clair, avec des macules blanchâtres peu distinctes sur les 
flancs, plus nettes sur les membres. Quelques macules blanchâtres sur 
les côtés du cou et du dos, au-dessus des épaules. Deux traits longitudinaux 
derrière l'œil, quelques taches sur les lèvres, les tempes, les côtés de l'ab- 
domen et le dessous de la queue, oii elles sont plus nombreuses et mieux 
marquées, d'un brun noirâtre. Lèvres et tout le dessous de la tête, du 
corps, des h membres et de la queue, d'un jaune verdâtre clair. 

MILLIMÈTRES. 

Longueur totale 1 98,0 

Distance de l'extrémité du museau au bord postérieur de 

l'oreille 1 2,0 

Largeur de la tête 8,5 

Distance de l'extrémité du museau à lanus 69,6 

Longueur des membres antérieurs 1 6,8 

Longueur des membres postérieurs 22,0 

Longueur de la queue 63,5 

Cette belle espèce est remarquable, entre toutes les Liolepisma africaines, 
par son faciès lacertiforme , dû au grand développement de ses pattes ainsi 
qu'à sa queue grêle, par le petit nombre (3 seulement) de ses labiales 
supérieures en avant de l'infra-oculaire et par le grand nombre de ses 
lamelles infra-digitales. 

Congo : Lambaréné, 1 individu [EHenberger]. 

Type, Collection du Muséum de Paris. 

Lygosoma (Liolepisma) auricillatum. — Membres bien développés, 
pentadactyles. Distance entre l'extrémité du museau et l'épaule comprise 
une fois et demie dans la distance entre l'articulation des membres anté- 



— 99 — 

lioiiis et l'aine. Museau ronrl, oblus«Wiient aiTontli; sa lonfjueur à peine 
plus grande que le diamèlre longitudinal de l'œil, égale à la dislance du 
bord postérieur de l'œil au centre de i'oriiice auriculaire. Pas de supra- 
nasale. Suture entre la rosfrale et la naso-frénale un peu plus longue que 
la moitié de la largeur de la frontale (en avant). Naso-frénale brièvement 
en contact avec la frontale. Préfrontales bien développées. Frontale en 
contact avec les 9 premières supra-oculaires, sa longueur égale à celle des 
fronto-pariétales et de l'interpariétale prises ensemble. Quatre grandes 
supra-oculaires, suivies d'une 5° très petite; la 9° la plus large. Sept supra- 
ciliaires. Fronto-pariélales distinctes, beaucoup plus longues que l'inter- 
pariétale. Pariétales formant sulure en arrière de l'interpariétale. Une 
paire de nuchales; chacune d'elles de la largeur de 2 rangs d'écaillés et 
séparée d'une grande supra-temporale par une écaille. Narine percée dans 
une nasale semi-divisée ; la fente s'étendant de la rostrale à l'ouverture de 

Lygosoma (Liolepisma) (turiclllaluui , sp. nov. 





Fig. 8. Fig. 9. 

la narine. Oeil grand, à paupière inférieure avec un disque transparent 
piesque aussi grand que le globe oculaire. Quatre labiales supérieures en 
avant de l'infra-oculaire; la 1" en contact avec la nasale; la 3° en contact 
avec les 9 loréales; la 3' en contact avec la préoculaire; la 6" en contact 
avec la petite écaille située entre la préoculaire et l'infra-oculaire. Infi-a- 
oculaire nullement rétrécie à sa partie inférieure, bordant largement la 
lèvre. Une 5' labiale sous l'orbite, en arrière de l'infra-oculaire. Tempes 
couvertes d'un petit nombre de grandes écailles. Orifice auriculaire un peu 
ovalaire; son diamètre vertical égal aux deux tiers du diamètre horizontal 
du disque transparent de la paupière; son bord antérieur avec 3 lobules 
larges, mais courts; tympan peu enfoncé. 34 écailles autour du milieu du 
corps , entièi-ement lisses ; les ventrales un peu plus gi-andes que les dor- 
sales; préanales faiblement élargies. L'extrémité des membres antérieurs 
atteint le centre de l'œil; l'extrémité des membres postérieurs atteint le 
poignet. 10 lamelles infra-digitales sous le h" doigt; la sous le /»' orteil. 
Queue peu épaisse à sa base. 



— 100 — 

Dessus d'un brun olivâtre foncé, avec sur le dos deux lignes longi- 
tudinales noirâtres peu distinctes, interrompues par des taches d'un blanc 
bleuâtre également peu distinctes, une bande noirâtre mal définie sur 
les côtés du cou et sur les flancs , limitée en dessus par une ligne blan- 
châtre, distincte seulement au niveau des épaules; une bande étroite, bien 
marquée, d'un blanc bleuâtre, s'étendanl depuis le bord postérieur de 
l'œil et le travers de l'oreille, le long des flancs et des côtés de la queue; 
cette bande claire assez finement bordée en-dessous de brun noirâtre. 
Dessus des quatre membres d'un brunâtre clair, avec des taches d'un blanc 
bleuâtre. Tous les doigts annelés de brun et de blanc. Moitié inférieure 
des yeux et tout le tour de la bouche d'un blanc jaunâtre. Tout le dessous 
de la bouche, du corps, des membres et de la queue du même blanc 
jaunâtre, mais plus clair et à reflets bleus sous la gorge et l'abdomen. 

MILLIMÈTRES. 

Longueur totale ''' 63, o 

Distance de l'extrémité du museau au bord postérieur de 

ToreiHe 7,0 

Largeur de la tête 5,5 

Distance de l'extrémité du museau à l'anus 3 1 ,0 

Longueur des membres antérieurs 8,0 

Longueur des membres postérieurs 1 1,0 

Longueur de la queue (?) 82,0 

Cette espèce se distingue entre toutes les Lygosomu africaines par sa 
nasale semi-divisée et surtout par la structure toute particulière de son 
oreille à bord antérieur pourvu de lobules et à tympan presque super- 
ficiel. 

Indépendamment de ces deux caractères , qui font de L. aiiricillatum 
une exception remarquable dans le sous-genre Liolepisnta, cette nouvelle 
espèce présente quelque analogie avec L. Buchneri F\: Werner '^' : chez 
l'une et l'autre de ces deux espèces, le museau est coui-t, le nombre des 
écailles est à peu près semblable (36 chez L. Buchneri, 3/i chez L. auricil- 
lalum), ainsi que le nombre des lamelles infra-digitales; la coloration est 
aussi à peu près la même. 

Congo : Lambaréné, 1 individu [Elienberger]. 

Type, Collection du Muséum de Paris. 

*Ly60soma (Riopa) guineense Peters. — Dahomey : Agouagon, 5 indi- 
vidus [Bouet]; Dahomey, 1 individu [Waterlotj. 

(') Queue régénérée à son extrémité. 

('^ Jahreshefle des Vereins fur vnterlandische Naturkunde in Wurtiemberg , LXV 
[1909], p. 6a. 



— 101 — 

Lygosoma (Riopa) dahomeyense , sp. nov. — Corps allonge, à sec- 
tion transversale subqtiadrangulaire. Membres modérément longs, penta- 
dactyles. Dislance de l'extrémité du museau aux épaules comprise une fois 
et un tiers dans la distance qui sépare l'articulation des membres antérieurs 
de Faine. Museau assez court, arrondi. Paupières inférieures avec un disque 
transparent. Supra-nasales petites. Rostrale largement en contact avec la 
frouto-nasale ; la suture entre ces deux plaques égale à la moitié de la lar- 
geur de la frontale. Fronto-nasale plus large que longue, élioitement 
(parfois angulaircmenl) en contact avec la frontale. Frontale beaucou[) 
plus courte que les fronto-pariétales et les pariétales prises ensemble, en 
contact avec les deux premières supra-oculaires. Cinq supra-oculaires; les 
a premières un peu plus larges que les deux suivantes; la 5° beaucoup 

Lygosoma (Riopa) dahomeyense, sp. nov. 





Fig. 



10. 



Fig. 



11. 



[)lus petite. Sept supra-ciliaires à peu près égales entre elles, Fronto- 
pariétales et interpariétale distinctes : celle-ci plus courte que les précé- 
dentes. Pariétales largement en contact derrière l'interpariétale. Une paire 
de nuchales de la largeur de 3 rangs d'écaillés et une paire de supra-tem- 
porales de la largeur de 2 rangs d'écaillés, h" labiale supérieure élargie, 
bordant l'œil , ainsi que la 6°, mais cette dernière séparée de l'orbite par 
un rang de petites écailles. Orifice amiculaire petit, rond ou verticale- 
ment ovalaire; son bord antérieur garni de très petits lobules arrondis, 
au nombre de i à h. Tempes avec 2 ou 3 grandes écailles. 28, 3o on 
32 écailles autour du milieu du corps, celles des flancs un peu plus 
petites , toutes les autres semblables entie elles, parfaitement lisses; anales 
non ou à peine élargies. Extrémité des orteils atteignant le poignet. Doigts 
et orteils comprimés latéralement; le 1" orteil très court; le 4" plus long 
que le 3". Lamelles subdigitales très faiblement bi-carénées; 12 ou i3 sous 
le h" orteil. 



— 102 — 

D'un bi'un roussâlre en dessus, avec une bande allant de la narine 
à IVf'il ot plus ou moins nettement ou brièvement prolongée en arrière de 
1 d'il, quelques macules sur les lèvres et les (empes. et des petites taches 
en forme de traits longitudinaux sur la nuque et le dos, noirâtres. Ecailles 
des flancs et de la partie supérieure des membres plus ou moins largement 
mai-quées de blanchâtre sur leur milieu; tous les doigts annelés de blanc 
et de brun noir. Tout le dessous d'un blanc verdâtre ou carné. 

Dimensions de deux des plus grands exemplaires : 



MILLIWBTHBS 



Longueur totale 129,0 i35,o 

Longueur de la tête (prise du museau au bord 

postérieur de i'oreiile) 10,0 10, 5 

Largeur de ia tête 7,5 7,5 

Longueur du corps (prise du museau à l'anus). . 45, o 46,o 

Longueur de la queue '. . 8Zi,o 89,0 

Longueur des membres antérieurs 12,0 ia,5 

Longueur des membres postériem's 17,0 iG,3 

Diamètre du milieu du corps 8,5 8,5 

Cette nouvelle espèce ne se distingue de L. togoense Wenier <*' que par 
un seul caractère : chez l'espèce de Werner, la paupière inférieure serait 
entièrement écailleuse ( « Unteres Augenlid schuppig n) , tandis qu'elle est 
munie, chez X. dahomeyense , d'un disque transparent. A part cette diflfé- 
rence et un très léger écart dans le rapport de la distance entre l'extrémité 
du museau et l'épaule, et de la distance entre l'aisselle et l'aine ^*^ la 
concordance entre les caractères de ces deux espèces est telle, que je me 
demande si l'indication donnée par Werner au sujet de ia structiu-e de 
la paupière de L. togoense n'est pas erronée. Il se pourrait encore que la 
description du tyi)e unique de L. togoense ait été faite d'après un individu 
monstrueux, spécifiquement identique aux exemplaires qui m'ont servi à 
établii" la diagnose de L. dahomeyense. 

L. dahomeyense est également voisine de L. Kitsoni Boul.'^'. décrite de la 
province occidentale du sud de la Nigeria , dont elle se distingue aussi par 
la structure de la paupière qui est dépourvue, chez L. Kitsoni, de disque 
transparent. Il y a en outre , chez cette même espèce , d'autres caractères 
ditférentiels : les supraciliaires sont au nombre de 8 ; les membres sont 

(1) VerhaïuUungen der k. k. zoohaischbotanischen Gesellscliajl in Wien, LU 
[1903], p. 337. 

<-) La distance entre le museau et l'épaule est conlenne une fois et demie 
dans la dislance de faisselle à l'aine chez L. lugoenne, une fois et im tiers ctiez 
L. dalioiiieyense. 

W Annals and Magazine of Nulural Hislory, (8), Xll [1913], p. 505. 



— lOH — 

plus courts, les posléiieuis n'ai'iiv;in( pas cii coriLact avec les antérieurs: 
il n'y a que ii lamelles sub-digitales sous le Ix' orteil; il existe enfin une 
bande brun foncé, le long des lianes, (pii fait complètement défaut chez 
L. duhomeijcnse. 

Ces trois espèces, L. iogocnse ^^ erner. kilsoitt Houl. et dahomeyensc , sont 
jiis<[u"ici, à ma connaissance du moins, les seules (pii icprésenlent, en 
A bique occidentale, les lliupa à suj)ra-nasales très petites. L. (lahoineyeuse 
se distingue des deux autres par le disque transparent de ses paupières 
inférieures. 

Dahomey : Agouagon, 7 individus [Bouet]. 

Types, Collection du Muséum de Paris. 

*LyG0S0MA (Riopa) anchietae Bocage. — Haut-Zambèze, 1 individu 
[Ellenberger]. 

ParaI;»g;osoma. generis Lijgosoma subgenus novum. — Membres 
courts, pentadactyles. Paupière inférieure couverte d'écaillés , sans disque 
transparent. Orifice auriculaire assez petit. Supra-nasales bien développées. 
Préfi'ontales petites , largement séparées Tune de l'autre. Frontale à peine 
plus large que chacune des régions supra-orbitaires. 



Lygosoioa ( Paralygosoma ) Monneti, sp. nov. — Museau court, 
obtusémenl arrondi, non déprimé en dessus, sans canthus rostral; sa lon- 
gueur égaie à une fois et demie le diamètre longitudinal de l'orbite, égale à 

Lygosonia (Paralygosoma) Monneli, sp. nov. 





Fig. 12. 



Fig. i3. 



la distance du boi-d postérieur de l'orbite au bord antérieur de l'orifice auri- 
culaire. Angle postéro-supérieur de la rostrale largement arrondi. Supra-na- 
sales grandes , formant suture en arrière de la rostrale. Naso-frénale deux fois 
aussi large que longue, largement en contact avec la frontale. Préfroutales 
[letites , pentagonales. Frontale à peine plus large que chacune des régions 



— loa — 

supra-orbitaires, deux fois aussi longue que large eu sou milieu, beau- 
coup plus longue cpie les fronto-pariétales et les pariétales prises ensemble, 
en contact avec les 2 premières supra-oculaires, li grandes supra-oculaires , 
suivies d'une 5* très petite. 6 supra-ciliaires. Fronto-pariétales distinctes, 
assez petites. Interpariétale plus courte que les fronto-pariétales. Pariétales 
formant suture en arrière de l'iuterpariétale. Pas de nuchales ni de supra- 
temporales distinctes. Narine percée entre 2 nasales à peu près semblables 
l'une à l'autre, et la 1" labiale supérieure. Deux loréales; la 1" en contact 
avec la 1" et la 2' labiale; la 2' en contact avec la 2' et la 3' labiale; une 
petite préoculaire en contact avec la 3' labiale et avec une petite écaille en 
contact avec la h' labiale et i'infra-oculaire. Quatre labiales supérieures 
en avant de I'infra-oculaire. Celle-ci non rétrécie à sa partie inférieui-e, 
bordant largement la lèvre et suivie de 2 labiales distinctes, dont la 1" 
(la 5') placée sous l'orbite. Symphysiale grande. 1 mentonnière. 2 paires 
de gulaires; celles de la 1" paire formant suture entre elles; celles de ia 
2" paire séparées l'une de l'autre par une écaille. 28 écailles autour du 
milieu du corps; celles des flancs un peu plus petites; dorsales avec 3 ou 
5 carènes peu distinctes en avant du corps , assez fortes en arrière et sur la 
(pieue; ventrales lisses; anales non élargies. 7 lamelles infra-digitales sous 
le h' doigt ; 1 2 sous le k' orteil. Queue épaisse. 

Entièrement d'un brun rougeâtre uniforme, plus clair en dessous. 

MILLIMÈTIIER. 

Distance de l'extrémité du museau à l'anus 67,0 

Distance de l'extrémité du museau à l'épaule 19,0 

Distance de l'articuiation des membres antérieurs à 

l'aine 89,0 

Longueur de la tête 1 0,0 

Largeur de ia tête 7'*^ 

Longueur des membres antérieurs 10,0 

Longueur des membres postérieurs 1 5iO 

Queue incomplète. 

Cette desciiption est faite d'après un individu dessécbé, circonstance 
qui ne m'a pas permis d'indiquer d'une façon précise le nombre de ses 
supraciliaires, que je n'ai pu voir nettement. Pour le même motif, les 
dimensions, sauf celles de la tête et des 4 membres, ne sont indiquées que 
d'une façon approximative. 

Haute-Guinée française, 1 individu [Martial Monnet]. 

SciNcus FAsciATLS Pelers. — Niger : Tombouctou [Bouetj. 

*Scmcus MUSCATENSis Murray. — Niger : Tombouctou (très commun). 
3 individus [Bouet]. 



— 105 — 

Feylikia Currori Gray. — Congo, i individu [ Fourneau] . 

Chamaeleon gracilis Haliow. — Côte de l'Ivoire, a individus [ Che- 
valier ]. 

Chamaeleon Owem Gray. — Congo : Lambaréné, 2 d* [Ellenberger], 
Brazzaville, 1 c? [Modest]. 

CHÉLONIENS. 

Glemmys leprosa Scliw. — Dahomey : Porlo-Novo, -2 individus 
[Walerlot]. 



McsÉtM. — XXIII. 



— t06 — 



Les Arches de la Meb Rouge 
{d'âprès les matésiadx recueillis par m. le D' Jousseaume) 

(Fin), 

PAR M. Ed. Lamy. 



Arca (Anadara) antiquata Linné. 

Chez \Arca antiquata Linné (1768, Sijsl. Nat. , éd.X., p. 69Û), auquel 
Hanley ( i855 , Ipsa Linnœi Conclu, p. 98 , pi. IV, fig. 3) et M. E.-A. Smith 
(1891, Shells Aden, P. Z. S. L., p. 43i) ont identitié avec raison \A. 
maculosa Reeve ( 1 Sklt , Conch. Icon. , Arca, pi. IV, fig. ai) , l'absence d'in- 
cisures rhomboïdales sur l'aréa cardinale est caractéristique. 

D'autre part, le véritable Arca scapha de Meuschen (1781, Zoophjl. 
Gronov., fasc. III, p. 5 et p. 97^, pi. XVIII, lig. i3) est également une 
espèce pour laquelle cet auteur signale expressément l'absence d'incisures 
sur l'aréa ligamentaire. 

Ainsi que M. Smith en admettait la possibilité, l'examen d'une série uu 
peu nombreuse de spécimens montre que Y A. antiqnata et 1*^4. scapha doi- 
vent être réunis , car les caractères sur lesquels on a voulu séparer ces 
deux formes, à savoir le nombre des côtes (3o-36) et l'importance du ou 
des sillons existant sur les côtes antérieures, sont des plus variables <''. 

Cependant, étant donnée l'extrême mutabilité de la grande espèce 
ainsi constituée , on peut convenir de réserver pins spécialement le nom 
d'i. antiquata L. (= maculosa Rve) aux coquilles dont les côtes sont munies 
de tubercules et chez qui les antérieures sont divisées en général par un 
seul sillon particulièrement net. 

Comme le fait remarquer M. le D"" Jousseaume dans ses notes, rrc'est 
une des espèces les plus abondantes dans la Mer Rouge : aussi observe-t-on 
de nombreuses variétés : j'ai trouvé des individus avec 80 millimètres de 
longueur sur 65 seulement de hauteur et d'autres qui n'ont que 70 milli- 
mètres de long sur /io de haut; il en est également dont toutes les côtes 

'') Sous le nom A'Anomalocardia transversalis , H. Adams (1872, P. Z. S. L., 
p. 11, pi. 111, fi{r. 16) a signalé de la Mer Rouge une coquille qui, comme lo 
prouve la figure donnée par lui, n'est qu'un jeune spécimen d'.4. scapha, ainsi 
que le dit A. H. Cookc (1886, Ann. Mag. iV«(. Hisl., b' s., XVlli, p. 95), ou 
plutôt d'/l. antiquata. 



— 107 — 

sont divisées en deux par un sillon longiUulinal , alors que chez d'autres 
cette division n'existe que sur les côtes de l'extrémité antérieures. 

ffHab. — Massaouah, Souakim , Djibouti , Obock, Aden.« 

A. (Anadara) antiquata Linné var. crenata Reeve. 

VA. crenata Reeve (i 844 , Conch. Icon. , pi. VIII , fig. 5 1) est une coquille 
qui, reconnaissable surtout à son contour subquadrangulaire et à ses côtes 
noduleuses, est évidemment aussi une Arche très voisine de XA. antiquata: 
c'est donc avec raison que M. leD' Jousseaume dit: rr Cette espèce, quoique 
bien caractérisée par sa forme et les granulations de ses côtes qui ne sont 
pas divisées , n'est peut-être qu'une variété de la précédente, vivant dans 
une localité peu favorable à son développement, n 

rfHab. — Massaouah, Djibouti, Adenn ''\ 

A. (Anadara) scapha Meuschen, 

Sous le nom d'-4. scapha Meuschen, mais comme correspondant égale- 
ment plutôt à une variété qu'à une espèce, on peut désigner, d'autre part, 
les coquilles dont les côtes aplaties montrent une réticulation très délicate 
due à ce que chaque côte, étant divisée par un trait fin longitudinal mé- 
dian, souvent accompagné de deux latéraux, est ainsi partagée en quaire 
costules, coupées elles-mêmes transversalement par les stries d'accroisse- 
ment fines et serrées. 

Ici encore la forme est très variable, et je réserve plus particulièrement 
le nom de scapha aux spécimens qui, correspondant à la figure donnée par 
Hanley ( i855, Ipsa Linnmi Conch., p. 94, pi. I, fig. 4), ont une coquille 
obliquement quadrangulaire presque aussi haute que longue, légèrement 
auriculée aux extrémités du bord cardinal , renflée en avant et amincie en 
arrière, où le côté postérieur présente supérieurement une très légère en- 
coche et inférieurement une expansion rostriforme; l'aréa cardinale losan- 
gique est allongée surtout en arrière des crochets, et elle est couverte d'un 
ligament qui laisse autour de lui un limbe libre. 

ffHab. — Mer Rouge : rare.» 

'•' On Ht dans les notes de M. le D' Jousseaume : ff J'ai trouvé à Djibouti plu- 
sieurs exemplaires d'une forme qui est, je crois, identique à l'espèce figurée par 
Reeve (i8/i'i, Concli.kon, pi. IX, fig. (ji) sous le nom d'^l. crehricoslaia ; cepen- 
dant, avant de lui assigner la Mer Rouge comme localité, l'on devra s'assurer si 
je n'ai pas fait une erreur de détermination.?) Dans sa collection, je n'ai trouvé 
aucune coquille étiquetée de ce nom, et, d'autre part, nul spécimen ne peut y 
èlrc rapporte à cette Arche, caractérisée par le grand nombre (/i3 ou kl\) de ses 
côtes. 

8. 



— 108 — 



A. (Anadara) scapha Meuschen var. Hankeyana Reeve. 

A côté de ces formes, on en trouve d'autres qui sont très lourdes, ovales, 
beaucoup plus longues que hautes, excessivement renfloes tant en avant 
qu'en anipre ; leurs valves, fort épaisses et offrant une teinte rongeàtre, 
sont ornées de côtes fasciculées, dont le nombre des costules s'élève jusqu'à 
six ou sept, et leurs crochets sont séparés par une large aréa plutôt ellip- 
tique , où l'on observe des sillons longitudinaux pour l'insertion du liga- 
ment particulièrement nets, mais ne se réunissant jamais pour former des 
losanges. C'est évidemment parmi ces formes épaisses, gibheuses, à côtes 
multiradiées, que vient se placer l'i^. Hanlccyana Reeve (186A, Conch. 
Icon., pi. X, fig. 68), et, pour cette raison, ce nom peut servir à les dési- 
gner; mais tout au plus constituent-elles une variété, car on trouve toutes 
les transitions entre elles et les précédentes, ces deux types i-eprésenlant 
des cas extrêmes. 

D'après le D' Jousseaume, ff cette espèce est intermédiaire entre ri4. scnpha 
Gmelin, qui est très longue, et VA. uropigimelana Bory, qui est courte". 

ffHab. — Djibouti, Adeu.i 

A. (Anadara) dropygmelam Bory de Saint- Vincent. 

VArca uropygmelana Bory de Saint- Vincent [uropigimelana^ (182/1, 
Encycl. Méthod., Vers, VII, p. i56,p. 807, fig. 2), dont Môrch(i859, 
Cat. Conch. Yoldi, fasc. II, p. /ii ) a fait synonyme VA. holosericea Reeve 
(i8/i4, Conch. Icon., pi. II, p. 11), est une espèce qui rappelle énormé- 
ment 1'^. scapha Meusch. par sa coquille pourvue de 02 à 33 côtes et 
obliquement quadrangulairc, à côté postérieur présentant supérieurement 
une légère encoche et inférieurement une expansion rostriforme. Elle se 
différencie cependant par son épidémie velouté , par ses larges côtes plus 
lisses et notamment par l'aréa cardinale losangique qui, développée sur- 
tout en arrière des sommets chez VA. scapha, est au contraire, chez VA. 
uropygmelana, allongée en avant des crochets et plus courte, mais élargie 
en arrière d'eux : toutefois ce caractère manque de précision et certains 
échantillons ne peuvent être déterminés que d'une façon un peu problé- 
matique. 

M. le D' Jousseaume dit, dans ses notes : ff Cette espèce est de forme 
assez variable et je n'ai trouvé à Souakim qu'un seul spécimen se rappor- 
tant exactement à la figure de V Encyclopédie : on en observe un certain 
nombre intermédiaires entre l'individu figuré par Reeve sous le nom 
iVA. holosericea et celui représenté dans V Encyclopédie-^. 

ffHab. — Massaouah, Souakim, Djibouti, Obock, Aden. ») 



a 



109 — 



A. (Anadara) Ehrexbergi Dunker. 

J'ai montré en 1900 {Journ. de Conchjl, LI, p. SaS) que la forme qui 
etë représentée par Savigny, fig. 9 (1. 2, 3) de ia planche X des 
Mollusques de la Description de l'Egypte, et pour laquelle le D' P. Fischer 
(1871, Jourii.de Conchi/L, XIX, p. 21 3) avait proposé le nom d'J. Pha- 
raonis, n'est autre que Y A. Ehrenhergi Dunker (1868, Novit. ConcL, 
p. 116, pi. XXXMII. fig. 17-18). Cette synonymie est également admise, 
dans ses notes, par le D' Jousseaunie. 

Cet .1. Ehrenhergi est caractérisé par l'existence d'incisures plus ou 
moins iosangiques sur Taréa ligamentaire et par son ornementation con- 
sistant en 9^ à 29 côtes, non divisées par un sillon, larges, aplaties, cou- 
vertes de rides transversales très rapprochées, qui sont particulièrement 
développées sui" la valve gauche '''. 

rrHab. — Aden."^ 

M. le D' Jousseaunie signale aussi de Djibouti cette espèce , en ajoutant : 
crDans cette dernière localité, les individus sont plus couits et plus trapus 
que ceux d'Aden'i; dans sa collection, les exemplaires correspondant à cette 
indication me paraissent appai'tenir plutôt à une autre espèce, VA. claihraia 
Iieeve. 

D'autre part, dans ses notes, le D' Jousseaunie se demande si xMac 
Andi-ew (1870, Rep. Test. Moll. Suez, Ann. Mag. Nat. Hîst., k' s., VI, 
p. A/19), eu signalant de la Mer Rouge VA. rotiindicostata Reeve, rr n'aurait 
pas assimilé à cette espèce un individu (ÏA. E/ircnbergir, ; mais, d'après 
A.-H. Cooke [ 1 880 , Ann. Mag. Nat. Hist. , 5' s. , XVIII , p. 90 )cetA. rolundi- 
costata est également synonyme d'.4. clathrata Rve. 

A. (Anadara) clathrata Reeve. 

Cette espèce, que Reeve (i8/i 4, Conch. Icon., pi. VII, lig. fiS) plaçait 
dans le voisinage de VA. Beshaijesi Hanley, s'en rapproche effectivement 
par l'existence de sillons Iosangiques sur laréa ligamentaire. 

Cet A. clathrata, orné de 26 à 28 côtes crénelées, étroites, saillantes, 

"' La coquille de la Mer Rouge repre'sentée par Savigny dans la figure 8 de sa 
planche X a été déterminée par Audouin (1827, Expl. somm. planches Moll., 
Descr. Egypte, t. XXII, p. 2o3) et par Issel (1869, ^Mac- ^lar Rosso, p. 88 et 
p. 257) comme un Arca annculata Lamarck ; mais M. le D' Jousseaunie fait celte 
remarque : rJe n'ai pas trouvé celle espèce figurée par Savigny : aussi ne suis-je 
pas certain de sa détermination. ^ Moi non plus, dans aucune collection, je n'ai 
vu une coquille provenant aulhentiquemenl de la Mer Rouge ou de l'Océan 
Indien qui pût être assimilée à l'espèce de Lamarck. 



— 110 — 

a en général un contour subquadrangulaire; cependant, dans le jeune âge, 
il offre souvent une forme ovale, allongée transversalement, et i-essemble 
alors beaucoup à VA. radiata Reeve (i84/i, loc. cit., pi. VI, lig. Ao), espèce 
à laquelle il est, d'ailleurs, d'après M. E.-A. Smith (1891 , P. Z. 5. L., 
p. ASq), étroitement allié. 

Le Scapharca pygmœa H. Adaras (1872, P. Z. S. L., p. 11, pi. III, 
fig. i5) a été rattaché comme forme jeune à cet A. clathmta par A.-H. 
Cooke (1886, loc. cit., p. gi), qui a admis comme autre synonyme 
VA. rotundicostata Reeve (i8û^, loc. cit., fig, 46). 

ffHab. — Aden, Djibouti : rare, draguée dans cette dernière localité 
par 10 mètres de profondeur ^i (D' J.). 

A, (Anadara) erythr^ensis Jonas. 

VA. erythrœensis ionas mss. [erythrœonensis] ( i85i, Philippi, Zeîtschr. 
f. Malak., VIII, p. 5i) est considéré par le D' Kobelt (1891, Mari. u. 
Chetnn. Conch. Cab., 2° édit., Arca, p. i48, pi. 38, fig. 1-2) comme un 
très proche parent de VA. scapha Meusch. : il en diffère par ses valves bien 
nwins renflées, plus allongées et surtout par l'existence d'incisures sur 
l'aréa ligamentaire. 

D'autre paît, Dunker (1808-70, iVoD«<. CoHc/t,, p. 128, pi. io, fig. 6-8) 
a fait remarquer que cette forme rappelle par sa sculpture VA. seclicostala 
Reeve : elle s'eii distingue par sa coquille moins gibbeuse, rostrée posté- 
rieurement, et par l'étroitesse des intervalles séparant les côtes, qui sont 
au nombre d'une quarantaine et dont les antérieures sont bifides. 

Gomme le dit dans ses notes le D' Jousseaume, c'est à tort que ffDunker 
groupe celte espèce parmi les Barbatia, avec lesquelles elle n'a aucun 
rapportîi. 

ffHab. — Aden : Je n'ai trouvé que deux exemplaires de celte espèce^ 

(D'-J.)('). 

A. (Scapharca) natalensis Krauss. 

VA. nntalensis Krauss (1 848, Siidafrih: MolL, p. 17, pi. 1, fig. 12), 
considéré par le D' Kobelt (1891 , Conch. Cab., p. 199, pi. 34, fig. 1-2) 
comme une simple molification locale de VA. iumimmlvis Brugnière, 
se rapproche plutôt de VA. disparilis Reeve (i844, Conch. Icon., pi. IX, 
fig. 59) par la forme ovale et parle côté postérieur peu développé et plutôt 
tronqué, mais il a seulement 3o côtes au lieu de 36 ou 87. 

M. le D' Jonsseaume, dans ses notes, fait sur cette espèce les remar- 

(') Issel (1869, ^«'flc. Mav Rosso, p. aS^) signalo comme fossile des plages 
soulevées de la Mer Rouge VA. vellicata Reeve ( 18/1^ , Conch. Icon, pi. V, fig. 33) : 
le D' Jousseaume n'a recueilli aucune coquille pouvant être rapportée à celte espèce. 



— 111 — 

qiies suivanles : ffOn rencontre en assez grand nombre des spécimen, 
avec une teinte ferrugineuse; il en est également dont le test est très e'pais; 
mais le fait ie plus remarquable, c'est de trouver dans presque tous les 
individus adultes les sommets usés par le frottement : cette usure se produit 
par le contact des deux sommets, lorsque l'animal ouvre sa coquille, et 
elle entame souvent toute l'épaisseur du test, qui en cet endroit se trouve 
perforé d'une ouverture circulaire au bord mince''. 

LA. rufescens Reeve ( i844 , Conch. Icon., pi. VIII, fig. 53) a été signalé 
de la Mer Rouge par M. E. A. Smith (1891, Shells Aden, P. Z. S. L., 
p. /îSa). M. le D' Jousseaume dit à ce propos : cfll n'est pas douteux que 
notre savant collègue a pris pour un A. rufescens Rve la variété colorée de 
VA. natalensis; j'ai recueilli de cette dernière espèce un grand nombre d'in- 
dividus : tous sont très courts et n'ont que 3o côtes, alors que la forme 
figurée et décrite par Reeve en a près de ho; je n'ai rencontré aucune trace 
de celle-ci et il sera prudent , si l'on ne veut pas induire les malacologistes 
en erreur, de la retrancher de la faune de la Mer Rouge». 

ffHab. — Aden, Périm: très abondante à Aden sur la plage océanique.'? 

A. (Noetia) lateralis Reeve. 

Dans ses notes, M. le D' Jousseaume signale de Djibouti une Arche 
qu'il nomme Barbatiella barbatiella, en la considérant comme le type d'un 
nouveau genre , et qu'il décrit ainsi : 

n Testa parva, oblique ovala, œquivalvis, valde ineequilateralis , alba , ra- 
diatim costata et slriata, striis concentrtcis decussata, anttce breinssime rotun- 
data , postice lata, compressa, ^roducta, descendens ; margo cardinalis reclus ; 
unbones proîninuli , subangulati, approximati ; area ligamenti angiista ; carda 
lateraliter latior, dentibus gracillibus utrhique obliquis munitus; testa intus 
alba, admarginem denticulata. 

ffDimens. : long. 17 , haut. 11, épaiss. 9 millimètres. 

ff Coquille petite, blanche, irrégulièrement ovale, dont l'extrémité pos- 
térieure, très large et descendante, est beaucoup plus longue que l'anté- 
rieure, qui est petite, déprimée, arrondie et anguleuse à l'endroit où elle 
se réunit au bord supérieur. A la surface s'irradient, à partir du sommet, 
de nombreuses petites côtes granuleuses , découpées par des stries concen- 
triques. Les côtes, régulières dans les deux tiers antérieurs de la coquille, 
sont séparées par des sillons au fond desquels s'élève une côte intermé- 
diaire beaucoup plus petite, mais très apparente près des bords. Sur l'ex- 
trémité postérieure , quelques-unes de ces côtes s'unissent par deux et for- 
ment trois à quatre côtes bifides, plus larges et plus saillantes, séparées 
par une côte intermédiaire. L'épitest d'un brun jaunâtre est lamelleux eu 
avant et légèrement hispide en arrière. Les sommets, qui dépassent la 



— 112 — 

ligne droite formée par le bord cardinal , sont saillants et anguleux surtout 
en arrière. L'arëa ligamentaire qui les sépare est assez longue , étroite et 
creusée en fente , au fond de laquelle on aperçoit l'extrémité des dents de la 
charnière; cette fente est recouverte par le ligament dans sa moitié anté- 
rieure. Le bord inférieur de la coquille , à peine bâillant et un peu déprimé 
au milieu , s'unit au bord postérieur en formant une extrémité saillante et 
arrondie. L'intérieur des valves est blanc et à bords dentés : ces denticula- 
tions , qui forment sur le bord inférieur et antérieur une fine crénelure 
obsolète, sont plus larges et plus saillantes sur le bord postérieur. L'im- 
pression musculaire antérieure est triangulaire et un peu plus petite que la 
postérieure, dont la forme est ovale. Le bord cardinal est armé de dents 
fines , plus serrées au centre : leurs interstices se prolongent en dehors sur 
toute la largeur de l'aréa ligamentaire qu'ils divisent par des stries trans- 
versales. 

ffJe n'ai recueilli que quatre individus de cette espèce qui me paraît 
former un groupe bien distinct, daus lequel viennent se placer Arca lale- 
ralis Reeve, Barbatia venusta Dunker, Arca Koreni Danielssen, Arca pro- 
fundîcola Y erriW.n 

L'examen de ces types du Barbatiella barbatiella Jouss. me permet de 
conclure que cette espèce n'est pas seulement voisine de deux des espèces 
citées par le D' Jousseaume : elle est complètement identique à VA. venusta 
Dunker (1869, Zeitschr. f. Malalc, IX, p. 09; 1868-70, iVow'?. Conch., 
p. 91, pi. 3i, fig. 1), qui lui-même est synonyme de 1'^. lateralis Reeve 
(186^, Conch. Icon., pi. XVII, fig. ii5). 

Cet A. lateralis Rve. , qui a été signalé du Natal, de Madagascar, de 
Zanzibar, du golfe Persique, de Ceylan, de Penang et des Philippines, doit 
être rangé dans le sous- genre Noetia Gray (1907, Lamy, l»evis. Arca Mus. 
Hist. Nat. Paris, Journal de Conchyl., LV, p. 3o3) '"'. 

ffHab. — Djibouti.» 

CvcvhhJEA. coNCAMERATA Martini. 

Celte coquille bien connue a été nonunée A^-ca concamerata par Martini 
(1777, Besch(ift. Berlin. Ges.Naturf. Fr., [II, p. 999, pi. VII, fig. i5-i6), 
Arca cucullata par Chemnitz (178A, Conch. Cab., YII, p. 174, pi. 53, 
fig. 5ii6-5^']), Arca cuculhis par Gme\'m{i']^o, Syst. Nat. , éd. XIII, p. 33 1 1) 
et Cucullœa auriculifera par Lamarck (1819, Anim. s. vert., VI, p. 34). 

tfHab. — Aden : trois individus morts dragués dans le port par 1 mètres 
de profondeur. fl (D' J.) 

'') VA. Koreni Dan. et Y A. projuiulicola Verr. appartiennent à un autre groupe, 
celui des Bathyarca Kobelt. 



— 113 — 



Notes sur des Rosacées d Extrême-Orieut , 

l'AR M. J. CaRDOT. 



II 

RosA MULTiFLORA Thunb. — Japon : Gliichibu , province de Musashi 
(Plantes du Japon, Exposition de 1889). Chine: Kouy-tcheou : environs 
de Kouy-yang, très commun, haies, cimetières, rochers aux bords des 
routes (Bodinier, 1898; n" 2268); Pin-fa (Cavalerie, 1909; n" 9833). 
Yunnan : envu-ons de Yunnan-sen, bords des routes, haies (Ducloux, 
1897; n" 9/i3). Hong-kong (Bon). 

Les fleurs, ge'néralement blanches, sont parfois rosées; tel est notam- 
ment le cas sur le n" 9^3 de Ducloux. Les folioles sont habituellement 
glabres , mais on trouve aussi des formes à folioles plus ou moins pubes- 
centes sur les deux faces, ou seulement en dessous. Le /?. multijlora est 
d'ailleurs une espèce des plus variables, mais dont la plupart des formes se 
reconnaissent facilement à leurs stipules pectinées. 

Il y a, dans l'Herbier du Muséum, une forme récoltée par M. Courant 
en Corée, aux environs de Séoul, qui est remarquable par ses folioles 
plus larges et plus arrondies à la base. 

Un échantillon fructifère, récolté par le P. Cavalerie dans les haies à 
Pin-fa, Kouy-tcheou (n" 3947), diffère du type par ses fruits notablement 
plus gros. Serait-ce une espèce différente? Les matériaux à ma disposition 
ne me permettent pas d'en décider. 

Var. cATHAYENSis Rchd. et Wils. — Su-tchuen oriental : Ky-min-sé près 
Tchen-keou, ait. 1,900 mètres (Fai-ges, 1899; n° io49). Formes à fleui-s 
tantôt simples, tantôt semi-pleines, i*osées ou rouges; sm* quelques fleurs 
de la forme à fleurs simples , les styles sont complètement libres. 

Le P. Ducloux a récolté en 190^, dans le Yunnan, aux environs de 
Yunnan-sen (n" 9 3o2), une forme se rapprochant de la var. cathayeiisis 
par le coloris et la grandeur des fleurs , mais s'en distinguant pai- sa pani- 
cule plus contractée, ombelliforme , par sa colonne stylaire un peu poilue, 
et par ses folioles plus arrondies à la base et fortement pubescentes en 
dessous. 



— lU — 

Var. MicROPHYLLA Fiaucli. el Sav. — Chiue : Kouy-lcheou : Gaa-chouen 
(Cavalerie, n° 3953). Corée : environs de Séoul (Courant); Syou-ouen 
(Faurie, 1906; n" 323); île Quelpaert (Faurie, 1907; n° iBGy). 

La plante du Kouy-tcheou a les pédoncules complètement glabres et 
lisses; celle de Corée les a plus ou moins glanduleux, mais également 
dépourvus de pubescence. 

La var. quelpaertensis Rehd. et Wils. , formée par la réunion des R. quel- 
paertensis et mokanensis de Léveillé, me paraît faire double emploi avec ia 
var. microphylla. 

Comme l'a fait remarquer Crépin [Bull. Soc. Bot. Belg., XVIII, p. 281), 
cette var. micrcyplnjlla est une forme très embarrassante. 11 est fort pos- 
sible que ce soit une production bybride naturelle du R. multijiora et du 
/?. Luciae. Elle se rapproche de celui-ci par l'aspect général des rameaux , 
les dimensions et la forme des folioles, mais elle en diffère par la pubes- 
cence habituelle des pédoncules , et par la colonne stylaire généralement 
glabre, très rarement un peu hérissée; les stipules sont plus profondément 
pectinées que dans le R. Luciae, mais souvent moins que dans le R. multiflora. 

Une autre forme du Japon , la var. calva Franch. et Sav. , ne diffère de 
la var. microphylla que par ses folioles plus grandes et complètement 
glabres ; c'est peut-être aussi une forme hybride. 

Enfin la var. trichogyna Franch. et Sav. est encore une forme ambiguë , 
rappelant assez le R. mxdtijlora par l'aspect général , les pédoncules pubes- 
cents , la forme et les dimensions des folioles, etc., mais s'en distinguant 
par ses fleurs peu nombreuses , à styles grêles , très saillants , hérissés et 
libres. Ce dernier caractère, qui ne semble pas avoir attiré l'attention de 
Franchet et de Savatier, me porte à soupçonner que cette curieuse forme 
pourrait être un hybride du R. multijiora et du R. indica; les stipules sont 
moins profondément laciniées que dans le R. multiflora. Un autre échan- 
tillon, figurant également dans l'herbier Drake, se rapproche beaucoup 
de cette var. trichogyna, mais s'en distingue par les styles plus ou moins 
coalescents, par les stipules subentières, seulement glanduleuses aux bords, 
et par les pédoncules un peu glanduleux mais non pubescents. 

Le P. Farges a récolté dans le Su-tchuen oriental, district de Tchen- 
kéou-tin, une forme singulière que je crois pouvoir rapporter au R. multi- 
flora, bien qu'elle en diffère par certains caractères assez importants. Les 
feuilles sont petites , les stipules très étroites , l'inflorescence paucillore , et 
les styles tantôt soudés en une colonne glabre, tantôt tout à fait libres 
j'ai décrit cette forme dans les Notulae systematicae , sous le nom de var 
poecilostyla. 

Une autre Rose, récoltée dans l'île Formose, à Arisan, à une altitude 
de 9,5oo mètres, par l'abbé Faurie, rappeUe beaucoup la var. microphylla 
Franch. et Sav., mais s'en distingue par ses stipules plus larges, mem- 
braneuses, moins profondément pectinées, et par ses bractées plus grandes 



— 115 — 

et également membraneuses: je l'ai décrite dans les Notulae sous le nom 
de var. /or/«osrt«rt , mais il est possible qu'elle devia, loisqn'on aura pu 
l'étudier sur des matériaux plus abondants, constituer une espèce nouvelle. 
Il me reste enfin à dire quelques mots de plusieurs formes ambiguës , 
récoltées dans le Su-tchuen par le D' Legendre, et dans le Yunnan par les 
Pères Ducloux et Bodinier et par M. Bons d'Anly. Ces formes, à fleurs 
assez grandes , rouges ou roses , semi-pleines , ont les stipules pectinées du 
R. multijlora, mais les styles sont tantôt complètement libres, tantôt plus 
ou moins coalescents, glabres ou peu velus; les folioles peuvent être glabres 
sur les deux faces , ou fortement pubescentes en dessous et même sur la 
face supérieure. De même que la var. irichogijna dont il a été question plus 
liaut, les formes en question pourraient bien être des produits hybrides du 
Pi. multijlora et du iR. indica. 

RosA Maximowicziana Regel. — Crépin a rapproché cette Rose d'abord 
du B. multiflom Thunb. , puis du R. Wichuraiana Crép. En raison de la 
colonne slylaire glabre, c'est le premier rapprochement qui me paraît 
fondé. Mais cette plante diffère beaucoup du R. imdlijlora par les stipules 
non pectinées, seulement dentées, et par la présence sur les tiges et les 
rameaux de très nombreux aiguillons un peu arqués, la plupart très grêles 
et presque sétuliformes. Je crois que c'est une espèce bien distincte. Il y a 
dans l'Herbier du Muséum un échantillon, accompagné d'une étiquette en 
russe, qui paraît se rappoiler au même type, mais qui diffère toutefois du 
spécimen provenant des récoltes de Maximovvicz par ses folioles plus grandes 
et par ses styles libres ou imparfaitement coalescents. 

RosA TUNQuiNENsis Crép. — Chine : Tay-mo-chan, vis-à-vis Hong-kong, 
abondant dans les haies près des villages (Bodinier, iSgS; n" iiOy). 
Tonkin : bords des sentiers près de Yen-caa, au Nord de Sontay (Balansa, 
1888; n" 3383); bois de Ding-bang, près de Hanoï (Balansa, 1890; 
n" Uhio p. p.); bois de (^o-phah, entre Hanoï et Bac-ninh (Balansa, 1891,* 
n" Atigo et 48o5); Hanoï, dans les haies (Balansa, 1890 et 1891; 
n°' /iBgo et 4659). Philippines : Luzon, province de Benguet (Lober, 
Herb. philipp. n° 9948); même province : Baguio (Elmer, igoil et 1907; 
n°' 5794 et 8/iiG); district de Bontoc ( Vanoverbergh , 191-2; n° t>.oo4). 
Tous ces ('chantillons des Philippines ont été distribués sous le nom de 
R. miiltiflnm Thnnl). 

Le R. tuiKjuiiiensis est une plante assez variable, à folioles tantôt presque 
glabres, tantôt plus ou moins pubescentes sur les deux faces, à rameaux 
également glabres ou velus, ainsi que le réceptacle et la face externe des 
sépales. Sur le n° 6590 de Balansa, qui est remarquable par ses rameaux 
et ses folioles couverts d'une pubescence tr^s abondante, s'étendant même 
sur les aiguillons, et [)ar sa panicule très ample et liés feuillée, les styles 



— 116 — 

sont tantôt nettement soudés en colonne, tantôt plus ou moins coalescents, 
tantôt enfin parfaitement libres. Ce caractère des styles libres ou soudés , 
auquel on accorde d'habitude une très grande importance, est donc sujet à 
varier non seulement dans le R. limquinensis , mais encore dans plusieurs 
autres espèces d'Extrême-Orient, comme nous venons déjà de le voir pour 
le R. muhiftora et le R. Mnximowicziana, et comme nous le verrons plus 
loin pour d'autres types apparienant à plusieurs sections différentes. 

Les échantillons de R. titnqnincnsis des Philippines constituent une forme 
assez remarquable par leurs folioles à peu près complètement glabres, et 
par leurs boutons plus globuleux et plus brusquement contractés en une 
pointe plus courte. 

Le R. tunqutnensis se distingue très facilement du R. mullijlora Thunb. , 
par ses stipules non pectinées , entières ou finement denticulées-glandu- 
leuses , et par sa colonne stylaire hérissée de poils abondants. 

RosA Kelleri Gard. nom. nov. {R. coreana R. Keller, in Engkr's Bot. 
Jahrb., XLIV, p. A6 [1909], non R. koreana Kom. [1900]). — Corée : 
Ouen-san, in vallibus (Faurie, 1906; n° Bas). 

Cette espèce se distingue des formes robustes du R. Luciae Franch. et 
Roch. par son inflorescence ombelliforme , non pyramidale, ses fleurs 
plus grandes, ses sépales à pointe plus allongée et ordinairement pourvus 
dans le bas de plusieurs appendices latéraux , et sa colonne stylaire glabre. 

Le R. coreana a été établi en 1 9 1 o , par M. le D' Robert Keller, de 
Winterlhur (Suisse), sur le n° 98 des récoltes de labbé Faurie en Corée, 
qui figure également dans les collections du Muséum. Mais il existait déjà 
depuis 1900 un R. koreana Kom., appartenant à une section toute dif- 
férente. L'espèce de M, Keller ne pouvait donc pas subsister sous le nom 
qu'il lui avait imposé. 

RosA LuciAE Franch. et Roch. var. Wichuraiana (Crép.) Gard, cotnh. 
nova {R. Wichuraiana Créj).). — Japon : dunes de Sendai (Faurie, 1889; 
n" 6295); environs de Yokohama (Faurie, 1887; n" 589 et 5/i5); mon- 
tagnes de Shiobara (Faurie, 1889: n" iiaG); Shidzuoka (Faurie, 1898: 
n° 2o6â). Corée : île Quelpaert (Faurie, 1907; n"" i566, i568). 

Les caractères tirés des bractées, des bractéoles, de l'articulation des 
pédicelles, des stipules et des fruits, d'après lesquels Crépiu s'est efforcé 
de distinguer le R. Wichuraiana du R. Luciae, n'ont aucune valeur, ainsi 
que le prouve l'examen des spécimens déteiminés et annotés par Crépin 
lui-même dans l'Herbier général du Muséum et dans l'herbier Drake, et 
sur lesquels on peut très souvent relever des contradictions flagrantes entre 
les notes du célèbre rhodologue belge et les échantillons mêmes auxquels 
ces notes s'appliquent. Le meilleur caractère distinctif entre les deux 
plantes paraît résider dans les folioles, plus nombreuses, plus arrondies et 



— 117 — 

un peu plus épaisses pour le R. Wichuraiana , un peu plus minces, plus 
ovales et ge'néralement plus ou moins acurainées pour le R. Luciae. Mais 
ce caractère, qui, d'après ce que m'a dit M. Bois, se montre bien constant 
sur le R. Wichuraiana cultivé, ne l'est nullement à l'état spontané, car cer- 
tains échantillons de Therbier Drake restent indécis, sous ce rapport comme 
sous tous les autres, entre les deux formes. Je crois donc qu'il n'y a en 
réalité qu'une seule espèce, pour la(juelle il convient de conserver, par 
raison de priorité, le nom de R. Luciae, et à laquelle le R. Wichuraiana 
doit être subordonné comme variété, celle-ci comprenant elle-même deux 
formes, correspondant aux var. poleriifolia et adenophora de Franchet et 
Savatier. 11 existe également une forme adenophora dans le R. Luciae pro- 
prement dit, lequel embrasse en outre toutes les autres variétés distinguées 
par Franchet et Savatier. 

Sur le n" tî/igS de Faurie, les styles sur quelques fleurs sont plus ou 
moins dissociés, et il y a en outre dans l'Herbier du Muséum un échantillon 
de R. Wichuraiana provenant d'un pied cultivé à Baltimore (Caroline du 
Nord) sur lequel la plupart des fleurs montrent des styles complètement 
libres dans toute leur partie exserte. 

J'ai décrit dans les Nolulae sijstematicae , sous le nom de R. Luciae var. 

J'ormosana Gard. , une plante intermédiaire par la formede s folioles entre le 

R. Luciae g enuina et la var, Wichuraiana , avec des fruits semblables à ceux 

de l'a \dx. genuina, mais couronnés par les sépales réfléchis et persistant 

longtemps. 

RosA MoscHATA Mill. var. Brdnonh (Lindl.) Gard. comh. nova. — Yun- 
nan : plateau de Long-tan, haies, 2,5oo mètres (Maire); Pé-han-lo 
(Gonestier, 1902; Beauvais, n° 1128); Long-ki (Delavay, 189/i). Thibet 
oriental : Tsekou, 2,100 mètres (Monbeig, 1908; Soulié, 1896, n°i4o5). 
Su-tchuen oriental : district de Tchen-keou-tin (Farges, n° 7Û8). 

Var. DASYACANTHA Gard. — Yunnan : Long-ki (Delavay, 1894); Tchen- 
foug-chan (Delavay, 1894; Ducloux, 1901; n" 20i3). kouy-tcheou : 
Lofou (Gavalerie, 1909; n* 2833). 

Var. Helenae (Rehd. et Wils.) Gard. comh. nova (R. Helenae Rehd. et 
Wils. in Sarg. PL Wils., II, p. 3 10). — Yunnan : plateau de Long-lan, 
haies, 2,5oo mètres (Maire). Su-tchuen oriental : valley of Tuug-River, 
altitude 800 mètres (Wilson, 190/1; Veitch Exped., n° 35o7); forme à 
feuilles presque glabres, portant seulement des poils très rares sur les 
nervures, à la face inférieure des folioles; Rehder et Wilson {PL Wils., 
II, p. 3i3) ont rapporté ce numéro, mais certainement à tort, au/f. longi- 
cuspis Bertol. — Forma macrophylla : folioles grandes, atteignant jus- 
qu'à 1 1 centimètres de long, assez coriaces et paraissant persistantes : 



— 118 — 

Yiiunan : Tchen-fong-chan (Delavay, i8{)3, n' Siay; Dudoux, 1901; 
n° 9oo5). Tonkin : Cha-pa (Lecomte et Finet, Mieviile). 

Var. YUNNANENSis Ci'ép. — Cette variété, très carastéristique , et qui 
devra peut-être constituer une espèce distincte, est fort répandue dans le 
Yunnan , où elle a été récoltée dans de nombreuses localités par Delavay, 
Ducloux et autres. 

Var. LONGicuspis (Bertol.) Gard. comb. nova. [R. longtcuspis Beriol). — 
Chine : province de Fokien (de Lalouche, 1898). Formose : Arisan, 
f2,5oo mètres (Faurie, 191 A; n° 76). Sur ces deux numéros, les folioles 
sont moins épaisses et moins coriaces que sur la plante de l'Inde, et les 
pédoncules, de même que le réceptacle, sont glanduleux, mais à peu près 
complètement dépourvus de pubescence. 

Je considère, avec Crépin, le R. moschata comme un type très poly- 
morphe, embrassant les R. ruscinonensis Gren. et Déségl., R. Riiinonii 
Lindl., R. abyssinica R. Br., R. longicuspis Bertol., R. Leschenaultiana 
Wighl et Arn., et un certain nombre d'autres formes, élevées récemment 
au rang d'espèces : R. Heknne Rehd. et Wils. , R. Rnbus et R. Gentiliana 
Lévl. et Van., peut-être aussi R. glomerata et R.Jilipes Rehd. et Wils. 

On s'accorde généralement à considérer comme représentant le type 
sponUné du R. moschata en Europe la Rose du Midi de la France, dont 
Grenier et Déséglise ont fait le R. ruscinonensis. La forme d'Extrême-Orient 
qui s'en rapproche le plus paraît être le R. Heknae Rehd. et Wils.; c'est 
une Rose plus robuste que le ruscinonensis , et à corymbe plus fourni ; elle 
ne diffère guère du R. Rrtinonii Lindl. que par ses folioles ne portant des 
poils que sur le dos des nervures primaires et secondaires ; mais ce carac- 
tère même ne se montre pas stable, car on rencontre des formes (|iii, par 
l'ensemble des caractères, se rattachent bien au 7?. Helenae, mais ont les 
folioles complètement glabres sur les deux faces , tandis que d'autres pré- 
sentent , avec des nervures velues , de rares poils disséminés sur la face 
inférieure du limbe, établissant ainsi le passage vers le R. Rrunonii. 

Celui-ci est la forme la plus largement répandue en Asie, depuis l'Inde 
jusqu'au Yunnan ; elle est caractérisée par ses folioles plus ou moins den- 
sément pubescentes sur toute la face inférieure et souvent aussi sur la face 
supérieure; les corymbes sont généralement larges et bien fournis; les 
folioles présentent fréquemment des glandes parmi les poils de la face infé- 
rieure, mais peuvent très souvent aussi en être totalement dépourvues. 

A côté du R. Brunonii on trouve, dans l'Inde, deux autres formes remar- 
quables du R. moschata : 'une est le R. Leschenaultiana Wight et Arn. , des 
Nilgherris: c'est lUie forme robuste, très voisine du R. Helenae, notamment 
par ses folioles poilues seulement sur le dos des nervures, mais en dif- 
férant par ses fleurs beaucouj) plus grandes, et ses séjiâles h pointe dentée. 



— 119 — 

L'autre est le R. longicuspis Bertol., des monts Khasia et Mishmi, caracté- 
risé par ses grandes folioles coriaces , persistantes , complètement glabres et 
longuement acuminées , et par ses fruits plus gros. 

En Chine, les variations du R. moschaia paraissent plus nombreuses que 
dans l'Inde. En plus du R. Brunonii et du R. Helenae, déjà mentionnés , je 
signalerai les formes suivantes : 

1° Une forme voisine de la var. Brunonii, à folioles glabres ou presque 
glabres en dessus , très velues en dessous , à rameaux pourvus d'une vil- 
losité très abondante , recouvrant même les aiguillons , comme dans le 
R. rugosa Thunb. ; j'ai décrit cette forme dans les Notulae sijulematicae , sous 
le nom de var. dasyacantha. 

2° Le R. Riibus Lévl. et Van. , qui est une forme se rapprochant de la 
var. Brunonii par les folioles pubescentes sur toute la face inférieure, mais 
s'en distinguant par ses folioles moins nombreuses (3 ou 5 au lieu de 5 
ou 7), et par ses corymbes plus petits, moins fournis, plus contractés. Le 
P. Farges a récolté dans le district de Tchen-keou-tin (Su-tchuen oriental) 
une forme chez laquelle la pubescence de la face inférieure des folioles est 
limitée aux nervures. Une autre forme récoltée en 1894 par Delavay à 
Long-ki( Yunnan), sous^le n° /igSS, tient le milieu entre la var. Ruhus et 
la var. dasyacantha. 

3° Le R. Gentiliana Lévl. et Van. , foime caractérisée par ses feuilles à 
5 folioles minces, complètement glabres, très glauques eu dessous. 

Il" La var. yunnanensis Crép. , rappelant par sou inflorescence le R. He- 
lenae, mais très remarquable par ses feuilles paraissant persistantes, à 
folioles fermes, coriaces, complètement glabres sur les deux faces et lui- 
santes en dessus, par ses sépales redressés après l'anthèse et persistant 
longtemps, et par ses fruits noirs à la maturité et presque aussi gros 
que ceux du R. longicuspis. D'après une note manuscrite conservée dans 
l'Herbier du Muséum, Grépin considérait comme accidentel le redresse- 
ment des sépales après l'anthèse; cependant il y a, dans les Collections 
du Muséum, des échantillons présentant cette particularité et provenant de 
deux localités différentes. S'il était prouvé, dans la suite, que ce caractère 
fût constant, peut-être devrait-on élever au rang d'espèce la var. yunna- 
nensis. Crépin a d'ailleurs écrit sur l'étiquette du n° 1 1 i 1 de Delavay : 
ff Celte forme paraît avoir la valeur d'une espèce secondaire^. J'ajouterai 
que la description du R. lucens Rolfe, in Kew Bull. 1916, p. 34, paraît 
convenir parfaitement au R. moschata var. yunnanensis. 

Je ne connais pas les R. glomerata eXftlipes de Rheder et W ilson, qui, à 
en juger d'après les descriptions [PL Wilson., II , p. 3oo et 3t 1), semblent 
bien a[)partenir encore au groupe du R. moschata. J'ajouterai que c'est à 
tort que ces deux auteurs ont identilié la var. yunnanensis de Ci'épin au 
R. longicuspis BoHoi. , qui aies folioles beaucoup plus grandes et plus 
longuement acuminées. 



— 120 — 

Il me reste à dire quelques mots des variations que peuvent présenter 
les styles du R. moschata; normalement, ils sont soudés en une colonne 
hérissée de poils nombreux, rarement presque glabre; mais sur certains 
échantillons des var. Brimonn et longicuspis de l'Inde, on les observe 
parfois complètement libres, comme dans le R. indica L. ; et sur nn exem- 
plaire de la var. ruscinonensis du Midi de la France, qui, dans l'Herbier du 
Muséum , se trouve dans la chemise du R. sempervirens L. , collé sur une 
même feuille avec un spécimen de cette dernière espèce, deux fleurs voi- 
sines présentent, l'une des styles bien soudés en colonne saillante, l'autre 
des styles complètement libres. 

RosA siNOwiLsoNi Hcmsl. in Kew Bull, miscell. Inform., 1906, p. i58. 
— Je rapporte à cette espèce des échantillons fructifères cueillis par le 
P. J. Cavalerie à Na-so, province du Kouy-tcheou, en 1907 (n" 3o6o). Ces 
échantillons répondent bien à la description du R. sinoivihoni, sauf que les 
dimensions de toutes les parties de la feuille sont plus fiiibles que celles 
indiquées, et que toute la plante est entièrement glabre, y compris les 
stipules et les pétiolules. Cette plante , à feuilles glabres, coriaces, diffère 
à la fois du R. moschata var. longicuspis et du R. moschata var. yminaneiisis 
par son fruit oblong , non globuleux , rouge ou orangé , un peu rétréci 
inférieurement. C'est à tort que Rehder et Wilson ont réuni ces trois 
plantes sous le nom de R. longicuspis Bertol. 

RosA SouLiEANA Crép. — Thibel oriental : Yargoug (Soulié, 1904; 
n°' 3i4o, 3609); Ta-tsien-lou et Teou-tao-chong (Soulié, iSgS; n°' 736 
et 9 283); Ta-tsien-lou (Mussot). 

Les pédoncules de cette espèce sont généralement glanduleux; cependant 
ils sont complètement glabres sur le n° 3609 de Souhé , ainsi que sur le 
n" 3589 de Wilson, Veitch Expédition. Les échantillons récoltés par Mussot 
à Ta-tsien-iou représentent une forme à folioles plus grandes, portant 
(pielques glandes sessiles sur leur face inférieure. 

Je rapporte encore à cette espèce un échantillon récolté en 1 884 à Kiou- 
tiao-hong (Yunnan) par l'abbé Delavay; il diffère du type par les feuilles 
des rameaux florifères à folioles un peu rétrécies et subacuminées au som- 
met; la colonne stylaire est très hérissée, les pédoncules et les calices sont 
fortement glanduleux. 

La planche 81 58 du Botanical Magazine représentant le R. SouUeana 
laisse fort à désirer : les figures 2 et 3 montrent les styles libres , glabres et 
inclus dans le réceptacle, tandis qu'ils forment toujours une colonne assez 
élevée et plus ou moins hérissée. 

RosA MiCRocARPA Liudl. — Kouy-tcheou : Lo-kouey (Esquirol, 1911; 
n° /io3i); Lou-tsong-koan (Beauvais, 1899; n" 80); Kouy-yang (Chaf- 



— 121 — 

fanjon, 1898 ; 11° 2292. ^ R. Chdjfanjoiti Lé\\. et Van. in Bull. Soc. bot. de 
Fr., LV, p. 561); montagne de Lou-tsong-koan (Bodinier, 1897; n" i6o4 
= H. Bodinieri Lévl. et Van. , loc. cit.!); San-chouen (Cavalerie, 1910, 
n° 117 = /i?. Cavaleriei Lé\l. in Fedde, Répert., viii, p. Gi ! mais lautcui- 
a ëvidemment fait une confusion d'étiquettes entre le n" 1 1 7 de Cavaleri»^ 
et le n° 1617 d'Esquirol). Yunnan : taillis et bois h Tchenfong-chan 
(Deiavay, 1894, n"" 5o3o, 5o58; Ducloux, 1901 , n'' 2002); Formose : 
Bunkiko, i,5oo mètres (Faurie, 191^; i\° 75). ïonkin, vers Loug-tcheou 
(D' Simond). 

D'après les spe'cimens aullienti<|ues figurant dans les Collections du 
Muse'iun et cités ci-dessus, il n'est pas douteux que les R. ChaJ/anjoni , 
R. Bodinieri et R. Cavaleriei de Léveillé et Vaniot ne soient (|ue de simples 
synonymes du R. microcarpa , et il en serait encore de même du R. Esqui- 
rolii Lévl. et Van., selon Rehder et Wilson [PL Wihon., II, p. 3i5). 

En différents endroits de ses Priinitiae Monographiae Rosarum, Crépin 
attribue au R. microcarpa des styles soudés eu une colonne assez sadlaute 
et pubescente, et il se base sur ce caractère pour placer cette espèce dans 
la section des SynsUjlae. Mais si les styles du R. microcarpa sont le plus 
souvent soudés, il n'est pas rare cependant de les voir aussi complètement 
libres. D'autre part, les stipules non soudées au pétiole et caduques éloi- 
gnent cette espèce de toutes les autres Synstylae et la lapprochent du 
R. Banksiae R. Br. Le fruit présente aussi des caractères étrangers à la 
section des Synstylae et qui ne send)lent pas avoir, jusqu'ici, attiré l'alten- 
tion des botanistes: les achaines, peu nombreux (5 à 10 seulement), sont 
tous insérés sur le fond du réceptacle, dont les parois minces sont à peine 
charnues; on retrouve à peu de chose près les mêmes caractères du fruit 
dans le R. Banksiae : ici les achaines sont toutefois plus nombreux (une 
vingtaine environ) et ceux de la périphérie sont insérés un peu au-dessus 
du fond de l'urcéole, mais seuls ceux du centre se développent, (^es carac- 
tères, contrairement à l'opinion de Crépin, justitient donc pleinement la 
réunion dans une même section des R. microcarpa et Banksiae. 

Le R. microcarpa est l'espèce qui a les fleurs les plus petites et les plus 
nombreuses , et les fruits les plus petits du genre. 

RosA Banksiae R. Br. — Yunnan : Ta-kouan-tchen (Deiavay, 1882; 
fleurs simples, rameaux acidéolés); Kieng-yn, près Ho-kiu (Deiavay, 
i883; fleurs simples, rameaux aculéolés); Tay-tchii (Deiavay, 1882: 
échantillon fructifère, rameaux aculéolés : /orma microcarpa); Yunnan-sen 
(Bodinier et Ducloux, 1897, n° 182, fleurs simples, rameaux aculéolés; 
n° 180, fleurs pleines, rameaux aculéolés; Ducloux, 190/1, n" 2.S16, 
fleurs pleines, lameaux aculéolés; 1906, u" 3817, fleurs simples, rameaux 
aculéolés); Y'unnan-fou (Beauvais , 1 900 , n" 662 , 696 , fleurs simples, ra- 
meaux aculéolés; n°' 683, 687, fleurs pleines, rameaux aculéolés); Tong- 

MusÉuM. — x.\ui. u 



1^22 

Ichouan, cill. !2,5oo m. (Maii'o; llciirs [)lt'iiii's, i;imt>;m.\ iiciilwlés). Kouy- 
tcheon : environs de kouy-yang (Chaffanjon el Hodinier, i8t)8; n" 'j^Sc), 
Heurs simples ou semi-pleines; rameaux plus ou moins aculéolés); 
Sancliouen (Cavalerie, 1910; n°' 38o6, 3g63, fleurs pleines, rameaux 
aculéolés ou inermes). Su-tchuen oriental : Moung-moung-ky, près Tchen- 
kéou, ait. i,4oo m. (Farges, 1882, n" 85o; fleurs simples, rameaux acu- 
le'olés). Thibet oriental : Long-la -chié-ka, Tsekou, haute vallée du Mékong 
(Soulié, 1895, n° i4o6; Monbeig, 1908, forme robuste, à fleurs pleines, 
à rameaux aculéolés). 

Ainsi qu'on le voit par l'énumératiou qui précède , dans presque toutes 
les localités d'où cette Rose nous est parvenue, on l'y trouve tantôt à fleurs 
simples, tantôt à fleurs pleines ou semi-pleines. Grépin (/>«//. Soc. bot. de 
Belg., XXV, p .7) dit que la forme cultivée à fleurs pleines est complète- 
ment inerme et remarquable, en outre, par la perte ou l'absence de la 
troisième paire de folioles ; mais parmi les nombreux matériaux de cette 
espèce figurant dans les Collections du Muséum se trouvent des échan- 
tillons qui présentent à la fois des fleurs simples , des rameaux épineux et 
des feuilles à 5 folioles seulement, tandis que beaucoup d'autres spécimens 
à fleurs très pleines sont épineux ; enfin les échantillons récollés dans la 
haute vallée du Mékong par l'abbé Monbeig constituent une l'orme robuste, 
à rameaux armés de nombreux aiguillons , à fleurs bien pleines , et à feuilles 
composées presque toutes de 7 folioles. 

RosA LAEviGATA Mich. — Su-tcliueu oriental , district de Tchen-keou-tin 
(Farges, 1898 et 1897, u°' 1217, iSgg). Yunuan : Tay-tchi (Delavay, 
1889); environs de Yunnan-sen (Ducloux, 1898; n° 63/i). F'okieu 
(de Latouche 1898). ïonkin : Langsora (Balausa. 1886; Lecomte et 
Finet, 1911); vers Long-tcheou (Beauvais, 1893; D' Simond). Japon : 
Tottori (Faurie, 1899; n° 3197). Formose : Kushaku (Faurie, 1908; 
n^ 199); Shinten (Faurie, 191 4; n°" 70, 71). 

Sur les échantillons du Tonkin les fruits sont plus courts que sur ceux 
de Chine, du Japon et de Formose, et presque subglobuleux. 

RosA cRACTEATA Weudl. — Formose : Tamsui (Faurie, 1903, n" 128: 
191Û, n" 74). 

RosA iNvoLUCRATA Roxb. — Laos : Kemmarath (D' Thorel, n° 3o3i). 

Le R. involucraln dilfère du R. hracteala par ses folioles plus allongées, 
plus ou moins rétrécies vers le sommet et généralemeni pubescentes sur la 
face inférieure, par ses axes plus allongés, et par ses aiguillons droits ou 
même un peu relevés, tandis qu'ils sont arqués vers le bas dans le R. hrac- 
teata. Ces caractères n'ont pas une grande importance, el je suis assez porté 
à ne voir dans le R. incolucmla qu'une race géographique du R. bracteatii. 



— 123 — 

La glabrescence de la face inférieure des folioles sur certains échantillons 
du /?. wvoliicnila de l'Inde et sur ceux du Laos fait déjà disparaître l'un des 
caractères indiqués comme distinctifs entre les deux plantes. 

RosA MiCROPHYLLA Roxb. — Su-tchucn septentrional (Potanin, i885). 
Su-tchuen oriental : district de ïchen-keou-tin , avec une forme cultivée 
a fleurs pleines (Farges). Thibet orientai : Ta-tsien-lou (Pratt. u° 438). 
Ynnnan : Ma-tchang (^l^Y» 1906: Ducloux, n° 46i9); Tchen-fong-chan 
(Ducloux, if)oo; n° 2oo3). Japon: Fusiyama (Faurie, 1898; n' 2066). 

On trouve une très bonne figure de celte espèce dans le Botanical Maga- 
zine, tab. 65/i8; mais je ferai remarquer que, dans la description, les 
aiguillons du réceptacle sont dits à tort fflaterally llattenedi, «a latere 
compressisn; ces aiguillons sont, au contraire, toujours comprimés dans 
un plan horizontal. 

Cette Rose, cultivée depuis longtemps, est connue des horticulteurs 
français sous le nom de » Rose châtaigne n, à cause des nombreux aiguillons 
qui hérissent le réceptacle fructifère. 

Le R. Forrestii Focke, in NoI. Bot. Gard. Edinb., Y, p. 67, tab. 69, n'est 
qu'un simple synonyme de R. micraphylla. 

L'insertion des achaiues sur le fond du réceptacle , la forme de cet organe 
et les nombreux aiguillons qui le recouvrent, rapprochent le R. micro- 
phylla du sous-genre Hultheinia, constitué par le seul R. berberifolia Pal!., 
de Perse. 

RosA iNDicA L. pro parte. — Ynnnan : Yo-lin-chan, près Song-min 
(Ducloux, 1910; n" 7878, 7^11, jMio); Mien-chan-ouan, région de 
kiao-kia (Ducloux, 1909; n" 6208). Su-tchuen oriental : district de Tchen- 
keou-tin (Farges). Laos (Massie); Luang-Prabang (Dupuy). 

Tous ces échantillons sont à fleurs plus ou moins pleines, donc d'origine 
cultivée , et probablement subspontanés. Les styles , libres et très saillants , 
sont tantôt glabres , tantôt plus ou moins hérissés. 

Je rapporte au R. indien une autre série d'échantillons récoltés dans 
le Yunnan par le P. Ducloux (environs de Yunnan-sen, 190^ et 1906, 
n"' 2821 et 8812) et par l'un de ses collecteurs, le P. S. Ten (Eul-long- 
keou, région de Kiao-kia, 1909, n° 6202). Les fleurs, plus ou moins 
grandes, soni blanches, odorantes, tantôt simples (n° 2821), tantôt 
pleines ou semi-pleines (n" 8812 et 6209); les sépales, plus ou moins 
longuement cuspidés, sont entiers ou munis d'appendices latéraux plus ou 
moins nombreux; les stvles, libres et très saillants, sont hérissés ou presque 
glabres; les feuilles ont les folioles petites, au nombre de 3 à 7, d'un vert 
grisâtre, généraleinenl moins acuminées que dans les formes ordinaires du 
R. indien, et même souvent subobtuses, entièrement glabres ou un peu 
pubescentes sur la face inférieure. Je pense que ces form':'s appartiennent 



— Uh — 

au R. odorata Sweet, tel que le compreuaent Rehder et Wilson (Plautac 
Wilson., II, p. 338), et correspondent plus ou moins exactement aux R. 
gechuiiitangensis , oulengensis et tongtchouanensis de Leveillé; les n°' 9 321 
et o3i9, à styles presque glabres, présentant seulement quelques poils 
dans leur partie inférieure , seraient à peu près identiques au R. gcchoui- 
taugensis Lévi. in Fedde, Réperi., XI, p. 299; ie n° 6202, à styles hérissés 
et à fleurs plus grandes, larges de 5 cm., paraît se rapprocher beau- 
coup du R. tongtchouanensis Lévi. loc. cit., p. 3oo, dont il diffère toutefois 
par ses feuilles à folioles plus nombreuses (7 au lieu de 5). Bien que ces 
formes aient un aspect assez différent des formes ordinaires du R. imlica, 
elles ne me paraissent présenter aucun caractère pouvant justifier une dis- 
tinction spécifique. 

RosA SiKBOLDii Grép. — Un échantillon récolté à Ta-tsien-lou (Thibet 
oriental) par Mussot, à fleurs semi-pleines, est bien identique à un spé- 
cimen original du R. Sieboldii conservé dans l'herbier Drake, et à d'autres 
exemplaires provenant du Mexique, et rapportés par Crépin, dans l'Herbier 
général du Muséum, à la même espèce. Je ne crois pas que cette Rose ait 
jamais été décrite. Elle appartient à la section des Indicae. Les fleurs sont 
solitaires, les styles saillants, hérissés dans le bas, glabres vers le stigmate, 
les feuilles à 3 ou 5 folioles glabres, glauques en dessous, les pétioles et 
je rachis un peu glanduleux, avec quelques aiguillons arqués, les stipules 
glanduleuses aux bords, étroites, à sommets libres, divariqués, subulés; 
il est fort possible que ce ne soit qu'une variété du R. indica L. p. p. 

RosA GiGA\TEA Collclt. — Yunuau : haies à San-yn-kay, près Mo-so-yn 
(Delavay, 1890, n° ^866; det. Crépin, in Herb. Mus. Paris); haies à 
Gnon-kay, près Mo-so-yn (Delavay, 1889, n" hwh; échantillons fructi- 
fères); environs de Lou-lan (Ducloux, 1906 ; n° 088/1); environs de 
Yunnan-sen, montagnes, buissons au bord des routes et dans les vallons 
(Ducloux, 1897 et 190/i; n"' i7oet23i5); Mong-tse (Tanant, 1890). 
Kouy-tcheou : Loson, bois (Cavalerie, 1907 ; n° 32 5i). Il y a en outre 
des fragments d'un échantillon fructifère récolté dans le district de Tchen- 
keou-tin , Su-tchuen oriental , par le P. Farges , qui paraissent appartenir 
encore à celle espèce. 

Les échantillons oi-iginaux de l'Inde ont les fleurs blanches ; il en est 
de même sur la plupart des spécimens de Chine; cependant l'étiquetle 
du n° 4866 de Delavay porte : rr fleurs grandes, belles, blanc rosén, el 
celle du n° 3261 de Cavalerie indique que les fleurs sont de couleur rouge; 
Focke (iVor. Rot. Gard. Edinb., V, p. 68) indique aussi une forme eru- 
bescens au Yunnan ; enfin Hemsley [Rot. Mag., tab. 7972) dit les fleurs 
blanches ou jaunâtres. La coloiation des pétales est donc sujette à varier 
dans celle espèce. 



— 125 — 

Dans la descriplioa qu'il a donnée du R. gigantea (Bull. Soc. bot. de 
Belg., XXVII , p. 1 48), Crépin décrit les styles comme hérissés sur la plus 
grande partie de leur longueur et glabres seulement au sommet ; dans 
le Journal of the Linncan Society, XXVIII , pi. 9 , ils sont figurés hérissés 
jusqu'au sommet. La plupart des échantillons de Chine confirment la des- 
cription de Crépin; mais cependant, sur certains exemplaires, on observe 
des poils jusque sous le stigmate. Par contre, sur le u" 3884 de Ducloux, 
imlQ la partie exserte des styles est entièrement glabre. Ce numéro est en 
outre remarquable par ses feuilles presque toutes à 9 grandes folioles, 
au lieu de 5 ou 7. Le n" 176 de Ducloux est, au contraire, une forme 
Miicrophylle, de même que la plante récoltée à Mong-lsé par Tanant. 

Des échîuilillons récoltés par Delavay dans les haies de Gnon-kay ont 
les fruits très gros, globuleux, tels qu'ils ont été figurés dans le Journal 
of the Liniiean Society, XXVIII, pi. 9, et dans le Botanical Magazine, 
tab. 7972. Sur le n° hiik de Delavay, provenant de la même localité, les 
fruits sont moins gros et en majorité oblongs, mais ils n'ont probablement 
pas atteint leur complet développement. 

RosA LuciDissiMA Lévl. in Fedde, Repert., IX, p. 444. — Cette espèce, 
sommairement décrite par M^' Léveillé , appartient à la section Indicae et 
peut être comparée au' R. gigantea CoUett ; elle en diffère par ses fleurs 
beaucoup plus petites, d'un rouge foncé, et par les feuilles des rameaux 
florifères toutes trifoliolées. Stipules longuement soudées au pétiole, à 
ailes très étroites, glanduleuses aux bords, à sommets Hbres étroits, 
divergents; feuilles persistantes, devenant très coriaces; fruit gros, sub- 
piriforme, ligneux, couronné par les sépales persistants et réfléchis. 
C'est à tort que M^' Léveillé dit les styles glabres : ils sont assez hérissés 
sur le n° 990 de Cavalerie, cité par l'auteur comme type de son R. luci- 
dissima. 

Cette Rose est représentée dans les Collections du Muséum par deux 
formes : 

1° Forma luevis : rameaux, pédoncules et tube du calice complètement 
lisses. — Kouy-tcheou : San-chouen (Cavalerie, 191a; n° 394'i); Hin- 
y-fou, route de San-chouen (Cavalerie, 1919 ; n° 8927). 

9° Format setosa : rameaux , pédoncules et tube du calice couverts de 
très nombx-euses soies raides, glanduleuses au sommet. — Kouy-tcheou : 
Pin-fa, bois (Cavalerie, 1908 ; n° 990). Cette forme est le R. lucidissima 
type de Léveillé. 

U m'est absolument impossible de partager l'opinion de Rehder et 
Wilson, qui considèrent cette Rose comme un état du R. rhiiiensis SiiC([. 
{=indica L. pp. )/onH« spontanea Rehd. et Wils. (PL Wilson, U, p. 3i3); 
je suppose que ces auteurs n'ont pas vu l'espèce de M**' Léveillé. 



— 126 — 

• RosA RUGOSA Thiinb. — Thibet oriental : Ta-tsien-lou (Miissot, 1898 : 
n" 116). Corée : environs de Séoul, Hai-tang-hoa (Couranl). Japon: 
Shichinohe (Faurie, 1886 ; n° 798); Noesi, au bord de la mer (Faurie, 
1886; n" 9^^): dunes d'Ishikari (Faurie, 1888 :n° 33io); dunes de 
Sbibetsu (Faurie, 1890 ; n* 56o3). Sakhaliu : sur le littoral, près de Kor- 
sakof (Faurie, 1908 ; n° 569). 

RosA ciNNAMOMEA L. var. DAHURiGA Regel (/?. (laimrica Pall.)— Japon : 
Abashiri (Faurie, 1890; n" ô/ioa); forêt de Sliibetcba (Faurie, 1889 
et 1890; n°' 6916 et 532à); île d'Yeterophu (Faurie, 1891 ; n" 7/t85). 
Sakhalin : environs de Korsakof (Faurie, 1908 ; n°° 671 et 5'j-2 = R. Mar- 
retli Lévl. in Fedde, Repcrt., Vlll, p. 281 !). Corée : rrsecus vias regionis 
interioris» (Faurie, 1901 ; n" 99=/?. Faiiriei Lévl. in Fedde, Repert.^ 
VII, p. 199 [1909 j! et R. granulosa R. Keiler, in £"«^7. Rot. Jahrh., 
XLIV, p. 46 [1910]!). 

Crépin [Rull. Soc. bot. Relg. , XIV, p. 36-37) dit que le R. davurica 
Pall. diffère du R. cinnamotiiea L. par les folioles des feuilles plus nom- 
breuses (.5 ou 7, au lieu de 3 ou 5, sur les feuilles des rarauscules flori- 
fères; 7 à 1 1 , au lieu de 5 ou 7, sur celles des tiges), par les stipules 
moins dilatées, enfin par la glandulosité des folioles. Mais ces caractères 
sont bien peu importants, et il existe dans les Collections du Muséum de 
nombreux échantillons (notamment ceux récoltés au Japon, en Corée et à 
Sakhalin par Tabbé Faurie) qui, avec les caractères généraux du R. davu- 
rica, ont les folioles, le pétiole et le rachis complètement dépourvus de 
glandes, comme dans le R. crnnamomea. C'est pourquoi il me semble bien 
diflicile de voir dans le U. davurica autre chose qu une variété ou race 
orientale du /{. cinnamomea, conformément à l'opinion de Meyer et de 
Regel. 

Le R. Fauriei Lévl. et le R. granulosa R. Keiler sont établis sur le même 
n° 99 de Faurie; mais ce n'est bien certainement qu'une forme du R. l'iii- 
iumiomea var. dahurica, caractérisée par ses sépales fortement glanduleux 
sur le dos. On trouve dans les colleclions du Muséum de nombreiLX échan- 
tillons de cette variété sur lesquels la glandulosité des sépales se mani- 
feste à divers degrés. 11 est difficile de comprendre comment Keiler a pu 
rapprocher son R. granulosa du R. Reggcriana Schrenk, espèce tout à fait 
(lilféiente. Quant au //. Murrciii Lévl. il est encore moins possible de le 
disliiiguer de la var. dahurica. 

RosA MAcuoPHYLLA Liudl. {R. DavidU Rehd. et Wils., apud Sarg. PI. 
Wikoih, 11, p. 39 9, non Crépin). — Celte Rose est très répandue en 
Chine, sous diverses formes, dans le Yuunan, le Su-tchuen, le Thibet 
oriental, le Hupeh, etc. C'est une plante extrêmement variable dans toutes 
ses parties. Crépin, dans ses Primiliae Monograpltiae Rosatwn, s'est Ion- 



— 127 — 

giiement étendu sur les variations de ce type jjolyniorphe , et je ne vois 
rien à ajouter à ses judicieuses observations. Ijes R. hnnksiopsis Bak., 
/?. conjmhahsa Rolfe, /«. sertuta Rolfe et R. safurafa Bak., que l'on a ré- 
cemment distingués comme espèces, ne sont certainement que des foi'nies 
(lu H. viacrophi/lla , et peut-être en est-il encore de même du B. Prattii 
Hemsl. et du R. Swegiiunwii Koehne, quoique ceux-ci s'écartent beaucoup 
plus du type du R. macrophylla. 

Les formes micropliylies se rapprocbent beaucoup du R. IVebbioiw 
Wall. ; pour les en distinguer, on peut se baser principalement sui' la foi'ine 
du réceptacle , fortement étranglé sous les sépales, et sur le grand déve- 
loppement et la coloration des stipules supérieures ; ce sont là , d'après 
Grépiri, les deux meilleurs caractères distinctifs du R. macrophylla. 

Des échantillons d'une forme de cette espèce, récoltés par le P. Farges 
dans le district de Tchen-kéou-tin(Su-tchuen oriental), présentent sur les 
anthères de curieuses cécidies produites , m'a dit M. Houard , par le Rho- 
dites Eglanteriae Harlig : les anthères déformées sont devenues énormes, 
sphériques , de la grosseur d'un petit pois. 

RosA Davidi Crép. — Su-tchuen orientai : district de Tchen-kéou-tin 
(Farges, n" 81 pro parte). Yuunan : Ta-hay-tze, dans la région de Kiao- 
kia (Ducloux, 1908; n° 5868). Cachemire : Gulmary, gSoo pieds (A. Gam- 
mie, 1891 ; herb. Drake). 

Grépiu avait primitivement décrit celte Rose sur des échantillons pré- 
sentant des styles soudés eu une colonne élevée et velue, et Savait, à cause 
de ce caractère, placée dans les Synstylne ; mais plus lard il n'y vit plus 
qu'une forme extraordinaire du R. macrophylla ; ce n'est probablement, 
en effet, qu'une forme longislyle de cette espèce. Les styles, très saillants et 
très velus jusqu'au stigmate, sont tantôt libres, tantôt coalescents; dans un 
cas coftime dans l'autre, ils alleiguentà peu près la hauteur des étamines, 
tandis qu'ils sont toujours beaucoup plus courts dans toutes les autres 
formes du R. macrophylla. 

D'après l'échantillon authentique de R.Moyesii Hemsl. et Wils. figurant 
dans les collections du Muséum (n° 35/t3 de Wilson, Veitch Exped.), celle 
forme ne diffère du R. Dnvidi que par ses fleurs solitaires. Dans le Rotn- 
nical Magazine , tab. 8338, les styles du H. Moyesii sont décrits et figurés 
comme brièvement exserts, ce qui convient mieux à une autre forme 
quelconque du /». macrophylla. Par contre, la planche 8G79 du même 
recueil représente bien la forme du R. Davidi à styles libres. 

RosA AcicuLARis Liudl. — Japon : île de Rebunshiri (Faurie, 1891 ; 
n" 7319); plateau de l'Asariyama, au milieu des Bambous (Faurie, 
1888; n" 9986). Sakhaliu : environs de Korsakof (Faurie, 1908; 
n" 570). 



— 128 — 

Le Pi. vipponensis Crép. n'est qu'une forme de cette espèce à folioles 
plus nombreuses. Le n° 899 des Plantae dahuricae de Karo est une variété 
remarquable par son fruit étroit et allongé. 

Une espèce voisine du R. aciadans est le R. Miirielae Rehd. et Wiis. 
in Sarg. PL Wils., II, p. Saô, qui en diffère notamment par ses fleurs 
petites et blanches, et par ses folioles plus petites et plus nombreuses 
(9 a i5). 

RosA Webbiana Wall. — Je rapporte avec un peu de doute, comme 
variété, au R. Webbiana une Rose à fleurs semi-pleines cultivée dans les 
jardins de Pékin, mais qui, d'après l'étiquette de M. Bodinier, serait 
spontanée dans les montagnes de la Mongolie. Un autre échantillon des 
Collections du Muséum, malheureusement sans fleurs ni fruits, récolté 
par l'abbé Faurie en 1906 près deHpyeng-yang, Corée (n" 3-ii), paraît 
appartenir à la même forme ; les folioles des feuilles , au nombre de 7 à 1 1 , 
sont petites , ovales , ai'rondies aux deux extrémités , toutes pétiolulées , la 
terminale longuement. 

RosA WiLLMOTTiAE Homsl. — Thibct oriental : Tongolo , bois ( Soulié , 
1891 ; n" 79): Goronpo. bois (Soulié, 189A; n° aSôi). 

Sur ces échantillons , les sépales sont plus longs que sm- la Rose décrite 
et figurée par Hemsley dans le Botanical Magazine, tab. 8186, et dépas- 
sant nettement les pétales ; mais tous les autres caractères concordent. 

Le R. Millmottiae paraît bien voisin du R. Webbiana Wall. ; il en diffère 
surtout par les stipules des feuilles des rameaux florifères plus larges et à 
sommets obtus , arrondis. 

RosA SERiCEA Lîndl. — Espèce très répandue dans le Yunnan, le 
Su-tchuen, le Thibet orientai, le Kouy-tcheou, et présentant dans cette 
région de très nombreuses variations. Il m'est impossible d'en séparer 
spécifiquement le R. omeiensis Rolfe et le Pi. Mairei Lévl. Le premier dif- 
férertiit du R. sericea par ses feuilles à folioles plus nombreuses , et par ses 
])édoncules épais et accrescents à la maturité; mais ces caractères sont 
loin d'être constants, et l'on trouve des formes de transition parmi les 
nombreux échantillons de provenance chinoise figurant dans les collections 
du Muséum. Les formes glabrescens , intennedia et demidata de Franchet 
appartiennent à la var, omeiensis ; il en est de même de la forme pter- 
acantha, mais celle-ci est en outre caractérisée par le développement extra- 
oi'dinaire de ses aiguillons : sur un spécimen de l'Herbier du Muséum , 
ceux-ci alteignent une largeur de 5 centimètres sur 1 centimètre de haul. 
Sur les échantillons du Yunnan, cette forme est en outre caractérisée par 
la villosité abondante des feuilles ; mais une forme de la même plante , 
figurée dans le Botanical Magazine, tab. 8918, qui a bien les aiguillons 



— 129 — 

si caraotérisliques de la forme pteracantha, présente cependant des feiiiHes 
glabres. 

Quant au R. Mairei Lévl. , in Fedde , Repert. , XI , p. 999 , ce n'est qu'une 
forme micrantlie et microphylle, à folioles velues-soyeuses tantôt en 
dessous seulement, tantôt sur les deux faces, et à fleurs presque sessiles. 
On trouve dans les Collections du Muse'um des échantillons de cette 
forme provenant des localités suivantes : Yunnan : collines arides autour 
de Tong-tchouan , ait. 2,55o m. (Maire ; c'est le type du R. Mairei Lévl.) ; 
Chao-pay, sur la route de Tong-lchouan à Yunnan-sen (M. Mey, 1905; 
Ducloux, n° 33 11); environ de Tali (Delavay, 1889). Thibet oriental : 
Ciha-pa (Soulié, 1898). 

On sait que le R. sericea diffère de toutes les autres Roses connues 
par ses fleurs tétramères ; ce caractère se montre très constant sur les 
spécimens spontanés ; mais M. Gongy, jardinier-chef de Bagatelle , m'a dit 
avoir observé plusieurs fois des fleurs à cinq pétales sur les pieds cultivés 
dans ce parc. 

(A suivre.) 



-- 130 



Sur quelques Corallinacées 

TROUVÉES DANS UN CALCAIRE DE FORMATION ACTUELLE DE L^OcÉAN InDIEN , 

PAR M""" Paul Lemoink, 
Stagiaire au Muséum. 

M. Lacroix , Professeur au Muséum d'Histoire naturelle , a eu l'amabilité' 
(le me donner à étudier un échantillon de la Collection de minéralog^ie 
provenant de l'Ile Mayotte, dans lequel il avait reconnu des algues cal- 
caires'''. Il s'agit d'un calcaire qui se constitue à l'époque actuelle, à la 
pointe nord de l'îlot Pamanzi, par accumulation de débris, en particulier 
de coquilles, englobés dans un ciment rougeâtre contenant des débris 
volcaniques et des fragments d'algues calcaires si petits que l'élude mi- 
croscopique seule décèle leur nature. J'ai essayé de les déterminer, et j'y 
ai reconnu cinq espèces différentes ; elles se répartissent entre les genres 
Lithothanmiiim (une espèce), Lithophyllum (trois espèces), Amphiroa (une 
espèce); trois espèces sur cinq ont pu être déterminées spécifiquement; 
les deux autres sont probablement nouvelles, mais on ne peut songer à 
créer des noms nouveaux pour des algues actuelles représentées seulement 
par des débris. 

Lithothamnium sp. — Un fragment de tissu semble appartenir à une 
espèce formant des mamelons ou des branches ; mais je n'ai pu définir 
cette espèce; les cellules sont de grande taille: i5 à 82 fa de longueur 
et 1 o à 1 2 fi de largeur. 

Lithophyllum megalocystdm Foslie. — Je rapporte à cette espèce des 
thalles de faible épaisseur (i5o à 82 5 fx) composés uniquement par un 
liypothalle formé de rangées concentriques; les cellules qui constituent ces 
rangées mesurent 26 à 4o fi de longueur et i5 à 20 fx de largeur. Ces 
dimensions sont analogues à celles de L. megalocystuni (25àiofxxioà 
18 fx); dans cette espèce, l'épaisseur du thalle peut atteindre 5oo fx, et 
dans ce cas il apparaît un tissu périthallien peu épais, au-dessus de l'hypo- 
thalle. Les échantillons des Goraores seraient des croûtes jeunes de cette 

'') Lacroix (A.), La constitution des roches volcaniques de i'Archipel des Co- 
mores (C. R. Académie des Sciences, 28 août 1916, p. 21 3-2 19). 



— 131 - 

espèce qui n'est conaiie jusq, l'ici qu'aux îles Taiii Taiii (archipel Sulu) et 
aux îles Karkaralong , au sut des Philippines. 

LiTiioPHYLLtJRi AUSTRALE FosUe. — Celte espèce est représentée par un 
fragment de tissu, ou périthalle, traversé par des lignes d'accroissement 
très marquées, qui délimitent les couches superposées; à un plus fort gros- 
sissement on voit que ces coucl es de tissu sont constituées par des rangées 
régulières de cellules dont les dimensions sont i o à a o (x, principalement 
i5 pt pour la longueur et 8 à lo fx pour la largeur. A la partie inférieure 
du thalle , on peut observer l'hypothalle , formé de rangées concentriques 
de cellules qui mesurent 30 à 35 fx de longueur et 19 à i5 fx de largeur. 

La section montre un conceptacle, dont les spores sont absentes: il 
mesure 700 (i de largeur et 425 (i de hautem*, et montre l'orifice de sortie 
des spores. 

Ce fragment montre quelques analogies avec Lithopht/Uum eruhescens 
Fosl., var. haingsisiaiiu Fosl.; mais il semble devoii- être rapporté de pré- 
férence au Lithophyllum australe, surtout en ce qui concerne la dimension 
des conceptacles; L. australe est connu dans la partie occidentale de 
l'océan Indien aux récifs de Saya de Malha et de Gargados Garayos, à l'est 
de Madagascar. 

Lithophyllum sp. — Il est difficile de savoir à quelle espèce rapporter 
un fragment de tissu foi-mé de rangées régulières de grandes cellules à 
pores bien visibles, dont les dimensions sont 3o à A5 fx pour la longueur 
et 9 à 1 2 fi pour la largeur. 

Amphiroa fragilissima (L.) Lmx. — Cette algue forme, à l'état vivant, 
un massif ramifié composé de fines branches articulées. Dans les prépara- 
tions des Gomores, on observe des sections longitudinales des articles de 
ces branches: le tissu est composé de rangées superposées de hautes cel- 
lules de 75 à 100 fx de longueur ; aucune des sections ne montre plus de 
8 rangées consécutives de hautes cellules: mais dans l'une des sections, en 
plus de ces 8 rangées, on observe deux rangées beaucoup moins hautes 
(10 fx et ko fx). Or V Amphiroa fragilissima est caractérisée par la présence 
d'un certain nombre de rangées de grandes cellules (généralement au 
nombre de h k 8), suivies de 1 à -2 rangées de cellules plus courtes. L'as- 
pect des i-angées de cellules, très ftublement incurvées sur leurs bords, est 
un autre caractère permeltant de rapprocher les fragments des Gomores de 
V Amphiroa fragilissima. Cette espèce est actuellement connue à Madagascar 
et dans les régions chaudes de l'océan Pacifique et de l'océan Atlantique. 

L'élude de ces fragments d'algues caicaii'es ne peut naturellement rien 
ajouter à la connaissance anatomique des espèces. 



— 132 — 

Toutefois elle nous montre que les algues calcaires continuent à jouer, 
à l'époque actuelle, dans la constitution des sédiments marins, le même 
rôle qu'elles ont joué à toutes les époques géologiques, oii, depuis le 
Silurien, sont connues des formations dans lesquelles les algues calcaires 
jouent un rôle plus ou moins prépondérant. 

D'autre part, aucune des espèces de ce dépôt calcaire n'était connue à 
l'île Mayotte; en effet, si les régions voisines : Seychelles, Amirautés, Saya 
de Malha , Maurice , sont relativement bien connues au point de vue des 
algues calcaires , il n'en est pas de même de la région des Comores , où 
aucune espèce n'avait été signalée jusqu'au présent. Cette petite note a 
surtout pour but de mettre eu évidence la possibilité de signaler dans une 
région la présence d'algues actuelles au moyen d'une section de roche. 



133 — 



Les MÉlouÉsiÉes des AyriLLES oAyoïsES récoltées par M. Bueroesedi, 

PAU M'"'' Paul Lemoink. 
Stagiaire au Muséum. 



M. Boergesen, lAlgologue danois bien connu en particuliei- par ses 
travaux sur les algues des îles Faeroë, a, depuis 1899, entrepris l'étude 
des Antilles danoises et a publié, dans ces dernières années, les résultats 
de ses études dans une très belle publication d'ensemble *'' ; il a bien voulu 
me confier la détermination des échantillons appartenant aux Mélobésiées. 

Ce travail de détermination avait été commencé par le spécialiste Foslie 
de Trondhjem, qui n'a pu achever son œuvre avant sa mort, et j ai été 
chargée par M. Boergesen de reprendre ce travail et de rédiger sur cette 
petite famille un mémoire d'ensemble dans lequel on trouvera la descrip- 
tion complète des espèces. 

Cette étude a été faite au laboratoire de Cryptogamie du Muséum d'His- 
toire naturelle, et a été facilitée par l'importante collection de Mélobésiées 
dont M. le Professeui- Mangin veut bien me permettre l'étude chaque fois 
qu'il est nécessaire. 

Les trois îles qui composaient les Antilles danoises et qui appartiendront 
dorénavant aux États-Unis : Saint-Jean, Saint-Thomas et Sainte-Croix, 
renferment une vingtaine d'espèces de Mélobésiées ; elles ont été recueillies 
en abondance soit sur les polypiers morts dans les récifs coralliens, soit 
sur des algues, soit sur les rochers et les cailloux, et elles y vivent à des 
profondeurs variables jusqu'à la profondeur de 3o ou io mètres atteinte 
par des draguages. 

Grâce aux recherches de M. Boergesen, la flore de ces îles est à présent 
beaucoup mieux connue que celle de l'ensemble des îles des Antilles , oit 
jusqu'ici 32 espèces seulement ont été signalées; il faudrait, en particu- 
lier, recommander aux explorateurs la récolte des algues calcaires dans les 
îles de la Martinique et de la Guadeloupe. 

Cette petite florule des Antilles danoises se répartit entre les genres : 
Lithothamnmm{k espèces), Ltthophyllum (9 espèces), Poro/t/^oK (3 espèces) 
et Melohesia (4 espèces) ; la plus grande partie de ces espèces, sans s'occu- 

(») Boergesen, The marine algae of the Danish West Indien. Clilorophyceae, 
1918; Phaeophyceae , igii; Rhodophyceae , 1915-1917. Gopcnliague. 



— 13/i — 

per du genre auquel elles appartiennent, sont îles espèces en croule; deux 
espèces seulement sont des espèces ramlliées : Tune ne forme que de petits 
massifs de a à 3 centimètres, souvent peu développés, l'autre espèce est 
représentée aux Antilles danoises par sa variété naine, formée de petites 
branches cylindriques, dressées parallèlement siu'la croûte de base, et qui 
ne se ramifient pas. Les conditions de vie ne paraissent donc pas favorables 
au développement d'espèces ramifiées. 

Il m'a paru intéi'essant de rechercher pour ce petit groupe d'espèces 
quelles étaient leur répartition géographique et leurs affinités. 

Malgré les connaissances très restreintes que nous possédons à ce sujet, 
il semble que la ilore de Mélobésiées soit assez uniforme dans toutes les 
îles des Antilles. De plus, un certain nombre d'espèces des Antilles se 
retrouvent sur les côtes de Floride (8 espèces), aux iles Bahamas (lo es- 
pèces) et même aux îles Bermudes (3 espèces). Il y aurait donc, pour les 
Mélobésiées, une flore caractéristique de l'Atlantique trojiical nord-améri- 
cain, composée, d'une part, d'espèces répandues depuis les Bahamas jus- 
qu'en Floride, et d'autre part d'un certain nombre d'espèces spéciales à 
chacmie des régions : (4 espèces des Bahamas ne sont connues ni aux 
Antilles, ni en Floride; i8 espèces des Antilles sont inconnues dans les 
régions voisines); -2 espèces de Floride ne se retrouvent ni aux Antilles, 
ni aux Bahamas , ni aux Bermudes. 

Dans le tableau ci-contre, j'ai résumé la répartition géographique des 
espèces des Antilles et des régions voisines. 

D'autre part, et tout en faisant la réserve qu'impose le manque de 
renseignements suffisants sur toutes ces régions, il semble qu'il n'y ait 
pas d'analogie entre les espèces américaines du nord et du sud de l'Equa- 
teur; deux ou trois espèces seulement seraient communes entre les Antilles 
et les côtes du Brésil. 

D'ailleurs les Mélobésiées des Antilles paraissent avoir une répartition 
géographique limitée ; à part une espèce considérée comme ubiquisle , 
Melobesia Jarinosa , il n'y a pas d'espèces vivant à la fois aux Antilles et 
sur les côtes atlantiques d'Europe ; peut-être les relations seraient-elles 
plus étroites avec les espèces nord-africaines , car deux espèces des Antilles 
ont été signalées au Gap Vert et dans le golfe de Guinée (San Thomé). 

