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Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

V* 





SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-SIX. — 1903 



Janvier-Février. — IV !«•"&. 



SOMMAIRE 

Communications 

D r J. Lamic. — Excursion dans la région des lacs d'Auver- 
gne, les 12 et 13 août 1902 12 

De Salignac Fénelon. — Excursion faite, en octobre 1902, 
dans la forêt d'Iraty 21 

D r Maurel. — Rapport du poids de la rate au poids total et à 
la surface totale de l'animal 23 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEB1LLB 

2, RUR HOMIGUIÈRES 2. 

1903 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Élirait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
.aturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles* 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Lessciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, soin également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de Taire connaître la consli- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé* d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu 
taires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présenté* 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoir 
reçu le montant du droU et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, iKperd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 

atlacliés au titre Me membre. 

Art. 18. Le mil de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
ombre ne saurait èire niiiisé dans une entreprise industrielle. 

Ait. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Pré*i- 
dent; I er et 2 e Vice-présidmts; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Art 31. L'é'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre Le Président rsl nomme pour deux année:,, les autres 
memores pour une année L^s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Cmiseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immé.ttaiem<mi dans les mêmas fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
£ ouvrentlepremiei menredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1er e t 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lie,u dans un recueil imprimé aux trais 

celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
d», leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il P e,u en 
obtenir des tirages à part, des» réimpressions, mais par Pinte nédiaiie de la 
Sosiété. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invité s \ lui adresser lo 
échantillons qu'ils pourront réunir. 
Art 52. Eu c<s 1* lissolu'iou, ln< dive ses propriétés de la Société, revieo 
de droit à la ville de Toulouse. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



j"<nx 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XXXVI. — 1903 




TOULOUSE 

TrOGRAPHlE LAGARDE et SEBILLE 

RUE ROHIGUIBRES. 2. 



1903 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 
pour l'année 1903 



Président M. Juppont. 

1 er Vice- Président M. Caralp. 

2 e Vice- Président M. Prunet. 

Secrétaire général M. Ribaut. 

Secrétaire-adjoint M. Ufferte. 

Trésorier M. de Montlezun. 

1 er Bibliothécaire archiviste ... M. de Lastic. 

2 e Bibliothécaire archiviste. . . . M. Chalande. 

Conseil d'Administration. 

MM. Laromiguière et de Rey-Pailhade. 

Comité de publication. 

MM. Abelous , Crouzil , Garrigou , Lamic. 



LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er MARS 1903 



MEMBRES NES 



M. le Préfet du département de la Haute- Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

MEMBRES HONORAIRES 

1866. M. D. Clos, $f, $$ I, correspondant de l'Institut, directeur 
du Jardin des Plantes, allée des Zéphirs, 2, Toulouse. 

1878. D'' Hayden (F.-V.), directeur du comité géologique des Etats- 
Unis, Washington. 

1886. Giard 'Alfred) *&, professeur à la Sorbonne, 14, rue Sta- 
nislas, Paris. 

1872 De Rouville $fe, Doyen de la Faculté des sciences, Mont- 
pellier. 
1891. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle (Prusse)' 



membres titulaires 

MM. 

1900. D r Abelous, Q I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

Nazareth, 37, Toulouse. 
1880 Azam (Henri), Canal de Brienne, 24, Toulouse. 
1900. D r Baylag, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 
1900. Barthe, pharmacien, à Labarte-de-Rivière (Haute-Garonne). 
1900. D r Besaucéle, Grande-Allée, 7, Toulouse. 



- 8 - 

1866. Bordenave (Auguste), chirurgien-dentiste, jue Croix-Bara- 

gnon, 5, Toulouse. 
1885. D r Bramer, p I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

des Récollets, 105, Toulouse. 
1866. De Camels (Henri), propriét., à Carbonne (Haute-Garonne). 
1900 Capéran, pharmacien, rue Alsace-lorriine, 6, Toulouse. 
1883. Garalp, Q I, professeur adjoint à la Faculté des sciences, 

rue de Rémusat, 21, Toulouse 
Gartailhac (Emile), #, || I, correspondant de TJnstitut, rue 

de la Chaîne, 5, Toulouse (membre fondateur). 

1874. Chalande (Jules), rue des Paradoux, 28, Toulouse. 
1882. Comère, |! A, rue Clémence-Isaure, 6, Toulouse. 
1878. Cossaune (Gustave), rue de Rén usât 25, Toulouse. 
1900. D r Coulonjou, rue Clémence Isaure, 1, Toulouse. 
1900. Crouzil, Q A, rue Saint Remésy, 7, Toulouse. 
1902. Tedieu, pharmacien à Castillon (Ariège) 

1900. Dieulafé, pharmacien, à Béziers -Hérault), rue Trencavel, 9. 
1900. Dore, |$ A, pharmacien, boulevard Carnot, 2, Toulouse 
1885. Duffaut, @, vétérinaire-inspecteur à l'abattoir, Toulouse. 
1900 Escudié, pharmacien, à Montastruc (Haute Garonne). 

1875. Fabre (Charles', |$- I, professeur adjoint à la Faculté des 

scienres, directeur de la station agronomique, rue 

Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga, U A, Boulevard d'Arcole, 5. Toulouse. 

Fouque (Charles), rue Espinasse, 10, Toulouse (membre 

fondateur). 
D r Garrigou, H I, chargé de cours à la Faculté de médecine, 

rue Valade, 36 bis, Toulouse (membre fondateur). 
1900. D r Gendre, || A, rue Périgord, 10, Toulouse. 
1890. Gèze (Jean-Baptiste). Jardin-Royal, 7, Toulouse. 
1889. Jammes,"|$ A, maître de conférences à la Faculté des sciences, 

boulevard de Strasbourg, 17, Toulouse. 
1900. Juppont, f| A, ingénieur, allée Lafayette, 55, Toulouse. 
1900. D r Laborde, pharmacien des hospices civils, Toulouse. 
1900. Lacaze (Marius), place des Carmes, 9, Toulouse. 
1900 Lagarde, imprimeur, boul. de l'Embouchure, 1, Toulouse. 
1900. Dr Lagriffe, à l'Hôtel-Dieu. Toulouse. 
1895. Dr Lamig fi I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 



_ 9 — 

1886 Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint-Panta- 

léon, 3, Toulouse. 
1897 De Lastic, petite rue de la Dalbade, 5, Toulouse. 
1899. Manadé (Joseph), pharmacien à Gazères (Haute-Garonne). 
1875 Martel, à Castelmaurou, près Toulouse (Haute-Garonne). 

1888. Dr Maurel, tfr, || I, chargé de cours à la Faculté de 

médecine, rue Alsace-Lorraine, 10, Toulouse. 
1885. Moquin-Tandon, $| I, professeur à la Faculté des sciences, 

allées Saint-Etienne, 2, Toulouse. 
De Montlezun , Il A, quai de Tounis, 106, Toulouse 

(membre fondateur). 
1882. Péragallo #, commandant l'artillerie de l'arrondissement 

de Bordeaux. 
1889 Prunet, *£, Il I, $, professeur à la Faculté des sciences, 

Grande rue Saint-Michel, 14, Toulouse. 
1803. Pugens, pharmacien, rue Alsace-Lorraine, Toulouse. 
1892. Record, notaire, à Puycelcy (Tarn). 
1879. D r De Rey-Pailhade, tl A, ingénieur, rue Saint-Jacques, 18, 

Toulouse. 
1899. D r Ribaut, professeur agrégé à la Faculté de médecine, rue 

des Prêtres, 14. Toulouse. 

1899. Rivière (Jean-Pierre), quai d'Alsace, 13, à Narbonne (Aude . 
1900 D r Roule. v |jf I, professeur à la Faculté des sciences, Jardin- 
Royal. 8, Toulouse. 

1900. Sàlignac Fénelon (Vicomte de", ail. St-Etienne, 1, Toulouse. 
1900. Saloze, chimiste, rue Groix-Baragnon, 9, Toulouse. 

1867. Dr Thomas (Philadelphe), à Gaillac (Tarn). 

1889. Tournié, instituteur à Larra, par Grenade-s. -Garonne (Haute - 

Garonne). 
Trutat (Eugène! ft, ||I, à Foix, (membre for dateur). 
4899. Ufferte, prof, à l'Ecole super., rue Neuve-Montplaisir) 9. 
1902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz, rue Péri- 

gord, 7, Toulouse. 

membres correspondants 

MM. 

1874. Baux, Canton (Chine!. 

1871. Biche, professeur au collège de Pézenas (Hérault). 



- 10 — 

1873. L'abbé Boissonàde, professeur au petit séminaire de Mende 
(Lozère). 

1883. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Yalenciennes. 
1867. D r Caisso, à Ciermont (Hérault). 

1901. Caraven-Cachin, à Salvagnac (Tarn). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Eymoutiers (Haute-Vienne). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre El), sous-directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 
1871. De Chapel-d'Espinassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 

1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D r Cros, 11, rue Jacob, Paris. 

1884. Néry-Delgado, 113, rua do Arco B, Lisbonne. 
1881. Galliéni, général, gouverneur de Madagascar. 

1901. Gavoy, à Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gênes 'Italie). 

1874. Joucla, conducteur des ponts et chaussées à Foix (Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices à Brive (Corrèze). 

1875. De Maïnof (W.), secrétaire de la Société de géographie, 

Saint-Pétersbourg.' 

1886. Marcailhou d'Aymeric (H ), pharmacien à Ax (Ariège;. 
1867. Massenat, manufacturier, Brive (Corrèze). 

1871. D r De Montesquiou, Lussac près Casteljaloux (Lot-et-Gar.) 

1902. Noé, chef de laboratoire à la Charité, 88 bis boulevard du 

Port-Royal, Paris. 
1871. Piette iE.), juge au tribunal, Angers. 
1873. D r Retzius, professeur à l'Institut carolinien de Stockholm. 
1867. Marquis de Saporta , correspondant de l'Institut, Aix 

(Bouches-du-Rhône). 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne sur-Mer. 
1867. Schmidt (W.), attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingén. civil, à St-Germain près Puylaurens ■ Tarn). 



La Société d'Histoire Naturelle, fondée en 1886, 
sur l'initiative de M. le D r Guittard, eut primitive- 
ment pourjb ut la recherche des documents relatifs à 
la géologie, à la flore, à la faune de la région toulou- 
saine et V enrichissement des collections du Musée 
d' Histoire\N aturelle de la ville de Toulouse. 

Cette partie du programme de la Société peut être 
considérée comme réalisée, c'est pourquoi V étude des 
sciences physiques et historiques dans leurs applica- 
tions à l'histoire naturelle donne lieu à des travaux 
de plus en plus nombreux. 

La valeur de ces recherches s'accroît encore, si on 
les considère sous leur aspect biologique, et leur im- 
portance acquiert un intérêt tout spécial, si on les fait 
rentrer dans le grand cadre des sciences énergétiques. 

C'est pourquoi la Société d'Histoire Naturelle de 
Toulouse, désireuse de mettre plus complètement en 
évidence le but qu'elle poursuit, vient de compléter 
son titre en y ajoutant celui de Société des Sciences 
biologiques et énergétiques. 



SÉANCE DU 7 JANVIER 1903 

Présidence de M. Juppont, président 



Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

COMMUNICATIONS 
Excursion dans la région des lacs d'Auvergne 

les 12 et 13 août 1902. 

COMPARAISON DE LEUR FLORULE AVEC CELLE DES LACS 
ET ÉTANGS PYRÉNÉENS. — REMARQUES BIOLOGIQUES. 

Par le D r J. Lamic. 

On désigne sous le nom de Région des lacs d'Auvergne, à 
cause des nombreux petits lacs qu'elle renferme, une étendue 
de pays située à l'est du massif des monts Dore et au sud de la 
chaîne des Dômes. Les eaux de cette contrée se partagent entre 
les affluents de l'Allier, à l'Est, et ceux de la Dordogne, au sud 
et à l'ouest. 

Vue du haut du pic de Sancy (altitude 1,886 mètres), on 
pourrait croire cette région basse et peu accidentée , il n'en est 
rien cependant. Son altitude varie entre 850 et 1.200 mètres. 
Les vallées, d'abord étroites et profondément creusées au pied 
de l'énorme massif Mont-Dorien, ne tardent pas à s'ouvrir 
largement à mesure qu'on s'en éloigne. 

Dans l'ensemble, le pays est formé de plateaux arides ou 
couverts de maigres pâturages, de collines arondies. Le fond 
des vallées est plus fertile. Plusieurs montagnes volcaniques 
peu élevées ont produit des coulées de lave et des cônes de sco- 



- 43 — 

ries. On y voit aussi des escarpements basaltiques avec leurs 
prismes qu'on a comparés à des tuyaux d'orgues et qui en por- 
tent le nom. 

Parfois ces prismes se décomposent en sphéroïdes superpo- 
sés, semblant formés de couches concentriques qui se résolvent 
successivement en écailles puis en sable gréseux. 

Nous avons dit que cette région doit son nom aux nombreux 
lacs qu'elle possède ; on peut en apercevoir plusieurs du haut 
du Sancy. 

Dans les parties basses, il y a quelques cultures de seigle, de 
sarrazin ou blé noir, de pommes de terre ; plus haut, il n'y a 
plus que d'immenses pâturages. Le pays est généralement peu 
boisé. Néanmoins, il existe encore, sur les pentes et parfois sur 
le sommet des montagnes des bois formés de hêtres, de pins 
sylvestres, de sapins. Dans le fond des vallées, le long des ruis- 
seaux, on trouve des aulnes et des frênes. 

Voici la liste des plantes récoltées exclusivement le long de 
la route, sans recherches spéciales, des bords du lac Chambon, 
prés de Murols, à Besse, petite ville, chef-lieu de canton et 
centre principal de la contrée. 

Sur un parcours de dix kilomètres environ, la route traverse 
un pays à sol généralement sec, souvent aride et pierreux, 
moyennement accidenté. On rencontre cependant quelques 
prairies arrosées. 

LISTE DES ESPÈCES RECUEILLIES 



Parnassia palustris. 

Lychnis diurna 

Dianthus Monspessulanus. 

Impatiens noli tangere. 

Vicia tenuifolia. 

Tormentilla erecta. 

Alchemilla vulgaris. 

Epilobium spicatum. 

Sedum villosum. 

Ghrysosplenium oppositifolium. 

Artemisia absinthium. 



Garlioaacanthifolia var. cynara. 
Gentaurea nigra. 
Prenanthes purpurea. 
Prenanthes muralis. 
Eryihraea Gentaurium. 
Digitalis lutea. 
Mentha candicans. 
Ajuga pyramidalis. 
Armeria plantaginea. 
Golchicum automnale (fruits;. 
Asplenium septentrionale. 



- 14 - 

La grande absinthe est très commune le long de la route, 
sur les rochers, les murs en pierres sèches soutenant les talus. 

De Besse au lac Pavin on suit la belle route qui conduit à 
Egliseneuve. autre centre important de la région des lacs. 

L'altitude dépasse ici 1.100 mètres. De hautes pierres dres- 
sées sur les bords de la route indiquent (pie la neige est abon- 
dante durant le long hiver de ce pays. 

Le sol est plus humide; des bouquets de grands arbres succè- 
dent aux prairies abondamment irriguées. Un sentier de quel- 
ques centaines de mètres quitte la route pour monter au lac 
Pavin qui occupe, comme on sait, le cratère d'un ancien volcan. 

Il y a à peine quatre kilomètres de Besse au lac. 

Voici la liste des espèces recueillies le long de la route : 



Ranunculus aconitifolius. 
Aconitum lyeoctonum. 
Parnassia palustris. 
Dianthus sylvaticus. 
Stellaria nemorum. 
Impatiens noli tangere. 
Epilobium spicatum. 
Sedum Fabaria. 
Saxifraga stellaris. 
Chrysosplenium oppositifolium. 
Astrantia major. 
Lonicera nigra. 
Galium saxatile. 
Petasites vulgaris. 
Adenostyles albifrons. 
Arnica montana. 
Senecio doronicum 



Senecio cacaliaster. 
Prenanthes purpurea. 
Prenantes muralis 
Vaccinium uliginosum. 
Pinguicula vulgaris. 
Gentiana lutea (fruits) 
Gentiana campestris. 
Gentiana pneumonanthe. 
Digitalis purpurea. 
Pedicularis palustris. 
Stachys alpina. 
Armeria plantaginea. 
Ghenopodium Bonus-Henricus. 
Rumex alpinus. 
Daphne mezereum. 
Orchis maculata. 



COMPARAISON DE LA FLORULE DES LACS d' AUVERGNE 
ET DES LACS PYRÉNÉENS 

Il y a plus de différences que de ressemblances entre les lacs 
ou étangs de ces deux régions. On peut dire seulement que ces 
nappes d'eau, d'une médiocre étendue, atteignent souvent une 
grande profondeur et sont situées à une altitude assez élevée. 



— 15 — 

Mais leur mode de formation et leur situation même est très 
différente. 

Les lacs d'Auvergne ont une origine volcanique. Ils ont été 
formés, les uns par des coulées de lave qui, en se répandant 
dans une vallée, ont arrêté le cours d'un ruisseau l'obligeant à 
s'élever jusqu'au niveau de l'obstacle, d'où formation d'un lac ; 
ce sont les lacs de barrage, tels que le lac d'Aydat (825 mè- 
tres d'altitude), le lac de Guéry (1.260 m.), etc. La profondeur 
de ces lacs n'est pas très grande ; ils tendent à se combler insen- 
siblement par l'apport de matériaux amenés par le ruisseau 
qui les a formés. Leur forme est irrégulière, comme la partie 
de la vallée barrée. 

Les autres, moins nombreux, sont situés dans les cratères 
mêmes des volcans éteints, cratères d'explosion ou d'effondre- 
ment. Ce sont les lacs de cratères, tels que le lac Pavin (alti- 
tude 1.200 mètres), le lac Chauvei (altitude 1.160 mètres). 
Leur profondeur est habituellement très grande et leur forme 
régulière. Le Pavin a une forme exactement circulaire, 800 mè- 
tres environ de diamètre, avec une profon4eur de 96 mètres. 
Ses rives sont dominées par de hautes parois rocheuses com- 
plètement boisées, à pentes rapides, parfois presque perpendicu- 
laires, d'une hauteur moyenne de 50 mètres. C'est une coupe 
grandiose, dont une eau, d'une limpidité extrême, occupe le fond- 
Le lac Chauvet a la même forme régulière, un peu ovale ; ses 
dimensions sont à peu près les mêmes \ sa profondeur dépasse 
60 mètres, mais ses rives sont peu élevées. 

Voici la liste des principales espèces de plantes qu'on a indi- 
quées dans les lacs d'Auvergne. Plusieurs sont communes à 
beaucoup d'entre eux ; quelques-unes, cependant, paraissent 
limitées à un ou deux. 

Ranunculus aquatilis. P.C. (1) Comarum palustre. 

— trichophyllus. Myriophyllum spicatum. P.C. 
Nuphar lutcum. — verticillatum. 

— pumilum. — alterniftorum. 

Nymphse alba. Utricularia minor. 

(1) La lettre P désigne le Pavin, la lettre C le lac Chauvet. 



16 - 



Menyanthes trifoliata. C. 
Veronica scutellata. 
Littorella lacustris. 
Polygonum amphibium. C. 
Gallitriche hamulata. P. 
Geratophyllum demersum P. G 

— submersum. 

Potamogeton praelongus. P. 

— lucens. 

— crispus. 

— natans. P. 

— gramineus. 
Sparganium ramosum. 

— minimum. 
Scirpus lacustris. 

— acicularis. 
Garex limosa. 



— filiformis. 

— ampullacea. 

— vesicaria. 

— riparia. 

— rufescens. 
Phalaris arundinacea. P. 
Arundo phragmites. G. 
Glyceria fluitans. G. 
Equisetum limosum P. G. 

— palustre. P. G. 
lsestes lacustris. P. G. 

— echinospora. G. 

Ghara fœtida. P. 

Nitel flexilis. 

FoDtinalis antipyretica. P. 

Un grand nombre de Diato- 
mées. 



Comme on peut le remarquer à l'examen de la liste précé- 
dente, un grand nombre de ces plantes constituent des espèces 
vulgaires, ubiquistes, qu'on retrouve dans la plupart des eaux 
douces, fossés, ruisseaux, rivières, mares et étangs. Elles habitent 
les bords des lacs, leurs rives basses submergées, où elles vivent 
dans les mêmes conditions que partout ailleurs. Elles sont 
d'autant plus abondantes que les bords de ces lacs ont moins 
de profondeur et que leurs rives forment de nombreux 



Aussi les lacs de cratères, dont les rives plongent suivant une 
pente rapide, n'en nourrissent qu'un petit nombre. Au Pavin 
on en compte à peine 10 espèces ; au lac Ghauvet on n'en con- 
naît pas plus d'une vingtaine. 

Mais parmi les espèces submergées il en est de plus spéciales 
aux eaux limpides et tranquilles telles que les Isoetes. 

Quelques espèces, d'ailleurs ubiquistes, paraissent s'être 
adaptées à des conditions de vie spéciale dans certains de ces 
lacs. Ainsi, tandis que le Chara fœtida vit dans toutes les 
eaux, submergé à une très faible profondeur, on le trouve au 
Pavin jusqu'à 7 et 8 mètres. 



— 17 - 

Le Fontinalis antipyretica est une mousse assez répandue 
dont les longues tiges grêles, fixées au sol submergé, aux 
pierres, aux rochers, flottent dans l'eau, près de sa surface. 
On le rencontre sur les bords du lac Pavin, vivant dans ces 
conditions. Mais il y existe aussi, complètement submergé par 
des fonds de 20 à 25 mètres. Jusqu'à cette constatation faite 
récemment, on n'aurait jamais pu admettre qu'une plante 
verte put s'adapter à des conditions d'existence si différentes 
de ces conditions habituelles et vivre sous une couche d'eau 
de 25 mètres. 

Parmi les espèces submergées qui habitent le lac Pavin, on 
a signalé récemment une plante nouvelle pour la flore de l'Au- 
vergne, le Potamogeton praelongus Wulf. Cette découverte 
a été faite par M. Bruyant, sous-directeur delà station limno- 
logique de Besse, pendant l'été de 1902. 

Cette espèce est rare en France, mais assez répandue dans 
les eaux de l'Allemagne. Elle avait été signalée autrefois dans 
la rivière de l'Orne par de Brébisson. Elle ne parait pas y avoir 
été retrouvée depuis, et Grenier et Godron, dans leur Flore, 
hésitaient à la considérer comme une espèce française. Dans 
ces belles recherches sur la flore des étangs et lacs du Jura, 
M. Magnin y a signalé la présence de cette plante. C'est donc 
bien une espèce française. Elle est voisine, par ses caractères, 
des Potamogeton lucens L. et perfoliatus L. En Auvergne, on 
ne la connaît encore qu'au lac Pavin ; il y a lieu de penser que 
des recherches ultérieures la feront découvrir dans d'autres 
lacs. On ne l'a jamais signalée dans les Pyrénées. 

LACS DES PYRÉNÉES. 

Les étangs et les lacs des Pyrénées ont une origine bien 
différente de celle des lacs d'Auvergne. L'action volcanique 
n'y est pour rien. Ils doivent leur formation aux causes qui 
ont produit le soulèvement de cette chaîne et lui ont donné son 
relief. Ils sont nombreux, de peu d'étendue en général. Ce 

soc. d'hist. naturelle db touloosb (t. xixti). 2 



- 18 - 

sont des cuvettes de forme irré r ùlière, souvent très profondes, 
circonscrites par des terrains primitifs, granités, gneiss, etc. 
Ils sont situés sur le cours de ruisseaux qui les alimentent et 
leur servent d'émissaire. Disséminés au milieu de la haute 
chaîne, à une altitude beaucoup plus considérable que celle 
des lacs d'Auvergne, ils sont encore dominés par des cimes 
élevées. 

Dans les Pyrénées centrales (Ariège, Andorre, val d'Aran), 
on ne trouve pas de lacs au-dessous de 1800 mètres; on en 
rencontre encore à plus de '2500. Il en est de même dans toute 
la chaîne. Il n'y a d'exception que pour quelques lacs situés 
loin de l'axe de la chaîne, presque dans la plaine (lac de Lour- 
des; altitude 400 mètres), et dont la formation est due aux 
phénomènes glaciaires. Les lacs des Pyrénées sont donc placés 
dans une zone extrêmement froide, au point que plusieurs 
d'entre eux sont toujours glacés. 

En laissant de côté ces derniers, dans lesquels une vie végé- 
tale active ne saurait se développer, il est facile de comprendre 
que leur florule soit assez pauvre. 

On y rencontre, néamoins, un certain nombre des espèces 
communes que nous avons citées dans les lacs d'Auvergne, 
parfois des espèces différentes mais congénères. Il y a aussi 
quelques plantes spéciales. 

Principales plantes des lacs et des étangs 
des Pyrénées centrales. 

Ranunculusaquatilisvar. quin- Carex vesicaria. 

quinquelobus. Carex Kochiana. 

Ranunculus aquatilis var. Isoetes lacustris 

rhypiphyllus. Isoetes Brochini (spéc.) 

Subularia aquatica (spéc.) Nitella flexilis. 

Myriophyllum alterniflorum Fontinalis antipyretica var. 
Callitriche minima. o-racilis. 

Potamogeton tenuissimus Fontinalis squammosa. 

3parganium minimum. De nombreuses Diatomées 



- 19 - 

A côté d'espèces vulgaires, nous devons signaler la présence 
de deux espèces d'Jsoetes, plantes submergées, vivant sous une 
couche d'eau de 30 centimètres à 1 m 50 environ. L'une de 
ces espèces, hoetes lacustris, existe également dans quelques 
lacs d'Auvergne (Pavin, Chauvet). L'autre espèce, lsoetes Bro- 
choni Mot., dont la découverte date de quelques années seu- 
seulement et est due à MM. Motelay et Marcailhou d'Aymeric, 
est spéciale à quelques lacs pvrénéens et n'a pas encore été 
indiquée ailleurs. 

Enfin une petite Crucifère, submergée, à feuilles filiformes, 
le Subularia aquatica, ne se trouve également que dans les 
lacs pyrénéens. 

Le Chara fœtida, plante ubiquiste, qui est submergée au 
lac Pavin, est très rare dans les Pyrénées centrales, où on ne 
le recontre que dans quelques localités marécageuses. Jamais 
il n'a été trouvé dans les lacs. 

Les Fontinalis antipyrelica et squammosa sont communs 
dans les Pyrénées où ils vivent surtout dans les ruisseaux 
d'eaux courantes, fixés aux pierres, aux rochers, leurs longues 
tiges flottant à la surface de l'eau. On a récolté la première 
espèce sur les bords des lacs de Naguilhes (Ariège) et de Lanoux 
(Pyrénées-Orientales), mais jamais la plante n'est submergée 
comme au Pavin où elle vit jusqu'à 25 mètres de profondeur. 

Le Potamogeton praelongus, qui vient d'être découvert au 
lac Pavin, n'a jamais été rencontré dans les Pyrénées. 



COEXISTENCE DES ISOETES ET DES TRUITES DANS LES 
LACS PYRÉNÉENS 

Dès 4892, M. Marcailhou d'Aymeric (1) avait fait remarquer 
a présence des lsoetes dans les lacs des Pyrénées centrales, 



(1) Session de la Société française c'a botanique à Ax-les-Thermes. 
août 1892. 



— 20 — 

dans lesquels se trouve la truite. La matière amylacée des 
macrospores pouvait servir, pensait-il, à la vie des Crustacés, 
Mollusques, etc., qui vivent au fond de ces lacs et dont se 
nourrit la truite qui, comme on le sait, est Carnivore. 

De nombreuses recherches, faites depuis lors, ont convaincu 
M. Marcailhou qu'il devait en être ainsi ; il y a des truites dans 
tous les lacs pyrénéens où vivent les Isoe1es(i). La maturité 
des macrospores ayant lieu, suivant l'altitude, du mois d'août 
au mois de septembre, leur dispersion se produit au moment 
où la surface de ces nappes d'eau est déjà glacée. Les petits 
animaux qui s'en nourrissent, servent ensuite de pâture à la 
truite pendant la longue période de l'hiver. Cela expliquerait 
ainsi qu'on trouve la truite jusque dans des étangs situés 
à 2500 mètres d'altitude et dont la surface reste glacée pendant 
de longs mois. 

Les Isoetes, il e.st vrai, ne se trouvent jamais dans les ruis- 
seaux d'eau vive, les torrents où se plaît la truite ; mais ici les 
conditions sont bien différentes, et ce poisson peut trouver 
facilement sa nourriture. 

Quoi qu'il en soit, la présence constante des Isoetes dans les 
lacs pyrénéens, quelle qu'en soit l'altitude, où se trouve la 
truite, constitue un fait des plus remarquables. Nous avons 
vu que les Isoetes ont été signalés dans certains lacs d'Auver- 
gne. La truite, naturellement ou par introduction, y existe 
également. 

Mais peut-être n'y a-t-il en cela qu'une simple coïncidence 
aussi bien dans les Pyrénées qu'en Auvergne, les Isoetes et les 
truites ne se rencontrant ensemble dans les mêmes lacs que 
parce qu'ils trouvent réunies les conditions physiques d'exis- 
tence qui conviennent à la plante comme au poisson. La matière 
organisée vivante, végétale ou animale, le Plankton, comme 
on l'appelle de nos jours, doit jouer le plus grand rôle dan» la 



(1) Coexistence des Isoetes et des truites, etc., par Marcaillou 
d'Aymé rie. (Congrès des Sociétés savantes, 1899.) 



- 21 — 

vie des êtres aquatiques supérieurs. On sait aujourd'hui le 
recueillir, le doser, en apprécier la répartition, etc. (1). 

Les recherches des savants naturalistes auxquels a été confiée 
la station limnologique de Besse, ne peuvent manquer de nous 
éclairer à ce sujet. 



SÉANCE DU 21 JANVIER 1903 

Présidence de M. Juppont, président. 



Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

COMMUNICATIONS 

Excursion faite, en octobre 1902, dans la forêt 
d'Iraty (2) 

ET OBSERVATIONS SUR LA FLORE FORESTIÈRE ET LES BRUYÈRES 
DE CETTE PARTIE DES PYRÉÉNES. 

Par M. de Sali on ac Fénelon. 

La forêt d'Iraty, qui s'étend sur les deux rives de lTraty et 
de l'Uchurria, venant du Pic d'Occabé et d'Orhy au nord-ouest 
et au sud-est, est limitée par la crête calcaire des monts 
d'Ahody, près d'Ochagavia dans le val d'Ahescoa. Le confluent 
des deux torrents marque l'extrême point au sud-ouest, où se 
rencontre en Eurcpe le Sapin argenté, Abies pectinata. 

C'est sur la rive gauche, surtout, qu'ils croissent, tandis que 
les Hêtres, exploités récemment pour des forges, et continuant 
les forêts de la Navarre autour de Roncesolles, se montrent seuls 
sur la rive droite, de la maison forestière au pont d'Orate et en 



(1) Premières recherches sur le Plankton des lacs, par Cli. 
Bruyant, 1900. 

(2) Se trouve sur la frontière espagnole, canton de Saint-Jean- 
Pied-de-Port, commune de Mendioe. 



— 22 — 

aval. La partie nord de la forêt renferme des groupes isolés de 
Sapins, au milieu d'autres essences, surtout vers les sommets 
des mamelons qui atteignent 1.600 mètres. Au-dessous du 
quartier du pont d'Orate, ils descendent à 800 mètres, dans la 
partie espagnole, et sont à la fois plus vigoureux et plus serrés 
dans la partie sud française ou espagnole de Facbalupia. L'éten- 
due de la forêt, en France, atteint 2.000 hectares ; les arbres 
ont été marqués et comptés par le service des Forêts, travail qui 
a duré deux années. Le service forestier d'Espagne commence 
l'aménagement de son côté. 

Les Sapins sont, dans cette forêt, des arbres primitifs, attei- 
gnant leur développement complet dans ces conditions natu- 
relles, sans aucuneexploitation jusqu'à présent. Us sont espacés, 
au pont d'Orate, de 6 à 15 et 22 mètres ; leurs troncs simples 
ou accolés d'une même souche, ont un diamètre del m ,50 et une 
hauteur, sous couronne ou flèche, de 40 ou 50 mètres en 
moyenne, souvent droits comme des colonnes géantes, dont la 
llècheaété parfois brisée par les vents violents du sud-est; dans 
leur intervalle, des hêtres séculaires s'élèvent à une hauteur de 
36, 44 ou même 48 mètres, pour citer quelques mesures rele- 
vées dans la forêt ; ils ont un diamètre courant de m ,60 et sont 
espacés entre eux de 6, 10 ou 14 mètres. L'espacement des 
sapins est de 3 mètres dans la région la plus riche; avec une 
épaisseur de tronc de m ,65 à ra ,80 au moins, ils atteignent 
40, 50, même 54 mètres sans la flèche terminale ; cet exemplaire 
doit avoir 70 mètres de croissance. 

Le seul chemin d'accès à la forêt passe par le col de Burdin- 
Gurutcheta, à 1.200 mètres. Quelques chiffres montrent le prix 
de vente des Hêtres de la forêt : 94.000 mètres cubes ont été 
vendus à la scierie franco-espagnole de Burguete, près Ronce- 
vaux, pour 70.000 francs ; l'un des sapins du Pont d'Orate a 
été estimé 1.500 francs, rendu à Bordeaux. En ce même en- 
droit, le torrent est franchi par un seul tronc équarri long de 
10 mètres, de près de 2 mètres en section, où deux piétons 
marchent de front, assez large pour qu'on y creusât un canot 



— 23 — 

d'Indiens : le reste de l'arbre, coupé à hauteur d'homme, me- 
sure encore, sur le terrain, 15 ou 20 mètres. Le sol de la forêt 
est variable ; rocheux sur la rive droite, il parait plus siliceux 
et très riche en humus, peut-être tourbeux, dans le reste de 
son étendue. Les Pics voisins ont une origine éruptive, et aux 
environs du col, les terres rouges sont probablement la for- 
mation. Le calcaire ne commence qu'au sud, avec la chaîne 
d'Abody, ou plus au nord-est, dans la région des crevasses 
d'Holarté et de la vallée du Saison. 

Les Bruyères de ces vallées pyrénéennes, en floraison jusqu'à 
la fin de septembre, appartiennent aux sections Erica vagans, 
rose carmin avec poils grisâtres autour de la corolle, assez rare 
au milieu des landes de genêts, par groupes ; Erica tetralix 
très fréquente surtout sur les roches humides ou dans les 
lieux ombragés, avec de larges cloches tubulaires d'un rose 
lilas, parfois blanches (rares) en grappes, et formant de petits 
arbustes ; Erica clnerea, corolle plus allongée, rose plus pâle 
et tendre, ou violet, en panicules à trois feuilles alternées. 



SEANCE DU 11 FEVRIER 1903 
Présidence de M. Juppont, président. 



Le procés-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

COMMUNICATIONS 

Rapport du poids de la rate au poids total et à la 
surface totale de l'animal. 

Par le Di Maurel. 

Ces observations portent sur le lapin, le cobaye et le hérisson 
Lapins. — Pour ces recherches, j'ai utilisé les pesées publiées 



- 24 - 

par le D r Baylac et celles que j'ai publiées avec le D r Lagrifle. 
Je résume le résultatde ces observations dans le tableau suivant 



Poids 
des animaux. 


Poids moyen. 
de la rate. 


Poids de la rate 
par kilojjr. 


Surface totale 
de l'aniuial. 


Quantité de rate 

par 
décimètre carré. 


Au-dessous de 
1500b' 

De 2000 à 3000b' 


2b- 10 

2b- 75 


le 50 
[s 27 


9 dc 07 

|odc s7 


0b' 23 

0b' 23 



Gomme on le voit, la quantité de rate, chez le lapin, parait 
être un peu plus grande chez les jeunes que chez les adultes, si 
on s'en tient au kilog. du poids; et, au contraire, celle quan- 
tité reste constante, si on compare le poids de la rate au déci- 
mètre carré de la surface. 

Cobayes. — Pour cet animal, j'ai utilisé les chiffres donnés 
par Alezais dans son article Cobaye, du Dictionnaire de physio- 
logie. 



Poids 


Poids moven 


Quantité de rate 


Surface totale 


Quantité de rate 


des animaux. 


de la rate. 


par kilog 


de 1 "animal. 


par 
décimètre carré. 


De 200 à 350b' 


0b' 28 


H-05 


3^ 06 


0b' 092 


De 450 à 600b' 


0b' 48 


Ce 94 


V* 50 


0s 105 


De 600 à 900s 


0b' 64 


0b' 86 


G d.- 


0e 107 



De nouveau, nous retrouvons les deux m êmes faits : relati- 
vement au poids, le volume diminue au fur et à mesure que 
l'animal marche vers l'état adulte ; mais ce poids reste cons- 
tant, si on le compare à la surface. 

Hérissons. — Ce sont les chiffres publiés par M. Lagrifle et 



— 25 — 

par moi qui m'ont servi pour cet animal. Les observations 
sont moins nombreuses que pour les animaux précédents. Ce- 
pendant, vu la constance des résultats, elles me paraissent déjà 
mériter l'attention. 



Poids 


Poids moyen 


Poids de la rate 


Surface totale 


Poids de la rate 


des animaux. 


de la rate 


par kilog-. 


de t'animai 


par 
décimètre carré. 


270* 


2& 99 


116 


3dc 02 


Ob' 99 


425 à 560b- 


Se 35 


8b' 63 


4<^59 


Os 99 


825s 


5b' 94 


7s 20 


6<*c 43 


lff08 



Les mêmes faits se reproduisent pour les hérissons. Leur 
rate, proportionnellement à leur poids, diminue au fur et à 
mesure qu'ils marchent vers l'état adulte ; et, au contraire, 
quel que soit l'âge, ce poids reste dans unr apport sensiblement 
constant avec la surface. 

Mais, de plus, la quantité de cet organe est de beaucoup 
plus grande chez cet animal que chez les deux précédents. Par 
décimètre carré, le cobaye n'a que OslO, le lapin 0s23 et le 
hérisson ls environ 

Ainsi les pesées de la rate chez ces trois animaux, condui- 
sent donc aux mêmes conclusions : c'est la surface de l'animal 
qui règle le volume de cet crgane. 

Cependant, je crois devoir signaler que Richet est arrivé à 
une conclusion différente. D'après ses observations, tandis que 
le volume du foie serait proportionnel à la surface, comme je 
l'ai trouvé après lui, celui de la rate serait proportionnel au 
poids (1). Quoique l'opinion de ce savant physiologiste me 
condamne, relativement à mes résultats, à une prudente 



(1) Poids du cerveau, du foie et de la rate chez les mammifères 
Archives de physiologie, 1894, p. 232. 

SOC d'h;ST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. xixvi) 3 



- 26 — 

réserve, je crois cependant pouvoir émettre les hypothèses sui- 
vantes pour expliquer ceux auxquels je suis arrivé, et qui 
peuvent être résumés ainsi qu'il suit : 

1° Le volume de la rate est, proportionnellement au poids, 
plus grand chez les jeunes que chez l'adulte ; 

2° Le rapport de son poids à la surface de l'animal reste 
constant ;' 

3° La quantité de rate semble plus considérable chez les 
carnivores que chez les herbivores. 

Gomme on le voit, ce sont les mêmes conclusions que j'ai 
déduites de mon étude sur le foie. 

Ces faits pourraient être expliqués de la manière suivante : 

A Relativement au rapport constant entre le volume de la 
rate et la surface de V animal. 

1° Pour expliquer la constance du même rapport entre la 
surface culanée et le foie, après Richet, je me suis rattaché à 
cette hypothèse, qui paraît avoir été admise d'une manière gé- 
nérale, que le foie, producteur du sucre, adapte son volume à 
la surface cutanée qui le dépense sous forme de caloriques par 
la radiation. 

Or, pour produire ces calories, il ne suffit pas d'avoir le 
sucre qu'élabore le foie, mais il faut aussi l'oxygènequi l'oxyde 
pour le transformer en eau et en acide carbonique ; et l'oxygène 
arrive en quantité d'autant plus grande dans l'organisme que 
les hématies sont plus nombreuses; et enfin, la rate étant l'or- 
gane hémato-poiétique le plus important, on peut s'expliquer 
qu'en vertu des lois d'adaptation auxquelles l'organisme est 
soumis, on voit la rate se mettre en rapport avec la surface 
cutanée. Pour produire les calories que dépense cette surface, 
en effet, il faut en même temps le combustible, le sucre prove- 
nant du foie et l'oxygène transporté dans l'organisme par 
l'hématie formée surtout dans la rate. 

2° De plus, d'après les recherches de SchitT et de Herzen, la 



- 27 — 

rate exercerait une influence importante dans la digestion pan- 
créatique, en favorisant la formation de la trypsine. On conçoit 
que la rate entrant ainsi, quoique d'une manière indirecte, 
parmi les organes digestifs, voil son volume se mettre en rap- 
port avec l'organe dont les dépenses représentent les deux tiers 
de celles de l'organisme. 

3» La diminution relative de la rate chez l'adulte, est, dès 
lors, facilement expliquée par cette considération qu'à mesure 
<jue l'animal augmente de poids, celui-ci augmente comme les 
cubes et que sa superficie n'augmente que comme les surfaces. 

La surface cutanée augmente donc moins que le poids. 

B. Relativement au poids plus considérable de la raie 
chez les carnivores. 

1° Pour expliquer le volume plus considérable de cet organe, 
chez les carnivores, il me semble suffisant de rappeler le rôle 
de la rate dans la formation de la trypsine, c'est-à-dire dans 
la digestion des azotés, substances qui forment principalement 
l'alimentation de ces animaux. 

2° De plus, je suis porté à croire que le sang splénique qui 
se mêle au sang mésentérique, jouit de certaines propriétés 
antiseptiques, propriétés qu'il partagerait avec le tissu hépa- 
tique. Or, l'alimentation animale favorisant au dernier point 
l'infection intestinale, il devient naturel que les organes aux- 
quels a été dévolue la neutralisation de ces produits, augmen- 
tent de volume, comme nous l'avons vu pour le foie. 

Telles sont les hypothèses qui me paraissent capables d'ex- 
pliquer les faits que je viens de citer. Mais, en outre, à ces 
hypothèses, je crois devoir ajouter la réflexion suivante : 

Le volume de la rate augmente dans la plupart des affections 
microbiennes ; et, d'une manière générale, l'on admet qu'il 
s'agit là d'une congestion pathologique se développant sous 
l'influence des produits divers résultant de ces affections. Dans 
•cette manière de comprendre l'augmentation du volume de la 
rate, il s'agit là d'un acte passif, et sans bénéfice pour l'orga- 



— 28 — 

nisme. Or, contrairement à cette explication, ne pourrait-on 
pas admettre que cette augmentation de volume est d'ordre 
actif, et qu'elle correspond à un véritable effort de la nature, 
qu'elle constitue un moyen de dépense de l'organisme? 

La rate ayant un rôle antiseptique soit sur les produits intes- 
tinaux, soit sur ceux provenant des tissus et organes, soit 
également sur ceux provenant des microbes pathogènes, s'adap- 
terait aux besoins de l'organisme, augmentant ainsi au fur et 
à mesure que les produits toxiques deviendraient eux-mêmes 
plus menaçants. 

Nous trouverions là une nouvelle et saisissante manifestation 
de cette natnra mcdicalrix, entrevue par les anciens, et dont 
les travaux les plus récents établissent de plus en plus, non 
seulement la réalité, mais l'importance considérable dans tous 
es faits pathologiques. 



3 MAY. 1904 < 




Toulouse. — Imprimerie LAGARDE et SEBILLE, nie Romiguière», 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres^ il, rue de Rémusat, 

les 1" et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2™ mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM. les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun. 
quai de Tounis, 106, Toulouse. 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-SIX. — 1903 



Mars-Avril — P»ï os «-4. 



SOMMAIRE 

Communications 

Albagnàg. — Note sur les formules de la Résistance des Maté- 
riaux et les épreuves de réception des ouvrages en Béton 
armé 29 

D r Clos. — Le Noyer noir d'Amérique, arbre d'avenue à 
Toulouse 45 

Juppont. — Sur un Programme d'expériences d'Energétique 
musculaire 54 

Abelous. — Sur quelques prétendues propriétés réductrices 
du philothion de M. de Rey-Pailhade 60 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2. RUK UOMIGU1ÈBES 2. 

1903 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Elirait <(u règlement de la Société d'Histoire \aluretie de Toulouse 

Art. l« r . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles U«s 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats «te leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé- d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. tO. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrer- 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoir 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membre.» 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 8 Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Art 31. L'é'ection des membres du Bureau, dt Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu an scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les Autres 
memores pour une année L«s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réilus immé tialement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le t5 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3, 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3* mercredi dejuiliet inclusivement^ 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de lenrs travaux K 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il pem en 
obtenir des lirages à part, drs réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, revien- 
dront de droit à la ville de Toulouse. 



SEANCE DU 4 MARS 1903 

Présidence de M. Juppont, président 



F^e procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté 

COMMUNICATIONS 

Note sur les formules de la Résistance des Matériaux 
et les épreuves de réception des ouvrages en Béton 
armé. 

Par M. Albagnac. 

La Théorie mathématique de l'Elasticité n'est une science 
exacte, au même titre que la Mécanique rationnelle appliquée 
aux corps invariables, que si la matière à laquelle elle est appli- 
quée remplit L-s conditions suivantes : 

1° Elasticité parfaite ; 

2° Continuité des actions moléculaires ; 

3o Conservation sensible de la forme. 

Elasticité parfaite. — Les corps parfaitement élastiques peu- 
vent se définir de la manière suivante : Considérons une longueur 
L mesurée entre deux points d'un corps situés, soit à l'intérieur 
du corps, soit sur sa périphérie ; appelons 11 la variation élas- 
tique de cette longueur et U, sa variation plastique ou perma- 
nente. La déformation plastique doit être très petite relative- 
ment à la déformation élastique : \-r-j) est un infiniment 

petit par rapport à — La déformation élastique doit être très 

SOC d'iKST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. xïxvi) i 



— 30 — 
petite relativement à la longueur l : ( — J est un infiniment 

petit par rapport à — 

Continuité des actions moléculaires. — Pour que les 
actions moléculaires qui s'exercent en un point du corps, 
dont les ordonnées rapportées à trois axes rectangulaires sont 
x, y. z, soient représentées par une fonction continue de 
x, y. z, il faut que la périphérie du corps soit une surface con- 
tinue, que la loi de distribution des forces extérieures sur la 
périphérie ou à l'intérieur du corps soit représentée par une 
fonction continue de x, ;/. r, et enfin que la matière soit liomo- 
gène, c'est-à-dire que ses propriétés élastiques soient constan- 
tes, ou tout au moins, ne varient que suivant une loi continue 
quand on passe d'un point à un autre à l'intérieur du corps, la 
différence constatée dans ce cas entre deux points infiniment 
voisins étant infiniment petite. 

Conservation sensible de la forme du corps. — La défor- 
mation élastique du corps ne doit modifier sa forme générale 
que dans une mesure à peine appréciable de manière que le 
corps ne soit pas défigure. Les dimensions du corps étant rap- 
portées à trois axes rectangulaires, si l'une d'elles est très 
grande par rapport à une autre ou aux deux autres. la défor- 
mation élastique peut avoir pour effet de défigurer le corps 
bien qu'il soit formé d'une matière parfaitement élastique; 
c'est le cas des fils métalliques, des plaques minces dont l'épais- 
seur, n'est par exemple, que le millième de la longueur. Dans 
ces conditions, la plus petite dimension du corps est du même 
ordre de grandeur que la déformation élastique de la plus 
grande et il est nécessaire de prendre certaines précautions et 
de tenir compte de la déformation pour pouvoir appliquer les 
règles de la Théorie de l'Elasticité. 

Postulation fondamental. — Les conditions ci-dessus étant 
remplies, la Théorie de l'Élasticité repose sur un postulatum 



— 31 - 

connu sous le nom de loi de Hooke qu'on peut formuler ainsi : 
« Les relations analytiquesqui existent entre les forces exté- 
« rieures sollicitant un corps élastique, les déplacements élasti- 
« ques et les actions moléculaires qui sont les deux effets pro- 
« 'luits par les forces extérieures, sont des équations linéaires 
« dont chaque terme contient une de ces trois quantités et une 
«.seule à la première puissance. » 

Cette loi ne doit être considérée que comme une simple hypo- 
thèse ou convention analogue à celle relative à l'existence sup- 
posée de solides invariables qui sert de base à la Mécanique 
rationnelle, bien qu'en réalité elle soit une loi physique, suffi- 
samment justifiée parles résultats d'expériences pour certains 
matériaux usuels. 

Résolution du problème de Véquilibre élastique. — La 
Théorie de l'Elasticité, basée sur la loi de Hooke et sur les équa- 
tions universelles d'équilihre de la Mécanique rationnelle, four- 
nit entre les forces extérieures, les déplacements élastiques et 
les actions moléculaires un système d'équations différentielles 
simultanées qui résolvent d'une façon complète le problème de 
l'équilibre élastique. Ces équations supposent expressément que 
les forces extérieures ne sont pas appliquées brusquement au 
corps. Mais, sauf dans un petit nombre de cas simples, l'ana- 
lyse mathématique est actuellement impuissante à transfor- 
mer ces équations différentielles en équations algébriques per- 
mettant de calculer les déplacements élastiques et les actions 
moléculaires en fonction des données du problème. 

Jusqu'à présent, on n'a pu trouver de solutions exactes et 
complètes, pour un certain nombre de cas particuliers, qu'en 
partant de données difficilement réalisables; les résultats obte-, 
nus ne présentent donc qu'un intérêt théorique. Dans d'autres 
cas, on arrive cà des formules qui sont trop compliquées pour 
être employées couramment. 

Pour le calcul des constructions on fait un usage presque 
exclusif de la Résistance des Matériaux qui est une science 



— 32 — 

semi-empirique s'appuyant d'une part, sur la Théorie de l'Elas- 
ticité et, d'autre part, sur certaines hypohèses basées sur des 
faits d'observation dont on a, souvent à tort, généralisé les indi- 
cations. 

Hypothèses de la Résisance des Matériaux. — Indépendam- 
ment des conditions qui servent de base à la Théorie de l'Elas- 
ticité, pour qu'on puisse appliquer aux corps habituellement 
employés dans les constructions, l'hypothèse fondamentale de la 
Résistance des Matériaux, il faut que ces corps remplissent 
deux nouvelles conditions, la première relative à la manière 
dont ils sont sollicités par les forces extérieures, la seconde 
relative à leur forme géométrique. 

Les forces extérieures appliquées aux corps doivent satisfaire 
aux conditions générales d'équilibre des mêmes forces agissant 
sur le corps donné supposé invariable pour un instant. Or, 
dans ce dernier cas, on peut toujours réduire les forces exté- 
rieures, quelles qu'elles soient, agissant sur la partie du corps 
située d'un côté convenu d'une section plane de ce corps, à une 
seule force appliquée en un point donné et à un couple; sui- 
vant la position de cette résultante de translation et du couple 
résultant par rapport à la section considérée du corps, on dit 
que, dans cette section, le corps est soumis à la flexion plane 
qui comprend comme cas particuliers Yextension et la com- 
pression simples, ou à la torsion ou au cisaillement. 

Pour que le corps soit soumis à la flexion plane, il faut que 
les forces extérieures agissant sur le corps, d'un côté convenu 
d'une section plane, aient leur résultante dans un plan perpen- 
diculaire à la section et passant par son centre de gravité. C'est 
surtout la flexion plane que l'on étudie dans les pièces de cons- 
truction. 

Les pièces étudiées en Résistance de Matériaux comme sou- 
mises à la flexion plane doivent être considérées comme engen- 
drées de la manière suivante : 



- 33 — 

Considérons un arc G G appartenant à une courbe* plane 
quelconque. Dans le plan A B normal à l'une des extrémités 
de cet arc, envisageons une aire pleine ou évidée et satisfai- 
sant à la triple condition : 1° d'être symétrique par rapport à la 
normale A B à l'arc G G située dans le plan de cet arc ; 

oo on r ' 

2° d'avoir son centre de gravité G sur l'arc; 3° d'avoir des 
dimensions petites par rapport à la longcur G G de l'arc 
donné et aussi par rapport/ aux rayons de courbure de cet arc. 



B r. 




Supposons que cette aire se meuve en restant invariable, son 
centre de gravité parcourant l'arc donné G G , son plan res- 
tant constamment normal à cet arc et son axe de symétrie ne 
quittant pas le plan de l'arc. L'aire mobile, au lieu de rester 
rigoureusement invariable peut varier pourvu que les dimen- 
sions qu'elle prend dans deux positions très voisines AB, A' B' 
diffèrent de quantités très petites relativement à l'arc corres- 
pondant GG' . 

Si le volume ainsi engendré est supposé rempli d'une ma- 
tière homogène et d'élasticité constante on a la définition des 
pièces dites prismatiques qui sont les seules pour lesquelles la 
Résistance des Matériaux fournisse les récries relatives à la 
flexion plane. 

Toute ligne matérielle équidistante de l'arc G G se nomme 

1 o n 

une fibre. L'arc G G , lieu des centres de gravité des sections 

' . on' ° 

transversales AB normales à l'arc, se nomme la fibre moyenne. 



— 34 — 

Il résulte de cette définition des pièces prismatiques que les 
forces extérieures s'il: nées d'un côté convenu d'une section 
quelconque doivent avoir leur résultante dans le vlan de la 
fd>re moyenne pour que les sections normales à cette fibre 
moyenne soient soumises à la flexion plane. 

Les forces extérieures et les pièces considérées remplissant 
les conditions ci -dessus, l'hypothèse fondamentale dejla Résis- 
tance des Matériaux relative à la flexion plane, appelée loi de 
conservation des sections planes, peut se formuler de la ma- 
nière suivante : 

(( Toute section plane et normale à la fibre moyenne reste 
« plane et normale à la fibre moyenne déformée ; les dimen- 
(( sions de cette section restent invariables et, par suite, toute 
ce libre de la pièce équidistante de la fibre moyenne reste après 
(( la déformation, équidistante à la libre moyenne déformée. » 

Cette loi. d'après laquelle on regarde les sections normales à 
la libre moyenne comme rigoureusement invariables, équi- 
vaut à regarder les pièces de construction comme semi-rigide* 
ou semi-élastiques, rigides dans toutes les directions trans- 
versales et élastiques seulement dans la direction longitudinale. 

Formules de la Résistance des Matériaux. — En introdui- 
sant cette loi dans les équations différentielles de la Théorie de 
l'Élastitité on les résout très facilement et on obtient, d'une 
part, les composantes des actions moléculaires pour un point 
quelconque d'une section donnée normale à la fibre moyenne 
et, d'autre part, les variations élastiques des coordonnées du 
centre de gravité de la section considérée en fonction : lo des 
deux composantes, normale et tangentielle à la section, de la 
résultante de translation supposée appliquée au centre de gra- 
vité de la section et 2° du moment du couple résultant de la 

translation que fournissent toujours les forces extérieures appli- 
quées à la pièce considérée d'un côté convenu de la section 
donnée. 



— 35 — 

La composante de la résultante de translation normale à la 
section est appelée effort normal ; la composante tangentielle 
est appelée effort tranchant et le moment du couple de trans- 
lation est appelé moment de flexion ou moment fléchissant. 

Les formules ainsi obtenues sont simples et d'un emploi 
commode, mais il ne faut pas perdre de vue, en les appliquant, 
qu'elles ne représentent pas des équations mathématiques ; 
elles n'expriment que des relations 'physiques approxima- 
tives, des relations empiriques, qui ne peuvent inspirer de 
confiance que dans les cas bien déterminés où les pièces consi- 
dérées et les forces extérieures auxquelles elles sont soumise 53 
remplissent toutes les conditions que nous avons définies 
comme servant de base à la Théorie de l'Elasticité et à la Résis- 
tance des Matériaux. 

En les employant en toutes circonstances, d'une façon irrai- 
sonnée, on risque d'aboutir à des résultats inexacts, souvent 
absurdes, dont les conséquences peuvent être très graves. 

Forées extérieures inconnues. Réactions des appuis. — 
Les appuis d'un corps sont les obstacles matériels qui l'empê- 
chent de se déplacer avec une égale facilité dans toutes les 
directions. En vertu du principe de l'action égale à la réac- 
tion, un appui équivaut toujours à une ou plusieurs forces 
extérieures appliquées au corps : ce sont les réactions de V ap- 
pui. 

Les forces directement appliquées et les réactions des appuis 
forment l'ensemble des forces extérieures agissant sur le 
corps; les premières sont les données du problème ; les der- 
nières, au contraire, ne sont pas connues a priori ; ce sont 
des inconnues auxiliaires qu'on introduit dans les problèmes 
et qu'il faut commencer par calculer pour obtenir les expres- 
sions que nous avons appelées : effort normal, effort tran- 
chant et moment de flexion, expressions indispensables, comme 
nous l'avons vu, pour le calcul approximatif des actions molé- 
culaires et des déformations élastiques. 



— 36 — 

La nécessité pour les forces données et pour les réactions 
des appuis inconnues de satisfaire ensemble aux conditions 
d'équilibre des systèmes invariables libres, permet toujours de 
déterminer tout ou partie de ces dernières. Lorsqu'elle les 
détermine complètement, le calcul des réactions des appuis ne 
dépend que de la statique pure; si elle ne les détermine pas 
complètement, le problème de statique se complique d'un 
problème d'élasticité. 

On peut déterminer a priori les problèmes qui peuvent être 
résolus complètement par la statique par les considérations 
suivantes : 

Les conditions d'équilibre des systèmes invariables libres 
s'établissent soit graphiquement, soit analytiquement ; graphi- 
quement, elles n'exigent que des opérations relatives aux poly- 
gones des forces et à leurs polygones funiculaires ; analytique- 
ment, elles ne comportent que des opérations relatives aux 
projections et aux moments des forces. Dans l'un et l'autre cas, 
ces opérations sont complètement indépendantes de la forme 
des corps. 

Donc, si les appuis d'un corps sont disposés de manière à 
n'influer en rien sur sa forme, c'est-à-dire à n'apporter aucun 
obstacle à sa libre déformation, quelle qu'en soit la cause : 
élasticité, dilatation par la chaleur, etc., leurs réactions seront 
indépendantes de la forme des corps, et la statique pourra 
fournir leurs valeurs. Si. au contraire, cette libre déforma- 
tion est contrariée, soit par la disposition des appuis, soit par 
leur nombre, les réactionsqu'ils font naître dépendent de l'élas- 
ticité et même de la chaleur, si on fait intervenir la tempéra- 
ture. 

Ce principe se vérifie toujours, dans tous les cas, sans 
aucune exception, dans les problèmes les plus complexes 
comme dans les plus simples; il permet de déterminer à 
l'avance le degré de difficulté de chaque question, suivant la 
facilité de dilatation, plus ou moins grande, que les appuis 
offrent au corps donné. 



— 37 — 

11 résulte de là que dans les constructions librement dilata- 
bles (poutres sur deux appuis simples, arcs à trois rotules, etc.) 
l'effort normal, l'effort tranchant et le moment de flexion 
sont des expressions 'purement mathématiques ; dans les 
constructions non librement dilatables (poutres encastrées ou 
sur plus de deux appuis simples, arcs encastrés ou sur deux 
rotules, etc ), l'effort normal, l'effort tranchant et le moment 
de flexion sont des fonctions des déformations élastiques qui 
ne peuvent être déterminées qu'en s'appuyant sur les bases 
hypothétiques de la Résistance des Matériaux; ces fonctions 
sont donc des expressions empiriques. 

Les relations physiques approximatives que fournit la Résis- 
tance des Matériaux pour les actions moléculaires et les défor- 
mations élastiques s'expriment donc en fonction d'expressions 
mathématiques pour les constructions librement dilatables, et 
en fonction d'expressions empiriques pour les constructions non 
librement dilatables. Dans ces dernières, qui sont celles qui se 
rencontrent le plus généralement, l'empirisme est, en quelque 
sorte, à la deuxième puissance. 

Ces formules empiriques ne sont d'ailleurs applicables, 
comme nous l'avons vu, qu'à des solides prismatiques homo- 
gènes et soumis à des forces symétriques par rapport au 
plan de la fibre moyenne. Ces conditions ne sont presque 
jamais remplies dans les pièces de construction, car on ne sau- 
rait assimiler à des solides prismatiques homogènes les pièces 
composées de tôles et de cornières assemblées par des rivets, ni 
surtout les poutres à treillis; quant aux charges, elles ne sont 
presque jamais symétriques par rapport au plan de la fibre 
moyenne. Une grande prudence et une sorte de flair de cons- 
tructeur sont donc indispensables pour l'application des formu- 
les de la Résistance des Matériaux. 

L'étude expérimentale des tabliers métalliques, entreprise 
depuis quelques années, nous révèle, en effet, l'existence de 
phénomènes, soupçonnés peut-être, mais dont on n'avait 



- 38 - 

jamais tenu compte dans les calculs. On constate, dans certains 
ponts, des efforts secondaires dont l'importance atteint jus- 
qu'au triple des efforts principaux calculés; dans d'autres cas. 
au contraire, les efforts constatés sont très notablement au- 
dessous des efforts calculés; enfin, il n'est pas rare que le 
sens des efforts lui-même soit renversé. 

La Résistance des Matériaux qui paraissait k quelques-uns 
si solidement établie, apparaît de plus en plus comme une 
science à refaire presque entièrement, avec la méthode expéri- 
mentale comme fondement unique. 

Béton armé. — On a imaginé récemment, pour le substituer 
aussi bien aux ouvrages métalliques qu'aux ouvrages en maçon- 
nerie, un produit artificiel très hétérogène, le Béton arme, 
constitué par une carcasse métallique noyée et empâtée dans du 
béton à mortier de ciment. 

La combinaison de deux éléments, le fer et le béton, dont 
les propriétés élastiques sont si différentes, parut tout d'abord 
en contradiction formelle avec les idées préconçues qu'on se 
faisait de l'élasticité des matériaux et l'impossibilité de lui 
appliquer en raison même de son hétérogénéité systématique, 
non seulement les formules de la Résistance des Matériaux, 
mais même la loi de Hooke, a lait considérer longtemps le pro- 
cédé comme utopique. 

(( C'est, dit M. Paul Christophe K Le Béton armé et ses appli- 
« cations), un procédé qui déroute l'esprit et certainement 
« jamais ingénieur n'aurait eu l'idée d'y recourir. » 

Cependant, peu à peu. grâce à ses remarquables qualités, le 
Réton armé s'est imposé dans la construction des bâtiments et, 
aujourd'hui que les théoriciens sont revenus, au moins en partie 
de leurs préventions premières, il prend possession des travaux 
publics ; c'est qu'un fait plus puissant que tous les raisonne- 
ments et toutes les théories s'impose au constructeur : il existe 
des systèmes qui. moyennant des soins spéciaux dans l'exécu- 
tion, permettent d'établir des constructions de toutes formes et 



— 39 — 

de toutes dimensions qui se comportent bien sous des charges 
très variées dépassant même considérablement celles qu'on a 
prévues. 

L'aptitude du Béton armé à se prêter à toutes les formes, à 
toutes les applications le différencie nettement de deux matières 
qui lui ont donné naissance ; avec lui l'imagination de l'artiste 
peut se donner libre carrière et, si l'on est surpris de la har- 
diesse des constructions qu'il permet d'ériger, il faut recon- 
naître que, dans leur légèreté, elles peuvent être d'une remar- 
quable élégance ; ce n'est plus la lourdeur des maçonneries et 
ce n'est pas non plus la raideur de* constructions métalliques. 

Mais une question essentielle se pose toujours. Gomment 
peut-on déterminer les dimensions des éléments du Béton armé 
et quel est son degré de résistance ? 

Après ce que nous avons dit de l'incertitude des formules de 
la Résistance des Matériaux, surtout en ce qui concerne les 
pièces non librement dilatables, on comprend qu'on ne puisse 
songer à appliquer ces formules aux véritables monolithes hété- 
rogènes que produit le Béton armé. 

Beaucoup de théoriciens ont cependant essayé d'établir le 
calcul du Béton armé sur des hypothèses analogues à celles de la 
Résistance des Matériaux, mais tous jugent du degré d'exacti- 
tude de leurs formules théoriques par le plus ou moins de cor- 
rélation qu'elles offrent avec les formules empiriques employées 
par les constructeur-. 

Ces formules empiriques purement expérimentales se perfec- 
tionnent tous les jours ; comme ce sont les seules qui aient reçu 
la sanction d'expériences répétées, c'est pour le moment à 
elles seules qu'il faut avoir recours sans s'étonner des diver- 
gences plus ou moins grandes, nécessaires peut-on-dire, qu'elles 
présentent avec les formules classiques admises jusqu'à présent 
pour les corps quasi-homogènes. 

Mais il faut reconnaître que ces formules, d'ailleurs diffé- 
rentes pour chaque constructeur, sont encore bien récentes 



— 40 — 

pour que leur autorité soit incontestable ; elles ne peuvent 
faire connaître que d'une manière bien relative le degré de 
sécurité que présente un ouvrage en Béton armé. 

Pour être bien fixé à cet égard et arriver enfin à des formules 
généralement admises, à des formules classiques, il est néces- 
saire d'avoirs recours plus que jamais a la méthode expérimen- 
tale, à des épreuves faites avec méthode à l'aide d'instruments 
de précision. Mais on ferait œuvre vaine si on se bornait à faire 
exclusivement état d'expériences de laboratoire, portant sur 
des éprouvettes de faibles dimensions établies dans des condi- 
tions qui ne peuvent jamais être celles de la pratique des cons- 
tructions ; c'est in anima vili sur les constructions elles- 
mêmes, de toutes formes et de toutes dimensions, sollicitées de 
toutes les manières qu'il faut rechercher la Formule, le « Sé- 
same ouvre-toi » qui fera tomber les dernières résistances qui 
s'opposent encore au développement rationnel de l'une des 
inventions les plus remarquables du dernier siècle dans l'art 
de la construction. 

C'est pour apporter notre contribution, si faible soit-elle, à 
cette recherche que nous proposons la méthode ci -après pour 
les épreuves de réception des ouvrages en Béton armé. 

Epreuves de réception <lu Béton armé. — La condition 
nécessaire, et on peut dire suffisante, que doit remplir un 
ouvrage quelconque, qu'il soit métallique, en maçonnerie ou 
en Béton armé, c'est d'être aus<i parfaitement élastique que 
possible dans toutes les conditions de sollicitation auxquelles 
il peut être soumis. Il suffit donc, au point de vue de l'avenir 
de l'ouvrage, de constater que, sous les charges prescrites ou 
sous de*s charges n fois plus grandes, suivant le degré de sécu- 
rité n que l'on désire, il remplit bien les conditions que nou s 
avons définies pour les corps parfaitement élastiques; les appa- 
reils de mesure que l'on possède aujourd'hui permettent de 
taire ces constatations avec une précision suffisante. On pour- 



— 41 — 

rait s'en tenir là si l'on n'avait en vue que l'ouvrage soumis à 
l'expérience ; il importerait peu, en effet, dans ce cas, de con- 
naître la valeur absolue des déformations élastiques qui, par 
définition, serait très faible et par conséquent sans intérêt. 

Mais, en vue du perfectionnement rationnel des méthodes de 
calcul, il serait intéressant de rechercher d'abord si, pour tous 
les ouvrages, les déformations élastiques sont proportionnelles 
aux valeurs absolues des charges qui les sollicitent lorsque ces 
charges sont semblables et semblablement placées ; s'il en était 
ainsi, malgré l'hétérogénéité du Béton armé, la loi de Hooke lui 
serait applicable et on pourrait à bon droit, le soumettre, au 
moins approximativement, aux équations différentielles de la 
Théorie mathématique de l'Elasticité. Il ne resterait plus, en 
groupant méthodiquement les valeurs absolues des déformations 
élastiques et en les rapprochant de la constitution de l'ouvrage 
en fer et béton, qu'à rechercher la répartition probable des com- 
posantes des actions moléculaires. 

Il ne faut pas perdre de vue que, dans ces épreuves, il ne faut 
faire état que des résultats obtenus dans les limites de l'élasticité 
parfaite car, dès que la limite d'élasticité de l'ouvrage est dépas- 
sée et surtout lorsqu'on se rapproche de la rupture, la loi de 
Hooke ne peut plus être applicable. 

Il importe de remarquer ici que les épreuves d'élasticité ne 
doivent être faites sur le Béton armé qu'après la prise de con- 
tact du béton ; les praticiens désignent ainsi les déformations 
permanentes accusées toujours par les premiers chargements et 
qui ne se renouvellent plus par la suite. 

Voici à quoi sont dues ces déformations permanentes : on sait 
que pour le fer et l'acier les déformations peuvent être considé- 
rées comme parfaitement élastiques tant qu'on n'a pas atteint la 
limite d'élasticité, laquelle est d'ailleurs très éloignée de la 
limite de rupture. Il n'en est pas de même pour le béton de 
ciment soumis à la compression. 

Sur une éprouvette de béton de ciment soumise à une pres- 
sion croissante, le raccourcissement augmente graduellement, 



- 42 — 

mais plus rapidement que la pression ; si on porte les pressions 
en abscisses, et les raccourcissements en ordonnées, on obtient 
une courbe A C B tournant sa concavité vers le haut. Si on 
fait ensuite décroître la pression jusqu'à zéro, l'éprouvette se 
détend suivant une loi représentée parla courbe A LA' concave 
vers le bas; il reste une déformation permanente A A\ Si on 
soumet l'éprouvette au même effet croissant, la nouvelle courbe 
de compression part du point A\ prend la forme A' C' B* et 
aboutit au point £' qui diffère très peu du point B. La môme 




épreuve, renouvelée plusieurs fois, conduit à une courbe limite 
A t d B t se rapprochant beaucoup d'une droite et telle que les 
points A t et B t différent très peu des points A' et B. A partir de 
ce moment le béton, sous des pressions ne dépassant pas celle 
qui correspond au point B fonctionne comme un corps élastique. 
C'est un phénomène analogue à celui de l'hystérésis dans l'ai- 
mantation. 

A partir d'unecertaine pression, très variable suivant la nature 
du béton et correspondant à sa limite d'élasticité, la courbe 
A C .B se relève brusquement pour mener à la rupture. 



— 43 — 

Conclusions. — Les épreuves de réception des ouvrages en 
béton armé peuvent donc être conduites de la manière sui- 
vante : 

1° Si P est la charge pratique que l'ouvrage doit supporter et 
pour laquelle il a été calculé, on le soumettra d'abord, pour obte- 
nir la prise de contact, à une charge n P, n désignant le coef- 
ficient de sécurité, fixé par le cahier des charges, quel'ondésire 
obtenir. On notera, autant que possible avec des appareils enre- 
gistreurs, les déformations totales en divers points convenable- 
ment choisis; ces déformations seront, suivant les cas, des 
lléches verticales ou horizontales, des allongements ou des rac- 
courcissements de pièces. 

On laissera la charge n P en place pendant un temps assez 
long pour que les déformations restent invariables; puis on 
enlèvera complètement la charge et on notera les déformations 
permanentes. 

2° On le soumettra ensuite à dc^ charges croissant de okn P 

par fractions — de la charge totale n P et on notera les défor- 
mations produites après chaque addition de surcharge. On pro- 
cédera au déchargement en enlevant successivement les frac- 
tions — - de la charge totale n P et on notera encore les 
K 

déformations après chaque enlèvemement de surcharge. 

La comparaison des déformations obtenues à la charge et à la 
décharge permettra de reconnaître si l'élasticité de l'ouvrage est 
suffisamment parfaite. S'il en est ainsi et si, pendant le cours 
des épreuves, l'ouvrage n'a présenté ni fissures apparentes ni 
traces d'altérations quelconques, il peut être mis en recette; il 
pourra supporter la charge P avec une sécurité n. Dans le cas 
contraire, comme la prise de contact aurait pu ne pas êtrecom- 
plète dans la première surcharge, il convient de recommencer 
les épreuves d'élasticité qui ne devront plus accuser de déforma- 
tions permanentes. 
La discussion des déformations observées non seulement pendant 



les épreuves d'élasticité, mais encore pendant la mise en charge 
soit sous l'épreuve de prise de contact, soit sous le propre poids 
de l'ouvrage au moment du décintrement, apportera unecontri- 
bution à la recherche de formules rationnelles faisant autorité 
pour l'établissement des ouvrages en Béton armé et aussi uni- 
versellement admises que les formules actuelles de la Résistance 
des Matériaux. 

Mais ces formules, si elles permettent de déterminer à l'avance 
les dimensions des éléments d'un ouvrage quelconque en sup- 
posant l'emploi d'un métal et d'un béton types, ne permettront 
jamais, quel que soit le soin apporté à leur établissement, de 
connaître le degré de résistance que présentera la construction 
terminée. Les qualités du métal, fer ou acier, pourront toujours 
être reconnues à l'avance assez exactement; mais les qualités du 
béton dépendant d'un grand nombre de facteurs essentiellement 
variables : qualités et provenances du ciment, du sable et du 
gravier, mode d'emploi, tour de main de mise en œuvre, durée 
de la prise, époque du décintrement, etc.. ne pourront guère 
être reconues d'avance et on ne saura jamais dans quelle me- 
sure le béton mis e:i œuvre se rapproche du bâton type. 

11 sera donc toujours indispensable contrairement à ce qui 
se fait souvent pour les constructions métalliques, de reconnaî- 
tre expérimentalement les qualités élastiques de l'ouvrage 
édifié. 



- 45 — 

SÉANCE DU 18 MARS 1903 
Présidence de M. Juppont, président 



Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté 

COMMUNICATIONS 
Le Noyer noir d'Amérique, arbre d'avenue à Toulouse, 

Par le D r J). Clos, directeur du Jardin des Plantes. 

1. Depuis plus d'un demi-siècle le Platane règne en souve- 
rain dans nos plantations; et ses grandes qualités semblent 
aux yeux du pépiniériste et de l'amateur justifier ce choix. 
Mais toutes nos promenades sont-elles à jamais vouées à cette 
essence, c'est-à-dire à l'uniformité et à la monotomie, alors que 
les catalogues d'arbres forestiers s'enrichissent tous les jouis 
de nouvelles espèces ? 

Le Cedrela sinensis, les Quercus rubra, palastris et ilici- 
folia, \eJuglans nigra et quelques autres types d'arbres feuil- 
lus étaient naguère signalés par M. Pardé comme dignes d'être 
soumis à des expériences; je crois devoir consacrer, ici, quel- 
ques lignes au dernier cité. 

Très abondant dans les forêts de la Louisiane, il avait sur- 
tout frappé les voyageurs botanistes qui, à la date d'une cen- 
taine d'années, allèrent explorer, en acclimateurs. les vastes 
régions des Etats-Unis, jaloux de doter notre belle Franced'un 
choix d'espèces ligneuses américaines. 

Les deux Michaux (André et son fils François-André ! ), 

(1) On doit notamment à ce dernier un Mémoire sur la naturali- 
sation des arbres forestiers de V Amérique septentrionale, Paris 18U5; 
et YHistoire des arbres forestiers de l'Amérique septentrionale, 1810. 
Michaux père avait consacré dix ans, sous les auspices du gouver- 

SOC. d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXXVI.) 5 



- 46 — 

Bosc d'Antic et quelques autres furent tellement séduits par 
sa beauté, qu'ils s'efforcèrent de l'introduire dans leur patrie. 

De semblables tentatives, mais par trop insuffisantes, remon- 
taient au milieu du dix-septième siècle ; et on se demande vai- 
nement pourquoi, en présence delà facilité et des précieux 
avantages de la culture de cet arbre, celle-ci avait été délaissée. 

La principale allée du Jardin des Plantes de Toulouse est om- 
bragée dans plus de la moitié de sa longueur par deux langées 
de Noyers noirs d'Amérique, de première grandeur et d'une 
magnifique végétation, tous au tronc droit et régulièrement 
conique, à l'écorce noirâtre et superficiellement crevassée, carac- 
tère propre à cette essence, respectés par les insectes et les para- 
sites cryptogames, insensibles aux extrêmes de température et 
ne montrant aucune sorte d'altération (1). 

A portée d'en suivre l'accroissement depuis un demi-siècle, 
j'ai voulu m 'éclairer, soit au récit des voyageurs qui ont pu 
apprécier le Noyer noir dans son lieu natal, soit auprès de 
botanistes autorisés. Mais, en cherche (\es défauts qui sem- 
blent justifier l'espèce d'ostracisme dont il est l'objet, je n'ai 
pu relever chez tous ces juges, au lieu d'accusations, que l'una- 
nimité d'éloges, témoin les quelques citations ci-après : «C'est, 
écrivait Bosc en 1822, un arbre de première grandeur, 
d'un superbe port et dont la cime est très vaste », ajoutant : 
« son acquisition [tour la France peut être d'un avantage inap 
préciable ». 

ce Cet arbre, déclare Loiseleur Deslongcbamps, est une des 
espèces de l'Amérique septentrionale qui mérite le plus d'être 
plantée en France à cause des bonnes qualités de son bois que 
M. Michaux juge supérieur à notre Noyer commun (mDictionn. 
des Se. nat., XXXV, 202). » 

nement, à explorer la vaste région qui «'étend de la Floride à la 
baie d'Hudson (de 1785 à 1796) ; et avait succombé peu de temps 
après son retour. Le fils n'hésita pas à continuer sa tâche et comme 
lui aux Etats-Unis. 

(1) Leur pourtour mesuré au ras du sol varie entre i m , l m ,90 et 
2 m ,60 ; je regrette de n'avoir pu découvrir la date de leur plantation, 



— 47 - 

Soulange-Bodin, auteur d'un Mémoire sur l'introduction 
des arbres forestiers exotiques dans les grandes plantations 
économiques, publié en 1833, n'était pas moins explicite à cet 
égard en 1849 : « Le Noyer noir est déjà assez répandu en 
France et mérite de l'être bien davantage ; il abonde à l'ouest 
des Alléghanys dans la partie de Tennessee comprise entre les 
77 e et 79 e degrés de longitude; ... sa végétation puissante en 
fait un des plus grands et des plus beaux arbres de l'Amérique 
du Nord. Le Noyer noir est un arbre des plus utiles, et on ne 
saurait trop le multiplier... fin Maison rustique du dix-neu- 
vième siècle, IV, 58) ». 

Duchartre, à son tour, déclare que »< c'esl un des plus beaux 
arbres à feuilles caduques qui nous soient venus de l'Amé- 
rique du Nord {Manuel g en. des Plantes, [11^350). 

2. Caractères. — Le Noyer noir, dont le tronc atteint de 
20 à 25 mètres de hauteur avec une épaisseur dépassant par- 
fois 1 mètre, étend ses brandies n une grande distance : ses 
feuilles à 15-19 folioles, lancéolées aiguës, ûnemeht dentées, 
glabres et d'un vert gai, constituent avec elles un beau dôme de 
verdure foncée. 

11 fleurit à partir de sa dixième année aux mois d'avril et de 
mai. Les chatons mâles sont pendants, simples, grêles, d'un 
blanc jaunâtre et à fleurs lâches ; les fleurs femelles, solitaires 
au sommet des rameaux. Les fruits, plus gros que ceux du 
Noyer commun, sont globuleux, de couleur noirâtre mélangée 
de jaune, légèrement ponctués et môme granuleux, d'une 
odeur forte, pénétrante, mais agréable. Si leur chute spontanée 
peut avoir quelques inconvénients, ne les rachètent-ils pas au 
profit des enfants partout si ardents à leur recherche ? 

Dès 1777, se publiait à Vienne une dissertation De Juglande 
nigra (27 p. et 1 tabl. color.) due à Plappart, et que le célèbre 
botaniste Jacquin crut devoir reproduire (Miscell. austri. 
t. II, p. 3-24). 



_ 48 - 

On pourrait d'ailleurs préjuger la valeur du Noyer noir par 
les nombreuses illustrations dont il a été l'objet de la part des 
botanistes les plus marquants ; il est figuré dans les grands 
ouvrages suivants : Gatesby, The natural history of Caro 
lina, etc. I. PL 67. — Duhamel du Monceau, Arbres, PL XIII. 

— Nouveau Duhamel, pur LoiseleurDeslongchamps,iy.P1.48. 

— Jacquin, Icônes Plantarum rariorum, I. PL 191, id. Flora 
austriaca, V, PL I. — Watson Dendrologia britannica, 
Pt. GLVIII. — F. -A. Michaux, Histoire des arbres forestiers 
de l'Amérique, V. PL 1. 

3. Mode de végétation. — Rapidité de croissance, adapta- 
tion aux reboisements, peu d'exigence sur la nature du sol ; 
voilà trois qualités de premier ordre que Ton s'accorde à re- 
connaître au Noyer noir. 

1° Il pousse avec une telle vigueur qu'il n'est pas rare qu'il 
atteigne 6 pieds de haut en trois ou quatre ans (Bosc), dé- 
passant, à cet égard, celle du Noyer commun que, pour ce 
motif, on a conseillé de greffer sur son congénère d'Amérique. 
Le renseignement suivant, que j'emprunte à M. Mouillefert. 
est significatif : « Des individus du premier, de trente ans, 
plantés à Grignon sur un médiocre terrain calcaire, mesurent 
15 à 17 mètres de hauteur sur 60 à 70 et même 90 centimètres 
de grosseur, tandis que des J. regia dans la même situation 
atteignent à peine m , 60 à O" 1 , 70 de grosseur.» (Iraitô des 
arbres et arbriss., II, 1189, note.) 

Evelyn déclarait, dès 1776, que le Noyer noir a plus de ten- 
dance (is more inclinable) à croître en hauteur que le Noyer 
commun, et que son bois étant généralement d'un plus beau 
grain, le rend préférable et plus digne d'être cultivé (Silva, 
p, 174). 

2° Le Noyer noir a cet autre avantage : « Il se développe très 
bien, écrit encore M. Mouillefert. sous le couvert d'autres 
arbres, dans les massifs forestiers, ce qui le rend précieux 
pour les reboisements (in Bull. soc. d'acclim. de laDordogne 
de 1896)». 



— 49 — 

3° Il n'est pas difficile sur la nature du terrain. S'il préfère 
sans doute à tous les autres les sols meubles, frais et profonds, 
il n'en croit pas moins naturellement dans les terres calcaireset 
sablonneuses les plus ingrates, dans des situations où le Noyer 
commun dépérirait ; il ne repousse que les terrains bas et 
marécageux ; et M. Camuzet, auteur d'un intéressant article 
sur cet arbre, ajoute : « Je ne saurais trop recommander aux 
propriétaires d'en planter dans les terres médiocres ou mau- 
vaises de leur domaine (in Journ.d'Agric.prat. etd'écon. rur. 
du Midi de la France, 2 e sér., t. V, de 1842, p. 253). » 

A peu près insensible aux plus grands abaissements de tem- 
pérature, il fleurit et fructifie presque partout en Europe, 
la Sibérie exceptée. Ainsi s'explique le signalement d'une 
variété peu tranchée de cet arbre par Weddell, en Bolivie et 
dans l'Argentine, par Clarke, au Pérou, à des altitudes de 
2.000 à 4.000 pieds. 

Seulement, comme la plupart de ses congénères, il redoute 
beaucoup la taille. « On doit s'attacher, dit A. Dupuis, à ébour- 
geonner les pieds convenablement quand ils sont jeunes, afin 
de n'avoir pas à y toucher plus tard. » (Arbres d'ornement de 
pleine terre, p. 96.) 

4. Multiplication. — Le Noyer noir, très fructifère, donne 
abondamment des graines pour sa propagation : « C'est au 
printemps qu'on doit mettre en terre les noix du Noyer noir, 
noix qu'on aura conservées en jauge pendant l'hiver (1) ; elles 
lèvent assez promptement. Gomme celui de tous les arbres à 
long pivot, le plant qui en provient ne devrait pas être repi- 
qué ; mais cela devenant impossible dans les pépinières, il faut 
donc le relever dès l'hiver suivant, soit pour le mettre en 
place, en respectant ce pivot, soit pour le repiquer autre part, 
en le supprimant. On multiplie aussi assez facilement le 
Noyer noir par le moyen des marcottes ; mais les arbres qui 



(1) A défaut do ce soin, les noix perdent, d'après Loudon, leur 
faculté germinative au bout de six mois. 



— 50 — 

en proviennent ne sont jamais aussi beaux que ceux venus de 
semis (Bosc, loc. cit.). » 

5. Usages pour roules et avenues. — Michaux avait dit que 
le Noyer noir conviendrait bien pour succéder à l'Orme sur le 
bord des grandes routes. 

En 1822, Bo.sc était autrement explicite à cet égard. « On ne 
peut trop, écrivait-il, engager les propriétaires à le planter en 
avenues, objet auquel il est extrêmement propre, même peut- 
être plus propre qu'aucun autre arbre susceptible de lui être 
comparé sous ce rapport, soit pour F agrément, soit pour 
l'utilité ; je ne doute pas qu'un jour les vœux que je forme 
soient exaucés, tant je suis pénétré de sa supériorité. (Nouv. 
cours d'Agric, X, 402). » L'auteur y revient Tannée d'après. 
tomeXlll, art. Moules, p. 319, dans rénumération des arbres 
qu'il juge les plus appropriésà ce but, regrettant la grande rareté 
des Noyers noir et cendré : « Mais, ajoute-t-il, comme il y a des 
pieds dans les jardins des environs de Paris qui donnent des 
fruits, il est probable qu'ils deviendront bientôt communs. ll s 
seraient, selon moi. qui ai les vus dans leur pays natal, très 
propres à être employés à ce genre de plantation, s A propos 
de l'Orme qui dominait alors presque partout et surtout dans les 
environs de Paris, Bosc s'écrie, comme on le fait de nos jours 
pour le Platane : « Mais pourquoi toujours des Ormes? » ; et 
de son côté, Michaux déclarait le Noyer noir Je meilleur succé- 
dané de l'Ormeau. 

« Planté en avenue, écrivait M. Camuzet en 1842, il s'élance 
comme le Peuplier suisse et ne porte aucun ombrage préjudi- 
ciable sur les cultures qui l'entourent (1) (loc. cit.). » « C'est, 
dit enfin M. Mouillefert, un des meilleurs arbres d'avenue 
que Ton puisse planter. De tous les arbres actuellement em- 
ployés à cet usage, aucun ne réunit un ensemble de qualités 
aussi grand, et l'on peut s'étonner qu'introduit en Europe, en 
16 c 29, il ne soit pas plus répandu (Traité des arbr.. 1180}. » 

(1) Cette assertion n'est-elle pas exagérée ? 



— 51 — 

G. Usage comme porte-greffe. — « En greffant, écrit 
À. -F. Michaux, l'espèce européenne sur l'américaine à la hau- 
teur de 8 à 10 pieds, on peut réunir leurs deux avantages quant 
aux qualités du hois et du fruit (loc. cit.). » 

7. Variétés. — Le Noyer commun en a donné un assez 
grand nombre (on en cite plus d'une quinzaine), justifié par 
l'universalité desa culture. Tandis que Bosc, tout en déclarant 
que le Noyer noir fournit plusieurs variétés, n'en distingue 
que deux « que j'ai appelées, dit-il, Noyer Maillet et Noyer 
ombiliqué, de la forme de leur fruit sur l'arbre; » M. Cas. de 
Çandolle ne lui en attribue qu'une sous le nom de Boliviana. 

8. Hybrides. — On a signalé deux hybrides entre les Juglan s 
regia etnigra : l'un Vintermedia Cas. D.C. (piriformis Carr. 
ou hybrida llort.) ayant l'aspect du premier, et le fruit du 
second, est né, dit-on, aux pépinières de Trianon ; l'autre 
le Vilmoriniana, qui en diffère peu el qui forme un bel arbre 
de 25 mètres de haut, s'est montré, en 1S 15. aux pépinières 
de Verrières de M. Vilmorin. 

9. Usages économiques. — Si au point de vue alimentaire, le 
Noyer noir est très inférieur à son congénère d'Europe par la 
valeur de ses fruits, dont l'amande est pourtant mangée par les 
enfants et qui se vendent, dit-on, sur quelques marchés îles 
Etats-Unis(l), il lui est supérieur par la nature et les nom- 
breux usages de son bois. « 11 rend, a écrit Dubreuil, de grands 
services à l'architecture civile et navale (Cours élém. d'arbor., 
299). » Loiseleur Deslongchamps est très explicite à cet égard : 
« On en fabrique, dit-il, des meubles de toute sorte qui sont 
souvent très beaux par les accidents qui se rencontrent princi- 
palement dans les morceaux tirés de l'endroit où le tronc se 

(1) Ils ne sont bons qu'en cernaux, parce que les cloisons inté- 
rieures sont très dures. Dans certaines contrées, on les a parfois 
employés jadis, paraît-il, à faire du pain, en les broyant à coups de 
maillet, les mettant dans l'eau et retirant la matière farineuse qui 
se précipite au fond. 



— 52 — 

partage en plusieurs branches(l) ; on en fait des montures de 
fusils destinés aux troupes. En Virginie, on s'en sert encore fré- 
quemment pour faire des pieux des entourages pratiqués autour 
des champs, parce qu'ils peuvent rester vingt à vingt-cinq ans 
en terre sans s'altérer ; ailleurs, on en fait des moyeux pour les 
roues de voiture, enfin, on en fait des canots et des pirogues : 
les plus grandes de ces pirogues, qui sont d'un seul tronc d'ar- 
bre, ont 40piedsde longueur sur 3 de large (in Dict. sci. nat., 
xxxv, 200). » J.-B. Camuzet ajoute : Michaux fils, qui a vu 
exploiter l'arbre dans son pays natal, écrit à son tour : « L'au- 
bier du bois du Noyer noir, fraîchement débité, est très blanc, 
tandis que le cœur est violet; mais bientôt, après avoir été ex- 
posé à l'air, cette couleur prend plus d'intensité et devient 
presque noire, d'où est venu probablement à cet arbre le nom 
de Noyer noir. Les qualités qui font surtout apprécier son 
bois sont : de résister longtemps à la pourriture, quoique ex- 
posé aux alternatives de la chaleur et de l'humidité, pourvu 
qu'il soit privé de son aubier, qui s'altère très promptement; 
d'avoir beaucoup de force et de tenir bien les clous, de n'être 
plus sujet, lorsqu'il est bien sec, à se tourmente]- ni à se fen- 
dre; enfin, d'avoir le grain assez ferme et assez fin pour rece- 
voir un beau poli qui permet d'en faire des instruments de 
musique et de magnifiques parquets. Converti en bardeaux, il 
peutètre employé comme couvertures et résister pendant trente 
à quarante ans à l'intempérie des saisons. » Il paraît même 
qu'on lui doit les meilleurs sabots. 

10. Utilité locale. — En 1848, à l'occasion delà plantation à 
Toulouse de l'avenue extérieure du cimetière de Terre-Cabade, 
l'Administration municipale de la ville consultait, par une let- 
tre en date du 7 octobre, le directeur du Jardin-des-Plantes sur 
les essences les mieux appropriées à la nature du terrain, 
venant promptement et pouvant donner le plus d'ombrage 

(1) Evelyn dit même, dans une note de son Silva, avoir vu cer- 
tains échantillons de ce bois agréablement veinés de blanc et de 
noir et qui, bien polis, offraient, à distance., l'apparence du marbre 
veiné. 



— 53 — 

possible, ajoutant : « Le Sycomore, le Noyer d'Amérique et 
l'Erable blanc ont été indiqués comme remplissant ces con- 
ditions. » 

Il est très probable qu'il s'agit dans le Noyer signalé du 
Noyer noir, bien que les Etats-Unis possèdent quelques autres 
espèces méritantes, notamment le Noyer cendré [Juglans ci- 
ncrea Linn.), d'une taille moins élevée et que distinguent en 
outre les bourgeons, les feuilles et les fruits oblongs, visqueux, 
couverts de poils; toutes, d'ailleurs, le (('dent au premier en 
beauté et en utilité. 

Ne serait-il pas à désirer qu'on pût voir à Toulouse une 
nouvelle allée et une jeune avenue de Noyers noir- permettan 
d'en suivre le développement et de les comparer soit à l'allée de 
même essence du Jardin des Plantes, soit à celles d'autres 
rares espèces d'arbres de première grandeur, telles que le Cc- 
drcla sincnsis, le Planera crenata, le Parrottia pcrsica et 
certains types de Chênes d'Amérique injustement délaissés? 

P. -S. — Nous sommes heureux de relever dans le dernier 
numéro paru février 1903) delà Revue horticole de l'Algérie, 
un article de M. Davin, chef de culture au Jardin botanique 
de Marseille, sur le Noyer noir d'Amérique, les conclusions de 
l'auteur concordant en tous points avec les nôtres ; il débute 
ainsi : « Nous avons souvent entendu parler de la disparition 
de notre Noyer français, des difficultés que rencontrera culture 
dans certains terrains et des maladies auxquelles il est sujet. 

D'autre part, son bois très connu et longtemps apprécié en 
ébénisterie est aujourd'hui souvent remplacé par celui des 
Noyers d'Amérique, au nombre desquels nous trouvons le 
Noyer noir [Juglans nigra Linn.). Or, ce dernier pousse 
parfaitement chez nous et y atteint, quand il est quelque peu 
soigné, de grandes dimensions ; nous sommes donc étonné de 
le voir encore si peu répandu malgré les nombreux écrits pu- 
bliés, mettant en évidence et sa valeur comme arbre d'orne- 
ment et les sérieuses qualités de son bois. 



— 54 - 

A notre tour, nous venons recommander sa culture et sa 
propagation (p. 49-50). » 

M. Davin ajoute que le parc Borély, à Marseille, possède de 
beaux sujets de cet arbre ; et, de son coté, la Rédaction de 
ladite Revue cite un exemplaire de cette espèce qui, au Jardin 
public de Miliana, fait l'admiration des visiteurs. 



SEANCE DU 8 AVRIL 1903 

Présidence do M. Juppont, président 



Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté 

COMMUNICATIONS 

Sur un Programme d'expériences d'Energétique 
musculaire 

Dans une note antérieure (1), j'ai recherché quelles étaient 
les conditions nécessaires pour que le théorème de Ghauveau, 
énoncé dans Y Energétique musculaire de M. Laulanié, soit 
physiquement exact. 

Depuis, M. Weiss (2), guidé par des considérations théori- 
ques et surtout mathématiques, qu'il est inutile d'analyser ici, 
admet que le rendement des moteurs s'accroît avec la vitesse. 

Vers la même époque, M. Laulanié (3), s'appuyant sur des 
expériences, indiqua que pour certaines conditions de travail 
on obtenait un résultat inverse de celui de M. Weiss ; le ren- 
dement musculaire, au delà d'une certaine vitesse (un mètre 

(1) Mémoires de V Académie des sciences de Toulouse, 1900, p. 370. 
*(2) Bévue générale des sciences, 15 février 1903. 
(3) Mémoires de l'Académie des sciences de Toulouse, 26 fév. 1933. 



— 55 — 

par seconde dans les mesures de l'auteur) décroît avec la 
vitesse. 

Les contradictions momentanées entre la théorie et les 
faits m'ont amené à rechercher un programme d'expériences 
susceptible de déterminer séparément les éléments d'un résul- 
tat dont jusqu'à ce jour, à ma connaissance du moins, les 
physiologistes n'ont mesuré que le total. 

J'avais désigné sous le nom de demi-oscillation positive, 
dans le travail du bras de l'homme, le mouvement vertical 
qui rapproche l'avant-bras du corps, lorsque l'on soulève un 
poids P; la demi-oscillation négative était le mouvement 
inverse lorsque le bras s'abaisse et s'ouvre en luttant contre 
l'action du même poids P. 

Ces désignations ont le défaut grave de lier le sens du mou- 
vement du bras, au signe du travail qu'il effectue. 

C'est un inconvénient dont l'importance sera établie au 
cours de cette étude ; c'est pourquoi je préfère appeler le mou- 
vement de la demi-oscillation ascendante du bras, une contrac- 
tion et celui de la demi-oscillation descendante une extension ; 
et, la contraction ou l'extension, peuvent l'une ou l'autre sui- 
vant les conditions de l'expérience, être positives ou négatives. 
L'oscillation contient toujours une contraction et une extension. 

Avant toute expérience, il convient de déterminer la dépense 
temporique S du muscle au repos. 

On ne peut la connaître directement et l'on doit la confondre 
avec la dépense moyenne <T de l'individu au repos. 

C'est donc par approximation que nous écrirons §= £'. 

Il n'y a aucun inconvénient à faire cette hypothèse, car ce 
qui intéresse le plus, n'est pas la dépense propre du muscle ; 
mais la dépense faite par l'organisme pour permettre au muscle 
d'accomplir un travail donné. 

Celle-ci est égale à la différence entre la dépense pendant le 
travail et la dépense de l'organisme au repos. 

Les caractéristiques fonctionnelles du muscle peuvent se 
ramener à quatre. 



— 56 — 

Les frottements ou pertes intérieures du muscle dues : 

1° an mouvement correspondant à la contraction ; 

2° au mouvement d'extension ; 

3° le rendement dans le travail positif; 

4° le rendement dans le travail négatif. 

Ces caractéristiques seront mesurées, si Ton peut détermi- 
ner : 

1° La dépense M pendant une contraction, ne produisant pas 
de travail externe ; 

J'avais appelé ce mouvement demi-oscillation neutre ascen- 
dante ; la nouvelle terminologie adoptée dans cette étude en 
fait la contraction neutre; elle est réalisée par la contraction 
de l'avant-bras dont l'extrémité se déplacesur un plan hori- 
zontal. 

Si S est la dépense de l'état de repos pendant la durée de la 
contraction, la dépense?» correspondant aux frottements inter- 
nes pendant une contration sera : 

M — S = m 

% La dépense Af, pendant une extension neutre. 
Comme dans l'expérience précédente, la dépense m i corres- 
pondant aux frottements internes pendant cette extension sera: 
}f, — 5 = rw, 
Rien a priori ne nous autorise à admettre m = m, puisque 
les muscles du bras ne travaillent pas de la même façon dans 
une contraction et dans une extension ; mais nous verrons par 
la suite que cette réserve théorique est sans objet, car nous 
serons obligés de consentir expérimentalement l'hypothèse 

m = m, 
3° La dépense Q effectuée pour produire le travail positif. 
Pour une contraction la dépense du muscle sera : 

C=Q — i 
Pour une extension, cette dépense sera : 

e = Q — o 
4° La dépense Q t effectuée pour produire du travail négatif. 



- 57 — 
Pour une contraction, la dépense du muscle sera : 

c, = Q, — s 

Pour une extension, elle sera : 

e t = Q\ — S 

Généralement, on mesure les calories extériorisées par les 
produits de respiration de la personne soumise à l'expérience ; 
il faudrait tenir compte également, s'il y lieu, delà chaleur non 
extériorisée, c'est-à-dire de l'élévation de température du corps 
de la personne dont le bras travaille et, s'il y a modification, il 
serait très intéressant de déterminer la variation de la tempé- 
rature avec le temps. 

Cette mesure, si elle était possible, serait d'un certain inté- 
rêt, car elle déterminerait le temps qui est nécessaire pour que 
le corps prenne le nouvel état d'équilibre correspondant au 
travail effectué. 

On pourrait de même essayer, suivant la méthode d'observa- 
tion, de mesurer la variation de température du calorimètre 
ou du poids d'acide carbonique dégagé dans des intervalles de 
temps égaux; peut-être serait-il possible de saisir l'inlluence 
de la fatigue musculaire sur le rendement. 

Mais une difficulté se présente, on ne peut mesurer isolément 
l'influence d'une demi-oscillation (contraction ou extension), la 
chaleur dégagée est trop faible et les produits qui la manifes- 
tent sont encore dans le sang où ils ne peuvent être appréciés* 

Il faut donc recourir à un artifice. 

Nous avons quatre inconnues qui suivant l'expérience sont: 

m , ttij , C , e t 

m , m, , Cj , e 

Il faudrait trouver quatre relations mesurables, distinctes et 
indépendantes entre ces quatre grandeurs, pour que les quatre 
équations établies fournissent, par la résolution du système 
algébrique qu'elles forment, la valeur de chacune des quatre 
inconnues. 

Pour les grandeurs 



— 58 

m , m, . C , e i , 
le système suivant se présente immédiatement à l'esprit : 

1° Mesurons l'accroissement de dépense A d'une série de n 
contractions neutres m suivies de n extensions neutres m, 
n (m -f- m t ) = A (1) 

2° Mesurons l'accroissement de dépense £, de n contractions 
positives C suivies de n extensions neutres m. 

n(C + m 1 ) = B (2) 

3° Mesurons l'accroissement de dépense F de n contractions 
neutres m, suivies de n extensions négatives e, 

n (m + c,] = F (3} 

4° Mesurons l'accroissement de dépense!), den contractions 
positives C, suivies de n extensions négatives c. 

n(C + e l ) = D (4) 

Nous avons bien quatre équations; mais elles ne sont pas 
indépendantes ; la nécessité de faire succéder une extension à 
une contraction, crée une relation telle entre les quatre incon- 
nues, que la somme des équations (1) et (4) est égale à la 
somme des équations (2) et (3) 

A + D = B + F = m + m, -f- C + e t 
Il faut donc faire l'abandon d'une inconnue et les limiter à 
trois. 

L'idée la plus logique est de faire l'hypothèse 
m = m v 
c'est-à-dire que la dépense due aux frottements internes du 
muscle est la même pendant la contraction et pendant l'exten- 
sion. 

Le système d'équation devient 

C + m= — = b (6) 

n 

m -|- e x = -£- = f (7) 

C + e t = — = d (8) 



n 



r — 59 — 

La résolution de ce système de trois équations se fait très 
amplement en les ajoutant deux à deux. 
En ajoutant (6) et (7) on obtient 

G 4- 2m -f- e t = b + f 
Comme C -f- e, = d , il en résulte que: 

b.+ f—.d 



m = 



On tire de même 



Et , 



C =a ^ + d ~ f 



e = — 



2 

On peut également instituer une autre série d'expériences 
en inversant le sens du travail de* expériences précédentes 
dans la contraction ainsi que dans l'extension ; la contraction 
devient négative, c'est C, ; l'extension devient positive c'est c. 

On a alors les trois relations 

C t -\- m = b x (6 bis) 

m -h e = f t (7 bis) 

C, + e = d t (8 bis) 

qui ont les mêmes solutions que le système précédent. 

Pour réaliser les combinaisons successives de contractions ou 
d'extensions, positives, négatives ou neutres il suffit d'employer 
un treuil soulevant un poids P, à l'aide d'une corde assez 
longue pour que la durée de l'expérience soitsuffisante, et d'atta- 
quer ce treuil par une manivelle se mouvant dans un plan 
horizontal, mais, par l'intermédiaire d'une roue à rochet et 
d'un cliquet dans les combinaisons (6) (7) (6 bis) et (7 bis), 
tandis que dans (8) et (8 bis) la manivelle est reliée au poids P 
qui monte et descend alternativement de la même hauteur. 

Pour inverser le sens du travail dans les mêmes mouve- 
ments du bras, il suffit de changer le sens d'enroulement de la 
corde sur le treuil et de disposer les cliquets et le sens de l'atta- 
que en conséquence. 



- 60 — 

Au lieu de se borner aux trois expériences (6) (7) et (8), on 
peut procéder autrement : 

1° Mesurer m directement à l'aide d'une série d'oscillations 
neutres, positives et négatives (mais comme ce travail est 
faible, l'approximation de la mesure parait insuffisante a 
priori) ; 

2° Réaliser ensuite l'expérience de l'équation (6) comme m 
est connu, on en déduit : 

C = b — m 

3° De la réalisation de l'équation (7) on en déduit : 
e t = c — m 

L'expérience (8; mesurée directement sera un contrôle; elle 
devra fournir le même résultat que la somme des deux expé- 
riences antérieures qui ont fourni C et c, ; elle déterminera le 
degré d'exactitude des mesures. 

La réalisation d'une série d'expériences conduites comme il 
vient d'être exposé, permettrait de trancher expérimentalement 
la question de restitution de calories dans le travail négatif; 
de plus, elle permettrait facilement d'observer l'influence du 
poids soulevé et la vitesse des contractions. 



Sur quelques prétendues propriétés réductrices 
du philothion de M. de Rey-Pailhade, 

Par M. J.-E. Abelous, professeur de physiologie à la Faculté 
de médecine. 



En 1899 et 1900 nous avons, mon collègue Gérard et moi, 
établi l'existence, dans l'économie animale, d'un ferment so- 
luble, d'une diastase réduisant les nitrates alcalins en nitrites 
et transformant le nitrobenzène en phénylamine. Sans discuter 
ici la question de savoir si c'est un seul et même agent qui 



— 61 — 

réduit les nitrates et hydrogénise le nitrobenzène, je ferai seu- 
lement remarquer que c'était la première fois qu'on parvenait 
à démontrer l'existence d'un ferment soluble réducteur, par 
des expériences nettes et précises, de l'ordre de celles qui ont 
permis d'établir l'existence des autres diastases. 

Peu de temps après qu'avait paru notre dernière note à 
l'Académie des sciences, M. de Rey-Pailhade, dans une bro- 
chure intitulée : Le Philothion ou Hydrogénase — considé- 
rations sur les expériences de MM. Abelous et Gérard, etc. — 
s'efforça de démontrer, à grand renfort d'équations thermo- 
chimiques, que le ferment soluble découvert par M. Gérard et 
moi n'était autre que soir philothion. 

Gomme la nature du dit philothion rre s'est que lentement 
et peu à peu révélée à sorr inventeur qui, primitivement, le 
considérait simplement comme un principe immédiat (ce qui 
n'était pas compromettant) et qu'il ne l'a baptisé hydrogénase 
que dans ses dernières publications, on ne voit pas trop pour- 
quoi nous nous serions empressés de proclamer M. de Rey- 
Pailhade notre précurseur. Quelque soit son désir de monopo- 
liser les ferments réducteurs ou hydrogénants, il voudra bien 
reconnaître que le champ de ces recherches est assez vaste et 
encore assez peu exploré pour que, d'autres que lui, y aient pu 
trouver quelque chose d'original. 

Au reste, j'ai cherché en vain dans les nombreux écrits de 
M- de Rey-Pailhade, la moindre preuve expérimentale de 
l'identité de notre ferment avec son philothion. 

C'est pourquoi je ne le suivrai pas dans les savantes, mais 
trop théoriques considérations qu'il développe dans la brochure 
dont j'ai parlé. La moindre expérience eût bien mieux fart mon 
affaire. 

Heureusement pour notre défense, un chimiste de Nancy a 
eu la bonne idée d'essayer d'appuyer expérimentalement les 
déductions de M. de Rey-Pailhade. L'adversaire devenait sai- 
sissable, je me suis empressé de mesurer la valeur de ses 
coups. 

SOC. d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXXVl). 6 



-- 62 — 

Je ne saurais être trop reconnaissant à M. Pozzi-Escot d'avoir 
eu l'excellente idée de réunir en un volume, ses conceptions 
et ses expériences, car j'avais cherché en vain dans les comptes 
rendus de l'Académie des sciences, autre chose que les titres de 
ses communications sur le sujet qui nous intéresse. Quoiqu'il 
en soit, M. Pozzi-Escot déclare : 

1° Que le philothion réduit les nitrates ; 

2° Qu'il transforme le nitrobenzène en aniline. 

Conclusion : M. Gérard et moi, n'avons fait que redécouvrir 
l'Amérique, je veux dire le philothion de M. de Rey-Pailhade. 

A ces assertions quelque peu audacieuses, je me bornerai à 
opposer simplement les résultats d'expériences faites en pré- 
sence de mon collègue M. Aloy. 

J'ai préparé des liqueurs de philothion selon la méthode de 
M. de Rey-Pailhade et selon celle de M. Pozzi-Escot en suivant 
minutieusement leurs indications. J'ai préparé, d'autre part, 
de l'extrait aqueux de foie de cheval selon le procédé indiqué 
par M. Gérard et moi. J'ai ajouté à des lots bouillis et non 
bouillis de philothion et d'extrait hépatique 4 °/ de nitrate de 
potasse pur. Chaque lot était additionné de chloroforme (5 CC °'o) 
pour éviter toute intrusion microbienne. J'ai d'abord constaté 
qu'en présence du nitrate de potasse, il se produisait dans les 
liqueurs de philothion, après quelques instants de séjour dans 
l'étuve un abondant précipité, tandis que les extraits de foie 
nitrates restaient absolument limpides. J'ai donc été obligé de 
diminuer, dans les liqueurs de philothion, la proportion des 
nitrates que j'ai réduite à 0,50 %. Pans ces conditions, le pré- 
cipité qui se produit est beaucoup moins abondant. 

Tous ces mélanges ont été abandonnés à la température de 
38 degrés pendant vingt heures 

La recherche des nitrites par le réactif de Tromsdorf et par 
le chlorhydrate de métaphénylènediamine, m'a donné les 
résultats suivants : 
Lots bouillis (philothion et extrait hépatique) . rien. 



— G3 — 

Lots de philothion (non bouillis) rien. 

Extrait hépatique non bouilli réaction intense. 

Gomme il faut tout prévoir, je me suis alors demandé, en 
présence de ce résultat si défavorable au philothion, si par 
hasard, la puissance réductrice de cet agent étant très consL 
dérable d'après M. de Rey-Pailhade, les nitrites eux-mêmes 
n'auraient pas été réduits, ce qui expliquerait l'absence de 
réaction positive. Mais dans ce cas, il n'aurait pas du rester de 
nitrates dans les solutions. Or, la réaction de Granval et Lajoux 
les y décelait en abondance. En réalité, il n'y avait pas eu de 
réduction avec le philothion. 

Je conclus : 

« Le philothion ne réduit pas les nitrates contrairement aux 
« assertions de M. de Rey-Pailhade et de M. Pozzi-Escot. » 

Pour ce qui a trait à l'hydrogénation de la nitrobenzine, j'ai 
fait des expériences de même nature simultanément. J'ai ob- 
tenu le même résultat absolument négatif pour le philothion, 
positif pour notre ferment. Sous son influence, il se forme 
d'assez grandes quantités d'aniline, comme le décèle l'intensité 
de la réaction avec Thypochlorite de chaux. 

Je conclus encore : 

« Contrairement aux assertions de MM. de Rey-Pailade et 
« Pozzi-Escot, le philothion n'hydrogénise nullement le nitro- 
(( benzène; cette hydrogénation se fait parfaitement avec l'ex- 
<( trait de foie de cheval. » 

On voit, d'après ces résultats que, s'il y a parenté entre 
notre ferment et le philothion, cette parenté est au moins 
lointaine. Quel est le ferment réducteur légitime? Je laisse au 
lecteur le soin de prononcer. 

En terminant, je signalerai encore un autre fait qui vient 
à l'appui de ces conclusions. 

D'après M. de Rey-Pailhade, l'œuf de poule contient beau- 
coup de philothion. Or, l'œuf de poule ne réduit que très fai- 



— 64 — 

blement les nitrates (1) comme nous avons pu le constater 
M. Aloy et moi. 

D'après M. de Rey-Pailhade, le philothion abonde dans les 
muscles des animaux. Or, le tissu musculaire est le tissu le 
moins actif pour la réduction des nitrates, comme nous L'avons 
constaté M. Gérard et moi. 

Résumons toutes ces différences : 

Philolliion. Ferment réducteur. 

Ne réduit pas les nitrates. Réduit les nitrates. 

N'hydrogène pas le nitroben- 

zene Hydrogène le nitrobenzène. 

Existe en abondance dans les N'existe qu'en petite quantité 
muscles (de Rey-Pailhade). dans les muscles. 

Existe en abondance dans l'œuf N'existe qu'en petite quantité 
de poule (de Rey-Pailhade). dans l'œuf de poule. 

Les seuls caractères communs que pourrait invoquer M. de 
Rey-Pailhade, sont les suivants : 

Gomme l'extrait de foie ou de rein, le philothion réduirait, 
parait il, le carmin d'indigo, le bleu de méthylène, les arsé- 
niates, les iodates, les bromates alcalins. Mais, dans ces réduc- 
tions, il n'y a rien qui nécessite la présence d'un ferment 
soluble, puisque on peut les obtenir avec des extraits orga- 
niques et de l'urine bouillis. 

Si le philothion de M. de Pey-Pailhade n'opère que des 
réductions de cet ordre, sa puissance n'a rien de merveilleux. 

On comprendra donc que je continue de décliner, pour notre 
ferment, toute parenté, à fortiori toute identité avec le philo- 
thion. 



(1) Au moins quand il n'est pas incubé ou dans les premiers jours 
de l'incubation. Nous poursuivons des recherches sur ce sujet. 



Toulouse. — Imp I.agarde et Sebille, rue Romiguières. 2 



) 






SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à .8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 mp mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezcn, 
quai de Tounis, 106, Toulouse. 



7 2 





SOCIETE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-SIX. 



1903 



Mat-Juin-Juillet — IV 0S 3-G-7. 



SOMMAIRE 

Communications 

Jules Chalande. — Myriopodes de France 65 

Dr Gluzet. — Sur l'examen des Coupes d'os au Microscope 

polarisant 70 

Jules Chalande. — Sur le sens de la direction chez les rep- 
tiles et les Batraciens 73 

1. de Rey Pailhade. — Considérations sur les recherches 
de MM. Bach, et Batelli sur la dégradation des hydrates 
de carbone, dans l'organisme vivant. Uôle probable du 
philothion 75 

J.-E. Abelous. — Remarques à propos de la communication 
de M. J de Rey-Pailhade. — Complément-à la Communi- 
cation faite à la précédente séance 80 

J. de Rey-Pailhade. — Sur les propriétés réductrices du 

philothion; Réponse à M. Abelous 83 

Jules Chalande. — Cas d'hermaphrodisme chez un Myriopode. 91 



TOULOUSE 

MPRD1ERIE LAGARDE ET SEBILLE 



2., RUR UOMIGU1EUES 




1903 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Elirait du règlement de ta Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches ei 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la tlore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera (l'augmenter les collections du Musé a d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr. f 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivré*» 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoir 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au litre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait êlre utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2" Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Art 31. Le'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre Le Président rst nommé pour deux année», les autres 
memnres pour une année L«s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaire* et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus immé tialement dans les mêmes fonctions, 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etont lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 a mercredi de juillet inclusivement^ 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

An. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir des tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

An.. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adosser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, revien- 
dront de droit à la ville de Toulouje. 



65 - 



SEANCE DU 6 MAI 1903 

Présidence de M. Juppont, président 



COMMUNICATIONS 
Myriopodes de France. 

Par M. Jules Chalande. 

CLASSIFICATION 

La classification généralement adoptée pour les Myriopodes 
est celle de U. Latzel, 1880-84 (1), du moins dans ses grandes 
lignes. 

Fam. Scutigerid-i'. 

\ — Lithobiidse. 

I. Ordre des Chilonoda _, , ... 

I — Scolopendridœ. 

— Geophilidee. 

II. Ordre des Symphyla — Scolopendrilidse. 

III . Ordre des Pauropoda — Pauropodse. 

Sous-Ordre Pselaphognatha — Polyxenidae. 

— (Horaeridae. 

\ i — Polydesmida3. 

IV. Ordre des Diplopoda. Sous-Ordre Clùlognatha { — Chordeumidse. 



I I — Lysiopetalida 



1 - Iulida\ 
Sous-Ordre Colobognatha. — Polyzonidse. 

Bollman, 1889-93 (2) a proposé depuis une nouvelle classi- 
fication, s'appuyant sur ce fait, que les Chilopodes seuls pos- 
sèdent, comme les Hexapodes, un véritable labre; il les trouve 



(1) Robert Latzel. — Die Myriopoden der Œsterreichisch. Ungaris- 
chen Monarchie, Wien, 1880-1884. 

