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Full text of "Bulletins de la Société Historique et Littéraire de Tournai"

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SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE 



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TOURNAI 

MALO ET LEVASSEUR , IMPRIMEURS DE LA SOCIATÉ. 

MARS 1860. 



THE NEV/ T^^K 
PUBLIC L!Dr,=".RY 

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ASrOR, LtNOX AND 

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BULLETIN 

DE L4 SOCIËTti 



! HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE DE TOURNAI. 

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I 



/ M 



SÉANCE DU JEUDI i MARS 4858. 

. F. Du Bus , aine, président. 
Jules Wacqubz , secrétaire. 



Le procès-verbal de la dernière séance esl lu et 
approuvé. 



CORRESPONDANCE. 



,_ H. Léopold De Yillers, secrétaire du Cercle archéologi- 
que de Mons , fait hommage à la Société d'une publication 
ayant pour titre : Inscriptions sépukhrales des églises de 
Mons, et demande si ses enTois précédents sont parvenus. 
Le secrétaire se charge de lui répondre affirmativement 
à cet égard et de le remercier au nom de la Société. 



Les ouvrages ci-après sont déposés sur le bureau. 
— De la i>art de V Académie royale de Belgique : 
i* Son Bulletin n« 1. — • 27* année, 2* série, tome 4. 
Bruxelles, Eayez, 1888 , in-8'' de 64 pages. 

BvLUrriN T. VI. 1. 



— 2 — 

S*" Annuaire de t Académie royale^ etc. 1858, ^ingt- 
quatrième année. Bruxelles^ Eay^Zy in-12 de 2^9 pag. 

— De la part de la direction : 

Journal historique et littéraire , tome XXIV. Liv. 9 , 
lOet 11, p. 417-574. 

— De. la part des auteurs : 

1** Tombeau de monseigneur Cartj érigé à Nimes , sur 
les plans de H. H. Revoil , par M. l>bbé J. Corblet. (Ex- 
trait de la Revue de fart chrétien). Paris , 1858 , in-8'* 
de 2 pp. avec planche. 

2° Delà peine du bannissement appliquée par les com- 
munes aux XIP et XII f" siècles^ in-8° de 18 pages. 

8° Inscriptions sépulchrales des églises y couvents, 
hospices et chapelles de la ville de Mons, recueillies sur 
les lieux et dans des manuscrits , par Léopold De Villers, 
attaché aux archives de l'Etat à Mons. Mons,. 1858, in-^", 
contenant 288 inscriptions. 

— De la part de la direction : 

Bulletin du bibliophile Belge. Tome XIII. (2« série, 
tome IV.) — 5" cahier. Bruxelles , Eeussner , in-8*», 
p. 27S-SS6. 

— De la part de la Société des antiquaires de 
Picardie : 

Son Bulletin. Année 1857. — N° 4. Amiens, 1857, 
p. 401-456. 

M, le vicaire-général Voisin présente le rapport dont 
il a bien votulu ^^ chai:ger sur le mémoire de M. le capi- 
taine Dejardin , sur l'ancienne tour du Burbant k Ath. 11 
se livre à ce sujet à quelques considératioi^s iniévçs^a- 

J 



— » — 

teii sut* Forigine de la vilte d'Ath et déclare adopter les 
dmelasioQS de Taiiteot. 



Le secrétaire se charge de la rédaction d'une notice 
biographique sor M. Frédéric Hentiebert, conformé- 
méht à là ré^lutidn ptise dans la séance dû S décembre 



M. Voisin donne lecture de deux notes relatives au 
jubilé de Pierre Cottrel; la première, sur le mot robtn que 
l'on trouve dans la relation dece jubilé; la seconde, sur 
les vins dont on faisait udage à Toumay ^ au XYI* siècle. 

La séance est levée. 



SËÂNGE DU JEUDI 8 AVRIL i838. 

H. F. Du Bus , aîné , président. 
M. Jules Wacouk, secrétaire. 



Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 



COERISPONDANCE. 

M. le vicaire-général YoiàtN informe ses collègues que 
ses notes sur le plan de l'ancien cloître des chanoines de 
Tournai sont préparées. Il regrette de ne pouvoir les 



— 4 — 

communiquer à la Société dans la séance de ce jour , une 
indisposition le retenant chez .lui. H ajoute qu'il fera 
cette communication à la séance prochaine. 

M. le ministre de la justice adresse à la Société, pour 
être déposé dans son médailler, un exemplaire de la mé- 
daille frappée à l'occasion de la construction d'une pri- 
son cellulaire à Hasselt. — Remerciements. 



Ouvrages panrenus au secrétariat depuis la dernière 
séance. 

. — De la part de la Société archéologique de Namur : 
P Ses Annales. Tome cinquième, S" livraison. Namur ^ 

1855 , grand in-8** de 224 pages. 
â<> Rapport sur la situation de la Société en 1857, 

grandin-8°(p. 100-106). 

— De la part de la Société royale des beaux-arts et 
de littérature de Gand. 

Ses Annales, Année 1857-1858. — 2" livraison. Gond, 
1858, in-8<' de S20 pages. 

— De la part de la Société impériale d'agriculture, 
sciences et arts de Falenciennes. 

Revue agricole^ industrielle et littéraire. — Février 
1868 , 9' année, n*" 8 (p. 205-236). Mars 1858, 9» année, 
n«»9(p. 287-287). 

— De la part de M. P. Keesten : 

Journal historique et littéraire. Tome XXIV. liv. 12. 
Liégoy 1868, in-8* (p. 678-624). 

— Delà part de M. Th. Gebrtz, professeur d'archéo- 
logie à l'université impériale de Moscou : 



Deux brochures en langue russe , iu-S*" de â4 et de 20 
pages. 

— De la part de la Société numismaHque : 

Revue de la numismatique Belge , S* série. Tome IL 
— V^ lirraison. Bruxelles ^ia-^'* de 102 pages a^ee cinq 
planches. 

— De la part de la Société Liégeoise de littérature 
wallonne : 

Rapport présenté à l'assemblée générale de cette 
société sur le concours n*" 1. Liége^ in-d*" de 10 pages. 

M. Warlomont, membre titulaire, dépose sur le bureau 
avec une lettre d'envoi du 21 mai dernier, une liste des- 
criptive et détaillée de plans gravés de la ville de Tour- 
nai, au nombre de 25, de 1612 à 1654, liste formée 
pour être communiquée à la Société , par H. le capitaine 
du génie Dejardin , membre honoraire, qui pense avec 
raison que ce travail complété , s'il y a lieu , par les autres 
membres , peut être utile en beaucoup d'occasions. H. 
Dejardin offre de flEiire suivre cette liste de celle des plans 
non imprimés dont il connaît et indique les dépôts. 

L'assemblée prend connaissance de ce travail et le re- 
met ensuite à l'un de ses membres, U. Bozière, qui veut 
bien se charger de l'examiner et de le compléter , s'il est 
possible. 

M. Warlomont remet au secrétaire le manuscrit qu'il 
vient de terminer d'une table alphabétique pour le tome 
V des Bulletins de la Société, poussée jusqu'à la 4S* 
forme inclusivement et qui devra être terminée d'après 
ce qui pourra être ajouté à ce volume , les imprimeurs 



— 6 — 

n ayant livré pour composer ce travail que des épreuves 
des formes 85 à 43. (Les précédentes avaient été distri-^ 
buées antérieurement). 

Le même membre annonce qu'il a commencé et qu'il 
continuera à faire, d'après les 5 premiers \olumes deâ 
Buileims , le dépouillement des livres , brochures , pu- 
blications , composant la bibliothèque de la Société , et 
qu'il se propose de rapprocher ultérieurement du matériel 
qui la compose, a&n d'en constater l'existence ou le man- 
quant. 

11 réclame ensuite l'exécution de la résolution prise 
dans la séance du 5 juin 1856 et qui prescrit la publi- 
cation des Bulletins de la Société par cahiers mensuels , 
dans le mois qui suit la séance \ et par suite l'impression 
et la très-prochaine distribution des dernières formes de 
ces bulletins, à partir de la S5^, vol. 5, objet arriéré de 
plus d*un an (5 mars 1857). 

L'assemblée émet le vœu qu'à l'avenir il y ait distribu- 
tion chaque fois qu'une forme sera livrée par l'éditeur 
pour éviter de pateils arriérés. 

La parole est donnée au secrétaire qui &it tecture 
de la notice biographique suivante sur M. Frédéric 
Hennebert. 



Messieurs , 

Je n ai pas eu l'honneur de connaître l'homme distingué qui fut pen- 
dant plQs de onze ans votre secrétaire, et j'ai dû empranter les détails 
bfotgraphlqnes qoe je vais tous présenter dans cette courte notice, an 



-^ 7 — 

remarquable discours qu'a prononcé sur sa tombe si brusqoemeiit 
ouverte l'honorable M. Moguez, son collègue et son ami. 

M. Jean-Baptiste-Joseph-Frédéric Hennebert naquit ^ Crèveeosar 
(département de l'Oise), le 25 mars 1800. Après avoir faitde brillintet 
études au collège de Beanvais , il se disposait à suivre la carrière 
médicale lorsque la mort de son père vint subitement changer ses 
plans d'avenir et lui fit prendre une autre résolution. Il n'avait que 
vingt ans, lorsque ce douloureux événement le frappa. Une famille 
puissante de Tournai prit en affection le jeune orphelin , lui domm 
sa protection et son appui ; il vint se fixer dans notre ville en qualité 
de secrétaire de M. le baron Lefebvre. Son mérite le fit bientôt remar> 
quer, et i| ne tarda pas à être l'objet de plusieurs distinctions honori- 
fiques. C'est ainsi qu'en 1828 , il fut nommé secrétaire de Ja commis- 
sion locale des monuments dont faisaient partie MM. Cuvelier, Hen- 
nequin, Piat, Piat Lefebvre , Henard et Paul Dumortier ; il rédigea 
l'important rapport que cette commission remit au conseil de régence 
de cette ville. 

Deux ans après, il fut appelé à remplir la même fonction près de 
la junte d'industrie et de secours qui fut établie à Tournai dans des 
circonstances délicates et destinée à rendre au commerce de notre 
cité d'importants services. 

Dans le courant du mois de juillet 1829, il eut l'honneur de rempla- 
cer M. Gacbart dans les fonctions d'archiviste de la ville et sut , à force 
de persévérance et de travail , apporter la lumière dans le cahos oh se 
trouvaient confondus les matériaux les plus précieux de notre his- 
toire. Grâce à ses soins ^ plusieurs classements s'opérèrent ; entr'au- 
très , celui des pièces de comptabilité et celui des actes d'intérêts 
privés, depuis le 12* siècle jusqu'au 18', et rinventaire des Chartres 
fut dressé. 

En 1835, M. Hennebert fut nommé professeur de l'athénée rojal 
de Toornai oh il donna jusqu'à la veille du jour de sa mort le cours 
supérieur de français. 

Ses nombreuses occupations ne l'empêchèrent pas de se livrer avec 
ardeur à l'étude des sciences historiques et des belles- lettres pour 
lesquelles il se sentit , dès son extrême jeunesse , un goût marqué. 
Sa plume féconde a laissé de nombreuses et intéressantes publica- 
tions qui ne permettront pas k l'oubli de s'emparer de sa mémoire. 

Etranger de naissance , il devint Tournaisien de cœur. Il prit un 
soin tout particulier & enrichir l'histoire de notre antique cité; ses 



— 8 - 

longues el mioaUeases recherches dotèrent nos annales de docoments 
précieux qoe la poussière couvrait depuis des siècles. Parmi les ou- 
Yrages importants dont il fut l'auteur, brille en première ligne son 
Essai historicfhphilologique sur le nom de Tournai par Timpression 
duquel vous avez ouvert la série de vos mémoires. 

Je ne crois pouvoir mieux terminer cette notice incomplète qu'en 
rappelant tons les titres qu'avait l'honnorable défunt à la gratitude 
de la Société historique et littéraire dont il fut l'un des principaux 
soutiens, l'un des plus zélés fondateurs. 

Depuis le cinq mars 1846, Jour de votre première séance Jusqu'au 
26 novembre 1857, jour où la mort le frappa d'une manière aussi 
imprévue que cruelle , M. Frédéric Hennebert exerça parmi vous les 
fonctions de secrétaire, et vous avez pu apprécier avec quel soin, avec 
quelle exactitude il a rempli la tâche honorable que vous lui aviez 
confiée. Rarement , très-rarement il manqua aux séances : Les Bulle- 
tins dt la Société en font foi. 

Voici , messieurs . rénumération des publications que l'on^doit à 
M. Hennebert : 

Cours élémentaire de prononciation, de lecture à Itaute voix et de 
récitation. Cet ouvrage a eu six éditions. La première a été imprimée 
chez M. Renard-Dosson en 1354; la dernière, considérablement aug- 
mentée, chez M. Casterman en 1856. C'est un volume in-12 de 351 pp. 

Kotice biographique et littéraire sur H. Delmotte avec fac-similé 
et un portrait dessiné par Madou. Mons. Hoyois-Dereiy, 1836, in-S*" 
de 44 pp. 

Ritmes et refrains toumésiens, poésies couronnées par le puy 
d'escolede rhétorique de Tournay, — (1477-1491). Jlf on* ,;Hoyois- 
Derely, 1837 , vol. in-8* de XX et 160 pages. 

Description de Ventrée d: Henri VIII, roi d'Angleterre à Tournay. 
Gand, Hebbelynck, 1837, io-8», 7 pp. 

Èphémérides tournaisiennes. — Dix livraisons. 

Une lettre de Jeanne d*Arc aux Tournaisiens, 1429. Gand, 1838, 
in-8% 12 pp. {Messager des sciences et des arU), 

Notice sur Vaibhé Jos,'Byp. Du Vivier, ancien secrétaire du car- 
dinal-archevêque de Malines, chanoine et archidiacre de Tournai, 
vicaire-général du diocèse, etc., ornée d'un portrait, in-8» de 21 
pages. — (Extrait du Messager des scienceslet des arU, mars, 1840). 



— 9 — 



^ Notice sur la vie et les ouvrages de H. DeltnoHe , â* édition revue 

^ et augmentée. Mons » Hoyois , i843 » in-8% XIX PP. r 

Il Histoire de Belgique 2i l'usage des maisons d'éducation, vol. in- 18 

de YIIl et 299 pages. Tournai, Gasterman, 1843. 
Q Manuel du langage figuré d'après Dumai^sais, Pontanier, J.-V. 

e Leclercq. etc., à l'usage des classes supérieures de langue française. 

i Touma», A. Janssens,in-8% 1844. 

Le Bibliologue de la Belgique et du nord de la France , journal 
\ publié par Fréd. Henneberi a?ee la coopération de plusieurs biblio- 

graphes. — Tournai, rue Sl-Piat. n* 8. — Il n'a été publié qu'un 
vol. {\9^). 

Archives toumaisiennes historiqties et littéraires. Recueil con- 
cernant Tournai et le'Tournaisîs. Tournai, 1844, vol. in-8" de 250 
pages. 

Exereiees élémentaires principalement appliqués à l'abrégé de ia 
nouvelle grammaire de Noël et Cbapsal. in-12 de lY et 84 pp. 
Tournai, J. Gasterman, 1845. 

Notice sur Voetroi communal de la viUe de Tournai avant l'occu- 
pation française. BruxeUes, Em. Devroye et G* , 1846 , grand in-8* 
de 74 pp. 

Bibliographie tournaisienne. — Des premières productions de la 
presse ^ Tournai, in-8* de B pp. Société historique et littéraire de 
Tournai. 

Essai historieo- philologique sur le nom de Tournai. — Société 
historique etllttéraire« 1848. 

Annuaire de V enseignement moyen publié sous le patronage du 
congrès professoral de Belgique. — T' année, in-i8 de 176 pp. 
Bruxelles, Rayez, 1849. 

Notice biographique sur Gharles-Hen ri- Joseph De Basse, maire de 
Tournai, in-8<* de 17 pp. avec portrait. — Société historique et litté- 
raire, 1852. 

Mélanges pour servir à l'histoire des hommes et des choses de 
Tournai et du Tournaisis. Tournai, 1853, in-8« de 93 pp. 

Kalendrierdes guerres de Tournai (1477-1479). par Jehan Nioolay. 
2 vol. in-8«. — Société historique et littéraire de Tournai. 

BULLETIN T. YI. 2. 



— 10 — 

Mémoires d'Esehevins de Toumay, coDienantles actes les plus 
signalés des consaulx ,* les senleiteces et jagemeuts plus Doubles de 
rEsclievIiiiige de ladite ville par Philippe de Hurget, a?ec notes. — 
Société historique et lluéraire de Tournai, 1855, in-8» de r>94pp. 

Uq bibliophile tournaisien à la fin du XY- siècle (U07). - 1856, 
ln-8'> Je 32 pp. — Société historique et littéraire deTonrnai. 

Guerre à VY, Essai bistorico-philologique sur le nom de Tournai. 
— Tournai, Bfalo et Levasseur , 1856, in-S**. 

BMetin des ioeiétés,seu>antes et littérairei de B^gique. — Publi- 
cation mensuelle. Année 1855. Tournai, Malo et Levasseor, ithS* de 
191 pp. 

M. Hennebert est encore l'auteur d'une notice biographique sur ' 
, M, le général Deleplanque, et il rédigea le Moniteur de Venseignement 
depuis 1851-1857. 

La séance est levée. 



SÉANCE DU JEUDI 8 MAI 1858. 

M. F. De Bus, Siiné , président. 
H. Jules Wacquisz, secrétaire. 



11 est donné lecture du procès-yerbal de la séance du 
mois dernier. La rédaction en est approuvée. 

Les ouvrages ci-après parvenus à la Société depuis la 
dernière séance sont déposés sur le bureau. 

— De la part de la Société des Antiquaires de Picar- 
die : 

Son Bulletin. Année 1858, n^» 1. Amiens ^ 1858, 
p. 459-492. 



- 11 — 

— De la pari de la SocUié d'émulaiiim de Liège : 
Sou Annuaire \youT Tannée 1858. Liéffe. Carmanne, 

1858,in-13de298pp. 

— De la part de la Société des Antiquaires de la 
Merinie : 

Son Bulletin historique. Sixième année. 23* et 24" 
livraison. Sain^Omer. Fteury-Lemmre , 1857, in-S"*, 
p. 361-453. — Septième année. 25*" livraison, p. 453- 
498. 

' De la part de H. Ulysse Capitaiiib : 

Pasquée critique et calotenne sot les affaires de 
l'medicenne. Poème en idiome liégeois. Visé. Mathi et 
Bourgeois, in-8'*, de 50 pp. 

— De la part de la Société impériale ^agriculture , 
sciences et arts de Falenciennes : 

Revue agricole, industrielle et littéraire. Neuvième 
année 9 jV 7. Janvier 1858, p. 183-204. 

— De la part de Y Académie royale de Belgique: 

1** Son Bulletin, tl" année, 2" série, t. 4, n** 2, pages 
65-222. Id. 27« année, 2« série, t. 4, n<> 3, p. 223-278. 

Ce dernier numéro contient p. 250-264 une relation 
de la T' croisade de Saint Louis par Guibert de Tour- 
nay , dont une copie a été autrefois conservée à Tabbaye 
de Saint-Hartiu. Guibert de Tournay , d'après H. Kcr- 
vyn de Lettenhove auteur de cette notice, fut attaché 
comme chapelain ou comme lecteur au roi de France. 

2"* Compte rendu des séances de la commission royale 
d'histoire ou recueil de ses Bulletins. Deuxième série. — 
Tome dixième, 2'' bulletin. Bruxelles^ Hayei, p. 197-455. 



— la — 

Monsieur le comte de Ncdomc^bl. donne connaissance 
à la Société. d'une lettre de M. Tabbé Cochet, inspecteur 
des monuments historiques du département de la Seine- 
Inférieure, et membre de plusieurs sociétés savantes, par 
laquelle il l'informe qu'il a le projet de rectifier certaines 
appréciations erronées des objets renfermés dans le tom- 
beau de Childéric , découvert à Tournai , en 1658. 

M. l'abbé Cochet est auteur d'un ouvrage scientifique 
intitulé : Sépultures gauloises^ romaines, franques et 
normandes. Il s'exprime (p. 270) de la manière suivante, 
au sujet d'une pièce trouvée dans le tombeau de Childéric : 

a La pièce à laquelle nous faisons atlusioa nous a été conservée 
» par ChiUet, historien principal de la grande découverte de Tournai. 
» Malheureusement, le digne écrivain ne l'a vue qu'en morceaux 
» tirés au hasard des déblais de la royale sépulture qui fut pillée avec 
» tant de précipitation. De cette. pièce entière, fragile et délicate, il 
» A'était resté sans doute entre les mains des amateurs que les deux 
» extrémités, ou du moins elles seules ont été représentées parle 
» laborieux médecin d'Anvers. Ainsi isolés , ainsi disjoints et défigu- 
» rés, il n'est pas étonnant que ces deux fragments soient devenus 
» un mystère. Aussi Ghiflet ne les comprenant nullement cherchait 
» à leur donner une destination quelconque; il les prit pour un orne- 
ment de cheval et les accouplant à sa manière , il les désigna dans 
» son livre sous le titre de « Phalerœ régit equi, » En voyant de quelle 
» façon les arrangeait le bon archéologue anversois , son erreur se 
» comprend et s'excuse. Ces deux pièces étranges pouvaient tout aussi 
M bien à ses yeux s'adapter à un cheval que les boutons et les fibules 
» dont il graliûe le bucéphale mérovingien. 

» À présent , pareille erreur n'est pins possible , et la découverte 
d'Envermen la rendrait inexcusable. Aussi , nous le disons hardi- 
» meni : Childéric eut un fermoir de bourse composé de verroteries 
» rouges, cloisonnées d'or et offrant à chaque extrémité une tête 
» d'oiseau avec le cou , les yeux et les narines. Ceci paraîtra évi- 
» dent , ce me semble , si l'on veut rétablir et remettre à leur place 
naturelle les deux objets déplacés par Ghiflet. Nous ne craignons 
» pas d'affirmer qu'il n'y manque, pour compléter l'œuvre primitive, 
» que la portion du milieu oîi se trouvait la boucle destinée à agrafer 
» la lanière de la bourse. 



— 18 — 

» Maintenant , sans tenir compte du fermoir, pent-oo prouver que 
» Childéric avait une lx>urse? Oui . certes, cela était possible et elle 
» était môme fort bien garnie , puisqu'elle contenait 100 pièces d'or , 
n en dehors des 200 pièces d'argent que renfermait son tombeau. 
» D'après les propres expressions de Ghiflet , on doit conclure qu'elle 
» .était de cuir , dont les restes pourris se j^ecennaisaeni encore 
n nex altUo putrù » Elle était même si grosse et si bosselée qu'elle 
» fut comparée par les témoins de la découverte à une boule ou k un 
j» nid très-arrondi <c nidu$ rotondior, » On comprend, en effet, qu'une 
» si grande quantité de pièces devait former une assez jolie boule 
» dans le terrain. Montfaucon qui, du reste, n'est que le traducteur de 
» ChlOet, résume très-clairement la découverte qui nous Intéresse • 
» quand II dit que « l'on trouva sur le roi une espèce de nid pourri 
» oh il y avait plus de f 00 oionnales ou médailles d'or. » 

j» Il y a plus, Chiflet en était si peu réduit aux conjectures du ^aqjet 
» de cette bourse qu'il ponnut même la place qu'elle occupait sur le 
» mort, et cela en s'entouraiit de témoignages et de renseignements 
» positifs. Son fils, Jean Chiflet, chanoine de Tournai , avait recueilli 
» de la bouche même de Gilles Pâte ou Pâté, doyen de la collégiale 
» de Saint-Brice, oii la découverte avait eu Heu, l'attestation positive 
» que ce fut lui qui toucha le premier aux monnaies d'or de Childéric. 
» il les ramassa , dit-il , presque sous le sein du roi : « quasi in 
» gremio régis » et comme réunies toutes ensemble dans une bourse 
» « et in marsupio putri eoaeervatœ, » Cette déclaration si nette et 
» si catégorique, ajoute Ghiflet, me fait croire que ces pièces devaient 
» être contenues dans une bourse suspendue ^ la ceinture du prince, 
» selon l'usage des anciens « in erumenà.., quapiam è zona régis 
» pependisse ex antiqtM more, » « Suétone , continue le bon anti- 
» quaire flamand, dit en parlant de Vitellius, qu'il se ceignit d'une 
» ceinture remplie de pièces d'or, et Pescennins Niger , prêt à se met- 
» tre en campagne, défendit à ses soldats de charger leurs ceintures de 
» pièces d'or et d'argent. » 

De ce qui précède , M. Cochet tire cette conclusion que «r les 
» deux objets en verroterie rouge, cloisonnés d'or, trouvés dans la 
» tombe de Childéric , reproduits par Chiflet et considérés par lui 
» comme un ornement de cheval , sont les deux extrémités d'un fer- 
» moir de sac , bourse ou aumonière. » 



— U "- 

M. l'abbé Cochet demande ri l'on peut lai procurer, à 
défaut de l'original, un moule exact de l'agrafe du man- 
teau royal actuellement dans le trésor de Saînt-Brice el 
le tome II des Mémaireê de la Société. Sur l'avis de 
M. le prérident , la Société promet de satisfaire le savant 
Correspondant. 

H. le vicaire-général Voisin communique à l'assemblée 
les notes et explications qu*il a rédigées pour rintelli- 
gencedu plan du cloître des chanoines de Tournai. Ce 
travail prendra place dans les Mémoires de la Société. 

H. Louis Du MoiTin fait observer que la Bretèque, 
dont il est question dans ces notes, était , dans le dernier 
siëcïe , ritué au coin de la rue des Orfebvres , du côté du 
beffroi et H. le prérident Du Bus , que le texte cité du 
eartubire des rentes des pauvres de la paroisse Notre- 
Dame où il est parlé de trois maisons situées entre la 
Bretèque et le Châtelet , peut s'entendre du môme côté 
de la rue. 

M* le chanoine Voisin répond qu a la vérité la Bretè- 
que était bien dans les derniers temps située du côté du 
beffroi, mais qu'elle était anciennement du côté opposé; 
que le texte du cartulaire de Notre-Dame ne peut pas 
être interprété, comme le suppose M. le président, parce 
qu'il n'y avait dans la rue des Orfebvres^ au rang qui se 
trouve du côté du beffroi, qu'une seule maison dont les 
dépendances allaient jusqu'aux bâtiments de l'évèché. 



La séance est levée. 



15 



SÉANCE DU JEUDI 10 JUIN 1858. 



M. F. Do Bus , atné, président. 
M. Jules WAGQ0B1^, secrétaire. 



Leeture esl donnée da procès-verbal de la séanee de 
mai. La rédaction en est approuvée. 



Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau : 

— De la part de Y Académie royale de Belgique : 

l"* Son Bulletin u"* 4. — 27° année, â"" série, tome 4. 
Bruxelles^ Hayez^ 18ô8, in<8% pages 279-362. 

— De la part de la Société impériale d'agriculture, 
sciences et arts de Valenciennes ; 

— Revue agricole , industrielle et /t/toVaiVe. Neuvième 
année. IVM 1 , mai 1858 , p. 317-348. 

— De la part de M. Léopold Devillkbs attaché aux ar- 
chives de rÉtat à Mons : 

Ia procession de Mons^ notice historique. Mons, Mas- 
quitter etLamir , 1858 , in-8° de 50 pp. 

— La Société a reçu en outre une brochure contenant 
invitation à un Congrès scientifique qui s'ouvrira à 
Auxerre , le jeudi 2 septembre 1858. 



— 16 — 

Sur la proposition de M. Warlooiout, M. Léopold 
Devillers , secrétaire du Cercle archéologique de Hons , 
qui a déjà fait hommage de plusieurs de ses publications 
à la Société , en est nommé membre corresiioudant. 

M. Longueville , curé de Saint-Maur , M. Voisin , curé 
de JoUain-Merlin el M. Bossut , curé de Guignies , sont 
nommés membres honoraires. 

Ils recevront le diplôme attaché à ce titre. 



La Société décide l'échange de ses publications avec 
celles du Cercle archéologique de Hons , sur la proposi- 
tion du même membre* 



H. le vicaire-général Voisin montre à ses collègues une 
planche représentant les' armes de l'ancien Chapitre , 
reproduites avec la façade actuelle de la cathédrale. Il est 
convenu qu'à l'occasion on pourra la faire figurer soit 
dans les Bulletins , soit dans les Mémoires de la Société. 

M. Voisin communique ensuite à l'assemblée la note 
suivante : 

c Si l'on était bien convaincu que les noms perpétuent 
souvent le souvenir des choses, on ne verrait pas avec in- 
différence les changements ridicules qu'on a fait subir en 
cette villeàun grand nombre de noms de rues. J'ai com- 
muniqué déjà à la Société une première note sur \^ Sainte 
Fontaine, qui a donné ici anciennement son nom à une 
rue et à une porte , et en tâchant de déterminer le lieu 
où se trouvait cette source , j'ai exprimé le vœu de ne 
plus entendre parler à Tournai des sept fontaines , ex- 
pression qui n'a d'autre origine que l'ignorance. Je viens 



— 17 — 



aujourd'hui dans le même but mettre sous vos yeux un 
passage d'un manuscrit du XIII** siècle, qui indique avec 
plus de précision que le texte que j'ai précédemment fait 
connaître ^ où était la Samte Fontaine qu'on semble vou- 
loir vouer à l'oubli. 

u Voici ce que j'ai extrait du carlulaire B : 
In campis propè fontem qui Dans les champs , près de la 
vocatur SaitUB Fontaine» soarce qa^on appelle la StùnU 

Fontaine, 

« Hors la porte Del Sainte 
Fontaine^ près de la fontaine 
même, commence un sentier qui, 
du fossé où est la source, entre 
les chemins de Froyennes et de 
Courtray, se dirige, à travers 
champs, droit sur Maire. 

Entre ce sentier cl le chemin 
de Froyennes, qui est sur la par- 
tie la plus élevée, il y a neuf Jar- 
dins qui ne forment pas un seul 
bloc, mais qui sont divisés et 
dent on paie, fJecens el de rente 
ce qui a été annoté ailleurs. Ces 
jardins commencent près dudit 
fossé et l'un d'eux sépare cefossé 
du chemin. » 



« Extra portam del Sainte Fon- 
utite ^pè diètum fimtenl indiilt 
qinedam semita quse de fossnto in 
qooest fons inler pirios (1) froSa- 
nensem etcurtrasensem percam- 
posdirecte dirigitur versus Maire, 
Inter quam semitam et pirium 
froïanensemqui estsuperius sont 
novem orU non simul jacentes in 
uno frusto , sed divisim de quibus 
solvituf census et redditus prout 
alîhi Botatur^ et incipiunt propô 
diocom fossatnm ita quod solun 
unus ortus dividit piriuiu à fos- 
sato. » 



La séance est levée. 



(1> PiRius- en vieux français Pire, chemin ferré. Voir Ducangç, 
verbo PiriuSr Ne serait-ce pas un chemin chargé de mâchefer ? 

BULLETIN T. VI. 3. 



— 18 — 



SÉANCE DU JEUDI 1« JUILLET 1858. 



M. F. Du Bus, klné jprésidmL 
M. Jules WACQun , secrétaire. 



Le procèa-^irerbal de la séance du mois de juin est 
lu et adopté. 



COBBSSPONDANCB. 

H. WiLBSBT , secrétaire général du congrès archéologi- 
que de Cambrai, informe la Société qu'il a été accordé une 
réduction de moitié prix pour le voyage en chemin de 
fer aux membres de la Société d'archéologie qui doivent 
dans le courant du mois de juillet assister au congrès de 
Cambrai. 



M. MARTiti, annonce qu'il adresse à la Société par l'en- 
tremise de M. le ministre de finstruetion publique, le 
A"" volume de la 2* série des Mémoires de la Société im- 
périale d'agriculture , sciences et arts de Douai , dont il 
est le président. 

Les publications reçues depuis la dernière séance sont 
déposées sur le bureau. Ce sont les suivantes : 
— Delà part de Monsieur le ministre de tAitérièur : 



— m— 

1"* Der Ifaiuren bheme van Jacob Van Maertantj 
poème flamand, gr. m-8'' de 489 pages. Bruxelles , 
Hojfezy 1857. 

2** Rymbybel van Jacob Van Maerlanij poème fla- 
mand, gr. in-8 de 595 pages. Bruxelles, Bayez j 1858. 

— De la part de V Académie royale de Belgique : 

i* Son Bulletin j n* 5. — S9« année , 3" série , tome 4. 
Bruxelles, ttayez^ 1858,iu-8% p. 866-525. 

2"* Compte rendu des séances de la commission royale 
d'histoire , ou recueil de ses bulletins. Ueuiième série. 
Tome onzième, i*'*^ Bulletin. «^ Bruxelles^ Hayez^ 1858, 
iu-8<* de 108 pp. 

— - De la part de VaiUeur ; 

Bapport sur la méthode de lecture de M. Edouard 
Paris, par H. J. Gamier , conservateur de la bibliothè- 
que d'Amiens. Amiens, Serment, 1858, in-S'^de 23 pp. 

M. Wailomoiit présente des planebes de sceaux, dont 
il est iait mention dans le premier volume des mémoires. 
Elles ont été tirées mais n'ont jamais été insérées. — Il est 
convenu qu*on les fera figurer dans le volume des Bulle^ 
tins qni est en cours de publication. 

n est donné communication d'une lettre de M. BontaB 
qui regrette de ne pouvoir assister aux séances par suite 
du mauvais état de sa sauté. Il s'est occupé du travail qui 
lui a été confié sur les plans de Tournai, et le soumettra 
prochainement à ses collègues. Il se livre en ce moment 
à d'activés recherches pour la rédaction d'un nobiliaire 
de Tournai, travail très-intéressant au point de vue de 
l'histoire locale et qui pourra utilement prendre place 
dans les mémoires de la Société : 



— Jo- 
li, le vieaire g€néi%I Voisin eoiiiiii«tBk|ii« à k Soeiété 
la notice suWante : 

DESCRIPTION DES VITRAUX 

DE LA CHAPELLE DE NOTRE DAME PUBIANDE A U CAT^t^WALE 
DE TOURNAY. 

Légende de la Sainte Vierge. 

Après avoir restitué aux grandes fenêtres du haut 
ebœur dç la Cathédrale de Tournay, des verrière^ dans 
le style de celles qui prnaient autrefois cette partie de 
l'édifice , la Commission des travaux , grâce aux libérali- 
tés du duc de Brabant et de deux généreuses familles^ 
vient de faire placer , dans la chapeUe de N .-D. Flaman- 
de , des vitraux de la même époque, mais cependant bien 
différents. A;la partie supérieure de Téglise il fallait de 
grandes figures , et on y a représenté le Sauveur , la 
Sainte Vierge , les apôtres , les saints docteurs , les saints 
qui ont évangélisé nos contrées et les saints évêques qui 
liront succédé. L'ensemble rappelle aux fidèles l'histoire 
générale du christianisme , et en particulier l'agiogra- 
phie du diocèse de Tournay. Dans les fenêtres plus rap- 
prochées de la vue du spectateur , on reprend les mêmes 
sujets, le même thème, mais d'une manière beaucoup 
plus intéressante. Ce ne sont plus de simples figures <|ue 
nous ne reconnaissons qu'à leurs emblèmes ou par le 
nom placé au-dessous , qui nous apprend ce qu'a voulu 
représenter le peintre verrier , mais ce sont des seènes 
figurées dans une infinité de petits tableaux : c'est la vie 
de N.-S. , de la Sainte Vierge , des saints , et parlieuliè- 
rement de ceux qui sont honorés d'un culte spécial dans 
le diocèse. On reproduit dans ces verrières les légendes 
religieuses , qui sont pour le peuple un enseignement 



— îl — 

pernaveiit el d'atilant pins effieoee qu'U lui «•! cbnuié 
ayee plus de simplicité el pktô d^a^ëmeui. 

L'œuvre des vitraux légendaires est eomnieacée ; oii 
peut d^smainlenanl juger comment elle devra être com- 
plétée. La ehapelle de N.-D. Flamande présente dans ses 
trois verrières trente-six sujets qui rappellent les princi- 
pales eireonstances de la vie de la Sainte Vierge. 

Avant de donner qudques explication^' sur ces pein- 
tures , je crois devoir répondre h quelques critiques dont 
cUeà ont été Tobjet. 

On trouve les mosaïques du XIIP siècle admirables, 
mais pour les sujets, on voudrait les voir peints dans le 
style du XV el du XVP siècle; on désirerait |dus 
d'exactitude dans te dessin et plus de i>erspective dans 
les médaillons. Pourquoi ^ dit-on , imiter servilement le 
XIIï* siècle? Ne peut-on pas, en conservant les formes 
de l'ornementation qui lui sont particulières , leur appli- 
quer les perfectionnements de la peinture ei profiter 
ainsi des progrès si sensibles de cet art , en imitant les 
chefs-d'œuvre que nous a laissés l'époque des Van Eyke, 
des Hemmeling, des Albert Durer, etc? Ce raisonnement 
serait sans réplique « si dans la peinture sur verre -du 
XIIP siècle on pouvait se borner à considérer isolément 
chaque tableau , ou même chaque verrière; mais il n'en 
est point ainsi. 

Le peintre verrier au XIP, au XlIP et au XIV" siècle, 
cherchait toujours avant tout à identifier son travail avec 
celui de l'architecte , auquel il ne voulait que venir en 
aide , pour faire mieux ressortir les formes , les pro|)or- 
tions , la symétrie de l'édifice. On le voit , en exerçant 
son art, suivre toujours les progrès de l'architecture et 
n'avoir d'autre but que de mettre celle-ci eu relief. C'est 
ainsi qu'au XII"* siècle , dans les grandes baies romanes, 



— M — 

il ne phce qu'une figure aux eouleon foncées, qu'il en- 
toure d'une large bordure ; au XUI" lorsqu'apparainent 
les meneaux qui partagent les fenêtres en plusieurs com- 
partiments, il relréeît sa bordure et met plus de légb- 
reté dans son dessin ; et au XIY"* lorsqu'on multiplie les 
meneaux et que les compartiments Ûbres deviennent 
beaucoup plus petits , il supprime tout à fait la bordure 
et rapetisse considérablement les figures qui n'occupent 
plus que le bas des fenêtres. 

Au Xy"", au XVP et au XVII* siècle ce concert 
n'existe pins. La peintureet rarcfaitecture ont cessé d'être 
deux sœurs , elles sont devenues des rivales. Le peintre 
verrier s'empare des espaces qu'on lui a laissés pour 
exercer son art et il y étale ses tableaux sans souci aucun 
des formes arcbitectoniques des fenêtres. 

Dans le style légendaire du XHP siècle , le peintre 
verrier ne voulait que produire un efiet général de mosaï- 
que, et pour l'obtenir il devait donner aux médaillons 
les mêmes tons qu'aux parties découpées. Ce qui prouve 
à l'évidence qu'il en était ainsi ^ c'est qu'en beaucoup 
d'édifices, et notamment à la sainte chapelle à Paris, on 
a, dans un bon nombre de verrières, représenté des 
scènes historiques non-seulement dans les médaillons , 
mais au-dessus et au-dessous, de manière qu'il n'y a 
dans les fenêtres de ce genre , de mosaïques propre- 
ment dites que dans les bordures. 

Cette question a été mûrement étudiée par H. Gapron- 
nier , qui , excellant tout particulièrement dans la pein- 
ture du XV° et du XVP siècle, comme il nous en a 
donné des preuves dans la restauration des quatorze 
verrières du transept, aurait bien voulu modifier, s'il 
eût été possible , dans le sens de nos critiques , la ma- 
nière de peindre du XIIP siècle. Il a même, dans ce but, 



— M — 

&it deux panneaux d'essai , dans lesquek il a dessiné ses 
personnages avee plus d'exactitude et de proportion et 
ménagé des effets de perspective* Ces panneaux, il ne 
s'est pas eontenlé de les juger lui-même , il les a montrés 
aux principaux artistes du pays en demandant leur arô. 
On iroit que M. Gapronnier n'a rien négligé pour s'éclai- 
rer, qu'il est avant tout dévoué k son art et qu'il ne recule 
devant aucun sacrifice pour le faire progresser : £h bien ! 
tous ont porté le même jugement, tous se sont montrés 
convaincus que la peinture du XIU'' siêde , pour conser- 
ver son cachet, ses effets, sa beauté surtout, dans un 
édifice comme la cathédrale de Toumay, n'était suscep- 
tible d'aucun changement ^ d'aucune modification. 

DiaW Bl PglOy DBS iTKUULinK. 

PREMIÈRE FENÊTRE. 

Cette verrière a été donnée par M. le comte De Lannoy, 
dont elle présente à sa partie supérieure les armoiries 
d'argent à trois lions rampants desinople armés et lam- 
passés de gueules , couronnés d'or. La mosaïque est for- 
mée par une figure répétée , presque carrée , tracée par 
quatre portions de cercle, deux convexes par le haut et 
deux concaves par le bas , rouges et reliées par des fleu- 
rons d'or. Le fond chargé d'ornements en forme de croix 
est bleu. Riche bordure , avec fond rouge , sur laquelle 
règne • en ligne droite, une branche qui, garnie de 
feuilles alternativement vertes et dorées, traverse un 
ûgzag gris dont toutes les lignes sortent d'une feuille 
verte ; le tout entre deux lignes de perles. 

Au sommet de l'ogive qui termine chaque comparti- 
ment est un ange portant une banderolle. 



-- 44 — 

Les médaîlfoas Biml que ceux de la fenêtre opposée 
oui alleniali\emeiU b forme d'uu qualre*leuilles à 
lobes très-arrondis et d'un rond , reliés ensemble par un 
petit qualre-feulies dont les divisions sont ten^inéesen 
ogwe- 

Les médûUona doivent s6 lire en commençant par le 
b«i du» vitiuil ^ à gauche d'abord ea remoulanl , puis à 
ciroile. 

Avant d'eacommencer la desisr^itioi^, je crois utile de 
dire quel<|iies pa<>ts de la légende de la Sainte Vierge* 

Quoique les noms de Joaehim et d'Anne ne se lisent 
pai^dans les écritures canoniques, nous connaissons par 
la tradition qiie c'est d'eux qu'est née la Sainte Vierge* 

Le plus ancien document où se trouve leur histoire est 
le protévamgile d« saint .kacques^^ livre apocryphe com- 
pose par les Ëbionites dès le temps des apôtres. 

Le faux évangile de la naissance de Marie ^ qu'on croit 
avoir été écrit par Séleucus au deuxième siècle , en parle 
de même. Eustache d'Antioche , saint Epiphane et saint 
Jean Bamaseène se font les échos de cette tradition, et 
e^est de ces sources que Vincent de Beauvais et Fulbert de 
Chartres ont tiré ce qu'ils disent de la naissance' de la 
Sainte Vierge. 

OftHt dan^ le protévatigile attribué à saint Jacques, 
qtie Joaehim voulant un jour présenter au temple son 
effirande dans un jour solennel, un juif nommé Ruben 
Pètt empêcha , disant que cela ne lui était pas permis , 
ptfrée qu'il n'avait point de postérité dans Israël. Joa- 
IfMm, chargé de confusion, se retira dans leMésert, où il 
dcMneura quarante jours et quarante nuits dans le jeûjM 
et dans la prière. Anne son épouse demeura dans sa mai- 
sofi , s''affilgeiant devant le Seigneur , tant à canse de sa 
stérilité , qu'à cause de l'absence de Joaehim son m^u 



- «f - 

Le jour d'une grande fête étant arrWé , Judith, sa ser- 
f ante, lui dit : Jusqu'à quand demeurerez-^ons dans la 
douleur? Il n'est pas permis de vous affliger aujourd'hui , 
car c'est le grand jour du Seigneur. Prenez celte coiffure 
etpareiren votre tête, car il ne m'appartient pas de la por- 
teur , à moi qui suis votre servante , mais à vous , qui êtes 
de race royale. Anne lui dit : Retirez-vous , je ne ferai 
point cela -, Car le Seigneur m'a humiliée. Anne quitta ses 
habits de deuil , se coiffa , et prit ses habits de noces. 

£i vers la neuvième heure elle entra dans son jardin, 
et commença à prier le Seigneur qu'il daignât la bénir et 
la délivrer de Topprobre de la stérilité ; et comme elle 
était sous un laurier, elle regarda en haut; elle vit un 
nid d'oiseaux, où il y avait des petits. Cet objet aug^ 
menta sa douleur ; elle cria au Seigneur , et se plaignit 
amèrement de ce qu'elle demeurait dans la stérilité, pen- 
dant que les animaux produisaient leurs petits devant 
le Seigneur , pendant que la terre portait sou fruit en 
son temps, et bénissait le Créateur. Je suis , disait-elle , 
comme une personne maudite dans Israël : on me charge 
de confusion et de reproches, on me chasse du temple 
de mou Dieu. A qui puis-je me comparer? 

Alors un ange du ciel descendit vers elle , et lui dit : 
Anne , Dieu a exaucé votre prière , vous concevrez , et 
vous enfanterez , e4 votre race sera louée de tout le mon- 
de. Anne repondît ; Vive le Seigneur mon Dieu ; s'il me 
donne un fils ou une fille, je le (ioùsacrerai au Seigneur, 
et il servira dans son temple tous les jours de sa vie. 
Joachim, à qui un ange avait aussi annoncé la naissance 
prochaine d'un enfant béni dû Ciel., revint des montai 
gnes et Anne alla au-devant de lui. Peu de jours après 
elle conçut, et au bout de neuf mois elle enfanla Marie 
et t'allatta de son lait. A six mois Marie commença à màr-> 

BULLETIN T. VI. 4, 



— 26 - 

cher seule , et à la fin de l'année , Anne la sevra , fil on 
grand festin aun prêtres et leur offrit Marie. Cette enfant 
demeura encore deux ans dans la maison de sou père, et 
lorsqu'elle eut trois ans , ses parents la présentèrent au 
temple , pour y être élevée et pour y servir le Seigneur. 
Tels sont les faits rapportés dans le protévangile de 
Saint-Jacques. (]) 

Ces détails sont bien longs, mais ils sont nécessaires 
pour comprendre l'importance que les * imagiers du 
moyen-âge attachaient à la représentation des deux pre- 
miers sujets que nous allons expliquer. 

Nous continuerons de rap{K)rter ce qu'on connaît 
moins généralement de l'histoire légendaire de la Sainte 
Vierge , lorsque la tâche que nous avons entreprise 
l'exigera. 

PBBXIBR MÉDAILLON. 

Apparition d'un ange à Joachim pendant qu'il garde 
ses troupeaux. 

Le saint est entouré de ses brebis , un bâton à la 
main et attentif à ce que lui annonce l'envoyé céleste. 
Un chien assis sur ses pattes de derrière semble s'inté- 
resser à ce (ju'il voit. 

DBUXIÈMB MÉDAILLON, 

Apparition d'un ange à sainte Anne. 
La scène ne représente que ces deux personnages. Le 
reste du médaillon est rempli de plantes et de fleurs ; ce 
qui donne l'idée d'un jardin. 



(1) Voir DoifCALMKT, Dictionnaire historiqtte et erUiquedela 
Bible, VBRBis : Anne et Joactiiin. 



- 27 — 

TROISIÈME MÉDAILLON. « 

Rencontre de saint Joackim et de sainte Anne 
à la porte dorée. 

Les deux personnages se rencontrent vis-à-iris de la 
porte du temple , qui portait ce nom. 

On est étonné de lire tous les détails de la légende do 
la Sainte-Vierge dans les méditations de la sœur Anne- 
Catherine Ëmmericb de Dulmen, recueillies par Clément 
Brentano , et traduites de l'allemand par De Cazalës.. 
Voici ce qu'elle dit de la rencontre de saint Joachim et 
de sainte Anne sous la porte dorée (1) : 

c Joachim avait été conduit dans le sanctuaire par 
suite d'un avertissement d'en haut, et il fut conduit, par 
une inspiration semblable , dans un passage consacré 
par où on allait sous le temple et sous la porte dorée. Il 
m'a été communiqué quelque chose sur la signification et 
l'origine de ce passage , et aussi sur sa destination , mais 
je ne puis plus le rapporter clairement. Je crois que l'u- 
sage de ce passage se rattachait à une cérémonie religieu- 
se , qui avait lieu pour la réconciliation et la bénédiction 
des personnes stériles. On était conduit par ce chemin , 
dans certaines circonstances , pour des purifications , des 
expiations , des absolutions et autres choses de ce genre. 

Les prêtres conduisirent Joachim à ce passage par une 
petite porte voisine de la cour où Ton immolait les yic- 



(!) V%9 de la tainte Vierge, d'après les médiuiions d'Ânne-Galhe- 
rioe Emmerich, religieuse augasline du couvent d'Agnetenberg, à 
Dalmeo, morte en 1824, rédigée par Clément Brentano, traduite de 
l'allemand par E. De Cazalès. vicaire-général de Hontauban. Bruxel- 
les, H. Goemaere, i vol, îd-8*, 1854« 



— es- 
times ; après quoi Us s'en retournèrent. Joacbim continua 
à suivre ce chemin , qui allait en descendant. 

Anne était aussi venue au temple avec sa servante , 
qui portait les colombes du sacrifice dans des corbeilles 
à jour. Elle avait remis son offrande et fait connaître à 
un prêtre que l'ange lui avait ordonné d'aller trouver son 
mari sous la porte d!orée. Je vis alors que les prêtres , en 
compagnie de femmes respectables , parmi lesquelles se 
trouvait^ je crois , la prophctesse Anne, la conduisirent 
à une autre entrée du passage consacré , où ils la laissè- 
rent seule« 

Je vis la manière merveilleuse dont était disposé ce 
passage, Joacbim entra par une petite porte après la- 
quelle on allait en descendant. Le passage était d'abord 
étroit , puis il s'élargissait. Les murs brillaient d'un reflet 
doré et vert : une lumière rougeâlre y entrait par en 
haut^ J'y vis de belles colonnes semblables à des arbres 
et à des ceps de vigne ornés de guirlandes. 

Quand Joacbim fut arrivé au tiers à peu près de la 
longueur du passage , il s'arrêta à un endroit oùs'élevait 
une cglonne faite comme un palmier , avec ses branches 
pepdaates et ses fruits ; ce fut 1& qu'Anne , toute rayonr 
nànte de joie , vint à sa repcontre. Us s'embrassèrent 
dans un mouvement de sainte allçgvesse et se conmuiii- 
quèrent leur bonheur. Ils étaient ravis en extase et en- 
tourés d'une nuée brillante. Je vis cette lumière pai-tii: 
d^une troupe d'anges , qui , portant comme une haute 
tour lumineuse , planaient sur Anne et Joachim. Cette 
tour était faite comme la tour de David , la tour d'ivoi- 
re , etc., que je vois à l'occasion des litanies de la sainte 
Vierge, fille sembla disparaître entre Anne et Joacbim ^ 
et une gloire liAmineuse les entoura. 

Je reconnus abrs que , par f «ffiet d'une grâce feoule 



d 



— 29 — 

particulière de Dieu , la coneeplion de Marie avait é(é 
aussi pure que l'aurait été toute conception sans le péché 
originel. J'eus en même temps une intuition que je ne 
puis rendre. Le ciel s'ouvrit au-dessus d'eux ; je vk la 
joie de la Saiute-Trintlé et des anges, et la {Mirt qu'ils 
prenaient à la béaédietîon mystérieuse accordée aui 
parents de Marie (i). » 

Personne ne pouvait nous instruire d'une manière 
plus intéressante du sujet de ce petit tableau que la 
bonne sœur Ânne-Catherine-Emmerick. 

QUATRltHB MJtoAIIXOIf. 

Naissance de la sainte Vierge. 

Sainte Anne repose sur un lit. Elle \ienl de donner le 
jour à une enfant qu'on lave dans une grande coupe d'or 
à pied. Dans le fond du tableau , une personne arrive, 
apportant un vase qu'elle va présenter à la sainte. 

CniQUlfeHE VÈDklLLOH. 

Préteniaiidn de bf sainte Vierge au temple de Jéru- 
satem* 

Marife, àgée-de trois ans, monte avec précipitation tes 
éegrés du temple et semble s^écbapper à saint Joachîm 
et à sainte Anne qni fa conduisent. 

SIUfcMB VtDAIUOR. 

Epreuve du rameau, d» JbMp&, quifieuriL 

Ce petil taUeatt représewbs le temple de Jérusalem , au 



(t) Voie aa sujet de la rencontre à la Porte àoréa Vinceet de Beaa- 
vais. Speeul. hisU^ t. IV, p. 194. 



— 30 — 

fond duquel on voit un aulcl et au-dessus une lampe sus- 
pendue qui est allumée. Devant l'autel sont posés des 
rameaux dont l'un se couvre de fleurs. 

Deux portes placées de côté donnent accès au temple. 
Par l'une d'elles restée ouverte saint Joseph sort et té- 
moigne sa surprise par un geste. Près de l'autre porte, 
deux candélabres supportent des cierges allumés. 

Citons encore, pour bien faire comprendre ce tableau, 
les méditations de la sœur Anne-Catherine-Emmerick. 
<c Marie ayant quatorze ans'devait bientôt sortir du temple 
avec sept autres jeuues filles pour se marier. Quand on 
la prévint de sa sortie , je la vis , profondément émue , 
déclarer au prêtre qu'elle ne désirait pas quitter le tem- 
ple, qu'elle s'était consacrée à Dieu seul et n'avait pas de 
goût pour le mariage ; mais on lui répondit qu'elle devait 
prendre un époux. 

Je vis aussi un prêtre très-vieux , qui ne pouvait plus 
marcher ; ce devait être le grand-prêtre. Il fut porté par 
d'autres prêtres dans le Saint des saints , et pendant qu'il 
allumait un sacrifice d'encens^ il lisait des prières sur un 
rouleau de parchemin placé sur une espèce de pupitre. 
Je le vis ravi en esprit. Il eut une apparition , et son 
doigt fut placé sur le passage suivant du prophète Isaïe, 
qui se trouvait sur le rouleau : u Une branche sortira de 
la racine de Jessé , et une fleur naîtra de sa racine. » 
(Isaïe, XI, V. 1.) Quand le vieux prêtre revint à lui, il lut 
ce passage et connut quelque chose par là. 

Je vis ensuite qn'on envoyait des messagers de tous les 
côtés dans le pays , et qu'on convoquait au temple tous 
les hommes de la race de David qui n'étaient pas mariés. 
Lorsque plusieurs d*entre eux se furent rassemblés dans 
le temple , en habits de fête , on leur présenta la sainte 
Vierge ; et je vis parmi eux un jeune homme très-pieux 



A 



— SI — 

de la contrée de Belhlébem. Ce jeune homme avait de- 
mandé à Dieu avec une grande ferveur raccoraplisse- 
ment de la promesse , et je vis dans son cœur un grand 
désir de devenir l'époux de Marie. Quant à celle-ci , elle 
revint dans sa cellule et versa de saintes larmes , ne pou- 
vant pas s'imaginer qu'elle ne dût pas rester vierge. 

Je vis alors le grand-prêtre , obéissant à une impulsion 
intérieure qu'il avait reçue, présenter des branches à 
chacun des assistants , et leur enjoindre de marquer 
chacun une branche de leur nom et de la tenir à la main 
pendant la prière et le sacrifice. Quant ils eurent fait ce 
qui leur avait été dit , on leur reprit les branches , qui 
furent mises sur un autel devant le Saint des saints , et il 
leur fut annoncé que celui d'entre eux dont la branche 
fleurirait était désigné par le Seigneur pour devenir 
l'époui de Marie de Nazareth. 

Pendant que les branches étaient devant le Saint des 
saints , on continua le sacrifice et la prière. Je vis du- 
rant ce temps le jeune homme , dont le nom me revien- 
dra peut-être (1) , crier vers Dieu, les bras étendus , dans 
une salle du temple , et verser des larmes brûlantes lors- 
que, après le temps fixé, on leur rendit les branches en leur 
annon^nl qu'aucun d'entr'eux n'était désigné par Dieu 
comme devant être le fiancé de cette Vierge. Ces hommes 
furent alors renvoyés chez eux , et ce jeune homme se 
retira sur le Mont Garmel , auprès des anachorètes qui 
vivaient là depuis le temps d'£lie ; il y vécut aussi de- 



(i) La tradition le nomme Àgabuê , et dans le tableau de Raphaël, 
appelé vulgairement Sposalizio, il est représenté sons la figure d'un 
jeune homme qui brise un b&ton sur son genou. 



— M — 

puis lors, priant coutinuellemeilt pour l'aecomplisse- 
ment de la promesse. 

Je vis encore les prêtres du leikiple chercher de nouveau 
dans les registres des ikmiUes s'il n'existait pas quelque 
descendant de David qu'on eût oublié. Comme ils y trou- 
vèrent l'indication de six frères de Belhléhem , dont l'un 
était inconnu et absent depuis longtemps, ils s'enquirent 
du séjour de Joseph et le découvrirent à peu de distance 
de Samarie , dans un lieu situé près d'une petite rivière, 
où il halntail au bord de l'eau . travaillant pour un maî- 
tre charpentier. 

Sur l'ordre du grand-prêtre, Joseph vint à Jérusalem, 
et se présenta au temple. On lui fit, à lui aussi, tenir une 
branche à la main pendant qu'on priait et qu'on offrait 
le sacrifice. Gomme il se disposait à la poser sur l'autdl 
devant le Saint des saints, il en sortit une fleur blanche 
semblable à un lis, et je vis une apparition lumineuse des- 
cendre sur lui; c'était comme s'il eût reçu le Saint-Es- 
prit. On connut donc que Joseph était l'homme désigné 
par Dieu pour être le fiancé de la sainte Vierge, et le» 
prêtres le présentèrent à Marie en présence de sa mère. 
Marie, résignée à la volonté de Dieu , l'accepta humble* 
ment pour son fiancé , car elle savait que tout est pos- 
sible à Dieu, qui avait refu son vœu de n'apfMirUmir 
qu'à lui (1). » 



(1) Vincent de Beauvais ajoute une circonstance à la floraison du 
rameau de Joseph ; il dit qu'une colombe venue du ciel viut se per- 
cher à son sommet : 

« Joseph qui cum virgam suam attnlisset et ipsa iilicb florem 

geroiinissct. aiqae i« ejos cacumlne columba de cœlo veniens conse- 
disseï, liqiiido omnibos patult ipsi virginem desponsandam fore. » 
Vinc. Bellov., Spee, hitêor,. I.IV, p. i98. 



— 33 — C : 

SBPTilaiB HftDAlLLON. 

Mariage €le la samie Vierge. 
Les é\H}Uj, sont devant le grand-prêtre aeeompagnéi 
chacun d'une personne. — Les personnages du mé- 
daillon sont au nombre de cinq. Le grand-prêtre qui 
occupe le milieu . revêtu d'une coiffure qui ressemble à 
la mitre, a sur la poitrine le ralional, et de chacune 
de ses mains il rapproche celles des futurs époui. 

BVmÈMI MtDAIlXON. 

L'Annonciaiion. 
L'Ange Gabriel, une verge en forme de sceptre à la 
main gauche , parle à la sainte Vierge en élevant la main 
droite. Une branche de lis, posée (kus un vase à terre , 
sépare les deux personnages. Au-dessus, une colombe qui 
figure le 8aint*£sprit. 

NBCVllBIlX XtDAILLON. 

La Visitation. 
Marie et Elisabeth, qui s'embrassent, sont toutes deux 
entre des plantes fleuries de diverses sortes. 

DIXllOfB KÈDÂILLOII. 

Joseph est tiré de son doute. 
Joseph , reposant dans son lit , au-dessus duquel est 
une lampe , est instruit par un ange de la conception du 
Verbe Divin. 

. ONZikXB HiDAlLLON 

La Nativité, 
L'enfant Jésus dans un berceau placé sur une espèce 

BULLETIN T. VI. 5 



— 34 — 

d'estrade , est réchauffé par le souffle du bœuf et de Tàne. 
En avant , la sainte Vierge est couchée et semble médi- 
ter. Saint Joseph assb à droite parait être dans un profond 
recueillement. 

DonzikMx hAdâilion. 
Adoration des bergers. 
Lasainte Vierge, assise, ayant derrière elle saint Joseph, 
présente l'Enfant Jésus à trois bergers qui sont dans le 
fond du tableau. Sur le devant sont représentés quelques 
moutons que les pieux pasteurs sont venus offrir à Jésus , 
dont la naissance leur a été annoncée par un ange. 

DEUXIÈME FENÊTRE. 

CSette verrière est aux armes de la famille d'Arenberg , 
qui sont de gueules à trois fleurs de néflier d'or. 

La mosaïque est formée par des croix bleues pâtées , 
chargées au centre d'un bouton d'or et séparées les unes 
des autres par des quatre-feuilles rouges. 

La bordure est ornée de feuilles de l'époque j certes , 
bleues , et d'or sur fond rouge ; deux lignes de perles 
encadrent le tout. 

Aux ogives des deux compartiments , deux anges bat- 
tent des mains. 

Les médaillons ont la même forme que ceux de la pre- 
mière fenêtre. 

TRBIZlèHB MÉDAILLOlf. 

La Cicondsum. 
L'Enfont Jésus nimbé , est présenté au grand-prêtre 
par saint Joseph , qui a derrière lui la sainte Vierge. 



— 55 — 

QVATOBZlèXB MÉDAILLON. " 

V adoration des Rois, 
La sainte Vierge, assise sur un siège en forme de trône, 
présente aux trois personnages couronnés l'En&nt Jésus, 
qu'elle tient sur le genou. Le premier des rois présente 
l'or, le second s'apprête à présenter l'encens ; le troi- 
sième placé derrière les deux autres est trop peu vu pour 
juger de ce qu'il s'apprête à donner , si l'on ne savait 
que le troisième don est la myrrhe. 

QUINZiéMB MÉDAILLON. 

La présenUUionde Jésus au Temple. 
Le saint vieillard Siméon élève les deux mains sur l'Eu- 
fismt Jésus en présence de la sainte Vierge. Derrière elle 
vient saint Joseph portant un panier dans lequel on voit 
deux colombes ou deux tourterelles. 

SEIZIÈME MÉDAILLON. 

Joseph endormi sur un siège , les pieds sur un escabeau , 
est averti; dans son sommeil, par un ange de fuir en 
Egypte. 

DIX-SEPTléMB MÉDAILLON. 

La fuite en Egypte. 

Saint Joseph le bâton sur l'épaule , et portant une 
sacoche de voyage , marche précipitamment devant l'âne 
qui emporte Marie et Jésus. 

DIX* HUITIÈME MÉDAILLON. 

Trois soldats , dont deux armés de piques et un troi- 



— 5« — 

âème revôtu d'une coite d'armes^ iaterrogeat deui pos- 
teura pour savoir quel chemina pris la sainte Famille dans 
sa fuite. 

DIX-MBCnriÈMB KiDÂILLON* 

/tfjtif esi irouvi par Marie et Joseph tm mitieu 
deeJhciewre dam le Temph. 

Jésus ocespe presque le nûlieu du tableau et est entouré 
de vieillards ; Joseph, suivi de Marie, arrivesur la gauche. 
Tous deux aperçoivent l'Enfant Divin qu'ils recherchent. 

vumiÉm MtDAib&oii. 
Les noces de Cana. 
Gomme toujours , cette scène est représentée par on 
banquet. Quatre personnages sontassb devant une iable 
abondamment servie : ce sont les nouveaux éponx , et à 
leurs côtés, Jésus et YarckUriclinus. Derrière le Sauveur 
un musicien joue d'un instrument à cordes, et derrière 
Yarchikiclinus un serviteur apporte un nouveau mets. 

VIMCW-imiàHB MÉDAILLON. 

Marie dit à Jésus que les cofwives manquent de vin. 

Les vases dans lesquelsFeaufiit changée en vin se voient 
aux deux côtés du taMeau ; à droite un serviteur est 
occupé a les remplir. 

VIliaT-DBDXIÈlIE MtDAlLLON. 

Le Sauveur prêche» 
U a un nimbe vert sur lequel la croix est formée eu 
rouge. Une femme ^ qui se trouve parmi ier auditeurs, 



57 — 
€pà t'ofiialknlé 



s'éerie : « Bfenheorèttxle^nqai t'a porléetksmameHes 
[Harilé ! »Le groupe est placé dans un édifiée. 



YINGT-mOISIÉMË MÉDAfLLON. 

VEnirée triomphante de Jésus à Jérusalem, 
Sur le devant du tableau le Sauveur sur un àne, 
entouré de ses disciples. Bans te fond , ZAchée perché sur 
un arbre chargé de fleurs et de fruits contemple le Sau- 
veur. 

TINGT-QCATaiÈIÉB XÉOAILLOK. 

Le portement de la Croix. 
Jésus ^ chargé de sa croix ^ rencontre la sainte Vierge. 
Le Sauveur est smvi da grand-prêtre et d'autres jiJfs. 
Marie est accompagnée des saintes femmes. 

TROISIÈIFË FENÊTRE. 

Ce vitrail est aux armes de monseigneur le dûc de 
Brabant , de sable au lion rampant d'or , armé et lauw 
passé de gueules. La mdsatque offre des feuilles du XIII* 
siède, vert^ , or et argent, se détachant sur un fond bleu . 
Quelques parties ont cependant le fond rouge. 

A lâ bordure , entre deux lignes de perles ,. des voncbà 
uaO' égale; distance les uns dés autres , chargés d'une rose 
en grisaille à six compartiments ,.8ont reliés enti^eui- par 
deux feuilles , l'une d'or et l'autre verte , prenant nais- 
sance dans les compartiments de la rose inférieure , pour 
aller soutenir le rond supérieur. 

En haut de chaqoe coofirpartiment , à Bt pointe des 
deux ogives , des anges balancent des encensoirs. 



— 38 — 

Les médaillons quadrilobés à compartiments très^r- 
rondis j sont reliés par deux él^;ants petits quatre-feuilles 
superposés de manière à laisser voir leurs lobes en ogive 
symétriquement placés. 

VINGT-CTNQUIÂMB MAdAILLON. 

Le Crucifiement. 

Au-dessus de la croix , le soleil et la lune. Longin 

perce le côté du Sauveur. Un autre soldat lui présente 

l'éponge au bout d'un roseau. Sur les deux côtés , la 

sainte Vierge et saint Jean dans l'attitude de la douleur, 

VnfGT*8IXIËia ]liDAn.LON. 

Jéius est déposé de la croix. 
Les bras sont détachés, la sainte Vierge saisit pieusement 
une des mains de son fils. Un bourreau armé d'une pince 
et d'un marteau , enlève les clous qui attachent encore 
les pieds de l'Homme-Dieu . Saint Jean témoin, de ce spec- 
tacle , est afiecté d'une profonde douleur. 

VINGT-SEPTIÈME MEDAILLON. 

. Joseph (fArimathie et Nicodème placent le corps 
de Jésus dans un tombeau. 
Les personnages qui les accompagnent tiennent en 
mains des aromates. Derrière on aperçoit la sainte 
Vierge essuyant des larmes. 

VINGT-HUrriÈlIB X&DÂILLON. 

Jésus ressuscité apparaît â Marie^ 
La scène se passe dans un oratoire. Sur le côté gau* 



— 39 — 

ehe du tableau , on voit un pupitre , sur lequel est un 
livre ouvert j qu'abandonne la sainte Vierge pour se pré- 
cipiter vers son Fils , qui lui apparaît tenant en mains 
Tétendard de son triomphe sur la mort« 

VnfGT-tCEUVIÂMB MEDAILLON. 

L'Ascension. 
La sainte Vierge et les apôtres sur le mont des Oliviers 
ont les yeux fixés vers le ciel , au moment où un nuage 
vient de dérober le Sauveur à leurs yeux. 

TBSNTIÊIIB MiDAlLLOll. 

Le Sauveur s'élève dans les deux» 
11 tient en main l'étendard de la résurrection , et il est 
accompagné de deux anges qui agitent des encensoirs» 

TBBNTB-UNIÈMB MÉDAILLON. 

La Pentecôte. 
Saint Pierre la main gauche posée sur un livre et la 
droite sur la poitrine , assis entre la sainte Vierge et saint 
Jean, est entouré des autres apôtres. Tous ensemble re- 
çoivent le Saint-Esprit représenté comme sortant des 
nues sous la forme d'une colombe dont la tête est nimbée. 
Du bec partent des rayons qui vont retomber sur la tête 
de chacun des assistants. 

TBBNTB-DBDXIÈMB MÉDAILLON. 

Le trépassement de la sainte Vierge. 
Le lit sur lequel elle est étendue occupe le devant du 
médaillon ; Jésus-Christ lui apparaît et reçoit son âme 



- 40 — 

représeatée par une petite figure qui ûeai les mains 
jointes. De cbaqoe eàié sont les Apôtres qui , d'après la 
tradition rapportée par saint Jean-Damaseène , forent 
transportés des différentes parties du monde au lieu où 
se trouvait la sainte Vierge , pour assister à son trépas. 

Le bienheureux Jacques de Yoragine, qui mourut en 
IS98 à Tftge de 68 ans, dit qu'on lisait de son temps dans 
les églises un sermon composé des diverses paroles des 
saints et des hommes pieux , où l'on racontait comment 
■arie quitta cette yie et fut enlevée au ciel. C'était un 
véritable drame ; on en pourra juger par les passages 
suivants y qui expliquent ce médaillon et celui qui vient 
après : 

c Un jour que Marie était embrasée d'un grand désir 

> de revoir son Fils ^ un ange lumineux lui apparattet 
» lui annonce qu'elle serait réunie à lui dans trois jours. 
» Elle demanda alors que les apôtres fussent présents à 
» son trépas. L'ange le lui promit et lui laissa une palme 
» verte, mais dont les feuilles pétillaient comme l'étoile 
» du matin, i 

» Peu après tous les apôtres furent transportés près de 
f Marie. Elle les fit asseoir au milieu des lampes et des 
» lumières ardentes ; elle leur montra le rameau lumi- 

> neux , revêtit les habits de la mort et s'arrangea dans 
» son lit en attendant sa fin. Pierre était à la tête du lit, 
» Paul aux pieds , les autres apôtres à l'entour , célébrant 

> les louanges de la Vierge. Vers la troisième heure de la 
Ti nuit, un grand coup de tonnerre heurta la maison , 
n et un parfum si délicieux embauma la chambre , que 
» tous ceux qui étaient là , hors les apôtres et trois vierges 
» qui portaient des flambeaux , s'endormirent d'un pro- 

> fond sommeil. Alors Jésus^hrist arriva avec tous les 
» Ordres des anges et des saints. Tous se groupèrent 



— 41 - 

« autoar du lit de la Vierge et psalmodièrent de doux 
» caatiqaes. Eafia Jésus dit à sa Mère : c Ma fiancée y 
» yeo.e% du Liban , Tenez , \ous serex couronnée. — Me 
1» voici , dit Marie , car je me réjouis en vous. » En ce 
$ moment l'âme de la bienheureuse Vierge sortit sans 
» douleur de son corps , et s'envola dans les bras de son 
)> Fils. Jésus dit aux apôtres : c Portez honorablement le 
9 corps de ma Mère dans la vallée de Josaphat ; enseve- 
n Iissei4e dans le tombeau qui lui est préparé , et atten- 
» dei-moi trois jours , jusqu'à ce que je vienne à vous. » 

» Alors s'éveillèrent ceux qui dormaient, et, voyant 
» le corps sans âme , ils se mirent à pleurer. Cependant 
» les apôtres le prirent avec respect , et ik le placèrent 
9 sur le cercueil. Jean porta la palme étincelante et 
1» Pierre et Paul mirent le cercueil sur leurs épaules. 
» Pierre entonna ïln exitu Israël de JEgypto^ elles 
1» autres apôtres continuèrent le psaume à voix faible. 
1 Dieu couvrit d'une nuée les apôtres et le cercueil , en 
1 sorte qu'on entendait les chants sans voir ceux qui les 
n donnaient. Les anges, marchant deux à deux , chan- 
» taient avec les apôtres et remplissaient la terre d'un 
^ son d'une merveilleuse douceur. 