En dehors de la répartition géographique des espèces , ou peut aussi 
rechercher leurs liens de parenté avec les espèces d'autres régions. Or 
quelques espèces des Antilles ont des affinités très étroites avec certaines 
espèces des régions tropicales du Pacifique (Bornéo. Sumatra, Nouvelle- 
Guinée, Garolines. Sandwich, Puamotou, Samoa, Funafuti) : c'est le cas 
de Porolhhon parhijdermum Fosl. , de Porolithon Boergesenii Fosl., de Paro- 
litlion Anhilanim Fosl.. qui ne se distinguent respectivement do Porolithon 
oncodes Heyd. , Por. Heiuholdi et Por. craspedittin Fosl. que par des carac- 
tères d'importance secondaiie. 



— 135 — 



TABLEAl' DE REPAUriTIOÎN (ilîOGRAPHlQlK DES MELOBESIEES DES ANTILLES 

ET DES RÉGIONS VOISINES. 





ANTILLES l'I. 


FLORIDE. 


BAilAMAS. 


BEKMUDBS. 


PAYS DIVEIIS. 


Litliniluttnnitiiit (iciii\danii 


X 










Lilliolliaïunnim hrasilicnse?. ■ . ■ 


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X 


Il 


Il 


Brésil. 


Lithnihamniam jhirulanum 


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II 


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lÀlhothanw'uim iiiccrtum 


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X 




lÀlhnlhiiiiinhim iiivsiimovphum. . . 


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X 




Lilhiillmmiiiiim occidentale 


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II 




Lttlifillitinmiiitu ritptile 


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" 


II 


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Lillwlliitiiiiiiiiiii ^(jiinclam 


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Aid.œnlil'-.nlliniiinium dimotuin . 


X 


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II 




Ep'ililhon meinbranaceum 


X 




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II 


Lll)il[lli.'-I(!. 


Lhhop'iijUiim ahsimile 


X 


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II 


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Lilliojiliiilhtin nccietum 


X 11 


X 


X 


II 




LUhnphifllutii iirnipetutn 


X 


.. 


X 


II 




L'illinjihijlliiiii affine? 


X 


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" 


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Ijti'\oplujlhim caribaeinit 


X 


" 


X 


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I^tlhop'- i/lhf.tn rnn^estum 


X 


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" 


" 




Lit''(ijihi/lluiii ddedaleum 


X u 


" 


" 


" 


liivsil , Vi'iiéziM'lii , 
île dfl la Triiiidail. 


LilhnjjliijllKiH dccaleseens 


.i 


u 


X 


X 




l.ithdplnjUmn dislapatum 


" 


i. 


X 


" 




L'illinpIniUiim erosum 


(1 


Il 




II 




L'illwphijUmn enibescens 


„ 


„ 


II 


X 




I.ilhopliijllmn inteiinediain 


X 


X 


II 


X 




Lit'iophiiUum muniliim 


' 


„ 


X 


II 




I.il/iDjiiti/lliiin plali/phyllitm 


X 


1. 


" 


II 




LilhnpInjUum prnpinquum 


X 


X 


X 


II 




Li{l;(iplnjUum rhizophorae 


H 


II 


X 


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Lil/itiphijllnm spectahile 


N 


.. 


" 


X 




L'illiDphijUum sliictum 


X 


X 


X 


II 




l/illiiqilnillum { Dermatolithon ) 












hirmiidmse 


rp 


X 


II 


X 




Lilliop/ii/lluiii pidi/ilanum 


X 


II 


II 


" 




LilliiiplujUiim protolypum 





X 


" 


" 




Lillioplujtlum pustulalum 


X 


X 


" 


X 




l'iiiolillion Aniillarum 


X 


,1 


, 


II 




l'orolitluin Ihergcsenii 


X 


„ 


X 


II 


Ali-ique: SanTlioiiii-. 


l'nndillton impracerum 


X 


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" 


" 




l'oriililhon inamillare 


o 


X 


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1' 


Afrique : Cap Veii . 
Algoa? Brésil. 


l'oi(d'lh(jn pachjjdennmu 


X 


" 


X 


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1, 


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X 


: 




Mclohenin CI: amaedoris 


Meliibcsia farinosa 


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X 


X 


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Uhiquislp. 


Mclobcsia farinosa var. Solmsiana 







II 


II 




Mastophora Lamourouxi 


X 


" 


" 


" 




<" Les esppriw renieillii'S à S 


>aiiil-Jean , Sa 


iil-TliiHiias ( 


)ii Sain|p-Ci' 


oix |iai- M. H'i 


Mfjeseu sont maniiiees 


il'llll 0. 













— 136 — 

D'autre part, uu certain nombre d'espèces des Antilles (environ 9 es- 
pèces) montrent des analogies très remarquables avec des espèces localisées 
dans la Méditerranée, ou d'espèces méditerranéennes connues également 
sur les côtes européennes ou africaines de l'Atlantique. Ces analogies 
consistent en une ressemblance extérieure très frappante dans l'aspect de 
l'algue et dans les caractères les plus nets des organes reproducteurs ; une 
étude approfondie montre certaines différences, par exemple dans la 
dimension de ces organes, et met en relief une divergence souvent très 
importante dans la structure anatomique, qui iiermet de différencier très 
facilement ces espèces : c'est ainsi que deux espèces d'aspect extérieur 
presque identique comme Lithophyllum incrustam (Atlantique Est et Médi- 
terranée) et Lithophyllum intermedmm (Antilles, etc.) présentent de telles 
différences de structure, qu'elles sont placées très loin l'une de l'autre dans 
une classification basée sur la structure auatomique. 

Ces affinités entre certaines espèces des Antilles et certaines espèces 
méditerranéennes n'ont rien qui puisse nous surprendre. Dans l'étude de 
groupes zoologiques , on a signalé des relations entre la faune des Antilles 
et celle des Canaries et des côtes du Sénégal; et, d'autre part, on sait que 
de grandes analogies existent entre les faunes des côtes de l'Afrique du 
Nord et des iles Atlantiques voisines (Canaries, Madère, Açores, îles du 
Cap- Vert) et celles de la Méditerranée. 

C'est pour expliquer ces analogies de faune que divers savants ''' ont 
émis l'hypothèse de la présence, aux temps géologiques, de la terre connue 
sous le nom d'Atlantide, qui aurait occupé la partie centrale de l'Atlan- 
tique, s'appuyant d'une part au Venezuela, d'autre part au Sénégal, et 
dont les témoins seraient les Antilles du côté américain et les îles Atlan- 
liques (Canaries, etc.) du côté africain. 

") Voir le résumé de lelte question in Louis Gkiimain, Le prol)lème de l'At- 
lantide et la Zoologie [Annales de Géographie, t. XXII, 19» 3, 11° 128, i5 mai 
jQia). 



SOMMAIRE. 

Pages. 
Actes administratifs. — NominalioQS de M. l'Abbé Bourdet et de M. J. 
Cardot comme Correspondants du Muséum. — Mission confiée à 
M, Gravier pour recherches scientifiques au Laboratoire de Zoologie 
maritime de Naples 07 

Communications : 

H. Necville. Quelques remarques sur la Formaldéhyde et son emploi. ... 58 

J. Delphy. Influence des agents climatériques sur les variations de Faune. 78 

P. Chabanad». Énuméralion des Reptiles non encore étudiés de l'Afrique 
occidentale, appartenant aux Collections du Muséum, avec la des- 
cription des espèces nouvelles. [Figs.] 83 

Ed. Lamy. Les Arches de la Mer Rouge (d'après les matériaux recueillis 

par M. le D' Jousseaume) 106 

J. Cardot. Notes si*r des Rosacées d'Extrême-Orient 1 1 3 

M°" P. Lemoine. Sur quelques Corallinacées trouvées dans un calcaire de 

formation actuelle de l'océan Indien i3o 

— Les Mélobésiées des Antilles danoises récoltées par M. Boergesen i33 



AVIS. 

Les auteurs sont priés de vouloir bien se rappeler que 
l'étendue des notes insérées dans le Bulletin ne saurait 
dépasser 5 pages d'impression. 

Les auteurs sont également priés de donner des manu- 
scrits mis au net qui puissent permettre la composi- 
tion rapide du Bulletin. 

Les auteurs sont instamment priés de remettre les cli- 
chés des figures qui accompagnent leurs notes en même 
temps que leurs manuscrits. 



SOCIETE 

DES 

AMIS DU MUSÉUM NATIONAL 
D'HISTOIRE NATURELLE 

(EXTRAIT DES STATUTS). 



I. But et coxapositiou de la Société. 

Article premier. 

L'Association clile Société des Amis du Muséum national d'Histoire natu- 
relle, fondée en 1907, a pour but de donner son appui moral et financier 
à cet ëtabiissement, d'enrichir ses collections, ménageries, laboratoires, 
serres, jardins et bibliothèques, et de favoriser les travaux scientifiques et 
l'enseignement qui s'y rattachent. 

Elle a son siège à Paris. 

Article 3. 

L'Association se compose de Membres titulaires , de Membres donateurs et de 
Membres bienfaiteurs, qui doivent être agréés par le Conseil d'administration. 

Pour être Membre titulaire, il faut payer une cotisation annuelle d'au 
moins 10 francs. La cotisation peut être rachetée en versant une somme 
fixe de i5o francs. 

Pour être Membre donateur, il faut avoir donné une somme d'au moins 
5oo «francs, ou avoir versé pendant dix ans une cotisation d'au moins 
60 fiancs par an. 

Pour être Membre bienfaiteur, il faut avoir donné au Muséum, ou à la 
Société, soit une somme de 10,000 francs, soit des collections scientifiques 
ou des objets, meubles ou immeubles, ayant une valeur équivalente, soit, 
pendant dix ans, une cotisation annuelle d'au moins 1,200 francs''^. 

<') S'adresser pour les versements à M. Pierre Masson, trésorier de l'Association, 
lao, boulevard Saint-Germain. 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIOML D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1917. — N" 3. 



169' REUNION DES NATURALISTES DU MUSEUM. 

29 MARS 1917. 
PRÉSIDENCE DE M. EDMOND PERRIEU, 

DIRECTEUR DU MUSEUM. 



ACTES ADMINISTRATIFS. 

M. LE Président regrette d'avoir le devoir d'annoncer à la Réunion 
que le Muse'uni vient de perdre deux personnes qui, à des titres 
différents, lui ont rendu de jfrands services : 

M. le D"^ MocQUARD, attache comme Assistant de la Chaire d'Her- 
pélologie et d'ichthyologie lorsque le D"^ Sauvage se retira, entra 
au Muséum sur le tard, mais y [)assa néanmoins d'assez longues 
années; il s'était particulièrement attaché à l'étude des Reptiles; 
les mémoiresqu'il a publiés sur ces animaux marquent dans la science 
ol lui font grand honneur. Une voix autorisée se fera entendre pour 
retracer la carrière très active et très variée de ce savant des plus 
méritants. 

Pierre Desfaux, Brigadier à la Ménagerie, n'avait reçu que des 
éloges pour le zèle et l'intelligence avec lesquels il s'acquittait de 
ses fonctions; le Muséum perd en lui un de ses meilleurs servi- 
teurs; il est bon de rappeler que ce modeste employé avait élevé une 
famille de sept enfants, à laquelle on ne manquera pas de porter le 
plus grand intérêt en souvenir de leur père. 

Muséum. — xxiii. lo 



— 138 - 

iNoTlCE NÉCROLOGIQUE SllH Llî D"^ H.-E. SaUVAGE, 

PAR M. Louis Roule. ^ 

Le D' Sauvage (Kenri-Emile) naqtiit à noiiIojrne-sur-Mi^i' le 'i-2 sep- 
tembre iSAa. Après de bonnes études médicales, il fut aide-major pendant 
la guerre de 1870-71 (Mobilisés du Pas-de-Calais), puis vint se fixer à 
Paris, où il fréquenta assidûment le Muséum. H y retrouvait plusieurs 
compatriotes et amis de jeunesse, notamment le D' Haniy. et s'intéressait 
vivement aux études d'Histoire naturelle. Son goût le poriant plus spécia- 
lement vers les recherches suc les Poissons et les Reptiles, il fut attaché, 
dès l'année 187-2, à la chaire d'Herpétologie et d'Ichihyologio, et nommé 
Aide-Naturaliste en titre le 1" janvier 1876. Il devait occuper ces fonc- 
tions pendant neuf années. Il démissionna en i88't, dans toute la force 
de l'âge, pour revenir à sa ville natale et s'y dévouer aux œuvres scienti- 
firpies qui l'intéressaient ; il y fut Conservateur du Musée et Directeur 
fondateur de la Station d'Aquiculture. Fidèle à sa province, il ne la quitta 
plus désormais; c'est là que la mort vint l'enlever, le 3 janvier dernier. 

Sauvage a publié de nombreux travaux qui portent tous la marque 
d'un esprit original et avisé. Naturaliste, méticuleux avant tout, il ne se 
limitait point à la seule description des espèces actuelles, mais portait éga- 
lement ses investigations sur les fossiles , et s'aidait de celles-ci pour éclairer 
les particularités de celles-là. C'est ainsi qu'il devint un des zoo-géographes 
les plus avertis et les plus consciencieux qui soient. Son désir de connaître 
ne se bornait pas aux seuls Vertébrés inférieurs; au voisinage d'Hamy, il 
s'occupa des races humaines, et publia à leur sujet plusieurs mémoires 
estimés. Il fut donc Ichthyoiogiste, Herpétologiste , Paléontologiste, An- 
thropologiste , et se montiM toujours, dans ces diverses branches, travail- 
leur savant et expérimenté. 

Ses recherches zoologiques ont eu surtout pour objet la description des 
Poissons de l'Extrême-Orient et de l'Afrique; elles ont paru dans la plupart 
de nos recueils scientifiques, notamment dans les Nouvelles Archives du 
Muséum, dans les Bulletins de la Société Philoiiudhique, dans ceux de la Société 
Zoologi/juc. Ses recherches paléontologiques ont porté sur des Poi-isons 
fossiles de diverses provenances (Oran , Licala , Autun . Portugal) , et sur des 
Reptiles de Boulogne-sur-Mer, du bassin de Paris, de l'Yonne, de Fumel. 
L'un de ses ouvrages principaux est une llisloirc Naturelle des Poissons de 
Madagascar, publiée en 1891, formant, avec les nombi'euses planches qui 
l'accompagnent, le tome XVI du grand ouvrage de M. Alfred Crandidier. 
Il a rédigé aussi les volumes consacrés aux ReptUes, aux Batraciens et aux 
Poissons dans l'édition française des Merveilles de la Nature de Brehm. 

Sa mort laisse au Muséum d'unanimes l'egi'cts. 



— 139 — 



COMMUNICATIOINS. 



Considérations sn^ là biologie, en captivité, 

DU BOAODON LINEATUS D. B. 

PAR M. Paul Chabanaud, 
Correspondant du Muséum. 



Parmi les espèces conservées vivantes à la Ménagerie des Reptiles figu- 
rait un remarquable exemplaire de Boaodon lineafus D. B. , du sexe femelle. 

Au point de vue morphologique, ce Serpent ne présentait d'autre parti- 
cularité que sa taille considérable. Le maximum de longueur totale indiqué 
pour cette espèce par M. Boulenger est de 870 millimètres , dont 110 milli- 
mètres pour la queue'*'. Les exemplaires de cette taille doivent être fort 
rares, car, bien que l'espèce soit des plus communes, je n'en ai guère vu 
d'une longueur supérievu'e à 70 centimètres. L'individu en question mesure 
1,990 millimètres de longueur totale, dont lio millimètres pour la queue, 
et dépasse, par consé<^[uent , de près des trois quarts la dimension des plus 
grands exemplaires connus. 

Pendant la vie. le dessus du corps était paré, à la lumière du soleil, 
d'un reflet du plus beau violet, très vif lorsque l'animal avait mué récem- 
ment. Ce reflet disparait complètement après la mort, et l'on n'en peut voir 
nulle trace sur les individus conservés par voie humide, non plus que sur 
les peaux desséchées. 

Entré à la Ménagerie le 16 juillet 1906, ce Boaodon est mort en février 
1917, après plus de dix années de captivité. Son existence aurait sans doute 
pu se prolonger longtemps encore, car elle fut abrégée accidentellement 
par une congestion pulmonaire déterminée par les froids rigoureux qui 
sévirent à cette époque. 

La maladie ne dura pas plus de trois ou quatre jours , et jusqu'à son début 
aucune modification ne s'était manifestée dans le caractère ou les habitudes 
du sujet. 

L'aliment^ition de ce Serpent consistait exclusivement en petits Mammi- 
fères — Souris, Rats petits et moyens. Chats nouveau-nés — dont le 

'') G. A. Boulenger, Catalogue of Snakes, I, p. 33a. 

10. 



— uo — 

volume était [larfois considérable par rapport à sa taille. Les proies lui 
étaient présentées avec des pinces; il les saisissait et les étouffait à la manière 
habituelle chez tous les Serpents constricteurs. La vivacité d& ses mouve- 
ments était alors extraordinaire et sa puissance de constriction très grande , 
à en juger par la taille des Rats qu'il lui arrivait d'accepter et aussi par le 
peu de temps qu'il mettait à les tuer. 

Il buvait longuement et à des intervalles assez rapprochés, mais ne se 
baignait que très raiement. Se tenant toujours sur le sol de sa cage, jamais 
il ne grimpait sur la branche d'arbre mise à sa disposition. 

Pendant quelque temps, on fut obligé de lui adjoindre comme compa- 
gnon de captivité un jeune Coratius nuulagascariensis D. B. , d'une taille; 
plus du double de la sienne. Le Corallus prit possession de la bûche creiise 
où se nichait d'ordinaire le Boaodon, et ce dernier s'en fut élire domicile 
dans un autre coin de la cage. Lorsqu'on sépara de nouveau les deux jicm- 
sionnaires, le Boaodon reprit aussitôt ses anciennes habitudes. 

La douceur de son caractère était exceptionnelle. Je ne lui ai jamais vu 
esquisser le moindre geste de défense. Lorsqu'on voulait le prendre, il 
cherchait quelquefois à s'enfuir dans la direction de sa bûche creuse , mais 
il avait fini par s'habituer au contact de l'homme et se laissait manipuler 
sans manifester aucune crainte. Si les circonstances s'y étaient prêtées, je 
ne doute pas qu'il eût été possible d'obtenir de lui une familiarité compa- 
rable à celle de notre Tropidonotus natrix L. , pourtant si remarquable à ce 
point de vue, 

M. le PiolesscMU' Louis Roule a décidé que ce beau spécimen serait moule, 
et c'est dans cet étal qu'il ligurera dans les Collections du Muséum, sous le 
numéro d'entrée 17-101. 



— l/ll 



te 



Revision sommaire des Insectes fossiles 
DU Stéphamen de Commentry, 

PAR M. AUG. LaMEERE, 

Professeur à l'U.mversité de Bruxelles. 

La publication de l'ouvrage de Haiidlirsch, Die fossilen Iiisokten (Lei- 
pzig, 1908), a rendu nécessaire un nouvel examen des types décrits et 
(igurés par Charles Brongniart dans ses Recherches pour servir à l'histoire 
dos Insectes fossiles^ des temps primaires {Bulletin de la Société de l'Industrh 
minérale de Saint-Etienne, Z' série. Vil, 1890). Handiirsch n'a pas vu, en 
effet, les documents découverts par M. l'Ingénieur Fayol et qui constituent 
la collection d'Insectes fossiles la plus remarquable que l'on connaisse. 

J'ai voulu profiter de mon séjour forcé à Paris pendant la guerre pour 
demander à M. Marcellin Boule, Professeur de Paléontologie au Muséum 
d'Histoire naturelle, de me permettre d'étudier les Insectes houillers dont il a 
la garde; avec une obligeance et une amabilité toutes françaises, M. Boule 
a bien voulu mettre à ma disposition non seulement les matériaux utilisés 
par Ch. Brongniart, mais encore les Insectes fossiles de Commeiilry qui 
ont été décrits par Agnus ou par M. F. Meunier; je lui en exprime ma 
profonde gratitude en même temps que ma vive reconnaissance pour le cha- 
leureux accueil qu'il m'a fait dans son laboratoire. 

J'ai vu jadis Ch. Bi'ongniart à l'œuvre, et je tiens à rendre hommage au 
courage et au talent qu'il déploya pom- mener à bien le travail considérable 
et hautement méritoire qu'il nous a laissé ; il étudia les fossiles de Com- 
mentry à une époque où la connaissance de la nervation des ailes des 
Insectes n'était qu'ébauchée, à une époque aussi où l'on ignorait à peu près 
tout de la faune entomologique des temps primaires. Ses descriptions soni 
très précises: celles des figures qu'il a dessinées lui-même sont très bonnes, 
el il n'y a que peu de retouches à y faire; sa classification est aussi satis- 
faisante qu'on pouvait espérer qu'elle fut il y a plus de vingt ans; on peut 
reprocher à l'auteur certains écarts d'imagination, mais l'œuvre est une 
belle œuvre qui fait honneur à la science française. 

Le présent mémoire est essentiellement documentaire : je réserve pour 
un autre travail mon jugement sur l'ensemble des Insectes du primaire. 
Pour les fossiles dont je ne parle pas, je suis d'accord avec Ch. Brongniart 
en ce qui concerne les figures et les descriptions qu'il en a données. Je 



— U2 -- 

mentionne cependant tontes les espèces à propos desquelles Handlirsch a 
émis des doutes sur l'exactitude de leur représentation. 

Malgré les travaux concordants des géologues et des paléontologistes 
français , Handlirsch a avancé à plusieurs reprises l'opinion que le Stéplia- 
nien de Commentry n'appartient pas au houiller supérieur, mais bien au 
houiller moyen, et qu'il est à peu près de la même époque que le Westpha- 
lien de Saai'briick. 11 m'est impossible de partager cette manière de voir, qui 
provient en partie de ce que Handlirsch, à mon sens, a compris à rebours 
l'évolution des Insectes qu'il considère comme les plus primitifs. Le princi- 
pal argument du savant autrichien est basé en outre sur une statistique : il 
y a trop de Paléodictyoptères et pas assez de Blattoïdes parmi les fossiles de 
(lommentry comparativement aux découvertes faites dans le houiller supé- 
rieur de l'Allemagne et des Etats-Unis. Handlirsch oublie que les Paléodic- 
tyoptères et les Blattoïdes ayant des mœurs tout autres peuvent, suivant 
des conditions de fossilisation différentes , être très inégalement représentés 
dans des terrains contemporains; Handlirsch oublie aussi que Gh. Bron- 
gniart a volontairement laissé de côté l'étude de l'énorme quantité de Blat- 
toïdes trouvée à Commentry, qui s'élè\e à plus de 1,200 échantillons. Ces 
Insectes ont été soumis à l'examen de M. F. Meunier, qui a tei'miné sur le 
sujet un volumineux travail dont la guerre a empêché jusqu'ici la publica- 
tion. Comme les descriptions de M. F. Meunier n'ont pas encore paru, je 
m'abstiendrai d'en parler, me bornant à l'examen des espèces de cet auteur 
qui ont déjà été publiées {Annales de Paléontologie , IV, 1909; VII, 1912). 

J'énumérerai , pour faciliter les recherches , les fossiles dans l'ordre suivi 
])ar Cil. Brongniart , la classification de Handlirsch étant en grande j)artie 
erronée, ce qui ressortira déjà des faits mentionnés ci-après, et ce que je 
démontrerai d'ailleurs plus explicitement dans un travail subséquent. 

I. Analyse des espèces litigieuses p. lia 

IL Conclusions générales p. i85 

III. Classification sommaire des genres de Commentry. p. 190 



1. ANALYSE DES ESPECES LITIGIEUSES. 



I. :nÉVROPTÈRES (sensu Ch. Brongniart). 

I. MEGASECOPTERIDA Ch. Brongniart. 

MiscHOPTERA NiGRA Ch. Brougn. — Les différences alléguées par 
Ch. Brongniart pour séparer de cette espèce M. Woodmirdi n'existent pas; 



— U3 — 

le type unique de M. nigra montre autant de nervures transversales à l'aile 
suj)érii>ure qu'à l'aile inférieuie et autant que chez M. Woodtvardii sa 
teinte noire est due au bon état de conservation du fossile, et les taches des 
ailes sont disposées de la même façon. 

De nouveaux échantillons me permettent de rectifier et de compléter la 
description de Ch. Brong-niart. 

L'énorme tête rhombique représentée par Ch. Brongniart est en réalité 
un complexe formé de la véritîible tête qui n'est pas plus grande que chez 
Corijdaloides Sciidderi , de la partie antérieure du prothorax qui n'est pas 
très court, mais bien aussi long que le mésothorax ou le métathorax , et des 
deux pattes antérieures dont les genoux ont été pris pour les yeux par 
Ch. Brongniart. 

Les pattes antérieures sont remarquables : ce sont des pattes ravisseuses . 
ressemblant à celles des Nèpes, qui devaient servir à l'Insecte à capturer sa 
])roie au \o\ et à la maintenir contre la bouche. Elles sont coui tes et robustes , 
dirigées en avant, et elles se croisent en avant de la bouche. Les hanches, 
contiguës, occupent toute la partie antérieure du prosternum, iem'S extré- 
mités se projetant sous la tête. Elles sont larges , mais plus longues que 
larges; le fémur est très robuste, conique; le tibia, inséré obliquement sur 
le fémm-, est courbé en dedans et terminé par un crochet; je n'ai pas jni 
voir le tarse. 

Les dix segments abdominaux , étant longitudinalement sillonnés , devaient 
avoir une certaine consistance; chacun d'eux offre de part et d'autre une 
courte expansion lamelleuse qui s'étend sur toute leur longueur et qui est 
anguleuse en arrière; le lo' est terminé triangulairement entre les cerques. 
Ceux-ci, rapprochés à leur base, offrent les mêmes poils écailleux que ceux 
qui ont été figurés par Ch. Brongniart chez Psilothorax longicimda. 

Les ailes offrent entre les nervures longitudinales des plis transversaux 
onduleux très fins et 1res serrés tpii témoignent probablement de leur 
minceur. 

Psilothorax longicauda Ch. Brongn. — Pour cette espèce, Ch. Bron- 
gniart a commis la même méprise que pour Mischoptera iiigia : les pattes 
antérieiues sont également petites et i-avisseuses; la tête est petite, et l'on 
voit très bien sur un échantillon les deux mandibules en forme de pince 
dirigée en avant. L'état de conservation des fossiles ne permet pas d'allir- 
mer, comme l'a fait Ch, Brongniart, que le prolhorax est dépourvu d'épines 
latérales. 

Cyclocelis Ghatini Ch. Brongn. — Un nouvel échantillon de la collec- 
tion permet de voir que le prothorax n'est pas très court, cornme l'a indi- 
(jué Ch. Bi'ongniart, mais sendjlable à celui de X Aspidolltorax triangularis ; 
je n'ai pu cependant y distinguer d'épines latérales, 



— IM — 

Cyclocelis minor Ch. Brongn. — Cette espèce n'ayant pas la médiane 
postérieure fourchue me semble devoir être placée dans le genre Spheco- 
plera Ch. Brongn.; c'est le seul caractère que l'on puisse invoquer pour sé- 
parer les deux genres. Ch. Brongniart a oublié une nervure longitudinale 
dans sa figure : le secteur de la radiale a trois rameaux. 

Cyclocelis ELEGANTissiM A F. Meun., Ann. de PaléonL, IV, 1909, p. lia, 
fig. 1 4 , pi. II , fig. 5. — C'est aussi un Sphecoptera : M. F. Meunier a pris la 
médiane antérieure pour un li' rameau du secteur de la radiale. Il n'est pas 
exact que la cubitale postérieure n'aboutisse pas au bord de l'aile et se rat- 
tache à la 1" anale : M. F. Meunier a établi une continuité entre la 1" anale 
et la cubitale postérieure sans voir que l'extrémité de la 1" anale est obli- 
térée dans le fossile par suite d'une défectuosité de celui-ci. Le champ anal 
est donc plus étroit que ne le supposent la description et la figm-e. 

Sphecoptera Brongniarti F. Meun., Ann. de PaléonL, IV, 1909, p. lis , 
fig. 1 3, pi. II , fig. 6. — Cette espèce , plus petite cpie S. gracilis Ch. Brongn. , 
n'en dilTère pas pour la nervation. M. F. Meunier a représenté celle-ci 
d'une manière très inexacte : l'aile supérieure n'a pas une seule médiane, 
mais bien une médiane antérieure et une médiane postérieure, comme l'aile 
inférieure ; le secteur de la radiale a trois rameaux dont aucun n'est fourchu. 

Les derniers segments alxlominaux montrent des lames latérales 
étroites; le 10° est terminé en pointe entre les cerques qui ne sont 
point rapprochés à leur base. 

Foriria macdlata F. Meun., Ann. de PaléonL, IV, 1909, p. i/io, lig.i 1. 
|»1. I, fig. 6. — La nervation est à peu près identique à ce qu'elle est chez 
Cyclocelis minor Ch. Brongn. , qui doit faire partie du genre Sphecoptera 
comme nous venons de le voir; l'Insecte n'a pas de rapports avec le génie 
Conjdaloides , car la sous-costale se rattache à la radiale avant la dernière^ 
hilurcation du secteur de la radiale. 11 y a jilusieurs nervures transversales 
dans l'espace sous-radial. Le genre Foriria, qui devrait encore comprendre 
(Uiciocelis minor, me paraît superflu. 

L'un des échantillons, celui que n'a pas figuré M. F. Meunier, montre, 
outre les quatre ailes , une partie du corps. Le prothorax , rétréci en avant , 
arrondi sur les côtés et en arrière, ressemble à celui du genre Aspido- 
thorax Ch. Brongn. , mais il ne me paraît pas offrir d'épines. L'on (hslingue 
très bien une patte antérieure : elle montre un fémur court et roljuste, 
terminé par une dent externe, un tibia long, assez grêle et courbé du côté 
interne, sur lequel il me semble voir trois épines, enfin un tarse, de cinq 
articles si je ne me trompe, avec deux ongles terminaux. Celle jiatte est 
constituée comme la patte antérieure des genres Conjdaloides et Aspido- 
tliorax. 



— U5 — 

IscHNOPTiLus ELEGANS Cil. Bi'ongn. — Lo cnbilus n'est pas simple, comme 
le (lit Gh. Brongniart : il suffit de regarder la liguic 3 delà planche XXXlli 
pour voir qu'il y a deux cubitales et deux médianes. 

CoRYDALOiDEs ScuDDERi Cil. Broogu. — L'e'tat défectueux ou incomplet 
de plusieurs des individus de la collection a amené Ch. Brongniart à don- 
ner des versions différentes de la nervation de cette espèce dans ses dessins ; 
l'aile supérieure représentée dans la figure 7 de la planche XXXII est 
parfaitement conforme h la réalité, de même que l'aile inférieure de la 
figure 10. 

Handlirsch, dans le schéma qu'il a donné de cet Insecte (pi. XXXII, 
fig. 1 o) . a précisément choisi ce qu'il y a de plus défectueux dans les dessins 
de Brongniart, et il donne une représentation et une description de la 
nervation très inexactes. 

Les deux ailes sont semblables ; le secteur de la radiale se termine par 
trois rameaux seulement; la médiane postérieure est fourchue, tandis que 
la cubitale postérieure est simple ; la médiane antérieure s'accole sur une 
minime partie de son trajet au secteur de la radiale, et la cubitale anté- 
rieure s'accole sur une faible étendue à la tige de la médiane; dans le 
champ anal , six nervures partent de la première anale. 

Ch. Brongniart a foit remarquer que sur plusieurs échantillons les ner- 
vures étaient dédoublées, les deux membranes de l'aile n'étant pas encore 
accolées : il y voyait un caractère de nymphe; en réalité, il s'agit d'indi- 
vidus qui sont morts immédiatement après leur dernière mue. 

Ch. Brongniart considérait aussi comme étant des branchies tra- 
chéennes les lames armées de trois pointes qui se trouvent sur les côtés 
des anneaux abdominaux ; je suis absolument convaincu qu'il ne s'agit pas 
de branchies trachéennes, pas plus que chez StenodicUja lohata, dont il sera 
([uostion plus loin. 

Ces lames abdominales sont assez mal représentées dans les figures de 
la planche XXXII de la Faune entomologique des terrains primaires, 
mais la figure donnée par Brongniart dans le texte, page iao, est exacte, 
sauf que je ne vois pas la troisième épine, l'antérieure. Les lames s'éten- 
dent tout le long des anneaux abdominaux et ne sont nullement détachées 
ni en avant, ni en arrière : elles étaient donc immobiles. Nous pouvons 
les considérer comme homodynames aux ailerons prothoraciques , égale- 
ment épineux, et par conséquent aussi aux ailes. Elles sont homologues 
aux plèvres des Trilobites ou aux épimères des Crustacés : on voit très 
bien sur les fossiles que ce sont des apophyses latérales des tergites et 
qu'elles ont la même texture que ces derniers. Cette particularité se monfi-e 
encore plus nettement chez StenodicUja lohata, où elle est inconteslai>le. 
Les mêmes lames, plus étroites et non épineuses, se voient d'ailleurs, 
ainsi que nous l'avons dit plus haut, chez les MischqHera et chez ces 



— 1/iG — 

deinieis, on ne songerait pas à los considérei' comme des branchies tra- 
chéennes. 

Quant à ia trachée j-amifiée que représente Ch, Brongniail, je n'en vois 
aucune trace; les empreintes semblent avoir quelque j)eu ])ei(bi de leur 
Iraîcheur depuis que Brongniart b.'s a étudiées ; mais il y aurait des tra- 
chées dans ces lames , que nous n'aurions pas affaire pour cela à des bran- 
chies, des trachées étant répandues dans tout le corps de l'Insecte. 11 est 
probable que Brongniart aura pris pour un tronc trachéen longitudinal 
la ligne déterminée par la limite de la face ventrale convexe de l'organisme 
et des lames dorsales, et que les branches ti-achéennes ne sont que des 
carènes supei'ficielles , comme on en observe aussi sur les épines protho- 
raciques. 

IN'oublions pas non plus que des ailettes abdominales se voient chez 
un Ephémère actuel de la Nouvelle-Zélande, Oiiiscigaster Wahficldi Mac 
Lachl. , aussi bien à l'état adulte que dans la larve, et sur l'abdomen de 
celle-ci elles coexistent avec des branchies trachéennes. 

11 m'a semblé distinguer, dans le fossile représenté dans la figure 1 3 de 
la planche XXXII de Brongniart, cinq articles au tarse. Les pattes anté- 
rieures ne sont guère différentes des pattes intermédiaires, et le tiJjia n'est 
(pie faiblement courbé. Celui-ci m'a paru offrir des épines, mais je n'en 
suis pas sûr. 

Les mandibules sont très visibles, sous forme de deux petits crochets 
projetés eu avant de la tête. 

CoRVDALOiDEs SIMPLES Cil. Brougu. — Cette espèce, figurée mais non 
décrite par Ch. Brongniart, ne me parait pas différente du C. Sciidderi. 
Les deux échantillons de la collection sont très frustes, mais tous les détails 
déchiffrables sont identiques à ce que montre C. Scudderi. 

AspiDOTiioRAX TRiANGULARis Cil. Brongn. — Un nouvel échantillon m'a 
permis de voir <|ue le prothorax offre de chaque côté cinq épines gi'èles 
])resque égales et com-tes. Les lames latérales de l'abdomen ont une iorte 
épine située à l'angle postérieur. Les pattes antéiieures sont semblables 
à celles du genre Cori/daloides , le tibia étant long et grêle, faiblement 
courbé. 

AspiDOTHORAx MAcuLATus Ch. Brongu. — C'est le même Insecte que le 
précédent : Ch. Brongniart (pi. XXXIII, f. y) a pris pour limites du 
prothorax les pattes antérieures qui sont croisées en avant de la tête, 
très visible sur le fossile; le pi"othorax se voit aussi, et il est le même 
que chez A. tmingtdavis. La différence indiquée par Ch. Brongniart 
dans la nervation est illusoh'e : la figure 6 de la planche XXXIII est 
correcte, 



— U7 T- 

DiAPHANOPTERA \ ETUSTA Gh. Biongii. — Le secteur de la radiale se ter- 
mine par cinq rameaux , et non par quatre. 

Celte espèce diffère assez bien de D. Munini Cli. Brnngn. par la dispa- 
rition de l'un (les rameaux du secteur de la radiale, par la médiane posté- 
rieure et })ar la cuhitale postérieure simplement hiiurquées ; llaudlisrcli 
croit qu'il faudrait peut-être en constituer un genre nouveau, mais je 
pense que c'est tout à fait inutile. 



11, PROTEPHEMERIDA Gh. Brongniart. 

HoMALONEURA ELEGANS Gh. Brongii. — La nervation est indiquée d'une 
manière correcte dans la figure i de la planche XX\1V de Gh. Brongniart, 
mais pas dans la ligure 1 1 de la planche XXXllI . la seule copiée pai- 
llandlirsch. Getle dernière figure ne montre pas les ailerons prothoraciques 
(pii existent parftutement, ainsi qu'il est dit dans le texte et comme on le 
voit plus ou moins dans la figure i a de la planche XXXill . qui , poui- la 
nervation, est également incorrecte. 

HoMALONEURA PUNCTATA Gh. Brougu. — Lcs figurcs 3 et li de la plan- 
che XXXIV sont bonnes, tandis que la figure i3 de la planche XXXUI 
renferme des inexactitudes. 

HoMALONEDRA BucKLANDi Gh. Brougn. — A en juger d'après la figure i h 
de la planche XXXIII, cette espèce serait un Megasecoplerida, mais celte 
figure est erronée, la figure 2 de la planche XXXIV étant au contraire bonne. 

HoMALONEURA JoANN^ Gh. Brougn. — HandUrsch est dans l'erreur en 
avançant que la figure 1 5 de la planche XXXIII de Gh. Brongniart repré- 
sente H. Joaniiœ et non H. ornata. Le seul dessin donné par Gh. Brongniart 
(le l'aile de H. Joannœ (figure 5 de la planche XXXIV) ne me paraît pas 
exact; la nervation est difficile à déchiffrer aussi bien sur l'empreinte que 
sur la contre-empreinte de ce fossile , l'aile étant accidentellement un peu 
plissée longitudinalement. Le secteur de la radiale émet bien sept rameaux , 
m;us la médiane postérieure est bifurquée et non simple, et la médiane 
antérieure est simplement bifurquée aussi ; la cubitale antérieure ne donne 
pas naissance à six rameaux, mais à cinq. La création d'un genre spécial 
pour cette espèce, Homaloneurites , par Hardlirsch ne me paraît donc pas 
justifiée. 

HoMALONEORA ORNATA Gh. Brougu. — La cubitale postérieure est bifur- 
quée, comme le montrent les figures G et 7 de la planche XXXIV, ce que 
Cil. Brongniart ne dit pas dans le texte, 



— U8 — 

HoMALONEURA BoNNiERi Cil, Broiign. — Handliisch a aussi créé un genre 
spécial i^our cette espèce, le genre Homaloneurina ; cet émieltement me 
paraît inutile, l'espèce ayant tous les caractères essentiels si bien définis- 
sables des Homaloneum; la cubitale postérieure est bifurquée comme dans 
H. ornata. 

Blanchardia pi ixiiELLA Ch. Brongu. — Handliisch a dû changer la 
dénomination génériijue de cet admirable fossile de transition en celle de 
Triplosobn , le terme de Blanchurd'm étant préoccupé. 

Gh. Brongniart a malheureusement couvert l'empreinte qu'il a repré- 
sentée dans la figure 8 de la planche XXXIV d'un vernis protecteur qui 
rend les détails presque invisibles et qu'il serait dangereux d'enlever ; j'ai 
donc dû me contenter d'étudier la contre-empreinte représentée agrandie 
dans la figm-e 9 de la planche XXXIV. 

Il est certain que l'abdomen présente trois filaments terminaux, les 
cerques et le prolongement médian du 11' tergite. 

L'aile inférieure n'offre pas une nervation différente de celle de l'aile 
supérieure. 

La médiane antérieure est simple, de même que la cubitale antérieure et 
la cubitale postérieure. 

Le secteur de la radiale se termine par trois rameaux dont le deuxième 
est fourchu. 

Je n'ai vu que trois secteuis intercalaires : un entre les deux premiers 
rameaux du secteur de la radiale, un autre entre les 2' et 3' rameaux du 
secteur de la radiale, le troisième entre les deux branches de la médiane 
postérieiu-e. Il m'a été impossible de distinguer les petits secteurs inter- 
calaires figurés par Gh. Brongniart, secteurs intercalaires qui résultent de 
l'anastomose de nervui-es transveisales. 

L'état de conservation du fossile ne permet pas de voir s'il y avait des 
ailerons prothoraciques ou des lames abdominales. 

Anthracothremma SciDDERi Gh. Brongn. — Get Insecte n'ayant aucun 
ra|)port avec le genre Aulhmcothrenuna , Handlirsch lui a donné la déno- 
mination générique de Pseudaittitracotlirenma, en le considérant comme 
(Miigmatique. 

lin nouvel échantillon de la Gollection du Muséum, ayant les ailes mieux 
conservées, a été décrit par M. F. Meunier sous le nom de Diaphanoptera 
siiperba {Ann. de Paléont., IV, 1909, p. i^i , fig. 12, pi. H, fig- ^ )• 

Ge fossile appartient bien au genre Diaphanoptera Gh. Brongn. , comme 
le spécimen décrit par Gh. Brongniart le montre clairement, et bien que le 
dessin de M. F. Meunier fasse croire qu'il ne s'agit pas d'un Megaseco- 
pf rida. M. F. Meunier a, en effet, considéré la médiane antérieure comme 
dernier rameau du secteur de la radiale; il a fait de la cubitale antérieure. 



— \à9 — 

dont il ne représente pas l'attache avec la lige de la médiane, le dernier 
rameau de la me'diane. 

L'aile inférieure ne diffère de l'aile supérieure qu'en un point : le der- 
nier rameau de la cubitale est fom'chu. 

L'espèce diffère du D. Munieri Ch. Brongn. par sa taille plus grande et 
par une légère simplification de la médiane postérieme ainsi que de la 
cubitale postérieme. D. Scudcleri est en quelque sorte intermédiaire entre 
D. Munieri et D. vetustu. Les ailes montrent des taches pupillées disposées 
à peu près de la même manière que chez D. Munieri. 

11 est à remarquer que les deux échantillons de ce fossile montrent les 
ailes disposées obliquement vers l'arrière du corps et non pas perpendicu- 
lairement à celui-ci, contrairement à ce que l'on voit chez les Magnscco- 
pleridn. Comme nous ignorons de quelle manière les autres Diaphanojitrra 
ployaient lem's ailes au repos, le genre Pseudantliracothremma peut être 
provisoirement éliminé. 



III. PLATYPTERIDA Ch. Brongniart. 

1. jSipilapterida Ch. Brongniart. 

CoMPSONEURA FUSCA Ch. Brougn. — La nervation n'est pas exactement 
représentée dans la figure i de la planche XXXV. Le sectem- de la radiale 
offre cinq rameaux dont le 5° se divise en deux nervures, l'antérieure étant 
elle-même bifui'quée. Ch. Brongniart a oublié la médiane antérieuie dans 
son dessin; elle est bifurquée. La nervm-e marquée V n'est que la branche 
antérieure de la médiane postérieure, et la branche poslériem-e de la mé- 
diane postérieure a été rattachée par erreur à la cubilale dont chacune 
des deux branches est simplement foiu'chue. La cubilale et les anales sont 
exactes dans l'aile située à droite dans la figure. Il y a des nervures trans- 
versales serrées en avant de l'aile; elles sont moins rapprochées au milieu 
et en petit nombre dans le champ anal. 

CoMPSONEURA FORMOSA Ch. Brougu. — Cette espèce me paraît bien appar- 
tenir au genre Compsoneura malgré les doutes émis par Handlirsch. 

Spilaptera venusta Ch, Brongn. — Ce n'est pas un Spilaptera, la sous- 
costale s'étendant presque jusqu'à l'extrémité de l'aile ; l'espèce me parait 
avoir les caractères du genre Hoinaloneura. 

Spilaptera Guernei Ch. Brongn. — Ce n'est pas non plus un Spila- 
ptera, et Handlisch a eu i-aison de créer pour cette forme le genre Apo- 
pappus. 



— 150 — 

Ce fossile montre une particulaiilé singulière, bien représentée dans le 
dessin de Brongniart (pi. WXV, tig. 3) et nialadroilement corrigée dans 
la copie donnée par Handiirsch : le dernier rameau de la branche auttî- 
riciHv de la médiane postéiieure s'anastomose en un point au premiei- 
jameau de la branche postérieure de la médiane postérieure; il en résulte 
une disposition cruciforme très originale. 

Ainsi que l'a fait remarquer Ch. Brongniart, cet Insecte contraste avec 
les autres Spilapterida pai- la nervation alaire plus fine, ce qui le rap- 
proche des P^phémères. Notons en oulre que, comme chez Triplosoba, la 
médiane antérieure et la cubitale antérieure sont simples. 

Spilapteha Meunieri Gh. Brongn. - Cette espèce n'a pas de rapports 
avec le genre Spilaptem , comme Handiirsch l'a i-econnuen fondant pour elle 
le genre Epitethe. La nervation n'a pas été représentée complètement par 
Ch. Brongniart; la médiane antérieure a cinq rameaux dont le a' est fourchu; 
la médiane postériem-e a deux branches : l'antérieure a trois rameaux et la 
postérieure deux dont le 2' est fourchu; la cubitale antérieure a six rameaux, 
la cubitale postérieure quatre ; la ju-emière anale a deux branches dont la 
1" est fourchue. Le secteur de la radiale se termine par neuf nervures. 

2. Lamproptilida Ch. Brongniart. 

Lamproptilia Grand'Edryi Gh. Brongn. — Le secteur de la radiale a 
cinq rameaux à l'aile supérieure et quatre à l'aile inférieure ; à l'aile supé- 
rieure, le 3" rameau est foui-chu et le û' se divise en deux nervures dont 
la 1" est elle-même fourchue; à l'aile inférieure, les 9" à 4' rameaux sont 
fourchus, La médiane antérieure a deux rameaux dont le 1" est fourchu: 
la brandie antérieure de la médiane postériem'e est bifurquée , et la branche 
postérieure a trois rameaux dont le 3" est fourchu. La cubitale antérieure 
a cinq rameaux simples ; la cubitale postérieure a deux branches , la 1 " avec 
deux rameaux fourchus, la 2° avec deux rameaux dont le 1" est fourchu; 
à l'aile inférieure , les deux branches de la cubitale postérieure se séparent 
près de la base de l'aile et le rameau antérieur de la branche antérieure est 
simple. Les anales ont été bien figurées par Gh. Brongniart. 

Graphiptilus Heeri Gh. Brongn. — Ch. Brongniart a bien représenté 
et interprété l'aile de cette espèce (pi. XXXV, fig. i3); les doutes émis 
par Handiirsch ne sont pas justifiés. La médiane antérieure est simple; la 
médiane postéiieuie n'a <[ue trois rameaux; la cubitale antérieure est ter- 
minée par une petite fourche, la cubitale postérieure a quatre rameaux: 
l'on voit en outre quatre anales. Le secteur de la radiale prend naissance 
beaucoup plus près de la base de l'aile que ne l'indique le dessin de 
Gh. Brongniart. 



— 151 — 

(iiiAi'iiii'TiLus VViLi.iAMsoM Cli. Bioii}]!!. — Haiullirscli a Créé poui' Cette 
espèce le genre GrapInplUoidcs qu'il a placé dans une iamille avec laquelle 
elle n'est nullement apparentée. En réalité, l'Insecte est un véritable (ha~ 
phipliliis, difïéraiît si peu de G. Heeri que l'on pourrait se demander s'il ne 
s'agit pas de la m<5me espèce. G. Heeri étant fondé sur une aile inférieure 
et G. Williamsoni sur une aile supérieure. Le dessin de Ch. Brongniarl 
est bon, sauf qu'il n'y a pas.de petite fourche à l'extrémité du premier 
rameau de la médiane postérieure. Il y a cinq anales visibles sur le fossile . 
et c'est à tort que Handlirsch rattache la première à la cubitale postérieure. 
La cubitale antérieure est simple. 

Graphtptilus Ramondi Gh. Brongn. — Ce n'est point un Graphlptibis , 
et Handlirsch a fondé pour l'espèce le genre Spiloptilus. La contre- 
empi-einte montre que la médiane antérieure n'est pas simple , mais bifur- 
quée. 

HoMoioPTERA WooDWARDi Ch. Brougu. — A l'aile supérieure, le secteur 
de la radiale a quatre rameaux dont l'antérieur seul est simple: à l'aile 
inférieure, des quativ rameaux du secteur le dernier seul est fourchu. 

Les ailerons prothoraciques embrassent les côtés de la tête, que le fossile 
ne montre pas , mais qui devait être rétréeie en arrière. 

HOMOIOPTERA GIGANTEA AgUUS , BuU. SoC. Eïlt. Fr. , tgOQ, p. 969, pi. L 

Cette magnifique espèce a été très bien décrite par Agnus ; Handlirsch 

a créé pour elle le genre Hniiwcophkh'a, (jui ne me paraît pas bien néces- 
saire; la forte échancrure de l'extrémité du bord postérieur de l'aile repré- 
sentée dans le dessin de Handlirsch, fait d'après la photographie d' Agnus, 
a été très exagérée : il s'agit d'une simple concavité. 

M. F. Meunier a décrit la contre-empreinte de ce fossile sous le nom de 
Arckncoptihis Gaulki {Ann. de Paléont. , VII, 1912, p. 5, fig. i,pl. IV, 
fîg. 1). La figure de M. F. ]\Ieunier est inexacte : la nervation ^st presque 
la même que celle de l'aile de Homoioptem Woodivardi et a été coi'rectement 
décrite par Agnus. 

Le piothorax est plus étroit que les autres anneaux thoraciques , et les 
ailerons sont assez rapprochés à leur base. Le bord postérieur de l'aiieron 
recouvre le bord antérieur de l'aile supérieure. 

On voit sur l'aileron des nervures disposées d'après le plan général des 
nervures longitudinales des ailes : il y a notamment une médiane et une 
cubitale bifurquées. 

La tête est de la longueur du prothorax; sa forme est absolument la 
mèn\e que celle de ïEugei-eon Boediiigi; on distingue l'article basdaire 
robuste d'une antenne suivi d'une paitie plus mince, h vois sur l'em- 
preinte, à gauche de la tête, deux appendices allongés qui faisaient pi-oba- 



— 152 — 

blement partie du i-oslre, car ainsi que j'en i'ournirai la démonlration plus 
ioin, en paiiant du Lit/ioniantis Goldenbergi, cet Insecte, comme ceux qui 
ont une neivation similaire, est un Protohémiptère. 

La patte antérieuie droite est conservée ; elle rappelle le même organe de 
VEuffereon Boeckingi. Le fémiu' est puissant, le tibia allongé, caréné et fort, 
terminé par un tarse épais , de trois articles. 

Becquerelia superba Cil. Brongn. — C'est évidemment la médiane an- 
térieure que Ch. Brongniart représente comme dernier rameau du sectem- 
de la radiale (pi. XXXVI , fig. i); le fossile la montre comme nervure haute, 
alors que le secteur de la radiale est une nervure basse. Cependant cette 
médiane antérieure se détache du secteur de la radiale, le dessin de Ch. 
Brongniart l'indique, mais, comme l'a supposé Handlirsch, elle est accolée 
sur une partie de son trajet au secteur de la radiale. La cubitale antérieure , 
que Ch. Bi'ongniart a prise poui- la médiane posténeure , est accolée à sa 
base à la tige de la médiane ; la cubitale postérieure a été considérée comme 
formant seule la cubitale par Ch. Brongniart. Ce curieux Insecte offre donc 
une partie des caractères originaux des Megasecoptenda. 

Becquerelia elegans Ch. Brongn. — L'interprétation donnée par Ch. 
Brongniart de la nervation du fragment d'aile sui' lequel a été fondée cette 
espèce ma paraît correcte ; il est malheureusement difficile d'établir avec pré- 
cision à quel genre l'Insecte appartient, mais il est probable qu'il s'agit du 
même genre que le fossile suivant. 

Becquerelia Grehanti Ch. Brongn. — - La reconstitution de la nervation 
de cette espèce par Ch. Brongniart (pi. XXXVI , lig. 5) est évidemment 
erronée : il y a une partie des nervures rapportées à la médiane postérieure 
qui doivent se rattacher à la cubitale antérieure (le fossile étant brisé au 
milieu ne permet pas de le voir); le schéma proposé par Handlirsch me 
paraît exact. 

Cet Insecte n'ayant ni la médiane antéi'ieure accolée au sectem- de la 
radiale , ni la cubitale antérieure attachée à la tige de la médiane , ne peut 
pas figurer dans le genre Becquerelia. II me paraît pouvoir être rattaché au 
gem-e Epitethe Handl. 

Becqderelia tincta Ch. Brongn. — La nervure que Ch. Brongniart a 
numérotée VII (pi. XXXVI, fig. 3) n'est que la cubitale postérieure, qui 
est simple, comme l'indique Handiirscli, la nervure qui la précède étant la 
cubitale antérieui-e et non une partie de la médiane. Le fossile ne montre 
que la base de l'aile, ce que Handlirsch oublie en décrivant la reconstitution 
hypothétique de Ch. Brongniart comme étant la léalité. L'Insecte me semble 
appartenir au même genre que le précédent. 



— 153 



3. Diet^opterida Ch. Brougniart. 

LiTHOMANTis GoLDENBERGi Cil. Bi'ongn. — HancUirscli a fondé avec raison 
ic genre Lijcocercus pour ce type, dont il a fait deux espèces : réservant ie 
nom de Lijcocercns Goldenbergi à l'espèce représentée dans la figure i de 
it planche XXXVll de Brongniart. il a créé l'espèce Broiigniarti pour le 
fossile de la figure 2 de la planche XXWli. Je nie suis assuré que les deux 
échantillons appartiennent bien à la même espèce : les différences alléguées 
j)ar Handlirsch existent dans les figures , mais pas dans la réalité. 

D'autre part, un troisième échantillon de cette espèce, fort bien conservé , 
a été décrit par M. F. Meunier sous ie nom de Honioioptera Brongniarii 
{Ann. de Paléonl., Vil, 1912, p. 11, lig. 10, pi. Vil, (ig. 6). 

Il n'y a pas de réseau entre les nervures longitudinales, mais des ner- 
vures transversales minces et flexueuses. Le réticulum dessiné par Ch. Bron- 
gniart se voit bien çà et là : ce n'est pourtant qu'une appai-ence due au 
fenddlement de la mince couche chai'bonneuse qui recouvre le fossile. 

Les nervures longitudinales principales présentent à la base de l'aile les 
courbures caractéristiques de celles des Honioioptera, mais la cubitale an- 
térieure est simple, taudis que le secteur de la radiale et la médiane pos- 
térieure sont abondamment ramifiés. La figm-e 9 de la planche XXXVll 
de Brongniart donne une idée à peu près exacte de cette ramification. La 
médiane antérieui'e se sépare de la médiane postérieure après la bifurcation 
de cette dernière. Le secteur de la radiale présente sept rameaux, le 5° et 
le 6' étant fourchus , le 7' trois fois bifurqué. La cubitale postérieure est 
simplement fom-chue. Il y a huit uervui-es anales, la 1" ayant trois rameaux 
i'ourchus, la 2" un rameau fom-chu et un rameau simple, la 3, la /»' et la 6' 
étant bifurquées. 

Le magnifique échantillon représenté par Ch. Brongniart dans la figme 1 
de la planche XXXVll, et cjui montre un individu couché sur ie côté, laisse 
voir des particularités très intéressantes. 

L'aileron prothoracique est, comme les ailes, relevé vers le haut, et il 
offre des nervui-es, dont quelques-unes bifmquées, disposées en éventail. 

Les pattes sont robustes, mais ne montrent pas les tarses : ce que 
Ch. Brongniart a ligure comme tarse n'est que l'extrémité du tibia anté- 
rieur qui devait être au moins aussi long que le fémur. 

Les deux ciochets de rextrémité du corps sont indépendants des cerques 
el représentent vraisemblablement, comme l'a supposé Handlirsch, des 
processus des valves anales ventiales. 

Les deux appendices foliacés représentés par Ch. Brongniart sont fixés 
à l'extrémité du neuvième segment abdominal et sont des gonopodes. 

Ch. Brongniart a ligure la tête prolongée en avant vers le bas par un 
cône; il s'agit en réalité d'un véritable rostre dans lequel je distingue deux 

Mlséum. — xxni. 11 



— 15/1 - 

paiiies : une poilioii aiilérieiiro loiifjue <1(', i ciMiliinètre, mais Iji'isee, el 
qui semble elle-même formée de deux stylets accolés, i-ecourbés à leur bas(^ 
vers l'intérieur de la tête, et une portion postérieure, plus vague, court." 
et conique. 

La preuve que nous nous trouvons en présence fl'un rostre et que i'In- 
secle est un Protohémiptère, nous l'avons dans le sjiécimen figuré j)ar 
M. F. Meunier {Ann. de Paléont., VII, 191a, pi. VII, tîg. 6) sous le nom 
de Homoioptera Bi'oiigniarti. 

Cet échantillon est couché sur le dos: le prothorax a absolument les 
allures de relui de XEugereon Boeclàngi; la tête est de la longueur du pro- 
thorax, mais ses contours ne sont pas visibles; on aperçoit seulement le 
bord antérieur, qui est anguleux. 

A droite du fossile, à la hauteur de l'extrémité antérieure de la têle, se 
montre un organe dirige obliquement vers l'arrière, long de 9 i/tî centi- 
mètres : il est très visible dans la belle photographie, exécutée sons la 
direction de M. le Professeur Boule, qui accompagne le mémoire de M. F. 
Meunier. La base de cet organe a tout à fait l'aspect de celle du clypeus 
d'un Fulgoridœ : elle montre de part et d'autre un aplatissement sur lequel 
il y a des stries obliques caractéristiques; vient ensuite un long prolon- 
gement qui doit être le labre ; une trace de palpe est indiquée sur l'un 
des côtés. 

De plus, à droite et à gauche de la partie basilaire, se voit une pièce 
chitineuse arrondie, relativement grande, qui correspond exactement à un 
espace délimité circulairement situé sur le côté de la tête, au-dessus de 
l'insertion du rostre, dans l'échantillon figuré par (Uj. Brongniart. 

Rapprochant ces faits de ce que nous a montré Homoioplera gigmitca , 
étant donné que la nervation de ces Insectes offre les traits essentiels de 
celle de ïEugertoii Boeckingi , nous pouvons en conclure que les Homoio- 
ptei'n ainsi que les Diciyoplei'ida de Gh. Brongniart, à l'exception toutefois 
du genre Fouquca dont il sera question ci-après, sont des Protohémiptères, 
comme VEugereon Boeckingi, du Permien inférieur de l'Allemagne, le seul 
Protohémiptère connu jusqu'ici. 

FoiiQiEA Lacroixi Ch. Brongn. — Ch. Brongniart n'a pas figuré les ner- 
vures transversales })our cette espèce (pi. XXXV, fig. 10); dans son texte 
il déclaie que les nervules qui unissent les nervures sont si nombreuses, 
qu'elles s'amastomosent et forment un véritable réseau. Je ne ei'ois ce 
réseau qu'au bord postérieur de l'aile: partout ailleurs, les nervures trans- 
versales sont des barres, un peu llexenses parfois et très serrées, rappelant 
comjilètement ce qui existe dans le genre HliubdvpliluH Ch. Brongn., près 
duquel le genre Fouquca devra être placé. 

L'Insecte que M. F. Meunier a décrit sur le nom de ArchueofompsoneHra 
nporba {Annales de Paléont. , IV, 1909, p. i-îy, ii^. 8, pi. I, fig. 8) est 



— 155 — 

du genre Fouqupa ; il s'agit même prol>a])lement de l'aile supérieure do 
Fouquea Lncroiri. Je ne trouve en effet que cette seule différence : le 3° ra- 
meau du secteur de la radiale est fourchu , alors qu'il est simple dans l'aile 
de Fouquea Lacroixi qui est une aile inférieure. Le dessin de M. F. Meunier 
n'est pas tout à fait conforme à la réalité; le réseau de nervures transver- 
sales qu'il figure dans le champ anal ne le remplit pas entièrement. 11 y a 
de nombreuses nervures transversales très serrées dans le champ anal 
comme sur le reste de l'aile, et ce n'est que près du hord de l'aile, là où 
l'espace entre les nervures longitudinales s'élargit que les bai'res s'anasto- 
mosent en réseau. 

Fouquea Comstocki nov. sp. — Une aile supérieure admiiablemciil 
conservée, mais dont l'espace costal est brisé. 

Diffère de F. Lacroixi Gh. Brongn. par sa taille plus petite, Taile mesu- 
rant 45 millimètres de long et i5 millimètres dans sa plus grande largeiu'; 
le rameau antérieur de la médiane antérieure et le rameau antérieur de la 
cubitale antérieure sont simples , et non fourchus comme chez F. Lacroixi. 
11 y a très peu de nervules transversales anastomosées au bord postérieur 
de l'aile. 

Fouquea Needhami nov. sp. — Une aile supérieure bien conservée 
montrant des taches disposées à peu près de la même manière que chez 
F. Lacroixi. 

L'aile est plus grande que celle de F. Lacroixi : elle a 55 millimètres 
de long et 19 millimètres de large. L'espace costal est fortement dilaté 
dans la première moitié. 

Le secteur de la radiale se termine par six l'ameaux comme chez 
F. Lacroixi, mais le fi" est fourchu et le 5* est simple; la cubitale anté- 
rieure n'offre que trois rameaux dont le 'd" est bifurcpié. La 1'' anale est 
formée de deux branches dont la 1" est trifurquée et la 9° simple. 

Je rapporte encore à cette espèce un autre échantillon qui montre un 
Insecte couché sur le dos : une partie du corps est conservée avec la moitié 
de l'aile supérieure droite et les deux ailes de gauche, celles-ci malheu- 
reusement superposées , ce qui rend la nervation peu déchiffrable. 

La tête est petite avec de petits yeux latéraux arrondis ; l'abdomen est 
de la largeur du thorax et semble offr-ir des lames latérales. Les ailerons 
prothoi-aciques sont très visibles et arrondis. Le champ anal de l'aile supé- 
rieure n'est pas tout à fait semlilable à celui de l'aile inférieure; à l'aile 
supérieure, les nervures sont plus coin'l)ées vers la base que dans l'aile 
inférieure. L'aile supérieure montre quatre anales offrant chacune deux 
branches dont l'antérieure fourchue et la postérieure simple, à l'exception 
delà 1" anale dont la branche antérieure est trifurquée: à l'aile inférieure, 
les branches postérieures des anales sont en outre presque toutes fourchues. 

1 1 . 



— 156 — 

FouQUEA Sauvagei Cil. Brongii. — Le fragment d'aile sur lequel Ch. Bron- 
gniait a établi celle espèce semble bien avoir appartenu àunegiande espèce 
de Fonqucii : là où la conservation du fossile est suffisante, on distingue les 
nombreuses nervures transversales caractéristiques du genre. Au bord de 
l'aile on distingue parfaitement un réseau, d'ailleurs bien moins serré que 
Cb. Brongniart ne l'a représenté (pi. XXXV, fig. 1 1). 

Megaptilus Blanchardi Ch. Brongn. — Les nervures transversales sont 
représentées par des barres minces et llexueuses serrées; le réseau dessiné 
()ar Cb. Brongniart (pi. XXXVII, fig. 3) est peu discernable. Le genre; 
est probablement voisin des Uoinoioplcra. Je considère le fragment d'aile 
décrit par Cb. Brongniart, sous le nom de TItaiioplera maculata, comme 
représentant la région anale de l'aile du Megaplilus Blanchardi : les ner- 
vures transversales y sont moins rapprochées, comme dans d'autres 
Protohémiplères. 

Megaptilus Scldderi Ch. Brongn. — Handiirsch a lait de cette espèce 
le genre Paramegaplilvs en pi'oposanL d'interpréter les ([iielques nervures 
longitudinales visibles sur la fossile autrement que ne l'a failCh. Brongniart. 
Ce dernier a considéré comme appartenant au secteur de la radiale la nei- 
vure trois fois fourchue antérieure (pi. XXXVII, lig. 4), tandis que Hand- 
iirsch y voit la médiane postérieure. Les deux opinions peuvent se soutenir, 
car le dernier rameau du secteur de la radiale a précisément la mémo 
structure chez Maguptilus Blanchardi et dans le genre Heoltis Handl., autre 
Piolohémiptère. Cependant la forme est plutôt celle d'une médiane posté- 
rieure: il faut remarquer toutefois que la nervure simple qui suit celte 
nervure trifurquée s'en rap[)roche considérablement, au point qu'elle 
pourrait bien s'y rattacher. Ce rapprochement s'expliquerait si la nervuie 
trifurquée appartenait au secteur de la radiale, car nous aurions affaire à 
la médiane antéi'ieure; il ne s'expliquerait pas bien si la nervure trifurquée 
était la médiane postérieure. Enfin si cette nervure simple se rattache à la 
nervure trifurquée, ce que le fossile semble indiquer plus encore que le 
dessin de Brongniart, une troisième interprétation s'imposerait : la nervure 
trifurquée serait la cubitale anlérieui'e et la nervure simple la cubitale pos- 
térieure. L Insecte serait alors voisin des Homoioptera , dont la cubitale 
antérieure est ainsi construite. 

Megaptilus Brodiei Ch. Brongn. — Type du genre Megaptiloides de 
Handiirsch, qui suppose que cette forme doit faire partie des Breyeriidae : 
je constate en effet ipie, là oii la sous-costale est brisée dans le fossile, elle 
pn'sente tu) ci'uchel inoiili'ant (pi'clle devait se rattacher à la radiale. C'est 
d me MM l'ci'.re voisin de llviim-ia et de Uonca, la médiane antérieure 
(^tanl simpir. 



— 157 — 

Arch^eoptimis Lacazei cil. Biongn. — Les deux Iragments réunis 
sons co nom appartiennent bien à la même aile. Cli. Brongniart avait 
d'abord a|)pelë l'espèce Lucasi, mais sans la décrire; nous devons donc 
conserver la dénomination de Lacazoi que porte celte forme dans l'œuvre 
définitive (pi. XXXVIl, tlg. 7). 

Il n'est pas possible de savoir si cet Insecte est nu Archneoptilm , 
puisque l'espèce sur laquelle ce genre a été fondé par Scudder ne nous est 
connue que par un fr.iginent d'aile très incomplet du Weslphalien. Le type 
de Commentry ne paraît pas cependant appartenir à l'un des genres :\ 
grandes ailes représentés dans le Stéphanien. 

Archaeoptilus Boulei F. Meun.,yln«. de Paléoiit., [\\ 1909, p. i3i, 
fig. 1, pi. I, fig. 1. — Ce fossile très remarquable a été bien représenté 
par M. F. Meunier, mais il n'appartient ni au genre Archaeoplilus, ni an 
genre dont fait partie l'espèce Lacniei, ni même au genre Paramegaplilus. 
C'est un Homoinptera qui aurait les ailes larges et courtes avec la cubitale 
antérieure simple. J'en ferai le génie Liiiioptilu!^. 

BoRREA Lachlani Ch. Brougu. — C'est une aile inférieure, le fossile 
montrant un reste de l'aile supérieure non figuré par Cb. Brongniart 
(pi. XXXVIl, fig. 9). Le bord postérieur de l'aile est droit dans la région 
terminale, et non écliancré comme le montre la figure; la médiane anté- 
rieure est simple. 

BoRREA BouLEi F. Mcun., .4h/(. de Paléont., VII, 191-3, p. 7, (ig. h, 
pi. VII, fig. 1. — Ce fossile ne diffère du piécédent qu'eu deux points : 
1° le dernier rameau du secteur de la radiale se bifurque plus près de son 
point d'attache; 2° le bord postérieur de l'aile dans la région terminale o^l 
concave, comme dans le genre Breyeria. C'est peut-être l'aile supérieure de 
Borrea Lachlani. 

TiTVNOPTERA MACLLATA Ch. Brongu. — Aiusi que je l'ai dit plus haut, 
je considère cette empreinte comme étant la région anale de l'aile de 
Mpgaptihis Blmchardi. 



IV. STENODICTYOPTERIDA Ch. Brongniart. 

Le réseau qui représente la nervation transversale chez ces Insectes est 
beaucoup moins serré (|ue ne l'a figuré Ch. Brongniart: il varie d'un lyp(> 
.î l'autre suivant la largeur des espaces situés entre les nervures longitu- 
dinales, et il est d'autant plus lâche que ces espaces sont plus étroits: 
l'espace costal et l'espace sous-costal ne montrent en gi'uéral |ias de 



-^ 158 — 

réseau, mais des barres oblicjues serrées qui, clans l'espace costal, peuvent 
cependant parfois d'anastomoser, surtout à l'aile supéiieure dont l'espace 
costal est plus ou moins dilaté. 

Stenodictya Fritschi Gh. Brongn. — La nervure III de Oh. Brougniarl 
est la médiane, V la cubitale, et VU la première anale; la cubitale anté- 
rieure n'est donc pas fourchue. 

Stknodictya Arnaudi Ch. Brongn. — La cubitale postérieure n'est pas 
fourchue. 

Il est possible que S. Thevenini F. Meun., Ann. de Paléont., IV, 1909, 
p. i33, fig. 3, pi. I, fig. î, ait été fondé sur l'aile supérieure de S. Ar- 
naud i. 

Stenodictya lobata Ch. Brongn. — La nervation transversale est peu 
distincte sur les fossiles, mais elle semble assez serrée. 

Les ailerons prothoraciques passent en arrière au-dessus des ailes 
supérieures. 

Les appendices de l'extrémité de l'abdomen ne sont pas les cerques; 
on les voit se détacher de l'extrémité antérieure du 9' anneau abdominal, 
mais comme les deux échantillons sont couchés sur le ventre, il n'est pas 
possible de voir leur insertion : il est probable que ce sont des gonopodes. 
I/abdomen montre en effet dix anneaux bien distincts, le dernier étant 
assez court et [)lus étroit que les aulres. Les gonopodes ont exactement la 
même structure et la même direction dans les deux spécimens : ils sont 
carénés, légèrement spatules, et sont courbés de manière à se rencontrer 
au niveau de l'extrémité du 10° segment. 

Les lobes que montrent les neuf premiers segments abdominaux ne 
peuvent pas être considérés comme des branchies trachéennes; c'est à tort 
(pie Ch. Bronguiart les a représentés (pi. XXXVIII, fig. 1 et 2) comme 
rétrécis à leur base. Ils s'étendent comme des lames latérales sur toute la 
1 )U'''ueur du tergite dont ils dépendent; leur forme est arrondie avec un 
angle très appréciable en arrière; leur texture est exactement la même que 
celle du tergite, et ils olïrent la même granulation. Ils ne sont pas parti- 
culièrement minces, car aucun d'eux n'est replié soit en dessus, soit en 
dessous. Ils montrent une carène oblique comparable à celle que l'on voit 
sur les plèvres des Trilobites. Celte carène s'étend en arrière jusqu'à l'angle 
|)oslérieur, et en avant elle rejoint une carène transversale du tergite qui 
est probablement la limite du pro tergite et du méso tergite. 

Stenodictya Vasseiri F. Meun., Bull. Soc. Eut. Fr., 1916, p. 119, fig. 
et pi. I. — Je n'ai pas vu ce fossile; M. F. Meunier le décrit et le figure 
comme ayant la cubitale antérieure fourchue, de sorle que l'espèce ne 



— 159 — 

pourrait pas rentrer dans le genre Slenodictya; mais il suffit de regarder le 
photogramme de la planche I pour voir que cette bifurcation n'existe pas; 
il s'agit peut-être de S. lobata Ch. Brongn. 

Stenodictya Oustaleti Ch. Brongn. — C'est la même espèce que 
S. Frltschi Ch. Brongn. 

Les hanches de l'échantillon représenté dans la planche XXXVIII, fig. 3, 
de Ch. Brongniart sont nettement séparées par un sternite assez large; les 
tarses sont indistincts. 

Stenodictya Fayoli F. Meun. , Aiin. de Paléont. , IV, 1 909 , p. 1 36 , fig. 4 , 
pi. I, fig. 5. — La cubitale postérieure n'est pas fourchue; l'abdomen est 
incomplet dans le fossile et n'est pas rétréci comme seml)le le faire cioire 
le dessin de M. F. Meunier. 

Les ailerons prolhoraciques sont réticulés et montrent cinq nervures 
longitudinales dont la dernière seule n'est pas bifurquée. 

Stenodictya grandissima F. Meun., Aun. de Pnléont., VII, 1919, p. 11, 
fig. 9, pi. VII, fig. 5! — La médiane postérieure étant fourchue, cette 
espèce doit être placée dans la genre Microdictya Ch. Brongn., à coie 
de M. ngnita F. Meun., Am. de Paléonl., IV, 1909. p. i3G, fig. G, jd. I. 
fig. 7. 

MiCRODicTYA (Heeria) Vaillanti Ch. Brongn. — L'espèce avait des 
ailerons prothoraciques et des mandibules projetées en avant; la médiane 
se l'approche de la radiale A la base de l'aile. 

Miouodictva Klebsi F. Meun. , Ann. de Paléont., IV, 1 909 , p. 1 3;") , fig. 5 , 
pi. 11 , fig. 1 . — M. F. Meunier a considéré à tort la première anale comme 
appai'tenant à la cubitale. 

Diotyoptilus Renaulti Ch. Brongn. — La nervure numérotée V par 
Ch. Brongniart (pi. XXXVIIl, fig. i3 et \h) n'est pas la médiane, mais le 
dernier rameau du secteur de la radiale: les ramifications de la médiane ont 
été à tort attribuées par Handlirsch à la cubitale et à la première anale. 

Cette espèce a été décrite de nouveau par M. F. Meunier sous le nom 
de Cocherelliella peromapteroides [Ann. de Paléont., IV, 1909, p. i3q, fig. 2, 
j)l. 1, fig. 3). La tige de la médiane est accolée à la radiale sur une 
cerlaine étendue à la base de l'ade; la cubitale antérieure est, près de 
sa naissance, fort rapprochée de la médiane, surtout à l'ade supérieure. 
La nervation transversale n'est pas comme l'a représentée M. F. Meu- 
nier; elle est constituée par un réseau à mailles larges résultant de l'anasto- 
mose do bancs obliques; celles-ci ne sont pas anaatoniosées tlaus- le chanqi 



— 160 — 

costal ni dans l'espace radial, comme aussi dans les angles formés par les 
nervures, là oii celles-ci sont plus rapprochées. 

DicTVOPTiLUs snpuLTUS F. Mcun. . Ann. du Pdléont., VII, 1912, p. fi , 
llp. ;}, pi. VII, lig. 4, h rt(sous la dénomination générique de Cockprel- 
lirlln). — Cette espèce est du même genre que la précédente : la tige de 
la médiane est également accolée à la radiale à la base, et la cubitale anté- 
rieure forme après sa naissance un angle de manière à toucher la médiane. 
La nervation transversale est la même. A la base de l'aile, il y a un petit 
espace précostal parfaitement indiqué , comme chez les Piotodonates. 

Peromaptera FiLHOLi Gh. Brongn. — A l'aile inférieure, la nervure 
numérotée II par Gh. Brongniart (pi. XXXVIII. tig. i5) est la radiale 
et non la sous-costale, III le secteur de la radiale. 

Le genre est très voisin de Dictyoptilus, et il n'y a pas lieu d'en consli- 
tuer une famille spéciale ainsi que l'a fait Handlirsch. 

Archaemegaptimts Kiefferi F. Meun., Ann. de Paléont. , IV, 1909, 
p. i38, fig. 9, pi. Il, fig. 9. — La figure de M. F. Meunier est exacte, 
mais la nervure qu'il interprète comme dernier rameau du secteur de la 
radiale est la médiane antérieure, laquelle est simple. 

La contre-empreinte de ce fossile, non décrite par M. F. Meunier, 
montre l'aile presque au complet : elle a 3o millim. dans sa plus grande 
largeur et un peu plus de 10 centimètres de long. La nervation a beau- 
coup d'analogie avec celle des genres Mecynoptera Handl. et Dictyopiilns 
Gh. Brongn., et aucune avec celles des genres Megaptihis Gh. Brongn. 
et Megaptiloides Handl, Le genre Archaemegaptilus ne diffère du genre 
Dictyoptilus que par la sous-costale s'élendant jusqu'à l'extrémité de l'aile. 

La tige de la médiane est accolée à la radiale sur un trajet assez long, 
et la cubitale antérieure est courbée vers la médiane. La sous-costale s'étenil 
jusqu'à l'extrémité de l'aile. La médiane postérieure se divise près de sa 
naissance en deux branches toutes deux bifurquées, le rameau postérieur 
de la seconde branche étant fourchu; la cubitale antérieure est simple, la 
cubitale postérieure fourchue avec le rameau antérieur longuement bi- 
furqué; le champ anal est effacé dans le fossile. 



V. PROTODONATA Gh. Brongniart. 

Genre llleis;aneiira Gh. Brongn. — H y a malheureusement une 
erreur commise par le dessinateur de Gh. Brongniart dans la figure 1 de 
la planche XLI lejirésenlant le fossile géant, type de Mpf>nneur(i Monyi 
Gh. Brongn,, erreur provenant de ce que, précisément là où la radiale se 



— 161 — 

sépare de la mëdiane, aux ailes supérieures, il n'y a pas moyen de distin- 
guer netlement les détails essentiels. Celte erreur n'a pas été suivie par 
Cil. Brongniart dans la restauration des ailes qu'il a dessinées lui-même et 
fait figurer dans la planche XLII, restauration que, à part des détails insi- 
gnifiants, je tiens pour exacte. Handiirsch a eu le tort, au lieu de se fier 
à Ch. Brongniart, de se baser sur l'erreur commise pour nous donner une 
reconstitution fautive de l'aile supérieure, différente de celle de l'aile infé- 
rieure qui est valable poui- les deux ailes : la seule différence entre les deux 
ailes, outre les particularités du champ anal, est qu'à l'aile supérieure 
la séparation du secteur de la radiale d'avec la médiane antérieure se fait 
plus loin de la base. 

Handiirsch a suivi Gh. Brongniart dans l'interprétation des nervures 
longitudinales, et je pense que cette interprétation est la bonne. 

A la base de l'aile, la tige de la médiane est accolée à la radiale, et nous 
arrivons à un carrefour d'où partent trois nervures, en avant une forte ner- 
vure qui est la radiale, au milieu une nervure plus grêle, et en arrière une 
nervure forte. La nervure du milieu, à une courte distance, se dédouble 
en une nervure antérieure, qui est le secteur de la radiale, et en une 
nervure postérieure, la médiane antérieure. La nervure forte se bifurque 
elle-même, mais plus loin, en une nervure antérieure et une nervure 
postérieure, les deux branches de la médiane postérieure. 

Rien ne nous autorise à penser qu'il y aurait croisement de la médiane 
par le secteur de la radiale , comme dans les Odonates véritables. 

Meganeura Monyi Gb. Brongn. — Handiirsch a découpé ce type en trois 
espèces; réservant le nom de M. Momji pour les échantillons représentés 
dans les figures i et 4 de la planche XLI , il a fondé l'espèce M. Bron- 
gniavti sur les échantillons des figures 9 et 3 , et l'espèce M. Fafnir 
sur les échantillons des figures 5 et 6. M. Fqfnir est la même que 
M. Motiyi, les différences signalées par Handiirsch existant bien dans les 
dessins, mais pas sur les fossiles. Quant à M. Bvoiigniarti, c'est bien une 
espèce distincte, mais des différences signalées par Handiirsch je n'en puis 
retenir que deux : M. Moxyi est une espèce plus grande, dont l'aile devait 
avoir près de 34 centimètres; la naissance du secteur de la radiale est à 
10 centimètres de la base à l'aile inférieure; chez M. Brongniarti , l'aile ne 
devait pas dépasser 3o centimètres; la naissance du secteur de la radiale 
est à 8 centimètres de la base à l'aile inférieure. Le superbe échantillon 
mentionné et figuré par M. F. Meunier [Ami. dePaléont., IV, 1909, p. ihh, 
pi. III, fig. 2) sous le nom de M. Monyi appartient à l'espèce M. Broii- 
gniarti. 

Meganeura Selysi Ch. Brongn. — Handiirsch a créé pour cette forme , bien 
plus petite que les précédentes, le genre Megatmmda , mais inulilcmcnt, 



— 162 — 

car la nervation est absolument la même que celle des espèces géantes; ce 
n'est que dans les dessins de Bcongniart qu'elle semble toute différente. 

M. F. Meunier a mentionné et figuré un échantillon de ce Protodonate 
{Ann. de Paléont., IV, 1909, p. \hh, pi. IV, fig. fi) qui montre une partie 
(lu corps et des pattes. 

L'abdomen est assez large, avec les anneaux assez allongés, le premier 
étant de moitié plus court que les suivants; les lames abdominales sont 
vaguement indiquées et devaient être étroites. 

Les tarses ont cinq articles, et non pas quatie. 

TiTANOPHASMA Fayoli Ch. Brongn. — Il est évident qu'il s'agit du corps 
d'une espèce de Megaimmi, comme l'a supposé Ch. Brongniart; aucun 
doute ne peut subsister à cet égard. depuis que nous savons que les autres 
Insectes de Commentry à très grandes ailes sont des Protohémiptères, 
depuis que nous conuaissons l'abdomen de M. Selysi et depuis que nous 
connaissons aussi les pattes de M. Brongniarti et celles d'une Meganewa 
(jue M. F. Meunier a mentionnée et figurée sous le nom de M. Brongmmti 
[Ann. de Paléont. , IV, 1 909 , p. 1 6 4 , pi. IV, fig. 1 ). Cette dernière Meganeum 
est une forme plus petite que M. Brongniard ; l'aile ne devait pas avoir 
plus de 9^ centimètres de longueur; le secteur de la radiale prend nais- 
sance à 6 centimètres 1/2 de la base à l'aile iuférieuie. Les pattes sont 
notablement plus petites, et il se fait précisément que ces pattes ont les 
dimensions exactes et la structure de celles du Titaitophusma Fayoli. Il est 
flonc infiniment probable que T. Fayoli est le corps de cette quatrième 
espèce de Meganeura, intermédiaire comme grandeur entre les M. Selysi et 
Brougimrti , et qui devra s'appeler M. Fayoli. 

Sur réchantillon du Titanophasma Fayoli de Ch. Brongniart (pi. XLV, 
tig. 9 ) . l'abilomen montre avant son extrémité un appendice que Ch, Bron- 
gniart situe sur le 8" segment et qu'il considère comme étant le rhabdite 
exlei-ne de l'oviposilor. Je ne parviens pas à compter exactement le nombre 
des segments abdominaux sur le fossile, mais, par comparaison avec la 
]>roportion des segments chez Meganeura Selysi, je suis tenté de croire 
que l'appendice en question est sur le 9° segment, et cpi'il représente 
un des gonopodes du mâle; sa forme plaide d'ailleurs en faveur de cette 
inlerpi'étation. 

Protagrion Audouini Ch. Brongn. — Ce fossile, malheureusement bien 
incomplet, me parait avoir été figuré à peu près exactement par Ch. Bron- 
gniart (pi. XL, fig. 1 et 9), sauf en ce qui concerne la 1" anale qui a 
été rattachée à la 9' cubitale par un pointillé, erreur qui a amené Hand- 
lirsch à ajouter une branche à la cubitale. Il y a, en réalité, une cubitale 
antérieure accolée en partie h la tige de la médiane, et une cubitale posté- 
rieure qui émet plusieurs rameaux: les cubitales sont un peu llcxueuses. 



— 163 — 

La médiane se divise au même niveau que chez les Megmeura; la 
médiane antérieure se rapproche fortement de la ladiale en forinant un 
coude où on la voit se rattacher au secteur de la radiale. En ce point 
précisément, le secteur de la radiale est i-altaché à la radiale par une très 
courte nervure : la question est de savoir si, comme l'ont admis Bron- 
gniartel Handlirsch, c'est de ce point que nall le secteur de la radiale, 
c'est-à-dire relativement loin de la base de l'aile, ou bien si le secteur de 
la radiale se détache de la médiane antéiieure comme chez les Meganeurn, 
l'anastomose apparente du secteur avec la radiale étant formée alors sim- 
plement par ime nervure transversale raccourcie. 11 est très probable que 
la première hypothèse correspond à la réalité, bien que, comme chez 
Meganeurn, la bifurcation de la médiane se fasse près de la base de l'aile: 
re. Marquons qu'il en est de même chez les vrais Odonates, où le secteur de 
la radiale prend naissance à distance de la base de l'aile et n'est pas 
accolé à la tige de la médiane. 

Le genre Protagrwn pourrait donc être considéré comme un Protodo- 
nate par excellence, précurseur des véritables Odonates, où le secteur de 
la radiale est en outre croisé avec la médiane antérieure. 

GiLsoNiA TiTANA F. Meun. , Ann. de Paléont., IV, 1909, p. i/»3, fig. i5, 
pi. 111, fig. 1. — Ce fossile très remarquable a été assez bien représenté 
par M. F. Meunier. 11 offre des rapports étroits avec le genre Paralogtts 
Scudd., du houiller supérieur des Etats-Unis, en ce que le secteur de la 
radiale se détache de la tige de la médiane, mais celle-ci se divise en mé- 
diane antérieure et en médiane postérieure plus près de la base de l'aile que 
chez Pamlogtis, de manière à nous offrir un rapprochement avec les genres 
Proiagnon et Meganeurn. D'autre j)art , sauf en ce qui concerne le point 
(h départ du secteur de la radiale, l'ensemble de la nervation est très sem- 
blable h ce que montrent Diclyoptilus et Aichaemegaptilus. 

(lomrae chez ces derniers et comme chez Protagiion, la nervation trans- 
versale est représentée par des barres serrées ; mais , au bord postérieur de 
laile, entre les dernières ramifications des nervures longitudinales, les barres 
sont anastomosées en un réseau formé de deux rangées de cellules; la 
limite entre ces deux rangées est constituée par un secteur intercalaire : 
celui-ci est le résultat d'une disposition régulière en ligne droite de cette 
partie du réseau qui procède de l'anastomose des barres transversales. 
Les secteurs intercalaires sont des nervures concaves , alternant régulière- 
ment avec les ramifications convexes des nervures longitudinales vraies. 

Campyloptera Eatom Ch. Brongn. — Cet Insecte est un Mégasécoptère 
et non un Prolodonate; il n'y a ni espace précostal, ni secteurs inter- 
calaires. Le fossile est malheureusement trop fruste pour établir ses affinités 
génériques. 



— lU 



VI. PROTOPERLIDA Cl). Bronf>^niaii. 

Protoperla Westwoodi Ch. Brong. — La figure donnée par Ch. Bron- 
gniart (pi. XL, lîg. 5) est exacte, sauf en ce qui concerne l'oi-igine de la 
nervure V, qui part non pas du secteur de la i-adiale mais de la ner- 
vure VII, à la base de l'aile. Cette nervure V de Ch. Brongniart est la 
médiane, et non une partie du secteur de la radiale, comme l'a suppose 
Handlirsch. La nervure numérotée Vil par Ch. Brongniart est la cubitale 
antérieure; la nervure VIII de Ch. Brongniart est la cubitale postérieure. 
L'aile est longitndinalement déchirée entre la cubitale postérieure et la 
première anale. 

Handlirsch a supposé que cet Insecte était un Protoblattoïde , opinion 
qui peut se soulenii-; mais la nature du réseau des nervures transversales, 
la disposition générale des nervures longitudinales, le champ anal dilaté et 
la petite taille me font penser qu'il s'agit bien probablement d'un précui'- 
seur des Plécoptères. 

Protoperla Boltoni nov. sp. — Une aile inférieure très bien con- 
servée, avec le champ anal replié sous le champ cubital. 

L'aile a 1 5 millimètres de longueur, et est par conséquent plus grande 
que celle de Protoperla Westwoodi Brgt. La médiane ne se rapproche pas 
du secteur de la radiale, qui prend naissance plus loin de la base; elle se 
divise avant la naissance du secteur en deux branches qui sont simple- 
ment bifurquées, la fourche de la branche postérieure étaut plus longue 
que celle de la branche antérieure; la branche postérieure se confond avec 
le réseau des nervures transversales entre sa naissance et sa bifurcation; 
la cubitale antérieure est, près de sa naissance, fortement courbée vers la 
médiane et elle est simplement fourchue; la cubitale postérieure est simple: 
il y a, comme chez Protoperla Westiroodi Brgt., une première anale simple 
et rectiligne et une seconde anale dont parlent se])t lameaux allant ve.s 
le bord postérieur du champ anal. 

L'aile est très mince, comme en témoigne le fait que les nervures du 
champ anal reployé sous le champ cubital sont aussi distinctes que celles 
de ce dernier. 

Fabrecia pvgmaea F. Meun. , Awi. de Paléont. , VIII , 1 9 1 a , p. 12, fig. 1 1 . 
pi. VllI, fig. 1. 1 rt. — Cet Insecte avait été désigné par Ch. Brongniart 
sous la dénomination de Palaeocixius antiquus et classé parmi les Honio- 
ptères dans son mémoire préliminaire, mais il ne l'a pas décrit, et dans son 
travail définitif il se contente d'en donner un pliologramme (pi. XXXIV. 
[\^. h) sans plus insister. M. F. Meunier en a fait un Paléodictyoptère , 



— 165 — 

sans remarquer que ia direction rectiligne des nervures anales et d'ail- 
leurs toute la nervation s'opposent à cette interprétation. 

La sous-costale rejoint ia costale non loin de l'exti-^mité de l'aile; la 
radiale est bifurquée au bout, l'un de ses rameaux étant courbé vers l'avant, 
l'autre vers l'angle apical ; le secteur de la radiale prend naissance assez 
jH'ès de la base et se divise en deux rameaux qui vont vers l'angle apical; 
la médiane se divise avant le niveau de l'origine du secteur en deux 
branches dont la première est fourchue, et la seconde également, le rameau 
postérieur de cette dernière bifurcation étant lui-même fourchu ; la branche 
postéi-ienre de la médiane se confond avec le réseau des nervures trans- 
versales entre sa naissance et sa bifurcation; la cubitale anléiieure forme 
une couibe prononcée vers la tige de la médiane, elle est sinueuse et 
émet vers l'arrière de l'aile quatre rameaux; la cubitale postérieure, que 
M. F. Meunier a considérée comme la première anale , est rectiligne et 
simple; elle est assez écartée de la cubitale antérieure, et entre elles deux 
les nervures transversales qui forment la limite entre les cellules sont dis 
posées longiludinalement en zig-zag bout à bout de manière à faiie 
vaguement l'eflet d'une nervure longitudinale que M. F. Meunier a figurée 
comme cubitale })ostérieure; il n'y a que deux anales séparées par un 
réseau, la deuxième étant courbée vers l'avant. 

La nervation transversale est représentée par un réseau à mailles 1res 
larges, absolument comparable h ce qui se voit dans Protoperla, et je con- 
sidère que le genre Fabvecia a été fondé sur l'aile antérieure du genre 
Protoperla. Les atlinités avec les Perlides me paraissent ici encore plus 
évidentes. 

Fabrecia minuta F. Meun. , Ann. de Paléont., VII, 1919, p. i3, fig. i-j, 
pi. VII, fig. 3, 3 «. — C'est le Palaeocixius Fayoli de Gh. Brongniart, 
mais non décrit ni figuré par lui. L'espèce diffère de la pi'écédente par : 
1° le secteur de la radiale prenant naissance plus loin de la base et à pre- 
mier rameau bifurqué; 2° le rameau antérieur de la branche antérieure de 
la médiane bifurqué; 3" la cubitale antérieure plus simple, offrant trois 
rameaux près de son extrémité et un rameau postérieur naissant plus près 
de la base que le rameau correspondant chez Fabrecia pygtnaea; k" par la 
taille moindre. 

Bien (jue les ailes des Fabrecia soient de dimensions très réduites, elles 
sont cependant trop grandes pour être considérées connue ayant appartenu 
aux Protoperla Weslwoodi ou Boltoni. 

Protokollaria ingens Oh. Brongn. — L'interprétation de la nervation 
de cette espèce donnée par Ch. Brongniart est erronée, bien que son 
dessin soit correct, celui de Handiirsch étant au contraire inexact; la 
nervure V (pi. XL, fig. 6) est le dernier jameau du secteur delà radiale. 



— 166 — 

la première nervure Vil la iiicdiaiie, la seconde nervure VII la cubitale 
antérieure qui est rattachée à la médiane près de la base et dont la tige est 
représeute'e par la nervure VIII de Gh. Brongniart: la nervure IX est la 
cubitale postérieure, XI la première anale. 

Un nouvel échantillon, magniûque, montrant une partie du corps cl 
deux ailes disposées en toit sur l'abdomen, me permet de compléter la 
description de Gh. Brongniai-t : l'Insecte est très voisin des genres Calo- 
neura et Sthenarocera , n'ayant aucun rapport avec les Perlides. 

La tête , orthognathe , est moins large que celle des Caloneimi et Sllie- 
narocern; la base des antennes est très robuste; ie prothorax est relative- 
ment assez étroit; les pattes antérieures, allongées, sont dirigées en avant 
et elles se détachent du corps , au niveau du bord postérieur de la tête : 
le mésothorax est aussi plus allongé que chez Sthenarocera ; il est rétréci 
eu avant et un peu élargi en arrière: les pattes intermédiaires sont moins 
développées que les antérieures, les postérieures manquent. 

Les ailes sont longues et étroites, atteignant 84 miihmètres; elles sont 
croisées l'une sur l'autre sur la plus grande partie de leur seconde moitié : 
ce sont les ailes inférieures, 

11 y a un espace précostal très court à la base ; la sous-costale rejoint la 
costale bien avant l'extrémité; le secteur de la radiale prend naissance au 
tiers antérieur, et il offre sept rameaux obliques fourchus, le dernier étant 
fort écarté à sa naissance du pénultième; la médiane ne se bifurque que 
près de son extrémité: une longue nervure oblique réunit la médiane à la 
cubitale anlérieme à la base de l'aile; la cubitale antérieure émet vers 
l'avant trois rameaux près de son extrémité ; la cubitale postérieure est nota- 
blement écartée de la cubitale antérieure, et elle émet vers l'arrière deux 
rameaux; la première anale est ramifiée; de la deuxième partent les autres. 

Protodiamphipnoa Tertrihi Gh. Brongn. — Get Insecte est évidemment 
un Orthoptère, comme l'a reconnu Handlirsch, qui l'a rapproché avec 
raison des Protopkaama Gandri/iei Woodwardi , qui appartiennent au même 
genre et dont il sera question plus loin. 

Trois nouveaux échantillons de la collection mont permis en effet de 
reconnaître que les pattes anlérieui-es sont plus développées que les autres 
et ravisseuses, comme chez les espèces Gaudrxji et Woodivardi. Protodiam- 
phipnoa Tertrini est intermédiaire comme taille entre les deux autres formes 
du genre; l'aile est longue de 50 millimètres. 

Cette aile est semée de taches claires arrondies; elle montre en outre au 
tiers postérieur une grande tache ocellifoime formée de petites taches dis- 
posées en cercle autour dun espace central sombre, comme on en voit 
chez certains Maniidae. 

L'espace costal est très large: la sous-costale, parallèle à la radiale, 
va la rejoindre; le secteur de la radiale prend naissance vers le milieu de 



— 167 — 

l'iiilo, r[ il irollVc (jiie di'iix lajiicaux rourcluis; ia médiane se divise en 
deux rameaux, au delà du poiul de naissance du secleur de ia radiale; ces 
deux rameaux sont fourclius, el l'anle'rieur s'anastomose en formant un 
coude au secleur de la radiale; la cubitale antérieure, très développée, se 
divise en deçà du niveau de la naissance du secteur de la radiale en deux 
branches dont rantérieure émet vers l'arrière quatre rameaux simidr^s: 
la branche postérieure émet vers l'avant deux rameaux simples: viennent 
ensuite la cubitale postérieure simple et un certain nombre d'anales dis- 
posées obliquement. 

Le protliorax est ronformé conmie chez les Protodiampliipnoa Gaudryi el 
Woodivardi, c'est-à-dire qu'il n'est guère plus long que laige. 

11. ORTHOPTÈRES (sensu Ch. Brongniarl). 
I. PALAEOBLATTIDAE Ch. Brongniart. 

Ainsi que je l'ai rappelé dans l'avant-propos de ce mémoire, Ch. Bron- 
gniart ne s'était occupé que très accessoirement de ce groupe, réservant 
à plus tard l'élude des très nombreux échantillons de Blattes recueillis à 
Gommenlry. Je n'ai pas examiné ces Insectes, parce qu'ils ont été soumis 
à M. F. Meunier qui a élaboré à leur sujet un important travail encore en 
manuscrit. Je me suis contenté de passer en revue les types des espèces 
nouvelles que M. F. Meunier a déjà fait connaître, en 1909 et en 1912, 
dans les Annales de Paléontologie, dirigées par M. le Professeur MarceUin 
Boule. 

Klebsiella exstincta F. Meun. , Ann. de Paléont., IV, 1909, p. 189, 
lig. 10, pi. II, fig. 3, 3 a. — Cet Insecte n'esl pas un Paléodictyo- 
ptère, comme l'a cru M. F. Meunier, mais un Protoblattoïde voisin du 
genre OnjctohlaUina Scudd. et en différant par la cubitale anlérieure plus 
simple, formée de deux branches, chacune bifurquée. Le secleur de la 
i-adialc se termine par sept nervures, toutes bilurquées, sauf les deux pre- 
mières, la dernière l'étant deux fois; la médiane, considérée comme cubi- 
tale par M. F. Meunier, offr-e deux branches se séparant assez loin de la 
base, l'antérieure étant deux fois bifurquée, la postérieure une fois. La 
tige de la médiane est l'éunie à la cubitale antérieure par une nervurci 
oblique. Çà et là, on distingue quelques nervures transversales, mais les 
échantillons sont trop frustes pour donner une idée de la nature exacte de 
ce qu'étaient celles-ci. 

Fayoliella elongata F. Meun., Ann. de Paléont., IV, 1909, p. 1^9, 
(ig. ai, pi. V, fig. 5, 5 rt. — Ce fossile, très remanjuable par son pro- 



— 168 — 

thorax et sa nervation qui en font {'Insecte le plus voisin des véritables 
Blattes, a l'aile supérieure longue de 21 millimètres, et non de 1 1 comme 
le dit M. F. Meunier. 

Dans le dessin de ce dernier, il faut relever que la sous-costale, qui est 
proche de la radiale et parallèle à celle-ci, se prolonge davantage vers 
l'extrémité de l'aile et n'a pas la brièveté indiquée; la branche antérieure 
de la cubitale émet vers l'avant non pas une, mais deux nervures courbées 
parallèles. Je constate que dans l'aile gauche le rameau antérieui- du sec- 
teur de la radiale n'est pas l)ifurqué comme dans l'aile droite. La nervation 
transversale forme un réseau bien moins régulier que dans le genre Proto- 
perla; les nervures transversales sont flexueuses et bilurquées dans l'es- 
pace costal élargi; elles sont obliques et serrées dans l'espace ladial. 

ROOMERIA CARBONARIA F. MeUU. , AtlH. SoC. Enl. Fr. , I916, |). 388, 

llg. 1, pi. V, lîg. 1. — Je n'ai point vu cet Insecte, qui me parait voisin 
du précédent. 

Blattinopsiella pygmaea F. Meun., Aim. de Paléonl., IV, 1909, p. i5o, 
fig. 92, pi. V, fig. 6, 6 a. — Contrairement à ce que dit et figure 
M. F. Meunier, le secteur de la radiale est normal et non formé de deux 
branches dont l'antérieure, serrée entre la radiale et la branche postérieure 
rameuse, serait simple. Cette branche antérieure n'existe pas. Le genre 
(lilîere de Klehsiella F. Meim. par les rameaux du secteur de la radiale qui 
sont bifurques dès leur naissance, ces rameaux étant également au nombre 
de sept, et d'Oryctoblattina Scudd. par la cubitale antérieui-e, qui n'est |)as 
bifurquée, mais qui envoie plusieurs nervures vers le bord postérieur. 

La cubitale antérieure est incurvée vers la médiane qui s'y rattache par 
une nervure oblique, comme dans Klehsiella. La cubitale postérieure est 
simple et droite, très concave, la première anale étant au contraire très 
convexe et suivie de deux autres anales. Sur le disque de l'aile se montre 
l'arc caractéristique des Blattmoj)sis. 

Protoblattina BouviERi F. Meun., Ann. de Paléont., IV, 1909, p. i5i, 
lig. 28, pi. V, fig. 7. — Comme corrections au dessin de M. F. Meunier, 
il faut noter que l'espace costal est aussi large que chez FayolieUa elongata, 
que la bifurcation de la médiane se fait très peu en deçà du niveau de 
l'origine du secteur de la radiale, que la cubitale antéiieure envoie vers 
l'avant trois rameaux avant sa bifurcation terminale, que la première 
anale de M. F. Meunier est la cubitale postérieure. Dans l'aile droite, 
c'est le rameau antérieur de la branche antérieure de la médiane qui est 
bifurqué. 

Le genre Proiohlatima ne diffère du genre FayolieUa que par la con- 
fusion de la branche postérieure de la cubitale antérieure avec le réseau 



__ 169 — 

liansversal et par la présence d'un réseau irrégulier, et non de barres 
obliques dans l'espace radial. 

Anthracoblattina ensifera Gh. Brongn. — Handlirsch a créé pour cet 
Archimylacndac le genre Elaphroblafta, en déclarant que la tarière que 
montrent les photogrammes de Ch. Brongniart (pi. XLVIII, fig. i et «i) 
ne devait pas exister. Non seulement elle existe, mais les fossiles types de 
Brongniart en laissent distinguer admirablement les valves. 

Hyaloptilus minimus nov, gen. , nov. sp. — Le plus petit Insecte de 
Commentry, l'aile inférieure n'ayant que i o millimètres de longueur. 

Le fossile, couché sur le dos, montre les quatre ailes, relativement 
courtes et larges , les ailes inférieures recouvrant exactement les ailes su- 
périeures. Les ailes de droite et de gauche sont disposées obliquement et 
symétriquement des deux côtés du corps, qui a disparu. Le thorax devait 
avoir une certaine largueur, car les ailes sont écartées à leur base de 
•2 millimètres. 

Les nervures des ailes supérieures se voient aussi bien que celles des 
ailes inférieures, de sorte que les ailes devaient être membraneuses et 
minces. La nervation des inférieures ne semble pas différer de celle des 
supérieures ; la base de ces dernières est malheureusement absente, et le 
champ anal des unes et des autres n'est pas distinct. 

L'extrémité de la sous-costale et de la radiale ne se distingue pas 
bien. La sous-costale est parallèle à la radiale dans la zone basilaire et peu 
écartée de la radiale ; le champ costal n'est pas dilaté. 

Le secteur de la radiale prend naissance près de la base de l'aile ; il est 
légèrement courbé vers l'arrière et assez notablement écarté de la radiale ; 
il se bifurque vers le milieu de l'aile et sa branche antérieuie se bifurque 
également, tandis que la branche postérieure est simple. Les extrémités 
des deux rameaux de la branche antérieure du secteur sont infléchies vers 
l'avant de l'aile. 

