Skip to main content

Full text of "Bulletin mensuel de la société polymathique du Morbihan, Vannes"

See other formats


This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that 's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we hâve taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non-commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
any where in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 

Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 



at |http : //books . google . corn/ 



t 




* m 



<. 




~^^*^*'^ * 

^^^^f 

^ ^ 






--/--- 



Digitized by VjOOQIC 



BULLETIN 



r w 



SOCIETE POLTHAiniQUE 



DU MORBIHAN. 






Digitized by VjOOQIC 






Digitized by VjOOQIC 



BULLETIN 



DE LA 



m 



SOCIETE P0LÏH4THI0IIË 



DU 



MORBIHAN. 



'■•■I 



ANNÉE 1876 



*m mm * 



VANNES 

IMPRIMERIE GALLES, RUE DE LA PRÉFECTURE. 
1876. 



Digitized byCaOOQlC 



ii>:/ :.;i j i 



.u:;- .'ai 



. i<'«i.,.."Ji'i 



-1. /i 



-i , j.' : »•;.! 






-'•il... i f.ï '4 i') ;^ '■ :î . 



;.^,i^:'-- 'î ^.5 



{ ::V^^? . , ..l:-.;nl 






>.' <.* 



'. ^.i ' l'i'l! 






•Ui >•■.?:.., ,j/a tv 






Digitized by 



Google 



7i!'^l' PROCÈS-VERBAUX. 



269« SÉANCE. 

28 Décembre 1875. 

PRÉSIDENCE DE M. BURGAULT. 



ÉTAIENT PRÉSENTS : 

MM. Rosenzweig, Taslé, l'abbé Luco, Perrin, Lallemànd, de Clos- 
madeuc, Mauricet, l'abbé Le Mené, de Francheville, Le Gall de Kerli- 
nou, Grandpair, Pozzy, de Sécillon , Huchet, Bassac, Dumoulin, 
Bourdonnay et Guyot. 

PROCÈS-VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

M. le Président dépose pour la Bibliothèque : • 

Les Annales de la Société académique de Nantes et de la Loire- 
Inférieure (1875 , 1er semestre). 

Les Mémoires de la Société d'agriculture . commerce et arts de la 
Marne (1873 et 1874). 

Mémoires de la Société académique de Cherbourg (1873). 

Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin (1873 
et 1874). 

Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Toulouse (1874-1875). 

Mémoires et documents de la Société savoisienne d'histoire et d'ar- 
chéologie de Chambéry (l^e partie, 1875). 

Bulletin complémentaire de la Société archéologique du Midi de la 
France (Toulouse). 

Romania, Recueil trimestriel (juillet et octobre 1875. — N*»* 15 et 16V 

De la motte de Touvois, de celle de Pornic, et d'une leçon d'archéo- 
logie mégalithique donnée par le sire de Joinville. — Par M. René' 
Galles , de la Société. (Extrait du Bulletin archéologique de la Loire- 
Inférieure.) ^ 

Il est procédé au renouvellement des membres du bureau soumis 
annuellement à l'éleciion. 

M. Rosenzweig, Vice-Président, devient de droit Président de la 
Société pour l'année 1876. 

M. Mauricet fils est élu Vice-Président. 

M.» Perrin est réélu conune Trésorier. 



Digitized by VjOOQIC 



• 



— • n — 

Sont ensuite proclamés: — Secrétaîre-ac^oint , M. Huchei. -^Con- 
servateurs-adjoints du musée d'histoire naturelle , MM. Sftlmon et 
MarcKais. ' . * 

Passant ensuite à l'examen de la question relative à la reconnaissance 
de ta Société comme établissement d'utilité publique , la réunion est 
d'avis qu'il convient de former une commission qui sp composera du 
bureau et de trois membres. Il est procêrlé à un nouveau scrutiti qui 
désigne MM. Burgault, Lallemand et Grandpair. 

La commission chargée d'etaminer les comptes du trésorier , pour 
l'année 1875, se composera de MM. Lallemand, Bassac et Pozzy. 

Le Secrétaire, A. GOTOT-JOMARD. 



270* SÉANCE. 

25 Janvier 4876. 
PRÉ,SroENCE DE MU. BURGAULT ET ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT PRiSSEÏ^TS : , ' ' 

MM. Mauricet, Lallemaijid, Perrin» de Postjaadeuc,. l'al^. Luco, 
d0Gafi8é) Salmoïiy de Séciltaa, Le QaU.de. Keriinouet Huc^t^, . 

PROCÈS- VERB AL LO ET ADOPTÉ- 

M. le Président dépose potir h BiBliothè^uè î* 

Mémoire» de la Société philote<ihmque de Pôot*à*M0ossoû. • ': ^ 
> Bt^lletih â^ Mssociation framçâdse pouF Tavanicement àes i^eiâÉceft. * 

Bulletin de la Société de statistique, scienceaL^ lettres et ^t0 du» 
département des Doux-Sèvfes* i - : , ; , ; ^ . : > - 

Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie» . , - 

BuUetia de la ^oeiétéi sirch^plogique de Nantes et du dép^^ofieiit de 
la Loire-Inférieure. 

M. de Çussé-arnionoô qu'il a, acquis 9u compte de la Société^.pouF le 
Musée archéologique, vingt-six monnaies ou médaiUeiSf, s?ivoir ; dix. 
monnaies romaines, quatre monnaies francises, une médaille française 
d'abbàye (?) en argent, et onze médailles ou monnaies diverses de Tunis, 
de Belgique et de France. 

M. Burgault, après avoir prononcé imé allocution &rt applaudie, qui 



Digitized by VjOOQIC 



~ w — 

ççsa iQsériéçt in. ^ffnsQ daiis le BuUetiu. du deuxième semestre de 1875, 
çèd/^le^utei^l^de l2|.gr4siaejiceà M^ .!, . . 

Prenant à son tour la parole, celui-ci expose qu'il à crû de son devoir^ 
pp.ur réponc^r^ à; la confiance de ceuip qui ràvaiept appelé à ce pqste 
difficile, dq ^aire^ dès son eoiréç M fonctions,, un examen sérieux de la 
yéritobl.e ^sjitufitipn de la Société : il passe en revue toutes ïes questions 
qi}i 99ftcei:pe^t Te secrétariat,, les musée^r, là bitliothëque , !les' tràvaui 
des sociétaires et le foftçliqnnenjieilt des cpmpissions. jl 3'efforce de 
démontrer qu'ij serait absolument indlspei^sable , dans l'intérêt même 
de fei Société, j dé revQiiir sur blûfieijic$ points à une observation pius 
rigoureu'se du règlement' existant,' et df*y ajouter siri*' d^kutre's ^uelqùéé 
dispositions! ^l^piéîToentAire^^ dçn^^ l^q besoin s'est fait sentir depuis sa 
confection. 

"Lecture est alors dwméè par M. ie ft^idetttd^ttne4ettfe, -en-date 
du 24 janvier, par laquelle. M. Guyot-Jomard donne sa démission de 
secrétaire. 

M. de Cussé propose entité de tioihtner lés toifiservateurs-ad joints du 
Musée archéologique; il présente, aux tteriries du règlement, une liste 
de quatre membres, sur laquelle' la Société'^ choisit, au scrutin secret , 
MM.l\ï^mçç(jt.;:a]Dl|ép^a)ffaer,.^, . , ., . „.,,..,,. ^ 

M. le Président exposé qu*il serait urgent de procéder "^àu' renouvelle- 
ment de toutes les commissions p^manentes, sauf celle du budget 
nommée à la dernière séance ; il est d'avis, pour gagner du temps, de 
former chaque commission ^ jje , tmis membres seulement auxquels 
s'adjoindra le bureau. 

''Ai)fcs''qtléf(niés 'èîîsërvàlions pr^ésèrifees^arfM'/'de GloèraaÔfeudpVJui 
combat rè^s''diB'''Mf IcI'lPrêl^idfem eh (fe t'itrti^ucliott idu> 

bureau dans les ç^iju^^i^gioçs, la Société décijie au'il sera procédé ainsi 
que l'a demande M. le Président, mais' réserve la 'Question de savoir 
si le bureau doit faire partie .sle.çir^ift ^ tpift|Ç^jl§s œajqaissions^l | ^ 

n est en.«ftja«éq||*««ie;p4?c3|cé4étipJwJ9[iw^^^ 

MMpftivgaittlly}<d!e^^:€iosBiâileaO';et Bçuasaèy.^toùr iair^ fi^Qtie .â^ila 
«mittlteito des.'foùillcsB'»;» • • • .-♦i-^ •:-i' -i . --: .! '• ..•■.; •;.|. 

MM. Burgault, de Glosmadeuc et LaU^emantl, 'poiir ^composer JW 
commission de nublieatlon dii bulletin ';•■ ' « • ? -. ;;. • ] 

' Et 'MStJ' ÎBurgatift ,' Lalléiiiànd' et HUcbét ; ^omme iuémbrefif de* îa 
commiseàon d'achat des livres ; . j . : i ; f 

Mit. feïéiart de Bbisangé» et ile'tiibur ,- membres- de H cdmtoîssionde 
mêtéorolô^é , soiït Vêièfts: ' ' '^ ''•'" -' ' ^ ■■'" • . , ./ 

La ^anceeçt levée à. trois heures fit demie. 



Digitized by VjOOQIC 



— nr -«- 



2 71* SÉANCE/ 
29 EèVAiE» 487Q. / 



PR^^IDJPNCÇ DE. M. ^PSENZWEIG/, 5. 



•: • ■ ' . ■ i. ' ••./ - ...r 

. étaient' 'PRÉBENÎTS': • ''••': 7 !.: 

MM. Burgâult , Maùriççt, de Closjmadeuc, i'atbé Lucp, llallemand, 
f ^rri» , l^orip , de Çussé , àe, Lamarzplle , Ma.rcliais , l'abbê Chaufûer! 
dé limur, Revelière, Bassac, ï^ozzy, Pavol, l'abbé Lie Mené, Puguel^ 
Le Gall de Kei:linou,Huchet. ^ . . • u 

''"'•' ■"■• '•■'■ ••/ ••' PROCÉS-VERBÀlJ.^LU''ET' ADOfPTÊ; " ' •'''• ' ■■^ 

Le Secrétaire 'donne leotum du. pit)cès>* verbal 4e i}a.i^éanpf i4ifi 
25* JaIlVîé^ l M. le Présxdetit pnend lai parole sur le pcoo^^-^yerJbal ^t 
s'exprime en ce» tertaea : .... i. . - •: ., *> ^ •{-< q 

.:-.Mfi$si3B0^s,; ...,.-....!/.,.. . • •' ; ,- v.v.fM.. 

Si le cadre de ma dernière allocution ne comportait pas," en fkvétii'* 
de M. Burgault, les compliments d'usage , il. n'en est pas moîhs de moi^ 
dévoir; il est an devoir de k Société dé cV)mbler a-ajourd^Mui cette 
lacutief'iîarts tiôtté procès-vèrbal:, et d*y cônèignèir» Impression de-tt<M 
remerciements pour les soihs ^'îl tel consadrés' à flos lâfFai/^es' pendatit 
Tannée db s^ préBidenèe^'et jpoùrrimpulsioii qu'il s^estfrf&l'eé de douder 
ànos travaux par ses sava>ftteg études ifeur l'Àrmpriqtwv - «oi o . .; \:. 
'^Sè'us' lé' bénéfice de cette obsservÊilîioti, le prtcôs-rerbal'^t adiôpfeôJ' ^ 
• M., le Président dépose'pour lâ'Bibïîotftëque : ^ '" '^ '' ''•'"; "' 
'Bulletin de la Société académique du Vàr. ' '" ^^' ' ' '' ^ ' 
"^ ÂrcKœologîà Câmbrènsis. ....•:> ...•.•.•.. 

Bulletin de la Société d'agriculture , sciences et arts de la Sarthè. '' 

' AttHallés dé là'Socî'été'd*hortituiture et d'hîstéi^^ 

Bulletin! delaSodïété'arèhéôlogiqtiè; sCieKtîfititte et îiKërâi^é dti Véii-' 
dôiriàîs. •■• • - •' • •!■•-:-"•'. : -i '■' r^'u^n r^o / .,(.'-.•..- 

milétin dé là StiKïiétê archéologique dé' 'Nàhte^ cfl ^dti^^^àrtémiettt 
de la'ibire^Infêrièùté;- ''' ^ [' ' ' ' ^ •"■■'! • '-y- ^'' ^^ ■ » ■ - ' '• ■ ^- 

Hecuëil déë publication^ û^ la' Société iiatiotiale bavrâosé d'étudei^ 
diverses.'"'- '■ ■'■>■ ■'■' ^ '"-'.- ^ • -'^ =• "^ . •.' '^^ •:-i .■•••-(^ l^. >^ 



Digitized by VjOOQIC 



mm». H^ .M» 

Notes de campagne. Station des mers, de Chine et du Japon^ par 
M. Lavise, don de l'auteur. 

Le cimetière de Caranda, par M. Millescamp, don de l'auteur. 

La mort de Louis XVJ, jar M. dti Châtellfèr,«.don de l'auteur. 

M. Revelière fait don à la Société de : 

Musci Galliœ et de la Tàblè ^riàkftique de la Flore parisienne de 
M. Bautier. 

M. de Cusâé d'ép'ose' pôîir le' Mukée ali^héolôèicpiè : is monnaies 
romaines, dont une Faustine, trouvées à la Burbannîère, commune de 
Vannes; don de M. E. de Lamarzelle. — Une monnaie en or de 
Louis XIII (1641), trouvée à Vannes ; acquisition. — Jeton en cuivre 
du xv® siècle , trouvé prairie fiodaYi^^di^n de «M. de Gussé. — Un petit 
vçise et (^iy^s frs^sneptiJ 4® poterie gaUo-r.omaine prgyen^nt de^ fquiU^s 
èxeç]utééà^en,'^875 da^^ de Saint- Symphori0n. -—'Un gràn4 

V^segalio-rorp^in^ en terre ^rise trouvé près de la garé;; doii de M, lé 
lf''de âosmadèùc. ♦ , . . . ^ 

La Société vote des remerciements aux difFêrents clonateuirs. ' '" ' ' * 

M. le Présidenj^ dqHne.lecttire d'ur^ç -lejttre par biqu^te M. le Ministre 
de l'Instruction publique invite la Société polymathique à envoyer 
cjUel(}tte^^tmsîdé'8es membres 'if la quatorKièin© réunion fies- Sociélés 
^^'i«ië§,'^tfiAse*ié^^dm à là S<rb€(nne les 4»^. 20 ël 21 avril 1876, .saît 
pour y représenter la Société, soit pour y faire d^ ieetiires;- > . • . ' ^ j 

La Société, afin de mettre tous ceux «de ses membres qui désireraient 
se rendre à l'invitation du Ministre en mesure de piMtéi^dê^ 'avantages 
q^i^iuisppt faii^^d^iiide,qu'upe,pote4^^^^ suietpera insérée au;x divers 
ijQ.urpaux 4)^ département.. ; , , . . ; .... \ ,:, 

.,,^- Ifi.Pijé^ideiitcoïïïmuniqùe .i^aleraent uneVutre lettre, émçfnant àik 
îtinist^re de l'In^trUQtipn publiqqe et ayant pour o}>jet la publiç^ation .des^ 
dppçïwnts relatifs a^ix États géûérjaux autéçiesurs i 1789, . . 

•Li^otusè ^t aussi deilné^ d'une lettré de M. le Président de la Sooiétâ 
archéologique et bistpriquei dd laChaîseûte, ^wi. exprimse le, dé$ir. de^ise^ 
mettçd.M»KippORt*v«G k.Sppi<*é polym^thlquie. rr- La Société i açoeç te 
la proposition d'échange de bulletins quiiui est faite. 

M. le Président annonce que M. Taslé a acquis, pour le compte de. la 
Société l'herbier de M. Arrondeau. La Société vote des remercie;ments 
à M. Taçlé*. .. , . . . ,, 

?;Aprèî5<?ea diverses^ Gommumications, l'ordre du jour appelle la nqiîpi- 
natiqn d'un, sejwéftaije lep: replacement, de M- . Guyot-Jojça^grd, . démis- 
sionnaire. A ce propos, M. le (^résident revient, en quelques mots ^ 
gfurticul^rjes^ep^en ce qui eon^rne le secrétariat, sur Talloculion qu'il 
a prononcée à la séance précédente et dont il lui importe de bien préciser, 
le sens et l?i portée. Sur sa proposition,, 1^, Société s'empresse ,de voter 
à M. Guyot-Jomard les remerciements qui lui sont dus pour avoir exercé 



Digitized by VjOOQIC 



— VI — 

pendant quinze ans lei^ importantes fonctions de Secrétaire de la Société 
pplyxnajthique» ., , . 

,.W-.i^ Galice ,%rJlinou est çnsuitp élu secrétaire au scrutin sectet. 
M, -le Président propose dç nommer une commission çliar^ëe de réviser 
le règlement. La Société accepte cette proposition , décide que lé tureàu 
ne.fcrajp^S partie, flg Ç^ttp ^^ççi^m^çsion , et désigne pour la composer 
MM. Burgauit, de dosmadeuc; 'dé'Cusse'/ taliëmând% 

M. Lâ]JâiaÂJIiI,JBci ]n»m\à^>^ du budget, ejcpose Tétat 
des finances de la Société^ : le projet de budget pour 1876 qu'il propose 
est adopté".' ' ^""^ 

M. de Cussé dépose pour les archives un plan de la prairie de Saint- 
Symphorien dans laquelle des fouilles ont été pratiquées en janvier 
dernier; il entre dans' ()TÎidqires"*dètàiïâ sur-iéis travaux exécutés; ces 
renseignements sont eoraplétés.,nar la , lecture du procès-verbal de la 
séance de la commission des ïoùiileli^Yèhuê le ,27 janvier 1876. 

La Sociét^\pip,^^ej(r)effi^me|E)!ts à, M. |^u|-p^^tç[ui^ris l'initiative 
de ces fouilles , et à M. Le Gall, propriétaire clé la prairie de Saint- 
Symphorien. 

M, le docteur de Glosmadeuc demande la^parole pour appeler l'atten- 
tion de la Société sur des l(rïdileeitrèB»*iiîtér^ssantes que vient de faire 
M. du<ChateUiqr,,fils, dans les environs de Pont-l'Abbé. 

{l*^ yfifi .pied (J'^;i, ^randj meiphir, ^njesuranjt^ hop c|é terre, i^,j(t de 
hauteur sur 7™,6Ô de circonférence^, IiJ[. |(i|^ GhaWllièr a'f^^^ 
1"*580 au-dessous du sol, un celtœ en dîbrite, 'un couteau en '«>4*'fei'li*es 
finement retouchiér,' f pl(i|?ietp;^ %i}^^mfpt^;à]vf[i ,vqs^ fi^ljci forme en pâte 
rouge grossière , et de nombreux débris d'ossements^ le tout reposant 
sur im'iil de pierres é[ui'étaîbii^eébuvert'd'tiû'.a«(iaft d«}\cen4reô.t0ft^là^de 
charbon. il { [' .w.r.u 

' ''2«^Àu'^iéd d'4iA autre mèhhib, kaiaiaë'2^,l()|,âla'.déeou^ei:):;la.înp^tié 
d'un beau vase calici forme, plusieurs fragments de poteries omeî^ejfit^j 
^ q\iekinet fragments: ^ùssènunû^^ feiost-qrfune hell^ pierro^ 4 p<M|i^5^r 
le blé. -^ ' ••:• '• •>■> '.•..■.-,'.•.: . I ,.".^- 

3» Une fouiïle,' ^ratiijuée au jpîftd, d'un troisième îmenhirjiaïaïuené 
des découvertes analogues : plusieurs fragméiitè d^'^sf^a çftUpi&>*lï>^5 de 
n\ihibï'éUi'ééya<fe de«tîfe»«tunemeuklwifciéej - • m. . 7 

Gè meAhfr (iré^ente ceci fd'intèr0ssant'q\)i'uk2e;de^6$^£ïce$! est gravée 
de 27 cupules (signes* cupifliÊalrmôs), «;.?;; ^. •;. ■ , >..< ■ i .f» ..j' .:,, - 
^' Enfin,' tout derhièreraenii] M. 'du^ GhitteHièr fvienfc de loiiillei: une 
station en plein air, où i^a!£âtia0ple'l1éc»ltleide>pol^rto^t4ef«^âS{pu- 
t;rd«; il y a é^2i&méù\: tecneûll '^ne.queaifitë^ 

lfl(!(ms,4^iaMnsueur,j de i^ombreux çAquiUagp d'espèceplrès variées , 
de9. (^dTCif^ ^Ç3 clijBurbon^j.qi^lqpes 6,^Sjelfts. de mo^ jpercés'd'un 
trou et une mâchoire d'homme. -, 



Digitized by VjOOQIC 



— yn — 

Cette station néolithique est située près d'un tumulus considérable 
violé depuis longtemps. 

M. du Chatellier a également fouillé un cimetière gaulois qui , avec 
plusieurs urnes fort belles , lui a donné un ma^niiflque torqud gcfutoii m 
ofj du poids de quatre cent trente grammes , couvert de profondes cise^ 
lures. ' 

Âpri^scetté communication^ qui excite tm vif intérêt, là séance est lèVéé;^ 






272,« SÉANCE. 

••-Vf ,' '. ,!' -,. .28 Majrs"4876. . ,'^, ^.",. 
PftÉSïiïENCE DE M.* ROSENZWEIG. 



'■' ■' ■^" ■' '- ■■ ÉTAIENT PRÉSENTS: ' ■ 

MM, Mauricet, Burgaul.t, Lallemand, de Gussé , l'abbé Luco, Perriù, 
Le Cointre, Tabbé Le Mqné. (iuyot-Jomard , Salmon, de Limùr^ 
Marcbais,xHuchet, Le Gall de Kerlînou. 

/ PtlOCÉS-VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

OUi)rage$ eni)ùyéê à la Société* — r BuUetin de la Société d'histoire 
naturelle de Toulouse. 

Bulletin dé la SoéiéW âciadémiquie de Brest. ►— Extrait du. même 
bulletin. : ' 

MétÉiôii^s let bulletin de k-Sodété de statistique, sciences j. lettres et 
arts du département des Deux- Sèvres. 

Bùllélinb de la Société des antiquaires de l'Ouest. . . 

Smîthsbnian report , 1874' . . 

Mémoires de la Société des< scienoes natm^lles et hi$t(]iriqu§$ , 4^9 
lettres et des'bfeau^it-arts de Cannes et.de l'arrondissement de ôrOiSse^ 

Bulletin de la Société des antiquaires de$ Picardie^ . ,( 

Annales de Ik Société d'horticulture et d'histoire nafcunelle de THérault. 

KfeVde des S<>délés>savantes des départements» 
' MémMi^eë ^é )c^ Société académique de Maine-et-Loire» 

jporw. -^ Études sur la Lorraine, dite allemande, et Herbwiôilîbns 
autour de Loriént, de Port-Louis et à l'ile de Groiî, par M. Godron. 



Digitized by VjOOQIC 



^— .vni — 

rlj^ Société «polynQaihiqiie ^^ deiB remerctements &^M/ Godrènii et 
l'adm^ au jiOBd)rè de ses Bien^res honoraires. . . * 

Des retoerciesafiats sont également votera MM. Lâlleinàââ; HiiûfeeV^t 

S«dnaw; qui iont augnuenlé la IriUîotiièqpie delà Sodété d^une cei^^e 

quMktilé d'jLO^entf» ;aliaâBachi^ de Ift villa de Vannes. ■ ^' 

^ ' OatTtf82^<m€fc»nc^- -^ Dné letlrei du mait*e de Dltiarf nous annottcè-la 

dissolutton de la Sdciété d^émtilâtiôn dé cette ^le. : ' '' ' ' '"■'"' 

Llostttdtdesptoviinees de France fioué'd^niiatfde, t)6ùrlé'23^'tblùme 
de son annuaire des sociétés savantes, une notice historique «bttl^lfeifer Se 
la Sk)çtftéipQ|yg)|itbH|(ie» ei) ayauttsaîad^dlquer les manuscrits et les 
travaux les plus remarquables, les collaborateurs les J?lus assidus^ J^es 
donateurs lés plus généreux et le nombre des volumes de nos biblio- 
thèques. 

Les Sociétés des sciénéés^^eltresâ aftldô'tille, d'histoire et d'ar- 
chéologie de Chalon-sur-Saône npijs.qnnpnc^n^ vont prochai- 
nement recomnierîcer a hous'eti^/ojér leurs pui)lîcati{)ns. 

Le Vermandois, reviâe' i^histoire aociate,]1)eaux-arts et littérature, 
nous offre d'échanger des moulages des signes gravés suçles monuments 
mégalithiqi|9$ i^i^AJp[ï^bpfa.0ontr0 des ^ile*:qMSltain3tiï^fi.^ néolithiques. 

Le Conseil municipal de Locmariaquer refuse à la Société de lui faire 
don d'une ancienne pierre tombale où se voit une inscription en carac- 
tères inconnus. . ,. 

— Le Secrétaire est chargé d'offrir aux divers rédacteurs en chef du 
. '/d^artemeot l'échange de Qeihrs' joiû^'naux d6iilri3lî'envoi^de^X)rifiiés du 
^ jour él procès'-vtti'baux de la Sociétérpfcllyinalfciqder . ( » . .1 , Im.. < J 

Le Bureau reçoit la mission d'examiner ce qu'il y «a liéùr'de filrë' pelir 
célébrer, le 29 mai 1876, le cinquantième anniversaire de la fondation 
delaSédiStô.:- "" ::. ='..:.• .- ■■■^. r_i ■-{ v'r-^i/3 

Conformément à l'ordre du jour, on passe au scrutiif^ açç^l^t ppyr la 
nomination du Cpnsep2j;eur du Musée d'histoire j^^ d'upe 

commission tharg^e de procéder au rôcôlement d^ ce musée,. , , , « 

A runanim|té, ,M, Reyelière est. élu .CopisçrYat^qr. ,|-.^e . Qow>^^ 
désignés sont MM. Marchais, Salm.on.jetViabl?é,l.ucot , ,• ,.« j» •« » 

M. Lallemand lit ensuite le rapport de la commission de reconnaissàiiiice 
4ela^opiété.c<wiïH5 établissement 4'atilité'fiiiuWiqw.' Les (eoïîclutions 
dp m r§ppQrt , Jppises ^^x: voîx, article ps^r» ç^ytide , senti adoptées.? 
, MM. Ju^arét Lallemand sont hoiiaEiiiiés à riinaminil<$ dé^^uès' de la 
. Soieîété polymathtque* près te Ministre de VkiBirucèiioi]: ptibli^uei 
• Avant que M* le Rapporteur de la commission de révisâiyi^ du règlement 
n'ait' commencé la lecture de i^tt trav3il;'la BodéféV'tîbiàéltfe','décîdèà 
l'unanfetaité qu'elle en rolieirsî les cou^n^i^fm ^ëk^té^imM^'yét'Kfd'en 
agissant aiffisii, elle seecmforme rîgourèuiéeîÉ^ftt â li^ îèiKjfê Wà'3'^pi^t du 
rè^f^i^a^ qn'.eli^ S(p i^oçç^ 4e çaedifter^i . -^ 

Les statuts sont mis aux voix et adoptés article par article. 



Digitized by VjOOQIC 



'. ; M^ :,I?dbh4/ LucQ.iUt unr mte éort kktérasBimt^ kvi^ Ih Régulé. HÎ dé- 
montre que la régalç à l'origine étentipiiFcmeat' féôdato^ 'ii*6t»l)rai^ht 
1 4'4^4iqtift la^^^iTûv.énitô'i&eâdabtiamoailee dd8 i^^ a&oexés wx évèchés, 
r(^ i^^r <P^ cUiiifê ^iite IkiinturriMJii^é dPuili«rpBt)0iis)inïaUi^i««B3^^'et 
iniques, elle occaaiiinna la-bistë/cpiefëlteldeiâQi^lestiftQres'ft'â^èMdJl^^ 
^,jdq,468f? ravec,^e$j,qfjpjtr^; fwne«3çsf p^K^posUipils, et .pa«yi«*' à^eet^ état 
exorbitant de comprfiiMlr«;i.tQua^\«fi'irf>v^jû& tdô tiHitikfe réMèoftéariiDiu 
^,jç|:iy^^ttmgfet,«ml^oe licaUatipnjd^ prôbetidfls fi^««)iitlç»44 dfiS'béÈtaîces 
^^fÇ^^lPJfffÇgÇL^'ffla^,^ , ,,•.'(. ■• ,j ,c ,.îa. ./:v :>•■■]>,.•}'• •- ■;■ ■••i'.-îfi- :! ^. 'I -'^ ■:«:> 
?^A -"..'■ ir....! , . v-'.Lé^sèe^éî^rkrE} EE {ÎAI,ïii'îïE:KBRON0tl.^^' 






({■ 






r' nrro: : 'i ^ 
ETAIENT PRESENTS *. j» i 

jj( .14Mv4e.Cu6$è, Tafaké Lucov MaurieeèyLeiCdiçtteev dé Iiittim,*1Si|r^t- 
Jomard, Perrin, Salipoé, Lall^mand;, Revêiière,! Man^iairi HutthiEft, 
•-.Le^QliUîde.KerUnow,. . . , ■• . = ■ ' î •--/n : : -v- -^ .r- --;.!-:i •» ' 

EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL LU ET ADOBiEfe g .(> 

' • ^Lë^ pi^ôjet cle 'ré^lenieni ihiérïej^ présenté au nom de la commission 
' 'ëè\!i a^rë^' qùèlctlies légers changements ,' adopté article par article! ' 

Le Conservateur des Bibliothèques et celuï dii Musée archéologique 
'^\àft*ifé«!»it-à^'îl feoéiêtè les f^jje^ de règlemëïi't^pârtîcù^iîéi'ë'ébniernan^ 
leurs départements Vbés règlements sent adoptés pai* là Société -arltïèle 

■ ' :Le 'GonsefvfeteTir du; Musé& d^hfetoîrenatuî'elte déehii^'tfàtèîr^iftfein 
projet à » ^éiseriler et • demande qix^ le ' t*èglément ^du • îAtYé^ê" àftRfeo- 
r.logiq»ift,$.^itapplioaW© à eelui donlrii est chaargé, èhuF xJe lègèk*e^'''Mocli- 
fications,! Jja'Sçcàété^; cônHûltôe ^àee^àijel, apçrMJrre-oetl^'pfapOtfiticki. 
..., JU? TiT^forÀe^c^t île iS^cté^aicei lisent là JevtP^tp^ir^ l^urlrle .projet -de rè- 
.. gjieïftept 4f[j^ai^ré^orerie ; r^Utif^^ des «uccin>^8<^ 

- .. ..'Ç^i^^P^ïW^rfl^is aièxiîOïXySont .ado^léâ> artid^: pa^r artiçJei -: -. i 
: I, lîf^J^g^nf^ût'Au garço» de bjureau eçt égaleraeiit apjprpwiçfc -r : ;?: 

Le Secrétaiti/ï;. Lt^GALL DE KteRÛNÔ^F/ ' ' 



Digitized by VjOOQIC 



.^ X — 

2 7 4e SÉANCE. 

25 Atoil 1876. 

PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT présents: ' 

MM. Bassac, Mauricet, Tabbé Luco^ Burgault, Fontes, La11emai>d , 
Salmon, TabbéJ^Mené^ Guyot-Jomard, Pèrrin, Huchet^ Marchais, 
Le GjJl de Kerlînou. ''[,.,, . , . » 

EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL LU' ET. ADOPTÉ. r 

Correspondance. — Une lettre de la Société médicale . d'èipùlâtiou 
nous apprend qi|e ses publications, interrompu^ pendant la gue^*fe, 
ont repris depuis 1874, et annonce Tenvoî de deux fascicules de 
ses bulletins. 

La Société 4«s Antiquaires du Centre , en nous envoyant le 3® yolume 
de ses mémoires , demande à être mise en relation avec la iâociété poly- 
mathique. Ce vœu est favorablement accueilli. 

La Société d'horticulture et d'histoire patur^lte de l'Hérault désire 
compléter la collection de nos Bulletins. Il lui manque le 2^ sem^sti:e 
4867 (épuisé) et le 2« semestre 1875. . . . ' 

— Une lettre de M. Taslé offre à la Société les objets d'bistoir.e uatu-^ 
relie déposés par son père dans notre musée, raiosi que vingt- quatre 
ouvrages parmi lesquels on remarque : 
. Dom. TT Floredei France. .-r-Par MM. Gr^ii^ier «jt Godrow-, ., , 

Flore du centre de la Frai|ica et du basçjp. d^. la Loire, .rr Boi^^u» ; 
, : Copgrès scientifique ; de Fraoo^ , 38® .session , tenue à Saint-Br}f uc 
eni873. ...■ / . ....:....,'":.. ..\." ,, ., ,..;,.^,j 

Systema naturœ. — Linné. ,/ :/ , . 

. |4agS45ia.!de «qqlflgi^e,,,4''^nf^toniiç. comparée, e^.de j^ajé^pn^ologie. — 
GttéwMea^ville,^, année 1841, .,. , .;, r- ... 

Botanicon GalliiCum» r^ Duby-i , ,. ., . . . r. .,., . ... 

. Florp de l'ouest de, la France, - ypyd, ,: l^?. et .?« ^ditioç^. , ' . ■ 

Nouvellç flore des environs d^ Pari?..— P|ar^éra.t- .,];.. .^ 
. La famille, de M. f^slénous donne epçp^ed.^s fragjpeptç.dp ,yitrau^ 
armoriés (de gueules à trois croissants d'argent, probablemen,t Théhillac). 

M, l'abbé Epzenat çlonae au musée archéologique une bague trouvée 
d^nS;Unçba0ip v^isiï^ de^oh^i|ieUede I^^ en &ijii<jiel, pnjl^??; 



Digitized by VjOOQIC 



— ti — ' 

(ciseau?) en cuivre trouvé en 1872, dans le vieux cimetière qui entou- 
rait l'église paroissiale de Guidel , à 0fi»,60 ou O^JO de profondeur. 
. M. Mauricet fait don à la bibliétli^que *der lit Société de plusieurs 
volumes et brochures* 

M. Revelière donne la preinîère liVraî^n d'un ouvrage intitulé : 
Principe univçr^el.^p^a^vje, deJx)u|/npuyeiçpjtM<^ré^^^^ la matière. 
— Par Trémàu'x. 

Des remerciements sont votés aux donateurs, et la Société décide 
qu'un portrait de M. Taslé père sera placé dans le Musée d'histoire 
naturelle ou dans la salle 0Hx^4ie^ne|2t7$^j réunions, en témoignage 
d^ la reconnaissanca qu'plle garde à sa, mé^ojire. , , 

Ls^ Soçjété.'a reçf) les ouvrages _s^^ , v 

' Biilietin dé la Société des' sciences ,' lettres et arts de Pau/ ' . ,\ J 

Mémoires et documents publiés par la Société archéologique dé l^am- 
bouillet,''l85©traS,'ï.-rIIL 1 .1/^'M/' ■'..()::': \''l ':./\'\"i 

Annales, de la Société des çciei>ces, lettres et arts des Alpes-Maritimes, 

tîêr^^-itefc'nïr'V\'';V '■ \ .. "/^ '" ■ ;.' .'^.■."■■"' .-,;\. 

, Recueil de la ^pciétè iarchéologi(jiie du dépairiemeht "de Constantine, 
année 1875. ' " ^' •- . -^ ^- ,. ::■ :; , ^ ,• ■ . 

Biflletin de la Société dunoise, avril 1876. ^ 

.fiiihetih ^e la Société archéologique et historique de rOrléanàis,, 
2^, 3« et 4e trime&tre de 1875 et le t. XI^ ,des mémoires. 

Un fascicule ^i\ Mllelin de la Société d*histoire naturelle de Toulouse) 

Deux fascicules du bulletiji de la Société médicale d'émulation de 
Paris. ' " ' •-. '"■ ' " ,, ^.' ' .' , " . /' .. ..^ 

Une collection des annales de la Société jd*horti culture et d^histoirè 
naturel' de ï'Héràuitv ' ' « : ; : r - j - i . ^ 

'tJfife collecti'ôti du buïletîfl'de là Société archéologique et ^lïètori que 
de la Charente. ' , " ' ' '• ' 

Les Émailleurslirïiousins.'-^Cbuly Noyliêr. -^' Par Maurice Ardànf. 

Le'tl^ésti^riîes plêe?eS'angoumofeîtiesv t. IL ''■■■■- ••'- ' ' ' 
'^Hîéioîrë de la chajpellè de Nolre-D«me deë Beiinès^ pat Alexis de 
Jussieu, suivie d'une notice sur la fontaine de Notre-Dame des Bezii^ed^ 
par M"*« Alexis de Jussieu. { " ; ^ 

^C'ômmuhïcaitbns dhèrsesi^^^ employé des poti^é et 

chaussées, et M. Monteil, professeur des Sciences physiques au eoUégé 
de Vannes, sont proposés comme membfôs ^itulair^is résidattts. - ' 

M. Revelièrfe déhi'andé que les différentes broèhiires pûMiéies à diverses 
époques par la Société', et' dont il.îSBsitje des exemplaires, soieni misés en 
Vëhtè' à i3Hx 'induit, éhlËz les Hbfàlres du départemeiit et àti Mis^ée 
archéblo^l^iiièV' ' ^ ' • ; ' -' ' '-'■' ' - 

Lié seci-iétkîte relit" lié règlemehtiiitérieur, et sou ensemble ê!^t mis' aux 
vWl'.'lîri membre ' déclare quil rie peut admettre l'artfclècèiicernànt 



Digitized by VjOOQIC 



— XII -^ 

les sections,^ parce qu'il le considère comme un danger pour l'unité de 
fi Bècîét^'; M. fePWéiflent fait observer que cet article est ^rii teltUéî- 
lementsiahs Tîanôîén règlement, et que 'nul jusqu'à ice jôut n'y a rîeh trti 
de nature à nuire à notre Société. 
' ' L'ensemble du règlement est adopté à la majorité des voix. 

M. le Président, au nom du bureau , propose à la Société de célébrer 
comme suit le cinquantième anniversaire de sa fondation : le dimanche^ 
^S mai , séance solennelle ; le lundi , 29 mai , excursion à la tour 
d'Elven , et le soir, banquet. Les inscriptions pour cette seconde partie 
au programme doivent être envoyées le plus tôt possible. ' 

Il demande encore que tous les mémoires destinés à être lus à la 
séance du- 28 mai soient soumis au bureau qui se réunira, à cet effet^ 
lé samedi, 20. La Société consultée approuve ces propositions. , . 

Pour la séance solennelle^ il est procédé à la nomination de quatre 
commissaires gui sont MM. Huchet, Bassac, Marchais et de Franche ville /^ 

On nomme . ensuite . au scrutin seoret une commission chargéç; deç 
procéder au récolement des bibliothèques et des archives de la Société^ 
ont été élus MM. Lallemanil , Huçh^ , Lç Gall de Keriinou. 

M. l'abbé, Luco £ait connaître le résultat des travaux de la commission 
de récolement du Mus^e d'histoire naturelle : il résulte de ses parolesj 
q^e 9i, daiis quelques vitrines, ;le catalogua indique un plus gre^ii^di 
ijombre d'exemplaires dQ.Qhaque espèce qu'il n!ea existe réellement i., 
dans d'autres , les exempls^re^^ sont beaucoup plus nombreux .que n% 
l'accuse ce même catalogue; en conséquence, le Mugée d'hist<Hr% 
naturelle ;a été trouvé en parfait éjtat. - . -, . 

M. Brondel est nomm4 coaservateur^^djoiat de ce Musée» 

L'élection £lu conservateur-adjoint des Kbtiothèques entremise à -la 
séUnce.da iKiois de mai. 

^ MM. Le Cointre et du Grandlannay sont désignés par la Société pour* 
fôîre partie de la commission de météorologie. ' 

M, Guyôt commence la lecture d'un travail intitulé : Étude de géo- 
gYupttie celtique. 

Les études géographiques, dit-il, sont à l'ordre du jour; la géographie 
anéiénne est tombée dans le domaine de l'archéologie , elle y repose en 
paît avec ses dénominations souvent mythologiques. Il y a de la témérité 
à soulever ûti vôUe'qui recouvre des erreurs séculaires et consacrées 
pâ^la tradition ■ et cependant si Ton admet que les Grecs ne softt pas 
lès jprebieifs habitants de la terre, on doit reconnaître que les diverses - 
parties de l'ancien monde n'ont pas reçu d^eUx Seùlà lés noms que la 
langUjEi ^ecque n'explique pas. A ce sujet l'auteur expose en quelques 
mots les opinions de Schœpflin, de Pelloutier, de Cluvier, de la Tour- 
d' Auvergne «ur l'origine et les migrations des Celtes. 

Au temps d'Hérodote, la Celtique s*étendait du Danube à l'Océan 



Digitized by VjOOQIC 



— xm — _ . . 

oecidenla]i, .400 ans après, pour Gésj^r la Geltiq^ «si confinée à9m \^ 
}](as$iQ£le la I^ire. ÂuJQurd!hui rél^mçniceUiiiueestrefpulétàroGGid^ 
de TArmorique. 

Des hauteurs de l'Imaûs au détroit de Gadès, des extrémités de la 
Mer, rouge aux rivages septentrionaux dç, la Galédonie , de nombiîaux 
pays, des montagnes, des fleuves ,. des villes ont des - appellatioi^s 
âuxqu€|llçs la langue celtique prétend, donner un sens rationnel. Le 
teirain çst glissant ; l'auteur ne l'ignore pas, mais son étude ne.çera 
peut-être pas complètement inutile, si de la matière qu'il a agitée jaillit 
de loin ^n lojn une étincelle de vérité, ' . 

' Lès radicaux celtiques qu'il rappelle soiit en petit nombre, les prin- 
cipaux' sont : Aoty od, ou ad^ signifiant rivage. Pen, BçLn^ Ben, Biriy^ 
etc., signifiant tête, sommet, Mané^ Menez ^ montagne, etc. Au radical 
pèn%^ rattaché le 'mot Albanie : oh compte 1*» Albanie du Caucase, vers 
la mer Caspienne ; 2^ VAlbânié en Épii-e , au nori de la Grèce ; ^ TAl- 
bàhus ihons près de Rome; 4f Albany, ancien nom de l'Ecosse. Tous 
pays dé montagnes... — Le radical Taur se présente depuis la Tauridisj 
jusqu'à Turin, dans Thurgovie et Thurîngey etc. \ 

La géographie conventionnelle nous fait toir complaîsammeht -des 
taureaux partout le monde: c'est effrayant, niais enfantin.... Pour 
l^autènr lé «gens de ce «iol se trouve dans le 6èltiqué dor, la porte, le 
ooî, lé passage des montages; en Grèce, leis Dores (où dotiens) soiit a^x 
paésages du nord/ et près d'eux sont les Centaures, c'est^-dire le& 
Ahte-fdres (ou forewses). ' 

Kent-taur , mot à mot en Celtique : dt?ànf -^orfe. A cette explication' 
l'usage préfère inye autre (Jui se déMie de g^ération en génération. 

'Les^Ce^iaus^es étaient des monÉtreamoUié hommes et mmtiétliemi^, 
c'est lu bête d'Horace , spectatum admissi risum teneatis y amiei^ H^ 
cotKOjmeJbtez pas l'indiscrétion dç; demanda que £(Hit ici l'homme lel' le 
cheval ; on ne voit ni l'un ni l'autre dans le mot ce/ntaure. On m saitt 
pas,,.. Les: centaures étaient peut-être, d'excellents casvàliers.... .^tc. 
Qu'on les appelle donc Philippes ou Hippolytes , et qu'on .xious ^Pnn^. 
la signiacation de c^ntawre, > . ^ . v. 

M. Rosenzweig donne lecture d'une^note de M. l'abbé Piéderrière lui, 
adressant une lettre de M. Tabbé ifabé. Cette lettre, écrite en 1826, pî^r 
le premier président de notre Société, peu de mois après sa iondatM>û» 
est relative aux çuripsités de notre département qui, dit-il, ne «ei'oi^t. 
jamais connues si les localisteB n'ont pas la complaisance de décrire; 
celles, de lem: voisinage et de les réunir dans un centre commuQ^ 

; \ ''; ; ■ Le Secrétaire, E. LE GALL DE KÈRLINÔU: ; 



Digitized by VjOOQIC 



V\.;' ;". 276^ SÉANCE. " ' .' 

93 Mai 187». 
PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIfi. 



ÉTAIENT PI1É8BMT8 : ' i • ^• 

MM. Mauricet, i?èrrin , dé Cussé, Tabbé Luco, Burgaùlt^ tallemand^; 
de CJosmadeuc, L,e Çointre, Guyot-Jomard, de La HitoUe, Fonfte, 
Tàbbê Le Mené, Brondel, Marchais, Salmpn, Tabbé Nicolas, Basi^^SLC^ 
Bourdonnay, Huchel, Le Gall de Kerlinou. 

^ EXTRAIT DO PROCÉS-VEfeBÀL LU ET ADOPTÉ. ' 

MM. Brondel et Godron remercient par lettre la Société polymatbîque 
de les, avoir admis dans son sein. . / , . , 

M. le Président annonce qu'il a écrit à iJf,^ le llaire.d|e VaxmejSj pp^ 
lui faire savoir q^ù la vîUe aUoi\eçh?^que année la fomîpe de 6pQi frj.;à 
la Société ft et' q^e, cejle-ci dépensie plps de 900 &.• pour le cpjoapt^ /le 1^, 
l^liothèque comçiiunale. Il espère qup, le Cpnseil mupiçipaj , prc^ecte^r; j 
naturel de tous les établissements d'utilité publique. jiestinés à donner .àr^ 
la ville quelcjue relief,, youdrabien faire cesser cet éWt de chpçe^. 

La Société pciymat^uiç a^^reçu Jps quyrageç çuiv^ntsi ;. ,. i , » 

jUni^ coliectûm ..4es ÂQnd^&4eila S<)<^ét44-^QrMcult;^r^^t|d'}ikt^^^ 
nï^uiîeUe de l'Hérault» . . . ; ^ . i 

)A|uia^es de la Société d'agncuUuPQ de la Loire» fm]ae,xQU 
- Annale». ^e la Société acçidémiquei de Nantes ,. g® semeêtr^ i875, ... < 
, ]tJ[éQ^oires de la Société nationale académique de Cherbourg^ 'iS75. 

Bulletin de la Société des sciences historique et naturelles de l'Yonne) a 
xxix« lîd. , i875y et la table analytique des ,Aw,^les 4e.l8&7 à .4$ft7- 

]4é!^pii^^s.de la S9ciété des antiquiaires du Centre^ 1869^, ^ iii^ voL 

M» Le D' de Qoamadeu6i olfre^ au nom de JML Jolm Harney.» 
Aménetùo» 1^ une daUe de g;fai;>it poriaat de$ graifures en ôreux,; ?<> un^ • 
toute petite un»: en terre cmi»f et un graïujl nombre de îfHsmmto d^. 
piAerm ; te: Iwi^ découvert ma^ nx^d^lmm, k galerie .^uô:prè$ (te W. 
ferme du Couédiic (preâqu'ilede IiOcki9Mkei'*BadeaJ[. . . ^v \ 

Le dolmen eontenait en outre une certaine q^ajatité de jifl^ omré^, 
dont deusr en forme ,àù lsm6&' àU(xn(^ (aimt^aux.m ^Iw) et nm-r] 
p^ndelogue on pierre rouge. 

M. de Qosmadeuc met aous.le^ yfiux de la Société un plan coté du/; 
monuixi#at» (pu est ori«^ 4u ^pleâl levant>,Qomme l'imn^ense mqoriité 
des dolmens armoricains. 



Digitized by 



Google 



*. ^ -M. 

— hsc petite" urtit'j ^ont les dimensions ne dépassent' g uère cidlcss d'une 
coque de noix, est façonnée à la main et ne présente qu'une anse 
perforée. On distingue iQténeurepie^trempr^iatf^des doigts de l'ouvrier. 
Quanta la pierre gravée, ses sculptul^es échappent à toute interpréta- 
tion : combinaisons chimériques.;4e;]^<^ droites et de lignes courbes 
s'entrecroisant de diverses manières ; elles ont une certaine ressemblance 
avec celles d^à suppo^^iâ'dàlmeii de Këryâfval (Càrkac)» ' 

M. Le D' de Ciosmadeuc offre é^;al€iment9 au nom de M. Normand, 
entrepreneur , une lame d'épée en bronze , trouvée dans une vieille 
carrière de la lande de Paroaré* Cette épée est analogue à celles que 
possède potfe Musée,, sous la vitnnedu Parc-aux-^Bo^s (Quest^smli^ert), 
€ft'appar,tiérit à l'époque celtique. : . 

' Deux monnaies en or\: Erançois II de Bretagne, Louis XIÏ et Anne 
de Bretagne. — Don de IJ. Bouruet-Aubertot, 

Deux monnaies en bronze. — Don de M. Lucas. 

Une monnaie ea argent, 5 sobli. Napoléon, ioi:d1talie. «r-Don de M. le 
Gall de Kerlinou. 

Des remerciements sont votés aux divers donateurs. 

MM. Guesdon et Monteil sont proclamés membres titulaires résidants. 

M.; Reîîay est présenté en cette même qualité.,. 
* M. Biirgaolt prend alors la parole et exprime le désir que les signes 
g^ràvés stîr là pien^ dont le Conseil municipal de Locmariaquer vient de 
nbùs refuser la cession, soient réproduits par 'un dessin exact qui serait^ 
réduit jensuite pour prendre place au bulletin de la Société. ïl conisldère 
comme étant d'une grande importance, de recueillir et de publier tous 
les caractères inconnus qui sont signalés dans le dépàrieracint. 
*'AW sujet du 50 anniversaire de la fondation de îa Soiciéfe,- M. \e 
Président fait diverses communications au nom du Bureau. — M. lé' 
Vice-Président attnoAoe «nâuHe ^e M.' Mauricet père a l'ititentibn de 
faire lirè^ â la séahce du^ niai, untnavidl' intitillé: te c&Uégè ée 
Vannes eniSiS, sùUvèàiH d'uHi>ieux collégien. -—' Denotobrëuses 
mafijues ûé sympathie accueillent cette communication. ' « 

M. Guesdon est nomnïé 2* Consérviateui'-adjàilit des Bibliothèques. -" 

Dans une note intitulée : les in^rumënis de Bronze de Kergtxl, en 
G^iêeli M. l'abbé Euzenot signale la découverte de nomillrétt^ hiâtruments 
k^Mtvéè à environ 0»,BO At piteAmdeiir, et qui étaient |)riinitive«i6iil' 
conteikuB dans une ut^ne dont oi:^ a retrouvé des fragmente. Après ti«ir ' 
d^né des détaite xârconstanciés «hr oes^ ^€»«' objets, il' teiiQ(uoe en ■ 
faisant connaître-qu'il les deis^ineim Mniéé artbéoiogjqae» .' 

A la ^ftuftô'de^tte lectn^e^ qui a été aecoâlUe avec iua vif intérêt ^ la 
SocbSté,' mt k pi^poriHîen M M« le Président, met, s^il est nécesàdre, 
une aUocatioû, jusqu'à concurrence de 50fr.,^ ladtspiG^tiM^de M. TaUié : 
Eusenot ^ qui, dans ce cas, voudra bien produire un mémoire* 

H. Gttjfi^ continué te lecture de sm étude de géograièie oeltifoe. 



Digitized by 



Google 



Partant des extrémités orientales du Pont-Euxin, il parcourt tout le litt<^ 
rai de l'Asie, du Qolfe arabique et de l'Afrique jusqu'au détroit de Gadôs. 
Su9r/V«SB(|^j*!lînd^ jimfi^ $ig9?le une s^ie d^fd^noimiM^ioasr 

dont la langue des Celtes donne Texplication. Ainsi Golchis, se confon- 
dant avec Calchisy signifie un pays, bas; humilis : tous les Calchis sont 
dans une situâtipp ^nfljûgup (j^ofivè ;^ calz-isL, très-pQ^y— Le pays des 
Amazones est daiibJs^^^meit coà^Àdiis. -^Ii'ÀU'teàr^I%ue les femmes 
guerrières dans le domaine de la faj^le, pt laisse au savant Fréret la pré- 
tention de voir dans ce mot Ama'zone, deux mots Calmouques ou 
Mariichoux, . «,^ - . 

En Asie-Mineure, les Phrygiens sont les montagnards (racine * Bre^ 
Bri, Bm;mPhtn);. ]0$ My^ii, lesoaîïq^gîialîds^îUs iîlignî» et lés 
Bithyni, les habitants des versants des montagnes à la mer. 

:,IUiQdesja^:;,dûit-pa&^so l'ile pouvaiji;. jK^ûdjiiic^^ 

mais aux rochers de ses côtes. Les monts Rhodope^ en Thrace, Rho- 
duntia, près des Thermopyles, le cap Rhodope et Rosas^ sur la côte 
d'Espagne, le mont Rosas, dans les Alpes, offrent aux visiteurs non des 
roses mais d'affreuK|rt»<|h^s. Mlicaî i [^(^, Mc^[ièr)4 

Sur le golfe arabique oi;i allait à Ophir, lieu indéterminé. Ophir 
semble v^ui^fder Od-fH^ûf^j ddnt le sesBest:<11ti:ârale£t£dsfilv€&iiefitlong. 

D'Apis et du lac Maréotis^ en Egypte, passons à Tunis, aux lieux où 
fut Karchedôn, défiguré sous le nom de Carthage. Tout breton mo- 
derne ne verra-t-il pas dans ce mot Karchedôn, le même que Kercado, 

, Vqiç^.eiUjÇUÎte Ga^ès, supprime? G (signe 4'aspiratïon), il rei^teAd-èsj 
çç!mpar,ez;avee Hadès, de^ Greci^,. et vp.u^, vous ape^r oevrez queS^oi^s ,ête3* 
aubput jiu iK)pn4e, sur les, sqiiîbres Bords du, couchant >^ 4Qn|aine de 
Plttton; riiaJLS r^sur^z-vou^^ les exiyème? se louchent., — Hpn|i^re. place 
en Êfpagnp les ÇhampshÉlysées, (ro HXyatpv TpeJzov) la p^aiDe.hautc^,,o^ 
les hommes savourent la vie sans connaître les neiges, les longues pl]i]^es, 
les.û:ipa?r.où rOoé«ua, pour rafraîchir Içs iportels^ çj^hale. la do^ce 
haleii^^^de Zépl;iir^ Rad.Ç/y. pour w?iel,( haut. :' .■ : ^ ^ 

I)Ai;is..une lecture intitulée : V^^i(e oku^ Musées archéqlogiiq¥^s 4^ 
Nçipf^y Ariger^i Tqws, Pinti^rsyMordeiiu^y Mort, M, leD'de^Çlos- 
i^ptadeuçiiou^ çoufJuH successivement dajjifs ce^ divei;s Musses, qu'il vieiit: 
4e, ^visiti^r , M nqus ? fournit des ranseignyemeifts détaillés sur leuii 
in^tallajion et leurs riches^eSf . , ... , 

, Ce récU,.qui serarachc^vé à la prochaine séance, se.préte difficilemeiit 
à l'analyse ; son jdus grand, sinoii sou. seul . mérite, de l'aveu de L'auteur, , 
étant de permettre, à l'aide de ces nptes de voyage >dîétablir4efiipQintS; 
de comparaison intéressants pour ceux qui connaissent et !ont étudié le 
Musée archéologique de Vannes, o&uvre et propriété de la Société 
polymathiqUje. 

Le Secff^cdté , E. LE GALL DE KERUNOU. 



Digitized by VjOOQIC 



5 0« ANNIVERSAIRE 
FONBATfON DE LA SOCIÉTÉ POLYMATHIQVE DU MORBIHAN. 

SÉANCE SOLENNELLE 

DU 28 MAI 1876. 



eOMPTE-RENDU ET MÉMOIRES. 



GÔMPrE-RENDU 

Bâ9 &t L« âall de ]£«-Unoa , Secrétaire d» U Société iKiiymatliiqtte. 



Fidèle au sauvenir de son passé, depuis longtemps déjà la Société 
pdtymatliique da Morbihan avait Songé à célébrer le cinqtiantième 
adrîiversâ'ire de sa fondation. Quatid' M. Maui'iôèt^ à la Séance du 
^ dètîétnbre 1879 , fut homrtné vice-pfésidént'; il eh dit (ftléllîtles; xûoU 
qui lurètrt accueillis aved laveur; depuis lofs ridée graittlit, 6£, petf^ 
èér mdt*^ ^près , ïè bulrèïiu reçut ta hiiséion d'étudier ce qu'il y'avâitKéu 
de feh^ p^ifir' répondre au démr de tous. ^ 

A la séance dàf mois d^vrîi, un premiei' pl^jet fdt soumis à l'sipprô- 
hskûon de la Société. M. le PréddeM, m nom du bui*eâu, proposa : 
taie séance solennelle pour le dimariclte , 28 mai, et, pOùr le lendemath , 
liûë «xcnrsàott suivie d'un banquet/ Ces diverses pfôpositrô^s réunirent 
fes suffira^, ëi ^elques metnbreà ^l'engagèrent dès-lotè^ â prépar'er deé 
travàui àesitnésr à être lU» pendant èette séanbe» M lid restait plus qu^â 
songer au local : au premier abord tous les regains i^e pbftëtietit vèi'à- 
ft sfile'dë hc madrie;iB^ii^,apt<èil qu'il eut été déddè i^ejdët» tnorbesmx 
de-îhfwsique eséeutéé- par un drche^tro vîendréaèht r'ompre la monotonie 
des lectures, ïî fallut chercher d^ nouveau. Cette fofe l'on di(»îSt la saHé 
ées assises^ ^'' lés démarchés usitées en pareil cas étaient déjà ftiCes, 
^Udii^il fM ri^coiinu: qu'elle^ ne serait pas^ encore a«ië* vaste pour coHtwiîr 
tous les invités. Â la suite d'une troisième délibération, fM coiivint 
HC^'aprte 0màv oblerru toute» les autorisattons nécessaires, la séance 



Digitized by VjOOQIC 



H^icMais/'^aviiïft ià^t» pstrYet; îA iaiui ravenik* sur ;no8^paB. ^M;:leBi«fet 
dObMol'bih&ift, ^^Q«l^ii^><li^BpM^ ^n'^coûeouàs 'à^'ta iéte pnépaiséey àsà^t 
nri3tk>â {iérè à^ la a^posiiittà; âe là: S6cîé4é ; dé «m côté^ Mi.ae^MaBp 
4e "Vmriies i* était emprésad d&^noàs àïïrir. V^mpbéofi de laMAe. Ube teÊàpa, 
^' 'favorable; pehdaM Icrutè rcaniiée^, loV.Bi89mfiqu»>ce:jxRBvlAtyebIli 
tfouli^^^au' 89rtiiit;<le» m'ù«iiesi> d^k&st^is), BAinvéàïpei dfaFobéok^ià , 
gratuitement ouverts au public pour la circonstance, yhit âs -p^eHScr 
daiïs )e*^astiî jottàinide la prôfeeturev jeaiisabît àia fitns fies ohapinëi de 
rhamonii^, dii -printemps en -fiéùrs, du-pqrâimdèS'pBaijPiesjefedeB'bo^. 
Le soir, la oh^dle du: collège, soikipiiteuxeiiieatéolaijnêe^âàBe ancc 
''S5éin6:;de 'M. "BaiteSM;^ K^oin»»i£ÉgairefiaiAtmévà cet effet y M ittpideiqeht 
«y^ifi^ie p»p iescihvltés de. la Société ^(^^mââiM^ue; - ' î < ^ 

. HM. BOQpdouiiày,* Marchais et iûidtet désignés psr la>Soèi6té:p0«]pr 
' réD^pMr les foiietioiis de comia^aires se sont aequkïés de cette missiop 
avec lin 2ète etiio déToUement.dignes d'ékx^és; ccmstatoBa attiêsi l'eii»- 
^"pr^iBseoiênt ^cvee lequel la Sbciéti&'vsmnétaise arépofnda à notre a^el. 
" lies' totlettcfs des dames Mmrâ d'un goût /éxqrâ ciô, Fallsaiieë â&4^ 
■ triche68e^etdelà(iKstnDbtioa>, lâ^ ia si&ifdic^jiinie &rélé^i»e^foriBaièpt 
ùff iiarmottiëut'eiisen^ite oiri-fiâlserèpàiaiÉ amBs^détioéâ.!' '^ . t . « 

Le Bureau, placé dans le chœur, était composé d&i M^iieV^'âe ftof- 
Ihajs^, Siièfet' dh^ Merh^iaiil; tf i Rdsen^weigy i Pnâs£de^< de ?îw rS<£iété^ 
pi>lftâii^iqb&; ji vleiiits .dôèéë isffie tEiniifflitii:^>M:Tl£laEadsp,'^Siiésnil^ 
^ribuilal t >c9v3 ç ; -IL Beyiieri^^ 'Pi!6sHfeili:i ^buv^Mbuna^; diefr éDodi^Brsf ; 
M^ FfeoeB , iMp^cÉeop ti^âoadéaài8<;iALble KSmnmmUaat M> I%iH!|«^ «ifef 
' d^étal-xha^op d'aùEtffierie^ neprésèiYtant^ kr^ébéral;>/McrËp»mer ;iPr>- 
»:ciirittrid^ la A^uUiqu]9 ^iM/HuélsGEt^ îÂâdjoait ^aai;Malnf'dd>Ya&li0aJ> -^ 

 la droite de M. le Préfet, se txiuriràtt «Of fbcute)Mbdea»siA(è fMè,^ 
suite ^d^iineiiiéâi|idâtkB^ de.:M. i'aU^è ; Le? GaVauter^::ii^icaivcM fédéral , 
qui devait représenter à œti».£éBiice>Ms^:|^évètpi&'de Vk^aest^^ -.^ 
^./;Si>cVastiaEdd, im cemarqnall;: Mi.leiC^deilÂEha£el^.ltfé8èricÉr-{^^ 
g^sqér^Ii'Mi/Ruelté 

]^recteu0> dd rEorâgîstremeiii '^) éoB^Bùvikineà; .M^ ûe fiomt&aiidant 

:d^^Sâ9li-fiel1aa^l^ Dipeotours^e i-^olè c^airtillene et M. ie QtminifiHi- 

dant de Guzmani; M. Fabiaé Ej&csàkm, lltetour^de iLiM»d f M.' ië^SiM&tmr 

ili^otioefe pè9»£^ te jsmni-des mea!d)it8 fimdateurs aaj^Mnfd^id sdrvlvant ; 

•■lUi- Burî^ùltv ainflieli Pçéab^t de ia Socsétô pdymathtqud ; te R.^P. 

Recteur de i'é^ole IHii^e SàintHErauçoIs-Katier , aecompâgâé 4^ quetflies 

autrtf* Pères. Jésmles, etc- . .; i : . j -• . : <■ 

ïDaus l^ssislanoe^ nous- avons distingué plmeurs lôettiNres de la 

^ Société venus delom pour assister à cette séance : M. Juhêl, Méèé^in 

à Rochefortv' M.. Audran, Notaire à Quimperlé'; M. Le Fkcb^ Jugé de 

paix à Plouay^ etc. Un grand nombre d'au tues membres non résidants 

s'étaient fait excuser par lettre. ^ 



Digitized by VjOOQIC 



_3 — 

La â§aiicejQQnimeaçd par Vduii^ertttré delaMUMede PorHôi{Auhér% 
exécutée par MM. Yogi, Frémont^ Henri et Larocfee; eeg^lbtes jjiMièreAt 
ensiâte tiSrfs sédes d'airs bretons, recfiieijbs^ et notés par M. Tàbbé 
Mahé.; un^^uahtor sur Lude, de. Lammermoor (Dooizetii)^, fatbtatste 
par M. Fjrémônt ; vm, itio sur Ut TtamaJt^ (Yerdt), par MM. Ketterer 
et{ Diirsfflîd ; èafin^ tm quMtwit^ sur h Tr&woète {Verdi), par M. Frémoi^. 
Ce» divters(morceau3( de musique, quîaltém^ent avec lesleclureSi furent 
dialfiurefasement ap|daudifi, juste tribut d'éloges bieu mérité par ces 
artistilfs distingués. 

' Dans son dlociition, M. Rosenzwei^ raf^Ile le but de la Société 
^'^Q ^préside, ifuel étsât son passée queUéis étaiest ses espéraBces* Apji^ 
un sou^nir doiiiié arax^MVi^iibres de la Société qui ne sont plus, 
il pasfte.de '\ai réputation du Musée archéologique, il n'oublie pas les 
nausées particuliers^- de M. de Limury gracieusameni ouilepls au puUic 
pecidant toute l'après-midi , et montre la nécessîM de locaux plus élendus 

'{MHur.Goat^r toutes 1^ richesses de la Société ; il ceisi{^^, pour atteindre 

ee résultat , sur la bîenveillainGe de l'État, du département et de la ville. 

M* LsllleiBaDdfiH ensuite 11dst(»riqtîe de la Société; dans cette longue 

période dé^àquaiiite ans, la Société potymathiique a passé par bien des 

iphasttSi'dirersesv A i'époqtlê! de sa fîEMidatioa, die était ptiucipalement 
composée de betai^istes^ et. plusieurs d'entre eiiac se- sont illustrés par de 
pa&eiiie&^edhéi^ches. 

\^HBépiiis/Mn0 ans émiaronv elle s'e^ livrée à>«i'étude de$ lûerres 
mffiÉârieiifies qui se dressent SEur de sol de Bretagne ç seule restes des 
feiqpiea^spérus, etle^réniltat <de ses recherches a Attiré sur eUeyavec 

. ies rfgardd (bil jDaoâdefsavant, de nomljrôuses récompenses c^'idle pimt 
iKfàntner aiveciiotmeur ; chaque jour des cfaampsinexfdbréside la science 
s'étendbnt devait ni)U8; cen'eat pas le travail qui manqi&^espémnisque. 
if s iravaiUeuars ne feront pas délBLut. 

.HeureuKtv dit-DSI > les • peuples qui ii'ont pas d'bistmire ; livreuses, 
dirons-n^QS) les Sociétés qui. en ont une^ 

r.M; te docteur A. Maurieet étudié d'une masdèore ^ès; intéressante ^ 
largcl^idté laïque* des Dames de chantàati xvn<» siècle ; çetràvail, appuyé 
aùndes. dôQurneots kiédits , nous^ fait connaître dans tous leuvs dàdils 
le» œuvres^ âè -bienfaisance de cette époque que rsi^^ent àifduskurs 
égaras leslétaldisselnents iStts^ues cnéés de nos |ôurs«: 

M. Le Gcdntce, anden ingénieur de la niailnè^^, donne ^ slurie fér- 
.cemeot de rifiibme de Suez, une note extraite d'un travail piusétel^du 
>^il prépane en oeRM;>ment et qniy nous l'espérons, paraîtra prochai- 
nement , note qui a révélé bien des détails ignorés et inbêressants. 

Au.sktei de wm père le docteur Jean-* Joseph Mauricet, le Yice-Pré- 
Md<ME«t de la Scfidété pfdymathique Ht ua dmrraant récit : le Collège 
de Vannes, ea lti12, souvenirs d'un vieux collégien. Dans ce.tableau 
^f et animé d'une époque difficile, règne une fraîcheur de coloris, où 



Digitized by VjOOQIC 



Ton reconnait encore l'habile pinceau, toujours sûr de lui-même , du 
premier Secrétaire de notre Société. C'est tout d'abord l'écolier insou- 
ciant pour la vie en dehors du collège, puis arrivent les désastres de la 
France, l2| retraite de RiUEBie, l'iatleute du retour de. l'fempbrfeufr , et, 
au-dessus de tout cela, plane la reine des Bretons, la liberté douce 
et fière, sous l'étendard de laquelle vont se ranger en 4815 les élèves 
de Vannes, conduits par les chefs qu'ils s'étaient choisis, et dont l'un (1), 
le dernier survivant peut-être , assistait à la séance , ému encore au 
récit de ces luttes héroïques. 

La notice biographique sur Alain-René Le Sage , par M. Guêsdon , 
travail de patientes recherches , où le fait est toujours acdompagné de la 
preuve, vient ensuite jeter un nouveau jour sur le caractère, la famille 
et la Vie du grand écrivain breton qui, tié à Sarzeau , reçut à Vannes les 
bienfaits de i'instructiori. 

Peu de temps avant de lire la pièce de vers où il rappelle les travauqt 
scientifiques de la Société, M. Le Gall de Kerlinou, entendant pror 
noncer le nom d'une femme célèbre quç nous avons eu ^hQan^ur de 
compter dans nos rangs, écrivit la pensée suivante : 

Toi dc«it les tendres vers ont salué Tauroxe 
De la Société que l'o:îi célèbre encore, ' 

Pour la glorifier dans son essor vainqueur, 
* Que n'es-tu donc ici , douce ÉKsa Mercœur ? 

De ton vers inspiré la suave harmonie 
Aurait si biien dépeint la scieiice infinie 
Dans «on vaste dom&ine eacploraat sans retour. . . 
Et, muet, j'aurais pu i'a,pplaudir en ce jour. ... 

M. le Préfet termine cette fêle littéraire par quj^lqui^ ps^roles par?* 
faitement appropriées à la circonstance , et qui se trovvent r.^s.umées 
à la fin des mémoires. 

Tous ces travaux ont été à plusieurs reprises salués d'applaudisse* 
ments unanimes, bien que l'étendue delà salle da«ts laquelle se tenait 
la réunion ait été souvent un obstacle à la parfaite addition diea lecr 
tures- 

Le lendemain» 39 mai; uiieviûgtaiQie de membres: dd' la Sedétè poly-^ 
mathM|iie se réunissaient éaois un banqnet où. la pkis grandô cordialité 
ne cessa de régner; aussi, quand ariita l'heure' des' toasts^ apirèsuM 
charmant^ pièce de vers lue par M. le Pré^dent, i^ueia^. répondu 
M. de Limur^ un des membres a-t-il émis le v(eu de voir «0- reiKMV^r 
tous las ans une semblsible soirée. 

(1) M. Le Quellec, ancien )ugpe de paix de Sarsean, veita tdàt «xprôs à cette 
cérémonie. 



Digitized by VjOOQIC 



6 — 



ALLOCUTION DE M. ROSENZWEIG 

' ' * ' ' bRÉSlDENl" DE lA SpClâXÊ POLYMATHIQDE. 



' permeltez-moi , dès le début, de vous remercier, au nom de Içt' 
Société polymathique, d'avoir bien voulu honorer de votre présence une 
solennité du genre de celle qui nous réunit en ce moment ; pour vous, 
Mesdames ,' ces remerciements seraient bien près de se trahsformer en 
admiration, sî je ne savais qu'à côté de la partie purement scientifique 
de nôtre programme, vous avez en perspective la partie agréable qu'il 
était, d'ailleurs, de notre devoir de vous offrir pour répondre à notre 
devise : Utile dwlai..Pmsf$iojis-:noais de, eette façon ss^liafaire tous les 
goûts, sans ôter à cette solennité le caractère qu'i^Ue 4oit avoir; ce sera 
la fête de Iqi scienç^., r^ais la science, toujour$ aimable pour ses adeptes, 
sait au besoin se^^re^idr^ attrayante pour towsj et c'eçj vers ce résultat 
que doivent ce soir tençlre np? eÇorts, . 

Du reste, je ne passerai, je Tespère, aux yeux de mes honorables 
collègues, ni pour^un hérétiqu^ïj ni pour un apostat, et vous êtes certaf- 
nement prêts à l 'me croire i sur parole, quattd j'affiraiërai que tout 
membre d'une Société savante n'est point nécessairement un ^avgtnt , et 
que celte dénomination , devenue technique aujourd'hui, aurait besoin, 
pour' "être bifeh Comprise, d'être définie d'une manière qui en atténue, la 
tournure un peu prétentieuse. Je dirai, par exemple, qu'une Société 
savante 6j^> Dout simplenient" une réuaion de personnes , hommes ou 
femnâe*, --► npus avons ^u l'ho^nneur d^en compter dans rio^ rangs, -^- 
eoûcoui^Dt eu progrès- de la- science de quelque manièi^ que ce soit, 
par leurs travaux, par leurs encouragements, par leurs subventions 
pécuniaînes^ Entendu; de cette façon ^ le titre de membre d'une Société 
savante n'a plus rien qui bl^se nofcre modestie, rien non pbis qai 
p^se xmi^ m&dr^ un objet d'effrxîi pour nos semblables. 

SôUëlebètïêïîtiè de cette déclaration, je me sens plus k l'aise pour 
vous pârl'er delà Société polyïriâfhîqué du Morbihan; je n*entrerai pas 
dans les détails ; vous les entendrez dans quelques instants de la bouche 
d'un de nos confrères ; je me bornerai à vous dire un miot de son rôle , 
de son pftsaé , de tes espérances pour l'avenir, ' 



Digitized by VjOOQIC 



Son rôle, il est écrit en tête de nos statuts : la Société a pour objet de 
ses études les sciences et leur application, l'histoire et rarchéblogié , 
la littérature et les beaux-arts , surtout en ce que intéressé le dépar- 
tement. * ' ' 

IvCçadrç est larg^, cçmme vous voyez, et justifie pleinement Tépi- 
tbètç de pplymathique prise, à l'origine par notre çomp^^ie ; on com- 
p^cn4, en. eflet, qu'il ne ppuvait çn être autrement dans, une ville dont 
\à population est restreinte; de plus impprtantes ont adopté ce système 
et n'ont pas lieu de s'en repentir. Cette variété même dans les études 
est souvent un attrait; c'est toujours une garantie contre la disette des 
travaux. D'autre part, l'union fait là force ; tel est le principe des asso- 
ciations, telle est la cause du développement des grande^ découvertes;; 
eh appelant à nous toutes les ihielligehces , toutes les aptitudes , nous 
avons la ferme comiction de rendre également service à toutes lès 
tranches de la science qui ont entre elles tant de points dé côïitact ; les 
Muscs n'étaient -elles pas sceurs ? ' ' ; ' .j 

C'est le 29 mai 1826, jour anniversaire de la naissance dé Liiiné, quie 
la Société polymathique du. Morbihan, fondée sur la proposition de 
M. J.-M. Galles, tint ^a première séance^ Son premier président f lit 
M. l'abbé Mahé ; son premier secrétaire, M. lé p^ Mauricet; M. Màhè, 
qui venait de publier, quelques mois auparavant, soh remarquable bù- 
va:age sur les Antiquité? du Morliihan^ et qui déjà songeait à le cômf- 
.pléter, aiasi que nous l'apprend une lettre de ïiii récemment mise au 
jour;. M. Mauricet, seul survivant aujourd'hui de cette Jaborieuse pha- 
lange dont il exposait alors les débuts et ^es aspirations dans un style 
plein de charme, style encore jeune après cinquante ans d'inlervdle , 
comme vous en jugerez tout-çi-rheure. ' ^ 

r A ces ïwwfïis qui; notts sontehers, je voudrais po.uvpir ajouter tous ceux 
qui figurent dàps nos annales et qui rappellent Ip souvenir de tant de 
travaux rem&rqUahles dans les lettres et dajpts les. sciences , les Luczot , 
les Blutel, les Monnier, les Le Lièvre, les Cayot- Delà ndre , les Beau- 
douin-Desmàrattes, les Gaillard, les Rio, les Caro. Puis, à des temps . 
plus rapprochés de nous, apparaît une nbuvel lé pléiade d'homnies non 
moins dévoués que leurs devanciers, dont quelques-uns déjà ont laissé 
dans nos rangs des vides à jamais regrettables, les de Frémin ville, les 

' Arrondeau, les L. Galles, les Fouquet, les Taslé. le me borne à citer 
ceux qui ont disparu ; encore ne puis-je leè citer tous. Qtiânt aux autres 
dont le talent* se révèle à chaque page' dans' nos bulletins , l^nr^ noms 

' sont sur toutes les lèvres et figureront avec honneiip dans Une H"ste gé- 
nérale, qup nous préparonsen ce moment, de tous les rtiembres de la 
Société depuis sa fondation. • i 

Si la plupart de ces noms ont acquis dans lé département une juiîte 
célébrité, celui de la Société polymathique , grâce à ses publications, 



Digitized by VjOOQIC 



— î -r 

gïâae à se^.importarvtes découvertes, s'est répandii, à son tour, je suis 
fier de le^dire^ fsn yrs^uce et à TÉtranger. Des, fouilles habilém^t pra- 
tiqjuéç§ ai '^'uniiac^ à. Locms^riaquer, à Carnac. et sur quelques autres 
points ont, par leurs résultats, fait de notre musée archéologique, ej:i[ 
ce qt^i concerné la partie celtique , la plus riche et la plus précieuse des 
collections départementales, ainsi que le cbnstattait fencoi'e rêcemrhènt 
l'un de nous, M. lé D** de Closmadeuc, dans Utt rapide voyage*. à.iravét*s 
lés départements de rOùest. Notre mui^éé'dUiîiloirë naturelle, nô» H-i 
bUothèques^ de création plus andenùé/ ont égàleinëtit acqùîé' ùnè valeur 
incontestahle. ' •;•,-:«. 

• Toutel e«« r^d^esçeis >s!accroi^6n.t de jour en jour ^, Pourcpioi fautril 
qiw^ ;oçt"^aoroia$qjqpi^t, iïîêii[ie;^qit .die-yeifijU,,pQVir ,npus aujourd'hui une 
<a<we,d'tfRïbguçra5.«td?ip quiétude^ Eu, dépit d^a. proverlie suivant l/^quel 
rfJoBdtmqe /d^, bjeiPiS i^e.ijiuitjamfl^i^., .i{ios,coU^tj,Qus, cpaiça^e 1^ disait 
afïfecv tnm& observer, .il. y a qjiplquea /sew^ip^s., Tua des ,Qrganç.<^, de la 
presse locale les plus dévoués aux intérêt^ de la science, , up$ çqlleçitipps 
éfpuffept daifs des locaux, trop étroits et mal appropriés. Et cependant 
lies ^(çqmsitions , . lés dépqts , les donatîpns ' '^bbticfent ,' ^ns parler des 
^pvoïiiesses séduisantes r « t)onriez-mbi 300' métrés pour m'es vitrines 'et 
je V9;us .!^e's i^âMoone , » j mç disait dernièrement ùh gênêreux'^yoprië- 
t^ire xjueje rfai pas Jbesoin dé nommer et dotft le tnag:uïfique inûsêe , 
Çi^ , représente une fortuné^ est courtoisement' ouvert à tous les vièî- 
teur^. Combien d'autres feraient de.niémé, le jour irfù de's salles spa- 
cieuses et bien éclairées permettraient de réiînir lés mëirçilles dô Tart 
.pu "de la. nature, souvent, ignorées, toujours encombrantes dans des 
d^mei^res particulières 1 "touché de nos efforts et fl'é' lios sacrifices , 
rÉtat ne tarderait pas' a son tour, â nous venir eri aidé piir' seè eïivois, 
lui qui déverse constamment sur la province le trop-jileïn de la capitale. 
N'est-ce pair, "en effet', pour lui tin dévoSï^ sacsré'qttedeiprofége/.des 
iôtâblîbsériiëhtëd'ôtotTufâitfeii'é Sautait ^êtretév<ft^ en do^âte pai? per- 
sonne', ail pôiht de' vue de l'éducation dès raâèsesi€/t du développement 
dës'intélligeiibës?" ■'■'' '■'"•■ '• - ^ ■•''"«.;■••' ^ •. : -'*;; :• 
- • •' r ^ -1 ..., •• .[..;; .1 • ..,, . it.-. ,...,]. , ,. ' 
.:,I^s^ipç^,il'igi;^pjt^aj?i9ej^,yulg^fi^fi^^^ connaissances humâmes, tel est 
le.J^^,qup,.d9it.sç.prppQsey:, .avijpurd'l^ui plus que jamais, une 'Société 
savante, î,,i^l. fiçt pejijj que ppurs-uit avec ardeur et depuis long-temps )a 
. Société pp),ymAj^iq|ue..;Pojur y parvenir, plus sui:eîï}eni, elle fait appel à 
. tiWAteS/ J^s jbpn?ïPs;yQloï^té?, ^[4^^ ï^®49Pt^. P^s que cet appel ne soit en- 
. teiMitttiApr^)?wiruP6M3^tçinquHnt€t.aii$ trçivaiiîè, av^c le pliis Complet 
4ési|itéres?pçfiffïîJ,î^ .^^.p^pspér^it^.^^ ^lle appprte à §es noces d'or, 

-r7.où4ÎWr>i^;^i2^ '. i^^'^PJ^r^M.W^ cpJWie une figure de rhétorique , — 
cette pleine confiance qu'on ne Tabandouner^^ paS djans racçon^plissè- 
n^eiijt.^^ flon.pBuyre. Ce qu'elle ne saurait tirer de ses proprés ressources, 
eJJ^Çjle^jdftççiande.sg^ns crainte au dépâr^ et ^ la ville', ses prôtec- 



Digitized by VjOOQIC 



— 8 — 

teurs naturds; et quel meilleur moment pourrait-^elle choisir pour 
cela? Depuis quelques années le chef- lieu du Morbihan se transforme 
à vuerd'œil : le chemin de fer y amène ehaqu»î.jour une foule d'étraur 
gers ; Teau et le gaz circulent dans ses rues ; sa cathédrale se répare ; 
son école-libre, ses haltes/ sa p>réfeclùpe , sa gendarmerie, son tribunal 
peuvent rivaliser avec ceux des grandes villes ; des quartiers neufs se 
construisent; enfin de superbes casernes s'élèvent, annonçant que la 
vieiljf ei^éjV^ fu^ir qne lu^piorpho^ .encore pliis-pmlète^ PcMiçijopé* 
rerldutefe be's trârtsforraatiôhs il feilait deTargent , 'bôaucoiip d argent , 
et l'on en a trouvé'; et Ton en trouvera encore lorsqu'il faudra bâtir un 
hôpital, des salles d'aiilè; Un thêâtté, uiie maiHë. De l'argent ! il y en 
a toujours.,,., à emprunter. Or, si l'épargne procure l'aisance aux indi- 
vidus , FemprUnt fait d'ordinaire la fortune des communautés , chaque 
création Qouvelle qvi en est le résultat devenant à son tour un nouvel 
élément de revenus. 

Au nombre des fondations utiles en projet , on ne saurait oublier les 
établissements scientifiques. Dans un. avenir que n^u£f venions croire 
prochain, Vannes pourra, comme tant d'autres villes, montrer avec 
orgueil .les édifiât» consacras à sa bibliothèque, à 6eé mu'ëéés d^arëhêo- 
logie* et d'histoire naturelle i à ses galeries de peinture et de sculpture. 
Sur a^s placea s'élèveront les statues des écrivains oélébr^e ou des hérOsf 
du pays « d^ iRené.Le Sage et d'Arthur de Riehemont /par exemple. 
Déjà l'année dernière, à.la demande de notr^ ?élé président, M. Burgault, 
la municipalité a, par une concession perpétuelle et gjraluil^, sauvé de 
l'oubli la tombe de l'abbé Mahé, payant ainsi un juste tribut de recon^r 
naissance à ce pionnier de la science dans le département. Cet acte, non 
moins honorable pouT la ville qui l'a accompli que pour celui qui en 
était l'objet , esfr d'un bevreu» augure pour la Société polymàlbique ; 
fm re«peût 4» pw^é est xm engagemei^t pour T^svenir^ Noblesse oblige. 



Digitized by VjOOQIC 



HÏSTOBÏQUJE 

DE U ' 



SOCIÉTÉ POLY]\ÏATHIQUE 

i ; PAR M-. LALLEMAND 

J uge dp paix du c^ton. E*t de Vannes,. Membre df cef te^ Sociétâ ^•p^is i8W. 



• •• '' ■"'■ 'Mésb'AM'és et MÉssÎEtrft's, ''*' "• "'" "' ' '''" ''-■■' 

. Sur rinvitatiioa de notre hoQOralblei Président y ^e vimm tvbtts- piràsentaf 
IaSeciélé|3olqrnNithi(|Uô(en toute siixijplieité; Maisausi^^^en to^tâ ÉiiiûéintéV 
voua te^^nn^treat là une création bretotme. ' - •' - ■ ' -• « 

(^ (diluai d'dUe^ comine.Ie poète Barhieir, en i830^fpariaht dé la liberté r 

• •■ ' '^ ' ' - ;\ ; ; . ; cfe n^est pas une comtesse ' " .' ' " " 
' fitr noble faubourg Saint-Germain,.. /J "' ' '' ,. r 

' Qlnmet dii blanc et du cai*min. V 

.Wp^s^p cba4eiUina.de pirovinoe, c'iegt iscMa.mswaoirv'OefSQlÉtdôôdépenr* 
daijiçQs dje, son JjiuinJ>le fi^qui firent- le- théâire do saçi tentiis. . ' : ' ■ ' • 

Elle ,a.,^u,.pi>Ç JWW^e grayeHet.,Péçiei^ei'^ ruais ^^ûàMeiàflaxfleéafe 
si bien choisie par ses membres fondateurs, dès Ses débuts, elle s'efforça 
toujours de la justifier en mêlant l'agréable à l'utile, utile dulcù 

Pardonnez-moi de le répéter, après notre Président, ne faut-il pas 
que le sceau de notre Société soit apposé sur tout Qe qui lui appartient. 

Je me suis adressé à vous d'abord. Mesdames, qui nous honore? 
de votre présence, ces Messieurs m'excuseront quand ils sauront que 
les Dames ne sont pas étrangères à notre Société : Élisa Mercœur jeta 
sur notre berceau les premières fleurs dç sa poésie en attendant que 
Miss Power, la célèbre touriste, tint à honneur de se dire membre dé la 
Société polymathique du Morbihan, 

Cette Société célèbre aujourd'hui son 50® anniversaire. C'est vous dire 
qu'elle a atteint l'âge mûr. Ellç a été assez féconde pour vivre longtemps* 
dans ses couvres et pour nous faire croire que bien loin d'être sur son 
déclin ellç n'a pas encore atteint son apogée. D'ailleurs elle veut placer 
daps son Musée archéologique, i^u miliçu dQs monuments et des ruines 



Digitized by VjOOQIC 



w iO _ 

détbttS'leë âges^ teêllés âe la fontaine de Joatencei La source n'a pai^ 
être tarie pour une Société collective comme la nôtre, et nous* ei^périni$ 
bieiff cpie la gèiïération nouvelte «-empreéseira ide venir y puiser , j pdur 
f^rfïétaer celte vie i«)(tellô6ta^ie; ces dbuces jouissainees dB-Pespiii^^t 
dti cdsut* que Ton t^ûuve toujours dans > la reohercl^ loyale efe $iabère'dH) 
bieh^ du trai et du^beau , dànsi toutes iB^bnanchesI^dBs^iConaiais&aiioe»} 
humaines. C'est là q^e nous inmv^ren^ la -sdancè, noti^s xieUisjdoist 
on'profane^èt usûrpeilenompicmri^ifdi Un 

préteiste d'exelaai<ain» pour' lout^ ce qfui ne fevôtpas' la livrée pdéticirejdant 
cm:vêut l'affubler^ wiao» k' «cieace Vraîe^ cqllBjquîy en iwus'fdç^biwEint 
chaque jour les merveilles de la création , nous fait remontera juscpur au 
Gréerteun, «durce de tbute lîumière'et de ^cmte vérité; d'èstièà» Ja:feciôiice 
quenous ont transmise hot$ pèrei^^e^e&t làteél-le^que'noqs/assiions etjqtnç 
nous cUlthx»tksv c'est' là la sdéncèqtrè nous ' voulons ense^heptourvdir 
ènseigiïepàind«-el»laïits.' -•.'■*'•■.' .*,•-...>--,», .,,, , ./.î- » un )1-, •»'?[•,,{{•> •»» 
' i' l^Is'tl éà \&làfk que^je^ous prësetit& liacte dd naissanxsé «de iè Soeiéfcé 

!En'18â6, -:quél(^tfes^ facÉamstes^e^irÔTinâsB^nt p(H^r!herbôriseitfdiinsr4és 

c L'unilwmHéf àQS( ^gpiWs, j?ï§.US]'<î^^^^ le 

docteur Mauricet, son premier secrétaire, l'uniformité des goûts les 
avait réunis , l'amitié ne tarda pas à cimenter leur union, i» 

La réunion dwâfi^ÀairfmbàiieîfomfiBfllii%(|e]iBB^ J.-M. Galles 

y prononça un discours dans lequel il traça le*plan d'une société dépar- 
iômepatale spé<ialemeiit 'destinée, à. faice, fljçiarir J^* ^<^nQ^ .^^.J^s, frts 
^dan^ Jè-.Moi*bil^v : . < : ?/ / \ . . ;. ^ i,. f/ -^. ?-/<.•., . f L; .•.:|-r\K;lJ 
^ La proposition fut accepte a,vec .enthousiasj»ej et la preo^ièjp^ .f'éupiqp 
<fixée'au>29iaaii8SJ6. . '•_•.,; :..>?■; •■. : f/ \ .'*-.».v,!t;:\T 

Ellepritilenom d^.Som|3(éf|Hrf2/5wa/Aigwej ay^clçi iiçvisef ; (/iij^.^^iq^. 

, De ce j^uiT' date Inexistence de la Spçiété. , . :.r ,:■..,./ 

' M. te iskancfine îifebéj qui avait publié, l'année ^rf|cés(i^nte,.spn,^^ 

Mr lesm^iqHàiés du if^part^menjt du, Morbihan \, ,eni,f)uit,l^.j>yeqpiier 

,prO(elamé pr^ideaat, et le. docteur Mauricejb^ auquel, nous, ^^vfipf^lçs 

: spiritujBlS: et charmants oçmpte^r rendus contenant 1^ , ani^ajçs . âps. Riqq 

pi^enûères années^ 1836^1330^ dela.Sçrciétéj estélij^eor^taire.,*.,/ < 

rUno eommiasion élabore un premier TègjLeinent , el;,;^e lQ,jpip.4^24, 

il^ étâiit ;«igQé piBir s^^e fiOtemb^es fondateurs ;doAt' nous .nops. plions 

r à Mîéçét^r ioi les , noms. lia trauveront, de l'éclw^ dan^vcet ^aud^ipwe,. car 

ilsy comptenti encore des descendants;, diîspayepts ou 4^65^^^^ ...; ^^ 

, MM* Je chanoine Mpihé; doqfceur Miauricet; BlMftel,,, .djr^ptqurjdes 

douane l : Ta^slé ieune , notaire:; h -Uv Galles , . dn^rj^pi^^^Tlibraire^; 

L,'B^iid0uinDesmarets,^é<?mêfere en chef ducadastçôi; Lucsj^tati^génfiçur 

: de$r>pon.ts et y chausjséçs; docteur ÇJaret ;. PoUet^ pççcur^uir du ï?qi; 

RaHier # Fo^gèr^e? ; . I?^içhard , pharmacien j i ^4^iQux 4^ , .Ql*éral? ; 



Digitized by VjOOQIC 



— n — 

Le Lièvre, directeur des postes ; docteur de la Gillardaiei et Dendék^^ 
propriétaire.. ^ 

L'objet des études, dit l'art. 1®>^ du règlement, sont les scienoes, 
spécialement les scksnees naturelles, les arts et la pliilologie, La Société, 
pî^ymathiqi» 9'ocoupe également de réunir dans un. Musée di verset 
productions naturelles, surtout ceHesidu Morbihan , des produit inté^ 
nesslants des sqrts et d'autres objets curieux de plusieurs genres. 
' LaSaoiété se compose de membre» résidants, de membres honoraii^ea, 
d'asBOBÎés libres, de correspondants et de membres adjoints. 

Les digsbitaircs sont : un président , un vice-^ président , un séccétaire 
et um trésoFÎeri i 

JDés la première année, nous disent les noies relevés sur les j)remierâ 
procès-verbaux par le secrétaire Guyot-Jomard.^ le nomlsffe des sociétaires 
titulaires et bonorsâres s'élève à 30,' et celui des correspondants dépasse 
le chiffre de 60. Ceux-ci lui viennent de tous les ^poioQ^s delà France et 
Hrême dé Féiranger. Paris, ^rest, Nicev Naptea^ Lille, MaiîSeiUe lui 
fournissent un nombreux et sympathique contingent. Appès 50< ans 
d'existence, elle eompte aujourd'hui COniemiNrës titulaires réilidatltsj 
70 non-résidants, et 80 membres correspondants, en tout 210 sociétaires. 
' V<iilà la' Société constîtttéfe, maintettafttvOfjbns-te à l'ceufv^^^ = 



' il.-'i^See rapports aveolestAdmkdBtralioafli 

" Le titré de membre hohôi^arre avait é!té ddnné à' M. le (iomte de 
Ghazelle , alors préfet du Morbihan , et à MM. le marquis de Eéhélec et 
le ihârqilîs dé Bàvàlàn , successivernent maires de Vannes* 

L'attention de M. le Préfet fut appelée au nom de' la Sôdîèté sur la 
deieltruetion et là dégradation de ïios moniiments, e! ce magistrat s'em- 
presse de publier une première éirculaire ini^rèe au Recueil des actes 
adfninîstratifs de la préfecture, sous lai date du 6- février 1828, tt® 7. 

c Tous voudrez bien prendre soin, M. le Maire, leur dfeàit-iï/ de 
1 rédiger des procès-verbaux contre tous les individus qui tenteraient 

> de mutiler Ou de s'emparer des monuments .celtiques qui peuvent 
3 exister dans votre commune. Vous me les transmettrez immédiatemei^t 

> pour que j'y donne les suites les plus rigoureuses, el que j ^arrête ainsi 
». un vandalisme dont' les résultats seraient 1-àttéaiitfesement de des 
1 monumehts extra6rdiïiaii*es que'leààavafnts admîrcfhiel; qui piVjctirent 

> à la contfée lie' fréquentés visiteis des curieux de tous les pays. » 
Dans le iiiêmé bul;, ^l. lé Préfet adressait à là Société polymalhî^ue , 

lé 28 décénïbi^'i828, une lettré par laquelle il nommait M, Romielix 
conservâtetit et inspecteur des antiquités dans le départebient du Mor- 
bihan, ef iiivitait la Société à s'entendre avec lui pour fixer l'ordre de ^es 
travaui, de ses investigations et dès rapports ^u'il devra avdir avec elle. 



Digitized by VjOOQIC 



— 12 — 

1â oelte création n'eut pas de résiiltats, nous ne savons pour quelle 
cause , sî la révolution de juillet fit ailleurs de notre spirituel compéttrltite, 
du conservateur désigné des antiquités du Morbihan, un pi^fét et un 
haHle administrateur. Nous nous permettrons cependant d'en recom- 
mander ridée & notre Conseil gt^éral. Pour une faible indemnité de 
déplacement, la Société polymalhique jpourrait déléguer un de ses 
membres ^ont rinspection et les rapports ne feraient pas sansi utilité 
pour arrêter la destruction et la mutilation de ces monuments, gloire et 
richesse de notre pays. ... 

'La circulaire de M. de Chazelle fut confirmée et renorovelétf par 
M. Loroi^ , son succtesseur dans la préfecture du Morbihan , Recueil des' 
actes administratifs , n<»' '21 , le 1<* mai 1833 , et , neuf ans plus tard, 
le 42 janvier 1840. 

Un arrêté ministériel du 18 novembre 1831 mit la Société polj- 
maftique en régie vis-à-vis Part. 291 du Code pénal svrt les rétmîônW 
de plus dé Vingt personnes. Et le soin scrupuleux avec lequel elle écarta 
d'elle tout contact avec la peîitique ne permit â aucun {gouvernement 
d'en prendre ombrage. 

La participation personnelle de M. Le Febvre, préfet du Morbihan, 
sous le second empila, aux fouilles feites alor$ par la Société t\x par 
lui-même, les subventions gouvernemenfeiles et départementales ont 
grandement contribué à ses magnifiques découvertes arcfcéologiquefe 
et à la création du riche mti$ée diont j'aurai à vous entrel?ênir tout 
à l'heure. - . 

Sous un gouvernement qui se pique d'être avant tout' le propagateur 
de rinstroction et d« la science, la Société polymathique ne doit-eîle 
pas compter suir le même concours ? 

Dans tous ife cas, nous sommes assurés dp toute la sympathie die 
M. lô vicomte de Rorlhays , noire Préfet actuel, membre de T Association 
bretonne et de la Société polymathique du Morbihan ; il n'a négligé 
aucune occasion de venir en aide à 6es Scciétés savantes. Et nous* 1^ 
prions- instamment d'appuyer chaleureusement près du Ministre de 
rinstruction publique la demande formée par la Société polymathique , 
pour laquelle elle est en instance, afin d'être reconnue comme étaUis' 
sèment d'utilité publique, et d'obtenir ainsi \3t peraonnàliié civile, de 
pouvoir posséder, acquérir et transmettre intégralement, sans crainte 
de les voir disperser, toutes les richesses recueillies par elle. 

Un mot seukameut , car m^. miaujto sont comptées, ^pour prouver 
l'utilité de l'entente^ et des bons rapports entre les Administrations et les 
Sociétés savantes. 

En IS?^ , sur l'initiative d'un de ses membres, le Conseil général vota 
une somme de 2,000 fr. pour la conservation des monuments celtiques 
de Catnac, M. le Préfet obtint un secours de 1,054 fr. 60 sur les fonds 
du ministère des beaux-arts. Les communes intéroçs^es de Carnac et 



Digitized by VjOOQIC 



— 13 — 

d^Âiiray promirent châeune un Contingent de .300 fr. C^était donc UM 
somme de 3,654 fr. 60 assurée pour cette destination (1)« -?. . 

Mais au lieu de consulter les hommes compétente sur Temrf^i de ces 
fonds ^ el tenant en suspicion la Société polymathique en particulier^ 
parce qu'elle avait enlevé les. objets trouvés par elle- dans ses £ouilleSy 
fort heureusement, car sans cela ils seraient en^seyelis sous TelTon* 
drement de la fouille y et Ton r^e pourrait plus les étudier e( lesi 
admirer sous les vitrines de notre Musée archéologique, on propose 
d'acheter ou plutôt d'exproprier les terrains sur lesquels reposent les 
énormes menhirs des alignements, de Garnaa — Le décret d'ejtpTO-* 
priaiion fut m^me irendu par lie Président de la République. 

A ce mot d'expropriation, les imaginations des propriétaires de ces 
terrains se miontent eit s'exaltent; il fautleur rembourser non^soulement 
la valeur des terrains en friohe et sous landes d'une étendue de plus d^ 
trois kilomètres, mais encore cejle de ces lourds menhirs dont , malgré 
leur classement comme monuments bistoriqujss et les circulaires admi-^ 
nistrativea que je viens de vous signaler, ils se déclarent pro-^ 
priétaire»- explusife, . . 

Reznbeurs^ l^rs terraii^^ rembourser ks menhirs sans doute au |!>ioicU 
d^ VoT^ Quelle goutte d'eau que cette somme^ dô 3^654 fr» 60 pour un 
semblable pactole I 

11 fallut y renoncer,, et les communes intéressées de.Camacetd'Auray 
ayant refusé leur concours, le crédit fut annulé faute d'emploi. 

Si la Société polymathique avait été consulté^» oUe eut engagé la,c<mi'- 
zQune de Carnac à rétablir la galerie» horizontale qui conduit au^ dolmeil 
du centre du mont Saint-Michel, galerie construite par la Société pour se 
convaia,cre qu'une- seule tombe était ensevelie sous cet immense tumuHis, 
mais qui s^'est effondrée parce que le bliiidage n'était assuré que pour 
deux ans, et à l'entrée de laquelle viennei:! se s^orfondre les nombreux 
touristes attirés par la réputation de ce monument. La subvention. aurait 
sufd pour le rétablissement de la galerie , une légère rétribution perçue 
à la. porte d'entrée eût été pour les pauvres, ou ^pour. la con^mun^de 
CarjdaQ une. source de revenus comme celle que notre Sodété a procurée 
àLocmariaquer pour la grotte de Maimé-ôr-H'roôfc. 

Qu0 de. bonnes choses nese jloAt pas fauto der s'entendrie* 

11.-^ Gréatioii du Iftlséo^^ d'iâstoirs' aatof eHe. > > 

Le 29 mai 1828 y le premier des conservateurs, M. Luczot, dans son 
rapport à cçtte date, nous (^n fait ainsi connaître la situation. 
« Près de 600 échantillons de minéraux, 
1 Ôeu?: herbiers classés, l'un suivant le système . seoci^l deLii^ni, 

(1) Procès- verbal du Conseil général du Morbihan, avril 1874, p. 59, — octobre 
1874, p. 66. 



Digitized by VjOOQIC 



^44 — 

ccMùftènant ehTiroi^ 4,700 plante», l'autre ôuivant la méthode nattirtfflé 
de Jussîen, contenant environ 1,000 plantes, y compris 70 e^èceis 
d'àlgùes marines , dues aux soins de M. Le Lièvre. Cette demièrecôl- 
lèfétion a* été depuis c<rrisîdérablèment augmentée et complétée par 
M. Prouhet, le collaborateur et l'élève de M. Le Ltèvre* 
' » L^<5oqûilleô étaient alors au*ri6mbre de plus de ^0, plus ISO es- 
pèces fossiles. 

**Là cla-âse des îtoophytes présentait utt asi^ez girahd notabre d*échafn- 
tiUons de diveirses espèces dWit plusieurs fort' beaux. 

> Quelipies mammif&^e&^ivipa^es et poissons; 

» Une collection d'insectes dont le nombre excédait déjà celui de toûi 
te q^e le'Musée possédait dans toutes lès autres classes réunies. > 

C'était là des débuts* d'un heureux augure, et, pendant ces deux 
premières^ années, donateurs et conservateurs n'avaient pas perdu leùf 
temps-, ''• t ..■■',•■ M i 

Les promesses de ces premiers jours ont été largetneht tenues. Des 
collections de coôchylicilogîe et d'oriiithologie vinrent enrichir no^ 
vitrines; elles comptaient déjà en 1840, nous dit l'annuaire de Gayof4 
Délandre y 22 genres et 98 espèces pour la première , et 15 ordres , 
191 gem&^y 4SQ:e^câ^^r9his ISO .nqn j^SaiMat^ï défferminéi^s pour 
la seconde. 