» Tout le peuple de Jérusalem, ému de cette délicieuse 
» mélodie, sortit en foule de la ville , demandant ce que 
» c'était. 

c C'est Marie qui est morte , répondit-on , et les disci- 
» pies de Jésus l'emportent en iSaisant autour d'elle cette 
» musique que vous entendez. » Alors , tous coururent 
» aux armes , s'excitant mutuellement : u Tuons les dis* 
1 ciples, disaient-ils , et brûlons le corps de celle qui a 
» engendré ce séducteur. » 

« Le prince des prêtres tremblait de rage. » Voilà , 
> s'écriait-il , le tabernacle de celle qui a troublé notre 

BULLETIN T. VI. 6 



— %1 — 

> ^X>ays ;' vdyet la gloire t^u'ou lui ' rend. > Il mit la main 
» ' ail bef eudl \}6ot le faire tomber , mais ses déui bi^s 
» sécherait subitement et furent cloués à ' la Mère. Il 
» pendait aiiisi par les niaiiis^ tourmenté d'une horrible 
» douleur. Tout le peuple fat frappé d'aveuglement par 
» les anges qui étaient dans les 'nuages.' Le prinee des 
» 'prêtres priait : « Saint Pierre , ayez pitié de moi ; rap- 
n pelez-TOUs comme je irous ai aidé lorsque la chambrière 
» Vous acèiisâit. — Je n'ai pas le temps ^ répondit saint 
» 'Pierre, je suis empêché au service de Notre-Dame; 
» mais crois en Bien et en la Vierge qui l'a engendré, et 
n ^ tu seras guéri. — J'y crois , dit le grand prêtre eu bai- 
» sant la bière. » Soudain ses mains furent détachées , 
» sies brasfiirent revivifiés. Prends ce rameau, ajouta le 
» chef des apêtres , et mets-le sur ce peuple aveuglé : à 
» qui croira , la vue reviendra. > 
'■ L^iconograi)hîe grecque rappelle lès mômes traditions 

- que la légende dorée. D'après le guide de la peinture 
piiblié par'M. Didron ^ pour peindre le trépatôemént de 
la sainte Vierge , on la reprësefite couchée sur un lit , les 

' mains croisées sur la poitrine. De chaque côté auprès du 

lit de grands flambeaux et dès cierges allumés. Devant 

' lé lit un liébteu dont les mains coupées sont attachées au 

-lit ; près de l'hébreu , un ange avec une épée nue. Aux 

pieds de la sainte Vierge , saint Pierre l'encensant avec 

tfn encensoir ; à sa tête saint Paul et saint Jean l'évangé- 

* liste qui l'embrassent. Tout autour les autres apôtreâ et 

'tes' saints évêques Denys l'aréopagite , Jérolhée et Thi- 

•^tnolhée tenant les évangiles. Deà femines en pleurs. Au- 

- 'dessus le Chrisl tenant dans ses bras l'àme de la sainte 
Vierge vêtue de bleue , illuminée d'une grande clarté , 
environnée d^une foule d'anges, etc. 



-H- 

TRENTE-^TBOISlàllE MMdAILLON. ' 

Le poriemenide^lm sainiax K49tge^ 
Le nombre des personnages qui se présentent comme 
portant le corps de la sainte Vierge, placé sur un Ht de 
parade , fait juger que les porteurs étaient au nombre de 
douze. Ces porteurs ne sont autres que les apôtres, re- 
connaissables à leur nimbe et à leurs pieds dénudés. 

Dessous est un personnage qi:ii,t^nd,le3 l^raf , ipais dont 
les^mains. sont détachées. C'est le grand. prêtre des juifs 
qu|p pour avoir osé reppu8|ser lo cerci^eil, est, puni de sa^ 
témérité. 

Comme nous l'avons vu, Jacques de Yoragine rapporte 
ce &it d'une autre nMiQiére« Leus ipain^. dM coupable ne 
se seraient pas détachées des bras, mais seraient demeu- 
rées adhérentes à la biàre laissant le corps sus^jendu en 
l'aîr. Ç'esjl aussi ce qu/^ diV Vincent de Bjeâ^uypi^ (1), nm^ 



(1) ViDcent. Bellovacens. Speeuf • Aù<of.,T. IV, page 248. 

Le grand prôtre s'approcham ... i^ccedensgiie volait, Içetpiji 

TO^ÎQt renverser le lit de parade evertere et corpus ad, tçrranji 

et jeter le eorps ^ terre i mais dejiçere, Staiimque maniis ejus 

ai^ssifôt ses mains se desséjcbè- aruerant ab Ipsis cubîtis et lecto 

renl. ja8iiq|aax coudes et adbérè^ adhaeserunt. Et el.evaniibus apos- 

rent à la bière; de sorte c^ae, tolis.feretrum;^ pars ipsias peq- 

Iqrsquë les apOtres élevèrent dèns ibat' et pars ad Içctulj^ffi 

l'appareil sur lequel elle était adbseserat : lorquehalurque sup- 

placée, if malheurçux se irquvs^ plicip vebementi. Angeli quoqqe 

suspendu par les bras, ce qui qui eraqt in pul)e percussemnl 

lui faisait souffrir un horrible populuin caîcitate( 13,000 boinin). 

supplice. De plus les anges frap- Tunç prippeps. ille clamabs^| : 

pèrent de cécité la multitude qui Depr^cpr t^, sancte P^^re,ne 

était accourue (13,000 person- despicias me in taniSi neces^itatei 

nés.) Alors le prince des prêtres quià crutior valdè. Q^| respôn- 



— 44 — 

il est constant que la version adoptée par notre peintre 
renier avait aussi cours au moyen-âge. La punition de 
l'hébreu anpartetnefU du corps de la sainte Vierge est 
ainsi représentée à Chartres. 

Au dessus , un ange , se soutenant dans les airs , ba- 
lance un encensoir. 

TREIfTE-QUATRlàn MtoAlLLON. 

EmeteUtsement de la sainte Vierge. 
Les mêmes apôtres placent le corps de la sainte Vierge 
dans un tombeau. Un d'eux tient une croix laquelle 
domine la partie supérieure du sujet. 

THBirrE-CIMQniÈMB MtoAILLOIf. 

L^AssompUon. 
La sainte Vierge, ayant sous ses pieds des nuages^ est 
enlevée dans le ciel par deux anges. 



criait : Saint Pierre, Je tous en 
supplie, ne me méprisez pas dans 
la trisie position où je suis, car 
je souffre cruellement. L'apôtre 
lui répondit : ce n'est pas à moi 
de venir k votre seèours , mais si 
vous croyez de tout votre cœur 
au Seigneur Jésus, approchez du 
corps, baisez la bière et dites: 
je crois en Dieu et au fils de Dieu 
que cette vierge porta dans son 
sein, et de cette manière la gran- 
de miséricorde de celui qui sauve 
ceux qui n'en sont pas dignes, 
vous procurera le salut. Ce 
qu'ayant fait le grand prêtre, etc. 



dit : non est meum tibi dare aa- 
xilium ; si >utem credis ex toto 
corde in Dominum Jesum, accède 
ad corpus et osculare lectam et 
die : Credo in Deum et in Del 
filium quem ista portavit in utero, 
et sic larga pietas ejns qui salvat 
indignes , dabit tibi salutem. 
Quod cum ille fedsset, etc. 



TRBNTB-SIXlkaB MÉDAILLON. 

Courimnemmt de la sainte Vierge. 

Marie est assise sur uu trône à la droite de son fib , 
qui Tient de la couronner. Le Sauveur a la main gauche 
appuyée sur le livre de rie. 

En finissant la description des premiers ritraux légen- 
daires posés dans la cathédrale de Tournay depuis sa 
restauration , j'avoue que tout en me proposant princi- 
palement d'en bAre connaître les sujets à ceux qui n'ont 
point étudié d'une manière spéciale l'iconographie chré- 
tienne du moyen âge, j'ai voulu aussi prouver que 
M. Gapronnier s'est acquitté du travail qu'on lui avait 
confié d'une manière irréprochable aussi bien sous le 
rapport historique que sous celui de la peinture. Dessi- 
nateur habile, savant archéologue el chimiste très-expri- 
menté, il réunit tous les genres de connaissances qui doi- 
vent le &ire exceller dans son art. Ce n'est pas seule- 
ment en Belgique que son mérite artisticpie est apprécié, 
son talent lui a mérité des éloges dans une grande partie 
de l'Europe. L'Angleterre, la France et l'Italie appHudis- 
sent à ses succès et sont heureuses du concours qu'il leur 
prête pour décorer leurs temples. 

Mais pour H. Gapronnier, sa ville de prédilection > 
c'est Tournay. Nulle part il n'a été aussi prodigue de ses 
œuvres de tout genre. Parcourei la cathédrale, vous y 
verrez de magnifiques verrières de toutes les époques. La 
feçade vous ofire une rose romane du XIP siècle ; le 
chœur et la chapelle de N.-D. Flamande resplandissent des 
brillantes couleurs des vitraux du XIIP siècle ; la cha- 
pelle de saint Louis a des verrières du XIY", et les deux 



- M — 

absides du transept présentent aux r^rds des amateurs 
les plus belles peintures qu*a produites le XV" siècle, mais 
que le temps et le mauvais goût avait laissées se d^rader 
à un tel pointf queTarliste distingué qui les a restaurées 
peut, ajuste titre , être ^^s sur la. mêmeUgne qu^le 
pçinire qui: Içs a faites. 

Tout n'est pas fini cependant^ Qt.les dj^quaul^ vefrîô* 
res environ , neuves et restaurées , placées depuis dix à 
douze ans, lais^ï encore dans la. va«te. b^tfiUifpip^M^ 
des vides , qui réclament le travail de notre peintrp v^rr 
rier et les,li|)éraUtés des fiaimilles religieuses: et,a||f^iefli du». 
arjts. Gomme. 90IIS l'avons, déjà; dit y. Ml série des vitranii 
légendaires n'est qpe commencée, et après k vie de 1^^ 
sainte Vierge, noiis devons^désirer voir se dérouler dans 
les onze fenêtres-, qui avo^inent la cbapdlç <]b9 Notfe- 
D«me.Flama»dç, les scènes si inierressantes et si édifiaii- 
t«i delà vie des saints apôtres et des saints évêques du. 
dipcèse^, que la célébrationde l'office divin rappeÛe cbar 
que année à la mémoire dii clergé , mais que la déepf /9if- 
lion m0me du. temple doit ofrir amk yeu?^ du.peuple poip: 
soniinstruçtioa (1)« 

La religion, favorise a^nsi merv^I^usemenl l'élan d^ 
beapx-arts. Quels sm'ets plus curieux et pluai utiles, sous 
tous le^ rapports , k traiter que qeux qpi fournissent à la 
peinture les légendes de saint Piat^ de saint Çhrysole, de 



(!jldsireoBi(qMtfaJ»ec«leai|s Qi| enplpïe te (^iainre dsfi% 

adbibeipr» ot hi qui, liiteras oos- if^, éi^isçji ,. afin q^a ceux qui 

ciuQt, sallem ia parietibus video- n'ont pas reçu d!instruotioD puis- 

da legant, quae légère iiî codicibus ' sent au ipoin^ voir sur les murailr 

non talent. Gregor. Regest. epîst. les ce qu'ils ne peuvent pas lire 

iibr* Vll« CXI. dans'.les livras. S^régoire*4e«- 

grand, 



— 47 — 

Mdnl EBgèae , «te MÎnt - £Ie«thère ^ de tMhit ^Médai^ / 4e 
saint £Ioi , de saint Mommelin , de saint Amabd- et de 
bien d'autres saints? 

Non, ndosr reepérons , l'œnrre dé la restauiation et du 
rétabBssement des anciens ritraux ne deroenrera pas 
inachevée. Déjà de pieux donateurs se fK)nt engagea 
donner les verrières qui seront consacrées à reprodiére 
les prinôpales eirconstaneee de lavie de sûnt Piat et de 
sainlEleuthère/ Ces dons , qui Ttennent'déjà à la sîrite de 
tant d'autres , seront eux-mêmes suivis de nouvelles libé- 
ralités et si l'artiste , en consacrant son talent à la veslau- 
ration du temple, aura pour principale récompense de 
vivre dans la mémoire des hommes aussi long-temps 
que durera l'édifice , il en sera de même , à bien plus 
forte raison, des donateurs dont les bienfaits seront 
l'objet de la reconnaissance des générations qui vien- 
dront, après nous, s'agenouiller dans ce sanctuaire, ou 
du reste chaque jour des prières sont et seront adressées 
au TontrPuissant pour qu'il daigne récompenser au cen- 
tuple ceux, qoi ont été animés du* tèle de la déeoratimi de 
sa sainte Haison. 



RECTIFICATION D'USE ERREUR. 

M. Renard dans sa monographie de N.-D. de Tour- 
nay (1) , page 8 , en donnant l'explication de la deuxième 
planche qui représente le plan général de cette église 



(1) Touroay, J. Caslerman, ei 61s 1 vol. grand in-fol. 1852 avec 
XXI planches 



— 48 — 

•ree aes appoidiees, aaàgne àk eonslnietioii de la salle 
eapitulaire la date de 1460. 

Je ne sais sur quel document s'est appuyé le savant ar- 
ehîteete pour adopter cette opinion, mais il est certain 
que ce document, quel qu'il soit, l'a induit en erreur. La 
nlle eapitulaire a été construite en 1680 en même temps 
que le b&timent qui y est attenant, destiné à la conserva- 
tion des archives {cartopkjflacAim). C'est ce que nous ap- 
prend l'inscription que Voici , qui devait être et qui a 
probablement été placée dans cette salle : 

PAGE A LVDOyiGO MA6N0 EUROPE œNGESSA , 

DEGAiroS ET GANOiaCI TORN ACENSES , 

EGCLESL£ REGIMINI, JUSTITLS SPLENDORI, 

SOM ET POSTERORUM DIGNITATI GONSVLENTES, 

LOCUM HUNC GAPITELAREM, 
CONDIGNAM JURI DIGVNDO, LEGIBVS PRO- 
MVLGANDIS, ŒœNOMm STABIUEND^ PALiES- 
TRAH, 

CDU CARTOPHYLAaO , 

AFUNDAMENTIS EXTRUI ET ORNARIGUR ARUNT, 
A»NO MDCLXXX. 



— 49 



SÉANCE DU JEUDI 5 AOUT 1858. 



M. F. Bu Bv» yBxné j président. 
M. Jules Wacqubz y secrétaire. 



Le procès-verbal de la précédente séance est lu et 
approuTé. 

OOBBBiPONDAMCB. 



H. Henri de Laplane, secrétaire-général de la Sor 
eiclé des Antiquaires de la Horinie, envoie le progranune 
proposé par cette société pour le coacoar» de Famiée 
1859. 



Même envoi fait de la part de la société Dunkerquoise 
pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts* 

, M. le Gouverneur demande un second exemplaire du 
Recueil des publications de la Société, pour la bibliothè- 
que du conseil provincial. — Accordé. 

M. le comte Di NtomicaBt témo^ne Iobs ses regrets de 
ne pouvoir assister à la réunicnt de ce jour. Une absence 
qo^il ft'a pu éviter en est cause* 

Buixirm T. VI. 7 



— ëO — 

Le secrétaire dépose sur le bureau les ouvrages ci- 
après : 

De la pari de M. le Ministre de la Justice : 

Liste chronologique desédits et ordonnances des Pays- 
Bas aiOrickiens de 1751 à 1794. Deuxième partie, 4781- 
1704. Bruxelles^ Detroye, 4856, in-S*" de 418 pages. 

De la part de if. le Gouverneur : 

Rapport de la Députation permanente du conseil pro- 
vincial du ffainauty session de 1858. MonSj Monjotj 
1858,in-8<'de885 pp. 

11 est fait mention des travaux de la Société historique 
et littéraire de Tournai, à la page 195 de ce rapport. 

— De la part de la Société des antiquaires de Picar^^ 
die : 

Son Bulletin^ année 1858, n"* S. Amiens, Bermant, 
1858, p. 498-524. 

— De la part de la Société impériale d'agriculture dé 
l'arrondissement de Valenciennes : 

V Revue agricole, industrielle et littéraire^ tome IX^ 
neuvième année. Valenciennes^ Bureau de la Revue^ 
1858, in-8% p. 849-599. 

^ Idem, dixième année, n"* 1, juillet 1858, in-8'>, 
p. 1-40. 

— De la part de V Académie royale de Belgique : 
Son Bulletin, âO"" année, â* série , tome Y, n"* 6. 

Bruxelles j Bayez ^ 1858, in-8'*de 81 pages. 

— De la part de JB* Kersten: 

Journal historique et littéraire^ tome XXV, livr. 8', 
25« année, 291« livraison, p. 105-156. 

— De la part de la Société numismatique : 

Revue de la numismatique belge^ 8* série, tome II, 
deuxième livraison. Bruxelles, Becq, 1858,in-8'*, p. 105- 
216, avec 5 planches. 



— 81 — 

M. WAftLOMORT, qui a assisté avec M. le ebanoine Des- 
camps à la fêle donnée le 1" août dernier par la Société 
des arts' et des lettres du Hainaut pour célébrer le 28* an- 
niversaire de sa fondation , remercie la Société bistori- 
que et littéraire de Tournai, au nom de H. le Président 
de la Société montoise, d'avoir envoyé des délégués à la 
réunion et au banquet qui ont eu lieu à celte occasion. 

Le même membre dépose sur le bureau deux lettres 
adressées par son intermédiaire à la Société, la première 
par M. Albert Toilliez, président du Cercle archéologi- 
que de Mons, par laquelle il accuse réception des publi- 
cations qui lui ont été envoyées à titre d'écbange et re- 
mercie la Société, au nom du Cercle, de cette marque de 
sympathie ; la deuxième de M. Léopold Devillers, nou- 
vellement élu membre correspondant, qui adresse aussi 
ses remercimenls de ce témoignage d'estime et de haute 
distinction dont il vient d'être honoré. 

M. Devillers communique l'extrait d'un manuscrit de 
la Bibliothèque deMons sous le n^^âlSl, inlitulé : « Epi- 
» taphes. > 

Ce nouveau membre correspondant écrit qu'il a ras- 
semblé un certain nombre d'épilaphes des églises de 
Tournai ; qu'il envoie les deux premières feuilles de sa 
copie, et que si la Société jugeait cette communication 
utile, il s'empresserait de la compléter. Il ajoute qu'il 
ignore si les églises de Tournai ont été plus heureuses 
que celles de Mons, où l'on retrouve peu de ses ancien- 
nes tombes dont les descriptions doivent bien faire re- 
gretter la perte. 

H. Warlomont, par les mains duquel cette communi- 
cation a été remise sur le bureau, estime qu'il y a lieu 
d'accueillir l'offre de M. Devillers en acceptant le çom- 



— M — 

plément de son trataii sauf à ea iaire Tiuage qni iera 
jugé uUérieuremeni eonveuaUe, afirès avoir vérifié ai les 
iuscriplions lamulaires recueillies exislenl encore en 
tout ou en partie, ou si elles ont disparu ; puis eiamiaé 
si » dans le premier cas, elles ne sont pas exposées, par 
leur placement, à se perdre dans un temps plus en 
moins rapproché, et, dans le second, s'il ne convient pas 
d'eu aasurer la conservation par l'impression. 

Plusieurs membres font remarquer qu'il existe déjà à 
Tournai de nombreux recueib d'épitaphes. M. Warlo- 
mont veut bien se charger d'écrire à IL Devillers pour 
lui demander qu'il ail l'obligeance d'adresser à la Société 
une note contenant les noms et dates de eelles qu'il a pu 
recueiUir* On pourra de celte manière iake un travail 
de comparaison et combler les lacunes. 



H. Bozière informe ses collègues qu'il a complété son 
travail sur la liste des plans de Tournai communiquée 
par M. le capitaine du génie Dejardin, et qu'il se pro- 
pose de s'entendre avec ce dernier pour avoir sur ce 
point un travail complet et intéressant. 



H* Warlohont fait le rapport suivant : 

Ainsi qu'il Fa annoncé à la séance du 8 avril dernier, 
M.Warlomont, a continué et terminé, d'après les cinq 
premiers volumes des Bulletins , le dépouillement ou ca- 
talogue général des livres , brochures , publications, etc., 
composant la bibliothèque de la Société. 

Ce travail dont les feuilles sont représentées, est divisé 
en deu^ parties : l'une, des publications des autres So- 
ciétés régnicoles et étrangères, l'autre, des ouvrages des 



— M — 

dÎTers^niteurs^ et eomptend, la 1'* 486 articles, la 9** 
7n ; ensemble eniFinm 1400 arlicles. 

Ce catalogue sera suivi de deux tables alphabétiques, 
l'une des titres de chaque ouvrage, l'autre des noms des 
auteurs. Une table des matières pourra être tonnée plus 
tard. 

M. Warlomont s'est tendu au local des Archives où 
étaient déposés les objeta inventoriés à l'effet d'en fiiire 
le réeolement d'après ses écritures. 

A cet effet, et attendu l'insuffisance de ce local, la con- 
fusion, le désordre et l'encombrement qui y r^nent, il a 
transporté tout ce qui appartient à la Société dans une 
grande salle du premier étage, au fond du bâtiment et 
donnant sur la place du Parc, où il a procédé à son opé- 
ration. 

Mais ce premier toavail ne peut être que provisoire; 
cette salle, fort vaste, est déjà occupée en grande partie 
par les Archives de la Ville qui ne peut guère s'en pas- 
ser , et outre que les rayons n'y sont pas disposés pour le 
[daeement des livres d'une bibliothèque et que ces livres 
s'y trouvent maintenant sans ordre de format, etc., elle 
présenterait le grave inconvénient d obliger à traverser 
plusieurs autres {ûèces remplies d'archives, pour arriver 
au dépôt delà Société,qui, d'ailleurs, n'a pas besoin d'un 
si grand espace. 

11 y aurait un moyen de concilier les choses ; ce serait 
de laisser à la Société l'usage exclusif de la pièce-bureau 
où se trouvaient jusqu'ici ses objets, confondus, en quel- 
que sorte, avec ceux des Archives, et en faisant transpor- 
ter ces derniers dans la grande Salle. De cette manière, 
la confusion cesserait ainsi que le passage par les Archi- 
ves, auxquelles une porte sur le palier du premier, autre 
que celle du bureauj donnerait une entrée particulière^ 



— 5i — 

sans que Fon doive passer par ee dernier, dont la porte 
d'accès aux Arcbives pourrait être eondamnée. 

On émet dono ici le vœu que cet arrangement puisse 
être accueilli sans retard et que la Société ait enfin^ con- 
Yenablement placée, sa bibliothèque, qui, comme on le 
Yoit, est déjà de quelqu'importance et exige impérieuse- 
ment qu'on s'en occupe afin de la rendre abordable et 
utile. 

Observé que le bureau sollicité servirait non-seule- 
ment à la bibliothèque, mais aussi au matériel, à ce qu'on 
peut appeler le magasin (Bulletins et Mémoires^ en vo- 
lumes, fascicules ou feuilles) de la Société. 

La nécessité pour la Société d'avoir un local où elle 
poisse déposer ses publications, les ouvrages qui lui ap- 
partiennent et ses archives, est reconnue, et il est conve- 
nu que denouvelles démarches seront faites à cette fin. 

La séance est levée. 



SÉANCE DU JEUDI 2 SEPTEMBRE i858. 

H. le vicaire général Voisin occupe le fauteuil. 
M* Wablohont remplace le secrétaire absent. 



Lecture est donnée du procès*verbal de la dernière 
séance ; la rédaction est approuvée. 

Les ouvrages suivants sont déposés sur le bureau : 
— De la part de VÂccuUmîe royale de Belgique : 

Son Bulletin^ 27" année, 2" série, tome 6, n" 7. 

Bruxelles j Bayez, 1858, in-8% p; 88-1 18. 



— »5 — 

— De la part de la Société des Aniiquaireê de la 
JBorintè : 

Son Bulletin historique. Seplième année. 26'' livrai- 
son. Avril , Mai el Juin 18$8« Saint^Omer, Floury- 
Lemaire , 1858 ^ in-8% p. 501-541 . 

— I)p la pari de la Société archéologique de Namur : 
Ses Annales^ lome cinquième , 3' livraison. Namur , 

Wesmael, 1 858 , in-8% p. 225-278 . , 



M. Warlohont, membre titulaire , fait hommage à la 
Société tant en son nom qu'en celui de Tauteur , son fils, 
d'un volume de 492 pages intitulé : Congrès d^ophtal^ 
mologie de Bruxelles. — Compte-rendu publié au nom 
du bureau par le docteur TFarlomontj membre de 
l'Académie de médecine, etc. , etc. Session de 1857. 
Paris y Victor Masson y 1858, avec portrait du président 
de l'Académie et du Ck)ngrës , vignettes et fac-similé. 

— Le même membre dépose sur le bureau deux exem- 
plaires de quatre brochures publiées par M, Lejeune , 
Théophile, instituteur communal à Estinnes-au-Val et 
membre de plusieurs sociétés savantes. Ces brochures 
sont les suivantes : 

l"" Coup d* œil géographique, statistique et historique 
sur le canton deRœulx^ in-8'' de 68 pages ; 

V Recherches sur la résidence des rois franks aux 
Estinncs , in-8» de 65 pages ; 

8** Coup cPosil historique sur le Hainaut, in-8'' de 12 
pages; 

4'' L'ancienne abbaye de P Olive ^ in-8'» de 16 pages. 

L'envoi de ces productions est accompagné d'une let- 
tre de l'auteur adressée à la Société historique et littéraire 
de Tournai el dont il est donné lecture par le secrétaire. 



— 56 - 

M. Warlomont proposée Vassemblée l'admission de 
H. Lejeune comme membre correspondant de celte 
Société , titre qu'il ambitionne , auquel la nature de ses 
travaui lui donne des droits et dont il se trouverait ho- 
noré et reconnaissant. 

L'admission de H. Lejeune est adoptée. 4 

La séance est levée* 



SÉANCE DU JEUDI 7 OCTOBRE 1858. 

M. Do Bus, aine , j9reW(û^^. 
M. Jules Wagqobz ^ secrétaire. 

Le procès- verbal delà dernière séance est approuvé^ 
après lecture. 

COKKBSPONDAlfCB. 

H. Th. Lbjbcnb, accuse réception du diplôme de meo^ 
bre correspondant qui lui a été envoyé. II prie la Société 
d'agréer l'expression de sa gratitude et prend Fengage^ 
ment de se rendre digne de la distinction dont il a été 
l'objet en lui communiquant tout ce qui pourra l'inté- 
resser dans les diverses branches qu'embrasse son pro- 
gramme. 

Le secrétaire dépose sur le baseaa les paUicalions sui- 
vantes qui lui sont parvenixes depuis k séance de sep- 
tembre : 



— 57 -T 

— De la part de la SociéH numismatique : 

V Revue de la numismatique belge, 8* série. — Tome 
II, %^ livraison avee les planches XI à XYI. Bruxelles. 
18B8,in.8\ p. 219-328. 

â"* Table alphabétique des 12 premiers volumes com- 
posant les deux premières séries (1842-1856), par M. Alex. 
Pinchart. Bruxelles^ in-8'' de 8 pages. 

— De la part de la Société impériale d'agriculture , 
sciences et arts de t arrondissement de Valenciennes. 

Revue agricole^ industrielle et littéraire. Dixième 
année, n" 2. —Août 1858. Fa/ewciVwnw, 1858, in-8% 
p. 41-64. 

— De la part de \ Académie royale de Belgique : 
Son Bulletin, 29"* année. 2" série. Tome 5 , n"* 8. Bru- 

xelles. Hayez, 1858 , in-8", p. 118-222. 

— De la part de l'auteur : 

Une brochure intitulée : Tiers de sol mérovingiens y 
par R. Ghalon , membre correspondant de l'Académie 
royale de Belgique. £rt<ârd//6f. Devroye^ 1858,in-8''de 
8 pages , avec une planche. 

H. Wâblomomt remet la liste des plans gravés de la 
ville de Tournai , dressée par M. le capitaine de génie 
Dejardin^ membre correspondant, et complétée par lui 
sur renseignements fournis par M. Boùère. 

M. Louis Du Mortier demande et reçoit communica- 
tion de ce travail intéressant. 11 promet de l'examiner 
pour le rendre aussi complet que i)ossible. 

Trois membres proposent conformément à l'article 16 
du règlement, l'admission de M. le capitaine du génie 

BULLErm T. VI. 8. 



— M — 

Dejardin Gommc membre titulaire. H sera voté sur cette 
admission à la prochaine séance. 



M* le comte de Nbdonchkl donne communication de la 
note suivante : 

JETONS TOURNAISIENS. 

(suite). 

Planche VL K« 7. LOEN (louange) — AV ROI — 
TOV — DIS. 

Trois cercles séparés par autant de fleurs de lis et ren- 
fermant chacun Mn fleuron à quatre feuilles. 

Rev. Hj VI — VE — LE — ROI, chaque syllabe sé- 
parée par une petite branche. 

Une croix pattée, cantonnée de 4 fleurons aboutissant à 
autant d'arceaux. 

R*> 8. jQ GETTES : BIEN : PAIIES ; BIEN — 

Une tour à trois donjcns crénelée et accostée de deux 
fleurs de lis couronnées. 

Rev. gg LE COTE — VRAI — TROVVERES — 

Une croix palée, cantonnée de branches d'oliviers 
chargées de fruits. 

U existe de nombreuses variétés de ce genre de jetons; 
les spécimen que nous donnons ici sufiiront pour les faire 
reconnattre. 

Voici quelques pièces que nous laissons avec les jetons 
quoiqu'on puisse les classer avec les méreaux de Tournai; 
nous comptons parler plus tard de ceux-ci dans un article 
spécial. 

Planche VU. NM. MATER DEI MEMENTO MEL 
Une petite tour. 



— M — 

Le monograpfae JHS au milieu d'une couronne 
d'épines. 
Rev. VIVE .-. LE • ROI * VIVE * LE * ROI * 

Une croix lerminée par des fleurons dont quatre autres 

se voient entre les bras de la croix. 

N» 2. SIT NOMEN DOMINI AVE M. Une petite tour. 

+ 
Le monographe JHS en grandes lettres gothiques avec 

les trois points en forme de trèfles au-dessus eten-dessou9 

de la lettre H. 

Rev. g DEMANDONS — JOIE — SANS — FIN. 

Croix fleursdelisée , cantonnée de trois petits points 
avec des queues formant des arceaux. 

N» 8. SIT NOMEN DOMINI AVE M. (Une petite tour). 

Le mouograpne JHS. 

Rev. AVE MARI STELLA DEI M. (Une petite tour). 

Une croix fleur de lisée et trois petits globules ou feuil- 
les de trèfle dans chaque canton. 

N*» A. Pièce muette. 

Le petit chatel ou portail des deniers tournois en- 
touré d'une couronne d'épines. 

Rev. Une croix pattée, cantonnée de deux fleurs de lis 
et de deux petites tours renfermée dans une double cou* 
ronne feuillue. 



La séance est levée. 



— 60 — 



SÉATfCE DU JEUDI 4 NOVEMBRE 1858. 



M. F. Du Bus , aîné , présidetU. 
H. Jules WACQcn , secrétaire. 



Le procès-verbal de la préeédenle séanee est lu et 
adopté. 

Le secrétaire dépose sur le bureau les publications sui- 
vantes qui lui sont parvenues depuis la séance d'octobre. 

— De la part de la Société impériale d'agriculture, 
sciences et arts de Valenciennes : 

Revue agricole j industrielle et littéraire. Dixième 
année, n"" 5. Septembre 1858. Valenciennes, 1868, in-^"*} 
p. 65-80. 

— De la part de la Société des sciences^ des arts et des 
lettres du Hainaut : 

Mémoires et publications de la dite société. II* série, 
tome 5.* Mons^ JUasquillier et Lamùre^ 1858, in-8'' de 
560 pp. 

Ce volume contient p. 65-159 la suite d'un mémoire 
de M. A.-G. Ghotin, sur l'étymoiogie historique et l'or- 
thographe des noms des yilles, bourgs, villages et hameaux 
de la province de Hainaut. Les pages 115-150 sont consa- 
crées à l'arrondissement de Tournai. 

— De la part de la Société d'émulation de Liège : 

V Procès-verbal de la séance publique tenue le Si 

mars 1858. Liège ^ Carmanne^ 1858, in-8<» de 66 pages. 

t^ Rapport sur les travaux de la dite société depuis 



— 61 — 

la séance publique parU. Capitaine, secrétaire-géiiéraK 
Liéffe, Carmanne, 1858, iii-8" de 26 pages. 

— De la part de M. P. Rbsstbm : 

Journal historique et littéraire. Tome XXY. Liv. 7. 
295* livraison. 25" année. 1*' novembre ]B58, in-8*p. 
S18-S64. 



Il est procédé confonnément à l'art. IB du règlement, 
à l'élection de M. Adolphe Duabdim, capitaine du génie^ 
qui, après avoir réuni runanimitcdes suffrages^ est admis 
comme membre titulaire. 



M. le Vicaire-général Voisirv donne communication de 
quatre lettres adressées par le célèbre BoIIandus à Jérôme 
Dewinge. Ces lettres feront partie d'un travail que Tfao- 
norable membre se propose de communiquer ultérieure- 
ment à la société. 



H. BoziÈBB donne lecture d'un travail qu'il a fait sur 
les épilaphes rimées des églises de Tournai et des envi- 
rons. 



La séance est levée. 



— 6i — 



SÉANCE DU JEUDI S DÉCEMBRE i858. 



M. Du Bus, sAné^ président. 
M. Jules Wagqijbi , secrétaire. 



Lecture est donnée du procës-yerbal de la séance de 
novembre. La rédaction en est approuvée. 



Le secrétaire dépose sur le bureau les publications sui- 
vantes : 

— De la part de V Académie royale des sciences^ des 
lettres et des beauxHtrts de Belgique : 

1° Tables générales et analytiques du recueil de ses 
Bulletins. V^ série -. tome I à XXIII (18S2 à 1856). 
Bruxelles j Hayez, 1858, in-8« de 395 pp. 

t" Son Bulletin. 27« année. 2" série, tome 5. N** 9 et 
10, in-8» p. 225-282. 

— De la part de la Société des antiquaires de la Mori^ 
nie : 

Son Bulletin historique. Septième année. ^T et 28* 
livraisons. Dernier semestre de 1858. Saint^Omer, 
Fleury-Lemaire^ 1858, in-8« p. 541-615. 

— Delà part de M. P. Kbrstbn : 

Journal historique et littéraire. Tome XXV. Livre 8 
— 296"" livraison. 25"»" année, !•' décembre 1858, in-S'» 
p. 865-416. 

— De la part de la Société des antiquaires de Picardie : 



SOCIETE HISTORIQUE ET LITTERAIRE DE TOURNAI 




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JKTONS DE TOURNAI. 



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Son Bulletin. Année 1888, n* 8. Atnieng, Herman^ 
1858, in-8» p. 8^5-556. 

M. le capitaine Dejardin fait savoir qu'il accepte sa no- 
mination de membre titulaire et qu'il se conformera au 
règlement de la Société. 

M. BoziÉRE, membre titulaire, reproduit son travail sur 
les épitapbes rimées des églises de Tournai et des envi* 
roiis, revu et enrichi de notes ; l'assemblée décide que ce 
recueil prendra place dans les Bulletins de la Société. 

M. le Yicaire-gcnéral Yoisin communique à ses collè- 
gues une série de planches représentant les armoiries des 
évêques de Tournai. 

Le même membre lit une note sur la Fierté de N.-D. 
de Tournai. Ce travail sera inséré dans les Bulletins de 
la Société. 



Note sut quelques jetons Toumaisieus du XV* siècle, 
communiquée par M. le comte G. de NédoncheU 

Planche IX. N» 25. SIT NOMEN DOMIin et deux 
rosaces. 

Un écusson renfermant deux petites tours, une fleur- 
de-lis et les trois points en losange : autour de l'écusson 
un encadrement de 8 lobes ou demi-cercles. 

Rev. SIT NOMEN DOMINI SI avec un fleuron. 

Une croix pattée , cantonnée de branches avee fleur 
(cuivrej. 



1 



-~ 64 — 

N» 28. lESONFVSFDYFNFCC. 

Un écussou renfermant deux fleurons placés en chef, 
et deux fleurs-de-lis avec les trois points en pointes. Celte 
marque existe encore comme ornement au-dessus de 
chaque côté de réciisson. 

Rev. OVCCOVFNVCCFOVNV et une rosace. 

Une croix paltée entourée de quatre arceaux ayec une 
fleur à chaque pointe dans les cantons delà croix, (cuivre). 

N« 27. IVESFOCCFVNSEVVCO. 

Un écusson renfermant deux tours et quatre fleurs^ie- 
lis 3 et 1 en pointe. 

Bev. « YCCYSCNVVFOOSVNV. 

Une croix patlée, cantonnée de branches avec fleur et 
les trois points dans chaque canton, (cuivre). 

H« 28». SID NOMEN DOaimi. 

Une espèce d'équerre formant angle aigu la pointe en 
haut, et accostée de deux fleurs-de-lis avec une petite 
tour dans le bas ; le tout dans un entourage de six lobes. 

Rev. La légende et le champ comme au revers du 
n*25. 

N« 28b. SIX NOMEN DOMINL 

Un grand Y gothique accosté des trois points en fais- 
ceaux. 
' Rev. Gomme au n<* 25. 

Planche X. N" 29. Une croix (Q) AVE REGINA 
CELORYM, chaque mot séparé par une petite rose. 

Une couronne fleurdelisée dans un grenetis, sur la- 
quelle on lit AYgl. 

Rev. ék NOMEN SIT BENEDICTVMI 

Croix fleurdelisée^ cantonnée de deux couronnes et de 
deux T alternativement. Les lettres T de la légende ont 
un anneau comme les monnaies de celte époque frappées 
dans l'atelier royal. 



SOCIETE HIST. ET LITT. DE TOURNAI. 









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JETONS DE TOURNAI. 



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— 68 — 

N« SO. Une petite tour : AV MARIA :4c GRACIA P. 

Une couronne fleurdelisée. 

Rev. Une croix aux bras cannelés et fleurdelisés ayee 
une rosace à l'intersection dans quatre arceaux terminés 
par des demi-fleurs-de-Iis et quatre rosaces dans les an- 
gles extérieurs. 

N* %l. Bl AYE * MAMA ^ GRACIAI ^ 

Une couronne dans un grenetis surmontée de trois 
étoiles* 

Rev. Une croix cannelée dont chaque bras est termi- 
né par un 7 gothique, ayant une rosace à l'intersection 
et la lettre Y dans chaque canton, le tout dans un enca* 
dr^uent carré en ondulation et trois petits points dans 
chaque côté. 

N« 82. 4-PATER$N0STERÎQVIiES:|:INCE. 

Une couronne fleurdelisée au milieu, d'un épîéycloide 
de six demi*cercles doubles , dans un entourage en gre- 
netis arec un point dans chaque cercle. 

Rev. DE — LE — IT — ON- (De laUon). 

Une croix fleurdelisée s'élargissant au centre, où se voit 
une fleur^de-Ms, les bras de la croix coupent la légende. 
Dans chaque canton il y a une petite fleurnie-lis. 

Les pièces que nous donnons ici peuvent avoir servi de 
jetons ou geetoirs pour compter, mais il est possible que 
ce soit de ces méreaux qu'on distribuait pour acte de 
présence à certains offices de l'église. Il s'en donnait éga- 
lement pour les réunions des corporations si nombreuses 
aux 18, 16 et 11*' siècles. Ces jetons offrent, comme les 
précédents , de nombreuses variétés. 

Nous avons vainement cherché le sens des légendes des 
n~ 27 et 48 pi. lï; elles n'ont peut-être jamais eu de si- 
gnification, cependant on doit naturellement penser que 
l'énigme qui semble aujourd'hui impénétrable ne l'a pas 

BULLETIN 't. VI. 9 



— 66 — 

toujours été. Monsieur de Fontenay dans son traité des 
jetons parle ans» de pièces où FouTrier, en réunissant 
des consonnes sans voyelles ou répétant les mêmes let- 
tres vides de sens a voulu sans doute dérouter la curio- 
sité de ceux qui chercheraient à les déchiffrer. 

On peut remarquer en passant que plusieurs des pièces 
que nous donnons comme toumaisiennes ont été frap- 
pées pour d'autres localités ; mais notre intention a été 
d*en constater seulement Uorigine ; ainsi nous croyons 
que celles qui portent le monographe du sauveur JHS, 
ont servi pour une confrérie établie à Audenarde. H en 
sera de même pour Inen d'autres. 

On aurait lieu de s'étonner du grand nombre de jetons 
frappés à Tournai pendant les 14* et 18* siècles, si l'on 
ne réfléchissait que les comptes des monnaies, les ordon- 
nances pour la frappe des pièces de différent métal etc., 
prouvent à l'évidence que cette ville avant la concur- 
rence de Nuremberg était un des endroits où fiorissait 
davantage l'industrie métallique : ses produits et notam- 
ment la bbrique des jetons étaient une branche de com- 
merce asseï importante à ces époques où l'instruction 
peu répandue obligeait à faire les opérations de calculs 
avec des jetons et d'une manière toute mécanique, alors 
même que les lettrés se servaient encore jdes diifires 
romains. / 

Nous qualifions ces jetons à l'usage do tous, de jetons 
banaux quand rien ne vient les distinguer des jetons 
historiques ; ceux-ci ont une désignation locale, ou rap- 
pellent certaines époques, certains faits, dont on voulait 
perpétuer le souvenir ou des dates mémorables pour les 
familles qui les firent frapper; c'étaient souvent les maria- 
ges ou la mort de ses principaux personnages ; mais alors 
on pouvait les assimiler aux médailles dont le but toutefois 



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— 67 — 

a toujours été purement historique soit mil, soit reli- 
^eux. 

Nous espérons dans de prochaines eommunieations 
Tousenfiiire connaître un certain nombre qui offriront 
moins de monotonie et par là même auront un intérêt 
plus général ; toutefois, pour Tulilité des amateurs, nous 
avons cm devoir donner quelques spécimens de cette 
remarquable finbricatiou. Beaucoup de ces jetons de 
Tournai n'avaient pas encore été classés ni mentionnés 
par les numismates. 



La séance est levée. 



LES ÉPITAPHES RUIÉI» 

DES ÉGLISES ET DES COUVENTS 

OB TOOBIVAI, 

par M. Fr.-Jos. B4»iiu« oMailire liUilaire. 

Les inscriptions tombales offrent un véritable intérêt 
pour l'étude des familles aussi bien que pour celle 
des localités. Malheureusement nos dissentions intes- 
tines, les révolutions, le mauvais goût qui domine à 
certaines époques, ont eu une influence désastreuse sur 
les pages de marbre et de granit qu'on lisait dans 
nos églises. CSes causes réunies leur ont été plus 
fatales que l'accumulation des siècles. La plupart de ces 
archives, à l'heure qu'il est, ne sont plus que poussière ; 
mais si quelque chose peut consoler de leur perte, ce 



— 68 — 

sont les copies qui nous en restent : A différente 
époques, de modestes savants jaloux de transmettre h 
la postérité ces inscriptions si dignes de respect, en 
ont composé de volumineux recueils, sources intaris- 
sables de renseignements précieux. 

De loin en loin et comme perdues dans les nom- 
breuses pages de ces manuscrits, se rencontrent ées 
ëpitaphes rimées, aussi curieuses par leur facture que 
par les détails qu'elles donnent sur les personnages et 
les événements dont elles conservent le souvenir. Elles 
révèlent souvent des particularités qu'on chercherait 
vainement ailleurs. Plusieurs de ces pièces, quoique 
l'œuvre d'une imagination bizarre, sont cependant mar- 
quées au coin d'une originalité attachante, et peuvent 
devenir un sujet d'étude agréable et fructueux propre 
à élucider des faits d'un ordre supérieur. Presque tou- 
jours naïves, elles sont parfois plaisantes , parfois sen- 
tentieuses; l'une d'elles est un quatrain énigmatique 
qu'il serait impossible de deviner si l'auteur du ma- 
nuscrit d'où nous l'extrayons ne nous en avait com- 
plaisamment donné le mot. Quoique n'étant pas tou- 
jours dictées par un goût des plus pur, nous avons 
réuni ces inscriptions , persuadé qu'elles sont de nature 
à offrir quelqu'intérét aux amateurs de notre histoire 
locale. 

Comme plusieurs de ces petites compositions recèlent 
des expressions vieillies, des mots tombés en désué- 
tude et dont le sens échapperait à plus d'un lecteur, 
nous avons cru devoir ajouter à notre travail des an- 
notations, la plupart puisées dans le Glossaire de la 
langue romane^ par Roquefort. De plus, de nom- 
breuses notes héraldiques, généalogiques et historiques 
aideront à mieux connaître les personnages auxquels 



- 69 - 
fttKot consacrées les Epitaphes mîniBS dis toLtsis it 

DUS COUVENTS DE TOUENAI. 



C«iiwe«t de» Frère» Mineur» 

FONDÉ PAmL'ÉVÉQUE WaLTEE DE MaEVIS, IL FOT SUPPEIHÉ A LA 
EtiVOLOTION FEANÇ aise; SON ÉGLISE, EICBENENT OEKÉB, CONTE- 
NAIT CN GRAND NOMBRE DE MAUSOLÉES ET d'iNSCRIPTIONS. 

Sur Tua des tombeaux élevés au XIV* siècle, on lisait les rimes 
suivantes destinées à ])erpétuer la mémoire de Quentin Gargate, 
mort en i349, et enterré avec demoiselle Marie Prévost, sa 
femme : ^ 

Ghy gist un bourgeois de haut pris (i), 

Saige, bieaux, fist maints nobles pris (s), 

Conqoist as joustcs par prouaiche j 

En Tornaî fist maintes noblaiches (s) ; 

Capitaine à Calais, au roy 

Fu envoyez en noble arroy (a). 

S'espeuse fu de grant renom, 

Dessus sen chief bonnoirs sio nom : 

Bielle 9 boine, fut douche et saîge 

De Tomai dou plus grant Ilgnaige ; 

Cler (s) 4o vult (o), gente de corps , 

Or, leur soit Dieu miséricors. 

(Livre des morts, MS. 229, Bibl. Tor.) 



(1) Démérite. 
(s) Pris : prises, captures, 
(s) Maintes actions nobles. 

(4) Arroy : mot roman signifiant ici équipage, suite, train. 
(6) Cler : cler ou claire, (de clarus), illustre, recommandable, in* 
signe et blanc; dans cette acception, blanche de figure. 
(6) Vult : visage, effigie, image, du Jatin voltus. 



— 70 — 

Lm Qargate oa Girgatle d'vne trèt-andenne fanille UMimai- 
siMMe, poruient D$ $uniU» imné de fUmrM de Uê dTor. On 
titWTe l'on d'en parmi les Damoiseau; ses armes ligarent 
dans la parlie primitive de cette eélèbre eonlMrie, (1280). 
Man Gargate» au loomoi de 1331, portait le nom de U royi 
jtfor de te roufs mofUagnê, VarmorkA de Timmai et du 
Toumaiiii (i) nous fait connaître trois familles dn nom de Pré- 
vost : Marie P., dont il est ici parlé» appartenait à celle qui 
portait d:<umr à trois fwrmam» dor^ S , i , ou thtf de mime 
ekmrsé d'um Utm isfam de gueuleif aroMs qu'on trouve aussi sur 
la torche des Damoiseaux. 



Cy endroit dessouls cesle pierre, 
E^t gissant Pierre de H Pierre, 
Dévot à Dieu et à Saint-Pierre. 
Priés aux anges du paradis 
Qui le portent a Jésus-Christ. 
Et boins gens ki chy passés, 
Vous prie que vous ly priés 
Qu'il ait la parduraUe gloire 
Et en vous siés (^) avoir mémoire. 

Pierre de le Pierre ou de 11 Pierre , d'une fiimllle patricienne 
de celle ville» épousa Isabelle de Leuze, qui mourut en 1400. 
Les de 11 Pierre portaient d'ajsur à 3 merlettet d^ argent; plusieurs 
tombes de celte fomille se voyaient aux Frères Mineurs. 



€hy gist le père, cy gist la mère, 
Chy gisi la sœur, cy gist le frère, 
Chy gist la femme çt le mary 
Et n'y a que deux corps icy. 



(i) Actuellement sous presse. 

(s) Stés : sied, qu'il vous convienne, qu'il vous plaise, ou, qu'il y 
ait lieu d'avoir mémoire de lui. 



— 71 — 

Celte bizarre énigme le lisait sur une tombe décorée de 
blasons, att-deasus de deux personnages, représentés en babiu 
monastiques; en voici l'explication : deux époux se séparè- 
rent d'un commun gré pour yiTre saintement. Le mari se fit 
réoollet , et devint père gardien après avoir été frère. La dame, 
entrée en religion è l'hépltal de le Plancqne , (i) fut smor 
d'abord , puis révérende mère. Après leur mort, réunis dans un 
Qjiéroe tombeau par des soins pieux, on consacra leur mémoire 
par le quatrain rapporté. Le manuscrit intitulé Recueil général {%), 
etc., plus explicite que Halotau et l'auteur anonyme du Livre 
des morte ^ rapporte aussi cette pièce et donoe le dessin de 
deux écussons accoUés : Celui de droite portait trois croiseties. 
celui de gauche un semis de fleurs de lis. 11 ajoute è ces armes 
l'inscription ci-après, gravée autour du marbre : « Gby gist 
Grigoire de le Croix, fils de Nicaise , qui trépassa l'an Ii40, et 
derolselle Béatrix Gargatie, fille de feu Jehan, et épense du dit 
Grigoire, mort en iiS3. » (Rec. géni. p. 535). Remarquons que 
si la dame est morte en 1440, comme il est dit, elle n'a pu 
être religieuse au couvent de le Plancque, puisqu'on ne le fonda 

que 43 ans après. 

11 n'est point hors do propos de rappeler ici, ce semble, 
qu'une épiuphe de même facture se lisait sur l'un des piliers 
de l'église d'Allaiocourt, lez-Paris, la voici : 

Gy gist le fils, cy gist la mère, 
Cy gist la fille avec le père, 
Cy gist la sœur avec le frère, 
Cy gist la femme et le mary, 
Passant n'y a que trois corps ei. 



(0 Fondé en i483| par les époux Jacques Delplancque, marchand, 
et demoiselle Jeanne Delvestre, en l'honneur de S. J.-B^ , et pour le 
remède de leurs âmes. Cet hospice éuit institué primitivement pour 
13 pauvres femmes chartrières, servies par des religieuses. C'est au- 
jourd'hui l'hospice de la vieillesse. 

(a) Gros in-folio contenant des épiuphes, en la possession de M. G 
Du Pré, juge de Paix. 



— 71 - 

A Léitt en Brabant, se lisait U siifante mm moios extraor- 
dinaire : 

Cy gîst le fils, cy gist la mère, 
Gy gist la sœur avec le frère, 
Cy gist la femme et le mari, 
11 n'est pourtant que deux corps ci. 

Il paraît, d'après ce que noas Tenoiis de rapporter, que 
c'était assez l'usage, au moyen ftgei de faire connaître des faits 
intimes sous le voile d'inscriptions énigmatiques. 



Dieu faites je tous prie 
A Pierre Gotriel merehy; (i) 
Jake Gotriel, pardon, 
Dieu vous acquest (^) en don; 
Dieu vous soit souvère, (3) 
Jean Gotriel li père; 
Jehan Gottrel sin fieu , 
Jésus en gloire ait lieu ; 
Dieu vous soit sans fin, 
Margueritte d'Bsplechin; 
Agnès, sa fille, prie Dieu 
Kel vous accompaigne; 
Dieu, Marie, humblement 
L'âme de ly vous rend; 
Dieu (k) Jehanne faciez 
Pardon de tout péchez. 

(Livre des morts). 

C'était dans la chapelle dite des GoUrel, aux Frères Mineurs, 



(f) Hercby : pardon. 

(s) Diea vous acquest : vous aecorde gràee. 

(s) Souvère, sauvèr&, iauverre, $ouverre; sauveur, de salvator. 



— 7» — 

édifiée selon toute apparence par cette famille, que se lisait 
cette inscription. — Gottrel portait de gueules Même de Cottrelt 
(jtetitet eouronn$i ^argent) à la bande 4'axur chargée de Z ai- 
glette* d^or, qui est Esplecbio. Devise : Bon espoir. Outre la 
seigneurie d'Esplechin , les Gottrel eurent celle d'Espain et 
d'Ère. Dans l'église de ce dernier village, se voit encore la 
pierre tomulaire de l'un d'eux. (Voir pour plus amples rensei* 
gnements. Jubilé de chanoine de T,, au XVI* siècle, et Généa^' 
logie de Cottrel , par M. le vicaire-général Voisin , Bulletins de 
la Société historique et littéraire de Tournai, tome V.) liargue<* 
ritte d'Esplechin, citée dans l'inscription, fui la dernière de sa 
race; par son mariage^ elle apporta la seigneurie d'Esplechin à 
Jacques Gottrel. 



Li boinS| H vieil, H doux , lî saige 

<*) 

Crant duls (>) à Tornai li dois (') 
Quand à morir consentit li Dius, (*) 
Li boins, li vieil, H doux, li saige, 
Jehan Wettin en son jouene aage, 
Qui de sen tans plenta (') justa (<) 
Et les boins voluntiers ansta. 
A Lille, à Tornai, sa lignée, 
Estoit de tout bien alignée; (^) 



(i) Lacune dans les recueils manuscrits. 

(a) Duls, douleurs, 

(s) U duis, les deux, de duo. 

(4) Quand Dieu voulut qu'il mourût. 

(s) Plenta, pour plinté : abondamment, beaucoup. 

(6) Jusu : jouta. 

(-7} Avait contracté de belles alliances. 

BULLEHN T. VI. 10. 



— 74 — 

Et de largesse (0 ei d'honneur fu plein. 
Tel qu'il, fa doîbt bien estre plain; 
Or, enterré de lez sin père, 
Priez Dius kes (i) chieux les appcre. (s) 

Gelte épitaphe se troaye dans le manascrit de Calonne de 
Beaufaict, n* 224 du catalogue des manuscrits de notre bibliothè- 
que publique. Jean Wettin mourut en i55i ; il portait de gueules 
semé de trèHes dot , à S fermaux de même , 2 , i , au lambel 
de 5 pendants d*axur. La torche des Damoiseaux contient ces 
armoiries, partie primitive. Jehan W. , ly royt de Comouailles, 
figura au tournoi de 1351. Un cartulaire des archives (n** 60) de 
liii, mentionne un héritage, sis rue Gauwe, (des Procureurs) 
tenant h celui de sire Jehan W. Plus loin on voit que ledit 
Jehan, doit aux pauvres de S. Piat, pour une maison et héri- 
tage à lui appartenant, sit en le rue de le Thure^ XVI, loui-^ 
siens et deux eappons. Vraisemblablement cet hériuge était le 
logis des W. A cette époque les rues Gauwe et de le Thure 
se bordaient de maisons habitées par des gens de qualité, tels 
que les Hellemes, les Halle wln, les de Waudripont, etc., etc. 



Un antre Wettin eut aussi sa sépulture au môme monastère; 
on Usait sur sa tombe : 

Gy gist le corps de vënérabic, 
Humble, prudent et aimable 
Jehan Wettin qui, en son tems, 
Prévost de Tournai fu seize ans. 
Duquel quicoiie fut bien aimez , 
Ce devant prisez et renommez , 



(i) Généreux. 

(a) Kes, pour que. 

(s) l^es appere : les réunisse. 



— 75 -- 

£n mil quatre ceos et Crois , 
Par la mort finir se doibi 
Quant vint avant Noël huit jours; 
Dieu lui veuille éviter le noir séjour. 

(Liv. des mor(s). 



L'ioscHptiafi oi-après qu'on lisait k la cathédrale, sar le loin* 
heaH 0» MaUre Jleban Lamelaio, Valenoiennois et cbanoiae de 
Toomaift rnorl eu 1470, élaii reproduile aox Prèrea MioearSj au- 
dessus d'un crucifix. 

Homme en Dieu prins ton espoir 

De pardon et de grâce avoir : 

Dieu le fil et sa doulcc mère 

Sont tes moyens (t) vers Dieu H père : 

Le fil (i) en monstrant son lez (s) ouvert, 

La mère son pys («] découvert; 

En tels signes de charité 

N'aura refus en vérité. (Recueil génér.) 



Dans la mdme église » sous un écuason cbargé d*utt cbetron, 
el sans l'Indicalion d'aucune date, on avait gravé ces quatre vers 
singuliers : 



(i) Moyens : médiateurs, 
(i) Le fil : le fils, de filius. 
(5) Lez : côlé, (latus). 
(4) Pys : de peclus, poitrine. 



— 76 — 

Icy gist Doultreman 
Qui, en son temps, fut poêleman (t). 
De là vint sëteur ou sayetcur (<), 
Et al parfin est hnori monsieur. 

(Ms. de Galonné). 



Yoici d'autres rimes moins plaisantes, mais plus prétentieuses, 
dans lesquelles l'auteur a eru devoir faire interyennr le hatetîer 
du Siyx et de l'Achéron. Elles étaient consacrées à hi mémoire 
d'un religieux, pèlerin de Jérusalem, représenté sur la pierre 
avec une palme et les armoiries de la ville sainte : 

Pèlerin dont les armes déclarent le voyage, 
Tu as ja (s) affranchi et ne dois plus péage. 
Aux Turcs ennemis de toute piété; 
Car tu as mérité d'être en liberté; 
Tu as vaincu Caron, le privant de sa rame 
Et du droit prétendu par lui à ta sainte âme. 
Laquelle tu rends à Dieu qui en est créateur, 
Après mille vertus eu Tordre dit Mineur. 

(Uv. des morts). 



Pierre de Wandripont • mort en 13S0, et demoiselle Catherine 
Dessus le Pont, son épouse, eurent leur sépulture dans la môme 
église avec cette épitapbe : 



(1) Poêleman : mot roman-tournaisien encore usité (époule- 
man) , en français espoleur , ouvrier qui charge, dispose les es- 
polins qui sont de petites bobines sur lesquelles on dévide les 
fils destinés à former la trame. 

(s) Sayeteur : faiseur de sayettes, étoffe appelée saie. 

(s) Tu as ja : tu as déjà. 



— 77 — 

Chi à H mort par son envie 
A trait (i) che- noble corps sans vie; 
Boin, bicaux, souffisant (s) plain d'honneur, 
Fu en se vie large donneur, 
Lez ce Moustier gist faulté de Dieu (s), 
Qu'après sa mort son âme ait Dieu. 
Doël et pitié fu quand H mort 
A trait par son angoissex (*) mort; 
Chi Demiselle Catheline 
De Surpon, boine en doctrine; 
- A Pieron de Waudripont famé 
Fu, avec Dieu soit mise same. (Uv. des moru). 

Les de Wandripont, noblesse de chevalerie, portaient temé de 
tiereei-feuilles â^azur, à 2 huchets en pals, adosfét de gueules, 
enguiehés et viroUs d'axur. Plusieurs cbevalîers de cette mai- 
son allèrent combattre en Palestine. Thierry et Hae de W., pé~ 
rirent dans une des expéditions entreprises par les Croisés. 
Poar remémorer le souvenir de lenr glorieux trépas, Otho de 
W., changea les armes de sa famille, que prît Basse de Cordes, 
son second fils, tandis que l'alné, Gérard, ne quitta ni le nom 
ni les armes de sa maison. De Surpon' portait vairé et contre^ 
vairé de.„,^ au chef de,,., chargé d'un lion ptusant de...*. 



Hargneritte d'Arbrouch, morte en 1354, s^îl faut s'en rappor- 
ter à l'inscription gravée sur nne Ubie de culcre dans la même 
église, devait être une personne accomplie : 



(1) A trait : attiré. 

(s) Soufllsant : doué de fortune. 

(s) Faulté de Dieu : feûdataire, qui relève d*an fief. 

(4) Angoissex : angoisseuse mort. 



— 78 — 

Li noble doQl gist ici le cprps 
Et ea lui disi vray recors (0 
Honneur, douceur, yaleur et sens. 
Manière, advia et Tray assena (s); 
Bonté, courtoisie, largesse. 
Pitié, karité en li kerche (s); 
Hauteur, basse en bumililë, 
Exemple boins faits, boins dis; 
Dieu ama, et pour ton db (*) 
D'Ârbrouch et de Wames fu dame. 
Dieu li fasse vray pardon d'âme. 

(Hecaeil général d'épiUphes). 



Sur la tombe de Measire Nieoles DoarUnes, sire du Castiel, 
mort ea 1300 et enterré ans Frères Mineurs, se lisaient ces 
antres rimes ; 

Hort qui par deuil maints coers affole (^), 

Par loi fu Hessire Nicole 

Bourlînes mis à sa fin. 

Ri tant euU le coer noble et fin, 

Ki hanta comtes et princiers 

Tant qu'il en fu faict chevalier, 

Es lieuK ou tentoit adveoture; 

Loyeao fu, pensant à droicture, 



(i) Recors : mémoratif, en lieu dît vraiment mémorallf. 
(s) Assens : Intelligence, sagacité, esprit, adresse, 
(s) Li kerche : l'église, charité envers l'église. 
(4) Pour ton dis : pour tout dire, (dictum). 
(s) Affole : blesse, d*affoler, blesser, meurtrir. 



— 79 — 

Plein d'hoaneur et Mîge et ooiirtois, 
En son temps fu des XXX rois; 
Âmé Al des boins en se vie, 
Dieu ait l'âme en se eompaigniel 

Boariines oa Bourllnei portait de gwuhs à 3 éeussom d^ar^ 
geni chargés ehaeun de S eroeheU en pal 2, i. — Goiarl OQ 
Nicole B., figure an toerdola des Si rois, sons le nom de li 
royt Loeh d'Oreanie. 



Sur un écriteau tenu par as S. Pratiçois, mi même couvent , 
on lisait cette pièce : 

A Dieu pour les âmes prié» 
Dont la mémoire chi lises , 
Et celles dont en purgatoir 
Priés que par vous elles aient gloir. 
Car si sont mises en paradis 
Pour vous prieront, j'en suis fis d). 



AWÊmjm dm MmimtmMmwtim» 

Att moyen ftge, dans ce temps de fervent* retigiense, il n'était 
pas nrre de voir des personnes de la plus haute distinction re- 
noncer fe la vie mondaine pour entrer en religion. Les deux 
inscriptions ei-après» qu'on lisait dans Tancienne église de Saint- 
Hartin, le prouvent assez. 



(i) J'en suis fis : certain, assuré, do fidus. 



— 80 — 

Ghy gist dom Raoul, en son temps 
GheTslier de noble lignéei 
Qui, restât mondain réputans («), 
Quist (*) de chéans la compagnie. 
Par fervante dévotion, 
11 fist veus, profession; 
Prévost fu, et bien gouverna 
Priorés, censés ordonna; 
Ce espeuse aussi d'alliance. 
Avec quatre fils se donna; 
Des règles sut Tobédiance (s). 
Des ciels aient la jouissance* 

La pierre sar laqoeile on avait gravé ces rimes» se trouvait 
vi»-2i-vis le matlre-aolel de l'église abbatiale, a II y est gravé 
(Raoul) en habit monachal, les mains jointes. A sa droite se 
voit en petit la figure d'une nonette avec le nom écrit sur sa 
teste : Haisendis; k sa gauche une autre figure avec ce nom : 
Théodoricus ; plus bas, h sa droite, une troisième figure avec 
ce nom : Walterns; et à sa gauche, celui de Radulphus, tous 
habillés comme leur père. » (Rec. gêné, d'épit). 

Raoul on plutôt Radulphe, frère de Thttbert et de Théodore, 
épousa Manisinde d'une famille noble de la province. Ces époux, 
après avoir eu plusieurs enfants, se séparèrent : Radulphe de- 
vint moine de S.-Martin avec ses fils, tandis que Hanisinde 
fonda un couvent de femmes dans son propre logis, situé à 
l'angle des rues des Clairisses et des Carliers et y prit le voile. 
Quant k Radulphe, voici ce qu'en dit Cousin, liv. 111, ch. XXXI, 
à propos des fermes qu'il construisit vers la fin du XI* siècle : 
« Radulphe, prévost de S.-Martin, considérant que le monastère 
ne se ponvoit maintenûr sans revenus et laburaige, il se mit 



(i) Réputans, rebootans : dédaigneux, rejeter avec mépris, 
(s) Quist : qui chercha (quoesivit). 
(s) Obédiance : obéissance. 



— 84 — 

à achepter et à faire caltiver des terres aa noyé de plusieurs 
harnois de cheuauz qu'il entretenoit au monastère. Par après il 
fit construire quatre courtis ou censés, savoir est : Warnave, 
Dttsimpierre (aultrement dict Saint-Maor), Longue Saulx et Tein- 
tegoîes. » 



Cette autre inscription de la môme abbaye est relatiTO aux 
membres de la famille Radolpbe : 

L*an mil cent avec vingt et six, 

Suit chy Arnotild sa sépulture, 

Puis Maissendis, l'espeuse et trois fils, 

Y sont soubmis à pourriture : 

Le quart, Herman , la prélature 

Maintint dix ans, puis résigna, 

Et prist de la croix signature 

Du saint voyage où il fina. (t) (Rec. gêné.) 

Noos ne croyons pas qu'aucun auteur ait parlé de la manière 
dont finit Herman ou Heriman. D'après celte inscription, le célèbre 
abbé aurait trouvé la mort dans un voyage entrepris pour visiter 
les saints lieux. Heriman est l'auteur d'une chronique latine dont 
le titre peut se traduire ainsi : Histoire de la restauration ou 
du rétablissement de l'église abbatiale de S.-Martin à Tournai, 
deux cents ans, ou environ, après sa destruction par Us 
Homumds. 



Dans la même église se trouvait la tombe de Pierre Mouton sur 
laquelle on lisait : 

Vous qui lisez cesté escripture, 
Plourez la bonne créature 



(i) Fina : mourut. 

BUixvnif T. VI. a 



— 82 — 

Qui gist par dessoabs ceste lame 

Dévotement priant que s'Âme 

Dieu maiclic (*] en gloire perménable, (^) 

Las ! c'estoit le prestre aimable , 

Humble, débonnaire et piteus 

Plus que nul aultre, et eonvoitant 

De retenir en tris bons point 

Ceste église de point en point. 

Cy fina Tan quatorze cens et iiij 

Le xxvij° iour de janvier. 

L'écasson des Mouton se remarque sur la torche des Damoi^ 
seaux ^ partie primilive, 1380. Les armoiries de celte famille ont 
varié quant au nombre des moutons et à rémail du champ de 

l'éCQ. 



•alnt^Plait. 



Les épilaphes rimées de S.-Plat ne sont pas moins intéressantes 
que les précédentos; ce quatrain est remarquable : 

Goudeman pasteur en ce lieu, 

Git ici touché par la peste; 

Hais son zèle ardent et céleste, 

A logé son âme avec Dieu. (Ms. Halotau). 



(i) Maiche, mèche, mette ; plce, de mittere. 
(s) Perménable, permaignable : sans variation, en gloire éter- 
nelle. 



— 85 — 

Le bon pasiear pour leqael' ces vers furent composés, monrui 
en 1688, après avoir été curé de S.-Pist, l'espace de vingt-deos 
ans. 



Marc Vilain avait sa sépulture dans la même église paroissiale f 
en la cbapetle de Sainte-Catherine, sous une voûte qui snbslste 
encore. Une statue en cuivre qui a disparti, représentait ce per* 
sonnage vêtu d'une robe longue , coucbé sur une dalle , les mains 
jointes, la tête reposant sur un coussin et sous un dais, Son épita- 
phe était ainsi conçue : 

Par la mort entîcppé et coiiviert, 
Cy Marc Vilain est mangié des yiers , 
Qui fu vivant homme d'honneur, 
£t as pauvres du sien donneur. 
Bien ceste église en fu partie (i) 
Devant (s) l'âme du corps partie, (s) 
Prévost de Tournai fu jadis; 
Rdvcrand en fais et en dis. 
En mil vingt-sept et quatre cens 
Darain {*) iour en aoust cheant, 
Auprès de Dieu mist on le corps , 
Qu'il lui soit fait miséricors. 

(Halouu, Èpiu) 

Marc Vilain était de son bien donneur, dit Tépitaphe. Ce pen- 
chant à la bienfaisance est confirmé par ces autres rimes gravées 
sur une table de cuivre, même paroisse, sous ses armoiries et 
près de la clôture où se tenaient ordinairement les orphelins les 
dimanches et fêtes : 



(i) En fu partie : en fut bien partagée.^ 
(ft) Devant, pour avant, 
(s) Avant sa mort. 
(4) Darain : dernier. 



— 84 — 

Pour réchauffer les pauvres gens, 
Marc Vilain ci («) Ai diligens, 
En son vivant de l'ordonner 
Cil (s) endroit pour toujours durer; 
Se (s) devez bien prier pour ly, 
Entre vous ki vo caufez chy, 
En hiver au feu de carbon, 
Ke Dieu li fasche vray pardon. 

(Mslotau, tpit.) 

Il existait donc ï S.-Piat, chose cnrieose. un rôdait oU les 
pauvres se chauffaient pendant les offices, au feu de earhon^ pro- 
venant d'une donation du prévôt Vilain; Tépitaphe en prose qui 
suit prouve pleinement ce fait : 

« Cj gisent devant (le bénitier de cuivre en entrant) , Etienne 
Preud'homme et Alix de Quarmont , sa femme, qui ordonnèrent 
en leur vivant, quatre rasières de carbon, pour augmenter les six 
rasières que Marc Vilain ordonna, par condition que les dits pau- 
vres ayant du feu tous les matins, en la place à ce ordonnée , en 
l'église de céans, le xj* novembre, jour S.-Martin, Jusqu'au xv* 
février en suivant. » (Hs. de Galonné, ÉpU.) 

Aujourd'hui les églises se chauffent au calorifère. La fondation 
de Vilain et de Preud'homme nous prouve qu'il n'y a rien de 
nouveau : les méthodes seules diffèrent. Déjà , avant le XV* siècle, 
on chauffait les églises au moyen de petits chars en fer, à claires 
voies , installés sur quatre roues , et dans lesquels on allumait de 
la braise. Des enfants de chœur promenaient ces chars dans les 
sefii* 



(i) Ci : Ici, jdans cette église, 
(a) Cil endroit, pour cet endroit, 
(s) Se : aussi. 



— «5 — 

L*épUaphe que l'on va lire se trouvait dans l'église de 
Sainte-Catherine démolie au XVII" siècle, lors de la construction 
de la citadelle. 