La médiane se détache de la cubitale antérieure, et, avant le niveau de 
la naissance du secteur de la radiale , elle se divise en deux branches qui 
restent simples et qui sont très divergentes. 

La cubitale antérieure , rapprochée de la branche postérieure de la mé- 
diane, émet près de son extrémité et vers l'avant de l'aile deux rameaux 
parallèles formant un angle très ouvert. La cubitale postérieure rejoint à 
son extrémité , en se courbant , le point de départ du second rameau de la 
cubitale antérieure. La première anale, parallèle à la cubitale postérieuie , 
va la rejoindre près de son extrémité ; il semble y avoir encore deux anales. 

Je ne distingue pas de nervures transversales. 

Ce singulier Insecte, à ailes transparentes semblant disposées oblicpic- 
ment sur les côtés de l'abdomen au repos , serait vraisemblablement classé 

Muséum. — xxui. 1 2 



— 170 — 

hainii les Prolnhlatloules par Ilaiullirscli ; il n'est pas sans piésenlcr une 
certaine ailinité avec le genre Pdlaconiantls Handl. du Permien, genre (pie 
je ne puis absolument pas considéier comme e'tant un piécurseui- des 
Mantoïdes. Je vois au contraire dans IhjaloiihUm et dans Palaeomuniis 
des particularités qui rappellent les Psocides, et comme il y a déjà un Pso- 
cide connu du Lias, il n'est pas impossible que dans ces Insectes très petits 
nous ayons affaire déjà à des Psocides du Mouiller et du Permien. 



11. PROTOPHASMIDAE Ch. Brongniart. 

pROTOPHASMA DuMASi Gh. Brongu. — Handlirsch s'est complètement mé- 
pris sur la structure de ce fossile célèbre et sur sa position systématique. 
Au lieu de se (iei- au dessin exécuté par Cli. Brongniart lui-même, et 
leprésenté dans la figure 'î de la planclie XLIX, il s'est basé sur le mauvais 
photogramme reproduit dans la planche XLIX, tig. i, pour y découvrir 
des caractères fantasiiques et faire de l'Insecte un superbe Protoblaltoïile 
(pLXVI,fîg. i). 

Le phologramrae ne montre pas en effet la tête, les antennes et le pro- 
thorax figurés par Ch. Brongniart ; par contre, de malheureuses contin- 
gences font apparaître une légion obscure que Handlirsch a prise pour 
un large prothorax ressemblant à celui il es Blattoïdes ; Handlirsch y a vu 
aussi une tête à gros yeux qui n'existe pas plus que son prothorax. 

En réalité, la figure de Gh. Brongniart est parfoitement exacte, et l'In- 
secte ne peut pas être rangé parmi les Protoblaltoïdes. 

Le fossile montre admirablement une tête et des antennes rap|)elant ce 
qui existe chez les Phasmoïdes; les mandibules, qui semblent robustes 
mais pas aiguës, et les palpes sont très visibles ; le prothorax ressemble 
tout à tait à cehii des SthemropoduGh. Brongn. et des GcrarM-s Scudd. amé- 
ricains : il est notablement plus long que large, étroit en avant sur une 
certaine longueur, puis élargi en arrière, et il est muni d'un rebord latéral ; 
les hanches sont \n\ peu allongées, dirigées en dehors; c'est la hanche 
d'une patte intermédiaire qui est la cause principale de l'apparence qui, 
dans le photogramme , donne l'illusion d'un prothorax large et court ; les 
pattes sont bien comme les a décrites Gh. Brongniart, avec les tarses de 
cinc] articles munis de lamelles en dessous. 

Les ailes montrent entre les nervures longitudinales un réseau lâche 
formé par l'anastomose des nervures transversales. 

Dans l'aile supérieure, l'espace costal est énorme, trois fois aussi large 
que l'espace sous-costal, tandis que dans l'aile inférieure il n'a que la 
moitié de la largeur de celui-ci. 

La sous-costale, qui rejoint la costale, est comme noyée dans un sys- 
tème de nervures obliques ramifiées et anastomosées par des bai-res trans- 



— 171 - 

versales; à l'aile supérieure, mais pas à l'aile inférieure, il y a un espace 
précoslal peu étendu, mais cependant très net, la costjde y envoyant vers 
le bord autérieiu- de l'aile des ramifications fourchues. 

La nervation n'a été représentée exactement ni par Gh. Brongniart, ni 
pai- Handlirsch. 

A l'aile inférieure, le secteur de la radiale, qui naît près de la base, va 
vers l'extrémité de l'aile et envoie vers l'espace médian trois rameaux 
obliques bifurques qui occupent une aire relativement lai'ge ; son extré- 
mité elle-même est divisée en deux rameaux qui rejoignent le rameau 
postérieur de l'extrémité de la radiale, celle-ci étant elle-même bimrquée 
au bout. La médiane reste simple jusque près de son extrémité, qui est 
bifurquée, mais elle est rattachée par deux courtes nervures obliques à 
la cubitale antérieure : l'une, qui représente probablement un reste de la 
médiane postérieure, rejoignant le point de bifurcation de la cubitale 
antérieure en ses deux branches ; l'autre , qui est sans doute un reste de la 
branche postérieure de la médiane antérieure , rejoignant la branche an- 
térieure de la cubitale antérieure. La branche antérieure de la cubit^ile 
antérieure est bifurquée et ses rameaux sont fourchus; la branche pos- 
térieure de la cubitale antérieure émet deux rameaux vers l'arrière ; la 
cubitale postérieure est simple. Vient alors une première anale simple et 
rectiligne, puis une deuxième anale ramifiée, et d'autres anales, huit au 
moins, dont quelques-unes sont ramifiées, ces anales étant réunies par 
des barres flexueuses transversales. Le pli de l'aile correspond à la 
deuxième anale. • 

Un nouvel échantillon me permet de compléter ce que l'on connaît de 
l'aile supérieure. 

Le secteur de la radiale prend naissance plus loin de la base, et ses 
ramifications occupent un espace moins étendu , le secteur étant recourbé 
vers le haut et offrant un rameau de moins. La médiane est, par contre, 
plus développée, car elle est trois fois bifurquée. Le champ aual est moins 
étendu que dans l'aile inférieure , mais il est couformé de la même manière. 

Protophasma Gaudryi Ch. Brongn. — Cette espèce ne peut pas faii-e 
partie du gem'e Protophasma . ainsi que l'a reconnu Handlirsch, qui a fondé 
pour elle et pour l'espèce suivante le genre Cnemidolestes , genre inutile, 
car ces Insectes sont des Prolodiamphipnoa. La forme Gaudryi est un peu 
plus petite, et elle a les pattes antérieures moins robustes (|ue chez Proto- 
diamphipnoa Tertrini, mais la nervation est identique. L'état du fossile 
ne permet pas de déterminer quelle était la parure des ailes. 

Protophasma Woodwardi Gh. Brongn. — Ce Protodiaiuphipma, dont 
la nervation est la même que dans les autres espèces, est une foime de 
grande taille à pattes antérieures puissantes. 

13. 



— 17-i — 

Stenoneira Fayoli Ch. Brougn. — Cet Insecte est tout à fait élrangei- 
au genre Protophasma près duquel Ta rangé Ch. Bi-ongniart, et c'est 
à tort que Haudlirscli en a fait un Protobiattoïde, bien qu'il se rap- 
proche des foi-mes de cette catégorie : il est voisin du genre hchnoneura 
Ch. Brongn., dont il diffère surtout par la simplicité du secteur de la 
radiale ainsi que par la nature de la nervation transversale qui forme 
un réseau serré régulier et , çà et là , des apparences de secteur inter- 
calaires, 

M. F. Meunier a décrit et figuré {Ann. de Paléont., VII, 191 !i, p. li, 
iig. 1 3 , pi. ^ II , fig. 4 ) sous le nom de Stenoneura Fayoli l'aile d'un Insecte 
tout dilférent que l'on trouvera plus loin. Contrairement à ce que dit 
M. V. Meunier, la collection du Muséum ne renferme, en fait d'échantillons 
du Sknoneiira Fayoli, (pie les types de Ch. Bi'ongniart. Tous les spécimens 
que M. F. Meunier a déterminés comme tels appartiennent à [dusicurs 
genres et espèces diflérenls. 

Dans l'aile de Stenoneura Fayoli, la sous-coslale rejoint la radiale piès 
de l'extrémité; le secteur delà radiale est fourchu à son extrémité, et il 
n'émet avant sa bifurcation qu'un seul rameau; la médiane à l'aile supé- 
rieure est bifurquée avant la naissance du dernier i-ameau du secteur 
de la radiale, et son rameau antérieur se rapproche de celui-ci; à l'aile 
inférieure, la médiane est simplement bifurquée près de l'extrémité; la 
cubitale antérieure est très développée, sa branche antérieure émettant 
trois rameaux dont le deuxième est fourchu, sa branche postérieure émet- 
tant vers l'avant deux rameaux fourchus et, vers l'arrière, près de l'extré- 
mité, deux petits rameaux simples; la cubitale postérieure, nervure con- 
cave qui limite le champ anal, est faiblement courbée en arc , de même que 
les anales qui paraissent nombreuses à cause de secteurs intercalaires 
qui les séparent. 

Le prothorax est au moins aussi large que long, et non étroit comme 
le figure Ch. Brongniart; il est faiblement rétréci au milieu des côtés, 
arrondi aux angles antérieurs et postérieurs. 

Il est impossible de voir sur le fossile si la tête est prognathe ou ortho- 
gnathe. 

Les fémurs antérieurs sont médiocrement allongés et robustes. 

L'abdomen est dépassé par les ailes, mais seulement là où les ailes se 
décroisent , de sorte que sa forme est quand même allongée. 

Stenoneura robusta Ch. Brongn. — Handliisch a fait de cette espèce le 
genre Eoblatla , qu'il a placé parmi ses Protolilalloïdes. 11 s'est basé sur 
le mauvais photogramme de Ch. Brongniart (pi. XLMIl, fig. 10) pour y 
découvrir un large prothorax de Blattoïde et une lête incomplète (pi. X\ , 
fig. 19), et il a émis des doutes sur l'identité de l'Insecte représenté par 
la figure 8 de la |»lanche XL\ III avec Stenoneura rubusta. 



— 173 — 

Les doutes de Handiirscli sont justifiés ; lOithoptère de la figure 8 de 
la planche Xl.VIIt n'est pas le même que celui des figures 9 et 10; il est 
plus grand, la tête est plus dégagée, avec des mandibules très saillantes, 
larges et crochues, les pattes ont les fémurs plus longs, le prothorax est 
ti-apézoïdal et non arrondi sur les côtés ; la nervation ne pouvant être 
déchiffrée , le mieux est de placer l'Insecte dans le genre Iscbwneura , et 
j'en ferai l'espèce Brongniarti. 

Dans le \éritah\e Stenoneum robusta, la tête est arrondie en arrière et les 
mandibules ne sont pas très saillantes ; le prolhorax n'est pas aussi large 
que l'a représenté Handlirscli : il ressemble à ce qui existe chez Steno- 
neura Fmjoli, étant aussi large que long avec les côtés arrondis. 

Les fémurs antérieurs semblent courts et renflés, et c'est à cause 
d'eux que le prothorax semble être très élargi dans le phologramme de 
Ch. Brongniart, 

La nervation est absolument du même type que celle du Stenoneum 
Fayoli, mais l'aile étant plus ample, plus large, le réseau des nervures 
transversales est moins serré. Le secteur de la radiale est cependant moins 
simple; il offre six rameaux dont les 9" à 5° sont fourchus: la branche anté- 
rieure delà cubitale antérieure présente six rameaux au lieu de quatre; 
la branche postérieure de la cubitale antérieure donne aussi deux rameaux 
vers l'avant, mais elle en fournit quatre en arrière au lieu de trois. 

Somme toute, ce type appartient bien au genre Stenoneum, et le genre 
Eoblatta de Handlirsch peut être éliminé, d'autant plus que l'Insecte est 
absolument étranger au groupe des Blattes : il constitue une tiansition 
entre Stenoneum Fayoli et le genre Ischnoneum. 

Stenoneura Maximi Ch. Brongn. — M. F. Meunier a décrit et figuré 
celle espèce d'après le type de Ch. Brongniart {Ann. de PaUont. , VII , 1 9 1 -2 , 
p. \h, fig. i/i, pi. MU, fig. 9, a a). Le dessin me parait à peu i)rès cor- 
rect , mais l'état fruste du fossile ne permet pas de se rendre bien compte 
de certains détails essentiels. 

Il semble que la sous-costale se rattache à la radiale ; en tout cas, elle 
est parallèle à la radiale et très rapprochée de celle-ci. La médiane pos- 
térieure est bifurquée et non simple ; la branche antérieure de la cubitale 
antérieure n'est pas sim|de, mais elle émet près de son extrémité trois 
courts rameaux. L'aile a ko millimètres de long. 

La nervation transversale, serrée et réticulée çà et là, rappelle assez le 
genre Stenoneum, mais la cubitale est très différente et bien moins déve- 
loppée, tandis que la médiane occupe sur l'aile une aii-e bien plus grande 
que chez Stenoneum. Aussi Handlirsch a-t-il eu raison de faire de ce type 
un genre spécial, Stenoneuriies. Il est probable qu'il s'agit d'une forme 
de passage entre les Proloblalloïdes et Stenoneum, le genre étant voisin de 
ProloperlH. 



\là — 



III. HADROBRACHYPODA Gh. Brongniart. 

IscHNONEURA OiisTALETi Cil. Brongn. — Gh. Brongniart n'a pas donné de 
dessin de l'aile de cette espèce, et Handlirsch, d'après les photogrammes, 
en a puhlié un qui est correct, mais incomplet. 

Le secteur de la radiale se termine par six nervures; la branche anté- 
rieure de la cubitale antérieure est rattachée par une nervure oblique à la 
médiane, et la branche postérieure de la cubitale antérieure que Hand- 
lirsch ne représente pas émet vers l'avant cinq rameaux. 

Le prothorax est aussi large que long. 

IscHKONEURA DELicATULA Gh. Brongu. — Un uouvel échantillon me per- 
met de compléter la connaissance de celte espèce : il montre les quatre 
ailes, les supérieures seules pouvant être déchiiïrées. Le protliorax est 
aussi long que large, arrondi sur les côtés: l'abdomen est relativement 
large, atténué en arrière, où il se termine par une tarière assez courte; 
il est notablement dépassé par les ailes. 

L'aile a 35 millimètres de long et la nervation est semblable à celle de 
YIschnoneum Oustnleti, sauf que le secteur de la radiale, au lieu d'être du 
type pectine, est dichotomique, offrant deux branches bifiu'quées. 

IscHNONEURA ELONGATA Gh. Brongn. — Il seml)le que ce soit un Isckno- 
neura, mais il m'est impossible de débrouiller la nervation de l'échan- 
tillon. 

Mesoptilus Dolloi nov. gen., nov. sp. — C'est l'Insecte que M. F. Meu- 
nier a décrit et figuré comme étant Stenoneura Fayoli Gh. Brongn. [Ann. 
de Paléont., VII, 1912, p. ih, fig. i3, pi. VII, fig. à). 

Les deux derniers rameaux du secteur de la radiale du dessin de 
M. F. Meunier sont les deux branches de la médiane, la médiane est la 
branche antérieure de la cubitale antérieure, la cubitale est la branche 
postérieure de la cubitale antérieure , la 1 "" anale est la cubitale postérieure. 

(Je genre est voisin d'Ischnoneura Gh. Brongn., mais il est fortement 
spécialisé par l'allure et le parallélisme des deux branches de la médiane 
et des deux rameaux de la branche antérieure de la médiane antérieui'e. 

Le secteur de la radiale prend naissance au tiers antérieur de l'aile ; il 
a quatre rameaux principaux, le premier envoyant trois nervures vers le 
bord antérieur, le deuxième étant deux fois bifurqué. 

La médiane s'accole sur un court trajet par sa branche antérieure au 
secteur de la radiale près de la naissance de ce dernier; ses deux branches 
sont simples et très longues, de même que les deux rameaux de la 



_ 175 — 

branche antérieure de la cubitale antc'rieure. Cette branche ante'rieure est, 
avant sa bifurcation , accolée à la tige de la médiane sur une certaine lon- 
gueur, et une courte nervure transversale représente son attache à la 
branche postérieure delà cubitale antérieure, qui offre cinq rameaux dont 
les deux derniers sont foiu-chus. 

Mesoptilus Sellardsi nov. sp. — Décrit et figuré par M. F. Meunier 
sous le nom à'Oedischia Filholi Ch. Brongn. [Ami. de Paléoiit., Vif, îQiâ, 
p. i5, pi. VIII, fig. 3, 3 a). Le type de Ch. Brongniart est un Insecte 
tout à fait différent que l'on trouvera plus loin. 

La sous-costale rejoignant la radiale et le grand développement de la 
cubitale indiquent qu'il s'agit d'un type du groupe des Ischnoneura; l'al- 
lure originale de la médiane est semblable à ce que nous voyons dans le 
genre Mesoptilus. 

L'aile est longue de 35 mm.; le fossile montre l'aile supérieure recou- 
vrant en partie l'aile inféi'ieure, de sorte que la nervation n'est pas très 
aisée à débrouiller. 

Le secteur de la radiale est visible à l'aile supérieure; il naît à peu 
près vers le milieu de la radiale et il se termine par cinq nervures simples. 

Ce que M. F. Meunier appelle le second secteur de la radiale est évi- 
demment la branche antérieure de la médiane qui est accolée sur une 
certaine longueur h la radiale; la nervure suivante, que M. F. Meunier 
considère comme appartenant k la médiane, est la branche postérieure 
de la médiane; les deuv autres nervures rattachées à la médiane par 
M. F. Meunier sont les deux rameaux de la branche antérieure de la cubi- 
tale antérieure. 

A l'aile inférieure, le secteur de la radiale de M. F. Meunier est la 
branche postérieure, ramifiée, de la médiane; la médiane de M. F. Meu- 
nier est la branche antérieure de la cubitale antériem-e, sa cubitale est 
la branche postérieuie de la cubitale antérieui'e, et la nervure suivante la 
cubitale posiérieure. M. F. Meunier a oublié dans son dessin Taltache 
des deux branches de la cubitale antérieui^e ainsi que la nervm-e oblique 
qui, à la base de l'aile, relie la médiane à la branche antérieure de la 
cubitale antérieure. 

Bouleites latipennis nov. gen., nov. sp. — Genre très remarquable, 
représenté dans la collection par un superbe échantillon dont les ailes ont 
65 mm. de long. 

L'Insecte rappelle par la nervation et par l'ampleur du champ costal le 
genre Protodiamphipiwa Ch. Brongn., le rameau antérieur de la mi'diaiie 
étant anastomosé au secteur de la radiale qui prend naissance j)rès du 
milieu de l'aile, mais le secteur de la radiale est plus fourni, ayant trois 
rameaux fourchus, et le bord costal est forleiuent sinueux. De plus, les 



— 176 — 

pattes antérieures ne sont pas disproportîonnëes : elles sont plus courtes 
que les auti*es, qui sont assez robustes; enfin le prothorax est trapézoïdal 
et deux fois aussi long que large. 

La nervation transversale est, comme chez Protodiawphipnoa , réticulée 
dans le champ costal très dilaté et représentée par des barres fluxueuses 
ailleurs. 

La cubitale antérieure est abondamment ramifiée, étant donnée l'am- 
pleur de l'aile. 



IV. PROTOLOCUSTIDA Ch. Brongniart. 

Oedischia Williamsoni Ch. Brongn. — Je n'ai rien à ajouter à l'excel- 
iepte description et au très bon dessin de Ch. Brongniart. 

Le fossile donne l'impression que les ailes devaient être disposées en 
toit sur l'abdomen au repos. 

Oedischia Filholi Ch. Brongn. — Ch. Brongniart n'ayant publié 
f[u'un photograrame de cette espèce, M. F. Meunier a voulu en donner 
une figure {Ann. de Paléont., VII, 1912, p. i5, fig. i5, pi. VIII, fig. 3, 
?) a); mais, n'ayant pas eu le type sous les yeux, il s'est trompé dans sa 
détermination et a représenté un échantillon d'un autre Insecte que j'ai 
décrit plus haut sous le nom de Mesoptilus Sellardsi. 

Handhrsch, d'après le protograrame de Ch. Brongniart, a publié un 
dessin correct de la nervation de cette espèce (pi. XIV, fig. 90). 

Il semble que nous ayons affaire à une espèce du genre Archneacridites 
F. Meun.; l'aile est relativement plus large que chez les Oedischia, et la 
nervation transversale est moins fine, plus serrée et, çà et là, anastomosée 
en réseau. 

Oedischia Maximae Ch. Brongn. — La nervation de cet Insecte est mal- 
heureusement indéchiffrable dans la faible portion des ailes qui a été con- 
servée : mais la tête , le prothorax et les pattes montrent qu'il ne s'agit pas 
d'un Oedischia , mais d'une forme apparentée aux Ischnoneura. 

La tête est vue légèrement de profil; elle est prognathe; les antennes, 
rabattues en arrière, sont très longues avec le premier article long et 
robuste. Le prothorax n'est pas plus long que large, trapéziforme. Les 
pattes sont d'une longuem' inusitée et assez robustes, avec les tarses de 
cinq articles et les hanches contiguës. Le corps devait être long et étroit. 
Je constituerai pour cet Insecte un genre spécial , Commentrya. 

Oedischia Fischeri Ch. Brongn. — Ch. Brongniart avait d'abord créé 
pour cette espèce le genre Stheiiaropoda qu'il a supprimé dans son œuvre 



— 177 — 

définitive, mais à tort, car, ainsi que l'a reconnu Handiirsch, l'Insecte est 
très différent des vrais Oedtschia. 

Les pattes postérieiu*es ne sont pas renflées à la base , et par consé- 
fpient l'animal n'était pas sauteur ; elles sont un peu plus développées que 
les autres seulement, et ces appendices sont exactement constitués comme 
dans le genre Protophasma et les Phasmoïdes : ce sont de longues pattes 
robustes d'Insecte marcheur. 

La tête, les antennes, le prothorax sont conformés comme dans le 
genre Protophasîna. 

L'aile diffère de celle de Protophasma par le secteur de la radiale , qui 
prend naissance notablement plus loin de la base dans l'aile supérieure , et 
par le plus grand développement de la médiane. 

L'aile inférieure diffère beaucoup de l'aile supérieure , comme l'a montré 
Ch. Brongniart (pi. LI, fig. 6); elle est plus petite, plus large propor- 
tionnellement, avec le champ anal dilaté et le secteur de la radiale tout 
autre : celui-ci est du type pectine, et il offre un plus grand nombre de 
rameaux qu'à l'aile supérieure où il est simplement bifurqué. 

J'ai constaté dans tous les échantillons suffisamment complets une asy- 
métrie entre l'aile supérieure gauche et l'aile supérieure droite, phéno- 
mène que présentent beaucoup de Blattoïdes. Cette asymétrie réside dans 
la manière dont se comportent les i-amifications de la branche antérieure 
de la médiane : l'aile droite est toujours en avance dans l'évolution par 
rapport à l'aile gauche. L'aile gauche recouvre l'aile droite lorsque les ailes 
sont ramenées au repos sur le dos de l'abdomen. 

J'ai aussi constaté que nous nous trouvions en présence de plusieurs 
espèces distinctes par leur taille et par la disposition des nervures : les trois 
échantillons rapportés par Ch. Brongniart à l'espèce Fischen appartiennent 
à trois formes différentes. L'échantillon figm-é dans la planche LI , fig. 5 , 
doit être considéré comme le type du Sthenaropoda Fischeri Ch. Brongn. ; 
l'aile inférieure , représentée dans la même planche , fig. 6 , appartient h 
une autre espèce de Sthenaropoda ; quant à l'échantillon de la planche LU, 
fig. /i , c'est un Archaeacridites Bruesi F. Meun. 

Sthenaropoda Fischeri Ch. Brongn. (pi. LI, fig. 5). — J'en ai sons 
les yeux un second échantillon identique au type de Ch. Brongniart. 

L'aile supérieure a Sa mm., l'aile inférieure 44. 

A l'aile supérieure gauche, le rameau antérieur de la branche antérieure 
de la médiane est anastomosé sur un court trajet au secteur de la radiale: 
le rameau postérieur est bifurqué très près du niveau de l'anastomose en 
deux nervures simples ; à Taile supérieure droite , le rameau antérieur de 
la branche antérieure de la médiane est simplement tangent en un point 
au secteur de la radiale; le rameau postérieur se bifurque au niveau même 
delà bifurcation de la branche antérieure de la médiane (de sorte que de 



— 178 — 

ce point naissent trois nervures), et chacune des nervures ainsi formées se 
bifurque. 

A l'aile inférieure, le secteur de la radiale e'met trois rameaux avant 
sa bifurcation terminale, et ces rameaux naissent à ég'ale distance l'un de 
l'autre. 

Sthenaropoda Agnusi nov. sp. — Espèce décrite et figurée pai^ 
M. F. Meunier sous le nom de Sthenaropoda Fischer! Ch. Brongn. d'après 
l'empreinte et la contre-empreinte d'une aile supérieure droite [Ann. de 
PaUont., IV, 1909, p. 1^8, fig. 19 et 90, pi. V, fig. h, h a). 

La longueur de l'aile est de A3 mm. seulement. 

La branche antérieure de la médiane se bifurque en un court rameau 
qui va s'attacher au secteur de la radiale et qui ne continue pas, et en un 
rameau postérieur qui paraît simple , c'est-à-dire que du rameau antéi-ieur 
il ne subsiste que la partie allant rejoindre le secteiu-. 

Sthenaropoda Lerichei nov. sp. — Deux magnifiques échantillons 
presque complets, l'un couché sur le ventre, l'autre sur le dos. L'on voit 
très bien les deux protubérances postérieures du pionotum et les deux 
protul»érances du mésonotum disposées en carré; le vertex porte une carène 
transvei-sale très saillante. 

L'aile supérieure a 48 à 5o mm. de long; les ailes inférieures sont 
cachées sous les ailes supériem'es et peu déchiffrables. 

A l'aile supérieure gauche , le rameau antérieur de la branche antérieure 
de la médiane est rattaché au secteur de la radiale par une très courte 
nervure, et il est simple, le rameau postérieur étant bifurqué à une grande 
distance de sa naissance eu deux nervures simples; à l'aile supérieure 
droite, le rameau antérieur de la branche antérieure de la médiane est 
anastomosé sur une distance assez notable au secteur de la radiale, et il 
est bifurqué; le rameau postérieur se bifurque loin de sa naissance. 

A l'aile inférieure, le secteur de la radiale émet quatre rameaux avani sa 
bifurcation terminale, et ces rameaux naissent à des distances augmenlant 
progressivement du premier au dernier. 

C'est peut-être à cette espèce que se rapporte l'aile inférieure figurée 
par Ch. Brongniart (pi. LI, fig. 6). 

Archaeacridites Brdesi F. Menu., Ann. de Paléoiit., IV, 1909, p. i45, 
fig. i6, pi. V, fig. 1. — Ainsi que je l'ai dit plus haut, Ch. Brongniart a 
eu cette espèce entre les mains et l'a figurée (pi. LU, fig. 4), la confon- 
dant avec Sthenaropoda Fischeri. M. F. Meunier a parfaitement mis en évi- 
<lence le caractère essentiel du genre : la branche postéi-ieure de la cubitale 
antérieure est ici conservée, tandis que dans les Sthenaropoda elle se j)er(l 
dans le réseau qui sépare la cubitale antérieure de la cubitale postérieure. 



— 179 — 

Le dessin de M. F. Meunier est exact, mais la nervure qu'il considère 
comme première anale est la cubitale postérieure; il y a une petite nervure 
transversale entre le secteur de la radiale et la brandie antérieure de la 
médiane. 

Archaeaoridites elegantissima F. Meun., Ann. de Paléoiit., I\, 1909, 
p. 1A6, fig. 17, pi. V, fig. 9. — L'échantillon montre une tête orlho- 
gnatlie, des antennes longues et grêles, un protliorax: très allongé, étroit 
en avant, puis élargi en arrière, de longues pattes, comme chez le pro- 
cèdent, comme chez les Sthemiropoda et les Protophasma. 

Le fossile a conservé les ailes supérieure et infériem'e droites et l'aile 
inférieure gauche: il ne semble pas y avoir de difïérences notables entre 
l'aile supérieure et inférieure, quoi qu'en dise M. F. Meunier, sauf en ce 
qui concerne le champ anal. 

La seconde branche de la médiane de M. F. Meunier est la liranche anté- 
rieure de la cubitale antérieure, sa cubitale est la branche postérieure de 
la cubitale antérieure , et sa première anale est la cubitale postérieure. 

L'on remarquera de fortes différences entre cette espèce et la précé- 
dente, les nombreuses ramifications de la radiale, l'absence d'anastomose 
entre le rameau antérieur du secteur de la radiale et la radiale, la sim- 
plicité de la médiane bifurquée seulement deux fois, les rameaux de la 
cubitale d'une autre allure : mais ces différences ne me paraissent pas de 
nature à devoir constituer pour ce type un genre nouveau. 

Palaeoedischia Boulei F. Meun., Ann. Soc. Eut. Fr., 191 A, p. 363, 
366, pi. IV. — Je n'ai point vu ce fossile que M. F. Meunier considère 
comme voisin du genre Stheiuiropoda , la sous-costale étant de longueur 
moindre. C'est peut-être un Archaeacridiles. 

HoMALOPHLEBiA FiNOTi Gh. Brongn. — Contrairement à l'assertion de 
Gh. Brongniart, l'aile montre un espace précostal bien net à la base. 

Le dessin de Gh. Brongniart (pi. Ll, fig. 8) est exact, sauf en ce qui 
concerne le secteur de la radiale, qui offre un rameau de plus dirigé vers 
l'avant ; ce rameau , le dernier, va s'anastomoser à la radiale vers l'extré- 
mité de celle-ci. La notation des nervures est correcte. 

HoMALOPHLEBiA GouKTiNi Gh. Brougn. — Ilandlirsch, qui a donné 
une représentation exacte de l'aile de cette espèce, a fondé pour elle le 
genre Parahomalophkbin : le secteur de la radiale est, en effet, très diffé- 
rent de ce qu'il est chez llotnalophlebia Finoti, bien que ces formes soient 
évidemment apparentées. 

Handlirscb n'a pas repr(>senté une nervure oblique assez longue qui part 
de la médiane avant sa bifnrcalion et qui rejoint la branche antérieure de 



— 180 — 

la cubitale antérieure. La cubitale postérieure est la nervure simple qui 
précède les trois anales. 

Le fossile ne permet pas de voir s'il y a un espace précostal; la base du 
protborax est conservée, et il semble bien que le protborax devait avoir la 
conformation de celui des genres Prolophuma et Sthciiampoda. Les ailes 
étaient disposées à plat sur le dos de l'abdomen au repos, avec le cbamp 
costal un peu rabattu sur les côtés. 

HoMALOPHLEBiA Perrieri F. Meun. , Aim. de Paléont., IV, 1909, 
p. 167, Gg. 18, pi. V, fig. 3. — Cet Insecte n'appartient pas au genre 
Hoînalophlebia : la sous-costale rejoint la radiale, la tète est prognatbe, le 
prothorax a la forme d'un trapèze un peu allongé, la cubitale occupe sur 
l'aile un espace très grand, et la médiane est au contraire peu développée. 
C'est un type voisin du genre Tschnoneura , mais qui, étant donné le secteur 
de la radiale, tout différent par ses rameaux dii-igds en avant et non en 
arrière, doit constituer un genre nouveau, Aiithracoptilu!ii. 

Les pattes antérieures sont relativement très robustes , et elles étaient 
peut-être ravisseuses, comme dans le genre Protodiamphipnoa Cb. Brongn. 

Dans son dessin , M. F. Meunier a fait de la médiane une partie du sec- 
teur de la radiale; celui-ci a, comme nous venons de le dire, tous ses 
rameaux dirigés en avant; la médiane est deux fois fourchue; ce que 
M. F. Meunier appelle médiane est la branche antérieure de la cubitale 
antérieure, sa cubitale est la branche postérieure de la cubitale antérieure, 
et sa première anale est la cubitale postérieure. 

HoMALOPHLEBiA Trouessarti F. Meun. , Anu. de Paléont., VII, 1912, 
p. 16, fig. 16, pi. VIll, fig. 4. — Il sufiit de jeter un coup d'a-il sur le 
dessin donné par M. F. Meunier pour se rendre compte que cet Oitho- 
ptère n'est pas du genre Homaloplebia : la sous-costale rejoint la radiale, 
et la cubitale est extrêmement développée au détriment de la médiane. 

Le fossile montre un long protborax étroit comparable à celui du 
genre Spaniodem Handl. , et la cubitale a tout à fait les mêmes allures 
que dans ce type des États-Unis; mais le secteur de la radiale, pectine, 
est tout différent et rappelle au contraire les Ischnoneura Ch. Brongn. 
Il s'agit probablement d'une convergence, et je ferai de cet Insecte le genre 

t'tcnoptiliis. 

Tous les rameaux de la cubitale antérieure se rattachent à une même 
nervure, mais il y a un grand espace entre les trois derniers et celui qui 
les précède, ce que le dessin de M. F. Meunier ne laisse pas soupçonner; 
il est donc vraisemblable que ces trois derniers rameaux sont les rameaux 
de la branche postéiieure de la cubitale antérieure. 

La cubitale postérieure est représentée par une nervure simple située 
en avant de la première anale, et oubliée par M. F, Meunier. 



— 181 — 

L' échantillon montre une patte poste'iieuie longue et grèie , avec un 
tarse allongé , de cinq articles. 

HoMALOPHLEBiA CouLONi F. Mcun. , Aiin. de Paléont., VII, 1912 , p. 17, 
(ig. 17, pi. VIII, flg. 5, 5rt. — Ce n'est pas non plus un Homalophlebia , 
le secteur de la radiale naissant près du milieu de l'aile , etc. 

M. F. Meunier a oublié dans son dessin d'indiquer l'espace précostal 
ti'ès visible , une courte nervure transversale rattachant au secteur de la 
radiale le rameau antérieur de la branche antérieui-e de la médiane et 
ia petite nervui-e oblique qui relie les deux branches de la cubitale anté- 
rieure, la première anale de M. F. Meunier étant la cubitale postérieure. 

Cet Insecte est, en somme, un Oediachia dans lequel le rameau antérieur 
de la branche antérieure de la médiane ne louche pas encore le secteur de 
la radiale, mais lui est relié par une courte nervure transversale. Il est 
inutile d'en faire un genre nouveau, la nervation transversale étant absolu- 
ment la même que celle de ïOedischia Williamsoni. 



V. PAIiAEACRIDIDAE Gh. Brongniart. 

Caloneura Dawsoni Ch. Brongn. — Les ailes sont disposées en toit, 
le prothorax est en selle; les antennes sont longues et assez épaisses; les 
pattes antérieures sont longues et grêles, les pattes postérieures allongées, 
à fémur méfliocrement renllé. La nervation varie parfois : dans l'échanlillon 
de la ligure 7 de la planche LU de Ch. Brongniart, le troisième rameau 
du secteur de la radiale est fourchu; un autre échantillon de la collection 
montre la branche antérieure de la médiane bifurquée. 

HoMALONEDRA BoYERi F. Meuu. , Anti. de Paléont., VII, 1912, p. 9, 
iig. 7, pi. VU, fig. 2, 2rt. — Cet Insecte n'est pas un Paléolictyoplère du 
genre Honudoneura , mais un Caloneura dans lequel la sous-costale s'étend 
jusqu'à l'extrémité de l'aile et qui pourrait, à la rigueur, constituer un 
genre nouveau avec l'espèce suivante, l'aile étant en même temps très 
rétrécie à la base. 

La saillie prononcée de la cubitale antérieure indique que les ailes 
devaient être disposées en toit au repos. 

Le secteur de la radiale n'a pas cinq rameaux, comme le figure M. F. 
Meunier, mais six; le dernier rameau de la médiane du dessin de M. F. Meu- 
nier est la cubitale antérieure, la deuxième cubitale est la première anale, 
et il y a quatre anales. 

HoMALONEiiRA SIMILIS F. Meuu. , Ann. de Paléont., Vil, 191--!, p. 8, 
Iig. 6, pi. VI, fig. 5. — Cette espèce dilfère de la précédente par le sec- 



— 182 — 

leur (le la radialo, qui n'a que quatre rameaux , et par la présence de trois 
anales seulement. La médiane de la figure de M. F. Meunier comprend 
aussi la cubitale antérieure, la cubitale antérieure étant la cubitale posté- 
rieure, et la cubitale postérieure la première anale. L'aile est rétrécie à la 
base et la cubitale antérieure très saillante. 

Un second échantillon de la collection montre un prothorax petit, tra- 
péziforme, en selle. Une patte postérieure est conservée; on voit un long 
libia et un tarse de cinq arlicles. 

Sthenarocbra pachvtvloides Ch. Brongn. — Le genre Sthenarocera dif- 
fère à peine du genre Caloneura, la nervation transversale formant çà et là 
des anastomoses. 

Chez S. pachytyloides , le secteur de la radiale se termine par sept 
nervures simples; la médiane est bifurquée et est indépendante du 
secteur, la cubitale antérieure et la cubitale postérieure sont simples et 
rectilignes. 

Sthenarocera Bureaui Ch. Brongn. — Cette espèce, mentionnée seule- 
ment par Ch. Brongniart, mais non décrite ni figurée, est représentée dans 
la collection par plusieurs bons échantillons. C'est un Insecte plus petit et 
moins robuste que le précédent ; l'aile n'a que 77 mm., tandis que celle 
du S. pachytyloides en a 88. Les antennes sont plus fines et elles ont 76 mm. 
de long ; les pattes sont plus grêles , les postérieures semblent |ieu renflées ; 
il y a cinq arlicles aux tarses. 

Le secteur de la radiale se termine par huit nervures, dont la troisième 
est bifurquée. 

Il y a trois anales, dont la troisième donne naissance à trois nervures 
obliques. Il ne semble pas y avoir de différence entre les ailes supéiieures 
et les ailes inférieures. 



IIL THirSAWOIJRE§. 

Dasyleptus Lucasi Ch. Brongn. — C'est un Crustacé du groupe des 
Syncarides et probablement du genre Gampsonyœ, ainsi que l'a reconnu 
Handlirsch. 

IV. HOinOPTÈRES. 

Fulgorina Goldenbergi Ch. Brongn, — Cet Insecte est un Protoblattoïde 
de la famille des Oryctoblattinidae, et c'est avec raison que Handlirsch l'a 
placé dans le genre BlaUinopsis Giebel. 



— 183 — 

Les figures i el 3 île la planche LUI de l'ouvrage de Ch. Brongniail 
représentent bien cette espèce , tandis que la figure 2 de la même planche 
se rapporte à Fulgorina ovalis Ch. Brongn. , contrairement à la suggestion 
de Handlirsch. 

Il y a une cubitale postérieure droite, siniple, très concave, qui s'étend 
jusqu'au bord postérieur de l'aile contre la première anale, qui est très 
convexe et courbée à sa base. 

De nouveaux échantillons de la collection montrent des différences 
secondaires dans la nervation, et dénotent probablement l'existence de' 
plusieurs espèces. 

Fulgorina ovalis Ch. Brongn. — Cette espèce (pL LUI, fig. 9) n'a 
pas, comme dans le genre Blattinopsis , le dernier rameau du secteur de 
la radiale détaché de celui-ci et partant directement du secteur. L'an.-dogie 
avec Blattinopsis Goldenhergi Ch. Brongn. est cependant très grande, et je 
ne vois pas qu'il soit bien nécessaire de créer un genre nouveau. Le bord 
antérieur de l'aile, cependant, au heu d'être régulièrement convexe, est 
légèrement concave à partir du niveau de l'extrémité de la sous-costale , 
et redevient convexe près de Textrémité de la radiale. 

FuLGORiiVA MiPiOR Ch. Brougu. — Je n'ai point trouvé dans la collection 
du Muséum de type de cette espèce, mentionnée mais non décrite ni 
figurée par Ch. Brongniart. 

Fulgorina parvula Ch. Brongn. — Même observation que pour l'espèce 
précédente ; il est possible que cet Insecte soit le même que Blattinopsiella 
pygmaea F. Meun. 

Rhii>idioptera elegans Ch. Brongn. — Handhrsch me parait avoii- bien 
jugé de la position systématique de cet Insecte en le plaçant dans la famille 
des Onjcloblaltinidae. Les figures de Ch. Brongniart (pi. LUI, fig. 6 et 7) 
sont grossies quatre fois : l'aile devait donc avoir 4 ou 5 centim. au plus. 

DicTvocicADA ANTIQUA Ch. Brougu. — Cet Insecte me semble bien êb-e 
un Iionioi)tère , plus primitif que le genre Prosbole Handl. du Permien, et 
se rattachant probablement aux Protohémiptères du genre Mecynoslomu 
Ch. Brongn. , dont il sera question ci-après. 

La figure donnée par Ch. Brongniart (pi. LUI, fig. 5) n'est pas tout à 
fait conforme à la réalité : Ch. Brongniart a rattaché à la médiane anté- 
rieure, qui est simple et qui se (Ustingue assez mal dans sa partie termi- 
nale à cause de la conservation du fossile , le secteur de la i-adiale. Celui-ci 
part de la radiale au tiers postérieur de l'aile, et sa conformation rappelle 
tout à fait ce qui existe chez les Protohémiptères ; il se divise en une branche 



— 18^ — 

antérieure simple qui est courbée vers Tavant et en une branche posté- 
lieure qui est fourchue non loin de sa naissance , ses deux rameaux étant 
très divergents, l'antérieur étant lui-même fourchu: la médiane postérieure 
est bifurquée à son extrémité; la première anale est droite, parallèle au 
bord postérieur de l'aile , de même que les anales suivantes. 

L'aile est couverte d'un réseau lâche formé de nervures transversales 
flexueuses qui s'anastomosent, tout à fait dans le style des Protohémi- 
plères. 

Vu la direction longitudinale des nervures , Tlnsccte , tout en offrant d'une 
manière générale la nervation d'un Protohémiplèrc, semble bien cepen- 
dant être déjà un Hémiptère, le champ anal constituant un véritable clavus, 
et la direction des nervures anales indiquant que ce Rhynchote devait 
ramener les ailes au repos sur le dos de l'abdomen. 

Mecvnostoma Dohrni Ch. Brongn. — Handlirsch prétend avoir vu ce 
fossile, et le considère comme étant un Paléodictyoptère incertae sedis; il 
déclare que le rostre figuré par Ch. Brongniart (pi. LUI, fîg. 8) pourrait 
bien être un fragment de patte. 

Il ne peut pas y avoir de doute qu'il s'agit bien d'un rostre et que 
l'Insecte ne soit un Prolohémiptère. 

L'échantillon permet, en effet, de reconnaître que la tête porte un rostre 
tout à fait comparable à celui de YEugereon Boeckingi Dohrn , et long de 
9 millim. , l'aile en ayant 45. Au milieu se voit le labre , flanqué de part et 
d'autre d'un stylet représentant probablement la mandibule, et, appliqué 
contre ce stylet, se voit à droite et à gauche un palpe labial. 11 n'est 
pas possible de compter le nombre des articles de ces palpes, mais à 
gauche on dislingue nettement l'articulation du dernier article qui dépasse 
l'extrémité du rostre comme chez Eugereon. H y a à l'extrémité du rostre 
une sorte de papille arrondie qui semble dépendre du labre. 

Le prothorax est conformé comme celui d' Eugereon; les pattes sont 
longues, robustes et carénées avec les tibias allongés. Les pattes antérieures 
sont conformées comme celles à' Eugereon , le fémur et le tibia étant allongés : 
les tarses sont de trois articles , épais ; le dernier article porte deux ongles 
robustes entre lesquels on voit une pelote. 

L'écarteraent des ailes à leur base montre que le corps était large: 
l'abdomen se voit d'ailleurs en partie, il est large et semble atténué en 
arrière. 

Les ailes sont larges et courtes avec le bord antérieur faiblement 
sinueux; la nervation est une nervation typique de Prololiémiplère. 

La sous-costale est très flexueuse et se termine avant l'extrémité de l'aile 
à la costale; le secteur de la radiale naît à peu près au niveau du milieu; il 
est bifurqué et sa branche antérieure est également bifurquée. La médiane 
se divise non loin de la base en médiane antérieure simple et médiane 



— 185 — 

postérieure deux fois bifurquée. La cubitale antérieure est simple; la cubi- 
tale postérieure , fourchue à l'extrémité. 

La première anale est un peu ramifiée à l'extrémité, les autres sont 
simples et parallèles à la première. 

A l'aile inférieure , le champ costal est bien moins élargi ; par contre , le 
champ anal est plus large qu'à l'aile supérieure où il est rétréci, consti- 
tuant une ébauche de clavus avec les nervures anales moins nombreuses 
qu'à l'aile inférieure et dirigées plus obliquement. 

On ne distingue de nervures transversales que dans le champ anal , où 
elles constituent de minces barres transversales fîexueuses. 

Les ailes ne semblent pas être disposées tout à fait perpendiculairement 
au corps; le fossile les montre placées un peu obliquement. 

Ce type, qui constitue une famille spéciale, peut être rattaché aux 
Homoiopteridae , mais il transite vers Dictyocicada et les Hémiptères vrais. 



IL CONCLUSIONS GÉNÉRALES. 



1. Aucun Insecte de Commentry ne possédait, à l'état adulte, de bran- 
chies trachéennes : les organes que Ch. Brongniart a considérés comme 
tels ne sont que les lames latérales de l'abdomen, homodynames aux ailes 
et aux ailerons prothoraciques; ces apophyses n'étaient ni mobiles, ni 
amincies, et elles ont la texture des tergites dont elles dépendent. 

2. Les ailerons que montre le prothorax de la phipart des Insectes dont 
Handlirsch a constitué l'ordre des Paléodictyoptères sont de véiitables ailes, 
homodynames aux ailes véritables : ils offrent des nervures longitudinales 
ramifiées , disposées de la même manière que dans les ailes fondamentales; 
il n'est pas impossible que, dans certains cas, ils aient été plus ou moins 
mobiles. 

3. La tête des Mégasécoptères des genres Mtschoptera et Psilothomx 
était petite comme celle des autres représentants du groupe; mais , chez ces 
Insectes, les pattes antérieures étaient courtes et ravisseuses, de manière à 
leur permettre de saisir au vol leur proie. 

U. Les appendices abdominaux que montrent les genres Stenodictya, 
Lycocercus et Meganeura [Titanophasma) sont situés sur le neuvième seg- 
ment et constituent les gonopodes du mâle. 

5. Les genres Lamproptilta , Epitelhe, Becquerelia , Palaeoptilus , Compso- 
neura, Spilopiibis, Homaloneura, Graphiplilus et Spilaptera, chez lestjuels 

MuSKDM. — xxui. i3 



- 186 — 

on constate une réduction progressive de la nervation longitudinale, for- 
ment une famille naturelle, celle des Spilapteridae. 

6. Aux Spilapteridae se rattachent, comme formes plus évoluées, d'une 
|>art les Megasecopleiidae , d'autre part les Prolephemeridae. Le genre liec- 
querelia a déjà une partie des caractères des Megnsecopteridae, et le genre 
Apopappus lorme une transition naturelle entre les Spilapteridae et le 
genre Triplosoha { Blanchardia) , type des Protephemeridae dont dérivent 
les Ephemeridae. 

Les Spilapteridae , les Megasecopteridae et les Ephémères peuvent doue 
être réunis en un groupe des Ephkméroptères. 

7. Les genres Fouquea et Rhabdoptilus , constituant une famille des Fou- 
queidae, ne diffèrent des Spilapteridae que par une pai'ticularilé de leurs 
ailes qui les rapproche des Libellules : les ner\ures transversales, au 
lieu d'être espacées et peu nombreuses, sont très serrées, et elles forment 
par anastomose un réseau au bord postérieui' et dsns le champ anal, de 
manière à donner à l'aile plus de consistance 

8. Aux Fouqueidne se rattachent les Diciyoneuridae ( Paléodiclyoplères de 
Goldenberg, Slénodictyoptères de Ch. Brongniart), chez lesquels le réseau 
des nervures transversales tend à envahir l'ensemble de l'aile; cette famille 
est représentée à Comiuentry par les genres Mierodictya et Stenodictyu, 

9. Les Protodonates, ancêtres de nos Libellules, débutent à Commeniry 
par le genre Archaeinegaptilus , qui ne diffère des Diclyûneuridae , que par 
î'accolement de la nervure médiane à la radiale à la base de l'aile , premier 
caraclèi'e d'Odouate; chez Dictyoplilm [Cockerelliella) ou voit apparaître 
un espace précostal, et la sous-costale cesse de rejoindre l'extrémité de 
l'aile; cheg Protugnon, qui semble être la foirae la plus rapprochée des 
vrais Odonates, le secteur de la radiale s'attache à sa naissance à la mé- 
diane; Gilsonia et Meganeura , enfin, sont deux types spécialisés dans deux 
directions différentes où le sectem* do la radiale s'est accolé à la médiane et 
semble naître de la médiane antérieure. 

Aucun des Protodonates de Commentry ne montre le croisement du sec- 
teur de la radiale et de la médiane, caractéristique des Odonates propre 
ment dits. 

10. Les Fouqueidae, les Dictyomuridae et les Prototlonales, avec les 
Odonates, forment donc l'unité systématique des OûONATOPTÎiBii;». 

Nous pouvons réunir les Odonatoptèrks aux Ephéméroptîîres et reconsti- 
tuer l'ordre des Stpui^iqoRNtis de Latreille. 

Comme les Éphémères et les Qdanales ai tuels ont des larves aquatiques 



— 187 — 

fondamentalement peu différentes, nous devons en inférer que les Subuli- 
cornes de Gommentry avaient aussi des larves aquatiques. 

11. Bon nombre de familles mêlées aux Subulicornes par Handlirsch 
dans son ordre des Paléodictyoptères en diffèrent pai- une nervation qui se 
rapproche de celle de VEugeiron Boeckingi, le seul Insecte rangé jusqu'ici 
parmi les Protoliémiptères et découveit dans le Permien inférieur. 

Les caractères du Mecijnostoma Dohrni, notamment la présence d'un 
rostre entièrement comparable à celui à'Eugereon, la présence d'un rostre 
chez Lycocercus Goldenbergi , h ressemljlance de la tête et de la patie anté- 
rieure de ï Homoioptera gigantea avec les organes correspondants de VEu- 
gereon, ne laissent aucun doute sur la présence à Gommentry de nombreux 
Protohémiptères de grande ou de très grande taille. Ge sont les genres 
Lycocercus, Homoioptera et Lithoptilus de la famille des Homoiopteridae, 
le genre Megaptilus de la famille des Megaptilidae, les genres Megapti- 
loides et Borrea de la famille des Breyenidae , Mecynostoma de la famille 
des Mecynostomidae , plus les genres Archaeoptilus et Paramegaptilus , 
connus d'une manière trop fi-agmentaire pour être classés. 

A en juger d'après la nervation des ailes, il y avait déjà des Pioto- 
hémiptères dans le houiller moyen et même dans le houiller inférieur ; ces 
Insectes devaient être végétariens et aspirer les sucs des Ptéridophytes et 
des Gymnospermes de l'époque sous tous leurs étals. 

Leurs ailes étaient étalées à plat pei'pendiculairement au corps au 
repos, comme celles des Subulicornes des temps primaires; ils diffèrent de 
ceux-ci par la nature de la nervation li-ansversale qui est représentée par 
des nervures minces et llexueuses s'anastomosant parfois en un réseau 
à gran(les mailles; leur nervure sous-costale n'atteint pas l'extrémité de 
l'aile. 

L'ordre des Paléodictyoptères de Handlirsch, étant un mélange de 
Subulicornes et de Protohémiptères, peut donc être éliminé. 

12. Diclyocicada antiqua Brgn. , par sa nervation, par la forme rétrécie 
de l'aile, par la disposition des nervures longitudinales dirigées vers l'extré- 
mité, par le rétrécissement du champ anal constituant un clavus à ner- 
vures parallèles au bord postérieur, peut être considéré conmie étant un 
véi'itable Hémiplère, comme un Homoptère très primitif. Il se rattache au 
genre Mecynostoma, Protohémiptère qui montre déjà dans le champ anal 
des ailes supérieures une tendance vers les caractères des Hémiptères. 

13. Les Orthoptères de Gommentry peuvent être répartis en Nomo- 
neures { Hldttaeforittia de Handlirsch), Insectes coui'eurs dont les ailes 
n'ont pas d'espace précostal, et en Hétéroneures ( Orlliopteroidea de Hand- 
lirsch) , Insectes marcheurs ou sauteurs ayant à l'aile supérieui'e un espace 

i3. 



— i88 — 

précoslal. Nous devons rejeter ie groupe des Protorthoplèies de Handlii'sch, 
niélauge de Nomoueures et d'Hétëroneures , ainsi que le groupe des Prolo- 
blattoïdes du même auteur formé de divers Nomoueures, les uns piimilifs, 
ancêtres des Blattoïdes, les autres spécialisés, d'autres encore ancêtres des 
Hétéroneures. 

Les Nomoneures comprennent des Blattoïdes et des Mantoïdes, les 
Hétéroneures des Phasinoïdes et des Locustoïdes. 

\k. Par Blattoïdes, j'entends non seulement les Blattoïdes de Handlirsch , 
qui doivent constituer simplement la famille des Blattidae, mais encore les 
formes archaïques qui peuvent être considérées comme étant les précur- 
seurs des autres Orthoptères ou des formes spécialisées dans d'autres direc- 
tions que celles des Blattidae, tout en offrant avec ceux-ci une certaine 
ressemblance. 

La famille des Ilyaloptilidae est fondée pour Hiialoptilus minimus Linr. , 
le plus petit Insecte de (lommentry, malheureusement incomplètement 
connu. Les ailes sont assez larges, transparentes, semblant disposées obli- 
quement sur les côtés du corps au repos; la nervation piésente de l'ana- 
logie avec celle du genre Palaeomantis Handl. du Permien; il est probable 
que ces Insectes sont dans la lignée des Psocides. 

Les Protoperlidae avec le seul genre P7vtoperla (= Fabrecia) sont évi- 
demment voisins des précédents et des ancêtres des Blattes, mais ils offrent 
certains caractères de spécialisation qui nous permettent de les envisager 
comme étant peut-être des ancêtres des Plécoptères. 

Les FayoUellidae, famille constituée pour les genres Faijoltella et Pruto- 
hlatt'ma, si voisins, et qui doit comprendre sans doute aussi le ^^ime 
lioomeria que je n'ai pas vu, ont une structure qui permet de leur ralla- 
cher non seulement les Blattidae, mais encore les Onjctohlattiindue el les 
autres sosies des Blattes non encore rencontrés à Gommentry. La forme 
orbiculaire du prothorax et la dilatation de l'espace costal en font foi, de 
même que la réticulation des ailes supérieures transformées en élyties. 

Les Oryctoblattinidae avec les genres Klebsiella, Blattinopsiella, Blalli- 
nopsis et Rhipidioptera forment une famille voisine de celle des Blattidae, 
mais spécialisée dans une autre direction. 

Des Blattidae fort nombreux à Gommentry je ne dirai l'ien , si ce n'esl 
que l'une de leurs formes les plus primitives, Elaphroblatta ensifera Gh. 
Brongn. , possédait encore la tarière originelle chez les Insectes. 

15. 11 existait à Gommentry beaucoup d'Orthoptères qui offrent avec les 
Mantidae une très grande analogie; le genre Stenoneurites semble les ra' ta- 
cher aux ancêtres des Blattoïdes, le genre Stenoneura est en quelque sorte 
une ti'ansition entre Stenoneurites et un ensemble que l'on peut grouper 
sous la dénomination (Ylscknonenridae. Ges Nomoneures n'ont pas les 



— 189 — 

pattes antérieures ravisseuses des Manlidae, bien f[ue certains d'entre eux 
{Pmiodiamphipnoa) aient ces pattes plus développées que les autres et 
probablement constituées pour la saisie des proies, et il ont une tête pro- 
gnathe à mandibules projetées en avant. Quoi qu'il en soit de ces différences , 
je pense que ces Insectes sont de la même lignée que les Mantidae, et 
qu'ils peuvent être placés dans le groupes des Manloïdes à litre de formes 
spécialisées de l'époque, leur nervation, les allures de leur prothorax, 
lequel s'allonge parfois beaucoup, toute leur physionomie, plaidant en 
faveur de ce rapprochement. Il m'est impossible, en effet, de considérer 
comme ancêtres des Mantidae le genre Palammantis du Permien et les 
autres fossiles du secondaire dont Handiirsch a fait des précurseurs de ces 
Orthoptères. 

16. Les Hétéroneures marcheurs que je rattache aux Phasmoïdes for- 
ment les genres Protophasma , Archaenciddites . Sthenaropoda , auxquels il 
faut ajouter vraisemblablement Paralunnalophlebia et Homalophlebia. Je 
réunis ces Orthoptères en la famille des Stiienaropodidae. Leurs pattes fortes 
et allongées, leur tête orthognathe les font ressembler aux Phnsmidae, et 
leur nervation est telle que l'on peut eu faire dériver celle de ces derniers. 
Leur prothorax est très pai'ticulier : il est long, étroit en avant sui- une 
certaine étendue, puis élargi en arrière, où il présente fréquemment deux 
intumescences dorsales. Ce ne sont pas, semble-t-il, des ancêlre.s des Phas- 
viidae, mais je pense qu'ils se présentent vis-à-vis de ceux-ci comme 
les hchnoneuridae vis-à-vis des Manlidae, c'est-à-dire qu'ils offrent avec les 
Phaamidae un ancêtre conmiun , étant les Phasmoïdes s|jéciaîisés de l'époque 
houillère. Ils étaient probablement végétariens comme les Phasmulae 
actuels. Je rejette l'hypothèse de Handiirsch qui ratlache les Phasmidae à 
ces Orthoptères courant à la surface des eaux, les Pygolainpis, des schistes 
de Soleidiofen, comme je repousse cette idée de Handiirsch qu'il ne pouvait 
y avoir dans les temps primaires que des Insectes carnassiers. 

17. Les Hétéroneures sauteurs de Gommentry forment deux familles 
très différenles par la nervation alaire, les OEdiscliiidae avec le génie 
Œdiscltia , et les Caloneuridae avec les genres Protohollaria , Stheranocera 
et Caloncura. Les premiers ont plutôt la physionomie des Locustidae, les 
autres celle des Àcndidae, ainsi que l'avait remarqué Ch. Brongniart ; 
mais il nous est impossible de dire si la spécialisation de ces types s'était 
déjà faite dans ces deux directions. En tout cas, ces Insectes n'avaient 
point d'appareils de stridulation, 

18. Prise dans son ensemble, la Faune entomologique de Gommentry 
comprend des Subulicornes, Ephéméroptères et Odonatoptères, des Rhyn- 
cliotes. Protohémiptères el un tlomoplère, et des Orthoptères ; aucun 



— 190 — 

Insecte à métamorphoses complètes ne s'y est rencontré, et aucun des 
fossiles recueillis ne peut être considéré comme ayant pu donner naissance 
aux Holométaboliques. 

La grande proportion des Subulicornes, Insectes qui devaient avoir des 
larves aquatiques, provient vraisemblablement des conditions dans les- 
quelles s'est formée la houille à Gommentry, par transport de matériaux 
dans un lac , alors que dans d'autres gisements , où la houille s'est formée 
sur place , les Subulicornes sont très rares ou font totalement défaut. 

Par comparaison avec les fossiles du houiller moyen d'Europe, les 
Insectes du houiller supérieur de Gommentry dénotent une évidente supé- 
riorité: si les couches houillères des États-Unis, notfimment celles de Mazon- 
Greek dans l'IUinois, doivent être considérées comme appartenant à lépoque 
du houiller moyen . il faut admettre cpi'en Amérique l'évolution des Insectes 
est en avance sur l'Europe. 

La Faune de Gommentry comprend, outre des formes archaïques rela- 
tivement rares qui peuvent être considérées comme des précurseurs de 
types plus modernes, de nombreux Insectes spécialisés qui n'ont point 
laissé de descendants, et notamment des espèces gigantesques, tant suceurs 
que brovèurs; il y avait cependant aussi des Insectes tiès petils, et leur 
nombre minime provient vraisemblablement des difficultés de la fossili- 
sation. 

Au point de \ue éthologique, l'on peut grouper ces Insectes en carnas- 
siers, omnivores et végétariens. Garnassiers étaient les Subulicornes et 
les Mantoides, omnivores les Blattes, végétariens les Protohémiptères et les 
Phasmoïdes. 

La Faune de Gommentrv a les allures d'une Faune tropicale moderne ; 
beaucoup d'Insectes avaient les ailes brillamment parées; un Mantoide, 
Prolodiamphipnoa Tertriut , avait une grande tache pupillée ressemblant à 
un œii sur chaque élytre; Protophasma Dtimasi, Phasmoide, avait sur les 
ailes des bandes transversales obscures que l'on retrouve absolument pa- 
reilles chez un Mantoide, Protodiampliipnoa Woodivardi ; quanf aux Blattes, 
leurs élytres ressemblaient à des feuilles de Fougères desséchées. 



III. CLASSIFICATION S0M:MAIRE DES GENRES DE GOMMENTRY. 

A. Ailes presque toujours étalées perpendiculairement au corps au repos, 
et offrant un angle apical; rameaux du secteur de la radiale courbés 
vers le bord postérieur; médiane se divisant en médiane antérieure 
et médiane postérieure, celle-ci formant ordinairement deux bran- 
ches principales; anales en généial courbées vers la base; champ 
anal des ailes inférieures non dilaté ; antennes séiacées, 



— 191 — 

B. Nervures transversales formant des barres droites ou un réseau 
serré; quand la cubitale antérieui-e est ramifiée, ses rameaux 
sont dirigés vers l'arrière; tête non rétrécie en aiTière; pas de 
rostre. 1. Subulicornes. 

BB. Nervures transversales minces et llexueuses ou formant un réseau 
lâche: sous-costale ne s'étendant pas jusqu'à l'extrémité de 
i'aile; médiane antérieure toujours simple; quand la cubitale 
antérieure est ramifiée, ses rameaux sont dirigés vers Tavant; 
tête rétrécie en arrière; un rostre. II. Rhynchotes. 

A A. Ailes couchées sur l'abdomen au repos et arrondies à l'extrémité; 
point d'ailerons prothoraciques ; rameaux du secteur de la radiale 
dirigés en principe vers l'extrénu'té ; médiane postérieure atrophiée 
ou représentée seulement par une nervure oblique rattachant la 
médiane à la cubitale; anales dirigées obliquement vers le bord 
postérieur: champ anal des ailes inférieures dilaté; antennes fili- 
formes. 111. Orthoptères. 

I. SUBULICORNES. 

Nervures transversales espacées et ne formant pas de réseau. 

1. Ephkméroptîîres. 

Nervures transversales très serrées et formant un réseau au moins au bord 
postérieur. 2. Odonatoptères. 

1. Ephéméroptères. 

A. Ailes dépourvues de secteurs intercalaires ou de nervures longitudi- 
nales anastomosées dans l'espace médian postérieur. 

n. Ailes ni rétrécies à la base, ni falciforriies , oîfraut des taches qua- 
drilatères et des nervures transversales plus ou moins nom- 
breuses; nervures longitudinales presque toujours indépen- 
dantes. 1. Spilapteridae. 

BB. Ailes rétrécies à la base, plus ou moins falsiformes, olîratit des 
taches aiTondies: les nervures transversales en nombre plus ou 
moins réduit; médiane antérieure et cubitale antérieure simples: 
médiane anastomosée au secteur de la radiale; cubitale anasto- 
mosée à la médiane. 2. Megasecopteridae. 

A A* Ailes offrant un secteur intercalaire ou des nervures longitudinales 
anastomosées dans l'espace médian postérieur ; médiane anté- 
rieure et cubitale antérieure simples: nervures fines. 

3, ProtepheMebidae, 



— 192 -^ 



1. F. Spilapteridae. 

a. Cubitale postérieure ramifiée ainsi que la cubitale antérieure. 

h. Médiane antérieure offrant plus de deux rameaux. 

c. Branche antérieure de la médiane postérieure ramifiée. 

à. Anales bifiu-quées; ailes larges. 1. Lamproptilia. 

Aà. Anales, sauf la première, simples; ailes allongées. 

e. Médiane antérieure indépendante du secteur de la radiale. 

2. Epitethe. 

ee. Médiane antérieure anastomosée au secteur de la radiale. 

3. Becquerelia. 

ce. Branche antérieure de la médiane postérieure simple. 

k. Palaeoptilus. 



hh. Médiane antérieure simplement fourchue. 
/. Ailes courtes. 
^. Ailes allongées. 
rt«. Cubitale postérieure fourchue ou simple. 

g . Sous-costale s'étendant jusqu'à l'angle apical, 
h. Médiane antérieure ramifiée. 
]\h. Médiane antérieure simple, 
gg-. Sous-costale ne dépassant pas le milieu de l'aile. 



5. Compsonedra. 
6. Spiloptilus. 



7. HoMALONEURA. 

8. Graphiptilds. 
9. Spilaptera. 



2. F. Megasecopteridae. 

a. Sous-costale s'étendant jusqu'à l'angle apical. 

h. Médiane postériem'e fourchue. 1. Aspidothorax. 

hh. Médiane postérieure simple. 2. Corydaloides. 

aa. Sous-costale ne s'étendant pas jusqu'à l'angle apical. 

r. Cubitale postérieure ramifiée ou fourchue, de même que la médiane 
postérieure. 3. Diaphanoptera. 

ce. Cubitale postérieure simple. 



— 193 — 

d. Nervures transversales disposées irrégulièrement; cerques non 
rapprochés à leur base. 

e. Médiane postérieure fourchue. 4. Gyclocelis. 

ee. Médiane postérieure simple. 5. Sphecoptera. 

«?(/. Nervures transversales disposées régulièrement, parallèlement 
au bord postérieur: cerques rapprochés à leur base; médiane 
postérieure simple. 

/. Espace anal traversé par des nervures. 

g. Ailes plus larges et plus courtes. 6. Psilothorax. 

gg. Ailes longues et étroites. 7. Mischoptera. 

ff. Espace anal très étroit et sans nervures. 8. Ischnoptilus. 

Incertne sedis : Campyloptera. 

3. F. Protephemeridae. 

Pas de secteurs intercalaires; dans l'espace médian postérieur, les deux 
nei'vures longitudinales internes anastomosées. 1. Apopappus. 

Deux secteurs intercalaires dans l'espace sous-radial; un secteur inter- 
calaire dans l'espace médian postérieur; outre les cerques, un filament 
terminal médian. 2. Triplosoba. 

2. Odonatoptêres. 

A. Médiane non rapprochée de la radiale à la base de l'aile; ni espace 
précostal , ni secteurs intercalaires. 

B. Nervures transversales très serrées, ne formant réseau qu'au bord 
postérieur de l'aile; sous-costale s'étendant juscpi'à l'extrémité. 

1. FoUQUEIDAE. 

BB. Nervures transversales formant réseau sur la plus grande partie de 
l'aile ; sous-costale ne s'étendant pas jusqu'à l'extrémité. 

2. DlCTYONEURIDAE. 

AA. Médiane rapprochée de la radiale ou accolée à la radiale à la base de 
faile; nervures transversales formant réseau entre les bifurcations 
terminales des nervures longitudinales; médiane antérieure et cubi- 
tale antérieure simples. 3. Dictyoptilidae. 



194 



I. F. FouqWëidae, 

Médiane antérieure et cubitale antérieure ramifiées. 1 . Fouquea. 

Aiéiliane antérieure et cubitale antéi-ieiife simples. 2. Hhabdoptilus. 

2. F. DiCTYONEURIDAE. 

Médiane postérieure ramifiée ou fourchue. 1. Microdictya, 

Médiane postérieure simple. 2. Stenodictya. 

3. F. DlCTïOPTILIDAE. 

[Protodonates.] 

II. Sous-coslàle s'étendant jusqu'à l'angle apical; pas d'espace précostal. 

1. Archaemegaptilus. 

lia. Sous-costale ne s'étendant pas jusqu'à l'angle apical ; un espace précostal. 

b. Secteur de la radiale indépendant de la médiane. 

c. Aile itiférieUfé à nervatioii complète. 2. Dictyoptilis. 

ce. Aile inférieure beaucoup plus courte que l'aile supérieure et à 
nervation réduite. 3. PeromAptëra. 

hb. Secteur de la radiale rattaché à la médiane. 

(/. Secteur de la médiane rattaché à sa naissance par une courte 
nervure transversale à la médiane antérieure. U. Protagrion. 

dd. Secteur de la radiale accolé à la médiane et semblant naître de 
celle-ci. 

e. Secteur de la radiale se détachant de la tige de \A ihédiane 
qui se divise après la séparation. 5. Gilsonia. 

èe. Secteur de la radiale se détachant de la médidne antérieure, 
la médiane se divisant près de la base. 6. Meganeora. 

II. RHTNCHOTES. 

Nervures du champ anal courbées vers le bord postérieur de l'aile. 

1. Protohémiptères. 

Nervures du champ aual parallèles au bord postérieur de l'aile. 

2, HÉMIPTÈRES, 



— 195 — 



1. homoiopteridak. 

2. Megaptilidae. 

3. Bkeyeriidae. 

i- 



1 . Protohéiulptêres. 

A. C/hamj) anal dès dëveloppé. 

B. Sous-coslale i-ejoignaut la costale. 

C. Nervation transversale peu sefrée. 

ce. Nervation transversale très serrée. 

BB. Sous-costale rejoignant la radiale. 

AA. Champ anal rétréci aux ailes supéi'ieures , à nervures disposées obli 
finement; sons-costale rejoignant la costale: nervatioii traiisversale 
peu serrée. ^- Mecvnostohidae. 

1. F. HoMOIOPTElUDAE. 

a. Secteur de la radiale et médiane postérieure al)ondamment ramiliés; 
cubitale antérieure simple. 1. Lycoceucus. 

m. Secteui- de la radiale et médiane postérieure faiblement ramifiés. 

b. Cubitale antérieure ramifiée. 2. Homoioptera. 

hh. Cubitale antérieure simple. 3. Lithoptilus. 

2. F. Megaptilidae. 

Seckeur de la radiale abondamment lamifié; cubitale antérieure simple. 

1. Megaptilus. 

3. F. Bbeyeriidae. 



Tous'les ramealix du secteur de la radiale simples. 
Dernier rameau du secteur de la radiale fourchu. 



1 . Mëgaptiloides. 
2. Borrea. 



h. F. Mecynostomidae. 

Secteur de la radiale et médiane postérieure peil ramifiés ; cubitale anté- 
rieure simple. 1. Mecvnostoma. 

Iiicertae sedis : Archaeoptilus , ParamegwptUus. 



2. Hémiptères. 

[Homoptères.] 

Ailo étroite et allongée; sons-costale rejoignant la radiale; secteur de la 
radiale peu ramilié; médiane et cubitale simplement bifufcpiées, difi- 
gëeâ vers l'extrémité de l'aile, 1. Dictyocicadidae, 



— 196 — 

1 . Dictyocicadidae. 
Aile fortement réticulée. 1 . DiCTYorjr,\DA. 

III. ORTHOPTÈRES. 

Ailes sans espace précostal; pattes disposées pour la course. 

1. NoMONEURES. 

Un espace précostal au moins aux ailes supérieures; tête orthognathe ; 
sous-costale rejoignant la costale. 2. Hétéroneures. 

1 . IVomonenres. 

Sous-costale rejoignant la costale et ordinairement plus ou moins éloignée 
de la radiale; cuhitale non prépondérante. 1. Blattoïdes. 

Sous-costale rejoignant la radiale; cubitale presque toujours prépondé- 
rante. 2. Mantoïdes. 

1. Blattoïdes. 

A. Aile supérieure non élargie entre la costale et la radiale et transparente. 

B. Cubitale antérieure non fortement courbée à sa base où elle est 

confondue avec la médiane. 1. Hvaloptkjdae. 

BB. Cubitale antérieure fortement courbée à sa base mais distincte de 
la médiane. 2. Protoperlidae. 

A A. Aile supérieure élargie entre la costale et la radiale, chitinisée. 

C. Cubitale postérieure non courbée en arc. 

D. Secteur de la radiale dicliotomique , à rameaux dirigés vers 
l'extrémité de l'aile. 3. Fayoliellidae. 

DD. Secteur de la radiale pectine, à rameaux dirigés vers le bord 
postérieur de l'aile. U. Oryctoblattinidae. 

ce. Cubitale postérieure courbée en arc à l'aile supérieure: secteur 
de la radiale à rameaux dirigés vers le bord antérieur de l'aile. 

5. Blattidae. 

1. F. Hyaloptilidae. 

Bameaux de la branche antérieure du secteur de la radiale infléchis vers 
l'avant. 1. Hyaloptilus. 



— 197 — 

:2. F. Protoperlidae. 

Secteur de la radiale dichotomique, à rameaux dirigés vers l'extrémité de 
l'aile; médiane hifurquée non loin de la base; rameaux de la brandie 
antérieure de la cubitale antérieure remontant vers l'avant. 

1. Protoperla. 

3. F. Fayoliellidae. 

a. Secteur de la radiale simplement bifurqué, 1. hooMEUiA. 
aa. Secteur de la radiale deux fois bifurqué. 

b. Cubitale postérieure bien développée. :2. Fayoliei-la. 

bh. Cubitale postérieure indistincte. 3. Protoblattiina. 

h. F. Oryctoblattinidae. 

a. Sous-costale normale. 

b. Secteur de la radiale normal. 

c. Rameaux du secteur de la radiale bifurques à distance de ieui' 
origine. 1. Klebsiella. 

ce. Rameaux du secteur de la radiale bifurques dès leur origine. 

2. Blattinopsiella. 

bb. Dernier rameau du secteur de la radiale semblant se détacher de la 
radiale même. 3. Blattinopsis. 

aa. Sous-coslale émettant à la base de l'aile un rameau très ramifié. 

h. Rhipidjpptera. 

5. F. Blattidae. 
Pro niemoria. 

2. Mantoïdes. 

A. Médiane occupant sui' l'aile une aire plus grande que la cubitale. 

1. Stenoneuritidae. 

A A. Médiane occupant sur l'aile une aire bien moins grande que la 
cubitale. 

B. Blanche postérieure de la cubitale antérieure émettant des rameaux 
vers l'arrière. 2. Stenoneuridae. 

BB. Blanche postérieure de la cubitale antérieure émettant tous ses 
rameaux vers l'avant. 3. Ischnoneuridae. 



^ \n 



1. F. Stenoneuritidae. 

Brauclifi postéiipure delà cubitale antérieure simple; secteur de la radialo 
dichotomique; aile en grande partie réticulée. 1. Stenonkoritks. 

2. F. Stenonbuhidae. 

Secteur de la radiale dichotomique; aile en grande partie réticulée. 

1. STENONEUnA. 

3. F. IsCHNONElIRIDAE. 

a. Pattes anlérieures pas plus développées que les autres. 

b. Secteur de la radiale naissant près de la base de l'aile. 

c. Secteur de la radiale à rameaux dirigés vers le bord postérieur. 

(l. Les deux branches de la cubitale antérieure bien séparées; 
prothorax guère plus long que large. 

e. Pattes de longueur normale. 

J, Médiane antérieure non accolée à la radiale. 

1. ISCHNONEURA. 

JJ\ Médiane antérieure accolée à la radiale sur une certaine 
étendue. 2. Mesoptilcs. 

ce. Pattes très allongées ainsi que les antennes. 

3. COMMENTRYA. 

dd. Tous les rameaux de la cubitale antérieure semblent naître 
d'une seule branche; prothorax très allongé, 

4. Ctenoptilus. 

ce. Secteur de la radiale à rameaux dirigés vers l'avant. 

5, Antpracoi'Tilis. 

6/;. Secteui- de la radiale naissant au milieu de l'aile: prothorax très 
allongé ; branche antérieure de la médiane rattachée à la ra(|iale. 

6. Bouï.eites. 

aa. Pattes antérieures beaucoup plus développées que les autres; prothorax 
court; secteur de la radiale naissant au milieu de l'aile; bianche 
antérieure de la médiane rattachée à la radiale. 

7. Protodiamphipnoa. 



199 — 



2. Hétéronenres. 

Pattes longues et robustes, constituées pour la marche; ailes plus ou moins 
réticulées en général et disposées à plat sur l'abdomen au repos: pi'o- 
notum non tectiforme. 1. Phasmoïdeh. 

Pattes postérieures constituées poiu- le saut: ailes non réticulées, disposées 
en toit sur l'abdomen au repos; pronotum tectiforme. Û. Locostoïdes. 

1. Phasmoïdes. 

Prothorax allongé, étroit en avant, large en arrière. 1. Sthenaropodidae. 

1. F. Sthenaropodidae. 

a. Ailes plus ou moins lai'ges; médiane non prépondérante. 

b. Secteur de la radiale naissant à l'aile supérieure non loin de la base 
et offrant plusieurs rameaux. 1, Protophasma. 

hb. Secteur de la radiale naissant à l'aile supérieure au milieu et très 
peu ramifié. 

c. Branche postérieure de la cubitale antérieure bien distincte. 

2. Archaeacridites. 

ce. Branche postérieure de la cubitale antérieure indistincte. 

3. Sthenaropoda. 
au. Ailes allongées; médiane prépondérante. 

(l. Secteur de la radiale simplement bifurqué. 4. PARAH0MAL0Pm.EBiA. 

dd. Secteur de la radiale offrant plusieurs rameaux dirigés en avant. 

5. HoMALOPHLERIA. 

^. Locustoïdes. 

Secteur de la radiale dichotomique; sous-costale normale; médiane ramifiée. 

1, Oedisciuidai:. 

Secteur de la radiale pectine; sous-costale prolongée vers l'extrémité de 
l'aile; médiane simplement bifurquée. 2. Calonedridae. 

1. F. Oedisciiudae. 

Rameau antérieur de la médiane rattaché au secteur de la radiale; cubitale 
antérieure à deux branches. 1. Oedischia. 



— -200 



2. F. Calonedridae, 



a. Cubitales antérieure et postérieure non parallèles; dernier rameau du 
secteur de la radiale éloigné du pénultième, 1. Protokollaria. 

aa. Cubitales antérieure et postérieure paiallèles; dernier rameau du secteur 
de la radiale non éloigné du pénultième. 

b. Nervures transversales Jlexueuses. 2. Sthenarocera. 

bb. Nervures transversales droites et très régulières. 3. Caloneura. 



— 20\ — 



Notes svr les espèces Lamarckiehnes du genre Chama, 
PAR M. Ed. Lamy. 



Ainsi que Font fait observer von Martens (1880. in Môbius, Beitrâge 
Mceresf. Mattritins n. Seychcllen , p. SqS) et M. H. Lynge (1909, Danisli 
Exped. Siam, Mai-. Lamellibr. , Mém. Aaid. R. Se. et Lcttr. Danemark, 
7° s., V, p. 264), les espèces" du genre Chama sont très difficiles à séparer 
les unes des autres et leur nombre a été certainement trop multiplié : 
A. H. Cooke (1886, Test. MoU. Suez, Ann. Mag. Nat. HisL, 5' s., XVIII. 
p. 96) a pu même dire que notamment les 55 espèces énumérées par 
Reeve dans sa monographie de la Conehologia Iconica {iSf\6-k'] , vol. IV) 
pourraient se réduire à une dizaine. D'une part, les diagnoses et les figures 
publiées sont souvent insuflisantes. D'autre part, comme c'est le cas pour 
tous les Bivalves fixés, ces coquilles sont sujettes à des déformations variées 
et elles s'incrustent fréquemment de corps étrangers (pii en modifient pro- 
fondément l'aspect. 

Si l'on ajoute que beaucoup de spécimens qui ont servi à Lamarck pour 
établir ses espèces de Chama sont souvent défectueux et parfois com[)lète- 
ment roulés, ou comprendra facilement que les renseignements doimés 
ci après et les comparaisons avec les formes décrites ultérieurement par 
diiïérents auteurs ne puissent offrir dans plusieurs cas qu'un caractère pro- 
blématique. 

Chama làzards. 

(Lamarck, Hisl. nat, Antm. .1. vert., VI, 1" p., p. 98.) 

Deshayes, le premier (i835, Anim. s. vert., 2° éd., VI, p. 58o), a fait 
remarquer que la coquille appelée Chama lazarus par Lamarck en 1819 
n'est pas l'espèce Linnéenne de ce nom, laquelle est au contraire le 
Ch. damœcornis de Lamarck. 

Quant à ce Ch. lazarus Lk. (non L.), il avait été distingue par Chemnilz 
(178A, Conch. Cab., VII, p. 101 et 169, pi. LU, fig. 5i/i-5i5) sous le 
nom de Ch. macerophtjlla, qu'il convient de lui conserver. 

La confusion faite par Lamarck dans ïllistoirc naturelle des Anim. s. vert. 
est d'ailleui's surprenante, car, en 1801, dans le Système des Anim. s. vert., 
p. i3i, il avait avec raison maintenu l'appellation de Ch. lazarus L. à la 

Mdskum. — XXIII. i4 



— 202 — 

coquille des Indes orieiilales correspoiidaQt aux ligures ôoy-ôog (pi. Ll) 
de Chemnitz, tandis qu'il avait proposé le nom de CÀ. imbricata pour l'es- 
pèce Américaine représentée par Chemnitz fig. 5i/i-5i5 (pi. LU)'''. 

Ce Ch. inacerophylla (Chemnitz) Gmeliu est, en effet, une espèce des 
Antilles. 

Dans la collection du Muséum de Paris, deux cartons ont été étiquetés 
Ch. lazarus par Lamarck. Sur l'un est fixé un groupe de quatre individus 
jaunâtres (dont le diamètre varie de 3o à 5o mm.) analogues au spécimen 
de la figure 6 de la planche II de Reeve (Conch. Icon., IV). L'autre porte 
trois coquilles jouge pourpre (environ 60 mm. de diamètre) correspon- 
dant à la figure 6 è de la planche Vlli de Reeve. 

Ch. dâm£Corms. 
(Lamarck, loc. cit., p. 98.) 

Ainsi qu'il vient d'êtœ dit, le Ch. damœcortiis Lk. n'est autre que le véri- 
table Ch. lazarus Linné (1758, Syst. Nat., éd. X, p. 691; 178/i, Chem- 
nitz, Conch, Cab., VII, p. 161, pi. LI, fig. 607-509), comme l'avait 
i-econuu Deshayes (i835) : ceci a d'ailleurs été confirmé par Hanley (i855 , 
Ipsa Linn. Conch., p. 89) d'après le type même de la collection de Linné. 

Cette espèce à lamelles foliacées allongées se renconti-e dans l'Océan 
Indien (Maurice et Philippines). 

Deux spécimens (ayant pour diamètre : l'un, 45; l'autre, 70 mm.) ont 
été étiquetés, dans la collection du Muséiun de Paris, Ck. damfecornis par 
Lamarck : ils sont blancs teintés de i-ose poui'pre sm' les lamelles. 

Ch. grtphoides. 
(Lamarck, loc. cit., p. gi.) 

Contrairement à l'indication qu'on ti*ouve dans les Animauœ sans ver- 
tèbres, il n'y au Muséum de Paris aucun spécimen déterminé Ch. gryphoùlcs 
par Lamarck. 

Les figm^es citées pai' Linné (1768, Syst. Nat., éd. X, p. 699) pour son 
Ch. gryphotdes preuvent qu'il réunissait sous ce nom plusieurs espèces dif- 
férentes, notamment le Ch. inacerophylla Chemnitz {=/rt:arMsLk. (mohL.)J, 

(') Ce nom Chama imbricata avait déjà été employé par Chemnitz (1786, 
Conch. Cab. , VII , p. 1 00 et 1 a 2 , pi. XLIX , fig. 4 96 ) pour une coquille qui est un 
Tridacna [T. gigas Lk.), et il a été repris postérieurement par Broderip (i835, 
Transact. Zoolog. Soc. Londvn, I, p. 3o4, pi. XXXIX, fig. a) pour une Chame 
du Pacifique (Lord Hood's Idand). 



— 203 — 

des Antilles , et ie Jntaron Adanson [= Ch. crenulaia Lamarck == senegalenm 
Reeve] du Sénégal, et d'après Hanley (i855, Ij)sa Linn. Conch., p. 89). 
dans la collection de Linné, se trouvent, sous l'appellation gri/phoides , 
deux exemplaires de macerophyUa. 

Cependant, comme la diagnose et l'habitat Méditerranéen sont appli- 
cables à la coquille Européenne poiu* laquelle Lamarck a retenu le nom de 
gryphoidcs, on peut accepter, ainsi que l'ont admis MM. Bucquoy, Dautzon- 
berg, Dollfus (1899, Moll. du Roussillon, p. 809), l'interprétation qui a 
été faite de l'espèce pai* Lamarck et consacrée pai- l'usage'*'. 

Ch. crenulata. 
(Lamarck, loc. cit., p. 9/1.) 

Lamarck a donné le nom de Ch. crenulata au Jataron d'Adanson (1707, 
Hisl. nat. Sénégal, Coq., p. 20 5, pi. i5) : c'est, ainsi que le dit Dautzen- 
berg (1910, Gonti-. faune malac. Afriq. occ, Act. Soc. Linn. Bordeau-v, 
LXIV, p. i3o), la même espèce que le Ch. senegalensis Reeve (1 846, CohcA. 
Icon, pi. II, fig. 5). 

Lamarck distingue une variété b qui correspond aux figures 2 a-b de la 
j)lanche 296 de ïEncyclopédie Méthodique. D'après Hanley (1 849-56, Cat. 
Rec. Biv. Shelh, p. 927), ces figui-es représentent le Ch. sessilis \\ ooû 
(1828, Ind. Test. Snppl. , pi. 9. fig. 21). 

Ce nom de Ch. sessilis a été donné par Bruguière (1 79'3 , Eiicycl. Mcthod., 
Vers,\, p. 391) à une coquille, probablement Méditerranéenne, qui se dis- 
tinguerait, selon lui, par l'existence de créneliu-es sur le bord des valves; 
mais ce caractère s'observe précisément dans le vrai Ch. gryphoides Linné, 
tandis que sous l'appellation de gryphoides Bruguière (1792, loc. cit., 
p. 088) réunissait non seidement l'espèce Européenne, mais aussi le 
Jaturon d'Adanson et le Ch. macerophyUa de Chemnitz : il est donc très 
probable que ie sessilis Brug. est le véritable gryphoides L. 

('' La figure 2 de la planche LXX de BlainviUe (iSaS, Man. de Malac.) corres- 
pond non pas, comme il l'indique page 542, au Ch. grypkoides L. , mais, ainsi 
qu'il le rectifie page 63i, au Ch. lazarus Lk, (no«L.). 

Les figures 8 t-3 de la planche XIV de Savigny (1817, Descr. Egypte, Planches, 
M(dl.) qui ont été rapportées par Audouin (1827, /)es6T. Egypte, t. XXII, p. 210) 
au Ck. gryj)hoides, représentent en réalité, d'après MM. Bucquoy, Dautzenberg. 
DoUfiis (189a, loc. cit., p. 3 10), le Ch. Ruppclli Reeve. 



i4. 



— 20A — 

Ch. unicorms. 
(Laniarck, loc. cit., p. 9/1.) 

ijrnguière (179'i, Encijcl. Méthod., Vers, I, p. 089) ci donné le nom di' 
(jli. imicornis au Ch. cornnta [pars) Chemnitz (1784, Conch. Cab., VU. 
p. i5o, pi. LU, fig. 5 î 9-590). 

Ces fignres, aussi hif^n que les figures 5 16 et 617, représentent, d'après 
Desliayes (i83o, Àim. s. vert., 9° éd., VI, p. 583), des variétés du gn/- 
phoides L. et du Inzufvs Lk. [non L. ) \= maccrophyUa Chemn.] caraclvi'i- 
sées par l'allongemenl du crochet de la valve fixée. Egalement, d'après 
MVI. Bucquoy, Dautzenherg, Dollfus (1899, MolL du Uoussillon, p. 010), 
le nom de C'/«. unicornis Brug. s'appUtpie, comme celui de Cit. bicoinis Liii'ii' 
(1758, Syst. ^at., éd. X, p. 699). à des monsti-uosités accidentelles de 
Ch. gryphoides. 

Mais ce n'est d'ailleurs pas seulement ie Cli. grij\)hoides et le Ch. inacno- 
phijlla qui peuvent présenter celte déformation. En particulier, Brodeii[) 
(i835, Transact. Zool. Soc. London, I, p. 006, pi. XXXVIII. fig. 8-9) a 
signalé que daus son Ch. spinosa le sommet de la valve inférieui-e est Iré- 
quemment développé comme dans le Ch. imicorms Brug. Or, étant admis 
que sous ce dernier nom Bruguière comprenait |plusiem's espèces dil- 
féi'entes, il est possible que Tuue d'elles soit précisément ce Ch. spinosa. 
En effet, dans une série nombreuse de Ch. spinosa recueillie en igoS |)ar 
M. L.-G. Seurat aux îles Gambier, j'ai constaté (1906, Bull. Mus. hist. nul. 
Paris, XII, p. 009) que certains échantillons, qui sont ornés d'épines 
tubuleuses quelquefois érodées, ont le crochet delà valve inférieure enroidé 
en spirale très saillante : ils sont d'ailleurs plus ou moins teintés de vioiet 
à l'extériem', surtout vers les bords, et ceci correspond à la description 
donnée par Clessin (1889, Mart. u. Chemn. Conch. Cah., 2' éd., Chaîna, 
p. i5) pour le Ch. unicornis, espèce à lacjuelle M. Ch. Hedley (1899. 
Metn. Austral. Mus., III, p. 5o6) a rapporté une coquille de Fuuafiiti (iles 
Eilice). 

Ch. florida. 

(Lamarck, loc. cit., p. 9Û.) 

Parmi les figures données par Chemnitz pour son Ch. cornuta , la 
figure 018 correspond à une variété qui a été indiquée avec doute par 
Dr-shayes (i835, Auini. s. vert, 9" éd. , VI, p. 583) comme pouvant cire 
le Ch.Jlorida signalé de Saint-Domingue par Lamarck, et Clessin (1889, 
Conch. Cah., 9" éd., p. 12) a admis la synonymie du Ch.Jlorida Lk. et 
du Ch. cornuta Ch. 



— 205 — 

Mais M. H. Lynge (i()0(), D;inisli Exped. Siani, Mém. Acad. R. Se. Li-tlr. 
Danemarik, 7' s., Y, p. 265), qui a pu examiner le spécimen original 
(le Chemnitz correspondant à cette figure 5i8, dit cette assimilation 
erronée, car ce type est un jeune individu des îles Nicohar, d'ailleius usé 
et dillicile à identifier. 

Du reste, cette figure 5 18 représentant une cojuille à sommet orné 
d'une bordure rouge et à petites écailles creuses me parait concorder avec 
la figure donnée par Broderip (i835, Transact. Zoolog. Soc. London, I, 
pi. XXXVIII, fig. 8) pour le Ch. spinosa junior. 

Hanley, de son côté (i84'3-56, Cat. Rec. Biv. Shells, p. 399), a déclaré 
que quelques-uns des spécimens originaux de CÀ.flovida déci'its par Lamarck 
ressemblaient beaucoup à la ligure de Ch. spinosa dans les Zoologicat 
Transactions. 

Or ces exemplaires-types dont parle Hanley sont conservés au Muséum 
de Paris sur cinq cai'tons étiquetés de la main de Lamarck, mais ils appar- 
tiennent à plusieurs espèces. 

Sur un 1" carton il y a cinq, valves supéiieures roulées (avant de 10 à 
i5 mm. de diamètre), qui sont ornées de rides concentriques paraissant 
avoir porté des épines, blanches dans la partie antérieure de la coquille, 
ferrugineuses sur sa région postéi-ieure : par ce caractère ces valves rap- 
pellent les Ch. spinosa Broderip, Ch. aspersa Reeve, Ch. pellis-phocœ 
Reeve, etc., mais le mauvais état de ces échantillons s'oppose à toute assi- 
milation précise. 

Un 9" carton supporte sept valves supérieures et deux valves inférieures 
(diamètre : 10 à i5 mm.), toutes de couleur jaune : elles proviennent de 
spécimens jeunes de Ch. macerophylla Chemn. 

Sur un 3" carton sont lixées trois valves supérieures (90 à a 5 mm. de 
diamètre) de couleur rose avec sommets jaunes : elles appartiennent éga- 
lement à déjeunes macerophijlla. 

Un h'' carton porte une valve supérieure plus grande (45 mm.), éti- 
quetée par Lamark rr chaîna florida? vieil individuel, complètement roulée 
et décolorée : elle montre cependant une dépression profonde allant du 
sommet vers le bord inféro-postérieur, au bas duquel on observe des 
restes de grandes lamelles foliacées striées longitudinalement : en raison de 
ces caractères, il serait fort possible cpi'il s'agisse d'un CJi. sinnosa Rroderip 
(1835, Tnins. Zool. Soc. London, I, p. 3o3 , pi. XXXVIII, fig. 6), espèce 
(pie M. Dali (1900, Tcrl. Fnuna Florida , pt. VI, p. i/io3) regarde d'ailleurs 
comme étant peut-être identicpie au macerophijlla. 

Enfin sur le h' carton on trouve cinq valves supérieures colorées de 
rose dans la région umbonale, puis ornées de lamelles ondulées et fes- 
tonnées qui présentent des taches roses sur un fond blanc : ces valves cor- 
respondent assez bien à la coquille représentée par Reeve (18/17, Conch. 
Icon., pi. IX, fig. /J9) sous l'appellation de Ch. florida, et c'est à celle 



— 206 — 

forme qu'il conviendra donc de conserver, comme l'a admis Hanley ( in Reeve) , 
le nom proposé par Lamarck ^''. 

En tout cas, la comparaison de florida ftiite par Broderip (i835, Trnns. 
Zool. Lond., 1, p. 3o3, pi. XXXIX. fig. i) avec le Ch.pacijica et son identi- 
fication proposée par M. Dali (1908, Tert. Fauiia Florida, p. 1^40/4) avec 
le Ch. sarda Reeve ne se trouvent aucunement justifiées. 

Ch. limbcla. 
(Lamarck, loc. cit., p. g5.) 

Le Ch. limbula''^^ est décrit par Lamarck comme une coquille dextroi'se, 
épaisse, à sculpture submutique. à limbe interne violet. 

Les types de celte espèce sont conservés au Muséum de Paris : ils sont 
fixés sur deux cartons étiquetés de la main de Lamarck '^'. 

Le i'"' porte cinq individus (dont les dimension? varient de /i5 x 3o à 
39 X 9S! mm.) rapportés de Nouvelle-Hollande en i8o3 par Péron et Le- 
sueur : ils correspondent à la forme regardée comme typique par Lamarck. 

Sur la 9' il y a un individu (mesurant 35 x 95 mm.) recueilli à l'île de 
France par Mathieu, et éticpielé k chaîna limhula var. [bj^ : il représente 
celle variété qui ne mérite pas d'ailleurs d'être distinguée. 

Celle espèce de Lamarck est certainement la forme du golfe de Tadjourah 
assimilée par M. R. Anthony (1906, Bull. Mus. hisl. iiat. , \1 , p. A93) au 
Ch. iosloma Conrad (1887, Journ. Acad. Nat. Se. Philad., VII, p, sSG) : 
elle paraît, en effet, correspondre à celte coquille des îles Sandwich telle 
qu'elle a été figurée par Reeve (1866, Conch. Icon., pi. II, fig. 7)'*'. 

'') Les Collections du Muséum de Paris renferment d'autres échantillons (|)ro- 
venant probablement des Anfilles [Musée des Colonies, 1900]), qui sont inlcr- 
raédiaires entre ces types de Lamarck et la figure de Reeve. 

(Jiiant aux figures données par Chenu (i8/i3-.^jo, llluslr. Cnnchij}., pi. IV, 
fig. 1-1 b et 2-3 c) pour le Ch. Jhirido , elles sont Irop insulfisanles pour pouvoir 
être identifiées. 

(^) Le nom limhula a été déformé en limbata dans le (latalogue Peetel (1890, 
III, p. 199). 

('' Chenu (i843-5o, llluatr. ConchyL, pi. VII, fig. 5-5 h cl 6-6 b) a donné 
pour cette espèce des figures qui ne concordent nullemcnl avec ces spécimens 
originaux. 

C") Clessin (1889, Conrh. Cab., p. 3A, pi. i5, fig. 1-2) a décrit sous le nom 
de Ch. Buhia'iaiio une coquille étiquetée iostoma Rve. dan^ la collection Bulow ol 
indiquée comme provenant de la Mer Rouge : il s'agit d'une monstruosité du 
Ijpe unicarnis, et la figure est trop insuflisante pour pouvo r se prononcer sur son 
identité. — Une autre forme de la Mer Rouge appelée par Clessin (1889, ibid., 
j). 'i5, pi. 18, fig. 1-9) Cil. jjorosa semble bien n'être qu'un iostoma = liinbuln. 

Reeve rattachait au Ch. iosloma le Ch. producta Brod. , qui aurait été établi sur 



_- 207 — 

Reeve signale que de ce Ch. iostoma se rapproche élroitemeut, bien que 
sinistrorse, son Ch. Ruppelli (1867, Concli. Icon., pi. VI, fig. 3o a-b), de 
la Mer Rouge : d'après MM. Bucquoy, Dautzenberg, Dollfus (1892, Moll. 
du Roussilloii, p. 3 10), cette espèce de Reeve'*' est représente'e dans les 
ligures 8 i-^ de la plancbe XIV de Savigny (1817, Deacr. l'Egypte, Planches, 
Moll.) qui ont étë rapportées à tort par Audouin (1827, Descr. Egypte, 
XXII, p. 218) au Ch. gryphoides L. 

A la coquille dessinée dans ces mêmes figures de Savigny, Jonas (1866, 
Zeitschr. j. Malak., III, p. 196) a donné le nom de Ch. Corbiereî, et 
von Martens (1880, m Môbius, Beitr. Meeresf. Maurilius, p. 323) a donc 
fait avec raison Ch. Uuppelli synonyme de Ch. Corbierei, que Vaillant, de 
son côté (i865. Faune malac. Suez, Journ. de ConchyL, XIII, p. 117), a 
assimilé au Ch, iostoma. 

D'autre \^nvi ,{& Ch. corimcopia Reeve (i846, Conch. Icon., pi. IV, fig. 22), 

espèce également de la Mer Rouge et de même sinistrorse, a été identifié 

|>af Issel (1869, Maine. Mur Rosso, p. 78) au Ch. Corbierei et par Sturany 

(1901, Exped rrPolaTi, Lamellibr. Roth. Meer. , Deiikschr. K. Akad. Wiss. 

Wieii , LXIX, p. 283) au Ch. Ruppelli. 

De ces divers rapprochements on peut conclure qu'il est possible que 
le Ch. Corbierei = Rujypelli = comucopia soit simplement la forme sinisti'orse 
du Cil. limhula \j\. — ioHioma Cowr. 

Lamarck avait établi une division des espèces de Chaîna en deux groupes : 

les espèces normales ou dextrorses, chez lesquelles, la valve fixée étant la 

gauche, les crochets se dirigent de gauche à droite, et les espèces inverses 

ou sinistrorses , chez qui, la valve adhérente étant la droite, les crochets 

se dirigent de droite à gauche. Cette opinion a été également soutenue 

par Deshayes (1867. Traité élém. ConchyL, II, p. 96). Mais si, en efl'et. 

la plupart des espèces paraissent être attachées toujours par la valve 

gauche et certaines exclusivement par la droite, il en existe qui, comme 

Ta reconnu Broderip (i835, Trans. Zool. Soc. London, I, p. 3oi), sont 

fixées indifféremment |)ar l'une ou l'autre valve. / . ■ \ 

>■ [A suivre.) 

un grand exemplaire, mais cette espèce de Broderip (i835, Trans. Zool. Soc. 
Ijon-I., I, p. 3o5, pi. XXXIX, fig. 4) se rencontre dans le golfe de Tehuantepec, 
et Gles-in avec raison [loc. cit., p. 19) regarde cette réunion comme injustifiée. 

De môme, en mettant deux [>oints d'interrogation à ia synonymie possible 
cViostoma avec Ch. imbricata Brod., Hanley (1 849-56, Cal. Rcc. Biv. Sliells, 
p. a 29) a montré une prudente réserve, car cette autre espèce de Broderip 
( i835, /oc. c(V., p. 3o'i, pi. XXXIX, fig. 2) est bien distincte. 

Enfin M. J.-G. Hidalgo (igo3, Estud. preiim. fanna malac. Filipinas, Mon 
n. Acad. Cienc. Madrid, XXI, p. 38 1) a comparé le Ch. iostoma au 6/1. cvenulala 
Lk. , mais celui-ci est le Julanm Adanson du Sénégal. 

"' A ce Ch. Ruppelli Bve. pourrait être rapportée, d'après MIM. Bucquoy, 
paulzenberg. Dollfus (i8c)'?, loc. rit., p. 3i'!), lu figure (yj-^ de Cheiunitz, 



— 208 — 



HrnROÏDES hÉcoltÉs pendant la campagne d'Été iç)1^ 
DV ff Pourquoi-Pas ?w sur la cote d'Islande, 

PAR M. Armand Billard, 
Professeur X la Faculté des Sciences de Poitiers. 

Les Hydroïdes récoltés pendant la cantipagne de Tété 1912 par M. Le 
Danois dans une seule station au N. W. de l'Islande ( 66" N. , 96" 1 9' W. G. , 
profondeur 4i mètres, fond de coquilles brisées) sont au nombre de huit 
espèces qui toutes ont été déjà trouvées dans ces parages '''. 

Famille HALECIIDAE. 

Halecium MiiRic\TUM EUis et Solander. — Une belle colonie pourvue de 
gonanges. 

Famille CAMPANULARnDAE. 

Gampanularia INTEGRA Mac GilUvray. — Colonies fixées sur VHydmll- 
mania falcata L. Peu abondant. 

Gampanularia volubilis L. — Une colonie rampant sur VHfjdrallmama 
jalcala L. Rare. 

Famille CAMPANULIDAE. 

Galycella syringa L. — Goloniès fixées sur XHydrallmama falcata L. et 
pourvues de gonanges. 

") Voir à ce sujet : Jâdebuolm (E.), Northern and Arctic Invertebrates in Ihe 
collection of the Swedish State Muséum (Riks Muséum, IV Hjdroidon (A'h«/j-/. 
SwmskaVetenskapsak. Handb., 1909, Bd. /i5, iîîA p., la Taf.); Saemundson (B.), 
Bidrag til Kundskaben om de islandke Hydroider [Videiisk. Medd. mturh. Foren. 
KjiihfuhnvH, 1909, p. ^^-']l^, Taf. i-ii, et 1912 , Bd. 63, p. 67-107, 6 iig.). 



— 200 — 



Famille SERTULARIIDAE. 



DiPHAsiA FALLAX Jolinston. — Quelqiies belles colonies pourvues de 
jOonanges et montrant le fait signalé par Hincks'"' de gonanges mâles et 
femelles sur la même colonie : les mâles étant situés à un niveau infé- 



rieur. 