Enflii, après 45 ans de tikvàux novi intert5^mpus de M; Tàslé, dont 
nous déplorons>la perte récente, |mis^ihmënt' secondé par le docteur 
î^ouquet, Geoffroy d'Àult-DUmesnil, Arrondleaa et Griffîth, la Sôrfiiété 
peut ^Mr ktix tnavailte^ri^ et auic curieux'' àails -ses vastes salles 
de la place des Lices, uji musée où sont exposés avec une méthode 
dt un ordre par&it tous tes produits et tes ^objets les plus curieux d'étude 
pour l'histoire naturelle dans notre département. Si , dans ces derniers 
temps surtout, noB conservateurs ont resffreint ïeurs collecfions aux 
objÀs "produit^ ourecueîllii^danS']edépaTteinent,'dans la mèihe ville, 
un musée privé, plus ricbe peut-être surtoiîrt en minéràîogie et en pa- 
léontologie; totfjours si gracieusement ouvert aux travailleurs et mfem^ 
aux simple» curieux , par M. de Limut, imembre aus^ dé la Soéîélé 
polymathique , leur offre un champ plus vaste s'ils veulent élargir le 
corde 4^ leurs études et dé leurs observations , et embrasser l'Univers. 

Sous les auspices de la Société polymaUiique, des catalogués raisonnes 
des productions des tr<Hs règnes de la naiure recueillies dans le Mor- 
bihan, ont été publiées^ - 

En 1866. — Tràiîé des minéraux, par M. GeoffroV n- Ault-dumesnil, 
Conservateur-adjoint, avec uiie întrodûclion contenant une description 
sommaire de là configuration et la constitution géologique du départe- 
ment, par M. Arrondeau. 

En 1867. — Zoologie. — Catalogue des mollusques marins, ter- 
rentres et fluviatiles observés dans le département y par M. Tablé père. 



Digitized by VjOOQIC 



l!H?h^S^^R^te^rsr.ia^l*' Société, et CoQ^erîMitapr da.MJifséç 4r^#it 
n^tH^çUe^.'^ •.; :;, , .... •' ; j : ^ : • ■- r^ . . 

:JU xwêxQQ anuéQ. -^ iîqtanig?^(î. — Catalqgue4fi$ pUknt^^ phanérçr- 
graims^ par M. Arrondbau, Insp^teur df^çidémie, apcien Pfé,fid6ut 
et Conservateur-a<\jpint. , . 

.^jP()^^l{85p^ j— . ,^0ologie. — CaUshgyfe^e^rn^mmifères, de8,oisemoi et 
des reptiles, par M. Taslé père; ; 

^fil^ 13[73^pr Zoologie. -^ CqtqipgMe raisonné de$ Upidoptèr^s observés 
dans le département dâi Morbihan j ps^r,M« Griffith, Coqservateuif-' 
adjoint du Musée d'histoire ii^tureUe d^ la Société polymathiqois ^du 

Hél^ l. Talvsfince et sui^tout U niort ont fait le vid^ daas ce petit 
9^^çle . de; JQQS labaneux et savants conservateurs^ et j'ai enteridu 
^^.^^^9 ^ plfipdjie 4^ n'avoir pu 9^ former de sw^cesseur. Heureuse-<^ 
ment que MM. Révelière, Marchais et Brondel ont accepté cette suçces-t 
$i^iL 9i^^^^{^))s bénéfice; d'inventaire, et, grAce aux. goûts studieux. de 
mi^efi^Km^ur de r^reg^BtremeAt et de sea collaboraieurs, elle ne sera 
pa$;va^c^pte*, ,. 

')«< m;^ IIL '-n Cours poUlea telté par les iftombraa dj» laSociété. 
xii^s çpi^ publics p^,tjaQSsi,étèf«^ts par «d^s meqibra$ de,t)f4te Société. 

.. P'ggtQïpoVjgie. -Par, ¥* Ri^OTç^. .^ y- ^"^ ^V^'^^r - ^^'^^^ 

.,}((& b0t^|[^que. ParwWM. RiQiiAiVD et Maurjlcït, auxquels $!^djois^i^ 

]K..Tia^.^,183L ......^ ... •■..■.... 

..i.Ç^'u ÇWT8: ^e .âreat i encore ea* 184Q pour la< b^it^mque et Ja 

flji^éralpgie. ...k'^ • ;..'.,;•.■•.•:•• > -„. ^ 

.t.Sur l'invitation de Mi.^eMixiistre de VlnMrux^tion publique, ea même 
teippps q}le.3'c^vraia»t Iq&.ciqw/^ d'i^ultes 4ajo^$ les éeoles primaii^es^ des 
cft^f^rpiKîe^.fiM^ent faites sur le$ sources et les origiines de Vhii^oire 
de^^reta^^ dans le» biW&.de 1866 et 1867 par uçfc membre delà 
Sc^çiéité polymatbique y et m q^'U me soil/ permis de .vous remercier, 
Mey^da^ipl^s^ d# l'empressement que beauooi^, d'entre vous mirent à suivre 
e6s.û<H)f4rencedy c'est à' elles .que je dois les palmes acskdémiquesqui 
me fw)ent a«coi)dlées à eette:ooeasion* 
. AÂnsiyiou^ours la. SoQiété.polypatbique< s'empressera de mettre à la 
disposition des jeunes gens, soit encore sur les bancs des. collèges , doit 
à leur^ débuts /dans les diver^s admipistra1;ipns qui les. appellent dans 
notre ,yille , des moyens d'instruotioa et d'études. . 

Ici y je demande deux minutes pour faire Técole buissonnière et vons 
raconter une légende qui n'est pas inconnue de plusieurs des personnes 
qui m'entendent. On m'a dit, et je ne puis guère en douter, qu'à certaines 
années les^ leçons de botanique en plein champ, les excursions d'b^T'- 



Digitized by VjOOQIC 



» 

^8î8ft»éttfon ietrab«fortftèreilt en partie-dévicrts^rèë stdviès&'jfmf ïesrbariiéé 
!ét qtoe^pliis d'une fois de Ja boîte en fer-blanc de Fherboristè sortit unie 
flûte, un flageolet oit une clarinette, autoui^ desquels se formait tiii 
^ai-'châttijiëti^:-- * "' -■^- ^ '-• ' '■ I ' .••-«. .1 . f 

•'L'é Gdlofriel de Càmâs i>ourrait au besëin ifiotis dénottéefr le dieu'Pkti, 
8èfhtt/ë- dirait Péfcbé Miibé, qtiîvaoui'l\inifbyme du Saînti^lyrîéh, fit plus 
d'une fois retentir l'avenue du Minimur de ses joyeux accortte. * '• •« 
'^^ Oh m'af'dlt âttssi -cfué'nos prôfèssèiirrs'd'éntonïôlbgiè,' pbUr f èpalW les 
ravages ftnt^'danfe deux Aiagnittiques tableaux* renfermant dei» coUectîdris 
^é briHanis papîtfons èiiotiqucs et indigènes mis en poàè^lël*e Jwtr lés 
alités, kussl inexorables que le temps, aVîalent' eu Un ittetaïit l'iidée 'de 
fWré i!ïh appel àttt Bahlôsi.si habiles à ûtét le» papillons. . ' ' ' ^ • '■'■'■ 
Mais autre temps, autres mœurs.' ' '^ . ; < • . ^ . . i. . . ,... j^ 
^^'W^llètl^'^iiaVèné'qéfé'lôg 'fetaes, âujôuT^^ pWilferénrÂ'i3es 'Vkiùs 
^i9^l'«', à'éë^br%aMesidl#lrtf6f$c>f^/iâ( pràti^^ 
"dlNIWfeé de^ëbàrkô^- de*\biiiifaifilmcej cùiameit oelles ikmt' lëdikitisiir 
>Mpfi^sfe Mà»uriëet-*^*i^ V»ùs -'eoifttler ' l Wgânlsalian i^ Yalitteé^- à1eé'fit)t^4u 
^^'îi^^èdè'y'^p^ti/ntk aïeules *oà nos gmnd'Hmferéé. '* '• * • - * - ■' •= «^«'i • »> 
^^^Êaîésdtis'^cligf légende et >iv^^ ^ ^»' •^^> i^^'^^'Hat 

..^ .Iy.—;Grâatioa de la. Bibliothèque départementale an Morbihan et 
. . ^ communale de la viiie de' Vannes.' . /, . ' 

^'Èn 'HëSîtv'ïê^- crétorié Wë ' VanèiéHtiè '^;Blèli6lhèttùe^'*«ép^ 
eisaient abî^donnés depuis quinze ans'aaîts'pl\isîetfî*i ëalfè^'^autei^^ifii 

; ] 'On saii'.gù^àp aéèr^t'^âu;'^^^ ïtX^^iin^er'A^ 

^prdonnl^'l^^iabfïs^ de 'Bîblïôlhè'ques' publi^iiëé' âân^ ies ^ cf Jéfarifet^ 

^tiès libKatt^ue^ furent placéeà sôiis' la sary^iHaritte tiiéfe iàiit\iit6j(0^^ 
'àes pèpes fùréltit êclictées ddïitfîô'leë âitapidîtiôAs éfdê^raafftioîis;^^^^^ 
"Jî*^; porter ieV livres ,|tîlî^es^,cbàrti^es^ Wédàrttèi ^ralfitf^ùltès pH6<rétiirfft 
'âes^àriciièiines maisons V^^i^èusè^ du '^Bli^emeritsl d*instrtibtJ6n 'tà^ 
Hiquè supprinrès (dêâefdûMfi^UtÛSôi^d^^^ 
bibliothèque publique fut fondée dani^ Chaque école centrale {décret du 
^Mt4mo^emâ^l^^H9»' oêie^asm^ ték^m^brtn^iéÊÈikSt 4?o]|^ 
vèreife^i^Jtis'^l^*dé§i4§ilift%M(4èii«d M^milà^ébMa^^ des 

Jéspites, des abba|es. d^, Prièi^es et de Saint- Gildas de Rhùys et des 
^^oftibfeuèés c<friîilÀùfi liu'-dèpéfftéiièht, ëntàfsiôés êaniB 

ces sillle^ du èoIïé^^uî'avàîëTJt éntcêdé &' l^èéèîé dènfcâ!^. ' - ' - ^ 
'Des' doutes' s^étant élevés mf k'pfôpriété des bâJSm'éttfeldti GofUégei 
pëî-soilné ne voulait y faife âe réparations. Ite îtétt ifêfâilt Affaissé et 
ritenidité venant en aide auîi rats rongeurs^ ces préciéiii^ifivrwr'qtii 
a^âScSit éclSIppé"li~ îâiscmfëcti^ des cartmichcs da corpr ^' a n ft ée eu 
géitéi^I Hoché, dont le quilPliergénèràbiut^K^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 17 — 

lors^ç re;iLpécmiQa de.Quibércm, ea 1795, .d»P;S cet. établissement, 
ét^ent. menacés d'être réduits e» pâte, lorsque Tattention du Conseil 
général f^t appelé sur cet état ^e choses déplorable. 

Un premier fonds fut voté par lui pour le transport des livres, et il 
autorisa la Société pplymathique ^ les rassembler , à s'en rendre, d^o- 
si^iire, ,sous la condition d'en iaire jouir le pu)»iijp un ou deux jjQurs 
par semaine, 
. Ij^ trav?^ux de transport et d'installation . furent entrepris syr le 
ch?mp ; la bihliothèqiae fut placée dans .le local même delà Société, 
rarrangement des livres fut bieptôt complet, les catalogues provisoires 
,firessés> w bibliothécaire nommé, et, dès 18:33, le public fut admis, les 
mardis et les jeudis, de dix à trois heures, à jouir dp qçUe collection qui 
se compose de 6 à 8,000 volumes (1). 

,;.I^ ville de Vannes fut ins^crite parmi celles qui devaient participer aux 
4istribuUonS;da ministère de l'instruction publique. Ses envois considé- 
Tables de liiitres remarquables^ tels que YExpédition à*Égypte^^, VExpér 
iUtiotnd^,Mové^^ Y Iconographie greequs et romaine, des dons généreux 
de particuliers comme M. Vigier qui offrit à la viUe de Vannes Vhùtoire 
naturelle des oiseaux d'Afrique^ par Lp Vaillant,, six volumes in-folio 
avec gi*avures noires et coloriées, et les Lilliacées, par Redouté, peintre 
de fleurs de l'impératrice Joséphine, huit volumes in-folio, exemplaires 
qui ont d'autant plus de prix qu'ils ont été achetés par M. Vigier à la 
vente de la Malmaison et ont appartenu à l'impératrice Joséphine. Tous 
,^. àifjûi^ et ces ei^yois formèrent le noyau d'une Bibliothèque com- 
,p;^unaie,qui n'est pas sans valeur. 

Un local plus vaste lui fut consacré, des catalogues plus complets 
;f^n .furent dressés. La Société polymathiqpie en paie le loyer et le biblio- 
thécaire. La bibliothèque est ouverte aux lecteurs les idimanches et 
jeudis,, de dix heures à trois heures; les mardis et vendredis, de onze 
heiirçs à un^ heure. Et la. Société est en instance près du Conseil 
muQicipal , 'en attendant qu'il puisse lui offrir un local digne de la ville 
qt de sa bibliothèque , pour qu'il lui accordé au moins une subvention 
si^fiisante pour faire face à tous les frais qu'elle nécessite. 

¥. — lUdAittamit du Matée archéolegiqiie. — BidMiM «t ]H0UqA- 
B. *— MéâfldUte d'li<Miii«iir an concours des Sociétés stvantoiu 



Dès l'origine de la Société polymatliique, M. Rallier, montrant tous 
les avantages qu^.^e département devait retirer d'un Musée tel qu'il était 
projeté,, sippe^dt aussi l'attention de ses membres sur les chances de 
succès qu'offriraient pour les découvertes archéol(^iques des fouilles 
bien dirigées. . 

(i) Anonair^i» (k foyot^-DéiUndro de 1833 «t 1834, page 175 et 170. 



Digitized by VjOOQIC 



. ,ÇeUe.idée-m$ni^.jai0$i jei<(é<$.au sein de^laSiKSiféiè^liU laôeii; kegtdhps 
4 iy gernieiî. . Il ? léUU . réservé à. $ii section . arohéÔ4<>giqtte v «.'organisant «et 
se, çopsljiiuai^t em-rHiêm^,. <i'^i^ ^^u^lUr tous leS'fjfuUsytddiFefiSusdtcr 
en sçiulevanMst pi^ïi^ à^ lear/î tombieaux ,. en sondant Jes moillagne<^ qiri 
les •recouvraient , rhistQir.e de çes.g^nélrsAion$ qui tn^l noi^s l'uni transiniâe 
que par leurs monuments. - .; » ,.. i 

Dans son iE^sai mr.les antiquUéi$ dn M(nlbihan,.Vdishé}ia]Ekéf dès 
4325, avçdt ouvert la voi^ ; ' de tous côté$ il a^ait recueilli de >n[Oinbre«tt 
renseignements, des indications très-préeieuses. Mais hionune d'une 
érudition.proforide ef pleinede ressources, son oiYrage, par «es dpcùf 
ments. historiques , ses déduic tiens st. logiques, -est, s.artau t. utile à otttt 
qui se préQccupenjt des peuples. s^rigènes. qui onf^. é^tè, cas uMmum^nisl 
. Les connaissances archéologiques étaient aloi's renferméesf dans* ui| 
cercle de petit nombre de savantes. Elles: n'avaient pas' eneorei atteint 
cette rectitude d'observations V ces règles précisesiet eiosicttsB quiaafiir^t 
plus tard. une véritable science. , . ., • ^ . 

Cependant, en 1827, un savant antiquaire, M* de Fréminvpie^ capitaine 
de fj^^iate,. oncle de l!ipgéiviciîir,, qui fut en 48&7 pyéwdent df l* ôeotlon 
archèplpgique , fit; ;»?^raitre v^ ouvrage intitulé ■,:•. 4^i4W#t6Switiefîa 
Bretagîne.rrriÀi^nMmfinti )çl^ Mqrhihan, CJet auteur, 3:neiïibr0 .4e la 
Société polymathique , s'était imposé,,dtt-Ui,roUigatiw^.d€i ne décrirai 
que . Je^j .ï]c^pquD;i^|it3. qtfil aurait visii^i luitflaèisje^ iMais. ;Soit défeutlde 
pei:sévérancj3,. soit ppur tout autre canae., il s'est borné â la d^^ori^ticH 
defci4qj^Wte-troi^,monume»tS) .presque tc^usde l'époque oeUique^ u:«ru 

î;iéan??pioinç, . ,ç^ .téjnoignggp: da . vis/Ui^ i ces ^ dç«cripiio9iSi : 0t . oof dessinai 
sont toqt ce, qui ; ï^.us ,rpste de plusieurs mojaumjents qui , .dep»i3>. <M^[ 
én%!^9ien,t.di§p.^u.^ . .!.,. ,.» ^....,, ■.; .-,...; ., , .,■; ^ ..i ... . - ,.:>.•.. 

En 184^, à la suite du Congi^pi,de J'Aç^^i^tiQÇibretdnn^ieoii ai^^ 
un. prpjrt. de cjÈ-^éaUen d^une^: s^çction d^Èfçol^lQgte jreÉut .uAiPUHiBaeïi- 
oen^eixt.d'oxécution par 1^( niDiBWWttiori de^L jLorQis^Miwréfeft^att Mo>flail^a%> 
çonj^me président et de.Cayot-Délan4rçV'^>ï^«»c seciîétalï»; 1 ,î jj. . 

,tI)éûnjtj;Vement constitua au Gpngï^ntenU âUi'Renûie»^. itsf, jSAh^f 
Içt.ç^af^ ^d'archéologie de l'As^ci^ktion barfetonnei ne ooimnôn^ai àifcnc- 
tio^^r. q^e<dax)kslesCoAgr^fii3i^viy»ta vichajqcMtdépartament'd^ ëanG)eBffli& 
pi^l^.i dç< ,^rétf(gnQ ¥Oii&lut. atioûr î sai^ Sodéiétt particulière v destinée. 
à^^,çq\l9ilU):.£fu^{^^ (^(^l^tdansMc^oqn^tlripitkbi lestél^lnehts/dësiasn^esî 
historiques; fit, Scip^liiwiw^r.du^Go^^ Ua nOuwau» l)urfiaflk y 

cpmços,é.d^,^I* T4S>é,maiï«i, président; Gayot^D^auchre^ifiècrélare/et 
Le Joubioux, secretaiii8.de l'Évéché,trôso»iei^ reçUt dè«4»rsflnsiÊB-d««çi 
adhésions morbih^nnai^es. Les Boato^r «ont «onmghésidaiiB te:c«dplef^ » 
teçidu du ppngrèsde Saintf-Brieuc^ eni846..' ( j ij. i - i 'i ' i! 

C'e^t.fîe qur ejtpiique que GatyobrDélanflBe^ publiant eh lB47i6on ihrte . 
îi^itiUé,.- ■t^-M!>**6i^n, BonhUtoire et ae» momwrwpntB^ si&qûaMfieide' 
secrétaire ^la Sociéiè.Rî^héol • - •/ 3 •. : . ;. .. 



Digitized by VjOOQIC 



— 19- 

Lui «usai ne voulut parier que des monuments qu'il avait lui-même 
visités. Ils sont nombreux, assez fidèlement décrits. Mais l'auteur dut 
nécessairement se borner à leur forme extérieure, aux débris dispersés, 
spoliés à des époques inconnues , et à signaler ces ruinés, depuis moins 
d^un siècle l'objet de Tattention de quelques rares savants égarés dans 
nos landes. 

Cette nomenclature, forcément incomplète, reçut de nouveaux déve- 
loppements par le catalogue dressé en 1^^ par la Société archéologique, 
mais surtout par le répertoire archéologique du département du Morbihan, 
rédigé sous les auspices dé la Société polymathique de visu , et avec 
tant de soinâ et d'exactitude par M. Rosenzwèig, son président actuel. 
Le Dictionnaire topographique du département, qu'il ne tarda pas à y 
joindre, lui méritèrent successivement les palmes académiques, celle 
d'Officier de l'Instruction publique, et enfin cette croix d'honneur, digne 
récoihpense des travaux incessants du laborieux et savant archiviste 
départemental, et des médailles d'honneur pour les Sociétés sous les 
auspices desquelles il s'était placé. 
La Société polymathique avait d'abord été divisée en quatre sections t 
1® Minéralogie, physique, chimie et histoire naturelle; 2^ botanique 
et agriculture; 3«> zoologie et sciences médicales ; 4** belles-lettres, 
histoii^e, antiquités et beaux-arts. 

Dans sa séance du ^ mai 1853, sous la présidence d'honneur dé 
M. Ducordic, la* Société polymathique ' créa une 5^ section qui prit le 
nom de Société archéologique du département du Morbihan. Uft 
bureau spécial fut constitué , composé de MM. Le Joubioux, chanoine, 
président; Taslé, notaire, vice-président; Lallemand, juge de paix, 
secrétaire; Galles fils, secrétaire-adjoint; Gaudin, chanoine, conser- 
vateur; lie Lièvre fils, oonservateur-adjoint. 

Lee inembt>ee4e celte nouvelle section ne restèrent pas inabtifs, et, 
en j^tUei 1853, encouragés par Theureux résultat des fouillés des 
grottes de Plouharn^l, en 1850, par M, Le Bail, maire de cette com- 
mune, qui avait donné des fragments d'os humains, des cendres, du 
ehaiton «t d«ax colliers ou brassards en or. Après av6ir obtenu bon 
sans peine l'autorisation des propriétaires du sol, ils résolurent de àé-* 
maadeF'son seeret an tumulus de Ttimiac, commune d'Àrzon, domintirit 
2a {a«9cpi'ile de 'Abays, dans i'^spoir d'y découvrir une grotte ou un 
dclmen râi^ des ravs^^ du tem]» tMt de la màkn de l'homme. 

Nous ne fûmes pas trompés dans notre attente. Une tranchée pra« 
tiquée à 4aid onvert dans le tanc sud de la butte donna accès à une 
chambre s^ulorale dont la description, aussi minutieuse qu'exacte et 
fidMe pso* le docteur Firaquet, est consignée dans le rapport qu'il adressa 
au Ckom de la Sedété polymathique à M. le Préfet du Morbihan, le 
i^ aoàf 185&. On peut voir dans la vitrine spécialement consacrée & 
cette iduUle, duis notre llnsée archéologique^ d«3» la tour du Gonné^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 20 — 

table, les fragments d'os humains, les beaux celtae en jadéïde, en 
trémolite, les grains de colliers en callaïs dont elle nous mit en 
possession. 

I41 section d'archéologie continua à fonctionner avec son organisation 
(distincte sous la présidence de MM. Le Jouhioux en 1853 et 1855 , Jac- 
quemet, ingénieur en chef, en 1854 et 1856, Taslé en 1857, deFré- 
](i^inviUe en 1858 , et Lallemand en 1859. 

Les fouilles des monuments gallprromain's de Saint-Galles, en Ârradon, 
en 1854, l^s plans d'un établissement du même genre, découvert à 
Saint-Christophe, en Elven, en 1842, par le capitaine Than, du 4® de 
ligne. Les fouilles du tumulus de Moistoir-ac et le don des urnes Cuné- 
rjs^ipçs, par M. L^ Fruglaye en 1856, celles des établissqments gallo,- 
romains au Lod^o en Arradon, à Saint-Symphorien, près Vannes, de 
TElvéno en Noyai -Muzillac, 4eTréalvé en Saint- Avé, en 1857. D'up 
dolmen à Locmariaquer, par Louis Galles et le baron de Êonstetten 
en février 1860, d'une grotte située dans la lande de Groocti, près 
Kerlescant, par M. de Villemereuil. Toutes ces dépouilles opiniesj.çrr 
nement de notre musée gallo-romain , attestent l'activité .et le zèle des 
membres de la Société archéologique. f 

Cependant, le 31 janvier 1860, de nouveaux changements furent 
apportés aux règlements des deux sociétés. La Société polymathique , 
qui comptait déjà 34 ans d'existence et s'était fondue tout entière dans 
sa section archéologique , réclama son droit d'aînesse. Elle tenait Ja 
boursç et ne voulait pas abdiquer. Elle élargit le cercle de son action 
et ouvrit ses rangs à tous les hommes d'étude du département ; elle 
étendit son programme et déclara qu'il embrassait à la fois l'histoire et 
l'archéologie, la littérature et les beaux- arts , les sciences et leur appli- 
cation. Se proposant pour but plus spécial la connaissance des productions 
naturelles du pays, de son histoire et dé ses antiquités, un seul bureau 
fut élu : MM. Arrondeau, président; Le Joubioux, vice-président; 
Fouquet, secrétaire ; Lagillardaie, trésorier, et Galles père, conservateur 
des Musées. 

A partir de 1862, la. Société entra dans ce q^ue nous pouvons appeler 
l'ère des grandes fouilles. 

En septembre 1862 , une somme de 1,000 fr. ayant été accorcjiée pour 
pratiquer des fouilles sous le tumulus de Camac , oonnii sous le nom de 
l^ont'Saint'iiichelj la direction en fut confiée à M, René Galles, 
ancien élève de l'École polytechnique , alors sous-intendjant militaire à 
Vannes^ aidé des conseils de MM. du Haut-Plessis et de ^réminville, 
ingénieur des ponts et chaussées. 

, Des sondages furent pratiqués dans la montagne, un puits vertical 
descendit jusqu'à l'entrée de l'éttoit dolmen contenant cette grande 
tombe cachée à tant de générations sous plus de 40,000 mètres cubes de 
pierres et de vases. Elle s'offrit inviolée aux investigations de MM. René 
Galles, Loui;s Galles et Lallemand. 



Digitized by 



Google 



— 21 — 

Si Von veut savoir quels furent les résultats de cette découverte ainsi 
que les produits des fouilles sous la tombèllé de Kèrcadô,'en CamacJ 
en 1863, par MM. Lefebvre, préfet du Morbihan, et René Galles, èotiè^ 
intendant militaire; du Manné-er-H'roëch et du Manné-Lud , à Locma* 
riaquer, par M. R. Galles, en 1863; d'un dolmen tumulâire à Crubèlz, 
parM. le D'^ Gf. dé Closmadeuc ; des fouilles opérées au pîèd de fcihq 
menhirs en Pleucadauc par le D'^ Fouquet; sous le tumulus de Ker- 
^onfals en Bignan, par MM. René Galles et le t)r À. Mauricet; du 
tumulus duî Moustoir-Carnàc, par M. René Galles; dès dolmens de 
Kerrocli en Locmariàquer par les D^ Gustave et Alphonse de Glosmadeuc!, 
en i864 ; des tombeaux de Mannè Becker-Noz en Quibéron / par le 
D"^ G. dq Closmadeuc, en 1865; du tumulus de er Houriçh où de la 
Vigie en la Trinité-sur -Mer, par MM. de Cussé et Louis Galles, en 1866; 
de sept tombes en pierre à Quibéron , par le B^ G. de Closmadeuc , en 
1868. Qu'on lise les rapports de M. R. Galles, dans lesquels le 
briliàntdu style et l'éclat de la pensée cachent l*aridité des détails 
techniques. Il préludait ainsi à ses autres travaux sur les monuments clé 
FÀlgéne et, de la Loire-Inférieure pour lesquels il a été nommé corres- 
pondant du Ministère , et a reçu , â la dernière réunion de lia Sbrbonne , 
en 1876, les palmes d'Officier de l'Instruction publique. 
• Une médaille en argent, commémorative dii' deuxième prix obtenu 
aù.concours de l86Ô, avait déjà été décernée à la Société archéologique 
duMbrbibani En 1863, la Société polymathique obtînt; au concout-s 
à'archéologie, le fri%. ex œquo avec la Société d'ébulation (iu Doubs, 
pour lès fouilles exécutées à Locmariàquer, au Manriè -er-HVoëch et au 
Manné-Lùd, 700 fr. argent et une médaille d'argent. Deux inédaîlles 
en bronze commémoratives ont aussi été accordées a la Société. 

ijîous renvoyons aussi au rapport du B^ G. de Closmadeuc, si" hardi!, si 
judicieux dans ses aperçus et pourtant si prudent et si réservé dans ses 
conclusions. Il ne s*est pas contenté d'examiner avec l'çeil exercé de 
Thomme" âe l'art lés ossements humains trouvés dans ces toriibes;, 
dessinateur habile , soigneux observateur, la Céramique des âolmens , 
les Celtœ armoricains ont été l'objet de ses études et de seè' écri'ts 
digries pendants de son mémoire sur \es Monuments primitifs a' desti- 
nation funéraire dans le Mprf)iban, qui obtint , en 1865 , là première 
médaille dW dé rïnstitùt. ' ' ' ' ' 

Les études du D»* A. Mauricet sur les ossements trouvés datisr ïe 
tumulus du MoUstoir-Carnac, de Kergonfals, du Manné-Lud ; les travaux 
aussi variés que multiîpliés du B*" Fouquet depuis sa brochure' sur tes 
monuments celtiques et les ruines romaines dans le Morbihan, en 
1850, ses derniers rapports et discours jusqu'à sa mort en '1875, lés 
écrits et les i3rochures de Louis Galles , dont nous déplorons aùâsi la 
perte, le premier des explorateurs de nos monuments, si ardent et si 
soigneux dans les fouilles, ce qui l'avait fait appeler parmi nous f^ommc 
aux dolmens, méritent une attention toute particulière. 



Digitized by 



Google 



— M — 

Mais il me faut fermer^ 9xl risque des omissions les plus regrettables ' 
(Ses vingt volumes de bulletins des Sociétés archéologiques et polyma- 
tbiques du Morbiban dont je n'ai pu qu'entr'ouvrir quelques feuillets. 

Avec les bulletins , il faut parcourir les salles de notre Musée arcbéo-' 
logique ) si on ne peut examiner à loisir les vitrines et les montres 
consacrées à chacune de nos principales fouilles. On y verra avec quel 
art tous ces objets ont été exposés et montés par les soins aussi habiles 
qu'intelligents de notre conservateur M« de Cussé, comment en véritable 
artiste il a su retrouver et rapprocher^ souder ensemble les tessons^ 
réduits presqu^en poussière ^ de ces urnes et de ces vases pour les 
restituer et leur rendre leur forme primitive» Que les privilégiés , après 
avoir contemplé les nombreux moiûages dont il a doté notre musée, 
admirent dans son album ^ s'il consent à le leur ouvrir, toutes ces repro« 
ductions où le talent du dessinateur et du peintre rivalise avec l'exactitude 
mathématique de l'archéologue. Dans son rapport sur l'état du musée 
archéologique, en 1866, M. deCussé remercie MM» d'Ault-Dumesnil, 
liouis Galles, René Kerviler, de Sécillon et l'abbé Ghauffier du concours 
obligeant qu'ils lui ont prêté dans l'arrangement de nos collections. 
Nos bulletins contiennent aussi le Recueil fait sur les lieux, par notre 
conservateur, des signes sculptés sur nos monumentSy relevés et réduits 
au pantographe. Ce recueil a servi de base au travail sur Iss Sculptures 
lapidaires et les Signes gravés des dolmens par le J}^ G. de Closmadeuc. 

Avant de quitter le musée archéologique, qu'il nous soit permis 
d'exprimer un vœu. C'est de voir tous ces trésors amoncelés et si à l'étroit 
dans la tour du Connétable, en sortir comme CUsson , pour s'étaler au 
grand jour et à tous les regards dans un palais digne de tant de richesses* 

Celui de Saint-Germain expose avec complaisance les moulages des 
monuments dont nous possédons les originaux. La plupart de nos grande 
villes ont commencé par élever des palais et attendent les précieux objets 
qui doivent les orner. Chez nous le riche mobilier est prêt avant que l'on 
ait creusé les fondements de Tédifice qu'il doit embellir et lui donner 
l'hospitalité. 

VI. -^ Liste des présidentSt et aotadilité d6qaelqiies**un8 de ses membres^ 

Pendant 50 ans, la Société polymathique ne compte que ^présidentS| 
cet honneur ayant plusieurs fois été déiféré à la même personne* 

MM, Mahé, en 1826 et 1829; J.-M. Galles, en 1827 et 1862 ; 
Blutel, en 1828 ; Richard, en 1830 ; Claret, ep 1831,Mauricet, enl833r 
4834, 1836, 1839 et 1857, Ducordic, en 1833, 185J2; Gaillard, en 
1835, 1846, 1849 et 1854 ; Le Lièvre, en 1837 ; Taslé, en .1838, 1840, 
1843) 1^, 1847, 1850, 1853, 1855, 1858; Gayot^Déls^dre, en 1841 ; 
Le président Caradec,, en 1842 et 1844, La Gillardaie, en 1848 ; 
Mouni^ , en 1858; Arrondeau, en 1860, 1863., 18^5, 1868 et 1872, 



Digitized by VjOOQIC 



-œ- 

FoiKjiiejt, W.1861 , 1864, 1867^ iBfli ; cte Oosoiaidei»^, est 1866 et 1973, 
LiOlemaadi, mdâ69;.Si«rgault, ealSTO, 1875:; aoseoaimg, en i89i 
et 1878.1; ;■'.•.•.. . . -. . :.,;;.!" •- - .... -^i 

J'ai déjà nMïuaé Eliaa MercQBurymis&Ppwer, l'abbé Maihé, Caybt- 
Dél^adre. G^est à k Société polyiao^thicpie que ilio^ risle*<d'Âi:z, qloi^ 
j^ofesseiir au<oonége<Louis^Io<Grandj. offrit leaqpyémioes despa^ saîsicr 
UhAHoàre- de, Ueaprit humpini que M. Garo ^ prof easeur dé philosophie j. 
4iBoiti<dD6^ àiRûnnes^lepèrâ d^Tacadémieien, adressa se» ixiiémoirè 
Sfjtt* • la, somieriiineiéi absolue ^âçkà r^is^. ' C'est: poun satisfaire' > otik. 
demandas ^ràiérèee de^ Préfels du MorbUkany à la Société pplym^thique,» 
d'ux^ $tath|tîiQ[ii6^dcolei,du départepiaânfcy que M. «Osôllard, membreivéié 
de. iietie-^Soeiété^ publia*^ d^s les .Anofmdires dû Morbihan ûb 
MMf Gayot«rDélandnGi/et^ LaUeitiaiid^>QCs statistiques agricoles des 37 
oatot(D(as. du fléparteaieut^ dans l^sc^uelles lesi lîeohôDehea ai^chéDlogiquets- eh 
historiques ifitaifcboBti de; (pair «veo li oarusUtatloii/ des ' produits. *et:les< 
^éU«râiti6nià;dre!Va WiWurejetdiusoL • > -I. A'. .«♦ ^^ .. i; . 

:Q«toiique (publié sotls leb atâpioes :de l'Aesooiatioài hretolip.eyiiuKtaiBeî 
devottsjÉls oublier que VEssaÀsMr Uarthitediur^ teUgiéusè en^Breftugne 
pesÊkdant' ^es si^< dt xâ^ osiècléâ, )par Ghkrlès -àe laè MonDearaye^ maititenanC 
séôûteur^et préisideat de notre Conseil ^éAéi^l; Quvrs^-eoiatrotiné par 
lllnsthvlt^ âmatie< d'un des plus aaici^kistmenybt'es de la Soeiiété polynia-' 
thiqwe-. .'-■.!»■.■.•.»•( .| .. i . .. ' • ... .... .-. . ■- «' : . , .»•<■• 

c En rpsiiméf Ja Sobiélé polymatfaiqiie'du Morbih^iù^ ipÊliQdantison de^i- 
siècle.,1 a fondé: deux musées V recueilli trois bibliothèques y'compris 
lai«iennfe, fait par «ses-iiienabrefi desi cours et'4'és èonféi^ences! publiqucffy 
publiéi^us de 'vin^tTohiknes-dq baHetïns', )^atiqué les fouille» les plus: 
âvetueuses^dans le» monuments de tous* les âges^obtefnti eoHeetiveibetit 
quàtre^ÎRédaillels'daiÀ^ ieb eonoours dès 'Sociétés satanKes j sans ^parler 
des{distinotionq \ek iplU9'h6teko(rableë accoirdées en partiealier à plusieurs 
de-^es(ip^nùt)pe^.' -j •- •/•-••; •! •■:■;-•.! .\ •.!> .-.i.»-.. j .. ., 

'•iJà'S^ài¥l!té la^lbii'giië cHt'îièt^'yui ^^dûvhit devam iflbi J mais eri' vain 
j'ai précipité ma course, je n'ai pu la parcourir dans le temps v^yuïùi '' ' 
Ce discours a été précédé de l'eKécution, par pos excellents musiciens, 
des'idhisnpepiiMiïecrrtoitiBAisi'rifeâéiUto^^ liotéi^->^ l^bbé llfaHé, M' 
je vais me taire afin que vous en entendiez la continuation. Laissez-moi 
cé^ëâtlèfht'Vrfùs^-dlrë daûs •(Juënes'drcèïiètaiiëes 11 iipprît'fe tetisiqife. 
Né à l'Islé-d^Arfe;ietl 1760 ■ il avâSt été 'drdôïmé^^êh^ë et ndmVnéiritaijfe 
à fCëf^igtecypiiis- àtlaehé'-à tà pslrmsse ^ ^e Saîrtt-éalbmoo de' VaiiA^s , 
qpiàn'ït «• efn"Ait' îiâia^s^' par h 'tô^iimefite VévMwtibnWaïfèi' 'Il couvait^ 
IrtlUve^^li i^i)os^t kj^écuHté' dans' rèiil^; mais' lé peuple ^u'il airtiait* 
taftt'iieràït''^ettt-êtï'e ^demeuiré feails instMctièn et sans côïîsblatîons'^ 
rell[^bëè'é^''il' «d put se "résoudre à^ ^abandonnera' et' il' aima nfîieàk' 
^^lè^et'^ toutè^là r^eûi^ defe lois qui -PavâieW ptecrit. ^ 

^'ék^u^itiflfeu^'pototsTiités et'dë 4[ié i»ènaçaiêht (iaquè' 



Digitized by VjOOQIC 



Jour sa tête, tpxe cet liômme Tèi^tieùx y <îpû i^Mt' si^blétt (édnsert^lêt 
î)âîx de son cœùrj au milieu des plus 'grahds pferiW' voulût ëhailAîek- 
fe solitude et Taiiûéë de cà^tiVfté qu'on lui fit sulrir,' par'Téttide dfe 
la musique, et acquit en cet art des connaisiîsanbes; que d'Àuttes èîeslii- 
mëîràiént heureux dô posséder après plusieurs antoées d^uAiravail rfuivi 
et que rien n'eût troublé. "■ ' " ' '^ i ,.;.;* .,.f- 

On peut ne pas partager toutes les théories muslcates'de/Pabbê'MfiJié, 
. jDûàîç ondoit lui savoir gré d'avtar le ppenSer signalé le ifcnéritti et 
l'originalité de ces chants populaire» que i'ioiiidevBlit'pltiS'tarfl r^oiMdUîr 
dans toàtés lés pro^ndes àe France. • - ... l'o ^.i »( 

< Ma voit â^étêdiit enâii-pour faire' plabe aivxiabcorcte ée.i'a^bé\Msài6. 

■iiii-.U.ai 

> ■•' ' ••• ;i V. SOCIÉTÉ XAlOUE.q .f-i'.. .-,., , .,,,,/ 

' ■' "• ? !'^ -î"." U'vv ■■ ') roroT 

DAMES DE GH ARITÉ A VANNES 

..,. vi^tf'^sldtiit !ila la ,9fAii&U9^1fmi^^«,it ^ ..,,!;, .,,^^,.^.^-^ 

■ !■■ . ' ^ • ' 'v ' . ' '= • • = ^'•.-\'\ «t •• ■ -.\,^ .\ %^^ .. \^\ T, v-o 

•••' - ■:. z.--»-^ rr* rr -f -M. ',,..: '.î- f:..,.iOM non^t 

' ' ' ' ;> .' ' " ' . j ' '■ .'. • ,' ; ,"; ' '•• •« 'M'i t ,- ;,!|-' - ,-f,»','i 'ttf-, 

a r - - 

. Mesdames, * " ^ " "■^' ,, " "'' '■'''""' •7'''";'^ 

Qttôique VOUS en aie ilit , jÀaîicîèuseïA'ettt^ holte Président , -si' wios 
voué âvonè ihvitéès à notre réUtiiott solennelle^ à nd^ noces xï^it,c'ebt 
que nous Savions tout ritfl^fet que vous po'rtëz'^^^ 
mieux apprécier notre chère Breta]gnéi- » ' '^^ ^^ *^*^ '^ ^^i ,jfn.d)ijoJ 

Nb'À moins flérès que nous #ètre les ehfttnts de ee'pajs^ les ôlM de 
Bretagne pasëèrslieiïl énôorë de Ibrtgues 'veiMes'à flteri^|)adr-^ayeHflà 
iàiiçondè!Méi^sirëBlértrsindda''Guesèlin.^ "'» ' ---(^j rr > >uu j .t 
'f ol^é cèfractèirëi entîèM des valnesâdulatisôiiisv ne mefjàm^ 
louer vos mérites; aussi remèMeMijfe'à^pi^èé^de.dëtiiiQéiilëiiBSiïour 
Vôuà entretenir* de Dattieé dd cWarité de la'ViMe deiVannesiH r. a -o 

Reportons-nous à la fin du grand sièdey à'c*?ïp«»©nt/bèyjjQfirameite 
difà. Maaftin) saf^ aet lmri!^n'spl$tidi4e:4usX<yjI«,Mèç^^^ 
peu à peu des nuées grosses d'orages ; à ce moment où le ^^i^r^-^tet 
fournit presque partout Ips^a^^sadmin^tpteijrs et les ^^ 



Digitized by VjOOQiC 



.^febs.^'-.^.QueBeibourgeofeieîique/ ce^^^^ qui a:pJFQ4^i^.e^,3lp dw^'':^î^Ql? 
Golheirt, iCftmeijtei; P}asca),,;Molièfe, iRaeiae,, l>^ Kppia^ue, B^}lç^.^l 
Bos€fueti,;DQB^t, E^Jbêrts, PoM58in,^Le.Suf{VMr, I^ I^>;w"?>rÀ«s|fÇ,qrf:au)i^ 
Ji3S.Eug^î^,teBF^iUiquôtyMXiOUVOis,î, v-.. V... .,, t..-.: r v. MMîT^^'u r[ 

années auparavant, M™«* de la Sallière et de la.|*(9,y^te, ,, .^ .^ ,,..^, |.j 
. .dGMtefgénéi^tioQiàjam^isiHuatre s;^taigftî|iVlui?wrje p^lym^f;er,r> 
V. Hjjya'/trolssSèclps, à Pwyi, ptèaDarj dans Jô^itamdfls jJaïG^^pogftft^i^ 
lUEuHflit^ fl'ttiieÉtqaHter'îtowrerè^i\îiiîoeriiidcïJ^^ 5.:. ^r^ijo( 

Je ne vous énumérerai pas les œuvnesiqu'â a^foof^c}, ivOusftkl ê<H)ilr 
.xiifal&z^d|e ^Qfàs afiginlera&rqu^kfeijébQtâJ, ût^AQtHi^ J^r^^ff&ï^^/fàes 
confréries laïques parmi les femmes pour le soulagement des malades. 
— C* l% l de cette œuvre; Mesdames, qu e je -v e u x vous entretei^ir - quelques 
instants. 

A quelle époque cette institution fut-elle fondée à Vannes ? 

Notre honorable PrâsUÀÀJA^uUlâ 6kill(^1àèrches historiques dans 
les Archives départementales, con^^^nales et hospitalières du Morbihan. 
Voici ce cru'il nous dit à ce sujet : 

Vannes les œuvres de bienfaisance créées ou patronnées par le noi , 
une société de Dames, dites ït^^lsK^b^t^/. veillait avec non moins de 
dévouement au soulagement des souffrances plus intimes, visitant et 
soignant âldSEiQbîIô^eàLJ^alivMs makdes^di la^^llf et/^ej^^aq^ourgs, qui 
ne pouvaient aller ni à THôtel-Dieu, ni à l'Hôpital général. Pour rendre 
ces soins plus effit^«ié^f ^I!fe4^1*ôî%è4'éAt;'«tt6*68aj7à appeler à leur aide 
ces « FiUes de la Charité de V Institut de M. Vincent, > dont la répu- 
tation croissait de jour en jo u r ; vi v ant ave c une sobriété et une simpli- 
cité remarquables, n'usant point de vin, se passant de domestiques, 
élevées, d'ailleurs, dans l'ardent amour du sacrifice et de l'abnégation, 
elles étaient naturellement désignées pour ce pô^iè (îe combat contre les 



îdç'la Bticr^ véritftbtef ipaève«ir^.fK»urs.,4^i<;^çs,^li^it€îs,t4v^rP^^ ^P'/î^ 
tnotoimfb juaqWà iW RévoJu,tiqi>:^j.(ten^. pnt .J^u^^^ge i^put ,^, )^ ,fbi§ j[;;}yi§^t 
touchant, les pauvres de la marmit^^*ilH mi ,ji > ni. ns'^ o-",.£: /j; ,..., 

,ff ilIe$(4®'jlac»4^i«ifîté(d5knfl!«ioti!enviUf| ; ,mai^oPiij'i^W'^l^tteMFjeu,x,i^^^ 
m'a mis en possession du l?F(iIivrçi»flQ,içqçftpi,^',4f jl^^-ïw^fn^^^^iw.^^^ 
iQloBSf dépoyia|l€MrfenfleaïWeiW#iqi*'<^ntf&H.^e f\^^ laî<J^e^ jqn^^^les 
'ani(éefide9&,')4699,,vi»70ft,|17(M,efci7iQ8n^^^ ...,.,. /..,-... ,, ,. ^.j 
. Ce registrei,oiqué/^j?ai 4*i[)o«^ 4|.npî^, AfpbJyÇiS'^^ajjteiftpntalçs^ pçr^ 
^BrttrfflfiuyeirtanôreBupaïah^naift .; », .,..-. ,l ,r, ,- .. ,,, n..M-..:'>v.M^i 
' ''T&rHe'^ïi''^^'yLyre')paû^ des JhmM #îfc 

'tUmr^^' •=^-^''- •' '-^- •■ ' '■■"-? '■■-■•- -' ^-^'- 5> ^-.r; 

''ià^si^fàiiuÀé^iSg'afîsU^^^ ^''-'^'^ ^-^-^^"^ 



Digitized by VjOOQIC 



— M — 

Notus 8omiiieâ[ donc admis à penser qae c^est ^n i697 que l'oe^Tmtfot 
fondée à,yaçnes.ott-dUit«>ins régi^JSèrcmenUdw^istfée.. J)e\^tte dm,é&,) 
9,Be me teste aucqn. r^ns^i^eme^^tv \ .. ,, ,., ; ^;<,j^ 

vMafe, pojurJ!îmiij§ç 1698, yoiçi les noms des Dames gvy^îA^^t^nï^^ 
pour le$ pwvres : , . , i \ 

. f'ourlexaois de janvier. -^^ ^^emq^ellç. Marge e^;^a^^^ 

RCADIO. r . ; ' ' \ « a 

\Rt;rier.~ Madame CouETEcl '^ ^ ^" -• i . -^^^v ^^^> ^ ^^ -^^^^^ 
•^Jffars.--Ma'daïhe la Présidente ne M(^ ■^^^^^' ^^''^ ^^^o^l 

i 'AvHL-^" 'Madame' -DR i^ASY-- ^•■'■'. • -^'«^ « -^v ,\'\\>^^ ^M'^)s\h\ 
;-iifayi'--*M^de9tooistelteil^iWAî^./vv ^-^'^ /-.^ .'^a'u rvhu)^ Vu^^?,:> 
- •^ênv' -t Madame jpiE yiLiiE-CttATJV^x etAMaftei^pis/ftite» ^Çaj«t-;(J^çj|^^ 

J'i^iUeL ~ Madame Penverne. hîf^\ î^S 

-Aowst. — Madame de Comble. 
**Sè^<em6^é- i-'MadatokCôtÀfes^^^ /(«^^'f^nv V,\ <a 

JSSàerhMe, -^ Madame de Yauduran.' . /. ; .. .:;^^,^w ; J ^:\\ rMuvi\>rl/i. 




Z^jnqww de celles quy <iue8tero^,^^r^l\<^r^ç^^^ ^\^\\\h\^^^ 

Janpiev. -^^ Madaipae piu Bot ^t Madeîï\pjsel|e t.^ ^Dej^l^^c^çrhç^ t»;^ 
Few.vrt€r. -— j^adarnç ÇoyjçTpç.et.MfidemoJis^^^^ 

Mars. — Madame DU Parc et Mademoigelïq de Cocodu.' ,' ' \ i. . ' 
Avril, —- Madame de PçNVÈRNÉ et Madçmoi'selre du KumeNs / . 
Mây. — ' Mademoiâ'eile Î^gonnano et Mademoiselle ^^èno^?'-'^^ ^^^^^* 
' imn. ^ Madàbië èfc tÂutotiïîAî^ él MSLdeMbisèïlb G^ÀNiJAiEl^'^'^'^^^ '^^' 

.^Qifif^^-^M^emfti^elle^P^R^Ei^^fi^^.Ii^ad^t^ '^;^\ c,j[ 

' ^Vpteî^^rç.T- ^ad^rp,oi^çî\ç'P9,i?^^^^ 

.À^oi'Éimbre.*— 7 Madame de Rosçanveç et Made^oiseiîe de TRyEL^Eiî^; 

' *ife<Jem6m ■— Mad[aïne DE 'CARDl^N '"'" '^'^ *^ ''", 

. Je voudrais 'avoir plus de tep^ips a npoi pour vous d9niier s^eulement 

une; îdeé de Ta fermeie âeè caractères de récriferedeVces,^ux listés." 

Céfle^'^iiïi'^lb^^ a'^èèi^ite^'élàiiV^j^'pm^' vcMVl'is^^ ^tosSê" 

Je ne puis mieux faire que de parcounr les quelques feuillets qui 
n«iu%rMlwt;4e^oesiafKWsciEit^...> i:u ,v.r.. -.'^•û-r'.v--.; ..\ a\\ .'^?.n<im:v^^'* ^'^^ 



Digitized by 



Google 



Dam cëtié dssmJbléB au Hîois de jami^ leÈ daw^ê^ ont été 
d'a^s de âonn&t par choqué ms&mbléô â Mademôi^lU Gôlmin] 
pour ton hôÈpital sur la Garenne, dix^kuit livres, ûe que 
fay fait, cy 18 Kv. 

Dans la même assemblée on a arresté de pâièr SOM'iJt^ par 
mois pour faire d prendre ,d cov4re à la fille de Jeanne Le 
BihaUf du quartier de la VieUle^Bouscherie. 

Pour une aune et demie d'étoffe, à 80 soies Vaune^ pmr 
Jaquette Gillet, qui a une fort grande incommodité et qui 
estoit toute nue, d'auprès de Saint-^Michél , du qUarlier de 
Madame la^ èomtesse de Lannion, et du bord pour border 
te tout : 2 1. 07 s. 

Le iS janvier, paie pour un mois expiré -oé jour-là pour 
du lait à deux liardées par jour pour V enfant de Vincentê 
Le Cam, qui tombait en étitie, du quartier de Poulho , de 
Madame de Vaudurand, ci « « 4 « » .< « ^ »»..«*«•*« • 2 1. (fâ s. 

Le ^46 janvier, pour un mois eùopiré lé ^à)Xe jour , aumj 
pour du lait à deux liardées ^par jour, pour Venfam^t de 
Jodchim Corolla, pour Vayder à seuvrer son enfant, du 
quartier de Madame de Combes tî 1. 05 s. 

C'est qu'on remarque que c'est après que les enfants de ces 
pauvres gens sont seuvrés qu'ils tombent d* ordinaire la. plus- 
part en langueur faute de quelques bonnes nourritures ,, ce 
qui dégénère souvent en hétizie ou hydropiqUe , et s'ils 7i'en 
meurent pas, ils restent incommodés ou infirmes toute leur 
vie, eipjar là sont hors d'état de la gag^ier et d^ travailler. 

Le i6 janvier 4698 , f ai payé pour un mois eocpiré ce 
jour^lâ 50 sous à François Guyo du bourg de Noyàlto pour 
que sa fenpme nourrit V enfant de Jean Jacob du quartier de 
Poulho , sa femme étant grosse, de sorte que cet enfant^ qui 
n'a environ que 7 mois, tétait de mauvais lait, parce qu'Us 
n'avoient pas le moyen de le mettre en nourrisse. Ce sont 
ces sortes d'indigences qui causent millç: sortes de maux, qu'on 
voit en visitant les pauvres, parce qu'ils sont mal nourris 
dès leur enfance, ce qui leur fait un mauvais tempérament 
et de mauvais sang, ci - • * 2 1. 10 s. 

La dépense d$ la marmitte au mois de j^nwier m monté d^ 
cent vingt et deux livres six sols six deniers, 4:i 122 L Ofrs, 64* 



Digitized by VjOOQIC 



Le$ assemblées se succèdent moispsA: mois, celle du 3 février 1698. 
i^elève les noms de chacune dés dames qui sont chargées de visiter \m 
des quartiers de la ville et la somme qu'elles ont dépensée pouf ce 
quairtieri • -: ...... 

Je relèverai de saillait: • , » i 

^ iÀni te favbowrg Saint^Pafern^ donné d^ Madame Pm-" 
wM^. *•. . J. .............^ .*....*. * . • •.. 0»\15 I. 

'^ Pîus^ i>our du pain à une fille folle pùur le - mois de 
janvier ; • . .' . • ... . . . i . . . .'*k . . ^ k * ; ... tft 1 \.\ OQ s. 

Éadame Hilo, povnr les persànkeè àè famille qui sont'tfe- 
mw^ pmvfres qmn'Q;s$rfi.4^^ ..... . . 14 1. 08^ s. 

^^ ^ : Donné 4 la pmivm demdisêlle qui ne^veiut pa^être nç^jgf^ée, 
par "Mdrfi 4$. Mt^dami^ la Marquise du Plessioç. . Ql h 16 ^ 

Donné é la femme qui a soin de la chapelle des Idsse^, S^ s. 

^'&À ^ùis\dè nourrice à Nicolle Taquet pour Venfant de 
Jacques Penbos , de 'Saint-'P^tèrm . . . » . ♦ w .\. . . .3 h 

'■ Pout Un 'Yhhié d'a^pr^ntîssoêge ^' wudre de la fiUede 
Jeanne Le Bihan .*:..;...♦...... .^.' ..... . . . . ; . . ^ ; . • . 4* f, 

LOf mç^rmite se monte à. 96 1. 12 s. 6 d. 

Dans Tasseinblôe du 3miirs 1698, les mêmes «Bttvres.se représentent 
sous la même forme, si ce n'est 

Pour deux petits cierges pour communier les pauvres 
j.ji%cfd^aaf^^ • .. t,.*.r* »-f, *••«,• y**. I ..*•«••.•, ^f...'t. •«•.••*,. jIU s. 

La marmite se monte d. .. : i ...... i .. . ; 93 1. 07 s. 6 d. 

.^ij^^updii' avril:. 

' 'M mdrmibte se monte d. T. 83 1. 16 .g. 

C'est la fin de l'hiver et . 

:'' -7^ /ff^fT^f^F^ }^^ fourneau de la marmitte des pauvres chez 
les Sœurs (irises l et. il. lÔ s. 

' ' Sansl^asëemi»lééiâu 5 mai : . , 

La déperisé de la màrmitie se monté à\.'. ... ^ 69 1. 14 s, 

• • ! -•■•Il .•.■:'' 

c V" Jfci a cette foia on inscrit : 

° ' Le 9 mai i&98, fay donné auùo Sœurs grises, pour dks 
^ dirùgùes.. . . . . ... . . . . i . . ....:......... ^ .......... . 17 1. 



Digitized by 



Google 



— 29^ 

L'assemblée du 2 juin nous fournit le prix de revient des jprovisioùs; 
en effet :. 

Dépense de la marmitte 80 L. (y3w& 

On a achetté pour la provision de boiSi : 

Sàavûir uM battelée de gros bpis^^^^.^.^y..^. • 31 h iQ s. 

' Quatre cents de fagots. .. .^^..,.,^.... •.^. ^. ^.. ^. .15 1, .Q4 s> 

V Pour mettra. le,gro$j^oid^ en jaifqille,,. »...,.;,. ..^. 4 h 4^ ^• 

*:' Dâiut àeM cinquante livres dQ bmrre Xèrvp /'. . \ . ; ?(; ? 

- JBmrre q^i coutte 16 U le cent, ci.. ......,,.,.... 4f) \. 

. ' ' ■ r ' 

Le produit des quêtes est inscrit, je ne relèverai que îe ^Ms géhé*»éU3fe 

' Monsieur de Limoges ^ qui donne tous 'les, niois saihctinte 
tîvr'és poiir distribué- aux Dames "pour %ù>vidik dès qûaHi^e^. 

Ehfin, lés <iomptes «ont réglés comme 11 jpé^idt© de totte «lote^i: \ 

'^ Et^mnsi arrêté à ku Rétraite des femmes^ ce. i^ juiMet ilOi . 
Signé.: /• Claifs, recteur de Saini^Salomm», \ ■ \. 

/ Il manque malheurBuaenlent à ee^^ppai^d livr^ d^ l£^ ch^i^é biea des 
tBuillet3; ipaistel qu'il est, il nous montre que ces.P^inpM^s s'pccupaie![it 
^vec une. ^rai^de intelligence , Tordre et l'économie d'une famille bien 
tenue, de toutes les œutres qui, depui?, se sont partagé vtrire zète et 
iinotre eharité, albiiement.etbygii^Qêtdiq la^premij^r^ enfs^nce, peuvirf de 
l'apprentissage, médicaments gratuits fournis aux m^^lades^ habillement 
des pauvres .et, enfin, cette marmite qui coûte jusqu'à 12^ 1. 06 s, 6 d. 
pour uii seiil mois. 

tihaqUe nabis aussi," l'Hôpital ' Saint- Yves-, qui se fondait sur la 
Garenne ^tîecfevait uneisQin^ae.dQ 13 1. ., 'v\ . i»î e r^ï^hf : .i 

Détail caractéristique de l'époque. 

Si chaque dame de quartier reçoit telle sommé parfaitékiënt hiotée 
pouai leé îèsoins de ses. pauvres, 3çule, celle q^i tenait. te, UvR^^yngcrit 
mensuellement : 

Le quartier du Mené. — C'est moi? — Rien. 

.Et Ifi colonne des chiffres reste en blanci Là inaih gauche àévait 
ignorer ce que donnait la main droite. ' ' ' ^ ^ * > >v r% >. ^^ 

Non contente d'administrer cette œuvrey de ladirigekr^ 4^ tenir les. 
ço!ï5)te(s,< qette trésorière-modèle ne dei^andait rien à l'œuvre pour 
subveiiir aux besoins de son quartier. 

Tant de secours distribués indiquent qu'D y tftafH dégratiâ^s'tàifières 
à. soulager & cette époquç. Cependant Yaïuies^.po^ï ses lP,QOOfaabi- 
la^ls, comptait un très grand nombre de couvents où se' distribi^t ^lar- 
gement la sportule. 



Digitized t^y VjOOQIC 



— ao — 

' L'HètM-Dieu ou Hôpital dei^ rnsdadas existait rue Saint- Nicdas* 

Enfin, par lettresHpaiehtes datées de novembre 1684, la eréation d^ 
PHôpital-Grénéral était assurée à Vannes, et, comme conséquence, la 
mendicité était absolument Interdite dans cette ville sous les peines les 
plus sévères. 

Ded ^chers spéciaux étaient chargés d'arrêter les mendiants et les 
vagabonds; ils les conduisaient de farce soit à l'hôpital, soit à la tour 
du Connétable qui lui ^servait de succursale , soit aux prisons. 

Une déclaration royale de 1724 renouvelle ces prescriptions , et , 
jusqu'à la Révolution, les mcfndiants restent à la charge de THôirital-' 
Général. 

Je ne saurais mieux terminer ce récit de souvenirs historiques qu'en' 
formulant le vœu de voir bientôt notre ville soulagée de cette plaie hon^i 
t^ose de nôtre époque, la mendicité , qui, le plus souvent > n^est que^ 
Tes^ploitation de la charité publique. 



3M O X B 

SVR LE PERiGEMEl^T DE L'ISTHME DE SUEZ, 
hr I. U MHHIB, %aAn d« la Soe^été filj^aidufie. 



Mësbamës et Messieurs, ^ 

Je vous propose devons entretenif du percement de Hsthme déSoe?, 
sur lequel les circonstances m'ont permis de recueillir quelques rensei- 
gnements peu connus. Le canal de Suez, notre dernière gMre, est 
sympathique à tous : en considération dti sujet , veuille* m'aocordér, 
Je TOUS prie , votre bienveiUanlie attention. 

Je passerai rapidement sur l'histiAre aneiétine dn canal. On en prête 
lldée à Ra»tsès II, le grand Sésostris desGreea> oonteiiipmrin tte Holse : 
inais les prendëred tentatives ne remontent qu'm Pharaon Néeee, 
625 ans avant notre ère. B avait entrepris iiA ea^ Murttîme} :âMÎS3ie 
pût I^hever. Moi&s d'un siècle aprèa, Y«rs 505, Je Perse Darisis nr|vit 
lUMre saur des bases diffiraites , et icéidisa, par le m^ren 4u Mi) » ime 
communication tndipeete entre lies deux mers. Soq <Biâml e«il peu de 
durée : il était à communication libre. Ptolémée Philikdelflie U Tilâiiëà 



Digitized by 



Google 



*— 8t ''^ 

ddinm<cA8 «<>i>diUaiMi)(ji]i>wpi'i la eonqiitMQ.ambe^ 9n 6969 e'e«trà*djire 
pânda&t 900 asâ;. Aiiii:Qn le fitYiltabtir tP0if.aii9 9y3ir^s> et,le.c^s4^ 
^dt(ïï^mip Mu^veUe période d'«0tivHé.^âumu;^$Jiè€ie.^&^ ^u/l&% 
le calife Âlmansor ayant fait combler son embouchure pour couper. }âp| 
ym^ à^rui^jfoii^ei^eim de Médine,. rèny^oCK^tr^. Ji^i , ^ fut la fi^ 
IiH^SO^oiatlce at«d^ néigjigea de^lefoavrir^.il s^e^^Ua et arriva. bi^l^dt 
à Tétat où on«>}e.yi^it ;aiUjourd'hui« £n 17319».)^ ^gém^l Bonaparte en fit 
6i$lorerteî^piveler;le$.re»tei8.:,il,ej^ rii^tamn .i^jpoire de Tingéi^ieur 
l4,B^r4i'quii»témwgno d# beftw>owp;d!éiiç^gie dans l'ei^écutjçvi, mais 11^. 
donne pas une idée aussi avantageuse de la logique et de la réflexion d^f 
raUlïfut'jf<^^>9i>.ipréfl^»Ae.de^fi^ par dix siècles 

de navigialr^oa'lu) att^ftaidntle contrairt?,' il cpaclut q^e 1q NU ^tait p^uj? 
lM%dQ4mèt?e^.<|iie la^mpr Ro.^^e^el qtie.ceAte jderi^jç^ étsiit.plus élevite 

de 10 mètres que la Méditerranée. . t . . ; ... ^ ; . ; 

Les choses en restèrent là jusque vers 1Ô30. A cette époque, un ingénieur 
français ^.depuis dix M5 au sendce de TÉgypte^ Liaap.Cd^ JBellefonds-Bej,^ 
eut occasion, dans le cours de ses travaux, de visiter l'isthme et d*y 
passer quelques jours ; il remarqua qu'il était tout plat, et, d'un autre 
<^ôté ne comprenant pas , d9a|.sop^oii.^na^ comment les mers commu*- 
niquant entre elles pouvaietrt "êtré'à dés'nivèanx différents, il fut frappé 
de ^ pqi5§ibilité de couper l'isthme dans sa partie la plus étroite, en 
^ "uâQaiiil^^ifefet àe^aiiléditerané^ 



étaMi^ktïf^ uik^anàr^'difebt âe4a Médx||^ranéè à Wi^h B^e/^ntre 
Peluse et Suez. H eut soin^ depuis loi^, de recueillir tous les rensei- 
gnements que4a%ttttbfe^'de<^sèn'^sé<^oè M pé^uttAttiiit iâisément de se 
procurer, et, en 1840, il était en possession d'un avant-projet sérieu«- 
sement étudié. Vers 1833, ayaxitxÇH^Jxé.M. de Lesseps, alors élève- 
consul à Alexandrie, il l'entretint de son idée favorite, et c'est ainsi que 
ce dernier entendit parler pour la première fois de la grande œuvre 
à laquelle il devait attacher son nom. £ii,^dÇ84^ le^^c.^ Jftfl^tpensier 
fit un voyage en Egypte : Linant-Bey l'accompagna par ordre de 

%itim!4iiffiituQi^ ai.s#».fcrB5Wi4.iPafi$;r^WP wiét^..d!ét^dps,ïK)ur.te.. 
pl^t^;ê^d^4H3ft<ie^<0)ifyen>A|;j^re If. jça^eU€|pi<^t,p^ wn..spéf^3te 
di^ôf*Jé|jki l'ing^fui^ BpwrdtolPU0,.mi.tiroia.va v^edifféjyepc^ de pivea^u 
de 66 centimètres en faveur de l^mer Row^». ç'est-è*4M:e l'^ggilité en 
t6«M^ ^moa^.dmt esr!si(r4:i«;àvil^lei9 4eim4'Abaefvatio0^ Leis i^ude&i,^e ' 
la 9pqi|«é:^iiliiren^à ua mimiçm de M. F^tin.Tala^u^ qui repoussait ; 
lacoiBa&QlumQati^lil du^te en dooMnt ia pçéféc^ce à dUutres tracés 
pl^4iiJ9ipittarpr»Mcabtes>,.'e&r^ . .. , ^ 

J^s râsi^M^^d» iiiiielleoiQ^nt Bourdalouç loramt /été vivement eenr 
tei^ : ià;.>)af4ÔUicilatîon da. consul, de Fri^ifoe» JUnant-B«y fut cto^é, 
en^lSSS^ pair AJbbas-Paeha ^ de les !v<^er. B i«fit i'opération et trouva 
tUM xU^imo 4B.43: (^timàtivs «u i&u de 69. On M fouMaii désirer 



Digitized by VjOOQIC 



_^:3i — 

msdîconrfiriaaio&îplits mmfMB^ et È foi -défiiii&Mffiiôilii ^ênfés âepliis 
JcHTs que lés deux; mers dtakot de niveau» conformément aux bis 
élémeiiledre& de la physique et du bon sens. 

' M« de Lesseps avait suivi ce» travaux avec un grand intérêt , atiauiant 
^occasion d'entrer en* scène : elle se présenta^ en iS^iy à la mort 
d'Abbas-^Paeha. Au: début de sa carrière, il avait connu eon suûce«^ur 
tMohamet^Saldy encore enfiaxit, et s'était Mt aimer de lui : U vint le 
• voira son avènement et obtint, le 3&novembr&4864, Taote de eoneession 
du canal:} Sans i^erdre dé temps, il s'as^ûde Linanl-^Bey, parcourt Uistlpie 
avec lui , £t , de reUmri en .France, parvie&t à réunir; une eommisaion 
internationale qu'il mène en %ypte. pour poser les bases deT^tr^rise. 
Cette commissicm, arrivée à Suez le l&dêcem^re 18S5y emptoieiquriqiies 
jours à parcourir risthme et repart de Peluse pour TEÛrope ledit du 
méifne mois,-6t^ le 5 janvier suivant,. M. de Lessj^ faisait/ signer 
â MohametrSaïd l'acte confirmatif réglant les charges et concessions 
de la Compi^DÂe amiversellé du canal de Suez. Muni de ce .document, 
il revient à Paris ^ fonde. une société, la fait connaître, néuûit.des 
eafâtaux, prépare les mo3|Fe9is d'exécution , et , le. 25 avril 18&9y;6ur 
la plage où s'élève aujourd'hui Port^fiaid, donne, en grand appareil , 
le premier coup de pioche qui inaugurait Touvarture des . travaux* 
MalheureusemeniU en restait un autre plus dM&mleii dernier, o^était 
le dernier. * , ► j 

V Mais avant de pœrler des p^pél&es de l'affaire, il; faut d'abordâdire 
connaissance avec les lieux ou elles voi^t se dérouler, i Jetona donc^ un 
coup d'œil. sur rklàme et décrivons-^le ea quel<{aes miots^ ^aoi sumnt 
la ligne du canarde Port-Saïd i Suez. • . 

Toute la côte nord de l'Egypte est bordée de grands lacsi et de lasdurais 
où viennent se perdre les eaux du Nil, dont toutes les branches^^ excepté 
deux, sont depuis longtemps envasées* 

CeM qui s'étend de Dasàietle àPeluseporte lenomde lac Menaakh : 
tm 7 trouve de nombreuses ruines, enjbre wtres celle ^deiTanis^ où 
habîftaient les Pharaons du temps de Joseph i et de iMoîaej^ (i'est jsur 
l'étroite langue de sable qui le. sépare, de k* Méditerranée, qu'estsiluée 
laviUedePorihSaîd^Lecanal traverse, sur une longueur de 60 kilomèlpesy 
le lac Menzaléh et lelac Ballah qui lui ijstit suite : il arrivée un ^djroit 
nommé El-Ferdane oua le terrain eûimmence à s'élever jusq«i^u ^uil 
dflSl'iGkiisr,; point culminant de l'is^imev dont la Qé|te.e;it, seulement 
de 17 mètres aurdesjsu&dela mer. £l^uisr estau^73^ idl«mètre[iLpaiiir 
de Port^Sttkl. Dans son parcours» le canal traverse titoisaftitites plis de 
terrain ou seuils, nommés ToAiseourn^ le Sérap^osn^^et GbalouCtel- 
Terraba : ils sont situéa à 85^ 89 et 14» kil<»nètrésvde Port:!^^, 
et leursi côtes respectives sont seulement de 9, 6 et 8 mètrea au-de$|tts 
«te la mfer : enôn^. au IfiO^ kiloinètre, il entre dans la mer R(a^«. j 

Entre El-Guisr et Toussoum se ti^Mive. le lao I^niséli» *qiii> dans 



Di^itized by VjOOQIC 



, — 3»^^ 

. l^iÉticpiité; éttàtTempli d^eau âouôe ; aujoanl'imi le canal nnaitBne le 

"4ra>vcrsey-et'la Tille dlsmàlHa' est batte sur ses bords. C'esliientre les 
seuils du Sérapéum et deGMott^que s'étendent lés lacs lAsnecsy sur 

(ntne'Uingueiirdër 85 'kilomètres ; ils^sOBt uii?isés.en deux-bajasiAs dont le 

' 'l^urfpetit apeli de profondeur. A partir de Cbriouf , «me fkmÉ^ «iifie, 
que la'merreîsoiivre quelquefois;^ s^étend rjusqû'à Suez.Làtilïe.est bâtie 

4 àorextrémitè itord(de la mer Rouge ^ sur les bords d'une laguae^qui 

assèche à'chaque maréej et les embarcations Commuinquent seulement 
• ' 'ipsir un étroit chenal avec la rade située à une Keuede là au pied du mont 
t^'Aitahai'Leesfnal débouchedans cette rade parfai rive.d'Asie. 

' < 'JDatis Pantiqcfité, la mer Rouge remplissait les kcs Amersy et s'étendait 

"^'rjiyiëqq'aii' 'Sérapéum. Depuis lors, le seuil de Ghalouf s'est soolevé^ les 

M.làbs iont}"oessé de foif&paiftie^de la mer; les eaux qu'ils contenaient 

: f4> Qu'étant retionveléeâ par aucun afSuent, se sont évaporées, et le bassin 

ii'est^restàà Sec- Mais^ elles ont laissé de leur séjour un témoin irrécusable : 

'ic'ttst on mim^se banc de sel de 13 kilomètres deloi^ sur 5 de large, 
'^M!et<d/u«e épaiseeur meyentie de 10 mètres. Cette masse énorme, en 
H'VQtiafil reposer )gur le terrain' solide, a refoulé de tous côtés les vases qui 
1 1 ramplis^ient le fond du bassin, et elles sont' Ternies Tentourer d'une 
^/teeintlure^'de tefraiiiB' noivâ^bre»^ mous et humides. Lorsqu'ils étaient 
Sioià décMmurt), on «ne 'pouvait Aes traverser qu'avec de* grandes, précsmitiohs , 

en suivant, certains sentiers tracés par les Bedoins qui venaient y âdre 
niléifr^pi^c^iijttWé selv Eès accid«ifts n'yrélafe^ pas rares , «t plusieurs 
iiiienfplôyési'detla Oonspagnte derlBuezyentceura des dangers. Aujourd'hui 
Uié6^m^0rJr9ewvteî0^ta^^JM!è fois les vases, ainsi que le bsncdesel, dont 

la surface supérîeure se trouve à '8 «ïètres de'pi^oCaiidouret forme le 
M>;|)ftaiDtidikicahal.' . : 
^>;/> 'Abllépoqueide la 8ertie;de6 Hébreux, sous la conduite de^Moïse, le 

seuil de Ghalouf n'était pas encore soulevé, et la mer Rouge baignait 

iiel'^pîed/'dii&'Séri^iéuinf. C^t ce< qui enfikpxe cornaient le^ Héhreux, 

•partiB'des'campagnes^de Tants, purent y arrt<v6r>en trois joura, ûom^ le 
ii^^einiièr f«t consàcrér'à'tiiie marebe: rétrograde. G^est piur le^milieu.•'du 
^^'fflwnd lao qu'ils: ont é£^tué leur inamKuileax passage : ^"aspect dm- pays 

"Pépond' exactement en: cet endroit à la courte deÀ^rij^ion de l'£xède^ et 
':* e^est sur toute la aète le^^eu'l point qui sàit'dana ce cas. Enfin, ^f esldans 
^'les «m^a'M:>l)es dccupantileifond dubeessin queles. chars, 6nf(Hiçant-^ar 
'xletip poids, disparurent dans les profondeurs; pendanticp^e lisi J^yptiHns 

* Sttttteient à« bas ei se^sauvaient en Criant : ft^ns Israël. 

On tTMvO' dans le 'psaiime GXiir, In ^xiéu Israël de E^ypto/ la. 

'i'menliott^d'to'lirenibl^dieiiit de terres qui eut heu lors de rappaarition du 

. Seignette* ëur le SIntkï; t»ntiron cinquante jours après le passage des 

' • Hébreux v MevUès exultuverunt ut 4X/riete8^ et eaUes sicut àgni ovhem : 

c'est ptobablemeilt à lui qu'il &ut riqxporter le soulèvement du Ghatouf 

>et 1% QimstiUitio&Lde rétat.Q6lttd. 

3 



Digitized by VjOOQIC 



— <M — 

i^làe\h»^9!tajôà âahanGuij^ailùikiénd'ëatt.égalàjJareaniû]MmM ^^Aditas; 
iâtr(^i(ièeit>iin0a4eipaificailaffitèai9i|i9ièuDil|> Voie ddKcyrû^jG^laj^pi^iqulioqt 
mmfXMvski kiipi ibmpBThMléBvïe»: rattadléDt^ilJl'J(»6UMr^^àlllpcafekât dc^ 
t£lfaliioii$i; ]iiai»iiQ9ifi:'iie'|8»tuieTi&)6Qus «étai^er à)Q»fi.déjtaiki:^eiliiL80i^ 
jfout irevoiaiiri8torilli'flBge>de<F^-S«id aii m(m>wùh^^6^s6^A^Biff^mai» 

, !La commisttQDCv jiBieviiatiotiiilf» avaii) fix;^ ; W». cliirtôiië(ml. 4tt :aâi»i 
;i^ mèdxvf pourku^sofondetiâr; lOOinèirâs jpiour la. larieur) &.ia.li(^ne 
'4'eaiiy<eb60 loMbe* <aiii<[ilaitoid. Ëllor avait évstïitô^Ia durées dp Feoitei}!^ 
'àâl*tiisouiqpiatr8J8UBffiôe6^i6t U..ài^ Lessi^ avait traitélsur/eeaih^diesâVfar 
lU^ rioke;eBlitep9€iBûur^*cOBnu;pâr de.gralids ti-ava^x de chânÛQ d«»lim 
.E0/vi^i} d^JaaomeatiéA de 18â&, ksioumerséimeiit mi9.f)ai!le tiet^roi^ 
âii loôtyfin :de borvâes.^ à k dispQsitkm de iaCompagniô,; qui> lea payait 
suivant:4e;(ai][Xr orcë&aii^rde la mainte d^oauvre. OoeoiAiiieDça/daâsofia. 
^niitiQfili ; ^inaift> àvia fi» 4e: A86â , il > ùiixkl réailieir reatreprâiel ^h 4ùn- 

^r ;>fiana lûScUtekina preniièffêa^ la fuaitriômft A&née dfiimt «oir raobènl. 
vcas^àfiidiKieanal: iOryà< cette date, jc^eBtiàtdine ver^ la &ft ^dô lâS3>i¥QHt 
iH>4'o]>en-.ét£dt.&.-^-- -.• . ••. - n .^ .< .- - î ?/ ■-. « .' ■• .•[ 

it ^J)l9iim bi traversée rdai lacMenialehy, bû «sait* creusé sim d^ irivcs 
Afrique et Asie, deux rigoles dont les déblais rejetés sur les* hoqgiç» 
d^Bfiinié^t' ip parcoQffs du 'cabaiiv «n dilraiiLiune voie' navigable auK 
«inharcaiieBè ttouieftûs^iel grandes l^rgenra de iOOût Su ittiètres màtàâi 
été ahanédnûâes et réduites à 5fte[li23 isètreSé A Vaidi? d'une >ri|igiaiAé 
d»jdragiiea4p'feibl8vécfaantilk>nif )(m>i^ait c^ ^jlangue idq>sable di 
fifrtf»S^^ V ûAmmencélc} «oréusexiii^ni < d- iHi: pqtt )dàn&;ie: lae iMensEaleh' ^ < «i 
l?«ppftifiMkiîsgément éca> riigpolès ;^mhi8 ^oe tnatéif el^ canduit |»aP5deB::jpe»]t 
IMMitaxipéiinniitBS senceve^ et Itraiaittaiif dsansidea tertain8'4iffi^oa> àtvifit 
étéâHepjB6t:*désenaipaië ^^etic&î^vait :euTCVçnd'pftitie^à:ai éodÉàNermite 
pastieioar'sermde, j^bu^ lcs;be«im . :â . Ki :'.j >T 

! i^lias' Iraïain à aeë fionaistaiônt ^-i auuaoïird dii ^lae t [Çimath ^r liÉm omls^ iriui-^ 
ah& dbe , iâ ixiètFear'de'plafiafrd ifiii «tbupaii £l«<iGhiii^iet'£lrFftcdan)K {mus 
all^i^TOJeîndvë tesqigdé» du làe Menzaieh; : «Ua ««ail une ipBofionâattrdé 
1 iinèfreiii4ddsisjmad»>k'!iiièvei4X)iiipl^^ ila qommnmcatiott^pa]^ 

eau, entmCorbâaM'ëllekolSfinaBAii^Aiiï^ 

lérg/eiqfsidéirDili^ù^ envirion:7>ldlQa^ et^demi^^ tmfebèei^'&itNL^i&i 
les seuils de i&iuasoum et d*;.<SiiÉaqpéipsi;:Mateia )nRtfaiÉdt6qr?était;4imiJ 
lement de 3iBèÉraaa[U^<defl80tu^dala:méit|nw preafeiAlPe^i^ auniflœua 
-pMHKIà^saBOOdéj' • '' . ■'..!.)...... 

t^*À£k« fatt^delpivaiiamoeesséirfis, oti •avait amené I%.aa:doQÇé>au9teè 
Ijordçodul^ lïnisah-et à^Suee par un. canal naiôglj^v et .prâ 



■Digitized by VjOOQIC 



.^MsporititM)» pbiir IftiUfe aiMirtsr bkaitt & PorMBsId {>ari^4€(Hiaiiiiè eh 
4tole : oii'avatt eréèdeseampfemaitSy établi deei ttiafâsini aiMb endtbiÏ!^ 
]^»tiidpaut ) et a>miiiéncè à bâtir ks villes de Port^Id et d^^nmâ^fi en 
tsk moty 01^ â^trendu le désert habitable pour les SuiH^pèenéi à'étii^ 
pesx'f et t^epetidant V Diati sait que de peine art avait eu pour en aniv^ 
Hi^ Maia quand en eoni^idérait ee,qui r»itait à fairepour que l^navires 
^^ttissënt pa^^e^ dans ces rigoles où les embarcations necintuiaiefit paés 
:$aii8>pei9i6; on estait déeouri^é. Aussi, personne daifes l'IsUime ne ofôyaît 
plus au succès, et les employés calculaient déjà d'apfès Tétat de la^afksè 
i^le taux des frais généraux, le temps qui leur restait à passer en Egypte. 

M. de Lesseps montrait tcmjoars^ là même oonfianSce : i) eompi>enalt 
leependant quesi Ton ne réussissait pas à' défôlopper dans Tistfame une 
«etivilé plusgrande^ l'cnuvre n'aurait pas de fin et ne tarderait pas à ê^re 
r«ikiée par les ffâis généraux. La question était d'autant plus gra^e que 
l^nrgent commençait à manquer, caria moitié seulement des aetioûs ayant 
étésouserite, la Compagnie ne disposait en réalité que de la moitié àt 
90n eapital : «uae circonstance imprévue la tira de ce mauvais pas. 

8a&^Pacha mourut inopinément : il eut pour successeur IsmalS, le 
Khédive actuel, qui, probablement, pour se concilier à son a^nemeiit les 
bMneè gr^ês de la France, tout en se ménageant dans l'affairé du canal 
onerpt^pdndèrance qpii pût servir A sa politique ultérieure, souscrivit, sur 
la demande de M. Lesseps , la totalité des actions disponibles. Ce sont 
00lles qU'iivvient. de vendre à rAiigleterité, etidont on a tant parlé il y a 
quelques mois. ' - 

j^ Ce puissant concours releva le crédit de la Gon^gnie, qui, pM satt^ 
faite des résultats dutravail en régie, résolut de reprendre lesystteie de 
I'«ii6eeprise, en partageant l'affaire entre plvoieurs, afin if éviter les àiU 
fieultès qu'elle avait rencontrées avee un entrepreneur unique* Ka oo»«^ 
aéquene»^ à la fin de 1863, elle envoya en Egypte une commission ^ 
Iratta avec M» Lasseron pour la oondutte d^^eau douce de Port-Saïd, «vee 
M. Couvfpeux pour Fwroifêment du s^âl d'Ël-^uier au nivem delà «m^ 
ttavei^ MM^ Dussaud frères peur la constmctÊon des grandes^ digoest^e 
Portsaîd. Ces Messieurs montèreat immédiatement des chantiers impop» 
iaxàB et conduisirent, jusqu'à leur entier adièveraent, les travaux qui leur 
amenl été eonfiés. Pour conserver les ouvriers qui avnient suivi Ka ilM*'* 
Ixmn et i» r^rver un moyen de contrôle »ir les prix de. revient , la 
Compagnie retint pour l'exécuter en régie, l'arrasement d'EUFerdaise Z 
Quebiue temps apsès le draguage du tac Menzalth fut «oncédéàmn en»*' 
la^preneur aaiglus, qui offi^t de» prix trôsr>bas i man il fit si peu de 
boMgne et pef dit tant de temps qu'il fUhit bientôt résilier. 

Siir oes «ntreftilee^ eurvinreni de neuvriks cxmipIioatiosiSi 

Au commencement de 1864, le Yice-;roiy d^à de moitié dans Vaffinre 
in ecnal, noultit raeeapnrsr toutrà-faà. Il commença pur réduire de 
Imoccmp Vii^dportanc». des nc^rvies de feljhht; puis^ bientûl^ emroy» «i 



Digitized by VjOOQIC 



nité, suscita, par le moyen de la pr^$e, .i^fi 9^^Umi^M:m^^'^S^'^ 
a^aml r^ginîw j^ttifi»«e»mf»î i^éparée/a proposa la jri^yisiwd* tegté 
Ûn^^i^m 4e^pp^fl>i^^txti;ab#UM^n des cpçvées< eoimiii^op&ressi^Te^ |>0Mi!; 

fm^ ia §9iè^,<3Ç«iif^ ^^iei^k^i^^ à<p^ w«^ffrfimçtéi;îl^raiî,e«^fibangQ 
une indemnité pécuniaire, et fit pyWi4»^.une^tr€idi^'8aA;^uî?i^fai%Tf«i 
^Jôc^aitB'^%:rapp(u:4fa? ^ 3Uge^eç*.4e VRûftpQr^wrt ; .t .f t- ; mj 
: . La.|côç^i|]^i8sion p)ia^g^ d!§ï«d^ff. Va|b«0 d^iat le .poiat/ d^rinipç 
de nomlaprepses ifttpigueft; wfin, rEaipereur rew^it» son jufQï^^ntia^ 
|»i$aMid«Qii4 toçt^)es,dema]adeEf>'{n9â^ fixait Viodema^é k.^ xmUwmA 
e'éMife'<teW:<# tF^i^ffpi^^pîus./^^ n:a^^Vs4iTOPS^ X:;^pfia?^4a^ 

il s'exécuta de bonne grâce : et, conséquent jusqu'au bout ayQ« Ji^%i4^ 
s»r4a m>Hv^^iï^^lj ira^betajenputre, jà lar^^a^t pri^,^B gisa^d ^^^paaine 
qW pop^dai*^*» jQ<"^PfW^Ct: Li*;4ésari?çai^. d'intérêt* ay,<?j? iejle ,. ij ila* pfôj 
^^a,4f$ipi§ Iqr^ 6?y{vs.iiar4^VA7B ^t 6^ iB[ê«|e,ôx^uteîi^ir'$^tff^f 

}fî^ .U*^vai3|x^népei?swprQe ppur .r^pipintec j«6îqu!au Nil 1^ pi9^e!4'eJWi to 

p jÇ'^t ain$i>(iufune^fi^^e, 4#Ç*M^>; ruin^? Ja|Qpîppftgnîô>7?kb^^tî4/a^ 
ço^&VTfi-àilî^ saijijV«ç.J^llfi;n?ai>qNaii d-argeirt pouç.5wfcetfep.fBôûiï(ett5rRfti 
SH',€ilte,ix'^Hr^itjW:ol#î§R^ j^s(,r黫<?i;à .«3^éc«tqp,paR le, ea^yoïfe ^ 
çi?Evéep,î la îdéql^?w ^e l'^w^epenr ivirr^iadii. \ei<àoubl^]S^fy}imdfi<l^ 
jojjcer .à ^fj^jjôterj^ur l'^mpÏQl<te#|miiçlai>ps, »ftt de, lui.fo^rftir^ 
de:les;pay^^ p 'I •>r; / ^.-j :, ■;.,; ;■ i- ....,,. .;. ■ ,u :. ^•l•^^^^.I 
i fP60daali<ce ieoipi»^ la oocmessîôa es rëntrepit^twar <éâiglais=' ailnsi'ipké 
Vapprolondissemeot é'Sl^uisi^ el2d'£lrF€ir|làné^9efaieBt été dobièsi IfMi 
Borel et Lavalley qui avaient déjà soumissionné toute la partie située ^dù 
sud du^laQi TÎQt^lifai; 6ni aoirte qu'à la iin die d8ô4|i la/ CJonà^tag^ié Stait 
r#v^Uiiiparrl&>fQirQ^ d^i$ dtosesà peu-prôs^a^systètnëid^une enk%|>im 
unique. Seulement, f^Ueiwait affaire cetie £oif à debhotxkmeâ^iquiiaivaiait 
à cœur 40 'tiu^n^rJie canal, à 'bonne: fin, ekdeâ imoye^sd^yipani^âirJi 
■. ;Lapéi^iQddd0s>i|ltWi2;emenj^ était .pasé 
in^irçb^ri/ i^ylmMUd 4e( tôtéjlasr corvées^ fbor iésr preïn|dacei^ j^'déts> d^k^ 

; iSJ^ftodmyi fallait ayant ? tout ofé^ fe vmàlériel t; rç'eat^àii^rej lesPlîïSf 
truments capables , léguas d&jcreuser lésjtrabcbéës è&li^'autfe^nd'éhi^ 

o^^*e^rapgft^wHBîidel^ec^^lso^Ben*^l^^ 

I)[)^ç)itt4eia^^^p^ cfll .yoir;£i)|ictionnet dànsW'nâesietMàU^^tes iS^èt<ésVH)ù^'ï^ 

>^ empk^^ id'Qrdinidire pour nèitoyeF àm «fond <ei augiÀeisier le tifâM d^iâafti. 

r^M^ifiWpeiflJaiwmilefl disposer pour attaquer ia tiv^,' 5éri^yi6Wtifektli'un 

;^P^MO0réti:oMr.qifce:i'emtreBa^lU;, et où eHes vfenneût is^Jogfei*,^*^ aW^r 

j^jsi^Q^oQôli^oiiuilt te^ême tcwafl, à du^ir uii^^satàl'dtti^ I\iKêjt1é*r 

4wt^t§|^J«*JGfti^Xtoti4fi«'^^e*es/^ 



Digitized by VjOOQIC 



çirirtk'âv^âl^pttseiieûirefélé 'asiates: : • ' : '^ ' J ' '-:^ r -^f^ 

f>ô^oivènt dâieictëmenl 1^6 pr«iiMts èeé^^ll<ia^^ j >et^tôiit ié9^^^ 

ttàtto^i-OAAêB'titm^ dés P^rteurs^ ^'^ ''■ ''•'• ''■'■ '. f- .1 .1^ .->. i; 

Quand la mer est Ifop loin, on emploie âés ei^ns^du genre des gtw»^ 
^iiëotilèvëht desrtaS^ftëës^ remplies' dé déblaiét'y et lès vident suMes berces 
péHi^fi^^^'doi^'eavalterâ.'A eaui^^des j^àhdei» did^nslons dû léabafly 
le^kiAiklihtft'élûifà^^ottûëi; eé qpxi avait Yïéeéssitê ^s les àppafeifô de^ 
^é^îlt^àcm^ ^igtihléSGffiëd et deréMnbihaiâdnâ'nbàvellës; on' les nbm^a : 
JEIétetf«e«*^/'- •• -i »•'•"••"'' ^ •• ^"•' •"■ '' .'-.•'.....• '— ;. 
'-^^Btt'ïriéinè'l^irtp&qtië oès'eïigîHs ée èôïistrWèâîent en ÏVance j on pr^ 
pàiiiit dâbs iHathnie les rtiOyens de les fair^ arriver è la'pïâce où iïs de*^ 
val«fiît^î^Vûiller.' Petidant ia* saison sèche, on appi^dfottdit à bras les Wgôleii 
dû hèê *Mën«3jelil ;' à Fépoiquë dé îét crue; on y^ éMrér lés petite^ 
dragues remises en état et allégées autant mie possible, et éns'^en ^Vif 
pëuV^rê?ridre'le <îhëtldl pràtîéablfe^afUtglf^àM^ ôppaiiSeî^v IWeîdîs eetix'-ci 
édbélotmés'^e distancé eu ^st^ttcë i^nrlixMil'lé'paréotirè, ëtiàcun dleu^ 
tt^vaît >p*os qi'à'ereit^êt, en ihâi^Èhaht ^ ivânt; î* pèlftiéh^qur luî éûdl 
âfcs^éej'ôtquand ioxië agiraient 'ffaî leur tâfehè,' le éknaî serait termîiié? 
fttCt'iôxtt'êlôitétt dë'la li^e, lefr déblaie devaient Mre'obndtiits •paîi' Ifeiî 
porteurs, d'un côté à la mer, de l'autre dans le lac Timsàh / préala'^ 
U^masKf rempli 4^eaQ v^^fuând j vers te-miièeu, ladi^tomcô déviëndmit 
ttttf grande^ ils ^seraient déposés ^ûr les berges par' le^ moyen des 
élévateurs; • : ■ v' -. : ^ , .- •- ' ii -. • ■ •• v ■ r • S'-i 

^rTel'>é1^t le piad très-simple et 1res natioimel de l'épénatibn ; 'c'est ^nf 
««s3[m6e8 qu^elle fut enjtreprise^ eteii admettant k bôn'fbnsfî^iMeinéiil 
ides a^^reils^ ilsemUaitque rien ne dût Fentravér. -^ ^ t '^ 

Il se présenta cependant un obstacle«de la plus haute gï^^têt- ' - '' '■ 
tu Les ap[ma?eils f(mctÎ!Qnnàientiû6iiy mails Inop chèrement. ^Àvêo les 
^^atôuirs^^ de mèpae * qu'awoif s porteurs* iquËind la )(li6lânti& étail tiW péli 
grande, le mètre cube revenait à un prix qui constituait l'entreprise ëâ 
perte. «IiBpftseible^ paricooséqueét, de ^oittinne» dànâ'(iÊf^^^^îndi6è{is ; 
ilfaUait on cessée le travail ou taioinrer aatrfe choses' ■ ' -^ '• • '•■^■'' '- 

Dans le temps des premiers draguages, un employer de la ^rïipt^ë^, 
cV. ' Sadois y av9<t < im^iginé de • suppriniLe^^ kS' eîngins ' intermédiaires^ en 
■i^r0s^t.dire£)teai4nfcles prooUntscaur lés berges:. Pdar cela îl :s^on^é^t 
le^d^yersoir 4o i^ drague de làsèière à lui- DaifeaUeinfâreie rivage, éA 
.^équiUbl^ant^de'l'auire côté par un conixepoids ; et comme ^ éta^ obHJ^é 
- de dimJiMieiv la pente, il y suppléait en irgectant âans de èônloir, aU 
, iaoyesn de pompes , un courant d'eau qtd' entraînait les ntôtlél^; D a^aft 
a^tfillé ain^i quelqtiëSHiines. des petites dragoes qui^ dotitMâei^^ë^l:^ 



Digitized by VjOOQIC 



i^iMMÉto^ quand là dîstees^îm de ta {Nremière entreprise et l'abaiMlcxii 
momentané des draguages Tint détourner ratlenlion d^ cétié affaif^* 
' Sb arrivant dans Tisthme, M. LavaUey en entendit parler : A i*èiufit 
en eervice )es enfine de ce s^Ma^ en fot satkfiaiit , installa le9 restes' 
uns {Mftitee dragues de la même maàièrei et c'est par œ moyen qu^S 
f^mùi à aprani^r lea rigoles du tac. Lee terrains dqrs^ pi^nreux, 
]*argile ne gltesaient pas dans les coiUeirs , on les poussait à bras^ «iaia 
la saille et ta tase éijueaii entraînés faeilement par une petite quantlM 
d*«aLU« Ces couloirs avaient une longueur Ae 10 à 12 mètres ; ^lue tard^ 
quand les premières içrandes. draguer arrivèrent de France, on |%t tecir 
00 appliquer de 20 iâ5 mètrea, qui servirent à creuser les eontiusis dir 
port, dont le i^tmn saialonneux se prêtait parfaitement à ce ^|mm^dê^ 
tKavâU. Enûn, quand survinrent les mécomptes sur les prix de revient f 
M, Lavalle; eut Fidée d'employer en grand, pour le creus^mentdu canaH ^ 
le sj^stème qui lui. «vait si biea Réussi pour lea rigoles. Seul^foent,! ta 
Iwgu^r de 2& mètrts était tosiifiisante, il taUait la perleir à 7^ ; 
cary pour réserver la possibilité d'un étarj^ssement uUérieiir du caaaly 
on était re^vvnu à ta ligne d*eau de 100 niètrea^ tout.^û; conservant 
]e> plafond de 2^. Avecuna telle longuenr^ ta moindre pente cionduîsailî 
à une liaitieur énormey fort b^jareusement le mécanisme.d'uBe ^rtiq 
des. dragues se prjètait à un exbaus&ement, de sorte que M;.; Lafvaàtaij. 
n'béaîta pas jk dbaoger ifoeystèmel et à cefiun»ider les couloirs nécessaires 
pour exécuter iea travaux par leur moyea« > '. : >] 

» Pour l^r constructioQ, on fut obligé d'abandonner ta cU^osbion' 
primitive et de tas teste porter par une coque epéciale reliée avec o^|lè 
de la dra^e éi se mouvant avec elle. Ou leur donna la propriété' iki 
prendre diffiirentes inclinaisons, et on leur adjoignit un engin spécial 
pour taire desoeiMlxe les déblaie que Teau était impuissante à en^aliter; 
dans ces oimditiooa les dragues à. couloir pouvaient attaquer ieusi lee 
terrains et fonctionner partout eu les rives n'atteignaient pas une trop 
grande Jàauieiir» Il arriva heureusement que ces appareils y pour lesquels 
Qn.a^avait pas de précédent ^ réuasir^at du pren^âer coup. Ha^fonctidn- 
nirentde suite, sa^s retouches et sans avaries^ enlevant du^ fond éa 
canal et déposant sur les bei^^ de 1500 à 2,000 mètres cubes de 
dallais par journée de travail^ au point de vue pécuniaire^ le pésdktat 
ne Tut pas moins avantag^ux^ La modicité du prix de revient compensai, 
daxa^ime pr<^ortien qui laissa de beaux béné£lces> les perts» sur le 
travail^ des ' antres etigins €^|deyé& fercétnent dans lee endroits où tas 
C0idoii^ étaietit inapplicables. On peut d«nc dine, au point tde vue 
finamier coo^me au point de* vue. mécanique, que ce eoint les longé 
^ICÉitairaqei ontfaitta.canal« &ua3 eux l'en^eprise était ruinée^ et les 
reissdMiTcee de ta Cc»npagnie étaient ineuffîsantes pour payer <^eiiravmliau 
{frî](;(|uiniauttait de TeBDpIoi des autres m^ 
/ Pcn^jlwt oé t^Rpsi Varrosement des semis d'ElnGuisr et d'El^Ferdane^^ 



Digitized by 



Google 



p^feetionn^* t^art M; Gwwjj^x* Infini àîPqrt^Sftïd^ ie8fgï!aqâ€i9âigu«(9|ie 
i^lps (4** '4mp»age<fiu port ^m^ . ftviee< k q^ 

^èvtei^'te pl&teiittjd!£L.^uiBr;pf r>iiiierinaiid^^ :pj^rfiaurtMrid0^!^)ppittèf{ 
^â;4Qiil»lipari jfa>^èiit6HdwjtepraiB^jusq^ r {VHttr&klc^ nOùfeUei fi^rkniUviait 
i€ft;fdàoajilfmgiiifiquey au oeHjrë'd^tn^ifastevbi^aiii.i» ^ )l ; I ii-t- v !(,:/f î î/ 

pâ^riiu:>în!âDef{ K^aiinâeliidier .nérsetltroiivaîiifâis^ih^ ^tartio^il^Mdri 

fj^ceifibitBr'èiâf'dilàgiito 'jiiin^. abi avaèC (utHUôle^Uq dU Qaixai>cB«au;dqu,Q0r,) 
ilniijiwaimà^àimé altiiude de '6 métros f.aii>f4^ësiië duiroémiUidô te) 
UlearuL'Clfétaiét/pr^ctBénafiiit kd }iafiii0iir.'ûiftl!SdiiiL{da<âéni|SëB^ 
pérmijtéeilBtàeven'tiniti eafitièr à^kidiraguie à l'ajidttivtoûe'iîoaÉii^ 
apièÈi^airdiiÉ^cpi^gâhieuseb . nr.»-.: .->«!. .1/- nff b l/ii-'iq m? '■-..:•;»;!!, «/»f> 
r/fOop^oréa^îHxrlensommeC, (ail m 

terrain rendirent peu coûteuses^ deMraste9fétao^*oontpartiiaaft>da^ hoati 
mtàésxii^/àoui-se^lemBntAeiliràixetéèe dû oataialpciilaijsTaDieQraéé grandes 
é^ceasians dèstinéeB>à]peeerfoiY tenidéb^ai»; Ai'aidéi d^iilneMéldvatiâiiiidia[ 
@sknal «ât'i^Uj dduee^i on inti'odUlit «bas^les tooigsyrioFsJdeni^chxeidti) 
NiL,4<|^au^.les'dragae8'0tJeui^ porteurs; ^etifdn^^diaglaafeiSyi inkqQ^ 
qii«Âfuës jnië^eB^ii^desslMtô de' laimep eaividant lesIfrarteiÈra^'dahSjte^ 
âéjppesek)n9j<Pour afeh)evier^<>nilaisBaiC0iâei?4laiisl6ll3C'Tifiiflsb, le» eeruar^ 
qaiîs^étaUtr^iità«oi^ilh:eau ^etfon y ènv^ivsdèn lespcxvtsûrl^ «fffiolo^ 
pËai<)Qpiiîr0stfl[)Ltà!eiil&f^r poup e^ririveiria'U^tiTaAti d'eoniidëiSiBaètveà. :>f^H '/^ 
-nLsI'plàiiféfdeigiisezi^^quisp ttro^aimi' pieu «oj^iéeèsqstde ki.9iéiBRbage[p 
idl iinacâchié tua*' ie* mèmerinoyai-^ Iqpu'ûni é^ak ap^iquânf^néslrèilait 
tifaivwpëée da-'f>€rtirt *^^à^^et à\iL^iteiSti^nm»t-&vt.ée\jàâtd^^ afprès» 

i'cAèëvemënlidUm''U0c*>de i^^cfaer jdd 65^600* mèM^sr^eabes^ ip|il>ldlîât» 
djKitoqte >néis€^tô fiârer à? seie. *iMak>^n&.Jfoii6<h!9i4haiiti€»BdiiBbâ^ii/ll6S 
^Tâ^aii#3'8ty^é$eotàtit.8d ^raBdifnotebre^'^n!^riiiiÉ»'^'lq»uAii(rb 
afihiée he't>a9 détangev >e» dragaëe$ emijipeyées^aîHeura'ielr^deokâti^ 
Bic)ineiitioà'f}*cnnr> pottci^ib oetininenpeirtà iiiîi'édùiiwfltts èaii(£ide'^a<àHa5 
{^piil^e^Mn^ès^ Lacs^iàn^era^'La quaintil^d'ebui^ 
étditld'iia^^illiEaiid^t demijdelmèireffeuiseK; L^sffètù^h^ténaûàe^céifUd^ 
iini9^âd93^<»]^d(^aacd|B^hi'iMéâite]nBfkéev^ Is't^f'j^tlièl ^ob eelhi4e^ 
>mer Rouge , fut terminôeresr'oeto^Mi^Bttlwebtpti^mi^ disifsaffm6.#ii»rii{ 
af âiKijidvidb Jdémfi9k!dl'à {M»l^eei^ÉSy'^l}œ jpenal^éti^^ de :laâq^^lsaL 



Dipitized by VjOOQIC 



chiffines^rdiitki a^ hàhù <îe sel : il mèqure/ 644^ Imillions deiixietrps* ieub^s. i 
et-rpÉdâeL^8'.»iiniÛibiis^ àe^tpanés^: La:!aiiafeifur éBL'clffiQât déU»anJb 
rkuneaste > siiBfaper «des <lffics:bu»& iéiiapQniftioftiioiffisîâéxraUev^feh «oit^ 
're9i)pkocaiïBbt9nr»vaqpae>]a^|)ltip 

4e^)dl3iBminaâo(tôns èosiJaesr^ rd^nsfrilei^ eaTix<isqib^i!lès| ch'iaj[g;é^(dis.^«)f •. * 
Toutefois, l'état d'équilibre dans le degré de saturation n'est i^QSiznmt&i? 
obJanii^ ei¥^:tK^mb^s0Q:iie>mûxqeisk}y dlAttttoîsbi àiinafceiBiai^eâhcâ, 
si^i dans Fêtai ùiyirmalyMLi^kiéiisi jd8nis.le8<iid6lplus' ^ufjncfins: der/sel^'^lii J 
n'^.'a[ërtirH..^fiâ:bf6si)]feif{ir«inî^r8ii97potilèsef qmtséiréalifeelv. kisaiainiiioB)/ 
iràr €iniaiigaiefQ:|ant jetDi^iHai4^ elle niiiai atto3iit)'i3Cuâ'ijifaiâBau«an^iJpsb8^ 
c(ii£un|ieiH;J9r>6atoàg9a4é^9€«^^cp^ iiid^olnieBtTàjàâgaïqnlèr^n 

volume du banc. Dans le second j(5Etq/rau»i(mnl^akepU i;èidiséosrdrai|>^àii 
pOiiéie^fittijPa'ipajeid^paÉPaîirQtrffî .ra.oi ^r^r^n'^b .^M ^aiU) fi'iJnn^H'.i iiO 

cai4>t4©*iPharmaifajeeî4TouiîaH6&rcfenfliït-ite^ i^ipte&ii^if^yy^ hmm 
d^. fj^kftfjtoi^c t4té,ii6)rfiB&4ffsml^»iQUtwkti0n^ pejfttenfeilçft, dûto» 

siècles d'activité , joints aux produits de l'évaporation directe des ^minsin 
CQf4Qmm.i9iit^ 'jtos.JaQ«;,r.éjr«^ftratiQïiij<5|ui it!^ répétée ^^uiJte^ufôi^ fs«r 
suiji0rîd36$(>ii>ttermptio«Sf d«[s^^i€pi.flont;r|»i5l)câre)fott.m^nti^^ : b ur ).,> n<.! 

