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Full text of "Bulletin de la Socit impriale zoologique d'acclimatation"

XB O^''^'^ 




* # 



BULLETIiN 



MENSUEL 



DE LA SOCiËTÉ IMPÉRIALE 

ZOOLÛGinUE 

D'ACCLIMATATION 






4 î 



* * 



p^, j, _ liiiprlmpi'ie de E. Martinkt, rue Mig'!!"", 2. 



BULLETIN 



J 



/ f 



DE LA SOCIET!: ÎMPEHIALE 



ZOOI.OGIQUK 



D'ACCLÏMATAÏION 



FONDÉE LE 10 FÉVRIER 185/j. 



TOME DIXIEME. 



AWÉE 1SG3. 



SHVV YOK« 

PARIS 

VICTOR MASSON ET FILS, 

PLACF DE l.'KCOLE-DE-MKDliCINE, 

ET AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ. 

Hr.TEL LAiiRAciuii, rtiir: de lu le, 10. 



1863 



/H3 



SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE DACCLSrVIATATION. 



OmîANlSÂTlON PIIUll L'ANNÉE 1803, 



iiBy%- vont 



IJSTK DES SOCIETES AFFILIEES ET AGRÉGÉES 

ET DES COMITÉS RÉGIONAUX, 

Kr Ill'iriKMh: IJSTE SUPPLÉMENTAir.E ItKS MHMHISES. 



S. ^f. l/EMl'EKEliR, [M'olecleiir. 



BUREAU ET CONSEIL D'ADIYliNISTRATION, 

MM, DROUVX DE LHUYS, prémlent. 
AnloiiK; PASSY, j 

De QIJAÏUEFAGKS. ( vlc-presiclent^. 

UICHAUD (du Canlal), ] 
f.e comte crÉPFîKMESNIL, secrétaire général. 
K. DUPIN , secrétaire pour J' intérieur. 
(TrÉUlN-MKNEVIl.LE, secrétaire du Conseil. 
Le conile de SINETV, secrétaire pour l'étrnnijcr 
L. SOUDEIKAN, secrétaire des séances. 
Paul ItLACQUE, trésorier. 
COSSON, archi ciste. 



MM.J.Gloucet. 

A.Geoffp.oySi-Hii.aihi:. 

lilFllEI'.. 

Le baron Skguiei",. 



MM. DEliEiJ.E^.ui:. 

Fréd. JACOlEMAliT 
Pd'I'Z DE LaVISON. 

Le M'' de Sei.ve. 
Vicc-jirésidenl lamoraire : M. le prince Marc de Reauvau. 
Agoil ijéiicral : M. L. S. llÉi;Eltï. 



MM. Fréd. Davix. 
Decains. 
a. dumérii.. 

l'OMME. 



DÉLÉGUÉS DU CONSEIL EN FRANCE ET DANS LES COLONIES. 



MM. Loche 

liAZIN. 

Dr 



Alger, 

Ihrdcaux, 

Cacn, Li; PiiESTiiE. 

Ccr/u/!/ ^Ilaut-Rliiin, A. ZcRCiiEii. 

Clermunt-Ferrand, H. Lecoq. 

Douai, L. Mauiuce. 

Ihij-re, II. Delaroche. 

'Si^'.vo/i. F. Lecoij. 

,c-^MarscilU\ Aiit. IIesje. 

' 'Mulhouse, V\\ y.iv.EW. 



Na)a-ji, 

yapoleo)i-Vcndi. 

PoiHers, 

La Réunion, 

Rouen, 

Saint-Qiientni, 

Tonlo)i, 
Toulouse, 
yVesscriing , 



MM. MONNIEK. 

I'. GounoiN. 

HOLLARD. 

A. Reug. 

POL'CHET. 
ThE!LE1ER-DE5- 
.FAP.DINS. 

Tunr.EL. 

JOLV. 

Gros-Hartmann. 



r^- 



Barcelone, MM.Sacc, 
Batavia, Wassing. 

Canton, De Montigny. 

Chanfj-hai (fee), Édan. 
Constaulinoplc, DCFOUK. 
Florence, Prince A. de Démidoff. 
Francfort, Baron M. DE Betiimanx. 
Laufianne, Chavaxnes. 

Macao (Chine), Canete y Moral. 
Madrid, Graells. 

.l/î7a)i, •■Il Brot. 



DÉLÉGUÉS DU CONSEIL A L'ETRANGER. 

Moscou, MM. Kâlinowski. 
Philadelphie, Th. WiLSON. 
Qucbec, JolydeLotdimèRE 

Rio-dcJuneiro, De Capanema. 
St.-Pélcrsbourg, Brandt. 
Sydney (Aoslralie), Marc Arthur. 
Turin, Chevalier Baruffi. 
Vienne, Arenstein. 

]Vashington, T. Clemson. 
IVf/o (Japon), Rutherford- 
Alcock. 



BUREAUX DES SECTIONS ET DES COMMISSIONS PERMANENTES. 



t^'^ SEtTIO.V. — Muminiféres. 

Richard (du Cantal), délégué duCons. 

Uavin, président. 

Debains, vice-président, 

E. BOSQUILLON DE .Ienlis, secrétaire. 

A. GiLLET DE Grand.moxt, vice-secrét. 

f '^SECTI®:^'. — Oiseaux (Aviculture). 

C'®d'P>RÉMESNlL, délégué du Conseil. 

BeR R I ER-FONïAI NE, président. 

A. Geoffroy S'-\i\Lk\p.E,vice-présid . 

HUBERT-BuiERRE, .'iccrclaire. 

E. Roger, vice-secrétaire. 

3^ SECTION. — lPoissoi»«, t'riiS- 

(l'isciculture et Hirudiiiicultuic;. 
Passy, délégué du Conseil et président. 



Millet, vice-président . 
Ch. Wallut, secrétaire. 
LOBLIGEOIS, vice-secrélaire. 

1* (BiEC^TIOX. — Insectes (Séricicul- 
ture et Apiculture). 

Prince de Beauvau, délég. du Conseil. 

Gcérin-Méneville, président. 

Bigot, vice-président. 

A. Perrot, secrétaire. 

L. SouBETRAN, vice-secrétaire. 

5^ fi»ECTIO\. ~ '«égéfau!*.. 

Ferd. Moreau, vice'président. 
A. DuPUlS, secrétaire. 
Prillieux , vice-secrétaire. 



COMiïlISSION PERMANENTE DE L'ALGÉRIE. 
MM. Richard (du Cantal), président; le général Daumas, président 
honoraire; le prince Marc de Beauvau, Bigot, Chatix, Cossox, Dareste. 
Davix, du Pré dkSai.nt-Maur, Focillox, Victor Foucher, le vicomte Garbé, 
Guéhix-Mexeville, Lvperlier, LoBLiGEois, J. Michon, Millet, et A. Geof- 
FHOY SaINT-HilaiRE, secrétaire. 

COMiïlISSION PERMANENTE DES COLONIES. 
MM. A. Passy, président; Aubrv-Lecomte, David, Deville, Dutrône, 
Malavois, Mennet-Possoz, Ramon de laSagi-.a, et Rufz de Lavisox, .secret. 

CCMMISSiON PERMANENTE DE L'ÉTRANGER (l). 
MM. De Quatrefages, pn'.s,d(.';i/; J. Cloquet, David, Debrauz, Du- 
perrey, Faugere, l'amiral Penaud, Poey, Ramox de la Sagra, Rosalès, 
Tastet, Taunay, Pierre de Tchihatchef, de Verneuil, Weddell, et 
YvAN, secrétaire. 

(I) Les ambassadeurs, miiiistru.-, chargeb d'affaires et consuls édauger,'-, ijni résident à l'an.. 
et qui sont inenibic:. de la Société, font de dmit partie de lu Commission de l'Étran'^ei-, 



SOCIÉTÉS AFFILIÉES ET AGRÉGÉES. — COMITÉS RÉGIONAUX, vij 

Commission climatolorjique. — MM. Becquerel, président; Chatin, 
DuPEitriEV, J. DU Pué de Saint-Maur, le comte d'EscAYUAC de Lauture, 
l'OEY, Deville, marquis de ViBRAVE, Weddell, et E. Becquehel, secrétaire. 

Commission induslricllc (pour rexamea des produits désignés comme 
propres à être- introduits dans l'industrie). — MM. le baron Séguier, 
président; Davin, Doyere, Foculon, Fremy, Helzey-Dexeirouse, Fréd. 
Jacquemart, Le Play, Mennet-Possoz, Pelouze, Persoz, Florent Prévost, 
et Natalis Rondot, secrètuire. 

Commission médicale (pour Fexamen des produits désignés comme 
jouissant de propriétés médicinales). — MM. J. Cloqi.'ET, président; Bou- 
chardat, Boullay, E. Caventou, Chatin, J.Guerlv, N. Guillot, le baron 
Larrey, Leblanc, Mialhe, Michel Lévy, Michon père, PiEVeil, Rufz de 
Lavison, et L. Soubeiran, secrétaire. 



LISTE DES SOCiÉTÉS AFFILIÉES ET AGRÉGÉES 

a la société impériale zoologique D'ACCLIMATATION 

ET DE SES COMITÉS RÉGIONAUX. 
Sociétés afliliées et Comités régionaux français. 

La Société zoologique d'acclimatation pour la région des Alpes (Société 

zoologique des Alpes), à Grenoble. 
La Société régionale d'acclimatation pour la zone du nord-est, à Nancy. 
La Société du Jardin zoologique de Marseille. 

Le Lomité régional de la Société impériale d'acclimatation, à Bordeaux. 
Le Comité colonial d'acclimatation de la Guyane française. 
Le Comité colonial d'acclimatation de l'île de la Kéunion. 
Le Comité régional de la Société impériale d'acclimatation, à Poitiers. 
Le Comité régional de la Société impériale d'acclimatation, à Alger. 
Le Comité colonial d'acclimatation, à la Martinique. 
Le Comité colonial d'acclimatation, à la Guadeloupe. 
La Société centrale d'agriculture et d'acclimatation des Basses-Alpes, à Digne. 
La Société d 'horticulture eld'acclimatationdeTarn-et-Garonne, à Montauban. 
La Société centrale d'agriculture, d'horticulture et d'acclimatation de Nice. 

Sociétés affiliées et Comités régionaux étrangers. 

La Société d'acclimatalion pour le royaume de Prusse {AcclimxiUsations- 
Verrin fur die Kuniglich-Prcussischen Slaaten), à Berlin. 

Le Comité zoologique d'acclimatation de Moscou. 

Le Comité d'acclitnalation des végétaux de .Moscou. 

La Société d'acclimatalion et d'agriculture de Sicile {Società di acclimastone 
e di agricoltura inSicilia , à Palernie. 

Sociétés agrégées franv^''*cs. 

Le Comice agricole de Toulon. 

La Société d'agriculture de Verdun. 

La Société d'agriculture des Bouches-ilu-Bhône, à Marseille. 

La Société d'agriculture, arts et commerce de la Charente, à Angoulême. 

La Société d'agriculture d'Alger. 

La Société d'agriculture et de statistique de Roanne. 



\iij SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMÂTATION. ^ 

i.a Sociêlè iragiicullure , sciences, arts et belles-lettres de l'Eure, à Evreux. 

La Société iragricultiire du Puy-de-Dôme, à CleniioiU-Fen'and. 

La Société des sciences naturelles et arcliéologiriuos de la Creuse, à Guéret. 

La Société d'horticulture de la Gironde, à Bordeaux. 

La Société d'agriculture, sciences, arts etcuniuierce delà H. -Loire, auPuy. 

La Société d'agriculture de l'arrondissement de Dôle. 

La Société d'agriculture de la Haute-Garonne, à Toidouse. 

I>e Comice agricole de l'arrondissement d'Alais. 

La Société des sciences, agriculture et arts du lias-lUiin, à Sti'asbouri:. 

La Société centrale de l'Yonne pour l'encourageiiiont de l'agriculture, 

à Auxerre. 
La Société d'agriculture de Seine-et-Marne, à Melun. 
La Société d'agriculture de Provins. 
La Société d'agriculture et de l'industrie de Tonnerre. 
La Société d'horticulture de l'Aube, à Troyes. 

La Société d'agriculture, industrie, sciences et arts de la Lozère, â Mende. 
Le Comice agricole de Melun et de Fontainebleau, à Melun. 
La Société d'horticulture de Nantes. '• 

La Société d'agricnlture de Louhans. 
La Société d'horticulture de fiergerac. 
La Société d'agriculture de l'Ardéche, à Privas. 
La Société d'horticulture et d'arboriculture de la Cùte-d'Or, à Dijon. 
La Société d'agriculture et d'horticulture de Chalon-sur-Saône. 
La Section d'acclimatation de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, 

à Saint-lirieuc. 
La Société d'agriculture de rarrondissement de Saint-Omer. 
La Société d'agriculture de la province de Savoie propre, à Ghandjéry. 
Le Comice agricole de Drioude (Haute-Loire). 
La Société d'agriculture de Corle (Corse). 

La Société centrale d'agriculture du département du Pas-de-Calait;. 
La Société d'agriculture, sciences et arts, et Comice de l'arrond. deMeaux. 

Sociétés agrégées élrangércs. 

La Société d'utilité imbliipic de Lausanne. 

I,a Société d'économie rurale de la Côte (canton de Vaud). 

L'Académie royale d'agriculture de Turin(/Î('«fc Acccid.d'cnjric. di Torino). 

La Société du Cercle littéraire; de Lausanne. 

La Classe d'agriculture de la Société des arts de (ieiièvr. 

La Section d'industrie et d'agriculture de l'Institut genevois. 

La Société impériale et royale d'agriculture de Vienne {Die huiscrliclu' 

koiiigUclic Ldnihicirlhsclxtfls-Gcscllschalï iii W'ien). 
La Société séricicole de Pologne [Spolka jedicabiiiczii })olska), à Varsovie, 
La Société agronomique du Frioul {Associnzionc (Kjruria Friiilana), à Udinc. 
La Chand)re d'agriculture de Poit-Louis. 
!-a Société d'agriculture du duché de Nassau, à Wiesbadon. 
L'Institut agricole catalan de San-lsidro {InstUulo agricola catalan de Sair- 

hidro), à Darcehuii:. 
La Société d'agi'icullure de Valence. 
La Direction centrale d'agi'icultui'e de Stuttgard. 
L'Académie agronomiijur de ilohcnheim. 
I.a Société royale zoologicpie et botanique d'acclimatation de la Haye. 



lUITlOIE LISTE SIPPLÉIME^TAIRE 

DF.S MEMBRES 

DR l\ SOClF.TK IMPKniAI.E ZOOLOdlOliE li'\Cr,Lni\T\TIO\. 



Membres admis du 30 mai 1862 au lô mai ISOr» (I). 



MM. 

Arai'Jo (Auiinslo (Idmez d'), proiirii'lairfi à Lisbonne, nta Nova da 

Trinidade, 30. 
.\ft\ori.D (Charles), propriétaire et négociant, à Paris, rue des Pelites- 

Ecnries, 8. 
.\SSY (Alfred d'), rne de Rivoli, 240. 
ArPERT (Ch.), propriétaire, à Saint-Martin-de-Màcon, par Thonars (Den\- 

Sèvres). 
Al"ZOU\ (le doctenr Hector), à Saint-Leu d'Esserenl (Oise). 
Bableo, membre du Conseil général de l'Aisne, à Craonne (Aisne). 
Bacquias (le docteur Eugène), chirurgien de niôtel-Dieu, à Troyes(Anbe'l. 
Baignikbes, administrateur des chemins de fer de TEsl, rue Blanche, 13. 
Barbé (Benjamin), avenue de l'Impératrice, 12. 
l'-Al'.BiER, directeur général des douanes et des contributions indirectes, 

conseiller d'Etat, rue Saint-llonoré, 368. 
Bacdin, ministre de France à la Haye (Pays-1'.as). 
Beaudouin, directeur de la Société commerciale néerlandaise, à Nagasaki 

(Japon). 
BÉciiu (Jules), jardinier en chef de la pépinière de Bislira (Algérie). 
Belexot (Ferdinand), propriétaire, à Neuchatel (Suisse). 
Bellaic.ne DE Bur.UAS (A.), vice-consul, au château de Tournebise, près 

de Pontgibaud (Puy-de-Dôme). 
BÉNAZET (Théodore), au château de la Boche-Bellusson, par J,eblaiU' 

(Indre), et rue de Bivoli, 210. 
Bermo.nd (l'abbé Antoine), ùla Villa Bermond. à Nice (Alpes-Maritimes). 
Berthemy, ministre de France en Chine, à Pékin (Chine). 
Bertin (Alexandre), à Igny (Seine-et-Oise), et boulevard Saint-Germain,o4. 
Bessé (Charles- Martin de), contrôleur des contributions directes, à 

Melle-sur-Béronne ( Deux-Sèvres). 
BlLLAULT (S. Exe. M.), Ministre, rue Saint-Arnaud, 10. 
BiixiN»; (Fréd. de), directeur des fonds et de la comptahilité au ministère 

des affaires étrangères , rue Montaigne, 26. 
BllxoN, rue du Bel-Air, 18, à Marseille (Bouches-du-Bliône). 

(1) Pour les niemlji-ps .-intérieurement admis, voyez la Usle (jinérale des membres, t. Il, 
p. XXII à XLVu ; la Première liste supiilémoitaire, t. III, p. .\ii à xix; la Deuxième, t. IV, 
p. IX à XX ; 1,1 Trouième, I. V, p. \i à xxiv ; la Quatrième, t. VI, p. vu à xx ; la Cinquième, 
t. VU, p. viir ù XVI ; la Sixième, t. VIII, p. vu à xvi; ethSeptièmr, f.lX, p. ix à xvi. 



X SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

BiOLLAY (Paul), conseiller référendaire à la cour des comptes, ruePigale, I 2. 

BoGDANOFF (le professeur Anatole), président de la section de pisciculture 
et d'entomologie du comité de Moscou , professeur de zoologie à la 
faculté des sciences, à Moscou (Russie). 

BoiNVlLLiEus, président de section au Conseil d'Etat, rue de Choiseul, 3. 

BONKOWSKl, étudiant enpliarniacie, àConslantinople, et rue dos Postes, 68, 

ROREL, négociant à Shang-liaï (Chine). 

Bouché (Joseph), propriétaire, à Bois-de-Cené, par Challans (Vendée). 

BouiLLOUD (Louis), arbitre du commerce, à Bône (Algérie). 

BoURGOiN (Léon), président du tribunal, propriétaire à Chaniplntreux, 
commune de Saintry près Corbeil (Seine-et-Oise). 

BOURRET (L.), négociant, à Kanagawa (Japon). 

BOUTAREL, manufacturier, avenue des Champs-Elysées, 84. 

BoYVEAU (A.), rue de Seine, 13. 

Brame (Edouard), ancien élève de l'Ecole polytechnique, ingénieur du 
chemin de fer du Nord, rue Saint-Dominique, 71 . 

Brémare (Antoine), propriétaire, ingénieur civil à l'Ecole cfntrale, bou- 
levard de Sébastopol (rive droite), 1 8. 

Brignole (te marquis de), ancien ambassadeur, rue de Varenne, 53. 

Brosser (Victor), propriétaire, boulevard do Sébastopol {vi\e droite), 84 

Budberû (S. Exe. M. le baron de), ambassadeur de S. M, l'empereur de 
toutes les Russies, faubourg Saint-Honoré. 

Bvharaye (Armand de la), au château de Calac, près de Saint-Jean de 
Brévelay (Morbihan). 

Bureau (Eugène), propriétaire, à Chaix (Vendée). 

Buxerès y Abat (José Antonio), propriétaire, calle dol Palau, 3, à Dar« 
celone (Espagne). 

Cabarrus (Julien de), consul général et chargé d'affaires de France dans 
l'Amérique centrale, à Guatemala. 

Cailloué ((Charles), propriétaire, rue du Faubourg-Sainl-IIonoré, 83. 

CARDOisO (Nuno Alvès Pereirade Mello), capitaine de la marine brésilienne, 
commandant du navire à vapeur Vlnca, h Manaos, province des Ama- 
zones (lîrésil). 

riERRUTi (J. B.), consul de S. M. le roi d'Italie à Bahia (Brésil). 

Charlesworth, à Versoix, campagne Machard, près de Genève (Suisse). 

Chauviteau (Ferd.), ancien agent de change, rue d'Anjou-St-Honoré, 9. 

Chevigné (le comte Louis de), au château de Boursault près Dauiery 
(Marne). 

Chigi (S. Exe. Mgr), archevêque de Myre, nonce du sainl-siége aposto- 
lique, rue de l'Université, 69. 

CoLLiN (Charles), fabricant de produits chimiques, rue Ouincampoix, 15. 

Combes (le docteur), rue de l'Arc-de-Triomphe, 6. 

CoRDOÈN, procureur général près la Cour impériale, conseiller d'Elaî, 
rue de Berlin, 34. 

CoRTiER (Henri), propriétaire, ;'i Elourvy (.\nbe). 

Corvisart (le docteur baron Lucien), médecin ordinaire de l'Empereur, 
au palais des Tuileries. 

Çqsta (le professeur Achille), directeur du Musée de zoologie de Vum- 
versité de Naples, via S. Antonio alla Vicaria, à Naples (Italie). 