DiPHAsiA ROSACEA L. — Une toulFe de colonies sans gonanges sur VHydrall- 
mania falcata L. 

HvDRALLMANiA FALCATA L. — Golonies très abondantes sans gonanges. 

Thuiaria thcja L. — Quatre colonies sans gonanges. 

Paris, le 21 juillet 191^. 

C' HiNCKS, A History of ihe British liydroid Zoopliytes {Lmtdoii, iStiS, John 
Van Voorst, in-8°, 338 p.; hs fig. , 67 pi.). 



210 — 



Sur l origine du spath calcaire de quelques tests fossilisés, 
PAR M. LE Professeur Stanislas Meunier, 



J'ai précëdemment rappelé que certains auteurs , comme Jamin et Zittel , 
ont émis l'avis que les Beiemnites contenaient déjà pendant leur vie la cal- 
cilc admirablement cristallisée qui les remplit aujourd'hui. A ce sujet, je 
noierai en passant que cette calcite , si bien caractérisée minéralogique- 
ment, diffère du spath ordinaire par la cui'ieuse propriété de produire une 
explosion bruyante quand on chauffe au rouge un tronçon du fossile dans 
un tube de verre. Je me permets même d'en faire une variété de la calcite 
sous le nom de patagosite (de -crara^os, bruit, fracas). Planche, dans son 
dictionnaire grec-français (Paris, 1817), pense que de cette onomatopée 
peut venir le mot finançais tapage par la transposition du -cr et du t. Cette 
même propriété est partagée par les baguettes et par les pkupies d'Oursins 
fossiles, et à un degré encore plus accusé par les tiges et les calices de 
Crinoïdes. 

On sait la raison qui me porte à repousser l'hypothèse que les Beiem- 
nites vivantes contenaient déjà le cristal cylindro-conique de chaux carbo- 
natée que tout le inonde connaît : c'est, avant tout, que l'observation m'a 
()rocuré le spectacle d'une série de phénomènes qui me paraissent faire 
toucher du doigt les réactions par lesquelles un organisme comme une 
Bélemnite a échangé sa substance primitive, en même temps que sa struc- 
ture, contre la substance et la structure de minéraux proprement dits. 

Tout d'abord, le cadavre du GéphaIo])ode, enfoui dans la vase sous- 
marine où il est mort, est envahi (quand les circonstances sont favorables) 
par des êtres microbiens qui le dévorent au moins partiellement et qui, 
si la vase ambiante a une consistauce convenable, laissent un vide ayant 
exactement la même forme que sa portion résistanle, c'est-à-dire le rostre. 
Plus tard, et après recouvrement de la vase, par une épaisseur suffisante 
des sédiments superposés, qui la transnorte aux profondeurs où l'eau de 
circulation jouit de l'activité minéralisalrice, la cavité peut devenir le siège 
d'une cristallisation qui la remplit, comme elle remplit ailleurs les craque- 
lures des calcaires maintenant devenus des marbres veinés. 

Le même phénomène s'est souvent produit à l'égard de certains tests de 
tous genres et, par exemple, de Gastropodes qui, après la décomposition 
de leurs tissus, sont envahis par la cristallisation du spath parfois clivable 



— 211 — 

dans toute leur largeur. Les Murchisonia qui, si fréquemment apparaissent 
en blanc pur sur le fond noir des marbres du Culni, sont dans ce cas, et 
j'ai reçu tout récemment de notre associé M. Serre, Vice-Consul de France 
aux Antilles anglaises, des échaiitilions venant de la Dominique, et oii la 
régularité et la continuité de la slruclure du minéral s'accordent bien 
évidemment avec l'origine incontestablement épigénique qu'il faut lui 
reconnaître. 

Pour apprécier d'une manière complète les détails de la réaction , il fau- 
drait connaître la structure liistologique de la Bélemuite vivante : or, jusqu'à 
présent, on n'a recueilli à cet égard que des renseignements assez incom- 
plets qui concernent une structure en cornets, emboîtés les uns dans les 
autres. Cependant tout le monde s'accorde pour voii", dans ce rostre d'un 
Céphalopode des temps secondaires, l'homologue de l'osselet qui est ren- 
fermé sous la peau de la région dorsale de notre Seiche moderne {Sepia 
piilgm-is), elles probabilités de ressemblance interne sont auginenlées par 
la notion des analogies mutuelles des deux Mollusques qui vont jusqu'à la 
comnuuie possession d'une poche à encre, dans la même situation analo- 
mi(|ue chez l'un et chez l'autre. Celte remarque m'a encouragé à exami- 
ner le Sépioslaire comme un correspondant vivant de la Belemnile. 

En lame mince, l'os de Seiche se montre formé d'un tissu dont les cel- 
lules, en larges parallélogrammes rectangles, sont pourvues d'un proto- 
plasma incolore dans lequel sont disséminées des granules limpides qui 
s'irisent dans la lumière polarisée. On les fait disparaître par un badigeon- 
nage à l'acide de la préparation non encore recouverte de la lamelle de 
verre, et on constate qu'ils alTectent toutes sortes d'orientations optique?. 
Cette matière, dont la composition est certainement fort complexe et (pii 
se dissout avec elfervescence en abandonnant au dissolvant de la chaux de 
l'acide phosphorique, du fer et toute une série d'autres éléments chi- 
miques, paraît fort analogue à celle qui constitue le squelette des polypiers 
où l'on voit des grains orientés aussi en tous sens, au point que la coupe 
mince reste lumineuse daus toutes les situations entre les niçois croisés, 
])ien que chacun de ses grains s'éteigne ou se rallume sous des angles 
définis. 

D'ailleurs, le Sépiostaire abandonné dans l'acide chlorhydrique étendu 
se comporte à peu près comme un os de vertébré : il conserve son volume 
et sa forme, mais perd sa consistance rigide pour devenir souple et mou, 
à la façon de l'ffosséine^ et aussi de la trplume du Calmar^i. 

Tout le monde sait, d'un autre côté, comment les os de Seiche aban- 
donnés sm" la plage par le reflux sont activement attaqués par d'innom- 
brables organismes dévastateurs, conmie le sont de leur côté les os et les 
cai'tilages des Poissons, et on s'imagine le vide que leur disparition laisse- 
rait au sein d'une vase convenablement résistante. 

fnies mêmes considérations s'appliquent à la calcile de beaucoup d'aulrer. 



— 212 — 

lests fnssiiisés , et j'appelle tout spécialement l'altention sur ce qui con- 
cerne les Échinodermes et avant tout les Oursins, dont on est allé jusqu'à 
dire que, même pendant leur vie, chaque plaque de leur test ou chacune 
de leurs radioles est un cristal complet. 

C'est piesque d'une façon normale que les tests et les radioles des Our- 
sins fossiles se présentent comme entièrement composés de calcite rhom- 
hoédrique. Dans la ci-aie blanche, les Anachytes et les Micraster sont dans 
ce cas, même quand ils ont été empâtés par la substance de silex, et c'est 
l'origine de ces lignes d'un blanc de lait, qui tranchent sur la surface plus 
sombre des galets de Dieppe ou du Havre et qui parfois figurent des objets 
définis, comme les lettres dont le P. Kircher avait déjà fait au xvii° siècle 
un si humoristique alphabet ''\ De même, dans les assises du terrain 
oolithiques, les Cidarides nous offrent d'élégantes baguettes entièrement 
constituées de calcite clivable en rhomboèdres parfaits. Mais c'est aller 
trop loin que d'affirmer, comme on l'a fait quelquefois , que cette structure 
géométrique est universelle chez les Echinoïdes calcifiés, et sm-tout qu'elle 
ne s'associe pas à la pei-sistance de l'histologie de l'animal. A cet égard, 
nous sommes beaucoup plus favorisés que relativement à la Sepia com- 
parée à la Belemnite, et j'ai la satisfaction de pouvoir citer au moins le 
gisement séquanien de Porrentruy (Suisse) comme fournissant en mélange, 
les unes avec les autres , de radioles de CÂdaris Blimenbachii Goldf. , dont 
les unes sont clivables dans toute leur largeur, tandis que les autres sont 
en calcite granulifoi-me d'orientation moins simple. Les unes et les autres 
montrent cependant au microscope la persistance de la structure histo- 
logique datant de l'époque où l'animal était vivant. Celle-ci coïncide exacte- 
ment, et jusque dans les détails les plus délicats, avec la contexture des 
radioles (VHeterocentrotus trigonatiis Agass. actuel, pris comme exemple et 
que j'ai pu étudier grâce aux beaux échantillons dont je suis redevable à 
la bienveillance de mon savant collègue M. le Professeur Joubin , auquel 
je suis heureux d'exprimer ici toute ma gratitude. La persistance du tissu 
dans toutes les parties du fossile, ou en lambeaux disséminés dans la masse 
de celui-ci, n'est pas plus difficile à comprendre que la cristallisation du 
grès dit ff cristallisée de Bellecroix , où la proportion de 60 p. 100 de sable, 
constatée par Delesse, ne met pas obstacle à l'aptitude de la calcite à cris- 
talliser très régulièrement. On n'en peut donc rien conclure. 

En tout cas, je crois n'avoir pas besoin d'insister davantage sur l'im- 
poitance — pour la démonstration que je poursuis — de ces échan- 
tillons où l'on voit que la fossdisation n'a aucunement été influencée ni 
dirigée par de prétendus éléments cristallins existant pendant la vie, 
et à l'attraction desquels les molécules calcaires de formation épigénique 
auraient obéi. 

(') Mundus subterraneus , II, 28; 9 vol. in-foiio, Amsterdam, 1678. 



— 213 — 

En cousëquence, je me crois autorisé à résumer les faits cités plus haut 
et dont je pom-suis actuellement l'étude, en répétant que la calcite rlioni- 
boédrique des rostres de Belemnites , des radioles d'Oursins et des tiges de 
Crinoïdes n'a rien à voir avec l'anatomie des animaux d'où ils proviennent , 
et dont elle am*ait désastreusement compromis la physiologie en encom- 
brant leur cavité générale : pas plus que le silex ou même le quartz des 
bois silicifiésn'a à faire avec l'histologie végétale. Il est d'autant plus 
opportun de renouveler cette assertion qu'elle contrarie, à ce qu'il paraît, 
l'opinion considérée comme orthodose, à un tel point que j'ai été oUiciei- 
lement informé de l'interdiction d'exprimer dans les Comptes vendus de 
l'Académie des Sciences la conclusion à laquelle m'amène l'observation tles 

faits. 

Il est pourtant hors de doute que le tissu vivant est un édifice qui se 
consomme et qui se restaure simultanément, par cela seul qu'il est vivant : 
c'est là une différence essentielle avec le réseau cristallin, h'inlussuscepùon, 
que les anciens auteurs opposaient comme mode de croissance des êtres 
organisés à h juxtaposition caractéristique des minéraux, a pour condition 
inéluctable, et qui ne s'impose pas à ceux-ci, l'établissement d'un compte 
en partie double , — c'est-à-tlii-e comprenant une recette et une dépense , — 
avec le milieu extérieur. 



SOMMAIRE. 

Pages. 
Actes administratifs. — Décès de M. le D' Mocquard, Assistant honoraire 

du Muséum, et de M. P. Desfaux, Brigadier à la Ménagerie iSy 

Notice nécrologique sur M. le D"^ H.-S. Sauvage , Assistant hono- 
raire au Muséum 1 38 

Communications : 

P. Chabanaud. Considérations sur la biologie, en captivité, du Boaodon 

lineatus D. B , 189 

Aug. Lameere. Revision sommaire des Insectes fossiles du Stéphanien de 

Commentry i^i 

Ed. Lamï. Notes sur les espèces Lamarckiennes du genre Chama 201 

A. Billard. Hydroides récoltés pendant la campagne d'été 1912 du Pour- 
quoi-Pas ? sur la côte d'Islande 208 

St. Meosier. Sur l'origine du spath calcaire de quelques tests fossilisés.. . 310 



BULLETIN 



DU 



MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



RÉUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSÉUM 




PARIS 

IMPRIMERIE NATlOiNALE 



MDGGGCXVIl 



AVIS. 

Les auteurs sont priés de vouloir bien se rappeler que 
l'étendue des notes insérées dans le Bulletin ne saurait 
dépasser 5 pages d'impression. 

Les auteurs sont également priés de donner des manu- 
scrits mis au net qui puissent permettre la composi- 
tion rapide du Bulletin. 

Les auteurs sont instamment priés de remettre les cli- 
chés des figures qui accompagnent leurs notes en même 
temps que leurs manuscrits. 

SOCIÉTÉ 

DES 

AMIS DU MUSÉUM NATIONAL 
D'HISTOIRE NATURELLE 

(EXTRAIT DES STATUTS). 



l. But et composition de la Société. 

Article premier. 

L'Association dite Société des Amis du Muséum national d'histoire natu- 
relle, fondée en 1907, a pour but de donner son appui moral et financier 
à cet établissement, d'enricliir ses collections, ménageries, laboratoires, 
serres , jardins et bibliothèques, et de favoriser les travaux scientifiques et 
l'enseignement qui s'y latlachent. 

Elle a son siège à Paris. 

Article 3. 

L'Association se compose de Membres titulaires, de Membres donateurs et de 
Membres bienfaiteurs, qui doivent être agréés parle Conseil d'administration. 

Pom' être membre titulaire, il faut payer une cotisation annuelle d'au 
moins 10 francs. La cotisation peut être rachetée en versant une somme 
fixe de i5o francs. 

Pour être Membre donateur, il faut avoir donné une somme d'au moins 
5oo francs, ou avoir versé pendant dix ans une cotisation d'au moins 
60 francs par an. 

Pour être Membre bienfaiteur, il faut avoir donné au Muséum, ou à la 
Société, soit une somme de 10,000 francs, soit des collections scientifiques 
ou des objets, meubles ou immeubles, ayant une valeur équivalente, soit, 
pendant dix ans, une cotisation annuelle d'au moins 1,200 francs '^^ 

(') S'adresser pour les versements à M. Pierre Masson, trésorier de l'Association, 
lao, boulevard Saint-Germain. 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE. 



ANNEE 1917. — N" /i, 



170' REUNION DES NATURALISTES DU MUSÉUM. 

26 AVRIL 1917. 

PRÉSIDENCE DE M. STANISLAS MEUNIER, 

ASSESSEUR DU DIRECTEUR. 



ACTES ADMINISTRATIFS. 

N'ayant à communiquer aucun fait relatif au Muséum qui soit 
de nature à inte'resser, M. le Président donne successivement la 
parole aux membres de la Réunion ayant à kûre des communi- 
cations. 

M. LE Secrétaire de la Réunion donne lecture d'une lettre de 
M. J. Poisson, Assistant honoraire, annonçant la mort d'un ze'ic 
collaborateur du Muséum, Humblot. Comme on le verra par la 
notice ci-jointe, ce Naturaliste voyageur a largement contribué à 
enrichir les Collections botaniques et zoologiques de TÉtablisse- 
ment par les récoltes qu'il fît pendant ses longs séjours à Mada- 
gascar et aux Gomores. 



.Musia:M. — wni. 



216 



COMMUNICATIONS. 



HVMBLOT, yATUBALISTE-VOYAGEUR {l883-igij), 

PAR M. Jules Poisson, 
Assistant honoraire au Muséum. 

Il y a quelques années, j'ai eu l'occasion de parler, dans un article 
inséré dans le Bulletin du Muséiim'''\dn voyageur naturaliste HumHot,qui 
avait recueilli au cours de ses pére'grinations , notamment à Madagascar et 
aux Comores, des collections de plantes incomparables par la quantité des 
spécimens et le nombre des espèces, dont une grande quantité furent re- 
connues nouvelles; je ne pensais pas qu'il m'incomberait de rappeler son 
nom à la mémoire de tous les Naturalistes. 

Humblot, qui, très jeune, fréquenta le Jardin des Plantes et s'était vive- 
ment intéressé aux choses de la nature, chercha à se créer une situation 
aux colonies. C'est d'abord à Madagascar qu'il se fixa et réussit à y former 
une importante pépinière de végétaux utiles; malheureusement, trois ans 
après, un cyclone détruisit l'œuvre alors qu'elle était achevée. Sans se 
décourager, Humblot se transporta aux îles Comores et fonda à la Grande- 
Comore un établissement étayé par une Société de plantations; bientôt ses 
cultures contenaient par centaines de mille des Arbres à épices, Musca- 
diers, Girofliers, Cacaoyers, Caféiers, plants de Vanille, etc., avec un per- 
sonnel qui atteignit par la suite 1,200 ouvriers dirigés par Humblot lui- 
même et son beau-frère , M. Ch. Legros. 

Le travailleur infatigable vient, hélas! de succomber aux suites d'un 
accident. Traversant à gué un torrent, il glissa et tomba violemment sur la 
roche; il mourut le lendemain d'une congestion cérébrale. 

C'est à Humblot que la France doit d'avoir pu établir son protectorat sur 
les îles Comores, dont il fut le Résident pendant quelques années; mais, 

CJ Jules Poisson, Sur les Cultures et en particulier celle de VIsonaruha gutia 
à la Grande Comore. {Bull, du Mus. d'Hist. nat., t. IX. 1908, p. i65.) 



— 217 — 

homme d'initiative et soucieux de voir prospérer la Société de colonisation 
de la Grande-Comore qu'il avait fonde'e, il en reprit la direction ; il s'inté- 
ressait peut-être trop à son œuvre pour ne pas être entraîné dans des con- 
flits d'ordre politique ; mais on ne saurait méconnaître les services qu'il a 
rendus; le Muséum, à tous égards, se doit de ne pas laisser tomber son 
nom dans l'oubli. 

Ils sont innombrables les échantillons de Plantes, d'Insectes, de Mollus- 
ques que Humblot a recueillis à Madagascar, à Nossi-Bé, à Mayotte, aux 
Gomores; on en jugera par les lignes suivantes : 

En 1881, de Madagascar, 12 espèces de Fruits charnus dans alcool 
et de Fruits secs; une inflorescence de Palmier, ainsi que ses feuilles, 
puis deux nattes confectionnées avec les feuilles de cette même sorte de 
Palmier. 

En 1 882 , Plantes sèches pour herbier de Madagascar ; 97 espèces. Fruits 
et graines, 17. 

En i883, Plantes sèches pour herbier de Madagascar : i,4oo espèces. 

En 188k, Plantes sèches pour herbier de Nossi-Bé : 36 espèces. 

En i885, Plantes çèchcs pour herbier de Mayotte (Gomores) : 198 es- 
pèces, et un second envoi : de aSo espèces. 

En 1 886 , un 3' envoi de Plantes sèches pour herbier des Gomores : 
2 33 espèces. 

En 1887, un 4° envoi de Plantes sèches pour herbier des Gomores : 
172 espèces. 

En 1906 , quelques Plantes économiques de cet archipel : 6 espèces. 

Au total , c'est un chiffre fort respectable de 2,/4 1 9 espèces de cotte région 
géographique qui , à l'époque où elles furent recueillies, étaient au moins 
d'un tiers d'espèces nouvelles et représentées en copieux écliantillons. 
Elles sont le plus bel ornement des collections de ces possessions françaises 
qui ne ftiisaient pas partie de nos colonies jusqu'alors. Les nombreuses 
plantes dues au voyageur Humblot ont largement contribué à illustrer le 
superbe ouvrage de ÏHistoire naturelle de Madagascar publié par M. Gran- 
didier, et dont la partie botanique a été faite par H. Bâillon et continuée 
par Drake del Gastillo. 

Le Service entomologique ne fut pas moins bien partagé, et, de i883 à 
1901, il reçut de nombreuses collections d'Insectes appartenant à tous les 
ordres; il s'enrichit surtout en Goléoptères — envoi déplus d'un millier — 
et en Lépidoptères ; et les autres ordres reçurent des spécimens de grand 
intérêt; les uns venaient de Madagascar, deNossi-Bé,les autres des Gomores 
et de Mayotte. 



iT,, 



— 218 — 

Les mêmes re'gions fom-nissent de nombreux Mollusques, plus de 
43o individus appartenant à A6 genres , des Annélides, des Echinodermes , 
des Gœlente'rés. 

On voit que Humblot enrichit le Musëum de nombreux et précieux ma- 
tériaux d'étude, et qu'il était de toute justice de rendre hommage à l'éner- 
gie de ce regretté naturaliste^''. 

(') Je dois à l'amabilité de mon ami et ancien collègue M. J. Kunckel d'IIer- 
culais les renseignements sur les envois de Humblot concernant la Zoologie. 



— 210 — 



DESCRIPTIOyS DE TIIOIS ESPECES NOnVELLES DE PiEPTILES DE l'AfRIQUE, 

PAR M. Paul Chabanaud, 
Correspondant du Muséum. 



Les deux espèces de Lacertiliens décrites dans le présent travail ont été 
capturées au Congo français , par M. Ellenherger, en 1 9 1 3 et 1 9 1 A . L'espèce 
du genre Tropidonotus provient du Soudan égyptien , où elle a été capturée 
en 1882 par M. Vossion, alors consul général de France à Khartoum. 

L'étude de ces chasses m'a été confiée par M. le Professeur Louis Roule. 

Mabuia ellenbergeri , nov. sp. — Museau assez court, obtusément 
arrondi à son extrémité, légèrement déprimé. Région loréale concave. 
Canthus rostraiis bien marqué, mais obtus. Labiales supérieures convexes. 
Supra-nasales subrectangulaires, en contact en arrière de la rostrale. 
Naso-frénale plus iongue que large, assez largement en contact avec la 

Mabuia ellenbergen , sp. nov. 





Fig. 2. 



frontale. Frontale plus courte que les fronto-pariétales et l'interpariétale 
prises ensemble, en contact avec la 2' et la 3° supra-oculaire. 4 supra- 
oculaires, suivies d'une 5' très petite; la 2' la plus grande. 5 supra- 
ciliaires; la 2' très longue. Fronto-pariétales distinctes, beaucoup plus 
petites que l'interpariétale, qui est très grande. Pariétales brièvement en 
contact en arrière de l'interpariétale. Une paire de nuchales. Narine percée 
sur le canthus rostraiis, au-dessus de la suture entre la rostrale et la 



i" labiale supérieure; ia verticale de cette suture passant en avant du 
centre de la narine. 6 labiales supérieures, à gauebe, 7, à droite, en avant 
de l'infra-oculaire ; la 1 " en contact avec la nasale et la post-nasale ; ia 2° 
séparée de la post-nasale, ou seulement ang-ulaii'ement en contact avec elle, 
et en contact avec la 1" loréale; la 3" en contact avec la 2' loréale. La posi- 
tion des suivantes est variable : à gauche, la k' labiale est en contact avec 
la préoculaire et la petite infra-oculaire ; la 5'' en contact avec la petite 
infra-oculaire et placée en partie sous ia grande infra- oculaire ; la 6" sous 
cette dernière platjue ; à droite , la quatrième labiale est en contact avec la 
2' loréale et la petite préoculaire; ia 5' en contact avec cette préocuiaire et 
placée sous ia petite infra-oculaire; la ô" et la 7' sous ia moitié antériem'e 
de ia grande infra-oculaire. Celle-ci très fortement rétrécie à sa partie infé- 
riem-e, bordant la lèvre. Paupière inférieure avec un disque transparent 
presque aussi grand que l'œil. Orifice auricuiaii-e en ovai oblique ; son plus 
grand diamètre à peine plus long que ia moitié du diamètre longitudinal 
du disque palpé bral ; son bord antérieur avec 3 lobules courts, arrondis. 
34 écailles autour du milieu du corps; nuchaies avec un grand nombre de 
carènes peu accentuées ; dorsales fortement tri-carénées ; les carènes indis- 
tinctes sui' les flancs; préanales faiblement, mais distinctement élargies. 
Membres antérieurs atteignant le bord antérieur de l'œil; membres posté- 
rieurs atteignant l'épaule. Orteils longs. Ecailles palmaires et plantaires 
épineuses; lamelles infra-digitales très fortement carénées, formant une 
denticulation seri-atiforme. Queue légèrement déprimée à sa base, convexe 
ensuite , s'amincissant graduellement vers son extrémité. 

Dessus du museau d'un brunâtre clair. Dessus de la tête et du corps 
d'un brun olivâtre plus foncé; cette teinte limitée, de chaque côté, ptu" 
une ligne claire partant de la 1" supra-ciliaire et s'étendant jusque sur 
les côtés de la queue, plus distincte en avant qu'en arrière. Une bande 
brun foncé, partant de l'œil, s'étend sur chaque flanc, jusqu'à l'aine. Les 
Il membres brunâtres, en dessus, mouchetés de blanc. Queue d'un bru- 
nâtre très clair. Lèvres supérieures et tout le dessous du corps, des 
membres et de la queue blancs. 

MILLIMÈTRES. 

Longueur totale 67,0 

Distance de l'extrémité du museau à l'anus 26,0 

Longueur de la tête 8,2 

Largeur de la tête 5,0 

Longueur des membres antérieurs g, 5 

Longueur des membres postérieurs i3,o 

Longueur de la queue 4 1,0 

Cette espèce se distingue, entre toutes celles du groupe de M. hilde- 
brnndli Peters , par le nombre de ses labiales supérieures , par ses fronto- 
pariétales petites et par ses lobules auriculaires courts et arrondis. 



— 2l>1 — 

Haut Zambèze (Northern Rliodesia) :Léalui, i individu [Victor Eilen- 
berger, iQi^j. 

Type, collection du Muséum de Paris. 

Feylinia boulengeri , nov. sp. — Extrémité antérieure de la rostrale 
plus largement arrondie que chez F. currori Gray. Une seule internasale, 
en contact, de chaque côté, avec la i'° labiale supérieure. Préfrontale 
comme chez F. currori. Frontale de même largeur que la préfrontale '">. 
Interpariétale aussi longue que la préfrontale et la frontale prises en- 
semble; son angle médian postérieur très aigu '^'. Pariétales distinctes, 
subrectangulaires, longues et étroites, formant entre elles une courte 
suture en arrière de l'interpariétale. i loréale. i préoculaire, i supra- 
oculaire. 2 post-oculaires, i supra-temporale, séparée des labiales par 

Feylinia boulengeri, sp. nov. 






FiK. 3. 



Fig. h. 



Fig. 5. 



2 temporales superposées et respectivement en contact avec chaque post- 
oculaire, i" labiale supérieure très grande, en contact avec la rostrale, 
rinternasale, la loréale et la préoculaire. 2' labiale supérieure en contact 
avec la préoculaire, l'oculaire qui est excessivement petite (l'œil est in- 
distinct) et avec la post- oculaire inférieure. Symphysiale comme chez 
F. currori et suivie, de même, par une mentonnière unique. 2 labiales 
inférieures seulement, dont la première est très longue ; ces deux labiales 
en contact avec 3 sous-mandibulaires distinctes. 1 6 rangs d'écaillés autour 
du corps. 

Tête, cou et région anale d'un jaune verdâtre très pâle, presque blanc. 
Le reste du corps d'un gris bleuâtre très clair, mais graduellement plus 
foncé d'avant en arrière. Base de toutes les écailles bleue. Bord de toutes 



(') Plus étroite, chez F. currori. 

W Chez F. currori, l'interpariétale est plus courte que ces deux mêmes 
plaques prises ensemble, et son angle médian postérieur est moins aigu que chez 
celte nouvelle espèce. 







les plaques céphaliques et de toutes les écailles d'uu blanc d'argent tiès 
brillant. Tout le corps brillant, à reflet argenté. 



JITLtIMETBES. 



Longueur totale 82,0 

Longueur de la queue 21,0 

Diamètre du milieu du corps 3,9 

Indépendamment des caractères diflerentiels indiqués plus haut, cette 
nouvelle espèce se distingue de F. currori Gray par la position de l'oculaire 
en contact avec la 2" labiale supérieure, par ses pariétales distinctes, parle 
nombre plus réduit de ses labiales inférieures (on en compte 3 chez 
cuiTori) et dont la 1" est beaucoup plus longue, enfin par sa forme moins 
allongée : le diamètre du milieu du corps est compris environ 26 fois dans 
la longueur totale, tandis que, chez F. currori, ce même diamètre est com- 
pris environ 82 fois dans cette même longueur. 

F. boulengeri possède avec F. macrolepis Boettger '"'^ le caractère commun 
de l'oculaire en contact avec la 2'' labiale supérieure et séparée de la 
3" labiale par la post-oculaire inférieure, mais, chez F. macrolepis, les 
2 internasales sont distinctes et la loréale ï'Aii défaut; en outre, le nombre 
des écailles autour du corps est plus élevé : 18 au lieu de 16. Il n'est 
question, dans la brève diagnose de Boettger, ni des pariétales, ni de la 
forme des écailles de la partie inférieure de la bouche; on peut en conclure 
que F. macrolepis ne difl"ère pas , sur ces deux points , de l'espèce de Gray. 

Je me fais un plaisir de dédier cette forme remarquable au savant 
herpétologiste de Londres , M. G.-A. Boulenger. 

Ugooùé : N'Gomo, 1 individu [V. Ellenberger, 1918]. 

Type, collection du Muséum de Paris. 

Tropidonotus (s. str.) roulei, sp. nov. — Tête assez distincte du cou. 
Région naso-frénale verticale; narines et yeux latéraux. Longueur du 
museau égale à une fois et un tiers le diamètre longitudinal de l'œil. OEil 
grand ; son diamètre longitudinal égal lui-même à la distance qui le sépare 
du bord antérieur de la narine. Rostrale une fois et deux tiers aussi large 
que haute ; sa portion visible en dessus égale au quart de la distance qui la 
sépare de la frontale. Internasales fortement rélrécies en avant, mais avec 
leur bord antérieur tronqué, aussi longues que larges à leur bord posté- 
rieur; lem' suture commune aussi longue que la suture entre les préfron- 
tales. Préfrontales moins longues que larges. Frontale à bords latéraux 
légèrement concaves, deux fois aussi longue que large en son milieu, 
beaucoup plus longue que sa distance de l'extrémité du museau, plus 

(') Znohigischey Aiizeigpi; X [iSR'^ ], p. fiSo. 



— -223 — 

courte que les pariétales. Narine percée entre den\ nasales. Loréale au 
moins aussi haute que longue, i préoculaire, un peu étendue sur la face 
supérieure de la tête, largement séparée de la frontale. 3 post-oculaires; 
l'inférieure placée un peu au-dessous de l'œil. Temporales i + 3. Huit 
labiale-^ supérieures ; la 4" et la 5° bordant l'œil. Mentonnières de la 
i'" paire en contact avec 5 labiales inférieures, moins longues que celles de 
la ^' paire, lesquelles sont séparées l'une de l'autre, antérieurement, par 
une série longitudinale de 9 écaijles, et, postérieurement, par 3 écailles. 
Dorsales sur a5 rangs; toutes fortement carénées, y compris celles du 
rang le plus externe; les carènes très fortes sur la queue. Ventrales, t48. 

Anale divisée. Sous-caudales^ + i, 



Tropidoiiotus roulei, sp. nov. 






Fig. 6. 



Fig. 7. 



Fig. 8. 



Museau, supra-oculaires, quelques taches mal définies sur les bords de 
la frontale et lèvres supérieui'es d'un jaune orangé clair. Une paire de 
petites taches ovales, très nettes, de même couleur, placées très près l'une 
de l'autre, de part et d'autre de la suture entre les pariétales et sur le 
miheu de la longueur de cette suture. Le reste du dessus de la tête, un 
trait oblique en arrière des yeux et un trait vertical le long du bord posté- 
rieur de chaque labiale supérieure, mais ne s'étendant pas sur la suture 
elle-même, d'un brun noir. Trois séries longitudinales de taches d'un brun 
noir (envu'on 36) sur le dessus du corps, sauf la moitié postérieure de la 
queue ; les taches de la série dorsale médiane plus grandes que celles de 
chacune des 2 séries latérales, avec lesquelles elles alternent; ces dernières 
s'étendent sur les extrémités latérales des ventrales, dont 9 consécutives 
sont ainsi tachées de brun noir, laissant entre elles une suite de 3 ventrales 
à extrémités latérales immaculées. Toutes ces taches entourées d'un liséré 



_ 22/i — 

blanc, qui forme une nébulosité assez large, sui' les régions temporales et 
sur l'occiput, ainsi que des lignes transversales, plus ou moins obliques, 
sur le dessus du corps. Sur la partie antérieure du corps , les taches de la 
série dorsale sont confluentes avec celles des séries latérales et forment ainsi 
un certain nombre de bandes transversales ( 4 ou 5 ) , irrégulières. L'espace 
laissé libre, sur les flancs, par les extrémités de ces bandes transversales 
ou par les taches latérales et leur bordure blanche, d'un brunâtre très clair. 
Tout le dessous d'un jaune orangé très clair ou blanchâtre, avec les sutures 
entre les labiales inférieui-es brunes, ainsi que des marques transversales 
sur la plupart des ventrales et des sous-caudales. 

MII.LIMÈTnES. 

Longueur totale 3o5,o 

Longueur de la tête 1 0,0 

Largeur de la tête au niveau de la région temporale 9,6 

Diamètre du cou 7'^ 

Diamètre du corps °'5 

Longueur de la queue '•' "^'O 

Cette belle espèce appartient sans aucun doute au genre Tropidonotus 
Kuhl (s. str.), dont elle possède tous les caractères constitutifs : dents 
maxillaires au nombre de 26, augmentant graduellement de longueui' 
d'avant en arrière; hypapophyses vertébrales très développées; temporales 
1 + 3. Cependant elle tranche singulièrement sur l'ensemljle des espèces 
qui représentent ce genre en Afrique et rappelle d'une façon saisissante, 
non seulement par sa coloration, mais aussi par la forme de sa tête, 
certaines espèces nord-africaines du genre Zamenis Wagl., notamment 
Z. hippocrepis L. et Z. rogersi Aud. '^\ 

Je dédie cette forme remarquable à M. le Professeur Louis Rouie, en 
toute sympathie. 

Nil Blanc, près Khartoum, 1 individu jeune , avec la cicatrice ombilicale 
encore visible. [Vossion, 1882.] 

Type, collection du Muséum de Paris. 

0) Bien qu'il ne soit pas d'usage d'indiquer toutes ces dimensions dans les 
descriptions de Serpents autres que les Typhlopidae et les Glauconiidae , je ne 
crois cependant pas inutile de les mentionner parce qu'elles me paraissent suscep- 
tibles de préciser, mieux que toutes les explications possibles, la forme générale 

de la bête. 

La longueur de la tête est prise de rextrémité du museau à la saillie formée 
par rartlculation mandibulaire ; sa largeur est prise au niveau de cette articula- 
tion. Le diamètre du corps est pris vers le milieu de sa longueur et dans le sens 
borizontal. Le ramollissement qui se produit chez certains sujets, après la mort, 
peut enlever quelque précision à celte dernière indication. 

(*) Cf. G. A. BocLENGER, Cutalogue of Snakes, III, p. 628. 



— 225 — 

Atractaspis dahomev'ensis Bocage. — Je signale un exemplaire de cette 
espèce, capturé à Lagos par M. Tinayre, en 1898, remarquable à divers 
dgards. La postoculaire est distincte de la temporale, caractère que pré- 
sente un autre individu de la même espèce, capturé au Dahomey par 
M. Gruvel et dont il a été question précédemment'"'. De même que l'exem- 
plaire du Dahomey, celui-ci possède 99 rangs d'écailles dorsales (3i chez 
le type). Ses autres caractéristiques sont les suivantes : ventrales 280 ; 

1 18 

anale entière; sous-caudales - + 8 H — ë + i* L'écaillé apicale est ter- 
minée par une épine aiguë , très développée. 

Longueur totale : 445 millimètres, dont 35 millimètres pour la queue. 

Errata. 

Mabuia ellenbergeri Chabanaud (vide supra, p. 219). — Le type 
unique de cette nouvelle espèce ne possède que 6 labiales, de chaque côté, 
en avant de l'infra-oculaire , ainsi que le montre d'ailleurs la figure jointe 
à la diagnose. 

Prosymna Vassei Mocq. — La figure publiée dans ma Revision du genre 
Prosytnna Gray [Bulletin du Muséum, 1916, p. 435, fig. a), représeu- 

Pi'osymna Vataei Mocq. 




tant la tête de cette espèce, vue de profd, est inexacte; l'une des labiales 
n'a pas été indiquée. Je donne ici la répétition de cette figure , après cor- 
rection. 

('' Cf. Chabanaud : Serpents d'Afrique occidentale recueillis par M. Gruvel, 
in Bulletin du Muséum, 1916, p. 76 et 76. 



— 2-2G — 



Etude couPLàMENTAinE 
SVB /.ES Lacertiliens de l Afrique occide\tâle, 

PAR M. Paul Chabanaud, 

CORRESPOINDAM DU MuSÉUM. 

Celte e'tude fait suite au travail que j'ai publié sur le même sujet dans 
le Bulletin du Muséum d'Histoire naturelle, 1917, p. 3 et suivantes. 

Tarentola annularis Geoffr. = T.senegalensis Boul. — Les six exemplaires 
capturés par le docteur G. Bouet, dont quatre proviennent de Gourao (lac 
Deho) et deux de Gorée (Sénégal), présentent la denticulalion du bord 
antérieur de l'orifice auriculaire à tous les degrés de développement, depuis 
l'absence totale. Cette absence de la denticulalion auriculaire est le seul 
caractère qui ait motivé la distinction entre T. srnegalcusis Boul. ('■, décrite 
d'après un exemplaire unique de Gorée, et T. annularis Geoffr. Il devient 
donc hoi-s de doute que ces deux formes ne constituent qu'une seule et 
même espèce. 

AcANTHODACTYLUs (Latastia) RODETi Chabauaud. — Plusieurs individus, 
parmi les types de cette espèce, présentent la naso-frénale concave, ainsi 
que les fronto-pariétales et les pariétales. 

La présence des interpréfronlales se retrouve, d'une foçonplus ou moins 
constante, chez quelques espèces asiatiques des genres Cabrita Gray et 
Ophiops Mén., mais elle ne correspond pas, dans ces deux genres, à 
une tendance bien manifeste au morcellement des snpra-oculaires. Chez 
Cabrita jerdoni Bedd. et C. chapori Sauv., les quatre supra-oculaires sont 
entières et seules la deuxième et la troisième sont séparées des supraci- 
liaires par une rangée de granules. Chez Ophiops jerdoni Blyth, la pré- 
sence des intei'préfrontales u'est nullement constante, les quatre supia- 
oculaires sont entières et ne sont pas séparées des supra-oculaires par 
des granules. Ce dernier caractère se retrouve chez Ophiops beddomi 
Jerdon, dont les supia-oculaires 1 et 4 sont fréquemment subdivisées en 
granules '^'. 

(') G. A. BoL'LEXGER, CcUalogue of Lkards,l, p. lnli. 
(■2) Cf. G. A. BouLKNGER, op. Cit., p. 71, 78 et 7'l. 



227 

Bien qu'il n'en soit pas question dans le Catalogue o/Lizards de M. Bou- 
longer, certains individus cVAcanthodaclijlus savigiuji Aud. présentent deux 
in lerpréfi'on taies distinctes; il existe aussi une interprefronlale antéiieure 
chez quelques autres AcanthodacUjlus. Dans son Essai sur la Faune erpéto- 
logique de TOranic ''', M. F. Doumergue considère même ce caractère comme 
constant chez A. savigmji Aud. et A. hlanci Doumergue "^. Cette opinion 
demande confirmation, cai- les études de M. Doumergue ne portent, ainsi 
qu'il l'écrit lui-même, que sur des matériaux dont l'origine se réduit, à peu 
près exclusivement, à la seule province d'Oran. 11 est en outre regrettable 
que l'auteui" d'un travail aussi consciencieux et aussi riche en remarques et 
observations de toute nature se soit trouvé, à cette époque, dans une com- 
plète ignorance de l'œuvre la plus utile et la plus importante à l'heure 
actuelle en Herpéfologie : les Catalogues de M. Boulenger. 

Je me réserve de reprendre ultérieurement cette question des interpré- 
frontales avec tout le développement qu'elle comporte. 11 me semble, quant 
à présent, que ce caractère est le fait, tout au moins dans le genre Acantho- 
dactylus, de variations locales ou même individuelles, sauf toutefois poui' 
A. boueti, chez lequel, au contraire, sa constance paraît évidente. 

Mabuia INTERMEDIA Chabanaud. — Un autre exemplaire de cette 
espèce, en tous points semblable au tijpe''\ a été envoyé précédemment 
au Muséum par le docteui' Bouet , qui l'avait capturé à la Côte d'Ivoire 
en 1908. 

Lygosoma (Liolepisma) digitatum Chabanaud. — Ajouter aux caractères 
énumérés dans la diagnose : tête fortement déprimée sur la région 
frontale, 

Lygosoma (Liolepisma) auricillatcm Chabanaud. — Ajouter aux carac- 
tères énumérés dans la diagnose : tête légèrement déprimée sur la partie 
antérieure de la région frontale, convexe sur la partie postérieure de celle 
même région. 

La coloration est d'un brun olivâtre. 

Lygosoma (Riopa) dahomeye.\se Chabanaud. — Chez les individus qui 
ont mué récemment , la coloration du dessus du corps est accompagnée 
d'un reflet gris bleuâtre, plus accentué sur les flancs. On peut distinguer 
en outre, chez ces mêmes individus, deux lignes dorso-latérales claires. 

C' In-S", Oran, igoi. Exirait du Bulletin de la Sociélé de géographie et d'ar- 
chéologie d'Oran, t. XIX à XXI. 

(^' Cf. DODMERGUE, (jp. Cit., p. 1 Z| 3 et Sulv. 

"^ Mais mallieureusemp-ot en assez mauvais état. 



— 228 — 



Le bord antérieur de l'oriBce auriculaire présente quatre ou cinq lobules 
très petits; le lobule supérieur plus grand que les autres, arrondi; les 
inférieurs beaucoup plus étroits, pointus, indistincts chez certains exem- 
plaires. Lygosoma togoense Fr. Werner n'aurait que deux très petits 
lobules . à peine saillants. 



2l>9 



Matériaux pour servir À l'Étvde de la Faune estomologique 

DE l'InDO-ChINE française 

réunis par m. Vitalis de Salvaza. 



COIiEOPTERES. 



TENEBRIONIDiE 

PAR FEU J. ChATANAY. 

Les matériaux réunis par M. Vitalis de Salvaza sont, en ce qui concerne 
les Ténébrionides, d'un extrême intérêt. Non seulement les espèces repré- 
sentées sont très nombreuses et souvent nouvelles, mais M. Vitalis de Salvaza 
a eu la bonne fortune de découvrir un certain nombre de formes qui pré- 
cisent les affinités de la faune indochinoise d'une part avec celle de l'Inde du 
Nord, d'autre part avec celle de la Malaisie. Parmi les premières, les deux 
plus remarquables sont le beau Rliopalobates Villavdi Frm. , décrit du Sikkini , 
et le Strongijliastnim Braeti Frm.; les secondes sont plus nombreuses, on 
peut citer le Basanus javanm Clievr. , le Cossyphus striatus Pasc, deux 
Leprocaulus inédits , qui représentent au Tonkin l'espèce de Java , jusqu'ici 
seule connue. 

Ce premier mémoire comprend seulement les premières sous-familles 
des Ténébrionides , Epitraginœ, Stenosinœ, Blaptinœ, Pedininœ, Opatnnœ ; 
on y a ajouté les descriptions d'un Amarygminee et d'un Strongyliinœ. Aux 
matériaux communiqués par M. Vitalis sont venues s'adjoindre quelques 
espèces faisant partie de ma collection personnelle. La liste ainsi obtenue 
est la suivante : 

1 . Stenosida indica Haag. 

2. Ethas cap.inatus Esch. 

3. Blaps rhynchoptera Frm. 

fl. PsEUDOBLAPS JAVANA Wied. 

5. Mesomorphgs vilugeb Blanch. 



— 230 ~ 

G. Mesomorphus Vitalisi n. sp. 

7. Mesomorphus rugulosus n. sp. 

8. SCLERUM FERRUGINKUM F. 

9. Cnemeplatia indica Frm. 

10. Gonocephalum annamita n. s[). 

11. BILINEATDM Walk. 

12. — Brenieri n. sp. 

13. — MOLUCCANUM Blanciî. 

14. — Outreyi n. sp. 

15. — elegans n. sp. 

16. ELONGATDM Guél'. 

17. SCDTELLARE Pcrty. 

18. — suBSPiNOSOM Frm. 

19. ALATICOLLE Fflll. 

20. — hasticoUe n. sp. 

21. — bradjoneroides n. sp. 

22. — fuscosetosum n. sp. 

23. Cœdius Vollenhoveni n. sp. 

24. Plesiophthalmus fossulatus n. sp. 

25. Phyxnatosoma quadrifasciatum n. sp. 

Celte liste est sùrenieut bien loin d'être complète : la proportion très 
élevée d'espèces nouvelles sufEt à montrer que beaucoup d'autres sont 
encore à découvrir. Il est certain, d'autre part, que l'on doit retrouver dans 
les parties montagneuses du Tonkin nombre d'espèces du Yunnan , en par- 
ticulier des Blaptinœ : le Bl. rhynchoptera Frm. en est un premier exemple. 
De même, il est probable que de plus nombreuses espèces indo-malaises 
étendent leur habitat à la Gochinchine et au Cambodge. Il est à souhaiter 
que les recherches ultérieures de M. Vitalis de Salvaza et de ses collabora- 
teurs permettent de fixer ces divers points , et l'importance de leurs pre- 
mières communications en permet le légitime espoir. 

Subf. : EPITRAGlN.ffi. 

Les Epitragtnœ se répartissent en deux groupes ayant l'espectivement 
pour types : le premier, le genre Epitragus Latr. , le second , le genre Hhna- 
tismus Er. Le premier est exclusivement américain et répandu des Etats-Unis 
au sud de la République Argentine ; il serait fort homogène s'il n'exist<'iit 



— 231 — 

au Chili quckjucs cas 1res aheiTants, qui mériteraient peut-être d'être 
classés à part. 

Le second est exclusivement africano -asiatique; il est représenté en Asie 
par un véi'itable Hiinatismus (//. fasciculatus F.), espèce répandue de 
rinde à Madagascar et ({ui se retrouvera peut-être en Indo-Gliine, par les 
genres Epitrichia Seidl., Àsphena Sem. et Sphenaria Sem., spéciaux, aux 
régions de steppes et de déserts de l'Asie centrale; enfin, par V Himatismus 
indiens Haag, qui doit prendre place dans le genre Slcnosida Soi. 



Stenosida Soi. 

Ce genre a été décrit comme appartenant à la sous-famille des TenUjriinœ 
et voisin des Hyperops. La présence d'ailes développées, la longueur du 
métasternum, les sillons anté-coxaux dont il est muni à sa partie posté- 
rieure, la forme des épisternes métathoraciques , de Tépistome et des yeux 
indiquent très clairement qu'il appartient en fait aux Epitraginœ, il ne 
diffère même des Himatismus que par la forme plus déprimée, les élytres 
rebordés à la base , les yeux surmontés d'une carène oculaire bien nette , 
l'absence de squamules. L'espèce type S. strialopunctata Wied. {—S. tenui- 
collis Sol.) ne paraît pas avoir été prise encore en Indo-Chine française, 
mais elle est très répandue en Extrême-Orient et s'y retrouvera sans doute. 
11 n'y a guère lieu de douter que le genre Notioscylhis Frm. ne soit iden- 
tique au genre Stenosida Sol. et le N. punctatoseriata Frm. , dont je n'ai pu 
vou' le type, à l'espèce actuelle. 

1. S. iNDicA Haag [Himastismus indicus Haag). 

Très commun : Cochinchine : Saigon (coll. Frm.), cap Saint-Jacques 
(coll. Lajoye); Cambodge : Pnom-Penh, Kompong-Toul , etc.; Tonkin : 
Hanoï (coll. Lajoye), Song-Kong, Lao-Kay, etc. 

Toute rindo-Chine et l'Inde anglaise, sauf peut-être les parties les plus 
méridionales. 

Haag l'emarquait déjà que cette espèce paraissait déplacée parmi les 
Himatismus; elle est réellement très voisine de la précédente, dont elle 
diffère surtout par les tempes un peu saillantes , brusquement rétrécies en 
arrière des yeux , la forme et la ponctuation du pronotum. 



Subf. STENOSIN^. 

La répartition géographique des Stenosinœ est des plus remarquables : 
la grande masse de leui's espèces est paléarctiquc ; quelques-unes s'étendent 

Muséum. — xxiii i6 



— 232 — 

jusqu'à l'Afrique auslrale; d'autres à Madagascar, à l'Inde et à la Malaisie. 
Quelques genres, dont l'un — Discopleurus — très aberrant, se trouvent 
au Chili ; un — Cotitlades Pasc — en Australie. 

On ne connaît jusqu'ici en Indo-Chine qu'une espèce du genre Etfias, 
mais la découverte de vrais Stenosis, de Dichillus et d'autres Etkas est 
extrêmement probable dans les régions montagneuses du Haut-Annam 
et au Tonkin. 

2. Ethas carinatus Eschscb. 

Cocbincbine : cap Saint- Jacques , commun (C"° Fouquet in coll. Lajoye 
et J. Chatanay); Cambodge : Pnom-Penh, Prion-Penk, commun; décrit de 
Manille. 

Subf. BLAPTIN.ffi. 

Les BInptInœ sont une sous-famille exclusivement palom-clique et sur- 
lout asiatique, dont quelques espèces seulement débordent au sud la zone 
paléaictiqne j)roprement dite, dans les montagnes de la Chine méridionale. 
I<]lles sont nombreuses au Yunnan et beaucoup doivent se retrouver au 
Tonkin. 

3. Blaps ruynchoptera Frm. 

Tonkin : i ex. cf. 

Décrit du Yunnan, où l'espèce est commune; elle parait remonter assez 
loin dans le nord de la Chine méridionale. 



Suljf. : PEDININ^. 

h. Pseudoblaps javana Wied. 

Très commun : Cambodge : Pnom-Penh, Prion-Penk, etc. ; Tonkin : baie 
d'AIong, île de la Table, Hanoï (coll. Fairm.); Annam : Keng-Trop. 

Espèce très répandue en Indo-Chine et en Malaisie : Malacca, Sumatra, 
Java. Il est probable que d'autres Pseudoblaps se retrouveront en Indo- 
Chine française. 

5. Mesomorpuls viLLiGER Blauch. 

Indo-Chine : commun partout. 

Japon, Corée, Chine {M. dennesloidcs Rit.), toute la Malaisie, Nouvelle- 
Guinée, Inde, Madagascar (.¥. asperulus Frm.), Afrique fropicale. 



233 



6. Mesomorphus Vitalisi n. sp. 

Types : Pnom-Peah, Prion-Penk, Kompong-Toul, Saigon, commun. 

Espèce très voisine de la piécëdente, mais bien pins petite; d'un brun 
noir mat, à vestiture sipiamuleuse pâle, très fine et 1res éparse, palpes 
plus clairs, antennes rougeâtres ou testacëes. 

Joues un peu plus larges et un peu plus anguleuses en dehors que chez 
M. villiger Blauch. Ponctuation de la tête et surtout du pronotum plus fine 
et beaucoup plus serre'e , forme'e de points ombiliqués très peu profonds , 
ne laissant entre eux aucun intervalle ; du centre de chaque point part une 
soie sqnamuleuse couchée très courte. 

Stries des élytres assez larges, régulières , très peu profondes, marquées 
de points arrondis, peu serrés, très peu plus larges que les stries, au 
nombre d'environ hb sur la 4^ strie; striole scuteïïaire aussi nette que les 
stries. Intervalles très finement ruguleux, à ponctuation fine, éparse, peu 
profonde; les points forment sur chaque intervalle a à 3 rangées longitudi- 
nales très peu régulières, et chacun d'eux donne naissance à une courte 
squamule pâle, mi-couchée, n'ayant environ que la moitié de la longueur 
de l'intervalle qui sépare chaque point du suivant (chez le M. viWijer 
Blanch. les squamules sont très longues, chacune d'elles dépassant en 
arrière l'insertion de la suivante). 

Dessous semblable à celui du M. villiger Blanch. Flancs du prostornura 
à tubercules plus réguliers, moins confluents en rides longitudinales. 
Pubescence beaucoup plus courte, ponctuation plus forte et plus serrée, 
notamment à l'abdomen , dont les premiers segments sont en outre rugueu- 
sement striolés , à la base et surtout sur les côtés. 

Menton en trapèze renversé, légèrement siuué en avant, fortement 
concave au milieu, à ailes latérales aiguës, petites, difficilement visibles 
sans dissection. 

c?. Le d* a les premiers segments abdominaux largement et faiblement 
impressionnés au milieu. Les tiljias antérieurs sont notablement plus 
grêles que chez le M. villiger Blanch. , leur dent externe apicale est moins 
saillante et moins éloignée de l'extrémité du tibia; les tarses ne sont 
qu'à peine visiblement dilatés, et leur vestiture est beaucoup moins 
abondante. 

Longueur : 6 — 7 mm. Largeur aux épaules : 2 , 8 — 0,2 mm. 

Les différences assez notables dans la forme du menton et la vestiture 
des tarses des d* font que l'attribution de celte espèce au genre Mesomor- 
phus Seidl. est un peu douteuse; Fairmaire a décrit une espèce de l'Inde, 
très voisine de celle-ci, sous le nom de Penlkicus slriolalns, la classant 
parmi les Opalrinœ. La question reste ouverte; néanmoins, ces petites 
espèces d'Extrême-Orient ont tant de caractères communs avec le M. villiger 

lO. 



— 23â — 

Blanch., que je ne crois pas possible de les en séparer génériquement. Les 
mêmes observations s'appliquent également à l'espèce suivante. 

7. Mesomorphus rugulosus n. sp. 

Très voisin du pre'cédent., dont il se distingue au premier examen par 
sa vestiture très différente. 

Ponctuation de la tête et du pronotum aussi serrée, mais beaucoup plus 
grosse, formée de points ombiliqués tout à fait plats, à tubercule central 
relativement gros et saillant, portant une soie fauve, longue, mi-couchée. 

Elytres à stries marquées seulement en arrière et sur les côtés, où les 
intervalles sont subconvexes: sur le disque, elles sont seulement formées 
de rangées régulières de gros points ronds , assez profonds et assez serrés, 
au nombre d'environ 5o sur la h° strie. Les intervalles sont assez brillants, 
à peine visiblement ruguleux ; ils portent près de la base quelques tuber- 
cules fins, puis des points fins et peu nombreux formant sur chacun d'eux 
deux rangées peu régulières. Tubercules et points donnent naissance 
chacun à une soie rousse arquée en arrière, assez longue (chaque soie 
atteint à peu près le niveau de l'insertion de la suivante). 

Dessous semblable à celui des deux espèces précédentes. Pubescence plus 
longue que chez M. Vitalisi n. sp., plus fine, moins fournie et un peu plus 
courte que chez M. vUliger Blanch. Flancs de prosternum à tubercules 
plus fins et moins nets; ponctuation de l'arrière-corps plus fine et moins 
serrée. 

d. Premiers segments abdominaux impressionnés au milieu, mais très 
faiblement; tibias et tarses semblables à ceux de l'espèce précédente. 

Longueur : 6 mm. Largeur : 2 , 8 mm. 

Types : Prion-Penk, 9 9, 1 d*. 

Aussi en Birmanie : Rangoon, VI, 1886, 1 ex. (Coll. Pic.) '''. 



(1) 



Au voisinage des espèces précédentes vient encore se placer le 



Mesomorphus latiusculus n. sp. 

De la taille des plus grands exemplaires de M. vUliger Blanch., mais beaucoup 
plus large; d'un brun foncé mat, à vestiture beaucoup moins fournie, formée de 
soies roussâtres mi-couchées. 

Têfe à échancrure antérieure très profonde, à ponctuation très grosse, très 
serrée, réticulée, formée de points ombiliqués peu profonds. Antennes longues et 
robustes, à 8° article un peu, 9' nettement transverses, 10° presque 2 fois plus 
large que long, 1 1" aussi long que large. 

Pronotum très fortement transverse, un peu plus de 2 fois plus large que long, 
à côtés fortement arqués, très rétrécis en avant; à très grosse ponctuation réti- 
culée , semblable à celle du M. rugulosus n. sp. 

Stries semblables à celles des M. villigcr Bl. et Vitalisi n. sp. , à points ronds 



235 



Subf. OPATRIN^. 

8. ScLERUM FERRIIGINEUM F. 

Commun dans loiile les parties chaudes de l'Indo-Chine. 
Malaisie, Inde, Ceylau, commun'^'. 

bien marqués. Intervalles lar^jes, presque plans, pondues; les points sont 
arrondis; espaces, leur bord antérieur est un peu relevé, surtout pour ceux 
voisins de la base; ils forment sur chaque intervalle 3 rangées très peu régu- 
lières, ot chacun d'eux donne insertion à une fine soie rousse mi-couchée, égalant 
à peu près en longueur l'intervalle de deux points consécutifs. Carène latérale des 
éljlresà peine visiblement crénelée. 

Menton avec une forte saiUie médiane et deux ailes latérales aiguës, très 
distincte-;. Flancs du prosternum finement tubercules. Métasternum et abdomen 
à ponctuation grosse et espacée, brillants; de chaque point sort une fine soie 
roucliée. 

Tibias antérieurs à dent apicale externe aiguë , éloignée de l'extrémité. Vesli- 
ture des tarses semblable à celle du M. villigor Bl., un peu plus courte. 

Longueur : 8,5 mm. Largeur aux épaules : li mm. 

Type : Birmanie, sans localité, i ex. probablement 9 (ma collection). 

(') L'espèce suivante, de Birmanie, se retrouvera probablement en Indo-Cliina 

française : 

Scleron elongatulum n. sp. 

Très voisin du S. ferrugiimtm F., plus étroit et plus allongé. Oreillettes juxta- 
oculaires moins nettement reliées à la carène frontale. Pronotum plus étroit, à 
côtés moins élargis en avant, moins brusquement sinués, à angles antérieurs 
plus aigus, milieu du disque bien moins saillant en avant. 

Élytres plus allongés, non élargis en arrière de l'épaule, à contour apparent 
formé depuis l'cîpaule par le 9" intervalle, au delà duquel on ne voit que les 
t.ihercules de la carène latérale, tandis que chez le S. fen-ugineum F. l'éiylre 
s'élargit fortement en arrière de l'épaule, découvrant entièrement la partie dorsale 
du 10" intervalle; intervalles alternes bien plus. saillants que les autres sur toute 
leur longueur. Suture à peine saillante (chez le S.Jenugineiim F. elle est presque 
aussi relevée que les intervalles carénés); points de stries plus petits et plus 
nombreux : 28 sur la /i° strie, de la base à l'extrémité de la 9' carène, an lieu 

de 9 3. 

Abdomen finement granulé, à ponctuation à peine distincte. 

Longueur: 5-6 mm. Largeur aux épaules : 2-2,2 mm. 

(Pour le Sclerum ferrxigmeum F. , ces dimensions sont respectivement 6-8 mm, 
et 2,8-3,2 mm.) 

Types : Rangoon (Birmanie) [Coll. M. Pic cl J. Cliatanay]. 



— -236 — 



9. Gnemeplatia isdica Frm. 

Cambodge : Pi-ioa-Peiik , i ex. 

Décrit de l'Iude anglaise (Belgaum! types Coll. Fairmaire). 

10. Gonocephalum annamita n. sp. 

Brun noir foncé, peu brillant; oblong-, h côtés subparallèles, peu 
convexe. 

Épistome très profondément échancré, faisant à sa jonction avec les 
joues un angle rentrant distinct. Joues saillantes, légèrement sinuées en 
avant, faisant latéralement un angle sabdroit, émoussé ; un peu moins 
large que le diamètre longitudinal supérieur des yeux. Ceux-ci gros, 
convexes, à orbites très peu marqués. Front large et déprimé, impres- 
sionné en avant. Ponctuation grosse, réticulée, très conftise et un peu 
rugueuse en avant et sur les côtés, plus fine vers le milieu du front; verlex 
granulé. Tête couverte de squamules piliformes roussâtres, arquées, un 
peu plus longues sur les carènes oculaires. 

Pronotum à peu près a fois plus large que long, assez profondément 
échancré en avant en arc presque régulier. Angles antérieurs aigus, non 
éraoussés. Côtés régulièrement arqués, présentant leur plus grande largeur 
vers le milieu, puis à peine distinctement rétrécis en arrière, finement 
i-ebordés, lisses. Angles postérieurs aigus, légèrement tournés en dehoi'S. 
Base à sinus latéraux larges et assez profonds , leur fond vis-à-vis du 5' in- 
tervalle; lobe médian légèrement émarginé au milieu. Rebord basilaire 
assez fort, marqué d'une ligne de gros points sétifères, brièvement inter- 
rompu au milieu, presque effacé près des angles. Disque peu convexe, un 
peu inégal; côtés largement, mais peu nettement explanés. Tout le dessus 
couvert de tubercules arrondis, luisants, sétifères, peu réguliers et peu 
serrés, fins sur le mdieu du disque et sur les côtés du pronotum, un peu 
plus gros sur les côtés du disque, entremêlés de rugosités irrégulières. 
Soies semblables à celles de la tête. 

Écusson grand, en triangle curviligne, luisant, finement et éparsement 
ponctué, glabre. 

Élytres oblongs, à épaules saillantes, débordant très légèrement la Ijase 
du pronotum. Carène latérale juste visible de haut sur presque toute sa 
longueur chez le d*, légèrement inférieure chez la 9, finement et peu distinc- 
tement crénelée. Stries fines, un peu approfondies en arrière, la 9" forte- 
ment enfoncée; peu distinctement ponctuées. Intervalles à peine sub- 
convexes , sauf le 9' qui est assez fortement convexe sur les 2/8 postérieurs ; 
couverts de tubercules fins, peu réguliers, confluents par places, entre- 



— 237 — 

mêles de tubercules, 2 fois plus gros, formant sur chaque intervalle 
9-3 rangées très peu re'gulières ; ces tubercules portent chacun une soie 
roussàtre, mi-relevée, arquée en arrière. Faux épipleures granulés, abrégés 
eu arrière. Epipleures linéaires lisses. 

Menton trilobé , à loljes latéraux aigus , peu visibles sans dissection , et 
lobe médian pentagonal, bifovéolé, caréné au milieu. Yeux grands, occu- 
pant plus des 2/3 de l'espace compris entre le contour apparent de la tête et 
l'angle externe du cadre buccal. 

Prosternum rugueux, finement tubercule; saillie prosternale relative- 
ment très saillante en arrière , abrupte , obsolètemeut bisillonnëe entre les 
hanches, rugueuse; lianes du prosternum lisses , brillants et slriolés le long 
des hanches , rugueux et tubercules en dehors, presque jusqu'au bord, qui 
présente une étroite marge lisse. Mésosternum fortement déclive, presque 
vertical. Métaslernum rugueux, ponctué et tubercule, sillonné au milieu 
sur ses a/B postérieurs. Abdomen brillant, à ponctuation assez forte et 
assez serrée, rugueuse, tuberculeuse sur les côtés; 5" sternite plus forte- 
ment ponctué, rebordé sur les côtés seulement. 

Antennes longues et robustes; 2" article subcarré; 3° h foLs plus long 
que le 2°, obconique ; 4' égal à la moitié du 3% les 2 suivants graduelle- 
ment un peu plus courts; 7' un peu élargi, pyriforme; 8' transverse; 
9° plus fortement ; 1 o'" un peu plus de 2 fois plus large que long; 1 1 ^ grand, 
de la largeur du 1 o", et 2 fois plus long. Pubescence légèrement hérissée , 
fauve pâle, celle des zones sensorielles fine et serrée, blanchâtre. 

Pattes robustes, tibias antérieurs largement triangulaires, un peu 
arqués, à angle apical externe subdroit; crénelés et spinuleux sur leur arête 
externe, ciliés en dedans; tarses robustes, leur 3' article dépassant à peine 
l'angle apical externe du tibia. 1" article des tarses intermédiaires subégal 
aux deux suivants réunis. Fémurs postérieurs ponctués à la base, rugueux 
à l'extrémité ; tibias très légèrement flexueux ; tarses à 1 " article un peu 
plus long que les deux suivants réunis. 

d. Abdomen très légèrement impressionné au milieu. 

Longueur : 11-1 A mm. Lai'geur aux épaules : 5,5-6 mm. 

Types : Keng-Trop. 

Annam, Tonkin (Hanoï, Song-Kong, etc.), Cochinchine, commun. 
Chine (coll. Fairmaire); Moluques (coll. de Marseul). 

Très voisin du C. pubens Mars, du Japon, avec lequel il est ordinai- 
rement confondu dans les collections; un peu plus grand, beaucoup plus 
déprimé, de forme plus allongée et plus parallèle; pronotum moins large, 
n.oins nettement marginé, presque d'égale largeur de la base au milieu ; 
élytres [)lus allongés, à pubescence plus longue et plus relevée, à sculp- 
ture foncière plus fine entremêlée de tubercules plus gros; tibias antérieurs 
moins larges et surtout moins arqués. 



238 — 



11. GONOCEPHALUM BILINEATDJl Walk. 

Tnnkin : Hcinoï, Bao-Lac, commun. 

Commun dans lout l'Extrême-Orient : Inde, Indo-Ghinc, Chine méri- 
dionale, la plus grande partie de la Malaisie. 

12. Gonocephalum Brenieri n. sp. 

Types : Song-Kong, 2 ex. 9. 

Oblong, allongé, à côtés presque parallèles; d'un brun noir foncé 
assez brillant, mais revêtu d'un enduit terreux. 

Epistome à échancrure antérieure en angle obtus, large et peu profonde; 
faisant à sa jonction avec les joues un angle rentrant très peu marqué ou 
même entièrement effacé. Joues assez larges, iem- angle externe presque 
droit. Yeux très grands, à grosses facettes, munis d'une carène orbilaire 
])eu distincte; plus larges que les joues en dessus; occupant en dessous 
tout le côté de la tête, jusqu'au bord externe du cadre bucccil. Menton 
petit, à ailes latérales peu visibles; lobe médian en pentagone irrégulier, 
avec 2 fossettes profondes séparées par une carène médiane. 

Antennes longues et fines : 1" article 2 fois 1/2 plus long que large, un 
peu plus épais que le 2' qui est subcarré; 3' allongé , 3 fois environ pins 
long que le 2°; h' 2 fois plus long que le 2^ obconique; les 5'' et 6" sem- 
blables, mais graduellement plus courts; 7' élargi, aussi long que large; 
les suivants moniliformes , en massue très lâche ; le 1 o'' seul très faiblement 
trans verse. Pubescence blanchâtre, mi-couchée , entremêlée sui' les derniej"s 
articles de soies tactiles longues, très fines, étalées. 

Ponctuation du dessus de la tête rugueuse, forte, mais très confuse en 
avant ; devenant granuleuse en arrière , une piofonde fossette transversale 
sépare l'épistome du front. 

Pronotum environ 2 fois plus large que long sur sa ligne médiane; 
échancrure antérieure en arc presque réguliei-; angles antérieui'S saillants, 
aigus, à peine émoussés. Côtés régulièrement et faiblement ai'qués; leur 
plus grande largeur est près du milieu, et ils sont un peu moins rétrécis 
en arrière qu'en avant. Angles postérieurs presque droits (80°), non 
émoussés. Base bisinuée, à lobe médian largement tronqué en arrière, 
rebordée latéralement. Disque assez convexe , bien séparé des côtés qui sont 
largement explanés ; tout le dessus couvert d'une granulation assez fine et 
peu serrée, chaque tubercule portant une soie roussâtre relevée, arquée en 
arrière. Ecusson ruguleux, hispide, à marge postérieure largement lisse. 

Epaules anguleuses, débordant un peu la base du pronotum. Stries bien 
marquées, nettement ponctuées, les points forts et enfoncés près de la base. 



— 239 — 

devenant gradueUement plus fins et moins profonds en amère. Intervalles 
subconvexes, prescpie lisses en arrière, portant en avant de fins tubercules 
formant i ou 2 rangées irrégulières; sur chaque intervalle, des soies squa- 
muleuses relevées, arque'es en arrière, roussâtres, forment 1 — 2 rangées; 
près de la base de l'élytre elles s'insèient sur les tubercules mentionnés, 
vers l'extrémité leur insertion n'est plus qu'un point simple. 9° intervalle 
plus convexe que les autres, subcaréniforme eu arrière. Arête épipleurale 
(10° intervalle) fortement crénelée eu scie près de l'épaule, puis de moins 
eu moins nettement en arrière; juste visible de haut. Faux-épipleures 
i-ugueux, hispides. Epipleures très étroils, linéaires, peu distincts. 

Abdomen et métasternum brillants, à grosse ponctuation entremêlée do 
petits points très fins ; de chaque gros point part une soie couchée. 5° seg- 
ment entièrement et finement rebordé. Episternes métathoracicpies , côtés 
du métasternum et des sternites abdominaux rugueux, mats. Mésosternum 
bispide, faiblement concave en avant. Saillie prosternale réfléchie immé- 
diatement en arrière des hanches. Prosteruum tubercule, hispide ainsi que 
ses flancs ; ceux-ci séparés par une impression très distincte de leur partie 
externe qui est explanée et beaucoup moins grossièrement sculptée. 

Pattes assez grêles. Tibias antérieurs de la longueur des fémurs, très 
étroits, à peine triangulaires, droits; leur angle apical externe est très peu 
saillant et n'atteint que l'extrémité du 1" article du tarse. Tarse plus long 
que les 3/4 du tibia, très grêle, à articles tous plus longs que larges, le À" 
le plus court, le 5' subégal aux 3 précédents réunis. Tibias intermédiaires 
un peu plus courts que les fémurs, à peine plus longs que les tarses; 
ceux-ci à articles i-h régulièrement décroissants, le 5' plus long que les 
3 pi'écédents réunis. Tibias postérieurs longs et grêles, un peu arqués en 
dehors; i'" article des tarses subégal aux 2" et 3' réunis, un peu plus court 
que le 5% 

Longueur : 8,6-9 mm. Largeur : 3,5-3,7 ™"^^- 

Celte espèce est voisine du C. moluccanum Bianch., mais plus parallèle, 
à côtés du pronotum plus nettement et plus largement explanés, et surtout 
à antennes et jambes antérieures très différentes : chez le C. moluccanum 
Bianch., les antennes sont beaucoup plus courtes, à articles 5 et 6 à peiue 
plus longs que larges, 9, 10 et 1 1 franchement transverses; les tibias an- 
térieurs sont plus courts que les fémurs, fortement triangulaires; leur 
angle apical externe atteint au moins l'extrémité du 2° article des tarses: 
ceux-ci sont à peine plus longs que la moitié du tibia, et leurs articles 1 à h 
sont au plus aussi longs que larges ; les h pattes postérieures sont égale- 
ment plus épaisses; enfin le ventre n'a pas de fine ponctuation dans l'inter- 
valle des gros points sétifères. 

Je rapporte au C. Brenieri, mais avec un peu de doute, 2 exemplaires 
pro\enant du Cambodge, sans localiU; j)récisc. Ils difl'èrenl des types par 



— -2/10 — 

la taille plus faible (7 mm.), les côtés du prothorax moins nettement 
cxplaués, les impressions céplialiques moins nettes. L'un deux est un d 
qui pre'sente les caractères sexuels suivants : 

9 premiers sternites abdominaux avec une assez forte impression médiane 
commune, oblongue. Tibias antt^rieurs largement échancrés en arc, en 
dedans, de la base au milieu, où ils présentent une forte dent, aiguë et 
saillante ; leur moitié apicale est légèrement épaissie et présente en dessous 
6-8 dents spinuleuses; les tibias intermédiaires sont un peu plus épais et 
un peu plus spinuleux que chez la 9. 

Si ces exemplaires sont bien des C. Bremeri, ces caractères du c? accen- 
tuent à la fois les affinités avec le C.moluccanum Bl. et les différences entre 
les deux espèces. Chez le C. moluccanum Bl,, en effet, la dent du tibia 
antérieur est située bien au delà du milieu, et la forme du tibia est très 
différente. 

13, GoNOCEPHALDM MOLUCCANUM BlaUch, 

Cochinchine : Cap Saint- Jacques. 

Cambodge : Prion-Penk, Pnom-Penh, etc, , commun. 

Commun dans tout l'Extrême-Orient : Inde, Indo-Chine, Chine méri- 
dion^ile, Malaisie. 

Mais il existe, confondues sous ce nom dans les collections, toute une 
série d'espèces affines, bien distinctes par les dimensions des yeux, les 
proportions des antennes et des tarses, les caractères sexuels cf. 

\h. Gonocephalum Outreyi, n, sp. 

Types : Pnom-Penh, 9 ex. d*. 

Oblong, allongé, à côtés subparallèles; assez semblable de fticies au 
G. Bremeri; d'un brun noir foncé, peu brillant, revêtu d'un enduit terreux , 

Epistome à échancrure antérieure assez profonde, en angle presque 
droit; fortement arrondi sur les côtés, faisant avec les joues un angle ren- 
trant très marqué, à peine obtus. Joues assez larges, arquées en dehors; 
yeux grands, assez convexes, munis en dessus d'une carène orbitaire peu 
saillante; très grands en dessous (comme chez G. Bvcnkri). Epistome 
séparé du front par une forte impression transverse; rugueux en avant,* 
tubercule en arrière. Front couvert de gros tubercules sétifères, assez 
serrés. Menton presque ovalaire , à peine plus long que large , profondé- 
ment bifovéolé. 

Antennes assez robustes. 1"' article gros, en massue, 1 fois 1/9 plus 
long que large; 9°, petit, subcarré; 3°, environ 3 fois plus long que le 9°; 
h\ 9 fois; 5", 1 fois 1/9; 6', à peine plus long que le 9°; 7°, distinctement 



— '2à\ — 

('largi, aussi long que large; 8', un peu; 9" et lo^ foitement tmisverses; 
1 1°, aussi large que le io% un peu plus long que large. 

Pronotum environ 2 fois plus large que long. Écliancrure antérieure 
pen profonde, son bord postérieur légèrement avancé et émarginé au 
milieu. Angles antérieurs aigus, mais peu saillants, un peu émoussés. 
Côtés fortement arqués, sinués juste avant les angles postérieui's , qui sont 
aigus et un peu tournés en dehors. Base bisinuée , échancrée au milieu 
devant i'écusson. Disque assez peu convexe, inégal, avec une impression 
longitudinale médiane peu distincte; couvert de gros tubercules peu 
serrés, dérivant de l'exagération d'une ponctuation ombiliquée encore 
reconnaissable au réseau saillant qui entoure la base des tubercules; 
chaque tubercule porte une courte soie rousse , dressée. Côtés du pronotum 
largement explanés, beaucoup plus finement granulés que le disque. 
Ecusson fortement transversal, grand, avec une très large marge lisse et 
brillante. 

Elytres longs, à épaules arrondies, effacées, dépassant de très peu la 
base du pronotum. Stiies bien marquées, fortement ponctuées surtout près 
de la base, où les points crénèlent les intervalles; ceux-ci subconvexes, 
surtout en arrière et sur les côtés; portant 1-2 rangées peu régulières de 
fins tubercules sétifères, plus gros près de la base. Soies rousses, courtes, 
dressées. Arête épipleurale juste visible de haut, à peine visiblement 
crénelée sauf tout près de l'épaule, mais portant une rangée de courtes 
soies, très apparente; 9° intervalle caréniforme en arrière. Faux épipleures 
éparsement tubercules près de la base. Épipleures lisses, très étroits. 

Abdomen à grosse ponctuation rugueuse, peu serrée, sétifère; 5' sternile 
non rebordé; côtés des i"' steruites rugueux, tubercules, comme les épi- 
sternes métathoraciques et les flancs du métasternum, celui-ci à ponctua- 
tion forte, rugueuse et soies rousses mi-relevées. Mésosternum déclive, 
presque subvertical. Saillie prosternale réfléchie immédiatement en arrière 
des hanches. Prosternum rugueux, grossement tubercule, hispide; ses 
flancs finement granulés, parsemés de tubercules plus gros, ruguleux et 
sti-io'és en travers sur les côtés, presque lisses et striolés eu long sur les' 
hanches. 

Pattes antérieures robustes; tibias triangulaires, très larges, un peu 
arqués, fortement denticulés, spinuleux en dehors; leur angle apical 
externe, presque droit, atteint l'extrémité du 3" article des tarses. Tibias 
postérieurs un peu arqués en dehors; 1" article des tarses subégal au h', 
un peu plus long que les 2' et 3° réunis. 

d* Abdomen avec une faible impression sur les 2 premiers sternites. 

Longueur, 8 à 8,5 nmi.; largeur, 3,5 mm. 

Espèce curieuse, se rattachant de façon manifeste au groupe nombreux 
auquel appartiennent les G. sculellare Pert., aculangulum Frm., etc., mais 
très distincte. 



2/(2 — 



15. Gonocephalum elegans, n. sp. 



Type : Tonkin, Lao-Kay, i 9. 

Très allongé, étroit, parallèle. Brun noir, assez brillant, revêtu d'un 
enduit terreux. 

Échancrure antérieure deTépistome peu profonde; côtés arqués, faisant 
avec les joues un angle rentrant à peine distinct. Joues arrondies en 
dehors, plus étroites que les yeux en dessus; ceux-ci grands, convexes, 
munis d'une carène orbitaire assez saillante, très développés en dessous. 
Front muni de 5 fovéoles bien distinctes : i médiane, 2 juxta-oculaires, 
9 antérieures, entre le front et l'épistome. Dessus de la tête rugueux, fine- 
ment tubercule, bispide (soies roussâtres). 

Pronotum moins de 2 fois plus large que long au milieu; échancrure 
antérieure en arc régulier, assez profonde. Angles antérieurs très aigus , 
très saillants. Côtés peu arqués, leur plus grande largeur près du milieu, 
plus rétrécis en avant qu'en arrière ; angles postérieurs aigus. Base bi- 
sinuée, échancrée au milieu. Disque inégal, assez convexe, avec un sillon 
longitudinal médian et 9 impressions postérieures obliques; très fortement 
séparé des côtés qui sont très explanés et un peu relevés; couvert de 
tubercules sétifères luisants, fins, inégaux, assez serrés. 

Épaules débordant légèrement la base du pronotum, obliquement cou- 
pées, peu anguleuses. Stries bien marquées, grossement ponctuées, les 
points arrondis, même à la base où ils sont plus forts. Intervalles sub- 
convexes, surtout en arrière et sur les côtés, portant chacun 1 rangée de 
soies squamuleuses, roussâtres, mi-couchées, arquées en arrière; près 
de la base, ces rangées sont moins régulières et tendent à se dédoubler, et 
les soies sont visiblement insérées sur un petit tubercule arrondi, luisant. 
Arête épipleurale juste visible de haut, à peine visiblement crénelée. Faux 
épipleures étroits, presque lisses. Épipleures lisses, linéaires. 

Abdomen assez brillant, avec une ponctuation assez grosse, mais peu 
profonde et peu serrée; sétifère; alutacé très finement entre les points. 
5' sternite à rebord fin et entier. Côtés des 1'" sternite et du métasternum 
et épisternes métathoracique en partie ruguleux. Métasternum linement 
ponctué et sétosellé. Saillie prosternale assez large, réfléchie inmiédiate- 
ment en arrière des hanches. Prosternum ruguleux, parsemé de fins tu- 
])ercules sétifères globuleux, très brillants; sur les flancs, ces tubercules 
sont plus fins. 

Menton grand, tronqué en avant, et par suite en forme d'hexagone 
ii-régulier, concave au milieu, blfovéolé, les 9 fossettes plus ou moins con- 
fluentes le long de la ligne médiane qui n'est pas saillante. Antennes fines : 
1" article gros, en massue, 9 fois plus long que large; 9% petit, subcarré; 
3% li fois plus long que le 9^ ^4^ 5" et 6% subcylindriques, le h' un peu 



_ 243 »- 

plus long, le 5° aussi long, le 6° un peu plus court que la moitié du 3°; 
7% un peu plus élargi, aussi long que le précédent, plus long que large; 
8% 9* et 10°, en massue lâche, le io°, seul, très peu trans verse; 1 1", grand, 
aussi long que large. 

Pattes grêles. Tibias antérieurs longs, sublinéaires, très obliquement 
coupés à l'extrémité; leur angle apical externe, très obtus, dépasse un peu 
l'extrémité du i" article des tarses; tarses longs, à ^ premiers articles 
subégaux, plus longs que larges, i" article des tarses intermédiaires plus 
long que le 2°; tibias postérieurs très légèrement arqués; i" article des 
tarses plus court que les 2 suivants réunis et que le ^'. 

Longueui*, 9 mm.; largeur, 3,3 mm. 

Je rapporte à la même espèce 1 c? faisant partie de ma collection , in- 
diqué comme provenant de Pnom-Penli (ex-coll. Lajoye); il y a lieu de 
douter de l'exactitude de celte provenance, et je le crois réellement origi- 
naire du Haut-Tonkin. Il diffère de la 9 ci-dessus décrite parles caractères 
suivants : 

Abdomen légèrement déprimé au milieu des 1" et 2* sternites; tibias 
antérieurs légèrement épaissis en dessous sur leur tiers apical; tibias inter- 
médiaires faiblement échancrés en dedans à partir du milieu jusqu'à une 
forte dent antéapicale. 

Espèce voisine des G. ohlongum F. , elongatum Guér. , laticolle Geb. , mais 
bien distincte par sa petite taille, sa sculpture et les caractères sexuels 
du d. 

16. GONOCEPHALUM ELONGATUM Guér. ^^'. 

Tonkin : Son-Kong, 1 ex. 9. 

Espèce très répandue en Extrême-Orient , surtout dans les régions mon- 
tagneuses de rindc et de la Chine méridionale. Elle est souvent confondue 
dans les collections avec le G. ohlongum F., plus rare et propre à l'Inde. 
Ueitler l'a crue nouvelle et décrite à nouveau sous le nom de G. quiidri- 
nodosum. 

17. GoxocEPHALUiM scuTELLARE Perty. 

Cochinchine : Cap Saint-Jacques, 1 ex. (ex coll. Lajoye). 
La détermination, basée sur l'examen des matériaux de la collection 
Fairmaire , est un peu douteuse ; l'espèce est répandue en Malaisie. 

(') Les Gonocephalum ohlongum F., laticolle Geb. {= expanaicolle Frni. noc 
bcwis), elongatum Gucr. (= quadrinodmum Rtl.), elegans n. sp., catenulalum 
Fini., constilucjit un grou[)C homogène de belles espèces, toutes propres à l'Ex- 
trême-Orient ; il y en a probablement encor» plusieurs autres inédites. 



Vi 



18. GONOCEPHALUM SUBSPINOSUM Frm. 

C;imbodge, mars iQiS, sans localité, i ex. 9. 

Tonkiii : Bao-Lac, 2 ex. (ex coll. Lajoye). 

Espèce très commune dans les régions de la Chine méridionale, et qui 
se retrouve jusque dans l'Inde du Nord. Reitter l'a décrite à nouveau sous 
le nom de G. subsetosum Rtt. (nec Kolbe) = G. chineuse Geb. 

A cette espèce s'en rattachent d'autres, assez nombreuses, d'Extrême- 
Orient, toutes inédites'^'. 

(') La suivante, de Chine méridionale, peut se retrouver dans le Haut-Tonkin : 

Gonocephalum Guerryi, n. sp. 

Types : Tchou-King , Sze-Tchuen ( Chine méridionale. ) 1 cf , 2 Ç . 

Ç . Noir terne, à pubescence roussàlre peu serrée et extrêmement courte. 
Ohlong, déprimé en dessus. 

Epistome à échancrure antérieure profonde, à côtés arrondis formant avec les 
joues un arc régulier. Joues brusquement arrondies en dehors, plus étroites eu 
dessus que les yeux. Front séparé de l'épistomc par une profonde impression 
transversale, légèrement saillant le long du bord interne des yeux. Ponctuation 
rugueuse, très dense et très confuse, peu profonde. 

Pronotum 2 fois plus large que long , assez profondément échancré en arc en 
avant. Angles antérieurs très aigus, très saillants. Côtés élargis presque en ligne 
droite des angles antérieurs jusqu'au delà du milieu, puis brusquement et forte- 
ment rétrécis en arc, enfin redressés un peu avant les angles postérieurs qui 
sont aigus et légèrement tournés en dehors. Base très faiblement Insinuée, lar- 
gement tronquée au milieu. Disque égal et très peu convexe; côtés étroitement 
cxplanés, finement rebordés. Toute la surface finement, 1res densément et ru- 
giicusement granulée, à sculpture très confuse et ti'ès peu régulière. Ecussoa 
grand, en triangle curviligne; ruguleux, à large marge lisse. 

Elylres oblongs, allongés, déprimés, Epaules débordant fortement la base du 
pronotum, sans former d'angle saillant. Stries très fines et très finement ponc- 
tuées. Intervalles égaux, plans, le 9" seul fortement convexe en dehors et mas- 
quant entièrement, lorsrju'on regarde l'insecte de haut, l'arête épipleurale; 
celle-ci est par suite entièrement invisible, sauf son extrémité antérieure, qui 
remonte en avant de l'épaule et y forme un petit talus contre le([uel vient buter 
l'angle externe du pronotum. Pubescence très courte, non sérialement disposée. 
Faux épipleures brillants , presque lisses, granulés sous l'épaule. 

Abdomen noir assez brillant, finement coriace, surtout sur les côlés des pre- 
miers sternites, à ponctuation râpeuse moyenne, espacée, et fine pubescence 
roussàtre couchée; 5° sternite à très fin rebord entier, un peu saillant. Méta- 
sternum à ponctuation fortement râpeuse, éparse, à pubescence mi-relevée: ses 
côtés et les épisternes ruguleux , presque mats. Mésoslernum large , à peine concave 
en avant. Saillie prosternale large, rugueuse, largement sillonnée au milieu, à 



— 1!x\ 



19. GONOCEPHALUM ALATICOLLE Frm. 

Cambodge ; Pnom-Penh, Prion-Penk, commun. 

Tonkiu : Lao-Kay, i ex. 

Espèce très répandue en Indo-Chine, décrite par Fairmaire comme 
Bradymerus, mais qui se rattache sans doute possible aux Gomccpkahun. 
Les d diffèrent des 9, comme à l'ordinaire chez les Gonocephaluin , par 
les premiers sternites abdominaux déprimés au milieu. 

20. Gonocephalum hasticolle, n. sp. 

Types : Cocliinchiue , sans loc, 2 ex. 9 (coll. M. Maindron et coll. 
J. Gliatanay). 

pubescencc roussàtre dressée; prosternum rugueux, granulé, ses flancs à fine 
granulation arrondie, peu serrée, entremêlée de tubercules plus gros. 

Menton petit, aussi long que large, peu distinctement impressionné. Antennes 
brun roussàtre foncé, fines et assez longues, à 9° article très petit, subcarré; 
3°, environ h fois plus long; les 3 suivants graduellement décroissants; 7^, nn 
peu plus court et un peu plus large que le 6% les h derniers formant une massue 
lâche, les 9* et 10" un peu fransverses. 

Pattes assez longues. Tibias antérieurs étroits; leur arête externe presque 
droite, deniiculée, spinuleusc; leur face dorsale très convexe, subcarénée dans sa 
moitié apicaie; arête interne très légèrement concave, munie d'une rangée de 
fortes spinules; angle apical externe droit, peu saillant; arête Inférieure simple; 
larses assez allongés. Tibias intermédiaires robustes, régulièrement épaissis de la 
base à l'extrémité. Tibias postérieurs longs, à peine visiblement flexueux; larses 
postérieurs subégaux à la moitié des tibias, leur 1" article égal au 4% un peu 
plus long que les 2° et 3" réunis. 

cf. Abdomen impressionné au milieu sur les 1" et 2' sternites. Tibias anté- 
rieurs plus longs que chez la $ ; arête externe légèrement concave en dehors; 
arête interne rectiligne et inverse sur son tiers basilaire, puis très largement 
échancrée en arc jusqu'à l'extrémité, crénelée et fortement spinuleuse (environ 
i5 épines); angle apical interne arrondi, saillant; arête inférieure crénelée, 
spinuleuse, dilatée vers les 3/5" du tibia en une forte saillie anguleuse. Tibias 
intermédiaires plus longs, plus grêles, plus brusquement épaissis à roxtrérolté, 
munis en dedans de 3-4 crénelures antéapicales, et fortement spinuleux. Tibias 
postérieurs un peu plus llexueux. 

Longueur, 9-9,5°""; largeur aux épaules, 3,8""°. 

Cette intéressante espèce, dont je dois la communication à l'amabilité de 
M. P. Guerry, appartient au groupe des G. coriaceum Mots., sexuak Mars, et 
rorvicolle Rtl. ; elle est particulièrement voisine de celte dernière espèce, d(tnt 
elle se distingue par la position de l'arête éplpleurale, les côtés du pronotum 
moins largement explanés, les caractères sexuels du cf. 



- 2A6 — 

Espèce étroitement allie'e à la 2)i'écédente ; un peu plus graude et de 
forme plus large. 

Epistome formant avec les joues un angle presque droit; relevé, de 
chaque côté de Téchancrure antérieure, qui est étroite et assez profonde, 
en une courte saillie triangulaire, aiguë. Joues anguleuses en dehors, un 
peu plus larges que les yeux en dessus. Carènes oculaiies très saillantes , 
ainsi que les deux élévations du milieu du front. 

Pronotum a fois 1/2 plus large que long, à angles antérieiu-s aigus. 
Milieu du bord antérieur légèrement relevé. Côtés très largement explanés , 
faiblement arqués, crénelés et spinuleux, entaillés sur leur quart posté- 





^^^Z^*! 



/Ht 




Fig. 1 à 3. — Gonocephalum hasticolle Chat. 

Antenne (fig. 1). — Tête, pronotum el base des élytrps (fig. a). 
Tibia et tarse antérieur droit, en dessous (fig. 3). 



rieur par une très profonde échancrure. Angles postérieurs aigus. Base 
faiblement bisinuée, échancrée devant i'écusson. Disque très inégal, cou- 
vert de gros tubercules spinifères serrés, sur la pai-tie explanée, les tuber- 
cules sont plus fins, arrondis, espacés, sur un fond finement et densément 
granulé. 

Élytres à épaules saillantes et un peu anguleuses. Stries bien marquées, 
ponctuées de gros points ronds, plus fins en arrière. Intervalles sub- 
convexes, chacun d'eux avec une rangée de longues soies raides, dressées, 
insérées sur de petits tubercules bien distincts près de la base des élytres, 
eflacés vers leur extrémité. Arête épipleurale denticulée, spiuuleuse, in- 
visible de haut sur la plus grande partie de sa longueur. 

Abdomen très fortement et peu densément ponctué; 5* sternite forte- 
ment et entièrement rebordé. Métasternum à forte ponctuation râpeuse. 
Prosternum tubercule. 



— 2àl — 

Antennes semblaljles à celles du G. brevîcomc, mais un peu plus lon- 
gues et moins épaisses , le 10° article seul un peu transverse. Tibias plus 
étroits, tarses plus allongés. 

Lougueui", 6,5-7,5 mm. ; largeur aux épaules, 3,3-3,6 mm. 

La forme de son pronotum distingue immédiatement cette espèce de 
toutes les autres du genre; mais réchancrare profonde qui la caractérise 
ainsi n'est réellement que l'exagération du sinus antc-basilaire qui s'oIj- 
serve chez les espèces voisines. Ces quatre espèces forment un grou[)3 
ti-ès naturel, fortement caractérisé par la forme de la tête, le pronotum très 
inégal, la sculpture des éiytres, l'absence de caractères spéciaux aux pattes 
cliez les cj*. Elles rattachent manifestement aux vrais Gouocephahan les 
espèces, décrites par Fairmaire, pour la plupart, comme Bradymerus , qui 
se groupent autoui' de G. aladcoUe Frm. 

1. Pronotum entaillé, de chaque côté, avant les angles postérieurs, par 

une profonde échancrure. Epistomc terminé par -2 petites saillies 
triangulaires redressées G. hasticoUe n. sp. 

— Pronotum simplement sinué devant les angles postérieurs 2 . 

2. Epaules anguleuses, saillantes. Disque du pronotum couvert de gros 

tubercules serrés. Antennes courtes et épaisses. 6-7 mm. 

G. brevicorne n. sp. *''. 



(1) 



Gonocephalupi brevicorne n. sp. 



Types : Martapura, S. E. de Bornéo, 2 ex. (1891, Doherly in coll. M. Pic et 
J. Chatanay.) 

Espèce également très voisine des précédentes, maïs beaucoup plus petite. 

Angle formé par les joues et Tcpistome obtus. Joues larges, aussi largos que 
les yeux en dessus, anguleuses en dehors. Yeux relativement grands, assez con- 
vexes. 

Pronotum fortement transverse, à reliefs moins accusés que chez les G.subspi- 
nosum Frm. et spinicoUe; bord antérieur légèrement relevé et échancré au milieu ; 
lossetles discales peu profondes. Sculpture très forte, consllluée sur le disque par 
de gros tubercules sélilères serrés, arrondis, sur les côtés par des granulations 
plus fines, vaguement alignées en travers. 

Angle humerai droit et vif. Stries bien marquées, un peu enfoncées, grossement 
ponctuées, surtout près de la base. Intervalles subconvexes, soies squamuleuscs 
redressées, régulièrement unisériées sur les intervalles pairs, formant sur les im- 
pairs 2 rangées peu nettes. 

Antennes courtes et épaisses, à 3' article épais, 2 fois 1/2 seulement plus lo^g 
que le 9", les à', 5° et G° régulièrement décroissants, le 6° aussi large que long; 
les 5 derniers transverses, en massue assez serrée. 

Tibias antérieurs plus fortement élargis. Tarses beaucoup plus courts. 

Longueur : 6,5 mm. Largeur aux épaules : 2,7 mm. 

MiisÉDM. — x^^I. - 17 



2/i8 — 



— Épaules aiTondies, non ou peu saillantes. Antennes normales. 

9-12 mm 3 . 

3 . Reliefs du pronotum très accusés , couverts de tubercules aigus , sans 
ponctuation distincte. 9-9,6 mm G. spinicolle n. sp. '''. 

— Reliefs du pronotum moins marqués; disque à très grosse ponc- 

tuation confuse, entremêlée de petits tubercules sétifères, saillants. 
10-12 mm G. suBSPiNosuM Frm. 

21. Gonocephalum bradymeroïdes n. sp. 

Types : Cambodge, Pnom-Penh, h ex.; Prion-Penk, 2 ex. 

Brun foncé, assez brillant; côtés du pronotum, antennes et pattes plus 
ou moins rougeâtres. Allongé , étroit , subparallèle, assez convexe en dessus. 

Épislome à échancrure large et profonde, à côtés arrondis faisant avec 
les joues un angle rentrant peu distinct; joues non anguleuses en dehors, 
bien plus étroites que la partie dorsale des yeux. Ceux-ci grands, convexes, 
à orbites à peine distinctes , séparées des yeux par un sillon étroit et profond , 
<[ui contourne le bord interne de l'œil. Ponctuation rugueuse et serrée , 
assez fme et très confuse sur l'épistome , très grosse et très profonde sur le 
front, qui est légèrement déprimé en avant, mais sans impressions bien dis- 
tinctes. De chaque point part une forte soie mi-redressée , arquée, unâtre. 

'•' Qonocephalum spinicolle n. sp. 

Types : Monts Tengger (ait. iooo p.), Java oriental; 3 ex. [1870 Frûh- 
storfer] (coll. M. Pic et J. Chatanay). 

Très voisin du G. subspinosum Frm., dont il ne diffère que par les caractères 
suivants : 

Taille un peu plus faible. Tête sans ponctuation distincte, à impression anté- 
rieure très large, très profonde et très abrupte en arrière; front et vertex munis 
de forts tubercules aigus, spinifèi'es. Yeux plus petits et plus convexes. 

Pronotum un peu plus Iransverse, à côtés encore plus fortement explanés et 
plus nettement séparés du disque; bord antérieur très fortement relevé en une 
saillie échancrée au milieu; saillies et impressions du disque du pronotum sem- 
blables dans les deux espèces, mais beaucoup plus accentuées chez G. spinicolle. 
Tout le pronotum noir mat , très finement coriHcé , parsemé de tubercules espacés 
très aigus, spinifères, plus saillants et plus serrés sur les parties en rebef, sans 
aucune trace de ponctuation. ( Chez le G. sub»pinosum Frm , le pronotum est, au 
contraire couvert d'une très grosse et très profonde ponctuation, un peu confuse, 
entremêlée de petits tubercules aigus.) 

Elytres semhlahles dans les deux espèces. x\bdomen presque lisse au milieu, le 
5° sternile seul fortement ponctué. Mésosternum un peu, saillie prosternale beau- 
coup plus large, cette dernière plus régulièrement déclive en arrière. 

Antennes et pattes semblables. 

Longueur : 9-9,5 mm. Largeur aux épaules : i mm. 



— 2à0 — 

Pronolum moins de 2 fois plus large que long, peu profondément 
dchancré en avant; angles ante'rieurs aigus (environ 80°). Cotes régulière- 
ment et ftùblement arqués, leur plus grande largeur en avant du milieu, 
épais, crénelés, munis de 2 rangées alternes de courtes soies. Angles posté- 
rieurs droits. Base bisinu(^e, largement tronquée au milieu. Disque régu- 
lièrement et assez fortement convexe , couvert d'une ponctuation semblable 
à celle du front; le bord antérieur de chaque point est relevé et donne 
insertion à une forte soie arquée en arrière. Côtés explanés, un peu relevés, 
finement ruguleux sans ponctuation ni granulation distinctes. Écusson en 
pentagone irréguliei-, fortement transversal , rugueux. 

Eiy très parallèles, à épaules effacées, juste de la largeur du pronotum à 
la base, un peu élargis juste en arrière de l'épaule; stries fortes, fortement 
ponctuées, surtout en avant; intervalles convexes, surtout en arrière et sur 
les côtés. Sur chaque intervalle, une rangée de tubercules sétifères globu- 
leux, brillants, gros et saillants près de la base, de plus en plus fins en 
ariière; soies rougeàtres, arquées, chacune d'elles atteignant la base du tu- 
bercule suivant. Arête épipleurale juste visible de haut, crénelée, bien dis- 
tinctement près de l'épaule , peu nettement en arrière. Faux-épipleures à 
ponctuation grosse et espacée, pubescents. Epipleures linéaires. 

Abdomen et métasternum à très grosse ponctuation peu serrée pilifère. 
Episternes métathoraciques avec 2 rangées irrégulières de gros points, 
ô'sternite non rebordé. Mésosternum déclive, sa partie horizontale antérieure 
munie au milieu d'une large carène longitudinale très lisse; le reste gros- 
sièrement ponctué. Pronotum ponctué, ses flancs très grossement gra- 
nulés, ridés en travers extérieurement; saillie prosternale étroite, ponc- 
tuée, rugueuse, abrupte en arrière. 

Menton trapézoïdal plus long que large, avec une forte carène longitu- 
dinale médiane, tranchante, aiguë en avant. Pat-tes courtes et robustes. 
Tibias antérieurs épais, peu élai-gis, à arête externe très mousse, tarses 
com-ts, à û premiers articles subégaux, très courts, le 2" un peu dépassé 
par l'angle apical externe du tibia; 3' article presque aussi long que le reste 
du tarse. Tarses intermédiaires à 1" article très peu plus long que le 2°, 
le 5° plus long que les 3 précédents réunis ; tarses postérieurs plus allon- 
gés, à 1" article un peu plus court que les 2" et 3" réunis, k° aussi long 
que le reste du tarse. Tous les tarses pubescents , villeux en dessous. 

Antennes longues et fines; 2" article un peu plus long que large; 3' à 
peine plus de 2 fois plus long que le 3' ; 4' à (>' graduellement décroissants; 
7''uu peu élargi, les suivants en massue très lâche, 10" seul très faiblement 
transverse. 

d Abdomen très fortement impressionné au milieu des 3 premiers ster- 
nites. Angle apical interne de tous les tibias terminé par une courte et forte 
épine 

Longueur : 5,5 mm. Largeur : 2 mm. 

17. 



— 250 -- 

Petite espèce très voisine du G. rtigatuluin Frm., dëcrit d'Aiinam, mais 
bien distincte par la taille plus forte, le pronotum moins convexe, à côtés 
plus largement explanés et à angles postériems droits, vifs, au lieu d'être 
arrondis. 



22. Gonocephalum fuscosetosum n. sp. 

Longueur : lo-ii mm. Largeur : 5 mm. 

Oblong, parallèle, assez peu convexe. Brun noir foncé , entièrement revêtu 
d'un enduit terreux. 

Épistome échancré assez profondément, arqué, avec une échancrure laté- 
rale bien marquée à la suture. Joues très larges au devant des yeux , coupées 
obliquement en arrière, avec leur angle externe obtus, un peu émoussé. 
Yeux assez gros, très convexes, séparés des joues par un sillon profond. 
Front large et presque plan , déprimé et obsolètement biimpressionné en 
avant. Tête à poncluatiou rugueuse très forte, très dense, confuse; hérissée 
de soies brunes courtes et fortes, mi-dressées, nombreuses. 





Fig. 4 et 5. — Gonocephalum fuscosetosum Chat. 

Antenne et portion latérale de la tête, vues en dessous (fig. 4). 
Moitié droite de la tête, vue en dessus (fig. 5). 

Pronotum un peu moins de 2 fois aussi large que long sur sa ligne mé- 
diane; largement et assez profondément échancré en avant. Côtés régu- 
lièrement arqués, assez largement explanés, leur plus grande largem^ au 
1/3 postérieur, largement etpeu profondément impressionnés au milieu, non 
distinctement denticulés , mais finement et densément ciliés de soies courtes, 
raides, arquées en arrière. Disque peu convexe, non nettement séparé des 
côtés , très peu inégal ; finement et densément rugueux , sans lubereides ni 
points bien nets; hérissé de soies com-tes, brunes, arquées, à disposition 
très régidière, espacées. Angles antérieurs subarrondis, les postérieurs 
presque droits. Base peu plus étroite que celle des élytres, bisinuée, re- 
bordée extérieurement. Ecusson rugueux , hispide. 

Élytres presque sans stries visibles, sauf en arrière; à surface égale, très 
finement coriacée-rugueuse , sans granulations bien distinctes, même à la 



•251 



base; entièrement hérissés de soies semblables à celles du thorax, très régu- 
lièrement disposées, espacées, formant environ 3 rangées par intervalle. 
Rebord latéral él roi t , non visible de haut, à peine visiblement denticulé, 
cihé de soies spinuleuses très courtes. 

Dessous brun noir. Prosternum finement rugueux, saillie prosternale 
recourbée en arrière des hanches, largement rebordée latéralement, très 
rugueuse. Mésosternum très rugueux, en V 
très ouvert. Métasternum sillonné à ponctua- 
tion âpre, chaque point donne insertion à une 
soie mi-couchée en arrière, et son bord anté- 
rieur est relevé. Les points sont plus ou moins 
confluents en rides obliquement transversales. 
Métasternum brillant, ses côtés rugueux et 
très mats. Ponctuation et vestiture de l'abdo- 
men semblables, 5° segment presque indis- 
tinctement rebordé, sauf sur les côtés. 