JËn- tl865; .ksr ilriDvauy étaba4i:ea.plcwi0 laûrtiwitô i^ qmmi^tii^Q i^^^mfi: / 
de^fibol:ér*'^'idé(dif»:4^a:lîi6thîtie^^-^iy'. àéteiîimï^aifl&w» fôniqwetelidésORHjl 
gauisa kfi.fihantien$fci'M..t(ieifc^ss,e^^rxivj^ déf«uit^ ep %ypit^,,paifeft»içut.i> 
le^ieanapemcaita^ y mairéa to'i*rBfiàncç[,rr-et lefefebo^esxj^iiîertjt ^hientôt^ 
lejârjOGusis baMtweh - Sauf !2eUe«épidéf»ie ^igiii.f)itid'aUtejjr«;^Oôqi«i#ftrtio 
taoee ^ia/cantéiétait gft^éalemeiîtîmiw-'î laiCo0fcpôgr}ie»ja\^tii^gsiiîifi4^ip 
dàSfte prîiicipe,^dfe|5 h^itiwxii^t iWi •aeiwice^'ifeiîaaiaté ,^ 
ri^me'.eatf ehaixd>, jBoais {Saly&rejr-^t.^eîjMialfit: bi.pémode..de^(aor:^'j5ip5îj>j 
tou*rfittàsi bJbeni'quip pën(yLnl;c9.1te'dU(trfiiima(lihffe^ilaiWîwteU*ft9ft?ï?^ 
tittt, paiiannéè^jetitre^afetc^p*. ?^ ;-.d'*6*/à p^itàJ^cchiWffQior/yi^ajï^^ijî.T 

E» 4867 jf la^seule; leurtrépmfeeiiBbfielfeîî L^iÈ^U^y i Q^jfangjteJlt ^8^QQQ ourij 
vïieESïÉi»rj«ea.fettiitea ÛB]i^9^.i<l^'Jim/:pemi^ .^Tévg^werqà^pi^ttjpri^^é./: 
aQ^iMWrteiworaireldçsilùftibii^ -fbe^JHsaiïBte.afA, jeôtie.éSo^uçî/upje.difBrjj;^ 
culte, depuis longtemps prévue ^osunti à* fe'ûîii^iafiien ;î11('^ç^M mftrignaito^ 
La{ CÎWn^^gBte .'éaà^itîAin- .çiiaprtdiî* 'di^ 100- .triiÙiô|iôt6^$'ie!Rmiîr^'i9WiiCt«- 
tiqt» J aa-»ppëraièrè *ôi^tivef^îau-.<*)nxw^B^rtiÇiïi'^|eJ'î(^né^ 
mpàTireçu^fii.wtt qliarl &^dne vd0s^titrte^^^ittîft»M^^ç|^pteP^;K(m^^ 
aprèfef7KE]q»o«itttJrtruiiiv6tsdte9i0à Je* spâjiniônqdeiîïiaohinefe «Jo<i^itjrftjxri 
▼ajwi iawientcttô ti^+remanquôa, ietji:ttnistHijoiwl)apfreïifle ib 

les» îf oriâsf f iJreslï i ^lièf esoQttli f «ôu^jfiit^^^^^^ 

M€>.%I;ie5fcftp8 >'!çût|d0inTOdév lài^ut.iwenWl.ri^gHf^tt^ d^ r^Xmâm pa§î/ 
fai*viMhr:)^a <aQmnl»j^. jswfeQ^s^a^ia '^tai^ jiay^l(Ki* j^ 4oWi?diffétrcf«fift', 

enteeifC» jiiWïWiîCîna^^iàeixwiliàei ïMifilv^»a* il'i!i»e 'eafrewr^r^ijl^fe d^ Ijkj l 
lenteur des cesrefiiioB^iiQitâ ^r^-i^^^MifmelMi S >£^it[tâ^^^ 



Digitized by VjOOQIC 



-^u — 

remâ^ieri e»r la Comj^agnie ^ ayant engagé tont^son atoir pour via fan» ^^^ 
Tsatà^ âtt'|»femi6P empi^unt, n'avait plus de gage i/ ofihr pour Un secoiid.i : 
Mi-àa ijSB&^ s'adaressa alors au KhédÎTe^ qui voulut Ineîl lai lâsisfi- 
d(nuierpeM3diêiitâ& années- les intérêts denses aofions^ i6t*e'e9t8ase6K . 
ccHtiptoint cette mssouiH^e , aa.imiyeii des Uti^çs coniniiiis. soniâ ie nom fde i 
délégattons^ qu'i) put^ë*pi»careir l-argentinéeeséaire àl'achèvenœntde ^ 
sancœuvrev-f ' -' « ■; -i' ; . •■ '•• ■' ; " ■; ■' '- ••..." ^ : • ''j - • 

.EnÛB^f^vEoreJaifiit de 4869^ oini'put soaiger à/1'^aaugiiraëoai: Mv de: > 
LèssQpslenofixaTla date au .47 nioveiï^ét, adx^ssa das mutations à^tous! 
lea(Bè«nfelRsân^ et leur- deo8^> FfflidiaE«iy(ms:pour4^«i6ÂPartsard;;Mai8^ » 
pttèstép {iari«»e!ifnpatieRce l^iétL^ naturelle > après de ^si longs rej^uTds , • il 
n'^ab^liipast^fasta^see kuige la j[iart ée fimp^évu j< c^ peu s< en &ttut ^^ 
nfeût)<çiadwà^uMr ùn^capuelntnéeinn • .«[,.. H;., -;,.;•/ 

On rencontra dans les derniers jours, au Ibnd de la tranchée xia , 
Sâiapéiififi^^'die^ilèteierde rochesihn^^ qu^â fallut mineréous l'eau^ Oh 
ari^ C8j[)enéftniy^à' fqrûè d'airgent et aVeti untravaU 'sans i^e]âclieî>di& > 
joint' et^dë'-n^^i àJcH^n-h'^une 'brèche' sùïââ^ passage^ des 

ili|i ^vétiôdMi le tihant d'eau, on<renconltoa dans le laïc Menzal^^nhe' 
longueur de pl«ifë'd^un kâomètree^ isur laquel^leègnand^S'dr&gues'n'a** 
vdêiit'^pai^tpasi^è et/qui n^élait guère oau.'verte que d'un nàètre d^eau. 
£ts(it<^>l6'fsdtid^un[ ôtfMi ou dfune spéculation à la baissé sur les actions 
dùi'eimâîj-c^eét ce' qu'on n'd* jamais ^u. On- fit venir eh gi^ancfe feâtô 
toUttesleis dragffles 'disponibles, on les échelonna sur le parciours partout 
où eîtes pouviaient mordre, ol on acquit bietitôt la certitude d*arriver à 
ouvfîr"à temps un passage strîctewîent suffisant. Mais oti n'ôn avsiit pas' 
firïi'aveo''les mésa\iôiitures de ce malencovitreu^ pàssafeei On avait 
cQiiïptéi sur Sdes navire» à héiiee , les seufe en usage depuis longfcem]^, 
quattd, au déi^niér moment^ on apprit quéi'Aig{é> le yacht d^ l'Impé^ * 
ratrice,^ q'tti* devait» ouvrir la marche, était "à roues : il fal'Jaitfaire leur î 
pla^e tè^ût ^k loiig <lu p&s^ge. On reddulda d<'e#>rts ; maté il étail; mi^ 
pdfesiblél d^te prêt avaiiFt le 48: Mv de Lessepa put aisémeht retenir ses 
invttêi^, l<e47, 'i Portsaïd ;/ mais k flotte appai^eiïla, le 48'au mtititi^ . 
saiisqu^dttfeMYeçula nottvell«de l^ohèvement* ; • .> 

Oftîb^avail'pas ébmité^l'incideut.' M. de i.e^eps,'Mi LaîvaUey^e,t'MJl« I 
cdtt»nâiàdàBt d&YAi^, M: de SurviUe^* étaient s&uh dansla^ifecret, ^, < 
pen^atitla ifnarôlief^ atte»ndaie»t, dcinis une anxifété faeilf^ à comprendre, 
i'apparîlîoh' du^^anotà tapeur j dont les sigaauxdevaien trieur oppi^éndre. 
sije'pas$agéAèMit9iln*«^(»i s'il fallait détourner àvtout pHx', pendant tr 
qUelqtië''tfempséncorej l'attention des^ illustres visiteurs»- L'étoile ;de 4 
Mi 'dé'Lêe^eps lé feérvift endore cefttelois; le caTiot- parut e^Sna^e^i-le* ' 
sig<n«l>fat^i^Me4^et V^Aigle^ liabile«nent dirigé , franchît -saiis ehcDiûbre : 
Télr^b passiig&j sttivi^par toute la fi<3tlei qui Inversa IMhnie au millea^ 
de$'ftêitte^t>leàdîÉefc*' ofitertêSipar le 'vice-roi^à Uam ^^ iimtéâ;> ■ a^ or :.. • 



Digitized by VjOOQIC 



— « — 

Fwtaâ \m itetad« ^w j« ttew dTteiaiérar, ii96giirw& fus lardtfBh 
cultes diplomatiqQes dont on a tant parlé. La nésMi en- art qlke je nekep. 
oifeuaDS gùàfe, pida autsi, qu'ai fait éUes n'ont î«mÎ9 entp^é Tenlètfe- 
vent à*nn.9eni mèten cube» L'Ani^eteire ne déem^ pa» If <an^, it»m: 
nfj cvojaitfiaa.; c^élail «ftisai ropinmi 4eft finamiers de tous ks psiji^, 
dimt aocon ne s'y intéressa , et, deax ans avant rinangvralioti^ir^ft. 
éiaîl eneore de même, puistfiie.la première émisskm d^cAligafbMi^^jie, 
piit réussir. P^ une singolaorité tprobablement unique du^ilemondb. 
des affiâreâ^ le canal de Suez faiVorata^non pas de spécuktinn„ n^àist 
d'aitthoQaiasBie, .de petits capitaux firan^aîa, et àce pointâe^me/Tippi»^ 
sition anf^aise nîaurail pettMIne'past été sans tttililé poar 1^ «^.lieQa^s^ 
ea> lui permettant de' faire intervenir, dans la question )a:CfiM^ natief atei 
et 'patriotique y qu'il satnit si UeA Êuireiyiiurer- • h ''^. >.,' 7 > 

€'esfe ainsi que s'est acoemplie sa grande œuvre» Sin^epaf1ioiAi€T|:il[ 
avait osé reprendre^ à 25 siècles de. distance/ lidé< gt«ndioae ^k 
PharAoD Nécos » de coaper Fislhme directenaent « ' eft, , c1iqs6> éttonante y 
il «n avait commsnoé. Texéoutiott^par ks même:) mi93(je»s>i<ç'^-èrdi]re! 
par l'emploi dés colrvées , qui ne lui: réusait pasimi^ui qu'A son j)uia»li^> 
prédécesseur^ HaisJlà s'artèfce la 'ressemblance* <r".8é4 canali ■plttS>graji^df 
^pie cdili* où 'Nécos avaiti, sans Tadiever, âdt ))érir 130^000 bomme^ bxi 
mené à bonne fin^ et ceuxqu'il y fit tralraillsr delotce euidéikottlie 9t< 
lente; ne payèrent' pasà la mort uQ.tiiibitt plus lourd q«ie oda> auquel 
Dieu les aYfiit naturellement'SQumis^ • : «..- ••](:• u 

LE COLLÈGE DE VaNiVES W'''Mi% 

.8QUVBHIIW P'ÇN. VIEUX CWIiÇ™ 

PAR ïiE Dr jpAN-JÔ^EPH MÀlJRIcièT/" ' . '. 
' ' ' Mcmbrè-fôndateatdfeTaSoétetè'ï^blyiMàtKiqirê/^ .ii.iiJM ' 




! Utt< dieiluBl». ^us sni^ie^s :sotivt$mrsiikiatwque{fs^ ic^luiî.àu^;^^^ 
s-^st le ^îeuan gmvé «dat^ jme^> méfn0«re.;d!aul^uty^rQ9B|b^. à^lariflBr.cle^ 
l'année iSiS^ . ' ... ."..''•' ^ / 1 . r.-j. • .'/i.,t.. ^i,!-r» Miir-.: n ..{.^i»:: 

:.Je:^niâf$ d'entifcar en;rbétonrique^ l'biv/er «vai^ èté.?pwéQf»eU âpife.jei' 
rigoureux-.. La- tarife .^ait.ofHjtverte de ne^e,iil ftipait 4tp«in»iiwrt^^i^> 
mè FMdaiiB «n^cellége pour ^classe.4^.t»aiiip^i^ lorsque, .d(aa.4^i^^^i^^ 
l'établissement^ je fus rejoint par mon condisd|)kT'J^«|»b?Lfi$tS(4ita»^' 



Digitized by VjOOQIC 



mon ami iRtim^^^ mâm du Part^-L^ute eommo HKoky M qid dstàit 
mourir qmâfaeg tompi aprte. 

UiMi i^nmdô 8Tm{>QLihie de caractère ^ jointe i ranâdé béiréditaâre flK> 
iM deux femittes, aweni fermé entre nous line de tes iiais(>iw eQudttsUe& 
qui étaient cîtéêâ parmi nous et que j'ai eu te botiheurdç retvoovft!^ 
qu^uefois dan» ma vie. ; : 

Leatrohan m'aborda d^cm sôr m^ystéri^x et me dit : Il paraît cpienûna > 
nom eu defiTODdsreverB en Russie. La|^nde:arinèe est presque, àé^^. 
tnâte; on ne sait ^ oer qu'est doveiiu FE^tqpereur;' mais M^. Géanao 
oeus a dit ^ quel -si Tj^pereur pou^t rentrer en France^ il m'y avait rien 
de perdu, et que sou gr^àdd génie réparerait tout», L'biver se passa a.ves^* 
les préeecuj^lions politiiQfaies qui, pour lu^us, se tradaisaient par ies 
exigences de la conscription. *^ Lesti'oèa» mouvul dai|S k» preunerli' 
j6urs -de fanioéé; oé M mon premier ehagm ,' et mon ai&cfiou-pàur 
mes eamarad6s Le Port et Le Queliièc s'en trouva au^entée^^ 

A» mois dâ mai ^ nous ^ikfm réuinis datis la grande ^cour du: eoUége;'^ 
lorsque le primcipal et les profosseurs entrèrent d'un air* trio mphant;^ 
agitant leurs ohaipeafux et criant : c B&mve .nou«e^> Messieurs ,\ -^< 
» fraude i^cteirei l''Ëtnpereur vient de battre les eanaemis de la Fraûeei 
» à l^utse» et â Bâtitxen. M; le cômfte JuMen^ préfet du Moibiba&/e(» 
> le géiiéval baroft VàkNPÎ me demandent pour' vous un gsand oon^y 
n aM^^exeioptton* de leçons, de devoirs et de itoutesipiunitione. -^ Vuus 
» comprenez que ces demandes ne serefusen! pas» Yiv»'VEmpm*9fér ! a] 

La cour de ce collège résonna d'un formidable hurra, et nous nous • 
rendîmes successivement à l'hôtel de la Préfecture et au cMleau du 
Pargo, où demeurait le général, pour affirmer notre reconnaissance 
^ar 4^ ,nombrei|x vfyats ; p;uis , .nous , nçus dispçr^me^ par groiipe^ 
suivant hos affinités particulières. * ^ ' ^ » ^ ^ - ' i . i • • .^ . I . j 



suivant hos affinités particulières. 

Je me rappelle que je faisais partie d'un groupe qui était, en quelque 
sorte, présidé pafr'nion anri Lé ï^ort, depuis àbbè dé îa Trappe. Nous 
nous étions rendus par le Bpndon au bois de Cotec; ce bois^taillis venait 
d'être coupé ïhiver précédent , les jeunes pousses renaissaîëht avec une 
plantureuse activité;,, wai^^iuondel manière à, gêner MÇ*^/ regards qui se 
portaient du côté du Minimur, ou en bas, sur le ruisseau de Rohan. 
Nous étions assis sur les souches d^afb.res, et je me vois encore auprès 
et \^n peu au-dessous de Le Port, dont la voix mêlée à celle des Grands 
s'exhalait en accents chaleureux et patriotiques. Certes , si un officier 
supérieur se fut alors i^Ôseïïlé au collège de Vanftes ,* é<^ eClifc>laitaf»|tel 
auxTOuragè dés'éeotiersy je ne doute pa^ quil n^ëùt -^utraifté à sa suste 
plus de quatre cents soldats vigoureux, pleins d'élan et poUrvufe d^ïn»^*' 
trucfiom II aurait jbien pu 9è îàiPé qu'arvant de frandiii^ le» liimitos du 
départettient'îei^te^ petite Groupe eut été diminuée par lé*- pleurs desî 
mères et pat' lès remôntranees &^ père», ^esqu^e t<ms vtenix seldials dr^ 
Georgefi^ et de Qutllenyot. 



Digitized by VJ.OOQIC 



mmiÊ pu SMiinûr^' on^ isei^f tenté de ôr^ôà une esagératioé ée xt» 
]^M; ÀuMiili-je beMiti dôiih^biéii ^ilQ ee (j[ii'èta6t alors noli^ eoHége; 

n comptait de 750 à 800 écoliers , dont dCÂau Aidna aiUèKit<lé{MMsé 
f&Mm'- -'^-'^ <^ "i i- .' ^r' •>!•'.. /, }'.'■ ''.'-'.:• '■''['" 
^TMvcpèèU gôuv«r^mentréi|^«Micdih Avait s^ti le: foeë<Âii>àë réparai 
tëir ktcthies qM^r^tattâftion Yèrolètientiai]^ avsfiient laissées' 4fltt^'i^ki9^' 
tr»6t!0in dé là jelHifeM0/tt ci^éa h^ êèolés'oetitniles; c-étinèiktHlIes ^sorteb 
jdé laeaMés libi^^jdé»>iidm»i^4e'tà)€M 

Mairô #»4ç(ifii«e^ U')egiq«feVt<d8>)(mguJise at^dennes^tk èfa«ii<î^«t>rMsw 
HArè'ttàturéllë;""-' c ■»■'•'-■■ '■•"•? ''î-'* -'i' •^•'!'-).''"ij. ( ".j -!.... M'\f «M-a^n:] 
> 'Ne«is i^i^séfdeMi^ehcérë ^ soub^fo^mé^^le * ^ettivatae y'ii|nt<»taIegtiMi i^ 
plaintes morbihânnaises ; dressé *p^t'\& docteur <Âol9fn y ^Ils^ofiraitécif» di 
dèi^aMoIe^/'danâ'i^nigi^aiid^titivaildëlslFlôre'fto < :I 

Ce programme n'est qu'une ébauche, mais il a* rsfantag^ d'a^fir 'ètô 
Jë> ^ëttHe deè^tm^d^t'âi utii^^ etei ebiârpleis de If .Le Gatt de<Kèrltik)a 
èede'M:^Aâfif»»d'Ta^ô^' • ^'-•••■'^ '•;•■" -i '>'■■! .1, :um .:. /-'.î..-e= 
^' Aut' é(9èle8 ^e«iàtpàfes4mocédèr«Rt'le^'é(^otes SQeondaii^sy puis le4 
eoHége».' La'4«fttiÀaiion'piticipaIe dii'Ctillég«''die Vai!i}ie$!était de^ioamio 
des 8Ujetir«ttt isiS3Sifùmi^^l^eM^x^i^t>ài&A^^ 

été suspendues , le clergé ne s^était pas renouvelé et avait fait de grdndeé 
Inertes; féxâ,ilè)sl')^fifti«itloftSiV îttmdrt'Violtote «aurait d^iiAé(«i^ijprètifes. 
i:^ Mt^'de Pavieèidént avait Mto de remplir ces locunesy et s'il^vait'datti 
MM. AIffin> Légal, Mâhè, Goquérei dii Tillois; J^rry^ Grïgnon etaiitres; 
de .quoi 'fcurnir aux" placée importarites'^ il manquasi/t^h<imimes^<podF 
ed^éêl|iser le» campagnes ; aussi ^ les.étàdesmstrchaietrl-eiies'iv^en oë 

tetOpS^là.i ■■' •--.;';■: :. ■ > . , ^ ■ • - . ^.r • «• . .., '. = !^..v' 

On'apedrdhSt un an. à la 6», autanl à'ia 5«. Mais ia i4i» ètlai 8^ de^iè 
ke.feive.en un'ftn^ Ir seconde et la rhétorique en nàne autre' années < J 
; .Enlrevanche, oti piKSS^ituin an entière làûre saphilosopMe, qui étaiA 
mé préparation ftu cours de théologie. . i ' -i,» , * •: 

,.Ko0îclàâses lurent dôdouibtëes pUis^ard^: surtout quaïid» l'étadpr dti 
gr^futasilt'oduite^au opUége. . . ; . > x ,: . ^ ' . .. i .^ 
1 .L6çeDKm]irt4esi^te& se recrutait pr^nnèrement,* et c'était kdp^tit 
la plus virile, mais la moins nombreuse; parmi dee jeunes ;^n&><|iiii 
ab3}D»ment(de lâ'^Rèvointian,.^jse.prèpamient.à. JSérainairiii et 

^tf^jawehtrlaiisEsé; Virgile tetrCicércm pow fakne ks ?guefres«',de lé 
«i^uadMkfriâ; ' y. '•=:•«'■'•.>:,••■■ - "'- ?" • ■ •; r ■.; ■• -i^- ? 
:.LeIpliiâr:g]!!Slnd ooiCPmlHne j était /fouiîfii par l«8.p^tS'^UégâBjd'Au9ay, 
:4^Ploêriitdy de Josselin et* par les prei^^iytèves où èe' disaient ks. éludes 
^[mé^âtâlQÎres de k latinité. Presque tous ceÀ iélèves.IétaieBtide'jéû]xâs 
hommes, et nous avons reçu, en 6«, un élève.de SOsorqui »étè4ef«ms 
c0aré^4feMUerfiv et 'était célébré au coUége >par^ ménunre limi^târ- 



Digitized by VjOOQIC 



-45 — 

«nx râeoiiei^ft âisaémiriés ::^aii9 les. pension? de )a ville^ 4aim nJLf %<im7% 
ht^^^ dbftmbréeSi surveillées piyr te âc»îi&rpriii9ie»l^iou éng^i.vepa^ 
dam^l^elnfiiiiâfi^leiir&la^ -.- •.:. . ;:■'■ ::.> i v>> ».'• ^i »" ; •-:* : m •..:■ • ;[ 

Sans doute les classes étaient nombreuses, et nous nous somiNIt 
timni^ i&O^éièyesf ldao&^ et 4e âf> r^Mc^dmialèmiàme loc^^.aw^Ia 
s^rviéUimee duiifén^ble; M<.Ba«9^^. qm .dicUdlt À chaque ck^sia £i^ 
devoirs ;^^eS;pUquait à-ehaeaiie^i'elie le$ »ulauirs qui 1^ étaîen^ ;^0(#9v 
- dRo^flaïki; d*élàves^ te pm^Qian^jens^f»anb étui peu i^mbrevpp ; .mm 
il.:Bè'clemf)OGaii irbemoi^e ayanit^ 0aInm^,tp^^^<9lXf <|ui oni ti?a^ei^r>te 
grande période révolutionnaire, un type particulier; c'était 4'a]»9rdiU!| 
sfaaideHdifilcrje rquQ « son { tmieaU^té i^^^ki hîii . r^culei? deva&l la- i|)i|je«ftéç^u 
iâPQDsbftce 4t la xç$p^o«abiUté t^u'^ntrsdne.Jai di|:e^«n.4e3 çonpcîaaeeSj 
Il se fifnninJ^iti.Mi Bais^twll iêtiiit[chargé(id!a|4apifi.a^ 
€iôtéaf.de'la gi^ammairek n •::• . » , -.,! •-:. .-i. • .- • .n.. -.=•: -> - ^•;- 
j'oStl Ë^o^ gàmtovét M(Hiiee> ^^ froati chajjiwe icappelaîcsnt les tr^Mai d^ 
Saint-Vincent-de-Paul. Il aimait l'enfance d'une . ^reejtÂoa/*' viKinie^ ' 
patemem^.«t!^, torsqu'à la di$tributieoHl«fii priic ^ M. iG^iannoite priaitde 
ocmneobMt Un^de t9^>nleillews<élè^«8^1erj0we:lauYléll&!3OI^^ 
fcrœ Ja miôn*du^YteiHc«t))^f<»ss*0uritreiA ^Itii pot^aiaitibi mifonn^ t^ 

^ Ss^ iQpii«tasiiiar5?i| oo: irnsd^tiaous ,ia tairibii$ d)[»»iii^tk«i. dat M. &«!}iel« 
lUgouiieuxli aufiti^V'U^ .pe^.pei9i^ion»i§ pciut-^àtre ^ M^'^fty^ 'était li la 
fo!h:prefi^sem^et;sQU9«fpHp€Âp^l; U;aVaitJa'^rv6ilUi9içe4^éQ«)iârs»/<lll 
GhaipbFei;r:8ai»(véflFité iqui né pardoaoaiitni latU^jtraQtion^rnifle rire, ni 
hab oausevierjei» -filasse ^tait Jidîe que I'oq a yii^d^s^jettueft^erm: quitter 
le collège, prendre le mousquet (et c'était quelque chose sous ler pi^emieî 
éin|)éfi3):phit6t (^e deptfsstô une annét 90ûs.laiéitiile«dejàLGtj$t. : 

La seconde» lot rla riiétonqiieiiélaijent^ confiées à Mi Crteono ^ ^)mdpBl 
éiiieQU4ge.o Saii ménlqiira: était prodigieuse ,r il ppaei^diit , isulsnkxddaiDfent 
les auteurs latins, et il les traduisâûit aivei) ^ne nettatéiet-iàk phmx 
dlex{fa»iâibér>'tel$< d|iifi^iidai|ë>ittliQ?îila^pa(îâéa ^uâivârsûteiire-^^JiL ^Rfflàdu, 
traducteur de la vie d'Agricola, lui rendit pi)bUi|ueineiiÉ(da'iénoign3tg^ 
c M// W Pcinciflal^i.'voiâ 'unrpa]Sâag)3r:dei Ta(it0'<ttte ivottK wm^ipikMi 

i ' MaiBJà èttéfdeio«6iqualiftés«qaiiku^aimt fidtidë.MilGéaxinûiximcaQceb 
iénèfpFDffcsse^cdè sacohdeyi^e.rffncQQftra&t i^tdlspoffltiéntd^Bispcitf^ 
pouvait nuire au professeur de rhétorique. Pénétré de lajleetarsctteB 
airtstt/^flatinsy 'M^iSJÈéiiiHié tffieordaitlpeat^tôtrBfrtPop à ^la'.coaailâlatibn, 
«tbrèlèv«!^ 4ui';UTdt)}e'inieux^gaiQé dansisia^ oo^positidn, teit poétegès 
-dff'l^feNliite^ôul de Sailbi^ «tdes vçrs d'iQvidé, de Vir^^le^ou é'Horanp 
^*att*>6to*ff Bcpopartet te' prî^^ - •• •■.u--- > .--yv-rr^d 

-iiO^Éb9]t<piaisiani[VA^ok*9;:W70i^ dô» prix^ilM* Oéaimo 

déclamant le discours d'apparat et faisant retentir les voûtes de l'iSgiise 
du collège des ondes sonores de sa période cicéromùeime. 



Digitized by VjOOQIC 



,11 y eut aussi m 'CSoUé^e 4e Vaniies un profèMeur qoîla in^«na 
^pidemeni; eei fut M« Le Barre ^ profeiseur de philospj^ie, cpn foi 
^noeewitemeni appelé ^ui lycées de Napotéonvilla et de Rennes* 

Ses principes de philosopÛe religieuse et a^utoritaire, devaieiit eaie»» 
UéUeiment contenir :au souverain qui détestait les idéokgaei. 
: Maia il est un homiâe que je. ne dois pas oublier, car, sods miasioo 
Spéciale, il tenait une grande place au cioUége de Vanne», c'est l'alibé 
Mabé, suppléant des profeaseura absents^ bibliothécaire > auménkr.du 
colley, il rempliasait pour.ks modiqae8a|>pdintementsde 800 fr. cette 
Iripfe flûasion^ av^ un! talent rare. Il y avait heureusement pour le 
eomprendre un milieu digne de ce savant chanoine. 

Jele toi» ençene;.dana la chaire de notre chapelle, debout, la taille 
éleirée, fei fi[!ont faaut, les ^ut bnlns.et doua, le nez et le baa4e la 
figure eîcprimmit iout:à la {(^9 la finesse et la fermée* 

Bannissant les mièvreries de ses instructions, il ne semblait pséocrapè 
q«e 4'une chose : fortifia nos. âmes par les grands priiieipeade4a mo- 
itié et: nous. prémunir contre fcette affreuse maladie qui a torturé tant 
de personnes de bonne foi ; le Doute. - 

.Se$ discours y t^i ne dépassaient jamais un quart'-d'heure^ ea bar*' 
Attent^erdinairejnent & la démonstration de quelque grande vérité évan<* 
gélique ou à quelques conseils damoeale pratique». Son geste était «(^e^ 
pM^sqne nul;'8a vcûc lim^^ide, claire ^ aux intpiâtions peu variées. 
i^i^Qina Arnaud, parlant en Sorbonne, devfdt avoir cet ai^cent^là. 

Au-deasottft des professeurs se trouvaient une demi-douzaine d'inati^ 
tuteurs prépaient les jeunes gens au collège et faisant des répétiliona 
aux élèves de & et de S^*, Rarement les élèv^ de 41* y recouraient* 
. Seul, lié Géannn tenait un po^ionnat où les répétitions se feisaieni 
jusqu'en rhétorique. 

Presque toftia nos oondisoii^es, déjà Agés ^ étaient disséminés en ville 
et agslojnéjés dans des ehambrea tenues par de vieilles filles ou par des 
ouvriers» 

Toute eette population se destinait au Séminaire , et les ià»àe9 de 
I^ilasophie 60 ressentaient d^à de la théologie qui devait suivre. 

Parmi les figures qui me frappèrent le plus à cette éfoque y était celle 
dU/gpra^d Cruillam, deLocmariaquer, qui fut depuis euré de Meteand, 
Je le vois encore » passant au milieu de notia avec sa beUe croiada pbi- 
If^ephii^^ soutenue à sa boutonnitee par un ruban blano» et <|u'il ne cessa 
de porter pendant toute l'année. 

J'étais sdors un petit éoolier ; je me rangerai respeotueusement et je 
saluais (ce qui était rare entra noua) Monsieur Guilkun# Nous lui don* 
]|ko3 du Monsieur/ 

. Les maîtresses de cambrée Tavaiant dit; le vieux R%«idei f mattra 
menuîsîer dana la me des OrfôifTes» membre de l'ancienne cwftérle de 
liabpiV-Vincœt^Fenier; et, ce qui était une plus grande autaiM pour 



Digitized by VjOOQIC 



; CoHiskfi / l'oavxiep] imprimetirVdai «nfitàls ISaiieé^ \Ca¥UAi , ijui 
iiill»iû|ia|t Iô« pabnàf es y qui iiûprimMi des' livres ^< - d» qai , & nos^ yèux^ 
supposait las ^éiebd» déa livres; Corloi^è et lUguidol •r«faifiiii'«f»uvà'| 
Gdj^lHam é1ait;itenu«aii<moiftde75ans JafopiKTd^ ; i^ > ; .-' 

Voyez- vous OuiUatn écrivatit âe sa bonnepkimeca plein ocvtn* mèelel 
Qa'auiraieBil iQnu, devant; smï< argami^nliitioii , RouMeaa, Voltaire et 
toasTeii philqsophes'du'tempô^? - 

^ Volfaûire! et EousaeaU' éorasés , k* Révolution fhin^iBé ne ée laisait pal* 

M iKdilà^'CoéiHie 4|ii0i> la: Révolution- fra^iiçaisa à 6U-lieu, parée que 
G>uitea[i èsi^né 75 ans trop lard/*-» €ela m'a étédity **«- je Tai eetendu^ 
— et je l'ai jru, • ••' ■■^' ■ • - > ■ 

Ltf collège mârchâiè avec 9on 'em^i^em^nli ordyfnaim; le» ctasees se 
dèdéublaieat et y par' conséquent , la»- chaires ée multipliaient, quand 
tout-à-*coup nous apprîmes Fécroulethent de PEâirpirâ^ et ravènemeni 
de la dynastie des- Bourbons.. ; 

Nonb Tieveniocks de vacances, le mardi de Pâques^ et, tont le long de» 
reulesy wnift apprenions le ohangtement qui venait dé s^opérer daim noâ 
' institutions. On se groupait sur les diemiiis , à mesure que les élèves 
so'riDbient des palrolssee voisines; et Ton se pressait d^arriver à Vannes , 
ONT Pou saEvafit que M. Cjoqnfrel du Tiliois, grandi vicaire^ devait ^lantei' 
mf^n%\(i3émirëe8^cUmemfàc¥egem, 

Noi39/étîoq3 peu préparés à ces grands évènem^its : les pltis atancéâ 
d'entre notiBue connaissaient la Révolution que par les liwes de V9hhè 
Pre^fart ; maïs, indépendamment du prestige qu'avait à nos yeuk Tan'- 
cienne dpiastie , sous lisions par ci , par là , dans les proclamations de 
l'époque , le mot magique de LU}ertê, La conscription était abolie, et le 
teiÊrB^ledUemne/ prêtre -ou soldat, oessaitde noue être posé, au mo- 
ment jle notre entrée dans-la vie. 

JQ n/en fallait pas davantage pour ejtciter notre enthousiawne. 
; Bepu^s Pâques jusqu'aux grandes vacances les fêtes se sncèédèn^t : 
on s'organisa , on forma un comité de direction , chaque classe fournir 
deux omnmîssairea. U y eut en outre deux ou trois £^ini|iist^atetirs su- 
périeurs, et je me souviens qii'bn me nomma trésorier, *-*• mais trésorïeri 
sansidëser,.eiiiàpettpTès. ' 

QixeiqiEes^ ^souscriptions avaient bien apporté dams la caisse un peu de 
meni^ebmonnaie'; «tétait insuffisant. . 

i On. ftvait -annoncé l'anivée de Monseigneur lé due d^Angoulème , et 
nous tenions à paraître, et à paraître dignement. 

D XH>ii9 âdlait un drapeau , un gnidon ponr ebstque da$sé. *^ Pour ne 
pas affîdblir jQtbtre ahitodté en aùgi^kentant le nontibre ^des conseillers , 
nous décidâmes que le porter-drapeau et les fibrtç^guidone n'auraient 
qa^ éf» fMcti<;aîS hon<Hnâquo8 , mais aucune v(Ax délibémtive. Les porfe- 
gnidei)ififturniFent41eiir9 iisiisl^inaigno qii'il^ éti4Q9»Uhai%é» do porter. 

Mi^itâriipeliiii 



Digitized by VjOOQIC 



— 48 — 

Le drapeau coûtait fort cher; deux doubles de satin blanc entourés 
d'une frange de fin or, car nous ne voulions pas de faux. Les- mots 
GoU^e de Vannes d'un côté. Dieu et le Roi de l'autre, brodés en 
paillettes et cannetilles d'or fin , tel était notre programme. 

Comment arriver à cette dépense? L'idée noua vint de mettre à 
l'enchère l'honneur de porter le drapeau. 

Or, il .y avait à la pension Géanno un élève riche, très-riche, ne 
regardant' pas à la dépense. U le fît bien voir depuis quand il fît porter 
une toupie d'ivoire dont la pointe était d'argent et le moine d'or, à une 
demoiselle fort jolie, qui excellait aux jeux de garçons. La mère reçut 
le cadeau, le replaça dans la boîte et le renvoya au trop hsy['di éeolier. 

Cette toupie est restée légendaire dans les annales du château Gaillard. 
L'élève qui fît ce cadeau se nommait Sivry, il fut depuis député, préfet 
et sénateur. Son début aux honneurs fut le grade de porte-drapeau du 
collège de Vannes. 

L'année scolaire finit, on se dispersa ; les uns pour revenir, et nous, 
qui terminions nos études, en nous serrant la main et en nous promettant 
de nous rejoindre quoi qu'il pût nous arriver dans la vie. 

Je n'étais plus au collège , mais j'y avais conservé toutes mes attaches. 
Je partageai la tristesse de mes compagnons pendant les Cent-Jours. 
Je devais partir avec eux pour cette guerre de six semaines dont M. Rio 
a écrit l'histoire. ; mais j'en fus empêché par moii père qui m'enferma 
à double tour à un second étage et ne me permit de sortir que quand i\ 
eut reçu ma pafole d'honneur que je ne quitterais pas la maison 
paternelle. — Depuis la mort de Lestrohan, je n'avais pas eu d^autre 
chagrin. 

Sortis de la ville par petits groupes , les -écoliers se réunirent aux 
lieux de rendez-vous qui leur avaient été désignés par M. de Mai^adel. 

Quellec au rendez-vous arriva le premier. 

Vert comme un jeune pin et franc comme Facier (Brizeuz). 

Benvel, Rio l'historien et Le Thiesse le barde de cette campagne le 
suivirent de près. Les écoliers formèrent bientôt une. compagnie d'élite 
et fournirent des capitaines à plusieurs paroisses. 

Cette compagnie fut commandée d'abord par Nicolas. D'une taille 
athlétique, il avait escaladé les murs du séminaire. C'est à la tête de sa 
compagnie qu'il reçut une balle dans le cœur à l'affaire de Muzillac. 

Son frère jumeau, plus arriéré que lui de quelques classes, fut 
également tué peu de jours après. 

Je sortirai peut-être de mon sujet, mais cette double mort me rappelle 
une double exécution qui eut lieu à Bordeaux cinq mois après, lorsque 
j'y étudiais la médecine. C'étaient les frères Faucher de la Réole, 
jumeaux tous deux, généraux de brigade de la même promotion, 



Digitized by VjOOQIC 



— 49 — 

fitsittés l'an à cM ds Fautrë pour Icar oltachemmii àk fortune de 
l'Emp^tsur. 

Je n'ai pu m^empècher de faire de tristes réflexions sur lo 9ort 
identique de ces vietimes de nos guerres cttileSy mortes pour des causes 
opposées y arrivant ensemble à la vie et la quittant ensemble. 

L'ère militante du collège de Vannes était terminée* Elle fui défini* 
tivement close, sur la promenade de la Garenne, par une fête publique 
ou MM. BenTel, Le Quellec et Rio, officiers, de la compagnie des 
étudiants, reçurent la croix de la Légion-d'honneur. 

J'avais quitté Vannes pour étudier la médecine à Bordeaux, et j'avais 
hâte de revenir serrer la main de mes anciens condisciples. Je ressentis 
même une véritable nostalgie en songeant que je serais encore quelque 
temps avant de les revoir ; mais ma place était marquée, et j'avais promis 
à mon père de la fermeté et de la constance dans mea études* Je ne 
m'attendais pas au vide qui s'opérait pendant mon absence. 

J'ai dit que l'enseignement du collège de Vannes était austère, peu 
propre à former des hommes pour le monde, et il y parut bientôt. A la 
fin de sa première année dé séminaire, le plus capable de nous tous, 
Le Port, d'Auray, fut désigné par M»' de Beausset pour aller 
terminer, à Saint-Sulpice, ses études de théologie. Les premiers mois 
de son séjour dans cet établissement se passèrent dans le silence ; mais 
un jour qu^ fut interrogé, poussé à bout par un professeur qu'obsédait 
la tadtumité du bas-breton , Le Port, dont la patience était une vertu 
relieuse et non de tempéramment, éclata et parla pendant près detrois 
qnarts d'heure sans interruption et à l'étonnement de ses nouveauit 
condisciples. 

Monsieur, lui dît le professeur, je ne discuterai pas avec vous, maî« 
je dois vous déclarer qu'avec vos prindpei on etst plus ùii pour la 
scrfitude que pour le monde. 

Le Port baissa !a tète, se recueillit et, la classe finie, remonta lentement 
dans sa cellule. En même temps que lui et le précédant un peu, un 
homme gravissait les marches du grand escalier de Saint-Sulpice. Cet 
homme était l'abbé de la Trappe de Belle-Fontaine. 

Les paroles du professeur, la rencontre inopinée du solitaire parurent 
à mon ami un avertissement de Dieu. Il obtint de l'abbé un moment 
d'entretien, lui ouvrit ^pn cœur, et quelques jours après tous deux 
partaient pour la s^Uitude de Belle-Fontaine , où Le Port fit bientôt sa 
profession sous le nom de Père Marie-Michel. Il y rencontra son ancien 
professeur au séminaire de Vannes, M. Herselin, qui l'y avait précédé 
de bien peu. Ce fut un signal. 

Un autre professeur du séminaire, un grand nombre d'élèves de 
théologie, tous l'élite de leurs classes, suivirent un homme qui certes 
aurait tenu une grande place dans le monde s'il avait donné l'essor à ses 
talents. 

i 



Digitized byV^OOQlC 



— 50 — 

Un fait remarquable dans sa vie de religieux est celui qui ma été 
conté par mon vénérable ami le R. P. Bernard , premier abbé de la 
Trappe de Thymadeuc. 

Un grand dignitaire de l'Ordre, le Père Clausel de Coussergues, 
visitait la Trappe de Belle -Fontaine. Il fut surpris, effrayé de la rigidité, 
même cbez un trappiste, des principes du Père Marie-Michel , et il s'en 
exprima en termes assez vifs. Après le départ du Père visiteur, le Père 
Marie-Michel adressa au Pape sa profession de foi. — Le Souverain 
Pontife répondit en envoyant à son fils bien-aimé une lettre de béné- 
diction et d'approbation conçue dans les termes les plus flatteurs.. — 
Peu de temps après, le Père. Marie-Michel était abbé de Belle-Fontaine. 

Autour de lui et sous sa direction s'étaient groupés ses anciens 
condisciples et ses professeurs qui, plus tard, furent promus à des dignités 
importantes dans l'Ordre de la Trappe. 

Cette émigration clôt la période légendaire du collège de Vannes ; elle 
a été diversement jugée. Mais si l'on se rapporte au temps où elle eut 
lieu, si l'on tient compte des idées qui avaient cours à cette époque au 
Collège et au séminaire de Vannes , on se dira : qu'auraient fait ces 
hommes dans un monde qu'ils ne comprenaient pas et où ils n'étaient 
pas compris? 

Ils auraient été gênés et gênants; ce qui est certain, ils auraient 
beaucoup souffert. 

En se rendant à la Trappe, et si mon appréciation est contestable, 
je crois qu'au fond elle est rigoureusement vraie , ils y trouvèrent sous 
la règle inflexible d'Armand de Rancé, en partageant Jeur temps entre 
les macérations , le travail et la prière ; en contemplant aux récréations 
la fosse toujours ouverte pour recevoir le premier religieux qui doit 
mourir, ils y trouvèrent un trésor d'un prix inestimable : L'indépen- 
dance DE LA CONSCIENCE, LE REPOS DE L'AME ET LA LIBERTÉ. 



28 Mai 1876. 



Digitized by VjOOQIC 



— 51 — 

NOTICE BIOGRAPHIQUE 

SUR 

ALAIN-RÈNÊ LE SAGE 
Par I. GDESDOR, Membre de la Société polynatiiifiie lo lorbikao. 



Pour ne décevoir ni la légitime curiosité , ni la juste attente de cette 
assemblée, je me fais, dès le début, un devoir de déclarer que je n'ai 
nullement la prétention de lui présenter une biographie complète 
d'Alain-René Le Sage, une des plus grandes illustrations de ce pays. 
La raison en est qu'un tel sujet serait, tout à- la fois, et au-dessus de 
mes forces, et trop considérable pour la circonstance. Plus modeste est 
mon projet : je veux glisser rapidement sur les points de cette vie déjà 
mis en lumière , a0n d'en éclaircir certains autres , de moindre impor- 
tance peut-être , mais jusqu'ici presque complètement restés inconnus. 
Dans l'histoire des grands hommes , les plus minces détails , eux-mêmes, 
ne sont point toujours dépourvus d'intérêt. 

Personne n'ignore sans doute que, jusqu'à ces derniers temps, les 
biographes , tout entiers à leur admiration pour ses œuvres, ne s'étaient 
que médiocrement préoccupés de l'auteur de l'immortelle histoire de 
Gil-Blas, et que, sur la foi de je ne sais quelle tradition, ils le faisaient 
naître tantôt à Paris et tantôt à Vannes (1). Que cette dernière cité ne 
m'en veuille pas si j'attribue à une petite localité voisine Hionneur 
d'avoir donné le jour à Le Sage; car je n'ai pas, d'un côté, la bonne 
fortune d'avoir, le premier, découvert son berceau , et , de l'autre, je ne 
ravirai point à Vannes la juste part d'une gloire qu'elle peut revendiquer 
avec fierté. Les plus douces années de sa vie , celles de son enfance et 
de sa jeunesse, mais notre illustre compatriote les a passées à Sarzeau 
et à Vannes. * 

(1) En 1783, en tête d'une édition de ses œuvres, il parut une notice dont Fauteur 
le faisait naître à Vannes. Cette erreur fut suivie par Villemain dans son éloge de 
Tauteur de Gil-Blas. Beauchamps , au contraire , le dit originaire de Paris , dans ses 
Becherches sur le théâtre, H. Âudiffret, un des collaborateurs à la Biographie uni- 
verselle, publiée en 1819, attachant à ce point l'importance qu'il méritait, pria le 
ministre de Fintérieur de faire prendre des renseignements sur place par les préfets 
du Morbihan et du Pas-de-Calais. Les résultats de ces recherches produisirent , pour 
la première fois , les extraits de Tacte de naissance d'Alain-René Le Sage , que nou« 
doxmons plus bas » et mirent hors de doute le lieu qui le vit naitre* 



Digitized by VjOOQIC 



--ôa- 



§ I. — Ses Ancêtres. 

De nos jours, en effet, personne ne conteste plus à la presqu'île de 
Rhuys , à la petite cité de Sarzeau , l'insigne honneur de l'avoir vu naître. 
Dès le commencement du xvii" siècle, ses ancêtres nous apparaissent, 
occupant des positions honorables sur ce petit coin de terre, qui n'avait 
point encore perdu toute la gloire de son passé , et qui , jadis si cher à 
nos ducs, passédait toujours son droit de députer aux États de la pro- 
vince, son gouvernement militaire dont le siège était au château de 
Sucinio, sa communauté de ville et sa barre royale fixées à Sarzeau. 
Comme elles sont déjà loin de nous, ces antiques institutions, dont 
nous ne sommes pourtant séparés que par les trois quarts d'un siècle î 
Ces ancêtres de notre Alain-René s'attachèrent à la sénéchaussée de 
Rhuys et y remplirent plusieurs charges. Jacques Le Sage, le premier 
que nous trouvions, exerça auprès de ce tribunal les fonctians, autrefois 
importantes , de sergent général et d'armes en Bretagne. Après avoir 
épousé Marguerite Ruffault , fille d'un notaire royal de la localité, il 
voulut, suivant le goût du temps et pour se donner des airs aristo- 
cratiques, ajoutera son nom celui d'une terre noble. A cet effet, il 
acquit, sur la paroisse de Saint-Gôustan.de Rhuys, les ruines d'un 
Tieux manoir avec la majeure partie de la métairie qui l'entourait, et 
put dès-lors et à bon droit , se dire sieur de I^bistoul (1)* Pour son 
argent, il aurait bien pu choisir un plus beau nom. Ne le méprisons 
cependant pas, car, durant quelques années, il sera celui de notre 
cher compatriote qui n'en aura point d'autre. Les calculs du sergent 
royal ne le trompaient point, et, ce qui prouve qu'il jouissait déjà d'une 
certaine considération, c'est que Claude, son fils aîné, fut, le 20 janvier 
1637, tenu sur les fonts du baptême par Claude de Francheville, sieur 
dudit lieu et de la Cour, et par Gillette du Mas , épouse de Louis de 
Montigny, sieur de la Motte et gouverneur de Rhuys (2). Peu de temps 



(1) Le manoir et la terre noble (îet^istoul, auprès da village de ^cambre , avaient 
plusieurs propriétaires. À une date que je ne puis préciser, un sieur Lequinio vendit 
le manoir à Jacques Le Sage. Le reste, appartenant par indivis à dem hères de 
PénerfT, en la paroisse d*Ambon, fut acquis, vers 1643, par ce même La Sagtt ei 
Julien Desalleurs qui se partagèrent l'immeuble. 

(2) Voici, extrait des registres de la paroisse , l'acte de baptême de ce Claude : 
« Le 20* jour de janvier 1637; environ les 4 à 5 heures de Taprès-midi, fut %aptisé 
Claude Le Sage, fils légitime de maistre Jacques Le Sage , sieur de {Ebistoul^ sergent 
voyal et 4'armes en Bretagne , et d'honorable femme Marguerite Kuffault , ses père 
et mère y et fut compère d'iceulx Claude de Francheville, sieur dodit lieu, la Cour, 
et commère dame Gillette du Mas , compagne de Messire Louis de Montigny , sieur 
de La Motte, gouverneur pour Sa Ms^esté du château de SusciniOf en cette isie de 
Rhuis, et fut ledit Claude Le Sage , né le jeudi 15* du présent mois » et ledit baptême 



Digitized by VjOOQIC 



après, le sieur de ip^istoul fit une nouvelle acquisition qui ne doit pas 
moins nous intéresser j il acheta, du prêtre Guillaume Dorso , june vieille 
maison avec un grand jardin derrière, située sur la rue Bécherel, con- 
duisant de l'église paroissiale à la Croix-Pirio,>rue qui prit le nom àe 
Saint- Vincent , lorsque Vincent de Sérent, recteur de Sarzeau, eut fait 
édifier, à la place de cette croix , une chapelle sous le vocable de son 
saint patron (1). Afin de se faire une habitation convenable, il emprunta, 
dès le 9 avril 1652 , de Guillaume Le Qerc, de Coffournic, la somme 
de 1,287 livres destinée à la reconstruction de cette maison, qui pprté, 
en effet, la date de 1653 (2). Dix ans plus tard, il y mourut, laissant 
quatre enfants, Claude, Gabriel, Guillaume et Jeanne (3). Au partage 
qui se fit de sa succession , le 4 novembre 1662 , par droit d'aînesse , 
Claude eut le manoir et une partie de la terre noble de ÏJfbistoul , dont il 
porta le nom. La maison paternelle échut à Gabriel, qui était déjà 
notaire royal , et Guillaume succéda à son père dans la charge de sergent 
général et d'armes. Le lot de Jeanne, consistant en terres, erxibrassait 
l'autre parUe de la métairie de I^bistoul. 



fait par moi noble' et discret missire Jean Carré, recteur de la |>aroisse dudit Sarzeau. > 
Pour ne pas donner lieu à des interprétations erronées , cet acte a besoin de quelques 
explications. Claude de Francheville , pariain de Tenfant , est qualifié bien à tort 
sieur de Francheville et de la Cour (Penvince) , puisque son père Daniel , auquel ap- 
partenaient ces titres , vivait encore et ne partagea sa succession entre Ses enfants 
qu'en 4650. Le gouverneur de Rhuys était sieur de La Motte-Montigny , et non de La 
Motte-Rivault, comme on pourrait le croire. Ce Jean Carré, recteur de Sarzeau, était 
fils de Vincent Carré , sieur de Î2:ievenant , sur la presqu'île , et d'Isabelle Nicolazo. 

(1) Bâtie aux seuls frais de ce recteur, qui était de la famille des sieurs de {Efily, en 
Elven, cette chapelle fut bénite par lui, le 19 mars 1679. Ce jour, il y chanta la messe 
de saint Joseph , dont on célébrait la fête. Lorsqu'on eut commencé , en 1682 , la re- 
construction de l'église paroissiale, le service religieux et les fonctions curiales 
furent transférés dans cette chapelle et y restèrent pendant toute la durée des 
travaux. Cet édifice demeura la propriété de la famille de Sérent jusqu'à la fm du 
siècle dernier. En 1787 , le comte Joseph-René-Fr.mçois de Sérent, sieur de Kallier 
et gouverneur de Rhuy.^, en proposa l'usage à la communauté de ville pour son école 
des garçons. A sa destruction, les .matériaux servirent à bâtir le fort du Bec-Lan. 
La croix actueUe de Saint-Vincent, auprès du Paty-Haut, marque la place de cette 
chapelle. 

(2) C'est par erreur et irréflexion que l'auteur de la notice d'Alain-René , dans la 
Biographie bretonne de P. Levot , attribue la construction de cette maison à Claude 
Le Sage, qui, en 1653, n'avait encore que seize ans et ne pouvait, par conséquent, 
faire bâtir aucune maison. 

(3) Claude acheta, au commencement de 1667, l'étude de ilotaire royal, vacante par 
le 4écès de Pierre Le Goff. D était déjà greffier de la barre "et receveur de la sei- 
gneurie de Rhuys. Gabriel, déjà notaire royal, épousa, le 9 mai 1661, Jeanne Fouscher» 
dont il eut plusieurs enfants, et fut enterré à Sarzeau le 1*' avril 1688. Guillaume , 
n4 le 1*' mars 1639, épousa Renée du Lenen, et dut mourir en 16'i7; j^gnore s'il 
l^iwa des enfants. Jeanne épousa JuUen Fourcher, en eut des enfants, et vivait en^ 
,09fe, mais v«uve, en 1692. 



Digitized by VjOOQIC 



— 54 — 

X f 9 7^ lééS,t^^^fi^'^^' S n. — Date et lieu de sa naissance. 

i^^y U// if y /fw^y ^^ ^^"^ » Claude Le Sage, nouveau sieur de Çbistoul, épousa Jeanne 
^' ^Jr '- . " ./j^ Brenugat, issue, elle aussi, d'une famille attachée à la cour de Rhuys. 
^'r^^f'^l/iâ ' ^ n'avait point encore quitté la maison patet-nelle et ne s'était pas séparé 
/^y^f /< ^^*^ jjg gQjj fp^pg Gabriel dont il était le pensionnaire, quand , le 26 août de 
^paHUf^ i^y^'^^'^ceiie même année, il acquit ladite maison de la rue Bécherel, avec toutes 
?€2*/MyWi^^-5)./^es dépendances, pour la somme de 1,200 livres, et y fixa définitive- 
/^eiâh /Ai4'2'ff/i/ ' P^^^^ ^^^ domicile. Dans sa déclaration de 4682, pour la réformation du 
3 7^ — domaine royal , il en donna lui-même la description suivante : « Maison 

^_^ — sise rue Bécherel , sur laquelle elle a de face 116 pieds , et qui contient 

par fond, avec sa cour au devant, jardin au derrière, vigne ensuite 
et autres dépendances, quarante-sept cordes et quart, et joint du midi 
ladite rue Bécherel..., du septentrion la vigne de M. le Président de 
Montigny... » D'autres documents de la même époque révèlent qu'elle 
était flanquée, par derrière, d'une tourelle ou pavillon, et que, dans la 
cour de devant, se voyaient un appenti et une écurie. Sur elle, il était 
dû par an , à la recette de Rhuys , une rente nouvelle de dix deniers 
monnaie, d'une part, et, de l'autre, à la confrairie du Saint-Sàcrement, 
établie dans l'église paroissiale, une rente foncière de 12 livres et 
10 sols, dont l'avait chargée le prêtre Guillaume Dorso, son ancien pro- 
priétaire. • 

Des susdits Claude Le Sage et Jeanne Brenugat , demeurant en la 
ville de Sarzeau, naquit, vers les huit heures du soir, le 8 mai 1668, 
un enfant qui fut ondoyé le lendemain par le curé Bertrand Le Goff, 
et auquel, le 13 décembre suivant, ce même prêtre suppléa les céré- 
monies du baptême et imposa les noms d'Alain-René, ceux de son 
oncle et de sa tante maternels, ses parrain et marraine (1). Selon leur 

(1) Voici les copies des deux actes : « Le neuf may mil six cens soixante-huict fut 
ondoyé par Missire Bertrand Le GofT, curé, un garçon né le huict du légitime mariage 
de maistre Claude Le Sage , notaire royal et greffier à la Cour royale de Rhuis , et de 
demoiseUe Jeanne Brendgat, demeurant en cette ville de Sarzau. » — Plus tai*d, la 
note suivante fut ajoutée à cet acte : « On lui a suppléé les cérémonies et donné les 
nomsd'Alain-Renéy'lelS'jou^ de décembre 1668. n £t, en effet, à cette dernière 
date, le même registre porte : « Le traiziesme jour de décembre mil six cens soixante 
et hoict, ont esté administré par moy, curé de la paroisse de Sarzau, les saintes 
cérémonyes du batesme à ÂUain-René Le Sage, né le huictiesme jour d^e may dernier, 
environ les huict hœure du soir, et ondoyé par moy le neuffviesme du mesme moys , 
fils de maistre Claude Le Sage , notaire royal et grefifyer de la Cour royalle de Rhuis» 
et damoiselle Jeanne Brenugat, ses père et mère, demeurans en cette ville de Sarzau. 
. Parrain a esté maître Allain Brenugat, cy-dcvant recepveur du domayne de Rhuis, et 
marayne damoyselle Renée Brenugat. Faict en présence des soubsignans. — Bre- 
nugat, Renée Brenugat, Brenugat, Dom Louis Carré , Françoise-Thérèse Dusers , 
M. Alliot, Jeanne Fouscher, Chaussière, docteur-médecin, Le Sage, Nouêl, Perrine 
Pénber, Fouscher, Jeanne Brenugat, Janne Le Sage, G. Autheuil, AutheuU^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 55 — / 

habitude, les actes de son ondoiement et des cérémonies de son baptême 
se contentent de dire que le père et la mère de Tenfant demeuraient en 
la ville de Sarzeau , et ne vont point jusqu'à l'indication précise dé leur 
domicile. Suppléant à leur silence , la tradition locale avait toujours 
placé le berceau d'Alain-René Le Sage dans une maison, maintenant 
ancienne , de la rue actuelle de Saint-Vincent , celle qui figure au plan 
cadastral de la commune sous le N® 1117. A l'appui de cette tradition et 
pour la justifier parfaitement, nous pouvons, à cette heure, apporter une 
preuve irrécusable : c'est que cette maison appartenait à ses parents et 
se trouvait habitée par eux à l'époque de sa naissance. Son père y avait 
sa double étude de notaire, qu'il venait d'acheter, et de greffier, pos- 
sédée depuis longtemps et dont il se voyait obligé de se défaire (1). Il 
n'y a donc plus de doute possible sur l'identité de la maison qui a eu le 
grand honneur d'abriter la venue en ce monde de notre glorieux com- 
patriote ; c'est bien certainement celle que , vers le milieu de la rue 
Saint- Vincent , aperçoit sur sa gauche tout voyageur qui descend cette 
rue. Aujourd'hui comme alors , elle est précédée de sa cour et flanquée 
de son pavillon. Mais, et je ne puis me défendre de cette observation, 
n'est-il pas ét^range et regrettable qu'aucun de ses propriétaires n'ait 
jamais eu la ionne et patriotique inspiration de l'orner d'une inscription 
révélant aux touristes et aux étrangers le lieu précis qui a vu naître et 
grandir le célèbre auteur de Gil-Blas ? Si je l'osais et si j'avais quelque 
chance d'être entendu,^ je ferais des vœux, partagés assurément par 
cette intelligente assemblée, pour que le propriétaire actuel, enfant 
lui-même de la presqu'île, plaçât une belle plaque de marbre au-dessus 
de son portail d'entrée et y fit écrire en grands caractères : 

Ici est né ALAIN-RENÉ LE SAGE , le 8 Mai 1668. 



§ III. -^ Il reste orphelin à quatorze ans. 

Tout jeune encore, cet enfant, qui n'eut ni frères ni sœurs, vit, 
en 1677, la cruelle mort lui enlever sa mère, alors que son père venait 
de remplir la charge de syndic, une des plus honorables de sa localité (2). 

Le Sage, Ynisano, Claude Le Sage, Bertrand Le Goff, curé. » En marge, on trouve 
cette note : « C'est le même Alain-Hené Le Sage qui fut autheur , vécut à Paris et 
mourut à Boulogne chez son fils, chanoine de la Cathédrale, lei«' novembre 1747. Jt 
(Ré'gictre pour Fannée 1668,iblio 25, verso, et folio 68, verso.) Ce Dom Louis Carré, 
qui signe Tacte , était originaire du château de Revenant et religieux de Taljbaye de 
Saint-Gildas. La date assignée à la mort de Le Sage est erronée , comme on le verra 
plus bas. ' 4 

(1) Le 10 décembre 1668, la sénéchaussée, jugeant incompatibles ses fonctions de 
greffier de la Cour et de receveur de la seigneurie de Rhuys , le condamna à opter 
entre ces deux charges. 

^ (2) Entré en charge le i«"f janvier 1675 , il en sortit le 31 décembre 1677 , la durée 
des fonctions syndicales n'étant alors que de deux ans. 



Digitized by VjOOQIC 



— 56 — 

Gialndb Le Sage, iiii«aiièaie, né tàjrda pn à Mnvr» son époque aiitoikibeJiii4 
Alafiettrâerâgeetpre$qttjesufaîtemeBtyil moarot, àquaraate*^ht «ns^ 
dans sa maieoa de la n» Bécherri^ et fui itiii«mé^ le 25 décembre 4683 ^ 
diae la chapdUe de IfdiA, c'e8i*^à»*dire dans le traossept sud de Tégiiso 
paroissiale. Son acte de sépulture nœntionne la présenoe de sdn fils 
Akin^René et de son frère Gabriel. Or(dielin à quatorze ans el sept mois, 
n'araat point encore quitté ni sa cité natale, ni la maison paternelle^ 
notre infortuné ootnpatriote aons apparaît « en ce moment , dans une 
posilion bien feita pour nous intéresser* Ces malheurs, qui , nous sllons 
le Toir, ne -vinrent pas seuls fondre prématurtoient sur sa jeune tète, 
durent exerœr une inflnenue» probablement capitale, sur sa future 
destinée* 

On a dit ^ et avec raison, que ses parents lui avaient laissé «ne assex 
belle fortune, surtout pour un pays encore préservé contre l'invasion 
et les esigenees du luxe. Mais il a été ajouté que cet héHtage avait 
dil^ru, par suite de la négligence ou des malversations de son tuteur* 
Ia suite de cette étude nous conduira, non sans ennui peut-être, sinon 
à une eondusion , du moins à des présomptions de nature à éolaircir ea 
point. Bi, comme je le crains, le récit de ranéantissementde ce patrimoine 
n'intéressé pas suffisamment l'auditoire» j'invite celui-d à imiter, pow^ 
unin^ot, notre Alain* René 9 dont les oreilles 1 devenues paresseuses 
de bonne heure, nécessitaient l'usage d'un vaste cornet acoustique, qu'il 
enployait avec empressement^ dans ses entreliens avec les gmis d'esprit, 
et laissait au plua parfait repos » lorsqu'il avait à redouter une conversation 
ennuyeuse ou soUe (1). 



S I?. — Dispersion de son patrimoine. 

Après avoir, ainsi et d'avance, fait mes excuses à l'assemblée, 
je poursuis mon Bujet , en disant que, dès le 20 janvier 1683, les parents 
du côté paternel, représentés par Gabriel Le Sage, sieur du Spernêc, 
procureur et notaire royal, oncle du mineur, et par le prêtre Jean 
Autheuil , parent dudit feu Claude au quatrième degré, et ceux du côté 
maternel , Pierre Brenugat , sieur de la Cossaye, Pierre Hardy et Jean 
Olivier, époux de Renée et de Françoise Brenugat, remplaicés parle pro* 
eureur Jean Goujon, et enfin Alain Brenugat, sieur de la Pillais et ex-^sér 
néchal de Rochefort, toufs oncles d'Alain-René, se réunirent devant le juge 
de Rhuys , présent le procureur du roi , à l'effet de nommer un tuteur 
& l'orphelin. Les voix se concentrèrent sur le sieur de la Pillais. Mais . 
celui-ci s'étant déclaré créancier dans la succession, il lui fut, sur 
sa demande, adjoint "un curateur pour défendre les intérêts du pupille 
contre son tuteur, lie choix tomlfti sur Gabriel Le Sage* £n les inves** 

(t) âiogr^phie h^mnê, t tt , «ri. L«sags. 



Digitized by VjOOQIC 



tiMftnt dé oos délioaies miariDn», sur l'avis eoDfonat du suaitt promtmr^ 
h fiènédial < onbone qa'iiB vkndvont prêter le sarmant de se comporter 
fidtomeirt aa fait desdites charges , et à la charge audit Brenugat 
de faire foire l>on et lo^al inventârB des biens meubles dudtt miseur, 
auquel ledit Le Sage assistera pour la conserratioa des droits dudit 
mineur, v En conséquence, ce serment fut, en effet, prêté à la Cour, 
le 8 féfrier, et Tinventaire fait les 16, 18, 19 et 23 du même mois, 
13, 18 et 24 du mois suivant Outre le mobilier de la maison paternelle, 
cette dernière opération embrassa pareillement celui de la métairie 
ndiÀé de Cbétquenault, que Claude Le Sage exploitait à titre de fermier. 
J'ignMTB si eUft se ûi loyalement^ comme l'avait prescrit le Sénéchal , 
mais je sais que les deux mobiliers réunis ne furent évalués que 
664 livres 14 sols et 6 deniers* D'ailleurs, il convient de remarquer 
que les archives de Tétude renfermaient plusieurs créances dont je n'ai 
pu calculer le montant. Pendant que s'aôhevait.ce long inventaire^ les 
m^liers susdite furent vendus au^t enchères publiques , les dimanches 
14 et 21 mars, et ne produisirent que 741 livres et 14 sols* 

Après ces premières aliénations et pour des motife probablement tout 
personnels, le tuteur Alain Brenugat déclam, le i6 avril, n'accepter, 
au nota de son pupille, la succession que sous bénéfice d'inventeire. 
Les bannies de cette déclaration, fisiites les 6 et B juin, accordèrent 
trois semaines aux créanciers pour produire leurs revendications, et dles 
en provoquèrent de la part d'Alain Brenugat , lui-même , de François 
Autheuil, Gabriel Le Sage et Jacques Layec, qui ne furent malheureu*- 
sement pas seuls ; il y avait encore les religieux de Tabbaye de Prières, 
dont les dîmes dans la presqu'île de Rhys étaient, depuis de longues 
années , affermées à Claude Le Sage , et aussi la communauté de ville 
pour un reliquat de compte de syndic, que ce même* Claude n'avait • 
point soldé depuis sa sortie de charge. Saisies à la requête de ces bons 
moines , l'étude de notaire, la maison déjà décrite de la rue Bécherel , 
et une seconde petite maison située en face de celle-ci, de l'autre côté 
de la même rue, fuirent vendues, le lô décembre 1683, judiciellement 
et d'autorité des requêtes du Palais , à Vannes , et acquises par Alain 
Brenugat, au prix bien modique de 2,750 livres, qu'il consigna, 
le 17 du même mois , au greffe desdites requêtes, et qui furent bientôt 
après distribuées aux créanciers. Sans perdre de temps, le délicat tuteur 
se fit, le jour même où il versa le prix de son acquisition, induire en 
possession des deux immeubles et s'en faire l'appropriement aux premiers 
plaids généraux de la cour de Rhuys, le 3 juillet 1684. 

Cette première distribution , faite aux créanciers les plus exigeants , 
fut loin de liquider la position ; il en restait plusieurs autres à désin- 
téresser. Le tuteur Alain Brenugat, le plus important de tous, »e 
réclamait pas moins de 6,000 livres. Venait ensuite Gabriel Le Sage qui 
demandait 180 livres, pour dix-huit mois de pension prise cb^js lui par 



Digitized by VjO'OQIC 



— 68 — 

son frère Glande avant son mariage, et, de plus, 355 livres restées dues 
sur la maison de la rue Bécherel. D'autre part, Guillaume Bernard, 
alors syndic de la communauté de Rhuys, revendiquait, pour le reliquat 
décompte déjà mentiontié, une somme de 918 livres 17 sols éi 3 deniers, 
augmentée des intérêts à partir du 1»^ juillet 1677 ou Mx mois après la 
sortie de charge. Par une sentence d'ordre entre les créanciers, rendue 
le 3 décembre 1685, le Sénéchal alloue au sieur de la Pillais, outre 
le remboursement des frais funéraires et autres nécessaires, 3,200 liv., 
d'une part, et 1,517, de l'autre, dont son beau-frère lui était resté débiteur 
sur un acte passé entre eux, le 17 octobre 1674, plus les intérêts de ces 
sommes pendant sept ans et demi, ou 1,500 autres livres; en tout 
6,217 livres. Quant à Gabriel Le Sage, il fut, non-seulement débouté 
de ses prétentions , mais encore condamné à rapporter à la succession 
218 livres 14 sols et 2 deniers qu'il avait perçus au-delà des 1,200 livres, 
prix de vente de sa maison. Meilleur accueil fut fait à la revendication 
du syndic, qui obtint de voir rentrer le susdit reliquat de compte, 
augmenté de 447 livres 13 sols et 4 deniers d'intérêts ; en tout 
1,366 livres 10 sols et 7 deniers. Au total, ce fut donc une créance de 
7,564 livres, non compris les frais funéraires et autres, que cette 
sentence admit contre le reste de la succession. Ainsi qu'on le sent 
déjà, le tuteur ne pouvait avoir en mains, du moins comme produit de 
la vente du mobilier, qu'une somme bien insuffisante pour faire face 
à cet ordre. Tout en tenant compte des créances trouvées parmi les 
archives de l'étude, et que, je le répète, il m'a été impossible d'évaluer, 
même approximativement , le sieur de la Pillais , à cause de cette insuf- 
fisance , se fit autoriser, par la même sentence , à vendre le reste des 
immeubles laissés par Claude Le Sage. Il y avait encore dix- sept articles, 
comprenant la seigneurie de l^istoul , des parcelles de terre, de prairies 
et de vignes , disséminées aux quatre coins de la paroisse. Les bannies 
de vente se firent, en conséquence, les 13, 20, 27 et 29 janvier suivant, 
et les enchères publiques eurent lieu , à extinction de chandelle , les 
11 et 18 février, 4 et 2& mars, i^^ et 22 avril, à la' Cour royale. Ayant; 
à cette dernière date, offert le prix de 2,350 livres, Alain Brenugat 
se vit encore adjuger le reste de l'héritage de son pupille. Il en prit 
possession le 16 mai et s'en fit approprier aux plaids généraux du 
5 novembre de la même année. 

Ainsi, au bout de cinq ans, tout avait disparu, et cependant les 
autres créanciers, y compris même les moines de Prières, ne se trouvaient 
point encore complètement désintéressés. La preuve s'en voit dans les 
réclamations, élevées par leurs procureurs, à la reddition de ses comptes 
de tutelle, faite par Brenugat, le 15 juillet 1686, entre les mains 
du premier juge de Rhuys. Il paraît , du reste , nonobstant le serment 
du sieur de la Pillais , que ces comptes étaient bien.de nature à justifier 
des plaintes, puisque, en les examinant, le Sénéchal eut à leur imposer, 



Digitized'by 



Google 



^sa- 
le 48 juin 1688, d'importantes et nombreuses réductions. Pour montrer 
combien ce tuteur, ex-sénéchal , se comporta fidèlement en sa dite 
charge, malgré le serment fait par lui le 8 février 1683^, j'emprunte les 
citations suivantes à l'examen cpie son confrère de Rhuys fit de ses 
comptes : € Sur l'article 31, couché pour la somme de 60 livres, en 
avons adjugé la somme de 36 livres. — Sur l'article 32 , couché pour 
la somme de 67 livres 10 sols, en avons adjugé la somme de 40 livres. 
— Sur l'article 35, couché pour la somme de 30 livres, en avons alloué- 
la somme d>e 15 livres. — Sur l'article 39, couché pour la somme 
de 100 livres , en avons adjugé la somme de 50 livres. > Est-ce clair ? 
Et peut-on maintenant s'étonner de l'entière ruine du mineur, puisque 
tuteur et curateur se mettaient de la partie? Infortuné compatriote, 
au malheur d'avoir perdu vos parents vint s'adjoindre celui de voir la 
petite fortune , qu'ils vous laissaient , disparaître entre les mains qui 
devaient tout faire pour vous la conserver ! Une des premières alors de 
votre cité natale, la maison paternelle ne dut plus vous recevoir que 
comme, un hôte et un étranger ! Fils et petit-fils des seigneurs de I^istoul 
et unique héritier de cette terre noble , vous ne fûtes plus désormais 
qu'Alain-René Le Sage , tout court I 

§ V, — Il fait ses études au collège de Vannes. 

Mais, que devenait l'orphelin, pendant que se dispersait ainsi son 
héritage? A la mort de son père, il fut placé au collège de Vannes, 
alors dirigé avec éclat par les Révérends Pères Jésuites , et dont la cha- 
pelle , après des vicissitudes diverses , accueille aujourd'hui notre réu- 
nion , comme elle abrita jadis la prière du pauvre enfant de Sarzeau. 
Dans cette église , encore tout embaumée de jeunesse et de fraîcheur, 
il invoqua souvent et avec profit pour ses études le secours du Dieu des 
sciences et les lumières de l'Esprit divin. Ici, sa jeune âme fut, souvent 
aussi , nourrie de la parole de vie et du pain sacré qui fait les forts , et 
ce n'est pas sans émotion que ma faible voix évoque, à cette place, 
le souvenir deux fois séculaire de l'humble disciple , dont les œuvres 
devaient plus tard honorer cette maison. Ayant eu le bonheur de s'y 
concilier le sympathique intérêt d'un de ses régents , le Père Boschard , 
fils du président de ce nom , qui sut deviner les ressources de son 
intelligence , encourager et guider ses labeurs , il fit de rapides progrès 
et termina , avec succès et gloire , ses humanités , pour le moment 
critique , où , comme le dit un de ses biographes , « il ne lui restait 
d'autre fortune que celle qu'il avait acquise sur les bancs du collège (1). » 

(1) Biographie bretonne , t. ii, art. Lesage. — L'auteur de cet article agoute qu'il 
n'avait point complètement achevé ses études , C9 qui doit s'entendre, sans doute , de 
la philosophie qu'il étudia plus tard à Paris. 



Digitized by VjOOQIC 



— 60 — 

D «ni la ùm fracfifier au centuple, et cetèe dté de Vannes peut, à bon 
droit, être fière de la M avoir procurée. Si Sarzeau lui donna le jour, 
Vannes , en fécondant son intelligence, lui ût don , en quelque sorte, 
du précieux instrument qui devait, plus tard , enfanter ses chefs-d'œuvre. 
Que, sans rivalité, ces deux cités voisines se partagent donc la gloire 
que fait rejaillir sur son pays le nom.de notre cher compatriote. Malgré 
la dissipation de son héritage , sachons aussi hon gré au tuteur d'avoir, 
assurément à son insu , coopéré à mettre son pupille sur le chemin de 
la célébrité. 

§ VI. — Son entrée dans les fiermes da roi et sa retraita à Paris, 

La succession de son pèçe apnt été déflnitivement liquidée vers le 
milieu de 1688, Alain-René, réduit à être sans ressources, crut trouver 
des moyens d'existence en se procurant lin petit emploi dans les fermes 
au roi. Détruits à la fin du siècle dernier, les registres de ces fermes, 
pour notre province, ne peuvent plus nous renseigner sur son nouveau 
genre de vie, ni même sur les localités où il dut passer les premières 
années de son apprentissage dans le monde. Nous savons , toutefois , 
que cette carrière ne fut pas longtemps de son goût ; car il Tabandonna 
dès 1692 pour se retirer à Paris, avec l'intention d'y occuper un autre 
emploi qui lui permit, non-seulement de vivre, mais encore de se livrer 
à l'étude de la philosophie et du droit. Ses travaux , à l'oiniversité de 
cette ville, furent couronnés de succès, et, comme par ailleurs., il se 
trouvait doué d'un extérieur fort agréable, il fut bientôt apprécié 
et recherché par les illustrations de l'époque (1). 

§ VIL «*^ Son ménage et ses œuTres litlérairea. 

Au bout de deux ans, préférant, malgré sa pauvreté, la vertu à la 
fortune, il épousa Marie-Élisabeth Huyard, fille d'un bourgeois de Paris 
et de la paroisse de Saint-Barthèlemy en la cité. Sur une dispense de 
publication de bans, obtenue de l'archevêché le 17 août 1694;, la cérémonie 
du mariage se célébra , le 28 septembre suivant , dans l'église paroissiale 
de Saint- Sulpice (2). Vers cette époque, Le Sage se fit recevoir avocat 

(1) L'histoire du théâtre français raconte même « qu'une femme de condition 
lai donna son cœur et lui fit part d'une fortune qui , toute bornée qu'elle était , parut 
eonsidérable vis^à-vis de celle de Le Sage, d Les frères Parfaict ajoutent : « uous 
ignorons les événements qui suivirent. ... ; mais enfin la mort ou Téloignement de 
^ette dame terminèrent celte aventure. » Si elle a existé , cette aventure , révoquée 
en dpute par plusieurs de ses biographes , a eu si peu d'éclat qu'elle a laissé dans 
I*oubli jusqu'au nom de la personne en question. 

(2) Biographie universelle, t. xxiv, art. Le Sage (Alain-René^ , p. 253. Pour l'or- 
thographe du nom de «on épouse , je suis la version de la Biographie universc^Ue , 
plus exactement renseignée et différente de cella de la Biographie bretomia qui » par 
erreur , donne Rugard, 



Digitized by 



Google 



— ot — 

au parlement, mais, comme cette voie n'était pas encpre la sienne, 
il l'abandonna bientôt pour s'^donn^r tout entier à son attrait pour les 
lettres. Dès 1698 au moins, il avait déjà changé son titre d'avocat contre 
celui de bourgeois de Paris* Il y avait trois ans que, sur les oonéseils 
de Danchet , avec lequel il s^'était lié à l'Université, il avait publié tm« 
traduction française des lettres ^Atifienete, écrivain grec du iv* siècle» 
Cette première œuvrd de sa plume if obtint aucun succès, et l'auteur 
ft^était pas loin, du découragemeat , lorsque un autre ami^ riche et 
savant, vint à son secours. L'abbé Jules de Lyonne, fils du marquis 
de Lyonite qui fut ambassadeur extraordinaire de Louis XIY auprès de 
la Cour de Madrid , lui assura , pour toute sa vie , une pension de 
600 livres , lui apprit la langue espagnole et lui rév^ , dans les meilleures 
œuvres de cette langue, la mine qui fit sa fortune litléraire. Ce fut alors 
quil s'élança comme nn géant el donna au public les nombreux ouvrages 
qui ont illustré son nom» Tout le monde ici les connaît^ et j^e suis 
di&pensé de parler du Diable hoiteuXy de Turcatià, àa Baékelier 
de Salamanque, de Cruzman d'Alfaraèhe, de GH-^BIoa de Santillane^^ 
et de ses autres œuvres, que nous avons tous lues et relues, et que nos 
descendants liront encore après nous, parée que ce sont des oeuvres qm 
ae vieillissent point. C'est tout l'éloge que la ciroonstanoe me permette 
d'eA faire (1). 



(1) Voici là listé dé ses publications et l'ordre dans lequel il les fît : 

1" Lettres galantes d'Ariatenète , ouvrage traduit en français d'après une version 
latine, et publié à Chartres, en 1695, en 1 vol. mA% soos l'indication de Rotterdiam. 

^ Théâtre espagnol, ou les meilleures comédies des plus fameuHD auteurs ês^ 
pagnols^ renlermaoïi deux comédies en dn^ ^tes , la i^* ie tra.îtrepuni0 U 2* J>ôn 
FéUx Ce Mendoce, parut en 1700. 

3° Le point d'honneur. — Cette comédie en cinq actes , jouée avec peu de succès 
au Théâtre français, le 3 février 1702, fiit plus tard réduite à trois actes par Tauteor 
et reparut, en 1725, sous ce titre : Arbitre des différends. 

¥ Nmive^B^es aventur» de Don Quichotte ^ publiée dé 1704 à 1706, eoi 3 voL in^lS. 

1^ Don César Ursin, comédie ea5 actes^ jouée à la Cour, avec apj^laudissemests, 
en 17Û7 , et imprimée en 1739. 

6» Crispin, rival de son maître — f707. 

> 'JLb Diable boîteua, satire piquante de tous les états, pnMéé sn if&t ^ et diont 
fauteur vit écouler plusieurs éditions» dunoxt sa vi», 

8o Les Étrennes, pièce en un seul acte et réfusée au théâtre pour 1^ i«« janvier 
1708, et qui, augmentée de quatre autres actes, devint ensuite Turcdret ou te 
Financier. 

^ ïlistoire de (rih-Blas dé Semtillanne, publiée en trois partie», !a preittiére en 
1715,1a deuxième ea 1724, la troisième ai i73&« 

10» Bûlmd Vwnourew» — 1717. 
, 11» Aventures de Guiman d'Alfarache —'1732. 

12» Aventures de Robert , dit le Chevalier dé Beauehesne — 1732. 

13» Histoire d'EstevaniUe GonzaUs^, surnommé le &arçon de bonne A<ifheuf— 1734. 

14» Je Bachelier de SoUamait^pua •— 1786. 

15* Diverses petijtes pièces pour lea tliéâlrai A» U fgire^ i éiTMMa époqpÊê»» 



Digitized by VjOOQIC 



s Yin. — Sa maison à Paris. 

Pendant ses années de production littéraire ^ Le Sage resta toujours 
à Paris. Sur la fin de son séjour, il y habitait, dans le faubourg Saint- 
Jacques, une maison, dont l'anglais Joseph Spence, auteur contemporain, 
nous a laissé la description suivante : c Elle est exposée, dit-il, àTair de 
^la campagne. Le jardin se présente dé la plus jolie manière que j'ai vue 
pour un jardin de ville. U est aussi joli qu'il est petit, et quand Le Sage 
est dans son cabinet du fond, il se trouve tout-à-fait éloigné des bruits 
de la rue et des interruptions de sa propre famille. Le jardin est 
seulement de la largeur de la maison , laquelle donne d'abord en une 
sorte de terrasse en parterre , plantée d'une variété de fleurs des plus 
choisies. On descend de là par un rang de degrés de chaque côté dans 
un bjerceau. Ce double berceau conduit à deux chambres ou cabinets 
d'été tout au bout du jardin. Ils sont joints par une galerie couverte 
dont le toit est supporté par de petites colonnes , de sorte que notre 
auteur peut aller de l'une à l'autre, toujours à couvert , dans les moments 
où il n'écrit pas. Les berceaux sont couverts de vigne et de chèvre- 
feuille, et l'intervalle qui les sépare est arrangé en manière de bosquet. 
C'est dans le cabinet de droite en descendant qu'il a écrit Gil-Blas (1). } 

§ IX. — Sa fierté d'âme et son désintéressement. 

Quoique toujours resté dans une médiocre position de fortune. Le Sage 
ne se départit jamais d'une grande fierté d'âme et d'un admirable 
désintéressement, témoins les deux faits suivants qui nous le dépeignent 
parfaitement. Il venait de composer Turcaret, et les applaudissements 
donnés à cette pièce parvinrent jusqu'aux oreilles de la duchesse de 
Bouillon « qui tensdt chez elle un bureau d'esprit. » A la demande 
de cette dame, il promit de se rendre à son hôtel pour en faire lecture. 
Au jour convenu , il se trouva retenu au Palais par un procès qu'il perdit. 
Arrivé en retard, il eut beau en expliquer le motif et se confondre 
en excuses , la maîtresse du lieu le reçut avec hauteur et lui reprocha 
avec amertume d'avoir fait perdre deux heures à la compagnie, c Madame, 
lui répondit-il, je vous ai fait perdre deiix heures : il est juste de vous 
les faire regagner ; je n'aurai point l'honneur dé vous lire ma pièce (2). > 
On voulut en vain le retenir, et il ne consentit plus jamais à rentrer 
dans cet hôtel. Cette même pièce déchaîna contre lui toutes les haines 
des financiers de l'époque. N'ayant réussi ni à intimider l'auteur, ni à 

(1) Biographie bretonne, t. ii , art. Le Sage , p. 325. 

(2) Biographie universelle, t. xxiv, art. Le Sage, p. 255, dont la version diffère 
un pea de ceUe donnée par la Biographie bretonne. 



Digitized by VjOOQIC 



— 63 — 

barrer le passage à son œuvre, ils offrirent cent mille livres à Le Sage, 
s'il retirait du théâtre cette comédie qui dévwlaît au public les turpitudes 
de leur métier. Leur honteuse proposition fut inexorablement repoussée. 
Dans sa vieillesse, notre compatriote passait fréquemment la soirée 
dans un café de la rue Saint-Jacques, voisin de sa demeure. On y faisait 
cercle autour de lui, on montait sur les chaises, sur les tables, pour 
l'écouter et pour applaudir la justesse, la clarté, la variété de son 
élocution , relevée par un organe sonore. Et cependant cet auteur, si 
universellement admiré et si digne à tous égards , ne vit point s'ouvrir 
devant lui les portes de l'Académie française , parce que , malgré les 
instances réitérées de ses amis , il ne voulut jamais se plier à faire les 
démarches nécessaires auprès de certains personnages dont il avait 
sifflé les travers. 

§ X. — Ses enfants. 

Répandant sa bénédiction sur son mariage , Dieu lui avait donné trois 
fils et une fille, tous nés à Paris: René-André, le 30 juillet 4695; 
Julien-François, le 24 avril 1698; François- Antoine , le 22 février 1700 ; 
enfin Marie-Élizabeth , le 9 août 1702. L'aîné , sous le nom de Mont- 
Ménil, se fit comédien malgré son père, obtint de véritables succès, 
rentra en grâce auprès du vieillard dont il devint la consolation, et 
mourut presque subitement, le 8. septembre 1743. Le second embrassa 
la carrière ecclésiastique et parvint à un canonicat de la cathédrale de 
Boulogne-sur-Mer. Le troisième, qui fut tenu sur les fonts de baptême 
par Danchet lui-même, prit le surnom de Pitténec et suivit son frère 
Mont-Ménil sur le théâtrç. Sans cueillir de si beaux lauriers, il ne passa 
cependant point inaperçu dans les provinces. Quant à la fille , elle ne quitta 
point ses parents. Après leur avoir fermé les yeux, elle demeura avec 
son frère le chanoine , qu'elle eut le malheur de perdre aussi le 25 avril 
1762(1). Restée sans ressources, elle se vit dans la cruelle nécessité 
d'entrer à l'hôpital de Boulogne, où elle mourut. 

§ XI.— Sa retraite à Boulogne et sa mort. 

A la mort de son fils sdné, qui était le soutien de la famille, Alain- 
René Le Sage , avec son épouse et sa fille , se retira , sur la fin de 1743 , 
à Boulogne , chez son autre fils le chanoine. Étroitement lié avec l'abbé 
Le Sa^j'e et témoin journalier de sa piété filiale, Louis Élizabeth de la 
Vergne, comte de Tressan et qui commandait alors dans le Boulonnais, 

(1) Elle avait également perdu sa mère en 1752. L*acte des funérailles de cette 
mère est signé par lechanoine Le Sage et par un autre Le Sage qui prend la qualité 
de clerc. Ce clerc est-il Pitténec lui-même ou son fils? On Tignore. Mais ce clerc 
signe pareillement l'acte de sépulture du chanoine Le Sage.. 



Digitized by VjOOQIC 



— u — 

obtint de It rêne liarie Leeohiskà une penskm mir un bénéfice, poicr 
atttmeiiter les reannirces' du cenookat derenuee nsnf&eantcs. L'ami da 
fils ne larda point à devenir Tadmirateur du père. Dans ses firéquentes 
relations av^ lui ^ il avait fût, sur ses dernières années , des observations 
d'un piquant inlérèt et que nous trouvons consignées dans une lettre 
écrite par lui» Inen longtemps après, à la date da âO janvier 1783^ 
c M. Le Sage y dil-il » se réveillant le matin dès qne le soleil paraissait 
élevé de quelques degrés sur Thorizon , s'animait et prenait du sentiment 
et de la force, à mesure que cet astre approchait du méridien ; mais , 
lorsqu'il commençait è pencher vers son dédin , la sensibilité du vieillard, 
la lumière de $on esprit et l'activité de ses sens diminuaient en proportioB, 
H dès que le soleil paraissait plongé de quelques degrés sous l'horizcm ^ 
M. Le Sage tombait dans une sorte de léthargie dont on n^eesa^ait pa« 
même de le tirer (1). > Ayant toujours conservé les principes religieux 
de son enfance et de sa jeunesse, Alain-René Le Sage mourut , presque 
octogénaire , le 17 novembre 1747, dans une maison étroite et modeste 
qui se voit encore dans la haute ville de Boulogne. Accompagné de tout 
son état-major, le comte de Tressan voulut, par sa présence, rehausser 
la cérémonie de ses obsèques et rendre un hommage public et mérité & 
l'une des plus belles gloires littéraires de la France* 

^ar&itoment vraie, mai» trop modeste , rinscript)<m «ulvanfé Ait 
gravée sur sa tombe : 

€ Sous ce tombeau git Le Ssf^e^ abattu 
» Par le ciseau de la Parque importune ; 
> SHl ne fut pas ami de la fortune, 
. > B fut toiyours ami de la vertu (2). » 

Henri GUESDON* 



Les matériaux, mis en mx^té pour k côrûpoMùn de cette ttcCîce, ont été, efl 
majeure partie , puisés aux archives départementales du Morbihan (fonds de la séné- 
chaussée de Rhuys) , et à direrses autres sources , comme registres de l'ancien état 
civil et délibérationc éB k OoiHliimitté de viS» de Sarzeau. Ctfst pour moLune 
obligation de' reconnaître que je dois la communication de la plupart des rensei- 
gnements Uédit» d» cett» notlee à TobUgéalw;» dé M. Vabbé in&ti dont la» notes 
sont si riche& et si précieuses pour Tlûstoire de la presqu'île de Rhuy* , s*n pa|i 
aatal. Qatl troure tel et veuiUs bien accepter la noûv^e expression de ma YVf^ et 



(i^ Lettr» dtt eenle de Tressan, da â& janvier i7fô, reproduite en partie par la 

^ Pr^sper FaxkawaT mêieet ItofffttpM^iiiie «I U némlre ntrle 9t»g[e, ptibHéle etf 
|dWdarédillondsii88. 



Digitized by VjOOQIC 



-65- 



POÉSIE 

PAR E. LE GALL DE KERLINOU^ 

SldUJlTAIRK DB tA 8(iCl£TÉ KtLVMTBIQOX. 



k^^^^^^W^^M^a 



I 



Du sommeil de la lombe éveillant les vieux âges» 

L'astre de la science est sorti des nuages , 

Et nous marchons , guidés par ses divins rayons , 

Nouveaux fils de Japhet , vers d'autres horizons ; 

A nos yeux éblouis sa lumière divine 

Fait briller à la fois Faurore et le couchant, 

A cet ardent éclat l'histoire s'illumine 

Nous sondons le passé y nous voyons le présent. 

La vérité triomphe et Terreur est vaincue. 
Monuments de granit, urne, celtse, statue, 
Glaive de bronze , éclat de silex, collier d'or, 
Tout nous instruit , tout vient enrichir le trésor. 
Déjà plus d'un l'a dit : <k Sages, faites silence. 
» Écoutez , écoutez , Gavr'inis va parler ; 

> Des géants qui dormaient sous cette tombe immenj» 

> Nous cherchons les secrets, ils vont se dévoiler I » 

Gavr'inis, Tunûac, ô tombelles superbes. 
Vieux menhirs abrités à demi sous les herbes , 
Du sang d'une victime aux membres entr'ouverts, 
Impassibles témoins, vous ètes-orôus couverts? 
Non ! — Vous pouvez porter haut votre tête altière. 
Vos rôles ont été plu$ sacrés et plu» bes^ux : 
C'est vous les seulk débris d'une nation fiera 
Qui ne nous a légu4 que sea vaste» tombeauxl 



Digitized by VjOOQIC 



Nul crime n'a souillé nos druidesses sveltes. — 

Hélas I beaucoup Font cru, mais nous, les fils des Celtes 

Nous avons effacé du front de nos aïeux 

Le sanglant souvenir de forfaits odieux. 

Jamais le grand druide orné de ses guirlandes , 

Par la main n'a conduit la, victime à l'autel ; 

Jamais le sang humain n'a coulé sur nos landes ; 

Nos pères n'adoraient pas ainsi l'Immortel. 



Il 



Sur les flots asservis dominait sans partage 
Dariorigue, — forte et puissante cité, 
Rome s'émut de voir la nouvelle Carthage 
Et son arrêt de mort soudain fut décrété. 

Pleurez, bardes d'Arvor, pleurez Dariorigue. 
Versez , versez des pleurs sur la reine des mers , 
Elle oppose à César une impuissante ligue ... 
Et vainqueur inhumain, il la couvre de fers. 

Quand la noble cité des superbes Venètes 
Eut perdu ses soldats et son pouvoir altier. 
De ses vieux sénateurs on fit tomber les tètes.... 
Et Rome respira reine du monde entier. 

Comme il fallait garder cette nouvelle proie 
Elle fut en cent ans couverte de chemins ; 
Partout Ton suit encor celte multiple voie 
Qui nous marque les pas des conquérants Romains. 

Enfin Rome succombe. — Un autre âge commence. 
La Bretagne respire un air de liberté , 
Elle brise son joug d'un seul effort immense ; 
Et nous voyons surgir sa jeune royauté. 

Quand l'Église sonna l'heure de la croisade 
Elle était là, debout, comme un vaillant guerner. 
La gloire de ses preux, digne d'une Iliade, 
A couronné son front des palmes du laurier. 

Tout redit leurs combats , la plaine et la montagne ; 
Et l'on croit voir encor tressaillir le manoir 
Quand on jette ces noms aux échos de Bretagne : ^ 
Laval et Du Guesdin, Qisson et Beaumanpir. 



Digitized by VjOOQIC 



— 67 — 

Arthur de Richemont, le vaillant connétable, 
Égale en ses exploits la vierge d'Orléans ; 
Et , plus heureux qu'elle, a, dç son bras redoutable 
Chassé du sol de France , Anglais et mécréants. • 

Châteaux découronnés de vos créneaux antiques, 
Manoirs ensevelis au fond de nos forêts , 
Nous vous connaissons tous , nos poudreuses chroniques 
Nous disent vos exploits , nous disent vos hauts faits ; 

Nous savons demander à vos vieilles annales , 
Nous savons demander la splendeur des vieux jours, 
Le nom du châtelain et celui des vassales , — 
Les remes des tournois aux chants des troubadours. 



III 



La nature à son tour voit sonder son mystère. 
Les yeux levés au ciel ou bailsés vers la terre 
Nous poursuivons toujours notre but , — ses secrets 
Apparaissent enfin à nos yeux indiscrets. — 
Aujourd'hui chaque plante a §on nom , sa famille ; 
Au ciel nous avons vu tout un monde nouveau , 
Nous pouvons retracer à l'étoile qui brille 
La route que jadis lui marqua le Très-Haut. 

En vain l'oiseau rapide au nuage s'élève ... 
Il retombe captif. — Au sable de la grève 
Expire l'habitant du fond du gouffre amer ; 
En vain , loin des filets , les peuples de la mer 
Vont chercher un refuge au plus profond des ondes , 
Leurs flots et leurs rochers ne les protègent pas. 
— Nous avons retrouvé les cavernes profondes 
Où se cachait, craintif, l'homme à ses premiers pas. 

Nous allons sans faiblir : Là science est divine ; 
Elle connaît toujours son auguste ori^ne. 
Ignorant la fatigue, oubliant le dédain 
A présent elle cherche et trouvera demain ! 
Sans crainte elle poursuit son destin magnanime , 
Elle monte toujours sur deux ailes de feu , 
Rien ne peut l'arrêter dans son essor sublime : 
La science parfaite élève l'homme à Dieu. 



Digitized by VjOOQIC 



— «8 — 

M. le Préfet du Morbihan prend la parole. II ne pronoBcora pas 
de discours, dit-*U, bien que le programme Tait annoncé. Il est très- 
reconnaissant , sans doute, aux organisateurs de cette brillante fête 
littéraire; de la confiance qu'ils veulent bien avoir dans son éloquence : 
mais il lui est impossible de la partager. Il se bornera donc, pour terminer 
cette intéressante soirée, à exprimer brièvement aux savants distingués 
qui veulent bien lui permettre, mal^é son insuffisance, de les appeler ses 
diers Collègues, ses sincères remerciements pour Thonnenr qu'ils lui 
ont fait en l'appelant à présider cette séance, qui fera date dans leurs 
annales. U forme des vœux pour l'avenir de la Société polymathique, 
si digne à tant de titres des sympathies des esprits élevés. Cette solennité 
lui attirera très-certainement de nouvelles recrues et des adhésions 
nouvelles. Elle est appelée aussi, sans aucun doute, à bénéficier dés 
améliorations matérielles que la ville de Vannes se doit désormais 
à elle-même. L'honorable Président de la Société a, dans sa spirituelle 
allocution, exposé ses besoins et fait connaître ses désirs ; M. le Préfet 
ne croit pas manquer à la réserve qui lui est imposée sur une question ,' 
dont la solution est nécessairement subordonnée à la possibilité da 
sacrifices pécuniaires, en déclarant (jfp ces besoins sont réels et en 
exprimant le vœu que la ville de Yan^ puisse donner un asile digne 
d'elle à ces collections uniques peut-être dans leur genre, et qui 
contiennent en tous les cas des trésors qui peuvent faire envie aux plus 
riches et aux plus vantées. 