(2) Charles Harvey Bollman. The Myriapoda of northamerica. 
Bulletin ofthe United national muséum n° 46-1893. Smithsonian insti- 
tution. 

soc. b'hist. naturelle de toulousb (t. ixxvi.) 7 



- 06 - 

plus étroitement liés à ces derniers qu'aux autres Myriopodes. 
Il réunit, en conséquence, en deux sous-classes les Chilopo- 
des (Syngnatha) avec les Hexapodes dans une même classe, 
sous le nom de « Etymochila ». Bollman se base, pour cette 
classification, sur un seul caractère, qui a bien une certaine 
valeur, mais n'en a pas assez. 

Si nous considérons le développement post-embryonnaire des 
Myriopodes et des Hexapodes, nous remarquons, au contraire, 
que ce sont les Diplopodes qui se rapprochent le plus de ces 
derniers, tandis que les ChUopoics s'en éloignent. 

Chez les Hexapodes, les larves, à l'éclosion, sont munies 
de trois paires de pattes, ou sont apodes, et peuvent présenter 
les douze segments qu'on retrouve chez l'insecte parfait; elles 
présentent, en outre, chez certains, des pseudopodes qui dispa- 
raissent à l'état adulte, après la métamorphose. 

Chez les Diplopodes, les jeunes larves apparaissent, à leur 
naissance, munies de trois paires de pattes et ordinairement de 
sept segments (Poltynemas 5 segm.). Elles s'accroissent, dans 
la suite, en segments et en paires de pattes par des mues suc- 
cessives. 

Chez les Cltilopodes, nous trouvons deux modes de dévelop- 
pement post-embryonnaire : 

1° Les Scutigères et les Lithobies, naissant avec sept paires 
de pattes et neuf segments, dont le nombre s'accroît par bour- 
geonnement ; 

2° Les Scolopendrides (1) et les Géopliilides, naissant, les 
premiers avec 21 paires de pattes et 21 segments, même 
nombre qu'ils auront à l'état normal, et les seconds avec un 
grand nombre indéterminé, mais susceptible d'accroissement. 

Chez les Ghilognathes, nous voyons donc constamment trois 

(1) Fabre, dans son travail, devenu classique, sur le développe- 
ment des Myriopodes, décrit les jeunes Cryptops avec huit paires 
de pattes ; mais, sur ce point, sa sagacité habituelle a été mise en 
défaut, il a pris des Scolopendrella immaculata pour des jeunes 
Cryptops. La description très poussée qu'il en donne et la figure 
qui accompagne le texte ne laissent aucun doute à cet égard. 



- 67 - 

paires de pattes ambulatoires, principal caractère des Hexapo- 
des. Nous ne retrouvons pas, il est vrai, les douze segments que 
l'on rencontre ordinairement chez les Insectes, mais nous ne 
devons pas oublier qu'un certain nombre de ces segments sont 
composés de deux somites. 

Chez les Chilopodes, au contraire, le nombre de paires de 
pattes, à la naissance, est au minimum de sept paires, caractère 
qui les éloigne des Hexapodes. 

Chilopodes. — Dans l'ordre des Chilopodes, une division 
s'impose : celle desPulmonés et des Trachéens. 

1° Sous-ordre : Chilopodes pulmonés ou Scliizotarsia de 
Brandt, comprenant la famille des Scutigeridœ ; caractérisé 
par l'absence des trachées, remplacées par des sacs pulmonaires 
localisés sur la ligne médiane du dos, dans le repli du bord 
postérieur des scutelles dorsales ; 

'2° Sous ordre : Chilopodes traehêens ( Hololarsia de 
Brandt), comprenant les familles des Lithobiidae, Scolopen- 
dridœ et Geophilid;e ; caractérisé par son système de trachées à 
épaississement spiroïde, présentant de nombreuses ramifications 
qui se répandent dans tout l'organisme. 

Outre le fasciès général, on trouve les caractères différentiels 
suivants, qui n'ont pas moins de valeur : 



PULMONES 

Yeux composés à facettes. 

Antennes et pattes anales tou- 
jours plus longues que le 
corps. 

Palpes labiaux 4-articulés. 

Stigmates en une série dorsale. 

Tarses des pattes multi-arti- 
culés. 



TRACHEENS 

Yeux composés d'ocelles ou 
nuls. 

Antennes et pattes anales tou- 
jours plus courtes que le 
corps. 

Palpes labiaux 3 articulés. 

Stigmates en deux séries laté- 
rales. 

Tarses des pattes 2-3-articulés. 



Diplopodes. — Les Diplopodes ont été divisés en trois sous- 
ordres : PselaphognatJia, Chilognatha, Colobognatha. Les 



— 68 - 

Chilognathes, comprenant les familles des Glomeridœ, Poly- 
desmidœ, Chordeumidce, Lysiopetalidœ et Iulid;e. 

Là également une division s'impose, car rien ne justifie le 
groupement des Glomeridœ (OniscomorpJia de Bollman) avec 
les autres familles des Ghilognathes. 

Appareil respiratoire. — Chez les Glomeridœ. les trachées 
sont spiriculées et ramifiées, comme chez les Pselaphognallia. 
Chez les autres Chilognathes, les trachées sont non spiriculées 
et non ramifiées, comme chez les Colobognaiha. 

Appareil digestif. — Le tuhe digestif des Glomeridœ se 
replie sur lui-même en </>, tandis qu'il est droit chez tous les 
autres Myriopodes. 

Organes copulaleurs. — Chez les Glomeridœ, les organes 
copulateurs des rf> sont constitués par des pattes accessoires, 
situées à l'extrémité du corps. Chez les autres Chilognathes, 
comme chez les Colohognatha, les organes copulateurs des a* 
sont formés aux dépens de une ou deux paires de pattes du 
septième segment, et parfois également de la deuxième paire du 
sixième segment et de la première paire du huitième. 

Corps. — Chez les Pselaphognatha. le corps n'est contractile 
ni en houle ni en spirale. 

Chez les Glomeridœ, le corps est contractile en houle. 

Chez les autres Chilognathes et les Colohognatha, il est con- 
tractile en spirale. 

Ajoutons à ces divers caractères : le lahre sinué ou unidenté 
chez les Glomeridœ et tri-denté chez les autres Chilognathes ; 
les ouvertures des glandes odoriférentes (Foramina repugna- 
toria) situées sur la ligne médiane dorsale chez les Glomeridœ, 
et disposées en deux séries latérales chez les autres Chilognathes 
et les Colohognatha ; le nomhre des segments, des scu telles 
dorsales et des paires de pattes, et enfin le fasciès général si 
caractéristique chez les Glomeridœ (fasciès de Cloporte). 

Nous diviserons donc les Diplopodes en quatre sous-ordres, 
comme suit : 



— 69 - 

A. — Corps à téguments mous, ne se contractant ni en boule ni en 

spirale. 

B. — Corps couvert de longs poils denticulés, disposés en séries 

sur le dos et en gerbes sur les côtés et sur le segment anal. 

C. — Pas d'organes copulateurs. 

I). — Trachées ppiriculées et lamifiées. 

E. — Tube digestif droit. 

F. — Labre et tronc des mandibules cachés ; lèvres, mâchoires 

(gnathochilarium) nuls. 

G. — Pénis volumineux S. 0. Pselaphognatha Latzel. 



A'. — Corps à téguments durs, contractile en boule. 

B'. — Pas de gerbes de poils denticulés. 

C. — Organes copulateurs a* constitués par des pattes accessoires 
situées dans la partie postérieure du corps. 

/). — Trachées spiriculées et ramifiées. 

E'. — Tube digestif recourbé en x . 

F'. — Labre sinué ou unidenté . ; mandibules grandes; gnathochi- 
larium très visible. 

G'. — Pas de pénis S. 0. Oniscomorpha Bojlman. 



A". — Corps à téguments durs, contractile en spirale. 

B'. — Pas de gerbes de poils denticulés. 

C". — Organes copulateurs formés <y aux dépens de une ou deux 

paires de pattes du septième segment. 
U. — Trachées non spiriculées et non ramifiées. 
E. — Tube digestif droit. 
F". — Labre tridenté ; mandibules grandes ; gnathochilarium 

très visible. 
G". — Pénis plus ou moins distincts. . . .S. 0. Chilognatha Latreille. 



A". — Corps à téguments durs, contractile en spirale. 

B', — Pas de gerbes de poils denticulés. 

C". — Organes copulateurs a* formés aux dépens des deux paires 

de pattes du septième segment. 
IJ'. — Trachées non spiriculées et non ramifiées. 
E. — Tube digestif droit. 
F'". — Labre invisible ; mandibules très petites ; pièces de la 

bouche disposées pour la succion. 
G. — Pénis très volumineux S. 0. Colobognatha Brandt. 



- 70 - 

SÉANCE DU 13 MAI 1903 

Présidence de M. Juppont, président 



Admissions 



M. Cluzet, agrégé à la Faculté de médecine de Toulouse, pré- 
senté par MM. Juppont et Ribaut, est nommé membre titulaire. 

M. Aloy, chargé de Cours à la Faculté de Médecine de Toulouse, 
présenté par MM. Abelous et Ribaut, est nommé membre titulaire. 

COMMUNICATIONS 

Sur l'examen des Coupes d'os au Microscope 
polarisant. 

Par le Dr Cluzet, agrégé à la Faculté de médecine. 

Mon attention a été appelée, par M. le professeur Tourneux, 
sur la recherche de l'explication des faits suivants : 

Si l'on examine au microscope polarisant en lumière parallèle 
des coupes d'os long perpendiculaires à l'axe de la diaphyse, 
on constate, les niçois étant croisés et, par suite, la partie du 
champ extérieure étant obscure, qu'autour de chaque canal de 
Havers se trouvent : 1° Des couronnes concentriques alternati- 
vement claires et obscures : 2° Une croix noire sur fond blanc 
ayant aussi son centre au milieu du canal considéré et dont les 
bras sont parallèles aux plans de section principale des niçois. 
Pour montrer très clairement ces phénomènes, les coupes doi- 
vent avoir subi une préparation spéciale qui consiste à remplir 
de baume les corpuscules et canalicules de manière à les rendre 
transparents. 

L'explication résulte d'abord, me semble-t-il, de la structure 
des diverses couches enveloppant, d'une manière concentrique, 
les canaux de Havers. Ces couches sont constituées, en effet, 
par des fibrilles plongées dans une matière amorphe, les fibrilles 



— 71 — 

sont disposées en long et parallèlement à l'axe du canal dans 
les couches de rang impair, circulairement et dans un plan 
perpendiculaire à Taxe dans les couches de rang pair. De telle 
sorte, qu'une coupe transversale au canal donne aux diverses 
couches un aspect alternativement ponctué et strié, suivant 
que les fibrilles sont coupées perpendiculairement ou parallèle- 
ment à leur direction. 

Gela posé, en admettant que les fibrilles soient biréfringentes 
et assimilantes à des cristaux uniaxes, on peut expliquer tous 
les faits constatés au microscope polarisant. 

En effet, les cristaux uninxes sont caractérisés ainsi à l'exa- 
men en lumière polarisée parallèle : Ils sont monoréfringents 
dans la direction de l'axe, biréfringents dans les autres direc- 
tions ; lorsque leur axe est parallèle à l'une des sections princi- 
pales des niçois, ils produisent l'extinction de la lumière. Or, si 
les fibrilles des couches concentriques enveloppant les canaux 
de Ha vers jouissent des mêmes propriétés, on s'explique les 
faits observés, comme on va le voir : 

1° Les couches ponctuées, étant assimilables à un ensemble 
de cristaux uniaxes examinés parallèlement à l'axe, sont mono- 
réfringentes ; elles apparaissent en noir, comme l'extérieur de 
la préparation, si les niçois sont croisés. 

Les couches striées, au contraire, étant assimilables à un en- 
semble de cristaux uniaxes examinés non parallèlement à l'axe, 
sont biréfringentes : elles apparaissent en clair si les niçois sont 
croisés. 

2° Les couches striées donneront cependant l'extinction 
lorsque, comme dans le cas de cristaux uniaxes, la direction 
des fibrilles sera parallèle à l'une de ces sections principales des 
niçois. 

En particulier, si les couches striées sont circulaires, les 
fibrilles qui les constituent sont parallèles aux sections princi- 
pales des niçois quand elles sont précisément dans les plans 
de ces sections principales qui sont perpendiculaires entre eux ; 
on s'explique ainsi la production de la croix noire sur fond 



— 72 - 

blanc présentée par l'ensemble des couches striées supposées 
circulaires. Dans le cas où les couches striées ne paraissent pas 
circulaires, par suite de l'obliquité de la section, les fibrilles 
peuvent être parallèles aux sections principales des niçois en 
dehors des plans de sections principales de ceux-ci ; on s'expli- 
que ainsi la production de croix déformées et de toutes les ap- 
parences que peut présenter l'ensemble des couches striées non 
circulaires. 

Remarques. — A. Toutes les conclusions que Ton peut tirer 
de cette explication, se trouvent vérifiées. C'est ainsi, comme 
il fallait s'y attendre, que la croix se déplace en même temps 
que les plans de section principale, et que dans les coupes Ion» 
gitudinales d'os l'aspect est caractéristique. Dans ce dernier cas, 
en effet, les diverses couches sont sectionnées suivant des droi- 
tes parallèles à l'axe du canal de Havers ; en outre, les couches 
ponctuées (qui sont biréfringentes et striées dans la coupe trans- 
versale), sont monoréfringentes et paraissent obscures quand 
les niçois sont croisés ; les couches striées (qui sont ponctuées 
et monoréfringentes dans la coupe transversale), sont biré- 
fringentes, et paraissent claires quand les niçois sont croisés. 
De plus, dans ce cas de la section longitudinale, le phénomène 
des croix n'apparaît plus; les fibrilles étant toutes parallèles 
entre elles et n'ayant qu'une direction, elles ne peuvent être ici 
parallèles qu'à une seule section principale de nicol, pour cette 
position d'ailleurs toute la préparation présente l'obscurité : les 
couches ponctuées étant obscures comme étant monoréfringen- 
tes, les couches striées étant aussi obscures quoique biréfrin- 
gentes comme ayant leurs fibrilles parallèles à la section prin- 
cipale d'un des niçois. 

B. L'assimilation optique avec un cristal uniaxe se trouvant 
justifiée par ce qui précède, n'est-il pas possible de supposer 
l'identité chimique des fibrilles avec l'apathite, cristal uniaxe 
de phosphate de chaux ? 

Cette identité n'existe pas très probablement pour les raisons 
qui suivent : D'abord, de ce que l'ensemble des fibrilles se corn- 



— 73 — 

porte comme un cristal uniaxe, il ne s'ensuit pas nécessaire- 
ment que les fibrilles isolées se comportent de même ; c'est 
ainsi que la chalcédoine, cristal uniaxe, est constituée par des 
molécules cristalline biaxes. 

Mais, en outre, l'opinion générale des histologistes est que les 
sels calcaires n'entrent pas dans la constitution des fibrilles, et 
que ces sels ne se trouvent que dans la matière amorphe sépa- 
rant les fibrilles. 

Ranvier a d'ailleurs observé que dans les os décalcifiés, les 
phénomènes optiques se produisent d'une manière identique, il 
en conclut que ces phénomènes appartiennent, par suite, à la 
substance organique des os et que les sels calcaires ne sont pas 
nécessaires à leur production. 

C. L'explication que j'ai donnée plus haut est, en somme' 
L'analogue de celle que l'on peut donner pour la croix noire 
sur fond blanc présentée par les grains d'amidon. On admet, 
en effet, que dans le grain d'amidon, il existe des fibrilles par- 
tant du bile et divergent dans toutes les directions. Ces fibrilles 
étant biréfringentes, s'éteignent seulement quand elles ont la 
direction des sections principales des niçois, d'où la présence 
de la croix noire sur fond blanc ayant son centre au hile et ses 
bras parallèles aux plans de section principale. 



Sur le sens de la direction chez les Reptiles 
et les Batraciens 

Par M. Jules Chalande. 

Je voudrais attirer l'attention sur les expériences suivantes, 
pour lesquelles je m'abstiendrai pour le moment de donner des 
conclusions. 

Mon but, actuellement, est seulement de provoquer de nou- 
velles observations et de nouvelles expériences dans le même 
ordre de recherches. 



— 74 — 

première expérience faite sur : Rhihechis scalaris Siba et 
Salamandra maculosa Lam. — Une couleuvre ou une sala- 
mandre, étant dans un récipient placé sur une tournette horizon- 
tale; si, lorsque l'animal est complètement au repos, on fait 
tourner le disque de la tournette, d'un mouvement lent ou ra- 
pide, mais sans secousse, de manière à déplacer l'axe de direc- 
tion du corps de l'animal, on voit la tète et l'avant du corps se 
déplacer dans le sens contraire du mouvement, tendant ainsi 
à conserver la direction primitive (1). 

Pour éviter toute fausse interprétation, le récipient employé 
est circulaire, à bord assez élevé, tapissé tantôt de papier peint 
au noir de fumée à la colle, tantôt de papier blanc mat. Les 
observations sont faites, les unes à la lumière diffuse, les autres 
en plein jour, mais toujours avec l'éclairage dirigé verticale- 
ment en dessus. 

Les résultats sont toujours identiques. 

Ces diverses précautions ont pour but d'éviter les reflets, ou 
les rayons lumineux qui pourraient impressionner la rétine et 
faire dévier le regard de l'animal. 

deuxième expérience faite sur : Python Sebœ Gmelin et 
Vipera Aspis Linn. — On prend avec la main un Ophidien à 
pupille verticale, à une certaine distance de la tète, de manière à 
lui permettre de la relever, ou de l'abaisser sans effort. L'animal 
étant au repos, la tète et l'avant du corps dans la position hori- 
zontale ; si, par un mouvement rapide ou lent de la main, on 
cherche à relever ou à abaisser la tète; par un mouvement en 
sens contraire, elle reprend la position horizontale qu'elle avait 
au début de l'expérience. De même, si l'on dirige la tète à 
droite ou à gauche , par un mouvement toujours contraire, elle 
tend à reprendre la direction première. 

troisième expérience. On prend l'animal très près de la tète, 
afin de pouvoir lui donner une direction fixe, déterminée, par 

(1) Le déplacement en sens contraire, résultant d'un mouvement 
rapide delà tonrnet^e pourrait être attribué à la force d'inertie, 
il vaut donc mieux procéder par mouvements lents. 



— 75 - 

rapport à la digne horizontale. Si on incline la tète en avant, ou 
si on la relève, selon un angle ne dépassant pas 45 degrés envi- 
ron, la pupille s'incline dans le sens opposé et conserve ainsi 
la position verticale par rapport à l'horizon, et non par rapport 
à la tète. Si l'on incline ou relève la tête de plus de 45 degrés, 
si on lui donne la position verticale, la pupille cherche à se 
rapprocher le plus possihle du sens vertical, mais le glohe de 
l'œil ne pouvant évoluer complètement, elle reste dans une in- 
clinaison de 45 degrés environ. 



SEANCE DU 17 JUIN 1903 
Présidence de M. Juppont, président. 



Nécrologie 



M. le Président fait part de la mort de M. Alfred Caraven- 
Cachin, membre correspondant de la Société. 



COMMUNICATIONS 

Considérations sur les recherches de MM. Bach 
et Batelli sur la dégradation des hydrates de 
carbone, dans l'organisme vivant. Rôle pro- 
bable du philothion. 

Par M. J. de Rey-Pailhade. 



MM. Stoklasas, Jelinek et Cerny ont employé la méthode de 
Bi'ichner pour l'étude de l'action des tissus animaux sur le glu- 
cose. Us ont trouvé une enzyme produisant la fermentation 
alcoolique et une autre enzyme donnant de l'acide lactique. 
MM. Bach et Batelli viennent aussi de faire des recherches sur 



- 76 — 

les transformations du glucose dans l'organisme..- « Nous ad- 
mettons, disent-ils, que la dégradation des hydrates de carbone 
se fait par deux séries de réactions chimiques qui s'alternent. 
Ces deux séries de réactions sont déterminées par les effets ca - 
talyseurs de deux espèces différentes d'enzymes : les enzymes 
dédoublantes, hydrolysanteset les enzymes oxydantes ». D'après 
ces auteurs, le carbone serait éliminé par suite de dédouble- 
ments, jamais par oxydation directe, sans perte sensible d'éner- 
gie. La plus grande partie de l'énergie serait fournie par l'oxy- 
dation directe de l'hydrogène par l'oxygène du sang. 

Le sucre donnerait d'abord de l'acide lactique et puis de 
l'alcool qui, oxydé à l'état naissant par une oxydase, fournirait 
de l'acide acétique. Cet acide serait dédoublé en méthane et 
acide carbonique. Le méthane, à l'état naissant, serait oxydé en 
acide formique, qui serait alors dédoublé en GO 2 et hydrogène. 
Finalement, l'hydrogène, à l'état naissant, se combinerait à 
l'oxygène pour former de l'eau. Cette théorie est appuyée par 
une étude thermochimique. (C. R , 2 juin 1903.) 

Cette théorie parait présenter un grand fonds de vérité, mais 
l'hypothèse du méthane et de l'hydrogène dégagés à l'état nais- 
sant, ne semble pas admissible. Toutes les découvertes récentes 
ont montré que beaucoup de phénomènes se produisant au sein 
de l'organisme, sont facilités par des diastases. Or, il existe 
d'une manière incontestable une diastase hydrogénante, le 
philotliion qui, seul ou associé avec certaines matières colo- 
rantes absorbe rapidement l'oxygène de l'air à la température 
de 40 degrés. Il semble donc qu'aux catalyseurs indiqués par 
MM. Bach et Batelli, il faille ajouter les enzymes hydrogénantes. 
Comme je le crois depuis longtemps, on finira par trouver, 
dans la série des êtres vivants, plusieurs enzymes hydrogé- 
nantes, dont la fonction physiologique sera de fixer de l'oxy- 
gène extérieur avec formation d'eau. 

Dans ma communication du 30 décembre 1895, aux comp- 
tes rendus de l'Académie des sciences , j'ai montré qu'en 
mettant en présence du philothion et de la laccase, le philo- 



- 11 - 

thion est détruit au bout de quelques heures. En même temps 
on constate une absorption d'oxygène. Je considère l'existence 
des ferments d'hydrogénation connue une première preuve 
en faveur de la théorie de MM. Bach et Batelli. Ces auteurs 
n'ont pu encore qu'indiquer les lignes générales du phénomène 
de la dégradation des hydrates de carbone. Il est certain que, 
dans cette dégradation, il y a sans doute des combinaisons 
temporaires des' matières albuminoïdes avec des hydrates de 
carbone ou leurs dérivés, de sorte que les faits sont plus com- 
plexes dans la réalité que dans la théorie. On sait aussi que les 
grosses molécules subissent plus facilement des modifications 
internes, pour être adaptées aux besoins de l'organisme. C'est 
ainsi que le philothion paraît être une modification de La ma- 
tière albuminoïde primitive. 

Je crois utile de rappeler qu'il y a quelques années, guidé 
par l'existence du philothion, j'ai étudié la quantité d'oxygène 
extérieur qui se fixe sur l'hydrogène disponible de la ration 
moyenne. Les résultats sont conformes à cette nouvelle théorie. 

Le 11 août 1896, à Ludion, dans une conférence (1) que 
M. le D r Garrigou m'avait demandé de faire à ses élèves de 
l'Ecole pratique d'hydrologie, j'ai établi les poids d'oxygène 
extérieur se combinant à de l'hydrogène dans les hypothèses du 
minimum et du maximum. 

Prenons la ration moyenne, établie par M. Armand Gautier : 

Albuminoïdes 116 grammes. 

Graisses 48 — 

Hydrates de carbone 335 — 

Pour transformer ces matières en urée, eau et acide carbo- 
nique, il faut 708 grammes d'oxygène extérieur. 

Quant à la répartition de cet oxygène, on peut supposer que 
tout l'oxygène intérieur oxyde d'abord l'hydrogène, et on cal- 

(1) Actions de l'eau, du soufre et de l'oxygène dans le traitement 
par les eaux sulfurées. Rôle intermédiaire du philothion. — Confé- 
rence faite à l'Ecole d'hydrologie des Pyrénées, le 11 août 1896. — 
Toulouse, Lagarde et Sebille. 



- 78 - 

cule ce qu'il faut pour brûler, l'hydrogène restant, ce qui 
donne un minimum. 

Dans ce cas, les hydrates de carbone G 6 H ,0 O 5 ne donnent 
rien. On trouve pour la ration moyenne ci-dessus : 

Matières albuminoïdes 29 grammes. 

Graisses 41 — 

Hydrates de carbone — 

Total 70 grammes. 

Ce nombre 70 n'est que le dixième de l'oxygène total néces- 
saire. 

Si on calcule au contraire le maximum, on trouve 2£0 gr., 
soit plus du tiers. 

Mais dans ces calculs, je n'ai pas tenu compte des hydra- 
tations et des dédoublements qui se passent au sein de l'orga- 
nisme, à l'abri de l'oxygène extérieur avec émission considé- 
rable d'acide carbonique. MM. Richet et Hanriot ont prouvé 
que la majeure partie des hydrates de carbone se transforme en 
corps gras (G. R., t. GXIV, p. 371). Les féculents G 6 H >°0 5 
s'hydratent d'abord sous l'influence des ferments de la salive 
en donnant du glucose 

C 6 rT°0 5 +H 2 = C 6 H !2 6 . 
Puis ils se transforment suivant l'équation 

13C 6 H 12 6 = 23C0 2 -f-C 55 H' 04 6 + 26H 2 0. 

Graisse. 

La combustion de la graisse demande un minimum de 
117 grammes, pour les 335 grammes de féculents de la ration 

Gomme les matières albuminoïdes et d'autres substances 
intermédiaires subissent des dédoublements analogues, on peut 
admettre, en les négligeant, que ces 417 grammes doivent être 
ajoutés aux 70 déjà indiqués pour le minimum. On obtient 
ainsi 187 grammes qui représentent 26,4 pour 100, soit plus 



— 79 - 

du quart de l'oxygène total, nécessaire cà la combustion de la 
ration entière. 

« Cette forte proportion du quart, disais-je, montre claire- 
ment l'importance du rôle de l'hydrogène dans les actes biolo- 
giques ; elle indique encore que l'hydrogène joueun très grand 
rôle dans la production de la chaleur animale, car on sait 
que l'hydrogène dégage beaucoup de chaleur en brûlant. 

» Il en résulte que l'organisme doit renfermer une matière 
riche en hydrogène, et cédant facilement cet élément à l'oxygène 
extérieur. 

» Par l'union de cet hydrogène instable et de l'oxygène, il y a 
formation d'eau, dont nous savons que la quantité s'élève à 
290 grammes par jour. 

» L'existence du pbilothion, dont je vais parler, confirme 
pleinement cette déduction logique. 

» Quand on songe que dans l'organisme animal, il doit se 
produire d'innombrables hydratations s'effectuant en même 
temps que des décompositions avec émission de GO*, on ne peut 
s'empêcher de penser que la quantité d'oxygène extérieur con- 
sommé par la voie de l'hydrogène, ne joue un rôle très impor- 
tant dans le phénomène général de l'oxydation. » 

De simples considérations théoriques indiquaient déjà que 
l'oxydation réelle des matériaux vivants, devait se faire en très 
grande partie par l'hydrogène. La nouvelle théorie de MM. Bach 
et Batelli, basée sur des découvertes récentes, va plus loin et 
admet que toute l'oxydation s'effectue par l'hydrogène. 

De tout cet ensemble de faits et de considérations théoriques, 
il ressort avec évidence que les ferments d'hydrogénation 
doivent remplir un rôle très considérable dans la combustion 
des aliments. Les ferments d'hydrogénation et, en particulier, 
le philothion, deviennent, dès lors, des agents indirects de 
l'oxydation. C'est la théorie que je défends depuis 1891, devant 
la Société d'histoire naturelle de Toulouse. 



- 80 - 

Remarques à propos de la communication de 
M. de Rey-Pailhade — Complément à la com- 
munication faite à la précédente séance, 

Par M. J.-E. ABELOUS. 

Deux choses me frappent dans la communication que vient 
de faire notre collègue. C'est d'abord qu'à une théorie ingé- 
nieuse, mais en somme hypothétique, de MM. Bach et Battelli, 
M. de Rey-Pailhade en ajoute une autre encore plus hypothé- 
tique. On peut aller évidemment fort loin dans cette voie, 
mais j'imagine que ce ne doit pas être pour le plus grand béné- 
fice de la chimie biologique, qui ne vit pas d'hypothèses et qui 
ne peut progresser qu'à la condition de ne jamais s'écarter des 
faits. Or, M. de Rey-Pailhade laisse par trop de côté les faits 
expérimentaux pour faire une trop grande place au raisonne- 
ment et au calcul 

En second lieu, je ne puis qu'admirer l'assurance avec la- 
quelle M. de Rey-Pailhade accorde à son philothion la qualité 
de ferment soluble ou d'hydrogénase. 

Que résulte-t-il en somme de ses travaux? Simplement ceci : 
que des extraits d'organes ou de tissus animaux et végétaux 
additionnés de soufre dégagent de l'hydrogène sulfuré. Per- 
sonne ne le contestera ; mais ce que l'on peut contester, c'est 
que cette action soit due à un ferment soluble, à une hydrogé- 
nase. Rien, dans les recherches de M. de Rey-Pailhade, n'est de 
nature à entraîner la conviction dans ce sens. 

Sous peine, en effet, de créer une confusion très regrettable, 
nous ne devons accorder ce nom de ferment soluble qu'à des 
agents présentant certains caractères et dont l'action ne se ma- 
nifeste que dans certaines conditions. On admet que les fer- 
ments solubles sont des substances de nature azotée, plus ou 
moins solubles dans l'eau, qui, en petite quantité, produisent 
des transformations très étendues sans subir elles-mêmes d'al- 



- 81 - 

tération définitive. Ces agents sont encore caractérisés par l'in- 
fluence que la température du milieu exerce sur les réactions 
qu'ils provoquent. L'activité de ces réactions croît avec la tem- 
pérature, atteint un maximum à une température donnée, puis 
décroit à partir de cette température pour être anéantie à une 
tempéra tu i-e voisine de 100°. 

Dans l'état actuel de la science, on ne connaît pas de diastase 
résistant à une température de 100' maintenue pendant quel- 
ques instants. 

Or, il n'en est pas ainsi du philothion de M. deRey-Pailhado. 
J'ai constaté qu'on pouvait soumettre les extraits contenant ce 
soi-disant ferment soluble à la température de l'éhullition pen- 
dant plusieurs minutes sans leur faire perdre le pouvoir, une 
fois refroidis, d'hydrogéner le soufre. 

Il y a plus : on peut soumettre ces extraits à la température 
de 120" pendant cinq minutes sans détruire leur pouvoir hydro- 
génant. 

Que M. de Rey-Pailhade veuille bien répéter l'expérience 
suivante et il s'en rendra compte. 

On fait, avec de l'extrait de foie de cheval fluoré à c 2 o ot trois 
lots : 4, B, C. 

A est maintenu à l'ébullition pendant cinq minutes ; 

B est maintenue à 120° pendant cinq minutes ; 

C est laissé tel quel. 

Après refroidissement et rétablissement du poids primitif, 
on ajoute à ces trois lots la même quantité de soufre lavé et on 
les place dans Tétuve à 4(K Le bouchon des poudriers porte 
un papier à l'acétate de plomb. 

On constate qu'au bout de quelques instants le papier noircit 
rapidement dans les lots A et JB, plus faiblement dans le lot C 
qui n'a été soumis ni à l'ébullition ni à la température de 120o. 

Au bout de trois quarts d'heure à une heure les papiers 
de A et B, surtout celui de B, sont très noirs et recouverts 
d'un dépôt métallique de sulfure de plomb. Dans C, au con- 
traire, le papier est beaucoup moins foncé. 

SOC d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. xixvi). 8 



- 82 — 

On change les papiers de A et de B. De nouveau au bout 
d'une heure environ ils sont absolment noirs. C a foncé. En 
agitant, d'ailleurs, les trois flacons on perçoit une odeur très 
nette d'hydrogène sulfuré, dont le dégagement se poursuit dans 
les trois lots toute l'après midi. 

L'expérience me paraît concluante. La prétendue hulrogé- 
nase résiste admirablement à 100° et à 120° 

Si nous rapprochons de ce fait quelques autres faits que j'ai 
pu constater, nous sommes conduits à dénier au philothion de 
M. de Rey-Pailhade la qualité de ferment soluble qu'il lui at- 
tribue bien gratuitement. 

Comparons, en effet, ce soi-disant ferment soluble avec la 
zymase réductrice que nous avons découvert, M. Gérard et moi. 

PHILOTHION FERMENT SOLUBLE RÉDUCTEUR 

Son activité n'est pas suppri- Perd toute son activité après 
niée alors mêmequ'il a été sou- avoir été soumis à la tempéra- 
nus à la température de 100° et ture de 80-85°. 
de 120. 

Ne perd pas son activité en Perd toute son activité en pré- 
présence de lacide cyanliydrique sence de petites quantités d'acide 
(au 56, 2«-c p. 100). cyanliydrique. 

Si on précipite par un excès Dans ces mêmes conditions le 

d'alcool les extraits, le précipité précipité repris par l'eau fournit 

repris par l'eau fournit une so- une solution qui réduit nette- 

lution qui n'hydrogène plus le ment les nitrates et la nitroben- 

soufre. zine. 

Un extrait glycérine des or- Les extraits glycérines d'or- 
ganes ou des tissus contenant le ganes réduisent énergiquement 
philothion n'hydrogène pas le les nitrates, 
soufre. 

J'ajouterai, pour terminer, que cette opinion que le philo- 
thion de M. de Rey-Pailhade n'est pas un ferment soluble, je 
n'ai pas été le premier à l'énoncer, puisque, dans sa thèse de 



- 83 — 

doctorat. M. Ernest Rosing (Th.de Rostok, sur V Oxydation des 
matières albuminoides en présence du soufre), en se basant 
sur des considérations différentes, l'a déjà formulé en termes 
très clairs. La question me parait donc jugée. 



SEANCE DU 1« JUILLET 1903 
Présidence de M. Gakrigou, doyen d'âge 



COMMUNICATIONS 

Sur les propriétés réductrices du Philothion; 
Réponse à M. Abelous, 

Par M.J. Rey-Pailiiadb, docteur en médecine. 

M. Abelous vient de communiquer à la Société d'histoire 
naturelle une note à laquelle je dois répondre d'abord comme 
inventeur du Philothion, puis au nom de l'intérêt supérieur de 
la science. 

Le 2 juillet 1888, je me suis exprimé comme suit dans une 
note imprimée aux comptes rendus de l'Académie des Sciences : 
« Agissant comme une diastase, il (le philothion) vient ajouter 
» une preuve de plus à la théorie de fermentation de M. Ber- 
» thelot. C'est le premier exemple connu d'un corps extrait 
» d'un organisme vivant, doué de la propriété d'hydrogéner le 

» soufre. » 

* 
M. le Docteur NoÉ annonça à la Société de biologie, le 5 mai 

1894, qu'il venait de constater que le philothion a le pouvoir de 

iixer de l'hydrogène sur le phosphore blanc. 

Plus récemment, en 1897, après la découverte de la zymase 

par M. Buchner, le savant directeur de l'Institut Pasteur, 

M. Duclaux, prenant en mains les intérêts scientifiques^de la 



— 84 — 

France, a écrit dans le numéro de mars 4897 des Annales de 
l'Institut Pasteur : (( Pendant longtemps on a cru que les 
diastases n'étaient capables de produire que des phénomènes 
d'hydrolisation, auxquels on peut rattacher le dédoublement des 
graisses étudiées récemment par M. Hanriot. Puis sont venues 
les diastases hydrogénantes de M. de Rey-Pailhade, puis les 
diastases oxydantes de M. Bertrand. La diastase alcoolique de 
M. Buchner continue la série et a ceci de particulier qu'elle 
rompt non seulement une chaîne en apparence homogène d'ato- 
mes de carbone, mais encore il détermine des groupements 
nouveaux. » 

Dans la séance du 25 mars 1902 de l'Académie de Médecine, 
M. le Professeur Armand Gautieh a prononcé publiquement les 
paroles suivantes, en présentant un travail de M. Pozzi-Escot 
sur le philothion : « L'existence des hydrogénases dans les tis- 
sus vivants, confirmée d'ailleurs par MM. Gérard et Abelous 
pour le tissu rénal, vient donner plus d'importance encore aux 
vues que j'ai exprimées depuis longtemps sur le mécanisme 
intime des réactions qui se passent dans l'intimité du proto- 
plasma de la cellule vivante. » 

Je crois inutile de continuer les citations, le lecteur appréciera 
la valeur des raisons invoquées par M. Abelous pour n'avoir 
pas cité mes travaux sur le philothion et n'avoir signalé que 
ceux de savants étrangers : Binz, Bokorny etEHRLiCH. Je n'ai 
jamais eu le noir dessein d'organiser à mon profit le trust des 
ferments hydrogénants. Je ne veux que défendre mon bien. Le 
champ de la science est assez vaste pour quechacuny trouve du 
nouveau, tout en rendant justice aux autres. 

Aucune réaction chimique n'a en soi rien de merveilleux. Ce 
qui a*paru merveilleux à tous les chimistes et physiologistes qui 
ont découvert de nouvelles enzymes, c'est d'observer des actions 
chimiques s'accomplissant à basse température par des substan - 
ces jusque-là insoupçonnées. 

Il faut reconnaître que ces actions merveilleuses tombent 
depuis quelque temps dans la plus vulgaire banalité, par suite 



— 85 - 

des découvertes qui se font chaque jour dams le domaine de 
l'enzymologie. 

Il suffit de chauffer au rouge l'azotate de potassium pour le 
transformer en azotite de potassium. 11 est probable que la for- 
mation des azotites par l'action des sulfures ou des sulfites sur 
les azotates s'opère à une température plus basse. Remarquons 
maintenant, qu'en se dissolvant dans l'eau, l'azotate de potas- 
sium absorbe une quantité de chaleur capable de porter à 361<> 
ce sel, s'il restait solide On conçoit que, dans ces conditions, il 
faille uneactton bien faible pour réduire l'azotate de potassium. 

L'hydrogène naissant, comme chacun sait, réduit totalement 
les azotates à l'état d'ammoniaque en liqueur acide alcaline. 

L'hydrogène naissant attaque aussi le soufre qu'il transforme 
en hydrogène sulfuré. Le soufre fondu se combine à un grand 
nombre de matières organiques avec dégagement d'hydrogène 
sulfuré. Les enzymes produites par les êtres vivants, au sein des 
cellules, réalisent les effets chimiques ci-dessus à basse tempéra- 
ture. Voilà toute la différence. 

Les recherches sur les ferments solubles se multipliant 
depuis quelque temps d'une manière vraiment effrayante, il est 
absolument indispensable de passer au crible de la critique les 
déductions tirées de ces innombrables expériences actuelles. 

D'une manière générale, avant d'annoncer un fait nouveau, 
on doit rechercher, dans les limites du possible, si ce fait ou 
quelque chose d'analogue n'avait pas été déjà signalé. 

Quand j'ai parlé, en 1888, des propriétés hydrogénantes des 
tissus vis-à-vis du soufre, j'ai fait des recherches qui m'ont 
conduit à la conviction de la découverte d'une substance nou- 
velle : une diastase que j'ai appelée philothion. 

Quand mes compatriotes, MM. Abelous et Gérard, ont eu 
constaté l'hydrogénation du nitrobenzène, il semble qu'ils 
auraient dû examiner si les tissus et si leur macération n'hydro- 
génaient pas le soufre libre. 

Dans ma brochure générale sur le philothion, publiée en 1891, 
chez Masson, j'ai montré que tous les tissus animaux frais 



- 86 — 

essayés avec le soufre donnaient de l'hydrogène sulfuré, et par 
conséquent renferment une substance hydrogénante. M. Abe- 
lous reconnaît qu'il avait lu mes travaux sur le philothion, il y 
a donc eu négligence de sa part, en n'examinant pas l'action de 
ses solutions vis-à-vis du soufre. 

En 1893 (1) j'ai indiqué notamment le moyen d'extraire le 
philothion du foie par l'alcool faible, je viens de répéter cette 
expérience qui m'a donné une solution hydrogénant le soufre, 
puis j'ai fait un extrait chloroformé de la manière suivante : 

Le foie d'un cheval qu'on vient de sacrifier est coupé en très 
petits morceaux ; on lave à l'eau froide, on mélange 100 gram- 
mes de ce foie avec 100 grammes d'eau chargé de 4 c. c. de 
chloroforme. Le tout est enfermé dans un flacon plein et on 
agite à la température du laboratoire; on attend pendant un 
jour et demi. Le hltratum, parfaitement limpide, mélangé avec 
du soufre donne H 2 S dans quelques minutes à la température de 
40-45°. Le liquide seul ne fournit que des traces deH 2 S. Le rein 
du cheval fournit un résultat analogue. Mais la quantité de 
philothion est moindre. Le muscle du cœur de cheval cède peu 
de philothion à l'eau chloroformée et après plusieurs jours de 
contact seulement. Le philothion contenu dans le muscle strié, 
comme je l'avais déjà vu et dit, présente une ou des propriétés 
différentes du philothion de celui de la levure de bière et du 
tissu hépatique; il reste fixé sur le tissu qui donne beaucoup 
d'hydrogène sulfuré avec le soufre. 

Formons le tableau des propriétés de l'extrait hépatique : 

Réduit l'acide arsénique (Binz et Schultz, 1879). 
Fixe de l'hydrogène sur le soufre 'de Rey-Pailhade, 1893). 
Fixe de l'hydrogène sur certaines matières colorantes (de Rey- 
Pailhade, 1891, et Abelous, 1900). 
Réduit les azotates d'alcalins (Abelous et Gérabd, 1900). 
Donne de l'aniline avec le nitrobenzène (Abelous etGÉRARD, 1900). 



(1) Association pour l'avancement des Sciences. Session de Besan- 
çon, 1893. 



— 87 - 

Le ferment qui fixe de l'hydrogène sur le nitrobenzène est-il 
différent de celui qui en fixe sur le soufre? Il n'y a que deux 
hypothèses possibles, ou c'est le même, ou il y a dans la liqueur 
deux ferments différents. D'après les expériences de l'extrait 
hépatique, l'idée la plus naturelle est d'admettre l'identité. J'ai 
montré ici même, le 4 avril 4900, par des considérations ther- 
mo-chimiques que le philothion devait pouvoir transformer le 
nitrobenzène en aniline et les azotates en azotites. La thermo- 
chimie étant une science exacte et utile, j'ai recherché les con- 
ditions nécessaires à la réalisatiou des phénomènes prévus. 
Tout le monde sait, par exemple, que l' hydrogène et l'oxygène 
ne se combinent pas à la température ordinaire; on a reconnu 
aussi que la vapeur d'eau favorise beaucoup la réaction. 

Je fis, en 1901, l'expérience suivante qui ne fut pas publiée : 
On prend une solution de philothion de levure de bière, on 
alcalinise très légèrement par de l'ammoniaque, on ajoute un 
peu de soufre et du nitrobenzène. Le mélange est en fermé dans 
un flacon plein et agité pendant plusieurs jours à la tempéra- 
ture ordinaire. Les moyens habituels permettent de reconnaître 
de l'aniline dans la liqueur. La théorie du phénomène est sim- 
ple, le soufre et le philothion ont donné ll 2 S, qui a hydrogéné 
le nitrobenzène en liqueur alcaline. C'est, en somme, le procédé 
de Zinin pour la préparation de l'aniline, il est donc facile, avec 
le soufre pour intermédiaire, de transporter l'hydrogène du phi- 
lothion sur le nitrobenzène. 

M. Pozzi-Escot, qui a étudié le philothion en 1902, a constaté 
qu'une solution de levure de bière hydrogène le nitrobenzène. 
Cette expérience est décrite dans son livre Sur Vétal de nos 
connaissances sur les oxydases et les réductases. 

M. Abelous vient d'annoncer à notre Société qu'il n'a pu 
obtenir d'aniline avec le philothion de la levure de bière. Cette 
différence provient, à mon avis, des conditions non identiques 
dans lesquelles les expérienres ont du être faites. On sait, en 
eil'et, par les travaux de M. Bertrand, sur le bolétol qu'il 
sufiit de petites quantités de certains sels alcalins-terreux, pour 



— .88 — 

que l'action oxydante de la lactase s'exerce; en l'absence de ces 
sels l'action oxydante ne se produit pas. Mes nombreuses expé- 
riences sur la levure de bière m'ont démontré qu'il suffit de 
modifier très légèrement les conditions <\es expériences pour 
obtenir des résultats bien différents. Ainsi, en acidifiant une 
solution de philothion, on empêche la réaction de se produire; 
mais il suffit de neutraliser la liqueur pour qu'elle ait lieu. 

Je conclus donc, avec M. Pozzi-Escot, que ? selon toute vrai- 
semblance, le pliilotbion et le fermant hydrogénant le nitro- 
benzène ne sont qu'une seule et même diastase. 

Avant de conclure à un nouveau ferment hydrogénant diffé- 
rent du pliilotbion, comme le fait M. A.BELOUS dans sa dernière 
note, tout le monde jugera que des preuves plus convaincantes 
sont nécessaires. Quoi qu'il arrive, je fais remarquer que 
M Abelous, n'ayant pas déclaré qu'il avait découvert le premier 
ferment hydrogénant, reconnaissait tacitement qu'on en avait 
trouvé un avant lui. Ce fait était assez important pour être net- 
tement indiqué. N'ayant pas citéle premier ferment hydrogénant 
découvert, il n'a pas à ce moment bien précisé l'état de la science 
sur cette intéressante question, ce qui était cependant utile à 
tous les points de vue. 

La réduction des azotates par les animaux vivants est connue 
depuis longtemps, mais MM. Abelous et Gébard ont montré 
nettement que ce phénomène se produit sous l'influence d'une 
diastase répandue dans la plupart des organes des animaux. J'ai 
déjà montré, le 4 avril 1900, qu'en concluant à l'identité du fer- 
ment hydrogénant du nitrobenzène ave le ferment réduisant les 
azotates, ces auteurs n'avaient fait qu'une hypothèse. Ils n'ont, en 
effet, fourni aucune preuve scientifique de cette identité. Rete- 
nons seulement qu'il existe un ferment enlevant de l'oxygène 
aux azotates. J'ai montré, par la thermochimie, que le philothion, 
mis dans des conditions convenables, doit pouvoir réduire les 
azotates. 

Plus tard, en 4901, M. Pozzi-Escot a essayé l'action d'une 
solution de philothion sur l'azotate de potassium. 11 décrit mi nu- 



— 89 — 

tieusement dans son livre sur les réductases (p. 75)les expérien- 
ces dans lesquelles il a obtenu la réduction du nitrate: il faut en 
mettre très peu. 

M. Pozzi-Escot conclut que, selon toute vraisemblance, la 
réduction peut être attribuée à la diastase hydrogénante. 
M. Abelous, qui vient de reprendre les essais de Pozzi-Escot, 
n'a pas obtenu la réduction du nitrate. Son expérience prouve 
l'exactitude de celle de M. Pozzi, qui a très nettement montré 
que l'azotate de potassium à la dose 0,5gr.° o n'est pas désoxydé. 
Il ne faut pas dépasser 0,1 gr. °/ . Pourquoi faut-il mettre peu 
de nitrate pour en obtenir la réduction? 11 y a là un ellét que 
je ne me charge pas d'expliquer. 

La composition des liqueurs mises en expérience est si com- 
plexe et nous est encore si inconnue, que l'on ne peut rien affir- 
mer sans crainte de se tromper beaucoup. A mon avis, pour 
avoir une idée nette de ce qui se passe dans les solutions d'or- 
ganes ou de bactéries, il faudra faire encore de nombreuses 
expériences. J'ai la conviction qu'en modiliant la teneur de la 
liqueur de la solution de philothion de levure, on arrivera à 
obtenir une réduction plus intense. 

En résumé, les recherches de M. Pozzi-Escot tendent à prou- 
ver, avec les données de la thermo-chimie, que le philothion de 
la levure parait réduire les azotates dans des conditions particu- 
lières. D'après M. Abelous lui-même, la composition de l'ex- 
trait hépatique est différente de celle de la levure de bière, 
on peut admettre sans difficulté que le philothion de l'un agit 
différemment que le philothion de l'autre. La quantité rela- 
tivement considérable d'azotate réduit par l'extrait hépatique 
fait soupçonner une autre action, c'est-à-dire une action sup- 
plémentaire à celle du philothion- Depuis longtemps, j'ai admis 
qu'il doit exister, dans la série des êtres vivants, plusieurs fer- 
ments d'hydrogénation. M. Pozzi a montré que VEurOtium 
Orizx n'agit pas sur ,1e soufre, mais fixe de l'hydrogène sur le 
sulfoindigotate de sodium . Il a conclu à l'existence d'une hydro- 
génase nouvelle; il la nomme Jacquemase. J'ai répété l'expé- 

SOC. l)'aisT, NA1URPLLE DE TOULOUSE, (t, XXIVl) 9 



— 90 — 

rience avec le VEurotium orizœ que m'a très gracieusement 
envoyé M. le docteur Calmette, le savant directeur de l'Insti- 
tut Pasteur de Lille. Cette moisissure cultivée dans les labora- 
toires et par les soins de M. le Professeur Morel, que je suis 
heureux de remercier de son aide, m'a fourni les mêmes résul- 
tats qu'à M. Pozzi-Escot. 

La conclusion de l'existence de la jacquemase est donc légi- 
time. Il faut cependant faire une réserve que tout le monde va 
comprendre. J'ignore les limites de sensibilité de l'action du 
philothion sur le soufre et sur le sulfoindigotate. Il est possible 
qu'une solution très diluée de philothion n'ait plus la force 
d'attaquer le soufre libre, mais qu'au contraire, dans ces condi- 
tions, la matière colorante ait la faculté de s'emparer de l'hydro- 
gène du philothion. Tout cela, bien entendu, n'est qu'une 
hypothèse. L'idée de deux ferments hydrogénants différents dans 
les extraits d'organe et dans la solution de philothion de la 
levure est évidemment admissible, mais on doit, avant de l'ac- 
cepter, en avoir des preuves sérieuses. 

Je conclus donc que d'après les expériences actuellement 
connues : 

1° Le ferment d'hydrogénation du nitrobenzène paraît être 
identique avec le philothion ; 

2° Le philothion semble pouvoir réduire les azotates alcalins 
dans certaines conditions (Expérience de M. Pozzi-Escot); 

3° Certaines particularités donnent à penser qu'il existe un 
ferment réducteur des azotates différent du philothion. 

La découverte de la vérité étant le but de la science, je suis 
infiniment heureux qu'une discussion sur le philothion se soit 
élevée au sein de notre Société, devant laquelle j'ai exposé les 
résultats successifs de mes recherches sur ce corps, que. depuis 
1888, j'ai déclaré être une diastase, selon les vues de M. Ber- 

THELOT. 

J'ai la conviction que la nature des hydrogénases deviendra 
plus connue et que l'on arrivera à pouvoir les différencier 
entre elles . 



- 91 - 

Cas d'hermaphrodisme chez un Myriopode, 

Par M. Jules Chalande. 

Je n'ai pas connaissance que des cas d'hermaphrodisme aient 
-été constatés chez des Myriopodes. 

On sait que chez les Polydesmus les vulves des ç (au nom- 
bre de deux) s'ouvrent à la base et en anière de la deuxième 
paire de pattes, entre le deuxième et le troisième serment an- 
térieur. Les o* ne possèdent pas de pénis, leurs orifices géni - 
taux (au nombre de deux), s'ouvrent également à la base de la 
deuxième paire de pattes entre les deuxième et troisième seg- 
ments. L'accouplement se fait au moyen des organes copula- 
teurs des a*, formés aux dépens de la première paire de pattes 
•du septième segment. 

Chez l'individu qui nous occupe, Polydesmus i)i<-onstans 
Latzel, l'hermaphrodisme n'est peut-être pas complet, mais 
seulement partiel; il est en tout cas parfaitement caractérisé. 

Les vulves 9 sont normalement développées et même plutôt 
plus volumineuses qu'à l'ordinaire. La première paire de pattes 
•du septième segment, qui est toujours normale chez les Ç, fait 
défaut et est remplacée, comme chez le a* par une paire de pattes 
copulatrices. moins développées que chez les o* adultes, mais 
très caractéristique, et les deux hanches sont soudées, ne for- 
mant qu'un seul mamelon piligère. 

En avant de chaque vulve se trouve un petit mamelon, qui 
peut bien être l'ouverture génitale o* ; mais je n'oserais l'af- 
firmer. 

L'animal ayant séjourné quatorze ans dans de l'alcool, dans- 
de mauvaises conditions, je n'ai pas essayé d'en poursuivre la 
dissection. 



92 — 




iu 



Polydesmus inconstans Latz. Hermaphrodite. 



I. — Les vulves Q de face : — a= 2"»^ paire de pattes, b = 3<<><' paire. 

II. — Les vulves Q de côté : — a = 2»»e paire de pattes, b = 3"^> partie. 

III. — Organe copulateur &* du 7'»e segment. 

a = 7me paire de pattes 6'«e segment. 

b = 8>»e paire de pattes (2"^ paire du 7»»t v segment). 

Grossissement = X 30. 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m *' mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM. les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



72. 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

\)E TOULOUSE. 



TOME TRENTE-SIX. — 1903 



Novembre-Décembre — IS* 0S 8-9 



SOMMAIRE 

Communications 

J. Aloy. — Sur l'existence d'un ferment réducteur dans le 

règne végétal 93 

Juppont. — Sur la formation ces grandeurs mathématiques. . . 95 

Liste des Sociétés correspondantes 131 

Table des matières de l'année 1903 137 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUR ROMIGU1ÈHES 2. 

1903 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Eitrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Sou but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la tlore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé> d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoir 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. • 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-président»; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 3t. L'élection des memhres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus imraé tiatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etont lieu tous les 1 er et 3, 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juiliet inclusivement 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de (a Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. II peut en 
obtenir des tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, revien- 
dront de droit à la ville de Toulouse. 



- 93 - 

SÉANCE DU 18 NOVEMBRE 1903 

Présidence de M. Maurel, doyen d âge. 



COMMUNICATIONS 

Sur l'existence d'un ferment réducteur dans 
le règne végétal. 

Par J. Aloy (1). 

Par une longue série de recherches publiées dans le Bulletin 
de la Société d'histoire naturelle, M. de Rey-Pailhade a établi 

que les sucs cellulaires dégagent, au contact du soufre, une quan- 
tité notable d'hydrogène sulfuré. De ce simple fait, M. de Rey- 
Pailhade s'est cru autorisé à conclure qu'il existe dans le règne 
végétal un ferment hydrogénant qu'il a désigné sous le nom de 
philothion. Cette affirmation a été récemment contredite par 
MM. Abelous et Ribaut. Ces auteurs ont démontré, en effet, 
par une étude systématique de l'action du soufre sur les albu- 
mines, que la production d'hydrogène sulfuré résulte d'une 
action purement chimique s'effectuant dans des conditions de 
température incompatibles avec la présence d'un ferment so- 
luble. 

L'emploi du soufre comme réactif des ferments hydrogénants 
doit donc être définitivement abandonné et, par suite, l'étude 
de ces ferments dans le règne végétal reste à faire en entier. 

J'ai pensé qu'il serait intéressant de reprendre ce sujet de 
recherches en employant des réactifs plus judicieusement choi- 
sis : J'ai opéré tout d'abord avec du suc de pommes de terre 
qui m'avait paru, dans des essais préliminaires, assez actif. 

(1) La plupart des recherches mentionnées dans cette note ont été 
effectuées avec la collaboration de M. Abelous. 

800. d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXXVl) 10 



- 94 - 

Le manuel opératoire suivi a été le suivant : 
Des pommes de terre bien lavées à l'eau distillée, puis pul- 
pées, ont été soumises à l'action d'une presse ordinaire, puis 
passées à la presse hydraulique et comprimées à 250 atmos- 
phères. Le suc obtenu a été divisé en deux lots : 

a) lOO't suc -f- Osi'l de C0 3 K 2 + 2sr de nitrate de K pur + 3 CC de 
chloroforme ; 

b) Même lot, bouilli. 

Après vingt heures de séjour à l'étuve, à 39°-40°. j'ai coa- 
gulé les albumines et j'ai cherché dans le liquide filtré les 
caractères des nitrites. 

Dans le lot (a) le réactif de TromsdorfT a donné immédiate- 
tementune belle coloration bleue, et la métaphénylène diamine 
donne une coloration jaune très intense. Dans le lot (fr), les 
mêmes réactifs n'indiquaient que des traces de nitrite. 

Il existe donc, dans le suc de pomme de terre, un agent 
réduisant les nitrates et dont l'action est supprimée par l'ébul- 
lition. Avant d'affirmer qu'il s'agit d'un diastase, j'ai voulu 
m'assurer que cet agent réducteur possède bien l'ensemble des 
propriétés qui caractérisent les enzymes. 

1° On sait que les diastases sont solubles dans l'eau ; le suc 
de pomme de terre, débarrassé de toute particule solide par 
filtration, réduit très bien les nitrates ; 

2° Les diastases sont solubles dans la glycérine : l'extrait 
glycérine est également réducteur ; 

3° Les diastases sont insolubles sans l'alcool : en ajoutant au 
suc un grand excès d'alcool, on obtient un précipité qui. mis en 
contact avec une solution de nitrate de potasse à 2 % et en 
présence de chloroforme, provoque la formation de nitrite de 
potassium. 

Enfin, j'ai maintenu pendant seize heures une série de lots 
identiques au lot (a), à des températures fixes de 10°, 30°, 40°, 
50°, 60° et 80\ j'ai constaté que la réduction des nitrates, très 
faible dans les deux premiers lots, est très intense à 40° et 50°, 
faible à 60°, et sensiblement nulle à 80°. Une telle variation 



- 95 - 

du pouvoir réducteur en fonction de la température, démontre 
que l'agent qui le produit est de nature diastasique. 

Il est donc permis d'affirmer, en se basant sur l'ensemble de 
ces résultats, qu'il existe dans les tubercules de pommes de 
terre un ferment transformant les nitrates en nitrites. 

.l'ai également constaté l'existence d'agents de réduction dé- 
truits à la température de 100°, dans la plupart des végétaux. 

Je dois faire remarquer, toutefois, que je n'ai pu mettre en 
évidence une des propriétés principales des ferments solubles, 
à savoir la disproportion entre la cause et l'effet. La quantité 
de nitrite formée augmente 4 [tendant quelque temps, puis dé- 
croît. Je reviendrai, dans une procliaine note, sur ce phéno- 
mène, en essayant d'expliquer le mécanisme des oxydations et 
réductions chez les végétaux. 



SEANCE DU 2 DECEMBRE 1903 
Présidence de M.JUPPONT, président. 

COMMUNICATIONS 
Sur la Formation des Grandeurs mathématiques. 

Par M. Juppont. 

PRÉLIMINAIRES - 

Descartes disait : « Galilée examine les matières de physique 
« par des raisons mathématiques et, en cela, je m'accorde avec 
(( lui, car je tiens qu'il n'y a pas d'autre moyen de trouver la 
« vérité. » 

Depuis que ces idées ont révolutionné les méthodes scienti- 
fiques, l'influence que la précision, l'exactitude et l'interpré- 
tation des mesures, jouent dans la formation de nos connais- 
sances, s'est accrue au point de dominer l'évolution du progrès 
scientifique, malgré les différences irréductibles qui séparent 
les domaines du calcul et de la physique. 



— 96 — 

La mathématique n'a de certitude que parce qu'elle se dé- 
veloppe en complications illimitées, dans un abstrait que notre 
esprit a créé; elle conduit à des vérités absolues et complètes, 
grâce au respect absolu du principe d'évidence qui est toujours 
à la base de la formation des grandeurs algébriques ou géomé- 
triques. 

Au contraire, la vérité physique ne peut être qu'approxima- 
tive, parce que le principe d'identité n'est jamais rigoureuse- 
ment observé dans l'expression des liaisons phénoméniques, qui 
sont des lois ou des relations toujours approchées. Mais, c'est 
la comparaison méthodique et continue entre le résultat prévu 
par le calcul et le résultat mesuré dans l'expérience, qui con- 
duit le plus souvent à la connaissance approfondie de la vérité 
physique , puisque tout rapprochement obtenu entre la loi 
exprimée et la formule abstraite du calcul, nous fait faire un 
pas vers plus de vérité, c'est-à-dire vers l'absolu abstrait, qui 
est la certitude la plus grande à laquelle nous puissions aboutir. 

Aussi, l'étude simultanée de la philosophie des sciences physi- 
ques et des sciences mathématiques, est indispensable pour as- 
seoir sur des bases solides le peu de savoir que nous possédons: 
c'est pourquoi les recherches de philosophie mathématique pren- 
nent chaque jour une importance de plus en plus considérable. 

De nombreuses et pénétrantes investigations ont conduit par 
des voies nouvelles, vers les bases de la science des grandeurs 
et l'on a vu s'édifier, puis se coordonner entre elles, les géomé- 
tries euclidiennes et non euclidiennes qui semblaient contra- 
dictoires. 

Je voudrais apporter une modeste contribution à l'enchaîne- 
ment des grandeurs mathématiques qui sont les pièces fonda- 
mentales de toutes les métrologies, en vous exposant une mé- 
thode personnelle delà formation des nombres et des grandeurs 
algébriques et géométriques. 

J'ai dû pour exprimer les nuances qui séparent ces grandeurs 
et leurs relations, adopter des symboles spéciaux et une termi- 
nologie nouvelle; car toute science étant une langue bien faite, 



— 97 — 

il faut, dès que l'expression est insuffisante ou douteuse, adop- 
ter franchement un terme nouveau bien adéquat à la concep- 
tion qu'il représente. 

On pourra me taxer d'abus, à ce sujet ; mais malgré les ob- 
jections que suscite la formation de nouveaux termes, j'estime 
que leur multiplicité lorsqu'elle est raisonnée et motivée, est 
de beaucoup préférable à la multisignification d'un même mot 
ou d'un même symbole. 

L'interprétation incomplète ou sans restriction (ce qui arrive 

♦ fatalement par l'usage répété) du mot ou du symbole à plusieurs 

significations conduit, en effet, à des incompréhensions, à des 

confusions et à des erreurs graves par le chevauchement des 

significations diverses les unes dans les autres. 

Nous allons trouver cette nécessité do termes nouveaux dès 
les premiers pas. 

Une grandeur est, dit-on aujourd'hui, tout ce qui est sus- 
ceptible d'augmentation ou de diminution. 

Cette définition est insuffisante, car elle s'applique a des 
objets d'essence différente ; ainsi l'affection, la haine sont sus- 
ceptibles d'accroissement, et cependant ce ne sont pas des gran- 
deurs. 

J'appelle aussi Grandeur (1) tout ce qui peut être augmenté 
ou diminué, mais je divise les Grandeurs en deux classes. 

Lorsque les Grandeurs ou leur représentation sont objective- 
ment comparables a d'autres Grandeurs de même Nature (l). 
elles deviennent des Quotités (3) ; la Grandeur étalon est une 
partie de la grandeur étudiée, ou inversement. 

Los Quotités abstraites, comme le nombre, la ligne, les sur- 
faces, etc., peuvent être objectivées par des symboles graphi- 
ques. 



(1) Je commence par une majuscule les mots auxquels j'attiibue 
une signification nouvelle. 

(2) La Nature d'un objet e.^t l'ensemble de ce qui lui est personnel. 

(3) Ce terme a la môme racine que parties aliquotes, qui en dé- 
rive 



— 98 — 

Certaines Quotités objectivables peuvent être comparées soit 
dans l'espace, soit dans le temps; d'autres sont comparables 
simultanément dans le temps et dans l'espace. 

L'opération dans laquelle on compare des Quotités objectives 
est la Mesure. 

Le résultat de cette comparaison est la mesure (i) de la 
Quotité évaluée par rapport à la Quotité prise comme terme 
de comparaison. 

L'objet type, choisi comme base de la Mesure de Quotités 
d'une Nature donnée, est dite Grandeur unité ou Unité. 

Le résultat de la Mesure est un nombre. 

Le nombre est le qualificatif de la mesure. 

Lorsque les Grandeurs ne sont comparables que subjective- 
ment, c'est-à-dire que leur superposition est psychique (foncé, 
clair, éloigné, rapproché, brûlant...", nous en concevons les 
degrés, mais ne pouvons ni les représenter exactement ni les 
superposer dans l'espace et dans le temps. Le résultat de la 
comparaison est une Qualité. 

Il y a des Qualités qui n'ont pas d'augmentation ou de dimi- 
nution possible; ainsi, un cube ne peut être plus ou moins 
cube ; un cercle ne peut être plus ou moins rond ; elles ne peu- 
vent devenir des Quotités; elles sont par essence des Qualités 
absolues et complètes en elles-mêmes. 

Un plan géométrique est parfaitement plan, tandis que la 
surface d'un corps plan est plus ou moins exactement plane. 

Avec les progrès de la science, d'autres Qualités sont suscep- 
tibles de devenir des Quotités. L'arpentage permet de mesurer 
une distante inaccessible, le photomètre compare des éclats 
lumineux : les couleurs peuvent être définies par les raies spec- 
trales qui entrent dans leur composition ; l'acoustique déter- 
mine les nombres de vibrations qui caractérisent un son..., etc. 



(1) La Mesure est donc l'acte de mesurer et la mesure, le résultat 
de cette]opération. La lettre capitale différencie ces deux significa- 
tions du même mot. 



- 99 — 

Pour réaliser la comparaison quelle qu'elle soit, il faut l'in- 
tervention d'une matière auxiliaire obéissant (1) à la loi de 
l'égalité de l'action et de la réaction pour toutes les valeurs des 
faits observés, sinon la mesure serait un leurre. 

La mesure d'une Quotité est une (JuoïUance, comme la me- 
sure d'une longueur est la Distance qui sépare les deux points 
qui la limitent; comme la mesure d'un volume est une Conte- 
nance ou d'une surface, linéaire 

Le mot Quotitance contient donc tous les résultats de mesure, 
dont il est le terme le plus général. 

En résumé, la Qualité est la manière d'être des objets dont 
la perception, considérée comme effet, n'est pas reliée numéri- 
quement à la cause, bien que nous puissions exprimer cette 
Liaison (2) et ses variations en langage ordinaire, par suite de 
la connaissance que nous avons acquise de cette Qualité (3). 

La Quotité, au contraire, permet d'exprimer numériquement 
la Liaison de la cause à l'effet; 

Pour préciser la Nature de la cause dans le cas des Quotités 
nous disons que cette cause est un Houmène^ et que l'effet est 
un Fait. 

L'examen et la classification des Faits matériels font l'objet 
des sciences énergétiques; l'étude des Faits de Quotité pure fait 
l'objet de la mathématique. 

Pour préciser que la cause se l'apporte à une Qualité, nous 
l'écrirons : une Cause, et de môme pour l'effet, que nous écri- 
rons : un Effet. 

Le schème des Grandeurs est donc le suivant : 



(1) Au moins très sensiblement. 

(2) Le terme Liaison détermine les conditions les plus générales, 
les plus vagues, les moins définies qui puissent exister entre deux 
choses qui dépendent l'une de l'autre. 

(3) La Qualité ainsi conçue se rapproche beaucoup de l'intensité 
de Bergson. 



100 - 



Tout ce qui est 

variable par une 

cause ou un effet 

constitue une 



Grandeur 



NAITRE DE LA GRANDEUR 



mesurable 
numériquement 



non mesurable 
numériquement 



Quotité. 



Qualité 



Grandeur considérée comme 



elTet. 



Noumènc. 



Cause. 



Fait. 



Effet. 



LES LIAISONS MATHÉMATIQUES 

La mathématique pure, étudie les Liaisons ordonnatrices et 
quotitatives qui existent entre les Quotités indépendantes de la 
durée et du temps. 

Les Quotités mathématiques sont donc des ahstractions, puis- 
que l'existence dans le temps est une condition nécessaire à 
toute réalité. 

L'opération psychique qui explicite les faits mathématiques 
a bien lieu dans le Temps; à l'origine, elle s'est bien appuyée 
sur des Faits existant dans l'espace; mais ce qu'elle a construit, 
ce qu'elle a conçu, échappe au temps, pendant lequel elle le 
produit. 

Pour cette raison, les vérités mathématiques demeurent im- 
muables, identiques à elles-mêmes; elles sont vraies d'une 
autre manière que la vérité physique, que la vérité historique 
ou toute vérité d'observation, car ces dernières vérités varient 
dans le temps, avec les progrès de la connaissance; aussi, pour 
préciser le caractère immuable de la vérité mathématique, je 
dirai qu'elle est une Survérité, le qualificatif correspondant 
sera Survrai. 

La Vérité est l'accord du Percept (1) et du Concept (2). 



(1) La Perception est l'acte de percevoir ; le Percept par analogie 
avec Concept, est le résultat de la Perception tel qu'il est fixe dans 
notre mémoire psychophysiologique. 

(2) La Conception est l'acte de concevoir ; le Concept est le 
résultat de la Conception. 



— 101 — 

La Survente est l'accord de Y Objet du Concept. 

Les vérités mathématiques sont bien Sur vraies, puisque, par 
définition, l'Objet abstrait et conçu sur lequel le raisonnement 
s'appuie, a des attributions définies et limitées à priori; cet 
Objet est construit par l'esprit, à l'aide de la déconstruction de 
la réalité objective qui en a suscité la Conception. 

Il y a donc, par hypothèse, identité entre le Concept et 
l'Objet, en raison même de la formation de ce dernier. 

Les Liaisons qui existent entre Quotités mathématiques sont 
indépendantes des substances qui ont permis de les concevoir; 
aussi les Survérités demeurent, même si la substance sur 
laquelle on s'appuie pour les édifier vient à changer; c'est 
pourquoi la mathématique s'applique à toutes les observations 
que nous faisons sur la Matière. 

Les Liaisons entre Quotités sont variables; nous en distin- 
guerons trois sortes : 1° L'Etjuation, qui exprime l'identité des 
grandeurs mathématiques. 

Ce signe est actuellement = (égal à) (1) pour toutes les éga- 
lités physiques, chimiques et mathématiques. 

Il y a là une lacune terminologique grave, qui est la cause 
de bien des difficultés. 

Je propose de limiter le signe = à l'identité numérique; 
exemple 3 + 2 = 5. 

L'identité des Quotités algébriques serait exprimée par (=qui 
qui veut dire : vaut ; exemple : ax* 4- b (= c. 

Le résultat des opérations sur les valeurs ou Grandeurs géo- 
métriques sera exprimé par ^— ^ ; ainsi, BC -f- Cl) a&— » AB; 
dans ce cas, le signe ^— *■ ne signifie plus égale, mais résulte 
et l'équation se lit : 

de BC 4- CD résulte ÂB. 



(1) Le signe = fut employé en 1.^57 par Robert Recorde, qui fut 
médecin de la Cour d'Angleterre. 

Les signes > et < furent imaginés par Thomas Harriot (1560- 
W21). 



— 102 — 

Ces distinctions sont capitales, pour les raisons qui vont être 
bientôt développées. 

2° La Relation, qui exprime la mesure de Quotités physi- 
ques. 

(=). La mesure de... est égale à ; exemple : 

l(=) l (1 + a£)j binôme de dilatation. 
3° L'Equivalence qui exprime l'identité de la mesure de 
Quotités différentes, qu'elles soient ou non de même Nature, 
son signe est ^ équivaut à : 

1 calorie ^ 425 kilogrammètres. 
Le carré construit sur l'hypothénuse du triangle reclan- 
gle ^ au Total des carrés construits sur les deux autres côtés; 
les contenances superficielles, les aires sont seules égales. 

L'ORDRE 

Lorsque plusieurs objets sont percevables simultanément, 
l'opération la plus simple que l'esprit puisse faire, c'est de con- 
centrer l'attention sur un groupe de ces objets et de les repérer 
les uns par rapport aux autres, après en avoir constaté l'exis- 
tence individuelle, dans l'espace; ce qui revient à dire qu'ils 
sont extérieurs l'un à l'autre. 

Ce classement détermine l'Ordre clans lequel l'esprit place ces 
objets (dans l'espace), les uns par rapport aux autres. 

La définition de ce classement, se fera en donnant un nom à 
chacun des rangs de cet Ordre. 

Cette considération du rang fait abstraction complète de la 
matière et des Qualités de l'objet classé; cette convention défi- 
nitrice de classement et les termes qui en résultent s'appli- 
queront donc à toutes choses, quelles qu'elles soient, à condition 
qu'on les classe de la même façon, c'est-à-dire suivant le même 
Ordre. 

Les constructions ordinales sont survraies et elles sont défi- 
nies par l'adjectif ordinal. 

Une construction ordinale est toujours relative par rapport à 



- 103 — 

l'objet qui est le point de départ de l'ordre défini et par rapport 
à celui qui l'a défini. Malgré son caractère de survérité un 
Ordre n'est pas indépendant, il est doublement relatif. 

L'adjectif ordinal qualifie le rang qu'occupe un objet, par 
rapport à un autre objet pris comme point de départ de Tordre 
auquel ils appartiennent. 

L'adjectif ordinal, qui servira à déterminer, par exemple, la 
position relative de l'individualité de l'un des fruits contenus 
dans un panier, repère de façon complète, mais entre eux seu- 
lement, ces fruits les uns par rapport aux autres. 

Le classement ordinal d'un nombre limité d'objets implique 
une certaine Liaison de celui qui l'a effectué avec l'espace et 
cette Liaison constitue le Sens du classement. 

Dans l'écriture et dans les nombres, ce classement se fait de 
gauche à droite par rapport à la personne qui a cet Ordre de- 
vant elle. 

Aussi l'on dit : le premier terme d'un Ordre est celui qui n'a 
pas de voisin de gauche. 

Le dernier terme d'un Ordre est celui qui n'a pas de voisin 
de droite. 

Gauche et droite ne sont pas des repères absolus, mais des 
repères qui dépendent de celui qui définit l'Ordre. 

C'est là un Fait d'observation. 

Le terme Sens veut donc dire à droite ou à gauche, par rap- 
port à une position donnée de l'observateur; c'est ainsi que 
s'introduit la notion d'espace dans les Quotités mathémati- 
ques. 

Toute Numération, c'est-à-dire l'Acte qui définit un Ordre, 
a deux Sens et n'a que deux Sens (1). 

LE NOMBRE 
Mais, en même temps quelle classement définit l'Ordre, 

(1) La Numération est donc bien différente de la numération qui 
est la méthode utilisant la Numération. 






— 104 — 

l'esprit conçoit une autre opération quasi simultanée, c'est celle 
qui consiste à définir l'ensemble formé par les objets ordonnés 
jusqu'au n ième rang, inclus. 

La définition de cet ensemble qualifie la Quotité de ce grou- 
pement, par rapport à l'un quelconque des objets pris comme 
terme de comparaison, comme Unité. 

Par sa Nature, cette nouvelle conception est indépendante 
de l'Ordre du groupement, en vertu de l'évidence expérimen- 
tale : (( Le Tout est égal à l'ensemble de ses parties » qui est, 
en réalité, une définition du Tout. 

5 = 4 + 1 = 3 + 2 = 2 + 3 = 1+4=1 +I4.4 +l-f*4 

La définition de l'ensemble des unités du groupement d'ob- 
jets contigus extérieurs les uns aux autres, constitue le Nom- 
bre, c'est Y adjectif cardinal. 

Sa définition est de rigueur complète. 

L'opération qui consiste à nommer successivement les divers 
rangs d'un ordre donné et, par suite, à définir le Nombre d'ob- 
jets que cet ordre contient jusqu'au rang désigné inclus, s'ap- 
pelle compter (1). 

En mathématique, l'adjectif cardinal est remplacé par un 
chiffre (2) ou un nombre formé de chiffres qui a la même 
signification que cet adjectif. 

5 = cinq. 
152 = cent cinquante-deux. 

Le zéro est le signe indiquant l'absence de toute Quotité (3). 

(1) Le verbe numérer serait beaucoup plus expressif; il est regret- 
table qu'il n'existe pas dans le langage courant, comme numéro, nu- 
numérique, numéral, ou énumérer, le terme compter devant être 
réservé aux opérations mathématiques qui s'appuient sur des groupes 
d'unités déjà minières. 

(2) On attribue aux Hindous les chiffres qui nous ont été transmis 
par les Arabes. Certains savants prétendent que Pythagore les au- 
rait rapportés de ses voyages en Egypte et dans l'Inde ; pour d'au- 
tres, Boèce (470-526j serait l'inventeur de nos chiffres et du système 
décimal. 

(3) Boèce laissait vide la place du zéro, qui n'apparut qu'après lui 
et avant l'arrivée des Arabes. 



— 105 — 

La science qui repère les Quotités numériques par le langage 
ordinaire ou les chiffres, est la numération (1). 

Le Nombre est indépendant du Sens et de l'Ordre, c'est donc 
une Grandeur plus simple que l'Ordre; c'est une Quotité d'une 
Nature complète en elle-même, puisqu'on ne peut lui enlever 
aucun élément d'une autre Nature que la sienne. 

Le Nombre représente instantanément , à L'esprit, l'ensem- 
ble du groupement ordinal correspondant ; il suppose accompli 
le Temps qui a été nécessaire pour nuinérer réellement les 
objets et obtenir sa définition . 

Le Nombre est donc indépendant de In durée, puisqu'il n'en- 
visage que le résultat et non l'opération qu'il a fallu faire poul- 
ie concevoir et le former; c'est le Concept résultant; bien diffé- 
rent de l'opération de la Conception d'où il résulte. 

On dit actuellement le Nombre est une grandeur scalaire, 
d'après la définition d'Hamilton ; je propose de dire le nombre 
est une self Quotité (2), puisqu'il est complet en lui-même; 
qu'il n'implique de relativité que par rapport aux autres Nom- 
bres; qu'il est sans lien avec la matière, avec l'univers phéno- 
ménal, arec le temps, avec l'espace, avec une direction ou un 
Sens quelconque ; il existe en dehors de toutes ces Grandeurs, 
il peut les qualifier, mais il n'en dépend pas, en raison de sa 
définition même. 

L'abstraction que nous avons fait de la matière et de la qua- 
lité des Objets qualifiés par le Nombre, implique une consé- 
quence importante ; en considérant chaque Objet, nous lui 
avons substitué une convention conçue par notre esprit et qui 
est l'Unité mathématique. 

Cette convention est la même pour tous les objets ordonnés 
ou comptés ; il en résulte donc qu'un Nombre est une collec- 
tion d'Unités identiques, et celte identité absolue est posée 

(1) La numération aurait été imaginée en Chine, par Fo-Hi, 3500 ans 
avant notre ère. 

' (2) Pour le rattacher à la Quotité, qui est la Grandeur fonda- 
mentale et générique. 



— 106 — 

comme condition essentielle de la formation du nombre (1), 
la base fondamentale de la convention mathématique; Ton ne 
peut donc songer à démontrer 1 -f- 5 = 5 -f- 1 ; c'est une survé- 
rité. 

Le Nombre existe indépendamment du temps, mais la re- 
présentation objectivée d'un Ordre de grandeurs réelles peut 
demander un temps plus ou moins long. 

Ainsi. Bertrand représente la tension p de la vapeur d'eau à 
la température T, par la formule 

T 79,623 

Cette formule (2) « remarquable par l'immensité des nom- 
bres )) qu'elle utilise, peut être « comparée à une balance dans 
(( laquelle, pour peser quelques milligrammes, on mettrait en 
« opposition des poids supérieurs à celui d'une sphère de pla- 
ce fine ayant pour rayon la distance du Soleil à Neptune ». En 
effet, si habibué que l'on puisse être au calcul, on ne peut se 
représenter le nombre 230 79 > 623 , cela ne surprendra pas si l'on 
réfléchit combien l'on a déjà de peine à concrétiser une quotité 
de 1 milliard d'objets ou un milliard d'unités d'une grandeur 
comme la minute, puisqu'il y a à peine un milliard de minutes 
que dure l'ère chrétienne. 

Et, cependant, un milliard est seulement 10\ 
Cet exemple, montre que le Nombre comporte sa définition» 
exacte quelle que soit sa grandeuf; mais les Quotités concrètes 
qu'il qualifie ne sont pas représentables instantanément à 
notre esprit, car elles existent dans le temps et dans l'espace, 
et nous ne pouvons faire apparaître instantanément, à notre 
conscience, la représentation quotitative qui résulte du choix 



(1) C'est ce que distingue l'unité mathématique de tout objet con- 
cret pris pour unité ; celui-ci n'est jamais rigoureusement égal aux 
objets ou fractions d'objets auxquels on le compare. 

(2) Bertrand : Thermodynamique ; 1887. pp. 158 et 159. 



- 107 — 

d'une unité concrète, multipliée par un nombre, c'est-à-dire 
par un groupement d'objets concrets. 

Finalement, l'Unité est un Concept représentatif admis 
à priori; c'est le résultat d'une déconstruction qui simplifie, 
au maximum, la Perception de tout objet considéré individuel- 
ment et que nous réduisons à la mesure numérique de son 
individualité, c'est-à-dire à 1, Concept et signe représentatif qui 
s'applique à toutes les Quotités unités. 

Cette déconstruction aboutit au même Concept pour tous 
les objets considérés individuellement; elle fournit l'Unité ou 
Quotité ultra simple, et assez simple pour ne plus pouvoir être 
simplifiée ; c'est la limite de simplicité de l'abstraction; elle 
n'existe que dans notre imagination, qui l'a formée. 

Il est indispensable d'ajouter que l'Unité peut être divisée en 
parties aliquotes; que ces parties elles-mêmes peuvent être 
subdivisées, et ainsi de suite, sans que nous puissions assigner 
une limite logique à cette opération toute subjective, qui s'exerce 
sur des abstractions ; et, comme nous supposons que les parties 
aliquotes jouissent dv,^ mêmes qualités d'égalité absolue que 
f'Unité d'où on les a déduites, cette division peut être continuée 
indéiiniment et jusqu'à l'intiniment petit, de même qu'on peut 
ajouter indéfiniment des unités les unes aux autres et conce- 
voir rinfiniment grand sans que cela implique l'existence d'une 
réalité correspondante. 

Cette hypothèse de l'identité des propriétés des parties de 
l'unité les unes par rapport aux autres, et par rapport à l'unité, 
constitue la base de la notion du continu mathématique,, qui 
est une pure abstraction formée par notre esprit. 

LES QUOTITÉS MATHÉMATIQUES 

QUOTITÉ ARITHMÉTIQUE 

Le Nombre, formé d'unités, est le point de départ de la for- 
mation des Quotités mathématiques plus complexes ; c'est le 
matériau avec lequel nous construisons toutes les Quotités 



— 108 — 

arithmétiques ; mais, en l'ajoutant à certains concepts, il for- 
mera les quotités algébriques et géométriques. 

QUOTITÉ ALGÉBRIQUE (1) 

L'ordre numérique qui fournit un Nombre peut être par- 
couru dans deux sens différents, qui donnent le même résultat 
numérique. 

Si, à ce nombre, nous ajoutons un signe, qui tienne compte 
du Sens dans lequel on a compté l'ordre numérique dont il re- 
présente l'ensemble des unités, on forme une Quotité nouvelle 
et bicomplexe puisqu'elle contient : 

1° Un Sens ; 

2° Un Nombre. 

C'est la Quotité algébrique ou Alquotité (2). C'est une dyade 
dont les deux éléments ne peuvent être séparés sans changer sa 
Nature, et dans toutes les opérations faites sur ces Grandeurs, 
il faut tenir compte du rôle des deux éléments qui la consti- 
tuent. 

L'alquotité est comparable à un composé chimique binaire; 
si on enlève un élément, le composé binaire disparaît et fait 
place à ses deux constituants, qui sont bien différents du com- 
posé qu'ils formaient. 

Si nous appelons positif le Sens de gauche à droite observé 
devant notre personne et que nous le représentions par le signe 
(-h) (3), le sens négatif sera la numération faite de droite à 
gauche; nous le représenterons par le signe ( — ) (3). 

(1) François Viète (1540-1603;, sieur de La Bigotière, est le fonda- 
teur de l'Algèbre. 

(2) Au point de vue linguistique, il serait plus juste de dire : alrnu 
quotité ; mais on obtient un terme plus long, qui n'est pas plus ex- 
pressif. 

(3) Les parenthèses qui accompagnent les signes + et — différen- 
tient les Sens ( + ) et ( — ) des signes + et — de l'addition et de la 
soustraction, avec lesquels on les confond dans l'algèbre classique, 
ce qui cause des incompréhensions ; alors qu'en représentant chaque 
définition par un signe spécial, cette confusion des conventions 
qu'elle comporte est impossible et diverses règles dogmatiques sont 
légitimées. 



— 109 — 

Ainsi (-H a), indique un nombre ccmpté de gauche à droite; 
( — b) un nombre compté de droite à gauche. 

Ces deux signes sont inverses l'un de l'autre et la convention 
contraire aurait pu être faite, sans changer les rapports des 
alquotités entre elles ; elle aurait seulement changé la repré- 
sentation. 

QUOTITÉ GÉOMÉTRIQUE 

Une direction est définie par la position repérée d'une droite 
dans l'espace. 

Une direction est donc toujours relative par rapport à ses 
repères i comme nous ne connaissons pas de repères immobiles, 
il en résulte que nous ne connaissons pas de direction absolue, 

Sur une direction qui sera toujours relative, mais que nous 
considéronscomme absolue, nous pouvons représenter des alquo- 
tités, en attribuant à l'Unité une longueur rectiligne déterminée : 
nous formons la Quotité géométrique ou Métriquotité qui est 
une Grandeur tricomplexe, puisqu'elle comprend simultané- 
ment : 

1° Un Sens ; 

2° Un Nombre; 

3° Une direction. 

C'est une trinité mathématique qui peut servir à représenter 
des figures géométriques dans l'espace ; on l'appelle aussi Vec- 
teur ou Grandeur Vectorielle. 

La Métriquotité est comparable à un composé chimique ter- 
naire, que l'on détruit si on lui enlève un de ses éléments; si 
l'on enlève le Sens, il reste une longueur donnée ; si l'on enlève 
le Nombre, il reste un Sens repéré par rapport à une direction ; 
si on enlevé la direction, il reste l'alquotité. 

Dans les Liaisons entre les Métriquotités, il faut donc tenir 
compte du rôle de leurs trois éléments. 

Les Vecteurs se représentent par les signes 

Soo. d'hist. NATURELLE DE TOULOUSE, (t. xxxvi). 11 



- 110 — 

OPÉRATIONS MATHÉMATIQUES 

Elles ont pour but de grouper des Quotités ou de déterminer 
les Liaisons qu'elles ont entre elles. 

I. — OPÉRATIONS ARITHMÉTIQUES 
ADDITION 

L'addition est l'opération qui permet de déterminer le nom- 
bre d'unités contenues dans l'ensemble d'ordres numériques, 
numérés dans le même Sens. 

Le Nombre auquel on en ajoute d'autres est l'additande; les 
nombres ajoutés sont des additeurs. 

Le résultat de l'opération est le Total(l); il est toujours plus 1 
grand que l'additande. 

Le signe de l'addition est + ('plus), qui est bien différent 
de (-}-) positif, puisqu'il indique une opération, alors que 
(H-) qualifie une Quotité au point de vue du Sens de sa numé- 
ration (2). 

MULTIPLICATION 

L'addition dans laquelle l'additande et les additeurs sont f 
tous égaux, est une multiplication; ils constituent le multipli- 
cande, i 

Le multiplicateur est le nombre cardinal qui correspond au 
nombre ordinal obtenu, en ordonnant numériquement l'en- I 
semble de l'additande et des additeurs. 

Le résultat de la multiplication (3^est le Produit. 

C'est une addition particulière qui permet, dans ce cas tout r 

(1) Le terme Somme est réservé pour le calcul intégral. 

(2) Les signes + et — furent employés pour la première fois dans 

Y Arithmétique marchande de Jean "Widmàn, pour indiquer le total.* 
et le reste (Leipzig, 1489), et Stifel ou Stifelius fut un des premiers 
(1544), à les employer comme signe d'opérations. 

(3) Le symbole de la multiplication x fut introduit par "William Jï 
Oughtred (15744660), dans une arithmétique publiée en 1631. 



— 111 — 

spécial, d'abréger le Temps de la Numération qui doit conduire 
au Produit. 

LA SOUSTRACTION 

La soustraction est l'opération qui permet de déterminer le 
nombre d'unités qui restent de l'ensemble de deux Ordres nu- 
mériques numérés successivement, en Sens inverse l'un de 
l'autre. 

Le premier Ordre doit avoir un nombre d'unités supérieur 
au nombre d'unités du second. 

En fait, on décompte le deuxième Ordre du premier, on le 
retranche, on l'enlève; de sorte que le résultat de la soustraction 
à l'inverse de celui de l'addition, est plus petit que le premier 
Ordre, puisqu'on en a retranché le second. 

Le Nombre duquel on en retranche un autre, est le dimi- 
nuande. 

Le nombre retranché est le diminueur. 

Le résultat de la soustraction est la différence. 

Le signe de la soustraction est — (moins). 

Il ne faut pas confondre — avec ( — ), négatif. 

En arithmétique, par nécessité, le diminuande est toujours 
plus grand que le diminueur; si le diminueur est plus grand 
que le diminuande , on dit que l'opération est impossible 
arithmétiquement. 

On comprend aisément qu'il en soit ainsi ; le Nombre a, en 
effet, une signification absolue qui est déterminée par le total 
d'unités qu'il renferme, lorsque l'on a retranché toutes les uni- 
tés du diminuande (ce qui est le cas si le diminuande est égal 
au diminueur), il ne reste rien, et, de rien, on ne peut pas 
retrancher quoi que ce soit, c'est une impossibilité; donc, sup- 
poser le contraire, est contradictoire à la formation défînitrice 
du Nombre, et la soustraction arithmétique d'un diminueur 
plus grand que le diminuande est impossible par définition. 



- 112 - 



DIVISION 



Si l'on retranche successivement un même diminueur d'un 
diminuande et des différences obtenues dans les soustractions 
successives, on détermine le nombre de fois que le diminuande 
contient le diminueur. 

L'opération est une division (1). 

Le Nombre que Ton divise est le dividende. 

Le Nombre par lequel on divise est le diviseur. 

Le résultat est le Quotient. 

Si la différence de la dernière soustraction possible n'est pas 
zéro, cette différence finale s'appelle le Reste de la Division. 

Une division non effectuée, dans laquelle le dividende est 
plus petit que le diviseur a< b, s'appelle une fraction. 

a 

T' 

Dans le cas contraire lorsque a> b, c'est un nombre frac- 
tionnaire. 

EXPONATION 

La multiplication dont le multiplicande est égal au multipli- 
cateur, est Yftxponation deux (2). 

a X et = et*. 

Le résultat est ce que Ton appelle le carré d'un nombre, ou 
Vexponance deux. 



(1) Le symbole de division : est dû à Leibniz ; la barre de division 
ou de fraction fut employée en 1202 par Fibonacci, qui en attribue 
l'invention aux Hindous. 

(2) Exponation est formé à l'aide de la racine d'exponentiel: ce 
terme a l'avantage de supprimer de l'arithmétique le mot puissance, 
qui est déjà employé avec des significations bien différentes, soit en 
philosophie, soit en mécanique; de plus, il harmonise les termes des 
mathématiques élémentaires avec ceux des mathématiques supé- 






- 413 — 

Le produit de l'exponation deux par l'exponé, est l'expona- 
tion trois ou cube..., etc. 

a î X ft = a3 - 
an X « = » n + * • 

Le résultat d'une exponation est une exponance, on la qua- 
lifie par le nombre de termes intervenant dans les multiplica- 
tions effectuées. Ce chiffre indicateur, placé à droite et au-des- 
sus de l'exponé, est Y exposant (1) ou degré de l'exponation. 

SUREXPONATION 

La multiplication dont les termes sont une même expo- 
nance, est une surexponation. 

Elles se désignent par le nombre de facteurs de la multipli- 
cation exponentielle. 

a 2 X a 2 = a 4 est une biexponation deux. 

a 2 X a 2 X et" 1 = a 6 est une triexponation deux. 

a 3 X a 3 = a6 est une biexponation trois. 

SOUS- EXPONATION 

La Sous-exponation consiste à trouver un nombre qui, ex- 
poné à un degré déterminé, reproduise le nombre donné. 

Le signe de la Sous-exponation est [/ (Racine) (2). 

Le chiffre que l'on place à côté de ce signe indique le degré 
de la sous-exponation. 



v 

V 



est sous-exponation 2, dite racine carrée. 

est sous-exponation 3, dite racine cubique .., etc. 

(K)"=«- 



(1) Nicolas Chuquet employa dès 1484 la notation numérique 
d'exposant. 

(2) Le symbole de V est dû à Schenbel, qui l'employa dans 
son Algèbre, publiée à Paris en 1552; auparavant, on employait le 
signe R). 



— 114 — 

Dans la sous-exponation arithmétique le résultat est toujours 
unique ; il ne peut qu'en être ainsi, par suite de la définition 
de l'opération et cela, quel que soit le degré de la sous-expo- 
nation. En effet, l'exponation est une addition d'une forme 
particulière dans laquelle les additeurs, égaux à l'additande (qui 
devient l'exponé), sont en nombre exactement fixé par la com- 
binaison du degré de l'exponation et par la valeur numérique 
de l'additande. 

La sous-exponation est une suite de soustractions faites dans 
des conditions inverses de l'exponation, le résultat est unique. 

REMARQUES 

Dans l'addition, par suite dans la multiplication arithméti- 
que, on peut intervertir l'ordre des facteurs, le résultat ne 
change pas, le but de l'opération est identiquement le même. 

Dans la soustraction et la division, on ne peut intervertir 
l'ordre des facteurs sans changer le but de l'opération ; le résul- 
tat est donc différent si l'on intervertit les termes. 

Il en est de même pour l'exponation : a c n'est pas égal à c a . 

En résumé, il n'y a que deux opérations arithmétiques, quels 
que soient leurs nombreux cas particuliers : l'addition et la 
soustraction ; parce qu'il n'y a que deux Sens de Numération, 
compter et décompter, et, qu'en réalité, l'addition est la Me- 
sure, par rapport à l'unité numérique, de Nombres comptés 
dans le même Sens, la soustraction est la Mesure de Nombres 
comptés en Sens contraire l'un de l'autre. 

DU ZÉRO ET DE CERTAINES EXPRESSIONS ARITHMÉTIQUES 
DANS LESQUELLES IL FIGURE 

Zéro est le chiffre représentant l'absence de Quotité. 
Si, dans une addition, l'additande est nul, le total est égal à 
l'additeur. 

C'est une évidence. 



- 115 — 

De même, si l'additeur est nul, le résultat est égal à l'addi- 
t tande. 

C'est encore une évidence, car faire une addition dans laquelle 
on n'ajoute rien, équivaut à ne pas modifier le nombre pri- 
mitif. 

Dans la soustraction, si le diminuande est nul, l'opération 
est impossible ; de même dans la division, si le diviseur est nul, 
de sorte que, littéralement : 

A 

a 

veut dire opération impossible, on ne peut diviser aucune fois 
par a. 

Si le diminueur est nul, on n'a pas fait de soustraction. 

De même, dans la division, si le diviseur est nul la division 
est impossible et le symbole 

"F 

veut dire b contient un nombre de fois impossible à déter- 
miner. 

Si, dans une multiplication, l'un des facteurs est nul, le pro- 
duit est nul, car ajouter zéro à lui-même, c'est-à-dire rien à 
rien, fait toujours rien. 

La division de deux exponances égales 



a» =1 



peut recevoir la forme 

aà 



Dans cette expression, le zéro n'est plus la représentation de 
l'absence de quotité numérique ; il est le symbole d'une opéra- 
tion particulière, dont on ne peut pas dire qu'elle est une expo- 
nation nulle, mais Yexponation zéro, le chiffre zéro en expo- 
sant étant l'indication de la division de deux exponances égales, 

et cela, par définition (1), 

a° = l. 

a b \ 

(1) En algèbre, on a de même par définition — — = — = a~ c > 

ab+c a c 

il serait plus précis d'avoir un signe pour le zéro représentant l'ab- 
sence d'unités et le zéro correspondant à une opération déterminée. 



— 116 — 

IL — OPÉRATIONS ALGÉBRIQUES 

ADDITION , SOUSTRACTION 

En algèbre, le signe + de l'addition et — de la soustraction 
n'ont plus, au point de vue du résultat, une valeur absolue, 
c'est-à-dire une signification unique et certaine, puisque l'opé- 
ration a lieu non plus sur des Nombres ou self quotités, mais 
sur des alquotités qui ont déjà un Signe indiquant le Sens de la 
Numération de leurs Unités (1). 

L'opération algébrique n'est donc plus une opération simple 
et unique comme l'addition ou la soustraction arithmétique, 
car elle doit tenir compte de la Quotité des Grandeurs (opéra- 
tion arithmétique) et de leur Sens, c'est-à-dire de leur Signe 
(+) ou ( — ); et ce dernier qui vient se combiner avec le signe 
de l'opération constitue l'opération algébrique. 

(1) Ainsi, dans (-f B)— (+A), le terme — (+A), est 
soustraclif par rapport à B. 

(2) Dans (— B) — (- A), le terme— (— A), est additif 
par rapport à — B, car (— B)— (— A)(= (— [B + A]). 

Le symbole de l'égalité des alquotités doit être différent de 
celui des nombres, puisque dans l'opération (2) on a ajouté 
B et A, car — B est de même nature que ( — A); mais on a 
ajouté des quantités négatives entre elles, c'est-à-dire des Quo- 
tités qui n'existent pas en arithmétique. 

(3) Dans (-+- B) + (+ A), le terme -f-(-f- A) est additif 
par rapport à H- B. 

(4) Dans (— B) -f- (+ A) le terme + (+ A) est soustrac- 
tif par rapport à — B ; en réalité, on fait une soustraction, car 
on retranche (-|- A) de ( — B) ; on a, en effet : 

(_B) + {+A)(=(-[B-A]). 

(1) R. Argant, le premier, explique les quantités négatives et 
indique qu'il faut les interpréter comme des quantités dirigées 
(Paris, 1806) ; pour moi, le Sens est différent de la direction à laquelle 
on l'applique. 



— 117 — 

En algèbre, ajouter une grandeur négative, c'est encore faire 
une addition. 

a-\- [ — b) addition (= (vaut) a — b soustraction. 
a — ( — b) soustraction (= (vaut) a-\-b addition. 

Remarque. — Le résultat de l'addition, et, par suite, de la 
multiplication, ne change pas si l'on intervertit l'ordre des fac- 
teurs; il a même Quotité et même Signe. 

Dans une soustraction, si l'on intervertit l'ordre, la valeur 
numérique ne change pas, mais le Signe est inversé. 

a — b (== c 
b — a (== — c 
puisqu'on change le Sens de l'Ordre, sans en changer les Quo- 
tités. 

MULTIPLICATION 

La multiplication des alquotités est une opération polycom- 
plexe, puisqu'elle ajoute des quantités bicomplexes. 

La multiplication algébrique la plus simple contient deux 
termes et, par suite, deux Quotités et deux Sens; les produits 
de (-(- à) et ( — a) par (-+• b) et ( — b), sont : 

( + a)X(-&)(==F(a&) . (1) 

(— a)X-(+&)(=HF(«&) (2) 

(- a) X (-&)(= = («&) (3) 

(+«) X(+6)(= + (a6) (4) 

La valeur numérique de ces quatre produits est évidemment 
la même et leur produit ne peut affecter que deux signes seule- 
ment (-J-) et (— ), les seuls existants. 

Les opérations (1) et (2) constituent des soustractions. 

(+o) X (-b)(=(^ a) X(+.b) (=-**& 

leur résultat a le signe — . 

Les opérations (3) et (4) constituent des additions. 
(— a) X (— b) (- (+ a) X (+■ b) (== + ab 
leur résultat a le signe -+-. 



— 118 — 

D'où l'explication de la règle. 

1° ( — ) par (— ) donne -+-. puisque Ton fait une addition de 
termes négatifs; 

2° (-h) par ( — ) et ( — ) par (-[-) donnent — . puisque l'on 
fait une soustraction dans les deux cas : 

(-}-) par (-[-) ne peut donner qu'une addition, c'est-à-dire -\- t 
de sorte que, en algèbre comme en arithmétique, les signes -f- 
et — représentent toujours l'opération faite et non le Sens des 
Quotités, comme on le dit souvent par erreur; cela résulte de 
ce que deux Numérations de Sens contraire constitueront tou- 
jours une soustraction, et deux Numérations de même Sens, 
une addition. 

Une alquotité positive a est un nombre numéré de gauche a 
droite, Sens de l'addition (+a), c'est aussi le résultat de l'ad- 
dition 

+ a = + a. 

Une alquotité négative — a est un Nombre numéré de droite à 
gauche à partir du zéro, de là sa signification double de ( — a) 
Quotité négative, comme Sens de Numération et résultat de la 
Soustraction 

— a {= — a. 

Le résultat algébrique est donc plus général que le résultat 
arithmétique, puisqu'en algèbre le résultat est repéré à droite 
ou à gauche du zéro pris comme origine, tandis qu'en arithmé- 
tique le résultat ne peut être que (+), c'ést-à-dire à droite du 
zéro. 

En algèbre, négatif ne veut donc pas dire plus petit que zéro; 
mais numéré à gauche du zéro ; si le Nombre qualifie un Temps, 
le signe 4- voudra dire que ce résultat correspond à un mo- 
ment à venir; si le résultat est (—), le résultat a eu lieu dans 
le passé ou réciproquement, suivant les conventions que l'on 
aura soi-même posées. 

De même appliqué à une longueur, le résultat (+) voudra 
dire que la longueur est mesurée à droite du point zéro, pris 



— 119 — 

comme origine de Numération des longueurs, et (— ) à gauche 
de la même origine ou repère des Distances, dans les Faits 
étudiés. 

L'algèbre a, par suite, des contingences supérieures à celles 
de l'arithmétique. 

EXPONATION DEUX ET SOUS-EXPONATION DEUX 

Gomme un nombre positif peut être obtenu, en algèbre, par 
l'addition de quantités positives et par la soustraction de quan- 
tités négatives, une exponance deux, ou carré, peut résulter des 
deux opérations différentes : 

(+ a) X ( + a)(= + a* 
(- a) X (- a) (= (- a)* (= + a\ 

Il en résulte qu'en algèbre, la sous-exponation deux, d'une 
alquotité positive présente deux solutions égales en quotité, 
mais de signe contraire, que par suite 



L'exponance deux, d'une alquotité quelconque, est toujours 
une Quotité positive ; il en est de même pour toute exponation 
d'ordre pair. 

EXPONATION TROIS ET SOUS-EXPONATION-TROIS 

L'exponation trois, donne une alquotité positive si l'exponé 
est positif, et une alquotité négative si l'exposé est négatif; il 
en résulte que la sous-exponation trois est possible pour les 
alquotités positives et pour les alquotités négatives. 

Pour y (+) on obtient 

(+)(+) (+), etc.. 
Pour y (— ) on obtient 

(-) (-)(-), etc.. 






— 120 — 

Il en est de même pour les exponances de degré impair, en 
raison de la relation d'inversion des signes (+) et (— ), deux 
inversions négatives étant équivalentes à un Sens positif. 

UNIPLICATION 

Un autre cas particulier de la multiplication algébrique est 
celui où les Quotités numériques du multiplicande et du multi- 
plicateur sont égales, mais de Sens différents; ce n'est donc pas 
une exponation deux, puisque cette dernière opération exige, 
par définition, l'identité du multplicande et du multiplicateur; 
de là, la nécessité de définir par un terme particulier cette mul- 
tiplication, qui est d'une forme spéciale, et que j'appelle uni- 
plication, dont le type est de la forme 

(+ a) X (-«)(•= -a 1 - 

Le degré de l'uni plication peut varier comme celui de l 'ex- 
ponation ; elle aboutit à des produits positifs si le nombre de 
facteurs négatifs qui existent dans les uniplications est pair ; 
dans ce cas le produit est équivalent à une exponance positive 
de même degré. Si le nombre des facteurs est impair, le produit 
de l'uniplication est négatif, 

(+ a)* f (+ a) (+ a) (- a) (- a). 

RACINE IMAGINAIRE 

Ce produit — a 2 n'a pas de racine carrée, puisque l'expo- 
nance deux, d'une alquotité quelconque, est positive. 

La sous-exponation deux de — a 2 ou y — a 2 , est une 
opération contradictoire avec la définition de la sous-expona- 
tion, et l'on a appelé le résultat d'une pareille opération, racine 
imaginaire. 

Gomme le terme « imaginaire » a dans le langage courant 
une signification précise qui parait offrir une certaine analogie 



— 121 — 

avec le cas y — a 2 , l'esprit tend à la transporter dans le 
langage mathématique; cela amène une confusion et des inter- 
prétations regrettables; il y a lieu de modifier l'emploi du mot 
« imaginaire » qui fausse la compréhension de l'alquotité 

y — a ' c l u 'il qualifie; car y — a- n'est pas plus imagi- 
naire que a ou — a; il est abstrait comme le nombre, mais 
possède une propriété abstraite complémentaire à celle de quo- 
tité, c'est pourquoi je propose d'appeler y — a 1 un Sur- 
nombre. 

Pour interpréter ce surnombre, décomposons-le en deux fac- 
teurs : 

Y - a" (= V (-1) x a a (= a V {- 1) . 

Le symbole y — 1 ajouté au nombre a, exprime bien 
sa qualité de surnombre et rappelle l'origine de sa formation 

grâce au signe ( — ) de y ( — 1) qui fait que (— 1) est de 
Sens contraire à a, qui, par définition, est positif. 

Bien que la sous-exponation d'un Sens ne puisse correspon- 
dre à rien, puisque ce n'est pas une Quotité, ce symbole est très 
expressif et très logiquement conçu et formé, car il indique 
l'origine du nombre obtenu par la superposition des symboles 

y ( — ) et y 1, qui rappellent que la Quotité numérique 

de y a 2 est égale à celle de y (— a) 2 , mais qu'elle en est 
très différente au point de vue du signe; l'interprétation de 

y ( — 1) est capitale, j'y insiste ; y ( — 1) n'a pas de signi- 
fication numérique; sa première partie ( — ) indique un Sens 
et ne peut pas être soumise à la sous-exponation. Quant au chif- 
fre 1, il ne représente pas l'unité; il indique simplement le 
rapport d'identité numérique qui existe entre ( — a) 2 et a 2 , 






122 

sorti du radical ; ce chiffre ne peut être considéré comme exis 
tant en dehors du symbole du Signe ( — ) et ne saurait être con- 
fondu avec une Quotité unité. 

En résumé, le surnombre a y — 1 , comme toutes les alquo- 
tités, est formé de deux termes ; a est le résultat de l'opération 

arithmétique; et y — 1 définit le rôle des Sens différents des 
deux facteurs numériquement égaux (-\-a) et ( — a) qui ont 
formé ( — cr 2 ), et indique l'impossibilité de la sous-exponation 

deux : y — a-, tout en montrant son résultat algébri- 



aV-\ 



que a y — 1 ditlérent de a, résultat arithmétique. 



III. — OPÉRATIONS GÉOMÉTRIQUES 

Les opérations sur les Métriquotités sont tricomplexes, puis- 
qu'elles doivent tenir compte de la Direction, de la Quotité et 
du Signe; elles sont spaciales. 

L'addition de vecteurs parallèles se réduit à l'addition 
d'alquotités, c'est une opération algébrique, puisque la direc- 
tion est unique (1). 

L'addition de vecteurs quelconques se fait en les portant 
bout à bout ; la fig. 2 donne le résultat de l'addition de AB et 
BjGdela.fig.-l, 

(+ï) + (+*)■ 

La Quotité du total n'est plus le total des Quotités des Métri- 
quotités composantes. 

Le total est ici une résultante indiquée par le signe ^~ ^ , 
différent de — , car la Nature de l'égalité n'est pas la même, 

ÂB + BG^^ÂG. 



(1) Deux lignes égales parallèles et de môme sens ont été nom- 
mées Equi/jollentes par Giustus Billavitis. Padoue. 1835. 



— 123 — 

La soustraction se fait en portant le diminuteur inversé BG à 
la suite du diminuande AB, puisqu'il est compté en sens inverse 
du Sens additif par définition. La fig. 3 donne le résultat de la 
soustraction de AB et B, G de la fig. 1 . 

La Quotité de la différence n'est pas celle de la résultante de 
l'addition changée de signe; a — b résultante soustractive, 
est différente de a + b résultante additive, aussi bien en 
Grandeur qu'en direction. 

Dans les multiplications de deux termes, on n'a plus le 
droit d'égaler les successivités (-{- a) ( — b) et ( — a) (+ fr), car 
elles correspondent à des figures différentes; le changement de 
l'ordre des facteurs modifie la position des produits dans 
l'espace. 

Si la direction des valeurs a est OA positif fig. 4 , OA, est 
négatif. 

Si la direction des valeurs,?? est OB positif; OB, est négatif. 

(+â) X (+6) f OAGB positif. 
Ç^~â) X Ç^b) =f OA, C, B, positif. 
(-ha) X (^b) § OAD, B, négatif. 
Ç^) X (+6) f OA, DB négatif. 

Le graphique représentatif des produits de deux Métriquo- 
tités, indique les différences qui existent entre les alquotités 
et les vecteurs. 

De plus, il montre que (-)- a) X (+ b) et (— a) X ( — b), 
sont représentés par des surfaces égales, puisqu'elles sont super- 
posables, mais placées de telle façon l'une par rapport à l'autre, 
que les diagonales OG et OC, sont dans le prolongement l'une 
de l'autre et ont, par suite, la même direction; c'est la direc- 
tion de la translation qui permet la superposition. 

Cette direction commune est la représentation de la valeur 
additive et non positive des deux produits, dont les deux vec- 
teurs ont le même Sens. 

Cette propriété existe également pour les deux surfaces sous- 



— 124 — 

tractives OBDAj et OBjDjA qui représentent les produits 

(-h b) X ( — cl) et ( — b) X (-|- a), de sorte que le changement 
de signe des Grandeurs a et b dans la multiplication de deux 
vecteurs, équivaut à déplacer le parallélogramme représentatif 
parallèlement aux directions des vecteurs, ou à faire tourner la 
diagonale OC de ce parallélogramme d'un angle COD, qui varie 
avec les directions des vecteurs que l'on multiplie. 

La position du produit, par rapport aux repères, change avec 
Tordre et le signe des Quotités; de plus, sa valeur numérique 
ne reste la même que si les directions du multiplicande et du 
multiplicateur ne changent pas. 

Le produit varie donc avec les directions des vecteurs. 

Il en résulte géométriquement que (-f cl)* est différent de 
( — a) 2 , alors qu'algébriquement 

(+<*)*(= (-<»)»(= a* (1). 

Dans le cas de l'uniplication, if est facile de constater que les 
diagonales des parallélogrammes représentatifs des produits de 
l'uniplication, sont à angle droit sur les diagonales des paral- 
lélogrammes de (+ a) X (-f- a) et ( — a) X ( — a), quelles que 
soient les directions des côtés de ces parallélogrammes, c'est- 
à-dire les directions des vecteurs que l'on multiplie. Ce résultat 
est indiqué par les — de la fig. 4, qui correspondent à : 
(+a) (+a); (—a) (+a); (-a) (-a) et (+ a) (—a). 

Multiplier une Métriquotité ou un vecteur par y ( — 1), c'est 

donc le faire tourner de 90°, comme multiplier un vecteur par 

( — 1), c'est-à-dire le changer de signe, c'est le faire tourner de 

180°, puisqu'on porte ce vecteur en sens inverse sur sa propre 

direction ; il en résulte cette relation singulière entre deux 

signes 

(-1) 180° __ 1 

* 90° ~~ 2 






Y 



(-i) 



(1) Pour être logique, le signe d'égalité entre vecteurs doit donc 
bien être différent de celui de l'égalité numérique et de celui de 
l'égalité algébrique. 



— 425 — 

qui concrétise bien le caractère tout conventionnel des symboles 

mathématiques (— 1) et y ( — i); car dans cette expression 
( — 1) , le symbole (~ 1) représente le résultat d'opéra- 

tions différentes au numérateur et au dénominateur et non pas 
l'unité numérique. 

Le symbole y ( — 1), qui est sans interprétation algébri- 
que ni arithmétique, a une signification très nette au point de 
de vue géométrique. 

Il s'applique exclusivement aux grandeurs dirigées, c'est- 
à-dire aux vecteurs. 

De là l'emploi, de la théorie des imaginaires, dans la repré- 
sentation des courants alternatifs. 

Son usage plus fréquent dans l'enseignement, montrerait que 

ce symbole y — J n'a rien d'imaginaire et, qu'au contraire, 
appliqué aux vecteurs ou Métriquotités, il représente une rotation 
à angle droit dans un plan, tandis qu'appliqué aux alquotités 
et aux Nombres, il est sans signification ; vouloir l'interpréter 
dans ces deux derniers cas, est une recherche contradictoire, 
comme en arithmétique, est contradictoire la soustraction d'un 
diminueur plus grand que le diminuande; c'est une impossibi- 
lité, par définition, et, par suite, une impossibilité absolue, 
puisqu'elle s'applique à des conventions entièrement subjec- 
tives. 

La multiplication de trois vecteurs fournira comme repré- 
sentation un volume parallélipipédique oblique, qui deviendra 

(1) L'abbé Buée indiqua le premier, en 1805, que le vecteur auquel 

s'applique le symbole V — 1 est perpendiculaire à la droite qu'il 
multiplie ; mais la distinction n'est pas faite, entre —1, soustraction 
de 1, et le symbole de la direction (—1), indiquant que le vecteur 
auquel il s'applique est pris pour unité et changé 'de Sens. 

SOC. li'niST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXXVl). 12 



— 126 — 

un parallélipipède droit si chaque vecteur est à angle droit sur 
le plan formé par les deux autres. 




La Quotité numérique des produits reste toujours la même 
dans tous les cas, puisqu'elle est le produit arithmétique des 



— 127 - 

Nombres qui déterminent la longueur des vecteurs; mais le 
Sens des vecteurs et leur direction se combinent et donnent des 
produits géométriquement différents suivant l'inclinaison et 
Tordre dans lequel on multiplie les vecteurs entre eux ; le 
résultat de l'opération est une résultante et non un produit; 
dans le cas où les trois vecteurs a, b, c, peuvent chacun affec- 
ter les deux Sens (+) et ( — ) ; ceux-ci se combinent des huit 
façons suivantes (fig. 5) : 



SENS DES VECTEURS 


D1UECTION 

du 

produit 


a 


b 


c 


(+) 
(-) 

(-) 
(+) 

(-) 
(+) 

(+) 

(-) 


( + ) 

( + ) 

( + ) 
( + ) 


(+) 
(-) 

(+) 
(-) 

(+) 
(-) 

(+) 
(-) 


1 
5 

2 
6 

3 

7 

4 
8 



Il est facile de vérifier que les quatre directions 1-5, 2-6, 
3-7, 4-8, correspondent aux quatre diagonales du parallélipi- 
pède. 

QUOTITÉS COMPLEXES 

La Grandeur mathématique la plus complexe que nous puis- 
sions former, en ce qui concerne sa Nature propre, sera de la 
forme 



a+b 



V 



i-n 



- 128 — 

c'est-à-dire une Quotité qui contient à la fois des nombres et 
des surnombres. 

Les grandeurs de la forme a-\-by — 1 sont dites Nom- 
bres complexes. 

En tant que Nombres ou alquotités, ils sont irreprésentables 
à l'esprit puisqu'ils ne correspondent à aucun objet, à aucun 
acte réel; mais, comme Métriquotités, ils serventà la représen- 
tation de tous les points de l'espace autour d'un point d'origine, 
si a et b sont des vecteurs ou des produits de vecteurs, comptés 
à partir de ce point origine. 