Vous qui ici passez, 

Veuillez à Dieu prier, 

Pour rame de demiseUe 

Cathelaîne de Brîelle 

A honneur encline, ki fust de son vivant, 

Espeuse à Aubiert de Burîdan; 

De sire Jehan de Collemer 

Fust femme en second , et mourut de Tournai 

Prévost souverain. 

Son ticrt mari d'honneur 

Fu eu plein nommé sire Gille 

De Gramés, écuyer, 

Dieu les ait et les sauve. (De GaloDBa, Épiu) 

Bttridan, noblesse de chevalerie, dont le cri de guerre était 
Tournai , portait d'argent au chevron de gueules , accompagné de 
Sécrevisses de sable.— Collemer : d'argent billeté de gueules h 
3 enrfssants de même. — Gilles de Gramés : d'argent h la 
bmde d'azor, à un écusson d'or 2i senestre du chef, chargé 
d'an lion de sablCi —'Enfin Gathelaine de Brfelle, d'après d'Avea-* 
■es de RoDcy» p<NrUit d'or k un échiquier d'argent et de gueu^ 
les de 7 uralts* 



— 86 — 



Dans h chapelle de S.-Louls on lisait cette épitapbe : 

Amis si désirez savoir le personnage, 
Duquel git ci le corps au front de ce passage, 
C'est maître Jehan Scohier, qui fut en son premier 
Au noble duc d'Arschot, chapelain aulmonier; 
Puis, à six évéques de Tournai, en ce lieu, 
Chapelain aux honneurs au service de Dieu, 
Il fut du Tournaisis des pasteurs le doyen, 
Pour la gloire de Dieu, non pour autre moyen. 
Il fut fort caresse de toute la noblesse, 
Pour avoir ses avis, pour en tirer adresse. 
En la fin de ses jours abandonnant le monde, 
Où toute vanité, toute misère abonde, 
En vraie humilité rendit son âme à Dieu 
Et son corps à la terre, où il git en ce lieu. 
Priez Dieu pour son âme ami qui ci passez, 
Et n'oubliez jamais ceux qui sont trépassez. 

(Recueil général). 

Jean Scohfer. très-versé dans Part béraldîqae. a écrit : 
a L'estat et comportemélit des armes, Hure avtant vlîl qve 
nécessaire à lovs gentilshommes et officiers d'armes, etc., par 
maître Jeh^n Scobier, l)eaumontois , protonotaire, chanoine de 
Bergbes, etc., Bruxelles, chez Jean Mommart, imp. juré, l'an 
MCXCVH, avec privilège du roy. o Ce volume in-folio de 88 
pages, outre le blason qu'il enseigne, traite aussi de l'art de 
dresser les généalogies. 



Aux Alexandrins consacrés à la mémoire de Scobier et que 
l'auteur s'est eSbrcé de rendre pompeux, nous préférons de 
beaucoup la naïveté de l'inscription suivante, jadis gravée sur 



— 87 — 

une lame de cuivre en face le confassioimal do Pénitentler. 
Elle rappelle dans sou début la facture de certaines pièces de 
Ronsart : 

Dès que fu né, la mort me vint sommer, (i) 

Que certain jour me vlendroit assommer; 

Pour mon recours (a) faire au monde abstinance (s) 

Qui m'a preste de ses biens Tabondance. 

Tant que chanoine et chantre comme indigne, 

J'ai Dieu servi en ceste église digne, 

Diable et la chare pour Fâme decepvoir, {*) 

Des biens mondains m'ont laissé trop avoir. 

Fort me desploit qoe tant y ait nuisure, (&) 

Qui suis par mort gissant en ce sarcure, (s) 

Comme voyez pourtraicté sur ceste lame, 

Priez à Dieu qu'il ait merchi de l'âme. 

L'an de grâce 1528, le ix* jour de décembre. 

(Recueil général}. 



DUeret et vénérable Jefaan Bernard i cbanoine de Tournai , eut 
aussi sa sépulture dans la grande église. En mémoire du don 
qu'il fit k la Vierge d'une magnifique tablo d'alb&tre, on grava 
ces rimes après son épitapbe en prose : 

il donna 

Cette table d'albâtre fort chérie, 
A l'honneur de la digue Marie; 



(i) Sommer : de somoner, avertir, 

(9) Recours : délivrance. 

(s) Abstinance : renoncer. 

(4) Décepvoir : tromper, du latin decipere. 

(s) Nnisore : peine, ennui. 

(a) Sarcure : cercueil; sarca en roman, sarcophage en dérive. 



\ 



— 88 — 

Pais le second jour du mois de février, 

La mort l'a fait de ce siècle dévier, 

L'an quinze cent cinquante-sept, sans faulte; 

Plaise à Jésus, seul juge droicturier, 

Lui concéder lieu en se gloire haulte. 

(Recueil géaéral). 

Les Haccart ont joué autrefois un rôle important en celte 
yUIo : plusieurs furent revêtus de la dignité de grand prévôt. 
Au XV* siècle, l'un d'eux fut envoyé à Bruges avec Hichel de 
Gand, pour y négocier ane trêve de commerce et de libre 
trafic. Les Haccart portaient d*axur à la croix ancrée dargcnt 
camUmnée de 4 coqwUa de même. Voici l'épitapbe rimée d'un 
Haccart qui eut sa sépulture âi la cathédrale avec ses trois 
épouses, sous on marbre blanc orné de 8 quartiers ; 

Par la mort qui partout sépart, 
Chy devant gist Jehan Haccart 
Qui eult trois femmes en sa vie, 
Dont la première fut Marie 
Le Monne, et en eult sept enfans; 
Et d'une autre qui , en son tems , 
Fust Maigne la Trouille appelée, 
Eut une fille engendrée; 
Puis, pour sa tierche espeuse cslite (t) 
!. Eust le dict Haccart Marguerilte 

Pippelard, et de celle issirent (a) 
Xvj enffans qui longtemps vesquirent* 
Et gist dessoubz ceste lame 
Le dit Haccart qui rendit l'âme, 



(i) Bslite pour élit : choisit. 

(a) Issirent : sortirent» naquirent. 



— 89 — 

A Jésus-Christ comme morteuU 
L*an mil cccc et vingt deulx, 
Le xij^ jour de décembre, 
Qu'on prier pour ly se rembre (*). 

(Heceuil général). 



Sulnt-Brlee. 



Cette épilbaphe se lisait sar la tombe d*uQ d'Eonetières . 

Dans ce tombeau poudreux,' 
Git François, inbumé, 
Écuyer généreux, 
Et seigneur de Beaumé, 
Qui suivit à la guerre, 
La trace tout entière 

De ses ayeux. 
Quinte Pipart et père d'Ennetières , 

Ici ensevelis. 
Dieu veuille, en son paradis, loger 

Sa Barbe Boulanger. 

François d'Ennetières moarut en 1570 , comme l'indiqne l'in- 
scription ; Son épouse. Barbe Boulanger, le 11 juillet 1597. (de 
Roncy, Èpit.). Elle portait â^azur à 3 besans d^ argent^ 2, i, 
au chef d'or à Vaigle usant de table beequé de gtieules. 



(i) Se rembre » se remémorer, 

BULLETIN T. VI. 1^- 



— 90 — 

Couvent de» Cr^lslers. 

Une personne pieuse qui légua la majeure parlie de sa fortune 
au couvent de Sainte-Croix: eut son épitapbe rimée dans l'église 
de cette maison ; elle était ainsi conçue : 

Gist le corps dessous cette lame, 
(Qu'en gloire avec Dieu soit son âme), 
De Jehan Monnier, qui donna, 
Les trois quarts de ses biens céans 
Et de ce siècle termina, 
L'an mil quatre-vingt quatre cens, 
En avril des jours le vingt trois, 
Par mort usant de ses destrois (*). 

(Ifs. Malouu.) 



Dans la même église, se lisait encore cette autre épitaphe rimée 
dont la facture ne dénote guère plus d'imagination, mais que 
nous rapportons y comme plusieurs autres de la même force , 
pour faire connaître les particularités qu'elles contiennent: 

Afin d'avoir mémoire pitoyable 

Des trépasses, Michel , large d'honneur , 

Dict de Gastrc, capitaine louable, 

Cette verrière a donné de valeur, 

L'an quinze cents et aussi trente. 

Et un , pour prier Dieu pour lui et Demiselle 

Feue Antoinette Arrande; 

Dont chescun ci s'emploie par très-juste guerelle (s). 



(i) Destrois : rigueurs. 

(s) Juste guerelle : tenir le parti , épouser la querelle. 



— 91 — 
Ksllse d'Esqaelmes* 

La très-ancienne petite église d'Esquelmes, resUorée il j a 
quelques années par M. rarchilecie Bruyenne, contient dans son 
pavement l'inscription ci-après , aussi naïve que curieuse , qui se 
rapporte k un membre de l'intéressante famille Bernard laquelle 
portait de gueules à Vépée en paZ, la pointe basse, la lame 
d^ argent gardée d'or^ accostée de S étoiles â 6 rates cTor. 

Gy gist le corps d'une pucelle, 
Illustre et noble demoiselle, 
De Bernard de Soulme, nommée 
Marie-Claire, et fut tant aimée 
Pour SCS vertus toute sa vie, 
Que la mort lui portant envie 
La vint ravir à ses parens, 
En décembre le vingt-trois; 
Priez pour elle le Roi des rois. 
1673 



Cffeiiuptrenfle de CfAiercii. 

Le lundi 16 décembre 1S66, les gueux sortirent en grand 
nombre de la ville et allèrent saccager plusieurs églises et 
couvents des environs. Au nombre de ces derniers était la 
Chartreuse (i) oh l'on conservait la mémoire de ce déplorable 
événement par le quatrain suivant gravé sur ta muraille da 
réfectoire. 



(i) Le château de Ghercq, propriété de M. le baron le Pebvre, 
fut élevé sur son emplacement. 



— 92 — 

L'an mil cinq cent soixante et six 
Fut tout ce dévot monastère , 
Par gens de cerveaux non rassis. 
Mis en ruine et vitupère. («) 

î 
Dans l'église qui, aa rapport de le Soldojer, fut rasée jus- 
qu'à terre ainsi que les clottres et autres édifices, se voyait le 
tombeau de Tun des Melun, descendant du Sénéchal de Hainant 
auquel on devait la fondation de cette maison, en 137S. i 

Cliy gist haut et noble baron , 

Qui en soit valait un lion; 

Et en cœur fu de tout bien plein , 

S'en doibt des bons estre bien plaint. 

Ce corps qui tourne en pourriture, 

Qui dessoubs ccste sépulture, 

C'est Jehan, seigneur de Werchîn : 

Oncques ne monta sus rouchin, 

En Hainaut home meilleur ce ly; (^) 

En son temps à la mort failly, 

Devant elle a pris terme court. 

Ly qui, seigneur de Valincourt , 

De Chisoing, de Longueviile 

Est, hélas! moins que terre vile. 

Sénéchal de Hainaut estoit, 

Et seigneur du Biez (s), et portoit : ] 

D'azur au lion d'argent fin, 

BilUtéi or fu mis à fin, 



(i) Vitupère, de vitupêrare : violé, dégradé, déshonoré. 

(s) Cely, sinon lui. 

(3) Biez, château et seigneurie dans Wiers, Tournaisis. 



— 95 — 

Et paya de la mort le sens, 

Mil quinze et quatre cens, 

A la bataille d'Azincourt 

Qui, de ses vrais amis sans secours, 

Mourut sans longue attente 

En la sainte gloire vaillante. (Rec. gén.) 



KflUie de Calonne. 



Parmi les officievs français morts âi Fonlenoi , beaucoap eurent 
lenr sépulture dans le cimetière de Calonne; quelques-uns furent 
inhumés dans Téglise même. Nous avons recueilli sur une énor- 
me pierre tumniaire cette Intéressante inscription dans laquelle 
les vers se marient à la prose : 

« Cy gist dans ce sanctuaire , au-devant du maître autel » haut 
et puissant seigneur , Messire Alexandre de Johanne de la Carre, 
chevalier de Saumery, maréchal des camps et armées du roy 
de France et de Navarre; Louis XV, lieutenant des gardes de 
son corps, gouverneur des villes et citadelles de Mézières et 
Charleville , seigneur de Moussaux , Chevrlères , Soisy et Vil- 
lebion. 

Qui plein de ses devoirs envers son Créateur, 
De ses lois fut toujours rigide observateur; 
De ce monde fuyait les dangereux usages, 
Evitait de la cour les séduisants langages; 
Bon frère, bon parent, bon niaitre, bon amy, 
Charitable, prudent, généreux et hardy; 
Sa belle âme du faux fut sans cesse ennemie 
Et toujours pour son roy prêt à livrer sa vie. 



— 94 — 

Il fut blessé le XI k la bataille d& Fonlenoy, 

Et mourut le XIV may MDGGXLV , 

Agé de LIY ans VII mois et IV jours. 

Pour en perpétuer la mémoire , cette épitaphe» ouvrage 

de la vérité, est dictée par les sentiments d'un triste' coeur, 

navré et pénétré de la plus forte amertume , a esté pôsser 

par les soins du marquis de Johaunes, son frère, 

qui étoit venu pour le secourir, et qui a fondé 

dans cette église paroissiale de Caionne, une messe 

et un obit anniversaire âi perpétuité , priant Dieu 

très-humblement que, lorsque lui-même dans le temps 

réunis par la mort, il veuille bien par sa grande 

miséricorde et les mérites de Jésus-Cbrist , 

ne point les séparer dans la béatitude éternelle. 

Ainsi soit-il. » 

Dbprovondis. 



A l'église de l'abbaye de Saint-Aubert (Gambraisis) se lisait 
l'épitaphe suivante que nous croyons ne pas devoir omettre dans 
ce recueil, puisqu'elle concerne une ancienne et honorable 
famille patricienne de Tournai : 

Ghi gist Jehan, cfai gist Cambri, 
Lettré chil fust et molt chéri; 

Passant qui vit 

Por same prie. 
1293 



Les épitaphes suivantes rapportées par Le Carpenlier (II , 829) , 
consacrent la mémoire de Gui de Nedonchel, ciievalîer, seigneur 
de Nedonchel en Artois, et de son épouse, Alix de Gréquy. 
Elles nous paraissent d'autant mieux devoir Ggurcr ici qu'elles 
se rattachent à l'histoire d'une maison aussi noble qu'ancienne, 
et dont un descendant s'est fixé dans notre ville depuis le 
commencement de ce siècle. 



— 95 — 

Chy repoz Wy de Nidonchicl, 
Kaveliez prous (*), fot holt et biel, («) 
Molt redoblet (3) sin suon {uiriel, {*) 
Pouissens toi (») et rick en kaliel. («) 

M. CGC. III. 

Empriez ly C) gegist se faeme 
Alis de Kreky, li noeble dame, 
Ky per ly moert fot prist, (s) 
Ly an del carnasion Jehu-Christ. 

M. CGC. XVI. 



Déjà asité au Xl« siècle, le chronogramme ne devint commun 
qu'au XVI« et au XVil\ Il était très-goûté autrefois; on a 
employé ce jeu d'esprit en toute circonstance , voire même pour 
les épitaphes. Nous en citerons quelques exemples pour termi- 
ner ce recueil. 

Dans l'église de Willemeau se lit une inscription sépulcrale 
consacrée à la mémoire de Messire François de la Motte, mort 
en 1663. Cette inscription Unit par ce chronogramme : 

Le selgncVr reCoIVe son âMe en paraDIs. 



(i) Preux chevalier. 

(2) De haute taille et beau. 

(s) Très-redonlé. 

(4) Sans son pareil. 

(s) Était puissant. 

(6) Riche en châteaux. 

(7) Près lui. 

(8) Qui par la mort fut prise. 



-- 96 — 

Sur la même pierre se iU aussi i'épitaphe de Messire André- 
Lamoral de la Molle , qui se lermine de celle manière : 

Benln LeCteVr Dis Le reqVIeM. 

On trouve dans celte inscription chronogrammique le milié- 
sime MDCLLVII (1707). 



Enfin l^uis de Goay, mort en 1755 et enterré à S.-Piat, avait 
pour chronogramme : 

Priez toVs qV'IL VIVE aV 

roYaVMe Des CleVX. (De Roncy, Épiu) 




— 97 — 



SÉANCE DD iS JANVIER 18!». 



H. F. Bu Bus, ^taé j présideni. 

M. le Vicaire-général Voisin, ff. de secrétaire. 



Le procès-yerbal de la précédente séance est lu et 
adopté. 



Les publications suiTantes qui sont parvenues au 
secrétaire sont déposées sur le bureau : 

— De la part de la Société numismatique belge : 

Sa revue 8* série, tome â, 4« livraison. Bruxelles^ 
Decq^ in-d^" p. 829-476 avec les planches XVII et XVm. 

— De la part de la Société d^agriculture^ sciences et 
arts de l'arrondissement de Valenciennes. 

Revue agricole^ industrielle et littéraire. 10* année, 
n* 4, octobre 1888, Valenciènnes^ in-8* p. 81-96. 

Il est &it mention dans cette revue d'une pièce adres- 
sée par M. Moguex membre correspondant à la société 
de Valenciennes, et qui a pour titre Petitio campsorum 
tomacensium] ce document peut être de quelque utilité 
pour l'histoire monétaire du Hainaut. 

— De la part de l'Académie d'archéologie de Bel-- 
giquei 

1* Ses annales^ tome quinzième, V^ livraison. Anvers 
i%}^dj Buschman^ in-8% p. 1-97. 
a* Idem !2« livraison p. 97-103. 

BULUEmi T. VI. iS. 



— De la pari de V auteur : 

Essai de monographie des méreaux des corporations 
de métiers des Pays-Bas. Bruxelles^ Devroye ^ 1858, 
in-8" de SI pp., par M. A. Perreau. 

Mémoires sur les archives du chapitre de St-Pierre 
de Lille j par M. le docteur Le Glay. Ulle^ Danel, 1856, 
in-8* de 40 pages. 

Notice sur Charles Walmesley, évoque de Bama^ par 
le même, in-8* de 6 pages. 

Nouvelle classification des monnaies de Jeanne , Du- 
chesse de Brabantj par M. R. Ghâlon , Bruxelles, De- 
vroyOf 1888, in-8" de 11 pp. 

Une monnaie de Blankenberg , notice par le même, 
în-B"* de 6 pp. Un jeton de Nicolas du Châtelet , idem, 
in-8'' de 3 pp. 

— M. BozilERB donne lecture d'une note sur un armoriai 
de Tournai dont il s'est occupé et dont il a déjà plusieurs 
fois entretenu ses collègues. Cette note sera mise en tête 
de son travail et le tout sera inséré dans le YP Tolume 
des Mémoires. 

Le même membre propose de joindre à cet armoriai, 
des dessins d'armoiries et de tombeaux. Il se chargerait 
de les fixer lui-même sur quatre ou cinq pierres pour en 
former 18 planches. 

L'assemblée juge ces dessins très intéressants et elle 
accepte avec empressement la proposition qui lui est 
faite. 

— K. le capitaine Dejardin fait plusieurs propositions 
qui sont renvoyées à l'examen du bureau. 

La séance est levée. 



SÉANCE DU ^UOI 3 FËVRIE» i8S9. 

M. F. Du Bu», aîné, ocrcupe le fauteuil. 

H. le Vicaire-général Voisin , remplit les fonctions de 
secrétaire. 



Lecture est faite du procès-verbal de la séance précé- 
dente. II est adopté. 



Deux ouvrages parvenus au secrétaire , depuis la der- 
nière séance^ sont déposés sur le bureau. 

Essai historique et lithurgique sur les ciboires et 
la réserve de l'Eucharistie , -par M. Tabbé Corblet. 
Paris , 1858 , in-8'* de 74 pp. avec des gravures dans le 
texte. 

Histoire de la commune de Boussu , par M. Â.-G.-I. 
Wattier, notaire. Boussu, 1858 , in-8° de 182 pp. avec 
deux planches. 

Sur le rapport de MM. Wàrlomont et Voisin , qui 
avaient été chargés d'examiner le compte présenté par 
le trésorier, ce compte arrêté le 24 janvier dernier est 
approuvé. 

Le secrétaire lit la fable suivante, envoyée par M. Favo- 
cat Jules Wacqoez, qui n'a pu se rendre à la séance : 



417473^ 



— 100 — 
LE nmat oisujj <t sa mèab. 



le sols las de ce nid qui me tient prisonnier 

Sur les brsnehes d'un peaplier I 
Mèrei la liberté m'appelle 1 

Sa TOix est si dooce et si belle I.... 
le Teox Toir ces boissons et parcourir ces bols 

Que dans le lointain j'aperçois, 
libre dans l'air, secoaant mon plamage 
Aux rayons dn soleil doréi 
De mes entraves délivré» 
Je TOUX aller me joindre aux frères da bocage t 
- Mon pauvre enfant, tes faibles ailes 
Ne pourront long-temps te porter ; 
Prés de u mère, il faut rester. 
Les mains des bommes sont cruelles ; 
Dans leurs lacets tu tomberas, 
Ou sous leurs armes ta mourras, 
Abandonné, cbétif et sans défense y 

Qu'espères-tu T.... reste an nid ton enfance 

Réclame encor de tendres soins. 
Seul, pourras-tu suflire li tes besoins? 
Le jeune oiseau présomptueux, volage. 
N'écouta point cet avis sage 
Et sur le cbamp prit son essor 
Vers le ciel aux nuages d'or. 
Pendant quelques instants, de la brise légère 
Il soutint le souffle embaumé ; 
Et déjSi d'ivresse enflammé 
11 riait des leçons de sa prudente mère ; 
Mais bientôt un sombre nuage 
De ses flancs fit sortir l'orage ; 
L'éclair brilla ; du pauvre oiseau 
L'aile mince plia sous l'ean ; 
Presque mourant il tomba sur la plage. ' 
Pour comble d'infortune, un enfant dn village 
Le prit et le fil tant souffrir, 
Qu'il fut fort aise de mourir. 



— 101 — 

Ma mère, disalHI, en ses doaleurs cruelles, 

Je le vois, tous aviez raison I 

Bien sage était votre leçon. 
Il ne faut pas voler avant d'avoir des ailes* 

— H. le Président propose de mettre à l'ordre du jour 
de la séance prochaine , le renouvellemont triennal du 
bureau ; ce qui est adopté. 

On confient aussi de compléter le comité archéologi- 
que, dont il ne reste plus qu'un seul membre, M. Peeters. 

— M. E"* Du Bus, fait par écrit la proposition suivante : 

u Vu les articles 6 et 7 des statuts , 1 , 5 et 40 du 
règlement. 

i> Il sera nommé un Bibliothécaire^rchiviste, qui fera 
partie du Comité permanent de la société. 

9 Le Bibliothécaire-archiviste est chargé de la conser- 
vation des archives et de la Bibliothèque ; il dirige la 
publication des Bulletins , Mémoires et autres ouvrages 
dont la société a yoté l'impression ; et s'occupe de l'envoi 
de ces publications et des échanges que fait la société. Il 
veille à la conservation des collections que la société 
pourrait réunir, a 

La paille est ensuite accordée à M. le vicaire-général 
Yoisiif pour faire la lecture d'une notice. 

DES FIERTES 

de Notre-'Dame de la Cathédrale de Toumay. 

L'historien Gousin,parle assez confusément de trois 
fiertés de N.-D. qui étaient anciennement conservées en 
la cathédrale de Toumay. Ces chasses existent-elles en- 
core? Que contenaient-elles ? Quel usage en faisait-on, 
et à quelles cérémonies donnaient-elles occasion ? Ta- 
chons de répondre à ces questions. 



— 10» — 

PBBKltBBX GHA8SB. 

Ck)U8m nous apprend (1) qu'on consenrait à la tréso- 
rerie, et qu'on exposait sur le maître autel^ le S5 mars, le 
3 juillet, le 15 août, le 8 septembre et le 8 décembre, un 
reliquaire en forme de tour contenant des ais ou aiselles 
de la chambre de Lorette j en laquelle Jésus-Christ a été 
conçu ; de l'habillement, de la ceinture et du lut de 
Notre-Dame ; de la pierre sur laquelle elle était assise 
quand l'ange lui apparut, et de la palme que S^ Jean 
porta au conTQi de son enterrement. 

Ce reliquaire n'existe plus depuis fort long-temps, car 
il n'en est déjà plus fait mention dans l'inventaire de 
1661. 

FIERTE DBS DAMOISEAUX. 

Elle s'appelait aussi, dit Cousin , (S) la Fierté Notre- 
Dame. La première chasse des Damoiseaux fut faite en 
1S80, au moment même où l'on érigea, en l'honneur de 
Notre-Dame, la confrérie du même nom , à l'occasion 
d'une peste qui fit alors de grands ravages à Tournay. (5) 



(i) Liv. 111 p. 176. 

(2) Liv. 111 p. 177. 

(3) Une ancienne chronique manascrite, qui n*est pas sans aalo- 
rité, fait remonter l'origine des Damoiseaux au moment de la con- 
sécration de la partie romane de la cathédrale par Rabbod 11. 

Ràbbodus Secundus. 
1070 — Tomaei eeclesiam Beatœ Mariœ reparatam dedieavit 
contecravitqtM. 

QUIN ET CIYIBUS NOBILIORIBUS DEDIT FERETRUK IN QUO SACRAS 
SANCTORUH RELIQUIAS INCLUSIT. 

Rabbod II — l'an 1070 — A Tournai U dédie et consacre l'église 
de N,-D, qu'on avait réparée. — De plus il confie aux plus nobles 
des citoyens la garde d'une chasse, dans laquelle il avait renfermé 
de saintes reliques. 



— 108 — 

Elle renfermait un grand nombre de reliques dont G}u- 
sin (1) donne le détail. Cette fierté n'était très probable- 
ment que de bois et on la revêtait d'une riche couverture, 
qu'on renouvelait chaque année pour la cérémonie de la 
procession solennelle de la fête de l'exaltation de la 
S*" Croix. Les riches draperies qui avaient servi à cet 
usage étaient ensuite appeudues entre les colonnes du 
chœur. Mais en 1603 , les Damoiseaux prirent la résolu- 
tion de remplacer la couverture en étoffe de leur chasse 
par des plaques en argent, et d'y fiadre représenter di- 
verses figures. Ce travail s'exécuta fort lentement , car il 
ne fut acheyé qu'en 1510. La chasse fut encore portée à 
la procession de 1309 revêtue d'une draperie qui était, 
cette année, de velours bleu semé de lis d'or. 

On ne sait ce qu'est devenue cette chasse , qui a dû 
disparaître dans le sac de 1 566. II est certain que celle 
que nous possédons maintenant provenant des Damoi- 
seaux, est postérieure à cette époque , comme nous le 
verrons en en faisant la description. 

Cette Fierté, d'après la déclaration des priseurs appe- 
lés en mars 1793, par les commissaires du séquestre pour 
en constater la valeur, doit contenir 606 onces d'argent. 
Elle fut alors déposée à la Tour des Six, mais on la remit 
après le départ des Français au sieur Hugues Barthelémi 
Desruex, pharmacien, dernier boursier de la confrérie. 
Desruez s'opposa en 1794, à ce que la chasse fut donnée 
au gouvernement autrichien , et il la conserva chez lui 
jusqu'à sa mort (iO mars 1816). L'intention formelle ma- 
nifestée par le défunt, dans ses derniers moments , de 



(1) Liv. IV p. 82. 



— 104 — 

remettre à Féglise Cathédrale de Toumay, pour y demea- 
rer à perpétuité, tout ce qu'il ayait proyenant de la con- 
frérie des Damoiseaux, fut fidèlement suivie par son exé- 
cuteur testamentaire ; et le 28 octobre 1816 , les objets 
suivants furent remis à la fabrique de la cathédrale : 1* 
Un coffre scellé contenant des reliques ; 2*" la charpente 
de la Fierté ; S* les argenteries de la chasse ; 4** une 
torche armoriée, (1) et une médaille de valet , qu'on ap- 
pelait communément le Quufnon. Le sieur Mariée qui 
était chargé de l'exécution du testament porte à quarante 
neuf livres le poids des objets en argent. 

La chasse a quatre-vingt-deux centimètres et demi de 
longueur sur quarante et un et demi de largeur , sans y 
comprendre la saillie de la corniche , et soixante et onze 
centimètres et demi de hauteur. La couverture , sans la 
crête, a vingt six centimètres d'élévation. Le tout est 
dans le style de la renaissance. Les sujets qui ornent le 
coffre des quatre côtés , au nombre de seize, sont les 
suivants : 

L 

L'ÂNNONaATIOlfl 

Elle est mal représentée : les figures et l'attitude des 
personnages ne sont pas heureuses. Une banderolle par- 
tant de la bouche de l'ange porte ces mots : Ave gratta 
plena. ^ Date marquée : A"" 1571. 



(i) M. Barlh. Du Mortier, a fait de ia Torche des Damoiseaux de 
Tournay , Pobjet d'une intéressante communication ^ l'Académie 
Royale de Belgique. 



— 105 — 
IL 

Le prophète Jérémie tenant unebanderoUe sur laquelle 
on lit : J. SI. Fœminacircumdabit vtrum. 

m. 

LA YlSITATIOlf. 

Groupe très mal dessiné. — Tableau sans perspeetiye. 

IV. 

Le prophète Isaîe tenant une banderoUe avec ces mots : 
Parvulus natus est nobis» 

V. 

LA lÏATnrnnft et l'Adoration dbs bergees. 

Cette plaque est signée N. Y. F. a. 71. 

Tous ces sujets sont sar l'un des flancs de la chasse 
séparés par des colonnetles à chapiteaux rappelant ceux 
de l'ordre composite. Les colonnettes sont cannelées à la 
partie supérieure et reyètues en bas de feuilles d'Acanthes. 

Les trois scènes suivantes sont à l'un des deux bouts 
de la chasse, dans trois arcatures. Le tout est acosté de 
deux colonnettes placées près des coins. Au-dessus^ est 
représentée l'Assomption de la S*" Vierge, qui est élevée 
dans le ciel par deux angcs^ au milieu des nuages , vers 
un fauteuil placé entre les trois personnes de la sainte 
Trinité. Au bas, de chaque côté, un ange , l'un jouant de 
la lyre et l'autre de la harpe. Signature N. Y. 1571. 

YL 

Les Mages à eheval cheminant sous la direction d'une 
étoile. 

eullet» t. VI. 14. 



— 106 — 

VIL 

Hérode confère avec les Hages, Tenas à Jérusalem pour 
s'enquérir du Messie nouTellement né. 

' vm. 

Hérode consulte deux prêtres sur le lieu de la. nais- 
sance du Messie. L'un des deux tient un livre ouvert où 
on lit : et Tu Bethléem Juda, etc. 

Second côté de la chasse. 

IX. 
L'adoration des Roi3 Mages. Signature y N. V. N. F. 

X. 

David, la main droite appuyée sur sa harpe , tient de 
la main gauche une banderoUe avec ce texte : fs"* 70, 
Reges Tarns et insulœ munera afférent. 

XI. 

LÀ GlBCONaSlON. 

Le grand prêtre porte pour coiffure une mitre bifide, 
mais dont les divisions sont en sens opposé à celles de la 
mitre épiscopale. Date, 1571^ 

XIL 

Salomon tient de la main droite un rouleau, et de la 
gauche une banderoUe sur laquelle sont gravés ces mots : 
SAL. Quœ est ùta guœ ascendit super desertum sicut 
virgulafumu can. 8. 



— 107 — 

xm. 

Là pBÊmrrATioii. 

Le saint \ieillard Siméon , tient dans ses bras l'enfant 
Jésus et chante son cantique en présence de la S** Tierge, 
de S^ Joseph et du grand prêtre. Ce dernier , les mains 
jointes , parait émerveillé du spectacle qu'il a sous les 
yeux, A côté plusieurs personnes sont assises autour d'une 
table, et un serviteur apporte une cage renfermant des 
pigteons ou des tourterelles. Au-dessus de ce groupe, con- 
tre la muraille du temple de Jérusalem, où se passe la 
scène , les deux tables de la loi ouvertes portent ces 
mots : Verbum Domtni manet in cetemum. Signature , 
N. V. F. 

Second bout de la chasse. 

Trois panneaux comme de Vautre c6té surmontés de la 
sainte Vierge dans la gloire , les pied» sur un croissant, 
la tête couronnée avec nimbe à rayons , et tenant l'en- 
fant Jésus. Le nimbe du divin enfant est aussi rayonnant 
mais crucifère. De chaque côté un génie nu , ailé et son- 
nant d'une trompe telle qu'on en donne aux dieux ma- 
rins. En haut, deux anges dans les. nuages tiennent une 
couronne suspendue au-dessus de la tète de la Reine des 
Gienx. 

XIV. 

Joseph est averti pendant son sommeil de fuir eu 
Egypte. Au-dessus de lui un ange tient une banderolle 
avec une inscription qui indique le sujet représenté : 
Surge accipe puerum cum maire fitge in œgyptum. 
Signature N. V. 



— 108 — 

XV. 

Fom iR Éann. 

Saint Joseph^ armé d'une fourehe conduit l'âne. Sur 
le soi, des plantes, un scorpion et un serpent. 

XVI. 

Massaceb BBS Sauts Irhocents. 

Au premier plan, la sainte Vierge, l'eniant Jésus sur 
les genoux, remercie Dieu de la conservation de son fils. 
Saint Joseph, à peu de distance d'elle, les mains jointes, 
s'unit à cette prière. Plus haut, comme dans le lointain^ 
scène du massacre des Innocents. 

La partie supérieure de la chasse est partagée des deux 
côtés par une bande qui semble fixée par trois casso- 
lettes, dont deux sont sur la corniche , et la troisième au 
sommet. H y a donc ainsi quatre compartiments , qui 
sont ornés d'arabesques en relief. Outre ces trois casso- 
lettes, il y en a une à chaque coin du coffre sur la cor- 
niche et à chaque bout de la partie supérieure. Celles du 
sommet sont réunies entr'elles par une petite crèteàjour ; 
et il en est de même pour celles qui sont sur la corniche, 
où cette crête forme une galerie fort élégante. 

Pour ne nous laisser aucun doute sur l'école où il 
avait été s'inspirer, l'artiste a eu soin de parsemer les 
jKirties de son œuvre, qu'il pouvait orner capricieuse- 
ment , de têtes emprisonnées , de médaillons , d'aigles, 
de dauphins, de boucs, délions, de cigognes, etc. 

La chassé des Damoiseaux a-t-elle été feile à Tournay ? 
Je ne le crois pas. Elle date de 1571. C'est précisément 
l'année en laquelle le jubé a été terminé, car le paiement 
en est renseigné dans le compte delà fabrique de 1572. 



— 109 — 

Nous savons que le jubé est l'œuvre de Corneille Fions , 
d'Anvers. Le travail de la chasse ne peut aucunement, 
il est vrai, lui être comparé, mais pour l'un comme pour 
l'autre, c'est au style de la renaissance qu'on a donné la 
préférence. C'est ce que n'eut pas fait un artiste Tournai- 
sien, parce qu'à cette époque, le style ogival était encore 
en honneur en notre ville, et que, d'ordinaire, les sculp- 
teurs et les orfèvres n'ont point devancé les architectes, 
mais les ont suivis , les ont imités. Nous en avons un 
exemple frappant, dans la chasse de S^ Eleuthère , qui, 
faite au moment où s'élevait le chœur de la cathédrale, 
a des formes bien plus anciennes que cet édifice. Or à 
la fin du XYI* siècle, trente ans environ après l'achève- 
ment du jubé, on construisait encore à Toumay des mo- 
numents dans le style ogival^ comme les deux églises du 
collège et du noviciat des Jésuites (du séminaire et de 
l'athénée), la belle maison rue de Paris, etc. 

Quant aux usages et aux cérémonies qui se rattachaient 
à la Fierté des Damoiseaux , on peut consulter Cousin^ 
qui en parle avec une certaine complaisance en difie- 
rents endroits de son histoire de Toumay. 



DE LA TROISIEME CHASSE Qu'oN APPELAIT PROPRBMEMT 
LA FIERTE DE NOTRE-DAME. 

Nous croyions la Fierté de Noire- Dame perdue ; elle 
était sous nos yeux ; elle n'avait que changé de nom ; 
c'est la chasse dite maintenant de S*" Ursule, placée près 
du maitre-antel delà cathédrale du côté de Tépitre. J'en 
ai eu le premier indice en lisant des notes tenues par 
un chapelain de cette église sur les principales choses 
dont il avait été témoin. Sous la date du U septembre 



— 110 — 

1804, il y est dit ce qui suit : a On sonna à la paroisse 
tt Notre-Dame vers le soir, pour avertir que monseigneur 
«( Févêque consacrerait le grand autel du nouveau chœur 
« de la cathédrale. On commença la cérémonie le len- 
c demain à sept heures du matin. (Le chœur ayant été 
€ béni à cinq par H. Gosse , chanoine vicaire-général.) 
«( Vers dix heures, la cérémonie étant achevée , on sortit 
ç proeessionnellement de la Cathédrale , l'évêque pieds 
tt nus^ pour aller chercher la Fierté de S^ Eleuthère et 
c une autre que l'évêque nomma celle de S^' Ursule et de 
« ses compagnes ] (1) quoiqu'on crût toujours dans le 
« peuploy qu'elle contenait des reliques de la Suinte 
M Vierge^ etc. • 



(!) Les reliques des XI miUes vierges étaient ea la caUiédrale de 
Toarnai Tobjet d'une vénération particulière et elles ont dû avoir une 
fierté fort précieuse qu'on plaçait au chœur le 20 et le 21 octobre. Le 
plus vieux cérémonial de cette église, dont récriture est du XY* siè- 
cle» porte ce qui suit : 

In festo XI» virginum. A la fête des onze mille vierges. 

Antequam incipiantur primae Avant de commencer les pre- 
vesper», exeat processio ad defe- mières vêpires, on sort procession- 
rendum ferelrum sanctarum vir- nellement par la grande-porte du 
ginum per majus Ostium cbori, et, chœur pour aller quérir la chasse 
transeundo per deambulatorium des saintes vierges que portent 
an te thesaurariam , portent duo deux chapelains revêtus de chap- 
capellani induti cappis sériels pes de soie , précédés de deux 
dictum ferètrum in fine procès- enfants de cbœur avec des flam- 
sionis.praecedentibusduobuspue- beaux. On fait le tour des carol- 
riscum torlitiis, etcollocetur pra&- les , en passant devant la tréso- 
diclum ferètrum reverenter super rerie, et on dépose avec rêvé- 
majus altare usqne in crastinura rence la chasse sur le mattre- 
postvesperas; et, dum supradicta aulel jusqu'au lendemain après 
fient, incipient rectoreschorian- les vêpres. Pendant cette céré- 
tiphonam simile est regnum cœ^ monieceux qui dirigent le chœur 



— 111 — 

J'ai depuis trouvé dans un manuscrit du chanoine 
Duchambge les inscriptions de la fierté Notre-Dame, 
inscriptions dont il reste des parties assez considérables, 
sur la chasse dite de S'* Ursule, lés voici telles que j'ai pu 
les copier. 

Escriptaux qui se trouvent sur la fierté seconde. (1 ) 

L 

Pastor ovem reserat, Pastor bonus ut leo fortis 
Quem sibi subdiderat leo qui rugit leo mortis. 

n. 

Necdum astra poli subii me taugere noli. 

m. 

Thoma junge meo digitum lateri manibusque. 

Nunc scio nunc video meus est Dominusque Deus- 
que. 



\orum\ et in crastino, post vespe- 
ras, reporubilur dictam feretram, 
nt supra, per ostiom juxta sedem 
episcopi, et intérim cantor inci- 
piet antiphonam gaudent in cœlit^ 
cui sacerdos. stans in ordine, in 
fine snbjangel versam addueeniut 
régi virgines et collectam Deus 
qui nos becUarum virginum. 



entonnent l'antienne simiU eêt 
regnum CŒlorum. Le jour sui- 
vant , après les vêpres , on re- 
porte la chasse de la même ma- 
nière, en sortant du chœur par la 
porte latérale du côté du siège 
de l'évoque, et le chantre en- 
tonne l'antienne Gaudent in ecv- 
lis. Après quoi, lliebdomadaire , 
de sa place et debout , dit le ver- 
set Adducentur régi virginei et 
la collecte Deuê qui noê biata' 
rum virginum, etc. 
(1) Fierté seconde, ainsi appelée parce qu'elle était, avec celle de 
St Eleuthère , sur une table d'airain derrière le mallre-autel. 



-^ lia — 

IV. 

Tendere iniEgypHum puer implens ordiue scriptum ; 
Donec ei delur quod ab ore patris reyocetur. 



Labe paer purus mater ara futurus. 

Quem nisi yisurus non est Simeon moriturus. 

VL 



Sed fiam mundœ contactu corporis nudœ. 

VIL 

Hi res, non sine re D'''' Tria dona dedere. 

Vendicat hoc munus trinum sibi trinus et unus. 

VIIL 

Rei egosum 

me tremit infemus mihi supplex ordo supernus. 

IX. 

Vinctus non victus velamine carnis amictus , 
Judex districlus cisuras sensit et ictus. 

X. 

In cruce pro serve, dignum cruce libero servum. 
Vita hominis, morior ne moriatur homo. 

XL 

Ecce resurrexit quem quœritis ite relatum 

Fratribus et Petro jam "vivere cum Pâtre 
natum. 



— lis - 

Hoc epus feeit Magister Nicolaus de Verdun eon- 
tineus argenti marcas GIX, auri YI mareas — 
Anno ab incann D°' HGCY consummalum est 
hoc opiis auri£atbrum. (1). 

Examinons bien maintenant noire troisième chasse 
et nous nous convaincrons que, si elle n'est plus telle 
qu'elle est sortie des mains de maître Nicolas de Verdun 
en 1205 , à jNirt les mutilations qu'elle a subies et les res- 
taurations maladroites qu'on y a faites , ce que nous y 
-voyons encore de primitif est bien l'œuvre de cet artiste. 

BncBunrioii db la giassb. 

Côté vers l'intérieur du chœur. 

Partie perpendiculaire. 

Trois arcades trilobées reposent sur des colonnettes 
géminées, dont les chapiteaux sont garnis de nombreuses 
feuilles et les bases ornées de palmettes. Ce côté est assez 
bien conservé , les colonnettes sont primitives de même 
que les sujets. 

Sous la première arcade est représentée la fuite en 
Egypte , dans la seconde, la présentation au temple 
ou plutôt le vieillard Siméon tenant l'Enfant Jésus et 
chantant son cantique , et dans la troisième le baptême 
de Notre Seigneur. 

Les anciennes inscriptions existent encore presqu'en^- 
tières et ce sont bien celles rapportées ci-dessus , numé- 
ros quatre , cinq et six. 

' En haut des deux premiers sujets , un ange tient un 
livre ouvert. 



(t) Cousin nous apprend q[ue cette inscription se troavait partagée 
sur deaz côtés de la chasse. 

BULLETIN T. VI. Iî5« 



— lU — 

Au-dessus des colonnettes géminées, entre chaque 
arcade , et aux deux coins , des bustes d'anges sont ap- 
pliqués dans des positions diverses. Le premier a les 
bras croisés sur la poitrine , le second , tient des deux 
mains une couronne , le troisième , tourné de côté , a un 
globe sur la main droite , et le quatrième tient un liyre 
ouvert. 

Dessus , partie inclinée. 

Le fond est primitif et il rappelle les belles cbasses 
d'Aix-la-GhapeUe qu'ont publiées les PP. Martin et 
Cahier dans leurs Mélanges archéologiques. H était tout 
émaillé et il est encore orné de superbes arabesques niel- 
lées. En bas il y a , à chaque coin, deux des animaux 
évangélistiques et les deux autres sont à la même place 
de l'autre côté. 

Sur ce fond, se détachent trois médaillons représentant 
le couronnement d'épines , la résurrection de Laiarre, 
et la flagellation. 

La première inscription a dû se trouver autour du 
second médaillon et la neuvième autour du troisième. 

Côté latéral vers la caroUe. 

Cette partie a beaucoup souffert. Les colonnettes et les 
chapiteaux sont nouveaux et très mal fails. Il ne reste 
aucune trace des inscriptions recueillies par le chanoine 
Duchambge. 

Sous la première arcade trilobée , deux personnages 
semblent avoir été placés pour représenter l'Annoncia- 
tion, car l'un des deux soutient une table sur laquelle est 
écrit Y Ave Maria , mais comme la seconde figure tient 
en mains une boîte à parfums, je suis porté à croire qu'on 
voyait sur l'ancienne chasse l'apparition du Sauveur à 
sainte Marie Magdeleine comme nous l'indique la seconde 
inscription. 



— 115 — 

On a probablement fait des changements du même 
genre dans le groupe du milieu. C'est maintenant la 
▼isitalion ; mais que signifie la figure qui , sur l'arrière 
plan, bénit à la manière romaine ? Ce ne peut-être que 
celle du Sauveur, qui se trouve ici bien déplacée. Ne 
peut-on pas supposer que le sujet de la troisième ins- 
cription, qui nous manque aujourd'hui , se voyait autre- 
fois ici ? En ce cas l'artiste aurait choisi le moment où 
S' Thomas, repentant de son incrédulité, et confessant la 
Divinité de J.-C, tombe à genoux devant le Sauveur qui 
le bénit. 

La troisième arcade est remplie par la scène de la Na- 
tivité de Jésus-Christ, représentée comme elle l'était tou- 
jours au moyen âgel 

Les sujets des trois médaillons de la partie supérieure 
de ce côté sont : 

Au milieu, le crucifix avec la sainte Vierge et saini Jean. 
A droite la résurrection , et à gauche la visite des saintes 
femmes au tombeau. 

Le premier et le dernier de ces trois sujets sont indi- 
qués par la dixième et la onzième inscriptions. 

Aux deux bouts de la fierté on a représenté , d'un côté 
l'adoration des Rois Mages , et de l'autre Jésus-Christ 
assis dans une attitude qui rappelle celle des consuls et 
des empereurs romains. H est revêtu de la tunique et de 
la toge ; il a la main droite posée sur le bord du siège , et 
de la gauche il relève sa toge sur le genou. A ses côtés 
deux personnages vêtus de la même manière expriment 
par leurs gestes et leur regard le respect et l'admiration. 
C'est sans nul doute ici qu'était la huitième inscription : 
RexEgo Sum^ etc. 

Le groupe de l'adoration des Rois est un des morceaux 
les plus intéressants de la chasse. La sainte Vierge tient 



— 116 ~ 

sur im genott l'Eafant Jésus droit et recevant la myrriie, 
qae lui offre le second Roi. Elle a la tête ceinte d'une 
double couronne enrichie de pierreries et elle porte sur 
la poitrine un émail translucide, au fond bleu^ sur lequel 
se détachent de petites feuilles blanches et jaunfttres , 
d'un travail fort remarquable* Son nimbe et la couronne 
des trois Rois sont aussi ornés de pierres , mais qui pa- 
raissent être de peu de valeur. La septième inscription 
qui explique ce sujet, n'est pas très-intelligible : hires 
non sme re Domino tria dona dedére etc. je proposerais 
cette traduction : les Rois offrent au seigneur trois pré- 
sents qui ne sont pas sans signification. Celui qui est tout 
à la fois trinité et unité reçoit cette triple offrande. 

Au-dessus, de ce côté, comme de l'autre^ la chasse n'a 
pour couverture qu'une mauvaise plaque de cuivre doré 
sur laquelle on a placé le buste d'un ange. 

Le chanoine Duchamgbe , ne nous ayant conservé que 
onze des quatorze inscriptions qu'il y avait sur la chasse, 
on ne peut déterminer ayec certitude quels sont les sujets 
qui ont été changés, mais l'application que nous avons 
fidte de ces onze inscriptions aux scènes qui y sont figu- 
rées , nous permet de juger que la partie iconographi- 
que de ce Reliquaire a subi peu de changements. 

La manière de représenter les sujets n'a rien de par- 
ticulier , et sous ce rapport , l'œuvre de l'artiste est peu 
remarquable. En considérant le tout , on peut juger que 
maître Nicolas de Verdun était un ouvrier habile , mais 
on regrette que tout son travail n'ait pas été aussi soigné 
que le méritait la quantité énorme de métaux précieux 
qu'on avait mis à sa disposition. 

CE QUE CONTENATT LA CHASSE. 

On ne le sait pas précisément. Cousin se borne à dire 



— 117 ^ 

qu'il sk hi en quelque livre tnanuscript , qu'en la due 
chasse de Toumajf, il y a du laict et des cheveux et au- 
tres joyaux de la dite glorieuse Vierge , et là dessus 
discutant la possibilité de posséder ces reliques^ il ciie 
plusieurs lieux où l'on conservait du lait de la sainte 
Vierge. 

Ilaurait été moins embarrassé s'il avait su qu'au moyen- 
âge, on donnait ce nom à un liquide blanchi, que l'on 
faisait en mêlant avec de l'eau, de la terre de la grotte 
dite de la Vierge, Le savant franciscain Fr. Quaresmius, 
commissaire apostolique dans la terre sainte au XVII* 
siècle, dans son ouvrage intitulé Historica Terrœ sanctœ 
elucidatio Ântwerpiœ 16S2, après avoir rapporté la tra- 
dition d'après laquelle la S^* Vierge se serait cachée avec 
l'en&nt Jésus en ce lieu , ajoute que la terre de cette 
grotte est naturellement rouge ; mais qu'étant réduite en 
poussière lavée et séchéc au soleil , elle devient blanche 
comme la neige et que, mêlée avec de l'eau, elle ressem- 
ble parfaitement à du lait. La terre ainsi préparée s'ap- 
pelle lait de la Vierge. On en fait , dit-il , une potion 
très salutaire pour les femmes qui ne peuvent pas nour- 
rir, et on l'emploie aussi avec succès contre d'autres ma- 
ladies. Même les femmes Turques et Arabes en retirent 
une telle quantité de terre pour remployer ainsi, que ce 
qui était autrefois une seule grotte en forme trois aujour- 
d'hui. Les reliques qui dans plusieurs lieux de pèlerinages 
portent le nom de Lac beatœ Virginie^ ne sont , le plus 
souvent, que de la terre de cette grotte. 

QUAND ON PORTArr 017 QUAND ON DÉPLAÇAIT LA TORTE 
DE NOTES-DAMB. 

La manière* dont il est parlé dans le serment du 



— 118 — 

Doyen (1) de la permission qu'il pouvait accorder de 
transporter hors de la cathédrale , et même de la ville la 
fierté de Notre-Dame , fait supposer que cette permission 
s'accordait assez souvent. Il y est dit que le Doyen devra, 
en pareille circonstance 9 obtenir le consentement des 
chanoines qu'il aura pu rassembler, et que, lorsqu'il 
aura permis que la chasse soit transportée dans une autre 
localité , il devra en faire part aux vêpres , ou du moins 
aux matines , aux chanoines qui y assisteront. 

La même formule de serment nous apprend encore^ 
que la fierté de Notre-Dame , était exposée à la vénéra- 
tion des fidèles pendant le carême successivement dans 
toutes les églises de la ville , et qu'elle était placée à la 
même fin sur la grand'place aux fêtes de la Pentecôte. 
Elle était aussi exposée pendant toute la quinzaine qui 
suivait la grande procession, temps pendant lequel on 
avait coutume de faire des oblations à la cathédrale, 

G)usin de son côté nous dit qu'on portait la fierté de 
Notre-Dame à la seconde procession qui se faisait vers 
quatre heures du matin, le jour de l'exaltation delà sainte 



(1) Extractam è juramento Decaai. Item Decanas non potest per 
se commodare archambeataeMarise sed de assensu aliquoruin canoni- 
corum qaos poterit commode convocare. Gumque archam concesse- 
rit ad locum aliam deferendam , îstud est nanciandam in vespeds 
vel saltem in malulinis illis canonicis quos ibi contigerit interesse. 

Item ad Decanum pertinet per se sermocinalores cam philateriis 
(Quêteurs qui portaient des chasses et prêchoient) admittere et dies 
compétentes assignare et taies dIes ut non graventur ecclesiae civita- 
tis, praecipue ecclesia cathedralis ; quando videlicet in quadragesi- 
ma archa defertur ad ecclesias parochiales et quando est In foro 
tempore penthecostes. Et etiam quindecim diebus post processionem 
quando homines cousue verunt oblationes suas offerre ad ecclesiam 
cathedralem. 



119 - 



Gtoix principalement pour ceux , et par ceux de Gand 
qui y marchaient portant des bannières ou goufanons et 
des cierges allumés. 

BUBR1QUES DO DÉPLACEMENT ET DE LA RENTRÉE DE LA 
FIERTE DE NOTRE-DAME. 



Item notendain quod quando- 
cumque processionalUer portatur 
Tel reporlatur ^d thesaurariam 
sennium beatae virginis, portatur 
seu refertur à daobus cappel- 
lanis indatis cappis sericis qui 
in matutinis ultimi duplicis de 
jure suo debuerunt septimum 
versum. 

Item notemdum quod dum dic- 
tum sennium ex gralift mutuatum 
seu concessum deportatur de paro- 
chià S*' Jacobi dominicà quà 
cantatur IfBtare Jérusalem, exit 
ei obviam processio in medio 
ecclesiae cum sacerdote induto' 
cappà sericà prsecedentibus duo- 
bus ceroferariis et in receplione 
dicti sennii, canlor II loco suo 
ÎDcipiat antiphonam de Beatà 
TÎrgine pro voluntate suà et dum 
sennium collocatur super majus 
altare. In feslis autem sanctorum 
Philippi et Jacobi ac etiam Jacobi 
et Christophori una cum procès- 
sione et prcsbjtero supradictis 
procedunt rectores chori et in- 
duli cappis sericis et incipiunt 
antiphonam ut dictum est, et sen- 
nium col locatu» super altare de 
requiem, et statim recedunt omnes 
sapradicti revestiti nisi fuerit 



Quand on prend ou quand on 
reporte à la trésorerie la chasse 
de Notre-Dame , elle est portée 
par les deux chapelains, rcTÔtus 
de cbappes de soie , qui ont dû, 
aux matines de la dernière fête 
double , chanter le septième 
verset. 

Lorsque la dite chasse , accor- 
dée à la paroisse de St-Jacques, 
en est rapportée le dimanche de 
Lœtare, on Ta processionnelle- 
ment au devant > au milieu de 
l'église, le célébrant étant revêtu 
d'une cbappe de soie, et précédé 
de deux acolythes. Le chantre 
entonne une antienne de la Ste 
Vierge , à son choix , pour rece- 
voir la chasse, qui est ensuite 
placée sur le maître autel. Mais 
aux fêtes de St-Philippe et de 
St-Jacques, (l'^mai) et de St- 
Jacques et de St-Christophe , 
(35 juillet) il 7 a de plus à la pro- 
cession , outre le célébrant, des 
chantres dirigeant le chœur, re- 
vêtus de chappes de soie, qui en- 
tonnent une antienne de la sainte 
Vierge pendant qu'on place la 
chasse sur l'autel de requiem; 
après quoi tous ceux qui sont re- 
vêtus se retirent; si ce n'est ton- 



ISO 



hora incipiendi vetperas nam 
tuQC remanerent solommodo rec- 
tores* Post completorfom vero 
accedttnt praedicU dao capellani 
jndali cappis ut supr^ et résu- 
mant sennium praecedentibus 
dttobos pueriscum torliliis et post 
processionem quae exit per os- 
tinm jnxtà sedem episcopi , refe- 
ront praedictum sennium in the- 
saurariam et intérim cantor de 
loco suo incipit aliquam antipho- 
nam de beat& virgine quae prins 
dicta non fuerit , cui sacerdos , 
etiam e loco suo, subjunget ver- 
sum taneta Dei genitrix et collée- 
tam famulorum. — Extrait d'un 
vieux cérémonial manuscrit du 
XV* siècle , de la cathédrale de 
Tournay. / 

II y avait à la cathédrale de Tournay une quatrième 
fierté de N.-D. sur laquelle je n'ai pu obtenir aucun ren- 
seignement. Je n'en ai connu Texislence que par la note 
que firent faire les commissaires du séquestre, le 18 mars 
1793, des argenteries du chapitre qu'on transporta à la 
Tour dite des Six. Il y est dit que la chassk db n.-d. pb 
LORErre contenait 120 onces d'argent. 



tefois qu'on doive commencer les 
vêpres , auquel cas, les chantres 
qui dirigent le chœur y rempli- 
ront de suite leur office. A près les 
compiles» les deux chapelains, 
revêtus de leur chappe , repren- 
nent la chasse et , précédés de 
deux enfants portant des torches, 
ils suivent la procession qui sort 
par la porte du côté du siège de 
l'Evêque, pou» aller reporter la 
chasse à la trésorerie. Dans l'en- 
tretemps le chantre entonne de 
sa place, une antienne de la 
Sie Vierge , qui doit être autre 
que celles qu'on a déjà chantées, 
et on y ajoute le verset saneta 
Dei genitrix et l'oraison farnuUf- 
rum, $tc. 



Procès-verbal dressé par X. Duvivier constaiani que 
les deux chasses de St-Eleuthère et de S^'-Prsule 
étaient demeurées intactes chez M. Du Mortier pen- 
dont la révolution française. 

L'an de Notre Seigneur , mil huit cent quatre, le douze 
de septembre. Nous Joseph HyppoliteDuyitier, chanoine 



— 121 " 

et archidiacre de Tournai , duement commis et aalorisés 
par iPgr. L'illustrissime et Révérendissime érêque de 
Tournai , nous sommes transportés chez H. Barthélémy- 
François-Joseph Dumortier , domicilié dans la même 
^ille , rue des Fossés, section deuiième , n° 834 , à Tefiet 
de reconnaître les reliques de St-£leuthère patron du 
diocèse et de la yille de Tournai ; lesquelles reliques on 
disait y être déposées , a^ec celles de S'' Ursule et com- 
pagnes* 

C'est pourquoi après avoir invité et interpellé au nom de 
mon dit Seigneur, les personnes qui avaient connaissance 
de cette déposition et autres faits relatifs au déplacement et 
transport des dites reliques, a comparu personnellement 
H. Louis-Charles Themont, âgé de 44 ans , marchand de 
bierre , domicilié à Tournai , au marché aux Vaches, 
n° 861 , section 2™* ; lequel après avoir prêté serment de 
dire la vérité, nous a déclaré : 

Qu'au commencement de décembre 1796 , il se trans- 
porta pendant la nuit à la cathédrale, à l'effet de descen- 
dre du grand autel deux chasses qui étaient placées, 
l'une, contenant les reliques de S' Eleuthëre , du côté de 
l'évangile ; l'autre, contenant les reliques de S^« Ursule 
et compagnes, du côlé de l'épilre : qu'il était dirigé dans 
cette opération , par M. Augustin- Joseph Dewanle en sa 
qualité de picqueur du chapitre de Tournai , et accom- 
pagné des trois clochemans , aujourd'hui absens , et de 
François Rosier qui est mort depuis ; que la descente des 
dites reliques n'a été effectuée que le lendemain à midi ; 
que ces reliques avec leurs chasses ont été déposées 
d'abord dans la salle capitulaire et que de là , elles ont 
été transportées par lui et par ceux ci-dessus nommés 
chez la veuve d'Alexandre Colin , née Criquillion (Anne- 

BULLRTIN T. VI. 16. 



— IM — 

Harie-Josepb) I domieUée à Tournai, raeda Ghàtelet, 
dite des Choraui , n* 767 , section deuxième. 

A comparu ensuite M. Augustin-Joseph Dewante, ci- 
dessus mentionné, lequel après avoir prêté serment de 
dire la vérité , et entendu la déclaration du premier dé- 
clarant , Ta ratifiée en notre présence et l'a reconnue té- 
rilable. 

A comparu ensuite Madame Anne-Marie-Joseph Cri- 
quillion veuve d'Alexandre Ck)lin , mariée en secondes 
noces avec M. Denis-Joseph Detez , laquelle après avoir 
prêté serment de dire la vérité, nous a déckré que le 
4 décembre 1706 , elle avait re^ u chez elle vers 4 heures 
du matin les deux susdites chasses portées par les person- 
nes prénommées; que ce transport a été fait en vertu 
d'actes capitulaires des 2i et 24 novembre et S décembre 
1706 ci-joints en copie ; que ces chasses sont restées chei 
elle un an et quelques mois , que pendant tout ce temps 
elles n'ont étéouTertes , ayant été placées dans une cham- 
bre fermée par une -cloison de planches ; que dans un 
moment de terreur, et crainte de profanation , la chasse 
de S*-£leullière fut mise dans une caisse et celle de S'* 
Ursule enveloppée de toile et de sarpillière ; que dans cet 
état les deux chasses furent transportées chez Barthélémy- 
François-Joseph Dumortier déjà nommé plus haut pu 
nous les avons trouvées. 

A comparu ensuite M. Denis-Joseph Detez, lequel après 
avoir prêté serment de dire la vérité , nous a déclaré 
qu'ayant épousé la susdite déclarante , il a trouvé chez 
elle la chambre fermée contenant les deux chasses comme 
est dit ci-dessos ; qu'il a défait lui même la cloison de 
planches, encaissé et enveloppé respectivement lesdites 
chasses*, et qu'il les avait accompagnées pendant tout le 
transport jusqu'à ce qu'elles furent remises dans le maga- 
sin de M. Barthélémy-François-Joseph Dumortier. 



A Clompâru ensuite M. Barlhéletny^FraAÇoîd^Joaeph 
nomorticffv. lequel après arèir prêté 'Serment de dire h 
vérité, neéfi a déclaré qaTil avait, assiâlé à descendre les 
*(feui bhaaaeardela chambre où elles étaient ^aehées'ehez 
le susdit U. Datez. , qiia>9a ébasse de SViBleathôre a été 
ôhargée en sa préieiice et par loi sur sa «arioUe , et qui! 
Ta reçi^ ensuite cbeslui un menientffprè8;<jtteja ehesdé 
de S^'-Ursule lui fut apportée le même jour le BOir; et 
quj^s 0ntét.^cpn^riFé^ cheiluiinlaoles jusqu'aujour- 
d'hui. 

. A^mpatU. (ensuite H. Pier^e-Ignaee Mariée, orfèTre , 
%éde54 4n8:, domicilié à Tournai , rue de S'-Martin, 
n** 42 , section . deu^^îéme ; Jequel après : avoir prêlé ser- 
ment de dire la yérité^ nous a< déclaré , qu'il avait assisté 
à fermer la chasse de S^-£leutbère , il y a environ 86 ans; 
qu'il ne voyait aucun indice qu'elle eut été ouverte dé- 
puis ; qu'on avait pu détacher les saints ou figures ser- 
vant à la décoration de la chasse sans en exposer le se- 
cret; qu'il est très difficile de faire l'ouverture de cette 
chasse^ et que cette opération demanderait une semaine 
de travail pour la faire sans endommager le très 
grand nombre des pièces "à démonter; que quant à la 
chasse de S^'-Ursule , elle ne pouvait être non plus ou- 
verte sans grande difficulté ; et qu'il ne voyait aucun in- 
dice que l'ouverture eu eut été faite depuis son déplace- 
ment de la cathédrale et même longtemps auparavant. 

Les deux chasses susdites ayant ensuite été représen- 
tées aux déposants , chacun d'eux a reconnu et déclaré 
qu'elles étaient véritablement les mêmes dont il est fait 
mention dans leurs dépositions et déclarations respec* 
lives. 

Ainsi fait et ymasé à Tournai dans la maison de M. Du- 
mortier^ ci-dessus, en présence de MM. Jean-Bapti6te 



— 124 — 

Berlnndpehanoine honoraire delà ehâthédrale de Toar- 
nai j Léopold-Joeeph Griquillion j prêtre , Simon<-Jo8eph 
Segard , prêtre, ehapelain de Mgr. Tévêque-de Tournai, 
Qiarles^Loiiis Lefebvre, homme de eonfianee de M. 
Maillet négoeiant à Tournai, Jean-Baptiste Leehantre, 
épieier à Tournai , témoins à ce appelés» En An de cpioi 
ils ont signé avee nous le présent proeès^verbal après les 
déposants. 

L.-C. THlofoif , A.-J. DiwAiiTB , A.-M.-J. Dbtbz , 
née Griquillion, Denis-Jos.DETR, DuMoaTna- 

WlLLAUMSZ, P.-J. HaKIAB, J.*H. DoVIYIBa, 

chanoine et archid. de Tournai , J.-B. Bsa- 
TaAHD , chanoine de Tournai , L.-J. Griquil- 
uoN , S.-J. SuAKD, chapelain de Mgr. Vévèque, 
G.-L. Lefkbtbb , J.-6. Lbcbantrb. 



La reconnaissance de l'identité des deux chasses et de 
leur intégrité avait été faite la veille (11 septembre) vers 
le soir par les chanoines Odally , Gallouin, Pierre-Guil- 
laume^oseph Gosse , de Golins Tarsienne et Delis et x^r 
les grands vicaires J.-J. Ordinaire et Jean^Baptiste 
Trousset. 



IM — 



SËANGE DU JEUDI 3 MAHS !8S9. 

\» • , • . 

M. le yiea&er|;énérftl Voniif ,> occupe le faute»ilj 
M. Jules Wacqusz, secrétfiirejt 



Le proGèsHverbal .de la séance -précédeiiie' est lu et 
adopté. 

Le secrétaire dépose sur le bureau les publications sui- 
Tantes qui lui ont été adressées : 

— De la purt de la Société .des- Aniiqumres de 
Picardie: 

Ses Bulletins. Tome YI-l 856-57-58. Amiens, Hermani, 
1859, in-8», p. 557-660. 

— De la part de M. P. Kersten : 

Journal historique et littéraire. Tome XXV, liv. II, 
a99« livraison, 25* année. V mars 1859 , in-8% p. 521- 
575. 

— De la part de Y Académie d^ archéologique de Bel- 
gique : 

Ses Annales, Tome 15", 8* livraison. Anvers. Bus- 
chman , i859, in-8" , p. 208-290. 

— De la part de la Société impériale d'agriculture , 
sciences et arts de l'arrondissement de Valenciennes : 

Revue agricole , industrielle et littéraire. 10" année, 
n'»»5et 6. Novembre et décembre 1858, in-8% p. 97-176. 

— De la part de V Académie royale de Belgique : 

1" Son Bulletin. 27« année, 2" série , tome 5 , n" 11. 
Bruxelles. Bayez, 1858^ in-8% p. 333-444. 



V Son Annuaire de i859. -- 35" année. Pelil in-S^» 
de 240 pp. 

— De k pari de l'auteur : . 

Jacmart Ptlavaîne miniaturiste du XV^ siècle, par 
Léon VMsMi^BruzeUeSyDeofei ilwitatf/imot/^ISSS^ 
iU'S*' de 55 pages , a^ec une planehev < . ' ' :. - 



M. le capilaine DaiAionc &ii hommage 'à la Sociélé 
de la part de Fauteur , d'une poésie wallonne intitulée : 
Pot-powrri so les Dier aines fiesses diJuletie (1S42)^ par 
F.-L.-P. XfVye. Carmanney 1850. — Remerciements* 

'' Les membres préseniÉ n'étant pas en nombre pour pro- 
céder au renouvellement du bureau , les élections* qui 
dsTaient avoir lieu à cet effet soiit remises à la prochaine 
séance. 



H. le vicaire-général Voisin donne lecture d'une note 
supplémentaire sur le plan du cloitre de Tournai. Celte 
note établit d'une maiûére précise le lieu où était autre- 
fois située la firelèque. 

Le même membre communique un passage de l'histo- 
rien Cousin, (t. I, p. â27) relatif au puiU de S^-Éleuthère, 
une note sur la lourde l'évêqueet un ancien compte dans 
lequel se trouve énumérées les dépenses qu'occasionnait 
la plantation de l'aigle , usage existant autrefois dans 
notre ville le jour de l'ascencion. 

Il présente ensuite l'analyse d'une charte de 1294 qui 
donne des détails Irès-curieui sur le chapitre d'Antoing 
et l'assemblée décide que cette chartre sera publiée in 



— 127 — 

exlenso dans les Bulletins de la Société, à la suile du ré- 
sumé qu'en a fait l'honorable membre. 

La séance est le^ée. 



Supplément de notes sur le plan du clattre de Tournai. 

Le Réfbctoiee, 

Maître Gilles de Walle chapelain des hautes-formes , 
dans son testament daté de 1685, nous fait connaître 
qu'il y avait à la cathédrale un escalier par où on se ren- 
dait au réfectoire. Il supplie MH. du chapitre de permet- 
tre sa sépulture dans la ccUhédrale au pied de /^escalier 
du RÉFECTOIRE proeAtf de M. Lebon, et que soit mise une 
pierre^ etc» Les restes de cet escalier ont été découverts, 
il y a peu d'années^ dans la muraille près de l'escalier 
actuel du côté du nord , par lequel on va à l'orgue. Les 
marches en pierre ont été coupées à fleur de cette muraille. 

La Bretëque. 

L'extrait suivant d'un vieux manuscrit de la cathédrale 
prouve que la bretèqne était bien au coin de la rue des Or- 
fèvres opposé au beffroi ; l'autre coin était une maison 
particulière. 

Sur le Markiet. 

Jehan de Blandaing pour se maison , séant entre le 
rue de Nostre-Dame d'une part , et le maison qui fu 
Willaulme Catinc d'autre part, et faisant le touket de le 
dicte rue Nostre-Dame ^ en retournant de le dicte rue 
Nostre-Dame par le markiet vers le beffroy , au noêl 
XII etc. 



— 128 — 

Puits d« S*-ËLEUTHèRB. 

Li tradition concernant ce puits, dont j'ai parlé dans 
la notice sur le clottre , est pleinement confirmée par 
Cousin, tom. I,p. 277 «quant est des maisons de ce 
n saint évêque scion quelques annales et le bruit com- 
» mun , qui dure encore maintenant , celle où il demeu- 
n rait en cette ville et en laquelle il est parti de ce monde 
H au ciel, est la seconde maison canoniale en la rue du 
» Chastelet ; à la main gauche en entrant delà rue Notre- 
H Dame audit Chastelet, en la cour de laquelle maison 
» il y a un puits , dont on va quérir de l'eau pour guarir 
» de la fièvre. » 

Tour de l'Évêqub. 