M. le Préfet dit ensuite qu'après avoir fait l'éloge de la Société 
polymathique , il est juste qu'il rende un hommage particulier à celui 
qui reste seul , comme une colonne debout au milieu des ruines , de 
tous les esprits généreux qui s'associèrent , il y a cinquante ans , pour 
. fonder la Société polymathique, et que la mort a couchés successivement 
dans la poussière. M. leL^ Mauricet père a vu les années s'accumuler 
sur sa tête sans rien perdre de la vigueur de son intelligence et des 
séductions de son esprit , ainsi que l'atteste la lecture qu'on a faite tout 
à l'heure. M. le Préfet rappelle que M. le D^ Mauricet père est un des 
derniers représentants de cette brillante jeunesse de la Restauration, 
violemment éprise du culte de l'idéal et du beau , ardente aux nobles 
travaux et aux études sérieuses, grande jusque dans ses erreurs et qui 
ne fut capable de si vigoureux essors que parce qu'on lui avait enseigné 
autre chose que la foi dans le néant I II souhaite que la génération qui 
grandit s'élève à de* pareilles hauteurs, suive ces nobles exemples et 
rappelle cette époque où les Lamartine, les Victor Hugo, lesThiers, 
les Bonald, les Ampère, les Guizot, les Berryer et tant d'autres encore, 
formèrent une pléiade d'intelligences d'élite qui n'a point été ^lée 
depuis et qui fut aux yeux de l'Europe étonnée comme un regain du 
grand siècle. 



Digitized by VjOOQIC 



Je fais des vœux» dit U, le Préfet» en terminant» pour que dans 
cinquante ans» lorsque la Société polymathique fêtera son solennel 
centenaire, de tous ceux parmi lesquels elle est appelée à se recruter 
aujourd'hui »' il survive un homme qui » orné des dons précieux de 
l'intelligence et du cœur, paraisse dans cette enceinte, entouré de Vedtime 
et de TatTection de ses concitoyens , et devant qui le représentant 
de l'État s'incline avec un respect ému, comme je le fais devant M. le 
D^ Mimri<»et» \e dernier des fondateurs de la Société polymathique* • 

Cette brillante impravisation, qui a dignement couronné la séance, 
a été accueillie par de chaleureux applaudissements. 



nv DX LA SÉAKCE SOLKNNKLLK. 



< tt »«ii 



Digitized by VjOOQIC 



— 70r- 



DISCOURS 



M. ROSENZWKIG, PRESIDENT DE LA SOCIETE POLYMATHIQDE ■ 

AU DÉCÈS DE M. TASLÉ. 



Messieurs , 

Avant que la terre ne recouvre la dépouille mortelle de M. Amand 
Taslé, permettez-moi de lui apporter en quelques mots, au nom de 
la Société polymathique du Morbihan , le tftbut d'hommage et de regrets 
que , suivant un pieux usage , elle accorde à ceux de ses membres qui 
ont occupé dans son sein une place considérable. Parmi eux, je ne 
crains pas de le dire , M. Taslé doit figurer en première ligne. 

Je ne saurais entreprendre, vous le pensez bien, dans un pareil 
moment, devant sa famille en pleurs, devant ses amis désolés, d*énumérer 
tous les titres qui lui assurent la reconnaissance du pays et de rappeler 
les innombrables services qu'il a rendus à la science ; une pareille tâche 
serait longue, et elle sera reprise un jour, je l'espère , d'une façon plus 
complète et avec plus de compétence , par quelqu'un de nos collègues. 
Je me bornerai donc à relever aujourd'hui rapidement dans nos annales 
les principaux traits d'une vie si bien remplie-, de manière à faire 
connaître à ceux qui l'ignorent toute l'étendue^ de la perte que nous 
venons d'éprouver à la suite de tant d'autres, car la mort ne nous 
épargne pas ses coups depuis quelque temps. 

Né avec le siècle , M. Amand Taslé montra , jeune encore , un goût 
|)rononcé pour l'étude des sciences naturelles. La création de la Société 
polymathique dont il fut l'un des fondateurs, en 1826, ouvrait une 
libre carrière à ses travaux de prédilection ; il s'y lança avec un zèle, 
avec une ardeur que constatent les procès -verbaux de celte époque et 
que la mort seule devait éteindre cinquante ans p\us tard. Conservateur- 
adjoint du Musée dès 4827, on le voit bientôt cumuler ces fonctions avec 
celles de vice-président, en 4832, et de président, en 4838. Depuis 
lors, les divers postes d'honneur auxquels M. Taslé fut appelé successi- 
vement par la confiance de ses collègues peuvent à peine se compter. 
Tour à tour vice-président , membre des commissions du budget et de 
la bibliothèque, porté jusqu'à neuf fois à la présidence, il ne cessa, 
même dans un âge avancé, de consacrer ses soins à des intérêts qui lui 



Digitized by VjOOQIC 



— 71 r^ 

furent toujours chers. Toutefois l'objet le plus constant de sa sollicitude 
fut encore le Musée d'histoire naturelle dont il se préoccupa, pour ainsi 
dire, jusqu'à son dernier souffle. Pendant cinquante ans il vécut avec ce 
Musée; il en était l'âme; après avoir contribué à son étabUssement, 
il l'avait enrichi, surtout pour la partie conchyliologique , par des 
donations considérables, sans oublier la Bibliothèque dont il fut longtemps 
aussi le conservateur. 

Ses travaux accusaient de même une préférence assurément bien 
légitime ; si parfois ils embrassèrent quelques points d'histoire ou 
d'archéologie , ils s'étendent plus spécialement sur ses études bien-aimées. 
Quelle exactitude à présenter chaque année la situation de son domaine , 
l'état de ses collections aussi soigneusement classées et entretenues 
qu'habilement inventoriées I Quelle science dans ces deux catalogues 
publiés par la Société polymathique et qui comprennent, l'un les mol-« 
lusques (1867), l'autre les mammifères, les oiseaux et les reptiles 
observés dans le déparlement (1869) î Quels trésors aurait pu nous livrer 
encore , si Dieu lui eût accordé une plus longue existence , celui qui , 
dès 1830 , avait organisé un cours de botanique sous le patronage de 
la même Société ! . * - 

A côté de l'homme d'étude, vous parlerai-je. Messieurs, de l'homme 
privé ? La plupart d'entre vous le connaissaient mieux que moi. L'hono- 
rabilité de son caractère , l'intégrité avec laquelle il a exercé le notariat 
pendant une trentaine d'années , la tendresse et la douleur des siens me 
dispensent de tout commentaire. 

L'homme public vous est également connu. Enfant du pays, M. Taslé 
a voulu donner à sa ville natale un gage de son dévouement en Tadmi- 
nistrant, comme maire, pendant huit années, de 1839 à 1847; en 
récompense de ses services , il reçut la croix de chevalier de la Légion- 
d'honneur. 

Vous le voyez , Messieurs , j'avais raison de dire que la vie de M. Taslé 
avait été bien renàplie. J'ajouterai, en finissant, que sa mort a été celle 
d'un chrétien. Atteint depuis un an du mal auquel il a succombé , il 
n'avait pas renoncé cependant à ses travaux ; secondé par de zélés colla- 
borateurs , il continuait à classer les coquilles du Musée , conformément 
au nouveau catalogue qu'il venait de terminer. La dernière fois qu'il fut 
frappé, il y a quinze jours à peine, il voulut encore surmonter son mal 
pour mettre en ordre ses collections particulières ; lïlais, celte fois, le 
mal vainquit son énergie. C'est au milieu de ces travaux si fatalement 
interrompus , c'est dans le commerce intime et journalier du naturaliste , 
avec les œuvres de Dieu, que M. Taslé avait retrouvé la foi de sa 
jeunesse , avec une satisfaction qu'il exprimait naguère sincèrement : 
douce consolation pour ceux qui le pleurent ; exemple salutaire pour 
nous tous. 

10 Mars 1876. 



Digitized by VjOOQIC 



-7Î 



LETTRE DE M. L'ABBÉ MAHÉ. 



VaBDes, SBdkmbniaK. 



liOHSSBUR) 



yù roçu avec votre lettre les plans de deox stottumeiita que tous 
ave» eu la complaisance de dessiner pour moi. Ib sont exécutés aveo 
toute la netteté désirable, et je toudrds en recevoir souvent de cette 
espèce. Par malheur, tout le nuàule ne se souvient pas comme vous de 
ses promesses. La plupart de ceux qui me donnent parole de me 
fournir -des documents, n'y pensent plus, quand ils m'ont peràu de 
vue. 

GoatinueZi Monsieur, d'enriohir ma collection. Car les cnriositôs de 
notre département ne seront jamais connues, si les loealistes n'ont pae 
la complaisance de décrire celles de leur voôsinage et de les réunir 
dans un centre commun. Pardonnez, s'il vous plsdt, le retard de ma 
réponse^, et attrîbuez^le aux nombreuses occupations qui ont reo^li 
mes moments. Je suis charmé que la proximité du nouvel an me four-* 
aisse Toccasion de vous le souhaôter hrâreux. 

Pai Thonneur d'être avec respect , 
Honneur, 
Votre très-humble et très^béissaat servitei», 
UAHÉ, ChanaêM. 

OeUe lettre de M. UAi , auteur du livre curiemx intitulé : B^€t( eut 
ts9 AmiquHéê du dép&rtement du Mùrbihanf imprimé à Vannes, 
ehes Gnileft, e» 1825, fet écrite à M. Bézart, juge de paix du coMsm 
de MitziUao depuis prèS/de qu^ffante ans. -^ 1871. 

Cette )eth« me fitt donnée par M. Bézart pendant mon vicariat-â 
Wyjttl-MukiHac. 

Curé de la Tniftté-P&rhoêt. 



Digitized by VjOOQIC 



. — 73 — 

,\ ____ ..._.._ 

LES PAROISSES (suite). 

(Par M. Vabbé Luco.) 

BILLIERS. 

Du doyenné de Péaule et à la collation du Pape et de TÉvêque, cette 
paroisse avait pour patron Saint-Maixent , abbé , lequel était en même 
temps titulaire de Téglise paroissiale. Lorsque, au milieu du xni« siècle, 
le duc Jean Le Roux voulut y fonder l'abbaye cistercienne de Prières, 
pour remplacer le cQUvent détruit par lui dans la presqu^'ile de Rhuys 
où il venait de bâtir le château de Sucinio (4), Cadioc, évèque de Vannes, 
en donnant son assentiment à cette fondation par sa lettre du 6 janvier 
4251 (n. st.), se réserva la juridiction épiscopale sur les serviteurs et les 
colons de la nouvelle abbaye , et les dimes de la paroisse en faveur du 
recteur qui les avait toujours perçues dans le passé , à moins que les 
religieux n'obtinssent des privilèges contraires (2). Or, ces dîmes furent 
précisément accordées. Tannée suivante, par le duc à Tabbaye ; mais le 
recteur n'y perdit rien, puisque, pour l'indemniser, le fondateur lui 
assura, s.ur sa recette de Vannes, une rente annuelle de 13 livres, qui 
lui fut confirmée, le 11 mars 1366, par Jean IV, et qui, plus tard, 
lui valut jusqu'à 600 livres. Ces dîmes se levaient à la 11® gerbe, quotité 
restée invariable jusqu'à la suppression du monastère. J'ignore si le 
recteur perçut jusqu'à cette époque sa rente sur le domaine de Vannes , 
et, cependant, je serais tenté de croire le contraire sur l'assertion de 
l'abbé Cillart qui le dit portionnaire et ferait présumer qu'il recevait une 
pension de l'abbaye. Quoiqu'il en soit, le bénéfice rectorial était si mince 
et si peu recherché, à la fin du xvi* siècle, que personne ne se présentant 
au concours pour l'obtenir, l'Évêque dut solliciter du Saint-Siège 
l'autorisation de le conférer à tout ecclésiastique qui l'accepterait et 
même à des religieux, si besoin était. Cette pauvreté, qui durait depuis 
longtemps, avait souvent privé la paroisse de recteur et en avait fait aban- 
donner la desserte aux membres de l'abbaye, était la conséquence du 
passage des Français à Btlliers sur la fin du siècle précédent. En 1488, 
en efiet, pendant la guerre entre la Bretagne et la France, des soldats 
de cette dernière nation se trouvent sur cette paroisse et veulent se 

rendre à Guérande qu'ils ont l'intention de ravager. Pour les priver 

, ] . 1 - 

(1) Quarodam Abbatiam antiquam apud Suceni<^u existentem demolivit idem dux, et 
aliud tnàtiasterium , loco et in recompensatione ejusdem abbatiœ destructae, apud 
Prec4^ in honore Virginis Marise funaavit et dotavit , qui conventum monachorum 
juxta sttum manerium habere noiebat. (Chronique de Saint'-Brieuc,) 

(2) La juridiction épiscopale se maintint sur les gens de Tabbaye, mais il n'en fut 
pas 4e même de la juridicticn paroissiale. Par une bulle de i2o4, Innocent IV, en 
accordant aux religieux la faculté de confesser leurs serviteurs et de leur administrer 
l«ft sacreuMuita » exempta Tabbaye de la juridiction du reeteur. 

% 



Digitized by VjOOQIC 



f 

% 



— 74 — 

de tout moyen de transport par mer, les habitants de Billierâ mènetît 
leurs naviies au large. Le châtiment fut terrible. Parmi ceux qui res- 
tai nt, les soldats firent de nombreux pris^onnierf^, dont plusieurs furent 
massacrés; les autres ne recouvrèrent leur liberté que moyennant d*é- 
normes rançons. L'incendie des maisons et des villages détruisit ce qui 
avait échappé au pillage. Âpres le départ des ennemis, les habitants 
de Billiers, trop pauvres pour rebâtir leurs logements, désertèrent la 
paroisse qui ne se repeupla que fort lentement. 

Au commencement du siècle qui \it arriver ces malheurs, la paroisse 
de Billiers reçut une visite bien précieuse. En se rendant, pour la 
Seconde fois , de Nantes à Vannes , saint Vincent Fei rier se détourna 
de son chemin et se dirigea vers Tabbaye de Prières, dont Tabbé Jean 
Raoul II avait eu le bonheurde faire sa connaissance et de se lier d'amitié 
avec lui au concile de C.nstauce. Il y resia qutl^ues jours, à la fin de 
février 1419, prêcha et guéiit plusieurs malades par Timposirion de ses 
mains et la vertu du si^ne de la croix. Quoiqu'on ne le dise p s, il est 
tout naturel de présumer que Téglise paroissiale, dans laquelle le 
monastère avait droit de prééminence, dut aussi le recevoir. 

Sur la paroisse, il y avait deux chapellenie^ . Celle des Caoursin Ou 
du Guilis, desservie d'une messe, chaque jeudi, au maitre-autel de 
l'église paroissiale, dotée d'une maison , avec un jardin et des terres, 
au bourg, et ayant encore un titulaire en 171)0, avait pour patrons les 
successeurs des Caoursin et pour collateur l'Évèque. Tout le temporel 
de cette chapellenie fut vendu, le ii9 octobre 1798, et rapporta 800 fr. 
à la caisse de la nation. Le titulaire de l'autre chapellenie devait célébrer 
une messe chaque lundi dans l'église paroissiale ; c'est tout ce que 
je sais sur ce bénéfice. 

Beetewrs de Bllllerfi. 

1362-1366. Guillaume Le Porcel. 
1399. Jean Le Febvre. 

1580. R. Aubin Dréan, originaire de l'Ile-d'Arz, donne, le 14 jan- 
vier 1580, procuration pour résigner entre les mains 
du Pape en faveur du suivant. Il devint plus tard 
vicaire perpétuel d'Arzon. 

1580-1600. R. Olivier Loget , de Sarzeau , mineur observanlin de la 
province de Bretagne, docteur et professeur de théologie, 
pourvu en cour de Rome, le 27 décembre 1580, prit 
possession le 13 août 1581. Pour déterminer le Sou- 
verain Pontife à lui accorder des provisions, avec 
dispense apostolique, l'Évèque de Vannes informa le 
Saint-Siège qu'il n'y avait aucun prêtre séculier sur 
celte paroisse et que personne ne voulait s'en charger. 
Le moine Olivier Loget, qui était déjà vieux et infirme, 



Digitized by VjOOQIC 



— 7S — 

accepta le fardeau, par dévouement, et le porta une 
vingtaine d*année&. Avant de mourir, vers 1600, il le 
passa à son frère François. , 

1600-160S. R. François Loget, prêtre de Sarzeau et titulaire du prieuré 
de Lauglenec, résigna entre les mains de l'Ordinaire, 
vers le milieu de 1608« , 

1608-1614. f Julien Destinbrieuc, de Sérent, pourvu par l'Évègue, 
le 18 juillet 160(^, prit possession le 20 et mourut en 
février 1614. 
1614. Pierre Bernard , prêtre du diocèse, pourvu par l'Ordinaire, 
le 17 février 1(>14, prit possession lé 24. Les anciens 
registres de la paroisse ne remontant qu'à 1636, date 
à laquelle se trouve un autre titulaire, on ignore quand 
et comment finit le rectorat de Bernard. 

1636-164». Michel Martin. 

1648-1674. f Abel Le Scouezec qui fut inhumé à BîUiers, le 29 janvier 
1<)74. 

4674-1680* R/ Guillaume Jariegan résigne, en 1660, et reste ici simple 
prêtre. 

1680-1686. R. Maurice Ck>quen résigne, en 1666, et devient recteur de 
PlougoumeleUr 

1686-1^88.^ -f- Josepb Hervé mourut sur la paroisse de Sàint-Groustan 
d^Auray, le 19 septembre 1688, et y fut inhumé, le 20, 
dans le chœur de l'église paroissiale. 

1688-1702. f Jérôme-Bonaventure Billard^ mort en novembre 1702. 

1703-1722. R« Pierre Le Mcnng , prêtre du diocèse, pourvu y à Fâge de 
40 ans,, par le Souverain Pontife, le 12 avril 1703, 
se vit refuser le Mi»a par l'Ordinaire qui avait déjà con- 
féré la paroisse à un autre. Sur sentence du piésidial 
du 31 mai, il pr;t possession civile, le lendemain, afin 
de s'assurer les fruits du bénéfice. Ayant enfiti obtenu 
ce visa, le 22 janvier 1704, après avoir débouté son 
compétiteur, it prit possession eanonique, le 2 février 
suivant En 1722, il résigna entre les mains de l'Or- 
dinaire. 

1722-1740. R. Jean Tronscorff, prêtre du diocèse, pourvu par un des 
vicaires généraux , te 27 août 1722 , prit possession le 
29. Il résigna entre les mains de TËvêque, en 1740, 
et devînt recteur dé Quisfîniç. 

1740-1745. -j- Pierre Le Bot, prêtre du diocèse, pourvu par rOrdinafhre, 
fcf 2& avril 1740, décéda, le 4 ntotembre 1745, et ftit 
inhumé, kr 5, au cimetière. 

174&-i74^. R. Jacques^ Cobigo^, originaire de la! pàroislse de Pleugriffet, 
pourvu par le Pape, le 28 mars 1746, rayant emporté 



Digitized by VjOOQIC 



-76 — 

au concours du 17 février précédent, prit possession 
le 10 mai et résigna, en 1749, entre les mains de 
l'Évéque, pour passer au rectorat de Pleuéadeuc. 

1749-1756. -}* Julien Le Gallic, de Séné, pourvu par l'Ordinairef 
le 10 mars 1749, prit possession le 12. Mort, à Tâge 
de 66 ans, le 29 janvier 1705, il fut enterré, le 31, 
au cimetière. 
1755. R. François Bonne, de Quily, curé de Guégon, pourvu en 
cour de Rome, en 1735, résigne, cette même année, 
entre les mains de TÉvèque, et devient recteur de 
Pleugriffet 

1755-1766. R. Joseph BUguet , de la paroisse de Saint-Gonnery et curé 
de Berné, pourvu par TOrdinaire, le 23 juillet 1755, 
prit possession le lendemain et résigna, en 17G6, entre 
les mains /de TÉvèque, pour devenir redeur de 
Remaria, en BeUe*Ile. 

1765-1773. -{* Alexis Gustamec, de Pontivy et curé de Plescop, pourvu 
par rOrdinaire, le 27 février 1765, prit posaes^on 
le Iw mars. Décédé, à l'âge de 47 ans, le 21 mai 1773, 
il fut inhumé, le lendemain, au cimetière. 

1773-1780. -{* Jean Le Quéré , prêtre du diocèse et victorieux au 
concours, obtint, le 20 septembre 1773, des provisions 
en cour de Rome et prit possession le 30 octobre 
suivant. N'ayant encore que 38 ans, il mourut, le 
9 juin 1780, et fut enterré, le 10, au cimetière. 

1780-1810. ^ Julieh Desalleurs, originaire et prêtre d'Ambon, fut 
nommé curé d'office, à la mort du précédent, en atten- 
dant d'être pourvu du bénéfice par un des vicaires 
généraux, le 30 juin 1780. Il prit possession le 12 du 
mois suivant. J'ignore ce qu'il devint pendant la révo- 
lution, mais je sais que le calme le vit retourner i la 
tète de sa paroisse et que, comme recteur de Billiers, 
il prêta serment entre les mains du préfet, le 27 octobre 
1802, et mourut, à 70 ans, le 17 juin 1810. 

BILLIO ET CnCGUEL. 

Ces deux paroisses, du doyenné de. Porhoét et à collation libre, 
se trouvent déjà unies dès le xv« siècle et sans qu'on puisse assigner la 
date de leur annexion. Aux xrv* et xv« siècles, la première portait en- 
core le nom de Mouster-BiUtau, qui ferait présumer une origine monas- 
tique (1). Chacune avait son église paroissiale et son presbytère. Les 

(1) Chapitre de Vannes, 1387 et 1I8S. 



Digitized by VjOOQIC 



- 77 - 

nomwanx titiilairés prenaient posseraon dans les deux localités et 
slnfitulaient canoniquement recteurs de Croguel et Billio. Us résidaient, 
à leur choix, dans Tune ou l'autre de ces paroisses. Mais, comme ils 
s'étùentiix^ à Gniguel, dans les derniers siècles, ils ne portaient plus 
que le titre de cette localité , et Billio finit , à tort , par n*ètre considérée * 
qae comme une trêve. L'ancienne église de Billio, maintenant remplacée 
par une nouvelle, avait pour titulaire saint Gorentin, premier éyéque 
de Quiroper et auquel a été substituée la sainte Vierge. Dans les temps 
passés , comme aujourd'hui , celle de Gruguel était sous le vocable de 
saint Brieuc, aussi premier évéque et fondateur du siège épiscopal de 
ce nom. En 1610, les deux preabytères se trouvaient complètement 
détruits et le recteur habitait la Yille-Âudrain, en CrugueL Seul pro- 
bablement, celui de cette dernière localité fut relevé de ses ruines. 

La paroisse de Gruguel avait quatre frairies : celles du bourg, de la 
Ville*t^tin, de Treadoré, des Landes, et les deux chapelles de 3aint- 
Yves, au village de ce nom , et du château des Timbrieux, mais dont le 
vocable est inconnu. Sur son double bénéfice, le recteur dimait à la 
33« gerbe, à l'exception de quelques quartiers où la dîme était levée 
à la 11* par les seigneurs; car là il n'avait que la 36«. Malgré l'union 
des deux paroisses, leur unique titulaire ne jouissait que d'un mince 
revenu. D'ailleurs, un seul bénéfice secondaire s*y était fondé. G'était la 
chapellenie du prêtre François Trevalinet et dont l'existence seulenient 
nous est révélée par des provisions de 1732. La âibrique de Gruguel 
possédait un petit domaine de quatre journaux de terre, qui fut vendu 
346fr., le 23 juillet 1799. 



Bectcttni de Bllllo et CtramacL 

i4S3. f Jean du Val, mort in curiâ ramanâ. 

1493*1502. Pierre Le Bigod , pourvu par le Souverain Pontife. 

1540. R. Jean Daniélo, archidiacre de Vannes , résigne entré les 
mains du Pape en faveur du suivant. 

1540-1546. R. Laurent de la Bouexière, pourvu en cour de Rome, 
y résigna aussi en faveur du suivant et avec réserve 
d'une pension, ce qui l'autorisait, encore en 1568, 
à revexîdiquer des droits sur ce bénéfice. 

1546 R Gosson , pourvu aussi par le Pape , résigna, lui- 
même, en faveur du suivant , mais à une date inconnue. 
1561. ,f Thomas Rallier. 

1562-1595. f Pierre Bourel, originaire de Guégon, pourvu par l'Évêque, 
le 28 janvier 1562 , prit possession le l**" février. Il eut 
plusieurs compétiteurs, dont un l'inquiétait encore 
en 1579 ; c'était Julien Le Quen , qui finH par résigner 
ses prétentions en 1582. Ses autres concurrents furent 
Jean Rallier, qui mourut en 1572 ; Sébastien Allain, en 



Digitized by VjOOQIC 



îàvtwe ^qael avait résigaé^fuliett Le Qntm st qpi 
4écéda en l'S85 ; «afin Raoul Le Texiar, poiunru sur 
ce décès. Bourel mourut^ lui-même, en Doyemtee 159S. 

1599-4619. JuUen Saignard , de Plumdec , pourvu probaUem^i 
en 1596, eut pour compétiteurs François Hamdm et 
Isaac Novisse, contra lesquels il obtint de TÉvôque 
de nouvelles provisions, le 21 juin 1603, et reprit 
possession le lendemain. Ce bénéfice lui fut contesté 
,et ravi, dès 161Q, par Olivier Jouan, et, plus tard, par 
Alain Le Quenderff, il finit par résigner, en 1618, ses 
dernières prétentions en faveur de celui-ci. 

ii|2^644. f Alain Le QueriderlT, originaire de Billio, pourvu par le 
Pape, le 7 juillet 1612, par dévolut sur le susdit Jouan, 
prit possession, le 1^» octobre suivant. Il eut à se dé- 
fendre contre Michd Crespe) , clerc de Rennes, et en 
faveur duquel Jouan avait fait, en 1615, cession de 
ses droits. Sur la résignation de Saignard, il obtint, 
le 7 août 1618, de nouvelles provisions de la cour de 
Rome, et reprit possession , le 18 novembre de la 
même année. Après un long rectoral, il mourut 
en 1644. 

1644-1646. R. Jnlien Gatechair, né à Vannes , sur la paroisse de Saint- 
Pierre, et n'étant encore que simple clerc, se vit 
néanmoins conférer ces paroisses par l'Évèque, le 
16 septembre 1644, et en prit possession le 9 octolÉ^re. 
En 1646, il résigna pour permuter avec le suivant 
contre le bénéfice de Guégon. 

1646-1653. François Salluays, orj^naire de Mobpn et ri^cteur de 
Guégon. 
16Q1 .... Daniel Le Vaillant. 
1681 . • • . François Gauguet, mort avant 1689. 

16&9-ie92. R. Jean Le 3ail. Il résigne, en 1692, et devient recteur 
d'fktieven , où il meurt au bout de trois ans^ 

1692^1721. R. Thomas Toi^zé, prêtre du diocèse de Saint-Malo, pourvu 
par un des vicaires capitulaires de Vannes , le 12 j uillet 
1692, prit possession le lendemain. En 1721, il résigna 
entre les mains du Pape, en faveur du suivant, mais 
tout en se réservant une pension de 200 livres. 

1721-1730. *{- Pierre Renault, prêtre aussi du diocèse de Saint-Malo, 
pourvu en cour de Rome, le 19 février 1721, prit 
possession le i*^ septembre. Il fut inhumé dans l'église 
de Cruguel , le 1§ mars 1730. 

1730*1759» f Philippe Le Çarour, originaire de Plpuhinec, pourvu par 
le 3p^v^rain Ponti^,- le 31 août 4*730, prit possession 



Digitize'd by VjOOQIC 



id 7 octobre. Il débouta Yves Le Ganiee auquel , malgré 
la vacance en ua mois papal , TÉvôque avait conféré 
ces bénéfices, le 23 mars précédent. Le Carour fut 
enterré au cimetière de Cruguel, le 42 jan^er 1759. 

17&9-1763. R. Jean Le Bot, d'Arzal, pourvu par le Pape, le 22 mai 
1759, sur les résultats du concours du 26 avril, prit 
possession le 4 juillet. U donna,' le 3 juillet 1763, 
procuration pour résigner en cour de Rome eu faveur 
de son neveu et révoqua, mais trop tard, cette procu- 
ration, le i^^ avril 1764. 

1763»1764. R. Jean Le Bot , d'Arzal aussi , pourvu par le Souverain 
Pontife, le 25 juillet 1763, résigna, lui-même, TanjOeée 
suivante, entre les mains de TÉvêque, pour devenir 
recteur de sa paroisse natale. 

1765-1791. François Éon , de Questembert, dut sa collation à l'Or- 
dina^ire et refusa le serment à la constitution civile du 
clergé. 

BOHAL ET SAINT-MARCEL. 

Ces deux paroisses unies faisaient, au xv® siècle, partie du territoire 
de Rieux, et passèrent, avant 1510, au doyenné de Porhouêt qui les 
garda jusqu'à la révolution. L'église paroissiale de la première avait 
pour titulaire saint GiUlas, abbé, et celle de la seconde, saint Marcel. 
Sur toute Télendue de son double b(^néfice, ^ recteur dimait à la 
33*^ gerbe , excepté le Irait de dîmesi nommé le prieuré de Brouaîs (1), 
relevant du prieuré de saint Michel de la Grêle, en Pluherlin, et, à 
cause duquel , le prieur devait faire célébrer une messe par semaine à 
l'église paroissiale de Saint-Marcel. C'est probablement à ce petit trait 
que fait a'bision le dictionnaire ll'Ogée , article saint Marcel, en disant 
que Téglise de Bohal fut donnée, en 1060, à Tabbaye de Marmoutier. 
D'ailleurs, ces deux paroisses ne possédaient, au xvi« siècle, aucun 
autre bénéflce. Dans la suite, trois seulement s'y fondèrent. Ce fut 
d'abord la chapellenie de la Paillette pu de Guy Le Cadre, prêtre qui, 
en 1606, avait des prétentions au rectorat de Boh.il et Saint- Marcel. Elle 
se desservait dans l'église de Saint- Marcel et avait , pour toute dotation, 
le champ et le clos de la Paillette qui , mis à la disposition de la nation, 
furent vendus, le 10 septembre 1794, le premier 650 et le second 7t20 
livres. Ce fut ensuite la chapellenie de Saint-Jean-Baptiste de l'Abbaye , 
fondée , le 26 avril 1681 , par les seigneurs de La Nouéfr, pour être 
présentée par ceux de labbaye, sur la paroisse de Bohal, et desservie 

(i> Le fief et seigneurie de Rrouaià, en saint Marcel, dépendait du même prieuré 
de saint Michel. Ce prieuré fut annexé à celui de laMagdeleiue de Malestroit, membre, 
pexi4afit plusieurs siècles , de Tabbaye de Marmoutier. 



Digitized by VjOOQIC 



d'Qiïe messe , les dimaùches et fêtes et chaque mercredi, dans la chapelle 
der Saint- Jean-Baptiste au château de TAbbaye. Sa dotation se composait 
de deux maisons et une grange, au village de Trévo, et de quatre 
parcelles de terre nommées le coùrtil de bas, le champ de sous la rue, 
le pré neuf et la Bande de très la ville. Ce bénéfice avait un titulaire 
en 1790, et la chapelle de l'abbaye sert encore au culte. Ce fut enfin celle 
de Sainte-Geneviève, fondée i une date inconnue, présentée par les 
seigneurs de la Touche-Kervier, cbnférée par TËvéque et desservie d'une 
messe chaque vendredi dans la chapelle de Sainte-Geneviève, qui existe 
encore à environ un kilomètre du bourg de Saint-Marcel. Son temporel 
comprenait trois parcelles de terre dans la Bande des friches y auprès 
du même bourg , et deux autres parcelles dans le champ des Barantons, 
près de Malestroit. Outre ces chapelles , il y avait encore celle du 
château du Portai , en Bohal , et qui sert toujours au culte. 

BecCcw» de Volial ci SiOat-HaKcL 

1484. f Pierre du Bot, mort en 1484. 
1530. f Guillaume de Suslève , mort en 1530. 
1530-1537. f Guy deQuifistre, chanoine et scolastique de Vannes. Il 

avait Guillaume de Quifistre pour coadjuteur avec 

future succession. 
1537-1539. f Guillaume de Quifistre, recteur aussi de Belz. 
1539-1549. f Sylvestre GuiJlemotto , chanoine de Vannes et recteur de 

plusieurs autres paroisses. 
1568. R. Henri Lechet, secrétaire de Tévèché et futur chanoine, 

résigne entre les mains de l'Ordinaire. 
1668-1573. f Mathurin Le Besq, né sur une de ces paroisses, pourvu 

par l'Évèque, le 17 avril 1568, prit possession le 25. 
1573-1578. R. Louis Guyamarch, originaire de Languidic, i*ésigna, en 

1578 , entre les mains du Pape et en faveur du suivant, 

pour devenir recteur de sd paroisse natale. 
1578-1503. f Guillaume Le Guyader, de Noyai -Pontivy, pourvu en 

cour de Rome, le 23 mars 1578 , prit possession le 

lÔ mai de l'année suivante. Il mourut en décembre 

1593, ayant eu pour compétiteur Yves Pavic, décédé 

en 1591 , et Alain Lozehio qui parvint à recueillir sa 

succession. 
^94. R. Alain Lozehic, prêtre du diocèse, pourvu par le Légat 

du Pape en France, le 21 janvier 1594, donna, le 

23 juin de la même année, procuration pour résigner 

en faveur du suivant. 
1504-1505. R. François Guégano, de Languidic, pourvu par le vicaire 

général de l'Ëvêque, le 27 juin 1594, prit possession 



Digitized by 



Google 



— si- 
te iO juillet, et donna, le S7 nud IBOS, proeorttiea 
pour résigner entre les mains de TOrdinaire en faveur 
du suivant. 

1585-1635. f Jean Le Gentilhomme, originaire de Saint-Marcel, pourvu 
par le susdit vicaire général le 24 juin 1585, prit pos- 
session le 2 juillet. Une des cloches de Bohal porte 
encore son nom, avec la date de 1612. Décédé le 
16 octobre 1635, il fut inhumé le 18 dans l'église de 
Saint-Marcel, devant le sacraire. Il avait eu à défendre 
ses deux bénéfices contre Pierre Roulleaulx et Guy 
Le Cadre. 

1635-1639. f Jean Le Gai, de Buléon et recteur de Lantillac, ob&it 
ses provisions de TÉvéque, mourut au presbystère 
d'Elven, le 29 avril 1639, et fut enterré le 30 dans 
l'église de Saint-Marcel , devant le maitre-autel et du 
côté de l'évangile , lieu ordinaire de la sépulture des 
prêtres. 

1639-1647. Jean R^n^ault. 

1647-1652. f Gilles Guého , précédemment curé de Saint-Marcel. Il 
fixa sa résidence à Bohal , y décéda, le 5 mai 1662 , et 
fut inhumé, le 6, dans l'église de Saint-Gildas, sous 
la tombe près du maitre-autel et du côté de l'épitre. 

1652-1666. Guillaume Coquais. 

1677-1707. R. Julien Richard. Malade , il résigne entre les mains du 
Pape, le 11 janvier 1707 , et meurt à la fin de cette 
année. 

1707-1734. R. François Rolland, de Malestroit, pourvu en cour de 
Rome le 11 janvier 1707, se vit refuser à Vannes le 
visa de ses provisions et prit possession ci^^e le 
29 juillet. Le Pape lui ayant de rechef conféré ce béné- 
fice le 12 août, et l'Évéque ayant visé ses nouvelles 
provisions le 30 septembre, il prit possession canonique 
le l^f octobre. Vieux et infirme, il donna, le 18 juillet 
1734, procuration pour résigner entre les mains du 
Souverain Poniife en faveur du suivant, mais non sans 
se réserver une pension de 200 livres. 

1734-1754. f Mathurin Jean Vellec, curé de Malestroit, pourvu par le 
Pape, le 30 août 1734, prit possession le 20 décembre, 
et fut enterré au cimetière de Saint- Marcel , le 
6 avril 1754. 

1754-1779. f Jean-Pierre Thomas, prêtre à Malestroit, pourvu par un 
des vicaires généraux de l'Évéque, le 16 septembre 
1754, prit possesbion le 23, et fut inhumé, le 
17 janvier 1779, dans le cimetière de Saint- Marcel. 



Digitized by VjOOQIC 



iTTMTAL GfaDief Hidlier, deSaint-GfavéelcvédeSaiiiIrlfaied, 
pourvu en cour de Rome, le 15 avril 1779, sur concours 
du 11 mars, prit possesakm le 15 juin. Il refusa le 
sarment à la constitution civile du deingé et devint, 
en 18i)2, recteur de Tréal. 

B4>ci;g-paix.mi:zillac. 

Du doyenné de Péaule, à la collation du Pape et de l*Évèque, cette 
paroisse avait pour patfon et pour titulaire de son égalise le sadnt èvèqùe 
dont elle porte le nom (1 ). La forme de cette église la ferait attribuer 
aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. A l'appui de celte pré- 
somption, on pourrait déjà remarquer que Muzillac possédait un hôpital 
très-ancien et même, dès 1532, un lieu dit le Tempfe et un village 
appelé THôpital. A Texception d*un petit trait, situé en la firairie de 
Néant et possédé, en 1548, par l'abbaye de la Joie, le recteur dimait à la 
33" gerbe sur toute retendue de la paroiisse, même sur les métairies de 
Penmur , qui appartenaient à l'abtMiye de Prières (2). Outre celle qui 
vient d'être citée et qui n'existait plus au commencement du xyu* siècle, 
les cinq frairies suivantes se partageaient le territoire de Bourg-Paul : 
de Bolveille, de saint Giurlais, de l^légand, de Larmor et de Lislocq. 
La paroisse possédait une léproserie avec sa chapelle dédiée à sainte 
Marie Magdeleine. Cette dernière fut reconstruite vers 1550. Quant à 
riiôpital, il se composait, dans les derniers temps, d'une chapelle 
dédiée à saint Eloi et à saint Yves, et surmontée d'une petite chambre, 
d'un jardin de 45 cordes et d'une mazière qtii avait autrefois sem de 
logement aux pauvres malades ; le tout en uu tenant, était situé à environ 
deux cent mètres de l'église paroissiale et sur le chemn de Muzillac à 
Vannes. Les r venus de rétablissement , ilestinés au service hospitalier, 
avaient depuis longtemps disparu. Les oblations de la chapelle suffisaient 
à peine pour entretenir l'édifiLe. On ignore d*où provenait cette ruine; 
mais on sait que cet hôpital fut longtemps annexé à l'ordre des chevaliers 
de Notre-Dame du-Mont-Carmel et de Saint- Lazare de Jérusalem et que 
le Granil-Prieur de Bretagne le donnait à ferme et y faisait célébrer 
deux messes chaque année , aux fêtes de Nolre-Darae-du-Mont-Carmel 
et de saint Lazare. Retiré à cet ordre, il fut, par lettres-patentes du 3 
décembre 1696, uni à l'hôpital Saint Nicolas de Vannes, qui en prit 
possession , le *29 n>ai 1697 , et en eut la jouissance, d'environ 20 livres 
par an, à partir du 4" juillet 4693. 

En se multipliant, les fondations exigèrent rétablissement d'une 
communauté de prêtres. Les chapelles à desservir n'étaient cependant 
point nombreuses; nous n'en avons relevé que deux, celles de Saint- 

(4) L'dbbé Cillart. manuscril plusieurs fois cité, 

(2.) Les dimes de ces mét.iirics lui furent concédf^es par les religieux , le 15 mars 
1521. •— (Piéilerrière, Étude sur l'ancienne abbaye de Prières, 1« Semestre du 
BuUetin de 1863.) 



Digitized by VjOOQIC 



Gourlais et de Saint-Julien. Les cbapellenies ^e^'^mêmes y étaient eii 
petit nombre. 

U y avait d*abord celle de saint Maur, desservie d'une messe, chaque 
vendredi, h Tautçl de ce saint, dans l'église paroissiale, etréupie, fitu 
xvir siècle,' à la chapellenie de Saint-Sixt, dont le service se faisait en 
la e^pelle du château de Silz , dans la paroisse d*Arzal. 

G'étiût ensuite la chapellenie de Saint^Lépnard, desservie d'une messe, 
chaque mercredi, au maîtrerautel de la même église paroissiale^ Faisant 
partie de sa dotation, le parc Bellec fut vendu, le 23 juillet 4796, pour 
la somme de 2323 francs. 

I^ ohape)lenie de Tréguyeu ou de Sourdéac, présentée parles seigneurs 
de ce dernier nom^ se desservait d'une m^sse par semaine dans la 
chapelle de Saint-Jul\en. 

Celle des Coliéno, fondée le 17 juin 1658 ^ par Isabeau Colléno, dame 
de Menabréha et veuve de Nicolas Guypt, notaire royal, était à la 
présentation du recteur et des fabriques de la paroisse et à la collation 
de rOrdinaire. Son titulaire, tenu à la résidence, devait célébrer une 
messe, chaque saniedi, à l'autel du Rosaire, et faire célébrer, le 31 
octobre de chaque année, un service, avec trois messes chanlées et 
les messes basses , à Vautél de Sainte-Amie, de tous les autres prêtres 
de la paroisse. La dotation comprenait une maison, avec jardin derrière, 
au bouiig même et sur le chemin de Muzillac à la Croix-Blayeux ; le clos 
de Içtf vigne, aux environs du bourg ; une parcelle de terre, auprès de 
la métairie de Bocorec. Vers 1677 , le chapelain ajouta un pavillon à la 
D^aison située rue du Four. 

A une date inconnue, Elizabeth Perrin , paroissienne de Bourg-Paul, 
fonda la chapellenie de Saint- Julien , en réserva le patronage à ses 
héritiers et en attribua la collation à TÉvêque. Elle la chargea de trois 
messes par semaine : le mercredi et le vendredi , à la chapelle de Saint- 
Julien ; le samedi, à l'autel de la Sainte-Famille, dans Téglise paroissiale. 
La dotation consistait en une maison, avec jardin derrière , auprès de la 
chapelle de Saint-Julien ; en un pré contigu au jardin du presbytère; 
en une autre maison et deux parcelles de terre, situées au village de 
Penesclus. Ces trois derniers immeubles, confondus avec d'autres 
provenant des chapellenies de Sainte-Anne et de Marguerite Le Guézo, 
d'Ambon, furent vendus, le 20 avril 1791 , au prix de 2970 livres. 

Bectcvrs de Bour^i-Paiil. 

1462-1464. Jean Rolland. 

1464 Jean Lanouan permuta avec le suivant contre Saint- 

Allouestre et Buléon. 

1465 Jean Jacobin, chapelain du duc 46 Bretagne. 

1487. f Jean-Jacques de Fontenay, 

1497. f Ifëouarb. 

1498. t Anéso? 



Digitized by 



Google 



~84~ 

1406.».^.««. Pierre Toul. 

1517-1525. f François Champion» chanoine de Vannes. 
1540. R. Jean Daniélo, archidiacre de Vannes. 

1540-1558. R. lierre Daniélo, aussi archidiacre de Vannes. 

1558-1565. Jean Guého. Il eut procès avec ses paroissiens qui Im 
refusaient certains droits rectoriaux sous le double 
prétexte qu'il igncurait la langue bretonne et n'était 
pas fidèle au précepte de la résidence. 

1575-1577. Henri Le Flohic. 

1580-1585. f Louis Le Goualèdre. 

1585-1588. Guillaume Pinte. Ce bénéfice lui fut contesté par Henri 
Le Hellaye, qui, en 1587, résigna ses prétentions en 
faveur d'Olivier Le Digabel. 

1588-1603. R. Claude Hazé, depuis longtemps curé de cette paroisse , 
pourvu en 1588, donna, le 14 juillet 1603, procuration 
pour résigner entre les mains du Pape en faveur du 
suivant et avec réserve d*une pension de 300 livres. 

1603-1607. f Julien Le Métayer, originaire et prêtre de Saint- Patern, 
pourvu en cour de Rome , le 15 août 1603, prit pos-* 
session le 14 décembre. Il mourut en marf 1607, 
ayant triomphé de nombreux compétiteurs. 

1607-1640. f Abel Le Ldzir, pourvu par le Pape, le 15 juin 1607, 
prit possession le i^^ novembre. Il eut aussi plusieurs 
concurrents à débouter, afin d'être paisible possesseur. 
Décédé, le 6 décembre 1640, il fut inhumé, le 7, dans 
son église paroissiale. 

1641«fl660. f Abel Le Leizir, sans doute neveu du précédent, fut 
enterré le 15 décembre 1660. 

1660-1704. R. Mathurin Martin. Licqpcié en théologie et âgé d'environ 
80 ans^ il donna, Ie23ao(ïtl704, procuration pour 
résigner entre les mains du Pape en fiiveur du suivant, 
avec i^serve d'une pension de 400 livres, demeura à 
Bourg-Paul et fut inhumé dans l'église paroissiale, 
le 6 mars 1709. 

1704-1720* R. Guillaume Sanson, curé de Bourg-Paul, pourvu en cour 
de Rome, le 25 septembre 1704, prit possession le 
18 décembre. Le 2 juillet 1720, il donna procuration 
pour résigner aussi en faveur du suivant. Mort , à 
63 ans , il fut enterré ici le 19 mars 1721 . 

1720*1728. f Jean Sanson, recteur de Montreuil-des-Landes ,-au dio- 
cèse de Rennes, pourvu par le Pape, le 23 juillet 1720, 
prit possession le 2 octobre. Décédé à Tâge de 55 ans > 
le 5 mai 1728, il fut inhumé le 7 au cimetière. 

1728-1730. R. Claude Le Gorff, de Saint-Gildas d'Auray, pourvu en 



Digitized by VjOOQIC 



— 85 — 

cour de Roine, le 30 septembre 1728, prit pos- 
session le 6 février 1720 et résigna, en 1730, pour 
devenir recteur de Baden. 

1730-17i2, f Guillaume Micfaelot, bachelier en théologie et recteur 
de Sain^-Gravéy pourvu par TËvèque, le 28 mars 1730, 
prit possession le lendemain. Mort à 75 ans ^ le 
8 juillet 1742, il fut enterré, le 10, au cimetière. 

1742-1763. f Jean-Jacques- Antoine Le Didrouc , de Saint- Pierre , 
pourvu par le Pape, le 3 septembre 1742, sur concours 
du 8 août, prit possession le 17 octobre. Agé de 
58 ans, il mourut, le 7 novembre 17Q3, et fut inhumé, 
le 9, au cimetière. 

1764-1791. f Pierre Méha, chapelain des Ursulines de Muzillac, pourvu 
en cour de Rome, le 14 mars 1764, prit possession 
le 14 avril. Mort à 68 ans, le 23 mars 1791 » il fut 
enterré , le lendemain , au cimetière, 

BUAIX. 

Du territoire de Redon, cette paroisse poila, pendant longtemps, le 
nom de Plaz, qui lui vient de celui du lieu situé non loin du vieux bourg 
de Brain et où , vers le milieu du y^ siècle , naquit saint Melaine. Cette 
localité s'appelle aujourd'hui Placet. Au lieu même qui lui donna le 
jour, saint Melaine fonda un monastère dont, quoique devenu évêque 
de Rennes, il garda le gouvernement, et dans lequel il mourut le 
6 novembre, vers 530. Les funérailles du Saint attirèrent au monastère 
de Plaz les évéques d'Angers , du Mans , de Coutauces et de Mantes.^ 
Les paroissiens de Brain n'eurent cependant point le bonheur de con- 
server les reliques de leur illustre compatriote. Déposé dans une barque 
sur la Vilaine , son corps fut conduit à Rennes pour y être inhumé. 
D'après l'abbé Guillotin de Corson (1), du vivant et après la mort de leur 
fondateur, la paroisse dépendait des moines de Plaz. Ils ne la gardèrent 
pas bien longtemps. Dans un voyage qu'il fit auprès de l'empereur 
Louis-le-Débonnaire, saint Convoion , envoyé et appuyé par Nominoé, 
l'obtint de ce prince, le 20 aodt 83(3 , et elle 'demeura jusqu'à la fin du 
siècle dernier, avec le titre de vicariat perpétuel, à la présentation et 
sous le patronage de Tabbé de Redon (2). Les religieux de Saint-Sauveur 
y établirent un prieuré et dédièrent l'élise paroissiale à saint Melaine. 

(i) RéeiU hUtoriquet, traditianêet légendes de HatUe^Bretëgnep arrondissemeiit 
de Redon, page 21. 

{%) Cartulaire de Redon, page 357. K en croire le dictionnaire d*Ogée, article 
■Brain, la moitié seulement de la paroisse ou de la seigneurie de Brain aurait été 
donnée à saint Gonvolon, en 816, par Nominoé, tandis que Tautre partie ne lui aurait 
été concédée que par Enspoé, en 854. Cet auteur ajoute, toiyours sans indication de 
KMircei», que, en IM, d*un commun accord, le duc de Bretagne et Tatbé. de 
Acden plaeèrem catte paroisse sooa !• ressort de U sénéchaintée de Vannes. 



i 



Digitized by VjOOQIC 



-88- 

Ce vieil édifice, ou plutôt cehiî qui lui a i^uccédé, existe ericore auprès 
du village de Placef. Là paroisse possède un -sanctuaire nouveau appelé 
la diapelle de Saint -Melaine, qui remplace un autre à Textrémité ouest 
du bourg, détruit en 1793, et dont la construction remonte à 1822. 
Outre sa pension ^ qui était de 120 livres en 1619, le vicaire perpétuel 
âtVait la jouissance du presbytère et d'une pièce de terre adjacente. Par 
concordat avec les àhbés de Redon , une partie des dimes lui était parfois 
abandonnée pour remplacer cette pension. Telle était sa condition ^n 
1768, lorsque la portion congrue fut élevée à 500 livres. Aussi le titulaire 
de cette époque se hâla-t-il de déclarer, le 9 décembre de cette année, 
qtill abandonnait toutes les dimes à Tabbaye el optait pour la susdite 
portion. 

Outre le prieuré bénédict'n, cité pins haut, et qui , pa)r sa nature de 
bénéfice régulier, n'appartient pas à ce travail, la paroisse de Bruin ne 
posséda il qu une seule chapellenie, celle de la Rivière, fondée, sur la fin 
du XVII siècle, par Louise Guiiiart, et sur laquelle les renseignements 
font défaut. 

A la gloire d'avoir vu naître saint Melaine, au v« .siècle , cette paroisse 
peut être fi^re de pouvoir ajouter celle d'avoir, au xv!!!*», compté un 
niartyr parmi ses prêtres. Je veux parler de Julien Racapé. Originaire 
de Sainl-Just, il acheva ses études au collège de Vannes et s'attacha â 
la paroisse de Brain dès qu'il eut été ordonné prêt* e. Il y remplissait 
les fonctions de e iré, lorsqu'il refusa le serment à la constitution civile 
du clergé. En septembre 1792, il dut s'éloigner de Brain. Depuis un an 
il vivait à Saint-Ja^t, caché dans sa famille. Recherché de près, pour ne 
pas compromettre ses parents et croyant'être plus en sûreté ailleurs, H 
quilta son gîte, fut arrêté le même jour et empri.sonné à .Redon, Le tri- 
banal criminel decedistrict ne tarda point à le condamner à mort. La sen- 
tence fut exécutée le i^ novembre 17l;3. En se rendant à la guillotine, 
dressée au haut de la place de Redon , à Fendroit où se trouve la fontaine 
actuelle , la victime chantait ce cantique du Père Monfort : Allons, mdn 
âme, allons au bonheur véritable. Le même jour il fut inhuitté dans 
le cimetière de là paroisse de Redon (1). 

■ 

vicaires perpétaels 4e Bralll. 

* 

i4W). R. Alban Le Bruç résigne entre les mains du l?ape, 
1578-1591. «{- Julien Nepveu , mort au mois d'octobre. 
^1591-1607. Maurice Martel, prêtre du diocèse, présenté par Tabbé 
de Redon , le 22 octobre 1591 , pourvu , le 24 , par le 
vicaire général de l'Évèque de Vannes, prit possession, 

(1) bi9toire abrégée de la ville et de V abbaye de Redon, par utt pi'ôlre, ancien 
âève de Saint-Sauveur, dom Jaurisioii, béué<fictia'dd l&tosme. — * Registrd^ àéa 
Bépidtar— 4» 1» cominqne de Rtdon pour ITte. 



Digitized by 



Google 



-• w ^ 

le 30 novembre. Il débouta Jean Nepveu , sans doute 
parent du précédent vicairo et auquel le Nonce apos- 
toliqtie en France avait, le 13 décemi)re de la même 
année, conféré cette paroisse. 

1608-1614. Maury Merlet. 
1619. Jean Pavin. 

4053-1676. Jean Mahieux. 

1681-1C9l\ R. Gervais de Cordé. Moladf, il résigne, Iç 19 octobre 1G92, 
• entre les mains du Pope en faveur du suivant, avec 

réserve d'une pension de 200 livres. Avant la fin de la 
môme année, il devint recteur de Renac. 

1692-1725. f Damien Clereau, prêtre de Renac, pourvu en cour de 
Rome, Je 19 octobre 1G92, prit possession, le*21 juin 
161'3, mourut, le 5 Septembre 1725, et fut enterré, 
le lendemain, au cimetière de sa paroisse. Il avait eu 
à défendre son bénéfice contre iv&n Le Doyen , qui , 
débouté, devint plus tard recteur dé Carentoir. 

1726-1737. f Sébastien Guihoux, prêtre du diocèse de Nantes, pré- 
senté par ral)bé d^ Redon, pourvu par rÉvèque, 16 
. 24 février 172J, prit possession le 22 mars suivant 
et décéda en novembre 1737. 

1738-1782. f Julien-Hyacinthe Potiron, diacre du diocèse de Nantes, 
pourvu le 9 janvier 1738, par TÉvêque, sur la pré- 
sentation de TalAé de Saint- Sauveur, prit possession 
le 24 du môme mois. Décédé, a rà«je de (38 ans, le 
28 avril 1782 , il fut enterré , le 30, dans le cimetière, 
auprès de Tescalier du calvaire. 

1782-1784. f Jean Marot, prêtre du diocèse et présenté par Tabbé, 
fut poui-vu par TÉvêque, le 't!0 mai 1782, çt prit 
possession le 24. Il mourut au bout de deux ans, 
mais on ne sait où, ni en quel mois. 

1784-1788. f Jean-Baptiste Guemené , prêtre du diocèse et depuis 
longtemps curé de cette psfroisse, avait déjà failli en 
devenir titulaire par la. résignation de Potiron en sa 
faveur. Par malheur pour lui , la procuration de ce 
Potiron ad resignandum in Curiâ Romanâ était 
du 26 avril , et ne put obtenir soa effet, avant la mort 
du résignant. Il ue perdit pas pour avoir attendu. 
Nommé curé d'office , à la mort de Marot , et présenté 
par l'abbé , il fut pourvu par VÉvéque, le 3 juin 1784, 
et prit possession le 8. N'ayant encore que &2ans, 
il fut entevé par la mort , le 12 juin 1788 , et inhumé| 
le 13 ) dans le cimetiàre) auprès du calvaire. 



Digitized by VjOOQIC 



— 88 — 

1788-1792. ' Philippe Guemené, originaire de la paroisse et curé du 
précédent vicaire, fut aussi présenté par l'abbé de 
Redon et pourvu par l'Évéque de Vannes, le 23 juillet 
1788, Il prit possession le 30 du même mois. U ne 
quitta son troupeau que sur la fin de 1792. On ignore 
ce qu'il devint ensuite. 

BIIANDÉRIOX. 

Du territoire de Vannes et à la collation du Pape et de TÉvèque, cette 
paroisse est d'érection relativement moderne. Encore en 13()3, les titres 
de l'abbaye de la Joîe nous la représentent à l'état de trêve de Languidic, 
et il faut aller jusqu'à 1402, avant de lui trouver la qualification de 
paroisse. Dans ces temps recuJés,. son nom était Pranderyon^ Prede- 
ryotij mot dans lequel on a voulu voir Prœdium Annœ, héritage ou 
territoire d'Anne (j). A Tappui de cette étymologie, on peut citer 
l'existence, au bourg même, d'une très ancienne chapelle, dédiée à 
sainte Anne, et d'une chapellenie de même vocable, desservie dans 
Cf tte chapelle. 

Quoiqu'il fût seul à percevoir, à la 33<> gerbe, la dîme dans toute 
l'étendue de la paroisse^ qu'il eût la jouissance de son presbytère, avec 
son jardin et sa prairie, le recteur de Brandérion était si pauvre, qu'il 
fallut prendre, au dernier sièle, la détermination de lui conférer simul- 
tanément et la paroisse et la chapellenie de Sainte-Anne. Malgré ce 
supplément, le bénéfice était si peu envié, que, devenu vacant, personne 
ne Si? présenta au concours et que , sans réclamation , TÉvêque put , à 
l'expiration du délai canonique, le conférer ianquaiïi honum dereliC' 
tum (2). L'église paroissiale avait pour titulaire Tapôtre saint Pierre. 

Quant à la phapellenie ^e Sainte-Anne , dont j'ignore la fondation et 
les charges, sa dotation se composait d'une petite maison, située de 
l'autre côté du chemin et en face de la chapelle, d'un verger de 78 cordes, 
aussi au bourg, d'un petit pré de 20 cordes et d'un parc de lande d'un 
journal, au village de l^guserch. Cette maison fut vendue, le 30 mai 
1794, au prix de 605 livres. Dès le 17 mars 4791, le recteur de l'époque 
avait acquis le verger pour 1725 livres, et, le 10 mai de l'année 
suivante, le parc et le pré» pour 340. £n même temps que le susdit 
verger, il acheta pareillement et au prix de 3,100 livres, la prairie de 
2 journaux, précédemment attachée à son presbytère. 

(1) L*abbé CiUart, manuscrit 4es archives départementales du Morbihan. 

(2) L*abbé Cillart , manuseril déjà cité. ~ Il fait erreur an moins d'une année, 
en plaçant la vacance en 1716. D'aiUeurs, les provisions de 1747 furent délivrées par 
le Pape, et non par TÉvêque. Il faudrait donc rapporter ce fait, s*il était vrai, à une 
date beaucoup plus reculée. 



Digitized by VjOOQIC 



Bectenra de BnuBdésIon* 

1484. f Ican Kchon. 

1484-1486. t Jean de I^emot. 

1486. Christophe Rivalen. 

1501* R. Louis du Val ou Duval , ancien chanoine de la collégiale 
de Saint-Michel-du-Champ, mort en 1508. 

1501. Pierre Le Boëdec, recteur aussi de PloahameL 

1524-1527. François Le Mezec, également recteur de Ploufaamel. 

1554-1560. f Jean de Spinefort, recteur de Plouharnel, comme les 
précédents. 
1579. Jean Rio. 

1579. ....... Julien Stéphan. 

1593-1608. R. Jean de La Haye. 

1609-1614. Rj Louis Danglade, de Languidic, pourvu par lé Souverain 
Pontife , le 2 janvier 1609^ prit possession le 28 avril , 
quelques jours seulement après avoir reçu la tonsure 
cléricale, et résigna entre les mains du Pape, le 
25 juillet 1614. 

1644-1617. Yves Portanguen, de Mertevenez, pourvu à Rome, le 
25 juillet 1614, prit possession le 16 novembre suivant. 
1625. André Martin. 

464a-1647. Olivier Le Net. 

1658« François Le Gouesbe, déjà recteur de Campénéac , où il 

mourut, en 1678, résigna Brandérion , peu de temps 
après en avoir été pourvu , pour garder son premier 
bénéfice. 

1663. René Audouin. 

1665. Pierre Coug:oulat* 

1673-1674. Pierre Le Tohic. 

1675-1684. R. François Le Pentrec, curé de la paroisse, résigne le 
rectorat, sur la fin de 1684. 

1684-1688. Jean Le Touzic. 

1688-1695. f Olivier Le Marchant. Il ne mourut pas à Brandérion. 

1695-1714. Marc Dittez, prêtre du diocèse de Tréguier, pourvu; 
à l'âge de 41 ans, par le Pape, le 12 août 1695, prit 
possession le 28 juin de Tannée suivante. 

1717-1740. R. Julien l^houant, de JLanguidic, résigne entre les mains 
de rOrdinaire en faveur du suivant. ' Resté à Bran- 
dérion, il mourut, le 2i3 septembre 1744, âgé de 
58 ans, et fut enterré, le lendemain, au cimetière. 

î740-rî747. f J^an ^houant, de Languidic, pourvu par un des vicaires 
généraux , le 7 octobre 1740 , prit possession le 10. 
Décédé, à l'âge de 33 ans, le 4 mars 1747 ^ îl fut 
' inhumé» le 6, dans le cimetière» 

7 



Digitized by VjOOQIC 



— 90^ 

1747-1753. R. Jean I^houant, de Languidic» pourvu en cour de Rome» 
, le 18 août 1747 , prit possession le & octobre. Devenu 
recteur de Nostang, il résigna Brandérion entre lés 
^ mains de l'Ordinaire, en septembre 1753. 

1753-1757. R. Jacques-Joseph Le Guénédiç, de Saint-Pierre de Vannes, 

pourvu par un des vicaires généraux, le 10 septembre 

1753, prit possession le 30. En 1757, il résigna, entre 

-' ' les mains de TËvéquë, pour permuter avec le smvant 

conti*e la paroisse de Nostang. 

1757-1764. f Josej^h I^houant, frère du dernier Jean ci-dessus, pourvu 
par rÉvéque, le 13 mai 1757 , prit possession le 19. 
Mort subitement à Hennebont, à l'âge de 33 ans, 
le 19 janvier 1764, il fut inhumé, le 21, dans le 
cimetière de Brandérion. ' 
1764. R. Pierre Le Floch, de Crach et curé de Plouharnel, dut 
recevoir de Rome ses provisions qui ne se trouvent 
plus. Au mois de septembre de la même année, il 
résigna entre les mains de l'Ordinaire. 

1764-1790. François-Guillaume Menay, recteur de Guéhenno, pourvu 
par l'Évéque, le 9 septembre 1764, prit possession 
le 4 octobre. Ayant prêté le serment à la Constitution 
civile du clergé , il resta à la tète de la paroisse. Au 
titre de minisire du cuUe catholiqite à Brandérion, 
il fit, le 30 septembre 1797, devant la municipalité 
de Languidic, le serment qui suit : c Je jure haine à 
la royauté et à la monarchie, et fidélité à la république 
et à la constitution de l'an ni (1). » On ignoré ce qu'il 
devint dans la suite ; mais il est positif qu'un nouveau 
recteur fut donné à Brandérion, après le concordat. 

BRECH. 

Cette paroisse, déjà mentionnée au xm» siècle, était comprise àms le 
doyenné de Pont-Belz et avait pour collateurs le Pape et l'Évéque. Plus 
étendue à l'ori^ne, elle se vit démembrer, à une date inconnue, pour 
former le nouveau bénéfice paroissial de S.-Gildas d'Auray. Restée consi- 
dérable, malgré cette soustraction, elle fut chargée d'une rente ou pen- 
sion de 20 livres, que son recteur payait encore au chapitre de Vannes 
à la fin du xiv^ siècle, et qui finit par s'éteindre au commencement du xv*. 
Pour perpétuer le souvenir et témoigner à Dieu sa reconnaissance de la 
victoire remportée par lui sur le territoire de cette paroisse , le 29 sept. 
1364, le duc Jean IV fit édifier, au lieu même du combat, une chapelle 

(1) Archives de la mairie de LanguiiiKc. 



Digitized by VjOOQIC 



— 91 — 

dédiée à S. Michel. Ce sanctuaire attira aussitôt de nombreux visiteurs eif 
par suite ^ des offrandes assez considérables y dont une pollion tournait 
au profit du recteur. Malheureusement pour ce dernier , les choses ne 
restèrent pas longtemps en cet état. Dès le 16 février 1383 (n. st.), le 
même duc fonda, dans cette chapelle et pour la desservir, une collégiale 
composée d'un doyen et de huit chapelains ou chanoines (1). Non 
satisfaits de la dotation de 600 livres de rente que leur avait assurée la 
pieuse largesse du fondateur, ceux-ci s'arrogèrent bientôt la totalité de 
ces oblations , sous le prétexte que Tédifîce exigeait déjà de grands frais 
d'entretien. Jean V, fils du précédent duc, ayant fait reconstruire et 
agrandir cette chapelle , ce bienheureux prétexte disparut , et le recteur 
profita de l'occasion pour réclamer. Le prince accueillit sa demande et 
lui accorda, en 1422, pour compensation de sa part à ces offrandes, 
abondonnées intégralement à la collégiale, une rente annuelle de 10 liv. 
monnaie sur la recette ordinaire de la châtellenie d'Auray. Soixante ans 
plus tard , les chartreux remplacèrent les chanoines à Saint-Michel- 
du-Champ, et le fermier de la susdite recette crut trouver, dans ce fait, 
un motif pour refuser cette rente. Le recteur de Tépoque s'adressa, lui 
aussi, au duc, et^ le 26 juillet 1486, François II ordonna de lui payer 
les arrérages et de continuer à lui verser régulièrement les 10 livres 
chaque année (2). Ce n'était point sans raison que cet infortuné titulaire 
se montrait ainsi scrupuleux conservateur des revenus de son bénéfice. 
Pour exécuter la teneur d'une bulle de Nicolas V, provoquée par les cris 
de détresse des chanoines de sa cathédrale, et datée du 23 septembre 1451 , 
Tévêque Yves de Pontsal avait, en effet, par un décret du 22 janvier 1453 
(n. st.), uni au chapitre les fruits de cette paroisse (3). La nouvelle 
disposition ne laissait au recteur que le tiers de ses revenus. Mais le 
chapitre, conformément à Une des clauses de l'union, ne pouvait entrer 
en jouissance qu'à partir de la première vacance. Aussi ne prit-il 
possession de ses nouveaux droits que le 11 octobre 1473 , à la mort du 
recteur Henri Redoret. Cette annexion des fruits, qui ne modifiait en 
rien la libre collation du bénéfice, subit le sort de la pension du 
XIV® siècle, de telle sorte que dès 1617, le recteur dîmait seul et à la 
33« gerbe sur toute l'étendue de sa paroisse , ce qui, à cette époque , lui 
rapportait, chaque année, environ 1000 livres. 

Outre l'église paroissiale, qui avait pour titulaire l'apôtre saint André 
et dont la nef et le clocher furent reconstruits vers 17-^, le territoire de 
Brech possédait, sans parler de la collégiale, les chapelles suivantes : de 

(1) Dom Lobineau, P. I, col. 687-642* Tout ce qui concerne Thistoire de cette 
collégiale et de 'la Chartreuse est renvoyé à une autre publication sur les établis- 
sements monastiques de ce diocèse. 

(2) Archives départementales de la Loire-Inférieure. 

(3) Voir^ à Tarticle Béganne, une analyse plus détaillée de ces deux docoments 
et de quelques autres sur la méxne matière. 



Digitized by VjOOQIC 



— 92 — 

Notre*Daine, au prieuré de ^éano (1) ; de Saint-Jacques, sur laqueUe se 
lit encore une date ancienne qui est probablement celle de 1464 ; de Saint- 
Cado, au village du Reclus; de Notre-Dame de Trévérec, de Saint- 
Clément, des saints Pierre et Paul ; de Saini-Quirin , par corruption dite 
de Saint-Guérin, reconstruite en 1676 et vendue 2200 francs, avec sa 
sacristie et son prateau, le 15 septembre 1798; de Saint-Julien, à 
l'entrée d'Auray, sur le chemin de Landévant à cette ville. Cette 
dernière, siège et partie d'une chapellenie de même nom, annexée au 
rectorat, à une époque trës-réculée , fut, avec sa maison voisine et son 
jardin , vendue , le 26 septembre 1796 , au prix de 3375 livres. 

En dehors de ceux qui ont déjà été signalés, on ne connait, sur cette 
paroisse, que trois petits bénéfices. Il y avait la chapellenie de Saintr 
Sébastien, desservie d'une messe, chaque vendredi, à l'autel de ce saint, 
dans l'église paroissiale, fondée, au xvr» siècle, par Jean Esiin, 
qui en attribua la collation à l'Évèque , en réserva le patronage à ses 
héritiers , et la dota d'une tenue, avec sa maison, au village de Calan. Le 
31 janvier 1798, ces deux immeubles, vendus au profit de la nation, 
furent acquis par un négociant de Paris, moyennant la somme de 9,100 fr. 
C'était ensuite la chapellenie fondée par le prêtre Michel Lôrho, et enfin 
celle de Saint-Joseph qui se desservait dans une chapelle dite de Çguen, 
en la paroisse de Brech, et sur lesquelles les archives n'ont fourm que 
les noms de quelques titulaires. 



1391-1411 • "J- Olivier Le Merlay, mort en juin ^411. 

1411 Jeam Foresta ou de la Forêt. 

1442. Olivier Le Guennec. 
14&1-1473. f Henri Redoret. 

1473. Alain Hervel. 
1486-1499. R. Olivier de I^ec, chanoine de Vannes, résigne entre les 

mains du Pape et meurt peu de temps après. 
1499-1540. R. Henri de I^errec, pourvu en cour de Rome, résipie 
entre les mains du Pape. 
1540. f Luc Gynart, pourvu et mort en la même année. 
1565. -j* Vincent de Maigné, mort en janvier 1565. 
1577-1586. -i* Thomas Le BidoUec, originaire de la paroisse. 
1592-1614. t Yves André, prêtre du diocèse. Il eut à défendre son 
bénéfice contre trois compétiteurs successifs, Jean 
Boscher, Abel Le Délaisir et Gilles Pinsin. H mourut 
au mois de septembre. 

^1} ]Qéano . prieuré de femmes et meml)re de Tabbaye bénédictine de Saint- 
Sulpice, de flemies, trouvera sa plape dans un autre travail, sur les bénéfices 
' réguliers de Taneien diocèse de Vannes. 



Djgitized by VjOOQIC 



— 83 — 

I€i4*i619, R* Antoine Ghallutneau, prêtre du diocèse d'Angers y pourvu 
par le Souverain Pontife, le 15 oetobre 1614, prit pos- 
sesision le 14 juillet 1615. En 1619, il résigna entre 
les mains du Pape en faveur du 'suivant, mais avec 
'réserve d'une pension de 300 livres, qui fut éteinte, 
en 1622 , moyennant la somme de 1500 livres une 
fois payée. 

1619-1629. R. Etienne de la Croix, prêtre du Mans, maître ès-arts et 
docteur de Sorbonne. Malade à Paris, il y fit. Je 
5S2 août 1629 , un testament , par lequel il léguait 
300 livres à Y Hôpital Saint-Yves de Brech et pareille 
somme k]a communauté des prêtres de cette paroisse, 
pour y avoir quelques services par an. Par vénération 
pour le titulaire de son église paroissiale , il voulut être 
inhumé dansJ'église de Saint-André^des-Arts, à Paris. 

1630-1639. Jean Chesnault , chanoine de Vannes et un des exécuteurs 
testamentaires du précédent recteur. ^ 

1646. Guy du Garrouet, licencié en droit et docteur en théo- 
logie, pourvu en 1646 par permutation probablement 
avec le précédent, résigna dans le courant de la même 
année et devint f lus tard rçcteur de Saint-Patem, 

1646-1647. R. Jean Chenault, sieur, de Gradignan et autre que le cha- 
noine de même nom , ne fut titulaire de Brech que 
pendant huit mois. 

1652-1663. Raymond Le Doulx , recteur de Plescop et futur chanoine. 

1664-1708. -j- Julien Guillemin, écuyer, sieur du Roscouët et recteur- 
de Plaudren, pourvu de Brech, en 1664 -ou 1665, 
donna, le 5 juin 17o8, procuration pour résigner 
entre les mains du Pape en faveur du suivant, avec 
lequel il permutait contre le prieuré de Saint-Samson- 
Illifau, au diocèse de Dol. 

1708-1728. R. Dominique de l^lenguy, prêtre du diocèse de Quimper, 
pourvu par le Souverain Pontife, le 11 juillet 1708, se 
vit refuser le visa de l'Ordinaire et ne put prendre 
posession canonique que le 28 juillet 1709. Malade, il 
résigna entre les mains de TÉvêque, en mars 1728, 
mourut le 25 avril suivant et fut enterré, le 27, au 
cimetière. 

1728-1751. f René Jérôme Pezron, sieur de Penlan et prêtre du 
diocèse, pourvu par l'Évêque, le 10 mars 1728, prit 
/ possession le lendemain. Décédé à l'âge de 51 aus, le 

4 janvier 1751 , il fut enterré , le 5, au cimetière. 

1751-1790. Jean-Pierre Thorin , originaire de la paroisse de Saint- 
Patem, ayant subi avec succès, le 1®' avril, les 



Digitized by VjOOQIC 



— 04 — 

épreuves du concours, fut pourvu par le Pape, le 4 mai 
1751 , et prit possession le 6 juin de la même année (1). 

BU.BRY. 

Du doyenné des Boîs^ cette paroisse, à collation libre, avait son 
recteur pour gros décimateur à la 33» gerbe, et son église sous le 
vocable des saints Apôtres Pierre et Paul. Elle possédait une trêve , 
dont le siège était au village de Saint-Yves. La chapelle de ce saint breton 
réunissait, chaque année, une grande afïluence de pèlerins et recueillait 
des oblations tellement considérables qu'elles finirent par tenter la 
cupidité des seigneurs de I^nivinen, patrons du lieu. Comme ils voulaient 
se les çirroger et que le recteur s'opposait à l'enlèvement des fonds , ils 
allèrent, en 1630, jusqu'à le souffleter en pleine église. L'attentat ne resta 
pas sans répression. Ses auteurs se virent condamner à une amende de 
2000 livres au profit des hôpitaux et à la restitution de jlO,000 livres. 
Q^tte dernière somme fut prise par le chapitre de Vannes , à titre de 
constitut franchissable et à la condition de faire bâtir, auprès de la 
chapelle, une maison pour les quatre chapelains, de payer, par an, 400 
livres à chacun de ceux-ci et 60 au sacriste. Il fut bien stipulé aussi que 
les susdits seigneurs continueraient à présenter ces chapelains et que le 
recteur aurait le tiers des offrandes faites à la chapelle (2). Outre les deux 
édifices religieux déjà mentionnés * la paroisse possédait les chapelles 
de Sainte-Hélène, au village, de Localven, et de Saint-Trémeur, au 
hameau de Locqueltas , appelé, aux xiii® siècle, locus Gyldasii, villa (3), 
sans parler de celle dont Jes archives révèlent l'existence, en 1579, 
auprès du cimetière de Bubry. De la fabrique dépendaient les immeubles 
suivants : trois journaux de terre chaude et une maison en ruine , au 
village de Taterganguine ; un journal et demi de pareille terre, une 
portion de pré et de terre froide, au village de IÇjaguiff; un journal de 
terre chaude, au village. de Cauniac ; une parcelle de coiu-til et de lande, 
près du bourg. Ils furent vendus, au prix de 489 francs, le 4 juin 1800. 
Il y avait , de plus , le fonds d'une petite tenue , à Guéganic , concédé à 
l'administration de la Légion-d'honneur, cédé plus tard parcelle-ci à 
la caisse, d'amortissement et vendu, enfin, le 8 juillet 1807, moyennant 
105 francs. 

(1) Resté à la tête de sa paroisse , il prêta , le 23 septembre 4792, le sennent exigé 
par la constitution civile du clergé, et le rétracta à la publication du décret autorisant 
le divorce. Cette rétractation lui valut une détention de plusieurs années. Mis en 
liberté, le 21 décembre 1796, il mourut à Vannes, rue des Bons-Enfants, à Tâge 
de 80 ans , le 19 février 1802. 

(2) Manuscrit, déjà cité, de Tabbé Cillart, aux archives départementales /du 
Morbihan. 

(3) Fonds de Tabbaye de la Joie , aux mêmes archives départementales. On sait 
que le fils de sainte Triphine fut tenu sur les fonts baptismaux par le saint abbé 
ôildas, qui lui donna son nom , et que, pour être distingué de son parrain, Tenfant 
fut surnommé Trémeur. 



Digitized by VjOOQIC 



^95 — 

En dehors de? quatre chapellenies qui se desservaient dans la chapelle 
tréviale de Saint-Yves, il s'en était fondé une autre sur cette paroisse. 
C'était celle de la Trinité y dont le service se iaisait dans la chapelle de 
rimmaculée-Conception, auprès du manoir de Pérosse, et qui était 
présentée par le§ seigneurs dudit lieu et conférée par l'Ordinaire. Sa 
dotation, consistant en deux maisons, un appentis, un four et six journaux 
de terre, au bourg et aux environs, fut vendue, le 30 mai 1794, au 
prix de 1325 livres ; mais l'acquéreur s'étant trouvé insolvable , ces 
immeubles furent remis aux enchères, le 4* juin 1800, et adjugés à un 
étranger pour 1273 livres. Quant à la maison, à la cour, au jardin et 
aux terres des chapelains de Saint-Yves, leur vente, effectuée le 30 mai 
1794, ne produisit que 1275 livres. 

Bcdran 4e WàhÊj (1). 

1492« f Jean de Lanouan , chanoine de Vannes. 

1492-1507. f François^ de Becdelièvre, aussi chanoine de Vannes. 

1507-1540. H. Jean Daniélo, archidiacre de Vannes , résigna, en juin 
1540 , entre les mains du Pape. 

1540-1557. R. Pierre Daniélo, aussi archidiacre, pourvu en cour de 
Rome, donna, le 26 novembre 1557, procuration pour 
résigner tous ses nombreux bénéfices entre les mains 
du Souverain Pontife. 

1557-1579. f Jean Le Guével, aîné et autre que le chanoine de même 
nom. Il eut à défendre son bénéfice contre deux Louis 
du Botderu , l'un et Vautre successivement chevaliers 
du Saint-Esprit d'Auray, et contre François Le Meur. 

1579. Jean Le Marrouil, prêtre du diocèse, pourvu parl'É- 

vèque , le 9 août 1579 , prit possession le 15 du même 
mois. 
1591* f Constantin Le Folgoc, mort en octobre. 

1592-1625. Alain Le Baillif , prêtre du diocèse , pourvu par le Légat 
du Pape en France, le 21 avril 1592, prit possession 
le 28 mai 1593. Louis Le Gras el Gilles Boscher se 
disputaient déjà la possession de ce bénéfice.. C'est 
pourquoi Le Baillif crut prudent de se faire conférer 
cette paroisse, le 25 mai 1592, par le Souverain Pontife 
lui-même. Il parvint à débouter tous ses compétiteurs. 
1625. R. Jacques de Belleville , chanoine de Vannes, pourvu, au 
commencement de 1625, résigne avant la fin de l'année. 

1625-1642. Pierre de Belleville, du diocèse de Nantes, pourvu par 
l'Évèque, en septembre 1625, prit possession le mois 

(1) Les lacunes de ce catalogue n*ont pu être comblées par les registres de Tancien 
état civil , qui n*existent plus à la mairie de Bubry. La collection de ces mêmes 
registres , au greffé de Lorient , ne remontent qu*à 1666. 



Digitized by VjOOQIC 



-98?- 

fluhmit. Ayant refusé les «mmteâ an cliépitrey H eût , 
avec ce cerp», im procès qui, en 1630, iUit eneere 
pendant deva&t les tribunaux. 
1657. Matburin Harklel. 
1658 Nicolazo. 

1666-1678. Yves I^vazo , titulaire de Tane des chapeUemes de Saint* 
Yves. — Il ne mourut point a Bubry. , 

1679-1693. f Louis Aulfret, recteur de Quislinic, fut enterré au 
cimetière de Bubry, le 11 avril 1693, • 

1693-1696. R^ Claude Guilloux , ori^naire de Sanseau y docteur de 
Sorbonne et recteur d'Arradon, pourvu par l'Évèque, 
le 3 mai 1693, prit possession le 7 et réagna, en 1696, 
entre les mains de l'Évèque, pour devenir recteur de 
Saint-Patem- ^ 

1697-1722. '^ Joseph Boutouillic, ex-chanoine de Vannes et encore 
sous- diacre , pourvu par TÉvèque , le 14 juiHet 1697 , 
prit possession le 26. Avant le 26 avril de Tannée 
suivante, il avait reçu la prêtrise. Par son testament 
de4722, il légua 4,000 livres à l'Hôtel-Dieu d'Henné- 
bont pour y fonder deux lits en faveur des pauvres 
mal%(les de sa paroisse et à la nomination de ses suc- 
cesseurs. A Tâge de 54 ans, il décéda,, le 28 janvier 
1722, et fut enterré, le 30, au cimetière de Bubry. 

1722-1735. R. Éléonore-Marie du Tertre, prêtre du diocèse de Tréguier, 
pourvu en cour de Rome , le 20 mai 1722 , prit pos- 
session le 24 avril 1723. Malade et infirme, il donna, 
le 16 décembre 1734, procuration pour résigner entre 
les mains du Pape, en faveur du suivant, et avec 
réserve d'une pension de 600 livres. 

1735-1748. -j- Gabriel dé Rospiec, recteur du Laz, au diocèse de 
Quimper, pourvu par le Souverain Pontife, le 11 jan- 
vier 1735, pYit possession le 4 avril. Malade aussi, il 
donna, le 1°' juin 1748, procuration pour résigner 
en cour de Rome, en faveur de Jean Le Dorz , curé 
de la paroisse depuis 21 ans. L'acte portait réserve 
d'une pension de 900 livres. Toutes ces précautions 
furent inutiles ; de Rospiec mourut quelques jours 
après, à l'âge de 56 ans , et fut enterré au cimetière , 
le 7 de ce même mois de juin. Le temps manqua à 
son résignataire pour obtenir des provisions. 

1748-1776. "J- Toussaint-René de la Pierre, recteur de Ruffîac et licencié 
en théologie de la faculté de Paris, pourvu par l'Évêque, 
le 21 juin 1748, prit possession le 25. Parvenu au 
doctorat, il décéda, à l'âge de 63 ans, et fut inhumé 
au cimetière, le 22 janvier 1776. 



Digitized by VjOOQIC 



— 97-- 

tnMlSB. f Madiurin Le Brih, ée Locmiaê^ l-ayntit €m{M>rtt au 
concours eu 15 avril 1776^ fut pourvu par le Pape, 
le 20 mai et prit possession le 17 juill^ de la m^a 
année. Mort à l'âge de 40 ans, le 10 mars 1786, il fut 
enterré , le 13 , ^u cimetière. ^ 

1786-4791, Benjamin Videlo, de Pontivy, pourvu par le Souverain 
Pontife, le 2 mai 1786, sur les résultats du concerna 
du 6 avril, prit possession le 10 juillet N'ayant encore 
que 35 ans , il refusa , en 1700 , le serment exigé par 
h constitution civile du clergé , et se vit remplacer par 
un intrus , le 21 août 1791. Très avancé en âge ^ 
vicaire général , il n'est mort que le 2 novembre lS5i, 
à Tige do 94 ans. 

BDLÊON ET SAINT-AILOUESTIIE. 

Du doyenné de Porhoêt et primitivement à la collation du Pape et 
de l'Ëvèque , ces deux paroisses nous apparaissent déjà unies , dans un 
titre de 1280, publié par Dom Morioe (1). L'église dé la première était 
60US le vocable de sainte Brigitte , et celle de la seconde avait pour 
titulaire saint Amoul , nom dont celui de saint Allouestre n'est que 
la corruption. Par une bulle du 23 mai 1524, le Souverain Pontife 
Clément VII, accédant aux prières qui lui étaient adressées dans ce but, 
annexa ce double bénéfice à la mense capitulaire de Vannes , pour que 
les revenus en fussent employés à la distribution du pain de chapitre. 
Faculté était accordée à ce corps de faire desservir les deux paroisses 
par un prêtre capable, choisi et député par lui sans le concQjmrs d'aucune 
autre autorité. En conséquence, le prêtre, ainsi préposé par le chapitre, 
n'était ni recteur, . ni vicaire perpétuel, mais tout simplement un curé 
qui , par suite , n'avait besoin d'aucune provision. Malgré les clauses 
générales de la bulle, on doit cependant présumer que les chanoines ne 
pouvaient choisir qu'un ecclésiastique autorisé par l'Ordinaire à remplir 
les fonctions curiales. Ce nouvel état de choses , approuvé par l'Évèque, 
le 1er juin suivant , dura près de deux siècles , malgré plusieurs ten- 
tatives faites, à différentes reprises, pour le modifier (2). Ainsi, un 
Julien Hays , prêtre originaire de Saint- Allouestre, sous le prétexte que 
le bénéfice vaquait depuis longtemps par la mort de Jean Lhermite, 
qui s'en disait titulaire dès 1619, parvint à obtenir de Rome des pro- 
visions , datées du 8 août 1629, et à prendre possession , le 3 février 1630, 
sur un visa sui^pris au Métropolitain le 8 janvier précédent. Les chanoines, 
comme on le pense bien , iirelit opposition , et le Parlement , appelé 

(1) Mémoire» pour servir de preuves à'V histoire ecclésiastique et dvile de J^ra- 
tagne,Ul, col. 1052. 

(2) Fonds du chapitre de Vannes, aux archives départementale^* 



Digitized by VjOOQIC 



à juger cette affaire , débouta le prétendu recteur et maintint le chapitre 
dans ses droits. Gragnés à la cause de leur compatriote, les paroissiens, 
prétextant une dyssenterie qui sévissait dans cette région, réclamaient 
cependant bien haut un recteur ou un vicaire perpétuel ; rien n*y fit, et 
ces deux peuples continuèrent, longtemps encore, à être administrés 
par des curés amovibles. Vers la fin du xvii« siècle, TÉvéque voulut 
désunir les deux paroisses et leur donner des titulaires , Guillaume 
Danet, àBuléon, et Sébastien Le Quentrec,. à Saint- Allouestre. Le 
chapitre protesta et le différend fut porté devant les tribunaux ; mais, 
sans attendre la sentence des juges , les parties firent une transaction. 
L'Évéque s'engagea à obtenir du susclit Danet le désistement de ses 
prétentions sur Buléon, et le chapitre,' acceptant Le Quentrec pour 
titulaire unique, abandonna le candidat qu41 avait présenté, dès le 
26 mars 1684. A partir de cette époque, les deux paroisses , restées unies, 
furent régies par un vicaire perpétuel auquel TÉvêque délivrait des 
provisions, sur la présentation du chapitre. 

Quant aux revenus, appartenant au chapitre par suite de Tannexion 
précitée, ils consistaient en dimes levées à la 33® gerbe dans toute 
l'étendue^ des deux paroisses ; mais toutes ces dîmes , celles de Saint- 
Âllouestre exceptées, ne tournaient point au profit de la caisse capitulaire : 
la moitié de celles de Buléon était perçue par le prieur de Locminé, et, 
sur le reste, un seigneur jouissait du droit de champart (1). Tantôt 
portionnaire, tantôt décimateur par concordat, le vicaire perpétuel se 
hâta de déclarer, le 27 décembre 1768 , qu'il abandonnait au chapitre et 
dimes anciennes et novales , et optait pour la pension de 500 livres. 

Outre les églises de Sainte-Brigitte et de Saint- Arnoul, plusieurs . 
chapelles s'étaient élevées sur ces deux paroisses. Celle de Buléon n'en 
avait cependant qu'une seule, et elle était sous le vocable de sainte Anne. 
Saint- Allouestre , au contraire, possédait celle de Notre-Dame, au 
cimetière, mentionnée en 1527 et probablement remplacée plus tard 
par celle de Sainte-Barbe qui existe encore , celle de la Trinité et une 
autre, de vocable inconnu, au village de Trégouët. 

Les archives n'ont révélé que l'existence d'une seule chapellenie. 
C'était celle de Sainte-Barbe, fondée, le 23 mai 1546, par le prêtre Alain 
Guilbéry, confirmée par son testament du 23 juin suivant , érigée en 
bénéfice perpétuel, le 10 avril 1568, desservie d'une messe par semaine 
à l'autel de cette Sainte dans l'église paroissiale de Saint-Allouestre, 
présentée par le seigneur de Guéneste et conférée par l'Ordinaire. 
Disputé entre ce seigneur et celui de IÇ[guéhennec, le patronage fut 
adjugé au premier, le 30 octobre 1576, par un arrêt du Parlement. 
Sa dotation primitive, consistant en une maison, au boui^, avec un 
jardin et des dépendances, accrut par la suite et comprenait, à la fin du 
siècle dernier, deux autres maisons , trois jardins , une pièce de terre, 

(1) Manuscrit de Tabbé GUard, aux mêmes aixhives. 



*Digitized by VjOOQIC 



]e tout situé au bourg, et une tenue au village de Toulhouet. Cette 
dernière, vendue le 27 avril 1793, fut poussée jusqu'à la somme 
de 1584 livres. Une des maisons du bourg, également vendue le 
14 janvier 1799, ne produisit que 700 francs pour la caisse de l'État; 
une autre et un courtil se trouvèrent confondus avec plusieurs autres 
immeubles mis aux enchères définitives, le 16 décembre 1801. 
• * 

Tltalalrcs de Bnléon et flaint-Jilloneefre. 

1461. R. JeanBastard. 

1461. Olivier Bourdin. 
1465. R. Jean Jacob ou Jacobin, chapelain du duc de Bretagne , 
résigne pour permuter avec le suivant contre la pa- 
roisse de Bourg-Paul, 

1465 Jean Lanouan. Il résigna à une date inconnue et devint- 

recteur de Bubry. 
1472. R. .... Boucquin, recteuraussi de Saint- Gonnery, résigna 
entre les mains de l'Ordinaire. 

1472-1493. R. Jean Euzenic ou Euzenot. 
1493. Nicolas Le Bohec, prêtre, 
1524. R. . Jean Daniélo, archidiacre de Vannes et dernier recteur 
d'ici , résigne entre les mains du Pape en faveur de 
l'annexion de ces deux paroisses à la mense capitulaire. 
A partir de 1524 jusqu'en 1683, le chapitre, devenu 
recteur primitif, fait desservir ces paroisses par de 
simples curés , salariés par lui et amovibles à son gré. 
Les titulaires postérieurs à 1683 ne furent plus des 
recteurs, comme ceux qui précédèrent l'annexion, 
mais des vicaires perpétuels, encore choisis et payés 
par le chapitre, sans être toutefois révocables, à sa 
volonté ou à celle de l'Ordinaire. 

1683-1708. f Sébastien Le Quentrec, pourvu par l'Évêque en mars 
1683 et ensuite agréé par le chapitre, fut inhumé, 
le 29 janvier 1708, dans le sanctuaire de l'église de 
Saint- AUouestre (1), 

1708-1724. f Alain Le Galonnée, présenté par le chapitre, pourvu par 
l'Évêque, le 11 février 1708, prit possession le 15. 
Il fut aussi inhumé, le 26 septembre 1724, dans le 
le chœur de Saint- Allouestre. 

1724-1731. R. Joseph Tanguy, prêtre du diocèse, pourvu par l'Évêque, 
le 29 octobre 1724, sur la présentation du chapitre, 
prit possession le lendemain , et , devenu recteur de 

(1) Les inhumations, dans Téglise et au cimetière de Saint-Âllouestre, de tous les 
Ticau'es perpétuels qui meurent titulaires de ce bénéfice, prouvent qu'ils avaient Axé 
leur résidence dans cette localité. De là vint que la paroisse de Buléon, desservie 
par un curé, ne fut plus bientôt considérée que comme une simple trêve. 



Digitized by VjOOQIC 



- 100 - 

Bignan, résigna, en 1731, «ntre les mains du Pape en 
faveur du suivant. 

1731 •ITSS. R. Jean Le Jeune» originaire de Locminé, chapelain et 
confesseur des UrsulinesM'Hennebonty j)ourvu en cour 
de Rome, le 12 septembre 1731 , prit possession le 
14 novembre. Déjà recteur de Sulniac, il résigne 
simplement au chapitre, en septembre 1738. 

1738-1740. R. Jean-Marie Gravé, de Saint-Gilda» d'Auray, sieur de 
la Martinière , prêtre à Landaul , présenté par le 
chapitre, pourvu par TÉvèque, le 21 septembre 1738, 
prit possession le 8 octobre. Ayant depuis quelques 
jours ses provisions pour Lignol, il résigna au chapitre, 
le 10 mars 1740. 

1740-1741. R. Jean de Lourme, curé de Saint-Salomon , pourvu par 
rÉvêque, le 23 mars 1740, sur la présentation du 
chapitre, prit possession le même jour et résigna entre 
les mains du recteur primitif, le 12 juillet de Tannée 
suivante, pour devenir, lui-même, recteur de Saint- 
Goustan d'Auray. 

1741-1742. f Vincent Barré, de.Saint-Patem, présenté par le chapitre 
et pourvu par TÉvêque, le 29 juillet 1741, prit 
possession le 31. R mourut en juillet 1742. 

1742-1756. f Julien Çgrohen , de Locminé, présenté par le chapitre et 
pourvu par un des vicaires capitulaires, le 4 août 1742, 
prit possession le 8. II fut enterré au cimetière de 
Saint- Allouestre, le 15 février 1756. 

1756-1775. "f Yves-Noël Péreul , prêtre de Saint-Patern , présenté par 
le chapitre, pourvu par TÉvêque, lell mars 1756, 
prit possession le 23. Le 27 octobre 1768, il opta pour 
la pension de 500 livres et abandoima toutes les dîmes 
au chapitre. 

1775-1780. f Joseph-Marie Racapé, curé de Saint-Salomon , pourvu 
par \m des vicaires généraux, le 16 juin 1775, sur la 
présentation du chapitre, prit possession le 18. Il fut 
enterré au cimetière de Saint-Allouestre , le 22 sep- 
tembre 1780. ■ 

1780-1791. Jacques Bouleis, de Saint-Patem et curé de sa paroisse 
natale, présenté par le chapitre et pourvu par un des 
vicaires généraux, le 24 novembre 1780, prit possession 
le 4 décembre suivant. Il refusa lé serment exigé par 
la constitution civile du clei^é. On ignore ce qu'il 
devint pendant et après la Révolution. 



Digitized by VjOOQIC 



— tôt — 
NOTE SUR LA RÉGALE. 

(Par M. Fabbé Luco). 

Lorsque je me fis inscrire à Tordre du jour pour la communication 
d'un travail sur la régale, je me proposais d'utiliser de nombreuses 
notes recueillies par moi sur cette matière, et j'avais l'illusion,— pourquoi 
ne pas l'avouer? — la prétention même de pouvoir présenter à la 
Société une thèse nouvelle. 

Mon but était effectivement d'exposer l'origine de la régale, les graves 
abus dont elle fut l'occasion, enfin son extension injuste et anticano* 
nique. 

Quant à son origine, question fort controversée parmi les historiens, 
et, au rapport de quelques-uns, si obscure, qu'il en est de la régale 
comme du Nil , dont le cours est d'autant plus noble , que la sou;rce en 
est cachée et inconnue, je croyais l'avoir découverte dans les nombreuses 
et magnifiques libéralités faites à l'Église par Pépin-le-Bref, Charlemagne 
et leurs premiers successeurs, afin de réparer les usurpations de 
Charles-Martel, d'attirer sur leur jeune dynastie les bénédictions du 
del, et de lui concilier et assurer les sympathies du clergé. Ces dons 
qui, l'histoire l'atteste, avaient pour objet les fiefs les plus beaux et les 
plus considérables, pour. cette raison, appelés régales, regalia (i), 
firent des évêques les vasseaux des rois. Comme pour les autres sei- 
gneuries, à chaque vacance des sièges épiscopaux, la saisie aux mains 
du Foi des revenus des fiefs annexés à ces églises et l'investiture de ces 
fiefs donnée par le prince aux nouveaux prélats faisaient partie des 
conséquences de cette vassalité. Que telle fut la source du droit régalien, 
de nombreux et irrécusables documents le prouvent. Qu'il suffise d'en 
rapporter un seul. Les évêques d'Orléans^ et d'Auxerre apnt refusé 
de payer l'amende à laquelle ils furent condamnés pour avoir, malgré 
leur convocation, £sdt défaut à une guerre déclarée et entreprise par 
Philippe- Auguste, ce roi, dit son historien, confisqua leurs régales, 
c'est-à-dire tout le temporel de leurs évéchés qu'ils tenaient de lui en 
fief; les laissant jouir en paix des dîmes et des autres revenus ecclé- 
siastiques, Rex eorum regalia confiscavit, scilicet ea tanium tempO' 
raUa quœ ah eo feodaliter ienehard; décimas et alia spiritualia 
eis in pace dimittens. (Bigardus, de gestis Phiïippi Augustiyad 
annum i209). 

(1) De là aussi rorigpine dea régaires, juridiction temporelle des évêques, parfois 
même des chapitres , sur les hoznmes et les terres compris dans les fleft annexés i 
UméglUet» ^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 102 — 

Tandis que Finvestiture du vassal laïc s'opérait par la remise , entre 
ses mains, d'un gazon, d'une poignée de terre , d'une canne ou d'une 
branche d'arbre, etc, pour marque de sa mise en possession de la terre 
qui constituait son fief, celle des évéques se faisait plus solennellement 
par la tradition de l'anneau et de la crosse, afin de témoigner à ce genre 
de vasseaux la vénération due à leur caractère sacré et d'indiquer la 
haute dignité à laquelle étaient unis les fiefs dont ils entraient en pos- 
sesTsion. A l'origine , rien de plus innocent que cette distinction respec- 
tueuse au profit des pontifes ; mais Tambitieuse vanité des princes en 
abusa dans la suite. Comme, d'une part, la cérémonie de l'investiture 
devait précéder celle du sacre, et que, de l'autre, des monarques peu 
scrupuleux, en pesant sur les élections épiscopales, disposaient ordi- 
nairement des prélatures , la croyance s'établit bientôt que les princes 
conféraient ainsi la dignité même et la puissance pontificale. On connaît, 
à cet égard, les tristes révélations de l'histoire. A la fin du xi« siècle, 
l'abus était parvenu à son comble : des rois et des empereurs vendaient 
littéralement les évéchés à des personnages indignes et scandaleux. 
Pour remédier à un si grand mal , Dieu donna alors à son Églis^e ua 
pontife d'une intelligence supérieure et d'une volonté inébranlable , à la 
hauteur de cette lourde mission, et qui devait payer de sa vie les réformes 
nécessaires* A peine assis sur le siège de Pierre, saint Grégoire VII 
condamna les investitures dans plusieurs conciles, et frappa d'excommu- 
nication aussi bien ceux qui les recevraient que ceux qui les donneraient. 
Une lutte acharnée éclata entre la papauté et les puissances séculières. 
Celles-ci eurent les empereurs Henri IV et Henri V pour principaux 
champions. La grande querelle des investitures, petit nom donné à un 
événement considérable, dura plus d'un demi-siècle et fut terminée, 
à l'avantage de l'Église, par Calixte II au concile général de Latran tenu 
en 1122. Il y fut réglé que l'investiture des fiefs imis aux évéchés ne se 
ferait plus par la crosse et l'anneau, mais seulement par le sceptre, 
symbole de la juridiction temporelle,, et que partout, l'Allemagne 
exceptée , cette cérémonie n'aurait lieu qu'après le sacre. 

Dès le commencement de la dispute, les rois de France se départirent 
de la tradition de la crosse et de l'anneau et réduisirent spontanément 
l'investiture au seul hommage, après la consécration, des^évêques dont 
les sièges possédaient des fiefs ou des régaires ; mais ils continuèrent, 
comme on l'a déjà vu, à saisir ces fiefs à chaque vacance et à en jouir 
jusqu'à ce que le nouveau prélat leur eût rendu hommage, et cela, 
même après que, pour les vasseaux laïcs, cette saisie eut été remplacée 
par le droit de rachat ou de relief. Quant aux autres évèques, ils se 
contentèrent d'en exiger le serment de fidélité. 

Malheureusement, ce que nos monarques abandonnaient ainsi d'une 
maiii, ils se hâtèrent de le reprendre de l'autre. Si, jusqu'ici, ils se 
bornèrent, pendant la vacance des sièges i à saisir les fiefs qui y étaient 



Digitized by VjOOQIC 



— 403 — 

annexés, c'est que la simonie ou le trafic honteux des prélatures leur 
fournissait le moyen de satisfaire leur cupidité. L'abandon de l'ancienne 
investiture ayant tari cette source , au moins en grande partie , ils en 
cherchèrent la compensation dans l'extension de la régale aux dîmes et 
autres revenus des évêchés sur lesquels s'exerçait ce droit. Dans cette 
nouvelle entreprise, ils furent à merveille secourus par deux privilèges 
déjà en leur possession : le droit de garde ou de patronage et le droit de 
dépouille. Réputés principaux fondateurs des cathédrales et protecteurs- 
nés du temporel ecclésiastique du royaume, ils s'arrogeaient, en vertu 
du premier de ces droits, la garde des biens des évêchés vacants , et en 
fsdsaient percevoir , par leurs officiers , les revenus qui devaient être re*- 
mis aux nouveaux évêques. Le droit de dépouille avait son origine et sa 
raison d'être dans l'ancienne coutume, introduite par les ecclésiastiques, 
de piller les maisons des évêques après leur mort , sous le prétexte que 
les biens non patrimoniaux des prélats, acquis de l'autel et du ministère 
sacré, devaient, selon les canons, demeurer à l'Église. Les laïcs ne 
tardèrent pas à se mettre de la partie, et, malgré les condamnations des 
Papes et des conciles, ce désordre, devenu universel au ix^ et au 
i« siècle , durait encore au xii^. Par suite de leur droit de garde , les 
rois, qui avaient ainôi la main dans le sac, devaient naturellement 
s'adjuger la meilleure part. Pour s'assurer le tout, ils confondirent 
bientôt dépouilles , dîmes et autres fruits du temporel avec les revenus 
des fiefs annexés aux évêchés et se les approprièrent, en vertu de leur 
droit régalien, quitte à se départir plus tard de leurs prétentions sur 
les meubles des évêques décédés. 