HUITIÈME LISTE SUPPLÉMENTAIRE DES MEMBRES. XJ 

Costa de Beaurrgard {\f comte Josselyn), ti l'Iiôtel df Costa, à Cliain- 
béry (Savoie). 

CoTTLE, à Woodsiock (Conaila). 

CoURCEL (Alphonse de), an ministère des affaires élrnn!;ères, 

COURCY (!e comte E. de), rue de rSellechasse, 72. 

Cramail (Adrien), maire de la commune de Rueil (Seine-et-Oise), ei rue 
d'Alger, 5. 

Uauzat DEMBARRh:RF., député ail Corps législatif, vice-président du Conseil 
général des Hautes-Pyrénées, rue Tronchet, fj. 

D.wiAU, propriétaire, à Roche-Servière (Vendée). 

Debain'S (Alfred), étudiant, rue delà Chaussée-d'Antin, 4i. 

Decharme (Th.), ingénieur en chef des ponts et chaussées, à la Rochelle. 

Pegreaux (L.), propriétaire, fondateur du Jardin zoologicpie de Nice, rue. 
de France, 60, à Nice (Alpes-Maritimes). 

Pelisse (E.), rpiaidesChartrons, 7, à Bordeaux (Gironde). 

Pesbarats, président de la Société d'horticulture de Montréal, à Mon- 
tréal (Canada). 

pESf.oussEAUX DE Medrano, président de la Société d'horlicullure des 
Ardennes, rue Richor, -iS. 

Pestouv, notaire honoraire, au Thoult, par Montniirail (Marne). 

DoNNEDiEU de Saint-André, propriétaire, rue Porée, à Nmies (Gard). 

DROUiN(Jules), juge au tribunal de commerce, maire du 4'' arrondissement, 
rue Sainte-Croix de la Rrotonneric, 21 . 

BUCHENNE (Emile), de Boulogne, boulevard des Paliens, 33. 

DrcoMMUN (Henri François), propriétaire, à la Chaux- de -Fonds (Suisse). 

Pufaure (.1.), ancien ministre de l'intérieur, rue Lepelletier, 20. 

DuFAURE (Gabriel), à Vizelle, par Cozes (Charente-Inférieure). 

PuFFit; (Aug. -Achille), fabricant de sucre el agriculteur, à Braisne (Aisne). 

PUPONT (le docteur .lean-Bnptiste), propriétaire, à Tingry, par Samer 
(Pas-de-Calais). 

PupONT (le docteur), au Haut-Tingry, par Samer (Pas-de-Calais). 

PUPUY (le docteur Louis), vice-président de l'Association locale des méde- 
cins des arrondissements de Laon et Vervins. à Fcstieiix, canton de 
Laon (Aisne). 

PuRV (le docteur), faisant fonctions de vice-consul, à Nagasaki (.Japon). 

PUTERTRE (Florent), directeur de la bergerie impériale du Haut-Tingry, 
par Samer (Pas-de-Calais). 

Fattet (Georges), rue Saint-Honoré, 2^'). 

Faultrier (Alphonse de), officier supérieur du génie, en retraite, à 
Vaux, près de Metz (Moselle). 

Fernan Nunez (le duc de), propriétaire en Espagne et en Belgiipie, calle 
de Santa-Isabel, à Madrid (Espagne). 

Ferrand (Joseph), préfet de la Haute-Savoie, à Annecy (Haute-Savoie^. 

FlÉRON(le général), ancien gouverneur de la Guadeloupe, au cliàieau iU 
Saint-Jean de Monfpouillant. par Meilban (Lot»et-Garoinie). 

Fi.EURlMONT (Charles), propriétaire, avenue Victoria, 8. 

FoLSCH (Charles-Henri), vice-consul de Suède, de Norvège il de Pane- 
mark, rue Sylvabelle, 37, à Marseille. 

Fontaine (Jules-Penis), marchand grainier, horliculleur, iptai de h 
Mégisserie, 6. 



1- 



XIJ SOCIÉTÉ JMPÉiUALE ZOULOGIQUE D ACCLIMATATION. 

I'uubi.n-Janson (le marquis do), rnnsul îrénéral, chargé d'affaires de France 

il Haïti, rue Tiiérèse, I 1 . 
FoucEMOL, chef d'escadron d'élal-ninjor, conniiandant supérieur du cerclt' 

de Bisivra, division de Conslanline (Algérie). 
l'orciiEB (Alpiionse-.lean-Louis), ollicier piincipal d'administration de la 

guerre, directeur du service des fourrages à Paris, rpiai de la liàpée, \ (». 
FocrtMEn (Henri), minisire de France à Stockholm. 
FiiANEisco-MAiiTlN (S. Exc. M. de), ministre plénipotentiaire de (iuale- 

maia, rue Fortin, 3, à Paris. 
FiiossAHt) (le général de division), aide de camp de l'Empereur, rne 

d'Amsterdam, 31 , 
(j.\itte-La[U(.audie, notaire aux Marlresde-Veyre, parVeyre (Puy-de-Dôme). 
i;ai\CIA (Doroteo), sénateur, à Montevideo. 

CiASN'iER (l[.), propriétaire à la Itruyère près P>augé (Maine-et-Loirc). 
TiELOT (Antony), négociant et agent commercial du gouvernement du 

Paraguay, à FAssomption, et rue Piochechouart, 33. 
(Ierebetzoff (S. Exc. M. Nicolas de), vice-président du Jardin zoologiquo 

de Moscou, à Moscou. 
(iERMiNv (le comte de), gouverneur de la Banque de France, à Paris. 
(îiELET DE Grandmonï (Anatole), rue Joubert, 18. 
GiMET (le capitaine Paul), commissaire de l'émigration, au Havre. 
GiiNOT (Jules), agriculteur, à Soulages, près de Saint-Chamond (Loire). 
TiiREAUD, secrétaire général de la compagnie des chemins de fer de l'Est, 

à Paris. 
(Iofflnt-Delrue (J.F.), avocat, membre de plusieurs sociétés savantes, à 

Mons (Belgique). 
FiOLT/, (S. Exc. M. le comte de), ambassadeur de S. M. le roi de Prusse, 

à Paris, rue de Lille. 
UousciiKOFF (Jean), négociant, conseiller des manufactures, à Moscou. 
(iOYON (le général comte de), sénateur, aide de canqi de l'Empei'enr, rue 

d'AsIoi'g, 31 . 
(Iraichen (Heinrick), à Leipsick (Saxe). 
<i(;iDO (José), capilaine de cavalerie, à Buenos-Ayres. 
riUiRAun (le baron de), rue de Grenelle-Saint-Germain, cité Martignac. 
Hareut (Charles-Gustave), à Montfort-FAmaury l'Soine-et-Oise), et rue de 

Provence, 52. 
Haudos (Justin), propriétaire, député au Corps législatif, membre du 

Conseil général de la Marne, à l-oisy, par Vitry-le-François (Marnej. 
HoBÈs (Monseigneur Al.), évêque missionnaire de la Sénégambie, à 

Dakkar, près de (iorée. 
IIiir.EE (le baron de), premier écuyer et chamiiellan de S. M. h' roi do 

Wurtemberg, à Stuttgard (Wurtendierg). 
Hi'OT ((nistave), agriculteur à Troyes (Aubei. 
Imuaus (Georges), à Foix (Ariége). 
Issakoff (Michel), délégué de la Société d'acclimatation de Moscou, à 

Saint-Pétersbourg. 
ISTURiz (S. Exc. don Xavier de), andiassadeur de S. M. Catholique, quai 

d 'Orsay. 
Jeger (Philippe), négociant, à la Chaux-de-Fonds (Suisse). ^ 

JuuiOT (A.), anrieu ollicier d'état-major. rue de Clichy, ••o. 



llUniKME LISTK SI PPLEMENTAIUE DES MEMBRES. MIJ 

■IijAMCo, lu-i'sidt'iit delà Cour do tassalioii, à Montevideo. 

JiLiEN (Stanislas), de l'Institut, udniinistrateur du collège de France, pro- 
fesseur de langue et delittéralnrc cliinoises, rue des Fossés-Saint-.Iac- 
(jues,2C. 

KEitziii.i.l (Nicolasi, nieinbrc du Coiuilr d'accliiuatalion de Moscou, à 
Moscou (lUissie). 

Kosr.HEi.KW (Alexandre), uré^-idciil de la Société d'agriculture de Moscou, 

à Moscou (nussic). 

KoTSCHOtJUEY (le prince Michel), niaréclial de la cour de S. M. l'einpo- 
reur de Uussie, nu- du Centre, "i. 

KURANDA (Ignace), nienilire du (jonseil de l'eiuiùre d'Autriclie, à Vieinip. 

LAM»É(PliilJppe), négociant, à Luçon (Vendée). 

Lacroix (.Jean), labricant de papiers, rue Mazarine, fiO. 

La Ferriere (le vicomte de), chaniliellan de l'Empereur, rucLavoisier, !». 

La GiRALDAis (Charles), avocat, à Nantes (Loire-Inférieure). 

La(^.RANGE (Tony), propriétaire agriculteur, à la Pré-Verte, près de Pont- 
château (Loire-Iniérieure). 

Lac.rms DE Lanceron, sous-préfet, à Nogent-siir-Seine (Aube). 

La Gl'Éronniere (le vicomte de), sénateur, rue du Cir(|ue, G. 

Lamv (Victor), propriétaire, au château d'Héritot, par Troiiarn ((Calvados), 
et rue Bourdalou(î, 5. 

Landrin (A.), médecin-vétérinaire, rue Albouy, \2. 

La UonuK Ordan (le coinle de), boulevard des Invalides, 1.5. 

Latolr-Maurol'IU. (le man|uis de , nu' de la Ville-Lévèipu.', 22. 

L\rNAY(le comte Maui'ice de), au château de Courcelles, conunune de 

Clérey (Aube)- 
Lecreux (Alfred), rue ilu Faubourg-Poissonnière, .'lO. 
Le Dentu. connnissaire de la marine, à Cherbourg. 
Lefh;vre (Amable), négociant à New-York (Etats-Unis). 
Le Gendre Décmv, ingénieur, place du Martroy, à Nanterre (Seine;. 
LeHuédé, avocat, maire dcCorsept près Gaimbieux, rue de la Fosse, 1 , 

à Nantes (Loire -Inférieure). 
Lejeune (le docteur), place Vintimillc, 1. 

LelioN-Damiens, inspecteur des éludes, à l'institution Ste-IJarbe, à Paris. 
Lelouterel (le général), à la (Juetonnière, commune d'Olivct (Loiiel), et 

rue Godot-de-.Mauroy, 2G. 
Lemaire (C), négociant, à Sliang-liaï (Chine). 
Le Movne, ministre plénipotentiaire, rue Caumarlin, (J2. 
1;ENTHÉR1C (Charles), ingénieur des ponts et chaussées, à .Mirande (Gers). 
Leqi'IN', directeur de la ferme-école du déparlement des Vosges, à la 

ferme de Lahayevaux [Vosges). 
Leroux (Alfred), député, rue Sainl-llonoré, 364. 
Lix (Charles), rédacteur dujiMuiial lu f/ibcrlc, à Corientes (confédération 

Argentine). 
LoRioL, directeur de l'Ecole jirci'aralou'c à la marine, rue d'Enfer, 49. 
Lgydre.\U (Edouard), propriétaire et maire de Chagny (Saône-etLoire). 
MAir.NE, conseiller d'Etat, rue CastigHone, 10. 
MAi.ARETde baron de), ministre de France, à Bruxelles. 
.Manes (Alfred), négociant, à Saint-Denis (la Réunion). 
MANRincEde D'Camilo), consul de Venezuela, à Bayonnc (B. -Pyrénées), 



xiv SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

Mahqijes Lisboa (S. Exc. m. le chevalier), envoyé extraordinaire el ministr<* 
plénipotenliaircdeS. M. l'Euipercur du lirésil, boulevard Monceau. 

Mars (^Uenry), ancien négociant, rue UoursauU, 0. 

Martel (Ernest), jnopriétaire, à Saint-Onier (Pas-de-Calais). 

.Matiiabel (de), préfet de l'Orne, à Alençon (Orne). 

Matthiei- (.).), consul de Porlugal, à lîruxelles, rue lîoyalc, Mî (Belgique^. 

Maudan (René-François), propriétaire, rue Guénégaud, 17. 

Maumy (Jules), négociant, rue du liouloi, '26. 

MÈGE (le docteur Jean-Baptiste), membre de l'Académie impériale de 
médecine, rue Sainte-Anne, 40. 

Mehemmed-Djémil-Pacha (S. Exe), ambassadeur de la Porte Ottomane, 

à Paris. 
Mendiola (Ignace de), ingénieur civil à la Havane (île de Cuba), et rue de 

Ponthieu,20. 
Mesgnil d'Auhentièue (Charles du), rue St-Louis, 53 (Batignolles-Paris). 
Messageu (Prosper), ù Saint-Uenis du Sig, Bois sacré, propriété Herzog, 

province d'Oran (Algérie). 
Metman, vice-consul des Pays-Bas, à Nagasaki (Japon). 
Meyer, propriétaire et négociant, à Montevideo (Uruguay). 
Mocquaï (Henri), négociant ù Luron (Vendée). 
MoNiCAULT (Paul de), attaché au ministère des affaires étrangères, rue de 

la Pépinière, 57. 
MoN'TEBELLO (Fernand de), rue d'Antin, 10. 
MoTOFSKi, à Nagasaki (Japon). 

MoïSEN, membre du Conseil général de l'Aube, rue Godot-de-Mauroy, 29. 
Neumann (Louis), jardinier aux serres du Muséum, rue Cuvier, 57. 
Newill, 29, Upper Grosvenor street, à Londres (Angleterre). 
NoCHÉ, notaire, à Troyes (Aube). 
Nœau (Péhx), notaire, à la Roche-Scrvière (Vendée). 
NoÈL, sous-directeur au ministère des atfaires étrangères, rue de ILmi-- 

\ersité, 83. 
NouBEiiT-EsTiBÂL, placc de la Bourse, 12. 
OiiLSEN (Charles-Tliéodore-Alexandre), agriculteur, strada GroKone d» 

Pallazzo, 25, à Naples. ^ 

Pallu, propriétaire et directeur de la compagnie du Vésinel, rue Tait- 
bout, 63. _ 
pAiioDi (Domingo), pharmacien, chimiste et botaniste, à I Assomption 

(Paraguay). 
Pascuae Y iNGLADA (llilario), banquier, 27, calle Dormitono, a Barcelone 

(Espagne). 
Peck (Prosper), négociant, rue de la Grande-Truandene, 32. 
Penel (Isaac-Franrois), propriétaire à Louveciennes, canton de MaHy-!f- 

Roi (Seine et-Oise). 
pEREir\A (Antoine), iiropriétaire, à Montevideo (Uruguay). 
PéRIGNON (le baron Maurice), propriétaire, rue de la Pépinière, 10. 
Petin membre du Conseil général de la Loire, maire de Rive-de-Gier (Loire). 
PlERMÉ (le docteur César-Âlexandre), à Bruyères, par Laon (Aisne). 
PiZARRO (Manuel), Lottergasse, 274, à Bàle (Suisse), et à la Havane. île 

de Cuba 
PuNCY (le baroti de), député, àPlaucy-sur-Aube(Aube), etrue dulJac, 46 



HUITIÈME LISTE SUPPLÉMENTAIRE DES MEMBRES. XV 

Pompe van Meerde \VooHT(le doclenr), à Nagasaki (Jaiiou). 
PoNCEAU (le docteur Théodore), l'Ile Blanche, 27. 
Pons Y Soler (1.), propriétaire, à î\Iahon (Espagne). 
PoussiELGUE(.\cliille), rue deGrenelle-Saint-Gerniain, 123. 
PUYTESSON (A. de), propriétaire, à Napoléon-Vendée (Vendée). 
Rambourgt (le vicomte de), député, à Troyes (Aube), et rue d'Alger, .5. 
RElNACH(le baron de), secrétaire de la légation de France, à Stultgard 

(Wurtemberg). 
Reinacii (le capitaine de), ol'licier d'ordonnance de S. Exe. M. le maréchal 

Re^naud de Saint-Jean d'Angelv, rue d'Austerlitz, 36. 
Remisa <le marquis de), à Madrid (Espagne). 

Renal'ld (Edouard), propriétaire, rue du Temple, 43, à Troyes (Aube). 
Rey (le docteur Henry), médecin adjoint de l'asile impérial de Vincennes. 

rue Pavée -an-Marais, 6. 
RiOTTOT (Jules), au château d'Osny (Seine-et-Oise), et rue de Reuilly, 73. 
Rivière (Jules), architecte, boulevard de Sébastopol, 55, rive droite. 
Robinet (le baron de), colonel d"élat-niajor, aide de camp de S. Exe. 

M. le maréchal Regnaud de Saint-Jean-d'Angély, à l'Ecole militaire. 
Rochette (Ernest de la), ancien représentant, au château du Quenet, par 

Herbignac (Loire-Intérieure). 
Roger, propriétaire, au château d'Anfernel, près de Vire (Calvados), et rue 

des Carrières, 9 (Datignolles-Paris). 
Roger-Uesgenettes, chef du 50'' bataillon de la garde nationale de la 

Seine, propriétaire et percepteur, à Saint-Maur (Seine). 
Romanâ (S. Exe. M. le marquis de la), grand d'Espagne, à Pahua, île 

Majorque (Baléares). 
ROTHAN, premier secrétaire de l'ambassade française à Turin (Italie). 
Rouher(S, Exc. m.), Ministre de l'agriculture, du commerce et des tra- 
vaux publics, à Paris. 
Rumine (S. Exc, M. Nicolas), président du jardin d'acclimatation de 

Moscou, à Moscou (Russie). 
Saenger, secrétaire pour l'étranger du comité d'acclimatation de Moscou* 

à Moscou (Russie). 
Saint-Georges (le chevalier Léonce de), ministre de France au Brésil, 

rue de la Pépinière, 108. 
Saint-Gehmain (de), député, rue de Valois-du-Roule, 9. 
Sala (Adolphe), à Alexandrie (Egypte), et rue Pigale, 22. 
Salazâr y M.vzarredo (Eusobio de), 34, rue Horialeza, à Madrid. 
Salvador (F. S.), rentier, place de la Madeleine, 17. 
Sandui (Théobald), négociant, à Tien-tsinn (Chine). 
Sanford, ministre des Etats-Unis, à Bruxelles (Belgique). 
Savardan (le docteur), à laChapede-Gaugain, par Bessé (Sarthe). 
ScHiscHKOFF (Nicolas), président de la Société d'agriculture de Lebedianf , 

àLebediane (Russie). 
SciiWEiZER (le baron de), envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire 

du grand-duché de Bade, rue Blanche, 62. 
Sërbat, chimiste manufacturier, quai Malaquais, 19. 
SiEBURG, ex-officier de la marine néerlandaise, à Nagasaki (Japon). 
SiLVA Castro (le docteur Francisco da), membre de l'Académie impériale 

de médecine de Rio de Janeiro, à Rio de Janeiro (Brésil). 



\V) SOCIÉTÉ IMl'EIllALt; ZOULUGKJUE D MiCLlMATATlUN. 

Si.MdM (J.r«"".), (lucleur en iiitdcciiic, j>r(i|iriélairc, h l'ile de. Cuba, cl rue 

(les Eciii'ios-erArtoih;, 3(3. 
SOCSA (José Augiislo (iel, coiisiMvalciir adjoint du nnisée rn_\al de l'or- 

tngal, à Lisl)onne. 
Sl'DD.S. (déliai, éUidianl en médecine, à (_",(iuslaulin(nd(^ (Tnii(iiie), et vn<' 

Hautefcnille, 1 . 
SURiGNV (Albert de), |iro!iriétaii'c, à Prisse, par Màcon (Saùne-ct-Loire). 
Surville (Félix-Maric-Altrcd de), an chàlean de Lacoste, près de xNimes 

(Gard). 
rALiLlAr.UK (Esioile), ]iropriétaire. à Milan (llaliei. 
Taveau (Constant), propriétaire, rue de la Victoire, 7 ! . 
TeissoiNMEUE (Henri), négociant, à Florac (Lozère). 
TiiiEHUY-MiEG (Charles), secrélaiic de la Société industrielle do Mulliouse, 

à Paris, rue Flécliier, 2. 
Tlio.MAS (Lniilei, ingénieur, à la villa Saisi, à Mce (Alpes-Mariliines). 
Thouukau, propriétaire, au château de Polisy (Anhe), et rue (hi Fau- 
bourg-Poissonnière, 1 '2 I . 
Tiuv (Panl-Anloinei, attaché au d'''paitenieiit des affaires étrangères, rue 

du Bac, 32. 
ToiJCiiARD (Arthur), proiulétaire, à Courcelles près Pontoise (Seine-ot- 

Oise). 
ToUiiNlOL, receveur municipal, à Milianah (Algérie). 