NOMBRE INDÉFINI 

Indéfini, bien différent de non défini, veut dire ici que le 
Nombre, si petite que soit la dernière partie aliquote qui le 
constitue, dans le système décimal, ne peut représenter com- 
plètement, par rapport à l'unité, la Quotité arithmétique qu'il 
exprime. 

Ces nombres, pour la plupart des auteurs, sont des nombres 
irrationnels. 

Cette définition a un tort grave, c'est de laisser supposer, 
par opposition de signification, que les nombres entiers ou dé- 
cimaux exacts sont plus rationnels, (en raison de la significa- 
tion courante de ce terme) que les nombres irrationnels. 

Pour éviter cette confusion terminologique je distingue les 
nombres indéfinis en deux classes, suivant qu'ils sont repré- 
sentables exactement par d'autres nombres, ou que cette repré- 
sentation est impossible. 

1<> Lorsque le Nombre indéfini est représentable exactement 
et rigoureusement par des nombres et des rapports de nom- 
bres, il constitue un Nombre indécimal. 

Telles sont les fractions périodiques simples ou composées. 

7 _„ „ .'„„ 7 7000 7 

Ainsi, — = 0,777.... =0,70 + — , car 



9 90 7 9000 9 

70 7 6300-4-700 



100 90 9000 



— 129 — 

— est donc exprimable par le total d'une fraction déci- 

o 

maie (1) et d'une fraction indécimale ou non décimale, de là le 
terme de nombre indécimal proposé ; 

2° Lorsque le Nombre indéfini n'est pas représentable rigou- 
reusement par des nombres décimaux ou indécimaux, il est 
incommensurable . 

C'est le cas du total de certaines séries décroissantes; du 

nombre tc; de y 2; y 3... etc. 

Ces nombres incommensurables n'ont de rapport numérique 
exact ni avec l'unité, ni avec ses parties aliquoles. 

Ils peuvent, parfois, être représentés par des combinaisons 
de vecteurs ou des figures géométriques, lorsqu'ils qualifient 
des Métriquotités. 

DIFFÉRENTES SIGNIFICATIONS DE L'UNITÉ 

L'unité peut, matbématiquement, représenter des grandeurs 
bien différentes. 

1 l'unité arithmétique est simple. 

Ses exponations sont des produits et, par suite, sont des quo- 
tités composées, bien que, numériquement, elles lui soient 
égales. 

(-(-1)- et ( — l) 2 sont quadricomplexes ; ils sont équivalents 
à l'unité positive. 

(-|-1) X ( — 1) et (—1) X (+ 1) sont quadricomplexes et 

h/ 

équivalents à l'unité négative; il en résulte que y — l a n'a 

qu'une signification vectorielle, sans rapport avec une opéra- 
tion numérique; y — l 2 indique une opération de change- 

(1) Simon Stevin ou Simon de Bruges (1518-1620), passe pour l'in- 
venteur des fractions décimales ; mais dans son Arithmétique, Ley 'de, 
1585, il déclare qu'on les a employées avant lui ; il imagina la numé- 
ration duodécimale, fit le premier usage des exposants fractionnai- 
res, et indiqua la théorie des logarithmes. 



— 130 — 

ment de position bien définie pour les grandeurs qui compor- 
tent cette notion; pour les autres, elle n'a et ne peut avoir 
aucun sens. 

Pour éviter des confusions trop fréquentes entre l'unité et le 
zéro, avec le résultat d'une opération dans laquelle les termes 
comparés sont identiques, il faudrait créer des symboles parti- 
culiers pour le « zéro » et le « un » exprimant une identité 

numérique y — 1 ne pourrait plus être confondue avec 



v 



— « un au carre 



J'espère que ces considérations élémentaires, qui ont éclairci 
certains points jusqu'alors obscurs dans mon esprit, permet- 
tront de mieux saisir le rôle abstrait ou qualificatif des mathé- 
matiques, en même temps que les différences fondamentales 
et caractéristiques qui existent entre les Nombres, les Quotités 
algébriques et les Grandeurs géométriques. 



ÉLECTION DU BUREAU POUR 1904 

Après un vote conforme aux statuts de la Société, le Bureau 
pour 1904 est ainsi composé : 

Président : M. Roule. 

Vice-présidents : MM. Laromiguière et Abelous. 

Secrétaire-général : M. Ribaut. 

Secrétaire-adjoint : M. Ufferte. 

Trésorier : M. de Montlezun. 

Bibliothécaires archivistes : MM. de Lastig et Chalande. 
Conseil d' Administration : MM.Caralp et de Rey-Pailhade. 
Comité de Publication : MM. Crouzil, Garrigou, Juppont, 

Lamic. 



LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 



Société académique des sciences et arts, à Saint-Quentin. 

Académie d'Hippone, à Bône. 

Société d'émulation, à Moulins. 

Revue scientifique du Bourbonnais, à Moulins. 

Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

Société ariégeoisedes sciences, lettres et arts, à Foi*: 

Académie d'agriculture et des sciences, à Troyes. 

Société des sciences et des arts, à Garcassonne. 

Société scientifique de l'Aude, à Garcassonne. 

Société des lettres, sciences et arts, à Rodez. 

Société de géographie, à Marseille. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres. 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Académie de La Rochelle. 

Société d'Histoire naturelle, à Pons. 

Société archéologique, à Brives. 

Académie des sciences et belles-lettres, à Dijon. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Semur. 

Société d'émulation des Côtes-du-Nord, à Saint-Brieuc. 

Société d'émulation, à Montbéliard. 

Société départementale d'archéologie, à Valence. 

Société académique, à Brest. 

Académie de Nîmes. 

Société d'études des sciences naturelles, à Nîmes. 

Société scientifique, à Alais. 

Société des sciences physiques et naturelles, à Bordeaux. 

Société de géographie commerciale, à Bordeaux. 

Société linnéenne, à Bordeaux. 



— 132 — 

Société d'études des sciences naturelles, à Héziers 

Société archéologique, scientifique, à Bézicrs. 

Académie des sciences, à Montpellier. 

Société de géographie de Montpellier. 

Société de statistique des sciences naturelles, à Grenoble. 

Académie delphinale, à Grenoble. 

Société d'émulation, à Lons-le-Saulnier. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Saint- Etienne. 

Société académique, à Nantes. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Nantes. 

Société des sciences et des lettres, à Blois 

Société d'agriculture, sciences et belles-lettres, à Orléans. 

Société de Borda, à Dax. 

Société des études scientifiques, à Cahors 

Société d'agriculture, sciences et arts, à Agen. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Mende. 

Société des études scientifiques, à Angers. 

Société des Sciences naturelles, à Cherbourg. 

Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle de la 

Manche, à Saint-Lô. 
Société polymatique, à Vannes. 
Société des sciences naturelles, à Reims. 
Société d'agriculture, à Ghalons. 
Société des sciences et arts, a Vitry-le-François. 
Académie de Stanislas, à Nancy. 
Société nivernaise des sciences, à Nevers. 
Société d'agriculture, sciences et arts, à Douai. 
Société dunkerquoise, àDunkerque. 
Société géologique du Nord, à Lille. 
Revue biogogique du nord de la France, à Lille. 
Académie d'archéologie, sciences, à Beau vais. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Glermont-Ferrand. 
Société des sciences et arts, à Rayonne 
Société Ramond, à Bagnèresde-Bigorre. 
Société agricole, sciences et littérature, à Perpignan. 
Société des sciences, lettres et arts, à Pau. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Lyon. 
Société d'agriculture, histoire naturelle et arts, à Lyon. 



— 133 — 

Société botanique, à Lyon. 

Société Linnéenne, à Lyon. 

Société des sciences naturelles, à Tarare. 

Académie de Mâcon. 

Sooieté d'agriculture, sciences et arts, Le Mans. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Ghambéry. 

Comité ornithologique international, à Paris. 

Société de Spéléogie, à Paris. 

Feuille des jeunes naturalistes, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Paris. 

Société entomologique, à Paris. 

Société géologique, à Paris. 

Société de botanique, à Paris. 

Société philomatique, à Paris. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles. 

Société havraise d'études diverses, au Havre. 

Société géologique de Normandie, au Havre. 

Société des amis des sciences naturelles, à Rouen. 

Société industrielle, à Rouen. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Amiens. 

Société linnéenne du nord de la France, à Amiens. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Montauban. 

Société des études scientifiques, à Draguignan. 

Société d'émulation, à Epinal. 

Société des sciences historiques et naturelles, a Auxerre. 

Société belfortaise d'émulation, à Belfort. 

Entomological society of London, à Londres. 

Geological society of London, à Londres. 

Académie royale des sciences, lettres, beaux-arts, à Bruxelles. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

Société belge de microscopie, à Bruxelles. 

Société royale belge de géographie, à Bruxelles. 

Société de géographie d'Anvers. 

Société géologique de Belgique, à Liège. 

Musée du Congo, à Bruxelles. 

Societad geografica, à Madrid. 

Institut royal grand-ducal de Luxembourg-, 



— 134 — 

Societa italiana di scienze naturali, à Milan. 

Societa del naturalisa, à Modena. 

Societa toscana di scienze naturali, à Pise. 

Academia délie scienze dell instituto di Bologne, à Bologne. 

Gomitato geologico d'Italia, à Rome. 

Societa veneto-trentina di scienze naturali, à Padova. 

Societa entomologica italiana, à Firenze. 

Societa romana per gli studi zoologici, à Rome. 

Revista di pathologïa végétale, universita di Gamerino 

Entomologisk tidskrift, à Stockolm. 

Geological institution of Upsala, à Upsala. 

Societad de instruccao, à Porto. 

Gommissao dos trabalhos geologicos de Portugal, à Lisboa. 

Société impériale des naturalistes de Moscou, à Moscou. 

Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg. 

Sallskapets pro flora et fauna fennica, à Helsingfors. 

Société vaudoise des sciences naturelles, à Lausanne. 

Institut national genevois, à Genève. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Bâle. 

Société muritienne du Valais, à Aigle. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Zurich. 

Société fribourgeoise des sciences naturelles, à Fribourg. 

Société helvétique des sciences naturelles, à Genève. 

Société des sciences naturelles, à Fribourg. 

Naturhistorischen Gesellschaft in Golmar, à Golmar. 

Bibliotheca zoologica Universitât Halle, h Leipzig. 

New- York state muséum, à New- York. 

New-York academy of sciences, à New-York. 

Geological and natural history survey of minesota, à Minneapolis- 

Minesota. 
Academy of natural sciences of philadelphia, à Philadelphia. 
American monthly microscopical journal, à Washington. 
Gonnecticut academy of arts and sciences, à New Haven,Gonnecticut 
Rochester of sciences, à Rochester. 
Smithsonian institution, à Washington. 
United states national muséum, à Washington. 
United states geological survey, à Washington. 
Second geological survey of Pensylvania, à Harisburg Pensylvania. 






- 135 — 

American academy of arts and sciences, à Boston. 

Boston society of natural history, à Boston. 

Davenport academy of natural sciences à Davenport, Iowa. 

Wisconsin academy of sciences, arts and lettres, à Madison. 

Meriden scientific association à Meriden Gonnecticut, 

Missouri botanical garden à Saint-Louis. 

Wisconsin geological and natural history survey, à Madison. 

Nova scotian institute of science, à Halifax. Nova Scotia. 

Instituto fisico geografico nacional à San José de Costa Rica. 

Academy nacional de ciencias en Gordoba, à Buenos-Ayres. 

Instituto geografico argentino, à Buenos-Ayres. 

Archivos de museo nacional, à Rio de-Janeiro. 

Société scientifique du Chili, à Santiago. 

Museo nacional de Montevideo, à Montevideo. 

Madras gouvernement muséum, à Madras. 

Société allemande, Yokohama. 

Societas geologica tokyonensis, à Tokyo. 



TABLE DES MATIERES 

DE L'ANNÉE 1903 



Séance du 7 janvier 12 

— 21 - 21 

— 11 février 23 

— 4 mars 29 

— 18 — 45 

— ' 8 avril 54 

6 mai 65 

— 13 — 70 

— 17 juin 75 

l«juillet 83 

18 novembre 93 

— 2 décembre 95 

Liste des membres au 1 er mars 1903 . 7 

Admission de nouveaux membres 70 

Nécrologie 75 

Composition du Bureau de 1903 5 

Elections du Bureau de 1904 130 

Liste des Sociétés correspondantes 431 



138 — 



Communications. 

S C I E N C ES BOT A N I Q U E S 

Clos. — Le Noyer noir d'Amérique, arbre d'avenue à 

Toulouse 45 

Lamig. — Excursion dans la région des lacs d'Au- 12 

vergne 12 

SCIENCES ZOOLOGIQUES 

Chalande. — Myriopodes de France 65 

— Sur le sens de la direction chez les reptiles et les 

batraciens 73 

— Cas d'hermaphrodisme chez un Myriopode 91 

Cluzet. — Sur l'examen des coupes d'os au microscope 

polarisant 70 

SCIENCES BIOLOGIQUES ET KNERGÉTIQUES 

Abelous. — Sur quelques prétendues propriétés ré- 
ductrices du Philothion de M. de Rey-Pailhade. . 60 

— Remarques à propos de la communication de M. de 

Rey-Pailhade; complément à la communication 

faite à la précédente séance 80 

Aloy. — Sur l'existence d'un ferment réducteur dans 

le règne végétal 93 

Juppont. — Sur un programme d'expériences d'éner- 
gétique musculaire 54 

Maurel. — Rapport du poids de la rate au poids total 

et à la surface totale de l'animal 23 

De Rey-Pailhade. — Considérations sur les recher- 
ches de MM. Rach et Ratelli sur la dégradation des 
hydrates de carbone dans l'organisme vivant. Rôle 
probable du Philothion | 

— Sur les propriétés réductrices du Philothion. Ré- 

ponse à M. Abelous 



139 — 



MISCELLANEES 



Albac.nac. — Note sur les formules de la résistance 
des matériaux et les épreuves de réception des 
des ouvrages de béton armé 29 

Juppont. — Sur la formation des grandeurs mathé- 
matiques 95 

De Galignac Fénelon. — Excursion faite en oc- 
tobre 1902, dans la forêt d'Iraty 21 



Toulouse. — Imprimerie LAGABDE et SEBILLE, rue Romiguières, 2 



TABLE DES MATIERES 

DE L'ANNÉE 1903 



Séance du 7 janvier 12 

— 21 - 24 

— 11 février. . 23 

— 4 mars 29 

— 18 - 45 

— 8 avril 54 

— 6 mai 65 

— 13 — 70 

— 17 juin 75 

— ^juillet 83 

— 18 novembre 93 

— 2 décembre 95 

Liste des membres au 1 er mars 1903 7 

Admission de nouveaux membres 70 

Nécrologie. 75 

Composition du Bureau de 1903 5 

Elections du Bureau de 1904 130 

Liste des Sociétés correspondantes 131 



— 138 - 
Communications. 

SCIENCES BOTANIQUES 

Clos. — Le Noyer noir d'Amérique, arbre d'avenue à 

Toulouse 45 

Lamic. — Excursion dans la région des lacs d'Au- 12 

vergne. 12 

sciences zoologiques 

Chalande. — Myriopodes de France 65 

— Sur le sens de la direction chez les reptiles et les 

batraciens 73 

— Cas d'hermaphrodisme chez un Myriopode 91 

Cluzet. — Sur l'examen des coupes d'os au microscope 

polarisant 70 

sciences biologiques et énergétiques 

Abelous. — Sur quelques prétendues propriétés ré- 
ductrices du Philothion de M. de Rey-Pailhade. . 60 

— Remarques à propos de la communication de M. de 

Rey-Pailhade; complément à la communication 

faite à la précédente séance 80 

Aloy. — Sur l'existence d'un ferment réducteur dans 

le règne végétal 93 

Juppont. — Sur un programme d'expériences d'éner- 
gétique musculaire 54 

Maurel. — Rapport du poids de la rate au poids total 

et à la surface totale de l'animal 23 

De Rey-Pailhade. — Considérations sur les recher- 
ches de MM. Bach et Batelli sur la dégradation des 
hydrates de carbone dans l'organisme vivant. Rôle 
probable du Philothion 75 

— Sur les propriétés réductrices du Philothion. Ré- 

ponse à M. Abelous 83 



— 139 



MISCELLANÉES 



29 



Albagnac. - Note sur les formules de la résistance 
des matériaux et les épreuves de réception des 
des ouvrages de béton armé 

Juppont. — Sur la formation des grandeurs mathé- 
matiques q r 

De Salignac Fénelon. — Excursion faite en oc- 
tobre 1902, dans la forêt d'Iraty ^1 



3 MAY. 1904 



Toulouse. - Imprimerie LA GARDE et SEBILLE, 



rue Romigiijèn 






SOCIETE D'HISTO Kfc NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à iS h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de .Piémusat, 

les 1 er et 3« merer». 4; te çh^m \ 
du 2 m * mercredi de Novemb mercredi àc Allet. 



MM . les Membres sont instair • ient priés de faire corn, 
au secrétariat leurs fe) aiigements de domicile. 



Adresser les envois d'r gHjt au trésorier, M. de Montlezitn, 
Quai de "ounis, 106, Toulouse. 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XXXVII - 1904 




TOULOUSE 

TYPOGRAPHIE LAGARDE et SEBILLE 

EUS ROMIGUIÊRE S , 2 

1904 





r. 




- 

SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES EIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 




TOME TRENTE-SEPT. — 1904 

Janvier-Février — IV 0S 1-2 

SOMMAIRE U 

Communications ^-.z_j?1— *^ 

J. Aloy. — Sur le ferment réducteur et le mécanisme des oxy- 
dations chez les végétaux 12 

H. Ribaut. — Description de quatre nouvelles espèces fran- 
çaises du genre Ixilus (myriopodes) 15 

Lamic — Une plante rare de la flore française 28 

J. Audigé. — Note sur l'étisie des poissons d'eau douce 20 

\ 

\ 



TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK ttOMIGUlÈHES 2. 

1904 

Siège d» la Société, 17, rue de Rémusat 





Entrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de ^ouloust 






Art. I er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Tito- 
taires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivré* 
par le Trésorier. 

Art. lt. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoii 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L'élection des membres du Bureau, du Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus imméliatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etont lieu tous les I er et 3, 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juiliet inclusivement^ 

An. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membre* 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter II 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. II peut 
obtenir des tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser le 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, revien- 
dront de droit à la ville de Toulouse. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XXXVII. — 1904 




TOULOUSE 

TVrOGRAPHlE LAGARDE et SEBILLE 

RUE ROMIGUIERE S . 2 

1904 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 
POUR L'ANNÉE 1904 



Président M. Roule. 

ier Vice-président M. LAROMIGUIÈRE. 

2 e Vice -président M. Abelous. 

Secrétaire-général M. Ribauï. 

Secrétaire-adjoint M. Ufferte. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaires archivistes.. MM. de Lastic, Chalande. 

Conseil d'administration 

MM. Caralp, de Rey-Pailhade. 

Comité de publication 

MM. Crouzil, Garrigou, Juppont, Lamic. 



LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er MARS 1904 



MEMBRES- NES 



M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

MEMBRES HONORAIRES 

1866. M. D r Clos, #, Q I, correspondant de l'Institut, direc- 
teur du Jardin des Plantes, allée des Zéphirs, 2, 
Toulouse. 

1878. D r Hayden (F.-V.), directeur du comité géologique des 
Etats-Unis, Washington. 

1866. Giard (Alfred), >fy, professeur à la Sorbonne, 14, rue 
Stanislas, Paris. 

1872. De Rouville, #, Doyen de la Faculté des sciences, 
Montpellier. 

1891. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle 
(Prusse). 

MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

1900. D r Abelous, q I, professeur à la Faculté de médecine, 

rue Nazareth, 37, Toulouse. 
1903. D r Aloy (A), chargé de cours à la Faculté de médecine, 

rue Bayard, 5, Toulouse. * 



1904. Audigé, rue Pharaon, 12, Toulouse. 

1880. Azam (Henri), canal de Brienne, 24, Toulouse. 

1900. D r Baylac, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 

1900. Barthe, pharmacien, à Labarthe-de-Rivière (H. -G.) 

1900. D r Besaugèle, Grande-Allée, 7, Toulouse. 

1866. Bordenave (Auguste), chirurgien-dentiste, rue Croix - 
Baragnon, 5, Toulouse. 

1885. D r Br^emer, f| 1, professeur à la Faculté de médecine, 
rue des Récollets, 105, Toulouse. 

1866. De Galmels (Henri), prop., à Carbonne (Hte-Garonne). 

1900. Capéran, pharmacien, rue Alsace-Lorraine, 6, Toulouse. 

1883. Caralp, O ï, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Rémusat, 21, Toulouse. 
Cartailhag (Emile), ft, ï$ I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Chaîne, 5, Toulouse, (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules), rue des Paradoux, 28, Toulouse. 
1903. D r Cluzet, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 

rue de Metz, 40, Toulouse. 
1882. Comère, || A, rue Clémence-Isaure, 6, Toulouse. 
1878. Cossaune (Gustave), rue de Rémusat, 25, Toulouse. 
1900. Crouzil, Il A, rue Saint Remésy, 7, Toulouse. 
1903. D r Cugulières, boulevard Matabiau, 6, Toulouse, 
1902. Dedieu, pharmaeien, à Castillon Ariège). 
1900. Dieulafé, pharmacien, à Béziers (Hérault), rue Tren- 

cavel, 9. 
1900. Dore, p A, pharmacien, boulevard Carnot, 2, Toulouse. 
1885. Duffaut,^, vétérinaire-inspecteur à l'abattoir, Toulouse. 
1900. Escudiè, pharmacien. àMontastruc (Haute-Garonne). 

1875. Fabre (Charles), Q I, professeur adjoint à la Faculté 

des sciences, directeur de lastation agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga, U A, boulevard d'Arcole, 5, Toulouse. 

Fouque (Charles), rueEspinasse, 10, Toulouse (membre 

fondateur). 
D r Garrigou, H I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 36 bis, Toulouse (membre 
fondateur). 
1900. D r Gendre, Q A, rue Périgord, 10, Toulouse. 



_ 9 — 

1890. Gèze (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 
1889. Jammes, il A, maître de conférences à la Faculté des 

sciences, boulevard de Strasbourg, 17, Toulouse, 
1900. Juppont, O A, ingénieur, allée Lafayette, 55, Toulouse. 
1900. D r Laborde, pharmacien des hospices civils, Toulouse. 
1900. LACAZE(Marius), place des Carmes, 9, Toulouse. 
1900. Lagarde, imprimeur, boulevard de l'Embouchure, 1. 
1895 D r Lamic, p I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 
1886. Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 

Pantaléon, 3, Toulouse. 
1897. De Lastic, petite rue delà Dalbade, 5, Toulouse. 
1904. Levadoux, allées des Soupirs, 7, Toulouse. 
1904. Loup, allée des Soupirs, 7, Toulouse. 
1899. Manadé (Joseph), pharmacien, à Cazères(Hte-Garonne). 
1875. Martel, àCastelmaurou, près Toulouse (Ilte-Garonne). 

1888. D«- Maurel, O #, Q I, professeur à la Faculté de mé- 

decine, rue Alsace-Lorraine, 10, Toulouse. 

1885. Moquin-Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allée Saint-Etienne, 2, Toulouse. 
De Montlezun, O A, quai de Tounis, 106, Toulouse, 
(membre fondateur). 

Ï904. Paquier, chargé de cours à la Faculté des Sciences, 9, 
rue Bida, Toulouse. 

Ï882. Péragallo, &, commandant l'artillerie de l'arrondisse- 
ment de Bordeaux. 

1889. Prunet, #, p I, ^j, professeur à la Faculté des scien- 

ces, grande rue Saint-Michel, 14, Toulouse. 

1893. Pugens, pharmacien, rue Alsace-Lorraine, Toulouse. 

1892. Record, notaire, à Puycelcy (Tarn). 

1879. D r De Rey-Pailiiade, P A. ingénieur, 18. rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

1899. D r Ribaut, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 

rue des Prêtres, 14, Toulouse. 
1889. Rivière (Jean-Pierre), quai d'Alsace, 13, à Narbonne 
(Aude). 

1900. D r Roule, || I, professeur à la Faculté des sciences, rue 

Saint-Etienne, 19, Toulouse. 
1900. Salignac Fénelon (Vicomte de), allée Saint-Etienne, 1, 
Toulouse. 



— 10 — 

1900. Saloze, chimiste, rue Croix-Baragnon, 9, Toulouse. 

1867. D*- Thomas (Philadelphe), à Gaillac (Tarn). 

1889. Tournié, instituteur à Lara, par Grenade-sur-Garonne 

(Haute-Garonne). 
Trutat (Eugène), *fe, p I, à Foix (membre fondateur). 
1899. Ufferte, professeur à l'Ecole supérieure, rue Neuve- 

Montplaisir, 9, Toulouse. 
1902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz, ruePé- 

riiiord, 7, Toulouse. 



membres correspondants 

MM. 
1874. Baux, Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézenas (Hérault). 
1873. L'abbé Boissonade, professeur au petit séminaire de 

Mende (Lozère). 
1833. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Yalenciennes. 
1867. D' Caisso, à Çlermont (Hérault). 

1873. Gavalié, principal du collège d'Eymoutiers(Hte- Vienne). 
1867. Cazalisde Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre (E),sous-directeurdu MuseumdeLyon(Bhône). 
1871. De Chapel-d'Espjnassoux, avocat, Montpellier(Hérault). 

1885. Ghoffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D r Cros, 11, rue Jacob, Paris. 

1884. Néry-Delcado, 113, rua do Arco B. Lisbonne. 
1881. Galliéni, général, gouverneur de Madagascar. 

1901. Gavoy, à Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gènes (Italie). 

1874. Joucla, conducteurdespontsetchausséeià Foix (Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices, à Brive (Corrèze). 

1875. De Maïnof (W.), secrétaire de la Société de géographie, 

Saint-Pétersbourg. 

1886. Mercailhou d'Aymeric (H.), pharmacien à Ax (Ariège). 
1867. M assenât, manufacturier, à Brive (Corrèze). 

1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot-et- 
et-Garonne). 

1902. NoÉ, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 
1871. Piette (E.), juge au tribunal, Angers. 



- 11 — 

1873. D 1 ' Retzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm. 
1867. Marquis de Saporta, correspondant de l'Institut, à Aix 
(Bouches-du-Rhône). 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer. 
1867. Schmidt (W.), attaché au Musée desantiquitésdu Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint-Germain, près Puy- 

laurens (Tarn). 



SEANCE DU 6 JANVIER 1904 

Présidences successives de M. Juppont, président sortant, 
et de M. Roule, président pour 1904-1905. 



ADMISSIONS 



M. le D r Cugulières, présenté par MM. de Montlezun et Ribaut, 
est nommé membre titulaire. 



COMMUNICATIONS 

Sur le ferment réducteur et le mécanisme des 
oxydations chez les végétaux 

Par M. J. Aloy. 

Dans une récente communication, j'ai montré l'existence, 
dans le suc de pomme de terre, d'un agent réducteur trans- 
formant le nitrate de potassium en nitrite. Cet agent possède 
ja plupart des propriétés des ferments solubles ; il se dissout 
dans l'eau et la glycérine, il est précipité de ses solutions par 
l'alcool fort et se laisse facilement entrainer par certains pré- 
cipités, en particulier, par le phosphate tricalcique. En outre, 
son activité, comme celle des diastases, est supprimée par 
quelques minutes d'ébullition. 

Antérieurement, MM. Abelous et Gérard, avaient découvert 
un ferment réducteur analogue dans les organes des animaux 
supérieurs ; on pouvait donc se demander si ce ferment est loca- 
lisé dans certaines espèces ou bien si sa présence est constante 
dans les tissus des végétaux et des animaux. J'ai été ainsi amené 
à étudier la répartition du ferment dans les deux règnes. Voici 
le manuel opératoire que j'ai adopté : 

Les organes de l'animal ou l'animal tout entier, s'il s'agit 
d'un petit animal, sont passés dans une machine à pulper, 



— 13 — 

puis soumis à une pression de 250 à 300 atmosphères dans 
une presse hydraulique. Le suc recueilli est divisé en deux 
lots : 

a) 100 cc de suc chloroformé -+- 2 gr. de nitrate de potas- 
sium -f- gr. 5 de carbonate de sodium. 

b) Môme lot porté à l'ébullition. 

Après 20 à 25 heures de séjour à l'étuve à 39°-40\ la pré- 
sence de nitrites est recherchée dans les deux lots a l'aide du 
réactif de Tromsdorff (iodure de zinc amidonné) et de la méta- 
phénylènediamine. 

Dans le lot (a), j'ai trouvé des nitrites pour tous les animaux 
examinés (oiseaux, poissons, crustacés), j'ai aussi constaté la 
réduction, mais moins intense du nitrate de potassium par le 
suc de l'huitre et du ver de terre. La répartition du ferment 
n'est du reste pas uniforme. Le suc retiré de la chair muscu- 
laire des oiseaux est faiblement réducteur, le foie est au contraire 
très actif. 

La recherche des nitrites dans le lot bouilli (b)- conduit dans 
tous les casa un résultat négatif. 

Chez les végétaux, l'expérience est beaucoup plus délicate ; 
le ferment réducteur est en effet très peu actif et la présence 
d'amidon permet avec difficulté d'appliquer les réactions des 
nitrites. Néanmoins, j'ai pu manifester la présence du ferment 
dans les sucs de haricot et de pois chiches germes, dans les sucs 
de laitue et de champignon. 

L'existence d'un agent réduisant les nitrates parait donc un 
fait général dans les deux règnes. 

Quel est le rôle de ce ferment? Intervient-il dans les phéno- 
mènes d'oxydation? 

Des expériences en cours, poursuivies avec la collaboration de 
M. Abelous, préciseront le mécanisme des oxydations chez les 
animaux. J'examinerai simplement le cas des végétaux. On sait 
qu'il existe dans les organes des plantes des ferments oxydants 
analogues à la laccase fixant l'oxygène de l'air sur des substan- 
ces oxydables. M. de Rey-Pailhade, qui a eu le grand mérite 



— 14 — 

d'appeler l'attention des biologistes sur les phénomènes de réduc- 
tion d'ordre diastasique, a pensé qu'un ferment réducteur peut 
devenir oxydant en présence d'oxygène libre. D'après ce savant, 
le ferment réducteur serait constitué par une substance hydro- 
génée RH ou RH 2 ; par l'action de l'oxygène, il se formerait de 
l'eau et le radical R serait mis en liberté ; mais ce radical 
ne pourrait subsister et décomposerait l'eau pour régénérer 
R.H 2 , en même temps l'oxygène libéré se porterait sur les 
substances oxydables. Cette théorie est inacceptable : Tout d'a- 
bord, le choix du symbole RH 2 n'est pas heureux, car un 
agent chimique peut très bien être réducteur sans contenir de 
l'hydrogène. En outre, il n'existe aucun rapport entre la quan- 
tité de ferment réducteur et l'activité des oxydases. Je m'en 
suis rendu compte en plaçant divers sucs végétaux avec des 
solutions d'hydroquinone à 3 o/o et en agitant le mélange à l'air 
pendant deux heures par un mouvement de balançoire. J'ai 
trouvé, par exemple, que le suc de tubercule de pomme de terre' 
contient peu d'oxydase quoique réduisant les nitrates ; au 'con- 
traire le suc de laitue est très riche en oxydase et ne contient 
que de très petites quantités de ferment réducteur. 

En réalité, les oxydations produites par les oxydases sont en 
quelque sorte accidentelles et ne doivent pas être confondues 
avec les oxydations fonctionnelles. Ces dernières, ainsi que je 
l'établirai, sont sous la dépendance du ferment réducteur. 

Quant à l'influence du ferment réducteur sur les oxydases on 
pourrait la concevoir de la façon suivante : On suppose habi- 
tuellement que les oxydases sont constitués par des substances 
présentant plusieurs degrés d'oxydation. Imaginons un tel 
composé minéral ou bien organique pouvant exister sous trois 
états : sous-oxyde, oxyde, peroxyde. 

Le sous-oxyde fonctionne au contact de l'air comme une oxy- 
dase, le peroxyde cède son oxygène, l'oxyde intermédiaire est 
neutre. Si nous mettons l'oxyde (sous forme de sel), en présence 
d'une solution d'hydroquinone à 3 o/o et d'oxygène ou d'air, 
l'hydroquinone sera peu oxydé. Mais imaginons que dans la 






— 15 — 

solution nous placions du ferment réducteur, ce dernier ramè- 
nera l'oxyde à l'état de sous oxyde qui fonctionnera comme oxy- 
dase. 

Cette théorie a pour elle des anologies d'ordre chimique ; les 
oxydes des terres rares et d'un certain nombre de métaux ne 
fixent pas l'oxygène de l'air sur l'hydroquinone, mais fonction- 
nent comme oxydases en présence d'agents réducteurs tels que 
le glycose. 

Dans cette conception, le rôle du ferment réducteur serait de 
provoquer et d'entretenir l'activité de l'oxydase. 



SEANCE DU 20 JANVIER 1904 
Présidence de M. Roule, président. 



COMMUNICATIONS 

Description de quatre nouvelles espèces françaises 
du genre Iulus (myriopodes). 

Par H. KiuAUT (1). 

Deux années de chasse, au printemps et en automne, dans 
la partie de la vallée de la Garonne comprise entre Saint-Béat 
et la frontière espagnole, m'ont permis de récolter onze espèces 
de Iulides, parmi lesquelles quatre sont déjà connues, trois 
n'ont pu être identifiées faute de mâles et quatre n'ont pas en- 
core été décrites. Ce sont ces quatre espèces que je vais décrire 
dans cette note. 

Les espèces connues sont : lulus belgicus Latz., Schizophyl- 



(1) Il m'est agréable de remercier ici M. H. W. Brôlemann, le 
lavant myriopodologiste français bien connu, dont j'ai souvent mis 
I contribution l'obligeance, et en particulier au sujet des elescrip^ 
tions que je publie. 






— 16 — 

luni mediterraneum Latz., Schiz. ilicis Brôl., Tachypocloia- 
lus albipes C. K. 

Iulus (Leptoiulus) gariimnicus n. sp. 

Coloration générale variant du brun clair au brun presque 
noir. Le métazonite est de couleur uniforme, plus claire que la 
couleur foncière du prozonite. Celui-ci présente des marbrures 
formées de gros points clairs, irréguliers , plus denses sur les 
côtés du ventre où ils forment une grosse tache arrondie. En 
face du pore répugnatoire se trouve un petit espace dépourvu 
de points clairs. Pattes blanchâtres à extrémités rembrunies. 
Antennes gris plus ou moins clair. 

Corps cylindrique, grêle, à reflets soyeux. Le bord posté- 
rieur des segments porte des soies espacées, plus rares dans la 
moitié antérieure du corps. 

Dimensions : long. 23 à 26 mm , larg. 1 à l,5 nim . 

Tête lisse, glabre, quatre sillons sur la lèvre supérieure, 
deux points piligères sur le front. Ocelles bien distinctes, grou- 
pées en triangle à base légèrement arrondie. Antennes attei- 
gnant le quatrième segment. 

Premier segment à ponctuation strigueuse, plus dense sur 
les côtés. Le bord antérieur est nettement rebordé sur les côtés 
au-delà des yeux. 

Les prozonites sont lisses, brillants avec quelques courtes 
strioles presque imperceptibles contre la suture. Les métazoni- 
tes portent des sillons larges, profonds, progressivement aminci s 
à leur extrémité antérieure, brusquement à leur partie posté- 
rieure, laissant entre eux des intervalles formant des côtes ar- 
rondies. L'extrême bord postérieur des segments est orné de 
stries très serrées et très courtes. 

Les sillons nuls sur le segment préanal sont très effacés ou 
même quelquefois nuls sur les deux segments précédents. La 
s uture est bien marquée. Les pores répugnatoires sont petits, 
situés dans le métazonite à une certaine distance de la suture. 



— 17 — 

Le segment préanal porte deux à trois rangées transversales de 
longues soies. Il se prolonge à son bord postérieur en une 
pointe dépassant fortement les valves anales, à extrémité très 
aiguë et translucide. 

Valves anales finement rebordées, à surface irrégulière, hé- 
rissées de soies nombreuses. Ecaille ventrale nettement déta- 
chée à poinle aiguë et translucide. 

Nombre de segments, 54-60 ; 3 à 4 segments apodes. 

Mâle : première paire de pattes en forme de crochets à cour- 





I II 

lulus garumnicus. I. Hanches de la deuxième paire (face postérieure et penisX 
— II. Hanches de la deuxième jiaire (face antérieure). <ir. "i. 

bure arrondie, présentant une saillie conique à la base du côté 
interne. Hanches de la deuxième paire prolongées en avant de 
l'insertion fémorale. Ce prolongement, qui atteint environ la 
moitié de la longueur de l'article suivant, est en forme de ca- 
puchon carré à son extrémité, légèrement échancré sur le côté 
externe de la face antérieure, fortement échancré sur le côté 
externe de la face postérieure. Tarses sans coussinets ni bour- 
relets. Pénis légèrement bilobé à l'extrémité, à bords parallèles. 

Pattes copulatrices : Paire antérieure allongée, à bords pa- 
rallèles (vue par la face antérieure), à extrémité oblique, lar- 
gement arrondie. Le bord interne présente à la base seulement 
un rudiment de saillie très obtuse. Flagellum mince, effilé à 
l'extrémité. 

Lame antérieure de la paire postérieure un peu plus courte 
que la paire antérieure, à extrémité arrondie. Ti onc de la 

SOG, U'UIST. NATURELLE DE TOULOUSE, (t. XXSVIl). 2 



- 18 — 




Juins (jarumnicus. Pattes cppuhtrices, 

paire antérieur! (face antérieure) blés) 
Gr. : 74. 



lame postérieure (vu de profil) graduellement dilaté de la base 
au sommet; alêne grêle, de longueur un peu variable, attei- 
gnant généralement la moitié de la hauteur du tronc. Pavillon 
bien développé, visible en avant de l'andouiller antérieur; son 

bord antero-externe est retourné 
vers l'intérieur et appliqué contre 
le tronc ; il est presque aussi long 
que le bord postero-interne ; l'angle 
postero-interne se croise avec la 
pièce analogue de l'autre moitié de 
l'organe. Andouiller postérieur nul 
(ou peut-être représenté par une 
petite saillie de dimensions varia- 
Andouiller antérieur bien 
développé, droit ou un peu sinueux 
pourvu à sa base d'une petite 
lamelle. Godet fermé. Une pe- 
tite pointe sous le godet, dirige 
vers le rameau. Rameau moyen- 
nement développé, son bord in- 
férieur arrondi, son bord supé- 
rieur irrégulièrement denticulé. 
J'ai trouvé cette espèce, sur- 
tout en octobre, en compagnie 
de /. belgicus, mais beaucoup 
moins communément que lui, 
sous les pierres, les détritus d( 
jardins, aux environs de Saint- 

Iulus garumnicus l'attos copulatrices (profil 

interne). Gr. : 74. Réat (Haute- Garonne) (altitudi 

500 mètres). Je l'ai trouvé aussi une fois en avril sous une pierre 
à Fos, près de la frontière espagnole (altitude 800 mètres). 

Cette espèce diffère essentiellement de 1. Kerviilei Broie., 
Odieri Broie., silvicola Broie, par l'absence d'un prolongement 
saillant au bord interne de la première paire des pattes copula- 
trices. 




— 19 — 

Elle diffère, en outre, de /. Kervillei par le développement 
du pavillon, la formes des hanches de la deuxième paire, le 
profil du tronc des pattes copulatrices postérieures, la place et 
la direction de la dent située sur la face interne de celles-ci, 
la forme du godet; de /. silvicola, dont elle a les hanches de 
la deuxième paire, en particulier par le développement du pa- 
villon ; de /. Odieri, par la forme des hanches de la deuxième 
paire, la forme du bord supérieur du pavillon et l'absence d'an- 
douiller postérieur. 

Elle se rapproche de/. belg\cus Latz. et /. Legeri Brôle. par 
l'absence de prolongement saillant au bord interne de la paire 
antérieure des pattes copulatrices, ce prolongement étant cepen- 
dant un peu accusé chez 1. garumnicus. Mais elle diffère de 
/. belgicus par la forme des hanches de la deuxième paire, le 
développement du pavillon et la forme générale des pattes copu- 
latrices postérieures; de I. Legeri par l'absence d'andouiller 
postérieur, la forme des hanches de la deuxième paire et le 
profil antérieur des pattes copulatrices antérieures 

C'est de 1. Legeri que cette nouvelle espèce semble le plus 
se rapprocher. Elle peut être considérée comme intermédiaire 
entre /. Legeri (des Pyrénées-Orientales) et /. silvicola (des 
Basses-Pyrénées). 

> 
lulus (Cylindroiiilus) Chalandei n. sp. (1). 

Couleur générale brun foncé ; les métazonites sont moins 
foncés que les prozonites. Pattes brunes. Tète plus foncée entre 
les yeux. Premier segment avec quelques taches irrégulières 
plus claires. 

Corps cylindrique, épais. Dimensions : longueur, 23 nim , lar- 
geur, 1,7""". 



(1) Je me fais un plaisir de dédier cette espèce à mon excellent 
collègue, M. J. Chalande, le premier naturaliste qui ait fait faire 
un pas sérieux à nos connaissances sur la faune des myriapodes du 
Midi de la France. 



- 20 — 

Tête ponctuée, surtout sur le vertex ; quatre points piligères 
sur la lèvre supérieure. Pas de points piligères ni de sillon sur 
le vertex. Ocelles distinctes, aplaties. Antennes courtes, poilues. 

Premier segment densément ponctué, surtout sur les côtés, 
non strié au bord postérieur. Les côtés sont en ogive. Le bord 
antérieur est rebordé dans les parties latérales à partir des 
yeux. 

Prozonites irrégulièrement parsemés de strioles fines et 
courtes. Métazonites pourvus de stries profondes, étroites, 
serrées, atteignant la suture et le bord postérieur. 

Pores répugnatoires petits, situés dans le métazonite et appli- 
qués contre la suture. 

Segment préanal striolé comme les métazonites, mais plus 
densément, court, graduellement rétréci en une pointe large, 
émoussée. 

Valves anales densément ponctuées sur toute leur surface 
leurs bords sont saillants et munis d'une rangée de gros point 
pilifères. 

Ecaille ventrale courte, non saillante, à bord postérieur lar- 
gement arrondi. 

Nombre de segments. 48 ; 3 segments apodes. 

Mâle : Première paire en forme de crochets à bord externe 
anguleux. 

Hanches de la deuxième paire sans prolongement, plus grêles 
que l'article suivant. Premier et deuxième articles des tarses 
munis d'un bourrelet, ne dépassant pas l'extrémité de l'article 
qui le porte. Pénis bilobé, appendiculé. 

Pattes copulatrices : Paire antérieure arrondie à l'extrémité, 
à bords interne et externe légèrement saillants vers leur milieu, 
fortement réfléchis vers l'arrière. Paire postérieure : Lame an- 
térieure plus courte que la patte copulatrice antérieure, à extré- 
mité légèrement dilatée et coupée un peu obliquement. Lame 
postérieure fortement inclinée en arrière, de forme allongée, 
plus longue que la lame antérieure. Le talon latéral, recourbé 
en forme d'U, à ouverture tournée vers la base, est particuliè- 



— 21 — 




ment bien développé latéralement ; sur la face interne de sa 
branche postérieure se trouve soudée une pièce lamellaire bilo- 
bée à l'extrémité. Le bord antérieur du lobe 
antéro-externe est réfléchi vers le cèté externe, 
surtout à la base où se trouve une carène trans- 
versale rendant anguleux à cet endroit le profil 
de ce lobe. 

Je n'ai rencontré, jusqu'ici, qu'un mâle de 
cette espèce, en avril, sous une pierre, dans la 
vallée de la Garonne, près de la frontière espa- 
gnole, à 800 mètres d'altitude. 

Iuliis Chalandei. Lame 
r , /r , r } • , , ,• • , postérieure de la 

lui US (LyhnilroiUllts) lu/nicolCl U. Sp. patte copulatriee pos- 

térieure (face anté- 
Roux annelé de brun, une rangée de lâches rieure). Gr. 37. 

noires ou brunes sur les 
flancs. Partie postérieure du 
prozonite plus foncé que le 
métazonite. Pattesbrunclair. 
Tète claire avec une bande 
foncée interocellaire. Pre- 
mier segment foncé avec une 
large bande claire transver- 
sale, rétrécit? dans la partie 
m<' '" 

généralement plus foncé que 
les segments précédents et les 
valves anales. 

Corps cylindrique, à reflet 
soyeux. Dimensions : lon- 
gueur, i5 à 25 mm ; largeur, 
1,2 a 1,7 mm . 

Tête à ponctuation fine, 
strigueuse ; quatre points 
pilifères sur la lèvre supérieure; pas de points pilifères sur le 
vertexqui présente un très fin sillon longitudinal. Ocelles bien 




lédiane. Segment préanal lulus Chalandei. Pattes copulalrices (profil 

interne). Gr. : 37. 




lulUS Chalandei. Pattes copulatiicos (profil 
externe). Gr. : 37. 



— 22 — 

distinctes, groupées en rectangle. Antennes hérissées, courtes, 
atteignant le bord postérieur du deuxième segment 2, du 
troisième segment a*. Les joues chez le à* portent inférieure- 
ment une callosité relativement faible. 

Premier segment finement ponctué, strié au bord postérieur, 
surtout sur les côtés; ceux-ci forment un angle aigu, arrondi 
à l'extrémité; le bord anlérieur est rebordé sur les côtés à 
partir de l'œil. 

Prozonites extrêmement finement ponctués. Métazonites pour- 
vus de sillons profonds, étroits, très serrés, laissant des inter- 
valles costi formes et atteignant la suture et le bord postérieur. 
Pores répugnatoires très petits, situés dans le métazonite et 
appliqués contre la suture. 

Segment préanal à ponctuation fine, strigueuse ; court, ne 

dépassant pas les valves anales, 
brusquement rétréci en une pointe 
arrondie, bulbeuse. 

Valves anales à bords saillants, 
ornés d'une rangée de soies. 

Ecaille ventrale courte, non sail- 
lante, obtuse. 

Nombre de segments : 52 à 57 ; 
Mus Ugnicoia. Pattes copuiairices ci 3 à 5 segments apodes. 

lames antérieures des pattes copulatri- _ . . 

ces postérieures iface postérieure). Mate: Première paire de pattes 
Gr - : i4, en forme de crochets à courbure 

arrondie. Deuxième paire : hanches sans prolongement ; les 
deux avant-derniers articles munis d'un bourrelet ; celui de 
Pavant-dernier article atteint le tiers de la longueur du der- 
nier article. Pénis bilobé et appendiculé à l'extrémité. 

Pattes copulatrices : Paire antérieure courte, très oblique- 
ment coupée à l'extrémité ; une forte saillie conique à la face 
postérieure de son angle interne. Flagellum mince, effilé à son 
extrémité. Paire postérieure : Lame antérieure bien plus courte 
que la paire antérieure, à extrémité arrondie (vue de face), por- 
tant une saillie sur sa face antérieure. 




— 23 — 

Lame postérieure fortement inclinée en arrière, profondé- 
ment divisée à son extrémité en deux lobes étroits ; le lobe 
postero-interne est, à son tour, bi ou trilobé à son extrémité; 
•tés du lobe antero-externe, sont rabattus l'un vers l'autre 
à l'extrémité et y forment un canal dans lequel s'engage la 
pointe du flagellum ; extrémité de ce lobe 4-lobée. Sur la face 




litlus lignicola. — Pattes copulatrices (profil interne). Gr. : "i. 

interne de la lame postérieure vers le bord postérieur, se trouve 
une saillie lamellaire en forme de godet, à contours anguleux, 
largement ouvert vers l'arrière. 

J'ai rencontré fréquemment cette espèce sous les écorces, la 
mousse des arbres, dans les troncs vermoulus, dans la vallée 
de la Garonne, entre Saint-Béat et la frontière espagnole, à di- 
verses altitudes (de 500 mètres à 1.500 mètres). 

Iulus (Leucoiulus) spinosus n. sp. 

Coloration variant du blanc-jaunàtre au brun ; une série de 
taches foncées sur les côtés. Pattes et antennes claires. 



— 24 — 

Corps cylindrique : longueur, 18-22 mm ; largeur, 0,8àl,5 mm . 

Tète lisse et brillante en avant, à ponctuation strigueuse sur 
le vertex qui présente un léger sillon longitudinal. 4 sillons et 
4-5 points piligères sur la lèvre supérieure. Pas de points pili- 
gèressur le vertex. Les yeux sont formés par un petit rectangle 
fortement pigmenté, lisse, brillant, et dans lequel on distingue 
péniblement un petit nombre d'ocelles. Antennes poilues, cour- 
tes, atteignant le millieu du deuxième segment 9, un peu plus 
longues chez les a*. 

Premier segment finement ponctué sur toute sa surface et 
surtout sur les côtés. Ceux-ci sont taillés en angle aigu ; leur 
bord postérieur est arqué, leur bord antérieur droit et légère- 
ment rebordé jusqu'à l'œil. Quelques stries peu nettes sur les 
côtés du bord postérieur. 

Prozonites lisses dans leur moitié antérieure ; leur moitié 
postérieure porte des stries espacées, irrégulières, extrêmement 
fines, difficiles à observer. Métazonites pourvus de sillons assez 
profonds, étroits, laissant entre eux un intervalle bien plus 
large, aplati. Les sillons n'atteignent pas le bord postérieur qui 
est muni de stries courtes et serrées et porte des soies espacées, 
beaucoup plus rares dans la partie antérieure du corps. Pores 
répugnatoires petits, situés dans le métazonite, appliqués contre 
la suture. 

Segment préanal portant 4-5 rangées transversales de soies, 
assez brusquement rétréci en une longue pointe aiguë dépas- 
sant de beaucoup les valves anales. 

Valves anales à surface irrégulière, parsemées de soies ; 
bords rebordés. 

Ecaille ventrale en forme de pointe aiguë, saillante, dépas- 
sant largement les valves anales, aussi longue que la pointe du 
segment préanal. 

Nombre de segments, 54 à 60 ; 4 à 5 segments apodes. 

Mâle : Première paire transformée en crochets épaissis à la 
base à face antéro-interne aplatie. La base est entourée d'une 
saillie lamellaire à bord libre irrégulièrement denticulé, plus 




Iulus spinosus. Patte de la pre- 
mière paire (face antérieure) 
Gr. : i "2 



^ 25 — 

développée vers la partie externe, portant sur sa surface trois 
épines robustes dirigées vers le bord libre. Trois autres épines 
identiques sont situées sur la partie 
intermédiaire entre la hanche et le 
crochet ; une autre épine se trouve sur 
la partie interne de la hanche. 

Hanches de la deuxième paire mu- 
nies d'unie d'une expansion liguli- 
forme aussi longue que les deux arti- 
cles suivants de la patte. Cette ligule 
est dirigée vers l'avant et recouvre lar- 
gement l'extrémité interne de la pre- 
mière paire. Sa face postérieure est tuberculeuse à l'extrémité. 
Tarses sans bourrelets. Pénis appendiculé et divisé à son extré- 
mité en deux lobes arrondis. 

Pattes copulatrices : Paire anté- 
rieure allongée, à extrémité arron- 
die et munie d'une saillie assez 
forte sur sa face postérieure ; les 
bords sont rabattus vers l'arrière, 
échancrés près de l'extrémité ; le 
bord externe est muni vers son 
milieu d'une saillie- tantôt denti- 
forme, tantôt arrondie. Flagellum 
relativement épais, effilé à son ex- 
trémité. 

Paire postérieure : Lame anté- 
rieure un peu moins longue que 
la patte antérieure, étroite, allon- 
gée, renflée à l'extrémité qui est 
coupée un peu obliquement. Lame postérieure, comprimée 
latéralement, de forme rectangulaire, plus courte que la 
lame antérieure. L'extrémité présente quatre lobes peu déve- 
loppés. Le premier, en partant de la partie postérieure, est 
triangulaire plus ou moins aigu ; le deuxième est arrondi ou 




Iulus spinosus. Patte de la deuxième 
paire (face antérieure). Gr. : 86. 



— 26 — 

carré à son extrémité légèrement courbé vers l'arrière ; le troi- 
sième, plus large que les précédents est obliquement coupé à 




lulus spinosus. Pattes populatrices (profil interne). Gr. : 172. 

son extrémité, son angle postérieur est accentué (quelquefois 
même prolongée en pointe fortement infléchie vers la base) et 

moins élevé que l'anté- 
rieur qui est arrondi ; le 
quatrième est aigu, sa 
pointe et son bord posté- 
rieur sont dissimulés sous 
une couche de poils serrés 
qui s'étend largement vers 
la base de l'organe et 
empiète sur la partie an- 
térieure du troisième lo- 
be; une autre couche de 
poils existe également sur 
la partie postérieure de 
ce troisième lobe, et est 
séparée de la couche pré- 
cédente par un espace li- 
néaire glabre formant le 
prolongement d'une rai- 
nure dans laquelle s'engage le flagellum, limitée à la base 
et du côté postérieur par un repli de la face interne de la 




lulus spinosus. Pattes copulatriees (profil externe). 
Gr. : 172. 



_ 27 — 

lame. Le troisième et le quatrième lobe sont quelquefois con- 
fondus en un seul. Sur le bord antérieur de la lame postérieure 
existe une saillie lamellaire presque aussi élevée antérieure- 
ment que les lobes décrits précédemment, reliée sur le côté 
interne par une lame délicate, à l'extrémité du quatrième lobe 
et sur le coté externe par une lame ejicore plus délicate à l'ex- 
trémité du deuxième lobe, de sorte que la base 'des troisième et 
quatrième lobes est entourée, du côté externe, par une sorte 
de godet limité postérieurement par le deuxième lobe. 

J'ai trouvé un certain nombre d'échantillons de cette espèce, 
en avril, dans la vallée de la Garonne, près de la frontière 
espagnole, à une altitude de 4.000 à 1.500 mètres, profonde- 
ment enterrée dans le terreau, au pied de vieux arbres morts. 
Trouvée une fois, en octobre, sous une couche épaisse de feuilles 
mortes. 

Cette espèce présente d'élroites affinités avec IuJus niti<lu* 
Verhœfî par la forme de ses pattes copulatrices, surtout de la 
lame postérieure de la paire postérieure. Néanmoins, elle se 
distingue nettement de celui-ci : 1° par le fort prolongement de 
l'écaillé sous-anale; 2° par l'absence de clivage distal de la lame 
antérieure des pattes copulatrices postérieures ; 3° la présence 
des apophyses des hanches de la deuxième paire ; 4° le déve- 
loppement foliacé des pattes de la première paire. 



SEANCE DU 3 FEVRIER 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



ADMISSIONS 

MM. Audigé, Levadoux et Loup, présentés par MM. Roule et de 
Lastic, sont admis comme membres titulaires 



— 28 - 

COMMUNICATIONS 

Une plante rare de la flore française, 

Par M. Làmic. 

Cette plante appartient à l'ordre des Fougères et à la petite 
famille des Hyménophyllacées que quelques auteurs considè- 
rent comme une simple tribu. Elle croît en plusieurs points des* 
régions maritimes de l'Europe occidentale, sur les côtes d'Ir- 
lande, d'Angleterre, de France et d'Espagne ; mais l'exiguité de 
sa taille, la rareté relative de ses stations, son mélange avec les 
mousses et autres végétaux des lieux humides l'ont souvent fait 
méconnaître. C'est Y Hymenopliylhun tunbridyense de Smith. 

Avec une autre petite Fougère voisine, quoique appartenant à 
un genre différent (Trichomanes radicans Swartzj, elle fait 
partie, ainsi que quelques Ericacées spéciales, de ces plantes 
caractéristiques de la région florale du sud-ouest de la France (1). 

Comme toutes les Hyménophyllées, notre plante est caracté- 
risée par des sporanges sessiles groupés sur un prolongement 
cylindrique de la nervure des frondes et entourés d'une indusie 
bivalve. Les frondes sont bipennées, à limbe mince et transpa- 
rent; leurs lobes linéaires obtus se terminent par de fines peti- 
tes pointes ou épines ; les pétioles sont filiformes, longs, d'un 
brun luisant et se continuent par des nervures de même cou- 
leur. La souche est rameuse, filiforme et rampante. La plante 
a une taille de cinq à huit centimètres. 

Elle pousse en individus nombreux, parmi la mousse, for- 
mant de vastes plaques vertes sur les rochers à la surface des- 
quels suinte continuellement un peu d'eau, dans les grottes, 
dans le voisinage des cascades, etc. L'abri du soleil et une 
atmosphère très humide lui sont indispensable. 

Pendant longtemps, YHymenophyllum tunbridgcnsc n'a 
été indiqué par les Flores françaises que dans la région mari* 



(1) D r J. Lamic. La' région florale du sud-ouest de la Franco. Bull 
Soc d'Hist. nat. 



— 29 — 

t i mo du Finistère, où il croit sur les rochers humides de 
plusieurs localités. Plus tard, on l'a découvert dans des stations 
analogues sur les côtes de la Manche, près de Granville; puis 
dans les Basses-Pyrénées, en plusieurs points du pays basque. 
Il a été également signalé en Corse. 

Dernièrement, un professeur du lycée de Bayonne en a fait 
parvenir de nombreux échantillons au Jardin des plantes de 
Toulouse, qui s'est empressé de les mettre en culture dans les 
meilleures conditions. — La piaule desséchée que j'ai l'honneur 
de présenter à la Société provient d<' cet envoi. La récolte a été 
faite sur une montagne du pays basque à 350 mètres d'altitude. 



SEANCE DU 17 FEVRIER 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



ADMISSIONS 

M. Paquier, chargé de cours à la Faculté des sciences de Tou- 
louse, présenté par MM Roule et Ribaut, est admis comme membre 
titulaire. 

COMMUNICATIONS 

Note sur l'étisie des poissons d'eau douce, 
par M. .1. Audigé. 

J'ai eu l'occasion de faire, depuisle moisde novembre dernier, 
des observations au point de vue pathologique et nécroscopique 
sur des Chondrostomes et sur d'autres espèces de téléostéens 
ayant présenté les symptômes classiques de l'étisie. 

La partie originale de mes études porte sur l'existence, qui 
n'a pas, à ma connaissance, été signalée jusqu'à présent, d'un 
microbe pathogène que j'ai pu isoler de la vésicule biliaire et de 
divers autres organes des animaux morts d'étisie. 

C'est une navette mobile, de très petite taille, que les plus forts 
grossissements permettent seuls de voir sous cette forme. Elle 
est fréquemment associée à un strepto-bacille généralement en 






- 30 — 

diplo. Cette navette prend difficilement les couleurs usuelles. 
Pour la teindre nettement, il faut employer le Ziehl en bain 
prolongé. Le strepto-bacille se colore aisément. 

Les caractères des cultures faites à la température de la 
chambre sont les suivantes : le bouillon se trouble en trois 
jours. Il se forme un voile le septième jour, et des flocons tom- 
bent au fond du tube. 

Sur gélatine, le microbe pousse très lentement. Il donne une 
tache laiteuse en relief entourée d'une zone glacée. De cette zone 
partent des filaments rhizomorphes s'enfonçantdans le milieu de 
culture. La gélatine n'est pas liquéfiée du moins pendant un 
temps très long. 

La culture sur gélose donne des résultats analogues, mais 
elle est plus facile, et même en mettant les tubes à l'étuveà38 ! , 
il y a un développement abondant en deux ou trois jours. 

Sur pomme de terre, au bout de plusieurs semaines, on a une 
bande grisâtre, mince, étroite et luisante. 

Enfin, le milieu de choix paraît être le poisson mis à l'auto- 
clave. Des tranches ainsi préparées se couvrent très vite en 
moins de deux jours, d'une gelée grise jaunâtre, extrêmement 
abondante. 

Les prélèvements faits sur les cultures et examinés au micros- 
cope ont donné des navettes présentant les mêmes réactions 
colorantes que ci-dessus, montrant parfois à un très fort grossis- 
sement un espace central clair et souvent associé à un strepto- 
bacille en longchapelet. Je n'ai pas pu isoler ces deux microbes 
l'un de l'autre. 

Ces microbes, inoculés au lapin par injection sous-cutanée, 
déterminent sa mort en huit jours. 

Une inoculation par voie gastrique (à la sonde) chez un Che- 
vaine, a causé la mort de l'animal dans le délai de quatorze 
jours. 

Les expériences sont poursuivies. 

Toulouse. — Imprimerie tagarde et Sebille, vue Roniiguièrés, 2. 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à Vancienne 
Faculté des Lettres, 11, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m «' mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



orv? 



16N0V.19U 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-SEPT. — 1904 



Mars-Avril — IV 08 3-4 

'/v t . r 

SOMMAIRE <oV 

Communications 

J. Aiîdigé. — Note sur la structure de la partie antérieure du 

rein de quelques poissons 31 

De Montlezun. — Quelques cas d'albinisme observés en 1903. 33 
P. Dop. — Les fleurs -pièges d'Asclépiadées et d'Apocynées — 35 
De Montlezun. — Note sur deux cas d'albinisme partiel obser- 
vés sur des oiseaux 40 

Jammes et H. Manuoul — A propos de l'action toxique dos 
vers intestinaux 41 




TOULOUSK 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK UOMIGUlÈHES 2. 

(904 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




titrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. I er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport au\ sciences naturelle*, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Sou but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la llore, et la faune «le la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé- d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du dro«t et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 30. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2' Vice-présidents; Secrétaire général -, Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L élection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
memore* pour une année L«*s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Cmseil et du Comité peuveot seuls être 
réélus immé liatement dans les mêmes fonctions, 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei menredi après le 15 novembre, elont lieu tous les 1 er et 3* 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3* mercredi de juillet inclusivement. 

A.'-t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société' d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication 

Art. 4t. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux *t 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

A't 42 Celui-ci conserve t »ujour« U propriété de son œuvre. Il pent en 
obtenir d-s tirages à part, des réimpre<s'ons, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Ar«. 18. Les membres de la Sociéé s»i»t tous invité» à lui ad-»sser les 
échantillons qu'i « pourront réunir. 

Art. 52. Eu ca* de dissolution, les diverses propriété* de la Société, revien- 
dront de droit a la ville de Toulouae. 



SEANCE DU 16 MARS 1904 

Présidence de M. Roule, président, 



COMMUNICATIONS 

Note sur la structure de la partie antérieure 
du rein de quelques poissons, 

Par M J. Audigé. 

La partie antérieure du rein d'un certain nombre de pois- 
sons offre des particularités de structure que je n'ai trouvé 
signalées nulle part. 

Mes recherches se sont étendues à plusieurs espèces. Le Bar- 
beau (Barbus fluviatilis), le Chevesne (Squalius cephalus), 
le Rotengle (Scardinius erythrophthalmus), la Perche (Perça 
fluviatilis, le Lou\) (Labrax lupus) m'ont paru montrer d'une 
façon très nette cette particularité de structure. 

Si on examine la cavité abdominale de l'un de ces animaux, 
après en avoir extrait tous les organes, sauf le rein, on voit que 
celui-ci occupe toute la longueur de cette cavité depuis la partie 
postérieure jusqu'à la partie antérieure, s'insinuant même au 
dessus de l'appareil circulatoire central pour se loger sous la 
base du crâne. Chez la Perche et le Loup, par exemple, la partie 
antérieure s'étend entre le crâne et le cœur sous la forme d'une 
large palette formée par la soudure de deux lobes, l'un gauche, 
l'autre droit, palette unie largement au rein par deux isthmes 
dans lesquels serpentent les veines cardinales postérieures. 

Chez le Barbeau, le Chevesne, le Rotengle et plus générale- 
ment les Cyprinidés une complication apparaît. Cette palette 
antérieure s'insinue sous les os du crâne, plus profondément 
que chez les Perches et les Loups ; de plus, par suite de la for- 

SOS. D HIST. NATURELLE DE TOULOUSE. (T. XXIVII.) 3 



— 32 — 

mation de l'arc osseux au travers duquel passent à la fois, l'ap- 
pareil de Weber et les veines cardinales postérieures, le pédi- 
cule d'union du rein et de la région s'étrangle, et ainsi ces deux 
parties paraissent isolées l'une de l'autre. L'examen macrosco- 
pique du rein de gros animaux semble montrer qu'il n'existe 
pas de communication entre ces deux parties. Cependant l'étude 
de ce pédicule sur des alevins d'âges divers, indique très nette- 
ment qu'il s'agit ici aussi d'une formation semblable de tous 
points à celle que l'on observe chez les perches adultes. Chez 
les plus jeunes, la communication entre les deux parties se 
fait largement ; elle se réduit de plus en plus à mesure que 
l'animal augmente de taille, probablement à cause de l'inégalité 
de développement entre le rein, l'organe de Weber et les veines 
cardinales d'une part, et l'anneau osseux qui les entoure d'autre 
part. D'ailleurs, des coupes pratiquées dans la région du pédi- 
cule d'animaux adultes, montrent autour de la veine cardinale 
une gaîne de structure identique à celle du pédicule des jeunes 
alevins de Cyprinidés ou de perches adultes . 

De l'ensemble de ces faits, il semble que cette région anté- 
rieure soit une simple expansion du rein. Cependant un exa- 
men plus complet permet de reconnaître des différences consi- 
dérables de structure entre la partie antérieure et les autres 
régions de l'appareil excréteur. 

Des coupes pratiquées dans cette partie antérieure ne présen- 
tent pas la structure du rein. Les tubes urinifères sont absents. 
On ne trouve pas de glomérules de Malpighi. A la place de ces 
éléments se présente un ensemble de tous points comparables 
par sa structure à un organe lymphoïde composé de deux cou- 
ches distinctes : l'une externe enveloppante est formée d'une 
gaîne conjonctive dont les fibres se relient insensiblement au 
tissu conjonctit voisin ; l'autre centrale est constituée par une 
charpente de cellules étoilées (surtout bien visibles après avoir 
soumis les coupes aux vibrations d'un diapason actionné par un 
électro-aimant) formant un réseau complexe dans les mailles 
duquel sont entassés de petits éléments cellulaires, que la forme 



— 33 - 

et les réactions colorantes rapprochent des lymphocytes des 
vertébrés supérieurs et surtout des éléments que l'on trouve en 
grand nombre dans les lacunes du rein Au milieu de ces élé- 
ments se trouvent, isolés, des ilôts de tissu épithélial, consti- 
tués par de grosses cellules cubiques. 

En somme, bien qu'une relation intime existe entre cet or- 
gane et le reste du rein, de profondes différences de structure 
les séparent. Cette partie antérieure est-elle une modification 
histologique du rein permanent de ces animaux ou bien un 
reliquat d'une partie d'un rein préexistant et temporaire? Je 
pense que les études embryologiques que je poursuis me per- 
mettront d'en reconnaître l'origine. 



SEANCE DU 20 AVRIL 1904 

Présidence de M. Roule, président, 

ADMISSIONS 

M. Roques, présenté par MM. Roule et Audigé, est admis 
comme membre titulaire. 

COMMUNICATIONS 

Quelques cas d'albinisme observés en 1903, 

Par M. de Montlezun. 

Hochequeue grise ç (Motacilla alba Linné). 

Cet oiseau est entièrement ^blanc ; le plastron, qui est d'un 
beau noir chez les sujets en livrée normale, est à peine teinté 
de grisâtre chez celle-ci ; ses pattes sont couleur de chair; son 
bec, roux clair ; ses yeux, teintés de rose. 

Cet oiseau est un spécimen précieux pour la collection ré- 



- 34 — 

gionale du Musée d'Histoire naturelle de Toulouse ; il a été tué 
à Menville (Haute-Garonne), le 3 novembre 1903, par M. An- 
toine Destarac, qui l'a offert au Musée. 

Verdier ordinaire (Fringilla chloris Linné). 

Le corps de ce vèrdier est entièrement blanc ; seul, le dessus 
de la tête, est légèrement teinté de gris verdâtre ; le bec est gris, 
les pattes sont couleur de chair. 

Degland et Gerbe signalent, dans l'Ornithologie européenne, 
quelques variétés accidentelles du verdier qui peuvent être 
blanches, jaunâtres ou maculées de blanc ; j'estime, néan- 
moins, que ce cas d'albinisme est très intéressant. 

Cet oiseau a été tué dans les environs de Gastelnaudary, pai 
M. le D r Guguillière, qui l'a offert au Musée d'Histoire natu- 
relle, le 23 novembre 1903. 

Moineau domestique (Passer domesticus Linné). 

Le plumage de cet oiseau est presque entièrement blanc, c'est 
à peine s'il a quelques plumes grises sur les ailes et à la queue ; 
on remarque aussi quelques petites plumes brunes sur les côtés 
de la tête, qui tranchent au milieu du plumage blanc ; elles ont 
conservé la teinte du plumage normal. 

Cet oiseau avait été remarqué depuis plus deux ans dans un 
vol de moineaux, près du village de Menville ; il attirait l'atten- 
tion des chasseurs et était devenu d'autant plus méfiant qu'il 
était plus surveillé. 

Ce moineau a été tué le 26 décembre 1903, par M. Hubert 
Claverie, qui l'a offert au Musée. 



- 35 — 

SÉANCE DU 4 MAI 1904 

Présidence de M. Houle, président 



ADMISSIONS 

M. Doi', chargé de conférences à la Faculté des sciences de Tou- 
louse, présenté par MM. Iîoule et Audigé est admis comme mem- 
bre titulaire. 

COMMUNICATIONS 

Les fleurs-pièges d'Asclépiadées et d'Apocynées, 

Par M. P. Dop. 

Le rôle des insectes dans la pollinisation, les rapports étroits 
qui semblent exister entre la disposition des fleurs et les appen- 
dices des insectes qui les visitent, ont fait l'objet d'un nombre 
considérable de descriptions. Les naturalistes ont surtout rap- 
porté les cas dans lesquels les visites sont utiles non seulement 
à la plante en assurant la fécondation croisée, mais aussi à 
l'insecte visiteur, en lui procurant les liquides sucrés néces- 
saires à ses besoins. M. Bouvier (,1) a parfaitement montré ce dou- 
ble bénéfice dans un article récent sur les Abeilles mellifères. 

Mais, par contre, il existe un certain nombre de cas dans 
lesquels la visite est nettement défavorable à l'insecte, en ce 
sens qu'il peut trouver la mort dans la fleur qu'il butine. C'est 
surtout dans les [fiantes appartenant aux deux familles des As- 
clépiadées et des Apocynées, que des faits de cet ordre ont été 
observés. J'en ai, pour ma part, étudié un certain nombre sur 
les mêmes plantes au Jardin Botanique de Toulouse, ce qui m'a 
permis de préciser le mécanisme de ces actions. C'est ce mé- 
canisme, que je me propose de décrire en détail. 

Dans la famille des Asclépiadées, par laquelle je commen- 
cerai tout d'abord cette étude, le pollen forme de petites masses 
appelées pollinies, rattachées deux à deux par de petits fila- 
ments à des organes au nombre de cinq, nommés les rétinacles. 
Ces derniers sont eux-mêmes fixés au stigmate, en un point 



variable suivant les espèces. Chaque rétinacle a la forme d'un 
cylindre creux, dont la cavité communique avec l'extérieur par 
une fente. Celle-ci, élargie vers la base du rétinacle. se res- 
serre vers son sommet, de telle sorte que sa forme est, en gé- 
néral, celle d'un V renversé et très aigu. (Asclepias, Vince- 
toxicum, Gomphocarpus.) 

Supposons qu'un insecte, attiré par le nectar qui se forme 
en abondance, dans toutes les fleurs d'Asclépiadées, pénètre 
dans le tube de la corolle, admettons de plus que cet insecte 
soit un Diptère comme c'est le cas le plus fréquent. Sa trompe, 
formée, comme on sait par la lèvre inférieure, est terminée 
par deux lobes ou paraglosses renflés. En butinant la fleur, en 
cherchant à enfoncer sa trompe vers la base de la corolle où se 
trouvent les nectaires, l'insecte rencontre les rétinacles. La 
trompe s'introduit facilement dans la cavité du rétinacle par 
la base élargie de la fente. Mais lorsque l'insecte veut se retirer, 
il tend à s'élever et sa trompe, s'engageant dans la partie ré- 
trécie de la fente, y est retenue captive par les paraglosses, et 
les poils volumineux, qui chez quelques Diptères couvrent ces 
organes. Si l'insecte est de taille suffisamment forte, il peut 
arracher le rétinacle et, transportant ainsi les deux pollinies 
qui y sont appendues, opérer la fécondation croisée d'une autre 
fleur. Par contre, les efforts d'insectes de petite taille, seront 
impuissants à arracher les rétinacles, et ces insectes demeure- 
ront prisonniers sur la fleur. Mais ici intervient un deuxième 
phénomène en relation avec la structure histologique de la fleur 
des Asclépiadées. Cette fleur renferme, en effet, un appareil 
laticifère extrêmement développé, formé de longues cellules 
abondamment ramifiées et jamais cloisonnées. On les trouve 
dans toutes les parties de la fleur : dans le calice, la corolle, 
les filets staminaux et, en moins grande abondance, dans l'ovaire 
et le stigmate où ils sont localisés suivant l'axe de l'organe, 
L'insecte, en se débattant, rompt des laticifères et meurt, rapi- 
dement intoxiqué par les substances vénéneuses (Asclépia- 
dine, etc.) que renferme le latex. Nous voyons, par conséquent, 



— 37 - 

les tleurs des Asclépiadées se comporter comme de véritables 
pièges, par rapport à certains insectes qui les visitent. 

Pour préciser, il importe de rentrer dans le détail des faits 
et de citer quelques exemples qui se compliquent de faits bio- 
logiques accessoires très intéressants. Je rappellerai, tout 
d'abord, le cas du Vincetoxicum officinale, Asclépiadée indi- 
gène qu'il est très facile d'observer. Les insectes le plus fré- 
quemment capturés par cette plante sont des Diptères de petite 
taille (Empis nigritarsïs, E. pinnipes) et des Lépidoptères 
fPhtiria, etc.). En même temps le Vincetoxicum officinale 
sert d'abri à des araignées qui, par leur forme et leur couleur, 
se dissimulent facilement dans les inflorescences de la plante. 
Ce sont Misa mena uatia (Thomise citron), qui imite les 
boutons floraux et Tkeridion lineatum qui mimétise les 
nervures des feuilles. Au bruit que font les insectes capturés, 
les araignées accourent et en débarrassent la plante en les em- 
portant pour s'en repaître. (Giard et lioussay, 2 ; lieim, 3 f ) 

Parmi les Asclépiadées a fleurs-pièges faciles a observer, je 
citerai encore VAranjia albens Don., qui est cultivée dans 
nos jardins comme plante d'ornement (Ragenhofer, 4). Des 
bourdons, des abeilles, des Lépidoptères, dont le plus abondant 
est le Plusia gamma, visitent ces Heurs. En général, les 
bourdons peuvent arracber les rétinacles, tandis que les Hymé- 
noptères de petite taille et le Plusia gamma, sont générale- 
ment capturés. La Heur d'Aranjia est très riche en nectar 
(J'ai calculé qu'elle renfermait, en moyenne, U gr. 015 de glu- 
cose). Un Lirand nombre d'insectes sont attirés et il est facile de 
voir la corolle campanuliforme de cette Heur, remplie d'insectes 
tués par le latex, très abondant dans cette tleur. 

Non seulement les insectes peuvent être capturés par leur 
trompe, mais aussi par leurs pattes. Ce cas est facile à observer 
dans les Asclepias (G. Bonnier, 5) et dans les diverses espèces 
de Gomphocarpus que l'on cultive dans les jardins sous le 
nom vulgaire de cotonnier. Dans ces deux plantes, les fleurs 
sont groupées en ombelles ; les abeilles, en cherchant le nectar, 



— 38 — 

glissent sur la surface unie de l'ombelle et les griffes, qui ter- 
minent leur tarse, s'insinuent dans les fentes des rétinacles 
(Delpino, 6; Hildebrandt, 7; H. Miller, 8; Corry, 9; Mansel 
Weale, 10). Pour la plupart de ces auteurs, les insectes arri- 
vent toujours à arracher les rétinacles. Corry, dit même que 
la fécondation directe est toujours stérile. Cette manière de 
voir paraît inexacte. M. Bonnier a vu, en nombre considé- 
rable, des abeilles mortes au pied de YAsclepias Drummondi ; 
j'ai fait des observations analogues sur le Gomphocarpus. 
Parmi les insectes capturés par les pattes ou la trompe, j'ai vu 
des Empides, des Syrphides, des Abeilles, des Polistes, des For- 
micides, des Sphegides. La mort de ces insectes est très rapide. 
Les laticifères sont très développés dans les fleurs de Gompho- 
carpus, et on en trouve même dans les appendices staminaux. 
On conçoit, dès lors, que la moindre déchirure amène rapide- 
ment l'intoxication de l'insecte. 

L'examen de ces quelques exemples nous amène donc aux 
conclusions suivantes : La présence de pollinies dans la fleur 
des Asclépiadées, loin de favoriser la fécondation croisée, parait 
être un obstacle à ce phénomène, puisque un grand nombre 
des insectes qui visitent les fleurs sont capturés et tués. Nous 
savons, d'ailleurs, que les pollinies germent sur place et que 
la pollinisation directe est la règle dans la famille des Asclé- 
piadées. 

Les fleurs-pièges se rencontrent aussi dans la famille des 
Apocynées, très voisine de celle des Asclépiadées, mais qui en 
diffère surtout par l'absence de pollinies. Au point de vue de 
la pollinisation par les insectes, la plupart des Apocynées se 
comportent comme des fleurs normales. Mais dans la tribu des 
Echitées, nous trouvons des fleurs-pièges tout à fait compa- 
rables aux fleurs-pièges des Asclépiadées. Dans cette tribu, les 
anthères sont fortement soudées par leur face ventrale à un 
bourrelet du stigmate. De plus, ces anthères ont la forme d'un 
triangle à sommet supérieur, fortement lignifié sur la face dor- 
sale. Entre deux étamines adjacentes, il existe, par conséquent, 



— 39 — 

une fente étroite, limitée par des bords durs et lignifiés. L'in- 
secte visiteur, en puisant le nectar, enfonce sa trompe dans la 
fente précédemment décrite, et se trouve capturé par un mé- 
canisme tout à fait comparable à celui qui existe chez les Asclé- 
piadées (Ludwig, 11 ; Schumann, 12). C'est surtout dans les 
genres Apocynum, Lyonisa, Nerium, que ces phénomènes 
de capture peuvent s'observer. Les insectes capturés sont sur- 
tout des Muscides (Spilogaster, Scatophoga. Anthomya), des 
Syrphides (Syritta), de petits Hyménoptères et quelques Lépi- 
doptères. L'intervention d'araignées mimétiques a même été 
signalée dans quelques cas (Heim, 3). Le cas de la fleur d' Apo- 
cynum hypericifolium frappe surtout l'attention des obser- 
vateurs, par la rapidité avec laquelle les insectes capturés sont 
tués. A cet égard, l'observation de Ludwig (il) est très ins- 
tructive : dans cinquante-six fleurs, observées du matin jus- 
qu'à trois heures du soir, quatre-vingt-huit petits Muscides et 
Syrphides avaient été capturés et tués. J'ai cherché à élucider 
le mécanisme de cette mort rapide, et cela m'a amené à mettre 
en évidence un appareil sécréteur, très développé dans cette 
fleuret indépendant de l'appareil laticifère, qui existe dans les 
Apocynées, au même titre que dans les Asclépiadées. Cet ap- 
pareil sécréteur est formé d'un grand nombre de cellules de 
forme normale dont le contenu, coloré en brun, insoluble dans 
l'alcool, prend, sous l'action de l'acide sulfurique concentré, 
une belle coloration rouge pourpre. Il ne renferma ni matière 
grasse, ni dérivés pectiques, de telle sorte qu'il y a lieu de con- 
sidérer ce produit de sécrétion comme un glucoside ou un alca- 
loïde. La répartition de ces cellules secrétrices est la suivante : 
Par leur ensemble, elles constituent toute la couche sous-épi- 
dermique de la face externe des sépales et des pétales, et une 
partie de l'épiderme de la face dorsale des anthères. Dans le 
pistil, on en retrouve dans l'assise sous-épidermique de l'ovaire 
et, en amas irréguliers, dans l'axe du stigmate. Enfin, elles 
existent dans les nectaires, où elles revêtent intérieurement 
l'épiderme sécréteur plusieurs fois dédoublé. La situation su- 

Soc. li'fllST. naturelle de tqulocse (t. ixx\i). 4 



— 40 — 

perficielle de ces nombreuses cellules secrétrices est évidem- 
ment en relation avec la rapidité de mort des insectes capturés. 
Ce simple aperçu sur les fleurs-pièges des Asclépiadées et 
des Apocynées, nous montre un chapitre important de l'histoire 
des rapports entre les insectes et les fleurs. Ces rapports ne 
sont donc pas toujours des rapports harmoniques, c'est-à-dire 
4es rapports utiles à la fois à l'insecte et à la fleur : dans, les 
cas que je viens d'exposer, les visites sont nettement inutiles 
à la fleur et nuisibles à l'insecte. C'est un argument de plus à 
opposer à la doctrine téléologique des harmonies de la nature. 

i. Bouvier. — Les Abeilles et le? fleurs. Rev. qén.des Sciences, 
15 avril 1904. 

2. Giard et Houssay. — Sur la fécondation du Cynanchum Yin- 

cetoxicum par les insectes. Bull, de la Société entomologique 
de France, 1893, p. CCXXIII 

3. Heim. — Quelques faits relatifs à la capture d'insectes par les 

fleurs d Asclépiadées et d'Apocynées. Bull. boc. Linn. de 
Paris, 1893, p 138. 

4. FUgenhofer. — Zool. Bot. Gesell. Wien, XL, 1890. 

5. G Bonnier. — Les Nectaires, 1879. 

6. Delpino. - Sugli apparechi délia fecondajione, 1867. 

7. Hildebrandt. Bot Zeitung . 1866, 40. 1867, 34-36. 

8. H. Mûlleb. — Befruchtungen der Blumen durch Insekten, 

1837. 

9. Gorry. — Tramact. Linn. Society, 1884. 

40. Mansel Weale. Journ Linn. Society, 13. 

11. Ludwig. — Bot. Centralblatt, 1881, 8. 

12. Schumann. — Apocynacœ. en Engler et Pranlt, Pflanz en- 

fàmilien, IV, 2. 



SEANCE DU 48 MAI 4904 

Présidence de M. Roule, président 



COMMUNICATIONS 

Notes sur deux cas d'albinisme partiel 
observés sur des oiseaux. 

Par M. de Montlezun. 

Je dois à l'obligeance de M. Lacomme-Bonhenry, naturaliste 
bien connu de notre ville, d'avoir pu constater deux cas d'albi- 
nisme qui me paraissent d'autant plus intéressants, qu'ils 



— 41 — 

sont produits sur des oiseaux qui ne présentent pas, en général, 
de cas d'albinisme. 

La première observation porte sur une Huppe vulgaire 
(Upupa epops, L.), préparée le 9 avril 1904. Cet oiseau a la 
onzième rémige de chaque aile entièrement blanche ; ces deux 
plumes tranchent au milieu des autres qui sont, comme à 
l'ordinaire, maillées de noir et de blanc. A part ces deux plu- 
mes blanches, l'ensemble du plumage n'a rien de particulier. 

La deuxième observation remonte au 19 avril, elle a trait à 
une Effraye commune (Strix flammea L.). La treizième rémige 
de l'aile droite de cet oiseau est entièrement blanche; les trei- 
zième, quinzième et seizième rémiges de l'aile gauche sont, 
aussi, entièrement blanches et se détachent au milieu des autres 
plumes qui conservent leur coloration normale. 



SEANCE DU 15 JUIN 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



COMMUNICATION 

MM. L. Jammes et H. Mandoul font la communication 
suivante, à propos de V action toxique des vers intestinaux : 

Quelques auteurs (Chanson, Tauchon, Messineo et Cala- 
mida, etc.) ont attribué, dans ces dernières années, une partie 
des troubles produits, sur les hôtes, par les vers intestinaux à 
l'action de substances toxiques sécrétées par ces derniers. Les 
expériences sur lesquelles se basent ces auteurs ne sont pas 
exemptes de toute critique et récemment, Cao, êntr'autres, a 
déclaré n'avoir pu observer les effets toxiques signalés par ses 
devanciers. 

Nous avons entrepris, de notre côté, des recherches, en vue 
de préciser cette question si controversée des toxines helmin- 
thiques Nos résultats sont tirés de l'observation directe de 
nombreux sujets parasités et d'études expérimentales. 

i° Les observations de sujets parasités portent sur l'ensem- 



— 42 — 
ble des enfants traités au Dispensaire de Toulouse depuis ^a 
création (décembre 1890) et sur de nombreux animaux présen- 
és aux abattoirs. Les données recueillies au Dispensaire mon- 
tent que malgré le nombre élevé des enfants qui hébergent 
des vers intestinaux, les troubles attribuables à l'action de 
ceux-ci sont rares (deux pour cent, environ, des enfants para- 
sités). De même, l'examen des animaux livrés à la consomma- 
tion établit que la présence très fréquente des helminthes dans 
leur intestin n'altère en rien leur santé. Une action toxique, 
habituelle, des vers intestinaux est difficilement conciliable 
avec ces résultats. 

2o Les recherches expérimentales comprennent des inocu- 
lations faites avec des sucs de divers helminthes sur les animaux 
et des ingestions faites par l'un des auteurs. 

aj Inoculations. — Les sucs injectés proviennent du broie- 
ment du corps du Tsenia inermis et du T. expansa,des Ascaris 
vituli et megalocephala. Ces sucs ont été filtrés sur bougie 
ou pasteurisés à 58°. Les animaux opérés sont le chien, le lapin, 
le cobaye et le pigeon. Les inoculations ont été faites par les 
voies sous-cutanée, intra-péritonéale, intra-veineuse, intra 
achidienne et intra-cranienne. Le nombre total des inocula- 
tions s'élève à trente-neuf. Quelles que soient les combinaisons 
faites avec les éléments précédents, les inoculations n'ont 
jamais été suivies de troubles. 

b) Auto-ingestions. — Dans le but de se rapprocher le plus 
possible des conditions naturelles incomplètement réalisées dans 
les inoculations, l'un de nous (M. Jammes) a absorbé, à plusieurs 
reprises, des 'œufs d'helminthes ayant pour habitat ordinaire 
le tube digestif de l'homme. (Ascaris lumbricoides et Oxyurus 
vermicularis). Six ingestions ont abouti au développement 
d'adultes des deux espèces. Dans aucun cas, des phénomènes 
attribuables à une action toxique n'onl pu être observés. 

Ces recherches semblent démontrer que les troubles attri- 
bués aux vers intestinaux vulgaires ne peuvent être occasionnés 
par des propriétés toxiques de leurs sécrétions. Les accidents 
produits paraissent tous relever d'autres causes. 

16NOV:iS0/ 



SOCIÉTÉ D'HISTOlKE NATURELLE DE TOULOUSE. 

— 

1 

Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Bémusat, 

les 1" et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 me mercredi de Novembre au 3« mercredi de Juillet. 



MJ\J . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, i06, Toulouse. 



- 



16NOV.1907 





SOCIETE 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-SEPT. — 1904 



Mai-E>éceinlbre — IV 0S 5-9 



SOMMAIRE 
Communications 

Jammes et Mandoul. — Sur quelques propriétés des sucs hel- 
mintliiques 43 

Juppont. — Quelques mots sur les discussions récentes des 
preuves de la rotation de la terre 44 

Ribaut. — Notes myriapodologiques 48 

De Montlezun. — Capture de l'Avocette ordinaire (Recurvirot- 
tT'i avocetta L.) dans les environs de Toulouse 52 

J de Bey-Pailhade — Sur le Philothion et sur son dérivé le 
pseudo-philothion 54 

J.-E. Ahelous et H. Rihaut, — Sur la non existence du Philo- 
tliion §8 

J Comère. — De l'utilité des Algues dans l'élevage et l'alimen- 
tation des Poissons à propos de la florule de l'Etang de la 
Pujade 61 

De Montlezun. — Capture d'une loutre de grande taille dans la 
commune de Blagnac . .. 68 

De Montlezun. — Un cas d'albinisme chez la bécasse 69 

Liste des Sociétés correspondantes 71 

Table des Matières ^*-^rrrrr»->^ 77 

TOULOUSE M*^V 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, BUK UOMIGUlÊHES 2. 

1904 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat. 





Elirait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but «le former îles réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Bjtanujue et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

' Art. 4. lia Sotiété s'efforcera d'augmeiitrr les collections du Musé° d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 1-2 fr. 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivré* 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le. droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires el 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du dro«t et de la cotisation. Alors seulement les membrei 
sont inscrits au Tableau de la Société 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tonales droit 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Lé but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre d< 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; t er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. Le'ection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration el 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de Ucerabre Le Présid*rm»ai nomme pour deux année», les autres 
memores pour une année L a s Vice-présideoi9, les Secrétaires le Trésorier, 
les Bibliothécaires ei tes membres du Cmseil et du Coni'é peuvent seuls être 
réélus immé liatement dans les mêm?s fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei mercredi après le 15 novembre, eto«l lieu tous les 1 er el 3, 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3" mercredi de juillet inclusivement^ 

krt. 39. La publication dos découvertes ou études faites par tes membres 
de la Société el par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sons te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date «le sa publication. 

Art. 41. La société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions sciemifi jups. Tout Mémoire inaprimé levra donc porter la 
signature de l'auteur. 

A r t 42. Gelui-ci conserve tmjour* la propriété de son œuvre. Il peat en 
obtenir d»s tirages à part, dss réimpre«'ons, mais par l'intermédiaire d* la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adosser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriété* de la Société, revien- 
dront do droit à la ? ; lle de Toulouie. 



SEANCE DU 6 JUILLET 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



ADMISSIONS 

M. Mengaud, professeur au Lycée de Toulouse, présenté par 
MM. Roule et Paquier, est admis comme membre titulaire. 



COMMUNICATIONS 
Sur quelques propriétés des sucs helminthiques, 

Par MM. Jammes et Mandoul, 

Une action bienfaisante, due à la présence de tœnias sur leurs 
hôtes, a été observée à différentes reprises. Cetle remarque, 
d'un caractère très général, a été confirmée par plusieurs cli- 
niciens (André, Crancher) qui ont publié des observations 
relatives à l'action favorable des tœnias chez les tuberculeux. 
Enfin, Picon et Ramond, en se basant sur des recherches expé- 
rimentales, ont attribué une action bactéricide à l'extrait de tœnia 
inerme. 

Nos recherches ont été faites sur plusieurs espèces d'Ascaris 
(A. megalocephala, vituli, marginata) et de Tœnias (T. ineir- 
mis, expansa, serrata, mesocestoïdcs). Les sucs de ces vers, 
préalablement filtrés sur bougie, ont été ensemensés avec 
des espèces microbiennes saprophytes (B. meseiitericus, sub- 
tilis , etc.j ou pathogènes (P. coli communia ;, Bacillus 
typhosus, Spirillum cholersej. Les sucs de plusieurs tœnias 
ont manifesté des propriétés bactéricides à l'égard, notam- 
ment, du bacille d'Eberth (B. typliosus) et du vibrion cholé- 
rique. Cette action s'est montrée irrégulière dans nos expériences, 
mais nous pensons pouvoir déterminer les conditions dans les- 
quelles elle apparaît. 

SOC. l.'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. JXX\l). 5 



— M - 

SÉANCE DU 20 JUILLET 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



COMMUNICATIONS 

Quelques mots sur les discussions récentes des 
preuves de la rotation de la terre, 

Par M. Juppont. 

Le 22 octobre 1902, sur l'initiative de la Société astrono- 
mique de France, fut répétée, au Panthéon, en présence d( 
M. Chaumié, ministre de l'Instruction publique, l*expérien< 
du Pendule de Foucault, d'où l'on tire un argument en faveui 
de la rotation de la terre (1). 

Le 29 novembre suivant, dans une lettre adressée à l'Illus- 
tration, un ancien élève de V école polytechnique, sous 
initiales I. F., sous prétexte « qu'il est impossible de trouve 
dans le monde un seul corps parfaitement immobile », préten< 
que les bases de la mécanique sont indémontrables au mêm< 
titre que le postulatum d'Euclide et déclare que le principe 
d'autorité, c'est-à-dire l'absence de toute bonne raison, perm< 
seul de conclure de l'expérience du Panthéon à la rotation de h 
Terre, et il termine sa lettre par ces mots : nu point de v\ 
des calculs astro)iomiques, peu importe que ce soit la Terre 
ou le monde céleste qui tourne; la science étudie les mou- 
vements relatifs de l'un par rapport à Vautre et cela lui 
suffit. 

Peu de temps après, M. Ernest Pasquier, professeur de mé- 
canique céleste à l'L T niversité de Louvain, commenta, dans la 
Revue des questions scientifiques, le discours de M. Flamma- 
rion, prononcé au Panthéon (2), sur la rotation de la Terre. 

(1) Bulletin de la Société astronomique de Franco^ 1902, p. 445. 

(2) Loc, cit., 1903, p. 357. 



- 45 - 

Ce professeur s'est exprimé comme suit : 
« Nous partageons l'avis du polytechnicien sceptique et nous 
« estimons, avec lui, que l'expérience du pendule de Foucault 
« ne prouve pas ce qu'on veut lui faire prouver... », et, après 
une série de considérations sur le mouvement relatif, qui aboutis- 
sent à l'affirmation suivante : « c'est un non-sens que de 
a parler du mouvement de la Terre sans dire par rapport à 
a quels repères on considère ce mouvement... » il conclut : 
« au point de vue des phénomènes, le seul qui soit du domaine 
ce de la mécanique et de l'astronomie, il est tout aussi correct 
« de dire que les étoiles tournent autour de la terre, que de 
(( dire que la Terre tourne par rapport aux étoiles » et, comme 
si la pensée n'était pas suffisamment exprimée, ce mathématicien 
ajoute : « Dire l'un, c'est la même chose que dire Vautre. 
« Les deux interprétations sont équivalentes au point de vue 
(( phénoménal, ou si Von veut, au poirit de vue mathéma- 
« tique. » 

Ces idées rapprochées des fictions discutées par M. Poin- 
caré(l) au sujet de la recherche de notion d'espace absolu, ont 
fait prétendre, dans de nombreux journaux politiques, que 
M. H. Poincaré, membre de l'Institut, contestait la rotation de 
la Terre. 

Ce dernier, dans une lettre à M. Flammarion (2), proteste 
contre l'interprétation donnée à quelques phrases tirées de ses 
ouvrages; il dit : 

(( La rotation de la Terre est donc certaine, précisément dans 

« la même mesure que l'existence des objets extérieurs il 

« n'est pas faux que la Terre tourne, de sorte que Galilée n'a 

« pu commettre d'erreur la croyance à cette rotation est un 

« instrument aussi indispensable à celui qui veut penser sa- 
a vamment, que l'est le chemin de fer, par exemple, à celui qui 
« veut voyager vite » 



(1) La Science et l'Hypothèse, p. 138. 

[2 JBulletin, loc. cit., 1904, pp. 118 et 216. 



— 46 — 

M. Poincaré, croit donc à la rotation de la Terre et il ajoute : 
(( Quant aux preuves de cette rotation, elles sont trop connues 
(( pour que j'insiste Si la Terre ne tournait pas sur elle-même, 
(( il faudrait admettre que les étoiles décrivent en vingt-quatre 
« heures une circonférence immense que la lumière mettrait 
« des siècles à parcourir. » 

Il est à peine besoin de faire remarquer que ce qui est une 
preuve pour M. H. Poincaré et pour bien d'autres, n'en est une 
ni pour le polytechnicien sceptique, ni pour M. Ernest Pasquier, 
puisque pour ceux-ci, peu importe que la Terre soit immobile 
et que la voûte céleste tourne, ou inversement ; l'un est, disent- 
ils, aussi correct que l'autre. 

Je voudrais, en quelques mots, montrer combien la discussion 
soulevée parle « polytechnicien sceptique » est loin de la vérité 
expérimentale. 

Ce mathématicien, par suite de l'emploi du même terme, le 
mot mouvement, pour désigner deux choses absolument diffé- 
rentes, confond deux ordres d'idées entièrement distincts l'un 
de l'autre : le mouvement relatif et le mouvement réel des 
corps qui se déplacent l'un par rapport à l'autre. 

La représentation du mouvement relatif de la terre et de la 
voûte céleste ou solide stellaire, à l'aide des lois de la cinéma- 
tique, est une abstraction que nous avons imaginée ; elle est 
une, puisque la relativité qu'elle figure, a été substituée aux faits 
d'observation et elle subsiste, identique à elle-même, lorsque la 
Terre est immobile et que les étoiles tournent autour d'elle et 
lorsque l'on fait l'hypothèse inverse, puisque ce que l'on consi- 
dère est, par définition, la relation entre deux corps et non le 
mouvement de ces corps; tandis que le mouvement observé 
est, en lui-même, un fait, au même titre que tout autre mouve- 
ment constaté par nos sens, et si la terre tourne, il est bien 
évident que ce n'est pas le même fait que si la terre est immo- 
bile. 

Au point de vue de la relativité, c'est-à-dire de la conception 
représentative que nous substituons au fait, peu importe que la 



— 47 — 

Terre ou la voûte céleste tourne ; mais si la liaison cinématique 
entre notre planète et le solide stellaire reste la même dans les 
deux cas, il n'en est pas moins vrai que, dans la réalité, l'une 
des hypothèses est l'inverse de l'autre et il est facile d'établir 
qu'elles ne sont pas équivalentes au point de vue énergétique, 
quoi qu'en dise M. E. Pasquier ; c'est là le point essentiel que 
l'on a omis de mettre en évidence dans toute cette discussion. 

En effet, si la Terre tourne, elle possède, autour de son axe 
de rotation, une énergie cinétique proportionnelle à sa masse 
et au carré de sa vitesse angulaire. Gomme dans cette hypothèse 
la voûte céleste est immobile, les diverses étoiles du solide stel- 
laire,ne possèdent pas d'énergie cinétique de translation suivant 
des cercles dont la Terre serait le centre. 

Si, au contraire, la Terre est fixe et que la voûte céleste tourne, 
l'Univers contient une somme d'énergie infiniment plus grande 
que dans l'hypothèse précédente, puisque non seulement la 
masse des étoiles est infiniment grande par rapport à celle de la 
Terre, mais encore parce que les vitesses de translation dont 
seraient animées les diverses étoiles, sont infiniment grandes par 
rapport à celle d'un point de l'équateur terrestre. 

Les sommes d'énergie contenues dans l'Univers sont donc in- 
finiment différentes dans l'une et l'autre hypothèse : on n'a donc 
pas le droit de conclure, comme M. Pasquier, et de se placer uni- 
quement au point de vue de la mathématique, carie fait dont on 
cherche l'explication est une réalité complètement distincte de 
la relativité qu'on lui substitue. 

La différence des sommes d'énergie cosmique que supposent 
la rotation et l'immobilité de la Terre est une présomption de 
plus en faveur de l'hypothèse de la rotation. 

Il est aussi puéril de rechercher une preuve absolue de la 
rotation de la terre, que de chercher la démonstration absolue 
de l'existence d'un objet quelconque, puisque nous n'avons pas 
et ne pouvons pas avoir de preuve absolue de notre existence 
personnelle. 

Nous ne pouvons que choisir parmi les hypothèses! celle qui 



— 48 — 

s'accommode le mieux avec l'ensemble de nos connaissances; 
c'est le cas de la rotation de la terre opposée à l'hypothèse de 
son immobilité, qui a pour conséquence l'existence d'une 
somme d'énergie infiniment grande par rapport à l'énergie 
cosmique impliquée par l'hypothèse de la rotation. 



SEANCE DU 16 NOVEMBRE 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



COMMUNICATIONS 
Notes myriapodologiques. 

Par M. Ribaut 

Iulus (cylindroiulus) londinensis var. finitimus, var. nov. 

Cette variété se distingue du type : 1° par la striation des 
segments beaucoup plus dense, identique à celle de /. psilo- 
pygus (stries espacées du 12 e au 14 e de leur longueur, tandis 
que chez le type elles sont espacées du 7 e au 8 e ) ; 2° par la taille 
plus grande, surtout chez la femelle (? long. 35 — 50 min , larg. 
3 — 4,5 m,n ) ; 3° par le segment anal dont l'angle est un peu 
moins obtus. 

Les pattes copulatrices sont identiques à celles du type, ainsi 
du reste qu'à celles de 1. psilopygus, qui a exactement les 
pattes copulatrices de I. londinensis. Cette variété forme un 
terme de passage entre 1. londinensis et /. psilopygus; c'est 
un 1. psilopygus sans prolongement du segment anal. 

Haute vallée de la Garonne. 

Iulus psilopygus Latz. = Iulus luridusvar. œdurus Latz. 

Mon collègue M. Chalande a eu l'amabilité de me confier les 
types précieux de sa collection, d'après lesquels Latzel a décrit 



— 49 - 

en 1886 l'espèce p silo py g us et deux ans plus tard la var. œdu- 
rus de /. luridus. J'ai pu me convaincre, par un examen très 
attentif de ces échantillons, de l'identité absolue de la var. 
œdurus et de l'espèce psilopygus. Ce dernier nom a la priorité. 

Iulus londinensis var. psilopygus Latz. = I. psilopygus Latz. 

Les pattes copulatrices de /. psilopygus sont connues par 
les dessins qu'en a publiés M. Brôlemann dans la « Feuille des 
jeunes Naturalistes » v1895, p. 166). J'ai pu, en outre, les étu- 
dier chez un certain nombre de mâles, provenant de la collec- 
tion Chalande et nommés par Latzel I . luridus var. œdurus. 
Or, il n'existe aucune différence fondamentale entre les pattes 
copulatrices de cette espèce et celles de /. londinensis. On ne 
peut donc séparer I. psilopygus de 1. londinensis que comme 
variété, les seuls caractères distinctifs résidant dans la stria- 
tion, la forme du segment anal et la taille, et cela avec d'au- 
tant plus de raison que nous connaissons maintenant, avec 
I. londinensis var. fi?iitimus mihi, un terme de passage entre 
/. londinensis et /. jssilopygus. 

J'établis donc la synonymie suivante : 

1. londinensis var. psilopygus Latz. =1. psilopygus Latz. 
— I. luridus var. œdurus Latz. 

Typhloblaniulus Dollfusi Brôl. 

Cette espèce a été créée par M. Brôlemann, en 1894, sur 
trois échantillons Ç- recueillis par M. Dollfus, à Hendaye (Bas- 
ses-Pyrénées). 

Le mâle est resté inconnu jusqu'à ce jour. 

J'ai eu la bonne fortune de recueillir dans les Pyrénées (à Fos, 
Haute-Garonne), un certain nombre d'exemplaires o* et 9 d'un 
Typhloblaniulus qui correspond à la description très détaillée 
du Dollfusi, sauf en ce qui concerne les points suivants : 
1° les fines carènes latérales des métazonites n'occupent que les 
deux tiers de la distance qui sépare les pores répugnatoires de 



— 50 — 

l'insertion des pattes. Elles sont loin par conséquent d'attein- 
dre la hauteur du pore répugnatoire. On en compte 8 à 10 ; 
2° les carènes du prozonite s'étendent (au moins sur la moitié 



Typhloblaniulus Dollfusi Brôl. 

I. — l re paire de pattes (face antérieure). 

II. — Pattes copulatrices — Paire antérieure vue de profil, côte 
droit (en léger raccourci). 

antérieure du corps), jusque sur la partie médiane du dos. 
Elles sont beaucoup plus espacées sur le dos que sur les flancs. 
Les autres caractères correspondent si exactement à ceux di 
type décrit par M. Brôlemann, que je n'hésité pas à considérer 
mes échantillons comme appartenant à l'espèce Dollfusi. 



— 61 — 

Je crois intéressant de donner les caractères essentiels du 
mâle, afin de fixer l'espèce d'une manière définitive. 

Mâle : Les joues, munies de trois protubérances, sont pres- 





IV 



in 



Typhloblaniulus Dollfusi Brôl. 

III. — Pattes copulatrices. — Paire antérieure (face postérieure). 

IV. — Pattes copulatrices. — Patte gauche de la paire postérieure 
(face postérieure). 

V. — Rameau a vu selon la direction de la flèche de la Usure IV. 



que identiques à celles de T. guttulatus. Pattes de la première 
paire, courtes, composées de cinq articles dont le dernier est 
petit, conique et l'avant-dernier muni sur sa face interne d'une 



- 52T- 
forte protubérance orientée vers la base et terminée par une 
partie presque cylindrique, tronquée à l'extrémité. La deuxiè- 
me paire, de forme normale, ne porte pas d'appendices folia- 
cés. Les autres pattes sont munies d'appendices lancéolés folia- 
cés, sur la face interne du tibia et des deux premiers articles 
du tarse. Ongles doubles. 

Pattes copulatrices. Paire antérieure : Pièces médianes sou- 
dées sur toute leur longueur, très comprimées latéralement, à 
extrémité incurvée en avant. Sur le tiers médian se trouve de 
chaque côté une expansion lamellaire en rectangle allongé, sur 
le tiers basai et de chaque côté une autre expansion lamellaire 
graduellement dilatée vers la base et insérée un peu plus en 
avant que la précédente. Pièces latérales atteignant à peu près 
la moitié de la longueur des pièces médianes, creusées en gout- 
tière sur leur face interne, à extrémité arrondie et épaissie. Dix 
à quinze poils sont insérés sur le quart extrême de la face in- 
terne. Paire postérieuse longue et grêle, à extrémité lancéolée, 
contournée. Au-dessous de l'extrémité se trouvent trois laniè- 
res effilées, dirigées en dehors; celle qui est la plus rapprochée 
de l'extrémité est plus robuste et plus longue que les autres. 
Au-dessous de ces trois lanières se trouve un fort rameau en 
forme de croix dont les bras sont terminés par deux à quatre 
dents courtes et dont le pied porte sur son bord antérieur une 
lanière effilée. 

Chez l'animal vivant, la teinte varie du brun clair au brun 
foncé et les pattes sont pâles. 



Capture de l'Avocette ordinaire ( Recurvirostra 
avocetta L ) dans les environs de Toulouse, 



Par M. DE Montlezun. 



Le 9 juillet 1904, M. Jany, propriétaire à Vieille-Toulouse, 
tira sur un vol de trois avocettes qui se trouvaient à proximité 



- 53 — 

du mur des Etroits, route de Toulouse à Croix-Falgarde ; l'une 
resta morte sur place ; les deux autres, au lieu de s'envoler sur 
le coup de fusil, se laissèrent entraîner par le courant, comme 
le font les oiseaux blessés. 

Le 12 juillet suivant, l'une de ces dernières fut aperçue par 
M. Justi qui péchait à la ligne sur le bord de la Garonne, près 
de la métairie des Sables, commune de Portet. Ce bel oiseau se 
laissa prendre sans difficultés et fut porté vivant au laboratoire 
du Musée d'histoire naturelle. 

Ce n'est qu'en dépouillant cet oiseau qu'il a été possible de 
découvrir les blessures qu'il avait reçues trois jours avant. 

Ce passage d'avocettes étant le seul qu'il m'ait été permis de 
constater dans la région, je me fais un plaisir de le signaler à 
mes collègues. 

Description et mesures relevées sur l'oiseau en chair. — 
Gorge, cou, poitrine, abdomen, croupion et sommet du dos 
entièrement blancs; dessus de la tête, nuque et partie postérieure 
du cou noirs ; deux bandes noires partant de chaque épaule se 
réunissent en forme de V vers le bas du dos et précèdent deux 
bandes blanches de même disposition ; couvertures moyennes 
de l'aile noires; grandes couvertures blanches formant une 
sorte de miroir blanc limité par les grandes rémiges qui sont 
d'un noir brunâtre; iris brun, bec d'un noir corné, pattesd'un 
gris perle foncé. 

Longueur totale de l'extrémité du bec 

au bout de la queue m 42 

Envergure m 69 

Longueur de l'aile m 325 

Longueur du fouet m 21 

Longueur de la queue m 075 

Longueur du tarse m 09 

Longueur du doigt médian m 044 

Longueur du bec m 085 



— 54 - 

SEANCE DU 7 DECEMBRE 1904 

Présidence de M. Roule, président. 



Election du Bureau 
Le Bureau de la Société est ainsi composé pour l'année 1905 

MM. 

Président. . . . Roule. 

Vice-présidents Laromiguière et Abelous. 

Secrétaire-général Ribaut. 

Secrétaire-adjoint Ufferte. 

Trésorier de Montlezun. 

Bibliothécaires-archivistes de Lastic et Chalande. 

Conseil d'administration : 
MM. Garalp et de Rey-Pailhade. 

Comité de publication : 
MM. Crouzil, Garrigou, Juppont, Lamic. 

ADMISSIONS 

M. Limousis, présenté par MM. Gugulière et de Montlezun, est 
admis comme membre titulaire. 

M. Trutat, membre fondateur de la Société, est nommé membre 
honoraire. 



COMMUNICATIONS 

Sur le philothion et sur son dérivé le pseudo- 
philothion, 

Par M J. de Rey-Pailhade. 

J'ai fait connaître, à la Société chimique de Paris, section de 
Toulouse, séance du 1 er juillet 1904, page 987 du Bulletin, les 
résultats de mes dernières recherches sur l'albumen d'œuf de 
poule. Elles montrent qu'il faut distinguer deux corps : 1° Le 



— 55 — 

philothion, matière soluble dans l'eau, et 2° le philo-thion coa- 
gulé par la chaleur ou pseudophilothion, matière insoluble dans 
l'eau. 

Le philothion est une diastase hydrogénante, tandis que le 
pseudophilothion n'est plus une diastase. Le pseudophilothion 
possède la propriété chimique de donner de l'hydrogène sulfuré 
avec le soufre à des températures au-dessous et au-dessus de sa 
température de formation. 

On a peu étudié, à ma connaissance, les propriétés des corps 
dérivant des diastases détruites par la chaleur. Ces dérivés pa- 
raissent généralement soluhles et ne possèdent plus la propriété 
caractéristique de la diastase ; mais on conçoit qu'il puisse y 
pvoir des dérivés insolubles ayant une propriété rappelant celle 
de la diastase. 

Le philothion en solution étendue et légèrement acide, chauffé 
à l'ébullition, fournit un précipité de pseudophilothion qui 
donne encore de l'hydrogène sulfuré avec le soufre. 

Les dérivés réguliers de l'oxytiémoglobine, qui est. à mon 
avis, une diastase oxydante, fournissent un cas absolument ana- 
logue à celui du philothion. On sait que roxyhémoglobine se 
détruit, quand on la traite par l'eau chaude, les alcalis à chaud, 
et même à froid. Cette destruction régulière de la molécule au 
contact de l'oxygène de l'air donne à la fois une matière albu- 
minoïde, un pigment ferrugineux, l'hématine et des dérivés 
gras 

L'hématine, comme le pseudophilothion, est entièrement in- 
soluble dans l'eau. Les réducteurs alcalins donnent avec l'hé- 
matine de Vliémitine réduite en hémochromogène. 

Le pseudophilothion est donc un dérivé du philothion, comme 
l'hématine est un dérivé de l'ox y hémoglobine. Ces faits mon- 
trent combien l'étude des diastases est délicate et exige de pré- 
cautions. 

Quand on chauffe à l'ébullition des graines de pois chiche, 
préalablement gonflées dans l'eau, de la levure de bière, du 
tissu hépatique, du tissu musculaire, etc, etc., il y a coagulation 



- 56 - 

de la matière au sein du tissu et formation de pseudophilothion 
possédant la propriété chimique mais non diastasique de donner 
H 2 S avec lesoutre à des températures supérieures à 100 degrés. 

M. Armand Gautier a montré (Chimie biologique, 2 e édition, 
page 65) qu'à 170 degrés, l'albumine chauffée avec de l'eau 
chaude, donne de l'hydrogène libre ; il est donc certain qu'un 
mélange de soufre et d'albumine produirait, à cette tempéra- 
ture, une abondante quantité d'hydrogène sulfuré. Il ne peut 
être question d'action diastasique à cette température. 

L'action diastasique hydrogénante du philothion cesse dès-que 
le pseudophilothion se forme par coagulation, Jusqu'à présent, 
aucun des auteurs qui se sont occupés du philothion n'avait fait 
remarquer que le philothion coagulé ne doit pas être confondu I 
avec le philothion soluble qui est vraiment une hydrogénase. 

La production d'hydrogène sulfuré constaté par divers expé- 
rimentateurs, — Abelous et Ribaut, Hoffter et moi-même, — 
quand on mélange du soufre avec du pseudophilothion, est donc 
un simple phénomène chimique. 

On devra donc, dès maintenant, dans l'étude du philothion, 
tenir rigoureusement compte de l'existence de ces deux subs- 
tances voisines, mais non identiques. 

J'ai expliqué, dans une note à la Société chimique, 1897, 
page 758, que le philothion ayant dans sa constitution de l'hy- 
drogène faiblement uni à un gros noyau, représentait le corps 
protéique prévu par M. Bertrand, dans sa théorie de l'oxydation 
par la laccase. J'ai, plus tard, précisé ma pensée et exprimé 
l'idée que si on associait le philothion au bioxyde de manga- 
nèse, on obtiendrait un corps oxydant. (Bull. Société histoire 
naturelle de Toulouse, 1902, page 65.) M. Trillat, en réalisant 
avec succès cette association, a obtenu des solutions présentant 
plusieurs propriétés des diastases oxydantes. 

M. Trillat explique cette action oxydante, au moins en partie, 
à l'état colloïdal du bioxyde de manganèse formé. Dans le cas 
de l'albumine d'œuf, quand on porte à l'ébullition le mélange 
Trillat, la propriété oxydante est détruite, quoiqu'il n'y ait pas 



- 57 — 

de précipité. J'ai déjà montré que la liqueur renfermait alors 
de l'alcali-albumine n'ayant plus d'action sur le soufre à 40 de- 
grés, ce qui répond à ma théorie, et montre que l'albumine, en 
restant colloïdale, a cependant changé de nature. 

Jl résulte de l'ensemble des faits cités que l'albumine d'œuf 
chauffée à l'ébullition change de constitution. Si la liqueur est 
alcaline, il n'y a pas de précipité, mais formation d'alcali-albu- 
mine sans action sur le soufre à 40 degrés ; une liqueur très 
peu acide donne un précipité qui est du pseudophilothion, qui 
produit H 2 S avec le soufre à partir de 40 degrés et au-dessus; 
enfin, avec une liqueur plus acide, il y a formation d'acide 
albumine sans action sur le soufre. 

Le phénomène de la destruction du philothion vrai par la 
chaleur confirme les vues de M. Jobannes Starke, communi- 
quées au Congrès international de physiologie tenu à Bruxelles 
en 1904. Cet auteur a constaté que l'activité de la ptyaline en 
fonction de la température doit être représentée par une courbe 
composée d'une ligne ascendante jusqu'à 35-37 degrés ; d'un 
plateau horizontal de 35-37 degrés jusqu'à 72-73 degrés, et 
d'une ligne descendant presque verticalement vers l'abscisse à 
partir de 74 degrés. L'auteur ajoute qu'en se comportant ainsi, 
la formation rentre dans les lois générales de la chimie. 

La destruction du philothion vrai et sa transformation en 
pseudophilothion par la chaleur à la température fixe du point 
de coagulation, indique pour la courbe de H 2 S formé avec le 
philothion vrai une ligne tombant hrusquement. C'est, à mon 
avis, une nouvelle preuve de la nature diastasique du pbilo- 
tbion. 



- 58 — 

SÉANCE DU 21 DECEMBRE 1904 

Présidence de M. Roule, président 



COMMUNICATIONS 

Sur la non existence du Philothion, 

Par MM. J. E Abelous et fl. Ribaut. 