Conmie un abîme en appelle un autre, une fois lancé de cette voie 
des usurpations, il n'était pas facile de limiter les appétits. C'est 
pourquoi la collation des bénéfices fut, pour les besoins de la cause et 
préparer de nouveaux envahissements, assimilée aux fruits des évêchés, 
et, dès 1190, le testament de Philippe- Auguste partant pour son voyage 
d'Outre-Mer, vient nous révéler que nos monarques s'étaient déjà 
arrogé la disposition, pendant la vacance, des canonicats et des béné- 
fices simples des évêchés sujets à la régale. Au commencement du xni^ 
siècle, cette usurpation exorbitante était érigée en privilège tellement 
incontesté, qu'Innocent IH, lui-même, révoqua, en 1210, les provisions 
délivrées par lui pour une prébende de la cathédrale de Laon, parce 
que, en vertu de son droit de régale, le susdit roi avî\it conféré ce 
canonicàt à un de ses chapelains. Louis IX, lui aussi, tout saint et 
soumis à l'élise qu'il était, ne se faisait pas scrupule de donner ces 
bénéfices, pendant la vacance des sièges épiscopaux, comme nous 
l'apprennent ses lettres et son biographe. Il faut néanmoins remarquer 
que, pendant longtemps, ces princes se contentaient de présenter ces 
bénéfices aux collateurs ecclésiastiques, et qu'aux derniers siècles seule- 
ment^ ils 86 mirent & les conférer* Us allèrent même jusqu'à s'attribuer, 



Drgitized by 



Google 



- 404 — 

en cette matière , une autorité et des droits inconnus aux êvéqoes et 
qu^ls refusaient au Souverain Pontife. Dans l'ÉgKse, le roi très-cbrétien 
occupsdt, sans doute à titre de fils aîné, une place supérieure à celle 
de son père, le Vicaire de Jésus-Christ. 

Ainâî qu'on Ta dû remarquer , conformément à son origine, la régale 
ne fut point d'abord universelle et n'embrassait point tous les diocèses. 
A l'appui de cette abservation, on peut citer une ordonnance rdyale des 
premières années du xiv® siècle et qui renferme , en conformité avec 
le 42« canon du concile général tenu à Lyon en 4274, un dénombre- 
ment des églises du. royaume sujettes et des églises non sujettes à la ré- 
gale (1). Cette dernière classe était encore, à cette époque , relativement 
nombreuse. Ce fut seulement vers la fin du xvi*' siècle qu'on se prit à 
vouloir étendre la régale partout, parce que, disait-on, — argument 
invincibte — comme la couronne est ronde, ce droit, qui en était un 
des plus beaux fleurons , devait être général et uniforme dant tout le 
royaume ! Provoquée surtout par les chanoines de h Sainte-Chapelle de 
Paris, auxquels les rois, à partir de Charles VII, inclusivement, se 
mirent à affecter les revenus delà régale, et auxquels, par un édit^ 
février 1565 , Charles IX les concéda à perpétuité , cette nouvelle usur- 
pation rencontra de vives résistances de la part du clergé et mit un 
temps notable à s'imposer. Il fallut, pour consommer ce dernier attentat, 
l'absolutisme de Louis XIV , le grand escamoteur des droits d'autmir 
n brisa Topposition et, par sa déclaration de févri^ 1673, rendit uni- 
versel ce dreit^ légitime à l'origine et portant depisds des siècles le nom 
fort juste de prâvilège (2). 

Gonmie on le voit, j'avais le projet de montrer que la régalé aivait une 
origine purement féodale ^ n'eml^rassait d'abérd que les reveaus, pendant 
la vacance, des fiefs annexés aux évêcbés ; que ce fut, par une série 
ininterrompue d'usurpations malheureuses et iniqueS;, qu'elle occasioama 
la triste querelle des investitures et parvînt à l'état exorbitant^oà nous 
Favpns laissée, comprenant tous. les revenus de tous les évècltfès du 
royaume et même la collation des prébendes canomales et ées Mn^ificcs 
sans charge d'âmes^ Mais, lorsque/ avant de mettre la deimière main 
à la réalisation de ce projet, je voulus compléter mes recherches, j'eus 

(4) Ge concile avait fonnellemdnt défendu dlntrodaim la régale dans IfS églises 
iusque-^là exemptes. 

(2) Seuls, les évoques d'Aleth et de Piamiepifr eurent le courage de résister à rusur- 
pation. Condamna par leurs métropolitains respeetifa^, ils en appelèrent au :3^ut- 
Siége et trouvèrent un intrépide défenseur dans le Souverain Pontife Innocent XI 
La lutte s'engagea alors entre ce Pape et le roi. Pour la seconde fois , là régale de- 
venait un brandon de discorde entre les autorités spirituelle et temporelle. Cette 
nouvelle ^ttersZle provoqua la réunion de l'Assemblée de i683 é^^ pat^fifuitô, laf^ 
meuse déêkufation^y «pii^ bieat que feap^ i mort par. le denuftr owifùJadu Vfttieani 
«etenUt #noord si middiMM>VKtffefisais«^ 



Digitized by 



Google 



— 405 - 

h bonne fortune de rencontrer, parmi les anci<?ns et prédeux livres de 
la bibliothèque publique, un traité général de là régale, fait ^e main 
de maître par lévèque de Pamiers, et publié, eu 1681 , pour défendre 
les droits des églises exemples contre l'extension de ce droit régalien à 
tous les diocèses du royaume (1). A cette découverte, mes prétentions 
s*évanouirent et ma thèse s*est réduite au\ proportions d'une note. 



FOUILLES 

DU 

DOLMEN TUMULAIRE DE CRUGOD 

GoDDruie de Ploran (Fioistère) 
Pttr WM. DU Cxàteluer père, du Cbatelubr fils , «i D' us GLOflKAOïoc, 

SK JUILLET 1870. 



Le tumulus de Crugou est situé près du Tillage du même nom, dans 
1^ commune de Plovan, en face et sur le bord de la grande haie 
d'Audierne. 

Ce tumulus, en terre, a environ 45 mètres de diamètre et 4 mitres 
de hauteur; il recouvre un dolmen à galerie. 

Le dolmen est représenté par une chambre et une allée composées 
de 21 supports et de 6 tables. (Voir la planche N<» L) 

La plus grande largeur de la chambre est de 2^,80; celle de la ga- 
lerie est de 1",70, 

Longueur totale , dans œuvre , = iS^^ySO. 

Orientation : N.-S. (rentrée du monument dirigée un peu au sud-est). 

 rentrée de la chambre , on remarque deux suppôts médians qui 
semblent destinés à soutenir la deuxième table, qui était fracturée. 

Fouilles et découvertes, — La chambre et la galerie étaient littérale^ 
ment remplies et comme bourrées de terre jusqu'au plafond, drcous- 
tance qui a rendu la fouille très-laborieuse ejt très-longue. 

Les objets trouvés à l'intérieur sont : 

lo Des chai bons répandus un peu partout ; 

2« Des silex pyromaqués j 

3^ Un lit de cailloux roulés dar^ la chambre ; 
' ■ • • • ■ ■ ■ p ■ ' - t . '' ... ■■ ' . . t p j 

(1> tle*. évêque de Pamiers, qui fît opposition et comppsa un ouvrage pour justifier 
sa eondtiitfr ^ défendre les intérêts de TÉg Use , étak Mv François^tienite de €ftalet, 

- 8 



Digitized by VjOOQIC 



— 106 — 

iP Une quantité considérale de fragments de poteries appartenant 
à des vases de forme et de pâte diverses. 

&» Pfusieurs vases callciformes et autres (dont nous donnons le 
dessin dans les plaaches II et III). 

&* Un ceUœ en diorite, de petite dimension. 

La plupart des débris de céramique et les vases entiers étaient dé- 
posés à terre dans toute la lon$;ueur de la galerie. 

Aucun fragment d'ossement n*a pu être découvert. 

Explication des planches. 

Planche I. — Coupe et plan Su monument. 

Planche IL — Les trois urnes, 1, 2, 3, sont frostes et trës-grûs- 
Bières, d'une pâte -épaisse et parsemée de mica. 

Le vase 2 est orné de boutons en relief. 

Le vase 4 est de couleur rougeàtre et très-beau de forme. 

Planche III. — Quatre vases caliciformes, en terre compacte, à enduit 
externe rouge. 

Les No* 1 et 3 sont décorés de lignes horizontales représentant assez 
bien Timpression qu'on obtiendrait au moyen d'une ficelle fine. 

Planche IV. — Fragments divers de poteries ornementées. 



DOLl^JBISr DU COXJEDIC 

(LOCKMIKEL-BÂDEN). 
FOUILLES PAR M. JOHN HARNEY. — 1876. 
(Compté-rendu par M. le D' de Closmadeuc.) ^ 

Messieurs , 

Les fouilles et les découvertes faites dans nos monuments mégalitiques 
du Morbihan, lorsqu'elles sont de date récente, ont pour nous un tel 
intérêt d'actualité que, chaque fois que l'occasion se présente, la Société 
a pris l'habitude d'accueillir les communications, séance tenante, sans 
passer par la filière de V Ordre du jour imprimé. 

C'est par cette considération que je me suis permis de demander 
la parole à notre Président, qui me l'a accordée. . 

Dans un travail encore inédit, que j'intitulerai : Antiquités du golfe 
du Morbihan, j'ai consigné le résultat de recherches poursuivies 
depuis une quinzaine d'années , relevant et étudiant avec soin tous les 
monuments ou débris de monuments celtiques des îles et des presqu'Ues 



Digitized by VjOOQIC 






K 



rAh i: 



QJ5 

•r— 1 

te; 



CD 
Q 



o 











1? ^ 



pi: 
• :0 










Digitized by 



Google 



Digitized by VjOOQIC 



si 



'S 



o 
ce: 





C_;. 



U4 





.<5 






Digitized by 



Google 




^ 



€ 



Digitized by VjOOQIC 






Digitized by 



Goosle 



Digitized by VjOOQIC 






CD 
'CL? 








ÎB 



Ç_3 



s: 





Digitized by 



Google 



Digitized by VjOOQIC 






t-H 



Ci 



b*-4 








«o 
?: 






Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 



— 107 ~ 

de TarcMpel morbihannais. — J'avais depuis longtemps signalé dans 
mes notes un groupe de dolmens, non inscrits sur nos catalogues , 
situés sur la presqu'île du Couêdic, dépendant de Lockmikel-Badeny 
non loin de Gavr'inis. — Je me rappelle y avoir mené un jour mes deux 
regrettés collègues, MM. Taslé père et Àrrondeau. 

Ces dolmens, je me proposais d'y faire des fouilles, et le propriétaire, 
un brave cultivateur nommé Jacob, m'attendait à chaque retour de la 
belle saison , pour cette opération. 

Ces jours derniers , en visitant un malade à Lockmikel , j'appris que 
les dolmens du Couêdic venaient d'être fouillés. Je. me rendis sur 
les lieux, je conslatai effectivement que deux dolmens avaient été 
déblayés intérieurement. Le père Jacob m'explujua que, ne me voyaht 
pas venir, il avait fnii par permettre à un Anglais, demeurant dans le 
voisinage. 

J'écrivis immédiatement à Theureux chercheur, qui m'avait devancé, 
M. John Harney, et je lui demandais d'avoir l'obligeance de me faire 
part des résultats qu'il avail obtenus. — Avec tine amabilité charmante, 
M. John Harney s'empressa de me satisfaire, et me lit l'honneur d'une 
visite.— C'est à cet empressement et à cette gracieuseté que je dois 
de pouvoir aujourd'hui, comme je l'ai fait souvent, dresser le procès- 
verbal authentique, d'une fouille de dolmen, qui ne sera pas perdu 
pour la science. 

DESCRIPTION. 

Le dolmen, fouillé par M. John Harney, est un dolmen à galerie, 
assez semblable extérieurement aux noipbreux monuments »du même 
genre, qui sont répandus sur nos iles et sur nos presqu'ifes du {^olfe, 
émerjçeant d'un tumulus à demi-dvHruit, et portant la trace de profa- 
nations anciennes.. — Je mets sous vos yeux le plan du monuitient. 

La galerie ou allée, formée de 12 ou 13 menhirs restés debout, n'est 
plus recouverte que par deux tables. Longue d'environ 5'»,22, et d'une 
largeur à l'entrée de 4^,10, l'allée* se rétrécit en approchant de la 
chambre, de façon à ne plus représenter qu'une étroite (issure. 

La chambre, à peu près carrée, a 3'»,47 dans un sens et 3"',66 dans 
l'antre ; elle est formée par 18 supports. — Les tables de recouvrement 
ont disparu. Au fond de la chambre on remarque une sorte de sous- 
crypte, composée de supports placés circulairement, de façon à circons- 
crire une cavité demi-circulaire. 

Dans son ensemble, le monument est orienté du N.-O. au S.-E., 
c'est-à-dire que l'ouverture de la crypte regarde le S.-E., ou, si vous 
l'aimez mieux, le soleil levant. C'est la règle qui préside à l'orientation 
des tombeaux dits celtiques. 

Passons maintenant aux découvertes. — La crypte était remplie de terre 
et de pierrailles, parmi lesquelles on distinguait des couches de terreau 



Digitized by VjOOQIC 



— 408- 

nmràtre et beaucoup de charbon, et des tessons de poteries i|m<^pmnfité 
considérable, analogues à celles qu'on découvre had)itueliemeitt sous 
les dolmens. 

D'après les renseignements qui m'ont été donnés par H. Hamey et 
par Jaeoby Ie$ grandes pierres plates que'j^ tues sur (^}ieuk ser^taient 
de dallage à la chambre. 

Une de ces dalles, conservée par M» flamey, et gu'il offre à la Société 
polymathique, est chargée de sculptures en creux. — Elle était posée 
dans là chambre, à droite. 

Les fragments de silex , les dent couteaux: en silex et la pendeloque 
en pierre rougé, trouvés dans la crypte, au point indiqué par le plan, 
^nt malheureusement, en route pour l'Amérique., à Tadres^e .d$- la 
Société histarique du Missouri. — M. Hamey nqi'en a laissé un c^quû 
au crayon. .7 

Yoici la petite urne en terre cuite, recueillie dans la galerie. Elle est 
extrêmement curieuse. Ses dimensions ne dépassent guère celles d'une 
coque de noix. — Faite à la main, n'ayant qu'une seule anse perforée^^ 
elle porte intérieurement les empreintes très-distinctes des doigts qvà 
l'ont façonnée. — L'anthropologiste peut par là s'assurer que rextrémite 
digitale du potier n'est pas plus volumineuse que celle des races 
modernes. 

La pierre sculptée que vous avez sous les yeux, est certainement U 
pièce la plus curieuse de la découverte. — Comme ia plupart des signes 
gravés des dolmens, les signes gravés sur celle-ci échappent à toute 
interprétation. La dalle de granit à conservé ses bords irréguliers, et 
ses surfaces naturelles. Les gr|ivures commencent au bord de la pierre 
et semblent s'effacer, à mesure qu'on avance vers lé milieu*. Aucune 
règle; aucune symétrie; aucune figure ayant un rapport quelconque 
avec des êtres ou des «dijets connus. Des lignes droites en majoritô se 
coupant inégalement , combinées avec quelques lignes courbes* «^ Gomme 
effet, si on voulait ti*ouver quelque chose qui approche de ce mystérieuic 
hiéroglyphe, il faudrait l'aller chercher sur un des supports du dolmen 
de I^^aval (en Gamac), fouillé par M. René Galles et par moi, aux ihiis 
de la Société, en 1866. — Il n'y a rien là qui puisse excuser la moindre 
conjecturé; et cependant, la vue de celte lîguré gravée produit une 
impression étrange. — C'est l'œuvre d'un être huihaiii , mais lequdi ? 
— ' C'est l'expression naïve d'une pensée religieuse sans doute , éb^ 
laquelle? A quelle page de chronologia lointaine ces signes corres- 
pondent-ils î — Nous l'ignorons. 

Quoi qu'il en soit, Meissieurs, je termine en vous, proposant d^aeeep^ 
le don que M. John Hamey veut bienuvDusiûre del^t<f«t "et deHl 
pierre sGi^^tée^ et iiccordez*lui en ret^ivr 1«9 «wieraeililffitâ ^Ift'il 



Digitized by VjOO^IC 



— 1» — 



LES INSTRUMENTS DE BRONZE 

DE KERHAR, EN GDIDEL. . 
(Par M. Tabbé Euzenot.) 

Une nouvelle découverte d'instruments de bronze vient d'être feite 
à GnideL Le long de la route du Fort-BIoqué , et à 300 mètres ouest du 
villag^çde Kerhar, s'élend un bois taillis dont on défonce une partie. 
Le 8 juin, les ouvriers, en arrachant un vieux tronc d'arbre, ont ren- 
contré., sous ses racines et à une profondeur de 0«»,4Ô, une cavité, de 
forme presque circulaire, creusée dans le sol. Appelé pour examiner ce 
qu'elle contenait , j'ai constaté que , sans aucune trace de poteries hî 
d'ossements, elle renfermait un grand nombre d'objets de bronze 
enfouis pêle-mêle. En voici la liste : 

Troia pointes delaqiçes^ àdouille, longues de 0™^15, 0m,13, 0«»,42. 
ta plus grande est bien conservée ; sa douille garde encore de petites 
plaques de métal destinées à consolider la hampe. La seconde est en 
bon élat, sauf une légère cassure à la pointe. La dernière est plus 
détériorée. 

Un fragment de pointe de lance, à douille aplatie. 

Trois fragments de pointes de flèches ou de javelots , l'un à douille. 

Uae faaobe, longue de plus deOi°,ll; à ailerons et 4 anse. ^ 

Une petite hache à tige , longue de O'OjOS environ. • 

Plusieurs débris de haches ou d'instruments similaires. 

Cinq fragments d'une^épée, à deux rainures sur chaque face. 

Quelques morceaux d'un petit poignard. 

Six petits agneaux, figurant des bagues; les uns complètement 
fermés, les autres composés d'une tige à extrémités rjipproçhées. 
■ Un tout petit ann^u > formé d'une mince tige enroulée sur elle?méme. 
-IM nombre considérable de fragments d'anneaux, à^un grasd' 
développement, provenant peut-être de bracelets, les uns formée d'une, 
tififf. eyikidraqoa vtmq , d^trfe* d'une tige ornée de ftpires ôu de torsades , 
futi^u|ii8-%in9 à surface intérieure plate et à dos anaeiô. 

I^ois .Dbjets, 4ç[ui îd(»vient ètr« des épingle» à eâ0vell3^. iM pélfi^^ 
sont brisées. Longueur : 0«n,045, 0«,040 , 0»,O38. Les tètes éont|)îates^ 
et sont suivies, sur deux des pièces, d'un petit renflement, et,€ur 



Digitized by VjOOQIC 



— MO — 

l'autre ) de deux renflements un peu espacés et séparés par une 
gorge. 

Une tête large et plate , d'épingle probablement. 

Vingt petits grains, percés d'un trou cylindrique d'un diamètre moyen 
de 0", 0Ô6; ces objets proviennent d'un* collier ou d'un bracelet. Dans 
un de ces annelets est encore engagé un fragment de tige à courbure 
sensible. Un de ces grains est brisé. 

Un lourd morceau d'une sorte de disque, semblable à l'objet trouvé 
à Kergal, mais bien moins considérable. Un clou triangulaire est 
enfoncé dans la masse et rappelle peut-être le manche placé perpen- 
diculairement à la surface. 

Des fragments de vases, ornés de moulures régulières, quelques-uns 
d'une grande épaisseur. 

Une large plaque mince, repliée sur elle-même, provenant^ siiivant 
toute apparence, d'un vase de forte dimension. 

Une quantité considérable d'objets conservés ou de débris, de fofme 
cylindrique ou. conique, ou à calotte hémisphérique, ou portant des 
cercles concentriques en relief, etc. ; d'autres pièces , dpnt la description 
est rendue impossible par 1 état fragmentaire où elles sont réduites ou 
par Tétrange disposition de leurs parties. 

Je destine ces objets, comme les autres trouvés à Kergal, au Musée 
archéologique. 



lES INSTRUMENTS D£ BBONZ£ 

DE KERGAL, EN 6UIDEL. 
(Par M. Tabbé Euzenot.) 

Des travaux de défrichement, commencés dans un champ situé un peu 
au sud de Kergal, ont amené, le 17 mai, la découverte de nombreux 
instruments de bronze. Le terrain où ces objets ont été rencontrés 
n'avait évidemment jamais été mis en culture ; le col , sans tertre ni 
pierre saillante, était complètement uni. Des fragments de poterie, 
trouvés à une profondeur de 0«,30 , ont appelé l'attention des ouvriers. 
Ces débris provenaient d'un vase réduit en poussière dans sa majeure 
partie. Les objets que l'urne avait contenus ont été recueillis avec 
soin: 



Digitized by VjOOQIC 



^ 411 - 

Un fort morceau d'une sorte de disque, pesant environ 1600 grammes. 
Une douzaine de fragments d'épées , portant , sur chaque face, les uns 
une seule , les autres une double rainure des deux côtés de la crête 
médiane. 

Trois pointes de lances à douille. Deux de ces pointes ont à peu près 
la même longueur, environ 0«>,12 ; la douille de l'une d'elles est légè- 
rement brisée. La troisième n'a que 0a»,09 ; la douille a été violemment 
déprimée. 

Deux fragments de pointes de lances brisées à chaque extrémité. 

Deux morceaux de pointes de flèches presque triangulaires. 

Deux haches à ailerons repliés de chaque côté de la lame , de manière 
à constituer une sorte de douille à deux compartiments. Chacui^e d'elles 
est munie d'une anse. Elles sont longues de O^jlS à Oo»,14. 

Un grand nombre de fragments, tètes, ailerons, de haches. 

Un poignard long de plus de 0'»,46. Les ouvriers se sont malheu- 
reusement permis d'en aiguiser les bords. 

Une calotte hémisphérique , ayant O^fii de diamètre. 

Un anneau. 

Plusieurs anneaux dépliés ou fragmentés. 

Des débris d'un vase à parois très minces. Une partie du rebord 
supérieur est conservée. D'autres débris appartenant peut-être à un vase 
différent à parois plus épaisses. De petites plaques sont ornées de lignes 
parallèles, ondulées. 

Un clou, à chapeau large et arrondi. * 

Quelques pièces d'instruments d'un usage indéterminé. 

Je destine ces objets au Musée archéologique. L^envoi en sera fait 
lossgue les travaux de Kergal seront terminés. 



Digitized by VjOOQIC 



elo LES MUSÉES ARCHÉOLOGIOUES 

1» WâWfES, ANGBÏIS, TOtRS, ^mBttS, BORDEAUX, ITÎORT 

£i.".; - cojiPABÊS A ŒLtfi DE Vannes, 

à; ^__ ^ •'•, ,-.'■...: ... ■'■ '■ ... ' ^ ( 



... HMHISÈXfM^^ 

Lorsqu'on s'éloigne du pays qu'on habite,' on ne l'ooblia pas peur ' 
c^. L!iinQg^:4f laipatrie aJbsent^t vous accompagne ; ei c^ei^ comiiie 
une nécessité^ le long de la route , de rechercher, dans tout ce qu'oa 
r^contrOf des siQ^ts ou dfis prétextes qui tous ramènent au point àd 
départ, et fixent les souveïiirs par dea comparaisons toujours instruc-. 
tives , et souvent pleines d'attraits* 

;Dan8 l^xcilrsion que je v^ens dé faire dans l'Ouest de la France, 
de Vannes 1 Bordeaux, je .n'ai pas perdu de vue la Bretagne. i^Al pensé 
à)i.ofare.pe^te Société polynfiathîque ; et je m'étais prontis de recueillir, 
chemin faisant, une ample moisson d'observations pouvant avoir du 
rapftort avec nps Ixaraux communs, et ^vec rinventoire de notre Musée 
arehéidilogicpie* # 

En faisant , devant vous , une^ rexTie , nécessairement rapide , des 
musées du même genre, que j'ai visités, j'espère vous intéresser ; en 
tout cas, ^ je veux vous donner Toccasion de voir ce que nous piouvons 
eâviéf à èhacutt d'eux, et ce «(u'ils nous envient à leur tour. 

'' • ' NANTES. . 

J^ nç dirai rien du Musée archéologique de Kantes, installé dans la 
cl^.elle d^ l'prî^ipifis > c>st:encore la Ôrgtagçe. .Le plus grand nom^rç 
de vous ie connaissent. Il n'est pas riche, si on le compare à celui d(^. 
Y|pne^j^[^i^;n^ Tes^ 9d^d?v^l)^&^9 ;^i R^:^!^ met eii[p^rail^j|i[^ieft-.^u^ 
do^y ê^lip ycw$ ç^^ - -■■' • ^ --.::: 



Digitized by VjOOQIC 



— M» - 

^ ^ ANGERS. 

Commençons par Angers* 

Le Muièè aifclfépV)g^t<d d'Angers 0t bien; antremie&t imp0rtHttt ({oe 
tpelni de Nantes. J'ai eu le plaisir d*y passer, à deux reprises, de longues 
b^0^^ la ptdAûère fois, yélais aooompagaé du eafaiit CoBflnrvMittr ,. 
rf. Oodàrd-Paultrier* 

Lorsqu'on entre dans ce Musée, on esf d'abord firappé de ht bemté 
du looâl, qui était affecté autrefois à randen hospice Saint* Je», fondé 
sous le règne d'Henri II Plantagenet. 

Cette grande salie, divisée en iroMi »^ par dttKC rangées de eoloimes, 
d'une légèreté incroyable, sopportant des voûtes élancées, etl sufûsam^ 
ment êdairée par de larges baies en plein^cintre. 

Les vitrines sont en grand nonibre^ bien espacAesi et d'un examen 
ftdle. 

Vdd d'abord les viMnes i^nfermant les olçets préhi^riqcM pro* 
tenant des cavernes : des brèches osseuses, des ritex édeMs m taiHés, 
des instruments en os, deux ou trois haches en silex , dans legeiure 
de éeUeft d'Abbefille< 

iGelle série des eavernes:, nous la retroutenms dans toutas les 
c(dtedÂons. 

A oMè, ce «ont des croquis à Taquareile, très bien ^xéeolés, de 
dol^jtens et de menhirs du pays d'Anjou. Ces monuments, quant à 
l'aspect extérieur, n'ont rien qui diffère des »ôU*es* 

Voici une deuxième vitrine qui est remplie en partie de haches cai 
pierre ji de provenances très^diverses ; de belles iames de siiev jaune, 
désignées sous lé nom de couteaux; quelques tètes de flèche éseknaent 
en silex» 

fieim haches attirent mon attention. Elles ont la forme qui lew a ûût 
donner le nom de céUe^-nturtêau. Je lis sur l'étiquette de Vvax d'eux 

qu'il provient dtt(ioim«)trfuJBou^n(D«ux-S^res>- ' ^ ' 

J'admire, en passant, un fort beau celtœ^ de 17 à Ift centimètres 
de longueur, qui me raj^Ue un de nos celtai de Tamiao ou du Mont-» 
Saint-Michel. L'étiquette le dit en serpentim. Je suis porté ii croire 
plutôt que c'est de la jadéite. 

Une autre petite hache ^n pierre est percée d'un trou vert la pointe. 
Elle doit être en chloromélanite. 

Là se bornent les antiquités de date antérieure à l'époque romaine. 
ComfSri^ «ns8mb1>e, il n'y a rien qui approche de nos richesses archéo- 
logiipfiss du Morbihan. If. Godard^Faultrier le reoomiait de fort bonne 
grÂcev * 

<!t«Ms «ncore v»n b^ asserâment d'olijèts curieux fecueitiis dans les 
anciennes sépultoree msfxieaioes : des «onteaèx tft dw liâtes "tfï flèche 



Digitized by VjOOQIC 



— i«4 — 

en <d)8idienne; des colHers et des bracelets en pierre de couleur ; des 
fusaioles en terre cuite ; jusqu'à un celtas américain , parfadtemetit 
'. semblable aux nôtres» 

En revanche, il faut s'arrêter et s'arrêter longtemps devant les vitrines 
de Tépoque gallo-romaine. Quelle profusion, de monuments lapidaires I 
des tambours de colonne, des chapiteaux, des frises élégantes, des cor- 
niches, des statues mutilées, des bas-reliefs, des briques ornementées, 
des tuyaux et des piliers d'hypoca^ste. Je remarque des stèles funéraires 
c avec des inscriptions , et la formule consacrée D. M. dis Manihus, aux 
dieux Mânes. Je remarque en même temps qu'aucun de ces tombeaux 
ne porte la Cgure de VAscia. 

Plusieurs sarcophages en plomb, provenant des cimetières gallo- 
- romains de la vieille cité des Andes, sont placés à terre. En voici un 
dont M. Godard-Faul trier soulève la couverture. C'est la tombe d'une 
jeune fille. Son squelette, réduit presque en poussière, est là, étendu, 
ayant à ses côtés et autour de lui les bracelets, les anneaux, les épingles, 
le peigne, les bijoux et les parures de la njorte, de même qu'un très- 
grand nombre de vases fins , en terre et en verre, auxquels l'archéologie 
a donné le nom de fioles à parfum ou de fioles lacrymatoires. 

Un autre cercueil , en plomb également , porte sur son couvercle une 
figure en croix, que M. Godard a essayé de faire considérer comme le 
chrysma des derniers temps de la période gallo-romaine (1). Le squelette 
avait dans la main droite une monnaie en bronze de Constantin. 

Une fois en train de visiter les antiquités romaines et gallo-romaines 
du Musée d'Angers, on en a pour des heures , et ces heures s'écoulent 
vite. . 

Encore une vitrine contenant, entre autres objets, des va«es de tonte 
forme et de nombreuses poteries rouges, dites Samiennes, d'une déli- 
catesse exquise, rehaussées de décorations en relief, d'une variété 
infime ; des enroulements de feuillage, des scènes de la vie champêtre, 
des épisodes de chasse ou do guerre, des représentations de soldats et 
de gladiateurs, dans des poses diverses ; une foule de sujets empruntés 
à la mythologie. 

- Sur le fond de beaucoup de ces vases samiens, je lis distinctement 
la marque des poteries : « OF. SEVERIANI — OF. CALVI — OF. 
BELIONI — OF. CACASI. — Atelier, de Severianus — de Calvus — ' 
de Belionus, etc. 

Sous une antre vitrine , encore des produits de l'industrie céramique 
romaine : un grand nombre de vases, de galbe et de dimension vi^riée. 

A côté , voici deç pesons en terre cuite , que nous avions vu désigner 
fiàrtout sous le nom de pesons ûe métier. M. Godard-Faultrier suppose 
que ce sont des contre-poids de balances romaines. 

: - v ^)4Utt*:uii mémoire ia au Congrès archéologique d^.Fr^use, 38» sessioii«^-r ^1872. 



Digitized by 



Google 



Pins loin , toujours avec des poteries gallo-romaines , je distingue iles 
fragments de mosaïque colorée et des stucs ornés de peintures murales, 
telles que nous en avons rencontrées dans les fouilles dé villas 
armoricaines. 

Je mentionne seulement les objets en bronze de la même époque: 
fibules, boucles, épingles, bagues et parures, etc. 

Voici deux petites statuettes en pâte blanche, représentant la Vénus 
maritime toute nue, -le bras droit relevé et la main dans les cheveux; 
le même type qui est si commun dans le Morbihan, et dont nous avcms 
plusieurs spécimens dans notre Musée. ^ 

Encore des bracelets, des fibules, des outils en bronze, des lampes 
en terre rouge , des fioles lacrymatoires. Il y en a sous toutes les vitrines; 

Il faut admirer deux lampes à la main, en bronze recouvert d'une 
belle patine verte, ornées d'un croissant, trouvées en creusant lés fon- ' 
dations de la gare d'Angers. 

M. Godard a eu Theureuse fortune de découvrir et de fouiller, sur 
une de ses propriétés, un vaste établissement gallo-romain (Les 
Chatelliers). . 

Des vitrines à part sont consacrées aux objets qui en proviennent. 
Des croquis, parfaitement exécutés pnr M. Godard fils, sont fixés au- 
dessus des vitrines. Nous retrouvons ici les piliers d'hypocauste, les 
tuyaux de chaleur, en brique ; les tuyaux de plomb ; des peintures murales 
à bandes bleues , noires , rouges, jaunes, etc.; des vases sigillés, avec 
restampille du fabricant : METTI. M.— PATERNUS FEcit (de la main 
de Mettus.^— Fait par Palernus) ; un fragment de peigne en bronze, de 
très-jolies fibules, un compas en for oxydé, deux statuettes en bronze, 
représentant un gladiateur et un joueur de disque, des poteries en 
marbre, etc. Au milieu de cette multitude d'antiquités gallo-romaiiVes, 
je remarque beaucoup de petits palets ronds et de boules rouges, en 
terre cuite, qui servaient sans doute aux jeux d'enfants. 

Parlerai-je maintenant des antiquités plus rapprochées de nous? 
L'époque mérovingienne, le moyen -âge, la renaissance sont représentés 
au Musée d'Angers. M. Godard me montre trois pierres tumulaires en 
ardoise, avec inscription du ix® siècle, de magnifiques crosses du 
xni« siècle, provenant de Fonlevrault, des médailles de toutes les 
époques; enfin le fameux vase en porphyre, ditvase.de Cana, orné de 
deux masques humains à longue barbe, remontant à Tépoqu^cdes 
Seleucides, suivant M. Le Normant, don fait par le roi René à la 
cathédrale d'Angers. .:: 

Il y a en outre un grand nombre de vieux meubles sculptéç, ^bahuts, 
dressoirs, credences^ armoires à vantaux', coffrets. rares , dignes de 
figurer au Musée de Cluny. 

-M; G.-Godar^ me fait remarquer un panneau en chêne sculpté, ^ont 
le sajei est, suivmit lui , la revanche de la t^taj^; c!esti!anâj|faË;fh de la 
danse Macabre. 



Digitized by VjOOQIC 



tk iftivi, sens laftiniied*ttft sqMette, amé» de a &iilx, est an 
lailÛHlS à0 ohaque côté et tou^ autour, «lie foule de persosnagee, 
gnuida et petits, sont armés d'un arc tendu et visent la mort , à laqu^ta 
ils décochent ^ne flèche. Voki un pape coiffé de sa tiare , un empereur 
eonkiMè en «Me, ùa guerrier bardé de fer, des magistrats en robe , àei 
moines à capuchons , des femmes , jusqu'à des en&nts , qui s*acbarn6ût 
contre le spectre* 

Ce patmeau (gM extrêmement curieux, d'un travail vigoureux et ori- 
giosK II ti*a pas son pareS^ en Europe , me dit mon cicérone. 

Le jour baisse ; il faut partir. On tâche de caser dans sa mémoire tout 
ce qu*on a vu ; quoique bien des détails vous aient échappé, on n'oublie 
plus !e Musée archéologique d'Angers ni son vénérable et savant conser* 
viitèur, H. €odard'^raultrier, auquel est confiée la garde de tous ces 
trésors , et qui vous les rnootre avec tant d'amabilité. 



TOURS. 

Après TAnjou, la Tourainlù D'Angers passons à Tours. 

Le musée archéologique est situé dans le même bâtinienf qni ten- 
fermé Iw gaferies des tableaux et ^*hî$toirt naturelle, — sur lé quai; 
-t^Mtiitoent qui fait pendant avec rhôtel-de- ville. 
■'L'àrchéolbgie antéhistoriqtie est représenléç par un nombre reslreiak 
d^objets provenant des cavernes oèsifères,. et par une quarantaine de 
haches en pierre de médiocre valeur. — Un celto^-rnarteou^le seuld^ 
la collection , me parait être eh chloromélanite, 
^^"Cne grande vitrine renferme une très-belle collection de vases 
étrusques ; -— plus loin, une colleclion de potericfs gallo-romaines^, un, 
cert^ûn nombre d'urne^ funéraires en terre et en verre, r<?mplie^ d'osse- 
ments ; — des iSbules, des stylets, des cuillères à encens, en broni^ ; — ^ 
des lampes, des perles émaillées; — un certain nombre de stat^tt^ 
en terre dé pipe : la Vénus Anadyomène, la Junon-Lucine, des figurea 
d,'oi8eaux; — des pieds ex-voto en terre cuite;, autant didole* eu 
iTol^els religieux, qui témoignent de la dévotion des gaUo*romai^< 
Citons aussi un très-curijaux assortiment de fioles lacrygiatoire^ en 
Verre irrisé. -— Ici s*arrêtent les observations que je voulais vous joé- 
seûter sur les coUecdons archéologiques de Tours., 

Il n'entre pas dans mon cadre de vous parler du musée de ta^ks^jx, 
qui est 'remarquable ; -^ et du musée d'histoire naturelle , prcs^que, 
aussi riche. et^ussi bien ordonné que cel\}i d'Angws» 
: Ç'est^dans cette galerie d'histoire nainn^le qu'^aTsitaxjpssés, «sus 
uiàe^li^^ 4es, instnimi^Us de physique iiui oat strri i lean-^Jacfuar 
Bottssean. 



Digitized by VjOOQIC 



POITIERS. '^ 

Biea que je sois i*esté k Poitiers s^sez deJamps ptm râtttdr k:vUl# ei 
les monuments, je n'ai pu voir les collecUan^s Â'archéoloi^, Vaiumvid:^ 
bôtel-d^-viile s'achièvç en ce moau^t Los objets duiftiiaée venaieat d'y:: 
être transportés et n'étaient pas encore déballés. {.•::: 

Je me suis .dédomagé en visitant plusieurs iî^s l^^ r^uoH^rQua^a^ 
églises romanes de Saint -Hilafre, de S£\iatp?Radegp^j40:, ;<J^ ^pirtr^^ 
Porçhaire, de Kotre-Dame-la-Grande^ etc. Cette derQiè|*e ^UjElout ^ 
distin^è par une façade romano-byzaDtine, du m^^ ou ilV siècle, dçut 
Teffet est prodigieux ; immense tas-reîief représentant Ja chjtte 4*A4aiRiC' 
etîé rachat de l'humanité par la naissance du Chri^j iUiLiu>pcé(i^ ju^^^ 
prophètes/ ' . - - > ' V . ■ - ^ . V ; ',* ' 

Il faut voir aussi le temple Saint- Jean, édifice dont la constirucUra 
remonte à l'époque romaine , qui dut primitivement être na timide 
payen« et devint plus tard un bapti^^^e. 

V- - A-^eôRDEAUX^-. ^:^'^^' •••■.■ ---:A 

L'ârchéoiogie; à Bordeaux, possède deux^ je4^iifi4iii9in^&J^^ 
le Musée pré^hiàtoriquie, «u j»rdin des plantes ; le Mutée diB 4^9¥^, 
à la foiblioth^u«) R. J. J. Be}l.; et ta C^Uectiwi de0.mmmfi$nt$ 
lapidaires, dani^ un ïiâtijtar provisoire iqM'itmX^.d<uikédiii^^ 

lo Commençons par le MtMèe des Antiqiw. ^^ En entrant dans bt 
première salle , consacrée tout entière aux ' antiquités égiptiuennes^^ 
je me découvre devant le buste en marbre d'une victime illusti^ de sçn 
dévouement à la science, un confrère qui fut un de mes bons àmis^ kwt^ 
les bancs de l'école de pédecine de Paris ^ celui queBpuâappelionjB^ 
familièrement le Petit-Godard. Attoiiit de la peste sur les bords^du Nil,.~ 
leD'<jrodard n'eut que le temjps de tmoe^ de sa main mouitiate 1^^ 
quelques lignes adressées à sa mère, ïst qui sbùt gravées sur le sdde i^^ 
sastatuie. ^ /".,,.;. 

Tous ces ol^ets, qui excitent la curiosité, sont des dènslitts j^ )ià, 
i son pays natal : dejs momies enveloppées de bandelettes, de Thèbes^/ 
et de Memphis; des pierres hyéroglyphiques ; dès statuettes de loriui^^ 
sorte^ des papyrus^ une fibule d'amalettes^ scarabées, mkunë^ 
autr^ ; des cercueils en bois de sycomore. • V ? 

La deuxième salle renferme scms ses vitrines âéil j^oïerieî^ gallb- 
i^Mrnaioeis, provenant en glande par^é du ibimelière de Tèi^^ 
à Bordeaux. Ce sont dè^ émphores aux paurcns'^épaisse^ ; une quantité^ 
danases de hix^ en iarr^ âatnliBnniè ; i^ vtràeëiMéAréi^tWéBi^Sii^ 
ea fm de fonaw 4«s^^^ ^ viâriéea..^ NMâ%tàoiâiiitt WltéOû^^ 
dans to «Hiatea d'Angers et 4» TMrs* oU£c !s> c5i 



Digitized by VjOOQIC 



— 418 — 

..Void encore des statuettes en terre blanche : la Véntis mariiiim, 
CyhèlSy fille du Ciel , et Lucine assise sur sa chaire d'osier avec deux 
enfants dans les bras; puis une multitude d'outils, d'armes et d'or- 
nements en bronze de l'époque romaine; fibules, épingles, cuillères 
à encens, poig^nards, bagues, bracelets , colliers, etc. 

La pièce importante est une majrniQque statue en pied d'Hercule , 
trouvée à Bordeaux, près de Saint- Pierre. Ce chef-d'œuvre de statuaire' 
antique e$t en bronze doré. 

Xes haches de pierre, placées sous une vitripe, ne sont qu'au nombre 
de 24, et n'ofl'rehi rien de particulier. Sous la même vitrine, des 
hachettes en. bronze et des lames d'épées à rainure, du mèmç genre que 
c^les que nous avons dans notre musée, — sous la vitrine du Parc- 
aux-Bœnfs, en Quesiembert. 

^Du reste., je dois dire que j'ai retrouvé pariout ces hachettes en 
bronze gaulois, dont la vraie destination est encore à trouver. 

cLe reste de la jsalle est consacré aux armes de Tépoque franque et du 
moyen-àge, armures de toutes sortes et de toute provenance : cuirasses 
e^^ fer, casques à visière, coreelets et cottes de mailles, épées à ime main 
e^épées à deux maifis, haches et masses d'armes, hallebardes, harna- 
chements variés , arquebuses , pistolets et fusils à rouets , couleuvrines 
e% boulets en pierre. 

. Dans la dernière salle, nous nous trouvons en face d'une collection 
d'objets provenant des pays sauvages. Il y a là des comparaisons inté- 
ressantes à faire entre Tindustiie des populations primitives de nos 
dolmens et celle des races de la Guyanne, de l'Afrique centrale el de 
la Nouvelle-Calédonie. 

2» Musée prékiètorique, — Le Musée préhistorique est installé dans 
u% des bâtiments du jardin public, au rez-de-chaussée. Les superbes 
collections d'histoire naturelle sont à l'étage supérieur. 

. Le savant Conservateur, M. Gassies, auquel je rendais la visite qu'il 
m'avait faite à Gavr'inis, l'année dernière, a bien voulu me piloter 
dans ses salles. J'aime à rappeler ici que M. Gassics, en qualité de 
naturaliste, était en relation scientifique avec notre regretté collègue, 
M. Taslé : c Votre Société a fait une grande perte, m'a-l-il dit, et per- 
sonnellement, je partage vos regrets. Des savants de cette trempe ne se 
remplacent pas facilement. » Je tenais , Messieurs , à vous rapporter ces 
paroles du Vice-Président de la Société linnéenne, comme un hommage 
rendu à la mémoire d'un fondateur et d'un bienfaiteur de la Société. 

lie musée préhistorique de Bordeaux est d'une incomparable richesse, 
n y a là une abondance d'objels de la plus haute antiquité, provenant 
des stations préhistoriques et des cavernes ossifères; une multitude 
inouïe de silex taillés, en pointes, en couteaux, en flèches; des 
racloirs, des scies, des percuteurs, des nudei volumineux, dès ins- 
trumenj^ en os, des aiguilles , des poinçons ; le tout extrait ties grottes* 
de la Dordogne, de la Charente-Inférieure, de la Gironde , etc., etc. 



Digitized by VjOOQIC 



— «9 — 

L*âge, qu'on désigne sous le nom d'âge de renne, est re|nrésentê par 
des instruments et des outils en bois de renne, des manches sculptés, 
avec figures d'animaux. Voici un collier de coquillage (en litorines), 
des boules à silex, des pendeloques, des grains de collier en pierre.-— 
Voici un celtœ-marteau provenant de h station de Lacombe. 

Plus loin c'est une vitrine remplie de petites lames de silex ouvré. 
(L'étiquette porte ces mots : silex variés pour tatouage.) Je ne discute 
pas. 

La plus colossale brèche, que j'ai jamais vue, est exposée sous une 
vitrine (caverne d'Eysies). • 

Une vitrine renferme des celtœ, de diverses provenances, le plus 
grand nonfibre en silex jaune et mutilés appartiennent aux stations du 
Verdier, près Monta uban. 

Voici une petite hache en pierre emmanchée dans un bois de cerf 
(Castillon). 

Deux très beaux ceUm-marteaux y l'un trouvé au Temple, l'autre 
à Roquefort. 

Voici maintenant les silex taillas des dolmens du Périgord, de 
TAgénois, de la Gironde, etc., etc., et tous semblables à ceux que nous 
recueillons sous les dolmens du Morbihan. 

Puis des colliers en perles de calcaire coquillier, des tètes de flèche 
en silex, des dents d'animaux forées. 

Sous une autre vilrine, je vois quatre celtce en diorite et un ceUœ 
en silex, donnés par M. Fillon. L'étiquelte porte une dénomination qui 
me parait impropre : haches en pierre, types hreto)is et vendéens. 
Je préférerais : haches de provenances bretonne et vendéenne. 

La salle du fond est exclusivement réservée aux antiquités et aux 

objets d'origine exotique , des Indes orientales ou du Nouveau-Monde. 

M. Gassies me fait toucher des flèches, dont la pojnte est en obsî» 

diennë ou en quarz ; elles étaient déposées dans les tombeaux des anciens 

Indiens des côtes de la Bolivie. 

Il me montre également des tètes de flèche et des haches en pierre, 
de Cuba. Toutes ces antiquités et toutes ces curiosités ont un air de 
famille avec celles découvertes sous nos dolmens armoricains... Les 
réflexions se. pressent en foule. 

Il faut s'arrêter devant la magnifique collection oflerte au Musée par 
le docteur Eugène de Sainte-Rose, de Porto-Rico. J'y remarque d^ 
nombreux celtœ d'une ressemblance frappante avec les nôtres. 

Dans cette revue, nécessairement rapide, j'oublie bien des choses. 
Celles que je mentionne, ne sont qu'effleurées^ On sort, émerveillé» 
de ce Musée préhistorique de Bordeaux. 

3^ Monuments lapidaires.— En compagnie de M. Gassies, et de 
V. Mnrionneau, Président de la Société archéologique de Nantefi, j'ai 
pu visiter les monuments lapidaires, qui sont réunis sous un vaste 



Digitized by VjOOQIC 



hangar» en attendant que la coniftitictien des muséee (jardin 4e l'BôteK 
de»Viila):eoit eolievée. On a réuni 14 toutes les Mtîf uitéa misae au^jenip 
par ia démolilion des 'vîâàles fortifications de la çîté bonielaîve* 

Gomme dons beaucoup de dtés du Midi, on avait fait entrer dans la 
coQfeetMm des remparts du moyen t- âge, tous les débris de la dvilisatioa 
romaine : fûts de colonnes colossales, ehapiteaua, cornickes, nombreux 
stèles funéraires de Tépoque gsUio-romaine , avec des inscription^ par*» 
Êdiement conservées. 

La dédicace D. M. diiê^manibus est répétée sur plusieurs; et, sur 
plusieurs également, Vctscia^aymbolique est sculptée* 

J'aperçois, an milieu de tous ces débris, un êércueil en plomb, 
semblable à ceux que j*ai vus à Angers, avec le signe cruciale sur la 
eouverture* 

le ne veux pa« quitter Bordeaux sans tous dire un mot de son (dus 
ancien monument, le palais Galien. C'est un amphithéâtre romain, 
dont les restes sont encore considérables. La /oonstniction est fedie de 
petit 'appareil entrecoupé de longues briques épaisses; rordonnance 
mfériettve est en style toscan , celle du haut en style dorique. Bien de 
|»ltts m^JesUieiix que ose mines , dont l'étendue et la hauteur seat j^-i 
digieuses encore , si on reganle le graiid portique «innoniè àe deux 
éingea d^ancades en plein eiio^re» L'arène n'avait pas mwm de 77 eaètres 
ims son plus grand diamètre. Vingt-cinq mîUn qttsftateuss pouvaient 
prendre plate eur les {jraduBft. 

NIORT (Deux-Sèvres). 

; l«a eoBecttan d'dDîets prébistoriques du nvaséç de .fi&ort. est peu con* 
ndénMe^ snitout ai on laecMnpare i «eUe que je viens 4e 4âcriqre» 'SHw 
ef&e ce^ndanl de l'intéiM. 

Je Tai visilée dem fo», en compagnie 4u eonservateur» M» 6ad;>et da 
Juillé, et de M. Bardonnet, conservateur. des. antiquités Ustoii|UfiMi. 

Sous ka éen wûques vitrines de la première eotleclien , ee Irofeve 
nn assortimiiit de «ilex origmrâes du firàud'Bressigny et 4e8 .caveivies 
^ la contoéet fuis divers objote découverts e^os le turPHlus de YiHe^ 
Dieu (Deux-Sèvres). Les fragments de poteries ornemenlé^xesseoddent 
àeeua que «eus trouvons journetiement eeuasios^oimeiis. Notamment, 
je Gonstale iiu'fin tesson^ provenant du -dolmen de le ViUoi-D^Uj ^re 
un dessiaaiuikigne à ceux des dolaaeos de l^dmk^Oauasm^ Vn bw^ 
eett«»ma9^6nu «t un petit jcelte iSit ^ro^'tbe* 

La deuxième iritrine, ^i renferme las 0i^e\s provenant 4es fcuuUes 
de Bougon , est de beaucoup la plus oUiineuse. 

Le td/q^ifaenlfuttukire^e Bengon {9eux-JSè¥i«8) e dté iRMUlé» ^a 1^40 
etl8é6i par MAL Aiçnaidl;, Baugier et Sauié» Vm ;p9^:4os olg^ 
jeaieillia aant au «iwiaén 4eJUo]$ : iim aiaeigimdtli f^^ ^^ms^ 



Digitized by VjOOQIC 



entiers, dfis ïsstmnieiltsf en os , de pelits eoqtdlliigeèperdés |^^ 
d^ boules en terre cuite, des dents *pereées d'otirs et de sangliers, et trotis 
m quatre lames de silex taillés en forme de grattoirs ^ nne petite fièohè, 
un celtae en fibrolitbe et un magnifique eeltœ^martmu, probableitient 
en chloro-mêlanite, dont on m'a promis le /ao-sîmtlc. Au rapport du 
D' Sauzé, la crypte contenait les débris de ]plus de 209 squelettes. 
Plusieurs crânes, assez intacts, sont conservés dans la collection, amsf 
que plaâieurs auUres parties de charpente humaine. 

Les crânes, autant qu'il m'a été possible d'en juger par un examen 
d^ensemble , ne m'ont paru offrir rien de particulier au point de vue 
anthropolo^que ; on dirait même qu'ils appartiennent à des types diffé^ 
rents. Un de ces crânes trës-^pais présenté une perle de substance , de^ 
lalarg^^r d'une pièce de deux francs, irrégulièrement circulaire, qui 
me parait être le résultat d'un traumatisme. Les bords de la solution de 
continuité représentent parfaitement une cicatrisation osseuse. L'individu 
a été blessé à la tète. Le travail de nécrose a éliminé une rondelle 
oRseuse , et la guérison a eu lieu. . ; 

M. Barbet de Juillé a essayé de me convaincre que cette blessure 
n'était rien moins qu'une trépanation artificielle, produite dans une 
intention religieuse. Ses raisons ne m'ont pas convaincu. Lons du eotigrès 
seientlûque de Nantes , j'ai eu l'avantage de m^entretesir de eet^que^loé 
a:vec un des premiers anatomistes de la faculté de Paris, le D' iSi^lâès^ 
qui m'a rendu suspecte la théorie exposée avec un grand talent, je le 
neconnais, devant la Société anthropolc^ique. 

La deuxième salle , consacrée aux antiqueê proprement dits, est 
SOI» la cfoeetion de M. Bardonnet, un homme chattnant, à<mi la côk- 
plaisance est inéfmisable» Nous sommes restés longtemps ensemble, ef 
à deux reprises, dans cette galerie, examinant tous les objets les un# 
après les autres, depuis ceux de l'époque francfue jusqu*à ceux du 
moyen-âge et de la renaissance. 

Hâtait dit'que je devais avoir daus ce musée de Niort une de ees 
surprime qui-réjouisient l'arobéologue m lui arrachant une exelamafion. 

Scms une des vitrines, à e(Aé d^objets Âè d«te relativement moderne, 
j%perçoi& d'«d)ord un beau bracd«t plein, éntr^ouvert, en bronze gàulok^ 

Ge hmceM resscsnble , à s^ méprendre , au beau bracelet «n or que 
j'ai mis un jour sous les yeux de la Société et qc6 , auj<eurd^hui , est au . 
nutsée de Satxit-fierinain. U avait été trouvé par un paysan, vous pouve» 
vous le rappeler, dans les marais de la 6TaAda*ârière(Loire-^Inférie«n^.'^ 
Son poôdsiAaît ide idusde 900ir. et il fut adielé 2,500 fr« far lé musée 
de l'État. 

Non lom dexette vitrine, parmi dés amâquitée du isioyeniége, ^n 
autre objet attire mes regards ! D'où cela vient^^il , dl»*»je au ec^ser^ 
v^eitr? R^nae : )e Figom^; a(^té au poids par un de mes^fédé* 
ceBseum^ iieat »oua cette vîtranedi^uis {dus 4« vingt ans. Eb ! bien, 

9 



Digitized by TjOOQlC 



^¥^(^i^î$^ ^$l>i%Tos|^^ \4ai^ Totre ^uf^ie le^p)ijvs|(^piâigp}|ec(^ 
ou la plus admirable armille eu or celtique qui soit ai^ ii|ai^d|e.,;Sa&s 
^'^^^ji^t^ies 4^ux collier^' de PloubarMi dâcoiJiyerts mi A^9 sous 
uudclpaeE4uwoi£^iQC|g^f et que jç ccmnai . 

Mon cher Monsieur Bardopnet, reprûs-j^, vous allez me foire le plaisir 
de.wenir.javec moi chez un or&vre; nous allons essayer l'objet à la pierre 
de touche, ce qui nous prouvera d'abord que c'esjt d^ l'or sans alliée; 
IV^^;^^£l!i^^9^^>^^PP^f^'^^^^' et ensuite vous le confierez quelque 
t^pa à Tfujia^r p^mr qu'il m'en confectionne un fac^sUmle en, cuivre 
<iîoréy que je destine au in\;uséede Vannes qui vous enverra en retour un 
jSwî-jâmie duQoUi^rdePlouharnel. . 

Ainsi l'aSaire fut conclue ; et nous voilà traversant la ville de Niort, 
i^re col^ejfT 4 la main, et entrant chez le b\)outier pour nos expériences 
préliminaires, 

G-ei^t de l'or presque pur^ avec traces d'alliage d'argent ; le poids est 
^ 77 giammes, à 3 fr. 50 le gi:an}me; valeur intrinsèque : 260 fr. 50. 

Au sujet (le ce collier, voici ce que m'écrit M. Barbet de JuiUé à la 
,ji3l^,d't4er;.. .. .;,,.. ^ , ■• ■■ 

,-, <K Mesreçbercheç, àproposde la prpvensmce de cet objets sont esi 
^ti^^bonne yoie^ ^ais elles ojoA. été d'autant plus .difficiles qu'on . s'était 
^ème trompé sur. le lieu où il a été trouvé, et que le procës^yerbed de 
If^ séanpe i^ laquelle il a été présenté à notre Société ne contient aucune 
motion uti^«rT9n|^ ce que je pm vous dire pour le mojo^nl.i^.o'es^ 
qu'il a été acheté par notre musée en mars 1851 , moyennant lé prix de 
230 fr. ; qu'il avait été troisj^é troiâ:ou quatre ans pljtô Utt à l'extrémité 
nord de notre arrondissement ; que je connais le nom de son inventeur 
» ^i existe èùcore, et que la semaine prodiakie je vais àlketw leslêâux. 
J[é:dms .ajouter. que^ce. brave hommeenûiaittfsùvéen.tmêfiQe ten^ia 
inoiiâé è'im autre qui a été vendue à .nabqouiâer d%i> qui l^a âmdvB&. :» 

Voilà pour l'origine. 
^ \ .Goo8idéfré;d«Bs:isaKi ensemble ,. le collier/^ quesâton est . ^ lai même 
facture et du même stylé, si on peut se servir de cette expression, que eem 
û&ShxuiaaimBh L'or estie même,' approchant beaucûup^^e. l'or nàlif ; 
qnântà laifocme^ c'est une krige biande métaUi(|ue:cpû.JK ri^^ 
pour s'agrafer aux extrémités et dont la partie moyenne est sillonnée 
pair mr certain nonibre de^bandelette8 parallètesl : i 

' GetteLde9CFqition.d^nsemble^ je le répète y s'aipplique' aussi faiâaaii 
collier de Niort qu'A celui^e.PloubameL 

Ldrsqti't»! descend' às^^ les détails ^ il y & Aes âtiférasees que je tiens 
à'meiiltonnér« ^ ;. •■ '• s- ; ■:.■ ■-:. 

> P'edïQiid le collier de Plbnhamel est plus grand et a plus de foîds. 
Sa circonférence , c'est-à-dire le tour, mesure près de SÛ3 eentimèlres, 
et son poids est de 165 grammes. — Le tour du collier de Niort ne 
mesure que 28 cent.' 1/2, e! son poids n'^t que de 77 grammes. L'un 



Digitized by VjOOQIC 



a donc tme valeur intrinsèque de 577 fr. environ/ Vautre seulement 
2TOfr. environ. ' 

En revanche, la bande d'or qui forme le collier de Niort est pluà 
large , près de 5 centimètres (0,04-^0,05) ; la bande qui forme celui de 
Plouhamel n'atteint guère que 04 cent. 4/2. 

Autre différence : le collier de Plouhamel n'a que 4^ bandelettes; 
celui de Niort en a 14. 

Dejplus, tandis que le collier de Plouharnel s'agrafe en arrière par, 
ses deux extrémités recourbées e»sens inverse , celui de Niqrt présenté, 
à chaque extrémité, deux trous ou œillets qui se correspondant. 

Enfin, dernier -point de comparaison; le collier de Plouhamel est 
complètement fruste, sans la moindre trace d'ornementation. 

Le collier de Niort , au contraire , et 'c'est là ce qui en rehausse l'ôn- 
ginalité, offre une bordure au pointillé, et, déplus, sur la surfece de 
chaque extrémité, une double ernementalion également au pointHlé, 
affectant la forme de deux rectangle», et dont la vue seule peut donner 
une idée. ^ 

Je vous demande pardon, Messieurs, de tous ces détails ; ce collter 
d'or, ou si vous le préférez cette armiile du musée de Niort, est un 
bijou qu'aucun musée ne possède , puisque des deux objets semblables 
de Plouhamel , Tune est la propriété privée de la famille Le Bail et 
l'autre a été vendue et je l'ai retrouvée dans la collection de M. Costa de 
Beauregard, à Vexpoaition universelle, galerie de l'histoire du travail* 

EsUce un colUerf Est-ce ui%e armiUe? 

Je me permettrai maintenant d'ouvrir une parenthèse. Vqub m'av^ 
entendu me servir indifféremment du mot collier et de celui d'armiUe, 
bien que ces deux expressions soient loin d'être synonymes. Ceci mérite 
explication. 

Le collier^ comme l'indique son nom, est un ornement qui entoure* 
le cou. 

L'armiUe, en latin armilia, s'api^que communément à tout ornement 
circulaire embrassant le poignet, le bras aunlessus du coude, et mènie 
la jambe. 

Il faut ajouter que les Latins ont cru pouvoir donner encore plus 
d'extension à la signification du mot, puisque Properce désigne le chien 
qui porte un collier par les deux mots : CarUs armillatus^ / 

Tov^efois , pour être plus clair,., et par opposition au mot collier, 
conservons le nom d'armille au bracelet du bras ou de la jambe, et 
demandons^nous auqad des deux, s'appliquent réellement les objets que 
je viens de décrire (et qui sont sous vos yeux). i^ 

Sanb^ie des coUiersi Sant'Ce des armillcêf 



Digitized by VjOOQIC 



-- 184 -^ 

' Au premier «bord , il semble que la question Se réduise à une expé- 
rimentation anatomique. Vous allez voir que la solution n'est pas àusâf 
aisée qu'on le pense* 

Ëtant donné que les hommes des dolmens n'avaient pas une stature 
sensiblement différente de celle de nos races modernes^ et toutes Icfs 
.observations d* ossements tendent à établir ce fait» il n'est pas défendu 
de rechercher la solution du problème dans des inductions qui pretulent 
pour base Tanatomie comparative. 

Le collier de Plouhamel ^ qui est le plus grand , s'agrafant par ses 
extrémités recourbées en crochet , il est facile d'évaluer sa circonférence 
exacte ; le collier une fois fermé, mesure 0,87 cent. 1/2 dé tour. *- 
Or, le chiffre de 0^36 ou 0,37 cent* peut être considéré comn&e la 
moyenne de circonférence des cous d'hommes adultes ^ dans des con- 
ditions de santé ordinaire. 

Je me suis donné la peine de vérifier le fait dur un trèS'^rand nombre 
d'individus pris au hazard , parmi i^os ^militaires de la gamisotx et mfts 
malades de l'hôpital. 

Les coiis de femmes ont généralement moinâ de tour que ceux des 
hommes. 

Vous ne serez pas sans être frappés, comme moi, Messieurs , de Cè 
fait : que la moyenne de circonférence du cou , chez l'homme ou la 
femme adulte^ correspond d'une façon presque mathémathique , avec 
le tour mesuré exactement du collier de Plouhamel. — S'il n'y a là 
qu'une simple coïncidence, vous avouerez qu'elle est étrange et bien 
faite pour nous égarer. 

Quant au collier de Niort, qui est plus petit et n*a que 28 centimètres 
de tour, il est évident qu'il ne peut s'adaptek- qu'au eou d'un enfsint, 
si on le suppose fermé complètement. Mais une objection se présente. 
Si le mode d'agrafe du collier de Plouhamel permet de mesura 
exactement sa circonférence, il n'en est pas de môme de celui de Niort, 
tke collier de Niort ^ se fixant au moyen de quatre œillets ^ poultait 
également s'adapter à un cou d'adulte , à la condition de laisser un 
intervalle enite les deux extrémités, maintenue^ à distancé par des 
tresses ou des liens» 

Donc, avec les restrictions énoncées plus haut, et en tenant compté 
de certaines conditions d'âge , de sexe et de complexion norniàlé. Oh est 
autorisé à conjecturer que ces objets étaient des ornements dé ôOus, 
c'est-à-dire dès Colliers. Il est même permis d'aller plus Idn dans ta 
conjecturé. Ces divisions horizontales et ces bandelettes partitèles 
pourraient être considérées, ^6n^ seulement comme une décoration » 
mais aussi comme l'expression naïve du besoin do rendre ie colSêf pltts 
souple et tilus flexible à la partie antérieur du cou. 

Je redonnais que Pomement en lui-même n'a rien d*élêgant ni de 
comniddè; je récoùnâis ^e ees hinéli iigidéis de Yûètàd, à bords 



Digitized by VjOOQIC 



— 145 — 

coupants y sont de détestablâs craviiUe^ et choquent le goût moderne ; 
mais je dois me rappeler qu'il 8*agit de populations primitives , très-peu 
avancées en civilisation ; et, à tout prendre, je trouve que ces colliers, 
si cpUiers il y a, sont d'un usage moins disgracieux et moins gênant que 
les anneaux et les pendeloques qui traversent le cartilage du nez et les 
lèvres de certains Indivis de TÂmérique du Nord , sans parler de 
certains ornements ^auxquds s'assujettissent les élégantes de nos jours. 

A ceux qui répugnent & admettre que ces objets soient des colliers, 
il ne reste qu'une explication : ce sont des armillesj des braceletê. 

Ici encore l'anatomie veut êti:e interrogée et s'impose à nous. 

Puisque j'en suis à ces bracelets celtiques en bronze, je veux vous 
raconter une histoire, qui vous prouvera combien sont utiles les sciences 
exactes, et en particulier l'anatomie, lorsqu'il s'agit de résoudre des 
problèmes archéologiques. 

En 1854, un de nos anciens présidents, en opérant des fouilles aux 
environs d'Arradon, met à découvert une sépulture dite de l'âge de 
bronze : c'est une tombelle , sans dolmen intérieur ; on y recueille des 
ossements brûlés, des charbons, un celtse en petro-silex, un grain de 
collier en lignite et une grande quantité d'anneaux en, bronze à bords 
^ granulé^* Une dizaine de ces cercles collés l'un contre l'autre entourent 
une sorte de tige noirâtre à moitié enfouie dans du terreau. L'objet est 
présenté à la Société polymatique, et on imprime dans le bulletin qu'on 
peut voir dans ces anneaux une décoration de hampe d^^nseigne. 
— Huit ans plus tard, l'auteur, qui tenait à sa hampe d'enseigne, 
me montre la pièce. Je reconnais sur le champ une extrémité inférieure 
de Radius, autour duquel étaient encore adhérents les anneaux en 
bronze. — L'analyse chimique d'un fragment vient démontrer en outre 
que ce qu'on a pris pour du bois est bien du ti^^su osseux. Plus de doute, 
ce spnt des bracelets. On ferait un gros livre avec les erreurs du même 
genre qui s'impriment dans les comptes-rendus et dans les mémoire^ 
de plus d'une société d'archéologie. (Voir le Bulletin de la Société 
polymathique , 1857.) 

Le collier de Plouharnel , avec ses 37 cent. 1/2 de circonférence, ne 
peut en aucun cas s'appUquer au poignet ; il est trop grand. Il l'esf 
même trop pour tenir au bras au-dessus du coude. 

Nous poi^dons dans notre musée un assez grand assortiment 
d*anneaux celtiques en bronze. Ceux-là sont bien des bracelets, 
puisqu'un groupe de ces anneaux à bords perlés est encore traversé par 
un fragment de radius. Aucun de ces bracelets en bronze n'approche 
des dimensions du collier en or. En compulsant les nombreux bulletins 
des Société^ savantes, déposés à la bibliothèque, tant anglais que 
français , je me ^uis assuré que le développement circulaire de tous les 
bracelets des sépultures gauloises oscillait entre 17 et 20 centimètres ; 



Digitized by VjOOQIC 



et il "y M a dd beaucoup plus petits. Quant avec annillesjie bras ^ leur 
dévetoppement circulaire, en moyenne, ne dépassé pas 0,28 centimètres, 
mesure conforme à Tanatomie. ^- En présence d'un pareil écart , on n'a 
même pas la ressource de voir, dans le collier de Piouhamel ^ une 
armille de jambe. 

D'où on est bien près de conclure que l'hypothèse du collier est la 
|du6 rationnelle et peut-être la seule acceptable. 

Le collier de Niort, par sa circonférence plus petite, 0n^,28, parait, 
à première vue,- s'accorder davantage avec l'idée d'une armille; et 
encore ne pourrait-on songer qu'à une armille de bras au-dessus du 
coude, ou 4e cuisse. Mais si on admet qu^au moyen de tresses ou de 
liens fixés dans les œillets, la circonférence pouvait s'agrandir ou se 
reU^écir à volonté (et la chose est très^missible), l'hypothèse du collier 
redevient aussi acceptable, et il n*est même plus besoin d'imaginer 
qu'il s^agit d'un collier de femme ou d'^ifant. 

Vousvoyei;, Messieurs, que la question est intéressante et méritait 

d'Mre examinée à fond. Qudle que soit Topinion à laquelle vous vous 

tiSttgerez, cette discussion vous aura donné l'explication de la divergence 

cpiti existe entre deux étiquettes de musée , l'une désignant sous le nom 

^ Sm^iBe ce que Vautre dédgne sous le nom de collier. 

Si vous m'avez compris, vous ferez comme moi; après être- resta 
longtemps indécis , vous pencherez pour la dernière explication : celle 
du collier. 

Il est toujours bon de consulter les gens du métier. J'ai mis les deux 
oi^etâ soits les yeux de notre habile orfèvre, M. Désury, et je lui ai 
demandé son opinion, c Ce ne sont pas des bracelets, m'a-t-il dit, ce 
sont des colliers. ^ 

J'en ai fini , Messieurs, avec cette revue des collections archéologiques 
étrangères à la Bretagne. -— Je vous avouerai ma faiblesse : à peine 
rentré au logis, j'ai voulu revoir notre musée de la tour du Connétable, 
et, j'ose le dire,*je me suis senti fortifié dans cette pensée, qui n'a cessé 
de m'obséder Je long de la route ; que le musée de Vannes, tel qu'il est, 
est digne de figurer au premier rang, à côté des plus belles collections 
connues. 

Certes, les musées dont je vous ai donné un aperçu, après les avoir 
visités, sont très-riches, largement dotés, et quelques-uns, avec de l'air 
et de l'espace, ont des installations fastueuses. 

Hais si on ne considère que les parties intrinsèques et les époques 
qui lés mettent en relief, on remarqué bien vite qu'ils ont entre eux des 
ressemblances et des traits d'union continuels. 

Partout vous avez sous les yeux des antiquités en quelque sorte 
similaires, provenant des civilisations historiques, étrusques, égyptiennes, 
grecques, romaines, mérovingiennes, du moyen-âge et de la 
renaissance. 



Digitized by VjOOQIC 



~ 127 — 

lie musée de Tannes j^ ressemble àfuouç ajutre* Jl a'a sc^i éiluivaleiit 
2Hiii)&{iart ; €on grajad mante est dese pi^seaate»?^ ateoiiin rcs^ra^ 
gf«nens, -«fô^âtieilcment locaL Las Bavante de; itoU$ Mb i^f^f %m Qnt 
visité le; Morl)ilian l'année denii^., à la suite ditr-eongrèi^ s^c^Hfiii^ 
tenu à Nantes, ont été unanimes pour lui rendre hoflîmagil« Ç%âf[«e 
fois. qu'une 8e»âe de noe mal^ifiquee ViMiie^ a été^eii,VQ$éev^iix;g^dnÂes 
expositions, elle a eu leprenaier ratîg. Nalte part ^ jiie smiwtitipjyiygf 
unasgorlïttïent aussi riche et aussi eorapl^ de. battes ^ piiPtfe ■jl'o- 
ireqant defouiUei^ pratiquées. dans ef^s^n^enst mmUm^^^Kiiii jam^i^Qt 
«©tare sd ji et qui ont Vécu la idésig«*itîoa 4§ Mommmtp meUim^^ 
Nulle parfc iiMCûHection aussi yfflKéei4eip(^0iSesd«^ ;sii»I)te 

parirjqudque diese qui apprôebe de ces in(^mpatràîlQ&)eoUiayr3 e» ^is^é^ 
cenlfiur de^Tumiac e(t dwMonti^aitttrMijd^ 

tferj'sIl'aétaieMtià^ve&Eidre, Efc mt<m $i^ ^aiC^im^ymftV^hX::.à^î'yy^40 
l'archéologie, où trouvera^^on cette.sériedeiVfitriiijôSy riaî^ 
qumffîntt^t :marquédi^:d'iiQe dalsa di|theri^q«ie, 4(>xilaebl^uii9^(ari?f^fl^ 
à une éécfwt'vaartc et renferontettmi^ les c^l^et^ rfe<sueiUisja^u«^ im mèùi^ 
moimmeM, pca(mpn& les-^semehts du eoso^rt ',:de?teUefaçQ$i qn^sy^^^ 
kes dési^nfir i^uiie apl^èil^aùtre par ieuiTis mms : ^iiiii%d^1?t^tQa^^:^tr»^ 
du Mont-Saint-Mifihèl, vitcinB^d^ IJieado^ yitnae.dii:Ma!iiE^r^S'âroeefc, 
^^tt^du MapnérLiïdj lôtrmevdeJfeoofels, vitrine 5 Jtc, 

'^ô etc^ ■■■■ i ■' . ' ■ :.. .*r ^: '■:,';: ^zcr^-'^x^-.oï 

Oui, sous le rapport de l'archéologie primitive, notre musée^ «ar/5l 
^t bien à nous, riépétons-ie ave^ un senlt:îment de M^^ine cs^ueil ,1 est 
sB^érieu^à tous les muséesr que f ai Tîéitës , en dépii de sa Jd6foctc^|»e 
histailatidn; - ■ ■ ' ,-■ - * : ' . . .:. j .;i r:..;-^3 

Seul le musée de Niort possède un bijou celtique (fui n6us îaSt^enViè, 
parce qu'il est frère de celui de Plouharael , dont nous n'ayons qu'un 
fac-simîîe, il est vrai; mais dontiious pouvons attester la provenance 
authentique, avec la date de la découverte (eii rerivoyiarit à rôrigiriaï qui 
appartient toujours à lafatriîlleLe Bail).' ^ " - ■ 

Tous les savants, tous les conservateurs de musées, en ftïe faisajàt 
accueil, ne manquaient pas de me dire : « Ali 1 docteur, vous ne trou- 
verez chez nous rien qui puisse être comparé à ce que vôuîs poJ?sêdei'à 
Vannes ! » Un pareil éloge, dans de telles bouches, est significatif.'' Je 
vous l'apporte en témoignage. ' ! ", 

Pour ceux qui viendront après nous, ce sera la preuve que çolre 
petitj^ Société , toute modeste qu'elle esi, ignorée où déd^néed^j^^^^ 
grand nombre ^ est mieux connue ailleurs que che^npus , parce qtfiaiïïeurs 
on apprécie mieux les travaux et les découvertes utiles àMà science. '' 

- " ■ ,' ■ ■ ' ' . ^ ■;"' -i'V. -1.' ." ;- '-'-■• 'v; CV:.-*:^\-^t3 1 

''y- ' . :,-•; ..■ ::■..;;. : ■■. ■■...;v :■■■, cCi'. î:y-"L ^.:':.7 iiici;-? . 

•^ - ■ '■'■■'' ",/■■.■ '-.'■,/:'• -u / ;• • ■\'-.-' : -J, - ' r ,• \p. ■'•■'-'■ >c. , ■ :-*,^r:-^v%'i>rr ?>«n '' ? ''^■^^Y?'■ 



Digitized by VjOOQIC 



-tas- 
NOTE SUR LA COMPOSITION D'UNE ROCHE 

TROUVÉE BU GISfiHENT DAMS hK BàlE DE ilOGU£lUfi(1forbiluâi). 
(Par M* A« Oameur). 

Daiu luie dos séances du Congrès pour P^vancenvent des sciences, 
«égeantà Nantes (sessicm cte 1875>, M. le Comte de Limur a donné 
cûanmunloation df un mémoire intitolè : Le Jade eûéanien en pisemeni 
(j^ns la baie de Roguédae, près^ Vomies (Marbihan.) 
^ S'^ppuyani sur les seuk caractères de dnretév de densité, de ténacité 
et de fusibilité qu'il a observés sur la roche de Roguédas, M/le Comte 
de Limor s'esl cru suffîsamnient autorisé à réunir cette stâistance 
minérale au Jade que j'ai décrit ^ il 7 pivesieursaunées^ soits le nom de 
Jade Océanien. (Comptes-rendus de l'Académie , des sciences tome 61.) 

Sa dtant un passagpe de ma jx>tioe à ce stqef, M. de Limur y joint des 
remarques qui lui sont personnelles , mais qu'il censée entre 
guiUexpets^ si bien qu'il parait difûdle de distinguer si elles 
appartiennent à lui ou à moi. Je iie saurais cependant accej^tér la 
s^darité d'une. opimon que je ne partage point, et, d'ailleurs, malgré 
tout 'le regret quo j'éprouve à contredire M. de Limur, toujours 
bienveillant à mon é^ard , je crois qu'il serait préjudiciable à la science 
de laisser accréditer une erreur sur un sujet qui intéresse à là fois 
l'ar^éologie et 1» minéralogie. 

Dans l'examen des Ratières mincies, les caractères tirés de la dureté, 
de la densité, de la ténacité et de la fusibilité peuvent fournir :parfois 
d'utiles indications, lorsqu'il s'agit de composés bien homogènes ; mais, 
daii^ la plupart des cas, ces caractères deviennent insuffisants pour 
mjarqueiT la distinction des espèces , et à plus forte raison lorsqu^'on 
opère sur des roches constituées par la réunion d'éléments, divers. Or, si 
l'on examine la roche de Roguédas, à l'aide d'une simple loupe ^ on 
raconnait bientôt qu'elle ne constitue par un minéral homogène , mais 
qu'elle est formée par l'assemblage de plusieurs espèces distincte^, 
accidentellement réunies en diverses proportions. Il n^en est pas de même 
du. Jade qui se présente en masses compactes et homogènes, constituant 
aiijisi une espèce minérale bien définie par ses caractères physiques et 
ps^r sa. composition. 

Les échantillons de la roche de Roguédas que j'ai soumis à l'examen 
qui va suivre, m'ont été remis par M. dé Limur : 

Couleuf j^i^tr^ : rassuré à esquille cristalline. Dur^^té. rrS. Béhsîté 
r=: 2,93 à 2,94. (La deunèèdu Jade océanien est de : 3,16 à 3,t9.) 



Digitized by 



Google 



La téoacilé de la roche de Roguédas paratt trèa*-forte, lorsqu'on 
essaie de détacher des échantillons un peu voluminws: sur la masse 
prise au lieu d'extftiction : c'est du reste ce qu'on observe^ fréii^^^pune^t 
surdéi^telit^s irpàh^ ileldi^tiiqies' et' îtoUucàméiti sur' les petrbsàex ; 
mais cette ténacité se montre encore à un plus haut degré sur les jades. 

Chauffée àJa flasome du chalumeau , k roche de Roguédas fond 
inégalement en verre ou en émail plus ou moins huileux^ plus ou moins 
coloré en jaune ou en brun« Gertaiùes parties fondent aisément i 
d'autres résistent à la fusion et font saillie au-dessus de la partie 
fondue. Lorsqu^'oA soumet un^ échantillon un peu votumiffeux à la 
chaleur du roijge cerise ^ mais si^ns Tamon^ à fusion, le mniéml, après 
refroidissement., se montre parsemé et comme marbré- de points de 
diverses couleurs : blancs^ ^rdtoes, jaunes de miel* On voîi alors plus 
nettement qu'il A'y a pas homogénéité dans la matière* Le jade, étant 
traité de la même manière , prend une teinte uniforme. 

Si Ton fait fondre 1 à 2 grammes de laroohe de Roguèdsls à la 
chaleur du rouge blanc, dans un creuset en platipe^ on ohtient un terre' 
brun foncé. 

Certains échantillons da cette même roche étant traités par l'acide 
cblorbydriquç , produisent une £aihle effisrrescence due à la présence 
d'un peu de carbonate de chaux interposa dans la masse, et qui peut. ' 
proveoir de la. décomposition partielle d'une des espèces miméôniles qui 
la constituent. D*autres échanûllons, sans prodwre d'effervesc^Qjôe, sont 
eu partie attaqué? pair l'aeide cblorhydrique. <La liqueur acide renferà^ 
alors de l'alumine^ de l'oxyde de fer et de la chaux. Les jadeal ttié 
montrent pas ces caractères. 

Enûn, l'analyse d'un échantillon de la roche de Reguôdas mise en 
regard de celle du Jade océanien, permet de comparer la composition 
des deux matières minérçiles. 

Roche de Roguédas. Jade.ooâan^ea' 

SiUce 0,5654 .....:.. 0,5ft25 . 

Alumine 0,4619 0,0058 

Chaux 0,1452 0,1927 

Magnésie ; 0,0259 0,1807 

Oiydeferreun 0,0765 : ...: 0,Ôti80 

Oxyde de chrome...... 0,0000 •. 0,0026 

Soude 0,0072 1 0,0068 

Potasse.... 0,0101 •....^.,..,.,.. 0,0000 

Matières volatiles 0,0073 0,0150 

0,9995 .. .6 1:^^41 

En, emparant qss analyses, an v^tque l'ainmifie, t^w^tfÊmtléhknA 
minime diîn^te jed<^9 se trouve en noIaUe piioportbé éakis H hséké de 



Digitized by VjOOQIC 



— 1» — 

Roi^édas : l'inverse a Ueu pour la Magnésie. La chaux et la silice sont 
aussi dans des rapports différents. Il n'y a donc pas, ai| point de vue de la 
conijposition, d^assimilation possible entre ces deux substances minérales. 
' On ne saurait oubKeiî, toutefois, qu'une jfoohe font^j»ar l'assemblage 
de plusieurs espèces nûnérales doit donner, àlaùalyse, des résultats 
divers , selon la prédominance de telle ou telle des espèces qui 
constituent l'échantillon analysé. Les nombres exposés ci-dessus donnent 
donc simplement la composition de la matière que je tien»- de M. de 
Limur. Un échantillon sur lequel les espèces seraient réparties en 
d'autres prtportionâ présenterait quelques différences dans léâ ré- 
sultats. Il n'en estpas ainsi du jade dont les analyses se résument touteâs 
en une formule identique. 

La densité des roches est paiement affectée par les mêmes causes ': 
et ceci peut ^qpliquer encore les différences observées dans la deoBité 
prise par M. de Limur, par M. Hoguet et par moi sur dcss fragments 
divers de la roche de Roguédas. 

L'analyse des principes médiats qui existent dans une rod[ie<somposée 
d'éléments divers ne pouvant donner que des notions incomplètes sur 
les espèces qui la constituent, on a dCt recourir à d'autres méthodes 
pour reconnaître et isoler autant que possible les composants imnifdiats 
(espèces.) L'examen à l'aide du microscope polarisant, sur des plaques 
suffisamment amincies et polies pour leur donner de la transparence , 
est devenu un utile moyen d'investigation qu'on ne saurait néglq^er ppur 
déterminer la nature des roches. Une mince plaque de la roche de 
Roguédas soumise â cette épreuve , laisse voir qu'dle 'est ç^m^ée 
d'au moins quatre espèces distinctes, savcnr ; anorthite, pyroxène vert, 
quartz et idocrase. 

Les jades placés dans les mêmes conditions montrent une texture 
uniforme qui confirme l'homogénéité de la matière établie d'ailleurs par 
les caractères physique et par la composition. , 

D'après l'exposé qui précède , je suis amené à conclure qu'on 4ûit 
renoncer à voir dans la roche de Roguédas un véritable jade, e^t que 
cette dernière substance minérale est encore à trouver parmi les terraiss 
de i;ios contrées. • 



La présence^ de rÀnorthite (ca,Na),*Ai, sî^ en notable proportion dans cette 
roche, lui donae un véritable intérêt au point de vue de la géologie : J'ai 
observé une roche à peu près identique âPCtt ]6S terrainï^^^râElill^lè qui 
avoisinent la vallée de Marmagne (Saône^'et-Loire). Des roches analogues se 
trouvent en Suède, en Norwège et notaminent à Hammerfest, près du Cap-Nord. 



Digitized by VjOOQIC 



— 48! — 



NOTE DE M. DE LIMUR. 



Monsieur le Président , 

Par suite d'une violente migraine, il m'a été impossible de me rendre 
à la dernière séance de la Société. 

J'avais cependant un très-vif désir de connaître l'opiniott de 
M. Damour au sujet des échantillons de la roche de Roguédas, que 
j'avais eu l'honneur de lui remettre à Paris, et qu'il avait bien voulu 
me faire espérer qu'il examinerait particulièrement. N'ayant, pas plus 
que mes confrères de province, le matériel et les instrumente 
indispensables : microscope polarisant, plaques que Ton ne peut &ire 
tailler qu'à grands frais, et encore à Paris seulement^ pour opérer une 
analyse chimique et optique dans des conditions exactes , je m'en suis 
uniquement tenu à une étude au chalumeau, ainsi que le portent 
l'entête et la fin de mon travail sur la roche de Roguédas. 

C'est un procédé d'examen minutieux et délicat, si le minéral est 
composé de substances d'espèces différentes, ayant des points de fusion 
plus ou moins faciles, des réactions qui peuvent présenter des 
phénomènes variés, etc, etc. 

Si le savant minéralogiste , avec les moyens précis , qu'il tient à sa 
tiisposition , n'a pas trouvé absolument les mêmes principes constitutifs 
que dans les jades désignés sous le nom de Jade Océanien, malgré 
toutes leurs ressemblances, je suis* heureux que, par suite de mes mo- 
destes recherches , grâce à une haute et incontestable autorité , il soit 
établi que cette roche d'une composition étrange , peu répandue sur le 
globe et conséquemment fort rare , sans place bien reconnue dans les 
méthodeç , je crois aufesi sans désignation nominale , se montre dans 
notre département, au milieu de ces soulèvements les plus anciens, 
que les géologues nomment le système du Morbihan. 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression des sentiments 
très-dévoués de. / 

F. 0° IDE LlMl}R. 

Hôtel de Limur, ce mercredi, 28 juin. .-.ti ^ 



Digitized by VjOOQIC 



-iS«- 



ÉTUDE DE GÉOGRAPHIE CELTIQUE 

sniviE. 
D'UNE ESQUISSE DE THÉOGONIE CELTO-HELLÊNIQUE. 

• 

(Pljr M. A. 6iiyot*Jomard). 

I. — Origine des Gdtes. — fitendne de la Geltiqae. 

Les études géographiques sont à Tordre du jour : du Nord au Uidl, 
les terres et les mers sont parcourues et «llonnées par des séries non 
interrompues d'intrépides explorateurs. 

Quant à la géographie ancienne, elle est passée dans le domaine 
4e rarcbéologie ; elle y sommeille en paix avec ses incertitudes et ses 
mystères» avec quelques parcelles de vérité et peut-être un lourd bagage 
d'erreurs. 

Notre génératbn, fatiguée de suivre une ornière creusée par la 
mythologie, s'est désintéressée d'une question qui ne lui offrait plus 
attium attrait : les Grecs, s'est^on dit, nous ont tout appris en géographie 
comme en tant d'autres points '; après eux il ne reste de ce c^ rien 
à découvrir, rien à interpréter. Il y a de la témérité à penser autrement, 
et il faut une certaine audace pour oser affronter les traits maliiis que 
l'esprit français se plait à décocher contre quiconque vise & la rectifia 
cation seulement, sans parler d'innovation... < iîe^ver^ardua eis^,a dit 
Pline, cité par l'auteur des OH^ine^ gauloises , velustis fwtnUxtem 
darê^ noms auctoritatem, obsoletis nitorem, ob$cti)ris lucem^ fastidUis 
graJtiant, dubiis fidemi U est vraiment difficUe de donner aux vidUes 
choses le charme de la nouveauté, aux nouvelles de l'autorité, aux 
questions usées de l'éclat , aux obscures de la lumière , aux fastidieuses 
de la grâce , aux douteuses de la créance. » 

Cette situation rappelle celle de cet illustre savant qui, condamné 
pour avoir révélé une grande découverte, ne pouvait s'empêcher de 
nuirmur^: et pourtant elle se meu4. Ainsi, l'homine adonné aux 
études celtiques, bien que mis à l'index sous le npm ridiculisé de 
CeUomane, ne peut se condamner au silence. Il entrevoit du Celtique 
de toutes parts , de l'Imaûs aux extrémités du golfe Arabique et du 
détroit de Gadès, du Caucase aux rivages de l'Armorique et de la 
Galédonie... 

Malgré mon insuffisance, je vais, non pas en 80 jours, mais en 
qudques pages, faire avec vous un voyage à la vapeur à travers le monde 



Digitized by VjOOQIC 



— 493 — 

aucieiiy et j'espère montrer atit.plus incrédules note que le oislto^bretOtt 
est la plus antique des langues en usage parmi les hoitimes ^ C6 que nul 
ne saiti mais celle qui peut donner un sens à des noms de lieuK restés 
inexpliqués. Cependant, comme dans la République des lettres chacun 
est libre d'émettre son avis, chacun aus^ peut donner évt réserver 
son assentiment. 

NuIUm addictud jurât e in verba magistrij 

Indépendant de toute doctrine et de tout maître^ même de SiPabôn, 
je veux essayer de rechercher les vestiges laissés dans l'ancien iflônâi^y 
jmr ce qu'on appelle le passage dés Celtes* 

Quiconque s'est imposé cette tâche a cru devoir, dalis le débuts lire, 
relire et annoter les auteurs de l'antiquité , feuilleter Homère et Hére« 
dote^ Arlstote et Polybe, Diodore, Strabon, etc., etc.^ c'estce quVéu 
le courage de faire un personnage célèbre du siècle dernier^ Sehd^fliil- 
(de Salzbourg-Bade 1694-1771), professeur d'histoire à Strasbi»Ui>{g; 

Toutes les notions que l'antiquité nous a léguées sur les Celtes ^ il les 
SI reeueilliesy comparées, discutées ^ et il en arrive à cetle cenolmteni 
qu'après avoir examiné la question » il pourra se trouver des gens eut 
yeux desquels la Oaule seule devra être considérée comme le sol nâAàl 
des Celtesi 

Cette opimon se fotmulait^elle pour fidre pièce à oello té Simotr 
Pdloutier (Leiprick ieMkl757) ? On pourrsdt le penser. Pour celui*ei/ 
les Celtes tiraient leur origine de la Scyûiie« Pffiflîs des régions ellM^ 
taies ) ils s'étaient étendus sur FOccident. 

Pellôuticr adoptait la doctrine de Gôvier {Dantdek, lS80^i63&). 
Dans sa GeriMhia antiqùa, ce dernier, s^appuyant sur Vk^Bè ti Tacite, 
soutenait qu'un descendant de Noé , Aschénas , avec ses flis et petits-fils, 
avait occupé la Celtique , e'est-^à^dire l'IUyrie, la Germanie, k Gaule, ^ 
PEspa^e et les Des^-Britanniques. 

L'avis de Cluviet est dono que les pojfmktiûhs de ces oôiitrées ee sent, 
servies de la même langue, et il établit ses Arguments sur l'ideiftilé des 
Hofns de nations, d'hoiAmes, de villes, de bourgs et une quantité de 
mots dont l'usage s'est maintenu dans la langue vulgaire des^ Germabs. 

Après les auteurs qui viennent 4'ètre nommés , l'^dre ohronologiqùe 
IMrésente là Tour d'Auvergne. Pour ce dernier, les Celtes n'oceupfilent 
ptts seulement les Gaules, mais aussi l'Illyrie, la péninsule Ibérique, 
lès I}e«)-Britanniques , une- partie de la Germanie et ces Vastes régio«i9 
des Polonais et des Russ^i, la Scandie, la péninsule Câmbri«[U0eirRa3ié 
dés Alpes aux Apennins. 

Tentés les populations de ees oonirées dites Celtes , pas Gauldis^, 
s'appelaient Scythes ou Celto-Scythes i telle est la dénomination 4enné» 
,pàr lé<t Greci à tous les peuples transdanubiens. {&ïràik ti^ 7 , § &) ^ 

De ce rapide exposé, il ressort que Schœpflin est4NNdite«dfilh^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 134 — 

Pour leé autres, il est constant que les G^tes, comme les hommes les 
fixtn primîtitis, sont descendus des hauteurs asiatiques, que leur horoeau 
dut être sur les versants des monts Imaûs. Cest de là que se dirigent 
vers le Caucase ces migrations de peuplades appelées Aryens , Ases , 
Sakes, Scythes, Massagëtes,.etc. 

Les Grecs et les Latins, fiers de se dire Autochthones ou Aborigènes, 
ne semblent point avoir eu Tidée de rechercher Torigine de ces affreux 
barbares, qui, pourtant, devaient être considérés comme leurs ancêtres 
et la souche dont les rejetons se reproduisent dans tout le monde 
oeddentaL 

C'est la trace de ces migrations que je me propose de suivre à travers 
les monti^es et les fleuves, les mers et les Qes, à l'aide de leurs 
dénominations primitives. 

L'Asie est le berceau du genre humain ; or, aussi haut que l'histoire 
remonte, elle nous représente cette contrée en proie à des guerres 
interminables. 

£n ces temps«là (vers 2300 avant J.-C), dit la Crenèse, ch. XIX, 
Gbodorlahomor, roi des Élamiles, avec divers rois assujettis, vint fiûie 
la guerre au roi de Sodome ; puis ayant pris toutes les lichesses de 
Sodome et de Gromorrhe, les vainqueurs se retirèrent; mais Abraham , 
avec ses gens, les défit. De ces données du livre de Moïse on peut 
inférer qu'Abraham, en quittant la Chaldée, était un chef d'ém^ration, 
et que ses gens devaient former une masse compacte et assez forte pour 
repousser Gbodorlahomor... Ainia, Abraham, avecsesgens, va prendre 
possession de la Syrie, de l'Aralne et même de r%ypte, la terne 
d'Osiris (Os-ir-is) , d'Isis et d'Apis. Pendant ce temps , d'autres émi- 
grants chaldéens, comme le père des*Hébrenx, avaient dû fuir, les uns 
vers l'Asie mineure, les autres vers le Nord, dans les régions mon- 
tagneuses du Caucase, de scurte que le Pont*Euxin dut se trouver 
entouré de populations sorties des mêmes contrées de TAiâe, ayant dans 
le principe les mêmes mœurs, la même religion et le même langage; 
mais il fiiut procéder avec méthode. 

Chodorlahomor, le mtaie peut-être queBélus, chassant devant lui 
les Arabes, soumit donc divers peuples de l'Asie, tels que les Arméniens, 
les Mèdes jusqu'à k Bactriane, les Sakes et les Scythes. 

Les Arabes, cités plus haut, étaient des Chaldéens qui, chassés des 
monts Garduques (Kourdes), descendaient dans ces plaines sablonneuses 
qui s'étendent entre la Syrie et le golfe Persique, où se jette le Térédon 
et où figura Gerriia, la capitale des Messénéens. D'autres avai^oit passé 
en Egypte et remonté le Nil, dit aussi Triton, de Tanis à Syène, etc. 
Cm peuples isolés et séparés des autres par la mer et des monta^^^nes, 
•e dévelo|i|ièr«at extraordinairement et produisirent cette mystérieuse 
civiUMtioa de Méroé et de TÉklP^ 9^ ^^ encore l'étimaement des 



Digitized by VjOOQIC 



.,l4sS;j,m^«;i;Cavi^ s'étiMidçnt sur ruine des fconWes )0$ phis 
i4vpjj«éei^4e rABi6>rù( yigae et la figuier y doiinaijt des fruits abaû^ 
dants,^ le fromei^ se sème .de lui-même, les abeilles oouvjrent les arbres, 
et des feuilles s'épancha uu miel délicieux. (Strabon xi, 7.) C'est, dit<i> 
on, l'antique séjour des Chaldéens et peut-être des Keltea (Celtes) dont 
h iûsm^& ^^(ïareque très p^ des premiers. Cette similitude, d'ailleurs, 
se présente . sous plusieurs points de vue qui semblent affirmer une 
con^nunauté d'ojrigine. 

Comme toi^^es^ les r^ons favorisées du ciel et douées d'un heureux 
climat, cette partie de l'Asie appelée Arie ou Iran et Médie^ arrosée 
par des fleuves limpides, s'éleva également à un haut degré de civili- 
sation^ mais aussi fut-elle en butte aux invasions incessaïUes des Ases 
ou Cases (le c remplace l'aspiration) des Sakes, des Perses. Ces invasions 
successives du côté de TEst expliquent les migrations vers l'Ouest. 

PuisqueJ'occasion s'en présente, on peut se demander ce qu'il &ut 
penser de ces Ases et de ses Saques : Âses , Asiens ou Uxiens ne 
doivent être qu'un seul et même mot ; la dernière dénomination a été 
longtemps celle des habitants de la Susiane, qui occupaient les montagnes. 
Su$U;^ney Suseen Asie, rappellent Suse en Piémont, le pas de Stise dans 
les Aipes..... uz en celtique signifie haut. 

{Uz., haut, puis Uhel, transformé ensuite en helv-hely, etc.) 

Les Ases ou Uxiens occupaient primitivement les mont3 Imaûs 
(Emodes) :. on peut conjecturer que chassés un jour du pays de leurs 
ancêtres ) ils se dirigèrent vers l'occident en suivant constamment les 
montagnes,, car les plaines ^ient envahies annuellement par des 
inondations; ils se fixèrent dans le massif du Cau^iase, et les Saques, 
qui les avaient précédés ou suivis, devinrent les Cosaques, Le préfixe ko, 
signifie vieux en celtique ; celte étymologie, qui s'est présentée à mon 
e^rU,;est djijà exposée quelque part dans la Revue eeUique^ Je ne 
puis quitter ce. mot sans m'y arrêter un instant. Lorsque les Êtmilles 
émigra^tes abs^ndonnaient leii^r patrie, les préparatife du départ n'étaient 
ni longs, ni compliqués : les troupeaux étaient poussés en avant ^ et, 
par derrière, venaient sur des chariots, les femmes, les enCamts et les 
vieillarde , chefs et directeurs de l'expédition. 

Ko, signifiant ancien, fait au superlatif kohan. J'avance que delà 
riennçnt Jkogan, khan^ kontm^ roi en breton, kœnig en allemand, 
eikm^ en anglais. Ainsi, Ghodarlahomor, le roi des Élamy tes, cité 
plus.havty a un. nom que le celtique prétend expliquer» 

Ko, vieux ou roi, er lahour, le tueur, mor-grand» Le gratui tueur, 
ce^serait un fléau de Dieu de cQs temps primilifs. 

Les..Élamytes habitaient l'Élymaîde, entre la Suiâane au Levant, 
l'Assyrie ^u Noxd, la Médie à l'Est. Pays entrecoupé de montagijies, c'est-- 
à-dire haMtj&i has , eiyma, c'est haut , a, is et bas ? 

Si Ton admet que les Celtes sont venus de l'Asie > il faudra bi&a 



Digitized by VjOOQIC 



jfecdHdftttrê ^'Bs oat émpatté cbns leurs pMgriimtîoiis ee qiil eonslituB 
rorif^naUté -d'une population, la spécialité d*une race» et ces choses 
sont incontestablement le langage , les mœurs , la religion. Or, si des 
versants des monts Imaûs, nous essayons de suivre les Âses ou Cases, 
etc., nous serons étonnés de la facilité que nous offriront les radicaux 
oeltiques pour interpréter la signification des noms de pajfs, de montagnes, 
de fleuves et de cités, c'est-à-dire que le sens donné par le celtiqn^ 
sera en conformité paiÎEadte avec la situation topographique des régioits. 

La Tour d'Auvergne, dans ses Origines gauloises, a traité ee sujet; 
j^ai eu Vhouneur de vous en présenter Tanalyse à cette place, il y s 
plusieurs années. Mais son œuvre, entachée de CeUomanie et venant 
après IfîS exagérations de Lehriganty a été réléguée dans Toubli, et si 
je me permets de la rappeler aujourd'hui, c'est pour rendre un hommage 
mérité à la mémoire d'un grand savant et d'un grand homme. 

Mais; dim-t»on, vous prenet la science au point où elle se trouvait 
du temps des écrivains précités, sans tenir compte de la linguistique, 
cette science nouvelle dont les règles véritables leur étaient inconnues ; 
vous traites la question avec une méthode reconnue fausse, qui c(msiât« 
à conclure de ht ressemblance apparente des mots, l'identité des racmes 
dans des langues différentes. Pour avoir le droit d'afQrmer qu'un nom 
de lieu vient du celtique , il ne suffit pas que ce nom ait un son iden- 
tique à (^elui d'un mot celtique moderne ; il ne suffit même pas qu'il 
puisse venir dû celtique ancien ; d'après les lois de la linguistique, 

il fiàut, de plus, qu'il ne puisse pas venir d'ailleurs Ces objections 

sont sérieuses , toutefois elles ne m'effraient pas outre mesure. Quand 
j'émets l'avis qu'un nom de lieu est d'origine celtique, parce que ce mol 
en critique a un sens en conformité complète avec le caractère spécial 
de la situation que le celtique explique clairement, et que cette épreuve, 
faite sur tme quantité de noms de lieux situés à une grande distance hs 
uns des autres, doime constamment les mêmes résultate , je <at)is avoir 
quelque raison de penser que ces dénominations n'ont pu leur être 
données que par des populations qui parlaient la même langue* 

Les exemples qui senmt présentés ci-^dessous viendront appuyer 
cette conjecture. 

Mais , ittsistenr-t'^on , si ht Isngue celtique est îA ancienne, o& doit sa 
trouver des traces dans les inscriptions cunéiformes. A cette objei^iffli 
je réponds qu'il ne faut pas se méprendre sur l'antkpdté de ces 
inscriptions : si elles remontent & 1000 ou à ISOO ans av»t noire ère, 
c'est peu de chose en comparaison du cdtique. A cette période la hagie 
celtique avait disparu de l'Asie ; les Celtes occupaient ta Grke, TltaKe^ 
les Alpes, les Gaules, etc. Du temps d'Hérodote, ils s'étendaient du 
Danube at|X bords de l'Océan occidental, et quatre cents ans j^us taxd, 
quand César faisait la géogaphie de la Gaule, il limitait la Celtique au 
basrin de la Lobre. Si» de nos Jours, on nous âemnxdtit œ^'il reatede 



Digitized by VjOOQIC 



I 

b CeMiqoéi iidiid basant sur retendue de la làngae^ bretonne, hous 
répondrioQs quek[ttê& ^entames de kilomètres carrés^ bornés à l'ouest 
par la mer et formant à peine le tiers de la vieille Armorique ! f I Sic 
tremsit ^oria mundi. Voilà l'effet du temps. En deux mille ans 
te celtique a disparu de l'Europe ; il lui avait fallu bien moins de temps 
pour s'éclipser de l'Asie comme langage parlé. Néanmoins, son souvenir 
s'y est conservé, et le celtique donne un sens à des noms de lieux 
fcpuis rimaûs jusqu'aux extrémités occidentales de l'Europe. 

n n'y a pas d'ailleurs à s'effrayer outre mesure : avec une vingtaine 
de radicaux on peut posséder la nomenclature géographique des Celtes r 
c'est de la géographie physique dans toute sa pureté. 

Ces principaux radicaux sont par ordre alphabétique : » 

Aod, rivage qui, par contraction , est tantôt a, o, ad, od, etc. 

jBr, ira, hre, bri, })ro,hrUjphryy etc., montagne , plateau « se con- 
fondant avec harn , hem , parn , pern , etc. 