Yeux encore plus convexes en dessous qu'en 
dessus. Menton fortement caréné. Antennes 
robustes, hispides : articles i gros, presque 
invisible de haut; a subcarré, très court; 
3 très allongé; plus de (x fois plus long 
que 9; i à 6 graduellement plus courts; 4 et 
5 réunis un peu moins longs que 3 ; 7 aussi 
long que large; 8 à 10 graduellement plus 
larges et plus courts; 8 légèrement trans- 
verse; 10 près de 2 fois plus laige que long; 
1 i' brièvement ovoïde, un peu transverse. 

Jambes robustes, âpres. Tibias antérieurs 
très faiblement arqués, ciliés, spinuleux; leur 
angle apical externe peu saillant. Eperons 
courts. Tarses courts , épais , fortement ciliés , 
spinuleux; le 1" article des postérieurs sub- 
égal aux 2 suivants réunis et au ^\ Tibias 
postérieurs faiblement arqués et épaissis à 
l'extrémité. 

d Tibias simples, les postérieurs un peu plus grêles. Abdomen dé- 
primé le long de sa ligne médiane, faiblement impressionné à la base des 
segments 9-3. 

Indo-Chine : Cochinchine, sans loc. 1, d*, 2 9, 




Fig. G et 7. — Gunocephalnm 
fuscosetosum Chat. 

Tibia et tarse antérieurs 
(fig. G). — Tibia et tarse pos- 
térieurs (fig. 7). 



23. Cœdius Vollenhoveni n. sp. 
Types : Cambodge, Pnom-Penh, en décembre 1919, 3 ex. 



— Vo2 — 
Noir peu brillant, revêtu cVun enduit terreux. Ovoïde obiong, assez 



convexe. 



Tète peu profondément échancrée en avant; lobes latéraux de Tépistome 
arrondis , très saillants, formant avec les joues un angle obtus rentrant très 
marqué. Yeux petits, enfoncés, peu convexes, leur partie dorsale étroite et 
allongée. Front peu distinctement biimpressionné en avant. Tête ruguleuse, 
munie de très petites squamuies grisâtres. Antennes très courtes, à 3" ar- 
ticle plus étroit que le a' et un peu plus de 2 fois plus long, les 5 der- 
niers formant une massue grossissant graduellement du f au 10'' article, 
1 1 ° plus étroit que le précédent. 

Pronotum 2 fois plus large que long. Écbancriu-e peu profonde , son bord 
postérieur avancé au milieu; angles antérieurs peu saillants arrondis ; côtés 
fortement arqués, leur plus grande largeur au premier tiers, puis rétrécis 
prescfue en ligne droite jusqu'à la base. Angles postérieurs obtus, non 
émoussés. Base à peine bisinuée, formant au milieu un angle obtus saillant 
en arrière; munie d'une rangée de squamuies serrées. Disque convexe, 
presque égal, couvert de fins tubercules brillants, peu serrés, squamuli- 
fères. Côtés très brièvement ciliés. Écusson triangulaire , large et très court, 
peu visible. 

Élytres ovoïdes, delà largeur du pronotum à la base, à côtés régulière- 
ment arqués. Stries fines, étroites mais bien nettes, sans ponctuation dis- 
tincte. Intervalles plans sui- le disque, à peine subconvexes latéralement; 
garnis de 3 rangées de petites squamuies grisâtres insérées sur de fins 
tubercules brillants; sur les côtés, les squamuies sont graduellement pbis 
longues. Arête épipleurale nou visible de haut, sauf près de l'épaule; cré- 
nelée et portant une rangée d'assez longues squamuies piliformes, étalées. 
Faux épipleures ruguleux. Épipleures linéaires, très étroits, lisses. 

Abdomen rugueux, avec de petites soies couchées réguhèrement insérées. 
Métasternum très rugueux, faiblement impressionné au milieu. Mésoster- 
num court, fortement concave entre les hanches intermédiaires. Saillie pro- 
sternale largement lancéolée, abrupte en arrière, les côtés un peu abaissés. 
Flancs du prosternum brillants, striolés, finement granulés en avant. 

Tibias antérieurs fortement élargis; leur arête externe découpée en 
2 grandes dents obtuses, la première au tiers antérieur, précédée de 
quelques crénelures, la 2' plus saillante, antéapicale ; angle apical externe 
peu saillant; arête interne ciliée. Tarses antérieurs grêles, à U premiers 
articles subégaux, aussi longs que larges, 5" aussi long que les 3 précé- 
dents réunis. Les 4 tibias postérieurs étroits, légèrement élargis vers l'ex- 
trémité, spinuleux extérieurement. Tarses grêles; les intermédiaires égaux 
aux 2/3 du tibia, à 4 premiers articles régulièrement décroissants, le 5' 
subégal aux 3 précédents réunis; les postérieurs à 1" article égal aux 
2 suivants réunis et au k\ 

Longueur : 5 mm. Largeur : a, 8 mm. 



— 253 — 

Le genre Ceedius Mis. a une répartition géographique très étendue, et 
ses espèces sont assez nombreuses et d'une distinction souvent difficile, 
Fairmaire en a décrit un assez grand nombre , en les répartissant entre les 
trois genres Ceedius Mis. , Adavius Mis. et Brachyid'mm Frm. Ce dernier doit 
être purement et simplement supprimé ; |quant aux Adavius Mis., carac- 
térisés surtout par la forme des yeux, je doute beaucoup qu'ils puissent sub- 
pister en tant que genre ; en tout cas , les ^4. orientalis Frm. , scabrosus Gei*sl. , 
Perrien Frm. , inlermediiis Fi'm. , minor Frm. sont de vrais Cœdius. 

Le C. Vollenhoveni est sui-tout voisin des C. marinus Mars. , du Japon , et 
aspericoUis Frm. ; le premier est plus petit , ses élytres sont à peine visi- 
blement striés, les squamules des intervalles soni uni- ou bisériées, l'angle 
humerai est beaucoup plus accusé; le second est de forme plus massive, 
plus grossièrement sculpté , et les tibias antérieurs sont différents ; il est 
originaire de Sumatra. Les C. orienlalis Frm. et indiens Frm. ont également 
des tibias différents; tous deux ont le pronotum plus transverse; en outre, 
chez le premier, le bord antérieur du pronotum n'est pas avancé au milieu, 
les tarses sont plus robustes et la taille est plus forte ; le C. indiens Frm. est 
au contraire plus petit, les angles postérieurs du pronotum sont droits et 
vifs et la granulation des intervalles est plus grossière. 

La collection Fairmaire contient 2 exemplaires de C. Vollenhoveni , identi- 
ques aux types de cette description , sous le nom de Brachyidium aspericolk 
Frm.; mais il y a erreur évidente, comme j'ai pu m'en assurer par l'examen 
des types de cette dernière espèce. 



AMARYGMiNiîî. 

2^. Plesiophthalmus iossulatus n. sp. 

Type : Bac-Lac (Tonkin) [ex. coll. Lajoye]. 

Bien que je ne possède de cette espèce qu'un exemplaire 9 très défec- 
tueux , elle est si caractérisée que je n'hésite pas à la décrire. 

Taille et faciès des petits exemplaires du P. nigrocyanens Mots. , en entier 
d'un beau bronzé métallique, clair et très brillant, avec une pubescence 
pâle très fine et peu serrée , mais assez longue. 

Tête à ponctuation forte et serrée: épistome rectangulaire, à angles 
antérieurs arrondis, séparé du front par une large impression transverse, 
où la ponctuation est un peu plus forte et plus dense. Labre en ovale très 
transverse, presque 3 fois plus large que long (membrane articulaire non 
comprise), uu peu sinué au milieu en avant. Yeux assez grands, l'espace 
qui les sépare sur le front mi peu moins large que chacun d'eux en dessus. 
Oreillettes antennaires peu saillantes (les antennes manquent). Yeux peu 
développés inférieurement , n'occupant >que les côtés de la tête. Menton 



_ 254 — 

grand, rétréci en arrière, presque trapézoïdal, à milieu formant un fort 
relief graduellement élevé d'arrière en avant. Palpes labiaux courts et 
épais, à 3" article aussi large que long. Palpes maxillaires fortement sécuri- 
formes, à i" article très petit, a° plus long c£ue le 3°, li° grand, en triangle 
presque rectangle. 

Pronolum aussi long que large, entièrement rebordé et à peine échancré 
en arc en avant; angles antérieurs presque droits, non émoussés, très peu 
saillants. Côtés peu arqués, faiblement et presque également rétrécis en 
arrière et en avant. Base tronquée, presque droite, non rebordée, sauf 
brièvement près des angles postérieurs, qui sont obtus et non émoussés; 
précédée d'une étroite marge lisse. Ponctuation forte , peu serrée au milieu , 
où elle laisse, sur la moitié postérieure du pronotum, une étroite ligne 
longitudinale médiane lisse; plus grosse, plus profonde et beaucoup plus 
dense, mais non confluente sur les côtés. Flancs du prosternum grossement 
ponctués en avant, ridés en arrière, presque lisses en dehors des hanches. 
Prosternum extrêmement court. Saillie prosternale fortement sillonnée 
entre les hanches, déclive et rugueuse en arrière, très peu saillante à l'ex- 
trémité. Ecusson presque lisse. 

Elytres ovoïdes, très brillants. Epaules débordant un peu la base du pro- 
notum ; une dépression transversale en arrière de l'écusson , en arrière de 
laquelle les élytres sont fortement convexes, presque gibbeux. Sti'ies fines, 
les externes approfondies, toutes marquées en avant de très gros points 
fossulés, en arrière très finement ponctuées. Intervalles marqués de points 
extrêmement fins et épars, de chacun desquels part un assez long et très 
fiii poil roussâtre clair, couché. Faux épipleures avec une ponctuation et 
une pubescence semblables. Epipleures linéaires. 

Abdomen très finement ponctué, sauf la saillie intercoxale du l'^ster- 
nite, où la ponctuation est grosse; pubescent comme le dessus. Métaster- 
num assez court, presque lisse, sauf en arrière des hanches intermédiaires 
et sur les épisternes, qui sont assez fortement ponctués; à pubescence 
longue, un peu relevée; saillie intercoxale antérieure très rugueusement 
ponctuée. Mésosternum entaillé en V très ouvert, avec, le long des hanches 
intermédiaires, 2 forts sillons convergeant au milieu du bord postérieur du 
segment; rugueusement ponctué, pubescent. 

Pattes longues, très mutilées. Dent des fémurs antérieurs assez petite, 
peu saillante , aiguë. Eperons apicaux des tibias extrêmement courts , peu 
visibles au milieu de la pubescence apicale. Tarses antérieurs longs et 
robustes; j" article presque double du 2% celui-ci subégal au 3'; h' beau- 
coup plus petit; 5'' subégal aux 3 précédents réunis. 

Longueur : ih mm. Largeur aux épaules : 5,5 mm. 

La ponctuation et la courbure des élytres, la forme du pronolum, celle 
(lu mésosternum, la pubescence font de celte espèce une des plus remar- 
quables et des plus tranchées du genre. 



2:)") — 



STRONGYLIINiE. 



25. Phymatosoma quadrifasciatum n. sp. 

Type : Châ-Pâ (Tonkin), i ex. (coll. J. Cliatanay). 

En entier d'un noir bi-illaut, sauf 2 fascies jaunes sur chaque élytre. 

Têle noire; épistome presque plan, à ponctuation serrée, assez forte en 
arrière, fine en avant; front couvert d'une ponctuation extrêmement forte, 
confluente, rendant presque indistincts un étroit sillon médian et un auti-o 
sillon le long de chaque œil. Yeux grands, à orbites peu marquées; oreil- 
lettes antennaires très saillantes. 

Pronotum noir, tronqué en avant, avec le bord antérieur un peu relevé 
au milieu et les angles antérieurs tout à fait arrondis; arête latérale arquée, 
entière; angles postérieurs très oblus; base très faiblement bisinuée, munie 
d'un rebord très épais. Un sillon longitudinal médian large et profond, 
effacé en arrière, arrêté en avant à une petite distance du bord antérieur, 
bifurqué et rejoignant en arc les angles antérieurs; de chaque côté de ce 
sillon le pronotum est gibbeux, la gibbosité suivie en arrière d'une faible 
impression oblique. Tout le pronotum couvert d'une ponctuation forte, 
ronde, un peu ombibquée, peu serrée, à disposition peu régulière. 

Elytres d'un noir luisant, presque 9 fois plus larges à la base que le 
pronotum; angle humerai arrondi, effacé, surmonté d'un très fort calus 
saillant. Elytiesà côtés presque parallèles sur les 3/4 basilaires, puis arqués- 
rétrécis. 9 lignes de points, forts près de la base, graduellement plus fins 
en arrière , plus une ligne scutellaire , la 6° se rapproche de la 5' à la base 
pour contourner en dedans le calus humerai, les 7" et 8° prennent en 
dessous du calus, la 9° longe l'arête latérale; elle est marquée de points 
beaucoup plus forts que les autres, et un peu sulciforme. Faux-épipleures 
étroits, entiers; épiplcures tout à fait linéaires, indistincts eu arrière. Les 
intervalles des stries sont plans et tout à fait lisses. La 1" fascie est une 
bande étroite, flexueuse, allant du 3° intervalle au bord externe, environ 
au premier cinquième de l'élytre, remontant un peu en avant sur la S*" strie 
et les 7" et 9" intervalles; 2' fascie beaucoup plus large, intéressant les 
mêmes intervalles, située au xjk postérieur environ de l'élytre et en arc 
pou régulier, ouvert en arrière. 



256 



Anthicides de Mongolie [Col. BÉTÉBOMEiiEs]., 
PAR M. Pic. 



Les Antliicides faisant l'objet du présent article , et qui figurent dans 
les Collections du Muse'um d'Histoire naturelle de Paris, ont été recueillis 
de mai à août 1909 par le D' L. Vaillant, en majeure partie entre Cha 
Tclieou et Kan Tcheou (ait. 1,200 à i,5oo m.) ou de Kan Tcheou à Lan 
Tcheou par Sining (ait. 2,000 à 4, 000 m.). Quekpies exemplaires pro- 
viennent des monts Célestes ou de Gobie. 

NoTOxus BiNOTATus Gebl. Nan-Chan. 

NoTOXUs iNTERRUPTCS Pic et var. Nan-Chan; monts Célestes ou Tien- 
Chan. 

FoRMicoMUS Hadseri Pic. Nan-Chan , versant nord. 
Anthicds nitidior Pic, Gobi : Cha Tcheou, en juin. 

Anthicus biplicatulus , var. nov. latetestaceus. Than-Chan , versant 
nord, en juin''\ 

Elongatus, nitidus, testaceus, abdomine piceo, elytris nigris, ad basin 
late testaceis. 

Cette variété, qui diffère de A. biplicatulus Reitt (types) par la forme un 
peu plus allongée et la coloration plus claire, en majeure partie testacée, 
a la tête nettement conique, le prothorax assez court, médiocrement dilaté, 
arrondi en avant, les élytres assez longs, subparallèles, faiblement dépri- 
més à la base. 

Anthicus gobiensis n. sp. 

Elongatus, parum nitidus, médiocre pubescens, rufus, elytris ad et 
post médium piceo bifasciatis (fasciis ad suturam et lateraliter junctis). 

Allongé, peu brillant, médiocrement pubescent, roux, avec les élytres 
ornés, vers le milieu et avant le sommet, de deux fascies couleur de poix, 

C' Aussi de Transcaspicnne (collection Pic). 



— 257 — 

qui se joignent sur les côtés et sur la suture, élylres à ponctuation moins 
dense que celle de lavant-corps. Tête assez grosse, longue, subtronquée 
postérieurement avec les angles très arrondis; antennes grêles, filiformes ; 
jiiothorax long, faiblement élargi en avant; élytres bien plus larges que 
le protliorax, allongés, faiblement élargis après le milieu, courtement 
atténués ensuite, subtronqués au sommet, faiblement impressionnés en 
dedans des épaules ; pygidium foncé ; pattes grêles. Long, li mill. Gobi : 
Cha Tcheou, marais de Pa-hou-Lian, en mai. 

Très voisin de A. gratiosus Pic, mais les dessins noirs sont plus 
réduits sur les élytres ; en outre , le sommet de ces organes est largement 
testacé. 

Antiiicus Hauseri Pic. Nan-chan , versant nord , en juillet. 

Cette espèce a été décrite du Thibet, en 1906 (L'jfcVtaH^e,XXII,p. ^9). 



— 258 — 



Nouveaux Coléoptères exotiques, 
PAR M. Pic. 



Les Coléoptères décrits ici appartiennent aux Ptiniiles et aux Hétcro- 
mères(Hylophiius, Anthicides); ils font partie des Collcclions du Muséum 
de Paris ''^ 

1° Ptinidae. 

Trigonogenius impressicoUis n. sp. 

Giobulus et latus, piceus, elytris pro parte antennisque apice rufesccn- 
libus, dense cinereo-iuteo pubescens, aut squamulosus et sparse hirsulus: 
Ihoracc brève, postice fortiter impresso; elytris latis, subconvexis, lalera- 
liter compressis. 

Globuleux et large, noir de poix, roussâtre sur une partie des élytres, 
densément revélu de squamules, ou de poils, d'un cendré jaunâtre et orné 
de quelques longs poils dressés. Antennes grêles, à premier article épais, 
très pubescenles, dernier article allongé, roussâtre; protliorax court, bien 
plus étroit que les élytres, un peu élargi en arrière, étranglé à la base, 
marqué postérieurement de trois impressions, la médiane étant plus large, 
séparées par des gibbosités, à ponctuation large assez écartée, indistincte 
sur le milieu antérieur; élytres globuleux, larges et assez courts, un peu 
convexes en dessus, comprimés sur les côtés, infléchis courtement en 
avant , densément et presque uniformément squamuleux ; cuisses robustes , 
arquées. Longueur 3 mill. 5. 

Pérou : environs d'Arequipa, 1912 (D' Escomel). 

Espèce très distincte entre toutes par la particulière sculpture de son 
prothorax. 

Niptiis Toumoueri n. sp. 

Giobulus, parum pubescens, subnitidus, pallido-testaceus , capite llin- 
raceque rufescentibus , illo granuloso; elytris lineato punclatis; antcniiis 
pedibusque dense pubescenlibus, ilHs longissimis. 

(') Les Notoxus dilaticornis, Pseudotiotoxtis vicinus et Anthicus Vassei décrits iri 
fi{Turent aussi dans la coliertion Pic. 



— 259 — 

Globuleux, peu pubescent (peut-être par suite d'épilation, le sujet 
examind étant peu frais), un peu biillant, teslacé pâle avec lavant-corps 
roussâtre. Antennes longues et grêles, pubcscenles ; prothorax un peu plus 
long que large, un peu élargi au milieu, étranglé postérieurement, sil- 
lonné transversalement à la base, orné de fortes granulations; élytres un 
peu plus larges que le prothorax, courts, atténués postérieurement, 
offrant des rangées de points larges mais peu marqués avec les intervalles 
assez larges; pattes longues, cuisses grêles à la base, élargies vers leur 
milieu. Long, a mill. 5. 

Palagonie, province de Meudoza, à San Rafaël, 1909 (A. Tournouer). 

Ressemble un peu à N. Helleri Reitt., mais le prothorax est différent, 
la coloration plus pâle et les pattes sont plus grêles. 

Ptinus laticomia n. sp. 

Oblongus, nitidus, niger, elylris cyanescentibus, supra pilis uigris hir- 
sutus, scutello pedibusque albo pubescentibus ; antennis validis, pilosis; 
thorace satis elongalo, postice strangulato; olytris latis et brevibus, sub- 
parallelis, apice paulo attenuatis, striato-punctatis. 

Oblong, brillant, noir, les élytres teintés de bleu, orné en dessus de 
longs poils foncés dressés , avec l'écusson et les pattes à pubescence blan- 
châtre. Tête moyenne, faiblement carénée sur le vertex ; antennes robustes , 
assez courtes, pileuses, 2' ai-ticle plus étroit que le 3% dernier long, acu- 
miné; prothorax relativement long, faiblement arqué sur les côtés anté- 
rieurs, étranglé postérieurement et élargi ensuite sur la base, inégalement 
ponctué antérieurement , base lisse avec une rangée transversale de points ; 
élylresbien plus larges que le prothorax, courts, subparallèles, courtement 
atténués postérieurement , à stries faibles ponctuées de points allongés et 
médiocres, intervalles larges, épaules un peu marquées mais arrondies; 
pattes moyennes avec les cuisses un peu épaissies. Long. 3 mili. environ. 

Gochinchine : Cap Saint-Jacques. 

Cette espèce peut se placer près de P. Dohertiji Pic , elle est plus paral- 
lèle en offrant des reflets bleus sur les élytres et très caractérisée par ses 
antennes robustes. 

2° Hétéromères. 

Hylophilus (Euglenes) atronotatus n. sp. 

Oblongus, nitidus, subconvexus, griseo sat sparse pubescens, rufus, 
antennis pedibusque pallidioribus , elytris ad médium nigro fasciatis. 

Oblong, brillant, un peu convexe, orné d'une pubescence grise espacée 
et redressée, roux avec les membres plus clairs, les élytres étant ornés 
d'une fascie médiane noire qui n'alleiul pas les côtés. Tête tronquée posté- 



— -JGO — 

lieurement, à ponctuation forte et écartée, yeux grands , atteignant presque 
le bord postérieur de la tête, assez écartés; antennes longues, épaissies à 
Textrémité, à articles a à 4 à peu près égaux, terminal court, subtronqué 
an sommet; prothorax court et large, un peu rétréci en avant, à angles 
antéiieurs nuls, à ponctuation forte, écartée; élytres courts et larges, un 
peu atténués postérieurement, à ponctuation forte et écartée, à épaules 
subarrondies; pattes assez longues, cuisses postérieures épaissies. Long. 
3 mill. environ. 

Bassin du Chari, rivière Fo ou Fafji, entre Nana et Dekoua, 1906 
(D'' J. Decorse). 

Par sa coloration, se rapproche de H. inacidipennh Pic, mais les élytres 
ont une fascie, au lieu d'une macule suturale noire, la tête est rousse, les 
yeux sont plus écartés, etc. 

Hylophilus genjiensis n. sp. 

Oblongus, parum nitidus, sat dense griseo pubescens, rubro-rufus, 
oculis eiytrisque nigris, his ad basin brève rufo notatis. 

Oblong, peu brillant, revêtu d'une pubescence grisâtre soyeuse, fine et 
assez dense, rouge-roussâtre , la base des élytres comprise, yeux et les 
trois quarts postérieurs des élytres noirs. Tête tronquée postérieurement, 
densément ponctuée ainsi que le prothorax, yeux grands, atteignant 
presque le bord postérieur de la tête et assez écartés l'un de l'autre ; an- 
tennes longues et grêles, à 9° article court, 3° et 4° allongés, subégaux, 
dernier non épais, court, subacuminé obliquement au sommet; prothorax 
un peu plus long que large , subarrondi en avant et à peu près de la lar- 
geur de la tête , presque droit sur les côtés ; élytres courts et larges , forte- 
ment atténués , déprimés et un peu impressionnés à la base avec les épaules 
marquées, mais arrondies, finement et éparsément ponctués; pattes assez 
grêles, cuisses antérieures longues et arquées, tibias antérieurs dentés en 
dedans vers le milieu. Long. 3 m. 5 environ. 

Inde : Goromandel, à Genji, 1912 (M. Maindron). 

Voisin de //. discoidalis Pic, plus robuste avec la tête rousse et les élytres 
autrement marqués de foncé. 

Hypaspistes pubescens n. sp. 

Oblongus, nitidus, parum dense argenteo pubescens et antice, griseo 
hirsutus, pallido-testaceus, antennis, palpis pedibusque albis, elytris in 
disco vage brunnescentibus. 

. Oblong, brillant, peu densément revêtu d'une pubescence argentée 
avec, antérieurement, de longs poils gris dressés, testacé pâle avec les 
membres blanchâtres et le disque des élytres vaguement rembruni au 
milieu. Tête un peu déprimée entre les yeux ; prothorax plus long que 



— 2()1 — 

large, subglobuleux, un peu rétréci postérieurement, corne ornée de tu- 
bercules foncés peu nombreux; élytres bien plus larges que le prothorax, 
oblongs, un peu rétrécis en avant et davantage en arrière avec les épaules 
marquées et arrondies, un peu dépi-imés au sommet, épipleures assez 
étroits, s'eiïaçant aux extrémités. Long, k mill. 5. 

Mozambique, prov. de Gorongoza : Tendos de TUréma, février 1907 
(G. Vasse). 

Voisin de H. Perrieri Frm., moins robuste avec les élytres à angle sutu- 
rai saillant mais non épineux, et de forme différente. 

Notoxus dilaticornis o. sp. 

Oblongo-parallelus, nitidus, sparse giiseo pubescens et hirsutus, niger, 
cornu, antennis pedibusque rufescentibus , elytris singulo liiteo bimaculatis. 

Oblong, parallèle, brillant, orné d'une puhescence grise espacée, en 
partie redressée et de quelques plus longs poils dressés, noir, avec les 
membres et la corne roussâtres, cuisses parfois un peu rembrunies, élyties 
oi-nés chacun, sur le disque, de deux macules jaunâtres, la première 
allongée, la deuxième d'ordinaire subarrondie. Tête sillonnée; prothorax 
robuste, globuleux, à corne large et courte, un peu rétrécie en avant, à 
rebord non crénelé, cilié; élytres assez larges et peu longs, subparallèles, 
atténués postérieurement, tronqués au sommet, à faible dépression anté- 
rieure. Long. mill. 5. 

Mozambique : Vallée du Pungoué, Guengère, 1906 (G. Vasse). 

Voisin de N. pilosm Laf. , en diffère par la corne pins robuste, roussâlre, 
les élytres faiblement impressionnés. 

Pseudonotoxus vicinus n. sp. 

Oblongus, fere opacus, pallido-testaceus , oculis nigris, cornu robusto, 
antice attennato et deplanalo, supra brunneo granuloso. 

Oblong, presque opaque, testacé pâle avec les yeux noirs, la corne 
prothoracique ornée de granules brunes. Tête déprimée entre les yeux ; 
prothorax large, globuleux, corne atténuée et déprimée en avant (abaissée 
assez régulièrement vue de profil), ornée de plusieurs rangées de granules 
brunes , et à peine crénelée sur les bords ; élytres relativement larges et 
assez courts, atténués à l'extrémité. Long. 2 mill. 3. 

Congo français : Bahr-Sara, Boubo, 1908 (D"^ J. Kérandel). 

Très voisin de P. brevis Pic, plus robuste avec la corne plus iai'ge. 

Formicomus Vassei n. sp. 

Oblongus, parum nitidus, sparse griseo pubescens et hirsutus, rufus, 
antennis apice elytrisque postice pro majore parte brunnescentibus , hu- 
meris parum distinctis, rotundatis. 



— '262 — 

Oblong, un peu biillanl, orué d'une pubesceuce grise espacée avec 
fjuelques poils dressés, i^oux, extrémité des antennes et majeure partie 
postérieure des élytres rembrunies, cuisses teintées de brun. Tête assez 
grosse, subarquée et un peu atténuée postérieurement, à ponctuation forte, 
rapprochée, antennes longues et assez grêles; prolhorax un peu plus long 
que large, fortement dilaté-arrondi en avant, droit sur les côtés posté- 
rieurs, à ponctuation dense, un peu granuleuse; élytres subovalaires , 
rétrécis aux deux extrémités , à épaules obliquement arrondies , à peine 
marquées, sans dépression antérieure, à ponctuation médiocre et écartée; 
pattes robustes. Long. 3 mill. 

Mozambique, vallée du Pungoué, Guengère, déc. 1906 (G. Vasse). 

Ressemble un peu à F. pcdestris Rossi, mais les élytres n'ont pas de 
fascie claire et les épaules sont plus effacées. 

Formicomus obconiceps n. sp. c?. 

Oblongus, nitidus, médiocre pubescens, rufus, capite, antennis apice, 
pedibus pro parte abdomineque nigro-piceis , elylris latis, nigro-viridescen- 
tibus; thorace ad basin gibboso; femoribus anticis infra lamellalis, tibiis 
dentatis et incisis. 

Oblong, brillant, médiocrement pubescent, roux, avec la tête, le som- 
met des antennes, les pattes en partie et l'abdomen d'un noir de poix. Tête 
obconique, à ponctuation fine et écartée; antennes longues et grêles; pro- 
lhorax court et robuste; fortement dilaté, arrondi en avant, droit sur les 
côtés de la base , celle-ci fortement élpvée et sillonnée au milieu , finement 
et éparsément ponctué antérieurement ; élytres courts et larges, plus larges 
vers le milieu, subtronqués au sommet, à épaules marquées mais subar- 
roadies, à ponctuation fine et écartée; pygidium un peu saillant, foncé; 
pattes robustes, cuisses antérieures munies en dessous d'une arête tron- 
quée et large , tibias dentés en dedans et échancrés près du sommet. Long. 
k raiU. 

Mozambique, prov. de Gorongoza : Tendos de l'Uréma, février 1907 
(G. Vasse). 

Voisin de F. tiibercuUfcr Pic, en diffère par les élytres à reflets verdâtres, 
la gibbosité basale du prothorax plus forte et les pattes du c? à structure 
différente. 

Anthicus Vsugsei n. sp. 

Eiongatus , nitidus , sparse griseo pubescens , niger, thorace pedibusque , 
tarsis aliquot pro parte piceis. rubro-testaceis , elylris nigris, ante apicem 
sat late rubro-testaceo fasciatis, antennis nigris. ad basin i-nfescentibus. 

Allongé, brillant, orné d'une pubescence grise espacée et pas très 
longue, noir avec le protborax et les paltes (tarses parfois en partie 



— 263 — 

obscurcis) d'un leslacé rougcâlre, élytres noirs, présentant une assez large 
fascie d'un lestacé rougeâtre, très rapprochée du sommet, antennes noires, 
roussàtres à la base. Long. 3-3,3 mill. 

Mozambique, prov. du Gorongoza, Tendes du Sungoué, août 1907 

(G. Vasse). 

Jolie espèce, très voisine de A. honcsioldes Pic, mais fascie postérieur 
éJy traie testacée plus large, sommet des cuisses et tibias teslacés. 



Muséum. — xïiii. 



18 



'2U 



Notes sur les espèces LAMAUcKiEyNES du genre Ciiama 

(Fin) 

PAR M. Ed. Lamy. 



Gh. ,î;ruginosa^ 
(Lamarck, Anitn. s. vert., VI, i" p., p. 95.) 

Le type de celte espèce, qui, d'après Lamarck, correspondrait au CJi. 
grifplioidcs , dont elle est cependant distincte, est conservé au Muséum de 
Paris avec son étiquette originale : c'est un individu (ayant environ 35 milli- 
mètres de diamètre) rapporté de Timor par Pérou en i8o3. 

Par sa couleur rrrufo-rtibeuteri , la sculpture de la valve supérieure rsqua- 
niis fornicatis-n, l'ornementation de la valve inférieure trsubtus foUaceav, le 
Ijord entier ftmargine integro-n , cette espèce paraît correspondre au Ch. as- 
pcrsa de Reeve ( i846, Conch. Icon., pi. V, fig. 2 4), qui est teinté (tferru- 
fjiiieo-rubro-n , chez qui la valve supérieure est à nspiuisjornicatisn, la valve 
inréricure avec n srjuamis lamellatis , ad marginem spinœforinibusv, et dont 
Ips bords sont «lœvigaii-n. Cependant la figure donnée par Reeve est trop 
insuffisante pour permettre une conclusion ferme'''. 

Gh. asperella. 
(Lamarck, loc. cit., p. 95.) 

Dans la collection du Muséum de Paris , trois coquilles ont été rapportées 
par Lamarck à cette espèce. 

La 1" (dont le diamètre a une quinzaine de millimètres) , étiquetée frcamo 
aspérelle, Ch. asperellai^ ^ entièrement blanche en dehors et en dedans, est 
absolument conforme à de nombreux individus de Ch. spinosa Rroderip 

'') En tout cas, c'est à tort que Hanlcy (i843-56, Cat. Rec. Biv. Shells, 
p. 227) dit que les spécimens originaux du 6/1. eBruginosa ont l'aspect général du 
Ch. lazarus Lamarck. 

Quant à la forme figurée par Chenu (i8i3-5o, Illuslr. Conchyl., pi. V, lig. 7- 
7 6), ce parait être un Ch. rejlexa Reeve ou un Ch. pacifica Broderip, 



— i>65 - 

(i835, Trnns. Zool. Soc. Loiidon , I, p. 3oG, pi. XXXVIIl, fig. 8-9,) qui 
ont été rapportés au Muséum de Paris par M. L.-G. Seurat (1906 , Lamy, 
Bull. Mus. hist. nat. Paris, XII, p. 3o8) de Marutea du Sud (Lord Hood's 
Island). 

Le 2- spécimen, un peu plus grand (une vingtaine de millimètres), éti- 
queté par Lamarck ncJuma asperella , autre variétés, est teinté extérieui'c- 
ment de rose dans la région umbonale et intérieurement de pourpre dans la 
région posléro-inférieure : ce paraît être encore un écliantillon de spinosa. 

Le 3' individu est une coquille ovale , encore plus grande (35 milli- 
mètres), entièrement blanche, étiquetée ^chma asperella var. [/»]« et indi- 
quée comme recueillie à la Baie des Chiens-Marins (Australie) par Pérou 
et Lesueur en i8o3. Par sa forme oblongue et par ses épines plus courtes, 
cet échantillon''', qui est le type de la variété b signalée par Lamarck, 
me semble correspondre au Ch. Jukesi Reeve (18/17, C'o'*^/*. Icon., pi. Vil, 
fig. 39). 

On voit donc que la forme distinguée par Reeve sous le nom de Jukesi 
ne serait, d'après Lamarck, qu'une variété du 67*. asperella Lk. = spinosa 
Brod. , et effectivement il pourrait bien en être ainsi. 

D'après E. A. Smilh (i885, Rep. (^ Challenger r, Lamellibr., p. 17a), il 
n'existerait aucune bonne raison pour séparer de ce Ch. Jukesi Rve. le 
Ch. pellis-phocœ Rve. {loc. cit., pi. IX, fig. 54) et le CL Jibula Rve. 
{ibid., pi. V, fig. 27). Ces trois espèces ont, en effet, une coquille ovale à 
épines très serrées, qui sont souvent brunes sur la région postérieure, et 
à sommets teintés de pourpre pâle. 

Mais si l'on compare la figure de Ch. pellis-phocœ avec celles données 
par Reeve pour le Ch. spinosa (pi. VIII, fig. hk a, et pi. IX, fig. hh b) et 
aussi avec celles de Broderip, il parait bien difficile de séparer ces deux 
espèces. 

Quant au bord interne qui, indiqué comme lisse chez pellis-phocœ, est 
chez spinosa également entier d'après Broderip, à peine crénelé pour Reeve, 
finement crénelé selon dessin, il semble bien être toujours crénelé chez 
toutes ces formes , quand on a affaire à des exemplaires en bon état de con- 
servation. 

Ch. dectjssata. 
(Lamarck, loc. cit., p. 9 5.) 

Je n'ai pu trouver aucun renseignement sur cette espèce <^'. 

C' Ce spécimen de Ch. asperella ressemble extrêmement au Ch. echinulala Lk. 
lossile, ce qui explique que Deshayes ait réuni les deux espèces. 

'^) Bien que Lamarck indique celle forme comme vivant dans l'océan Indien, 
Chenu (i84.3-5o, Illustr. Conch., pi. Vil bis, l'^y. 8) a iif^uré sous le nom de 
Ch. decussula Lk, une espèce fossile. 

18. 



Ch. akcinella. 
(Lamarck, îoc. cit., p. gS.) 

Dans la collection du Muséum, Lamarck a détcrniiné l rois spécimens 
(ayant ko à 5o millim. de diamètre) de cette espèce Linnéenne (1767, 
Sijst. Nat., éd. XII, p. 1 109), des Indes Occidentales, qui, en raison de sa 
coquille embryonnaire carditoïde, a été prise par P. Fischer (1887. Mait. 
(le ConchyL, p. 10^9) pour type d'un sous-genre spécial Echinocliuma. 

ClI. RADIANS. 
(Lamarck, Ioc. cit., p. 96.) 

Lamarck a fondé celle espèce sur la coquille représentée par Cliemnilz 
dans sa figure 992 (178C, Concli. Cab., IX, p. i/j5,pl. iiG), et il fait 
remarquer que ce n'est pas le Ch. sinistrorsa Bruguière. 

En raison de la grande taille et de la coloration de cette coquille, MM. Ikic- 
quoy, Dautzenberg, Dollfus (1893, MolL du Roussillon, p. 3 1 -i ) pen- 
sent que, dans cette ligure de Gbemnitz, il s'agit peut-être du Cli. Ruppclli 
Reeve. 

Ch. cristella. 
(Lamarck, Ioc. cit., p. 96.) 

Bruguière (1792, Encijcl. Mcthod., Vers, I, p. 392) a donné le nom de 
Ch. sinistrorsa à une espèce des Grandes Indes, pour laquelle il cite aussi 
cette figure 999 de Gbemnitz. 

Mais Bruguière dit avoir décrit son espèce d'après une coquille de la 
collection de Lamarck. Or, ainsi qu'on vient de le voir, Lamarck, en meu- 
lionnant cetîe même figure 992 de Gbemnitz pour son 67/. radians, affirme 
que celui-ci n'est pas le Ch. sinistrorsa de Bruguière, et, d'autre part, il 
déclare qu'il ne possédait comme espèces sinislrorses que le Ch. arcinella 
et le Ch. cristella lorsque Bruguière consulta sa collection. On peut con- 
clure de là que Ch. sinistrorsa Brug. est identique à Ch. cristella Lk., 
qui, d'après Lamarck, pourrait coirespondre à la figure 998 (pi. 1 iG) de 
Gbemnitz <''. 

D'un autre côté, Glessin (1889, Conch. Cab., p. 38, pi. 16, fig. 3-/t) 
a pensé que la forme figurée sous l'appellation de cristella par Reeve 

C' Quant au Ch. sinistrorsa Brocchi {non Bruguière), c'est le Ch. ijiijphina 
Lamarck. 



— 1>G7 — 

(18A7, Courli. Icoii., ])1. Vlil, fig. A 2) ililTcrail de celle de Lainaick, cl il a 
propose pour cette espèce de Reeve un nouveau nom C'A, Reeveana, tandis 
qu'il applique (p. iG, pi. /i , [\g. li-5) à une coquille des Indes Occiden- 
tales (Poiio-Rico) la dénomination donnée par Lamarck. Mais, selon M. H. 
Lyngc (1909, Danish Exped. Siam, Mcm. Acad. U. Se. Lettr. Danemark, 
7' s., V, p. -^65), l'espèce de dessin ne concorde pas avec la diagnose de 
Lamarck, et les formes de Reeve et de Lamarck sont indubitablement 
identiques. 

Ce Cil. cristdla Lk, ^ cristella Rve. = Reeveana Cless.''' se rencontre dans 
Tarchipel Mergui, le golfe de Siam, Java, Célèbes et peut-être îa South 
Aiislralia. 

Ch. albida. 

(Lamarck, loc. cit., p. 96.) 

Dans la collection du Muséum de Paris, on trouve pour type de cette 
espèce une coquille (mesurant /i5x3/i mm.) qui a été rapportée de Java 
par Leschenault et qui, bien que sans étiquette de la main de Lamarck, est 
iudiquée comme déterminée par lui. 

Cette forme n'appartient d'ailleurs pas au genre Chama : ainsi que le dit 
Deshayes (iSSy, Traité élém. ConcInjL, II, p. 83), il faut lui identifier le 
C/iama hemkardium Blainv., type du genre Chamostrea Roissy (i8'i5, 
RIainville, Man. de Malac, p. 682), et le Cleidothœms chamoides Stutch- 
bury (1829, Zoo/. Journ., V [i839-34], p. 98) <-). 

Ch. ruderalis. 
(Lamarck, loc. cit., p. 96.) 

A côté de la forme typique lamelleuse, d'un blanc teinté de rose, figurée 
par Delessert (18/11. Rec. Coq. Lamarck, pL i3, C\g. b a-b)"\ Lamarck 
mentionne, pour le Ch. ruderalis, une variété h à lamelles plus courtes, 
dont les spécimens originaux, avec leur étiquette manuscrite, se trouvent 
conservés au Muséum de Paris; ils consistent en un individu complet et 
une valve inférieure (qui ont environ 35 millim. de diamètre), rapportés 
de Port- Jackson par Pérou et Lesueur. 



(') Le Ch. cristella Lk. a été figuré aussi par Chomi (]8'i3-5o, Illustr. Conchyl., 
pi. V,fig. k-kb). 

(2) Malgré Texistenco de ce Ch. albida Lk. , le même nom spécifique a été repris 
par Clessin (1S89, Cunch. Cab., p. /i8, pi. 19, fig. h-^) pour un aulre Chama. 

'•■') Le Ch. ruderalis a été figuré égulemenl par Deshayes (i839-r)7, Traité 
clém. Conch., pi. XVIII, fig. 9-11) et par Chenu ( i8^3-5o , Illustr. Conck, pi. V, 
fig. 2-2 c). 



— 268 — 

Parmi les espèces anslraliennes, je pense que c'est le Ch. fimhriata Reeve 
( tSiy, Conch, Icon., pi. VIII, fig. h\ ) qui correspond à cette variété, dont 
la coquille blanc jaunâtre est ornée de lamelles concentriques ondulées'"'. 

Gh. croceata, 
(Lamarck, loc. cit., p. 96.) 

Cette espèce, de couleur safranée, avec petites écailles blanches, a été 
figurée par Delessert (18/ii , Rec. Coq. Lamarck, pi. i3, fig. 6 a-b)'-^\ 

Gh. JAPONicA- 
(Lamarck, loc. cit., p. 97.) 

Une unique valve (mesurant i5 miilim. de diamètre) constitue, avec éti- 
quette originale, le type du Ch. japonica dans la collection du Muséum de 
Paris; elle est de teinte rougeâtre et offre une sculpture concentrique parais- 
sant correspondre à des rangées d'écaillés d'ailleurs érodées. Entièrement 
roulée et constituant, comme Hanley (i842-56, Cat. Rec. Biv. Shells, 
p. 1328) Ta fait remarquer, un ffwretched specimen«, elle est absolument 
indéterminable : il est cependant possible qu'elle provienne d'un jeune 
spécimen de l'espèce japonaise décrite par Lischke (1871, Jupan. Mecr. 
Conch., II, p. 128, pi. VIII, fig. 3-/i) sous le nom de Ch. Duitkerî. 

Bien que Lamarck range cette e-pèce parmi celles dont les crochets tour- 
nent de droite à gauche, cette valve offre eu réalité la disposition con- 
traire : elle est dextrorse. 

Gn. L/EVIGATA. 

(Lamarck, loc. cit., p. 97.) 

D'après M. J. Favre (igii, Catal ill. coll. Lamarck Mus. Genève, 
pi. 36, fig. 263), cette coquille fossile, dont les types sont conservés au 
Musée de Genève, est ïExogijra haliotidea Sowerby, du Céuomanien. 

(') Bien que le Ch. ruderalis soit une espèce Indo-Pacifique, Guppy (1877, 
Paria Fauna, p. i53) lui a cependant identifié une coquille pliocène de la Trini- 
dad, qui paraît à M. Dali (1908, Tert. Fauna Florida, p. i4o3, pi. 54, fig. 9 
et 5) être son Ch. caloosana. 

(^' Glienu (i843-5o, Illustr. Co%chyl., pi. VII) a figuré pour cette espèce, 
d'une part, un exemplaire sinistrorse (fig. 3-3 6 ) et, d'autre part, comme variété, 
un individu dextrorse (fig. h-li b). 

Une coquille reçue par Guming comme étant le Ch. a-oceata a été tenue pour 



— 269 — 

Gh. gryphina. 

(Lamarck, loc. cit., p. 97.) 

II y a au Muséum de Paris pour types de cette espèce fossile étiquetés par 
Lamarck deux valves, l'une supérieure (ByxôS mm.), l'autre inférieure 
(76x65 millim.), recueillies dans l'Astesan, et une valve inférieure 
(70x60 millim.) provenant de Turin et indiquée comme correspondant à 
la variété b. 

Le Musée de Genève possède aussi déterminées Ch. gryphinapnv Lamarck 
cinq valves de Touraine et des environs d'Angers : cette forme fossile d'An- 
gers assimilée par Lamarck au gnjpUna est pour Deshayes (i835 , Anim. 
s. vert., 2' éd., VI, p. 687) une autre espèce, et, d'après M. J. Favie 
(igii, Cai. ill. coll. Lamarck Mus. Genève, pi. 87, fig. 26/1-968), elle se 
rapproche beaucoup de Ch. aquitanica Benoist. 

Quant au Ch. gryphina fossile du Piémont, Deshayes (i835, Anim. s. 
vert., VI, p. 687) a reconnu que cette espèce vit encore dans la Méditer- 
ranée : il lui identifie le Ch. sinisti'orsa Brocchi [non Brug.] ( iSii , Conch. 
Foss. Subapenn., II, p. 619) et il y rattache à titre de variitésie Ch. lacer- 
nata Lk. et le Ch. xinicornana Lk. 

Ch. lacernata. 

(Lamarck, loc. cit., p. 97.) 

Cette espèce de Monte-Mario , dont il existe , dans la collection du Mu- 
séum de Paris, une valve supérieure (A5 millim. de diamètre) étiquetée 
par Lamarck, a été, bien que dextrorse, considérée par Deshayes (i836, 
loc. cit., p. 588) comme une variété de gryphina. 

Gh. turgidula. 
(Lamarck, /oc. cit., p. 97.) " 

Le Muséum de Paris possède un individu (80x26 millim.) déterminé 
par Lamarck Ch. turgidula, et il y a également un type de cette espèce au 
Musée de Genève. 

différente par Reeve qui iui a domiéle nom de Ch. preetexta ( 18/17, Conclu Icon., 
pi. VIII, fig. 40) : celte espt'ce a élé indiquée de i'îie Maurice par Ciessin( 1889, 
Conch. Cab., p. 35, pi. i5, fig. 3). 



— -270 — 

Ce fossile, dont Lamarck ignoiait la provenance, est nne forme «lu 
Bartonien-Lutécien (191 A, J. Favre, Cat. ill. coll. Lamarck Mus, Genève, 
pl-37,%. 269). 

Cn. ECHINULATA. 

(Lamarck, loc. cit., p. 97.) 

H existe au Muséum de Paris un spécimen (ayant 35 millim. de diamètre) 
étiqueté par Lamarck Ch. echinulata. 

Deshayes (i835, Anim. s. vert., 2" éd., YI, p. 584 et 588) regardait 
cotte espèce des environs de Plaisance (Italie) comme l'analogue fossile du 
Ch. asperella Lk., qui, pour lui, serait une forme vivant actuellement dans 
la Méditerranée. Mais nous avons vu que asperella est une coquille des mers 
Australes, et c'est au Ch. grijphoides L. que Ch. echinulata a été réuni par 
les auteurs subséquents '''. 

Ch. unicornaria. 
(Lamarck, loc. cit., p. 98.) 

On trouve au Muséum de Paris un individu (mesurant 65 x 5o millim.) 
étiqueté Ch. unicornaria par Lamarck. 

Celte coquille dextrorse, également des environs de Plaisance, qui, pour 
Lamarck, était au moins une variété du Ch. unicornis, n'est qu'une forme 
à grands crochets du Ch. lacernata et, de même que celui-ci, elle a été 
rattachée par Deshayes (i835, loc. cit., p. 588) comme variété au Ch. 
gryphina. 

Ch. lamellosa. 

(Lamarck , loc. cit., p. 98.) 

Dans la collection du Muséum de Paris , cette espèce de Grignon est 
représentée par deux valves inférieures (longues de 35 millim.) étiquetées 
par Lamarck. 

Le Musée de Genève en possède un individu et dix valves également 
déterminées par Lamarck (191^, J. Favre, Cat. ill. coll. Lamarck Mus. 
Genève, pi. 37, fig. 270-272). 

(1) Tout en indiquant asperella Lm. comme synonyme de grijphoides L. , de la 
Méditerranée, le Catalogue Pœtel (1890, III, p. 121) mentionne un Ch. aspa- 
rala {sic) Lm. , de la mer Rouge. 



- i>71 — 

ClI. CALCARATA. 

(Lamarck, loc. cit., p. 98.) 

Au Muséum de Paris, il y a, avec étiquette de Lamarck, deux valves 
supérieures (ayaut un diamètre d'une vingtaine de millimètres) de celte 
espèce également de Grignon. 

Il en existe huit valves au Musée de Genève (191/1, J. Favre, loc. cit., 
pi. 37, fig. 273-276). 



_ .. -272 



Notes sur des Rosacées b' ExtuÛme-Oriei^t , 

PAR M. J. CaRDOT. 



III 

RuBUS CHAMAEMORUs L. '"' — Japon : cap Soya (Faurie, 1891 ; n° 721 1 ). 
Sakhaiin : lieux tourbeux à Korsakof et à Mereya (Faurie, 1908; n" 56t? 
et 564). 

/ RoBUS FocKEANus S. Kui'z. (Syn. : R. loropetalus Frauch. P/. De/ay. , 
p. 2o3). — Western Cliina : mont Wa, wootls (Wilson, 1908; Veitch 
Exped. , n" 8^7 3). Yunnan : bois à la montée du Tsang-chan, au-dessus 
de Tali, ait. 8,000 m. (Delavay, i885; n° i885); Ma-eui-cban (Delavay, 
1889). 

La comparaison des échantillons authentiques du R. Fockeanus S. Kui'z , 
du Sikkim , et du R. loropetalus Franch. , du Yunnan , conservés dans l'her- 
bier du Muséum, montre bien que ces deux plantes sont spécifiquement 
identiques. Par contre, le R. Fockeanus Franch. PL David., II, p. 86, n'est 
pas du tout l'espèce de Kui'z ; c'est une espèce nouvelle , que j'ai décrite 
dans les Notulae systematicae , vol. III , n° 1 0, sous le nom de R. rubrisetulosus. 

RuBns cALYCiNus Wall. — Su-tchueu : Ping-ling-se, talus, 1,100 m. 
(D' Legendi-e, 1908; n" Age). 

Fruit à goût de framboise , d'après Legendre. 

Cet échantillon est bien identique à ceux du Sikkim et du Khasia, figu- 
rant dans les collections du Muséum. L'espèce, répandue dans l'Himalaya 
et représentée à Java par une variété propre à cette île, est nouvelle pour 
la Chine, où existe une espèce voisine, le R. peclinaris Focke, qui se dis- 
tingue du R. calycinus par ses stipules profondément incisées, et par ses 
sépales tous étroits et entiers , les extérieurs non foliacés , ni incisés-dentés. 

RoBcs PECTiNELLCs Maxim. — Japon : Shimidzu-toge (Faurie, 1888; 
n° 2681); forêts de l'Osorezan (Faurie, 1889; n° /i562); presqu'île de 

'•) L'ordre des espèces du genre Rubus adopté ici est celui du Species Ruborum 
de Focke, à moins d'indication contraire. 



— 273 - 

Kamiiso (Faurie, 189/i; u° i33o6); Togakushi (Fauiie, 1898). For- 
mose : Arisan, 2,5oo m. (Faurie, 191/i; n° 36). 

Très voisine du R. calycinus Wall. , cette espèce s'en distingue toutefois 
facilement par ses stipules profondément pinnatifîdes , divisées en lanières 
étroites , linéaires , allongées , souvent ramifiées. 

RuBDS ARCTicns L. — Sakhalin : lieux tourbeux près de Vladimirof 
(Faurie, 1908; n° 56o). 

RuBus TRiFLORDS Ricli. var. jAPONicus Maxim. (Syn. : R. japonicus Focke. 
R.pseudoj'aponicus Koidz. Bot. Mag. Tokyo, XXV, p. jli). — Japon : assez 
nombreuses localités (Faurie). 

11 y a, dans l'herbier du Muséum, un échantillon original de la plante 
de Maximowicz, qui est bien identique à plusieurs des spécimens récoltés 
par l'abbé Faurie ; la plupart de ceux-ci sont toutefois plus robustes. 

11 m'est impossible de voir dans cette Ronce du Japon autre chose qu'une 
race géographique du R. trijlorus Rich. de l'Amérique du Nord. Focke 
(5p. Rub., I. p. 25-26) indique comme caractères distinctifs pour h R. ja- 
ponicus les feuilles la plupart à 5 folioles [pedalo-quinata) et le noyau des 
drupéoles lisse , même après dessiccation ; mais il n'est pas rare de trouver 
des feuilles ternées sur la plante du Japon, et le n" 8369 de Faurie (som- 
met du Riishiri, 1892) a les noyaux distinctement nigueux. 

RtiBcs DEFENscs Fockc. — Japou : Okumasan (Faurie, 189^ : n° tSAyô). 

Bien identique au type de l'espèce de Focke, n° 6902 de Faurie. 

Koidzumi [Consp. Ros.jap., I, p. 109) considère cette plante comme 
synonyme du R. ikenoensis Lévl. et Van., basé sur le n° 6687 de Famûe. 
Gomme ce numéro ne figure pas dans les collections du Muséum, et que la 
diagnose publiée par MM. Léveillé et Vaniot (Bull. Soc. bot. de Fr., LUI, 
p. 5^9) est complètement insuffisante (ces auteurs comparent leur plante 
au R. piingens Gamb. , qui appartient à un groupe très éloigné des CyJactis, 
dont fait partie le R. defensus) , je ne puis me prononcer sm- le bien fondé 
du rapprochement proposé par le botaniste japonais , et je crois préférable , 
en tout état de cause, de conserver le nom de Focke, appuyé d'une diagnose 
suflisante, tandis que celui de MM. Léveillé et Vaniot n'est vraiment guère 
plus qu'un nomen nuduin. 

RuBos siMPLEx Focke. — Gentral Ghiua : Western flupeh (Wilson, 
1900, 1901 ; Veitch Exped. n" 899 et 2273). Su-tchuen oriental : district 
de Tchen-keou-tin (Farges, n" 3i3 et 701 bis). 

Espèce très variable quanta la longueur des tiges fertiles (6 à 5o cm.) 
et aux dimensions des folioles , pai-aissant très stable pour tous les autres 
cai'actères. 



— 27/| 



PaiBus J)ei,avavi Francli. (Syn. : R. Duchuxii Lëvl.). — Vimnaii : nom- 
broiisos localités (Delavay, Ducloux, Maire). 

Les éclianlilloiis récoltés par Maire clans les pâtui'ages des montagnes, 
à Pé-long-tsin , vers 3, 200 m. d'altitude, constituent une forme naine, 
haute de 1 o à 1 5 cm. , à folioles plus courtes et propoi'lionnellement moins 
étroites. 

Focke place le R. Delavnyi dans la section Lenca)iihi du sous-genre 
Idcobalus; mais il me semble cpi'il appartient plutôt au sous-genre Ci!//flc<js, 
bien cpie ses tiges soient parfois frutescentes dans le bas. La forme des sti- 
pules et celle des aiguillons du calice la rapprochent du R. siiiiplcx Fockc, 
dont la tige est égcdement plus ou moins frutescente inférieurement. 

Cette espèce ne semble pas avoir été observée jusqu'ici en dehors de la 
province du Yunnan. 

r' RuBUS XAINTHOCARPUS Bur. et Franch. (Syn. : R. spinipes Hemsl.). — 

Western China (Wilson, 1908; Veitch Exped. n" 8/176). Szechwan 

•. (Henry, n° 8969; R. spinipes Hems].). Thibet oriental : Houang-pao-eul 

s/ \ (Soulié, n° 2285). 

i 

,' Var. TiBETANUS (Focke) Gard. comb. nova. (Syn. : R. tibetnnus Focke, Sp. 

Ruh., I, p. 29, non Franch. R. sitiens ejusd., op. cit., p. 117). — Thibet 

oriental, principauté de Kiala : Ta-tsien-lou (Soulié, 1 898 , n° 862 ; Mussot). 

Cette variété n'est qu'une forme rabougrie, à folioles plus petites et 

généralement au nombre de 5; on trouve des formes de transition. 

RuBos LUTESCENS Frauch. — Thibet oriental : Tongolo, forêts, bords des 
chemins et des champs (Soulié, 1898 et 1896; n" aSôg); Ta-tsien-iou 
(Soulié, 1898; n° 2 2 85); Yargong (Soulié, 190/1; n"' 8159, 8628). 

Le fruit, comestible, est appelé Tchrob-zu en thibétain (Soulié). 

Les n" Si 59 et 8628 constituent une forme glnbrescens. 

Tous les spécimens que j'ai examinés, et notamment le type de Franchet 
f Delavay, n° 8751), montrent que les tiges sont annuelles et renaissent 
chaque printemps de la souche ; c'est donc une espèce du sous-genre Cy- 
lactis, et c'est à tort que Focke la place dans la section Pungentes du sous- 
genre Idaeobatus. 

RuBus TRicoLOB Fockc. — Su-tchucn oriental : massif du Oua-pao-shan . 
dans la forêt, entre 2,000 et 2,800 m. (D' Legendre, 1908; n" 859). 

Cet échantillon répond parfaitement à la description que donne Focke 
de son espèce, dans le Species Ruborum, I, p. ko. Dans la troisième partie 
(le ce même ouvi-age, p. 21 [2^5], l'auteiu- rapporte son R. tricolor comme 
simple synonyme au R. poUjtrichus Franch.; il exisie cependant entre 
les deux plantes quelques légères diflefences : le R. pohjlrichus a la plupart 



— 275 — 

de ses feuilles distinctement lobées , et toutes sont toujours complètement 
glabres en dessus, tandis que celles du B. tricohr ne présentent pas de 
lobes distincts, et sont bérissées sur leur face supéi-ieure de soies épai'ses, 
semblables à celles des axes et des pélioles. Mais ces dilférences sont évi- 
demment trop peu importantes pour justifier une distinclion spécifi(|uc, 
d'autant plus qu'il existe vraisemblablement des formes de transition. 

RuBi;s Ghaffanjoni Lévl. et Van. — Espèce très caractéristique, rappelant 
le R. pohjlrichus Francli. par la forme des feuilles et des sépales , et par les 
longues soies couvrant les tiges, les rameaux, les pétioles, les pédoncules 
et les calices, mais s'en distinguant au piemier coup d'œil par les stipules 
supérieures palmatiséquées , et par les feuilles dépourvues de lomentum 
blanc à la face inférieure. 

Focke {Sp. Riib., III, p. 34 [aSS]) place cette espèce dans le sous-genre 
MahchohaUis, sect. Moluccani, ser. Uufi , mais , en raison de ses stipules 
]5ersistantes , je pense qu'il est préféraljle de la classer dans le sous-genre 
Dalihardastrmn , à côté du R. polijlrichus, avec lequel elle présente des 
affinités manifestes. 

La double description de cette espèce en latin et en français (in Bull. )/" 

Acad. Gcogr. bot., XI, p. 98) est loin d'être exacte : elle indique en ellet 
que les rameaux seraient églanduleux ; or, sur les échantillons oripinaux 
figurant dans les collections du Muséum (n' 2^10 de Bodinier), tous les 
rameaux, ainsi que les pétioles, les pédoncules et les calices, présentent 
des glandes stipitées, très petites, il est vrai, mais néanmoins bien distinctes, 
les unes situées à l'extrémité d'une partie des longues soies qui recouvrent 
presque toute la plante, les autres portées sur des soies plus courtes. Cette 
description est muette sur la forme des sépales : ceux-ci sont étroitement 
lancéolés, insensiblement atténués en une très longue pointe subulée, 
laciniée sur les sépales externes. 

Focke [loc. cit.) considère les B. Chaffanjoni Lévi. et Van. et B. amii/d- 
dusijs Focke comme identiques, et déclare que le dernier nom doit disj)a- 
raître devant la dénomination plus ancienne de Léveillé et Vaniot. Mais 
il y a là une erreur manifeste : le B. amphidasys Focke a été publié en 
1901 (in Engler. Bot. Jahrb. , XXIX, p. 39G), tandis que le B. Chajanjoin 
date seulement de 1909 {Bull. Acad. Géogr. bot., XI, p. 98, 1909, et 
non pas 1899, comme la indiqué à tort Focke lui-même). Si donc les 
deux plantes sont réellement identiques, ce serait la dénomination de 
Focke qui devrait prévaloir; mais je dois dire que la description du B. am- 
phidasys ne me parait guère convenir au B. Cliaffanjoni, notamment en ce 
(pii a trait aux sépales, qui ne peuvent pas être qualiiiés de «mucronési. 



RuBDS MALiFOLius Focke. (Syu. : B. vibuniifolius Francb.; B. arborLé\\. 
et Van.). — Western China : mont Omi (Wilson, 190/J; n" liSliS). 



l^ 



— 27G — 

Yunnan; bois à Tclien-fong-cliau (Delavay, 189^ [R. vibnrnijolius Fraiich.]; 
Diicloux, 1901 ; 11° 2019). Kouy-tcheou : Pin-fa ((Cavalerie, igoS; n" ioo3 
[ R. arhor Ù\\. et Van.]); haute montagne près Long-ly (Cavalerie, 1908; 
n° 33o4). 

Cette espèce pre'sente parfois un curieux dimorphisme : on peut trouver 
sur la même branche des j-ameaux tomenteux, portant des feuilles elles- 
mêmes tomenteuses sur la face inférieure, et des rameaux glabres, garnis 
de feuilles ne portant cp)e quelques poils sur le dos des nervures et totale- 
ment dépourvues de lomentum. Focke n'a vu et de'crit cpie des feuilles 
(le ce dernier type, tandis que les échantillons de Pin-fa, sur lesquels est 
basé le R. arhor Lévl. et Van., présentent à un degré frappant le dimor- 
pbisme en question; enfm, sur le n" 33o/i de Cavalerie, toutes les feuilles 
sont fortement tomenteuses en dessous, bien que les rameaux soient les 
uns glal)res, les autres velus; en outre, les feuilles de cet échantillon sont 
plus étroites que celles des autres spécimens. 

L'examen des échantillons originaux du R. viburnifolhis Franch., con- 
servés dans rherbier du Muséum, démontre que celte plante est absolument 
identique au R. malifolius Focke; c'est la forme à feuilles toutes glabres 
en dessous , sauf sur les nervures. 

Il est certain, d'autre part, que le R. orbor Lé\l et Van. se rapporte 
également au R. malifolius; ce n'est probablement que très exceptionnel- 
lement que la plante prend l'aspect arborescent sur lequel ont insisté les 
créateurs de cette soi-disant espèce : dans l'herbier du Muséum, une éti- 
quette de la main même du collecteur, le P. Cavalerie, porte cette mention : 
rr assez grande liane, qui prend parfois l'aspect d'un arbre 1, 

RuBUs Kawakamh Hayata. — Je rapporte avec un peu de doute à cette 
espèce un échantillon stérile récolté par Faurie en 191/1, à Shiateu (île 
Formose), n" 60. Il répond assez bien à la description et à la figure de 
celte Ronce {Icon. Pl.form., I, p. 227, pi. XXVI), sauf cependant que les 
feuilles sont plus petites que ne l'indique l'auteur, el que les nervures sont 
poilues sur les deux faces , mais non tomenteuses en dessous. 

RuBUS SwiNHOEi Hance. (Syn. : R. hupehensis OUv.). — Western Hupeh 
(VVilson, 1900; Veitch Exped., n" 867). Hupeh : Ichang (Henri, 1889; 
V n° 6116). Kouy-tcheou: Pin-fa ( Cavalerie et Fortunat, igoô; n" 2365, 
2/162); district de Tchen-keou-tin (Farges). Formose : Taitum (Faurie, 
1903; n° i36); Kelung, Hokuto (Faurie, 191/1, n' 48); Arisan (Faurie, 
191/1; n" 39 et ko). 

Dans le Species Ruhorum, l, p. 63, Focke a d'abord rattaché le R. hupe- 
hensis Oliv. en synonyme au i^. Swinhoei Hance , puis il lui a restitué le 
rang d'espèce dans la troisième partie du même ouvrage, p. 22 [2/16]. 
Si l'on compare la Ronce du Hupeh au type du R. Swinhoei collecté par 



— 277 — 

Sninhoe et Oldliam à Formose, il parail d'abord oxister eutre les deux 
plantes des ilifîérences assez importantes : les rameanx florifères du R. Iiupe- 
heiisis sont beaucoup plus développés que ceux du R. Siviiihoei, les feuilles 
sont du double plus grandes, les fleurs, plus grandes également, sont 
portées sur des pédoncules plus longs et plus divaiùqués ; mais eu exami- 
nant la riche série d'échantillons de Chine et de Fonnose figurant dans les 
collections du Muséum, on constate que les deux formes passent de Tune à 
l'autre par des transitions graduelles. Les feuilles sont tantôt vertes et gla- 
bres, tantôt blanches-tomenteuses en dessous, et ceci parfois sur le même 
rameau. 

RuBus Fargesii Francli. — Il est probable que cette plante n'est qu'une 
variété du R. sozostylus Focke; elle ne me paraît en difl"érer que par ses 
feuilles moins profondément lobées, à lobe médian à peine plus long que 
les deux lobes latéraux supérieurs. 11 n'existe aucune différence dans les 
caractères floraux. 

UuBus Henryi Hemsl. et Kze, — Le n° 996 de VVilson, Veitch Exped. 
(Western China : Ghang-yang) figurant dans l'herbier du Muséum, com- 
prend deux i-ameaux florifères, dont l'un à feuilles profondément trilobées, 
et l'autre à feuilles lancéolées , non lobées, simplement dentées aux bords. 
Si, comme le pense Focke, le R. hambusarum, à feuilles composées, doit 
être rattaché spécifiquement au R. Henryi , cette espèce présenterait ainsi 
un cas d'hétérophyllie absolument remarquable. 

RcBcs BAMBDSAROM Focke, — Central China; Western Hupeh (Wilson, 
1900; Veitch Exped., n" 786). Su-tchuen oriental : district de Tchen- 
keou-tin (Farges, n" 701). 

Focke [Sp. Rub., 111, p. 22 [2^6]) considère maintenant le R. bambu- 
sarvm comme une forme à feudles composées du R. Henryi Hemsl. et Kze, 
et dit avoir observé les deux sortes de feuilles sur un même rameau. 
Toutefois l'inflorescence du R. Henryi est pourvue de glandes stipitées 
qui font défaut dans le R. bamhusanim. 

RuBus Playfairianus Focke. — Western China : Nanto (Wilson, 1900; 
n' 175). Yunnan : Tchen-fong-chan (Delavay, 189^; n° G823); Long-ky 
(Delavay, 1896), 

Var. STENOPHYLLLS (Frauch.) Cai-d. comb. nova. {R. cochinchinensis var. 
slcnopliyllvs Franch. PL David., Il, p. 38). — Thil)et oriental : province 
do Moupine (David, 1870). Yunnan : Tchen-fong-chan (Delavay, 189.')). 

C(!tle vai'iété apparti(înt certainement au R. Playfairianus Focke, et non 
au véritable R. cochiiwldnetisis Tratt. , auquel Frauchet la rapportait. 



™ 278 — 

D'après Focke, le R. Plaijfairii d'Hemsley comprend deux espèce» : 
lo R. Vlaijjairianus Focke et le R. cochinchinensis Tratt. 

PiDBUS REFRACTUS LévL — Kouy-lclieou : Ta-pin. 1,200 m. (Esquirol. 
1919; n" 2696). 

Cet échantillon répond bien à la description de cette espèce, ainsi cpi'à 
la figure photographique qu'en a donnée Focke dans son Species Ruborum, 
III, p. 9 3 [9^7], fig- 3 [90]; cependant les anthères sont barbues, tandis 
que dans la description on lit : rr stamina glabra n. 

J'ai décrit dans les Notidae systematicae , vol. III, u" 10, sous le nom 
de var. latifolius, une forme de la même espèce, provenant également du 
Kouy-tcheou, oii elle a été récoltée par le P. Cavalerie à Lofou. 

M^' Léveillé ne fait allusion, dans sa description, ni aux stipules, ni aux 
bractées; sur nos échantillons elles sont divisées en lanières extrêmement 
longues et étroites, fdiformes, poilues et portant quelques glandes stipitées; 
cette forme des stipules et des bractées éloigne cette Ronce de toutes les 
espèces de la section des SozosUjli, où elle a été placée par Focke {Sp. 
Rub., III, p. 99 [2/16]) et la rapproche des AlceaefoUi, dont elle diffère 
d'autre part par les caractères lloraux; le mieux est donc, me semble-t-il, 
d'eu faire le type d'une petite section spéciale, que l'on peut appeler 
Refracti. 

RuBus PHENGODES Focke. — Cochinchine : partie occidentale de la pro- 
vince de Bien-hoa, près du fleuve Dahoué (Pierre, 1877). 

Cette Ronce, qui n'était connue jusqu'ici que du Sikkim, est très voi- 
sine du R. lincaius Reinw., dont elle n'est même peut-être pas spécifique- 
ment distincte ; elle en diffère par ses folioles plus larges , couvertes à la 
face intérieure d'un tomentum moins blanc, un peu fauve, par la présence 
de glandes brièvement stipitées sur les rameaux, les pétioles, les pédon- 
cules et parfois les sépales, enfin par les bractées plus grandes. Certains 
spécimens de Java, figurant dans les collections du Muséum, paraissent 
quelque peu inteimédiaires entre les deux plantes, ayant les feuilles plus 
larges que celles du R. lineatus et les rameaux légèrement glanduleux. 

RuBus COCHINCHINENSIS Tratt. — Répandu en Indo-Chine, dans l'Annam, 
le Laos, le Tonkin et le Cambodge. Dans son herbier, Pierre avait désigné 
les échantillons de cette dernière provenance sous le nom de R. cambodianus 
Pierre , mais aucun des caractères sur lesquels il basait l'établissement de cette 
nouvelle espèce, d'après la note jointe aux spécimens, ne se montre constant. 
L'inflorescence est plus ou moins développée, tantôt consistant en petites 
grappes presque toutes axillaires, tantôt formant une panicule terminale; 
elle présente parfois de nombreux aiguillons, d'autres fois elle est presque 
inerme; le tomentum de la face inférieure des folioles est tantôt grisâtre, 



— 27'J — 

(aiitôl d'un jaune ftnTiioiaeux paie. M. Ehcrlianll a lécolui on Aniiam une 
foi-me à folioles glabres en dessous, sauf sur les nervures ( var. glabrescens 
Gard, in Not. syslem., 111, n" lo). 

Rldos ichangensis Hemsl. el Kze. (Syn. : /?. Papyrus Lévl. fide Focke). — 
Kouy-lcheou : Heou-tchang-pou (Cavalerie, igoi; n" 1965); Pin-fa (Cava- 
lerie, igoS; n" 2/1 a5). 

Le P. Cavaleiie a encore récolté dans le Kouy-lcheou, à Najo, une forme 
à feuilles plus courtes et proportionnellement plus larges, plus brièvement 
acuminées, et pourvues de poils épars sur [oute la face inférieure (var. lati- 
folius Card. , loc. cit.). 

PiUBus Gentilian'us Lévl. et Van. — Kouy-tclieou ; Tsing-ngaï, rochers 
près des sources du petit ruisseau de Koan-kcou-lchaï (Beauvais, 1899 ; 
n" i64); Pin-fa (Cavalerie, 1902, 1906 et 1907; n°' 'dd()bis, 9891 et 
3 167). Su-lchueu oriental : district de Tchen-keou-tin (Farges). ïunnan : 
Tchen-fong-chan (Ducloux, 1901; n" 2018); brousse de Ku-long-tchang, 
ait. 800 m. (Maire). 

La double description de cette espèce, donnée par M°' Léveillé en latin 
et en français [Bull. Acad. inlcrn. Géogr. bot., XI, p. 99) est fort inexacte : 
elle indique les feuilles comme rr blanches et glabres en-dessousi, et qualifie 
les sépales de rf largement et éiégamment scarieux au bordn , aloi-s que les 
feuilles sont entièrement couvertes sur la face inférieure d'un tomentum 
apprimé et très dense, et que les sépales sont également lomenteux sur les 
bords, ceci constaté sur le n" 2867 de Bodinier, cité comme type de l'espèce, 
el largement représenté dans les collections du Muséum. On conviendra qu'il 
est matériellement impossible de reconnaître une espèce d'après une descrip- 
tion aussi inexacte, exprimant juste le contraire de ce qui existe en réalité. 

RuBus Hamiltom Hook. — Il me paraît impossible de distinguer de 
cette espèce le /?. setosolignosus 0. Kze, duSikkim, et le /?. lalifoliusO. Kze, 
de Java, d'après les spécimens étiquetés par 0. Kuntze lui-même dans 
l'herbier du Muséum. 

Runus iiEXAGYNUs Roxb. — Cambodge : monts Cam-chay, près de Kampot 
(Pierre, 187/1). 

Bien identique à des spécimens de l'Inde figurant dans les collections 
du Muséum. Il est impossible de séparer de celte espèce le R. excurvatus 
0. Kze, Mclhod., p. 5o, à en juger d'après un échantillon du Khasia, 
étiqueté par l'auteur lui-même. 

Rubis pirifolius Sm. — Cochinchiuc, sans indication de localité 
(Pierre). 

Muséum. — xxnt. 19 



— 280 — 

Le R. plnlippinensis Focke (Elmer, Philipp. Isl. PL, n" i36o6) ne peut 
pas être séparé du R. pirifolius ; il concorde bien avec la description et ia 
planche de J.-E. Smith [PL Icon. hacl. ined., III, pi. 61), ainsi qu'avec un 
spécimen du type de Commerson conservé dans l'herbier du Muséum, Le 
R. brevipelalus Elm. serait également synonyme de R. pirifolius d'après 
Focke. 

RuBus Parkeri Hance. — Central China : Western Hupeh (Wilson, 1900; 
Veitch Exped., n" 5 12). Su-tchuen : Hao-iang-peuU, ait. 000 m. (D' Le- 
gendre, 1908; n" 807). 

Les feuilles de celte espèce, mollement velues en-dessous, présentent en 
outre quelquefois, du même côté, un tomentuni blanchâtre et apprimé. 

Je rapporte avec un peu de doute à celte espèce un rameau stérile récolté 
par le P. Cavalerie en 1907 à Pin-fa (Kouy-tcheou); cet échantillon dif- 
fère delà forme ordinaire du R. Parkeri par ses pétioles grêles et allongés, 
pouvant atteindre plus de ^ cm., et par ses feuilles à limbe plus mince, 
plus fortement lobées à la base, presque lyrées, et pourvues sur les bords 
de grandes dents aiguës ; c'est peut-être une forme des lieux ombragés. 

RiBus Lambertianus Sér. — Chine : Sanghaï (Hélol et d'Argy, i865); 
Mong-Kong : Linchow river (Ford , 1 887 ; n" 1 799 ). Japon , ile de Shikoku , 
montagnes de Jyo (Faurie, 1898 ; n" 1 1705). 

Var. GLABER Hemsl. — Yunnan : bois à Tchen-fong-chan (Delavay, 189^ ; 
n" 5o3G ). Su-lchuen orientai : district de ïchen-keou-lin , 1 ioo m. (Farges , 
n"' 289, 8/io). Central China : Western Hupeh (Wilson, 1900, Veitch 
Exped. n" 1657). Forma a:rtH?/(oa<rpa ; Su-tchuen : montagnes d'O-pien, 
environs de Tai-ping-teng, ail. 1 000 m. environ (Legendre, 1 909 ; n" 096). 
Kouy-tcheou : V\n-h (Cavalerie, 1907; n° 33o8). 

Var. OLANDULosus Cardi in Not, syslcm., III, n" 10. — Yunnan : environs 
de Yunnan-sen (Ducloux, 1898; n" 682). 

Le R. Lambertianus , répandu dans les régions méridionales et orientales 
(le la Chine et dans l'archipel Japonais, y présente les variétés suivantes : 

1° geniiinus. — Axes florifères, pédoncules et souvent calices pubes- 
cents, non glanduleux; feuilles un peu poilues en-dessous, principalement 
sur les nervures. 

2° glaber Henisl. — Glabre ou h peu près glabre, mais rameaux, axes 
florifères, calices el feuilles souvent couverts d« nombreuses glandes ses- 
siles, semblables à de petits tubercules. On doit rattacher à cette variété le 
R. hakoncnsis Franch. et Sav., ainsi que le R. Davidianus 0. Kze in herb. 
Mus. Par. (/?. hahonensis var. Davidianus Franch. PL David., II, p. 87). 



— -iSl — 

La sous-espèce xanlhoneurus Focke ne m'en paraît guère dislincle non plus. 
Cette variété présente une forme à fruits jaunes. 

3° glandulosus Gard. — Feuilles à peu près complètement glabres mais 
portant sur les pétioles et sur le dos des nervures, ainsi que les rameaux, 
(les glandes sessiles, comme dans la variété précédente; axes florifères, 
pédoncules et calices couverts de nombreuses petites glandes stipitées, 
tronquées, presque hémisphéiiques. 

h" 7niinmiJIorus (Lé\\.) Gard. comb. nova[R. mmiinijlorvs Lé\l. , in Fedde, 
Repert, IV, p. 802 ). — Feuilles à peu près glabres, ou un peu velues sur 
les nervures. Fleurs très petites. Axes florifères, pédoncules et calices por- 
tant des glandes, les unes sessiles, comme celles de la variété glahcr, les 
autres stipitées , comme celles de la variété glandulosus. Il n'est certainement 
pas possible de séparer spécifiquement cette forme du R. Lambertiamis. 

RuBLS TiLiACEUs Sm. — Dans le Flora qf Brkish India, II, p. 829, J. D. 
Hooker a réuni le R. tiliaceus Sm. au R.pnniculatus Sm. Bien que voisines, 
ces deux plantes me paraissent cependant très suffisamment distinctes : le 
R. pamculatus a les feuilles cordées-ovales et les bractées peu divisées ou à 
divisions assez larges; le R. tiliaceus a les feuilles cordées-suborbiculaires, 
rappelant celles du Tilleul argenté, et les bractées profondément tlivisées 
en lanières étroitement linéaires. 

RuBOS CHROosEPALus Fockc. — Kouy-tclicou : bois à Kai-tcheou (Gava- 
Icrie, 1908; n° 33o5); Ghouang-chan-po (Esquirol, 1911; u° 3i/n). 
Su-tcbuen oriental : Tchen-keou-tin (Farges). 

Le n" Bihi d'Esquirol est une forme différant du type par ses feuilles 
plus petites, moins profondément cordées, à nervures presque glabres sur 
les feuilles adultes, caractères qui la rapprochent du R. cinclidodiclyus Gard. ; 
mais elle reste bien distincte de celui-ci par ses fleurs plus grandes, ses 
boulons très fortement anguleux et carénés à la commissure des sépales, 
ceux-ci tous entiers, longuement acuminés et couverts de poils raides, 
courts et très denses. 

Focke place sou R. chroosepnhis dans la section Elongalif mais il me 
paraît appartenir plutôt à la section Moluccani, sér. Pauicidati, et avoir de 
grandes affinités avec les R. tiliaceus Sm. et R. paniculalus Sm., notamment 
par les boutons anguleux et carénés à la commissure des sépales, et par le 
mode et la villosité de l'inflorescence; il en diffère parles rameaux et les 
pétioles glabres , et par l'absence des pétales. 

Rubis alceaefolius Poir. — Très répandu en Indo-Gbine, où il a été 
récolté dans de nombreuses localités du Tonkin, du Laos, du Gambodge et 
de l'Annam. Assez variable sous le rapport de la taille de toute la plante, 

10- 



— 282 ~ 

des dimeusions des feuilles, de la villosilé des liges et des rameaux, du 
nombre et du développement des aiguillons. A en juger d'après la descrip- 
tion, le i». Coillardi Petitmeugin, in Monde des Plantes, 190G, p. 3o, ne 
semble pas distinct du B. alceaefolius. 

RuBUS FiMBRUFERDS Focke. — Kouy-tcheou : Pin-fa, bois, le long des 
ruisseaux (Cavalerie, 1908; n° 1069), 

Je rapporte ces écbanlillons au Jl. fimhrnfcrus Focke, d'après la descrip- 
tion de cette espèce, qui paraît bien leur convenir. C'est une plante bien 
voisine du R. alceaefolius Poir. , dont elle dillere principalement par ses 
feuilles couvertes sur la face supérieure de nombreux poils, épaissis et 
presque tuberculeux à la base. Les sépales externes sont tantôt laciniés au 
sommet, comme dans le /». alceaefolms , tantôt entiers. 

RiîBus CALYCACANTHDS Lévl. et R. Labbei Lévl. et Van. — D'après les 
échantillons figurant dans les collections du Muséum, ces deux plantes me 
paraissent à peine distinctes, le R. Lahhei ne dilTérant guère du R. cahjc- 
acanthus que parles lanières des stipules et des bractées plus courtes. C'est le 
nom de R. calycacanthus qui a la priorité, cette plante ayant été décrite dans 
le volume VIIl du Reperloriuni novarum specieriim de Fedde, à la page 58, 
tandis que le R. Lahhei se trouve à la page 6^9 du même volume. 

Dans le Species Ruhorum , III, p. 3 h [268], Focke place le 7t. Lahhei 
dans la série Pacati, mais cette plante appartient ^évidemment à la série 
Alceaefolii. De même que le R. cah/cacanthus, elle se distingue des autres 
espèces de ce groupe par son calice fortement aciculé. 

RuBUS RUGOSUS Sm. — Cochinchine, sans indication de localité (Pierre). 

Pierre a récolté au Cambodge, dans les monts Kuang-Kepoen, une 
variété de la même espèce, caraclérisée par ses feuilles densément pubes- 
centes sur la face supérieure et par ses anthères longuement barbues. Je 
l'ai publiée dans les Noiulae syslematicae, vol. III, n" 10, sous le nom de 
var. camhodianus Gard. 

Le 7?. rugosiis, qui est très répandu dans Plnde, principalement dans 
la région himalayenne, est une plante fort variable, à feuilles plus ou 
moins épaisses et plus ou moins rugueuses, à stipules et bradées tanlôt 
subentières, tantôt plus ou moins dentées ou même laciniées. 

On n'est pas certain que le R. moluccanus L. soit la même plante que le 
R. rugosus Sm.; aussi me parait-il préférable d'adopter, pour la plante de 
l'Inde et de l' Indo-Chine, la dénomination de Smith, bien que cette Ronce 
soit plus généralement connue des horticulteurs, qui la cultivent en serre 
sous le nom de R. moluccanus. 

Le 7t. Fairholmianus Gardu. et le 7?. macrocarpns Gardu. non Bentli. 
(R. Gardnerianus 0. Kzo pro parle; Focke, Sp. Ruh., I, p. 92) ne me 



— 283 — 

seniMont pas pouvoir être dislingués spécifiquoment du /?. rugosus; etpro- 
luihlemoul en est-il encore do même du R. reliculatus Wall. Au coniraii-e, 
le //. rcjlcxus Ker. , le R. mtcropctalus Gardu. elle R. alceaofofius Poir. , que 
J. 1). llookcr (Flora of Brit. hulia, II, p. 3oo) ra|)portait au R. moluccnnm 
ou rugosus, en sont certainement bien distincts. 

Rubis Fairholmiams Gardn. — Soutli-East Java (Forbes, n" 1028 a). 

Cet échantillon me semble bien identique au n° i3/» de Twaitbes, que 
Fockc cite comme représentant le R. Fairliolminnus ; mais, ainsi que je 
viens de le dire, ce dernier ne peut guère être considéré que comme une 
variété du R. rugosus. 

RuBiTs ANGULosus Focke. — De nombreux échantillons de cette espèce, 
récoltés à Singapour par Gaudichaud, Thomson, Langlasse et Debeaux 
figuient dans l'herbier du Muséum, où plusieurs d'entre eux avaient été 
rapportés par Spach au R. rugosus Sm. ; un autre spécimen récolté à Ma- 
nille (Philippines) par Cumming (n* 9/121), avait été attribué par Spacli 
au R. aiccaefolius Poii'. et par Areschoug au R. sundakus Blume. Enfin w\\ 
échantillon du Sikkim (Hooker et Thomson, n° /j68), étiqueté par Spach 
/(. rugosus, me paraît appartenir encore au R. angulosus, mais c'est une 
forme h feuilles plus grandes et à lobes latéraux moins aigus. 

Le R. angulosus est certainement très voisin du R. rugosus Sm.; il en 
diffère toutefois par les feuilles des rameaux fertiles à lobes aigus et à sinus 
basilaire très étroit, de sorte que les deux lobes inférieurs sont contigus 
ou se l'ccouvrent même plus ou moins; en outre, dans le R. angulosus, les 
anthères portent une petite touffe de poils au sommet du councctif, tandis 
qu'elles sont complètement glabres chez le R. rugosus, sauf dans la variété 
cambodianus Gard. 

RfjBUS suNDAicus Blume. — Celte espèce paraît mal connue. D'après la 
description de Blume {Bijdr., p. 1111), les feuilles sont ffcordatis aculis 
obsolète angulatis, supra glabris, infra arachnoïdeo-tomentosisTi, tandis 
que Focke {Sp. Rub., I, p. 56 , fig. 19 et 20) décrit et figure sous ce nom 
une espèce de la section Elongati, h feuilles ffiate cordato-ovata , utrin- 
que, nervis pilosis exceptis, glabrai. 

Dans l'herbier du Muséum, il y avait quatre échantillons rapportés au 
R. sundakus; mais un seul me parait appartenir réellement à cette espèce: 
c'est un spécimen de Java, le n" 1G88 de Zollinger. Un échantillon des 
Philippines (Cumming, n" 3/121), attribué par Areschoug au R. sundakus, 
appartient, comme il vient d'être dit, an R. angulosus Focke; et un autre, 
de la même provenance (Cumming, n° 760), me semble appartenir au R. 
glonicratus Bl. : enfin le quatrième échantillon rapporté au R. sundakus, 
provenant de l'herbier d'Adrien de Jussieu et récollé à Java par Com- 



— 284 — 

mersoa, consiste ea rleiix rameaux : ïnn rae semble être une forme du R. 
(iiigulosiis Focke à feuilles plus étroites que d'habitude et à lobes plus aigus, 
le terminal plus longuement acuminé; l'autre appartient à une espèce 1res 
différente, que je crois nouvelle et que j'ai décrite dernièrement dans les 
Notulae sijstematicae , vol. III, u° lo, sous le nom de R. ohtusisepahis 
Gard. 

RuBCS HAiNANENSis Focke. — D'après la description de Focke [Sp. Rub., 
I, p. 83), les feuilles de cette espèce seraient membraneuses et ne seraient 
ni rugueuses en dessus, ni réticulées en dessous. Cependant, sur l'exem- 
plaiie du n° 858i de Henry figurant dans l'herbier du Muséum, numéro 
cité par Focke comme type de son espèce, les feuilles sont assez épaisses, 
rugueuses en dessus et réticulées en dessous ; cet échantillon répond d'ail- 
leurs très bien à la figure 3i de Focke. Un autre échantillon, récolté à Hai- 
nan par M. Katsumata , et communiqué sous le nom de rR. moluceamis, 
Hong-Kong herb., n" 6659», est complètement identique au n° 858 1 de 
Henrv. 

Rdbds glomeratus Blume et R. Hasskarlu Miq. — VIndeœ hewensis 
réunit ces deux plantes, tandis que Focke y voit au contraire deux espèces 
distinctes. En réalité, le R. Hasskarlii me semble devoir être considéré 
comme une variété du R. glomeratus, caractérisée par ses feuilles plus 
acuminées et plus aiguës. La sous-espèce dendrocharis Focke [Sp. Rub., I, 
p. 99 , fig. ia) est également une variété du R. glomeratus, différant de la 
var. Uasskarlii pai" ses feuilles plus nettement trilobées , à lobes plus acu- 
minés. Dans le type, les anthères sont tantôt glabres , tantôt plus ou moins 
barbues au sommet ; elles semblent être constamment bai'bues dans les 
variétés Haskarlii et dendrocharis. 

Sous ses différentes formes, le R. glomeratus est largement répandu dans 
tout l'archipel Malais et existe aussi dans quelques régions de l'Inde. On le _ 
rencontre souvent dans les collections sous le nom de R. moluccanus. 

Rdbcs philyrinus Focke. — Java (Zoilinger, n" 121, in herb. Mus. Par.). 

Cet échantillon avait été étiqueté par Spach R. tiliaceus Sm. et par 
0. Kuntze R. elongatus Sm., mais il n'appartient bien certainement ni à 
l'une, ni à l'autre de ces deux espèces. Par contre, il répond très exactement 
à la courte diagnose et à la figm-e photographique du R. phihjrmus Focke, 
Sp. Rub., 111 , p. 00 [254] et fig. 7 [9A], sauf que les feuilles sont un peu 
plus allongées. Cette espèce diffère du R. glomeratus par ses feuilles non 
lobées, ressemblant à des feuilles de Tilleul (d'oii le nom de l'espèce, tiré 
du grec (^iX^pirot. « tilleul «); elle se distingue d'autre part dti R. tiliaceus Sm. 
par ses fleurs disposées pour la plupart en glomérules axillaires , et par ses 
feuilles à denticulation différente , formée de dents plus larges , moins pro- 



— 285 — 

fondes , obtuses et apiculées. Cette plante u'ëtait connue jusqu'ici que de 
l'île Wetar, au nord de Timor. 

RoBDS ViDALi Focke. — Je rapporte à cette espèce, d'après la description 
et la fig-ure photographique données par Focke, dans son Species Biiboruin , 
I, p. 98, Cig. ko, un ëchantilion distribué par Merrill sous le n° SaSo et 
sous ie nom de R. moluccanus L. , provenant du district de Zamboanga , 
dans l'ile de Mindanao. Cette plante , k laquelle conviennent parfaitement 
la description et la figure de Focke , diffère du R. gloineratus var, Hasskarlii 
par ses feuilles plus allongées , plus acuminées , et par ses sépales externes 
pourvus vers la base , de chaque côté , d'un ou de deux appendices latéraux 
linéaires. 

RuBUS REFLExus Ker. — Hong-Kong (Bon, Esquirol). 

D'après les échantillons originaux figurant dans les collections du 
Muséum, le R. Hanceaims 0. Kze me paraît complètement identitpie au 
R. rejlexus; il n'est pas mentionné dans ie Species de Focke. 

RcBus cLiNocEPHALus Focke. — Yunnan : Ou-se-tchong (G. Sen, 1906; 
Ducloux, n° 2991). 

Je rapporte cet échantillon au R. clhiocephahis d'après la description et la 
figure de Focke, Sp. Rub., I, p. 102 , Gg. 4/i , cpii lui conviennent parfaite- 
ment. Espèce l'emartpiable par ses grandes fleurs un peu penchées et ses 
stipules énormes , ainsi que les bractées. Filets des étamines poilus ; anthères 
longuement bai-bues au sommet. 

RoBus MALLODES Focke. — Yunnan :Tclien-fong-chan (Ducloux, 1901; 
n" ao 1 6) ; région du Fleuve-Rouge , au-dessus de Mong-tse ( J,-B. Ly, 1 90 A ; 
Ducloux, n° 52 2.3). Kouy-tcheou : Mou-yan-se (Cavalerie et Fortunat, 190 A, 
u" 2177); route de San-chouen à Hing-fou (Cavalerie, 1912, n° 3960). 

J'attribue ces échantillons au /?. waZ/of/es d'après la description et la figui'e 
photographique cpi'en donne Focke dans son Species Ruborum, I, p. io4, 
lig. 45, et cpii s'appliquent parfaitement à ces spécimens. Cette plante est 
bien voisine de l'espèce précédente; elle en diffère par ses feuilles généra- 
lement plus petites , par ses fleurs ordinairement dressées , et par ses bractées 
et ses stipules moins grandes. Il est possible qu'il n'y ait là que deux formes 
d'une même espèce. 

Focke place le R. clinocephalus dans la série des Rugosi et le R. mulhdes 
dans celle des Pacati, mais il fait ligurer la première espèce dans la clef 
synoptique de chacun de ces deux groupes , ce qui montre que la distinc- 
tion entre eux est peu nette, et qu'il serait sans doute pi'éférable de les 
réunir. 

Il me semble, d'autre pai-t, que R. mallodes Focke est synonyme de 



— 28G — 

R. mnllibraclcntus Lévl. et Van.; la dilTôronce indiquée par Focke dans la 
forme des stipules est insijjnifiante. Si cette identification est déniontiée 
exacte, c'est la dénomination de Léveillé et Vaniot cjui devra prévaloir, 
avant la priorité sur celle de Focke. 

Un échantillon récolté par Bons d'Anty à Kien-lia (Yunnan) et figurant 
dans l'herbier du Muséum parait douteux entre R. clhwccphalus et R. mal- 
Iodes; mais il diffère de l'un et de l'autre par ses étamines à anthères el 
filets glabres ou presc|ue glabres. 

RuBus SETCHUENENSis Bur. et Fi-anch. (Syn. : R. Cavaleriei Lévl. et Van.; 
R. démens YocVq). — Yunnan : Tchen-fong-chan (Delavay, 1899, Maire); 
Hay-tin,près Pin-y (Dncloux, igoi, n' 8189), environs de ïou-dza (Du- 
cloux, igoi; n' 2878). Su-tchuen oriental : district de Tchen-keou-tin , 
Ky-min, près Tchen-keou, 1200 m. (Farges, 1892; n" 1096). Kouy- 
Icheou : Pin-fa, près des ruisseaux (Cavalerie, 1907; n" 11 25 [R. Cava- 
leriei Lévl. et Van.] et 253/i). 

11 y a encore dans les collections du Muséum deux échantillons récoltés h 
San-chouen (Kouy-tcheou) par le P. Cavalerie, qui paraissent bien se rap- 
porter au R. sutchueuensis ; toutefois l'un (n° 3 9 65) diffère du type par le 
lobe terminal des feuilles généralement plus acuminé, moins tronqué; 
l'autre (n° 2062) se rapproche sous certains rapports, et notamment par la 
forme des feuilles et par les pétioles souvent un peu aculéolés, àiiR. singuU- 
folius Focke. 

11 est complètement impossible de distinguer dn R. siitchuenensisle R. Ca- 
valcrieihbil. et Van.; le R. démens Focke n'est également qu'un synonyme 
de la même espèce. Enfin le R. Sdiindleri Focke n'en diffère , d'après Focke 
lui-même, que par la présence d'aiguillons sur les rameaux florifères et 
par les stipules moins prompteraent caduques. 

RuBUS Feddiîi Lévl. et Van. — Sur les échantillons de cette Ronce figu- 
rant dans les callections du Muséum (n° 3576 de Cavalerie), l'inflores- 
cence forme une grande panicule pyramidale et non [las coi-ymbiforme, 
comme il est dit dans la description de l'espèce. 

Focke {Sp. Rub., 111, p. 27 [2 5 1]) place cette plante dans la sect. Elon- 
gali; mais il me semble qu'elle appartient plutôt à la sect. Moliiccani et à 
la série Riiji, en raison des soies, les unes simples, les autres glanduleuses, 
qui couvrent les rameaux , les pétioles et l'inflorescence. 

RuBus Jacque5iontu 0. Kze, in herb. Mus. Par. — Inde : supra Ghioumla 
(Jacquemont, n" G 38). 

Cette plante, qui paraît n'avoir jamais été décrite, et qui n'est même pas 
mentionnée par 0. Kuntze dans son mémoii-e sur les Ronces à feuilles sim- 
ples et les Ronces herbacées ( Monographie dcr cinjadihlâtlrigen und Krau 



— 287 — 

tigen Brombceron) , semhin bien voisine du /?. lanatiis Wall., dont elle n'est 
peut-être qu'une variété ou une simple forme à panicides lâches et allon- 
gées, et non ffsliort, dense, et à feuilles moins grandes. 

RuBrs RiFus Focke. — Yunnan : bois à Tclien-fong-cban ( Ddavay, i 8()A ; 
n° 0081); brousse à Ku-long-tchan, ait. 800 m. (Maire). Kouy-tclieou : 
Pin-fa (Cavalerie, 11° SSyo); San-chouen (Cavalerie, n° 89^9). 

Ces échantillons répondent très exactement à la description et à la figui-e 
photographique que donne Focke de cette espèce {Sp. Rub., I, p. 108, 
lig. /.y). 

Je mentionnerai ici deux variétés nouvelles, que j'ai décrites récemment 
dânîihîi NotuJac systemnlicae, vol. 111, u° 10 : : l'une , que j'ai nommée 
var. hederi/oUiis , diffère du type par ses feuilles seulement trilobées, à 
lobes plus larges et moins profonds, non lobules; elle a été récoltée ])ar 
Wilson dans la Chine occidentale, sans indication précise de localité (Veitch 
Exped., n" 3/i85). L'autre, que j'ai désignée sous le nom de \ar. palmati- 
Jidus, est une variation en sens contraire de la précédente, à cinq lobes 
plus étroits, plus allongés et plus profonds que dans le type, tous lobules, 
à sinus plus aigus: stipules et bractées à lanières très allongées. Cette forme 
très élégante , tpii mériterait d'être cultivée comme plante ornementale, 
a été récoltée par Farges, en 1898, dans le Su-tchuen oriental, au bord 
des ravins, à Mou-koua-keou (n" i/i5G), et par Cavalerie, en 1907, à 
Pin-fa, dans le Kouy-tcheou. 

RuBus SiEnoLDii Blume. (Syn. : R. ahortivus 0. Kze in herb. Mus. Par.. 
et in Meihocl, etc., p. 68, 69, 78, 83, 84). — Japon :Sliingu, Kii (PI. du 
Japon, Expos, de 1889); Nagasaki (Faurie, 1899; n" 0186); îles Goto 
(Faurie, 1901 , n" 48o8). Il faut rapporter aussi à cette espèce mi échan- 
tillon de l'herbier du Muséum étiqueté : ^R. r^e.rHsn , U. S. North Pacific 
Exped., n° 72; Loo Choo islands, leg. C. Wright; ce même échantillon a 
été rapporté par 0. Kuntze à son R. aboiiiviis. Enfin j'ai vu dans l'her- 
bier Drake un échantillon récolté à Java par Zollinger, et qui appartient 
très certainement au R. Sieboldii ; cette espèce n'avait pas encore été 
signalée eu dehors de l'archipel Japonais. 

RcBUS FORMOSENSis 0. Kze Mctiiod., etc., p. 78 et 79. (Syn. : R. randaien- 
sis Hayata, Icon. Pl.fonn., I, p. 281). — Formose: Arisan, lieux secs et 
pierreux, ait. 2,5oo m. (Faurie, 191 A, u° 35, n" 1869 p. p.). 

Le R. formosensis a été établi par 0. Kuntze sur le n° 98' d'Oldham; la 
même plante est mentionnée par Focke, dans son Specics Ruboruin, I, 
p. 117, sous le nom de R. fonnosanus Miwim., nxec la référence: //«//. 
Acad. Saint-Pcicrsb. ,Y\U , p. 077; il s'agit vraisemblablement des Mclanges 
biologiques, tirés du RuUclin de l'Académie de Siiint-Vélersbourg ; mais, à la 



— 288 — 

page citée par Focke, il n'y a aucune trace d'un R. formosanus , et le n° 98' 
d'Oldliam y est attribué comme variété au B. riigosus Sm. 

Dans son Conspcclus Rosacearum japonicanim, p. i53, G. Koidzumi a 
rapporté le R. randaieims Hayala au R. Jurmosensis 0. Kze, identification 
qui me paraît absolument justifiée. 

Je pense que le R. formosensis doit prendre place dans la section des 
Sozophylli de Focke à côté du R. Sieboldii, dont il se rapproche notamment 
par les grandes bractées qui entourent la fleur, mais dont il diffère par les 
feuilles profondément palmatilobées et par les fleurs, les unes axillaires, les 
autres en grappe terminale. 

RuBi's Elmeri Focke. — D'après le u" 2o65 de Flora ofthe Philippines, 
figurant dans l'herbier du Muséum, cette espèce est fort voisine du Pi. for- 
mosensis 0. Kze; elle en diffère par ses feuilles à lobes plus arrondis, et par 
ses bractées palmatifides au sommet; les feuilles sont solitaires ou en 
grappes axillaires; c'est le R. rugosus Elm. Leajl. Philipp. bot., II, p. /i55, 
non Sm. Il faut rapporter à la même espèce le n° 6792 , de la même collec- 
tion, distribué sous le nom évidemment erroné de R. Rolfei Vid. Enfin un 
échantillon récolté par l'abbé Faurie en 191^, à Arisan (île Formose), sur 
des rochers, vers 9,5oo mètres d'altitude (n° 90), paraît appartenir égale- 
ment au R. Elmeri; c'est une forme rabougrie et microphylle. 

RuBUS FLAGELLiFLORCs Fockc. — Su-tchucu Oriental : district de 
Tchen-keou-tin (Farges), échantillons bien identiques à ceux récoltés 
par Henry et sur lesquels l'espèce a été décrite. Western Hupeh 
(Wilson, Veitch Exped. , n° i2i5): forme à feuilles à peine cordées à 
la base. 

RoBUS HASTiFOLius Lévl. et Van. — D'après les échantillons originaux 
figurant dans l'herbier du Muséum, cette Ronce est très voisine de l'espèce 
précédente : elle en diffère par ses feuilles beaucoup plus allongées, hastées- 
subpanduriformes , très longuement acuminées, à bords sinués-lobulés dans 
le bas. 

RuBUS BuERGERi Miq. — Répandu dans l'archipel Japonais. Corée : île 
Quelpaert, Hallaisan (Taquet; Faurie, n" 97). Yunnan : Tchen-fong-chan , 
lisières des bois (Delavay, 1893-189/1); Yunnan-sen (Delavay, 1898). Kouy- 
tclieou : environs de Kouey-yang-fou (Beauvais, 1899, n" 229); Pin-fa, 
bois humides (Cavalerie et Fortunat, 1902, n" 38 1). 

Le R. Vanovevberghiî Merrill, des Philippines (Flora of fhe Philippines , 
n° 2 083), ne me paraît pas pouvoir être distingué spécifiquement du 
R. Btiergeri Miq., dont il ne diffère que par ses fleurs disposées en petites 
grappes axillaires plus allongées. 



— 289 — 

Rubis irenaeus Focke. (Syn. : R. JaminiLé\\. et Van. ). — Central China : 
Western Hujieh (Wilson, 1900; Veitch Exped. , n° ii55); Patung (Wil- 
son, 1907, n° 1I180). Su-tchuen oriental : district de Tchen-keou-tin 
(Farges, u° 696). Kouy-tcheon (Perny, i858); environ de Kouy-yang, 
bois de la pagode de Kien-lin-chan (Bodinier, 1898, n° 2868. R. Jamiin 
Lévl. et Van.!); haute montagne près Song-ly (Cavalerie, 1898, n°33o6). 

Focke a réuni avec raison le R. Jamini Lévl. et Van. au R. irenaeus, 

RuBns PELTATus Maxim. — Japon: Ile Shikoku, sommet du Tsurugi 
(Faurie, 1900, n° 8889). 

RoBus oTOPHORcs Fraucli. — Un rameau sans fleurs ni fruits, récolte' 
dans des haies près de Hongno, île Quelpaert (Corée) par l'abbé Faurie, 
en 1907 (n" i588), semble bien appartenir à cette espèce; les aiguillons, 
toutefois, sont plus robustes que sur la plante du Yunuan. 