Je ne Tai connue d'abord , que par des restes insigni- 
fiants^ et trop peu considérables pour établir avec certi- 
tude l'ancienne existence du monument , si des rensei- 
gnements précis ne m'avaient été donnés par des per- 
sonnes qui l'unt vu démolir. Depuis, j'ai trouvé un texte 
lK)silif qui s'accorde parfaitement avec ce que j'en ai dit : 

Extrait du lt6er D^cani , page cr Dans la rue du Cb&lelet , du 

245. «r côté gauche quand on va de 

In Tico castellarii in sinistro « l'église à cette rue 

latere procedendo de ccclesià « Dans la même rue et du 

in castellai'ium « même côté directement à l'op- 

Item, in eisdem vico et latere o posé de l'église à l'endroit où 

ubi vicus reflectilur et directe in « la rue tourne, etc. 

oppositum ccclesiae a Dans la même rue, du même 

Item, in eisdem vico et latere « côté, la maison contîgue en 

contiguè descendendo versiis « descendant vers TEscaut. — 

scaldam. « Ermingarde Le Conquesse le 

Ermengardis Le Conqw$$e,y\V' « VII des Kalendas de novembre 

kalendas novembris, pro anniver- « a fondé son anniversaire et 

sarii sut celi^bralione ac Joban- « celui de Jean de St-Quintin, 



— 139 — 



« et de WaoUer GaUmê ses na- 
a ris, et ceJiii de Jacques Sam$ 
« terre, son fils, chanoine de 
«r cette église, en donnant sa 
« maison située au GhAteiet pour 
« qu'elle soit louée par bail ï vie» 
« et les sommes à provenir de 
n chaque renouvellement de bail, 
« employées à acheter des ren- 
« tes pour augmenter la dotation 
« de sa fondation et les distri- 
« butions de ceux qui participent 
« an Réfectoire. Celte maison 
« est libre de toute charge. Elle 
<« a tin préau epaeiettx au bat 
a de* ancien» remporte de ta 
a viUe , et de plue* une tour et 
V une montée pour aUer sur lee 
« remparti^ Elle est conligue à 
<x la maison de Hugues le doyen, 
«t au Chftielet, qui est à gauche 
« en descendant vers l'Escaut et 
« présentement habitée par BUm- 
a due de Leuze. La maison d'Er- 
ft mingarde La conquesse est ac- 
« tuellement occupée par Joe^' 
(V ques Despari trésorier » et 
cr maintenant. Van 1565, par le 
« Doyen Pierre Pintaftour, » 

Cette maison et la précédente sont réunies et forment 
le n"* 15 de la rue des Choraux. 



Dis de Saneto Quintino et Wal- 
teri Gàlli maritorum suorum, 
iacobi quoque Sine terra fiiii suo 
hujus ecclesîae cauoniei eoniolli 
domum suam silam in çastellario 
ita quod singulae venditiones 
dictae domùs ad redditus compa- 
randos in augmentum anniversa* 
riorum et feriarum particlpan- 
tium refectorio fiendaram con* 
vevtantur. Dicta domns est libéra 
^reddituethabet pralellum spa- 
ciosum secus antiqua maenia ci- 
vjlatls. Habet insuper unam tur- 
rim et ascensum supra dicta 
msenia. Et est con ligua domui 
Bugonès decani in Caslellario in 
qua inhabitat Blandus de Leuxe 
prout supra diciuiA est à parle 
Inferiori versus scaldaro in lalere 
sinistre vici deseendendo et eam 
tenet magister JaeobusDM Pars 
thesawariu^. — Nunc anno 1563, 
Peirue Pintafiour Decanus. 



Cri de l'Ascbncion. 

Le chapitre des dépenses occasionnées par la/i/afnto/fVm 
de l'aigle était comme stéréotypé dans les comptes de la 
fabrique de la cathédrale. Le Toici extrait du compte de 
l'an 1781. 

BULLETIN T. VI. 17. 



— ISO — 

Doutième chapitre de Misses — pour le 
plantage de TAiglb. 

Au sieur Brassart cirier pour deux livres 
de bougies, trois livres de petites chandel- 
les, trois livres de coupons et trois quarts 

de grandes nilles 191. 8 s. Od. 

Pour despeuses au lieu de la collation et 
la reconnaissance pour raccommodement 

de la chambre ^6 17 

Aux maîtres ouvriers pour supplément de 
salaire pour se récréer 16 lots de vin à 48 s. 38 8 

Pour pain, fromage et un coup à boire 
pendant qu'ik ont dressé l'aigle. ... 8 00 

Pour avoir dressé l'aigle Îi4 

Pour la couronne de l'aigle. . . » . 6 

Pour planter et dresser l'aigle 35 miches 5 12 
A Dominique L'eschevin pour avoir mené 
les ustensils de l'aigle , le sable, les grez et 

les descombles 20 8 

A Guillaume Grimonpont pour son estât 
de pavement 8 00 

Douzième chapitre de misses porte cent 
cinquante livres dix neuf sols . . . . 150 19 



MOM 



CHAPITRE DANTOING. — Une charte de 12U. 



On possède peu de documents sur le chapitre d'An- 
toing : Aubert le Mire n'a publié qu'une charte sur cette 
collégiale ; c'est une bulle du Pape Eugène ni confirmant 



— iSl — 

à l'abbé de Lobbes son droit de patronat et de nomina- 
tion an décanat ; à la cùusterie et à Téeolatrie. 

Hoverlant dans le 82* volume de son histoire de Tour^ 
nay résume assez bien tout ce que Ton sait du chapitre 
d'Antoing. J'ai compulsé un volume de notes recueillies 
dans le siècle dernier , par un homme très studieui , qui 
a dû y avoir été attaché et en avoir compulsé toutes les 
archives; volume qui est maintenant possédé par M. le 
chanoine Picquart , doyenà Ath , et je n'y ai rien trouvé 
de plus que ce qu'en dit Hoverlant. 

On ignore quand et comment il fut fondé. Folcuin dit, 
que sous Francon, évêque de Liège (1 ), c'était un couvent 
de religieuses dépendant de l'abbaye de Lobbes ; mais on 
prétend que celte abbaye ne fit alors qu'en récupérer la 
possession , et qu'il lui avait appartenu antérieurement ; 
ce qui permet de croire que la première fondation d'un 
établissement religieux à Antoing pourrait bien remonter 
à St-Ursmer , qui a été l'un des apôtres de nos contrées. 

Je viens aujourd'hui proposer à la Société la publica- 
tion d'une charte, qui sans dater de ces temps reculés, ne 
laisse pas de contenir des détails très-curieux, sur le cha- 
pitre et sur la ville d'Antoing. Elle est de 1294. 

Voici quel en est l'objet : 

Le Chapitre reprochait a son Trésorier de ne pas rem- 
plir les nombreuses obligations qui loi incombaient et 
de son côté ce dignitaire accusait les chanoines d'avoir 
violé ses droits en acquérant des biens qui faisaient par- 
tie de sou domaine ou qui relevaient de lui. 

Four mettre fin à ces débats les parties firent choix de 
deux arbitres et s'en rapportèrent à ce qu'ils décidcroient. 



(f) Francon moaroten 903, après 50 ans ciF'éprtscopa t. 



Ce fureiit Renaul Se le Villa , ebanoine def la eOllé{(iale ^ 
et Jean, dit de Bourjen , ciu^é de JKaiAbmy , làmà appelé, 
8au8 doigte) parce qu'il apparteiiait k la flumUe qni ex- 
ploitait la ferme de oe nom située à Fontenqy j^enoore 
existante maintenant* . . 

Après. aTok observé toutes les formalités d- usage las 
deux arbitra, arbitrateors ^t amiables compositeurs (1) 
décidèrent : Que le trésorier à titre de son office, sérail 
tenu dorénavant de fournir tout le luminaire de l'église 
et les petites chandelles nécessaires aux chanoines et auK 
elercs pour chanter les matines et les autres heures 
canoniales, lesquelleschandelles seroient placée^ dans les 
trois bassins du chœur ; que le Chapitre foumicaît l'huile 
de la lampe posée devant le crucifix ; 

Que le Trésorier devrait entreiemr en boa état la eou* 
verture de l'égUse , les vitres des fenêtres , les livres et les 
ornements ; 

Qu'il fournirait le pain et le vin pour la célébration 
des messes , de même que l'encens^ et le jour de la pen- 
tecôte des nuages figurés j 

Qu'il devrait faire garder l'église et tout ce qu'elle con-^ 
tient; 

Qu'il ferait sonner les cloches et fournirait tout ce qui 
est nécessaire pour leur usage , cordes , huile , battants ; 

Qu'il tiendrait l'église dan/s un état convenable de pro- 



(1} Il y a ane graode dififéreoce eulre des arbitrée el des arbUra- 
tenrs ou amiable^ compositeurs. Les premiers, pour porter leurs dé- 
clfdons, sont obligés d'ob^ei^ver les formalités des procédures , les 
dispositions des lois et des coutumes ; mais les seconds terminent 
les différents des parties qui les ont choisis ex œquo et hono, sans 
s'arrêter ni avxjrèâl^ ni aax.formaliité^^e Justice. 



— lu — 

prêté et qu'il ^urnirait le charbon aui deux prêtres 
célébrant aux deux autek du chœur ; 

Que si la charpente de l'église sp détériore à causq du 
mauYais état de la toiture , les frais de réparation seront 
exclusivement à la charge du Trésorier , mais q oe si la 
charpente doit être renouvelée pour cause de vétusté 
le Chapitre fournira le bois nouveau qui sera nécessaire, 
que le Trésorier payera la main d'œuvre et pourra dis- 
poser des vieilles poutres ; 

Que celui-ci ue sera cependant pas obligé d'entretenir 
la toiture de la chapelle et du clocher de l'Avoué, conti- 
gus à la collégiale , ni les vitres de celte chapelle ; 

Les arbitres dirent en outre que les poêles d'or, de soie, 
de cendale ou autres dont on recouvre les corps, qu'on 
présente à l'élise pour leur donner la sépulture ecclé- 
siastique, n'appartiendront ni au Doyen^ ni au Chapitre, 
ni au Trésorier, mais seront consacrés à l'usage de l'église ; 

Que ces poêles ne pourront être accordés à personne 
pour s'en servir hors de l'église , mais qu'ils pourront 
être prêtés à des bénéficiers pauvres de la collégiale , si 
bon semble au Doyen et au Chapitre ; 

Que les grosses chandelles seules employées dans les 
cérémonies des funérailles appartiendront au trésorier, 
mais que toutes les oblations faites tant au mattre qu'aux 
petits autels seront attribuées au Chapitre ; 

Les arbitres décidèrent encore , que le droit de nom- 
mer et de destituer , (1) les Mayeur et Échevins de la ville 



(1) La collégiale d'Antoing, dit Hoverlant , est sitaée dans Ten- 
ceinte du château, mais sur une seigneurie qui relevait de la baron- 
Die de Leuze. Â ce titre le chapitre était seigneur foncier dans le 
bourg d'ÀDtoinget nommait tous les ans, à la Chandeleur, lesmayeur 
et échevins de la .seigneurie du chapitre , à Antoing. Le serment 
d'usage était prêté le même jour à l'issue de la grand- messe. 



-- W4 — 

d'Antoing appartiendrait au Doyen et au Chapitre , mais 
que lorsqu'il s'agirait d'exercer ce droit , le Trésorier de- 
vrait être appelé, s'il était à Antoing ; et , qu'en ce cas^ 
il aurait voix au chapitre comme un chanoine ; 

Que le Trésorier devra établir un procureur résident 
à Antoing ; de manière qu'en l'absence du trésorier, son 
procureur puisse être appelé pour assister à la presls^tion 
du serment du Mayeur et des Echevins ; mais que si le 
Trésorier et son procureur après avoir été convoqués ne 
se rendent pas à l'appel qui leur aura été fait , le Doyen 
et le Chapitre pourront librement procéder à l'institu- 
tion ou à la destitution des Mayeur et Echevins et rece- 
voir leur serment. 

Que si le Doyen et le Chapitre sont molestés par 
l'Avoué (1) ou par tout autre personne à l'occasion d'actes 
posés par les Mayeur et Echevins , ou à cause des biens 
ou des droits appartenant soit en commun , au Doyen , 
au Chapitre et au Trésorier ou séparément à l'un d'eux , 
le Trésorier supportera la moitié des frais qm seront faits 
pour se défendre ; 

Que lorsque le Chapitre sera dans cette nécessité , il 
préviendra le Trésorier ou son procureur afin qu'ils puis- 
sent prendre part, s'ils le veulent^ à ce qui devra être 
fait ; mais que , soit qu'on se rende ou non à cette invita- 
tion , le Trésorier paiera toujours la moitié des dépens ; 



(J) Les avoués odvoeati qui avaient été insUtués pour défendre les 
églises et le clergé en devinrent les plas dangereux ennemis. Tanta 
fuit eorum pravitas, rapacitas ac lyrannis , dit Ducange , ut ssepè à 
principibns amoverentur. Leur perversité , leur rapacité et leur ty- 
rannie fut quelquefois telle que les princes en débarrassaient les égli- 
ses. Les évéques et les abbés finirent par racheter les avoueries à 
prix d'argent et on signale ces rachats dans la vie des prélats comme 
des bienfaits signalés dont on leur doit de la reconnaissance. 



— 1«5 — 

Que lorsque le Trésorier se trouvera dam les mêmes 
circonstances , il devra agir de la même manière à 
l'égard du Dojen et du Chapitre, et que, si ceux-ci ne 
Teulent pas prêter leur concours pour la défense com- 
mune , ils n'en paieront pas moins la moitié des frais. 

Enfin les arbitres statuèrent que le Doyen et le Ghapi^ 
Ire conserteraient les immeubles achetés ou donnés situés 
dans le domaine du Trésorier ou mouvant de lui , si la 
possession en était tranquille et pacifique ; mais que les 
mêmes Doyen et Chapitre constitueraient homme vivant 
et mourant dans chaque échivinat pour satisfaire aux 
charges dont les terres et les biens immeubles étaient 
grevés. 

Ce compromis, suivant l'obligation qui en avait été 
imposée aux parties par les arbitres , fut envoyé à la 
chancellerie de l'évêché de Cambray et scellé par l'offi- 
cial sous la date du mardi après l'épiphanie de l'année 
1294(1295). 



COMPROMIS DU SI DÉCEMBRE l!294, 

entre le chapitre. (fAntoing et Baudutn de S^ Orner, 
trésorier de cette collégiale. 

Dniversis prœsentes litteras inspecturis , Renaldus de 
Urbe canonicus ecclesiœ Ântoniensis et Joannes , dictus 
deBourjon, presbyter curatus deMaubray cameracensis 
diœcesis, arbitri , arbitratores et amicabiles compositores 
commuriiter et concorditer electi et nominati à viris dis- 
cretisDecano et Capitule Ântoniensis ecclesise supra dictœ 
ex unâ parte, et venerabili viro Thesausario ejusdem ec- 
clesiœ èx altéra, super materià queestionis inler ipsas par- 



— 1S6 — 

tes exortâ , necnon super omnibus aliis quaestionibiis, 
querelis, caiisis, lilibus, controyersiis usque nunc habitis 
et qaœ etiam in futuram quibuscumque modo ratione 
Tel causa in 1er ipsos possunt exoriri ; Salutem in Domino. 
NoYcritis quod cùm inler partes praedictàs dissentio- 
nis materiaTerlerelur, super eo ^idelicet quod dicli De- 
eanus et Capilulum asserebant dictum Tbesaurarium, 
ratione sui officii,teneri ad solutionem totius luminaris 
et cooperturœ ejusdem ecclesîae, oporteret ad hoc dictus 
Thesaurarius tenerelur, nec non ad retentionem seu re- 
parationem librorum et vestimentorum ejusdem ecclesiae 
et mundationem eorumdem \estimentorum ; Item ad 
reparationem seu retentionem vitrorum ipsius ecclesis 
et etiam ad administrationem panis et vini altariam 
dictœ eeclesiae facîendam in missis atque thuris ; Item et 
ad kec, quod dictus Thesaurarius ad custodiam ecclesiae, 
et omnium bonorum ejusdem ecclesiae consistentium in- 
frà ipsam ; Item ad pulsationem companarum dictas ec- 
clesiae, sub expensis suis, ratione dicti officii ; Item super 
eo quod dicti Decanus et Capitulum ad se pertinere di- 
cebant pannes aureos, sericos sive cendala Unleamina 
et omnia illa quse cum corporibus defunctorum infrà 
dietam ecdesiam offerri soient vel offeruntur, quandotra- 
duntur ecclesiasticaa sepulturse, grossis candelis dumtaxat 
exceptis ; Item et quascumque oblaliones tam majoris, 
altaris quàm aliorum aitarium ejusdem ecclesiae ad se 
pertinere similiter asserebant ; super eo quod dictus 
Thesaurarius de nebulis in pentecoste, de cordis campa- 
narum, unctum circà eas et retentione battelorum et alia- 
rum rerum per quas dictse campanse debent retineri ; 
Item de natis deeentibus in choro ipsius ecclesiae, et de 
carbonibus presbyteris in duobus altaribus dicti chori 
ministrantibus congrue providere et dietam ecdesiam 



— U7 — 

mundare et mandam tenere ratione dicti ofiKeii tenebatnr 
prout asserebanl dicti Decanus et Capitulum sopra 
dicti ; 

Item super eo quod dicti Decanus et Capitulum insti- 
tutionem Majorîs mobilium et cataliorum ac Scabinornm 
^illae Ânloniensis et Antoniensium eorumdem Majoris 
et Scabinorum adipsosDecanum et Capitulum pertinere 
dicebant ; 

Item super eo quod dicti Decanus et Capitulum asaere- 
bant quod si dictam ecelesiam Antomensem sive Deçà- 
num et Capitulum ipsius ecclesiœ aut aliquem vel aliqua 
de dicté Tillâ Antoniensi vel etiam aliundè ab AdTOcato 
diclœ ecclesiae -vel alio quocuraque modo yexari vel mo- 
lestari contingcret occasione eorum quorum dominium 
ad dictes Decanum et (liapitulum et Thesaurarium spee- 
taret, dictus Thesaurarius ecelesiam , Decanum et Capi- 
tulum memoratos ac quoscumque alios à ^exatione et mo- 
lestatione bujus modi defendere teneretur ; 

Dicto Thesaurario respondente se non teneri ad omnia 
supra dicta et dicente contra dictes Decanum et Capitu- 
lum quodipsi Decanus et Capitutum plures terras in ip- 
sius Thesaurarii dominio acquisiverant de &cto , cum 
hoc ipsis Decano et Capitule de jure vel consuetudine 
facere non liceret. 

Nos igitur prœdicti arbitri, arbilratores et amicabiles 
compositores virtute compromissi a dictis parlibus &eti| 
Tolentes litibus et controversiis hujusmodi finem impo- 
nere ne de csetero inler parler prsedictas super preemis- 
sis quœstio moTeatur, super his omnibus, confessionibus 
et probationibus partinm exauditis, visis etiam et audi- 
tis ralionibus quas ipsœ partes nobis dare in scriptis 
-vel oretenus dicere et proponere Toluerunt et super his 
omnibus inter nos commnnicato conailio et solenmi de«. 

BULtRIN T. TI. Ï8. 



- i48 - 

adsini ok^sm uaâ cum eo, 8|9C.uiHlain q«od auperius esi 
expreasum, quod dieti Decanus et Gapilulum debent re* 
quirere Thesaurarium antçdiclmn Tel procttratorrm 
•uum pnedieliun super omaibiu juribu» antedieUf • 
Si autem dicli Decanus et Gapituluin eause htijusaiodi 
adesse noinerint, medietatem nibilominus expeusarnm 
quas in persecutione eaus» hujusmodi ieeeiit Thesaur»- 
nos roemoratus soWere teneanlur. 

Item dieimus et pronuniiamns quod ipsi Decanus et 
Gapitulum terris siye aliis bonis immo)>iliba8 in dominio 
dieti Thesaurarii consistentibus Tel que ab ips» tenean- 
lur quos baclenùs acquisiTerunt , sive titulo emplicmis 
siTO sit ex dono eleemosin», ÛTealio quoque modo, 
quîelè et pacifiée gandeant in f uturum , boc saWo quod 
persona TiTons et moriens in quolibet scalmialu in quo 
eonsistunt terrœ et bona immobilia bujusmodi nomine 
dietornm Decani et Gapîtuli institoatur obligata adonera 
et débita aolTeuda ad qu» terras et bona bujusmodi im^ 
mobflia sunt adstrieta. 

Hee igitur predieta omnia et eorum singnk teneri et 
mTiolabiliter obsenrari à partibus anledietisToInmasct 
mandamus^ snbpflsnà centum marearmn ai^enli ad mag:- 
num pondus ; qnâ paonâ commisse et eâ solulâ Tel non 
solulâ ralum et firmum maneat pneseas laudum^ dicHim 
arfaitrinm , ordinalio seu statutum nostrum prsdictum 
in omnibus suis elausulis et capitulis supradictis qu» 
toties exigi possit ab unâ partium quoties in prœdictis 
Tel aliquo prœdictorum ab altéra extiterit faclum. 

Volumus etiam ad majoris roboris firmitatem et eerti- 
tudinem pteniorem ae mandamus tenore prœsetttium 
partibus antedictis quod sigillum sedis cameracensis ear 
rum sumplibus , priesentibus apponatur; iu quorum omr 
nium leslimonium sigilla nostra prœsentibus lilteris ad 



— 148 — 

instantiam partium dictatum duximus apponcnda. 
Actura et dalum anno Dômini millesimo ducenlesimo 
nonagesimoqaarlO; mense deceuibri, in vigiliâ cirçumci- 
sionis Domini* 



^ÂNCE DU JEUDI 7 AVRIL 18SS9. 



M. F. Du Bt$y aillé j préêideni. 
M. J. Wacqubz, secrétaire* 



Lecture est faite du procès-verbal de la séance de 
mars. Il est adopté. 



Les publications suivantes adressées pendant le eours 
du mois au secrétaire sont déposées sur le bureau» 

— De la part de Y Académte royale de Belgique : 

V SonBuUetiny â7« année, â* série, tome K, n^ it. 
Bruxelles. Hayez^ 1858,in-8% p. 444-644. 

S"" Compte rendu des séances de la commission royale 
d'histoire. — Deuxième série, tome XI. — II" Bulletin , 
1858,in.8%p. i09-486. 

%• Son Bulletin^ 28^ année, %• série ^ tome 6, n"" 1, 
1869 , in-S"", p. i^U4, avec quatre planches. 

— De la part de la Société des sciences^ des arts et des 
leUres du Eainmêi. 

Fù%gt-»cmquiàme anniversaire de la fondation de ladUe 
société. Mens, Masquiller et Lamire, 1858, in-8<', de KO p. 

On voit dans le compté-rendu de cette fête à laquelle oot assisté 
M. le vieaire-général Descamps et M. Warlomont comme délégués de 



h Société historique et lUtértire de Tournai qu'une médaille a été 
décernée à M. diotin , ancien professeur de l'athénée de notre ville 
pour un travail sur l'étjmologie des noms des lieux du Halnaut. 

— De la part de la Société numtsnuUtque : 

Revue de ta numismatique Belge. — 8* série, tom. III. 
Première Imaison avee les planches I-IV. — Bruxellee, 
Decq^ 1859 , iii-8« de 168 pp. 

— De la part de M. P. Knsnii : 

Journal historique et littéraire. Tome XXY, liv. IS. 
— 800* liv. 25* année. !•' atril 1859, p. 578-6M. 

— De la part de la Société impériale (ftigricuUure, 
Mcienceeetartsde Valenciennes: 

Revue agricole, industrielle et littéraire. — Dixième 
année , n~ 7 et 8. Janvier et février 1859 , p. 177-240. 

— De la part de la Société archéologique de Namur : 
!• Ses Annales. Tome cinquième^ 4* livraison, iaS" 

de 526 pp. 

2"^ Rapport sur la situation de ladite soeiété présenté 
le 80 janvier 1859 , in*8% p, i07-122. 

— De la part de M. Yandenbroeck , archiviste de 
Tournai : 

Ordonnances publiées à Tournai dans les années i 560 
à i 567^ au sujet des troubles religieux , qu'il y eui en 
cette ville. Bruxelles^ ffayez, in-8« de 26 pp. 

Ces ordonnanees sont tirées des registres aux publica- 
tions conservées dans les archives de la ville. 

— De la part de Fauteur : 

Jfotice biographique du colonel VmchenideGontrœul, 
par le colonel Guillaume. Bruxelles. Guyot^ 1859, in-8* 
de 16 pp. 

Notice sur les chandeliers d'églises au moyen âge^ par 
M. l'abbé J. Corblet. Paru, Pringuet, 1859, in-8* de 
80 pp. 



— U5 — 



Quelques jetons tnédUs , par R. Chalon, Bruxelles^ 
Devroye^ 18S9, in-8* de 20 pp. airec 2 planches. 

Inventaire analytique et chronologique des chartes et 
documents appartenant è la ville d'Ypres , par M. J. Die- 
gerick, archiriste. Bruges^ Vandecasteele, 18S9, in-8* 
de 822 pp. 



La proposition £sdte par M. Edmond Du Bus dans la 
séance de février est adoptée, après avoir été soumise à 
la discussion dans deux assemblées consécutives, con- 
formément à l'article 40 du règlement. Il est donc décidé 
qu'on nommera dans la prochaine séance un bibliothé- 
caire-archiviste en même temps qu'il sera procédé par 
voie d'élection au renouvellement du bureau. 



M. le capitaine De jardin donne lecture d'une note sur 
quelques tombes d'enfauts d'officiers supérieurs de l'ar- 
tillerie et du génie dont la dépouille mortelle repose au 
cimetière du nord. Ces officiers qui se sont trouvés vers la 
même époque en garnison dans notre ville ont eu le mal- 
heur d'y perdre successivement leur progéniture. 

La séance est levée. 



BULLETIN T. VI 19. 



U6 — 



SÉANCE DU JEUDI 5 MAI 1859. 

H' F. Do Bos, Biné ^ président. 
M. Jules Wagqub, secrétaire. 

Le procès-Terbal de la dernière séance est approuvé 
après lecture. 

COEEESPONDANCS. 

H. le GouTomeor du Hainaut envoie à la Société six 
exemplaires du Mémorial administratif contenant une 
circulaire de M. le ministre de Vintérieur du 1 5 avril der- 
nier y au sujet des mesures à prendre pour perpétuer le 
souvenir des hommes qui occupent dans rhbtoirc natio- 
nale une place distinguée. 

11 la prie de vouloir lui signaler les communes qui se- 
raient dans le cas de donner suite au projet du gouver* 
nement. 

Le secrétaire dépose sur le bureau les publications 
suivantes : 

— De la part de la Société des Antiquaires de MorùUe : 
Son Bulletin historique. Huitième année. ^^ livrai- 
son. Janvier, février et mars 1859, p. 617-663. 

— De la part de la Société libre d'émulation de Liège : 
Son Annuaire pour Tannée 1859, in-8<* de 295 pp. 

— De la part de Y Académie royale de Belgique : 
Son Bulletin. 28*" année , â" série , tome 6 , n® â^ p. 

U9-82S. 

— De la part de V Académie d'archéologie de Namur : 
Ses Annales. Tome quiniième. — 4* livraison, p. 803- 

876. 



— De la part de M. P. Kibiteh : 

Jeurmd hûtariqu0 et littéraire, — iOÏ* livrtfidôli ^ 
36« année, l''' mai 1859, in-S"» de ^ pp. 

— De la part de Y Institut archéologique liégeois*': 
Son Bulleûin, tome III , 2* livraison p. lâ4-8iS. ' ' 

— De la part de la Société impériale d'agriculture \ 
sciences et arts de Yalenciennes. 

Revue agricole^ industrielle et littéraire. Dixième 
année , n« 9 — mars 1859, 241-272. 

— De la part de la Société des Antiquaires de Pi- 
car die : 

Son Bulletin. Année 1859, nM , p. 1-40. 

— De la part de l'auteur : 

Rapport présenté à t assemblée générale de la Société 
de littérature Wallonne^ par Alphonse Le Roy. — Gou- 
eours n** 2. — liége, in*^"* de 89 pp. 

Rapporteur les travaux de la Société des Antiquai- 
res de Picardie pendant tannée 4857-1868, par M. 
J. Garnier. Amiens, 1858, in-d® de 28 pp. 

Les seigneurs de Schôneck, à propos d'une monnaie, 
par R. Ghalon. Bruxelles , 1869^ in-^"" de 22 pp. 

If otice historique sur la société lÛM^e (f émulation de 
Liége^ par Ulysse Capitaine. Liège , 1859, in-8^ de 96 pp. 
suivi de règlement de ladite Société. 

11 est procédé aux élections pour le renouvellement 
du bureau qui reste compoçé comme suit : 

M. F. Du Dus , aîné , président. 

M. le vicaire-général Descamps, vice-président. 

H. Grérard , trésorier. 

M. Jules Wacquez , secrétaire. 

M. Waelohont est ensuite nommé, parlemêmemodCi 
bibliothécaire-archiviste. 



-- 148 — 

M. Tarehileete BEunNif b eominuiiiqoe à rassemblée le 
plan de l'église de Lobbes , édifice remarquable en style 
roman du XI* siècle, qui doit être restauré. Daété ques- 
tion d'employer à celte fin quarante mille francs, mais 
en dépensant une pareiPe somme , on eut fait perdre à 
ce monument toute sa valeur archéologique. Ce n'eut plus 
été qu'une église d'un roman bâtard , comme on en a 
construit jusqu'au XY* siècle sur les bords du Khin. Ce 
projet heureusement a été abandonné , mais on n'est pas 
sans crainte qu'on n'y revienne. 

H. Bruyenne et M. le vicaire-général Voisin estiment 
qu'avec une somme de dix mille francs on pourrait exé- 
cuter tous les travaux qu'il y a à faire à l'église de Lobbes, 
pour la réparer , en lui conservant les caractères de son 
architecture primitive. 



H. Yoisn donne lecture d'aine lettre de H. le docteur 
Le Glay , membre correspondant qui a bien voulu copier 
lui-même la charte seigneuriale d*Ogy et d'Isière pour 
l'offirîr à la Société. H. Le Glay qui a déjà communiqué 
plusieurs notes et document fort intéressants publiés 
dans nos précédents bulletins et entr'autres un article 
intitulé Du droit dt avoir des cygnes sur la Scarpe. 
(Voir tome 4 des Bulletins p. 19) s'offre à enrichir cette 
charte de notes explicatives. L'assemblée reçoit cette offre 
avec reconnaissance. 

Le même membre communique la notice suivante sur 
Jean Yendeville, évêque de Tournai. 



HOTIGE 



En m'occupant de la publication des lettres d'Oudard de 
Bournonville, j'ai eu occasion de remarquer le râle 
important qu'a joué, à l'ëpoque des troubles dans les 
Pays-Bas, Jean Vendeville qui devint évêque de Tour- 
nai; et je regrettais que personne ne se fût occupe de 
lui, à l'exception de Zoës, son secrétaire, chanoine et 
ofiScîal de Tournai, qui lui-même fut nommé évéque 
de Bois-le-Duc. Il est d'autant plus étonnant que Cousin 
nous en dise peu de chose , qu'il pouvait puiser à plei- 
nes mains des détails très-intéressants dans le petit 
volume que Zoës fît paraître à Douay, en 1598, sous 
le titre de D. Joannis Venduillii episcopi TomacemiSj 
juris ulrimque doctorisy consiliarii régis caiholici in 
concilio privato , vita. J'apprends que cette lacune sera 
bientôt comblée : Mgr. De Ram va s'occuper de notre 
saint évéque et élargir encore, sans doute, le cadre 
dans lequel s'est renfermé Zoës. En attendant cette nou- 



(1) Il est certain que le nom de cet évéque est bien Vendeville, et 
non Yenduille, comme l'ont écrit Cousin, Gazet et d'autres. En lati- 
nisant ce nom, on en a fait VenduUUus , qu'on a ensuite traduit par 
VenduUle, Ce prélat signait Joannes Ven de Villius et Jehan ven de 
ViUe. 



Telle publication , on pourra juger de son intérêt par 
les notes suivantes que j'ai extraites en grande partie 
du volume latin imprimiS en 1598. 

Le fait capital de la vie de Jean Vendeville a été la 
fondation à Rome de la propagande , dont il a été le 
premier promoteur et à laquelle il aondile s'être consa- 
cré tout entier. Cousin n'a pu passer sous silence un 
fait si important, que parce que cet établissement, l'un 
des plus considérables du monde catholique, ne s'est 
formé que peu à peu, et que c'est principalement à 
dater de (i) 4622, lorsque Grégoire XV y attacha treize 



(fl) On paraît avoir perdu à Rome, le souvenir de tout ce qui a été 
Ciit avant 1622 pour l'établissement de la propagande. Voici ce qu'en 
dit MoaoNi, dans son dictionnairei intitulé : Dixion. di erudtztone 
itorieo-eeeUs, verbo CoUegio di propaganda fide , tome 14. p. 215. 

Le collège de la propagande, l'un des plus célèbres du monde » est 
•a séminaire apostolique de toutes les nations. Il se nomme eoU og t um 
Vrhanum de propaganda fide, du nom de son principal fondateur, 
Urbain VIII, et de celui de la Congrégation dont il dépend. — Urbain 
TIII, par sa bulle I^e nova loca sub titulo de propaganda, du 13 mars 
1640, défendit expressément que d'autres établissements» séminaires 
on collèges prissent le titre de propagande, 

SON ORIGINS. 

Après que l'immortel Grégoire XV, LudovisU eut institué définiti- 
vement, par sa bulle du 22 juin 1622, la Congrégation des cardinaui 
de la propagande , monseigneur Jean-Baptiste Vives , espagnol de 
Valence , référendaire des deux signatures , qui avait été mis par Gré- 
goire XV iui-méme au nombre des prélats dont il composa sa Congre- 
galiou, et fut depuis prélat domesiique d'Urbain VIll, conçut le 
vaste dessein de cette fondation , ^ laquelle on prétend que Grégoire 
XV lui-même aurait pensé , si la mort ne l'eût enlevé le 8 Juillet 
16S5. — Monseigneur Vives qui, h ses autres emplois joignait la di- 
gnité de Ministre résidant pour la Gouvernante des Flandres » Isabelle- 
Glaire-Eugénie, Infante d'Espagne, fit l'acquisition, en 1606» da 



— 151 — 

eardinaiix, trois prélats et un secrétaire, qu'il prit de 
grands développements. 

Jean Vendeville naquit & Lille, le jour de S'^Jean Bap- 
tiste, Tan 1527. Son père nommé Guillaume était bourgeois 
de cette ville, mais originaire de Sainghin en Méianthois. 



palais qui avait été constniit récenimeDt par le cardinal Barth. Ferra* 
iini d'Ameliat dans le quartier Goloana, à l'extrémité delà place 
d'Espagne, c'esl-4-dire, dans un lieu qui se trouvait alors à l'exlrâ- 
mi(é de la ville habitée , et qui en occupe malbtenant presque le 
centre. 

Pendant qu'il habitait ce palais, monseigneur Vives , en ecclésiasti- 
que animé d'un zèle généreux pour la propagation de la fol , conçut 
le noble projet d'y ériger un collège , oii seraient élevés et instruits 
des jeunes gens de diverses nations étrangères, afin que , retournant 
ensuite dans leur patrie , ou envoyés ailleurs par la congrégation de 
la propagande , ils travaillassent à confirmer les catholiques dans la 
foi, à propager le christianisme parmi les infidèles , et ^ ramener au 
sein de l'église les hérétiques et les schismatiques. Le père Michel 
Gbislieri, religieux Théatin etconfesseur de Vives, l'encouragea beau- 
coup dans cette entreprise, si bien que Mgr. Vives se décida è y con- 
sacrer sa fortune et chargea ie père Ghislieri de dresser un plan et un 
règlement, et d'adapter le palais ^ sa nouvelle destination. C'est dans 
ces senlimentsque Vives fit don de son palais et de tous ses biens à Urbain 
yiUBarherinù L'illustre pontife approuva le dessein du vertueux prélat 
et par sa bulle Immortalii Dei, des Kalendes d'août 1627, il institua ca- 
noniquement dans ledit palais le collège ou séminaire pour des Jeunes 
gens de toute nation. La donation qui lui était faite par Mgr. Vives 
montait à un revenu d'environ 700 écus , sans compter ce qu'il lui 
laissait par testament. 

L'inscription qu'on lit sur le monument que lui fit ériger plus tard 
la Congrégation de la propagande dans l'église du collège, porte 
qu'avec ses revenus ont été créées des bourses pour dix élèves. 

Il est digne de remarque , que c'est encore ^ un prélat qui repré- 
sentait la Belgique , qu'on attribue à Rome la première idée de la fon- 
dation de la propagande. — Espérons que mieux informé , on remon- 
tera un peu plus haut. 



— »8 — 

literttione pnehabità Dei nomine inyocato pro bono 
pteis et eoncordiie inter eoi habendœ perpeta» de bono- 
ram el jurisperitorum consilio dictis parlibus j>er pro^ 
euratores idoneos ad hoc in nostrâ prsesentiâ eonstitatos 
M^uper pneaûssis pronuntiari perNos instantes peten* 
libu^ dictum laudum (1) ordinatiDnein arbitrium seo sta- 
lutum inter partes pnedietas proferimus in hune 
modum ; 

Quod Thesanrarias ipaius ecclesiœ Antoniensia ratione 
sui officii prflcdieti tenerelar et in posterum teneatur ad 
iolationem et provisionem totius laminaris ipsius ecde- 
m et parrarum candelarum, qnibos personao ecclesias* 
ûem in matutinia et boris aliis qiiandocamque et quoties 
flamque opus fuerit, legent et cantabunt in eoclesià prœ- 
dietâ,decentia laminaris tamen, quod in tribus pdvîbus (â) 
ebori dict» ecoleeise apponetur vel apponi débet ac oleo 
ante crudfixum (S) in lampade apponendo prout fieri 
consuevit, quod laminare cum oleo in lampade dicti De* 
eanas et Gapitulmn nûnistrare et soWere in perpetmim 
tenebuntur domtaxat exeeptis ; 

Item teneatur Thesaurarius ecclesi» ad retentionem 
<4) CQopertur», reparalionem et retentionem librorum, 
Tostimentorum et ad mundalionem eoromdemTestimen- 
torum, necnon ad reparationem et retaoïtionem Titrea- 
nun ipsius eeclesiœ ; 



(I) ZaïMiiMii sententia arbiCri. 

1%) Il y avail ordinairement devant le Saint-Sacren^nt trois bassins, 
on suspendus, on placés sur une poutre richement ornée. C'est ce 
qu'on appelait tesf ou trIefb , de trabt, 

(3) Cette lampe était sans doute devant la croix triomphale que l'on 
voyait dans toutes les églises au moyen-ftge. 

(4) HvtmHo, reHmrêf entreUea, entretenir, réparer. 



— 1S9 - 

Itém ad nosnistratiotieiii pndis et TÎni abarimn ipsios 
eeclesiie in misais pevpetuo fMÎendam atquo ad mitiâstrar 
Ucmeib thoris et nebularum praediclarom ; 

Item ad custodiam ejusdem eeelesiœ et omniuffl boiAO'* 
mm ejus consisteiitiam infra ipsam ; . 

Item ad pubationem eampananim , miiiîsitafionem 
eordaram , iineiom ^ batelloram et aliarinh rtir «im {lèr 
qiias dietiB eampm» debenir^ineri ; 

Item ad mandationem ipsius eeelesîœ et ad provisie^ 
ncm carbonnm ia dieto cfaoto daobtis presèileris congrtfè 
ftieiettdaiii etad hoc si trabes vel marmiom (1) dict» 
ecclesiœ per defectum coopef tm» putreneaiit , ^el p^e>- 
Tentur , Tbesaararius iptnis eeclesiœ ad reparafioiiem et 
retenlionear ttabum et inarinii bitjas modi eei^proè ef 
eempelenter fùciatk faieiendos perpétue tenelitur, et si 
hoecontigerit per inveteratioi^em tantum a6eidateapilu<^ 
lan ipriiia eeclesfas teBebitafr tradere el defibete novos 
mafinium sive trabes ek idem Tbesaurariiis eosdem maii- 
nium sine trabeânoTos* operi sumptibus sais Daaneipafre 
tenebilur^ veteribus Iralâms et marinio remanentibfls 
ad dispositkmem capituli supra dieti, non tanen inten- 
dimus dietum Thesaurariom per bec teneri ad repara- 
tîoaem sev retentionem eapdlœ Ad^œati dictœ eeelesi» 
necTitrearum ejosdem capelbsnee etiam ad retentionem 
eoopertune dicti compofnarii , qtiie isapella et compana^ 
rium contigua sunt ecclesiœ supra dictœ. 

Item dicimus et pronimtiamas quod eum panni aur 
rei, seriei seu cendala linteamina et alia qaœ eum corpo- 



(1) irarîntum. macremiam , maremium . quaevis materia lignes, 
aeNlifieaiidii domibus apta , sea qaodvis moMrvxiMn undè tocabuli 
orfgo. Ba français, merrien, roarriao, mairaD, marren. Docange* 



— 140 — 

riboi defunetis infirà dietam eeeleeiam afferri soient, 
quandotradunlur eecletiastieœsepiilturœ afferentur, pan- 
ai aurei, serici, eendala et linteamina huJQsmodi ad pro- 
piios II8U8 diclœ eecIeduB et non ad dieios Deeanum, Ca- 
pitulam née Thesaurarium pertinebuot ; 

Item diekniis et pronunciamus quod panni aureî 
aeriei eendala et linteamina aupradicta non possint 
née debeant extra eedesiam Antoniensem ad alieujas 
•applieationem alieui eommodari niai penonis in dietà 
eedeaià Antoniensi beneficialis domtaxat indigentiboi, 
de pnedictorum deeani et eapituli eonsensu, si videatur 
expedire eisdem aeeomodentur. 

Gross» tero eandelœ solommodo ad dietam Thesau- 
sarium, reliquœ vero oblationes tam majoris altaris quam 
aliorum altariom ipsius eeolesiœ ad dictum eapitalum 
totaliter pertinebunt* 

Item, dieimos et pronuntiamiis institationem et desti- 
tntionem seu amotionem dietorumlhjoris et Seabinoram 
addietosDeeanum et Gapilolum pertinere, hoc saWo 
qood si tempore -vel temporibus inslitutionis et destitu- 
tionisTdamotionis dictum hojusmodi Thesaurarium in 
dietA\iIIà ànloniensi personaliter adesse eontingat ad 
hoc a dictis Decano et Gapitnio Tel ex parte ipsorum 
Tocari débet el voeem habere in institutione et destitu- 
tionehujusmodi) tamquam unus canonicus diet» ecclesia 
tantum ; 

Item , dicimus et pronuntiamus quod dictus Thesau- 
rarius in diclâ Tillâ Antoniensi semper teneatur proeu- 
ratorem relinquere et habere ita quod si in dictft ecclesià 
prœsens non fuerit dictus Thesaurarius , procurator ejus 
tpiem relinquere tenetur ibidem, a dictis Decano et Ca- 
pitule vel ex parte ipsorum ad ^idendum dieios majorem 
et scabinos jurare voeetur , et hujusmodi Tocationis sicut 



tam ad dictum Thesaurarium quam ad diclum procura- 
toremsi pr8esenlesfaerint,ut est diclum, eom intimatione 
tali quod sive ipsi Tel aller eoram yenerint sive non , 
dicti Deeanus et Gapitulum ad inslilulionem et deslitu- 
tionem sive amotionem Majoris et Seabinorom prœdicto- 
rum et ad recepliouem juramenloriim eorumdem nihilo- 
minus procédant prout yiderint expedire. 

Item dicimus et pronuntiamus quod si dictam eccle* 
siam Antoniensem ye\ Decanum et Gapitulum ipsius ec- 
clesiœ ant aliqua vel aliquem de diclâ vilIâ vel aliundè 
ab Advocato dictœ ecclesiœ vel a quocumquealio contin- 
gat molestari vel vexari occasione judiciorum vel facto- 
rum Majoris et Scabinorum prœdictorum , vel occasione 
eorum quorum dominium ad dictos Decanum , Gapitu- 
lum et Thesaurarium spectet communiler vel divisim ^ 
dicti Deeanus et Gapilulum medietalem expensarum et 
enstuum quos circa hoc contra molestores seu vexalores 
hujusmodi fecerint vel apponi conlingeret^ et diclus 
Thesaurarius aliam medietalem solvere tenebuntur , hoc 
etiam adjecto in bis quod si dicti Deeanus et Gapitulum 
quœstionem contra vexalores seu molestalores proediclos 
moverent necessitate cogente, hoc significarenl dicloThe- 
saurario vel procuralori suo, quem in dicta villà relin- 
quere débet, quod hujusmodi causœ adsil si velil et hoe 
ftcto , sive diclus Thesaurarius prœdiclis adesse voluerit 
sive non nihil ominus medietalem expensarum et cus- 
tuum prœdictorum solvere tenebilur , ignoranlia hujus- 
modi non obslanle. 

Item dicimus et pronuntiamus quod si diclum The- 
saurarium contingeret versa vice quœstionem vel litem 
super juribus supradiclis contra diclum Advocatum vel 
quascunque personas movere vel exércere , hoc dictis 
Decano et Capitule insinuabit et requirel eosdem quod 



— 156 — 

ptrlieulièrenient un prêtre savant et pieux , nomme (!) 
Guillaume Façon , qui élail curé de SUacqoes k Douai| el 
dont il fit un doyen de chrétîentë. Les nombreuses oeeu- 
pations de sa nouvelle charge, ne lui firent pas perdre de 
Toe son œuvre favorite, et il ne tarda pas à profiter de sa 
position pour en entretenir le Pape. Il écrivit à cet effet 
k Sixte V, pour lui représenter combien il était nécessaire 
de former des missionnaires capables et zélés , pour idler 
évangéliser partout Le Pape lui répondit en louant son 
lèle. 

Peu après, Sixte^}uint l'appela à Rome pour rendre 
compte de son diocèse. II s'y rendit avec d'autant plus 
d'empressement, qu'il voyait dans ce voyage une occa- 
sion favorable pour solliciter instamment l'érection d'un 
séminaire de missionnaires. Il présenta lui-même au 
Pape un mémoire sur ce projet , et cet écrit fut remis 
pour être examiné, à une commission composée de cardi- 
naux, parmi lesquels se trouvait le cardinal Fachinetti. 
Leur rapport fut favorable, mais rien ne fut entrepris. 

Vendeville quitta Rome avec l'estime de tous les per^ 
sonnages distingués, qui y avaient eu des rapports avec lui. 

Après la mort de Sixte-Quiot, il écrivit à Grégoire XIV 
dont il avait fait la connaissance , pour le supplier de 
créer au plus tôt un établissement destiné à former des pré. 
très & la prédication. 

Le Pape loi écrivit deux fois. Dans la seconde lettre, 



(I) Goillanme Façon devint chanoine. Il fut reça le 17 juin 1590> 
en vertu de lettres de Tévêque Vendeville qui Tavalt nommé pour 
remplacer Jean Spierincz Vanwelle. G. Façon remplit plus tard la 
charge d'h6telier; il succéda ensuite au chantre Pierre Maillart le 
17 aoftt 1622, et mourut le 16 janvier 1623. 



— 197 — 

il lui dit qtte les circoiistaDees malheureuses dans les* 
quelles il se. trouvait, étaient seules la cause du retard 
qu'on avait mis à l'exécution de son projet. Il est à re^ 
marquer qu'il était reeonnu k Rome que ce projet avait 
bien pour auteur Tévéque Vendeville , et que la com- 
mission de cardinaux, qui avait été chargée de Texa* 
miner , s'appelait la Cangrigaiion de Pévéque de Tournai' 

Comme rien ne se faisait , ;il adressa une nouvelle 
lettre au Pape, dans laquelle après s'être excusé de ses 
instances importunes, il hii offrait de se consacrer tout 
entier à Tœuvre qu'il avait tant à ccMir , offrant d'abandon- 
ner pour cela son évécfaé et d'entrer dans un séminaire. 

il avait des rapports avec Gérard Vossius, qui demeurait 
alors à Rome , et y était occupé à traduire en latin des 
Pères grecs* Ce savant avait été adjoint, comme docteur, 
à la commission de cardinaux créée par Six-Quint. 

Tout à coup, Vendeville, apprend la mort de Gré- 
goire XIV , et la nomination du cardinal Fachinetti , qoi 
deux jours avant de devenir Pape, s'informait de Vossius, 
à quel point en était l'affaire de l'évéque de Tournai. 

Aussitôt il prend la résolution de se rendre à Rome pour 
profiter des heureuses disposilîons , qui lui étaient bien 
connues, du nouveau Pontife, et plein de reconnaissance 
envers la divine Providence , qui lui ménageait une cir- 
constance si favorable pour l'établissement de l'oeuvre qui 
était l'objet de tous ses désirs , il s'empresse de faire les 
apprêts de son départ. On eut beau lui représenter qu'on 
était au mois de novembre , que son âge et ses infirmi- 
tés (i) le rendaient incapable d'un long voyage en pareille 
saison, que les temps étaient difficiles^ que les routes 



(i) U avait deux hernies et il était ftgé d'environ 65 ans. 



— 188 — 

étiienl infestées de voleurs, quii allaii plonger son dio* 
cèse dans la désolation ; rteu n'y fit. Il répondit qu'il ayait 
obtenu de Grégoire XIV, la permission de faire un seeood 
pèlerinage à Rome , que l'affaire qui l'y appelait était plus 
importante que la bonne administration même de plusienrs 
diocèses, qae le diocèse de Tournai retirerait plus d'avan* 
lage dn suecès de sa démarehe qu'il ne pourrait lui en 
procurer par quelques mois de présenee, que, pour sa santé, 
elle ne serait peut être pas meilleure au printemps, quil 
fallait -user du temps présent, et ne pas compter sur l'av^* 
nir , que S^-Amand et S*-Eleuthère avaient été chacun trots 
fois à Çome et qu'ils n'avaient, à son avis, rien de plus 
capital à y traiter que lui , et que si ces deux saints vivaient 
encore ils ne manqueraient pas de faire tout le bien qui 
sertit en leur pouvoir J 

Ayant pourvu à tons les besoins de l'administration de 
son diocj^, et fait de pressantes recommandations à ce 
sujet, à son vicaire général et aux doyens de chrétienté , il 
quitta la Belgique , et se dirigea vers Bologne. Li une bien 
grande contrariété mit sa constance à l'épreuve. Il apprit en 
yarrivant que le Pontife, sur les dispositions, le zèle et 
l'amitié duquel il avait tant compté , venait de mourir. Ce 
fut sans doute pour lui un coup terrible; mais qui n'abattît 
pas son courage, et il continua de s'avancer vers Rome. 
liOrsqu'il atteignit cette ville, le cardinal AldobrandinI, 
venait d'être proclamé Pape, sous le nom de Clément VIII. 
Après s'être jeté aux pieds du nouveau pontife , et lai avoir 
adressé ses félicitations, il l'entretînt de l'œuvre dont l'exa- 
men se prolongeait depuis si longtemps déjà , et la lui re- 
commanda instamment. Il fut écouté, et ordre fat donné 
k la commission de cardinaux, de présenter un prompt 
rapport sur celte affaire. Les cardinaux , après mures déli- 
bérations , donnèrent au Pape le conseil d'acquiescer à ht 



— 159 — 

denwnde de l'évéque de Tournai y mois de ne commencera 
esiployer au collège des missions , que des Franciscains de 
Tobservance. Cet avis fut adopté , et il fut ordonné au car- 
dinal Mathœi , protecteur, et comme premier supérieur de 
l'ordre , de faire, tous les apprêts nécessaires pour rétablis- 
sement d'une maison de ce genre. Ce prélAt partageait les 
vues de Jean Vendeville , et ils se concertèrent ensemble , 
pour arrêter ces mesures. Alors le bon évêque , au comble 
de ses vœux , demanda la permission de retourner vers son 
troupeau. Le pape, en la lui accordant, lui remit pour le 
prince de Parme ^ une lettre où il faisait l'éloge des vertus 
du saint vieillard, et en lui donnant congé, il lui dit ; que 
le Seigneur accomplisse votre désir , qui est aussi le mien. 
— Impleat Daminus Deus et tuum deridetium et meum. 
Ou ne connut pas bien d'abord à Tournai le but que 
s'était proposé Vendeville dans ce voyage. Ce ne fut 
qu'après sa mort , lorsqu'on fit lecture en chapitre de son 
testament qu'on le sut clairement. 

On y lisait ces roots : je pars pour Rome , afin d'y solli- 
citer personnellement plus efficacement du Pape et des 
cardinaux , l'érection de séminaires d'un ordre supérieuri 
pour y former de bons ouvriers évangéliques , puissants 
en œuvres et en paroles , pour travailler avec fruit à la 
vigne du Seigneur , et venir en aide au saint-siége aposto* 
lique et aux évêqucs ; ce qui est depuis un grand nombre 
d'années l'objet de mes désirs. 
Il ne survécut pas longtemps à son retour à Tournai. 
Cousin nous apprend ce qu'il y fit encore , et rapporte 
quelques circonstances de sa mort. Mais comme je l'ai déjà 
fait observer, il a trop négligé de tirer parti de Touvrage 
de Nicolas Zoës qu'il connaissait. 

Pour moi , je laisse à Mgr De Ram le soin de nous tracer 
un tableau plus complet de la vie et des vertus de notre 



saint évéqoc , mon bat n'ayant été que d'annoncer ce tra- 
vail important , que je désirais depuis longtemps voir en- 
treprendre. Je me bornerai à ajouter un fait, que Zoes 
rapporte k la fin de son ouvrage. Deux ans après la mort 
de l'évèque Vendc?ille , on dut faire une fouille dans le 
chœur de la cathédrale, vis-à-vis du siège de révéque, et 
on y trouva le corps du saint prélat , qui y avait été inhu- 
mé, parfaitement intact, et comme s'il venait d'avoir été 
placé dans son tombeau. 

Note sur les ouvrages de Jean Vendeville. 

Quiedam magni moment! ad non parum promovendum 
honorem Dei et salutem animarum , ab omnibus Deeanis 
christianilatis , pastoribus , concionatoribus et confessariis 
diœcesis Tornacensis diligenter observanda hoc anno usque 
in diem cinerum anni proximi, 1589, 8 pp. in-4^ Duaci, 
typis Joannis Bogardi. 

Statuta synodi dioocesanœ Tornacensis habitœ anno Do- 
mini 1589, feriâ tertiâ an te Pentecosten , prœsidente Rêve- 
rendissimo in christo pâtre D. Joanne Venduillio episcopo 
Tomacensi.Tornaci apud Nicolaum Laurentium MDLXXXIX 
40 pp. in-4^ Le nom de l'imprimeur n'est pas indiqué. 

Manuale Pastorum ad uniformem administrationem sa- 
cramentorum aliorumque officiorum ecclesiasticorum per 
civitatem et diœcesim Tornacensem. Lovanii excudebat 
Joannes Masius typographus Juratus. Prostant Tornaci 
apud Nicolaum Laurentium bibliopolam sub Bibliis aureis. 
MDXCL 

Titre , un feuillet liminaire et â20 pp. in-4\ 

Les biographes de Jean Vendeville lui attribuent deux 
autres ouvrages sur le droit, qu'ils croient inédits, mais 
H. le président Du Bus possède un manuscrit du chanoine 
Waucquier dans lequel l'un de ces deux ouvrages se trouve 



— i6i — 

indique comme publié par Valère André. En voici le litre : 
V. ci. Joan, Venduiilii i. V, D. priraum Lovanii canonum 
ordin. post Duaci LL. primi ac primarii , de principîis et 
œconomia librorum Juris univers! ad proëmîum pandecta-^ 
rumsivead4. Constitutiones justinianas pandectis prœfîgi 
solitas,cômraentarius. Opus posthumum et tum ad pan- 
dectarum codicisque partitionem ac methodum facilius in- 
dagandam, tum ad toUendas antinomias conciliandaque 
juris loca in speciem pugnantia, utile imprimis ac necessa- 
rium. Publicabat Valerius Andréas Dcsselius J.-C. et prof. 
R. in academiâ Lovanicnsi. Lovanii apud Petrum Sasse* 
num anno i653. Le format u'est pas indiqué. 

Zoës parle de cet ouvrage et en fait l'éloge dans le pas- 
sage suivant de la vie de J. Vendeville : 

Ex universo juris amplissimo campo , cujus omnes angu- 
los excusserat, optima quseque et maxime in usu posita, 
elegantissimâ methodo proponebat et ad prima principia 
revocabat. Et ut ex multis pauca referam, de principiis 
juris ad proëmiura pandectarum et cod. miro artificio in- 
tricatissimos et reconditissimos juris articulos enodavit^ 
hlstorîam auctorum et corapositorum juris singulari multa- 
rum rerum cognitionc dîgnissimarum observatione pcrtrac- 
tavît ; deindè edicti perpetui, Salvii , Juliani, postremo co- 
dicis Theodosiani cum Justiniani imperat. legislatione docte 
etsubtilîter comparavit, et quid inter se commune, quo- 
modo differrent , diserte explanavit. 

Notes extraites des actes capitulaires du chapitre et des 
délibérations des consaux de Tournai. 

Lundi de Pâques 1588. Sur une communication qui avait 
été faite au Chapitre relativement au sacre de Jean Vende- 
ville, nouvellement nommé évéque de Tournai , les cha- 
noines constatent qu'il n'est pas ordinaire que cette céré- 

BULLETIN T. TI. 21. 



monie 9e fasse à ia cathédrale et qu'oa cboisU j^m^ cela 
une Abbaye ou tout autre iieu^ 

Le 29 mai 1589. Joyeuse eiUrëe du Rëvéreodissiine dvé* 
que Vcndeville, Voici le compte qui en est rend» daua le 
livre dit de cuir noir reposant aux archives de la ville de 
Tournai : 

Mcssire Jehan Veadeville , docteur es lois et eonseiUeir 
du conseil privé de Sa Majesté, dénomjné par le Roy 
notre sire Çvesque de eeste ville , s'estant retiré de la 
court après avoir quelque temps résidé ea la coijtrt espiaeo^ 
pale de ceste dicte ville, aiant receu ses bulles et ezpédi-^ 
lions de Sa Sainteté, se transporta le^Dimencbe XXIX* de 
may de Tan XY*" IIIH' huict de grand matia ea l'église et 
abbaie de S* Martin où il fut sacré par L'illiistrUsime et 
Révérendissime Ârchevcsque de Cambray assisté d'aultres 
prclatz, à quoy Messeigneurs les quattre commissaires de 
Sa Majesté au, renouvellement des Wix, de Flandres, auJcujis 
de messieurs les chefs de la dicte ville, plusieurs gentilz 
bommes Députés de diverses villes et Chapitres et aultres 
en grand nombre furent présens ; et advertîs messieurs les 
chefs et jurez de la dicte ville que les. solemnités aebev;ée9 
ledjct Seigneur Evesque estoit prest de partir, se transpor- 
tèrent vers la dicte abbaie où estans arrivés l'attendirent 
allendroit de la première porte, où estant , luy fut faite 
une remonstrance et proposition par M" Jehan le Clercq, 
premier conseiller de la dicte ville , le bienvoniant et Utjr 
faisant les offres d'obéissance et aultres debvoirs en tel cas 
accoustumés avecq le présent ordinaire d'une quène de vin 
de France , dont il les remerchîa grandement avecq dé- 
monstration de bonne affection et voUunté vers la ville et 
les manans d'icelle, requérant au surplus qu'eu sa faveur 
on volsist faire grâce de rappel de ban à plusieurs quy luy 
ea ayoient présenté reque^te par escrit , lesquelles furent 



- 461 - 

reoeMB p^t iedkt conselUeif et dëclat^ que pour le respect 
de sft ieigii'** Rétér^* et de sa joleuse entrée il s'âssèuroH 
que Messieurs les consaulx fcroient les grâces à enU possi* 
bies alleadrottz desdiets reqivérans» Ce fait et s'e&tand me»- 
sietirs les Doien et Chapitre de^TËglise Notre^-Darae mis eu 
ordre et aians commelichë à marcher, prëvoiatis lesdidts 
consaulx que & raison desdiets sires commissaires et des auU 
très sires ei leur grande suite seroît difficil de garder leur 
ordre et reng fut advisé que te plus expédient seroit de 
marcher entre lesdicts de Chapitré et Clergé et ledict sei- 
gneur Evesque éomme fut fait & l'entrée de TEvesque dit 
Aault boiS) et suyvalit ce allarént premièrement les esche- 
vins des deusL Esehevihaiges -, puis les jurez , par iprës le 
conseil ei en dernier lieu lesdicts quattre chef« En quel 
ordre (combien qu'anlcuns des dicts de Chapitre ne s'eh 
montrassent fort contens) les dicts consaulx marcharent 
jusques au coeur de la dicte église Notre-Dame , et aprè^ la 
messe achevée lesdicts chefs et jurez compagnèrent le dict 
S' Evesquè au disncr avecq les dicts sires prélatz commis- 
saires et aultreS) et but icelluy h sire Pierre de Haudionjlit 
de Ghibrechies, escuier S' dudit Ghibrechies, dans une tasse 
d'argent doré, laquelle demeura è la dite Tille et prouflît 
d'icolle, et le lendemain estant advisé sur les dites reques- 
tes, & aulcuns desdits requérans fut ladite grâce et rappel 
de ban accordée, et à aultres leur fut refusée pour aulcunes 
raisons quy furent déclarées audit Seigneur Révérend issime 
quy en fut content et en eut appaisement , remerchiant 
lesdits S'* consaulx pour la grâce faite aulx aultres. 

Cohtion faite d la minute originelle 
et trouvé concotdie par moy greffer 
de la ville ^ et cité de Tournay 
soubsigné. 

Signé : I. Du Fief* 



— 164 — 

On voit que les évéques^ enfaisant iear entrée à Tournai, 
avaient coutume de sollicîier la grâce de quelques condam- 
nés. Les consaux délibérèrent le surlendemain du sacre sur 
les requêtes que leur avait remises Jean Vendevilleet les 
accueillirent presque toutes à rexceptiod de celles qui con- 
cernaient des coupables qui .n'étaient pas sous leur juris- 
diction. Voici le nom des faciès et les conditions qui leur 
furent imposées : Les consaux «c décident, par égard pour 
» le prélat, de faire remise de leur peine à Laurence 
ji Chuquart , Guillaume Grenier , Catherine De le croix , 
}» Jean Hecquct, Pierre Fortmarie, Jean Dubois, Hermès 
1» Dessusiemont e^ François de Warchin, à condition qu'à 
» l'avenir, ils assisteront aux offices divins dans leurs pa- 
» roisses , les dimanches et fêtes , et qu'ils iront à la cotir- 
» fesse ei communion 4 fois par an ; ce qu'ils devront prou- 
» ver. 

» Le conseiller Leclercq est chargé de communiquer 
» avec ledit Révéreudissime avant qu'il soit prononcé sur 
» la requête de Jean Brébart. Celle de Paul de le Motte est 
N rejetée vu que ce dernier n'est ni banni ni congîé, et il 
» ne peut être statué sur celles de Marye de Mulandre et 
D Gérard Houzé , leur bannissement ayant été décrété par 
M les officiers du bailliage. » (1). 

20 juin 1588. On lit dans le livre aux délibérations des 
consaux : 



(1) Les conditions imposées aux bannis pour permettre lear ren- 
trée font comprendre que les coupables avaient professé l'hérésie. \ï 
est digne de remarque que c'est l'évêqae qui obtient leur grâce, que 
]e magistrat ne croit cependant pas pouvoir accorder sans con- 
dition. 



165 



On est dassens de re- 
mercbier Monsgr. le 
B"* du bon zèle et affec- 
tion qa'il porte ^ ceste 
Yille , et que quant à 
présent à faolte de de- 
niers n'y avoir moyen de 
dresser ladicte table de 
prest et partant la re- 
quérir de la mectre en- 
coires en suspense , 
Déantmoins que on fera 
tons debvoir s qu'on polra 
excogiter pour recou- 
vrer deniers. 



Du conseiller Liebart , lequel a 
Remonstré à Messieurs les cousaux 
que Monseigneur le R"' en con- 
formité des lettres de Son Âlz** du 
XXIII de may receues le XHII de 
ce mois de juing désiroit que pour 
le soullagement du povre peuple la 
table de prest fust dressée et mise 
en praticque y offrant à ces fins de 
prester la somme de quatre cens 
florins et qu'il feroit tous debvoirs 
d'induire aulcuns chanoisnes de 
aussy prester quelque somme de 
deniers. 



12 juillet 1588. L'ëvéque propose au magistrat de for- 
mer un certain nombre de bourses de dix à 12 florins par 
an pour récompenser les meilleurs élèves de Técole domi- 
nicale des Salines, Les consaux décident qu'il sera pHs sur 
les fonds du mont de piété vingt livres de gros par an ^ 
pour être distribuées à dix enfants cboisis dans cette école. 

29 novembre 1 588. Transaction entre Tévêque Vande- 
vilie et le chapitre sur l'institution ou destitution de la su- 
périeure de Béguinage , acte par lequel on est convenu 
que la sentence ou transaction décrétée par le Roi en 1293 
restera en vigueur, c'est-à-dire, que TEvêque a droit d'ins- 
titution et de destitution de ladite supérieure. Gart. M. 
p. 61. 

20 février 1589. L'évêque fait défense de se promener 
dans la cathédrale, sous peine de vingt sous d'amende , au 
profit par moitié de la fabrique et du dénonciateur. 

8 mars 1589. Le Chapitre n'approuve pas la défense faite 
sous cette peine, et fait observer à son évêque qu'il n'a au- 



— 1C6 — 

cuoe jiirisdictîan dam rëglise cathédrale ; ee que le prêtai 
leeoDDait le 10 du même mois. 

Sous la même date le chapitre demande k rë?èque des 
lettres de non préjudice parce que eelui-ci, avait visité les 
éeoles S^ Paul , Sckolas Paulinûê sur lesquelles il n'avait 
pasdejurisdiction. 

5 avril \ 589. Le Chapitre permet à Tévêque de tenir à la 
cathédrale un synode diocésain. 

24 décembre 4S90. Le nonce apostolique porte un juge- 
ment par lequel la question de préséance , discutée entre les 
églises de Toumay et d'Ârras, est décidée en faveur de 
Tournai. 

4 S septembre 4594. On conserve aux archives du Tour- 
nesis des lettres, portant cette date, par lesquelles les Etats 
du Tournesis donnent pouvoir à Jehan Duchambge d'aller 
recevoir à Lille , huit mille livres que Jehan Vendeville 
évéque de Tournay et Philippe de Croy , gouverneur et 
grand bailli du Tournesis s'obligent de rembourser. Cette 
somme était destinée à payer des fournitures faites à la 
compagnie Brasio Capezuca. 

Cette charte qui est en parchemin a perdu son sceau. 

30 décembre 1591. Appel est interjeté du jugement sur 
la question de préséance, par l'église d'Arras. 

15 juin 1592. Bulle de Clément YllI accordant, à la de- 
mande de l'cvéque Vendeville, une indulgence plénière 
pour sept ans, à tous ceux qui assisteront aux processions 
des premiers dimanches du mois dans les paroisses et rem- 
pliront certaines conditions. (1) 



(t) Le pape Grégoire XIII pur une bulle du 28 mars ISS5 avait 
accordé une indulgence plénière il ceux qui ayant jeune la veille assis- 
teraient le lendemaiu à ta messe et à la procession solennelle chaqua 



-. 167 — 

16 octobre 1592. On lit en chapitre ie testament du 
Révërendissime évéque Vendeville. Après l'avoir approuvé 
le chapitre nomme des vicaires généraux pour administrer 
le diocèse sede vacante. 

19 octobre 1592. Le chapitre se maintient dans le droit 
de procéder à Tinventaire de la maison de l'évéque défunt 
et résiste aux ofiBciers du bailliage qui sou3 prétexte du 
droit de régale , voulaient y intervenir. 



^kO^XPCL'^ 



mois , ordonnée pour la paciQcatioD des troubles. Cette procession gé- 
nérale se faisait avec beaucoup de pompe et un grand concours de 
peuple. Mais elle donna bientôt lieu à de grands inconvénients. 
C'étaient de véritables fêles auxquelles on se rendait de loin et il ar- 
rivait que pour assister à la procession on manquait il la messe. 
L'évéque Vendeville profita de sou voyage de Rome pour remédier à 
cet abus qu'il signala au souverain pontife et il obtint que cette pro- 
cession pût se faire dans toutes les paroisses de son diocèse; de sorte 
que les fidèles ne devaient plus quitter leur église pour y assister. 
A soD exemple l'archeiâque de Camforay obtint la même faveur à per- 
pétuité du pape Paal V, le 3 avril 1606. 



— 168 — 



SÉANCE DU JEUDI 5 MAI 1859. 

M. le Vicaire-général Yoisni , occupe le fauteuil. 
M. Jules Wacqcbx, secrétaire. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
approuvé. 



CORRESPONDANCE. 

— M. le capitaine du génie Dejardin annonce que son 
départ de Tournai est très-prochain et qu'il se voit forcé 
de renoncer à la qualité de membre actif. Il demande à 
conserver le titre de membre correspondant et promet 
d'adresser de temps en temps le fruit de ses travaux à la 
Société. 

L'assemblée qui reçoit cette nouvelle avec peine charge 
le secrétaire d'exprimer à M. Dejardin les regrets que lui 
fait éprouver son départ et lui accorde avec plaisir l'ob- 
jet de sa demande. 



— M, le ministre de l'intérieur envoie à la Société un 
ouvrage en deux volumes in-S"" intitulé c Dépêches des 
» Ambassadeurs militaires sur les campagnes de Char- 
» leS'le-Hardi ^ duc de Bourgogne^ de 1474 à 1477, 
» publiés par le baron Fréd. de Gingins la Serra. » 






— 169 — 

11 a élé adressé à M. le minîtira un aecusé de réeeption 
accompagné de remerGiements. Cet ouvrage , sera, selon 
son désir , déposé à la bibliothèque de la Société. 



M. Louis ToiFS d'Anvers, membro correspondant de 
diverses sociétés historiques et littéraires, fait hommage à 
la Société d'un exemplaire de son ouvrage intitulé : 
<{ Fastes des calamités publiques survenues dons les 
'9 Pays-Bas et particulièrement en Belgique depuis les 
> temps les plus reculés jusque à nos jours,! volume 
in-Ô^" de 4S6 pages, imprimé cette anoiée à Tournai, chei 
Casterman. 



M. Warlomont, membre titulaire qui n'a pu se rendre 
à la séance de ce jour , envoie les statuts d'une société 
nouvelle organisée à Bruxelles pour la publication de 
Mémoires relatifs à t histoire de Belgique ^ et le prospec- 
tus des ouvrages ou mémoires qu'elle a déjà fait publier 
ou qui se trouvent actuellement sous presse. Il se dit au- 
torisé à proposer à la Société un échange de publica- 
tions. 

Cette proposition est agréée. 



Le secrétaire dépose sur le bureau les publications 
suivantes qui lui ont été adressées depuis la dernière 
réunion. 

— De la part de la Société numismatique : 
Sa Revue.— ' â« Série, tome III, 2^ livraison avec les 
planches V à IX, p. 169-296. 

BULLETIN T. VI. 22. 



— 170 — 

•—Delà pari de M. Kbisten : 

Journal hùiorique et littéraire, tome XXVI , lîv. 2. 

— 80!2' liTraison, 26'' année^ juin 4889. 

— De la part de Y Académie royale de Belgique : 

l"* Compte^endu des séances de la commission royale 
(f histoire eu recueil de ses Bulletins. Deuxième série. 

— Tome douzième. — l*' Bulletin, p. l-i06. 

1* Son Bulletin j 28* année , â« série , tome 6, n"* 5 , 
p. U5-598. 

S"" Son Bulletin, 28' année, t^ série, tome 6 , n'^S, 
p. S99 516. 

— De la part de la Société pour la recherche et la 
conservation des monuments historiques dans le grand 
duché de Luxembourg' : un volume de ses publications. 
Année 1897-XIII, in-i"" de 128 pp. arec 4 planches. 

— De la part de Fauteur : 

1" La couronne margaritique ou définition de fur- 
banité en 1505^ par M. Peetermans. Liège, 1859 , in-S"* 
de 11 pages. 