Nos critiques de la dernière communication de M. de Rey- 
Paiihade auront l'avantage d'être aussi brèves que décisives : 

Pour expliquer les résultats de nos expériences que ruinaient 
son hypothèse purement gratuite de l'existence d'une diaslase 
hydrogénante par lui nommée philothion, notre collègue a ima- 
giné l'existence d'un prétendu dérivé, le pseudophilotion, qui 
interviendrait seul pour produire de l'hydrogène sulfuré aux 
températures incompatibles avec l'action d'un ferment soluble. 
Selon lui, il existerait bien un philothion qui donne de l'hy- 
drogène sulfuré à 40°. Sous l'influence de la chaleur, les ma- 
tières albuminoïdes se coagulent et le philothion se transforme 
en un dérivé, le p-eudophilothion, dont l'action hydrogénanle 
pourrait croître et se poursuivre à des températures de plus en 
plus élevées. C'est là un pur raisonnement a priori qui se dé- 
truit de lui-même parce qu'il nest qu'une pétition de principes. 
Avant d'invoquer en effet l'existence d'un dérivé, il faudrait 
prouver celle du philothion lui-même. Un fils suppose l'exis- 
tence d'un père. Or, aucune de ses expériences anciennes ou 
récentes n'est de nature à nous fournir même l'ombre d'une 
preuve dans ce sens 

Mais acceptons provisoirement l'hypothèse de notre collègue 
Admettons qu'il existe une diastase hydrogénanle, le vrai, 
l'unique philothion. Cette diastase doit comme toutes les autres, 
présenter une activité variant en fonction de la température, 



- 59 - 

c'est-à-dire que la production d'H 2 S doit croître au fur et à me- 
sure que s'élève la température pour atteindre un maximum 
au-delà duquel elle diminuera plus ou moins rapidement pour 
cesser à une température donnée (de 75 à 80°). A ce moment 
interviendra le dérivé, le pseudophilothion et la courbe devra 
se relever de nouveau avec l'élévation de température. 

Or, prenons une liqueur contenant la soi-disant hydrogé- 
nase, ajoutons du soufre. Nous devrions observer une produc- 
tion d'H 2 S croissant avec la température jusqu'à un maximum 
coincidant avec une température t n (45°-50 n -60°) à partir de 
laquelle H 2 S devrait diminuer jusqu'au moment où la diastase 
étant détruite (70°-8O), le pseudophilotbion interviendrait et 
devrait donner des quantités croissantes d'hydrogène sulfuré. 

La courbe devrait donc traduire : 1° l'action diastasique, et 
2" l'action purement chimique du dérivé. La succession de ces 
deux courbes ou tout au moins un accident de la courbe uni- 
que sont absolument indispensables pour permettre de dire 
qu'il y a deux actions différentes. 

Or, il suffit de jeter un coup d'oeil sur la courbe ci-jointe 
pour reconnaître qu'il n'en est rien. 

Personne ne saurait dire à quel point finit l'action diastasi- 
que et ou commence l'action chimique. 

Si M. de Rey-Pailhade voulait contester la logique de ce rai- 
sonnement basé sur des expériences aussi précises que rigou- 
reuses, et s'il continue d'affirmer qu'à partir d'une tempéra- 
ture donnée, c'est le dérivé qui entre en scène et succède au 
philothion diastase, nous sommes en droit de lui demander de 
nous prouver qu'en deçà de cette température ce n'est pas le 
pseudophilothion seul qui agit. Car de deux choses l'une; ou 
bien la courbe traduit uniquement une action diastasique, ce 
qu'aucun physiologiste ni aucun chimiste ne saurait admettre, 
étant donné qu'il n'y a pas de diastase qui donne une courbe 
semblable, ou bien elle traduit uniquement une action chimi- 
que pouvant beaucoup plus simplement s'expliquer par une 
oxydation de la molécule protéique en présence de l'eau, ex- 

800. d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXXVI.) 6 



- 60 - 

plication proposée depuis longtemps par Rôsin^ et que nous 
acceptons jusqu'à preuve du contraire. Mais de toute façon 
Yexistence du philotliion hydrogénase est une pure hypo- 
thèse qu'aucune expérience ne justifie. 

Quant aux autres considérations de M. de Rey-Pailhade sur 
la nature diastasique de l'oxyliémoglobine, nous ne voulons 
pas les soumettre à la critique, car on ne saurait discuter des 
affirmations qui ne reposent sur aucun fait expérimental. 




50* 60* 70° 80 e 90* 100* 110° 130* 130* 






— 61 — 

De l'Utilité des Algues dans l'élevage et l'alimen- 
tation des Poissons à propos de la florule de 
l'Etang de la Pujade, 

Par Joseph Gomère 

Avant d'entreprendre quelques expériences de pisciculture 
dans l'un des étangs de la Pujade, on a bien voulu me prier 
de donner certaines indications sur la composition de la florule 
de cette pièce d'eau et de faire connaître en même temps quelle 
pouvait être l'utilité des végétaux cryptogamiques dans l'éle- 
vage et l'alimentation des Poissons. A ce propos, j'ai cru inté- 
ressant de publier ces notes sommaires dans lesquelles j'ai essayé 
de démontrer l'importance des relations qui existent entre 
l'Algologie et les Industries piscicoles. 

Les étangs de la Pujade sont situés à Toulouse, e»u faubourg 
Bonnefoy, et au nombre de deux. Celui qui nous occupe est le 
plus vaste, sa superficie est, d'après les renseignements qui 
m'ont été fournis, d'environ quatre hectares et ia profondeur 
variable. Son origine est purement artificielle, c ir, comme son 
voisin, il a été creusé dans le but de fournir le? matériaux né- 
cessaires au remblai de la ligne du chemin de fer de Toulouse 
à Paris. Bientôt après l'enlèvement des terres, la vaste cavité 
était envahie par les eaux et il fut impossible, malgré des ten- 
tatives répétées avec de puissantes machines d'épuisement, de 
la mettre à sec. On jugea alors plus économique de laisser 
les choses en l'état, et l'étang, depuis cette époque, est toujours 
au niveau des puits voisins. 

Parmi les Phanérogames qui se trouvent sur les bords ou 
qui flottent à la surface, j'ai trouvé : la Glyceria aquatica 
Vhlg., les Carex vulpina L. et divisa Huds., le Scirpus ma- 
ritima L., les Juncu? maritima L., et effusus L,, le Myrio- 
pJujllum verticillatum L. et le Typha lalifoiia L. 

La faune ichthyologique comprend, entre autres formes, des 



— 62 — 

Carpes en assez grand nombre, beaucoup de Gardons, plus 
quelques Tanches et Goujons qui ne semblent pas bien pros- 
pérer. 

J'ai examiné la fïorule algologique à plusieurs reprises et 
aux époques favorables à la récolte des organismes, c'est-à-dire 
en février et mars, mois pendant lesquels prédominent les 
Diatomées et en mai et juin, qui sont plus propices au dévelop- 
pement des Algues vertes. Les espèces déterminées proviennent 
des bords de l'étang et des pêches pélagiques effectuées à la 
surface de l'eau. 



Ghlorophycées. 



Scenedesmus acutus Meyen. 

— caudatus Corda. 

— dimorphus Kùtz. 

— obtusus Meyen. 

— quadricaula Breb. 
Raplridium iciculare Breb. 
Pediastrum rôoryanum Turp. 

— i.itegrum Naeg 

— pt.rtusum Kûtz 



Conferva bombycina Ag. 

— tenerrima Kûtz. 
Cladophora fracta Kiïtz 
Spirogyra in f\a\ ii( Va uch.)Bab. 
Gosmarium bioculatum Breb. 

— Meneghinii Breb. 

— punctulatura Breb. 
pygmaeum Arch 

Staurastrum glabrum Ralfs. 



Bacillariées (Diatomées). 



Cymbella Cistuh Hemp. 

— gracllis Ehr. 

Encyonema ventricosum Kfilz. 
Navicula cry ptoco.pl îa la Kûtz. 

nec Sm. 
Navicula radiosa Kûtz. 
Pleurosigmaacuminatum Grûn 
var. lacustre >>m. 
Gomphone.ma capitatum Ehr. 
Gocconeis pediculus Ehr. 
Achnantes exilis Kùtz. 



Synedra Ulna Ehr. 

— — var. amphyrin- 
cbus. 

Synedra delicatissima Sm . 

— rurapens Kùtz. 
Fragillaria mutabilis Grûn. 
Odontidium hyeraale Lynyb. 

var. mesodon. 
Nitzchia linearis Sm. 

— dubia Sm. 
Cyclotella Menegliiniana Kùtz. 



Myxophycées. 



Gœlosphœrium Kùtzingianum 
Nœg. 



Meriraospedia glauca Nseff. 



Toutes ces Algues sont caractéristiques de la flore limnétique. 
Plusieurs Ghlorophycées : les divers Scenedesmus, Pedias- 



— 63 — 

trurn et le Raphidium, les Conferva bombycina et ienemmà; 
et les deux Myxophycées : Cœlosphœrium et Merimospedia 
sont nouvelles pour la flore toulousaine. Deux Desinidiées : 
Cosrnarium pygmœum et Staurastrum glabriim n'ont pas 
encore été signalées en France. 

Parmi les Diatomées, il y a lieu de remarquer la présence 
de YOdontidium hyemale, probablement accidentelle dans un 
milieu stagnant et à température relativement élevée, car cette 
forme est essentiellement alpine et se développe abondamment 
dans les ruisseaux et les torrents de nos Pyrénées. Le Synedra 
rumpens se trouve aussi en grande quantité dan^ l'étang de la 
Pujade. Je n'ai pas jusqu'à présent retrouvé cette Phéophycée 
siliceuse ailleurs, car elle parait relativement peu commune 
dans nos environs, bien qu'en raison du cosmopolitisme et de 
la diffusion considérable des Algues d'eau douce, on doit ad- 
mettre, avec de Brébisson (l) qu'une espèce n'est rare que 
parce que l'on ne l'a pas recherchée dans les localités où elle 
vit habituellement. Dans tous les cas, il est assez intéressant 
de constater que le Synedra rumpens persiste toujours dans la 
même station, car à l'époque où je commençais à m'occuper de 
de l'étude spéciale des Diatomées, je l'ai récolté en cet endroit, 
le 31 décembre 1882, lors d'une herborisation faite en compa- 
gnie de mon excellent ami, le commandant H. Peragallo. 

Le rôle que jouent les Algues dans les étangs est très com- 
plexe. Elles contribuent tout d'abord à l'assainissement des 
eaux, en absorbant les matières organiques solubles, en aug- 
mentant l'aération du milieu par leur assimilation et en rete- 
nant à leur surface les Bactéries. 

Les longs filaments des formes confervoïdes : Cladophora, 
Œdogonium, Conferva, Spirogyra, etc., offrent une protec- 
tion efficace contre les rayons solaires et empêchent réchauffe- 
ment excessif de la masse liquide. Ils procurent aux habitants 



(1) A. de Brébisson. Note sur quelques Diatomées marines rares 
ou peu connues du littoral de Cherbourg, 1851. 



- 64 — 

des étangs des abris à l'ombre, servent de support aux œufs 
collants de beaucoup d'espèces de Poissons et de refuge aux 
alevins. 

Les espèces de taille plus réduite, unicellulaires ou réunies 
en colonies : les Protococcacées, les Palmellacées, les Volvoci- 
nées, les Diatomées , etc., etc., présentent une importance 
toute particulière pour la nourriture des myriades de petits 
animaux qui servent à leur tour d'aliment à d'autres plus gros. 
Ceux-ci sont ensuite absorbés par les Poissons. Les Algues 
constituent ainsi l'un des moyens les plus puissants dont dis- 
pose la nature pour préparer la vie supérieure. 

Bien que les Poissons soient en majorité carnivores et que I 
certains d'entre eux dévorent même leurs semblables de taille 
plus réduite, le plus grand nombre des espèces d'eau douce 
de nos régions, se nourrit d'Insectes, de petits Crustacés, 
d'Annélides, etc., etc., d'autres ont une alimentation mixte, 
mais je crois qu'il n'en existe pas qui soient exclusivement her- 
bivores. x Plusi eu rs auteurs se sont occupés de cette question, je 
citerai entre autres, un travail de M. Mario Suster (1), qui a 
fait des analyses microscopiques du contenu du tube digestif 
de plusieurs espèces vivant dans le lac de Garde, divers mémoi- 
res de W. Drescher (2), 0. Zacharias (3), G. Nicklas (4) et 
S -A. Forbes (5) qui ont publié le résultat de leurs recherches 



(1) M. Suster. Contributo allô studio délie sostanze nutriment! 
dei pesci del Benaco. Trento. 1898, G. Zippel, 8°, pp. 12. 

(2j W. Drescher. Die niedrigste Welt der Sùsswasserthiere und 
ihr Verhâltriiss zur Nahrung der Fische. {Anzeig. d. Fischer ei-in- 
dustrîe, VI Jahrg., n. 8-9, pp. 256-269). 

(3 0. Zacharias. Diemikroskopische Organismeirwelt desSùssAvas- 
sers in ihrer Beziehung zur Ernâhrung der Fische (Jahresber. des 
Centr. Fischerei-verens f. Schlesicig-Holstein, 1882-93; Reridsburg 
1893). 

(4) C. Nicklas. Kûnstliche Ernâhrung der Karpfen {Deutsche 
Fischerei-Zeitung, vol. V. n. 36, 38, 40, 43, 45; Stettin, 1882 . 

(5) S -A. Forres. Studies of the Food ot Fresh-Water Fisches. 
(Bull, of the Illinois State Labor. of Nau Hlst., vol. I et II) 



- 65 — 

sur la nourriture de la Carpe et de plusieurs autres Poissons 
d'eau douce. 

Les limites de cette petite Etude ne me permettent pas d'en- 
trer dans des détails sur ce point spécial et je me bornerai à 
conclure que si les Algues sont utiles aux espèces qui ont une 
alimentation mixte, elles sont indispensables à la nourriture 
des animalcules qui alimentent la plus grande partie des habi- 
tants de nos rivières, de nos lacs et de nos étangs 

Pour ma part, dans mes herborisations algologiq'ues le long 
du canal du Midi, il m'a été souvent permis de constater que 
les jeunes Poissons sont rassemblés en grande quantité à cer- 
taines époques de l'année, au milieu des amas d'Algues fila- 
menteuses. Tout en faisant la chasse aux animalcules micros- 
copiques, les alevins doivent inévitablement se nourrir aussi 
des plantes unicellulaires qui abondent sur les formes confer- 
voïdes. Les Cyprinides adultes ne dédaignent pas les Algues 
qui tapissent le fond des bassins de nos jardins publics et je les 
ai vu aussi absorber avidement à la surface de l'eau, des frag- 
ments flottants de ces végétaux. 

Il faut distinguer dans la végétation algologique des étangs 
et des lacs les formes qui vivent, au moins pendant les pre- 
mières phases de leur existence, fixées au sol ou à tout autre 
substratum et celles qui se rencontrent à l'état de liberté, flot- 
tant suspendues activement ou passivement dans les eaux. Ce 
sont ces dernières qui constituent le Plank'.on proprement dit, 
où matière pélagique flottante. 

Nous rappellerons brièvement que le Plankton peut contenir 
soit des animaux : Protozoaires, Rotifères, Entomostracés, etc., 
soit des végétaux. On le nomme Zooplankton, dans le premier 
cas, Phytoplankton, dans le second II a aussi souvent une 
composition mixte. 

On le récolte avec des filets spéciaux en soie à bluter de tissu 
très fin qui retiennent les organismes et que l'on promène à la 
surface ou à diverses profondeurs. Les pêches se font le plut 
souvent horizontalement, mais aussi dans certains cas vertica- 



- 6(3 - 

lement. Le Plankton recueilli est ensuite fixé au moyen de 
réactifs spéciaux et précipité dans des tubes gradués lorsqu'il 
s'agit de le doser. 

Bien que les plantes et les animaux, qui composent la ma- 
tière pélagique soient de taille infime, ils n'en constituent pas 
moins par leur agglomération, une proportion de matière vi- 
vante qui, dans les grands lacs, peut s'évaluer dans certaines 
saisons par mètres cubes. Les êtres vivants qui constituent le 
Plankton se reproduisant incessamment à certaines époques de 
l'année avec une rapidité prodigieuse, il est facile de concevoir 
qu'ils peuvent, dans ces conditions, offrir aux Poissons un sup- 
plément important de substances nutritives. 

Le Phytoplankton se compose le plus souvent de Cyanophy- 
cées, de Diatomées et de certaines Ghlorophycées adaptées à la 
vie flottante. S'il existe des espèces réellement pélagiques, 
c'est-à-dire se maintenant en suspension dans l'eau par leurs 
propres moyens (appendices particuliers, organes spéciaux de 
locomotion, matière grasse, bulles gazeuses, etc.); beaucoup 
d'autres formations qui entrent dans la composition du Phyto- 
plankton sont, comme le fait observer M. R. Chodat (1), pu- 
rement adventices, provenant souvent du bord qui peut être 
marécageux et d'où elles sont amenées par le vent. C'est ainsi, 
que toujours d'après le même auteur, chez les Algues Chloro- 
phycées, ce sont les Vol voci nées et les Protococcacées qui mè- 
nent presque exclusivement une existence planctonique. On 
peut y adjoindre quelques Gonfervoïdées. 

Les procédés modernes d'analyse et de récolte du Plankton, 
l'étude de sa composition qualitative, l'étude de sa répartition 
verticale et horizontale et de ses variations quantitatives font 
connaître d'une manière positive si un lac ou un étang offrent 
les conditions nécessaires pour maintenir l'existence de leurs 
habitants. Ces recherches sont poursuivies aujourd'hui, surtout 



(1) R. Chodat. Algues vertes de la Suisse. Pleurococcoïdes Chroo- 
lépoïdes, p. 92, Berne, 1902. 






— 67 — 

à l'étranger, dans des établissements spéciaux et il est à regret- 
ter que nos lacs Pyrénéens, dont la florule a été décrite par 
mon cher correspondant, M. Emile Belloc (1), ne soient pas 
l'objet de travaux spéciaux poursuivis avec des moyens d'ac- 
tion suffisants, comme le sont les lacs d'Auvergne qui possè- 
dent une station limnologique organisée par l'Université de 
Glermont. La Faculté des sciences de Toulouse possède aussi 
une importante station de pisciculture, dirigée par notre Prési- 
dent, M. le professeur Roule, qui rend les plus grands services 
à l'étude de la biologie des espèces qui peuplent les cours d'eau 
et les étangs de notre région. 

Si nous revenons maintenant à notre petit étang de la Pu- 
jade, nous attribuerons une bonne part de l'insuccès relatif des 
quelques essais entrepris pour le peuplement de cette pièce 
d'eau au peu cle développement des flores phanérogamique et 
cryptogamique aquatiques. 

Les Phanérogames, qui dans la plupart des étangs et dans 
certains lacs s'étendent assez loin du rivage par suite de la dé- 
clivité du fond, formant diverses zones successives à partir de 
la berge, qu'Amberg (2) distingue sous le nom de zones des 
Garex, des Roseaux, des Scirpes, des Potamots, des Gharacées 
et des Nénufars, sont peu abondantes dans la pièce d'eau. Les 
Algues filamenteuses servant avec les Phanérogames aquatiques 
de support aux formes protococcoïdes inférieures ne sont pas 
non plus, en quantité assez considérable pour exercer une in- 
fluence suffisante et la matière pélagique flottante est assez 
rare. 

Pour remédier à cet état de choses, il aurait fallu surtout 
modifier la nature des fonds et leur donner sur une certaine 



(1) E. Belloc. De la végétation lacustre dans les Pyrénées. Asso- 
ciation française pour l'avancement des sciences, Congrès de Pau, 
1892. 

(2) O. Amberg. Beitrâge zur Biologie des Katzensees. (Viertel- 
jahrsschrif'td. naturf. Ges. Zurich, 45, Jahrg., 1900, pp. 78, Taf. I-V). 






— 68 — 

étendue la pente convenable pour amener un accroissement de 
la végétation limnétique. Malheureusement, l'étang ne possède 
pas d'émissaire permettant de le mettre à sec et il n'est pas 
possible d'appliquer pareille mesure qui aurait fourni en même 

temps l'occasion d'apporter des modifications utiles dans la 
composition de la population aquicole. 

Dans ces conditions, il serait utile d'essayer d'introduire 
dans les endroits convenables le plus grand nombre possible de 
plantes stagnophiles sur lesquelles les Algues et par suite 1( 
autres organismes pourraient se développer en plus grand* 
proportion, de remédier à l'insuffisance des abris naturels pai 
des frayères artificielles et enfin de planter un certain nombi 
d'arbres sur les bords trop peu ombragés. 

Bien que la pièce d'eau de la Pujade soit loin d'offrir l'im- 
portance des grands étangs qui peuvent, lorsqu'ils sont ex- 
ploités rationnellement, fournir des résultats importants , j'ai 
voulu saisir l'occasion de montrer que l'Algologie n'était pa; 
une science purement spéculative. L'étude des Algues intéres^ 
directement l'économie de la vie aquatique et la connaissance 
de la biologie des milieux dans lesquels on veut se livrer 
l'industrie piscicole, est un facteur nécessaire et principal poi 
pouvoir indiquer avec plus de sécurité les moyens pratiqu< 
pour rendre les eaux plus riches et plus peuplées de Poissons. 



Capture d'une loutre de grande taille dans li 
commune de Blagnac, 

Par M. de Montlezun. 



Le 28 septembre 1904, M. François Delon, propriétaire 
Blagnac, tua sur les bords du Touch une loutre qui mesurait 
l m 16 de long et qui pesait 9 kil. 250. 

Si je me permets de signaler cette capture, c'est qu'il me 



— 69 - 

parait très rare de trouver dans le département des loutres de 
cette taille. La loutre dont je fis mention dans ma note de dé- 
cembre 1899 était certainement encore plus grande, mais il faut 
tenir compte qu'elle avait été prise dans les étangs de La Nou- 
velle et qu'elle dépassait les proportions de toutes les loutres 
décrites dans les ouvrages de la bibliothèque du Musée d'histoire 
naturelle, qui varient de m 90 à l m 20. 

Les loutres qui figurent dans les galeries et parmi lesquelles 
se trouvent des sujets bien adultes atteignent à peine l'M4 de 
long et ont surtout un volume bien inférieur à celui de la loutre 
mâle tuée le 28 septembre. Cette dernière peut être considérée, 
tant par sa taille que par son poids, comme un sujet remar- 
quable dépassant de beaucoup les proportions d'un sujet adulte. 



Un cas d'albinisme chez la bécasse, 

Par M. de Montlezun. 

Le 10 décembre 1904, MM. Biros frères, négociants à Saint- 
Girons (Ariège), expédièrent à M. Lacomme-Bonhenry , une 
bécasse blanche femelle qu'ils venaient de tuer. 

Les cas d'albinisme chez la bécasse étant très rares, j'ai cru 
intéressant de signaler celui-ci à la Société d'histoire naturelle. 

Description. — Le plumage est blanc dans son ensemble; il 
faut regarder de près pour constater qu'une teinte à peine gri- 
sâtre se manifeste sur la tête, les tectrices, les scapulaires et la 
queue, en un mot sur les parties les plus foncées du plumage 
normal de la bécasse. En examinant plus attentivement encore, 
on remarque également que les parties les plus blanches corres- 
pondent également aux parties les plus claires de la livrée, que 
le dessin du plumage existe d'une façon presque imperceptible 
sur le fond blanc et que le bout des rectrices qui est gris en 



— 70 — 

dessus et blanc en dessous chez toutes les bécasses, apparaît en- 
core malgré l'entourage blanc. 

Dimensions. — Cette bécasse est en réalité un peu petil 
pour une femelle ; voici les me&ures relevées sur le sujet : 

Longueur totale 36 e 

Envergure 62 e 

Longueur de l'aile 28c 

— du fouet 20c 

— de la queue 8^2 

— du tarse 3c9 

— du doigt médian, ongle compris.. 3 C 9 

— du bec, prise sur le dessus 6 C 8 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES 



Société académique des sciences et arts, à Saint-Quentin. 

Académie d'Hippone, à Bône. 

Société d'émulation, à Moulins. 

Revue scientifique du Bourbonnais, à Moulins. 

Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

Société ariégeoise des sciences, des lettres et arts, à Foix. 

Académie d'agriculture et des sciences, à Troyes. 

Société des sciences et des arts, à Garcassonne. 

Société scientifique de l'Aude, à Garcassonne. 

Société des lettres, sciences et arts, à Rodez. 

Société de géographie, à Marseille 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Acaiémie de La Rochelle. 

Société d'Histoire naturelle, à Pons. 

Société archéologique, à Brives. 

Académie des sciences et belles-lettres, à Dijon. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Semur. 

Société d'émulation des Côtes-du-Nord, à Saint-Brieuc 

Société d'émulation, à Montbéliard. 

Société départementale d'archéologie, à Valence. 

Société académique, à Brest. 

Académie de Nîmes. 

Société d'études des sciences naturelles, à Nimes. 

Société scientifique, à Alais. 

Société des sciences physiques et naturelles, à Bordeaux. 



-72- 

Société de géographie commerciale, à Bordeaux. 

Société linnéenne, à Bordeaux. 

Société d'études des sciences naturelles, à Béziers. 

Société archéologique, scientifique, à Béziers 

Académie des sciences, à Montpellier. 

Société de géographie, à Montpellier. 

Société de statistique des sciences naturelles, a Grenoble, 

Académie delphinale, à Grenoble. 

Société d'émulation, à Lons-le-Saulnier. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Saint-Étienne. 

Société académique, à Nantes. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, ,à Nantes. 

Société des sciences et des lettres, à Blois. 

Société d'agriculture, sciences et belles lettres, à Orléans. 

Société de Borda à Dax. 

Société des études scientifiques, à Cahors. 

Société d'agriculture, sciences et arts, à Agen. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Mende. 

Société des études scientifiques, à Angers. 

Société des Sciences naturelles, à Cherbourg. 

Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle de 1; 

Manche, à Saint-Lô. 
Société polymatique, à Vannes. 
Société des sciences naturelles, à Reims. 
Société d'agriculture, à Chàlons. 
Société des sciences et arts, à Vitry-le-François. 
Académie Stanislas, à Nancy. 
Société nivernaise des sciences, à Nevers. 
Société d'agriculture, sciences et arts, à Douai. 
Société dunkerquoise, à Dunkerque. 
Société géologique du Nord, à Lille. 
Revue biogogique du nord de la France, à Lille. 
Académie d'archéologie, sciences, à Beauvais. 
Académie des sciences, belles lettres et arts, à Glermont-Ferrand 
Société des sciences et arts, à Bayonne. 
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. 
Société agricole, sciences et littérature, à Perpignan. 
Société des sciences, lettres et arts, a Pau. 



— 73 — 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Lyon. 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts, à Lyon. 

Société botanique, à Lyon. 

Société Linnéenne, à Lyon. 

Société des sciences naturelles, à Tarare 

Académie de Mâcon. 

Société d'agriculture, sciences et arts, Le Mans. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Ghambéry. 

Comité ornithologique international, «à Paris. 

Société de Spéléogie, à Paris. 

Feuille des jeunes naturalistes, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Paris 

Société entomologique, à Paris. 

Société géologique, à Paris. 

Société de botanique, à Paris. 

Société philomatique, à Paris. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles. 

Société havraise d'études diverses, au Havre. 

Société géologique de Normandie, au Havre 

Société géologique des amis des sciences naturelles, à Rouen. 

Société industrielle, à Rouen. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts,, à Amiens. 

Société linnéenne du nord de la France, à Amiens. 

Académie des sciences, belles lettres et arts, à Montauban. 

Société des études scientifiques, à Draguignan. 

Société d'émulation, cà Épinal. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Auxerre. 

Société belfortaise d'émulation, à Belfort. 

Entomological society of London, à Londres. 

Geological society of London, à Londres. 

Académie royale des sciences, lettres, beaux-arts, à Bruxelles. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

Société belge de microscopie, à Bruxelles. 

Société royale belge de géographie, Bruxelles. 

Société de géographie, d'Anvers. 

Société géologique de Belgique, à Liège. 

Musée du Congo, à Bruxelles. 



— 74 — 

Societad geografica, à Madrid. 

Institut royal grand-ducal de Luxembourg. 

Societa italiana di scienze naturali, à Milan. 

Societa dei naturalisti, à Modena. 

Societa toscana di scienze naturali, à Pise. 

Academia délie scienze dell instituto di Bologne, à Bologne. 

Gomitato geologico d'Italia, à Rome. 

Societa veneto-trentina di scienze naturali, à Padova. 

Societa entomologica italiana, à Firenze 

Societa romana per gli studi zoologici, à Rome. 

Revista di pathologia végétale, universita di Camerino. 

Entomologisk tidskrift, à Stockolm. 

Geological institution of Upsala, à Upsala. 

Societad de instruccao, à Porto. 

Gommissao dos trabalhos geologicos de Portugal, à Lisbao. 

Société impériale des naturalistes de Moscou, à Moscou. 

Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg. 

Sallskapets pro fïora et fauna fennica, à Helsingfors. 

Société vaudoise des sciences naturelles, à Lausanne. 

Institut national genevois, à Genève, 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Bâle. 

Société muritienne du Valais, à Aigle. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Zurich. 

Société fribourgeoise des sciences naturelles, à Fribourg. 

Société helvétique des sciences naturelles, à Genève. 

Société des sciences naturelles, à Fribourg. 

Naturhistorischen Gesellschaft in Golmar, à Golmar. 

Bibliotheca zoologica Universitàt Halle, à Leipzig. 

New-York state muséum, à New- York. 

New-York academy of sciences, à New- York. 

Geological and natural history survey of minesota, à Minn^apolis- 

Minesota 
Academy of natural sciences of philadelphia, à Philadelphia. 
American monthly microeopical journal, à Washington. 
Gonnecticut academy of arts and sciences, à New Haven, Gonnecticut 
Rochester academy of sciences, à Rochester. 
Smithsonian institution, à Washington. 
United states national muséum, à Washington. 



- 75 — 

United states geological survey, à Washington. 

Second geological survey of Pensylvania, à Harisburg Pensylvania. 

American acaderay of arts sciences, à Boston. 

Boston society of natural history, à Boston. 

Davenport academy of natural sciences, à Davenport, Iowa. 

Wisconsin academy of sciences, arts and lettres, à Madison. 

Mcriden scientific association, à Meriden Gonnecticut. 

Missouri botanical garden à Saint-Louis. 

Wisconsin geological and natural history survey, à Madison 

Nova scotian institute of science, h Halifax. Nova Scotia 

Instituto fîsico geografico nacional à San José de Costa Rica. 

Academy nacional de ciencias en Gordoba, à Buenos-Ayres. 

Archivos de museo nacional, à Rio de-Janeiro. 

Société scientifique du Chili, à Santiago. 

Museo nacional de Montevideo, à Montevideo. 

Madras gouvenement muséum, à Madras. 

Société allemande, Yokohama. 

Societas geologica tokyonensis, à Tokyo. 



TABLK DES MATIERES 

DE L'ANNÉE 1904 



Séance du 6 janvier 12 . 

20 janvier 15 

— 3 février 27 

17 février 29 

— 16 mars 31 

— 20 avril 33 

4 mai 35 

— 18 mai 40 

— 15 juin 41 

6 juillet 43 

— 20 juillet 44 

— 16 novembre 48 

— 7 décembre ■ 54 

21 décembre 58 

Composition du bureau pour 1904 5 

Elections du bureau pour 1905 54 

Liste des membres au 1 er mars 1904 7 

Admission de nouveaux membres. 12, 27, 29, 33, 35, 43, 54 

Liste des Sociétés correspondantes 71 



78 



Communications 

SCIENCES ZOOLOGIQUES 

Audigé. — Note sur l'étisie des poissons d'eau douce. . . 29 

— Note sur la structure de la par lie antérieure du rein 

de quelques poissons 

De Montlezun. — Quelques cas d'albinisme observés 
en 1903 

— Note sur deux cas d'albinisme partiel observé sur 

des oiseaux 40 

— Capture de l'Avocette ordinaire (Recurvirostra avo- 

cetta L.) dans les environs de Toulouse 52 

— Capture d'une loutre de grande taille dans la com- 

mune de Blagnae 68 

— Un cas d'albinisme cbez la bécasse 69 

Ribaut. — Description de quatre nouvelles espèces fran- 
çaises du genre Iulus (myriopodes) 1! 

— Notes myriapodôlogiques 4£ 



sciences botaniques 

Dop. ~ Les fleurs-pièges d'Asclépiadées et d'Apocynées. 
Lamic. — Une plante rare de la Flore française 



SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 

Abelous et Ribaut. — Sur la non existence du Philothion 
Aloy. — Sur le ferment réducteur et le mécanisme des 

oxydations chez les végétaux 

Comère. — De l'utilité des Algues dans l'élevage et 

l'alimentation des poissons à propos de la florule de 

l'étang de la Pujade 

Jammes et Mandoul. — A propos de l'action toxique des 

vers intestinaux . . . 



— 79 — 

— Sur quelques propriétés des sucs helminthiques. ... 43 
Juppont. — Sur les discussions récentes des preuves de 

la rotation de la Terre 

De Rey-Pailhade. — Sur le Philothion et sur son dé- 
rivé le pseudophilothion • 54 



I6NOV.1907 




Toulouse. 



Imprimerie LAGARDE et SEBILLE, rue Romiguièn 



SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOl ' 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 

do 2 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juille*. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, i06, Toulouse. 




]tfi807 



SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-HUIT. — 1905 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 1 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUE ItOMIGUlÈUES 2. 

1905 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 





Extrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé* d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au litre de membre titulaire doivent être présenté! 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de t-2 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
parle Trésorier. 

Art. tl. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du. droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; t er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

An 31. L'élection des membres du Bureau, d t Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dan* la première séanc 
du mois «te décembre Le Président «t nommé pour deux année», les autre 
memore* pour une année L«s Y r ice-présideuts, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaire* et les membres du Conseil ei du Comité peuvent seuls être 
réélus imnaé lialem<mt dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei mercredi après le l5novembre,elont li?utous les 1 er et 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement 

k*l. 39. La publicalion des découvertes ou études faites par les membre* 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelli 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 4t. La société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux 
de leurs opinio is scientifi jues. Tout Mémoire imprimé devra donc porter 
signature de l'auteur. 

A't 42 Celui-ci conserve toujours la propriété de son oeuvre. If peut en 
obtenir d'S tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de II 
Société. 

An. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adosser 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, re?i« 
dront do droit à la rille de Toulouse. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XXXVIII. - 1905 




TOULOUSE 

IVrOGRAPHlE LAGARDE et SEBILLE 

RUE ROMIGUIERES, 2 . 

1905 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIETE 
POUR L'ANNÉE 1905 



Président M. Roule. 

ier Vice-président M. Lâromiguière. 

5e Vice-président M. Abelous. 

Secrétaire- général M. Ribaut. 

Secrétaire adjoint M. Ufferte. 

Trésorier M. de Montlezun. 

Bibliothécaires archivistes. MM de Lastic, Chalande. 

Conseil d'administration. 

MM. Caralp, de Rey-Pailhade. 

Comité de publication. 

MM. Crouzil, Garrigou, Juppont, Lamic. 



LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er MARS 1905 



MEMBRES-NES 



M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

MEMBRES HONORAIRES 

1866. D r Clos, ^, ff I, correspondant de l'Institut, directeur 

du Jardin des Plantes, allée des Zéphirs, 2, 

Toulouse, 
1878. D r Hayuen (F.-V.), directeur du comité géologique des 

Etats-Unis, Washington. 
1866. Giard (Alfred), ^, professeur à la Sorbonne, 14, rue 

Stanislas, Paris. 
1873. De Rouville, ^, doyen de la Faculté des sciences, 

Montpellier. 
1891. D r Tasghenberg, professeur à l'Université de Halle 

(Prusse). 
1904. Trutat, f , fi I, à Foix. 

MEMBRES TITULAIRES 

MM. 

1900. D r Abelous, Il I, professeur à la Faculté de médecine, 

rue Nazareth, 37, Toulouse. 
• 1903. D r Aloy A. |>, chargé de cours à la Faculté de médecine. 

Grande-Allée, 22, Toulouse. 
1904. Audigé, rue Pharaon. 12, Toulouse. 
1880. Azam (Henri), canal de Rrienne, 24, Toulouse. 



- 8 — 

1900. D r Baylac, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 

1900. D r Besaucèle, Grande-Allée, 7, Toulouse. 

1866. Bordenave (Auguste), chirurgien- dentiste, rue Croix- 
Baragnon, 5, Toulouse. 

1885. D r Bramer, || I,. professeur à la Faculté de médecine, 
rue des Bécollets, 105, Toulouse. 

1866. De Galmels (Henri), prop., à Garbonne (Hte-Garonne). 

1900. Capéran, pharmacien, rue Alsace-Lorraine, 6, Toulouse. 

1883. Caralp, p I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Rémusat, 21, Toulouse. 
Cartailhac (Emile), $*, f| I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Chaîne, 5, Toulouse (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules), rue des Paradoux, 28, Toulouse. 
1903. D r Cluzet, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 

rue de Metz, 40, Toulouse. 
1882. Gomère, Il A, rue Clémence-Isaure, 6, Toulouse. 
1878. Cossaune (Gustave), rue de Rémusat, 25, Toulouse. 
1900. Crouzil, Il A, rue Saint-Remésy, 7, Toulouse. 

1903. D r Cuguliéres, boulevard Matabiau, 6, Toulouse. 
1902. Dedieu, pharmacien, à Gastillon (Ariège). 

1900. Dore, || A, pharmacien, boulevard Garnot, 2, Toulouse. 

1904. Dop, allée des Zéphyrs, 13. 

1885. Duffaut, j£, vétérinaire-inspecteur à l'abattoir,Toulouse. 
1900. Esgudié, pharmacien, à Montastruc (Haute-Garonne). 

1875. Fabre (Charles), || I, professeur adjoint à la Faculté 

des sciences, directeur de la station agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 

1902. Feuga, Il A, boulevard d'Arcole, 5, Toulouse. 

D r Garrigou, Il I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 36 bis, Toulouse (membre 
fondateur). 

1900. D r Gendre, || A, rue Périgord, 10, Toulouse. 

1890. Gèze, (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 

1889. Jammes, 1^ A, maître de conférences à la Faculté des 
sciences, boulevard de Strasbourg, 17, Toulouse. . 

1900. Juppont, CP A, ingénieur, allée Lafayette, 55, Toulouse. 

1900 D r Laborde, pharmacien des hospices civils. Toulouse. 

1900. Lacaze (Marius), place des Carmes, 9, Toulouse. 



— 9 — 

Lagarde, imprimeur, boulevard de l'Embouchure, 1. 

D r Lamic, Il I, professeur à la Faculté de médecine, rue 
d'Auriol, 39, Toulouse. 

Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 
Pantaléon, 3, Toulouse. 

De Lastig, petite rué de la Dalbade, 5, Toulouse. 

Levadoux, allées des Soupirs, 7, Toulouse. 

Limousis, à Garcassonne. 

Loup, allée des Soupirs, 7, Toulouse. 

Manadé, (Joseph), pharmacien, à Gazères (Hte-Garonne). 

Martel, à Castelmaurou, près Toulouse (Hte-Garonne), 

D r Maurel, *fc, i> I, professeur à la Faculté de mé- 
decine, rue Alsace-Lorraine, 10, Toulouse. 

Mengaud, professeur au Lycée. 

Moquin-Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allée Saint-Etienne, 2, Toulouse. 

De Montlezun, Il A, quai de Tounis, 106, Toulouse, 
(membre fondateur). 

Paquier, chargé de cours à la Faculté des sciences, 9, 
rue Bida, Toulouse. 

Péragallo, *fc, commandant l'artillerie de l'arrondisse- 
ment de Bordeaux. 

Prunet, *,PI, |, professeur à la Faculté des scien- 
ces, grande rue Saint- Michel, 14, Toulouse. 

Pugens, pharmacien, rue Alsace-Lorraine, Toulouse. 

D r De Rey Pailhade, %} A, ingénieur, rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

D r Ribaut, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 
rue Philippe-Féral, 1, Toulouse. 

Rivière (Jean-Pierre), quai d'Alsace, 13, à Narbonne 
(Aude). 

Roques, rue Chevreul, 10. 

D r Roule, || I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
Saint Etienne, 19, Toulouse. 

Salignag Fénelon (Vicomte de), allée Saint-Etienne, 1, 
Toulouse. 

Saloze, chimiste, rue Groix-Baragnon, 9, Toulouse. 

Ufferte, professeur à l'Ecole supérieure, rue Neuve- 
Montplaisir, 9, Toulouse. 



- 10 - 

4902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz, ruePé- 
rigord, 7, Toulouse. 

MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 
1874. Baux, Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézenas (Hérault). 
1873. L'abbé Boissonnade , professeur au petit séminaire de 

Mende (Lozère). 
1833. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Valenciennes. 
1867. D' Caisso, à Clermont (Hérault). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Eymoutiers (Hte-Vienne). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 
1871. DeChapeld'Espi.nassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 

1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D r Cros, 11, rue Jacob, Paris. 

1884. Néry Delgado, 113, rua do Arco B, Lisbonne. 
1881. Galliéni, général, gouverneur de Madagascar. 

1901. Gavoy, à Carcassonne. 

1871. Issel, professeur à l'Université de Gênes (Italie). 

1874. Jougla, conducteurdes ponts etchausséesàFoix (Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices, à Brive (Corrèze). 

1875. De Maïnof, (W.), secrétaire de la Société de géographie, 

Saint-Pétersbourg. 

1886. Marcailhou d'Aymeric (H.), pharmacien à Ax (Ariège). 
1867. Massenat, manufacturier, à Brive (Corrèze) 
1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot-et- 
Garonne). 

1902. Noé, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 
1871. Piette (E.), juge au tribunal, Angers. 
1873. D r Retzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm 
1867. Marquis de Saporta, correspondant de l'Institut, à Aix 

(Bouches-du-Rhône). 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer 
1867. Schmidt (W.), attaché au Musée des antiquités du Nord 

' Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint-Germain, près Puy 

laurens (Tarn). 






GEOGRAPHIE BOTANIQUE 

DU 

Bassin Supérieur de la Pique 

(vallée de Luchon) 
Par M. Paul DOP. 



Grâce aux travaux d'un grand nombre de botanistes, Timbal- 
Lagrave, Zettersted, Bubani, etc., la flore des Pyrénées Centra- 
les est actuellement bien connue. Mais comme la plupart des 
auteurs se sont contentés de dresser des catalogues, la géographie 
botanique de ces montagnes n'existe pour ainsi dire pas. Quel- 
ques tentatives isolées se sont néanmoins produites, par exem- 
ple l'excellente étude de la vallée d'Aure, par M. G. Bonnier. 
Mais une étude d'ensemble reste à faire. En m'inspirant de la 
remarquable préface que M. Flahaulta écrite pour la « Flore de 
la France » de l'abbé Coste, j'ai entrepris l'exploration métho- 
dique des Pyrénées Centrales pour essayer de combler cette 
lacune. 

Dans ces derniers temps, j'ai exploré la haute vallée de la Pi- 
que. J'ai analysé avec soin les zones de végétation, leur exten- 
sion horizontale et altitudinale, les conditions^ climatiques et 
édaphiques, en un mot, toutes les données qui permettent ac- 
tuellement de résoudre, d'une façon précise, les problèmes de 

s géographie botanique. Ce sont les résultats de cette étude que je 

'vais exposer dans ce mémoire. 

Topographie de la haute vallée de la Pique. 

La région montagneuse que j'ai étudiée forme un quadrila- 
tère limité à l'Est par le val d'Aran, à l'Ouest par la vallée de la 
Neste et du Louron, au Sud par la crête frontière franco-espa- 



41 



2 P. DOP 

gnole et au Nord par le parallèle qui longe la vallée de Larboust. 

La Pique, affluent de la Garonne, est une des principales ri- 
vières de la région. Elle reçoit comme affluents sur la droite, la 
rivière de Burbe, dont le cours suit la vallée de ce nom, et un 
grand nombre de torrents de moindre importance qui descendent 
de la crête, séparant le val d'Aran de la vallée de la Pique. Les 
affluents principaux de gauche sont : le ruisseau du Port de 
Vénasque, celui de la Glère, le Lys et l'One formée en partie 
par la rivière d'Oô. D'une façon générale, tous ces cours d'eau 
de la rive gauche descendent des pics et des glaciers de la crête 
frontière franco-espagnole. 

Au point de vue hypsométrique, on peut distinguer, dans 
la région que j'ai étudiée, plusieurs yones. C'est d'abord la zone 
des basses régions, représentées par la vallée de Luchon à une 
altitude moyenne de 700 mètres. Puis, à l'Est de la vallée de la 
Pique, formant la limite du val d'Aran, se dressent une série de 
sommets qui sont : le Pic de l'Entécade, 2271 mètres ; le Pic de 
Roumingaou, 2218 mètres ; le Pic du Plan de Serres, 2071 mè- 
tres; le Gouradilles, 1985 mètres, séparé par la vallée de Burbe 
du Mail de Griq, 1890 mètres. Toute cette chaîne, alignée du 
Sud au Nord, est formée de croupes arrondies d'un accès facile. 
C'est la zone des riches pâturages, dont les plus renommés 
sont ceux de Roumingaou et de Campsaur. Une troisième 
région est celle que j'appellerai la zone du Céciré. C'est un puis- 
sant massif qui s'intercale entre la rive gauche de la Pique, à 
l'Est, la rive droite de l'One au Nord, la rivière d'Oô à l'Ouest 
et au Sud la rivière du Lys. Ce massif se rattache aux monta- 
gnes de la frontière méridionale, par le cap de Bassieret, 
2470 mètres, le cap de Hount, 2581 mètres, le Pic de Montar- 
rouye, 2850 mètres, et le Pic Quouirat, 3075 mètres. En dehors 
de ces sommets le point culminant est le Pic de Céciré, 2470 mè- 
tres, qui domine la vallée de Luchon et d'où se détachent un 
certain nombre de croupes séparées par des vallées rayonnantes. 
L'une de ces croupes constitue la crête de Superbagnères, 
1797 mètres et surplombe directement la rive gauche de la Pi- 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 3 

que. Tandis que ces croupes forment de vastes pâturages, le 
Géciré proprement dit, dont l'arête culminante dessine un V 
ouvert vers le Nord-Est, est abrupt, dépourvu de végétation et 
couvert d'éboulis en certains points. 

Une autre région comprend les hauts sommets déchiquetés 
et dénudés de la crête frontière méridionale. C'est la région des 
glaciers, des lacs et des cols permettant des communications 
plus ou moins faciles avec l'Aragon. Les principaux sommets 
et cols de cette crête sont, en allant de l'Est à l'Ouest : le som- 
met de l'jiiScalette. 2454 mètres ; le col de la Picade, 2410 mè- 
tres, le Pic de la Mine, 2507, le col de Vénasque, 2414 mètres, 
le Pic de Sauvegarde, 2736 mètres, le Pic de la Montagnette, 
le col de la Glère 2323 mètres, le Pic Sacroux, 2678 mètres, 
le Pic de Maupas, 3110 mètres, avec les glaciers des Graouès, 
le Pic des Crabioules, 3103 mètres, le Pic Quouirat, le Pic du 
Port d'Oô, 3114 mètres, avec les glaciers des Gourgs-Blancs, 
le Pic de Spigeoles, 3049 mètres, et le Pic de la Hourgade. Dans 
cette zone, à partir du Pic Sacroux, la hauteur moyenne est 
supérieure à 3000 mètres. Des glaciers que je viens d'énumérer, 
descendent les rivières du Lys et d'Oô. Ces rivières reçoivent 
des affluents nombreux ; j'en citerai deux seulement qui se jet- 
tent dans la rivière d'Oô, ce sont : le torrent du val de Médas- 
soles qui descend du Géciré, et le torrent du val de Squierry (ou 
Esquierry) qui descend du Pas de Gouret, à 2131 mètres. 

Enfin, une dernière région est celle qui sépare la vallée d'Oô, 
des vallées de la Neste et du Louron. C'est une crête s'abaissant 
graduellement vers le Nord jusqu'à 1545 mètres au col de 
Peyresourde qui fait communiquer la vallée du Louron avec 
celle de Larboust. Les principaux sommets de cette crête sont : le 
Pic de Leytarous, 2560 mètres, et le cap de Pales, 2162 mètres. 

Considérations géologiques. 

La région qui fait l'objet de mon étude est uniquement cons- 
ituée par du granité et des terrains primaires. Le granité forme 



4 P. DOP 

deux zones. La première est la plus importante en étendue, et 
se développe sur la région frontière méridionale dans la partie 
occidentale comprise entre le Port-Bieil et la vallée d'Aure. La 
haute vallée du Lys, les glaciers des Graouès, le Pic de Maupas, 
le Pic Quouirat, le Port d'Oô sont compris dans cette zone. Sa 
limite septentrionale passe à la base des glaciers des Graouès, 
au Nord du lac Bleu, au clos des Pitches, et s'infléchit vers le 
Nord en suivante peu près la rive droite du val d'Arouge. C'est 
un granité porphryroïde qui renferme de grands cristaux d'or- 
those, associés à de la tourmaline, de l'épidote et de l'amphibole. 
La grande quantité d'orthose a pour résultat, sous l'influence 
des agents atmosphériques, de donner naissance à un sol riche 
en alcalis et en silicate d'alumine. 

La deuxième région granitique forme une bande située au 
Sud-Est de Luchon. Elle apparaît sur le flanc oriental de Su- 
perbagnères, traverse la vallée de la Pique, pour se développer 
dans le val de Burbe, sur le versant exposé au Nord où elle 
forme le flanc de la montagne de Couradilles. Ce granité est 
tout à fait analogue à celui de la région d'Oô. 

Terrains archéens, précambriens et cambriens. — Je groupe 
sous un même chapitre ces diverses formations géologiques qui 
se comportent d'une façon analogue au point de vue botanique. 
Ce sont des schistes, plus ou moins cristallins, souvent même 
des gneiss. 

Ces terrains forment deux bandes. L'une, la plus importante, 
constitue la crête frontière du sommet de l'Escalette jusqu'au 
Port-Bieil, puis remonte au Nord pour se superposera la région 
granitique d'Oô. La limite septentrionale de cette bande suit la 
rive gauche de la Pique jusqu'à son confluent avec le Lys, la 
rive droite de cette dernière rivière, puis elle passe au Sud de 
la Cou me de Bourg, du val de Médassoles et du val de Squierry. 
Les mêmes terrains forment une deuxième zone en auréole au- 
tour du granité du val de Burbe. Ils constituent donc le plan 
de la Serre, les bois de Satoue, la partie orientale de Superba- 
gnères et le versant exposé au Sud du val de Burbe. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 5 

La constitution schisteuse des pics de la frontière méridio- 
nale explique bien l'allure déchiquetée de ces régions. Là, les 
schistes maclifères très développés ont fourni deséboulis consi- 
dérables. C'est dans ces terrains que l'érosion a taillé les ports 
de Vénasque, de la Glère, le val de Frèche, etc. Au point de 
vue minéralogique, les. schistes sont en général riches en miné- 
raux silicates, feldspath, et staurotide. 

Silurien. — Le terrain silurien se distingue très nettement 
des terrains précédents. Il forme une bande étendue entre les 
deux zones schisteuses dont je viens de parler. C'est à lui qu'ap- 
partiennent en grande partie le Pic de Céciré et les sommets à 
pâturages qui séparent le val d'Aran de la vallée de la Pique. 
Dans cette dernière région (prairies deRoumingaouet de Camp- 
saur), le sol est constitué par des schistes de couleur foncée, 
très riches en limonite, très tendres, et donnent à la région un 
aspect mamelonné caractéristique. Ça et là se trouvent des bancs 
de calcaire compact dont le sommet de PEntécade représente 
une saillie. Cette formation couvre la rive droite de la Pique et 
s'étend dans la région du Mail de Criq, où on la retrouve sous 
forme de schistes noirs carbures. 

Le Pic de Céciré et toute la région qui l'avoisine sont égale- 
ment constitués par du terrain silurien. Ce sont des schistes 
alternant avec des bancs de calcaire et de dolomie. C'est ainsi, 
par exemple, que le sommet du Céciré est plutôt formé par du 
calcaire, tandis que sur ses pentes apparaissent des schistes car- 
bures. 

Dévonien. — Une ligne courbe passant par Saint-Aventin, 
les granges de Labach, le pont d'Espoujauet le cap de Pales, li- 
mite au Nord cette zone silurienne, à laquelle succède le terrain 
dévonien du Larboust. Le dévonien est d'une façon générale la 
zone des cultures. Le sol est constitué par des calcaires et des 
grès, colorés en rose, et qui tranchent nettement sur la teinte 
sombre du silurien. Cette zone dévonienne a peu d'importance 
dans la région que j'étudie. Il suffit de remarquer, comme je 
l'ai déjà dit, qu'elle est la zone des cultures. 



G P. DOP 

Météorologie. 

Par sa situation, par son altitude, le bassin supérieur de la 
Pique présente d'une façon générale, un climat très froid en 
hiver et relativement chaud pendant un été très court. L'humi- 
dité moyenne est assez grande, environ de 86°6. Cela tient à la 
présence presque constante de brouillards, qui, même pendant 
l'été, couvrent les sommets depuis une altitude de 8 à 900 mè- 
tres. Les pluies sont d'ailleurs abondantes, car il pleut en 
moyenne soixante-six jours sur cent. La neige, qui couvre cons- 
tamment les sommets supérieurs à 2700 mètres, persiste locale- 
ment pendant l'été à une altitude beaucoup plus basse. C'est ainsi 
que dans les dépressions du port de Vénasque, du port de la 
Glère, dans la haute vallée du Lys, de grands amas de neige 
d'avalanche séjournent pendant les mois de juillet et d'août. En 
général, sur les crêtes comprises entre 2000 et 2700 mètres, 
la neige apparaît en septembre, mais d'une façon transitoire. 
En octobre, la neige qui tombe persiste et ne fond qu'au com- 
mencement de juillet. Sur ces crêtes, la période de végétation 
active ne peut avoir qu'une durée très restreinte de deux ou 
trois mois. 

Les vents dominants sont les vents froids d'Ouest, plus rares 
sont les vents chauds du Sud, qui se terminent normalement 
par des orages. 

Zones de végétation. 

Il est facile de distinguer dans la région étudiée les zones 
classiques de végétation : la zone inférieure des montagnes, la 
zone subalpine et la zone alpine. 

La zone inférieure des montagnes est comprise entre 500 et 
900 mètres d'altitude. C'est la zone des cultures et c'est aussi 
la région où les plantes sont les plus abondantes. 

La zone subalpine, correspond d'une façon générale à la ré- 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPERIEUR DE LA PIQUE 7 

gion des forêts de sapins (Abies pectinata). C'est dans cette zone 
que sont compris un grand nombre de pâturages. On peut 
admettre approximativement que cette région est comprise en- 
tre 900 et 1700 mètres d'altitude. 

La zone alpine est celle qui s'étend de la limite supérieure 
des forêts de sapins aux plus hauts sommets. Dans cette zone, il 
est facile de faire une subdivision. On peut y reconnaître, en 
effet, une zone alpine proprement dite comprise entre 1700 et 
2700 mètres et enfin une zone glaciale comprise entre 2700 
et 3500 mètres. 

Bien entendu, cette systématisation présente une part d'ar- 
bitraire considérable. Les limites respectives des zones varient 
énormément d'un point à un autre et même il est des cas où 
les zones subalpine et alpine sont étroitement confondues. Les 
circonstances locales, exposition soit au Midi, soit au Nord, na- 
ture physique et chimique du sol, durée des neiges, sont le 
principales causes de ces variations. 

Ce sont ces variations que je me suis efforcé d'observer et 
d'expliquer. Aussi chacune des zones précédemment énumé- 
rées, fera l'objet d'une description spéciale, dans laquelle ses 
variations et ses caractères généraux seront exposés. 

I. — Zone inférieure des montagnes. 

La zdhe inférieure des montagnes est comprise entre 622 mè- 
tres, altitude de Luchon, et une limite supérieure, dont j'étu- 
dierai les variations et qui oscille autour de 900 à 1000 mètres 
d'altitude. Dans son ensemble cette zone occupe la plaine de 
Luchon, la vallée de Larboust, et la partie inférieure à 1000 mè- 
tres, des vallées du Lys, de la Pique, de Burbe et de la rivière 
d'Oô. C'est la zone des cultures de Zea Mays et de Polygonum 
Fagopyrurn. Les forêts basses de hêtres (Fagus sylvatica), qui 
couvrent les flancs des montagnes font partie de cette zone. La 
végétation de cette région naturelle présente une grande uni- 
formité. Seule sa limite supérieure est variable, mais je réserve - 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXVIII.) 2 



8 P. DOP 

rai l'étude de ses variations, pour le chapitre suivant, c'est-à- 
dire pour la zone subalpine. 

Les végétaux qui, par leur abondance, sont les plus carac- 
téristiques de la région inférieure des montagnes sont les sui- 
vants. 

Parmi les arbres et les arbustes, je citerai : 



Fagus sylvatica. 
Acer campestre. 
Prunus spinosa. 
Gorylus Avellana. 
Fraxinus excelsior, 
Viburnum Lantana. 
— Opulus. 
Lonicera Gaprifolium. 
— Xylosteum. 



Glematis Vitalba. 
Quercus sessiliflora, 
Sambucus nigra. 
Ilex aquifolium. 
Alnus glutinosa. 
Cornus sanguinea. 
Salix alba. 

— incana. 

— purpurea. 



En certains points, sur la rive gauche de l'One, par exei 
pie, l'A {nus glutinosa forme de véritables taillis auxquels su( 
cèdent en hauteur les forêts de hêtres. 

Parmi les plantes herbacées, je citerai : 



Dianthus monspessulanus. 
Lactuca muralis. 
Hypericum quadrangulum. 

— perforatum. 
Valeriana otficinalis. 
Saponaria officinalis 
Scabiosa columbaria. 
Achillea Millefolium. 
Eupatorium cannabinum. 
Vincetoxicum officinale. 
Campanula glomerata. 

— iatifolia. 

— rotundifolia. 
Hesperis matronalis. 
Sysimbrium acutangulum. 
Lampsana communis. 
Inula Gonyza. 

Fragaria vesca. 



Epilobium montanum. 
Anthyllis vulneraria. 
Helianthemum vulgare. 
Daucus Carotta. 
Origanum vulgare. * 
Gentaurea Scabiosa. 
Galeopsis Ladanum. 
Helleborus viridis. 
Daphne Laureola. 
Sarothamnus scoparius. 
Digitalis lutea. 
Potentilla Tormentilla. 
Laserpitium latifolium. 
Lunaria rediviva. 
Dipsacus pilosus. 
Galluna vulgaris. 
Gircœa lutetiana. 
Thymus Serpyllum. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPERIEUR DE LA PIQUE 9 

Sur le flanc delà montagne de Gazarilh, le Teucrium pyre- 
naicum, se montre en grande abondance à une altitude de 
700 mètres. C'est là une exception, car cette plante parait être 
plutôt subalpine, comme on le verra plus loin. 

II. — Zone subalpine. 

La zone subalpine est essentiellement la zone des forêts de 
sapins. Elle présente dans ses limites altitudinales, dans sa 
composition, des variations suffisamment étendues pour qu'il 
y ait lieu de l'étudier en divers points, et d'essayer de dégager 
ensuite les caractères généraux de la zone. 

Flanc nord de Superbagnères 

On se rappelle que le flanc Nord de la montagne de Superba- 
gnères est formé de schistes cristallins reposant sur le granité 
de Gastelviel. En s'élevant dans cette région on traverse d'abord 
la forêt de hêtres et, vers 8 à 900 mètres, on voit apparaître, 
mêlé au hêtre, VAbies pectinata. Peu à peu le hêtre diminue 
et, vers 1000 mètres, la forêt ne renferme plus que des sapins. 

La limite inférieure de la zone subalpine est donc comprise 
sur ce versant exposé au Nord, entre 800 et 900 mètres. Au 
sapin, se trouve associé, le Sambucus racemosa, qui remplace 
complètement le Sambucus nigra de la zone inférieure. Les 
plantes herbacées et les arbustes sont relativement peu abon- 
dants dans cette région. Voici néanmoins la liste de ceux qui, 
par leur fréquence, méritent d'être cités. 

Dianthus barbatus. Spirœa Aruncus. 

Vaccinium Myrtillus. Adenostyles albifrons. 

Prenanthes purpurea. Potentilla Tormentilla. 

Senecio adonidifolius. Saxifraga umbrosa. 

Meconopsis cambrica. Stachys alpina. 

Daphne Laureola. Ranunculus nemorosus. 

Genista tioctoria. Mulgedium Plumieri. 

— pilosa. Actœa spicata. 

Phyteuma spicatum. Arabis ciliata. 



40 p. dop 

Gircœa lutetiana. Aconitum Napellus. 

— alpina. Cystopteris fragilis. 

Hypericum montanum. Aspidium aculeatura. 

Pteris aquilina. Blftchnum Spicaat. 



L' Aconitum Napellus n'apparaît qu'au sommet de Superba- 
nières, c'est-à-dire vers 1600 mètres d'altitude, à la limite des 
sapins. 

Par place, il existe, dans la forêt de sapins, des prairies où se 
montrent d'une façon constante et en grande abondance : Sene- 
cio adonidifolius, Genista sagittalis, G. tinctorïa, Gentiana 
luteà. C'est la première apparition d'une association subalpine 
des prairies qu'en un mot je définirai l'association du Senecio 
adonidifolius, et qui joue un rôle considérable dans la végéta- 
tion des montagnes luchonnaises. 

L'extrême limite des sapins est sur le flanc Nord de Super- 
bagnères à 1600 mètres d'altitude. Là, on observe que tous les 
sapins sont envahis par YUsnea barbata, dont la biologie méri- 
terait d'être étudiée de près. En quittant la forêt de sapins on 
arrive immédiatement dans la zone à Rliododendron fevrugi- 
neum, qui définit nettement la zone alpine inférieure. 

Flancs est et sud -est de Superdagnères 

Le sol des bois de Satoue et de Sahage, qui couvre le flanc 
Est de Superbagnères est constitué par du granité et des schistes 
cristallophylliens coupés de fiions de pegmatite. La végétation 
y est plus riche que sur le versant Nord. 

La zone subalpine, caractérisée par l'apparition des sapins, 
commence à une altitude de 1100 mètres, c'est-à-dire plus haut 
que sur le versant Nord. La forêt de sapins renferme en grande 
abondance : Sambucus racemosa, Sorbus aucuparia, Ame- 
lanckier vulgaris, Prunus Padus, et dans sa partie supé- 
rieure Betula alba. Les plantes herbacées les plus fréquentes 
sont : 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 11 



Aconitum Napellus. 

« Lycoctonum. 

Androsœmum officinale. 
Impatiens Noli-tangere. 
Pyrola minor. 
Saxilraga umbrosa. 

« hirsuta. 
Circœa lutetiana. 

« alpina. 
Asperula odorata. 
Lysimachia Nemorum. 
Hepatica triloba. 



Scrofularia alpestris. 
Ilypericum montanum. 
Digitalis purpurea. 
Mulgedium Plumieri. 
Astrantia major. 
Atropa Relladona. 
Prenanthes purpurea. 
Calluna vulgaris. 
Solidago Virga-aurse 
Gystopteris fragilis. 
Blechnum Spicant. 



La limite des sapins s'élève jusqu'à 1700 mètres et, à cette 
région succèdent de vasles pâturages dépourvus de Rhododen- 
dron et qui appartiennent en grande partie à l'association du 
Senecio adonidifoUus. Ces pâturages marquent d'une façon 
très nelte la limite entre la zone subalpine et la zone alpine. 
On y trouve associés : 



Gentiana lutea. 

Asphodelus albus var. subal 

pinus. 
Genista sagittalis. 
Juniperus communis. 
Betonica Alopecuros 
Garlina acaulis. 
Gampanula Scheuchzeri. 



Angelica Razulii. 
Selinum pyrenœum. 
Nardus stricta. 
Viola cornuta. 
Senecio adonidifolius. 
Scabiosa succisa. 
Veratrum album. 



Cette association s'élève jusqu'à une altitude de 4900 à 
2000 mètres. C'est le passage entre la zone alpine et la zone sub- 
alpine. Contrairement à l'opinion de Zetterstedt, j'ai tout lieu 
de croire que ces prairies se rattachent à la zone subalpine. 

Si l'on compare la végétation subalpine sur les versants Nord 
et Sud de Superbagnères, on arrive aux conclusions suivantes : 

La limite inférieure de la zone est plus élevée sur le versant 
Sud que sur le versant Nord (1 100 mètres au lieu de 900 mètres) . 
La limite supérieure est plus basse sur le versant Nord que sur 
le versant Sud. En effet, tandis qu'au Nord les Rhododendron, 
plante véritablement alpine, succèdent aux sapins vers 1700 mè- 



12 P. DOP 

très, par contre, sur les versants exposés au soleil se dévelop- 
pent, jusqu'à 1900 et 2000 mètres, des pâturages subalpins, 
caractérisés par l'association du Senecio adonidifolius . L'in- 
fluence de l'exposition apparaît donc d'une façon très nette dans 
la montagne de Superbagnères. 

VALLÉE DE BURBE. MAIL DE CRIQ 

La végétation subalpine du val de Burbe et des régions voi- 
sines, Mail de Griq, Poujastou, Gouradilles, est tout à fait com- 
parable à celle de Superbagnères. La limite inférieure de la zone 
est influencée dans le val de Burbe par l'exposition : Sur le 
versant exposé au Nord, les sapins apparaissent vers 900 mètres, 
tandis que sur le versant exposé au Sud, la limite inférieure 
atteint 1200 mètres. La forêt de sapins renferme les espèces ca- 
ractéristiques que j'ai déjà eu l'occasion de signaler : 

Prenanthes purpurea. Impatiens Noli-tangere. 

Asperula odorata. Meconopsis cambrica. 

Vaccinium Myrtillus. Dianthus barbatus. 

Sambucus racemosa Spirœa Aruncus. 

Lactuca muralis. Saxifraga hirsuta. 
Actœa spicata. « geum. 

Molopospermum Cicutaiïum. Hepatica triloba. 

Hypericum montanum. Androsœmum officinale. 

Un type excellent de prairies subalpines est constitué par 
les pâturages de Herran (1380 mètres), où on observe l'asso 
ciation du Senicio adonidifolius, à la laquelle s'ajoute le Trol- 
lius europœus. 

VALLÉE SUPÉRIEURE DE LA PIQUE 

La zone sub-alpine se développe largement le long du cours 
supérieur de la Pique, à partir du pont de Bavi, lieu de jonc- 
tion de la vallée du Lys à celle de la Pique. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 13 

Il importe d'étudier successivement la zone subalpine sur la 
rive droite et la rive gauche de cette dernière rivière. 

Rive droite. — La rive droite est en partie constituée par des 
schistes noirs efflorescents, appartenant au système silurien. 
Les sapins sont relativement rares dans cette région, la majeure 
partie des forêts étant constituée parle Fagus sy Ivatica. Néan- 
moins, vers 1100 mètres, les sapins sont assez fréquents pour 
que l'on puisse faire rentrer cette formation dans la zone sub- 
alpine. Ce qui caractérise la flore de la rive droite de la Pique, 
c'est un mélange de formes subalpines et de formes de la zone 
inférieure, ces dernières diminant au fur et à mesure que l'on 
s'élève. Dans les parties basses voisines de la roule, on trouve : 

Origanum vulgare. Inula Conyza. 

Artemisia vulgaris. Lactuca muralis. 

Meconopsis cambrica. Fragaria vesca. 

Malva sylvestris Prenanthes purpurea. 

Sur les parties rocheuses, au voisinage des torrents, j'ai ob- 
servé : Saxifraga umbrosa, Parnassïa palustris, Campanulct 
lalifolia. Vers 1200 mètres, apparaissent : Sambucus race- 
mosa, Atropa Belladona, Vaccinium Myrtillus et quelques 
sapins. - 

Rive gauche. — Sur la rive gauche de la Pique, la zone sub- 
alpine est beaucoup mieux caractérisée que sur la rive droite. 
Le sol est d'ailleurs différent, étant constitué, comme je l'ai dit, 
par des schistes ardoisiers. Bien plus, le voisinage des hauts 
sommets de la crête frontière de l'Aragon produit des perturba- 
tions très nettes dans l'allure générale de la zone subalpine. 

Au confluent du Lys et de la Pique, la limite inférieure de la 
zone subalpine descend très bas, à environ 800 ou 900 mètres. 
C'est, en effet, une région exposée au Nord, encaisséee dans une 
vallée étroite et qui ne reçoit qu'une très faible quantité de 
rayons solaires. En se dirigeant vers le Sud, le long delaPique, 
on voit la limite inférieure se relever peu à peu jusqu'à l'alti- 
tude normale de 1100 mètres. 



14 P. DOP 

Dans toute cette région, la forêt de sapins renferme surtout : 

Meconopsis cambrica. Sorbus Aria. 
Scrofularia alpestris. « torminalis. 

Mulgedium Plumieri. Sambucus racemosa. 

Impatiens Noli-tangere. Veronica officinalis. 

Saxifraga umbrosa. Circœa lutetiana. 

Spirœa Aruncus. Aspidium Loncnitis. 

La forêt de Jouéou, qui occupe la partie inférieure du port 
de la Glère, est particulièrement intéressante à étudier : C'est 
une forêt de hêtres, de sapins et de bouleaux. Le sol est entiè- 
rement tapissé par Potentilla Tormentilla, Saxifraga um- 
brosa, Pyrola minor, Veronica officinalis. Sur les rochers, 
on observe le Ramondia pyrenaica. Vers 1400 mètres, la forêt 
cesse et on pénètre dans le cirque de la Glère, lieu d'avalan- 
ches considérables. Le cirque de la Glère, qui par son alti- 
tude de 1400 mètres doit être rangé dans la zone subalpine, 
est un lieu extrêmement froid, où les neiges d'avalanches sé- 
journent jusqu'au mois d'août, à une altitude de 1400 à 
1500 mètres. Aussi observe-t-on dans le cirque de la Glère, un 
mélange de plantes subalpines et alpines. 

Vers 1500 mètres, les prairies sont forméesde: Yincetoxicum 
officinale, Digitalis purpurea, Galium verum, Carlina 
acanthifolia, C. acaulis, C. vulgaris, Aconitum Napellus, 
Carduus defloratus, Chenopodium Bonus-Henricus, Galeop- 
sis Tetrahit, G. Ladanum, Spirœa Ulmaria, Sp. Aruncus, 
Epilobïimi spicatum, Meum atJiamanticum, Adenostyles 
albifrons, Alehemilla vulgaris. 

Le Galeopsis Tetrahitet le Chenopodium Bonus-Henricus 
sont extrêmement abondants autour des cabanes Leurs graines 
sont, en effet, apportées par les moutons en transhumance. 

A ces plantes sont associées, dans le cirque de la Glère, des 
végétaux franchement alpins : Alehemilla alpina, Rhododen- 
dron ferrugineum, IrifoliumalDinum. Enfin, vers 1800 mè- 
tres, les plantes subalpines disparaissent et la végétation alpine 



(JÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 15 

se développe largement dans la partie supérieure du cirque et 
sur les pentes et les éboulis qui conduisent au col de la Glère. 



HOSPICE DE LUCHON 



Autour de l'hôtellerie connue sous le nom d'Hospice de Lu- 
chon (1360 mètres) s'étendent des prairies où la végétation sub- 
alpine est représentée par l'association du Senecio adonidifo- 
lius. J'y ai observé : 



Senecio adonidifolius. 
Genista sagittalis 
Viola cornuta. 
Galeopsis Ladanum. 
Asphodelus subalpinus. 
f)ianthus barbatus. 
Géranium Pheum. 



Arabis ciliata. 
Achillea Millefolium. 
Valeriana pyrenaica. 
Thymus Serpyllum. 
Gentiana lutea. 
Betonica officinalis. 



Par place se montre le Rhododendron ferrugineum, descendu 
du port de Venasque. 

En s'élevant vers le port de la Picade, les pâturages subal- 
pins de Campsaur et de Roumingaou se développent largement 
sur les croupes arrondies de schistes carbures riches en limo- 
nite. Au-dessus de 1300 mètres j'ai observé : 



Garlina vulgaris. 

« acaulis. 
Trifolium alpinum. 
Asphodelus subalpinus. 
Gentiana campestris. 

« acaulis. 
Thymus Serpyllum 
Iris Xyphioides. 
Saxifraga granulata. 
Galluna vulgaris. 



Biscutella lœvigata. 
Teucrium pyrenaicum. 
Aconitum Napellus. 

« lycoctonum. 

Anthyllis vulneraria. 
Stachys alpina. 
Senecio adonidifolius. 
Carduus defïoratus. 
Solidago Virga-aurea. 
Euphrasia officinalis. 



Par son extrême abondance, le Carduus defïoratus est vrai- 
ment caractéristique de cette région. Près des ruisseaux appa- 



16 P. DOP 

raît en abondance le Saxifraga aizoides, que nous retrouve- 
rons constamment dans la zone subalpine d'Oô et du Lys. On 
trouve cette saxifrage associée au Parnassia palustris, à YAs- 
trantia major et au Caltha palustris (1600 mètres). Vers 
\ 700 mètres, apparaissent les Rhododendron et les plantes alpi- 
nes. Je signalerai en outre la présence du Callitriche stagnalis 
dans les étants de cette région. 

Dans la région inférieure du port de Vénasque, la zone sub- 
alpine m'a paru faire défaut ; et au pied même du port, je n'ai 
trouvé que des plantes alpines comme je l'indiquerai plus loin. 

VALLÉE DU LYS 

La limite inférieure de la zone subalpine varie d'une façon 
très nette avec l'exposition dans la vallée du Lys. C'est ainsi que 
sur le versant exposé au Nord, près du val de Bounéou, les sa- 
pins couvrent les flancs de la montagne à partir de 900 à 
1000 mètres environ. Sur le versant exposé au Sud, dans la 
région dite des granges du Lys, on n'observe que des forêts de 
hêtres renfermant, il est vrai, les plantes subalpines, telles que 
Astrantiamajor ,Meconopsis cambrica , Adenostyles albifrons. 
A ces forêts de hêtres succèdent les prairies à Senecio adoni- 
difolius, Gentiana lutea, Asphodelus subalpinus, etc., que 
j'ai déjà décrites. 

A l'extrémité méridionale de la vallée du Lys, près de la cas- 
cade d'Enfer, la zone subalpine se développe avec une richesse 
considérable de formes, pour s'élever jusqu'à la rue d'Enfer 
(1700 mètres) et même constituer des prairies tout autour du 
cirque d'Enfer. Au pied même de la Cascade, à 1100 mètres, 
on observe en abondance: Saxifraga aizoides, Euphrasia offi- 
cinalis, Lycopodium Selago, et une plante alpine, entraînée 
de la haute vallée par le torrent, YHutchinsia alpina. Dans la 
montée, qui longe la Cascade, on observe : 

Spirœa Ulmaria. Mulgedium Plumieri. 

» Aruncus. Sambucus racemosa. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 17 



Saxifraga umbrosa. 

» hirsuta. 

> geum. 
Meconopsis cambrica. 
Epilobium Spicatum. 
Adenostyles albifrons, 
Aconitum Napellus. 

» lycoctonum. 



Veronica ponse. 
Asperula odorata 
Prenanthes purpurea. 
Vaccinium Myrtillus. 
Ranunculus Gouani. 
Actœa spicata. 
Phyteuma spicatum. 



Dans la forêt de sapins, le Rhododendron ferrugineum 
est très abondant, ainsi d'ailleurs que le Circœa alpina ; sans 
indiquer, toutefois, la présence de la zone alpine, ces plantes, 
ainsi que VHutchinsia alpina, accusent l'existence d'un climat 
froid et le voisinage immédiat de hauts sommets (Maupas, Cra- 
brioul.es, etc.). 

Près de la rue d'Enfer, où la neige d'avalanche persiste pen- 
dant tout l'été, existe un cirque, dans lequel se développe une 
végétation subalpine très riche : 



Thalictrum aquilegifolium. 
Stellaria nemorutn. 
Ranunculus aconitifolius. 
Astrantia major. 
Sanguisorba officinalis. 
Phyteuma orbiculare. 
Gentiana campestris. 
Aconitum Napellus. 

» lycoctonum. 
Rumex scutatus. 
Alchemilla vulgaris. 

» alpina 
Rhododendron ferrugineum. 



Myrrhis odorata. 
Ghœrophyllum hirsutum. 
Epilobium spicatum. 
Sempervivum montanum. 
Hypericum montanum. 
Garduus defloratus. 
Dactylis glomerata. 
Phleum alpinum. 
Pedicularis foliosa. 
Saxifraga aizoides. 
» stellaris. 
Actœa spicata. 



Dans les prairies qui surplombent la rue d'Enfer, la végéta- 
tion subalpine persiste, mais avec une abondance de plus en 
plus grande de plantes alpines. 

Là j'ai trouvé : 



Rosa alpina. 
Soyeria paludosa. 



Salix pyrenaica. 
Aspidium lonchitis. 



18 P. DOP 

Knautia longifolia. Athyrium alpestre. 

Orchis viridis. Blechnum Spicant. 

Dianthus barbatus. Asplenium viride. 



Par places, apparaissent , surtout autour des cabannes de berger 
comme dans le cirque de la Glère, le Galeopsis tetrahit et le 
Chenopodium Bonus- Henricus. Dans la haute vallée du Lys, 
je limite la zone subalpine à 1800 mètres. En effet, je mon- 
trerai plus loin que la région du clos des Pitches appartient à 
la zone alpine. 

A l'Est de la région que je viens d'étudier, s'étendent des 
prairies subalpines, sur la crête qui sépare la vallée du Lys du 
val des Graouès. Ce sont les pâturages du Prat-Long (1800 mè- 
tres) où existent quelques rares Pifius uncinata, Sorbus aucu- 
paria, S. Chamœmespilus et Fagus silvatica. La coume de 
Prat-Long, qui descend vers le val des Graouès et qui est expo- 
sée au Midi, renferme l'association du Senecio adonidifolius, 
Àsphodelus subalpinus, etc. 

C'est encore là un argument pour considérer cette association 
comme caractéristique des hautes prairies subalpines exposées 
au Midi. 



REGION DU LAC D 00 



Dans la vallée du Larboust et dans celle de son affluent 1 
rivière d'Oô, on a deux régions très nettes à distinguer .loi 
région dévoniennequi forme les montagnes de la rive droite de 
l'One ; c'est la région des cultures de blé et de seigle, qui s'élè- 
vent jusqu'à 1300 mètres et dans laquelle les forêts ont presque 
complètement disparu; 2° la région silurienne du val d'Astau 
(vallée d'Oô). C'est dans cette vallée et les vallées adjacentes que 
j'étudierai la zone subalpine. 

La zone subalpine débute vers 900 mètres d'altitude (expo- 
sition au Nord) sur la rive droite de la rivière d'Oô, par de 
petits bois de sapins et une extrême abondance d'Aconitum 
Napellus. On peut étudier les caractères de la zone subalpine, 



: 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 19 

dans la montée du lac d'Oô. Cette montée, qui va des granges 
d'Astau (1112 mètres) au lac d'Oô (1500 mètres) se fait dans 
une forêt de hêtres et de sapins. 

Tout autour des granges, on observe comme plantes très 
communes : Eryngium Bourgaii, Teucrium pyrenaïcum, 
Phyteurna hemisphericum, Irifolium alpinum, Anthyllis 
vulneraria,, Saxifraga aizoides, Aconitum Napellus, Hyos- 
cyamus niger, Dianthus monspessulanus . 

C'est un mélange de plantes subalpines et de plantes fran- 
chement alpines. Parmi ces dernières, je peux citer Y Eryngium 
Bourgaii et le Phyteurna hemisvhericum. Ces plantes ne sont 
donc pas dans leur habitat normal, elles sont descendues des 
vallées de Squierry et de Médassoles, entraînées par les torrents. 

La montée du lac d'Oô présente la végétation subalpine nor- 
male, quoique envahie par le Rhododendron. On trouve là : 

Epilobium spicatura. Saxifraga aizoides. 
Laserpitium latifolium. » stellaris. 

Meconopsis carabrica. Aconitum Napellus. 
Spirœa Aruncus. » lycoctonum. 

Hypericum montanum. Silène saxifraga. 
Rhamnus pumila. 

Tout autour du lac, les rochers granitique sont tapissés de 
Paronychia polygonifolia et de Scleranthus uncinatus. 

VAL DE SQUIERRY 

Le val de Squierry (ou d'Esquierry), surnommé le jardin des 
Pyrénées, renferme une flore extrêmement riche. Les espèces 
subalpines et alpines y sont étroitement mélangées et il est 
très difficile d'y tracer la séparation entre ces deux zones de vé- 
gétation. Néanmoins, il m'a semblé possible de limiter, d'une 
façon peut-être arbitraire, la zone subalpine au contluent des 
deux torrents, nommé la fontaine du val de Squierry (1900 mè- 
tres) . 



20 



P. DOP 



La végétation subalpine se développe largement à l'Ouest des 
granges d'Astau, et sur les pentes gazonnées qui amènent au 
val de Squierry proprement dit. Là, j'ai observé : 



Girsium palustre. 
Garduus nutans. 
Digitalis lutea. 
Satureia montana. 
Teucrium pyrenaicum. 



Vincetoxicum officinale. 
Scrofularia alpestris. 
Antirrhinum sempervirens. 
Paronychia serpyllifolia. 
Gochlearia officinalis. 



Le petit bois de hêtres qui se trouve immédiatement à l'entrée 
du val, renferme : Dianthus monspessulanus, Meconopsis 
cambrica, Stachys alpina, etc. 

Le val de Squierry est formé de pâturages recouvrant des 
calcaires et des schistes carbures. Dans sa zone subalpine j'ai 
noté les plantes suivantes comme étant les plus abondantes et 
les plus caractérisques : 



Eryngium Bourgati. 
Arnica montana. 
Garduus defloratus. 
Phaca alpina. 
Sideritis hyssopifolia. 
Jasione montana. 
Saxifraga stellaris. 

» aizoides. 

» aizoon. 

» hirsuta. 

Mulgedium Plumieri. 
Pedicularis pyrenaica. 

» foliosa. 

Trollius europœus. 
Galtha palustris. 
Iris Xyphioides. 
Lilium pyrenaicum. 

» Martagon. 
Teucrium pyrenaicum. 
Oxytropis campestris. 
Ranunculus aconitifolius. 
» Thora. 



Astrantia major. 
Arabis ciliata. 
Veronica Ponœ, 
Asphodelus subalpinus. 
Anthyllis montana. 
Vaccinium Myrtillus. 

»> uliginosum. 

Arbutus Uva-Ursi. 

» alpina 
Daphne cneorum. 
Hepatica triloba. 
Anthyllis montana. 
Gentaurea montana. 
Rhaponticurn cynaroides, 
Laserpitium latifolinm. 

» Siler. 

Rosa alpina. 
Betonica Alopecuros. 
Silène saxifraga. 
Aconitum Napellus. 
» Anthora. 

Senecio adonidifolius. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 21 

» amplexicaulis. Carlina acaulis. 

Thalictrum minus. Sagina Linnœi. 

» aquilegifolium. Viola cornuta. 

Anémone alpina. Senecio Doronicum. 

Trifolium alpinum. Dianthus barbatus. 

Reseda glauca. Selinum pyrenœum. 

Erigeron alpinus. Homogyne alpina. 

Phyteuma orbiculare. ValerianaSambucifolia 

Myrrhis odorata. Ghœrophyllum hirsutum. 

Ononis striata. Vicia pyrenaica. 

Gentiana lutea. Sedum Telephium. 

» Burseri. Géranium Pheum. 

» campestris. » sylvaticum. 



Le Senecio Tourneforlii se montre en grande abondance à 
la fontaine du val de Squierry, et comme c'est une des plantes 
qui m'ont permis de repérer d'une façon très nette la zone alpine, 
c'est en ce point que je marque la limite supérieure de la zone 
subalpine. Il ne faut toutefois pas perdre de vue que le mélange 
déplantes alpines et subalpines rend une délimitation très dif- 
ficile. 

Val de Médassoles 

La végétation subalpine du val de Médassoles est tout à fait 
comparable à celle du val de Squierry. Les mêmes espèces, 
transportées par les vents d'Ouest, s'y retrouvent avec le même 
enchevêtrement de formes alpines et subalpines. Je limite à 
1900 mètres la partie supérieure de la zone subalpine dans ce 
val. 

Conclusions générales relatives à la zone subalpine. 

La zone subalpine présente dans le bassin supérieur de la 
Pique un très grand développement. Elle est comprise en 
moyenne entre 1000 et 1700 mètres. Mais sa limite inférieure 
présente des variations que j'ai étudiées en détail. En règle gé- 
nérale, la limite inférieure s'élève sur les versants exposés au 



22 p. dop 

Midi (1100-1200 mètres) et elle s'abaisse sur les versants ex- 
posés au Nord (800-900 mètres). 

La limite supérieure est plus constante. Ce n'est que dans le 
voisinage des cours d'eau issus des hauts sommets, que l'intro- 
duction de plantes alpines, semble abaisser la limite à 1500 et 
même à 1300 mètres. 

La zone subalpine renferme trois types différents de végé- 
tation. 

lo La forêt de sapins, où VAbies pectinata est associé au 
Fagus sylvatica, au Sambucus racemosa, au .Sorbus Aria, 
au Betula alba. Au sommet apparaissent quelques rares Pinus 
uncinata. La flore herbacée sylvicole est remarquablement 
constante et caractérisée par Meconopsis cambrica, Astrantia 
major, Mulgedium Plumieri, Saxifragaumbrosa, S. hirsuta, 
S. Geum, S. aizoides, Circœa lutetiana, C. alpina, Prenan- 
thes purpurea, Vaccinium Myrtiilus, Phyteuma spicatum, 
Aconitum Napellus, Dianthus Mnnspessulanus, Adenostyles 
albifrons, Blechnum Spicant, Cystopteris fragilis, Aspidium 
aculeatum. 

2» L'association du Senecio adonidifolius, caractérise les 
prairies exposées au Midi, et s'étend sur des croupes schis- 
teuses mamelonnées par l'érosion. Cette association renferme 
Senecio adonidifolius, Genista sagittalis, Veratrum album, 
Gentiana lutea, Asphodelus subalpinus, etc. 

3° La végétation des prairies étroites et encaissées, cirque du 
Lys, val de Squierry, de Médassoles, où l'on trouve constam- 
ment associées : Phyteuma orbiculare, Myrrhis odorata, 
Chœrophyllum hirsutum , Ranunculus aconitifolius, As- 
trantia major, Dianthus barbatus, Aconitum Napellus. En 
général, ces prairies de vallées étroites renferment en outre des 
plantes alpines, ce qui rend difticile la délimitation de la zone. 

Voici maintenant les plantes qui paraissent caractéristiques 
de la zone subalpine. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 23 

Abies pectinata. Mulgedium Plumieri. 

Sambucus racemosa. Saxifraga urabrosa. 
Pinus uncinata. — hirsuta. 

Arnica montana. — aizoides. 

Betonica Alopecuros. Asphodelus subalpinus. 

Iris Xyphioides. Senecio adonidifolius. 

Myrrhis odorata. Dianthus barbatus. 

Prenaathes purpurea. Angelica Razulii. 

Meconopsis carabrica. Géranium Pheum. 

Epilobium spicatum. Géranium sylvaticum. 

Spirœa Aruncus. Astrantia major. 

Actœa spicata. Blechnum Spicant. 

Gentiana lutea. Gystopteris fragilis. 



III. — Zone alpine. 

La zone alpine s'étend de la limite supérieure de la zone 
subalpine (1700 mètres environ) aux sommets des plus hauts 
pics. Je distinguerai la zone alpine proprement dite et la zone 
glaciale, cette dernière étant la zone supérieure à 2700 mè- 
tres et se développant autour des hauts sommets et des glaciers 
de la frontière de l' Aragon. 



a. — Zone alpine proprement dite. 

D'une façon générale, la zone alpine est dépourvue d'arbres, 
et ne renferme que des arbrisseaux parmi lesquels le Salix py- 
renaica, est le plus commun aux environs de Luchon. Les 
plantes herbacées sont toutes vivaces et de petite taille. On 
admet quelquefois que la zone alpine est homogène et cons- 
tante sur de grandes étendues. Certainement les mêmes espèces 
se retrouvent généralement dans tous les points de la zone, 
mais l'abondance des individus est variable, et d'autre part, il 
existe des associations caractéristiques sur lesquelles j'insisterai 
particulièrement. Gomme pour la zone subalpine, j'étudierai la 
végétation alpine en diverses régions. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXVIII.) 3 



24 p. dop 



Pic de Géciré 



Le versant Nord du Pic de Géciré diffère essentiellement du 
versant Sud. Sur le premier versant nous voyons à 1700 mè- 
tres apparaître le Rhododendron ferrugineum, en grande 
abondance. C'est la partie inférieure de la zone alpine. Cette 
végétation se poursuit jusqu'aux escarpements du pic. Sur le 
versant Sud, l'aspect de la végétation est tout différent. Pour 
en avoir une idée nette, il suffit de s'élever au-dessus des gran- 
ges du Lys, dans la coume de Bourg. 

Au-dessus des prairies subalpines à Senecio adonidifolius, 
Asphodelus subalpinus, et Gentiana Ivtea, on rencontre un 
grand développement d'Eryngium Bourgati. Cette plante s'é- 
lève jusqu'aux cabanes de Bourg, à 1900 mètres environ. A 
partir de cette altitude, VEryngium Bourgati disparait pour 
être remplacé par le Carduus earlinoides, dont la teinte blan- 
châtre contraste singulièrement avec la teinte bleue de VEryn- 
gium, Bourgati. Le Carduus earlinoides se développe large- 
ment jusqu'à 2200 mètres. Entremêlés à VEryngium Bour- 
gati, puis plus haut au Carduus earlinoides se montrent des 
végétaux nettement alpins mélangés dans les parties les plus 
basses à des végétaux subalpins. Je citerai particulièrement ; 

Jasione montana. Hutchinsia alpina. 

Gerastium aipinum. Pinguicula grandiflora. 

Caltha palustris. Galium^verum. 

Mchemilla vulgaris. Erigeron alpinus. 

— alpina. Epilobium origanifolium. 

Saxifraga stellaris. Parnassia palustris. 

— aizoides. Arenaria ciliata. 
Calamintha acinos. ^ Reseda glauca. 
Trifolium Badium. Ranunculus Gouani. . 

— aipinum. Sagina saxatiiis. 
Vicia pyrenaica. Cerastium trigynum. 

De 2200 à 2400 mètres, se dressent les escarpements du 
Céciré. Le sol est constitué par des schistes et des calcaires très 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 25 

ferrifères. C'est la région à Dryas octopetala, qui forme un 
revêtement continu, aussi bien sur les parties exposées au 
Nord, que sur celles exposées au Sud. Cette plante est associée 
aux espèces suivantes : 



Selinum pyreneum. 
Potentilla alchemilloides. 
Silène acaulis. 

Gentiana verna (var. angulosa) 
Antennaria dioica. 
Vaccinium uliginosum. 
Gypsophila repens. 
Helianthemum montanum. 
Buplevrum angulosum. 
Campanula Scheuchzeri. 
Oxytropis campestris. 
— pyrenaica. 
Veronica bellidioides. 
Euphrasia officinalis. 
Phyteuma hemisphericum. 
Saxifraga Aizoon. 

— oppositifolia. 

— bryoides. 
Arbutus Uva-Ursi. 
Lotus corniculatus. 



Aspidium Lonchitis. 
Gnaphalium supinum. 
Allium schœnoprasum. 
Gentiana campestris. 
Erodium petrœum. 
Arabis alpina. 
Draba aizoides. 
Primula farinosa. 
— intricata. 
Ranunculus alpestris. 
Rosa alpina. 
Asperula hirta. 
Galiura montanum. 
Paronychia capitata. 
Geum montanum. 

*- rivale. 
Soldanella alpina. 
Juniperus communis. 
Thymus Serpyllum. 
Allosurus crispus. 



La grande abondance de Dryas, octopetala, Helianthemum 
montanum, Draba aizoides, Folentilla alchemilloides, etc., 
permet de caractériser une association de plantes calcicoles, qui 
se développe entre 2200 et 2400 mètres et que j'appellerai 
l'association dn Dryas octopetala. C'est on le voit, une associa- 
tion rupicole et calcicole de hauts sommets. 

En résumé j'ai distingué dans la végétation alpine du pic de 
Ceci ré, trois régions différentes. Deux de ces régions sont com- 
prises dans la partie inférieure de la zone. Ce sont, sur le flanc 
Nord la région à Rhododendron ferrugineum, et sur le flanc 
Sud, la région à Eryngium Bourgati et Carduus carlinoides. 
Eniin la troisième, qui couvre uniformément le sommet calcaire 
du pic de Céciré, est représentée par l'association du Dryas 
octopetala. 



26 p. dop 

Entécade 

La zone alpine de l'Entécade, présente dans son ensemble 
des caractères analogues à ceux de la zone alpine du Cécile. La 
zone alpine débute vers 1700 mètres, par des pâturages à Tri- 
foliam alpinum, Caltha palastris, avec par place sur les sail- 
lies calcaires qui percent les schistes carbures, un véritable 
tapis de Rhododendrons. Ce régime se continue jusqu'au pied 
du sommet du pic; à 2000 mètres, le Paronychia capitata, 
tapisse le sol. A 2100 mètres, apparaît la région à Carduus 
carlinoides, de peu d'étendue et qui m'a semblé dépourvue 
de VEryngium Bourgati. Tout à fait au sommet du pic, qui 
représente un banc de calcaire silurien, se montre l'asso- 
ciation rupicole et calcicole du Dryas octopetala. On trouve 
associées à cette plante : 

Draba aizoides. Yaecinium uliginosum 

Helianthemum montanum. fieum raontanum. 

Gentiana alpina. Soldanella alpina. 

— verna. Salix pyrenaica. 

— nivalis. Asperula hirta. 
Pedicularis pyrenaica. 

Port de Vénasque 

La végétation alpine du port de Vénasque, présente un type 
assez différent de celui qui est réalisé sur le Céciré et l'En- 
técade . 

Tout le port de Vénasque, depuis l'Hospice de Luchon, 
1310 mètres, jusqu'au port, 2400 mètres, peut être considéré 
comme compris dans la zone alpine. Cela est dû à ce que 1< 
port est une région froide, exposée an Nord, en forme de gorg( 
reserrée, dans laquelle les neiges d'avalanche persistent pen- 
dant toute l'année. 

Les diverses zones de la végétation alpine s'étagent de la 
façon suivante, de la base au sommet. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 27 

Tout autour de l'Hospice de Luchon, s'étend le type de prai- 
ries subalpines à Senecio adonidifolius , Carduus defloratus, 
Gentiana lutea, Carlina acaulis, Viola cornuta, etc. 

Dès les premiers lacets du chemin du port, on rencontre le 
long du ruisseau qui descend de la crête, des végétaux alpins. 
Ce sont : 

Hutchinsia alpina. Erinus alpinus. 

Pedioularis foliosa. Parnassia palustris. 

— pyrenaica Anémone alpina. 

Bartsia alpina. Ranunculus Thora 
Arenaria ciliata. — pyrenœus. 

Sagina Linnœi. Euphorbia Cyparissias. 

Viola cornuta. Veratrum album. 

Hypericum nummularium. Linaria alpina. 

Allium Schœnoprasum. Saxifraga ajugœfolia. 

Juniperus communis. Saxifraga azoïdes. 
Thlaspi alpestre. — umbrosa. 

Narthecium ossifragum. Alchemilla alpina. 
Leucanthemum alpinum. 

Vers 1900 mètres d'altitude, les plantes subalpines, dispa- 
raissent complètement et on trouve : 

Erynguim Bourgati. Arenaria rerna. 

Gerastium alpinum. Veronica Ponae. 

Potentilla nivalis. Rhododendron ferrugineum. 

Astrantia minor. Silène acaulis. 

Aquilegia alpina. Vicia pyrenaica. 

Trifolium Thalii. Allosurus crispus. 

C'est à cette altitude que se montrent dans les endroits hu- 
mides Pinguicula grandiflora, associé aux Saxifrages : S. mus- 
ioideSj S. nervosa, S. aquatica, S. moschata, S. ajugœfolia et 
S. stellaris. 

A 2000 mètres apparaissent : Senecio Tourne f or tii, Homo- 
gyne alpina, Aronicum scorpioides, Luzula spadicea et Carex 
pyrenaica. C'est surtout dans les éboulis schisteux que Y Aro- 
nicum scorpioides et le Senecio Tournefortii sont abondants. 



28 p. dop 

Autour des lacs, le caractère alpin s'accuse encore plus net- 
tement. On a : 

Phleum alpinum. Veronica alpina. 
Primula intricata. — bellidioides. 

— integrifolia. Anémone vernalis. 

Audrosace carnea. Draba aizoides. 

Draba Johann.is. Cerastium lanatum. 

Poa laxa. Azalea procumbens. 

Paronychia serpyllifolia. Saxifraga bryoides. 

Epilobium alpinum. Sesleria distichia. 
Jasione perennis. 

Tout à fait au sommet, 2410 mètres, j'ai observé : 
Armeria alpina, Cher 1er ia sedoides, Cerastium Lrtgynum, 
Arabis alpina, Saxifraga groenlandica, Eanunculus alpestris, 
Arabis alpina; c'est-à-dire une végétation voisine de la végé- 
tation glaciale. 

En descendant du port de Vénasque, sur le versant espagnol, 
on pénètre dans la région calcaire et dolomitique de Pena 
Blanca. Sur ce sol calcaire apparaît le Cardnus carlinoides 
qui fait défaut sur le versant schisteux français de la montagne 
de Vénasque. A cette composée, se trouvent associés : 

Geum montanum. Gnaphalium supinum. 

Merendera Bulbocodium. Cherleria sedoides. 

Armeria filicaulis. Daphne cneorum. 

Veronica aphylla. Nardus stricta. 

Gregoria vitaliana. Leontodon squamosum. 

et les mêmes saxifrages que sur le versant Nord. 

Port de la Glère. 

En étudiant la zone subalpine du port de la Glère, j'ai montré 
qu'un certain nombre de végétaux alpins, Rhododendron fer- 
rugineum, Aiehemilla alpina, avaient envahi cette zone et sem- 
blaient, par conséquent, abaisser considérablement la limite in- 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 29 

férieure de la zone alpine. Ce n'est que vers 1800 mètres que 
la zone alpine s'accuse d'une façon très nette dans le cirque de 
laGlère. J'ai trouvé entre 1800 et 2000 mètres, comme es- 
pèces les plus abondantes et les plus caractéristiques : 



Rhododendron ferrugineum 
Calluna vulgaris. 
Trifolium alpinura. 
Salix reticulata. 
— pyrenaica. 



Pinguicula grandiflora. 
Hutchinsia alpina. 
Linaria alpina. 
Silène acaulis. 
Allosurus crispus. 



Sur les rochers qui surplombent l'ancien chemin muletier 
tracé en encorbellement sur le flanc de la montagne, j'ai re- 
cueilli : Saxifragaaizoïdes, S. aquatica, Astrantia minor, Ade- 
noslyles alblfrons. 

Entre 2000 et 2390 mètres, la zone alpine est caractérisée 
par : 



Hutchinsia alpina. 
Geum montanura. 
Leucanthemum alpinum. 
Arenaria montana. 
Epilobium alpinum. 
Senecio Tournefortii. 
Leontodon squamosum 
Sedum alpestre. 
Siebbaldia procumbens. 
Saxifraga stellaris. 

— aizoon. 

— aquatica. 

— bryoides. 

— ajugœfolia. 

— oppositifolia. 

— exarata. 
Androsace carnea. 
Salix herbacea. 
Selinum pyrenœura. 



Gardamine alpina. 

— resedifolia. 
Crépis pygmœa. 
Gnaphalium supinura. 
Aronicum scorpioides. 
Ombilicus sedoides. 
Veronica alpina. 
Silène acaulis. 
Phyteuma hemisphericum. 
Luzula spadicea. 
Festuca violacea. 
Phleum alpinum. 
Gerastium trigynum. 
Sesleria distichia. 
Ranunculus montanus. 
Cherleria sedoides. 
Homogyne alpina. 
Allium schœnoprasum 



Le groupement et la répartition de ces plantes amènent à des 
conclusions intéressantes. 



30 p. dop 

Les éboulis schisteux, qui conduisent au port de la Glère, 
l' Aronicum scorpioides et le Senecio Tourne for Lii, ont un dé- 
veloppement considérable. A. ces plantes sont associées : Allo- 
surus crispus, Gnaphalium supinum. Cette association très ca- 
ractéristique, est l'association des éboulis schisteux, et, en un 
mot, je l'appellerai l'association de Y Aronicum scorpioides. 

Si, au contraire, nous traversons le col de la Glère, et si 
nous explorons le plateau, au milieu duquel se trouve le lac des 
Gourgoutes, nous voyons que le Senecio Tournefortii et YArn- 
nicum scorpioides font totalement défaut. C'est que nous avons 
affaire à un sol recouvert de graviers de petite taille, sur lequel 
se développe une nouvelle association. L'Ombilicus sedoides, 
YEpilobium alpinum, le Sedum alpestre, joints aux Saxifraga 
stellaris et S. ajugœfolia, sont les éléments essentiels de cette 
association, que j'appellerai l'association des graviers à Ombi- 
licus sedoides. 

Ces deux associations existent dans la région du port de Yé- 
nasque, mais avec moins de netteté que dans la région de la 
Glère. 

Haute vallée du Lys. 

Dans la région connue sous le nom de clos des Pitches, et 
comprise entre 1800 et 2000 mètres, la zone alpine se déve- 
loppe largement. C'est une contrée relativement froide, arrosée 
par de nombreux torrents qui descendent du pic de Maupas et 
des glaciers de Crabioules. 

Les végétaux les plus abondants dans ce cirque sont : 

Campanula Scheuchzerii. Saxifraga umbrosa. 
Gentiana campestris. — aizoon. 

Salix reticulata. — aizoides. 

— pyrenaica. — muscoides. 

Potentilla nivalis. — stellaris. 

Anémone alpina. — exarata. 

Hutchinsia alpina Phleum alpinum. 

linaria alpina. Narthecium ossifragum. 



GÉOGRAPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 31 



Vaccinium uliginosum. 
Galium montanum. 
Buplevrum ranunculoides. 
Homogynealpina. 



Silène acaulis. 
Epilobium alpinum. 
Oxytropis pyrenaica. 
Pinguicula grandiflora. 



Cette liste montre que dans la haute vallée du Lys, le type» 
alpin de la Glère et de Vénasque se retrouve avec ses principaux 
caractères. 

Val de Squierry. 

C'est à partir de la fontaine du val de Squierry que la pré- 
dominance des plantes alpines sur les plantes subalpines com- 
mence à apparaître. Le caractère général delà végétation alpine 
du val de Squierry est d'offrir, dans un espace relativement 
restreint, la plupart des espèces qui caractérisent les associa- 
tions que j'ai décrites dans les autres régions, c'est-à-dire le 
Cécire, l'Entécade et les ports de la crête frontière. 

On observe en effet : 



Salix pyrenaica. 
— reticulata 
Buplevrum ranunculoides 
Helianthemum montanum. 
Saxifraga aizoon. 

— muscoides. 

— ajugœtolia. 

— aquatica. 
Gypsophila repens. 
Nardus stricta. 
Epilobium alpinum. 
Dryas octopetala. 
Gentiana verna. 

— nivalis. 

— acaulis. 

— alpina. 



Oxytropis campestris. 
Arenaria ciliata. 
Aster alpinus. 
Geum montanum. 
Alchemilla alpina. 
Veronica alpina. 
Bartsia alpina. 
Senecio Tournefortii. 
Aronicum scorpioides 
Ranunculus Thora. 
Soldanella alpina. 
Androsace villosa. 
Primula farinosa. 

— integrifolia. 
Reseda glauca. 
Hutchinsia alpina. 



Autour du lac de Sadagouaux , la végétation alpine est très 
caractérisée. On a : Androsace villosa, Kerncra saratilis, Car- 
damina resedifolia, C. alpina, Sibbaldia procumbeus, Gnapha- 



SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXVIII. 



32 p. dop 

Hum carpathicum. Enfin, je dois signaler que, dans cette ré- 
gion, on a signalé le Woodsia hyperborea, mais je ne l'ai pas 
retrouvé. 

Cette végétation se maintient jusqu'à 2100 mètres, altitude 
du Pas de Couret. 

Caractères généraux de la zone alpine. 

La limite inférieure de la zone alpine est extrêmement varia- 
ble ; en moyenne, elle oscille entre 1700 et 1900 mètres. Mais 
le long des cours d'eau issus des hauts sommets, et sur les ver- 
sants exposés au Nord, elle descend beaucoup plus bas. C'est 
ainsi que sur le flanc Nord de Superbagnères, les premiers 
Rhododendron se montrent à 1600 mètres, et que la zone al- 
pine est nettement caractérisée, au pied du port de Vénasque à 
1320 mètres environ. 

La partie inférieure de la zone alpine présente quelques va- 
riations curieuses, en rapport avec l'exposition et la nature du 
sol. Sur les versants schisteux exposés au Nord, la zone alpine 
débute souvent par le Rhododendron ferrugineum. Au con- 
traire, sur les versants exposés au Midi, et calcaires, ce sont 
plutôt YEryngium Bourgati et le Carduus carlinoides qui la 
caractérisent. 

La partie supérieure de la zone alpine présente aussi des va- 
riations assez importantes, qui tiennent à la présence d'associa- 
tions spéciales. C'est ainsi que j'ai défini, dans les hautes mon- 
tagnes luchonnaises, trois associations différentes : 

1° Une association rupicole et calcicole, bien développée sur 
le Céciré et PEntécade, entre 2000 et 2400 mètres, et carac- 
térisée par : Dryas octopelala, Helianthemum montanum et Po- 
tintilla alchemilloides, Draba alzoides: 

2° Une association d'éboulis de schistes, en général très cris- 
tallins, qui se développe sur les hauts sommets de la crête fron- 
tière. C'est l'association des espèces suivantes : Aronicum scor- 
piotdes, Senecio Tournefortii, Gnaphalium mpinum, Allosurus 
crispus. 



CÉOGFUPHIE BOTANIQUE DU BASSIN SUPÉRIEUR DE LA PIQUE 33 

3o Une association de graviers , en terrain schisteux et cris- 
tallin que j'ai signalée sur les versants, généralement peu 
inclinés, qui descendent vers l'Espagne. Là, les espèces les plus 
abondantes sont : Umbilicus sedoides , Sedum alpestre, Epilo- 
biutn alpinum. 

C'est là, dans la zone alpine, que les saxifrages ont leur plus 
grand développement. Vers 2000-2200 mètres, on les trouve 
en abondance au voisinage des torrents, associées au Pinguicula 
grandi flora. Les formes les plus communes sont : Saxifraga 
ajugœfolia, S. aquaticn, S. aizonn, S. stellaris et S. rrwscoides. 

Quant aux pâturages alpins, le Trifolium alpinum, le Poa 
laxa, le Festuca ziolacea, etc., paraissent en être les espèces 
dominantes. 

On peut donner la liste suivante des espèces caractéristiques 
de la zone alpine : 



Salix pyrenaica. 
— reticulata. 
Carduus carlinoides. 
Eryngium Bourgati. 
Astrantia minor. 
Sorbus chamœmespilus. 
Kernera saxatilis. 
Arbutus Uva-ursi. 
Geum montanum. 
Primula intricata. 

— farinosa. 

— integrifolia 
Jasione perennis. 
Oxytropis pyrenaica. 

— campestris. 
Trifolium alpinum. 
Leucanthemum alpinum. 
Gnaphalium supinum. 
Soldanella alpina. 
Dryas octopetala. 
Sibbaldia procumbens. 
Crépis pygmœa. 



Rhododendron ferrugineum. 
Anémone alpina. 
Cardamine resedifolia. 

— alpina. 
Draba aizoides. 
Helianthemum montanum. 
Silène acaulis. 
Arenaria ciliata. 
Cerastium alpinum. 
Bartsia alpina. 
Pedicularis foliosa. 

— pyrenaica. 
Aronicum scorpioides 
Senecio Tournefortii. 
Linaria alpina. 
Veronica alpina. 
Sedum alpestre. 
Saxifraga aquatica. 

— ajugœfolia. 

— muscoides. 

— bryoides. 
Androsace carnea. 



34 



P. DOP 



Gentiana verna. 
— alpina. 
Homogyne alpina 



Armeria alpina. 
Festuca violacea. 
Poa laxa. 
Allosurus crispus. 



b. — Zone glaciale. 

La zone glaciale, comprise en moyenne entre 2500 
3200 mètres, s'étend sur la région granitique du port Bieil, au 
port d'Oô. C'est autour des glaciers de Maupas, de Crabioules 
et du Ceil de la Baque, que se trouvent les espèces glaciales. 
Le sol est formé de roches nues , d'éboulis , de vases, couverts 
par une maigre végétation. Cette végétation est partout compa- 
rable , aussi la décrirai-je rapidement en prenant comme type 
la région du port d'Oô. Un seul arbuste existe, c'est le SaJix 
herbacea. Les plantes herbacées sont réduites à une quarantaine 
d'espèce*, qui se retrouvent d'ailleurs en quelques points de 
région alpine. Deux seulement sont spéciales :1e Draba Wahlen- 
bergii, sur les rochers granitiques, et le Ranunculus glacialis, 
qui vit sur les moraines boueuses des glaciers. 

Les espèces qu'on trouve le plus fréquemment clans la zon< 
glaciale sont : 



Ranunculus glacialis. 
— alpestris. 

Agrostis rupestris. 
Juncus trifidus. 
Sesleria distichia. 
Phyteuma hemisphericum 
Erigeron uniflorus. 
Arenaria ciliata. 
Saxifraga groenlandica. 

— bryoides. 

— cœsia. 

— oppositifolia. 



Androsace carnea. 
— villosa. 
Hutchinsia alpina. 
Gentiana nivalis. 

— alpina. 
Luzula spadicea. 
Nardus stricta. 
Soldanella alpina. 
Festuca varia. 
Thalictrum alpinum, 
Potentilla verna. 

— nivalis. 



Toulouse — Imp hagarde et Sebille, rue Romuières. t. 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Bémusat, 

les 1" et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 1 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun 
Quai de Tounis, 106> Toulouse. 



SOMMAIRE 

Composition du Bureau de la Société pour l'année 1905 5 

Liste][des Membres au 1 er mars 1905 7 

Paul Dop. — Géographie botanique du bassin supérieur de la 

Pique 11 






SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME TRENTE-N«*F. — 1905 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 2 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUE U0MIGU1ÈKES 2. 

1905 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Extrait du règlement de là Société d'Histoire Naturelle de Touloust 

Art. 1 er . La Société a pour but de former îles réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ntion géologique, I? llore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
cenlre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé* d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire, doivent être présentés 
par deux membres titulaire*. Leur admission est volée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par lie Trésorier. 

Art. 1 1 . Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Arl. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du dro't et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Lebnlde la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. L° bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent. ;. I er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliolh'caires-archivisles. 

Au 31. L'é'ection des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dan-* la première séance 
du mois <<e 1»cembre Le Présidente nomme pour deux année», les autres 
mem ures pour une année. L a s Vice-présidents, les Secrétaires le Trésorier, 
les Bibliothécaires «i les membres du C-mseil ei du Comité peuveot seuls être 
réélus immé tiatement dans les menais fonctions 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premiei mercredi après le 15 novembre, etont l'reutous les 1 er et 3, 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 

i*t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. . 

Art. 41. La société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux «t 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature «le l'auteur. 

Art 42 Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir des tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

An. 48. Les membres de la Société sont tous invités a lui ad'tsser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, retien- 
dront do droit à la 7'lle de Toulouse. 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 



il 

Par H. Ribaut 



Iulus (Leptoiulus) silvicola umbratilis, n. subsp. 

Les caractères externes sont identiques à ceux de I. garum- 
nicus mihi , sauf la taille qui est un peu plus faible. Long : 
çf 20 à 22 millimètres; 9 20 à 26 millimètres. Sa coloration 
est, en général, un peu moins foncée. 

Mâle. — Première paire de pattes tranformée en crochets à 
courbure arrondie. L'angle externe de l'articulation coxo- 
fémorale est très saillant, plus élevé que l'angle interne. 

Hanches de la deuxième paire prolongées en avant de l'arti- 
culation fémorale et développées, du côlé externe, sur cette 
partie de la face antérieure, en une lamelle à bord arrondi. Le 
canal externe de la glande coxale est très développé et prend 
naissance tout près du bord de la hanche ; il atteint presque 
le milieu de l'article suivant. 

Gonopodes. — ' Paire antérieure élancée (cinq fois plus lon- 
gue que large) ; son bord interne présente un prolongement 
triangulaire moyennement développé, à commissure distale 
deux fois plus éloignée de l'extrémité de la patte que de l'in- 
sertion du fïagellum. 

Paire postérieure : Mésomérite étroit, n'atteignant pas l'extré- 
mité du gonopode antérieur La fossttte de l'extrémité de sa 
face antérieure est peu profonde ; sa longueur atteint environ 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXVIII.) 5 



36 H. RIBAUT 

le quart de celle du mésomérite (comptée jusqu'à l'insertion de 
l'eucoxite). 

Eucoxite un peu évasé à l'extrémité. Phylacum (pavillon) peu 
développé du côté antérieur où son angle est à peine visible en 
avant de l'andouiller antérieur. Andouiller postérieur lamel- 
laire, irrégulièrement développé suivant les individus, très rap- 
proché de Pandouiller antérieur qui est robuste, à pointe émous- 
sée. Rameau lamellaire ; son bord distal porte de nombreuses 
denticulations allongées, souvent groupées en faisceaux. Alêne 
grêle. Schismasolène (Godet Brôl., Spermarinne Verh.J très 
développé surtout sur son bord antérieur et basai qui font for- 
tement saillie sur la face interne du solénomère. Il présente 
l'aspect d'une ampoule largement ouverte vers l'extrémité. Le 
canal de la glande coxale débouche vers le fond de l'ampoule et 
l'adénosolène suit vraisemblablement le repli antérieur du 
schismasolène pour se terminer tout près du bord distal du 
rameau. 

Paracoxite (talon) peu détaché de l'eucoxite; son bord distal 
n'atteint pas l'insertion de l'alêne. 

Pas de coussinets aux tarses des pattes ambulatoires. 

Pyrénées, Fos, Saint-Béat (Haute-Garonne), à diverses altitudes, 
sous les feuilles mortes, sous la mousse des troncs. Septembre, 
octobre. Quelquefois en compagnie de I. garumnicus. 

J'ai, sur les conseils de M. Brôlemann, rattaché cette nou- 
velle forme à I. silvicola Brôl., à cause de la grande simili- 
tude qui existe entre ses eucoxites et ceux de cette dernière 
espèce; le phylacum est néanmoins beaucoup plus développé 
chez umbratilis que chez silvicola. Elle diffère encore du type 
par le plus grand développement des gonopodes antérieurs et 
des mésomérites, par la forme des hanches de la première et de 
la deuxième paire de pattes. 

Elle se rapproche beaucoup de I. Legeri Brôl. par la forme 
des hanches de la première et de la deuxième paires, par l'étroi- 
tesse des gonopodes antérieurs et , enfin , par la forme des 
gonopodes postérieurs. Elle en diffère : 1° par le développe- 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 37 

ment du canal externe de la glande coxale de la deuxième paire ; 
2° par les dimensions relatives des hanches de la deuxième 
paire et de l'article suivant dont l'extrémité interne est pres- 
que atteinte par l'extrémité du prolongement de la hanche 
chez umbratilis ; 3° par l'existence d'un prolongement au bord 
interne des gonopodes antérieurs ; 4° par la forme plus élancée 
et plus droite des gonopodes antérieurs ; 5° par certains détails 
de structure de l'eucoxite. 