RuBUS SHiNKOENSis Hayata. — Formose : Arisan, buissons, g.Soo m. 
(Faurie, 191^; n"' 87, 38); Shinten (Faurie, 191A; u" 5o p. p.,5i); 
Hokuto (Faurie, 191/» et 1916; n°' 67 et 1619). 

Le n" 87 répond très bien aux descriptions et à la planche de Hayata 
{Mater, for a FI. o/Form., p. 96, et Icon. Pl.form., I, p. 288, pi. XXIX), 
si ce n'est que les divisions du calice ne sont pas glabres sur la face interne, 
comme le dit l'auteur, mais plus ou moins pubescentes. Les n" 5i et 67 
ont les rameaux florifères plus allongés, pouvant atteindre près de 10 cm. , 
portant 2 ou 8 fleurs, et armés, ainsi que les pétioles, d'aiguillons plus 
nombreux, plus forts et plus crochus; le n° 38 est une forme à rameaux 
florifères encore plus allongés , à feuilles plus grandes , plus larges et plus 
molles, à fleurs portées sur de longs pédoncules, pouvant atteindre près 
de 8 centimètres. Cette espèce est donc assez variable. 

Par ses carpelles très velus et par l'ensemble de ses caractères , le R. shin- 
koensls, qui jusqu'ici semble spécial à l'ile Formose, se rapproche beau- 
coup du R. otophorus Francb. , du Yunnan; il en diffère par ses feuilles 
plus profondément trilobées, à lobes latéraux plus allongés et plus aigus, 
et par ses fleurs pédonculées, souvent au nombre de 2 ou 8 sur chaque 
rameau. 

RuBus coRCHORiFOLiusL. fil. (Syn. : R.herrvfoliusLéyl. et Van. ; R. Vanioti 
Lévl.). — Cette espèce, répandue en Chine et dans l'archipel Japonais, a 
été récoltée aussi à Formose et à l'île Quelpaert (Corée). 

Les rameaux florifères sont plus ou moins développés, et portent de 1 
à A feuilles et autant de fleurs; celles-ci se développent en même temps que 
les feuilles. 

Il est absolument impossible de distinguer du R. corchori/olius le R. kcr- 



• _ _ 290 — 

riifolius Lcvl. el Vau., du Kouy-tclieou (Bodinier, n" 2072 bis), cl lo /?. Vn- 
nioti Lévl. , de l'île Quelpaert (Faiirie, 11° 1577). 

Nom cliinois : Tsay-yang-pao -, racine astringonle , iisilce dans la dysonlerie 
(Farg-es). Baie excellente, à goûl de framboise (Bodinicr). 

RuBus PALMATUS Tliiinb. — Nombreuses localités japonaises (Faurie). 

Plante assez variable, mais toujours facile à reconnaître à ses feuilles 

à 3 ou 5 lobes profonds, fortement incisés-deutés , et à ses fleurs solitaires. 

RuBUs PSEUDO-ACER Makiuo iu Bot. Mag. Tokyo, W, p. /i8. — Japon : 
Noesi (Faurie, 1886; n° 963). 

Une tige sans fleurs ni fruits, mais répondant très bien à la description 
de cette espèce pour tous les caractères végétatifs. Feuilles très caractéris- 
tiques , rappelant celles de certains Erables. 

RcBus AMPELOPHYLLUS Lévl. — Japou : Shimidzu-toge (Faurie, 1888; 
n° 9870); Cbokkai-san (Faurie, 1888 ;n° 2778). 

Ces deux numéros paraissent bien appartenir à l'espèce de l'île Qaelpaeit 
décrite par Mgr. Léveillé sous le nom de R. ampchplujlhis ; la descri|ition 
de cette espèce leur convient parfaitement. Plante remarquable par f-es 
rameaux à peu près inermes, et ses grandes feuilles rappelant celles de 
la Vigne ordinaire. 

Rdbus crataegifolius Bge. (Syn. : /?. Wrighùi A. Gray; R. morifolim 
Sieb. ; R, ouensanensis Lé\\. et Van.). — Nombreuses localités japonaises 
(Faurie). Corée : Ouen-San (Faurie, 1901; n" 83; R. ouensanensis Lévl. et 
Van.!);Mokpo (Faurie, 1907; n" 1576); montagne des Diamants (Faurie; 
1907; n" 809'); île Quelpaert (Faurie, 1907; n"' 1082, i583). Cbine : 
montagnes à l'ouest de Pékin (Beau vais). 

Comme l'a déjà indiqué Focke dans son Spocies Ruhorum, il est impos- 
sible de séparer spéciliquement du R. crataegifoUus le R. Wrighùi A. Gray 
et le R. ouensanensis Lévl. et Van. : l'examen des éclianlillons originaux de 
ces deux plantes, conservés dans les collections du Muséum, m'a permis 
de vérifier l'exactitude de l'opinion de Focke. Le R. movifoims Sieb. n'est 
qu'une forme du R. cralacgifolius à aiguillons plus nombreux et plus 
lobustes; enfin G. Koidzumi [Conspectus Ros. jap., p. laS-iaô) rattacbe 
encore h cette espèce, soit comme formes, soit même comme simples syno- 
nymes, les R. pseudomnericanus et minor 0. Kze, Pi. Savatieri Francb., 
R. mahinoensis Lévl., R. sub crataegifolius et itoensis Lévl. et Van. 

Dans ïEmaneratio Plantarum japonicarum , 1, p. 12/i, Francbet et Sava- 
lier ont alli'ibué par erreur au R. cratuegiJoUus le 11° 354 des récolles de 
Savatier (in planilie el collibus ad Yokoska) : dans l'herbier général du Mu- 
séum, ce numéro fqjpartieut au R. incisus Thunb. : c'est une forme à feuilles 



_ 291 -- 

g-énéralement plus grandes que dans les formes ordinaires , pouvant atteindre 
7 cm.de hng sur 0,5 cm. de large. Dans l'herbier Drake, ce n° 354 de 
Savalicr est représenté par a feuilles d'herbier, portant chacune deux ra- 
meaux : l'une appartient au R. incisus Thunb., l'autre au IL koehncaïuis 
Focke. 

Le R. cratacgifolius se reconnaît facilement à ses carpelles nombreux, 
glabres, atténués en bec et terminés par le style persistant, et par ses styles 
plus courts que les étamines ouïes égalant h peine, caractères qu'il partage 
toutefois avec les B. triunlhus et Kochncanus Focke. C'est d'ailleurs une 
plante assez variable, à feuilles plus ou moins grandes, à Heurs tantôt 
disposées en petites panicules lâches, tantôt rassemblées en glomérules 
brièvement pédoncules, à calice plus ou moins velu extérieurement, parfois 
complètement recouvert de poils soyeux, notamment sur un échantillon 
japonais récolté à Towada par l'abbé Faurie (n° 1027/I), ainsi que sur un 
spécimen recueilli par Maximowicz à Hakodate. 

RuBus iNcisus Thunb. — Nombreuses localités japonaises (Faurie, et PI. 
du Japon, Exposit. de 1889). 

Focke (Sp. Rub., II, p. i38) rapporte à cette espèce le R. Grossularia 
Lévl. et Van., et Koidzumi ( Cohs^j. Ros.jap., pp. 121-122) y rattache en 
outre les R. geifolms et pseudoincisus 0. Kze, /?. condtiplicalus Duthie, et 
R. Kochncanus Focke. 

Rlbi s RiBiFOMis Sieb. et Zucc. — Dans \lndex kewcnsis, cette plante 
est considérée comme un simple synonyme du R. incisus Thunb.; mais 
d'après les échantillons figurant dans l'herbier du Muséum, elle diffère de 
celui-ci par ses feuilles à lobes acuminés, aigus, celles des rameaux stériles 
plus grandes et souvent à 5 lobes, et par ses pédoncules et ses calices 
pubescents. 

RoBUS TRiANTnus Focke. — Kouy-tcheou : Kay-tcheou (Cavalerie, 1908, 
n° 2950). 

Ces échantillons ne diflerent du u" 60/1 5 de Henry, sur lequel est basée 
l'espèce de Focke, que parleurs feuilles d'un vert pâle, mais non blan- 
châtres en dessous. 

Celte espèce, voisine du R. incisus Thunb. du Japon, en diffère par les 
feuilles plus allongées, et par les inflorescences formées de 3 ou d fleurs, 
pourvues à la base des pédoncules de longues bradées linéaires filiformes. 
11 est probable que c'est elle qui a été signalée en Chine sous le nom de 
R, incisus. 

Riiîus KoEiiNEANUs Fockc. — Japon : montagnes de Shimidzu (Faurie, 
1888; 11" 2/120, 258/i, 2597) et de Shiobara (Faurie, 1887, n" hido). 



909 

^4 %J aJ 

Corée : environs de Séoul (Gourant, 1891); mont Nam-san, près de Séoul 
(Faurie, 1901; n° 1 10). 

Le R. Koehneamis Focke diffère du R. incisiis Thunb. par les feuilles des 
rameaux florifères à lobes plus profonds, moins arrondis ou même aigus, 
et par les fleurs au nombre de 9 ou 3 au sommet des rameaux. Les feuilles 
des rameaux florifères jirofondément Irilobe'es le distinguent du R. trianthus 
Focke. 

J'ai décrit récemment, dans les Notulae systcmaticae de M. Lecomte, 
(vol. 111, n° 10), sous le nom de var. fonnosanus Card., une variété 
récoltée en 191 4 à Thai, dans l'île Formose, par l'abbé Faurie (n" 69) et 
caractérisée par les lobes des feuilles plus allongés et plus longuement acu- 
minés, surtout le terminal, et par les aiguillons des rameaux, des pétioles 
et de la face inférieure des nervures plus nondjreux, plus forts et plus 
crochus. 

RuBijs TAiTOENSis Hayata. — Formose : Arisan, ait. 9.5oo m. (Faurie, 
191/1; n" 55). 

Je rappoi'te cet échantillon au R. taitocnsis seulement d'api'ès les descri[)- 
tions de cette espèce données par Hayata, en latin dans Mater, for a FI. of 
Formosa,^. 96, et en anglais dans Icon. Pl.form., p. 28/1 : il répond assez 
exactement à ces descriptions, sauf cependant que les feuilles sont plus 
allongées (7 cm. de long sur /i,5 cm. de large), les pétioles plus longs 
(i,5-3 cm., au lieu de 1), ainsi que les pédoncules (2 à 2,5 cm., au lieu 
de 1 ) et les acicules du calice plus nombreux. 

Cette plante est voisine du /». Graxjunus Maxim.; elle en diffère par ses 
rameaux et ses pétioles aculéolés, ses feuilles nettement trilobées et son 
calice aciculé. 

RuBLs MODESTus Focke. — Je rapporte avec un peu de doute à cette es- 
pèce deux échantillons figurant dans les collections du Muséum avec l'éti- 
quette suivante : "/?. Thunbcrgii? S. et Z. 8962. Szechwan, China. Cem. 
D' Aug. Henry. Feb. 1890". Il est évident que ce n'est pas une forme du 
R. Tliunbcrgii Sieb. et Zucc. La courte description que donne Focke de son 
R. viodesltis dans le Species Ruhorum, II, p. lAO, s'applique assez bien à 
ces échantillons, si ce n'est que ceux-ci ont les pétioles complètement 
inermes, et que les pédoncules ne mesurent que 1 à i,5 cm. au lieu de 2. 
Focke dit les pédoncules et la base du calice crglanduloso-setosis^; sur nos 
échantillons, ou observe seulement quelques petites glaudes stipitées, qui 
font souvent presque complètement défaut sur beaucoup de fleurs. 

RuBUS sPECTABiLis Pursh. — Japon : sommet de l'Hakkoda (Faurie, 1886 
et 1887; n" 871 et 896); Iwagisau (Faurie, 1886 et 1888; n" io/i5 et 
/t734); sommet du Chokkaisan (Faurie, 1 888 ;n'" 2709612758); sommet 



— 293 — 

du Ganju (Faurie, 1890 et iSgii; n'^SSCg et i3686); Kaiibasau (Faurie, 
1899; H" 8274). 

La plante japonaise ne diffère de celle de l'Amérique boréale occidentale 
que par ses folioles généralement moins profondément incisées. Les n'^Sgô, 
2709 et 2753 appartiennent à une forme h pétiole plus court, à foliole 
terminale moins longuement pétiolulée, à folioles, pédoncules et calices plus 
pubesceuts; ces caractères la rapprochent de la forme dont Focke fait une 
sous-espèce verntis, et qu'il indique seule au Japon; mais il attribue à cette 
foime une foliole teiminale tronquée ou subcordée à la base, tandis que 
sur nos échantillons elle est atténuée, cunéiforme, comme sur la plupart 
des spécimens japonais que nous avons vus; d'autre part, ou observe sou- 
vent des folioles terminales tronquées ou subcordées sur les échantillons 
américains. 

PiuBUs I.EUCANTHUS Hancc. — Cambodge : province Tpong, monts Kuang- 
Kepoen (Pierre, 1870 ; n" 9 1 9). Cochinchine : Thu-dan-mot (Pierre, 1870 ; 
n° 10/19). Annam : province de Nghe-an, l'éserve forestière de Go-ba (Che- 
valier, 191/1: n" 32871). Toukin : forets du mont Bavi, près de Tu-phap 
(Balansa, 1887; n" 3387). 

J'ai décrit dans les Notulae sijstematicae ,vol. lll, n" 10, une variété à 
feuilles pubescentes sur les deux faces (var. villosulus Gard.), récoltée par 
Thorel entre Paklai et Luang-Prabang, Laos (n° 3/187). 

RuBus AcuMiNATissiMus Hass. — Le Sppclcs Ruborum de Focke et Vhidcx 
kcwcnsis n'indiquent celle espèce qu'à Java. Dans les collections du Muséum, 
il y a deux feuilles d'herbier étiquetées de la main de Spach rrR. rosaefoHus 
Sm? Voyage de M. Gaudichaud sur la Bonite. 1886-37. Manille. Novembre 
i836fl. Ces deux feuilles comprennent des échantillons appartenant hien 
au R. rvsaefolhis et d'autres qui sont peut-être du R. aciiminatissimus. Ce 
dernier constituerait donc une addition à la flore des Philippines. 

RuBUs FRAXiNiFOLius Poir. — R faut rapporter à celte espèce le n° 101 
de Flora of the Philippines, distribué sous le nom de R. rosaefolius (du 
moins d'après les échantillons figurant dans les collections du Muséum). 
Les n°' 981, 1616, 20/17 et 6780, du même exsiccata, distribués sous le 
nom de R. fraxinifolius , appartiennent au R. celebicus Blume, que Focke 
considère comme une sous-espèce du R.fraximjolius, caractérisée })ar ses 
Heuis et ses fruits plus petits, et par ses folioles plus courtes, plus larges, 
ovales ou lancéolées. Par contre, le a" 6687, distribué comme R. fraxini- 
J'olius celebicus, n'est qu'une forme très glanduleuse du R. rosaefolius. 

Un échantillon récollé par Thozet dans le Queensland (Australie), et 
figurant dans l'herbier du Muséuni sous le nom de R. rosaefolius, appar- 
tient sans aucun doule au R. fraxinifolius ; uu autie exemplaire sans lleurs 



— 294 — 

ni fruits, recollé par F. Miillcr à Rockingham Bny (Australie), semble 
bien se lapporter e'galement à celte espèce dont Faire de dispersion ses 
ti'ouve ainsi conside'rablement étendue vers le Sud. 

RuBUs ALNiFOLioLATUS Lévl. et Vao. — Formose : Raisba, Goo m. (Fau- 
rie, 191 4; 11° 61). Bien identique au n" 182, du même collecteur, sur 
lequel Tespèce a été établie. 

Cette espèce (déci'ite en trois lignes dans le Bulletin de la Société bota- 
nique de France, l. LUI, p. 669) est très voisine du R. fraxinifoUus Poir. ; 
elle en diffère par ses folioles oblongues, moins acuminéos, simplement 
aiguës ou même subobluses, à dents moins profondes, et par sa panicule 
plus dense. Je suis bien de l'avis de Fockc, qui fait observer que les folioles 
ne l'appellent en rien les feuilles de l'Aulne. 

Le R, alnifoliolatus parait propre jusqu'ici à l'ile Formose. 

RuBTJS iLLECEBRosus Focke. — Japou : Fusiyama(Faurie, 1890 et 1898: 
n°' 208G et 6634); au pied du Norikusa, ait. i,/ioo m. (Faurie, 1906; 
n" 6686). Il faut rapporter aussi à cette espèce un écbantillon récolté 
en 1862 par Maximowicz sur les pentes du Fusiyama, et distribué sous le 
nom de R. rosaefolius Sm. /3 coronarius Sims, Jlore simplici, ainsi qu'un 
exemplaire récolté au Japon par Savatier en mélange avec R. rosaefolius 
var. coronarius (n° 348 in parte). 

Cette espèce n'a pas encore été observée en dehors du Japon. 

RuBus ROSAEFOLIUS Sm. — Formose : Bunkiko, ait. i.5oo m. (Faurie, 
191/i; n" 46); Shinten (Faui'ie, 191 A; n" 88). Je rapporte aussi à cette 
espèce un écbantillon récollé par l'abbé Faurie, en 1907, dans l'île Quel- 
paert, près de Hong-no (n° iSyô); c'est une forme à rameaux, pétioles, 
pédoncules et calices couverts de glandes stipitées, à fruits plus petits que 
d'habitude, formés de drupéoles moins nombreuses. 

Espèce répandue dans l'Inde, le sud de la Chine, l'Indo-Cliine, le Japon 
et lout l'archipel Malais, s'étendant même jusqu'en Australie; introduite et 
naturalisée en outre dans certaines autres régions de la zone tropicale 
(Maurice, Madagascar, Cap, Antilles, Brésil, Chili), probaljlement à cause 
de son fruit, qui est assez estimé. 

Le R. rosaefolius est une espèce présentant de nombreuses variations, 
tantôt presque glabre, tantôt plus ou moins velue, églanduleuse ou présen- 
tant des glandes stipitées plus ou moins abondantes sur les rameaux, les 
pétioles, les pédoncules et les calices; les formes très glanduleuses se rap- 
prochent du R. sumatranus Miq. Parfois encore on observe sur le calice et 
sur la face dorsale des folioles des glandes sessiles, brunes ou jaunâtres, 
probablement résinifères; tel est le cas, notanwnent, sur beaucoup des 
échantillons de la forme cultivée à Heurs pleines (var. coronarius Sims), 



— 295 — 

ainsi ([ue sur un spécimen de la forme sauvage, récollé à Langson (Toakiii) 
par Balansa (n° i5/n), et sur des exemplaires provenant de Madagascar. 
Les échantillons pourvus de glandes sessiles ne présentent généralement pas 
de glandes stipitées; cependant j'ai vu les deu.v formes de glandes coexistant 
sur un spécimen du Japon, et sur deux échantillons de Long-ki (Yunnan), 
récoltés par Delavay. 

J'ai décrit dans les ISoUdae sijstematicae de M. Lecomte, vol. 111, n° lo, 
deux variétés nouvelles récoltées par i'abbé Famie dans l'île Formose, 
à Arisan, à une altitude de 2,5oo mètres; l'une que j'ai nommée var. fo7-- 
viosanus (Faurie, n°' h\ et ia) est caractérisée par ses folioles fermes, 
presque complètement glabres, étroites, longuement acuminées, par ses 
pétioles, ses rachis et souvent aussi la nervure piimairedes folioles portant 
des aiguillons robustes et crochus, par ses fleurs grandes, solitaires, et 
par ses calices pourvus, principalement sur la cupule, de grosses glandes 
sessiles, discoïdes, jaunâtres; l'autre (Faurie, n" ok) difféi-aut de la pre- 
mière par ses folioles plus molles, plus nombreuses (9 ou 11, au lieu de 
3 ou 5), plus profondément incisées-dentées, et par l'absence de glandes 
siu" le calice ; je l'ai désignée sous le nom de var. polyphyllartus. 

RcBns MiNDScuLus Lévl. et Van. — Les auteurs ont rapproché leur 
espèce du /?. pedatus Sm., dont elle est très éloignée; Focke [Sp. Riih., 
I, p. 99) l'a d'abord placée dans le sous-genre Cylaclis, mais il a fait 
remarquer ensuite {op. cit., II, p. 18) que ses ailinités réelles pouri-aieut 
bien être avec le /?. rosaefoUus Sm. L'examen du n° 8187 de Faurie, sur 
lequel est établie cette prétendue espèce, me donne l'impression qu'il ne 
s'agit même que d'une forme grêle du R. rosaefoUus ; le calice et la face 
inférieure des folioles présentent de nombreuses glandes sessiles, jaunâtres, 
comme on en voit souvent chez cette espèce. 

RuBus SDMATRANUS Miq. — Ile Formose : Tamsui (Oldhani, 1 8G/i , n" 90 ) ; 
Bankinsing (Henry, n° db^; Faime, 191/1; n°' 68 , 69) ; Cunkiko (Faurie, 
191 A; n° lik); Shinten (Faurie, i9i/t;n° G/i); Korisko (Faurie, 191/1; 
n" GG, G7); forêt de Maruyama (Faurie, 1908; n" i3/i); montagnes de 
Tamsui ( Faurie , 191/1; n' 1182). 

Je rapporte ces échantillons au R. sumatranus d'après la description de 
Miquel, qui lem' convient parfaitement. Focke ne considère cette plante que 
comme une sous-espèce du R. rosaefoUus, opinion qui peut être justifiée. 
Le R. sumatranus diffère , en tout cas , des formes glanduleuses du R. rosae- 
foUus par la présence sur les tiges, rameaux, pétioles, etc., de poils fins et 
nombreux , entremêlés aux soies glandulifères. 

Bonus ASPER Wall. (Syn. : R. sorhiJoUus Maxim.). — Cette Ronce, ré- 
pandue dans l'Inde , le sud de la Chine et l'archipel Japonais , a été récoltée 

Mlsiîum. — ïxin. 20 



— 296 — 

en outre dans le Laos par Harmand, au Tonkin par Leconile et Finet, 
Hautefeuiile et Balansa, en Corée et à Formosc par Faurle, et à Java par 
Forbes '''. On la re'unit souvent au R. rosac/olim Sm., mais elle s'en dis- 
tingue facilement par les pétales plus étroits, oblongs-spathulés , et par les 
longues soies qui couvrent les tiges, les rameaux, les pétioles et les pédon- 
cules, et dont la plupart se terminent par une très petite glande; les soies 
glandulifères sont toujours beaucoup plus courtes dans le R. rosaefolius et 
dans le R. sumatranus. 

Un des échantillons récollés par Farges dans le district de Tclien-keou-tin 
(Su-tchuen oriental) est remarquable par les feuilles des rameaux florifères 
seulement trifoliolées, les supérieures même simples; sur les spécimens 
rapportés du Laos par Harmand, beaucoup de calices ont 6 ou 7 sépales, 
dont quelques-uns sont parfois laciniés au sommet. 

RuBus TnD?<BERGii Sieb. et Zucc. — Chine (Fortune, n° 5, in berb. 
Mus. Par.). Formose (Oldliam, 18G/1; n° 91, in herb. Mus. Par. ). Répandu 
au Japon. Focke rapporte à cette espèce, comme simples variétés, les 
//. Ari>tji et talaikiensis LévL, de Chine. 

Le calice est généralement couvert de glandes stipitées, et présente 
aussi, dans certaines formes, des acicules plus ou moins nombreuses. 

RuBUSTAiwANiANUs Matsum. — Formose : nombreuses localités (Fauiùe). 
Philippines : île Luzon, Baquio, province de Benguet (Elmer, 1906; 
l'iora of the Philipp. , u° 60A9, sub nom. : R. tagalhis, Cham. et Schl. 
in herb. Mus. Par.). 

Le n" i3/i des récoltes de Faurie à Formose, qui a été rapporté au 
R. takvaniamis, a])partient en réalité au R.sumatraniis Miq., qui se distingue 
du R. taiwamunus par la présence de très nombreuses glandes stipitées sur 
les rameaux, pétioles, pédoncules et calices. Dans le R. taimanianus on 
observe presque toujours des glandes sessiles, jaunâtres, semblables à 
celles du R. rosaefolius, sur la face 'externe du calice et sur les folioles, 
principalement sur leur face infcrieiu-e. 

L'abbé Faïu'ie a récolté dans File Formose, à Shinten (n° 5o p. p.) et à 
llokuto (n° Sa) une forme à rameaux, pétioles et rachis glabres, à feuilles 
des rameaux primaires toutes à 5 folioles, celles-ci moins velues, à fleurs 
plus nombreuses à l'extrémité des rameaux (3 à 0) et plus brièvement 
pédonculées, à carpelles moins nombreux. 

Le R. taiœaiiianus est extrêmement voisin du R. T/miibergu Sieb. et 
Zucc, dont il ne paraît guère dillérer que par les fleurs beaucoup plus 
petites. On a indiqué comme caractère distinctif pour le R. tuiwaiiituius les 

'') Dans l'herbier du Muséum, le n" loai de Forbes comprend deux échan- 
tillons, l'un appartenant au R. asper Wail. , lautre au /{. rosuefoltus Sm. 



— 297 — 

stipules très étroites, filiformes; mais j'ai observé des stipules semblables 
sur certains échantillons japonais du R. Thimbergn. Enfin, d'après Koid- 
zumi (Consp. Ros.jap., p. n5-i 16), le /?. udwamnnus différerait aussi du 
R. Thunhergii pai- ses fruits secs et par l'absence de glandes stipitées sur 
les rameaux, pétioles, pédoncules et calices; mais le R. Thunhcrgn n'est pas 
toujours g-landuleux, et quant au caractère fourni par les fruits secs, non 
charnus, il faudrait savoir s'il est constant sur la plante de Formose, ou s'il 
ne s'agit pas simplement de fruits avortés ou mal développés. 

Rubis EUSTEPHANos Focke. — Western China : Chang-yang (Wilson, 

i()oo; n" 28). L'abbé Faurie a récolté en 1907 près de Hongno, dans l'ile 

Quelpaert (n" lôyg), une Ronce qui me semble appartenir au R. eusle- 

phanos : c'est une forme presque inerme, portant seulement quelques très 

rares et très petits aiguillons sur les rameaux florifères. 

Le R. etistephanos ne diffère du R. Thunbcrgii Sieb. et Zucc. que par ses 
rameaux, ses feuilles et son inflorescence glabres ou presque glabres, 

RuBus AjiABiLis Fockc. — llupeh : Icliaug (Henry, 1889; n" (J85(j). 
West-Szechuen and Tibetan frontier, chiefly near Tachien-lu (Pratt, 
n"' 100, 836). Su-tchuen oriental : district de Tchen-keou-tin (Farges). 
Western China (Wilson, 1908 ; Veitch Exped., n° 3/169). Thibet oriental: 
principauté de Kiala (Soulié, 1898; u° Aâ8 p. p.). 

La description et la figure photographique du Species Ruhornm de 
Focke, II, p. i63, fig. 70, s'appliquent parfaitement à ces échantillons. 
Cette espèce se reconnaît facilement à ses foholes nombreuses (3 ou h paires 
de folioles latérales), profondément iucisées-denlées. 

Sur le \\° 3669 de Wilson, on observe quelques acicules stu' le calice. 
Le n° 836 de Pratt et les échantillons récoltés par Farges dans le district 
de Tchen-keou-tin ont les sépales courts, bi'ièvement et brusquement mu- 
cronés, tandis (^u"ils sont au contraire longuement cuspidés sur tous les 
autres spécimens, 

RuBDS PCNGENS Camb. (Syn. : R. Oldhami Miq.). — Szechwan, 
S. Wusham (Henry, 1889: n" 5/!i69 B). Su-tchuen oriental : district de 
Tchen-keou-tin (Farges). Thibet oriental : i'a-tsien-lou (Souhé, 1899; 
n" h-28 p. p.). Yunnan : rochers des montagnes à Tong-tchouan , ait. 
9,600 mètres. (Maire). Corée : mont Nam-san, près de Séoul (Famie, 
1901, n" 86); province de Kanouen-to (Faurie, 1901 ; n" 87); sans indi- 
cation de localité (Faurie, 1906; n" 3oo); île Quelpaert, Hallaisan 
(Faurie, 1907; n" 1576). Japon: Sambougi ( Faurie , 1886 ; n" 679, 838). 

La villosité des carpelles et des styles est fort variable dans cette espèce; 
ces organes sont tantôt presque glabres, tantôt couverts de poils plus ou 
moins abondants. Les rameaux florifères et les pédoncules sont pourvus 

90. 



— 298 — 

ou dépourvus de glandes stipilées ; les folioles sont plus ou moins grandes, 
au nombre de 5 ou 7 (le plus souvenl 5). 

Le P. Farges a récolté dans le district de Tchen-keou-lin (Su-lcluien 
oriental) trois formes remarquables, caractérisées par la pi'ésence sur les 
tiges, les rameaux florifères, les pétioles et les pédoncules, de nombreux 
aiguillons lius, subulés, droits, et par l'absence d'aiguillons recourbés. L'une 
de ces formes, Cjue j'ai décrites dans les Notiilae sijslcmalicac de M. Lecomte, 
vol. III, \\° 10, a les feuilles composées de 5 ou 7 folioles peu velues, allon- 
gées, acuminées, les pétioles et les pédoncules non glanduleux (n" i^o5 
p. p.); je l'ai désignée sous le nom de var. Fargesii; une autre (n° ihoB b) 
a les tiges hérissées d'aiguillons encore plus nombreux, les rameaux flori- 
fères, pétioles et pédoncules très poilus, et présentant en outre de nom- 
breuses glandes longuement stipitées, les feuilles plus petites, à folioles 
courtes, obtuses ou brièvement acuminées, plus épaisses, d'un vert foncé 
en dessus, et très velues sur les deux faces (var. villosus); la troisième enliu 
(n° 7A9) est remarquable par les feuilles des rameaux floiifères toutes 
ternées, à foliole terminale très grande, ari-ondie ou un peu en cœur à la 
base, souvent aussi large que longue, et présentant presque toujours deux 
lobes latéraux assez distincts; rameaux florifères allongés, portant de 2 à 
U fleurs à leur extrémité, garnis, ainsi que les pétioles et les pédoncules, de 
glandes longuement stipitées; sépales très longuement atténuées en une 
pointe filiforme (var. icrnaius). Le n" 6862 de Wilson (Western China, 
mont Omi) est en quelque sorte intermédiaire entre la var. ternaius et la 
var. Fargesii, se rapprochant de la première par la présence de glandes 
stipitées sur les pétioles, pédoncules et rameaux florifères, et par les sépales 
très longuement subulés, ainsi que par la largeur des folioles, et de la 
seconde par les feuilles à 5 folioles, la terminale plus allongée. 

RuBus ALEXKTERius Focke. — Yunuau : parmi les broussailles à Kiao- 
che-tong, près du col de Hee-chan-men (Delavay, 1889; n" 385i); près du 
lac de Tchao-tong (Delavay, 1882); bois au col de Pi-iou-se, au-dessus de 
Ta-pin-tze (Delavay, i885); Yunnan-sen , Tchong-chan (Ducloux, 1906: 
n° 33i5); Hay-y, près Lou-lan (Paul Ngueou, 1908; Ducloux, n" 5688). 

Ces échantillons, particulièrement le n° 385 1 de Delavay et le n" 33 10 
de Ducloux, répondent très exactement aux descriptions et aux figures de 
cette espèce publiées par Focke {Not. Bot. Gard. Ediiib., n" XXlll, 
tab. LXVII, et Sp. Rub., III, p. t\o [aGi] et fig. 1 1 [98]). Cet auteur n'a 
pas décrit les ovaires jeunes : ceux-ci sont laineux, et le tomenlum qui les 
couvre se détache en bloc avec les styles avant la maturité, comme dans 
le B.pilealiis Focke et quelques autres esjièces; d'après Forrest, cité par 
Focke, le fruit serait gros, jaune et comestible. Cependant, sur les échan- 
Jjllons de l'herbier du Muséum, dont plusieuis scnd)lent être bien près de 
la maturité, les carpelles, complètement inclus dans le calice, paraissent 



- 290 - 

reslor secs; ils sonl {jlabrps et fovo'olés après la oliuLe du lomcnlum. 
Espèce 1res caractéristique, particulière jusrpi'ici au Yunnan. Le type de 
Foircst (u" 3/45-^) fig-ure ég-alomont dans i'hoibier du Muséum. 

Puiiuis MAciLENTUS Camb. — Tliibet oriental : principauté de Kiala, 
Tha-pa, haies (Soulié, i8g3 ; u" 70-2) ; Tsekou (Saulié, 1896 ; n" i588) ; 
vallée de Gnia-patong (Soulié, 1898 ; n" i58s!). 

Les styles, glabres sur le type de l'Inde, sont plus ou moins poilus sur 
les exemplaires de Chine, 

RiiBus lîiFLOKus Buch, — Western China (Wilson, igo^; Veitch Exped., 
n° 3/188). Yunnan : Lao-kouy-chan, près My-lé (Paul Ngueou, 1907; 
Ducloux, n" 5i/i6). Thibet orientai : Tsekou, Gnia-patong (Soulié, 1896; 
\f 1/120). 

Fock a fait remarquer avec raison que le nom de hijlorus, appliqué à 
cette espèce, est loin d'être toujours justifié, car les fleurs sont souvent au 
nombre de 5 à 7 ; tel est le cas notamment pour les échantillons récoltés 
par le P. Soulié dans le Thibet oriental. 

Dans cette espèce, les carpelles sont tomenteux à l'état jeune, et le 
tomentum se détache avec les styles, comme dans le B. pilealus et le 7». olexc- 
l(>rii(s; les tiges sont couvertes d'une pruinosité blanche qui s'enlève au 
moindre contact. 

Rciiiis piLEATUs Focke. — Szechvvan (Henry, n° SgG^). West-Szechwau 
nnd Tibclan froutier, chiefly near Tachienlu ( Pratt ,11° 17 ), Thibet oriental : 
Ta-tsien-lou, principauté de Kiala (Soulié, 1898). Su-tchuen oriental : 
district de Tcheu-kéou-tin, ait. 9,000 m. (Farges, n°' i36 p.p., 507p. p., 
57/. p.p.). 

RuBus LAsiosTYLis Focke. — Central China : Western Hupeh (Wilson, 
1900, 1901; Veitch Exped., n°^ 986 et aoSa). Su-tchuen oriental: 
(Hstrict de Tcheu-keou-tin, ait. 3,000 m. (Farges, n°7i p.p.); Han-ky-se 
près Tchen-keou, ait. 3,000 m. (Farges, 1893 ; n" 1 1/19). 

f>e P. Farges a récolté dans le district de Tchen-keou-tiu une variété de 
cette espèce remarquable par les rameaux florifères, pédoncules et calices 
très velus, les stipules, les bractées et les sépales non colorés, ces derniers 
plus étroits, atténués en une pointe filiforme plus allongée: les feuilles 
sont toutes ternées, à foliole terminale pi'ofoudément trilobée; j'ai décrit 
cette forme dans les Notulae sijstematicuc, vol, 111, n° 10, sous le nom de 
var. villosus Gard. 

RdBDS EUCALYPTUS Focke. — Su-tchuen oriental : district de Tchen- 
keou-lin, ait. 3,000 m. (Farges, u° 71 p.}).). 



- 300 — 

Nom chinois : Fou-pan-tse. Le fruit, avant complète maturité, est offici- 
nal et employé comme astringent (Farges). Ceci s'applique aussi bien à 
l'espèce précédente, les deux plantes se trouvant mélangées dans la récolle 
du P. Farges. 

Il me paraît d'ailleurs évident que ces deux Ronces ne sont pas spéci- 
lirpiement distinctes l'une de l'autre. Les caractères indiqués par Focke ne 
sont pas constants ; les dimensions des stipules et des bractées sont extrê- 
mement variables dans le R. lasiosiijlus. Un des échantillons du n° 71 de 
Farges , et un autre exemplaire du même collecteur et de la même région 
(n" 09 p. p.) présentent des caractères de transition : la forme des folioles, 
particulièrement de la foliole terminale, les stipules et les bractées fili- 
formes, subulées, caduques, les rapprochent du B. eucalyptus, tandis cpie 
l'absence totale des glandes sur les pédoncules est un caractère du R. lasio- 
slijlus. Focke attribue à celui-ci des pédoncules ftpatenter hirsutin, mais 
sm* tous les échantillons que j'ai examinés, y compris le n° 6788 de Henry, 
cité par Focke comme un des types de son espèce, les pédoncules sont 
entièrement glabres ; ils ne sont velus que sur la forme intermédiaire dont 
je viens de parler. 

RuBus TRULLTSSATCs Focke. — Je rapporte à cette espèce, d'après la 
description qu'en donne Focke [Sp. Rub., II, p. 169), le n° 6996 de 
Henry, provenant de la province de Hupeh, qiii était étiqueté dans l'herbier 
du Muséum : nR. hypargyrus Etlg. ex Focke a , mais qui ne semble pas 
pouvoir être rapporté à celui-ci, lequel ne serait, d'après Focke, qu'une 
variété du R. niveus Wall. [R. gmciiis Roxb.). Au contraire, la description 
du R. irullissntus lui convient parfaitement. Cette espèce diffère du R. euca- 
lyptus par les rameaux florifères triflores et l'absence totale de glandes 
stipitées sur les pédoncules , pétioles , etc. 

Je rapporte encore au R. truUissatus un échantillon récolté par le 
P. Farges dans le district de Tchen-keou-tin (Su-tchuen oriental); c'est une 
forme grêle, à fleurs solitaires ou géminées à l'extrémité des rameaux. 

RuBus ixoPERTUs Fockc. — Central China : AA'estern Hupeh (Wilson, 
1900; n° 1281). Su-tchuen oriental : district de Tchen-keou-lin (Farges, 
n" 5o'] bis). Kouy-tcheou : Niang-ouang (Cavalerie et Fortunat, ujoB; 
n"' 9818 et 9359). Yunnan : taillis à Tchenfong-chan (Delavay, iSgS; 
forme passant à la var. echinocalyx Card.); Te-chen-po, préfecture de 
ïchao-ting (Père M. Mey, 1908; Ducloux, n° /nia). 

L'abbé Delavay a récolté en 189^ à Long-ki (Yunnan) une variété de 
celte espèce caractérisée par son calice couvert, principalcinenl vers lexlré- 
mité des sépales , de nombreux aiguillons aciculiformes jaunâtres, droits, 
assez robustes (var. echinocalyx Card. apud Lecomte, Notiilac systcmaticae, 
III. n" 10). Parmi les échantillons de cette variété, il y a une forme 



— 301 - 

remarquable par ses fleurs presque toutes en cymes terminales, les axil- 
laires faisant à peu près complètement défaut , par ses calices très acicule's 
et par ses folioles moins nombreuses (5 ou 7 ) , plus larges , la terminale 
^éne'ralement trilobée. Sur l'un des échantillons de cette forme, les 
feuilles inférieures d un rameau florifère ont les folioles tomenteuses en 
dessous. 

Focke rapproche son /?. iuopertus du /?. niveiis Thunb. {R. lasiocnrpus 
Sm.); il en est bien distinct toutefois par ses feuilles plus grandes, à 
folioles généralement plus nombreuses (7 ou 9), dépourvues de tomentum 
en dessous, par ses fleurs très brièvement pédonculées, réunies en petits 
glomérulos axillaires et terminaux , par son calice glabrescent extérieure- 
ment, à sépales apiculés ou brièvement acuminés, enfin par ses carpelles 
beaucoup moins velus. 

RuBus LASiocARPUs Sm. var. Mir,RA\THUs(Don)Hook. (Syn.: Pi.micranthus 
D.Don; R. Piji Lévl., fide Focke). — Yunnan : haies à Tapin-lze, près 
TaH(Delavay, i88/i; n" 1006); environs de Yunnan-sen (Ducloux, 190/1; 
n° 2807); haies près de Tong-tchouan , ait. 2,5oo m. (Maire). Su-tchuen 
oriental: district de Tchen-keou-tin (Farges). Laos : Attopeu, ait. 900- 
1,000 m. (Harmand, 1877; n" 19 56). Annam : Lang-bian, Dalat, 
ait. i,hoo m. (Chevalier, 191^; n° 80793). Siara : Xieng-may (Hosseus). 

Sur les échantillons récoltés dans ie Yunnan par Maire, les feuilles des 
rameaux florifères n'ont souvent cpie trois folioles. 

Le D' Legendre a récolté en 1 908 , dans le massif du Oua-pao-shan (Su- 
tchuen occidental), vers 2,5oo d'altitude, une variété différant des formes 
ordinaires de l'espèce par son inflorescence formant un thyrse étroit et 
allongé, et par son calice moins tomenteux; les feuilles ont 9 folioles 
étroites; peut-être cette plante devrait-elle constituer une espèce distincte; 
je l'ai décrite provisoirement, dans les Nolulae systematicae de M. Lecomte, 
vol. III, n" 10, sous le nom de vai*. cclenothyrsus. 

Le R. lasiorarpiis est une espèce à large dispersion , embrassant toute 
la péninsule indienne, depuis l'Himalaya jusqu'aux Niigherris, Geyian, la 
péninsule indo-chinoise, le Yunnan et les iles de la Sonde. Il me paraît 
intpossible d'en séparer le R. IlorsfichUi Miq. et le R. micranlhus Don, qui 
ne sont que des formes sans grande importance , se reliant au type par de 
nombreuses transitions. D'autre part, Focke(iSp. Ruh., II, p. i84) identifie 
le R. Piji Lévl. au R. micranlhus Don. 

Le R. leucocnrpm Arn., que Focke [loc. cit., p. i83) considère comme 
une sous-espèce du R. lasiocarpus , en diffère notablement par ses feuilles 
non tomenteuses en dessous, glabres ou pubescentes sur les nervures 
seulement. Le R. racemoaus Roxb. est une autre espèce du même groupe, 
caractérisée par son inflorescence pourvue de glandes slipitécs. Ces deux 
plantes sont propres au sud de l'Inde et à Ceylan. 



— 302 — 

RuBUs coREANUs Miq. — Su-tchuen oriental : district de Tchen-kcou-tia 
(Farges). Western Hupeh (Wilson, 1900; 11° 87 p. ]).). 

Dans ie type de Corée, représenté dans les collections du Muséum par 
le n° 2i5 d'OIdham, les feuilles sont vertes et glal>rescentes sur les deux 
faces. Parmi les échantillons récoltés dans le Su-tchuen oriental par Farges. 
il en est mi qui porte, sur le même rameau, des folioles, les unes glabres, 
les autres tomenteuses eu dessous, établissant ainsi la transition vers la var. 
tomentosus Gard. {Notulae systemaiicae , III, u° 10) qui a toutes les feuilles 
h folioles tomenteuses en dessous et le calice beaucoup plus tomenteux 
extérieurement que dans le type. Cette variété a été récoltée dans le Thibet 
oriental, province de Moupine (David, 1869), à Gnia-patong (Soulié, 
1896; n° i5io p. p.), dans le Su-tchuen oriental, district de Tchen- 
keou-tin (Farges), enfin dans le Hupeh occidental (Wilson, 1900; 
n" 87, p. p.). Sur les échantillons de la province de Moupine, les rameaux 
florifères sont pubescents et les folioles poilues en dessus ; Franchet ( PL 
David, II, p. 38) a rapporté à toit cette forme au R. parvifolius L. fil. ou 
7?. iripliijtlus Thunb. 

Le R. quelpnertensis Lévl. , in Fedde, Repert. , V, p. q8o, ne me pai'aît 
pas spécifiquement distinct du R. coreanus : c'est une forme ou une variété 
à folioles petites, minces, d'un vert foncé et glabres sur les deux foces, 
sauf sur les nervures, à fleurs un peu plus petites, et à sépales plus courts 
que dans le type. 

Rdbus triphyllus Thunb. — Espèce largement répandue dans toute 
la Chine méridionale, le Tonkin, le Japon, en Corée, à Formose, et se 
retrouvant jusqu'en Australie et en Tasmanie; très variable dans les dimen- 
sions de toutes ses parties, à rameaux tantôt très pubescents, tantôt 
glabres, à aiguillons plus ou moins nombreux, à calice plus ou moins 
aciculé, plus rarement iuerme, à pétales tantôt étroitement elliptiques, 
assez graduellement rétrécis vers la base, tantôt au contraire fort élargis 
dans le haut et brusquement contractés en un onglet étroit et allongé, 
presque entiers ou érodés-dentés au sommet. 

L'abbé Faurie a récolté en 1908, dans l'ile Formose, aux environs de 
Taipeh et de Kelung (n°' 187 et 1 38), une variété à folioles non tomen- 
teuses, seulement pubescentes, et d'un vert moins foncé en dessous 
qu'en dessus (var. stihconcolor Gard, apud Lecomte, Not. system., III, 
n° 10). 

Le même collecteur a recueilli au Japon (montagnes d'Otaru, 1888, 
n° 2880, et forêts d'Abashiri, 1890, n° 6/119) une forme singulière, à 
folioles très grandes , la terminale pouvant atteindre 8 centimètres de long 
sur 7 de large; les aiguillons, très rares sur les rameaux, les pétioles et 
les racliis manquent complètement sur les pédoncules et les calices; les 
fleurs sont grandes, généralement solitaiies sur de longs pédoncules; 



— 303 — 

mais ceux-ci portenl presque toujours plusieurs potiles bractées, ce tpii 
montre (piil y a avorlement des Heurs iate'raies. C'est probableniciit une 
forme jeune. 

La pbipart des auteurs rapportent au R. iriphijUus le /?. macropodus Sei-. , 
d'Australie et de Tasmanie; il est probable, en elFel, (pie les (ieux planles 
ne dillèreut pas spécifiquement. Toutefois le R. macropodus comprend 
fies formes qui pre'sentent souvent un aspect très différent de celui des 
formes asiatic[ues : les folioles sont fi'é(piemment plus étroites, plus ou 
moins rétrécies vers le sommet et parfois au noml>re de 5, ou même de 7, 
sur une seule feuille. 

RuBus ADENOCHLAMYs Focke. — Goréc : île Quelpaert, Hallaisan, parmi 
les buissons (Faurie, 1907; n° i58o). 

Cet échantillon send)le bien appartenir au R. adenochlmnijs de Focke, 
auquel cet auteur rapporte le R. Kinashii var. coreensis de Léveillé. Il est 
possible que celte Ronce ne soit qu'une variété du R. Iriphyllus, carac- 
térisée paries nombreuses glandes stipitées couvrant les calices, les axes 
florifères, les pétioles et le rachis des feuilles. 

RuBus sciiizosTVLus Lévl. — Corée : île Quelpaert (Faurie, 1907-, 
n° i586). C'est une forme différant du type (n° 1690) par ses feuilles 
presque toutes à 5 folioles, vertes et non cendrées en dessous, pubescentes 
sur les nervures seulement. 

Focke (Sp. Rub., II, p. 207) place cette espèce dans la série Euiduci; 
mais elle me paraît mieux à sa place parmi les Nioael, à côté du /?. Iri- 
phijlhis ïhunb.. dont elle se rapproche beaucoup, ne dillerant des formes 
à petites feuilles et à petites fleurs de cette espèce que par ses folioles non 
ou à peine tomeuteuses eu dessous, et par ses fruits paraissant secs à la 
maturité. 

RuBUS FOLioLOSDS Don. — Yunnan : Tchao-tong (Delavay, 1883); 
Yunnan-sen (Delavay, 1896, n° G808; Ducloux, 1906, n" 33iG); plateau 
de La-kou, haies, ait. 2,/ioo m. (Maire); plateau de ïong-tchouan , 
ait. 2,5oo m.; Mong-tse (Tanant, 1893). Kouy-tcheou : environs de 
Kouy-yang (Bodinier, 1898; n° 2260). Thibet oriental : Tsekou (Souiié, 
1895; n° i583). 

Plante très variable : rameaux florifères très courts (1 à centim.) on 
plus longs (5 à 9 centim.), les premiers armés de très petits aiguillons 
pâles , les autres pourvus d'aiguiUons plus robustes , arqués , souvent rou- 
geàtres; folioles des feuilles le plus souvent 3, assez souvent 5, parfois 
une seule sur les feuilles supérieures par avoitement des deux latérales; 
tantôt suborbiculaires, arrondies, tantôt plus étroites, oblongues, atténuées 
aux deux extrémités. 



— 30/1 — 

Celle espèce se distingue facilement du Fi. triphyllus Thunb. par ses 
folioles moins profondément incisées, souvent au nombre de 5, la ter- 
minale moins longuement pétiolulée , le calice toujours inerme et les car- 
pelles couverts, du moins à l'état jeune, d'un tomentum blanc. 

RuBUS PHOENicoLAsitis Maxim. — L'al)bé Faurie a récolté cette espèce 
dans de nombreuses localités du Nippon et d'Yeso; elle a été signalée 
également dans le nord de la Chine, mais je n'ai vu aucun échantillon de 
celte provenance dans les collections du Muséum. 

RuBDS iRRiTANS Focke. (Syn. : B.purpvreusL D. Hook, FI. Brit. Ind., II, 
p. 3.^7, non Bge, fide Focke, Sp. Rub., Il, p. 199). — Cette espèce se 
distingue du R. gracilis Roxb. (/?. nweusV\^iA\.) parles rameaux, pétioles, 
pédoncules et calices couverts de nombreux acicules entremêlés de glandes 
stipitées. Un échantillon du Cachemyr, récolté par Dulhie (n" i22o5) et 
figurant dans les collections du Muséum, diffère du type par ses rameaux 
fortement pubescents. 

D'après Focke, le véritable R. purpureus Bge, de la Chine boréale, ne 
serait qu'une forme ou une variélé robuste du R. triphyllus Thunb. 

RuBUs GocKBDRNiANDS Hcmsl. — D'après l'échantillon de cette espèce 
figurant dans les collections du Muséum (n° 97 de Pratt), le R. Cockhuv- 
nianus appartient plutôt à la sect. Thyrsidnei qu'à la sect. ISivei dans 
laquelle le place Focke, toutefois avec doute, n'en ayant pas vu d'échan- 
tillons. 

RoBUS GiRALDiANus Focke. — Thibet oriental : Gnia-patong (Soulié, 
1895; n° i24o). 

Je rapporte ces échantillons au R. Giraldianus , d'après la description 
et la figure photographique que donne Focke de son espèce (.Sp. Rub., II, 
p. 19^, (ig. 78), et qui leur conviennent très bien, sauf que Focke dit 
la cupule du calice crtomentellan, tandis qu'elle est glabre sur les échan- 
tillons du P. Soulié, les sépales étant tomenteux seulement sur les bords 
vers le sommet. Les feuilles sont à 7 ou 9 folioles, plus souvent 9, comme 
sur la figure photographique donnée par Focke. 

Un autre échantillon récolté également à Gnia-patong par le P. Soulié 
(n° i5io p. p.) représente une forme à folioles minces et molles, à inflo- 
rescences moins développées, terminant des rameaux latéraux, ceux-ci 
armés, ainsi que les pétioles, pédoncules et rachis, d'aiguillons crochus, 
plus vigoureux, assez nombreux. 

RuBUS KuNTZEANiîS Hemsl. — Su-lchuen oriental : district de Tchen- 
kcou-tin (Favges, n° 11^9 bis). Kouy-tcheou : Pin-l'a, bois (Cavalerie et 



'^o: 



ÔU.) 



Foi-tunat, igoS; n" aSgo). — Une var. glaïubdosus Gard, (apud Lecorate, 
Ao/. System., III, n" 10) caractërisée par le calice couvert de nombreuses 
glandes stipilées, émerg'eant de la villosité, a été trouvée avec le type 
dans le Sutchiien oriental par Farges et par Henry, dans le Kouv-tcheou 
par (lavalerie et Fortunat, dans le Hupeli par Henry, et dans le Patung par 
Wilson. 

Focke [Sp. Ruh., II, p. 196) rapporte au /». Knnizeanus le /?. xanlh- 
acnnthus Lévl. in Fedde, Repert., IV, p. 333; mais celui-ci ayant les sépales 
glanduleux, diffère par là du vrai R. Kunl:ennus (lequel, d'après Ilcmsley, 
son créateur, est rrperfeclly giandiessi) et se rapprocherait de ma var, 
glandulosus ; d'autre part, toutefois, M°'' Léveillé attribue à sou espèce 
des rameaux glabres (/^(^//. Acad. intcrii. géogr. bot., XX, p. 19), ce qui 
ne convient ni au R. Kiint:eanus type, ni à la var. glandidosus; il s'agit 
probablement d'une autre forme de la même espèce. 

Dans les Plantae Wilsonianne , III, p. /j^/i , le R. Kuntzeanus Hemsl. est 
rapporté en synonyme au R. innominaius Moore. 

RuBDS piNNATDS WiHd. — Il y a, dans l'herbier du Muséum, un échan- 
tillon récolté, d'après l'étiquette, à Manille (Philippines) par Cumming 
(n" 2/455), qui a été rapporté par Spach au R. pinnalus Willd., et auquel 
conviennent, en effet, très bieu la description originale de VVilidenow 
[Sp. pi., II, p. 1081), celle de Harvey et Sonder (Flora capensls, II, 
p. 987), et celle de Focke (Sp. Ruh., II, p. 177); cet échantillon concorde 
en outre avec des spécimens de Sainte-Hélène, du Gap et de l'Angola, 
figurant dans les collections du Muséum. Le R. pinnafus n'avait pas encore 
été signalé en dehors de l'Afrique tropicale et australe ; son existence aux 
Philippines, si loin de son aire principale de dispersion, est tellement 
surpi'enante qu'on peut se demander s'il n'y a pas eu là quelc^ue mélange 
d'étiquettes. 

Il est en tout cas certain que c'est bien à tort que plusieurs botanistes , 
comme J. D. Hooker et les auteurs de V Index hexvensis, ont rapporté le 
R. pinnalus Willd. au R. rosaefoUm Sm., qui appartient à un groupe 
tout différent. Le R. pinnalus appartient au groupe Afroidaei, qui n'est 
représenté jusqu'ici en Extrême-Orient que par une espèce nouvelle, que 
j'ai décrite récemment dans les Nolulne sijslemalicae de M. Lecomte, 
vol. 111, 11° 10, le R. ischjracanlhus , voisine du R. Petitianus A. Rich., 
d'Ahyssinic et d'Arabie. 

Rlbus ellipticds Sm. — Espèce répandue dans l'Inde, la Ghine occi- 
dentale et méridionale, le Laos et l'archipel Malais. Les échantillons de 
Ghine et du Laos représentent tous, plus ou moins exactement, la forme 
ohcordata Franch. PL Delav., p. 206 (var. obcordatus Focke, Sp. Rub., II, 
p, 199, et 111, p. /i6 [970], fig. i3 [100]. 



~ 300 — 

Le R. eiliptirns est une espèce fort variable : folioles elliptiques, sub- 
orbiculaires ou obcordées: soies des tiges, des rameaux, des pétioles, etc., 
plus ou moins abondantes et plus ou moins allongées; calice simplement 
tomenteux, ou bien à la fois tomonteux et lie'rissé de soies, à sépales obtus, 
mncronés ou subaigus; inllorescence composée de panicules terminales et 
axill lires plus ou moins denses ou a^sez lâches. 

RuBUS FASCicnLATUs Dutliie. (Syn. : /?. elliplicus suhsp. fasciculatus Focke, 
Sp. Rub., Il, p. 199; R- ellipticus forma acuminata Franch. PL Delav., 
p. 906! 7t. pinjfaensisLéx]. et Van. in RuU. Soc. agr. etc., Sarihe, p. 5, et 
Bull. Acad. inlern.gêogr. bot., 1909, p. 106!) — Cette plante, décrite par 
Dutliie sur des échantillons de l'Himalaya, paraît assez répandue, comme 
ia précédente, dans ia Chine méridionale et occidentale; l'herbier général 
du Muséum en renferme de nombreux et beaux échantillons provenant du 
Yunnan (Delavay, Ducloux), du Kouy-tcheou (Bodinier, Chaffanjon, Es- 
quirol. Cavalerie), du Hupeh (Henry) et du Thibet oriental (Sonlié). 
L'abbé Faurie l'a aussi récoltée dans l'ile Formose. 

Le R. fasciculatus diffère du R. ellipticus Sm. par les folioles plus ou 
moins brusquement acuminées ou apiculées, non tomenteuses en dessous, 
tantôt un peu pubescentes , tantôt complètement glabres sauf sur les ner- 
vures, et pai- les fleurs disposées en petits glomérules compacts, axillaires 
ou terminaux, parfois encore solitaires à l'aisselle des feuilles. 

Il est complètement impossible de distinguer le R. pinfaensis Lévl. et 
Van. du R. fasciculatus Duthie. 

J'ai décrit, dans les Notulae sijslematicae de M. Lecomte, vol. HI , n° 10, 
sous ie nom de var. tomentosus, une forme du Yunnan caractérisée par les 
folioles couvertes sur la face inférieure d'un tomentum blanchâtre, très 
court, ce qui ia rapproche du R. elliplicus Sm. , dont elle diffère d'ailleurs 
par les folioles assez longuement acuminées, les fleurs en glomérules axil- 
laires, et les sépales acuminés, aigus. 

Rdbus chinensis F'ranch. (Syu. : R. stiimilans Focke). — Dans sa descrip- 
tion de cette espèce {PI. Delav., p. 207), Franchet dit les feuilles fretiam 
floralia pinnata, bijugan; cependant, sur l'un des échantillons originaux 
conservés dans l'herbier du Muséum, deux des feuilles supérieures sont 
seulement ternées, et une troisième présente cpiatre folioles. 11 en est de 
même sur plusieurs échantillons de la var. concolor Card., in Nol. systcm., 
111, n° 10, dont les feudles n'ont que 3 ou /t folioles, la foliole terminale, 
très grande et très large , présentant souvent une partition complète d'un 
côté et incomplète de l'autre. 

D'après l'échantillon authentique du R. stimulans Focke figurant dons 
Iherbier du Muséum (n° ^898 de Forrest), il est évident que cette plante 
doit être identifiée avec l'espèce deFran(^et; quant au R. idaeopsis Focke, 



— 307 — 

Sp. Ruh., II, [). 9o3, auquel Focke rapporte avec doute le /». chinensis 
Francli. , je ne le coiuiais pas. 

RuBDs MiîsoGAEus Focke. (Syn. : 11. uivcus Fraucli. PL Dckir., p. aoy, 
nouWalI.) — Central China : Western Hupeli (Wilson, 1900; Veitch 
Expcd., n" 679). Hupeh : Ichang-, Patung- district (Henry, n"' ào-io, 
5620 rt). Vunnau : broussailles à Ou-tchay (Delavay, 1889; 11° SySA). 
Su-tchueu oriental : district de Tchen-keou-tin (FargiiS, n" 576). Kouy- 
tcheou : roule de Pin-fa à Kouy-yang (Cavalerie, 190G; n" 2799). 

Ces échantillons j'épondcnt bien aux descriptions du R. iiiesogaeus et à 
la figure photographique cju en donne Focke, S/j. Rub., 11, p. 2o5, fig. 82; 
mais c'est une plante assez vaiiable. Les fleurs sont tantôt blanches, tantôt 
roses ou louges : les rameaux florifères, les pétioles et les pédoncules 
peuvent présenter des glandes stipitées plus ou moins abondantes, ou bien 
eu être totalement dépourvus; les tiges et les rameaux sont généralement 
en couverts d'une villosité courte mais abondante. Les folioles latérales des 
feuilles sont tantôt sessiles, tantôt brièvement pétiolulées, soit un peu 
rétrécies, soit arrondies ou tronquées à la base. Parmi les échantillons du 
n° 575 de Farges, plusieurs ont les feuilles des rameaux florifères à 5 fo- 
lioles (forma quinata), et un autre spécimen de la même provenance 
montre la transition entre la forme à feuilles ternées et celle à feuilles 
quinées, la foliole terminale présentant une partition complète d'un côté 
et incomplète de l'autre. 

\]n échantillon récolté par Henry dans le Su-tchuen (n° 8966) est re- 
marquable par ses folioles devenant glabrescentes en dessous en vieillissant, 
sauf sur les nervures, mais les feuilles jeunes ont les folioles tomenteuses 
à la face inférieure, comme d'ordinah^e. 

Un autre échantillon, récolté également dans le Su-tchuen par Henry 
(n° 8967), est remarquable par ses rameaux primaires presque glabres, 
mais couverts de très nombreux acicules droits, entremêlés de glandes 
stipitées; rameaux florifères, pétioles, rachis, pédoncules et calices chargés 
de très nombreuses glandes stipitées; on observe, en outre, quekjues 
aiguillons recourbés sur les pétioles et les rachis; une partie des feuilles 
des rameaux florifères sont à cinq folioles, les latérales pour la plupart 
fortement dilatées à la base, très brièvement pétiolulées ou subsessiles, 
la terminale plus ou moins profondément trifide. Je pense que c'est la 
var. oxijcomus Focke, in Engl. Bot. Jahrh., p. 899. Cette forme me paraît 
être, par rapport au R. mesogaeus, ce qu'est le R. adenochlamys Focke à 
l'égard du R. triphyllus Thunb. 

Enfin je mentionnerai encore une variété du R. mesogaem, récoltée 
par un des collecteurs indigènes du P. Ducloux, en 1909, à Sau-Kia, région 
de Kiao-kia, Yunnan (Ducloux, n° Gaoo) et caractérisée par ses folioles 
petites, la terminale profond(fueukincisée , lobulée, souvent même distinc- 



308 — 



lemeut trilobée; quelques feuilles sonl à cinq folioles. J'ai décrit cette 
forme dans les Notulae syslematicae , vol. III, u° lo, sous le nom de var. 
iitcisus. 

Les e'chantillons récolte's par Delavay dans le Yunnau (n* 870/1) ont été 
attribués à tort par Franchet au II. nioeus Mail. (/?. gracilis Roxb.), espèce 
de rilimaiaya, qui n'existe peut-être pas en Chine. 

Ri BUS KiNASHii Lévl. et Van. — Japon : Towada (Faurie, 189/i; 
n" 10273); montagnes de Yamagata (Faurie, 1889; u° /r 06 -2) et deSaruru 
(Faurie, 1898; n° 10/168); Sobetsu (Faurie, 1887; 11° 78/»). A été aussi 
récolté au Japon par Savatier et rapporté par Franchet en partie au 
/». pnroifolius (triphi/llus), en partie au R. idaeus var. strigosus. Formose : 
Arisan, 2,5oo mètres (Faurie, 191/1; n° 33). 

Forma macrophjlla : West Szechwau and Tibetau Frontier, chiefly near 
Tacliien-lu (Pratt, n" iSa). Pétiole atteignant 10 centimètres; folioles 
tiès grandes, 10 à 12 centimètres de long, 5 à 10 centimètres de large. 

Forma micropinj lia : Yunnan : broussailles au pied du Tsang-chan, près 
Tali (Delavay, 1889; 11° /i735): bois de Kichan, près de Hee-gni-tang 
(Delavay, 1889). Folioles plus petites et plus étroites que dans le type; 
lleurs pui'pui'ines, d'après les étiquettes de Delavay. 

Il y a encore, dans les collections du Muséum (herb. général et lierb. 
Drakc) , deux échantillons récoltés au Japon , en 1 86/( , par Tschonoski (pro- 
vince de Senano , in silvis dpinis , ad rivulos ) et distribués avec les plantes 
du second voyage de Maximowicz, sous le nom de II. idaeus y strigosus, qui 
ne me semblent pas appartenir au R. idaeus, mais bien au R. Kiiiashii; ils 
paraissent toutefois différer de celui-ci par les carpelles charnus à la matu- 
lité , cai'aclère qui les rap])rocherait du R. mesogaeus Focke , mais ce dernier 
a les carpelles velus, tandis qu'ils sont presque glahres sur les échantillons 
en question. 

Koidzumi [Coiisp. Ros. jap., p. i38) donne comme synonymes du 
11. Kinashii les espèces et vai'iétés suivantes : R. occidentalis Lévl. non 
L. fd.; R. eous Focke; R. occidentalis \ar. japonica Miyabe; R. idaeus var. 
cxsuccus Fi-. et Sav. ; R. occidentalis var. exsuccus Mak. Je me demande s'il 
n'y a pas lieu d'ajouter encore à cette synonymie : R. niveus var. micro- 
carpa Hook., FI. hrit. huL, II, p. 335, plante caractérisée par ses fruits 
petits, formés de carpelles glabres et secs; un échantillon du Sikkim, 
iigui'aut dans les collections du Muséum [Herh. Ind. or. Ilook. Jil. et 
Thomson, 11° 491 ) et répondant très bien à la description de cette variété, 
est absolument identique à plusieurs des spécimens japonais ; il ne peut 
certainement pas être rapporté au vrai R. niveus Wall. {R. gracilis Roxb.). 
qui est une plante toute différente, à fleurs beaucoup plus grandes, et à 



— 309 — 

cai'pelles tomenteux. L'aii'e de dispersion du R. Kinashii s'éteQtli'ait donc 
de l'arcliipel Japonais jusqu'à l'Himalaya. 

Le R. Kinashii parait extrêmement voisin du R. mesugaeus (bien que 
Focke place ces deux espèces dans deux gi-oupes différents), et n'en est 
peut-être pas spécificiuement distinct; il \\^i\\ diffère que par ses rameaux 
primaires moins pubescents, parfois g-laljrescenls ou môme glabres, et par 
ses carpelles secs à la maturité, presque glabres, portant seulement quelques 
poils \ers le sommet. 

RuBus suBORNATL's Focke (Syu. : R. parvifolius Francb.P/. Delav., p. 207, 
non L. fd.). — Yunnan : bois de San-tclia-ho , au-dessus de Mo-so-yn, 
3,000 mètres (Delavay, 1887; '^° 28^1); bois de Ma-eul-chan, 3, 000 mè- 
tres (Delavay, 1889); Tsang-yan-tcliang (Delavay, 1889); Lao-kouy- 
tdian, près My-le (Paul Ngueou, 1907; Ducloux, n°5i/i5). Tbibet orien- 
tal : Tsokou, Gnia-patong (Soulié, 1896; n° 1-2(11). 

Les écbanlillons du Yunnan sont bien identiques au type de cet'.e es- 
pèce, représenté dans les collections du Muséum par le n° l\lio-2 de Forrest. 
Le R. subornatus est d'ailleui's assez vaiiable : les rameaux sont tantôt gla- 
bres , tantôt puljescents , les rameaux florifères , les pédoncules , les pétioles 
et les calices sont pourvus ou non de glandes stipitées; la forme et la di- 
mension des folioles sont également sujettes à d'assez grandes variations , 
ainsi que la dimension des fleui's. Celles-ci sont toujours plus grandes 
et moins nombreuses t|ue dans les R. mesogaem Focke et Kinashii Lévl. et 
Van.; elles sont plus ou moins pencliées, sui*tout après la floraison, et ne 
forrment pas de cymes corymbiformes comme dans ces deux espèces ; 
en outre, la feuille terminale des rameaux florifères est moins grande et 
dépasse à peine l'inflorescence, ou la dépasse moins longuement , ou pai'fois 
même se trouve dépassée par elle. 

Un écbautillon de l'herbier général du Muséum, récolté par Wilson dans 
la Chine occidentale (Veitch Exped. u° 3^77), représente une forme com- 
plètement églanduleuse de la même espèce, à rameaux, pétioles et pédon- 
cules armés d'aiguillons aciculiformes , fins, droits ou presque droits, assez 
nombreux , à fleurs assez petites. 

Je signalerai encore une var. concolor Card. in Lecomte, Not. systeni., 
111, n° 10, récoltée en 1889 pai' Delavay dans le Yunnan (forêts de Ma- 
eul-chan, 3,000 mètres), caractérisée par ses folioles plus velues eu dessus, 
non tomenteuses et vertes en dessous, parfois au nombre de cinq dans 
les feuilles inférieures des rameaux floiifères, les divisions du calice rou- 
geàtres eu dehors , et les carpelles glabres. 

PiUBUS KANAYAMENsis Lévl. ot Van. — Japon : montagnes d'Olaru (Faurie, 
1888; n"' 2832 et 2998) et d'Abashiri (Faurie, 1890; u" 5308); 
Kii^hùi (Faui'ie, 1899; u° di'jh). 



s 



-^ 310 

Échantillons bien identiques au type de l'espèce, re'collé pai' l'abbé 
Faurie dans les forêts de Kanayama (n° 6688). Cette Ronce se distingue 
des différentes formes oscillant autour du R. idnens , et spccialemeut du 
R. snchnlinensis Lévl. (dont il se rapproche le plus par les jeunes rameaux 
abondamment aciculés et par la présence de glandes stipitées sur les axes 
llorifères) pai- ses folioles vertes et à peu près glabres sur les deux faces. 
Cependant, sur le n" 2998, d'Otaru, les folioles des jeunes feuilles sont 
couvertes sur la Aice inférieure d'un tornenlum grisâtre, très mince, mais 
deviennent glabrescentes en vieillissant; cette forme établit ainsi, en queh^ue 
sorte, la transition entre le R. kanayamciisis et le R. sachalinensis. 

RuBos iDAEUS L. — Le 7». idneus proprement dit semble peu répandu en 
Extrême-Orient, du moins à l'état spontané. Il y a, dans l'herbier général 
du Muséum, deux cchaulillons récoltés par Vixhhé David dans les hautes 
montagnes de Nan-ta-cliau (Mongolie orientale) et étiquetés : Pi. parvi- 
folms L., qui a|qiaitieunent sans le moindre doute au R. idaeus L. ; c'est 
une forme à petites feuilles. L'un de ces échantillons porte le n" 2126, 
que Franchet, dans les Plantae Davidianae, 1, p. 109, attribue au R. saœa- 
i.ilis L. ! 

D'autres échantillons, récoltés parProvost aux environs de Pékin, parais- 
sent appartenir également au R. idaeus. Un exemphiire recueilli au Japon 
par l'abbé Faurie, dans la forêt de Shibetcha (n° A 988) me semble se rap- 
portei- à la sous-espèce iiipponicus Focke. Enfin je rapporte encore au 
R. idaeus, mais avec un peu de doute, une Ronce récoltée par Faurie en 
190.5 sur le Komagatake, dans l'île de Nippon (n° 6685); presque toutes 
les feuilles ont cinq folioles; celles-ci sont minces, très légèrement tomen- 
teuses en dessous, parfois glabrescentes; elles sont bordées de grandes 
dents irrégulières, longuement mucronées ; les pétioles, pédoncules et 
calices sont pubescents, non glanduleux; les divisions du calice sont très 
longuement subulées, les carpelles peu nombreux, tomenteux. 

Rinus SACHALINENSIS Lévl. — Japou : île de Rebunshiri (Faurie, 1899; 
n" 8/162); montagnes de Saruru (Faurie, 1898; n° 10/167). Mandchouric: 
Kinghan, ait. 1,000 mètres (Chaffîuijon, 1896; 11° 1067). 

Focke considère cette plante comme une sous-espèce du R. idaeus L. ; 
c'est aussi la var. aculeatissimus de C. A. Meyer. 

L'abbé Faurie a récolté au Japon, sur les collines au bord de la mer, 
près d'Otaru (n° 8122), une Ronce qui me paraît bien appartenir au 
R. sachalinensis , mais qui diffère des formes ordinaires par son port très 
robuste, ses grandes folioles, atteignant jusqu'à 10 centimètres de long sur 
5 à 8 centimètres de large, la terminale en cœur à la base, et par son iii- 
fforescence midtillore, allongée, feuillée. Cette forme, <[ue j'ai désignée sous 
le nom de var. macrophyllus {Nol. systcmat., 111, n" 10), s'éloigne tellement 



— 311 — 

du type qu'à première vue on peut croire avoir affaire à une espèce dis- 
tincte; mais un examen attentif ne re'vèle aucun caractère important. 

RuBus STRiGOSus Miclî. — Japon : Otaru (Faurie, 1886; n" 11A9). 
Mandcliourie : vallée de Chingan (Komarov, iSgS ; n° 878 d). 

Cette Ronce, que Focke considère seulement comme une sous-espèce du 
R. idaeus, paraît au moins aussi variable que celui-ci, à en juger d'après 
les nombreux e'chantillons de TAme'rique du Nord figurant dans les collec- 
tions du Muséum. Elle se distingue du /». idams par la présence de glandes 
stipitées plus ou moins abondantes sur les rameaux florifères, les pétioles, 
les pédoncules et les calices. Les folioles sont de dimensions très variables : 
elles sont grandes sur la plante d'Otaru, très petites au contraire sur celle 
de Mandchoiuie. 

Rdbus DiAMANTiNus Lévl. — Cette plante de Corée est bien voisine du 
i?. idaeus subsp. melanolasius Focke : elle n'en diffère que par ses folioles 
plus petites, opaques et densément velues en dessus, et par ses calices 
hérissés d'acicules plus robustes et jaunâtres. 



Muséum. — xxiu a i 



Ml 



Sun UNE CoLLECTIOy DE PlAyTES 
RECUEILLIES PAR M. {^BUDEAU DANS LE BaSSIS DU l\lGER, 

PAR M. Ed. Jeanpert. 

M. R. Ghudeau, Docteur es sciences, a rapporté une petite collection de 
plantes du Haut-Sénégai et du Niger, dont voici la liste : 

Portiilacées. 

PoRTDLACA FOLiosA Ker. ; 7*7. trop. Afr., I, i/i8. (Toukoto, 8 avril.) 

Élatinacées. 

Bergia scffruticosa Fenzl.: F/, trop. Afr., 1, i53. (Tamourt, 21 jan- 
vier. ) 

Nom arabe : rrdjirkw. 

Légumineuses. 

Grotalaria CYLiNDROCARPA D. C; FI. trop. Afr., II. ho. (Koulouba, 

7 mars.) 

PsoRALEA PLicATA Del; Flov. trop. Afr., Il, 64. (Tamourt, 21 janvier.) 

Lythracées. 

Ammania SENEGALEjisis Lam. ; FI. trop. Afr., II, /177. (Tonkoto, 8 avril.) 

Composées. 

Vernonia Perrottetii Sch. Bip.; FI. trop. Afr., III, 178. (koulouba, 

7 mars. ) 

Sph.eranthus hirtus Willd. ; FI. trop. Afr., III, 334. (Toukoto, 9 avril.) 
Gnaphalidm llteoalbl'm L.; FI. trop. Afr., III, 3/43. (Toukoto, 8 avril.) 



313 



Boraginacées. 



Rhabdia lycioides Mart. ; FI. trop. Afr., IV, sect. II, 28. (Grèves du 
Niger, i5 kilom. aval de Koulikoro, 28 février.) 



ConTolvulacées. 



Merremia pterygocaulos Hallier f. ; FI. trop. Afr., IV, sect. II, io5. 
(Toukoto, 8 avril.) 



Acanlhacées. 



Hygrophila laevis Lindau; FI. trop. Afr., V, 36. (Toukoto, 8 avril.) 
Déterminé par M. Benoit, monographe de cette famille. 



Podostémonacées. 



Tristicha hypenoides Spreng. ; FI. trop. Afr., VI, sect. I, 121. (Tou- 
koto, 8 avril.) 

lioranthacécs. 

LorantbuspentagoniaD. g.; Fi trop. Afr., VI, sect. I, 869. (Koulouba, 
18 mars.) 

Euphorbiaeées. 

Phyllanthos reticdlatus Poir. , var. Glaber Miiil Arg. ; FI. trop. Afr., 
VI, sect. I, 701. (Massera, 17 décembre 191 5.) 



Salicacées. 

Salix Chevalieri Van Seemen. (Grèves du Niger, près Diaforala, 20 fé- 
vi-ier. ) 

Ciraminées. 

Sporobolds spicatus Hunth; Durand et Schlinz Conspectus; FI. Afr,, 
V, 828. (Au nord du Faguibin, forme avec le Cynodon Dactyloa le fond 
des pâturages entre les dunes et le lac , 1 5 janvier. ) 



— 3U — 

De ces plantes : 

Une est cosmopolite , le Gnaphalium luteoalbum ; 

Une plante est commune avec le sud de l'Algérie, le Psoralea plicata^ 

Trois plantes se retrouvent dans le Sud Egyptien : Bergia suffntticosa, 
Psoralea pHcata, Sporoboivs sjncatus. 



SOMMAIRE. 

Pages. . 
Communicattons : 

J. Poisson. Humbiot, Naturaliste-Voyageur (1883-1917) 916 

P. Chabanacd. Description de trois espèces nouvelles de Reptiles de l'Afrique. 

Figs "^19 

— Etude complémentaire sur les Lacertiliens de l'Afrique occidentale.. . . 226 

Feu J. Chatanay. Matériaux pour servir à l'Etude de la Faune entomo- 
iogique de i'Indo-Chine française réunis par M. Vitalis de Salvaza; 
Coléoptères : Tenebrionidœ. Figs 299 

M. Pic. Anthicides de Mongolie (Coll. Hétéromèies) 256 

— Nouveaux Coléoptères exotiques 2 58 

Ed. Laht. Notes sur les espèces Lamarckiennes du genre Chatna. (Fin,). . 26^1 

J. Cardot. Notes sur les Rosacées d'Extrême-Orient. — III 273 

Ed. Jeanpert, Sur une Collection de Plantes recueillies par M. Chudeau 

dans le bassin du Niger 3 1 3 



BULLETIN 



DU 



MUSEUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



REUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSÉUM 




ANNEE 1917 

N* 5 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 



MDCGCGXVII 



AVIS. 

Les auteurs sont priés de vouloir bien se rappeler que 
l'étendue des notes insérées dans le Bulletin ne saurait 
dépasser 5 pages d'impression. 

Les auteurs sont également priés de donner des maim- 
scrits mis au net qui puissent permettre la t^omposi- 
tion rapide du Bulletin. 

Les auteurs sont instamment priés de remettre les cli- 
chés des figures qui accompagnent leurs notes en même 
temps que leurs manuscrits. 



SOCIETE 

DES 

AMIS DU MUSÉUM NAÏiONAL 
D'HISTOIRE NATURELLE 

(EXTRAIT DES STATUTS). 



1. But et composition de la Société. 

Article premier. 

L'Association dite Société des Amis du Muséum national d'Histoire natu- 
relle, fondée en 1907, a pour but de douner son appui moral et financier 
à cet établissement, d'enrichir ses collections, ménageries, laboratoires, 
serres, jardins et bibliothèques, et de favoriser les travaux scientifiques et 
l'enseignement qui s'y rattachent. 

Elle a son siège à Paris. 

Article 3. 

L'Association se compose de Membres titulaires, de Membres donateurs et de 
Membres bienfaiteurs, qui doivent être agréés par le Conseil d'administration. 

Pour être Membre titulaire, il lanl payer une cotisation annuelle d'au 
moins 1 francs. La cotisation peut être rachetée en versant une sonunc 
fixe de i5o francs. 

Pour être Membre donateur, il faut avoir donné une somme d'au moins 
5oo francs, ou avoir versé pendant dix ans une cotisation d'au moins 
60 francs par an. 

Pour être Membre bienfaiteur, il faut avoir donné au Muséum , ou à la 
Société, soit une somme de 10,000 francs, soit des collections scientifiques 
ou des objets, meubles ou immeubles, ayant une valeur équivalente, soit, 
pendant dix ans, une cotisation annuelle d'au moins 1,200 francs ''*. 

"' S'adresser pour le^ versements à M. Pierre Masson; trésorier de l'Association, 
190, boulevard Saint-Germain. 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE. 



AiNNKK 1917. — N° 5. 

=3*C> ■ 



nV RÉUNION DES NATURALISTKS DU MUSEUM. 

31 MAI 1917, *)w^ ^^"^Uf 

=H>-^ fSi,. 

■Val 
PRESIDENCE DE M. STANISLAS MEUNIER, ^' 

ASSESSEUR DU DIRECTEUU. 



ACTES ADMINI8TRAT11 S. 

N'ayant à communiquer aucun fait relatif au Muséum qui soit 
do uatuie à intéresser, M. le Président donne successivement la 
parole à M. le Professeur Joubin pour la présentation d'un ouvrage, 
à M. le Professeur L. Roule pour la lecture de sa noiice nécro- 
logique sur le D"" Fr. Mocquard, Assistant honoraire au Muséum, cl 
aux auteurs ayant à présenter des mémoires destinés au Bulletin. 

Présentation par M. le Professeur Joubiin d'un ouvrage de 
M. Edouard Lamy ayant pour titre : Hevision des Crassalcllidœ 
vivants du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. 

NOTICE NÉCROLOGIQUE SUR M. LE D' FRANÇOIS MOCQUAliD, 

ASSISTANT HONORAIRE AU MUSe'dM , 

PAR M. LE Professeur Louis Houle. 

L'année 1917 a douioureùsenienl frappé la chaire d'ichthyologie el 
d'Hcrpétologie par la mort, à queh[ues semaines d'intervalle, de ses deux 
anciens Assistants retraite's et promus à fhoiioiariat. Nous apprenions, 
dès le début de janvier, le décès de M. le D' Sauvage; et, à la tin mars 

Muséum. — xxin. aa 



— 316 — 

sou successeur dans la lonclion, M. le D' Moccjuard , dispaiaissait à son 
lour. 

La vie de M. Mocquard comprend deux [tériodes : la première vouée à 
renseignement et à la préparation des di|ilônies universitaires, la seconde 
à la recherche et au travail de laboratoire. Elle débute par renseignement 
primaire. M. Mocquard, né à Leffond (Haute-Saône) le 97 oclobre i834, 
commence par être élève à TEcole normale de Vesoul,dontil sort en i855, 
nuuii de son brevet. Son ardeur au travail le poussant h ne point s'ari'êter 
à ce premier degré, il se fait recevoir Bachelier es sciences par la Faculté 
de Besançon, où on le nomme Préparateur de physique en 1860. Plus 
tard, il subit avec succès l'examen de la Licence es sciences physiques 
( i86s2), puis celui de la Licence es sciences mathématiques ( i865). Il étu- 
die ensuite la médecine, ce qui lui permet d'occuper l'emploi d'Aide-major 
pendant la guerre de 1870, et passe son Doctorat en 1878. On lui confie 
au Lycée de Vesoul le cours de sciences physiques et naturelles , qu'il 
devait garder jusqu'en 1877. Alors, malgré son âge, car il dépassait la 
quarantaine, une nouvelle ambition le prend, celle de cultiver la science 
p-.ire, et il vient à Paris, au Muséum, où il entre comme élève dans le 
Laboratoire d'Alphonse Milne-Edvvards. 

Le Professeur distingua bientôt cet étudiant laborieux qui changeait ainsi 
de carrière à une époque où souvent l'on songe plutôt à s'installer dans 
celle que l'on a, et qui préparait sans retard les grades universitaires dont 
il avait besoin pour ses occupations nouvelles. Mocquard , ayant obtenu en 
18791e diplôme de Licencié es sciences naturelles, étudia, selon les con- 
seils et l'exemple de son Maître, l'organisation des Crustacés, et soutint, 
en i884, sa thèse de Doctorat es sciences naturelles sur la structure de 
l'estomac de ces animaux. La démission de Sauvage laissant libre le poste 
d'Assistant de la chaire d'ichthyologie et d'Herpétologie, il y fut nommé le 
i"aoùt i884; dès cette date, ses seules occupations furent celles de son 
emploi. Il leur consacra sans relâche toute l'ardeur qu'il avait tournée jus- 
que-là vers la conquête des diplômes et des parchemins; chaque année, 
il [)ublia des mémoires où s'affirment les qualités les plus sérieuses du 
technicien. 

A son début, il partage ses investigations entre les Reptiles et les Pois- 
sons; il va même au delà, collabore avec Alphonse Milne-Edwards à la 
publication des Crustacés podophthalmaires recueillis par la Mission du 
Cap Horn , et traduit de l'anglais la partie organogénique du Traité d'em- 
bryologie de Balfour. Il se cantonne ensuite dans l'étude des Reptiles, 
acquiert bientôt la réputation d'excellent Herpétologisle, classe et décrit 
une paît importante des Collections du Muséum , publie les résultats de ses 
recherches dans notre Bulletin et dans divers autres périodiques, notam- 
ment celui de la Société philomathique. Il rassemble les principaux d'entre 
eux dans de grands mémoires, accompagnés de planches, dont les plus 



— 317 — 

notables portent sur ies Reptiles du Mexique, de l'Aine'rique Centrale, de 
la Basse-Californie, de Bornéo, de Madagascar, du Tonkiu. 

Mis à la retraite en 1908, admis à rhonorariat, promu Chevalier de 
la Leg-ion d'honneur en récompense de ses longs et signalés services, il 
continue à s'intéresser aux études scientifiques. Il poursuivait, à la cam- 
pagne, des observations sur la Pisciculture; il venait parfois au Labora- 
toire se remettre au coûtant des progrès accomplis par sa science favo- 
rite, et son dernier mémoire, publié en 19 15 dans le Bulletin du Muséum, 
se consacre à une discussion minutieuse sur la validité de deux genres 
d'Ophidiens. Sa mort, survenue à l'âge de 83 ans dans le pays qui 
l'avait vu naître, termina ainsi une existence exemplaire de travailleur 
scientifique. 



23. 



318 



COMMUNICATIONS. 

Notes sub les espèces du genre Spondylus décrites par Lamàrck, 

PAR M. Ed. Lamy. 

Dans le genre Spondylus Linné , Lauiarck a rangé (1819, Aniiii. s. vert., 
VI, 1" p., p. igB) 6 espèces fossiles: 

1 " Spondi/lus crassicosta. — Le type de cette espèce fossile de Turin est 
conservé au Muséum de Paris : il consiste en une grande valve inférieure 
mesurant liSx i35 mm. 

2" Spondylus rastellum. — On trouve aussi au Muséum le type de ce 
fossile de Turin : c'est une valve inférieure (87 x 70 mm.) (pu a été recon- 
nue par Deshayes (i836, Anim. s. vert., a"" édit., VII ,^p. 192) appartenir 
à l'espèce précédente. 

3° Spondylus radula. — H y a î^u Muséum de Paris trois valves de cette 
espèce de Grignon étiquetées par Lamarck , une supérieure (20x17 mm.) 
et deux inférieures (2A x 2O et 19 x 16) : le Musée de Genève en pos- 
sède quatre également déterminées par lui (1916, J. Favre, Catal. illuslr. 
Coll. Lamarck Mus. Genève, pi. i3, fig. 40-62)'''. 

h" Spondylus podopsideus. — D'après M. J. Favre (1916, loc. cil., 
pi. 10, fig. ù3-4/i), cette espèce ne provient pas du Havre, comme le 
supposait Lamarck, mais du Priabonieu du nord de l'Italie, et on doit lui 
identifier le Sp. bifrons Munster. 

Dans son genre Podopsis, Lamarck plaçait deux espèces : l'une, le Po- 
dopsis truncata, de Touraine, est, comme l'a reconnu Deshayes (i836, 
Anim. s. vert., 2' éd., VII, p. 198), un Spondyle et doit prendre le nom 
de Spondylus trunratus (1916, J. Favre, loc. cit., pi. lA, fig. 45); l'autre, 
le Podopsis gryphoides de Meudon , est identique, d'après M. J. Favre 
[tbid., pi. 1 4 , fig. /i6 et 67), au Pycuodonta vesicularis Lie. 

(') Recve (i85G, Concli.Ico»., pi. XI\^, fi{>-. ,^)a) a donné le nom do Sp. radula 
à une espèce vivante de Teliuaniepcc, pour la(|uelle M. Fullon (kjio, Jonnial «f 
CunchoL, XIV. p. 357) a proposé l'appellation de Sp. Smithi. 



— 319 — 

()iiant aux espèces vivantes qui ont été rangées par Lamarck dans le 
genre Spondijlns , et que nous allons passer en revue, elles sont au nombre 
de2i , dont ii ont des représentants dans les collections du Muséum de 
Paris indiqués comme ayant été déterminés par lui. 

Spoivdylds g.ederopus. 
(Lamarck, Hist. nat. Anim. s. vert.,\\, i" p., p. 188.) 

Contrairement à ce qui est indiqué dans les Animaux sans vertèbres, 
aucun spécimen étiqueté par Lamarck Sp. gœderopus L. ne figure plus dans 
les Collections du Muséum de Paris. 

Comme le fait remarquer Hanley (i855, Ipsa Linn. Conch., p. 82), 
sous ce nom spécifique Linné (176/1, Mus. Ludov. Ulricœ, p. 5 10) a com- 
pris plusieurs espèces bien distinct(;s, mais, en tenant compte de findica- 
tion d'habitat, on peut réservei- cette appellation au Spondyle Méditer- 
ranéen connu généralement sous celte dénomination (178/1, Cliemnitz, 
Conch. Cab., VII, p. 68, pi. /j/j, fig. Ziôg; 1786, ibid., IX, p. lAo et 
i/ii, pi. ii5, fig. 98/1-986; 1791, Pob, Test. Uir. Sicil., Il, pi. 21, 
fig. 20-21) et bien caractérisé par sa valve supérieure rouge lie de vin 
foncé et sa valve inférieure blanche. 

Spondvlus americanus. 
(Lamarck, loc. cit., p. 188.) 

D\nprèsM. H.-C. Fulton (1916, List Rec. Spec. Spondyliis, .loimial of 
Conchol, XIV, p. 356), le nom de Sp. americanus a été donné par Her- 
mann (1781, Der Natitrforscher, XVI, p. 5i) à la coquille qui a été 
appelée par Chemnitz (178/1, Conch. Cab., VII, p. 79 , pi. /i5, fig. /|65) 
Spondylus gœderopus testa alba. 

Beaucoup d'autres noms ont été rattachés comme synonymes ou varié- 
tés à celle espèce des Antilles et de la côte Atlantique américaine, du cap 
Hatleras au Brésil : echinatus Martyn, folia-brussicœ Chemnitz, armattis 
Humphrey {non Sow evhy ), croceiisUmniphroy (non Chemnitz), dominicemis 
Bolten, arachnoides Lamarck, longispina Lk. , avicularis Lk. , spathuUferus 
Lk., longitudinalis Lk., striato-spinosus Chenu, digitatus Sowerby (non 
Perry ) , gikiis Reeve , erinaceus Rev. , ictericus Rve. , ramosus Rve. , imbnius 
Rve. , ustidatus Rve. , vexilliun Rve. , nux Rve. 

En effet, comme le disent M. Wm. H. Dali (1898, Tert. Faiina Florida, 
IV, p. 7.59) et M. H. Lynge (1909, Danish Exped. Siara, Mar. Lamellibr. , 
Mém. Acad. B. Se. Lettr. Danemark, 7" s., V, p. i52), celle espèce pré- 
sente une variabilité presque incroyable dans la coloration, rornementa 
lion et la disposition des épines. 

Lamarck a distingué une forme typique et deux variétés b et c. 



— 320 — 

On trouve, dans la collection du Muséum de Paris, deux cartons éti- 
quetés de sa main. 

L'un, ayec l'indication nSpond. americanns var. [c] alhari , ^orio une 
coquille (96 x65 mm.) blanche, teintiie de rouge ochracë au sommet, et 
orne'e d'ëpines plutôt courtes : elle concorde assez bien avec la figure /i65 
de Chemnitz; celle variété c est caractérisée par l'existence de grandes 
lamelles foliacées à la valve inférieure. 

Sur l'autre carton, étiqueté rSpond. americamtsn var. [c] testa junior n , 
sont fixés deux individus, de faibles dimensions (hb mm. de diamètre), 
presque entièrement teintés d'orangé, avec des épines peu développées : 
ils correspondent à la partie initiale de la coquille figurée par Reeve ( 1 856 , 
Conch. Icon., pi. IV, fig. 17). 

Un 3' carton supporte un échantillon (65 x 55 mm.) qui est indiqué 
comme ayant été déterminé par Lamarck, bien que sans aucune inscrip- 
tion de sa main : il est accompagné d'une étiquette portant la mention 
rfvar. [c] purpurascens-n : ce nom pourrait laisser supposer qu'il s'agit de la 
variété b de Lamarck nspinis purpurascenlibasn; en fait, il n'en est rien : 
ce spécimen, de couleur blanche avec sommet rouge ocracé, possède de 
longues épines blanches : il ressemble aux figures 1-2 delà planche 195 
de ï Encyclopédie viéthodique. 

Enfin , sur un k' carton également sans étiquette de Lamarck , on trouve 
un individu mentionné comme appartenant à la variété b ; mais cet exem- 
plaire (90x65 mm.), qui est blanc avec sommet rouge ocracé et qui 
présente de longues épines blanches, est semblable au précédent. 

La véritaljle variété b de Lamarck , à épines pourprées , qui est , d'après 
Deshayes (i836, Anim. s. vert., 2" éd., YII, p. i85), le Sp. folia-bvassicœ 
de Chemnitz (1795, Conch. Cab., XI, p. 934, pi. 9o3, fig. 1987-1988; 
1797, Encijcl. Méthod., pi. 19^, fig. h) doit correspondre probablement 
à la figure /.2 deSowerby ( i848, Thés. Conch., I, pi. LXXXVIII). 

Spondylus arachnoïdes. 
(Lamarck, loc. cit., p. 188.) 

D'après Sowerby (18/18, Thés. Conch., l, p. 4i8) et Hanley (i856, 
Cal. Rec. Biv. Shells, p. 289), le Sp. arachnoïdes Lk. est une variété ou 
un jeune du Sp. americanus. 

SpONDYLDS CANDU)US. 
(Lamarck, loc. cit., p. 188.) 

Le type du Sp. candidus est conservé dans la collection du Muséum de 
Paris, av^ec l'étiquette manuscrite de Lamarck : il a été recueilli par Péi'on 
et Lesueur ( i8o3) dans les mers de la Nouvelle-Hollande. 



— 331 — 

Cette coquille (86x77 nim.), ornée de stries longitudinales sans 
épines, est blanche ; mais Reeve (i856, Concli. Icon., pi. VI, fig. 22) 
a fait remarquer que cette espèce peut offrir une teinte rose on car- 
néoiée , qui , comme le dit Kiister (i858, Mari. u. Chemn. Conc/i. Cub., 
a' éd., Spondylus, p. 36, pi. 10, fig-. /»), est tachetée de noir près du 
sommet. 

Spondylcs multilamellatus. 
(Lamarck, loc.cil., p. 189.) 

Le type du Sp. multilamellatus , indiqué par Lamarck comme se trouvant 
au Muséum de Paris, n'a pu être retrouvé: d'après Deshayes (i836, 
Anim. s. vert., 2' éd., VII, p. 186), cette espèce aurait de très grands rap- 
ports avec le Sp. gaederopus L. 

Lamarck a donné ce nom à la coquille représentée dans les figures 672- 
473 de Chemnitz (1786, Concli. Cab., VII, p. 85, pi. 46); mais, selon 
Deshayes (i836, loc. cit., Vil , p. 187), ces figures, qui ont été rapportées 
successivement par Lamarck à son Sp. multilamellatus et à son Sp. longi- 
spina , ne concorderaient en réalité ni avec l'une , ni avec l'autre espèce , et 
correspondraient peut-être à une variété de Sp. variegatus. 

Cette forme, figurée par Chemnitz fig. 472-673, avait reçu de lui 
l'appellation nFolium petrosilinum, Spondylus foliaceusr> : Sowerby ( i8/j8, 
Thés. Conch., p. 4 18, pi LXXXIV, fig. C-10; pi. LXXXVIII, fig. 49) lui a 
conservé le nom spécifique ^e;rose/««Hw , et Reeve (i856, Conch. Icon., 
pi. Vil, fig. 28 a-è) celui de foliaceus, tandis que M. Fulton (1916, Jouvii. 
of Conchol., XIV, p. 354) adopte la dénomination de Sp. pes-asininus Bol- 
ten (1798, Muséum Bollen , p. 194). 

A cette même espèce ont été identifiés par Sowerby le Sp. costatus 
Lamarck (dont nous parlerons ci-après) et par M. Fulton le Sp. digitatus 
Perry [non Sowerby] (1811, Conchology, pi. 69, n° 3). 

D'autre part, sous l'appellation de Sp. multilamellatus, Chenu (i845, 
lUustr. Conchyl., pi. 11 , fig. 1-9), a figuré une tout autre espèce assi- 
milée par Sowerby (p. 42o) au longttudinalis Lk. et par M. Fulton (p. 336) 
à Victericus Rve. : ces deux espèces sont d'ailleurs, pour M. Dali, syno- 
nymes (ïechinalus iMart. = americanus ( Herm. ) Lk. 

Spondylus costatus. 
( Lamarck , ioc. cit., p. 189.) 

Sous le nom de Sp. costatus, Lamarck a réuni deux espèces différentes de 
Chemnitz. 

L'une, qui est la variété b de Lamarck, à côtes et épines pourpres, con- 



— 322 — 

» 
slilue, ainsi que i'a reconnu Deshayes (i836, Atmn. s. vert., 2' éd., VII, 

n. 186, note), une espèce distincte qui correspond à la coquille nommée 

par Chemnitz Sp. aculeatus ex mari Rubro (178/1 , Conclu Cah., VII, p. 7/1 , 

pi. kk , fig. 660; 1786, ibid., IX, p. i/i/j, pi. 116, fig. 991) et par Bol- 

len (1798, Mus. Rnlten., p. \Ofh)Si). man's-ruhri : Kïisler (i858, Coiicli. 

i]ab., a" éd., p. 5, pi. 1 , iig. •a, et pi. h, lig. 8) lui réunit le nProboscis 

ploplianti, Spondijlm maris rubrin de Chemnitz (178/1, ïbid., Vll,"'p. 81, 

pi. Z.5, fig. /168). 

L'autre espèce, d'un i-ouge foncé, avec côtes et épines blanches, est 
la co(juille appelée par Chemnitz Sp. gaederopus ex mari Cliinœ (178/1, 
ibid., VII, p. 7,5, pi. /(/i. fig. A61 et /(ôa) : Lamarck la distinguait 
comme forme typique, et c'est donc à elle qu'il faut apphquer le nom de 
costatus. 

Le type de ce costatus est conservé daus la collection du Muséum de 
Paris avec étiquette manuscrite de Lamarck : mesurant 90 x 80 mm., il 
esl de couleur pourpre avec six côtes spinifères blanches. 

Ainsi qu'il est dit ci-dessus, Sowerby, Reeve, Kiister, Fulton ont assi- 
milé ce costatus Lk au Sp. petroseliimm Ghemn. =foliaccus Cliemn. = pes- 
asiniiiiis lîoit., regardé au contraire par Deshayes comme une variété de 
rariofjatus. 

Spondylus variegatus. 
(Lamarck, /oc. cit., p. 189.) 

Lamarck a conservé le nom de Sp. variegatus à la coquille de l'océan 
Indien appelée ainsi par Chemnitz (178/1, Conch. Cab., VII, p. 78, pi. 65, 
fig. h&li) et par Bolten (1798, Mus. Bollen , p. 19/»). 

Selon Reeve (1 856, Conch. Icon., pi. II, fig. 8) et Kûster (i858, Conch. 
Cah., 9' éd., p. Il, pi. 3, fig. 7, pi. /i, fig. 9), le Sp. muricatus Chemnitz 
(1786, Conch. Cab., VII, p. 88, pi. 67, fig. k']<à) est la même espèce 
et, d'après Deshayes (i836, Anim. s. vert., 2" éd., VII, p. 187, note), les 
figures li'jû'U'jZ de Chemnilz (178/1, loc. cit., pi. 46) citées par Lamarck 
à la fois pour son Sp. multi'amellatus et pour son Sp. longispina convien- 
draient aussi plutôt à une variété de Sp. variegatus. 

Enfin M. Fulton (191 5', Journ. of ConchoL, XIV, p. 338) rattache éga- 
lement à cette espèce le Sp. mus. Reeve ( 1 856 , Conch. Icon. , pi. III , fig. 1 2 ) 
comme variété. 

Dans la collection du Muséum de Paris, deux spécimens (environ 
60 mm. de diamèlre) ont été étiquetés par Lamarck Sp. variegatus : 
chez l'un, la régioîi umbonale est uniformément pourprée comme dans 
la figure hHd de Ciiemnitz; chez l'autre, elle est seulement ornée de 
lignes brunes en zig-zag ainsi que le montre la figure de Reeve (pi. H, 
fig. 8). 



— 323 — 

SPONDYLUS LONGISPINA. 
(Lamarck, loc. cit., p. 189.) 

Un échantillon , mesurant 80x75 mm., est indiqué dans la colleclinn 
du Muséum de Paris comme étant le type du Sp. longispina, bien qu'il soit 
c'épourvu de toute étiquette originale. 

Ainsi que Ta fait remarquer Deshayes (i836, Animaux sans vertèbres, 
2" édit., VII, p. 186 et 187), les figures /»79 et 473 de Ghemnitz 
(pi. 46) citées par Lamarck, d'ailleurs avec un point d'interrogation, ne 
conviennent nullement à ce spécimen : il concorde bien mieux avec la 
figure 9 de la planche 19/i de VEtici/clopédie, mentionnée également par 
Lamarck, 

H rappelle également un peu la figure donnée par Reeve (pi. IV, fig. 17) 
pour le Sp. (imencanus dont Lamarck rapprochait son espèce et auquel 
elle a été complètement identifiée par Sowerby (i8/i8, Thés. Concli., I 
p. /118). 

Cependant elle en était déclarée très distincte par Lamarck , qui indique 
pour habitat les mers de l'Inde : et effectivement, bien qu'ayant d'assez 
longues épines, le spécimen-type dont il est question ressemble plutôt au 
Sp. rubicundus Reeve (i856, Conch.Icon., pi. XVII, fig. 60) des Philip- 
pines, par sa coloration rouge orangé avec sommet écarlate et par sa 
forme circulaire, moins allongée que chez Sp. amerkanus. 

Spondylus regids. 
(Lamarck, loc. cit., p. 190.) 

La diagnose donnée par Linné (1 76^, Mus. Ludov. Ulricœ, p. 5i 1) pour 
son Sp. regîus s'applique très bien, selon Hanley (i855 , Ipsa Linn. Conch., 
p. 83), à la coquille représentée par Ghemnitz fig. ^71 (1784, Conch. 
Cab., VII, p. 83, pi. 46). 

Lamarck a décrit cette espèce''' d'après un spécimen figuré dans 
V Encyclopédie (pi. 193, fig. 1) et appartenant au cabinet de G.-L. Ri- 
chard, d'où il est passé dans la collection du prince Masséna, puis de 
B. Delessert^''. 

(') Sowerby (1 848, Thés. Comc/i., I) indique, p. 498, comme synonyme de uico- 
baricus Ghemnitz rrS. retins Lk., Anim. s. vert., voi. VI, p. 199)? : ainsi que le 
prouve son fndex alphnbélique , p. 433, c'est un lapsus pour .S. radians Lk. 

•^) Lariiy, 1915, Bull. Mus. hist. nat., XXI, p. io3. 



— su - 

Spondylus avioularis. 
(Lamarck, loc. cit., p. 190.) 

Contiairement à ce qui est mentionné dans les Animaux sans vertèbres, 
il n'y a plus au Muséum de Paris aucun spécimen de cette espèce étiqueté 
par Lamarck. 

Mais Deshayes (i836, Anim. s. vert., a* éd., VII, p. 188, note) affirme 
qu'elle y était représentée par un individu qui constituait simplement une 
variété de Sp. americanus à sommet de la valve inférieure relevé en dessus 
à la manière des Gryphées. 

Par suite, Sowerby (i858. Thés. Conch., I, p. 4 18) a identifié au 
Sp. americanus (Herm.)Lk. ce Sp.avicularis , bien que Lamarck l'ait indiqué 
de l'océan Indien. 