2^ Henri de TFacA^^nobncA, parle même. (Extrait de 
lareyue trimestrielle, XX' toI.) Bruxelles, 1858, in-8* 
de 16 pages. 

o" Notesurune cloche fondue par M. G. MoreldeLyon, 
par M. Tabbé J. Corblet (Extrait de la Revue de fart 
chrétien). PariSj 1859 , in-8'' de 4 pages avec un dessin. 

4" Correspondance de Charles-Quint et d Adrien FI 
publiée par H. Gachard , archiviste-général du royaume. 
Bruxelles j Hayez, 1859 , in-S** de 292 pp. 



La séance est levée. 



— 171 — 

NOTE 
SUR LES PLANS GRAVÉS DE LA VILLE 

DE TO0RNAI. 



Si l'on en excepte le plan des alentours de la cathé- 
drale, récemment publié par la Sociéié hùtori^pée^ 
les plans gravés de la Tille de Tournai peuvent se 
partager en trois grandes divisions : l"* ceux qui ont été 
faits avant Louis XIY , %"" ceux qui ont été faits après 
Louis XIV, â*" les plans modernes. 

Les plans fails avant Louis XIY présentent Tenceinte 
actuelle , avec les bastions devant les portes, construits 
sous GharleS'Quint. La seconde enceinte qui a précédé 
l'enceinte actuelle y figure encore. Us vont donc jusqu'à 
rannéel667. Ces plans peuvent seréduire à deux princi- 
paux : 1*' Ceux du Théâtre des cités du monde et de l'ou- 
vrage de fi/aeif (n° II, III et IV de la liste) et %"* ceux qui 
accompagnent les diverses éditions de l'ouvrage de GtdC" 
ciardin (n"^ VU et IX de la liste), lis ont été faits l'un et 
l'autre versla même époque, quoiqu'ils diffèrent essentiel- 
lement. Le théâtre des cités du monde a été imprimé en 
1374 et la première édition de Guiccîardin qui a des 
plans est celle de 1582 , en français. Il y a ensuite quel- 
ques vues assez insignifiantes qui se rapportent à cette 
catégorie (n«»» V , VI et VIU de la liste.) 

Les plans faits après l'agrandissement des fortifications 
de la ville sous Louis XIV ne donnent plus la seconde 
enceinte. On y voit les ouvrages construits par Yauban 



— 178 -^ 

autour de la place pour en augmenter la résislanee, ainsi 
que la citadelle placée sur la hauteur entre la porte 
S'-Martin et celle de Yalencicnnes. On peut partager ces 
plans en cinq catégories. 

1<» Ceux faiU avant le siège de 1709 (n«« X à XY de la 
liste); 

%" Ceux faits à l'époque du siège de 1709 (n"« XVI à 
XXVIdelaliste); 

S** Ceux faits entre les sièges de 1709 et de 1745 (n<^ 
XXVII à XXX de la liste); 

A^ Ceux faits à l'époque du siège de 1749 (n«« XXXI 
àXXXIIIIdelaliste); 

Et »• ceux postérieurs à ce siège (n'^'XXXV et XXXVIl 
de la liste). 

Les plans modernes sont beaucoup moins nombreux. 
Il n'y en a que cinq. Ces plans ne donnent plus les ou- 
Trages dits sous Louis XIV ; il n'y a plus que les bastions 
laissés devant chaque porte. La citadelle n'est plus la 
même non plus : elle est telle que les Hollandais l'ont 
reconstruite en 1819. Il y a cependant peu de change- 
ments dans les ouvrages de fortifications : les bâtiments 
à l'intérieur sont seuls différents. 

Le premier et le plus important de ces plans est celui 
de Picquet de 1838. Parmi les autres, deux sont à une 
assez petite échelle et donnent les environs de la ville 
en même temps. 

A. DEJARDIN, 
capitaine da génie. 



^mtê^^f^ 



— 178 — 
LISTE 

DES PLANS GRAVÉS DE LA VttLE DE TOURNAI. 



Plan intitulé : Cloître de la cathédrale de Tournai. 

Ce plan ne présente qu'une partie de la ville sur la 
rWe gauche , circonscrite à ce qui formait le cloître au 
9** siècle. Il indique la destination de la plupart des édi- 
fices situés dans ce périmètre. Il n'a qu'une exactitude 
relative, puisqu'il présente seulement l'état actuel des 
lieux modifié d'après les données historiques. 
Larg. 0*» 895^ haut. 0°» 33. 

Ce plan se trouve dans les ouvrages suivants : Du 
Cloître de la cathédrale de ToumaL Son histoire , 
par M. Voisin , vicaire général , publié dans les lUémop- 
res de la Société historique et littéraire de Tournai. 
Tome 6, 1859. 

Histoire de Tournay ou quatre livres des chroniques ^ 
annales ou démonstration du christianisme de Févêché 
de Tournay , par M. Jean Cousin. Nouvelle édition 
1857. 

IL - 

Plan intitulé : Tornacum, 

Les édifices s'y trouvent en élévation, mais peu exacte- 
ment représentés. La seconde enceinte y figure encore. 
Trois écussons décorent sa partie supérieure : une tour 
donjonnée , l'écu de Tournai, puis un autre semé de lys 
avec deux crosses passées en sautoir ; le tout sans indica- 
tion d'émaux. Il a une légende en français comprenant 



— i74 — 

SO numéroâ. Les noms de quelques rues soûl fautifs, 
Larg, 0» 435, haut. 0"» 865. 
Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Théâtre des cités 
du monde. Francfort^ Adrien Romain, 15*74,^ vol. 
in-folio. 

m. 

Plan intitulé : Tomacum, gallis Toumay^ belgis 
Doornick. 

n est orné à gauche^ à la partie supérieure, d'un éeu 
au lion de Flandres , à droite des armes de Tournai avant 
les fleurs de lys , et du même côté à la partie inférieure 
des mêmes armes avec les fleurs de lys. H a deux légen- 
des en français. Il parait être une copie du précédent. 
Larg, 0» 50 , haut. 0« 884. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Novum ac magnum 
theatrum urbium belgicœ regiœ adprœsentis temporiê 
faciem expressum à Joanne Bloeu, Amstelaedamensi, 
1649, 2 vol. in-folio. 

IV. 

Plan intitulé : Tournay oder Dornick taie es vor 
der Frantzôsiscken Bevestigung ausgesehen. G. Bade- 
nchr fecit et excuditcum gratté et privilegio sacrœ Cœ- 
sareœ Majestatis , c'est-à-dire tel qu'il était avant d'être 
fortifié par les Français (en 1668 probablement). H est 
orné des armoiries de la ville sans les fleurons de lys , 
ainsi que de celles de Flandre. Hors du cadre, à droite, 
est une légende en français^ et à gauche un texte en 
allemand. Ce plan est une copie réduite des précédents^ 
et reproduit les mêmes erreurs. 

Larg. 0" 207 , hauLO*" 168. 

Ce plan doit avoir fait partie d'un ouvrage allemand 
imprimé à Augsbourg , comme on peut le voir par les 



— — ^ 



— i78 — 

n*"* XI^ XII et XX qui sont da même graveur. Il se 
trouve dans la collection de M. Barthélémy Dumorlier 
et de M. le capitaine Dejardiu. 

V. 

Vue de Tournai intitulée : Siège de la ville et cité 
de Tournai par les armes de Sa Majesté catholique soubs 
la conduite du Sér^^ prince de Parme ^ es mois d^ octo- 
bre et novembre 1581 . 

Elle est ornée des armes de la ville, très défectueuses , 
et porte une légende. Celte vue est prise du faubourg 
Saint-Martin ; on y a indiqué la tour du Happart et ses 
fourches patibulaires. 

Larg. 0™585, haut. 0"295. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Histoire de la 
guerre des Pays-Bas escrite en latin par Famianus 
Stradoj de la compagnie de Jésus, mise en français par 
P. Du Ryer. Tournai. Adrien Quinque. 1651. Les autres 
éditions de cet ouvrage n'ont pas de plan. 

VI. 

Vue intitulée : Prise de la ville de Tournai j le 30 novetn- 
bre 1581, 

Cette vue est petite et inexacte : on voit au premier 
plan le prince de Parme au moment où il est retiré des 
débris de la maison que les assiégés avaient fait crouler 
à coups de canon. 

Larg. 0" 16, haut. 0°» 115. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Guerres des Pais 
Bas, etc., par Famianus Strada, ^ vol. in-12. Tome ÏIl, 
page 287. 

VII. 

Plan intitulé : Tornacum. 

Il porte, comme le n°llj trois écussons à sa pîirtiesupé- 



— 176 — 

rieure qui sont également , une tour donjonnée, T^u de 
Tournai, el un autre semé de lys a^ec deux crosses en 
sautoir. 

Il a quatre légendes en fran^is. Ce plan offre aussi la 
seconde enceinte. Il est exact. Les monuments^ les édifi- 
ces particuliers sont représentés en élévation. Il y a de 
légères variantes d'une édition à l'autre. 
Larg. 0» SI , haut. 0» 23. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Description de 
touU les Pais-Bas autrement appelés la Germanie infé* 
rieure ou Basse Allemagne par Messire Louis Guio^ 
ciardin, gentilhomme Florentin. Anvers, Christophe 
Plantin, 1582. 

Edition italienne du même ouvrage. Anvers, Christo- 
phe Plantin, i^^ , n^ m. 

Edition hollandaise du même. Amsterdam, P. Mon- 
tanusy 1612 , p. S25. 

Edition latine du même. Amsterdam , G Janssonsus, 
1618. 

(L'édition italienne de 1567 n'a pas de plan.) 

VllI. 

Vue générale de Tournai avec l'inscription : Door- 
nick. Sous un écusson à la tour sans indication d'émaux, 
dette vue est petite et insignifiante. 

Larg. 0- 195, haut. 0- 18. 

Edition française du même ouvrage. Artiheim . Jean 
Jansson, 1618. Un vol. in4** oblong. 

IX. 

Plan intitulé : Toumai-Doomick. 
C'est une réduction du n"* 2. 

Larg. 0« 188 , haut. 0- 109. 



— 177 — 

EdilioB latine du même ouvrage. ÀmsMûfhmi apud 
Johanum Janssonium Jumorem , 1659» Un vol* in-lS, 
page 412. 

X. 

Plan întilalé : Plan de la ville et citadelle de Tour-- 
nay. Avec une noie sur la citadelle. Ce plan offre encore 
une partie de la seconde enceinte. On y voit la citadelle 
construite par Louis XIY en 1668 ainsi que les ouvrages 
à cornes qu'il a placés autour de la ville. II doit donc 
dater des premières années de la restauration par 
Louis XIV ^ à cause de la présence de la seconde encein- 
te. Ce serait une copie d'un plan plus ancien, faite pour 
l'ouvrage ci-dessous. 

'Larg.0"U5, haut. 0"» 105. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les forces de 
f Europe y ou description des principales villes; avec 
leurs fortifications y dessinées par les meilleurs ingé- 
nieurs^ etc : recueilli par les soins du sieur De Fer , 
Beaulieu^ etc. j géographes du roy. Paris, 1695. Sep- 
tième partie. Planche B. 

XI. 

Plan intitulé : Plan de Tournai^ etc. Paris y chez le 
sieur G^ deBoillieul, géographe, rue Saint-Séverin^ 
au Soleil d'or. 

Ce plan est remarquable par les écussons des gentils- 
hommes Tournaisiens qui ornent sa partie supérieure, 
au nombre de 6ë. 

La deuxième enceinte n'y est plus représentée. Il n'y 
figure plus de celle-ci que la vieille porte de Blarvis avec 
ses tours. On y voit la citadelle construite par Louis XIV 
ainsi que les autres ouvrages. Il ne doit pas être de beau- 
coup postérieur à l'année 1666, à cause de la présence de 

BULLETIN T. VI Î3. 



— 178 — 

U vieine porte de Martis qui ne figure plus dans eeax 
de la fin du 17* siècle. 

Larg. 0- 45, haol. 0« 425. 
Se trouve à la bibliothèque de la ville sous le n« 1489 
et dans la collection de M. B. Pumortier. 

XII. 

Plan intitulé : Domtck oder Tournay. Augspurg. 
Gabriel Bodenekr fecit et excudtt cum gratta etprivi- 
kgio Sacras Cœsarfs Majestatis. Sanslégende, quoiqu'il 
ait des chiffres et des lettres de renvoi. U doit dater des 
premières années après la conquête de Louis XIY, dont il 
contient les restaurations, comme les précédents. 
Larg. 0-258, haut. 0-155. 

Doit avoir fait partie du même ouvrage que le n** IV. 

Se trouve dans la collection de M. le capitaine Déjà rdin. 

XIII. 

Vue intitulée : Domtck oder Toumay etne ans denen 
DreyenHaupt Siœdttetn Wehch-Flandem. Augsburg. 
G. Bodenekr fecit et excudit cum gratiâ et privilégia 
Sacrœ Cœsaris Majestatis ; c'est à dire : une des trois 
principales villes de la Flandre Wallonne ; les deux au- 
tres sont Lille et Douay. Avec une légende et une des- 
cription en allemand. Celle vue ne mérite pas la moin- 
dre confiance ; il n'y a rien d'exact. Elle est prise en 
dehors de la porle Saint-Martin et on voit de l'eau dans 
les fossés. 

Larg. 0- 50, haut. 0- 17. 

Se trouve dans la collection de M, le capitaine Dejardin. 

XIV. 

Vue intitulée : Veue de Toumay du costé du vieux 
château. Prospectus Tomaci ad vêtus castellum , 



— 479 — 

1685. Desiimi sur le naiurel et peinte pour te roy tréé^ 
chrestien, par Vandermeulen, etc : Gocbin sculpsit. 

Celle Tue n'occupe qu'une petite partie du tableau , 
dont le premier plan représente des personnages en Toi- 
ture et à cheval. Elle est assez exacte. 

Larg. i~ 81 5 haut 0~48. 

Se trouye à la bibliolhèque de la ville de Tournai où 
elle est encadrée en deux parties séparées. 

XV. 

Plan intitulé : Tournai, ville forte du Pais-Bas du 
comté de Flandres , située sur t Escaut à S0°40' de lati- 
tude et 24''40°' de longitude. Sa citadelle est des plus 
belles de t Europe y le roy s'en rendit maistre en 1667. 
Avec une légende. Il présente tous les travaux de fortifi- 
cations faits sous Louis XIV. 

' Larg. 0« 275, haut. 0» 205. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Les forces de 
l'Europe ou descriptions des principales villes; avec 
leurs fortifications^ dessinées par les meilleurs ingé- 
nieurs , etc. recueilli par les soins du sieur De Fer^ 
Beaulieu . etc. géographes du roy, Paris , 1695. 
Quatrième partie , planche 4. 

XVI. 

Plan intitulé : Plan de Tournay. Doornick y chez 
P. Lafeuille. Avec une légende pour la citadelle, et les 
opérations du siège de 1709. 

Larg. 0™244, haut. 0" 168. 

Ce plan doit avoir fait partie d'un ouvrage. Se trouve 
dans la collection de M. le capitaine Dejardin. 

XVII. 

Plan intitulé : Tournay. Barretpyn fecit. Il doit 
dater des environs de 1709, puisque le plan suivant, 



— 1«0 — 

qui porte h même signature d'Harrewyii, date de cette 
année; celui-ci ne donne pas les opérations du siège. 
Larg. 0- «sa haut. 0« 19. 
Ce plan doit avoir fiaiit partie d'un ouvrage. Se trouve 
dans la collection de H. le capitaine Bejardin. 

XVIU. 

Plan intitulé : Plan de la ville et cUadelh de Totir- 
nojf, investie par l'armée des hauts alliés le^9juin 1709, 
commandée par S.A.R. le prince Eugène de Savoie et 
S. A. le prince et duc de JUarlboroug. La trenchée 
ayant esté ouverte la nuit du 1 à^ du mois de Juittet 
on toucha la chamade pour la ville le 28 du même mois. 
A Bruxelles^ chez Eugène^Senry FricXj rue de la Mag^ 
delaine, 1709. Avec une légende pour les opérations du 
siège. 

Larg. 0» 498, haut. 0» S85. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : Table des caries 
des Pays-Bas et des frontières de France^ avec un 
recueil des plans des villes j sièges et battailles données 
entre les hauts-alliés et la France. A Bruxelles, chez 
Eugène Henry Fricx , imprimeur du roy, rue de la 
Madeleine y i712. Sarrewyn invenit , deUneavit et 
fecit. 

XEX. 

Plan intitulé : La ville de Tournay avec tes aUajnes. 
Se trouve dans le même ouvrage que le précédent. 

XX. 

Plan intitulé : La citadelle de Tournay et ses souter- 
raàuj avec les attaques. 
Se trouve dans k même ouvrage que le précédent. 



— 181 — 

Xf. 

Plaa inlitulé : Toumay oder Domick^ wie eê von den 
Franzosen befestiget A**. 1709 aber von denen Hohen 
Aïlyrten an zorthen attaquert tDorden\ c'esl-à-dire : tel 
qu'il a été forlifié par les Français et qu'il a été attaqué 
par les Hauts- Alliés en 1709. Bodenehr fec^ et exe. cum 
grat. et privilegto. Sac, Cœs. Majestatù. Avec une lé- 
gende en français. 

Larg. 0"» 198, haut. 0"» 165. 
Ce plan doit avoir iait partie du même ouvrage que les 
n^ IV, XII et XIII , comme étant du même graveur. 
Fait partie de la collection de M. le capitaine Bejardio. 

XXII. 

Plan intitulé : PUm de la ville et citadelle de Tournai j 
1709. La Haye chez P. Htisson. Arec les opérations du 
siège, la ligne de circonvallation et la position de tous les 
bataillons et escadrons. 

Larg. 0" 51^ haut. 0°»895. 

Se trouve à la bibliothèque de la ville sous le n° 1433. 

XXIII. 

Plan intitulé : Plan de la ville et citadelle de Toumay. 
La Haye chez P. Husson» Avec les opérations du siège | 
assez imparfaitement représentées. 

Larg. 0"*S0, haut. 0°'89. 

Se trouve à la bibliothèque de la ville sous le n*' 1482. 

XXÏV. 

Plan intitulé : Munitissimœ urbis ac arcis Tomacensis 
gallm Toumay et belgiee dictœ Domîck descriptio ichno- 
graphia par F. de WiiU Amstelodami cum privilegiopotent' 
D. D. ordinum BelgH FfBderati. 

Avec les opérations du siège. jLes maisons sont repré- 



— 182 - 

aentées en élévation ; les monaments manquent d'exac- 
titude dans leur forme. La deuxième enceinte y figure 
encore eu entier. C'est le plan n" Il auquel on a ajouté les 
travaux faits sous Louis XIY. Il a une ajoute intitulée : 
La ville de Tournay avec les lignes de circonvallation et le 
nom de chaque régiment. 

Larg. 0- 57, haut 0-» 495. 
Se trouve daus l'ouvrage intitulé : Galerie agréable du 
monde otk ton toit en un grand nombre de cartes très exactes 
et de belles tailles douces les principaux empires, royaumes, 
ete : le tout mis en ordre et exécuté d Leyde par Pierre Van 
der Aa , marchand libraire. 66 volumes in-folio, reliés en 
85. Tomes 18 et 14. 

XXV. 

Plan intitulé : Plan de Tournay, ville épiscopale^ où il y a 
un parlement , capitale du Tournesis , situé sur la rivière de 
f Escaut, éloigné de 5 lieues de Lille, d 6 de Vaknciennes, 
et de Menin, 7 de Douai, à ^ \l^2 de CourtrayetàG et 
demy d'Oudenaerde. A Amsterdam, chez Pierre Mortier. 

Les maisons n'y sont pas figurées comme au précédent; 
ee plan contient une légende pour la citadelle seule- 
ment. 

Larg. 0«48, haut. 0»89. 

Se trouve dans le même ouvrage que le précédent. 

XXVI. 

Plan intitulé : Plan de Tournay, Doornick, à cinq lieues^ 
de Lille, à six de Valenciennes. Chez Pierre Mortier. 

On y a figuré les circonvallations du siège de 1709 et 
les noms des bataillons et escadrons. Légende pour la 
citadelle. 

Larg. 0" 48 , haut 0°» 89Ô. 

Se trouve dans le même ouvrage que le précédent. 



— 188 ^ 

xxvn. 

Vue intitulée : Xe siège de Tournaypar ks hauts alliée: 
I Milord duc de Marlborough. ^ Prince Eugène de Sawie. 
3 Sortie des ennemis le ^7 juillet. 4 Seconde sortie des en^ 
nemis le 28 juillet 1709. C'est une vue prétendue de la 
irille avec des monuments de fantaisie , enveloppés de 
nuages de fumée : quelques cavaliers galopent sur Tavant 
plan. 

Larg. 0" ^76, haut. 0"* 262. 

Se trouve dans le même ouvrage que le précédent. 

XXVIII. 

Plan intitulé : Plan de Tournât/ , ville épiscopale , où il 
y a un parlement; capitale du Toumesis, 1709. La liaye^ 
chez Anna Beeck. Avec les opérations du siège assez im- 
parfaitement représentées. 

Larg. 0°»41, haut. 0°» 3ff. 

Se trouve à la bibliothèque de la ville. 

XXIX. 

Plan intitulé : Carte particulière des environs de Tour- 
nay levée sur les lieues par le sieur Baillieu , Paris. Bail- 
lieu, 1709. 

Larg. 0«» 50, haut 0"*405. 

Fait partie de la collection de M. B. Dumortier. 

XXX. 

Plan intitulé : Le véritable plan de la ville et citadelle de 
Tournay. P. V. Cal fedt. 

Légende en français et en hollandais , avec les attaques 
et les lignes de circonvallation de la citadelle. La 2* en- 
ceinte y est figurée , quoiqu'elle n'existât plus en entier 
à celte époque. 



— I8i — 

Ce plan est un des plus curieux de ceux faits pour le 
si^ de 1709. 

Larg. 0-74, haut. 0« 68». 

8e troure dans l'ouTrage intitulé : Oorhgs kundige 6ei- 
Aryving van de VeUsIagen , en helegeringen^ den drie door-- 
hdiHge^ ete, Besehreven door, Monsieur RousseL — La 
JJoye, 1729-47, 5\ol. in-f», t. II, p. 294. 

Il y a une édition française de cet ouvrage intitulée : 
Histoire militaire du prince Eugène de Savoye, du prince et 
duc de Marlborough et du prince de Nassau-Frise j etc. 
La Haye y 17i9-47, 8 vol. in-fol. 

XXXI. 

Plan intitulé : Plan de la citadelle de Toumay avec ses 
galeries et conire-^ines et les attaques de M. le général 
Schulenborg; avec un titre et une légende en français et 
en hollandais. Ce plan est fort détaillé. 

Sur la même feuille il y a un profil de la citadelle et 
le plan des flancs casemates avec deux profils. 

Les dimensions du plan de la citadelle sont : 
Larg. 0« M haut. 0-20. 

Se trouve dans le même ouvrage que le précédent , 
t. Il, p. 801. . 

XXXII. 

Plan intitulé : Tournai. 

Avec une légende, 

Larg. 0- 8, haut. 0- 14, 

Se trouve dans Touvrage intitulé : Histoire générale des 
Pays-Bas j contenant la description des XVII provinces j 
EdiiixM nouvelle. Brusselle, chez François Foppens, 1720. 
4' édition, 4 vol. in-12, tome II, page 2f 0. 



— 185 — 

Et dans la suivante ; Les dtikes dis Pays-Bas , ou 
flescnption géographique elkistorique des 17 pmmiiM M- 
giques. 6"" édition. Liège , Bassonqnerre , 1769. K yol. 
Tome m, page 188. 

xxxm. 

Plan intitulé : Plan de Toumay^ ville épiseopale aâuée 
sur PEscaut^ 1744. Le Rouge. Avec une légende. Les opé» 
rations du siège y ont été ajoutées après à la main, 
Larg. 0« 865, ijaut. 0« 48. 

Se trouve à la bibliothèque de la ville sous le n<* 1488. 

XKXIV. 

Plan intitulé : Plan des attaques de Toumay en 1744. 
Avec deux ajoutes , Tune pour les détaib du siège de la 
citadelle , Tautre pour ceuide la porte de Septïontaines. 
Larg. 0» â98, haut. 0"" 208. 

Se trouve dans l'ouvrage intitulé : J^iis el journaux 
des sièges de la dernière guerre de Flandres^ rassemblés 
par deux capitmnes étranges au service de France. (D'Ulens 
et Funek). Strasbourg, 1750, 1 vol. in*4% page 18. 

XXXV. 

Plan intitulé : Plan de Toumay, ville épiscopak située 
sur V Escaut A Paris, chez le sieur le Rouge, géographe du 
roy, rue des Augustins, 1745. Avec une légende et les tra- 
vaux de Tattaque de 1745. 

Larg. 0» 87, haut. 0« 485. 

Se trouve dans Touvrage intitulé t Recueil contenant des 
cartes nouvelles dressées sur des morceaux levés sut les 
lieux el les mémoires les plus nouveaux, dédié à Monsei- 
gneur le comte d'Argençon, ministre de la guerre. A Paris, 
par et chez le sieur le Rouge, ingénieur géographe du roi, 

BULLETIN T. VI. 24. 



— 186 — 

me dei grands AuguiHnSy vU à vu le Panm fieUri. Avec 
approbaUon et prmiège du nrf) i 742. 

XXXVI. 

Plan intitulé : Plan dei aitaques de la ville et dtadelle 
de Toumay. Ullej Panehnêdce. Parie ^ Babert, i745. Avee 
denx ajoales intitulées : i*> Renvoi dee attaques de la ville ; 
2** Benvoi des attaques de la citadelle. U a de {dus une lé- 
gende. Ce plan ne donne que la partie de la ^iUe sitoée 
sur la rite gauche de TEseaut. 

Larg. 0-» 898, haut. 0» 40. 

Se trouTe dans la eolleetion de H. Barthélémy Dumor- 
tier. 

XXXVII. 

Plan intitulé : Plan des attaques des viUe H dtadeUe de 
Taumay, far le royen 1748. Pour servir à Fhistoire du 
maridud comte de Saxe» 

Arec une légende. 

Larg. 0» 48, haut. 0» SI, 

Se trouve dans la collection de H. Barthélémy Dumor- 
tier. 

XXXVIII. 

Carte intitulée : Plan et environs de Toumay levés gio- 
graphiquement , mis au jour par le sieur JaiUoty géographe 
ordinaire du roi. Paris , Jailîot^ 1745. Avec une légende. 
Larg. 0« 64, haut. 0™ 82. 

Se trouve dans la collection de M. Barthélémy Dumor- 
tier. 

XXXIX. 

Vue intitulée : Vene de la ville et citadelle de Toumay 



.- 187 — 

du cùtâéin vimùodMeau^ 17iM>; 6rm)èjpwt Mérehé àUUes^ 
Avec une légenâe et Ica» armes de Tournai. 

^ Les édifiées- publies y sont assez cxactemcat repré- 
sentés. ' » 

Larg. 0« 488, feaut. 0" VS1. 
Se trouve dans l'ouvra^ intitulé: Hùtaire ée la vUh 
et cité de Timrnai, capitale^des Nemens et premier siège de 
ta fmnarthk française. La Haye, Moetjene^ \7S0^ Cette 
histoîrd est due à Peutrain et a été impriiOfée réellement 
à Tournai, en 17i3 et 1749, chez loTeneau. 

XI. 

Vue intitulée : Tmanoffoder Dormak. Johan Ftiederith 
Probst, hœres Jeremiœ Wolfiiexeudit^ÀuguUœ Vindelkù^ 
rtifii. Avee une légende en français et en aU^»and. 
Cette vue doit avoir été faite vers Tan 1750. lies édifiées 
y sont exactement représentés ; la tour Henri YIII a un 
toit ; quelques tours ont des guérites. On voit les bâti- 
ments de la eitadelle. 

Larg. 0» 96 , haut. 0<" 82^. 

Se trouve à la bibliothèque de la ville sous le n** ItëO. 

XLI. 

Plan intitulé : Plan géométrique de Tournai dressé 
JPaprès les opérations cadastrales par U^ Picqttetj liîhoffra' 
phii à Fétablissement géographique de Bruxelles , fondé par 
Ph. Vandermaekn y en 1830 et publié par les soins de 
F. Simonoty 1838^ à l'échelle de 1 à 2^800. Avec un in- 
dicateur des rues et un des édifices, par section. 
Larg. i» 18, haut. 0"745. 

Est encore dans le commerce. 

XLIL 

Carte intitulée : Carte topographique des environs de 



Tommai^dédiiedmmÀUm9iR0!/aUMQn$$igneurkdueA 
Brobanif par êom Èrèê-kymbU ffirvUewt Jf.^B. Sekeepers^ 
gémMn^ùpmUmr^ 1850» Typ. et UA. «b J7.-/, Habu , à 
Venrien. EeheDe de 1 à 20,000. ÂTee une légende. 
Larg. 0~91, haut. 0» 87. 
Est encore dans le eommeree. 

XLin. 

Carte des amrons de Tournai. Êehdkdel à 90^000. 
Urg.0»6»3,baal 0-487. 

Cette carte fait partie de la Gramde carte iopographique 
de taJMjpqae, en 280 /mUet, à Piehelle dei à 20,000, 
dreeeie etpMUepar Ph. VaniermeÊkn, fimdaÊeur de Fêta- 
MiiÊemen t giographiquede Bruauttee. N"" 12>». 

Sat eneore dans le eommeree. 

On a réuni qudquefr^mes de eea eifftea en adas sous le 
titre de : 

Carte iopographifue de fwmmdieeemeaJt jadioaire de 
Tournai^ dédiée à M. Dumon^Dumortier, préeidentdu eémi 
et bawrgmeetre de TburruUj par Ph. Vandermaelen et 
Piejuet. 

xuy. 

Flan intitulé : Plan géométrique de la ville de Tournai^ 
dreeei d FéeheUe de i d 5,000 mètres par U^ Ptcquet^ géa- 
mètrcj 1854. Avec une légende. 

Larg. 0» 59, haut. 0"> 424. 

Est encore dans le commerce. 



MfM 



— 188 



SÉANCE DU JEUDI 7 JUILLET 1839. 

H. le Vicaire-général Voisin , occupe le fauteuil. 
M. Jules Waoqi«i, secrétaire. 



C0RBV8P0MDANCB. 

Honûeur Félix Ribeire , rédaeteur en chef du journal 
de Saint-Quentin et nœmbre de plusieurs sociétés savan- 
tes iait faonnnage à la société des deux brochures sui» 
vantes : 

i** V Invasion auirichiefme au les Françab en liaUe, 
à propaspairiotiqueenunvcte.-^ Kniog^^hie Hourde- 
quin à S^-Quentin. Petit in*8^ de M pp. 

^ La PflÙB et f Opinion. Pari$, Dénies, 18K9, in^8» 
de 46 pp. 

M. Ribeire sollicite le titre de membre correspondant. 

Renvoi au comité permanent. 

— M. Wablomont, membre titulaire^ bibliothécaire- 
archiviste de la Société^ dépose sur le bureau les ouvrages 
suivants qui lui ont été adressés : 

A^. De la part de la Société peut la recherche et la 
conservation des monuments historiques dans le grand 
duché de Luxembourg. 

Les publications n°* 4 et 7. — Années 1848 et 1851 
qui avaient été réclamées comme manquantes dans la 
collection de la société de Tournai. 

B. De la part de la Société scientifique et littéraire 
du Limbourg. 

Son Bulletin, tome IV.— 1" fascicule. Tongres, Collée, 
16lS9,in-8«de 97pp. 



— 190 — 

C. De la pari de Jf. le colonel GaiOaume^ membre 
correspondant, a^ee sa lettre du 15 juin, énumérant tous 
ses titres^ les ouvrages rappelés ci-après dont il est Tan- 
teur: 

1* Un magnifique volume in-S"* de i40 pages, inlilulé : 
Hùioire des garde» walhnes au service d'Espagne, 
a^ee figure coloriée et portraits. Bruxelles ^ F. Parent, 
1858. 

2* Une brochure de S4 pages , intitulée : Lettres sur 
les bandes d'ordonnances^ imprimerie de Bayez. 

f Une autre de 84 pages intitulée : Essai sur t orga- 
nisation if une armée de volontaires. — Bruxelles, — 
Devroye et €■% 1850. 

4* Une idem de SO pages, intitulée : Les Belges en 
Italie en 1617« Bruxelles. Guyot et Stapleauz, fils, 
1858. 

8* Une dernière brochure de 18 pages, intitulée : JVo- 
tice biographique du général Finchant de GontrceuL — 
Bruxelles. Mêmes éditeurs, 1559. — ^ Le tout in-d"* sur 
très-beau papier. 

D. De la part de M. Ulysse Capitaine , autre membre 
eorrespondant : 

Deux brochures in-S"* , l'une de 48 pages, intitulée : 
Bapportsmrla bibUothéque de la Société Liégeoise de 
littérature toallonme; l'autre de 8 pages , intitulée : Les 
premiers doctÊments Liégeois écrits en français, lâS3- 
1288. Liège. Carmanne, 1859. 



M. -BoiiàRB entretient l'assemblée d'une pièce fort in- 
téressante qu'il a découverte aoi archives de la ville et 
dont il se propose de faire usage dans un prochain travail. 
Elle est intitulée : Traité des États du Tournaisis pour 
fagrandissementde leur district et date del'année 1869. 



- 191 — 

On y trouve une liste complète des villages adjoints 
au Toumaisis el distraits de la chatellenie d'Alh , sous le 
règne de Louis XIV, liste qu'aucun historien li-a donnée 
exactement jusqu'à ce jour. 



MM. Warlomont, Voisin et Wacqukt présentent 
comme membre titulaire M. Vandenbroeck, archiviste 
de la ville. Il sera statué sur cette présentation à la pro- 
chaine séance y conformément au règlement. 



M. le vicaire général Voisin donne lecture de deux 
notices manuscrites sur monseigneur Gilbert de Ghoy- 
seul^u Plessy-Prasliu en son vivant évêque de Tournai, 
— La première due à la plume dW chanoine de Tour- 
nai nommé Descamps; la seconde écrite par un ecclé- 
siastique qui a vécu onze années avec M. de Chojseul et 
adressée à madame l'abbesse deSaunoir, nièce de ce pré- 
lat, le S5 janvier 1601. L'assemblée en décide l'impres- 
sion dan^ les Bulletins de la Socijé|é. 



— im 



SÉANCE DU JEUDI 4 AOUT 1859. 



M. F. Do Bus, aîné f présideni. 
M. J. Wacqubz , secrétaire. 



Le procès-Terbal de la séance précédente est adepte 
après lecture. 



H. Warlomont^ membre titulaire, on qualité de bi- 
bliothécaire-archiviste de la Société , poursoivaiit le 
compte-rendu à la séance précédente, des opérations et 
des démarches auxquelles il s'est livré et des résultats 
obtenus , 

RAPPORTS : 

Qu'il a ref u et dépose sur le bureau : 

V De la part du traducteur , M. Lb Rot , membre cor* 
respondant à Liège , un magnifique vol. in-f" , avec titre 
gravé et accompagné de 60 planches ; ce livre intitulé : 
« Motifs et détails choisis ft architecture gothique em- 
pruntés aux anciens édifices de l'Angleterre , par 
A. Pugin. — Texte historique et descriptif j par E.-J. 
Wilson, traduit avec autorisation et annoté par Alphonse 
Le Roy , professeur à l'université de Liège. » 

â*> De la part de l'auteur , M. Gh. Goiiart , membre 
correspondant à S^-Quentin (France) ; un voL très-inté- 
ressant in-8® , avec planches , de 87 pages , intitulé : 
« Siège de S^-Quentin et bataille de (S^-Laurent en 1S57. 
— S*-Quenlin, 1859. 



^ «5 — 

Qu'il est parvenu, en outre, à la Société > depuis la 
dernière séance : 

3^ De la part du Gouvernement , un vol. in4<* de la 
collection des Chroniques Belges inéditea publiées par 
ordre du Crouvernement , intitulé : « Le chevalier au 
Cygne ei Godefreid de Bamltàn , poème historique, po^ 
blioation commencée par le baron de Reiffenberg^ et 
achevée par H. A. Borgnet. — Tome III , f partie. — 
Glouaire^ par H. £m. Cachet, chef du bureau paléo- 
graphique, » — Èruxelles, 1859, de lOSl pages* 

4» De la part delà Société archéologiqm de Namur, ses 
Annales, u VI » l'*' livraison/p. 1 à 160. — Kamur, 18S9. 

5* De la part de la Sooiéié d archéologie de Belgique 
à Anvers^ ses Annales , t. XVI , l''' livraison, p. 1 à 93. 

e*" De la part de la rédaction , le Journal historique et 
littéraire, t, XXVI, livraison 4. — Pages 1S7 à «08. 
— Paris et Liège. 

l"" De la part de V Académie royale des sciences , des 
lettres et clés beauw-arts de Belgique, son Bulletin^ 29" 
année, V série, t. VII, n* 5, pages 1 à 328; et n" 6, 
p. S29 à S96. — Bruxelles, 1859. 

8® Compte-rendu des séances de la Commission rogale 
d'histoire, ou Recueil de ses Bulletins, â' série, t. XIP, 
II* bulletin, p. 107 à 274. — Bruxelles, 1859. 

9® De la part de la Société des Antiquaires de la 
Morime, son Bulletin historique , 8* année , 80" livrai- 
son, avril, mai et juin 1859, p. 665 à 700. ~ S*-Omer, 
1859. 

lO*" De la part de la Société impériale d agriculture , 
sciences et arts de Valenciennes , sa Revue agricole^ 
t. X 10" année, p. 274 à fin. — Valenciennes, 1859. 

BCLLBTIN T. VI. 25. 



— 494 — 

De la part de M. Tabbé Gorblr : 

1 1"" Revue de Vart chrétien^ recueil mensuel d'archéo- 
logie reli^euse , 3" année, n"* 7, juillet 1869, p. 189 à 
386. — PAîs, 1859. 

12* Une brochure intitulée : « A-t^-on réservé le pré- 
cieux sang dans le» siècles primitifs et au moyenne? 
par l'abbé Goiblet, in-d"* de IK pages. •— (Eitrait de la 
Revue de tort chrétien). — Paris, 1859. 

Que par ses démarches il est parvenu à fiûre rentrer à 
la bibliothèque de la Société^ les objets dont la désigna- 
tion suit , qui y faisaient défaut. 

a. De la Revue trimestrielle de Bruxelles , les t. XII et 
Xyil àXXin, plus une table alphab. des 20 premiers vol. 

ib. De la Société Liégeoise de littérature wallonne à 
liége , les t. !«' et 2*— années 1858, 1859. 

c. De la rédaction du Uessager des sciences, etc. , à 
Gand , les t. de 1 850 et 1851 , et les livraisons V% 2« et 3» 
de 1852, l'« à 4« de 1858 , 2« à 4» de 1854 , !'• et 4« de 
1856, 1'% 8% et 4« de 1857, i" à 4« de 1888 etP» de 
1859. 

d. Delà Société centrale d'agriculture, etc., à Douai, 
les t. de 1827-1828, 1888-1834, 1848-1849 et 2« série, 
t. IV, 1856-1857. 

e. De la Société des Antiquaires de Picardie, à Amiens, 
let. VI, 2« série, 1859. 

/*. De la Société de Numismatique à Bruxelles : 2'' série, 
8« et 4* livraisons, t. III; 4« livr. t. IV; i'" livr. t. V. 

ff. De la rédaction de la Revue catholique à Louvain , 
trente livraisons 

A. De la Société archéologique de Luxembourg, les 
publications 4% 7« et 18«. 

En tout vingt et un volumes et cinquante-quatre 
brochures. 



— i95 -- 

Il est procédé à Téleetion d'un membre tilulaire et ce 
lilre esl conféré, à rananimité des suffrages, à IL 
Yandenbroeck , archiviste de la ville de Tournai. 



M« le vicaire-général Vois» communique à l'assem- 
blée une noie sur la charte seigneuriale d'Ogyel dlsières^ 
qui lui a été adressée par H. le docteur Le Glay , de lille^ 
membre correspondant. Pour hâter l'impression de celte 
charte on convient de l'insérer dans les Bulletins de la 
Société. 



Le même membre annonce qu'il prépare un petit tra- 
vail sur la vie de monseigneur de Ghoyseul, ancien évé- 
que de Tournai , travail dans lequel figureront les deux 
notes dont il a donné lecture à la réunion précédente. 



La séance est levée. 



Lettre à Monsieur le chanoine Voisin , vicaire général 
de l'évéché de ToumaL 

Monsieur le vicaire général , 

En me demandant, pour la Société académique de 
Tournai, la loi communale d'Ogy et dlsiëres , vous avez 
paru désirer que j'y ajoutasse mes propres annotations. II 
me semble , soit dit entre nous , que la Société eût mieux 



— 196 — 

fui do réelaner et de publier les rMres ; elle y eût gagné 
à loiM égards. 

Quoi qu'il en soil, f obéis, Voiei done mes notes et 
notules que vous amenderei et émondret eomme il tous 
* pUim. 

Qtt'esl-ee que ees seigneuries d'Ogy et dlsières qui , 
dès le temps delà eemlesse Jeanne, furent jugées disses 
d'avoir une eharte seigneuriale? Vous W9ei mieux que 
■soi, MoBsieiir le vieaire général, que ees alleux , situés 
sur les eonfins de la Flandre et du Hainmit , feisaient 
partie d'un groupe de villages nommés Terreg de 
débat. (1) , parée que toujours ils ont été revendiqués 
par Fun ou l'autre des deux eomtés. 

CTcst parmi les titres de laeathédrdedeGambraiqtt'il 
fimt ehereheTi je erois, la plus ancienne mention d'Ogy 
et dlaéres ou Irier. Par lettres de l'an 1087, leB. 
Liâ)ert, évfique de Cambrai, eoneède à son eliapitie 
cathédral divers autels et entr'autres : aUare de Ogio^ 
aliare de her (9). Puis, je retrouve pareilles dénomina- 
tions dans un acte du même prélat, sous la date de 
1075 : mediampariem ioints aladude Ogieo, cum aUare 

eidùfddiaecclesia aliare de Jeer. (S) 

Est-il besoin de dire iei qu'Ogj est situé tout près de 



(1) Les Tenu de Mai se eompossientt cotre Lettioes, du Bols de 
Lei^oei, Elleielies» Flobeeq» Ogyet Papignies. Ge fut seolement 
ea 1353 que Louis de Mefsrs, ecMBie de Flandre et Gttiliaame, dit le 
BoDyComte de Hainaut, réglèrent leurs différents an siyet de ces sei- 
gneuries. Le traité fut conclo^ Cambrai , en l'Iiôtel de l'évôqae . le 
2 nai» reiUe de la Pentecôte. Chambre des comptes , 2* eariuîaire 
de Hainaut, pièce 206. 

(f) Tof. Glose* topogr» de Vaneien Camkrésis, pièces justif .. IV. 

(3)lM.pièee8i08tir.VIll. 



— 1»7 — . 

Lessiuei , son eheC-lten de cantmi , et qu'Isières est à une 
lieue d'Aih , dont il dépend au môme tilre ? 

UtKEk Carpentier^ le Terbeoi historien de Cambrai, 
qui irouyemayen de nommer tant de lieux et tant de 
personnes, no mention^e pas une seule fois ees villages ; 
le«|aels ne figurent pas non plus dans V Index topogra- 
pikique dê$ i»nuk s^LOMàncA de Hirœus. 

Amonly de qui émane eette loi , était fils de Gislebert 
d'Aadenarde et de Riehilde de Hortagne. Il figure , dès 
l'an 1300, comme témoin an bas de l'aete eélèbre intitulé : 
Loi dm Eammitn En i326, il fondé une ebapdleiiie dans 
sa terre de Lessines ; en août IMO , il règle, avee le eha- 
pitre de Cambrai , les droits de ehaeun sur la rivière 
de Dendre qui arrose Lessines ; (1) Enfin vers 12S2 , il 
tiramaière de Flobecq à Audenarde l'abbaye du Val des 
Vierges (Vagdendael) (2). 

Du reste , ce n'est pas tout à fiiit de plein gré que le 
aire d'Audenarde aeeotda une loi à ses gens d'Ogy et 
^bières* Il fidfait , pow obtenir de lui eette eonees- 
sion, qu'une aentcuce arbitrale prodamAt les droits de 
l'église de Cambrai sur lesdils lieux: Cet acte , daté du 
Si. janvier 42U, conclut ainsi: « pronuntiamus , ut 
a ecclesia B. M. Camer. possidet altam et bassam 
» super hospites suos in villis de Ogy et de Isier, justi- 
» ciam ita possideat , ipsum D. Amulphum super per- 
» turbatione prœdicta per eamdem sententiam condemp- 
» nantes et inhibenles eidem Am. de Aldenardis ne 
» possessionem ipsius ecelesiœ in alta et bassa justieia 
a apud Ogy et apud hier de cœtero perturbet, ducendo 



(1) Archives de la caihédrale de Cambrai. 

(2) Gallia christ. \, 230. 



— 19» — 

» hospites ecelesiae in angarias, vel in exercitum , vel 
n legea aut bannos super hospites eecleriœ proponendo 
« Tel instiluendoi sed ipsam ecclesiam sua possessione 
9 altœ et bassœ justieiœ super hospites apud Ogy el apud 
» Isier libère et pacifiée gaudere permittat. n 

Quant au texte de la loi elle-môme, je tous le donne 
d'après l'original^ sans *égard aux Tarianles qu'on lui a 
fait suUt ensuite. Souvent on cite ce texte eonune émané 
de Godefroy de Fontaines , érèque de Cambrai. C'est 
une variété de forme et d'origine qui produit nécessaire- 
ment aussi des variétés d'expression; lesquelles sont 
importantes seulement au point de vue philologique. 

Il parait que la loi d'Ogy et d'Isières ne termina point 
les débats relatifs aux offices de ces seigneuries. Je 
remarque, en effet» des titres plus modernes qui prouvent 
que les contestations ne sont pas épmsées encore. 

Hais je m'aper^is , Monsieur le vicaire général , que 
je fiiis ici le professeur devant mon mattre. Je me tais 
donc enfin; et je supplie le maître d'agréer, avec mes 
excuses, Thommage de ma profonde vénération. 

Le Gl4t. 

LUIe, M août 18K9. 



— 199 — 
LOI D'OGY ET D'ISIÈRES 

1234 avril. 



Jo Ërnols d'Audeuarde fac savoir à tous chiaus ki 
suntetki avenir saut ki veronl cest eserit ke, com des- 
Gorde et plais f4ist entre mi et le glise Nostre Dame de 
Cambray , des justices hautes et basses (1) el tenement(2) 
•de le glise devant dite à Ogy el à Ysier , à daerrains (3), 
par le conseil le vesque Godefroit et me dame Jehene , 
€Ontesse de Flandres et de Haynau et autres bones gens, 
de ces coses et d'autres de que estris (4) estoit entre mi et 
* le glise y est bone pais et ferme concorde faite entre nos , 
si eom li escris dist ki teus est com il est ci-après escris : 
S'en prent en présent forfait l'osle de le glise u autre sor 
le tiare de le gÛse^ el tenement d'Ogy et de d'Ysier , ki 
ait mort for£sdle (5) par rapt, por homecide, por larochin 
u por arsin (6) , u il ait forfait à pierdre membre por 



(1) Snr l'origine des Justices héréditaires , et sur Jeur division en 
haute, moyenne et basse justice > voyez Raepsaet, Anàlyie dos Droits 
des Belges et des Gaulois» 

(2) Tenement, domaine, territoire, juridiction féodale. 

(3) A daêrrcUns, enfin, en dernier lieu. 

(4) Estris, estrif, estrimum, débat, contestation. Notre patois a 
conservé éiriver, disputer, mentir. 

(5) Ici mort for faite veut dire mort méritée. Le plus souvent ce mot 
forfaUfe signifie faire mat, commettre un crime, de foris^ faeere^ agir 
hors du droit. 

(6) Arsin, incendie. On sait que plusieurs lois locales avaient admis 
le droit d*arsin , comme cb&timent de certains méfaits. Nous avons 
jadis publié une notice sur ce droit et sur l'abattis judiciaire des mai- 
sons. 



- »0 — 

membre, li serjans (1) de lo glise u mes serjans, cil ki 
ançois i venroit , le poroit ariesier ; et se mes serjans 
l'arieste , il le doit laiitost livrer au serjant de le glise , et 
li serjans de le glise doit mouslrer le fait devant les eskie- 
^ins de le glise et le doit fiiire jugier , plus tost com pora, 
par les esidevîns de le glise, selond le forbil à que il 
ierl pris. Et se jugemens et kns porte qu'il pierde vie u 
meopî^re , on le me doit livrer u me serjant , et jo en dois 
faire justice solone {ou que jugié ierU Et s'ancuna hom 
esloit souspeçonei de fiorfidt ki fust Cm sor le tiere de 
le glise, por que il convenist pierdre via n maoïbre , li 
serjans de le glise u mes seijaAs le poroit ariesier, eil ki 
ançob i venroit; et se mes serjans l'arieste, il le doit 
livrer tantest au serjant de le glise, se li serjans de le glise' 
Is veut warder ; et se li serjans de le ^ise le reçoit en 
vfarde (2), il le doit vrarder loiaument^ en bone foi et 
sans engien. Et en tel manière se li serjans de le glise 
le livre à men serjant por vrarder , u li serjans de le glise 
ne le veille warder, se mes serjans li livre , mes serjans 
le doit warder, loiaument, à bone foi et sans engien. 
Quant {ouiert fait, lesierjans de le glise doit comander 
as eskievins de le glise qu'il enquièrent vérité de cel for- 
fait au plus tost k'il poront à bone foi , se mes serjans 
l'en requiert ; et encore ne l'en requière il , si le doit et 
puet li serjans de le glise faire ; et li serjans de le glise doit 



(1) Sergani, sergeantt serget, de serviem, serviteur préposé à la 
garde des droits et biens d'une communanié ou d'un seigneur. 

(3) Warde, warder , garde» garder. Geue forme qui substitue le 
TTou G initial, était générale dans notre patois wallon-picard. On dit 
encore warwne pour garenne , wâter pour g&tcr , wétwr pour 
guetter, etc. 



— SOI — 

mette jor rai9nattle(l) d'enquerre le Térité deed forbit 
par aaifemens. Et à celé vérité enquerre puet estre li 
neijliw de le glise , s'il i veut estre , et mes serjans a*il i 
Tettt estre, en tel manière qae easeuns des deax serjans 
doit au^is jurer as eskievins sor sains k'il iert à le Térité 
enquerre A bone foi et knaument, ne ne querra ne art , ne 
engien, ne giUe, ne barat^ ne por amor ne por haine, ne 
por loîîer ne por promesse que cil sor cui on enquerra 
eele mérité soit encombrés (S) ne délirrés à tort, ne ne 
querra bus tesmotguages à celé Térité enquerre. It se li 
doi sieijant ne pooient u ne voloient estre à celé Térité 
enquerre ou li uns d'aus deux , por çou ne lairoient mie 
li eskiejin k'il n'enquesisseni celé Térité à bone foi et 
loiaument. Et mes âeijans ne doit desdire les eslderins 
de le glise ne mesdire envers aus , ne ne les puet con- 
jurer ne comander ; et s'il le faisoit , jo , s'en le mostroil 
à mi , le deveroie fidre amender dedens qutsranle jors. 
Et s'il eanloit à men seijant ko li serjans de le glise fust 
négligens de semonre les eskierius d'enquerre celé vérité, 
u li eskievins n'alaiscent mie à vérité, u fuiscent négligent 
de le vérité enquerre , je le doi laisser savoir à Icglise ; et 
li glise le doit Ëiire amander ji bone foi dedens quarante 
jors apreis ^u k'il li sera mostret. Et s'il avient que li 
eskievin enquierent veritet de cel fourlait, etli vérités 
soit si dère k'il sacent par aus l'ome por le forfait encou- 
per (S) u descouper , il le'pueeut et doivent fiiire. Et s'il 



(1) BaiiMule, raùnable, raisonnable» déterminé. On disaii et on 
écritalt communément auU pour àbU, taule, pour table, eitauU » 
slsbie; suWant le même asage disait meule pour meuble. 

(2) Encombrés, emÏMttOiSsét arrêté, détenu, de combri , eumbri , 
lyran^ages et troncs d*arbres jetés sur les cbemins pour les encom- 
hrer en barrant le passage* 

(5) Eneouper, eneottlper, inculper, deseouper, disculper. 

BDLItETIN T. YI. 26. 



— ÎM — 

ne le setent faire par aus, il eu doiTent atoir conseil à 
pradooines, telk'il leimiseentet saeeni eneouper u des- 
eooper. Et s'il ne le pueenl fiiire par eskierinage, il le 
doÎTeul faire eome juré et pnidome à bone mérité , par 
conseil de bones gens , si eom dit est ; et n i sont tenu. 
Et deseateos(l)et des meules Id remanront de eelui dont 
on ara fiât justiee à mort , çou ki en doit estre le justice, 
iertà partir à moitié , wdment (également) à le glise et à mi ; 
et se iretages u maisons eu demeure el tenement de le 
l^ise, je ni ai nient. Et s'aueuns hom de m'avoerie (3) ki 
maigne (S) el tenement de le glise ne me paie le droiture 
de m'aToerie, mes seijans le doit moustrer an serjant de 
le glise pardevant eddevins de le glise et requerre qu'il le 
fiiee avoir dedens quinzaine; etse li seijans delef^liae 
ne le bisoit dedens quinzaine , mes serjans dedout en 
avant poet deswagier (dégager) eelui qui me dereroit le 
droiture devant dite. Et li droiture de m'avoerie est douze 
deniers del home et sis deniers de le femeà vie, et d'au- 
cuns le meilleur eatel à le mort, et d'aneuns nient , sdone 
çon k'il a esté maniet dosqu'à ore. Et s'uns hom de m'avoe- 
riekimasistel tenementdelegtisefost jugiésà mort, et 



(!) Cofmii, eaUU, biens qai sont meubles on immenbles, snivtat 
qu'ils sont adbérenu an domaine on qu'ils peuvent en être déuchés , 
comme le bled, immeuble atant la mi-mai et meuble ensuite. 

(2) Avœrie^ avouerie, adpoeaUe , advœrU. Dignité et Juridiction 
instituées surtout pour la défense des droits des églises. On trouve 
des mentions d'avoueriedèsie commencement du XI siècle et pebt-ètre 
plutM encore. En 1016, Baudri , évéque de Uége, adbèreà Télection 
de Gilbert, comte de Looz, comme avoué de l'abbaye de S^-Jacques. 

(3) Maigne, maine, megne, subjonctif présent du verbe tnanoir^ 
demeurer. Plus bas nous trouverons ce même verbe à l'imparfait dv 
subjonctif, moiitt pour manitif, demeurât. 



— to» - 

justice en fust foile-, si corne on a deyant dit des osles 
de le glise el d'autres , por aeun des forfiiiis devant 
només , jo en ai»>ie le meilleur catel , s'il le devoit à le 
mort , et li vemanans des meules et des cateus celui ki le 
joctiee devra iestre sera à le glise et à mi chascun à moi- 
tié ; et à f iretage ki seroitel tenement de le gfize ki de 
celui remanroit , ne poroiejo nient dire ne clamer. Et 
si doi mes siers ki sunt este de le glise et leur biens , soit 
à mort, soit à vie, manier as us et as coustumes ke li autre 
haut home de Hainau li uns à l'autre, fors de franke 
vile, manient les leur qu'il ont maitans sor autrui tiere. 
Jo Emois arai trois coruées(l) en l'an des estes de le glise 
à Qgi et à Ysier tenans maisnie, l'une en mai , l'autre en 
gliieskerech et l'antre en fenereoh (2), en tel manière ke 
li bom ki n'ara point de keval doit servir à mi un jor en 
mai t un jor en gbieskerech et le tiers en fenerech et 
mouvoir de son ostd de sdeil levant et repairier à sen 
ostd de soleil luisant. Et se li bom ne velt u ne puet 
servir en se propre persone, u par aatre soufisant , il 
me doit doner einc deniers artisiens à chascdn jor k'il 
devroit fidrele coruée^etseli bom akerue, desékerue 
me doit servir un jor en may , un jor en gieskerecb et 
un jor en fenerecb cbascun an; u , se li bom ne veut u 
ne puet çou faire ^ il me doit douner ^ por le jor qu'il ne 



(I) Coruéês , erouée, droit payable au seigneur en journées de tra- 
vail. Suivant la loi d'Oisy, avril 12t6, chaque bourgeois de ce Keu 
devait six corvées d'un Jour. 

(3) Gieih8r9eh et Fwereeh, Ces deux noms de mois» qui correspon- 
dent à juin el ï juillet , ne ûgurent ni dans Ducange, ni dans les Èlé^ 
mênU de Paléographie dcM.N. deWailly, ni dans le Glossaire roman 
de Roquefort, mais bien dans le supplément de ce dernier ouvrage » 

V» KALSNDRIBR. 



Tolra Mnriri dis wit denien arliaieiM, s'il • quatre kevaos, 
por lui et por les kevans ; et s'il amainsdekefaus, il en 
paiera mains au tailhnt , fers tant ke eii a un homï , 
s*il niteulu ilni puetalmr, ii paiera eine deniers arli- 
siens por lui etporsenkeYal.St quant je derend ayotr 
les cornées, si eom dit est, mes serjéns le diraau aer- 
jant de le glise, et U seijans de k (^ les semoma el 
fnra eus yenir, si eom il est derantdit.— Jopuis mener les 
estes de leglise d'Ogi et d'Iner eu est awee les miois 
homes, quant il iront eommnnénmit , à beneCw, sans 
okison et sansengien, partout dedens k easiderie de 
Lessines , de l'un cor dusqu'à l'autre^ por men eors n por 
me tiere deffendre. Et quant je donni mes homes eon« 
giet, je ne puis ne ne doi les ostes de k gliiedétenir. 
Xt se je Tois en est por lebesoigne k Conte, et joni nudne 
mes homeseomiunément,joipui8 mener les ostes de le 
(^, uqne eesoit et tenir autant eom les miens. Bl 
quant joaiai mestkr des ostes de le glise por mener en 
est, si eom dit est, je le doifiûresaToirauserjantdele 
1^, et il lesdoitsemonreetfidreakraTeeks autres. 
S'ilafient ke li este de k glise li imsàrautrees eonbale, 
u bee assaut en kemin dedans les "riles d'Ogi et d'Iner, 
udefiD^sel kemin, et ede batailk u eis assaus soit £ûs 
dedens k tenement de k glise, sor kemin c'en apiek 
kemin royal u kemin fieré , sor tel kemin li glise en ara 
l'amende. Et s'il n'estoient mieo8tedeleglise,kiki il 
f uiseent , li glise aroit le moitié del amende , et jo l'autre 
moitié. Et se li uns estoit ostes de le glise et li autres estoit 
mes ostes u estraingnes, li moitié del amende seroit k 
glise et li antre moitiés seroit miene, si eom devant est dit. 
Et eis forfais doit estre jugiés par leseskievins de le glise 
à k semonse et k requeste le seijant de le glise. Et s'il 
STient que li este de le glise aient aucune cose eutr'aus 



— 808 — 

à wieneBchier (1) sor le tenemenlde le gKse, lî serjaos de 
leglize et U poésies (â) ki desous le gUse maint poront 
fidre le menenchement ; et li glise en leyera le forfoit del 
enlffepresnre. Et se mi osle aient entr'aus aneune eose 
à ifienenchier sor men tenement , mes serjans et eil 
de me poesté paeeut faire le inenenchement , et jo en 
lèverai le forfait de Tentrepresure. Et se li osles de le 
glise a aoeane eose à wienenehier eneontre men este , u 
mes ostes encontre l'oste de le glise , li eommun serjant 
et les communes poestés et del un et del autre de nous 
doivent &ire ce menenchement ; et eil sor cui tenement 
on ara entreprins en doit avoir le forbil del entrepre* 
sure. Et se li ostes de le glise entreprendoit sor le kemun 
wareseaia (8), li serjans de le glise et mes serjans et 
noi poestés feroient le wienenebement^ et li glise en 
aroit le fbrfidt dd entrepresnre. Et se mes ostes entre- 
prendoit sor la kemun wareseais , li seqant devant dit et 
les poestés devant noumées feroienlle wienenehement, 
et jo en aroie le forfiaiit del entrepresure ; et le tiere en- 
treprise remanroit au wareseais. Et des wareseais des 
vilrâ d'0(p et dTsier li glise ne jou ne poons nient tor- 
ner à nos ttsages«Et se fidt à savoir ke toutes les autres 
jostiees e'on puet u ddt manier es vfles d'Ogi et dTsier 



(1) WiÊMfuhwr, wtmitnehemênt. VoiUi des termes qui m'embar- 
nssent. le ne les troave dans aacan glossaire , exo epté dans le 
DieHonnaire Rouehi , de H. Hécart, en qui je n'ai pas une confiance 
illimitée. M. Hécart fait de wininchier un préposé k la recette du 
droit de vinage. Si l'on admet cette définition» il faudra considérer 
^oimimhemeni comme synonyme de vinage et le verbe wieninehier 
comme signifiant: recoeillir le droit de vinage. 

(2) PoetUfPoteitai, magistrats autorité locale. 

(3) WareseaiafWaretehaùBt waiencapum, uxtriseapumj ruelle 
pour l'écoulement des eaux. 



— Î06 — 

et defors , sor Taluet de le glige , del tenement d'Ogî et 
dTsier , sans eeles qui sunt olriéeB et demeurent à mi 
par cest eserit, remainent frankement et qaitement à le 
gliae, et eeles ki otriées me sont, ki à mi demeurent par 
l'eserit devant dit, tenrai jou et mes oirs kisera sire de 
I^ssines y en fief et en bornage de le glise. Et se jo u mes 
oirs kiierl sire de Lessines, Idées eoses devant dites de 
¥ons tenir en fief de le gUse , venons à Cambrai , li glise 
nos doit pain et vin , tant com on en départira le jor à 
un eanone , se nos le foisons savoir et se nous ne soumes 
eseumenié. Et en aeroiseement de eest fief, awee les eoses 
devant noomées , prent je le vivier d'Ogi , ke jo et mes 
oirs tenrons de le glise en fief et en bornage avec les eoses 
devant dites. Et tout eest fief doi je tenir et mes oirs ki 
tenrt Lessines , si eom dit est ; et autres ne le i>oet tenir 
ne en tout ne en partie ke li oirs ki tenra Lessines. Et 
eest bornage doi je faire et mes oirs ki sera sires de les- 
sines ebaseon d'oir en oir , et jurer à tenir çou k'en eest 
eserit a , à bone foi^ et renouveler à le glise eeste earte 
par nos saiaus pendans. Et por (ou ke ceste cose , si 
eom il est en cest eserit , soit à tous jors ferme et estaule , 
et por plus grant seurté à le glise , li ai-je livrée ceste 
earte , saiélé de men saiel pendant. Et ce fu &it l'an del 
incarnation Nostre Segneur mil et deus cens et trente 
quatre , el mois d'avril. 



— 207 — 



SÉANCE DU JEUDI i«' SEPTEMBRE 1859. 

M' F. Du Bos , atné , président, 
M, le vicaire général Voisin , faisant fonctions de se- 
crétaire. 



Le procès-Terbal de la dernière séance est adopté après 
lecture. 

GOBBEgPONDAMCB. 



m. y ANBBBniBOECK , archiviste de la ville, accepte avec 
reconnaissance le titre de membre titulaire qui lui a été 
conféré dans la séance du mois d'août. Il s'efforcera, dit- 
il , de ne pas être un membre inaclif et sera toujours 
heureux de procurer à la société et à chacun de ses mem- 
bres tous les renseignements dont ils pourraient avoir 
besoin et qui abondent dans le riche dépôt confié à sa 
garde. 

M. Wablomont, membre titulaire et bibliothécaire- 
archiviste dépose sur le bureau les ouvrages indiqués 
ci'après, adressés à la société depuis la dernière séance , 
savoir : 

l*" Par X Institut archéologique Liégeois y son bulletin, 
t. m, 5Mivraison, p. 81â à 384. 

2**' Par Y Académie royale des sciences etc. de Belgique^ 
son bulletin^ 28<> année , 2* série, t. 7, n® 7. 

â** Par la même^ le compte-rendu des séances de la 
commission royale d'histoire, 2^ série, t. là*", S*" bulletin, 



— Î08 — 

4» Par la Sociéié des Antiquaires de Picardie ^ son 
baUetin, année 1859. — N* S , p. 1 à 86. 

S* Par la Sociéié d agriculture etCy de Vaknciermes , 
sa revue agricole , If année. —H» i Juillet 1859, pag. 

6* Par la direction de la Revue catkoUjue, la 8* liirrai- 
son , année 1859 , 6« série, p. 445 à 508. 

7* Par M. le Ministre de IttOérieur^ leseeond vol. d'un 
ouyrage intitulé : Rymbybel^ par Jaeob Yan Maerlant. 
Bruielles, 1859, in-8% 

8* Parle Gouvernement provincial du Hainaut^ le 
rapport de la députation permanente. — Session de 1850. 

9^ Par Fauteur^ rapport sur l'authenticité des restes 
mortels du bourgmestre Sébastien de Laruelle, elc, par 
U. Capitaine. — Brochure de 15 pp. liége. 1859, in-8^ 

10° Par Fauteur , Notice sur une tablette à double 
inscription , deux petits vases en étain et un parchemin 
trouvés récemment à Enghien , en Belgique, — Brochure 
inrS* de 12 pp. •— Bruxelles, 1859. — Signée B. Bossue 
S. J. 

Le bibliothécaire-archiviste est parvenu à faire com- 
pléter ce qui manquait à la bibliothèque de la Société des 
publications suivantes : 

a. De la Société des sciences etc., du Eainauty publi- 
cations, 5 vol. in-8*. 

b. De la Société d'émulation de Liège, â vol. et 
â brochures. 

c. De la Société d'agriculture etc. de Valendennes , 
14 livraisons. 

d. Du Journal historique et littéraire, 9 livraisons. 
La Société des Antiquaires de la Morinie annonce 

l'envoi de 14 livraisons réclamées comme manquantes. 



— 209 — 

La Société des Antiquaires de la Picardie donne a vi8| 
de son côté, qu'elle a déposé à la maison Gasterman, de 
Paris 9 à l'adresse de la Société historique , un grand 
nombre de yoL et de livraisons réclamées au même titre. 

Une correspondance suivie avec H. Didron , à Paris, 
relativement à l'échange des publications de la Société 
contre les annales archéologiques , échange abandonné 
depuis sept ans, en a amené la reprise sur le pied primi- 
tivement convenu , c'est-à-nlire 8 exemplaires des Bulle- 
tins et 8 exemplaires des Mémoires , contre une année 
des annales; avec la seule condition que, pour l'avenir 
seulement (à partir de 1860), il sera délivré 4 exemplai- 
res au lieu de 8. 



M. le vicaire général Voisin communique les deux 
fables suivantes composées par H. Jules Wacquei qui 
s'est trouvé empêché d'assister à la séance de ce jour. 



L'AIGLE ET L'AIGLON. 



— Assez longtemps , mon fils , j'ai soigné ton enfance ! 
Il faat enfin quiUer un indigne berceau 
Pour me suivre et voler dans cet espace immense 
Oii règne en souverain l'aigle royal oiseau. 

Il est temps d'essayer tes ailes ; 

Avec moi tu vas t'élancer 

Dans les régions éternelles 

Ob nul ne peut nous dépasser. 
Sur les rocs escarpés , sur la neigeuse cin»e 

Des plus horribles monts. 

Au-dessus des abtmes , 

Enfant , nous planerons ! 

BULLITIN T. VI. 37 • 



— aïo — 

-OhlaoQ^ère.pitié^je sotoai Jeune eneorel 

Le iiriotemps n'est qa'à son aurore... 

Le ciel est triste el plavleni 

Et rien ne sourit I mes yeux. 

De grice 9 attends que la nature 

De fleurs ait repris sa parure. 
* Ce ne sont pas des fleurs que Taigle doit fixer.... 

Son regard de feu doit percer 
Les rayons du soleil 1 11 doit braver l'orage; 

La tempête est son élément. 
Babitaot du désert , il cherche le carnage , 

11 aime h s'abreuvw de sang. 
Montre-toi , mon enfiint , plus digne de U race I 

Plus de noblesse et plus d'audace I 

11 est ignoble Je ramper; 
Aux portes du soleil avec moi viens firapper ! 
A ces mou l'aigle altier de son aire s'élance, 
Bt déployant son aile, avec rapidité 

U envahit l'immensité. 
Le pauvre aiglon dans sa lAche indolence , 

Ne tenu pas même un eflfort , 

Ne se croyant pas assez fort 

Pour conquérir l'indépendance. 

Du ciel lui montrant le chemin, 

Son père l'appelait en vain. 

il aima mieux dans les moissons dorées; 

De ses ailes déshonorées 

Traîner lentement le fardeau, 
Et se baigner dans l'onde d'un ruisseau. 

Ivre de sang, le père dans la nue 

Sur le soleil fixait sa vue ; 

Le fils dormait parmi les fleurs 

Au doux parfum , aux riantes couleurs. 
Rien ne pot réveiller son &me paresseuse. 

Mais cette existence boaleuse 

Fut la cause de son trépas ; 

Car, un beau Jour, par un appas 
Qu'un oiseleur désireux de le prendre 

Tendait depuis longtemps à sa crédulité, 

Le noble oiseau fot arrêté 

Et pris sans pouvoir se défendre. 



— 241 — 

L'espoir naissant deft rochers et des cieut 
Servit à récréer les jeux 
Dans une étroite et pauvre cage 
Où bientôt il moorut de rage. 



Sur les céiestes dons cbacnn doit se régler : 
C'est dans les cieux que l'aigle doit voler. 

J. W. 



LA PETITE MÈRE. 



Louise avait une poupée en cire 

Qu'elle soignait coBume un enfant. 

C'était un spectacle charmant 
Que dé la ? oir lui parler , lui sourire t 

Chaque aoir et chaque matin , 

Elle l'habillait de sa main. 

Le dimanche et les jours de fête 

Ravissante éuit sa toilette. 

La poupée avait ses bijoux. 

Louise devinait ses goûts... 
Un jour* 6 Jour de deuil ! mon cœur en saigne encore 1 

La blonde enfant sous ses ridmux la prit , 

Et paisiblement s'endormit 

Avec elle jusqu'à l'aurore. 

Hélas I elle ne sa? ait pas 
Qu'en la pressant trop longtemps dans ses bras, 

Qu'en loi faisant trop de caresses, 

Elle allait causer son malheur r 

Nous renonçons à peindre sa douleur, 

Lorsqu'elle vit l'objet de toutes ses tendresaes 

Pour jamais déformé, perdu t... 

Trop de baisers l'avaient fondu ! 



— 2iâ — 

Bonnes mères, qae celle histoire 
Soit présente à votre mémoire, 
àh! qœ de fois pour vos enliaots 
Vos regirds sont trop indulgents ! 
Votre amour vous aveugle et dans votre faiblesse, 
Vous ne voyez pas leurs défauts. 
Souvent un excès de tendresse. 
Est la cause de bien des maux. 

J. W. 



Communication de M. le comte de Nédonchel à la 
séance du 1*' septembre 1859. 

JETONS HISTORIQUES DE TOURNAI. 