Traltmann (Daniel), propriétaire au Barré, commune de Charly (Aisne). 
TnElLHARn(lc comte), directeur de la presse au ministère de lintérieur, 

nie Loiiis-'e-(Jrand, 1 8. 
Tuo.MELiN (le comte de), député, me de la Mlle-Lévéque, Go. « 

TuOïTEMANT, propririaiie. domaine deMousseaiix, prés de Draveil (Seine- 

ct-Oisct, et rue Ilauteville, 28. 
Truchy (Fmile), négociant, rue de Rivoli. 136. 
Tsr.uoiJGoUROMSKY (S. ]v\c. M.), doyen de la faculté des sciences de 

Moscou, à Moscou (Piussie). 
Valeho de Uuria (le marcp.iis de), propriétaire en France et à la Havane, 

rviede Marengo, i. 
Vallat (le vicomte de), consul général de France, à Barcelone (Espagne). 
Vandal, directeur général des postes, conseiller d'Etat, rue Jcan-.lacqiies- 

Uoussean,9. 
Valciier (Frit/), négociant, à Shang-haï (Chine). 
ViNSON (le docteur), à Flic de la Béunion. 
U'attebled, agriculteur, à Maisons-AH'ort (Seine). 
\Vim:,klek (Edonanb, pcrcepleiir, à Is-sur-Tille (Cùle-d"(.h). 
/Lik (Oscar), professeur au collège impérial e! royal de Tesclien (."ilcsic, 

Autriche). 
ZonN DE Bi LaGII (le baron de), chambellan de FEmpercur, membre du 
Conseil général du Bas-Hiiin, maire d'OslIiauM'ii (Bas-Bliin). 



MENSUEL 

DE Là. SOCIÉTÉ IMPÉHÎALE 

ZOULOGlnlE ) 

D'ACCLIMATATION 

Fondée le 10 Février 1854. 



I. TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 



•'' Sll\ LE 

TKOIPEAU DE LAMAS ET D'ALPAGAS 

' ^ LMrOIlTli EN iHANCK E.N 1860. 

Vav M. Frédéric JAC^^UKMART. 



(Séance du (i janvier 18Go.) 

En se[)Lcmbre !l800, arriva à Bordeaux le Iroupeau d'Alpa- 
cas et de Lamas aiiieiié en France par iM. lioehn [xjur le 
compte de la Société impériale zouloyitiuc d'acclimalation. 
Un mois après, la yalc, (jui, lors du débarquement, avait été 
reconnue chez quelques sujets aussitôt sépares du troupeau, 
s'était manifestée successivement sur tous les autres. 

Elle se développa d'une manière extraordinaire sur ces 
animaux, dont la constitution, mali^ré do bonnes apparences, 
avait été Ibrtement ébranlée par les fatigues et les privations 
d'un long- et pénible voyage. Sur cent vingt bêtes embar- 
quées, quarante-cinq seulement étaient arrivées au port! 

Appréciant sainement les circonstances, notre administra- 
tion, d'accord avec notre vétérinaire, M. Leblanc, avait voulu 
tout d'abord soumettre les animaux à un régime substantiel 
et réparateur, et les nourrir en partie avec des grains, alin 
de combattre, non-seulement les mauvais effets du voyage, 
mais encore les causes débilitantes dues au changement de 
milieu, à la saison froide et humide, à la moindre qualité des 

T. \. — Janvier cl Février 1803. ♦! 



n* 



• 



'2 SOCIÉTÉ I.MPÉHIALE ZUOLOGIQUE d'ACCLIMATÂTION. 

i'ourragL'S cl aux mauvaises condilions hygiéniques d'une 
installation improvisée pour un si grand nombre de bêtes. 

Mais des personnes qui avaient vécu au Pérou déclarèrent 
avec une telle autorité (}ue ce régime serait funeste, qu'on 
n'osa pas aller contre leur avis. Nous avons toujours regretté 
cette soumission modeste de l'expérience éclairée, qui tenait 
compte des climats et des milieux, devant une expérience 
locale, il cstvrai, insistant avec d'autant plus de force, qu'elle 
croyait avoir les faits en sa faveur, mais paraissant oublier 
que le climat du bois de Boulogne, que les fourrages de 
France, sont loin d'avoir l'énergie fortifiante de l'air et des 
plantes des Cordillères, et que le régime (jui convient à des 
animaux vigoureux et en santé ne saurait leur convenir lors- 
([u'ils sont affaiblis et malades. Cependant, dès les derniers 
jours d'octobre 1860, la gale, sous ces épaisses toisons, était 
devenue si intense sur toutes les parties du corps, que les 
traitements partiels devenaient tout à fait impuissants. 

On fut forcé, pour atteindre partout un mal qui menaçait 
d'être mortel, de faire, dans les derniers jours d'octobre et 
les premiers de novembre, une tonte générale. 

Les effets de celte tonte, malgré l'emploi de doubles cou- 
vertures, furent désastreux et foudroyants. Il faut les attri- 
buer à l'ébranlement qu'elle causa dans la constitution des 
animaux déjcà affaiblis par les fatigues du voyage et par la 
maladie, à l'époque avancée de la saison, à des gelées pré- 
maturées et très vives qui survinrent alors, à une installation 
et à un personnel insuffisants, malgré le zèle de tous, pour 
les soins à donner à quarantc-cintj bêtes devenues tout à coup 
gravement malades. 

En peu de jours, presque toutes succombèrent, il n'en 
restait plus que sept dans le i)lus fâcheux état, lorsiiue notre 
Conseil pensa qu'on devait les soustraire à l'influence j)erni- 
cieuse d'étables empestées par le séjour et par les déjections 
de tant d'individus mortellement frappés. 

Le Conseil, sachant que nous pouvions disposer d'un local 
convenable, nous confia ces animaux en les laissant sous la 
surveillance du Jardin, sous la direction médicale de M. Le- 
blanc, dont le /èle et le savoir ne firent jamais défaut, et suus 



DES LAMAS ET ALI'ACÂS IMPORTÉS EN FRANCE. ." 

kl garde du berger Ch. RuolT, aii([uel vous avez décerné 
plus tard une de vos récompenses pour ses bons services 
dans cette circonstance. 

Lo 7 novembre 1860, les sejjt Lamas et Alpacas lurent 
installés dans une pièce saine, munie d'un poélc, qui, allumé 
jour et nuit, tant que cela fut nécessaire, entretenait une 
douce température (10 à 12 degrés) et assainissait la pièce, 
en en renouvelant l'air incessamment. Chaque animal avait 
une double couverture. Une litière abondante et toujours 
maintenue très propre recouvrait le sol, nettoyé chaque jour. 
Le berger installa son lit dans l'étable même, de manière à 
exercer une surveillance continuelle. 

La diarrhée et la faiblesse générale disparurent peu à peu 
sous l'influence de lavements laudanisés, de boissons et de 
substances fortifiantes (eau de riz, extrait de quinijuina), 
d'une nourriture saine et riche, consistant en bons fourrages et 
en graines de plusieurs espèces, présentées en petite quantité 
à la fois, soit pures, soit mêlées de son, soit écrasées. 

La gale fut combattue par des lavages fréquents et conqileis, 
laits avec de l'eau tiède et savonneuse, suivis d'onctions faites 
sur toutes les parties malades avec la pommade de Leymerie. 
Ce régime fut continué jusqu'à ce que certains symptômes 
de réaction inllannuatoire se manifestèrent. On le suspendit 
aussitôt. Des lavements émollients, des boissons adoucis- 
santes d'eau de graine de lin, etc., furent ordonnés; la nourri- 
ture fut réglée ; on y lit entrer une portion notable de carottes, 
et dès que le temps le permettait, les animaux pâturaient sur 
une pelouse ou étaient promenés dans un vaste jardin. 

L'intensité de la gale diminua assez rapidement; mais 
malgré toutes les précautions prises et par suite de l'inqios- 
sibilité d'atta(iuer à la fois tous les points malades, on voyait 
le mal reparaître d'un côté, (juand il disparaissait de l'autre. 
Après quatre mois de ce régime, les animaux étant devenus 
plus robustes, on les baigna dans une baignuirc avec de l'eau 
tiède : là ils étaient savonnés avec soin sur tout le corps ; les 
croûtes se détachaient et la ponunade agissait plus elïicace- 
ment. Néanmoins, après six semaines de bains, la gale ne ^ 



h SOCIÉTÉ IMl'ÉHLVLE ZUOLUGIQUE d'aCCLIMATATION. 

(lispai'ciissail jias cuiii[)l('l(Mii('iil ; on rclrouvail toujours I aca- 
ruslàoù des cléniangeaisons se iiiaiiifestaient. 

Ou eut recours alors {li mai 18(31) à uu bain arseuical de 
/|0 à âS degrés cenligrades de chaleur, coiuposé de 1^00 litres 
d'eau, de 10 kilogr. de sulfate de zinc et de iôOO grammes 
d'acide arsénieux. Ces subslauces, dissoutes dans de l'eau 
bouillante, turent mêlées à l'eau tiède du bain. 

Chaque animal, préalablement tondu, y l'ut plongé pendant 
cinq minutes et l'rolté énergiquemenl par tout le corps, et 
principalement sur les parties malades, avec une brosse de 
chiendent. A la sortie du bain , l'animal, légèrement essuyé, 
atin de laisser sécher sur sa peau l'eau saline du bain, rece- 
vait deux couvertures lavées à neuf, et était rentré dans 
rétable chautlée, après une course au trot de (luehjues 
minutes, servant à rétablir la circulation. 

Depuis on ne trouva plus sur les animaux aucun acarus, 
La gale avait disparu. 

Dès le commencement de la belle saison, les i>amas étaient 
libres, pendant le jour, de sorlir à volonté. Lorsque leur 
toison eut atteint une certaine longueur, la saison, d'ailleurs, 
étant douce, ils lurent libres la nuit comme le jour, et dej)uis 
il en l'ut toujours ainsi, excepté jtar les temps très l'roids ou 
li'ès pluvieux; alors, par prudence, on les enfermait la nuit. 

C'est ainsi (}u'ont été conservés les sept animaux qui nous 
avaient été confiés. Ils sont aujourd'hui dans d'excellentes 
conditions de santé. Ce sont: un Alpaca màlc, un Lama mâle, 
cinq Lamas femelles. 

L'une de ces dernières a été expédiée dans ki^ Alpes, il y a 
un an environ. 

Les quatre femelles conservées viennent de nous donner 
chacune (du i) mai au /i juillet 18CV2), un Lama mâle. Ces 
(juatre élèves, parfaitement constitués et vigoureux, s'élèvent 
.ivec beaucoup de facilité. ' 

La valeur des animaux conservés et celle de leur croît sont 
de beaucoup supérieures aux dépenses totales occasionnées 
pal' les soins qui leur ont été donnés, ainsi qu'au troupeau 
tout entier; et en outre la Société, en persévérant dans cette 



DES l.AMAS ET ALPAGAS IMPORTÉS EX FRANCE. 5 

pénible étude, a acquis, ce qui n'est pas moins importaul, 
une expérience dont elle prolitcra dans l'avenir. 

Voici quelle fut la nourriture des animaux aux diverses 
époques de leur traitement : 

Dés qu'ils entrèrent en convalescence, on leur donna par 
tête et par jour : - 

1° Un demi-litre d'avoine et un demi-litre de son, mèh-s. 

2" Une botte de carottes coupées. (La boite contient neuj" 
ou dix carottes, et coule 'JO centimes.") 

."" Du foin et de la luzerne, de 1 à '2 kilogrammes. 

A partir du mois d'avril 1861, les bètes furent mises pen- 
dant quelques heures, chaque jour, sur des pelouses qu'elles 
pâturaient; on diminuait alors la ration de foin. 

Vers le mois de septembre 186 1, les animaux étant en bon 
état, on supprima peu à peu le son et l'avoine, et. la ration, 
devenue normale, se composa, par tôle et par jour, d'une 
botte de carottes, d'une demi-botte (2 kilogr. 1/2) de foin ou 
luzerne. 

Depuis le printemps 18(52, on a supprimé une partie seule- 
ment du foin sec, qu'on a rempiaci' par de l'herbe verte pro- 
venant de la coupe de gazons parisiens. 

Nous avons pensé qu'il était nécessaire de bien alimenter 
les mères nourrices, alin que leurs petits pussent se déve- 
lopper et devenir robustes sous l'intluence d'un lait riche et 
abondant. A cet effet, dés le troisième jour de la mise bas, 
nous avons donné à chaque mère un demi-litre de son et un 
demi-litre d'avoine ; puis cette (juantifé a été portée successi- 
vement à un litre de son cl à un litre d'avoine par jour, en 
sus de la ration ordinaire. 

En outre, dans l'étable, nous avons séparé un petit compar- 
timent où les jeunes Lamas seuls pouvaient entrer et venir 
manger une petite ration de son et d'avoine. 

Ce régime a paru atteindre parfaitement le but qu'on se 
proposait, jusqu'au 24 juillet dernier, époque à laquelle les 
dix animaux ont été reconduits en très bon état au Jaidin 
d'acclimatation. 

Nous avons dit que celle expérience profiterait poiu' 



6 SOCIÉTÉ IMPÉniALE ZOOLOCIQUE d'ACCLTMATATION. 

l'avenir à la Société d'acclimatation ; il nous semble, en effet, 
(ju'elle y a puisé do précieux enseignements applicables par- 
ticulièrement à des cas semblables, et généralement au plus 
grand nombre d'introductions nouvelles. 

Si des circonstances semblables ou analogues se présen- 
taient, la rnarcbe suivante nous paraîtrait tout indiquée : 

1" Mettre à part, dans tous les cas, les animaux galeux ; les 
soumettre à un bon régime réparateur et substantiel, variant 
selon l'époque de l'année. 

Les tondre après quelques jours de repos, en laissant à la 
toison 2 à 3 centimètres de longueur, et les couvrir d'une ou 
deux couvertures, selon la saison. 

Administrer deux ou trois bains tièdes (à deux ou trois 
jours d'intervalle) d'eau savonneuse, alin de nettoyer les 
animaux et d'atteindre les croûtes; frotter les animaux dans 
les bains ; puis donner un bain d'eau pure et enfin un bain 
arsenical, comme il a été dit plus baut. 

Si la saison est cbaude, enfermer les animaux pendant la 
nuit et pendant les jours de mauvais temps, et surtout après 
les bains, dans des pièces saines et à bonne température. 

Si la saison est froide, les enfermer jour et nuit dans des 
pièces chauffées et ventilées. Leur faire faire des promenades 
de santé, quand le temps le permet. Ne les, réunir jamais aux 
animaux sains qu'après une parfaite guérison. 

2" Listaller les animaux sains dans des locaux aérés , 
ouverts sur des parcs, et les laisser, selon leur volonté, cou- 
cher à couvert ou à la belle étoile, excepté par des temps de 
pluie ou par des froids très vifs. 

?]viter surtout l'encombrement d'animaux habitués au 
grand air et aux grands espaces. 

Donner une nourriture composée de foin ou de luzerne, 
de carottes, de son et d'avoine, en ayant soin de n'arriver 
qu'en quelques jours à la ration définitive et normale de ces 
deux derniers éléments. 

Selon la saison, remplacer une partie de la nourriture 
sèche par delà nourriture verte. 

Puis enfin, lorsque les animaux sont reposés et refaits, 



DES LAMAS ET ALPACAS IMPORTÉS EN IT.ANf.E. 7 

siij3prjmer progressivement la raliuii de sou et (Tavoine, si 
rcxpérience prouve que ectte suppression peut èlre faite sans 
inconvénient. 

On devrait, d'ailleurs, y revenir de temps en temps, pen- 
dant des saisons défavorables, ou si le besoin s'en faisait 
sentir par une cause quelconque. 

Il ne faut pas oublier, en cfïet, que l'herbe des monlagnes, 
fine, sèche, aromatisée, est bien plus nourrissante, plus exci- 
tante que l'herbe de nos fertiles vallées, et qu'il est impor- 
tant, au début surtout, de compenser cette différence par 
l'addition de graines à la ration, du moins jusqu'à ce que les 
animaux soient faits à leur nouveau genre de vie. C'est très 
probablement pour ne pas avoir tenu compte de ces condi- 
tions, qu'on a dit souvent que des animaux des montagnes 
transportés dans les plaines y perdaient leurs qualités. 

Dans le cas môme où les animaux sains devraient être 
immédiatement transportés dans la montagne, nous pensons 
qu'il serait salutaire de leur donner une ration fortifiante, 
jusqu'à ce qu'ils fussent remis des fatigues du voyage. Un 
abri nous paraîtrait nécessaire. Nous pensons aussi que la 
tonte des animaux vivant dans la monlagne ne saurait se 
faire aussi ras que, sur les autres, et qu'elle devrait èlre 
accompagnée de certaines mesures de prudence. 

Nous dirons, en terminant, que postérieurement aux faits 
rapportés plus haut, nous avons appris d'une personne par- 
faitement autorisée à le dire, qu'une tonte faite en mauvaise 
saison, sur les Lamas de Versailles, dont l'état de santé n'était 
pas des plus satisfaisants, avait été suivie de prés de la mort de 
tous les animaux, et qu'il était difficile de ne pas attril)uer leur 
perte à cette opération faite dans les circonstances indiquées. 

On ne saurait donc s'entourer de trop de précautions, 
quand on est forcé de tondre, en mauvaise saison, des Lamas 
et des Alpacas, surtout s'il existe chez eux quebpie cause 
d'affaiblissement. 

Même en bonne saison, dans des circonstances sanitaires, 
analogues, la tonte doil être accompagnée de soins intelligenls. 



SECOND RAPPORT 

KSSAi n ACCLIMATATION DKS ÉPONGES DE SYRIE 

DANS TJ'S lv\|i\ FRANÇAISES DE LA AIÉDITERDANÉE, 

Par IW. L^:fSIlS^B,. 

(Séance du 12 dérembre J8G2.) 

Monsieur le Président , 

Le secrétaire ii,énéral de la Société impériale d'acclimata- 
iion, M. le comled'Eprémesnil, par sa lettre du l'i aoùl dernier, 
m'informait que le Conseil d'administration de la Société, 
dans sa séance du 8 de ce mois, approuvant les conclusions 
de mon rapport lu dans la séance du 18 juillet, avait décidé 
(|u'un premier examen des résultats de l'immersion des Épon- 
ges vivantes déposées pai' mes soins sur divers points des 
côtes de la Méditerranée, serait l'ait dans le courant d'un pro- 
chain mois. 

J'étais chargé de cet examen et d'en rendre compte. 

La lettre iiienveillante de M. le secrétaire général se ter- 
minait ainsi : « Vous ])Ourrez donc vous rendre à Toulon à 
>) l'époque que vous croirez la plus convenahle, etnousespé- 
» rons que les résultats (pie vous aurez à constater, en 
» répondant à notre attente, justifieront le zèle avec lequel 
i) vous avez rempli votre mission, malgré toutes les difficultés 
» qu'elle présentait. » 

Espérant le succès de la reproduction des Eponges du 
Levant sur l(^s eûtes méditerranéennes de la Erancc, et con- 
vaincu de la possiltilité de cette utile et riche culture dans nos 
eaux, je partis le 20 octohre, [)0ur me rendre à bord de 
l'aviso à vapeur dv l'Etat A- lùifori, commandant M. A. Tro- 
lahas, au service de linspecteur général des pêcheries, 
M. Coste,qui déjà avait eu la honte de mettre ce bâtiment à 
ma disposition pour ]'iiiiiiiri\>;o!) des Eponges, et qui voulait 



ESSAI d'acclimatation DES ÉPONGES DE SYRIE. 

bien encore faciliter cette fois le travail de l'examen des 
quatre dépôts d'Eponges types mouillés à Randol, à Pomè- 
gue, au fort de l'Aiguillette, à Portcros. 

C'est à Saint-Nazaire (Var) que je rejoignis le Favori. Le 
2(3 octobre, nous étions à Bandol, et notre canot releva le 
point où étaient placés les blocs spongifères coulés sur un 
fond de roches par 10 mètres. 

L'auge de pierre fut élinguée, mais elle n'était plus (jue le 
cfii'cueil àeîi cÀiv] Eponges types dont je l'avais garnie! 

Il est vrai que ce premier placement à Bandol était celui 
des produits malades de ma caisse-hôpital, dont mon journal 
du voyage en Syrie fait menlioii. 

Après examen des cadavres, dont la charpente devenue 
pâteuse se délitait sous les doigts (j'en ai conservé un échan- 
tillon), j'ai scruté à la loupe les parois de la pierre, et je n'ai 
rien pu y découvrir attestant le séjour et l'essaimage des 
Zoophytes. 

Cette première déception m'était pénible, mais je m'y atten- 
dais presque en relisant ce passage de mon journal du voyage 
en Syrie, que je transcris rerhafim. 

« Afa/'f/i, 3 juin, Beyrouth. — Arrivé en rade à cinq heures 
» P. M. 

» A six heures du soir, fait enlever les réservoirs supérieurs 
» alin d'examiner les caisses intérieures. — L'eau sent forte- 
» ment l'odeur propre aux Eponges, les parois des caisses 
» blanchissent par une couche de matière grasse. 

» Je n'ai pu encore me i^rocurer de la glace ou de la 
» neige. La température de l'eau dans les caisses est de 25" ; 
;) la salure, h Laumé. Eait relever par des coins les réscr- 
» voirs, afin de donner plus de passage à l'air et oxygéner 
;) l'eau qui tombe sur celle des caisses inférieures. 

» Les Éponges que j'ai visitées me paraissent en bon état, 
î> mais elles essaiment. 

» h juin, en rade de lîejjroulh. — Trois heures et demie 
» A. M. (Ce sont les hommes du qiairt de minait.) 