Elle se rapproche aussi de I. Kervillei Brôl. Gomme chez 
celui-ci, les gonopodes antérieurs possèdent une apophyse à 
leur bord interne et les hanches de la deuxième paire de ces 
deux espèces présentent une étroite analogie de forme. Mais 
1. silvicola umbratilis diffère nettement de I. Kervillei : 
lo par la saillie de l'angle distal externe des hanches de la pre- 
mière paire ; 2° par le développement du canal externe de la 
glande coxale de la deuxième paire ; 3° par l'étroitesse des 
gonopodes antérieurs (et par suite des mésomérites) et la situa- 
tion de la saillie du bord interne : 4° par le développement plus 
grand de l'angle antérieur du phylacum ; 5° par la forme du 
schismasolène et l'absence d'épine sur le bord postérieur de 
celui-ci. 

Elle diffère de I. garumnicus mihi par la forme des hanches 
de la première et de la deuxième paire; la présence de l'apo- 
physe au bord interne des gonopodes antérieurs qui sont, en 
outre, beaucoup plus allongés; la forme et le développement du 
schismasolène qui, de plus, ne possède pas d'épine sur son bord 
postérieur. 

La découverte de 1. garumnicus et I. silvicola umbratilis 
établit un trait d'union entre I. Kervillei, silvicola et Legeri 
qui paraissent ainsi de plus en plus se rattacher à un même type. 



38 H. RIBAUT j 

Marquetia, n. gen. (i). 
iFam. Craspedosomidae Verh. ; trib. Craspedosomini Verh.) 

Corps de petites dimensions. Tronc composé de trente seg- 
ments, à renflements latéraux faibles. Ocelles nombreuses et 
bien distinctes. Presque tous les sternites des pattes ambulatoi- 
res munis d'une saillie sur la face antérieure de leur partie 
inlercoxale. 

Gonopodes antérieurs formés de cheiroïdes dilatés à leur 
extrémité et de coxoïdes intimement soudés (en un syncoxite) 
sur une grande partie de leur longueur. Les patties libres du 
syncoxite forment deux cornes volumineuses, munies à leur 
base interne d'un petit appendice lamellaire. 

Gonopodes postérieurs composés de 1 (-2) article. Lesternite 
est bien développé, sans saillies ni ornements particuliers. 

Pas de pseudoflagella. 

Marquetia pyrenaicum. n. sp. 

Corps brun clair avec quatre bandes longitudinales foncées, 
se confondant parfois. Tète de couleur claire. Ocelles sur un 
champ triangulaire noir. Antennes gris foncé. Pattes claires. 

Longueur, 9 millimètres; largeur, mm. 9 vers l'arrière, 
mm. 6 dans la partie antérieure . 

Tête plus large que longue, poilue; front sillonné longitudi- 
nalement. Lèvre supérieure présentants trois dents. Ocelles au 
nombre de vingt cinq, très distinctes, en triangle à angle anté- 
rieur arrondi. Antennes à sept articles; longueur, 4 mm. 8; 
longueur des articles, 0.06, 0.24,0 52,0.26,0.44,0.17,0.13. 

Trente segments au tronc, lisses, non brillants. Dos légère- 
ment aplati. Métazonites un peu renflés sur les côtés, donnant 



(1) Dédié au regretté entomologiste toulousain Gli Marquet, 
mort en 1900. 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUKS 39 

au corps l'aspect légèrement moniliforme. Sur le tiers posté- 
rieur des côtés des métazonites se trouve une large dépression 
triangulaire à sommet antérieur et contenant un poil. Entre ces 
poils, deux autres sur chaque côté des métazonites et situés sur 
le tiers antérieur, chacun au fond d'une | etite fossette. Le der- 
nier segment est largement arrondi à l'extrémité et muni sur 
son bord postérieur de deux petites saillies cylindriques (filières) 
portant chacune un poil. 

Mâle. — Quarante- huit paires de pattes ambulatoires, por- 
tant toutes, sauf les deux premières, et les quatre ou cinq der- 
nières, des papilles sur la face inférieure du tarse. 

Première et deuxième paires presque semblables, plus courtes 
et plus grêles que les autres, composées seulement de six 
articles. 

La première patte se compose d'une hanche courte, très 
élargie à la base, un préfémur de même longueur que la han- 
che, un fémur assez allongé, un postfémur, un tibia et un 
tarse muni de fortes soies et portant un ongle. 

La hanche de la deuxième paire est plus longue que large, et 
porte une petite saillie globuleuse à son angle distal interne ; le 
préfémur est plus court que la hanche (article le plus court de 
la patte) ; les autres articles sont semblables à ceux de la pre- 
mière patte. 

Troisième, quatrième, cinquième, sixième pattes à peu près 
identiques, à sept articles. La hanche est plus large à l'extré- 
mité qu'à la base. Le préfémur est de la longueur de la hanche. 
Le tarse est fortement dilaté inférieurement et muni de nom- 
breuses papilles. 

Septième patte : La hanche porte une saillie globuleuse vers 
le milieu de sa face postérieure ; le trochanter est légèrement 
saillant intérieurement. Préfémur avec une saillie obtuse au 
milieu de la face inférieure. Tarse avec des papilles, mais non 
dilaté. 

Huitième patte : Hanche courte. Sac coxal proéminent. Pré- 



40 H. IUBAUT 

fémur plus long que la hanche. Tarse sans dilatation, avec des 
papilles peu nombreuses. 

Neuvième patte : Hanche courte. Sac coxal plus développé 
que celui de la huitième. Préfémur à peine plus long que la 
hanche, à profil supérieur anguleux à la base. La face inférieure 
porte une saillie volumineuse recourbée vers l'avant. Des pa- 
pilles tarsales. 

Toutes les autres pattes sont à peu près identiques entre 
elles Le préfémur est plus long que la hanche, le tarse non 
dilaté, avec des papilles (sauf les 4 ou 5 dernières pattes). 

Sternites (plaques ventrales) : troisième, quatrième, cin- 
quième très saillant entre les hanches. Côté largement arrondi; 
une très légère saillie oblongue sur la face antérieure de la par- 
tie intercoxale. Rapport de la hauteur à la largeur 2:5. 

Sixième comme le précédent, mais un peu plus haut (2,5 : 5). 

Septième peu saillant au milieu. Côtés fortement saillants, 
dilatés en un lobe incurvé vers l'intérieur (2,5 : 7). 

Huitième à côté un peu saillant (1,5 : 7). 

Neuvième très saillant entre les hanches; côtés saillants 
(2 : 5,5). 

Dixième très saillant au milieu. Côtés peu saillants. Sur la 
face antérieure du prolongement intercoxal. une apophyse cylin- 
drique très proéminente, mamelonnée (2,5 : 6). 

Les autres sternites comme celui de la dixième paire de pattes, 
un peu plus hauts. L'apophyse de la face antérieure du pro- 
longement intercoxal moins saillante. 

Gonopodes constitués par les appendices antérieurs et posté- 
rieurs du septième segment. Pas de gonopodes tertiaires. Gono- 
podes postérieurs 1 articulés, constitués par la hanche bien dé- 
veloppée, libre sur toute sa longueur, légèrement recourbée en 
avant et munie de deux longs poils à l'extrémité. Sur la face 
interne se trouve appliqué un appendice lamellaire, hyalin, 
large, recouvrant presque toute cette face. Hanche pourvue de 
muscles. Sternite étroit, mais bien développé Stigmates bien 
visibles au fond d'une fossette. Poches trachéennes possédant 
une branche interne. 



NOTES MYRIOPODOLOGIQUES 4l 

Gonopodes antérieurs grands, rabattus en arrière sur l'abdo- 
men, composés d'un syncoxite et de cheiroïdes. 

Syncoxite constitué par une pièce chitineuse creuse, large- 
ment ouverte à la base et en arrière. Sur cette ouverture vient 
s'insérer une pièce membraneuse se divisant aussitôt en deux 
lobes coniques, remplis à la base de granulations foncées. Ces 
cônes portent, sur presque toute la longueur de leur côté 
interne, une large crête hyaline. Cet organe membraneux cor- 
respond vraisemblablement au sac coxal ou à un pseudoflagel 
lum. Les coxoïdes sont soudés sur la moitié basale de leur lon- 
gueur, se divisant en deux lobes au point où ils deviennent 
libres : un latéral A et un autre antérieur B. Le latéral est vo- 
lumineux, distant de celui de l'autre coxoïde, large à la base, 
brusquement rétréci à l'extrémité, présentant une gouttière 
interne et une autre externe. Le bord postérieur porte une forte 
dent vers le quart extrême. A la base de sa face antérieure se 
détache un lobe C sous lequel ^'engage le lobe antérieur B du 
coxoïde. La paroi antérieure du syncoxite porte une large 
dépression F bien délimitée à la base et sur 1 les côtés. Le bord 
basai de cette paroi se prolonge en deux lobes D au-delà de l'inser- 
tion des cheiroïdes. Le milieu de la paroi postérieure fait forte- 
ment saillie en arrière et se prolonge après la division du syn- 
coxite en un lobe E légèrement échancré à l'extrémité. Sur la 
ligne médiane et vers le quart basai fait saillie en arrière une 
forte pièce chitineuse c soudée sur la face postérieure de la 
paroi antérieure. Sur cette pièce s'insèrent les muscles venant 
des poches trachéennes. 

Les cheiroïdes s'insèrent en XX. Us sont composés : 1° de 
poches trachéennes fortement développées; 2° d'une branche 
interne i appliquée sur le sternite; 3° d'un corps principal dont 
la longueur égale les trois quarts de celle du syncoxite, pouvant 
être considéré comme formé de deux parties H et K. La partie H 
basale est graduellement dilatée en spatule vers l'extrémité qui 
est arrondie et porte deux ou trois épines assez fortes. La par- 
tie K distale présente à son extrémité trois ou quatre crêtes plus 



42 H. RIBAUT 

ou moins denticulées et se prolonge en arrière en un fort lobe 
arrondi. Ces deux parties sont reliées l'une à l'autre 1° sur la 
face postéro-interne par un pont chitineuxp étroit; 2° par une 
membrane assez fragile sur tout la reste de l'étendue de leur 
contact. La partie K empiète sur l'extrémité de la partie H, de 
telle sorte que dans la région où elles sont superposées, se 
trouve une fossette profonde ouverte à la base, limitée en dedans 
par K, en dehors par H et à l'extrémité par la membrane qui 
relie ces deux parties. Sternite très étroit. 

Pyrénées, Fos (Haute Garonne). Septembre, sous des feuilles 
mortes. 



HYBRIDES D'UN PIGEON ET D'UNE TOURTERELLE 43 



HYBRIDES DON PIGEON BLEU BARRE 
et d'une tourterelle nankin à collier noir, 

Par M. DE Montlezun. 



Le 6 décembre 1904, M. Robert Mercié, propriétaire à Cazè- 
res-sur-Garonne, offrait gracieusement au Musée d'histoire na- 
turelle deux hybrides de pigeon bleu barré à collier émeraude 
et de tourterelle nankin à collier noir ; ces oiseaux en belle 
livrée d'adulte étaient âgés de deux ans. 

Pour obtenir ces métis, M Mercié dut se livrer à de nom- 
breuses expériences qui donnèrent souvent des résultats néga- 
tifs ou incomplets. Il plaça un jeune pigeon âgé de trois semai- 
nes en compagnie d'une tourterelle de deux ans. Le pigeon 
étant plus jeune que la tourterelle, il espérait que cet oiseau se 
familiariserait plus facilement avec sa compagne et qu'il abuse- 
rait moins de la supériorité de sa force. Malgré cette précaution, 
le pigeon devenu adulte ne tarda pas à devenir méchant et après 
une première couvée, il se mit à brutaliser sa compagne; c'est 
à partir de ce moment que les résultats furent mauvais; les 
pontes se succédèrent, mais les petits moururent avant l'éclo- 
sion. Le pigeon battant sans cesse la tourterelle, il fallut es- 
sayer de lui couper les ailes ; on dut aussi élever la bordure du 
panier dans lequel cette dernière pondait pour tâcher de la pré- 
server; précautions inutiles, les accès de colère ne firent qu'aug- 
menter ; les corrections elles-mêmes ne donnèrent aucun résul- 
tat. Un jour, la. tourterelle fut trouvée morte et ses œufsbrisés. 

De ce couple, M. Mercié n'a eu que deux métis et la .satis- 
faction de constater que les œufs étaient généralement fécondés. 

M. Mercié tente en ce moment de nouvelles expériences. Il 



44 DE MONÏLEZUN 

intervertit les rôles et cherche à faire accoupler des tourterelles 
mâle avec des pigeons femelle; il espère ainsi ohtenir de meil- 
leurs résultats. 

Depuis le jour où ces métis ont été donnés au Musée, ils n'ont 
cessé de vivre en bonne intelligence, n'ayant jamais cherché à 
se battre. Tout me faisait espérer qu'ils pourraient vivre long- 
temps. Je comptais malheureusement sans un accident qui est 
venu ravir l'un d'eux dans les conditions suivantes : 

Voulant placer dans la cage une feuille de zinc pour leur don- 
ner un fond de sable, je cherchais à l'aide d'un crochet à faire 
tomber les déjections qui se trouvaient collées sur les planches 
du fond de leur cage. Cette manœuvre déplut singulièrement à 
l'un des oiseaux ; tout en restant sur le petit barreau de bois 
qui lui servait de perchoir, il manifestait sa colère par des rou- 
coulements et prenait un air agressif. A un moment, la colère 
étant à son comble, il se mit à rendre ton? les grains qu'il avait 
dans le jabot ; des étouffements se manifestèrent et l'agonie ne 
tarda pas à arriver. 11 mourut pendant la nuit du 12 au 
13 janvier. 

J'ai constaté en dépouillant cet oiseau que toute la peau du 
cou était profondément injectée de sang et que les poumons 
étaient également envahis par suitede quelque rupture. J'avoue 
qu'en nettoyant le dessous de la cage, j 'étais loin de supposer 
que ce que je considérais comme une amélioration pour l'ins- 
tallation de nos oiseaux pouvait provoquer un accident mortel. 

Description. — Dessus : Ensemble du plumage gris perle 
foncé de labasedu bec à l'extrémité des couvertures de laqueue 
avec scapulaires et grandes couvertures des ailes légèrement la- 
vées de roux . grandes rémiges d'un gris rembruni avec tiges 
noirâtres ornées sur les extrémités et le pourtour des barbes 
externes d'un fin liséré blanchâtre; rectrices grises de nuance 
un peu plus claire que les rémiges ; les trois latérales terminées 
par une tache blanche égale au cinquième environ de leur lon- 
gueur et les deux latérales extérieurement bordées de blanc : 
partie moyenne du cou ornée d'un collier disposé comme celui 



HYBRIDES DUN PIGEON FT D'UNE TOURTERELLE 45 

des tourterelles qui n'est bien apparent qu'au moment où les 
plumes sont un peu soulevées. 

Dessous : Gorge blanche passant au gris vers le cou, puis au 
gris violacé jusqu'au sternum ; poitrine, ventre et sous cauda- 
les gris perle avec nuance plus claire vers l'anus; couvertures 
subalaires d'un gris presque blanc; dessous des rémiges de 
nuance plus claire que le dessus; recttices noirâtres avec les 
taches blanches des côtés plus apparentes; plumes des flancs et 
couvertures des cuisses gris perle; pattes rose vineux ; ongleset 
bec noir corne; iris rouge orange. 

Le roucoulement de ces hybrides tient de celui du pigeon et 
de celui de la tourterelle. 

MESURES PRISES SUR LE SUJET MORT 

Longueur totale 0»«330 

Envergure m 580 

Longueur ds l'aile. m 260 

Longueur du fouet m 200 

Longueur de la queue 0»>120 

Longueur du doigt médian avec l'ongle m 033 

Longueur du bec prise du front ni 035 



46 J. CHALANDE 



RECHERCHES 

SUR LES 

Myriopodes du Sud=Ouest de la France 

Par M. Jules Chalande. 



« J';ii si souvent fait fausse 
» mule pour avoir trop facile- 
» ment accepté connue exacts 
» les résultais donnes par les 
» autres, que j'ai résolu île pu- 

» blier seulement les observa- 
» tious que je puis attester par 
» ma propre recherche. » 
Dalton. 



INTRODUCTION 



Au sujetdes Myriopodes, Fabre, d'Avignon, écrivaiten 1855 : 
(( Après les habiles investigations des maîtres de la science, 
» MM. Tréviranus, Léon Du four, Stein, Bfandt, Newport, etc., 
» la moisson est achevée; on ne peut plus espérer que de gla- 
» ner quelques épis oubliés. » 

Fabre s'illusionnait, nous avons eu depuis non pas « quel- 
ques épis », mais une moisson tout entière, dans les travaux 
des : Metschnikoff, Mac-Leod. V. Liénard, Félix Plateau, Haase, 
V. Willem, Saint-i'.émy, Balbiani, Duhoscq, etc., pour l'Ana- 
tomie, l'Histologie et la Physiologie; des Stuxberg, Meinert, 
R. Latzel, Porath, Brolemann, VerhœiY, Attems, etc.. pour la 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 47 

classification et la description des espèces, sans compter tous 
ceux que nous oublions. 

La moisson n'est pas encore achevée, bien des épis ont été 
oubliés ; Fabre, malgré sa perspicacité, en a laissés après son 
travail, et nous en laisserons encore après lui, que d'autres 
glaneurs plus persévérants ou plus habiles, ramasseront et 
apporteront à la gerbe commune. 

La conquête de la science ne se fait que par échelons, nous 
apportons chacun notre pierre à l'édifice, mais, à mesure que 
nous en montons les degrés, matériaux amassés par nos pré- 
décesseurs, nous sommes frappés de l'immensité de l'inconnu 
qui s'ouvre devant nous. 

PLAN DU TRAVAIL 

Nous avons divisé ce travail en deux parties, Biologie et 
Anatomie, dans lesquelles nous donnons le résultat de nos 
recherches personnelles : 1° (l re partie), sur la Fécondation, 
l'accouplement, la Ponte, l'Eclosion , et le Développement 
post-embryonnaire des Myriopodes ; autant de sujets encore 
peu connus et présentant de nombreuses lacunes, malgré les 
remarquables travaux des : De Geer, Savy, Gervais, Newport, 
Waga et Fabre ; 2° (2 e partie), sur l'Anatomie des organes 
génitaux, de l'Appareil respiratoire et de l'Appareil digestif, 
dont la structure a pu nous révéler quelquelques détails inté- 
ressants et nouveaux. 

Nous nous sommes toujours efforcé de donner des descrip- 
tions les plus succinctes possibles, afin de ne pas encombrer le 
travail de dissertations oiseuses, qui nuiraient à la clarté du 
texte. 

TECHNIQUE 

Première partie. — Pour la fécondation, la ponte et le 
développement, nous donnons le résultat des longues et patien- 
tes observations que nous avons poursuivies pendant de nom- 



48 J. CHALANDE 

breuses années, et qui cependant n'ont pas toujours été cou- 
ronnées de succès. 

Nous élevons nos pensionnaires dans des bocaux clos et con- 
tenant de l'humus; l'humidité y est entretenue au moyen d'une 
éponge fixée à la partie supérieure. Les bocaux sont numérotés 
et les espèces diverses rigoureusement séparées. 

Pour l'élevage des pontes, l'humus est soigneusement trié 
sous la loupe, afin d'écarter les petits Isopodes et autres ani- 
maux, qui pourraient détruire les œufs ou les jeunes nouvelle- 
ment éclos. 

Chaque ponte est, dès son origine, divisée en plusieurs lots, 
dans des bocaux différents, afin d'établir le contrôle et de pou- 
voir poursuivre les observations, si un des bocaux est envahi 
par les cryptogames. 

Lorsque les cryptogames commencent à se développer dans 
un récipient, la ponte est perdue, il est inutile de vouloir es- 
sayer d'en sauver même une partie. Le tout est à jeter et le bocal 
doit être lavé à l'acide, avant de recevoir une nouvelle ponte. 

A chaque stade caractéristique de développement, un jeune 
Myriopodeest mis en préparation, dans de la glycérine acidulée. 

Lorsqu'il y a lieu, les mues sont également mises en prépa- 
ration, elles donnent souvent, mieux que l'individu lui même, 
les détails de segmentation des nouveaux anneaux et des 
appendices locomoteurs ou antennaires. 

Deuxième "partie. — Toutes les dissections ont été faites à 
l'aiguille, sous la loupe montée, ou le microscope, tantôt sur 
des individus fraîchement tués aux vapeurs de chloroforme, 
tantôt sur d'autres conservés à l'alcool. Ces deux modes de re- 
cherches se contrôlant l'un par l'autre. 

Les sujets d'étude avant dissection sont conservés dans du 
trois-six à 45 ou 65 degrés. L'alcool à 90-95 degrés nous a. 
donné parfois de bons résultats en conservant tous les organes, 
même les plus délicats, dans leurs positions respectives nor- 
males ; mais, après un temps trop prolongé, les organes devien- 
nent très cassants. 



RECHERCHES SUR LES MYRFOPODES 49 

Une longue macération dans le trois-six à 90-95 degrés 
donne cependant d'excellents résultats pour l'étude du sys- 
tème circulatoire et dispense au besoin de l'injection vitale, 
souvent impossible à pratiquer. 

Pour reconnaître parfois la structure interne de certaines 
pièces, les coupes à la paraffine s'imposent, mais, pour l'étude 
générale d'un organe, rien ne vaut une bonne dissection à 
l'aiguille. 

Les individus devant servir aux recherches sur l'appareil 
respiratoire sont tués par l'acide carbonique et étudiés à l'état 
frais ; les plus fines trachées sont alors visibles. Les sujets 
ayant subi une longue macération dans l'alcool sont absolu- 
ment impropres à cette étude. 

Toutes nos préparations anatomiques sont conservées à la 
glycérine acidulée. Le baume de Canada et la gélatine glycé- 
rinée ne nous ont pas donné de bons résultats, sauf pour les 
coupes. 

Les dessins ont été pris à la chambre claire, en faisant cir- 
culer, sous la platine du microscope, successivement les diver- 
ses parties d'un organe. Ces dessins ont été ensuite réduits au 
quadrillé. 

Les dimensions des organes ont été mesurées au moyen du 
curvimètre, sur les figures obtenues à la chambre claire sous le 
microscope, ce qui nous a permis de préciser les longueurs de 
certaines parties très délicates, telles que le tube testiculaire 
l'épididyme et les glandes en tube, qui présentent de nom- 
breuses circonvolutions 

Parce procédé, les erreurs ne peuvent être qu'insignifiantes; 
en effet, nos dessins originaux étant faits avec un agrandisse- 
ment minimum de 35 diamètres, une erreur de un millimètre 
se réduit à ^ de millimètre. 



50 J. CHALANDE 

PREMIÈRE PARTIE 
Jrieolier > clios Biologiques 



I. — FÉCONDATION 
Chilopodes. 

Les phénomènes déterminant la fécondation chez les Chilo- 
podes ne sont pas encore complètement connus. Jusqu'à 
présent on avait soupçonné qu'il n'y avait pas d'accouple- 
ment chez eux, mais on n'en avait pas la certitude absolue. 
Fabre (1855) (4) qui a fait de longues et minutieuses observa- 
tions à ce sujet, n'a jamais remarqué de rapprochement des 
sexes, mais a constaté que les çf des Geophiles déposaient leurs 
spermatophores sur un réseau aranéeux, sorte de nidamentum 
sur lequel ils restent suspendus, à l'abri de tout contact et de 
toute souillure. 

Pour les Lithobides et les Scolopendrides, la voracité de ces 
animaux s'oppose à tout rapprochement et rend l'accouplement 
à peu près impossible. 

Les nombreuses expériences que nous avons faites sur le 
Geophilus carpophagus, nous permettent d'affirmer que la 
fécondation s'opère, au moins chez les Geophilides, sans le 
contact des deux sexes. — Il ri y a pas d'accouplement. 

Les ç? et les 9 du &• carpophagus sont facilement recon- 
naissables à leurs pattes anales, qui sont épaisses chez les çf et 
grêles chez les 9 • 



(1) Pour plus de clarté dans les indications bibliographiques, nous 
citons seulement le nom de l'auteur, l'année de la publication, et, 
s'il y a lieu, le numéro de la page. On trouvera à la fin de ce travail 
une liste alphabétique des auteurs dont il est fait mention, don- 
nant, par rang de dates les titres de leurs publications citées. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 51 

Au mois de novembre je réunissais, dans des bocaux séparés, 
garnis de terreau, d'un côté des çf et d'un autre des Q, afin 
qu'il n'y eut pas de promiscuité des deux sexes! Au commen- 
cement de juin, je divisais mes pensionnaires par groupes de 
5, que je logeais dans des bocaux. — Dans une série de réci- 
pients se trouvaient les çf , dans l'autre les Ç, et, chaque soir 
j'opérais un changement récipioque, mettant les ç? dans les 
bocaux des 9 et l es 9 dans ceux des (?* Le nombre d'individus 
étant toujours fixe, il ne pouvait y avoir d'oubli ni de sujet 
d'erreur. 

Cette opération pouvait se faire sans difficulté le soir, car les 
Geophiles remontent toujours à la surface de la terre, la nuit 
venue, tandis qu'ils restent enfouis pendant le jour. 

Bien des bocaux ne me donnèrent aucun résultat; peut-être 
parce que ma curiosité était trop hâtive, et que je détruisais, par 
l'examen que je faisais du terreau, les spermatophores qui 
avaient pu y être déposés ; mais j'eus la bonne fortune de trou- 
ver, vers la lin du mois de juillet, deux nids de jeunes Geo- 
philes nouvellement éclos. 

Le doute n'était plus possible, les 9 ayant toujours été sé- 
parées des cf, leurs œufs n'avaient pu être fécondés par accou- 
plement, mais seulement par les spermatophores abandonnés 
par les çf dans les galeries souterraines. 

Gomment s'opère exactement cette fécondation? La femelle 
dépose-t-elle ses œufs sur le spermatophore, ou le fait-elle 
éclater dans sa vulve, pour conserver dans ses réservoirs les 
spermatozoïdes qui féconderont au passage les ovules arrivés à 
maturité ? Nous adopterons plutôt cette dernière hypothèse 
pour deux raisons : 

1° Chez les femelles on trouve toujours des spermatozoïdes 
dans les réceptacles séminaux, ce qui n'aurait aucune raison 
d'être dans le premier cas ; 

2° Nous n'avons jamais trouvé d'œufs de Geophiles déposés 
dans le terreau, mais souvent des nids de jeunes, toujours 
entourés par la mère, et dont quelques-uns avaient encore par- 
fois leur coque ovigère adhérente. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXVIII). G 



52 j. CHALANDE 

Par quel organe le réseau aranéen est-il sécrété? Tout porte 
à croire, comme Fabre le suppose, que ce sont les glandes acces- 
soires génitales" des çf qui remplissent ce rôle. 

Diplopodes 

Chez les Pollyxènes et les Glomérides, selon toutes probabi- 
lités, l'accouplement doit être simple et direct et s'opérer par le 
rapprochement des ouvertures génitales des deux sexes. Les 
vulves et les pénis toujours doubles sont situés entre le 2 e et le 
3 e segment, à la base de la 2 e paire de pattes. Il n'existe pas 
d'organes copulateurs dans le 7 e segment, comme chez tous les 
autres Diplopodes. 

On a bien attribué, aux deux paires de pattes supplémentaires 
des çf des Glomérides, situées à la partie postérieure du corps, 
en avant des valvules anales, le rôle de pattes copulatrices ; 
mais nous avons reconnu que ces pattes étaient non des organes 
copulateurs, mais des pattes ouvrières, servant aux mâles à 
confectionner les petits globes de terre dans lesquels les œufs 
sont enfermés un à un au moment de la ponte. 

Chez les autres Diplopodes l'accouplement n'est jamais direct; 
il n\j a ni accolement ni rapprochement des ouvertures 
génitales. Le transport du sperme, des organes cf aux organes 
9, s'opère au moyen d'appendices copulateurs spéciaux, formés 
aux dépens de 1 ou 2 paires de pattes du 7 e segment. Ces 
« pattes copulatrices » ont une structure très compliquée et 
très variable selon les espèces. 

Fabre est le premier qui ait découvert ce mode d'accouple- 
ment et qui a reconnu aux pattes copulatrices leur véritable 
rôle. Nous avons suivi le phénomène chez les Iules et chez les 
Polydesmes, et il n'est pas douteux qu'il en soit de même chez 
tous les autres Diplopodes pourvus d'organes copulateurs. 

Au moment de l'accouplement, le mâle relève la partie anté- 
rieure de son corps, qui forme alors une boucle, de telle sorte 
que le second segment portant les orifices génitaux, se rappro - 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 53 

che du 7 e , où sont situées les pattes copulatrices. Au contact 
des pénis, l'appareil copulateur se charge de sperme et c'est 
seulement après cet acte préliminaire que le mâle se met à la 
recherche d'une femelle . 

Lorsqu'il l'a trouvée, il commence à monter sur son dos, 
opération qui ne réussit pas du premier coup; puis, saisissant 
sa compagne avec ses pattes antérieures, il se glisse en spirale 
sur le côté et enfin sur la partie ventrale II finit par se mettre 
ventre à ventre avec elle, sa tête surmontant celle de la femelle, 
qu'il saisit avec sa première paire de pattes (1), tandis qu'il est 
lui-même maintenu par la mâchoire et les premières pattes de 
cette dernière. 

A ce moment, les vulves de la femelle, qui à l'état normal 
sont ahritées sous le troisième segment, font saillie au dehors 
et apparaissent avec un volume énorme; le septième segment 
du mâle se trouve en présence du troisième segment de la 
femelle, l'intervalle entre le 6 e et le 7 e segment se distend et 
fait saillir plus avant l'appareil copulateur qui s'accole alors 
avec les vulves et y déverse le sperme dont il est chargé. 

L'accouplement dure ainsi de 15 à 20 minutes ; pendant ce 
temps, chez les deux individus, les antennes et les pattes anté- 
rieures voisines des organes génitaux sont agitées d'un mouve- 
ment fébrile, tandis que les autres pattes restent dans une 
immobilité absolue. 

Après la séparation, le mâle recharge à nouveau son appareil 
copulateur et part à la recherche d'une autre femelle, pendant 
que sa compagne, traînant ses vulves en pleine turgescence, va 
trouver un nouveau mâle. 

IL - PONTE, ÉCLOSION ET DÉVELOPPEMENT POST- 
EMBRYONNAIRE. 

La ponte, l'éclosion et le développement des Myriopodes ne 
sont pas encore complètement connus ; Gervais (1837) a, parmi 

(1) Chez la plupart des Iulides la première paire de pattes est 
transformée chez les rf en une paire de crochets. 



54 J. CHALANDE 

les Ghilopodes, décrit en partie l'évolution des Lithobies ; celle 
des Diplopodes a été étudiée par De Geer (1778). Savy (1823), 
Gervais(1837),Waga (1839), Newport (1841) et Verhoeff (1893 
à 1905) (1). 

Fabre, d'Avignon (1855), a traité le même sujet, pour les 
Chilopodes et les Diplopodes, avec plus de précision et d'exac- 
titude que ses prédécesseurs, mais ses descriptions présentent 
encore.de nombreuses lacunes, et, pour les Gliilopodes particu- 
lièrement, fourmillent d'erreurs. Meinert(1872). Haase (1880), 
Latzel (1880-1884) et d'autres auteurs ont donné des descrip- 
tions de jeunes Myriopodesà différents stades de développement, 
mais sans suivre les diverses phases de leur évolution (2j. 

11 serait trop long et peu utile de relater ici les contradictions 
des divers auteurs et de réfuter les nombreuses erreurs commi- 
ses. Le travail de Fabre étant à ce sujet une sorte de mise au 
point, nous nous bornerons, quand sa sagacité a été mise en 
défaut, à le signaler et à donner le résultat de nos longues 
recherches personnelles. 

Le mode de développement chez les Myriopodes offre deux 
types bien distincts : 

1° Les Ghilopodes et les Symphyles qui présentent à la nais- 
sance 7 paires de pattes ou davantage. 

2° Les Diplopodes qui, au sortir de l'œuf, n'en possèdent que 
3 paires. 

Les Ghilopodes fournissent à leur tour plusieurs types dis- 
tincts : 

1° Les Scutigeridse présentant à la naissance : 4 scutelles 
dorsales, 8 segments et 7 paires de pattes. 

(1) Pendant le cours de l'impression de ce mémoire, a paru le 
commencement d'un important travail de C. Verhoeff (1905;, sur le 
développement des Myriopodes (Scutigera et Lithobius . 

(2 } Von Ratli (1890), Ders (1891-1901), Heymons (1897) ont publie 
des travaux sur le développement des Diplopodes, mais nous n'avons 
pu nous procurer ces mémoires. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 55 

2° Les Lithobiidœ : 9 segments et scutelles dorsales et 
7 paires de pattes. 

3" Les Scolopendridx (Scolopendra et Cryptops) : 21 seg- 
ments tous pédigères, comme à l'âge adulte. 

4° Les Geophilidœ : un grand nombre de segments pédigères, 
s 'accroissant encore de quelques somites après la ponte. 

Nous nous garderons, dans l'exposé qui va suivre, de fixer 
une durée aux diverses phases de l'évolution ; cette durée pou- 
vant varier du simple au quadruple, selon les conditions de la 
température et le milieu nutritif. 

ordre. — Chilopodes 

SCUTIGERIDAE 

Nous avons suivi l'évolution de la Scutigera coleoptrata 
Linné, mais nous ne connaissons ni la ponte, ni l'éclosion, 
qui doit avoir lieu à partir de juin, car à cette époque déjà 
nous avons trouvé des jeunes jusqu'au mois d'août. 

Au moment de l'éclosion, le jeune possède déjà 8 segments, 
4 scutelles dorsales et 7 paires de pattes. 11 mesure envi- 
ron 2 mm . 

/ 4 scutelles dorsales 12 3 4 

1er Stade | 8 segments 123 4 5 6 "T+^anaî. 

' 7 paires de pattes 123 45 67 

Entre l'article anal et la 4 e scutelle apparaît bientôt une nou- 
velle scutelle dorsale recouvrant un segment et une paire de 
pattes; en même temps, le 7 e anneau se segmente et une nou- 
velle paire de pattes bourgeonne sur la 8 e scutelle ventrale qui 
se dessine ; c'est le 2 e stade. 

i 5 scutelles dorsales. 12 3 4 5 

2"»- Stade 10 segments 1 2~3 4~5 6*7 1T 9 + anal. 

' 9 paires de pattes. .. 123 45 6789 

Pour chaque stade suivant, l'anneau recouvert par la dernière 
scutelle dorsale se divise en dessous en deux segments; le pre- 



56 J. CHALANDE 

mier de ces deux segments se divise à son tour et les pattes 
bourgeonnent sur les deux nouveaux somites. 

. „ '' ' , . . . , , , ( 6 scutelles dorsales. 

Au dmc Stade : 1 animal possède ' 

| 11 paires de pattes. 

. , _. , , . . . . l 7 scutelles dorsales. 

Au 4me Stade : 1 animal possède , 

f 13 paires de pattes. 

, r 01 , ., . , , •_ l 8 scutelles dorsales. 

Au D me Stade : 1 animal possède \ 

i 15 paires de pattes. 

A la fin de ce 5 e stade, celui de l'individu adulte, le rapport 
entre les scutelles et les pattes est : 

| scut. dors. 12 3 4 5 6 7 8 
5mc Stade ] segments.. 1 2,3 4",5 6/778 ÎVK>lT,12 13,14 15 + anal. 
( pair.depat. 12,3 4,56,7,89,10 11,1213,1415 

Le nombre des ocelles, ainsi que celui des articles des anten- 
nes et des tarses, augmente successi\ement avec l'accroissement 
des serments, mais d'une manière irréuulière : le nombre, 
chez les individus adultes, n'est même pas constant. 

A la suite de chaque mue intermédiaire à chaque stade, les 
téguments restent quelque temps relativement mous et sont 
d'une couleur mauve très pâle. 

VerhoefT (1905) a poursuivi le (téveloppement par Epimor- 
phose, chez les Scutigères et reconnu les 5 stades suivants : 
Status agenitalis ; 
Status immatnrus ; 
Status praematurus ; 
Status pseudomaturiis : 
Maturus — Adulte. 



LITHOBIIDAE 

Nos recherches se sont portées d'une manière suivie sur : 
Lithobius forficatus Lin., 

» pijrenaicus Meinert, 

» melanops Newp. (glabratus C. Koch), 






RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 57 

et, accidentellement, sur presque toutes les autres espèces du 
Midi. 

Nous n'avons jamais trouvé des œufs de Lithobius. Fabre 
(1855\ plus heureux, a constaté qu'avant la rupture de l'enve- 
loppe le jeune possédait déjà 6 paires de pattes et les rudiments 
d'une 7 e paire sur les côtés du segment préanal; mais, pour le 
développement posb-embryonnaire, il nous donne seulement 
quelques chiffres, qui ne sont pas tous exacts, et peu de rensei- 
gnements. 

1 er Stade : Au moment de la naissance, la 7 e paire de pattes 
est déjà bien développée et le jeune possède 9 segments (et 
non 10, comme l'indique Fabre); l'animal est d'un blanc lai- 
teux et les scutelles des segments pédigères bien formées ; les 
antennes présentent 7-8 articles et les deux premières ocelles 
commencent à se montrer sous forme de deux taches rou- 
geàtres. 

, • 8 segments +■ l'anal 1 ,2,3,4,5,6,7,8 + A. 

1er stade - 7 paires de pattes 1,2,3,4,5,6,7 

( 2 paires de stigmates 1 — 2 

11 n'y a encore que deux paires de stigmates et les trachées 
de la l ,e paire sont seules bien développées. Bientôt, sur les 
côtés du 8 e segment, on voit bourgeonner deux tubercules coni- 
ques, qui s'allongent peu à peu et se segmentent; ce sont les 
rudiments d'une nouvelle paire de pattes. 

5 e Stade : Aussitôt que la 8 e paire de pattes est bien déve- 
loppée, un nouveau segment apparaît entre le préanal et l'anal, 
mais, sur ce nouveau segment (9 e ), on voit bourgeonner cette 
fois les rudiments de deux paires de pattes (au lieu d'une), qui 
s'accroissent suivant la même règle que la précédente. 

( 9 segments + l'anal 1 ,2,3,4,5,6,7,8,9 + A. 

2mc Stade ' 8 paires de pattes. 1,2,3,4,5,6,7,8 

( 2 paires de stigmates. ... 1 — 2 

3 e Stade : Avant le complet développement des deux nou- 
veaux embryons de pattes, le segment qui les porte se divise et, 



58 J. CHALANDE 

en arrière et au-dessous de la scutelle dorsale qui les recouvre, 
on voit saillir une nouvelle scutelle (10 e ). 

Lorsque les deux nouvelles paires de pattes (9 e et 10 e ) sont 
complètement développées, un nouveau segment (11 e ) apparaît 
entre le préanal et l'anal, donnant naissance à deux paires de 
rudiments de pattes, comme dans le stade précédent. 

/ 11 segments + l'anal. 1 ,2,3,4,5,6,7.8,9, 10,1 1, + A . 
3 m e Stade ! 10 paires de pattes . 1 ,2,3,4,5 6,7,8,9,10 

3 paires de stigmates. 1 — 2 3 — 

A ce moment, les antennes présentent environ 11-14 articles, 
les ocelles sont au nombre de 2-3 de chaque coté, et la couleur 
de l'animal est d'un blanc légèrement violacé. Sur les côtés du 
8 e segment pédigère on voit apparaître une 3 e paire de stigma- 
tes, présentant un prolongement interne en cul de-sac, qui 
deviendra bientôt un tronc trachéen, avec ses ramifications. Les 
glandes à venin des pattes forcipulaires sont déjà visibles : elles 
s'étendent dans le forcipule, sur le cùté interne, jusqu'à la base 
de l'ongle. 

4 e Stade : Gomme dans le stade précédent, le 11 e segment se 
sectionne (11 e et 12 e \ les deux paires de pattes se développent 
et un nouveau segment, le 13 e , apparaît. 

i 13 segments.... 1,2,3,4,5,6,7,8.9,10/11,12,13 + A. 
4<"c Stade 12 pair, de pat . 1,2,3 4,5 6.7,8,9.10,11,12 
( 4 pair de stig. 1—2 - — 3 - 4 — — 

A ce stade, les antennes présentent environ 15-18 articles, 
les ocelles sont au nombre de 3-4 de chaque côté, et sur les 
flancs du 10 u segment la 4 e paire de stigmates apparaît, avec un 
prolongement interne en cul-<;e-sac; les trachées de la 3 e paire 
commencent à se ramifier. 

5 e Stade : Sur les côtés du 13 e segment, on voit bourgeon- 
ner cette fois, simultanément, trois paires d'embryons de pattes 
au lieu de deux. Lorsque ces rudiments, après s'être allongés, 
se segmentent à leur tour en plusieurs articles, la 5 e paire de 
stigmates se montre sur le 12 e segment; on compte alcrs 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 59 

4-5 ocelles de chaque côté et 20-24 articles aux antennes. La 
couleur de l'animal est d'un mauve pâle. 

Quand les trois nouvelles et dernières paires de pattes sont 
presque entièrement développées, le segment qui les porte se 
divise à son tour en trois somites. L'animal possède alors le 
nombre de segments et de paires de pattes qu'il présente à l'état 
adulte. 

( 15seg. + l'anal. 1,2, 3,4,5,6 7,8,9,10,11,12,13,14,15 + A. 
h™ Stade ) 15 p. de pattes. 1 ,2, 3,4,5,6,7,8,9, 10, 1 1 ,12,13, 14,15 

( 5pairesdestig. 1-2 3—4 — 5 — — — 

La 6 e paire de stigmates n'apparaît pas encore; ce n'est que 
12 à 15 jours après environ. L'animal présente- alors 4 à 8 mm 
de longueur et de 20 à 28 articles aux antennes, selon les espè- 
ces précitées. Les ocelles sont au nombre de 4-5 de chaque côté 
pour le L. pyrenaicus et le L. calcaratus, et de 6-7 pour le 
L. forficatus. 

La durée de cette évolution est de 2 à 3 mois, suivant les 
saisons ; l'animal continue à grandir et à accroître le nombre 
de ses ocelles et de ses articles antennaires, mais d'une manière 
irrégulière et qui n'a pas de limite fixe. 

A partir de ce moment, jusqu'à la maturité sexuelle, Mei- 
nert (1872), Haase (1880), Latzel (1880), Verhoeff (1905), ont 
défini différents stades. Ce dernier auteur distingue pour le 
L. forficatus en particulier un certain nombre de stades qui 
correspondent à un développement par Epimorphose. 

Status agenitalis (I et II) ; 

Status immaturus ; 

Status praematurus ; 

Status pseudomaturus primus ; 

Status pseudomaturus secondus ; 

Status maturus junior ; 

Status maturus senior. — Adulte. 
Nous n'avons pas poursuivi jusque-là nos investigations, et 
avons seulement constaté que les mues qui marquaient chaque 



60 J. CHALANDE 

stade, se produisaient encore dans la suite quoique l'animal ait 
acquis le nombre complet de ses segments pédigères. 

Les éclosions ont lieu un peu à toutes les époques, depuis le 
1 er septembre, et principalement à cette époque, jusqu'au mi- 
lieu de l'automne; lorsque arrive l'hiver, les femelles qui n'ont 
pas encore pondu gardent leurs œufs dans un état stationnaire 
jusqu'à la nouvelle saison. 

Comme nous l'avons déjà signalé, l'apparition des stigmates 
est tardive, et quoique ce soit là des organes essentiels, leur 
apparition est toujours précédée par la segmentation et le déve- 
loppement des pattes des segments suivants. Les trachées, 
comme un refoulement du tégument externe, bourgeonnent 
à l'intérieur et se ramifient, mais elles sont d'une extrême déli- 
catesse et presque invisibles pendant toute la durée de la période 
évolutrice; seules, les trachées qui prennent naissance à la 
première paire de stigmates présentent un développement com- 
plet, avec leurs spiricules très visibles. 

SCOLOPENDRIDAE 
Scolopendra cingulata Latreille. 

Nous n'avons jamais été témoin de la ponte ou de l'éclosion 
des Scolopendres; Fabre (1855), faute de documents antérieurs 
ou personnels, étend aux Scolopendres le mode d'accroissement 
qu'il échafaude pour des jeunes Scolopendrelles, qu'il prend 
pour déjeunes Cryptops en voie de développement. 

D'après les observations de Gervais, Audoin et H. Lucas, ces 
Myriopodes seraient ovovivipares. 

P. Gervais vit une femelle de Scolopendre, placée encore 
vivante dans un flacon d'alcool, y pondre des petits déjà déve- 
loppés et ayant leur nombre normal de pattes et de segments. 
Dans ces dernières années, H. Lucas (1886) observa un jeune 
Heterostoma (genre très voisin des Scolopendra) engagé en- 
core dans l'oviducte de la mère. 

Les Scolopendra ne possédant pas de poche d'incubation, il 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 61 

est probable que les jeunes doivent rompre leur coque au sortir 
de l'oviducte de la mère. 

Les plus jeunes Scolopendra cingulata que nous ayons 
observées, avaient déjà 18-20 mm de longueur; elles étaient d'un 
jaune clair maculé de verdàtre, le nombre de segments pédigè- 
res et de pattes était au complet (21), les ocelles et les articles 
des antennes un peu empâtés et les mouvements encore lents. 

Nous n'avons pu étudier d'une manière complète et suivie 
leur développement ; il s'effectue par des mues successives, qui 
se continuent même à l'état adulte. 

Tant que l'individu n'a pas atteint son complet développe- 
ment, ces mues ne comportent que le changement des téguments 
externes; mais, arrivé à l'âge adulte, la chute de l'enveloppe 
externe entraine avec elle la mue des troncs trachéens proches 
des stigmates jusqu'à une certaine profondeur. 

Cryptops hortensis Leacli. 

Fabre (1855) nous a donné une monographie de l'évolution 
des Cryptops, qui est complètement erronée d'un bout à l'au- 
tre, ses observations ayant été faites sur des Scolopendrelles ; la 
description détaillée qu'il fait des individus et la figure très 
exacte (PI. 9, fig. 25) qu'il donne de la partie anale ne laisse 
aucun doute à cet égard. 

Nous avons suivi le développement des Cryptops chez le 
C. hortensis, assez commun dans nos bois et nos jardins. 

La ponte et l'éclosion ont lieu simultanément vers le mois de 
mai ou de juin ; nous en avons observé, une année, au mois de 
juillet, la saison chaude ayant été très tardive. 

Au moment de la ponte, la femelle recherche, au milieu de 
l'humus entassé dans les anfractuosités de vieux troncs d'ar- 
bres, un endroit humide et assez abrité pour protéger sa pro- 
géniture contre les intempéries du dehors; après avoir façonné, 
avec ses pattes forci pu lai res, une cavité en forme de nid, elle 
s'y enroule et dépose ses œufs, dont les petits brisent la coque 
au sortir de l'oviducte. 



62 J. CHALANDE 

Les œufs mesurent environ l»»m5 à 2 mm et sont d'un blanc 
jaunâtre; la coque se fend longitudinalement sur un côté et les 
deux parties restent adhérentes après l'éclosion. 

Les jeunes, en naissant, sont pourvus de tous leurs segments 
et de leurs' 21 paires de pattes, et mesurent environ 3 mm . Leur 
couleur est d'un blanc laiteux translucide, les antennes sont 
probablement déjà composées de 17 articles, mais les articles 
étant encore empâtés, il n'est pas possible de les compter. Les 
stigmates ne sont pas encore visibles; quelques jours après, on 
distingue par transparence la première paire de trachées; c'est 
alors qu'a lieu la première mue, dont on ne retrouve aucun 
vestige le lendemain, les jeunes dévorant leur propre dé- 
pouille. 

Le développement s'opère alors assez rapidement et, peu à 
peu, on voit apparaître à peu près simultanément tous les stig- 
mates sur les côtés des segments. 

Après l'éclosion, les petits (30 40 environ) s'enlacent les uns 
sur les autres, formant une sorte de pelote, autour de laquelle 
la mère s'enroule. Pendant quelque temps encore, leurs mou- 
vements sont lents et gauches, on peut tourner et retourner la 
pelote sans qu'il y ait dislocation de la masse ; ce n'est que lors- 
qu'ils ont atteint un certain développement (7-8 mm ) qu'ils com- 
mencent à se mouvoir a^ément. 

L'éclosion, parfois, n'a pas lieu complètement en même 
temps que la ponte ; au mois de juillet, je capturais un nid dé 
Gryptops venant d'éclore, et je remarquais avec les jeunes des 
œufs jaunâtres et non brisés: je recueillais la mère et les petits 
et les plaçais, avec du terreau, dans un bocal. Je ne pus cons- 
tater l'éclosion nouvelle d'aucun de ces œufs ; j'en soumettais 
plusieurs au scalpel, mais ils ne me révélèrent que des em- 
bryons imparfaitement développés. Les œufs que je laissais 
avec les autres petits disparurent quelques jours après, pro- 
bablement dévorés par la mère, qui cependant conserva ses 
autres petits en se tenant constamment enroulée autour d'eux. 

Est-ce là une exception? Est-ce que dans la même ponte cer- 



Recherches sur les myriopodes 63 

tains œufs subissent leur incubation complète dans le trajet, 
tandis que d'autres, imparfaitement développés au moment de 
la ponte, continuent leur évolution au dehors, après leur sortie 
de l'oviducte? 

Je croirais plutôt que ces derniers meurent dans leur coque 
ovigère, n'ayant pas eu la force nécessaire pour la rompre. 

GEOPHILIDAE 
Chœtechelyne vesuviana. — Geophilus carpophagus 

Comme bien d'autres, Fabre (1855) a trouvé quelques jeunes 
Géophiles, mais n'a pas poursuivi leur développement. 

Nous avons suivi l'évolution des Géophilides, chez le Chœle- 
chelyne vesuviana et le Geophilus carpophagus, depuis le 
moment de la ponte, et partiellement chez beaucoup d'autres 
espèces. Chez tous nous avons trouvé le même mode d'évolution. 

La ponte a lieu entre les mois de mai et juillet; rarement en 
juillet dans le midi, mais dans le nord et le centre de la France 
elle est plus tardive et s'effectue même en août. Gomme chez 
les Gryptops la ponte et l'éclosion ont lieu presque simultané- 
ment. 

La femelle, après s'être creusé une petite cavité au sein du 
terreau, dans un vieux tronc d'arbre, y dépose ses œufs. Les 
jeunes brisent leur coque ovigère à la sortie de l'oviducte, et 
s'enlacent les uns avec les autres, formant ainsi une sorte de 
pelote, autour de laquelle s'enroule la mère. 

Les œufs ont environ l^mg ^e longueur; ils sont ovoïdes, 
allongés, et se fendent sur un côté au moment de l'éclosion. 

Les jeunes, au sortir de l'œuf, ont leur 14 articles aux anten- 
nes, comme les adultes et un grand nombre de segments tous 
pédigères, sauf les deux derniers. Les stigmates sont encore à 
peine visibles. 

Leur longueur est de 3 mm_4mni # 

i re Période. — L'animal se développe par l'accroissement de 
plusieurs segments, qui apparaissent un à un, entre le pénul- 



64 J. CHALANDE 

tièine et l'anal. — Lorsque un nouveau segment se distingue 
nettement, on voit bourgeonner les rudiments d'une nouvelle 
paire de pattes sur celui qui précède. Quand ces pattes sont 
développées, mais non encore segmentées, un autre segment 
apparaît. 

Pendant un certain temps, les 4 dernières paires de pattes 
présentent leurs articles empâtés, la segmentation ne se fuit 
nettement que dans la paire précédent les 4 dernières. 

2 e Période. — Lorsque l'animal a ainsi, par bourgeonnements 
successifs, atteint à peu près le nombre normal de ses segments, 
le développement devient plus lent, les dernières paires de 
pattes se segmentent complètement et sur le segment pénultième 
apparaît deux tubercules qui grandissent et deviennent la paire 
de pattes préanales ; avant leur complète segmentation, la paire 
anale commence à apparaître. 

L'animal est alors d'une couleur jaunâtre plus ou moins 
claire, les stigmates généralement visibles et le réseau trachéen 
dorsal se voit par transparence. La longueur de l'individu est 
alors environ le 1/5 de l'adulte. 

3 e Période. — L'accroissement se continue encore, l'animal 
grossit et grandit, mais à présent les rares nouveaux segments 
apparaissent avec le bourgeonnement de leur paire de pattes. 

Chez certaines espèces, Himantarium et Stigmatogaster. 
dans la première période, déjà, les stigmates deviennent nette- 
ment visibles et le réseau dorsal commence à apparaître. 

ordre. — Symphyles. 

Scolopendrella immaculata 

Nous n'avons été témoins ni de la ponte ni de l'éclosion de 
la Scolopendrelle et n'avons pu étudier que très imparfaitement 
son développement, en raison de la difficulté de pouvoir suivre 
les évolutions de ces petits animaux dans leurs retraites souter- 
raines. Nous avons pu seulement constater les divers stades de 
développement, au nombre de cinq. 



RECHERCHES SUH LES MïRIOPODES 65 

i eT Stade. — A l'éclosion, le jeune mesure l mm 5, il possède 

12 scutelles dorsales, 9 segments et 8 paires de pattes. Les 

antennes présentent 10-13 articles ; les soies tactiles du 

segment pénultième et les appendices terminaux (filières), sont 

déjà bien développés. 

/ 13 scutelles dorsales . 

\ 10 segments. 

2">e Stade ' n ë J 

9 paires de pattes. 



longueur 2™m. 

/ 14 scutelles dorsales . 

3». Stade \ «segments. 

I 10 paires de pattes. 

s longueur 2 mm — 2 ram 5 

/ 15 scutelles dorsales. 

4me S tade 12segments. 

I 11 paires de pattes. 

\ longueur 2'»'» 5 à 3>»'". 

/ 15 scutelles dorsales. 

\ 12 segments 1 . 



5mf Stade , 



j 12 paires de pattes. 
\ longueur 3 |U1 » — 4""". 



ordre. — Diplopodes. 

POLLYXENIDAE. 

La description de l'évolution du Polhjxenus lagurus, de 
Fabre (1855), est un peu fantaisiste. Latzel (1884), a donné 
avec des chiffres exacts les divers stades de développement. 

Nos observations ont été suivies, pendant toute la période de 
croissance, chez le Pollyxenus lucidus mihi et le P. lagurus 
Latr. ; les phases de l'évolution sont les mêmes chez les deux 
espèces, nous n'avons constaté de différence que dans la forme 
de l'individu dans le jeune âge. 

Pollyxenus lucidus mihi (1888). 

Les pontes ont lieu depuis le mois de juillet, jusque vers la 
fin de septembre ; l'éclosion se fait environ un mois après. 



66 J. CHALANDE 

Les femelles forment, dans les interstices des pierres, au 
milieu des débris végétaux, un nid composé de poils provenant 
de leurs dépouilles et y déposent leurs œufs. 

Les œufs sont ovales au début, mais peu à peu, au fur et à 
mesure que l'embryon se développe, la coque ovigèrese déforme 
et en dessine tous les contours. — Huit jours avant l'éclosion, 
le faisceau de poils caudals, recourbé et couché sous l'abdomen, 
offre déjà un très grand volume et atteint le sommet des anten- 
nes repliées également en dessous. 

Au moment de l'éclosion, le jeune fend sa coque sur le côté 
et apparaît avec 5 segments, dont 4 seulement bien visibles, 
l'anal étant très petit, quoique portant déjà un faisceau énorme 
de poils; les gerbes de poils latérales, très développées, sont au 
nombre de 3 paires, ainsi que les pattes ; les antennes sont com- 
posées de 5 articles. 

La tête très grosse, est alors plus large que le corps n'est 
long. 

| 3 gerbes latérales — 1,2,3— 

1er Stade ) 5 segments 1,2,3,4,5 

( 3 paires de pattes 1 ,2,3 

Au bout de quelques jours, après une première mue, une 
paire de pattes se développe, entre le troisième segment et le 
pénultième (4<»e). 

I 3 gerbes latérales —1,2, — ,3. 

2'"'- Stade ! 5 segments 1,2,3, — ,4,5 

( 4 paires de pattes 1,2,3,4, 

L'animal n'a presque pas changé de grosseur ; il reste quelque 
temps ainsi et subit bientôt une seconde mue. Il apparaît alors 
avec 6 segments, 5 paires de pattes, 4 paires de gerbes latérales 
et 5 articles encore aux antennes. 

/ 4 gerbes latérales —,1,2, 3, 4 

3'"c Stade j 6 segments '1,2,3, 4, 5, 

( 5 paires de pattes 1,2,3,4,5, 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 67 

L'évolution se continue, toujours par le bourgeonnement, 
entre le segment antépénultième et le pénultième, d'abord de 
la première paire de pattes du futur segment, et. après une 
mue, de ce nouveau segment avec sa deuxième paire de pattes. 

Le développement des antennes s'opère par bourgeonnements 
successifs d'un article, entre l'article basilaire et le suivant. 

Il est à remarquer que, tandis que chez les autres Myriopodes, 
l'accroissement en segments se fait par bourgeonnement entre 
le pénultième et l'anal, chez les Pollyxenus, il se fait entre 
l'antépénultième et le pénultième, et il ne pourrait en être 
autrement, l'anus se trouvant chez ces derniers situé dans le 
segment pénultième. 

Î 5 gerbes latérales — •.'1,2, 3, 4, 5, — 
7 segments 1,2,3, 4, 5, 6,7 
6 paires de pattes 1, 2,3,4,5,6,-, 

Antennes : 6 articles. 

!6 gerbes latérales — 12 3 4 5 6 
8 segments 1 3 3 4^ 5 6 7 8 
8 paires de pattes 1, 2,3,4,5,6,7,8, 

Antennes : 7 articles. 

/ 7 gerbes latérales —1,2, 3, 4, 5, 6,7 — 

6»'^Stade ' 9 segments 1,2,3,^^ 6, 7,8,9 

( 10 paires de pattes 1 ,2, 3, 4, 5, 6, 7,8^9, 10^ 

Antennes : 8 articles. 

i 8 gerbes latér.. —1,2, 3, 4, 5, 6, 7,8 
7'»e Stade ) 10 segments .. , 1,2,3, ^ J3^ 6^ 7,^ 8,9,10 
| 12pair. de pat. 1,2,3, 4,5,6,7,8,9,10/11,12 

Antennes : 8 articles. 

i 9 gerb. latér —1,2,3, 4, 5, 6, 7,8,9 — 
8'»eSlade 11 segments. M,3, J^J^JS^ _Jj_ 8, 9,10,11 
( 13 p. de pat.. 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13 

Antennes : 8 articles. 

Sûfi. d'bIST. NATURELLE DE TOULOUSE, (t. xixviii.) 7 



68 J. CHALANDE 

Ce dernier stade est celui de l'état adulte. 

Au commencement du 6 e stade, les vulves chez les femelles 
et les pénis chez les mâles apparaissent et sont déjà très volu- 
mineux avant la fin de ce stade. Le corps atteint à peu près la 
moitié de la grandeur de l'âge adulte. 

Au 7^ stade il atteint les deux tiers. 

Après le 8 e , l'animal subit encore une ou plusieurs mues. 

Pollyxenus lagurus Latr. 

La ponte et l'éclosion sont plus précoces. Le P. lagurus 
dépose ses œufs sous les écorces en partie soulevées des platanes, 
des pommiers et de quelques autres arbres. 

A l'éclosion, la tête, quoique déjà très forte, n'atteint pas la 
grosseur et surtout la largeur de celle du P. lucidus, et le 
faisceau anal ne se compose que de quelques poils, s étalant 
plus ou moins en gerbe. 

L'évolution se continue comme chez le P. lucidus. 

GLOMERIDAE 

Gervais (1837) a signalé l'inclusion des œufs des Glomeris 
dans des boules de terre et constate que les jeunes avaient à 
leur naissance 3 paires de pattes et moins de segments et d'arti- 
cles aux antennes que les adultes. 

Fabre (1855), a retrouvé les boulettes de terre contenant les 
œufs et signale l'éclosion vers le commencement de juillet ; il 
décrit les deux premiers stades du Glomeris marginata. 

Latzel (1884) donne des descriptions de divers Glomeris, cor- 
respondant aux 3 e , 4 e et 5 e stade. 

Glomeris marginata Willers. 
Glomeris pyrenaica Latzel. 

Nous avons suivi l'évolution chez le Glomeris marginata et 
le G. pyrenaica ; elle est identique chez les deux espèces. 
Les pontes ont lieu de fin avril au commencement de septem- 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 69 

bre, mais, plus particulièrement, au printemps. Au moment de 
la ponte, le mâle entoure et clôt chaque œuf dans un petit globe 
de terre agglutinée, provenant en grande partie de sa propre 
digestion, et qu'il façonne à l'aide de ses pattes ouvrières, situées 
en avant des valvules anales. 

Pendant toute la durée de la ponte, il absorbe une quantité 
considérable de terre pour la confection de ces boulettes. 

L'œuf n'est pas simplement recouvert de terre, il est logé 
dans une cavité sphérique à laquelle il n'adhère que par un 
point. Cette cavité est assez spacieuse pour permettre au jeune, 
après l'éclosion, de se mouvoir aisément dans sa prison, où 
il séjournera encore quelques jours (10 à 12), se nourrissant 
des débris végétaux agglutinés avec la terre, qui lui servent de 
réserve nutritive, en attendant qu'il se soit développé et ait 
acquis assez de force pour pouvoir percer l'enveloppe terreuse 
qui le protège. 

L'œuf est absolument spbérique, d'un blanc très pur et me- 
sure environ l mm de diamètre, tandis que la cavité interne de 
la boule de terre mesure 2 m,n . La boule terreuse est plutôt ova 
laire et mesure à l'extérieur 4 m ' ,1 -5" 1 " 1 . 

Au moment de l'éclosion, environ 30 jours après la ponte, la 
coque ovigère se fend et le jeune présente 7 segments et scutel- 
les dorsales, 3 paires de pattes, 3 ocelles de chaque côté et 
4 articles aux antennes. Les scutelles pleurales et ventrales 
sont encore mal délimitées. 

( 7 scutelles dorsales — 1 ,2,3,4,5,6, 4- anal. 

/ 3 paires de pattes — 1 ,2,3 — — — 

Peu à peu, 3 paires de pattes bourgeonnent, sous les scutel- 
les 4 et 5; les scutelles ventrales prennent de la consistance et 
se délimitent, puis, entre le 6 e segment et l'anal, apparaît un 
nouveau somite avec sa scutelle dorsale et ventrale, suivi du 
bourgeonnement de ses deux paires de pattes. 

Il s'est écoulé une dizaine de jours depuis l'éclosion , le jeune 
perce alors un trou rond dans la paroi de la boule terreuse, et 



70 J. CHALANDE 

apparaît avec 8 segments et scu telles dorsales et autant de scu- 
telles ventrales et de paires de pattes. 

, ( 8 serments et scut. dors. 4 2 3 4 5 6 7 4- anal. 
9me Stade — — — 

f 8 paires de pattes 12 3 4 5 6 7 8 

Le corps est d'un blanc laiteux, et l'animal presque toujours 
contracté en houle, ne se meut que rarement et lentement. 

L'accroissement reste quelque temps stationnaire, le corps 
se développe seulement un peu, puis successivement deux pai- 
res de pattes bourgeonnent sur le 7 e segment, et. entre ce der- 
nier et l'anal, un nouvel anneau apparaît où bourgeonne cette 
fois une seule paire de pattes. Nous arrivons au 3 e stade. 

„„,'■■ l 9 seg. et scut. dors. 12 34 5 6 7 8 J- anal. 

,î"ic Stade < 

I 11 paires de pat. ... 123456789 10 11 

Dans les stades suivants, il y a chaque fois accroissement 
d'un nouveau somite et de deux paires de pattes. 

, „ . I 10 segments.. 1,2,3,4 5 6 7 8 9+ anal. 

Ame stade < - ■ — «-— . 

J / 13 pair, de pat. 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13 

l il segments 1,2,3,4,5, 6, 7, S, 9, 10+ anal. 

"" tiHC j 15 paires de pâlies. l,2,3,i£fiX&9fl0iir,i% iT.i 4,15 

( 12 segments I,2,3,ï 5 6 7 8 9 10 11 12 

6 m - Stade ^ ^ ^.^ ^ ^^ ( ^ 1^6,7,8,9,10,11,12,13,1 MM6,17 

Les ocelles et les articles antennaires sont arrivés à leur 
nombre normal et les téguments se sont colorés, mais sont 
encore plus pâles qu'à l*àge adulte. 

Dans le 7 e et dernier stade, il y a seulement dédoublement 
du segment anal et chez le çf , apparition des pattes ouvrières 
sur le 12 e et avant dernier serment. 

' 12 scut. dorsales 1,2,3,4,5, 6, 7, 8, 1», 10,11, JI2 

) 13 segments 1,2,3,4, Ji, 6, 7, S, 9, 10,11, 12,13 

j 17 seul. 'lies ventrales.. . 12 3 15 6 TsÏÏ iT) ÏÏ 12 la 1 \ 15 16 17 

( 17 pair, dopai. - \V 1,2,3,4,5,6,7,5.9^10,11,12,13,14,15,16,17,(1^-19) 

Après le dépôt de ce travail à l'Académie des sciences de Tou- 
ouse (décembre 1903), a paru un mémoire de Curt. Hennings 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 71 

'avril 1904), sur le développement du Glomeris marginata. 
L'auteur divise, en un certain nombre de stades intermédiaires, 
la période comprise entre notre 1 er et 4 e stade; ce dernier cor- 
respond ainsi au 9 e stade de Hennings. 

POLYDE^MIDAE. 

Waga (1839), Gervais (1837) et Fabre (1855), ont trouvé de 
jeunes Polydesmes possédant 7 segments et 3 paires de pattes, et 
ont pensé que c'était le premier stade. 

Gervais (1837) a remarqué un deuxième stade avec 9 seg- 
ments et 6 paires de pattes. 

Fabre (1855), a construit tout un système numérique d'évo- 
lution en 8 stades réguliers. 

Aucun de ces auteurs n'a été témoin de la ponte et de l'éclo- 
sion et ne fournit de détails sur le développement de ces 
Myrjopodes. 

Latzel (1884) donne l'élat de plusieurs stades chez divers 
Polydesmes. 

Polydesmus gallicus Latzel 
Polydesmus complanatus Linné 
Strongy los orna ilalicum Latzel 

Nous avons suivi le développement du Polydesmus gallicus, 
du P. complanatus et du Stronyylosoma italicum. L'évolu- 
tion est identiquement la même chez les trois espèces. 

Les pontes s'effectuent du commencement de mai à la fin de 
juillet. Les œufs sont presque ronds et blanchâtres. La femelle 
dépose ses œufs en groupe, dans le terreau, sous les amas de 
feuilles mortes, sous les écorces de vieilles souches, un peu par- 
tout où se trouve de l'humidité et des végétaux en décomposi- 
tion qui pourront servir de nourriture à sa progéniture. 

L'éclosion a lieu 30 ou 40 jours après, et s'effectue presque 
simultanément pour tous les œufs réunis en un même groupe. 
Le jeune brise sa coque et apparaît avec seulement 6 segments, 



72 J. CHALANDE 

3 paires de pattes et 4 articles aux antennes. Vigoureux et 
agile, il court déjà en quête de sa nourriture. 

1" Stade I 6se ^ ments '1,2,3,4,5,6 

/ 3 paires de pattes 1,1,-1, 

3 e Stade. — Trois à quatre jours après, un nouveau segment 
a bourgeonné entre le pénultième et l'anal. Le corps est d'un 
blanc laiteux et hérissé de quelques poils. 

C'est le premier stade de Waga, Gervais et Fabre. 

a o* a ( "segments 1,2,3,4,5,6,7 

2>ne Stade \ n 

( 3 paires de pattes 1,1,-1,— — 

Successivement, deux paires de pattes se forment sous le 
5 e segment; un nouveau segment apparaît entre le pénultième 
et l'anal, et une nouvelle paire de pattes (une seule au lieu de 
deux) bourgeonne sous le 6 e . 

A ce moment le jeune Polydesme creuse une galerie et s'en- 
fonce sous terre, où il reste quelques jours, continuant son évo- 
lution. Après un repos plus ou moins prolongé, il sort de sa 
retraite avec ses 3 nouvelles paires de pattes bien développées, 
et encore un nouveau segment. Il a subi une première mue. 

3.ne Stade S 9se & mentB 1,2,3,4,5,6,7,8,0 

| 6 paires de pattes 1,1,-1,2,1,- 

Les 3 derniers segments sont apodes. 

Dans le stade suivant, le 6 e segment se complète de Se 
deuxième paire de pattes, et sous le 7 e apparaît, chez lé 
femelle, deux paires de pattes et une seule chez le mâle. Puis, 
entre le segment pénultième et l'anal, on commence à voir se 
dessiner la segmentation de 3 nouveaux anneaux. L'animal 
creuse alors une nouvelle retraite sous terre où il repose quel- 
ques jours dans une immobilité complète. Après une deuxièim 
mue, il en sort et présente ses nouveaux segments bien dév< 
loppés et deux nouvelles paires de pattes sous le 8 e . 

l 12 segments 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,1! 

4»'eStade ! <? 10 paires de pattes. 1,1,-1,2,2,1,2, 

( 9 11 paires de pattes. 1,1,-1,2,2,2,2, 

Les 4 derniers segments sont apodes. 






RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES /3 

Nous avons vu que dans les stades précédents, l'accroisse- 
ment était : 

2 e stade : 1 segment 

3 e stade : 2 segments 3 paires de pattes 

4 e — 3 — çf, 4 — 9 ? 5 paires de pattes 

Dans les stades suivants nous verrons apparaître : 

5 e stade : 3 segments, 6 paires de pattes 
6 e — 2 — 6 — — 

7 e - 1 — 4 — - 

8 e — 1 — ' 2 — — 

9 e — 1 — 2 — — 

Le développement est ainsi croissant jusqu'à la moitié de la 
période évolutive (5 e stade) et décroissant à partir de ce stade. 

I 15 segments. . . 1,2,3,4,5,0,7,8,9,10,11,12,13,14,15 
5'»eStade a* 16 n. de pat. 1,1,-1,2,2,1,2,2,2,2 

( 9 17 p. de pat. 1,1,-1,2,2,2,2,2,2,2 

Les 4 derniers segments sont apodes. 

( 17 segments 1,2, Z,%,ï>fi,lX§,W,ï\,\%,iZ,\l,{$,\&,\n 

f)""' Stade | O* 22 paires de pattes 1,4,— 1,2,2,4,2,2, 2, 2, 2, 2, 2 

( Ç 23 paires de pattes.. 1,1,-1,2,2,2,2,2,2, 2, 2, 2, 2 

Les 3 derniers segments sont apodes. 

I 18 segments 1 ,2,3,4,5,6,1,8,9,10,11,12,13,14,15,16,17,48 

7 me Stade | Ç? 2G paires de pattes 1,1, —1,2,2,1 ,2,2, 2, 2, 2, 2, 2, 2, 2 

( Ç 27 paires de pattes 1,1,-1,2,2,2,2,2,2, 2, 2, 2, 2. 2, 2 

Les deux derniers segments sont apodes. 

i 19 segments 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15,46,17,18,19 

8 mc Stade < cf 28 paires de pattes.... 1,1 — 1,2,2,1,2,2,2, 2, 2, 2, 2, 2, 2, 2 
f Ç 29 paires de pattes 1,1 — 1,2,2,2,2,2,2, 2, 2, 2, 2, 2, 2, 2 

Les deux derniers segments sont apodes. 

Entre chaque stade, le jeune Polydesme se creuse une retraite 
souterraine et subit une mue. 



74 J. CHALANDE 

C'est après le 9 e stade seulement qu'on voit bourgeonner 
chez le çf les pattes copulatrices du 7 e segment. 

I 20 segments l,2,3,i,5;G,7,8,9,l0,1 1,1-2, 13,14,15,10,17, 1S, 19, 20 

9- Stade ■ O* 30 paires de pattes. 1,1-1,2,2,1,-2,-2, 2, 2, 2, 2, -2, -2,-2,2, 2, 2 
( 9 31 paires de pattes. 1,1-1,2,-2,-2,2,-2,2, -2, 2, 2, 2, 2, 2, 2, -2 

Les deux derniers segments sont apodes. 

Le nombre des segments apodes suit une progression crois- 
sante jusqu'au milieu de la période évolutive (5 e stade) et dé- 
croissante après. A l'état adulte il est toujours normalement de 2. 

Stades 12 3456789 

Segments apodes 22 3 4432 2 2 

Les stades ne sont cependant pas absolument réguliers ainsi 
que nous les avons décrits ; on trouve souvent des individus pos- 
sédant un segment ou plusieurs paires de pattes de moins. Ces 
cas accidentels se présentent lorsque le jeune Polydesme, chassé 
de sa retraite par une cause quelconque, n'a pu continuer son 
développement. 

IULIDAE 

DeGeer (1778), Savy (1823), Gervais (1837), Newport(1837), 
Waga (1839) et Latzel (1884), ont observé le développement des 
Iules à divers stades. Fabre(1855) décrit très longuement celui 
du lulus aterrinus et même avec trop de précisions, car s'il 
est facile de pouvoir compter le nombre de paires de pattes, il 
n'est, la plupart du temps, pas possible de déterminer, d'une ma- 
nière certaine, le nombre des segments des jeunes, les derniers 
étant souvent complètement emboîtés les uns dans les autres. 

L'auteur reconnaît 3 périodes : 

1° Période pupoïde, dont la durée est d'une semaine. 

2° Période évolutive, pendant laquelle l'Iule acquiert succès- 
vement de nouvelles zonites et dont la durée est de 2 ans. 

3° Période adulte, employée à la reproduction de l'espèce et 
pendant laquelle cesse la formation de nouvelles zonites. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 75 

11 admet deux mues. La première entre la période pupoïdeet 
la période évolutive; la deuxième à la fin de cette deuxième 
période, au moment où l'individu prend la forme adulte. 

Il divise la période évolutive en 4 stades en y comprenant la 
période pupoïde. 

Ire Période : 1er Stade : Forme pupoïde. 

2me Période : 2»»e Stade : 7 segments; 3 paires de pattes; 4 articles 
aux antennes et une tache oculaire. 
3 mo Stade : 12 segments ; 7 paires de pattes; 6 articles 

aux antennes , une ocelle de chaque côté. 
4>«e Stade : 18 segments; 15 17 paires de pattes; 

3 ocelles. 
5 me Stade : 27 29 paires de pattes. 

Nous avons suivi l'évolution, depuis la ponte, chez un bon 
nombre d'espèces et reconnu que : 

1° Contrairement à l'assertion de Fabre, les Iules subissent 
une mue à chaque stade de développement. Mais, au moins 
dans le jeune âge, les jeunes dévorant leur propre dépouille, il 
n'en reste bientôt plus de trace. 

2° Toujours, pour une même espèce et pour une même 
ponte, il y a des variations considérables dans le nombre des 
nouveaux segments et des nouvelles paires de pattes, après 
chaque mue, c'est-à-dire après chaque stade. 

3° La durée de chaque stade est également très variable pour 
les individus d'une même ponte. 

4° Dans la 3 e période (adulte), l'individu subit encore une 
mue ou peut-être plusieurs avec accroissement de segments et 
de paires de pattes. C'est pendant cette période que les pattes 
de la première paire se transforment, chez les o», en organes 
accessoires pour la copulation. 

On ne peut donc préciser un nombre fixe de stades, ni don- 
ner, pour ces stades, un nombre déterminé de segments ou de 
paires de pattes. On peut tout au plus indiquer une moyenne. 

Nous n'avons pas observé, d'une manière assez suivie, le 
développement et la transformation, chez le çf, des pattes de 

SOC. d'hIST. NATURELLE OB TOULOl'&H (t. XXXVIIl). 8 



76 J CHALANDE 

la première paire et des organes copulateurs, pour pouvoir en 
parler. Verhœff (1893-1900) a particulièrement étudié cette 
période. 

D'après cet auteur, chez certains Iulides, on observe des ç? 
qui, tout en ayant des pattes copulatrices sur lesquelles on peut 
retrouver les détail essentiels des pattes copulatrices desçf adul- 
tes et une poche gonopodiale bien formée, ont encore leurs 
pattes de la l re paire pluriarticulées. C'est ce stade que VerhœfT 
appelle Stade intermédiaire (Schaltstadium = Status inter- 
medius). 

Dans une même espèce, les jeunes çf peuvent passer soit 
directement au stade adulte, soit au stade intermédiaire. 

Les (j* adultes n'ayant pas passé par le stade intermédiaire 
se distinguent des autres par leur taille plus petite et par le 
nombre moins élevé des pattes ambulatoires. Les çf au stade 
intermédiaire sont déjà plus grands et ont un nombre de patte, 
plus élevé que les çf adultes qui n'ont pas passé par ce stades 

Ainsi pour le Tachypodoiuhis albipes, on trouve les nom- 
bres suivants : 

Jeunes avec 61, 63, 65,67 paires de pattes. 



Stade intermédiaire avec 73, 75, 77,79,81 
paires de pattes. 

Adultes avec 69, 71, 73. 75, 77, 79 paires II 

de pattes. j 

Adultes avec 79, 81, 83, 85, 89, paires 
de pattes. 

Les pontes ont lieu du mois de juin au mois de septembre. 
La femelle dépose ses œufs en petites masses agglutinées, dans 
l'humus des vieux troncs d'arbres, ou dans des terres dont l'hu- 
midité est entretenue par une épaisse couche de mousse. 

L'éclosion se fait 15 à 20 jours après. L'œuf rond et d'un 
blanc grisâtre, mesurant l mm de diamètre, se fend sous les 
efforts de l'embryon qui, courbé sur lui-même, cherche à se 
détendre; les deux côtés de la coque restent adhérents entre 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 77 

eux. Le jeune n'est cependant pas encore expulsé, il apparaît 
sous l'aspect d'une chrysalide virguliforme, d'un blanc très 
pur, et recouvert par une fine membrane, lisse et brillante 
(corps pupoïde de Fabre). Peu à peu on distingue_, à travers la 
tunique, la tète, repliée sur l'abdomen, avec le bourgeonnement 
des antennes sur les côtés et un commencement de segmenta- 
tion dorsale. 

Au bout de 5 à 15 jours, pour les individus d'une même 
ponte, le jeune Iule se dépouille complètement de son enve- 
loppe, qui reste cependant encore adhérente à la partie anale 
et quitte sa coque ovigère. Il est complètement blanc et pré- 
sente 7 segments, 3 paires de pattes et 4 articles aux antennes; 
une tache rougeâtre indique la formation des premières ocelles. 

1" Stade * 7se ^ ments .•••• 1,2,3,4,5,6,7 

%\ 3 paires de pattes 1,1 — 1 

Le développement se fait alors rapidement ; une tache, d'abord 
. nébuleuse, commence à se distinguer sur chaque côté du 
6 e segment, là où sera la première paire de glandes répugna- 
toires; de nouvelles pattes bourgeonnent sous les segments 
5 et 6 et, après une deuxième mue (2 à 5 jours après), le jeune 
apparaît avec 12-15 segments, 7 paires de pattes, 1-3 ocelles de 
chaque côté, 6 articles aux antennes et une tache ronde très 
nette de chaque côté du 6e segment. 

I 42-15 segments 1,2,3,4,5,6,7, 8,9,10,11,(12,13,14 45) 

2 ffl * Stade < 1 paire de pores repugnatoires 1, — — — — 

f 7 paires de pattes - 1,1—1,2,2,— — — — 

Successivement les derniers anneaux se développent; de 
petites taches se montrent sur les côtés des segments 7, 8, 9, 
10 et 11, suivies du bourgeonnement des pattes sur ces der- 
niers anneaux et, après une 3 e mue, le jeune présente 15-18seg- 
rnents, 15-17 paires de pattes, 2-4 ocelles, 6 articles aux anten- 
nes et 6 taches latérales. 

i 15-18 segments 1 2 3 4 5 6 7 8 9 40 11 12 13 14 (15 46 17 18) 

) 6 pair, de pores repugn. — — — 11111 1 

j <y 15 paires de pattes. 11— 12 2 — 222 2 

( Ç 17 paires de pattes. 11—1222222 2 



78 J. CHALANDE 

Chez les mâles, le 7 e segment reste apode ; c'est sur cet anneau 
que se développeront à l'âge adulte les organes copulateurs. 

Ces trois stades sont les seuls qui soient à peu près fixes. Au 
4 e stade, l'accroissement est de 4-5 segments, 4-5 taches laté- 
rales et 8-10 paires de pattes. Le corps se colore en brun, les 
antennes prennent une teinte lie de vin et les métazonites 
présentent leurs stries longitudinales. 

/ 20-23 segments 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10,11 ,12,13,14, 15,16,17.18,19 (20,21,22, 

1 i0 - ]i P- de pores repug. — -, 1,1,1,1, 1, 1, 1, 1, 1, 1, (1) 

j Cf 23-25 paires de pat.. 1,1—1,2,2—2,2,2, 2, 2, 2, 2, 2,(2) 

! $ 25-27 paires de pat.. 1,1 — 1,2,2,2,2,2,2, 2, 2, 2, 2, 2,(2) 

Pour les stades suivants, le nombre des nouveaux segments 
et des nouvelles paires de pattes, est progressivement décrois- 
sant. A l'entrée de l'hiver, le développement s'arrête, pour 
recommencer au prochain printemps. 

D'après Savy et De Geer, les organes copulateurs n'apparais- 
sent chez le mâle que 2 ans après la naissance et le Iule adulte 
continue à accroître le nombre de ses segments; cet accroisse- 
ment étant toujours précédé d'une mue. Nos recherches per- 
sonnelles ne peuvent que confirmer l'opinion de ces auteurs. 

Fabre qui a conservé en captivité pendant plus de 2 ans, les 
mêmes individus adultes, n'a jamais constaté d'accroissement 
ni de mues et se refuse à les admettre; il n'y a pour lui, de 
démontré, que deux mues chez les Iules, la première au pas- 
sage de l'état pupoïde à la période évolutive, la deuxième lors 
de l'apparition des organes copulateurs. 

Il n'est pas étonnant qu'il n'ait pas su trouver les mues des 
jeunes Iules qui, dévorant leur dépouille, n'en laissent pas de 
trace, puisqu'il n'a pas vu celles des Pollyxenns qui cependant 
se rencontrent par centaines sous les écorces de platanes, repré- 
sentant encore jusqu'aux moindres détails, la forme de l'animal 
à chaque stade. 



EXPLICATION DES PLANCHES 



PLANCHE I. — Iulus silvicola umbratilis. 

Fig. 1. — Première patte. — Gr. 172. 

Fig. 2. — Hanches de la deuxième patte. — Gr. 172. 

Fig. 3. — Gonopodes, profil interne. — Gr. 172. 

fl. — flagellum. 

P. — phylacum. 

T. — paracoxite. 

a. — alêne. 

R. — rameau. 

Aa. — andouiller antérieur. 

Ap. — andouiller postérieur. 

O. — ouverture du canal de la glande coxale. 

S. — bords du schismasolène. 

a. — extrémité de l'adenosolène. 
Fig. — 4. — Gonopodes antérieurs, face antérieure. — Gr. 86. 



PLANCHE II. — Marquetia pyrenaicum. 

Fig 5-11. — Gonopodes antérieurs. — Gr. 53. — (Voir dans le texte 

la signification des lettres.) 
Fig. 5. — Partie centrale du syncoxite, face antérieure. 
Fig. 6. — Syncoxite, face postérieure. (L'appendice membraneux a 

été enlevé.) 
Fig. 7. — Syncoxite, profil. — M, appendice membraneux. 
Fig. 8. — Appendice membraneux du syncoxite, face antérieure. 
Fig. 9. — Cheiroïde gauche, face postérieure. 
Fig. 10. — Extrémité du cheiroïde droit, face antérieure. 
Fig. 11. — Extrémité du cheiroïde droit, face interne. 



PLANCHE III. — Marquetia pyrenaicum. 

Fig. 12. — Gonopodes postérieurs. — Gr. 172. 

Fig. 13. — 9«* patte. — Gr. 86. 

Fig. 14. — 7 m * patte. — Gr. 86. 

Fig. 15. — 8™ patte. — Gr. 86. 

Fig. 16. — Un anneau vu par derrière. — Gr. 53. 



PI I 





H. II 



PI. III 




SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE DE TOULOUSE. 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Eémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m<1 mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



'Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

H. Ribaut. — Notes myriopodologiques II 35 

de Monïlezun. — Hybrides d'un pigeon bleu barré et d'une 

tourterelle nankin à collier noir : 43 

Jules Chalande. — Recherches sur les Myriopodes du Sud- 
Ouest de la France 46 



1 6 NOV, 




P° 




SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-NSJTTF. — 1905 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 3 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK U0MIGU1ÈKES 2. 

1905 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat. 





Enraii du règlement de la Société d «Histoire Naturelle de Touloust 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats Je leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consli- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé» d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Arf. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaire*. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. tO. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avci 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art^ 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2* Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2' Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. Le'eciion des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la prem<ère séance 
du mois «te décembre Le Président est nomm^ pour deux aimé?», les autres 
memnres pour une année L»s Vice-présidents, les Secrétaires le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du C-mseil et du Comité peuvent seulg «lire 
réélus immé iiatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3. 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la respmsabiiité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire imprimé levra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art 42 Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. II peut en 
obtenir des tirages à part, d-:s réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
iehanlillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la Société, revien- 
dront de droit à ,» ville de Toulouse. 



KECHERCHES SUft LES MYRIOPODES 79 

DEUXIÈME PARTIE 
JEteclxer*clies Anatomiques 



' I. — ORGANES GENITAUX 

Nous possédons sur l'anatomie des organes génitaux des 
Myriopodes, les travaux de Léon Dufour (1824), Strauss (1828), 
Siebold (1848), sur la Lithobie; de Strauss (1828), Mùller (1829), 
Kutorga (1834), Lucas (1840-1842), sur la Scolopendre; de 
Léon Dufour (1824), sur la Scutigère ; de Duvernoy (1805), Tré- 
viranus (1817); Brandt (1837), Newport (1841), Stein (1842), 
sur les Iules et les Glomeris. Fabre (1855; nous a donné une 
étude générale, où il assigne à chaque organe son véritable 
rôle, et des figures qui sont devenues classiques. 

Après les importants travaux de ces auteurs et surtout du 
dernier, l'anatomie des organes génitaux laissaient peu à désirer, 
cependant il y avait encore quelques lacunes et quelques erreurs. 
Nous donnons dans ce travail le résultat de nos recherches per- 
sonnelles, qui viennent soit corroborer les études déjà connues, 
soit apporter quelques faits nouveaux. 

Chez les Myriopodes, les sexes sont toujours séparés. Les 
organes génitaux diffèrent notablement de ceux des insectes et 
sont disposés selon deux plans bien distincts. 

Chez les Chilopodes et les Symphyles, l'appareil génital 
C? ou 9 s'étend entre le vaisseau dorsal et le tube digestif, pre- 
nant naissance dans la région thoracique, pour se déverser par 
un orifice unique, situé dans le segment anal. 

Chez les Diplopodes, cet appareil s'étend entre le tube digestif 
et la chaîne ganglionnaire, prend naissance dans la région anale 
et se déverse en avant dans la partie thoracique, par deux 
orifices pairs, situés entre le 2 e et le 3 e segment. 

soc d 7 h;st. naturelle de Toulouse (t xxxv) 9 



80 J. CHALANDE 

Chez les Chilopodes, l'appareil reproducteur présente en 
outre chez le çf, ordinairement deux vésicules séminales et 
2 ou 4 glandes accessoires, et, chez les 9 2 paires de glandes 
accessoires et une paire de réceptacles séminaux, qu'on ne 
retrouve pas chez la plupart des Diplopodes. 

Chez un certain nombre de Diplopodes (Chilognathes et 
Colobognathes), les çf sont pourvus d'appareils spéciaux (pattes 
copulatrices), situés dans le 7 e segment, et qui servent d'in- 
termédiaires dans l'accouplement. Ces organes supplémentaires, 
provenant de la transformation des pattes ambulatoires, n'exis- 
tent pas chez les Chilopodes. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes des Chilopodes sont 
toujours capillaires; ceux des Diplopodes sont capillaires, ou, le 
plus souvent, de forme cellulaire et privés de mouvements, 
rappelant alors ceux des Crustacés décapodes. 

Chilopodes 

MALES 

L'appareil génital çf se compose d'un tube testiculaire, pré- 
sentant ordinairement de nombreuses circonvolutions, qui prend 
naissance dans la région thoracique, s'étend entre le vaisseau 
dorsal et le tube digestif, soutenu ordinairement par un réseau 
de trachées et qui se déverse dans un orifice unique, situé en 
arrière du dernier segment. 

Ce tube est parfois occupé en grande partie par la glande 
spermagène, qui alors est impaire (Lithobie), où sert seulement 
de canal déférent à un certain nombre d'utricules testiculaires 
pairs. Dans ce dernier cas, le plus fréquent, le tube médian se 
continue par un canal, d'abord très étroit (Epididyme), puis 
plus ou moins fortement dilaté [bourse des spermatophores), 
qui se divise ordinairement en deux déférents, entourant l'in- 
testin terminal, pour se rejoindre en dessous et former un canal 
éjaculateur commun, ou, se termine en un seul canal déférent, 



Recherches sur les Myriopod-es 8i 

qui contourne l'intestin pour déboucher au-dessous du rectum. 
Dans l'un et l'autre cas, le canal éjaculateur est toujours infé- 
rieur à l'anus et débouche avec celui-ci au dehors, dans un étui 
chitineux commun. 

Nous avons toujours trouvé des spermatozoïdes capillaires et 
des cellules mères dans les utricules (ou le tube testiculaire 
de la Lithobie) et des spermatozoïdes groupés en écheveaux, en 
papillottes ou en pelotes, dans la bourse des spermatophores. 

Dans bien des cas, l'appareil présente une ou deux vésicules 
séminales (Vésicules séminales, de L. Dufour et Fabre; Réser- 
voirs latéraux, de Tréviranus; Epididyme, de Stein ; Testi- 
cules, pour Strauss). 

Ces vésicules séminales servent de réservoir aux sperma- 
tozoïdes, qu'on y trouve baignés dans le liquide spermatique, 
généralement groupés en écheveaux ou en papillottes et entourés 
de pulviscule à grains très fins. Nous n'y avons jamais rencontré 
les cellules mères, ni les spermatozoïdes libres, que nous avons 
trouvé seulement dans les utricules ou la glande spermagène 
médiane. 

Chez les Scolopendra, c'est l'un des déférents entourant l'in- 
testin terminal qui est transformé en vésicule séminale ; chez 
les Cryptops et les Geophilidae cet organe fait défaut. 

Près de l'orifice génital, le canal éjaculateur reçoit les défé- 
rents de 2 ou 4 glandes de formes diverses ; tubulaire {Cryptops 
et Géophilides) en grappes (Lithobius et Scolopendra) ou vé- 
siculaires (Scutigera). 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes ont toujours la forme 
capillaire et sont expulsés sous forme de pelote ou de sperma- 
tophores. 

FEMELLES 

L'appareil reproducteur 9 est assez simple ; il se compose 
d'un sac ovarique allongé, presque cylindrique, qui s'étend 
comme l'appareil çf, entre le vaisseau dorsal et le tube digestif, 



82 J. CHALANfaË 

et qui, prenant naissance dans la région thoracique, se déverse 
en arrière dans un orifice unique, situé dans le dernier segment. 

Ce sac ovarique présente un seulstroma ovuligène, qui s'étend 
sur une grande longueur de sa paroi ventrale. Les ovules se 
développent dans de petites capsules ovariennes rattachées au 
placentaire par un court pédicelle. 

Au fur et à mesure de leur maturité, les capsules se fendent 
et les ovules mûrs, libres, se répandent dans le sac ovarique 
qu'ils distendent considérablement. A côté de chaque capsule 
rompue, en apparaît une nouvelle, de telle sorte que la stroma 
ovuligène présente des ovules à tous les degrés de maturité. 

Dans les derniers segments du corps, le sac ovarique se rétrécit 
et se continue, soit en un oviducte simple qui, arrivé au rec- 
tum, plonge en dessous de l'intestin pour déboucher dans un 
étui commun avec l'anus, soit en deux oviductes, qui entourent 
l'intestin comme dans un collier, pour se réunir en dessous et 
déboucher ensemble, également dans le conduit chitineux 
génito-excrémentiel. Dans l'un et l'autre cas, l'orifice génital 
est toujours inférieur à l'anus, comme chez le cf. 

A droite et à gauche du conduit, débouchent les déférents des 
réceptacles séminaux Ces réceptacles se composent d'un utri- 
cule, de forme variable, selon l'espèce et formé d'une tunique 
hyaline, à travers laquelle on voit le noyau central opaque. Ce 
noyau n'est autre qu'un amas de spermatozoïdes capillaires 
pelotonnés et enchevêtrés les uns avec les autres. Chaque utri- 
cule se termine par un fin déférent, plus ou moins long et 
sinueux. 

Près de l'orifice génital, l'oviducte reçoit également les défé- 
rents de 2 ou 4 glandes accessoires, de formes différentes, selon 
les espèces; tubulaires (Cryptops-Géophiles), ou en grappes 
(Scutigères-Lithobies-Scolopendres). 

Dans les deux sexes, le conduit chitineux génito-excrémentiel 
est retractile; l'animal peut le faire démesurément saillir au 
dehors, ou le faire rentrer sous la sculette dorsale anale. 

La présence chez la Ç de ces réceptacles séminaux contenant 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 



83 



des spermatozoïdes en complet développement, explique en partie 
le mode de fécondation chez les Chilopodes. La Ç , selon toute 
probabilité, doit faire éclater dans sa vulve les spermatophores 
déposés par le çf et conserver ainsi, dans ces réceptacles sémi- 
naux, les spermatozoïdes qui féconderont les œufs arrivés à 
maturité. Sans cette hypothèse, ces réservoirs n'auraient aucune 
raison d'être. 

Tableau comparatif des organes génitaux chez les divers 
Chilopodes. 



o" 


Utricules testiculaires 


Déférent 


Vésicules 

séminales 


Glandes 
accessoires 


Scutigera . . . 
Lithobius . . . 

Scolopendra. 

Cryptops . . . 
Geophilidae . 


2 utricules simples 
Pasd'utricules.La 
glande spermagène 
dans le tube médian. 
Nombreux utricu- 
les accolés deux à 
deux. 

4 utricules simples 
2 utricules simples 


double 
double 

simple 

simple 
double 


2 
2 

1 





2, vésiculaires 
4, en grappes 

4, en grappes 

4, tubulaires 
4, tubulaires 


Q 


Sac ovarique 


Oviducte 


Récepta- 
cles 
séminaux 


Glandes 

accessoires 


Scutigera . . 
Lithobius . . . 
Scolopendra. 
Cryptops . . . 
Geophilidae . 


as 

=3 
"G 

U 

«sa 

1=3 


double 
double 
double 
simple 
simple 


.g g 

a tn 

a; <u 
Q « 


4, en grappes 
4, en grappes 
2, en grappes 
2, tubulaires 
2, tubulaires 



SCUTIGERIDAE 
Scutigera coleoptrata Lin. 

MALE 

L'appareil génital çf présente des dispositions très complexes, 
dont certains détails n'ont pas été signalés. 



84 




Pig. 1. — Scutigera coleoptrata. 
Appareil génital cf. Gr. 9. 

UT. Utricules testiculaires, longueur 
2 raD, 5. — Tt. Tubes testiculaires, 
long. d6 mm . — E. Epididyme, lon- 
gueur 40 mm . — E' Replis longitu- 
dinaux que forme l'épididyme et 
qui accolés au lacet lui servent de 
soutien. — da. Déférents antérieurs 
latéraux. — dma. Déférent moyen 
antérieur. — dmp, Déférent moyen 
postérieur. — dp. Déférents posté- 
rieurs latéraux ou canaux éjacu- 
lateurs latéraux. — VS- Vésicules 
séminales. — Ga. Glandes génitales 
accessoires. — R. Rectum. - Lon r 
gueur de l'animal 16 ram 5. Longueur 
de l'appareil génital dans sa position 
normale ll mm 5. 



J. CHALANDE 

Testicules. — Le tube testiculaire 
est double à son origine. 11 se compose 
de deux utricules terminaux ovoïdes, 
blanchâtres, très rigides, se prolon- 
geant chacun en un long conduit très 
étroit, presque capillaire, qui se con- 
tourne en un certain nombre de cir- 
convolutions. Complètement étendus, 
les testicules et leurs déférents attei- 
gnent à peu près la longueur du corps. 

Epididyme. — Ces deux conduits 
se réunissent en un canal médian cylin- 
drique (epididyme), qui se replie sur 
lui-même en un grand nombre de 
lacets „ en zigzag , recouvrant ainsi 
d'une large bande tout l'intestin moyen. 
A son origine et vers la moitié de sa 
longueur, ce canal forme, sur le côté 
gauche, un double repli longitudinal, 
qui sert de soutien à l'ensemble de 
l'appareil. 

Vers la partie anale, l'épididyme se 
divise en deux branches, l'une supé- 
rieure (déférent moyen antérieur) qui 
sebifurqueen deux déférents latéraux 
(déférents latéraux antérieurs), très 
grêles et présentant de nombreuses 
ondulations, l'autre inférieur (déférent 
moyen postérieur) qui se prolonge 
jusque versl'orifice anal, mais sans se 
continuer avec lui et se termine en 
cul de-sac. 

Vésicules séminales. — Les vési- 
cules séminales présentent la forme 
de deux sacs oblongs, d'un blanc lai- 






RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 85 

teux, boursouflés et festonnés sur leur côté interne, qui 
prennent naissance à l'extrémité du déférent moyen postérieur 
et vont se déverser, chacun en remontant en avant, dans un 
canal éjaculateur latéral (déférents latéraux postérieurs), 
relié à ce point là au déférent latéral antérieur correspondant. 

La partie latérale des vésicules séminales porte une vingtaine 
de petites vésicules, sans pédoncules, qui lui donnent l'aspect 
festonné. 

Les deux canaux éjaculateurs se continuent en se renflant 
progressivement jusqu'à leurs parties terminales, qui conver- 
gent pour se réunir et s'ouvrir en dessous, dans l'étui génito- 
excrémentiel, entourant ainsi l'intestin, tandis que les vésicules 
séminales et les déférents médians restent suspendus au-dessus 
du tube digestif. 

Léon Dufour (1824) a le premier décrit l'appareil génital a* 
de la Scutigère, mais n'a pas vu les canaux éjaculateurs laté- 
raux. Fabre (1855) a signalé leur présence, mais n'a pas trouvé 
le déférent antérieur moyen et fait déboucher directement l'épi- 
didyme dans les déférents antérieurs latéraux. Les deux replis 
longitudinaux de l'épididyme lui ont également échappé. Cette 
disposition particulière nous a été révélée par la dissection d'in- 
dividus ayant macéré longtemps dans l'alcool à 95° et dont les 
organes très rigides avaient conservé ainsi leur position nor- 
male. Fabre donne un dessin un peu fantaisiste de cet appareil, 
dans lequel les utricules testiculaires mesurent environ 1/13 de 
la longueur totale de l'organe au lieu de 1/5. 

Glandes génitales accessoires. — A la partie postérieure du 
conduit génital débouchent les déférents de deux glandes acces- 
soires, ces glandes sont très petites et formées de vésicules 
groupées à l'extrémité des déférents qui sont eux-mêmes très 
courts. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes sont allongés déme- 
surément et capillaires ; ils se groupent en papillotes irrégu- 
lières. Nous ne connaissons pas la forme ni la disposition des 
spermatophores. 



86 J. CHALANDE 

Les utricules terminaux contiennent des spermatozoïdes et 
leurs cellules mères; les déférents capillaires de ces utricules 
renferment seulement des spermatozoïdes. Dans les vésicules 
séminales, on trouve des corpuscules elliptiques et le liquide 
laiteux que ces organes doivent sécréter. 

Les glandes accessoires doivent sans doute sécréter le réseau 
aranéeux sur lequel le à* dépose ses spermatophores. 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ovarique, assez volumineux, dès 
son origine, s'étend depuis la région thoracique, entre les glandes 
(dites) salivaires, jusque vers les derniers segments du corps, 
entouré d'un tissu adipeux très abondant, qui le sépare du tube 
digestif. On ne trouve pas chez la Scutigère, comme chez les 
autres chilopodes, ce riche réseau de trachées, tenant en quel- 
que sorte le sac ovarique suspendu au dessus de l'intestin. Ici 
les trachées font complètement défaut. 

Sur presque toute l'étendue du sac ovarique, à partir de son 
extrémité antérieure, se développent les ovules, enfermés chacun 
dans une capsule ovarique, rattachée par un pédicelle très court 
au stroma ovuligène qui est impair. 

Oviducte. — Dans la partie postérieure, le placentaire s'ar- 
rête ; le sac ovarique se rétrécit peu à peu et se divise en deux 
oviductes latéraux, qui entourent l'intestin terminal comme 
dans un collier et vont se rejoindre en dessous, en arrière de 
rorifice génital. 

Réceptacles séminaux. — Au point de jonction des deux 
oviductes, débouchent deux tubes capillaires, courts, d'une 
longueur à peu près égale à celle des oviductes et terminés 
chacun par un utricule ovoïde, ou plutôt en forme de rein. Ces 
utricules, d'un blanc laiteux et revêtus d'une tunique très 
transparente, sont les réceptacles séminaux qui contiennent 
des spermatozoïdes capillaires très longs, pelotonnés et enche- 
vêtrés en masses serrées. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 87 

Glandes génitales accessoires. — Tandis que les deux 
réceptacles séminaux s'étendent au dessous du tube digestif, 
les glandes accessoires, au nombre de quatre, sont situées au 
dessus et sur les côtés. Elles sont en forme de grappes vésicu- 
laires, aplaties et blanchâtres; celles de la paire externe sont 
très allongées, à peu près trois fois comme celles de la paire 
interne, qui sont plutôt arrondies, presque ovalaires et un peu 
translucides. 

Ces deux paires de glandes semblent ne pas être de même 
nature, mais nous ne connaissons rien de précis sur leurs 
fonctions. Fabre présume qu'elles sont destinées à revêtir les 
œufs d'un enduit et surtout à faciliter l'entrée du sperme dans 
les organes de la femelle, en faisant éclater les spermatophores. 



LITHOBIIDAE 
Lithobius forficatus Linné. 

MALE 

Testicule. — Le tube testiculaire blanchâtre, cylindrique, 
contourné ordinairement en forme de 8 et renflé dans sa partie 
moyenne, se termine en a\ant par plusieurs fins ligaments, 
qui le tiennent suspendu au dessus de l'œsophage ; en arrière, 
il se rétrécit et devient capillaire. La glande spermagène occupe 
la partie moyenne, qui est renflée jusqu'à l'extrémité où com- 
mencent les fils suspenseurs. 

Vésicules séminales. — Les vésicules séminales présentent 
la forme de deux tubes cylindriques, d'un blanc laiteux, qui, 
lorsqu'on les étend, sont parfois plus longs que le tube testi- 
culaire, et parfois plus courts. 

Fabre les décrit « de moitié plus courts que le tube testi- 
culaire » (p. 292). Nous avons trouvé comme longueur prise à 
partir du point de jonction avec les déférents, les vésicules 
séminales et le tube testiculaire étant étendus : 



88 J. CHALANDE 

Longueur du corps 25 mm — 27 mm — 23 mm . 

Longueur du tube testiculaire.. . . 32 mm — 38 mm — 40 mm . 
Longueur des vésicules séminales 40 mm — 35 mm — 20 mm . 

11 n'y a donc pas de proportions fixes. 

Les vésicules séminales se rejoignent en arrière, formant une 
anse, au milieu de laquelle s'insère le tube testiculaire. 

Canaux déférents. — De la partie convexe de cette anse, 
partent sur les côtés, deux canaux déférents courts et très minces, 
qui entourent le tube digestif, dans les derniers segments et se 
rejoignent au dessous, pour déboucher dans un court renflement 
ovale, qui termine l'appareil. 

Glandes génitales accessoires. — A la partie postérieure du 
conduit génital, débouchent les déférents de quatre glandes 
accessoires ; une paire interne et une paire externe. 

Les unes et les autres sont très allongées, en forme de grappes 
aplaties, vésiculaires, blanchâtres et repliées sur elles-mêmes, 
du côté interne, vers la moitié ou le tiers de leur longueur. 

La paire externe, plus opaloïde que la paire interne, est 
environ deux fois plus longue que cette dernière et mesure, à 
peu près, les deux tiers de la longueur de l'animal ; ses conduits 
excréteurs sont relativement courts. 

La paire interne, plus opaque, a ses déférents très allongés 
et semble par sa conformation et son opacité être d'une autre 
nature que la paire externe. Cette différenciation, qui n'avait 
pas encore été remarquée, se retrouve chez tous les Chilopodes 
qui possèdent des glandes en grappes. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes sont de forme 
capillaire et démesurément allongés ; nous n'avons jamais pu 
en isoler complètement et avons seulement mesuré des fractions 
qui avaient 5 et 6 mm de longueur. Leur diamètre est de 5 u.. 

D'après Fabre, on les trouve groupés en papillotes (p. 300) 
ou en écheveaux (p. 993). Nous ne les avons jamais rencontrés 
sous ces formes, ni dans le testicule, ni dans les vésicules 
séminales. 



RECHERCHES SUR LES MYRTOPODES 89 

Les spermatozoïdes cheminent dans le tube testiculaire, côte 
à côte, serrés parallèlement les uns aux autres, en un long 
faisceau sans interruption et se divise seulement en plusieurs 
faisceaux pour passer dans les vésicules séminales. Là encore, 
ils se présentent sous le même aspect. 

Si Ton perce, avec une aiguille, le testicule ou un des réser- 
voirs spermatiques, le faisceau de spermatozoïde faisant hernie 
se déverse au dehors, comme un torrent. Les spermatozoïdes, 
excessivement longs, cheminent sans présenter d'extrémités, 
comme des fils continus et sans fin ; ceux de la surface, plus 
libres, s'écartent, forment arc, puis se contournent sur eux- 
même, en une double boucle dont les deux branches s'en- 
roulent l'une contre l'autre, en spirale allongée, semblant ne 
former qu'une seule et même tige. La double boucle, qui a pris 
Faspect d'un simple anneau, semble tourner sur elle-même 
d'un mouvement rapide, avec la tige comme centre de rotation ; 
mais ce n'est là qu'une illusion d'optique; en réalité, c'est 
simplement un mouvement alternatif de rotation, produit par 
la spirale de la tige, qui s'enroule et se déroule. Bientôt toute 
la surface du faisceau est recouverte de ces boucles. 

C'est peut-être là l'origine de ces papillotes dont parle Fabre, 
mais il est probable que cette forme n'apparaît que dans les 
déférents au moment de l'expulsion. 

Le tube testiculaire est la seule partie de l'appareil, où se 
trouvent les cellules mères des spermatozoïdes, en même temps 
que des spermazoïdes capillaires, en complet développement. 
Les vésicules séminales contiennent un sperme composé de 
pulvicules et de spermatozoïdes complètement développés; elles 
ont pour fonction de servir de réservoir à ces derniers au sortir 
de la glande spermagène et de sécréter la pulviscule et le liquide 
laiteux qui se mélange à elle. 

Les glandes accessoires sécrètent probablement le réseau 
(nidamentum) , sur lequel le d* dépose ses spermatophores. 



90 J. CHALANDE 



FEMELLE 



Sac ovarique. — Le sac ovarique à peu près semblable à 
celui de la Scutigère, très volumineux dès son origine, entre 
les glandes antérieures, dites salivaires, descend en s'atténuant 
légèrement jusque vers les derniers segments du corps. Il est 
entouré irrégulièrement d'un tissu adipeux et soutenu, au dessus 
du tube digestif, par de nombreuses petites trachées. Sur les 
deux tiers de sa partie antérieure se développent les ovules. 

Oviductes. — A. sa partie terminale, le sac ovarique se rétrécit 
considérablement et se divise en deux oviductes latéraux exces- 
sivement grêles et translucides, qui entourent le rectum et vont 
se rejoindre en dessous, en arrière de l'orifice génital. 

Réceptacles séminaux. — En arrière également de l'étu 
génital, débouchent les déférents de deux réceptacles séminaux. 
Ce sont deux tubes capillaires, terminés chacun par un utricule 
en forme de rein, présentante l'intérieur une masse blanchâtre, 
opaque et revêtu d'une tunique très transparente. Ces utricules 
contiennent toujours des spermatozoïdes capillaires entortillés 
et pelotonnés sur eux-mêmes. 

Glandes génitales accessoires. — Comme chez les Scutigères, 
les réceptacles séminaux s'étendent au dessous du tube digestif 
et les glandes accessoires au-dessus et sur les côtés. Ces der- 
nières sont au nombre de quatre et assez semblables à celles 
des o*, mais un peu plus petites; leurs canaux excréteurs sont 
plus longs et présentent de nombreuses circonvolutions avant 
de s'insérer dans le vestibule génital. 

SCOLOPENDRIDAE 
Scolopendra cingulata Latreille. 

MALE 

Testicule. — Le tube testiculaire très étroit, s'étend dans 
les deux tiers antérieurs de la cavité somatique et se termine 



RECHERCHES SUR LES MVR10P0DES 91 

en avant par un ligament très fin qui le tient suspendu au- 
dessus de l'intestin buccal; en arrière, il se déverse dans 
l'épididyme. 

Sur toute l'étendue du tube, mais non confondus avec lui, se 
présentent des utricules testiculaires en forme de navette, au 
nombre de 24, accolés deux à deux. Chaque utricule mesure de 
5 à 5 mm 5 de longueur et mm 5 de largeur et possède à chacune 
de ses extrémités un fin canal excréteur, très court, intimement 
uni à celui de l'utricule avec lequel il est accolé, mais sans se 
confondre avec lui. Ces canaux excréteurs s'insèrent ensemble 
dans le tube testiculaire commun. 

Epididyme. — L'épididyme est très étroit, cylindrique, fort 
long et d'un blanc jaunâtre ; il s'entortille sur lui-même en 
circonvolutions très nombreuses et se déverse dans un conduit 
plus spacieux (bourse des spermatophores), qui se replie 
également plusieurs fois sur lui-même. A ce conduit fait suite 
le canal éjaculateur, qui est très court et se dirige en droite 
ligne vers l'orifice génital. 

Vésicule séminale. — La vésicule séminale est en quelque 
sorte impaire, elle est constituée par un court boyau irrégulier, 
de consistance flasque, formant une anse, qui entoure le tube 
digestif et dont les deux extrémités s'insèrent inégalement sur 
les côtés du canal éjaculateur. 

La bourse des spermatophores sécrète l'envelope albumineuse 
qui recouvre les écheveaux de spermatozoïdes. Dans la vésicule 
séminale nous avons rencontré toujours le même liquide laiteux 
chargé de pulviscule. Dans le tube testiculaire nous avons 
trouvé des spermatozoïdes libres. 

Glandes génitales accessoires. — Sur les côtés du canal 
éjaculateur, entre les points d'insertion de la vésicule séminale 
et le bord postérieur de l'étui génital, débouchent les déférents 
de quatre glandes accessoires. Ces glandes en forme de grappes 
vésiculaires, aplaties et d'un blanc laiteux, rappellent celles des 
Lithobies, quoique proportionnellement moins développées. La 
paire externe plus opaline, est près du double plus volumineuse 



92 L cHalàndë 

que la paire interne et mesure 14-16 rnnn de longueur. La paire 
interne, assez étroite et d'un blanc grisâtre, n'a que 8 mm 
à 9 mm de longueur. 

Muller (1829), Kutorga (1834) et Strauss (1828) ont donné 
sur la Scolopendra morsitans a* (synonyme de S. complanata 
et S. cingulata) des descriptions bien différentes de l'appareil 
génital et qui ne concordent, ni les unes ni les autres, avec le 
résultat de nos recherches. Fabre (1855) a trouvé une organi- 
sation à peu près identique. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes sont très longs et 
capillaires. Dans la bourse des spermatophores, ils se groupent 
en écheveaux qui se recouvrent d'une couche de pulviscule et 
successivement de deux tuniques superposées. Le spermato- 
phore a alors l'aspect d'un rein, mesurant 2 mm 1 à 2 mm 6 sur 
l mm 5 à 1 mm 8. C'est sous cette forme qu'on les retrouve dans 
la vésicule séminale. 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ovarique n'offre rien de particulier. 
C'est toujours, comme pour les espèces que nous venons d'étu- 
dier, un long sac impair, entouré de tissu adipeux, qui s'étend 
sur toute la longueur du corps, soutenu par de nombreuses tra- 
chées au-dessus du tube digestif. Le placentaire occupe toute la 
partie antérieure. 

Oviductes. — Le sac ovarique se rétrécit à sa partie termi- 
nale et se prolonge en deux oviductes, l'un droit, relativement 
court et spacieux, qui suit l'intestin terminal en dessus et 
arrivé au rectum plonge en dessous, pour s'ouvrir dans la par- 
tie inférieure de l'étui génito excrémentiel; l'autre excessive- 
ment grêle, long et flottant, qui contourne l'intestin de l'autre 
côté, pour déboucher non loin du premier. 

Fabre n'a pas trouvé ce deuxième conduit; pour lui, l'ovi- 
ducte est impaire. 0. Dubosq (1900), dans une note sur le déve- 
loppement embryonnaire de la Scolopendre, décrit un oviducte 
double. 



Recherches sur les M¥riok>des 93 

Réceptacles séminaux. — En arrière de l'orifice génital 
débouchent les déférents des deux réceptacles séminaux. Ces 
déférents sont des tubes capillaires, capricieusement sinueux; 
leur extrémité se termine par un utricule boursouflé, irréguliè- 
rement contourné et formé d'une double tunique, l'externe 
présentant à sa surface des plissements ondulés. Dans leur 
cavité interne on trouve des spermatozoïdes capillaires entor- 
tillés sur eux-mêmes, mais non sous forme de spermatophores. 

Glandes génitales accessoires. — Les glandes accessoires 
sont au nombre de deux, elles ont la forme de grappes vésicu- 
laires allongées et étroites, assez semblables à celles de la paire 
externe des çf, mais beaucoup plus étroites; eïïes s'étendent 
sur les côtés de l'intestin terminal et se terminent chacune par 
un déférent qui débouche en arrière du conduit génital. 

Cryptops hortensis Leach. 

MALE 

Testicules. — Le tube testiculaire rappelle celui de la Scolo- 
pendre, mais ne présente que quatre utricules, non accolés, 
absolument indépendants les uns des autres et en forme de 
navette. Ces utricules sont reliés à chaque bout au tube testi- 
culaire commun, par un court canal excréteur très fin. 

Epididyme. — Le tube testiculaire, relativement court, se 
renfle brusquement pour former l'épididyme, qui se replie plu- 
sieurs fois sur lui-même et se déverse dans la bourse des sper- 
matophores, autre canal plus volumineux qui se contourne 
capricieusement pour se terminer bientôt par un canal éjacula- 
teur droit et court. 

Il n'existe pas de vésicules séminales. 

Glandes génitales accessoires. — Près de l'orifice génital, le 
canal éjaculateur reçoit les déférents de quatre glandes acces- 
soires, de forme bien différente de celles qu'on rencontre chez 
les autres Chilopodes. Ces glandes, en forme de tube très fin, 



94 J. CHALANDE 

sont très longues et s'étendent sinueusement au-dessus du tube 
digestif, dans le tissu adipeux, duquel il est très difficile de les 
isoler; elles remontent jusqu'à la partie buccale. La paire 
interne porte latéralement, échelonnées sur toute sa longueur, 
une quinzaine de vésicules arrondies, presque ovoïdes et d'un 
blanc laiteux. 