[A suivre.) 



— 325 — 



ËniDE SUR LES Scalaires de la Collection Locard 

ET ]\0UVELLES ObSERVATIOISS SUR LES ESPECES DU TRAVAILLEUR 

ET DU Talisman décrites ou citées par lui, 

par m, e. de boury, 
Correspondant du Muséum. 

Il nous paraît intéressant de donner le re'suilat de l'élude des Scalaires 
que nous venons de faire dans la collection Locard. 

S. (Clathrus) communis Laniarck. 

Nondjreux exemplaires. N" /ioSy à ^097 du Catalogue delà collection 
de Scalaires du Muséum. Le n" ho^ti renferme aussi un S. commutata, 

S. (Clathrus) mediterranea Locard. 

N" /jo4i à ^40^9 et 6o(3i à io68. Il n'est pas possible de séparer spéci- 
fiquement la coquille méditerranéenne de celle de la Manche et de l'Atlan- 
tique. On sart combien, chez les Scalaires, la coloration et le nombre des 
côtes sont variables. Ce dernier n'a qu'une importance relative. Le Muséum 
possède des individus qui portent jusqu'à i/i côtes, et on rencontre tous 
les passages. Le nombre le plus habituel est de 8 ou 9. 

Les n" io58-/io59 ne sont pas homogènes et n'appartiennent nulle- 
ment à la coquille en question. Ils renferment chacun le S. commutata 
Monter, et une autre coquille qui ne nous paraît pas distincte du S. eburnea 
Pot. et Mich. La provenance est très probablement erronnée. Le.n" 4oGo 
ne l'enferme que cette dernière coquille. Il faudra de nouveau examiner 
la question quand on aura des exemplaires provenant avec certitude de la 
Méditerranée, si jamais on en trouve, et voir s'il s'agit bien du S. ehumea 
ou d'une forme nouvelle. Les localités données par Locard sont souvent 
loin d'être exactes, et il a placé parmi les coquilles d'Europe plus d'une 
forme exotique. 

Scalaria obsita Locard. 

Cartons, 6071 à 4076. 

Il n'est pas possible de séparer cette forme du S. communis, pour les 
mêmes raisons que celles données plus haut. 



— 326 — 



ScALARIA COMMUTATA Moûtei'OSalO. 

N" 4oo9 à 4o24, plus un ou deux exemplaires des n°' A09A, /io58, 
ioBg. 

Ces trois derniers sont mêlés aux S. communia, les deux derniers sous 
le nom de S. mediterranea. 

S. (Fuscoscala) Turtonae Turton. 

N" liook, 6oo5 — 4o55 — ^077 à ioSa. — ûo83-ûo85, ces der- 
niers sous le nom de S. teniiicosla, qui n'est pas dilTérenl, mais s'ap|)li(p)e 
surtout aux exemplaires dtroifs. 

Le n° /io35, sous le nom de S. Jousseaumei (non de Bnury, 1886) n'est 
qu'une variété pâle du S. Turtonae. 

S. (Spinis(.ala) Trevelyana Leach. 

N°' /io36 à lioUo. — ^oBi à 4o33. Beaux exemplaires pour les n" 4o3i 
à /io33. Le n° io3/i, sous le nom de iS. Jousseaumei (Type), n'est qu'un 
splendide individu très adulte du S. Trevelyana. C'est le plus grand spé- 
cimen que nous connaissions. H y 3i mm. de longueur sur 10 de large. 
La longueur habituelle ne dépasse guère 20 millinièli-es. 

S. Jousseaumei Locard. 

N" lio^ti et 6o35. Ainsi que nous l'avons vu ci-dessus, le type est un 
5. Trevelyana très adulte, et le second se rapporte au Turtonae. 

S. (Pulchelliscala) pulchella Bivona. 
N° /i009. Espèce type du sous-genre. 

S. (Hyaloscala) clathratula Adams. 

N°' 9097 à ûo3o et probablement aussi le n° /jo50 sous le nom de 
S. algoriana. 

S. (Parviscala) algeriana Weink. 
N° 4oo3. Donné par Locard sous le nom de S. solula Tiberi. 



— 327 — 

S. (^lODISCALv) HKLLEMCA Foi'beS. 

N" /iooo-'iooi. Bien nommés. 

ScALARiA (Dentiscala) cre\ata Linné. 
y /io25 et AoaG. 

S. (Clesioacirsa) subdecussata Cautr. 
N" ^o5i et /ioo2. 

S. (Gregorioiscala) pachya Locard. 
Arores, n" /loGg. 

S. (Boreoscala) groenlandica Chemn. 

Suède, n" '4070. 

S. (Striatiscala) vittata Jetïreys. 

IN" 6007. Espèce lonjonrs rare, qui ressemble, au premiei- abord, au 
S. Cnntrainei, mais qui s'en distingue, entre autres, par la présence de 
stries s[)iraley, caraclèie microscopique Fort important qui fait défaut chez 
l'autre espèce. 

S. (Hirtoscala) Cantrainei Weink. 

N° /io54. Espèce moins i-are que la précédente, que l'on rencontre 
assez fréquemment à Saint-Raphaël par des fonds d'environ 60 mètres 
(Claudon). 

S. (Acrilloscala) Lamyi de Boury. 

N" ào53, sous le nom de S. geniculata Brocchi. L'espèce vivante est 
différente de la coquille pliocène. C'est cet exemplaire que nous avons 
photographié (planches phot. manuscr. coll. Mus., pi. i95, fig. 5) et que 
nous considérons comme type de l'espèce. Nous-même l'avions recueillie 
au large du bassin d'Arcachon. Elle est toujours extrêmement rare. Nous 
avons donné, en 1909, les principaux caractères de cette espèce ( Bull. Mus 
Hisl.nal., 1909, n° 7, p. /480), 



— 328 — 

En résumé, les détei-minations de la collection Locard laissent souvent à 
désirer. Le nombre des exemplaires intéressants est relativement fort res- 
treint et peut, en réalité, se résumer dans la présence des S. Lamyi, S. Tre- 
velyana très adulte sous le nom de S. Jousseaumei, S. pachya Locard, 
S. vitlata JelTreys. 

Nombreuses, au contraire, sont les formes européennes qui font défaut 
dans la collection, par exemple : 5. spirilla Monterosato, S. Tryoni de 
Boury = 5. hispidula Monterosato , S. fmticulus Monterosato , S. naiia JeOfreys, 
S. Celesti Aradas, S. acus Watson, S. Pallaryi de Boury, S. Vayssicrei 
Dautz., S. lincta de Boury et Monterosato. 

Il n'y a dans sa collection qu'une seule espèce abyssale, le 5. pachya. 
Les autres font défaut : S. Ricliardi Dautz. de Boury, S. GrmalduDauii. de 
Boury, S. prohhmaiica Dautz. de Boury, S. vicina Dautz. de Boury, S. Guer- 
nei Dautz. de Boury, S. tenera JelTreys, S.Jormosissima Jeffreys, S. Folini 
Dautz. de Boury, S. dissoluta Fischer, S. polygyrella Fischer, S. setnidis- 
juncta Jeffreys. 

Quant aux Scalaires des expéditions du n Travailleur •» et du r Talisman r>, 
nous avons déjà donné une note à leur sujet (Bull. Mus. Hist. naU, 1909, 
t. XIV, p. ^78). 

Nous faisions observer qu'un certain nombre d'espèces ou d'exemplaires 
n'avaient pas été retrouvés dans les collections du Muséum. Grâce aux 
recherches assidues de M. Edouard Lamy, ces lacunes ont été comblées, 
du moins en grande partie. Nous allons passer en revue ces espèces, dont 
nous n'avons pu parler dans notre premier travail. 

S. (Gregorioiscala) pachya Locard, 

Comme nous l'avions indiqué, il existait un certain nombre d'individus 
de cette rare espèce lors de l'exposition qui fut faite autrefois des expédi- 
tions sous-marines françaises. La collection du Muséum ne possédait que 
le type et un fragment. Depuis, M. Lamy a retrouvé cinq beaux exemplaires 
(coll. Mus. n" 2^*05) qui, joints à l'individu de la collection Locard, réta- 
blissent le chiffre primitif. C'est la seule forme abyssale de la collection 
Locard. 

S. (Sphoeroscala) Celesti Aradar. 

Ce sont des fragments plus ou moins importants (Coll. Mus. n"' a 466, 
2467). Donné par Locard comme S. Jrondosa Sow. , espèce fossile bien 
différente, même subgénériquemeut, et qui appartient au pliocène d'An- 
gleterre. 



329 



S. (Spirilliscala) spirill\ Monterosato. 

M. Laniy a bien retrouvé un tube portant la même indication de prove^ 
nance que ie type : Sud du Portugal Exp. r Travailleur n n" 3o, par i ,9o5 m. 
Locard nous apprend que l'exemplaire est unique. Or celui du Muséum ne 
possède que ss tours 1/2. 11 est privé d'une grande partie du sommet et la 
Iwise semble avoir aussi été cassée. 11 est plus que probable qu'il s'agit bien 
du type, mais que celui-ci a été gravement mutilé. Le fragment n'a pas 
plus de 3 millimètres. Locard indique 5 ou 6 pour le type complet. Les 
caractères sont, du reste, bien ceux du S. splrilla. 

Le S. Fischeri Watson, de Madère, est la même espèce. 

S. (Parviscala) algeriaw Weinkauff. 

rtTravaillenrp S'i, par 55 mètres au large de Marseille. Cette espèce a 
été confondue par Locard avec le S./rondosa. 

S. (Lepidiscala) pROBLEMATicà Dautz. , de Boury. 

Cette forme très rare, bien distincte du S. clathratula, et qu'on ne ren- 
contre que dans la zone abyssale, O27 mètres et i,353 mètres, a été donnée 
par Locard sous les noms de S. DalHnna Verrill et Smith (Coll. Mus. 
n° 9 24) et de S. clathratula Adams (Coll. Mus. n° 9 25). 

Elle appartient à un sous-genre spécial pour lequel nous proposons 
le nom de Lepidiscala de Boury nov, subg. Nous prenons pour type le 
S. Biali de Boury du miocène inférieur du Bordelais (Coll. Mus. n° 93o6; 
PL pliot. mss. coll. Mus. : PI. 117, lig. 7) que nous espérons publier dès 
que les circonstances le permettront. 

S. (Cvlindriscala) acus Watson. 

Nous n'avons toujours pas vu la coquille draguée aux Açores par le 
(t Talisman v,mah nous croyons utile de donner à son sujet quelques obser- 
vations complémentaires. 

Lors de notre voyage à Londres en 1911, nous avons pu étudier au 
Zool. Brit. Mus. le type figuré par Watson, pi. IX, fig. 2, qui présente bien 
la même mutilation de l'ouverture que sur la figure. Cet individu est par- 
faitement lisse, comme du reste la coquille de la coll. Dautzenberg, dont le 
Muséum possède la photographie (PI. mss., pi. 20, f. 2, et coll. iconogr. 
n° 961). Nous avions d'abord proposé le nom de S.fulgens pour la coquille 
•ecueillie par le Prince de Monaco, mais, ainsi que nous l'avons dit ailleurs 
(1912, Jotirn. (k Conchyl., vol. 60, p. 169), ce terme tombe en syno- 



r 



— 330 — 

nymie du S. actis Watson. Ce qui nous avait induit en en-eur, c'est que 
Walson, sur une observation de Jeffreys , considérait sa coquille comme 
pourvue de stries spirales. Or nous n'avons pu en observer la trace ni sur 
le type du Brit. Mus. , ni sur celui de la coll. Daulzenberg. Elles existaient 
sans doute sur l'individu de l'ile Gulebra (Antilles), qui est presque cer- 
tainement une forme distincte , mais nous ne l'avons pas vue. Gomme nous 
le faisions remarquer en 191'i [Journ. Conckyl., vol. 60, p. 170), le 
S.ucus Jeflreys est tout différent et n'est autre, d'après l'examen même du 
type de Jeffreys, que le S.vicina Dautz. de Boury. 



331 — 



La Gusde parotide vemmeuse des Coluiîkidés a<;lyimies. 



Note de M'"'' Marie Phisalix. 

Chez les Golubridés Aglyphes la foiiclion venimeuse n'a été jiis({ii';i 
présent expérimentalement observée que chez 1 1 espèces réparties en 
7 {genres '"'. Chez toutes elle est dévolue à la glande parotide. 

J'ai recherché si l'existence de cette glande est constante chez les Cola- 
bridés Aglyphes, si sa fréquence et son degré de développement sont en 
rapport avec les modificalions de la dentition. 

L'examen d'un certain nombre d'espèces des collections du service 
d'Herpétologie du Muséum m'a permis de constater que l'existence de la 
parotide, bien que fréquente, n'est pas générale, et qu'il y a ainsi lieu 
de distinguer aussitôt deux groupes physiologiques d' Aglyphes, suivant 
la présence ou l'absence de parotides. 

Dans toutes les espèces où elle existe, la glande possède la même struc- 
ture et affecte les mêmes rapports généi'aux que chez les Golubridés Opi- 
sthoglyphes. Dans l'un comme dans l'autre groupe , c'est toujours une 
glande pleine, d'un blanc rosé opaque, dont la lobulation est visible à 
l'œil nu. Elle est pyriforme, à grosse extrémité postérieure ; et pour en 
constater la présence, il suffit de sectionner longitudinalement le lepli 
gingivo-labial, et de relever la lèvre supérieure : on en voit Iransparaîlre 
la face interne à travers le tissu conjonctif qui la recouvre. 

On découvre la face externe de la glande en désinsérant les écailles 
labiales depuis la commissure jusqu'à J'écaille rostrale. 

Chez la plupart des Aglyphes, elle recouvre la plus grande partie de la 
région temporale, accolée à la paroi interne de la lèvre supérieure, et ne 
contracte pas d'adhérence intime avec les muscles sous-jacents. Son bord 
postérieur ne dépasse pas la commissure labiale, et son bord antérieur 
s'arrête d'ordinaire au niveau de la vei'ticale postérieure de l'œil ( Tropido- 
notus, Dendropliis . . .) ou s'avance un peu plus en avant ne dépassant pas 
l'écaillé frênaie. Par ce bord antérieur, elle est continuée par le cordon des 

(') Phisalix (Marie) et Gains (R.-P.-F.). — Propriétés venimeuses de la salive 
paiotidienne chez les Golubridés Aglyphes des genres Tropidonotus, Zanicnis et 
Hehcops {Bidl. du Muséum, avril lyit), p. -nS). 

MUSIÎUM. — XXUI. 20 



— 332 — 

l>landes labiales supérieures à lobulalion plus fine, et à aspect flemi-trans- 
lucide, alors que la parotide elle-même est d'un blanc rosé opaque. 

D'autres fois, c'est la disposition réalisée chez les C. Opisthoglyphes qui 
domine : le cordon des glandes labiales supérieures s'étend sur tout le bord 
ib' la lèvre, depuis la commissure jusqu'à l'écaillé rosirale. La parotide lui 
est simplement superposée, occupant toute la région postérieure ou seule- 
ment une partie [Coronella, Drymobius. . .). 

Dans tous les cas, son extrémité antérieure d'oii émerge son canal excré- 
teur se trouve au voisinage immédiat des dernières dents maxillaires , et ce 
canal, droit ou recourbé, n'a qu'un trajet sous-muqueux très court avant 
de s'ouvrir sm^ le bord inférieur de la gaine gingivale commune. 

On en décèle aisément l'orifice sur les ])ièces fraîches en comprimant 
la parotide : sa sécrétion crémeuse s'échappe par l'orifice au niveau des 
dernières dents maxillaires. 

Quant à la dentition , et plus spécialement celle du maxillaire supérieur 
qui est en rapport direct avec la glande parotide, elle se présente sous 
trois formes principales : 

1° Type Boïdé : les dents antérieures sont les plus grandes [Boodon, 
Spilotes) et forment une série continue; 

2° Les dents sont toutes égales, généralement petites et nombreuses 
[Coronella, Coluber, Couda); 

3° Les dents postérieures sont les plus grandes et sont disposées en 
séi'ie continue [Prosijmna, Tropidonotiis . . .) ou discontinue, séparées alors 
généralement des précédentes par un intervalle, une harve (Dinodon). 

Ces dents postérieures forment alors de grands crochels pleins, aussi 
développés que chez les C. opisthogli/phes , et les Serpents qui les possèdent 
ne méiitent plus le nom d'Aglyphes. 

Enfin une modification intéressante, et signalée par E.-G. Boulenger 
chez Xenodou merremii, réalise le type vipéridé à maxillaire protractile, 
ayant encore conservé de petites depts antérieures, et possédant de gros 
crochets postérieurs qui, dans le mouvement de bascule du maxillaire sur 
le préfrontal, sont portés en avant à la façon des crochets canaliculés de la 
Vipère, 

Les listes suivantes ne comprennent pas tous les Golubridés Aglyphes, 
car il n'en existe pas moins de 1,070 espèces groupées eu laô genres; 
mais, telles qu'elles sont, elles fournissent des indications intéressantes 
pour le sujet qui nous occupe. 



— 333 — 

1. CoLUBRIDKS AgLYPHES DÉpoUKVUS DE l'AROTlDES. 

1 " Dents maœiUaires égales. 

«ENRES. ESPÈCES EXAMINEES. 

Ar.LABES part. D. B A. major Giiulh., A. hadiolurm Boie. 

AciiocHORDus Hornstedt. . . /l.yammcu* Hornsledt. 

CdLAMARiA Boie C. septentrionaUs Bouieng. 

CoLUBEU part. L C. deppei D. B., C. /Esculapii Lacép., C. scn/ons 

Sching, (j. phyllophis Bouieng, C. teeinurus Gope, 
C. Conspinllatus Boie, C. melanurus Schleg. 

Dasypeltis Wagl /). Scabra L. 

ScAPHioPHis Peters S. albo-pnnctatus Peters. 

Stueptophouus D. B S. atralus Haliow. 

PoLYODONTOPuis Boulcng. . P. collavis Gray. 

2° Dents maxillaires inégales. 

A. Les antérieures les plus grandes : 

«ENRES. ESPÈCES EXAMINEES. 

LvcopHiDiuM D. B L. Capeusc Smith. 

Spilotes Wagler ,S'. anomalis Bœttg. 

BooDON D. B B. fuli^inimis Boie, B. bUinvalas D. B., B. quadri- 

Itneatus D. B. 

B. Les poste'rieui-es les plus grandes : 

GENRES. ESPÈCES EXAMINEES. 

Prosïmna Gray V. meleagris Reinli. 

PsEUDASPis Gope P. cana L. 

Rhadinea Gope R. fmca Bouieng. 

IL COLUBRIDÉS AgLYPUES POURVUS DE PAROTIDES. 

1 ° Dents maxillaires égales ou subégales, 

GENRES. espèces EXAMINEES. 

Coluber part. L C. helcna DaucI, C. porphyriacus Ganlor ( = Ablabes 

Ijorplujrlacus Bouieng). C. rndialus Schleg. 

23. 



— 33^ — 

GENRES. ESPÈCES EXAMINÉES. 

CoNTiA Baird C. nasus Gûnth. 

GoRONELLA part. Laur. ... C. austriaca Laur., C. gironàka Daud., C. imnclaia 

L. [= Ablabes punctatus D. B.) 

Dendrelaphis Bouleng. . . D. caudoUneatus Gray. ' 

DnoMicoBRYAS Bouleiig. . . C. Bernieri D, B. 

Drymobius Cope D. bifossatus Baddi, D. marjravihjeras Sclileg. 

Grayia Gùnth G. Smilhil Leach. 

Herpetodryas Boie H. Carinatus L. 

Lystrophis Cope L. Dorbignyi D. B. 

PoLYODONTOPHis Bouleng. . P. subpunctatus D. B. 

Simocephalus Giinth S. capensis Smilh. 

Trachischium Giintli T. fuscum Gùnth. 

Xylophis Bedd A. Pen-o<e(î Bouleng. 

•2° Dents maxillaires inégales. 

A. Eu série continue, les antérieures les plus grandes. 

GENRE. espèces EXAMINEES. 

Atractus Waglor A. lutifronlalis Garm., A. badins Boie {^Rubdusiniia 

badiutii D. B.) 

B. Eu série continue, les postérieures les plus grandes. 

GENRES. ESPÈCES EXAMINEES. 

GuLOROPuis Hailow C. eniini Gùnth., C. heterodermus Halle». 

Dendrophis Boie D. pictus D. B. 

Dryocalamus Gùnth D. nympha Daud. 

Gastropyxis Cope G. smaragdina Schleg. 

Hapsidophrys part. Fischer. H. lineata Fischer. 

Helicops part. Wagler. . //. schistosus Daud. 

Herpetodryas Boie H. carinatus L. 

Lamprophis pari. Smilh.. L. Rogm Mocquard. 

Leptophis part. Bell.. ... L. occidentalis Gùnth, L. liocercus Schleg., L. nigi-o- 

marginatas Gûnth. 

LiOPUOLiDOPHis Mocquard. L. dolirhocercus Peracca. 

Oligodon Boie 0. subgriseiis D. B. 

Philotamnus part. Smith. Ph. semivariegatus Smith, Ph. dorsalis Boccige. 

Bhadinea Copo R. merremii Wied, R. cobella L. , R. vittata Peters. 

Psendoxenodon Bouleng. . P. sinensis Bouleng, P. macrops Blyth. 

SiMOTEs part. D. B S. tœniatus Gùnih. , 5. violaceus Cnntor. 



— 335 — 

GENRES. ESPÈCES EXAMINEES. 

TnopiDOXOTUS Kuhl T. natrix L., T. viperinus Latr. , T. melanogastov 

Peters, T. viltatus Laur. , T. lateralis, pari. D. B., 
T. ilolatus L. , T. piscator Sclineid. , T. parallelm 
Boiilen<f, T. fuliginosus Giintli., 7'. subminiatus 
Schleg. 

Zamenis part. Wagier. ... Z. liippocrcpis L. , Z. gemonensis Laur., Z. diadema 

Schleg., Z. Korros Schleg, Z. mucostis L, 
LïTORHïNCnus Peters L. Diadema D. B. 

C En série discontinue, les 9 nu 3 dernières plus grosses et plus 
longues, développées e:i crochets pleins et séparés parfois des dents pré- 
cédentes par une baiTe. 

GENRES. ESPÈCES EXAMINEES. 

DiNODON D. B D. rufozonatus Cantor. 

Dromicus part. D. B D. Temminckii Schieg. 

LioHETERODON Latr L. madagascariemis D. B., L. modestvs Giinlli. 

LioPHis part. Wagier ... L. albiventris Jan, L. andreœ Reinh. 

LysTROPHis Cope L. Dorbignyi D. B. 

Macropistodon Bouleng . . M. subminiatus Schleg. {= Amphiesma subm. D. B.). 

Xenodon part. Boie R. severus L. 

Heterodon Latr H. nasicus Bnud et Girard. 

D. Crochets pleins postérieurs et d'autres, antérieurs ou moyens. 
genres. espèces examinées. 

HoRMONOTCs Hallow Hormonotus modestus D. B. 

Lycodon part. Boie L. aulicus L. 

S1M0CEPHALUS Gùnth S. capensis Smilh. 

Des constatations précédentes résultent les conclusions qui suivent : 

1° Un certain nombre de Colubridés Aglyphes sont dépourvus de paro- 
tides, bien que quelques-uns possèdent des crochets pleins { Pseitdaspis , 
Prosijmud . . . ) ; 

•3° Un certain nombre de Colubridés Aglyphes sont pourvus de parotides , 
bien quils n'aient que de très petites dents toutes égales (6'o«^m, Coronella, 
Dendrelaphis . . . ) ; 

3° Chez des vSerpents appartenant à un même genre, ayant par con- 
séquent la même dentition, on trouve des espèces pourvues d'une glande 



— 336 — 

parotide et d'autres qui n'en ont pas (Genres Cnluher, Pofyodontophis , 
Rhadinea, . . ). 

D'où il résulte que l'apparition de la fonction venimeuse dans son organe 
essentiel, la glande à sécrétion toxique, est indépendante du perfection- 
nement de l'appareil inoculateur, toujours représenté par les dents. 

h° Ce n'est que secondairement qu'on observe un développement paral- 
lèle des deux facteurs de la fonction : glande venimeuse et crochets inocu- 
iateurs [Dinodon, Macropistodon , Lenodou . . , ). 

Les crochets pleins qu'on observe aloi's chez les C. Aglyphes de ce groupe 
sont aussi gros et aussi longs que ceux des Colubridés opisthoglyphes. 
La distinction avec ces derniers ne tient plus qu'au sillon des crochets. Le 
venin lui-même est aussi actif que chez les Opisthoglyphes et même que 
chez les Protéroglyphes et les \ipéridés. En ce qui concerne les rapports 
du Serpent avec sa proie, la distinction entre les deux premiers groupes 
de Colubridés est donc minime, car, d'une part, la dilution du venin dans 
la salive mixte non seulement n'en atténue pas la toxicité, mais en facilite 
même l'absorption; d'autre part, sa pénétration est assurée par les nom- 
breuses petites plaies cutanées faites par la herse buccale fonctionnant 
comme Jiarpon, au coiu*s de l'engagement de la proie, qui prépare la déglu- 
tition. 

Laboratoire d'IIerpétologie du Muséum. 



337 — 



Sun LA PRESENCE DE GlANDES PÀIIOTIDES DANS DES FAMILLES DE SeIIPENTS 
où ELLE n'a pas ENCORE ÉtÉ SIGNALEE JUSQV'lCI. 



Note de M""" Marie Phisalix. 

L'existence de glandes venimeuses n'a jusqu'à présent été reconnue que 
dans deux des neuf familles en lesquelles sont actuellement répartis les 
Serpents, à savoir celles des Vipéridés et des Colubridés. 

Ces glandes chez les grands venimeux : Vipéridés et Colubridés Protéro- 
glyphes, sont très développées; leur acinus sert de réservoir au venin, et 
celui-ci est déversé par un long canal excréteui* dans la gaine du crochet 
venimeux , toujours situé en avant de la bouche. Un ou plusieurs faisceaux 
du muscle temporal antérieur s'iusèrent sur l'acinus, le recouvrent en partie 
et lui forment un appareil compresseur, qui expulse, à la volonté de 
l'animal, la sécrétion jaune, limpide et de consistance gommeuse accumulée 
dans l'acinus. 

Les glandes venimeuses ont ainsi une indépendance complète vis-à-vis 
des autres glandes sus-maxillaires , qui forment un cordon continu sur le 
bord interne de la lèvre supérieure, depuis la commissure labiale en arrière 
jusqu'à récaille rostrale en avant, glandes que nous désignons sous le nom 
de glandes labiales supérieures. 

Chez les Colubridés Opisthoglyphes et Aglyphes, les glandes venimeuses 
alFectent une autre foi-me et des rapports un peu différents; on les désigne 
communément sous le nom de parotides en raison de leur situation, et du 
fait quelles ont été longtemps considérées comme exclusivement salivaires. 
Cependant, dans toutes les espèces où leur sécrétion a été jusqu'à présent 
essayée, celle-ci s'est montrée plus ou moins fortement toxique : la parolide 
doit donc être considérée comme une glande venimeuse. Des expériences 
portant sur un plus grand nombre d'espèces pourront seules nous ren- 
seigner sur la question de savoir si elle est primitivement venimeuse, ou si 
elle est avant tout uue glande salivaire ayant secondairement acquis des 
propriétés venimeuses. 

Contrairement à celle des Colubridés Protéroglyphes et des Vipéridés , la 
glande venimeuse des Colubridés Opisthoglyphes et Aglyphes est uue glande 
pleine, massive, sans réservoir central développé, occupant d'ordinaire sous 
la lèvre supérieure la région temporale entre la commissm'e labiale et l'œil. 



— 338 — 

Sa sécrétion, fVaspecl et de consistance crémeuse, est conduite dans ia 
bouche par un court canal sous-muqueux , ([ui s'ouvre sur le bord infériour 
du repli gingival ou dans la gaine qu'il forme aux dernières dents maxil- 
laires, développées en crochets sillonnés (Opislhoglyphes), et souvent 
en crochets pleins, comme chez beaucoup d'Agiypbe-. {Macropisthodou, 
Xenodon . . .). 

Celte parotide est maintenue appliquée intimement contre la face interne 
de la lèvre par des traclus conjonctifs, tandis que sa face interne n'affecte 
que des rapports de contiguïté avec les muscles temporaux, qui ne lui 
forment ainsi aucun faisceau compresseur. 

Klle se continue en avant avec le cordon des glandes labiales, qui lui est 
f-oudé (Tropidonotes. . . ); ou bien elle est superposée en même temps à 
la région postérieure de ce cordon qui lui forme alors comme une sorte 
de support. 

C'est cette dernière forme de glande venimeuse que j'ai rencontrée chez 
les Serpents autres que les Colubridés et les Vipéridés, que j'ai pu examiner 
grâce aux importantes collections du service d'Herpétologie du Muséum. 

Toutes les familles de Serpents out été explorées, avec, pour chacune 
d'elles, les résultats suivants : 

1° Famille des TYPHLOPIDÉS. 

Parmi les espèces examinées , Tijphlops punctatus Leach est poui-vue de 
volumineuses parotides et de volumineuses glandes mandibulaires. 

9° Famille des GLAUCONIIDÉS. 

Ces Serpents, qui ont la plupart des caractères externes et des mœurs des 
Typhlops, sont de petite taille et habitent les régions chaudes des deux 
continents. La rareté des spécimens en bon étal de conservation fait que nous 
n'avons examiné qu'une seule espèce : Glancouia humilis Raird et Girard, 
en trop mauvais état pour permettre de voir nettement la région paroli- 
dienne. 

3° Famille des BOÏDÉS. 

Schlegel ne reconnaît aucune glande sus-maxillaire aux Boïdés, qui sont 
d'ailleurs tous pourvus d'un cordon très apparent de glandes labiales supé- 
rieures et d'une volumineuse glande mandibulaire. 

J'ai examiné plusieurs espèces des genres Boa,Piiiltoii , liiigalin et Eryx. 
Seules les espèces suivantes possèdent une parotide : 

Eryx conicus Schneider (Inde). 
Eryx jaculus Lin. (Inde). 



— 339 — 

Erijx johiii Rxissell (Asie Centrale, sud de l'Europe, nord de l'Afrique). 
Eryx mneller'i Boulenger (NubreV 
Un{r(dia iiiacuinta B. 

La glande parotide est logée dans une encoche du bord antérieur du 
muscle temporal, immédiatement en arrière de l'oeil ; elle est pyriformc, à 
grosse extrémité dirigée en avant el en haut, où elle atteint le niveau infé- 
rieur de la glande lacrymale située plus profondément, et qui en est séparée 
par l'os postfrontal. 

Elle est recouverte par l'aponévrose du muscle temporal antérieur-, 
qui va s'insérer à la face interne de la lèvre supérieure séparant ainsi son 
bord inférieur et antérieur du bord supérieur du cordon des glandes 
labiales. 

Sa position en retrait par rapport à la lèvre supérieure fait que le tendon 
qui relie l'articulation mandibulaire à l'extrémité postérieure du maxillaire 
(tendon cpiadrato- maxillaire) passe libiement au-devant d'elle, au lieu de 
s'accoler à sa face postérieure comme chez les Colubridés Aglyphes et Opi- 
sthoglyphes. 

Son canal excréteur très court s'ouvre directement dans le repli gingivo- 
maxiilaire un peu en avant de ia commissure labiale. 

Des expériences en cours nous renseigneront sur les propriétés de la 
sécrétion de la glande. 

li" Famille des ILYSIIDÉS. 

Cette famille ne comprend que les trois genres Ilysia, Cylindrophis et 
Anomalochilus , dont les deux premiers seuls ont pu être examinés, avec 
les espèces : 

llysia scytale Lin. , 
Cydndrophis rufa Lam. , 
Cylindrophis vmculalus Boulenger. 

Ces trois espèces possèdent une glande parotide : chez ilysia scytale, 
elle est pyriforme, à grosse extrémité postérieure. Elle occupe la face interne 
de la lèvi-e supérieure à laquelle elle est très adhérente. En arrière, cette 
glande présente trois lobes obliques qui convergent en avant et se conti- 
nuent au niveau de la verticale passant par le bord postérieur de l'œil avec 
un épais cordon de même teinte jaunâtre et opaque, qui s'avance jusqu'à 
l'écaillé nasale. A partir de ce cordon , on en distingue les orifices excréteurs 
sur le bord même d'insertion du repli labial. 

Chez les Cyhndrophis, la parotide est un peu moins renflée; elle est 
superposée au coj-don labial {Cylindrophis inanilatus) ou simplement con- 
tinuée par ce cordon (G. Rufa). 



UO — 



5° Famille des UROPELTIDÉS. 

Elle est représentée par de petits Serpents terricoles localisés à Ceylan et 
an sud de l'Inde, rappelant les Batraciens apodes ou Gœcilies par leui* forme 
générale et leurs habitudes. 

Des sept genres qui la composent , quatre ont pu être examinés avec les 
espèces suivantes : 

Rhinophis trevelyanus Kelaart, 
Silybura nigra Bedd. , 
Silybura melanogaster Gray, 
Plecturus perrotteti D. B. , 
Platyplecturus madurensis Bedd . 

Chez tontes, la parotide est bien développée; elle est appliquée contre 
les muscles temporaux entre l'œil et la commissure labiale à laquelle elle 
s'arrête chez Silybura nigra , et qu'elle dé])asse plus ou moins chez Silybura 
melanogaster et Platyplecturus niadwensis. 

Elle n'est reliée à la lèvre supérieure que par une aponévrose tem|)orale 
qui la sépare en bas et en avant des glandes labiales supérieures. 

En raison de cette position en l'etrait de la lèvre, le tendon quadrato- 
maxillaire passe au-devant d'elle comme chez les Eryx. 

Cette disposition est générale chez les cinq espèces précédentes, a l'al- 
longement près de la glande qui, chez Platyplecturus madurensis, dépasse 
notablement en arrière la commissure labiale. 

6° Famille des XÉNOPELTIDÉS. 

Elle ne comprend qu'un seul genre avec une seule espèce , Xenopeltis uni- 
color Binw. , qui habite le S, E. de l'Asie. 

La parotide existe, mais peu développée; elle présente la même dispo- 
sition que chez la plupart des G. Agiyphes. Elle occupe la région labiale 
postérieure depuis la commissure labiale en arrière jusqu'à la verticale 
passant par le bord postérieur de l'œil. A partir de cette limite, elle se soude 
au cordon des glandes labiales supérieures qui, sur les pièces conservées, 
garde même aspect et même coloration qu'elle, mais a une lobulation 
plus fine. 

Le tendon quadrato-maxillah-e en suit la face interne et i'a])plique inti- 
mement sur la face interne de la lèvre supérieure. 

Les orifices excréteurs de la portion lal)iale sont invisibles à l'œil nu 
ainsi qu'aux grossissements moyens de la loupe, ce qui permet de consi- 
dérer le cordon labial comme le prolongement de la parotide. 

Ge point ne pourra être élucidé qu'avec des matériaux frais. 



— 8/il 



7° Famille dks COLUBRIDÉS. 

Nous avons vu précédemment, à propos des trois groupes Protéroghyplies, 
Opisthoglyphes et Aglyphes, que les deux premiers possèdent toujours 
une glande venimeuse, avec un appareil inoculafeur très perfectionné chez 
les Protéroglyphes , et un peu plus rv'slreinl chez les Opisthoglyphes. 

Quant aux Aglyphes , le plus grand nombre des espèces que j'ai explo- 
rées jusqu'ici, soit 72 sur les 95 espèces, sont pourvues de glandes paro- 
tides, et un certain nombre de gros crochets pleins inoculateurs. 

Ces Aglyphes sont aussi venimeux pour leur proie que les Opistho- 
glyphes. 

8° Famille des AMBLYCÉPHALIDÉS. 

Dans cette famille, dont les différentes espèces habitent le S. E. de l'Asie, 
ainsi que l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud, les seuls genres 
Haplopellura et Pseudoparpas n'ont pu être examinés. 

Atnbijjcephalus mœllendovffii Boetlg. , 
Amblijcephaliis carinatus Boïe, 
Dipsas bucephala Shaw, 
Leptognathus cateshyi Sentzen 

ne possèdent pas de parotide ; toutefois chez la dernière espèce existe 
une volumineuse glande lacrymale, qui, de la région postérieure de l'œil, 
s'étend jusque sous la peau de la commissure où elle fait saillie, simulant 
ainsi une parotide , aussi bien par sa position que par son développements 
Chez les espèces suivantes, ie système glandulaire est complet, com- 
prenant parotide, glandes labiales supérieures et glande mandibulaire :^ 

Leptognathus brevifascies Schlegel , 
L. Vigiiieri Bocourt, 
L, pavonina Gope, 
L. elegans Giinther. 

La parotide est très développée, et construite sur le type ordinaire des 
Colubridés Aglyphes. Appliquée contre la face interne de la lèvre supé- 
rieure , elle s'étend sur la longueur de la région temporale depuis l'avant- 
dernière labiale en arrière jusque sous le milieu du globe de l'œil en 
avant. 

Elle est en rapport avec les glandes labiales sur sou bord inférieur 
Dans le genre Leptognatus , il est à remarquer qu'on rencontre des 
espèces qui ont une parotide, et au moins une qui n'en a pas. Cette |»arti- 
cularité s'est déjà rencontrée chez les Colubridés Aglyphes à propos des 
genres Coluber, Polyodontophis et Rhadinpu. 



— :U2 — 



()" Famille des VIPÉRIDÉS. 

C'est la plus perfectionnée dans son ensemble au point de vue de l'ap- 
pareil venimeux : glande et crochets inoculateurs. Tous les espèces sont 
venimeuses, et la disposition de l'appareil est assez connue pour qu'il nous 
suffise de rappeler le maxillaire raccourci, relevé, à crochets, protracliles, 
en raison du mouvement de bascule qu'il peut exécuter autour de son arti- 
culation préfrontale. 

Les diverses familles de Serpents étant ainsi examinées, nous pouvons 
donc résumer dans le tableau suivant l'état de nos connaissances lelalives à 
l'absence ou à la présence des glandes parotides ou venimeuses : 

Pas de parotide Un certain nombre de Typlilopidés , Glau- 

coniidés et d'espèces d'aulres iamilles. 

Parotide présente Boidés (Eryx), llysudi'» (llysia, Cylindro- 

phis), Uropeltidés (Rliinophis, Silyhura, 
Pleclurus, Platyplecturus), Xenopellidéi 
(Xenopellis), Colubridés ( < )pislhoglyplies 
et la plupart des Aglyphes), Amhlycépha- 
lidés (Leplognatlms). 

Glande venimeuse acinouse. Tons les Colubridés Protéroglyphes , tous les 

Vipéridés. 

Chez les Boidés, les Ilysiidés, les Xénopeltidés, les Amblycéphalidés, les 
Uropeltidés , la dentition est aglyphe mais généralement complète , ce qui 
est un correctif important pour l'usage (jue le Serpent fait de sa salive 
vis à-vis de sa proie : celle-ci est toujours criblée par la lierse buccale, dont 
les deux moitiés s'avancent alternativement sur elle au cours de l'enga- 
gement dans le gosier, d'une multitude de petites plaies par lesquelles 
pénètre la salive du Serpent. 

Des expériences en cours d'exécution nous apprendront si la glande 
parotide, dans ces familles, sécrète toujours un produit toxique, et si la 
fonction venimeuse est ainsi plus répandue chez les Serpents qu'on ne l'a 
soupçonné jusqu'ici. 

LfibnrfHoirp d'Merpptologie du Muséum. 



3^i3 



PrOPHIÉtBS venimeuses de la salive PlHOriUIEyNE 
CIIEX DES (iOLUBRIDÉS AgLYPHES DES GENIiES TrOPIDONOTUS , ZaMKMS, 

Helicops. Lycodon eï" Dendrophis. 



Note de M'"' M. Phisalix et du R. P. F. Caius. 

Nous a\ons j)récéflernnient établi la toxicité do ia salive parolidienne 
chez les Coliibiidés Aglyphef. des espèces Zamenis lùppocrepis L., Zaïnenis 
Gcmoiu'usis Lanr, et Helicops •ichistosiis Daudiii '". 

Nous avons également confirmé cette toxicité, vue par Alcock et Rogers, 
chez Tropidoiiotus piscotor et Zamenis mucosus. 

De nouvelles exp.-riences, réalisées en différentes saisons et au fur et à 
mesure de leur capture avec différents Cokibridés Aglyphes, nous per- 
mettent de compléter les premières notions acquises en ce qui concerne les 
espèces susindiquées et d'ajouter aussi deux espèces nouvelles : Lijcodon 
aiilxus L. et Dendropkis pictus Gm., à la liste de celles dont la toxicité sali- 
vaire a été expérimentalement établie. 

Toutes ces expériences, ainsi que les précédentes, ont été réalisées 
avec l'extrait aqueux obtenu en broyant les glandes parotides dans l'eau 
distillée et filtrant sur papier le produit dé la macération en milieu asep- 
tique. 

Dans tous les cas, on obtient un liquide légèrement opalin, visqueux et 
neutre, ou alcalin au tournesol. 

1° Tropidonotis piscATOR Schneider. 

Nous avons précédemment signalé l'action du venin de ce ïropidonote 
des Indes sur les petits Rongeurs, les Oiseaux et les Lézards, action qui 
se traduit primitivement par de la narcose de la dyspnée, de l'affaiblisse- 
ment musculaire et de la parésie à début postérieur, qui finit par de la 
paralysie du mouvement et l'arrêt de la respiration entraînant la mort. 

De nouveaux spécimens de T. piscalor, capturés en différentes saisons 

(') Phisalix (Marie) el Caius (R. P. F.). Propriétés venimeuses de la salive 
parotidienne chez des Coitiliridcs \<;iyplies des genres Tropidoiiotus, Zamenis el 
Helicops. {Bull, du Mus. d'Ilisi. nat., 191O, p. 21 3.) 



— 3!ih — 

nous ont permis de compléter au fur et à mesure ces premières Jonufk's en 
ce qui concerne les Vertébrés à sang froid. 

Acixon sur les Batraciens : Rana tigrina Daud. — Trois sujets, pesant 
i64, 2 3,5 et 19 grammes, ont respectivement reçu dans le péritoine les 
doses correspondantes 54, 11 et 21 milligrammes; le premier sujet est 
mort en a 4 heures, le deuxième en 2 h, 35 minutes et le troisième en 
3 heures. 

Les symplômes observés ont été les mêmes que ceux que nous avons 
rappelés plus haut : narcose, dyspnée et parésie au début, paralysie pro- 
gressive à début postérieur intéressant aussi la peau et ses chromato- 
phores et mort par arrêt respiratoire accompagné de quelques expirations 
explosives. 

Le cœur s'arrête une minute après la respiration, en systole. 

11 y a du tympanisme abdominal; les poumons et le mésentère sont for- 
tement congestionnés; le premier sujet, une grosse femelle, présentait en 
outre des taches hémorragiques sur le cœur, les oviductes, le corps grais- 
seux et l'intestin grêle. 

Action sur les Lézards : Calotes versicolor Kalaart, Hemidnctylns gleadovi 
Murray. — Cette dernière espèce est particulièrement sensible au venin 
du Tropidonote ; un sujet pesant 3 gr. 75 qui reçoit dans le péritoine 
1 centimètre cube d'extrait de i5 milligrammes de glande meurt eu 12 mi- 
nutes, avec les symptômes d'asphyxie, le cœur continuant encore à battre 
pendant une minute avant de s'arrêter lui-même, en systole. 

L'eau de deuxième lavage de la pul[)e glandulaire suffît encore à tuei' 
eu 1 h. 20 minutes un autre Hemidnctijlus. Noiis avons établi précédem- 
ment que les symptômes sont les mêmes chez Cables versicolor. 

Immunité naturelle. — Les Serpents des espèces Trimeresurus macrolepis 
Bed. et Helicops schistosus Russel, de même qu'un Batracien, le Bufo mela- 
noslicus Schneid., se montrc3nt ti-ès résistants au venin de Tropinodotus 
piscator. 

Il faut 126 milligrammes de glande fraîche pour tuer en 36 heures 
un Trimeresurus ])esmt ^ Il grammes, et 110 milligrammes pour tuer en 
18 heures un sujet du poids de ^7 grammes. L'inoculation sous-cutanée 
de ces doses ne détermine aucun symptôme apparent jusqu'au voisinage de 

la mort. 

Après cette mort lente, on constate surtout l'aclion digeslive delà salive 
sur les tissus au lieu d'inoculation, et de la congestion du poumon. 

Sur cinq Helicops schistosus, de poids divers, un seul pesant 32 gr. 5 est 
mort en 8 h. 1 8 minutes après avoir reçu dans le péritoine l'injection 
de 9 centimètres cubes d'extrait aqueux correspondant à 1^5 milligrammes 



— 3A5 — 

fie glande fraîche. Les quatre autres sujets ont re'sislé à des doses plus 
élevées proportionnellement au poids, ce qui indique des variations pro- 
bables dans la toxicité du venin. 

Enfin deux Bujo inelanosticm du poids de 87 et 38 gr. 5 ont résisté aux 
doses de 22 et /i3 milligrammes de glande fraîche, sans avoir présenté de 
symptômes d'envenimation. 

Dans toutes nos expériences, nous n'avons jamais observé de convulsions 
nerveuses comme celles que Alcock et Rcgcrs ont signalées avec le même 
venin en opérant sur les Souris et les Rats blancs. 

9" Hemcops schistosls Daud. 

Dans une note précédente, nous avons signalé l'action venimeuse de la 
salive parotidienne de ce Golubridé Aglyphe sur les Oiseaux et les petits Ron- 
geurs, action qui se traduit essenliellemeni par de la paralysie du mouve- 
ment et de la respiration , par Tan'èt primitif de la respiration entraînant 
la mort, et par les lésions congestives et hémorragiques des viscères. 

Action sur les Batraciens : Rana tigrina Daud. — Un premier sujet 
pesant 20 grammes est mort en 28 minutes après avoir reçu sous la peau 
et dans le péritoine 1 centimètre cube en tout d'extrait aqueux corres- 
pondant à 90 milligrammes de glande. 

Un deuxième sujet pesant 1 3 gr. 5 est mort en 6 heures après avoir 
reçu dans le péritoire i centimètre cube d'extrait de 1 3 milligrammes de 
glandes. 

Dans les deux cas, onna observé aucun trouble immédiat, mais les sujets 
se sont ensuite graduellement boursoullés et sont morts sans agitation, 
par arrêt respiratoire, le cœur continuant à battre normalement pendant 
quelques secondes. 

A l'autopsie, les deux sujets avaient les poumons fortement conges- 
tionnés; chez le second existaient en outre des hémorragies dans le péri- 
carde, les muscles et le tube digestif; le tympanisme péritonéal était si 
marqu(î, qu'il avait provoqué un i-efoulement de l'estomac, invaginé dans 
l'œsophage et refoulant la langue en dehors. 

Action sur les Lézards : Heniidactylus gleadovii Murray. — Ce Lézard est 
très sensible au venin dllelicops ; il suffit de cm.c. 9.5 d'eau de deuxième 
lavage de 10 milligrammes de glande pour tuer en 3 h. 45 minutes le 
petit Geckonidé. 

Conmie chez Haiia ti,orin(i, on n'observe aucun trouble inunédial; mais, 
au bout. d'une vingtaine de minutes, la respiration est gênée; on assiste à 
travei-s la peau transparente h la congestion précoce et graduelle des pou- 
mons et au développement de l'hémorragie viscérale. 



— 3/i6 — 

Cette action du veuin de Yllélicops sur les Vertébrés à sang fioid est tout 
à fait comparable à celle qu'il exerce sur les Vertébrés à sang chaud : action 
paralysante prédominante sur la res[)iralion et action hémorragique. 

Immunité naturelle : Chamœleou calcaratm Merrem. — Si VHeniidac- 
tijlus gleadovii est sensible au venin de VHélicops, il n'en est pas de même 
du Caméléon; un sujet du poids de 62 grammes n'est nullement éprouvé 
après injection périlonéale de 1 cm. c. 5 d'extrait correspondant à 1 3 et 
à i5 milligrammes de glande; son immunité naturelle est manifeste. 

3° Zamenis mucosus L. 

Action sur lespdits Rongeurs : Rat blanc. — Un sujet pesant 1 55 grammes 
qui reçoit dans le péritoine 2 centimètres cubes de liquide, i-eprésenlant 
l'extrait aqueux de Sg milligrammes de glande fraiche, meurt foudroyé et 
entre aussitôt en rigidité cadavérique. 

Avec une dose moindre, soit 1 centimètre cube, correspondant à 
9 milligr. 5 de glande parotide, la mort arrive moins promptement, en 
2 h. 9 minutes, précédée, chez un sujet du poids de 1/16 grammes, des 
symptômes suivants : 

On n'observe pas de troubles immédiats; mais, au bout d'une demi- 
heure, la respiration devient saccadée, dyspnéique, la région postérieure du 
corps et les pattes sont parésiées, le sujet somnolent. 

Puis les pattes postérieures s'animent de légères convulsions cloniques, 
en même temps qu'apparaît du hoquet. 

Les convulsions deviennent ensuite plus violentes et se généralisent; il y 
a de l'hyperexcitabilité réflexe, du rhoncus, et la respiration s'arrête avec 
une dernière convulsion. 

L'autopsie faite immédiatement montre que le cœur continue à battre 
(juelques minutes, puis s'arrête à son tour. Les poumons, fortement con- 
gestionnés, ont une coloration asphyxique. 

Les mêmes symptômes et les mêmes lésions ont été observés sur deux 
autres sujets; la convulsion est donc un symptôme constant chez le Rat 
blanc; elle avait déjà été observée chez cet animal en 1902 par Alcock et 
Rogers. 

Action sur les Oiseaux : Pigeon. — L'extrait aqueux à la dose de 1 centi- 
mètre cube, qui correspond à ik milligrammes de glande fraiche, ino- 
culé dans la veine axillaire, foudroie en 5 minutes un sujet du poids de 
909 grammes; la même dose inoculée dans le muscle pectoral entraine 
en 90 minutes ia mort d'un Pigeon pesant i83 grammes. 

L'eflet est immédiat; il se traduit, comme chez le Rat blanc, par de la 
narcose, de la dyspnée et de la parésie des pattes. Puis surviennent bientôt 



— 3^7 — 

de violentes convulsions du cou et des membres ; la température du corps 
est élevée , la dyspnée intense , et on observe en même temps de l'hyper- 
sécrétion lacrymale. 

Le sujet meurt par arrêt de la respiration ; le cœur s'arrête ensuite en 
diastole. La congestion des poumons est moins marquée que chez le Rat. 

Action sur les Batraciens : Rana tigrina Daud. — Une Piana du poids de 
58 grammes, qui reçoit dans le péritoine i centimètre cube d'extrait 
correspondant à 22 milligrammes de glande fraîche, ne manifeste aucun 
symptôme dans le premier quart d'heure qui suit l'inoculation. Au bout 
de ce temps , on observe une accélération passagère de la respiration , un 
affaiblissement de la motricité et de l'excitabilité musculaire, allant jusqu'à 
l'inertie. Trois heures après éclatent des convulsions cloniques des pattes 
postérieures ; lorsqu'elles ont cessé, la Grenouille retombe inerte; sa respi- 
ration pulmonaire s'arrête définitivement 3 h. 6 minutes après l'inocula- 
tion, la respiration devenant exclusivement cutanée, et le cœur continuant 
à battre pendant plus de 3 heures. Pendant cette période où seul le cœur 
fonctionne, les convidsions réapparaissent spontanément à intervalles de 
2 à 3 minutes aux membres postérieurs, et quelquefois aux antérieurs. 
Lorsqu'elles ont cessé, toute excitation, bruit, choc indirect les réveille; 
il y a donc, comme chez le Rat, de l'hyperexcitabilité réflexe. Cet état fait 
bientôt place au coUapsus. L'arrêt du cœur a lieu 6 h. ho minutes après 
l'inoculation, ventricule en diastole. 

L'autopsie montre les poumons, les reins, le mésentère et la peau forte- 
ment congestionnés. 

Cinq autres sujets sont morts après avoii* présenté les mêmes symptômes 
que le précédent et les mêmes lésions, où prédomine la congestion des 
poumons. 

Le venin des espèces de Zamenis jusqu'ici examinées [Z. gemonensis, 
Z. hippocrepis, Z. mucosns) se caractérise donc par son action primitive 
paralysante sur les muscles moteurs et la respiration, action qui entraîne 
la mort par ari'êt de cette dernière fonction ; celui de Z. mucusus a en outre 
une action secondaire convulsivante qui le dislingue de celui des deux 
espèces européennes où nous l'avons précédemment étudié. 

Atténuation du venin par la chaleur. — L'extrait aqueux de deux glandes 
d'un même sujet, glandes pesant ensemble ii5 milligrammes à l'état 
frais, est suffisant pour tuer dix Passereaux de l'espèce Ploceus Baya Rlyth. 
pesant 21 grammes. 

L'extrait de 1 1 milligr. 5 de glande entraîne la mort du petit Oiseau en 
32 minutes avec les symptômes que nous avons observés chez le Pigeon: 
dyspnée , narcose , parésie des pattes , puis convulsions qui persistent jus- 
qu'à la mort. 

MnsÉnii. — xxni. a4 



\ 



— us — 

Le sujet meurt par arrêt de la respiration ; le cœur s'arrête ensuite en 
diastole. A l'aulopsie, les poumons et les reins sont congestionnés. 

Lorsque le venin a été chauffé, son action s'atténue et finit par disparaître. 

C'est ainsi que la même dose de venin chauffée à 72° détermine encore 
chez les Oiseaux de la même espèce et du même poids les mêmes symp- 
tômes que le venin frais, mais n'entraîne la mort qu'en 1 h. /ly minutes; 
chauffé à 100°, il ne détermine plus que la dyspnée, qui persiste plusieures 
heures, mais aucun autre symptôme; dès le lendemain de l'inoculation, 
le sujet inoculé a repris son état normal. 

Il faut i'ébuUition prolongée pendant 3 minutes pour faire perdre au 
venin de Zamenis miicosus toute action toxique : la gêne respiratoire 
fugace que l'on observe alors après l'inoculation de 1 1 milligr. 5 de venin 
chauffé est presque indistincte de celle que provoquerait une injection 
d'eau salée physiologique. 

Le venin de Zamenis est donc plus résistant à la chaleur que celui de 
Vipère aspic qui perd sa toxicité quand on le chauffe pendant 5 minutes 
à la température de 80°. 

Immunité naturelle : Helicops schistosus, Bufo melanosticus. — Le venin 
de Zamenis mucosus n'a aucune action immédiate ou éloignée sur VHelicops 
schistosus : un sujet pesant 56 grammes, qui reçoit sous la peau 2 centi- 
mètres cubes d'extrait correspondant à 1 8 milligrammes de glande , résiste 
parfaitement à cette dose, capable de tuer deux Kats blancs du poids de 
i55 grammes. 

Il en est de même avec cette dose , pour un Bufo melanosticus du poids 
de /il grammes, inoculée sous la peau. Un autre sujet de 27 grammes a 
résisté à la dose de 22 milligrammes, ce qui porte à 81 4 milligrammes de 
glande fraîche par kilogramme de Bufo la dose mortelle de celui-ci. C'est 
dire que, dans les conditions biologiques ordinaires, un Crapaud ne peut 
périr par le venin du Serpent. 

Il" Dendrophis PICT us Gm. 

La venimosité de la salive et l'existence d'une glande parotide n'ont 
encore été signalées chez aucune espèce du genre Dendrophis. 

Cette Couleuvre, qui appartient à la faune Indo-Malaise, peut atteindre 
1 m. 20 de long, sa dentition est représentée par 20 à 33 dents maxil- 
laires, les postérieures étant plus fortes que les antérieures , mais en conti- 
nuité avec elles. 

La glande parotide , d'après nos dissections , est volumineuse ; elle s'étend 
sous la lèvre supérieure depuis la commissure en arrière jusqu'à la verti- 
cale antérieure de l'œil; elle repose sm* toute la longueur de son bord 
inférieur sur la cordon des glandes labiales. 



— U9 — 

L'expérience suivante, réaiise'e avec un seul petit spe'cimen, suffit néan- 
moins pour établir le caractère venimeux de la sécrétion parotidienne. 

Action sur les Oiseaux : Ploceus baya Blyth, — Un Plnceus du poids de 
9 1 grammes reçoit dans le muscle pectoral i centimètre cube d'extrait 
correspondant à 6 milligrammes de glande fraîche. 

Aussitôt après l'injection , l'animal est 1res agité, puis il est pris au bout 
de quelques minutes de convulsions du cou avec mouvements incoordonnés 
du bec, qui durent environ 5 minutes. 

Puis le sujet s'affaisse sur les pattes , il a en même temps de la dyspnée ; 
les réflexes diminuent, puis disparaissent; il se produit un soubresaut, 
puis l'oiseau tombe sur le flanc, les pattes et la queue agitées de frémis- 
sements. Il raidit les pattes et expire 29 minutes après l'injection. 

La rigidité cadavérique se produit rapidement. L'autopsie pratiquée 
aussitôt montre un œdème local avec hémorragie très abondante: le cœur 
est arrêté en diastole ; les poumons sont très fortement congestionnés. 

5° Lycodon aulicus L. 

La venirnosilé de la salive et l'existence d'une glande parotide n'ont pas 
encore été signalés chez les G. Aglyphes du genre Ljjcodou. 

Ce petit Serpent atteint au plus la taille de notre Vipère aspic et appar- 
tient à la faune Indo-Malaise. Sa dentition est particulière : les premières 
dents augmentent de volume d'avant en arrière jusqu'à acquérir les dimen- 
sions de crochets pleins: les dents postérieures, d'abord petites, augmen- 
tent aussi progressivement de longueur; elles sont séparées par une barre 
de celles du premier groupe. 

Les dents mandibulaires antérieures sont également développées en 
crochets. 

La glande parotide est allongée : elle s'élend sous la lèvre supérieure 
depuis l'avant-dernière labiale jusqu'à la frênaie en avant, en passant ainsi 
sous l'œil. Le cordnn des glandes labiales supérieures lui fait suite en 
avant. 

Le poids des deux glandes à l'état frais était de 2 milligrammes sur le 
seul sujet qui a servi à l'expérience suivante. 

Action sur les Oiseaux : Mwiia malacca Blyth. 9. — Poids, ili gr. 5. 
L'extrait. aqueux des deux glandes, soit i centimètre cube de liquide, est 
inoculé dans le muscle pectoral du petit Passereau. 

Après une première phase d'excitation due à la douleur de la piqûre, 
l'oiseau est pris de dyspnée et d'affaiblissement des muscles moteurs des 
ailes : il est essoufflé et ne peut voler. 

Au bout d'une heure, la dyspnée augmente et l'oiseau tient le bec 



— 350 — 

ouvert pour respirer. En même temps , la parésie augmente; quand on excite 
i animal, il fait quelques petits sauts et s'arrête, somnolent. Puis la para- 
lysie arrive en même temps que le ralentissement respiratoire; l'oiseau 
tête tombante se raidit et meurt 5 heures et demie environ après l'ino- 
culation. 

A l'autopsie pratiquée aussitôt, on constate que le cœur bat encore; 
les poumons sont fortement congestionnés. 

Quand à l'action locale, elle est marquée par une forte hémorragie. 

Ainsi, dans l'envenimation par la salive de Lycodon Aulicus, c'est la res- 
piration qui est le plus atteinte et son arrêt entraîne la mort, comme avec 
le venin de Cobra, alors que les lésions congestives et hémorragiques se 
rapprocheraient plutôt de celles que détermine le venin de Vipère. 

En résumé, chez les 1 1 espèces de Colubridés Aglyphes sur^ lesquels a 
été constatée expérimentalement la toxicité de la salive parotidienne, celle-ci 
affecte les divers types que l'on rencontre chez les autres Serpents veni- 
meux, à quelque groupe qu'ils appartiennent : en effet, tandis que le venin 
des Tropidonotes (7V. natri.r et viperiims) se rapproche comme action de 
celui de la Vipère as|iic, celui de Coronclla autriaca est voisin de celui du 
Naja Iripudians, celui de Zamenis nmcosiis produit des convulsions comme 
celui de Doboia ruselln. 

Avec tous, nous avons observé une action paraîijsante primitive sur les 
muscles moteurs, et débutant par la région postérieure du corps; avec la 
phqîart, cette action paralysante frappe en même temps la respiration, 
dont l'arrêt détermine la mort avant l'airêt complet du cœur. 

Souvent de la narcose : venins de Lycodon, de Tropidonoins piscator, 
de Zamenis vnicosus, (ïllelicops schistosus ; 

Quelquefois deVhijpothennie : venins de Tropidonotus nalrix el viperinus ; 
souvent de ïhypcrséa'élion lacrymale, nasale ou trachéo-bronchique : venins 
de Goronelle, de Lycodon. 

Exceptionnellement enfin des convulsions soit tardives, comme avec le 
venin de Zamenis mucosus, soit précoces, comme avec le venin de Dendro- 
phis pictus. 

Laboratoires d'Herpétologie 
du Muséum et du Collège de Trickinopoly. 



— 351 — 



CoNTBIBVTION À L HISTOIRE EVOLUTIVE DES CALCAIRES SEDIMEiSTAIRES, 



Note de M. le Professeur Stanislas Meunier. 

J'ai déjà , el à diverses reprises , iûsislé sur les raisons qui me portent , 
conformément à une opinion déjà adoptée par plusieurs géologues, à con- 
sidérer la craie blanche des terrains secondaires supérieurs comme repré- 
sentant un produit de transformation progressive de la boue à globigérine 
ancienne sous l'inlluence des destructions bath\driques''l Je demande la 
permission d'apporter à cette conclusion une confirmation nouvelle qui 
me paraît décisive et qui est procurée par un nouvel examen de calcaires 
oolithiques qui constituent, comme je l'ai déjà dit, un stade d'évolution de 
la boue initiale, consécutif à l'état crayeux. Elle consiste, à côté des faits 
relatifs à la concrétion siliceuse des tests de Bélemnites , dans la structure 
microscopique comparée de ces calcaires globulifères et des rognons de silex 
qu'ils renferment si fréquemment et qui rappellent si exactement par leur 
situation les cordons de rognons siliceux de la craie. Tandis que ces der- 
niers présentent de la manière la plus complète la structure intime de la 
craie jusque dans la présence des fesls de Foraminifères, ceux du calcaire 
corallien de Tonnei're (Yonne), au lieu d'être oolithiques comme la roche 
qui les empâte , sont identiques à ceux de la craie sénonienne. Il faut néces- 
sairement en conclure que ces concrétions se sont constituées quand le calcaire 
n'était pas encore oolithique, comme leurs analogues ont fait dans la craie. 
Par conséquent, l'état oolithique s'est révélé après une période crayeuse 
durant laquelle les silex avaient pris naissance. Et aucune observation ne 
peut être plus décisive pour faire accepter le principe même de l'évolution 
lithologique sur laquelle j'ai eu déjà l'occasion d'appeler si souvent l'atten- 
tion. Le fait relatif à Tonnerre m'a été offert également par un nombre 
notable de localités où les couches oolithiques sont silexifères. 

(1) Voir ma Géologie biologique (i vol. de la Bibliothèque scientifique inter- 
nationale , in-8°, 1914, Paris). 



— 352 



Coupe de la càbrière ouverte dans le Portlandien inférieur (f) 

PRÈS DE LA SCIERIE DE ViLLE-SVR-CoUZANCES [MeuSe)^ 
PAR M. R. ChARPIAT. 



I. Couche de terre végétale argilo- calcaire, de i mètre h i m. 20, avec 
lits horizontaux de cailloux calcaires. 

II. Couche de marne calcaire , de o m. 80 à 1 mètre, avec blocs épars de 
calcaire coquillier et de calcaire pseudo-lithographique. 

Cette marne paraît provenir de la désagrégation du calcaire coquillier 
marneux, très friable; elle contient, disséminés dans sa masse, des tests de 
pélécypodes et de gastropodes , identiques à ceux dont est pétri le calcaire 
coquillier. 

III. Calcaire pseudo-lithographique. 

Ce calcaire, visible sur une épaisseur de 10 mètres, se présente en 
bancs fragmentés, séparés soit par de minces lils d'argile grise ou brune, 
dépourvue de fossiles, soit par une lumachelle rougeâtre composée de 
petits grains quartzeux et de coquilles {E.rogijm-virgula, principalement) 
unis par un ciment calcaire. 

Par endroits, ces coquilles sont disposées en lits denses de couleur 
bleuâtre, alternant avec les couches rouges des grains de quartz, ce qui 
donne à cette formation, vue d'une certaine distance, l'aspect d'un gneiss. 
Cette lumachelle, dont l'existence n'a été constatée qu'en cette carrière, pour 
ce niveau, et dans la région, rappelle par sa structure et par les espèces de 
fossiles qui la composent la r pierre châlinefl exploitée quelques kilomètres 
plus au Nord , à Dombasle et Récicourt. 



SOMMAIRE. 

Pages. 
Présentation d'un ouvrage par M. le Professeur Joubin 3i5 

Notice nécrologique sur M. ie D' François Mocquard par M. le Professeur 

L. Roule 3 1 5 

Communications : 

Ed. Lamt. Notes sur les espèces du genre Spondyîus décrites par Lamarck. 3i8 

E. DE BonRT. Etude sur les Scalaires de la Collection Locard et Nouvelles 
Observations sur les espèces du Travailleur et du Talisman décrites 
ou citées par lui 3a5 

M"* M. Phisalix, La glande parotide venimeuse des Colubridés aglyphes . . 33 1 

— Sur la présence de glandes parotides dans des familles de Serpents où 

elle n'a pas été signalée jusqu'ici 387 

M"* M. Phisalix et le R. P. F. Caics. Propriétés venimeuses de la salive 
parotidienne chez les Colubridés aglyphes des genres Tropidonotus , 
Zamenis, Helicops, Lycodon et Dendrophis 343 

St. Meunier. Contribution à l'histoire évolutive des calcaires sédimentaires. 35 1 

R. Charpiat. Coupe de la carrière ouverte dans le Portlandien inférieur (]*) 

près de la scierie de Vilie-sur-Couzances (Meuse) 35a 



BULLETIN 

m DU 

MUSÉUxM NATIONAL D'HISTOIRE NATURELLE 



REUNION MENSUELLE DES NATURALISTES DU MUSEUM 




ANNEE 1917 

N° 6 



PARIS 

IMPRIMEIUE NATIONALE 



MDCGGCXVII 



AVIS. 

Les auteurs sont priés de vouloir bien se rappeler que 
l'étendue des notes insérées dans le Bulletin ne saurait 
dépasser 5 pages d'impression. 

Les auteurs sont également priés de donner des manu- 
scrits mis au net qui puissent permettre la composi- 
tion rapide du Bulletin. 

Les auteurs sont instamment priés de remettre les cli- 
chés des figures qui accompagnent leurs notes en même 
temps que leurs manuscrits. 

SOCIÉTÉ 

DES 

AMIS DU MUSÉUM NATIONAL 
D'HISTOIRE NATURELLE 

(EXTRAIT DES STATUTS). 



1. But et composition de la Société. 

Article premier. 

L'Association dite Société des Amis du Muséum national d'Histoire natu- 
relle, fondée en 1907, a pour but de donner son appui moral et financier 
à cet établissement, d'enrichir ses collections, ménageries, laboratoires, 
serres, jardins et bibliothèques, et de favoriser les travaux scientifiques et 
renseignement qui s'y rattachent. • 

Elle a son siège à Paris. 

Article 3. 

L'Association se compose de Membres titulaires, de Membres donateurs et de 
Membres bienfaiteurs, qui doivent être agréés par le Conseil d'administration. 

Pour cire Membre titulaire, il faut payer une cotisation annuelle d'au 
moins 10 francs. La cotisation peut être rachetée en versant une somme 
fixe de i5o francs. 

Pour être Membre donateur, il faut avoir donné une somme d'au moins 
5oo francs, ou avoir versé pendant dix ans une cotisation d'au moins 
60 francs par an. 

Pour être Membre bienfaiteur, il faut avoir donné au Muséum , ou à la 
Société, soit une somme de 10,000 francs, soit des collections scientifiques 
ou des objets, meubles ou immeubles, ayant une valeur équivalente, soit, 
pendant dix ans, une cotisation annuelle d'au moins i,î200 francs'*'. 

^'' S'adresser pour les versements à M. Pierre Masson, trésorier de l'As$ociation, 
19 0, boulevard Saint-Germain. 



BULLETIN 

DU 

MUSÉUM NATIONAL D'HISTOIRE NATUKELLi:. 



ANNEE 1917. — N" 6. 



172' REUNION DES NATURALISTES DU MUSEUM. 

28 JUIN 1917. 



PRESIDENCE DE M. EDMOND I>EiUUER, 

DlRECTEUIl l)L MLriÉUM. 



ACTES ADMINISTRATIFS. 

M. LE Président donne connaissance des modifications (jni ont 
été apportées dans les attributions des Cliaires de Zoologie el (|ue 
le décret ci-joint fait connaître : 

Vu l'avis émis par TAssembiée des Professeurs du Muséum natio- 
anl d'Histoire naturelle dans sa siance du 3i mai 1917, 

La Chaire de Pathologie comparée est transformée en Chaire de 
Zoologie (Vers et Crustacés), 

La Chaire de Zoologie (Insectes, Crustacés, Arachnides) prend 
le titre de Chaire d'Entomologie, 

La Chaire de Zoologie (Annélides, Mollusques, Zoophytes) 
prend le litre de Chaire de Malacologie. 

(Décret du 28 juin 1917.) 

M. LE PrésideiNt a le regret de faire connaître à la Réunion (jue 
l'état de santé de M. Paul Hauiot, Assistant de la Chaire de Bola- 
ni(|ue cryptogami(]ue, est actuellement des plus précaires, l'opéra- 
tion qu'il vient de subir ne pouvant que l'aggraver. 

Muséum. — xxiii. 25 



.>iew v«"r,.. 



— 35Zi — 
DISCOURS PRONONCÉ AUX OBSÈQUES DE M. PAUL HARIOT, 

ASSISTANT DE CUVI'TOGAMIE , 

PAR M. LE Professeur Mangin. 

Le Muséum vient de faire une perte douioureuse, Paul Hariot : Assis- 
tant de Cryptogamie, est mort le 5 juillet à l'Hôpital Gochin, où il avait 
dû être transporté d'urgence. 

Sa moit, survenue quelques jours après celle de i'abbé Hue, Corres- 
pondant du Muséum, éprouve cruellement le Laboratoire de Crypto- 
gamie. 

En raison des circonstances, les obsèques de notre cher Assistant ont 
eu lieu dans une grande intimité, et l'inhumation provisoire a eu lieu, 
le 9 juillet, au cimetière de Bagneux , en attendant que des circonstances 
meilleures permettent de l'inhumer dans sa ville natale, à Méry-sur-Seine 
(Aube). 

Le Bulletin publiera une notice sur l'œuvre du savant que la science 
vient de perdre. En attendant, nous insérons les paroles d'adieu adressées 
par M. le Professeur Mangin à son dévoué collaborateur : 

Messieurs, 

Je viens dire un dernier adieu à l'ami et au collaborateur fidèle, Paul 
Hariot. 

Né en i854 à Méry-sur-Seine, où son père était pharmacien, Hariot 
paraissait destiné à prendre sa succession. Après de bonnes études au lycée 
de Troyes, il vint à Paris suivre les cours de l'Ecole supérieure de phar- 
macie et s'y distingua rapidement. Interne de 1876 à 1880, il devenait 
Pharmacien de i'' classe en 1882. 

Les excursions dans l'Aube avaient éveillé en lui un goût très vif pour 
la Botanique et, dès 1889, abandonnant la Pharmacie, il accepta les mo- 
destes fonctions de Préparateur temporaire au Muséum afin de se livrer 
à ses études favorites. 

En 1883, il fut attaché en qualité de Botaniste à la Mission française 
du Cap Horn. C'est là qu'il commença à se familiariser avec la végétation 
marine, si séduisante, dont la connaissance lui devint bientôt familière 
grâce aux conseils de notre vénéré maître M. Bornet. 

A son retour du cap Horn, il repi'it ses modestes fonctions auprès de 
M. Van Tieghem. Notre illustre collègue se proposait de compléter l'œuvre 
ébauchée par Cornu et de rassembler les collections de Cryptogamie jus- 



— 355 — 

qii'aloi's éparses clans l'Herbier général ; il confia le soin de les classer à 
son jeune préparateur Hariot. 

Dès lors, notre ami se sentit dans son élément. Avec les concours pi-é- 
cieux et autorisés de M. Bornet pour les Algues, de Patouillard pour les 
Champignons, de F. Camus pour les Mousses, il se donna tout entier à 
sa tache, se dépensant sans compter, et en peu d'années la collection 
était en ordre. 

Sans cesse occupé à analyser, à comparer les échantillons de cette splen- 
dide collection où abondaient les types de Desmazières, de Montagne, de 
Tulasne, etc., il acquit bientôt dans l'étude des Champignons le maîtrise 
qu'il possédait déjà pour les Algues. 

Doué d'une prodigieuse mémoire, il connaissait toutes les plantes qu'il 
avait classées, et, chaque fois qu'on avait recours à lui, il donnait sans 
hésitation les documents concernant l'espèce demandée. 11 était d'une 
grande modestie, sans autre ambition que de vivre au iniHeu de ses chères 
plantes; c'était le type rêvé de l'Assistant, véritable conservateur des col- 
lections. Son obligeance était proverbiale , et grâce à ses connaissances très 
étendues, entretenues par de nombreuses lectures, il était en relations 
avec les savants du monde entier, auprès desquels il jouissait d'une autorité 
incontestée. 

En se spécialisant dans l'étude des Cryptogames inférieures, Hariot 
n'avait pas abandonné celle des Phanérogames , ni les questions si capti- 
vantes de leur distribution géographique; sa compétence était telle, qu'il 
nommait souvent au premier examen les plantes litigieuses qu'on lui 
soumettait. Aussi a-l-il pu rendre à diverses sociétés, notamment à la Société 
nationale d'Horticulture, des services appréciés dans la description des 
espèces nouvelles ou l'analyse des travaux originaux étrangers. 

La mort de sa femme l'avait dui-ement éprouvé, aggravant la maladie 
qui le minait depuis plusieurs années , mais il s'était ressaisi , et penpant 
toute cette année même, au moment des plus froides jom'nées de l'hiver 
l'igoureux que nous avons subi, il était tous les jours à son poste, pjein 
de vaillance et d'ardeur. Il semblait avoir vaincu la maladie. 

Hélas ! notre joie fut de courte durée. Un accident banal détermina une 
recrudescence de la maladie. Hariot nous quitta il y a deux mois pour 
ne plus revenir. Il conserva jusqu'au bout sa lucidité et son espoir de 
guérison. Il formait, il y a quelques jours à peine, le projet de se retirer 
bientôt au milieu des siens, dans son pays natal, pour refaire sa santé 
délabrée et jouir d'un repos bien mérité. La mort l'a surpris en plein rêve. 

Le Muséum perd en Hariot un serviteur fidèle qui, pendant trente- 
cinq ans, a travaillé sans répit pour sa prospérité; il laisse |)armi nous, 
au Laboratoire de Cryplogamic dont il était Tàme, d'unanimes regrets. 

Nous partageons la douleur de sa sœur et de tous ses parents, et nous 
leur offrons le témoignage de notre profonde sympathie. 



- 35G — 

M. Armand dk Quatrefages, Membre de rinslilul. ProCessour 
d'Anthropologie, a laissé au Muséum de Irop excellents souvenirs 
pour qu'on oublie ses descendants. 

M. LE Président est heureux d'annoncer la bonne nouvelle <|ue 
le fds de M. Léonce de Quatreiages, fds lui-même de l'illustre 
Professeur '■^\ a été porté à l'ordre du jour de son régiment avec la 
citation suivante : 

Au front depuis le de'but de la campagne, fait montre, dans ses fonc- 
tions de téléphoniste, d'une bravoure exceptionnelle et d'un mépris absolu 
du danger. Dans les combats sons Verdun (avril 1916), de la Somme 
et du nord de l'Aisne, a exécuté maintes fois des réparations de lignes 
sous de violents bombardements. 

Le gendre de M. Léonce de Quatrefages a eu , lui aussi . deux cita- 
tions : l'une après Verdun, comme sergent du génie, à l'ordre du 
régiment; l'autre après le mont Cornillet, à l'ordre de la Division, 
comme sous-lieutenant du génie. Il a eu une lourde tâche à remplir 
en commandant sa compagnie, comme seul officier, au cours des 
combats terribles du Mont-Haut, du Casque et du Teton, souvent 
cités dans les communiqués. 

L'un et l'autre sont saufs jusqu'à présent (i*"' août 1917 )(-l 

M. LE Président entretient la Réunion de la Société des Amis 
du Muséum. 

L'Assemblée générale de la Société s'est tenue le i/i juin 1917; 
étant données les circonstances, comme en 1916, tout cérémonial 
a été supprimé; seuls les vrais Amis du Muséum ont montré, par 
leur fidélité, qu'ils portent toujours le plus grand intérêt à l'œuvre 
qu'elle poursuit, même pendant la guerre. Ou verra un compte 
rendu exact du rôle que les Savants du Muséum ont rempli dans les 
services de guerre et des travaux scientifiques que les Naturalistes 
y poursuivent, dans le discours prononcé par M. Edmond Perrier, 
Directeur du Muséum, que nous reproduisons. 

(1) Nous rappelons que M. Léonce de Quatrefages , Ingénieur Glief de Service 
à ta Compagnie des Clierains de fer du Nord, a passé son enfance et son ado- 
lescence au Jardin des Plantes. 

'"") Renseignements parvenus au cours de l'impression du présent Bulletin. 



— 357 — 
DISCOURS DE M. EDMOND PERPJER. 

DIRECTEUK DU MUSEUM, 

PBOiNOA'CÉ À L'ASSEMBLÉE GENERALE DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DU MUSÉUM , 

LE U JUIN 1917. 



Le Muséum pendant et après la Guerre. 

Mesdames, Messieurs, 

Quatre ans de guerre sont, pour les e'tahlissemenls scienlifiqiies, quatre 
années de recueillement. Sans doute, le travail n'y est pas interrompu; 
mais, faute de personnpl, — nous avons environ 90 mobilisés. — il y est 
ralenti ou orienté vers la Défense nationale. C'est ainsi que trois laboratoires 
s'y sont spécialement consacrés : le Laboratoire de Physiologie, où M. La- 
picque a multiplié, dans les sens les plus divers, les recherches relatives soit 
à la protection de nos soldats contre les gaz asphyxiants, soit au perfec- 
tionnement de leur alimentation; le Laboratoire de Physique, où M. Jean 
Recquerel s'est spécialement occupé de recherches relatives aux sous-marins, 
et le Laboratoire de Chimie, vacant par le décès de M. Arnaud, mis à la dis- 
position du Service de l'Aérostation pour les études relatives à la résistance 
de certains matériaux, tandis que le Préparateur M. Hasenfratz était mobi- 
lisé dans une usine de produits chimiques. M. le Professeur Verneau est à 
la tête de l'hôpital d'évacuation de la gare de Juvisy; MM. Anthony et 
Pellegrin , Assistants, dirigent, l'un un train sanitaire, l'autre un hôpital. 

D'autre part, tout ce qu'il y avait de terrains disponibles a été utilisé 
pour concourir à l'alimentation et surtout donner le bon exemple; plu- 
sieurs coins du jardin, diverses dépendances des Laboratoires de la rue de 
Buffon ont été utilisés pour la culture des pommes de terre ou des haricots. 
Sans doute, on n'en tirera pas de quoi nourrir Paris, mais ce qui revien- 
dra aux employés qui se sont adonnés à ces cultures, à la cantine organisée 
au Muséum pour le déjeuner des enfants des employés qui sont au front, 
soit même à la Municipalité, allégera d'autant les ressources générales. Pour 
la Cantine des enfants du Muséum, je dois remercier tout particulièrement 
M. Carié, un de nos Correspondants originaire de l'île Maurice, et M. Serre, 
Vice-Consul à la Trinité, qui se sont montrés vis-à-vis d'elle d'une somp- 
tueuse générosité. Au nom des petits employés du Muséum qui sont au 
front, je dois remercier nos Amis de la générosité dont ils ont fait preuve 
en envoyant à chacun d'eux, en guise d'élrennes, un billet de 9.0 francs. 
Tous nos mobilisés font vaillamment leur devoir; plusieurs, tels MM. Gain 



— 358 — 

du Laboratoire d'Analomie comparée, Surcouf, du Laboratoire Colonial, 
Rouyer, du Service de la Culture, Peyrelongue, de rAdminislration , ont été 
promus officiers jusqu'au grade de capitaine ou décorés; ils m'écrivent, 
ils viennent me voir quand ils sont en permission , et jamais, ni dans leurs 
lettres, ni dans leurs conversations, je n'ai pu saisir autre chose cpie la 
calme résolution de se battre autant qu'il faudra, et un touchant attache- 
ment à la Maison qui est heureuse d'avoir un tel personnel. 

Evidemment, l'absence de près de la moitié de ce personnel n'a pas été 
sans apporter une grosse gêne au fonctionnement des divers Services. Cer- 
tains laboratoires, comme celui d'Anatomie comparée et celui de Paléonto- 
logie , ne peuvent plus compter que sur le dévouement d'un seul Prépa- 
rateur, et le premier n'a même plus, pourrait-on dire, c[u'un tiers de garçon 
de Laboratoire; mais tous les laboratoires sont demeurés ouverts, tous les 
cours ont été faits. Naturellement, nous avons eu notre crise du charbon et 
notre crise de l'alimentation; grâce à la bienveillance des Pouvoirs publics, 
la première a été surmontée et, malgré le terrible hiver, notre ménagerie 
n'a pas eu trop à souffrir de la seconde. 

Il était de notre devoir de réaliser toutefois le plus d'économies pos- 
sible. Dans les serres, M. le Professeur Costantin a supprimé une partie 
des plantes qui étaient représentées par plusieurs exemplaires et que l'on 
était certain de se procurer facilement après la paix; il a rassemblé les 
autres dans des espaces relativement l'estreints; il a pu évacuer ainsi cer- 
taines serres et réaliser de sérieuses économies de chauffage. A la Ménagerie, 
les animaux communs ont été vendus; les troupeaux de Moulions et de 
Cerfs ont été ramenés à un petit nombre d'individus, ce qui a pei-mis, tout 
en réduisant la consommation des vivres et du chai'bon, de conserver et de 
maintenir en bon état de santé tous les animaux rares. Nos fournisseurs 
de grains et de fourrages nous ont d'ailleurs aidés de leur mieux, et je les 
en remercie. 

Le nombre des Gardiens des Galeries qui sont au front nous a oliligés 
à fermer les galeries; mais cela a permis d'entieprendre la réparation des 
planchers de la (ialerie de Zoologie que la grande inondation de 1910 avait 
faussés, si- bien qu'il était impossible d'ouvrir certaines vitrines. La Biblio- 
thèque est demeurée entj"'ouverte , et il faut féliciter son personnel d'avoir 
bravé le froid de cet hiver pour permettre aux hommes de science qui la 
fréquentent de continuer leui-s travaux. 

Comme pour les Galeries de Zoologie, notre éminent et dévoué Archi- 
tecte M. Pontremoli a poursuivi dans la Maison tous les travaux d'entretien 
que lui ont permis les crédits disponibles. Malheureusement, les vastes 
plans de reconstruction dont l'exécution devait commencer en 1914, et 
pour lesquels le Parlement où nous avons de puissants et dévoués défen- 
seurs, eu tête desquels notre Président M. le Ministre Léon Bourgeois, avait 
voté une somme glol)ale de 16 millions, — sont demeurés à l'état de projet. 



— 359 — 

Le vote reste; espérons qu'une prochaine victoire, glorieuse comme ie 
mérite le courage de nos vaillants soldats , ramènera l)ieulôt Tère inter- 
rompue des restaurations et des reconstructions des établissements dont la 
prospérité est nécessaire à l'accroissement de la richesse nationale, accrois- 
sement qu'il sera indispensable de pousser activement, lorsque renaîtra la 
paix, non seulement pour réparer les ruines sans nombre que l'Allemagne 
a semées partout où ses canons ont pu atteindre, mais pour que nous 
puissions reprendre dans le monde la place qu'était en train de nous foire 
perdre une généralisation désastreuse de la pratique du moindre effort, 
qu'il faut bien reconnaître, mais qui n'a heureusement pas atteint la vigueur 
de la race. 

Quel rôle ie Muséum peut-il jouer dans le réveil de l'activité nationale, 
et comment s'y est-il préparé? Son nom de Muséum a créé à ce sujet quel- 
ques confusions. Volontiers, certaines personnes ne voient en lui qu'une 
exposition permanente des productions de la Nature, un Conservatoire où 
sont assemblées depuis 3oo ans toutes les pièces d'état civil des animaux, 
des plantes et des minéraux, et vers lequel affluent sans cesse des pièces nou- 
velles. Ces pièces, en effet, nous devons nous les procurer, souvent à prix 
d'argenc, et quand nous les avons, il faut assurer leur conservation; tout 
cela est coûteux; nos crédits sont relativement faibles, et la peur de man- 
quer des ressources nécessaires à l'accomplissement de ce rôle de première 
importance a fait naître dans quelques bons esprits l'idée que le Muséum 
ne devait être qu'un Musée. Mais réduire le Muséum à l'état d'un vaste 
cimetière pour les animaux et pour les plantes , comme me disait un jour 
un député aujourd'hui ministre , n'était pas du tout dans l'esprit de la Con- 
vention lorscju'en 1790, en le créant, elle déclara que le rôle du nouvel 
établissement serait rr l'enseignement des Sciences naturelles dans toute leur 
étendue et principalement dans leurs applications à l'Agriculture, au 
Commerce et aux Arlsn. Je ne rappellerai pas, l'ayant déjà dit maintes 
fois, avec quel zèle le Muséum a joué ce rôle et quels services ont rendu 
aux colonies les de Jussieu , les Decaisne, les Cornu, sur les traces desquels 
marche leur successeur M. Costantin; mais on convientha que ce n'est pais 
au moment où de toutes parts il y aura un effort à donner pour revivre, où 
chacun cherche ce qu'il devra faire de plus, que le Muséum pourrait re- 
noncer à son rôle séculaire que ie plus simple patriotisme lui commande 
au contraire d'étendre le plus qu'il peut. Il n'a cessé de s'en préoccuper 
depuis une vingtaine d'années ; il a sans répit travaillé à perfectionner ie 
mécanisme de son organisation, et c'est ce travail intensif, aujourd'hui tout 
près de porter ses fruits, que j'ai le devoir de faire connaître aux Amis du 
Muséum. 

Frémy, Henri et Alphonse Milne-Edwards s'en étaient vivement préoc- 
cupés et avaient cherché à organiser au Muséum un puissant enseignement 



— 3G0 — 

pratique. Frémy y avait fondé, une Ecole de Chimie industrielle qui a eu 
assez de succès pour que ses dlèves aient songé à fonder entre eux une im- 
portante Association. Lorsque le Ministre Duruy créa l'Ecole pratique des 
Hantes Etudes, Henri Milne-Edwards ouvrit au Muséum un Laboratoire 
d'Enseignement qui fut repris par son fils et d'où sont sortis nombre de 
thèses de doctorat et de travaux importants; un peu plus tard, d'autres 
Laboratoires s'ouvrirent oîi les futurs professeurs d'Histoire naturelle, les 
candidats à l'agre'gation des lycées vinrent compléter leur instruction en 
se familiarisant avec des collections qui réunissent toutes les productions 
naturelles, qui semblent, par conséquent, faites exprès pour les préparer à 
leurs fonctions et sans la connaissance au moins superficielle desquelles 
on ne peut compter parmi les Naturalistes dignes de ce nom. Mais les 
préoccupations d'Alphonse Milne-Edwards dépassaient l'Enseignement pio- 
premeut dit; il savait quels services le Muséum avait rendus et pouvait 
rendre aux colonies; on lui doit la création d'un Enseignement spéciale- 
ment destiné aux explorateurs qui eut un vif succès et qui peu à peu se 
transforma en un Enseignement colonial ])roprement dit; les leçons faites 
alors ont été publiées en partie dans le Bulletin du Muséum qu'il a fondé 
et qui est devenu un recueil précieux, alimenté principalement par les 
communications faites chaque mois à la Réunion des Naturalistes du Mu- 
séum. Elles ont servi de base à un volume édité par Henri Filhol et qui a 
pour titre : Instructions -pour les voyageurs. Alphonse Milne-Edwards comp- 
tait compléter cette œuvre par l'organisation d'un Jai-din d'essais jiour les 
cultures coloniales sur des terrains affectés au Muséum dans le bois de 
Vincennes; c'est l'origine du Jardin colonial de Nogent — je l'ai dit trop 
souvent peut-être, mais ne saurais trop le redire — dont les péripéties 
constitueront un curieux chapitre d'histoire administrative. 

D'autre part, le Muséum poursuivait le perfectionnement de ses instru- 
ments d'enseignement et de recherches. Le développement qu'avait pris 
l'étude sur place des Animaux marins, inaugurée par Heni'i Milne-Edwards 
et ses élèves Armand de Quairefages, l'huile Blanchard, Henri de Lacaze- 
Diithiers, Léon Vaillant, rendait nécessaire la création d'un Laboratoire 
maritime oii les étudiants du Muséum , devenus nombreux, pourraient com- 
pléter leurs études. L'Assemblée des Professeurs du Muséum choisit pour 
siège du futur Laboratoire l'île de Tatihou, qui barre la rade de Saint-Waast- 
la-Hougue, localité célèbre par ses richesses zoologiques et botaniques. Mes 
collègues voulurent bien me charger d'étudier la question, et je fus assez 
heureux pour obtenir du Ministère de l'Intérieur, du Ministère de la Guerre 
et du Ministère des Finances — ces trois adhésions étaient nécessaires — les 
bâtiments du lazaret de Tatihou alors en ruine, et les vastes terrains qui 
l'entourent. Ra|)idement, tous les murs furent relevés, et la transformation 
en un Laboratoire complètement outillé et exceptionnellement situé fut 
rf'nlisée. On n'a pas cessé d'y travailler depuis, tout à la fois pour la Science 



— 361 — 

et pour ie Service des pêches maritimes. Depuis la guerre, il a été réqui- 
sitionné, non sans dommage pour ses embarcations, comme camp de 
concentration dV indésirables n. 

Après la mort prématurée d'Alphonse Mil ne-Edwards, il était indiqué 
de poursuivre son œuvre coloniale que l'aventure du Jardin de Nogent , sur- 
venue au cours de sa maladie, pouvait compromettre. Sa mort laissait va- 
cant un Laboratoire des Hautes Etudes consacré à la Zoologie ; d'accord avec 
l'Assemblée des Professeurs du Muséum, il fut décidé que ce Laboratoire 
serait désormais consacré à entreprendi-e toutes les recherches que les colo- 
nies ou les coloniaux demanderaient au Muséum, à servir d'intermédiaire 
entre eux et les services de l'établissement, en soulageant, sous la direc- 
tion des Professeurs, le personnel de ceux-ci des recherches que pourraient 
comporter dans les collections la réponse aux questions qui leur seraient 
posées; là aussi devaient être préparés les voyageurs partant pour des 
explorations coloniales. Au fond primitif des Hautes Éludes, plusieurs colo- 
nies ont ajouté des dotations pour ce Laboratoire dont le personnel est 
nommé d'un commun accord par le Minislie de l'Instruction publique et 
celui des Colonies. Nous espérons qu'après la guerre, cet organisme pren- 
dra tout le développement qu'il comporte. Au titre des Hautes Etudes , deux 
autres Laboratoires coloniaux dirigés par des coloniaux de haute compé- 
tence sont logés au Muséum; l'un s'occupe des Productions coloniales 
d'espèces végétales de l'Afrique Occidentale française; il est dirigé par 
M. Chevalier, l'explorateur bien connu des forêts africaines; l'autre, des 
Productions animales de la même région; il a pour chef M. Gruvel, le 
fondateur des pêcheries de Port-Etienne. 

Si ces Services complémentaires sont venus s'ajouter à ceux qui consti- 
tuent l'essence même du Muséum, ceux ci ont été, d'autre part, l'objet de 
réformes importantes. Pour les réaliser, il avait paru utile de rappeler le 
rôle considérable joué par le Muséum dans l'évolution des Sciences et de 
signaler au public les hommes qui ont conduit celte évolution. C'est dans 
ce but que les statues de Buffon , de Lamarck et de Chevreul y ont été éri- 
gées et que toute une série de bustes ont été exécutés. Ces derniers attendent 
encore dans nos sous-sols les piédestaux qui devront les supporter; mais les 
statues de Buffon, l'auteur de Y Histoire de la Terre, qui a fondé la Géo- 
logie; celle de Lamarck, le créateur génial de la doctrine de l'Évolution , 
ont été solennellement inaugurées par le Gouvernement de la République. 
La statue de Lamarck a été érigée grâce à une souscription internationale 
dont le succès est du à la persévérante habileté de M. le Professeur Joubiu. 
C'est un hommage mondial à celui qui a substitué une explication scienti- 
fique des formes vivantes aiix anciennes conceptions philosophiques qui 
cherchaient à deviner les plans du Créateur, désespérant d'avance de con- 
naître ses procédés de création. 



— 362 — 

Ce rappel de la gloire du Muséum devait avoir pour conséquence de lui 
faciliter les moyens d'accroître sa prospérité. Quelle que soit la bonne volonté 
de l'Etat , il ne peut augmenter indéfiniment les dotations qu'il réserve aux 
établissements publics; le Muséum devait essayer de se ciéer des ressources 
personnelles; il était nécessaire, pour cela, d'augmenter sa liberté d'action. 
C'est alors que nous demandâmes ce qu'on est tenu d'appeler rautonomie 
financière, régime que possédaient déjà les Universités el dont elles se sont 
fort bien trouvées. Sous ce nouveau régime , l'Etat n'administre plus direc- 
tement les finances de l'établissement, se réservant de reprendre les reli- 
quats ; il lui donne une subvention annuelle dont l'étaldissement use sui- 
vant ses besoins; les reliquats non dépensés dans l'année lui restent, et il 
peut ainsi se constituer une réserve pour les dépenses imprévues; les 
intérêts de celte réserve s'ajoutent à son budget annuel; chaque service est 
intéressé à pratiquer la plus stricte économie, et le régime fécond de la 
solidarité se substitue de lui-même au régime égoïste des cloisons étanches, 
cause de tant de gaspillages et de déperdition d'énergie. 

L'autonomie financière permet, d'autre part, aux établissements qui en 
jouissent de se créer des ressources en dehors même des dons et des legs 
que sa bonne réputation lui a valus : il est naturel que ses élèves, si on lui 
laisse les moyens d'en avoir, que les travailleurs qui fréquentent ses labo- 
ratoires pour des recherches personnelles , contribuent par une modeste rede- 
vance à sa prospérité; que les commerçants qui profitent de sa popularité 
partagent avec lui , dans une certaine mesure , leurs bénéfices ; mais sur- 
tout ses jardins, ses serres, sa ménagerie, habilementa dministrés à la façon 
des fermes-modèles, peuvent, sans perdre aucunement leur caractère scienti- 
fique , bien au contraire , devenir une source importante de richesse. Afin 
que ces importants sei'vices puissent profiter de toutes les compétences 
réunies dans la Maison , il a été créé une Commission de la Culture , com- 
posée de tous les Professeurs tle Botanique et du Bureau de l'Assemblée 
des Professeurs, et une Commission de la Ménagerie, qui comprend de 
même , avec ce Bureau , les Professeurs de Zoologie , d'Anatomie comparée , 
de Physiologie et de Paléontologie. Ces commissions sont en mesure d'in- 
diquer toutes les améliorations à apporter aux services qu'elles doivent 
assister, de dresser la liste des plantes et des animaux qu'il serait utile 
pour le Muséum de posséder et de multiplier. 11 a été créé, en outre, une 
Commission de la Bibliothèque et une Commission des finances. Grâce à 
ces commissions, tous les Professeurs prennent une part active à l'admi- 
nistration de la Maison, apportent à la direction une aide cordiale, et la 
solidarité dont nous signalions tout à l'heure les bons effets eu est accrue 
d'autant. 

Les Ménageries méritaient une attention particulière. C'est par elles (jue 
le public juge l'administration du Muséum, et malheureusement il y a à 



— 363 — 

leur perfeolionaement des diflîcullés matérielles qui tiennent à leur origine 
même et à la parcimonie qui a toujours limité leurs piogrès. Des ména- 
geries telles que celles du Muséum ne sont pas seulement destinées à satis- 
faire la légitime curiosité du public et à fixer ses idées sur la variété de la 
Nature; elles doivent servir de base à de nombreuses recherches scienti- 
fiques dont la nature variée nécessite l'intervention constante d'un homme 
habitué à manier les animaux vivants, et qui sont d'une nature trop com- 
plexe pour être facilement conduites par des savants ayant, outre la charge 
de veiller sur des collections aussi étendues que celles qui doivent réunir 
aux espèces connues de Mammifères, de Reptiles et de Batraciens, l'infinie 
variété de celles des Oiseaux et des Poissons. 

L'administration des Ménageries a donc été récemment rattachée direc- 
tement à la Commission dont il a élé question plus haut, en raison des com- 
pétences variées qu elle réunit. Celle-ci chargera un de ses membres d'as- 
surer l'exécution de ses décisions, et rrson délégué" aura pour agent, dans 
cette tâche, un vétérinaire devant qui pourra s'ouvrir, s'il sait conve- 
nablement user des matériaux confiés à ses soins, le plus brillant avenir 
scientifique. 

Frédéric Guvier, alors qu'il n'était que cr garde de la Ménagerie'', sut s'illus- 
trer par ses observations sur l'intelligence et l'instinct des animaux; Buffon 
avait commencé des expériences fort intéressantes et qui n'ont malheureu- 
sement pas été poursuivies sur les croisements des animaux : le Loup et le 
Chien, par exemple, croisement dont les résultats peuvent avoir les consé- 
quences les plus importantes pour la détermination de l'origine des espèces. 
Le mode d'alimentation, le genre de vie, les conditions atmosphériques 
sont des agents modificateurs dont le degré de puissance est demeuré 
inconnu, faute d'expériences poursuivies assez longtemps; les animaux 
exotiques peuvent être portem^s de maladies spéciales qu'il importe de bien 
connaître si l'on veut prévenir leur importation chez nous et qui peuvent 
fournir à la thérapeutitp.ie des vaccins nouveaux; enfin il ne faut pas 
oublier qu'une ménagerie où la reproduction d'animaux rares est régu- 
lièrement assurée, eu même temps qu'elle intéresse vivement le public, 
peut devenir , comme aussi des serres oîi l'on s'appliquerait à la production 
de variétés nouvelles de fleurs , la source de profits importants. Les hom- 
mes de science français sont trop portés à considérer comme indigne d'eux 
le côté prosaïque des choses ; mais les sciences naturelles ne sont pas seule- 
ment destinées à fournir des thèmes à des dissertations philosophiques sur 
l'origine des êtres , elles doivent , comme les autres , contribuer à assurer 
le bien-être des hommes, et si elles parvenaient à acquérir sur la vie 
une empiise égale à celle que les sciences physico-chimiques, auxquelles 
elles donnent d'ailleurs la main, ont acquise sur les forces et la matière, 
combien magnifique serait la puissance de l'Homme, et qui oseniit alors 
troubler la paix nécessaire à l'accomplissement des œuvi'ss de Science 1 



— 36/1 — 

C'est le beau programme que nous offrons au futur vétërinaire de la Mé- 
nagerie. 11 lui faudra, pour l'aborder, des aménagements et des matériaux 
nouveaux , un reci'ulement méthodique et assuré de la ménagerie, installée 
de manière que les types divers d'animaux scientifiquement répartis 
puissent être facilement soignés et observés. Les plans de cette ménagerie 
modèle ont été déjà étudiés, et nous avons en M. Pontrémoli un Architecte 
capable de les réaliser. 

Nous aurons d'ailleurs pour collaborer à cette œuvre l'aide cordiale de la 
Société et du Jardin d'acclimatation, émanations du Muséum qui, après 
la mort de leur fondateur, Isidore Geoffroy-Saint ri ilaire, en ont été un 
moment séparées, mais dont l'étroite union est aujourd'hui reconstituée. 

Eu outre, le Muséum marche parfaitement d'accord avec la Société de 
Géographie, qui s'est toujours montrée si accueillante pour les explorateurs 
et avec qui tant d'expéditions communes ont été organisées. 

Dans de telles conditions , il n'y a pas de question intéressant l'explora- 
tion ou l'exploitation de nos colonies qui ne soit susceptible d'une solution 
rapide, et l'on sait le rôle qu'onljouépour la délerminalion de leur richesse 
minière M. Lacroix et ses élèves, malheureusement tués à l'ennemi, MM. de 
Romeu et Tronquoy; M. le Professeur Lecomte et les collaborateurs dont 
il a pu augmenter le nombre grâce à une magnifique libéralité de feu 
Achille Finet; MM. (Chevalier et Gruvel qui, pour ne ptis ffêlre en pied" au 
Muséum , n'y travaillent pas moins avec profit. 

C'est pour nous aider dans cette œuvre de progrès que vous, les Amis 
du Muséum, êtes venus à nous pour nous apporter votre appui moral et 
financier. Nous ne saurions trop vous en être reconnaissants. J'ai tenu à 
vous montrer aujourd'hui que nous avions fait tous nos efforts pour mériter 
la sympathie que vous nous avez toujours témoignée sans compter; votre 
Secrétaire M. Hua, votre Trésorier M. Masson ont conduit nos affaires avec 
un zèle qui ne s'est jamais ralenti. Mais comment exprimer tout ce que 
nous devons à la haute protection dont nous a toujours couvert au Sénat , 
comme au Conseil des Ministres, notre éminent Pjésident M. Léon Boui- 
geois. C'est lui qui enleva avec M. le Président Fallières le vote des cré- 
dits qui devaient assurer la restauration du Muséum, malheureusement 
retardée par la guerre. J'espère avoir montré que, lorsque viendra le mo- 
ment de reprendre la vie normale, le Muséum d'Histoire naturelle s'est mis 
à même déjouer le rôle que la Convention, à un moment plus difficile 
encore que celui que nous traversons , avait cru nécessaire de lui imposer 
pour le bien du pays. 

Dans des séances récentes, mais qui prendront avec le recul du temps 
un caractère historique, l'Académie des Sciences s'est efforcée de monlier 
qu'il nous serait facile de réaliser, à la condition de le vouloir avec perse- 



— 365 — 

vérance, Falliance si desiiabie et si féconde de lindusliie, du commerce cl 
de la science, qui est une des bases de l'organisation allemande. Dans un 
rapport d'une haute sagesse, M. Eugène Tisserand a dit que ce n'est pas 
par des créations nouvelles ne pouvant (|ue troubler ce qui existe que celle 
union pourra être obtenue , mais par le perfectionnement et la coordi- 
nation des multiples instruments qui existent déjà, et qui malheureuse- 
ment s'ignorent, travaillent sans se soucier les uns des autres, avec des 
ressources insuffisantes , par cela même dépensées sans avoir pu produire 
tout l'oiïet utile qu'on pourrait attendre de leur réunion. 11 n'a pas oublié 
le rôle qu'a joué le Muséum dans le passé, non pas seulement au point 
de vue de la science pure où il a tant créé, mais au point de vue agiicole 
et colonial. Ce rôle, qu'il n'a jamais cessé de jouer, il est prêt à l'agrandir, 
et vous pouvez puissamment l'y aider en faisant autour de vous une active 
propagande |>our l'œuvre dont vous êtes en réalité les fondateurs. 