•» Constaté que la salure de l'eau dans la rade où se jettent 
)) les fleuves dits des Chiens, de Beyroulh, est ce matin à 



10 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOfilQUE d'aCGLIMATATION. 

» 3" 1/2 Baiimé ; la température de l'air (par rotation), 22" 1/2 ; 
)) la température de l'eau des caisses inférieures, 21" ; la 
» température de l'eau puisée à la mer, (otic/ic supérieure, 
» 2/i" ! 11 faut cependant s'en servir pour remplir les réser- 
i) voirs. 

» Que de difficultés je prévois! 

» Une caisse est mulude... Y a-t-il eu manque de soins, 
» cette nuit, ou malice des passagers du pont ou autres à bord? 

» S Juni.refi A. M., Heijroutli. — Je vais demander au com- 
)) mandant de préposer par chaque quart un homme de garde 
» pour surveiller récoulement par débordement constant des 
» caisses inférieures et le remplissage continuel des réser- 
)) voirs supérieurs. (Cela ne se peut pas ! mais je me fais 
» appeler à chaque quart piqué à bord.) 

» Il se pourrait que les Éponges de la caisse malade blan- 
» chissent par suite de la cause physique suivante : 

)) Ces masses, de l'espèce dite Cabnr, Venise fine, ont été 
» retirées les dernières de la mer par une zone à la profon- 
)) deur de 50 mètres, mises dans la caisse à bord de la felouque 
» et amenées sans autre transition à bord du (Jydnus. 

S) La pression de la colonne d'eau (5 atmosplières) ne se 
» faisant plus sentir, l'oxygène que ces Zoophytes absorbent 
» en si grande quantité s'est dégagé avec trop de force, et la 
» matière gélatineuse qui garnit les spicules, aussi bien que 
» les embryons des larves contenus dans le canal abdominal 
» des animaux, se sont trouvés entraînés. L'organisme a donc 
)) souffert, et je crains de voir se réaliser mes appréhensions 
)) de mort en les voyant continuer à perdre l'air et blanchir par 
» la fillration à l'extérieur de leur semence. 

» Midi, radedelieijruuth. — Température de l'air ambiant 
» àl'ombre, 32"; idem par rotation, 20"; température de l'eau 
» de la caisse supérieure (réservoir), 25"; idem inférieure 
» (aux Éponges), 2/i"; salure de l'eau de la rade, o" 1/2 
» Baume. )> 

On voil, d'après cet exposé de mon lo(/-boolx, que mon 

chagrin pouvait se raisonner, et que sa durée pourrait cesser 

la vue d'un meilleur résultai des autres dépôts d'Épongés; 



ESSAI d'acclimatation DES ÉPONGES DE SYRIE. il 

mais, Allah kerlml. . . , disent les Araires, il était écrit que cetto 
consolation n'aurait pas lieu. 

A Pomègue, le 28, le 29, le 30 octobre, par trois fois nous 
avons essayé le relèvement de l'auge. — Dans ces parages et 
jusque dans le port même de l'île, où pendant cette saison 
plusieurs navires ont péri, la mer, houleuse et dangereuse, ne 
permettait pas de faire agir les grappins afin de saisir l'anse 
de fer galvanisé de l'auge. 

Depuis, en décembre, au moment de mon retour par 
Marseille, des marins qui fréquentent Pomègue m'ont dit 
que les bouleversements de la mer par les vents se sont fait 
sentir à de fortes profondeurs, et que les remous ont jeté à la 
côte des Eponges déchirées. 

Mon espoir restait dans les résultats que nous allions con- 
naître prochainement, soit dans la rade de Toulon, soit en 
visitant Portcros, cette baie excellente où, par une profondeur 
de 22 mètres, à l'abri de tous vents, se trouvaient mes plus 
belles syriennes mouillées sur o.n fond tranquille, gravier, 
sable dur et herbes. 

Après avoir continué la cote ouest de Marseille, jusqu'à 
Bouc et Martigues, je me fis conduire à Couronne, village sur 
la côte, afin d'y prendre des renseignements sur la pèche du 
Corail, qu'un pêcheur intelligent vient de commencer (il y a 
dix mois) au moyen des appareils dits scaphandres. 

Ce mode d'immersion pour travailler au fond de l'eau 
mérite une description, car son emploi simultané avec les 
réservoirs à air comprimé, dits bateaux sous-marins, com- 
plète un système qui permettra aux hommes de visiter les 
zones habitées de la mer, et l'aquiculture deviendra une 
science féconde en résultats. 

Le scaphandreur revêt par-dessus son cystume habituel 
un habillement composé de deux parties : 1^ un casque ayant 
une pèlerine métallique ; 2" un vêtement imperméable. Ce 
casque, formant le réservoir de l'air ahmentant le plongeur, 
est solidaire, par un tube spécial, d'une pompe à air qui est 
travaillée à la surface par deux hommes. 

Le casque est de cuivre élamé ; à l'avant, sur le masque, se 



12 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMÂTATION. 

trouvent quatre glaces épaisses, protégées contre les chocs par 
des grilles de cuivre. Elles sont placées de manière que, 
sans tourner la tète, le plongeur peut voir à droite, à gauche, 
par les glaces de côté, et même au-dessus de lui par la glace 
du haut. La glace du milieu, pour voir devant lui, peut être 
plane ou lenticulaire, suivant le travail qu'il doit exécuter. 
A l'arrière du casque, arrive du côté gauche la conduite d'air 
envoyé par la pompe et foulé le long des surfaces intérieures 
du casque par trois orifices aplatis. Cet air, en glissant sur les 
parois et sur les glaces, entraine les vapeurs, qui sont forcées 
de sortir du côté droit par unohturateur ou soupape laissant 
échapper l'excès d'air fourni par la pompe qui travaille à 
produire une pression plus grande (pie celle de la colonne 
d'eau où se trouve lescaphandreur. Cette soupape est régula- 
risée à volonté par le plongeur pour la sortie de l'air. Cet 
homme porte sur sa poitrine et sur son dos des plaques 
épaisses de plomb, et ses chaussures sont garnies de semelles 
du même métal pour le tenir d'aplomb au fond do l'eau. 

Le tube spécial pour la conduite de l'air est fait sur une 
hélice intérieure de fil de fer étamé, recouverte d'une pre- 
mière enveloppe de toile sur laquelle s'enroulent deux feuilles 
de caoutchouc laminé et quatre bandes de toile satinée de 
caoutchouc; le tout est protégé par une forte enveloppe de 
toile à voile, contre les coupures que peuvent faire les corps 
durs sur lesquels frotte le tube. 

Ce tube vecteur d'air, vissé d'un bout sur le côté gauche du 
casque, est également vissé, à l'autre extrémité supérieure, à 
un réservoir où l'air, aspiré librement par le haut des cylin- 
dres, est refoulé dans ce réservoir par les pompes. 

La pomi)e est composée de quatre corps, dont trois d'r.n 
même diamètre, avec pistons de cuivre garnis de cuir ; c'est 
au-dessous du piston que se trouve la soupape d'aspiration, 
celle de refoulement est au-dessous du fond du corps de 
pompe. En dehors des trois corps de pompe, il existe un 
([uatrièmc corps également aspirant et refoulant, mais d'un 
plus petit diamètre, dont le piston est mené par un excentrique 
calé sur l'arbre des autres corps de pompe. Cette pompe a 



ESSAI d'acclimatation DES Él'O.XGES DE SYIUE. 13 

pour but raspii'iilioii de l'eau fioide el son onvoi ('uiitiiuiel 
dans un l)assiii (jui entoure les trois autres corps de i)onipe, 
afin de les maintenir à une température assez basse pour que 
l'air refoulé au plunjjieur ne soit pas échaufle. 

L'équipage d'un bateau armé pour faire plonger un sea- 
})liandreur est composé de sept liommes et un mousse. 

Sur le bateau se tiennent six bommes, le patron, le plon- 
geur à casque, son premier veilleur, c'est-à-dire un camarade 
(jui tient sa corde de signal allacliée à sa ceinture, et qui suit 
tous ses mouvements ; son second veilleur, qui largue ou 
élingue le tube vecteur d'air (,'t l'empèclie de se tortiller; deux 
pompeurs d'air qui travaillent inces%amment. Sur une embar- 
cation amarrée à la grande banpie, un lionmie elle mousse 
sont [u'èts à tout service. 

Le vocabulaire entre le i)rcmier veilleur et le plongeur est 
simple. Le nondjre des signaux au moyen de la corde est babi- 
tuellement de quatre ; en vuici la traduction : 

Le i-eilleii)\ 1 coup. Le plongeur o.sl-il bien ? Le plongeur répond: 1 coup. 
Le ploïKjeur, 2 — Donnez-moi plus iFair. Le veilleur répond : 2 — 
La plongeur, 3 — nonnez-nioi moins d'air. Le veilleur répond : 3 — 

h(^ plongeur, b — Heinonlez-nioi Le veilleur r('pèle. et aussitôt 

les deux veilleurs le lussent. 

Par ce procédé d'envoi d'air comprimé cJ furce de liras, un 
plongeur peut atteindre une profondeur de deux à trois at- 
mospbères,soil de (30 à 90i)ieds ; travail pénible et dangereux, 
mais qui devient compai\itivement aisé, sur et d'une grande 
efficacité en pratiquant le systèiue (jue j'ai eu l'bonneur de 
développer dans ma correspondance avec M. le baron Séguier 
et avec M. l'inspecteur général des pècberies. 

Le 3 novembre, je m'entendis avec le patron et les scapban- 
dreurs pour une pècbe de Corail, (jue je projetais d'apporter 
vivant à Paris, pour le soumettre à l'étude des naturalistes, et 
aussi pour orner l'aquarium du Jardin d'accbmatation. Il fut 
convenu qu'ils se mettraient de nouveau à ma disposition 
avant mon retour à Paris. (Voy. mon Mémoire sur le Corail^ 
remis à la Société iiupériale d'acclimatation.) 



Ih SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMÂTATION. 

Revenus à Toulon, le 5 nuvrnibre, nous sommes allés aus- 
sitôt relever les [toints du mouillage, par 5 mètres .^0 centi- 
mètres de fond, de l'auge aux Eponges, près du tort de 
l'Aiguillette. 

Un des matelots, ayant plongé, amarra le grappin à l'anse de 
l'auge qui, hissée à bord, se montra vide d'Épongés. D'après 
ce que j'ai entendu dire, elles n'ont pas été perdues pour tout 
le monde ! 

11 ne me restait donc plus d'espoir que dans le dépôt lait 
dans la baie de Portcros, ile d'Hyères, et le 7 novembre, le 
commandant Trotabas, ayant terminé à midi le ravitaillement 
de vivres et de charbon, fit mettre l'hélice en route pour cette 
destination. 

A <juatrc heures?. M., nous arrivions sur le point où devait 
être l'auge de pierre sur laquelle la bouée frappée en juillet 
n'existait plus. La mer, agitée par un vent d'E.-S.-E.. ne per- 
mettait pas de voir le fond, qui paraissait si purement lors- 
que nous y vînmes en juillet. Le lendemain, au point du jour, 
un canot et des hommes pour signaler furent envoyés, mais 
ils rentrèrent après quatre heures de recherches, sans avoir 
pu rencontrer. 

Le même jour, le connnandant du Favori et moi, accom- 
pagnés du garde maritime, nous avons vainement exploré la 
place où nous avions mouillé l'auge. C'est alors que le garde 
maritime nous dit que huit jours après noire départ, en 
juillet, la bouée avait disparu, qu'il avait été plusieurs fois 
})ar des temps calmes sans pouvoir revoir l'auge de pierre; il 
croit probable ({ue l'amarre de la bouée aura été engagée dans 
les tilets des pêcheurs, et (jue l'auge aura été déplacée et la 
bouée coupée. 

Pour terminer le récitde cette déception, je dirai que, bra- 
vant les plus mauvais temps, nous avons employé pendant 
plusieurs jours tous les moyens pour retrouver l'auge. Nous 
avons couru des bordées dans tous les sens, traînant des grap- 
pins arrimés sur une largeur de 2 mètres; nous avons 
dragué le fond pour repêcher au moins une des quarante 
Éponges descendues sur leurs blocs : rien. Le fond a été dé- 



ESSAI d'acclimatation DES ÉPONGES DE SYRIE. 15 

vaste! Il est évident pour moi que les//7r'/.s' tniiiinnts, cbargés 
de lames de ier, qu'on nomme guanguis, bœiiis, chaluts, 
tramails, etc., etc., ces engins de destruction du présent et 
de l'avenir de la prospérité de l'aquiculture, ont été employés 
par les racleurs de mer, contre lesquels les gouvernements 
des nations maritimes devraient sévir comme ils le l'ont contre 
les écumeurs de mer. 

Après ce récit, je ne l'erai (junne réflexion : la raison d'uti- 
lité qui a engagé la Société impériale d'acclimatation, LL. 
EExc. le Ministre de la marine et le Gouverneur général de 
l'Algérie, à me charger delà mission d'acclimater des Éponges 
usuelles, continue à leur donner le droit d'apprécier cet 
insuccès indépendant du dévouement que j'ai mis à mériter 
leur confiance. Cette même raison doit les engager à élever 
de nouveaux moyens d'action pour les mettre en rapport avec 
le but intéressant qu'on se propose et qui invite à la persévé- 
rance. 



LA VÉn\. 

INCUBATlOiN. — ÉCLOSIU.N. — ÉDUCATION. 
I»ai- M. \ni\to\v «. WB^ MSA^WI^ÏOM. 

(Séance ilii li<) lirct'inlirc I SGti.j 

L'élahlisseiiieiil d'Uuningiie vicjit de commencer ses cxpé- 
ililioiis d'iiiver por l'envoi d'œufsde Fera, ((u'il a distinyiiéo 
})our la première l'ois en i^rande et petite espèce. 

M. Coumes, l'ingénieur en cliel' qui dirige si lialiilemenl 
ces travaux de pisciculture, s'est montré généieux }>lus que 
jamais, et c'est })ar centaines de niilic que les œul's ont été 
expédiés cette année. 

M. Coste, de son coté, a joint un paragraphe spécial, pour 
l'éducation de la Fera, aux instructions (jui sont adressées 
chaque année aux pisciculteurs. 

Un vif intérêt s'attache donc à l'acclimatation de ce poisson 
dans nos eaux. Il peut, en effet, nous être d'une grande 
utilité. 

La Fera est un des memhres de la grande et riclie famille 
des Salmonidés. Elle a servi à constituer, avec le Lavarct, la 
Palée et d'autres poissons analogues, un genre particulier au- 
([uel Artedi avait donné le nom de Corégone, à cause de leur 
pupille qui, suivant cet auteur, serait toujours échancrée à la 
partie antérieure. 

Quoi qu'il en soit, la Fera se rapproche heaucoup, par son 
organisation, des autres Salmonidés, de la Truite par exemple. 
Cependant sa houche, moins fendue, est dépourvue de dents; 
son dos et son ventre sont plus convexes. Les nageoires sont 
en général plus longues; l'adipeuse est très apparente. Les 
écailles, heaucoup plus larges, sont d'un hlanc d'argent sur les 
lianes et d'un hrun olivâtre sur le dos ; elles sont complète- 
ment dépourvues de ces helles taches rouges et noires , 
ocellées, qui rehaussent l'éclat delà Truite. 



SUR LA FERA. 17 

La Fera viltlans les lacs de la Suisse et Hc rAlleinatiiic; on 
com|)rend dès luis combien de semblables cundiliuiis suiil l'a- 
vurables à racclimalalioii de ce poisson dans nos eaux libres 
ou captives. 

Elle est de moyenne taille, el l'aremenl elle acquiert plusde 
deux pieds de long'. Certains sujets, cl ceux qu'on a bien voulu 
me conlier au collège de France, cL (jue j'ai l'iionneur de pré- 
senter, en sOntun exenqile ; ils ne semblentpas atteindre cette 
dimension. Aussi rétablissement d'Huningue a-l-il classé les 
Feras en grande et petite espèce. ... j 

Leur cbair est délicate, mais à un moindre degré que celle 
de la Truite ou de l'Ombre ; cejiendant certains amateurs al- 
llrment (jue lorsque la Fera a pris tout son développement, 
elle est exquise et digne de livah'ser avec les meilleurs des 
Salmonidés. 

Mais ce qui recommande tout particulièrement ce poisson 
aux aqidculteurs, c'est sa merveilleuse fécondité, (pii égale 
presque celle de la Carpe. Si quelques sujets s'accbmalaient 
dans nos eaux, ils y pulluleraient bientôt. 

Ce que l'on sait sur les mœurs des Feras se résume à fort 
peu de chose. On admettait, les confondant en cela avec 
d'autres Salmonidés, qu'elles se rendaient à la mer, accom- 
pagnées des jeunes alevins, pour remonter, à l'époque du 
frai, dans les eaux douces, en nageant alignées en deux co- 
lonnes réunies par le sommet, imitant ainsi le vol de certains 
oiseaux voyageurs. 11 est plus que probable qu'elles ne quittent 
pas les lacs, car on les pêche en toute saison en Allemagne et 
en Suisse, où elles sont si abondantes, qu'une barque, en une 
nuit, peut en rapporter jusqu'à 200 livres. 

Toujours est-il que ce poisson se nourrit principalement 
de larves, de mollusques, d'insectes, et qu'il est beaucoup 
moins destructeur que la Truite. 

Dans quelles conditions fraye-t-il? C'est encore un pro- 
blème qui n'est pas complètement résolu, et dont la solution 
cependant serait d'une grande utilité pour l'incubation arti- 
ficielle. 

On le voit, ce serait une belle, une riche conquête que celle 

T. X. — Janvier et révricr 1803. 2- 



18 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

de lu Féru. 11 aura bieu mérité celui qui, le premier, parvien- 
dra à taire reproduire ce poisson dans nos eaux ! 

Mais s'il reste encore de nombreuses lacunes à combler dans 
l'histoire de ce poisson, il y a de même beaucoup de points 
à éclaircir dans son éducation en captivité. 

Et d'abord, quels soins convient-il de donner à ses œufs ? 
Remarquons que ceux-ci, du volume de ceux du Brocbet, sont 
d'un maniement difficile. Aussi, pour éviter l'emploi d'une 
main-d'œuvre considérable, l'établissement d'IIuningue les 
expédie- t-il dès qu'ils sont técondés. M. Coste, dans la courte 
instruction relative aux éclosions, recommande de les jeter à 
la volée le long des rivières, au milieu des herbes, sur des 
fonds graveleux ou même un })eu vaseux. C'est là, sans doute, 
un moyen facile pour s'épargner bien des soins; mais on ne 
peut plus suivre le développement des œufs. Abandonnés à 
eux-mêmes, ils sont sujets à toutes les causes do destruc- 
tion qui ont l'ail délaisser cet expédient pour les autres Sal- 
monidés. - ' 

Toutefois ce procédé donne des résultats assez satisfaisants, 
comme j'ai ][)u m'en assurer, en allant rechercher, à Faide 
de pipettes, les œufs que j'avais lancés dans lesriviéres. Ils se 
sont bien dévelopi)és au milieu des herbes et sur les fonds 
vaseux ; mais ils ont péri partout où ils étaient exposés à la 
lumière et couverts d'une grande épaisseur d'eau se renouve- 
lant lentement. 

Lorsqu'on veut suivre avec soin le développement dans des 
rigoles artificielles ou dans des appareils à éclosion, quel est 
le meilleur mode d'incubation 1 Avant tout, il est un procédé 
que Fon doit bannir àjamais, c'est celui qui consiste à placer 
lesœufs sur une grille ou dans une rigole, sur lesquelles })assc 
un petit filet d'eau : vingt-quatre heures ne se sont pas écou- 
lées, que déjà presque tout est perdu. - ■ ■ 

D'une manière générale, on peut dire que Feau et la lumière 
en abondanc(^ sont nuisibles à ces œufs; aussi Finstruction 
d'IIuningue ajoiitait-elle qu'on pouvait les placer sur des lits de 
végétaux aquatiques dont les couches inférieures seulement 
seraient traversées par un faible courant d'eau. 



SUR LA FÉI'.A. 10 

Eh bien ! ce prociklé expose encore à des pertes considé- 
rables ; et de tous, le plus simple cl le pUis satisfaisant dans 
ses résultats, est celui qui déjà, depuis deux ans, est adopté au 
collégede France, et (jui consiste à abandonneràleurévolution 
les œufs disséminés et éparpillés dans des mousses humides ({ue 
l'on dépose sur des grilles de verre, ou sur tout autre objet. 
On y entrelient l'humidité en jetant, à l'aide d'un petit balai, 
«{uelqucs gouttes d'eau, une ou deux fois par jour tout au 
])Ius; et l'on attend le résultat de l'incubation sans même se 
donner la peine d'enlever les œufs sur lesquels se sont déve- 
loppés des byssus, qui n'influent pas d'une manière trop fatale 
sur les œufs voisins. 