Spermatozoïdes. — Gomme chez les Scolopendres, les sper- 
matozoïdes sont capillaires et très allongés, et les spermatophores 
ont la forme d'un rein. 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ovarique s'étend sur toute la lon- 
gueur du corps, il est relativement étroit et le stroma ovuligène 
se prolonge presque dans toute sa longueur. 

Oviducte. — Le sac ovarique se termine par un oviducte 
simple, droit et court, qui contourne l'intestin pour déboucher 
au-dessus dans l'étui génital. 

Réceptacles séminaux. — Les réceptacles séminaux sont en 
forme de poires allongées, presque bilobées et se terminent cha- 
cun par un court déférent. Ils contiennent sous leur tunique 
très transparente des spermatozoïdes capillaires pelotonnés sur 
eux-mêmes. 

Glandes génitales accessoires. — Les glandes accessoires, au 
nombre de deux, s'insèrent avec les déférents. des réceptacles 
séminaux, en arrière de l'étui génital. Ce sont deux longs 
canaux très étroits qui s'étendent au-dessus du tube digestif sur 
toute sa longueur, jusqu'à l'origine des glandes buccales, et 
sont intimement liés au tissu adipeux qui les environne. Ces 
canaux portent sur leur côté interne, de distance en distance à 
peu près égales, de petites vésicules séssiles, arrondies, d'un 
blanc mat, au nombre d'une quinzaine environ. Cet organe est 
assez semblable à la paire de glandes internes des mâles. 

GEOPHILIDAE 
Fabre (1855), ne consacre que quelques lignes à la famille des 
Geophilidae, quoique ses recherches se soient étendues à quatre 



RECHERCHES SÛR LES MYRÎOPÔDËS 95 

espèces : Geophilus electricus , G. Ilicis , G. convolvens et 
G. Gabrielis (G. Gabrielis = Himantarium Gabrielis). Les 
deux figures [tf et 9) qu'il donne, comme type commun à ces 
quatre espèces et qui sont reproduites dans certains traités de 
Zoologie, sont loin d'être exactes. 

La figure 43 du G Gabrielis 9 se rapporte bien à Y Himan- 
tarium Gabrielis 9, mais non aux autres espèces. La figure 48 
du d* donne une idée absolument fausse de cet appareil. 

Le texte de ses descriptions ne concorde pas davantage avec 
ce que nous avons trouvé chez les Geophilus, Chaetechelyne, 
Stigmatog aster et Himantarium, qui sont les principaux types 
de la famille des Geophilidae. 

Nous avons trouvé, tant chez les mâles que chez les femelles, 
deux formes distinctes; une première qui réunit les Geophilus, 
les Chaetechelyne et les Stigmatog aster, et une seconde, celle 
des Himantarium. Nous décrirons séparément ces deux types. 

Geophilus carpophagus Leach ; 
Chaetechelyne vesuviana Newport ; 
Stigmatog aster subterraneus Leach. 

MALE 

L'appareil génital n'occupe pas toute la longueur du corps de 
l'animal, il s'étend seulement dans la moitié ou le tiers posté- 
rieur. 

Testicules. — Le tube testiculaire semble être une simplifi- 
cation de ce que nous avons trouvé chez les Scolopendres et les 
Gryptops ; il ne possède que deux utricules, très allongés et 
étroits, presque fusiformes, indépendants l'un de l'autre et 
reliés chacun au tube médian par un court canal excréteur à 
chacune de leurs extrémités. 

Dans leur position normale, ces utricules sont accolés l'un à 
l'autre sur la moitié de leur longueur, la moitié postérieure de 
l'un juxtaposée à la moitié antérieure de l'autre. Leur lon- 
gueur, 7-9 mm , est environ du tiers ou la moitié de l'ensemble 

SOC. l/mST NATURELLE DE TOULOUSE (J. XXXVl). 10 



96 J. CHALANDE 

de l'appareil. Dans la figure de Fabre 
(fîg. 18), ils atteignent tout au plus le 
dizième et sont complètement séparés 
l'un de l'autre, comme semble l'indiquer 
sa description. 

Epididyme. — Faisant suite au tube 
testiculaire, l'épididyme est un canal très 
fin et très long, égal à la longueur du 
corps de l'animal (GeopJiilus carpopha- 
gus), ou à la moitié [Chaetechelyne 
vesuviana). Il se contourne capricieu- 
sement sur lui-même, un grand nombre 
de fois, puis se renfle brusquement pour 
former un boyau plus spacieux, la bourse 
des spermatophores qui, après un certain 
nombre de circonvolutions, se divise en 
deux branches qui entourent le tube di- 
gestif et serejoignent au-dessous de l'in- 
testin terminal, pour former un canal 
éjaculateur droit et très court. 

Ces deux déférents, ainsi que le canal 
qui les précède, sont gonflés par des quan- 
tités considérables de spermatozoïdes 
réunis en pelotes arrondies, accumulées 
les unes contre les autres. Dans le tube 

Fie 2. — Geophilus carpo- 

phagus. Appareil génital cf. testiculaire et l'épididvme on ne trouve 

Gr., 5. ' J 

U. Utricules testiculaires Ion- pas d e pelotes, les Spermatozoïdes, COn- 
gueur 7-9". — Tt. Tubes r r f 

testicuiaires. — e. Epididyme tournés en spirale, cheminent côte à côte, 

long. 45""". — (/. Déférents, r 

long. 48-«. — Ge. Glandes formant un lonu; cordon. 

génitales externes, long. 11"""5 ° 

- Gi. Glandes génitales in- Dans le type Chaetechehnie, les défé- 

ternes, long. 8""°. — Im, Por- J r J 

tion terminale de l'intestin rents sont très spacieux et relativement 

moyen. — It. Intestin leriiu- * 

mai. - Tm. Tubes de Maipi- courts, à peu près éçaux en longueur 

gin. - R Rectum. — Lon- > . r ■■ * o 

gueur de l'animal 43'"-. — aux utricules. 

Longueur de l'appareil génital 

dans sa position normale' 22". Dans le t\ r pe OeopkUuS . ils Sont 

— Les organes ont été un j r r 

peu écartés les uns des autres, plutôt grêles et deUX lois plus longs que 




RECHERCHAS SUR 

les utricules et la bourse des 
spermatophores ne se différencie 
pas de l'épididyme. 

Dans les deux types, les défé- 
rents se resserrent brusquement 
vers les derniers segments et 
deviennent presque capillaires 
chez les Geophilus. 

Nous n'avons pas trouvé de 
vésicules séminales, elles sont 
remplacées dans leur fonction 
par la bourse des spermatopho- 
res et les déférents. 

Glandes génitales accessoi- 
res. — A l'extrémité du canal 
éjaculateur débouchent quatre 
glandes accessoires; une paire 
interne très courte et une paire 
externe deux ou trois fois plus 
longue ; les unes et les autres 
constituées par un tube cylindri- 
que sinueux et opaloïde. 

Spermatozoïdes. — Les sper- 
matozoïdes sont capillaires et 
très longs, ils se contournent 
en spirale et s'enroulent un cer- 
tain nombre ensemble, forma- 
nt une sorte de cylindre qui se 
recouvre d'une couche de pul- 
vicule protectrice. Nous n'avons 
pas trouvé la tunique envelop- 
pante que signale Fabre. 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ova- 



lès mVrïopodës 



M 




Fig. 3. — Chxtechelyne vesuviana. Appa- 
reil génital cf. Gr., 5. 

UT. Utricules 'testiculaires, long. l mm . — 
Ce. Canaux excréteurs, long. 3-l mm . — Tt. 
Tube testiculaire médian, long. S mm . — 
E. Epididyme, long. 20 mra . — B. Bourse 
des spermatophores, long. 10 mm . — D. 
Déférents, long. 10 m -. — Ge. Glandes gé- 
nitales externes, long. 20°"°. — Gi. Glandes 
génitales internes, long. 5 mm . — It. Intestin 
terminal. — R. Rectum. — Longueur de 
de l'animal 50 mm . — Longueur de l'appareil 
génital dans sa position normale 20 m,n . — 
Les deux utricules testiculaires, qui sont 
toujours intimement liés, ont été séparés 
ainsi que les autres parties de l'appareil, et 
l'intestin terminal a été coupé avant le 
point d'insertion des tubes de Malpighi. 



08 J. CtîALANDÈ 

rique ne présente aucune particularité, c'est toujours comme 
chez les autres Chilopodes, un sac impair, droit, s'étendant 
plus ou moins dans la moitié postérieure du corps et présentant 
un seul stroma ovuligène. 

Oviducte. — Le sac ovarique se rétrécit peu à peu et se 
continue en un oviducte simple, rectiligne qui, arrivé au rec- 
tum, plonge en dessous de l'intestin terminal, pour déboucher 
à la partie inférieure du conduit génito-excrémentiel. 

Au moment de la ponte, l'oviducte se dilate et devient plus 
spacieux que le sac ovarique. 

Réceptacles séminaux. — Les réceptacles séminaux sont de 
forme ovoïde, blanchâtres et translucides à la périphérie. Le 
noyau opaque est formé par une agglomération de rouleaux de 
spermatozoïdes. Les déférents sont d'une excessive ténuité et se 
contournent souvent en de nombreuses sinuosités. Parfois, ils 
sont au contraire presque droits. 

Glandes génitales accessoires. — Les glandes accessoires, 
au nombre de deux, sont tubulaires, un peu semblables à celles 
des mâles, fortement sinueuses et remontent, accolées à l'ovi- 
ducte, jusque sur les cotés du sac ovarique. 

Fabre a vu chez les G. electricus, G. Ilicis et G. convol- 
vens (1; de petites glandes formées d'une houppe blanche et 
arrondie de vésicules microscopiques inégales et pédiculées (?), 
mais il n'en donne pas la figure. 

Himantarium Gabrielis Linné, 

MALE 

L'appareil génital à* de V Himantarium présente beaucoup de 
ressemblance avec celui des autres Géophilides, il en diffère 
cependant notablement par quelques détails de structure et par 
la disposition générale. 

(1) D'après la description que cet auteur donne des glandes véné- 
nifiques du G. convolvens, nous devons, sans hésiter, identifier cette 
espèce au Chaetechelyne vesuviana Newport 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 

Testicules. — Le tube testiculaire pré- 
sente deux utricules courts, presque ovoïdes, 
indépendants l'un de l'autre, reliés à chacune 
de leurs extrémités au tube médian, par un 
court canal excréteur. Ces deux utricules sont 
presque accolés l'un à l'autre vers leur extré- 
mité, présentant ainsi, avant qu'on les ait 
dissociés, l'aspect d'un seul utricule très al- 
longé. En les ouvrant, on les trouve gonflés 
de spermatozoïdes et de cellules mères. 

A une courte distance de la jonction des 
canaux excréteurs, le tube testiculaire, après 
plusieurs sinuosités, s'appuie sur lesdeux 
glandes accessoires externes, qui remontent 
côte à côte, accolés l'une à l'autre, jusque 
vers les utricules. 

Epididyme. — L'épididyme, qui fait suite 
au tube testiculaire, est un canal très étroit 
qui ne se différencie pas de ce dernier et 
qui, toujours appuyé sur les glandes acces- 
soires, auxquelles il est intimement lié, se 
replie en de nombreuses circonvolutions 
autour d'elles, puis se dirige en droite ligne, 
jusqu'à la bifurcation des déférents. 

Déférents. — Les déférents eux-mêmes 
cheminent également avec les glandes acces- 
soires, enlacent l'intestin terminal et se 
rejoignent en dessous, pour former le canal 
éjaculateur, qui est très court. 

Nous avons trouvé dans les déférents une 
disposition particulière que FlG - 4 - 
nous n'avons rencontrée chez 



99 



o 



L 



Himantarium Gabrielis. Appa- 
reil génital cf. Gr., 5. 
U. Utricules testiculaires, long. 3 mm 6. — E. 
Epididyme soutenu par les glandes externes. 
— d. Déférents, long. 7 ram 2 — V. Appareil 
valvulaire. — Ge. Glandes génitales externes long. 17 mm . — Gi. Glandes génitales internes, 
long. 3 mm 6. — lt. Intestin terminal. — R. Rectum. — Longueur de l'animal ÎBO""". — 
Longueur de l'appareil génilal dans sa position normale, 28 rara . — Les utricules testicu- 
laires ont été légèrement écartés l'un de l'autre. 



100 J. CHALANDE 

aucun autre Chilopode et qui mérite une attention particulière. 
Non loin du rectumvers la moitié postérieure de chaque défé- 
rent, on distingue une petite ampoule ovoïde, mesurant environ 
mm 5 de longueur et mm 2 de largeur ; en avant de cette am- 
poule on en trouve une seconde plus petite qui parfois se ré- 
duit à un léger renflement ou disparaît. 

Si l'on pratique une coupe longitudinale de ces deux ampou- 
les, on trouve à l'intérieur de chacune deux cavités, l'une anté- 
rieure ovoïde, l'autre postérieure , plutôt en forme d'entonnoir, 
séparées l'une de l'autre rar un bourrelet circulaire qui doit 
former valvule. Chaque déférent se trouve ainsi muni d'un dou- 
ble appareil valvulaire, qui semble disposé de manière, non à 
retenir les spermatozoïdes à l'intérieur, mais, au contraire, à 
leur empêcher de remonter le canal au moment de l'expulsion. 

L'ensemble de l'appareil génital n'occupe que le quart ou le 
tiers de la longueur du corps de l'individu. 

Glandes génitales accessoires. — Les glandes accessoires sont 
au nombre de quatre, constituées les unes et les autres par un 
tube cylindrique et opaloïde. La paire interne est sinueuse et 
très courte ; la paire externe, très longue, chemine côte à côte, 
comme on l'a vu, avec les déférents et remonte presque jusque 
vers les utricules, servant ainsi de soutien à l'épididyrne. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes n'offrent pas de diffé- 
rence avec ceux des autres Géophiles. 

FEMELLE 

L'appareil génital 9 n'occupe qu'une très faible portion de 
la longueur du corps de l'animal (un dizième ou un huitième), 
et est semblable à celui des autres Géophilides, les réceptacles 
séminaux seuls diffèrent. Ils sont chez les Himantarium de 
forme globulaire, leur noyau est d'un blanc mat et leur tuni- 
que d'une transparence cristalline. Les déférents de ces récep- 
tacles sont plus longs et capricieusement contournés. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 101 

Diplopodes. 

MALE 

L'appareil génital o* se compose d'un tube testiculaire, sim- 
ple ou double, qui s'étend depuis son origine dans les derniers 
segments du corps, entre le tube digestif et la chaîne ganglion- 
naire et se déverse en avant, par deux orifices pairs, situés à la 
base de la 2 e paire de pattes, entre le 2 e et le 3 e segment. 

11 n'existe pas de vésicules séminales, ni de glandes accessoi- 
res, comme chez les Chilopodes. 

FEMELLES 

Chez les Ç, l'appareil reproducteur se compose, dans la plu- 
part des cas (exception pour les Chordeumidae), d'un sac ova- 
rique impair, qui prend naissance dans les derniers segments 
du corps, s'étend également entre le tube digestif et la chaîne 
ganglionnaire et se déverse en avant par deux vulves paires, 
situées à la base de la 2 e paire de pattes, entre le 2 e et le 3 e seg- 
ment. 

Ce sac ovarique présente sur sa plus grande étendue, et dès 
son origine, deux stroma ovuligènes qui ne sont séparés par 
aucune membrane et sur lesquels se développent les ovules, 
renfermés chacun dans une petite capsule ovarique, très trans- 
parente, rattachée au placentaire par un court pédicelle. Tant 
que les ovules ne sont encore que peu développés on distingue 
très nettement, à travers la tunique transparente du sac ovari- 
que, les deux stroma ovuligènes chargés d'ovules à différents 
degrés de croissance ; mais, au fur et à mesure que ceux-ci ont 
acquis leur maturité, les capsules ovariennes se déchirent et les 
ovules se répandent dans toute la cavité, qu'ils boursouflent 
irrégulièrement. Entre les ovules complètement développés on 
en distingue de nouveaux en voie d'accroissement qui remplis- 
sent les interstices laissés libres. 



102 J. CHALANDE 

A la hauteur du 6 e au 7 e segment, le sac ovarique se divise 
en deux courts oviductes qui se rendent dans les vulves. 

On ne trouve jamais de glandes génitales accessoires, comme 
chez les Chilopodes, et les réceptacles séminaux font le plus sou- 
vent défaut. 

D'après Fabre, les deux oviductes « forment ensemble un 
demi-cercle et se rendent directement, sans aucune flexuosité, 
chacun à l'orifice génital du même côté ». Chez les Polydeamus, 
nous avons trouvé une disposition différente. Lorsqu'à l'état 
normal les vulves sont abritées au fond de la fossette génitale, 
chaque oviducte est recourbé en forme d'S, vers la région dor- 
sale, où se trouve alors logée la vulve correspondante; au mo- 
ment de l'accouplement , les vulves étant projetées au dehors, 
chaque oviducte décrit un demi-cercle complet pour franchir la 
fossette. 

Chez les Chordeurnidae le sac ovarique est double et composé 
de deux longs tubes cylindriques ayant chacun son stroma ovu- 
gilène. Ces deux boyaux s'étendent côte à côte, sous le tube 
digestif, indépendant l'un de l'autre, et ne se rejoignent qu'à 
une courte distance des vulves pour se séparer à nouveau en 
deux oviductes. 

Nous n'avons pu poursuivre nos investigations sur assez de 
sujets pour nous permettre de donner une description détaillée 
de l'organe reproducteur des Chordeurnidae. Fabre a décrit cet 
appareil chez le Craspedosoma polydesmoïdes, dénomination 
très incertaine, le nom de l'auteur n'étant pas indiqué (1). 



(1) Les synonymes dn cette espèce sont : 

Craspedosoma polydesmoïdes Leach, 1814 : (?) Atractosoma 
bohemicum Rosicky, 1876; — Craspedosoma polydesmoïdes G. 
Kock, 1814 : Chordeuma silvestre G. Kock, 1847; — Craspedo- 
soma polydesmoïdes Risso, 1826 : Atractosoma méridional*. 
Fanzago, 1876 ; — Craspedosoma polydesmoïdes Fanzago, 1874 : 
Atractosoma Canestrinii Fedrizzi, 1877; -*- Craspedosoma poly- 
desmoïdes Rosicky, 1876 : Chordeuma silvestre C. Kock, J847. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 403 

ORIFICES GÉNITAUX 

Les orifices génitaux sont toujours doubles dans les deux 
sexes et situés en arrrière de la 2 e paire de pattes, entre le 2 e et 
le 3 e segment. Les organes qui les portent, pénis ou vulves, 
présentent des types bien distints en rapport avec le mode d'ac- 
couplement; les vulves surtout offrent deux types bien tran- 
chés : 

1° Organes fixes : Pollyxenidae et Glomeridae, chez lesquels 
l'accouplement est direct ; 

2° Organes mobiles : Polydesmidae, Chordeumidae et luli- 
dae, chez lesquels l'accouplement est indirect et s'opère avec le 
concours des pattes copulatrices du 7 e segment. 

PENIS 

Chez les Pollyxenidae, les pénis sont longs, volumineux, 
coniques et toujours saillants au dehors. L'animal peut les cou- 
cher contre la lame ventrale postérieure, ou les relever, mais 

ne peut les faire rentrer dans la fossette génitale 

Accouplement direct. 

Chez les Glomeridae, ils sont en forme de mamelons sail- 
lants et fixes, accolés à la base des pattes de la 2 e paire 

Accouplement direct. 

Chez les Polydesmidae, il n'y a en quelque sorte pas de pénis, 
les ouvertures génitales çf sont situées dans l'article basilaire 

des pattes de la 2 e paire, qui est perforé 

Accouplement indirect. 

Chez les lulidae, il y a deux pénis, accolés l'un à l'autre, 
toujours cachés dans la fossette génitale à l'état normal et que 
l'animal peut faire saillir au dehors au moment de l'accouple- 
ment Accouplement indirect. 

VULVES 

Chez les Pollyxenidae et les Glomeridae, les vulves sont en 
forme de mamelons et accolées à la base des pattes de la 2 e paire • 



104 J. CHALANDE 

elles sont fixes, toujours saillantes au dehors et ne peuvent être 
abritées dans la fossette génitale Accouplement direct. 

Chez les Polydesmidae, Chordeumidae et Iulidae, les vul- 
ves sont très volumineuses, libres, non accolées l'une à l'autre 
et toujours cachées au fond de la fossette génitale, sous l'arceau 
du 3 e segment ; l'animal peut les faire saillir au dehors, au mo- 
ment de la copulation Accouplement indirect. 

La famille des Polyzonidae, représentée dans le centre de la 
France par le Polyzonium germanicum et dont nous n'avons 
pas encore trouvé d'exemplaire dans le Midi, présente, au point 
de vue des organes génitaux externes, un type spécial. 

Les vulves chez les 9 e * les pénis chez les çf , sont saillants 
et non rétractiles, ce qui indique l'accouplement direct. Mais 
par contre, les deux paires de pattes du 7 e segment subissent 
une transformation, ou plutôt une modification de forme, qui 
pourrait les taire prendre pour des organes copulateurs, et elles 
sont, en effet, désignées dans les diagnoses sous le nom de 
« Pattes copulatrices ». Or, la présence des organes copula- 
teurs indique toujours l'accouplement indirect. 

Nous n'avons jamais été témoins de l'accouplement des Po- 
lyzonium, mais tout nous porte à croire qu'il doit être direct 
comme chez les Pollyxenidae et les Glomeridae. Cette trans- 
formation des pattes du 7 e segment n'est, en effet, pas complète, 
c'est une modification de forme qui rappelle un peu les pattes 
ouvrières des Glomerides çf et dont nous ne connaissons pas 
le but, mais on ne peut y voir un organe copulateur chargé de 
transporter le sperme des pénis du tf aux vulves de la 9 > 
comme cela existe chez les Polydesmidae, les Chordeumidae 
et les Iulidae. 

Fabre semble ne pas avoir bien saisi le jeu des vulves chez 
les Polydesmidae et les Iulidae au moment de l'accouplement 
et ne les avoir vues qu'à l'intérieur de la fossette génitale. EIIps 
présentent des dispositions et une orientation bien différente 
dans ces deux groupes. 

Chez les Polydesmidae, les vulves sont placées au fond de 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 405 

la fossette génitale dans une position inverse de celle qu'elles 
occupent lorsqu'elles sont saillantes au moment de l'accouple- 
ment; soutenues par une petite charpente chitineuse, elles évo- 
luent autour de ce support comme centre, décrivant un demi- 
cercle complet et sont ainsi projetées au dehors en arrière de 
la fossette génitale, sur l'arceau ventral du 3 e segment. 

Chez les Tulidae, au moment de l'accouplement, elles font 
saillie au dehors en avant de la fossette génitale dans la même 
position qu elles avaient à l'intérieur ; les deux vulves s'écar- 
tent seulement un peu et augmentent de volume. 

ORGANES COPULATEURS 

Il n'existe pas d'organes accessoires pour la, copulation chez 
les Pollyxenidae et les Glomeridae. Nous avons reconnu que 
les deux paires de pattes supplémentaires que l'on trouve sous 
la scutelle anale, en avant des valvules chez les Glomérides (jf , 
ne sont pas des pattes copulatrices, comme on les désigne géné- 
ralement, mais bien des pattes ouvrières, servant aux mâles 
pour la confection des boules de terre, dans lesquelles les œufs 
sont enfermés un à un, au moment de la ponte. 

Chez tous les autres Diplopodes, le mâle possède des organes 
copulateurs (Pattes copulatrices) situés dans le 7 e segment et 
provenant de la transformation de 1 ou 2 paires de pattes de ce 
segment. Les pattes de la 2 e paire du 6 e segment et celles de la 
l re paire du 8 e , peuvent également chez certaines espèces être 
transformées en vue de la copulation. 

Egalement en vue de la copulation, les pattes de la l re paire 
(1 er segment), chez les Iulidae, subissent à l'âge adulte une 
profonde transformation. 

Les pattes copulatrices sont, chez les Iules, abritées et cachées, 
à l'état normal, dans une fossette génitale, entre le 6 e et le 
7 e segment, l'animal ne les fait saillir au dehors qu'au moment 
de la copulation. 

Chez les autres Diplopodes, Blaniulus, Polydesmidae, Chor- 



106 J. CHALANDE 

deumidae et Polyzonidae, elles sont toujours saillantes et or- 
dinairement couchées sur l'arceau ventral. 

SPERMATOZOÏDES 

Les spermatozoïdes sont capillaires chez les Diplopodes, dont 
les femelles possèdent des réceptacles séminaux {Pollyxenidae 
et Chor deumidae). Ils ont la forme cellulaire et sont privés de 
mouvement chez les autres (Glomeridae , Pohjdesmidae et 
Iulidae.) 

POLLYXENIDAE 

Pollyxenus lagurus Lin. Latreille. 
Pollyxenus lucidus mihi. 

MALE 

Testicule. — Le tube testiculaire est impair, en forme de sac 
allongé et s'étend depuis le segment pénultième jusqu'au 3 e seg- 
ment antérieur. La glande spermagène occupe la moitié posté- 
rieure de ce sac, qui présente dans cette partie un aspect bour- 
souflé et vésiculeux, tandis que dans la partie antérieure, il est 
lisse et graduellement rétréci. 

A la hauteur du 3 e segment» le tube testiculaire se divise en 
deux courts déférents qui se rendent dans les ouvertures géni- 
tales situés entre le 2 e et le 3 e segment, en arrière de la 2 e paire 
de pattes. 

Organes génitaux externes. — Chez les Pollyxenus, il 
n'existe pas d'organes copulateurs accessoires. Les déférents du 
tube testiculaire débouchent dans deux pénis coniques, placés 
côte à côte, en arrière de la 2 e paire de pattes et qui occupent 
par la largeur de leur base, toute la partie médiane de l'anneau. 
Pendant le repos ou la marche, ils sont couchés en arrière, entre 
les pattes de la 3 e paire. L'animal peut à volonté les redresser 
perpendiculairement à la ligne ventrale. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes sont capillaires et 



RECHERCHES SUR LES MYRtOFODËS 10? 

présentent à leur extrémité un volumineux renflement piri- 
forme. C'est sous cette forme que Fabre les a trouvés dans les 
réceptacles séminaux de la 9 > cnez ^ es o*> il ne l es a rencon- 
trés qu'à l'état de filament entortillé dans une vésicule diaphane. 
Nos recherches ont été infructueuses sur ce point. 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ovarique s'étend, comme le tube 
testiculaire du çf, depuis le segment pénultième jusqu'au 3 e seg- 
ment antérieur, entre le tube digestif et la chaîne ganglionnaire. 
Dans ses deux tiers postérieurs, c'est-à-dire dans la région anale, 
le sac ovarique présente dès son origine, sur sa face ventrale, 
deux stroma ovuligènes parfaitement distincts l'un de l'autre et 
où se développent les ovules. Ces deux placentaires ne sont sé- 
parés par aucune membrane. 

Dans sa partie antérieure, le sac ovarique se rétrécit gra- 
duellement et, enfin, se divise en deux oviductes courts, diver- 
gents, qui se rendent dans les vulves, situées en arrière et à la 
base de la 2 e paire de pattes. 

Réceptacles séminaux. — En arrière des ouvertures géni- 
tales, chaque oviducte reçoit le déférent, très court, d'un petit 
utricule ovoïde, transparent, dont le noyau, formé de sperma- 
tozoïdes, est d'un blanc mat. Ces utricules sont des réceptacles 
séminaux, très difficiles à trouver, étant plus petits que la 
pointe de l'aiguille à dissection ; malheureusement, à l'époque 
où j'eus la bonne fortune de constater leur existence, je ne 
poursuivis pas l'étude des spermatozoïdes qu'ils contenaient. 

Vulves. — Les orifices génitaux sont situés dans deux vulves 
paires, fixes, qui font saillie à la base des hanches de la 2 e paire 
de pattes. Ces vulves sont globuleuses, finement granuleuses et 
présentent leur ouverture en forme de fente transversale, dont 
les bords sont finement ciliés. 

Accouplement. — Chez les Pollyxenus, l'accouplement est 
simple, direct et s'opère sans l'intermédiaire de pattes copula- 



1Ô8 i. CHALANDE 

trices. Il y a simplement rapprochement des ouvertures géni- 
tales des deux sexes. 

GLOMERIDAE 

Glomeris marginata Willers. 
Glomeris pyrenaica Latzel. 



MALE 

Testicules. — Le tube testiculaire présente une conformation 
absolument spéciale ; c'est un sac impair qui s'étend sur toute 
la longueur du corps et présente sur les deux tiers de sa partie 
postérieure deux séries latérales de vésicules sphériques où 
ovoïdes, au nombre de 25 à 30 environ de chaque côté, ces 
vésicules se pressent, chevauchent les unes sur les autres et 
communiquent chacune avec le canal médian commun par un 
très court pédicelle. 

Dans le tiers antérieur , le tube se rétrécit peu à peu et, 
enfin, se divise en deux courts déférents qui se courbent en 
arc pour se rendre dans les ouvertures génitales, situées dans 
deux mamelons, placés à la base des hanches des pattes de la 
2 e paire. 

Il n'existe pas de pattes copulatrices. 

Pattes ouvrières. — Chez les çf, on trouve à la partie anale, 
sous la dernière scutelle dorsale et en avant des valvules, 2 pai- 
res de pattes supplémentaires d'une structure particulière et 
variable selon les espèces. Ces pattes que l'on ne retrouve pas 
chez les femelles, et que l'on dénomme à tort « pattes copula- 
trices », ne servent ni à la copulation, ni à la locomotion, nous 
leur avons donné dans nos descriptions, le nom de ce Pattes 
ouvrières », en raison de leur fonction au moment de la ponte. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes sont cellulaires, fusi- 
formes, dépourvus de flagellum et privés de mouvement. Ils 
rappellent ceux des Crustacés décapodes. 



Recherches sur les MVriopodeS 109 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ovarique s'étend depuis le segment 
pénultième jusqu'au 3 e segment antérieur. Il est impair, assez 
spacieux et présente sur sa paroi ventrale deux stroma ovuli- 
gènes parallèles, qui occupent les deux tiers postérieurs de l'or- 
gane. Dans le tiers antérieur, le sac ovarique se rétrécit peu à 
peu et, vers le 3 e segment, se divise en avant en deux courts dé- 
férents qui divergent et se courbent en formant ensemble un 
demi-cercle pour se rendre dans les vulves correspondantes. 

Vulves. — Les vulves sont situées en arrière et à la base des 
hanches des pattes de la 2 e paire. Elles sont fixes et forment 
chacune un petit mamelon prismatique, obliquement tronqué, 
finement granuleux et dont l'orifice central est bordé de soies 
raides. 

Accouplement. — Nous n'avons jamais été témoins de l'ac- 
couplement des Glomeris, mais la disposition des pénis et des 
vulves et l'absence d'organes copulateurs, chez les mâles, indi- 
quent qu'il doit y avoir accouplement simple et direct, unique- 
ment par la juxtaposition des ouvertures génitales des deux sexes. 

POLYDESMIDAE 

Polydesmus complanatus Linné. 
Polydesmus gallicus Latzel. 
Polydesmus inconstans Latzel. 

Testicules. — La glande spermagène présente une structure 
remarquable, elle est formée de deux longs tubes très étroits, 
s'étendant depuis le segment pénultième jusqu'aux orifices gé- 
nitaux à la hauteur du 3 e segment antérieur. Ces deux tubes, 
presques parallèles sur toute leur longueur, jusqu'au 3 e segment, 
sont reliés entre eux par des canaux transverses échelonnés à 
égale distance les uns des autres, depuis l'origine de l'appareil 
jusqu'au 6 e segment antérieur ; on en trouve environ 10 à 12 



110 J. CHALANDE 

(Fabre 13-14) correspondant à peu près au même nombre de 
segments parcourus. Sur les côtés latéraux de cette échelle 
testitulaire, à la hauteur de chaque échelon, les tubes longitu- 
dinaux portent une petite vésicule sphéroïdale , blanchâtre, 
ratachée par un court pédicelle. 

A partir du 6 e segment, les canaux transverses et les vésicules 
latérales disparaissent, les deux tubes longitudinaux se réunis- 
sent côte à côte et se prolongent en droite ligne jusqu'au 3 e seg- 
ment, où ils se séparent en deux courts déférents, légèrement 
courbés, qui se rendent dans les orifices génitaux, situés dans 
les hanches des pattes de la 2 e paire. 

Chaque canal éjaculateur traverse ainsi l'article basilaire de 
la patte correspondante , pour s'ouvrir au milieu d'un petit 
mamelon saillant sur la hanche. 

Organes copulateurs. — Dans le 7 e segment, est situé l'or- 
gane copulateur, formé au dépens de la l re paire de pattes de ce 
segment. Cet organe, assez compliqué dans sa structure, quoi- 
que ayant une forme générale spéciale pour chaque espèce, 
présente souvent des variations de détail selon les individus. 

L'arceau ventral du 7 e segment porte en arrière une paire de 
pattes ambulatoires et en avant la paire de pattes copulatrices; 
au devant de celles-ci, l'arceau ventral est profondément excavé 
jusqu'à son bord antérieur. 

Les pattes copulatrices sont constituées par des hanches très 
développées, larges, plus ou moins profondément excavées ; sur 
leur bord postérieur vient s'articuler le reste de la patte, for- 
mant un seul article, mais où l'on peut encore distinguer trois 
parties : le fémur, le tibia et le tarse. Cet ensemble, grâce à 
l'articulation coxo-fémorale, peut se relever ou se coucher dans 
l'excavation que présente la hanche. C'est cette dernière posi- 
tion qu'il occupe en dehors de l'accouplement. 

Le fémur est représenté par une protubérance arrondie, toute 
hérissée de poils épars, très vigoureux et creusée sur sa, face 
interne d'une fossette profonde dans laquelle s'engage l'extré- 
mité d'un fort crochet fixé par sa base à l'angle postéro-interne 



RECHERCHES SÛR LES MYRÎÔPOHKS \\\ 

de la hanche. Au fémur fait suite (sans articulation) une partie 
allongée et divisée plus ou moins profondément en deux bran- 
ches, l'une postéro-interne, c'est le tibia, l'autre antéro-externe, 
très longue et repliée en arrière en forme de crochet, abritant 
la première dans sa concavité, c'est le tarse. 

La branche postéro-interne ou tibia, renflée dans sa partie 
moyenne, présente avant son extrémité une touffe de soies cour- 
tes et serrées. Au milieu de ce coussinet piligère, s'ouvre un 
pore microscopique communiquant avec une ampoule interne, 
en forme de boyau court et replié sur lui-même, qui n'est autre 
chose que 1 extrémité d'un canal étroit qui parcourt le tibia dans 
toute sa longueur et vient déboucher dans la fossette située à la 
partie interne de la hanche. 

L'ensemble de l'organe est parcouru par de nombreuses tra- 
chées. 

Chez les Strongylosoma, les pattes copulatrices ont une struc- 
ture différente et ne présentent pas de coussinet piligère. 

Spermatozoïdes. — Les spermatozoïdes sont cellulaires et 
privés de mouvement. 

FEMELLE 

Sac ovarique. — Le sac ovarique diffère peu de ce que nous 
avons vu déjà chez les Pollyxenus et les Glomeris, c'est toujours 
un long sac impair s'étendant depuis l'avant dernier segment 
anal jusqu'au 3 e segment antérieur et présentant sur sa face 
ventrale, dans les deux tiers postérieurs, deux stroma ovuli- 
gènes distincts, sur lesquels se développent les ovules. 

Dans le tiers antérieur, le sac ovarique diminue de capacité 
et, enfin, se divise en avant en deux oviductes courts qui, à 
l'état normal, lorsque les vulves sont abritées sous la lame ven- 
trale, sont contournés sur eux-mêmes en forme d'S. 

Vulves. — Le second segment est fortement échancré sur son 
bord postérieur ventral et le troisième présente également une 
échancrure à son bord antérieur correspondant. Dans la fossette 

soc d'hest. naturelle de Toulouse (t. xïxv) . 11 



112 t. CM ALAN DE 

ainsi formée, entre les deux segments, se trouve, en avant, la 
2 e paire de pattes ambulatoires et en arrière de celles-ci, les 
vulves qui, à l'état normal, sont cachées au fond de cette fos- 
sette génitale et ne sont saillantes au dehors qu'au moment de 
l'accouplement. 

Les vulves sont absolument mobiles. Quand elles sont abri- 
tées sous l'arceau ventral, elles sont supportées par une petite 
charpente chitineuse sur laquelle les oviductes se replient. Au 




i n 

Fie. 5. — Polydesrmis inconstans Latz. Vulves en pleine turgescence. I. Les vulves de 
face. II. Les vulves de côté; a; Deuxième paire de pattes ; b) Troisième paire de pattes. 



moment de l'accouplement, elles sont projetées en avant, décri- 
vent un demi-cercle autour de la pièce chitineuse, franchissent 
la fossette génitale et se couchent en arrière sur l'arceau apode 
du 3 e segment, les oviductes seuls restant engagés dans la fos- 
sette. Les vulves ont alors la forme d'un rein, dont la concavité 
est tournée du côté de Farceau et présente l'autre face hérissée 
de poils très courts. 

Fabre leur donne la forme d'un « conoïde tronqué » parce 
qu'il ne les a pas vues probablement dans leur état de tur- 
gescence. Elles affectent, en effet, un peu cette forme lors- 
qu'elles sont cachées dans la fossette génitale. C'est sans doute 



RECHERCHES SUR LES MYRÎOPODËS M 3 

pour la même raison qu'il les dit « accolées à leur base » quand, 
au contraire, elles sont complètement séparées l'une de l'autre. 
Accouplement. — L'accouplement n'est jamais simple, il n'y 
a pas accolement des orifices génitaux des deux sexes, la fécon- 
dation s effectue au moyen du transport du sperme, d'abord 
des orifices génitaux du mâle aux pattes copulatrices, puis de 
celles-ci aux vulves de la femelle. 



IULIDAE 

Nous avons poursuivi nos recherches sur la structure des or- 
ganes génitaux des Iules, sur un certain nombre d'espèces et 
principalement sur : 

Cylindroiulus londinensis Leach. 
lu lus cognatus Latzel. 
Schizophyllum mediterraneum Latzel. 
Schizophyllum sabulosum Linné. 

Chez tous la conformation est identique, sauf pour les orga- 
nes copulateurs qui varient de forme pour chaque espèce et 
présentent souvent des modifications pour les individus d'une 
même espèce. 

MALE 

Testicules. — La glande spermagène a, par sa conformation, 
une grande ressemblance avee celle des Polydesmus. Elle est 
composée également de deux tubes longitudinaux qui s'étendent 
depuis les derniers segments du corps jusqu'au 3 e segment an- 
térieur, entre le tube digestif et la chaîne ganglionnaire, et de 
canaux transverses qui les relient, formant ainsi une échelle 
sur presque toute son étendue. Dans la partie postérieure, à 
partir de son origine, les tubes longitudinaux présentent laté- 
ralement une série de 6 à 9 vésicules arrondies et d'un blanc 
mat, portées chacune sur un court pédicelle. Le nombre de ces 



i 14 j. CTÎALANbË 

vésicules n'est pas constant pour les individus d'une même 
espèce. Lorsque les vésicules cessent, les canaux transverses 
diminuent peu à peu de longueur, d'arrière en avant, et les 
tubes longitudinaux se rapprochent insensiblement ; enfin, les 
canaux transverses disparaissent et les tubes longitudinaux 
s'accolent l'un à l'autre, puis se séparent de nouveau en deux 
courts déférents, qui divergent pour se rendre chacun dans 
l'orifice génital correspondant. 

Organes génitaux externes. — Les orifices génitaux tf sont 
situés entre le 2 e et le 3 e segment, en arrière de la 2 e paire de 
pattes, dans deux pénis rudimentaires, accolés l'un à l'autre, 
mais non fixés aux hanches des pattes. Ces pénis sont absolu- 
ment mobiles, presque toujours cachés et abrités dans la fossette 
génitale, contre la charpente chitineuse de soutien de la 2 e paire 
de pattes. L'animal peut à volonté les faire saillir au dehors, au 
moment de l'accouplement. 

Pattes génitales. — Le 1 er segment est incomplet, il possède 
une large sculette dorsale (bouclier thoracique), mais pas d'ar- 
ceau ventral, il porte cependant les pattes de la l re paire (pattes 
génitales). Celles-ci sont dans le jeune âge absolument sembla- 
bles aux autres pattes ambulatoires, mais à l'âge adulte, au 
moment où la fossette génitale du 7 e segment se creuse, par 
l'échancrure du bord postérieur de l'arceau ventral du 6 e seg- 
ment et surtout du bord antérieur du 7 e , elles subissent une 
profonde transformation et apparaissent bientôt toutes petites, 
avec une structure absolument différente de celle des autres 
pattes. Les premiers articles sont atrophiés et se confondent 
presque avec la hanche, le pénultième est très petit et le der- 
nier très développé se recourbe ordinairement en un crochet 
volumineux et translucide. Chez certaines espèces appartenant 
au sous-genre Micropodoiulus(l.spathifer. I. ligulifer), ce der- 
nier article présente une forme différente non en crochet, qui 
caractérise ce sous-genre. 

La forme de ces premières pattes chez le mâle est connue 
pour les diverses espèces, mais l'on n'avait pas recherché quelle 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 115 

pouvait être leur fonction. Leur conformation étant spéciale 
chez le mâle, tandis que chez la femelle, elle n'offre aucune 
différence avec les autres pattes locomotrices, leur rôle devait 
être distinct et pouvait ne pas être étranger à la copulation. 

Après de minutieuses observations, nous avons pu nou^ con- 
vaincre, qu'en effet, c'est avec ces deux crochets que le mâle 
saisissait la femelle par la nuque pendant l'accouplement. 

Organes copulateurs. — Le 7 e segment est toujours apode 
chez le mâle, mais entre le 6 e et 7 e se trouve l'appareil copula- 
teur (pattes copulatrices), formé au dépens des deux paires de 
pattes de ce segment. Le 6 e segment est échancré en dessous, 
en demi-cercle, sur son bord postérieur et le 7 e sur son bord 
antérieur, l'espace compris entre ces deux échancrures forme 
une fossette profonde, dans laquelle est logé l'appareil copula- 
teur que l'animal peut faire saillir au dehors ou rentrer com- 
plètement dans la fossette. 

L'organe copulateur est très compliqué, il se compose en 
général de deux lames antérieures, chitineuses, transparentes, 
de forme variable, qui semblent être des lames protectrices, et 
proviennent de la transformation de la l ,e paire de pattes du 
7 e segment, et d'un ensemble d'appendices pairs, au nombre 
de 4 ou 6, capricieusement contournés, allongés, filiformes, 
lamellaire, ou en feuilles recoquillées, terminés par des pointes 
ou des crochets. Toutes ces pièces provenant de la transforma- 
tion des pattes de la 2 e paire sont soudées les unes aux autres 
à leur partie basilaire. 

L'ensemble de structure est à peu près fixe pour une même 
espèce, mais chaque pièce subit des variations diverses, et nous 
croyons qu'on s'est un peu trop hâté, en ces derniers temps, à 
créer de nombreuses espèces, en se basant seulement sur les 
variétés de formes de cet appareil. 

Spermatozoïdes. — Comme chez les Glomerides et les Poly- 
desmes, les spermatozoïdes sont cellulaires et privés de mouve- 
ment. 



116 J. CHALANDE 



FEMELLE 



Sac ovarique. — Le sac ovarique des Iules n'offre pas de 
particularités nouvelles. C'est, comme nous l'avons déjà vu chez 
les Pollyxenus, les Glomeris et les Polydesmus, un long sac 
impair, pourvu de deux stroma ovuligènes sur sa face ventrale. 
Nous trouvons également les deux oviductes courts, en forme 
de demi-cercle, qui se rendent dans les vulves. 

Vulves. — Le premier segment est incomplet comme chez 
les çf , il présente une large scutelle dorsale et pas d'arceau 
ventral et porte les pattes de la l re paire. Ces pattes n'offrent 
pas de particularité et leur conformation est la même que celle 
des autres pattes ambulatoires, elles sont seulement plus petites, 
dirigées en avant, presque accolées à la tête et ne servent pas à 
la locomotion. Le deuxième segment est un peu échancré dans 
sa partie médiane ventrale et porte la deuxième paire de pattes. 
Le troisième segment est complet et apode, le quatrième est 
complet et porte une paire de pattes et les suivants deux paires. 

Le bord antérieur du troisième segment est légèrement 
échancré, ainsi que le bord postérieur du deuxième ; c'est dans 
la fossette formée par ses deux échancrures que sont logées, en 
avant la deuxième paire de pattes et en arrière de celle-ci, les 
vulves. La fermeture de cette fossette génitale s'opère par le 
rapprochement des deux arceaux ventraux, qui laissent alors 
passer seulement les pattes de la 2 e paire. 

A l'état normal, les vulves sont abritées au fond de cette 
fossette. Au momei.t de l'accouplement elles sont projetées au 
dehors et dirigées en avant. Nous leur avons trouvé des formes, 
bien différentes selon les espèces, toujours très compliquées et 
d'une description difficile. Ce sont en général deux appendices 
chitineux très volumineux et presque globuleux, atteignant ou 
dépassant la courbure des pattes de la 2 e paire et au moins 
2 fois plus larges que celles-ci, porté chacun sur un pédoncule 
chitîneux rigide, dans lequel passe l'oviducte correspondant. 






RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 1 17 

L'appareil est revêtu de poils courts, épars et de soies plus 
longues aux parties saillantes. 

Les deux vulves sont parfois presque accolées à la base, mais 
en réalité toujours libres et divergentes. 

Fabre a donné pour le Iulus aterrinus une figure des vulves, 
devenue classique, mais qui donne une fausse idée de cet 
organe lorsqu'il est en pleine turgescence et fait saillie au 
dehors. Cette figure représente vaguement les vulves lorsqu'elles 
sont logées au fond de la fossette génitale. 

Accouplement. — Gomme chez les Polydesmes, l'accouple- 
ment chez les Iules s'opère d'une façon compliquée et jamais 
par la juxtaposition des organes des deux sexes. La fécondation 
est indirecte, le sperme est cueilli aux orifices génitaux du 
mâle par l'appareil copulateur de celui-ci, qui le transporte 
dans les vulves de la femelle. 

genre. — Blaniulus 

Chez les Blaniulus la conformation des organes génitaux 
internes, mâle et femelle, est semblable à celle des Iules. Les 
pattes de la l ie paire ont, chez le mâle, une structure diffé- 
rente, mais sont composées ordinairement de 5 articles dis- 
tincts. Chez la femelle, c'est la 2« paire qui offre quelques 
particularités. 

Les pattes copulatrices présentent dans le genre Blaniulus 
un faciès particulier, elles sont toujours saillantes et à décou- 
vert, ordinairement rejetées en arrière sur l'arceau ventral du 
7 e segment et sur le suivant. 



II. _ APPAREIL RESPIRATOIRE 

Nous avons, dans plusieurs notes et mémoires (4885-4886- 
4887-1889), fait connaître les travaux qui avaient été publiés 
sur l'appareil respiratoire des Myriopodes et donné des descrip- 
tions de l'organisation de cet appareil chez les Chilopodes, aussi 



118 J. CHALANDE 

nous ne croyons pas utile d'en retracer ici les monographies 
détaillées, nous nous bornerons pour cet ordre de Myriopodes 
a une étude comparée générale et à des descriptions très suc- 
cinctes pour chaque type. 

Les Symphyles et les Diplopodes nous réservaient cependant 
encore un vaste champ d'étude, et nous donnerons pour ces 
derniers le résultat de nos nouvelles recherches personnelles. 

STRUCTURE GÉNÉRALE 

L'appareil respiratoire des Myriopodes se compose de tubes 
aérifères, circulant plus ou moins dans la cavité somatique et 
recevant l'air par des orifices (stigmates) situés dans diverses 
parties du corps. 

Poumons. — Parfois (Chilopodes pulmonés = Scutigères), 
ces tubes sont d'une extrême délicatesse, sans épaississement, 
spirale, très courts et groupés en nombre considérable, formant 
ainsi des organes particuliers, localisée sur la ligne médiane du 
dos, dans le repli du bord postérieur de chaque scutelle dorsale. 

C'est à ces organes que nous avons donné (1885) le nom de 
« Poumons », en raison de leur analogie avec ceux de certaines 
Arachnides et de leurs dispositions spéciales en deux lobes pul- 
monaires aplatis. 

Trachées. — Chez tous les Chilopodes trachéens et certains 
Diplopodes (Pollyxenus et Gtomeris) l'appareil se compose de 
trachées ou de faisceaux de trachées à épaississement spirale, 
prenant naissance aux stigmates ou au fond des poches sous- 
stigmatiques et qui se ramifient et se dichotomisent à l'infini, 
pour se répandre dans toute la cavité somatique, enlaçant tous 
les organes, plongeant dans les tissus et pénétrant dans tous 
les appendices locomoteurs, sensariels, copulateurs et autres. 
Chez certains Chilopodes elles présentent des anastomoses plus 
ou moins nombreuses, reliant les divers stigmates entre eux. 

Chez les autres Diplopodes (Polydesmidae, Chordeumidae et 
Iulidae), les trachées ne présentent ni spiricules, ni ramifica- 



RECGERCHES SUR LES MYRIOPODES 



119 



tions, ni anastomoses. Ce sont alors de longs tubes à membrane 
délicate et lisse, dépourvue d'épaissement spiroïde ou autre. 

Chez les Symphyles les trachées sont ramifiées, mais non 
spiriculées. 

Stigmates. — Les stigmates sont impairs chez les Chilopodes 
pulmonés et s'ouvrent sur la ligne médiane dorsale, dans le 
repli du bord postérieur des scutelles. Chez tous les autres 
Myriopodes, ils sont toujours en nombre pair, variable et situés 
soit dans les membranes latérales, intermédiaires, qui unissent 
les scutelles dorsales aux plaques ventrales (Chilopodes tra- 
chéens), soit dans la région ventrale, en avant et un peu sur le 
côté de l'article basilaire des pattes (Diplopodes), ou enfin réduits 
à une seule paire, s'ouvrant dans la tête, en arrière et un peu 
au-dessus des antennes (Symphyles). 

Tableau synoptique des organes respiratoires des Myriopodes. 



mates dor- 
îx impairs. 



ates pairs 
ians les 
mes laté- 
i unissent 
elles dor- 
x plaques 






ates pairs 

ur la face 

à la base 

[ue patte. 



ie seule paire de 
ates, sur les côtés 
tête. 



Des sacs pulmonaires localisés dans la région 
dorsale 

Un seul réseau trachéen. Trachées ramifiées, 
indépendantes 

Un seul réseau trachéen présentant de nom- \ 
breuses anastomoses reliant tous les stigmates > 
entre eux ) 

Un seul réseau de trachées ramifiées indépen- ) 
dantes et des trachées transverses reliant les stig- / 
mates pairs en eux. 1 

Deux réseaux trachéens distincts, l'un dorsal 
symétrique, présentant des troncs anastomoti- f 
ques, l'autre ventral, composé de trachées rami- ( 
fiées indépendantes / 

Un seul réseau trachéen. Trachées spiricu- | Pollyxenidae. 

lées et ramifiées ) Glomeridae. 

\ Polydesmidae. 

Un seul réseau trachéen. Trachées non spi- ( Chordeumidae. 

riculées et non ramifiées ( lulidae. 

i Polyzonidae, 

Un seul réseau trachéen Trachées ramifiées, 
mais non spiriculées 



Scutigera. 
Lithobiidae. 

Scolopendra. 
Cryptops. 

Geophilidae. 



Symphyles, 



120 J. CHALANDE 



MECANISME DE LA RESPIRATION 



La plupart des zoologistes ont admis que le mécanisme de la 
respiration chez les Myriopodes était le même que chez les 
Insectes. Les nombreuses recherches auxquelles nous nous 
sommes livré (1886 et janvier 1887) et dont les résultats ont été 
confirmés plus tard par P. Plateau (août 1887), nous ont 
prouvé que cette hypothèse n'était pas justifiée et nous ont 
démontré que chez les espèces possédant une enveloppe extrê- 
mement dure, comme les Iulides, aussi bien que chez celles dont 
les téguments externes sont relativement mous, comme les Litho- 
biides, Scolopendrides, Geophilides et Symphyles, il n'existe 
pas de mouvements externes destinés au renouvellement de 
l'air dans l'appareil respiratoire. Non seulement il n'y a pas 
chez ces Arthropodes de mouvements généraux liés à la respi- 
ration, mais leurs stigmates pourvus d'un péritrème corné, 
restent absolument immobiles. 

L'appareil respiratoire ne possède pas de mouvements qui lui 
soient propres, susceptibles de produire l'appel ou l'expulsion 
de l'air. Il n'existe pas, pendant le repos, de mouvements de 
dilatatation ou de contraction de la cavité somatique, suceptibles 
de produire ou d'aider l'inspiration et l'expiration. 

Si l'on observe l'ensemble des faits produits par les contrac- 
tions du vaisseau dorsal, on remarque cependant, qu'à chaque 
mouvement, le sang chassé dans les lacunes, rencontrant dans 
son parcours les trachées qui y sont baignées, accentue à chaque 
flux sanguin, les courbes de ses trachées. Il en résulte pour 
chaque contraction alternativement une augmentation et une 
diminution dans la capacité totale de l'ensemble de l'appareil 
respiratoire. 

L'inspiration et l'expiration sont ainsi assurées par les mou- 
vements rythmiques du vaisseau dorsal. En outre, l'air pénètre 
par diffusion jusque dans les plus fines trachées. Pendant le 
repos ces causes agissent seules. 

Pendant l'activité, certaines fonctions aident la respiration; 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 121 

ce sont : 1° Pendant la marche, l'action des muscles moteurs 
des pattes sur les trachées, et les changements de capacité de 
la cavité somatique, produit par les mouvements de reptation ; 

2° Pendant la digestion, les mouvements du canal digestif. 

Enfin l'abaissement delà température, outre le ralentissement 
qu'il exerce sur toutes fonctions et, par conséquent, sur l'acti- 
vité des combustions organiques, agit encore sur la respiration, 
par la dimiuution du nombre des contractions du vaisseau 
dorsal. 

Ni les stigmates, ni les poches sous-stigmatiques n'exécutent 
de mouvements en relation directe avec les fonctions de la 
respiration. L'orifice externe des stigmates ne se contracte pas. 
Le rôle des stigmates est passif; ils servent seulement de 
communication entre l'appareil respiratoire et l'air extérieur. 

Sous l'influence de causes extérieures, les poches sous-stig- 
matiques peuvent se contracter, et les excroissances qui gar- 
nissent leur membrane interne peuvent obstruer les stigmates, 
mais l'obstruction de l'orifice n'est que partielle et en aucun 
cas l'appareil respiratoire n'est complètement clos. La membrane 
interne sous-stigmatique, poches ou excroissances, a pour 
fonction la préservation de l'appareil respiratoire. 

L'absence de mouvement respiratoire externe n'est pas un 
fait particulier aux Myriopodes. Les recherches auxquelles nous 
nous sommes livré, dans le but d'étudier les mouvements 
respiratoires chez les Scorpionides, nous ont révélé chez YAn- 
droctomus occitanus, l'absence complète de mouvements 
d'inspiration et d'expiration et l'immobilité des ouvertures 
stigmatiques, conformément aux constatations de L. Dufour 
(1856, p. 618) et de P. Plateau (1886) et en contradiction avec 
celle d'Emile Blanchard (1851, pp. 37, 73, 74). 

Le savant physiologiste P. Plateau a constaté également, 
chez tous les Arachnides qui ont fait l'objet de ses recherches 
(Scorpionides, Arayiéides, Phalangides), la même absence de 
mouvements respiratoires externes. L'auteur n'a pas recherché 
par quel procédé se fait le renouvellement de l'air dans l'appa- 



122 J. CHALANDE 

reil respiratoire. La théorie que nous avons donnée sur le 
mécanisme de la respiration chez les Myriopodes nous paraît, 
a priori, applicable aux Arachnides. 

ordre. — Chilopodes 

L'appareil respiratoire, chez les Chilopodes trachéens, se 
compose de trachées plus ou moins volumineuses, toujours à 
épaississement spiroïde et présentant de nombreuses ramifi- 
cations qui se répandent dans tout l'organisme. 

Parfois l'appareil forme deux réseaux distincts (Geophilidae), 
l'un supérieur, flottant au dessus du vaisseau dorsal et présen- 
tant des troncs anastomotiques réguliers et géométriquement 
disposés, et l'autre ventral, simplement ramifié, ou bien un 
seul réseau présentant chez les uns (Scolopendra) des anasto- 
moses nombreuses et irrégulières et chez les autres (Cryptops, 
Lithobius) de simples faisceaux de trachées ramifiées sans 
anastomoses. Chez les Cryptops, ou trouve en outre des troncs 
trachéens transversaux, sans anastomoses, reliant les stigmates 
pairs. 

Les stigmates de la première paire envoient toujours des 
troncs trachéens dans la région céphalique. Deux de ces troncs 
s'entrecroisent à la hauteur du cerveau, pour se rendre chacun 
dans l'antenne du côté opposé. 

Stigmates. — Les stigmates s'ouvrent dans les membranes 
latérales intermédiaires qui unissent les plaques dorsales aux 
plaques ventrales. Chez les Lithobiides ils sont au nombre de 6 
et situés dans les segments 3, 5, 8, 10, 12, 14; chez les Scolo- 
pendrides ( Scolopendra et Cryptops) la disposition est la même» 
mais le nombre de segments pédigères étant de 21 au lieu 
de 15, celui des stigmates est augmenté ; on en trouve 9, situés 
dans les segments 3, 5, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20. 

Chez les Géophilides, on trouve une paire à stigmate dans 
chaque segment pédigère, sauf dans le premier segment thora- 
cique et les deux segments anals. 






RECHERCHES SURLES MYRIOPODES 123 

Les stigmates affectent des formes très- diverses, selon les 
familles ou les genres et présentent parfois (Geophilidae) des 
modifications pour les diverses espèces d'un même genre. Ils 
sont tantôt ronds, ovales, vulviformes ou linéaires. 

Le stigmate est en général au niveau du ligament externe 
(Scolopendra, Geophilidae), mais parfois il présente un déve„ 
loppement externe très prononcé (Lithobius, Cryptops). Son 
ouverture, circonscrite par un péritrème de consistance cornée, 
se trouve pourvue d'un épaisssssement granuleux (Cryptops, 
Geophilidae), ou d'excroissances en forme de poils simples ou 
de poils en panaches, qui peuvent en obstruer l'entrée (Litho- 
bius, Scolopendra). 

Poches sous-stigmatiques. — Le stigmate présente parfois 
(Cryptops, Geophilidae) un prolongement interne en forme de 
sac, au fond duquel les trachées prennent naissance et auquel 
nous avons donné le nom de « poches sousstigmatiques »; La 
membrane interne qui tapisse ces poches est complètement lisse 
chez certains et présente chez d'autres un épaississement gra- 
nuleux. Parfois cette membrane est contractile, mais en aucun 
cas, l'obstruction de l'orifice du stigmate n'est complète. 

Affinités. — Par le tableau synoptique qui suit, on peut se 
rendre compte des affinités des divers groupes de Chilopodes, 
au point de vue du système respiratoire. 

Le type des Pulmonés (Sculigères) relie étroitement la classe 
des Myriopodes à celle des Arachnides. Léon Dufour, quoique 
n'ayant pas étudié l'appareil respiratoire chez les Sculigera 
lineala dont il a fait l'anatomie, avait déjà entrevu que les Scu- 
tigères étaient assez voisins des Scorpions. 

LesChilopodes trachéens présentent dans nos contrées six types 
parfaitement distincts, qui peuvent se réunir en deux groupes. 
Le premier groupe (Lithobius, Scolopendra) ne présente qu'un 
seul réseau trachéen et des stigmates dans les segments 3, 5, 8, 
10 et de deux en deux, jusqu'à l'extrémité. Le deuxième groupe 
(Geophilidae), deux réseaux trachéens distincts, l'un dorsal et 
l'autre ventral et des stigmates à tous les segments pédigères» 
sauf dans le premier et les deux derniers. 



124 3. chalande 

Dans le premier groupe, les Lithobius et les Scolopendra 
forment deux types bien tranchés et les Cryptops un type 
intermédiaire entre ces deux formes et le groupe des Geophilidae. 
Chez les premiers (Lithobius) les trachées sont ramifiées et 
indépendantes et ne présentent jamais d'anastomoses ni de 
-boursouflures. Chez les seconds (Scolopendra), outre la confor- 
mation particulière des stigmates, nous trouvons des trachées 
irrégulièrement boursouflées sur leur parcours et des anasto- 
moses nombreuses et irrégulières, reliant tous les stigmates 
entre eux. 

Les Cryptops se rapprochent des Scolopendra par le nombre 
et la disposition de leurs stigmates et des Lithobius par leurs 
trachées non anastomosées et la structure de leurs stigmates ; 
enfin, par la présence de leurs tubes aérifères transversaux, ils 
forment le passage entre ces derniers et les Geophilidae. 

Les Lithobius, par la simplicité d'organisation de leur appa- 
reil, composé de trachées sans anastomoses et seulement rami- 
fiées, se rapprochent des Pollyxenus et des Glomeris, qui on 
également des trachées spiriculées et ramifiées et forment ains 
la liaison entre les Ghilopodes et les Diplopodes. 

Dans le deuxième groupe, le type Stigmatogaster forme le 
passage entre les Himantarium et les Geophilidae. La disposi- 
tion du réseau dorsal des Geophilus est la même que celle que 
nous rencontrons dans les derniers anneaux de Y Himantarium 
et du Stigmatogaster, et celle du Stigmatogaster se trouve 
représentée identiquement dans les deux tiers postérieurs du 
corps de Y Himantarium. En un mot, si on fait l'ablation des 
30 premiers segments environ de Y Himantarium (portion qui 
est la plus riche en troncs anastomotiques), le restant du corps 
nous donnera l'organisation complète du réseau dorsal du 
Stigmatogaster, et si nous détachons les 40 derniers anneaux 
de Y Himantarium et les 24 derniers du Stigmatogaster, nous 
avons dans ces portions terminales la disposition du réseau 
dorsal du Geophilus. Nous assistons là à une simplification 
progressive du système. 




sauoininj 



snaaqoieax 



tapodonqQ 



126 .î. CHALANUË 

Chilopodes pulmonés. 

(Un seul type). 

Scutigera coleoptrata Lamarch. 

Stigmates. — Des stigmates impairs, en forme de bouton- 
nière, au nombre de huit, situés sur la face dorsale et s'ouvrant 
dans l'échancrure médiane postérieure des scutelles. 

Appareil pulmonaire. — Des sacs pulmonaires, au nombre 
de 8, situés dans le repli postérieur des scutelles dorsales et 
composés d'un nombre considérable de petits tubes aérifères 
d'une extrême délicatesse, dépourvus de spiricules, qui pren- 
nent naissance au-dessous du stigmate et rayonnent à droite et 
à gauche, formant deux lobes pulmonaires réunis au stigmate 
par une fine membrane chitineuse très transparente. 

Diamètre des sacs pulmonaires, mntt 5 à 2 ram . 

Diamètre des vésicules 3 (x. 

Chilopodes trachéens. 

P x groupe. 

LlTHOBIIDAE 

Type : Lithobius forficatus Linné. 

Stigmates. — Stigmates pairs au nombre de 6, situés dans 
les membranes intermédiaires, sur les côtés des segments 
3, 5, 8, 10, 12, 14 (1), saillants, projetés au dehors, linéaires, 
aplatis dans le sens antéro- postérieur et à profil triangulaire. 
Orifice garni de petits poils en panache. 

Pas de poches sous-stigmatiques. 

(1) Dans le genre Henicops, dont nous avons trouvé un exemplaire, 
Henicops fulvicornis, dans le centre de la France, il y aurait, d'après 
Haase, 7 paires de stigmates, la première paire située dans le pre- 
mier segment. Cette espèce n'a pas encore été signalée dane el 
Midi. 



frECHÊftCttES SUft LES MYRI0P0DËS 127 

Appareil trachéen. — Des faisceaux de troncs trachéens, 
partant de§ stigmates, qui se ramifient et se dichotomisent à 
l'infini pour se répandre dans toute la cavité somatique. 

Trachées spiriculées. 

Pas d'anastomoses. 



SCOLOPENDRIDAE 

1 er type. — Scolopendra cingulala Latreille. 

Stigmates. — Stigmates pairs, au nombre de 9, situés dans 
les membranes intermédiaires, sur les côtés des segments 
3, 5, 8, 10, 12, 14, 16, 18 et 20. Orifice vulviforme très large 
en arrière, rétréci en avant ; péritrème en bourrelet garni d'épi- 
nes courtes, régulièrement espacées ; paroi interne du stigmate 
contractile à épaississement granuleux et munie de panaches 
mobiles couverts de poils, qui peuvent obstruer l'entrée. 

Pas de poches sous-stigmatiques. 

Appareil trachéen. — Des faisceaux de gros troncs trachéens, 
partant des stigmates, qui se ramifient, se dichotomisent et 
s'anastomosent irrégulièrement, reliant tous les stigmates entre 
eux et enlaçant tous les organes. Troncs anastomotiques irrégu- 
lièrement boursouflés. 

Anastomoses sans granulations. 

Toutes les trachées spiriculées. 

2e type. — Cryptops hortensis Leach. 

Stigmates. — Stigmates pairs au nombre de 9, situés dans 
les membranes intermédiaires, sur les côtés des serments 
3, 5, 8, 10, 12, 14, 16, 18 et 20. Stigmates saillants, projetés 
au dehors, ovoïdes et à péritrème corné ; membrane interne à 
épaississement granuleux, garnie de poils vers l'ouverture. 

Conduits sous-stigmatiques à membrane chitineuse lisse, 
dépourvue de tout épaississement. 

80C. d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXlv). 12 



128 J. CHALANDE 

Appareil trachéen. — Des faisceaux de trachées, partant du 
fond des conduits sous-stigmatiques, qui se ramifient et se 
dichotomisent pour se répandre vers tous les organes et des 
troncs trachéens transversaux, flottant au dessus du vaisseau 
dorsal et reliant les stigmates pairs. 

Pas d'anastomoses. 

Trachées spiriculées. 

2 e groupe. 

GEOPHILIDAE 

1 er type. — Geophilus carpophagus Leach. 

Stigmates. — Une paire de stigmates dans chaque segment 
pédigère, sauf dans le premier et les deux derniers. Ouvertures 
sur les côtés des segments, dans les membranes intermédiaires 
et sur une petite scutelle de forme presque triangulaire (scutelle 
spiraculifère). Péritrème rond ou ovoïde, légèrement saillant 
et corné. Membrane interne à épaississement granuleux et 
dépourvue de poils ou de cils. 

Des poches sous-stigmatiques contractiles et présentant un 
épaississement finement granuleux. 

Appareil trachéen. — Deux réseaux distincts : Réseau ven- 
tral composé de faisceaux de trachées, partant du fond des 
poches sous-stigmatiques et se ramifiant et se dichotomisant 
dans toute la cavité somatique. Réseau dorsal composé de gros 
troncs trachéens, régulièrement anastomosés, reliant tous les 

stigmates entre eux et formant un lacet en losange, flottant au- 
dessus du vaisseau dorsal. 

Anastosomes à épaississement granuleux. 

Trachées spiriculées. 

2 e type. — Himantarium Gabrielis Linné. 

Stigmates. — Même disposition que chez les Geophilui 
péritrème en forme de boutonnière horizontale. 



Recherches sur lés MVRtoPob-Ës 1^9 

Poches sous-stigmatiques étranglées, lisses et dépourvues de 
granulations dans leur partie médiane. 

Appareil trachéen. — Deux réseaux distincts : Réseau ven- 
tral comme chez les Geophilus. Réseau dorsal non identique 
sur toute sa longueur, très compliqué à sa partie antérieure et 
se simplifiant peu à peu, pour devenir semblable à celui des 
Geophilus dans les derniers segments. 

Dans les segments antérieurs le réseau se compose de tra- 
chées transversales réunissant les stigmates pairs et de troncs 
anastomotiques longitudinaux, qui, partant des côtés de ces 
trachées transverses, vont rejoindre la 4 e antérieure suivante 
dans son milieu ; de ce point, partent deux petites trachées 
divergentes, qui se rendent aux stigmates du segment antérieur 
suivant. On a ainsi dans chaque segment (segment 1 à 30 envi- 
ron), 8 troncs anastomotiques longitudinaux, une trachée 
transverse et deux trachées divergentes. 

Peu à peu le réseau se simplifie et l'on trouve (segment 
30 à 50) 6 troncs anastomotiques longitudinaux, puis 4 (seg- 
ment 50 à 60), puis 2 (segment 60 à 80), puis un double réseau 
en losange (segment 80 à 120) et enfin, dans les derniers seg- 
ments, un réseau identique à celui des Geophilus. 

Anastomoses à épaississement granuleux. 

Trachées spiriculées. 

3 e type. — Stigmatogaster subterraneus Leach. 

Stigmates. — Même disposition que chez les Geophilus. 

Appareil trachéen. — Deux réseaux distincts comme chez les 
Himantarium, mais le réseau dorsal ne présente au début, dans 
les premiers segments (1 à 15), que 6 troncs anastomotiques 
longitudinaux, correspondant à la 2 e portion du réseau de 
Y Himantarium. 

Dans les seg. 15 à 35, 4 troncs, correspondant à la 3 e portion. 

Dans les seg. 35 à 45, 2 troncs, correspondant à la 4 e portion. 

Les segments suivants, environ 24 derniers, présentent un 



lâÔ ï. CHALANDE 

réseau en losange, identique à celui des Geophilus et à la 6 e por- 
tion du réseau de Y Himanlarium. 

Anastomoses à épaississement granuleux. 

Trachées spiriculées. 

ordre. — Symphyles. 

Ryder (1880) indique pour la Scolopendrelle des stigmates 
pairs, situés à la base de chaque patte et en nombre égal à 
celles-ci. Haase (1883) signale leur position réelle, mais décrit, 
partant de chaque stigmate a un tronc trachéen à spirales lâches 
se dirigeant aux côtés postérieurs de la tête et se divisant, là, 
en branches qui retournent en avant et envoient leurs derniers 
prolongements à peu près jusque dans le 3 e segment du corps v. 

Nous avons trouvé un épaississement granuleux, mais non 
spiroïde ; quant à la disposition de l'appareil, nous en donnons 
la description pour la Scolopendrella immaculata, type des 
Symphyles. 

Scolopendrella immaculata Newport. 

Position des stigmates. — Les Scolopendrelles présentent 
cette particularité, unique dans la classe des Myriopodes, 
qu'elles ne possèdent qu'une seule paire de stigmates situés 
dans la tête, un peu en arrière et au-dessous du point d'inser- 
tion des antennes. 

Structure des stigmates. — Les stigmates sont de forme cir- 
culaire, légèrement ovoïde ; ils ne présentent pas de péritrème 
saillant, leurs bords sont constitués par le refoulement du tégu- 
ment externe à l'intérieur. La membrane interne qui tapisse le 
stigmate est dépourvue de poils ou de cils, mais présente un 
épaississement fortement granuleux. 

Conduits sous-stigmatiques. — La membrane interne qui 
tapisse le stigmate se resserre immédiatement au-dessous de 
l'orifice, formant alors le conduit sous-stigmatique et ses nom- 



RECHERCHES SUR LES MYRlOPODES 



131 



breuses ramifications. Ce conduit nous présente aussi des dis- 
positions particulières, spéciales aux Symphyles. Dès son ori- 
gine, il suit en arrière le côté de la tête, presque jusqu'à sa 
partie postérieure, puis par une large courbe revient en avant, 
jusqu'à la hauteur des antennes. Sur tout son parcours, il émet 
de nombreux tronçons qui 
se bifurquent et se sub- 
divisent en se dirigeant 
presque tous, générale- 
ment, vers le côté externe. 
A la base de la courbe 
postérieure, on remarque 
un tronçon beaucoup plus 
volumineux que les au- 
tres, qui poursuit sa direc- 
tion encore en arrière, en 
émettant également de 
nombreuses ramifications 
irrégulières. 

La capacité du conduit 
principal , en forme de V, 
n'est pas égale sur tout 
son parcours; très étroit 
à son origine, il augmente 
de volume peu à peu, puis 
présente des renflements 
et des resserrements abso- 
1 u ment irréguliers. Il en 
est de même pour tous 
les tronçons auxquels il 
donne naissance. 

La membrane chitineuse qui tapisse tous ces conduits est la 
même que nous avons trouvée à l'orifice du stigmate, elle est 
également épaisse, couverte de granulations et dépourvue de 
spiricules. 




Fig. 6. — Scolopendrella immaculata. Appareil respi- 
ratoire. Gr., 13S. 

A. Antenne. — A'. Cavité de l'antenne qui a été enlevée. 
— St. Stigmate. — Cs. Conduits sous-sfignatiques à 
épaississement granuleux. — Ta. Trachées antennai- 
res entrecroisées. — Tv. Trachées viscérales. — 
Les petites ramifications des conduits sous-stigmati- 
ques n'ont pas été complètement dessinées, pour 
donner plus de clarté à la figure ; il n'y a que les 
branches principales. 



132 J. CHALANDE 

Trachées — A l'extrémité antérieure du conduit sous-stig- 
matique principal, à la hauteur des antennes, prend naissance 
un fort tronc trachéen, qui se bifurque bientôt en deux grosses 
trachées; l'une qui se dirige dans l'antenne du côté opposé, et 
l'autre qui revient en arrière et se rend dans la cavité viscé- 
rale, en émettant sur son parcours de nombreuses petites tra- 
chées. 

Toutes les autres ramifications du conduit sous-stigmalique 
se terminent également par de fines trachées dirigées en arrière. 
Jusque dans le 4 e et 5 e segment, ces trachées sont visibles à un 
grossissement de 300 diamètres, mais dans la partie postérieure 
elles deviennent tellement ténues, qu'on ne peut suivre leur 
parcours. 

Le tube digestif peut être considéré, chez ces Arthropodes, 
comme une annexe importante du système respiratoire. 

Les Scolopendrelles absorbent continuellement des bulles 
d'air qui se suivent et cheminent lentement dans le tube diges- 
tif. Ces bulles ne sont pas, comme on pourrait le supposer, des 
bulles de gaz provenant de la décomposition des aliments, elles 
sont introduites dans le tube digestif par la valve buccale. 

Affinités. — Les Symphyles forment, par la disposition de 
leur appareil respiratoire, le passage entre les Myriopodes-Diplo- 
podes [Iulidae] et les Hexapodes et se rapprochent particulière- 
ment des Campodidae (Thysanoures). 

Us doivent être regardés, avec ces derniers, comme étant les 
plus proches de la forme ancestrale des Myriopodes et des 
Hexapodes. 

ordre. — Diplopodes. 

Chez les Diplopodes, l'appareil trachéen se simplifie considé- 
rablement et présente deux types bien tranchés» 

Dans le premier groupe {Pollyxenus, Glomeris), il se compose 
de trachées à épaississement spiroïde, qui se ramifient et se 
dichotomisent à l'infini, pour se répandre dans toute la cavité 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 133 

somatique. Dans le deuxième (Polydesmidae, Chordeumidae, 
Iulidae), il atteint sa plus grande simplicité et se compose de 
simples tubes aérifères, très longs, lisses, sans spiricules et ne 
présentant jamais aucune ramification. 

Quoique dans ces deux groupes la structure de l'appareil tra- 
chéen soit bien différente, l'organisation est fondamentalement 
la même; en effet, en suivant le trajet de quelques trachées, on 
remarque que : 

Dans le premier groupe, les ramifications trachéennes se réu- 
nissent successivement les unes aux autres en des troncs com- 
muns, pour déboucher au dehors. 

Dans le deuxième groupe, les trachées se groupent peu à 
peu> formant des faisceaux de trachées et continuent leur trajet 
jusqu'aux poches sous-stigmatiques, sans jamais se confondre 
entre elles. 

Dans les deux groupes, on ne rencontre jamais de troncs 
anastomotiques, ni d'anastomoses, et les trachées débouchent 
au dehors par des stigmates pairs. 

Stigmates. — Les stigmates sont situés sur la face ventrale, 
vers la base des pattes et un peu en dehors. Toutes les pattes 
en sont pourvues. Ils sont toujours en forme de fente oblique 
et, dans la plupart des cas, il existe des poches sous-stigmati- 
ques à épaississement granuleux, ou constituées seulement par 
une membrane chitineuse lisse et transparente. 

Chez tous les Diplopodes, le tube digestif semble être une 
annexe de l'appareil respiratoire. L'animal y fait continuelle- 
ment pénétrer des bulles d'air qui y cheminent lentement. 
Nous avons pu nous assurer que ces bulles ne proviennent pas 
de gaz dégagés par la décomposition des aliments dans l'intes- 
tin; du reste, ui patient examen pratiqué sous le microscope, 
sur des individus à téguments translucides, permet de s'en 
convaincre. o 

Affinités. — Le 1 er groupe (Pollyxenidae, Glomeridae) forme 
le passage entre les Diplopodes et les Chitopodes. Les trachées 
sont spiriculées et ramifiées comme chez les Lithobius, il n'y a 



134 J. CHALANDE 

guère que le nombre, la disposition et la structure des stigmates 
qui précisent les caractères des Diplopodes. 

Le 2 e groupe (Polydesmidae, Chordeiimidae, Iulidae) offre la 
forme la plus simple de l'appareil respiratoire et se rapproche 
du type Symphyles dans les Myriopodes, et des Campodidae 
(Thysanoures) dans les Hexapodes. 



i n Groupe. 

POLL YXENIDAE 

Pollyxenus lagurus Lin. Latreille. 
Pollyxenus lucidus mihi. 

Nous ne connaissons pas de travaux sur l'appareil respira- 
toire des Pollyxenus. 

Distribution des stigmates. — Les stigmates sont situés à la 
base des pattes, du côté externe, dans un repli entre l'article 
basilaire et lascutelle ventrale. Pour les examiner, il est néces- 
saire de faire l'ablation des pattes, cependant chez le P. lucidus, 
on peut les voir par transparence à travers les téguments trans- 
lucides des pattes, en donnant un fort éclairage en-dessous de 
la platine du microscope. 11 est bon dans ce cas, de baigner la 
préparation dans la glycérine. 

Tous les segments possèdent des stigmates en même nombre 
que les pattes. 

Structure des stigmates. — Les stigmates sont linéaires, en 
forme de boutonnière transversale, légèrement oblique. Ils ne 
présentent pas de péritrème en bourrelet saillant, leurs bords 
sont formés par la continuation du tégument chitineux externe, 
qui est refoulé à l'intérieur. 

Poches sous-stigmatiques. — La membrane interne du stig- 
mate forme une petite excavation qui se resserre brusquement 
formant une poche sous-stigmatique très courte dont les parois 
présentent un épaississement granuleux. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 135 

Appareil trachéen. — Du fond de chaque poche sous-stig- 
matique, part un gros tronc trachéen qui se bifurque bientôt et 
se ramifie en un grand nombre de trachées qui se répandent 
dans toute la cavité somatique. 

Ces trachées sont spiriculées, mais ne présentent pas d'anasto- 
moses, elles sont visibles à un grossissement de 300 diamètres, 
mais les spiricules ne se distinguent clairement qu'à un gros- 
sissement de 5 à 600. 

Chaque patte reçoit une forte trachée qui se recourbe vers le 
5 e article pour revenir en arrière. 

Disposition de l'appareil dans les segments cèphaliques etanals, 
— Les stigmates de la l re paire envoient chacun un gros tronc 
trachéen, en avant, qui se bifurque en deux tronçons pour se 
dichotomiser dans la région céphalique. Au-dessus du cerveau, 
deux fortes trachées s'entrecroisent, celle de droite pénètre dans 
l'antenne gauche et celle de gauche dans l'antenne droite. Les 
deux premiers stigmates envoient également chacun un gros 
tronc trachéen qui se ramifie dans le 1 er segment et en arrière 
de celui-ci. 

Les stigmates de la 8 e paire et les suivants, envoient chacun 
directement en arrière un gros tronc trachéen qui se ramifie en 
de nombreuses petites trachées dans les derniers segments. 
L'anal et le préanal surtout en sont richement pourvus. 

GLOMER1DAE 

Glomeris marginata Villers. 
Glomeris pyrenaica Latzel. 

Brandt (1837, p. 323) décrit exactement la position des stig- 
mates et indique deux troncs longitudinaux qui longent la chaîne 
ganglionnaire, e.t naîtraient des trachées d'origine de la l re paire. 
Milne Edwards, dans ses Leçons de Physiologie et d'anatomie 
comparée (t. II, p. 196) pense que ces tubes sont des trachées an as * 
tomotiques, analogues aux trachées connectives des insectes, 



136 J. CHALANDE 

Distribution des stigmates. — Les stigmates sont au nombre 
de 17 paires ; une paire pour chaque scutelle ventrale portant 
des pattes locomotrices. Ils sont situés à la jonction de l'article 
basilaire des pattes sur l'arête vive que forme le bord externe 
des scutelles ventrales et sont toujours à moitié cachés par l'ar- 
ticle basilaire. 

Les deux derniers segments du corps qui portent chez le mâle 
les 2 paires de pattes ouvrières, ne présentent jamais de stig- 
mates. 
Structure des stigmates. — L'orifice externe est allongé en 

forme de bouton- 
nière, à bords laté- 
raux presque para- 
llèles , légèrement 
plus resserré du 
côté externe; sur ce 
côté, l'arête chiti- 
neuse de la scutelle 
ventrale se relève 
brusquement, pro- 
jetant ainsi cette 
partie du stigmate 
au dehors ; celle-ci 
conserve une sur- 

Fig. 1. — Glomeris mai'ginata. Appareil respiratoire. Un face rectili°ne tan- 
stigmate de la deuxième paire. Gr., 45 

S. Un stigmate de la 2" paire. — A. Partie interne du stig- dis que la SCUtelle 
mate ; membrane à épaississement granuleux et rougeâtre. — . . . 

CV. - Conduit sous-stigmatique ventral. — CL. Conduit sous- est en ligne COlirbe. 
stigmatique latéral. — T. Trachées à épaississement spiroïde j ,. .. _. 

— SV Relèvement de l'arête cliitineuse de la scutelle ventrale. La direction de 

— P. Base de la palte de la 2' paire. ., . n 

1 orifice est presque 
perpendiculaire à la ligne médiane du corps, le côté externe 
légèrement ramené en avant. L'ouverture est circonscrite par 
un péritrème de consistance très dure et en forme de bourrelet 
saillant, très finement granuleux ; ces granulations formant 
comme des stries transver- sales (grossissement de 600 diamè- 
tres). 




RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES 137 

En arrière, l'orifice du stigmate est clôturé aux deux extré- 
mités par une membrane qui en relie les deux bords et forme 
ainsi une petite excavation peu profonde. Dans le tiers médian, 
cette membrane donne naissance à la poche sous-stigmatique et 
dans le tiers externe, elle présente un épaississement granuleux 
très dense et rougeâtre, formant une zone nettement délimitée. 

Poches sous-stigmatiqurs. — Les poches sous-stigmatiques 
sont constituées par la continuation de la membrane chitineuse 
lisse et transparente, qui tapisse le tiers interne et le tiers mé- 
dian du stigmate. Chaque poche se divise bientôt en deux con- 
duits spacieux, très rigides, quoique étant constitués par une 
membrane très transparente; l'un assez court, contourné en 
demi-cercle du côté de la ligne médiane (conduit ventral), l'au- 
tre très long, dirigé obliquement du côté externe (conduit latéral). 

Appareil trachéen. — L'appareil trachéen rappelle celui que 
nous avons trouvé chez les Lithobius, il se compose de fortes 
trachées à épaississement spiroïde, qui se ramifient et se dicho- 
tomisent à l'infini pour se répandre dans toute la cavité soma- 
tique. Ces trachées présentent parfois des formes peu régulières, 
presque boursouflées, comme celles des Scolopendra, cependant 
malgré les plus minutienses recherches, nous n'avons jamais 
trouvé d'anastomoses comme chez ces derniers. 

Chaque conduit Sous stigmalique latéral, se dirige en droite 
ligne vers le côté externe, en prenant une direction oblique et 
en arrière. A la hauteur des scutelles pleurales, il donne nais- 
sance à un faisceau de trachées spiriculées, dont les unes sui- 
vent la paroi dorsale et se répandent dans la région péricardi- 
que et les autres reviennent dans la région médiane, formant 
avec le conduit d'origine, un angle d'environ 45 degrés. Ces 
dernières entourent l'intestin, les tubes de Malpighi et l'appa- 
reil génital. 

Sauf dans les premiers segments, tous les stigmates envoient 
leurs trachées dans les segments postérieurs suivants. 

Le conduit, sous-stigmatique ventral se divise en plusieurs 
troncs trachéens à spiricules, dont l'un longe le pli interne 



138 J. CHALANDE 

transversal de la scutelle ventrale, se croise avec le tronc tra- 
chéen correspondant de l'autre stigmate pair et pénètre dans la 
patte située de l'autre côté du segment ; les autres troncs s'éten- 
dent et se dichotomisent principalement contre la paroi ventrale. 
Cette disposition est remarquable, il y a pour chaque paire 
de pattes entrecroisement de trachées, comme nous l'avons déjà 
observé pour les antennes, chez les Chilopodes trachéens, les 
Symphyles et les Pollyxenus. 
1 er Segment. — Le 1 er segment est dépourvu de scutelles 

pleurales et présente seule- 
ment une scutelle dorsale et 
une ventrale, toutes deux de 
dimension très réduite. Les 
stigmates ne sont pins placés 
dans ce segment sur l'arête 
vive, mais un peu en arrière, 
leur forme est moins allongée 
et la partie granuleuse et rou- 
fc/ct #\.<& geàtre est relevée, formant 

T •■/■ un angle très prononcé. L'ex- 

„ _ ' ' , - ., . cavation formée par la mem- 

I«ig. 8. — Glomeris marginata. Appareil respi r 

ratoire (face postérieure delà scutelle ventral brane qui tapisse le Stigmate, 
du i" segment) Gr., 17. * r D ' 

P. Pattes de la première paire. - SV Scutelle es t p l us profonde et donne 
ventrale. — S. Stigmates. — CV Conduits sous- r r 

stigmatiques ventraux. — cl. Conduits sous- naissance également à deux 

sUgmatiques latéraux. — T. Trachées. c 

conduits sousstigmatiques ; 
le conduit latéral envoie un faisceau de troncs trachéens dans 
le 1 er segment, et le conduit ventral se divise en plusieurs troncs, 
dont l'un se rend dans la patte du côté opposé du même segment 
et les autres se répandent dans la tête. 

3 e Segment. — Dans le 3 e segment, on trouve une disposition 
toute spéciale. Les conduits sous-stigmatiques ventraux de ce 
segment émettent chacun, outre les petites trachées abdomi- 
nales et les deux trachées transverses des pattes, un gros tronc 
trachéen qui, arrivé contre la chaîne ganglionnaire, se divise en 
deux grosses trachées, l'une qui remonte vers la tête en suivant 




TLA 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODËS Î3Ô 

la chaîne et se ramifie dans la partie céphalique ; l'autre qui se 
prolonge en arrière, suivant d'abord en ligne droite jusqu'au 
8 e segment, puis avec des ondulations dans les autres segments, 
toute la face su- 
périeure de la 
chaîne ganglion- 
naire, jusqu'à la 
partie anale. 

Ces deux bran- 
ches longitudi- 
nales postérieu- 
res, n'émettent 
sur leur par- 
cours que quel- 
ques Jines tra- Fig. 9. — Glomeris marginata. Appareil respiratoire (3* seg-ment, 

, , entrecroisement des trachées ventrales} 

CheeS aSSeZ S. Stigmates du troisième segment.— A. Membrane à épaississement, 

granuleux et rougeàlre. — C\. Conduits sous-stigmatiques ven- 

rare. traux. — CL. Conduits sous-stigmatiques latéraux. — T. Trachées 

n latérales et viscérales . — TLA. Trachées longitudinales antérieu- 

Ue Sont Ces rfiS , — TLP. Trachées longitudinales postérieures. — TV. Trachées 

, , ventrales des pattes entrecroisées. 

troncs trachéens 

longitudinaux, que Brandt fait dériver du l 9r segment et que 

Milne Edwards croit être des troncs anastomotiques. 

Segments anats. — Les stigmates des 14 e et 15 e paires, situées 
dans les 9 e et 10 e segments, ainsi que les stigmates suivants, 
envoient les trachées de leur conduit sous-stigmatique latéral 
dans les derniers segments et dans les pattes ouvrières chez le 
mâle. 




2 e Groupe. 

Le 2 e groupe des Diplopodes comprend : les Polydesmidae, 
Chordeumidae, Iulidae et Polyzonidae. L'appareil respiratoire 
ne présentant pas de différences sensibles dans ces quatre fa- 
milles, nous l'examinerons chez les Iulidae comme type. 



140 .t. chalande 



IULIDAE 



Schizophyllum médite rraneum Latzel. 
Schizophyllum sabulosum Lin. 

Tréviranus (1817, p. 42) avait pris, chez les Iules, les orifices 
des glandes répugnatoires pour des stigmates. Savi (1828, p 63) 
et Burmeister (1834, p. 134) ont les premiers rectifié cette 
erreur et indiqué la véritable position des stigmates. 

Distribution des stigmates. — Les stigmates sont situés im- 
médiatement à la base des pattes, en avant et du côté externe. 
On ne peut les voir qu'en faisant l'ablation des membres. Cha- 
que segment pédigère en possède ainsi un nombre égal à celui 
des pattes locomotrices qu'il porte. 

Structure des stigmates. — Chaque stigmate forme une petite 
excavation ovoïde , visible seulement à un grossissement de 
150 diamètres, et dépourvue de péritrème saillant. Ses bords 
sont formés par la continuation de la membrane chitineuse 
externe, refoulée à l'intérieur. 

Poches sous-siiymatiques. — Immédiatement au-dessous de 
chaque stigmate se trouvent les poches sous-stigmatiques, qui 
présentent une légère différence, selon qu'elles appartiennent à 
la première ou à la seconde paire de chaque segment. Celles de 
la première paire (paire antérieure) sont plus courtes et rabat- 
tues sur le côté externe; celles de la deuxième paire (paire pos- 
térieure) sont plus longues et dirigées en droite ligne en avant. 

Les unes et les autres sont relativement courtes et se bifur- 
quent à leur extrémité en deux tronçons qui donnent bientôt 
naissance à une véritable chevelure de trachées. 

La membrane chitineuse qui tapisse ces poches, est très déli- 
cate, transparente et présente des granulations et des plisse- 
ments épais. 

Appareil trachéen. — L'appareil trachéen est constitué par 
des trachées d'une excessive ténuité, à parois d'une transpa- 
rence et d'une délicatesse extrême, complètement dépourvues 



RECHERCHES SUR LÉS MVrIOPODÉS 141 

de tout épaississement spiroïde ou autre et ne présentant ni 
ramifications ni anastomoses. 

Ces tubes aérifères prennent naissance, en nombre considéra- 
ble, au fond des poches sous-stigmatiques et cheminent côte à 
côte en faisceaux dès leur origine. Peu à peu ces faisceaux se 
divisent et se subdivisent et, enfin, les trachées se séparent les 
unes des autres enlaçant tous les organes dans des réseaux 
inextricables. 



III. -r APPAREIL DIGESTIF 

Après les nouveaux et importants travaux qui ont été publiés 
sur l'appareil digestif des Myriopodes et de ses glandes annexes, 
parmi lesquels nous signalerons plus spécialement l'étude d'en- 
semble de P. Plateau (1876), le travail sur les glandes de 
0. Duboscq (1898) et les mémoires de V. Willem (1889), Bal- 
biani (1898) et Giov. Rossi (1902), on ne pouvait guère espérer 
trouver encore quelque chose à glaner. Nos recherches sur les 
Geophilidae, nous ont cependant révélé quelques particularités 
intéressantes. 

Rappelons brièvement que l'appareil digestif des Myriopodes, 
qui se rapproche beaucoup de celui des insectes, se compose d'un 
^ube allongé, qui s'étend presque en ligne droite, sauf chez les 
Glomeridae, sur toute la longueur du corps de l'animal, entre 
l'appareil génital et la chaine ganglionnaire chez les Chilopodes 
et les Symphyles, ou entre le vaisseau dorsal et l'appareil génital 
chez les Diplopodes. 

Chez les Glomeridae, le tube digestif est contourné en S. 

Gomme annexes de l'appareil digestif, on trouve les tubes 
Malpighiens, qui débouchent dans la partie postérieure de l'in- 
testin, et des glandes buccales, dites salivaires, situées dans la 
tête ou le long de l'œsophage. 

Tube digestif. — Le tube digestif présente trois portions par- 
faitement délimitées : 



142 J. CÎÎALANbË 

1° L'intestin buccal, de Plateau (1876), ou œsophage, Prêin- 
tes tin, de Balbiani (1898). 

2° L'intestin moyen, de Plateau, Mêdiintestin, de Balbiani. 

3° L'intestin terminal, de Plateau, Postintestin, de Balbiani. 

Appareil valvulaire. — Chez les Scolopendridae, Scolopendra 
ou Cryptops, on trouve, entre l'intestin buccal et l'intestin 
moyen, une sorte d'appareil valvulaire (P. Plateau), ou gésier 
(Balbiani). 

Tubes de Malpighi. — A la jonction de l'intestin moyen et 
de l'intestin terminal, débouchent les tubes de Malpighi qui 
remontent sur les côtes du tube digestif jusqu'à l'œsophage; 
excepté chez les Glomeridae où ils forment un enchevêtrement 
dans la partie postérieure du corps, entre les replis de l'intestin 
terminal qui, chez ces individus, est recourbé en S. 

Les tubes Malpighiens sont au nombre de deux chez les Chi- 
lopodes et les Glomeris et de quatre chez les lulidae. 

Anus. — L'intestin terminal débouche chez les Pollyxenidae 
dans l'avant-dernier segment du corps. Chez tous les autres 
Myriopodes il débouche dans le dernier, soit par un anus simple 
et indépendant chez les Diplopodes, soit dans un cloaque com- 
mun, avec le conduit génital, canal éjaculateur çf ou ovi- 
ducte 9 chez les Chilopodes. 

Glandes. - Les glandes buccales, dites salivaires, sont en 
nombre variable selon les espèces et présentent deux types bien 
distincts : les glandes acineases, composées de grappes de lobules 
formés d'acini sphériques ou ellipsoïdaux et les glandes en tubes. 
Les canaux excréteurs des unes et des autres débouchent dans la 
région buccale. 

Pour Gœde (1817), ces glandes sont salivaires, ainsi que pour 
Kutorga(1834). 

r*our Strauss- Durhteim (1828), elles sont venimeuses. 

Pour J. Mùlller (1829), elles sont salivaires et venimeuses. 

P. Plateau (1876) a démontré qu'elles n'étaient ni veni- 
meuses ni salivaires dans la véritable acception du mot. Il les 
nomme glandes antérieures, quoique acceptant cependant la 
dénomination de glandes salivaires.. 



RECHERCHES SUR LES MYRIOPODES ità 

Herbst (1889-91), réunit toutes les glandes antérieures sous 
le nom de glandes de la tête (Kopfdrûsen), système I, II, III, 
IV et V, en y comprenant celles qui n'ont aucun rapport avec 
l'appareil digestif. 

Système I et II : glandes situées au-dessous du cerveau et 
dont les canaux excréteurs s'ouvrent dans la cavité buccale au- 
dessous du labre. 

Système III et IV : glandes situées le long de l'œsophage et 
dont les canaux excréteurs débouchent dans les mâchoires. 

Système V : glandes situées le long de l'œsophage, et dont 
l'orifice des canaux excréteurs se trouve sur les côtes du 1 er seg- 
ment, près de l'insertion de la l re paire de pattes [Scolopendra). 

0. Duboscq (1898) désigne ces diverses glandes sans le nom 
de glandes métamériques des segments antérieurs. 

Circonvolutions de l'intestin. — Gervais (1844) a signalé, le 
premier, que l'intestin terminal de YHimantarium Gabrielis* 
n'était pas absolument droit et formait une anse. 

Plateau (1876), en trouve 4 chez cette espèce, signale égale- 
ment des circonvolutions dans l'intestin terminal des Cryptops 
et des Geophilidae, et ne reconnaît ni circonvolutions ni cour- 
bure chez les Lithobius. 

Chez les Iulus il constate une simple courbure terminale, ce 
qui est exact. 

Ces courbures et circonvolutions qui se trouvent plus ou 
moins en forme d'anse, mais d'une manière constante dans 
l'intestin terminal chez les Scolopendridae et les Geophilidae, 
se rencontrent également plus ou moins accentuées chez tous les 
Ghilopodes, et sur toute l'étendue du tube digestif, intestin 
buccal, moyen et terminal. 

Si Plateau et les autres auteurs n'ont pas signalé ces circon- 
volutions, c'est que, généralement, on a l'habitude de disséquer 
des animaux fraîchement tués dans l'alcool. Cette méthode a 
du bon et nous la pratiquons également, mais les organes étant 
alors souples et pour ainsi dire flottants dans la cavité viscérale, 

SOC. u'flUT. SUTUftELLE DB TOULOUSE (t. IXXVl). 13 



dM ). CHALANDE 

on ne peut que difficilement juger de l'exactitude de leurs 
formes et de leurs positions respectives (4). 

Pour fixer les organes dans leur forme et position réelle, 
nous tuons les individus par de légères vapeurs de chloroforme, 
puis nous les immergeons dans de l'alcool, d'abord à 45° et pro- 
gressivement d'un degré plus fort jusqu'à 95°; nous ne procé- 
dons à la dissection qu'après une macération prolongée. Ces deux 
méthodes se contrôlent l'une par l'autre. 

Nous avons trouvé des circonvolutions sur organes fixés; 
chez le Lithobius dans l'intestin buccal, moyen et terminal; 
chez le Scutigera, seulement dans l'intestin buccal ; chez le 
Cryplops, dans l'intestin buccal et terminal ; chez le Chaeteche- 
lyne, dans l'intestin buccal et terminal, et chez le Geophilus 
carpophagus dans l'intestin moyen et terminal. 

GEOPH1LIDAE 

Les travaux sur l'appareil digestif des Geophilidae sont rela- 
tivement peu nombreux ; nous connaissons ceux de Trevira- 
nus (1817), sur le Geophilus longicornis ; de Gervais (1844), sur 
la terminaison du tube digestif et les tubes de Malpighi de 
VHimantarium Gabrielis, et de P. Plateau (1876), sur YHiman- 
tarium Gertaisii (Plat ) et le Geophilus longicornis. 

VHimantarium Gervaisii, de Plateau, nous semble, d'après 
la description de l'auteur (1872), n'être qu'une variété pu 
plutôt un jeune de Stigmatogaster subterraneus ou gracilis, 
mais c'est assurément un stigmatogaster. 

Nous avons poursuivi nos recherches sur : 

Chaetechelyne vesuviana Newport. 
Geophilus carpophagus Leach. 
Himantarium Gabrielis Linné. 
Stigmatogaster subterraneus Leach. 

(1) Un Cryptops tué dans l'alcool se contracte de 1/6 de sa lon- 
gueur. 



REGHERCHES SUR LES MYRIOPODES 

Intestin buccal. — L'intestin buccal très 
long et presque capillaire, 1/10 de millimètre, 
est revêtu d'une forte tunique musculaire, sa 
cuticule interne ne présente aucune production 
chitineuse, saillies ou épines. Relativement court 
chez le Chaetechelyne , progressivement plus 
long chez les Geophilus et VHimantarium, il 
atteint son maximum chez le Stigmatogaster, 
et présente parfois (Chaetechelyne) une anse 
très marquée, un peu avant l'intestin moyen. 
Les aliments cheminent dans cette partie du 
tube digestif sans s'y arrêter. 

Intestin moyen. — L'intestin moyen débute 
par un brusque évasement, surtout chez le 
Chaetechelyne y et se poursuit trèsspacieux et 
d'un diamètre toujours à peu près égal sur toute 
son étendue. Il est revêtu à l'extérieur d'une 
double tunique musculaire , formant deux 
couches distinctes : une couche superficielle 
de fibres musculaires circulaires et une couche 
plus profonde de muscles longitudinaux. En 
dedans de la double tunique musculaire son 
épithelium apparaît très coloré. 

Sa longueur, relativement à l'ensemble du 
canal alimentaire, est inversement proportion- 
nelle à la longueur de l'intestin buccal; plus 
court chez le StigmatogaUer, progressivement 
plus longchezl'/Zimantariumetle Geophilus, il 
atteint son maximum chez le Ghaetechelyne. 



'Tm 



FlG. 10. — Chaetechelyne vesuviana. Appareil digestif: Gros. 4. 

ab. Intest : n buccal : 7 mm . — bc. Inlestin moyen : 27 mni . — cd. In" 
testin terminal : 3 mm . — Gv. Glandes à venin : l rara 3, 1( urs défé- 
rent : 7à9 mm . — Gb. Glandes buccales: 13""", leurs déférents: 13""" • 
Les glandes buccales ont été déta liée du tube dig< stif, avec lequel 
elles sont complèteuunt a. liérentes. 



146 «T. CHALANDE 

En divisant le tube digestif en dixièmes nous avons obtenu 
chez ces diverses espèces les moyennes suivantes : 

Int. buccal Int. moven Int. termina 



Ghaetechelyne vesuviana 


2/10 


7/10 


1/10 


Geophilus carpophagus 


3/10 


6/10 


1/10 


Himantarium Gabrielis. 


4/10 


5/10 


1/10 


Stigmatogaster subterraneus . 


5/10 


4/10 


1/10 



Les aliments séjournent un certain temps dans l'intestin 
moyen, et y subissent les phénomènes de la digestion. Ils y 
forment une colonne compacte qui se revêt sur place d'une 
enveloppe membraneuse très transparente. Cependant, malgré 
les plus minutieuses recherches, nous n'avons pas trouvé trace 
de Ventonnoir, décrit par Schneider, de Breslau, tube libre 
adhérant par son extrémité antérieure à l'œsophage, et se régé- 
nérant sans cesse à son origine, au fur et à mesure que sa por- 
tion postérieure se détache par lambeaux, accompagnant les 
éléments non utilisés jusqu'à leur expulsion; disposition que 
l'on rencontre chez certains insectes. 

Intestin terminal. — L'intestin terminal, très étroit et très 
court, présente une ou plusieurs circonvolutions. Il est revêtu, 
comme l'intestin buccal, d'une tunique musculaire formant 
deux couches distinctes de fibres circulaires et longitudinales, 
et présente également un épithélium fortement coloré en brun. 

Dans cette portion du tube digestif, les masses fécales ne font 
que passer sans séjourner. 

Tubes de Malpighi. — Les tubes malpighiens débouchent 
toujours au nombre de deux à la limite de l'intestin moyen et de 
l'intestin terminal. Dès leur point d'insertion ils se dirigent vers 
la partie antérieure, enlacent l'appareil génital et remontent le 
long du vaisseau dorsal, en suivant les ondulations du tissu 
adipeux. Au point où ils se déversent dans l'intestin, ils se 
renflent légèrement chez le Geophilus carpophagus et forment 



RECHERCHES SUR LES MYPIOPODES 

même parfois une petite ampoule globulaire, chez 
le Stimatog aster sublerraneus. 

Glandes buccales. — Les glandes buccales œso- 
phagiennes des Geophilidae présentent les deux 
types : glandes acineuses en grappes (Sligmatoga- 
ster, Himantarium) et glandes en tubes Chaeteche- 
lyne, Geophilus. 

Ghaetechelyne vesuviana. — Sur les côtés de 
l'œsophage, on trouve accolés à celui-ci 4 tubes 
capillaires ; deux de ces tubes (diamètre 6/100 
de millimètre) se terminent entre les 12 e et 16 e seg- 
ments environ, par deux glandes, en forme d'utri- 
cules piriformes, très volumineuses (longueur, 
1 mm 3 à l mm 5; largeur, mm 6 à mm 7). Ces glan- 
des sont si volumineuses par rapport à l'étroitesse 
de la cavité somatique en cet endroit, qu'elles ne 
peuvent se loger côte à côte; l'une est refoulée en 
avant et l'autre en arrière. Leurs canaux excré- 
teurs sont, en conséquence de leur position, de lon- 
gueurs inégales, 7 mm et 9 ,nm . 

Ces deux glandes n'ont aucun rapport avec l'ap- 
pareil digestif; ce sont deux glandes vénénifiques 
dont les canaux excréteurs aboutissent vers l'ex- 
trémité des forcipules. 

0. Duboscq (1896-1898) les a signalées et décri- 
tes, mais elles avaient été entrevues déjà par Fa- 
bre (1855, p. 258), qui leur avait reconnu leur 
véritable rôle. 

Quoique n'appartenant pas à l'appareil digestif, 
nous mentionnons ces glandes parce qu'on ne les 
rencontre que chez les le Ghaetechelyne ; chez les 



147 



Fig. 11. — Geophilus carpophagus. Appareil digestif : Gros. 4. 

Longueur de ranimai : 38 m,n . — ab. intestin bucc 1 : 11*»\ — oc. In- 
testin moyen : 23 mm . cd. Intestin terminal : 4 mm . — Gb. Glandes 
buccales : W am , leurs déférents : 13 mra . Tm. Tubes de Malpig'hi. 
Les glandes buccales ont été détaché s du tube digeoiif, avec lequel 
elles sont complètement adhérentes. 



148 



J. CHALANDE 



s#; 



& 



autres Geophilidae et chez tous les Chilopodes, 
les glandes venimeuses sont confinées dans la 
hanche des pattes forci pulaires. 

Les deux autres canaux longeant l'œsophage 
et qui se déversent dans la partie buccale, sont 
les canaux excréteurs de deux glandes en tubes. 

Ces glandes sont situées dans la partie anté- 
rieure de Tintes tin moyen; elles sont constitué 
es par un long tube cylindrique de 3/10 de 
millimètre de diamètre et de 13 mm environ de 
longueur, terminé en caecum, et présentant 
un épithelium de grosses cellules jaunâtres, 
très irrégulières, qui se continue dans les ca- 
naux excréteurs et permet de les distinguer fa- 
cilement des canaux des glandes venimeuses. 

Ces glandes en tubes s'enroulent en de nom- 
breuses circonvolutions irrégulières, contre l'in- 
testin moyen auquel elles adhèrent intimement, 
et dont il est très difficile de les isoler intactes. 
Leurs canaux excréteurs mesurent 13 mm de 
longueur comme les glandes et 6/100 de mili- 
mètre de diamètre. 

Geophilus carpophagus. — Chez les Geophi- 
lus carpophagus, nous avons trouvé deux glan- 
des en tubes, semblables à celles du Chaete- 
chelyne vesuviana, situées également à l'ori- 
gine de l'intestin moyen et y adhérant forte- 
ment, mais d'un diamètre un peu plus étroit, 
2/10 de millimètre. 



Fig. 12. — Stigmatogaster subterraneus. Appareil digestif : Gros. 2,3 . 

Longueur de l'an : mal : 65 mm . — ab. Intestin buccal : 31""». — bc. In- 
testin moyen : 26 rom . — cd. Intestin terminal : S""". - Ga Glandes 
buccales antérieures : mn, 3, le rs déférents : 5 mm . — Gp. Glandes 
buccales postérieures ; 20 mm , leurs déférents : 5 mm . — Tm. Tubes 
de Malpiglii. 

Les glandes buccales postérieures ont été ditachées du tube digestif 
et re jetées à gauche. 

Les tubes de Malpighi ont été détachés i'u vaisseau dorsal et rejetés 
à droite. 



RECHERCHÉS SÛR LeS myriôpodes 440 

Longueur de la glande 12 mm. 

Diamètre 2/10 de mm. 

Longueur du canal excréteur 13 mm. 

Diamètre 6/100 de mm. 

0. Plateau (1876) a trouvé chez le Geophilus longicornis 
(Leach) des glandes analogues, mais simplement recourbées en 
boucle vers le milieu de leur longueur et mesurant seule- 
ment 6 mm . 

Chez le Stigmatogaster et chez VHimantarium, on ne trouve 
plus ces glandes en forme de tubes comme chez le Chaetechelyne 
et le Geophilus, mais des glandes d'une forme et d'une nature 
toute différente. 

Stigmatogaster subterraneus. — P. Plateau décrit pour 
son Himantarium Gervaisii = syn. de Stigmatogaster, une 
seule paire de glandes acineuses, situées de chaque côté de 
l'intestin buccal et de l'origine de l'intestin moyen. 

Nous avons trouvé chez le Stigmatogaster subterraneus deux 
paires de glandes buccales œsophagiennes, les unes et les autres, 
glandes acineuses en grappes : 

1° Une paire très petite, située dans les premiers segments, 
que nous appellerons : Glandes buccales œsophagiennes anté- 
rieures ; 

2° Une paire très allongée, située, comme celle que P. Pla- 
teau a signalée, vers la terminaison de l'intestin buccal et 
l'origine de l'intestin moyen, que nous appellerons : Glandes 
buccales œsophagiennes postérieures. 

Glandes buccales œsophagiennes antérieures. — Ces glandes 
minuscules, situées dans les premiers segments, sont composées 
d'une petite grappe de lobules, composés d'acini groupés, avec 
des canaux propres qui se réunissent en un canal excréteur 
commun. 

La grappe mesure environ 3/10 de millimètre et les canaux 
excréteurs 5 mm . 

Glandes buccales œsophagiennes postérieures. — D'une texture 



Io0 j. CHALANDE 

semblable aux glandes antérieures, ces glandes très allongées, 
étranglées de distance en distance, mesurent environ 20 mm de 
longueur et s'étendent sur le 1/4 postérieur de l'intestin buccal 
et la moitié antérieure de l'intestin moyen. Les canaux propres 
des lobules se réunissent au canal excréteur commun, qui 
mesure en totalité 45 m ", soit 20 mm pour la partie glandulaire et 
25 mm d e l'origine de la glande à la mâchoire. 

Le canal excréteur présente un épithélium à grosses cellules 
elliptiques et granuleuses. 

Himantarium gabrielis. — Nous n'avons trouvé chez VHi- 
mantarium qu'une paire de glandes acineuses, semblable à la 
paire postérieure du Stigmatog aster. 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE 



(Nous ne mentionnons dans cette liste que les ouvrages cités dans 

ce travail.) 



Balbiani, 1898. — Etudes anatomiques et histologiques sur le tube 
digestif des Cryptops (Archives de zoologie expérimentale et 
générale, 2c série, t. VIII, 1898). 

Blanchard (Emile), 1851. — L'organisation du Règne animal. — 
Arachnides. 

Burmeister, 1834. — Die Respirationsorgane von Iulus und Le- 
pisma. 

Brandt, 1837. — Beitrâge zur Kenntnis des inneren Baues von 
Glomeris marginata (Mullers Arch. f.Anat. u Phys.). 

Chalande (Jules), 1885.— Sur le sytème respiratoire du Géophile 
(Bull, de la Soc. cVhist. naturelle de Toulouse). 

— 1885. — Etude sur le système respiratoire des Ghilopodes (id.\. 

— 1885. — Recherches anatomiques sur l'appareil respiratoire 

chez les Ghilopodes de France (id.). 

— 1886. — Recherches sur le mécanisme de la respiration chez 

les Myriopodes (id.). 

— 1887. — Recherches sur le mécanisme de la respiration, etc. 

(Comptes rendus de l'Académie des sciences, Paris, 10 jan- 
vier 1887). 

— 1888. — Les Pollyxenidae de France. — Revision du genre Pol- 

lyxenus (Bull, de la Soc. d'hist. naturelle de Toulouse). 

— 1889. — Particularités anatomiques de l'appareil respiratoire 

chez les Stigmatogaster (id). 



152 J. CHALANDE 

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Freiburg, i/B, Bd. V, Heft, 1, 1891). 

— 1901. — Ueber den Hâutungsvorgang der Diplopoden (Nova 

Acta Abh. Kais. Leop. Carol. D. Ak. d. Naturforscher 
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meuse de Chsetechelyne vesuviana (Bull, de- la Soc. Linn. de 
Normandie) . 

— 1898. — Recherches sur les Chilopodes [Arch. de Zool. expé- 

rimentale, 3 e sérip, t. VI, 1898). 

— 1900. — Le développement de la Scolopendre (id. n°* 1 et 2, 

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Du vernoy, 1805-1837. — Leçons d'anatomie composée de G. Cuvier. 

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— 1844. — Etudes sur les Myriapodes (Ann. des se. nat. zool., 

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Gœde, 1817. — Beitràgezur Anatomie der Insecten (Wiedemann's 
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Hennings, 1904. — Zur Biologie der Myriopoden II (Glomerismar- 



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Hoeven (Van der), 1839. — Over het getal der Luchtgaten, bij Sco- 
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— 1884 — Die Myriopoden. — Diplopodes (Wien, 1884). 
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lopendre (Ann. Soc. Ent. de France, 4e série, t. VIII, 1861). 

— 1886. — Note sur un cas d'ovoviviparité chez les Ghilopodes 

([Bulletin des sciences de laSoc. Ent. de France, 10 fév.1886). 

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— 1876. — Recherches sur les phénomènes delà digestion et sur 

la structure de l'appareil digestif chez les Myriapodes de Bel- 
gique (Mém. de VAcad. royale de Belgique, Bruxelles, 1876). 



154 J. CHALANDE 

Plateau (Félix), 1886. — De l'absence de mouvements respiratoires 
perceptibles chez les Arachnides (Archives de Biologie, t. VII). 

— 1837. — Observations sur une grande Scolopendre vivante (C. R. 

de la Soc. Eut. de Belgique, 6 août 1887). 

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Naturf. Ges. Freiburg. i/B., Bd. V, Heft 1, 1890). 

Rossi [Giovanni), 1902. — Sull'apparecchio dirigente dell'ïulus 
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Stein, 1842. — De Myriapodum partibus genitalibus (Archiv. f. 
Anat. und PhysioL, 1842). 

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von Iuliden-Mànnchen. Zoolog. Anzeiger n<> 410. 

— 1893. — Notiz zum Schaltstadium bei Iuliden-Mannchen; Zoolog. 

Anzeiger no 414. 

— 1893. — Vorlàufige Mittheilung ùber neue Schaltstadiumbeo- 

bachtungen bei Iuliden, etc. Zoolog. Anzeiger n° 436. 

— 1900. — Ueber Doppelmânnchen bei Diplopoden. Zoolog An- 

zeiger, t. 23, p. 29 et 34. 
— - 1901. — Ueber Hâutungsvorgang der Diplopoden. Nov. act. Ac. 
Caes. Leop Carol, t. 11, p. 469. 

— 1902. — Myriapoda (Bronn's Thier-Reichs . 

— 1905. — Zur Morphologie, Systematik und Hemianamorphose 

der Scutigeriden. Sitz. Ber. d. Gesell. naturforsch. Freunde, 
no 2, p. 10. 

Willem (Victor), 1889. — Note sur l'existence d'un gésier et sur 
sa structure dans la famille des Scolopendrides (Bull, de 
VAcad. royale de Belgique, 3e série, t XVIII, no 11, 1889). 



16NOU1207 



y -i***n 






SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 47, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 méJ mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Jules Chalande. — Recherches sur les Myriopodes du Sud- 
Ouest delà France {Suite et fin) 79 



?7*. 



16NOV.1S07 




SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE 



TOME TRENTEiNBW. — 1905 



BULLETIN TRIMESTRIEL. - N° 4 






TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILEE 

2, RUR UOMIOUIÈKES 2. 