— 36G 



COMMUNICATIONS. 



Le Lipiy de Porto Sànto et le Lapin nègre de la Camargue, 
PAR M. E.-L. Trouessart. 



I. Le Lapin de Porto Santo. 

S'il est utile de faire une découverte profitable à la science, il est plus 
utile encore de détruire une prétendue découverte que des i-echerclies nou- 
velles ou plus approfondies démontrent fausse, et qui ne présente plus, 
dès lors, que l'intérêt d'une légende. 

C'est ce qui s'est produit pour le Lapin de Porto Santo, sur lequel 
DarAvin appela l'attention des naturalistes, en 1868, dans son bel ouvrage 
sur La Variation des Animaitœ et des Plantes sous l'action de la domes- 
tication '"'. 

Depuis cette époque, ce Lapin a été cité couramment, dans tous les 
traités de Philosophie zoologiijue, comme un exemple classique d'une race 
de Mammifères ayant pris, en quatre cents ans, sous l'influence de la 
ségrégation dans un milieu différent , tous les caractères d'une espèce 
distincte, bien que l'on eût la certitude qu'elle descendait du Lapin vul- 
gaire d'Europe. 

C'est en i4i8 que le navigateur portugais Bartholomeu Perestello 
lâcha dans l'ilot volcanique de Porto Sanlo, voisin de Madère, une Lapine 
avec ses petits nés pendant la traversée'"'. Vingt-sept ans plus tard, ces 
Lapins s'étaient multipliés au point que les colons de Porto Santo durent 
émigrer à Madère (mars ilxhB). 

Darwin, en 1868, ayant pu se procurer sept spécimens de ce Lapin 
de Porto Santo, dont deux étaient vivants, et les ayant comparés au 

(') Darwin, The Variation 0/ Animais and Plants tindcr domestication, 2 vol., 
London, 18G8; trad. franc, de BarMer, I.I, p. ia3-i/i2. 

(-) Il est singulier qu'aucun des auteurs qui se sont occupés de ce sujet 
n'ait discuté la question de savoir si cetlc Lapine était de race sauvage ou do- 
mestique. Darwin n'hésite pas à affirmer que c'était une «forme domestique?^, et 
pourtant sa comparaison du pelage est faile avec le Lapiu de garenne (sauvage) 
d'Angleterre. 



— 367 — 

Lapin de garenne de la Grande-Bretagne , fut frappé de la dilïéi'ence de 
caractères et de mœurs que présentaient les deux formes. La premièi-e était 
beaucoup plus petite que le Lapin anglais et son pelage était d'une cou- 
leur différente. De plus, elle montrait une sauvagerie exceptionnelle, et 
toutes les tentatives pour la croiser avec le Lapin anglais échouèrent. 

C'est seulement dans ces derniers temps que l'on s'est aperçu de l'erreur 
involontaire commise ici par Darwin, en comparant le Lapin de Porto 
Santo au Lapin du nord de l'Europe. Le naturaliste (ierrit S. Miller, du 
Musée de Washington, étant venu en Europe pour faire de nouvelles re- 
cherches sur la Faune des Mammifères de ce continent, reconnut que le 
Lapin sauvage du sud de l'Espagne et du Portugal était de taille moindre 
que celui d'Angleterre et, de plus, qu'il présentait tous les caractères du 
Lapin de Porto Santo, dont les spécimens étudiés par Darwin sont con- 
servés dans les collections du British Muséum^''. 

Presque eu même temps, le naturaliste portugais Carlos França, du 
Musée Bocage de Lisbonne, publiait un travail plus élaboré , et accom- 
pagné de figures '' , sur le Lapin de Porto Santo , qu'il était allé chasser 
dans cette île, et dont il avait rapporté des spécimens pour les comparer 
au Lapin de garenne du Portugal. Quatre de ces individus ont vécu deux 
ans en captivité, ce qui a permis à M. França de les étudier à loisir. 

França arrive aux mêmes conclusions que Miller quant à l'identité des 
caractères du Lapin de Porto Santo et de celui du sud de la péninsule 
Ibérique. Le pelage a sensiblement la même coloration, mais l'étude du 
crâne a montré à l'auteur des différences sensibles, qui peuvent se résumer 
en ceci : le Lapin de Porto Santo a la tête très grosse relativement aux 
proportions du reste du corps ^^'. On peut attribuer cette conformation 
aux ditTicultés de la vie que présente cette île, qui n'a que 76 kilomètres 
carrés et une végétation très rare pendant près de six mois de l'année. 
Les Lapins de Porto Santo ne pesaient, en moyenne, que 761 grammes 
tandis que la moyenne des Lapins portugais est de 982 grammes, (Pour les 
dimensions, voir le tableau, p. 870.) 

' On peut rapprocher cette différence de celle que présente le Cheval du 
nord de l'Europe (Islande, Norvège, etc.), à demi sauvage et soumis à un 
régime très rustique, quand on le compare aux races sélectionnées et 
mieux nourries du sud de l'Europe et du nord de l'Afrique (Cheval de 
pur-sang et Cheval barbe). 



( ') Geriut s. Miller, Catalogue of llie Mammals of Westerti Europe, 1912, 

("^' Carlos França, Conlribnlion a l'élude du Lapin de Porto Santo (Bull. Soc. 
Portug. des Se. naturelles, VI, 191 3, fasc. 9, avec 1 pb). 

W Darwin signale déjà cette particularité et la grande capacité relative de la 
boite crânienne. 



— 368 — 

En résumé, il résulte de ces faits que le problème que s'était proposé 
Darwin doit être renversé : c'est le Lapin portugais et le Lapin de Porto 
Santo qui représentent le type primitif de l'espèce, tandis que le Lapin 
du nord-ouest de l'Europe, et notamment le Lapin anglais, représentent 
une race importée, ayant acquis une taille plus forte sous l'influence 
d'une nourriture plus abondante, et une coloration plus sombre sous 
l'action du climat. 

On sait en elfet que le Lapin n'existait, dans l'antiquité, qu'au pour- 
tour de la Méditerranée et dans ses îles. Les auteurs latins désignent 
souvent l'Espagne sous le nom de fcimicuiosa Celtiberiav, et, sous le 
règne d'Auguste, ces animaux s'étaient tellement multipliés dans les îles 
Baléares, que les habitants firent demander à Rome que l'on envoyât des 
soldats pour les détruire. 

Les mœurs du Lapin sont telles qu'il pullide sur place et ne présente 
que peu de tendance à émigrer de son propre mouvement. Il ne peut 
creuser ses terriers que dans les sols peu compacts et facilement friables. 
On peut donc affirmer que partout où on le rencontre, en dehors des 
contrées voisines de la Méditerranée , il y a été transporté par l'homme et 
a ti'ouvé sur place des couches géologiques à sa convenance. 

C'est ce qui explique sa distribution géographique actuelle dans l'ouest 
de l'Europe, distribution qui semblerait incompréhensible si l'on ne tenait 
compte de ces conditions d'existence très spéciales. 

Répandu d'abord comme animal de chasse dans le sud de la France 
dès le moyen c4ge , le Lapin a été transporté par mer en Angleterre et 
dans les Pays-Bas dont les Dunes et les polders lui convenaient parfaite- 
ment. C'est très probablement de ce dernier pays qu'il a été introduit 
dans les Ardennes, où on le signale dès le xn' siècle '-^K 

Plus tard , on le trouve dans les tirés de Versailles pour l'amusement 
des courtisans de la cour de Louis XIV. 

Mais ce n'est qu'au ïvni' siècle qu'il est introduit, comme nous l'ap- 
prend Gérard -, dans la Basse-Alsace, par les soins du Cai-dinal-Evêque 
de Strasbourg, Prince Louis de Rohan, plus connu par son rôle de dupe 
dans la scandaleuse aff"aire du Collier de la Reine que par ses talents de 
prélat ^^K 

Depuis cette époque, le Lapin a été transporté sur presque tous les 
points du globe, notamment dans l'Amérique du Sud et en Australie. 



H) L. Demaison, La vie de château dans les Ardennes au xii^ siècle d'après Gui 
deBazoches, Paris, 1912, p. 97-28. 

(^' GinkRV), Essai d'une Jaune historique des Mammifères sauvages de l'Alsace, 
Colmar, 187 1 , p. 266. 

(^) D'après Gesneb, Uistoriœ Animalium, liber I, i55i, le Lapin existait eu 
Allemagne au xvi" siècle. Linné ne l'a décrit que d'après Gesner. 



— ;iG9 ~ 

Il na pu s'accliinalcr dans le iioid de l'Europe, iiolaninienl en Scandi- 
navie. 

On a pu croire, un inonient, que sa présence dans FEurope moyeinie 
remontait à Téporpie quaternaire. 

Cuvier, Owen et Gervais ont rapporté au Lapin des ossements prétendus 
fossiles trouvés dans le diluvium ou les cavernes du nord de la France et 
de l'Angleterre ; mais, comme le fait remarquer Sanford ''', ces ossements 
ont ime apparence qui permet de douter de leur ancienneté, et l'habitude 
qu'ont les Lapins de se creuser de profonds terriers suflit pour ox^pliquer 
leur présence au milieu des débris d'animaux de la faune pleistocène. 

Barret-Hamilton '^' et Miller admettent que le Lapin de la péninsule 
Ibérique doit être distingué, comme sous-espèce, du Lapin de France et 
d'Angleterre sous le nom d'Orijctolagus cunicnlus huxleiji , imposé par 
Hieckel'^' au Lapin de Porto Santo, que le naturaliste allemand, n'avait 
d'ailleurs jamais vu et auquel il attribua des caractères de pure fan- 
taisie. Mais Angel Cabrera, dans sa Fauna Iberica (Mamiferos), 191A, 
p. 298, fait remarquer que ce Lapin ne ditfère pas du Lapin d'Algérie, 
et que, par conséquent, \e nom de Le pus algirus Loche (1867), qui a la 
priorité, doit être substitué à celui de L. Huxleyi'^''K 

Voici la description et la synonymie de cette forme : 

ORiCrOLAGUS CUNICULUS ALGIRUS (Loclie). 

Lepus algirus Loche, Explor. Srienf. de l'Algérie, Mamm., 1867, p. lai: 
Ij. Huxleyi Haeckel, Hist. Créât, des êtres org. , 187/1, P- i3o; Onjclolagus 
cuniculus cnossius, Bâte, P. Z. S. Lond., i()oO, II, p. 822; 0. c. Huxlciji , 
Miller, Gat. Mamm., West. Europe, 1919, p. h^\ ; 0. c. algirus Cabrera, 
Fauna Iberica, Mam., 191/1, p. agS. 

Description. — Dos châtain, mupie fauve, ventre gris clair ou gris sale. 
Dessus de la queue gris de plomb avec quelques poils à extrémité jaunâtre, 
dessous blanc. Région pectorale châtain clair. Les oreilles n'ont pas l'extrémité 
plus foncée (França). — Habite ie pourtour de la Méditerranée et ses îles. 

(Pour les dimensions, voir le tableau ci-après.) 

'" Sanfoci), Qitarl. Journal Géol. Soc, xxvi , p. 128. 

<*) Barret-Hamiltos, /?/•/;. Mamm,, H, 1912. p. 199. 

(•''^ Haeckel, Natiirlische SchàpfungHchichle , i8()8; trad. Irauc. de Leloiir- 
neau , 187A, p. 1 3o (sous le nom de Lepus Hu.rlciji). 

C' LerelioulicI , im(|iiol (iervais nllriliuo In disliiiction du Lapin d'Algérie, 
ne semble pas avoir publié ce nom «le Lepus alipra;, (jui probablement n'a 
ligure (|ue dans les vitrines du Musée de Strasbourg, dont ce savant t'iail 
Directeur. 

Muséum. — xxni. 36 



— 370 — 



i" Meslres puises (au compas) sut l'animal en peau (en m illi mètres). 



DIMENSIONS. 




LAPIN 


4\GI.AIS. 


de 

POIITO SiNTO. 


de 

CiMinCUB. 


Longueur, des incisives à l'anus 

Longueur du tarse 

Longueur de i'oreiJie 


millimètres. 
/|20 

87 
70 


millimètres. 

355 

73 

70 


millimètres. 
365 
80 
54 





2" Mesures du crâne (au compas, en millimètres). 



DIMENSIONS. 


ANGL4IS. 


LAPIN 

de 

PORTO SiNTO. 


de 

CiMlRGUE. 


Longueur occipilo-nasale 

Largeur aux apophyses zygoiuatiques . . . 


millimètres. 
78 

4o 


millimètres. 
74 
38 


millimètres. 

68 
35 



II. Le Lapin nègre de la Camargue. 



A Topposé du Lapin de Porto Santo, le Lapin noir de la Camargue est 
une forme à petite tête, h proportions plus élégantes , mais surtout remar- 
quable par la brièveté de ses oreilles '"', comme l'indique le tableau ci- 
dessus (5/i mm. au lieu de 70 mm.). 

C'est M. Cabanes, conservateur du Muse'e d'Histoire naturelle de Nîmes, 
qui a bien voulu appeler mon attention sur ce Lapin , dont l'exislence 
dans le sud-est de la France est peu connue des naturalistes, 

La seule mention que l'on en trouve est due à Crespou, qui, dans sa 
Faune méridionale (i8/i4), après avoir parlé du Lapin ordinaire de cou- 
leur gris fauve, ajoute (p. 85) : 

ffJ'en ai vu de tout noirs qui vivent en asse^ grand nombre dans le bois 
de Riège (Camargue), situé à peu de distance de la mer, et qui est en- 
touré par des étangs salés. Ils se pratiquent des terriers profonds dans les 
monticules de sable et multiplient beaucoup. « 

(') Je n'ai pu encore savoir si les Lapins noirs de Camargue faisaient bande à 
part, — si l'on trouvait dans la même portée des noirs el des gris, — et, dans 
ce cas, quel était le pourcentage approximatif des noirs et des gris. 



— 371 — 

(M-âce à l'obligeance de M. le marquis de Baroncelli, un des principaux 
propriétaires de la Camargue, le Muséum de Paris possède aujourd'hui un 
beau spécimen, en parfait état, avec le crâne bien préparé, de ce curieux 
Rongeur. Soit qu'il s'agisse d'une race nègre plus ou moins bien fixée, 
soit que l'on doive considérer ces individus foncés comme représentant 
iine simple phase de pelage, semblable à celles que l'on observe chez les 
Ecureuils du midi de l'Europe '', il me paraît opportun de les distinguer 
comme sous-espèce, en caractérisant de préférence cette forme par la 
brièveté des oreilles : 

Oryctolagus cuniculus brachyotus nov. subsp. 

Description. — En entier d'un noir profond, sauf les poils des faces palmaires 
et plantaires des membres, qui sont d'un gris fauve sale (comme chez le Lapin 
gris); la base des poils du dos est d'un cendré bleuâtre. Le ventre est d'un noir 
un peu plus clair et la région pectorale est légèrement teintée de brun rougeàtre. 
Oreilles très petites, beaucoup plus courtes que la lète (tête 78 mm., oreilles 
5^ mm.); pour les autres membres, voir les deux tableaux ci-conlre. — Chez 
le Lapin de garenne ordinaire, les oreilles sont presque aussi longues que la lète. 

Habitat. — Le bois de Riège et quelques autres points du delta de la Ca- 
margue (Bouches-du-Rhône). 



III, Le Lapin des Cyclades grecques. 

Comme on le voit par ce qui précède, le Lapin de garenne est une espèce 
très polymorphe , et nous ne sommes peut-être pas au bout des surprises 
que cette espèce nous réserve. 

En effet, Erhard'-' et Heldreich''', qui sont à peu près les seuls natura- 
listes à nous renseigner sur la faune mammalogique de la Grèce et de ses 
îles, nous font connaître le Lapin des Cyclades dans les termes suivants: 



fLe Lapin des Cyclades est très grand, beaucoup plus grand que la 
i-ace ordinaire du Lapin domestique d'Europe, le plus souvent aussi grand 
et quelquefois même plus grand (jue le Lièvre. . . De plus, les deux 
espèces s'excluent mutuellement de la plupart des îles de l'Archipel.'^ 

(') Notamment chez Smirus vulgaris alpinus F. Cuv., des Pyrénées; Se, 
vulgaris ilalicus Bp. des Alpes; Se. vulgaris lilaeus ^liller, de Grèce. (Voir 

Trouessaut, Faune des mammifères d'Europe, 1910, p. iH), laa, ia.3, et 

Miller, loc. cit., 191a, p. 919 à 91^1.) 

''^' Erhard, Wirhehbiere der Cycladen, i858. 

P' Th. DE HiLDiiEicii, Faune de Grèce, Vertébrés, 1878, p. i /|. — Le Lapin 
n'est pas cité par les naturalistes qui ont accompagne l'Expédition française de 
Morée en 1828. 

96. 



— 37'2 — 



S'il n'y a pas là une grossière erreur, le fait a lieu tie nous surprendre, 
d'aulanl plus que le Lapin de Crète, décrit par Miss Dorolhea Bâte sous le 




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5. 

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nom d'Oryctolagus cunkuk.s ciiossius, cl identifié, comme nous l'avons vu, 
par Miller avec le Lapin d'Espagne et de PorUigal, est de petite taille, 
conmie le lapin de Porto Sanlo. 



— 373 — 

Aussi faisons-nous un pressant appel à ceux de nos officiers qui sont 
chasseurs, ainsi qu'à ceux du Corps de Santé, qui se trouvent en ce mo- 
ment à Salonique ou dans les îles voisines, en les priant de vouloir bien 
rapporter au Muséum une dépouille du Lapin de Grèce, ou, tout au 
moins, un ou deux crânes de cette espèce, ce qui nous permettrait d'élu- 
cider celle question, actuellement passablement embrouillée, comme nous 
venons de le montrer. 



37A — 



D(I TÉGUMENT DES PnOBOSCiniRNS . 

PAR M. H. Neuville. 

D'assez nombreux travaux ont été consacrés, en toutou [»artie, à l'en- 
semble ou à quelques détails du tégument des Eléphants , et celui du Mam- 
mouth même a fourni matière à des observations variées. Je n'entrerai pas 
dans l'examen préalable de ces travaux, dont je mentionnerai seulement 
quelques-uns au passage, et me bornerai à décrire brièvement certaines 
dispositions tégumentaires des Proboscidiens, méconnues ou imparfaite- 
ment connues jusqu'ici. 

I. Eléphants. 

La peau des Éléphants, qu'ils soient d'Afrique ou d'Asie, présente trois 
caractères fondamentaux. 
Ce sont : 

1° Une verrucosité spéciale; 

'j° Une pilosité dont les caractères sont également spéciaux; 

3° L'absence de glandes cutanées. 

J'examinerai successivement chacun de ces trois caractèics. 

Ce qui frappe à première vue, lorsqu'on examine la peau d'un Eléphant 
adulte, c'est une rugosité, variable d'une région à l'autre, très variable 
aussi avec les individus, mais présentant, lorsqu'on examine plusieurs 
sujets, une certaine constance dans ses variations : la peau de l'extrémité 
de la trompe ne ressemble pas à celle de la base de cet organe, celle des 
oreilles est particulière et celle du tronc n'est pas identique à celle du front 
ou des membres. C'est essentiellement le degré d'intensité de la rugosité 
qui donne ainsi à chaque région son caractère propre, et c'est à l'analyse de 
cette rugosité qu'il me semble nécessaire de procéder tout d'abord si l'on 
veut connaître le caractère essentiel de la peau de l'Eléphant. Smith , qui a 
publié une étude histologique de celle-ci, n'aborde pas l'examen de ce 
caractère'*'; je renvoie provisoirement à cette élude pour les autres détails. 

(') Fred Smith, The Histology of the skin of the Eléphant. {Journal of Ana- 
Inmy and Phijsiolngy, 1889-1890, p. /iga-DoS, PI. 28.) 



— 375 — 

Si l'on examine une région où la peau, plus ou moins épaisse, mais à 
surface relativement lisse, tend à faire passage à une muqueuse, on se 
trouve en présence de dispositions foncièrement banales, sauf en ce qui 
concerne rextrémité de la trompe, dont le caractère tactile est tout à fait 
particulier. En cette dernière région , les papilles dermiques sont généra- 
lement longues, étroites, et traversent la presque totalité de l'épiderme; la 
peau n'y possède qu'une mince couche cornée et porte des sillons relative- 
ment peu profonds, traçant des circonvolutions dont je dirai, à défaut de 
termes de comparaison plus exacts, qu'elles ont un aspect vaguement encé- 
phaloïde; la surface cutanée offre ici un grain assez lin. Le conduit auditif 
externe présente des dispositions rappelant ce qui s'observe sur l'ensemble 
des Mammifères : le derme y est épais d'environ 5 à 7 millimètres; les 
papilles dermiques y sont généralement élevées d'un peu moins de 200 f/ , 
et l'épaisseur de l'épiderme , depuis la profondeur des intervalles papillaires 
jusqu'à la surface, y avoisine 260 |u; la plupart des papilles dermiques sont 
ici obtuses, et la surface épidermique, sensiblement lisse, présente une 
couche cornée épaisse d'environ 26 fx; un fin duvet s'observe dans cette 
région, et des glandes sébacées lui sont annexées. De même , les lèvres, les 
régions anale et génitale portent un tégument passant graduellement à 
l'état de mucjueuse, et perdant pour cela de plus en plus ses caractères 
spéciaux. Mais ces derniers s'observent facilement, aux degrés les plus 
divers, sur tout le reste du corps. Je vais en décrire rapidement les prin- 
cipales variations. 

Sur un Éléphant très jeune , on constate tout d'abord l'existence d'un 
revêtement pileux au sujet duquel je donne ci-dessous quelques détails. Le 
grain de la peau est ici assez fin. Cette peau présente cependant, par 
places, des rides peu profondes, permanentes, se retrouvant sur la trompe, 
où elles tracent des cercles irréguliers , interrompus à la face interne ou 
inférieure de cet organe, et dont les plans sont à peu près perpendiculaires 
à l'axe de celui-ci, de telle sorte que la ti-ompe parait décomposée en une 
série d'articles ou de tranches superposés les uns aux autres. D'autres rides 
sillonnent le corps et les membres , tendant , par leur recoupement , à dé- 
composer la surface cutanée en petites parties polygonales, souvent rectan- 
gulaires ou losangiques , très variables individuellement , et mesurant de 
quelques millimètres à quelques centimètres. 

Sur les sujets adultes encore assez jeunes , ces rides s'accentuent et donnent 
nu tégument un aspect rugueux qu'augmente encore le caractère grenu alors 
acquis par la peau. Celle-ci présente en effet un grain grossier, facilement 
visible à l'œil nu. Elle semble formée d'une agglomération de papilles 
arrondies, étroitement serrées les unes contre les autres, mesurant le plus 
souvent 1 millimèti-e environ, et parfois 2-3 millimètres , de diamètre. Par 
places, cette structure chagrinée s'accentue, les papilles devenant plus 
grosses ou surtout plus proéminentes, en même temps qu'elles s'indivi- 



— 376 — 

(Juaiisent plus nettement et tendent à former des sortes de touiïes dont 
chaque élément papillaire resie bien distinct, f.e front, au voisinage de 
chaque œil, la partie antérieure de la trompe et la partie inférieure des 
membres, notamment, présentent ainsi des zones sur lesquelles la rugo- 
sité de l'épiderme est encore plus grande que sur le reste du corps. 

Ces dispositions vont en s'accentuant avec T âge. Elles arrivent à donner 
à la peau de FËIéphant un aspect verruqueux dont la planche 111 ci-jointe 
peut donner une idée. Cet aspect varie en raison des différences de dimen- 
sions des papilles: celles des membres et de la partie antérieure de la 
trompe sont généralement longues, étroites, rendues souvent polyédriques 
par pression réci|)roque, et souvent aussi terminées en pointe; celles du 
Iront sont plutôt larges et arrondies: ailleurs elles sont généralement 
moins proéminentes. 

Les structures qui déterminent de telles particularités sont foncièrement 
identiques, et la description de l'une de ces parties verruqueuses suffira 
pour en faire connaître les traits essentiels. Si l'on considère la partie du 
tégunient représentée sur la planche III , on voit qu'elle comporte un derme 
épais d'environ -i centimèties, à grosses papilles visibles sur les ligures A 
et B de cette planche. En A, les rapports macroscopiques du derme 
et de l'épiderme sont assez accentués pour être facilement appréciables. 
En B, la partie supertiçielle du derme, vu après enlèvement de l'épiderme, 
montre un grain dont les éléments ne so.nt autres que les saillies des pa- 
pilles dermiques. Les dépressions qui s'observent , sous forme de points noirs , 
au milieu de ces saillies, sont des sacs folliculaires pileux, correspondant 
aux racines des poils formant aspérités sur la figure C, qui représente la 
face profonde de l'épiderme après sa délamination d'avec le derme. 

L'épiderme présente ici une épaisseur d'environ 7 millimètres. Il n'est pas 
formé de strates continues, homogènes. Les papilles dermiques, terminées 
en pointe,sont recouvertes d'un corps muqueux relativement mince, s'éten- 
danl sur l'ensemble des papilles sans combler leurs intervalles ainsi que^ 
cela a lieu , typiquement, chez les autres Mammifères, et chaque papille est 
individuellement surmontée d'une superposition de strates cornées, s'em- 
hoifant les unes sur les autres comme le feraient des cônes creux. Seules 
les plus inférieures de ces couches cornées se continuent de papilles à pa- 
pilles; les autres ne tordent pas à former, au-dessus de chacune de celles-ci, 
une digitation à peu près cylindrique, n'ayant avec les voisines, sauf en 
quelques parties demeurées unies, que des rapports de contiguïté, et dont 
les couches les plus élevées se desquamment progressivement en respectant 
plus ou moins la forme conique des couches sous-jacentes. Entre ces digi- 
tations,on voit émerger quelques rares poils (PI. III, fig. A et C): le nombre, 
des sacs folliculaires visibles sur la figure B et celui des traces de racines 
subsistant en C mollirent (|ue ces poils étaient primitivement beaucoup 
plus nombreux. 



Muséum. — M. Neuville. 



Pl. 111. 




Cintract. phot. i> 



Li 



Élépliant de l'Inde. 



Frafjment de peau de la jambe antérieure. — En A , coupe perpendiculaire à la surface , 
montrant les rapports du derme avec i'épiderme; le derme, blanchâtre, épais d'environ 
2 centimètres, est surmonté d'un épiderme noirâtre, épais d'environ 7 millimètres; la 
couche cornée, formée de difjitalions étroitement juxtaposées, perpendiculaires à la surface 
du derme, constitue la pres(iue totalité de ces 7 millimètres. — En B, face superficielle du 
derme après enlèvement de Tépiderme. — En C, face profonde de l'épiderme. Gran- 
deur naturelle. 

(Collections d'Anatoinie comparée du Muséum, n° A. 6798.) 



— 377 — 

Les mensurations suivantes, relevées sur une coupe histologique de la 
partie représentée et fournies à litre d'exemple, préciseront ces données : 

l^argeur des papilles dermiques De o millim. 5 à i millimètre; 
à la base. exceplionnoilcmenl, 900 fi. 

Hauteur des papilles dermiques. De o millim. 5 à 1 millim. af»; 

exceptionnellemeut, ^00 (t. 

Epaisseur du corps muqueux De 1 95 à 960 fi; excoplionnel- 
entre les papilles. lement, 80 et 3io p. 

Epaisseur du corps muqueux au De ôo à i9.5 ft. 
sommet des papilles. 

Diamètre des digitalions papil- Environ 1 millimètre, 
laires au niveau des couches 
desquammantes. 

Epaisseur du revêlement corné. Environ 7 millimètres. 

Les traits essentiels de ces dispositions sont l'épaisseur de la couche cor- 
née et le manque de continuité de celle-ci, qui, après avoir uniformément 
reconvertie corps muqueux, se divise rapidement en digitations, parfois très 
longues , correspondant à chaque papille dermique. En d'autres termes, le re- 
couvrement épithélial de chaque papille tend à devenir libre. Cette structure 
n'est pas sans rappeler celle que prennent les papilles filiformes de la langue 
chez certains animaux où elles sont soumises à des frottements rudes, 
comme les Ruminants et les Félins. Restant sur le domaine du revêtement 
cutané proprement dit, une autre comparaison peut être faite entre les 
dispositions spéciales de la peau des Eléphants et celles qui président aii 
développement du sabot des ongulés; mais il semble que ce soit avec les 
veirues qu'elles présentent les affinités les plus étroites. Il serait, en effet, 
difficile de ne pas reconnaître à ces dispositions un caractère papiUomateux , 
qu'accentue encore l'examen de certaines paiticularités auxquelles je me 
propose de consacrer une note spéciale. 

Sur le revêtement pileux de l'Eléphant, les données sont nombreuses. 
C'est à Mobius que nous devons, je crois, les plus précises ^'^ 

Sans former jamais une fourrure épaisse, cachant la peau, les poils sont 
souvent plus fournis sur les sujets vivant en liberté que sur ceux des Ména- 
geries. 11 arrive cependant que les premiers, dès l'âge adulte, soient tout 
aussi glabres que les seconds, et s'il y a là des caractères locaux, ces carac- 
tères sont encore tout à fait indécis; il ne saurait être question, en tout 
cas, d'attribuer au reste de pilosité des Eléphants un rôle de protection 
contre le froid. 

C MÔBins, Die Beliaarung des Mammulhs und der lebenden Elephanten. . . 
Sitzungsberichte der Kônifrïich preussischen Akademie der Wissenschajten zu lierlvi . 
1899, p. 527-538, PI. IV. 



— 378 — 

Le jeune, à la naissance, porte un revêtement pileux à peu près unifor- 
mément réparti , uniformément composé , et assez clairsemé pour que la 
peau reste très facilement visible. Là où j'ai pu l'observer, ce revêtement , 
qui paraît équivalent sur les Eléphants d'Asie et sur ceux d'Afrique, 
est formé de fins poils, tous à peu près semblables, généralement noirâtres, 
tranchant ainsi sur le fond moins sombre de la peau. Autour et surtout 
en avant du conduit auditif, ils sont plus fournis et plus longs que sur le 
corps; ils y atteignent une longueur de 4 centimètres, et leur couleur peut 
être ici plus claire. Dès la naissance, la partie terminale de la queue porte 
des crins noii's, implantés sur les deux carènes que présente cet organe, 
latéralement aplati ; ces crins , longs alors de quelques centimètres , forment , 
en raison de leur implantation sur deux lignes symétriques, une sorte 
d'éventail. 

Dans la suite, ce revêtement pileux s'éclaircil beaucoup : longtemps 
avant que la peau ait accjuis la veri-ucosité spéciale ci-dessus mentionnée , 
il se différencie en poils franchement noirs , très clairsemés , et en poils 
conservant le caractère de ceux des jeunes, plus fins, plus courts, et sou- 
vent de couleur ])lus claire que les précédents. Les crins de la queue devien- 
nent extrêmement forts. Les cils sont, eux aussi, très noirs et très forts. 
Sans chercher à reprendre , ni même à suivre , les discussions soulevées au 
sujet de la nature de ces différents poils et de la nomenclatui*e dont ils 
relèvent, je me crois fondé à reconnaître simplement ici des jarres, de la 
bourre et des crins. Les uns et les autres varient beaucoup non seulement 
de sujet à sujet, mais sur un même sujet. La notion générale d'après 
laquelle tous les intermédiaires s'obsei'vent entre les poils des forces les 
plus différentes se vérifie sur les Eléphants; la présence ou l'absence de 
matière médullaire n'a ici aucune valeur catégorique; j'examinerai ce carac- 
tère au sujet du Mammouth. Mobius (loc. cit.) a relevé les diamètres des 
diverses sortes de poils sur un Eléphant d'Asie et un Eléphant d'Afrique. 
Ces renseignements numériques sont intéressants ; il convient cependant de 
ne les considérer que comme de simples exemples , entre lesquels existent 
des termes de passage et que d'autres sujets peuvent fournir différemment. 

Sous ces réserves, je mentionnerai qu'à la partie antérieure de la trompe 
les poils que je nomme des rr jarres n sont généralement très forts, au point 
de pouvoir former, quand ils sont courts , des sortes de piquants ; Mobius 
leur a reconnu, sur un Eléphant d'Afrique, un diamètre de 46o (x; sur ce 
même genre, je lefir ai trouvé un diamètre maximum de 520|u, et sur 
le corps de l'animal on en trouve parfois d'aussi forts. Dans des cas où la 
force générale du système pileux était moins accentuée, j'ai reconnu à ces 
jarres du corps un diamètre avoisinant /loo fx. La bourre, également 
variable, m'a présenté des diamètres allant de loo à 200 fi, dimensions 
prises à la partie lapins épaisse; j'ai trouvé sur quelques-uns de ses poils, 
provenant d'un Éléphant d'Afrique et de deux Eléphants d'Asie ayant , il est 



— 379 — 

vrai, vécu en ménagerie, des nodosités allongées, assez fortes pour être ap- 
préciables à l'œii nu, et au niveau desquelles le diamètre peut être presque 
doublé; d'autres parties des mêmes poils sont au contraire graduelle- 
ment rétrécies. Gomme données numériques relatives à ces derniers faits, 
je citerai les suivantes , fournies par un poil à bulbe plein , donc arrivé au 
terme de son évolution; sa longueur était de 5 centimètres, son diamètre 
de 1 1 5 fx à la base et de 1 5o (x dans la partie normale la plus large ; il 
portait des renllements dont le diamètre atteignait ù&o ix et des rétrécisse- 
ments où le diamètre n'était plus que de 90 (x. L'examen microscopique 
ne m'a révélé aucune lésion de la substance de cet élément, et ces varia- 
tions de diamètre peuvent résulter de simples irrégularités de développe- 
ment; peut-être convient-il de rappeler à ce sujet les irrégularités que 
présentent chez l'Homme (Hager) les vibrisses nasales on auriculaires. 
La couleur de la bourre varie du noir au blond ; dans ce dernier cas, elle 
n'est pas sans rappeler celle du Mammouth. Le fin duvet tapissant le con- 
duit auditif externe et dont la couleur est d'un blond cendré ne m'a pré- 
senté qu'un diamètre d'environ Go (x au maximum ; ce diamètre peut 
descendre à /io, et même exceptionnellement à 95 f;t. 11 en est sensible- 
ment de même pour les poils les plus fins garnissant la lèvre inférieure. 
Enfin les débris épithéliaux qui s'observent fréquemment sur les poils des 
Eléphants n'ont aucune valeur pathognomonique ; j'y reviendrai en trai- 
tant du Mammouth. 

Une mention spéciale doit être réservée aux crins ; je réunis sous ce nom 
les cils et les crins de la queue. Les premiers atteignent , et peut-être dépas- 
sent, unelonguem- de o m. 20 et un diamètre de o mm. 6 ; ils sont très 
noirs. Les seconds sont tout à fait particuliers. Ils sont également très noirs 
et d'une rigidité comparable à celle du fil de fer; en général, ils sont recli- 
lignes ou légèrement incurvés, concentriquement, autour de l'extrémité 
de la queue; s'épanouissant dans un même plan, ils forment, comme je 
l'écrivais ci-dessus, une sorte d'éventaU; beaucoup plus rarement, quelques- 
uns sont enroulés en hélice. Leur longueur peut être beaucoup plus grande 
que ne le laisseraient supposer la plupart des sujets naturalisés dans les 
collections ou vivant en ménageries; j'en ai vu dont la longueur atteignait 
o m. liS, et Nadnyn '*' admet qu'ils peuvent atteindre deux pieds; il arrive 
que des indigènes , voire même des Européens , s'en fassent comme souve- 
nii-s de chasse, ainsi qu'avec des crins de Girafe, des sortes de bracelets 
composés d'un crin enroulé autour du poignet et qui peut faire un peu 
plus de deux fois le tour de celui-ci. Le plus souvent, ces crins de la queue 
sont aplatis et leur section est grossièrement elliptique ; parfois ils sont 
renflés en leur partie moyenne comme le sont typiquement les cils et les 

(') B. Naunyn, Die Hornborsten am Schwanze des Eiephanten {Arcbiv fur 
Anatomie..,, 18G1, p. 670-67/1). 



— 380 — 

sourcils de l'espèce humaine. Les axes de leurs sections sont fréquemment 
le double l'un de l'autre: comme dimensions de ces axes, je citerai les sui- 
vantes : o mm. 5 x i millimètre , o mm. 6 x i mm. 3, o mm. 7x1 mm. 5 , 

I millimètre x 1 mm. 5 , et exceptionnellement 1 mm. 5 x s mm. 5 : j'en 
ai également vu de ronds, dont le diamètre atteignait 1 mm. 0. 

Enfin la peau des Eléphants, comme celle du Mammouth, est dépourvue 
de glandes cutanées. Les glandes sudoripares semblent totalement absentes. 
Les poils mêmes n'ont de glandes sébacées quen de rares points, étroite- 
ment limités: il en a été signalé aux paupières et dans le canal excréteur de 
la glande temporale; j'en ai retrouvé de parfaitement développées comme 
annexes des poils tapissant le conduit auditif externe, où leur sécrétion se 
dépose sous forme d'iui abondant cérumen. Celui-ci ne saurait donc être 
chez l'Eléphant, comme on l'a avancé dans d'autres cas, un produit mixte 
l'ésultant du mélange de la sécrétion de glandes sudoripares spéciales 
(glandes cérumineuses), absentes ici, avec celle de glandes sébacées. 
Ces glandes sébacées du conduit auditif m'ont paru correspondre à la des- 
cription banale des glandes sébacées les plus communes. 
- Je reviendrai sur celle absence de glandes cutanées à propos du Mam- 
mouth, où, coïncidant avec l'existence d'une épaisse fourrure, elle est d'un 
caractère particulièrement aberrant. 

11. Mammouth. 

En opposition avec les deux premiers des trois caractères que je viens de 
relever sur le tégument des Eléphants, celui du Mammouth se distingue 
par l'absence de verrucosité et par une abondante j)ilosilé. Le troisième 
caractère, qui est l'absence de glandes cutanées, est commun, par contre, 
à ces deux groupes de Proboscidiens. 

Le travail déjà cité de Mobius fournit de nombreux détails sur le revêle- 
ment pileux du Mammouth. D'autre part, une publication de l'Académie 
des Sciences de Pétrograd''* renferme une étude microscopique de V. Za- 
LENSKH sur le tégument de ce Mammitère. Je renverrai pour toutes géné- 
ralités à ces deux sources, dont la première,f;icile h consulter, peut suffire, 
et exposerai ici les résultats que m"a fournis l'étude d'un fragment de peau 
de Mammouth entré en 1912 dans les Collections d'Anatonde comparée 
du Muséum, sans indication de provenance. Ce précieux échantillon, dont 
l'état de conservation est remarquable, est représenté sur la Planche IV. 

II est desséché, d'une consistance feutrée et d'une très grande résistance; 
son revêtement pileux est intact. Faute d'échantillons plus parfaits, plongés 

C' RéauUals scienllfqups (h Vexfpdition nrgamsrc par VAcadémip impériale des 
Sciences pour l'e.rhutnation du Maminoulh trouve sur la rivière liérézowLn en tgoi. 
Saint-Pétersbourg, 1908. 



— :î8I — 

(lès rexliuiiialioii dans un liquide conservaleur, — il eu existe de tels daus 
certaines Colleclions, — j"y ai prali(]ué des coupes liislolog-iques qui se sont 
montrées instructives. 

L'épiderme n'existe plus ici qu'à Tétat de débris superficiels, lamellaires, 
dans lesquels on ne saurait reconnaître aucune couche distincte ; l'on ne 
peut même y diiïérencier avec certitude une zone muqueuse et une zone 
cornée. Les papilles dermiques ont laissé quelques traces ; si grandes que 
soient les réserves h faire quant à la valeur de celles-ci, il est manifeste 
que ces papilles étaient toutes différentes de celles que je viens de décrii-e 
suj- l'Eléphant, et surtout qu'elles n'étaient pas surmontées d'un épiderme 
verruqueux, épais. A titre de renseignements, et sous les réserves que 
nécessite l'action de la dessiccation , je relève sur ces restes papillaires des 
hauteurs variant de aS à i ao fx et oscillant généralement entre 5o et i oo pt , 
avec des largeurs basilaires variant de 25 à 180 pi et atteignant exception- 
nellement 875 (x. Nous sommes donc loin, ici, de ce que présentent les 
Eléphants. 

Le derme est épais d'environ 2 centimèlres. Cette épaisseur devait varier 
avec les régions, et j'ignore celle où a été prélevé l'échantillon que je 
décris. Il est eu tout cas intéressant de relever sur celui-ci une épaisseur 
du derme à peu près identique à celle que présentent, au maximum je 
crois, les Éléphants, et que l'on observe sur la Planche III. D'après des pièces 
mieux conservées, Zalenskii (Ioc. cit.) attribue à la peau du Mammouth 
une épaisseur totale de 3 centimètres. Sur l'Éléphant et sur le Mammouth, 
le derme, lardacé. paraît de même structure: il ne semble pas plus adipeux 
dans un cas que dans l'autre. 

Il existe, sur la pièce représentée, des jarres et de la bourre. 

Des jarres, les unes sont très noires, les autres d'un châtain roux géné- 
ralement très foncé ; le noir plus ou moius intense avec lequel la Planche IV 
reproduit ces jarres correspond , en jiartie au moins , à l'intensité de leur 
coloration naturelle. Leur longueur atteint ici cm. 12. Leur diamètre est 
assez variable; je lui trouve des extrêmes de 90 et de 32 5 (jl: la plupart 
ont de i5o à 29 5 fx. Il semble que les plus grosses soient les plus franche- 
ment noires et que les plus fines soient les moins sombres. 

La bourre est ici d'un blond grisâtre assez ditîicile à définir, rappelant 
la coloration que prennent certaines chevelures ou barbes châtain clair 
loi'squ'elles commencent à grisonner. Sur l'échelles de teintes des lustnic- 
tions anthropologiques de Broca, c'est le n° 89 qui me paraît s'écarter le 
moins de cette couleur, dont elle ne donne cependant qu'une idée loin- 
taine. La longueur des éléments de la bourre atteint 2 cent. 5 et même 
3 centimètres ; leur diamètre oscille généralement autour de 5d pi, avec des 
extrêmes de ko et de 75 y. ; malgré l'absence d'imprégnation sébacée, l'en- 
semble présente un aspect lustré. 

De même que je signalais la présence fréquente de débris épithéliaux 



— 382 — 

sm- les poils des Éléphants (voir ci-dessus), je dois signaler ici, sur les 
jarres et la bourre, des débris semblables, mieux conservés parce que 
l'abondance de la fourrure préservait la base des poils des frottements 
extérieurs. Ces débris forment tantôt des sortes de collerettes, tantôt même 
des cylindres entourant la base du poil sur une certaine longueur. Des faits 
voisins de ceux-ci s'observent sur l'espèce humaine dans certaines formes 
de psoriasis et d'ichtyose. Mais ces particularités n'ont ici, de même que 
sur l'Éléphant, aucune valeur pathognomoniquc. Les débris dont il s'agit 
proviennent, en elTet, des gaines épithéliales et de la desquammation super- 
ficielle, normale, du collet du follicule. Aucune sécrétion sébacée ou sudo- 
rale ne contribuant à délayer et à éliminer ces débris, ils devaient sub- 
sister tels quels et accompagner le poil dans sa croissance jusqu'à ce 
quune cause mécanique externe les ait balayés. 

D'autres échantillons présentent des colorations fort différentes de celles 
ipie je viens de mentionner. C'est ainsi que les membres du Mammouth 
des îles Liakhow, offert au Laboratoire de Paléontologie du Muséum par 
le comte Stenbock-Fermor , portent des jarres de couleur roug-eâtre très 
claire, souvent encore plus claires, blondes à leur base, et atteignant une 
longueur de om. 95; ces même pièces portent une bourre jaune clair; 
le tout est bien différent de l'échantillon du Laboratoire d'Anatomie com- 
parée. 

11 a d'ailleurs été discuté à la fois sur la couleur et sur les caractères 
différentiels de structure des diverses sortes de poils dont le Mammouth 
était revêtu. Peut-être la couleur variait-elle avec les régions du corps en 
même temps qu'avec les individus et les localités. Brandt a supposé que les 
nuances jaunâtres sont ici le résultat de la décoloration par la lumière et 
que le Mammouth devait avoir un pelage et une couleur générale foncés ; 
on trouvera dans l'un de ses travaux'*' la discussion de l'effet des causes 
d'altération auxquelles la fourrure des sujets exhumés a été soumise; la 
planche coloriée accompagnant ce même travail attribue au Mammouth une 
teinte générale rappelant les n"' ai et a 9 des Instruclions anthropologiques, 
assez voisine du n" 09 que je signalais ci-dessus , mais plus foncée. Mobius 
[loc. cit.) attribue également la couleur claire du rr duvet w, sur la pièce 
dont il a disposé, aux altérations provoquées par les agents extérieurs; 
il fait remai-quer que sur cette même pièce les poils blanchis n'ont pas de 
cellides cuticulaires et que, dans leur substance corticale, s'observent des 
fentes et des excoriations. Après avoir rappelé que de Maydel a trouvé, sur 
la rive droite de l'indigirka , un lambeau de peau de Mammouth couvert 
par places de poils brun rouge assez longs et de poils jaunes assez courts, il 

(!) F. J. BnANDT, MittlicilunjTeu ùber die Gestalt und Unterscheidungsmerkmai 
des Mammutli oder Maniont {Bulletin de l' Académie impériale des Sciencps de 
Saint-Pétersbourg, t. X, 1866, p. 9/1 [voir p. 106-107]). 



, __ 383 — 

fait encore remai'quer que ces poils étaient déte'riorés et se détachaient au 
moindre attouchement de la peau corrompue. Aucune trace d'une pareille 
altération ne s'observe, surtout quant à l'état de la peau, sur l'échantillon 
ici décrit. Les poils y sont aussi solidement adhérents que sur une 
pièce naturaHsée, et si, examinés au microscope, ils ne révèlent pas une 
parfaite conservation , il est bon de se remémorer que la dessiccation la 
plus banale, surtout lorsqu'elle est prolongée, peut entraîner des altéra- 
tions à peu près équivalentes. Je ne crois pas qu'il se soit produit, sur 
cet échantillon, une véritable dénaturation des couleurs. 

Zalenskii (loc. cit.) suppose que rr ceux des longs poils qui étaient dis- 
séminé? sur tout le corps et se trouvaient principalement sur le dos et les 
côtés du ventre étaient plus clairs que les poils très foncés et de fonne 
aplatie placés à l'extrémité de la queue •n. La pièce représentée ci -contre 
prouve que des jarres noires pouvaient exister ailleurs qu'en cette der- 
nière région, car cette pièce ne provient certainement pas de l'extrémité 
caudale, où les poils observés par Zalensku atteignaient i millimètre de 
grand axe et rappelaient ainsi les crins de la queue de l'Eléphanl. 

Ce même auteur, se basant sur les caractères médullaires, reconnaît sur 
le Mammouth : i° une bourre dépourvue de moelle; 2° des rr poils épineux ri 
(ostiéviyé) correspondant à ce que je nomme les jarres et pourvus de 
moelle; 3° des soies existant surtout à la queue et présentant plusieui-s 
axes médullaires. La distinction de ces trois sortes de poils me parait exacte 
et coïncide avec ce que j'ai pu observer en détail sur les Eléphants ; mais 
leur mode de caractérisation est, je crois, erroné, car les caractères médul- 
laires me paraissent aussi variables sur le Mammouth qu'ils le sont ail- 
leurs. Retterer a montré''' que les diverses dispositions signalées quant à 
ces caractères se rattachent directement l'une à l'autre, par voie évolutive: 
il a retrouvé dans la racine des crins de la queue du Cheval la structure 
rayonnée de la partie médullaire, signalée par Renaut sur les vibrisses 
des paupières du Cheval, par Davies sur les piquants du Hérisson, par 
Waldeyer sur les poils laineux de l'Alpacca, et occasionnellement sur le 
cheveu humain; puis il a vu les crêtes ou rayons médullaires, dont la pré- 
sence détermine l'aspect rayonné, s'individualiser en s'éloignant de la 
racine, et finir par constituer des colonnettes médullaires isolées les unes 
des autres, dont les cellules continuent à évoluer et se transforment en 
substance corticale ; ces colonnettes disparaissent elles-mêmes à l'extrémité 
des crins. Retterer a ainsi retrouvé, à divers niveaux d'un même élé- 
ment, les caractères considérés par Zalenskii comme différentiels de la 
bourre, des jarres et des crins. 

Si mes coupes ne m'ont jamais montré d'axe médullaire sur la bouri'e , 

O Ed. Retterer , Des variations évolutives de ia moelle pileuse (Comptes rendus 
de la Société de Biologie, 27 juin 1908, j). ii3o-ii33). 



— 384 — 

les jarres, par conlie, m'onl préseiilé à ce sujet les plus graudes \aria- 
tious. De ces jarres, j'en ai observé dont la section, elliptique, mesurait 
de lyofxx iiBfjt à aSofxx lûofx, qui étaient dépourvues de moelle; 
d'autres, généralement arrondies et dont le diamètre variait de i5o à 
2i5 fx, en présentaient au contraire; mais il n'y a pas de relation absolue 
entre la forme de la section et la présence de la moelle, car j'ai retrouvé 
celle-ci sur des jarres très aplaties. Sur les plus grosses jarres de la pièce 
étudiée, qui atteignaient, comme je l'écrivais ci-dessus, 826 (x, et qui 
étaient généralement de section plutôt quadrangulaire, avec augles très 
arrondis, que vraiment circulaire ou elliptique, il existait plusieurs axes 
médullaires, très fins; j'ai surtout observé cette disposition sur des jarres 
dont le diamètre dépassait 920 fa, et elle paraît en rapport avec la gros- 
seur de l'élément, la disjonction de l'axe médullaire unique en plusieurs 
colonnettes ne s'effectuant probablement que lorsque le diamèlre est assez 
considérable sur une certaine longueur; l'évolution de la substance mé- 
duUaiie en substance corticale, décrite par Retterer, s'effectue ainsi 
suivant plusieurs axes, ce qui doit avoir pour effet d'assurer à l'élément 
une plus parfaite bomogénéité de structure que si cette évolution n'avait 
lieu que dans la partie centrale. Je signalerai à ce sujet que le canal mé- 
dullaire m'a toujours paru très étroit cbez les Proboscidiens, et préciserai 
ce fait en mentionnant qu'un poil rond, de 200 fx, prélevé sur l'échan- 
lillon représenté ci-contre (PI. IV), possédait un cylindre médullaire de 
62 fx: des poils aplatis, mesurant respectivement i65fxX 100 fx, 200 fx 
Xigofx, et 25ofxxi90fx, présentaient des diamètres médullaires de 
26, 5o et 65 fx. 

Non plus que les divers anatomistes ayant examiné la peau du Mam- 
mouth , je n'ai pu y déceler de glandes cutanées. Le manque de sécrétion 
sébacée, que rien ne paraît avoir suppléé ''\ est ici un fait d'autant plus 
notable qu'il s'accorde mal avec certaines opinions reçues quant à la bio- 
logie du Mammouth. Pour tous les auteurs , l'épaisse fourrure de ce Mam- 
mifère est en rapport avec la rigueur du climat sous lequel il vécut et 

(') Les coupes parallèles à la surface de la peau m'ont fait voir autour des 
poils , entre la racine de ceux-ci et la gaine fibreuse dermique assez bien conser- 
vée, un espace rempli de débris très irréguliers, parmi lesquels des fragments 
mieux conservés, restés plus voisins du poil même et teintés en rouge par le 
picro-carmin , paraissent provenir de la gaine épitiiéliale interne; le reste n'est 
pas colorable. On pourrait se demander s'il n'y aurait pas là quelque trace de 
structure glandulaire; mais, d'après toutes comparaisons, il ne s'agit ici, aussi 
certainement qu'il peut y avoir de certitude avec un matériel de ce genre, que 
de débris appartenant aux gaines éplthéliales, notamment à la gaine épitiiéliale 
externe. 

Le Mammouth doit être considéré comme aussi dépour\u de glandes cutanées 
que le sont les Eléphants actuels. 



Muséum. — M. Neuville. 



Pl. IV. 




Cinliact. [iliol. 



Mammouth. 



Fragment de peau. — En A, poupe perpendiculaire à la surface. — En B , surface, 
monlranl le revêtement pileux (jarre et bourre). Grandeur naturelle. 

(Collections d'Analomic comparée Ju Miiséuiu , ii° igia-Sa.) 



— 385 — 

contre lequel cette fournu-e semble, à première vue, réaliseï- une protec- 
tion efficace; l'absence d'imprégnalion sébace'e infirme cependant ce i-ai- 
sonneraent analogique, car une telle fourrure devait être peu isolante et 
très sensible dans chacun de ses éléments, comme devaient l'être aussi 
les couches superficielles de l'épiderme, à l'action dissociante de l'humidité 
et du gel. Le produit des glandes sébacées a en effet, sur les pi-opriétés 
essentielles du poil, une influence que suffit à remémorer l'un des détails 
de construction des hygromètres de Saussure : on n'emploie, pour établir 
ces appareils, que des cheveux débarrassés par le carbonate de soude ou 
l'éther de la graisse qui les imprègne et provient essentiellement de la 
sécrétion sébacée, ce dégraissage les rendant quatre fois plus sensibles à 
l'action de l'humidité. En ce qui concerne les Mammifères pileux, on ne 
relève cette absence de glandes sébacées que sur un très pelil nombre 
d'espèces: les Unaus (Cholœpus) Aes Taupes dorées {Chrysoc/iloris) sont 
dans ce cas. Celte disparition des glandes qui, par une hypertrophie locale 
les ayant transformées en glandes mammaires, ont entraîné primitivement 
la difft^rencialion de toute la classe des Mammifères , et dont la sécrétion 
assure le respect de l'intégrité anatomique et [)hysiologique des poils et de 
l'épiderme, me semble rappeller ces faits de dégénérescence auxquels 
R. Larger attribue un si grand rôle dans la disparition des phylums'''. 

Chez l'Eléphant, on pourrait être tenté de croire, jugeant superficiel- 
lement, que l'absence des glandes sébacées soit liée à la régression du 
pelage. Mais si, chez l'Homme, l'atrophie de ces glandes est le fait anato- 
mique dominant certains cas de calvitie (calvitie sénile) -', il convient de 
remarquer que , dans ce cas, le cheveu tombe d'abord, la glande ne dispa- 
raissant qu'ensuite; dans la calvitie banale des adultes, la glande sébacée 
s'hypertrophie et rr contraste par son volume avec l'atrophie de tout l'oiga- 
nite pileux. C'est l'annexe qui est alors devenu principal. . . n ^^>; dans ces 
derniers cas de calvitie, les glandes sébacées liypertrophiées continuent 
même à subsister, avec leur suractivité fonctionnelle, longtemps après la 
chute des cheveux. Or chez l'Eléphant, où le pod est rare, et chez le Mam- 
mouth, oi^i i\ est abondant, on observe la même disparition des glandes 
sébacées : celle-ci a précédé, et non pas suivi, la raréfaction du poil chez 
les Proboscidiens actuels. Celte raréfactio;i serait donc un effet plutôt 
qu'une cause de l'absence de glandes sébacées. Et il ne doit pas y avoir, 
dans la concordance ainsi relevée entre le Mammouth et les Éléphants 



(') René L,inGER, Théorie de la Contre-Évoliuion, ou dégénérescence par l'iiéré- 
dité pathologique. Paris, 191-7. 

'^) RÉMr, Sur l'état anatomique du cuir clievelu com|jaré à différents âges de 
la vie et dans certaines conditions palliologiques {Journal de l'Anatomie et de lu 
Physiologie. Paris, 1880, p. 90-iao. PI. 111-V |(voir p. 118-119]). 

'') Idkm, iOid., p. 1 1 i. 



M 



DSEUM. XXIII. 



— 386 — 

actuels d'Afrique et d'Asie, un simple fait de convergence comme entre 
rUnau et la Taupe dorée. Il est vraisemblable , sinon même cer/ain , que 
ce caractère impoitant a été légué au Mammouth et aux Eléphants par 
un ancêtre commun ; pour supputer quel a pu être celui-ci . il faudrait 
remonter fort loin dans la série paléontologique des Proboscidiens , pro- 
bablement jusqu'à la base même de celte série. 



* # 



Je crois pouvoir résumer ainsi la portée générale de ces faits. 

La fourrure du Mammouth ne réalisait contre le froid qu'une protec- 
tion analogue à celle dont jouissent les Taupes africaines et les Unaus de 
l'Amérique centrale et méridionale. Or, outre toutes données géné- 
rales, les mœurs de ces derniers nous sont connues : nous savons qu'ils 
sont très sensibles aux froids, cependant peu intenses, de leurs régions, 
et qu'ils l'edoutent également l'humidité. Le derme du Mammouth était, 
il est vrai, très épais; mais celui des Eléphants l'est à peu près autant, 
tandis que maints animaux polaires , les Rennes par exemple , qui furent 
contemporains du Mammouth et lui ont survécu, ne possèdent pas un 
derme particulièrement épais; il ne faudrait donc pas voir dans ce détail 
nn fait absolument caractéristique de l'adaptation au froid. On a, d'autre 
part, considéré la réduction des oreilles du Mannnouth, qui sont épaisses 
et très petites par rapport à celles des Elépbants , comme le résultat d'une 
telle adaptation; ce caractère peut, en effet, être retenu dans ce sens. Mais 
on a également voulu voir, dans l'adiposité de la queue du Mammouth , une 
adaptation du même genre; c'est cependant avec les Moutons stéatopyges, 
animaux des régions chaudes, se retrouvant jusqu'au centre de l'Afrique, 
que la comparaison s'impose quant à ce dernier caractère. Il semble 
donc que l'on se soit trop hâté de conclure, d'après des apparences insuf- 
fisantes, que le Mammouth était particuUèremeht protégé contre le froid. 
Pai' son épiderme et sa fourrure privés de la protection normale due 
à l'imprégnation sébacée, il s'est même trouvé, quant au climat, dans 
des conditions peu discutables d'infériorité. Et à côté de toutes les causes 
par lesquelles on a tenté d'explicjuer sa disparition (cataclysmes, manque 
de nourriture. . .), il est légitime d'invoquer, en lui attribuant même un 
lôle important, cette infériorité qui jusqu'ici ne semble cependant pas 
avoir été relevée. 

Quant aux Eléphants actuels, qui n'ont subsisté que dans des régions 
chaudes, leur tégument a subi une adaptation toute spéciale. Dépourvu de 
glandes sudoripares et de glandes sébacées, exposé à de nombreuses causes 
d'irritation contre lesquelles ni pelage serré, ni sécrétions cutanées ne le pro- 
tégeaient, et doué d'une sensibilité bien connue, ce tégument a secondaire- 



— 387 



ment acquis, par réaction, le caractère papillomateux que je signalais 
ci-ilessus. Il est intéiessant de constater qu'une évolution parallèle, et dont le 
terme extrême est encore plus accentué, s'observe sur le Rhinocéros. Je re- 
viendrai sur certaines dispositions , extrêmes elles aussi dans leur genre , 
qu'entraîne pour les Éléphants actuels ce mode de réaction. 



27, 



— 388 — 



Conservation avec leurs couleurs naturelles 
DES Poissons gardés en collections, 

PAR M. G. Babault. 

La conservatiou des couleurs des Poissons gardés en collections a 
donné lieu à de nombreux essais qui n'ont pas encore, à ma connaissance, 
fourni les résultats définitifs qu'on en attendait. 

Le problème est du reste assez complexe et n'a apporté, dans la pliq)art 
des cas, que des résultats passagers. 

L'éminent Ichtyologistc Emile Moreau, dans son «Histoire Naturelle des 
Poissons de France n , préconise bien l'emploi du sulfate de zinc comme 
agent conservateur des teintes, mais il ajoute aussitôt : « Celle solution a le 
grave inconvénient d'altérer la structure des écailles, n 

Mou excelleni collègue et ami Cuninghame, dans une publication scienti- 
fique de l'Est-Africain anglais, serre encore de plus près le problème, en 
employant une solution contenant des sulfates de soude et de magnésie, 
dans laquelle il ajoute une proportion de formol pour la conservation des 
tissus, eu ne laissant les Poissons dans ce bain peu nocif que pendant un 
temps assez limité. 

Le moyen de conservation employé par ce naturaliste écbappe par ce 
fait au défaut du bain fort et unique du D' Emile Moreau , ses spécimens 
étant conservés, par la suite, dans une simple solution d'eau et de glycérine 
à égalité. 

Malheureusement deux défauts nouveaux , probablement dus au formol, 
se manifestent après un temps , il est vrai , souvent très long. 

1° La disparition des couleurs chez certains Poissons, dont on peut 
cependant faire réapparaître les teintes en immergeant les sujets ilans 
l'alcool. 

2° La dureté des spécimens, qui empêche leur étude analomique. 

Me servant des principes découverts par mes devanciers, je fis cet hiver 
de nouveaux essais, dont les résultats semblent avoir été suffisamment 
satisfaisants pour mériter d'être publiés. 

Mes premières études se portèrent sur la recherche des effets chimiques 
sur la peau et particulièrement sur les pigments des Poissons, qui me 
poussèient à écarter toute action vraiment acide dont les effets décom- 
posent les écailles et souvent les tissus eux-mêmes. 



— 389 — 

Je formai ensuite les principes de pinsieurs solutions que je re'duisis 
par élimination aux deux suivantes : 

I. Chlorure de soude 2 

Sullate de magnésie, l\ 

Sulfate de potasse 2 

Bichlorure de mercure. 2 

Eau distillée 100 

(2i5i55. 

I I. Chlo( ure de soude. . , , 1 ,5 

Sulfate de magnésie 3 

Sulfate de soude 3 

Bichlorure de mercure 2 

Eau distillée 100 

(31A079.) 

Les sujets, suivant leur taille, doivent rester dans une de ces solutions 
un temps plus ou moins long, variant de 2 4 heures pour les tout petits 
sujets, à ou U jours pour des spécimens pesant environ une livre 
chacun. 

Il ne faut pas en effet perdre de vue qu'une immersion trop longue est 
aussi nuisible que le passage trop rapide dans un de ces bains, et que la 
conservation définitive en dépend entièrement. 

Me basant sur mes essais personnels, je formulais ensuite la composition 
du bain conservateur comprenant : 

1. Glycérine (jo 

Eau distillée 100 

Sulfate de magnésie 1 

Sulfate de soude 1 

Bichlorure de mercure 9 

(214985.) 

11. Glycérine (3o 

Eau distillée 100 

Sulfate de magnésie 1 ,3 

Sulfate de potasse 0,8 

Bichlorure de mercure 2 

(215157.) 

La forte proportion de glycérine adoptée dans les solutions ci-dessus 
vient du fait qu'à trop faible dose ce produit ne dessèche pas suffisamment 
les tissus internes qui s'amollissent au point que les Poissons perdent toutes 
leurs formes, sans toutefois perdre leurs couleurs. 



— 390 — 

Un moyen intormédiaire pour remédier à cet inconvénient consiste 
bien à ajouter environ 7 gr. p. 1 00 de chlorure de sodium à un bain con- 
tenant seulement 7,60 p. 100 de glycérine, mais malheureusement ce sel 
a l'inconvénient de ne pas respecter certaines teintes qui disparaissent 
sous son influence. 

Pour la conservation des sujets de grande taille , je suis d'avis d'em- 
ployer la méthode de Cuninghame, cpii prescrit d'enfoncer aussi profon- 
dément que possible sous la peau, aux quatre coins de chaque centimètre 
carré de celle-ci, une lancette à double tranchant que l'on fait ensuite 
mouvoir de droite à gauche pour permettre à la solution d'agir intérieure- 
ment. Cette manœuvre devra, bien entendu, être faite eu prenant soin de 
ne pas abîmer les organes internes , ni détacher les écailles sous lesquelles 
on glissera le stylet avec toutes les précautions désirables. 



391 — 



GONOPLACIDÉS ET PiNNOTHÉRIDKS NOUVEAUX 

RECUEILLIS 

AU COURS DES CAMPAGNES AMERICAINES DU fHASSLERn ET DU f'BLAKK^, 

PAR M. E.-L. Bouvier. 



Chasmocarcinus Rathbuni sp. nov. 

La carapace est plus large que longue et fortement élargie en arrière 
où ses flancs s'étalent pour lui donner sa largeur maximum à la hase des 
pattes ambulatoires de la deuxième paire. Elle est partout couverte de 
petits granules. Le front est divisé en deux lobes arrondis que se'pare une 
échancrure; les pédoncules oculaires sont appliqués dans les orbites qu'ils 
débordent en avant sur toute leur longueur, ils sont mobiles et s'atténuent 
beaucoup à leur bout distal où ils se terminent par une petite cornée 
noire. La largeur fronto-orbitaire égale la moitié de la plus grande largeur de 
la carapace. Des granulations très distinctes sont uniformément répandues 
sur toute la surface de cette dernière, qui est fortement déclive en avant, à 
peu près sans convexité' dans le sens transversal. Une paire de dépressions 
indique de chaque côté la limite postérieure de la région gastrique; il en 
part de chaque côté un sillon qui se dirige postérieurement et, avec sou 
congénère du côté opposé, délimite ime aire cardio-intestinale en forme 
d'écusson. 

L'article basilaire des antennules est arrondi, mais tronqué du côté des 
pédoncules oculaires contre lequel il vient s'appuyer ; l'article suivant est 
un peu plus long que le dernier, qui égale lui-même en longueur, à peu 
près, le fouet très réduit. Les pédoncules antennaires sont petits et fort 
éloignés du front; leur fouet, dans notre exemplaire, se réduit à deux 
articles assez forts et ne paraît pas devoir en comporter davantage. Les 
maxillipèdes postérieurs sont très largement séparés , et dirigés d'avant en 
arrière ; leur méropodite est un peu plus court que l'ischiopodite et arqué 
sur son bord extérieur. 

Les chélipèdes sont un peu inégaux, le droit étant un peu plus long et 
plus fort que le gauche. Leur méropodite est inerme , mais finement gra- 
nuleux en dehors; comme les pattes ambulatoires, les autres articles sont 
unis et à peu près totalement dépourvus de poils ; on observe quelques 
courtes soies sur les doigts des pinces et au bord supérieur du méropodite 



— 392 — 

de la glande patle ambulatoire. Les pinces sont assez fortement compri- 
mées de dehors en dedans ; leurs doigts conligus présentent de petites 
dents nombreuses et égalent à peu près deux fois en longueur le bord 
supérieur de la portion palmaire. Le carpe est un peu plus long que 
lan>^e, convexe on dehors, armé sur son bord interne d'une longue épine 
diiigée en avant. Les pattes ambulatoires sont totalement inermes ; leur 
doigt égale à peu [)rès en longueur le propodile ; celui des pattes pos- 
térieures est médiocrement inlléchi en dehors. 

L'abdomen du mâle est assez nettement triangulaire ; son troisième 
article n'est pas notablement plus large que les articles contigus, car ses 
bords ai'rondis ne se prolongent pas en coin, par là le C. Hnthhum diffère 
des autres espèces du genre. 

llabilat , njfimlès. -^ Hassier ; lat. S. Sa", long. 0. 5a° i5', parages de 
Rio-Grande do Sul : 70 brasses. Un mâle : longueur à m. 2 , largeur 
fronto-orbitaire 9 m. 5, largeur maximum 5 mètres. 

Cette espèce se rapproche surtout du C. cylindricus qui en diffère par sa 
caj'apace plus large, par ses chélipèdes à carpe court et inerme, par ses 
pattes ambulatoires frangées de poils longs et serrés. Le C. cylindricus 
parait commun à Porto-liico oi!i on le trouve depuis 7 brasses jusqu'à 176 ; 
le C. ti/picus fut trouvé au nord de Trinidad par 3 1-06 brasses, et le 
C. ohliqims aux Bahamas par 97 brasses. 



Famille des PINNOTHERIDAE. 
Genre Pinnixa A. White. 

Pinnixa rapax sp. nov. 

La carapace est paitout rugueuse à cause des granulations irrégulières 
qui la i-ecouvrenl; entre ces granulations s'implantent en grand nomhre 
de courts poils au milieu desquels on voit s'élever çà et là des soies ar- 
([uées. Abstraction faite de l'abdomen qui est uni et de la face sternale où 
les granulations et les poils sont à peine sensibles, les caractères de la 
carapace sont les mêmes pour le test des appendices ; poils et soies sont 
j)articulièrement bien développés sur les chélipèdes et sur le méropodite 
des pattes ambulatoires ; les granulations deviennent plus fortes sui' le bord 
supérieur de la portion palmaire. En certains points du carpe et de la face 
dorsale de la carapace, la pilosité a disparu, sans doute à la suite du frotte- 
ment. 

La carapace est près de deux fois aussi large que longue, franchement 
infléchie en avant dans la région frontale, fortement aussi sur les côtés 



— 393 — 

dans les régions branchiales. Les aires et régions du lest y sont bien indi- 
quées en général. Le bord frontal est un peu obliquement tronqué à droite 
et à gaiiche du milieu, où il fait légèrement saillie. Les pédoncules oculaires 
sontcourls, profondc'nient logés dans leurs orbites. Le pédoncule des an- 
tennes ne touche pas tout à fait le front et se termine par un fouet d'une 
dizaine d'articles dont les premiers sont plutôt forts. 

Les maxillipèdes postérieurs sont très caractéristiques, en ce sens que 
leurs deux articles terminaux forment une pince analogue à celle des Cre- 
vettes du genre Ortmannia et sont, comme cette dernière, munis d'un long 
bouquet de soie terminal. Cette pince est formée par le doigt qui dépasse 
à peine un grand prolongement dactyliforme du propodile. Le carpe est 
réduit ; la pièce formée par la fusion de l'ischiopodite et du méropodite 
est un peu plus large que longue. 

Les pinces ne sont pas moins caractéristiques : subchéliformes plutôt 
que chéliformes, elles ressemblent beaucoup aux pinces de nos Cran- 
gons ; leur propodite s'élargit de la base au sommet où il forme à l'extré- 
mité de son bord inférieur une sorte de griffe qui représente le doigt 
fixe; quant au doigt mobile, il vient s'appliquer exactement contrôle bout 
distal tronqué de la portion palmaire où ses dents triangulaires s'en- 
grènent parmi les dents analogues de ce bord. Le carpe est court, inerme, 
arrondi en dehors ; le méropodite est dilaté dans sa partie terminale. Cette 
partie , comme la face interne des pinces , présente des poils plus nombreux 
et plus longs. Les pattes ambulatoires sont inermes, et leurs doigts à peu 
près de la longueur du propodite. Celles de la quatrième paire sont à 
peine plus réduites que celles de la première ; comme de coutume , les 
pattes de la troisième paire sont bien plus développées que les autres. 
Dans notre exemplaire, leur méropodite égale en longueur la carapace. 

Les bords de l'abdomen du mâle sont régulièrement arqués. Tous les 
segments sont bien séparés par leurs lignes articulaires ; mais les segments 
2 ta 5 paraissent immobiles les uns sur les autres; le dernier segment 
abdominal est court et ses bords sont arrondis. Les appendices sexuels de 
la première paire sont forts et largement obtus à leur sommet qui atteint 
presque le septième segment abdominal. 

Habitat, ajînités. — Hassier : lat. S. 37°/i2', long. 0. ôC'ao; au S. de 
l'embouchure de La Plala ; 44 brasses. Un mâle adulte qui mesure 3 mm. 8 
de longueur, sa largeur maximum étant de 7 millimètres et sa largeur 
fronto-orbitrire de 2 mm. 1. 

Je donne à celte espèce le nom de rapax à cause de la structure de ses 
maxillipèdes postérieurs et de ses chélipèdes. Elle doit, je pense, présenter 
des affinités étroites avec la P. monodactyla Say, qui, d'après le tableau 
donné par M"" Rathbun [American Naturalist, 1900, p. 689), n'a pas de 
doigt fixe autres que l'extrémité spinifornie de la région palmaire. Mais 



— 39^ — 

j'ignore tout du P. monodactyla que M"' Rathbun, d'ailleurs, range avec 
doute parmi les espèces américaines. La P. cylindrica Say est également 
fort voisine, mais ses pinces se rapprochent déjà bien davantage du type 
normal. 

Genre Dissodaetylus S. I. Smith. 

Ce curieux genre est remarquable par la structure des trois paires de 
pattes ambulatoires antérieures dont le doigt est bifide et terminé par deux 
griffes, ce qui permet peut-être à l'animal, comme le pense M"" Rathbun, 
de se suspendre à des corps étrangers. Il fut établi par S. I. Smith, en 
1869 , pour une espèce de Panama qui reçut le nom de D. nitidus; depuis, 
M"' Rathbun y a rattaché deux autres espèces qui se tiennent sur les Oui'- 
sins : une espèce de Floride, le D. melUiae, signalé d'abord sous ie nom 
d^Echmophorus mellitae (1900), et le D. exco^et qui se trouve dans les mers 
de Porto-Rico. 

Le Blake a capturé trois autres formes qui jettent quelque lumière su)' 
l'évolution de ce genre. On sait que les Dissodactylus appartiennent au 
gioupe des Pinnolhériens où l'ischiopodite et le méropodite des maxilli- 
pèdes postérieurs sont intimement fusionnés eu une seule pièce qui occupe 
la presque totalité du cadre buccal ; on sait aussi qu'ils se rapprochent des 
Xanthasia et des Ostracotheres par ce fait que le doigt des mêmes maxilii- 
pèdes a complètement disparu au bout du propodite qui est d'ordinaire 
tronqué. Or, dans l'une de nos espèces, le cèpe et le propodite de ces 
maxillipèdes sont encore très développés, et sur l'angle postérieur de la 
truncature terminale du propodite s'articule un doigt réduit mais fort dis- 
tinct: d'où le qualificatif de primitiviis attribué h cette espèce. Dans une 
seconde forme que nous appelons rugutus, à cause des nombreuses stries 
transversales qui font ressembler sa carapace à celle d'une Porcellane, le 
doigt disparaît et les deux autres articles sont réduits l'un et l'autre à un 
cylindre court et fort grêle ; cette espèce est à un stade évolutif bien plus 
avancé que les autres Dissodactyles jusqu'ici connus, car ces derniers 
ressemblent an primitivus par le développement du carpe et du propodite , 
mais ne présentent plus aucune trace du doigt; enfin, dans la troisième 
que nous appelons juvenilis, et qui se tient à une certaine profondeur, 
il nous a été impossible de trouver la moindre trace des trois articles ter- 
minaux et le cadre buccal est occupé entièrement par la grande pièce 
ischio-méropodiale qui représente la terminaison des maxillipèdes posté- 
rieurs. 

Dissodactylus primitivus sp. nov. 

La carapace est arrondie eu avant, puis à peu près de largeur égale, 
mais pincée au niveau des assises braochiales, de sorte que le dos se rétrécit 



— 395 — 

heaucoiip en cet endroit, disposition qui est rendue très apparente par 
le fait qu'il est complètement lisse et luisant, tandis que les parties laté- 
rales sont recouvertes d'une pubescence qui devient très longue dans les 
régions ptérygostomiennes. 

Les antennules sont à peine distinctes, cachées qu'elles sont dans la fente 
transverse comprise entre le bord frontal et l'étroit épistome ; les orbites 
très réduites logent des pédoncules oculaires fort petits où l'on distingue 
encore l'indication d'une cornée vaguement noirâtre. Les antennes sont 
représentées par une suite de six ou sept articles d'autant plus réduits 
qu'ils sont plus près du bout distal ; leurs deux articles basilaires sont 
assez forts et nichés entre la base des pédoncules oculaires et la ren- 
contre de l'angle frontal externe avec l'extrémité correspondante du fdet 
épistomien. 

La pièce à peu près rectangulaire formée par la fusion de i'ischiopodite 
et du méropodite des maxillipèdes postérieurs ne couvre guère que les 
deux tiers du cadre buccal ; le reste est occupé par les trois articles ter- 
minaux qui forment un palpe volumineux rabattu contre elle et un peu 
sous elle. Le carpe et le propodite de ce palpe sont plus longs que larges ; 
le premier de ces articles est un peu arqué et se dilate de la base au som- 
met, le propodite est à peu près d'égale largeur dans toute son étendue; 
à l'angle postérieur du bout tronqué de cet article vient s'articuler un 
doigt ovoïde très étroit et fort court, mais mobile. Le palpe ainsi formé 
présente une touffe de trois longs poils sm* les parties avoisinantes du 
carpe et du propodite; rabattu contre la pièce ischio-méropodiale, il 
atteint à peu près la base des maxillipèdes. 

Les chélipèdes sont unis, lisses et inermes comme les pattes ambula- 
toires ; on trouve en certains points des poils assez longs sur le méropodite , 
quekjues stries pilifères sm* la face dorsale du carpe et une frange anté- 
rieure de courts poils sur le bord antérieur du même article, enfin des 
stries transversales garnies antérieurement de courtes soies raides sur la 
face externe des pinces. Ces dernières sont plutôt longues, assez fortement 
convexes en dehors et légèrement infléchies vers le bas. Leurs doigts, à 
peine dentés, sont un peu plus courts que la portion palmaire , contigus au 
sommet, faiblement écartés plus près de leur base. Les pattes ambulatoires 
sont courtes et fortes, avec de longs poils marginaux, surtout au bord 
supérieur du méropodite. Le doigt styliforme est à peu près de la longueur 
du propodite ; sa seconde griffe est très en arrière de la première et beau- 
coup plus courte. Le doigt des pattes postérieures est bien plus court et le 
propodite qui le porte est presque triangulah-e. 

Habitat, affinités. — Blake ; N" ii, 87 brasses, lat. N. ^li°àd' , long. 0. 
83°2 5'. Détroit de Floride. 

Une femelle ovigère dont la carapace mesui'e 7 millimètres de longueui" 



— 396 — 

sur 9 mm. 2 de largeur. Son très large abdomen esl absolument lisse et 
se tei'mine par un article largement triangulaire, à sommet arrondi. 

Cette espèce présente quelque ressemblance avec le D. cncopei, 
mais sa carapace est plus étroite, les griffes de ses doigts bifides sont 
bien plus éloignées et bien plus inégaies, enfin le palpe de ses maxilli- 
pèdes esl beaucoup plus développé et bien plus priuiilif paice qu'il 
présente encore un doigt. 

Dissodactylus rugatus sp. nov. 

La carapace est arrondie en avant, à bords parallèles |)lus en arrière, 
infléchie dans la première de ces parties, à peu près plate dans la seconde; 
quoique luisante, elle est partout traversée par de nombreuses lides très 
saillantes dont le bord antérieur abrupt ne porte pas de soies. H y a une 
dent tiiangulaire obtuse sur le bord latéro-anlérieur, un peu avant le 
point où les bords deviennent parallèles; à la rencontre de ces deux sortes 
de bord, il y a également une saillie, f.e front est écbancré au milieu, 
il proémine sur les orbites où les pédoncules oculaires sont encliassés, 
peut-être même soudés, car ils m'ont paru immobiles: on y voit pourtant 
une tache cornéenne. Les antennules ont la structure normale, mais on ne 
voit pas trace d'antennes, et je suppose que ces appendices sont réduits à 
leur base qui serait soudée avec les parties avoisinantes. 

La pièce formée par la soudure de l'ischiopodite et du méropodite des 
maxillipèdes postérieurs a la forme d'un triangle à sommet antéi-ieur: elle 
occupe tout le cadre buccal, car le palpe se réduit à deux articles minus- 
cules qui en occupent l'extrémité où ils se rabattent en arrière. 

Les pattes sont faibles, luisantes et marquées de nombreuses rides qui 
sont pai'ticulièrement bien développées sur les chélipèdes, peu apparentes 
sur les pattes ambulatoir, s. Les pinces sont égales, semblables, larges 
tout au plus comme le carpe, comprimées latéralement et un peu inflé- 
chies sur leur bord inférieur; leurs doigts conligus sont légèrement plus 
cour ts que la portion palmaire. Le doigt à deux griffes des pattes ambula- 
toires est plus court que le propodite, presque aussi large à fexli'émité 
qu'à la base; sur sa face antéro-supérieure un peu convexe, il présente une 
sillon longitudinal qui aboutit entre les deux griffes; l'une de celles-ci, la 
supérieure, est plus grêle et un peu plus longue que l'autre; il y a une 
brosse de poils sur le bord coi-respondant à cette dernière. L'abdomen 
de la femelle est bien plus large que long, lisse, sans lides, mais garni de 
ponctuations serrées siu* le 7" segment (qui est largement mais obtusé- 
ment tronqué), et sur la partie nvoisinante du 6% 

llahitat. — Blalce : N" 177, 118 brasses, Dominique. 

Une femelle adulte dont la carapace mesure A millimèlres de longueur 



— 397 — 



el 5 mm. 5 de largeur maximum. L'exemplaire est incomplet; il a ses 
deux pinces et deux pattes ambulatoires ([ui appartiennent à celles où les 
(loig-ls ont deux griffes. 

Par ses rides et la forme de sa carapace, celte espèce ne ressemble à 
aucun autre Pinnothérien : pour la réduction extrême du palpe des 
maxillipèdes postérieurs, elle conduit à la suivante. 



Dissodactylus juvenilis sp. uov. 

Cette espèce est remarquablement lisse et luisante dans toutes ses par- 
ties. Sa carapace est régulièrement arrondie dans toute sa moitié antérieure 
où son bord est mince et trancliaiit ; elle atteint sa plus grande largeur au 
niveau antérieur des régions branchiales: plus en arrière, elle est un peu 
pincée latéralement; partout, sauf dans sa parlie postérieure, elle s'inflé- 
chit un peu en appi-ochant des bords. Le front est tronqué, légèrement 

concave. 

Comme dans l'espèce précédente, les pédoncules oculaires sont immo- 
biles et enchâssés dans leurs orbites, encore cju'ils présentent une cornée 
d'un brun pâle ; comme dans cette dernière également, les antennes doivent 
être réduites à leur base et fusionnées avec les parties avoisinanles. Les 
antennules sont réduiles et profondément cachées sous le front. 

Les maxillipèdes postérieurs sont réduits à une sorte de lame spaluli- 
forme où il ne m'a pas été possible de découvrir même les rudiments d'un 
palpe: ils occupent tout le cadre buccal qui a la forme d'un triangle dont 
le sommet antérieur est largement arrondi. 

De tous les appenflices locomoteurs je n'ai pu étudier que la patte ambu- 
latoire gauche de l'avant-dernière pair.\ Elle est très comprimée latérale- 
ment; sou bord supérieur est mince dans le prôpodite et presque tran- 
chant dans le méi'opodite qui est assez volumineux et un peu élai-gi à sa 
base. Le doigt est plus court que le piopodile , un peu rétréci à l'extré- 
milé distale où il se bifurque en deux courtes griffes dont l'inférieure est 
un peu plus courte que la supérieure. 

L'abdomen est bien i»lus long que large; son dernier article est un 
triangle à large base dont les côtés sont un peu concaves et le sommet 
arrondi. 

Habitat, affinités. — Blahe : N° 36, 84 brasses, lat. N. aS'iS', long. 0. 
89°,! 6', au nord du Yucatan. 

Deux femelles adultes, l'une réduite au corps, l'autre munie d'une patte 
ambulatoire. Ce dernier exemplaire mesure 7 millimètres de longueur et 
9 mm. 5 de largeur maximum. 

Par la forme et le luisant de sa carapace, cette espèce ressemble assez 



— 398 — 



au D. encopei Rathbun , mais cette dernière présente encore des maxiiii- 
pèdes postérieurs normaux , à propodite et carpe bien développés , et ses 
pattes ambulatoires, au lieu d'être à peu près nues, sont frangées de longs 
poils. Il y a sans doute bien d'autres différences, car M"' Rathbun ne parle 
ni des pédoncules oculaires, ni des antennes, et, d'autre part, nos exem- 
plaires sont dépourvus de leurs chélipèdes et de leurs pattes ambulatoires 
postérieures. 



— 399 



RÉSISTANCE VITALE DE QUELQUES LARVES d'IsSEGTES, 

PAR M. Alphonse Làbitte. 

J'ai reçu de M. le D' Gros, de Mascara (Algérie^, une note à laquelle 
j'ajouterai le résumé d'observations qui me sont personnelles. 

Elle a été publiée dans le Bulletin d'Histoire naturelle de l'Afrique du 
Nord (t. VIII, n° 9, i5 févr. 1917). Elle renferme l'observation de larves 
de Slratomya anubis ( Wiedemann). Afin de photographier facilement une 
de ces larves et une larve de Pelania mauritanien (E.), M. le D' Gros 
les renferma dans un flacon contenant une solution très concentrée de 
cyanure de potassium. Il retira les larves au bout d'un quart d'heure; 
celle de Pelania était morte, celle de Stratomijs ne paraissait avoir aucune- 
ment souffert. Il remit cette dernière dans le cyanure et l'y laissa 
28 heures. Getle fois elle était bien morte. 

Il mit trois autres larves du même insecte dans un flacon d'alcool à 96° 
et les y laissa pendant ai heures 1/9. Elles ne semblèrent pas avoir perdu 
de leur vitalité dans cette immersion prolongée. Il les remit dans l'alcool, 
toujours à 95°: elles y restèrent un total de 106 heures 1/2. Lorsqu'il les 
retira, les larves parurent avoir succombé, mais, au bout de 60 minutes, 
le D' Gros s'aperçut que l'une d'elles donnait des apparences de vie; en 
effet, quelques instants après elle se déplaça, et il fut convaincu qu'elle 
avait résisté à son long séjour dans l'alcool. Une seconde larve, quelque 
temps après, fit des contractions sous l'influence du soleil. La troisième 
était morte. 

L'expérimentateur plaça un nouveau sujet dans un flacon d'éther sulfu- 
rique officinal. L'insecte était encore vivant au bout de 28 minutes. 

Continuant ses expériences sur les larves de Stratomtja, le D' Gros 
plongea dans un flacon de glycérine oflicinale la première larve qui avait 
survécu à l'immersion dans l'alcool à 96° après y être restée 106 heures. 
Dans la glycérine elle resta 10 jours et ne mourut pas, elle se chrysalida 
et donna naissance à un adulte mâle , parfaitement conformé. 

Une autre larve, noyée dans du formol à ko\ ne cessa de vivre que 
2 4 heures après son immersion, non d'aspliyxie, mais de l'action caustique 
du formol sur ses tissus. 

Placée dans une fiole d'huile d'olive surfine, une larve de Stratomys 
anubis vécut 72 heures. 



— ZiOO — 

Dans on llacon de benzine, un autre sujet d'expérience fut plongé : il y 
resta pendant 2 heures 1/2 et fut relire vivant. Mis ensuite dans un bain 
de pétrole (auréole), il en fut encore letiré vivant au bout de 5 heures. 
La même larve fut ensuite mise dans une fiole d'essence de térébenthine, 
elle y demeura 26 heures et en fut encore retirée vivante. 

Ces diverses expériences nous donnent des faits absolument nouveaux 
sur la résistance vitale des larves de Slndomys; il serait d'un grand intérêt 
à voir se développer celte étude sur l'ensemble larvaire de nos Insectes , 
principalement sur ceux qui jouent un rôle si important dans l'économie 
domestique et agricole. 

M. Schultze , dans Contribution à la vie des larves de Drosophila rdbro 
STRiATA (Becker) [Zoologischer Anzeiger, Leipzig, 27 févr. 1912,1. XXXIX, 
n°' 5 et 6, p. 199), a constaté la présence de larves et d'adultes de 
Drosophila rubrostriata dans des têtes de Nègres baignant dans le formol; 
les uns et les autres y vivaient comme dans leur habitat naturel. 

M. A. Chappelier, dans la Feuille des jeunes Naturalistes ( 1" mars 191 3, 
n" 607, p. 55), signale le développement de Pliora Bergenstamiui (Mik.) 
et de Phora rufipes (Meigen) sur des cadavres de Serins momifiés par le 
formol. M. Mansion, également dans la même revue (1" avril 1918, 
n" 5o8, p. 76), cile la présence de larves vivantes sur une peau de Héris- 
son conservée dans une solution diluée de formol. 

J ai été à même d'observer, lors de mon dernier séjour au château de 
Préleforl, dans le Loiret, la résistance de larves de Cetonia aiirata. Je les 
avais déterrées du terreau et oubliées sur une margelle de pierre. Elles y 
restèrent du 12 décembre 1916 au 12 mars 1917; elle subirent toutes 
les rigueurs de la tompéralure; en janvier et en février, le thermomèlre 
oscilla enlie o" et 1 8 " au-dessous de zéro ; cette dernière température eut 
une durée de 8 jours. Elles n'en souiïrirent aucunement, bien qu'en ces 
jours de froid excessif elles eussent l'apparence, la rigidité et la dureté de 
véritables glaçons. 



àO] — 



UdIE EATRAOBDINAinE AbERRATIOy GESITALE 
d'us OkTHOPTÈHK ACRIDIDE, LE PaMPHAGUS NUMIDICUS PoiKET, 

PAR M. Alphonse Labitte. 



M. le D' Gros relate le fait suivant : Une femelle de Pamphagus iiuiiii- 
diciis, mise en cage avec un mâle, mourut; 7 ou 8 heures après sa mort, 
le mâle s'en vint vers elle et s'y accoupla. Le coït dura plus de 3 heures. 

M. Pierre Lesne, Assistant à la Chaire d'Entomologie au Muse'um, a e'ic 
à même d'observer un accouplement entre une femelle morte de Musca 
domestica et un mâle: il doit publier prochainement les notes qu'il a prises 
sur cet hymen anormal. 

J'ai été moi-même témoin d'une semblable aberration. 

Au mois d'octobre 191^, me trouvant à la Bouquinais, aux environs 
de Rennes, je capturai une femelle lYOrgya anhqua L. , que je mis dans 
le flacon de cyanure. Je l'y laissai a/t heures, et la retirai complète- 
ment morte. Je la piquai sur une planchette d'agave, au milieu d'autres 
Insectes. Ma fenêtre restait ouverte toute la journée, et assez tard le soir. 
La table où se trouvaient les Insectes piqués était distante de la fenêtre de 
2 mètres environ. Il y avait déjà 5 ou 6 jours que mes bêles séchaient, 
j'attendais le moment favorable pour les placer dans ma boîte de collection, 
lorsque je vis un petit Lépidoptère voleter au-dessus de la plancbelle d'agave 
et venir s'abattre sur la femelle iïOrgjja. C'était un mâle; il s'accoupla 
aussitôt avec le cadavre delà pauvre aptère déjà presque sec. Après un (|unrt 
d'heure de cet accouplement, je capturai le macabre amoureux et 1(^ mis 
lui-même dans le Jlacon à cyanure. Les deux acteurs de la scène que je 
décris lignrent aujourd'hui dans ma collection d'animaux morts. 

Nous ne sommes pas encore parvenus à connaître ou à analyser les 
effluves qui s'échappent des Insectes. Si les antennes jouent un rôle dans 
le sens olfactif, je crois qu'elles ne sont pas le seul siège ni les seuls appa- 
reils de ce sens; les stigmates par les voies trachéennes peuvent aider aux 
rayonnements ou à l'absorption des effluves qui s'en dégagent ou qui y 
pénètrent; ils doivent même, un certain laps de temps après la cessation 
de vie, conserver une action assez énergique, surtout chez les femelles, 
pour avertir et attirer le mâle pourvu lui-même du même appareil, mais 
peut-être avec un foyer d'effluves moins puissants ou d'un rayonnement 
plus restreint. 

MuSKUM. — xxui. 28 



^02 — 



Notes sur les espèces du genre Spoxdylus décrites par Lamarck 

(Fin), 
PAR M. Ed. Lamy. 



SPO.NDYLIJS COCCINEUS. 
(Lamarck, Anim. s. vert., VI, i" p., p. 190.) 

Lamarck a admis pour cette espèce, à côté d'une forme typique a, à 
épines assez rares, deux variétés : l'une b, a épines plus petites et plus 
nombreuses; l'autre c, à sillons tous mutiques. 

Dans la Collection du Muséum de Paris, la forme a n'est pas repi-ésentée , 
mais on y trouve deux individus déterminés par lui et se rapportant chacun 
à une des variétés : ils appartiennent , en réalité , à deux espèces très dif- 
férentes. 

Un exemplaire étiqueté Sp. coccineus var. [c] est une grande coquille 
(85x65 mm.), ornée de côtes complètement inermes, qui présente sur 
chaque valve une couleur presque uniforme, rouge foncé sur la supé- 
rieure, jaune orangé sur l'inférieure. 

Ce spécimen confirme donc l'opinion de M. Fulton (igiS, Journal of 
Conchol, XIV, p. 336), qui admet que le Sp. coccineus Lk. concorde bien 
avec les coquilles représentées sous ce nom par Chenu , pi. XIV et pi. XV 
(i865, lUmtr. Conch.) : il esl possible qu'il en soit de même pour la 
ligure 9 de la planche XXV, qu'il regarde comme douteuse, mais qui cor- 
respond peut-être à cette variété c. 

Parmi ces coquilles figurées par Chenu, les unes sont d'un rouge foncé, 
les aulres d'un rouge vif : c'est avec ces dernières qu'il place évidemment 
le Sp. microlepos Lk. , dont il fait une variété du coccineus. 

L'autre individu, étiqueté par Lamarck Sp. coccineus var. [b] et ayant 
/i8 millimètres de diamètre, est muni de petites épines nombreuses : la 
région umbonale offre des taches rouges sur un fond blanc, le reste de 
la coquille est rose avec zones radiales rougeâtres plus foncées. 

Sur le carton portant cette coquille, on a ajouté, postérieurement à La- 
marck, le nom de Sp. lima Chenu : effectivement, elle paraît correspondre 
à la figure de cette espèce dans Chenu (i8/i5 , loc. cit., pi. XXIV, fig. 7). 



— à03 — 

Mais, d'autie part, elle peut être assimilée aux ligures données pour le 
Sp. cocciueus par Reeve(i856, Conch. Icon., pi. XII, fig. hli, et pi. XVIII, 
%. hh b) et même par Sowerby (18/18, Thés. Conch., I, p. Zi3o, 

pi. Lxx XVIII, fig. li^y 

Or les coquilles ainsi figurées par Reeve et par Sowerby, qui corres- 
pondent donc à la variété b de Lamarck, sont, d'après M. Fulton (1916, 
Journal ofCoiiclioI., XIV, p. 336) des variétés de Sp. hystiix Bohen = nico- 
haricHs Ghemnitz. 

En particulier, le Sp. coccineiis Reeve concorderait complètement, d'après 
M. Lynge (1909, Méni. Acad. R. Se. Leltr. Danemark, f s., V, p. i5o) 
avec le Sp. ocellatus Reeve (pi. XII, fig. 63), rattaché aussi comme variété 
par M. Fulton au Sp. hi/strla'''^K 

D'un autre côté, le Sp. nicobaricus Cliemu. a reçu de Lamarck le nom 
de Sp. radians, et nous verrons ci-après qu'en effet les types de ce radians 
doivent êlre rapportés pareillement à ce coccineus Rve. = coccineus Lie. var. b. 

Enfin ce Sp. coccineus Rve. a été également identifié par von Martens 
(1902, Rumphius Gedenkboek, Molluslcen, p. 128) au Sp. zonalis Lk. (voir 
plus loin). 

Par conséquent, toutes ces formes, coccineus Lk. var. 6, lima Chenu, 
coccineus Sowerby, coccineus Reeve, ocellatus ]\\e., zonalis Lk., sont des 
synonymes ou des variétés du Sp. nicobaricus Ghemnitz = hystria; Rolten 
= radians Lamarck. 

Spondï'lus crassisquama. 
(Lamark, loc. cit., p. 191.) 

Malgré l'indication qu'on trouve dans les Animauœ sans vertèbres, il 
n'y a, au Muséum de Paris, aucun échantillon nommé par Lamarck Sp. 
crassisquama. 

Bien qu'elle soit indiquée des mei'S de l'Inde par Lamarck , Sowerby 
(18A8, Thés. Conch., I, p. 629, pi. LXXXV, fig. 17, pi. LXXXVIII, 
fig. /i5)'-) identifie à cette espèce le Sp. pictorum Ghemnitz (1786, Conch. 
Cab., VII, p. 9/1 , pi. LXIX, fig. E, F) de la côte Ouest américaine, et il lui 
réunit également les Sp. dubius, leucacantha et princeps de Broderip (i833, 
P. Z. S. L., p. /iet5). 

M. Fulton (1915, Journal qf Conchol., XIV, p. 356) ajoute à cette 
synonymie Sp. basilicus Reeve (i856, Conch. Icon., pi. XI, W^. In). 

(') D'après M. Lynge (1909, loc cit., p. i5i), ie Sp. maculaius Cliemnilz 
(1784, Conch. Cab., Vil, p. 78 et p. 63, 9° vignette, c) serait aussi élroilemeul 
allié à ce coccineus Rve. = ocellatus Rve. 

'^' La figure 17 (pi. LXXXV) de Sowerby paraît à l\i. Fulton {loc. cit., 
p. 356) d'une détermination Jouteuse. 



— hOà — 

Lamarck signale le Sp. crassisquama comme se trouvant fossile à Car- 
thagène (Colombie) : M. J. Favre (1916, Catai ill. Coll. Lamarck, Mus. 
Genève, pi. XII, fig. 09) propose de restreindre le nom de crassisqmina a 
ce type éteint , dont le Sp. pictorum semble être une mutation plus orne- 
mentée. 

SpONDYLUS SPATHL'LIFERUS. 
(Lamarck, Ivc. cit., p. 191.) 

Contrairement à ce qui est indiqué dans les Animaux sans vertèbres, 
aucun représentant de cette espèce déterminé par Lamarck n'a pu êlrc 
retrouvé dans la collection du Muséum de Paris. 

Lamarck a donné ce nom de Sp. spathuliferus a la coquille figurée par 
Chemnitz (178/1, Conch. Cab., Vil, p. 87, pi. XLVII, fig. h']k-h']h) sous 
l'appellation de Sp. spatagus seu spatagoldes ''^ 

Cette espèce a été très diversement interprétée : 

1° Deshayes, après l'avoir maintenue distincte en 1882 {EncijcJ. Mé- 
thoil.. Vers, 111, p. 980), dit en 1806 (Anim. s. vert., 9' éd., VII, p. 189, 
note) qu'il a vu le type appartenant à la collection du Muséum et que 
c'était un Sp. gaederopus L. , coquille méditerranéenne. 

2° Reeve(i856, Conch. Icon., pi. Vil, fig. 26) pense que le Sp. spa- 
tagus Chemn.=spathulifents Lk. , indiqué des Indes orientales par Chem- 
nitz, est identique au Sp. ducalis Chemn., de l'océan Indien, et cette 
opinion est acceptée par M. Fulton (igi5. Journal of ConchoL, XIV, 
p. 362). 

Chenu (i845, lUustr. Conch., p. 6, pi. IX, fig. 3-6) admet aussi que 
ces figures h']h-h']h de Chemnitz représentent une coquille de l'océan 
Indien, mais il la tient pour une espèce distincte qu'il appelle Sp. La- 
viarcki, tandis que M. Fulton (p. 887) rattache simplement au Sp. ducalis 
ce Lamarchi à titre de variété de couleur sombre. 

3" Sowerby, au contraire (1868, Thés. Conch., I, p. A21, pi. LXXXVI, 
fig. ih et 26, pi. LXXXlX, fig, Gi), figure comme Sp. spathuliferus une 
espèce des Indes occidentales. 

Kïister, qui partage cette manière de voir, identifie le Sp. ve.rilluni Reeve 
(i856, Conch. Icon., pi. XVI, fig. 69), des Bermudes, à cette forme amé- 
ricaine pour laquelle il donne plusieurs figures (1 858, Conch. Cab., 2' éd., 
p. 20, pi. 111, lig. 8-9, pi. VIII et pi. Vlllft) : celles de la planche VIII a 
représenteraient plutôt probablement le Sp. ictericus Reeve (pi. XI, fig. ho), 

('^ Lamarck indiquait aussi pour références les figures A , 6 , 7 de la planche CXCI 
dé ÏEncifclopédic : la lî<Ture Ix est égaiemenl citée par lui comme représentant le 
Sp. croceus Chemn. , et la figure 7 a été rapportée par Hanley (1 856 , Cat. Rcc. Biv. 
Shelh, p. 290) au Sp. foliaceus Chemn. = petroselinum Chemn. — costatus Lk. 



— ^05 — 

d'après M. Fultou (191 5, loc. cit., p. 887 ), qui identifie d'autre part 
(p. 355) Sp. rexilluin a Sp. ustulatiis Reeve (pi. XVI, fig. 58). 

M. Lyuge (1909, Méin. Acad. R. Se. Lettr. Danemark, 7° s., V, p. i52) 
admet également que le Sp. spatluilifonis est une espèce des Indes occiden- 
tales, et il en est de même poiu- M. Dali (1898, l'ert. Fauna Florida, IV, 
p. 760) qui fait d'ailleurs tous ces noms, spathidiferus , vexiUiun, iistulatns, 
ietericiis, synonymes à'echinatus Mavt. = ainericanus (Herm.) Lk. 

Lamarck distinguait, à côté de la forme typique du spafhulijerus , une 
variété [b] n testa albida squainis purpureisn. Sowerby rattache à son Sp, 
spathiiliferus américain une variété piirpurea à laquelle il identifie le Sp. vio- 
Ineeseeiis Lk., dont il déforme le nom en violaceus: mais cette espèce 
lamarckienne est, en réalité, une coquille australienne. 

Spondylis ducalis. 
(Lamarck, hc. cit.,^. 191.) 

Dans la collection du Muséum de Paris, deux cartons ont été étiquetés 
par Lamarck Sp. ducalis. Ils portent respectivement, l'un un spécimen 
de dimensions assez faibles (34x01 mm.), l'autre trois individus plus 
grands (65 x5o, 58x55, 59x5omra,). 

Celte espèce de Chemnitz (178/1, Conch. Cab., VII, p. 89, pl. XLVII, 
fig. li'j'j-lx'jS; 1798, Bolten, Mus. Bolten, p. 19^) est une coquille de 
l'océan Indien caractérisée par ses linéoles longitudinales brun violacé et 
ses squames blanches. 

Comme il a été dit plus haut, le Sp. Lamarhi qni a été établi par Chenu 
sur les figures 67/1-675 de Chemnitz est, d'après M, Fullon, une simple 
variété de ducalis. 

SpO'DYLUS LONGITIDINALIS. 
(Lamarck, loc." cit., p. 191.) 

Lamarck a donné ce nom à la coquille américaine figurée par Chemnitz 
(178/1, Conch. Cab., VII, p. 81, pl. XLV, fig. 466-/167) sous l'appellation 
de Spondijhis gaederopus Indi(P occidentalis. 

D'après M. Fulton (1915, Journal oj Conchol., XIV, p. 36o), ces figures 
représenteraient plutôt le v