La découverte de ce procédé bizarre, et qui cependant 
donne les meilleurs résultats, est due tout à la fois à l'observa- 
tion et au hasard. Mon ami M. Gerbe, qui a l'honneur de par- 
tager les intéressants travaux de M. Coste, voulut savoir, dans 
le but d'appliquer celte connaissance aux expéditions lointaines, 
combien de temps les œufs de Truite et de Saumon pouvaient 
rester sans danger liors de l'eau ; il en enferma donc dans de 
la mousse humide, et il ne fut pas peu surpris, lorsqu'il ouvrit 
les boites, de trouver des œufs qui avaient suivi toutes leurs 
périodes de développement. Il fut dés lors convaincu que l'eau 
courante n'est pas absolument nécessaire aux œufs de pois- 
sons ; et quand le hasard vint à lui mettre, h quelques jours 
de là, sous les yeux, des œufs de Fera égarés dans de la 
mousse humide et qui s'étaient embryonnés, il conseilla de 
tenter en grand ce procédé qui donna d'excellents résultats, 
tandis qu'on en avait obtenu de peu satisfaisants en plongeant 
entièrement les œufs dans l'eau. Dans l'instruction sur la pis- 
ficulture (jui vient d'être adressée aux ingénieurs des dépar- 
lements, on n'a pas oublié de leur recommander l'emploi des 
mousses humides pour rincubation des œufs de Fera. 

Je viens de mettre en pratique ce procédé, sans négliger les 
autres ; je dois dire (juc c'est celui (|ui m'a donné le plus de 
succès, el j'ai suivi, depuis le 9 décembre, dans mon apparte- 
ment, le développement de quelques œufs de Fera (lui n'ont 
exigé d'autre soin ([ue celui de jeter de temps en teuq)S(pn'l- 



20 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCGLIMATATION. 

qiies gouttes d'eau sur les mousses. 1/embryon est aujour- 
d'Iiui très apparent. 

D'autres œuls, datant du '2'i n(n-einljre, ayant par consé- 
quent quelques jours de plus, et que j'ai placés à l'établisse- 
ment de pisciculture du Vésinet, dans les mênies conditions, 
sontéclos; j'ai l'honneur de les présenter à la Société. 

A une température de 8 à 10 degrés centigrades, les éclo- 
sions n'ont lieu que du trentième au quarantième jour ; aussi 
juscju'à cette époque faut il laisser les œufs en quelque sorte 
à sec, pour les immerger dès que l'éclosion devient imminente. 

On reconnaît que le poisson va être délivré, lorstju'il exécute 
des mouvements brusques, violents, fréquents, lorsque ses 
yeux, depuis longtemps apparents, prennent une teinte forte- 
ment bronzée, lorsque entin les gouttes buileuses de la vésicule 
ombilicale se groupent en masse. 

Ouand la jeune Fera vient d'éclore, au lieu de conserver 
l'immobilité de la Truite ou du Saumon, elle nage avec rapi- 
dité à la surface de l'eau, et comme elle est très cfTilée, elle 
s'échappe par les fentes les plus (ines, et même à travers les 
bouchons de mousse que l'on place sur les trop-pleins, dans 
l'espérance de ne laisser passerque l'eau. 11 est [)référable,dès 
que les embryons sont éclos, de les recueillir pour les porter 
dans les eaux où ils sont destinés à vivre. L'éducation de ce 
{)oisson ne se fait pas autrement (jue celle de la Truile. 

Tels sont les résultats de mes observations sur l'incubation, 
l'éclosion et l'éducation de la Fera ; mon but, en les commu- 
niquant, a élé de chercher à épargner tout au moins bien des 
déboires ;'i ceux de mes confrères (jui voudraient en tenter 
l'éducation. 



NOTICE 
SLR L'ÉDUCATION DU VER A SOIE DU CHÊNE 

ou YA-MA-MAÏ 
(littéralomcnt, Ver (h's montagnes). 

Par SI. POMPE VAÎV MEERT DER WOORT. 



(Séance du 21 novembre 1862.) 



L'éclosion des œufs du Ya-ma-maï correspond à la reprise 
de la végétation du Chêne, qui est l'essence d'arbre sur la- 
quelle il se nourrit. Ainsi elle a lieu, suivant les climats, du 
15 au 25 mai, mais on peut la retarder d'une façon notable, 
en soustrayant aussi complètement que possible les œufs à la 
chaleur et au mouvement, et en ne leur laissant que la quan- 
tité d'air strictement indispensable. 

Voici comment on les conserve, notamment à l'île de Kiu- 
siio, où ils sont aussi acclimatés depuis un an, d'après les 
pratiques suivies dans la principauté d'Etisen, d'où ils sont 



originaires. 



Le papillon du Ya-ma-maï est très grand et a les ailes très 
fortes; en outre il ne fixe pas ses œufs comme le papillon du 
Yer à soie du Mûrier ; il les pond même en volant : aussi, pour 
empêcher sa fuite et pour éviter toute perte d'œufs, on étend 
sur le plancher d'une chambre très propre et très éclairée 
une natte très fine ou une toile (on dispose dans cette cham- 
bre quelques vases de sucre ou de miel). On en ferme les 
ouvertures avec des filets, après y avoir placé la quantité de 
cocons que l'on juge à propos : c'est ici le lieu de dire que 
l'on reconnaît facilement les mâles des femelles d'après leur 
dimension, qui est plus grande. 

Tant que dure la vie du papillon, on ne doit pas entrer dans 
la chambre ; dès qu'elle est terminée, on enlève les filets avec 
précaution, de peur qu'il ne se trouve quelques œufs déposés 
dans leurs mailles, et Ton recueille ceux qui sont déposés sur 



'2'2 sociKTK iMPKi'.iAiJ': zooLociodE d'acclimatation. 
la tdile (lu |)laiiclier('l ailleurs. Ou duil avoir soiu de ue péné- 
trer dans la cliauibre que les pieds nus. 

La récolle faite, on prend de petits vases ou des coupes de 
porcelaine, et dans chacun on nietun certain nombre d'œufs. 
(Dans une petite tasse à café, par exemple, on en pourrait 
mettre de 100 à 130.) On les ferme avec du papier, et on les 
réunit ensuite par nombre variable dans des pots de jardin 
de terre ou de porcelaine. Enfui, ces pots sont eux-mêmes 
fermés d'une planchette, et enfouis dans la terre à une pro- 
fondeur sulTisante pour que lagelée ne puisse pas les atteindre. 
(Le plus grand froid dans l'ile de Kiu-sùo ne dépasse pas 8 à 
9 degrés centigrades au-dessous de zéro.) 
. On n'a plus alors qu'à attendre le printemps. 

L'éducation du Ya-nia-maï peut être faite de deux ftiçons 
différentes : 1° en liberté ; '2" dans la chambre. 

(juant au développement du Ver à soie à l'état exactement 
sauvage, il n'en peut être question, puisque dans ce cas 
l'homme n'a aucune action sur lui. 

1° En liberté. — Dès que les premières feuilles du Chêne 
.commencent à poindre, on exhume les vases qui contiennent 

les œufs. - 

On prend alors des planchettes de bois extrêmement min- 
ces, on les enduit d'un côté d'une légère couche d'eau et 
d'amidon, et sur cette colle on place les œufs. Puis on trans- 
porte ces planchettes sur les Chênes, sur les branches des- 
quels on les lixe à proximité des rameaux de feuilles. Au 
bout de quelques jours les chenilles sont développées, et sui- 
vant l'arbre dans sa croissance, abandonnant successivement 
les feuilles anciennes pour les nouvelles, elles arrivent pres- 
que en même temps au moment de leur sommeil et à la fin de 
la végétation du Chêne. 

lia fallu pour cela cinquante jours. Les cocons sont alors 
nécessairement suspendus àl'extrémité de toutes les branches, 
et l'arbre ressemble à un j»runier chargé de ses fruits. 

Cette éducation serait de beaucoup préférée à l'autre par 
les sériciculteurs japonais, en ce (juc les cocons qui en pro- 
viennent sont plus grands et plus lourds (les cocons ont aussi 



ÉniT.ÂTiON DU VER A SOIE DU riiiKNr:. -23 

iiiiG couleur vert clair très prouoncôe qui diffère de celle des 
cocons élevés en chambre, laquelle esi jaunâtre), si elle 
n'avait pas quelques inconvénients très graves. 

Ainsi quelque précaution que l'on prenne, il est impossible 
d'empêcher les oiseaux de dévorer une grande partie des 
Vers; ensuite la récolle des cocons sur des Chênes qui sont 
tous plus ou moins grands, est très difficile. (Cependant ces 
inconvénients ne sont pas inévitables; à Etisen , il y a des 
éducateurs qui se sont créé des plantations de Chênes qu'ils 
tiennent très petits et qu'ils couvrent de filets.). ''-■ •-: ; ■ 

2" Dam la chamhro. — D'après cette méthode, il est néces- 
saire d'avoir dans la chambre des Chênes en pots que l'on 
tient constamment pleins d'eau pendant foule la durée de 
l'éducation, et exactement recouverts d'une planchette, 'de 
peur que les Vers que Ton placera ensuite sur l'arbre, ve- 
nant à tomber, ne se noient. (Quelques personnes se sont 
avisées de remplacer ces plants de Chênes par des rameaux 
qu'elles renouvelaient de temps en temps, et cet essai a très 
bien réussi.) 

Dès que les Chenilles sont écloses, onleur présente quelques 
feuilles tendres de Chêne, sur lesquelles elles ne tardent pas 
à monter, puis on transporte les feuilles sur les Chênes. 

Les soins à donner alors à l'éducation se bornent à recueil- 
lir les Vers qui pourraient être tombés de l'arbre, à les y 
replacer, et à entretenir l'eau Fraîche dans les vases. 

Les Vers commencent à hier au bout de cinquante jours. 
La confection du cocon demande environ huit jours. Huit 
autres jours après commence le travail de transformation en 
papillon. 

Toutes les espèces de Chênes sont également propres à 
l'alimentation du Ya-ma-maï. 

Ces données sont littéralement traduites d'une note remise 
par l'un des chefs sériciculteurs du prince de Higo, ou de 
renseignements verbaux fournis par le même chef séricicul- 
teur. 



NOTE 
SUR LA CULTURK DU COTOiNMl::R. 

B»ar M. J. î,t'-oii ^«a KKBKIIV. 

(Sôuiiro ilii 21 nnvombro 1802,) 



\Ji\e des plantes induslriellos les plus intéressantes dont 
l'homme puisse entreprendre la culture, est certainement le 
Cotonnier (Gossi/pium), qui fournit, par les fibres contenues 
dans son fruit, des matériaux mis en usage dans un grand 
nombre de manufactures, et donne ainsi du travail à des 
milliers d'ouvriers. Longtemps l'Amérique a été en mesure 
de fournir la majeure partie du coton consommé en Europe ; 
mais depuis que des circonstances malheureuses ont allumé 
le flambeau de la discorde entre les divers États de l'Amé- 
rique du Nord, l'importation s'est trouvée réduite d'une telle 
façon, que presque tous les centres manufacturiers ont été 
obligés de diminuer, d'arrêter même leur production. Ptmr 
obvier aux suites désastreuses d'un pareil état de choses, on a 
pensé à établir dans de nouvelles régions des cultures qui 
pussent suppléer à la disette du coton, et cnq^ècher que, plus 
tard, si des circonstances analogues se reproduisaient, la même 
pénurie ne vînt livrer à une .-itTreuse misère tout un monde 
d'ouvriers. Les esprits les plus sérieux se sont déjà occupés 
de cette grave question, et, sur plusieurs points du globe, des 
tentatives entreprises sur une grande échelle et dans les con- 
ditions qui semblent les plus favorables se font pour intro- 
duire le Coton dans toutes les régions qui paraissent propices 
à sa culture. On sait que des expériences avaient déjà été 
faites par les soins du gouvernement français pour intro- 
duire dans l'agriculture de notre colonie algérienne le Coton- 
nier, et les premiers résultats, qui ont démontré que cette 
introduction pourrait être fructueusement faite, ont donné 
lieu à d'importantes publications, parmi lesquelles nous cite- 
nuis les mémoires de MM. llobr. Porter, ISoyle, Hardy et 
II' niai'()uis de !""(Mn'ués. 



CULTURE DU COTONNIER. 25 

Pensanl qu'il pourrait être utile à quelques personnes de 
trouver condensées les principales conditions que réclame la 
culture du Cotonnier, nous avons patiemment recherché dans 
les diverses puhlications faites sur ce sujet toutes les notions 
dont la connaissance est nécessaire pour guider les agricul- 
teurs, et nous en avons présenté le résumé dans la notice 
suivante. Puissions-nous avoir rempli d'une manière salisfiii- 
sante la tâche qui nous était confiée, et si ce long et difficile 
travail peut rendre le plus léger service à quelque planteur 
de Coton, nous nous trouverons amplement récompensé de 

notre peine. 

I. — Espèces. V ] - _ 

Un grand nombre d'espèces de Cotonniers, ou pour mieux 
dire de races, sont cultivées dans les diverses régions du 
globe, et fournissent leurs produits à l'industrie, offrant, les 
unes, certaines qualités, les autres, d'autres avantages, sui- 
vant l'usage auquel on veut les appliquer. Malheureusement, 
malgré tout l'intérêt qu'eût présenté une telle étude, aucun 
botaniste n'a cherché encore à bien distinguer ces espèces et 
races, et nous ne connaissons que très imparfaitement les 
caractères de chacune d'elles. Du reste, dans l'état actuel de 
nos connaissances, on peut considérer comme types les végé- 
taux suivants, auxquels on peut rapporter toutes les sortes 
cultivées dans les cinq parties du monde. ' , '- 

1" Cotonnier herbacé (Gosstjphon herbaccum). — Très va- 
riable dans son port, ayant de 18 à Vx pouces de hauteur, 
avec une consistance herbacée, et atteignant quelquefois une 
hauteur de h à pieds, ce Cotonnier a sa tige ligneuse, 
cylindrique, rougeàtre inférieurement et velue supérieure- 
ment. Ses rameaux, courts, sont également rougeàtrcs et velus, 
et portent des feuilles alternes, à cinq lobes inégaux, arrondis 
et brusquement terminés en pointe, avec une glande sur la 
base de la nervure médiane, à pétioles velus et longs de 2 à 
3 pouces. Les ileurs, portées sur un pédoncule qui prend nais- 
sance à l'aisselle des feuilles supérieures, sonljaunes, avec une 
tache pourpre à la base de chaque pétale. Le calice, à folioles 
larges, terminées en pointe très allongée, et profondément 



26 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOfilQUE d'aCCLIMATATION. 

dentées surU'ur hoid, persiste et enveloppe la ca[>siile, ordi- 
nairement à trois loges et s'ouvrant, à l'époque de la malii- 
rité, pour laisser échapper les graines et le colon. 

Cette espèce, importée très proijaMement do Syrie et de 
rinde, fut ensuite cultivée à Malte et en Sicile, plus tard intro- 
duite dans l'Amérique du Nord; elle a servi principalement 
aux tentatives d'acclimatation du Colon dans le midi de la 
France et en Espagne. 

• T Cotonnier en arbre {Gossypiumarhoreuni). — C'est un 
arbrisseau de 10 à 20 pieds de hauteur, à tige parlaitement 
ligneuse, portant des rameaux glabres, excepté à leur partie 
supérieure, où ils sont velus. Les feuilles oiFrent cinq lobes 
longs, profonds, digités, lancéolés, terminés par une petite 
jiointe sétiforme, et portés par un pétiole long et velu. Les 
Heurs, de couleur purpurine, ou rouge tirant sur le brun, sont 
assez longues, ressemblent un peu au lis et sont sans parfum: 
elles sont portées par des pédoncules courts. Les pièces du 
calice, quelquefois entières, sont rarement un peu denticu- 
lées. Les capsules, ovales, pointues, offrent trois ou quatre 
loges et dans chaque loge trois ou quatre semences. 
. Ce Cotonnier, originaire de l'Egypte, de l'Arabie, et des 
îles de l'océan Indien, a été transporté aux iles Canaries et 
dans l'Amérique du Nord, et on le cultive depuis longtemps. 
D'après Royle, le Coton qu'il fournit est de moins bonne 
qualité que celui des Gossypium herbaceiim et indlcum. 

3" Cotonnier de l'Inde {Gossypiwn indicimï). — Cette 
espèce, qui parait intermédiaire aux deux précédentes, 
atteint une hauteur de 10 à \1 pieds. Sa tige, vivace, est 
ligneuse inférieurement, et porte des rameaux velus, qui 
paraissent même presque laineux à leur partie supérieure. Les 
feuilles, de moyenne grandeur, portées sur des pétioles velus, 
sont à trois lobes ovales et pointus. Les tleurs, généralement 
jaunes, avec une tache purpurine à la base des pétales, sont 
grandes et portées par des pédoncules courts. Le caUce esta 
folioles entières ou dentées, plus souvent entières. Les cap- 
sules, ovales et coniques, offrent quatre loges renfermant des 
craines arrondies et trèsinlimementlièes au coton. 



CULTLIRE nu COTONNIER. 27 

Cette espèce est originaire dej'lnde, où elle est cultivée 
sur une assez grande échelle. 

/j" Cotonnier a feuilles de Vigne {ijossypmni viiifolium). 
'— Arbuste de 10 à VI [tieds, à tige ligneuse, à rameaux et 
pétioles entièrement glabres; à feuilles amples, palmées, pro- 
fondément découpées en cinq lobes ovales-lancéolés, très 
aigus, glabres en dessus, un peu velus en dessous. Les fleurs, 
grandes, jaunes, avec une tache rouge à la base interne de 
chaque pétale, sont enveloppées dans un calice, grand, pro- 
fondément lacinié, et offrant à sa base trois grosses glandes. 
La capsule est ovoïde, à trois loges renfermant cliacune six à 
dix graines noirâtres. 

Ce Cotonnier, qui est originaire des Indes orientales et des 
Célèbes, est cultivé, d'après Commerson, à l'île Maurice, et a 
été introduit depuis dans l'Amérique du Sud. 

5° Cotonnier velu {Gossypiinn hirsjitum). — Ce Cotonnier, 
à tige herbacée, annuelle et bisannuelle, velue, offre des ra- 
meaux et des pétioles velus. Ses feuilles, larges, pubescenles 
des deux côtés, divisées en cinq lobes pointus, dont le médian 
est beaucoup plus grand que les autres, olTrenl une glnnde 
sur leur nervure médiane. Les fleurs sont jaunes et solitaires ; 
le calicule est entier ou trifide. - 

Ce Cotonnier croît dans les parties les plus chaudes de 
l'Amérique méridionale. 

6" Cotonnier religieux {Gossypium religiusum). — Petit 
arbuste de 3 à /i pieds de hauteur, à tige dressée rougeàlro et 
poilue, à rameaux et pétioles pubescents. Il a des feuilles non 
palmées, d'un vert luisant, avec une glande sur la nervure 
médiane. Ses fleurs, grandes, de couleur jaune-soufre, avec 
une teinte rosée ou purpurine vers le bord supérieur, sont 
quelquefois entièrement blanches : elles sont remarquables 
par la longueur de leur style, qui fait saillie en dehors de la 
corolle, même avant l'épanouissement. Le calice, lacinié et 
velu, enveloppe une capsule courte, pointue, ovoïde, à trois 
loges, qui renferment un coton très fin et très adhérent aux 
graines. - 

La patrie i\o ce Cotonnier n'esl pas bien connue. Lamarck 



28 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOfilQUE d'aCCLIMATATION. 

le croit américain ; Cavanilles pense qu'il vient du cap de 
Bonne-Espérance. Il est cultivé à l'île Maurice, où l'on en 
connaît deux variétés : l'une, d'une blancheur éclatante, 
l'autre, rousse. 

T Cotonnier a larges feuilles {Gos;syplum latifalhim). 
— Arbuste de /i à 6 pieds, ligneux ; il offre sur ses rameaux et 
sur ses pétioles des points noirs tuberculeux. Ses feuilles, 
grandes, larges, sont glabres et d'un vert un peu foncé : les 
inférieures sont ovales, pointues et entières; les autres sont 
divisées en trois lobes profonds et pointus, et portent une 
glande sur leur nervure médiane. 

Ce Cotonnier, dont la patrie est inconnue, est cultivé aux 
Antilles. 

8" Cotonnier DES Barbades [Gossypiumbarbademe). — Cet 
arbuste , dont les feuilles supérieures sont divisées en trois 
lobes pointus, et les inférieures en cinq lobes, offrant trois 
glandes, provient des Barbades, et est cultivé dans l'Amérique 
du Nord et les Antilles. On l'a introduit à Maurice et à 
Bourbon, où il réussit très bien; mais sous l'influence du 
climat et peut-être aussi du mode de culture, il a donné 
naissance à une variété persistante (Boyle). 

9" Cotonnier apetites flevrs {Gossyphim7nicrant/ium). — 
.Celte espèce, herbacée, d'une longueurde 18 pouces environ, 
offre une tige rougeàtre, hérissée de points noirâtres, de 
même que ses pétioles et ses pédoncules. Ses feuilles, divisées 
en cinq lobes obtus, presque arrondis, sont très glabres et 
offrent une glande sur la nervure moyenne. La corolle est 
jaune, à pétales ovales aigus et un peu pubescents en dehors. 

Originaire de la Perse. 

10" Cotonnier du Pérou {Gossijplum peruvianum) . — Ce 
Cotonnier est un arbrisseau de 3 pieds de haut, à tige droite, 
glabre, verdàtre et cendrée. Ses feuilles inférieures sont 
entières; les supérieures offrent de trois à cinq lobes, et 
portent trois glandes; toutes sont tomonteuses. Son invo- 
lucelle est très lacinié et offre trois glandes à sa base. Ses 
fleurs sont jaunes, avec une tache poupre à la base de chaque 
pétale. 