Planche XI, u® 1. Une tour crénelée et posée sur une 
eroix fleurdelisée dont les bras sont encadrés dans quatre 
arceaux ornés; légende : VIVE S^TOVRNAI 8 QVI 
8 lAMAIS 8 NA 8 TOVRNE 8 

Revers : Une dame dont la tète est coiffée à Fantique, 
ayant un léopard couronné et rampant à sa gauche ; de 
sa gueule semble sortir une petite légende ^ celle proba- 
blement qui se lit sur la pièce : NE 8 PO VI 8 GVEK 8 
DAMES 8 PENETRE (R) 8 {cuiv.) 

Il y a sur le revers de cette pièce une allégorie dont le 
sens parait facile à saisir : la dame représente la ville de 
Tournai où le léopard anglais cherchant vainement à 
pénétrer , est forcé de s'écrier : Ne puis guère la dame 
pénétrer. C'est à l'époque où le roi d'Angleterre, déjà 
maître de la plus grande partie de la France , cherchait 
encore à s'emparer des villes restées fidèles à leur légitime 
souverain , que ce jeton a dû être frappé ; le cri : « Vive 
Tournai qui jamais n'a tourné » indique la courageuse 



SOCIETE HISTORIQUE ET LITT. DE TOURNAI. 







m 






^ /J*W-<2is*«<arit<^'<s.#^. -^^ 



PL. XI. 




•:OX AND 
, iN uATIONS 
L 



— M8 — 

détermination des habitants qai, fiers de leur fidélité pas- 
sée et bien loin de céder à l'exemple contagieux d'une 
défection devenue presque générale, n'hésitèrent pas à 
proclamer pour leur roi Charles Yll, des l'année 1422^ 
date présumable de l'émission de ce curieux jeton. Aussi 
Von voit encore dans les archives de la ville l'invitation 
qu'ils reçurent le 14 juillet de l'an 1429 de la célèbre 
Jeanne d'Arc pour assister au sacre du roi de France à 
Reims où les consistoires de la ville envoyèrent effective- 
ment une députation. 

N'' IL Le buste de Gharles^Quint est vu à mi-corps 
dans un épicycloide , la tète du monarque est couronnée; 
il tient dans la main droite un glaive, et dans la gauche 
le globe terrestre, au-dessus duquel on remarque une 
petite tour ; légende : Xi ' VIVE . GARLE * EMPE- 
REVR * DE ROMME. 

Revers : Les deux colonnes d'Hercule ayant des cou- 
ronnes pour chapiteaux et la devise de Gharles-Quint 
dans le champ sur deux lignes interrompues par les 
colonnes : P-LVS-0 V LTR-E -, légende : EN . TOVTE • 
SAISON . LA • PAIS • ET • BONE. 

Le dessin de la pièce est d'une fort médiocre exécu- 
tion et l'orthographe en est peu correcte ; pas de date , 
mais le jeton a du être frappé vers la même époque que 
Celui cité dans la Revue de numismatique belge (Tome V, 
2* série.) avec l'année 1380 dont celui-ci est une variété 
inédite; il en existe encore un autre fort semblable à celui- 
ci , dont il diffère cependant en ce qu'au lieu de la petite 
tour , il a sur ses deux faces l'aigle bicéphale d'Autriche. 
n doit, à cause de son identité, provenir toujours de la 
même origine. 

N"* III. Le buste de l'empereur Charles Y remplit le 
champ , la tête est ceinte de la couronne impériale , le 



— 914 — 

gréneli8 inlérieur s'arrêle «ui premiers fleurons ; légen- 
de : VIVE : CHARLB : EHPEREVR : DES : ROHHE. 

Bêver» : Une tour eréuelée à trois donjons séparée 
par des pignons à pointes ; elle a porte outerle , herse et 
meurtrières; deux ehifires , un 5 à la gauche et un S à la 
droite de la tour indique la datef de la pièce 1558. Légen* 
de : B GETONS : G0T0N8 : PAIONS : LEAVffE 
(loyalement.) 

N"" IV. Une croix de Bourgogne traversant un i?ri^/ 
étincelant auquel est suspendue la To&on d^or ; au-des- 
sus un grand K gothique, surmonté d'une petite cou- 
ronne, dans la légende. Au côté gauche du briquet se 
▼cil une petite tour, et à droite une rose sur sa branche : 
JECTOms * POVR * CEVLX * DES * FUTANGIES * 
1615. 

L'attribution de ce jeton à la yille de Tournai aurait 
paru contestable, si une étude approfondie delà pièce ne 
tenait lever tous les doutes à cet égard. Vabord la petite 
tour qu'on yoit à la droite de la croix et du briquet est 
bien identique à celle que les graveurs mirent sur cer- 
tains jetons toumaisiens avant ou vers Fépoque de la 
date de celui-ci. En second lieu la rose qui se remarque 
de Tautre côlé est l'attribut bien connu de la famille 
royale de Lancastre dont était issu le souverain anglais 
qui s'était emparé de cette ville, quand il y fut frappé Tan 
1515. 

On voit sur le revers du jeton les armes du prince 
Charles qui régna plus lard sous le nom de Charles- 
Quint , ce qui indique que la pièce fut frappée en son 
honneur , pour rappeler probablement la visite que ce 
futur empereur fil le 15 octobre 151 S dans la ville de 
Tournai , où il fut reçu magnifiquement par le monarque 
anglais. Tous nos historiens parlent de cette entrevue qui 



— 216 — 

fut effecuvemeat un événement pour notre ville. Voki ce 
que Poutrain en dit « Charles âgé de 13 ans fit son entrée 
» àTournai parlaporte de Marvis. Henri VIII s'avança 
it avee toute sa cour pour le recevoir jusqu'à la iausae 
» porte. Toute la noblesse de la ville et les oonjsatlx ac- 
» compagnèrent le jeune prince portant flambeaux jua* 
» qu'à Tabbaïe de S*-Udrtin où il alla descendre um 9on 

» de toutes les cloches de Notre-Dame Le Lendiemain 

» la place fut dépavée et on en fit une arène pour CQurir 
> la lance où le roy d'Angleterre et le jeune prince fia- 
» reut leur partie.. «, etc. > Il est donc bien naturel que 
la monnaie ait voulu constater par la pièce qui nous 
occupe celte visite solennelle. Le collier et l'attribi^ de 
la Toison-d'or qui entoure l'écusson conviennent égiAe^ 
ment au prince Charles qui l'avait reçu dèa l'année 1 56ë. 
Remarquons encore à la fin de la seconde l^ende, le 
mot an^is : Fmanctes pour finances qui prouve q«e 
l'ordonnance de la pièce avait été confiée à iftft de eea 
insulaires peu versés dans la langue française. 



SËÂNGE DU JEUDI 6 OCTOBRE 1938. 

M. Wablomont occupe le fauteuil. 
M. Jules Wacquez, secrétaire. 

Lecture est faite du procès-verbal de la séance précé- 
dente. — Il est adopté. 

COEBESrONDANGE. 

M. Wablomont , membre titulaire , bibKeihécaife^ 
archiviste, dépose sur le bureau les ouvrages dont le 



— 216 — 

détail soit, qu'il a reçus depuis la séance préeédente , 
savoir : 

— Se la part de la Société des Awtiquaire$ de la 
Picardie i 

a. Annuaire administratif et historique de /a Somme 
pour les années 18KS et 185S , publié par la Société. — 
Amiens. 1852 [sic) vol. in-8'' broché, de 588 pp. 

£. Mémoire présenté à M. le Ministre de l'instruction 
publique au nom des Sociétés savantes de la France dé- 
partementale par la Société des Antiquaires de Picardie. 
— Amiens. 1851 , brochure in-8'' de 18 pp. 

c. Pierre tEermite — cantate exécutée pour l'inaugu- 
ration de la statue érigée à Amiens, le 20 juin 1854, très- 
grand in-^"" de 15 pp. 

d. Le maStre au logis^ comédie en un acte et en vers^ 
imitée de l'Allemand. Amiens, 1844, in-12, de 47 pp. 

e. Obsèques du docteur RigoUot , décédé à Amiens, le 
29 décembre 1854, brochure in-12 de 12 pp. 

/*. Exposition d'objets d'art et de haute curiosité , ou- 
verte dans la salle de la bibliothèque les H et 12 juin 
i848. Amiens, 1848, brochure in-12 de 12 pp. 

— De la part des auteurs : 

Les sceaux de la ville deBinche^ par Théophile Le jeune 
(membre correspondant). Hons, 1859, brochure in-S"* 
de 16 pp. 

a. Troubles d'Arras, 1577-1578, t. IL Relation de 
Poutus Payen , de Nicolas Ledé , et autres documents 
inédits, par Achmet cFEéricourtj (membre correspon- 
dant). Paris, 1850, in-8» de 152 pp. 

6. Sur l'insalubrité des habitationa de la classe ou- 
vrière , par M. le colonel du génie Répécaud. — Rap- 
port présenté à l'académie d'Arras , le 10 juillet 1849 
par Achmet d'Eéricourt, (Juin 1859). Arras, brochure 
in-8'' de 11 pp. 



c. Reeberehet sur les Imes imprimés à Arras depuis 
l'origine de l'imprimerie en cette rille jusqu'à nos jours, 
par MM. (fHéricourt et Caron. S* partie. Arras, 1855. 
Brochure in-S"* de 7â pp. 

Le Meseager des sciences historiques. — Année 1889. 
2* et 8« livraisons. Gand^ 1889, in-8% pp. 108 a 408. — 
TIanclies. 

£a Revue catholique ^ 0« série, 1889, 9*^ livraison. — 
Septembre. 

— Be la part de M. Labochs , membre corirespondant 
à Dnisans (France) : 

a. Les Saints martyrs^ Térentian et son compagnon, 
récit de 1618 . Brochure in-8* de 8 pp. 

b. Discours de réception^ académie d'Arras , par M. 
A. Laroche, membre résidant. — Arras. Mars, 1887. 
Brochure in-8'' de 82 pp. 

c. Rapport fait à l'académie d'Arras sur Adrien , ou 
lettres d'une mère à son fils, par M. Hyacinthe Corne, 
Arras, 1858 , in-S"* de 23 pp. 

d. Rapport sur la concours d'histoire de 1887, Arras, 
1888, in-S** de 16 pp. 

— De la part de la Société d* agriculture^ sciences et 
arts de Douai : 

Ses Mémoires^ 2« série, t. IV^ 1886-1857, un vol. in-8» 
broché de 486 pp. avec un appendice. 

— De la part de M. le Ministre de la justice : 

Les procès-verbaux des séances de la commission royale 
pour la publication des anciennes lois et ordonnances de 
la Belgique. 8« vol. S*» cahier, 1859. 

— De la part de la rédaction : 

Journal historique et littéraire^ S98' livraison, 25< 
année, P' février 1889, t. XXV, liv. 10. 

BULLSTIN T. VI. 28. 



— 218 — 

Idem. SOtf« livrais. — 16* année, i" septembre 1859, 
t. XXVL lîf r. 5. 

— De la part de l'auteur : 

Esquisse de In poésie française au pays de LUge pen- 
dant uu siècle (15K0-16S0), par N. Petemums. liége, 
1859. Brochure in-8'' de 26 pp. 

Le bibliothécaire-archiviste rend compte à lia société 
du résultat de quelques-unes des démarches auxquelles 
il s'est livré depuis la dernière séance : 

Il a obtenu de la société des Antiquaires de Picardie, 
par l'obligeant intermédiaire de M. Garnier, secrétaire 
l)erpétue1 de celte société, les tomes 6, 7,9, 10, 11, 42, 
14 et 15 de ses mémoires, avec un allas de planches pour 
chacun des tomes 6 et 7 ; plus 19 livraisons diverses. 

Et de la société scientifique et littéraire du limbourg, 
un vol. complet et deux livraisons de son bulletin. 

Ainsi que cela avait été convenu , des propositions 
d'échange des publications de la société historique ont 
été faites : 

1" à la société pour la publication des mémoires rda-^ 
tib à l'histoire de la Belgique, à Bruxelles ; 

2*" à la société d'archéologie , sciences et arts du dé- 
partement de Loise, à Beauvais ; 

S*" à H. Arthur Dinaux , rédacteur des archives his* 
toriques du nord de la France et du midi de la Belgique. 

C^ propositions ont été acceptées ; et l'acquiescement, 
en ce qui concerne la société de Beauvais , résulte d'une 
lettre de son honorable président conçue en ces termes : 
te Monsieur le bibliothécaire , 

• Un vovage de plusieurs semaines que je viens de faire, 
H m'a empêché de répondre plus tôt à la lettre que vous 
» m'avet (ait l'honneur de m'écrire dans le courant de 



— 219 — 

» seplembre pour me proposer l'échange des pablica- 
)» tions de Totre société contre celles de la société acadé** 
:> mique du département de Loise. J'accepte avec em- 
» presscment pour notre société la proposition que vous 
)i voulez bien m'adresser^ et je sais d'avance tout ce que 
» nous avons à gagner dans l'agréable alliance que nous 
n offre votre société. Je vais prendre les mesures néces- 
« saires pour que la collection de nos mémoires dont 
»~nous publions un volume chaque année depuis 1847^ 
» si ce n'est en 1848 , vous soit adressée en échange de 
î» la collection quo vous proposez de nous envoyer. 
" Veuillez bien recevoir, etc. 



Les publications de la société de Tournai ont été expé- 
diées à Bruxelles , à Beauvais et à Monta taire, résidence 
deM. Dinaux. 

Les cinq volumes publiés jusqu'ici par la société de 
l'histoire de Belgique sont parvenus au bibliothécaire 
qui attend , également en retour , les mémoires de la 
société de Beauvais , lesquels doivent comprendre onze 
volumes , et les archives historiques en douze volumes 
des â"* et 8^ séries, la première étant épuisée. 



m. Vandbnbrobck communique quelques extraits fort 
intéressants d'un travail analytique du plus ancien re- 
gistre des consaux de la ville de Tournai (1385-1893)- 
11 promet de faire le même travail pour les autres régis- 
très et de le publier complètement dans le prochain vo- 
lume de mémoires de la Société. 



M. le eomte Di HtMmenn. donne lecture de le notice 
biegrtphiqae snivante : 

NMiouMsiicte M. h tomte ÀnUdée de Beauffwi^ iw- 
peeUur des beaux-arts et des belles-leitres , président de 
la commission instituée pour la conservation des monuments 
de la Belgique , membre honoraire de la société historique 
d Uttérairs de Tournoi j ele., e(e., décédé à Bruxelles, k 
i6 juillet 18S8. 



Permettez-moi, messieurs, de ¥Ous faire entendre 
quelques mots de regrets sur la perte que la Belgique a 
fiùte en la personne de M. le comte de Beauffort, direc- 
teur des b^ux-ftrts et des belles-lettres, etc. Notre société 
s'honorait de le compter parmi ses membres et il a des 
titres tout particuliers à notre souvenir. Dans d'autres 
circonstances, des liens de parenté et d'amitié pourraient 
iaire croire à un jugement trop faivorable de ma part 
sur celui que la mort nous a enleyé , mais aujourd'hui 
je suis sûr de n'être que l'écho de tous ceux qui ont 
connu cet homme distingué, en vous rappelant som- 
mairement quelques-unes de ses belles qualités : son 
éloge est dans toutes les bouches , les regrets dans tous 
les cœurs. 

Des Toix éloquentes ont redit et vanté la bonté et les 
vertus de M. le comte de Beauffort ; ce n'est ici qu'un 
honorable souvenir que je veux que nos annales conser- 
vent de ce membre éminent, qui, lorsqu'il se fut fixé dans 
la capitale de !• Belgique où une haute position lui était 
destinée , resia toujours plein d'attachement pour la viUe 
qui l'avait vu naître et où s'était passée sa jeunesse. H 
recevait avec une amabilité et une bienveillance toute 



— 224 — 

spéciale se3 concitoyens , ne refusant jamais de leur ren- 
dre service ; il paraissait même heureux quand son obli* 
geance avait eu un résultat favorable. Gel accueil bon et 
cordial dépourvu de hauteur , même à Vcgard des rangs 
inférieurs de la société, dénote souvent Thomme supé? 
rieur et mérite toujours d'être offert à Timitation de 
tous. 

Louis-Léopold-Amédée , comte de Beauffort, seeond 
fils du marquis Ernest de Beauffort (auteur connu de 
plusieurs ouvrages philosophiques et littéraires) et de 
Dame Jeanne de Vignacourt, naquit à Tournai au mois 
d'avril 1806, L'éducation distinguée qu'il reçut déve- 
loppa chez lui les moyens naturels dont il était doué 
et fil nattre dans ce .cœur enthousiaste celte passion 
XK)ur les beaux-arts, qui eut une si grande influen- 
ce sur le reste de sa vie. Un voyage qu'il fit jeune en- 
core en Italie contribua à fixer chez lui cet attrait 
irrésistible vers tout ce qui lui paraissait véritablement 
beau , sentiment au reste héréditaire dans sa famille. 

L'alliance que le comte de Beauffort contracta le 1% 
mai 1880 avec une riche héritière d'Anvers, la comtesse 
de Roose de Boisy, le rendit possesseur du beau château 
de Bouchot près de Bruxelles et le fixa dès lors dans cette 
ville , centre attrayant où le plus souvent viennent con- 
verger des différents points du pays les premières célé- 
brités dans les sciences , les arts et les lettres. 

A des connaissances étendues et très-variées , Tins* 
pecteur des beaux-arts et des belles-lettres joignait nu 
goût sûr ; ses jugements formulés d'après ses propres 
impressions concordaient presque toujours avec ceux 
de nos plus célèbres artistes. Ses rapports bienveillants 
attiraient d'ailleurs ceux-ci auprès de lui , et ils ont sou- 
vent trouvé chez le Mécène belge aide et protection ; on 



— Mi- 
sait cprils ont parfois besoin de Tune et de Vau Ire quand 
la fortune , si prodigue pour certains , s'obsline à fuir 
ceui qui mériteraient tant ses faveurs; aussi, inutile 
de Yous dire le vide que sa mort a laissé dans leurs 
rangs. 

Une santé florissante en apparence pouvait faire es- 
|)érer de voir H. de Beauffort parcourir une plus longue 
carrière ; mais on la vit s'altérer prématurément , et ses 
dernières années devinrent malheureusement bien péni- 
bles pour celui à qui tout semblait sourire ici-bas. Les 
charges honorables dont il avait été revêtu lui faisaient 
regreller une activité qu'il eût voulu déployer pour le 
service de son pays : souvent arrêté en ses projets au 
mOieu des démarches entreprises pour visiter et faire 
restaurer les nombreux monuments , richesses de la Bel- 
gique , on ne regrettait pas moins l'absence de ses 
conseils que lui-même son inertie forcée. II avait suivi 
avec un vif intérêt la belle restauration de la cathédrale 
de Tournai , et ses connaissances dans l'architecture des 
âges anciens , lui firent applaudir sans restriction aux 
travaux bien entendus que la commission a toujours 
dirigés si consciencieusement. 

Encore dans la force de l'âge, cet homme de bien sup- 
porta avec un mâle courage les souffrances incessantes de 
la cruelle maladie qui finit par l'enlever à sa famille et 
à ses nombreux amis désolés; il avait à peine 52 ans. La 
mort du comte Amédée de Beauffort, arrivée à Bruxelles 
le 18 juillet I808, a été celle d'un chrétien dont la vie 
fut noble et sans reproches. Le souvenir de ses belles 
qualités ne s'effacera pas de la mémoire de ceux qui l'ont 
connu, et la Belgique conservera un fidèle souvenir à cet 
homme éminent qui lui était si dévoué , et qui lui consa- 
cra les plus belles années de sa vie. 



- 223 - 

Le comle Amédée de Beauffort a laissé quatre enCants : 
l"" Le comte Léopold, actuellement secrétaire de l'am* 
bassade belge à Paris ; 

S"* Monsieur Albert de Beauffort ; 
d"" Madame Gabrielle, épouse de M. le comte Vander 
Slraten-Pontoz; 

A"" Madame Amélie, épouse de M. le comte de NicolaL 
Les armes de la famille de Beauffort , telles qu'on les 
Toit au haut de la verrière à gauche dans le chœur de la 
cathédrale de Tournai, due à sa générosité^ sont : d'azur 
à S jumelles d'or. Celles de la branche établie en Belgi- 
que portent la couronne et le manteau d'hermine de 
prince allemand. 



La séance est levée. 



SÉANCE DU JEUDI 3 NOVEMBRE 1859. 

M. le vicaire général Voisin occupe le fauteuil. 
H. Jules Wacqubz , secrétaire. 



Le procès-verbal de la séance d'octobre est lu et ap- 
prouvé. 

G0BEB8P01IDANGB. 

M. Warlomot«t, bibliothécaire-archiviste de la Société, 






— 214 — 

dépote sur le boretu les ouvrages indiqnés ei^aprés , qui 
lui sont psnrenus depuis la réunion précédente : 

— De la part de la SocUté de (histoire de Belgique : 

a. Mémoires de Fery de Guyon , écuyer , bailli géné- 
ral d'Anchin et de Pesquoneourl , avec un commentaire 
historique et une notice sur la vie de l'auteur, par 
A.-L.-6. de Robaulx de Soumoy. — Bruxelles, 1858, vol* 
in-d* broché de 493 pp. 

b. Mémoires de Viglius et dtBopperus sur le com- 
mencement des troubles des Pays-Bas , avec notices et 
annotations par Alph. Wauters. — Bruxelles, 18S8, 
vol. in-8<*, broché, de 592 pp. 

c. Mémoires de Jacques de Wesembeke , avec une in- 
troduction et des notes, par G. Rhaleubeck. — Bruxdles, 
1859, vol. in-8% broché, de 412pp. 

d. Mémoires de Pasquier de le Barre et de Nicolas 
SoUoyer^ pour servir à l'histoire de Tournai, 1665-1570, 
avec notice et annotations par Alex. Pinchart. — Bru- 
xelles, 1859, iu-S"" de 376 pp. broché. Tome i«'. 

e. Mémoires anonymes sur les troubles des Pays-Bas 
1565-1588, avec notice et annotations, par J.-B. Blaes. 

— Bruxelles. 1859, m-8% broché, de 408 pp. Tome !•'. 

— De la part de l'éditeur : 

Le Bulletin du Bibliophile Belge ^ publié par F. Heuss- 
ner, sous la direction de M. Aug. Scheler, bibliothécaire 
du Roi, î'série, t.I, 1854; t. II, 1855; t. III, 1856; 
t. IV , 1857 ; t. V , 1858^ ensemble 5 vol. en fascicules 
et en feuilles , et t. VI, 1859 , !•' , 2" , 8' et 4" cahiers. 

— De la part de M. Ch. Hen , rédacteur : 

Journal de timprimerie et de la librairie^ 2",.8*, 4* 
et 5* années. 1855 à 1858, 4 vol. in-8'», brochés; et 
6* année, 1859, livraisons 1 à 9 ^janvier à septembre. 

— Bruxelles. 



— 225 — 

— De la part de la rédaction : 

Revue trimestrielle^ 24* vol. 6* année, l. 4". Bruxelles, 
octobre 1859, petit in-8", broché, de 404 pp. 

— De la part de la rédaction : 

Revue de la numismatique Belge ^ 8*" série, l. III, 3** li- 
vraison. 

— Idem : 

Journal historique et littéraire^ t. XXV, livraison 10 
et l. XXVIj livraison 8. 

— Idem : 

Revus catholique, ^'^ ^vie^ 1859, 10" livraison , octo- 
bre 1859. 

« 

— De la part de la Société d'agriculture^ sciences, 
arts et belles lettres de Bayeux : 

— Son jSti//e^m 9 années 1850 et 1851 , un vol in-8'', 
broché, de 400 pp. ; années 185:2, 1858 , 1854 et 1855. 
un vol, broché, in-8<» de 550 pp. — Paris et Bayeux : 

— De la part de M- Du)ron, aîné, à Paris : 
Annales archéologiques^ t. 19% 8« et 4*' livraisons , de 

mai et août 1859. 

— De la part de M. le Ministre de la justice : 
Procès-verbaux des séances de la commission royale 

pour la publication des anciennes lois et ordonnances de 
la Belgique, 8* vol., 3« cahier. — Bruxelles, 1859, in-8", 
p. 75 à 196. 

— De la part des auteurs : 

1"* Du grand escalier de [église de Ste-Waudru à 
JHonSj par Léopold Devillers. — Mons, 1859, in-8" de 
20 pp. 

2" Esquisse de la poésie française au pays de Liège 
pendant un siècle j 1550-1650, par N. Peelermans. — 
Liège , 1859, in-8" de 26 pp. 

BULLETI^' T. VI. 29. 



~ 216 — 

M. Wablomokt pro{Mi8e la iiuniinatiuii de MM. de 
Paulaumoiil el de la Chapelle de Cherbourg comme mem- 
bres corrcsiioudaiits. Cette pro^iosition est renvoyée au 
comité permanent , conformément au règlement. 

M. le comte de NAdonchil donne lecture de la notice 
snÎTaute : 

Becherehes sur les époques où t^on battU monnaie dans 
la vtlle de Tournai. 

Jusqu'à présent ou n'a pu constater d'une manière 
précise l'époque où Tournai a vu commencer chez elle la 
frappe des monnaies , et nous ne pensons pas que Ton 
puisse jamais le faire avec certitude dans une ville comme 
celle-ci , dont l'origine se perd, dans des temps si éloi- 
gnés de nous*, ces questions donnent lieu à des contro- 
verses, mais ne peuvent être tranchées péremploirement. 

On a différentes pièces gauluiâcs attribuées à Tournai. 
De nos jours, il a été trouvé dans notre ville des matrices 
pour le coulage des pièces romaines. On y aurait donc 
forgé de la monnaie lors de la domination des conqué- 
rants venus de Tltalie. (1) 

L'abbé Ghesquière qui s'est occupé de cette question 
dans son ouvrage : Mémoires sur trois points intéressants 
de P histoire monétaire des Pays-Bas 1786 , page 48 et 
les suivantes : c ce u'est qu'après la conquête de nos pro- 



(1) M. B.-G. Dumortier possède plusieurs des moules en terre- 
culte qui ont dû servir k la fabrication des pièces romaines entr'au- 
|Tes empruntes , il en a une de Gordianus. Ces mules ont été trouvés 
dans l'Escaut près du pont de fer lorsque se fit le dernier grand cura- 
ge de ce fleuve. Les matrices sont bien conservées et Intéressantes 
aa point de vue de l'art monéuirc. 



— 2Î7 — 

n viiices par les Fraacs, qu'on y découvre quelques 
n villes où l'on ait érigé une fabrique de monnaies, et le 
» nombre en est bien jîetit sous les princes Mérovin- 
» giens. Tournai est de ce nombre. » A défaut d'autres 
documents et dans l'impossibililé de constater une date, 
on peut s'en rapporter à l'opinion de ce savant; les preu- 
ves d'ailleurs viennent confirmer son assertion. 

D'abord, c'est le tiers de sou d'or mentionné par Tau- 
leur (PI. I, n** 8} d'après Le Blanc : puis une autre dont 
le nom du souvcâ^n ou du monétaire s'y trouve selon 
lui indéchiffrable. Ce Trions que je dois à l'obligeance de 
M. Serrure père fait maintenant partie de mon cabinet; 
il est bien conservé, on y lit la légende TVRNACO, d'un 
côté autour d'un buste très*frustre et de l'autre côté : 
ANARIO /î^. La pièce est authentique et incontestable- 
ment de l'époque Mérovingienne. 

Divers auteurs parlent encore de la pièce de Tournai 
qni porte le nom du monétaire TEVDCHARIVS. 

Charlemagne a fait également frapper des monnaies 
d'or à Tournai. Une de ces pièces existe encore au musée 
impériale Paris; c'est une des plus belles et des plus rares 
de la collection. Elle porte d'un côté TVRNACO en trois 
lignes, et de l'autre CARLVS en deux lignes. On trouve 
dans certains auteurs quelques autres monuments numis- 
maliques de ces époques éloignées. Il sérail fort difficile 
d'en constater l'authenticité. 

La numismatique lournaisienne compte ensuite parmi 
ses produits les mailles que les évoques firent frapper 
aux 12', 18» et U* siècles. Toutefois cette production dut 
être fort restreinte et éphémère, vu le peu de pièces qu'on 
a retrouvé provenant de ces époques; c'est, d'ailleurs, ce 
qui arrive de toutes les fabrications exceptionnelles. Les 
mailles des évêques de Tournai étaient frappées au type 



— 228 — 

deFrauee; ces petites pièces des villes de la Flandre 
étaient d'un autre poids et d'un titre différent. Les pièces 
épiscopales portent ordinairement l'effigie de celui qui 
les a fait frapper. A Tournai , elles sont du poids de 
8 grains faibles, se rapprochant le plus du petit denier , 
système artésien. 

Les Rois de France rentrèrent, comme l'on sait, dans 
leurs droits régaliens. Philippe-Auguste commença en 
iSl 1 ; ses successeurs continuèrent , mais surtout Philippe 
iV le Bel qui redevint seul maître du monoyage par la 
cession que lui fit Guy de Boulogne, évèquede Tournai , 
l'an 1S20. 

Les ordonnances des souverains prouvent qu'ils firent 
forger de la monnaie royale , à de rares interruptions 
près, et il existe des spécimens de pièces de presque tons 
les souverains de Tournai jusqu'à Gharles-le-Quint ; 
ou a jusqu'à ce jour conservé un seul souverain d'or 
frappé à Tournai sous ce monarque , mais sous Philippe 
II et ses successeurs l'atelier retrouva toute son activité. 

A quelle époque cessa-t-on de fabriquer du numéraire 
dans l'atelier monétaire de notre ville? Les recherches 
que nous avons pu faire à ce sujet nous portent à croire 
qu'on peut avec certitude fixer à l'année 1665 la dernière 
époque où l'on vit encore fonctionner à Tournai ce célè- 
bre et si ancien établissement. 

Toutes choses , hélas! finissent en ce monde, mais il en 
est qui disparaissent assez misérablement ; de ce nombre 
est la monnaie de Tournai. 

Voici une requête adressée au chapitre de la cathé- 
drale qui nous fait voir qu'à l'époque de sa fermeture, le 
dernier maître de la monnaie eût été fort heureux d'ob- 
tenir une place vacante de bedeau dans l'église de 
Notre-Dame : 



A Meâsieurs, 

Messieurs les doyen el chanoines du vénérable chapi- 
tre de Tournay : 

« Remonslre en toute humilité, Pierre Quarante- 
» livres, jeune homme eagé de 40 ans ou environ, que 
» la monnoye de Tournay dont il est mattre sn trouvant 
» anuéanlie et la Hautelisse qui encor est son métier 
» sans recherche, il se trouve sans employ et incapable 
» d'y gaigner'sa vie el comme vos seigneuries ont une 
» place de cloqueman à remplir* 

» lia recours vers elles, les suppliant par chariîé de 
» luy vouloir accorder, eu égard à sa misère el à celle de 
ji son père et sa mère, fort eagés dont il se trouve chargé* 
» Quoy faisant, etc,,etc. » (i) 

On voit par cette humble pétition que notre ancien 
chef de la monnaie se trouvait dans unt? position de for- 
tune assez, précaire pour ne pas dédaigner une place de 
bedeau à la cathédrale. Le malheureux avait cependant 
deux cordes à son arc , il était hautelissier en même temps 
que fabricant d'^écus, mais cette source d'écus semble 
tarie pour lui et la haute-lisse lui fait aussi défaut^ de plus 
il semble avoir toute sa famille à sa charge. Ce jeune 
homme avait un nom que eût dû. lui porter bonheur; ce 
nom si admirablement approprié à sa profession qu'on 
serait tenté do le prendre pour un sobriquet; quoi qu'il 
en soit, c'est sous la dénomination dequarante-livres qu'il 



(I) MoDsieur le vicaire général Voisin a eu la complaisance de me 
communiquer cette requête ainsi que les recherches qu'il a faites à 
ce sujet aux archives du chapitre de la cathédrale; je lui en fais mes 
sincères remerciements. 



— 230 — 

pélilioiiiic la place vaceaiitc parmi les clocqueinans. (I) 
Celle requôle ne porle aucune date, mais elle doit avoir 
été écriSc eu 1666^ parce que celle année là les regis- 
tres de In cathédrale mentionnent une place \acanle à 
laquelle a clé nommé Jean Bouche comme cloqueman 
le 10 novembre 1666. La nomination suivante à la 
mort de celui-ci ^ n'a lieu que neuf ans après, en 1675, 
et il y avait longtemps que les employés à la monnaie 
avaient été congédiés ; en outre, on ue connaît pas de 
pièces de Tournai portant une date |)ostérieure à 1662). 
La médaille frappée en 1668 pour souvenir delà con- 
struction de la citadelle a encore, il est vrai, la petite tour 
à la fin de la légende , mais il reste un doute sur sou ori- 
gine ; celte marque n'est plus celle qu'on voyait antérieu- 
rement sur les monnaies ; mais elle est idenlique à celle 
de quelques pièces frappées sous Louis XIV à cette épo- 
que à Paris. 

Eu 1671. lions trouvons dans les remontrances adres- 
sées au Roi de France par les États de Lille et de Tournai : 
k que restablissemeul d'uue monnoye dans aucune 
» ville des conquestes est inutile et ne peut être qu'à 
<> charge au Roy , au publicq et sans employs par elle 
» même, car mesme le baissement des espèces d'Espagne 
> supposé après la première foule de ducatons et pata- 



(1) Extraits des registres aux archives du cliapitre de Notre-Dame 

^ rÊvéclié de Tournui 10 noverabris 1666. Duniini elegeruot in 

clocqnianiium liiijus Ecciesiue Johannem Bouche, etc. loco defuncti 
Maliisel Gaslellain qui prsestitit jhramenlum cloqmannorum solitum 
et consuetum. 

29 9brit ^075. Domini elegerunt iu cloqmanuum hujus Eccle&iae Jofa. 
Froment tornacensem loco Joh. Bouche 30* hujus raeusis defuncti qui 
praestitit jurameotum, etc. 



— 251 — 

ji gons que Fou payeroil à la inonnoye snivunl tu valeur 
» qu'ils ont préseiitenicnt comme il al eslc disl , les ma- 
» tières manqueroient assurémenl puisqu'il n'y a point 
» d'apparence que Ton y envoyast des barres de Saint- 
» Malo, de Rouen on de Paris lorsque celles de Sa Majesté 
)» dans les mêmes villes sont à la mnin : on croit mesme 
»» que les officiers de Paris ausquels cet cmploy pouroit 
» loucher , ont voulu procurer reslablissemenl prétendu 
>♦ de la monnoye dans les conqnesîes par uii motif quy 
)> regarde plustôt leur inicrcsl que celui du publicq, etc» 
(Boîte CXVIn» 26, archives de la ville de Saint-Omer.) 

Il ressort évidemment de celle piècequesi Louis XIV ne 
fit plus fonctionner Talelier monétaire de Tournai après 
sa conquête, c'est qu'il en fut détourné par ceux là mêmes 
auxquels il voulait procurer cet avantage et que les États 
de Tournai, en refusant ce bienfait, réel cependant pour 
la ville , crurent agir dans l'intérêt général du pays. La 
crainte d'une dépréciation des monnaies courantes fut 
évidemment le seul mobile qui priva à jamais Tournai de 
cet important établissement. 

En nous reportant à l'année 1666 , le pays voisin du 
nord de la France avait en perspective une invasion 
menaçante , et se ressentait déjà des misères^ compagnes 
trop ordinaires de la guerre. La matière pour alimenter 
la fabrication numéraire manquant dans les ateliers mo- 
nétaires, ils cessèrent de fonctionner, et en 1667 Tournai 
était pris par les armées françaises. 

Une opinion qui, à moins de preuves contraires, ne doit 
pas être rejetée , nous porte à croire qu'une partie du 
matériel de l'établissement Tournaisien fut envoyée au 
grand hôtel royal des monnaies à Paris d'où l'on voit 
sortir avec le millésime de 1667 et années suivantes 
les différentes pièces en usage alors qui portèrent en 



outre de la marque du mouélage de Paris , la petite 
tour qui était celle de Tournai. Toutefois, ce ne devait 
être que l:i partie la moins importante et la plus trans- 
portablc de notre mobilier, car les archives nous ap- 
prennent que l'outillage garnissant V hôtel du Fort Rouge 
dit de la Monnaie^ rue Perdue, resta dans le statu quo 
jusqu'en 1685 -, au mois de septembre de cette année 
parut un édil royal pour la création d'un hôtel des 
monnaies à Lille. On crut dans cette ville voisine, 
hâter le moment où l'on pourrait fabriquer du nu- 
méraire en se procurant les objets qui avaient été à l'usage 
des monnayeurs de Tournai. Des ouvertures furent donc 
eûtes en ce sens à l'administration communale, qui or- 
donna l'inventaire du mobilier , mais le matériel aban- 
donné depuis vingt ans fut trouvé en si mauvais état par 
les commissaires délégués qu'une petite partie seulement 
fut transportée à Lille. Le reste ayant dû être entière- 
ment renouvelé, ce ne fut qu'en 1686 que l'on put com- 
mencer la fabrication dans l'établissement de Lille qui 
par le fait succéda à celui de Tournai. (1) 

Lille très-anciennement avait possédé un atelier moné* 
taire, mais qui ne fonctionnait plus depuis les Rois de 
France Philippe IV et Louis X. Pour faire frapper ses 
médailles, ses jetons et ses méreaux, cette ville devait se 
servir des fabrications voisines. Beaucoup de ces pièces 
furent frappées à Tournai; un grand nombre de celles-ci 
en portent la marque. 

Par l'établissement d'un hôtel des monnaies à Lille à 
rencontre de Tournai , il s'opère une révolution dans 
le commerce de l'or et de l'argent. Tournai qui aupara- 



(1) Namismatiqiie lilloise par M. Edoaard Van-Hende, page 55. 



— 28S — 

Tant attirait les espèces métalliques dut au contraire 
aller elle-même réaliser ailleurs ses valeurs vénales. Ce 
fut à Lille que le change s'opéra en gros. Le registre du 
contre-garde de la monnaie de cette ville du 20 novem- 
bre 4690 et année suivante , fait mention : 

Au 8 janvier 1691 , de 6 marcs, 4 onces, A grains ar- 
genterie d'église que les Dominicains de Tournai portè- 
rent au change. 

Le 27 juin de la même année on apporta de la cathé- 
drale de Tournai nn lingot de 198 marcs que le change 
paya 5,375 li?. ÎA sols. 

Le 13 juillet les Dominicains, les Augustins^ les ab- 
bayes de S^-Martin et de S*-Marc de Tournai y firent por- 
ter leur vaisselle, elc. 

Enfin la fabrication de Lille favorisée des mêmes avan- 
tages qui jadis avaient fait prospérer celle de Tournai, 
était devenue la plus fliorissante et la plus active de la 
France après Paris, quand elle fut arrêtée dans sa mar- 
che prospère. La centralisation monétaire décrétée au 
profit de la monnaie de Paris amena eu 1846 la ferme- 
ture de cet hôtel. (V. Hende. Numismatique lilloise, 
p. 108.) 



BULLETIN T. VI. 



so. 



— 2U — 

M, le vicaire général Vois» fait la communication 
suivante : 

VISITE FAITE A SAINT-GHISLAIN. 

Mépmmmmm ûmnmiémm mwt qtiiesttoit^Alre. 

(j'est on édifice da style ogival de la dernière époque 
dont la façade en pierre donnant sur la Grand'place, est 
assez belle. Le yaisseau est partagé en trois nefs par deux 
rangs de colonnes cylindriques. Les moulures prismati- 
ques des bases et des chapiteaux accusent un travail du 
XVI* siècle. 

Cette église, qui n'a que 96 mètres de longueur sur 14 
de largeur,, est insuffisante pour les habitants, dont le 
nombre s'accroit tous les jours. Aussi est-il question de 
l'agrandir. On ferait pour cela un transept au bout des 
nefs et un nouveau chœur. 

MOBILISn. 

Deux pièces de dinanderie doivent être signalées en 
premier lieu. L'une , œuvre d'un artiste tournaisien du 
XV* siècle, et portant une inscription , est un pupitre , 
estaplict^ pour chanter l'évangile. C'est certainement le 
meuble de ce genre le plus beau et le plus curieux de la 
Belgique. Il est du style ogival et terminé par une sta- 
tuette. L'autre cuivre, qui est un lutrin de chantres en 
forme d'aigle^ a bien aussi son mérite , mais il parait être 
moins ancien. II a un support en marbre noir , au bas 
duquel sont quatre médaillons modernes en marbre 
blanc , représentant les quatre évangélisles. 



— ÎS5 — 

On a placé des deux côlés du chœur, devant les stalles, 
des pupitres mobiles en bois, ornés d'asseï belles sculp- 
tures. 

Un triptyque du commencement du XYIP siècle , re- 
présentant la famille d'un ancien gouverneur, a été ré- 
cemment restauré. C'est un monument funèbre dont la 
peinture est très-supportable et qu'il importe dé conser- 
ver par le double motif qu'il intéresse tout à la fois la 
piété et l'histoire locale. 

Une petite chassé émaillée m'a paru mériter de faire 
l'objet d'une notice particulière. 

ABBAYE. 

Il y avait à SainUGhislain une abbaye fondée vers le 
milieu du YII* siècle. Il n'en reste que des bâtiments 
dont l'aspect est moderne et qui étaient affectés au lo- 
gement des domestiques et à la réception des étrangers. 
L'emplacement du monastère traversé par un canal 
d'abord , puis par un chemin de fer , a été entièrement 
bouleversé. L'église cependant , située du côté de la 
Grand'place, aurait pu ^ dit-on, être conservée, si les 
habitants avaient voulu en &ire usage. Hais la crainte 
imaginaire du rétablissement de l'abbaye leur fit refuser 
l'offre que leur faisait le gouvernement. 

Les stalles de cette église ont été transportées à Valen- 
ciennes et j'ai appris, il y a peu de temps, que les fabri- 
ciens de l'église où elles ont été placées désiraient de les 
vendre. 

Une seule chose rappelle à Saint-Ghislain le souvenir 
de son antique abbaye. C'est une pierre de forte dimen- 
sion 9 qu'on voit sur la Grand'place à la porte d'un caba- 
ret, et qui a servi de base à un pilori. Cette pierre , gros- 
sièrement sculptée , réprésente une ourse allaitant ses 
petits. 



— 2»6 — 

Il se bit ainsi qae Torigine et la ruine de ee monastère 
sont l'une et l'autre marquées par une circonstance bien 
particulière. Une ourse en chair et en os en aurait dési- 
gné l'emplacement au lieu même de sa retraite et une 
ourse en pierre en perpétue le souvenir. 

On sait que l'abbaye de Saînt-Ghislain avait pour 
tenants desesarmes une ourse et un aigle, et que ce choix 
avait été lait pour rappeler la légende rapportée dans la 
plus ancienne vie du saint , écrite au IX* siècle, très- 
probablement par un religieux. H est vrai que le disciple 
de Saint-Gérard , qui fit la relation de l'invention des 
reliques de Saint-Ghislain au siècle suivant , ne repro- 
duit pas celte légende , et que le savant Ghesquiére y 
attache peu d'importance , mais elle n'en est pas moins 
très-curieuse. En voici la traduction faite sur le texte 
poUié dans le II* voK des Acta SS. Belgti, 

Pendant que Saint-Ghislain , avec ses disciples Lam- 
bert et BeUirius , travaillait à se faire une cellule dans un 
lieu désert , il arriva que Dagobert , roi des Fra;ncs, chas- 
sant dans lepagus du Bracbant; rencontra une ourse 
qui, poursuivie par les chiens , alla se cacher sous les 
habits du saint , pendus à un arbre. Les chasseurs^ arri- 
vés près de la retraite de l'animal , virent avec surprise 
el mécontentement que les chiens n'osaient l'y attaquer, 
et se mirent à maltraiter le saint et ses disciples, attri- 
buant ce fait si extraordinaire à la magie et aux maléfices. 
Dans l'eutretemps, le Roi arriva , fit cesser Vemporlement 
des siens , et s'adressant à Saint-Ghislain lui dit : Qui 
es-tu ? Que sont tes compagnons? Pourquoi avez-vous 
nui à nos chiens par vos enchantements ? Saint-Ghislain 
lui répondit sans crainte : Seigneur nous n'avons fait 
aucun mal à vos chiens. La bète féroce qui est venue se 
réfugier ici ne nous est pas nécessaire, vous pouvez vous 



— 237 — 

en emparer si vous le désirez. Pour nous, nous n'avons 
besoin que de la miséricorde de Dieu. Le Rci s'aperce- 
vaut qu'il avait affaire avec un homme de Dieu, se retira 
avec ses chiens et laissa la bête dans sa retraite. 

Saint-Ghislain et ses disciples s'élant remis à travailler, 
l'ourse se leva, prit le panier dans lequel était le vête- 
ment dont le saint se servait pour célébrer les saints Mys- 
tères, et s'éloigna doucement. Ce que voyant le saint , il 
s'écria en gémissant : ô Dieu d'immense bonté! Venei à 
mon secours et ne permettez pas que je perde aujour- 
d'hui ce que j'ai su conserver dans les dangers de mes 
longs voyages. Après cette prière, il se mit avec ses dis- 
ciples à suivre la bête qui tenait en sa gueule le i)anier. 
Mais voilà que tout à coup un grand aigle s'offrit pour 
guide à notre saint sur les traces de l'ourse ; l'oiseau tan- 
tôt volait ^ tantôt s'arrêtait de manière à faire voir que 
le ciel l'envoyait. Il conduisit ainsi le saint jusqu'à la 
rase campagne , où il prit son essor dans les airs. Là, des 
hommes gardant des troupeaux , interrogés s'ils n'avaient 
pas vu une ourse emportant quelque chose dans la forêt? 
dirent au saint : voici l'animal qui fuit devant vous, por- 
tant un vêtement dans sa gueule. Ce qu'entendant Saint- 
Ghislain, il courut après la bête et la trouva dans un lieu 
rempli de broussailles , qu'on appelait alors ursidungus, 
parce que cette ourse avait coutume d'y déposer ses pe- 
tits. Ce lieu est maintenant appelé Celle, (i) Les petits 
oursons jouaient de la gueule et des pattes avec le panier 
qu'avait apporté la mère. Saint-Ghislain ayant repris 
intact son vêtement sacerdotal , ordonna au nom de Dieu 
à l'ourse et à ses petits, de se retirer sur-le-champ , dans 
les forêts éloignées, et de cesser de nuire aux hommes et 



(i) L'abbaye de Sainl-Ghislain fut, à sa fondation, appelée la 
Celle des apôtres. 



— 2t6 



aux troupeaux de ces parages. La bête ob^t à la parole' 
du saint , et ne reparut plus en ces lieux. Oh malheur ! 
s'écrie ici le narrateur, de voir des hommes avoir moins 
d'instinct que les bêtes, et qui méprisent non-senlemeni 
les paroles des saints, mais celles de Dieu même.' 



NOTICE 

SUR UIVB CHASSE élIAILLEE 

DB L'ANCIENNE ABBAYE DE SAINT-GHISLAIN. 



On était autrefois dans l'usage , à l'église paroissiale 
de Saint-Ghislain, de présenter à ceux qui venaient y vé- 
nérer le patron , une châsse provenant de l'abbaye et 
contenant les reliques du saint. La personne qui était 
chargée de ce soin, après avoir passé la plus grande par- 
tie du jour à l'église , reportait le soir ce qu'on appelait 
communément le baUoir , pour le conserver plus sûre- 
ment la nuit. Cet usage aussi peu convenable au point 
de vue religieux, qu'à celui de la conservation d'un objet 
d'art, a duré plus de cinquante ans, et on peut facilement 
se fiiire une idée de ce que devint ce reliquaire , traité 
de celte manière pendant un demi-siècle. Les dorures 
avaient disparu, des pièces manquaient, s'étaient per- 
dues, et l'on en avait même démonté pour les remplacer 
par d'autres d'un style tout à fait différent. Lorsque jecon- 
nus cette châsse, je donnai le conseil de la faire restaurer, 
et de placer une partie des reliques qu'elle contenait , 
dans un reliquaire en forme d'ostensoir , qui pourrait 



— 289 -^ 

plus commodément être présenté aux pieux baisers des 
pèlerins. Mon conseil fut suivi , et l'on me chargea de 
diriger Tœuvre de la restauration de b fierté. J'acceptai 
d'autant plus facilement celte tâche, que je comptais avee 
assurance sur l'adresse de M. Liagre^ orfèvre de Toumay, 
urtisle qui a su répondre à mon attente et dont je signale 
avec plaisir le nom à la reconnaissance des amis de l'ar- 
chéologie chrétienne. 

La châsse n'a pas été primitivement construite comme 
nous la voyons : on s'est servi, pour revêtir le petit coffre 
jen bois actuel, qui a S5 cent, d'élévation, 40 de longueur 
et 18 de largeur, des débris provenant de deux ancien- 
nes fiertés beaucoup plus grandes. On voit même avec 
peine, que ce travail a été confié à un ouvrier peu exercé^ 
qui a coupé maladroitement plusieurs plaques émaillées, 
trop grandes pour |0ccuper la place qu'il leur destinait. 

Cependant telle qu'elle est, cette châsse n'est pas sans 
mérite , et elle nous offre encore des spécimens trèS'pré- 
cieux de ciselures et d'émaux des xii" et xni'' siècles. 

'Elle est recouverte de trente morceaux de cuivre rouge 
émaillés ,.dont six présentent des figures symboliques de 
vertus, et les autres des ornements divers. Les six premiè- 
res pièces sont bordées d'un liseré de deux couleurs qui 
encadre les sujets sur fond d'or. La face et les mains 
des figures ainsi que le livre qu'elles tiennent ouvert, sont 
aussi d'or, mais les yeux, le nez et la bouche sont émail- 
lés. Ces émaux opaques et champlevés, sont évidemment 
du xn* siècle. Ils ont la plus grande analogie avec ceux 
qui décorent la châsse de saint Héribert , qu'on voyait 
naguère exposée au musée chrétien de Cologne. Nimbes, 
vêtements, encadrements, tout est delà même école. Nos 
six figures sont nimbées ^ coiffées et revêtues de deux ou 
de trois robes dont une à manches étroites. 



— 240 — 

Les autres pièces émailléessont au nombre de 24, oblon- 
gues , plus ou moins larges, el séparées le plus souvent 
par des morceaux de cuivre ciselés, dorés, et chargés, d'un 
côté de la châsse seulement, d'une ou de plusieurs pier- 
res précieuses. LesRR. PP. Cahier et Martin ont publié un 
asseï grand nombre d'émaux semblables , qui décorent 
diverses châsses conservées au trésor de l'ancienne cathé- 
drale d'Aix-la-Chapelle. Les dessins qui y sont représen- 
tés , croix, losanges , zigzags , perles et diverses espèces 
de feuilles, etc., se retrouvent sur presque toutes les 
châsses du xui* siècle , et semblent découpés dans des 
peintures murales de cette époque. 

Les autres parties de la châsse sont en cuivre ciselé et 
doré. L'intérêt de la châsse se concentre évidemment 
dans les six émaux dont nous avons parlé en premier 
lieu, et qui représentent six vertus^ la Foi, l'Espérance^ la 
Charité^ la Patience, la Chasteté et la Tempérance. 
Nous allons en faire une description aussi exacte que 
possible. 

Fu>E8. — Cette figure est entre une fiche émaillée , et 
un cuivre ciselé, au milieu duquel est une pierre bleue 
taillée en diamant, enchâssée dans un récipient octogone. 

Nimbe bleu et rouge. 

Coiffure formée d'une draperie double, ramenée au- 
tour du cou , de couleur bleue, ombrée de blanc. 

Vêtement apparent unique , bleu nuancé de vert. 

D'après la position des bras on peut juger qu'elle 
tenait le livre des deux mains ; mais celles-ci sont cou- 
pées à la ligne du livre demeuré entier. 

Ce sujet ainsi que les cinq autres, sont encadrés dans 
un liseré double , bleu en dedans et blanc en dehors ; 
mais il n'existe dans le bas , que sur les cuivres où sont 
représentées cariias et temperaniia. Les autres plaques 
ont été raccourcies , el le liseré du bas a été retranché. 



— 241 — 

Inscription sur le livre ouvert : Dm D8 TW8 M 
VN* EST. 

SPBS. — Coiffure double , bleue ombrée de blanc , dis- 
posée comme celle de Fiden, avec cette différence , que 
la draperie semble descendre sur le dos et venir se reje- 
ter sur le bras gauche. 

Nimbe vert-d'eau sans bordure, vêtement vert-jaune 
ombré d'un vert plus foncé , retenu à la taille par une 
ceinture bordée d'un double filet d'or , entre lequel se 
trouve une suite de petites croix en sautoir formées par 
des vides. 

Elle a la main gauche cachée , et elle tient la droite 
levée comme pour jurer. Un morceau d'émail de forme 
triangulaire manque près du poignet , et la partie qui y 
tient, formant une petite bande jusqu'au coude, est 
bleue. C'est le seul endroit où apparaît la seconde robe. 

Inscription sur le livre : NON ASVMBS NOM Dl TTI 
IN VANV. 

PATiBNTiA. — Coiffure en draperie bleue et blanche « 
reliée par derrière. Un nœud qui prend naissance sur le 
devant est presque rouge. 

Nimbe simple, amaranlhe. Trois vêtements : le premier, 
visible seulement aux manches 9 qui sont serrantes , est 
des mêmes couleurs que la coiffure^ mais plutôt à lignes 
bleues et blanches. Le deuxième est vert foncé, ombré de 
jaune et de vert plus ]>âle. Les manches sont très-larges 
et doublées en amaranlhe. Le troisième qui parait 
n'être qu'un manteau, ne couvre que l'épaule droite et 
la moitié de la poitrine. Il est tenu relevé en draperie 
par la main droite, et il est de couleur bleue et blanche. 

La Patience nous donne un enseignement bref et éner- 
gique : NON OGGIDES. 

BULLBTIN T. VI. 31. 



- U2 — 

Je dois le dessiu ci-joiut et le suivant à Tobligeance de 
M. le comte de Favières de Gourcelies , qui s'occupe avec 
succès de Fart photographique. J'exprime ici à M. le 
comte les sentiments de ma sincère reconnaissance. 




— 245 — 

CÀRiTAs. — Sur le petil panneau de l'une des deux 
exlréinilés de la châsse , entre deux fiches émaillées^dont 
l'une, sur laquelle sonl allachées des pentures , est en 
assez mauvais état. Coiffure bleue avec effets d'ombre en 
blanc. 

Trois vêtements bien distincts : le premier , à manches 
serrantes, des mêmes couleurs que la coiffure ; le deuxiè- 
me, celui qui est entre les deux autres, est amaraulhe 
avec filets d'or , à manches três-larges^ doublées de gros 
bleu ; et le troisième , celui de dessus , est vert ombré de 
jaune et d'un peu de bleu aux contours intérieurs des 
bras. 

Nimbe amaranlhe bordé de vert-d'eau. 

Inscription : SABATTA MBA GVSTODIE8. 

FVDiciTiA. — Coiffure en draperie bleue et blanche^ sans 
plis^ Caisanl deux fois le tour de la tète et vena$nt se fixer 
sur la gorge pour former un nœud, dont on voit une par 
tie sur le côté gauche , et l'extrémité flottante comme un 
ruban. Il y a aussi un rudiment de nœud de même forme 
et de même couleur qu'à Palientia. 

Nimbe simple^ amaranthe. Il y a deux vêtements : le 
premier, dont on voit une liianche serrante , est })leu et 
blanc ; et le deuxième, à manches très-larges doublées de 
bleu , est vert ombré de vert plus foncé ; celui-ci lui- 
même ombré de bleu. 

La figure tenait le livre des deux mains. L'une a été en- 
levée et celle qui reste est nue. 

Texte : NON MEGHABERIS. 

TBMPBRANTU. — Goiffurc : la draperie qui couvre la lêle 
et les épaules, est bleue ombrée de blanc. 

Vêtements : le premier, celui de dessous, u'e^l visible 
que dans le bas. Il est noir ; mais une petite ferile, où Ton 



— 244 — 
aperçoit du rouge « fait conjecturer qu'il était primitive- 
ment amaranthe. 




Le Yètemeut de dessus, qui est très-large, est relevé par ^ 
les deux mains qui soutiennent le livre , et nuancé de 
bleu, de vert et de blanc. 

Nimbe de même couleur, mais bordé de verl-d'eau. 

Inscription : nv GOGVPISÊS RÊ PXIMI TVI. 

Remarquons que les six textes que Ton fait proclamer 



— 248 — 

aux yerlus personnifiées , sont six préccples du dccalo- 
gue I et que l'on peut inférer de là que l'ancienne châsse, 
d'où proviennent ces débris, avait dix figures de vertus 
an lien de six. Quatre nous manquent ; ce sont celles qui 
se rapportent au quatrième, septième, tiuitième et neu- 
vième préceptes. Deux de ces pièces anciennes peuvent 
avoir été enlevées de la châsse actuelle, entre Pattentia 
et Spes d'un côté , et de l'autre entre FÎldes et PudiciHa, 
au moment où l'on plaça de chaque côté , au milieu de 
la partie supérieure, deux médaillons tout-à-fait moder- 
nes, auxquels j'ai fait substituer des cuivres ciselés en 
harmonie avec les ornements anciens du même genre. 

La frise qui surmonte la partie droite des deux flancs 
de la châsse , de même que celle qui forme crête à la par- 
tie supérieure , et qui orne le galbe des deux pignons , 
sont travaillées au burin , et on y voit au revers des essais 
auxquels ne se serait pas livré un artiste attendant le sa- 
laire de ses labeurs. Ces essais seraient plus naturellement 
attribués à quelque jeune religieux, qui voulait s'initier 
à l'art de la gravure , dans l'ouvroir d'an monastère. 
Cette supposition s'accorde très-bien avec ce que nous 
connaissons de l'abbaye de Saint-Ghislain. 

Cette abbaye, après avoir éprouvé , comme tous les 
autres établissements religieux, bien des vicissitudes pen- 
dant le ix*' siècle^ fut réformée par saint Gérard, dansfa 
première moitié du x*'. Elle eut encore beaucoup à souf- 
frir au XI* siècle, sous la mauvaise administration de 
l'abbé Simon, et fut en outre plusieurs fob pillée et dé- 
vastée ; mais Baudry de Cambray nous apprend, dans sa 
chronique, qu'à l'époque où il écrivait (1049) elle était 
sagement dirigée par Herbrand, disciple de saint Pop- 
pon. Cet abbé avait obtenu en 1036 de l'empereur, qu'il 
était allé trouver à Ratisboune, Taffranchissement de son 



~ 246 — 

monaslêre , (|tic le monarque , à la recommaudalion de 
rimpéralrice Gisèle, de Tévêque de Cambrai et de Tar- 
cheTèque de Cologne , prit sous sa protection. 

Cependant dëjà antérieurement, la dîseipline monas- 
tique et Tétude des belles-lettres y avaient repris vigueur. 
Un quadricium qui y fut écrit , et que nous possédons 
encore , nous en fournit la preuve. La date de ce manus- 
crit est indiquée dans la pré&ce , qui y est en tête d'un 
abrégé du traité d'arithmétique de Gerbert ( 1 ). L'éco- 
lâtre^ auteur de cet abrégé, en dédiant son œuvre au 
personnage qui lui avait demandé de l'entreprendre, 
parle de Gerbert comme d'un conteraiiorain. On pour- 
rait même croire , à la manière dont il le désigne , que 
c'était avant que le célèbre archevêque de Reims fût 
nommé pape. 

Nous sommes donc en possession de deux monuments 
qui nous révèlent que les religieux de Saint-Ghislain 
savaient allier aux exercices de la prière l'amour des 
belles-lettres et des beaux-arts. Ces deux reliques véné- 
rables du xi«etdu xu** siècle se prêtent un mutuel appui, 
et l'on ne peut douter que , parmi ceux qui ont fait usage 
du livre, il ne s'en soit trouvé qui aient pu faire la 
châsse. 

Un quadrivium du xi'' siècle n'est pas chose eommune, 
et il ne mérite pas moins d'être décrit que la châsse elle- 
même. Disons-en donc aussi quelques mots. 

Le [letit traité d'arithmétique dont nous avons parlé, 



(1) Gerborl naqiiil en 930, el fui précepteur d'Oibon III, puis de 
Robert, fils de Hugucs-Csipet. Il devinl archevêque de Reims en 992, 
fui nommé [>ape, prii le nom de Sylvestre II en 999. el mouruf en 
*003. 



— 847 — 

esl précédé d'un traité d'astronomie^ cl du calendrier, 
avec de nombreux tableaux de chiffres et de lettres. 

Sur une page, qui sans doute restait libre , ou a écrit 
rhistoire de Laomédon. Vient ensuite le traité de dialec- 
tique de Porphyre, chargé de beaucoup de notes , tant 
entre les lignes du texte que sur les côtés. 

La partie suivante du manuscrit est consacrée à la poé* 
sie. Elle contient cinq satyres de Perse , et le premier 
livre de l'Iliade traduit en latîn , en vers hexamètres , 
avec notes marginales. 

Enfin sur la dernière page du volume, qui malheureu- 
sement est incomplet, se trouve un morceau de musique 
religieuse. C'est une longue pièce de chant noté avec des 
neûmes sans lignes, sur un texte emprunté à l'histoire de 
sainte Marie-Madeleine, et commençant par ces mots: 
Mirum et magnum miraculum , quîa peccatrix femina 
audebat Redemptorem mundi tangere, etc. 

Rien ne manque à notre livre d'école. On y voit jus- 
qu'aux griffonnages de ceux qui l'ont eu entre les mains. 
Ces deux vers sont dignes de la verve d'un écolier : 

Ntiso communicansjam non novus incola terrœ. 
Si quis amafquod amarejuTat féliciter ardet. 

Ces deux lignes sont en haut de la page de musique. 

La restauration de la châsse présentait plusieurs diffi- 
cultés. Il fallait détacher tous les émaux grossièrement et 
fortement cloués sur le coffre eu bois, remplacer les piè- 
ces manquantes, et redorer tous les cuivres. 

L'opération délicate d'enlever les émaux fut heureuse ; 
et ])our les replacer , on substitua aux clous en fer , des 
pointes en cuivre, au bout doré. 

La petite plinthe du bas manquait. J'ai fait graver sur 
une lame en cuivre un dessin roman, en harmonie 



— 248 - 

airec les parties les plus anciennes de la châsse. Plusieurs 
cuivres ont été refaits, et on y a, autant que possible , re- 
produit les ornements pris sur la châsse même. 

Il ne sera peut-être pas sans utilité de faire connaître 
le procédé qui a été employé , pour redorer les surfaces 
en métal apparaissant à côté des émaux. Il aurait été 
imprudent de tenter de dorer ces surfaces au chaud ; les 
émaux , vieux de six à sept siècles , n'auraient pu sup- 
porter cette opération : on fit donc l'essai d'appliquer 
l'or par le moyen de la galvanoplastie; mais à son 
grand étonnement , l'artiste ne parvint pas à faire ad- 
hérer l'or au cuivre. Il essaya en suite d'argenler, par le 
même procédé, les i^arties qu'il n'avait pu dorer; ce 
qui, ayant iiarfaitcraent réussi , donna toute facilite de 
recouvrir l'argent d'une couche d'or. 



— 849 — 



SÉANCE DU JEUDI !«' DËGEMBRE 1859. 

H. le ficaire-général Voisin occupe le fauteuil. 
H. Jules Wacquez , secrétaire. 



Le procès-verbal de la dernière séance est approuvé 
après lecture. 

CORRESPONDANCE. 

Le bibliothécaire-arcliivisle dépose sur le bureau les 
ouvrages désignés ci-après, qui lui sont parvenus pendant 
le mois de novembre : 

— De la pari de V Académie royale de Belgique : 
i» Son Bulletin. 28« année, 2« série, t. 7, n» 8, 

1859, page 487 à 658 (fin). On y annonce, p. Gli, la 
réception du t. YI des Mémoires de la Société historique 
et littéraire de Tournai. 

2*» Son Bulletin^ 28» année, 2« série, t. 8, n^ et 10, 
1859^ p, 1 à 104. 

%"" Le compte- rendu des séances de la commission 
royale d'histoire ou recueil de ses bulleOns^ !K° série, 
t. 12% 4<* bulletin, 1859, p. 851 à 522 (fin). 

— De la part de Tauleur : 

Mort de l'aveugle sourde-muette Anna. — Lettre à 
HM. les chanoines LabiselDelecœuillerie^ professeurs au 
grand séminaire de Tournai, par M. le chanoine Carton, 
membre correspondant, directeur de Tlnslilut des sourds- 
muets de Bruges. — Louvain, 1859. Brochure de M pp. 

BULLETIN T. VI. 82. 



— 280 — 

— De la pari de la Société mpérwaJe tï agriculture^ 
scimices et arts de Valenciennes : 

Revue agricole j industrielle et littéraire ^ W année, 
n* S, août 1869. 

— De la part de H. (Charles Hem, éditeur : 
Journal de [imprimerie et de la librairie en Belgi- 

quOf 6* année, 1859, octobre, n? 10. — Où est annoncé, 
p. 146, n" 1)16, le t. Vdes Bulletins de la Société, avec 
renvoi aux n"»* 1857 et 1887. 

-* De la part de l'éditeur : 

Bulletin du Bibliophile belge^ ^^ série, t. 15, 5*^ ca- 
hier, faisant mention , p. S55, du t. VI des Mémoires de 
la Société, dont on indique le contenu. 

— De la part de la rédaction : 

Revue catholique^ 6° série , année 1859, 11*" livraison, 
novembre 1859. 

— De la part de Fauteur : 

!• Notre Dame des joies ou le vrai bonheur. Nouvelle 
contemporaine et morale, par M. l'abbé Paul Decagny, 
membre correspondant. Amiens, 1849. vol. in-IIK de 
368 pp. 

2** Notice historique sur le château de Suzanne en 
Santerre (Somme), et sur la maison et marquisat d'Estour- 
mel de l'ancienne province de Picardie, par l'abbé Paul 
Decagny. Péronne, 1857, un vol. in-8°de 108 pp. 

— De la part de la Société des Antiquaires de Pi- 
cardie : 

Son Bulletin^ année 1859, n*" 8, p. 98 à 124. 

— De la part de l'auteur : 

V L'ancienne abbaye de Lobbes , par Théophile 
Lejeune, membre correspondant. Mons, 1859, in-8'' de 
84 pp. 



2' Notice sur le f>iUage de Bratf^ par le iDème« Mons, 
1859, ia-8° dpiapp. 

M. Lejeune, corre«pondaal de la Société depuis IS 
mois seulement, lui a déjà fait luHBmage de 9ept brochu- 
res intéressantes dont elle 1q remercie. 

Le bibliolhécaire-«rchi?i»le a reçu et communique à 
rassemblée une lettre du 4 noYembre, qu'il a reçue de M. 
Scheler, bibliothécaire du Roi, et dont voici la CQpie : 

u Maison du Roi. Bibliothèque. 

Bruxelles^ le \ novembre I8!S9. 
Monsieur le secrétaire , 

Le cabinet du Roi vient de me remettre, pour être placés 
dans la bibliothèque de S. M., les volumes des publica- 
tions de la Société littéraire que vous lui avez adressés en 
août dernier , et me charge en même temps de vous en 
remercier au nom de Sa Majesté. La bibliothèque, grâce à 
votre attention , possède une des plus intéressantes col- 
lections de plus, au point de vue du mouvemenl littéraire 
qui s'opère dans le pays. 

f Suivant vos désirs, je vous renvoie les quelques volu- 
mes qui se trouvaient déjà à la bibliothèque depuis quel- 
ques années. 
Agréez, etc. 

Le Bibliothécaire du Roi (Signé) Aug. ScHEusa. » 

Il donne également communication d'une lettre du 25 
novembre, de M. Laroche, l'un des lAembres correspond 
dants les plus zélés et les plus actifs , par laquelle il an- 
nonce le rétablissement des relations de la Société avec 
l'académie d'Arras et l'envoi prochain des publications 
arriérées de cette dernière , accompagnées de Irois autres 
ouvrages de différents auteurs. 



— «5Î — 

Le seerétaire donne leetare d'une lettre de M. le Gou- 
▼emeor du Hainaut, qui réelame de la Soeiété les rensei- 
gnements néeessaires an sujet des mesures à prendre 
pour perpétuer la mémoire des hommes qui occupent 
dans l'histoire nationale une place distinguée. M. le 
gouverneur rappelle une eireulaire de H. le minisire de 
l'intérieur en date du 15 avril 1859, qui propose de dé- 
signer à eel effet à l'attention publique les maisons ou les 
eitoplaeements où ces hommes sont nés, par une inscrip- 
tion qui , à c6té de leur nom , des dates de leur nais- 
sance et de leur mort^ rappellerait en peu de mots les 
&its les plus mémorables de leur carrière ou leurs autres 
titres à*la célébrité. 

Il est convenu que chaque membre fera des recher- 
ches pour satisfaire à cette demande, et que Von s'occu- 
pera de cet objet à la prochaine séance. 



Communicaiton de M. le vicaire-général Voisin. 
DEPUIS QUAND LE MOT CIBOIRE EST-IL EMPLOYÉ? 

CIBOIRE DE JOLLAIN. 

H. l'abbé Gorblet a publié , dans la Revue de Vart 
chrétien^ une suite d'articles sur ks ciboires et la réserve 
de t Eucharistie. H. Douet d'Arcq , conservateur des ar- 
chives impériales , a rendu compte de ce travail remar- 
quable, d'une manière fort bienveillante, dans la biblio- 
thèque de l'école des chartes^ et à cette occasion il s'est 
demandé à quelle époque précise le mot ciboire a été em- 
ployé , dans le sens de vase consacré à la réserve Eucha- 
ristique, u Dans la question qui nous occupe , dit-il, il 



^ t53 — 

» serait intéressant de trouver quand a commencé . pour 
» ce qui est des ciboires , l'emploi du mot lui-même. 
» Hais la chose n'est pas facile. Il nous parait probable 
» qu'on ne s'est senri qu'assez lard du mol français 
» ciboire^ pour désigner les vases dont nous venons de 
» parler. Ce que nous pouvons affirmer, c'est que dans 
» plusieurs inventaires d'église du XIV* siècle que nous 
)» avoQSTUS, le nom de ciboire ne se trouve pas , lundis 

> que l'objet lui-même y est clairement indiqué. C'est 
1 ainsi, par exemple , que dans un inventaire de Saint- 
» Nartin-des-Champs de l'an 1B42 , le seul ciboire qui s'y 
» trouve n'est désigné que par ces mots : « Ifem^ sur le 
9 grand autel un vaisselois le corps de Notre-Seigneur 
» repose ; et est dedans une baiste d'yvoire. Pour le dire 
» en passant, il n'est pas facile de deviner s'il faut enten- 
• dre ici que l'hostie se trouve dans une boite d'ivoire 
» contenue dans un petit vaisseau , ou que le petit vais- 

> seau, contenant l'hostie, se trouve dans une boite 
» d'ivoire. La manière dont nous ponctuons montre que 
» nous penchons pour ce dernier sens. Dans un inven- 
» taire du trésor de l'église-de Notre-Dame de Paris de 

> l'an 184B, nous trouvons la mention d'un autre ci- 
» boire , mais qui n'y est i>as non plus désigné par son 

> nom propre; Item, quoddam vasjocale^ pro deferendo 
» corpus Domini in festo Sancti Sacramenti ^ argentin 
1 deauratif quod quidem jocale est insuper quodam 

> crux (sic) quam tenent duo angeli^ et est ibi insum- 
N mitate crucis ^ quidam locus de cristallo rotundus, et 
1 est sedes soupes de eodem^ esmalliatus; quod qui- 
» dem jocale erogavit defunctus magister Gir ardus de 
» Monteaculo ; et est de pondère XII marcharum ar^ 
n genti. Ainsi, c'est par les termes de vaisseau , joyau et 
» autres analogues , qu'on désigne les ciboires dans les 



— M4 - 

» inventaires du XIV** siècle. Peut-être est-ec dans un 
» ioTenlaire des reliques de la Sainte-Chapelle de l'an 
n 15S2 que se trouve pour la première fois l'apparition 
» bien franche du mot ciboire. » 

H. l'abbé Gorblet dit que l'inventaire de Notre-Dame 
lui paraît désigner un ostensoir , et non pas un cUioire, 
mais qu'il peut indiquer à M. Douet d'Areq, un texte an* 
térieur à 1551, où apparatt le mot ci6o«resouaune for- 
me un peu défigurée ; c'est une charte de 1538 citée \yàt 
Du Gange , au mot cUnnimm : c Lequel coquet a prié et 
requis à dit Adam Briflhutque son plaisir fent lui per- 
mettre de pouvoir mettre.... une lampe devant le sibom- 
gne de l'église dudit Senue. » 

Nous dirons à notre tour à ces deux savants, que si le 
mot ciboire n'a été employé en France qu'au commence- 
ment du XYI* siècle, il est certain qu'on s'en est servi 
bien antérieurement en Belgique. Nous en trouvons la 
preuve convaincante dans une épitaphe gravée sur coi- 
vre, qu'on voit encore aujourd'hui en place dans l'église 
de JoUain-Herlin , paroisse du canton d'Antoing, située 
à une lieue et demie de Tournai. 