Cvy cra, cre, cri, cro^ cru ou gr, gra^ grCy griy gro^ gru, cUpct-^ 
aspiration de r/ia. Même sens. Caiz, beaucoup. 

DiaZy bas. Eant en diaz , ils vont en bas^ :: 

Don, profond, bas, lointain, qui se présente ^ay^c une quantité d'équi- 
valents, tels que dan, tan^ theriy thyn^ zan^ zon, zen^ zin, etc. 

Dor, porte, passage, de même que tauvy tur^ tyr, nor, 

Hent , chemin. 

hir, long, hiro, plus long, hiran, très-long.. 

Iz, bas, en iz, inis^ une île, littéralement dam le bas. 

Kar, Ker, ger, habitation , ville. 

Ko, kqz, vieux, kosohy plus vieux, kohari, très- vieux, Je plus vieux,'» 

Lenn^ lac, étang, mer formant golfe. 

Mœs , mes, mys , dehors, étranger. 

Manné, min^ myn, montagne; mené, des montagnes» 

Pan , fen , pin , pcen , devenant aussi ban, bew, bin , télé, ^saBunet.*: 

Pol, poul, trou, profondeur, comme toul, 

Ra^ re, fleuve, ster, ntyr, cours d'eau. 

JRoh, rocher. Treo^, passage. 

C/jç, uhci, heIv-/i€Zy, etc., haut, /twaiis, ils sont hauts. 

IL — Imaûs, Inde, Arménie, Albanie, Golchide. 

Munis de ces notions , transportons-nous, si vous le voulez bien, par 
la pensée sur le point le plus élevé possible des monts Imaûs qui 
forment des limites septentrionales de Tlnde. Admirons l'immense et 
magnifique panorama qui se découle sous nos yeux. Naturellement ' 
les contrées immédiatement inférieures seront pour les spectateurs des 
Pays-Bas. Vers le N.-E. vous trouverez les Issèdones sur les bords du 

10 



Digitized by VjOOQIC 



-m- 

Ilik<Mias^ liMpi^l deviendra plus tard Tlraouaddy» e'etli^i-dîra le pli» 
graiid des fleuves, ou le Braœa^poutr, c*e8t«&-dire le fils de Brama* 

l8$édlone en eeltique veut dire bas et profond. 

Iran^QuaM-^y équivaut à le plus long fleuve. 

Enfin poutr ou pauir signifie fils. 

Sur le versant sud, c'est Tlnde. In-dià en celtique signifie en bas; 
Indéua signifiera le fleuve du bas opposé peut-être à ihs^us te fleuve 
du haut, rivage septentrional ; puis le pays arrosé par ce demi^ de* 
viendra la S'^Ogdiane. Dia est un contraire de vs. Quand à la lettre s, 
elle est Télément principal de Taspiration celtique. (Voir Gnxj^m celt 
Zeus, p. 119.) (1) 

Finalement ou India vient du celtique in dia et signifie le pays d'en 
bas^ ou il vient, de l'avis de M. Littré, du sanscrit SindhuSy nom du 
fleuve Indus. Mais je demande à ce grand savant d'où vient Indus. — 
Point de réponse! !î 

De rimaûs à l'Arménie se prolonge vers l'ouest une immense chaîne 
de montagnes qu'on appelle, nul ne peut dire depuis quand, les monts 
El'bro^uz, c'est-à-dire, en celtique, le pays haut. D offre des pics trés- 
élevés , dont le principal , l'Albordg, a 5,400 mètres. 

L'Albordg est la montagne sainte des Persans : ce flit, suivant les 
traditions, la retrsSte de Zoroastre , et elle joue un grand rôle dans les 
mythologies locales. Il semble que la position de l'Albordg varia avec le 
pays occupé par ces peuples, et qu'il y eût plusieurs montagnes saintes. 
Tout semble annoncer qu'il faut chercher l'Albordg primitif sur les 
sommets de l'Himalaya, dans la marche des peuples. 

Vers l'occident, l'Albordg, comme toutes les dénominations locales 
de leur première patrie , marche pour ainsi dire avec eux. (Bouillet.) 

Au sud des monts El-bro-uz, s'étendent les plaines de la Perse 
formée de plaines arides en été , marécageuses et souvent inondées en 
hiver. -^ Par-'Sis. Nous verrons ultérieurement si Par-s-is ne signifie 
pas très-bas, le pays bas. 

Dans ces montagnes s'ouvrait le défilé difficile dit des Portes^ 
Caspiennes, conduisant à Rhàgès fpays déchiré), en Médie, en Arménie 
{Ar-Menez, les montagnes). Là s'élève à plus de 4,000 mètres le mont 
Ararat où s'arrêta l'arche de Noé. En celtique, Ar^er-^hra signifie 
littéralement sur le sommet, sur la grée, et Noé, analogue au grec Neoç, 
correspond également au celtique ^eué et signifie l'homme nouveau. 
t' ' ■ ■ ■ ■ — " ■ '■ ■ . I. . .■■.- .. -I I. . — . — _^^_- — 

(1) S^ergo spirationis eellîcœ dtixetprincepsest, Inter quam et B affini" 
tatem esêe constat in linguis indeuropœis, qua alternent inter voeales poéiiœ 
vel inprindpio vQci$ ante vocales^ ut persioœjam inde <tb amtiqmKwnis 
temponbus H profert in iis vocibus in quibu$ S invenitur in Indica, ut 
in nomine Sanacreto Sindhu, fluvii et regionis^ quod Persis e9t ffindu, 
nomen fluvii principio, deinde et regionis et incolarmn, atquee jpefsico 
wre ad Urœeo^et Romanes transgreseum Indus, /ndi..«.. 



Digitized by 



Google 



— 189 — 

Les rhred d'iftcrédttUté tpû ont toujours aecuéSli ces iiitei^pétatbns 
ne toft ont pas détraites «t ne les dèlruifonl pas. Les rieurs y seront 
pour leur frais : telum imbelle, sine ictu.,* 

* Si quid novisti rectius istis , 

Candidua imperii ; si non, his utere meum. 

Rieurs^ si vous connaissez quelque chose de mieux , dites»le*nous 
frioidiemenl: ; si non^ acceptez nos explications : ou bien nous inviterons 
nos amis à venir vous voir rire : Spectatum admissi risum iencatis, 
wnici, et chacun de nous dira avec le poëte exilé : 

Sarbarus hic ego sum quia non intelligor illis /... 

Mais il est un moyen de tout concilier : c'est d'y voir une fantaisie, 
un jeu du liasard fil 

L'Arménie fut le séjour des Carduques, des Gordiens, des K'ourdes; 
quipassent pour les ancêtres des Chaldéens et peut--ètre des Celtes. 

£n se prolongeant vers le nord , les montagnes d'Arménie se joignent 
au système du Caucase, avec les provinces d'Albanie à l'est , sur la m^r 
Caspienne y l'Ibérie, au centre et la Colchide vers Touesti sur le Pont*- 
Svxin. 

Albanie, — On com^M» dans la géographie ancienne trois ou quatre' 
Albanies : 

i^ L'Albanie du Caucase , région montueuse. 

^^ L'Albanie (Épire des Grecs), pays montagneux, nous dit-on, d'où 
son nom à*Alb onAlp, c'est-à*dire montagne en celtique. Il y a ici 
une exi^ication vicieuse : ce n'est pas Alp qui signiGe montagne, mais 
pen, tôte, ctme ; at n'est autre chose que l'article. 

3<> L'Albanie, le pays A'Albe, au pied du mont Albain, près de Rome. 
Al, ban, w^ le mont à tète haute. 

4> Albany ou Albain était le nom primitif de l'Ecosse qui est hérissée 
de montagnes* 

Ce fi^èmo mot se retrouvera dans le mot Alpes. 

A rouest, sur les bords du Pont-Euxin, s'étend Idi Coldtide^ 
ÇolehU, dont le rivage, dit Strabon, est sablonneux, bas et mou^ 
humilie, ce qualificatif donne l'explication de Colchis qui est le mèm« 
que ealc-is et signifie très^bas. 

Remarquons de suite que tous les lieux appelés Chalcis sont dam 
des positions analogues, au bord de l'eau, soit de la mer, soit d'un lac. 
Nous en compterons : 

lo Chalcis, dans Vile d'Eubée ; 
. â"» Chalcidèa ^ en lonie (Asie- Mineure) ; 

3» Chalcis, en ÉHde ; 

40 Chalcis y une île près de Rhodes ; '^^\. 

5» Chalcis, ville de Syrie, dans k vallée qui mène à Damas ; 



Digitized.by VjOOQIC 



— 140 — 

6« C3ialcisy cbef-lieu de la Chalcidique, presqu'île méridionale de la 
Macédoine 9 subdivisée en trois autres, qui sont : Paîlène, Sithonie et 
du Mont-'Athos ÂSeoç. Ad^ uz, côte haute. 

« 

m. — Le Pont-Euziii, les Taures, les âmasones, etc. 

Le Pont-Euxin formait le point de la bifurcation des migrations par 
terre. Il fallait opter pour Fun ou l'autre littoral y ou prendre la voie de 
lar mer... Nous verrons que les émigrants surent prendre les trois 
chemins. Pour nous , nous allons suivre d'abord la côte septentrionale ; 
nous reviendrons en suite au sud, et nous nous retrouverons au bord de 
THelleepont. De la Dardanie, en Thrace , il n'y a qu'un pas. Le Pont- 
Euxin ne sanble pas avoir arrêté ces populations. On peut présumer 
que l'art de la nâvi^tion s'y développa de très-bonne heure, et qu'un 
des premiers théâtres de l'homme aux prises avec les périls de la mer 
fut la Pont-Euxin lui<>mème. 

. Ici se présente un mot nouveau : le Pont, c'est un mot grec^ ailes- 
vous me dire, nous le connaissons de longue date ; le dictionnaire nous 
l'apprend assez clairement ; or, que dit ce gros livre, le voici : Ilovroç, 
primitivement et poétiquement le profond abime, par extension, une 
mer quelconque et spécialement le Pont-Euxin. J'airètele premier sens, 
le profond àbime, et je remarque que Pontos est le même qaepctàn 
ou podôn , pctodôn , en celtique, extrêmement profond. 

Ce mot don avec les innombrables variations des dialectes se retrouve 
àxhaque pas, c'est dan^ tan^ ton^ thyn^ zon, zin^ doun,, toun, etc., etc., 
signifiant partout et toujours un accident de terrain très*prononcé ; ici 
\m fleuve, là un cap, un port remarquable par sa profondeur. 
. Ne pouvant citer ici tous les mots (on les trouvera à Vindex ci-joint), 
je me borne à citer quelques exemples. Ainsi Hamadan, ville située 
au pied des rochers fameux de Bizoutoun ou Bihiatoun, Bizance, 
Yesontio, aujourd'hui Besançon, me semblent avoir une composition 
. analogue et rappellent des lieux dans des situations escarpées, tour- 
mentées. Sous la forme de dan^ il fait le tour de l'ancien monde; 
Ouyier l'avait déjà remarqué; mais dans une Germania tout devait être 
germain; il confond ce mot avec les mots theut et theos. Il me sexidlde 
qu'il n'a pas rencontré juste ; j'en demande pardon à sa sdenoe. 

: En Golchide, les Argonautes abordèrent à l>»oscuria5. Quand se perdit 
la^niémoire de Castor et PoUux, la ville reprit peut-être et consejpva 
le nom de J»gaur bu hker , la ville basse.? 

Au pord venaient les Mnochisi (comparez avec les Achœi en Grèce), 
c'e»tT%4irô lej^ Kttwaux; les S-Indi, les Bandarii^ les -inférieurs; 
les,,ilr^f^iiV les plus élevé». Tous avoistnaient le palus M^œciis, ce 
qui signifie peutrètre les^ marais aux rivages baS'(Aol-««, comparez avec 



Digitized by VjOOQIC 



- Mi - 

JMaré-ort$ en Egypte). Lès Benochii, fameux par leur piraterie , sont 
mentionnés par Strabon. — 425 - 17. 

Le passage en Tauride n'offrait aucune difficulté ; c'est ici qu'on peiit 
citer la phrase de Tacite : non terra olim , sed classihus advehebaniur 
qui mutare sedes quœrébant ; mais il fallait trouver un accès , un port, 
car la côte est escarpée, montueose, asperà, montosa. A l'extrémité 
occidentale se trouvait le Portus symholorum , angusto introitu , au- 
jourd'hui Bala clava en Crimée. Il offrait un point de débarquement 
facile. Il reçut le nom de Taur-is, Porte-basse. La Tauride, dit l'his- 
toire, était occupée par les Taures, race scythique, adonnée au pillage. 
Ils occupaient la Chersonèse jusqu'à Théodosie. Remarquons de suite 
que leur principale déesse à laquelle on sacrifiait des victimes humaines, 
s'appelait Opis : les Grecs l'ont identifiée avec leur Diane. Opta pour 
nous signifie rivage bas et nous verrons plus loin l'origine de Tidentifi- 
cation d'Opis et de Diane. 

lies Taures ! s'est-on> jamais demandé l'étymologie de ce nom ? Pour 
moi, je ne l'ai vue exposée nulle part, et cependant nous avons des 
Taures partout. Voyez plutôt : après la Tauride , 2? lés monts Taurus 
m Asie; 3» la Doride, les Dores ou Doriens et les Centaures en Grèce; [ 
¥ la Tauriana au sud de l'Italie , dans le Brutium ; &> les Taurisci 
ou TauristeSy le Tyrol dans les Alpes noriques; 6« les Taurini de 
Turin ; 7» les Thuringes en Allemagne ; 8» dans la vallée de Jéricho , 
deux forts appelés Taurus et Threx; 9^ les Épidaures d'une part, 
Tyr d'un côté, les Tyrrhenes de l'autre se rattachent à la même on* 
gine. Les plus habiles étymologistes disent que tous ces mots idennent 
de tauros taureau , c'est-à-dire apparemment qui est fort comme cet 
animal, ou arrondi comme la croupe de ce ruminant. Telle est l'expli- 
cation donnée aux enfants dans les écoles et religieusement transmise 
de génération en génération. Mais ces taureaux ne m'efiraient pas plus 
que ne le feront les serpents et les chèvres que nous verrons plus loin. 

Examinons tous ces taures. C'est dans les montagnes que nous les 
trouvons ; or, que cherche une colonne d'émigrants en présence d'une 
chaîne de montagnes qui arrête sa marche ? Elle cherche un col , un 
pas, un passage, disons le mot, une porte, ce qui en celtique se dit 
tor , dor , nor (comparez avec le grec Qvpu et l'allemand Thûr). Lei 
Taurus et Threx de la vallée de Jéricho, par lesquels il fallait passer,* 
donnent à cette interprétation non une apparence de vérité , mais une^ 
force incontestable. Taurus y signifie porte et Threx passage. Est-ce 
encore du hasard? Mais nous y reviendrons, et, dans la suite de cette- 
étude, nous visiterons le Norique, les Taurisques, les Taurins, etc. 
Au nord du Pont-Euxin , les émigrants rencontrent de nouveaux obs- 
tacles, de grands fleuves interceptent le chemin ; il faut les nommer , 
les distinguer ; le vocabulaire n'est pas riche : les mêmes dénolâftihations 
s'offriront à chaque instant , avec une légère modification. - ^ 



Digitized by VjOOQIC 



^. 14» — 

Ce sera io le Tanaia , ou Don, le cours pirofotd et bas ; 

2o Le Dan^a-pHSy \e Dnieper , 

3<> Le Dcmasîer , le Dniestr , le cour« très profond; 

4» L'I^ter , ou Danuhius , le Donau , le plus profond. 

$eer en celtique i^gnifie le courant , le chenal ; les Grecs en ont fait 
iBtroh. Est-ce là même chose, ou faut-il y voir avec Latpur d'Auvergne 
un équivalent de Ostreosus , abondant en huttres (celt. Mr), Je préfère 
lé premier sens , car maint cours d'eau a conservé le radical $ter «ans 
avoir jamais noorri le mollusque précité. 

Les populations se classeront en Bhiposi ou Mmon^ , les monta* 
gnards, et Svtone$ , les inférieurs, les littoraux. 

Les villes seront TomiSj CaUcdis (Cal-^at-^is) Bizone^ Odesm$, 
Menebria, c'est-à-dire à l'extrémité des monts {Hému»). 

Sirabon , qui ne recherche pas souvent l'origine d'un mot, avance id 
qu'en langue thrace Bria signifiait ville. Je n'ai rencontré aucune 
preuve appuyant cette allégation : partout le radical Bri indique hauHur. 

Après viennent Tynias, Bysantium, etc. 
- Bîzone'est comme Bidson (Bi est un augmentatif). 

Biïone et Byzantium signifieront donc station très profo^xdé. 

Sur le littoral asiatique, on voit la Bitl^ynie. (Ou sait que Th se pro- 
nonçait comme le Th-anglais.) 

Des bords du Pont et du Bosphore aux bouches del'Hèbre, sur la 
mer Egée, les populations sont indiquées sous le nom d^Odryseê, c'est- 
à-dire les transversaux , les enfre-rivages ; en face , de l'autre côté de 
la Propontide , une rivière, affluent du Rhyndacus' et coulaut sur un sol 
resserré entre un lac et la mer, s'appelle l'Odrysses. Plus bas, à l'entrée 
de l'Hellespont , à la pointe nord^est entre Priapus et Parium , se des- 
sine une presqu'île dite Adrastea ; à peu de distance , à l'entrée d'une 
srutre presqu'île , s'élevait Cyzique , avec le temple d'Adrastea. 

Odrus et Adras sont une seule et même chose. 

En Italie, nous verrons en pareille situation péninsulaire . l® la terre 
d'VdjDouç dont les Latins ont fait Hydruntum , et les Français Oiramte; 
^ l'En-otrie au sild et l'Étrurie au nord (comparez intra^oras^ avec le 
celtique étré-ùd ou od'-étré , entre-^rivages). 

Le Pont-Euxin était pour les Grecs une mer lointaine , et les régions 
environnantes un monde étranger et icfconnu. On en faisait le séjour 
des Amazones. — Les Amazones ! qui n'a entendu parler de c^ pré- 
tendues guerrières que la mythologie grecque a immortalisées? On les 
dénonce partout comme une peuplade fabuleuse , et cependant on en 
fait l'histoire. Quq n'a-t-on pas dit, que n'a-t-on pas ^rit sur eamys- 
laérieux sijuet? Il n'a pas été dédaigné des savants de premier ovdî^. 
Qù^il n^^ soit p^mis d'extraire d'un recueil célèbre Tepinion 4'on 
êruditMâiâtiilgué entre tous au siècle dernier. « Le nom d'A^ctzaney dit 
'cet aûli^,n'^$te^Iiqué nulle part ; du moins le&' origines doméeè ne 



Digitized by VjOOQIC 



-4»- 

méritent pas d'être rapportées* Ce nom ^ qui était harbarej devrait être 
celui sous lequel les Sauromates s'étaient rendus célèbres dans l'Asie* 
Mineure ; c'est celui sous lequel Homère en parle et auquel il joint Té- 
pithète de XvTtave/|9«(, égales ou semblables aux Hommes, 

3 Je soupçonnerais , car c'est tout ce qu'on peut faire en cette occa- 
siott 9 faisant une espèce d'allusion au sens du mot Amazones , dans la 
langue de ces femmes guerrières et faisant cette conjecture^ je tirerais 
le nom des Amazones de deux mots. catmougues; Eme ou Aeme dan< 
cette langue signifie une femme, et tzaine , prononcez sain^y dans le 
àidiecie àes Maiitchous , signifie la perfection d'une chose ^ son excel^ 
lence, sa bonté; ainsi Amazone, selon la prononciation grecque, et 
Aeme izaine , suivant celle des Tartares , pourra signifier une héroïne , 
femina excellens I Les Sauromalides , en prenant.ce nom , auront voulu 
marquer que leur vie nctive et guerrière les élevait au-dessus de leur 
sexe. C'est, Messieurs, l'opinion de Fréret (T. XXI des Mémoires de 
l'Académie des Inscriptions). » 

Vous avouerez que pour se produire , cette opinion a besoin de s'a« 
briter sous un grand nom. J'estime qu'elle ne vous agrée guère, et moi, 
j'avoue humblement que je me permets de la rejeter complètement. Je 
n'ai pas le talent de comprendre ce que viennent faire ici le calmouque, 
le mandchou, le tartare, etc. Je l'ai dit en commençant, je laisse la 
fable avec ses charmes dans son domaine , et je cherche la vérité sur 
terre et sur mer , par monts et par vaux. 

Quelle contrée attribue-t-on aux Amazones ? On ne saurait le dire 
avec précision. Elles passent d'abord pour avoir fondé Éphèse, Smyrne, 
Cumes , Myrina en Lydie, toutes villes situées sur un sol peu élevé au^ 
dessus de la mer. Quand^plus tard les Grecs n'ont pas trouvé d'Amazone 
en ces lieux , ils les ont supposées plus loin : on les a placées vers 77^- 
miscyre, dans les plaines arrosées par le Thermodon. Am^zontmi cwn- 
pus in Ponto humilis , dit Str9d)on. Les investigations ultérieures 
n'ayant pas constaté leur présence en ces pai^ages , on raconta que , 
chaûsées de Tbemiscyre, elles étaient allées s'établir au-delà du Cau-* 
case , le long du Mermadale , sur les bords de la mer Caspienne, région 
excessivement basse, déprimée : on sait que cette mer est entourée 
d'un littoral très affaissé et que son niveau est de plus de 100 mètres 
plus bas que celui de la mer Noire. Ainsi reléguées aux extrémités du 
monde ancien, elles cessèrent de faire parler d'elles, et pour cause...». 

Cet exposé fait voir que la r^ion des Amazones est partout un pays 
bas y et leur nom ne semble pas signifier autre chose. Hama, ici eu là; 
zdn.pour don, profond, bas, lointain. {Uamo;^ dans les inscriptions 
eunéifomies^ signifie Zà, en ce lieu là. Amazones, haUtants des lieux 
bas, au bord.de la mer pr^^onde)» Remarquons, avec un sens luc^aldgue : 
ilm<«a^port sur le Pent*Enxin; Amasiaj la patrie de ^trâboftau 
sud y sur l'Ir*i8 ; AmaihMS, port de Chypre. 0$erai-je citer rfM|K nétts 



Digitized by VjOOQIC 



~ 144 — 

kitton pour Ar-idon (commune à l'entrée du Morbihan). Emafhis, 
vieux nom de ville en Macédoine , se compose des mêmes éléments r 
c'est le pays plat opposé à Pœonia , Pannonia , le pays haut ; Regio 
sublimis» 

' Le pays des Amazones s'étend dans les mêmes conditions vers Touest 
de r£uxin , où l'on trouve Side et la contrée adjacente dite Sidène : 
Ma^or Sidâne&pars humilis est. En parcourant le rivage, nous trouvons 
«Hiccessivement Sidena, ville de la Troade, sur le Granique ; Side, au sud 
de r^^ie-Mineure y repaire des pirates de Cilicie; Sidon , sur la côle dé 
Phénicie , avec un bon port. Gydonia , grande ville de la Crète, égale-: 
meni sur la mer. Cette finale don semble confirmer mon interprétation. 
.Quant au préfixe Si, Cy ou Ky , j'estime qu'on doit le considérer 
comme un augmentatif. Nous le reverrons en Pi-si-die et ailleurs. 
' Après le Danube se présentait le Rhodanus i^e Rhône^. 
j. J'si déjà dit un sens probable de la syllabe jRTié, couler : Rhé-don. 
•Mons:en passant un côup-d'œil sur la fréqa^pce de la syllabe Dan , la 
même que Don , sans avoir la prétention d'énumérer ici tous les noms 
.qui s'en composent. Nous avons l'Eri-dan , dit plus tard le Padus pour 
;Bodanus^ Ce fleuve reçoit le Tanarus : Eridan ou Tanarus ont le même 
^en^- Arré-dan , encore profond? Plus loin l'Idanus , aujourd'hui l'Ain, 
^Jette dan^ le Rhône* Enfin , nous avons aux diverses extrémités des 
terres : au sud de l'Arabie, Adana (Aden) ; en Egypte , Tania ; au sud 
40 la Grèce, les Ban-ai; sur l'Hellespont, les Dardani ; au nord de 
j 'Europe ,16$ Dan-ois, Dan-z-iz (Dantzick), autrefois Ge dan-um {pour 
.^erdanum peut-être), sur le Condan-us sinus , la Brettanie, la Calé- 
donie. J'ajoute pour complément l'avis de Ducange : de, Tana vieiit 
4afiière; ei le tan , qui signifie feu , serait-il l'intérieur , le fond par 
ejteellence? Cela rappelle Tantale précipité par Dia (Jupiter) au fond de 
l'abîme. Tan-taulet , jeté au fond. Taulet énn tan , jeté au feu. 

A partir des rives sablonneuses , basses , marécageuses du Pha-s*is , 
Arrien, dans son périple, indique le fleuve Jsis, le Ba-thys , puis 
^athys portuSy devenu Batoun , AthenaB ou Atina , toutes dénominations 
ayant le même sans. Ensuite .viennent Trapezus, dont le nom moderne 
Tréhii^nde rappelle de plus près le sens primitif, et Kerasûa , Céra- 
zbnthe , qui feit penser à Ker-Arzon. Citons encore le Thermodon et 
l'Iris, les deux plus grands cours d'eau de la contrée avant l'Halys* 

Iris signifie , vous le savez , long et bas. Strabon dit en effet qu'à son 
embouchure , il présente un rivage plat et embarrassée : Ora humilis 
et aggesta. Ad Pka^iB exiÈUt^m ora Colchicd arenesa , humilis ac 
mollis : ad Thermodontem. et Irim tota Themiscyra , caw^pus Ama- 
.«m«tnr,-«t majror p^rs Sidends. Le littoral s'infléchit ensuite et- re- 
laonjejw^ lie nord Sinope , c'est-é-dire pointe très^-aécen- 

tuée deMcôte Si-rn-od*pen. La presqu'île est ferm^ par les haulcfîrs 



Digitized by VjOOQIC 



-. 445 — 

De SînDpe au Bosphore , sur un parcours approximatif de 500 Idlo*- 
mètres, se présentent : !<> les Henètes , avec le cap Carambis, Cromna 
et Amastfis. Amastreh en celtique signifie ici (lieu) étroit. Consultons 
la topographie , Strabon nous répond : Amastris est située sur une pé* 
ninsule dont Tisthme présente un port de chaque côté. J'en demande 
pardon à la mémoire de là femme d'Oxathra , Amastris , fille de Denis , 
qui passe pour avoir donné son nom à la ville formée par elle de quatre 
villages. Ce radical Stris se rencontre de Tautre côté de l'Euxin , vers 
reinbouchure du Danube : à l'entrée d'une presqu'île on voit une Is^ria ; 
j'ajoute ristrie, sur la mer Adriatique. 

Aux Henètes confinaient les Caucones , puis les Mariandyni , ks 
Thyni et les Bithyni. Ces syllabes, défigurées par Vy grec qui nous fait 
prononcer en i un mot qui devait £adre entendre un son analogue à zourty 
ces dyniy etc. me semh^nt une expression topographique : les Thyni 
occupent les versants des montagnes ; les Bithyni sont les plus bas et 
auront pour ville principale Chalce-dôn, c'est-à-dire sur la mer 
profonde. 

Derrière ces populations maritimes viennent au centre les Phrygiens, 
c'est-à-dire les Montagnards. Les Phryges d'Asie, dit Strabon fidèle à 
son système, descendent des Bryges d'Europe, race thracienne qui 
occupait les monts Bermius. Dans le voisinage, dans des régions 
moins élevées , vivaient les Mysii. Ceux-ci, toujours d'après Strabon, 
établis entre les Phrygiens , les Troyens et les Lydiens , descendent des 
Myses de Thrace ; d'autres prétendent qu'ils sont originaires tie la 
Lydie. Préciser les limites des Mysiens , des Lydiens, des Phrygiens et 
des Bithyniens , est d'ailleurs chose difficile ; la langue des Mysiens est 
mêlée de phrygien et de lydien. Les Mysiens et les Lydiens , comme 
frères des Carions , ont en communauté le temple de Jupiter*Carien : 
les Mysiens et les Méoniens sont les mêmes. 

De cette analyse un peu aride , il résulte , à mon avis , que des deux 
côtés de l'Hellespont et du Pont étaient étagées des populations portant 
des dénominations empruntées à leur situation respective. En Europe, ce 
sont : 1® dans l'intérieur des Mœsi. En celtique, er mes, la campagne,» 
les champs. Les Bryges et les Pœones sont les montagnards; les My- 
dones, Bistones, Odones sont les littoraux. 2^ En Asie, je l'ai dit, nous 
avons en remontant les Bithyni , les Thyni , les Mysi et les Phrygiens. 



IV. -* Troade, Lydie, Carie, Bbodes, etc. ^ 

Nous arrivons en Troade : sur le bord de l'Hellespont nous vopns 
Abydos, c'est-à-dire la côte excessivement profonde : ad-by^dàn, La 
sonde moderne y constate une profondeur de 60 m^res/ M ^contrée 
s'appelle Dar-danie, c'est-à-dire extrémité de la terre, pttis^ellè se 



Digitized by VjOOQIC 



découpe en pi'esqu'ile arrondie : c'est la Troa-de, tfd-en-ad^ le tour 
de la côte. Au sud» remarquons Asaos, fortifiée par la nature et Tart, 
et présentant de la mer et du port une raide et longue ascension. Ad-9^8^ 
oète haute. 

En descendant vers le sud , nous atteignons une province dite Mœonie, 
c'«st-â-dire montueuse dans l'intérieur et Lydie sur le littoral. 

D'où vient le nom de Lydie ? d'un certain Lydus ,, répond Phîstbire 
conventionnelle. Étudions la disposition du sol : rivage bas fréquenté 
d'abord par les Amazones ; rivières et fleuves nombreux ; le Caïcus qui 
se jette près de Pitane, dans le golfe éléatique. L'Hermus, le Caïstér, 
le Mœandre s'étendent sur des plaines formées de leur limon et forment, 
â leurs embouchures, comme le Nil, de vastes deltas; ainsi Priène, 
sHuée dans le principe sur la mer, en a été isolée dé 40 stades, par les^ 
dluvions du Méandre. Les bassins de ces fleifves rendaient la contrée' 
excessivement Marécageuse, limoneuse : Lutea^ eh latin; Leifadec- 
tydec, en celtique; eXwSyjç, iXvwSyjç, en grec. 

Après la Lydie vient la Carie. Les Carions ne diffèrent pas des Lél^es. 
Ils semblent avoir été d'infatigables navigateurs^ : habitant d'abord les 
îles, ils passèrent ensuite sur le continent, supplantant les Lélèges et 
les Pélasges; Homère les appelle Barharilingues , parce qulls ne 
parlaient pas bien la langue grecque, et cependant leur idiome renfermait 
divers mots grecs. Leur nom de Carien rappelle le primitif celtique kar 
qui signifie parent. Or, les Cariens étaient les alliés, les parents, 
cohdbitatores et commilîtones , des Lélèges ; ainsi dans le nord , les 
Germains ont pu être considérés comme, les parents des Gaulois, étant 
les' uns et lés autres d'origine celtique. 

Non loin de la Carie apparaît l'île de Rhodes, ainsi nommée, selon les 
uns, de sa forme qui serait celle d'une rose, de l'abondance des roses 
qu^elle produisait au dire des autres. Je ne suis pas de cet avis. D'abord 
Rhodes est le nom de la ville située a l'extrémité la plus rapprochée de 
la terre ferme, sur un promontoire. Le port, on le sait, était resserré 
par des rochers^ qui, un temps, supportèrent le colosse. Roche ou 
rocher vient du celtique roh et rhodus, signifie la roche noire. Je l'avance 
et je m'appuie sur divers exemples. J'invoque 1" les monts RJwdope, 
en Macédoine, que j'explique par tête de roche; S® Rhoduntia, lieu 
fortifié près des Therraopyles, d'un ^iccès difficile par son escarpement; 
d^ le cap Rhode ou Rhodope, sur la côte d'Espagne, aujourd'hui. le cap 
Cré'Us ; derrière ce proinontoire se trouve jun golfe et au fond \m port : 
Rosas. Les iiavigateurs se rendaient aux Rochers et non aux Rpse§, 
à moins qu'on ne préfère y voir un eujJliémi^nxe. ^ -estime. ^n|in,.çtie le 
xïMjnt Ro^fh un des plus hauts. sommets des, Alpes, ne doit pas à.)a ç^ne 
iiés fleuj^yQ nom qu'il porte au-delà des nues. . . , , 



Digitized by VjOOQIC 



— 1« — 

¥.— Chypre, Syrien £gyi^, Ophlir, Aden, etc. 

Après rUe de Rhodes le littoral de TÂsie^Mineure s'étend vers TEsi^ 
Autant la côte septentrionale est ixisse^ autant celle du sud est escarpée ; 
. la chaîne du Taurus se ra{^roche des rivages de Cilicie et de Lycie ; 
une petite province contiguê est plus basse ^ la Pamphylie, ehef-lieu 
Sid$, comme dans la région de Sidène^ au nord. L'autre versant, d^ 
montagnes donne naissance à des cours d'eau qui vont former des laQ9 
intérieurs en Lycaonie et enPisidie. Pisidie, je l'ai déjà dit^ me semble 
signifier région , très , extrêmement basse , Pi$i-dia, 

Au sud deTAsie-Mineure apparaît File de Chypre, montueuse au nord 
et au centre ; eUe a son Olympe^ Dans les lieux où le littoral s'abaisse, 
on trouve Salamis à l'Est et Amathus^ c'est-à-dire Amathonte» au sud» 
J'ai montré ailleurs que le radical hre, signifie montagne, alors ky^hrt^ 
pourrait signifier très-montueuse, et, en effet, cette île est traversée par 
deux chaînes de montagnes très hautes. 

De Chypre à la côte de Syrie, la traversée n'est pas longue. A partit 
d'Issus (station basse), le littoral est escarpé {importuosum)^ il n'offre 
que quelques points abordables. A peu de dfsl^nce s'élève Aradu», îlot 
de rocher de 7 stades de circuit , plein d'habitations ; on y habite des 
maisons de plusieurs étages {multis instructas. tdbulis)* Arrad-Uê , 
la côte haute ; non loin sur la terre ferme,, voici un cours d'eau, c'est 
l'Adonis, qui a prêté son nom au bel Adonis, ^\i sud, c'est Berotu, 
Ber-aody petite côte, point accessible. Sidon, station très-profonde, 
ad eleganiem continentis portum sita est. Tyr, Turos , et mieux encore 
Tour-os , la porte , offrait par ses deux ports l'accès de l'intérieur. 
A quelques autres exceptions près, la côte est inaccessible. Son élévation 
contraste avec la dépression du rivage qui va suivre ; les chaînes de 
montagnes se prolongeant vers le sud abandonnent aux bouches du Nil 
les terres de la basse Egypte , le pays d'Osîris, od-hir-i», rivage long 
et bas, et d'Isis, tout-à-fail bas , et d'Apis dont le sens est le même. 
Il y avait une île de ce nom. Les Égyptiens ont ainsi appelé le bœuf 
sacré, peut-être parce qu'il en venait. Isis avait d'ailleurs amené la 
vache lo. Serait-ce par mer que ce ruminant aurait été introduit dans 
cette contrée ; on sait que lo est une malheureuse princesse métamor- 
phosée par Jupiter et poursuivie néanmoins par la jalouse Junon qui la 
fait errer par toute la terre. Les Égyptiens adoraient lo sous le nom 
d'Isis. lo rappelle le primitif grec êcùj je vais, et le celtique ean^ je vais. 
Ne peut-on y voir la patronne de ces infatigables nomades du vieux 
monde , désignés sous le nom d'Ioniens ? 

De l'autre côté de l'Egypte, vers le S.-E., remontent les deux golfes 
de la mer Arabique. Le plus oriental tirait son nom ûéhxiiïéi^JËlanâ 
(lenn) ! c'est de là que partaient les flottes de Salomon, qui se rendaient 



Digitized by VjOOQIÇ 



à Ophîr, Qu'était-ce qu'Ophir "^ Les innombrables efc ioconinïBiMfiurikijies 
dissertations. des savant? n'ont fourni aucune lumière; Dana ri|iap<«ist 
bilité d'assigner à cette dénomination d'Ophir un point fixe, ne peut^iôn 
pas conjecturer que les flottes visitaient les côtes indéfimment longum 
du golfe Arabique ? c'est ce que signifie à la lettre Ophir qui se composé 
des éléments od-pi^hir, côte très longue !II : 

^ Mais ce n'est pas tout : je ne vous mène pas sur une mer inconnue. 
Uti géographe de la Celtique semble en avoir nommé tous les. points 
importants ; voyez à gauche, à la sortie du détroit , au sud de l'Arabie, 
ce cap abrite une excellente station (demandez-le aux Anglais), c'est 
Aden, l'antique Adane, (Ad-dan, comme ild-ddn , c6te profonde ou 
lointaine, même sens que l'Athènes de l'Attique.) De l'autre côté, sur le 
sol de l'Afrique s'étendait TAzania (pour VAd-zania^ les rivages bas), 
de ce mot est venue sans doute l'appellation moderne et barbare de côte 
d'Ajan , qui ne dit rien. 

Mais il, me tarde de revenir sur la Méditerranée, où nous avons de 
nombreux points à visiter. Si le temps ne nous pressait, sur Tunet 
IVutre rivage delà mer Rouge, je vous montrerais, au nord d^Aden, 
Oariia ou Carnana, dans les montagnes des Mynœi, et dans la mer Rouge^ 
un golfe semé d'îlots , au fond duquel apparaît Bérénice. La mer Rouge 
n'offre sur ses côtes que des îles de petites dimensions. On compte trois 
Bérénice; une quatrième était sur les côtes de la Gyrénaïque. Or, 
Berinis ressemble considérablement à deux mots oéltiqiies Ber-inh^ 
qui signifie petite île I ! I (1) 

'^'' VI;— Carthage, Tmiis, Gadès. 

Je reviens aux bouches du Nil, dit autrefois TnYon; nous avons vu 
Tanis à TEst, à l'ouest voici le lac Maréotis (corhpàre:^ avec Méotis), 
puis Paretonium , aujourd'hui Baretoun et Apis déjà cité. Chaque mot 
implique l'idée de littoral bas. 

De ce point à Tunis, dans l'impossibilité de tout voir, saluops Cyrène, 
dissimulée par un massif de montagnes, et côtoyons la grande Syrte, au 
long et plat rivage (Se-hir-t-is) et la petite Syrte, au fond de laquelle se 
creuse le Tritonis lacus, qui attire l'attention des explorateurs modernes, 
désireux de rendre à la mer son antique domaine dans les déserts 
marécageux de la Lybie (Lybia Palus). 



(1) 1» Bérénice de Thébaide, aa fond du Sinm immundus, 
Sfi* Bérénice d'Ethiopie, chez les Troglodytes , plus au sud. 
' 3fi Bérénice de Saba, plus au sud encore, non loin de Portus-Isidis. 
4* Bérénice fUt aussi un des noms d'iSlana , qui ftit plus tard Âsion gober et 

i « s*appelle aijyourd'hui Akaba. 

5^ Bérénice de CyrénaSque, pris d*un lac dU également Tiiton« «te. 



Digitized by VjOOQIC 



- 149 — 

P)në8 dé Tuiiis était Kapx>7Scov, défiguré sous le nom de Garthage. 
(Comparez avec Ker^C'ado, nom de localités au bord de l'eau.) 

De Tunis, station basse et profonde, aux colonnes d'Hercule, nous 
remarquons près d'Oran, Kertennà, c'est-à-dire Ten-ez, Tennis, 
dénomination analogue à Tunis. 

Les colonnes d'Hercule mentent une mention spéciale ; elles ne sont 
antre chose que des montagnes , et nous verrons plus loin la corrélation 
qui existe entre l'idée de montagne et celle de Bpct , (Junon) et 
Héraclès (Hercule). Je me borne à signaler ici , en franchissant le dé- 
troit, une station extérieure dite aujourd'hui Cadix et autrefois Gadès. 
SupîMrimez le g , signe d'aspiration , il reste Ad-ès , Ad-is. Comparez 
avec le Hadès des Grecs, signifiant l'enfer, et vous reconnaîtrez avec 
surprise que vous êtes arrivés aux rivages inférieurs situés à l'extré^ 
joâité du monde. C'est le fond du couchant, de la lointaine Hespérie , 
c'est le bord de l'autre monde ! Rassurez-vous cependant , les extrêmes 
se touchent. Homère place en Espagne les Champs-Elysées. (HXu^wv 
TreS&y) , mot èf mot la plaine haute ^ où les hommes savourent la vie, 
sans connaître les neiges , les longues pluies , les frimas, où l'Océan, 
pour 'rafraîchir les humains, exhale la douce haleine de Zéphire. (Od* 
IV. 563, etc.) 

fit —. Thrftca, f hsssidie, Fytlion , Kncs, Hellènes , Achéens , Danai. 

Nous avons parcouru l'immense littoral méditerranéen de l'Asie et de 
l'Afrique ; nous avons jeté un coup-d'œil sur l'un et l'autre bord de la 
mer Rouge, et nous avons vogué jusqu'à Gadès. 

Dans cette seconde partie, nous reprendrons notre itinéraire aux rives 
de THellespont, et nous visiterons les diverses contrées de l'Europe 
méridionale. 

' J'ai déjà avancé une étymologie du mot Pontos , qui viendrait de 
Pô'dôn , très-profond. J'en propose une autre pour HeUesponL Gomme 
j'ai dépossédé les Amastris, les Bérénices, etc. de leurs honneurs popu- 
laires, j'abandopne Hellé à son mythologique destin , et à Hellespont je 
substitue la forme archaïque de Hellenponty le lac, la mer ferm^Bf 
très-profonde. Le radical lenn^ Un y Im, se rencontre §i souvent que 
je renonce à en parler ici , pour ne pas interrompre le cours de notra 
pérégrination. Nous le retrouverons ailleurs. 

Cie détroit de raellespont et le Bosphore de Thrace ont dû être, de 
temps immémorial , traversés par les populations de l'Un et de l'autre 
bord. C'étaient les Treeh celtiques , c'est-à-dire les points de passage ; 
de là est venu à la région le nom de Thréicia^ Thracia. L'exjtgcqj^tion 
était trop facile à trouver pour être produite ; mais il aurait fallu la de-* 
mander à Isiimgm des {Ml«|/<2ueUeAbernilk)o I On a préféié4ilrpas 



Digitized by VjOOQIC 



~1» — 

lê«)ieiid)i^r eu toM. Qm 1«k inarédtiles Bétrai)9pmtMifc,ieitàï4é9#iiit , 
à rentrée de la vallée de Jéricho , ils trouTcront IVmrMy la porte ^at 
Tkfnait Iç paasaga ^ den forte qui bo. défexukienl Taecès* Ce mot Tb^ 
^a peut avoir iâ un auke sens , non plus que la mdt Tawrm. Los mte^ 
F^ns de l'H^Uespont s'appelaient rrara^ , c'est-à-dire enooi». tes paaaa^ 
fera , dans le sens de pat$$ur$* Strabdn en place de chaque côté c Trer^s 
çum Tkraéibua habitantes^ Treres Tkraces TràoéiB portion Boatpmmt. 

Les populations s'échelonnaient comme en Asie, en Odryases, Edones, 
049ièa^« QieAoaes et Mysi ou Mœsi. La chaiae du Rodope (monts à cimes 
rocheuses) séparait la Thrace de la Macédoine. 

Ici nous^avons la Ghàloidique avec ses trois presqu'îles : 

1» Celle du xùimi Athos, la côte haute; SUhonie, très^hassie^ et 
PaUeney sur la mer profonde , avec Mende sur une pointe^ Potidéè et 
plinthe^ kmnortaUsées par Démosthènes. Au fond du gpl&» vous avea 
vu $^iiiika9 <iue nous nommons Salonique , tristement célèbre de nos 
jours I • 

, Au centre , autour des lacs Mydones et du Lydios Palus y c'est-à-dire 
ias marpiis> limoneux, s'étendent les plaines de VEmathis. Il y avait 
une ville de ce nom à l'embouchure de l'Axius (aujourd'hui le Wardar)^ 
Au nord vivent les Agrianes et les Pœoniens , c'est-à-dire les Itoo^ 
tagnards. 

La chaîne de l'Olympe séparait la Macédoine de la ThessaUe , dont lé 
nom primitif fut Pyrrhcuay que je traduis par frd^-moii/af^fiifti^ey puis 
Hœmonia , qui rappelle Ar-menia , pays de montagnes. 
. La ThessaUe présente une configuration toute particulière. Entourée 
de montagnes, elle est arrosée par le Pénée qui n'arrive à la mer que 
par rét]*oite vallée de Temp6« 

< De la sombre Tempe , vallons silencieux t > 

C'était le royaume de Pyrrha. 
, La partie inférieure 7 la région basse > située sur le littoral , étaitle 
lot de Deucalion (Deun-cal2-don)* 

Là se voyait HellaSy dans un bas- fond ^ destinée  d)onner son nom 
aux habitants circonvoisins y aux Hellènes. 

* Messieurs , Je vous remercie de votre. bienveillante attention ^ mais je 
vous pde de me la continuer en ce moment ;, j'expose une dassifieation 
greco-hellénique qui est complètement nouvelle , à mon avis. Partant 
de bas , elle ne montera pas haut et ne s'étendra pas loin ; néanmoins 
l'auteur se tiendra pour satis£ait, s'il réussit à conquérir vos sui&ages. 
L'étude des lieux, fistite malheureusement sur de pauvres cartes ^ 
Non cuivis homini contingit adiré Corinthumf me porte à ctcirt que le 
mot Pyrrhsaa , ^mme Pyrri^ , est composé de Pi et du radical Rha^ la 
aaontagne» Hellen, au contraire, qui passe pour un nom d'homme^ 



Digitized by VjOOQIC 



d^ne soa txoai: 1 un promontoire. Le radieal iBSa s'ôffriHt d'ailleuré 
nud&tes fm^ ainsi rentrée de la Thessalie éteit ôcDupée par les Perrhcebi; 

l'arrivé à la alassification précitée , en me basant sur des éléméntif 
gâaéraclemient oettiqoea* L'iuistoire traditionnelle, ou }dul6t la (fable nous 
c^onte ce qui suit : 

D^Msalionlut le père de Hellen, 

Qdni^cî engendra : 1^ Eolus, tige des Eoliens^ 

2q Dorusv qui ne fut cependant pas le père des' 

Dofiens. 
30 Xuthusy qui engendra Ion et Âebosus. 

V^à en quelques mots l'origine consacrée des Grecs, 

Prétendre battre en brèche un système admis comme vérité bistorique, 
c'est commettre une haute témérité ; quoiqu'il en soit, îfn admettant la 
fiction pour ce qu'elle vaut, j'estime qu'il n'est pas sans intérêt de 
fouiller au fond de cet arsenal mythologique. 

Supprimant donc les personnalités d'Bellen, Eolus, Dorus, Xuthus, 
Ion et Achseus, je crois voir dans les noms qui passent pour en être for« 
mes des appellations empruntées à d'autres éléments et appliquées par 
les' populations descendant des Celtes et des Pelages , à des tribus dis^ 
persées dans les diverses régions de la Grèce, de l'Archipel et de FAsie^ 
Mineure. <Les Grecs descendaient en grande partie des Celtes, a déjà 
diil II ^ Mahé.) Ainsi, pour les Grecs, l'Eoiie comprenait tout le littoral dé 
la Mysie, depuis la ville de Cyriqne jusqu'au fleuve Galcus. C'était potiii' 
eaxrOrienty le pays du soleil levant; £e<, HM, ^ éelHque, c'est 
SXk< en grec; Soi, en latin , le soleil ( S est la transformation de l'aspt-^ 
ration et de la contraction Héoly Sol, Ea>; tl rà iCfÀç eta obeoGyreç; 
les habitants dO: l'Orient 

Xuthus aurait laissé à ses deux fils Ion et Achasus l'honneur de nom- 
mer les tribus du sud. Mais les Ioniens ne semblent pouvoir s'arrêter 
nulle part : au xiv« siècle ils sont en Attique, au xii^ils passent en 
Asie-Mineure; ils rappellent ces nomades déjà notés, et leurs pérégra- 
tion's jfont penser à la vache Jo , qid va toujours de ça et de là. /o, Ja«, 
en celtique, je le répète, signifie aller : eanl , eunt, ils vont. 

Achieus signifie seulement ^Itoral : Xxr^, otartoç \)(xtiç, Gelt. Àçi. 
***• Les Achèens sont les riverains du golfe de Corinthe. 

Hellen doit être la personnification d'une région au bord de l'eau, 
lac ou marais; cette pensée m'était venue avant de la trouver confirmée' 
par Slrabon sans le savoir : Hellènes , dit-il , ex Hellade, in loco humiÙ 
Hellènes équivaut à champêtres , habitants des plaines humides. (C'est 
le même mot que Poliènes d'où nous avons fait Polonais. Voilà les 
Lowlanders de la Grèce , les Higlanders les voici : 

La dénomination de Grec sera le dontraire de Hellène, Gra! vient du 
celtique jBAa, dont l'aspiration transformée a donné Gra, Cra, qui se 



Digitized by VjOOQIC 



— 152 — 

retrouve dans le mot dbcjoa. Les exemples à produire me mettent dans 
rembarras. Je ne sais où prendre , soit Tana-^gra, ville de Béotie. Elle 
se compose de deux parties : Tune basse, c'est Tana ; Tautre élevée, c'e$t 
Graia. 

Au sud de l'Attique est l'Ile de Cranaa; elle est qualifiée de Aspera. 
Les habitants de TAttique se divisaient en Crânai et en Attici : Ath-is , 
côte basse. Je renvoie Cranaus dans la région des mythes. (Dans le sys- 
tème des Alpes , nous avons les Alpes grées ou grecques. On ne sait 
comment dire , car on ne voit pas généralement ce que vient faire ici ce 
qualificatif; il signifie littéralement les monts. Les Alpes bernoises, 
rhétiques ne disent rien de plus.) 

Ainsi , les populations de la Grèce se subdivisaient , suivant leurs 
cantons, en Grecs, Hellènes, Achéens, Danaî, etc. Danaî signifierait 
les extrêmes , les plus éloignées , etc. Nous y reviendrons. 



VIII — L'oracle de Delphes. 

Aux monts de la Thessalie se soudent ceux de l'Œta, séjour privilégié 
d'Héraclès ; ils se prolongent jusqu'au Parnasse, aimé des Muses. 

Nous sommes trop près de Dodone et de Delphes pour ne pas faire 
une visite à ce lieu célèbre. Nous n'inlerrogerons pas la Pythonisse. 
Notre air scrutateur pourrait passer pour du scepticisme et nos questions 
resteraient sans' réponse. Nous serions cependant bien désireux de 
savoir d'où lui est venu son nom de Pythonisse. On nous a dit au 
collège du grec IIuSwv, c'est-à-dire interroger, «tto toû livBhSxi^ 
a percunctando j en allongeant néanmoins la première syllabe. Voilà 
encore une étymologie fantaisiste. Ni Strabon, ni Pluta)'que , ni Platon, 
ni Homère (Celtes dégénérés) n'ont entrevu la signification réelle de ce 
mot fameux : la voici exposée pour la première fois. Personne n'a vu 
jusqu'à ce jour que Python est formé de deux mots celtiques qui 
signifient très-profond, ce sont ceux que nous avons vus dans Po-don, 
et, en effet, quel est le lieu de l'oracle? C'est, nous dit-on, une 
caverne très-profonde, un antre à étroite embouchure, Ostio non ad- 
modum lato. De là s'élevait le souffle de l'inspiration prophétique : les 
chimistes qui voient clair partout y verraient-ils un effet de gaz acide 
carbonique ? 

Les lecteurs désireux de détails plus circonstanciés les trouveront 
dans Diodore de Sicile : Monfaucon les a résumés comme suit : 

€ Il y avait à Delphes une crevasse ou une ouverture de terre : un 
berger s'étant aperçu que les chèvres qui en approchaient et qui 
regardaient dedans, se mettaient d'abord à sauter et à danser, et 
rendaient une voix différente de la naturelle , voulut en approcher lui- 
môme ; et ayant regardé dedans, il fut saisi d'un enthousiasme, en sorte 



Digitized by VjOOQIC 



qu'il prédisait les choses futures. Au bruit de cette merveille , tout le 
monde en vouîul approcher et regarder dedans, et tous étaient de même 
saisis de cet esprit prophétique et se prédiraient ainsi leurs aventures. . 
Mais, comme plusieurs en étaient si évidemment saisis que dansans et 
sautans ils périssaient dans ce précipice; pour remédier à cela, on 
établit une femme pour prophétesse, qui ferait seule les fonctions dei 
rendre les oracles; et de peur qu'elle ne tombât dans ce grand trou, 
comme les précédents, on lui fabriqua une machine à trois piez , sur 
laquelle elle se tiendrait , lorsque recevant cette vapeur d'enthousiasme, 
elle prédirait l'avenir, cette macMne était ce qu'on appela le trépié, » 

De cet exposé , il résulte pour l'observateur l'existence d'une caverne, 
d'une crevasse, d'un grand trou, d'un précipice (lïuSwv, Python, Podôn, 
très-profond), à^un puteus^ c'est-à-dire d'un puits. Mais ces données ne 
sauraient prévaloir contre l'autorité de la fable... Python, nous dit-elle, 
était un serpent énorme , qui apparut sur la terre lorsque les eaux du 
déluge de Deucalion se retirèrent, et choisit pour demeure le Parnasse .^ 
Apollon le tua à coup de flèches. Delphes, voisine du lieu où il fut tué, 
prit de là le nom de Pytho , mais le monstre ne périt pas sans laisser 
de postérité. On lui connaît au moins'^trois enfants ; la Gorgone* le Sjriiinx 
et l'Hydre de Leme , etc. 

IX. — Béotie, Attiqne, Péloponèse. 

De Delphes on descend vers le golfe de Corinthe par la Phocide y e^ 
on passe en Béotie par la vallée du Céphise. Voilà Cheronée et Orcho-r 
mené (la vieille montagne) ? assez haut placée pour n'avoir rien à redouter 
des inondations du lac Copais , qui devait son nom à la ville de 
Copse , près de laquelle se trouvait la partie la plus profondé du marais.. 
Malheur aux populations que pouvait attirer la fertilité de la plaine 
environnante, le lacj gonflé des eaux du Céphise, du Triton et d'autres 
rivières , s'étendait au loin , ejigloutissant les champs et les villes. 
Témoins des lieux appelés Eleusis et Athènes de leur situation^au bord 
du marais. 

Au sud-€st, seulement, le rivage de la Béotie s'incline vers VEuripe, 
où s'ouvrent deux ports : Aulis dont le nom, pour moi, signifie cdte 
basse, petit port capable de contenir 50 navires, et Bathys-Portus, ea 
grec Batkus Limèn^ c'est-à-dire port profond... Ainsi les deux dénomi- 
nations s'expliquent manifestement l'une par l'autre. 

En face d' Aulis se' présente l'Eubée avec Chalcis (très-basse) — (Cava 
Eubœœ hed) ; vers le nord-ouest, sur une rade, voici Athenœ Diodes 
qui passe pour une colonie d'Athéniens, mais dont on ne saurait indiquer 
te départ ; c'est comme les Rhodiens de Rosas mentionnés ci-devant. 
La plaine de Chalcis, abondante en eaux thermales, s'appelait Campus 
LilanthuSj c'est*à>*dire marécageuse. . 

11 



Digitized by VjOOQIC 



-. 154 rrr 

An &u^ d^ la -Béûtie vient TAttique.; ici le paye change d^ phyâo- 
uojme, les /montagnes «ont plus centrales : ce sont les monts Parnè&> 
. Brilèssns, ètc*; les cotes sont plus accessibles du côté de la mer; 
Marathon y Phalère, Munycbie, le Pirée, Athènes. Aussi Athis doit 
signifier comme Aulis, côte basse ; Athènes a le même sens : Ad-den$ 
(comparez avec Adane, Aden)« 

Au temps du déluge , dix-neuf siècles avant Jésus-Christ, Bootis' et 
4this formaient le royaume d'Ogygis, fils de Posidon, c'est-à-dire 
de Neptune. 

De TAttique au Peloponèse, le passage est facile. A l'entrée de la 
péninsule de Methan, voilà Trezène ou Posidonia, à 25 stades de la mer 
(soit 2,760 mètres). Trézen, signifie entre mer. Cette région est d'une 
configuration analogue à la précédente ; les montagnes s'éloignent assez 
souvent de 1^ côte qui ofire des points accessibles , de là probablement 
son premier nom Apis, Ad'pi-is. La fable nous dit qu'Apis était fils 
de Phoronée ; mais elle ne nous a pas conservé son acte de naissance !..« 

En. doublant le cap de Tenare, nous côtoyons la Mes-senie , la près* 
qu'ile montueuse de Rhium, avec deux ports : A sine à l'est, Methone 
à l'ouest, puisPylos, radical Pou/, trou; c'est le moderne Navarin I 
Nous comptons trois localités de ce nom dePylos, toutes en' situation 
déprimée : Pylo$ ^ub Coryphasio monte; Pylos sur l'Alphée, et Pylos 
au confluent du Penée et du Selléis en Élide. TLîAog et Hvkio , pluriel 
niAoi dont nous faisons Pyles, avant de signifier por^^, signifie ouverture, 
passagedans les montagnes, c'est-à-dire trou d'eau. Le nom de TÉlide (Élis 
caya) vient des marais qui se prolongent sur ses grèves battues par le 
vent d'ouest comme les Slaremmes de l'Étrurie. Quant à Bisa ou Pisa, 
c'est le nom d'une fontaine , lequel s'est étendu à la ville. £n Étrurie» 
nous verrons une autre Pise en situation analogue , mais on en fera une 
colonie de r0ide. 

En avant du grand golfe de Corinthe se trouve la grande lie de 
Cei^llenie : radical Kq^hal-lenn, tête du golfe. Ville : Same. Pour.tra* 
Y(9rser le'gplfe^ embarquons-nous à Olenus, à l'embouchure marécageuse 
du Piru9 o^ Achéloûs; nous prendrons terre à Chalcis, en Ëtolief 
ChaUdda Uttoream, non loin de la rocheuse Calydon. L'Étolie est sur 
le versant oriental de l'OEIta (racine : hoët^ bois, forêt; iËtolis, boêt-ol-is^ 
tout en forêt). 
. Elle est séparée à l'ouest de l'Acarnanie par le grand Achéloûs (racine 
4çbé littoral^ tous malpropre, boueux, limoneux). A l'embouchure 
sont les Iles Écbinades, escarpées, stériles, éloignées de 5 à 15 stades 
de la terre ; autrefois elles étaient en pleine mer, mais le limon apporté 
par le .flexive a déjà lié les unes au continent et finira par y souder les 
s^res^ :Qs^ comptait trois Achéloûs ; l'autre est en Thessaîie. €e sont 
des -^|i]|f^; d'e£|u dont le nom est analogue à celui de Vilaine que le 
cdtifpe ^ la prétention de décomposer en VH^lenn^ sale : rivière. 



Digitized by 



Google 



— 155 — 

Entre TAchéloûs à Teat et la mer se trouvait l'Acamanié. Dans cette 
situation extrême, en dehors du mouvement celto-hellénique , qui 
prenait ou la voie de la mer ou celle de Tisthme de Corinthe , la popu- 
lation^se maintint longtemps dans un état peu civilisé : les habitanfd 
étaient farouches y guerriers , et d'un caractère assez grossier pour 
donner lieu au proverbe Porcus Acamas t (sauf votre respect î) Carn en 
celtique signifie littéralement le sabot du cheval , et au figuré : dur, 
grossier. Le mot Acam, adressé de nos jours à un Breton , n'a rien 
de flatteur. 

X. — Italie, Énotrie, Ausonie, Étmrie. 

Le voisinage de l'Italie dut inviter de bonne heure les populations 
celto-pelas^ques à franchir le détroit : l'homonymie des lieux nous 
en offre une preuve incontestable. Nous essaierons de suivre ces peu- 
plades , et des côtes du Peloponëse , de la terre d^Apis, nous passerons 
dans la Mess-apie, c'est-à-dire l'extérieure Apis. On débarque à Vdjsovç^ 
en latin Hydrus , d'où est venu en français Otrante. Comparez encore 
ce mot avec les Odryses de la Thrace , examinez la situation et vous 
admettrez peut-être que la terre d'Otrante tire son nom de sa position 
entre deux mers : Oras-intra, Odetré (nous approchons de l'Enotrie 
qui nous offrira un argument de plus.) — Le littoral d'Otrante est 
occupé par les Calabri. Ceux-ci doivent être originaires d'une petite 
contrée enclavée dans la Thrace occidentale, nommée Dardanie, où 
s'élèvent les monts Seardus. Les habitants s'appellent Galabri et Thu- 
natae. Assez agrestes pour se faire des retraites souterraines, ils avaient 
cependant le goût de la musique ; ils savaient confectionner des flûtes 
et des instruments à corde. Vinsins des Autariates, ils pouvaient passer 
la mer comme n'ont cessé de le faire les Amantes modernes. 

En remontant le littoral italien, nous trouvons l'Apulia avec 'ses ports 
de Barium, Salapia, Sipis, en grec Sipous, ainsi dite des sèches que la. 
mer y apporte. Je serais tenté d'y voir une appellation empruntée à la 
situation. Entre Salapia et Sipis est un fleuve navigable et un grand lac 
marin. Un celto-breton appellerait ces lieux Poulheu^ des marais; 
J'estime que de Poul au nom de VApoulia il n'y a pas loin. Dans l'iri* 
térieur s'étendaient les plaines de Diomède , où se trouve Cannes et le 
pays des Dauni. Le pied de la botte italique, de TApulie au détroit de 
Messine se nommait l'Enotrie. Ce pays, nous dit l'histoire avec un sérieux- 
classique, reçut son nom à'^notruSy le plus jeune des fils de Lycaon-, 
roi d'Arcadie, qui s'établit dans l'Italie méridionale, vers l'an 1710 
avant Jésus-Christ. Cette tradition n'est pas bien sûre d'elle-même. 
Une autre prétend qu'JEnotrus était roi des Sabins et veut que ee soit 
le même que Janus, Entre les deux, je balance et n'accepte ni Kun ni 
l'autre avis... Je m'en tiens à mon étymologie, en-otria, là contrée 



Digitized by VjOOQIC 



MM mijjfes* il 7 a «itié vittt dé S:^«is bot le go^« <de l\àreatlé^tânis 
Intérieur ^nms TOjtz k cteine du Brutium avec Taonana^t f&nrk, 
Ub iMtttB^ pour descendre à la fameuse Syboris». . 

Vfiis lenord venaient les Amanes, dhrifiés ea ûsci^ les Jitt(»iSix> et 
'Opici'les littoraux inférieurs dans les plaines marécagetiBes de la "Gam^ 
iptnae. Seloli Antiodiiis, dit Strabon, les Âmsones sont les «kèmes que 
jès Opici; Pol*]^ mentkume les Âusbnes à côté desOpici; d'afatres 
' fmilportent i^ue les Opid dîaî>oiid y puis les Osci toocupèrent le pafs; de 
ces divers témoignages il est permis d'induire que sous ces trois dËo»- 
minations on doit comprendre la population tout entière , et que le 
.radical Od comnnm à tous^est le celtique j^of qpii signifie rivage. 

Suivant l'histoire , Opique ou Opica est le nom donné à une grande 
j^^utteée l'Balie iaéridionale «t eentvaie dans las temps inès-anci^s , 
>wom -réservé- ensuîlè au axd du Latiuin ti de la Gampania. Opiea, 
^outa-'i-OBL, est l'adjectif de Qps, terre ^n vieîUe langme italieime, et 
«e i^lRare point d'Âpia, premier nom du Pelopoiièse* Est^il bien vm 
fi^ daafi cette vieiUe langue op$ signifiât «^«nv« J'en afq^eUe sxaa polf- 
•glottes et aux philologues. Je crains que Ops ne »gniûe pas plus 4er» 
^q]|e les trois rlettres atp :Xàe signifient faon(agne «noeltiqtte. 

Nous «avons dj^ vu ci-*devant que OpU était aussi «ne déesse ser* 
Unique., identifiée pxt les ^îrecs avec Diana. 

Au Icmd du igoih de Tasenle^ de cette ville à Sybaris s^étend ma lôy 
rivage , sillonné par de nombreux ruisseaux :: l'un s'appdile le Sifos et 
la c^^e nomme iS*rî(ù^ Je ne puis m'empâcher de penser à lacâte 

Autre la viUe de Barium d^à citée, nous .k*ouvons aiqparès du prooum- 
ioive Japygima» Baris à l'eatrémitè du golfe des Salentins, -et en<âfie, aa 
tiordde l'epu^ Sybaris. Le^sens de ces mots, à mon avis^ eet^bas^ toès* 
^ccesiûvemMt bas, ot^tenl 4e Viw^ {i). 

Jusqu'ici, dans notre longue pérégrination maritime^ nous avons 
visité le littoral , mais nous avons négligé de faire -escale aux îles 
nombreuses et aux caps pittoresques que nous avons doublés sans mot 
dire. Nous devons une réparation à ces muets témoins des siècles passés, 
îl convient d'interroger les principaux, les plus accentués, et de leur 

(1) On trouve des Parii : i« aux bords de la mer Caspienne et des Palus-Méotides. 
'Nous avons vu Parium sur la Propontide, Barium en Apulie , Baris, sur le golfe de 
Tarent^ , Sybaris est le nom d*une fontaine, près de Bora, en Aofaaie, la^efte donn^ 
soBL lUMtt «U Sybaris, fleuve d'Italie, car une colonie d'AefaèeiBcoBdiBle par un 
voerUif^.jr^. is, dit Stvaban, y i<mda Sybaris. (Le «ommeacement tdu aosi écliapiie 
à Taul^^) On cite dans la.gr^tnde Bretagne , aux bouches de THumber, dei ParUi, 
au sud dès Brigàntes. Enfin on connaît les Parisii des bords de la Seine.. Voilà 
'Mrié^^M sa deviw : /Ittcttial/ftae'fnefgfiftfr... 



Digitized by 



Google 



pellaol Fosidku»»). pouiîqïH»?' Maiates^ îtoiiacM <Gitos ^Ql^]bâ9^0lL ôj^uIosmV 
pourquoi? Quelques autr^ atiraieat empmiaté lei»r nom, ff9a;>€apmé, 
saïia imitey 9» là raeee* esq^rine I eiroira qm ni^ctâra» EiJUQHnimsînôimrôôiiks;. 

Straboii mentionne hait promontoires, dits Posiâuixa^ savoir :: C 
. Ip Dan» nie dé. Chios ;. £<> de Sauiios ; 9^ sui: la eôte dâ Milet; «fr»^ ^ 
Sfw; 5^ dana.le go% arabique ; 6<> en ThessaUe ; T^ aîEpira; 8^ à la^ 
pointe de TSialie, svff le détr<:ât de, Sicile. A ce moi se rattae^ecd^ 
Posidonia, ancien ncMati de Trezène , Posidonia (a^onrà'h»! Poesâiun^)^^ 
et Po$%doni(ae$ sinus Italiœ, Enfin , Posidonius est le nom: d'un des pfa» 
grands et des plus profcmds philosQrphe qui ai^ftt esiisté' : eoAiempoi^n 
de Strabon , il était né à Apamée , en Syrie. . • 

Toutes ces dénominations, me direzrvous, étaient im hommage iren% 
au dieu de ]a mer, à Neptune, en grec , Ilioastdojy. J'e^ conviens , si vo^ 
le. désirez ; mais, à mon tour, qu'il me soit permis de yoûs posur iq^ 
petite question. D'où Tient ïloaei^tiùiv. Mais du grec^ me répondrà-^t-onr, 
toajours du grec ! Il n'y a qu'un malheur, c'est que le grec liiir«ièîne 
ne le sait pas. Le dlctionnsdre interrogé répond pèr «n 9 

Le celtique seul est en mesure*âe donner satis&etion à votre eurioâ^ : 
U Yous dira quelle mot inconnu à tout le monde aujojurd'hui vianjt de la 
laogue celto-pélasgique et signifie le Irès et e3çce9sU>emeni profond* So«ts 
reviendrons sur ce p(»nt dans leparagaphe qui Iraiterarde la HiéùffBnie 
eeUihhellénique. 

L'île de Samosy citée ci-dessus, mérite une courte meitfion. Soik nain 
ne paraît pas avoir varié dans toute l'antiquité. C'est uneîie mon^^goeudé' : 
aussi iipot (Junon) y recevait-elle un culte particulier. Habitée primi- 
tivement pat des Lélèges , des Cariens , elle passa enèuîfe aux mains 
des colonies grecques. Plus au nord, nous trouvons Sam^othrace, qui 
eut, dit-on, pour habitants des Thraces, des Cariens, dés Phéniciens, 
des Pélasges et enfin des Hellènes. Cette île est célèbre par le culte, 
mystérieux des Cabires, qui semble avoir été un reste des religions . 
originales des Pélasges. Lors de la célébration des mystères , l'île était 
comme le rendez- vous de tout ce qui prétendait à une origine pélas^que 
en Italie, en, Grèce et en Asie ; elle était d'ailleurs au ijaUieu du passage 
{du Trech). 

D'où vient le nom con;imun à ces deux îles, ainsi qu'à Samè, dafis 
rile de CèphaUenie. Bemândons-le à Strabon, il nous le dira, sans en 
comprendre la source. Le?. Grecs, dit-il, appellent les hauteurs ^an^us^ 
Ce mot doit être pour Ama-uSj, Ueu élevé, oi^Q^é k ^ïï^OrZoniei^Uen b^ 

Pai^ûBS à Ophis.. Api?ès les^ s^rpentst, nous visitej^Qns les Qh^^s.i.. 

Strabon cite : 1» les Ophienses,, race d'Étoli^ ; 2® le Ophiogènes., 
âParîom, en Troade; 3? Ophiussa, une petite île des Baléares; 
4** Ophiussa, une île pjfèsf de Tyra, au nord des boufiheçMu ÎÛ^ubé; 
5^ OjWkus^a, la ip^me. que^ \%e de Rlwi4^ : voili VUe di^aJRjQ^e^ wi(^l(ée 



Digitized by VjOOQIC 



— 458 — 

4e fireri^iita* VèuiKeï renmrqaer que les peuplades dont cantonnée^sor 
dès rivages ; quant aux îles /elles s'apellent Ophis, si elles sont basses, 
^% Ophi'-ussa , Bi elles présentent des côtes plus ou moins abordables, 
ainsi • disparaissent les monstres inventés par "la fable. Consignons^les 
avee Vhydre de Leme. 

Chèvre en grec se dit at|, voyez Egium, en Âchaïe. Si donc là 
géographie nous offre des mots formés du radical capr^ nous serons 
autorisés à croire qu'ils ne sont pss d'origine grecque ou que du moins 
ils n'ont pas le sens de chèvre, car Keinpoç signifie san^ier, d'où vieat 
sans douté le latin aper. 

Or, Strabon cite Gapros, fleuve d'AssyHe, près d'Arbèle ; Capros, un 
port et une île près de Stagire, en Macédoine ; Gaprus est un affluent 
du Méandre, en Phrygie ; Capria, un marais de PamphyUe, en Aâe- 
Mineure; et, enfin, Caprea ai Kairpiat en grec, l'ile de Tibère, sur les 
côtes de la Gampâfnie, d'un accès très- difficile, montagneuse du côté de 
la terre. Ces indications donnent la clef du mot : il doit venir de Ai-bre^ 
côte^ ardue ; comme nous avons dans nos Côtes-du-Nord , Bréh(U et plus 
loin, Bri-v-aî-es-porlm , Brest aux rivages escarpés. 

On peut compa^rer en outre Cypre et Kibren (en français Quibéron). 
Mais revenons chez nous , eti côtoyant dans le Morbihan cet îlot 
montueux. Regardez bien ! que voyez-vous au sommet Ae cet antique 
lumulus ? quoi 1 la silhouette d'une chèvre 1 c'est Gavr'inis (la célèbre 
propriété de notre savant et honorable confrère). Décomposez ce mot : 
élaguez g pour e, signe d'aspiration. Il reste Ad-bre-inis, Abrinis, 
Aqtera insula ? 

XI. ~ lUyrie, Styrie, Garniole, Norique, Tyrol, Trente, Rhètie, Helvétie, 

Genès, Genève. 

• Après le voyage sur mer, il nous reste à exécuter une troisième 
excursion. Nous allons prendre la voie de terre, des monts du Pinde 
aux Alpes, des Apennins aux monts d'Auvergne, de la côte des 
Hellènes aux grèves de l'Océan Atlantique. Hictabor, hoc opust.,. 

Maîtres de la Thrace qui fut la patrie de Linus , d'Orphée, de 
Thamyris, etc., aux siècles inconnus d'une civilisation primitive, maîtres 
delà Macédoine, de rHsemonie(Thessalie), de la Pélagonie, de la Poeonie^ 
les peuples Celto-Pélasges s'étendent vers l'occident. Une partie fran- 
chissant les monts Athamanès par les forêts de l'Étolie (Hoët'Ol'is)^ 
s-est confinée sur les plages de TAcamanie. 

D'autres, comme les Briges, en grec les Orestiques, c'est-à-dire les 

- montagnards, avec les Sésaréthiens ou Daserhétiens, arrivent à une 

néuvelle^Ia^e, c'est le rivage de l'IUyrie, sur la mer Adriatique. I^ris 

éqpiikiû k Is-Mt-'is, c'est long et plat. N'est-ce pas là en ôflet le 

caraëtère physique dé cette contrée : Ora etjacentes in&jUm poHm hûbeni 



Digitized by VjOOQIC 



— 1S& ~ 

eommadosj nous ditrStrâbon. I^s tribus VaiqiellmitVdW aon^to 
Plc^nei, sur les bords du Rbizon, Ardiœi, sur les rampes desjxiioiiitagDes^ 
Daorîâi, etc., 6'est l'Herzégovine aetuelle, le Monténégro, l'Aifeanie^ 
le psiyis des Anlautes. Cette dernière dénomination à'Amaïuie, qui pasm 
pour signifier vaillant, ressemble de bien près au celti(Jue(Ar-n-aot 
lAr-en-rOof), qui veut dire sur un rivage. Un c^Uomane y verrait les fOns 
delac6te. » ; 

Derrière les âes voyez Raffuse, port cerné de mmta^es> Zar»- 
vecchia et Zara, et plus au nord, Pota^ à la pointe de l'irtrî^-- jPotti 
passe pour une fondation des Colchii, sans doute à cau$e de sa^sittiation 
analogue; Pola, radical celtique P0ly comme Pylos, bon port;- latrie, 
radical celtique Stn'A^ Ueu resserré, presqu'île. 

Aû-desstts de l'IUyrie et du mont Adrius, aujourd'hui les monts 
Dinariquea s'étendent de vastes provinces que sillonnent la Save, 
k- Brave, la Mubr, affluents de droite du Danube. Entrecoupé de plaines 
et de vallées le pays présente une configuration qui rappelle ncflre 
proyince A^Entrâ^Rieières, devenue ensuite rile-de-Francei II comprend 
ce qu'on appelle aujourd'hui la Styrie, la Carniole , la Garinthie (en 
allemand fi'arn^ft^). Nous avons déjà vu que le Danube, vergson cours 
inférieur, se dési|piait sous le nom d'Ister ; Stiri est le pluriel du^eeltique 
jS^ar et signifie les cours d'eau. Je n'ignore pas qu'on fai| à pne autre 
rivière Thonneur d'avoir donné son nom à la province, et qu'au coi^Suent 
de la Steyer et de l'Ems il y a une ville nommée Steyer ; néanmoiiss, 
en présence du grand nombre de cours d'eau qui l'arrosent, le pays 
peut bien se dire la prdmnc^ d^s rtrière*^ la Styrie. :. ^ 

Toute la région limitrophe de l'Ouest à l'Est, outre la Carniole et la 
Carintbie, comprenait la Pannonie, la Dacie, etc., et cpnfîijait à la 
Sarmatie. Les populations, nous dit-on, avaient la même langue, les 
mêmes mœurs , etc. ; Y élève du cheval y était déjà et est resté la grande 
sinon la principale industrie. Cette particularité me impolie unj^agQ 
de Pausanias , visitant à Athènes le temple d'Esculape qui formait ^ne 
espèce de Musée, t II y avait, dit-il, entre autres objets consacrés au 
dieu , une cuirasse de Sarmate. A la voir on n'était plus tentjé de laisser 
aux Grecs le privilège de l'industrie. Les Sarmates n'ont ni f€;r, ni 
métaux , et le commerce ne leur en importe pas. Cette pénurie leur a 
suggéré l'idée d'armer leurs lances de pointes en .os. L'ar<5 et les flèches 
sont formés de cornes. Ils se font mèfi(ie des cuirasses. Tous possèdent 
de gmnds troupeaux de ea^ale^, car la terre n'est pas divi^ç en pro- 
priétés particulières; elle est couvert^ de forêts. La Jiopiulaticm est 
nomade. Les chevaux âont utilisés non-'Seulement à 1% guerre,, mais 
: encorer dims les sacrifices offerts aux dieux ^ pour J'alimf^tion des 
hommes* Les sabots des chevaux sont i^cueillis, nettoyés, tqijUé^^t polis' 
comme des é^aàlles de dragon. Si vous n^avei? pa^ vux^ (^agç^, vous 
= ave*iEEi4ii;m^in» ctes popames de pit^ :^vG^S:goivve2i donc»^ ;v^ 



Digitizedby Google 



— 160 — 

V^get de oes Itmelk» d'^cailli^ oousues Tune «iH^dessus de TavA^ «^ 
des nerfs de cheval cvl de bosuf . Oa sa fabrique aiofii des durasse», do^ 
TédégancB et la solidité ne le o^dent m mn aux euirasses dçs Gr^(3|« 
. Elles sont. kopénélraUes et sont mêmes très^utiles aux chassenri», 
ear leur durelé n'a rien à craindiie. d^ la dent des lions et des léoparcMu 
Uais ^ me dires^vons , quel rapport peut-il exi3ter entre les cuirasses ^çt 
les cames ? C'est ^ue çarn est un mot celtique qui signiâe sal^t ^ 
.cbevil ; aurniolis équivaut donc à tout couvert de sabots. 

AaiK Cames conûne le Norique, Nous arrivons au système des Alpiss 
(Apfim Jugé).. Cette chaîne couvre un immense territoire offj:!ani de 
loin en kin .seulement quelques solutions de continuité, d'étnats 
passages, des^rges^ Ce sont, du su3'au nord, dans les Alpes Juliçunea, 
enCamiole, Icicol à*Adelsberg, où pa^se Ja route de Laybadi àTrieste ; 
dans les Alpes.Carniques, le col de Bréiit^ chemin de Tarvis à Gorice;; 
cûldejarm^, route de Villach à Osops.; col de Tdhoùh, à Touest du 
m0kit Twi de Sirabon (c'est-à-dire le mont Percé), routa de Lienz 
à Bruneken, dans le^ Alpes-Rbétiques ; ciol de Bfanmr, route d'In^rudc 
à Trente (communication du nord avec le sud) ; col de Bescha, route.de 
JLaiit^ee]^ i C^urAs ou d'Ii^spruck, Landeck, Botzen et Trente (nord 
éU s|id). C'est par là qull faut aller pour passer de la vallée de TAdige 
dans oelle de l'inn, affluent du Danube ; col du mont Tonale rouie ^e 
Trente à. Beiigame et à Milan ; col de StelviOj route de Bormio à Pradt 
ou de Milan à Inspruck. Ces cols sont autant de portes , en celtique 
sn Norikeu, les petites porte». Les habitants de ces vallées s'appelaient 
Taurisci* Les Noriques , nous ditStrabon, habitent la partie extérieure 
des Alpes ; les Taurisci sont de la race des Norici^ ce qui signifie : les 
Portiers sont de la même nation que les Portiers I Peut-on être plus 
clair. Quand est venu le temps de latiniser le mot Norikeu j on a dit 
Norkum, le Norique, et non Nariea. 

Nous.;avons déjà vu en Gappadoce> dans le Taurus, JVora, uiie place 
forte , où Eumène soutint un long * si^ge ; nous avons vu Tàurus à 
l'entrée de la vallée de Jéricho. Dans les Alpes, nous avons 'Noréia , sur 
la route de Virun à Ovilaba, où est le bourg actuel de NenmarcIUj in 
^ Steffôr-^JUark. Tous ces-Tawr ou Nût indiquent des points de passages. 
Ainsi, comme les Dores et les Centaures occupaient l'entrée de la Grèce, 
le|5 TaurijBdl vivaient dans_ les montagnes du nord de Tltalie, sous les 
déiipnf^ation? de fta/sena^ Tyrrhènes ou Taurisques, non loin des Taurini 
et des Centrones que nous verrons bientôt. 

Avant de quitter ces hautes et pittoresques régions , fedsons au moins 
nne visite à la plus célèbre cilé qui s'y trouve ; contemplons de loin 
ces vaétes amas d'eati sur les bords desquels vivaient hs-Lépottliiy 
les Tridentinij etc. La ville a reçu des Latins apparemment le nom de 
JHienfmiii, dont, en ai^pfprimant le d, bous avK^is fait: Trente^ les 
Allemands, plus conservateurs^ ont gardé^ à mon avis, la dénomhiation 



Digitized by VjOOQIC 



primHive : ils dieent Trienz : il n'y a qu'un léger ioeontéaient^ ils a*eti 
comprennent pas plus le sens que les Français, que les Latins, que les 
Grecs eux-mêmes. Nous avons dit ci-dessus que Trente , située dan$ la 
vallée de TAdige, est en communication avec Hantoue au sud , avec 
Inspruck au nord , et avec Milan à Touest ; elle est sur troia routes d'où 
son nom de Tri-em^ les trois chemins, en celtique. Trente, fut, dit-on, 
fondée par les Rasena, dans le Tyrol , d'où Ton doit conclure que les 
Rasena étaient Celtes, ou bien ils. donnaient à leur cité un nom qui 
n'avait aucun sens pour eux. On Ut dans le dictionnaire de ht Martinfère 
que Trente dérive son nom de trois ruii^eaux qui, des mcxQtagnes 
voisines, entrent dans la ville. J'accepte le nombre trmê, mais où est le 
mot qui signée ruisseau ? Tyrol, nous dit-^on ailleurs , tire son nom du 
bourg de Térioli ; n'y a-t-il pas confusion ? J'opine à croire que le bourg 
et son château ont emprunté leur dénomination au primitif Tyr^l, qui 
veut dire ouvert de toutes parts, tout en portes. Dans la région des 
grands laès étaient les Lépontii, nom bizarre, iùexpliqué. Le celtique 
n'y a^ra pas arrêté ; il y voit les radicaux Lenn^Ponîm, les laea très- 
profonds ! de Côme et de Garda. 

Nous arrivons à la Rhétie : Rhœtia. Nous avons constamment trouvé 
la syllabe Rha, Rhé, dans les montagnes ; rappelez-vous Rhagès , en 
Médie, Cyrrhestica'regiOj en Syrie, Perrhœbi au nord et Pyrrha au sud 
de )a Thessalie; Gyrrha, en Phocide, Gyrene, en Lybie* Enfin H/sa 
et Héraclès remplissent l'ancien monde des colonnes d'Hercule aux 
bords de la mer Noire , des Si-erras«*espagnoles et des Pyrénées aux 
sommets du Gaucase. J'estime donc que Rhœtia (pour Errhceiia) siguifle 
le pays de montagnes par excellence. 

Dans les Alpes-Rhétiques s'entr'ouvent quelques passages, ce sont : 
i^ Le col de Tschirf , donnant passage au chemin de Glurns à Zernetz ; 
2^ Le col de Bernina, chemin de Zemetz à Tirano et à Milan* ^ 

3^ Le col de Maloia , chemin de Zemetz au lac de Côme. 

Dans les Alpes centrales : 

lo Le col de Splugen, du lac de Côme à Splugen (vallée du Rhin), 
et au lac de Constance, à Bregenz. 
2° Le col de Bernardine à Bellinzona, près du lac-majeur à Splugen. 
3o Le col du Saint-Gothard, de Bellinzona à AUorf, de la vallée du 

Tésin à celle de la Reuss , affluent du Rhin. 

# 

Dans les Alpes pennines : 

i^ Le col du Simplon, route de Brig & Domo-d'Ossola ou de Novare 
à Sion. 

2^ Le col du Grand-Saint-Bernard , route d'Aorte & Martivi|)f , vallée 
du Rhêne. 



Digitized by VjOOQIC 



- <6Î? — 

Dans les AJpes-Grées : 

4» Le col du Petit- Saint-Bernard, d'Aoste à Mçutiers. 
. 2^ Le col du Mont-Cenîs, route de Chambéry à Turin. 

Dans les Alpes cotiennes : 

Col de Sestrières , de Briançon à Fenestrelles. 

Col du Mont Genèvre (Mons Janus) de Suze à Briançon. (Comparez 
janus avec Hen-m, le chemin haut) (1). 

. Cette énumération, bien aride quand on n'a pas la carte sous les 
yeux, m'était nécessaire pour l'exposition qui va suivre. Ici encore 
vivaient des Taurini, gardant les passages des montagnes, s'appelant 
d'un côté Brigantes , Brigantini , de Tautre les Centrones (comparez 
iavec Centaures). Si l'on veut chercher d'où leur venaient ces dénomi- 
nations , l'analyse nous donnera partout Bre-hentj le chemin de la mon- 
tagne (de Splugen à Brégenz au nord) , de Turin à Briçinçon à l'ouest. 

Zurich ou Turich, dans le pays ouvert des Tigurins (2), était la petite 
porte qui menait à la trouée de Belfort, au-dessous de Baie. 
, Le nom de Rliétie a cédé la place à celui d'Helvélie. Ce dernier doit 
provenir du celtique Uhel qui se modifie en Helv, en Hely, Ely, etc. 
Ainsi, des monts Elvend en Médie, et de l'Elymais aux Helvji du 
yivarais, aux Hélysices du Roussillon, aux champs ÉlyséeSj nous voyons 
le même radical consacré à désigner des lieux hauts. 

Je ne puis abandonner ces régions de montagnes sans dire un mot 
des visions qui m'ont obsédé dans toutes mes excursions, je .n!ai pu 
foire une tournée sans apercevoir sur chaque sommet uiie espëcie de 
fantôme, une grande ombre, celle du plus illustre héros de la fable^. 
.que nous défigurons, après les Latins, sous le nom d'Hercule, Lâs 
Grecs l'appelaient Héraclès, la gloire des montagnards. 

Du Caucase, où il délia Promethée, aux colonnes d'Hercule j eu tr^ 
versant les- monts dei la Grèce , les Alpes , les Pyrénéei? et les Si&n^s^ 
rhispaniques , partout on rencontre le héros aecoiiûplissaBt çe6:fabul^va 
travaux.. A xôlé des lieux qui lui sput dédiés se.trpuve s^us^i le^ouvemr 
de son impitoyable persécutrice, Héra^ que nous appelons Junon. 
Exemple : auprès des colonnes d'Hercule sont deux îlots dont l'un 
s'appelle Hera-nésos. Hpa vmoç , l'île de Junon , c'est-à-dire la mon- 
tagne... Mais Hercule laissa un fils. On le nomma Hyllus (Rac-ôX>î 
Silva, forêt). La montagne produit des forêts et la forêt des montagnards 
forestiers... Voilà l'histoire desTIérâcKdes. 



(1) Jarnis, le gardien des portes , rappeUe , avec ses deux figures, la sentinelle qui 
veille à droite el à gauche. ' 

(2) Tigor, en celtique , ouvert. 



Digitized by VjOOQIC 



— 163 — 

é 

Ainsi, les Héraclides sont les montagnards de la Grèce. Ceux de l'Italie 
septentrionale sont les Rasena, Taurins, Tyrrhènes, etc., ce sont des 
Piémontais prenant, dès la plus haute antiquité, possession de cette 
belle péninsule qui s'appellera Enotrie dans le sud, et au nord l'Etrurie, 
soit partout intra oras. 

Pour achever notre tournée archéologique, jetons un dernier coup 
d'oeil sur cette célèbre contrée. 

En pénétrant en Etrurie par le rivage occidental , nous rencontrons 
le golfe de la Spezia, un des plus beaux bassins du globe ; il forme sept 
ports, il est bien aJjrité des vents et très-aisé k défendre. Napoléon 
voulait faire de Spezia le premier port de son empire. Tout auprès était 
une ville dite en latin Luna, les Grecs en ont fait Selenes portus, le pori 
delà Lune (les Grecs voyaient la lune partout), lùmn, en français 
Hélène : ne soupçonnant, ni les uns ni les autres, l'origine celtique 
de ce nom qui doit être lenn, lac, mer, etc. 

De Luna à Pise, il y avait 400 stades, soit 70 kilom. Pise, suivant 
Strabon, fut fondée par une colonie de Pisatis dans le Peloponèsé, au 
confluent de l'Arno et de l'Ausaris , c'est-à-dire dans un lieu très-bas , 
Pi-is. Dans les montagnes, aux sources du Tibre, vous verrez Arretium 
(Arezzo) et au sud le lac Trasimène où s'ouvre, le passage de la- Gaule 
en Italie. 

Sur la côte, voici Populonium, située sur un promontoire élevé qui 
s'avance dans la mer en forme de presqu'île ; la ville possède un bon 
port au pied de la montagne. Po-Poul , enfoncement profond. Du haut 
de ce cap, je dois me borner à vous indiquer la direction de (S^àr-dinia), 
Ar-dinia, l'Escarpée et la Sicile, avec Zanclé, Catane, .Moi^antium, etc. 
Mais il faut revenir en Gaule, en France; saluons de loin Gènes, 
Genoua, qui me semble être Ge-r-neué, la ville neuve. Passons le Grand- 
Saint-Bernard , pour descendre avec le Rhône dans le lac Léman, Len- 
mané, le lac des monts , et nous «arrivons à une autre ville relativement 
neuve, fondée par les AUobroges, Genève , c'est encore Ge-r-neué, ville 
Jibre, d'où chacun de nous peut prendre la direction qui lui plaira 
acceptant ou rejetant les interprétations exposées dans ce travail... 



Digitized by VjOOQIC 



TItOGONIB GELTO-HBLLENiaUB. 



Je devrais m'arrêter , mais j'ai quelques mots à ajouter. Les revendi- 
cations celtiques ne se limitent pas à la terre , elles ont la prétention 
d'envahir le ciel lui-même. L'Olympe , pour les Celtes, est un pays de 
connaissance , et chacun de ses hôtes doit à leur langue le nom sous 
lequel il a reçu les hommages des mortels. Vous adlez en juger par les 
notions suivantes. 

Je n'ai pas l'intention de composer sur ce sujet une longue disser* 
tation ; je me bornerai à une simple généalogie suivie de quelques mots 
nécessaires à la clarté. 

Nous avons tous remarqué que les dieux de la mythologie changeaient 
en général de dénomination en passant du monde grec dans le monde 
latin. Je ne saurais rechercher l'origine de cette transformation , mais 
je crois remarquer que la majeure partie des noms des divinités a aa 
source dans la langue celtique. 

Ainsi Vranus (à tout seigneur tout honneur) le ciel personnifié, nous 
dît-on , et le plus ancien des dieux , est à la fois le fils et l'époux de la 
terre, dont il eut plusieurs enfants, entre autres Titan, Saturne. 
Le ciel personnifié , fils de la terre , ne me semble pas une interprétft^ 
tion bien claire. Qu'est-ce que le del personnifié ? Uranus rappelle le 
'mot celtique Huren^ qui signifie nuage. Le nuage^ n'est-^îl pa» en 
même temps le fils et l'époux de la terre ? Titan (le feu) était l'aîné das 
fils d'Uranus. Le feu , fils du nuage : la foudre ! 

Saturne , en grec Kpivoç , le temps qui dévore tout , ne fat pas heu- 
reux sur le trône que lui céda Titan. Souverain viager du monde, 
Saturne, trompé par Rhéa, manqua, sans le savoir, à ses engagements 
envers son frère. Instruit de l'existence de trois enfants que les conven- 
tion^ condamnaient à être dévorés, Titan se hâta de détrôner Saturne 
et l'enferma. Rétabli par son fils , puis renversé par lui , Saturne fat 
réduit à descendre sur la terre où il se fit agronome , professeur d'agri- 
culture. Les Latins apprirent de lui l'art des semailles [sererCy au supin 
satum^ semer); ou plutôt en celtique haden; semer; Aadar, sator, 
le semeur. 

En venant sur la terre , le dieu dépossédé devait descendre sur une 
montagne. Sa femme Rhéa , dont la sollicitude maternelle mérite une 
mention , rappelle le séjour sur la montagne. Rhéa semble l'adjectif de 
Rha, monSj montosa, Rhéa, nommée aussi Demester, Ops, Vesta, 
Tellus , Cybèle , la bonne déesse par excellence est l'emblôme de la 
fécondité et de l'abondance. 



Digitized by 



Google 



— 46» —s 

Époase fidèk , eHie accompagna Saturne «xBé en Italie , et y devint » 
sous le nom de Ops, la grande déesse italique. Ce nom sigiiilie terre 
ea vieille langue iitalxf|Qe, nous dit«><in, et estlemèfloeque Opes^ ri- 
ehesses. Qu'est*<e que cette vieille langue italique ? Qui Ta sue ? Qui la 
saiit? N'est-ce pas plutôt le même ncœii que Opis , la déesse scythique^ 
que nous avons trouvée tout d'abord aux pieds des monts de la Taunde, 
à Tanm. Cst-oe ausi^, ^ur être logiqua » un mot de la vieille bogue 
BC^tfaique ? QA toe voit quA c'est toujours Od^-pi-is, la divinité des rivofee 
abordables.. Opis en Tauride, Ops et Opique en Campanie. Queïb^ 
fantaisie du hmat4 ! 

A«x jfours de «a puttosance., Saturisie di6pQ3a de mn «upire en faveur 
«te ses trois fiiSs, et on va voir que le oiel (le lot de Titaa) ne devait 
point entrer dans le partage. Les successeurs de Saturne ne quittercml 
pas la terre. Saturne engendra trois fils et une iille , savoir : 
Dia , le dieu d'en bas : la terre. 
Posidônaj le ffieu des profondeurs, 
et Polutona ou Pluton, le dieu des profondeurs extrêmes : l'enfer. 
Hera (Junon) renouvellera le mariage de la montagne avec la ferre. 
Dia , époux de Hera. 

Jupiter aura divers enfants qui seront tous richement apanages. 
' Phœbu& f le très-haut ? le soleil. 

Diana (en grec Arthémis) sera la déesse des lieux bas*. C'est ^aa bord 
des lacs, des marais, des eaux, qu'elle est particulièrement hcmorée, 
lamfondue a?ec VOpis des Scythes de la Taunde. 
Héraclès > le héros des monti^es. 

Hermès (Mercure) , le protecteur des voyageurs , des marchands , des 
gens toujours dehors {Er^mis en œUique). 

Atiienè aurait en ^g un sens analogue à celui de Diana; mm Mi- 
nerva («n latin) est sortie du cerveau de Jujàter : c'est la déesse de ia 
«agesse, des hautes conceptions. 

Bacchus, Bflwxoç^ en celtique Baccoz, le trèS'-vieux, par une excep* 
tion assez rare, conserve son nom en grec et en latin. C'est peut-être 
i'ekié des enCamts de Jupiter. Il fit la conquête des Indes avec une armée 
•composée tThommes 6t de femmes pendant au lieu d'armes des thyrses 
diargés de raisins^ ^ des tamlipurs ; puis il alla en Egypte, cii il en» 
.seigna l'agriculture aux mortels ^t planta la vigne. D'£gypte, il vint 0a 
Pbrygie^ où il fut initié aux mystères de La mère des dieux. (Signalons 
la Phrygie et la Tbrace, foyers de dvilisatipn pour la Gs^èce , /Comme 
rÉtrurie pour les Romains.) Remarquez ces eaccursions de Baccbus de 
rinde à l'Egypte. N'est*il pas permis de penser que dans soni^ortége 
. pouvaient ^^ôrer Osiris et Isis et le, introduisant en ce pays, avec Vs\gcir 
tsttitirre, ses précieux auxiliaires : la vache et le^bmuf. On pouvait dé«- 
Jbm-qif^r, la^côte est 'basse et facile^ AUrpi^, Apis. , 

t^nSkoA iDia^-citéfta» haut, sexattacike lua moMê igu'cW «M pco*' 



Digitizedxby VjOOQIC 



— 166— . 

nonce pâs sans frémir, sans se signef, le diable, puisqu'il faut l'appeler 
par son nom. 

Diabolos, en grec, signifie accusateur, délateur, calomniateur. C'est 
par un détour assez allongé qu'on en est venu, dans le langage ecclé- 
siastique, & lui donner le sens que nous lui attribuons. Ce mot sembte 
composé de deux mots hybrides, l'un celtique\Dta, et l'autre grec, ve- 
nant de jSoXXoi), jeter, littéralement le déchu, le jeté m bas. Nous avons 
déjà vu dans le même sens Tan^-tal^, Tàn-taulet, le précipité au fond 
de l'abîme* 

Hais sortons de ce lieu de ténèbres : montons au séjour des dieux* 

Les- immortels habitaient l'Olympe. Pour que chaque contrée pût 
avoir les divinités dans son voisinage , on eut des Olympes un peu 
partout. 

Nous allons compter, avec Strabon : 

.1® Olympe, montagne de Cypre, à l'Est, avec un temple de Vénus 

acrœa; 
2<> Olympe, — vers le Sud, entre Amathus et 

Curiade ; 
3« Olympe, -— enLycie. 

4« Olympe , — en Mysie ; 

5p Olympe , • — en Macédoine ; 

8® Olympe, — en Pisitis, auprès de Pisa. 

Olympe est donc un mot célèbre appliqué indistinctement aux per- 
sonnes et aux choses : 01ympie,'^01ympias , Olympiade, etc. 

D'où vient-il donc? S'il est grec, il doit avoir un sens que les Grecs 
devient connaître ; mais ils l'ont ignoré de tout temps. 
' Ils n'ont pas compris que leurs dieux , composés de matière, buvant, 
mangeant, ne pouvant habiter que la terre , devaient, pour ne pas être 
assaillis de visiteurs importuns Qt de quémandeurs infatigables , établir 
leur séjour sur un sommet de çQontagne inaccessible et dissimulé aux 
r^ards des pauvres mortels par un voile de nuages. 

De là le q^oix d'un mont dont personne ne pouvait voir la crête. Une 
montagne au sommet invisible devait s'appeler le Mont-sans-tôte : 
Ol-'hemb-pen j tout-sans-tête. Un savg^t, comme Fréret, y verrait 
peut-être du calmouque ou dumantchoux^ mais tout le monde n'a ni 
le même esprit ni le même savoir. Le Celto-breton n'y voit que trois 
éléments celtiques : ol, tout, Aewp, sans, pen, tête. 

Quoi qu'il en soit , et quelle que soit votre opinion sur ce point et sur 
l'ensemble de ce travail , vous voudrez bien reconnaître que votre guide 
a été pour vous plein de prévenances , chose rare, direz- vous, chez un 
Celte. Après vous avoir menés par les plus beaux pays du monde, des 
montagnes de la Haute- Asie, des bords de l'Indus au Pont-Euxin, 
^s rives du Bosphore à celles du Nil, du Golfe-Persique aux rivages de 



Digitized by VjOOQIC 



la Mer-Rûuçe et de l'Afrique extérieure , de la . côte d'Aden au jdétroH 
de Gadès, il vous à montré les Champs-Elysées, et, finalement, il vous^ 
a |si§is a-u banquet des dieux sur les sommets de l'Olympe, Il ne peut 
vous aî)andonner entre le nectar et l'ambroisie sans vous remercier de, 
votre bienveillante atlentiox^ 



CONCLUSION. 

Uaj^^nt de i^i* ordre montre, par une suite de témoignages com- 
bîbés. entre eux, que les anciens habitants de la Lydie, de la Carie et 
de iar,My^ie,;gii,e les Phrygiens, les Pisidiens, les Arméniens, en \m, 
mot presque tous les peuples de l'Asie-Mineure , formaient dans l'ori- 
gine une même nation avec les Pélasges et les Celtes d'Europe. 

Déboutes les preuve^ qui établissent ce fait, nous n'en rapportons 
qu'une, dit- il, c'est que la langue de tbutes ces nations asiatiques, la 
même, malgré les différences qui caractérisent les dialectes, avait beau- 
coup de rapport poui* le fond avec celle des Grecs d'Europe. 

En un mot, depuis les frontières des Celtes jusqu'à celles des Mèdes 
et des Syriens , on parlait une même langue divisée en plusieurs dia- 
lectes, et le grec était un de ces dialectes. Cette langue générale était.,., 
l'esclavon.,.., l'esclavon : le savant Fréret a prononcé , il faut accepter. 

Acceptons donc , mais à une petite condition , c'est de croire qu'à jses 
yeux le celtique et le slâvon ne formaient qu'une seule et même langue. 
Nous^vions pensé, dans notre simplicité, que le mot de slave est rela- 
tivement moderne , s'appliquant à une troisième migration qui compre- 
nait les peuples dits Slovaques , Polonais, Russes, Serbes, Bohèmes," 
Moravès, Vendes, Carnioles, Croates, Bosniaques, Dalmàtes. 