1905 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 



feo 




Entrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Touloust 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, b llore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé» d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2 e Vice-président»; Secrétaire-général; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

/Vu 31. L élection des membres du Bureau, d i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a heu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
meraores pour une année. L«s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Cmseil et du Comité peuvent seuls être 
rédus imrné liatement dans les mèmss fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elle* 
s ouvrentle premier menredi après le 15 novembre, etont lieu tous les 1 er et 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous le titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions scientifi lues. Tout Mémoire imprimé devra donc porter 
signature de l'auteur. 

Art 42 Calui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut ei 
obtenir d-*s tirages à part, d-js réimpressions, mais par l'intermédiaire de h 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser le 
î'Thanlillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la a té44. cefien- 
tront de droit à a ville de Toulouse. 



DÎATOMÉES DU LAC DE COMTE do5 



Dïatorr)ées du Lac de Corrçté 

(PYRÉNÉES ARIÉGEOISES) 

Par Joseph COMÈRE. 



M. le docteur L. Roule, professeur à la Faculté des sciences 
et directeur de la Station de pisciculture de l'Université de 
Toulouse, a bien voulu me communiquer des matériaux d'étude 
provenant d'une pêche de surface au filet fin, faite sur le Lac de 
Comté. Ces échantillons, que j'ai examinés en vue de détermi- 
ner la florule algologique de la localité, étaient conservés dans 
l'alcool à 75°. 

Un examen microscopique préliminaire m'a montré que la 
récolte était formée de nombreux débris de végétaux Phanéro- 
games : épidermes, vaisseaux spirales, tissus divers, pollens, etc., 
parmi lesquels des filaments en mauvais état d'Algues Ctiloro- 
phycées, des Myxophycées assez rares et de nombreuses Dia- 
tomées. 

Les Chlorophycées sont indéterminables, par suite du séjour 
prolongé dans le liquide conservateur. J'ai pu cependant recon- 
naître un Conferva et un Ulothrix, sans pouvoir les identifier 
spécifiquement. 

Les Myxophycées sont représentées par le Merimospedia 
glauca Naeg, assez fréquent dans les pêches de surface et par 
une forme d'Oscillatoria, dont les trichomes déformés ne 
permettent pas non plus une détermination exacte. 

Les Diatomées comprennent, en outre d'un grand nombre 
d'espèces communes et très répandues, des formes intéressantes 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXIX). 14 



156 J. COMÈRE 

et assez rares. La liste suivante donne la nomenclature de ces 
Phéophycées siliceuses : 

Cocconeis Pediculus Ehr. 

— Placentula Ehr. 
Gomphonema acuminatum Ehr. 

— intricatum Kùtz. 

— Gygnus Ehr. 

— olivaceura Kùtz. 

— abbreviatum Ag. 

— angustatum Kûtz. 
Eunotia Arcus W. Sm. 

— Soleirolii Kùtz. 
Epitheraia ocellata Ehr. 
Geratoneis Arcus Kûtz. 
Amphora ovalis Kûtz. 
Gymbella anglica Lagerst. 
Encyonema caespitosum Kûtz. 

— — Var. ventricosa Rab. 

— — Yar. Pediculus Ehr. 
Navicula iPinnularia) major Kùtz. 

— — Brebissonii Kùtz. 

— — stauroptera Grun. 

— — mesolepta Ehr. 

— — appendiculata Kûtz. 

— tabellaria Ehr. 

— radiosa Kutz. 

— çryptocephala Kùtz. nec Sin. 

— oculata Bréb. 

— Seminulum Grun. 

— Falaiseusis Grun. 

— limosa Kùtz. 
Stauroneis anceps Ehr. 

— Guhnii Hilse. 

— minuta Kùtz. 
Surirella spiralis Kùtz. 

— biseriata Bréb. 

— sp'endida Kùtz. 



DIATOMÉES DU LAC DE COMTÉ 157 

— angusta Kûtz. 
Nitzchia Palea W. Sm. 

— Heufleriana Grun. 

— Frustulum Grun. 

— communis Rab. 
Grunowia tabellaria Rab. 
Odontidium hyemale Lyngb. 

— — Var. mesodon Kiitz. 
Fragillaria mutabilis Grua. 

— capucina Desm. 
Synedra Ulna Ehr. 

— > gracilis Kûtz. 
Meridion circulare Àg. 

— — Var. constrictum Ralfs. 

— — Var. Zinkenii Kûtz. 
Tabellaria flocculosa Roth. 
Melosira distans Ehr. 

— granulata Ehr. 

— crenulata Thvv. 

— spinosa Grev. 

Parmi les formes énumérées, trois sont nouvelles pour la 
région pyrénéenne, à savoir : le Gomphonema Cygnus Ehr. 
(J. Brun, Diat. des Alpes et du Jura, p. 38, pi. vi, fig. 6), qui 
est assez fréquente dans les hautes vallées des Alpes suisses; 
le Navicula Falaisensis Grun. (Van Heurck, Syn. Diat. 
Belgique, p. 1.08, pi. xiv, fig. 5) et le Meridion Zinkenii 
Kûtz (même ouvrage, p. 161, pi. li, fig. 17), qui n'est qu'une 
variété très rare du Meridion circulare Ag., montrant sur sa 
face connective des cloisons internes évasées au centre et resser- 
rées en haut. 

Nous pouvons distinguer dans les espèces, au nombre d'une 
soixantaine, qui composent notre liste, tout d'abord, les formes 
qui se trouvent abondamment dans toutes les récoltes des 
Pyrénées : Ceratoneis Arcus, Odontidium hyemale et Meso- 
don, Encyonema ventricosa et Pediculus, Meridion circu- 



158 S. COMÉRË 

lare, etc., etc. Les epiphytes sont nombreuses, comprenant des 
Gomphonema, des Cocconeis, Amphora, etc. Le Tabellaria 
flocculosa est une des formes les plus caractéristiques de la 
flore pélagique. Les Melosirées sont représentées par des espè- 
ces peu communes et presque exclusivement alpines : Melosira 
spinosa, granulata, distans et crenulata. 

Par contre, un assez grand nombre de Diatomées, certaines 
Naviculées en particulier, ne se montrent qu'à l'état de frus- 
tules isolés. Ces plantules sont probablement accidentelles et 
amenées dans le lac par les ruisseaux affluents. 

Les grandes et belles espèces : Surirella spiralis et splen- 
dida, Navicula major, qui se développent sur la vase du fond, 
sont toutes à l'état d'exemplaires brisés, et il y a lieu d'ad- 
mettre, en raison de leur habitat et du mode de récolte 
employé, que leurs débris siliceux, très fragmentés, sont venus 
flotter à la surface de l'eau. 

En résumé, la florule diatomique du lac de Comté est cons- 
tituée par un mélange de formes pélagiques, nérétiques, bento- 
niques et epiphytes habituelles, auxquelles viennent s'ajouter 
un certain nombre d'autres espèces que l'on ne trouve qu'à 
l'état d'exemplaires isolés et peu nombreux et qui doivent être 
accidentelles ou erratiques. Cet ensemble spécifie la flore mixte 
des lacs étangs, qui, en raison de l'inclinaison graduelle de 
leurs bords et leur profondeur relativement peu considérable, 
permettent le développement des végétaux Phanérogames aqua- 
tiques et aussi celui des Algues, qui sont plus abondantes et plus 
variées dans ces stations que dans les grands lacs, où vrai lacs 
au point de vue biologique, à bords escarpés et de grande pro- 
ondeur. Dans ces derniers milieux , les espèces sont moins 
nombreuses et la flore plus pauvre et plus essentiellement 
pélagique. Le développement des Algues nérétiques et bento- 
niques se trouve empêché par la nature des rives et par la pro- 
fondeur qui ne permet pas au delà de certaines limites la végé- 
tation à la suite du manque d'éclairement, les epiphytes ne 
peuvent non plus exister à défaut de supports naturels. 



DIATOMÉES DU LAC DE COMTÉ 159 

La présence plus ou moins abondante de certaines espèces et 
la connaissance des particularités de leur évolution, permet 
d'a x oir, en l'absence ^'autres documents, des données géné- 
rales, mais souvent assez exactes, sur l'altitude, la profondeur 
et diverses autres conditions naturelles des stations dans les- 
quelles ont été opérées les récoltes des Algues microscopiques. 



160 DE. MONTLEZUN 



TABLEAU DE CONCORDANCE 

Des dénominations des OISEAUX-MOUCHES 

Représentés dans les planches coloriées de l'ouvrage 

de Mulsant et Verreaux et de celles du Catalogue de Gray 

Par M. de Montlezun. 



Xoms de Mulsant et Verreaux V du catalogue 

de Gray. 

1 Acestura Mulsanti Bourcier 1871 

2 Aglaeactis Pamelae Dorb. et Lafre 1808 

3 Aïturus Polytmus Linné 1717 

4 Amazilia cinnamomea Lesson 1678 

5 Amazilia Devillei Reichenb 1682 

6 Arinia Boucardi Salvin Esp. nouv. 

7 Ariana Sophiae Bourc. et Muls 1670 

8 Augastes lumachellus Lesson 1953 

9 Avocettinus eurypterus Loddiges. 1716 

10 Bellona cristata Linné 1901 

11 Calligenia dicliroura Ielski Esp. nouv. 

12 Calligenia osculans Gould Esp. nouv. 

13 Calliperidia angelae Reichemb 1765 

14 Calypta Helenae Mulsant et Verreaux 1891 

15 Campilopterus ensipenis Swains 155c 

16 Cepballepis Delalandii Viellot 1904 

17 Chaetocercus bombus Gould Esp. nouv 

18 Chaetocercus Rosae Bourc. et Muls 1875 

19 Chalybura melanorroha Lawr 1585 

20 Chrysolampis mosquitus Linn 1900 

21 Chrysomirus angustipennis Fraser 1936 

22 Chrysobronchus viridissimus Viellot 1638 






30 



OISEAUX-MOUCHES 161 

Noms de Mulsant et Verreaux N" du catalogue 

de Gray. 

23 Ghrysomirus prasinus Lesson 1922 

24 Chrysuronia Josephinae Bourc. et Muls 1704 

25 Girce magica Muls. et Ver Esp. nouv. 

26 Clytolaema Mathewsi Bourc 1813 

27 Cyanomya microrhyncha Elliot 1815 

28 Cynanthus cœlestis Gould 1849 

29 Damophila Juliae Bourc 1947 

Dialia adorabilis Salvin 1895 a 

Paphosia Helenae Delattre 1891 

31 Diphlogaena Traviesi Muls. et Ver 1771 

32 Diphlogaena hesperus Gould 1778 

33 Docimastes ensiferus Bonap 1747 

34 Doleroraya sordida Gould 1957 

35 Doleromya fallax Bourc. et Muls 1641 

36 Doricha bryantae Lawrence 1732 

37 Dorifera Euphrosinae Muls. et Ver 1800 

38 Eriocnemis Dyselia Elliot Esp. nouv. 

39 Eriocnemis rnosquerae Delatt. et Boure 1969 

40 Eucephala subcœrulea Elliot Esp. nouv. 

41 Euclosia Gayi Bourcier et Mulsant 1740 

42 Eucnemis chrysorama Elliot Esp. nouv. 

43 Eugenes fulgens Swainson 1749 

44 Eugenes spectabilis Lawrence 1750 

45 Eugenia Imperatrix Gould 1751 

46 Eularmis holosericeus Linn 1649 

47 Eupetomena hirundo Gould Esp. nouv. 

48 Eupetomena macroura Gmelin 1575 

49 Eupherusa eximia Sclat. et Sal 1700 

50 Eupherusa nigriyentris Lawrence 1702 

51 Eupherusa poliocercha Elliot Esp. nouv. 

52 Eriocnemis dyselise Elliot Esp. nouv. 

53 Eustephanus Fernandensis King 1899 

54 Eustephanus galeritus Molina 1898 



162 DE MONTLEZUN 

Noms de Mulsant et Verreaux No du catalogue 

de Gray. 

55 Eutoxeres aquila Bourcier 1546 

56 Eutoxeres Condamini Bourcier 1549 

57 Glaucis Antoniae Bourcier et Mulsant 1601 

58 Grypus aequatorialis Gould 1564 

59 Heliactin cornuta Maximilien Pr. de Wie<) .... 1877 

60 Heliangelus Spencei Loddige Bourcier 1841 

61 Heliodoxa Jacula ^ould 1752 

62 Heliomastes Constanti Delattre 1762 

03 Heliopaedica Xanthusi Lawrence 1950 

64 Heliotrix Barroti Bourcier et Mulsant 1978 

65 Homophania insectivora Tsch 1784 

66 Iolaema Screibersi (Loddiges) Bourcier 1742 

67 Klais Guimeti Bourcier et Mulsant 1959 

68 Lampornis calosoma Elliot 1651 

69 Lampornis Mango Linné 1576 

70 Lamprolaema Rhami Cabanis et Hein 1805 

71 Lampropygia boliviana Gould 1789 

72 Lampropygia cœligena Lesson 1788 

73 Lepidolarynx mesoleucus Temminck 1764 

74 Lesbia nuna Lesson 1851 

75 Leucochloris albicollis Viellot . 1614 

76 Leucolia viridifrons Elliot Esp. nouv. 

77 Leucolia candida Bourc. et Mulsant 1617 

78 Lophornis magnifiais Desmurs 1895 

79 Leucaria costae Bourcier 1868 

80 Manilia pulchra Gould 1734 

Mellisuga minima Bonap 1941 

Doricba Evelynae Bourcier 1733 

82 Metallura Jelski Cabanis 1842 

83 Metallura smaragdinicollis Dorb. et Laf 1836 

84 Microcbera albocoronata Lawrence 1724 

85 Nodalia Barrali Muls et Verreaux Esp nouv. 

86 Oreonympha nobilis Gould. 1824 



81 






OISEAUX-MOUCHES 163 

Noms de Mulsant et Verreaux N» du catalogue 

de Gray. 

Oreopyra calolaema Salvin 1767 

Oreopyra cinereicauda Lawrence 1770 

Oreopyra hemileuca Salvin 1766 

Oreopyra leucaspis Gould 1769 

Oreotrochilus chimborazo Bourc 1553 

Oxypogon Guerini Boissonneau 1822 

Panoplites Jardinei Bourcier. 1814 

Panterpe insignis Cabanis et Heine 1768 

Panychlora Aliciae Bourc. et Muls 1921 

Patagona gigas Viellot 1945 

Petasophora cyanotis Bourc. et Mulsant 1609 

Phaetornis eurynome Lesson 1512 

Phaeolaema rubidinoides Bourc. et Mulsant . . . 1803 

Phaetornis Augusti Bourc. et Muls 1519 

Phaetornis Bourcieri Lesson 1524 

Philodice Mitchelli Muls. et Verreaux 1886 

Polemistria Verreauxi Bourcier , . . . 1897 

Primnacantha Langsdorffi Viellot 1878 

Pygmornis Idaliae Bourcier et Mulsant 1540 

Pygmornis Longuemareus Lesson 1531 

Pygmornis Adolphi (Salle) Gould 1532 

Bamphomicron microrhynchus Boissonneau. . . 1815 

Bamphomicron olivaceus Lawrence 1816 

Sapho Phaon Reichemb 1844 

Saturia Isaacsoni Parzudaki 1962 

Selasphorus ardens Salvin 1866 a 

Selasphorus flammula Salvin 1866 

Selasphorus scintilla 1864 

Steganura Underwoodi Less. 1857 

Smaragdites aliciae Bourcier et Mulsant 1921 

( Telamon strictilophus Salvin et Elliot 1893 

( Telamon regulus Lesson 1894 

Thalurania columbica Bourc. et Muls 1658 



164 



119 
120 
121 
122 
123 
124 
125 
126 



DE MONTLEZUN 

Noms de Mulsant et Verreaux V du catalogue 

de Gray. 

Thalurania glaucopis Gmelin 1653 

Thalurania hypochlora Gould 1653 a 

Thalurania Lerchi Elliot Esp. nouv. 

Thaumastura Cora Lesson , 1729 

Tilmatura Duponti Lesson 1883 

TrochilusPyra Gould 1720 

Urosticte Benjamini Bourcier 1825 

Urosticte ruficrissus Lawrence 1826 



N' 


du catalogue 


1 


1871 


2 


1808 


3 


1717 


4 


1678 


5 


1682 


7 


1670 


8 


1953 


9 


1716 


10 


1901 


13 


1765 


14 


1891 


15 


1558 


16 


1904 


18 


1875 


19 


1585 


20 


1900 


21 


1936 


22 


1638 


23 


1922 


24 


1704 


26 


1813 



de Gray Noms du calalo?ue de Gray 

Trochilus Mulsanti Bourc. 
Trochilus pamela Lafr. 
Aïthurus polytmus Lin. 
Polytmus cinnamomeus Less. 
Polytmus Devillei Bourc. 
Polytmus Sophiae Bourc. 
Hylocharis lumacholla Less. 
Polytmus eurypterus Lodd. 
Trochilus cristatus Lin. 
Trochilus régis Schreib. 
Trochilus Helenae Delattr. 
Polytmus ensipennis S\v. 
Trochilus Delalandii V. 
Trochilus Bosae Bourc. 
Polytmus melanorrhous Sal. 
Trochilus mosquitus Lin. 
Hylocharis angusti permis Fias. 
Polytmus viridissimus Aud. 
Hylocharis prasina Less. 
Polytmus Josephinae Bourc. 
Trochilus Matthewsi Lodd. 



N« 


du catalogue de Gray 


27 


1815 


28 


1849 


29 


1947 


30 


1895 a 


30 


1891 


31 


1771 


32 


1778 


33 


1747 


34 


1957 


35 


1641 


36 


1732 


37 


1800 


39 


1969 


41 


1740 


43 


1749 


44 


1750 


45 


1751 


46 


1649 


48 


1575 


49 


1700 


50 


1702 


53 


1899 


54 


1898 


55 


1546 


56 


1549 


57 


1601 


58 


1564 


59 


1877 


60 


1841 


61 


1752 


62 


1762 


63 


1950 


64 


1978 


65 


1784 



OISEAUX-MOUCHES 165 

Noms du catalogue de Gray 

Trochilus microrhynchus Boiss. 
Trochilus cœlestis Gould. 
Hylocharis Julie Bourcier. 
Trochilus adorabilis Salv. 
Trochilus Helenae Delattre. 
Trochilus heliantheus Less. 
Trochilus hesperus Gould. 
Trochilus ensiferus Boiss. 
Hylocharis sordida Gould. 
Polytmus fallax Bourcier. 
Calothorax Bryantae Lawr. 
Trochilus Euphrosinae Muls. 
Hylocharis Mosquera Bourc. 
Calothorax Gayi Bourcier. 
Trochilus fulgens Sw. 
Trochilus spectabilis Lawr. 
Trochilus imperatrix Gould. 
Polytmus holosericeus L. 
Polytmus macrourus. 
Polytmus eximius Delattre. 
Polytmus nigriventris Lawr. 
Trochilus Fernandensis King. 
Trochilus galeritus Mol. 
Grypus aquila Lodd. 
Grypus Condaminei Bourc. 
Polytmus Antoniae Bourc. 
Polytmus aequatorialis Gould. 
Trochilus cornutus Max. 
Trochilus Spencei Bourc. 
Trochilus jacula Gould. 
Trochilus Constanti Delattr. 
Hylocharis Zantusii Lawr. 
Heliothrvx Barroti Bourc. 
Trochilus insectivorus Tsch, 



1^6 DE MONTLEZUN 

N" du catalogue de Gray Noms du catalogue de Gray 

66 1742 Calothorax Schreibersii Lodd. 

67 1959 Hylocharis Guimeti Bourc. 

68 1651 Polytmus longirostris Gould. 

69 1576 Polytmus mango Linné. 

70 1805 Trochilus Rhami Less. 

71 1789 Trochilus bolivianus Gould. 

72 1788 Trochilus coeligena Less. 

73 1764 Trochilus mesoleucus Tem. 

74 1851 Trochilus nuna Less. 

75 1614 Polytmus albicollis V. 

77 1617 Polytmus candidus Bourc. 

78 1895 Trochilus magnifiais V. 

79 1868 Trochilus Gostae Bourc. 

80 1734 Calothorax Pulchra Gould. 

81 1941 Hylocharis minima Linné. 

81 1733 Calothorax Evelynae Bourc. 

82 1842 Trochilus cupreicaudus Gould. 

83 1836 Trochilus smaragdinicollis Lafr. 

84 1724 Topaza albocoronata Lawr. 

86 1824 Trochilus nobilis Gould. 

87 1767 Trochilus calolaemus Salv. 

88 1770 Trochilus cinereicaudus Lawr. 

89 1766 Trochilus hemileucus Salv. 

90 1769 Trochylus leucaspis Gould. 

91 1553 Oreotrochilus Chimborazo Bourc. 

92 1822 Trochilus Guerinii Boiss. 

93 1814 Trochilus Jardini Bourc. 

94 1768 Trochilus insignis Cab. 
9o 1921 Hylocharis Alicie Bourc. 

96 1945 Hylocharis gigas Viellot. 

97 1609 Polytmus cyanotus Bourc. 

98 1512 Phaëthornis eurynome Less. 

99 1803 Trochilus rubinoides Boure. 
100 1519 Phaëthornis Augusti Bourc, 



otsÈAtix-ModcHEâ 167 

N» du catalogue de Gray Noms du catalogue de Gray. 

101 1524 Phaethornis Bourcieri Less. 

102 1886 Trochilus Mitchellii Bourc. 

103 1897 Trochilus Veireauxi Bourc. 

104 1878 Trochilus Langsdorffii Yiellot. 

105 1540 Phaethornis ldaliae Bourc. 

106 1531 Phaethornis Longuemareus Less. 

107 1532 Phaethornis Adolphi Bourc. 

108 1815 Trochilus microrhynchus Bois. 

109 1816 Trochilus olivaceus Lawrence. 

110 1844 Trochilus Phaon Gould. 

111 1962 Hylocharis Isaacsoni Parzudaki. 

112 1866 a Trochilus ardens Salv. 

113 1866 Trochilus flammula Salv. 

114 1864 Trochilus scintilla Gould. 

115 1857 Trochilus Underwoodi Less. 

116 1921 Hylocharis Alicie Bovre. 

117 1893 Trochilus Beginae Gould. 

117 1894 Trochilus regulus Gould. 

118 1658 Polytmus columbicus Bourc. 

119 1653 Polytmus glaucopis G m. 

120 1653 a Polytmus hypochlora Gould. 

122 1729 Galothorax Cora Less. 

123 1883 Trochilus Duponti Less. 

124 1720 Topaza pyra Gould. 

125 1825 Trochilus Berijamini Bourc. 

126 1826 Trochilus ruficrissus^Lawr. 



168 j. DE kEY-PAlLHADË 



CARACTÈRE CHIMIQUE DISTINCTIF 

Entre la sérum-albumine et la myoalbumine 

Loi générale de l'organisation de la cellule vivante 

Par M. J. De REY-PAILHADE, Docteur en Médecine. 



J'ai montré, dès 1890, que les tissus vivants broyés avec du 
soufre produisent de l'hydrogène sulfure à la température de 
40-45°. Cette action est due, d'après mon hypothèse, à la pré- 
sence du philothion. 

M. Heffter, dans un considérable travail d'ensemble, a confirmé 
ces observations; il a reconnu en plus que le sérum du sang 
n'agit pas sur le soufre à froid. 

On sait qu'après la mort, le muscle finement haché cède 
environ 3 p. 100 d'albumine coagulable par la chaleur seule, 
d'après les expériences de MM. A. Gautier et Laudi (G. Pv., 
9 mai 1892, p. 1052). 

L'examen des propriétés chimiques de cette albumine dénote 
une différence importante avec l'albumine contenue dans le 
torrent circulatoire. On ne connaissait encore, je crois, qu'une 
différence de propriété physique entre la sérum -albumine et la 
myoalbumine. 

M. A. Gautier dit, dans la 2 e édition du Traité de Chimie bio- 
logique, p. 88, « que la myoalbumine se distingue de l'albumine 
du sérum en ce qu'elle est coagulable à 73° » On pourra 
ajouter, à ce caractère physique, le caractère chimique suivant : 
La myoalbumine se distingue de l'albumine du sérum en ce 
qu'elle est Coagulable à 73° et qu'elle renferme dans sa consti- 
tution de l'hydrogène philothionique. 



SÉRU.VÎ-ALRUMINE ET MYOALBUMÎNË 169 

Une série de recherches que j'ai instituées avec le hlanc d'œuf 
de poule ont montré que dans la classe des albumines vraies, 
matières solubles dans l'eau distillée pure, il faut distinguer 
deux variétés : 1° Albumine a, attaquant le soufre avec produc- 
tion de rPS — ovalbumine et albumine soluble des muscles -t- 
c'est ce que j'appelle de l'albumine à l'hydrogène philothio- 
nique ; 2° Albumine b y n'attaquant pas le soufre à froid — sérum - 
albumine — c'est ce que j'appelle de l'albumine sans hydrogène 
philothionique. 

Il est à noter qu'il est possible de passer artificiellement de 
la variété a à la variété b; il suffit de traiter pendant plusieurs 
jours, à la température ordinaire, du blanc d'œuf avec du 
soufre, on obtient ainsi une albumine b n'agissant plus sur le 
soufre. 

Les propriétés chimiques relatives au soufre persistent dans 
les dérivés obtenus par la coagulation par la chaleur en liqueur 
très légèrement acide : l'albumine a donne un coagulum qui 
fournit de l'hydrogène sulfuré avec le soufre, je l'appelle du 
pseudophilothion ; au contraire, l'albumine b produit, sous 
l'influence de la chaleur, un coagulum inactif sur le soufre. 

Cette propriété du philothion, autrement dit de l'albumine 
à hydrogène philothionique, de fournir par coagulation une 
matière contenant encore de l'hydrogène philothionique est 
excessivement précieuse pour la recherche de son existence 
dans les milieux organiques. La liqueur, très légèrement aci- 
dulée par de l'acide acétique, est portée à l'ébullition ; le préci- 
pité, recueilli et pressé entre deux doubles de papier buvard, est 
broyé avec du soufre et enfermé dans un petit tube avec une 
bande de papier à l'acétate de plomb; on chauffe à 40-45°, 
pendant une demi-heure. Un noircissement net du papier ré ictif 
indique l'existence du philothion dans la liqueur primitive. 

On décèle ainsi avec facilité un gramme d'albumine active a 
supposée sèche dans un litre d'eau. 

C'est par ce procédé que j'ai examiné la qualité de l'albumine 
musculaire soluble : voici, d'ailleurs, les détails de l'expérience : 



ilO j. DE REY-PAÎLHÀDË 

On hache finement 400 grammes de muscle de dindon, et on 
traite par 250 c. c. d'eau à la température ordinaire; on agite 
fréquemment pendant un quart d'heure, puis, après repos, on 
filtre deux fois le liquide surnageant sur du bon papier à 
filtrer. On obtient une liqueur très peu acide, limpide, qui, par 
la chaleur, donne un coagulum blanc, qu'on presse entre deux 
feuilles de papier buvard. Ce coagulum est du pseudophilothion, 
car il fournit H 2 Savec le soufre ; le coagulum essayé sans soufre 
ne donne que des traces de H 2 S. 

J'ai vérifié ces faits avec du muscle d'animaux suivants : 
cheval, veau, dindon et poisson (gros merlan). Il est donc prouvé 
que l'albumine du sérum, c'est-à-dire du réservoir où puisent 
les cellules des divers organes est de l'albumine sans hydrogène 
philothionique et qu'au contraire l'albumine musculaire, solu- 
ble dans l'eau, renferme de l'hydrogène philothionique. La 
myoalbumine qui attaque le soufre à froid est donc douée d'une 
énergie chimique plus considérable que la sérum-albumine, qui 
ne possède pas ce pouvoir. 

Jetons maintenant un coup d'œil sur le mécanisme général 
de la vie. 

Le rôle de la plante est de transformer les matières sans 
ressort chimique, au sein desquelles elle vit, en substances 
actives, susceptibles de donner de la chaleur en se combinant à 
l'oxygène. Ce phénomène chimique s'accomplit à l'aide de h 
radiation solaire et de corps réducteurs répandus dans le proto- 
plasma cellulaire. Elle ne vit, ne fonctionne, ne s'accroît etnese 
perpétue qu'en créant sans cesse des corps réducteurs au fur et 
à mesure de son développement et pour réparer l'usure de son 
tissu protoplasmatique ; ces corps réducteurs lui sont nécessaires 
pour attaquer les sels minéraux dont elle s'alimente. 

Les expériences sur la constitution chimique de la myoalbu- 
mine montrent que la cellule animale fonctionne d'une manière 
analogue comme la cellule végétale; en effet, la cellule animale 
est plongée dans du plasma sanguin, qui n'attaque pas le soufre 
à froid; or ; la myoalbumine possède, au contraire, de l'hydrogène 



SÉRUM-ALBUMINE ET MYOALBUMINE 171 

philothionique. C'est donc une preuve que la sérum-albumine, 
en devenant myoalbumine, acquiert un plus grand pouvoir 
réducteur. On peut donc énoncer la loi générale suivante : Toutes 
les cellules vivantes possèdent la propriété biologique d'augmen- 
ter l'énergie chimique de certaines substances au sein desquelles 
elles vivent; elles emploient cette propriété à l'édification de 
corps faisant partie intégrante de protoplasma et destinés à 
attaque* , avec le concours d'autres facteurs, les matières qui lui 
servent d'aliments. 

La plante, sous l'influence de la radiation solaire, forme 
avec les sulfates, les phosphates, les sels ammoniacaux, l'eau et 
l'acide carbonique, des composés ternaires — sucres, grais- 
ses, etc., — des composés complexes comprenant divers fer- 
ments solubles, etc. 

L'animal modifie les matières albuminoïdes du sérum pour 
les adapter à ses besoins : hémoglobine, philothion, oxyda- 
ses, etc., etc. , 

La démonstration que la myoalbumine contient de l'hydro- 
gène philothionique donne plus de force à l'hypothèse de Lœw 
(Gautier, l re édition, p. 763), qui veut que durant la vie les 
albuminoïdes aient une autre constitution qu'après la mort. 



soc. d'hist. naturelle de Toulouse (t. xxxix). 15 



172 J. LAROMIGUIÈRE 



Note sur le bassîQ bouiller 

DE 

CARMAUX-ALBI 



Par M. Jules LAROMIGUIERE 
Ingénieur civil des Mines. 



Préliminaires. — Quand la Société d'histoire naturelle de 
Toulouse publia, en 1890 (1), mon travail sur le bassin de Car- 
maux- Albi, on était loin de connaître ce bassin comme on le 
connaît aujourd'hui. Depuis cette époque, en effet, les travaux 
de fond, ou les sondages, exécutés dans les deux concessions, 
ont révélé un certain nombre de faits qui sont bien de nature à 
irfodifier l'opinion qu'on pouvait avoir alors sur sa configura- 
tion. M. Grand, à qui l'on doit la découverte du charbon à Camp- 
Grand, l'a du reste très nettement démontré dans la conférence 
qu'il fit à Albi, au congrès de l'Industrie minérale, le 5 juin 1 904. 
Mais avant d'énoncer cette nouvelle opinion, il nous semble 
indispensable de suivre les sociétés houillères dans les sonda- 
ges qu'elles ont fait forer et de dégager des travaux de fond les 
remarques propres à mieux fixer les limites du bassin à l'ouest. 

Sondages exécutés depuis 1890. 

1° Société des mines de Carmaux. — Voici la coupe des 
différents sondages que la Société des mines de Carmaux a 
creusés depuis 1890 : 

Sondage i Tertiaire . 40 j 

de Valarens ] Houiller stérile . 1 10 } 200 

1891 | Amphibolite 50 \ 

(1) Bulletin de la Société d histoire naturelle de Toulouse, 1890, 
p. 69. 



NOTÉ SUR LE ÈASSlN-HOÙILLER DE CARMAUX-ALBI 173 

Sondae-e ( Tertiaire 10 v 

de- Saint Marcel %™™ ■ — 320 5Q0 

-irqo Houiller stérile 145 ? 

15yu ( Amphibolite 25 1 

• Sondage ( Claire 100 i 

j n & -. ) Permien 40 f «„. 

i°9or s H ° uiiier îio ( 271 

iyui l Amphibolite. 21 I 

j Tertiaire 130 

Sondage £ er ™ ei1 ,' " \T " Y ' Y ' ' 5 

de Cagoloup Ho , ull / ler a y e , c couche de cll f bon 

1902 de 4 m. d épaisseur rencontrée a 

/ 150 m. de profondeur 95 

[ Amphibolite 14 

Sondage ( £■*?« 126, 

de «or 8 h™ sieriie: : : : : : : : :: : : : : : : ig » 

l Amphibolite 2 l 

Tertiaire 140 

Sondage l Houiller avec couche de charbon 

de La Gâché de 3 m. 70 d'épaisseur rencon- \ 292 

1904 j trée à 205 m. de profondeur... 136 \ 

\ Amphibolite 16 / 

/ Tertiaire' 140 \ 

Sondage \ Houiller avec couche de charbon J 

de La Vigarié de 3 m. 50 d'épaisseur rencon- , 233 

1904 / trée à 180 m. de profondeur. . . 73 \ 
\ Amphibolite 20 j 

Sondage l Tertiaire 85 1 

de Marsal j Houiller stérile 90 > 245 

1905 f Amphibolite 70 ] 

Sondage ( Tertiaire 80 j 

de Colombie { Houiller stérile 110 > 202 

1905 ( Amphibohte 12 ) 

Sondage i Tertiaire 80 1 

de L'Espinasse 1 Houiller stérile 50 > 140 

1905 ( Amphibolite 10 \ 

c™.u™ ■/ Tertiaire 70 \ 

Sondage p Prm ip n 170 

de Livers ^eim en. . ]/q l 503 

, Qrr ] Houiller stérile 159 [ 

iyuo ( Terrain vert 104 



2° Société des mines d'Albi. — De son côté, la Société des 
mines d'Albi a fait exécuter deux sondages dont voici la coupe : 



174 5. LAROMIGIHÈRE 

Sondage l Tertiaire 95 I 

de Celles ] Permo- carbonifère stérile 225 ' 321 

1899 (Amphibolite 1 ) 

Sondage t Tertiaire 90 j 

de Guittard ' Permo-carbonifère stérile ....... 592 ? 692 

1900 ( Amphibolite 10 ) 



Travaux de fond. 

1° Concession de Car maux. — Les travaux exécutés au 
puits Sainte-Marie (1) ont reconnu, au mur de la veine E, un 
faisceau de quatre nouvelles couches qu'on a désignées par les 
lettres G, H, I, J. Ces couches, qui sont séparées entre elles 
par des intervalles de grès, de poudingues et de schistes attei- 
gnant parfois de grandes puissances, ont augmenté d"une façon 
notable la partie riche du terrain houiller. De sorte que, là où 
il est complet, le faisceau houiller (2) se compose : 

1» De la veine A, ayant une épaisseur de 3'" 70 



2o 






B, 


3° 






c, 


4u 






D, 


5" 


Entre deux 




6o 


Veine 


F 




7o 


— 


E 




8o 


— 


G 




9" 


— 


H 




10o 


— 


I 




Ho 


— 


J 





de 


2 m 00 


de 


3'" 20 


de 


2«»5'J 


de 


2 "00 


de 


2m 80 


de 


2"'80 


de 


3"' 00 


de 


l m 70 


de 


3 IU 60 


de 


3*50 



Soit ensemble une hauteur de charbon de plus de trente 
mètres. 

2° Concession oV Albi. — Dans la concession des mines d'Albi, 
les travaux de fond sont venus confirmer les découvertes faites 



(1) Sainte-Marie est le centre d'exploitation qui, en 181*9, a rem- 
placé celui de Sainte-Barbe. L'extraction est aujourd'hui assurée, 
comme elle l'était en 1890, par trois groupes : celui de la Grillatié, 
celui de la Tronquié et celui de Sainte-Marie. 

(2) Voir le détail des couches : Bulletin de la Société d'histoire 
naturelle de Toulouse, 1890, p. 69. 



NOFE SUR LE BASSIN-HOUILLER DE CARMAUX-ALBI 175 

par le sondage de Camp-Grand, et établir d'une façon très nette 
la composition suivante du bassin houiller : 

lo Couche Petitjean ayant une épaisseur de 1^40 
2° — Henriette — - de lm75 

3° — Marmottan de 5m 50 

4® — Grande-Couche — de 9 à 14m 

ce qui représente une épaisseur totale de houille de 17 à 24 mè- 
tres, sans compter la couche de charbon maigre de 3 à 4 mètres 
de puissance qu'on trouve à 30 mètres en dessous de la Grande- 
Couche et qui, vraisemblablement, est la même que celle ren- 
contrée par les sondages de Cagoloup, de la Gâché et de la 
Vigarié. 

Différences entre les charbons des deux concessions. — Si 
on compare les charbons d'Albi à ceux des veines de Carmaux, 
on observe qu'il existe entre eux des différences assez marquées. 
Comme extérieur, ceux de Carmaux sont d'un noir bleu et 
brillant assez caractéristique, tandis que ceux d'Albi sont d'un 
noir plutôt mat. Comme teneur en matières volatiles, les pre- 
miers en renferment 25 p. 100 à la Grillatié et 26 p. 100 à 
Sainte-Marie, tandis que les seconds en contiennent 31 p. 100. 
Comme nature de cendres, celles des charbons de Carmaux 
sont moins fusibles que celles des houilles d'Albi. De plus, le 
faciès général des roches, ainsi que les fossiles du terrain 
houiller ne sont pas absolument semblables dans les deux con- 
cessions. 

Existence probable de deux cuvettes. — Toutes ces diffé- 
rences semblent déjà indiquer que les couches de Carmaux ne 
sont pas les mêmes que celles d'Albi, et que les premières 
appartiennent à un dépôt différent du second. Mais il y a encore 
d'autres faits de nature à confirmer cette opinion. 

Dans la note publiée en 1890, nous avons signalé les 
points D, D, D, où les travaux souterrains avaient rencontré 
les terrains verts. Depuis, les amphibolites ont été touchées par 



176 J. LAROMIGUIÈRE 

les galeries, à la Grillatié et à Sainte-Marie, en plusieurs points 
XXX... que nous avons marqués sur le plan (1) (Fig. 1). 

Ces renseignements, joints à ceux fournis par les sondages de 
Colombier, Poumies, Marsal, Rives, Cagoloup et la Gâché per- 
mettent de jalonner le rivage occidental du bassin de Carmaux 
et de constater que ce rivage, après avoir suivi une direction 
sensiblement nord-sud, se retourne brusquement vers l'Est, 
où il va se souder aux micaschistes du rivage oriental. Et, 
comme le terrain vert remonte d'ailleurs du côté de Rives 
pour redescendre ensuite du côté de Camp- Grand, il est naturel 
de penser qu'il existe, à Rives, un bossage divisant le bassin de 
Carmaux-Albi en deux cuvettes. 

Cuvette de Carmaux. — La première, qu'on pourrait appe- 
ler la cuvette de Carmaux, est limitée : au nord, par les mica- 
schistes de Vendeilles et au sud, par les amphibolites de Rives. 
Elle est orientée nord-sud, et s'étend sur une longueur de près 
de sept kilomètres, tandis que sa largeur la plus grande est à 
peine de deux kilomètres. Les couches, qui s'y sont déposées et 
dont le point le plus bas se trouve entre la Grillatié et la Tron- 
quié, vont en se relevant : au nord vers la Massié et au sud vers 
le bossage de Rives. 

Cuvette d'Albi. — La seconde, dite d'Albi, fait suite à celle 
de Carmaux et est orientée, comme elle, nord-sud. Elle com- 
mence au bossage de Rives et s'étend vers le sud à une distance 
encore inconnue. Elle a été comblée par le dépôt houiller qui 
comprend, outre les couches de Petitjean, Henriette, Marmotan 



(1) Cette carte a été aussi simplifiée que possible. Pour la com- 
pléter, surtout au point de vue géologique, il convient de se repor 
ter à celle qu'a publiée la Société dans son Bulletin (1890, p. 69). 

(1) Le jalonnement du terrain vert et les sondages creusés à 
l'ouest des concession, n'autorisent plus le doute qu'on pouvait 
avoir en 1891, quant à l'extension du bassin de ce côté Comme l'a 
très bien dit M. Grand : « S'il existe d'autres bassins dans cette 
région (ce qui est d'ailleurs fort problématique), ils sont absolu- 
ment distincts et indépendants de ceux de Carmaux et d'Albi. » 



NOTE SUR LE BASSIN ROUILLER DE CÀRMAUX-ALB1 177 

et Grande-Couche, une cinquième veine placée en dessous de 
celle-ci et reconnue par les sondages de Cagoloup, la Gâché et la 
Vigarié. 

Sans doute, l'hypothèse de deux cuvettes peut faire craindre 
que la masse de charbon sur laquelle on devait compter, quand 
on supposait qu'il n'existait qu'un seul bassin s'étendant d'une 
façon continue de Vendeilles au sud de Camp-Grand, soit un 
peu diminuée. Mais, en admettant même cette diminution, le 
bassin de Carmaux-Albi n'en reste pas moins encore un des 
meilleurs du Midi, grâce à l'épaisseur des nombreuses assises 
houillères qu'il renferme et de l'excellente qualité de son 
charbon. 



-i ': -■ ' ■: ^ 




i 



COMPTES RENDUS DES SEANCES 

DE l'année 1905 



Séance du 18 janvier. 

Présidence de M. Roule, président. 

M. Roques fait, au nom de M. Dop et au sien, une communi- 
cation préliminaire au sujet des recherches qu'ils ont entre- 
prises sur le parasitisme des Saprolegnièes chez les poissons. 
Après avoir exposé l'historique de cette question, ces auteurs 
annoncent qu'ils ont trouvé plusieurs espèces de saprolegniées 
et qu'ils ont pu étudier la prolifération du mycélium dans les 
tissus et organes des poissons. Ils annoncent, en outre, qu'ils 
sont sur la voie de démontrer que l'action nocive de ces cham- 
pignons doit être attribuée en partie à la production de subs- 
tances toxiques. 



Séance du 1 er février. 

Présidence de M. Roule, président. 

Le secrétaire lit une note de M. de Montlezun, sur des 
hybrides d'un Pigeon bleu barré et d'une Tourterelle Nankin 
à collier noir. Deux hybrides, obtenus il y a deux ans après 
de laborieux essais par M. Mercié, propriétaire à Cazères, ont 



II COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

été offerts au Musée d'histoire naturelle de Toulouse. L'un 
d'eux est encore vivant, l'autre est mort dans un accès de 
colère. L'auteur donne la description détaillée de ces oiseaux. 



Séance du 1 er mars. 

Présidence de M. Roule, président. 

M. Ribaut décrit deux nouvelles espèces de Myriopodes 
qu'il a découvertes dans les Pyrénées, à Saint-Béat (Haute- 
Garonne) : Iulus silvicola umbratilis et Marquetia pyrenai- 
cum. Pour cette dernière espèce, appartenant à la tamille des 
Craspédosomides, l'auteur a du créer un genre nouveau qu'il 
dédie au regretté président de la Société Gh. Marquet, mort 
en 1900. 



Séance du 5 avril 

Présidence de M. Roule, président. 

M, Gluzet fait une communication Sur V excitation des 
nerfs par le minimum d'énergie. 

Parmi tous les courants continus de durée variable qui pro- 
duisent le seuil de l'excitation d'un nerf, il en est un qui cor- 
respond au minimum d'énergie; de même parmi toutes les 
décharges de condensateur qui produisent le seuil de l'excita- 
tion d'un nerf, il en est une qui produit cette excitation avec le 
minimum d'énergie. 

L'auteur a constaté, par un grand nombre d'expériences, que 
la durée de l'excitation par le minimum d'énergie (au moyen 
de courants continus ou de décharges de condensateur) est 
constante et égale à S ,0007 pour tous les nerfs frais de gre- 
nouille verte, quelles que soient les conditions expérimentales. 

Pour les nerfs de l'homme, la durée d'excitation par le mini- 
mum d'énergie est égale à S ,0002. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES III 

En outre, le produit de la résistance du circuit par la capa- 
cité produisant le seuil avec le minimum d'énergie est cons- 
tant et indépendant des conditions expérimentales, pour tous 
les nerfs de grenouille et pour tous les nerfs de l'homme. 



Séance du 17 mai. 

Présidence de M. Roule, président. 

M. Daguin, professeur au Lycée de Bayonne, est nommé 
membre correspondant de la Société. 

On nomme une Commission chargée de vérifier les comptes 
de M. le Trésorier. Cette Commission se compose de MM. Cha- 
lande, Jammes, de Lastic. 

MM. Jammes et Mandoul font une communication sur la 
persistance du canal artériel chez le Phoque. 

Ces auteurs ont eu, il y a quelque temps, l'occasion de prati- 
quer l'autopsie d'un Phoque moine adulte (Leptonyx monachusj 
mort au Jardin-des-Plantes de Toulouse. En outre des grands 
sinus veineux, depuis longtemps décrits chez les Pinnipèdes, 
ce sujet possédait un canal artériel bien développé. Cette par- 
ticularité leur a paru intéressante à signaler. 

Les sinus veineux sont des formations communes à tous les 
mammifères plongeurs ; les plus constants sont placés au ni- 
veau des veines sus-hépatiques et de la portion sous diaphrag- 
matique de la veine cave inférieure. Par contre, la persistance 
du canal artériel est rare ; chez les mammifères terrestres ce 
conduit s'oblitère peu de temps après la naissance et se trans- 
forme en un cordon ligamenteux ; les formes aquatiques le 
conservent plus longtemps, mais il ne reste ouvert qu'excep- 
tionnellement à l'âge adulte. Sur le sujet en question, le canal 
artériel, resté perméable, admettait, dans toute son étendue, 
la tige d'une sonde cannelée. 

L'existence des sinus veineux chez les mammifères plongeurs 



IV - COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

s'explique d'une façon assez simple. A la suite des submersions 
fréquentes et prolongées, il se produit, dans l'appareil respira- 
toire, des perturbations qui déterminent des stases sanguines ; 
la régulation se fait par l'accumulation momentanée du sang 
dans ces sinus. Ainsi, la- sténose pulmonaire qui constitue 
pour les mammifères terrestres un phénomène exceptionnel et 
d'ordre pathologique, devient, àlasuiteduchangementdemilieu, 
un état habituel et d'ordre physiologique pour les mammifères 
adaptés à la vie aquatique. 

On peut comprendre, de même, la persistance du canal ar- 
tériel. Sur le fœtus, le canal artériel a pour fonction de con- 
duire le sang du cœur droit dans l'aorte sans traverser les 
poumons, tant que ceux-ci restent sans emploi. Si, après la 
naissance, le sang éprouve, à la suite de lésions congénitales par 
exemple, une résistance au niveau du territoire pulmonaire, le 
canal artériel peut rester ouvert et continuer à faire passer 
dans la grande circulation le sang provenant du cœur droit. Il 
constitue dans ce cas une anomalie propre à compenser les dé- 
fauts d'une circulation compromise. L'existence du canal arté- 
riel chez les sujets aquatiques adultes, parait avoir, en raison 
des intermittences qui se produisent dans le fonctionnement 
de leur appareil respiratoire la même signification qu'en patho- 
logie humaine. 

En résumé, le persistance du canal artériel chez le phoque 
et. d'une façon plus générale, chez les mammifères piongeurs, 
paraît être en rapport avec la sténose pulmonaire, devenue ha- 
bituelle par suite du genre de vie. De même que l'existence 
des sinus veineux, elle est une conséquence de l'adaptation à la 
vie aquatique. Mais, tandis que les'sinus représentent les régu- 
lateurs ordinaires de la circulation, le canal artériel n'est q:'un 
régulateur accessoire pouvant compléter dans certains cas, h 
dispositifs habituels constitués par les sinus veineux. 



Comptes rendus des séances V 

Séance du 7 juin. 

Présidence de M. Roule, président. 

M. Proch, présenté par MM.de Lastic et Ribaut, est admis 
comme membre titulaire. 

M. Chalande communique la liste des Myriopodes récoltés 
dans une chasse faite à Vieille-Toulouse, le 4 juin 1905 . 

Lithobius Duboscqui Brol. 

Stigmatogaster subterraneus Leach. 

Geophilus ferrugineus G. K. 

Chsetechelyne vesuviana Newp. 

Polydesmus gallicus Latz. 

Pollyxenus lagurus L. 

Pollyxenus lucidus Ghal. 
Pollyxenus lucidus Chalande a été trouvé dans la terre 
meuble, sous une pierre, dans un lieu découvert loin de tout 
bois. Sa capture aux environs de Toulouse est particulièrement 
intéressante. Cette espèce a été découverte par l'auteur, à Pa- 
lalda (Pyrénées-Orientales), dans un bois de chênes-verts, et, 
quelques années plus tard, Silvestri la rencontrait dans l'Om- 
brie et aux environs de Rome, Nemec à Trieste, Brolemann 
à Pont-du-Gard, toujours dans les forêts de chênes-verts; elle 
semblait donc jusqu'ici spéciale à la région méditerranéenne. Sa 
capture à Toulouse doit faire abandonner cette manière de voir; 
elle montre, en outre, que le voisinage du chêne-vert n'est pas 
nécessaire à cette espèce, car cet arbre n'existe point dans la 
région oii elle a été rencontrée. 

M. Ribaut ajoute qu'il a lui-même rencontré Pollyxenus 
lucidus dans les Pyrénées de la Haute-Garonne, à Fos, dans un 
bois de châtaigners. 

M. Jammes fait une communication sur le rôle de l'action 
mécanique de l'intestin dans les migrations des Helminthes. 
En s'appuyant sur : a) Des faits observés à la clinique infan- 
tile des hôpitaux ; b) des autopsies pratiquées aux abattoirs de 



VI COMPTES RENDUS DES SBANCES 

la ville de Toulouse; c) des expériences de laboratoire, l'auteur 
arrive aux conclusions suivantes : La stase des matières diges- 
tives, quelle qu'en soit la cause, peut permettre aux helmin- 
thes intestinaux d'atteindre Vétat adulte sur place, sans 
qu'il soit nécessaire pour eux de passer sur un hôte intermé- 
diaire. 

Cette notion, en désaccord avec la « loi des migrations 
parasitaires », paraît cependant être des plus logiques. L'ac- 
tion du courant qui parcourt d'une façon périodique le tube 
digestif dans toute son étendue, constitue l'une des causes 
principales qui s'opposent au séjour prolongé des helminthes 
adultes dans l'intestin. Seuls, en effet, peuvent conserver leur 
habitat les vers : a) possédant des organes de fixation (Cestodes, 
divers Strongylidés) ; b) pouvant, en raison de leur taille, s'arc- 
bouter sur la paroi intestinale (Ascaris de l'intestin grêle) ; 
c) occupant des régions à l'abri du flux digestif (Oxyures du 
caecum et des replis rectaux), etc. Si, pour une raison quel- 
conque, l'intestin s'encombre, la force mécanique entraînant 
les helminthes manque, et ceux-ci peuvent vivre, alors, dans 
l'espace voué au repos. 

Les œufs isolés sont soumis à des actions exactement sembla- 
bles, mais ils échappent au charriage plus difficilement que les 
vers adultes. Si, toutefois, il arrive aux jeunes d'être suffisam- 
ment abrités, ils peuvent, ainsi que l'a constaté l'auteur, 
évoluer sur place et atteindre leur complet développement. 

Ces observations concordent avec celles de Grassi sur VHyme- 
nolepis murina, de ViLLOTsur les Gordiens, de Stiles sur les 
Linguatules, de Roule sur les Crustacés parasites, etc. 

En résumé, les migrations des Vers intestinaux ont pour 
cause initiale une action d'ordre purement mécanique exercée 
par l'hôte. Les helminthes ne provoquent pas ces migrations, 
ils les subissent. Des faits, encore peu nombreux, montrent que 
si les migrations ne leur sont pas imposées, les vers peuvent, sans 
changer d'hôte, atteindre l'état adulte. 



COMPTES RENDUS DÈS SEANCES Vit 

Séance du 21 juin. 

Présidence de M. Roule, président. 

MM. Chalande et Ribaut communiquent la liste des Myrio- 
podes qu'ils ont récoltés, le 12 juin 1905, à Luchon (Laou 
d'Esbas), pendant l'excursion zoologique organisée par la Station 
de pisciculture de Toulouse. 

Lithobius piceus L. Koch. 

— tricuspis var. mononyx Latz. 

— mediterraneus Chalande. 
Stigmatogaster subterraneus Leach. 
Scolioplanes crassipes G. Koch.' 
Ghaetechelyne vesuviana Newp. 
Geophilus pinguis Rrol. 

— proximus G. Koch. 

— truncorum Berg et Mein. 
Gryptops hortensis Leach. 
Scolopendrella immaculataNewp 
Glomeris pyrenaica Latz. 
Polydesmus gallicus Latz. 
TyphloblaniulusDoltfusi Brol. (Ribaut.) 
Cylindroiulus silvarum Mein. 

— londinensis var. finitimus Ribaut. 

— spinosus Ribaut. 
Schizophyllum sabulosum L. 
Tachypodoiulus albipes G. Koch. 

Parmi ces espèces, il en est certaines qui font l'objet de re- 
marques intéressantes : 

Geophilus pinguis Brolemann. — Cette espèce a été décrite 
en 1898, sur cinq individus trouvés aux environs d'Ahusquy 
(Basses-Pyrénées), et depuis cette époque aucune capture n'a 
été signalée. M. Chalande en a trouvé récemment un exem- 
plaire en triant une chasse faite par lui en 1891 dans la forêt 
^des Fanges (Aude). Luchon est donc seulement la troisième 
station. Un seul individu y a été capturé. 



VÏII COMPTES RENDUS DÉS SÉANCES 

Scolopendrella immaculata Newp. — Les types du Laou 
d'Esbas ont de 4 à 6 millimètres de longueur. Ceux du centre 
de la France mesurent de 2 mm 5 à 4 millimètres. Ceux que 
M. Chalande a récoltés dans la forêt des Fanges se rattachent 
à deux types : 1° var. minor, de2 mm 5 à 4 millimètres ; 2° var. 
major, 9 millimètres. Les individus de Luchon sont donc 
intermédiaires entre les var. minor et major. 

Lithobius tricuspis var. mononyx Latz. — Ces individus 
du Laou d'Esbas ont une tendance à se rapprocher de la forme 
de plein air de Lithobius troglodytes Latz. 

M. de Rey-Pailhade analyse la thèse inaugurale du docteur 
Pierre Sée (Paris, 25 mai 1905). L'auteur, dans un beau 
volume de plus de cinq cents pages, étudie, examine et discute 
tous les travaux publiés jusqu'à ce jour sur les oxydases et les 
réductases. Ce travail consciencieux et clair sera d'une grande 
utilité à tous ceux qui voudront étudier cette question; il est 
particulièrement intéressant pour la Société d'histoire naturelle 
de Toulouse dont les mémoires relatifs aux phénomènes diasta- 
siques sont fréquemment cités. 

M. Pierre Sée explique comment les propriétés des métaux 
colloïdaux ont donné l'idée de les employer en thérapeutique. 
Il publie, à la fin de l'ouvrage, plus de trente observations cli- 
niques recueillies avec beaucoup de soin — courbes, analyses 
chimiques — qui prouvent que la pratique a pleinement 
confirmé les idées théoriques. Cette thèse, qui sort du cadre 
ordinaire des thèses pour le doctorat ou médecine, mérite d'être 
vivement recommandée aux jeunes médecins qui négligent trop 
souvent de se tenir au courant des travaux de chimie phy- 
siologique. 

Le médecin qui administre des remèdes n'est qu'un chimiste 
travaillant in vivo. 

M. de Rey-Pailhade signale que l'hydrogène sulfuré fait 
partie de l'alimentation normale de l'homme; on ne le trouve 
pas dans les aliments crus, mais il est facile de déceler sa pré- 



COMÈTES RENDUS DES SÉANCES îX 

sence dans les aliments cuits (œufs, viande, poisson, etc.). Il 
suffit de triturer ces substances et de les enfermer dans un tube 
en même temps qu'un papier à l'acétate de plomb; celui-ci ne 
tarde pas à noircir. 



Séance du 5 juillet 

Présidence de M. Roule, président. 

M. Jammes fait une communication sur le Déterminisme de 
V adaptation des Helminthes à leurs hôtes. 

D'après l'auteur, le parasite lutte dans la cavité intestinale 
de l'hôte, contre les différentes causes qui tendent à l'éliminer. 
Le pouvoir bactéricide constitue, pour lui, l'un des moyens de 
défense. La faculté d'approprier d'une façon plus ou moins 
complète son pouvoir bactéricide au milieu dans lequel il se 
trouve doit avoir un rôle dans l'élimination du parasite ou dans 
son maintien sur l'hôte. Les inégalités que présentent, à ce 
point de vue, les différents Gestodes donneraient la mesure de 
la spécificité des hôtes. 



Séance du 6 décembre. 

Présidence de M. Roule, président. 

ELECTIONS DU BUREAU POUR 1906 

Sont élus : 

Président : M. CHALANDE. 

Vice-présidents: MM. JAMMES et PAQUIER. 

Secrétaire général : M. RIBAUT. 

Secrétaire adjoint : M. UFFERTE. 

Trésorier : M. de MONTLEZUN. 

Bibliothécaire -archiviste : M. de LASTIC. 
Conseil d'administration: MM. de REY PAILHADE et GARALP. 
Comité de publication : MM. ABELOUS, GARRIGOU, LAMIG, 
ROULE. 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXIX). 16 



X COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

M. de Rey-Pailhade fait une communication sur le Carac- 
tère chimique distinctif entre la sérum- albumine et la myo- 
albumine et formule une loi générale du mécanisme vital. 

11 montre que la sérum-albumine ne renferme pas d'hydro- 
gène philothionique dans sa constitution, tandis qu'au contraire 
la myo-albumine en contient. Gela prouve qu'en s'incorporant 
de l'albumine du réservoir du système circulatoire, la cellule 
vivante animale lui donne une plus grande énergie chimique. 
On voit alors que le fonctionnement des cellules végétales et des 
cellules animales est régi par une même loi générale : Toutes 
les cellules vivantes possèdent la propriété biologique d'aug- 
menter l'énergie chimique de certaines substances au sein des- 
quelles elles vivent ; elles emploient cette propriété à l'édifica- 
tion de substances actives faisant partie de leur protoplasma, 
qui lui permettent ensuite d'attaquer, avec le concours d'autres 
facteurs, les matériaux qui leur servent d'aliments. 

Cette loi était évidente pour la plante, elle le devient aussi 
maintenant pour l'animal qui transforme l'albumine ordinaire 
du sérum en myo-albumine ou albumine à hydrogène philo- 
thionique. 

M. de Rey-Pailhade signale un concours de montres déci- 
males organisé par le journal ï Horloger. M. le Ministre du 
Commerce et le Bureau des Longitudes encouragent cette ini- 
tiative en accordant des médailles. 

M. Comère expose les résultats de son étude sur des maté- 
riaux provenant d'une pêche de surface au filet fin effectuée par 
M. Roule sur le lac de Comté (Pyrénées ariégeoises). 

La récolte était formée de nombreux débris de végétaux pha- 
nérogames, de filaments en mauvais état d'algues chlorophy- 
cées, de myxophycées assez rares et de nombreuses diatomées. 

La florule diatomique est constituée par un mélange de for- 
mes pélagiques, nérétiques, bentoniques et épiphvtes habituel- 
les auxquelles viennent s'ajouter un certain nombre d'autres 
espèces isolées et qui doivent être accidentelles ou erratiques. 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XI 

Séance du 20 décembre. 

Présidence de M. Roule, président. 

M. Gabelle chef de travaux à la Faculté de médecine, pré- 
senté par MM. Brsemer et Ribaut est admis comme membre 
titulaire. 

M. Jammes signale un cas de cohabitation de deux Ténias 
inermes sur un même hôte. Ce fait lui a paru assez peu 
habituel pour être signalé. Chaque ver mesurait près de sept mè- 
tres de longueur. La malade était atteinte depuis neuf ans 
d'étoufFements et de vertiges, qui ont cessé après l'élimina- 
tion des Ténias. Les habitudes du sujet, qui affectionne les 
la viandes peu cuites, suffisent pour expliquer présence de ces 
parasites. 

A propos de diverses légendes pyrénéennes sur l'instinct 
sexuel des Oiseaux, le même auteur expose ensuite les consi- 
dérations suivantes : 

Quelques vieux campagnards des environs de Toulouse don- 
nent une interprétation assez curieuse de divers faits que l'on 
a parfois l'occasion d'observer autour des fermes. A côté de 
croyances ayant trait, par exemple, à la naissance de Serpents 
dans les œufs de Coq ou dans les poils de Vache, ils placent 
celle de l'accouplement de la Cane et du Crapaud. A cet acte 
inattendu se rattacheraient les accidents toxiques occasionnés, 
de temps à autre, par l'ingestion d'œufs de Cane (1). 



(1; Certains auteurs pensent que le coït, dans les eaux croupis- 
santés des mares, est capable de favoriser l'infection des voies 
génitales femelles et, partant, des jeunes œufs non encore revêtus 
de leurs enveloppes protectrices. Tout récemment (séance de la 
Société de biologie du 2 décembre 1905), M. Loisel vient de montrer 
que la toxicité des œufs est due, pour la plus grande part, à des 
toxalbumines et, en faible partie, à de la névrine. Cette toxicité est 
fonction du temps écoulé depuis la ponte et, en cas d'incubation, 
de l'état plus ou moins avancé de celle-ci. 



XII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

Les assertions qui m'avaient été données à plusieurs reprises 
m'ont incité à rechercher la part de vérité qui pouvait être 
mêlée à ces vieilles croyances des paysans toulousains. 

En plaçant un Crapaud dans une étahle habitée par un 
troupeau de Canards, il m'a été possible de voir, après plu- 
sieurs jours de surveillance, la prétendue accointance de l'un 
des volatiles avec le batracien. A la suite d'une rencontre, qui 
m'a paru des plus accidentelles, une Cane s'accroupit sur le 
Crapaud et resta longtemps dans cette position ; vers le soir, 
elle s'éloigna. 

Divers faits, que nous pouvons observer tous les jours, tels 
que la recherche par les volailles de cavités fraîches, l'appel au 
nid des pondeuses à l'aide de corps froids (objets en faïence, etc.), 
permettraient de croire que la basse température de la peau du 
batracien est peut-être suffisante pour retenir la Cane à soïi con- 
tact; mais il est fort possible, en outre, que les liquides sécrétés 
par le Crapaud exercent une action dans le même sens. C'e&t 
un fait bien connu qu'en frottant le ventre d'un Dindon ou 
d'un Chapon avec des orties on fait d'eux d'excellents couveurs. 
Pour avoir une opinion sur le rôle des sécrétions du Crapaud, 
j'ai recueilli avec un linge le suc rejeté par la peau de l'un 
d'eux et étendu ce produit sur la légion cloacale d'une Cane. 
A la suite de cette opération, le sujet, d'abord excité, a paru 
entrer dans une sorte d'hallucination passagère, puis s'est 
accroupi. Dans cette attitude, il aurait pu donner, s'il avait été 
rapproché de tout autre animal, l'illusion assez grossière d'un 
accouplement. 

Tout ce qui précède peut se résumer de la façon suivante : 

1° Quand les circonstances déterminent la rencontre d'une 
Cane et d'un Crapaud, il semble possible que la froideur du 
corps de ce dernier suffise pour faire' attarder la Cane sur lui ; 

2° Il peut arriver alors qu'en vue de se protéger contre le 
corps qui le presse, le Crapaud extériorise son mucus et son 
venin. Ce dernier, comme les orties appliquées sur le ventre 
du Chapon, pourrait irriter les téguments de l'Oiseau ; 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XIII 

3° L'attitude ultérieure de la Cane serait, dans ces condi- 
tions, une conséquence du processus irritatif. 

Or, tout récemment, M. Giard, dans une étude fort curieuse 
sur les « Origines de l'amour maternel » (Bulletin de V Ins- 
titut général psychologique et Revue des Idées, 1905), a 
appelé l'attention sur un ensemble de faits propres à éclairer 
le cas particulier qui nous intéresse. Ce serait souvent, à l'ori- 
gine, une satisfaction personnelle que la mère rechercherait 
dans ses manifestations de dévouement pour les jeunes ; quand, 
par exemple, le Serpent se couche sur ses œufs, c'est surtout 
parce que, en proie à une fièvre intense, l'animal trouve là 
des sensations agréables; il parait en être de même pour les 
Oiseaux. 

Il est curieux de pouvoir rattacher l'acte accidentel de la 
Cane se plaçant sur un Crapaud aux phénomènes thermiques 
et irritatifs qui se trouvent à la base des instincts pseudo- 
maternels manifestés par de nombreux animaux. Ainsi, peut- 
être, peut se légitimer l'opinion de gens trop crédules. 



Liste des Sociétés Correspondantes* 



Société académique des sciences et arts, à Saint-Quentin. 

Académie d'Hippone, à Bône. 

Société d'émulation, à Moulins. 

Revue scientifique du Bourbonnais, à Moulins. 

Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

Société ariégoise des sciences, des lettres et arts, à Foix. 

Académie d'agriculture et des sciences, à Troyes. 

Société des sciences et des arts, à Garcassonne. 

Société scientifique de l'Aude, à Carcassonne. 

Société des lettres, sciences et arts, à Rodez. 

Société de géographie, à Marseille. 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Académie d e La Rochelle. 

Société d'histoire naturelle, à Pons. 

Société archéologique, à Brives. 

Académie des sciences et belles-lettres, à Dijon. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Semur. 

Société d'émulation des Côtes- du-Nord, à Saint-Brieuc. 

Société d'émulation, à Montbéliard. 

Société départementale d'archéologie, à Valence. 

Société académique, à Brest. 

Académie de Nîmes. 

Société d'études des sciences naturelles, à Nîmes. 

Société scientifique, à Alais. 

Société des sciences physiques et naturelles, à Bordeaux. 

Société de géographie commerciale, à Bordeaux, 



XVI LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Société linnéenne, à Bordeaux. 

Société d'études des sciences naturelles, à Béziers. 

Société archéologique, scientifique, à Béziers. 

Académie des sciences, à Montpellier. 

Société de géographie, à Montpellier. 

Société de statistique des sciences naturelles, à Grenoble. 

Académie delphinale, à Grenoble. 

Société d'émulation, à Lons-le Saulnier. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Saint Etienne. 

Société académique, à Nantes. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Nantes. 

Société des sciences et des lettres, à Blois. 

Société d'agriculture, sciences et belles lettres, à Orléans. 

Société de Borda, à Dax. 

Société des études scientifiques, à Cahors. 

Société d'agriculture, sciences et arts, à Agen. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Mende. 

Société des études scientifiques, à Angers. 

Société des sciences naturelles, à Cherbourg. 

Société d'agriculture, d'archéologie et d'histoire naturelle de la 

Manche, à Saint-Lô. 
Société polymatique, à Vannes 
Société des sciences naturelles, à Reims. 
Société d'agriculture, à Ghâlons. 
Société des sciences et arts, à Vitry-le-François. 
Académie Stanislas, à Nancy. 
Société nivernaise des sciences, à Nevers. 
Société d'agriculture, sciences et arts, à Douai. 
Société dunkerquoise, à Dunkerque. 
Société géologique du Nord, à Lille. 
Revue biologique du nord de la France, à Lille. 
Académie d'archéologie, sciences, à Beauvais. 
Académie des sciences, belles lettres et arts, à Clermont-Ferrand. 
Société des sciences et arts, à Bayonne. 
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. 
Société agricole, sciences et littérature, à Perpignan. 
Société des sciences, lettres et arts, à Pau. 
Académie des sciences, belles lettres et arts, à Lyon. ' 






LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES XVII 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts, à Lyon. 

Société botanique, à Lyon. 

Société linnéenne, à Lyon. 

Société des sciences naturelles, à Tarare. 

Académie de Mâcon. 

Société d'agriculture, sciences et arts, Le Mans. 

Académie des sciences, belles lettres et arts, à Chambéry. 

Comité ornithologique international, à Paris. 

Société de Spéléogie, à Paris. 

Feuille des jeunes naturalistes, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Paris. 

Société entomologique, à Paris. 

Société géologique, à Paris. 

Société de botanique, à Paris. 

Société philomatique, à Paris. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles. 

Société havraise d'études diverses, au Havre. 

Société géologique de la Normandie, au Havre. 

Société géologique des amis des sciences naturelles, à Rouen. 

Société industrielle, à Rouen. 

Académie des sciences, belles lettres et arts, à Amiens. 

Société linnéenne du nord de la France, à Amiens. 

Académie des sciences, belles lettres et arts, à Montauban. 

Société des études scientifiques, à Draguignan. 

Société d'émulation, à Epinal. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Auxerre. 

Société belfortaise d'émulation, à Belfort. 

Entomological society of London, à Londres. 

Geological society of London, à Londres. 

Académie royale des sciences, lettres, beaux-arts, à Bruxelles. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

Société belge de microscopie, à Bruxelles. 

Société royale belge de géographie, à Bruxelles. 

Société de géographie d'Anvers. 

Société géologique de Belgique, à Liège. 

Musée du Congo, à Bruxelles. 

Societad geografica, à Madrid. 



XVIII LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Institut royal grand ducal de Luxembourg. 

Societa italiana di scienze naturali, à Milan. 

Societa dei naturalisa, à Modena. 

Societa toscana di scienze naturali, à Pise. 

Academia délie scienze dell instituto di Bologne, à Bologne. 

Gomitato geologico d'Italia, à Rome 

Societa veneto-trentina di scienze naturali, à Padova. 

Societa entomologica italiana, à Firenze. 

Societa romana per gli studi zoologici, à Rome. 

Revista di pathologia végétale, universita di Gamerino. 

Entomologisk tidskrift, à Stockolm. 

Geological institution of Upsala, à Upsala. 

Societad de instruccao, à Porto. 

Commissao dos trabalhos geologicos de Portugal, à Lisbao. 

Société impériale des naturalistes de Moscou, à Moscou. 

Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg. 

Sallskapets pro flora et fauna fennica, à Helsingfors. 

Société vaudoi^e des sciences naturelles, à Lausanne. 

Institut national genevois, à Genève. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Bâle. 

Société muritienne du Valais, à Aigle. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Zurich. 

Société fribourgeoise des sciences naturelles, à Fribourg. 

Société helvétique des sciences naturelles, à Genève. 

Société des sciences naturelles, à Fribourg. 

Naturhistorischen Gesellschaft in Golmar. 

Bibliotheca zoologica Universitàt Halle, à Leipzig. 

New-York state muséum, à New-York 

New-York academy of sciences, à New-York. 

Geological and natural history survey of minesota, à Minneapolis- 

Miriesota. . 
Academy of natural sciences of philadelphia, à Philadelphla. 
American monthly microcopical journal, à Washington. 
Gonnecticut academy of arts and sciences, à New-Haven, Gonnecticut. 
Rochester academy of sciences, à Rochester, 
Smithsoniam institution, Washington. 
United states national muséum, à Washington. 
United states geological survey, à Washington. 






LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES XIX 

Second geological survey of Pensylvania, à Harisburg, Pensylvania. 

American academy of arts sciences, à Boston. 

Boston society of natural history, à Boston. 

Daven; ort academy ot natural sciences, à Davenport, Iowa. 

Wisconsin academy of sciences, arts and lettres, à Madison. 

Meriden scientific association, à Meriden Gonnecticut. 

Missouri botanical garden, à Saint-Louis. 

Wisconsin geological and natural history survey, à Madison. 

Nova scotian institute of science, à Halifax, Nova Scotia. 

Instituto fisico geographico nacional, à San José de Costa Rica. 

Academy nacional de ciencias en Gordoba, à Buenos-Ayres. 

Archivos de museo nacional, à Rio-de-Janeiro. 

Société scientifique du Chili, à Santiago. 

Museo nacional de Montevideo, à Montevideo. 

Madras gouvenement muséum, à Madras. 

Société allemande, Yokohama. 

Secietas geologica tokyonensis, à Tokyo. 



TABLE DES MATIERES 

DE l'année 1905 



Séance du 18 janvier I 

— 1 er février I 

— 1 er mars II 

— 5 avril II 

— 17 mai III 

— 7 juin.. V 

— 21 juin VII 

— 5 juillet IX 

— 6 décembre IX 

— 20 décembre XI 

Liste des membres au 1 er mars 1905 7 

Admission de nouveaux membres III, V, XI 

Composition du Bureau de 1905 5 

Elections du Bureau de 1906 IX 

Liste des Sociétés correspondantes XV 

Travaux scientifiques. 

SCIENCES BOTANIQUES 

Comère. — Diatomées du lac de Comté 155 

Dop. — Géographie botanique du bassin supérieur de la 

Pique 11 

Dop et Roques. — Parasitisme des^ Saprolegniées chez 

les Poissons I 



XXIÎ TABLE DES MATIÈRES 



SCIENCES ZOOLOGIQUES 

Chalande. — Recherches sur les Myriopodes du Sud- 

Ouest de la France 46 

— Myriopodes récoltés à Vieille-Toulouse. . V 

— et Ribaut. — Myriopodes récoltés à Luchon VII 

Dop et Roques. — Parasitisme des Saprolegniées chez 

les Poissons I 

Jammes. — Rôle de l'action mécanique de l'intestin 

dans les migrations des Helminthes V 

— Un cas de cohabitation de deux Ténias inermes sur 

un même hôte XI 

— A propos de diverses légendes pyrénéennes sur l'ins- 
tinct sexuel des oiseaux XI 

— Déterminisme de l'adaptation des Helminthes à leurs 
hôtes IX 

— et Mandoul. Sur la persistance du canal artériel 

chez le Phoque III 

De Montlezun. — Hybrides d'un Pigeon bleu barré et 

d'une Tourterelle Nankin à collier noir 43 

— Tableau de concordance des dénominations des oiseaux- 
mouches 160 

Ribaut. — Notes Myriopodologiques II 35 

— et Chalande. Myriopodes récoltés à Luchon VII 

SCIENCES GÉOLOGIQUES 

Laromiguière. — Note sur le bassin houiller de Car- 

maux-Albi 172 

SCIENCES BIOLOGIQUES 

Cluzet. — Sur l'excitation des nerfs par le minimum 

d'énergie II 

De Rey-Pailhade. — Caractère chimique distinctif 
entre la sérum-albumine et la myoalbumine. Loi 
générale de l'organisation de la cellule vivante X, 168 

— L'hydrogène sulfuré dans l'alimentation normale de 
l'homme VIII 



Toulouse. - Imprimerie LA GARDE et SEBILLE, rue Romiguières, i 

16NOV.1C07 






SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. 'précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Bémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 mp mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun. 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Joseph Gomère. — Diatomées du Lac de Comté (Pyrénées 

ariégeoises) 155 

De Montlezun. — Tableau de concordance des dénomi- 
nations des Oiseaux-Mouches représentés dans les plan- 
ches coloriées de l'ouvrage de Mulsant et Verreaux et de 
celles du catalogue de Gray 160 

J. de Rey Pailhade. — Caractère chimique distinctif entre 
la sérum-albumine et la myoalbumine. Loi générale de 
l'organisation de la cellule vivante 168 

Jules Laromiguière. — Note sur le bassin houiller de 

Carmaux-Albi 172 

Comptes rendus des séances de Tannée 1905 I 

Liste des Sociétés correspondantes x v 






fc 3 Û£C. 1907 




SOCIÉTÉ 




D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME TRENTE-NEUF. — 1906 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 1 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUE UOMIGU1ÈRES 2. 

1905 



Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Extrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse 

Art. 1 er . La Société a pour but «le former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de jeurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique ht Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera .d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé? d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire général ; Trésorier ; 1 er et 2 e Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au 31. L e'ection. des membres du Bureau, di Conseil d'administration et 
du Comité le pubbc-ttion, a lieu au scrutin secret dan* la première séance 
du mois de décembre Le Présidera «"*t nommé pour deux année», les autres 
memrïre* pour une an'iée L a s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier 
les Bibliothécaires et |«s membres du Cmseil et du Comité peuvent seuls être 
réMus iramé tiatem'Mlt dans les mèm?s fonction». 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvreritle premier mercredi après le 15 novembre, etonl lieu tous les 1 er et 3« 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement. 

A*t. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membre» 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinions seientifi ju^s. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
sigmture de l'auteur. 

A r t 42 Celui-ci conserve tmjour* la propriété de son œuvre. Il peut en 
obt-uir d^s tirages à p*<"t, d îs réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

An. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
jchanlillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la 'tét- 5 , revien- 
dront de droit à a 'ille de Toulouse. 



BULLETIN 



DE LA 

SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 
DE TOULOUSE 



SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME XXXIX. — 1906 




TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE & SEBILLE 

RUE HOMIGUIÈR ES. 2 



1906 



COMPOSITION DU BUREAU DE LA SOCIÉTÉ 
POUR L'ANNÉE 1906 



Président 

Vice-présidents , 

Secrétaire général .... 
Secrétaire adjoint .... 

Trésorier 

Bibliothécaire-arcJiivisU 



M. Chalande. 

MM. Jammes et Paquier. 

M. Kibaut. 

M. Dfferte. 

M. DE MONTLEZUN. 

M. de Lasiic. 



Conseil d'administration. 

MM. de Rey-Pailhade et Caralp. 



Comité de publiealioii. 

MM. Abelous, Garricou, Lamig, Roule. 



LISTE DES MEMBRES 

AU 1 er JUILLET 1906 



MEMBRES-NES 



M. le Préfet du département de la Haute -Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

MEMBRES HONORAIRES 

1866. D r Clos. $j, Q I, correspondant de l'Institut, directeur 

du Jardin des Plantes, allée des Zéphirs, 2, 

Toulouse. 
1878. D r Hayden (F.-V.), directeur du comité géologique des 

Etats-Unis, Washington. 
1866. Giard (Alfred), ^, professeur à la Sorbonne, 14, rue 

Stanislas, Paris. 
1873. De Rûuville, ^, doyen de la Faculté des Sciences, 

Montpellier. 
1£91. D r Taschenberg, professeur à l'Université de Halle 

(Prusse). 
1904. Truïat, g, f| I, à Foix. 

MEMBRES titulaires 

MM. 

1900. D r Abelous, H I, professeur à la Faculté de médecine, 
iue Nazareth, 37, Toulouse. 

1903. D' Aloy A. f], chargé de coursa la Faculté de médecine, 

Grande-Allée, 22, Toulouse. 

1904. Aldigé, Chemin prolongé des Arcs Saint-Cyprien, Tou- 

louse. 
1880. Azam (Henri), canal de Brienne, 24, Toulouse. . 



- 8 - 

1900. D r Baylac, rue de la Pomme, 70, Toulouse. 

1900. D r Besaucèle, Grande-Allée, 7, Toulouse. 

1866. Bordenavé (Auguste), chirurgien-dentiste, rue Croix- 
Baragnon, 5, Toulouse. 

1885. D r Bramer, f,| 1, professeur à la Faculté de médecine, 
rue des Bécollets, 105, Toulouse. 

1866. De Calmels (Henri), prop. à Carbonne (Hte-Garonne). 

1900. Capéran, pharmacien, rue Alsace- Lorraine, 6, Toulouse. 

1883. Garalp, II I, professeur à la Faculté des sciences, rue 
de Bémusat, 21, Toulouse. 
Gartailhac (Emile), ^, Q I, correspondant de l'Insti- 
tut, rue de la Ghaine, 5, Toulouse, (membre 
fondateur). 

1874. Chalande (Jules), rue des Paradoux, 28, Toulouse. 
1882. Comère, || A, quai de Tounis 60, Toulouse. 
1878. Cossaune (Gustave), rue de Bémusat, 25, Toulouse. 
1900. Grouzil, II, A, rue Saint-Bémésy, 7, Toulouse. 

1903. D r GuCiUUÉRES, boulevard Matabiau, 6, Toulouse. 
1902. Dedieu, pharmacien, à Castillon (Ariège). 

1900. Dore, 0, A, pharmacien, boulevard Garnot, 2, Toulouse. 

1904. Dop, allée des Zéphyrs, 13, chargé de cours à la Faculté 

des sciences, Toulouse. 
1885. Duffaut, $, vétérinaire-inspecteur à l'abaltoir, Toulouse. 
1900. Escudié, pharmacien, à Montastruc (Haute Garonne). 

1875. Fabre (Charles), Il I, professeur adjoint à la Faculté 

des sciences, directeur de la station agronomique, 
rue Fermât, 18, Toulouse. 
1902. Feuga, II, A, boulevard d'Arcole, 5, Toulouse. 

1905. Gabelle, chef de travaux à la Faculté de médecine de 

Toulouse. 
D 1 ' Garrigou, II I, chargé de cours à la Faculté de mé- 
decine, rue Valade, 36 bis, Toulouse (membre 
fondateur). 

1900. D r Gendre, Il A, rue Périgord, 10, Toulouse. 

1890. Gèze (Jean-Baptiste), Jardin-Royal, 7, Toulouse. 

1889. Jammes, II A, maître de conférences à la Faculté des 
sciences, boulevard de Strasbourg. 17. Toulouse. 

1900. Juppont, Il A, ingénieur, allée Lafayette. 55, Toulouse. 

1900. D r Laborde, pharmacien des hospices civils, Toulouse. 

1900. Lacaze (Marius), place des Carmes, 9, Toulouse. 



— 9 — 

1900. Lagarde, imprimeur, boulevard de l'Embouchure, 1. 
1895. D r Lamic, II I, professeur à la Faculté de médecine, rue 

d'Auriol, 39, Toulouse. 
1886. Laromiguière, ingénieur civil des mines, rue Saint- 

Pantaléon, 3, Toulouse. 
1897. De Lastic, petite rue de la Dalbade, 5, Toulouse. 
1904. Levadoux, allées des Soupirs, 7, Toulouse. 
1904. Limousis, à Garcassonne. 
1904. Loup, allée des Soupirs, 7, Toulouse. 
1899. Manadé (Joseph), pharmacien, à Gazères (Hte-Garonne). 
1875. Martel, à Gastelmaurou, près Toulouse (Hte-Garonne). 

1888. D 1 ' Maurel, O $t, Il I, professeur à la Faculté de mé- 

decine, boulevard Carnot, 10, Toulouse. 

1904. Mengaud, professeur au Lycée. 

1885. Moquin-Tandon, Il I, professeur à la Faculté des scien- 
ces, allées Saint-Etienne, c 2, Toulouse. 
De Montlezun, Il A, quai de Tounis, 106, Toulouse, 
(membre fondateur). 

1904. Paquier, chargé de cours à la Faculté des sciences, 9, 

rue Bida, Toulouse. 
iSS2. Péragallo, $►, commandant l'artillerie de l'arrondisse- 
ment de Bordeaux. 

1905. Procii, herboriste, hôtel Valparaiso, 45, rue de Seine, 

Paris. 

1889. Prunet, ft, II I, i§, professeur à la Faculté des scien- 

ces, grande rue Saint- Michel, 14, Toulouse. 

1893. Pugens, pharmacien, rue Rivais, Toulouse. 

1879. D r de Rey Pailhade, II, A, ingénieur, rue Saint- 
Jacques, 18, Toulouse. 

1899. D' 1 Ribaut, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 

rue Philippe-Féral, 1, Toulouse. 
1889. Rivière (Jean-Pierre), quai d'Alsace, 13, Narbonne 

(Aude). 
1904. Roques t rue Ghevreul, 10. 

1900. D ! ' Roule, Il I, pro.'esseur à la Faculté des sciences, rue 

Saint-Etienne, 19, Toulouse. 

1900. SalignacFénelon (Vicomte de), allée Saint-Etienne, 1, 
Toulouse. 

1900. Saloze, chimiste, rue Croix -Raragnon, 9, Toulouse. 

1899. Ufferte, professeur à l'Ecole supérieure, rue Neuve- 
Mont plaisir", 9, Toulouse. 



— 10 — 

1902. Versepuy, ingénieur, directeur de l'usine à gaz, rue Pé- 
rigord, 7, Toulouse. 



MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 
1874. Baux, Canton (Chine). 

1871. Biche, professeur au Collège de Pézenas (Hérault). 
1873. L'abbé Boissonnade, professeur au petit séminaire de 

Mende (Lozère). 
1833. De Bormans, faubourg de Paris, 52, Valenciennes. 
1867. D r Caisso, à Clermont (Hérault). 

1873. Cavalié, principal du collège d'Eymoutiers(Hte-Viennc-). 
1867. Cazalis de Fondouce, rue des Etuves, 18, Montpellier. 
1867. Chantre, sous-directeur du Muséum de Lyon (Rhône). 
1 871 . De Chapel d'Espinassoux, avocat, Montpellier (Hérault). 

1885. Choffat, membre du Comité géologique du Portugal. 
1876. D 1 ' Clos, 11, rue Jacob, Paris. 

1884. Néry Delgado, 113, rua de Arco B, Lisbonne. 
1881. Galliéni, général, commandant de corps d'armée. 
1901. Gavoy, Carcassonne. 
1871. Issel, professeur à l'Université de Gènes (Italie). 

1874. Jougla, conducteur des ponts et chaussées à Foix (Ariège). 
1867. Lalande, receveur des hospices, à Brive (Corrèze). 

1875. De Maïnof (W.). secrétaire de la Société de Géographie, 

Saint-Pétersbourg. 

1886. Marcaillou d'Aymeric (H.), pharmacien à Ax (Ariège). 
1867. Massenat, manufacturier, à Brive (Corrèze). 

1871. D r de Montesquiou, à Lussac, près Casteljaloux (Lot-et- 
Garonne). 

1902 NoÉ, chef de laboratoire à la Charité, Paris. 

1871. Piette (E ), juge au Tribunal (Angers). 

1873. D r Betzius, profess. à l'Institut carolinien de Stockholm. 

1867. Marquis de Saporta, correspondant de l'Institut, à Aix 
(Bouches- du-Rhône). 

1873. D r Sauvage, directeur du Muséum de Boulogne-s.-Mer. 
1867. Schmidt (W.), attaché au Musée des antiquités du Nord, 

Copenhague. 

1874. Sers (E.), ingénieur civil, à Saint- Germain, près Puy- 

laurens (Tarn). 



NOTE SUR LE VISON 

Mustela lutr*eola, L, 

Par M. DE Montlezun. 



SYNONYMIE 



Fœtorius Lutreola Keys et Blas ; 

Mustela viso Brisson ; 

Luira minor Erccieben; 

Putorius alpinus L. ? Qgérien. 
Vulgairement le Minck, le Vison du Poitou, la petite Loutre, 
ou le Norek (Norz des Allemands) ; probablement le « Putois 
des Alpes » du frère Ogérien. 

Le Musée d'histoire naturelle de Toulouse a reçu, le 11 sep- 
tembre 1905, un Vison çf pris sur les bordsdelaPaquine, petite 
rivière très ombragée de la commune d'Hermival-les- Vaux, 
près Lizieux, Calvados. 

Ce mustélien, qui manquait à nos collections, a été gracieuse- 
ment offert par M. Emile Anfrie qui avait déjà signalé sa pré- 
sence dans les environs de Lisieux. Il avait pu, avant cette 
dernière capture, se procurer trois autres sujets de la même 
espèce qui figurent dans sa collection particulière. 

Voici les mesures qu'il a relevée sur les trois sujets en chair. 
Je les indique pour les comparer avec celles du sujet qu'il nous 
a donné : 

Sujets de la collection de M. Anfrie. 

Long, du corps0,36, long, de la queue 0,175 long, totale 0,535 
0,36, — 0,17 0,53 

— 0,37, - 0,185 — 0,55 



2 DE MONTLEZUN 

Sujet du Musée. 
Long, du corps 0,385, long, de la queue 0,16, long, totale 0,545 

M. Anfrie n'a jamais encore pu se procurer de femelle. Elles 
doivent, sans doute, se tenir cachées dans des endroits plus re- 
tirés où elles ont moins à redouter les pièges des chasseurs. 

DESCRIPTION 

Le Vison a l'extrémité des lèvres supérieures et le menton 
blancs, son pelage est de nuance brune, presque uniforme 
dans son ensemble, sa queue seule est de nuance plus sombre 
et se rembrunit progressivement vers l'extrémité, elle est mé- 
diocrement touffue ; son poil est plus soyeux que celui du Putois 
avec lequel il a souvent été confondu ; ses pattes sont palmées 
comme celles de la Loutre; c'est, sans doute, à cause de cette 
particularité et de ses habitudes aquatiques qu'il a reçu le 
nom de Mustela lutreola. 

Si le Vison a souvent été confondu avec le Putois, cela tient 
à ce que les chasseurs ne le prenant que très rarement, ont cru 
qu'ils avaient à faire à une simple variété de ce dernier. 

La confusion entre les deux espèces est néanmoins facile à 
éviter. Chez le Putois la partie duveteuse de la fourrure est 
toujours roussàtre, on l'aperçoit facilement à travers les poils 
noirs du jarre; la tète du Putois se caractérise encore par une 
plus grande étendue des parties blanches du museau, par des 
espaces blanchâtres, placés entre les yeux et la région parotide, 
par des oreilles bordées de blanc. 

Le Vison, au contraire, n'a du blanc que vers le bout du 
museau, en dessus et en dessous, il n'a de taches blanches ni 
en arrière des yeux, ni sur le tour des oreilles, sa fourrure 
brune et lustrée a un aspect uniforme dans son ensemble, la 
partie duveteuse étant sombre diffère entièrement de celle du 
Putois qui est claire et rousse; enfin ses pattes sont palmées, 
particularité qui n'existe pas chez le Putois. 



NOTE SUR LE VISON ô 

Depuis la fin du siècle dernier plusieurs auteurs ont signalé 
le Vison; Pallas le désigne sous le nom de Mink (Mustela 
lutreola Pall.), Desmarest le nomme Marte Vison et dit que 
son pelage est d'un brun plus ou moins foncé, que la pointe de 
sa mâchoire inférieure est blanche, que sa queue est d'un brun 
noir et ses pieds à demi palmés, sa longueur totale étant de 
15 pouces environ. 

Brehm, dans son ouvrage sur les mammifères, fait remar- 
quer que le Vison d'Amérique a la tête plus courte et la 
queue plus longue que le nôtre, il a 21 vertèbres cau- 
dales, alors que celui d'Europe n'en a que 19. Il ajoute que 
sa longueur totale est de 52 centimètres, sa queue comptant 
pour 16; qu'il est rare en Allemagne et qu'il a été tué dans le 
Mecklembourgen mars 1863. Il ne signale pas sa présence en 
France. 

Lesson, dans son Histoire naturelle générale des mammifères 
et des oiseaux découverts depuis la mort deBuflbn, dit, en par- 
lant du Mink ou Putois de rivière (Mustela lutreola) qu'il a le 
tour des lèvres et le dessous du maxillaire inférieur blancs, 
tandis que le Vison d'Amérique n'a la marque blanche qu'au 
menton; Schinz dit également que Mustela lutreola, variété 
d'Europe, a deux lèvres blanches et que la variété américaine 
a seulement la lèvre inférieure blanche. Dorbigny se demande 
pourquoi Lesson lui assigne pour patrie le Poitou et la Sain- 
tonge ; se trouverait-il en France, ajoute-t-il ? 

Depuis, cette présomption s'est transformée en réalité. La- 
taste, dans son catalogue provisoire des mammifères sauvages 
non marins du département de la Gironde, attire tout particu- 
lièrement l'attention des chasseurs sur le Vison (Putorius 
Lutreola). 

Trouessart dit qu'il habite en France une zone étroite qui 
s'étend du Jura aux environs de Nantes, c'est-à-dire dans toute 
la vallée de la Loire. Pucheran constate ensuite en 1861 que le 
Vison est bien une espèce française et que sa présence à été 
constatée dans l'Ille-et-Vilaine, l'Orne, la Loire, la Loire-Infé- 



4 DE MONTLEZUN 

Heure, la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Vienne, les Deux-Sèvres, 
l'Eure-et- Loire, le Loir-et-Cher, l'Yonne. 

Depuis cette époque, la présence du Vison a été signalée par 
M. Lataste dans le département de la Gironde et je dois à la 
bienveillance de M. Daleau, à qui je m'étais adressé pour avoir 
de nouveaux renseignements, de pouvoir signaler la capture 
de quatre Visons dans le département de la Gironde : le premier 
pris dans un marais des environs de Soulac; le deuxième, dans 
le marais de Vensac (Médoc); le troisième, dans la commune 
de Darbès; le quatrième, enfin, à Barsac. 

M. Harlé, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées à Bor- 
deaux, m'a également fait savoir que le Musée d'histoire natu- 
relle de Mont-de-Marsan avait dans ses galeries un vison pris il 
y a 7 ou 8 ans à Mazerolles-sur-le-Midour, département des 
Landes. 

Il y a tout lieu d'espérer que dans un avenir prochain on 
pourra encore signaler la présence du Vison dans des départe- 
ments où il est encore inconnu. 



ATTITUDE DES ANIMAUX COMME MOYEN DE RÉGULATION THERMIQUE 5 



DE L'ATTITUDE DES ANIMAUX 

Gomme moyen de régulation thermique, 

Par M. le P r E. Maurel. 



Dans son savant article Chaleur du Dictionnaire de pliy- 
siologie, Ch. Richet résume les moyens de défense des animaux 
contre le froid et le chaud, dans les suivants : 

Pour la défense contre le froid : 

« 1° Par une diminution de la radiation périphérique : cons- 
triction des petites artères ; 

« 2° Par une augmentation de la tonicité musculaire et des 
comhustions glandulaires ; 

« 3° Par le frisson. » 

Et pour la défense contre le chaud : 

« 1° Par la dilatation des vaisseaux cutanés ; 

« 2° Par l'évaporation de l'eau. » 

Cette dernière, longuement étudiée par Richet se fait par la 
surface cutanée, par la surface pulmonaire et aussi par la sur- 
face de la cavité buccale. 

Or, à ces moyens de défense contre la chaleur et le froid 
utilisés par les animaux, je crois devoir en ajouter un autre 
qui me paraît avoir une réelle importance, c'est celui des atti- 
tudes différentes qu'ils prennent sous ces deux influences. 

Grâce aux différences de leur attitude, ils peuvent, en effet 
soit augmenter, soit diminuer leur radiation cutanée, et cela 
dans des proportions très sensibles . 

Je rappelle d'abord que la perte des calories par la radiation 
cutanée est considérable. Pour l'homme moyen, dont la dé- 
pense totale en calories ne dépasse pas 2.200 calories, environ 



R. MAUREL 

1.700 sont perdues par la radiation cutanée, soit sensiblement 
les deux tiers; et en calculant la quantité de calories perdues 
par un décimètre carré de notre surface, nous arrivons, comme 
dépense moyenne, à environ 13 calories par 24 beures. 

En se servant des chiffres donnés par Ch. Richet dans le 
même article, on ~rrive aux dépenses moyennes et approxima- 
tives suivantes, pour 24 heures : pigeons, 14 calories; chiens, 
10 calories ; et lapins, 9 calories. Ce sont là les quantités rayon- 
nées pour un décimètre carré de la surface de chacun de ces 
animaux. Mais, et c'est là le point sur lequel je viens appeler 
l'attention, leur surface totale peut varier avec leur atti- 
tude. Si nous les observons dans un milieu froid, nous les 
verrons se ramasser sur eux-mêmes, rentrer leurs membres 
au-dessous du corps; leur longueur, de la base du crâne à la 
naissance delà queue, diminuer, et, au contraire, leur périmè- 
tre thoracique et abdominal augmenter d'une manière mani- 
feste; l'animal cherche à se rapprocher de la forme sphérique. 
Cette forme est même presque réalisée par le hérisson. Les ani- 
maux qui, bien entendu, sans atteindre cette forme, marquent 
le mieux cette tendance sont ceux qui, comme le lapin, le 
cobaye et le chien, ont le tissu cellulaire lâche. 

Du reste, d'autres animaux, n'ayant pas la même facilité, se 
rapprochent de ce môme résultat par des attitudes inspirées par 
la même idée. L'homme, par exemple, sous l'impression du 
froid, rapproche ses membres du tronc; il plie les jambes sur 
les cuisses et même tasse le thorax et l'abdomen de manière à 
diminuer sa surface autant que possible. En appliquant les 
cuisses et les membres supérieurs sur le tronc, il diminue au 
moins, s'il ne supprime pas, le rayonnement des parties cor- 
respondantes ; et quand il n'arrive qu'à rapprocher ces parties, 
sans les emmener au contact, il fait bénéficier chacune des 
parties opposées de la chaleur rayonnée par l'autre. 

Ce qui a lieu pour les mammifères existe également pour les 
oiseaux. Sous l'influence du froid, leur cou se raccourcit et il 
en est de même de la longueur de leur corps. 



ATTITUDE DES ANIMAUX COMME MOYEN DE RÉGULATION THERMIQUE 7 

Gomme on le voit, toutes ces attitudes ont pour résultat de 
diminuer la surface cutanée et par conséquent d'amoindrir 
d'autant le calorique perdu par elle. 

La chaleur conduit les animaux à prendre des attitudes con- 
traires. Sous son influence, lapins, cobayes et chiens s'étalent 
largement ; ils projettent leurs pattes en avant et en arrière et 
allongent leur corps. Ce sont là des faits bien connus. Il en est 
de même de l'homme. Il rejette les membres supérieurs loin 
du thorax; et il écarte les membres inférieurs de telle manière 
qu'ils bénéficient le moins possible de la chaleur rayonnée par 
l'autre. 

Dans ces cas, l'idée est manifeste; l'homme, comme ces 
animaux, cherche à augmenter la surface rayonnante et par 
conséquent la quantité de calorique rayonné. 

Nous savons, en effet, que pour une masse donnée, la surface 
est d'autant moindre que sa forme se rapproche davantage de 
ja sphère ; et, au contraire, qu'elle sera d'autant plus grande 
qu'elle appartiendra à un cylindre plus allongé. L'animal qui, 
sous l'influence du froid, diminue la longueur de son corps et 
augmente son périmètre abdominal, en se rapprochant de la 
sphère, diminue sa surface; et, réciproquement, il l'augmente, 
quand il prend une forme inverse. 

Cette première conclusion se dégage donc de ce qui précède, 
qu'en changeant la forme de leur tronc, même dans les limites 
que leur permet la nature, les animaux peuvent faire varier la 
quantité de chaleur perdue par la surface cutanée. 

Mais, de plus, les considérations suivantes vont nous permet- 
tre de voir que, sans que nous puissions apprécier exactement 
les différences de chaleur perdue par ces variations de forme, 
elles peuvent cependant nous permettre déjuger que ces diffé- 
rences méritent toute notre attention. 

Si nous prenons une masse de 3 kilogrammes, par exemple, 
et que nous lui supposions une forme sphérique, sa surface 
sera, en chiffre ronds, de 10 décimètres carrés; et en admettant 
que sa température soit celle du lapin, cette masse perdra donc 

SOC. D'HIST. NATURELLE DE TOULOUSE (T. XXXIX). 2 



8 E. MAUIiEL 

9 calories par décimètre carré, soit 90 calories pour sa surface 
totale. 

Mais, au contraire, si nous lui supposons une forme cylindri- 
que telle que son périmètre soit la moitié de sa longueur, la 
surface totale arrivera à 15 décimètres carrés; et comme chacun 
de ces derniers n'en perdra pas moins 9 calories, la perte du 
calorique atteindra 135 calories, soit une augmentation d'un 
tiers. 

Prenons maintenant une autre masse et celle-ci de 10 kilo- 
grammes, poids de beaucoup de chiens. Si nous lui supposons 
la forme sphérique, sa surface sera de 22 décimètres carrés ; et 
avec la même forme cylindrique que ci dessus, cette surface 
atteindra 34 décimètres carrés. De sorte, si cette masse a la 
température du chien, qui perd en moyenne dix calories par 
décimètre carré, elle rayonnera 220 calories dans le premier 
cas et 340 dans le second, soit de nouveau une différence d'un 
tiers. 

Bien entendu, j'ai pris des comparaisons extrêmes, au moins 
en ce qui concerne la forme sphérique dont ces animaux restent 
toujours éloignés ; mais ces comparaisons, tout en exagérant les 
différences, ne nous permettent pas moins de penser que même 
en les ramenant à la réalité, elles sont encore loin d'être né- 
gligeables . 

L'importances des modifications capables d'augmenter ou de 
diminuer les surfaces cutanées est accrue par cette considération 
que les différences se font en deux sens opposés et qu'elles 
s'ajoutent. 

En partant de la forme habituelle, chacun de ces animaux 
augmente sa surface sous l'influence de la chaleur et la diminue 
sous celle du froid. Les différences produites par ces deux mo- 
difications en sens inverse, je viens' de le dire, s'ajoutent donc 
et sûrement elles doivent se traduire en réalité par des écarts 
sensibles. 

Toutes ces considérations nous conduisent donc à ces con- 
clusions : 



ATTITUDE DES ANIMAUX COMME MOYEN DE RÉGULATION THERMIQUE 9 

1° Que les animaux à sang chaud, mammifères et oiseaux, 
sous l'influence de la température extérieure peuvent changer 
leur forme, tantôt en la rapprochant d'une sphère et tantôt d'un 
cylindre plus allongé que celui auquel correspond leur forme 
hahiluelle ; 

2° Que le froid les porte à rapprocher ltur corps de la sphère, 
ce qui diminue l'étendue de la surface cutanée, et le froid, au 
contraire, d'une forme qui augmente cette dernière; 

3° Que sous l'influence de ces changements de forme, modi- 
fiant l'étendue de la surface cutanée, les quantités de calorique 
perdues par cette dernière sont sûrement modifiées; 

4° Enfin que sans qu'on puisse évaluer les différences dans 
les quantités de calorique perdues par ces variations, on doit 
admettre qu'elles sont encore a^sez importantes. 



10 ' E G ROQUES 



NOTE DE PARASITOLOGIE ALPINE 

Les champignons parasites des plantes des Pyrénées, 

Par M. E. G. Roques, 
Licencié ès-sciences naturelles. 



Les champignons parasites des végétaux alpins ont été l'ob- 
jet de rares recherches, et c'est à peine si l'on trouve dans la 
bibliographie quelques notes relatives à ce sujet. Quelques 
observations ont été publiées sur des parasites trouvés dans le 
Tyrol et les Alpes Bernoises, mais pour les montagnes françai- 
ses et plus particulièrement pour les Pyrénées, la question 
reste entière. 

Nous nous proposons d'entreprendre cette étude intéressante 
et nous y avons été amenés par les conseils de M. Dop, chargé 
de cours à la Faculté des Sciences de Toulouse, qui a eu l'obli- 
geance de nous fournir des matériaux récoltés par lui au jardin 
alpin de l'observatoire du Pic du Midi en juillet (23-30 juil- 
let 1905). 

Le jardin alpin du Pic du Midi a été établi pour permettre 
aux naturalistes d'avoir un coup d'œil d'ensemble sur toute la 
végétation alpine. On y trouve rassemblés en un petit espace 
tous les représentants de la flore des hauts sommets. 

Ce jardin est situé à 2859 mètres d'altitude. Cette situation 
fournit aux plantes des hauts sommets un milieu propre à leur 
développement et, en leur conservant les conditions auxquelles 
elles sont adaptées, elle leur conserve aussi leur port et leurs 
caractères de plantes alpines. (La végétation des Pyrénées cen- 
trales. M. Dop, Bévue des Pyrénées, 1906). 



NOTE DE PARASITOLOGIE ALPINE 11 

Les conditions climatiques du jardin alpin du Pic du Midi peu- 
vent se résumer dans les moyennes suivantes que je retire des 
savantes et nombreuses observations de M. Marchand, pu- 
bliées annuellement dans le Bulletin de la Société Ramond : 

DU 25 AU 30 JUILLET 

Température minima 4° 5; Température maxima 11». 

Neige fréquente ; Brouillard. 

Etat hygrométrique de l'air très élevé. 

D'autre part, il faut tenir compte de ce fait que la durée de 
la végétation active dans celte région est réduite à deux mois, 
juillet et août ; pendant tout le reste de l'année, la neige cou- 
vre uniformément le Pic du Midi et la végétation est ralentie 
ou arrêtée. On conçoit l'influence de ce climat sur la forma- 
tion des corps reproducteurs des champignons, la longue durée 
de leur vie latente et les difficultés de leur germination. 

Une première récolte, sur laquelle porte cette note, peut se 
rapporter à trois espèces de champignons parasites que je vais 
étudier successivement. 

1° Fusicladium Aronici Saccardo (1). 

C'est un hyphomycète qui se présentait sous la forme de 
taches brunes sur les feuilles d\~l ronicum scorpioides D. G. 
plante assez abondante dans les éboulis schisteux des hauts 
sommets des Pyrénées, et vulgairement confondue, avec Arnica 
monlana. 

Les espèces les plus communes de Fusicladium vivent en 
parasites dans les plaines sur les arbres fruitiers, sur le trem- 
ble, le frêne, le bouleau, etc.. 

Saccardo a signalé la présence de F. aronici sur Aronicum 
scorpioides et une autre composée alpine Carduvs defloratus 



(1) Saccardo : Sylloge Fungorum omnium hucusque cognitorum. 
Padoue, 1906. — Aderhold : Fusicladium, in Hedwigia, 1897. 



12 E G. ROQUES 

Lin. M. Dop(L), flans son mémoire sur la géographie botanique du 
bassin supérieur de la Pique a montré que Aronicum scorpioi- 
drs abondait sur les schistes cambriens et précambriens très 
siliceux, tandis que Carduus dtfloratus était surtout abondant 
sur les bancs calcaires du Silurien. 

Le même champignon vit donc indiféremment sur une 
composée calcicole et une calcituge. 

2° Melampsora farinosa Pers. 

Il se présente sous la forme détaches jaune foncé, saillantes, 
sur les tiges et les feuilles de Salix retusa, Wild. 

Cette urédinée est là dans son habitat normal, étant donné 
qu'elle a été signalée par Schrœter (2) et Saccardo (3) sur un 
grand nombre de Saules surtout alpins et arctiques : 

Salix amygdalina, alba, aurita, cœsia, caprase. cinerea, 
Cutleri, dysclados, dhcolor, Douglasii, fragilis, Heyetsch- 
weilerii fiypop1tœfolia,hastata, humilis, Lapponvm,nigri<i)t, 
jihlomoides, phylicifolia, pyrolcfolia, reptns, reticitlata, 
retusa, rosmarinîfolia, rubra, stipularis, trislis, viminalis, 
vitellina. 

On sait que le champignon Melampsora est une urédinée 
au stade téleutospore et on sait, en outre, que la forme œci- 
dienne a reçu le nom de Cœoma. Or, d'après Rostrup et 
Nielsen le Cœoma de Melampsora farinosa serait Cœoma 
rvonymi parasitant Eronymus europeus ou Fusin d'Europe 
qui ne vit pas à l'altitude du jardin botanique du Pic du Midi. 
La recherche de l'hôte intermédiaire présente donc un inté- 
ie sant problème biologique. 

Si nous recherchons les hôtes œcidiens qui ont été atlribués 
à quelques Melampsora, nous trouvons le résultat suivant : 

M. epitea (Kze. et Schmit. ) sur Salix viminalis, aurait sa 
forme Cœoma sur diverses espèces du genre Bibes. 

il Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Toulouse, 1905. 
[2) Die Pflanzen-parasiten aus der Gattung Synchytrium, 
(3 Loc cit. 



NOTE DE PAÎIÀSITOLOGLE ALPINE 13 

M. vi'ellina aurait sa forme œcidienne sur Salixfragilis et, 
d'après Schrœter, son hôte cœomien serait Galanthus nivalis. 

M. repentis aurait sa forme œcidienne sur Salix repens et 
sa forme cœomienne sur Orcliis niaculata. 

Quant aux nombreux Melampsora signalés sur les saxifra- 
ges de la zone subalpine et de la zone alpine inférieure : 
M. saxifragarum sur Saxifraga aizoon et Saxifraga aizoi- 
des, leur hôte est pour le moment inconnu. 

Dans celte liste nous relevons comme hôtes cœomiens alpins 
quelques liibes, Galanthus nivalis, Salix repens et nous nous 
demandons si la spécificité de l'hôte est absolue et si une de 
ces plantes alpines ne pourrait pas nourrir la forme cœo- 
mienne de Melampsora farinosa. La méthode expérimen- 
tale des inoculations permettrait seule de résoudre le problème. 

3° Synchytrium aureum. 

J'ai observé cette chytridinée sous la forme de taches brunes 
sur les feuilles de trois plantes alpines : 

Hutchinsonia alpina R. Br. 
Galittm cœspilosum Rom. 
Oxytropis pyrenaica. 

Schrœter a fait une étude détaillés de Synchytrium aureum 
et l'a signalé sur Lysimachia nummularia L., Cardamine 
pratensis L. et Prunella vulgaris L. (1). 

Thomas a décritquelquesespècesalpines de Synchytrium (2). 
Il signale Synchytrium alpinum sur différents points du 
Tyrol, à Saint-Beatenberg près Interlaken, S. cupulatum sur 
Dryas octopetala (Tyrol et Oberland bernois), S. aureum sur 



(1) Schrœter : die Pflanzenparasitenausder Gattung Synchytrium. 
F. Cohn : Beitrâge zur Biologie der Pflanzen, t. I, 1870. 

(2) Thomas : Neue Fundorte alpine Synchytrium. K. K. zool. bot. 
[ Ges., 1892. 



44 E. G. ROQUES 

f,eontodon hasiilis à Arose. Enfin, M. le professeur Prunet, 
dans une observation inédite, a signalé au Canigou le genre 
Synchytrium. 

Je crois donc être le premier à signaler la présence de S. au- 
reum sur Hutchinsonia alpina, Gal'ium cœspitosum, Oxy- 
tropis pyrenaica. 

Ce parasite parait très fréquent au Pic du Midi et nous le 
irouvons à la fois sur une crucifère, une rubiacée et une légu- 
mineuse. 

De ces faits il résulte que Synchytrium aureum est un 
parasite très commun sur les plantes alpines et dont l'évolu- 
tion paraît adaptée aux conditions si spéciales de ce climat. 



3 DEC. 1907 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SClEiNCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES LE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à V ancienne 
Faculté des Lettres, 17, rue de Rémusat, 

les \* r et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 m * mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM ..les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Composition du^Binreau de Ja Société pour l'année 1906 .... 5 

Liste des Membres au l' 1 juillet 1906 7 

De Montlezun. — Note sur le Vison 1 

Pf -E. Maurel. — De l'attitude des animaux comme moyen 

de régulation thermique 5 

E. G. Roques. — Note de parasitologie alpine 10 



77* 



ê à ULL >!êUI 





SOCIÉTÉ 

D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES 

DE TOULOUSE. 



TOME TRENTE-NEUF. — 1906 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 2 





TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SEBILLE 

2, RUK U0MIGU1ÈRES 2. 

1906 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat. 




Extrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Touloust, 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les;sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

A«rt. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera (l'augmenter les collections du Musé> d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : île Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. tl. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18. Le but de la Société étant exclusivement scientiGque, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. » 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; 1 er et 2° Vice-président.» ; Secrétaire-général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 31. L'é'ection des membres du Bureau, d>i Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux année», les autres 
membres pour une année. L°s Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécairts et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus imméliatement dans les mêmes fonctions. 

1 Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après îe 15novembre,etonl lieu tous les 1 er et 3< 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi dejuiliet inclusivement. 
Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinioas scientifiques. Tout Mémoire imprimé devra donc porter la 
signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obteuir des tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
échantillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de la çiét*. «"evien- 
'ront de droit à ,» rille de Toulouse. 



NOTES SUR LES MYRIOPODES 15 



NOTES SUR LES MYRIOPODES 

Par M. J. Chalande 
I. — Loi de l'imparité du nomrre de paires de pattes 

CHEZ LES MYRIOPODES 

Dans un travail, présenté en 1902. à l'Académie des scien- 
ces de Toulouse, je faisais remarquer que chez les Chilopodes 
quel que soit le nombre de segments pédigères, ce nombre était 
toujours impair; le nombre initial au moment de l'éclosion, 
étant lui-même impair, et l'accroissement en segments étant 
toujours de (4- 2) correspondant aux anneaux des Diplopodes 
composés de 2 somites. 

C'est la remarque de cette loi, qui a fait dire, avec juste rai- 
son, à M. 0. Duboscq, que « tout Myriopodeest fondamentale- 
ment Diplopode. » 

Je n'avais pas développé davantage cette question, croyant le 
fait connu par la généralité des Myriopodologistes. Cependant 
dans une publication italienne, que j'ai entre les mains, je vois 
décrits des Géophilides, possédant indistinctement des nombres 
pairs et impairs de segments pédigères. 

Voici le relevé des nombres pairs que j'y vois figurer; 

Himantarium Gabrielis 128-140 

Haplophilus dimidiatus 122-124 

Meinertophilus superbus 144-144-150 

Stigmatogaster gracilis 100 

Schendyla nemorensis 42 

Schendyla mediterranea 52-50 

Henia bicarinata 80 

Henia pulchella 60-54 

SOC. 1>'hIIT NATURELLE DB TOULOUSE (t. xixii). 3 



16 J. CHALANDE 

C kaetechelyne vesuviana 62 

Geophilus flavidus 66-62 

Geophilus linearis 74 

Pachymerium attenuatum 50-48 

Orinophilus vinciguerrœ 56-56-56 

Je doute fort que l'auteur de ce travail ait trouvé ces chiffres ; 
il aura vu un peu trop hâtivement les individus qu'il a décrits, 
et la règle que j'ai indiquée plus haut, lui étant inconnue, il 
n'aura pas été frappé par ces erreurs de numération. 

Je reviens donc à cette loi, qui est constante chez tous les 
Chilopodes, et ne subit aucune exception. Toute exception, si 
l'on en trouve, doit être considérée comme une monstruosité. 

Quelque soit le nombre de segments pédigères d'un Chiiopode, 
ce nombre est toujours impair et peut être représenté par la 
formule 1 + (x X 2). 

Ce caractère de l'imparité existe également chez les Diplo- 
podes, mais seulement pour le nombre de paires de pattes 
(pattes copulatrices comprises) et non pour les segments, puis- 
que chez ces derniers les anneaux sont composés de deux somites. 

Cependant, quoique ce caractère existe fondamentalement 
chez les Diplopodes, il subit dans cet ordre, de nombreuses 
exceptions dues à la présence fréquente dans les derniers seg- 
ments d'anneaux portant une seule paire de pattes au lieu de 
deux, quoique toujours composés de deux somites (Chordeu- 
midae- Iulidae) . 

Nous devons reconnaître toutefois que les Polyzonidae 
(Diplopodes) et l'ordre des Symphiles (Scolopendrella) échap- 
pent à cette loi. 

Chez les Diplopodes, les jeunes, au sortir de l'œuf, possèdent 
trois paires de pattes, correspondant aux trois paires des Hexa- 
podes. L'accroissement se fait ensuite par des anneaux com- 
posés de deux somites et portant deux paires de pattes ; une 
paire dans chaque somite. Le nombre de paires de pattes se 
trouve donc toujours impair, sauf les variations que nous ve- 
nons de signaler. 



NOTES SUR LES MYRIOPODES 17 

Parmi les Chilopodes, chez les Scutigeridae et les LUhobiidae, 
les jeunes naissent avec sept paires de pattes, Correspondant 
aux trois paires des Hexapodes, avec accroissement de + 2 H- 2. 
Après la naissance, l'individu continuera de s'accroître par 
gemmation, mais encore cet accroissement sera toujours de 
(-|- 2) correspondant aux anneaux des Diplopodes, composés 
de deux somites. 