CILTURK DU COTONMEIÎ. 29 

Cette espèce, originaire du Pérou, est cullivée au Brésil et 
ilans toute rAméri(iue du Sud. 

II. — Seuiis. 

Les graines destinées aux semailles doivent être choisies 
l)armi les plus belles variétés; il faut les récolter sur les 
individus les mieux, développes et fournissant les filaments les 
plus longs; mais ou doit avoir l'attention de laisser de côté 
les capsides qui se sont développées les premières, et celles 
qui apparaissent à la fin de la saison, parce que, le plus sou- 
vent, ayant reçu, à ces époques, des sucs moins bien élaborés, 
les graines peuvent être imparfaites, et, par suite, ne donner 
naissance qu'à des individus de médiocre qualité. Cependant 
on devra observer ijue, sauf les Heurs par les(|uelies débute 
la floraison , celles qui se développent les premières sont 
généralement de meilleure qualité (juc celles qui leur suc- 
cèdent, et donnent de plus beaux produits (Hardy). On peut 
faire usage , pour l'ensemencement, de graines conservées 
depuis trois ans, mais il est préférable de semer celles de 
l'année, qui donnent de meilleurs résultais (Hardy). 

Pour connaître si les semences sont propres à la germina- 
tion, on a proposé plusieurs procédés, par exemple, de les 
mettre dans l'eau, et de rejeter celles qui surnagent ; mais 
aucun des moyens iiidifiués ne donne rien de bien certain. 

(Juelques praticiens conseillent, pour l'aciliter la germina- 
tion, de laire séjourner les graines pendant une demi-journée 
dans l'eau, ou dans l'huile de baleine, ou dans l'eau légère- 
ment chlorée (Artaud) ; mais ce qui semble le meilleur, est le 
le pralmogc des semences dans un engrais pulvérulent très 
actif, tel que colombine, guano, poudrette ou sang desséché : 
on a ainsi le double avantage de favoriser la continuité de la 
végétation, et de prévenir le développement des pucerons sur 
la plante (Hardy). 

Les observations générales faites sur la culture des plantes 
permettent de penser qu'il y aurait avantage à renouveler, 
par intervalles, les semences; mais, jusqu'à présent, on 



30 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

manque d'observations parliculières sur le Colun, qui démoii- 
Irent la nécessité absolue de cette précaution. 

Il est très important de ne pas semer ensemble des graines 
appartenant à des variétés différentes : car, d'une part, leurs 
diverses périodes de végétation ne coïncident pas; d'autre 
part, leur développement ne se l'ait pas également, et d'autre 
part, enfin, il pourrait se passer des pliénomènes d'bybrida- 
tion, dont le moindre inconvénient serait de donner des pro- 
duits inférieurs en qualité à ceux que fournissent les individus 
parents. 

Dans les localités qui n'ont pas encore été défricliées, on 
sème les graines de Cotonnier sur place, après avoir abattu les 
arbres, qui sont brûlés sur place pour fournir, par leurs 
cendres, des éléments utiles à la végétation. On fait des trous 
profonds de 15 à 18 pouces, sur un pied de largeur en tous 
sens, à base et ouverture égales, pour éviter de fouler les 
graines, et placés à des distances qui peuvent varier suivant 
les localités et les cultivateurs. Dans chacun des trous, creusés 
dans la journée, on met, le soir, dix à douze graines recou- 
vertes d'un demi-pouce de terreau (Porter). M. Hardy pense 
(ju'il faut semer, comme on le fait \)onv les haricots, quatre à 
cinq graines séparées et recouvertes de bonne terre, mêlée 
d'une certaine quantité de sable, si celle-ci a de la propension à 
se croùter, par suite d'une grande compacité. Cette méthode 
lui semble préférable au semis en rigoles, (|ui ne lui a donné de 
bons résultats que dans les localités où l'irrigation est possible. 

Ouand le terrain dans lequel on sème le Cotonnier peut 
être irrigué, le cultivateur devra en suivre la pente et y tracer 
des lignes disposées de façon que l'irrigation ne soit pas 
trop rapide et se fasse régulièrement. Si l'on ne peut éviter 
cet inconvénient, on devra faire des liillons, distants de 
70 centimètres à un mètre, conservant une forme bond)éc, 
sur le côté desquels on place les graines, de telle sorte 
qu'elles seront abritées des vents régnants et le mieux expo- 
sées possible au soleil. 

Dans le cas où l'on voudrait planter en lignes dans des ter- 
rains où l'irrigation n'est pas possible, il serait essentiel de 



CULTURE DU COïOMNIEIi. 31 

tracer les lignes perpendiculaires à la penle du terrain, et 
placées à des dislances qui varieront avec la pente du terrain 
cl avec la fertilité du sol (Hardy). 

Toutes les lois que l'irrigation n'est pas possible, il faut 
arroser la terre dès qu'elle est sèche, et donner environ deux 
litres d'eau à cliîique Cotonnier. Quel que soit le mode d'ar- 
rosage employé, il est indispensable d'humecter la terre deux 
jours après le semis (Hardy). 

L'époque des semailles, qui doit coïncider avec celle où les 
ondées sont le plus fréquentes, est ordinairement de novembre 
à avril dans les pays chauds (Porter). En Algérie, le moment 
le plus propice varie entre le ib avril et le 15 mai. Il est utile 
de faire les semailles aussitôt que possible, dès que la terre 
donne une température de + 15 degrés, à 15 centimètres do 
sa surface, époque qui coïncide, en général, avec celle où les 
nuu"iersl)lancs, en plein vent, développent bien leurs feuilles, 
sans ({u'elles se roulent sous l'intluence de l'abaissement 
nocturne de la température. 

On calcule que la quantité de graines nécessaire pour 
ensemencer un hectare, est d'environ 10 à 12 kilogranunes. 
Les jeunes plants commencent à lever du troisième au (jua- 
trième jour, ou du cinquième au sixième jour, suivant les 

localités. 

Hl. — Culture. 

Le terrain dans lequel on i»lant(^ le Cotonnier doit être un 
sol sablonneux, assez profond p<nu" que la jilanlc puisse y 
enfoncer son pivot, et offrant une certaine humidité. Si celle-ci 
est trop considérable, au moyen de drainages, (tn en enlève la 
partie qui est en excès, et qui déterminerait une production 
trop considérable de feuilles, et plus tard même la pourriture 
des racines. Si le terrain est trop sec, il faut obvier à cet 
inconvénient par des arroscments bien mesurés. Les terres 
d'origine volcanique paraissent être celles qui conviennent le 
mieux au Cotonnier dans les pays chauds, car elles portent 
des individus d'un développement plus parfoit et plus rapide 
(Porter). En Algérie, d'après les observations de M. Hardy, 
les terrains argilo-calcaires conviennent à la culture des 



?>2 SOCIÉTÉ IMPÉlilALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

Gossi/plion, surtout si elles eut déjà porté des récoltes 
d'autres plantes ; tandis que les terrains argileux, froids et 
forts, ne donnent que des résultais mauvais. La hauteur au- 
dessus du n'veau de la mer doit être prise en considération, 
car on a observé qu'à + 600 mètres, la maturalion ne se faisait 
jamais complètement, et d'aulre part, qu'il valait mieux semer 
les Cotons Géorgie dans les parties basses, et les Cotons 
Louisiane dans les parties hautes ; (m a même remarque que 
les Colons longue soie étaient de plus hellc qualité quand ils 
étaient produits dans le voisinage de la mer, tandis que, au 
contraire, les Cotons courle soie se trouvent mieux de la cul- 
ture dans l'intérieur des terres (Hardy). 

Le terrain doit être purgé avec le plus grand soin des mau- 
vaises herbes qu'il porte, et èlre soumis, dans ce but, à trois 
ou quatre labours et à des hersages énergiques. Si l'on peut 
avoir recours à l'irrigation, pour donner aux G ossf/ph/7)i Y cim 
qui leur est nécessaire, on doit arroser avant l'ensemence- 
ment ])our éviter que le tassement de la terre ne gène le déve- 
loppement du germe, et faire cette opération alors seulement 
que la saison est assez avancée pour ne plus craindre de trop 
brusques variations de température. Notons que, si l'irriga- 
tion doit être faite à des intervalles assez rapprochés pour que 
la plante ne souffre pas de la sécheresse, il ne faut pas non plus 
la répéter trop fré(iucmment, car alors le Cotonnier offre une 
végétation luxuriante en feuilles, mais ne produit que très peu 
de fruits; on doit avoir aussi le soin de diminuer la quantité 
d'eau au moment de la floraison, pour obtenir des filaments 
d'aussi belle qualité que possible. Si le terrain ne permet pas 
de faire des irrigations, il faut prendre encore plus de soin 
dans sa préparation, et disposer les lignes où doivent être dé- 
posées les graines en lignes transversales à la pente du terrain. 

Les champs de Cotonniers ne demandent que peu d'engrais, 
mais il les faut bien appropriés: ceux qui sont employés le 
plus avantageusement, sont les fumiers d'étables, les raclures 
de corne, les coquilles de mer, les résidus de la combustion 
du bois ou des plantes, les os pulvérisés, les tourteaux de 
graines oléagineuses, et particulièrement ceux des semences 



CULTURE DU COTONNIER. ' * 33 

de Coloniiicr, les immondices bien consommées, les Ikuics 
des fosses et des canaux, la vase des marais salants, dont les 
cultivateurs de la Géorgie font un grand et très heureux usage 
(Porter, Hardy). Le choix de ces engrais est dicti'" par les cir- 
constances dans lesquelles se trouve le planteur, et laciuantité 
employée doit être en rapport avec la fertilité du sol : du reste', 
i(;i, comme dans toutes les (]uestions relatives aux engrais, il 
ne peut être rien décidé à priori , c'est au cultivateur à bien 
étudier sa terre, et à décider, d'après ses observations, (|uel 
engrais il devra i)référer. 

Un mois après l'ensemencement, il faut sarcler le terrain à 
la main, en prenant bien soin de ne pas blesser les jeunes 
plantes, qui ont alors de 3 à /i pouces de hauteur. Comme 
plusieurs des graines qui ont été mises dans le même trou 
ont germé, et pourraient se nuire dans leur développement 
ultérieur, on arrache les pieds les plus délicats, et on n'en 
laisse que trois ou quatre, dans chaque place. On sarcle, à 
plusieurs reprises le terrain, et assez fréquemment pour pou- 
voir détruire toutes les herbes qui nuiraient à la végétation du 
Cotonnier, et l'on trouve à ce travail, qu'il est préférable 
d'exécuter à main d'homme (à moins d'une culture très 
grande, où cependant il est encore le meilleur) l'avantage 
d'aérer la terre. Lorsque le troisième mois de la végétation 
linit, on laisse seulement un pied de Cotonnier à chatiue 
place, en ayant soin de choisir celui ijui olfre la végétation la 
plus robuste (Porter, Hardy). 

Dès que le Cotonnier a une hauteur de 18 à 'lli pouces, on 
'pince la tête, ou mieux on la coupe pour avoir un nombre 
plus considérable de branches (Porter). M. Hardy pense que 
le pincement doit même être opéré sur les rameaux les plus 
développés, surtout à la fin de la saison ; mais liohr n'est pas 
d'avis qu'on doive suivre cette pratique, qui, selon lui, déter- 
mine plutôt une diminution dans le produit. 

La seconde année, le Cotonnier peut fournir des produits 
satisfaisants, et continue à produire pendant quatre à cinq 
ans, à la condition de faire trois à quatre bons sarclages par 
an, et de remplacer {supplyimj) les Cotonniers qui ont péri, 

T. X. — Janvier cl l'évrier ISlili. 3 



'^h SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

par de nouvelles semailles, ou mieux par la transplantation 
de pieds cultivés en pépinière (Porter). M. Hardy ne pense 
pas qu'en Algérie, au moins, il y ait avantage à prolonger 
ainsi la culture pendant plusieurs années; mais dans le cas où 
l'ons'y déciderait, il faudrait plusieurs sarclages et avoir soin 
d'émonder les Cotonniers. 

A la Guyane, où l'on plante le Cotonnier en pépinière, on 
fait quelques irrigations d'eau de mer, qui paraissent très 
favorablesà son développement. (Nous avons vu plus haut que 
les planteurs de la Géorgie se louaient beaucoup de l'usage 
de la vase des marais salants comme engrais; d'autre part, 
M. Hardy a vu le Cotonnier prospérer en Algérie dans les 
terrains salés, à la condition de ne pas recevoir une trop 
forte proportion d'eau de mer.) Un système de drainage est 
établi pour éviter l'excès d'humidité; le terrain doit être bien 
meuble, soumis à un lal)Our complet avant de recevoir les 
]»lantes, (ju'on a arrachées de la pépinière avec le plus grand 
soin, en raison de la délicatesse de leurs racines, et qu'on 
place dans des trous assez profonds : on foule la terre autoui' 
des pieds, et l'on arrose. Le système de repiquage a l'incon- 
vénient d'augmenter les frais de culture, et de déterminer 
un arrêt de végétation qui influe sur la quantité du produit et 
sur l'époque de la maturité, retardée d'une quinzaine de 
jours environ. Le mieux est de semer sur place, et d'avoir 
une petite réserve en pépinière pour remplacer, dans le cou- 
rant de l'année, les pieds qui périraient dans le champ. 

Les Heurs apparaissent vers la fin de juillet ou le commen- 
cement d'août; les premières capsules se montrent environ un 
mois après. Tant qu'elles ne sont pas mures, elles restent 
fermées, et leur déhiscence, qui laisse apercevoir un flocon 
blanc dans chacune de leurs loges, indique que le moment de 
la récolte est arrivé. 

IV. — Récolte. .: 

Comme les divers pays où l'on cultive le Coton ofl'rent des 
variétés assez grandes de climat, il s'ensuit que le moment de 
la maturité du colon , par consé(|uent celui de sa récolte, 
varie en raison même de ces difl'érences et de celles qui peu- 



CULTURE DU CUTONiNIKl!. 35 

vent tenir à l'espèce particulière de (îossijpiuin qu'on y cul- 
tive. C'(!St ainsi qu'en Algérie gènéralemeni les graines du 
Cotonnier sont mûres cinq mois après l'ensemencement, et 
([u'on recueille le coton à mesure (jue les capsules sont mûres, 
et autant que possible dans la belle saison (Hardy). Dès que le 
temps devient mauvais , on peut faire la récolte avant la ma- 
turité parfaite des fruits, que l'on met dans un four, où ils 
sèchent et s'ouvrent, mais le produit obtenu étant de qualité 
moindre, doit être conservé à part. A la Guyane, on peut 
récolter du coton en septembre , mais rarement la récolte se 
faitavantla mi-octobre, et elle se continue jusqu'en décembre, 
ce (pli donne \d première récolte. 11 faut alors deux ou trois 
semaines de pluie pour activer la végétation et faire retleurir 
les Cotonniers. La seconde récolte commence vers la fin de 
février pour se terminer à la mi-avril. Il est essentiel de bieji 
sarcler le terrain dans l'intervalle des deux récoltes, pour dé- 
truire toutes les herbes qui nuiraient au développement des 
Cotonniers. Du reste, la première récolte est celle sur laquelle 
les planteurs reposent surtout leurs espérances, car souvent 
l'abondance des pluies, qui durent tout le temps de la seconde 
récolte , nuit à la qualité des produits , et souvent aussi de 
grands vents, quelquefois continus, font tomber les fleurs à 
mesure qu'elles s'épanouissent (Porter). 

Un des caractères qui indi(iuent la maturil(3 du coton est 
la non-adhérence de ses fibres aux cosses : aussi tant (pje 
celles-ci y adhèrent fortement, les planLeurs ne se pressent pas 
de s'occuper à sa réc'olte. 

La récolte, qui n'a rien de pénible et peut être faite par 
des femmes.et des enfants, ne doit se faire que lorsque le 
coton est bien sec; car s'il est mouillé, il ne se dessèche 
qu'avec difficulté, et est fréquemment maculé par l'huile qui 
transsude des graines. Les planteurs se trouvent bien de ne 
pas mêler le coton tombé à terre avec celui qu'on recueille 
sur la plante, car, étant toujours plus ou moins souillé de 
matières étrangères, il citerait de sa valeur au produit. Il est 
essentiel aussi de ne pas imiter la [iratiifue de certaines con- 
trées de l'Orient, où Ton détache les cosses vertes avec leur 



;î(5 société impériale zoologique d'acclimatation. 
contenu, c;ir leurs fraginenls ne sont que très dillicilcnienl, 
après la récolle, séparés de la fibre ; il laul que les personnes 
chargées de la cueillette détachent le colon et les graines des 
capsules qui restent sur la plante : outre Tavanlage d'avoir 
un colon plus propre, on a celui de pouvoir le dessécher plus 
l'acilenient et de le nettoyer plus vite. Du reste, ce travail est 
très facile quand les cosses sont bien ouvertes, seul cas où l'on 
doive faire la récolle (Porter). Comme les fruits d'un même 
pied de Cotonnier ne sont pas tous mûrs en môme temps, il 
faut revenir à plusieurs reprises dans la même pièce. Les in- 
tervalles des diverses cueillettes varient avec les espèces de 
Gossiipium cultivées; ils ne doivent cependant pas être trop 
longs, car les cosses laisseraient écliap))er la soie, et, d'autre 
part, les enveloppes, en se desséchant et en se brisant, donnent 
des débris qui salissent le coton. 

Le coton (jui vient d'être l'écolté doit être exposé sans re- 
tard au soleil , juscju'à ce que les graines soient devenues 
dures, ce qui demande en général trois jours quand le temps 
est beau. Il est indispensable de garantir le coton de la pous- 
sière, qui le souillerait. Si le temps est mauvais, on met dans des 
chambres le coton , qu'on étale en couches minces . fréquem- 
ment retournées j)our faciliter l'évaporation. Par l'emploi de 
ces procédés, les lilamenls se dessèchent parfaitement, et 
r(''nrenaL!e à la main, ou mieux à la machine, est singulière- 
ment facilité (Porter». 

V. — Malmlies. 

Un très grand nombre d'accidents menacent le Cotonnier 
dans les pays chauds, tandis (ju'au contraire en Algérie il n'y 
a que peu de causes de maladies puur ce précieux végétal. 
Dans notre colonie, ce que les Gossypium redoutent surtout, 
(;'est l'intluence du froid, (jui, quand ils sont jeunes, leur 
donne ce que l'on nomme la cloque , dont ils guérissent bien 
dès que la chaleur se maintient suffisamment élevée. L'abais- 
sement de la température détermine quelquefois la chute des 
feuilles, des tleurs et des fruits, et pour rétablir la vigueur de 
la plante, il faut biner avec soin son pied. Dès que le Colon- 



r.iiLTiT.E nu coTONNiP.r.. 37 

nier devient souffrant, il se couvre tie pucerons qui se déve- 
loppent par milliers et sont une cause nouvelle de débilitation 
du végétal, ('ne sorte de puceron, dit Cotton-bug, se déve- 
loppe sur les capsules du Cotonnier dans les pays chauds, et 
ne se montre guère que lorsque la plante est atteinte de la 
nielle (ùlast). Celte maladie, qui est une sorte de gangrène 
du Gossi/phnn, se montre à la suite d'un excès d'iiumidilé, et 
alors les racines pourrissent et le Irnit ne se forme pas, ou a 
la suite d'un excès de chaleur, et ah^rs les Heurs et les cap- 
sules deviennent noires et se couvrent de myriades de puce- 
rons écarlales quand ils sont jeunes, bruns et d'une odeur 
forte et désagréable quand ils sont vieux (Porter). 

Parmi les ennemis du Cotonnier, nous citerons : la Cour- 
lUïàve (Grt/l/iis (/j'i/I/o-ta/pa), ([ul coupe les racines des jeunes 
individus, et dont la destruction, trèsdifiicile, ne peut guère se 
faire qu'au moyen de l'eau bouillante ou de l'eau froide et de 
l'huile ; la larve du Meloluntha fallo, qu'il faut tuer à mesure 
que le labour en découvre quelques-unes ; VErodius gibbiis, 
qui habile surtout les terres légères et sablonneuses; les sau- 
terelles voyageuses, heureusement très rares en Algérie, mais 
qui, lors de leurs apparitions, dévastent tout sur leur pas- 
sage (Hardy). 

Dans les conlrécs intertropicales, une chenille très vorace 
s'altafjue aussi aux Cotonniers, qu'elle ravage en raison même 
de son abondance. Pour la détruire, il faut avoir recours aux 
fumigations sulfureuses, ou à la projection de chaux en poudre 
sur les piaules. Cet animal, auquel heureusement un grand 
nombre d'oiseaux font une guerre acharnée, ne paraît heu- 
reusement guère plus d'une fois tous les trois ans (Porter". 

On se trouve bien, pour conserver ses planlations en bon 
état, d'éviter le voisinage des grands arbres, dont l'ombrage 
leur est préjudiciable et dont les racines viennent leur disputer 
le sol. Il faut aussi éviter de cultiver entre les plants de Gos- 
sypium d'autres végétaux, qui leur nuisent, et l'on devra 
d'autant plus y prendre garde, que presque toujours le résultat 
le plus certain est d'avoir deux récolles médiocres au lieu 
d'uiif b(Uiue (Hardy). 