Je suis bien tenté de déposer respectueusement cette opinion avec 
celle du même auteur sur les Amazones, et de chercher ailleurs ; je 
n'irai pas bien loin : je trouve , en effet, dans une brochure intitulée :^ 
te Slave et le Breton y le paragraphe suivant : 

c ^Eestaïqourd'hui reconnu que les Bretons ^ les Irlandais, les habi-, 
\mi& de la haute Ecosse, parlent les dialectes issus du celtique; mais on, 
ne soupçonne pas les rapports mtimes qui rattachent ces. langues au. 
daye. J'ai faut, continue l'auteur, le parallèle de ce dernier idiome avec le 
breton , sur une échelle qui m'a paru suffisante à juger la question. Un, 
mot breton se retrouve en polonais, un autre n'existe qu'en russe ou en 
bohème, etc., et, pour reconstituer le breton tout entier, il faut consi- 
dérer tous les dictionnaires slaves comme un dictionnaire unique;' ep,, 
quoi il n'y a rien d'excessif , puisque ces dialectes diffèrent i. peine le» 
uiîts àen autres : quiconque en possède un 'seul peut aisément se faire^ 
eatendri^ des confins de la liussie aux rives de l'Adriatique (signé Jélix 



Digitized by VjOOQiC 



— 1«8 — 

MIchalowski). » Et le reste de I*ouvrage contient une longue stdte de 
mots communs aux divers idiomes étudiés par ce polyglotte. 

Il ne nous appartient pas de prononcer sur ce jugement ; mais nous 
nous garderons également de le rejeter, puisque nous ne pouvons l'ap- 
précier. M'appuyant donc sur les nombreux éléments que j'ai recaeillis, 
je conclus, avec un personnage dont la Société vénère la mémoire , 
que : 

c De tous les monuments celtiques, la langue des Celtes est, sans 
contredit, le plus ancien et le plus intéressant, car il répand de la lu- 
mière sur un grand nombre de vieux mots dont, sans cet idiome, l'ori- 
gine demeurerait toujours inconnue , et qu'il a enricbi de nombreuses 
racines le latin, le grec, le français et presque toutes les lances 
vivantes de l'Europe. > 

Telle est l'opinion exposée, page 45, dans son Essai sur les Antiquités 
du MorbiiM , par M. l'abbé Mabé. 

(A suivre pour Vlndex,} 



Digitized by VjOOQIC 



PRÔGÈS-VERBAUX. 



276« SÉANCE. 

27 Juin 1876. 
PRÉSIDENCE DE M; ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT présents: 

MM. Perrin, Le Cointre, Lallemand, de Cussé, Mauricet, de Closma- 
denc, Monteil, Tabbê Le Mené, Burgault, Guyot-Jomard, Tabbé Luco, 
Revelière, Huchet, Le Gall de Kerlinou. 

PROCÈS-VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

Société cambriennOy livraison d'avril 1876 , n® 26. 

Mémoires de la Société d'émulation du Doubs, S^^et 9« volumes, 
4873 et 1874. 

Mémoires de la Société littéraire , historique et archéologique de Lyon , 
années 1874-75. 

Mémoires et documents de la Société savoisienne, t. xv, 2^ partie, 1876. 

Bulletins de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du 
département des Deux- Sèvres, n®* 10 et 11 , octobre et novembre 1875. 

Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée , 22« année (1875) , 
2*^ série, 5« volume» 

' Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, 
23« volume , 2® livraison. 

Société des Antiquaires de l'Ouest, !«' trimestre 1876. 

Bulletin de la Société archéologique du Midi de la France, séances 
du 23 novembre 1875 au 14 mars 1876. ' • 

Congrès archéologique de France, xli® session. — Agen et Tou- 
louse, 1874; 

Plus 4 volumes en langues étrangères, donnés par M. MoreU 

M. le doctieur de Closmadeuc déposée, au nom du musée archéologique 
de Niort, le fac-similé d'un collier d'or que possède ce musée; la 
Société polymathique lui envoie, en échange, un fac-similé de^elui 
de Plouhamel. 

M. Emile Rivière Vemercie la Société de' lui avoir envoyé son 
diplôme de membre correspondant» 

1 



Digitized by VjOOQIC 



— 74 — 

M» Le Verrier, directeur de l'observatoire de Paris, répondant à 
une lettre de M. le Président de la Société, lui fait savoir que les 
commissions météorologiques sont nommées par MM. les Préfets , et 
relèvent directement de l'Administration et non des Sociétés 
savattes. 

M. Tabbé Euzenot, tout en remerciant la Société de Tallocation qu'elle 
lui a votée à la précédente séance, annonce qu'il n'a pas l'intention d'en 
user ; il signale aussi les heureux résultats d'une nouvelle fouille qu'il 
vient de faire à Kerhars ; il destine au musée arcK!èologique les objets 
de bronze qui y ont été trouvés. 
La Société vote des remerciements à M. l'abbé Euzenot. 
M. Rellay est proclamé membre titulaire de la Société. 
M. Méline, principal du collège de Vannes, et M. Morel, professeur, 
sont présentés en qualité de membres titulaires résidants. M. Blanchard 
de la Brosse , commis principal des lignes télégraphiques en Cochin- 
chine, est présenté comme meiùbre titulaire non résidant. 

M. le Secrétaire donne lecture du compte-rendu de la séance 
solennelle du 23 mai 1876. 

Ayant appris que le Conseil municipal de Vannes avait porté à 1000 fr. 
le chiffre de son allocation annuelle, la Société s'empresse de lui voter 
des remerciements. 

La Société approuve l'acquisition de 3 balances destinées au 
Musée archéologique, 

M. Perrin donne pour ce même Musée un objet en plomb (peson 
de fuseau). 
. Là Société lui vote des remerciements. 

M. Lallemand fait connaître quelques rectifications apportées par la 
commission des finances au projet de budget pour 1876« Ces modifica* 
tiens sont approuvées. 

M. le Conservateur du Musée d'histoire naturelle fait observer que le 
peu de fonds qui lui ont été alloués ne lui permettent pas d'fentretenir 
en bon état les collections dont il est chargé; en conséquence, la Société 
décide qu'une partie du prix qu'elle retirera de divers objets qu'elle 
doit mettre prochainement en vente sera affectée à ce Musée. 

Lecture est ensuite donnée d'une note de M. l'abbé Euzenot, sur les 
instruments de bronze de Kerhars, en Guidel. 

M. Guyot continue la lecture de son étude géographique. Parlant du 
Bosphore de Thrace et de l'Héllespont, l'auteur interroge les anciennes 
dénominations des pays qu'illparcourt. 

Pour lui, l'Héllespont ou plutôt l'Hellenpont n'est pas la mer de la 
mythologique Hellé, mais bien la mer profonde , jHrf-t^n-;po-don. La 
Thrace doit son nom au mot celto-breton JYwh^ qui signifie poêsoge 
{Ker-en»trech & Auray et à Loritnt.) 



Digitizéd byVjOOQlC 



— 75 — 

De chaque côté de l'Hellespont étaient établis deà Tréres , des pas- - 
seurs. La Macédoine s'appela successivement ou simultanément Imathis 
ou Chalcidique, pays plat, sur le littoral , Péonie dans la région mon- 
tagneuse. La Thessalie eut pour nom primitif Pyrrhea^ c'est-à-dire très 
montueuse, et Hœmoniaj qui a le mèmasens que Armenia. Pyrrha, la 
fille de la montagne^ fut l'épouse de Deucalion , le chef des Hellènes^ 
peuplades riveraines. 

Tel est le point de départ d'une classification gréco-hellénique. 

Le mot grec vient de Graios, lequel a pour radical Rha^ la grée, la 
hauteur, expression traduite, chez nous, avec une naïveté toute gauloise 
par le Rat {naweté est ici un euphémisme parlementaire). 

Les enfants que la fable attribue à Deucalion ont eu l'honneur de 
laisser leurs noms aux tribus helléniques. 

Eolus , tige des Éoliens. 

Dorus fait exception ; on ne le reconnaît pas pour père des Doriens. 

Xuthus , qui engendra Ion et Achœus. 

Laissant la fable dans son domaine, l'auteur voit dans les Éoliens la 
tribu orientale (Héol-Hélios, solj soleil], les gens du levant. Les Ioniens 
rappellent io , la vache errante. lOj ia^ en celtique , comme eo en grec 
et en latin, signifie je vais. Le celtique Eant, ils vont' errants de çà et 
de là , rappelle d'assez près le etfM latin. 

Âchseus {actèj aod, rivage). Les ^chéens sont les riverains du golfe 
de Corinthe... De la Thessalie à Dodone et à Delphes il n'y a qn'un p^s. 
Dodone équivaut à don-done ^ la forêt très-profonde. A propos de 
Python, Fauteur expose, d'après Diodore de Sicile , l'origine de l'oracle. 
Python paraît formé de deux mots celtiques déjà vus dans po-don; c'est 
une caverne, une crevasse, un grand trou, un précipice (comparez avec 
ptUeus, un puits, (La Béotie est une province au littoral bas, c'est-à- 
dire accessible , ainsi que le prouvent A,ulis (Aol-ie) et Bathus Limèn , 
non loin de Calchis, L'Attique s'appelait Athis , littoral dans les mêmes 
conditions. 

Marathon, Phalère, Munichie, le Pirée sont des stations maritimes 
(comparez Athènes et Adana-Aden)* 

Dans le Péloponèse Ath\s se change en Apis (Ad-pi-is); là se trouvent 
trois Pylos (radical poul, trou, enfoncement), la Pisat-is (Pi-is-at-is) y 
VEl'is j\iiior3i\ bas, Pisa (Pi-is-a) ainsi nommée d'une fontaine. Nous 
retrouverons Pise en Étrurie. 

L'Italie s'appela Mess-a-pis au S.-E., En^trie au S.-O., Ausonie 
à ro., Étrurie au N; En-otrie et Étrurie sont composés de Od-étré, 
c'est-à-dire inlrorora^j entre deux rivages. Les Ausones, les Osées et 
les Opiques sont les tribils échelonnées du littoral campanien. 

Dans ces parages florissait autrefois Sybaris; le radical Baris est 
spécial aux populations du bord de l'eau. Nous avons cité des Parii sur 
les bords de la mer Caspienne; sur l'Hellespont,^ Pornim; en Achaïe^ 



Digitized by VjOOQIC 



— 7fr — 

Sybaris, nom d'une fontaine; en Apulie, Barium (Bari); sur le golfe 
de Tarente, Baris; dans la Grande-Bretagne des Parisij entre les 
bouches de l'Humber et la mer ; enfin, en France se sont immortalisés 
Parisii, les Parisiens. Voilà , malgré les colères de la Seine , Paris et sa 
devise : Fluctuai nec mergitur* On peut dire sans honte rétymologie 
du nom de la vieille cité : Lutetia, Le splendide Paris a surgi du 
limon de son fleuve : ex LtUo, Lutea ou Lutetia civitas, Labor iny^robtis 
omnia vindt* 

M. de Closmadeuc termine la lecture de son intéressant travail, sur 
les musées archéologiques de Nantes, Angers, Tours, Poitiers, 
Bordeaux et Niort comparés à celui de Vannes. 

M. l'abbé Luco continue la lecture de son étude sur les paroisses du 
Morbihan; il passe en revue Guégon , Guéhenno, Guénin et Guern. 

M. Damour, dans une note sur la composition d'une roche trouvée 
en gisement dans la baie de Roguédas , fait connaître à la Société le 
résultat de l'examen auquel il a soumis des échantillons de cette roche 
qui lui avaient été remis par M. de Limur. 

Tout en renonçant à voir un véritable jade dans la roche de Roguédas, 
M. Damour trouve-à cette roche, composée d'anorthite, de pyroxène 
vert, de quartz et d'idocrase, un véritable intérêt au point de vue de 
la géologie. 

Le Secrétaire, E. LE GALL DE KERLïNOU. 



277* SÉANCE. 

25 Juillet 1876. 

PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT présents: 

MM. Lallemand, Brondel, Huchet, de Lamarzelle, de Limur, Guyot^ 
l'abbé Luco, Salmon, Mauricet, Monteil, Marchais et Le Gall de I^nou* 

PROCÈS- VERBAL LU ET ADOPTÉ, 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

Annales de la Société historique et archéologique de Château-Thierry, 
année 1874. 

Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Toulouse, i.^ fascicule 
d6 l'aimée 1876-187& 



Digitized by VjOOQIC 



-. 77 — 

Annales de la Société d'horticulture et d'histoire naturelle de l'Hérault» 
no 2 (mars et avril 1876). 

Mémoires de la Société nationale des sciences naturelles de Cherbourg, 
T. XIX. 

Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, 
4® semestre de 1875. 

Bulletin de la Société des antiquaires de Picardie, l^^ fascicule 
de 1876. 

Bulletin de la Société de Borda , l«f trimestre de 1876» 

Les trois brochures suivantes données par M. de Limur : 

Le jade océanien en gisement dans la baie de Roguédas, près Vannes, 
par M. de Limur, broch. in-S», 1875. 

Note sur les gisements nouvellement reconnus de certaines subs- 
tances minérales rares employées comme ornements ou comme outils 
par les tribus préhistoriques ou les tribus sauvages, par M. de Limur, 
broch. in-8<>. 

Description du massif breton, par M. de Limur, broch. in-S®. 

Lecture est donnée des procès -verbaux des séances de la commission 
de publication et de la commission de récolement des bibliothèques. 

MM. Méline et Morel sont proclamés membres titulaires résidants; 
M. Blanchard de la Brosse est proclamé membre titujaire non résidant, 

M. le docteur Juglar se fait excuser par lettre de ne pouvoir assister 
à la séance. 

M. le Président fait savoir que, pour être reconnue établissement 
d'utilité publique , il est indispensable que la Société polymathique 
fasse parvenir au Conseil d'État 100 exemplaires imprimés de nos sta- 
tuts. La Société consultée décide l'impression de ces statuts. 

Le Directeur des musées nationaux informe le président, de la Société 
qu*il est impossible d'obtenir un moulage de la statue tumulaire de 
Blanche de Champagne, la couche de bronze qui recouvre l'âme en bois 
de la statue étant tellement mince qu'elle ne saurait supporter cette 
opération sans courir les plus grands risques. 

Le Ministère de l'instruction publique nous annonce qu'il a reçu et 
fait parvenir à leur destination les exemplaires (du 2® semestre 1875) 
de notre bulletin envoyés aux sociétés savantes. 

M. le Président ayant reçu une lettre de M. le B»» de Rivières, lui 
demandant s'il existe en Bretagne des cadrans solaires anciens ou 
modernes avec inscription, a répondu en indiquant 24 cadrans avec 
date ou inscription* 

La Société d'histoire naturelle de Toulouse nous annonce qu'elle a 
reçu le 2® semestre de notre bulletin de 1875 : elle nous prie ensuite 
de compléter sa collection ; cette demande est favorablement accueillie, 
à condition de réciprocité. 



Digitized by VjOOQIC 



-78- 

La question de Tachât d'une presse autographique est remise à la 
prochaine séance. 

L'association française pour Tavancement des sciences offire une place 
à prix réduit pour un délégué de notre Société au congrès scientifique 
qui doit se tenir à Clermont-Ferrand dans le courant du mois d'août. 

Sur la demande faite par l'Union centrale des Beaux-arts à la Société 
polymathiquè de vouloir bien lui prêter la tapisserie d'Aubusson du 
Musée archéologique, il est constaté, d'après l'avis de M. le conservateur, 
qu'il est impossible de faire sortir cette tapisserie sans graves détério- 
rations, et que la décision, contraire aux vœux de cette société, sera 
transmise à celle-ci, avec l'expreission de nos regrets. 

Relativement à la photographie de M. Taslé, à placer à la bibliothèque, 
la Société décide qu'on attendra l'admission de M. Gigon , photographe , 
avant de rien entreprendre. 

L'on fait ensuite passer sous les yeux de la Société les nombreux 
objets de bronze trouvés à Kergal et à Kerhars, en Guidel. Ces objets 
sont examinés avec la plus grande attention, et la Société vote des 
remerciements a M. l'abbé Euzenot, auteur de ce don précieux. 
M. Gigon est présenté en qualité de membre titulaire résidant. 
M. Guyot-Jomard continue et termine la lecture de son étude de 
géographie celtique. 

Entre autres étymologies, l'auteur arrivait au système des Alpes, 
signale le Norique, habité de l'est à l'ouest par des Taurisques et des 
Taurins ; or, ces montagnes ne sont accessibles que par les solutions 
de continuité qui se présentent ça et là. Ces cols sont des portes ; en 
celtique, en Norikeu signifie les petites portes. Le Norique est devenu 
plus tard le Tyrol. 

Dans la vallée de l'Adige est située la ville de Trente, Tridentum, 
en allemand Tri-enz , c'est-à-dire les trois chemins ; et en effet on accède 
à la citS par trois voies : celle de Mantoue, au sud ; celle d'Inspruck, 
au nord, par le col de Brenner, et à l'ouest, celle de Milan , par le col 
du mont Tonal. Trente fut fondée par les Rasena; donc ces peuples 
étaient des Celtes, ou ils auraient donné à la ville un nom dépourvu de 
sens pour eux. Comme les Héraclides senties montagnards de la Grèce, 
les Taurisques et les Taurins sont les higlanders de l'Italie. 

Du pays des Taurins , en Gaule et réciproquement , il faut prendre le 
pas de Lure; c'est le chemin de Brigantium (Briançon). Radical hre, 
montagne, et hent, chemin. Au nord, la vallée du Rhin menait au lac 
de Constance à Brigantia '(Brégenz, mênae sens). 

Par le pays de Zuric {Tauric, la petite porte), on arrivait à la trouée 
de Belfort. 

Au radical rha se rattaché la Rhétie , nopa remplacé ultérieurement 
par Helvétie ; c'est encore le radical celtique uhel, haut, qui se transforme 
en Hely, Kely, Cly, etc. ' 



Digitized by VjOOQIC 



— 79 — 

Genève -et Gèneâ, Gehova et G^nooa doivent tirer leur dénomination 
du celtique Ger neué, la ville neuve. 

Dans le paragraphe intitulé Théogonie Celto-hellénique , Fauteur 
expose une interprétation originale des noms donnés aux habitants de 
rOlympe. Ainsi Uranus (celtique Huren, le nuage), mari delà terre, 
produit : Titan, le feu, et Saturne, en celtique HAdor, le semeur. 

De Saturne et de Rhéa (la symbolisation de la montagne) naissent : 

Dta, Jupiter, le dieu de la terre ; 

PosidôUy Neptune, le dieu des profondeurs ; 

Plutonj le dieu des abîmes infernaux ; 

Hera (Junon), ûlle de Rhéa ; elle renouvelle le mariage de la montagne 
avec la terre, dia; 

Diana est la déesse des lieux bas ; 

Héraclès, Hercule, le héros des montagnes ; 

Hermès, Mercure, le protecteur des gens qui sont toujours dehors* 
En celtique Er-mès signifie dehors, Er-Mézeu, la campagne. 

Le -mot Olympe lui-même est composé d'éléments celtiques. OJrhem^^ 
pen, c'est-à-dire le mont sans sommet (il est dans les nuages). 

De ces données , l'auteur conclut , avec M. l'abbé Mahé , que de tous 
les monuments celtiques, 1q plus ancien el le plus intéressant est, sans 
contredit , la langue des Celtes., car elle répand de la lumière sur un 
grand nombre de vieux mots, dont, sans cet idiome, l'origine demeu- 
rerait toujours inconnue, et elle a enrichi de nombreuses racines le latin, 
le grec, le français et presque toutes les langues vivantes de l'Europe. 

M. de Limur lit ensuite une note sur les différentes classifications 
adoptées pour la minéralogie et pour les roches. Après avoir apprécié 
la valeur de chacune et fait observer que la Société polymathique , une 
fois reconnue établissement d'utilité publique , pourrait voir de grandes 
collections lui arriver avec le désir exprimé par les donateurs pour la 
conservation du classement établi par eux , il propose à la Société de 
s'en tenir, si tel est l'avis de MM. les conservateurs, pour la minéralogie, 
à la classification de l'école des mines qui a fait ses preuves , et , pour 
les roches , à l'ordre suivi par M. Gocquand et adopté par les géologues 
les plus autorisés de l'Europe. Pour détermitier la Société à entrer dans 
cette voie , M. de Limur lui offre une collection complète de tous les 
types des roches connues , classée selon le système de M. Gocquand , 
étiquetée et prèle à être placée en vitrines , et dans laquelle se ran- 
geraient les échantillons épars que nous possédons. Passant ensuite à la 
roche de Roguédas, sur laquelle il a récemment attiré l'attention, 
M. de Limur, se basant sur les analyses de M. Damour, qui reconnaît 
que cette roche nouvelle est à base d'anorthite, et l'anorthite appar- 
tenant à la famille des feldspaths compactes à base de chaux , propose 
de lui assigner le b^ rang dans les roches feldspathiques du classement 
établi par M. Gocquand et de lui donner le nom d'Anorthophyre , avec 



Digitized by VjOOQIC 



—180 — 

]e surnom distinctif de Morhihannite ou Jade breton, comme on Ta 
déjà fait pour une aulï^ roche à base feldâpathique, appelée saussurite 
ou jade de saussure. 

La Société polymathique vote des remerciements à M. de Limur pour 
les échantillons de roches dont il a offert d'enrichir le Musée d'histoire 
naturelle et décide d'attendre l'avis de MM. les conservateurs de ce Musée, 
relativement aux classifications à adopter pour ses collections de miné- 
ralogie et de roches et pour le nom à donner à la roche de Roguédas , 
tout en manifestant le désir que ce nom rappelle celui de M. de Limur. 

M. l'abbé Luco, dans un travail intitulé : hvterprétation de quelques 
proverbes populaires, donne l'origine de trois proverbes : Les armes 
de Bourges. L'appétit vient en mangeant. Pour un point Martin perdit 
son âne. 

Le Secrétaire, £. LE GALL DE RERLINOU. 



278« SÉANCE. 

29 Août 1876. 

PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT PRÉSENTS : 

MM. de Cussé, Guyot-Jomard, l'abbé Le Mené, de Lamarzellt, 
- Tabbé Luco, Perrin, Salmon, Brondel, Marchais. 

PROCÉS-VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

Société cambrienne, juillet 1876, N« 27. 

Annales de l'académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle, 
No 12, 1875. 

Annales de la Société d'horticulture et d'histoire naturelle de l'Hérault, 
tome Vm, No 3, mai et juin 1876. 

Bulletin de la Société archéologique 4e l'Orléanais , N®» 85, 86 et 87, 
2% 3«, 4« trimestre 1875. 

Bulletin de la Société d'études scientifiques et archéologiques de la 
ville de Draguignan, tome X , 1874-1875. 

Bulletin de la Société de Borda, 2« trimestre 1876. 

Roraania , NM« , juillet 1876. 



Digitized by VjOOQIC 



— 81 — 

Le Musée archéologique s'est enrichi des objets suivants : 

Un celtae trouvé près du pont du chemin de fer, aux environs du 
village de Plaisance, — Don de M. de Lamarzelle. 

Un jeton d'abbaye en bronze. — Don de M. de LahitoUe. 

Une monnaie en cuivre de Thibaudus. — Don de M. de Closmadeuc. 

M. Guyot présente à la Société , avec la note suivante : 

1° Au nom de M. Léguillon , de Vannes , une monnaie bretonne 
trouvée en Saint-Jean-Brévelay, malheureusement assez fruste. 

* On lit néanmoins d'un côté Johannes dux Britanniœ : n. Au milieu 
•est une tarçe échancrée à gauche, chargée de six mouchetures, 3, 2, 1, 
dans un entourage ogival de quatorze pièces^ séparé du grenetis par 
"un cercle délié. 

A l'envers Bndictu sit'nomen Dni nn. 

Croix paltée, cantonnée de quatre mouchetures. 

Blanc de billon 45 gr., pi. XXV, N« 7. C. Da. 

Cette monnaie est de Jean 17, duc de Bretagne de 1364 à 1399. 
C'est le père du connétable Arthur de RichemonU 

2? Au nom de M"<» Le Médec,. institutrice à Pénerf, une petite 
monnaie d'argent trouvée sur la grève ; on y lit : 

Philipp. D. G. Hispan Rex, avec tète au centre. 

Au verso : croix pattée , cantonnée de 2 - et de 2 •.• 3 à 3. 

Et au pourtour, Barcino civitasy 1612. 

Cette date nous apprend que la monnaie est du règne de Philippe HI, 
le père d'Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII. 

Philippe m régna de 1578 à 1621. 

Ce prince persécuta cruellement les Maures, les chassa de l'Espagne 
en 1609^ et fît perdre ainsi à son royaume ses sujets les plus industrieux ; 
le nombre des exilés s'éleva, dit-on, à 450,000. La misère du pays 
fut encore accrue par des variations continuelles dans la valeur des 
monnaies. 

Des remerciements sont votés aux divers donateurs. 

La Société décide qu'une lettre sera adressée à M. l'abbé Thomas , 
vicaire à Ambon , pour lui faire savoir combien elle regrette l'erreur 
par suite de laquelle son nom ne figure pas au Musée archéologique, 
comme donateur de six celtae qu'il lui a fait parvenir il y a quelques 
années, et lui exprime avec ses remerciements, l'assurance que cet 
oubli est déjà réparé. 

Lecture est ensuite donnée de deux lettres accompagnées de nombreux 
spécimens relativement à l'inventaire général des richesses d'art de la 
France. Le concours des Sociétés savantes est demandé par M. le Ministre 
de l'instruction publique et des beaux-arts pour mener à bonne fin une 
publication aussi considérable. 

Sur la proposition de M. le Président, M. de Cussé, Conservateur 



Digitized by VjOOQIC 



du Musée arcbéolègiqiie, est chargé par la Société dé s'oecupff de ce 
travail. 

Une lettre de M. le Ministre de rinstruction publique annonce à lu 
Société une allocation de 300 fr. pour 4876. 

M. lé Ministre de l'instruction publique réclame aussi certaines pièces 
relatives à la reconnaissance de la Société polymathique comme établis- 
sement d'utilité publique. M. le Président transmettra les documents 
demandés. 

M. le Président lit les différentes pièces relatives à la demande faite 
au nom de la Société, pour obtenir du Conseil général une allocation de 
450 fr. destinée à couvrir les dépenses faites à l'occasion de la séance 
solennelle donnée par la Société polymathique, le 38 mai 1876. Le 
Conseil général refuse cette allocation. 

L'Association française, pour l'avapcement des sciences, prie la Société 
de retirer de la librairie Douillard , le volume des comptes-rendus 
du Congrès de Nantes, auquel elle a drmt. 

Un rapport de la Société des sciences et arts de Bayonne appelle 
l'attention des Sociétés savantes de France < sur l'œuvre du Fond de 
la Mer, et la recommande à leur bienveillant concours. 

M. Rellay remercie la Société polymathique de l'avoir accueilli lu 
nombre de ses membres titulaires non résidants. 

La Société décide que, par suite de divers motifs, elle ne fera pas 
l'acquisition de la presse autographique mise avec tant^ d'obligeance 
à sa disposition par M. Bourdonnay. 

M. Gigon est proclamé membre titulaire résidant. 

M. Paul Grau, architecte, est proposé comme membre titulaire 
résidant. 

M* le comte Lanjuinais, demeurant au château de Kerguéhennec, par 
Saint-Jean-Brévelay, est proposé comme membre titulaire non résidant. 

Il est ensuite donné lecture de la préface du dictionnaire Hébraïque 
de M. l'abbé Kersaho, recteur de Locoal. Après avoir eu connaissance 
4e ce savant exposé d'un travail de longue haleine, la Société. décide 
qu'elle fera demander à M. le Recteur de Locoal communication de son 
manuscrit, qui sera adressé à M. le docteur Juglar,.avec prière de le 
soumettre à M. Tabbé Bai^ès, professeur d'hébreu à la Sorbonne, pour 
connaître son appréciation ; M. le docteur Juglar s'était déjà proposé 
pour faire cette démarche ainsi que celles qui seront nécessaires pour 
obtenir la souscription du ministère, si la Société entreprend, cette pu- 
blication. 

M^ l'abbé Euzenot fait connaître à la Société les résultats d'une 
fouille qu'il vient d'entreprendre dans une ancienne chapelle située 
à Triée ou Tridiec j en Guid^, ^ Dans l'enceinte, il a été rencontré 



Digitized by VjOOQIC 



--83- 

quelques petits morceaux de briqueB plates, uxi fragment de brique 
à rebord et un tronçon de colonne cannelée. Enfin le long et en dehors 
du latéral sud, il a été découvert un cercueil de pierre réunissant ies 
signes essentiels du type Capétien ; cependant l'absence de remboîteinent 
carré pour la tète semblerait indiquer qu'il appartient aux derniers 
temps de l'emploi des cercueils de pierre. > 
La^suite de l'ordre du jour est ajournée à la prochaine séance. 

Le Secrétaire, E. LE GALL DB KEIU.INOU. 



279« SÉANCE. 

r 

26 Septembre 1876. 
PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT présents: 

MM. Rosenzweig, président; de Gussé, Mauricet, Perrin, Tabbè 
Luco, de Limur, Revelière, du Grandlaunay, de Clo'smadeuc , Guyot- 
Jomard, l'abbé Le Mené, Sa) mon, Brondel, Bpurdonnay, Huchet, 
Le Gall de Kerlinou. ' 

PROCÈS- VERBAL LU ET ADOPTÉ. \ 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

Mémoires de l'Académie du Gard , année 1874. 

Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Toulouse , 2« fascicule , 
année 1875-76. 

Bulletin de la Société archéologique dé l'Orléanais, N*» 89 , ^* tri* 
mestre 1876. • . , x- 

Mémoires de la Société d'agriculture , sciences et arts d'Angers, totnè^ 
XVffl, 1875. 

Mémoires de l'Académie de Stanislas, année 4875. 

Société pour l'encouragement des sciences et arts. — Duiîkerqùe^, 
18« volume, 1873-74. 

Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest , 2® semestre 1876 ; 
et Documents inédits pour servir à l'histoire du Poitou. 

Revue des Sociétés savantes , janvier et février 1876. 

Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 
tome X. 

Bulletin de la Société de Borda , 3® trimestre 1876. 



Digitized by VjOOQIC 



— 84 — 

La Société archéologique de Tarn-etrGaronne demande à entrer en 
relation avec la Société polymathique. Ce vœu est favorablement accueilli, 

M. de Closmadeuc fait savoir que des travaux assez importants ont 
lieu en ce moment dans la prairie Saint-Symphorien, et croit qu'il serait 
opportun d'y reprendre les anciennes fouilles dont Je plan, malheureu- 
sement incomplet, ne permet pas de déterminer les limites exactes.— 
La question est renvoyée à la commission des fouilles. 

M°*« de Lahorie redemande les coquillages déposés au Musée d'his- 
toi>'e naturelle par M. Fouquet. — M. le Conservateur de ce Musée est 
prié de s'occuper de cette demande. 

Un article du Moniteur universel mentionne la découverte de l'exis- 
tenx^e d'un port à Saint-Nazaire , aux époques préhistoriques de l'âge de 
la pierre polie et du bronze; cette découverte est due à M. René Kerviler, 
membre de la Société polymathique du Morbihan. 

Lecture est ensuite donnée du rapport fait au nom du Bureau réuni 
pour connaître de la résolution du Conseil général refusant le crédit de 
450 fr. > et des termei^ans lesquels elle est exprimée (1). 

Depuis^ quelque temps, la Société polymathique du Morbihan songeait 
à célébrer le 50® anniversaire de sa fondation qui tombait dans le cours 
de cette année 1876. A cet effet, elle chargea son bureau d'étudier la 
question et de lui soumettre un projet. 

Après avoir, dans sa séance ordinaire du 25 avril dernier et sur les 
propositions du bureau, voté la célébration de cette solennité et 
divisé \ son programme en deux parties : i^ séance solennelle du 
dimanche soir, 28 mai; 2<' excursion et banquet, le lundi, 29, elle 
adressa, le 4 mai, par l'organe de son bureau, une invitation imprimée 
à tous ses membres titulaires, leur indiquant la date de la séance qui 
devait être <ic consacrée à la leisture de quelques mémoires peu étendus 
» et entremêlés de morceaux de musique, » ajoutant qu'il y aurait, 
c le lendemain, Sd, excursion à la tour d'Elven (dépense évaluée à 
> iO fr. par personne y transport et déjeûner), banquet au retour 
€ (iO fr. également) , > et enfin priant chacun de ses membres de 
faire savoir, avant le 10 du même mois , « si son concours était acquis 
< en ce qui concernait : i^ la lecture d'un mémoire, S^ Vexcursion, 
T^ S^le banquet. » 

Personne ne se méprit sur le sens de ce concours. Plusieurs membres 
firent parvenir leur adhésion à la deuxième partie du programme , les 
uns pour le banquet, les autres , en plus petit nombre , pour le banquet 
et pour l'excursion, touâ comprenant bien que cette partie devait être à 
leurs frais personnels. L'excursion n'eut pas lieu, par suite du nombre 

(,1) Cette résolution est textueUement reproduite un peu plus loin. 



Digitized by VjOOQIC 



— 85 — 

insuffisant des souscriptions ; mais pas un défi cùnvfùe^ ne prétexta le 
moindre maUentendu pour soulever des difficultés contre le solde de 
sa cotisation pour le banquet. 

Là ne s'arrêtèrent pas les précautions prises par la Société pour donner 
à sa séance solennelle tout l'éclat qu'elle pouvait et en faire une fête du 
département tout entier. Vers le 20 du même mois de mai, elle adressa, 
par la poste, à tous ses membres titulaires non résidants, à tous les 
membres du Conseil général, et à un grand nombre d'autres personnes 
honorables, la carte d'invitation suivante, imprimé^ sur carton ordinaire, 
et , certes , de nature à attirer l'attention de tous ceux qui la reçurent : 

« Les membres de la Société polymathique du Morbihan prient 

M, et sa famille de leur faire Vhonneur d'assister à la séance 

solennelle qui aura lieu dans la chapelle du collège communal j 
dimanche sotr^ 28 mai , à sept heures et demie précises. > 

Enfin de grandes affiches , également imprimées, furent placardées en 
différents endroits de la ville. 

Les efiforts faits par la Société pour donner de la publicité à sa fête se 
trouvèrent couronnés d'un ^succès qui dépassa son attente. Des foules , 
véritablement extraordinaires, envahirent ses musées, le dimanche, 
pendant toute la durée de leur ouverture , et , ensuite, le parc de la pré- 
fecture, gracieusement mis, pour cette circonstance, à la disposition du 
public par M. le Préfet,, et dans lequel l'Orphéon de la ville, offert avec 
empressement par M. le Maire, exécuta plusieurs morceaux de musique* 
Le soir arrivé, la grande place Napoléon, située en face du collège, 
était couverte de spectateurs , dont un grand nombre témoignait le 
regret, partagé par la Société polymathique, de ne pouvoir, à cause de 
l'exiguité du local, trouver place à la séance solennelle qui allait se 
tenir dans la chapelle de ce collège , ornée à peu de choses près comme 
pour les distributions de prix et parfaitement éclairée. Là, sans parler 
du discours d'ouverture prononcé par le président de la Société, nos 
invités -venus des quatre coins du département, même des départements 
voisins , et ceux qui eurent la bonne fortune de pouvoir être admis 
assistèrent à la lecture de six mémoires sur des sujets variés et d'une 
pièce de poésie, et à l'exécution de sept .morceaux de musique due au 
concours de quatre professeurs de l'école libre Saint-François-Xavier, 
le tout conformément au programme imprimé de la séance et distribué 
à l'intérieur de la chapelle* 

M« le Préfet, membre lui-même de la Société, avait bien voulu lui 
donner un témoignage de sympathie en présidant la réunion et en 
clôturant cette fête, quelques instants avant minuit , par une allocutioA 
vivement applaudie. 

Le lendemain, accomplissant un*des points de la deuxième partie du 
programme général, une vingtaipe de sociétaires, qui avaient préala- 
blement souscrit f se réunirent à un banqiMt facultatif et dont la 



Digitized by VjOOQIC 



— 86 — 

^tiéatim €iMit été , à l^ûôanee, comme on Va déjà vvu, fixée à iOfr, 
par fête êi aux frais personneh de chacun des convives. 

Quelques jours plus tard, les deux journaux de la localité, l'un le 3 et 
l'autre le 10 juin, né manquèrent pas de publier des comptes-rendus 
détaillés et fortélogteux de cette séance solennelle et de la fêle tout 
entière. De son côté, la Société se hâta de faire imprimer les mémoires 
lus et les allocutions prononcées à cette séance , avec un nouveau compte- 
f'endu fidèle de la solennité , dû à la plume de son secrétaire et adopté 
en réunion ordinaire. Cette publication fut immédiatement adressée à 
tous les membres qui, aux termes du règlement, avaient rempli les 
conditions nécessaires pour la recevoir, c'est-à*dire soldé leur cotisation 
]pour l'année 4876 (4). 

' Voilà Fexpbsé, rigoureusement exact, de ce que la Société a fait pour 
célébrer de son mieux le 50^» anniversaire de sa fondation. Mais , personne 
n'en devrait pouvoir douter, il ne lui a pas été donné d'accomplir toutes 
ces choses sans s'imposer des dépenses. Il lui en a coûté pour approprier, 
éclairer et garnir de sièges le local de la séance , pour la musique et pour 
tenir ses musées ouverts, pour les imprimés énumérés plus haut et 
leur distribution. Sans avoir déployé aucun luxe superflu, elle s'est vue 
entraînée à des frais s'élevant environ à 450 fr. , comme l'attestent les 
quittances déposées aux mains de son trésorier. 

Ces dépenses, imprévues lors de la présentation du budget pour 
Tannée 4876, sont venues détruire l'équilibre de celui-ci et constituer 
un déficit de 450 fr., à un moment où il est impossible à la Société de 
le couvrir, même par un virement , au moyen do ses ressources ordi- 
naires. Au point de vue de ses finances , aucune année, peut-être, ne 
pouvait lui être plus défavorable pour la célébration d'une pareille 
solennité. Mais il ne dépendait point d'elle qu'une autre année fût le 
50« anniversaire de sa fondation, et, d'ailleurs, habituée et autorisée 
îpar le passé à compter sur la bienveillance du Conseil général , elle 
avait conçu l'espérance qu'une allocation extraordinaire sur les fonds 
départementaux pourrait venir à son secours et la tirer d'embarras. 
Certaines paroles, prononcées dans la solennité même, étaient de 
nature à corroborer cet espoir. 

C'est dans ces conditions que, par une lettre du 34 juillet dernier, 
!a Société s'est adressée à M. le Préfet, c le priant de vouloir bien tn- 
teri^enir auprès du Conseil général pour qu'il couvrît cette dépensé 
(de 450 fr,) par une allocation spéciale au budget de 4877, ou, sinon, 
pour iquHl autorisât ce magistrai à prélever cette somme , dès cette 
ànnéCySur celle de i,WO fr. votéepour la conservation des monuments 
historiques (chap. X, art. 4). % Cette lettre, parvenue à M. le Préfet en 

* (1) De plus, cent exemplaires de cette publication furent mis en vente à la 
ibrairie Galles ,^aa secrétariat de la Société et au Musée archéolpgique. ... ^ 



Digitized by VjOOQIC 



-87- • 

mêmeieihps qu^Ane autre émanée du mitûsiërada Piostruction pubMque 
et annonçant Fallocation ordinaire de 300 fr. en £aiveur de la Société , 
provoqua une demande d'explications, non sur l'emploi des 450 fr* 
sollicités, mais sur le maintien de la première lettre, que la dépèche 
ministérielle aurait pu faire retirer (1). Ces explications, fournies par 
deux nouvelles missives des 5 et 14 août, comprirent un exposé de 
Tétat financier de la Société, une copie de son budget pour l'année 1876, 
enfin Ténumération des précédents qui pouvaient autoriser à prélever 
ladite somme de 450 fr. sur celle de 1,200 fr. votée pour la conservation 
des monuments historiques ; mais , dans ces deux lettres, pas plus que 
dans la première, il n'y avait rien, pas un mot qui pût faire entendre 
qne ces 450 fr. n'avaient point été dépensés eaxluswement^m la séance 
solennelle et la fête du dimanche, 28 mai. Sur ce , et conformément au 
contenu de la lettre du 31 juillet, M. le Préfet rédigea son rapport, qui 
fat soumis à la cinquième commission du Conseil général. Après avojur 
étudié le dossier accompagnant la proposition préfectorale et uniquement 
composé des trois lettres des 31 juillet , 5 et 14 août, la 5® commission, 
i son tour, présenta, à la séance du 23 août, le rapport suivant 
qui est^éjà imprimé et figurera pour toujours dans les procès-verbaux 
du ConseU général. 

€ Messieurs, la Société polymathique du Morbihan demande atl 
Conseil général une subvention de 450 fr. pour solder la dépense 
faite pour la célébration du 50^ anniversaire de sa fondation, 

9 Le Conseil général accorde une subvention annuelle de 800 fr. 
à la Société polymathique (2) ; son budget s'équilibre du reste , 
ainsi quHl résulte de la situation fournie par le Préaident à M. le 
Préfet. Le déficit de 450 fr. n'est qu'accidentel; toutefois ^ votre 
5« commission ne croit pas devoir vous demander d'employer les fonde 
départementaux à payer des banquets.; ces fêtes ^organisent d'or^ 
dinaire par souscription , et votre 5® commission ^ craignant d^ établir 
un précédent fâcheux, vous prie de ne pas accueillir favorablement 
cette demande. » 

Sur un pareil exposé et une conclusion ainsi motivée, le Conseil devait 
naturellement refuser à la Société la subvention extraordinaire qu'elle 
demandait. En effet, le Conseil la refusa. C'était assurément son droit. 



(1).A titre d'«ncourageinônt , le ministère de l'instruction publique accorde, 
chaque année , une allocation aux Sociétés savantes des départements. Cette allocation 
n'était pas imprévue ; eUe figurait au chapitre des recettes de notre budget pour 1870. 

(2) Cette subvention annuelle n'était pas plus imprévue que Tallocation minis- 
térieUe ; elle figure aussi, chaque année , à notre budget, et nous en sommes très- 
reconnaissants à MM. les ConseiUers généraux. Les départements, qui possèdent des 
Sociétés savantes , se font un devoir et un honneur de les encourager et de les sou- 
tenir par de pareilles subventions. 



Digitized by VjOOQIC 



Les espérances fondées par la Société sur la. bienveillance du Conseil 
étaient déçues, et la Société n'aurait eu qu'à courber latèteet à chercher 
ailleurs le moyen de rétablir l'équilibre de son budget , si le motif allégué 
et imprimé de ce refus n'avait été injurieux pour elle, contraire à la 
vérité et de nature à lui causer, dans l'opinion publique, un grave 
préjudice. Malgré tout le respect dû et professé par la Société à l'égard 
du Conseil général , son honneur, ses intérêts et ceux de la vérité ne 
sauraient lui permettre de subir en silence une pareille imputation. C'est 
pourquoi, elle a rédigé cet exposé qui fait entière justice du motif 
erroné et nuisible allégué par la 5« commission , et démontre que les 
450 fr., dont il s'agit, n'ont nullement été employés par la Société à se 
payer des banquets y comme l'a si malheureusement écrit M. le 
rapporteur. 

M. de Closmadeucij repoussant tout ce qui pourrait avoir un caractère 
de protestation , propose la rédaction suivante, à titre de rectification 
pure et simple , destinée à être iiisérée et publiée dans le procès-verbal : 

c Le Président informe la Société du refus qui a été fait à sa de- 
mande d'indemnité au Conseil général. 

> La Société approuve la démarche de son Président, et regrette 
G^u'elle n'ait pas été suivie de succès. 

9 Après avoir entendu l'exposé de son Président, qui n'a pas de peine 
à établir que l'indemnité demandée n'avait en aucune façon pour but dé 
couvrir les frais d'un banquet , puisque ce banquet a été le fait de sous- 
criptions individuelles et volontaires , la Société regrette que le Conseil 
général, mal renseigné, ait cru pouvoir motiver sa réponse par des 
considérants que rien ne justifie. > 

Cette proposition , mise aux voix , n'est pas adoptée ; mais il est dé- 
cidé , sur la demande de M. de Closmadeuc , qu'elle sera reproduite 
dans le procès-verbal imprimé. 

Le rapport lu au nom du Bureau est adopté à la majorité des voix par 
la Société polymathique. 

La Société décide que ce rapport sera inséré au procès-verbal, et qu'il 
paraîtra soôs forme d'extrait destiné à être envoyé à M. le Préfet , à 
tous les Conseillers généraux du Morbihan et aux divers journaux du 
département. 

Le Secrétaire, E. LE GALL DE KERUNOU. 



Di^itized by VjOOQIC 



-«9 — 

280e SÉANCE. 

31 Octobre 1876. 

PRÉSroENCE DE M. ROSENZWEIG. 



\ ÉTAIENT PRÉSENTS : 

MM. de Limur, Lallemand, de Closmadeuc, Burgault, de Cussé, 
Mauricet, Bassac^ Pozzy, Fontes, Salmon, Tabbé Luco, Marchais, 
Le Gointre, du Grandlaunay^ Foùrnel, Monteil , Le Gall de Kerlinou 

. PROCÈS-VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

Histoire abrégée de Tabbaye de Saint- Florent de Bonneval , par le 
D** Bigot. Envoi de la Société dunoise. 

Comité archéologique de Senlis, 2^ série , t. I®', 1875. 

Bulletin de la Société d'agriculture , sciences et arts de la Sarthe, 
l^f et 2û trimestres 1876. 

Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des 
Deux-Sèvres, janvier et février J[876, 

, M. le comte Lanjuinais remercie la Société de l'avoir admis au nombre 
de ses membres. 

M. Lamary est présenté comme membre titulaire résidant. 

M. Damour est proclamé membre titulaire non résidant. 

La Société décide que le procès -verbal de la séance du 26 septembre 
1876 sera imprimé et distribué le plus tôt possible. Un membre demande 
qu'il ne soit pas envoyé aux divers journaux du département. Il lui est 
répondu que le contraire a déjà été décidé et que, d'ailleurs, vu le 
règlement, le Secrétaire doit le faire parvenir aux journaux qui font 
échange avec la Société. 

M. du Grandlaunay, chargé d%udier la proposition de la Société des 
sciences et arts de Bayonne, sur l'œuvre des Fonds de la mer, par- 
tage entièrement l'avis .de cette Société et regrette que la Société 
polymathique ne puisse contribuer à cette œuvre fertile çn découvertes. 

La Société de Christophe Colomb désire entrer en relations avec 
la Société. U est décidé que l'échange des publications lui sera proposé. 

M. le Président donne lecture d'un extrait du rapport fait au Conseil 



Digitized by VjOOQIC 



— 90 — 

général par M. le Préfet, et appuyant là demande de subvention extraor- 
dinaire déposée par la Société polymathique. 

• Les membres chargés d'étudier la question dès fouilles de la prairie 
Saint-Symphorien font savoir à la Société que les constructions dont 
on a parlé étaient déjà fort avancées et empêchaient par conséquent de 
s'y livrer à des travaux suivis ; d'ailleurs l'absence d'orientation dans le 
plan de travaux entrepris par la Société, en 1857, ne permet pas 
de savoir si ce terrain n'a pas déjà été exploré. ^ 

Le phylloxéra détruit et la vigne régénérée, don de M. Prenès. 

La vérité sur le mode de calculer les intérêts et la possibilité d'en 
rectifier les erreurs, don de M. Achille Le Duc. 

La goutte, le rhumatisme et les diverses manifestations de la diathèse 
arthritique, don de M. le D' Petit. 

M. le D' Mauricet fait don de nombreux ossements fossiles provenant 
du Mont-Dôle. 

M. Bassac dépose pour la Société deux exemplaires de la seconde 
édition de la carte du golfe du Morbihan. 

M. le D'f de CÎosmadeuc oflfre à la Société, de la part de M°>« Me- 
nouvrier de Fresne , veuve du contre-amiral de ce nom , un certain 
nombre de méda^les anciennes , découvertes dans une propriété près 
de Quimperlé : 

Deux médailles de saint Martia de Tours ; une de Raoul de Deols ; 
deux de Hubert, comte du Maine; deux de Geoffroy, comte de Gien; 
deux de Foulques d'Anjou ; deux de Guy de Dampierre ; deux de 
Henri H d'Angleterre ; deux d'Etienne de Guingamp. 

Une monnaie arabe , en or. 

Ce don est fait par l'intermédiaire de M. Hamon-Duplessis, membre 
du Conseil général, qui a promis de nouveaux détails sur la pro- 
venance de ces médailles. 

Une médaille en or de Sébastien II, roi de Portugal, trouvée au village 
de Tumiac, en Arzon ; acquisition. 

Sceau en bronze de Jehenne Béguine , don de M, Salmon, 

Des remerciements sont votés aux idivers donateurs. 

M. l'abbé Luco propose d'échanger nos diverses publications contre 
les suivantes : Mémoires et bulletin ^ la Société archéologique de 
Touraine. — • Tours. 

Bulletin de la Société des antiquités de Normandie, -r Caen. 

Revue de Bretagne et de Vendée. — Nantes. 

Bibliothèque de l'École des Chartes. 

Société Française d'archéologie pour la conservation et la description 
des monuments à Caen. 

Société d'archéologie et d'histoire des Côtes-du-Nord. — Saint^Brieuc. 



Digitized by VjOOQIC 



— 91 — 

Ld Société prie M. l'abbé Luco de faire les démarches nécessaires à 
ce sujet. 

M. de Cussé met sous les yeux de la Société le plan de l'endroit 
connu sous le nom de Ooh-Cagtel , en Plaudren , et demande qu'il y soit 
fait des sondages. La question est renvoyée à la commission des fouilles. 

M. l'abbé Luco dans une lecture sur la vue du corps et celle de l'esprit, 
étudie, au double point de vue de la physique et de la philosophie, les condi- 
tions de ces deux vues, et montre les comparaisons qu'on peut établir 
entre elles. La première condition de la vue corporelle est d'avoir un 
organe dans les dispositions requises pour voir, c'est-à-dire un œil sain. 
De même la vue de l'esprit a pour organe une des facultés de Tâme , 
l'intelligence. En second lieu, il faut un objet, un corps sur lequel 
s'exerce l'activité de l'organe de la vue. Pour la vision de l'esprit, le vrai 
est l'objet de l'entendement humain. Il faut ensuite que l'objet soit 
éclairé par la luimère. Cette lumière qui nous montre le vrai et le rend 
intelligible n'est autre que la vérité. La 4® condition requise est que 
l'objet et l'organe soient dans des milieux sensiblement homogènes et 
sans solution de continuité; autrement la vue peut être jetée dans l'a- 
berration. Le milieu dans lequel nous vivons et les nombreuses condi- 
tions au travers desquelles nous parvient la vérité ont également 
une influence considérable sur l'exercice de notre entendement dans la 
perception du vrai. Cinquièmement, enfin, il est nécessaire que l'objet ne 
soit pas en deher* delà sphère d*activité de l'organe de la vue, autrement 
on ne le voit qu'imparfaitement. On remédie à cet inconvénient en 
concentrant plus de lumière, sur l'objet ou par l'usage des lunettes ou 
longues- vues. Il en est de même pour la vue de l'esprit : nombreux siont 
les objets placés en dehors et au-dessus de la sphère d'activité maturelle 
de l'entendement humain ; telles sont les vérités supérieures du domaine 
religieux. Maïs l'infirmité de l'intelligence peut être secourue par une 
infusion de lumière gratuite , par un don du Çaint-Esprit , ^orte de 
télescope surnaturel, dont parle saint Thomas et qui est non-seulement 
mentionné dans l'Écriture , mais formellement promis à l'homme par 
le Sauveur du monde. 

Le ^Secrétaire, K LE GALL DE KERLINOU. 



Digitized by VjOOQIC 



— 92 — 

281« SÉANCE. 

28 Novembre 1876. 

PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT PRÉSENTS : 

MM. Mauricet, Revelière, de Gussé, Lallamand, de Closmaéeac, 
l'abbé Nicolas, Guyot- Jomard , Tabbé Luco, Perrin, Salmon, Brondel, 
Foumel , Marchais , Monteil , Le Gall de Kerlinou. 

PROCÈS- VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

La Société a reçu les ouvrages suivants : 

Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et ar(s du dé- 
partement des Deux-Sèvres , tome XIV , 1875. 

Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie, année 1876, N*» 2. 

Table générale du bulletin de la Société archéologique et historique 
du Limousin, 1 vol., 1876. 

Bulletin delà Société des Antiquaires de l'Ouest, 3« trimestre 1876. 

Bulletin de la Société des sciences historiques , 30® vol., année 1876. 

Notes sur les cercueils de pierre (1876). — Don de M. l'abbé Euzenot. 
La Société lui vote des remerciements. 

La Société française d'archéologie (Tours) et la Société archéologique 
des Côtes-du-Nord acceptent l'échange de leurs publications contre 
celles de la Société polymathique. 

Une lettre de M. Muiron, maire de Vaniies, informe la Société que 
le Conseil municipal , dans sa séance du 19 juin dernier, a porté de 
600 fr. à 1,000 fr. la subvention que la ville doit fournir , en 1877 , à la 
Société polymathique. 

M. le Président transmet au Conseil municipal les remerciements de 
cette Société. 

Le Conservateur du Musée d'histoire naturelle , chargé d'ex^iner 
une proposition tendant à faire nommer par la Société la roche de 
Roguédas récemment mise en lumière par M. de Limur, croit qu'il 
n'existe pas d'exemple d'une société ou d'une académie prenant une 
semblable responsabilité ; quant à la question de savoir si la Société 
peut adopter pour sa collection de minéralogie , la classification proposée 
par M. de Limur , et dont il offre de donner les types, M. Revelière, 
espérant pouvoir offrir bientôt au généreux donateur tout l'espace dési- 



Digitized by VjOOQIC 



-9â^ 

rable, pense que la Société ne peut mieux faire que d'adopter cette 
classification^ 

Le Musée archéologique s'est enrichi de deux pots et trois mesures 
pour les liquides. (Acquisition.) 

M. l'abbé Luco continue la lecture de ses études historiques sur les 
paroisses; il passe en revue Guénin, Guern, Guidel, Inguiniel, In- 
zinzac et Kervignac. 

Dans une note sur le sphinx tête de mort (sphinx atropos, L.), 
M. Grifûth étudie les habitudes de ce curieux animal , les superstitions 
dont il a été l'objet, les diverses hypothèses faites sur la nature et la 
cause du cri qu'il produit, et, malgré l'incertitude qui existe encore 
sur la cause de ce bruit bizarre, espère que de nouvelles expériences 
viendront enfin donner une solution déiSnitive. * 

Dans un charmant travail intitulé : Comment les touristes écrivent... 
V archéologie j M. le docteur de Closmadeuc relève les nombreuses 
erreurs relatées dans un rapport présenté à une société savante de pro- 
vince par un des touristes qui visitaient le Morbihan à la suite du 
Congrès scientifique tenu à Nantes l'année dernière , et s'écrie , comme 
conclusion de cette spirituelle critique : « Oh ! les Touristes ! Heureux 
mortels , qui parcourent au galop , et dans la belle saison , des contrées 
que nous mettons des années à connaître, et qui confient à des feuilles 
légères de simples notes au crayon, ce sont bien les pires ennemis 
de la vérité scientifique. » 

Le Secrétaire, E. LE GALL DE KERLINOU. 



283^ SEANCE. 

26 DÉCEMBRE 1876. 

PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT PRÉSENTS : 

MM. Mauricet, Lallemand, de Cussé, de Limur, l'abbé Luco, Salmon, 
de Lahitolle, Guyot-Jomard, Burgault, Revelière, Bassac, Pozzy, Bron- 
del, Fournel, Monteil, Marchais, Huchet, Le Gall de Kerlinou. 

PROCÈS-VERBAL LU ET ADOPTÉ. 

La Société a reçu les ouvrages suivants : ^ 

Archeologia cambrensis, n» 28, liy. d'octobre 1876. 
Procès-verbaux des séances de la Société des lettres, sciences et àrtis 
de l'Aveyron, 4;, x. 



Digitized by VjOOQIC 



— 94 — 

Bulletin de la Société archéologique de Nantes, !•' trimestre de 1876. 

Mémoire de la Société d'agriculture, commerce, sciences et arts du 
département de la Marne, année 1874-1875. 

La Société décide que le procès-verbal de la séance du 7 décembre 
ne sera pas imprimé. 

M. Guyot-Jomard met sous les yeux de la Société la médaille qui lui 
a été décernée par la Société académique de Nantes comme récompense 
de son étude sur Arthur, comté de Richement, connétable de France, 
duc de Bretagne, et, invoquant les noms de MM. de Fréminville, Cayot- 
Délandre et Amédée de Franchevillequi, eux aussi, ont écrit des notices 
sur le connétable, M. Guyot-Jomard, désireux de faire sortir d'un injuste 
oubli la mémoireM'un enfant du pays, d'fin personnage qui fut à la fois 
grand homme de guerre et habile politique, propose à la Société poly- 
matique de prendre une initiative digne d'elle, en provoquant une sous- 
cription patriotique destinée à faire ériger à Vannes un monument à la 
mémoire du héros breton. 

M. Lallemand croit qu'il sera difficile de réunir une somme suffisante 
pour l'exécution de ce projet , et propose qu'il soit fait une demandé à 
M. le Maire tendant à faire donner à une des nouvelles voies de la ville 
le nom de rue ou place Arthur de Richement. 

Une Commission chargée d'examiner ces propositions est nommée au 
scrutin secret. 

Ont été élus : MM. Lallemand, Guyot-Jomard et l'abbé Luco ; le Pré- 
sident et le Secrétaire en font partie en vertu de l'article xxviii du rè- 
glement. 

Sur la proposition de M. le Président, la Société vote des félicitations 
à M. Guyot-Jomard pour le succès qu'il a obtenu au concours de la 
Société académique de Nantes. 

La séance supplémentaire consacrée au renouvellement du bu- 
reau et des commissions permanentes, est fixée au 16 janvier 1877. 

M. le Président demande à la Société ce qu'elle croit convenable de 
faire pour la magnifique chapelle de Kernascléden, gravement endom- 
magée par la foudre pendant un des derniers orages, La Société, sur sa 
proposition, décide que, si les dégâts sont réparables, elle croit devoir 
souscrire à cet effet, dans le cas contraire , on pourrait demander 
quelques-unes de. ses pierres sculptées pour en enrichir le Musée ar- 
chéologique. 

U est ensuite décidé qu'une ou plusieurs vitrines de ce même Musée* 
seront envoyées à l'exposition universelle de 1878, si les objets de pierre 
polie rentrent dans le pl-ogramme de cette exposition. 

Le Musée d'histoir# naturelle s'est enrichi d'un cincle aquatique, pro- 
venant de l'Ardèche, offert par M. Dondel de Kergonano, et d'un Thalas- 
sidrôme de Leach, tué à Vannes le 11 décembre 1876, après les tem- 
pêtes ; don de M. Loutil. 



Digitized by VjOOQIC 



-^95 — 

La proposition suivante est déposée sur le bureau : 

Conformément à l'article xxxir du règlement de la Société polymathique^ 
les membres titulaires soussignés, afin d'engager les membres corres- 
pondants ou honoraires à envoyer à la Société des travaux ou des com- 
munications, ont l'honneur de proposer de modifier de la manière suivante 
le règlement particulier du secrétariat : 

Art. 3. — Le secrétaire veille à l'impression des procès-verbaux après 
leur adoption ; ils sont distribués par ses soins à tous les membres titu- 
laires, ainsi qu'aux rédacteurs des journaux du Morbihan, et aux 
membres c(\rrespondant8 ou honoraires dont les communications ou 
les travaitx seraient relatés auxdits procès-verbaux. 

Art. 4. — Le bulletin est adressé : 

1» A tous les membres titulaires ; 

2® Aux membres correspondants ou honoraires dont un ou plusieurs 
mémoires seraient insérés audit bulletin. 

Ces deux articles, m^s aux voix, sont adoptés. 

M. Revelière rend compte des recettes et des dépenses faites pour le 
Musée d'histoire naturelle. Il reste disponible, sur les fonds affectés à ce 
Musée, une somme de 406 fr. 40 ; il demande qu'elle ne soit pas con- 
sidérée par la Commission des finances comme un boni, mais qu'elle 
soit reportée à l'exercice 4877, et ajoutée aux ressources habituelles du 
Musée d'histoire naturelle. 

M. Perrin, trésorier, fait connaître l'état des finances de la Société au 
26 décembre 4876. 

MM. Lallemand, Bassac et Pozzy sont ensuite nommés, au scrutin 
secret, membres de la Commission des finances. ^ 

M. Monteil donne de nouveaux détails très circonstanciés sur le coup 
de foudre dont M. de Limur avait entretenu la Société à une précédente 
séance. Le travail de M. Monteil a été justement apprécié par la Société 
scientifique de France, qui l'a inséré in extenso dans son dernier bul- 
letin. 

M. l'abbé Luco continue la lecture de ses études historiques sur les 
paroisses ; il passe en revue Landaûl, Landévant, Langoëlan, Langon. 

Le Secrétaire, E. LE GALL DE KERLINOU. 



Digitized by VjOOQIC 



— 96 - 

284e SÉANCE. 

16 Janvier 1877. 

PRÉSIDENCE DE M. ROSENZWEIG. 



ÉTAIENT PRÉSENTS : 

MM. li^auricet, Lallemand, de LahitoUe, Grau, Salmon, Perrin, 
Guyot- Jomard , l'abbé Luco , Marchais , Brondel , Bassac , d'Halewyn , 
Monteil, Fontes, de Cussé, du Grandlaunay, Roger, de Lamarzelle, 
de Limur, Le Roy, Revelière, de Montlaur, l'abbé Le Mené, foumel, 
Le Cointre, Dumoulin de Paillart, de Boisanger, Burgault, Lamary, 
de Francheyille, Rellay, Huchet, Le Gall de Kerlinou. 

M. le Président donne lecture des articles du nouveau règlement 
relatifs à l'élection des dignitaires de la Société. 

Des scrutins sont ensuite ouverts et leur dépouillement donne 
les résultats suivants. 

Sont élus : 

Vice-Président .-. MM. ^^allemand. 

Trésorier. Perrin. 

Secrétaire-adjoint Huchet. 

( Mi 
( l'a 
Conservateur-adjoint des bibliothèques Guesdon. 

L'ordre du jour appelle ensuite le renouvellement des Commissions 
permanentes : 

MM. RosENZwEiG , DU Grandlaunay et DE LiMUR sont nommés membres 
de la Commission des fouilles. 
RoSENZWEiG, DE Lahitolle et Fontes, membres de la Com- 
mission des publications. 
RosENZWEiG et DE Lahitolle , membres dé la Commisi^ion des 
achats divers. 
Il est ensuite procédé à la révision des listes des membres de la Société. 
Puis MM. les Conservateurs donnent lecture de leurs rapports annuels. 

Le Secrétaire, E. LE GALL DE KERLINOU. 



Conservateurs -adjoints du Musée d'histoire ( Brondbl, 

VIarchais 

!tfAURICET 

' giqué ( l'abbé Chauffier 



naturelle, . ( Marchais. 

Corservateurs- adjoints du Musée archéolo- { Mauricet, 



■i A/\/u)(y\/v>^ 



Digitized by 



Google 



— 07- 



WWW««HMMMWW^«iM* 



ÉTUDE DE GÉOGRAPHIE CELTIQUE 



(suite.) 
Par H. filITOT^OHABO. 



INDEX* ET LISTÉ SUPPLÉMENTAIRE 

DE NOMS ANCIENS ET MODERNES, QUI PARAISSENT d'ORIGINE CELTIQUE. 



Aot, Aod et par contraction, A, 0, ant, etc., côte, rivage. 



Abydos. i *..'....' . Page 445 

Achaia , Henochii 440 

Adane, Aden 448 

Athènes 144 453 

Athis 144 

Aulis 153 

Athos 140 

Assus, Aradus 146 

Apis 147 

Apis , Opis. . 141 

Azania 148 

Beg-en- and* 



Bem- 

Con-c*ar-n- . 

Cor-n- 

Ker-in- 

Land-er-n- 

Plougu-er-n- 

O-sis-mii. 

0-cis-mor. 
Aones. 



aud. 
eau. 

0. 
9. 

eau, 
eau. 



Bérénice 

Berdir. 

Ber-lin. 



Auzones, Osci, Opici. Page 156 

Ophir . 448 

Arnaute 459 

Brî-v-at-es portus 158 

Bre-hat 158 

Beryte , Adonis 147 

G-ad-is, Cadix 149 

Odryses , Odrus , Adras , 

Otrante-Enotrie 142 

0-len-us. . . .% 154 

Troade 146 

La pointe de la côte : sur le rivage de Batz (Loire- 
Inférieure), un rocher, aujourd'hui en mer, 
s'appelle Baguenauda parce que jadis il tenait 
à la terre dont il formait l'extrémité. Les Nantais 
ne comprennent plus cela. 

Petite côte. 

Enfoncement (golfe) du rivage. 

Cap du Grand-Mont-Saint-Giidas. 

Village sur le rivage. 

Pays sur le rivage. 

Peuplade sur le rivage. 

Tribu la plus rapprochée de la côte. — 0-s-is-mut- 

muian , le plus. 
La grande ville du rivage. 
Béotiens de la côte , Hyantes, Béotiens des monts. 

Berr, Brevis, court. 
..... 148 

Presqu'île sur le Morbihan. 
Ville sur les marais de la Sprée. 



Digitized by 



Google 



Br, Bra, Bre, Bry, Phry, Bam, Bant, Vani, moniarne. 

Bria de Strabon, Menebria. 142 Caprée, . . .•. 158 

Bernoises (Alpes) 152 Brettii-Brutium 141 

Chypre. Kibren. 158 Brigantium, Briahçon, Bré- 

Bebryces, Pfaryges 145 genz 162 

Barnus. Monts en Blyrie. Parnasse , etc. ' 

Bristol. Monts percés. • 

Bre-ttania. ^Les monts lointains ? 

Bre-iï-veur. Là grande Bretagne. 

Bre-iz-vihan. La petite Bretagne. 

Bre-iz-uhel ou Gorré. La haute Bretagne. 

Bre-iz-izel. La basse Bretagne. 

Bro, — Pays. 
AUobroges 163 El-br^uz 138 

Ambrones. Les compatriotes. 

Kymbri. Id. . 

Pr-uz-a-Broussé. ' La ville haute. 

. . Ker^Kar. Ger-car, ville. ... 

Carthage, Carchédon 148 Gerrhaeid3&, ville dlonie . . î 

Gerrha 134 Gènes, Genève. . . 163 

Carrhse. Ville des montagnes. 

Ger-and-e,Ger-Hent. Guérande, ville du chemin, à l'embranchement des 

chemins d'Herbignac, de Saint-Nazaire et du 

Croizic. 
Guôr- veur. La Grande viHe^ nom celtique de BeUe-Ile. 

Dia, diaz, ann-diaz ou in-diaz, le bas, en bas. 

Dia, Diana 138 165 S-og-diane , 138 

In-dia 138 Pisi^dia.. .... .... 147 

S-indi 140 

Tyana. Sous le Taurus , aux portes Ciliciennes. 

Gr-Cr-Gra-Cra-Gr», du celtique er-Hra, opoç. Montagne La Grée, le sommet. 

Agra-Grsea i . 152 Pyrrha, Pyrrhea 150 

Cranaûs et Cranaa 152 Rhagès 138 

Grecs, etc., classification 150 151 Rhétie. . 161 

Ararat 138 Cyrène . 148 161 

Si-erra 162 Pyrénées 162 

Héra-Héraclès ..... 162 165 Perrhaebi 151 

Rhea 164 Rasena 161 

Cyrrha 161 

Cromma. Rivage formant anse recourbée, 

Gronunyon. Rivage d'une courbe, plus prononcée. 

Crac'h. Bourg du Morbihan sur une hauteur. 



Digitized by VjOOQIC 



Oor, Taur, Tor(deterrioatorrd]i, casser), rupture, col, défilé. Porte, Gorge. 
. En D'or, la porte, en.Noriken, Noricnm, les cols. 

Taùris, Opis 141 Thuringes ............ 141 

Doris, Dorus . . .... 141 151 Taurus et Threx 141 

Centaures 141 Tyr 141 147 

Tauriana . 141 Tyrrhènes.. . 141 

Taurisci 141 Norique, Norici .... 141 160 

Taurini (Turin) 141 Nora-Noreia 160 

Tyrol. 141 Zurrch, Tigurins 162 

Turones. Tours, au passage de la Loire. 

Hent, chemin. 

Briantium, Briançon 162 Mont Genèvre, Janusmons. 162 

Tridentum, Trente. . 161 162 

Anc-en-is, Henz-en-is. Chemin en bas, au bord de la Loire. 

Gourin, Gorré-hent. Chemin d'en haut. 

Daon, Don, Dan, Tan, den, dyn, Than, Thyn, donn, Zôn, zan, Xanth. 

Ce mot correspond au grec Ba66$, creux, extrême ; les particules ba, 
he^ M, hOj hUf hy ou pa, pe, pi popu ; cy, si, ont une force augmentative. 

(Bigom, estle nom celtique d'un petit coquillage univalve, le Bi~ 
gorneau, colimaçon, son nom signifie très pointu et non à deux cornes.) 

Pont ........' 140 Dandarii. 140 

Podon . 140 Amazones . 142 

Posidium 157 Les Amazones de M. Freret. 144 

Posidôn 157 Rhédon , Padus . 144 

Python 152 Danzig, Dan-ois, Danaï. . . 145 

Daonas, Iran-ouaddy 138 Tan, Tantale, Tan-is 144 

Don-Tanaïs. 142 Tanis, Tunis-Tenez, Gades. 149 

Dan-a-bris 142 S-ar-dones, S-ar-dinia . . . 163 

Danaster, Dan-ubius 142 Chalcedon. 145 

Byzantium, Besançon, Bi- Si-de, Sidon 147 

histoun, Hamadan 140 Trézène 154 

Bithynie, Thyni. . .' 145 

Arradon. Commune sur le littoral du Morbihan. 

Arzon. Id, . 

Dan. La vallée du Jourdain. 

Dinan. Côtes-du-Nord. 

Thena. Côte d'Afrique. 

Tounis. à Toulouse. 

Be-thaon. Pays plat en Ambon (Morbihan). 

Eln, Ely, helr, Helz de uhely primitif nz-haut. 

Elymaïs .135 Helvii, Helvelii, Helysices. . 162 

Elysées 149 - 



Digitized by 



Google 



— 100 — 
II, bel, bas, In-is, une Ile, terre dai^s le bas, 

Â-pi8,ad-pi-is,Bi8a,Pi8a i54 155 Bœotis, ogygis , 153 

Sipis. Opis, opici. 156 Ber-in-iz % 148 

Calc-is, (calz-is, très-bas).. 139 Dons, Tauris 141 

Is-îs, Osir-is 147 Ophis^ ophiussa 157 

Pa-r-is, Ba-ris, Paris. . . . 156 Emath-is 144 

Sy-ba-r-is 156 MœotiSj.Mare-ot-is 140 

Baetis. La Bétique. 

His-Pan-ia. Les monts à l'extrémité du monde ? 

Is-myr^ pour Is-meur, Smyrne, la grande ville du rivage. 

Lenn, étanj^, lac , mare, tout amas -d'eau grand et petit, mer ; correspond aa 
grec EXoç, et se retrouve dans les radicaux lan, len, lin, etc. etc. 

iElana 144 Pallene, Sithonie, Athos 140. 150 

Hellespent.. . 149 Selenitka, Salonique 150 

Hellen, Hellènes 157 Selenes-Portus-Luna .... 163 

Gephallenia 154 Le-manus, Len-man-us. .. 163 

CyUene, Olenus 154 Lepontii, len-Pontus 161 

Olynthus, Potîdée 150 

Él-lenn. Nom actuel d'un village à l'entrée du port de Pénerf, 

au bord de la mer (Morbihan). 
Hdëne (Ste). Commune au bord d'un estu^aire^ canton du Port- 
Louis (Morbihan). 
Sur les marais de la Spi^ée. 
(Ille-et-Vilaine^ près de Dinard. 

Ciommune du Morbihan. 

Faubourg de Lorient. 
Sur l'Aulne (Finistère). 

Rivière de Suisse, tombe dans le lac de Zurich ; ses 
bords étaient couverts d'immenses marais qui ont 
été desséchés de 1808 à 1816. 
Patalene. Delta de TLidus. 

. . Loos, malpropre. 

Achôlous, rivière aux rives Lydia. 146 

fangeuses « . • . . 154 ^ * 

Toulouse. Situation basse. 

Tolosa. Situation basse, en Espagne. 

Mané, pluriel Menez. Montagne. 
Ar-menia. ...... . 137 138 Same, Samos, Samothrace. 157 

H»monia. . 150 At-mon-es, Rîphaei 142 

Menebria 142 

Sam-nium pour Amon-ium. Ammonites, En Syrie. 

Membre (Mto-bM), Vallée entre Jéruçdem et Hebron. . 

Menébré. (Côtes-du-Nord). 



Ber- 


•lin. 


Ples- 


lin. 


Plu-her^ 


Un. 


Ker- 


len. 


Chateaut- 


Un. 


Linth-Linmat. 



Digitized by VjOOQIC 



Mes y Mas» Mys» Er-mes. Dehors. 

H-Er-mes . 145 165 Messapie 155 

Mysii 145 Messenie 154 

Er-mezeu. Les dehors ^ les champs , la campagne. 

Le Norique, les petites portes , les cols. . • ; • • . . 29 30 

Voir en A, les noms commentant par 0.— Auzones, Opis, Opid, etc. 

Peim, Pan, Ban, Ben, Bin. Pœn. Tête, Sommet, Pointe» ibitrémité. 

Albania^ Albany 139 Sin-o-pe 144 

Al-p-en 139 01-ym-pe (01-hem-pen). . . 166 

Pannonia, Pœonia ...... 144 

À-penn-inus. . 

Pœni, nom latin des. Carthaginois. Les gen^ de la pointe africaine. 

Paimpol pour PenpouU L'extrémité du golfe. 

Binic. Bouche de Tic (Gôtes-du-Nord). 

Ben-Odet. Bouche de l'Odet (Finistère). 

Ban-a-ster, Pen-ester. Villages sur les estuaires. 

. Ponl, Pol, Tool, Trou. G'est-i-dire Qolfe. 

Pola 159 Pylos 154 

Populonîum .163 Apulie 154 

Poul-du. Lieux de Bretagne. 

Poulie -guen. id. 

Roh. Rôôher. 
Rhodes, Rhode, Bhodope. 146 Rhoduntia ............ 14& 

Star. Cours d'eau. 
Ister, Styrie 158 Le Danube 159 

Streh. ËJLroU. Threh. Passage. 

Istria 159 Treh, Thrace 149 

Amastreh . .= 145 Tréres 150 

Taurus et Threx .... 141 150 
Ker-en-treh. Près de Lorient. 

— Près d'Auray, etc. 

ïïz. Haut. 

Ases, Asiens, Uxiens. . * . 135 Ass-us '.» 146 

Ima-us. ...,.« 137 Çusiane,Su8e, le pas.de Suse. 135 

Uxellodunum% En Aquitaine. 

Uxantis-Uxisama. Ouessant(îles). 

Hyantes: Béotiens- des montagnes opposés aitx Aones % 

habitants du rivage. 



Digitized by VjOOQIC 



--102 — 
TABLE G Ê N Ê RAL, EJ. 



Origine des Celtes. — Étendae de la Celtique « 132 

Opinions de Schœpflin, de Peïlpulier, de Clavier, de la Tour-d'Auvergne^ 

de Strabôn 133 

Étymologie de Chodorlahomor. — Émigration d'Abraham 134 

Ases , Cases, Saques, Uxiens, Celtes, Chaldéens 135 

Caucase, Cosaques , Élamytes • 135 

Radicaux; celtiqùçs, « . • » .' 137 

Imaâs, Inde, Àrméniei, Albanie, Gorchide.... i ; 137 

Issédones, Iraouaddy , Indus , Sogdiane, Arménie 138 

Alp, Albanie , Colchide, Chalcis 139 

Chalcidique , Athos (le Mont), Pallène , Sithonie 140 

Le Pbnt-Enzin, les Taures, les Amaaones • , 140 

Hamadan , Bizoutoun , Byzance, Besançon 140 

Henochii ^ Achaii , S-Indi , Dandarii , Arrecbii , Maeolis 140 

Tauris , Opis , Doris , Centaures , 141 

Tauriana , Taurisci , Taurini , Thuringes , , 141 

Taurus et Threx , Épi-daures , Tyr , Tyrrhènes , Norique 141 

Tanaïs, Danabris, Danaster. ......,....,•».,...., 141 

Ister, Tomis, Callatis, Bizone, Odessus 141 

Ôdryses, Adrastea, Ôtranle, Énotrie, Étrurie 141 

Les Amazones de M. Fréret , . , . 142 

Épbèse, Smyrne, Cumes 142 

Amisus , Amasia, Amathus , c 143 

Ardon, Arzon, Emathis, Pœonia 144 

Side, Sidon, Cydonia, Rhédon 14!5 

Dan, Eridan, Tanarus, Idanus, Adana , . . , 145 

Tanis, Danai, Danois, Danzic, Gedanum 145 

Co-dan-us sinus , Bretrtan-ie, Calé-don-ie 145 

Tana, Tantale 145 

Batbys-portus, Atbenœ, Trapezus 145 

Phasis, Halys, Sinope , . 145 

Carambis, Cromna, Amastris^ Istria , . ! . 146 

Henëtes , Caucones , Mariandyni , Thyni , Bitbyni .....' 146 

Phrygiens, Bryges, Mysii, Lydiens. 146 

Pœones, Bistones, Odones , , .'. 146 

Troade, Lydie, Carie, Rhodes, Assus 146 

Rhode, Rhoduntia, Rhodope, Rosa 146 

Chypre, Syrie, Egypte, Ophir, Aden, etc 147 

Side, Pisidie, Aradus , Adonis, Berout ^ .. • 147 

Tyr, Osiris, Apis-Isis, lo, iElana ..%.... 147 

Ophir, Adana , Azania, Bérénice. .••..... 148 

Carthage, Tunis, 6adès,les Champs-Elysées 148 

Thraqe, Thessalie, Python, Grecs, Hellènes^ Aohéens, Danai 149 

Hellespont, les Treres, Chalcidique, Athos, Sithonie, Pallène, Mende.. 143 



Digitized by VjOOQIC 



Potidée, Olynthe, Salonique, Sélenitka » •••..••,. 150 

Lydios-Palus , Pyrrhaea , Hœmonia , Pyrrba, Deucalion, Huilas 150 

Nouvelle classification gréco-hellénique , , 150 

Hellen, Eolus, Dorus, Ion, Achaîus 151 

Hellènes , Eoliens, Donens, Ioniens, Àchéens, Danaï 151 

Cranaûs, Granaa, Athis. .^ * 152 

L'oracle de Delphes , Python > Podôn 152 

Béotie, Attiqne, Péloponèse 153 

Copaïs (lac), Aulis, Balhys-limèn. * . i 153 

Eubée, Ghalcis, Athenœ-Diades , Lelanthus *. 153 

Bootis et Athis , royaume d'Ogyips 154 

Trezène, Posidonia, Apis * 154 

Asine, Pylos, Pyles, Poul, Elis, Eisa, Pisa 154 

Cephallenie, Same, Ghalcis, Galydon, Étolie 154 

Aché-lous , la Vilaine : . * . . ..# 154 

L'Acarnanie 155 

Italie, Ënotrie, Ansonie, Étrarie 155 

Apis , Messapie, Hydrus , Otrante, Enotrie 156 

Apulie, Sipis , Ponl , Dauni 156 

Sybkris , Brutium, Tauriana, Thurii « 156 

Ausones, Opici, Osci, Ops, Opica ^ 156 

Siritis , Baris, Parii , Barium , Parisii , Paris! ,.....,... 156 

Iles et Caps. -^ FosidiiUQ) ïlo(jeti(ùv 156 

Samos. Samothrace. 157 

Ophis, Ophiogènes, Ophienses. Ophiussa. . . . v 157 

Capros , Gapria, Gaprée, Gypre, Quiberon 158 

Brehat , Bri-v-at-es-Portus , Gavrinis .^ 158 

Ill3rrie, Styrie, Camiole, Noriqne, Tyrol, Trente, Rhétie . Helvétie, 

Gènes, Genève 158 

Plœrei , Ardisei , Arnaute 159 

Raguse, Zara, Istrie, Pola. 159 

Styrie, Garniole, Garinthie .159 

Norique, Nora, Noreia, Norici, Taurisci 160 

Taurini, Rasena, Tyrrhènes, Trente • ^60 

Rhœtia*, Alpes-Rbétiques, Grées, Cols divers 161 

Mont Genèvre, Mons Janus , Briançon , Brigantes • 162 

Zurick, Helvétie, Helvii 162 

Héraclès , Hercule, Héra, Héraclides 163 

Luna, Trasimène, Populonium, Gènes, Genève^ Lac Léman 163 

Théogonie celto-heUéniqne 164 

Uranus, Titan, Saturne, Rhéa, Jupiter, Pluton, Neptune, Junon 164 

Diana , Bacchus • & 164 

L'Olynope 166 

Conclusion : Fesclavon de M. Fréret. 167 

Le Breton de M. Michalbwski 167 



Digitized by VjOOQIC 



— 104 — 

FOUILLES A TRIEC, EN GUIDEL 

(Par M. rabbé Eiuenot./ 

Le villaige de Triée ou Tridiec donnait, son nom à Tune des vingt-detti 
frairies de l'ancien Guîdel. Gomme dans la plupart des sections parois- 
sialesy il existait une chapelle ea ce lieu. La tradition est ici très-affîrmati?e 
et rapporte la ruine de l'éd^ce au d^)afquement opéré par les Anglais, 
le l^^eetobre 1746^ et au combat soutenu contre eux par les garde-côtes 
et quelques détachements^de cavalerie. Dans mes Noies archéologiqueSf 
j'écrivais les lignes suivantes : c II y a lieu de penser qu'une autre via 
vicinalis aboutissait à la côte , peut-être à l'entrée de la chaussée du 
Loc'h. Existait-il , vers cet endroit , un établissement romain ? On ren- 
contre y sur un petit renflement de terrain , au nord de Triée et sur 
le^bord du Loc'h, un tronçon de colonne cannelée. » Une occaston 
favorable s'étant présentée, des fouilles ont été exécutées, au mois de 
juillet ; je viens «n rendre compte. 

La desUuiction de la chapelle avait été complète. Au-dessus du sol, 
il ne restait aucune trace des murs. Les fondements n'ont même pu être 
reconnui^ que sur un petit espace, à l'ouest et au sud. La seiale pierre 
employée est le schiste. Des baies il ne subsiste plus que de rares 
fragments de granit ; tes pièces principales ont été utilisées sans doute 
pour d'autres constructions. Il est donc impossible de déterminer les 
dimensions exactes de l'édifice ; cependant, à ne considérer que le terrain 
couvert par les débris, la chapelle a dû être très^petite. 

Dans l'enceinte , il a été rencontré quelques petits morceaux de 
briques plates.et un .fragment de brique à rehcupd, ainsi qu'une partie 
d'un crâne humain. Â l'est et probablement au chevel, se trmnif. 
le tronçon de colonne déjà mentionné. Il compte 0™,95 de hauteur et 
0«,60 de diamètre au sommet. La largeur s'amoindrit graduellement. 
Les cannelures sont profondes, arrondies, régulièrement espacées ; elles 
sont mieux conservées à la base enfouie dans la terre qu*à la partie 
supérieure exposée à Tair. De la colonne entière il ne reste absolument 
que cette partie. Les colonnes ornées de cannelures n'ont guère éti 
employées dans les édifices du moyen-âge ; l'architecture romane en 
offre , il est. vrai , des exemples , mais plus nombreux au midi que dans 
nos contrées. D'ailleurs , si on. se. rappelle la présence de fapiques 
romaines dans le sol et le peu d'étendue de la chapelle qui ne peuvmt 
recevoir de colonnes de dimensions considérables , il y aurait peut-être 
lieu de penser que ce tronçon se rapporte à une construction antérieure 
à celle où il a trouvé place. 



■ Digitized by VjOOQIC 



Le long et en dehors du latéral sud, .un eôrcuël de. pierre a été 
rjencontré. Dans un travail inséré aux Mémoires de la Société d'Émulation 
des Gôtes-du-Nord , en 4874, après avoir décrit les bières des époques 
gallo-romaine, mérovingienne et carlovingienne, j'exposais ainsji les 
cai'actères du dernier type dit capétien : les cercueils sont faits de 
morceaux de pierre juxtaposés et fixés à l'aide de mortier. Il n'y a jamais 
de dalle pour servir de Lnd ; le corps repose sur le sol même. Les 
pierres des: côtés sont posées sur champ; d'autres, mises à plat, 
forment la couverture. U n'y a strictement que la place du ccMrps, et, 
de plus,' un emboîtement carré a été préparé pour la tète. D faut ajouter 
que, généralement, la laideur est plus grande à la tète ou au^ épaules 
qu'aux pieds, comme aux deux périodes précédentes. Le type capétien 
a été usité de la fin du xi^* siècle^ la fin du xni^. 

Le tombeau de Triée présente presque tous ces caractères. Des épaules 
à la partie inférieure, chacune des parois est formée de deux dalles 
posées sur champ, sans mortier, et longues ensemble, au nord, 
de In^jâO, et au sud , de ln^,35. La largeur, à la place des épaules, est' 
de 09»,4^ et à celle des pieds, de 0w,30. H n'y a pas d'emboîtement 
carré : oeux pierres, mises sur champ et disposées obliquement par 
rapport à celles qui forment les côtés , déterminent un espace triangulaire 
où reposait la tète/ Le squelette, sur le sol, avait la tête à l'ouest, 
les pieds à Test, les bras étendus longitudinalement. Avec les ossements 
il n'a été trouvé qu'un caillou roulé et dés tenailles de fer fortement 
oxydées. La longueur totale du cercueil, à Tintérieur, est de 4"»,68, 
sa profondeur .de 1)«,23. Quatre dalles plates constituaient le couv«rcïè ; 
une autre pierre, également plate, maintenait ces dernières. Les lames 
SQhisyteuses, qui. forment les parois, sont sans ornementatioh et telles 
que la carrière les a fournies. — Le tombeau de Triée réunît donc les 
signes essentiels du type, capétien. Cependant, l'absence de la cellule 
eairéepour la tète semblerait indiquer qu'il appartient aux deriiiers 
tempsf de l'emploi des cercueils de pierre. 



DE u YUE DU CORPS ET DE CELLE DE L'ESPRIT. 

(Par M. l'abbé Luco.) ^ ' 

Sous ce titre, qui peut paraître prétentieux, je suis loin d'avoir 
l'intention de révéler des nouveautés. Ce que je veux dire est connu 
de tous ceux qui ont étudié un peu de physique et un peu de bonne 
philosophie. Mon projet, bien modeste, est d'appeler l'attenticwi sur les 
résultats de la comparaison qu'on peut établir ^ntre ces deux vues. 

A cet effet, je commence par étudier la vue corporelle^ celle dont nos 

3 



Digitized by VjOOQIC 



— .106 ~ 

yeux, sont les organes, et je remarque, tout -d'abord, que le parfait 
exercice de. ce sens requiert- plusieurs conditions absolument, indispen- 
sables. 

1° Il faut, en premier lieu, l'organe ou l'instrument qui est l'œil, qt, 
de plus , que cet organe soit apte à la fin pour laquelle il nous a été 
donné , c'est-à-dire , dans son état normal et disposé à accomplir la 
fonction qui lui est propre. L'aveugle ne voit pas , et ils voient mal ceux 
dont les yeux sont atteints de quelque affection. Le myope ne voit pas 
de loin ; le presbyte ne voit pas de près ; un autre, atteint de diplopie ou 
-de triplopie , voit les objets doubles ou triples ; un autre enfin , affecté 
d'achromatopsie, ne distingue pas les couleurs ou n'en discerne que 
quelques-unes et voit tout en rouge, bleu ou vert, etc. 
Il en est de même , quant à la vue de l'âme ou de l'esprit. Notre âme 

. a aussi un instrument de la vue qui lui est propre, c'est l'intelligence 
pu l'entendement, une de ses facultés. Mais l'âme de l'idiot en est 
dépourvue, et ce malheureux peut être comparé à l'aveugle : il marche 

' dans les ténèbres (1). Les fous ne peuvent ni voir, ni saisir la 
sagesse (2). Et Dieu sait combien est répandue sur la terre cette cécité 
spirituelle (3) ! — De plus , l'entendement humain est , lui aussi , sujet 
à bien des infirmités qui viennent rejaillir sur la vue de l'âme. Et, 
en effet , s'il y a des intelligences élevées et perspi'caces , qui planent 
dans les régions supérieures , il y en a aussi de bornées qui rampent 
terre-à-terre ; il y aies esprits fjiux qui ne voient rien sous un jour 
véritable ,. qui ne comprennent rien comme tout le monde ; on pourrait 
les dire frappés d'une sorte d'achromatopsie intellectuelle. 
.2p La. seconde condition requise pour la vue corporelle est un objet 

. sur lequel l'organe exerce son activité, un corps que-le sens de la vue 
perçoive. 

.De même, la vue de l'esprit a besoin d'un objet ; et cet objet n'est 
autre que le vrai, pour la perception duquel l'intelligence nous a été 
donnée. Et, en effet, le vrai, qui est une seule et ''même chose avec 
l'être, ajoute cependant à l'être un rapport qui en fait l'objet de l'intel- 
ligence (4). Je crois inutile d'insister sur ce point. 

30 Mais , ces deux premières conditions sont loin de suffire à la vue. 
Pendant la nuit et au milieu des ténèbres dé ma chambre, j'ai beau 

(1) Stultus in tenebris ambulat, Ecclés. 11, 14. 

(2) Homines stulti non Yidebunt eam..., homines stulti non apprehendent^am 
Ecoles, XV, 7. 

(3) Et stultoram infinitus est numerus , Ecoles, i , 15. 

(4) Cûm quodcumque sit cognoscibile et verum , in quantum ens , . verum ipstim 
cum ente converti necesse est....; addit tamen verum ipsi enti ordinem ad inteUec- 
tum (saint Thomas, Summa theologica, I» P. Q. xvi, art. 3). Objectum inteUectûs est 
quod quid est (Und, 2^ 2<^. VHI, art. 1). Ce quod quid est n'est autre chose que la qUiddité 
ou l'essence des choses. 



Digitized by VjOOQIC 



ouvrir les yeux et être environné d'objets, mon sens de la vue ne s'exerce 
point, ne me sert point, ne perçoit rien ; en un mot, je ne vois rien. 
Il manque quelque chose, non pas à mon œil , qui est bien disposé pour 
voir et ne cherche qu'à voir, mais à l'objet, qui n'est pas dans l'état 
voulu pour impressionner mon œil : il manque à cet objet d'être éclairé 
par la lumière et , de la sorte , rendu visible ; il ne reçoit pas de rayons 
lumineux qu'il puisse réfléchir vers mon œil, pour lui révéler sa présence, 
sa forme, sa couleur, etc. C'est donc la lumière qui rend le^ objets 
visibles. Toutefois, il est un cas où les rayons lumineux, repoussés 
à l'œil par l'objet, ne montrent point celui-ci , mais leur propre source ; 
c'est ce qui arrive lorsque la surface de l'objet éclairé se trouve douée 
d'un grand pouvoir réflecteur, c'est-à-dire réfléchit régulièrement 
la totalité des rayons lumineux incidents, ^ii^si, lorsque j'expose une 
glace entre le soleil et moi, ce n'est pas la glace que je vqîs, mais 
l'image du soleil dans cette glace. Il est, en eff^et, démontr^ue les 
objets ne sont visibles qu'à la lumière diffuse ou irrégulièifement 
réfléchie. 

De même, le vrai, objet de l'intelligence humaine, a besoin, pour 
être perçu par cette faculté de l'âme, d'être éclairé d'une lumière 
spéciale. Et cette lumière, dit la petite philosophie moderne, n'est autre 
chose que l'évidence ou l'éclat du vrai (1). A cette notion, peu claire et 
peu satisfaisante, je préfère celle que fournit la vieille mais grande 
philosophie. du moyen-âge, par saint Thomas, son principal représentant. 
Après avoir dit que le vrai est ce qui est, l'Ange da l'École, qu'on ne 
Connaît pas assez de nos jours, ajoute que le vrai est éclairé, rendu 
visible à l'entendement ou intelligible, par la vérité qu'il définit si 
simplement, tout à la fois, et si clairement. La vérité, dit-il, est ce qui 
nous montre le vrai ou ce qui est (2). Et, pour ne point laisser de doute 
sur sa doctrine en ce point, il y revient ailleurs et l'expose d'une feiçon 
plus explicite encore, lorsqu'il affirme que la lumière naturelle de^ 
l'intelligence n'est autre chose que la manifestation de la vérité (3). 
Quel horizon nous est ouvert par ce peu de mots ! Car, encore, qu'est-ce 
que cette lumière qui rend le vrai intelligible, c'est-à-dire, qu'est-ce 
que la vérité? La vérité, dit saint Augustin, après saint Denis l'Aréopagite, 
la vérité c'est Dieu lui-même, le soleil incréé des esprits, comme l'astre 
créé par lui pour présider au jour est le soleil" des corps, c'est Dieu, 
qui est la première vie et la première essence, comme il est la prenpère 
sagesse ; il est cette incommuable vérité qu'on appelle justement 



{\) Evidentia est splendor vel fulgor veri. 

(2) Verum est id quod est... Veritas est quâ ostenditur id quod est (I* P. Q, xvi, 
art. 1.) 

(3) Lumen secandum quod ad inteUectutn pertiuet , uihU aliud est qoam qaasdaxn 
manifestatio veritatis (I<^ P. Q. 106, art. 1.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 108 — 

la Idy la règle de tous les arts, et l'art même du tout-puissant créateur 
du monde (1). La philosophie payenne avait, elle-même, entrevu la 
nature de cette lumière , puisqu'elle fit de la vérité une citoyenne 
du ciel et la commensale des dieux (2). Mais, n'y a-t-il pas ici une 
grave exagération? Cette affirmation est-elle conforme à la saine doctrine? 
Que Ton se rassure. Ces assertions ne sont pas des nouveautés ; elles 
ont, dans la parole de Dieu même, leur solide fondement Et j en effet, 
Jésus-Christ nous apprend qu'il est la voie , la vérité et la vie (3), et 
l'apôtre saint Jean ajoute qu'il est la lumière des hommes, la vraie 
lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (4)» 

Ce n'est point encore tout. Les êtres qui réfléchissent cette lumière 
sont doués de différents degrés de perfection. Plus ils sont parfaits, 
mieux ils la réfléchissent, et mieux aussi , .comme des miroirs, ils nous 
en montrent la source. Par eux, nous voyons Dieu maintenant, non 
pas encore face à face, en son essence et sa substance, mais comme 
dans un miroir et en énigmes (5) ; par eux , les perfections invisibles 
de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité sont devenues visibles 
depuis la création du monde (6). Ainsi, dans cette vision spéculaire, 
ils nous montrent des traces et des reflets de Dieu ou ce que Platon a 
appelé des fantômes divins et des ombres de ce qui est (7), grandes 
choses , qui ne sont pas l'être, la vie, ni la vérité substantielle, mais des 
ombres ou images réfléchies de l'être. 

A ces textes si formels , Je ne vois rien à ajouter pour le moment, 
sinon ces belles paroles de saint Augustin, qui était aussi un grand 
, philosophe : « Verbe divin, qui êtes la lumière, sans laquelle il n'y a 
que ténèbres, la vérité, sans laquelle il n'y a qu'erreur, et cjui avez dit, 
au commencement du monde : que la lumière soit, et la lumière fut ; 
dites-moi aussi ce /icrt lux, et que votre lumière m'illumine, que je la 
voie et que je la discerne bien de tout ce qui n'est pas elle ; car, sans 
votre lumière, il n'y a pas de vérité, il n'y a qu'erreur et vanité ; il n'y a 
pas de discernement , mais de la confusion ; il n'y a qu'ignorance et 

(1) Veritas est ipse Deus , qui est prima vita et prima essentia , uti est {sima 
sapîentia. Nam hsc est iUa incommutabilis veritas , quae lex omnium artiam rectè 
dicitur, et ars omnipotentis artificis (S. August. in Sentent., sent. 386). 

(2) Veritas cœli civis est, ,et sola fruitur convictu deorum (Ménandre , poète grec 
du 3* siècle avant Vère chrétienne, cité par Jean Stobée dans sa collection des 
sentenC'S (coUectanca sententiarum , serm. xi.) 

(3) Ego sum \ia et veritas et rita (Évang» de saint Jean, xiv, 6.) • 

(4) Et vita erat lux hominum... Erat lux vera quse illuminât omnem hominem 
venientem in hune mundum. (Ibid. i, 4 et 9.) 

(5) Videmus nunc per spéculum in œnigmate (saint Paul, / Cor, xra^ 12^) 

(6) Inrisibiliaenimipsius, a creatura mundi , per ea quae factâ sunt, inteUecta, 
conspiciuntur ; sempiterna quoque ejus virtus et divinitas {Bom. i , 20.) 

^ 4avT6&7/Aara deux mA cr)ci«( x&v oyrm, (I^ Bi^* 63StO 



Digitized by VjOOQIC 



~ 109 — 

point dé science ; il n'y a point de vision, mais aveuglement. Seigneur, 
lumière de mon intelligence, illuminez cet aveugle qui, sans vous, 
reste assis dans les ténèbres et à Tombre de la mort; éclairez ses pas et 
dirigez- les dans le sentier de la paix qui le conduise au lieu de votre 
admiranle demeure et jusqu'à la maison de Dieu (1). » 

4» Mais ces trois conditions, Torgane, l'objet et la lumière, sont 
encore parfois insuffisantes. Ainsi , lorsque , au milieu du jour, 
je traverse la ville , je ne vois ni les personnes ni les choses renfermées 
dans les maisons , bien que le tout se trouve parfeitement éclairé par 
le soleil de midi , et il en est de la sorte parce que , entre ces objets 
villes et mon œil apte à voir, il y a des obstacles qui interceptent 
la lumière et l'empêchent de venir de ces objets jusqu'à moi pour 
impressionner mon sens de la vue. C'est aussi la raison pour laquelle 
les nuages viennent parfois me dérober la vue du soleil lui-même , et 
que je suis obligé de subir les ténèbres de la nuit, lorsque, par sa 
rotation sur elle-même, la terre s'interpose entre l'astre du jour et moi. 
Le phénomène de la vision corporelle exige donc que l'organe et l'objet 
soient dans un milieu sensiblement identique et sans solution de con- 
tinuité ; et la vision est d'autant plus parfaite , que ce milieu est plus 
homogène ; s'il varie , sa différence de composition ou de densité peut 
influer sur la vision au point de jeter celle-ci dans l'aberration. C'est ce 
qui arrive, lorsque je plonge obliquement mon porte-plume dans un 
verre d'eau : mon sens de la vue trompé me le montre brisé à la 
surface du liquide, et cependant mon porte-plume est droit. C'est encore 
par suite du même fait de réfraction , déviant les rayons lumineux , que 
je vois le soleil avant son lever et après son coucher, c'est-à-dire lorsqu'il 
n'est pas encore ou n'est plus sur mon horizon. Une autre erreur, 
produite par la différence des milieux que traversent Içs rayons de 
lumière, consiste à changer l'apparence de la forme, de la couleur et 
de la place des objets. C'est ainsi que certains verres groâsissent 
ou diminuent les objets , que d'autres les montrent avec des couleurs 
qu'ils n'ont point (tout ce qui est vu au travers d'un verre rouge , par 
exemple, est rouge), et que d'autres, enfin, représentent les objets 
beaucoup plus rapprochés qu'ils ne le sont en réalité ou dans une 
position qu'ils n'occupent point : telle est l'expérience qui se fait au 
moyen de certains prismes et qui s'attribtie à ce qu'on appelle la réflexion 

(1) ODeusTerbum! qui es lux, sine quâ tenebr»; veritas, sine quâ vanitas ; 
Verbum, quod dixisti in principio : fiât lux, et facta est lux : die etiam mihi : fiât lux, 
et facta sit lux : et videam lumen , et cognoscam quidquid non est lumen ; quia sine 
tuâ luce, non est veritas : adest error, adest vanitas; non est discretio, adest confusio ; 
adest ignorantia, non est scientia; adest cœcitas, non est visio. Domine, lux mea, 
iUumin »tio mea, illuminare huic caeco tuo, qui in tenebris et in umbrâ mortis sedet ; 
et dirige pedes ejus in viam pacis per quara ingrediar in locum tabemaculi admira- 
bilis, usque ad domum Bel» {SolUoquia, cap. m et iv.) 



Digitized by.VjOOQlC 



— 110 -. 

totale; ^Menons montre au plafond des objets déposés sur le plancher {!). 
Ainsi , les milieux , en interceptant , en déviant et en modifiant les 
rayons lumineux réfléchis par les objets , empochent ou dénaturent 
le phénomène de la vision ordinaire. 

Les mêmes faits se présentent pour la vision spirituelle , et cela avec 
une analogie frappante. Les passions , les préjugés , Téducation , les 
habitudes , les sociétés au milieu desquelles on vit , la position, l'âge, etc., 
sont autant de milieux qui exercent, le plus souvent, sur la manière 
de percevoir et d'entendre les chose*s , une influence tellement consi- 
dérable qu'on serait parfois tenté de l'appeler tyrannique. Quand ils ne 
nous voilent pas complètement le vrai , que de fois ils nous le défigurent 
d'une façon exorbitante ! N'est-il pas proverbial que chacun de nous 
voit les choses à la couleur de son esprit? N'est-il pas également admis 
que nous les voyons d'ordinaire comme les personnes que nous 
fréquentons habituellement ? Pour traiter ce point en son entier, il ne 
faudrait rien moins qu'exposer les sources de toutes nos erreurs et da 
nos aveuglements. La matière serait trop considérable. Qu'il me suffise 
de l'avoir indiquée, et qu'il me soit permis de faire des vœux pour que 
nous ressemblions le moins possible à ces gens dont parle saint Paul et 
qui avaient des intelligences obscurcies (2). 