Voici cette épitaphe : 

CM devant gist Emoul JVicart eegneur de Ballart{i) 
pour ton de Jolknn en partie^ lequels donna en tan 
M. CCCCetJXVà Ngliee, au curé et pauvres de 
Jollaùi pluêieun pièches de terre» pour Dieu et en ans- 
fnonespour le grant désolation et pauvreté en laquelle 
téglise , le curé et les paroissiens étaient pour chet 
temps lesquelles pièches de terre sont plus aplain devir 



(I) Ballart, c'est sans doate la propriété qu'oc appelle maiotenant 
la ferme Bayart. 



— M5 — 

sées ens ou missel de ckette église avou che bonnes cyro- 
grafes en sont mises ens ou ferme de Wes et de Rumes 
lequel donne Oste son frère engrea (1 ) pour ché que VIII 
obits seront faits tous les ans pour leurs âmes et pour 
leurs amis vivants et trépassés , lesquels obits sont 
signés au calendrier du messel et en la fin de^ la messe 
on devra III hotiauls de pain cuit aux pauvres. Item 
en Fan XXVI en suivant fut fait le cloquier de cette 
église pour son enortement (2) et accompli en I an 
et a dont y donna et presta grans somes de deniers ^ 
afin que on le fait en son vivant. Item en l'an XXVII 
donna XXIII couronnes pour faire la trésorrerie (3). 
Item Van XXIX fut fondue la grande cloque laquelle 
il leva (4) et y donna XXX couronnes et a dont 
fuselle faite plus grande C et L livres qu'elle 
n'était. Item en Van XXX ensuivant fut faite le 
CHIBOULB poi^r mettre corpus cbristi avouce ché plusieurs 
paintures entour les images et y donna XX couronnes. 
Item depuis l'an XXX environ le Noël que cheste es- 
cripture fut gravée augmenta moult l'église de chiens. 
— Lequel trépassa en l'an de grasce JBiiij*' et, '(5) Priez 
Dieu pour son ame afin qu'il prenne en grés le bien 
qu'il a fait chiens et ailleurs aussi. 



(i) Mauvaise orlhographe : lequel don son frère Oste agréa pour la 
raison que etc. 
(3) Enortement, sans doute pour ornement. 

(3) Trésorrerie, sacristie. 

(4) Lequel 11 leva : de laquelle cloche il fut parrain. 

(5) La date manque. La négligence des administrateurs des biens 
de l'église et des pauvres était sans doute connue du Donateur qui ne 
voulut pas leur laisser le soin de lui faire une éfiitapbe. 



— 266 — 

Voib bien une date el une variante du mot sur lequel 
la savante dissertation de M. Tabbé Gorblet a fixé l'atten- 
tion des lecteurs de la Revue de fart chrétien. Il y avait 
donc dans un petit village peu éloigné d'ici, en 14S0, un 
ciboire couvert de peintures, en émail sans nul doute, 
et ce vase sacré était appelé chdm>ulb. 

La lame de cuivre qui porte Tépitaphe du pieux 
Ernoul Wicart, placée à droite contre la muraille de la 
nef 9 était recouverte de nombreuses couches de badi- 
geon. On doit peut-être sa conservation à celte circon- 
stance qui , en nous donnant une nouvelle preuve du 
mépris qu'on faisait dans le siècle dernier de tout ce qui 
était ancien , a cependant servi, cette fois, à faire arriver 
jusqu'à nous un texte aussi précieux qu'il est soigneuse- 
ment gravé. 



SËANCE DU JEUDI 12 JANVIER 1850. 

H. le vicaire-général Voisin occupe le fauteuil. 
M. Jules Wacquez, secrétaire. 



Le procès-verbal de ta dernière séance est lu el ap- 
prouvé. 

COBRBSPONDANGE. 

Le bibliothécaire-archiviste donne communication à 
la Société des volumes et brochures indiqués ci-après , 
qui lui sont parvenus pendant le mois de décembre 
1859, savoir : 



— t87 — 

— De la part de V Académie (farchéologte de Belgi- 
que à Anvers : 

Ses Annales, t. 16% SMivraison, 1869, page 165 à 
284 , et ( sur réclamation ) même tome, 2" livraison; plus 
t. U% â' livraison. 

La 2" livraison du tome 16 renferme, page 1S7, un ar- 
ticle généalogique sur la famille de LeBidart de Thumai- 
de et , en particulier , sur le chevalier Alphonse Ferdi- 
nand De Le Bidard de Thumaide , l'un des membres 
correspondants les plus distingués et les plus zélés de la 
Société historique; article dans lequel on éuumère ses 
nombreux titres honorifiques, ses distinctions et ses 
services. 

Reçu en outre de M. le comte de Kerckhove-Varent, 
président de l'académie d'Anvers : Notice rédigée d'après 
le Nobiliaire de Belgique et d'autres ouvrages et docu- 
ments authentiques, sur la très-ancienne noble maison 
de Kerckhove , dite Van der Varent , et sur son représen- 
tant actuel M. le vicomte Joseph-Romain-Louis de 
Kerckhove-Varent , élevé en 1858 par S. M. le Roi des 
Deux Siciles à la dignité héréditaire de comte , par N.-J. 
Van derHeyden, architecte, etc., etc., t* édition. An- 
vers, 1859. Brochure de 31 pp. 

— De la part de M. De Bcsscher, membre correspon- 
dant à Gand : 

A. Pour la Société royale des beaux-arts et de littéra- 
ture de Gand : Ses Annales 1857-1858, tome 7, in-8'* de 
404 pages avec planches. 

B. En son propre nom : 1^ Un tiré à part du compte- 
rendu du congre» de 1858 , inséré dans le volume précé- 
dent. Brochure in-8<* de 188 pp. 

Ce compte-rendu du cinquantième anniversaire de la 
fondation delà Société royale des beaux-arts et de litté- 

BCLLKTIN T. VI. 88. 



— 288 — 

rature d« Gand et du congrès qui a eu lieu à eelle occa- 
sion a fait ressortir des discussions extrêmement in lé* 
ressanles sur plusieurs questions d'une haute impor- 
tance littéraire et arcbéologique , notamment en ce qui 
concerne la conservation des tombes et monuments 
funéraires ; la confection d'un inventaire analytique de 
tous les travaux historiques publiés en Belgique depuis 
1880; une publication centrale réunissant des documents 
historiques sur les arts et les artistes Belges tant an- 
ciens que modernes ; discussions qui ont été suivies de 
résolutions adoptées par le congrès. 

^ Un superbe volume in-8* de 922 pages intitulé : 
« Recherches sur les peintres gantois des l4 et 15' siè- 
cles^ indices primordiaux de l'emploi de la peinture à 
l'huile à Gand ; par Edmond de Bosscber. i Gand, 1859 
avec planches. <— OEuvre savante de cet auteur laborieux 
et inbtigable) dans laquelle on revient sur la question 
de l'origine de la peinture à l'huile, dont la première 
notion , qui était attribuée à Tournai , est maintenant 
revendiquée en fiiveur de la ville de Gand ; 

3" Rapport sur la situation et les travaux de l'acadé- 
mie royale de dessin , de sculpture et d'architecture de 
Gand, par Edmond de Busscher, membre de la direction^ 
1888-1856. Brochure in-S'^ de 43 pp. 

4** Rapport sur le même sujet et par le même auteur, 
1856-1888. Brochure in-8'* de 15 pp. 

5"* Rapport historique lu à la séance solennelle , le 30 
septembre 1858 de la société royale des beaux-arls et de 
littérature de Gand, par Edmond de Busscher , secrétaire 
delà Société etc. Brochure in-8'^ de 24 pp. 

O** Une brochure de 8 pages , sans date, intitulée : 

» Tableau des frères Van E;ck : L'a4oralion de 
l'agneau pascal » par M. E. de Busscher , membre de 
l'académie royale de Belgique. 



— ^59 — 

-*- De la part de la Société des Antiquaires de la 
JUorinie : 

Son Bulletin historique^ 8* année, 31«ct 33" livraisons. 
Juillel-Décembre, 1859, in-8% pages 701 à 768. 

— De la part de M. Didron, aiué, à Paris : 
Annales archéologiques^ t. 19**, 5' livraison. 

— De la part de la rédaction : 

Revue catholique, 6° série, année 18^9, W livraison» 
Décembre 1859. 

— De la part de la rédaction : 

Journal de ^imprimerie et de la librairie en Belgi- 
que, 6** année. 18S9. N" 11, novembre. 

— De la part de l'auteur : 

Jetons du comté de SainUPol^ par R. Ghalon. Bru* 
xelles, 1869. Brochure in-S** de 12 pp. avec planche. 

— De la parttie Tauteur, M. Albert Toanss, ingénieur 
de !'• classe des mines , président du Cercle archéologi- 
que de Mons, chevalier de l'Ordre de Léopold, etc. : 

1* Mémoire sur l'introduction et l'établissement des 
machines à vapeur dans le Hainaut^ par A. Toiliex, con- 
ducteur des mines, couronné x>ar la Société des sciences, 
des arts et des lettres de Hainaut, le 14 mars 1856. Mons. 
Brochure, in-d*" de 44 pp. 

2"" Note sur le serrement horizontal en maçonnerie 
construit en 1848, au puits n** 8 de la mine de la Gossette 
à Quaregnon , par M. Toiliez^ sous-ingénieur au corps 
des mines. Bruxelles, 1846. Brochure in-8*' de 10 pp. avec 
planche. 

8*" Rapport sur les antiquités trouvées à Presles , par 
le même. Kons, â8 septembre 1881. Brochure in-8'' 
de 5 pp. 



— 1«0 -- 

4* IfoUce sur les antiquités GaUcnRomaines trouvées 
à Brunehault-Liberchies , provinee de Ibinaut , par 
Albert Toiliei. Hons, i855. Brochure iu-8* de 16 pp. 
a^ee plaache. 

5* jr^iiioA*0 sur les terrains tertiaires de la Belgique et 
de la nandre française ; de sir Charles Lyell , etc., tra- 
duit par HH. Ch. Lehardy de Beaulieu et Albert Toiliez. 
Bruielles, 1856 , toI. in-8" de 150 pp. avec planche et 
vignettes. 

6* Notice sur des antiquités Gallo-Romaines et fran- 
ques trouvées dans le Hainaut , par Albert Toiliez. Mons, 
1867. Brochure in-8* de 26 pp. (non paginées) avec 
planches. 

7* Noike sur une médaille relative à la peste de Mons 
de i616 à 1616, par le même. Mons, février 1856. Bro- 
chure in-8* de 7 pp. avec fig. 

8* NoUce géologique et statistique sur les carrières du 
Hainaut, par Albert Toiliez, ingénieur, etc. Mons, 1858. 
Brochure in-8* de 83 pp. 

Par suite de l'échange proposé et accepté des publica- 
tions de la Société contre les archives historiques et litté- 
raires du nord de la France et du midi de la Belgique , 
par H. Arthur Dinaux , le bibliothécaire-archiviste a 
reçu ces dernières comprenant, pour la â* série (la f 
étant épuisée) les tomes I à VI et, pour la 3* série, les 
1. 1 à Y, plus les â premières livraisons du t. YI, ensem- 
ble onze volumes in-8* d'un peu moins de 600 pages 
avec planches et deux livraisons. Les publications de 
Ja Société historique avaient été préalablement expé- 
diées. 

H. BonèftB donne lecture de notes qu'il a recueillies 
sur les personnages qui occupent dans l'histoire de notre 



— M\ 



ville une place distinguée. Il se propose de continuer 
son travail et de rédiger à l'aide de ces éléments une 
notice qui sera insérée dans le volume des Bulletins en 
cours de publication ou dans le suivant et envoyée à 
M. le Gouverneur pour satisfaire à la circulaire qu'il 
nous a adressée. 



JU. le vicaire général Voisin fait la communication 
suivante : 

DRAMES LITURGIQUES A TOURNAI. 

M. Deschamps de Pas a trouvé dans un manuscrit de 
la bibliothèque municipale de Lille, côté n"" 62, un extrait 
de ce qu'on appelait à la cathédrale de Tour nay le livre 
de la fabrique. Ce volume que j'ai vainement cherché et 
que je crois perdu , contenait les cérémonies usitées dans 
cette église pour la célébration de certaines fêtes, céré- 
monies maintenant supprimées et auxquelles M. Didron 
a donné le nom de Drames liturgiques. Le manuscrit de 
Lille traite minutieusement de tout ce qui devait se faire 
pour la célébration de la messe d'or , le mercredi des 
quatre-temps de^'avent, dont Pierre Cotrel, chanoine 
de Tournay^ fit, dix ans environ avant sa mort, une fête 
triple. H. Deschamps de Pas envoya une copie du céré- 
monial heureusement conservé dans la bibliothèque de 
Lille à M, Didron qui l'inséra dans le 17^ volume des 
Annales archéologiques^ pages 164 à 169. Le savant di- 
recteur de cette publication rappelle à cette occasion les 
nombreux articles qui ont déjà paru sur ce sujet dans les 
Annales , et qui attestent les recherches qui ont été faites 
par MM. Félix Clément, les barons de Roisin et de Lafonl 
Melicoq , de Coussemaker et autres pour faire connaître 
les touchantes cérémonies du moyen-âge. u Les sujets 



- 26î - 

» seul|)lés ou peints dans nos églises da moyen-âge^ 
n dît-il, étaient en outre représentés par des personna- 
» ges dans les églises niômcs , soit en dehors des ofi^es , 
» soit comme partie intégrante du culte , pour ainsi dire« 
» Toute scène religieuse était , si l'on peut parler ainsi, 
» bâtie, sculptée, peinte, cbanlée, mimée..., en sorte 
H qu'elle prenait le Fidèle tout à la fois par le toucher , 

> par la vue et par Touïe. Il u*y avait pas jusqu'à l'odorat, 
» jusqu'au palais qui ne fussent affectés, impressionnés 
» d'une manière toute spéciale par les parfums et les 
» aliments qui entraient dans l'accomplissement de plu- 

> sieurs scènes religieuses, surtout de la nativité du 
» Sauveur , à l'adoration des Mages , aux noces de Cana , 

• aux offices du Jeudi-Saint, à l'ensevelissement du Ghris^ 

• le Vendredi Saint. 11 n'y a pas d'art qui ait été aussi 
» complet, aussi parfait que l'art chrétien du moyen-âge; 
M tout homme était façonné et pétri par cet art , non- 
» seulement dans son cœur et dans son intelligence , 
1 mais encore dans ses cinq sens. » 

Nous sommes loin de ces temps heureux où la foi cher- 
chait à se repaître de ces pieuses et naïves représenta- 
tions. Le paganisme qui vint 9 il y a plus de trois siècles 
déjà , faire une guerre acharnée à l'art chrétien^ et qui s'y 
substitua si complètement que vous ne retrouvez qu'avec 
peine, dans toute l'Italie, des vestiges de l'iconographie 
chrétienne du moyen-âge, le paganisme, dis-je, sorti vic- 
torieux de cette lutte a remplacé le spiritualisme, tout à 
la fois simple et sublime des temps anciens, par un réa- 
lisme qui ne tend qu'à satisfaire les sens , qu'à présenter 
aux yeux les formes gracieuses de la chair. Il y a deux 
cents ans que la représentation des Drames liturgiques 
est devenue impossible. 

Lorsque le chanoine Gottrel fit sa fondation, toute la 
population Tournaisienne était avide du spectacle édi- 



— 26â -^ 

fiant qui lui était offert le jour où Ton chantait la messe 
de Mtssus, C^était non-seulement le peuple qui encom- 
brait les vastes nefs de la vieille cathédrale , mais toutes 
les autorités de la ville s'y rendaient. Le pieux fondateur, 
qui voulait sans doute perpétuer un usage si louable et 
si édifiant , appelle à recevoir des présences^ l'évéqoe , 
son suffragant , les abbés de Saint-Martin et de Saint- 
Nicolas f le gouverneur du château et de la ville , son lieu- 
tenant ^ le bailly du Tournaisis , sou lieutenant, les deux 
prévôts^ les deux mayeurs des échevins tant de la ville 
que de Téchevinagc de Saint-Brice, le souverain doyen 
des doyens des métiers, etc., eh bien, dès 16!20, la céré- 
monie dramatique de la messe de Missua dut être suppri- 
mée. Les actes capitulaires attestent qu'à cette époque le 
peuple ne voyait plus dans cette représentation qu'une 
scène profane , et que la pétulance des enfants et le tu- 
multe dans la cathédrale étaient tels qu'il fallût se conlen 
ter de célébrer purement et simplement la messe solen- 
nelle en acquit de la fondation. 

Ce ne fui point assez : comme cette messe se célébrait 
après les matines, on continua d'y assisler sans recueille- 
ment , et le tumulte qui s'y faisait obligea le chapitre, en 
] 640, de différer la célébration de celte messe jusqu'à 
neuf heures du matin. C'est l'heure à laquelle elle se 
chante encore maintement avec les ornements , recou- 
verts de grosses broderies d'or, donnés par le fondateur. 

Voici le texte du cérémonial observé en la cathédrale 
de Tournay pour la célébration de la messe d'or. J'en ai 
mis la traduction en regard. (1). 



(1) J'ai corrigé quelques fautes qui se sont glissées dans les Anna" 
les archéologiques. C'est à M. de Gousse maker qui a bien voulu revoir 
le manuscrit de Lille que je dois de pouvoir donner un texte plus 
exact. 



Sequunlur cérémonie el modus observandus pro celc- 

bralione misse (i) Hisses bst Gabbiel'Akgilcs, etc., 

Tulgariler dicte Auree Misse quolibet anno in cboro ec- 
desie Tornacensis decantande feria IV (2) ante fèstum 
nativitatis Domini nostri Jésa-Ghristi , ex fundalione 
▼enerabilis iriri magistri Pétri Golrel, canoniei dicte 
eeclesie Tornacensis et in eadem archidiaconi Brugensis, 
de licentia et permissiône dominorum suorum decani et 
capituli predicte eeclesie Tornacensis. — Primo , feria 
tercia posi decantationem yesperarum disponentur per 
carpentatorem eeclesie in sacrario chori dicte eeclesie 
Tornaeensb , in locis jam ad hoc ordinatis et sibi opposi- 
tis , duo slallagia , propter hoc appropriata , que etiam 
omabantur cortinis et pannis sericcis ad hoc ordinatis 
per casularium jam dicte eeclesie, quorum alterum, 
iridelicet quod erit de latere épiscopi, serviet ad recipien- 
dam beatam ViaGiNEM Marum, et alterum stallagium 
ab illo oratorio oppositum , quod erit de latere decani , 
serviet ad recipiendum et recludendum Angelum. — 
Item similiter eodem die deputatus ad descendendum die 
sequenti columbam^ visilabit tabeniaculum in altis caro- 
lis dispositura, disponet cordas, et parabit instrumentum 
candelis suis munitum per quod descendet Spiritus 
Sanctus in specie columbe, tempore decantationis ewan- 
gelii^ prout postea dicetur , et erit sollicitus descendere 
cordulam campanule , et illam disponore ad stallagium 
Ancbli, ad illam campanullam pulsandam suo tempore, 
die sequenti , prout post dicetur. — Item in crastinum, 
durantibus matutinb, magistri cantus erunt solliciti quod 



(1) Dn mot est effacé dans le manoscrit. 

(2) Dans les annales, il a, par erreur , ferià X. 



— 265 — 

S'ensuivent les cérémonies et ce qu'il y a à fiiire pour 
la célébration de la messe ISissus est Gabriel Ange^ 
lusetCj vulgairement appelée la messb d'or, qu'on a 
coutume de chanter chaque année au chœur de la cathé- 
drale^ le mercredi des quatre-lemps avant la fête de 
Noël, en acquit de la fondation de vénérable homme 
mailre Pierre Gotrel, chanoine de ladite église deXour- 
nay et de plus, archidiacre de Bruges , dans la même 
église, du consentement et avec la permission de mes- 
sieurs les doyen et chanoines de la prédite église de 
Tournay. 

Premièrement, le mardi après vêpres le charpen^ 
kier de ladite église disposera dans le sanctuaire du chœur « 
aux endroits qu'on lui indiquera, deux écbafauds oppo* 
ses l'un à l'autre et appropriés pour la cérémonie de la 
fêle. Ils seront garnis de rideaux et revêtus d'étoffe de 
soie, par les soins du chasublier de l'église ; l'échafaud du 
côté de Févêque servira à recevoir la bienheureuse vierge 
Marib et celui du côlé du doyen servira à recevoir et à 
renfermer rÂNGB« 

Item le même jour, celui qui est chargé de &ire des- 
cendre le lendemain la colombe , visitera la cellule con- 
struite dans la haute galerie du chœur , préparera les 
cordes et disposera l'appareil muni de chandelles , au 
moyen duquel, il figurera la descente du Saint-Esprit 
sous la forme d'une colombe , pendant qu'on chantera 
l'évangile, comme il sera dit ci-après. 11 aura soin de 
faire descendre la petite corde de la clochette vers Técha. 
faud de I'ângb , afin qu'on puisse de là sonner le lende- 
mckin cette clochette au' moment convenable , comme il 
sera tout à l'heure expliqué. 

Item le lendemain, pendant les matines^ les maîtres de 
chant auront soin de faire choix de deux enfants ayant la 

BULLETIN T. VI. ' S4« 



d«o JQfenet , faabcnles toees dulélb et allas, prepareniur 
in ihBBMmm , boatio ekiiso \ onus ad modom VraGims 
•eo regine , et aller ad modtftii AmKu , qvftiis provi- 
deUtar de omnentto et aliis neeeMariis propter bo<S ; 
fer fimdatoreni , datia et erdinath. — Kem posl decatï- 
talâeiiein aeplinie leetioniâ iBâtiitiiiantm , aecedent dtio 
jtttenee, Mâautf videlieet et AaaBLtJM représentantes, 
aie parati de praKfiet« lAiesttttnititt , ad eherum intrando 
pef majus healmm dieii ehori , dtiabus thedia ardenlibus 
peeeedentiboa : Kawa TideKeet per htas doinini Ep»^ 
eopi , in manibas porlans horaa pulchras , et Aifcstes per 
ktna denini decani , porlana in aaanu deilra seeptroin 
argentenm deaorAt»m ^ et sic «aorosè progredientur, cm» 
aoiaMagiitmdfreetoribua, nsqtfe ad summtim altare; 
abi^ gnaâmafteilB, fiitident ad Dominum orationem. 
Qna fieia; pr^predieiitor dfeti javenes quîHbet ad locnid 
iUiiBt , Hàaii f idelieet ad stalIagitHii de parte episeopi, 
pge p Ar à tnin , eiitti* soc magistro direetore , et AiraEius ad 
alidd alAlhtgiuln de parle decani similHer preparatmn , 
etiam cam suo alio magistro direetore, et uUqae eortitiié 
daa^. Geram qtribus stallagiis remanebunt predîele 
thede , ardentes usqne ad finem misse. — Item cferiel 
diesaaratié, daranlibus oclava et nona leetionibus ma- 
mtinaram , preparabuùt majos allare solemniter, ut in 
tripHeibus festis, et omaesf candele eircamqnaque cho- 
fttiÀ saerarinm (1) de Rokemes^ et in corona nova eiii^ 
tentés aceendentur. Et elerici revesliariî providebant 
quod presbyler , dyaconus, subdiaeonus^ eboriste, corn 
l^ieris reTestitis , aint parati, in fine bymni Te Beum , 



(f) ÔQ à imprimé dans les annales saerarum au lieu éesaerarium. 



^ 2*7 - 

voix 4qii<)0 ei fort haute pe«r leur foif e reirétir à ia tr^^ 
rerie,àbuîâ clos» à Vun un cortmata de reine, pour repf4^ 
aenlar h SMwnt ViMbe, el h reulredea f ^teoieiHe pear ra^ 
préseutier I'Asigs. On moUm à lettt dtspeeîtîon 1^ ome- 
menU, et toutes le» ebD6e« nécessaires à eet effet>qtt^ 
données le fondateur luî^nartaae^ 

}iNn après le chant de la sepiièoie le^en des matins, 
les deiix jeunes gens représmlant MAinet PAnas, pré^«> 
rés comme il irint d'être dil , parin*onl de la trésoi^rie, 
entreront dans ie ebesur pat la porte principale, préeé^ 
dés de deux torches ardenlea, Hàeib se tenant du eM éo 
Téfâque^ ayaolen main un heau Uvre d'heures, eli'Ai«a* 
du e^du doyeni periiani de la main «broit» un seeplre 
d'argent doré* Ils s'itvâaoenmt.ainai lentemenl, dirigés 
re$^pectiTenient par ^leur nalljNs , jusqu'au miMre autel, 
où ils s'agenouilleront et Hsreiat leur priera; aprè» quel; 
les deux jeunes gens iwuï «diacun à la place qui leur eel 
destiné^ c'eat^^dire qne llAiaiaBiontera, aYceeen nattre 
directeur, sur l'écha&ud ducAté de l'éiéque, et qne VAmm 
ira se placer, pareillement avec eon mettre^ sur Fa«trb 
tribune préparée du côté du doyen ; puis^ on fimnera les 
courtines. 

Les deux porle-torebe se placeront devant chaque 
tribune, jusqu'à la fin de la messe. 

Ilsm pendant qu'on chantera la huitième et la nen*- 
viëme leçons des matines , les clercs de la trésorerie pré- 
pareront le maître autd, comme en le &it aux aolemnilés 
des triples majeurs. On alliunera toutes les chandelles 
autour du chmur, celles de Bekemés (1) M eelk» qui MMlt 



(1) On appelai! ehandril^i de Boii9^, Jhemnwim 9 Mokmèt, 
des cierges au nombre de 20 qu*on plaçait sur lelfflf (trabs) 



— Î68 — 

pto oiMM decantanda; ila qood nuUa ait pausa inter fi- 
nem dieli himpni Te Dêum et missam. Et in fine pre- 
dicle miase ait paratus presbiter ebdomarios cantandi 
^enom « Orapro nobiê, « et deinde , c Detu m adju^ 
torhim » de laadibus^ illas perfieiendo per chorum , et 
in fine psalmi, « DeprofundU » , dicendi in fine matu- 
tinarum , more consueto , adjungetur collecta, c adju-^ 
va no», » pro fandalore , ultra colleetam ordinariam. — 
Item, eum celebrans aecesserit ad majus allare , pro inci- 
pienda missa , et ante Con/iteor immédiate cortine cir- 
eamquaque oratoriiim Ynonnf aolum aperientnr ; ipsa 
Ynanm altente orante et ad genua eiistente suo libro 
apertOi super puWinari ad hoc ordinato, Angeh adhnc 
semper elauao in suo stallagio rémanente. -* Item cum 
cantabitur Ghriàmexcelsi» Beo , tune cortine stallagii, 
in quo erit AiiaBLiJs , aperientur. In quo stallagio stabit 
dielus Ahoblus erectus , tenens in manibus suis suum 
•ceptrum argenteum , et nihil aliud faciens, quousque 
fuerittempus cantandi ewangelium; nec intérim iaciet 
Viaao aliquod signum i^idendi dictnm Anoeloh, sed, 
submissis oculis , erit semper intenta ad èrationem. — 
Item cum appropinquaverit (1) tempus cantandi dictum 
ewangelium, diaconus cum subdiacono, pueris cum oan- 
delis et cruce precedeutibus , progredientur ad locum in 
sacrario sibi preparatum et cantabit ewangelium : Missus 
eêtCrobrielj et etiam cantabunt partes suas Hàrià et 
Akoslus prout ordinalum et notatum est in libre ad hoc 
ordinato. — Item cum Angélus cantabit bec verba ewan- 
gelii, Av6j graiiaplenaj Dominus tecum , &ciet très ad 



(1) Dans les annales^ il y a appropinquerit , mais le maDuscrit 
porte appropinquaverit. 



--1 



- 269 — 

placées sur la nouvelle couronne. Les clercs du reveslîaire 
feront en sorte que le célébrant , le diacre , le sousdiacre, 
les choristes et les enfants revêtus soient prêts à la fin de 
rhymne Te Deum à commencer la messe , de manière ^ 
ce qu'il n'y ait pas d'interruption entre la fin du Te 
Deum et la messe. 

A la fin de la messe, l'ebdomadaire se tiendra prêt à 
chanter le verset : orapro nobis et ensuite Deuê m adju- 
tarium pour commencer laudes, que le chœur achèvera. 
L'ebdomadaire, après le Psaume ihprofundis^ qu'on doit 
dire comme de coutume à la fin des matines, ajoutera à la 
collecte ordinaire l'oraison adjuva na^pour le fondateur. 

Item lorsque le célébrant s'approchera du mailre autel 



derrière le mattre aatel. Cette poutre à Tournaj . comme dans beau- 
coup d'autres églises, était revêtue d'argent. 

Rokemes est le nom d'une seigneurie située k Sailly et k Toufflers, 
donnée auXIl^ siècle par Gilles de Haudion , chanoine de Laon, pour 
le luminaire du tref. 

Voici la n^ention qui est faite dans le Martyrologe du Réfectoire 
doceue fondation : 

VI IdusAugusti ipso die obiit vir nobilis, ifiGTDics db Haudior» 

canonicus Laudunensis qui, de suis reddiiibus quos habebat apud 
Jt^eommef.ampliavit luminare in hàc ecclesià retrbmajus altare, et de 
eisdem reddiiibus instituit distributionem fieriin annitersariosnoetc. 

Le VI des ides d'août...... Le même jour est décédé noble homme 

Gilles de Haudion, chanoine de Laou, qui en disposant des revenus 
qu'il avait à Recommès, augmenta le luminaire placé en l'église der- 
rière le maître autel. Il fonda, sur les mêmes revenus, une distribution 
k faire le jour de son anniversaire, etc. 

Gilles de Haudion, d'après le Liher Deeani, serait mort en 1225. Cette 
date est probable, car après lui se trouve inscrit au Martyrologe, en 
caractères moins anciens, Guillaume de Hainaut, évéque de Cambray, 
mort aussi le 8 août, vers t206. 



— Î70 -^ 

ViMim aalttUUoiiat : primo ad iBud Ycrbirai^ Am, 
humiliabil se laoi ^pîte qiiwi eorpore | paei «aroM se 
eievaiido ; et ad iUa verba, « graiia plèma » fiMàet seeun* 
dam humiliatiouem, fleelendomediecriler genua sua , se 
postea refevmidQ ; el ad illa rerba y Dmninuê iâcum, ^nm 
canUbit eum gratitale el morose, lune faeîet tertiam himit» 
Ualionem ponendo gen«a uaque ad lerram, elfinita claa- 
aula, atturget, Vuauia iiUerim se non move»ie. Sed dnm 
Haau Ynao eanlabîl ^Qmmodofief ûtel ^^ aaaiiiget 
et vertel modicum beiem snam ad Amaxuix eum gravir 
tsle et modeslia, non aKier se movendo. £t di»m cania- 
bil Anbilcs « SpirUm »aneiu$ êupemenmtin te^ ele« n, 
lune Aaaiujf verlet iaeiem suam Tersus colmnham, illam 
ostendendo, el subito descendet ex loco in allis earolis 
ordinale, eum eandelis in eireuituipsius ardenlibus, ante 
slallaginm sive oratorium Ynoniis, ubi remanebil^ usque 
post ttlUmam « Agnmê Bti^ qno deeantato, revertetar 
ad loeum unde deseenderat. — Item magîster eantûs, 
qui erit ordinatus in slallagîo Anaixi , sil Taldè 3oUiciius 
pro prima, (1) vice pulsare campanam in ^lis caroliSt 
respondentem (â) ininilio ewangelii> ut lune illô qui 
iilic erit ordinatus ad descendendum columbam sit pre« 
advisalus et preparet omnia necessaria et candelas ac- 
cendet. Et seeunda vice sit valde ^ollicilus pulsare dic- 
lam campanulam, iU quod précisé ad iUudverbuxn, 
^SpirUut, Eonciuê»^ deseendat ad Ynonoai eoIund>a 
ornata (3) eandelis aeeensis; et remaneat ubi descende^ 
rit, usque ad ùllimum, « Agnus Dei^ decanlalum prout 
dictum est. El tune idem magister.canlus ilerum pulsa^ 



(f ) C'ast (>ar erreur qu'on • iaiprUné duas Im onnoU» prapria, 

(2) Baspondentem et non rêipondanta, 

(3) C^lumba omata, c'est encore par erreur que Ton a mis colum- 
ham brnatam dans les anfuUss. 



— S74 -^ 

pour commencer la roes6e , qq ouvrira avanl le Confileor 
toulesles courtines de la tribune cie h Vibb», biquciie 
I)araitra à genoux priant déyolemeat et ayant son livm 
ouvert, sur un cousin placé devant elle; mais lia tribun* 
de VAmgb demeurera encore fermée. 

Item, lorsqu'on chantera lo Gloria in exçebà Ôea^ les 
courtines de la tribune de TAngb s'ouvriront^ Vhmn 
sera debout, tiendra en main son s^ptre d'atgieni e| gat;- 
dera cette position jusqu'au moment de. clp^aQler Vévaur^ 
gile. La Yurge ne fera rien pour voir I'ânoe , mw eUo 
' aura les yeux baissés et paraîtra attentive à son oraîami. 

Item lorsque le moment sera venu de ehanler l'évau-* 
gile , le diacre et le soudiacre^ précédés des acolylhes et 
de la croix, se rendront au lieu préparé à ce4te fin dans 
le sanctuaire. Le diacre chantera l'évangile Misius êrt 
Gabriel^ et Marie et I'ânqe chanteront leur partie. ooi»m« 
elle est arrangée et notée dans le livre qui wsert à cette 
cérémonie. 

Item lorsque I'ânge chantera les paroles de l'évangile 
Ave^gratiaplena Dominais tecum^ il fera trois inclination! 
à la YiERca : premièrement, au mot Ave , il inclinera h 
tête et lé corps et se relèvera lentement ; puis à ces paro« 
les i gratta plena, il fera une seconde inclination, fléchis^ 
sant faiblement les genoux ; s'étaut relevé à ces paroles 
Dominus tecum^ qu'il chanteraavcc beaucoup de gravité, 
il fera une troisième inclination en posant les genoux en 
terre, et ne se relèvera qu'après avoir achevé le verset* 
Pendant ce temps, la Vierge ne bougera pas^ mais lors- 
qu'elle devra chanter Quomodo fiet tsfudy elle se lèvera , 
se tournera un peu vers I'Ange, avec gravit^ ei modestie, 
sans faire aucun autre mouvement. Lorsque l'AMaB ehan-* 
tera^ar/Zi» êonctus Éupervemel f*ii à», il se tournera du 
côté de h colombe et la monlrcra. Aussitôt la coloiûbe 



- «i - 

bit pro terUa ^iee camdem campanulam , ut reverlatur 
eotumba unde descendent. Et sit, ille disponeiidus vel 
deputandua ad deaceudeudam (1) dictam columbam, 
bene preadvisalus de supra dicta triplici pulsatione et 
quid queiibet significabil ne sit in aliquo defectus. — 
Item predicti , diaconus , Maaià et âmgblus coinplebuut 
totum ewangelium in eodem tono prout cuilibet sibi corn- 
petit, et ewangelio finilo reponet se Maru ad genua et 
orationem , et ângelus remanebit rectus , usque in finem 
misse , hoc ezeepto, quod in elevationc corporis Ghristi 
ponetseadgenua. — Item posteàperficieturmissa, Maria 
et Angelo in suis stallagiis, usque in fine permanentibus. 
— Item missa finiia, post c lie missa est >• , Maru et Ak- 
GMLus descendent de suis stallagiis et reTcrtentur cum 
reliquis et rcvestitis usque ad revestiarium prediclum 
eoram , flambellis precedenlibus , in quo revesliario 
presbiter celcbrans cum predictis revestilis Maria et An- 
GBLO dicel psalmum t De profundis > , prout in choro 
cum adjectione collecte « adjuva » pro fundalore. — 
Item fiet missa per omnia , ut in die Annuneiationis do* 
minice cum sequentia sive prosa, « âfttttt ad Virgtnem » , 
cum organis et discantu prout in triplicibus. — Item 
XXVn candelarum ponderis cujuslibet unius libre cere 
in corona eiistente in sacrario choro ponendarum tem- 
poreprimarumiresperarum,matutinarum, summe misse, 
et secundarum vesperarum solemnitatis die venerabilis 
sacramenti. n (2) 



(I) Il y a dans les annale» dettruenàam ; mais le manuscrit porte 
daseendendam. 

(9) Ce dernier paragraphe, que nous donnons comme \e% annales^ 
renferme une grosse faute et ne concerne pas la messe d'or. 



— Î7i ~ 

descendra la haute galerie, entourée de cierges ardents, et 
viendra se placer devant le prie-Dieu de la YiBRaB pour 
y demeurer jusqu'au dernier Agnus Dei^ et remonter 
lorsqu'il aura été chanté* 

Item, le maitre de chant, qui sera sur l'échafaud de 
Tângb, aura grand soin de sonner la petiteucloche placée 
dans la haute galerie , la première fois précisément au 
commencement de l'évangile, afin que celui qui doit 
faire descendre la colombe, soit averti à temps pour pré- 
parer tout ce qui est nécessaire, et pour allumer les cier- 
ges. Il sera de même fort attentif pour sonner la seconde 
fois la clochette^ pour qu'au moment précis où l'on chan- 
tera Spiritus sanctus , la colombe ornée de ses chandelles 
descende vers la Vierge et demeure devant sa tribune 
jusqu'après le chant deV Agnus Dei^ selon qu'il a été dit. 
Pour lors, le même maitre de chant sonnera pour la troi- 
sième fois la clochette, et la colombe remontera au lieu 
d'où elle était descendue. 

Celui qui sera chargé de faire mouvoir la colombe, devra 
être bien averti de la signification de ces trois coups de 
sonnette, afin qu'il ne commette aucune surprise. 

Item les précÛls diacres^ Marie et I'Ange chanteront en- 
semble tout l'évangile sur le ton qui est noté pour leur par- 
tie respective. Après l'évangile, Marie se remettra à prier 
à genoux , et I'Ange se tiendra debout jusqu'à la fin de la 
messe, en s'agenouillant cependant à l'élévation du corps 
du Seigneur. 

Ilem la messe s'achèvera Marie et I'Ange demeurant 
l'un et l'autre dans leur tribune. 

Item après la messe, après l'Ae miêsa est ^ 'SLk^n et 
I'Ange descendront de leur échaiaud et retourneront à 
la sacristie avec les officiers et les enfants revêtus, précé- 
dés de flambeaux. Au revestiaire le prêtre célébrant dira 

BULLITIN T. VI. 85. 



— VIA - 



le Piaume de profttmdù atee les revêtus Marie et VAksk, 
el il y ajoutera la eolleele Adjuva pour le fondalear. 

Ilem la messe se célébrera en tout point de la même 
manière que le jour de l'Annonciation avec la séquence 
ou ptOÊdMiitil ad Virginem^ avec orgues et contre-point, 
comme aux fêtes triples. 

Item on mettra vingt-sept chandelles, chacune do 
poids d'une lirre, sur la couronne du sanctuaire pendant 
les premières yespres , les matines , la grand'messe et les 
secondes vêpres de la solemnité du très-saint Sacrement. 

Yoici les passages de l'évangile qui étaient chantés res 
pectivement par le diacre, l'AiiaB et BlAin. 



DUCORUS. 

Is lllo teaipore : Misses est An- 
OIL1I8 GAsain. à Deo in civiuisn 
Galilaeae, cui nooieD Naureth^ad 
ViasiMBM despoDssUm viro » cui 
nomen erat Joseph, de domo Da- 
vid , et nomen Tnsuf n Masia. 
Bt ingressns Ahsblus ad eam 
diiit : 

Ahsblus. 

A?e, gratii plena : Domiaus 
tsevm : Besedicla ta in mnlie- 
rUMM. 

DUCONUS. 

Qoae cum aadiaset, turbala est 
In sermons ejos, et cogitabat qua- 
Us easet isla salnUUo. Et ait Aa* 
•ILUS el : 

Ansblcs. 

Ne Umeas Mabia, învesisti 
enim gratiam apud Deum : Eccs 



Le DUCBB. 

En ce temps-là, rÂHoaGABSiBL 
fut envoiféde Dieu en uneviUe de 
Galilée appelée Naearelb , à une 
ViEESB qu'un homme de la mai- 
son de David, nommé Joseph, 
avait épousée, et cette VnasB 
s'appelait HAa». L'Ahob , étant 
«ntréoheUe était, tel dit: 

L'Ansb. 

Je vous salue, pleine degrSce: 
le Seigneur est avec vous; vous 
êtes bénie entre toutes les femmes. 

La Diacbb. 

Mais elle, l'ayant entendu , fat 
troublée de ses paroles et elle 
pensait en elle-même quelle peu* 
valt être cette salutation. L'Absb 
lui dit : 

L'angb. 

]He craignez point, Mas», car 
voua aves trouvé gr&ce devant 



ÎIS — 



conçipies in ulero . et paries fi- 
Ham, et vocabis nomeo ejus 
Jbsuv. HIc erit magnus, et Fiiius 
AUissimi vocahitur, et dabit illi 
DomlousDeus sedem David patris 
ejus : et regoabit io Domo Jacob 
in aetemuiD, et rcgoi ^us non 
erit finis. 

Maria. 

Quomodo fiet istud, quoniain 
virum non cognosco? 

DiAcoNoa. 
Et respondens Angélus diiit ei : 

Anoblus. 
Spiritas sanetos superveniel in 
te, et virtus Ailissimi obumbrabit 
tibi. Ideoqne et quod naseetur ex 
te Sanctum, vocabitar Fiiius Dei. 
Et ecce Elisabeth cognata tua, et 
ipsa eoncepit filium in senectute 
suA : et blc mensis sextus est itli 
qu» vocatur sterilis : quià non 
erit impossibîle apud Denm omne 
Terbum^ 

DUÇOKBS, 

Dixit autem Maria : 

Maria. 

Ecce ancilla Domini , fiât mihi 
secondum verbun tuum. 



Dieu. Vous conceTrei dans votre 
sein , et vous enfanterez un fils, k 
qui vous donnerez le nom de 
JÉSUS. Il sera grand , et sera ap- 
pelé le Fils du Très-Haut. Le Sei- 
gneur Dieu lui donnera le trôn« 
de David son père» Il règneraéter- 
nellement sur la maison de Jacoh, 
et son règne n'aura point de fin. 

Marib. 

Gomment cela se fera*t-îl ? H 
ne connais point d'homme. 

Lb Diacrb. 

L'Ange lui dit : 

L'ÂNGB. 

Le Saint-Esprit surviendra en 
vous , et la vertu du Très-Haut 
vous couvrira de son ombre ; c'est 
pourquoi le fruit saint qui naîtra 
de vous sera appelé le Fils de 
Dieu. Ainsi je vous annonce qu'E- 
lisabeth , votre cousine, a conçu 
un fils en sa vieillesse, et c'est 
ici le sixième mois de celle qui 
est appelée stérile, parce qu'il 
n'y a rien d'impossible à Dieu. 

Lb Diacrb. 

Alors Marib dit à I'Anob : 

Marib. 

Voici la servante du Seigneur, 
qu'il me soit fait selon votre pa- 
role* 



Pour ne rien omettre de ce qui eoneerne la célébration 
de la me$$e d^or à la cathédrale de Teumay , nons de- 



— 276 — 

TOOi donner on extrait dacarlolaire 0^ fol. 117 où sont 
détaillées les fondations de Pierre Golrel. 



S'ensiÛTont les ordonnances de vénérable et discret 
sieur monsieur maître Pierre Gotrel , juré licencié , cha- 
noine prébende et archidiacre de Bruges en l'église de 
Toumay , touchant les fondations qu'il a faites en 
icelle^ etc. 

Et primes, a ledit sieur ordonné et fondé la messe ^udit 
Misfus être célébrée et chantée chacun an^ au grand 
autd du chœur à icelle église, ferià quartà quatuor temn 
parum, atUe festum naiiviiatis Christtj en telle révé- 
rence , cérémonies et manière qu'elle a esté de longtemps 
encommencée et jusques à présent continuée , ainsy que 
le tout est assez déclaré au livre estant es mains de la 
ferme de ladite ^lise. 

Item outre la distribution accoustumée estant fidte au- 
dit chœur , assavoir à messieurs les chanoines et aux 
vicaires , à chacun de VI gros, et aux autres de III gros, 
et aux enfants habitués et parens dudit fondateur, estant 
présens à ladite messe , à chacun une miche de cent à la 
rasière ; plus a ordonné que si Révérend Père en Dieu 
monseigneur l'évèque de Toumay estait présent à iceUe 
messe , que double portion lui soit donnée , à savoir 
XII gros ; item à son soffragant, aussi s'il était présent, 
VI gros. 

A messieurs les abbés de Saint-Martin et de Saint- 
Nicolas , s'ils sont présens , à chacun VI gros. 

Item , ;à messieurs les gouverneur du château et de la 
ville et son lieutenant, à monsieur le bailly du Tournai- 
sis et à son lieutenant , à messieurs les deux prévosts , 
messieurs les deux mayeurs des échevius tant de^ que 
de delà l'Escaut , au souverain doyen des doyens , à cha- 
cun , estant présent, VI gros. 



— 277 — 

Item , les diacres , sous diacres , choristes , chanoines , 
qui auront aussi chacun VI gros, oulre leur distribution, 
ordinaire du chœur qui est de VI gros comme dit est. 

Item les enfons qui auront assisté à la messe ci-dessus 
deJKfssus, Hâru etTÂNOB Gabriel, auront distribution 
à ladite messe de JUtssus, comme chanoine à savoir cha- 
cun VI gros, et les deux maîtres , qui les assisteront sur 
leurs échafaux , auront chacun III gros , sans préjudice 
de leur distribution ordinaire du chœur. 



il eût fallu pour compléter la publication du drame 
liturgique de la messe d'or^ pouvoir donner la notation 
de ce que chantaient, Marie et /^Angb. H. de Goussema- 
ker , auteur du savant traité de l'harmonie au moyen âge, 
m'écrivit il?y a peu de temps pour me demander si nous 
avions conservé cette notation^ et, à cette occasion, j'ai 
revu tous nos anciens livres de chant. Ces recherches me 
firent acquérir la triste certitude que ce qui en faisait 
l'objet était perdu ; mais elles attirèrent mon attention 
d'une manière plus particulière sur les cérémonies qui 
éiaient anciennement en usage eu la cathédrale de Tour- 
nay à la JUesse de Minuit de Noël . 

C'était aussi un véritable drame liturgique, qui se 
trouve parfaitement décrit dans l'un de nos manuscrits, 
et dont la publication ne peut manquer d'intéresser les 
amateurs d'ancienne musique religieuse. 

Disons un mot d'abord du manuscrit où se trouve la 
Messe de Minuit. 

Ce volume a appartenu à la confrérie des notaires , et 
date, pour la plus grande partie, du XIIP siècle. On lit en 
tête l'inventaire des objets que possédait cette confrérie. 

Voici cet inventaire qui est curieux sous plusieurs rap- 
ports : 



~ Î78 — 

hu sunt ornamenta speetaiilia ad tonfralerniUtem 
iioUriorum pro eapella. 

Carta supcrdieta eonfraiernitate confeeta. 

Primo quatuor psalteria. 

Ilem duo librî rubri et uaus platus pro IBûrsis commu- 
nibus. 

Item unus quaternus ad cooperluraa pilotas in quo 
coutineutur officia sanctorum Nicolaï (klherinœ et Puri- 
ficalionis. 

Item quidam aliua quateraua coristarum, in fine enjus 
continetur plene officium Natiyitatis Domini. 

Item duo quaterni offidorum de Coneeptione B. Vîrg. 
Hariao. 

Item unus quaternus continens officium Dedieationis 
vesperarum, matutinarum et miss». 

Item très quaterni officium Gonceptionis notatum 
continentes. 

Item unus quaternus legendarum Gonceptionis etlla- 
livitatis Domini. 

Item quatuor paria vigiliarum. 

Item unus liber continens solum officia Hissarum to- 
tiusanni. 

Item quatuor cappœ du» ad flores lilii et du» sUmb de 
bougrant. 

Item una nigra cappa de requiem. 

Item duo superpelicia et unus sarrotus. 

Ilem du» casulœ, unaalbafourata de nigro,etaliaatt>a 
fourata de rubro. 

Item quatuor tournikelli (1) duo de pannoaureo et duo 
albi fourati de nigro ciudalo. 

(1) roumOMUitf, tuDiqac. Uae casnrè de verineil velours» tonr- 
nicU et damaiicle. Manuscrit de Gambray, 1331. Ou Gange. 

Il donna Illl casures de blanc d'or, II toumiquiauix ^ etc. (Jean 
Ghevroi). Hist. manascr; des évêqaes deTouroay. 



— 279 — 

Ornements appartenant à la confrérie des Notaires 
pour leur chapelle. 

Diplôme de l'érection de ladite confrérie. 

Premièrement quatre psautiers. 

Idem deux liirres rouges et un ])Iat pour les Messes du 
commun. 

Item un cahier à couyertures velues, contenant les offi- 
ces de S'-Nicolas, de S*'-Calherine et de la Purification. 

Item un autre cahier des choristes dans lequel , à la 
fin, se trouve l'office entier de la Nativité de N. S, 

Item deux cahiers des offices de la Conception de la 
bienheureuse Vierge Marie. 

Item un cahier contenant l'office de la Dédicace , vê- 
pres, matines et messe. 

Item trois cahiers contenant l'office de la Conception 
noté. 

Item un cahier de légendes de la Conception et de la 
Nativité de N. S. 

Item quatre paires de livrets contenant des vigiles. 

Item un livre contenant seulement les Messes de toute 
l'année. 

Item quatre chapes , deux à fleurs de lis et deux blan- 
ches de bougrant. 

Item une ehape noire de requiem. 

Item deux surplis e^ un rochet. 

Item deux chasubles , une blanche fourrée de noir et 
l'autre blanche fourrée de rouge. 

Item quatre tuniques, deux en drap d'or et deux blan- 
ches fourrées de cendale noir. 

Item des aubes en lin pour diacre et sous^diaere avec 
des étoles et des manipules. 

Item une étole et un manipule blancs fourrés de cen- 
dale rouge. 



— 280 — 

Ilem vestimenta diaeoni et sabdiaconi linea eum stolis 
et manipalis. 

Item slola et manipulom alba fourata de robrocindalo. 

Item doœ curtinie (1) de cinda)o. 

Item Iresmapp» pro altari^ altéra earum parata. (â) 

Item duo manalergia parata pro allari. 

Item unus pannua aoreua de dono magistri Walleri 
Hebart. 

Item duo panni pro scapeleto. (i) 

Item très almucie et duo baeulipro clioristis. 

Item unum liatheamen pro defunctis. 

Item unus pannus pro obsequiis mortuorum. 

Item pannus perseus ad cooperandum altare. 

Item coopertura linea alba pro imagine B. Hariœ in 
quadragesima. 

Item duo peciœ telœ viridis amote de easulis. 

Item pannus perseus ad cooperiendum labulam subtus 
imaginem. 

Item scrineum in quo omnia recluduntur eum cisla 
pro luminari. 

Item cista in eapella eiistens. 

Item bursa et corporalia commodata capellano quibus 
ulitur in presenti. 

Item sunt in eapella très stapellelli (4) longi et duo 
magni sedentes. 



(1) Curtinm, courtines; rideaax qui se plaçaient de chaque côté 
de l'autel. 

(2) Paraia de paratê qui, en basse latinité, signifie par^r, orner. 

(3) Seapeletum; ieap$ta, pour i eapulara scapulaire, humerai, 
(i) StapêUêUu», diminutif de Mtap$llu$f mot qui lui-même est un 

diminutif de tap$i ; un petit tapis. 



-- 281 — 

Item deux courtines de cendale. 

Item trois nappes d'autel dont l'une avec ornements. 

Item deux essuie-mains (lavabos) ornés ^ pour l'autel. 

Item un morceau de drap d'or, donné par Maître Wal- 
ter Hebart. 

item deux pièces d'étoffe pour servir d'huméral. 

Item trois aumuces et deux bâtons de chantres. 

Item un poêle pour les défunts. 

Item un morceau d'étoffe servant dans les obsèques des 
morts. 

Item une couverture d'autel bleue. 

Item une enveloppe de toile de lin blanche, pour cou- 
vrir l'image de la S*^-Vierge en carême. 

Item deux morceaux de toile verte , détachés de cha- 
subles. 

Item un morceau d'étoffe bleue servant à couvrir le 
tableau qui est dessous de l'image (de la Sainte-Vierge). 

Item un coffre qui sert à tout renfermer, avec une boîte 
pour le luminaire. 

Item une boîte qui est à la chapelle. 

Item une bourse et des corporaux dont le chapelain 
fait actuellement usage. 

Item il y a dans la chapelle trois petits tapis plus longs 
que larges et deux grands sièges. 

Item les statues de la S'"- Vierge , de S*-Nicolas et de 
S*»-Catherine appartiennent à la confrérie et ont été ache- 
tées avec ses deniers, de même que les bancs. 

Item un tableau représentant la S*'- Vierge , placé des- 
sous la statue. 

Item un morceau d'étoffe blanche , en laine , orné de 
bétes armées^ qui a autrefois été donné par Révérend 
Père en Dieu, Jean, évêque de Tournay. 

■ULLItnff T. VI. ^^* 



— Ml — 

V 

Item imagines aanctorom Mariœ, Rioolai el Kalertan 
tant et speetant ad dictam eonfraternitalem et sunl de 
peeimia dict» confraternitatis acqoisits et «camna. 

Item tabula B. Virginia snbias imaginem ejusdem. 

Item quidam pannus laneus albus cum bestiis armatis, 
ex dono «juondam reverendi patris Domini Johanais 
Epiac. Tom* 



Le dernier article n'est point de la même main. L'écri- 
ture en est moins ancienne et parait être du XIY* siè- 
cle. L'évèque Jean dont il y est question serait done Jean 
de Wasone ou Jean des Prés. 

On voit que la confrérie des Notaires, qui était compo* 
sée d'un petit nombre de personnes, ne possédait pas 
moins de 'viogt-neuf livres de chant. 

Le manuscrit dont nous nous occupons renferme la 
messe votive de la Sainte Vierge , les offices de Sainte 
Catherine y de Saint Kicolas , de Noèl , de FEpiphame, de 
Saint Vincent , de la Purification, de TAnnonciation, de 
Pâques, de la Pentecôte, du Saint-Sacrement j^ de V As- 
somption , de la Nativité de la Sainte Vierge , de la Tous- 
saint , la messe des morts et treize séquences de la Sainte 
Vierge , etc., etc. L'office de Sainte Barbe a été ajouté en 
tète du volume qui, sans cela, commençait, comme beau- 
coup de graduels de cette époquo , par la messe sahe 
Mncta Parens. 

Quoiqu'on puisse dire que l'office entier de Noël rap- 
pelle , dans toutes ses parties , le mystère qu'on célèbore 
en cette fête , nous devons nous borner ici à signaler ce 
qu'on y faisait d'extraordinaire pour frapper plus, vive- 
ment les esprits de Vobjet de cette solennité, à la messe 
de minuit , qui se chantait , alors comme aujourd'hui, oà 
on l'a conservée , immédiatement après les matines. 



- 485 — 

Après iiVDir entendu , dans la neuvième le^n, les pa- 
roles sublimes du commencement de Vévangile de Saint 
Jean j qui , avec son regard d'aigle , plonge dans les pro- 
fondeurs de la iDivinilé, en expliquant la génération éter- 
nelle du Verbe , paroles qui sont ensuite expliquées par 
une homélie de Saint Augustin , le chœur chante , com- 
me en savourant tes mots , le neuvième respons : Ter- 
bum caro facium est, etc. Le Verbe s'est fait chair , et il 
a habité parmi nous , et nous avons vu sa gloire , qui est 
la gloire du Fils unique du Père ; nous l'avons vu plein 
de grâce et de vérité. Au commencement était le Verbe 
et le Verbe était en Dieu et le Verbe était Dieu ; plein de 
grâce et de vérité. Gloire au Père , au Fils et au Saint- 
Esprit; plein de grâce et de vérité. Et on répétait encore : 
le Verbe s'est fait chair, etc. 

Le répons terminé, le diacre montait au jubé ^ il y 
chantait le commencement de l'évangile de Saint Ha-^ 
thieU| où sont énumérés les ancêtres de Jésus-Christ , et 
il finissait par le verset où est rapportée l'incarnation du 
Verbe. 

Le plus haut dignitaire entonnait alors le Te Dewn^ 
magnifique cantique dont le texte et la mélodie sont si 
propres à exprimer les sentiments de cœurs remplis 
d'admiration, de reconnaissance et d'amour. (1) 



(1) Les mêmes cérémonies avaient lieu à l'abbaye de Saint-Nicolas 
des prés de Tournay. Le chapitre des constitutions, qui concerne la 
fête de Noël, comble une lacune qui existe dans les rubriques de la 
cathédrale. Voici ce chapitre : 

Db NATIVITATI DOlIINI. Db LA NATIVITÉ OB NOTaÉ 

SBIGNBVa. 

Gollersrius provideat duos con- Le eôtérier aura soin de f^fra 
versos qai ignem in calefÉctorium ftilré dn feu au chauflbtr par deat 



— 2S4 — 

La messe siÛTait le eantique, et ici la foi 'voyait descen- 
dre sur l'autel Teiifaiit divin que Harie mit reposer dans 
une crèche. 

En parlant de la messe de minuit de Noël , Guillaume 
Durant, évêque de Mende, fait remarquer que, dans la plu- 
part des églises, cette messe se confondait avec les laudes; 
et que toutes deux se terminaient par une seule oraison, 
pour signifier que tout cet office a le même objet, rappelle 
les mêmes mystères , la génération éternelle et la nais- 
sance temporelle du Verbe. C'est pourquoi, ajoule-t-il, la 
messe commence par les mots: Le Seigneur m'a dit : Vous 
êtes mon fils ; je vous ai engendré aujourd'hui , etc. (2) 



convers, afin que les frères puis- 
sent se chauffer; si toule-fois le 
froid est assez intense pour exi- 
ger cette précaaiion. Pendant la 
chant de la neuvième leçon , le 
Prieur et ceux qui doivent assis- 
ter à l'autel à la première messe, 
se prépareront. Après le neu- 
vième répons, le célébrant, le 
diacre et le sous-diacre, révélas 
de l'aube , rentreront du chœur. 
Là, le diacre qui doit chanter 
l'évangile à la première messe, 
reçoit la bénédiction et lit la gé- 
néalogie de N.-S. J.-G. jusqu'à 
ces mots : hahens de Spiritu 
Sancto, cette nuit seulement. 
Après quoi l'abbé entonne le T$ 
Deum, etc. 
(2) Notandum est antem quod haec missa et laudes matutinae terml- 
nantur, in plerisque locis , unà oratlone , ad ostendendum quod to- 
tum illud officium idem indicat ; scilicet nativitatem «ternam et tem- 
poralem : undè ipsa missa incipit : Dominus dixit ad me : Filius meus 
es tu : Ego hodie genui Te etc. Guillelmi Duranii RaîionalU divin 
norum offieiorum, lih, VV eapUe XIII* 



fratribus calefaciendum prépa- 
rent; si tamen frigus exegerit. 
Dam legitur noua lectio, prxpa- 
ret se Dominus Prior et caeteri 
nÛDistri, qui ad primam missam 
sont mioistratttri. Finito nono 
responsorio , sacerdos et subdya- 
conus,albisinduli, redeantincho- 
rum et dyaconus qui lecturus est 
ad primam missam evangelium , 
accipit benedictionem et legit 
GhrisU generatlonem usquè ad 
habens de Spiritu Sancto, tan- 
tum in hàc nocte. Qaà leclà à 
domino Abbate Te Deum laudes- 
mus inchoatur, etc. 



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IX £ectiû. 
Jmti'um SarvcH JSyanj/e/ïî jtcuniAim Tûan-^ 

Tn^princi^^ erat- Verium^ et^ine iflSo 

factum est mAi/ fuoi^ykcàim est JEt-jrUifêt^^ 
Hûprti/iii' *é». Beef* jP/wà ZDe eai/. lect — 
^ Verbum caro /€Lchim esâ et /iaèifui^it 
in itoiiSy et f^ïcfimus j/oî'ïotm ^j gr/onayn ^u^-- 

yerifntfs. j^ Jjt principio erat yëriupn^ et 
Verôum ci^at' apucf 1}eum et jDeus erat- 
ySrèum. '^'Plénum, jf. û/oria. Tairi. *F/enum. 
Jhrum ^ Vêrùupf. 



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HvitatofL Dûmïni nostri Jesu Chrîsti nos Jrtquenàint 
^cuidemus : dt^nù Cûnyersah'oniéus ad ^us me^ 
reamuj' pejyenir^ ccnsorAunt, Qin\ 



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— 2S5 — 

Voici maintenant la Iradaction du texte du manuscrit 
d*où a été extrait le drame liturgique des laudes de 
Noël , (1) où Ton met en scène les bergers, premiers ado- 
rateurs du Christ , en leur donnant des interlocuteurs. 

Le texte latin , avec la notation , est donné dans les 
douze planches ci-jointes. 

Après la postcommunion , le prêtre qui a célébré la 
messe entonne de l'autel cette antienne : Une mère a en- 
fanté le Roi dont le nom est éternel ; et conservant l'hon- 
neur de la virginité avec la joie de se -voir mère , elle n'a 
jamais eu de semblable ni dans les siècles qui l'ont précé- 
dée ni dans ceux qui l'ont suivie, 

II" Antienne : L'Ange dit aux bergers : je vous annonce 
une grande joie; parce que le Sauveur du monde est né 
aujourd'hui. 

IIP Antienne : Quel est celui que vous avez vu, ber- 
gers? Dites-le-nous; apprenez-nous quel est celui qui a 
paru sur la terre? Nous avons vu un enfant nouveau-né , 
et les chœurs des anges qui louaient le Seigneur. 

ly* Antienne : Une grande multitude de l'armée cé- 
leste se joignit à l'Ange ; et tous ensemble louaient Dieu 
et disaient : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et pai^^ 
sur la terre, aux hommes de bonne volonté. 

Alors (après le cantique 6ei{e(iltct(e) deux chantres, de- 
bout devant les degrés de l'autel, disent l'antienne : Pas- 
teurs, dites ce que vous avez-vu et annoncez la naissance 
du Christ. 

Deux autres chantres au côté opposé^ debout sur le pre- 
mier degré de l'autel, répondent par l'antienne : Nous 

(1) Guillaume Durant regardait aussi cet office comme dramati- 
que : In laudibiu matutinis, dit-il, quasi chorbah dueimut, undè in 
prima antiphonà dieitnus : Quem vidislis pastores , etc. IpH rtf- 
pendêTunt : Natum vidimus, etc. Ibidem, 



— M6 — 

avons vu un euianl enveloppé de langes, el un choeur 
d'anges louant le Sauveur. 

Aussitôt après, l'un des deux premiers chantres com- 
mence l'aniienne : Un petit Entant nous est né aujour- 
d'hui, et il sera appelé Dieu et le Tout-Puissant, 

Les psaumes ordinaires des laudes se chantent entre 
ces antiennes. 

On omet le capitule , l'hymne et le verset, et le célé- 
brant entonne l'antienne du cantique Benedtctus : Gloire 
k Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre , aux 
hommes de bonne volonté. 

Après l'oraison, par laquelle le célébrant termine tout 
à la fois la messe et les laudes^ le diacre au lieu de Vlie 
wns9a ettj chante : voilà que tout ce que l'Ange avait 
annoncé à la Vierge Marie s'est accompli. Le chœur 
répond : Nous en rendons grâces à Dieu. 

DnAXE DBS TROIS MARIES. 

On cessa de le représenter à la cathédrale de Toumay 
du temps du chanoine Duchembge, qui en dit quelques 
mots^ dans les notes qu'il nous a laissées sur le calen- 
drier et sur les rubriques de cette église. La manière dont 
il en parle fait voir le peu d'importance qu'il y attachait. 

(I) c Le jour de Pâques, dit-il , pendant les matines, 
» trois choraux velus de manière à représenter les trois 

> Maries entraient au chœur et allaient en un lieu en- 

> touré d'un grand rideau , préparé près de la porte 
» latérale du chœur du côté de la trésorerie. Us demeu- 

(i) In die Paschae , tempore malutinarum, choraules, apte ad hoc 
vestili. repraesentantes très Marias, choram ingrediebantur el ibant 
ad locom coQtiguum porlae coltaterali chori, k parte tliesaarariae, ma- 
gna corlinft ciDCtam , fbiqae morabaotur donec D*** cantor eas canen- 
ào ioterrogaret quid quaererent et respondebant ctiam eanendd. 
Qood fuit sublalum in pascbali 1642. 



— M7 — 

» raient en cet endroit jusqu'à ee que le grand chantre 
n vint les interroger et leur demander en chantant ce 
» qu'ils cherchaient. Ils répondaient aussi en chantant. 
» Ce qui fut supprimé aux Pâques de l'année 1643. » 

Ce laconisme devrait nous causer beaucoup de regret , 
si nous ne connaissions d'ailleurs par différents ouvrages 
liturgiques en quoi consistait le drame des saintes fem- 
mes au sépulcre. Le voici tel que l'a extrait M. l'abbé 
Picard, de l'ouvrage de Jean Le Prévost , chanoine de 
Rouen qui , en publiant, eu 16*79 , le précieux traité de 
Jean d'Avranches intitulé : De ecclestasHcis officiia^ y a 
décrit d'anciennes cérémonies tombées, de son temps, 
ea désuétude en la cathédrale de Rouen. 

tt Trois diacres couverts de dalmatiques , l'amict sur I» 
lélCy et représentant les saintes femmes , traversaient le 
dbœur , portant dans leurs mains des vases de parfums. 
Ib se dirigeaient vers le sépulcre^ d'une marche précipi- 
tée, et les yeux baissés, et chantaient ensemble ce verset : 

Quis revolvet nobis lapidem ab ostio monumenti ? (1) 

« Arrivés au sépulcre, ils voyaient apparaître devant 
eux un ange, représenté par un enfant. Il tenait en sa 
inain une palme et leur adressait cette question : 

Quid quœritis in sépulcre , o christicolœ ? (2). 

« Réponse des trois diacres , que désormais la rubri- 
que appelle les saintes femmes ou les trois Maries : 

Jesum lïazarenum crucifixum, o cœlicola. (3) 
L'Ange (ouvrant le tombeau). 

Non est hic. 



(1) Qui ooos retirera la pierre qui ferme l'eotrée do tombeau? 

(2) Que Cherchez-Tous au sépulcre , 6 tous qui aimez le Christ? 

(3) Nous cherchons Jésus de Nazareth qui a été erociflé, 4haW- 
tauts des cieux. 



— 588 — 

Surreiit enim, sieutdixit. (1) 
Et il disparaissait à l'instant. 

« Les saintes femmes entraient dans le sépulcre. Elles 
y trouiraient des prêtres revêtus de tuniques. 
Les deux prêtres : 
Mulier , quid ploras? (2) 

La première des trois Maries : 
Quia sustulerunt Dominum meum. 
Et neseio ubi posuerunt eum. (3) 

Les deux prêtres : 
Quem quiritis irirentem eum morluaes? 
Non est hic , sed surrexit, etc. (4) 
« Les trob Maries baisaient airec respect le lieu de la 
sépulture du Sauireur. Elles sortaient alors du sépulcre ; 
mais au même instant , un prêtre se présentait à elles. Ce 
devait être un chanoine , un des premiers dignitaires du 
chœur. Revêtu d'aube et d'étole , et une croix à la main, 
il représentait Jésus-Christ lui-même. 
Le prêtre : 
Mulier, quid ploras? Quem quœris? (5) 

La première, Marie-Madeleine : 
Domine , si tu sustulisli eum ^ die mihi , et ego eum 
tollam. (6). 

Le prêtre (lui montrant la croix) : 
Maria : 



(f ) Il n'est pas ici. 11 est ressascité, comme il Ta prédit. 

(2) Femme, pourquoi pleurez-vous ? 

(3) Parce qu'ils ont enlevé mou diviu Maître, et je ne sais oU ils 
Tout mis. 

(4) Pourquoi cberchez-vous celui qui vit, parmi les morts? Il n'est 
pas ici ; il est ressuscité, etc. 

(5) Femme pourquoi pleurez-vous, qui cherchez-vous ? 

(€) Seigneur , si vous l'avez enlevé , dites-le-moi et je l'emporterai. 



— 289 — 

Marie-Madeleine (tombant à genoux). 
Rabboni! (1). 

Le prêtre (la repoussant de la main). 
Noli me tangere , nondum enim ascendi ad Patrem 
fneum ; vade autem ad fratres, etc* (2). 

H Les saintes femmes se mettaient en marche ; Jésus- 
Christ , représenté par le prêtre , leur apparaissait de 
nouveau du eôté droit de l'autel : 
Avele , nolite timere. 
Ite , nuntiate fratribus meis, 
Ut eanlin Galilsam, ibi me videbunt. (8) 
«t II disparaissait de nouveau, et les Maries , pleines de 
joie, entonnaient le verset : 
Alléluia^ 
Resurrexil Dominas, 
Surrexit leo fortis, 
Ghristus , Filius Dei. (4) 
<t Cette cérémonie se terminait par le chant solennel 
du Te Deum ; et nul doute que l'assemblée pieuse , élee- 
trisée par ce spectacle , ne s'y unit d'une commune voix 
et avec un saint enthousiasme. (B) / 



(1) Mon Maître! 