SUR LK lUZ AUl ATIQIIK 

[Ziziiiiid n(^)/(ifif(i) ^ 
Par m. ii. DA¥FL«L'I«>>. 



it.t 



(Sî-ance (lu 20 juin 1862. "i "' 

L'indication donnée par le procès-verbal de la séance 
générale du 25 avril 1862, semblant indiquer qu'on songe 
à faire des essais sur le Riz d'eau [Zizanla aquatica, L.), j'ai 
pensé, quoique je ne m'occupe pas spécialement des végé- 
taux, qu'il n'('tait pas inutile de faire connaître à la Société 
d'acclimatation quelques d(''tails f(ue je vous prierai de vou- 
loir bien transmettre. 

Avant l'article que M. Kiiline a consacré à ce végétal (1), 
on avait publié dès 185Zi, dans un rapport relatif à l'exposition 
de New-York (2), quelques remarques qui auraient dû fixer 
l'attention des agriculteurs. Ces remarques et les indications 
de M. Kidine concordent sur plusieurs points, ce qui prouve 
l'exactitude des pi'emières comnmnications. Mais celles-ci ren- 
ferment quelques détails importants à connaître, qui n'exis- 
tent pas dans l'article de nuire confrère, et que je vais rapi- 
dement rappeler. 

L'importance de la Zizanie tient à des caractères de pbi- 
sieurs espèces: elle est aquatique ; elle est rustique et vivace , 
elle vient sans culture ; elle est nutritive pour l'homme et les 
animaux ; elle rend beaucoup, les récoltes sont faciles. Assu- 
rément ce sont de grands avantages. 

La grande valeur de la Zizanie se tirerai! de ce qu'elle peut 
être semée dans les marais. La flore des marais est tellement 
pauvre en plantes alimentaires, que l'on compte celles qui sont 
utilisables puni- les animaux. Par conséquent une semblable 
[)lante pour l'iiomme est une richesse. Malheureusement il ne 
paraît pas (pie la Zizanie donne autant qu'on l'espérerait dans 

(1) Hulli'liii. I. I\, pages l'io cl siiiviiiitcs. 

('.') .\nii(ilc:< tin ((iinuifrce r.vlvrit'av, li" 77/i. l'aris, IS.Vj. 



sua LE RIZ AQUATIQUE. 39 

ces conditions. La notice dont j'ai parlr dit bien que « là 
plante croît, fructifie... dans les has-l'onds submergés, im- 
propres à toute culture » ; qu'elle « se reproduit spontané- 
ment dans des contrées coupées de llaques d'eau presque 
stagnantes et de mares peu profondes ->. Mais un peu plus 
loin , en parlant de la province de Minnesota, où la Zizanie 
croît en abondance, il est dit que « le Riz sauvage s'y ren- 
contre dans toutes les fondrières qui coupent ce pays, et sur- 
tout anx approches des canaux naturels qui mettent ces 
dernières en communication avec les cours d'eau qui les 
alimentent. Il est plus maigre, plus clair-serné, ajoute-t-on, 
dans les pièces d'eau entièrement circonscrites» . Ceci, rappro- 
ché de ce que dit M. Kûhne sur les conditions du milieu qui 
lui paraissent les plus favorables, montre que c'est plutôt 
une plante d'étangs que de marais ou de rivières ; car il semble 
qu'outre un léger mouvement de l'eau , il faille encore une 
variation déterminée dans son niveau, sans toutefois que la 
variation excède certaines limites, dont l'étendue est cepen- 
dant déjà considérable. 

L'auteur anonyme des remarques est parfaitement d'accord 
avec ce (jui précède, lorsqu'il cite la Sologne, les Landes et 
une i)artie de la Camargue comme pouvant donner lieu à 
une culture intelligente de ce végétal. J'indiquerai plus loin 
pourquoi on doit cependant se tenir en garde , au moins 
dans les essais à faire, sur les conditions des pays dans les- 
quels on voudrait cultiver la Zizanie. 

La rusticité remarquable de cette plante est digne d'être 
prise en considération. La notice dont jai parlé indique 
qu'elle couvre une étendue considérable de la province de 
Minnesota, située entre les h'2' et /|7 ' degrés de latitude N. Dans 
celte région, la température est froide. On doit donc supposer, 
d'après une règle généralement atlmise, qu'elle réussira dans 
des climats tempérés. Mais, selon M. Kùhne, elle ne dépasse 
^ pas FArkansas, ce qui semblerait prouver qu'elle ne s'étend 
pas beaucoup au delà du 3;V degré de latitude N. (1), 

(1) La notic<^ dil ccpoiulant : « Le !îiz sauvage so icncoiilre partout au\ 
Lials-l nis, depuis les l)oi(ls uian'ca^enx de l'Atlantique, où il sert de pâture 



/jO socii'rn': impi':rialk zoologique d'acclimatation. 
c'esl-à-dirt' dans los parties chaudes de l'ancienne confédéra- 
lion, anjoiiiïriiui débaltue, de rAmérique du Nord. Ce n'est 
donc pas indislinctement qu'il faudra faire des essais, et à cet 
égard, je crois qu'on a grandement raison de commencer 
par le déparlement de l'Aisne, comme l'indique le procès- 
verbal de la séance générale du 25 avril dernier, si l'on se 
conforme aux indications précédemment données, qui ne sont 
pas en désaccord avec ce que dit M. Kùhne. Il est, en effet, 
impossible de supposer à présent si la plante pourra s'étendre 
beaucoup au sud. Si, par exemple, elle viendra bien dans les 
Landes, qui ont un climat beaucoup plus chaud que celui de 
rAméri(iue du Nord. 

Dans l'une ni dans l'autre source d'indications je ne trouve 
de renseignements sur le rendement. La notice sur l'exposi- 
tion de New-York dit que « les tiges sont plus rigides que 
celles du Riz ordinaire ». Il est sans doute question des tiges 
arrivées à maturité. Ce qui semble appuyer celte opinion, c'est 
qu'il est dit qu'à Minnesota la paille n'est pas coupée, et, par 
suite, non employée pour les bestiaux. Sous ce dernier rap- 
port, tout ce que dit M. Kûhne est important, parce qu'il 
indique une utilisation de la plante inconnue aux Indiens. 
En Europe, les accidents auxquels l'emploi des tiges de Sorgho 
a donné lieu devraient rendre circonspect sur l'emploi sem- 
blable de la Zizanie, car son pouvoir nutritif doit être dillé- 
rent de celui d'herbes aqueuses. 

Relativement au grain, la notice donne un renseignement 
important. C'est qu' « il paraît plus riche en gluten que le 
Riz ordinaire, et semble être, par rapport à ce dernier, ce que 
le Rlé dur est au Blé tendre ». Ce qui explique, comme on le 
dit plus loin, ce fait que « les habitants de race caucasienne 
établis sur le territoire de Minnesota ont imité les Indiens, et 
ont fait de ce Riz leur nourriture habituelle. Ils lui donnent 
aujourd'hui une préférence marquée sur le Riz de la Caroline 
et le déclarent plus nourrissant ». 

aux oiseaux dos l);)is, jusqu'aux (Icniiri-.'s limilos des lerriloiie; de i'OiiesL» 
Mais rinlicaiioii (le M. K^ilii.', lapproeli.'C d^-s iiiitrci fails, parait plii- 
fxaclc * 



SUR LE RIZ AQUATIQUE. !\\ 

Passé ces indications, je ne trouve plus rien de relatif au 
rendement. On ne dit pas quelle est la quantité approxima- 
tive de pieds sur un espace donné et le poids qu'ils peuvent 
présenter. Il en est de même du grain pesé et mesuré. Cette 
détermination, assez difficile à faire pour ceux qui n'habitent 
pas sur les lieux mêmes, s'explique encore parce que ce sont 
les Indiens qui récoltent principalement cette plante. Elle est 
fâcheuse, parce que si, d'ici à quelques années, elle n'était 
pas remplie, nous ne pourrions pas instituer de comparaison 
directe avec ce qu'est la plante dans son pays originaire et 
ce qu'elle deviendra par son acclimatation ou sa dégéné- 
rescence entre nos mains. 

Je transcrirai encore cette indication qui peut être utile : 
« Au Minnesota, la plante fleurit en août, le grain estmùr du 
15 septembre au 15 octobre. « M. Kiihne ajoute sur l'époque 
où la récolte devient possible une utile indication ; mais il 
ne dit pas, comme dans la notice, que « la moisson com- 
mence huit ou dix iouvs avant la maturité ». Cause première 
qui peut empêcher les graines de germer, à plus forte raison 
si une torréfaction vient s'y joindre. 

Les détails relatifs à l'ensemencememt manquent dans la 
notice. • • ... 

Ce que dit M. Kidine delà précaution à prendre, de faire 
germer les graines avant de les placer dans l'eau pour leur 
faire prendre racine, est parfaitement justilié par la remarque 
suivante : « Le grain, cylindrique, allongé, corné et trans- 
lucide, est recouvert d'une pellicule menue et fortement 
adhérente... Infusé dans l'eau froide, ce Riz gonfle beaucoup 
et s'ouvre en deux valves recoquillées l'une sur l'autre, où est 
placé le germe. » On aura toujours par ce moyen une indica- 
tion du succès qu'on peut espérer, en voyant si la graine est 
bonne. 

Enfin, les graines recueillies comme le dit M. Kûhne, « sé- 
chées en meules et battues de nouveau, donnent le Riz con- 
forme aux échantillons c. On ne fait qu'enlever cette pellicule 
fortement adhérente qui environne la graine. 



II. EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX 

DES S]'•;^^CKS généh ai.es de la société. 



. . • ■ SÉANCE DU 9 JANVIER 186U. .■ „ , 

Présidence de M. Moquin-Taniion, \ice-prési(lent. , ; ■ 

Le procès-verlial est lu et adopté. 

— M. le Président annonce que MM. Mackinnon, vice-pré- 
sident de la Société d'acclimatation de Londres, et AVilson, 
membre honoraire de notre Société et fondateur de toutes les 
Sociétés d'acclimatation d'Australie, assistent à la séance, et 
les invite à prendre place au bureau. 

M. le Président proclame les noms des membres nouvel- 
lement admis : 

MM. AssY (Alfred d'j, à Paris. 

Relenot (Ferdinand), propriétaire, à Neufchàtel (Suisse). 

Berthemy (S. Exe. M.), ministre en Chine, demeurant à 
Pékin et à Paris. 

BiLLAUT (S. Exe. M.), Ministre, rue Saint-Arnaud, Paris. 

BiLLON, à Marseille. 

P.r.AME (Edouard), ancien élève de l'École polytechnique 
et jngénieur du chemin de fer du Nord, à Paris. 

Cabarrus (Julien de), consul général et chargé d'affaires 
de France dans l'Amérique centrale, à Guatemala et à 
Paris. ■ ■ 

Derains, étudiant, à Paris. 

Desrousseaux de Medrano, président de la Société d'hor- 
ticulture des Ardennes, à Paris. 

FoLsr.n (Charles-Henri), vice-consul de Suède et Nor- 
vège et de Danemark, à Marseille. 

Germiny (le comte de), gouverneur de la Banque de 
France, à Paris. 

CoYON (le général comte de), sénateur, aide de camp de 
l'Empereur, à Paris. 

Imhaus (Georges), à Paris. 

Jardot(A.), ancien officier d'état-major, à Paris. 



PROCÈS-VERBAUX. " /|3 

MM. Martel (Ernest), propriétaire, à Saint-Omer (Pas-de- 
Calais. 

Mauran (René-François), propriétaire, à Paris. 
-' MoNiGAULT (Paul de), attaclié au ministère des affaires 
étrangères, à Paris). 

MoYSEN , membre du Conseil général de l'Aube , à 
Paris. 

NuNEZ (le duc de Fernan), propriétaire, en Espagne et en 
Belgique, à Madrid. '• 

Périg^on (le baron Maurice de) , propriétaire, à Paris. -• 

PiEY (le docteur Henry), médecin adjoint à l'asile impé- 
rial de Vincennes, à Paris. ' • 

Salvador (F. S.), rentier, à Paris. 

Teissonnière (Henry), négociant, à Florac (Lozère). 

Trautmann (Daniel), propriétaire, au Barré, commune de 
Charly (Aisne). 

— M. le Président donne lecture de deux lettres de S. Exe. 
M. le Ministre des affaires étrangères, annonçant: 1" que S. M. 
l'Empereur vient, sur sa proposition, d'accorder la croix de 
chevalier de la Légion d'honneur à M. le docteur Mueller, 
en récompense des services rendus par lui à la cause de 
l'acclimalation; '2" (pie S. M. l'empereur du Brésil a nommé 
chevalier de son ordre de la Rose M. Hébert, agent général 
de la Société, dont nous sommes chaque jour à même d'ap- 
précier le zèle aussi intelligent que dévoué. 

— Des remercîments pour leur récente admission sont 
adressés par MM. d'Araujo, Brosser et Dutertre. 

— S. Exe. le ministre de l'agriculture du Brésil, ayant 
adressé une demande de graines et de greffes d'Oliviers et de 
Marronniers, notre honorable vice-présidentM.Moquin-Tandon 
a bien voulu se charger de faire recueillir des graines et des 
boutures des meilleures espèces d'Ohviers, et le Conseil s'est 
mis en rapport avec M. André Leroy (d'Angers) pour les Mar- 
ronniers. 

— M. le président de la Société coloniale de la Réunion, 
récemment alTilié(.' à notre Sociéti-, fait parvenir le Journal 



ll!l SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

officiel de I'I/p de la Réunion, renfermant l'acte officiel de 
son autorisation par le gouverneur, et ses statuts constitutifs, 
et annonce' qu'elle vient de demander la concession du jardin 
public de Saint-Denis pour le transformer en jardin d'accli- 
matalion. 

— M. le docteur Berg, notre délégué, en écrivant pour le 
même objet, ajoute que la Société de la Réunion se propose 
d'envoyer prochainement à la Société impériale des Oies de 
Madagascar, d'une espèce fiu'il croit inconnue en Europe, et 
l'énorme Tortue des Seychelles. 

— La Société lasmanienne d'acclimatation à Hobart-town 
remercie de l'envoi de nos Bulletins. 

— M. Sacc transmet quelques renseignements sur les tra- 
vaux d'acclimatation de MM. Bataille, Linden, et Boppe Iler- 
mile. 

— M. Pierre Pichot envoie également quelques documents 
relatifs aux progrès de l'acclimatation en Russie. 

— MM. Euriat Perrin, Lcquin et le vicomte de Morleuil 
annoncent qu'ils ont reçu les animaux : Chèvres d'Angora et 
Yaks, qui leur sont confiés en cheptel. 

— MM. le comte d'Eprémesnil, Ghesneau et dePuiberneau 
demandent à être inscrits au nombre des personnes auxquelles 
seront conliés des Moutons On(/-ti. 

— S. Exe. M. le Ministre des affaires étrangères transmet un 
mémoire de M. Espina, agent, vice-consul de France à Sousse 
(Tunisie), sur la possibilité de naturaliser dans les parages de 
nos possessions d'Afrique les Eponges tunisiennes, connues 
dans le commerce sous les noms de gélinos et brunes de liur- 
harie, et que l'on pèche dans l'ancienne petite Syrie, entre 
'yy 15' et 35" 10' de latitude. (Voy. au Bulletin.) 

— M. des Noulies de laCacaudière fait parvenir quelques 
nouveaux documents sur ses essais de pisciculture. 

— M. Faivre adresse une Note sur ses expériences de pisci- 
culture fluviale, et donne de nouveaux détails sur les soins 
qu'il a pris de féconder des Truites ])0ur réparer, autant que 
possible, les actes de malveillance (jui ont compromis les ré- 
sultats de ses précédentes tentatives. 



PROCÈS-VERBAUX. â& 

— Madame la comtesse de Corneillan annonce l'envoi d'une 
colleclion complète de cocons de Vers à soie, dont elle fait 
don à la Société. — Remercîments. 

— M. Hardy informe qu'il vient d'expédier /i7 kilos de cocons 
du Ver à soie du Ricin et li kilos 000 grammes de cocons du 
Ver à soie de l'Ailante, pour servir aux expériences de lilalure 
et de tissage que la Société a décidé de confier aux soins de 
notre dévoué confrère M. Davin. 

— M. Gauldrée-Boilleau, par une letlre adressée à M. le 
Président, annonce qu'il envoie à la Société deux caisses de 
plantes du Canada, qui ont été confiées aux soins des compa- 
gnies de navigation entre le Canada et Liverpool, et de Liver- 
j)ool au Havre. 

— M. Boisnard-Grandmaison offre trois tubercules d'Igname 
de Chine, ayant une forme arrondie particulière, et qu'il a 
obtenus en semant des graines recueillies sur un pied de cette 
plante cultivé chez lui. 

A ce sujet s'élève une discussion, de la(juclle il résulle (jue 
ladiflerence de forme indiquée pour ces graines pourrait 
tenir à ce que d'ordinaire on donne le nom de graine à la 
semence entourée de son péricarpe, lequel aurait été détruit 
dans celles qui ont produit les échantillons soumis à l'examen 
de la Société. Les bulbilles envoyés par M. Boisnard-Grand- 
maison seront remis au Jardin du bois de Boulogne pour (juc 
l'expérience y soit continuée. 

— M. Sicard, de Marseille, adresse un Mémoire sur le 
('//f/t-s/j de Chine et sur les divers produits qu'il en a obtenus. 
Des échantillons de ces produits sont placés sous les yeux de 
l'assemblée. (Voy. au Ihdlt'tin.) 

— M. Terwangne, de Lille, fait connaître quelques nou 
veaux détails sur son procédé de rouissage. 

— MM. Verlot et Brierre adressent des Rai)porls sur leurs 
cultures de cette année. 

— M. Rodier et M. Jourdan, directeur du jardin des planic? 
de Marseille, remercient des graines et des plantes qui leui" 
ont été envoyées. 

— La Société d'agriculture et d'acclimatation des Basses- 



46 SOCIÉTÉ IMrÉUIALE ZOOLOGIQUE u'accLIMATATION. 

Alpes, el MM. d'Ivernois et Genesley, demantlenL à être com- 
pris dans les prochaines distributions de végétaux. 

■ — M. Yattemare adresse, au nom de l'Insiitut américain de 
l'État de New- York, trois volumes de ses Trat/sacno/ts (1858, 
1859 et 1860). 

— M. le docteur Auzoux annonce l'ouvertui'e de ses cours 
d'anatomie humaine et comparée, et invite ceux des membres 
de la Société qui désireraient y assister, à le lui l'aire savoii", 
pour ({u'il puisse leur réserver des places spéciales. 

— M. le Président l'ait connaître l'état actuel de la sousciip- 
tion pour l'érection d'une statue à Daubcnton ; les sommes 
recueillies jusqu'à ce jour s'élèvent à environ 13 000 i'i-ancs, el 
comme elles sont insuffisantes, il engage les membres à re- 
doubler de zèle et de générosité. 

M. le Président donne ensuite connaissance du résultat 
des élections laites le 8 janvier, par les cinq Sections, pour 
le renouvellement annuel de leurs L'ureaux el la nomination 
de leurs délégués dans la Commission des réconq)enses pour 
l'année 18(33. ' 

1" Section. — Mammifères. ' " ' 

MM. , , / ! MM- 

Davin, président. E. Bosquillon de Jenlis, secrétaire. 

Deb.^ins, vice-président. ! A . Gii.let deGrandmont, vice-secrét. 

M. Davin, délégué dans la Commission des récompenses. 

2'^ Section. — Oiseaux. 
MM. I MM. 

nEur,iKiil''ONTAi.Ni:, président. ! HuiU'I'.t-Buieri'.e, secrétaire. 

A. Geoim'.oy S'-IIieaii',e, vice-itrésid. ! 1']. Iîogek, vice-secrétaire. 
M. HuBEKT-BuiERHE, délégué dans la Commission des récompenses. 

3"^ Section. — Poissons, Annélides, Mollusques, Zoophytes. 

MM. 

A. I^^SSY, président. 
Millet, vice-président. 

M. ^VALLL•T, délégué dans la Connnission des récompenses. 

W- Section. ~ Insectes. 

MM. I MM. 

CiÉuiN-MÉNEVlLLE, président. I A. Peiu;ot, secrétaire. 

liiGOT, vice-président. i L. Soudeih.xn, vice-secrétaire 

M. Blc.OT, délégué dans la Commission des récompenses. 



MM. 
Cil. \Vallut, secrétaire. 
Cil. LoBLiGEOis, vice-secrétaire. 



PROCÈS-VERliÂUX. •. /|7 



■5"' Section. — Végétaux 
MM. I MM. 

Mo(hin-Tan"DON, piésklent. 
F. MoREAU, vice-présiilent. 



Dupuis, secrélaire. 
Prilliel'x, vice-secrétaire. 



M. F. MoHEAU, délégué dans la Commission des récompenses. 

De ces élections et de celles du Conseil faites dans sa séance du 
6 janvier, il résulte (jue la Commission des récompenses pour l'année 1863 
est ainsi composée : 

MM. Moquin-Tandon, président délégué, et le C" d'Éprémesnil, secré- 
taire général; Deuains, Jacquemart, le baron Séguier et Soubeiran, élus 
par le Conseil ; Dwin, Hubert-Brierre, W.\llut, Bigot et Moreau, dans 
l'ordre de leur élection par les cinq Sections. 