50 Ce n'est pas tout encore : il faut, de plus et enfin , pour la vision 
corporelle , que l'objet ne soit pas en dehors de la sphère d'activité 
de notre organe ou qu'il ne soit pas à une trop considérable distance. 
S'il en est autrement, les rayons lumineux, réfléchis par cet objet, 
d'autant plus divergents que cette distance est grande, ne rencontrent 
plus notre œil, et nous ne voyons pas l'objet, ou bien ils le frappent 
en trop petit nombre pour l'impressionner d'une façon complète et 
suffisante, et nous ne voyons qu'imparfaitement. Pour remédier à cet 
inconvénient, nous pouvons éclairer plus fortement l'objet et multiplier 
ainsi les rayons de lumière qu'il envoie dans notre direction, ou encore 
recueillir, au moyen d'une lunette ou longue-vue, un plus grand nombre 
de ces rayons et les concentrer sur notre œil. 

Dans l'ordre intellectuel , nombreux sont les objets placés en dehors 
et au-dessus de la sphère d'activité, naturelle de l'entendement humain 
qui, par ses seules forces, ne peut s'élever à leur hauteur et les 
percevoir. Telles sont certaines vérités supérieures de l'ordre religieux 
et formant ce que saint Thomas appelle le domaine du second degré de 
l'intelligible divin. D'après ce prince de la philosophie, le monde 
intelligible se compose, en effet, de deux régions, parfaitement distinctes 



(1) Chacun sait que, sans prisme^ on peut faire cette même expérience au moyen 
d*un verre d*eau. 

(2) Tenebris ôbscuratum habentes intellectum. (Ad. Eph, iv, 18.) . 



Digitized by VjOOQIC 



- lli — 

et déjà entrevues par Platon lui-même (1) : Tune comprenant Pensemble 
des vérités que, par ses propres forces, la raison humaine peut atteindre ;• 
l'autre embrassant celles qui dépassent la portée naturelle de notre 
intelligence (2). Cette dernière région, qui possède, non plus seulement 
la vue des vérités de Tordre naturel , des fantônes , des ombres et des 
images de Dieu, mais de son essence, a elle-même deux degrés : l'un, 
auquel notre âme peut s'élever, par la lumière de grâce ou de foi, 
pendant son pèlerinage en ce monde, in via videntium ; l'autre, qu'elle 
atteindra seulement après cette vie, pat la lumière de gloire ou de vision 
béatifique, lorsqu'elle sera parvenue au repos de sa véritable patrie, 
inpatriâ videntium. Ces deux lumières, de grâce et de gloire, ne sont 
pas de natures différentes (3) ; elles ne se distinguent que par leur clarté 
et l'étendue de la vision , la foi n'étant que le commencement , encore 
obscur, de la vision de Dieu dans son essence (4); Pour atteindre 
le premier degré de cette dernière région, notre intelligence a donc 
besoin d'être renforcée ; elle a besoin d'un supplément de lumière. Or," 
ce secours lui est accordé au moyen d'une infusion de lumière gratuite (5). 
Mais , qu'est-ce que cette nouvelle lumière ? C'est la lumière surnaturelle 
de l'intelligence, et elle n'est autre chose qu'un don du Saint-Esprit (6). 
Le passage suivant de l'Ange de l'École résuma parfaitement ce qui 
précède et décrit admirablement les deux lumières qui illuminent ici-bas 
les yeux de notre intelligence : « La lumière, pendant notre -voyage 
terrestre, dit-il, se donne à nous de deux manières : tantôt en un degré 
moindre et comme sous un faible rayon ; c'e^t la lumière de notre 
intelligence naturelle , qui est une participation de la lumière éternelle, 
mais éloignée, défectueuse, comparable à une ombre mêlée d'un peu 
de clarté et donnant, par suite, à l'homme cette raison, .ombre de 



(1) Platon distingue parfaitement ces deux régions et les rend sensibles dans sa 
célèbre description de la caverne et l'histoire de la délivrance des captifs. Pour lui, 
la seconde région, qui comprend le Souverain Bien et la Vérité même, est le sommet 
de l'intelligible {De Republ, 516, 532.) 

(2) Duplici veritate divinorum intelligibilium , una ad quam rationis inquisitlo per- 
tingere potest..., altéra quae omne ingenium humanag rationis excedit (Summa œntra ' 
gentiles, c. iv.) ' 

(3) Fides cum visione patrise convenit in génère, quod est cognitio {Summa theol , 
P. I», Q. Lxvu,art 5.) / 

(4) Fides praelibatio qusedam est illius cognitionis , quae nos in future beatos facit 
{Opusc. IX, c. u, édit. d'Anvers). 

(5) Lumen naturale intellectùs confortatur per infusionem lumihis gratuisti {Sum. ■ 
theol,, P. 1% Q. xn, art. 13.) 

(6) Lumen naturale nostri intellectùs est finitae virtutis ; unde usque ad determi- 
natum aliquid perUngere potest. Indiget ergo homo supernaturali lumine , ut ulterius 
penetret ad congnoscendum qusedam quse per lumen naturale cognoscere non valet ; et 
iUud lumen supematurale homini datum vocatur donum inteUectûs (Ibid 2*'2*, Q. 
vni, art. 1.) 



Digitized by VjOOQIC 



— 119 — 

rintelllgenee dÎTine^ dont la clarté sans plénitude engendre le& diversités 
d'opinions qtt'e£facera le rayonnement direct de la lumière. Tantôt la 
lumière nous est communiquée avec une certaine abondance et comme 
si nous étions en &ce du soleil; mais alors notre esprit est ébloui, 
parce qu'il contemple ce qui est au-dessus du sens humain ; et cette 
deraière lumière n'est autre que celle de la foi (1). > 

Malgré son génie transcendant, saint Thomas n'est pas l'inventeur 
de ce télescope del'ordre surnaturel. Cet admirable secours se rencontre, 
dans l'Ëvangile, bien formellement mentionné et promis à l'infirmité 
de l'intellect humain \ € Je prierai mon Père, dit le Seigneur Jésus, 
et il vous enverra un autre Paraclet, V Esprit de vérité, qui restera 
étemeUement avec vous. L'Esprit- Saint, le ParOrClet, que mon Père 
enverra en mon nom, vous enseignera toutes cnoses. Lorsque sera 
venu e^. Esprit de vérité, il vous enseignera toute vérité (â). > 

Voilà quelques-unes des analogies qu'on peut remarquer entre la vue 
du corps et celle de l'espit. On en pourrait signaler beaucoup d'autres 
entre les deux substances qui constituent le composé humain. 



NOTE SUR LE COMBAT DES TRENTE. 

(Par M. de Lahitolle.) 

n y a plus de cinq siècles que fut livré le fameux combat des Trente, 
et les historiens ne lui ont pas manqué. Le Trouvère , auteur anonyme 
du Poème du Combat des Trente , son traducteur en prose , Jean de 
Saint-Paul, Froissard, dans le texte restitué , découvert dans la biblio- 
thèque du prince de Soubisé, Le Bàud , d'Argentré, enfin tous les écri- 
vains bretons en ont donné des relations à peu près identiques. M. Paul , 
de Cburcy , le savant auteur du Dictionnaire de la noblesse , a publié , 
en 1861 , sur le même sujet, une brochure où, comme dans toutes ses 
œuvres, l'érudition la plus scrupuleuse et la typographie la plus soignée 

(1) Lumen dupUciter nobis in via communicatur. Uno modo modicè, et qaasi sub 
parvo radio ; et hoc est lumen naturalis inteUectûs , quod est quaedam participatio 
iUius lucis œtemae, multùm tamen distans, et ab illâ deficiens , unde propter nimiam 
distantiam est quasi umbra, cuimodicum luminis est admixtum, et ideo in hominibus 
ratio iQvenitur quae est umbra intelligentise, et inde est qùod sunt diverssB opiniones 
apudhomines pt-opter defectum plenae lucis in cognoscendo, quae tamen penitus 
auferentur, cum iUa lux radiare cseperit. Alio modo communicatur nobis in abun- 
dajatiâ qnâdam, et quasi in qaâdam solis praesentiâ ; et ibi acies mentis nostrse rever- 
ber^itur, quia supra nos est et super sexisum homiiùs quod nobis ostensum est; et hoc 
pst lumen fidei (Ojptiffc. 7i9;édit. d* Anvers.) 

(2) Joh. Hv, 17, 16, 26. — XVI, 13. 



Digitized by 



Google 



scmt au serrieé d'tine plume élégante. Les quelquedôbsémfions qiiîvont 
être soumises à la Société pourraient donc paraître manquer d'à-propos et 
d'utilité. Mais de récents malheurs ont singulièrement compromis notre 
patrimoine de gloire militaire. Nous l'avons quelque peu dilapidé comme 
font les gens qui se croient trop riches pour compter. Le temps est 
venu de se montrer économe , même de nos souvenirs , de remettre en 
tout leur lustre les faits et gestes héroïques de notre histoire, de dis- 
siper jusqu'aux nuages qui pourraient en obscurcir l'éclat, et H a 
semblé intéressant de faire voir comment une nouvelle et bien simple 
façon de lire le texte de Froissard, enlevait jusqu'à l'ombre des doutes 
que des rivalités nationales avaient élevés sur la parfaite lôyaiïté du 
combat. Enfin, les traditions ne sont pas seulement un legs, elles sont 
souvent une leçon du passé aux générations futuï*es.. 

Avant d'entrer dans la discussion, il faut retracer rapidement l'ori- 
gine et le^ principaux incidents de l'action. 

La mort du duc Jean m , sans héritier direct , en 1341 , avait ouvert 
le champ aux prétentions rivales de Charles de Blois , son gendre , et de 
Jean de MonÛort, son frère consanguin. Soutenus, le premier par 
Philippe de Valois , le second par Edouard m d'Angleterre , ils déchaî- 
nèrent une guerre afireuse sur le duché. Jeanne dé Penthièvre et Jeanne 
de Montfort prirent, en 1345, la place de leurs époux, l'un mort, 
l'autre prisonnier, et continuèrent la lutte avec une égale constance et 
un même courage. En 1348 , une trêve conclue sous les auspices des 
deux rois , vint apporter un peu de calme à la malheureuse province , 
en stipulant pour les deux partis le respect des propriétés, privées et des 
habitants inoifensifs. Richard Bembro , (1) qui commandait à.Ploêrmel 
pour la comtesse de Montfort, l'alliée des Anglais,. rançonnait chaque 
jour, au mépris des conventions , les marchands et les serfs d'alen- 
tour. Des plaintes s'élevaient de toute part contre cette inique violaticm. 
de la trêve. Jean de Beaumanoir, capitaine du château de Josselin pour 
Charles de Blois , résolut de prendre en main la cause des opprimés. 
Il vint frapper en parlementaire aux portes de la forteresse anglaise , et 
rappela avec chaleur les engagements sacrés de l'armistice. Bembro l'ac- 
cueillit par des railleries , c de grosses paroles chaleureuses s'entre- 
dirent , > et Beaumanoir proposa à son ennemi de vider leur querelle 
en champ clos et à Thonneur de • leurs amies. > A une joute , Richard 
préféra un combat régulier où chacun des rivaux se ferait soutenir de 
ses meilleurs hommes d'arme. Il fut donc convenu que, quatre jours 
plus tard , les deux partis se rencontreraient au pied du chêne de Mi- 
Voie, situé, comme son nom l'indique, à égale distance des deux 
villes. Le matin du samedi avant c le Dimanche d$ Lœtare Jérusalem , 
de l'an de grâce 1351 , > les Anglais, après avoir c ouï la messe^ > arri- 

■ I ■ ■' ■ ' ■ I » I II» I . I I « « I i l ' ' 

(i) C'est le nom de Bemborough francisé. 



Digitized by VjOOQIC 



—.114 — 

vèrent sur le terrain. De mirent pied à terre pour attendre leurs adver- 
saires, et leur chef en profita pour leur citer quelques vieilles prophéties 
de Merlin, qui prédisaient la victoire à ceux qui, ce jour-là, combat- 
traient de leur côté. Enfin apparut Beaumanoir suivi de ses compagnons. 
On fit ranger la foule énorme accourue de tous les points du duché 
pour assister à «Temprinse, > et il fut défendu, c sous peine de la 

> hart, à aucun des assistants de porter confort ni ayde à nul combat- 
» tant pour chose ni meschef qu'il vit avoir, i^ Cependant Bembro pro- 
posa aux Bretons de remettre la rencontre jusqu'à l'agrément du roi de 
France.. Ceux-ci refusèrent en disant « qu'il ait maie advanture cil qui 

> s'en*ira sans combattre. > Les deux lignes se rangèrent aux extré- 
mités de la lice, et à un signal convenu la lutte s'engagea. (1) 

Le premier choc de ces soixante-deux guerriers , tous vigoureux et 
exercés, bardés de fer, armés jusqu'aux dents , fut suivi d'une mêlée 
terrible , où succombèrent deux Anglais , et plus funeste encore aux 
Bretons. Geoffroy de Mellon est tué, Tristan de Pestivien assommé d'un 
coup.de mail, Carot de Bodégat, Jean Rousselot et Yvon Charuel 
blessés et prisonniers. Mais bientôt , de part et d'autre , les forces s'é- 
puisèrent, et l'on convint d'une suspension d'armes. Pendant que cha- 
cun en profitait pour respirer et réparer le désordre 'de son armure, 
l'un des écuyers bretons , fils d'un chevalier croisé , , Geoffroy de la 
Roche , plie le genou devant Beaumanoir et « lui requit chevalerie qui 
». la lui donna et lui dict : Geoffroy, remembre-toi la valeur de ton 
» père et ce qu'il fit en Gonstantinople. i 

Transporté d'enthousiasme , le nouveau chevalier se relève en appe- 
lant les Anglais , et le combat recommence. « Rends-toi Beaumanoir , 

(1) Les noms des combattants français gravés sur la face Sud* du monu- 
ment de Mi-Voie sont ceux de Messires Robert de Beaumanoir , le Sire de 
Tinténiac , Guy de Rochefort , Yves Charuel , Rabin-Raguenel , Huon de 
de Saint-Yvon, Caro de Bodégat, Geoffroy du Bois, Olivier Arrel, Jehan 
Rousselot, Guillaume de Montauban, Alain de Tinténiac, Tristan de Pes- 
tivien, Alain de Keraurais, Olivier de Keraurais, Louis Goyon, N. Pontenay, 
Hugues Trapus, Guyon de Pont Blanc, Maurice du Parc, Geoffroy delà 
Roche , Geoffroy Poulart , Maurice de Treziguidy , Geoffroy du Parc , Geoffroy 
de Beaucorps , Geoffroy de Mellon , Jean de Séreur , Guillaume de La Lande , 
OUvier de Monte ville , Simon Richard. 

Les noms des tenants Anglaië , restitués par M. de Courcy , seraient les sui- 
vants : Bemboroug, ICnoUes, Caverley, Croquart, Plésauton, Ridèle, He- 
lecocq , Repfort , Taillard de La Lande , Hennçfort , Clamaban , Béonchamp, 
Hérouard , Gaule , Hybinet , Hennequin , Hualton , Robinet , Hélichon , 
Lexuolen, Isaunay, Vuin, Troussel, Adès, Audeléé, Ageworth, Gomenan, 
Le Gaillard, Apremont, Ardaine. Quatre d'entre eux étaient des Bretons du 
parti, de. Monfbrt, et pix. autres. paraissent avoir, été des routiers allemands 
ou brabançons. 



Digitized by VjOOQIC 



^ 145 -. 

9 et te laii^ray la vie pour te mener en la chambre de ma mie , » s'ôcrié 
Bembro. Alain de Keraurais , qui entend cette raillerie , se retourne et 
jette l'Anglais à terre d'un coup de pique , Geoffroy du Bois l'achève 
avec sa dague. Cette mort rendait Jibres les trois prisonniers, Charuel, 
Pestivien et Bodégat , qui reviennent au combat malgré leurs blessures. 
L'un des routiers allemands , Croquart, ranime ses compagnons un peu 
déroutés par la mort de leur chef. « Les profécies de Merlin ne lui ont 
1 servi de rien ; il n'est tel que de nous tenir serrés et défendre à notre 
pouvoir, i 

Thomas d'Herefort, Hue de Caverley, Robert KnoUes, répondent vail- 
lamment à son appel; d'Ardaine et deux autres Anglais mordent la 
poussière. Beaumanoir , blessé, épuisé par le jeûne qu'il avait gardé lie 
matin pour recevoir la communion, demande à étancher la soif ardente 
qui le dévore. 

C'est alors que Geoffroy du Bois lui jette ce mot fameux qui a servi de 
devise à la descendance du capitaine breton : c Bois ton sang, Beauma^ 
noir , et la soif te passera, i Le combat se prolongeait , meurtrier et 
furieux , sans que la balance penchât d'aucun côté , lorsque Guillaume 
de Montauban s'éloigne au galop de son cheval du fort de la mêlée. Beau- 
manoir croit qu'il fuit : c Mauvais guerrier, il sera à vous et vos enfants 

> éternellement reproché. > Guillaume le rassure en souriant : c Be- 
1 soigne bien de ta part, car de la mienne vais bien besoigner >, et . 
prenant du champ , ii traverse deux fois la ligne ennemie , renversant 
sept anglais à la première charge et trois à la seconde. Dès lors la déroute 
fut complète, et tous les anglais prisonniers. > Qui en vouloit enprinst, 

> choasit et amena au chastel de Josselin. ;» Et , pour terminer comme 
Jean de Saint- Paul, c cy finit la bataille des Trente. 

n. 

J'ai fait ce résumé aussi précis et aussi sec que possible. Il ne sau- 
rait dispenser de lire le vieux chroniqueur , dont rien ne peut rendre 
le naïf enthousiasme et la narration chaleureuse. Pour Froissard , c'est 
en expert , en amateur pour ainsi dire , qu'il raconte le combat , applau- 
dissant à toutes les belles passes, à tous les horions, de quelque main 
qu'ils viennent sur quelques épaules qu'ils tombent : c Et pouvez-vous 
1 croire qu'ils firent entre eux mainte-belle appertise d'armes, gens à 
î gens , corps à corps, mains à n\^ins ; on n'a\ait point passé cent ans ouï 

> recorder chose pareille. "» Et dès le début : « Je ne sais dire à la vérité 

> cils se tinrent le mieux, cils le firent le mieux, ni n'en ouis oncques 
» priser l'un plus que l'autre. » 

Eloge d'autant plus glorieux pour nos Bretons , que la partialité de 

Froissard pour les Anglais est un point de critique parfaitement constaté. 

C'est avec ce passage de Froissard, le poëme traduit par Jean de Saiiit- 



Digitized by VjOOQIC 



— 116- 

Paul, et le manuscrit de Pierre Le Baud^ qu'a pu être restitué le récit 
complet du combat des Trente. M. de Courcy a non-seulement rectifié 
plusieurs noms, mais a pu donner des notices sur les auteurs de cette 
grande scène. La plupart d'entre eux ont en effet laissé d'autres < traces 
dans Thistoire. Ainsi Beaumanoir se retrouve comme gouverneur de 
Bretagne et recevant les clés de Rennes des mains du duc de Lancastre 
en 1357 , comme prisonnier à la bataille d'Âuray , comme négociateur et 
otage du traité d'Evran; Taîné des Tinténiac et Guillaume de la Marche 
à la bataille de Mauron, où se trouvait aussi Even Charnel, que Frois- 
sard vit à la cour du roi de France où il se montrait le viaire (visage) , 

> si détaillé et découpé que l'on voyait bien que la besoigne avait été 

> bien combattu. • 

Un honorable sentiment d'impartialité et d'admiration pour le courage 
malheureux des vaincus , a conduit M. de Courcy à tenter le même travail 
biographique en ce qui concerne les Anglais. Si de grandes difficultés 
s'opposaient à ce que celui-ci fut aussi complet que le précédent, il faut 
convenir que l'auteur a fait tout ce qui était humainement possible pour 
y arriver. Quelques-unes de ces notices sont fort curieuses , surtout 
celles qui concernent les routiers allemands et brabançons de Bembro. 
Si courtes qu'elles soient, elles donnent une idée de l'existence fantasti- 
quement aventureuse de ces soudards sortis de toutes les fractions des 
races germaniques qui ont si longtemps formé les cadres des milices 
europ^nnes et le noyau des armées permanentes. Des calculs et des 
conjectures non moins solides qu'intéressants ont permis à M. de Courcy 
d'établir que deux ou trois familles françaises seidement peuvent légiti- 
mement faire remonter leurs filiations jusqu'à quelques-uns des Trente. 

Mais les anciennes relations du combat ont toutes également laissé 
subsister des doutes sur deux points capitaux. 

Le premier de ces doutes concerne l'authenticité même du fait. D a 
été soutenu par plusieurs écrivains du siècle précédent et du commence- 
ment du nôtre, au moyen de cet argumeht; que la première relation 
(celle de Jean de Saint- Paul) est postérieure de cent ans à la date assi- 
gnée à l'événement. La découverte d'un fragment inédit de Froissard a 
mis ce premier argument à néant. De plus , du temps même où âoris- 
sait cette école historique qu'on est convenu d'appeler philosophique, U 
était possible de consulter le manuscrit sur lequel Jean de Saint- Paul a 
fait sa traduction , et d'y reconnaître tous les caractères d'un écrit du 
xn^ siècle. Il n'y avait certes .pas besoin de ce nouvel exemple du peu 
dessein que les historiens du xviip siècle, plus amoureux de déclama- 
tions que de preuves solides, apportaient à la recherche des textes, mais 
il faut bien accuser autant leur mauvais vouloir que leur négligence dans 
l'omission de deux passages de Christine de Pisan et d'Orrouville (1) , 

(i) Livre des faits et bonnes mœurs du roi Charles V. — Hisipire de la vie 
et faits héroïques du valeureux prince Louis II, duc de Bourbon. 



Digitized by VjOOQIC 



-117- 

écritis en 1403 et 1439, dans lesquels ces deux auteurs citent en toute 
lettre deux des combattants, l'un Anglais , l'autre Français , et cela sur 
un ton de naturel et de conviction qui prouve combien, à leur époque, 
le combat des Trente passait pour un fait avéré , contemporain. 

Quant au second point, il a été moins bien éclairci jusqu'à présent; 
Tout le monde , en effet, se demande si Guillaume de Montauban a lo- 
yalement agi en montant à cheval et en chargeant ses ennemis à pied. 

On a déjà dit, et, avec raison, que tous les auteurs anglais ou du 
parti de Montfort , et Froissard tout le premier, n'eussent pas manqué de 
crier à la trahison. Tout au moins les partisans de Charles de Blois ne se 
fussent-ils pas empressés d'applaudir à cette action si elle eût été enta- 
chée de lâcheté et en dehors des lois existantes sur le duel et les combats. 
Il y aurait donc de grandes présomptions pour croire que Montauban n'ait 
fait qu'user d'un stratagème légitime et admis à son époque. Cependant 
plusieurs s'en sont émus. Deux anciens officiers, MM. de Pomereul 
et de Toustain engagèrent, au commencement de ce siècle , une grosse 
polémique à ce sujet. Les avis à peu près unanimes, en faveur du droit 
probable qu'avait Guillaume de Montauban d'agir ainsi qu'il fit , se parta- 
gèrent sur la nature du combat. Les uns , avec M. de Toustain et M. de 
Penhoêt , admirent quHl y eut à Mi-Voie un engagement de cavalerie , 
les autres avec M. de Fréminville , M. de Toustain, M. Cayot-Délandre 
et M. de Courcy lui-même , que ce fut une affaire d^infanterie. 

Pour moi, voici ce que je trouve dans Froissard, en m'étonnant que 
ce passage n'ait pas encore été lu tout simplement, tout naturellement tel 
qu'il m'a sauté aux yeux au premier abord. 

c Quand le jour fut venu, les trente compagnons Brandebourch 

> ouïrent messe puis se firent armer et s'en allèrent en la place de terre 
T^ là où la bataille dèvoit être et descendirent tous à pied et défendirent 
1 à tous ceux qui là étoient que nul ne s'entremist d'eux pour chose ni 

> pour mechef que il vit avoir à ses compagnons et ainsi firent les 
» compagnons à Monseigneur Robert de Beaumanoir. Cils trente com- 

> pagnons que nous appellerons Anglois à cette besogne attendirent 

> longuement les autres que nous appellerons François. Quand lès 

> trente François furent venus ils diescendirent à pied et firent à leurs 
1^ compagnons le commandement dessus dit. Aucuns dirent que cinq 
T> des leurs demeurèrent à cheval à l'entrée de la place et les vingt-cinq 

> descendirent à pied si comme les Anglois estoient. • 

Or, personne , je pense, ne professe assez de confiante dans l'exac- 
titude et la pureté grammaticales d'un chroniqueur du xiv® siècle, pour 
affirmer que les mots soulignés : < si comme étpient les Anglois , > se 
rapportent uniquement à ceux-ci : c les vingt-cinq descendirent à 
pied, > plutôt qu'à la phrase entière. Où voit-on une raison probante 
qui détruise cette supposition que cinq dés Anglais remontèrent à cheval 
au moment d'engager l'action? La partie eût été dà^ lora parfaiteosent 
«gale. 



Digitized by VjOOQIC 



— 11* — 

Je sais bien' qa'oa peut encore faire cette objection* : c Si.Môntauban 
est remonté à cheval , c'est qu'il était à pied. :» H n'avait pas plus le . 
droit d'intervenir, lui sixième cavalier, que seul. Effectivement, le 
poème raconte tout au long comment Montauban chaussa ses éperons , 
invoqua Notre Seigneur Jésus-Christ, etc. Mais je trouve quelques lignes 
*plu^ bas, dans la même page de Froissard racontant la fin du combat , 
ce témoignage significatif : c L'un des François qui à cheval (1) demeuré 
étoit les débrisoit , etc. :ù 

Auquel croire ? Ce ne sera sans doute pas à un poëme que sa facture 
informe ne dispensait pas des exigences de mesure, de rime, et surtout 
d'amplifications poétiques. Enfin, si l'on réfléchit à la composition de 
l'assistance , pense-t-on que tous ces nobles , ces hommes d'armes., 
n'eussent pas protesté au moins par leurs cris et leurs imprécations 
contre une violation flagrante de l'égalité du combat ? 

Et comment ne nous resterait-il pas trace de cette intervention , 
quand il nous en reste des bouteilles de vin que burent les chevaliers 
pendant la trêve? 

Il ne subsiste donc que deux suppositions admissibles , ou le combat 
fut pour les deux partis (et malgré l'absence de texte explicite à l'égaré 
des Anglais) une aflaire mixte d'infanterie et de cavalerie, ou les 
conditions préalables dont une clause exceptionnelle nous serait restée 
inconnue, permettaient à Montauban et à quatre Bretons de combattre 
à cheval à l'exclusion de l'autre parti; l'on conviendra qu'une aussi 
étrange restriction est bien faite pour porter à adopter la première 
version. Je n'ai certes pas la prétention d'avoir apporté une certitude 
mathématique dans le débat, mais en pareille matière la certitude ou 
plutôt la vraisemblance ne se forme jamais que d'hypothèses concor- 
dantes. En tous cas, dans l'une ou l'autre de celles que j'émets , la der- 
nier^ ligne que j'ai empruntée à Froissard détruit matériellement le 
doute qui pouvait s'élever sur la loyauté de Guillaume de Montauban. 



m. - 

En voilà peut-être beaucoup trop déjà sur un sujet si souvent contro- 
versé. Je veux cependant redire encore une impression toute person- 
nelle qui m'est restée de ma Visite au champ de bataille. 

(i) Si Ton m'objectait que la gravure donnée par Pierre le Baud, et repro- 
duite par ûi. de Courcy, représente effectivement Guillaume de Montauban, 
chaussant ses éperons et prêt à monter à cheval , je donnerais toute de suite 
la mesure de la valeur de cette mauvaise miniature du xv« siècle , en 
disant que le fond est rempli par une grande étendue d'eau qui ressemble fort 
à la mer , et ne peut certes être prise par ses dimensions et ses lignes pour la 
petite rivière d'Oust distante de 4 kilomètres , d*aiUeurs séparée du théâtre 
de .l'action par des coUines qui la cachent entièrement. Or, la mer est au moins 
à^neuf Ueues de Mi*Yoie. 



Digitized by VjOOQIC 



—419 — 

Atl monient où jô reprenais le chemin de Josselin , un détachement 
de quelques hommes , conduit par un sous-offîcier , passait devant l'en- 
ceinte. Se conformant à une tradition qu'observent presque toutes les 
colonnes qui sillonnent cette^route , le sergent fit porter les armes et 
son tambour battit la marche. 

On pourra me taxer de chauvinisme ; j'y consens; mais je dois 
Ta^uer, sans pouvoir l'expliquer, â ce moment et d'elle-même ma 
pensée se reporta vers cette pierre de Salzbach qui marque la place où 
tomba Turenne, vers cette tombe dé Marceau que nos ennemis eux- 
mêmes saluent à Coblentz, vers cet autre monument de Sidi-Brahim 
devant lequel aussi , sur la terre d'Afrique , retentissent nos fanfares et 
s'inclinent nos drapeaux ; et j'admirais quelle mystérieuse association 
d'idées de bravoure, d'héroïsme et de chevalerie me faisait évoquer tant 
de grandes ombres à l'aspect de ce petit sergent sans croix ni chevrons 
et de ses quinze recrues. 

Tandis que je m'éloignais , j'entendais derrière moi résonner sur 
le sol granitique de la roule ce pas alerte, gai, vigoureux du fantassin 
français dont la cadence semble comme marquer la mesure de quelque 
vieux refrain gaulois , et je me pris à penser qu'après avoir foulé tant de 
voies généreuses au bout desquelles il y avait toujours un opprimé à 
défendre ou une idée à propager, ce même pas pourrait encore nous 

conduire à ce but à ce but qu'il est sans doute inutile de désigner 

davantage. Tous les cœurs français et bretons m'ont compris. 



NOTE 
SUR LE SPHINX TÊTE DE MORT. 

(SPHINX ATROPOS, L.) 

(Par M. W. J. Griffith.) 

Comme tout le monde connaut ce magnifique lépidoptère, du moins 
à l'état parfait, toute description serait oiseuse. Je me bornerai donc à 
un exposé sommaire de la manière de vivre de l'insecte, à jeter un coup 
d'œil sur quelques-unes des superstitions que son dessin lugubre et son 
cri plaintif ont éveillées, et à faire connaitre, aussi rapidement que pos- 
sible, les diverses théories émises sur ce cri. 

I. 

Linné, le grand maître, fut le premier à décrire scientifiquement cet 
insecte remarquable, sous le nom de Sphinx Atropos, le plaçant dans 
un genre qu'if avait formé dans son Systema naturcCf en 1767.' 



Digitized by VjOOQIC 



La science entomolc^uo, tout-à-fait mépriaée jusqu'au commen- 
cement de ce siècle^ et même après, faisait des progrès gigantesques, et 
bientôt l'on s'aperçut que les quelques genres fondés par le célèl»*é in- 
venteur du système binaire étaient insuflQsants* 

Du reste, dans le cas en question, un démembrement du genre Sp/ima;, 
de Linné, était essentiellement nécessaire, car il eût été singulier de 
maintenir avec des insectes ayant la spiritrompe presque aussi longue 
que le corps (les vrais Sphinx) y une espèce ayant la spiritrompe exces- 
sivement courte ; car toute coupe générique doit avoir des caractères 
nettement tranchés. 

Ce fut Ochsenheimer, dans son ouvrage intitulé Die Schmetterlinge 
lion Europa (1), qui fonda le genre Acherontia, genre maintenant 
adopté. Plus tard (1840), M. le docteur Boisduval plaça cet insecte 
dans son genre Brachyglossa, à cause de l'exiguité de sa spiritrompe. 

Le dessin bizarre ornant le corselet de cet insecte, et qfùi a une grande 
ressemblance avec une tète de mort, l'a fait nommer Tête de mort, en 
français ; Death's Head (qui veut dire la même chose), en anglais ; et, 
paraît-il, en Pologne, Fantôme tête de mort et Oiseau de mort qui vole. 
Tous ces noms mis ensemble avec le nom scientifique d'il tropos, main- 
tenant précédé à'Acherontiay sont peu rassurants pour les timides ! 

Le seul autre lépidoptère qui, à ma connaissance, porte nn dessin si 
bizarre sur le corselet ^ est le Sphinx rustica Fabricius , Sphinx 
chionanthi Âbbot et Smith, qui habite quelques parties des États-Unis, 
mais le dessin du thorax de celui-ci est bien loin de représenter la tête 
de mort aussi nettement qxCAtropos. 

La Tète de mort atteint quelquefois 110 millimètres ; donc, sauf le 
Grand Paon de nuit (Saturnïa pyri'W. V. — Attacus pavonia ma- 
jor L.), elle est la plus grande des lépidoptères de France. 

Dans ce pays-ci, la Tête de mort, à l'état parfait, se trouve assez com»- 
munément en septembre et même en octobre, quelquefois, mais très 
rarement, en mai. Elle vole lourdement après le coucher du soleil, 
mais on la trouve plus souvent cachée dans les maisons. 

L'insecte parfait est bien plus rarement vu que la chenille, car, outre 
que la dernière est très sujette à être ichheumonée, la chrysalide, en- 
foncée en terre, manque souvent de l'humidité nécessaire , se dessèche, 
et, en conséquence, ne peut éclore. 

Cette espèce se trouve dans toute la France, mais selon M. Desmarest, 
rédacteur de la partie entomologique de VEncydopédie d'Histoire na- 
turelle du docteur Chenu, devient très-rare au-delà du 48« degré de 
latitude nord ; cependant, elle est loin d'être rare au midi de l'Angle- 
terre, elle devient, il est vrai, plus rare en avançant vers le nord de ce 
pays, mais on la trouve assez souvent en Ecosse, en tout cas aussi lain 



Digitized by 



Google 



au nord que le comté de Pertbshire, entre 56 et 57 degrés de latitude 
nord. Du reste^ Taire occupée par cette espèce est très-étendue ; on la 
trouve dans toute l'Europe méridionale , aux deux extrémités de 
l'Afrique, à l'Ile de France, et, selon Desmarest {loc. cit.), dans les 
Indes orientales. 

La chenille est énorme, elle atteint quelquefois une longueur de douze 
centimètres et demi et a deux centimètres de diamètre, mais elle est si 
bien connue que toute description serait superflue. Elle se trouve depuis 
la mi-juillet jusqu'en octobre et se nourrit de divers végétaux, entre 
autres le sureau {Samhucus nigra), le liciët d'Europe (Lt/cmm vulgare), 
le fusain {Evonymus euiropœv^) et le jasmin {Jasminum officinalie) ; 
mais elle donne de beaucoup la préférence à la pomme de terre (Solo» 
num tuherosum), n 

Douée de sa grande taille et d'un formidable appétit, il est facile de 
voir que,' si cette espèce se multipliait hors mesure, ces chenilles 
deviendraient un véritable fléau pour les cultivateurs de pommes de 
terre, et qu'ils jetteraient des hauts cris, ainsi qu'ils l'ont fait, il y a peu 
de temps, au sujet du xnaintenant fameux Doryphora (Polygramma) 
decemlineata. Heureusement, dans ce pays-ci du moins, les chenilles, 
quoique loin d'être rares, ne se trouvent pas en nombre suffisant pour 
feire beaucoup de dégâts. 

Arrivée à tout son accroissement, la chenilla s'enfonce profondément 
en terre pour y subir sa métamorphose. 

On accuse la Tête de mort de s'introduire dans les ruches d'abeilles 
et de se rassasier de miel. Différents auteurs ont différentes idées sur ce 
sujet, mais un fait incontestable est que, dans certains paya ou l'apicul- 
ture est véritableipient d'importance , cet insecte est regardé comme 
très^nuisible, et l'on prétend que sa présence dans une ruche cause 
l'évacuation de ses laborieux habitants. 

Kuhn (1) nous rapporte qu'en 1799, des moines qui gardaient des 
abeilles, entendant un bruit inusité dans une rutehe, la soulevèrent, quand, 
à leur grand étonnement, un animal que premièrement ils prirent pour 
une chauve-souris, mais qui était bel et bien VAcherontia Atropos, 
s'envola ; il ajoute que, quelques années auparavant, plusieurs de ces 
insectes furent trouvés dans une ruche. 

Le célèbre Huber signala le même fait, en 1804. L'observateur 
aveugle (2) attribua sa préseoce dans les ruches à sa partialité pour le 
miel, et pense que son cri peut paralyser ce peuple belliqueux aussi' 
bien que le cri de leur reine (3). 

(1) Der Naturforscher. 

(2) Huber, tout jeune encore, fut atteint d'une cécité complète. Il voyait par les 
yeux de son domestique, François Bumens^ simple paysan, mais doué d'une grande 
patience et de beaucoup d'intelligence. 

(3) Nouvelles observations sur les abeille^» 

4 



Digitized by VjOOQIC 



— 122 — 

Ce qui paraîtrait renv^ser cette hypôthtee est xpé le ttiême;aiU0Qr 
a introduit un Atropos dans une boîte contenant une colonie- deJbour* 
dons de Tespèce Bombtis muscorum Smith. L'intrus^ malgré lui, ne 
tarda pas à succomber sous les aiguillons envenimés de ces insectes. 
Cependant, la piqûre du Bomhus muscorum est loin d'être aussi veni- 
meuse que celle de l'abeille des ruches. 

Lepelletier de Saint-Fargeau nie que cette espèce dévore le miel. H 
démontre que sa spiritrompe est si courte et son corps si gros, que cela 
ne serait qu'en brisant les obstacles intermédiaires qu'elle pourrit par- 
venir jusqu'aux alvéoles. Il" affirme que les ailes d'Atxopos n'ont point 
la force nécessaire pour réussir dans une telle entreprise, et, de plus, 
-que si l'insecte y réussissait, le miel, se répandant, paralyserait tous ses 
mouvements, aussi bien que la glue ferait pour un oiseau. Il est donc 
d'opinion que la Tète de mort entre dans les ruches uniquement pour 
se garantir des intempéries de la mauvaise saison, comme elle entrerait 
dans aucune autre crevasse qui se présenterai^; (1). 

Cette hypothèse parsdt très-vraisemblable. La Tête de mort paraît 
chez nous fort tard dans la saison {v. supr.), et se prend encore quand 
on ne voit que peu ou point d'abeilles. Pourquoi ne profiierait*elle pas 
de la torpeur dans laquelle se trouvent presque tous les habitants de la 
ruche si tard dans la saison, et ne s'y introduirait-elle pas avec beaucoup 
plus de diances de sivecès, que si elle avait à affronter cette race irri- 
table, lorsque chaque membre est en pleine activité? 

D est constaté que les mulots , ou . souris des champs (Mus syha- 
ticus L.), qui quelquefois dévastent entièrement une ruche, choisissent 
toujours l'hiver pour s'y intrpduire (2). 

Huber(3) dit qu'à l'époque o^ù les abeilles attendent leur ennemi 
Atroposy il les a vues boucher avec de la cire l'entrée de la ruche, en 
laissant, toutefois, une ouverture assez large pour donner libre passage 
à un ou deux de ces laborieux hyménoptères. Il serait donc bien fiicile, 
en couvrant l'ouverture de la ruche d'un grillage en fil de fer, de barrer 
passage à ce sphinx colossal, tout en laissant fmrfaite facilité d'entrée ou 
de sortie aux abeilles. 

n. 

Superstitions. 

Il faut avouer que le dessin lugubre ornant ie corselet de cet insecte, 
joint à son cri plaintif et à ses yeux qui, dans l^obscurité, brillent coffîme 
des chaii)ons ardents, sont propres à causer une certaine inquiétude aux 

(1) Encyclopédie d'histoire natureUe d'Obigny, ^c 

(2) Naturalistes Library, vol. 34. 

(^ Nouvelles observations sur les ftbâilks* 



Digitized by VjOOQIC 



-1B8- 

siqieeslitieux^ et je connais bien des persomaes <iui, pour riea au 
monde, ne se hasard^aient à toucha cet être parfaitement inoffansif 1 

On aurait pu espérer qu'avec la marche du temps, et dans ces jours-ci 
où l'étude de l'histoire naturelle a été poussée à un certain degré de 
perfection, on aurait vu tomber dans l'oubli les superstitions ridicules 
sur certains animaux. Mais il n'en est rien, et je crois que nos arrière- 
petits-fils entendront raconter, avec beaucoup de gravité, accompagnées 
de faits à Tappui, les mêmes sottises que l'on débitait jadis I 

Le révérend J. G. Wood (1) dit qu'un jour, en sortant de son église à 
la campagne, il vit un rassemblement de ses paroissiens dans le cime- 
tië*e« bitiigué de cette conduite inusitée de ses ouailles, il s'approcha 
pour en connaître la cause ;-les biraves gens épouvantés formaient cercle 
autour d'une pauvre Tête de mort qui cheminait paisiblement à travers 
une allée I A la fin, le forgeron du village, prenant son courage à deux 
mains, sauta à pieds joints sur le pauvre ^insecte. Sans doute il fut re- 
gardé comme un héros par ses voisins plus timides ! 

Réaumur (2) rapporte, qu'en 1733, ces insectes furent très-nombreux 
dans la Basse-Bretagne, et comme leur apparition devançait un peu une 
épidémie très-meurtrière, les habitants les régardèrent, sinon comme 
la cause directe, au moins comme les précurseurs du fléau. En consé- 
quence, ils les considéraient comme les messagers de la mortl 

Je crois me souvenir que notre savant collègue, M. le docteur de Clos- 
madeuc, m'a dit que cette épidémie^ qui causa de cruels ravages en 
Bretagne, était la peste. 

Alphonse Karr, dans son joli petit ouvrage intitulé : Voyage autour 
démon jardin^ cite une apparition en grand jiombre de cet insecte en 
Bretapie, en 4750, et dit que la consternation et l'épouvante des habi- 
tants se portk'ent au plus haut degré. Les uns regardaient cette Visi- 
tation comme un indice certain de la colère céleste, et, en conséquence, 
bien des personnes firent des confessions publiques ; les plus incrédules 
la considéraient comme l'annonce infaillible de la peste. Selon le même 
auteur^ M. de Pontchartrain, alors Secrétaire de la Marine, demanda à 
l'Académie si ces alarmes étaient fondées, et la réponse négative de ce 
corps de savants ne fut pas accueillie favorablement par tout le monde. 

J'ai déjà dit qu'en Pologne, cet insecte est nommé Fantôme de la 
nuit ei Oiseau de mort qui vole. Selon Knapp (3), les habitants de ce 
pays,, où la Tête de mort est commune, la regardent avec effroi, et la 
considèrent comme une création du mauvais esprit I Ses yeux flamboyants 
sont considérés conxme un indice certain de son origine infernale ! 
Souvent cet être diabolique entre le soir dans les chambres, et si, par 

(1) lUustrated natural History, vol. 3. 

(2) Mémoires pour servir à THistoire naturelle 4es ioçi^cAes. 
($ Journal of a Naturaliste 



Digitized by VJ,OOQlC 



— 424 — 

hasard^ en volant, il éteint une chandelle, c'est un avertissement terriUe 
de guerre, de la peste, de la famine, bref, de mort aux êtres humains 
et aux bestiaux I 

Une très-curieuse superstition existe, selon Saint-Pierre (4), à l'De 
de France. On se figure que, quand une Tête de Mort vole dans une 
chambre, si un atome de la poussière secouée de ses ailes tombe sur les 
yeux d'une personne, cette personne devient aveugle. 

Selon Campbell (2), les colons Boërs, dans l'Afrique méridionale, ont, 
ou peut-être devrais- je dire avaient, une grande peur de cet insecte. D 
parait que dans ce pays-là l'on trouve souvçnt Atropos dans les troncs 
creux habités par les abeilles. Les Hottentots, désirant jouir tout seuls 
du miel dont ils sont très-friands, ont fait (Sroire aux Boërs que cet in- 
secte est si venimeux, que sa morsure est mortelle I Ceci prouve que 
quelquefois les noirs ont plus d'esprit que les blancs I 

4 

m. - 

Hsrpothèses sur le cri. 

Il y a maintenant à peu près un siècle et demi que le soi-disant cri, 
bruit unique parmi les lépidoptères, intrigue vivement les naturalistes. 
De nombreuses hypothèses ont été émises, mais, jusqu'à présent, cette 
énigme n'est point définitivement expliquée. 

Ce cri est comparé par la plupart des auteurs à celui d'une souris, 
mais il est plus plaintif. Le' révérend J. G. Wood (3) le copipare au bruit 
désagréable que fait un crayon d'ardoise tenu verticalement et conduit 
rapidement sur l'ardoise. D'autres le comparent aux ' stridulations de 
certains orthoptères, et d'autres encore, à ce bruit bien connu que font 
beaucoup de coléoptères longicornes, par le frottement du prothorax 
contre le mesothorax; mais, à mon avis, ce bruit a beaucoup d'analogie 
avec le cri d'une souris. 

Réaumur (4), ce célèbre et infatigable observateur, fut, je le pense 
du moins, le premier à chercher à expliquer cette anomalie parmi les 
lépidoptères. Selon lui, le bruit serait causé par le frottement de la spi- 
ritrompe contre les palpes. 

Comme preuve de ce qu'il avance, il dit que quand il eût déroulé la 
spiritrompe avec une épingle, le cri cessa ; il obtint le même résultat 
en isolant les palpes de la spiritrompe. Enfin, il coupa une des palpes 
et la force du cri fut sensiblement diminuée. Plus loin, nous verrons 

(1) Naturalisas Library, vol. 30. 

(2) Travels in South Africa, 1815. 

(3) mustrated Natural History, vol. 3. 

(4i) Mémoires pour servir à Thistoire naturelle des insectes. 



Digitized by VjOOQIC 



— f25 — 

que le-déroulem^nt de la spiritrompe et Tisolement des palpes n'em- 
pêchent pas toujours le bruit de se. faire entendre* 

Le savant italien Rossi partageait cette opinion. 

Engramelle cite un M. Johet qui était d'avis que le bruit est produit 
par l'expulsion de l'air de dessous les ptérygodes ou épaulettes, par le 
mouvement des ailes. 

Cette hypothèse est inadmissible, car le bruit se fait parfaitement en- 
tendre quand les ailes sont en repos , et devient même plus fort quand 
l'insecte est tenu dans la main de manière à neutraliser l'action des 
ailes. 

Le docteur Lorey croit que ce bruit est produit par l'échappement de 
l'air de deux trachées situées près de la basé de l'abdomen.- Il dit que 
les orifices de ces deux organes respiratoires sont fermés, à l'état de 
repos, par des fascicules de poils retenus par des liens venant des côtés 
latéraux et internes de l'abdojmen, et que l'on voit ces fascicules de 
poils s'ouvrir en forme d'astériqUes pendant que l'insecte produit ce cri. 

Selon le docteur Passerini, là tête serait le siège de ce bruit. Une 
cavité communiquant avec le faux conduit de la spiritrompe, mue, à son 
orifice, par de forts musdes qui se lèvent et se baissent alternativement, 
ainsi laissant à un mouv»îment l'air pénétrer dans la cavité et à l'autre 
le chassant avec< force, produirait ce bruit. Il maintient que si la spiri- 
trompe est coupée, le bruit continue, mais que ce bruit peut être arrêté 
en coupant les muscles près de sa base ou en enfonçant verticalement 
une épingle dans la tête. 

M. Goureau (1) compare ce bruit à celui produit par la cigale, et place 
l'organe stridulent à la jonction du thorax et de l'abdomen. 

M. Nordmann est de la même opinion. 

Dugès (2) place l'organe du bruit à la jonction des deux portions de 
là spiritrompe. 

Groureau, se ravisant sur l'hypothèse citée ci-dessus, attribue ce bruit 
aux vibrations du thorax et au frottement des ptérygodes contre le mé- 
sothorax, et le compare au bruit produit par certains diptères et hymé- 
noptères. 

Duponchel a fait une expérience intéressante sur cet insecte devant 
plusieurs de ses collègues de la Société entomologique de France, parmi 
lesquels se trouvaient les entomologistes célèbres Aube, Boisduval, 
Pierret et Rambur. 

Il a parfaitement reconnu l'organe décrit par Lorey, Goureau et 
Nordmann, a vu les poils s'épanouissant en forme d'astérisque ; mais cet 
épanouissement ne coïncidait pas toujours' avec le bruit, et même se 
montrait souvent quand l'insecte gardait un silence absolu. Il dit aussi 

(1) Essai sur la stridulation des insectes. 

(2) Traité de physiologie comparée. 



Digitized by VjOOQIC 



que 6et orgtee existe cbec plusieurs autres sphingides qui na produisait 
aucun bruit, comme l'avait déjà remarqué Pasaerim« 

En écoutant avec soin, il trouva que le bruit ne provenait pas de Tab- 
domen, mais du devant du corselet ; maUieureusement, Tinsecte suc- 
comba à ce moment sous les mutilations qu'il avait subies. 

Duponcbel, fils, qui assistait son père, fut d'avis que le bruit était 
produit par le frottement du protborax contre le mésothorax* 

De cette expérience, Duponchel déduit trois faits : 

1» Que l'échappement de l'air des trachées à la base de l'abdomen ne 
produit pas ce bruit, comme le pensait Lorey. 

2o Que l'idée émise par Passerini, que le bruit est produit par l'ex- 
pulsion de l'air, par le faux conduit de la spiritrompe, d'une cavité de la 
tète, est inadmissible, car, quoique la spiritrompe soit serrée ou dé- 
roulée, le bruit continue. Si l'on isole les palpes de la spiritrompe, le 
bruit se fait encore entendre. 

30 Que le bruit ne peut être produit par l'expulsion de l'air de des- 
sous les ptérygodes par le mouvement des ailes, car l'insecte crie aussi 
fort quand ses ailes sont en repos. , 

En septembre 1873, le savant entomologiste et anatomiste, le docteur ^ 
Alfred Laboulbène, fit une expérience sur un Atrôpos mâle. Il constata 
le fait que l'épanouissement des poils formant l'aslérisque n'est pas 
toujours suivi du cri, et il donne une description détaillée de cet organe. 

Quand l'insecte est en repos, ces poils sont couchés longitudinalement 
dans une gouttière ou dépression concave, et ils disparaissent complè- 
tement. Cette gouttière commence sur Je premier segment abdominal et 
continue sur une partie du second segment. 

Désireux de voir par quel moyen l'insecte redresse ce faisceau de 
poils, le savant opérateur trouva que la rigole est formée d'une peau 
sèche et scarieuse, et, quand il passa sous, cette peau sèche la pointe 
émoussée d'une petite tige d'acier, non-seulement les poils se redres- 
sèrent, mais un bruit faible se fit entendre. 

Le docteur Laboulbène est donc d'opinion que le bruit est produit 
€ par la contraction des muscles ridant, ou contractant la peau sèx^he 
de la rigole, et peut-être aussi au froissement qui en résulte sur la 
membrane scarieuse du premier par rapport au second segment. > 

Il ajoute, néanmoins, qu'il ne prétend pas avoir élucidé la question, 
son expérience n'ayant été faite que sur un seul sujet. 

Nous sommes donc, nonobstant les nombreuses hypothèses émises^ 
encore dans l'incertitude sur la cause de ce bruit bizarre. 

Espérons que bientôt nous en aurons une solution définitive I 



Digitized by VjOOQIC 



-4«7- 



RAPP0RT SUR LES BIBLIOTHÈQUES. 



Messieurs , 

Conformément à notre nouveau règlement, je viens, pour la première 
fois , vous faire uç. rapport sur Tétat des deux bibliothèques dont vous 
m'avez confié la conservation. 

De la bibliothèque de la ville, je n'ai que fort peu de chose à dire. 

Dans le courant de l'année dernière, le ministère de l'Instruction 
publique ne lui a fait qu'un seul envoi de livres dont je vous ai déjà lu 
la liste. Je n'apprendrai rien à personne , en signalant que ce don est 
venu, seul, augmenter ce dépôt. Tous savent, que pour son amélioration, 
la ville ne fait d'autre sacrifice que celui des reliures réclamées par le 
mauvais état des volumes et les collections qui ne se forment que par 
livraisons. Pour l'année 1876, ce sacrifice n'a été que de 81 francs 
consacrés à la reliure de 43 volumes. " 

Quant au travail de récolement, dont la nécessité, admise par là 
société, se fait chaque jour de plus en plus sentir, j'ai constaté que ce 
n'est point là une petite entreprise et que , par suite , il ne saurait être 
exécuté dans les conditions économiques auxquelles ncTus nous étions 
arrêtés. Ce qui le rend véritablement considérable ne provient pas tant 
du grand nombre des voli*mes que des remaniements subis par la bi- 
bliothèque et du désaccord entre les catalogues et l'inventaire , d'une 
part, et, de l'autre, entre les indications de cet inventaire et la place 
actuellement occupée par les ouvrages. Aussi, je crains peudemetrom- , 
per en esfimant que, s'il se réalise un jour, ce projet devra recourir 
aux finances de la société. 

Il avait été , en outre, décidé que tous les volumes de cette bibliothèque 
seraient estampillés au timbre de la ville. L'opération n'a pu s'exécuter 
pour un excellent motif : c'est que nous attendons encore le timbre que 
j 'ai fait plusieurs fois demander à la mairie. 

Je donnerai plus d'étendue à la partie de mon rapport concernant la 
bibliothèque spéciale de la société. 

Le triste état dé nos finances ne nous ayant pas permis de louer une 
nouvelle chambre pour le secrétariat et l'herbier du musée d'histoire , 
naturelle, il à fallu affecter à cette destination l'appartement du 3® occupé 
par la bibliothèque, dite Ducordic, du nom du généreux donateur, et 
verser cette bibliothèque dans celle de la Société* L'opération a entraîné 
upe dépense de soixante et quelques francs nécessitée par l'augmentation 



Digitized by 



Google 



— 128 — 

du mobilier y les vieux bois devant rester en place pour recevoir llierbier 
et les collections du secrétariat. Aûn de sauvegarder les conditions du 
legs, les volumes provenant de cette bibliothèque ont été, autant que 
possible, réunis dans le susdit supplément de mobilier sur lequel sera 
inscrit le nom de M. Ducordic. 

Gela dit, je passe aux accroissements qui sont venus nous enrichir. 

Par leurl envois , les sociétés savantes avec lesquelles nous faisons 
échange de publications , ont continué , toujours de plus en plus 
nombreuses , à augmenter nos collections. Je n'ai point à énumérer ici 
les volumes qui nous sont venus de cette source, non plus que les dons 
faits à notre bibliothèque par MM. Lallemand, de Limur, Mauripet, 
Revelière et quelques autres' membres de la compagnie ; les extraits 
imprimés de nos procès-verbaux en ont déjà fourni le relevé. Mais la 
reconnaissance m'oblige à rappeler que, exécutant avec soin les intentions 
de M. Taslé, notre regretté collègue, sa famille nous a donné au moms 
\me cinquantaine de volumes, parmi lesquels se trouvent plusieurs 
ouvrages importants sur l'histoire naturelle. . 

Tout le reste nous est venu par acquisition. 

Ce dernier chapitre comprend d'abord les abonnements de la Société : , 

A la revue archéologique 27' 25 

A la revue des questions historiques. • * • 20 > 

Au bulletin monumental. 15 25 

En tout 62^ 50 

-H renferme, en second lieu, les/acquisitions proprement dites et se 
composant des ouvrages qui suivent : 

Istor-Breiz ou histoire populaire de la Bretagne, breton et firançais , 
par une fille du Saint-Esprit, 4 vol. in-18, 1869 , 3« édit ... 1M5 

Exfl du parlement de Bretagne à Vannes (1675-1690) par 
M. Ropartz, broch. in S» • . . • 1 50 

Nouveau propre du diocèse de Vannes, pour bréviaire, 1876, 
broch. in-12 • • • 2 > 

Année scientifique (1875), par M. L. Figuier, un vol. in-12. • 3 50 

Pèlerinage de sainte-Anne d'Auray, par le P. Arthur Martin, 
4 vol. in-18, 1873 ^ • . • • • * ^5 

Histoire abrégée de la ville et de l'abbaye de Redon, par 
Dom Jausion, bénédictin de Solesme, 1864, 1 vol. in-12 . . . 3 75 

Vie de saint Coçivoïon, fondateur et 1®' abbé de Redon, 
par le même 1867, 1 vol. in-12 



1 I 



Total iV 75 



Digitized by VjOOQIC 



Si les acquisitions n'ont pas été plus nombreuses et plus considérables, 
c'est qu'il fallait les proportionner à la modicité du budget. 

Mais là ne se sont point arrêtées nos dépenses. 

H a fellu , en outre , consacrer pour la reliure de 42 vo- 

lumes une somme de. 48^ 20 

-Pour la nouvelle boite de la bibliothèque, sa serrure et 
ses clés 8 > 

Enfin j'ai cru devoir acquérir une fontaine et une demi» 
douzaine d'essuie-mains 12 €0 

Total • • 6» 80 

RÉCAPITULATION 

Abonnements. '...;. 62* 50 

Acquisitions de livres 14-75 

Reliure 48 20 

Mobilier 20 60 

Total définitif. . 146' 05 

Je ne fais point figurer dans ce compte les dépenses occasionnées par 
le transfert de la bibliothèque Ducordic^ parce que cette opération 
devait naturellement s'exécuter aux frais du secrétariat et du musée 
d'histoire naturelle appelés à en bénéficier. Pour ne pas amoindrir les 
budgets déjà trop restreints de ces deux départements, il fut réglé que les 
dépenses en question seraient portées au compte des achats divers. Dans 
tous les cas, elles ne pouvaient pas être à la charge du budget de la 
bibliothèque. 

Avant de clore cette partie de mon rapport, je dois encore signaler 
l'échange de nos publications contre les journaux, du département. En 
séance ordinaire, il fut décidé que cet< échange serait proposé à tous. 
Quatre seulement ont accepté, savoir : le journal de Vannes, l'Avenir 
du Morbihan, VImpartial Lorientais et Revue caprice de Lorient. Ces 
deux derniers ont cessé de paradtre. Quant b,\x Journal du Morbihan , 
au Courrier de Bretagne et à une autre feuille qui, dit-on, se publie à 
Pôntivy , notre proposition n'a pas, sans doute, trouvé bon accueil chez 
eux. Les journaux qui continuent à nous venir sont soigneusement 
conservés et leurs collections seront reliées en temps opportun. 



Digitized by VjOOQIC 



RAPPORT 

DU CONSERVATEUR DU MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE. 



Uessueurs, 

Pendant Tannée 1876 la société a acquis l'herbier Arrondean. Tous 
mes loisirs ont été employés à classer cette riche collection et à 
l'intercaler dans vos deux herbiers. Avec l'aide de M. Marchais et après 
de longues heures d'un travail rendu pénible par un local tout à &it 
insuffisant, le gros de la besogne est enfin terminé et je puis dès à 
présent vous dire que cette acquisition comblera de nombreuses lacunes^ 
principalement dans l'herbier de France qu'elle complétera , à quelques 
certaines d'espèces près^ et dont elle fera une collection d'une assez 
grande valeur. 

Aucune des autres collections n'a subi de modification sensible. 

Vannes^ le 16 janvier 18-T7. 

Revelière» 



LISTE DES OBJETS 

AoQQis par la Sodété on donnés an Hnsée archéoloqiq[ao 

PENDANT l'année 1876. 



JETONS, MÉDAILLES OU MONNAIES. 

Jeton en cuivre du xv» siècle, trouvé dans la prairie Bodan, à Vannes. 

Don de M. de Cussé. 
Deux monnaies romaines frustres et une monnaie en bronze de 
Faustine, trouvées à la Burbannière, dans les terrains occupés par les 
casernes d'artillerie, à Vannes. 

Don de M. E. de Lamarzblle. 

Moxmaie en or de Louis Xin, roi de France (1641), Vannes. 

Acquisition. 
Monnaie en or de François n de Bretagne, et une monnaie également 
en or de Louis Xn et Anne de Bretagne. 

Doûateur, M. Botouet-Aubemot. 



Digitized by VjOOQIC 



Deux moxmaies en brot&sse de ? 

Don de M^ Ujcâb. 

Pièce de cinq soldi de Napoléon, roi d'Italie. 

Don de M. Le Gall de Eerumoii* . 

Une monnaie en bronze de Thibaudus. Cette monnaie, d'un très* 
petit module et très-rare, a été donnée par M. le D*^ de Glosmadeu6. ' 

Jeton en bronze de l'abbaye de ? ixv« siècle.) . • 

Don de M. Périer de LAHrrotLE. 

Monnaie de Jean IV, duc de Bretagne. 

Donnée par M« LÊauiLiiOif « 

Monnaie en argent de Miîlippe III, roi d'Espagne (1612). 

Don de M^^ Le Médeg, institutrice à Pénerf. 

Deux monnaies en argent de Saint-Martin de Tours, 

Une . — de Raoul, sire de Déols. 

Deux — dé Robert, comte du Maine. 

. Deux — de GeoflBroy, comte de Gien. 

Deux — de Foulques d'Anjou. 

Deux — de Guy de Dampierre. 

Deux — de Henri n, roi d'Angleterre. 

Deux — d'Etienne de Guingamp* 

Une monnaie arabe en or du xn« siècle. 

Ces seize monnaies, trouvées par un cultivateur sur une propriété 
située à Rédené, Finistère, ont été données par M»* Méno!:^vrier 
deFresne. 

Feu M. Taslé a donné à la Société polymathique tous les objets dé** 
posés par lui au Musée archéologique, entre autres, vingt cinq monnaies 
figurant comme dépôt au catalogue, qui se répartissent ainsi : 

Un Henri VI d'Angleterre, eu or. 

Un Philippe H d'Espagne, en or. 

Un Charles VI, en or. 

Deux monnaies de Louis XV, en or. 

Un Louis XIV (1652), arçent. / 

République française, an Xn, arg^t. 

Une monnaie gauloise, en or. . 

Plus 17 monnaies grecques en ai^nt, èlectrum ou bronze. 

• 

Dix monnaies romaines, savoir : 

Un Constance-Chlore. 

UnTrajan; 

Un Tétricus, prov. Quinipily. 

Un Antdnfai* :■.■. :: 

UnPx»thmneé 



Digitized by VjOOQIC 



Un Constantin. 

Un Maxiinien. 

Trois petits bronzes ? 

PluSy une monnaie de Louis XI^ une de Henri n, une de Henri IV, 
une d'Âbbaye, en argent, et un certain nombre de monnaies modernes 
de Tunis, de France et de Belgique. 

Acquisition faite à la vente de feu M. Arrondeau. 

Une monnaie en or de Sébastien II, roi de Portugal, trouvée à Tumiac, 
commune d'Arzon. Acquisition. 

En défonçant une prairie située à Kerlosquet, commune de Vannes, 
des ouvriers ont trouvé sous une petite éminence, un vase en terre cuite, 
vernissé à Tintérieur^ lequel contenait quelques centaines de monnaies du 
xin« et du xrv^ siècle. Malheureusement, ces monnaies ont été dispersées 
au premier moment de leur trouvaille ; malgré cela, la Société a pu 
choisir et acheter quinze de ces monnaies, dans un petit lot qui lui était 
présenté. Ces monnaies sont : 

Un Jean H, père de Lothaire, (Basse-Lorraine et Brabant) 1286-1305. 

Un Louis Vn, comte de Loos (1213-1345). 

Un Amauld VII^ comte de Loos (1323.134S). 

Un Anonyme. 

Un Philippe^ fils de Philippe IV, comte de Poitiers. 
, Cinq oboles de Jean H, duc de Bretagne (1286-1305). 

Trois Charles de Valois, comte de Chartres (1293-1325). 

Un Pierre Manclerc, duc de Bretagne (1213-1237). 

Un André de Chauvigny, vicomte de Brosse-Huriel, baron de Cha- 
teauroux (1317-1356?). 

OBJETS DIVERS. 

Un petit vase et divers fragments de poterieà (ép. gallo-romaîne), 
trouvés lors des fouilles exécutées par la Société, en décembre 1875, 
dans la prairie Saint-Symphorien, à Vannes. 

Grand doUium en terre grise (ép. gallo-romaine), trouvé près d^ la 
gare de Vannes. 

Don de M. le D*" de Closmadeuc. 

Fragment d'une ôpée en bronze provenant d'une ancienne carrière 
à Parc-carré, commune de Locqueltas. 

Don de M. Le Normand. 

Une pierre portant des signes sculptés, un très-petil: vase à une seule 
anse, et de nombreux fragments de poteries provenant du dolmen de 
Gouetdic, situé dans l'anse de Locmiquel, commune de Baden. 

Don de M. John Hartneï. 



Digitized by VjOOQIC 



' Fragment de brique provenant de la grande muraille de la X!hine. . 
Don de M. L. Frangeul, mécanicien de marine. 

Sceau ea bronze (xv® ou X7i« siècle) de Jehenne Béguine. 

Don de M. Saluon. 

Ossements trouvés dans la station archéolitique du Mont-Dol (Ille-et- 
Vilaine). Don de M. le D^ Màuricet. 

Cachet à double face, en cuivre; peson à ressort ; description histo- 
riographique du royaume de France (1780), sorte dé jeu. 

Don de M. Salmon. 

Deux mesures pour les liquides, en étain. L'une de ces mesures 
porte, poinçonné sur le couvercle, une moucheture d'hermine, au-des- 
sous de laquelle est une hermine passante, accolée de la jarretière flot- 
tante de Bretagne (armes de Vannes)..Sur la panse est gravée, en creuy, 
l'inscription : Guy Cartron. Acquisition. 

Deux photographies représentant, l'une un menhir, l'autre les rochens 
cannelés de Kerhero, près Moustoir-ac. Don de M. Martin. 

Deux photographies du monument de Quinipily, commune de Camors. 

Don de M. de SAINTrGEORGE. 

Celtae en diorite. Don de Feu M. Taslé, père. 

Nombreux objets en bronze provenant d'une découverte faite dans un 
bois taillis, à Kerhar, en Guidel ; la nomenclature des objets trouvés 
a été donnée par M. l'abbé Euzenot, dans une lettre publiée dans la 
première partie du bulletin de 1876. Il eii est de même d'un nombre 
également important d'instrumentd renfermés dans un vase en terre 
trouvé à Kergal. 

^Tous les objets trouvés dans ces deux localités sont presque tous, 
fragmentés ou manques à la fonte ; leur inspection montre qu'ils for- 
maient Je trésor de deux fondeurs gaulois. • 

Don de M* l'abbé Euzenot. 

Le Conservateur du Musée arc?iéùlogique, 
L. DE CUSSÉ. 



Digitized by VjOOQIC 



ALLOCUTION DE M. ROSENZWEIG 



MBssunm», 

Avant de céder la présidence à l'honorable successeur que vous m'avez 
désigné) je suis appelé par l'usage à résumer devant vous rhistorique 
de notre Compagnie pendant l'année que nous, venons de traverser* 
Je dis : résumer ^ car vous n'attendez pas de moi, je pense, autre chose 
devant la multiplicité des faits dont on trouvera , d'ailleurs , le détail 
dans nos procès- verbaux et qui permettront de considérer .l'année 1876 
comme une période bien remplie de nos annales. A vous, Messieurs, 
en revient tout VUpnnenr ; car, si votre président s^est employé, dans 
la mesuré dé *s^ forces , à s'acquitter pour le mieux de ses fonctions , 
Vous avez, de votre côjté, laidement répondu aux voauac qu'il fmnait 
le jour où vous lui avez confié la direction de vos affaires. 

Ce jour-là, vous devez vous en souvenir, il vous conviait à un redou- 
blement de travail; une trentaine de mémoires, dont quelques-uns 
très-étendus, ont prouvé que vous aviez compris cet appel. Il me suffira 
de les éhumérer pour vous en faire isaisir d'un coup-d'œil l'importance 
et la variété. 

' Le mémoire de M. l'abbé Luco sur l'origine du droit de régale bientôt 
transformé en abus , ses recherches relatives à l'interprétation de 
quelques proverbes jpopulaires , ses considérations philosophiques tirées 
de la eomparaison de la vue du corps et de celle de l'esprit , enfin la 
continuation de ses patientes études historiques et biograq)hiques sur les 
paroisses de l'évêché de Vannes, ces divers travaux, qui rempliraient 
seuls, un de nos buUQtins ordibaires, peuvent vous donner une idée 
de l'application soutenue et de la fécondité de leur auteur. 

Dans le domaine de l'histoire^ j'ai encore à mentionner la commu- 
mcation dé M. Périer de LahitoUe, sur le Combat des Trente ; nous 
voulons espérer que cette eormnunication, comme il l'appelle trop 
modestement, sera suivie de plusieurs autres non moins intéressantes ; 
les sujets de notices. analogues ne manquent pas , et cette tâche n'a rien 
qui puisse l'effrayer* 

Quoique l'archéologie nous ait fourni un contingent peut-être moins 
considérable que d'habitude, nous avons à signaler cependant les fouilles 
et les découvertes de M. l'abbé Euzenot à Kergal, à Kerhar et à Triée, 
en Guidel, découvertes qui ont enrichi notre Musée ^ grâce au désinté- 



Digitized by VjOOQIC 



' T^Bsmtieni «le noire kberieux eoHëgùe^ <9loiis— encore- W^ rapjports 
appuyés de pknches de M. le IK de Glosmodeuc, sur les foiâll^ exêeutées 
par M^ Hartney dans un dolmen de la presqu'île de Locmiquel-Baden, 
et sur celles de MM. du Châiellier, dans un dolmen de Plovan (Mnistëre) ; 
le compte-rendu fait par le même auteur de sa visite dans plusieurs 
musées de l'ouest de là France ; et enfin ses réflexions pleines d'humour 
et de vérité sur la manière dont les touristes écrivent l'archéologie. 
Mentionnons de même la note de M. Miln sur les nouvelles fouilles 
qu'il a pratiquées à Carnac, au pied du mont Saint-Michel, note qui 
attend un complément promis par notre honorable correspondant; le 
plan dressé par M. de Cussé des fouilles entreprises dans la prairie 
de Saint-Symphorien , au faubourg de Vannes ; et, comme couronnement, 
cette lettre autographe de M. l'abbé Mahé, datée dé 4826, généreusement 
déposée dans nos archives par M. l'abbé Piéderrière, et où se révèle 
à chaque ligne cet amour bien connu du vénérable chanoine pour l'étude 
des antiquités du pays, 

A côté de l'histoire, de la philosophie et de l'archéologie, MM. Guyot- 
Jomard et l'abbé Kersaho ont tenu à honneur de représenter la science 
philologique, et ils l'ont fait de manière à contenter les. pi us difficiles.* 
M. Kersaho vient de mettre au jour un dictionnaire hébraïque auquel 
il travaille depuis plusieurs années , dont nous ne connaissons^ encore 
que la préfacé, mais qui , si nous en croyons dés témoignages compétents, 
est appelé, par la simplicité de sa méthode, à rendre un service inappré- 
ciable à tous ceux qnî voudront lire les textes sacrés dans leur idiome 
original. 

Sans prétendre remonter aussi haut , M. Guyot , dans son Étude 
de géographie celtique, se borne à appliquer la vieille langue des Celtes 
à la géographie universelle des Grecs et des Romains ; noms de peuples, 
noms de villes, noms de montagnes, noms de rivières, tous s'expliquent 
avec la plus grande facilité si l'on veut bien recourir aux radicaux 
celtiques ; hors de là il n'y a que confusion et obscurité. Quelque hardi 
que semble ce système, les nombreux arguments fournis par notre 
honorable collègue dans ce travail de longue haleine ont de quoi ébranler 
lies plus incrédules. J'étais de ce nombre, je l'avoue j et me demandais 
si les moyens , un peu forcés quelquefois , employés par M. Guyol pour 
sa démonstration , ne pourraient s'appliquer tout aussi bien à d'autres 
idiomes contemporains du celtique. J'aurais volontiers, pour essayer 
d^entrevoir la vérité, tenté quelques explorations sur un terrain qui ne 
manque pas d'attrait ; mais mon zèle fut considérablement refroidi par 
la lecture d'un ouvrage intitulé : Le pôle et r Equateur, et qui à pour 
auteur M. Lucien Dubois, membre de la Société de Géographie. 
Concluant à l'unité du langage à Torigine , M^ Dubois s'exprime ainsi : 
€ La tâche que é'est imposée ia pfaildogie est aussi ardue que délicate. 
£ ne «'agit 4e rka aaoins 4iue 4$ «uivre le eeurs des divers idiOmes qui, 



Digitized by VjOOQIC 



. comme das fleuves sans nombre, enserrent rhomanîtè de leur multiple 
réseau, de remonter chacun d'eux jusqu'à sa source^ d'étudier ,1qb 
rapports qui les unissent, de surprendre le secret de leurs al&nités ou 
de leurs différences, de relier ces innombrables effluents aux types 
primordiaux d'où ils dérivent, de rechercher les caractk'es communs 
de ces types eux-mêmes, et, si la chose est possible, de retrouveo* 
le mystérieux confluent d'où ces langues partirent un jour pour allor 
rayonner à la surface de la terre en mille mmeaux féconds. U s'agit, en 
un mot, d'essayer de reconstituer en Uiéorie l'unité détruite à Babel. > 
Ailleurs, j'apprenais de M. Dubois qu'il existe sur la terre 2,000 langues 
, connues, sans compter 5,000 dialectes environ. H ne me restait plus 
qu'à souhaiter de tout cœur à notre collègue, M. Guyot, d'avoir eu 
la main heureuse. Ce n'est pas d'aujourd'hui, du reste, que datent les 
, efforts des celtopbiles pour faire remonter jusqu!au Paradis terrestre 
l'existence de l'antique idiome armoricain, et M. Guyot s'est engagé dans 
cette voie en assez bonne compagnie pour ne point craindre d'y marché 
d'un pas ferme. 

Si nous passons maintenant aux sciences naturelles, nous avons 
à relever, outre la notice météorologique de M. Monteil sur les curieux 
effets d'un coup de foudre ressentis à Vannes , au mois de décembre 
dernier, les travaux entomologiques de M. W. Griffith, dont vous av^ 
déjà plus d'une fois. Messieurs, apprécié les connaissances solides et 
le zèle pour notre Société. Son catalogue des Coléoptères observés dans 
. la presqu'île armoricaine est aujourd'hui complet par suite de l'envoi 
qu'il nous a fait cette. année d'un nouveau cahier soumis, comme 
les précédents , à l'examen de la Commission des publications. Son 
mémoire sur le Sphinx Tête-de-mort est écrit avec cette finesse d^obser- 
vation et dans ce style attrayant auxquels il nous a depuis longtemps 
habitués. D'autre part, les notes échangées fort courtoisement entre M. 
Damour , membre correspondant de l'Institut , et M. de Limur, au sujet de 
la composition d'une roche de Roguédas, en Arradon, ne peuvent, venant 
de plumes a.ussi autorisées, que concourir au progrès des études géolo^ 
giques et minéralogiques dans notre département. La classification des 
minéraux et des roches a fait, en outre, l'oljget d'une communication 
particulière de M. de Limur. 

A cette longue énumération des travaux qui ont occupé nos séances 
ordinaires , il est juste de joindre ceux non moins remarquables qui ont 
défrayé notre séance solennelle du 28 mai. Honneur donc aussi 
à M. LaUemand qui n'a pas craint de se livrer à des recherches souvent 
arides pour composer un historique complet de notre Compagnie; 
à M. A. Mauricet dontle mémoire sur la Société laïque des Dames de 
charité à Vannes, au xvii® siècle, a su faire palpiter bien des cœurs 
d'une saine émotion ; à M. Le Gointre qui a retracé d'une façon pleine 
d'intérêt les émouvantes péripéties du percement de l'Isthme de Suez; 



Digitized by VjOOQIC 



-«37 - 

& M. le Dr Maurioet père qui a retrouvé dans ses souvenirs et a re- 
tracé avee tant de charme llnstoire du collège de Vannes en 1819; 
à H. Guesdon qui, dans sa Notice biographique sur Àlain*Re«6 
Le Saga, a mis en lumière bien des particularités inconnues isur <^t 
illustre écrivain breton ; enfin à M. LeOall de Kerlinou qui a su trouver, 
pour célébra les conquêtes de la science , des accents poétiques qoe Un 
eussent enviés les anciens bardes pour chanter les exploits des guerriers^ 

Ciomme conséquence naturelle de tant d'efforts, Messieurs, vous 
avez rendu un peu de vie à nos séances fréquentées par un plus ^nrand 
nombre de sociétaires ; les communications, les donations y abondent ; 
vos commissions fonctionnent avec une assiduité digne d'éloges. Mâme M 
dehors de notre champ d'activité, la Société se révèle par les succès de 
ses membres ; et, à ce titre, la médaille décernée à M. Guyot-Jomard 
par l'Académie de la Loire-Inférieure, pour son étude sur Arthur de 
Richemont,' doit être considérée comme un triomphe pour nqAis« licni^ 
reux aussi pour nous sera le jour où la proposition de notre coUègui» 
relativement à son héros pourra être réalisée I Vous avez sans doute 
appris, eomim loa^oi, avec plaisir qu'elle va recevoir prochainement un 
commencement d'exécution. 

C'est sans doute encore à l'estime générale conquise par vois jbrè^ottx, 
Messieurs, que nous avons dû cette année l'adhésion d'une quinzaine de 
membres nouveaux ; pourquoi faut-il que notre nécrologe se grossisse 
en même temps de noms regrettés ? La mort de M. Taslé a creusé dans 
nos rangs un de ces vides qu'on ne peut se flatter de combler &cilement, 
si l'on songe que notre vénéré collègue n'a 'jamais cessé pendant cin- 
quante ans de faire tourner au profit de la science en général et de la 
Société polymathique en particulier la vaste érudition qu'il avait acquise 
par un labeur opiniâtre. Je saisis cette occasion pour renouveler le vœu 
que j'exprimais naguère, de voir l'un de vous consacrer à la mémoire de 
M. Taslé une notice biographique vraiment digne de lui. 

En même temps que je vous demandais, Messieurs, au commence- 
ment de l'année dernière, plus de travaux pour alimenter nos séances , 
j'insistais, voiis vous le rappelez aussi, sur la nécessité de revenir en 
quelques points à une observation plus complète de notre règlement 
dans lequel je vous signalais, du reste, certaines lacunes. Les démarches 
entreprises pour faire reconnaître la Société comme établissement d'utilité 
publique ayant- entraîné pour ce règlement des modifications radicales, 
ime commission fut chaînée par vous de le refondre, ce à quoi elle a 
consacré un temps considérable et les soins les plus minutieux. Ce 
règlement vous a été soumis à deux reprises différentes ; vous l'avez 
sanctionné par vos votes ; il est devenu votre œuvre el, comme tel, je ne 
crains pas de vous dire qu'il me semble très satisfaisant. Je vous avais 
proposé, pour qu'il 'n'y eût ni surprise ni récrimination tardive, d'en 
faire loyalement l'essai pendant une année, avant de le livrer à l'im- 

6 



Digitized by VjOOQIC 



— 138 /-. 

presnim ; Texpérience a «u lieu ; je viens aujourd'hui véekmer moi- 
même ceite impression^ après une nouvelle révision, si vous la jugez 
nécessaire, et lorsque l'approbation de nos statuts par le Conseil d'État 
rendra cette publication possible. 

Je termine , Messieurs , quoiqu'il me testerait peut-être encore bien 
des choses à vous dire, si je voulais passer en revue tous Jes incidents 
de l'année ; je me bornerai, pour le moment , à souhaiter à mon hono- 
rable successeur une présidence un peu moins laborieuse que la mienne. 

Je serais ingrat, du reste, si je ne proclamais ici hautement, qu'en 
toutes circonstances, j'ai rencontré dans mes collègues du bureau le 
concours le plus dévoué ; si je ne reconnaissais également que, par ses 
votes de toute l'année, par ses derniers particulièrement, la Société m'a 
toujours témoigné une confiance dont je la remercie. Sans ce double 
appui, il m'eût été bien diflQcile de me maintenir dans la voie que je 
m'étais tracée dès le début, voie étroite et escarpée, mais sûre, celle du 
devoir. 

L. ROSENZWEIG. 

30 janvier 1877. 



Digitized by 



Google 



— 430 — 
LISTE DES SOCIÉTÉS SAVANTES 

AVEC LESQVELUtS 

LA SOGIÊTfi POLTHATHIQUE EST EN RELATION. 



Aime. — Société historique et archéologique , à Château-Thierry. 
AlpeS'Mariiimés. — Société des sciences naturelles et historiques 
de Cannes et de l'arrondissement de Grasse. 
— Société des lettres , sciences et arts des Âlpes- 

Maritimes , à Nice. 
Aube, — Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres, à Troyes. 
Aude. — Commission archéologique de Narbonne. 
Aveyron. — Société des lettres , sciences et arts, à Rodez. 
Basses- Pyrénées. — Société des lettres , sciences et arts de Pau. 
BoucheS'dU' Rhône. — Société de statistique, à Marseille. 
Charente. — Société archéologique et historique de la Charente. 
Charente- Inférieure. — Académie des belles-lettres, sciences et arts 

de la Rochelle. 
Cher. — Société des antiquaires du centre , Bourges. 
CôteS'du-Nord. — Société historique et archéologique des Gôtes- 
du-Nord, Saint- Brieuc. 

— Société d'émulation , à Saint-Brieuc. 

Creuse. •— Société des sciences naturelles et archéologiques, à Guéret. 
DeuX'Sèvres. — Société de statistique, sciences, lettres et arts, Niort. 
Douhs. — Société d'émulation , à Besançon. 
Eure-et-Loir. — Société dunoise, à Châteaudun. 
FirXlstère. — Société académique de Brest. 

— Société archéologique de Quimper. 
Gard. — Académie du Gard , à Nîmes. 

— Société des sciences naturelles de Nîmes. 
Gironde. — Société linnéenne de Bordeaux. 

— Société archéologique de Bordeaux. 
Haute-Garonne. — Société archéologique du Midi de laFrance, àToulouse. 

— Société d'histoire naturelle, à Toulouse. 
Haute-Loire. — Société d'agriculture, sciences, arts et commerce 

du Puy. 
Haute-Vienne. — Société archéologique et historique, à Limoges. 
Hérault. — Société d'horticulture et d'histoire naturelle de l'Hérault, 

à Montpellier. 
nie^et^Vilaine. — Société archéologique, à Rennes. 
Landes* — Société du Borda, Dax. 



Digitized by VjOOQIC 



Xoire. — Société d'agriculture et d'industrie , Samt-Étleime. 
Lotre^Tnférieure» — Société archéologique , Nantes. 

— Société académique y Nantes. 
Loiret. — Société archéologique de TOrléanais, Orléans. . 
Loir-et-Cher. — Société archéologique du yendômois, Vendôme. 

— Société des sciences et lettres du Loir-et-Cher, Blois. 

Maine^ii^toire, — Société d'agriculture, sciences et arfs, Angers. 

— Société linnéenne d'Angers. 

— Société académique d'Angers. 
Manche. — Société académique de Cherbourg. 

— Société nationale des sciences naturelles, Cherbourg. 
Marne. -^ Société d'agriculture , commerce , sciences et arts , Châlons. 

— Société dés sciences et arts de Vitry-le-Français. 
Meurthe-et-Moselle. — Société Stanislas, Nancy. 

— Société philotechnique, Pont-à-Mousson. 
Nord* — Société pour l'encouragement des sciences-arts, Dunkerque. 
Oise. — Société académique d'archéologie, sciences et arts, Beauvais. 

— Comité archéologique de Senlis. 

Rhône. — ^Société littéraire, historique et archéologique de Lyon. 
Saône-et-Loire. -^ Société d'histoire et d'archéologie, Chalon-sur- 
Saône. 
Sarthe. — Société d'agriculture , sciences et arts, Le Mans. 
Savoie. — Société d'histoire et d'archéologie, Chambéry. 
Seine. — Société médicale d'émulation, Paris. 

— Société philotechnique, Paris. 

— Société numismatique et d'archéologie , Paris. 
Seine-et-Marne. — Société d'agriculture, sciences et arts, Meaux. 
Seine-et-Oise. — Société archéologique de Rambouillet. 
Seine-Inférieure. — Commission départementale des antiquités, Rouen. 

— Société nationio havraise d'études diverses (le Havre). 
Somme. — Société des antiquaires de Picardie , Amiens. 

Var. *- Société académique, Toulon. 

— Société d'études scientifiques et archéologiques de la ville 

de Draguignan. 
Vendée. — Société d'émulation, la Roche-sur- Yon. 
Vienne. — ^ Société des antiquaires de l'Ouest , Poitiers. 
Yonne. — Société des sciences historiques et naturelles, Auxerre. 
Algérie. — Société archéologique de la province de Constantine. 
Alsace. — Société d'histoire naturelle de Colmar. 
Angleterre. — Société cambrienne (the archœological assodatioin), 

Londres. 
Ecosse. — Société des antiquaires, Edimbourg. i 

États-Unis. — Smithsonian association, Washington. 



Digitized by VjOOQIC 



— 141 — 



MEMBRES 

DE LA SOCIÉTÉ POLYliIATHIQUE DU MORBIHAN. 



ÎN 1877. 



BUREAU PENDANT L'ANNÉE 1876. 

MM. RosENZWEiG, Président. 

Mauricet fils, Vice-Président. 

Le Gall de Kerlinou, Secrétaire. 

Perrin, Trésorier. . 

Taslé père, Conservateur du Musée d'histoire naturelle. 

DE CussÉ , Conservateur du Musée archéologique. 

L'abbé Luco / Conservateur des Bibliothèques. 

HuGHET , Secrétaire-adjoint. 

Sâlmon , ) Conservateurs-adjoints du Musée d'histoire 

Marchais, ) naturelle. 

MAURicasT fils, i Conservateurs-adjoints du Musée archéolo- 

L'abbé Ghauffier y \ gique. 

Salmon , Conservateur-adjoint des Bibliothèques. 



MEMBRES TITULAIRES RÉSIDANTS. 



Mr^ BÉGEL, Évéque de Vannes. 
Vt« de Rorthays, Préfet du Morbihan. 
MuiRON, Maire de Vannes. 
Bassag, géomètre. 
Bourdonnât, Avoué. 
Bourttet-Aubertot , Propriétaire , 

Arradon. 
Bréart de Boisanger, Ingénieur en 

chef des ponts et chaussées. 
Brondel, Directeur du service des 

enfants assistés. 
BuGUSL, Notaire. 
BuRGAULT, Avocat. 
Caradeg, (Albert), Avocat, Conseiller 

général. 



Garadbg (Ambroise) , Président du 

tribunal civil. 
Ghauffier (Pabbél, pro-secrétaire de 

l'ÉvÔché. 

de Closmadeug, Docteur^médedn. 

Le Gointrb, Ingénieur de la marine 
en retraite. 

DE GussÉ, Propriétaire. 

Delandre, Directeur des Douanes, , 

Dumoulin de Paillart, Propriétaire 
à Sarzeau. 

Fontes, Directeur dePenrei^treinent . 

FouRNSL, Propriétaire. 

DE Franghevillb , (Alban) , Pro- 
priétaire. 



Digitized by 



Google 



-148- 

Le GAUi m KiRLnioU) Propriétaire. 

GiooN, Propriétaire. 

Le Gouvello, Propriétaire, château 
de Kerlevenan, Sarzeaa. 

ou Grandlaunat, Propriétaire. 

Grândpair, Juge honoraire. 

Grau, Arehitecte. 

Guesdon, Employé des ponts et chaus- 
sées. 

GutotpJomard, Commis de Tlnspec- 
lion académique. 

d'Halewtn, Propriétaire. 

HucHET, avocat. 

JoLLiVET, GonseiUer généra]. 

Lallemand, Juge de paix. 

LAiXEMENTy Vice-président du Conseil 
de préfecture. 

DE Lamarzelle (Ernest), Architecte 
de la irille de Vannes. 

Lamart, Notaire. 

DE LiMUR, Propriétaire. 

UÂhbé Luco. 

Marchais, Pharmacien. 

DE Matharel du Ghéry, Trésorier- 
payeur-général. 

MÂuAiCÉt, père, Dôct.-méd (M. F.)(l) 



Mauricet, filSf Docteur^médedn. 

L'abbé Le Mené, Chanoine titulaire. 

MoNTEiL, Prof, au collège de Vannes. 

MONTFORT, Juge. 

DE MoNTLAUR, Propriétaire. 

MoRiO^ Chimiste. 

L'Abbé Nicolas, Chanoine honoraire. 

Pavot, Chef de Division, à la préfect. 

PÉRiER DE Lahitolle , Directeur des 
prisons, départementales. 

Perrin, Pharmacien. 

PozzY, expert. 

Prulhiére, Agent-voyer en chef. 

R. P. Recteur de Técole libre Saint- 
François-Xavier. 

Reyelière, Receveur de l'enregistre- 
ment. 

Roger, Vérificateur de Fenregistrem*. 

Rosenzweig, Archiviste du dépailem^. 

Le Roy, Propriétaire. 

Salmon, Propriétaire. 

' DE Sécillon, Propriétaire. 

Taslé, ârtciëft îtotairé. 

Tessibh, ancien Préâideî^t an trâ)unal 
de com/nerce. 

Trémant, Docteur-médecin. 



MEMBRES TITULAIRES NON RÉSIDANTS. 



AuDRAN, Notaire à Quimperlè. 

Barnwel , Secrétaire général de 
TAssoc. cambç., 37, Great Queen 
streetrLincoln inn fiéldd^ Lohdon. 

Blanchard de la Brosse, Inspecteur 
deshgnes télégraphiques françaises 
de la Cochinchine, Saigon. 

DU Bouetiez de Keror<hje!!I, avocàl, 
Lorient. 

BouLÀN<«R, Ingénieur en chef, Arras. 

BouRDET, Docteiir-ittêdecifï, Sarzeati. 

BouvANT, ancien Profes., Quimperlè. 

BoYER, Commissaire de la marine en 
retraite, Lorient. 

Le Brigand, PropHétàire, Pontivy. 

DU Chastellier, Correspondant de 
l'institut à I^Dui, ert Fohi-rAbbè- 
Larpbour (Finistère). 



CoRNîLLt, avbué à Lorfenl. 

La Croix de Rochambeau^ propriét. 

rue Scribe, 7, Paris. 
Damour, membre de l'institut, rue de 

la Ferme des Mathurins, 10, Paris. 
DE t)A^NE, Propriétaire à Talhouët, 

en Pluherlin. 
M&r DuBREUiL, archevêque d'^Avignon. 
Durand de Fontmàgî^e, château de 

Fontmagne, par Gàstres, Hérault. 
L'abbé ÉUÉenot, vicaire k Guidel, par 

Gestel. 
Le Floch, Juge de paix, Plouay. 
Foulon, Docte ur^-tnédecin, Nantes. 
DE Francheville, propriétaire à Ker- 

georgette, Sarzeau*. 
Frénoy, docteur-médecin, boulevard 

Latour-Maubourg , 4^, Paris. 



(1) Membre fondateur en IdàB. 



Digitized by 



Google 



^^m^ 



Gàllbs, Intendant di'vMon., Rdnne^. 
Garnier, pro^iHétairej Sàrzeau. 
Gaultier dû Mottat, prbpilêtàirè 
' à PMfin (CÔtes-du-Nord). 
Gresst, médecin, â Garnac. 
Grifpith, Propriét.,*rue de Paris, 32, 

Rennes. 
GuiEYSSE , ancien Ingénieur hydro- 

gx^phe, ttë Littéraire, Loliént. 
GuiLLOTiN, Notaire à Gadeh. 
Halléguên, Médecin â Ghâteàulin. 
Hubert, Propriétaire à Plœmeur. 
Jan de la GillArdâIe, Inspecteur des 

contributions directes, Laval. 
JUHEL, Docteur-médecin, Rocbefort 

(Morbihan). 
DE Kerideg, Sénateur, Sainte-Hélène 

(Morbihan). 
de Kerret, Propriétaire à Bràspartz, 

(Finistère). 
L'abbé Kersaho, recteur à Locoal. 
Lallemànd , Receveur de Tenregis- 

trement à Plestin (Côtes-du-Nord). 
DE Lamarzelle, à Keralier, Sarzeau. 
G*» Languinais, à Kerguehennec, par 

Saint-Jean-Brévelay. 
Lenqlibr, Conseiller général, Pontivy. 
de Loriëre, château de Chevillé, par 

Brulon (Sarthe). 
Lorois, Député du Morbihan, Ârzal. 



Mahé, Propriétaire â Locmariaquei*. 
Méline, Principal du collège deGon- 

fblens, (Charente). 
DE LA Monneraye, Sénateur, Garo. 
DE MoNTGUiT, Propriétaire à la Gra- 

tionnaye, Malansac. 
MoNTRELAY, Notaire, Lorient. 
DE, Nadaillag y Préfet d'Indre-«t- 

Loire, Tours, i 
Pakgkougejb^ t^ropriétaire, Àrrtdon. 
Mme Perriô, à I^han, Ârradon. 
PiÉDERRiËRE (l'abbé), Curé-doyen à 

La Trinité-Porhoët 
PiRONMEAU, Procureur de la Répu^ 

blique, TArgentière (Ardèche). 
Platel de Gânges, Officier de marine, 

Loriënt. 
Pocard-Eerviler, Ingénieur attaché 

ail poi't de èàint-Nazaire. 

Raoul, Notaire, Pontscorff. 

Rellay, Propriétaire, Hennebont. 

RoPARTz, Avocat, Rennes. 

Salmon-Laubourgère , Président du 
tribunal civil, Dinan. 

THOMAS-ïilGADO , chàteau du Plessis, 

Saint-Dolay. 
DE TuAULT, Sous-Préfet, Plërmel. 

Troghu , Propriétaire^ Palais (Belle- 
Ile). 



MEMBRES HONORAIRES ET CORRESPONDANTS. 



Aimé de Soland , Président de la 
Société linéenne d'Angers. 

Augustin, Propriétaire, Quimper. 

Bara, Recteur à S.-Brieuc de Maurbn. 

DE Bonstetten, Chambellan honoraire 
de S. M. TEmpereur d'Autriche , 
à Thune (Suisse). 

DE LA Borderie, ancien Député à l'As- 
semblée nationale. 

Brongniart, Professeur au Jardin des 
Plantes, Paris. 

Delpon deVisseg, Préfet deia Dor- 
dogne. 

Delvâux, attaché àrËcole des Mines, 
Paris. 

Fougère, Conseiller de préfect.^Laon. 



Le Gal (Fulgenqe), Inspecteur d'aca- 
démie en retraite, Samt-Brieuc. 

Gaultier (l'abbé), Curé au Port-Louis. 

Df Godron, Doyen honoraire de la 
Faculté des sciences, Nancy. 

Gouézel, Conducteur des Ponts et 
Chaussées, Palais. 

Grégoire, Ingénieur, Paris. 

Le Guay, Architecte, Paris. ^ 

Mer GuiLLOUX, Archevêque d'Haïti. 

Jaquemet , Inspecteur général des 
Ponts et Chaussées, Paris. 

JouRDAN, Propriétaire , Vesoul. 

Juglard (le Df), Président de la So- 
ciété de statistique, Paris. 



Digitized by 



Google 



~ itt - 



JULISN, Receveur de renregistrement 
à Étables (Gôtes-du-Nord). 

DB Keranfeg'h ^ Propriétaire à Mûr 
(Côles-du-Nord). 

DE La:4TIVY, Receveur de l'Enregis- 
trement, Pleyben (Finistère). 

Lavise, Aide- Commissaire de marine, 
Brest. 

Le LiÈVREjEmployé des po8tes,Nantes. 

Lucas (l'abbé), Recteur de Lanouée. 

R. LuKis, membre de plusieurs so- 
ciétés savantes. 

MiLN, Membre de la Société des an- 
ticpiaires d'Ecosse. 

MoiGNO (l'abbé), Directeur du journal 
les Mondes, Paris. 

MoRiÈRE, Professeur à la Faculté des 
sciences, Gaen. 

Pavot (Alb.), Sous-Intendànt. milit., 
Quimper. 



PocARD-EERvaER, Capitaine de fré- 
gate en retraite, .Vannes. 

Power, Jeannette , membre de plu- 
sieurs sociétés savantes, Paris. 

DE Ratier de Susvalon , Rédacteur 
de YÉtincelle, Bordeaux. 

RiGOUT, Préparateur de chimie à 
l'école des Mines, Paris. 

DE Saint-Pibrrb , ancien Préfet , 
Avranches. 

Rivière, rue du Bac, 90, Paris. 

Stéphan (l'abbé), à Locoal-Mendon. 

Taslé, Julien, Président honoraire de 
chambre, à Rennes. 

Terrien (l'abbé), curé à PontscorfiP. 

Terrier de Laistre, Conseiller ho- 
noraire. Rennes. 

Verrier, Professeur de mathéma- 
tiques, Saint-Brieuc. 



■ Digitized by 



Google 



— 146 — 



BUREAU PENDANT L'ANNÉE 1877. 



MM.B(auricet, ffls, Président. 

Lallemand , Vice-Président 

Le Gall de Eerunou, Secrétaire, 
f 
PerriM; Trésorier. 

Revelière, Conservateur du Musée d'histoire natorelle. 

DE GussÉ, Conservateur du Musée archéologique. 

L*abbé Luco, Conservateur des Iffibliothëques. 

HucHET y Secrétaire-adjoint. 

Brondel, ^ Conservateurs-adjoints du Musée d'histoire 

Marchais y ) naturelle. 

Mauriget, fils, ^ Conservatenrs-adjoints du Musée archéolo- 

L'abbé Chauffier, } gique. 

Salmon, 

GUESDOM, 



I Conservateurs-adjoints des Bibliothèques. 



COMMISSIONS POUR L'ANNÉE 1877. 



Membres de la Commission du budget : 

Membres de la Commission des fouilles : 

Membres de la Commission des publications : 
Membres delà Commission' d'achats divers : 



MM. 

Lallemand. 

Bàssag. 

Pozzy. 

ROSENZWEIG. 

DU Grandlaunay. 

DE LiMUR. 
ROSENZWEIG. 

Fontes. 

DE LaHITOLLE. 
ROSENZWEIG. 
DE LaHITOLLK. 



Digitized by 



Gpogle 



Digitized by VjOOQ IC | 



TABLE DES MATIÈRES. 



PREMIER SEBIESTRE. 

Procès-verbaux i 

50e anniversairé^ de la fondation de la Société polymathique du Morbihan. 
— Séance solennelle du 28 mai 1876. 

Compte-rendu et Mémoires. — Par M. Lb Gall de Eerlinou 1 

Allocution de M. Rosenzweio, Président de la Société polymathlcjne... 5 

Historique de la Société Polymathique. — Par M. Lalleiiand 9 

Société laïque des Dames de charité à Vannes au xviie siècle. — Par 
M. le Dr A. Màuricet 24 

Note sur le percement de l'isthme de Suez. — Par M. le Gointre. 90 

Le Gollége de Vannes en 1812. Souvenirs d'un vieux collégien. — Par 
M. le Dr Jean-Joseph Mauriget 42 

INotice biographique sur Alain-René Le Sage. — Par M. Guesdon.. ... 51 

Poésie. — Par M. E. Le Gall de Eerlinou 65 

Discours de M. Rosenzweig , Président de la Société polymathique, au 
décès de M. Taslé 70 

Lettre de M. l'abbé Mahé 72 

Les Paroisses (suite). — Par M. l'abbé Luco 73 

Note sur la régale. — Par M. l'abbé Luco iOl 

Fouilles du dolmen tumulaire de Grugou , commune de Plovan (Fi- 
nistère). — Par MM. du Ghateluer père, du Ghatellier, fils et 
Dr DE Glosicadeug, en juillet 1876 105 

Dolmen du Gouëdic (Lockmikel-Baden). — Fouilles par M. John 
Harnet, 1876. — Gompte-rendu par M. le Dr de Glosicadeug 106 

Les instruments de bronze de Kerhar, en Guidel. — Par M. l'abbé 

EUZENOT • 109 

Les instruments de bronze de Kergal , en Guidel. — Par M. Tabbé 

EuZENOT • ^ • •• 110 

Les Musées archéologiques de Nantes, Angers, Tours, Poitiers, Bor- 
deaux, Niort, comparés à celui de Vannes. — Par M. le D' G. de Glos- 

MADEUG • 112 

Note sur la composition d'une roche trouvée en gisement dans la baie 
4eRoguédas (Morbihan). — Par M. A Damour 128 

Note de M. de Li^r ••.••,••••••••• ••• «•• 131 

Étude de géographie celtique suivie d'une esquisse de Théogonie celto- 
heUénique.— > Par M. A. GuTOT-JoMARDf.....**...*.*....»..*. 192 



Digitized by VjOOQIC 



II < TàBLE. 



DEUXIÈME SEMESTRE. 

Procès-verbaux i « è • o 73 

Étude de Géographie celtique (suite). Par M. Gutot-Jomard .• . . . 97 

Fouilles à Triée, en Guidel. — Par M. l'abbé Euzenot 104 

De la vue du coTps et de celle de l'esprit. — Par M. l'abbé Luco 105 

Note sur le combat des Trente. — Par M. de Lahitolle 112 

Note sur le Sphinx Tête de mort. •» Par M. W. J. Griffith • • 119 

Rapport sur les Bibliothèques • • • • • 127 

Rapport du Conservateur du Musée d'histoire naturelle 130 

Liste des objets acquis par la Société ou donnés au Musée archéologique 

pendant Tannée 1876 130 

Allocution de M. Rosenzweig en quittant le fauteuil de la présidence. » d34 

Liste des Sociétés savantes avec lesquelles' la Société polyiiiathique est 

en relation , > ^ . . 139 

Membres de la Société polymathique du Morbiban, en 1876 , . . . 141 

Bureau de l'année 1877 ....•.« ^ , » » . • • 145 



Digitized by VjOOQIC 



Digitized by VjOOQIC 




BEQUEST 
UNIVERSITY orMICHIGAN 

GENERAL LIBRARY 











itfe-*. 



— ^s. 



W 




^j 



W"^^ 



«t.". 



-*- ^-' A 



iil. 



f 1^