Chez les Scolopendridae, les jeunes, au sortir de l'œuf, ont 
vingt-une paires de pattes, même nombre qu'ils auront à l'âge 
adulte, et chez les Geophilidae, un nombre indéterminé suscep- 
tible de s'accroître; mais toujours quel que soit ce nombre, 
vingt-un ou x, il correspondra aux trois paires des Hexapodes 
avec accroissement d'origine ovulaire ou gemmaire de + 2 
-h 2 +2 

Pour le nombre de paires de pattes, la loi se trouve donc la 
même pour les Diplopodes comme pour les Chilopodes , et peut 
être représentée par la formule 1 H- (x X 2) ou, plus exacte- 
ment pour faire ressortir la parenté des Myriopodes avec les 
Hexapodes, par la formule 3 + (x X 2). 

ii. — l'anneau double des dlplopodes et l'anneau simple 
des Chilopodes 

Doit-on considérer les anneaux des Diplopodes, comme for- 
més par la soudure de deux somites primitivement séparés ; 
ou, considérer les segments des Chilopodes, comme des somites 
primitivement soudés deux à deux? 

Les deux versions ont été admises, et l'on pourrait invoquer 
à leur appui, des arguments basés sur la recherche de l'orga- 
nisation la plus élevée, des Chilopodes ou des Diplopodes, ou, 
des formes de ces deux ordres qui se rapprochent le plus de la 
forme hypothétique que nous appellerions ancestrale. 

En général, chez les Arthropodes, la réunion des segments est 
regardée comme indiquant un rang supérieur dans l'organisa- 
tion, et leur séparation en série homonome, semble indiquer 



18 J. CHALANDE 

au contraire un rang inférieur, et leur rapprochement avec les 
Annélides. 

Tels, les Onychophores (Peripatus) forment le passage entre 
les Annélides et les Arthropodes trachéates ; les Symphiles 
(Scolopendrella) sont regardés comme les Myriopodes se rappro- 
chant le plus de la forme ancestrale, et les Campodidae de Tor- 
dre des Thysanoures paraissent se rapprocher le plus de la 
forme primitive des Hexapodes. 

En se basant sur cette considération, les Diplopodes seraient 
d'un rang supérieur aux Chilopodes (ce qu'il est difficile d'ad- 
mettre si l'on étudie leur organisation interne), et leurs anneaux 
sembleraient provenir de la soudure de deux somites. 

D'autre part, il est admis, que chez les Articulés, les organes 
génitaux internes sont primitivement pairs. 

Or, tandis que chez les Chilopodes 9^ l'ovaire est toujours 
simple, et présente un seul stroma ovuligène; chez les Diplo- 
podes, le sac ovarique est double ou simple, mais présente tou- 
jours, sans exception, deux stroma ovuligène. 

La forme des Spermatozoïdes, qui est toujours capilaire, 
chez les Chilopodes, indique également chez ceux-ci, une orga- 
nisation plus élevée que celle des Diplopodes, chez le plus grand 
nombre desquels (Glomeridae, Polydesmidae, Iulidae) on trouve 
des spermatozoïdes cellulaires et privés de mouvement, rappe- 
lant ceux des Crustacés décapodes. 

La règle de l'imparité des segments pédigères, montre que le 
nombre des segments des Chilopodes ne varie jamais que d'un 
nombre pair, et précise cette particularité caractéristique de la 
classe des Myriopodes : L'alliance des segments deux à deux, 
qu'ils soient morphologiquement séparés ou réunis. 

Si pour les Diplopodes, nous n'avons pas de données pro- 
bantes, nous permettant de préciser la forme primitive des 
anneaux, il n'en est pas de même des Chilopodes. Chez ces 
derniers, le développement post-embryonnaire nous fait assister 
à l'évolution et à la division des anneaux en deux segments 
distincts. 



NOTES SUR LES MYRIOPODES 19 

Or, comme l'a formulé Fr. Muller, d'après la théorie de 
Dar win : « V Histoire de l'évolution individuelle est une répé- 
tition courte et abrégée de l'Histoire de l'évolution de l'espèce. » 

Nous laisserons de côté les Scolopendridae et les Geophilidae ; 
les premiers ne se développant pas par gemmation, après la 
naissance, et les seconds ne présentant qu'un bourgeonnement 
assez confus de quelques segments anals. 

Nous suivrons seulement le développement des Lithobiidae et 
des Scutigeridae, leur évolution post-embryonnaire étant tout 
à fait caractéristique et démonstrative. 

Chez les Lithobies, les jeunes naissent avec sept paires de 
pattes et neuf segments. Soit : la tête et huit segments plus le 
segment anal. Bientôt sur les côtés du huitième segment, on 
voit bourgeonner deux tubercules coniques, qui s'allongent peu 
à peu, se segmentent, et deviennent la huitième paire de pattes. 

A ce moment, l'animal possède déjà quatre couple de deux 
segments pédigères. 

Nous arrivons au deuxième stade : Entre le segment préanal 
(8 e ) et l'anal , un nouvel anneau apparaît, abrité sous la 
grande scutelle dorsale du huitième segment ; sur les côtés de 
ce nouvel anneau on voit bourgeonner cette fois deux paires de 
pattes au lieu d'une. 

Avant que ces nouvelles pattes aient acquis leur entier déve- 
loppement (3 e stade) l'anneau qui les porte se divise en deux 
segments; le premier possède déjà une étroite scutelle dorsale 
qui reste cachée sous la grande scutelle du huitième segment, 
et une nouvelle lame se développe sur le second. 

Le nouvel anneau du 2 e stade, aura ainsi formé, en se divi- 
sant, le couple des 9 e et 10 e segments. 

Les choses se passeront de même pour les 11 e et 12 e seg- 
ments. 

Au stade suivant (5 e ), sur les côtés du nouvel anneau qui 
aura bourgeonné, entre le préanal (12 e ) et l'anal, on verra 
cette fois apparaître simultanément trois paires de pattes, au lieu 
de deux. Peu après cet anneau se segmentera à son tour, et for- 



20 J. CHALANDE 

mera le couple des 13 e et 14 e segments, et celui du 15 e seg- 
ment pédigère réuni à l'anal. Ces deux derniers semblent ne 
former qu'un seul segment, mais sont bien en réalité deux 
somites distincts, non soudés, et présentent deux ganglions ner- 
veux. 

Donc, si l'on considère, d'une part la place relative des Diplo- 
podes et des Chilopodes dans l'échelle animale et, d'autre part, 
le mode de développement post-embryonnaire d'un certain 
nombre de Chilopodes, on est obligé d'admettre que l'anneau 
simple des Chilopodes provient du dédoublement d'un anneau 
primitif, ce dédoublement étant resté imparfait chez les Diplo- 
podes. 

III. — Sur le segment anal des Chilopodes 

Il est à noter que chez tous les Chilopodes, après le ganglion 
sous-œsophagien, la chaîne ganglionnaire ne présente qu'un seul 
ganglion dans chaque segment pédigère, sauf dans le dernier 
qui en possède deux. 

Le nombre de ces ganglions est donc de 16 chez les Scutigères 
et les Lithobies, de 22 chez les Scolopendres et les Cryptops, et 
d'un nombre toujours pair et supérieur de (+1) au nombre de 
segments pédigères chez les Geophilides. J'insiste particulière- 
ment sur la présence de ces deux ganglions dans le segment 
pédigère anal des Chilopodes, qui prouve que ce segment est 
double et composé de deux somites (non soudés), l'un pénultième 
portant la dernière paire de pattes, et le dernier présentant 
l'orifice anal, cloaque commun du tube digestif et du vestibule 
génital, accompagné selon les sexes de palpes génitaux (Geo- 
philides çf) ou de pattes génitales (Lithobies Ç). 

Les diagnoses de tous les auteurs laissent, en effet, planer un 
doute sur l'existence de ce dernier- segment non pédigère des 
Chilopodes, et indiquent seulement : Scutigères et Lithobies, 
15 segments pédigères ; Scolopendres et Cryptops, 21 segments 
pédigères. 



NOTES SUR LES MYRIOPODES 21 

Chez les Scutigères, le développement post-embryonnaire est 
à peu près le même que chez les Lithobies, avec cependant 
cette différence que le bourgeonnement des pattes se fait succes- 
sivement par paire et non simultanément par deux ou trois 
paires ; mais la gemmation des nouveaux anneaux s'opère tou- 
jours entre le segment préanal et l'anal, suivie de leurs divisions 
en deux nouveaux segments. 

IV. — Développement post-embryonnaire 

On a comparé le développement post-embryonnaire des Myrio- 
podes à la métamorphose des Insectes. Quoique ces deux modes 
d'évolution aient une certaine analogie, ils me semblent cepen- 
dant différer fondamentalement. 

Chez les Hexapodes en général, la métamorphose, comme son 
nom l'indique, n'est qu'une transformation modifiant plus ou 
moins profondément les organes, le genre de vie et la forme de 
l'individu. 

Chez les Myriopodes, au contraire, il n'y a pas de transforma- 
tion ; il y a, en quelque sorte, bourgeonnement d'un nouvel 
individu à la suite du premier. 

Nous devons, en effet, considérer chez tous les Diplopodes et 
chez un certain nombre de Chilopodes deux parties absolument 
distinctes et nettement délimitées : 

1° Une partie d'origine ovulaire (prosome), conformée pour la 
conservation de l'individu. 

2° Une partie d'origine gemmaire (métasome), organisée pour 
la propagation et la conservation de l'espèce. 

Au sortir de l'œuf, le Scutigère se composera de la tête et de 
huit segments dont les sept premiers seront pourvus de pattes. 
Cet individu d'origine ovulaire aura déjà tous les organes essen- 
tiels à la vie et à la conservation individuelle. C'est alors que 
le segment pénultième (7 e ) se dédoublera, et que bourgeon- 
nera entre le nouveau préanal (8 e ) et l'anal, un nouvel anneau 
qui sera le premier des sept segments pèdigères qui constitue- 



22 J. CHALANDE 

ront la nouvelle portion d'origine gem maire, lequel sera orga- 
nisé dans le seul but de la conservation et de la propagation de 
l'espèce. C'est là que se développeront à l'âge adulte les organes 
reproducteurs. 

La grande scu telle dorsale qui recouvre les segments 6-7-8 
marquera toujours le point de jonction des deux portions pro- 
somique et métasomique. 

Chez les Lithobies les choses se passeront à peu près identique- 
ment. L'individu d'origine ovulaire aura à sa naissance la tête et 
huit segments plus l'anal, les sept premiers pourvus de pattes. 
La portion d'origine gemmaire bourgeonnera successivement 
entre le 8 e segment et l'anal, et sera constituée par sept nou- 
veaux segments pédigères. 

La limite des deux portions, d'origines différentes, sera mar- 
quée par les scutelles dorsales. On remarque, en effet, que chez 
les Lithobies, les scutelles dorsales sont alternativement longues 
et courtes : 

12 3 4 5 6 7 

La septième scutelle, recouvrant la septième et dernière paire 
de pattes au sortir de l'oeuf, est une scutelle longue ; mais la 
huitième, qui devrait être courte, est également longue, rom- 
pant ainsi l'alternance qui reprendra cependant avec le neuvième 
segment, premier anneau du métasome : 

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 il 12 13 14 15 

Chez tous les Diplopodes, indistinctement, l'individu d'ori- 
gine ovulaire possède à la naissance trois paires de pattes et à la 
suite un nombre de segments variable selon les groupes et qui 
deviendront tous pédigères dans la suite du développement. ' 

Pollyxenidae . = Origine ovulaire : 4 segments + l'anal = Adulte 11 segments 

Glomeridae ..==— — 6 — + — = — 13 — 

Polydesmidae. — — — 5 — + — = — 19-20 — 

Chordeumidae = — — 5 — + — = — 30 — 

Iulidae = — — 6 — + — = — variable 



NOTES SUR LES MYRIOPODES 23 

C'est également entre le segment pénultième du prosome (4 e , 
5 e ou 6 e , selon les groupes) et l'anal que bourgeonneront les nou- 
veaux segments du métasome (1) qui seront en nombres varia- 
bles selon les groupes, ou selon les espèces chez les Iulides. 

Quoique les ouvertures génitales s'ouvrent entre le 2 e et le 
3 e segment chez les Diplopodes, les organes de la reproduc- 
tion et les pattes copulatrices (ou les pattes ouvrières chez les 
Glomeridae) ne se développeront que dans la portion méta- 
somique. Et il est remarquable que c'est précisément dans le 
premier ou dans le deuxième anneau d'origine gemmaire que 
ces pattes copulatrices apparaîtront à l'âge adulte, marquant par 
leur présence la délimitation entre les deux parties d'origine 
différente. 



(1) Chez les Pollyxenidae l'anus étant situé dans le segment pénul- 
tième, le bourgeonnement se fait entre l'antépénultième et le pénul- 
tième. 



24 E -G. ROQUES 



NOTE DE PARASITOLOGIE ALPINE 

Les champignons parasites des plantes des Pyrénées (1) 

(Deuxième note) 

Dr E.-G. Roques. 



Maladie de Saxifraga muscoïdes. 
(Pic du Midi, récolte de juillet 1906) 

Sur les saxifrages gazonnantes du Pic du Midi on trouve en 
grande abondance un champignon parasite des feuilles qu'il 
détruit assez rapidement. 

Caractères. — Pendant la période d'invasion, le jeune 
mycélium de ce champignon se présente sous l'aspect de taches 
jaune clair sur la face supérieure des feuilles. Ces taches circu- 
laires, qu'on pourrait confondre au premier abord avec des 
taches de Melampsora, sont nettement circonscrites. En vieil- 
lissant, elles prennent une teinte plus sombre, elles envahissent 
toute la surface des feuilles, arrivent jusqu'aux tiges et don- 
nent à tout l'ensemble de la plante parasitée une teinte noirâtre. 
La plante se flétrit, se dessèche et meurt. Comme nous le ver- 
rons par la suite, ces taches brunes sont constituées par les 
périthèces du champignon. 

Etude microscopique. — Taches jaunes. — Elles sont 
constituées par de petits amas de filaments mycéliens recou- 
verts par lépiderme. Leur ensemble forme un faux tissu qui 
soulève la cuticule et dont il est difficile d'apprécier les limites. 
En effet, vers la partie profonde, les filaments mycéliens s'en- 



(1) Voir la première note à la page 10. 



NOTES DE PARASITOLOG1E ALPINE 25 

foncent et semblent se perdre dans les méats intercellulaires 
où il est très difficile de les suivre. 

Taches brunes. — Elles sont formées par les périthèces 
âgés; ceux-ci, de forme ovoïde et légèrement conique, rappel- 
lent l'aspect d'une toupie. Ils communiquent, avec l'extérieur 
par une ostiole située à la partie la plus élevée. Leur surface 
porte quelques lambeaux de cuticule qu'ils ont fait éclater. 

Ces périthèces sont ornés de poils en nombre indéterminé, 
mais assez considérable et sont par conséquent très caractéris- 
tiques. 

Une coupe de ces périthèces montre une cavité limitée par 
des parois brunâtres et coriaces et remplie de deux sortes 
d'éléments bien distincts : des asques et des paraphyses. 

Les paraphyses très minces débordent légèrement l'extrémité 
libre des asques ; celles-ci présentent des caractères importants 
pour la détermination de l'espèce. Elles sont allongées, cylin- 
dro-fusiformes, très brièvement pédicellées et renferment cha- 
cune huit ascospores. 

Ces ascospores sont de couleur brune, allongées, légèrement 
étranglées en leur milieu et terminées par deux extrémités arron- 
dies. Elles sont groupées sur deux rangs dans l'intérieur de 
l'asque. Elles sont cinq fois septées transversalement et, carac- 
tère très important, possèdent dans chaque article deux cloisons 
parallèles au grand axe de la spore. Ces cloisons divisent chaque 
article en parties inégales. 

Diagnose. Ces caractères nous amènent à classer ce champi- 
gnon dans le genre Pyrenophora et à le rapporter à l'espèce 
chrysospora (Niessl) variété glacialis. 
La diagnose peut se résumer ainsi : 

Peritheciis erumpenlibus, subsphœroideù, osiiolo papillato, 
vertice setulis partis, erecLi'», dicergentibus, brerÀbus instruc- 
lis ; ascis oblongato-cl'ivatis , brerinsime pedicillatis 460 jx 
= 35 [*.; sporidiis octonis, distichis, eihpsoideis, ad médium 
vix constrictis, utrlnque obtusis, transverse 5 septatis, septulis 
long itudinah bus hinc inde interruptis 2 accedentibus, redis 



E. G. ROQUES 26 

inœquilateribus, fuscidulis, 40 |x = 16 [/.; pamphysibus parum 
notabilibus. 

Pyrenophora chrysospora a été observé sur les feuilles des 
plantes des montagnes et en particulier sur les Saxifrages, les 
Primevères, les Gentianes, les Myosotis, les Véroniques, les 
Rhododendron , etc. La variété glacialis a été signalée sur 
les feuilles des différentes plantes, taz.t mono que dicotylédones, 
des régions circumpolaires en particulier au Spitzberg et Beeren 
Eiland. On l'a signalé aussi dans le Tyrol. 

Nous signalons ce champignon pour la première fois dans les 
Pyrénées et sur l'un des hauts sommets de ces montagnes, où 
il trouve les mêmes conditions de milieu que dans les régions 
circumpolaires où il vit normalement. 

Cependant, cette grande aire de dispersion nous permet de 
considérer cette espèce comme émigrée des régions polaires à 
l'époque glaciaire ; il nous représenterait donc dans les Pyré- 
nées un des vestiges de la flore mycologique des temps pléis- 
tocènes. 



LE GALVANOTROPISME DES RACINES 27 

LE GALVANOTROPISME DES RACINES 

Par MM Paul Dop et Elie Lazerges. 

Dans le cours des études que l'un de nous poursuit sur l'in- 
fluence de l'électricité sur la germination, nous avons été 
amenés à nous occuper incidemment du galvanotropisme des 
racines. 

On sait que l'on désigne sous le nom de galvanotropisme la 
propriété que possède la racine de manifester par une courbure 
l'action d'un courant électrique traversant le liquide conduc- 
teur dans lequel elle plonge. 

Ce phénomène intéressant qui fournit un chapitre nouveau 
à l'étude de l'action directrice des divers agents physiques, sur 
la croissance des membres des plantes, a fait l'objet d'un cer- 
tain nombre de travaux assez récents. 

En 1882, Elfving (1) avait observé que les racines de Zea 
mays, de Secale céréale, d'Hordeum vulgare, d'Helianthus, 
de Phaseolus, de Vicia, de Plsurn, etc., se recourbaient vers 
l'anode, tandis que les racines de Lepidiurn, de Brassica, de 
S inapis, se recourbaient vers la cathode. 

L'année suivante, Muller Hettlingen (2) confirma les 
expériences d'ELFviNG et il montra, en outre, que, placées dans 
des conditions différentes de celles réalisées par ce dernier, les 
racines de Brassica se recourbaient vers l'anode. 

En 1884, Brunchorst (3) eut l'idée d'étudier l'influence de 

(1) Elfving. — Ueber eine Wirkung des galvanischen Stroms au, 
wachsende Wurzeln. (Botanische Zeitung, 1882.) 

(2) Muller Hettlingen. — Ueber galvanische Erscheinungen an 
Keimenden Samen. — Pflùgers archiv. fur Physiologie, Bd. 31, 
1883. 

(3) Brunchorst. — Ueber die fonction der Spitze bei den Rich- 
tungsbewegungen der Wurzeln. — Ber. der deutsch. Bot. gesell. 
1884. 



28 P. DOP ET E. LAZERGES 

l'intensité du courant sur le galvanotropisme des racines. Et il 
conclut de ses expériences que, pour un courant d'intensité 
faible, les racines se recourbaient vers la cathode, tandis que 
pour un courant de forte intensité, la courbure était nettement 
dirigée vers l'anode. Il constatait, en outre, que la limite entre 
ces deux intensités, c'est-à-dire l'intensité pour laquelle il y 
avait changement du sens de la courbure, était variable avec 
les diverses plantes expérimentées. Brunchorst avait, d'autre 
part, étudié le rôle joué par le sommet de la racine dans cette 
courbure; et il était arrivé à conclure que le sommet était la 
région sensible dans le cas de la courbure négative, tandis que 
la courbure positive était due à un traumatisme affectant la 
racine sur toute sa longueur. En sorte que, d'après cet auteur, 
les courbures positives et les courbures négatives auraient une 
origine différente, seraient attribuables à des causes différentes. 

Dans un travail de 1885, Rischavi (1) donne du galvanotro- 
pisme une explication purement physique. Pour lui, la cour- 
bure des racines serait due simplement à une action catapho- 
rique du courant, c'est-à-dire à la pénétration dans les racines 
de substances chimiques, dissociées, décomposées par le cou- 
rant. 

Brunchorst (2) revient sur la question successivement en 
1885 et en 1889. Et il admet alors que les courbures positives 
des racines sont dues à un phénomène chimico-pathologique. 
Il se formerait à l'anode un corps nuisible qui ne serait autre 
que l'eau oxygénée, H 2 2 . Cette eau oxygénée, formée par 
électrolyse, serait absorbée par la face de la racine tournée 
vers l'électrode positive et la croissance sur cette face serait 
ainsi arrêtée, tandis que l'autre face continuerait à croître : on 
conçoit qu'ainsi se manifeste une courbure très nette vers 
l'anode. 

(1) Rischavi. — Zur Frage ùber der sogenannten Galvanotropis- 
mus. — Botan, Oentralblat, Bd. XXII, 1885. 

(2) Brunchorst. — Zur Frage ùber der sogenannten Galvanotro- 
pismus. — Bergens Botau, Centralblatt, Bd XXIII, 1885. 



LE GALVANOTROPISME DES RACINES 29 

Quant aux courbures négatives, Brunchorst(I) les attribue 
encore à une cause distincte de la précédente; ces courbures 
négatives seraient, d'après lui, la manifestation d'une sensibi- 
lité spéciale analogue à celle invoquée dans le cas de l'héliotro- 
pisme et du géotropisme. 

En 4894, Rothert (2) examine la question du galvanotro- 
pisme d'une façon tout à fait indirecte et accessoirement dans 
une étude sur le rôle du sommet de la racine. Il se contente de 
faire la littérature du sujet et n'apporte aucune lumière nou- 
velle. 

Un travail de Lœr (3) qui parut en 1897 est d'un intérêt 
plus réel II cherche à interpréter les phénomènes galvanotro- 
piques et il en arrive à considérer l'action des ions non seule- 
ment à l'extérieur de la racine, dans le milieu ambiant, mais 
encore à l'intérieur même des cellules. Le courant électrique 
aurait donc pour effet de dissocier en leurs ions, à la fois les 
électrolytes contenus dans la solution extérieure et les électro- 
lytes contenus à l'intérieur même des cellules, dans le proto- 
plasma végétal. Et Lœr admet alors que l'action du courant est 
différente et par conséquent aussi la courbure des racines, 
suivant que l'électrolyse interne ou l'électrolyse externe l'em- 
porte. 

Schellenrerg (4) étudiant plus spécialement l'action des 
sels sur la direction de croissance des racines du pois, établit, 
dans un travail récent (1906), les faits constatés par Brun- 
chorst. Mais l'objet principal de son étude porte sur les chan- 



(1) Brunchorst. — Notizen ùber der Galvanotropismus . — Ber- 
gens Muséum Aarsbereting Bergen, 1883. 

(2) Rothert. — Zur Streitfrage ùber die Fonction der Wurzels- 
pitze. — Flora, 1894. 

(3) Lœb. — Zur Théorie der Galvanotropismus. — Pflùgers Archiv. 
1897. 

<4) Schellenberg — Untersuchungen ùber die Einfiuss der Salze 
auf die Wachtumsrichtung der Wurzeln, zunâchst an der Erb- 
senwurzel. — Flora, Bd. 96, 1906. 



30 P. DOP ET E. LAZERGES 

gements de courbure produits par les variations dans la con- 
centration des sels. Et il montre que si l'on fait abstraction des 
courants forts pour lesquels la courbure est toujours positive, 
on peut obtenir encore une courbure positive avec des courants 
faibles, de amp. 00002 environ pour une concentration déter- 
minée de la solution. Ici donc la courbure ne dépendrait pas 
seulement de l'intensité du courant, mais serait encore fonc- 
tion de la concentration du milieu nutritif. 

S'appuyant sur ces faits, Schellenberg invoque les phéno- 
mènes d'ionisation et reprend à son compte l'idée précédem- 
ment émise par Lœb sur l'électrolyse externe et interne. On 
conçoit facilement le mécanisme de cette électrolyse : de l'anode 
part un flux d'ions positifs ou anions qui viennent frapper la 
face positive de la racine; mais les électrolytes dissous dans les 
cellules de cette face de la racine, sont, à leur tour, dissociés en 
ions. Et vis-à-vis de ces anions, des ions négatifs ou cathions 
se trouvent libérés dans ces cellules; et tandis que les anions 
situés à l'extérieur tendent à pénétrer dans la racine, les ca- 
thions, tendent, au contraire, à en sortir. Les mêmes phéno- 
mènes se passent, dans un ordre inverse, sur la face négative 
de la racine : de l'électrode négative, part un flux de cathions 
qui pénètrent dans la racine par la face située vis-à vis d'elle ; 
mais de cette face de la racine, sort en même temps un flux 
d'anions provenant de l'électrolyse interne. 

Et l'auteur admet que ce sont les conditions de l'entrée et de 
la sortie des ions de la racine qui règlent le phénomène du 
galvanotropisme. Il suffit, en effet, d'admettre, pour expliquer 
la courbure, que les ions qui tendent à sortir exercent sur les 
deux faces des pressions inégales; ce qui revient à dire que 
anions et cathions traversent le protoplasma avec des vitesses 
différentes. De plus, l'entrée des ions provenant de l'électro- 
lyse externe, amènerait la flocculation des corps colloïdes du 
protoplasma. 

Nous voyons donc, en résumé, que, d'après Schellenberg, 
le galvanotropisme trouverait sa cause dans le mouvement des 
ions. 



LE GALVANOTROPISME DES RACINES 31 

Une dernière élude du galvanotropisme des racines est due 
à Gafsner (1) qui a examiné surtout la germination dans 
l'eau. Cet auteur a fourni sur la question un travail très com- 
plet. Gafsner faisait ses expériences dans une cuve où plon- 
geaient deux électrodes en charbon. Dans son étude, il envisage 
non pas l'intensité du courant, mais toujours le rapport 

; il parle constamment d'intensité par centimètre 



Section du liquide 

carré. Cette considération ne nous paraît d'aucune utilité : le 
milieu, en effet, est considéré comme un milieu isotrope. Et l'au- 
teur lui-même le considère comme tel puisque le dénominateur 
de son rapport n'est autre chose que la surface de section du 
liquide : c'est donc qu'il admet qu'en chaque point de la surface 
liquide l'intensité est la même. Quoiqu'il en soit, Gafsner a 
constaté que, pour des courants faibles, les racines se recour- 
baient vers la cathode ; pour des courants d'intensité moyenne, 
il y avait une courbure en s et pour des courants forts, il y 
avait une courbure nettement positive. 

Enfin l'auteur étudie accessoirement l'influence de la durée 
d'action du courant et de la nature des électrodes ; ses expé- 
riences principales portèrent surtout sur le Phase o lus multiflo- 
rus, le Pisum sativum, le Vicia faba, le Lupinus albus, le 
Brassica napus. Et il déclare en passant que le Zea mays est 
absolument impropre à la recherche des courbures négatives. 

L'auteur de ce mémoire donne des phénomènes galvanotro- 
piques une représentation graphique particulière. Il construit, 
pour ses diverses expériences, des courbes en portant en abs- 
cisses les intensités du courant et en ordonnées les angles de 
courbure des racines Cette construction graphique ne nous 
paraît pas présenter toute la précision désirable en pareille 
matière ; nous ne voyons pas, en effet, comment l'auteur a pu 
arriver à mesurer avec une approximation suffisante les angles 
de courbure des racines : c'est là, comme nous avons pu le 

(1) Gafsner. — Der Galvanotropismus der Wurzeln. — Bot. Zei- 
tung, n° 64, 1906. 

SOG. d'hIST. NATURELLE DE TOULOUSE. (î, XIXIX). 4 



32 P. DOP ET E. LAZERGES 

constater nous-même, une mesure difficile et malgré tout peu 
précise. 

Ses diverses expériences conduisent Gafsner à donner des 
différentes courbures observées une interprétation particulière 
et à formuler une théorie nouvelle du galvanotropisme. 

Pour lui, la courbure positive est une courbure de blessure 
qui peut se décomposer en deux parties : il y aurait, en premier 
lieu, une variation de turgescence au-dessus de la zone de 
croissance de la racine. D'autre part, dans la région de crois- 
sance de la racine, il y aurait arrêt, interruption de croissance 
sur la face positive. Les courbures galvanotropiques négatives 
seraient dues à un phénomène de sensibilité comparable au 
géotropisme, et le sommet de la racine serait l'organe récepteur. 

Quant aux courbures en s, elles tiennent des deux précé- 
dentes : elles sont d'abord positives par suite de lésions, puis 
négatives par suite d'un mouvement de croissance paratonique. 

Gafsner critique la théorie chimico-pathologique du galva- 
notropisme donnée par Brunchorst, ainsi que la cataphorèse 
de Rischavi. Il considère, quant à lui, le galvanotropisme 
comme un cas particulier du traumatropisme. Et il base sa 
théorie sur les faits suivants : d'abord, les courants faibles 
n'ont pas d'action; puis, à mesure que l'intensité augmente 
graduellement, on constate l'apparition de courbures négatives, 
puis de courbures en s, et enfin de courbures positives jusqu'à 
l'intensité avoisinant l'intensité de mort. — Enfin Gafsner 
admet que le traumatropisme est produit par l'électrolyse in- 
terne qui aurait pour effet d'accumuler des alcalis sur un côté 
de la racine : ce côté serait toujours le côté positif. Et, d'après 
lui, l'hémi-perméabilité de la membrane protoplasmique joue- 
rait un rôle important dans ces phénomènes. En somme, 
Gafsner vérifie les travaux de ses prédécesseurs, mais il établit 
une théorie nouvelle, dans laquelle les courbures positives et 
négatives sont considérées comme des cas de traumatropisme. 

Nous avons repris, à notre tour, cette étude du galvanotro- 



LE GALVANOTROPISME DES RACINES 33 

pisme des racines ; nous avons pour cela effectué plusieurs 
expériences en nous plaçant dans des conditions aussi précises 
que possible. 

L electrolyte qui nous a servi était tout simplement l'eau de 
la Garonne. Dans une cuve en verre, nous placions donc de 
l'eau ordinaire ; un tamis fin, soutenu par un cadre de verre 
était maintenu à la partie supérieure du liquide. Dans ce tamis 
nous placions des graines d'orge commun (Hordeum vulgare). 
Enfin dans la cuve et aux deux extrémités du- tamis plongeaient 
deux électrodes en charbon. Nos expériences se faisaient dans 
une étuve à la température de 27° et les graines germaient à 
l'obscurité, pour supprimer l'héliotropisme. Le courant était 
fourni par des éléments du type Daniell; nous disposions donc 
d'une force électromotrice connue (0 V 9 environ par élément). 
Pour opérer avec une intensité très faible, nous intercalions 
dans le circuit un rhéostat à liquide constitué de la façon sui- 
vante : dans un tube en U de grandes dimensions, nous met- 
tions de l'eau ordinaire mélangée à de l'eau distillée; dans 
chacune des branches de ce tube plongeait une baguette de 
charbon servant pour les lampes à arc. Ces charbons traver- 
saient un bouchon et pouvaient par conséquent être plus ou 
moins enfoncés dans le liquide : de sorte qu'il était facile de 
faire varier la résistance intercalée dans le circuit. Mais on 
conçoit qu'on disposait toujours d'une résistance relativement 
considérable. Enfin nous mesurions les intensités du courant 
au moyen d'un galvanomètre Desprez-d'Aisonval. 

Dans une première expérience, installée comme nous venons 
de le décrire, nous avons employé un élément Daniell ; et, de 
plus, le rhéostat à liquide se trouvait dans le circuit. L'inten- 
sité était alors de 6 millionièmes d'ampère. Après que le cou- 
rant eut passé durant 48 heures, on pouvait constater que les 
racines avaient pris une direction quelconque. Elles parais- 
saient indifférentes au courant. Nous étions donc ici au-dessous 
de la limite inférieure d'action du courant. 

Sans arrêter l'expérience, nous avons augmenté l'intensité 



34 P. DOP ET E. LAZERGES 

du courant en introduisant quelques gouttes d'acide sulfurique 
dans le liquide du rhéostat. Par ce procédé, l'intensité du 
courant était éievée à 3 cent-millièmes d'ampère. Et déjà quel- 
ques heures après que ce changement d'intensité s'était produit, 
on pouvait constater que l'extrémité des racines se recourbait 
vers la cathode : nous avions donc obtenu ainsi des courbures 
négatives qui allèrent s'accentuant. L'expérience était arrêtée 
au bout de 72 heures. 

Dans une nouvelle expérience, nous employions encore un 
seul élément Daniell; mais le liquide du rhéostat était acidulé 
et les charbons enfoncés dans des conditions telles que l'inten- 
sité était maintenant de 5 cent millièmes d'ampère. Alors, au 
début de leur apparition, les racines s'infléchissaient vers 
l'anode, puis se recourbaient vers la cathode. Il y avait donc 
au début, courbure positive, puis courbure négative. Et lors- 
que, au bout de 72 heures, l'expérience était arrêtée, les racines, 
par suite de cette double courbure dans deux sens différents, 
avaient pris une forme d's. 

Une quatrième expérience mettait en œuvre un courant de 
six dix-millièmes d'ampère fourni par quatre éléments Daniell 
montés en série. Et ici les racines se recourbaient très nette- 
ment vers l'anode La courbure positive était très manifeste et 
on pouvait approximativement évaluer l'angle de courbure à 
45°, cet angle étant celui fait par la racine avec la verticale, 
compté au-dessous de la racine. 

Dans une cinquième expérience nous avons fait passer dans 
l'eau de la cuve un courant d'une intensité de amp. 0016, 
fourni par six éléments Daniell montés en série. Ici encore, et 
plus nettement que dans l'expérience précédente, les racines 
présentaient une courbure positive : elles se dirigeaient pres- 
que horizontalement vers l'anode. En sorte que l'angle que ces 
racines faisaient avec la verticale était très sensiblement égal 
à 90°. 

Enfin dans une sixième expérience, le courant employé était 
fourni par dix éléments Daniell montés en série : l'intensité 



LE GALVANOTROPISME DES RACINES 35 

était alors d'environ 3 milliam pères. Les autres conditions 
étant les mêmes que celles réalisées dans les expériences précé- 
dentes, les racines prenaient encore une courbure nettement 
positive ; mais, de plus, il était manifeste qu'ici le courant 
avait une influence nettement défavorable au développement 
des racines. Celles ci, en effet, se recourbaient en formant une 
anse, restaient courtes et paraissaient chétives, rabougries. 

Telles sont, pour une graminée, l'orge, les conditions du 
phénomène. Il ressort donc de ces expériences que, au-dessous 
d'une certaine intensité, très faible d'ailleurs, les racines res- 
tent indifférentes à l'action du courant; puis, l'intensité étant 
encore faible, mais suffisante cependant pour produire une 
action nette, les racines prennent une courbure négative; et à 
mesure qu'on expérimente avec des intensités graduellement 
croissantes, les racines présentes une courbure en s, puis une 
courbure nettement positive, et enfin des courbures encore 
positives, mais assez complexes; la racine paraît, en effet, quand 
on utilise des courants de 3 ou 4 milliampères, se recroque- 
viller, se rabougrir et reproduit assez bien l'aspect d'un ha- 
meçon. 

Il est bien évident que toutes les fois que la racine se re- 
courbe, c'est que la face de la racine qui devient concave cesse 
de croître, ou tout au moins subit une diminution très sensible 
de croissance, tandis que l'autre face continue à croître et 
peut-être même sa croissance est-elle exagérée. 

Des divers auteurs que nous avons cités au début, Brun- 
chorst, Rischavi et Gafsner ne nous paraissent pas avoir 
donné du galvanotropisme, nous ne disons pas une explication 
définitive ce qui serait peut-être aujourd'hui assez malaisé, 
mais même une interprétation satisfaisante. 

Si on pouvait, en effet, admettre que l'apparition des cour- 
bures négatives n'est, comme le veut Brunchorst, que la ma- 
nifestation d'une sensibilité spéciale, semblable à celle qui se 
traduit par le géotropisme et l'héliotropisme, par exemple, ce 
serait peut-être un nouvel hommage rendu à la relativité et à 



36 P. DOP ET E. LAZERGES 

l'imperfection de nos connaissances, mais nullement une expli- 
cation. Mais où la théorie de cet auteur paraît en défaut, c'est 
lorsqu'elle invoque la nocivité de l'eau oxygénée formée dans 
le milieu : il semble, en effet, peu naturel d'admettre que cette 
nocivité, si elle existe réellement, ne s'accuse que sur une face 
de la racine. Cette localisation paraît trop* précise pour être 
véritablement réelle : d'ailleurs, il n'est pas inutile de faire 
remarquer que la quantité d'eau oxygénée formée dans les 
conditions de l'expérience doit être infiniment faible. 

La catapborèse de Rischavi ne paraît pas constituer non 
plus une explication du galvanotropisme : car s'il est naturel 
d'admettre que des atomes métalliques soient libérés dans la 
solution par le passage du courant, on ne voit pas nettement la 
relation qu'il peut y avoir entre la pénétration de ces substances 
dans le protoplasma végétal et la courbure des racines. 

Et si l'on songe au vague que suscite dans notre esprit la 
notion de blessure, à l'imprécision qui accompagne fatalement 
ce mot, on conçoit que le traumatropisme de Gafsner ne rend 
compte qu'imparfaitement du phénomène. D'ailleurs on ne 
s'expliquerait que difficilement le mécanisme de cette blessure. 

La théorie de Lœb nous parait à la fois plus satisfaisante et 
plus rationnelle. Il est évident, en effet, que le passage du cou- 
rant dans le milieu liquide a pour effet de dissocier les électro- 
lytes qui s'y trouvent dissous en leurs ions; mais l'électrolyse 
doit naturellement affecter aussi les électrolytes contenus dans 
le protoplasma végétal. De sorte que, tandis que les ions libérés 
dans le milieu extérieur tendent à pénétrer dans la racine, les 
ions libérés dans les cellules tendent, au contraire, à en sortir. 
Ce mouvement d'entrée et de sortie, ce passage des ions dans 
les deux sens, à travers le protoplasma végétal, il n'est p~s 
absurde d'admettre qu'il se fait avec des vitesses différentes 
pour les anions et pour les cathions. 

De cette différence de vitesse résulterait, sur les deux faces 
de la racine, une différence de pression qui serait la cause dé- 
terminante de la courbure galvanotropique. 



LE GALVANOTROPISME DES RACINES 37 

Mais il nous paraît nécessaire d'attirer l'attention sur la 
complexité de ce phénomène qui n'a certainement pas la sim- 
plicité que semblerait indiquer l'énoncé de cette hypothèse. Il 
n'est pas hors de propos de rappeler que la membrane proto- 
plasmiqueest théoriquement considérée comme une membrane 
hémiperméable : elle devrait donc ne laisser passer que de l'eau 
pure et arrêter tous les ions de quelque nature qu'ils soient. 
C'est là, en effet, la conséquence de 1 étude des lois pure- 
ment physiques de la pression osmotique. On voit donc que les 
lois de la pression osmotique constitueraient déjà une sérieuse 
objection à cette théorie du passage des- ions dans le proto- 
plasma végétal. Il faudrait alors admettre que l'hémiperméabi- 
lité de la membrane protoplasmique n'est pas une propriété 
constante de cette dernière et que, dans certains cas, elle peut 
livrer passage à des sels ou aux éléments ionisés de ces sels. 

Mais alors une autre difficulté se dresse : on sait, en effet, 
que toutes les fois qu'il y a apport d'ions dans les colloïdes pro- 
toplasmiques, il y a inévitablement flocculation, c'est-à-dire 
coagulation de ces colloïdes. De sorte que là où la coagulation 
s'est produite, la vie serait profondément altérée. 

Il apparaît donc qu'on se trouve ici en face d'un phénomène 
dont le mécanisme intime nous échappe actuellement. Cepen- 
dant s'il est difficile et même impossible aujourd'hui de saisir 
par le détail le mode d'action du courant électrique dans ces 
courbures des racines, il nous paraît à peu près certain que 
l'action des ions libérés par lui joue ici un rôle prépondérant : 
cette idée trouverait, d'ailleurs, une assez importante confirma- 
tion dans le fait observé par Schellenberg dans lequel, pour 
des courants faibles, le sens de la courbure est une fonction de 
la concentration du milieu nutritif. Il est manifeste que là, 
l'action des ions se révèle avec une évidence frappante, car 
nulle autre cause ne parait pouvoir être invoquée pour expli- 
quer le changement de courbure. 



38 D r KARL W VERHOEFF 



SUR 

DES VARIÉTÉS PYRÉNÉENNES 
de 

Glomeris intur média trisulcata Rot h. 

Par le Docteur Karl W. Vehhoeff (Dresden-Striesen) 
(Membre correspondant). 

Dans ma quatrième (24 e ) note sur les Diplopodes (1) j'ai étu- 
dié (p. 146-151) les races et les variétés de Glomeris interme- 
dia Latzel et en particulier dans les alinéas A, a) les variétés 
pyrénéennes de Glomeris int ermedia trisulcata Roth. M. le pro- 
fesseur Ribaut (Toulouse) m'a récemment envoyé une nouvelle 
série de ces Glomeris, ce qui me permet de compléter mon pre- 
mier travail par ce qui suit : 

1. — Tergites noirs ou brun-noir foncé, les rangées de taches I 

et II manquant complètement, et les rangées III et IV 
ou bien manquant, ou bien représentées seulement par 
de très petites taches. Pas de taches sur le deuxième 
écusson (Brustchild), seulement une strie jaune-clair 
de chaque côté près du bord antérieur. 

1. aberr. tenebrarum Verh. 

2. - Au moins deux rangées de taches claires distinctes. . . 3 

3. — Rangées de taches claires II complètement effacées; 

taches claires I très nettes et étendues ; taches claires III 
assombries mais nettes, étroitement allongées Entre 
les deux rangées claires III une bande longitudinale 

(1) K. W. Verhoeff. — Ueber Diplopoden, 4 (24) Aufsatz : Zur 
Kenntnis der Glomeriden (Zugleich. Vorlâufer einer Glomeris-Mono- 
graphie) Archiv f. Naturgeschichte, 72 Jahrg. I Bd. 2 Heft. 1906;. 



GLOMERIS INTERMEDIA TRISULCATA ROTH 39 

noire, large, dans laquelle on ne trouve que de fai- 
bles traces de la tache claire médiane IV, et encore 
seulement dans la partie antérieure. 

2. var. diversa Verh. 

4. — Rangées de taches claires II nettes ; taches claires média- 

nes plus ou moins développées (forme fondamentale 
de trisulcata) 5 

5. — Sur les segments moyens, les taches claires III sont très 

assombries ou même ont complètement disparu; du 
reste, toutes les taches claires sont assombries. Les 
taches claires I manquent ou bien sont nettes, mais 
petites et assombries. Taches claires II sont nettes, mais 
assombries. Au deuxième écusson les trois paires de 
taches claires sont petites et assombries ou ont disparu. 
Les taches claires médianes des quatrième et cinquième 
tergites sont ovales. Au delà, elles sont étroites. 

3. var. gallicorum Verh. 

6. — Taches claires III grandes et nettes; les parties claires en 

général d'une couleur plus franche 7 

7. — Les taches claires III du deuxième écusson sont nettement 

prolongées jusqu'au bord antérieur, mais ce prolon- 
gement est beaucoup plus étroit que chez la var. trisul- 
cata ; les taches claires externes I de cet écusson sont 
grandes, rondes et non assombries (comme chez la 
var. beatensis). Bord postérieur des segments avec une 
bordure noire ou brun-noir un peu plus large. Les 
taches foncées sont nettement délimitées, noires ou 
brun-noir ; le dessin paraît être fait de taches foncées 
disposées sur un fond blanc-jaunâtre. Les taches fon- 
cées de la rangée II sont plus fortes que chez beatensis 
et réunis aussi bien en avant qu'en arrière à celles de 
la rangée I. La tache claire médiane IV du deuxième 
écusson est très étroite. 

4. var. pyrenaeorum Verh. 

SOC. b'iIlST. NATURELLE DE TOULOUSE (t. 2X1 11). 5 



40 Dr KARL W. VERHOEFF 

8. — Les taches claires III du deuxième écusson sont limitées 

au milieu par les champs bruns, marbrés, latéraux. 
Elles sont ainsi largement séparées du bord antérieur 
de l'écusson 9 

9. — Les taches foncées du deuxième écusson sont bien for- 

mées a et b. 

a) La tache médiane du deuxième écusson manque ou 
est étroite, à peine élargie vers l'arrière, par suite 
linéaire. Le prolongement médian de la tache foncée 
fungiforme de l'écusson préanal atteint presque ou 
complètement le bord postérieur de cet écusson. Sur 
les segments moyens, les taches claires médianes IV 
sont un peu plus ou un peu moins larges (ou de même 
largeur) que les taches foncées III. Celles-ci sont forte- 
ment convergentes en avant, dans la partie cachée par 
le tergite précédent, et s'y réunissent en une pointe 
aiguë. Tache IV des segments moyens, chez les adultes, 
pas plus large que la tache claire III. Tache foncée I 
plus fortement développée. 

5. var. Hibauti Verh. (1). 

b) La tache claire médiane du deuxième écusson est 
grande ; plus ou moins fortement élargie vers l'arrière, 
par suite, triangulaire ; sa pointe atteint presque le 
bord antérieur de l'écusson. Le prolongement médian 
de la tache foncée fungiforme de l'écusson préanal 
n'atteint pas la plupart du temps le bord postérieur, il 
s'arrête au tiers postérieur ou à la moitié de cet écus- 
son. Sur les segments moyens les taches médianes clai- 



(1) On peut distinguer deux sous-varietés de la var. Ribauti pour 
désignation desquelles les lettres a et (3 suffisent : 

a) Individus plus clairs avec les taches claires médianes IV du 
deuxième écusson et de l'écusson préanal étroites. 

P) Individus plus foncés, dont les taches médianes claires IV du 
deuxième écusson et de l'écusson préanal sont effacées. 



GLOMERIS INTERMEDIA TRISULCATA ROTH 41 

res IV sont très larges, beaucoup plus larges que les 
taches foncées III. Celles ci sont assez étroites et se 
réunissent également en une pointe dans la partie 
cachée par le tergite précédent. Taches IV, chez les 
adultes, une fois et demie à deux fois plus large que les 
taches claires III, notamment sur les segments moyens. 
Tache foncée I moins fortement développée. 

6. var. beatensis Verh. 

10. — Les taches foncées III du deuxième écusson sont effacées 
jusqu'à leur pointe antérieure (ou le plus souvent pas 
formées). Ce reste antérieur se trouve dans le prolonge- 
ment des taches foncées obliques II. Leur ensemble 
forme les deux côtés d'un triangle rectangle délimi- 
tant une grande surface triangulaire claire, médiane. 
De même, sur les segments moyens les taches fon- 
cées III sont plus ou moins effacées, les taches foncées II 
sont nettes, les taches foncées I sont faibles et dispa- 
raissent plus ou moins sur les segments postérieurs. Le 
prolongement médian de la tache foncée fungiforme de 
l'écusson préanal n'atteint que le milieu de l'écusson 
ou bien manque complètement. Quand il existe, il est 
divisé en deux branches par une saillie longitudinale du 
fond clair de l'écusson. 

7. var. trianguli n.var. 



Dans ce tableau dichotomique les variétés sont disposées dans 
un ordre tel que nous passons progressivement de la forme la 
plus fortement mélanitique aux individus les plus clairs (var. 
beatensis et trianguli). Au point de vue phylogénétique cet 
ordre doit naturellement être renversé, c'est-à-dire que nous 
passons de la var. trianguli avec des taches foncées faibles et la 
coloration jaune primitive fortement prédominante, à la var. 
beatensis par le renforcement des taches foncées III, à la 



42 Dr KARL W. VERHOEFF 

var. Ribauti par un épaississement encore plus grand des taches 
foncées et le rétrécissement des taches claires médianes IV. 
Quand les taches foncées s'épaississent encore plus fortement 
et se relient plus ou moins sur les côtés, nous passons aux for- 
mes, qui paraissent tachées de clair sur fond sombre, chez les- 
quelles les taches IV se rétrécissent d'abord, puis disparaissent 
complètement, de même que les autres taches claires devien- 
nent plus étroites et s'assombrissent. Chez ces dernières formes 
nous pouvons établir des différences sur ce que tantôt (var. gal- 
licorum) ce sont surtout les taches claires III, tantôt (var. 
diversa) surtout les taches claires II qui tendent à disparaître. 
Enfin, nous trouvons quelques individus (aberr. tenebrarum) 
chez lesquels on ne retrouve plus que des traces plus ou moins 
faibles des taches claires; ils ressemblent à Gl. marginata, 
mais ils ne constituent en aucune façon un passage à cette espèce. 

Remarque. — Les exemplaires que j'ai nouvellement exami- 
nés ont été également recueillis par le professeur H. Ribaut, à 
Saint-Béat, dans les Pyrénées centrales, le 29 août et le 8 octo- 
bre, à une altitude d'environ 1.500 mètres. Ce nouveau lot se 
compose de : 

Var. trianguli : 3 9 (l° n g- : 7 l /2"^ Vs m,n ) avec 2 stries com- 
plètes au deuxième écusson. 

Var. beatensis : 3 Ç jeunes (long. : 7-10 ram ),5 9 (long. : 11 1 / 2 - 
13 V»"™)» 2 çf jeunes (long. : 7 >/ a -7 2 /s ,nm ), 1 cf (long. : 9 uun ). 

Var. Ribauti : 1 9 jeune (long. : 7 mm ), 2 9 (l° n g- : 9 V2" 
11 7 3 mm ), 2 ç? jeunes (long. : 6 l / 2 -l 2 / 3 mm ), 1 c? (long. : 9 mm ). 



3 OEGL1907 




SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, 11, rue de Rémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du 2 me ûïercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM . les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois, d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

J. Chalande. — Notes sur les Myriopodes 15 

E. G. Roques. — Note de parasitologie alpine 24 

Paul Dop et Elie Lazerges. — Le Galvanotropisme des raci- 
nes 27 

Karl W. Verhoeff. — Sur des variétés Pyrénéennes de 

Gloméris intermedia trisulcata Roth 38- 



3 DEC. 1907 




psr>- 




SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ENERGETIQUES 



DE TOULOUSE 



TOME TRENTE-NEUF. — 1906 



BULLETIN TRIMESTRIEL. — N° 3 et 4 





TOULOUSE 

IMPRIMERIE LAGARDE ET SERILLE 

2, RUE UOMIGUIÈHES 2. 

1906 

Siège de la Société, 17, rue de Rémusat 




Extrait du règlement de la Société d'Histoire Naturelle de Touloust 

Art. 1 er . La Société a pour but de former des réunions dans lesquelles les 
naturalistes pourront exposer et discuter les résultats de leurs recherches et 
de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences naturelles, 
Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les sciences physiques et his- 
toriques dans leurs applications à l'Histoire Naturelle, sont également de son 
domaine. 

Art 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire connaître la consti- 
ution géologique, la flore, et la faune de la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections du Musé° d'His- 
toire Naturelle de Toulouse. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés — Honoraires — Titu- 
laires — Correspondants. 

Art. 8. Les candidats au titre de membre titulaire doivent être présentés 
par deux membres titulaires. Leur admission est votée au scrutin secret par 
le Conseil d'administration. 

Art. 10. Les membres titulaires paient une cotisation annuelle de 12 fr., 
payable au commencement de l'année académique contre quittance délivrée 
par le Trésorier. 

Art. 11. Le droit au diplôme est gratuit pour les membres honoraires et 
correspondants ; pour les membres titulaires il est de 5 francs. 

Art. 12. Le Trésorier ne peut laisser expédier les diplômes qu'après avoi 
reçu le montant du droit et de la cotisation. Alors seulement les membres 
sont inscrits au Tableau de la Société. 

Art. 14. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, il perd, après 
deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre du Président, tous les droits 
attachés au titre de membre. 

Art. 18: Le but de la Société étant exclusivement scientifique, le titre de 
membre ne saurait être utilisé dans une entreprise industrielle. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers suivants : Prési- 
dent; I er et 2 e Vice-présidents; Secrétaire -général ; Trésorier ; 1 er et 2« Bi- 
bliothécaires-archivistes. 

Au. 3t. L'élection des raemhres du Bureau, du Conseil d'administration et 
du Comité Je publication, a lieu au scrutin secret dans la première séance 
du mois de décembre. Le Président est nommé pour deux années», les autres 
memores pour une année. Les Vice-présidents, les Secrétaires, le Trésorier, 
les Bibliothécaires et les membres du Conseil et du Comité peuvent seuls être 
réélus imméliatement dans les mêmes fonctions. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi à 8 heures du soir. Elles 
s ouvrentle premier mercredi après le 15 novembre, etont lieu tous les l« r et 3, 
mercredi de chaque mois jusqu'au 3 e mercredi de juillet inclusivement 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites par les membres 
de la Société et par les commissions, a lieu dans un recueil imprimé aux frais 
de celle ci, sous te titre de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle 
de Toulouse. Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publication 

Art. 4t. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de leurs travaux et 
de leurs opinio is scientifiques. Tout Mémoire imprimé ievra donc porter la 
signature de l'auteur. 

A^t 42 Celui-ci conserve toujours la propriété de son œuvre. Il peut en 
obtenir d-s tirages à part, des réimpressions, mais par l'intermédiaire de la 
Société. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui adresser les 
îohaniillons qu'ils pourront réunir. 

Art. 52. En cas de dissolution, 'es diverses propriétés de la ciel 4 . p evien- 
'ront de droit à .» Tille de Toulouse. 



FLORE ALGOLOGIQUE DES ENVIRONS DE TOULOUSE 43 

LA DISTRIBUTION GÉNÉRALE 

ET LE 

DÉVELOPPEMENT PÉRIODIQUE DE LA FLORE ALGOLOGIQDE 

Des Environs de Toulouse, 

Par M. Joseph GOMÈRE 



J'ai eu pour but, en publiant la présente Note, de développer 
les conclusions d'un travail plus étendu, paru antérieurement, 
et qui donne les résultats d'observations sur la distribution et 
l'évolution périodique générales des Algues d'eau douce de nos 
environs directs, faites au cours de mes herborisations dans la 
région toulousaine, de l'année 1882 au moment actuel (1). Il 
m'a paru aussi utile de fournir ainsi quelques documents sur 
un sujet spécial qui n'avait pas été, jusqu'à ces derniers temps, 
traité d'une manière suivie. L'étude des rapports qui existent 
entre les conditions diverses des milieux, la répartition et les 
fonctions vitales des microphytes aquatiques, constitue cepen- 
dant un vaste champ de recherches qui commence seulement à 
être exploré et ne peut procurer que des résultats nouveaux et 
intéressants. Les travaux des botanistes algologistes, autrefois 
purement descriptifs et systématiques, s'appliquent maintenant 
aussi à rechercher la solution des problèrm s variés de la vie 
des plantules microscopiques en combinant les résultats fournis 

(1) J. Comère, Observations sur la périodicité du développement 
de la flore algologique dans la région toulousaine. Bull. Soc. bot. 
Fr., t. LUI, 1906, p. p. 390-407. 

Sog. d'hist. naturellb de toolodse. (t. xxxix). 5 



44 , * COMÈRE 

par les études floristiques et morphologiques avec les observa- 
tions biologiques. 

La succession périodique et la distribution des Thallophytes 
aquatiques est réglée, en raison du mode de vie de ces orga- 
nismes, par des facteurs bien différents de ceux exigés pour le 
développement annuel des végétaux Phanérogames. Il doit 
exister pour chaque forme un minimum, un optimum et un 
maximum de circonstances utiles, qui sont encore inconnues 
par la plupart des espèces. Ce n'est qu'à la suite d'observations 
faites d'une manière suivie dans des localités choisies pouvant 
être visitées commodément, qu'il est possible de reconnaître le 
processus et l'influence des conditions qui déterminent l'évolu- 
tion des formes peuplant une station. Les récoltes successives 
opérées dans le but d'établir le tableau de la végétation aux 
diverses époques du cycle biologique, et par suite la durée de 
l'apparition de chaque forme, ainsi que la date de la formation 
de ses organes reproducteurs, doivent durer plusieurs années, 
car les variations qui surviennent dans la composition des flo- 
rules sont intimement liées avec les conditions météorologiques 
locales. 

Les facteurs qui règlent la distribution et la périodicité du 
développement des Algues d'eau douce sont nombreux. Si la 
composition chimique du milieu et son action mécanique sont 
les agents principaux qui déterminent la distribution des 
Thallophytes aquatiques, l'évolution successive est surtout 
réglée par la température et le degré d'intensité de la lumière, 
dont les effets utiles ne peuvent être produits qu'à la faveur de 
conditions saisonnières multiples et variables. Ces facteurs 
secondaires, tels que la superficie, la profondeur des milieux ; 
la transparence de l'eau, l'action de la pluie et du vent, la 
constitution géologique des stations, la présence des Phanéro- 
games aquatiques et des arbres riverains, la concurrence vitale 
des espèces, l'influence des animaux et de l'homme jouent 
aussi un rôle prépondérant. 

Les quelques documents périodiques que j'ai pu recueillir, 



* FLORE ALGOLOGIQUE DES ENVIRONS DE TOULOUSE 45 

réunis à ceux que je possédais sur la distribution de nos Algues, 
m'ont permis de donner un aperçu général de l'évolution des 
espèces dans quelques localités spéciales que j'ai pu observer 
plus commodément : le Canal du Midi, les bassins du Jardin 
des plantes et de nos jardins publics, les mares et les fossés de 
nos environs, etc., etc. 

Pour faciliter l'exposé de mes observations, j'ai divisé nos 
milieux aquatiques en milieux permanents et en milieux pas- 
sagers. 

Les milieux permanents sont constitués par les cours d'eau 
et les réservoirs naturels ou artificiels, dont le niveau reste à 
peu près constant pendant tout le cycle annuel, ils se subdivi- 
sent à leur tour en trois catégories. Dans la première se placent 
les rivières et ruisseaux plus ou moins rapides. Dans la 
seconde, les eaux stagnantes. Les abreuvoirs et les bassins à jet 
d'eau de nos jardins publics, que j'ai dénommés milieux mix- 
tes, en raison de leur nature spéciale, constituent la troisième. 

Les milieux passagers, d'une durée en général assez éphé- 
mère sous notre climat, comprennent les fossés limitant les 
chemins et les champs cultivés, les flaques d'eau et les mares 
et étangs exposés à la dessication estivale. 

Au point de vue de la végétation algologique, le cycle végé- 
tatif annuel peut être aussi approximativement divisé de la 
manière suivante : 

1° Première période vernale de la fin février au commence- 
ment d'avril ; 

2° Deuxième période vernale allant de la mi- avril au début 
des chaleurs de l'été; 

3° Période estivale durant les mois de juillet et d'août jus- 
qu'à la mi-septembre ; 

4° Période automnale, s'étendant de la mi-septembre aux 
premières gelées de la période hyémale ; 

5o Période hyémale, assez courte pour la végétation algologi- 
que, de la fin de la période automnale au début de la première 
période vernale. 



46 COMÈRE 

Des modifications anormales, résultant des conditions météo- 
rologiques assez peu stables de notre région, peuvent amener 
des variations sensibles dans la durée et la progression de ces 
diverses catégories de saisons. 

Dans les milieux permanents de la première division, dont 
les principaux sont la Garonne et l'Ariège, la rapidité du cou- 
rant et la faible teneur de l'eau en matières salines sont peu 
favorables à la végétation des Algues, parmi lesquelles on 
remarque quelques Lemanea, Hydrurus et Cladophora, fixés 
solidement par leurs crampons aux bois des barrages et des 
chaussées et qui se montrent au deuxième début de la deuxième 
période vernale au début de la période hyémale. Des Diatomées 
potamophiles, identiques à celles qui abondent dans les torrents 
des Pyrénées, se développent dans les mêmes stations dès la 
première période vernale pour faire place, lorsque la tempéra- 
ture s'élève, aux formes de la plaine, qui persistent sur les 
points où l'action du courant est moins énergique. Les Proto- 
coccoidées, la majeure partie des Conjuguées, les Siphonées, 
le Chaetophorales et les Œdogoniales ainsi que les Diatomées 
épiphytes, dépourvues de mo3 7 ens d'attache suffisants, ne peu- 
vent pas se développer dans ces stations. 

Dans les petites rivières à cours lent, le milieu, le plus sou- 
vent trouble, n'est pas très propice, et aux moments favorables, 
on peut récolter pendant les premières périodes vernales, esti- 
vale et automnale des Conjuguées, des Cladophorales, des 
Ulothricacées et quelques Diatomées. 

Si la flore des cours d'eau à courant rapide est relativement 
très pauvre, il n'en est pas de même de celle de ces sortes 
d'étangs situés le long de la Garonne, principalement à Bra- 
queville et à Fenouillet, et en communication directe avec les 
eaux du fleuve. Dans ces stations de nature spéciale, mi-stag- 
nale, mi-fluviale, l'état relativement calme du milieu facilite 
le développement de nombreuses Diatomées et Desmidiées ainsi 
qu'en particulier de certaines espèces de la famille des Volvo- 
cacées : genres Gonmm, Eudorina, Pandorina et de la 



FLORE ALGOLOGIQUE DES ENVIRONS DE TOULOUSE 47 

famille des Protococcacées : genres Coelastrum, Dictyosphae- 
rium, etc., etc. 

La flore des milieux permanents d'eau stagnante est beau- 
coup plus variée et infiniment plus abondante. Dans ces sta- 
tions, les Protococcoidées inférieures présentent un cycle de 
végétation ininterrompu, mais plus intense pendant les deux 
premières périodes annuelles. Les Algues filamenteuses : Con- 
juguées, Cladophorales, Confervales, Œdogoniales, Siphonées, 
se développent pendant la deuxième période vernale en sui- 
vant, en général, un processus successif en relation avec leur 
degré d'organisation spécifique. Durant la période estivale, leur 
intensité végétative diminue et leurs organes reproducteurs se 
forment en abondance plus ou moins grande, en rapport avec 
les conditions plus ou moins nutritives du milieu, les eaux les 
plus riches en matières assimilables favorisant le développe- 
ment cellulaire au dépens de celui des organes de reproduction, 
comme l'a démontré Klebs (1) par ses recherches de culture 
expérimentale. Le début de la période hyémale marque nette- 
ment la fin de leur cycle vital, bien que l'action du froid ne 
suspende pas leur vitalité, car les Algues supportent la congé- 
lation du milieu dans lequel elles vivent, pourvu que l'abais- 
sement de température ne soit pas trop brusque. Mais les pre- 
miers jours de la période hyémale marquent assez nettement 
l'arrêt de leur évolution. Les Diatomées se montrent dès les 
premiers jours de la période vernale, leur végétation est favo- 
risée par l'abaissement de la température et la durée de chaque 
forme assez limitée. Après une période de multiplication très 
abondante, le développement successif des diverses formes est 
ralenti, surtout durant la période estivale. 

Le Canal du Midi présentait autrefois une végétation algolo- 
gique très riche et très intense (2). Mais depuis le rachat de 

(1) G. Klebs. Die Bedigungen der Fortpflanzung bei einigen Algen 
und Pilzen, Iéna. 1896. 

(2) J. Comère. La flore dn Canal du "Midi dans la région toulou- 
saine, Comptes rendus du Congrès des Sociétés savantes en 1902, 
Paris, pp. 256-261. 



48 COMÈRE 

cette voie d'eau par l'Etat, le régime des eaux a été modifié 
par l'augmentation du trafic commercial. La manœuvre fré- 
quente des écluses a amené le renouvellement beaucoup plus 
fréquent de la masse liquide, autrefois à peu près stag- 
nante et riche en matières dissoutes, et par suite une diminu- 
tion progressive très sensible de l'intensité végétative et la 
disparition des formes protococcoïdes très communes anté- 
rieurement (1). 

La florule comprend encore parmi les formes dominantes un 
assez grand nombre de Diatomées dont l'évolution se fait dans 
l'ordre suivant : d'abord les formes fîlamentsuses : Fragillaria, 
Melosira ; puis les espèces libres ou engainées : Navicula, 
Stauroneis, Encyonema. Les épiphytes : Cocconeis, Gompho- 
nema, Epithemia sont d'abord rares et se montrent en abon- 
dance durant la deuxième période vernale, couvrant alors les 
Algues filamenteuses, en particulier les Cladophora, d'une 
sorte de feutre de couleur fauve, qui masque leur coloration 
verte et empêche pendant quelque temps leur développement 
actif. 

Le Cladophora fracta Kùtz, VOedogonium capillare Kùtz 
et le Spyrogyra orbicularis Hass, sont encore assez abonda- 
ment représentés. Ces Algues se développent durant la deuxième 
période vernale. Le Cladophora d'abord, VŒdogonium en- 
suite apparaissent les premiers, le Spirogyra ne se montre 
que plus tard et disparaît aussi dès les premières gelées, 
en raison de sa sensibilité plus grande à l'action du froid. La 
végétation de ces Thallophytes filamenteux est ralentie pendant 
la période estivale, époque durant laquelle ils forment leurs 
organes reproducteurs. Une partie des Œdogonium et des 
Cladophora transforment leurs cellules en hypnocystes aux 
approches de la période hyémale. 

Les Algues ont toujours à peu près fait défaut dans le Canal 



(1) J. Comère, Diatomées de la Montagne Noire. Bull. Soc bot. 
Fr., vol. LI, 1904, p. 338. 



FLORE ALGOLOGIQUE DES ENVIRONS DE TOULOUSE 49 

latéral à la Garonne, qui est alimenté par les eaux du fleuve. 
Cette particularité doit être attribuée à la faible teneur de l'eau 
en sels solubles, les conditions mécaniques du milieu étant les 
mêmes que celles du Canal du Midi. 

J'avais déjà constaté cette influence particulière de la compo- 
sition chimique du milieu à propos de la disparition de VHy- 
drodictyon utriculatum, autrefois très commun dans la pièce 
d'eau du Jardin des Plantes, qui était alimentée par le Canal 
du Midi (1). La végétation de YHydrodictyon a cessée, ainsi 
que celle de beaucoup d'autres espèces, apportées par la con- 
duite d'amenée, lorsque l'on a fait usage de l'eau de la Garonne 
qui ne présente pas les conditions nécessaires au développe- 
ment de certaines Protococcoidées. 

Dans les milieux mixtes, constitués par les bassins de nos 
jardins publics, et intermédiaires entre les stations d'eau cou- 
rante et les stations d'eau stagnante, chez lesquels l'eau agitée 
au centre est calme au fond et sur les bords, la flore comprend 
d'un côté des espèces limnophiles, de l'autre des Diatomées 
potamophiles en grand nombre, des Protococcoidées, quelques 
Conjuguées et des Confervales. Les Cladophorales et 'les Œdo- 
goniales font le plus souvent défaut. Les Protococcoidées qui 
comprennent des formes des genres Pediastrum, Scenedes- 
mus, etc., tapissent le fond des bassins et viennent flotter à la 
surface lorsque se montre le soleil. Leur végétation est ininter- 
rompue pendant la durée du cycle annuel, quoique se montrant 
beaucoup plus active durant les périodes vernales. Elles entrent, 
comme je l'ai montré, pour une bonne part dans l'alimentation 
des Cyprinidesqui peuplent ces minuscules pièces d'eau (2). 

Le petit bassin de place Saint-Georges m'a fourni, en parti- 



(1) J. Comère, L'Hydrodictyon utrieulatum de Rotti et l'Hydro- 
dictyon fémorale d'Arrondeau. Bull. Soc. Hist. nat., Toulouse, 1899, 
pp. 71-75. 

(2) J. Comère, De l'utilité des Algues dans l'élevage et l'alimen- 
tation des poissons à propos de la florule de l'étang de la Pujade. 
Bull. Soc. hist. nat., Toulouse, 1904, p. 65. 



50 COMÈRE 

culier, l'occasion de faire quelques observations intéressantes. 
Deux formes principales, une Desmidiée : le Cosmarium punc- 
tulatum Bréb. et une Diatomée : Y'Encyonema caespitosum 
Kùtz ., constituent la majorité de la végétation de cette station 
mixte. Leur évolution, quoique sensiblement ralentie durant 
la saison froide, dure toute l'année, mais en proportion variable 
avec le degré thermique extérieur. VEncyonema prédomine 
pendant la première période vernale, tandis que le Cosmarium, 
qui se montre durant la seconde, est plus abondant pendant le 
reste de l'année, ne diminuant son intensité végétative qu'aux 
reprises de la végétation active de la petite Diatomée. Cette 
florule ne comprend pas de formes protococcoïdes, qui ne se 
montrent que dans les bassins plus profonds, et persiste depuis 
plusieurs années dans les mêmes conditions évolutives. 

Les espèces qui peuplent les milieux passagers : petites 
mares, étangs, fossés bordant les champs et les chemins, ont 
leur durée limitée par les circonstances climatériques et peu- 
vent faire défaut au cours de certaines années, ce qui est assez 
fréquent sous notre climat, lorsque les pluies d'hiver ne sont 
pas assez abondantes La flore de ces stations comprend de très 
nombreuses formes et surtout beaucoup de Conjuguées, de Con- 
fervales, d'Œdogoniales, de Siphonées et quelques- Diatomées. 
Elle ne présente pas la fixité de composition des stations per- 
manentes. Parmi les Conjuguées, on rencontre le plus grand 
nombre des espèces du genre Spirog y ra. LesDesmidiées, en gé- 
néral peu abondantes dans nos environs, par suite du défaut de 
formations tourbeuses et qui se font remarquer par la simpli- 
cité de leurs contours, comptent dans les milieux passagers un 
grand nombre de formes du genre Closterium. Les Diatomées 
sont surtout des espèces filamenteuses ou des épiphytes. 

Tous ces végétaux thallophytes se développent dans l'ordre 
successif des plantes analogues qui habitent les stations perma- 
nentes, mais d'une manière beaucoup plus hâtive et dès que le 
degré de température utile se trouve atteint. Elle a lieu sou- 
vent presque simultanément et l'intervalle dans la succession 



FLORE ALGOLOGIQUE DES ENVIRONS DE TOULOUSE 51 

évolutive est peu marquée. Dès que l'eau commence à s'évapo- 
rer, la sporulation, la fructification et l'enkystement, favorisés 
par l'élévation de la température et la concentration du milieu 
s'opère très activement et d'une façon très abondante, nécessi- 
tés par les conditions défavorables de l'évolution et de la con- 
servation des espèces. 

Une grande partie des œufs, des spores et des kystes sont, en 
effet, emportés au loin par les vents après la dessication com- 
plète de la plus grande partie des mares et des fossés. Mais 
beaucoup retombent sur le sol et sont détruits. Une certaine 
proportion peut se déposer accidentellement dans les milieux 
permanents pour y former une flore adventice où dans de nou- 
veaux milieux passagers. Ces derniers poun^ont, après leur 
reconstitution, leur fournir, ainsi qu'aux organismes qui ont 
séjourné dans ces stations à l'état d'hypnospores ou d'hypno- 
cystes, protégés par la couche de vase desséchée ou par le 
maagma hygroscopique des sels que l'eau tenait en dissolution, 
les conditions nécessaires à leur développement. 

•l'espère que les considérations générales que je viens d'ex- 
poser sur l'évolution et la répartition de nos Algues d'eau 
douce donneront une idée de l'importance des problèmes nom- 
breux présentés parla biologie aquatique et encourageront leur 
étude. Les données nécessaires à leur solution ne seront acqui- 
ses qu'après de longues séries d'observations périodiques bien 
documentées et faites dans des stations visitées très fréquem- 
ment et à intervalles réguliers. 



52 E.-G. ROQUES 



NOTE DE PARASITOLOGIE ALPINE 

Les champignons parasites des plantes des Pyrénées 

(TROISIÈME NOTE) 

Par le D r E. G. Roques, 

Licencié es sciences naturelles. 



Stilbacée sur rhizomes de Salix herbacea 

Ce champignon a été trouvé sur des rhizomes de Salix her- 
bacea croiGsant au Pic du Midi. A l'état frais, il était très difficile 
de l'apercevoir parce que ses dimensions très réduites et surtout 
sa coloration brune, analogue à celle du rhizome, le confon- 
daient avec les corps étrangers de petite taille répandus à la 
surface des racines et adhérant plus ou moins à elles. Après un 
séjour de quelques semaines dans l'alcool, le champignon avait 
perdu complètement sa couleur et se présentait alors sous la 
forme de petits points blancs à la surface du rhizome. 

Il appartient au grand groupe des Hyphomycètes ou Mucé- 
dinées ou encore Fungi imperfecti des auteurs. On sait que ce 
groupe, sorte de purgatoire des champignons encore mal connus, 
renferme tous les champignons dont on n'a vu que les formes 
conidiennes et dont les organes reproducteurs d'ordre élevé, 
œufs, asques, n'ont pas été observés. 

Guéguen les définit ainsi : « Ils ont un talle filamenteux 
cloisonné, de taille ordinairement très réduite ou même micros- 
copique. Leur appareil reproducteur consiste en hyphesplus ou 
moins différenciées produisant des conidies de formes diverses, 
solitaires ou groupées de différentes manières le long ou à 
l'extrémité du conidiophore ou de ses rameaux. » 



NOTE DE PARASITOLOGIE ALPINE 53 

Lorsque l'appareil conidien consiste en un seul filament 
simple ou ramifié, ces Mucédinées sont dites simples ; lorsqu'au 
contraire il se compose d'un faisceau de filaments parallèlement 
accolés en une tige ou massue dont les flancs portent des coni- 
dies, elles sont dites Mucédinées agrégées ou corémiées. 
Cependant une même espèce peut, au cours de son développe- 
ment, affecter successivement l'une et l'autre de ces deux 
formes. 

Les travaux de Matruchot, J. Ray, etc., ont montré l'excessif 
polymorphisme de ces champignons. C'est là une cause de diffi- 
culté et d'incertitude dans la diagnose. 

Beaucoup de ces Mucédinées sont saprophytes, un grand 
nombre sont parasites sur d'autres champignons, sur des végé- 
taux supérieurs et sur des animaux. 

Notre champignon appartient à la famille des Stilbagées. Le 
caractère essentiel de cette famille est d'avoir des hyphes 
groupés normalement en corémies (quoique accidentellement 
dans des milieux nutritifs spéciaux d'autres formes puissent 
avoir l'allure corémienne). Comme les hyphes et les conidies 
sont légèrement brunes, nous en faisons une Stilbacée- 
Phœostilbée par opposition aux Stilbacées-Hyalostilbées 
dont les hyphes et les conidies sont hyalines. 

Les conidies ne sont pas septées, ce caractère nous amène en 
dernière analyse à faire de ce champignon une Stilbacée-Phœos- 
tilbée-Amérosporée . 

Les caractères complets de ce champignon sont : 

Hyphes groupés en corémie. 

Hyphes et conidies colorées légèrement en brun. 

Conidies isolées, en boules, ellipsoïdes ou ovoïdes sans 

stérigmate, formant quelquefois de courts chapelets. 
Tige du coremium munie d'une petite tête d'hyphes au 

sommet et portant les conidies. 
Coremium lisse. 

Ce champignon vit sur les longs rhyzomes traçants de Salix 



54 E.-G. ROQUES 

herbacea en saprophyte très probablement, comme on l'admet 
pour la plupart des Stilbacées. 

En même temps, nous croyons devoir appeler l'attention sur 
ce fait que ces rhizomes portaient des Mycorhizes ectotrophes 
nettement trifurquées à leur extrémité libre. On sait que de 
telles Mycorhizes ont été surtout observées par Franck et 
d'autres auteurs, sur les racines des végétaux forestiers des 
parties basses et subalpines des montagnes. On voit qu'elles 
peuvent envahir aussi les végétaux ligneux des plus hauts 
sommets. 



COMPTES RENDUS DES SEANCES 



Séance du 10 janvier 1906. 

Présidence successive de M. Roule, président sortant 
et de M. Chalande, président pour 4906 et 1907. 



M. Chalande en prenant place au fauteuil de la présidence, pro 
nonce l'allocution suivante : 



Messieurs, 

Les vieilles traditions disparaissent comme les légendes ; une 
évolution constante, qui s'est accentuée surtout à l'approche 
de notre nouveau siècle, trouble profondément les vieux usages, 
et emporte un à un les derniers vestiges des coutumes du siècle 
passé. 

Etant comme biologiste partisan de la théorie évolutive, je 
viens, à mon tour, puisque l'occasion se présente, donner un 
accroc aux vieilles coutumes, en ne tenant aucun compte de 
celle qui imposait au nouveau président, de prononcer un dis- 
cours, en prenant place à ce fauteuil. 

En ce faisant, j'atteinds un double but : celui de m'éviter la 
peine de chercher à ne pas vous redire, ici, ce qui se dit à peu 
près dans tous les discours ; et celui de vous épargner la fatigue 
de m'écouter trop longtemps. 

Permettez-moi cependant de vous remercier non seulement 
de l'honneur que vous m'avez fait, mais encore de la marque 



II COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

de sympathie que vous venez de me témoigner, et de vous en 
exprimer ma profonde gratitude. 

Je suis certain d'être ici l'interprète de tous, en remerciant 
aussi M. Roule, du zèle et du dévouement qu'il a apporté à 
notre société, pendant ces dernières années, en multipliant ses 
efforts pour donner à nos travaux une activité constante. 

Il me laisse, je dois le dire, une tâche bien lourde, car 
M. Roule est un de ces hommes, dont on peut suivre la trace, 
mais que l'on ne remplace pas. 

Depuis 39 ans que notre Société existe, elle a toujours choisi 
pour la présider des hommes d'une valeur scientifique incon- 
testable et incontestée, qui venaient apporter à la direction de 
nos séances l'appui de leur savoir et de leur érudition, en même 
temps que par l'influence de leurs grandes relations, ils fai- 
saient venir à nous de nouveaux travailleurs. 

Cette année, rompant avec la tradition, vous avez appelé un 
humble naturaliste, n'ayant à son avoir que quelques modestes 
travaux, et le dévouement qu'il a pu apporter à notre Société. 

J'y vois un témoignage d'amitié et je vous en remercie sin- 
cèrement ; mais j'aurais préféré, comme je n'ai cessé de vous 
le dire, depuis quelque temps, qu'un autre plus autorisé que 
moi — et ils sont nombreux parmi vous — fut désigné, pour 
remplir une fonction à laquelle mon maigre bagage donnait peu 
de droits. 

Notre compagnie y aurait sûrement gagné ; car il faut envi- 
sager qu'un nouveau président doit, par ses relations et son 
autorité scientifique, donner un nouvel essor à la Société. Or, 
depuis les longues années que j'ai passées parmi vous, j'ai 
donné tout ce que je pouvais donner, mon sac est à peu près 
vide, et je me sens incapable d'imprimer à nos réunions une 
activité plus grande que celle qu'elles ont eue en ces dernières 
années. 

Heureusement, en nommant votre bureau vous avez choisi 
pour m'aider dans ma tâche, des collaborateurs dont la haute 
compétence pourra suppléer à mon inexpérience, et je compte 



COMPTES RENDUS DES SEANCES III 

aussi, Messieurs, sur votre assiduité et sur votre travail pour 
continuer à donner à notre Bulletin la valeur qu'il a déjà 
acquise. 

Une grande dame du dix-huitième siècle, une bourgeoise de 
de Paris, M me Geofïrin, qui avait le talent de grouper dans ses 
salons, toutes les noblesses de blason, de robe, de plume et 
d'épée, avait fait graver en exergue, sur les jetons de bronze 
de ses tables de jeux, ces quelques mots : Il ne faut pas laisser 
croître l'herbe sur le chemin de l'amitié. Transformant quel- 
que peu cette devise, je vous dirai : Ne laissons jamais les 
araignées tisser leurs toiles sur le chemin du travail. 
Je vous invite donc à venir dans cette salle, plus souvent et 
le plus nombreux possible, pour n'y point laisser les fîleuses 
y tendre leurs fils. Cherchant parmi vos amis de nouvelles 
recrues pour accroître la valeur et le nombre de nos communi- 
cations et de nos mémoires, tâche de réunir ici toute l'élite 
des naturalistes et des biologistes toulousains. Vous le savez, 
Messieurs, la science naît de V association du travail. 

Je reconnais qu'il est difficile, aujourd'hui, d'attirer vers 
nous de nouveaux collègues ; les Sociétés sont trop nombreuses 
à Toulouse, et la nôtre est trop vieille ! De plus notre tâche 
est le plus souvent très ingrate, nous amassons des documents 
qui ne serviront qu a nos successeurs. Nous semons, d'autres 
récolteront ! Mais ne nous en plaignons pas : La gloire de 
l'homme n'est pas d'arriver au but ; il y parvient rarement 
et quand il y arrive, c'est en se servant des œuvres de ses 
prédécesseurs. La vraie gloire est d'entasser des matériaux et 
de marcher au but que d'autres atteindront en se servant de 
nos travaux ! 

M. Louis Roule fait une communication sur Y 'Océanogra- 
phie, d'après les études récentes du Prince de Monaco. 

Le Prince de Monaco poursuit, sans se lasser, les importantes 
études qu'il a entreprises sur l'Océanographie. Chaque année, 
il fait une croisière de plusieurs mois ; tous les moments sont 



IV COMPTES RENDUS DES SEANCES 

employés à des recherches scientifiques. Ne se bornant plus 
seulement aux dragages des grandes profondeurs, il se livre à 
des investigations approfondies sur les courants marins et les 
courants atmosphériques. Les collaborateurs, au premier rang 
de qui il faut citer M. J. Richard, directeur du musée Océano- 
graphique de Monaco, inventent des instruments nouveaux et 
perfectionnent les anciens, afin d'obtenir des résultats aussi 
exacts que complets. En ce qui concerne plus spécialement le 
monde animal, l'une des notions les plus intéressantes, parmi 
celles qui découlent de tels travaux, porte sur les êtres bathypé- 
lagiques. Ces derniers, variés et nombreux, habitent les cou- 
ches d'eau comprises entre les zones superficielles et le fond de 
la mer. 

M. Juppont fait la communication suivante sur le Rôle des 
sciences naturelles dans le groupement des connaissances 
humaines : 

M. Juppont appuie son étude sur la distinction fondamentale 
suivante : 

La connaissance peut se diviser en deux ordres principaux ; 
le premier résulte de l'observation des réalités dont l'existence 
et les propriétés existent hors de nous ; elle conduit à l'énoncé 
de lois, de principes dont l'exactitude se perfectionne sans cesse 
avec le progrès scientifique; le résultat de cet ordre de connais- 
sances, qui est celui des sciences naturelles est le vrai, dont le 
caractère est d'évoluer dans le temps avec la perfection des 
moyens d'observation. Le deuxième ordre de connaissance 
aboutit à la mathématique qui relie des concepts abstraits, 
c'est-à-dire des résultats de perceptions que notre intelligence a 
dépouillés de tout l'inconnu que contiennent les réalités ; les 
objets des mathématiques sont des données dont la structure 
conventionnelle, imaginée par nous, les rend invariables dans 
le temps; c'est pourquoi les nombres et leurs liaisons restent 
toujours identiques à eux-mêmes et une fois connue, la loi ma- 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES V 

thématique ne peut plus être modifiée, puisqu'elle contient la 
totalité de connaissance qu'elle peut exprimer ; les faits numé- 
riques n'évoluent donc pas ; ce caractère de stabilité en fait une 
connaissance d'une nature spéciale que M. Juppont désigne par 
le nom de survérité et son résultat par le nom de survrai. 

C'est à l'aide des survérités, issues de l'observation, que nous 
devons aborder l'étude de toutes les sciences, car partout nous 
trouvons le nombre, le temps et l'espace qui sont les objets de 
l'étude directe de la mathématique. 

Ces connaissances survraies sont la clef qui permet de péné- 
trer dans le domainescientilîque que depuis Bacon, d'Alembert, 
Comte, Spencer, etc.. on essaie de classer, c'est-à-dire de 
ranger aussi méthodiquement que possible en s'appuyant sur- 
tout sur les différences qui distinguent les sciences les unes des 
autres. 

Abandonnant ce procédé pour ainsi dire analytique, M. Jup- 
pont présente un tableau des sciences qui met leurs liaisons en 
évidence ; c'est en quelque sorte une synthèse du domaine 
scientifique. 

Comme l'observation des phénomènes naturels est la base 
de toute connaissance, il en résulte que les sciences naturelles 
sont le centre des liaisons qui existent entre des différentes 
branches de notre savoir. 

Astronomie, minéralogie, biologie, psychologie, sont les 
assises fondamentales de l'édifice. 

La mathématique et l'astronomie (en acceptant les théories de 
M. Juppont sur la masse), conduisent à la mécanique ; celle-ci 
à l'énergétique et à toutes ses applications, médecine, météoro- 
logie, technologie, hygiène, agriculture, zootechnie, etc. 

La sociologie, la politique et leurs dérivées : morale, législa- 
tion, pédagogie, résultent des relations des peuples et des indi- 
vidus. 

Les faits, considérés exclusivement au point de vue numérique, 
conduisent à la statistique; les relations avec l'espace récupéré, 
par rapport à la Terre, conduisent aux sciences géographiques, 

Sog. d'hist. naturelle de toclocse. (t. xxiix). 6 



\'I COMPTES RENDUS DES SEANCES 

tandis que l'évolution dans le temps, de chaque domaine de 
notre savoir constitue son histoire. 

De ces considérations résulte un faisceau continu de l'état 
actuel de nos connaissances qui présente deux aspects, le côté 
scientifique, ensemble raisonné de leurs liaisons objectives ; le 
côté artistique ou emploi méthodique des données acquises par 
les sciences, en vue de la réalisation d'un objet façonné par la 
main de l'homme. 

La représentation graphique de cet ensemble montre nette- 
ment que les sciences naturelles sont au centre de ce groupe- 
ment, que par suite elles sont le point de départ de tout le savoir 
humain. 



Séance du 24 janvier 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. Bernés, présenté par MM. Chalande et de Lastic, est 
nommé membre titulaire. 

M. de Rey-Patlhade analyse le récent Traité de la Vinifica- 
tion moderne, par Philippe Malvezin. 

Les gros livres sont souvent bons, mais les petits sont géné- 
ralement meilleurs. M. Philippe Malvezin, chimiste œnotechni- 
cien, a écrit un petit traité de 30 pages où, sans langage par 
trop technique et sans formules chimiques, il expose clairement 
les principes scientifiques pour produiredes vins sains, de bonne 
conservation et au bouquet fin et délicat. 

L'auteur fait observer avec beaucoup de raison que le moût 
de vin étant un composé essentiellement contaminable, on doit 
le manipuler avec autant de propreté que possible pour éviter 
les germes étrangers. 

La pratique de la fermentation et les diverses maladies sont 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES VII 

passées en détail ; les moyens préventifs ou curatifs sont indi- 
qués dans chaque cas. 

L'admirable leçon de Pasteur a prouvé, comme dit M. Mal- 
vezin, « qu en vini-viticulture, plus peut-être que partout 
ailleurs, hors de l'hygiène rationnelle des fermentations et des 
soins aseptiques, en un mot : hors de la Science, il n'y a pas de 
salut !» 



Séance du 7 février 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. Gomère fait don à la Société de son travail sur les Diato- 
mées de la Montagne noire. 

M. de Rey-Pailhade fait une communication sur le philo- 
thion et le pseudo -philothion, qu'il résume ainsi : 

En étendant de l'albumose d'œuf de poule de 20 fois son 
poids d'eau, et en acidifiant très légèrement, on obtient une 
solution de philothion. Cette liqueur, chauffée à l'ébullition, 
donne un précipité d'albumine insoluble dans l'eau. Ce préci- 
pité, qui est un dérivé insoluble, donne de l'hydrogène sulfuré 
avec le soufre à 40» et à des températures supérieures. 

Le philothion soluble ou vrai est un ferment soluble hydro- 
génant; tandis que le précipité insoluble que j'appelle pseudo- 
philothion n'est plus un ferment soluble de nature diastasique. 

Plusieurs faits déjà connus plaident en faveur de cette 
manière de voir. 



Séance du 7 mars 1906. 

Présidence de M. Chalande, président. 

Gomme introduction à un travail d'ensemble sur les cham- 
pignons parasites des plantes des Pyrénées, M. Roques étu- 



VIII COMPTES RENDUS DES SEANCES 

die trois champignons parasites recueillis au Jardin botanique 
du Pic du Midi. Ce sont : 

Fusicladium aronici sur Aronicum scorpioides. 
MelaYnpsora farinosa sur Salix retusa. 

I Hutchinsonia alpina. 
Synchytrium aureum sur < Galium csespiiosum. 

Oxytropis pyrenaica. 



Séance du 4 avril 11)06 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. Maurel fait une étude sur l'attitude des animaux comme 
moyen de régulation thermique. Il montre que les animaux à 
sang chaud, sous l'influence de la température extérieure, peu- 
vent changer leur forme, tantôt en la rapprochant d'une sphère 
et tantôt d'un cylindre plus allongé que celui auquel corres- 
pond leur forme habituelle ; la surface cutanée est diminuée 
dans le premier cas, augmentée dans le second. Sous l'influence 
de ces changements de forme modifiant l'étendue de la surface 
cutanée, les quantités de chaleur perdues par cette dernière sont 
sûrement modifiées. 



Séance du 2 mai 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. Roques, poursuivant ses travaux sur les champignons 
parasites des plantes alpines, a étudié la maladie de Saxifraga 
muscoïdes récolté en juillet au Pic du Midi. Cette maladie, se 
traduisant par l'existence à la face supérieure des feuilles de 
taches d'abord jaune clair, circulaires et nettement circonscrites, 
puis foncées et envahissant toute la feuille et même les tiges, 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES IX 

est due à un champignon ascomycète, Pyrenophora chrysos- 
pora var. glacialis. C'est la première fois que ce champignon 
est signalé dans les Pyrénées. 

MM. Paul Dop et Elie Lazerges présentent à la Société un 
travail sur le Galvanotropisme des racines. Ils font l'historique 
complet de la question et exposent leurs expériences sur les 
racines de l'orge. Ils montrent que pour des courants faibles la 
courbure des racines a lieu vers le pôle négatif, et pour des cou- 
rants forts vers le pôle positif. Ils pensent que ces phénomènes 
ne peuvent s'expliquer que par le mouvement des ions libérés 
dans les électrolytes par le passage du courant électrique. 



Séance du 16 mai 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. de Lastic signale la présence du Sedum spurium dans 
le Tarn-et-Garonne. Cette espèce, anciennement indiquée par 
le naturaliste voyageur Buxbaumius comme croissant en 
Asie Mineure, décrite par Biebenstein en 1816 dans sa flore 
des provinces du Caucase, récemment mentionnée parmi les 
plantes du canton de Zurich, a été trouvée sur trois murailles 
et deux rochers calcaires dans le canton de Caylus (Tarn-et- 
Garonne). C'est bien sur les mêmes rochers calcaires qu'on l'a 
trouvé au Caucase, à une altitude à peu près correspondante, et 
sur de vieux murs dans le canton de Zurich. 

Donc cette plante, en outre de son caractère éminemmen 
calcicole (elle choisit les vieux murs et les roches calcaires), 
offre un caractère à la fois méditerranéen (Caucase et Asie 
Mineure) et alpin (montagnes de la Suisse). 

Si nous songeons maintenant que la flore de Saint-Antonin, 
canton limitrophe de Caylus présente une flore très mélangée, 
ayant de grandes affinités avec la flore méditerranéenne (voir 



X COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

un article de M. Lamic, paru en 1902, dans le Bulletin de la 
Société d'Histoire Naturelle de Toulouse) et que d'un autre 
coté elle renferme des espèces alpines, nous ne devons pas être 
trop surpris d'y rencontrer le Sedum spurium qui semblerait 
être une espèce de transition entre les deux flores. On pourrait 
se demander si cette plante est spontanée dans le Tarn-et- 
Garonne : elle vient sur les rochers. Mais nous l'avons trouvée 
sur de vieilles murailles ! Ne se serait-elle pas échappée de 
quelques jardins? Il faudra donc rechercher cette plante dans 
d'autres points de pays et dans les mêmes points bien caracté- 
risés de terrain liasique; si nous l'y retrouvons, aucun doute 
ne sera plus possible en faveur de sa spontanéité et elle nous 
fournira ainsi une sorte de repère géologique. 

Disons enfin que les récents travaux des botanistes russes 
sur le Caucase nous montre la répartition de cette plante dans 
ce pays, et que ses principales affinités botaniques semblent y 
confirmer son caractère si nettement calcicole. 



M. L. Jammes fait une communication sur Le rôle de la 
coque ovulaire dans V évolution des vers parasites. 

Au début de leur existence, les Helminthes sont inclus dans 
une coque servant à les protéger contre l'action du milieu exté- 
rieur. Dans de précédentes recherches l'auteur avait décrit 
plusieurs expériences propres à montrer la résistance des œufs 
de Nématodes lorsqu'ils sont plongés dans des solutions variées 
(acide acétique, acide phénique, acétate et chlorure de' cuivre, 
alcool, etc ). Les résultats étaient d'ailleurs en concordance 
avec les observations de Van Beneden, Verloren, Davaine, 
Baillet, Hallez, etc. 

On a invoqué, depuis, pour expliquer la puissance protec- 
trice de la coque, des phénomènes de tension superficielle. 
L'expérience prouve que cette interprétation ne suffit pas dans 
un grand nombre de cas. En réalité, tout parait se passer 
comme s'il s'agissait d'une action o&motîque. Les conditions 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XI 

des actions qui se manifestent peuvent, en effet, être ramenées 
à celles-ci : 

1° Une substance ovulaire à structure sensiblement cons- 
tante ; 2° Des liquides de composition variable, représentant le 
milieu ambiant; 3° Entre les deux, une cloison dont la per- 
méabilité change avec les conditions extérieures. 

La mise au point de l'étude de la coque des œufs des Helmin- 
thes a une réelle importance, car la destinée de l'embryon dé- 
pend, en grande partie, des facilités plus ou moins grandes que 
cette membrane offre aux échanges avec l'extérieur. 



Séance du 20 juin 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. le D r Karl Verhoeff (de Dresde), présenté par MM. Cha- 
lande et Ribaut, est nommé membre correspondant. 

M. J. Chalande, rappelle et développe la loi de l'imparité 
du nombre des paires de pattes chez les Myriopodes, loi qu'il 
a déjà signalée dans un travail présenté, en 1902, à l'Académie 
des sciences de Toulouse. Chez les Chilopodes, on ne trouve au- 
cune exception à cette loi, tandis que les Polyzoniidse et les 
Symphiles y échappent. Chez les Chordeumidse et les lulidse 
on trouve de nombreuses exceptions par suite de l'existence, 
dans la partie postérieure du corps, d'anneaux ne portant qu'une 
paire de pattes au lieu de deux. 

Cette loi, qui découle du mode de développement postem- 
bryonnaire, peut se schématiser de la manière suivante: nombre 
de paires de pattes =1 -h x 2, ou mieux, pour faire ressortir 
la parenté des Myriopodes avec les Hexapodes, 3-j- x 2. 



XII COMPTES RENDUS PES SÉANCES 



Séance du 4 juillet 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. Chalande présente quelques observations d'ordre général 
au sujet des Myriopodes. A la suite de sa précédente commu- 
nication sur la (( loi de l'imparité des segments pédigères des 
chilopodes », la question suivante lui a été posée : Doit-on 
considérer les anneaux des diplopodes comme formés par la 
soudure de deux somites primitivement séparés, ou considérer 
les segments des chilopodes comme des somites primitivement 
soudés deux à deux ? Si l'on considère, d'une part, la place 
relative des diplopodes et des chilopodes dans l'échelle animale 
et, d'autre part, le mode de développement post-embryonnaire 
d'un certain nombre de chilopodes, on est obligé d'admettre 
que l'anneau simple des chilopodes provient du dédoublement 
d'un anneau primitif, ce dédoublement étant resté imparfar 
chez les diplopodes. 

L'auteur fait ensuite quelques remarques au sujet du seg- 
ment pédigère anal des chilopodes. Ce segment est en realité 
double, c'est-à-dire composé de deux somites, l'un, le pénul- 
tième, portant la dernière paire de pattes et l'autre, le dernier, 
présentant l'orifice anal accompagné suivant les sexes de palpe 
génitaux ou de pattes génitales. Chacun de ces deux segments 
possède comme les précédents un ganglion nerveux, de sorte 
que le nombre des ganglions est toujours supérieur d'une unité 
à celui des segments pédigères. 

L'auteur termine par des considérations sur le développement 
post-embryonnaire des myriopodes. Le myriopode adulte com- 
prend deux parties distinctes et généralement nettement déli- 
mitées : 

1° Une partie d'origine ovulaire, le prosome, conformée pour 
la conservation de l'individu ; 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XIII 

2° Une partie d'origine gemmaire, le métasome, organisée 
pour la propagation et la conservation de l'espèce. 



Séance du 16 novembre 1906 

Présidence de M. Chalande, président, 

M. le Secrétaire général communique, au nom de M. Joseph 
Gomère, un travail ayant pour titre : De la Distribution géné- 
rale et de la Périodicité du développement de la Flore algo- 
loglque dans les environs de Toulouse. 

A la suite de ses observations générales et de létude particu- 
lière de l'évolution biologique de quelques espèces habitant des 
localités choisies et visitées fréquemment, M. Gomère a essayé 
de démontrer que, si la distribution générale des algues d'eau 
douce de nos environs est déterminée par l'action mécanique 
des divers milieux passagers et permanents, la succession de 
leur développement annuel est réglée par l'influence thermi- 
que des diverses périodes saisonnières qu'il divise en i re et 2 e 
vernales, estivale, automnale et hyemale. 

Les milieux permanents à cours rapide, en raison de l'in- 
fluence du courant et de la faible teneur de l'eau en matières 
nutritives sont peu favorables à la végétation des chlorophycées 
qui se montrent de la deuxième période vernale au début de la 
période hyemale. Des diatomées potamophiles, identiques aux 
formes pyrénéennes, se développent sur les barrages pendant la 
première période vernale. 

Dans les milieux permanents d'eau stagnante, la flore est très 
variée, abondante et d'une fixité relative. Les chlorophycées 
supérieures filamenteuses croissent de la deuxième période 
vernale à la fin de la période automnale, en suivant un pro- 
cessus périodique en relation directe de leur degré d'organisa- 
tion spécifique. Pendant la saison estivale, leur végétation est 
ralentie. Ces formes inférieures protococcoïdes sont plus ou 



XIV COMPTES RENDUS DES SÉANCES 

moins abondantes durant tout le cycle auquel le développement 
des diatomées est caractérisé par la durée limitée de l'appari- 
tion des diverses espèces, qui se succèdent dans un ordre dé- 
terminé par l'élévation progressive de la température du mi- 
lieu. Elles sont particulièrement abondantes durant les 
périodes vernales. 

Les milieux mixtes : bassins à jet d'eau, abreuvoirs, etc., 
montrent un mélange d'espèces limnophiles et polamophiles 
dont l'évolution se fait dans les mêmes conditions que celle des 
formes correspondantes des milieux à cours rapides et des mi- 
lieux stagnants. 

Les nombreuses formes qui peuplent les milieux passagers : 
petites mares, fossés, etc., ont leur durée limitée par les in- 
fluences climatériques. La flore de ces stations est très 
variable et les plantes qui se succèdent dans l'ordre des formes 
correspondantes des milieux permanents, présentent une végé- 
tation beaucoup plus hâtive. En raison de la faible profondeur 
de ces stations particulières, le réchauffement de l'eau au degré 
utile est plus rapide et par suite l'intervalle dans la succession 
évolutive des diverses espèces très peu marquée. 



Séance du 3 décembre 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

Elections du Bureau pour l'année 1907. 

Après vote conforme aux statuts de la Société, le bureau pour 
1907 est ainsi constitué : 

Président: MM. J. Chalande. 

Vice-présidents : Jammes et Paquier. 

Secrétaire général : Ribaut. 

Secrétaire adjoint : Gabelle. 

Trésorier : de Montlezun 

Bibliothécaire- archiviste : de Lastic. 

Conseil d'administration : MM. Caralp et de Rey-Pailhade. 
Comité de publication : MM. Abelous, Garrigou, Lamic, Roule. 



COMPTES RENDUS DES SÉANCES XV 

M. L. Jammes fait une communication sur ses recherches 
pouvant servir à éclairer nos connaissances sur la constitu- 
tion physique du protoplasme. Les études expérimentales, en 
cytologie, ont servi à montrer, entr'autres choses, la faculté que 
possède le protoplasme de pouvoir subir des modifications de 
structure assez étendues sans perdre ses propriétés vitales. A ce 
propo?, G urwitch, notamment, a exposé, dans un travail récent, 
de très curieuses expériences (Anal. Anzeig, 1905). 

M. Jammes, au cours des recherches qu'il poursuit en colla- 
boration avec M. Martin sur le déterminisme du développement 
des Helminthes (Voir : G. rend. Ac.dessc, 2 et 16 juillet 1906), 
a eu l'occasion de faire l'expérience suivante : des œufs d'Ascaris 
vitulorum Gœze, sont placés dans une solution d'acide lactique 
à deux millièmes maintenue à 37° 5. Bientôt, la plupart de ces 
éléments présentent un commencement de segmentation. Mais 
celle-ci ne tarde pas à être interrompue ; la coque s'épaissit con- 
sidérablement, et le contenu ovulajre se gonfle au point d'at- 
teindre huit à dix fois son volume initial. Les alvéoles proto- 
plasmiques se distendent et l'œuf tout entier prend l'aspect 
d'une éponge fortement imbibée par une abondante absorption 
de liquide. 

Si, au cours de cette expérience, la coque, sollicitée par la 
poussée interne, vient à éclater, l'ovule, mis à nu, absorbe une 
nouvelle quantité de liquide lui permettant datteindre jusqu'à 
trente fois son volume initial. A ce degré d'extension les parti- 
cules protoplasmiques sont dissociées d'une façon définitive. 

Mais, si l'on transporte les œufs qui ont conservé leur coque 
tout en ayant déjà un volume anormal, dans une solution 
d'acide lactique plus concentrée, capable de récupérer une par- 
tie de l'eau ovulaire, à 10 p. 1000 par exemple, tout' se rétablit. 
Le protoplasme reprend son volume initial et la segmentation 
se poursuit. 

Ces manifestations découlent de l'intervention de phénomè- 
nes osmotiques ; l'étude de ces derniers dans leurs rapports avec 



XVI COMPTES RENDUS DES SEANCES 

les actes vitaux, est appelée à jeter un jour spécial sur le fonc- 
tionnement intime du protoplasme. 



Séance du 19 décembre 1906 

Présidence de M. Chalande, président. 

M. Paul Dop, soumet à la Société quelques remarques sur 
le mouvement des panicules de divers Verbascum. Il rappelle 
d'abord le fait suivant, déjà signalé par notre confrère M. de 
Lastic, à savoir qu'un choc brusque sur la base de la tige d'un 
Verbascum détermine une courbure du sommet de la hampe 
florifère ; en outre, cette courbure se fait toujours du côté qui 
a reçu le choc. M. Dop pense qu'il est possible d'expliquer ce 
curieux phénomène par les observations faites par le physio- 
logiste J. Gh. Bosc, et publiées récemment dans l'ouvrage sui- 
vant : Plant response as a means of physiological investi- 
gations^ 1906. Cet auteur montre que dans les entrenœuds de 
Cuscute, de Datura, etc., la contraction du protoplasma et, 
par conséquent, des tissus, est la réaction normale des végétaux 
aux chocs, aux excitations électriques ou chimiques. Si l'on 
admet l'existence de cette contraction dans les tiges de Ver- 
bascum soumises à un choc, il est facile de voir que cette con- 
traction se généralisant sur toute la surface d'un côté de la 
tige, amènera une courbure du côté qui a reçu le choc M Dop 
se propose, d'ailleurs, défaire sur ce sujet de nouvelles expé- 
riences qui seront soumises à la Société. 

M. Roques présente un champignon trouvé sur des rhizomes 
de Salix herbaceu croissant au Pic du Midi. Ce champignon 
du groupe des Mucédinées, appartient à la famille des Stilba- 
cées, section des Phseostil bées, tribu des Amérosporées. 

Ses caractères sont : 



COMPTES RENDUS DES SEANCES XVII 

Hyphes groupées en corémie; Hyphes et conidies colorées 
légèrement en brun; Conidies isolées, en boules, ellipsoïdes 
ou ovoïdes sans stérigmate, formant quelquefois de courts 
chapelets. Tige du coremium munie d'une petite tète dliy- 
phes au sommet et portant les conidies. Coremium lisse. 

Ces rhizomes de Salix herbacea portaient aussi des myco- 
rhizes ectotrophes trifurquées à leur extrémité libre. De telles 
mycorhizes ont été rarement signalées sur les racines de plantes 
des hauts sommets. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES 



Société académique des sciences et arts, à Saint-Quentin. 

Académie d'Hippone, à Bône. 

Société d'émulation, à Moulins. 

Revue scientifique du Bourbonnais, à Moulins. 

Société des lettres, sciences et arts, à Nice. 

Société ariégeoise des sciences, des lettres et arts, à Foix. 

Académie d'agriculture et des sciences, à Troyes. 

Société des sciences et des arts, à Carcassonne. 

Société scientifique de l'Aude, à Carcassonne. 

Société des lettres, sciences et arts, à Rodez. 

Société de géographie, à Marseille. 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Académie de La Rochelle. 

Société d'Histoire naturelle, à Pons. 

Société archéologique, à Brives 

Académie des sciences et belles lettres, à Dijon. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Semur. 

Société d'émulation des Gôtes-du-Nord, à Saint-Brieuc. 

Société d'émulation, à Montbéliard. 

Société départementale d'archéologie, à Valence. 

Société académique, à Brest. 

Académie de Nîmes. 

Société d'études des sciences naturelles, à Nîmes. 

Société scientifique, à Alais. 

Société des sciences physiques et naturelles, à Bordeaux. 

Société de géographie commerciale, à Bordeaux. 



XX LISTE DES SOCIETES CORRESPOnDANCES 

Société linnéenne, à Bordeaux. 

Société d'études des sciences naturelles, à Béziers. 

Société archéologique, scientifique, à Béziers. 

Académie des sciences, à Montpellier. 

Société de géographie, à Montpellier. 

Société de statistique des sciences nautrelles, à Grenoble. 

Académie delphinale, à Grenoble. 

Société d'émulation, à Lons-le-Saulnier. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique, à Saint-Etienne. 

Société académique, à Nantes. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Nantes. 

Société des sciences et des lettres, à Blois. 

Société d'agriculture, sciences et belles lettres, à Orléans 

Société de Borda, à Dax. 

Société des études scientifiques, à Cahors. 

Société d'agriculture, sciences et arts, à Agen. 

Société d'agriculture, industrielle, scientifique à Mende. 

Société des études scientifiques, à Angers. 

Société des Sciences naturelles, à Cherbourg. 

Société d'agriculture, d archéologie et d'histoire naturelle de la 

Manche, à Saint-Lô. 
Société polymatique, à Vannes. 
Société des sciences naturelles, à Reims. 
Société d'agriculture, à Ghâlons. 
Société des sciences et arts, à Vitry-le-François. 
Académie Stanislas, à Nancy. 
Société nivernaise des sciences, à Nevers. 
Société d'agriculture, sciences et arts, à Douai. 
Société dunkerquoise, à Dunkerque. 
Société géologique du Nord, à Lille. ' 
Revue biologique du nord de la France, à Lille. 
Académie d'archéologie, sciences, à Beauvais. 
Académie des sciences, belles lettres et arts, à Glermont-Ferrand. 
Société des sciences et arts, à Bayonne. 
Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. 
Société agricole, sciences et littérature à Perpignan. 
Société des sciences, lettres et arts, à Pau. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Lyon. 



LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES XXI 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts, à Lyon. 

Société botanique, à Lyon. 

Société Linnéenne, à [ yon. 

Société des sciences naturelles, à Tarare. 

Académie de Mâcon. 

Société d'agriculture, sciences et arts, Le Mans. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Ghambéry. 

Comité ornithologique international, à Paris. 

Société de Spéléologie, à Paris. 

Feuille des jeunes naturalistes, à Paris. 

Société d'anthropologie, à Paris. 

Société des sciences naturelles de l'Ouest, à Paris. 

Société entomologique, à Paris. 

Société géologique, à Paris. 

Société de botanique, à Paris. 

Société philomatique, à Paris. 

Société des sciences naturelles et médicales, à Versailles. 

Société havraise d'études diverses, au Havre. 

Société géologique de Normandie, au Havre. 

Société géologique des amis des sciences naturelles, à Rouen. 

Société industrielle, à Rouen. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Amiens. 

Société linnéenne du nord de la France, à Amiens. 

Académie des sciences, belles-lettres et arts, à Montauban. 

Société des études scientifiques, à Draguignan. 

Société d'émulation, à Epinal. 

Société des sciences historiques et naturelles, à Auxerre. 

Société belfortaise d'émulation, à Belfort. 

Entomological society of London, à Londres. 

Geological society of London, à Londres. 

Académie royale des sciences, lettres, beaux-arts, à Bruxelles. 

Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 

Société belge de microscopie, à Bruxelles. 

Société royale belge de géographie, à Bruxelles. 

Société de géographie d'Anvers. 

Société géologique de Belgique, à Liège. 

Musée du Congo, à Bruxelles. 

Societad geografica, à Madrid. 

SOC. lt'HIST NATURELLE DE TOULOUSE (t. XXXll). 7 



XXII LISTE DES SOCIÉTÉS CORRESPONDANTES 

Institut royal grand-ducal de Luxembourg. 

Societa italiana di scienze naturali, à Milan. 

Societa dei naturalisa, à Modena. 

Societa toscana di scienze naturali, à Pise. 

Academia délie scienze dell instituto di Bologne, à Bologne. 

Gomitato geologico d'Italia, à Rome. 

Societa veneto-trentina di scienze naturali, à Padova. 

Societa entomologica italiana, à Firenze. 

Societa romaua per gli studi zoologici, à Rome. 

Revista di pathologia végétale, universita di Camerino. 

Entomologisk tidskrift, à Stockolm. 

Geological institution of Upsala, à Upsala. 

Societad de instruccao, à Porto. 

Gommissao dos trabalhos geologicos de Portugal, à Lisbao. 

Société impériale des naturalistes de Moscou, à Moscou. 

Académie des sciences, à Saint-Pétersbourg. 

Sallskapets pro flora et fauna fennica, à Helsingfors. 

Société vaudoise des sciences naturelles, à Lausanne. 

Institut national genevois, à Genève. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Bâle. 

Société muritienne du Valais, à Aigle. 

Schweizerische Naturforschen Gesellschaft, à Zurich. 

Société fribourgeoise des sciences naturelles, à Fribourg. 

Société helvétique des sciences naturelles, à Genève. 

Société des sciences naturelles, à Fribourg 

Naturhistorischen Gesellschaft in Golmar, à Colmar. 

Bibliotheca zoologica Universitât Halle, à Leipzig. 

New-York state muséum, à New-York. 

New- York academy of sciences, à New-York. 

Geological and natural history survey of minesota, à Minneapolis- 

Minesota. 
Academy of natural sciences of Philadelphia, à Philadelphia. 
American monthly microcopical journal, à Washington. 
Gonnecticut academy of arts and sciences, à New Haven, Gonnecticut. 
Rochester academy of sciences, à Rochester. 
Smithsonian institution, à Washington. 
United states national muséum, à Washington. 
United states geological survey, à Washington. 



LISTE DES SOCIETES CORRESPONDANTES XXIII 

Second geological survey of Pensylvania, à Harisburg Pensylvania. 

American academy of arts sciences, à Boston. 

Boston society of natural history, à Boston. 

Davenport academy of natural sciences, à Davenport, Iowa. 

Wisconsin academy of sciences, arts and lettres, à Madison. 

Meriden scientific association, à Meriden Gonnecticut. 

Missouri botanical garden à Saint-Louis. 

Wisconsin geological and natural history survey, à Madison. 

Nova scotian institute of science, à Halifax. Nova Scotia. 

Instituto fisico geografico nacional à San José de Costa Rica. 

Academy nacional de ciencias en Gordoba, à Buenos-Ayres. 

Archivos de museo nacional, à Rio-de-Janeiro. 

Société scientifique du Chili, à Santiago. 

Museo nacional de Montevideo, à Montevideo. 

Madras gouvernement muséum, à Madras. 

Société allemande, Yokohama. 

Societas geologica tokyonensis, à Tokyo. 



TABLE DES MATIÈRES 

DE L'ANNÉE 1906. 



Séance du 10 janvier i 

— 24 janvier vi 

— 7 février vu 

— 7 mars vu 

— 4 avril vin 

— 2 mai vm 

— 16 mai ix 

— 20 juin xi 

— 4 juillet xii 

— 15 novembre xm 

— 5 décembre xiv 

— 19 décembre xvi 

Liste des membres au 1 er juillet 1906 7 

Admission de nouveaux membres vi, xi 

Composition du Bureau de 1906 5 

Election du Bureau de 1907 xiv 

Liste des Sociétés correspondantes xix 

Don d'ouvrages vu 



XXVI TABLE DES MATIERES 



Travaux scientifiques. 

SGIENCES BOTANIQUES. 

Comère. — De la distribution générale et de la périodi- 
cité du développement de la flore algologique dans 
les environs de Toulouse 43 

Dop. — Remarques sur le mouvement des panicules de 

divers Verbascum xvi 

Dop et Lazerges, — Le galvanotropisme des racines. . . 27 

De Lastic. — Sedum Spurium dans le Tarn-et-Ga- 

ronne ix 

Roques. — Note de parasitologie alpine. — Les cham- 
pignons parasites des plantes des Pyrénées (l re note) 10 

— (2 e note). — Maladie de Saxifraga muscoïdes. . . 24 

— (3 e note). — Stilbacée sur rhizomes de Salix her- 
bacea 52 



sciences zoologiques. 

Chalande. — Notes sur les myriopodes 15 

Jammes. — Le rôle de la coque ovulaire dans l'évolution 

des vers parasites x 

— Recherches sur la constitution physique du proto- 
plasme xv 

Maurel. — De l'attitude des animaux comme moyen de 

régulation thermique 5 

De Montlezun. — Note sur le Vison 1 

Roule. — L'Océanographie d'après les études récentes 

du Prince de Monaco m 

Verhoeff. — Sur des variétés pyrénéennes de Glome- 

ris intermedia trisulcata Roth 38 



TABLE DES MATIÈRES XXVII 



MISCELLANEES. 

Juppont. — Rôle des sciences naturelles dans le groupe- 
ment des connaissances humaines iv 

De Rey-Pailhade — Sur le philothion et le pseudophi- 

lothion vu 



Toulouse. — Imprimerie LAGARDE et SEBILLE, rue Romiguières, 2 



3 OEa 1907 




SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

ET DES SCIENCES BIOLOGIQUES ET ÉNERGÉTIQUES DE TOULOUSE 



Les séances se tiennent à 8 h. précises du soir, à l'ancienne 
Faculté des Lettres, 11, rue de Bémusat, 

les 1 er et 3 e mercredi de chaque mois, 
du < 2 me mercredi de Novembre au 3 e mercredi de Juillet. 



MM les Membres sont instamment priés de faire connaître 
au secrétariat leurs changements de domicile. 



Adresser les envois d'argent au trésorier, M. de Montlezun, 
Quai de Tounis, 106, Toulouse. 



SOMMAIRE 

Joseph Comère. — La distribution générale et le dévelop- 
pement périodique de la flore algologique des environs de 
Toulouse 43 

E. G. Roques. — Note de parasitologie alpine. Les champi- 
gnons parasites des plantes des Pyrénées (troisième note). 52 

Comptes rendus des séances i 

Liste des Sociétés correspondantes xix 




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