(2) Ne me touchez pas, car je ne suis pas encore monté vers mon 
Père. Allez près de mes frères, etc. 

(3) Je vous salue ; ne craignez rien. Allez, dites à mes frères de se 
rendre en Galilée, et que là ils me verront. 

(4) Le Seigneur est ressuscité, le lion puissant est sorti du tombeau, 
le Christ, le Fils de Dieu. 

(5) Extrait du dictionnaire liturgique de plain-chant par M. Jos. 
d'Ortigue. Migne, i853. 

BuixniN T. VI. 87. 



— wo — 

PETIT DIAMB L1TDRSIQUB Dl LA PftTI Dl l'aSCKHSIOII. 

U en a été dit quelque ehose dans le VI" volume des 
Mémoires à la page 404 , mais la mention qui y est laite 
de eelte cérémonie ne peut pas en donner une idée. Ce 
petit drame commençait au retour du clergé de la catké- i 

drale de l'église de Saint-Quentin^ après la publication 
du Cri de Foêcefuion^ auquel il n'a pas survécu. En 
voici les rubriques : j 

Aprit h êêrmam [en f église de S^QuenMn) on fait la 
pàbUcaUon des privilèges sur la gratufplace. En re- \ 

tournant on ne chante rien^ mais en entrant dans la ' 

cathédrale , les chantres qui dirigent le chœur enton- 
nent P antienne i 

Roi de gloire! Seigneur des armées^ qui êtes monté 
aujourd'hui triomphant au-dessus de tous les deux , ne 
BOUS laissez pas orphelins^ mais envoyez-nous l'Esprit de 
vérité que votre Père a promis. 

Kantienne suivante est chantée au jubé par le pre- 
mier dignitaire^ sur V ordre que lui en donne le grand 
chantre : 

Je ne vous laisserai point orphelins ; je m'en vais , et 
je reviens à vous ; et votre cœur se réjouira. 

Les charges [qui s'étaient arrêtés avec toute l'assis- 
tance dans la grande nef) s'avancent ensuite vers h 
chœur en entonnant le Ripons : 

Seigneur , les anges louent votre sainteté an plus haut 
des cieux en disant : louange et honneur, Seigneur, vous 
sont dus. 

Le verset suivant se chante à l'aigle par les trois plus 
jeunes grands-vicaires : 

Lee chérubins et les séraphins proclament sa Sainteté, 



de même que toute la cour eâeste en disant ceci : louange 
et honneur, •Seigneur, tous sont dus. 
On ne dii point le Gloria, (1) 



SÉANCE DU JfiUN 3 FÉVRIER 1860. 

M. F. Du Bus, atné , présideni. 
M. Jules Wacquiz , secrétaire. 



Le proeès-verbal de la séance du mois de janvier est 
approuvé après lecture. 

GOliaSPONDAIfCB. 

H. Warlomont, bibliothéeaire-arohiiriste, dépose sur le 
bureau les yolumes et brochures dont la désignation suit 



(1) Finità eoneione, ft fMieatio PriviUgiorum in foro. In r§^ 
grêtiu nil eanitur, sed intrando eecUsicm B, Marim Virginù, 
inctptttftl rêetoTBê ehori ofUîpfcofunii : 

Rex gloris. Domine vlrtatam , qui triamphator hôdie saper om- 
nés cœios ascendisU , ae derelinquas nos orphanos, sed milte pro- 
oiissam Patris in nos, Spiritom veritatis, alleloia. 

Antiphona iwinm» eanitut a eanonico ieniori $eu digniorip in 
Ueenario, (au jubé) ex prœeefto D.eantorU : 

Non vos relinqoam orphanos, allelnia : Vado «t renio ad fos, 
alleloia : et gandebit cor vestrom. allelnia. 

Deindè Reetoret progrediendo adehorum, ineipiunt Bêtp, 

Te sanetum Dominum in ezcelsis landant angeli dicentes : Te 
decet lans et honor. Domine , alleloia. 

Sequêns vwsus eanitur à tribui junioribu$ magnii vteantf ad 
aqwHam : 

Cbeniblm quoque et seraphim sancius proclamant, et omnis cs- 
licus ordo dicentes baec. — Te decet, etc. 

Non dieiiur GLoau Patri. 



et qui lai sont panreniu depuis le séanee préeédente, 
satoir : 

^ De la part de la rédaetion : 

Revu0 de la numumaUque Belge , t* série, tome III, 
V livraison, p. 41 7 à K64 (fin), avec les planches i K à 20. 

BuUeUn du Bibliophile Belge ^ tome XY (2« série, 
t. VI), «• cahier, p. t59 à 428 (fin). 

Journal de ^imprimerie et de la librairie en Belgi- 
quBj 1859, 6* année, n* 12. Décembre, p. 469 à 188, 
avec bulletin d'annonces, 18K9, n*" t à 12. 

Bévue catkoUque^ 6* série, année 18iS0 , 1'* livraison. 
Janvier ft60 , p. 1 à 64. 

Bêvue irimestrielle ^ 25* volume, 7« année, tome 1*'. 
Janvier 1860, in-12 de 408 pp. 

Ménager dee tdences historiques ou archives des arts 
et de la MbUogn^hie de Belgique , année 1859 , 4* li- 
vraison, p. 408 k 846 (fin). 

— De la part de l'auteur : 

L'architecture du moyenne jugée par les écrivains 
des deux derniers siècles^ par H. l'abbé Ck>rblet, direc- 
teur de la Revue de l'art chrétien , etc. Paris , 1860 f 
in-8* de 44 pp. 

— Du Ministère de l'intérieur : 

Rymbybel van Jacob van Maerlant. Brussel, 4869, 
in-8* de 898 pp. Tome m. 

— De la part de l'académie royale de Belgique : 
SonBulletinjlLS* année, S"" série, tome 8, n"* 19, p. 

805 à 486. (fin). ' 

— Delà part de la Société d'agriculture, sciences et 
arts de Yalenciennes : 

Bévue agricole j industrielle et littéraire ^ onzième 
année, n« 5. Novembre 1859, p. 115 à 162. 



— 293 — 

— De la part de la Société des sciences , des arts et 
4es lettres du Hainaut : 

Mémoires ei publications , années 1857-1858. Hons, 
1859. Vol. in-8'» de 4M pp. 

— De la part de la Société des Antiquaires de la 
Morinie : 

a. Mémoires^ tome 9^ 1851 , première partie. Volume 
in-8° de 516 pp. 

b. Idem, tome 9, 1854, deuxième partie. Volume 
ia-8» de 402 pp. 

c. Bulletin historique^ 5* année, 19* et 20* livraison. 
Août à Décembre 1859, p. 205 à 276. 

d. Idem, 8* année, 80" livraison. Avril à Juin 
1859, p. 665 à 700. 

Cette dernière livraison donne la copie de trois lettres 
extrêmement curieuses , la première surtout. C'est une 
lettre originale écrite le 25 novembre 1785 , à l'âge de 
16 ans par JVapolione di Bonaparte ^ alors lieutenant 
d'artillerie et qui devint plus tard Napoléon 1*% Empe- 
reur des Français; les deux autres lettres sont, l'une, de 
son père, datée du 15 novembre 1788; l'autre, de son 
frère, Joseph , du 21 août 1785. 

n est regrettable qu'on n'ait pas reproduit le fac-similé 
de ces intéressants autographes. 



Le bibliothécaire-archiviste donne lecture de trois 
lettres qu'il a reçues : 

La première du 27 janvier dernier^ de M. Arthur 
Dinaux, rédacteur-propriétaire des archives historiques 
et littéraires du nord de la France et du midi de la 
Belgique, dont l'échange, contre les publications de la 
Société de Tournai, a été convenu et accepté. M. Dinaux 



- »4 — 

aeeuM réeeplion de ces poblieations et ajoute : « Votre 
recueil est des plus intéressants etf en fais compliment à 
votre Société. •» 

Les deux autres sont des lettres de remerciements , et 
de gratitude de nouveaux membres correspondants de la 
Société historique: Tune, de M. Delachapelle (Edouard), 
avocat, docteur és-lettres , régent de logique au collège 
de Cherbourg, secrétaire de la Société de cette ville de- 
puis i8S9 ; l'autre^ de M. de Pontaumont (Emile), inspec- 
teur de la marine , chevalier de la Légion d'Honnenr et 
décoré de la médaille de Harie-Isabelle d'Espagne, tré- 
sorier-archivbte de la même Société depuis 1843. Ces 
deux dernières lettres du 81 janvier 1860. 

Le même membre soumet à rassemblée, pour être im- 
primées à la suite du tome YI des Bulletim de la So- 
ciété, les listes des fimctionnaires composant son comité 
permanent ; des membres titulaires ; des membres cor- 
respondants, régnicoles et étrangers ; des membres ho- 
noraires ; des sociétés savantes et des journaux, revues et 
recueils périodiques tant de Belgique que de l'étranger 
avec lesquels la Société de Tournai échange ses publi- 
cations. 

Il communique en même temps le nom des membres 
correspondants à qui il a été écrit une ou plusieurs fois 
pour savoir ce qui leur manque des publications de la ' 
Société et qui n'ont ni répondu ni satisfait -, ce qui sem- 
ble devoir les (aire considérer comme démissionnaires 
volontaires , ou par application , d'ailleurs, de Fart. 28 
du règlement. 

M. Albert Toiliez, ingénieur de 1'" classe des mines, 
président du Cercle archéologique de Hons , Chevalier 



de rOrdre de Léopold, elc. , est nommé à l'unanimité 
membre correspondant de la Société, et M. le secrélaire 
est chargé de lui expédier son diplôme. 



M. Yandenbbouck communique l'extrait suivant du re- 
gistre des consaux ( 8 mai 1599.) 

tt Messieurs les Consaulx considérans les grands deb- 
Toirs faictz par Monsieur maître Bouchier , chanoine de 
l'église cathédralle de ceste ville , tant pour exorchisser 
certaine jausne fille de ceste ville estante travaillée et 
possessée du diable , comme aultrement , au bien et ad- 
vanchement spirituel des bourgeois et mannans de ceste 
ville , sont d'assens de luy faire présent d'une vasselle 
d'argent pesante vingt onces, armoyée des armes de ceste 
ville* 

u On est aussy d'assens, pour rémunérer le prieur 
des Augustins de ceste ville des bons debvoirs par luy . 
pareillement faictz de exorchisser ladite jausne fille et 
pour aultres causes ad ce moavans^ de luy esiargir 3 par 
forme de gratuit et aulmosne , la somme de quarante 
huyt livres flandres. 

« Et finablement considérans les fascheries , peines et 
grandi traveilz que ont heu les religieuses Sainte-Harie- 
Magdelaiue dicte Repentises en ceste ville , de garder 
et solliciter ladite jausne fille vexée et possessée du Diable, 
comme dit est , et la naurrye et allimentée durant le 
temps que on l'auroit exorcissée , de leur donner , par 
forme d'aulmonej la somme de soixante douze livres 
flandres^ et ce aussy pour les interrestz que ladite mai- 
86n auToit deu supporter durant le temps de la conju- 
ration. • 



— 296 — 

Même léance. 

« De la requeste Jacques Lauleni , grand fessier de 
Saint Brixe , requérant de luy vouloir accorder quelque 
somme de deniers en ad^anchement des fraiz pour me- 
ner sa fille entachée de la maladie de roy jusques à Parya 
pour estre touchée du Roy. — On est d'assens accorder 
douze liyres flaudres au suppliant, par forme d'aul- 
mosnes. » 



if. le vicaire général Woism communique à la Société^ 
la notice suivante : 

NOTICE SUR LE COLLÈGE DE NOTRE-DAME 
4le Tourwkmj, à Padaae. 

Cousin, dans le 27" chapitre du 4« livre de son his- 
toire de Toumay, dit quel'éTêque André Ghiny Halp- 
glia de Florence , c estant cardinal, fonda à Padone le cot 
» lége des Juristes , qu'on appelle de Notre-Dame de 
» Toumajf , et en iceluy collège deux bourses , pour y 
» nourrir deux escholliers de Tournay : lesquels pour 
» estre reeeus, se doivent adresser au patriarche de 
» Venise avec lettres et tesmoigndges de réyesque de 
• Tournay , pour estre présentés à Téresque de Padoue , 
I» comme collateur des bourses. » 

Legroux dans sa notice sur les évèques de Tournay 
rapporte qu'André Ghiny fut créé carc^inal, avec les évè- 
ques de Gambray et de Térouanne , en 1542, par le pape 
Clément VI , et que ce fut après avoir été élevé à cette 
dignité , que cet évèque fonda à Padoue un collège sur 



— 297 -- 

lequel il lit inscrire le nom de Notre-Dame de Tour- 
nay. (1). 

Dans les notes bistoriques qu'on attribue à l'un des 
deux chanoines Ducbambge , on explique comment cette 
fondation aurait été faite. Il y est dit que l'évêque André 
retourna en Italie après sa promotion au cardinalat , et 
comme il était très-versé dans la connaissance du droit 
canonique, qu'il prit la résolution de fonder à Padoue un 
collège pour l'étude de cette science. (2) 

Il existe dans les archives du chapitre une copie , en 
écriture très-ancienne, d'une lettre adressée en 159i9 à 
l'évêque IKfichel d'Esne par Aloysius Brullius vicaire 
général de l'évêque de Padoue, en réponse à une présen- 
tation qui avait été faite de deux élèves , pour aller jouir 
des bourses fondées par André Ghini. Dans cette pièpe, 
on n'exprime pas le nom du fondateur du collège de 
Nôtre-Dame de Tournay , mais on y reconnaît le droit des 
Tournaisiens et on y donne des instructions , tant sur les 
qualités que doivent réunir les candidats , que sur les for- 
malités à remplir pour obtenir les bourses. Ce document 



(1} (133S) Àodraeus' Ghini Malpiglia Florentinus — creatus cardi- 
nalis cam Cameracensi et Teruano episcopis îi Clémente VI anno 1542, 
collegium juristarum Padaae fùndavit; quod Nostrae Dominae àTornaco 
inscriptum est. In eo penslones pro duobus scholasticis Tomacensi- 
bas addidit —. \itft functus est anno 1345. Summa statutorum syn. 
p. cxx. ^ 

(2} DdÛs Andraens cpiscopus»ad cardinalatum jam promotusjn 
Italiam reversas est; et, ut erat jariscoosultus eximius, Patavii colle- 
gium instituit, qnod ImpraBsentiarum adhuc vocalur collegiam Sanct» 
MariaeTornaceosis; in quo ex fundatoris instituto , duo juvenes ex 
diœcesi Tornacensi oriundi.... in jure canonico... apti studere, ali 
debent et foveri etc. Manwer, du chap, 

BULLETIN T. VI . S8. 



— «98 — 

m'a paru asseï imporUot , pour élre donné en entier à , 
la fin de celle notice. 

C'est tout ce qu'on saTail de celle fondation et on 
ignorait s'il en restait encore quelque chose. 

En 1856, je passai, enrerenantdeRome, parPadooe et 
j'y fis la connaissance^ en partant pour Venise, de H . l'abbé 
FrancescoGorradini, président du séminaire, qui me ren- 
dit un seryice signalé dont je crus, étant de retour, devoir 
lui eiprimer ma reconnaissance en l'incitant à Tenir 
visiter notre pays. Je profitai de cette circonstance pour 
lui demander si le collège de Notre-Dame de Toumay 
existait encore , et de vouloir, dans tous les cas , me faire 
connaître ce qu'il pourrait savoir de celte fondation , qui 
se rattache à l'histoire de notre diocèse. C'est à la suite 
de celle lettre que j'appris qu'il restait encore des bour- 
ses (gratie) provenant du collège de Tournay et je pris 
la résolution de revoir Padoue en revenant de Vienne 
en 1857. 

Je fis part le 14 septembre de mon projet à M. Du- 
gnioUe de Hevins , administrateur des cultes, et le 16, 
M. le Ministre de la justice répondait à ma lettre en ces 
termes : « J'accepte avec reconnaissance , monsieur le 
» vicaire général , l'offre que vous me faites , de pren- 
» dre, pendant le voyage que vous allez faire en Italie, 

• des renseignements sur une fondation de bourses, 

• que vous avex découverte, créée à Padoue par Tévêque 
n de Tournay André , en faveur des Belges , et qui 
» pourront mettre notre gouvernement à même de faire 
> réintégrer nos compatriotes dans la jouissance de 
» cette fondation. » 

Je partis pour Vienne par Munich le âl septembre^ et 
je me dirigeai de là sur la Lombardie , par Trieste et 
Venise. Je revis Padoue, et grâce à l'obligeance de M. 



— 199 — 

Tabbé Gorradini, je pus visiter le eollége de Hotre-Dame 
de Tournay et savoir ce qui restait de sa dotation. 

De retour^ je rendis compte du résultat de mon voyage 
i M. le baron de Crassier , secrétaire général du minis- 
tère de la justice. Voici un extrait delà lettre que je lui 
écrivis à ce sujet, le 28 novembre : 

J'ai obtenu des renseignements asseï précis sur le col- 
lège fondé à Padoue, par Tévèque de Tournay, André 
Ghini. Les bâtiments et les biens de ce eoU^e existent 
encore , et le tout a été uni au séminaire de Padoue de 
1820 à 1828. Ou a, à celte époque , formé avec les reve- 
nus dix bourses à la collation du patriarche de Venise^ 
et dont jouissent actuellement buit Padouans , un Trévi- 
sien et un Vénitien. La comptabilité de cette fondation 
forme un chapitre spécial dans les comptes da séminaire. 
Les biens , qui sont situés à Tribano, sont maintenant 
mieux exploités ou mieux loués qu'auparavant , car il 
est question d'augmenter le nombre des bourses. 

Le collège est désigné communément à Padoue sous le 
nom de collège Camptôn. Il est situé dans un endroit 
qu'où appelle il borgo vtgnïali, parfaitement bien res- 
tauré et loué à nn particulier au profit de la fondation , 
pour la somme de douze cents francs environ. On a 
néanmoins laissé subsister sur la façade l'inscription 
suivante , qui est gravée sur une pierre : 

INTELLIGITE PARVULI ASTUTIAM ET INSIPIENTES 

ANI]HADVERTITE,'PARAB. SALOM, CAP. VHL V. V. 

COLLEGIO TORNACENSI 

FRANCISCUS ATÎTONIUS CORRORIBS ORDINiS 

CAPtUCmORUM PATRIARCHA VENETORÏIM 

DALMATI^QUE PRIMAS, ETC. 

P. (POSQIT.) 

Anno DoMiifi MDGCXL. 



— too — 

Cette inscription, monsienr le baron, ne me parait 
laisser aucun doute sur l'identité de ce collège a^ec celai 
qn'a fondé dans la même Tille de Padoue l'éTêque André 
Ghiny et sur lequel les historiens nous apprennent que 
ce prélat awt fait placer ces mots : Gollegium juristarum 
nostnsDomin» à Tornaco. 

Je désire que ces indications puissent être de quelque 
utilité, pour faire rentrer les étudiants du diocèse de 
Toumay en jouissance de cette fondation , qui semble 
avoir consenré des revenus suffisants pour l'entretien de 

idusieurs élèves. Si le gouvernement trouvait bon de 
aire des réclamations à cette fin , et si , comme on a tout 
lieu de l'espérer , elles étaient couronnées de succès , je 
Tarderais le temps que j'ai passé à Padoue comme celui 
qui a été le plus utilement employé pendant mon» voyage. 

Muni de ces renseignements , le gouvernement prit 
des informations , par voie diplomatique , sur le coUége 
de Notre-Dame de Tournay, et le S octobre 1859 H. le 
Ministre de la justice communiqua à monseigneur l'évè- 
que de Toumay , un mémoire en italien dont voici la 
traduction : 

Le collège de Samte-Marie de Tournay^ vulgairement 
appelé le collège Campùme, est maintenant uni au sémi- 
naire épiscopal de Padoue , en conservant cependant la 
spécialité de sa fondation distincte. 

Le collège Campion fut fondé , il y a cinq siècV^ , par 
un Bolonais du nom de Boatteri , comme on le verra 
â-après. 

On n'a point d'acte de sa fondation ; on l'a, du passée 
inutilement cherché ; peut-être parce que ce collège ne 
fut point établi avec les formalités ordinaires ; mais on a 
du reste d'autres actes qui suffisent pour faire connaître 
ses commencements et sa nature. 



— 801 — 

Au quatorzième siècle vivait à Hur^no , alors du dio- 
cèse deTorcello, un certain Pierre Boatteri, d'extraction 
noble et natif de Bologne. Il forma le dessein de former 
à Padoue un collège pour des écoliers clercs , lesquels 
sous un président , de la manière et selon les règles qu'il 
déterminerait ou qui seraient déterminées par celui qu'il 
chargerait de l'exécution de ses volontés, s'applique- 
raient aux études en fréquentant les cours de l'université. 
A cette fin , il s'adressa au vicaire impérial de Padoue 
seigneur de Garrara , et il obtînt de lui en 186S, un pri- 
vilège très-étendu de pouvoir acquérir sans payer de 
droits^ jusqu'à concurrence du prix de trois mille ducats, 
des immeubles , pour fonder un collège , avec participa- 
tion et jouissance pour ledit collège , de tous les droits de 
la commune de Padoue. Boatteri peut donc être considéré 
comme le premier fondateur du collège , car cet établis- 
sement^ trois ans après ce privilège obtenu , est reconnu 
comme érigé par le fait des acquisitions que l'on paya en 
son nom et avec ses deniers. L'emplacement acheté pour 
cette fondation était situé au bourg (in borgo) eZ/riJ^na// 
près du puits Campion , lieu où est encore maintenant 
le collège dont le terrain a été conservé dans toute son 
intégrité , comme le prouvent des documents anciens. 

On peut conclure d'un'acte un peu postérieur à 1866^ 
qui fut ensuite ratifié par un autre acte du 21 octobre 
1429^ que Boatteri remit tout ce qui concernait le collège 
entre les mains et aux soins d'Albici de Lucca, qui fut en 
premier lieu chanoine de Tournay , puis de Trévise. Ce 
dernier institua le collège sous le nom de Sainte-Karie de 
Tournay, selon les intentions de Boatteri ; et le collège 
fut, pour cela , appelé de Tournay, comme aussi Cam- 
pion à cause de sa situation près du puits de ce nom. 

L'acte contient trente et* un articles , (il en est qui le 



~ SOI — 

divisent en trente-trws) de statuts du eoU^e^ lesquels 
furent publiés au palais épiscopal dans une galerie qui 
donne sur le jardin , en présence de Pilco évèque de 
Padoue,et devant Bouienutro , abbé du monastère de 
Saint-Cyprien de Hurano. Ce qui se fit ea iS66 , par le 
ministère du notaire Jacques (Jacopo). 

D'après ces statuts, les écoliers du collège devaient être 
au nombre de six ; deux de la ville ou du diocèse de 
Padoue , deux de la ville ou du diocèse de Trévise et 
deux de la ville ou du diocèse de Ferrare. 

Parmi ces six élèves, Tévèque de Padoue devait en 
choisir un pour exercer les fonctions de président. Quant 
aux conditions exigées pour être admis au coDége , elles 
consistent dans la présentation à fiiire par Tabbé de 
Sainl-Cy prien de Murano, et dans la confirmation et l'ap- 
probaliou de Tévêque de Padoue. S'il n'y avait personne 
à présenter des trois diocèses dénommés ci-dessus, Vabbé 
devrait alors choisir des jeunes clercs originaires d'au- 
tres localités , en taisant pourtant la déclaration que pen- 
dant un mois, depuis la vacance de la bourse, Ua dili- 
gemment fait des recherches pour trouver des ayant- 
droitetqu'il n'a pu en découvrir. Gela, du reste, est aban- 
donné à sa conscience, et on doit l'en croire sur parole. 

Que si les revenus du collège viennent à augmenter , 
il y aura et il doit y avoir deux bourses pour les jeunes 
clercs du diocèse de Tournay , libres de condition et 
issus de légitime mariage , et cela d'après la volonté 
d'Albici , qui fut chargé de réaliser la fondation du col- 
lège , et d'y mettre la dernière main ; ce qui peut le faire 
regarder comme second fondateur de cette maison. Pour 
le cas où il ne serait pas possible de trouver des élèves 
du diocèse de Tournay, l'abbé pourra en choisir d'autres, 
selon qu'il a été dit ci-dessus. 

Par suite d'améliorations introduites dans l'adminis- 



— 308 — 

tratioo , les revenus «'étant accrus , l'abbé Trevisano fon- 
da le novembre 1524, une nouvelle bourse en faveur 
d'un clerc, quel que soit son lieu d'origine^ pourvu qu'il 
soit présenté par l'abbé de Saint-Gyprien et accepté par 
l'évêque de Padoue. La fondation de cette bourse fut ex* 
pressément approuvée le 14 juillet 11588, par un acte 
minuté par le notaire public Jacques Rota ^ camérier de 
l'évèquc de Padoue. On voit en outre, par un document 
imprimé datant de 1S80, dans lequel on en reproduit 
un plus ancien , que le cas prévu de l'augmentation des 
revenus s'étanl vérifié , le patriarche Jacques Trévisan, 
qui fut commandateur et administrateur perpétuel de 
l'abbaye de Saint-Gyprien de Hurano ,, comme le furent 
dans la suite , et comme le sont encore les patriarches de 
Venise , institua une nouvelle bourse non affectée au 
diocèse de Tournay, mais pouvant être conférée à un élève 
de quelque nation qu'il soit. 

On voit très-bien que tout cela était en contradiction 
avec les statuts primitifs , et les conditions imposées par 
le second fondateur ou, pour mieux dire , par le délégué 
du premier fondateur Boatteri. 

Le fait est que ces actes ne donnèrent lieu à aucune 
réclamation , du moins on n'a pas de preuve qu'il en 
ait -été fait. Au contraire les revenus s'étant de nouveau 
augmentés , deux bourses furent encore ajoutées aux an* 
tiennes par le patriarche Priuli , en laissant toute li- 
berté aux patriarches (qui , en vertu d'une union perpé- 
tuelle faite par Sixte V , sont administrateurs de l'abbaye 
de Saint-Gyprien de Murano, et exercent^ en cette qua- 
lité , des droits sur le collège de Tournay) de présenter 
indifféremment des élèves d'un diocèse quelconque. 

Cependant des doutes s'étant élevés à l'évèché de Pa- 
doue sur la destination des revenus du collège de Tour- 



— W4 — 

nay , une discussioa s'engagea dans kcpielle on échan- 
gea quelques écrits. Les parties , qui étaient d'un côi^ 
l'évêque de Padoue, et de l'autre l'abbé de Sainl-Gyprieu 
de Hurano , patriarcbe de Venise , représentés par des 
délégués, se disant tels ^ en vinrent à faire un accord, 
dont le passage suivant a trait à la question qui nous 
occupe : ConcardarunietstatuerurUper Dominumpa- 
triarchum abbatem S. Cyprianide Muriano , exacte et 
distincte observandam eue legem Testatarum in députa- 
tione seu eieciùme echolarium de nati&ne ab ip$is testa- 
toribus prœdesifmUorumj videUcet quodduo sint Par 
duani^ duo Tarvisi^ duo Ferrartenses et duo Turna- 
censés. 

Cette disposition est plus conforme à ce qui a été réglé 
lors de la fondation du collège , mais, elle est en oppo- 
sition avec des actes posés antérieurement. Il est à re- 
marquer que les personnes déléguées ne prouvent leur 
délégation que par leur déclaration, sans produire aucun 
document. 

Il ne parait pas , d'après les actes qu'on possède, que 
depuis un siècle aucun étudiant de Toumay ait été 
pourvu d'une bourse par Tabbé, ou en ait accepté la 
collation ; car , dans un écrit*de 176S^ on regarde comme 
simplement possible qu'il se présente un Tournaisien 
pour étudier à Padoue ; à cause qu'il existe plusieurs au- 
tres universités. La cour (curia) de l'évèché de Padoue 
d'un autre côté, déclare que par le passé jusqu'à l'année 
dernière, deux des bourses du collège ont été conférées 
à des clercs du diocèse de Trévise , et toutes les autres à 
des élèves du diocèse de Padoue; 

L'administration tant sous le rapport économique que 
disciplinaire du collège de Tournay était en 1830 dans 
un état tel que , par suite d'une demande faite par les 



— «05 — 

élèves eux-mêmes , on fit une enquête avec le concours 
de son Éminence le patriarche Jean Ladoslao Piyrker, 
et du gouvernement fonctionnant alors à Venise, et on 
en vint «à prendre la détermination de faire entrer les 
boursiers du collège de Touruay au séminaire de Padoue, 
en confiant l'administration des biens du collège aux ad- 
ministrateurs du séminaire. Les avantages qu'on a eus 
en vue en prenant ces mesures sont : 

P De mieux pourvoir à la bonne discipline parmi les 
élèves , et à la bonne administration des ressources afTec- 
tées à leur entretien ; 

T De tirer parti du local du collège en le louant ; 

S"" D'épargner les frais d'administration. 

L'administration de la fondation toutefois devra de- 
meurer séparée, ses biens ayant un but spécial^ et les 
patriarches de Venise en qualité d'abbés deSaint-Gyprien 
de Murano conserveront leur droit de présentation aux 



Le collège des Juristes de Tournay existe donc encore 
à Padoue , et , comme M. le Ministre de la justice le dit 
dans sa lettre du Z octobre 1859, il ne s'agit plus que de 
correspondre avec le patriarche de Venise , pour récla- 
mer la jouissance de deux des bourses de cette fondation, 
en faveur d'élèves en théologie du diocèse de Tournay . 

Pouvons-nous , après les explications données sur l'ori- 
gine de, ce collège dans le mémoire envoyé au gouverne- 
ment , continuer à en attribuer la fondation à André 
Ghini dont le nom parait être inconnu à Padoue et qui 
est mort vingt ans avant qu'on obtint l'autorisation de 
créer cet établissement? Il ne reste qu'un seul moyen de 
faire remonter cette œuvre à l'évêque-Ghiny: c'est de 
supposer que Pierre Boatteri était dépositaire des fonds 

BULLETIN T. VI. 8d. 



_ 106 — 

qtit te firétat deêlinait A l'étettion du eôllége et ^a'it 
«Tiitétéchiirgé dé r^téeultoii de tb projet. Le téittolgtiage 
d'un grand nombre d^éeriniiis et là persuasion eôns- 
tante où l'on a été à Tournay, qUe t'est à eet év*èqûe que 
let Toumaisiens doivent les bourres dôïit ils péu^ehl 
jouir à Padotte , autorise eette sup^âilion. On ne eon- 
foit pas non plus aana ceh conAmenl Albiei de Lucca qui^ 
après avoir été chanoine de 1\>Ut*nay, le devint a Yk-éViâë, 
et qui n'a été qu'un af^ent employé l»ai* Boatteri, aui^ait 
donné a ee eollége le nom de Itoire-Dame de Tout-nay. 

PerillMitriisime ac Revermdimr* ZI-« , 

Litteras Dominalionis vestrœ periltustrissîmle ac Ke- 
TefetidissioiiB accepi quibus significant se ad banc t^ata. 
Tiam eivilatem duos ex suà diœcesi Juirenesmittere qui in 
eollegio Sanctjs Mabia Tornagensis nuncupalo aUntur , 
Et Ucet ex fundatoris instituto duo locain illo collegio ad 
bomines istius diœcesis spectent, nihilominus quià locis 
illis vacantibus proposila fuerunt edicta et habita dili- 
gent! inquisitione , nullus istius diœcesis appàruit, et ex 
lege alii Tuerunt admissi, qui expelli non possunt nec de- 
benl, nisi poslquam per septennium ibi permanserint , 
isti juvenes nunc recipi non potuerunt , sed cum proxi- 
mus futurus annus sit septimus uni dicti coUegii alumno, 
locus illius tune vacare continget et forsan, atiquo inter- 
\eniente inopiiiato accidente, etiam eitius alii loci vacare 
possent : poterunt]isti juvenes vel alii coram lUustrissimo 
et R"* !)"• Venetiarum Palriarcbâ ac S** ^lomanie eccie- 
siâB cardinali (ad ipsam enim prœseiltatio , ad episcopum 
\ero patavinum institutio et Confirmatio speclat) se prœ- 
sentare cum lilteris teslimonialibus fiomiuationis vestrœ 
R"* quœ illam et nos certiorcs reddeut cos juTcnes ex 
stâ Diœcesi esse oriundos , et legitimo matrimonio pro- 



— 807 — 

crealos, catholicè ?ivere et sanctam catholicam et aposto- 
licam Tomanam ecclesiam omnium Ecclesiarum matrem 
etmagistram agnoscere, et esse pauperes, qui in suis red- 
ditibus trigenta annuos florenos auri non habeant ; hœe 
enim omnia ut prius constent , ex mente fundatoris sta- 
tutum fuit , prout etiam ita eruditi siut ut scientiae sacro- 
Tum canonum navare queant nec uUi aliœ scientiœ ibi 
possunt ex eodem instituto incumbere. 

Dominatio yestra, pro catholicae Ëcclesiœ propagatione^ 
benèvaleat ac illi ex Toto a Deooptimo Maximo successu» 
precamuT. 

Datum Patavii pridiè calendas octobris HDIG (1599)^ 

Dominationis vestree per lU"* et R*» servus paratis- 
simus. 

Aloysius BruUius vicarius in episcopatu paduœ gene- 
ralis. 

In dorso scriptum erat: 

Perill"'^ ac R°''' in Ghristo Patri ac Domino observen* 
dissimo Ëpiscopo Tornacensi. 

Pour copie conforme à une ancienne copie en écriture 
du commencement du 17* siècle, se trouvant dans un 
volume des archives de la cathédrale de Tournay et por- 
tant au dos : Capitulum et episcopium n* I. Ce volume 
avait été prêté à M. Hoverlant de Beauwelaere, et a été 
reconnu sur là vente de sa bibliothèque. 

Tournay, le 24 janvier 1860. 

C.-J. VOISIN, vie. gén. 



TiBLEiD DES MEMBRES 

DE LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE ET LITTÉRAIRE 
de Vopra»!. 

Messieurs 

DU BUS^ainé^ président. 
. DESGAMPSyTice-président. 

WARLOMONT, bibliolhécaire-archivislc. 
GÉRARD^ trésorier. 
WAGQUEZ y Jules , secrétaire. 



»•«•« 



M^màJbrmm tltal»ire« 

PAR eBDRB d'aNCIENNBTÉ. 

Messieurs : 

i. Du Bus, sAné {Français) ^ président du 
TribunaL 

3. Du Bcû(Edm(md) ^ avocat, 
t. DuMORTiEB {Lom8)y échevin. 

4. Dbsgaiips^ chanoine honoraire. 

5. Voisuf, yicaire^général. 

6. Dblicqbuillbrie, chanoine. 

7. PEims-WiLBAUx, propriétaire. 

8. GfiRARD , curé de la paroisse de Saint-Quentin 



— SIO — 

9. De NtooNCBiL (fe eoMl^Ceor^MJ^ptopriétaire. 

10. WAiLOiiQifK (C^4r^t)iiwpefjlmi dit IVnregislre- 

ment, en retraite. 

1 1 . BdntaK [Françaàljj i^rlîate pdatre. 
it. BmimmB (/Mflm) , arcbiteete. 

19. Waoqob (Jiflef)^ aTSMl* 
U. VAHNHBmoBOK , arehiyiste. 



l l*' mÉaNiGOUES. 
Messieurs : 

I. Di ButsGHia (BdmJ)j secréti^re d^ \\ %Btin4té ^' 

beaux-arts et de littérature^ ^^«i^ G«Ad. 
1. Di LanDÂET db Thuxaid^ (le ch^uU^ j^lfhfm^- 

Ferdinand)^ magistrat honoraire de 1'* 

classe y eXç.y & (iége. 
S. VmoLkxt (Ahxandre^oseph) ^ chef de section aux 

«VÇ^^IW tl|ié|«4^ ^ 99graume , etc. , à 

Bi^uxelles. 

4. Si SAiRT-GEifois ( le baron Jules) , professeur et bi- 

bliothécaire à Funsversité^ ele.^ à Gand. 

5. Làdoix (^fl^griM^it-^rofij^, çMT^lii^j^ d^Vl^Mk^ Qt 

de la yiile, et(f .j| ^ |l9lis. 

6. Ghav>ii {Renier), présid,çj(il4eV\;^^(Wt^^i^^ 

que,elc., iBrmeiVçs^ 
r Van db Pcttb (Fer4nm4()A <5hWWm Q^^»«^¥fpfr 

ringhe. 
8. Yamoeubbrsgh (Polidot^Ckm^9\x WWIIiWtel»d» 

archive* 4^ 1^ proi^kH^ ^ \i ¥Vmdre 

çri^t#^^QfXld^ 



- »11 - 

9. Bo&GMKT (Jules) y ion^rvàttar deé àrehtt«8 tle la 

\ille etc , à Namuir* 
10. Gàchabi^ {Louts-Prù^per), archiviste général du 

royaume ^ ele. , ù Bruxelles; 
1 1 « RsNiaD (Bruno)^ général d'étai-nkajtot, aide^de^camp 

du Roi , à Bruxelles. 
IS. GàATON {h ckmomé)^ directeur de rinililiit âfts 

sourds-muets et deis aveugles , etc. , à 

Bruges. 

15. DiEGBRicK {Jstdore-LuctefhAMtrinie) , professeur à 

Talhénée royal d'Anvers , vice-président 
de l'académie d'arefaéologie de celte villcc 

14. Db Ram [Pierre-François-Xavier) ^ recteur magni- 
fique de l'université tàtbolique, letc.) h 
Lottvain. 

1». \kk EUsssLT [André-Eenrt^Vmsima)^ litlélrateut', 
ete., à Bruxelles» 

16. Clbsjik (i<n^)9«9i«) $ littérateur à Moiis. 

17. Gbandgagïiaob (/»-C-4^0î président à la cour d'ap- 

pel j etc.; à liége. 

18. Juste [Thiodore\ directeur du musée d'antiquités ^ 

littérateur j elc^, à Bruxelles. 

19. QDtHirr (^enotV) , littérateur à iWons. 

20. Capitaine ( Wy^w) , secrélaii'e général de la société 

libre d'émulation, etc., à Liége. 

21. Pfty db Rosen [Jules) y archéologue, etc., au châ- 

teau de Grune , près de Marche (Luxem- 
bourg). 

22. PoUiN [Mathieuntamhert)^ archiviste de l'Etat^ etc., 

à Lié£(e, 
2S. Paulbt [Léon) , littérateur, etc., rue du Trône, -48, à 

ËrdxeUes. 
24. Van Achtbe [Victor), littérateur, etc.. à Bruxelles. 



— SIS — 

S5. SnBuu (Camsiaiii'PkOipp») j professear, etc., à 

Gand. 
â6. Coghrutx (Charles) , eapilaine du génie, à Gand. 
17. Jour (£(fotfarcf); archéologue , etc. , à Renaix. 
M. LâTAixBT (Edouard) , professeur à l'aeadémie des 

beaux-arts, elc.^ à liége. 
M. La Ror {Alphonse) j professeur à Tuniversité^etc., 

à Liége. 

50. RBRTTicDBVOLKABasBEKB(l'At/i/>fie), littérateur, etc., à 

Gand. 

51. GuiLLACMB [Gustave) j colonel, chef du personnel 

au ministère de la guerre , etc. , à Bru- 
xelles. 

SI. DfiViLLsas (Léopold) , conservateur-adjoint des ar- 
chives de rÉtat , etc., à Mons. 

SS. Lbibohb (Théophile) , instituteur communal et géo- 
mètre à Estival-au-Yal. 

34« Dejaidim {Adolphe) , capitaine du génie , ancien 
membre titulaire , à Liége. 

S5. ToiLiBX (Albert)^ ingénieur à Mons. 



% U. fiTBÀNOBRS. 

Messieurs : 

1 . Gastel , membre de plusieurs académies nationales 
et étrangers à Saint-Lo (Manche). 

î. GoMART (CA.), de la société des sciences, etc., à 
Saint-Quentin (Aisne). 

S. D'HftRicouRT [le comte Achmet)^ maire de Sonchez, 
(Pas-de-Calais), etc. 



— 313 — 

4. Taillur (Eugène) conseiller à la coût d'appel, etc., 
à Douai (Nord). 

tf. Le Glây, le docteur, arcbiyiste, etc. , à LiOe. 

6« WiLBBBT {Alcibiadé) , président de la Société d'ému- 
lation, etc. , à Cambrai (nord). 

7. HfiBMÂNT {Alexandre) de la Société des antiquaires 

de la Morinie , à Saint-Omer (Pas-de- 
Calais). 

8. Paris (Paulin) ^ membre de l'Institut , conseryatenr 

des manuscrits de la bibliothèque natio- 
nale^ etc., à Paris. 

9. Brdneel (Henri) , homme de lettres^ de la commis- 

sion historique du département du nord, 
à Lille. 

10. Dr Caumont (il.), correspondant de l'Institut de 

France , de la Société pour la conserva- 
tion des monuments , etc., à Caen (Cal- 
, dayos). 

11. BuLTEAu, Yabhé(/Varchel'Joseph)yCnTék Fcrrières, 

près de Maubeuge. 
là. Rock, le docteur (Daniel) , chanoine, archéologue, 
etc. , à Buckland-Fariugdon (Angle- 
terre). 

13. Garnier (CA.-J.); conservaleur de la bibliothèque , 

secrétaire perpétuel de la société des anti- 
quaires de Picardie, à Amiens (Somme), 

14. GiGAULT DeLa Bedollierre (Emile)^\iommQ de lettres, 

etc.^ à Paris. 

15. Gentil-Descamps , archéologue à Lille (nord). 

16. Gastellanos DR LozADA (Basilio-Sebastion)^ directeur 

de l'académie espagnole d'archéologie, 
etc., à Madrid. 

BVLLRIM T. Yl. 40. 



— S14 — 

47. CoAtLiT, Fabbé {Jules)j de la Société des antiquaires 
de France et de la Picardie, etc. Amiens. 

18. JoBiHAL {Achille)^ membre du corps législatif, secré- 

taire général de l'institut historique de 
France, etc., à Paris. 

19. LiaocHB {AniotM) j ancien magistrat, membre de 

l'académie d'Arras, à Duisans, prés 
d'Arras (Pas-de-Calais). 

%0. NAHim (il.) professeur à l'athénée, conservateur- 
secrétaire de la Société archéologique du 
grand Duché de Luxembourg. 

91. Le baron CHAUDauc de Cbazannbs {Jean)j maître des 
requêtes honoraire au conseil d'État, 
membre de l'Institut de France, etc., à 
GasteUSarrasîn (Tarn-et-Garonne), 

SI. De CkQffY , curé à EnnemaiuJez-Péronne (Somme). 

SS. Goean (de Moscou) , de l'université impériale de 
Moscou et de Saint->Pétersbourg , etc., à 
Saint-Pétersbourg. 

24. Db Pontaumont [Emile) , inspecteur de la marine, 
chevalier de la Légion-d'Honneur , etc., 
trésorier-archiviste de la société acadé- 
mique à Cherbourg. 

2K. Delacbapellb {Edouard)^ avocat , docteur ës-lettres, 
régent de logique et secrétaire de la so- 
ciété académique, etc., à Cherbourg. 



*.-^^Ni$)^>Vv^ 



— m — 

Messieurs : 

i. Labis, évêque de Tournai. 
2. Troyb y goui^emeur à fflons. 
8. Sacqueleu, commissaire d'arrondissement à Tournai. 

4. De Rassb^ bourgmestre de Tournai. 

5. De Lannoy (le général), à Bruxelles. 

6. GoBLET d'Alviblla (lo général) , id. 

7. Baron db Joigny , à Tournai. 

8. Comte Yisart , à Bury. 

9. Descamps, notaire à Tournai. 
10. Carion , notaire à Saint-Ghislain. 
1 ] . Brouez , notaire à Wasmes. - 

42. De La Croix , Arthur, à Mont-Sain t-Aubert. 

13. Crombez , François , représentant à Tournai. 

14. * Maillet , V., major à Tournai. 

16. BossART , président du séminaire à Tournai. 

16. Delhaye-Verdure , propriétaire à id. 

17. Desobry, François^ à Tournai. 

18. Lbpers , (l'abbé) , à Tournai. 

19. DuQUESNOY , Louis , juge à Tournai. 

20. Du Prjé , juge-de-paix , à id. 

21. Baron Db Roisin j à Bruxelles. 

22. Voisin , curé à Jollain-Merlin. - 
2S. BossuT , curé de Guignies. 



— S16 — 



iiep«%UMitl«iui. 



S I*'. m BEIAlQUB. 



Amours. — Académie d'arehéologie de Belgique. 
ArUm. — Société pour la conserration des mo- 

numenU historiques et des œuvres 
d'art dans la province du Luxem- 
bourg. 
Brugeê. * Société d'émulation pour l'étude de 

l'histoire et des antiquités de la 
Flandre. 
Bruxelles. — Académie royale des sciences^ des let- 
tres et des beaux-arts de Belgique. 
» — Académie royale de médecine. 

» — Société de numismatique. 

» — Société pour la publication de mémoi- 

res relatifs à l'histoire de Belgique. 
*— Société royale des beaux-arts et de 
littérature. 

— Société libre d'émulation. 

— Institut archéologique. 

— Société liégeoise de littérature Wal- 

lonne. 
louvam. — Société littéraire de l'université catho- 

lique. 
Jfofif. — Société des sciences, des lettres et des 

arts du Hainaut. 
» — Cercle archéologique de Mons. 

Namur. — Société archéologique. 

Tangres. — Société scientifique et littéraire du 

Limbourg. 



Garni. 



Liège. 



— 117 — 



§ II A L'ÉTBANQBR. 



Amiens. 


— Société des antiquaires de Picardie. 


Arras. 


— Société des sciences, lettres et arts ou 




académie d'Ârras. 


Bayeux. 


— Société académique. 


Beauvais. 


— Société académique d'archéologie , 




sciences et arts du département 




de rOise. 


CoMbrai* 


— Société d'émulation. 


Cherbourg. 


— Société académique. 


Douai. 


— Société d'agriculture, sciences et arts* 


Bunkerque. 


— Société Dunkerquoise. 


Lille. 


— Société des sciences, agriculture, let- 




tres et arts. 


Luxembourg. 


— Société pour la recherche et la con- 




servation des monuments histori- 




ques dans le grand Duché de Lu- 




xembourg. 


Moulins. 


— Société d'émulation de L'Allier. 


Nancy. 


— Société des sciences, lettres et arts. 


Saint'Omer. 


— Société des antiquaires de la Morinie. 


Saini-Quentin 


\. — Société académique. 


Valenciennes. 


— Société d'agriculture , sciences et arts 




de l'arrondissement de.... 



— tl8 — 



comir0 luquêh la Société échange ses pubUcations 

DK BtICIQUB. 

JÊruxetles. 1 Bibliophile Belge. 
tSof. % Rerue trimestrielle. 

$d, s Journal de l'imprimerie et de la li« 

brairie. 
6€md. 4 Messager des sciences historiques de 

Belgique. 
Liège. 5 Journal historique et littéraire. 

Lauvain. Revue catholique. 

DK l'ÉTEANGER. 

Paris. 1 Annales archéologiques. 

id. S Revue des beaux-arts. 

Valendetmes. % Archives historiques et littéraires du 
nord de la France et du midi de la 
Belgique, par M. Art. Dinaux. 

La Société envoie , en outre , ses publications* 

A Bruxelles* — Au Roi. 

id. — Au ministère de Tintérieur. 

idy — id. de la justice. 

A Mons. — Au conseil provincial du Hainaut. 

A Tournai. -— A la bibliothèque publique de Tournai. 



mu ÂLPDÂBtlIOl. 



A. 

Ahhaye de Xo6&0s(L'ancieDne), p. 2S(0. 

— de l'Olive (L'ancieDne), 55. 

— de Saint-Ghislain, 235. 

Académie d'archéologie de Belgique, publications, 97» 125, 195. 

— royale de Belgique f publications, 1^ il, 15, 19, 50,54, 57, 

62, 125, 143, 146, 170, 193, 207. 
Aiglct sa plantation le jour de l'ascension, dépenses ^ cette occasion, 

126, 129. 
André Ghini Malpiglia de Florence , cardinal , fondateur du collège 

des Juristes à Padoue. — Bourses en faveur d'écoliers de 

Tournai , 296. 
Anna, aveugle-sourde-muette , sa mort, 249. 
Annales archéologiques de Didron, échange, 209, 225, 259. 
Anniversaire de la société des sciences, etc. du Hainaut, députation,51 . 

— de la société royale des beaux-arts, etc., de Gand, 257. 
Antiquités trouvées à Presles, 259; à Bruneliaut-Libercbies, 260; 

dansleHaInaut, 260. 
Antoing (cbapilre d'...), charte de 1294 , 126, 150. 
Arbrowh (Marguerite d'...), son épitaphe rimée ,77. 
Architecture gothique, motifs et détails choisis, etc., 192. 
Jrc/itves historiques et littéraires du nord de la France et du midi de 

la Belgique, échange, 218, 260, 293. 
Armoiries de l'ancien chapitre de Tournai, 16. 

— des évoques de Tournai, planches communiquées, 63. 
Armoriai de Tournai, 19, 98. 

Arras (Académie d'...), relations, 251. 

— (Troubles d'...), de 1577 à 1578, 216. 

— Recherches sur les livres imprimés ii... 217. 



— 320 — 

AuUên monéuireft dé Tonraii. fabrique de jetons» 66. 
Âih^ 800 histoire. Tour de Burl)aot« etc. , 2. 
^iMlmo<rd«, jetons de coofrérle, 66. 
Auxêrrê, congrès, invitatloo , 15. 



r(deU peine du...), 2. 
Barre (Pasquier de Le...) et Nicolas Soldoyer, leurs mémoires, 22i. 
Beauffart (Le comte Amédée de...). Notice nécrologique, 220. 
Belgeâ (les) en Italie, par le colonel Guillaume, 100. 
Bernard de Soulm$ (Marie-Claire) , son épiuphe rimée, 01. 

— (Jehan), son épitaphe rimée, 87. 
BibliophiU Belge, échange, 2, 224, 250, 202. 
Bibliothécaire-archiviste, création, attributions, nomination, 101», 

145, 147. 
Bibliothèque de la Société. Local, 6, 52, 55. 

— du Roi , publications de la société , correspondance, 251. 
Bidart de Thumaide (De Le), généalogie, 257. 

Binche, sceaux de cette ville, par H. Lejeune , 216. 

Biographie des hommes distingués dans l'histoire nationale, mesures 

à prendre pour en perpétuer le souvenir , 146, 252, 260. 
Blanekenberg (Une monnaie de...), 08. 
BoUandus (Lettres de...), 61. 
Bostue (B.), ouvrage oflfert, 208. 
Boiiut, curé de Guignies, nommé membre honoraire, 16. 
Boucher (Le chanoine), exorcise, 205. 
Bourlines (Nicolas), son épitaphe rimée, 78. 
Bourses du collège N.-D. de Tournai à Padoue , 206. 
Boussu (histoire de...), par H. Wattier, 00. 
Boziàre, membre titulaire, travaux, communications, 10, 08, 61, 65, 

67, 100. 260. 
Bray, notice sur le village de... 251. 

Bretèque de Tournai (ancienne), son emplacement, 14, 126, 127. 
Brielle (Cathelaine de...), son épitaphe rimée, 85. 
Bruyenne, membre titulaire, communication, 148. 
Bulletins de la Société. Table alphabétique du t. V , 5. 

— publication,. retard k* éviter, 6. 

Buanaparte (Napolione di), Lettres de trois membres de cette famille, 
205. 



— 321 — 

Burbant (Tour dé...) , ^ Ath, 2. 

Bureau de la Société, renouTellemeot» composition» iOi| 116, iéS, 147. 

Busteher (De), membre correspondant, ouvrages envoyés, 957. 



Cambrai, congrès, voyage, prii réduit, 18. 

Cambry (Jehan de...), son épitaphe rimée, 94. 

CapUaineÇOlysse), membre correspondant. Ouvrages envoyés. Il, 

147, 190, 208. 
Carre (Alexandre de Jolianne de la), son épitaphe rimée, 93. 
Carrières du Hainaut. Notice géologique et statistique, 260. 
Carton (Le chanoine), membre correspondant; ouvragé envoyé, 249. 
Catalogue de la bibliothèque sociale, 6, 52. 
Cere(0 archéologique de Mons, publications, échange, 16, 51. 
Chalon (Renier), membre correspondant, ouvrages envoyés , 57, 98, 

145, 147, 159. 
Chandeliers d'églises au moyen-Age, 144. 
Chants de la messe d'or, de la messe de minuit à Tournai, 277. 
ChapeUe de N.-D. flamande à la cathédrale de Tournai. Vitrauxi 20. 
Chapitre (ancien) de Tournai. Planches d'armoiries, 16. 
Châsse émaillée de Saint-Ghislain, 258. 
Chereq (Chartreuse de..). Inscription rimée, 92. 
Chiboule, mot ancien pour signifier Ciboire, 255. 
Childérie, son tombeau. Lettre de M. l'abbé Cochet, 12. 
Chotin, auteur d'un mémoire sur l'étymologie des noms de villesi etc. 

du Hainaut, 60. 
Ciboires (Essai sur les...), 99- 
Ciboire t origine de ce mot, 252. 

— de Jolhain,252. 

Cloche fondue par M. G. Morel de Lyon, 170. 
Cloître (ancien) des chanoines de Tournai, plan 5, 14, 126, 127. 
Cochet (L'abbé) rectification ^ propos des objeU trouvés dans ^e tom- 
beau de Childérie, 12, 14. 
Col^ede N.-D. de Tournai à Padoue. Bourses, 296. 
Comité archéologique de la société, réorganisation, 101. 
Compte du trésorier de la société , approbation , 99. 
Concours de la société des antiquaires de la filorinie. Programmé, 49. 

— de la société Dunkerquoise. Programme, 49. 
BULUrTIM T. ^i. ^1- 



— «M - [^ 

Confrérie des noUircs à Toaroai . 282. 
Cùn$rè$ d'Auxerre . ioviution, 15. 

— de Cambrai , foyage, prix réduit, 18. 

— d'ophibalmologie de Bruxelles, cooiple-rendu par le docteur 

Warlomout, 95. 

Cotuaux de Tournai. Extraits de leurs aociens registres par M. Van- 
denbroeclL , meaibre titulaire, 210. 

Camnl proviDcial , demaode d'un deuxième exemplaire des publica- 
tions de la société, 49. 

CorhUt (L'abbé), membre correspondant, ouvrages envoyés, 2, 99, 
lU, 170, 194. 

Cùrrupondanee de Cbarles-Quint et d'Adrien VI, 170. 

Colfrci (Pierre), son jubilé, sa mo^ d'or, etc., 3, 261, 276. 

— Épitapbe rimée , 72. 

Couronné margaritiqve , on définition de l'orbanité en 1505, 170. 
Cri de l'ascension, 129. 



Damoisêoux (fierté des...), 102. 

Deeagny (L'abbé), membre correspondant, ouvrages envoyés, 250. 
Dêjardin, membre titulaire , puis correspondant, nomioalions, tra- 
vaux, communications, 2, 5, 52, 57, 53, 61, 6ô, 126, 145, 

168, 171. 
De la ChapeUe, proposé et admis comme membre correspondant, 

226,294. 
Dépêehei des ambassadeurs militaires sur les campagnes de Ciiarles- 

le-lïardi de 1474 à 1477, 168. 
Dépuiation du conseil provincial. Rapports, 50, 208. 
Deseamps, membre titulaire, député à l'anniversaire de la Société des 

sciences du Hainaut, réélu vice-président, 51, 147. 
DoviUers (Léopold), membre correspondant, son élection, ouvrages 

envoyés,!, 15, 16. 51.225. 
Dewinge (Jérôme), lettres à lui adressées par Bollandus, 61. 
Didron, aîné, à Paris. Annales arcbéologiqaes, 209, 2^- 
Diegeriek, membre coirespondant, ouvrages envoyés, 145. 
Dinaux (Arthur), archives historiques et littéraires du nord de la 

France et du midi de la Belgique , 218. 260, 293. 
DouUremon, son épitapbe rimée, 76. 



— 523 — 

Drames des trois Maries, 286. 

— liturgique de la fête de l'asccDsioD, 890 . 
Drames liturgiques à Touroai, 261. 
Du Bus, atué, membre titulaire, réélu' président, U7. 
Duehanibge (Le chanoine), 286. 



Ecrouelles , à faire toucher par le |Roi. Voyage à Paris, 206. 
Eglise deM.-D. de Tournai , salle capilulalre, 48. 
Ennetières (d'...), François, son épitaphe rimée, 89. 
Epitaphes de Tournai recueil i les à Mons ,51. 

— rimées des églises de Tournai, 61, 63, 67. 
Essai sur l'organisation d'une armée de volonlair^ , 190. 
Estines, résidence des rois francks, 55. 

États du Tournaisis. Traité pour l'agrandissement de leur district, 190. 
Etymologie des noms de villes , bourgs, etc., p^r M. Chotin, 60. 
Evéques de Tournai. Planches de leurs armoiries, 63. 
Exorcisme d'une jeune fille, dépenses à cette occasion, 295. 



Fables par M. J. Wacquez , secrétaire de la Société, 100, 109. 
Fastes des calamités publiques dans les Pays-Bas, 169. 
Fery de Guyon, ses Mémoires, 224. 
Fiertés (des) de N.-D. de la cathédrale de Tournai, 63, 101, 



Gachard, membre correspondant, ouvrage envoyé, 170. 
Gargate (Quentin), son épitaphe rimée, 69. 
Gamier, membre correspondant, ouvrages envoyés, 19i 147. 
Gastre (Michel de..), son épitaphe rimée, 90. 
Gérard, membre titulaire, réélu trésorier, 147. 
^t7&er( de Choyseul du Plessy-Pralin, évéque de Tournai, 191, 195. 
Goer(z, membre correspondant à Saint-Pétersbourg, ouvrages en- 
voyés, 4. 
Gomart, membre correspondant, ouvrages envoyés, 192. 
Gonirœul (Vinchent de). Notice biographique; 144. 



Gomimm9 paMêv, m» épiuphe rimée, SS. 
CoMPirmwtwf pioftoctol. Rapport delà dépnuiioo, 80, 9ÛB. 
tfoiiy (Loab de), iob épiUphe avec ehroBosnannie, 96. 
«Hipoire de la Ch>li, iOB épiuplie rimée, 70. 
GMibêrî deToomal» i" croisade de saioi Lools, II. 
gMitlfl—i Dorani, éf éqne de Monde. 284, S85. 
«- de Hainaot. évAqne de Cambrai, S09 (note). 

» ouvrages envoyés, 144, 100. 



g c e oûf f (Jehan), aonépiupbe rimée,8S, 

HauéUt prison oellalaire, médaille, 4, 

Htmdian (Gilles de), chanoine de Laon , fOO, (note). 

Jg mm è gr l (Frédéric), notice néerologiqae, ses pablicationsi 3, 6, 8». 

MéHmmrî (Le comte d'..)» memlire correspondant, oavrages offerts, 

916. 
HiêUrirê des gardes Wallonnes an service d'Espagne, 100. 
Bdisl da fèri looge de la.monnaie, me Perdue, 352. 



Mfer^pliefM sépnlchrales des églises de Tournai à Mons, 1. 
JfMtîM archéologique liégeois. Publications, 147, i07. 
/mwnlairf analytique des travaux historiques, etc., 288. 
— des (Ajjeu de l'ancienne confrérie des neutres îi Tournai, 

tn. 



Jaemarî Pilavaine, miniaturiste du 15* siècle , 126. 
/soRfif, duchesse de Brabant , ses monnaies, 98. 
Jefofu Toumaisiens, 88, 63, 212 (pi. YI, VU, IX, X, XI.) 
Journal de l'imprimerie et de la librairie, échange, 224, 280, 289, 292. 
— historique et littéraire, échange , 4, 30, 61, 62, 128, 144, 
147,170,105,208,217,228. 
JiiMUdePierfeGottrel,3. 



JrereMovt-rarefil (De). Notice biographique, etc., 257. 



— 525 - 



Lamelain (Jehan), son épitapbe rimée , 75, 
Laroche, membre correspondant, ouvrages envoyés, 217,251. 
Laudes de Moëi, 285. 

Le Glay, membre correspondant, oq.vrages envoyés, 98 , 148, 195. 
Lejeune (Théophile), membre correspondant, ouvrages envoyés; pré- 
sentation, admission, 55, 216, 250, 251. 
Le Itoy, membre correspondant , ouvrages envoyés, U7, 192. 
Lettres de Bollandus à Jérôme Devringe . 61. 

— sur les bandes d'ordonnances , 190. 
Liste des membres de la Société , 294. 

Livre de la fabrique à la Cathédrale de Tournai, 261. 
Lobbes (L'ancienne abbaye de...), 250. 

— (Ëglise de). Plan de cette église, 148. 

LonguevUle, curé de Saint-Maur , nommé membre honoraire, 16. 



Machines à vapeur. Leur introduction dans le Hainaut, 259.' 
Markietôe l'ancien cloître de Tournai, 127. 
Martyrs (Les saints) par M. Laroche, 217. 
Médaille de la prison cellulaire de Hasselt, 4. 

— , relative à la peste de Mous, 1615-1616, 260. 
Mémoires anonymes sur les troubles des Pays-Bas, 224. 
Méreaux des corptrations de métiers aui Pays-Bas , 93. 
Messager des sciences, échange de publications, 194, 217, 292. 
Messe Soi; à Tournai, 261. 

— de minuit à Tournai au moyen-àge, 277. 
Ministère de l'intérieur. Dons à la Société, 18, 168, 195, 208. 

— de la justice, fdem, 4, 50, 217, 225. 
Missus (Messe de) à Tournai , 263, 

Monnaies, jetons, médailles, 4, 57, 58, 63, 98, 145, 147. 212, 226. 
Monnier (Jehan), son épitaphe rimée, 90. 
Monographie de N.-D. de Tournai. Erreur rectifiée, 47. 
Motte rPraoçois de la), son épitaphe avec chronogramme, 95. 
Mouton (Pierre), son épitaphe rimée, 81. 



3M — 



Nedonehel (Gui «Je...), mu é|)ilaphe rimée, 94. 
— (Le comte Georges), membre tiiulaire. Travaux, commuai- 
calioDi, 12, 58, 63, 212, 220, 226. 
Nobiliaire Touroaisien, 19, 98. 

Notaire$t aocieune confrérie, inventaire, messe de Minuit, 277. 
Notice uécrologique sur Frédéric Henoeberl , 3, 6. 
Numismatique. Mooaaies, jetons, etc., 4, 57, 58> 63, 98, 145, 147, 
212,226. 



Ogy et Isière. Charte seigneuriale. 148, 195. 

Ordonnancei publiées à Touruai en 1560*1567, sur les troubles reli- 

gieui, 144. 
Ouvrages envojés à U Société, 1, 4, 10, 15, 18, 50, 54. 57, 60, 62. 

97, 99, 125, 143,146, 169, 189, 192, 207, 215,224,249, 

257, 392. 



Pasquier De Le Barre et Nicolas Soldoyer. Mémoires, 224. 

Poulet (Léon), membre correspondant, ouvrages envoyés, 126. 

Peemmans 2i Liège. Ouvrages envoyés, 170, 218, 225. 

Peintres gantois (Recherches sur les), 258. 

Peinture à rbuîle, origine, 258. 

PèUrin, (épitaphe rimée d' un ...) 76, 

Perreau (M. A.), ouvrages envoyés, 98, 

Pesu de Mons en 1615-1616, médaille frappée à cette occasion, 260. 

Petitio campsorum Toroacensiuro , 97. 

Pierre de Li Pierre, son épitaphe rimée, 70. 

Plans de Tournai. Liste, révision, 5, 19, 52, 57, 171. 

PoffUaufnont (de), admis comme membre correspondant, 226, 294. 

Preud*homme (Etienne) et sa femme. Lenr épltaj)be, 84. 

Prison ceUulaire de Hassell, médaille coromémoràtive, 4. 

Procession de Mons, notice historique, 15. 

Ptttf« de Saint-Eieuthère, note, 126, 128. 



— 527 — 

Q 

Queitionnaire, Réponse de Saint-Gbisbin, 234. 

R. 

Badulphe oa Raoul, Epitaphes rimëes, 81. 
Maoul (Dom), son épitaphe rimée, 80, 81. 
Réfectoire de l'ancien cloître des chanoines de Tournai, 127. 
Rétributions payées aux assistants à la messe d'or à Tournai, 276. 
Revue calbolique, publication, échange, 194,208, 217, 22S, 250, 259 
292. 

— de l'art chrétien, échange de publications, 194. 

— trimestrielle, échange de publications, 194 , 225, 292. 
Riheire (Félix) de Saint-Quentin, ouvrages envoyés, 189. 
Robin, Note sur ce mol , 3. * 

Rceulx (coup d'œil sur le canlon de...), 55. 

Rois francks. Recherches sur leur résidence aux Estines, 55. 

Rokemès (Chandelles de...), 207 et noie. 

Rues de Tournai. Leurs noms, 16, 



S. 



Saint-Ghislain, Eglise, abbaye, chftsse , 234. 

Saint'Queniin (siège de...), en 1557 , 192. 

Sainte-Fontaine (rue et porte de...), 16. 

Sainte Waudru à Mons, du grand escalier, 225. 

Salle capitulairede N.-D. de Tournai, construction, date, 47. 

Sceaux de Binche, 216. 

— de Tou;*nal, planches, 19. 
Schoneck (monnaies des seigneurs de...). 147. 
Scohier (Jehan), son épitaphe rimée, 86. 
Sept'Fontaines (V. Sainte Fontaine), 16. 

Siège de Saint- Quentin et bataille de Saint-Laurent, 192. 
Société académique deBayeux, 225. 

— académique d'archéologie de Beanvais, 218, 

— archéologique de Namur, 4, 55, 144 , 146, 195. 

— d'agriculture, etc., à Douai, 18, 194, 217. 



— 528 — 

Sotiéîi d'agricttliare de Vtleoclenoes, 4, 15. 50. 57. 80. 97. 125, {U, 
\A1, 193, 106, SSO, sot. 
^ des tntiqoaires de la Moriaie à Saint-Omer , î 1 , 55, 62, li6, 
193,206,250,295. 

— des antiquaires de Picardie ^ Amiens, 2. 10, 50, 62, 125, 

147,194, 206,216.216,250. 

— de I histoire de Belgique à Bruxelles, 169, 216. 219, 224. 

— iibie démulatioo de Uége, 1 1 , 60, 146, 206. 
-> de Laxembourg, 170, 169, 194. 

— des sciences., etc., du Hainaut à llon6,51, 60, 145, 206, 295. 
^ Liégeoise de littérature Wallonne. ^ Liège, 5, 147, 194. 
^ de nuDiamatique Beige, 5, 50, 57, 97, 144, 169, 194 , 225, 

291. 

— scientifique et liuéraire du Umboarg, 169. 216. 

— royale «les beaux-arts et de littérature ^ Gand, 4, 11. 
Soidoyir (Nicolas, et Pasquier de Le Barre. Mémoires, 224. 
SuMonne en santerre (château de...). 250. 



TàbU alphabéUque du t. V des Bulletins, 5. 

— — de la Revue de numismatique, 57. 
Tmraim tertiaires de la Belgique, etc. Mémoire, 260. 
TeiTM de débat. Localités, 196 (note). 

Ti9r$ de sol mérovingien , 57. 

ToUie* (Albert), membre correspondant, ouvrages envoyés, 259, 294. 
Tombeau de Ghildéric. Observations sur les objets qu*on y a trouvés, 
12, 14. 

— de Monseigneur Gart de Nimes, 2. 

Tond>ûM et nMuuments funéraires, conservation , 256. 

— d*enfants d'officiers i Tournai, 145. 

— épitapbes de Tournai à Mons, 51. 

^ des ^lises de Tournai , épitapbes rimées , 61, 63, 67. 
Torft (Louis) d'Anvers. Ouvrage offert, 160. 
Towr de Burbant à Ath. Notice, rapport, 2. 

— de l'évéque, note, 126, 126» 

Taumaiiii» Traité des Éuts pour son agrandissement, 190. 

Traité des Ëtats du Toumaisis pour l'agrandissement de leur district, 

190. 
rr«ntnbs),269, (note). 



é 



— 329 — 

4{| Kandendrotfc/», membre litulaire. Préseo talion, admissioD, ouvrages 

ofierls, communications, 144, 191 , 195, 207 , 219, 295. 
^ Vandeville (Jean), évéque de Tournai. Notice , 148. 

Van EyekiLes frères). L'adoration de l'agneau pascal. Tableau, 
258. 
I lg ' Viglius et Hopperiu (Le«irs mémoires), 224. 

^ Vilain (Marc) , son épitaphe rimée , 83. 

g Vins en usage à Tournai au 16« siècle , 5. ^ 

Vitraux de la chapelle de N.-D. flamande à Tournai, description, 20. 
yoûm, curé de Jollain-Merlin , nommé membre honoraire, 16. 
Voisin, membre titulaire. Rapports, communications, notices, lec- 
tures, etc., 2, 3, 14, 16, 20. 61, 63, 101, 126, 127, 148, 
191,195,258,252.261,296. 

w. 

Waehtendonck (Henri de..), 170. 

Waequex^, membre titulaire. Notice sur Fréd. Hennebert. réélu se- 
crétaire, fables, 6, 100, i09, 147. 

Walmesky, évêque de Rama. Notice, 98. 

Warlomont^ membre titulaire, nommé bibliothécaire-archiviste. Rap- 
I. ports, communications, tra?aux, ouvrage offert, 5, 6, 19, 

(, 51,52,55.147,169,208,218. 

Wattier, histoire de Boussu, ouvrage envoyé , 99. 

Werehin (Jehan de...), son épitaphe rimée, 92. 

Wesembehe (Jacques de...), ses mémoires, 224. 

Wettin (Jean), son épitaphe rimée, 73. 

Wicart (Ernoul) , son épitaphe, 254. 

T. 

Ypres. Inventaire des chartes et documents de celle ville, 14S^. 



■VLLITIN T. TI. 42. 



BULLETIN T. VI. ~ Errata, 



Page 48, ^ l'avant-dernière ligne : ornarici:r arviit. ^ IMti : 

OENABI GUAARDNT. 

— 153, ligne 8" : et pourra. — huez ; et ne pourra. 

— 15SS, ligne S*" : si la possession en était tranquille et publique.— 

Li$tz : et qu'ils en jouiraient là ra?enir paisiblement. 

— 168» ligne 1'*, au lieu de : séance du 5 mai 1859. — Li$9X : 

^^éance du 9 juin 1859. 
, — 284, ligne 11* de la note : du chœur. — Lisez : au chœur. 
^ 386. ligne 19*' : Duchembge. — Lises : Ducbambge. 

— â87, lin de la note : habitants. — Lisez : habitant. 

— 288, ligne li« : quirilis.... mortuaes. -- iLtier : quœritis 

mortuis. 
~ 295, ligne iB : Bonaparte. — Lisez : Buonaparte. 

— 501, ligne 5* : former. ~ Lisez : fonder. 

— 302, ligne 3* : Pilco. — Lisez : Pileo. 

~ 505, ligne 2' : le novembre. -— Lisez : le 12 novembre. 



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