— Il est donné lecture d'une lettfe de M. IIubert-Bi'ieri'c , 
noninié délégué de la "2" Section pour la Commission des récom- 
penses, mais qui décline cet lionneui: en raison d'un voyage 
qui le tiendra éloigné quelque temps de Paris. 

— M. le Président donne à la Société connaissance de l'état 
des Yaks et des Chèvres d'Angora placés à cheptel. 

Le troupeau de Souliard se composait de : 

1" Yaks du Tibet purs, et métis d'Yaks et de Vaches 
Aubrac ; 

2" Chèvres d'Angora pures, et métis de Chèvres d'Angora 
et de Chèvres d'Auvergne. 

Le troupeau d'Yaks était ainsi com])osé : . . ,.:.,.;. 

Six taureaux de race pure; 

Cinq l'emelles /'/tf;;*; ' •"- 

Ouati'e taureaux métis Vak-Aubrac; 

Six génisses Aubrac. 

La Société possède en outre deux taureaux et une lémelle 
d'Yaks purs, confiés à la Société régionale de Grenoble. . : 
: Ils ont été répartis comme suit, à titre de cheptels : 

1" A S. A. L le prince Napoléon, un taureau et une remelle 
d'Yaks purs, destinés à être placés dans le parc réservé de 
Mcudon. 

- 2" A M. de Fenouillet, dans la Lozère , un taureau et deux 
femelles d'Yaks purs. 

3° A M. Lequin, directeur de la ferme-école du départe- 
ment des Vosges, un taureau et deux femelles d'Yaks purs. 



A8 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

A" A M. le vicomle de Morleiiil, dans la Ilaule-Loire, un 
taureau Yak pur , deslinc à des essais de croisement avec la 
race bovine du pays. 

5° A M. le conile d'Éprémcsnil, sccrélaire général de la 
Société , dans le département de TEnrc , un taureau Yak pur 
et les six vaches Aubrac, pour continuer les essais de croise- 
ment commencés. 

0" A M. Jacquemart, dans l'Aisne, les quatre jeunes tau- 
reaux, pour les soumettre au travail. 

Le Conseil a en outre décidé que des essais de croisement 
avec la race bovine bretonne seraient confiés aux soins de 
M. Debains. 

Les deux jeunes taureaux Yaks de pur sang seront placés au 
Jardin d'acclimatation. 

Le troupeau de Chèvres d'Augora de Souliard se composait de: 

Dix-sept Boucs i)urs de dilTérents âges; 

Vingt-neuf Chèvres pures idem; 

(Juinze Boucs métis de premier et deuxième croisement; 

Ouaranle-deux Chèvres mélisses, idnn. 

Ce troupeau a été ainsi réparti : 

1" A M. Lequin, directeur de la ferme-école des Vosges: 
3 Boucs et h Chèvres de pur sang, 6 Chèvres métisses; 
en tout, 13 tètes. 

•2" AM.Euriat, agriculteur, à la ferme de Boville(Meurthe): 
3 Boucs et 8 Chèvres de pur sang, 6 Chèvres métisses ; en 
tout, 17 tètes. 

3° A M. le vicomte de Morteuil, dans la Ilaute-Loirc : 
3 Boucs et 5 Chèvres de pur sang, C Chèvres mélisses; en 
tout, \h têtes. 

h" Au Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne : li Boucs 
et 7 Chèvres de pur sang ; en tout, 11 tètes. 

5" Un Bouc et une Chèvre de pur sang et h Chèvres métisses 
ont été laissés dans le Cantal. 

6" Le Conseil a en outre décidé qu'il serait offert à la So- 
ciété d'acclimatation de Melbourne, au nom de la Société 
impériale, 2 Boucs et h Chèvres de pur sang, avec h Chèvres 
métisses; en tout, 10 tètes. 



PPiOCÈS-YERBAUX. /lO 

Un rapport sera présenté à la Société sur l'état de ces ani- 
maux. 

— M. Guérin-Méneville annonce qu'il donnera prochai- 
nement un résumé des travaux séricicoles en 1862, et com- 
munique une note dont nous extrayons le passage suivant : 

« Tout le monde sait que l'industrie do la soie, qui faisait 
produire à notre sol une valeur annuelle de plus de 300 mil- 
lions, est, depuis plus de dix ans, dans un état déplorable, et 
l'on est généralement d'accord aujourd'hui pour reconnaître, 
ainsi que je l'ai démontré dès l'origine de la maladie, que cet 
état ne peut provenir que de l'épidémie végétale à laquelle les 
Mûriers n'ont pu échapper, et qui a amené la désastreuse ma- 
ladie des Vers à soie. Jusqu'à présent on a un peu paUié le 
mal, en introduisant des graines (ju'on est allé chercher dans 
des pays non atteints par le fléau; mais chaque année il fai- 
sait du chemin en envahissant ces contrées, ce qui nous obli- 
geait à aller plus loin. 

» Aujourd'hui, ainsi que le dit un sériciculteur du Midi, 
« les provenances connues s'en vont une à une ; Bucharest et 
Nouka, les seules qui restent, outre leur insuffisance, inspirent 
des inquiétudes. » 

» Ces inquiétudes sont partagées par un honorable négociant 
de Marseille, qui avait pu faire, jusqu'à présent, de la bonne 
graine en se rendant, pour cela, dans des pays encore sains. 
Reconnaissant aussi que les provenances réputées les meil- 
leures sont envahies ou vont l'être, M. Mazade se décide à 
aller faire grainer au Japon, en Chine et en Cochinchine, et 
S. Exe. M. le Ministre des affaires étrangères a bien voulu 
lui accorder un appui dans l'exécution de celte importante 
mission. 

» Cette introduction degraines étrangères sera indispensable 
tant que l'épidémie durera en France, mais elle devra cesser, 
dès que l'intensité du mal diminuera et nous permettra de l'aire 
de bonne graine, d'abord sur quelques points et ensuite par- 
tout, comme cela avait lieu avant l'invasion de la gattine. 
Nous devons donc, en attendant, et c'est ce que je fais sans 
cesse, chercher et étudier, pour saisir ce moment et nous 

T. X. — Janvier et Février 1863. 4 



50 SOCIÉTÉ IMI'ÉUIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

affranchir le plus loi j)ossil)lc de celle nécessité d'aller 
chercher au loin des graines de Vers à soie qui nous coulent 
annuellement plus de dix millions de francs. » 

M. Millet appuie la proposition de M. Guérin-Méneville, relati - 
vementà l'utilité et càropportunité de se procurer des graines de 
Vers à soie dans les pays non infestés ; il fait observer en même 
temps qu'il serait très important d'appliquer sur une grande 
échelle, et dans les diverses régions de l'Europe, le mode d'é- 
levage en plein air, du moins pour les reproducteurs. A ce 
sujet, M. Millet appelle toute l'attention de la Société sur les 
beaux travaux de notre confrère M. le docteur Chavannes, de 
Lausanne, qui a constaté la présence de nombreux cristaux 
d'acide hippurique dans le sang des Vers à soie malades ; ces 
cristaux disparaissent graduellement par l'élevage en plein 
air, et l'on arrive ainsi à obtenir une graine parfaitement 
saine. M. Millet, qui a pu voir les curieuses recherches de 
M. Chavannes et en constater les importants résultats, ajoute 
que les travaux de notre confrère ont été justement appréciés 
en Italie et récompensés par un prix de 2O0O francs décerné 
par l'Académie de Milan. ■ . ; 

— M. Lamiral lit un second Rapport sur un essai d'acclima- 
tation des Éponges du Levant dans les eaux françaises de la 
Méditerranée. (Voy. au Bulletin.) - - 

M. Millet, tout en applaudissant au zèle et aux efforts de 
M. Lamiral, présente quelques observations qui lui parais- 
sent de nature à être prises en considération pour les nouveaux 
essais d'acchmalation de l'Éponge ou des Coraux. 

« On doit, dit-il, dans ces opérations, tenir grand compte 
du degré de salure et de température des eaux, et de leur pro- 
fondeur, et s'abstenir de récolter et de transporter à l'époque 
de la reproduction. 

» L'emploi de la glace dans le tranr^port peut avoir de très 
graves inconvénients, d'une part, en diminuant la salure de 
l'eau, et, d'autre pari, en mettant les organes si délicats des 
animalcules de l'Éponge et du Corail en contact avec des 
parties d'eau à tenq)érature très basse. - ■ '- 

» Les appareils peuvent être facilem'Mil aérés dans le trajet, 



. '■" ' PKOCÈS-VERUAUX. '- SI 

par le iiiude d'insufflation que noire confrère a imaginé pour 
le trans|»ort des Poissons vivants. » 

Quant aux causes de destruction signalées par M. Lamiral, 
M. Millet pense cpic l'on peut s'en garantir en déposant ou en 
fixant les Polypes sur des fonds solides et non niolùles, sur 
des roches inaccessibles aux filets des pécheurs, et même sur 
des piquets ferrés, ou bien sur des châssis de toiles métalli- 
ques immergés dans les anfracluosilés du littoral. 

L'emploi des bouées comme points de repère paraît à 
n(jtre confrère avoir l'inconvénient de signaler à la malveil- 
lance la présence des Eponges déposées; il serait préférable, 
selon lui, d'avoir recours à dès repères géométriques. 

— 11 est donné lecture du Mémoire de M. Sicard sui' le 
Cn//i-sc, et d'un travail de M. Iloger-Desgenettessur son éta- 
blissement de pisciculture à Saint-Maur, près de Paris. 



;■ ' SÉANCE DU 23 JANVIER I860. 

l*résidence de M. A. Passv, vice-président. ' ' 

■ Le pi'ocès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. 
— M. le Président proclame les noms des membres admis 
par le Conseil dans sa dernière séance : 

MM. Allard, général de division, président de section au 
Conseil d'Etat, à Paris. 

Bécuu (Jules), jardinier chef de la pépinière de Liiskia, 
, • à Biskra (Algérie). 

BoiNViLLiERS, président de section au Conseil d'État, à 
Paris. 

BujjBERG (S. Exe. M. le baron de), ambassadeur de S. M. 

l'empereur de toutes les Russies, à Paris. 
CoRTiER (Henri), propriétaire, à Étourvy (Aube), et àParis. 
FouRNiER (Henri) , ministre de France à Stockholm 
; . (Suède). . , . ■ , . . :■ , - ,, 

; • Haberï (Charles-Gustave), à Monlfort-l'Amaury iSeiiie- 
et-Oise), et àPiiris. 
Maigne, conseiller d'Étal, à Paris. 
, _Mai,aret (le baron de), ministre de France à iîi'u.xejles. 



52 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATÂTION. 

MM. Martin (S. Exe. M. de Francisco), ministre plénipoten- 
tiaire de Guatemala, à Paris. 

Meiiemmed-Djémil Pacha (S. Exe), ambassadeur de la 
Porte Ottomane, à Paris. 

Mendiola (Ignace de), ingénieur civil h la Havane (île de 
Cuba), à Paris. 

Penel (Isaac-François), propriétaire, à Louveciennes, 
canton de Marly-le-lloi (Seine-et-Oise). 

RioTTOT (.1.), au'chàteau d'Osny (Seine-et-Oise), et à Paris. 

ToucHARD (Artbur), propriétaire, à Courcelles, pi'ès de 
Pontoise (Seine-et-Oise). 

— M. le Président annonce ensuite la perle que la Société 
vient de faire de deux de ses membres les plus éminents: 
S. A. le vice-roi d'Egypte, qui avait donné à notre œuvre de 
nombreux témoignages d'intérêt et de sympalbie, et M. Ho- 
race Yernet. 

— Des lettres de remercîment pour leur récente admission 
ont été adressées par MM. le général comte de Goyon, le 
baron Pérignon; Berlhemy, ministre de France en Gliine ; 
Pascual e Inglada, de Barcelone, et Folscb, vice-consul de 
Suède et Norvège et de Danemark, à Marseille. 

— M. Folscb, en terminant sa lettre, annonce que depuis 
plusieurs années il s'occupe d'une (juestion qui intéresse 
l'agriculture et l'industrie française, celle de la n'génération 
des Vers à soie. 11 ajoute que ses agents ont rapporté des 
provinces russes transcaucasiennes une quantité considé- 
rable de graine pour être répartie dans les déparlements séri- 
cicoles, et qu'il se {)ropose d'adresser procbainemenl à la 
Société une once de graines de Vers à soie qu'il a reçues du 
Japon, et sur lesquelles il fonde de grandes espérances. 

— M. le docteur Sacc, par une lettre datée de Barcelone, 
le 19 janvier, transmet de nouveaux documents qui lui ont été 
adressés par notre zélé confrère M. Bataille, de Cayenne. Ces 
documents sont particulièrement relatifs aux projets exposés 
par M. Bataille, dans un rappuit spécial sur la déportation à 
la Guyane. Notre confrère y a joint une longue note d'objets 
provenant des pays indiens et des Tapouyes de la côte du 



PROCKS-VERBAUX. 53 

Brésil, pouvant intéresser la Société d'acclimatation. Il an- 
nonce, en outre, qu'il s'occupe de réunir une nouvelle collec- 
tion d'animaux, et qu'il a, entre autres, envoyé plusieurs 
agents dans les pays indiens à la reclierclie des Agamis. 

— M. Drouyn de Lhuys fait parvenir un compte rendu des 
Bulletins de la Société du jardin zoologiqae de Francfort, qui 
lui a été adressé de Vienne par M. Debains, secrétaire de l'am- 
bassadeur de France, et qui contient des détails intéressants 
sur des faits d'acclimatation en Allemagne. (Yoy. ^\x Bulletin.) 

— S. Exe. le Ministre de l'agriculture transmet au Conseil 
une lettre de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord , ((ui 
renferme une liste des végétaux et des animaux que la section 
d'acclimatation de cette Société désirerait obtenir pour en 
tenter l'introduction en Bretagne. 

— M. le président de cette Société fait remarquer les con- 
ditions climatiques exceptionnelles dans lesquelles elle se 
trouve, et qui lui paraissent très favorables aux expériences 
qu'elle se propose d'entreprendre. 

— M. Millet communique la première partie de ses recher- 
ches sur l'influence réelle du rnàle et de la femelle sur la gé- 
nération des Poissons. 

— M. A. Gelot écrit, à la date du 16 janvier, pour prier la 
Société de lui réserver, sur le troupeau de Moutons Omj-tl 
qu'elle doit faire venir prochainement de Chine, un lot d'une 
douzaine de têtes afin de tenter l'introduction de cette précieuse 
race dans la République du Paraguay. • - 

Notre confrère adresse en même temps un échantillon de 
toison provenant de Chèvres d'Angora élevées dans les envi- 
rons de Montevideo. De l'examen de cet échantUlon, il ré- 
sulte que la Chèvre d'Angora importée depuis peu d'années 
dans l'Uruguay, où elle semble s'être déjà propagée, n'a perdu 
aucune des qualités qui en font le mérite. 

— S. Exe. M. le Ministre des affaires étrangères annonce 
l'envoi à la Société de cocons et de graines de Ver à soie 
sauvage du Chêne (Ya-ma-maï) du Japon, rapportés en Eu- 
rope par M. Pompe van Meert der Woort, officier de santé de 
la marine néerlandaise. 



5i SOCIÉTÉ IMPÉRIALE zooLor.inrE d'acclimatation. 

-.: — Une lettre de S. Exe. M. le Minisire de l'agriculture' fait 

également connaître l'envoi de graines de la même espèce et 

de la même provenance, que S. E\c. vent bien ofïrir à la Soeiélé. 

Des remercînients seront adressés à LL. EE. et à notre 

généreux collègue M. van Meert der Woort. 

— M. Guérin-Méneville, à qui le Conseil a confié le soin de 
prendre les mesures nécessaires pour assurer, autant que pos- 
sible, le succès des expériences auxquelles ces précieux pro- 
duits doivent être soumis, fait observer que les cocons qui 
renfermaient des Clienilles vivantes au départ sont arrivés 
-dans un état de décomposition tel, que tous les insectes sont 
morts dans leur enveloppe. Il n'en est heureusement pas de 
même des œufs. Malgré la longueur du voyage, ces œufs se 
sont trouvés bien conservés, mais dans un état très avancé 
d'incu])ation. On sait que l'Ya-ma-maï se nourrit de feuilles de 
Chêne. M. Guérin-Méneville s'est donc empressé de s'adresser 
à plusieurs de nos collègues des contrées méridionales, pour 
les prier de bàler, par tous les moyens possibles, la végéta- 
tion déjeunes Chênes qui puissent servir de nourriture aux 
Vers. A cette occasion, M. Cosson donne (pielques rensei- 
gnements sur certains procédés de grefté des Chênes, (jui 
pourraient être utilisés dans ces circonstances et sur lesquels 
il se propose de remettre une note plus complète. 

— MM-Maumenet, Léon Maurice, Charles Baltet, et Cornay, 
de Paris, font parvenir des renseignements sur les résultats de 
leurs éducations expérimentales [de Vers à soie de l'Allante, 
qui n'ont pas eu tout le succès que nos collègues en espéraient. 
La lettre de M. Cornay contient, en outre, des observations 
sur le mode d'envoi des graines de Vers à soie, auquel il pro- 
pose d'apporter certaines modifications. , 

— • M. Bœufvé, gérant du consulat de France à Liverpool, 
en annonçant à la Société la réexpédition de trois caisses de 
plantes et graines du Canada envoyées par M. Gauldrée- 
Boilleau, fait remarquer que les Compagnies de transport, 
tant de Québec à Liverpool que de Liverpool au Havre, ont 
eu la généreuse intention de se charger d'amener gratuite- 
ment ces objets. — Des remerciments seront transmis au nom 



■■"■" PROCÈS-VERHAUX. ' 55 

de la Société aux directeurs de ces Compagnies, M. Mac Yver, 
à Liverpnol, et M. Currie, du Havre. 

— Une lettre de M. le marquis de Fournés, datée de 
Hemoulins (Gard), le H janvier, contient le passage suivant 
que nous croyons devoir en extraire : - 

- « Mon séjour dans ce pays-ci me convainc de plus en plus 
de la facilité de l'acclimatation du Cotonnier dans les plaines 
d'alluvion de la Provence. Nous venons d'avoir une année 
détestable, et cependant le coton de notre récolte surpasse 
encore en qualité nos produits de l'année dernière. En ré- 
ponse à une lettre accompagnée d'échantillons que je soumet- 
tais à leur jugement, MM. Schlumberger, de Guehwiller, 
viennent de me répondre qu.^ abstraction faite de l'égrenage 
non encore effectue, et qid devra être l'objet de tons nos 
soins (nous le ferons à la main, faute de machine), notre 
coton longue soie nouveau peut être évalué à 10 francs le 
kilogramme, etnotre courte soie (chose inespérée poumons) 
à francs 50 centimes le kilogramme. Ces résultats sont fort 
encourageants et dépassent notre attente. Nous espérons que 
cette année un assez grand nombre de propriétaires de Yau- 
cluse et du Gard suivront notre exemple. La Société d'agri- 
culture d'Avignon, sous l'impulsion de son président, M. le 
marquis de l'Espine, entre résolument dans ce mouvement, » 
■ — M, le Président, à propos de la difficulté d'égrenage du 
coton dont vient de parler M. le marquis de Fournés, fait remar- 
quer qu'il a été présenté récemment à la Société impériale 
et centrale d'agriculture une machine à égrener le coton, 
qui semble appelée à rendre de très grands services. 

— M. de Milly, notre confrère, présente à l'assemblée un 
Piapport sur une éducation de Bombyx Cynthia et sur la cul- 
ture de l'Allante, à Canenx (Landes). (Voy. au Bulletin.) 

— M. Aube dépose une Note sur les résultats qu'il a obtenus 
dans la culture de l'Igname de Chine par semis de graines. 

— M. le Président dépose sur le bureau des exemplaires 
de divers journaux, le Siècle, \eToulonnais, etc., renfermant 
des articles relatifs aux travaux de la Société. 

— M. L. Forgemol, commandant supérieur du cercle de 



56 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATÂTION. 

Biskra (Algérie), accuse réception des tiges de Mandioca et 
à'Aijnm qui lui ont été envoyées par la Société. 

— D'autres demandes de graines sont également adressées 
par divers membres, et entre autres par M. Emile Thomas, qui 
vient d'organiser à Nice un établissement horticole dans lequel 
il a l'intention de se livrer à des expériences pratiques d'ac- 
climatation sur une certaine échelle. 

— M. le Président annonce à l'assemblée que le petit trou- 
peau de Chèvres d'Angora offert à la Société d'acclimatation 
de Victoria (Australie) vient de partir sous la conduite d'une 
personne expérimentée, envoyée par notre honorable collègue 
M. Wilson ; que le Jardin d'acclimatation a joint à ces Chèvres 
une collection assez nombreuse d'animaux de diverses espè- 
ces, et que cette expédition a été faite avec tous les soins 
propres à en assurer le succès. 

— M. le docteur Pigeaux, après avoir exprimé le regret 
sincère partagé par tous nos collègues, qu'il éprouve de l'in- 
succès de la tentative d'acclimatation des Éponges de Syrie 
sur nos côtes méditerranéennes, émet l'opinion que cet in- 
succès peut être attribué au défaut d'instructions suffisantes 
remises à M. Lamiral. M. Pigeaux pense donc qu'il eût pu être 
utile de soumettre à la section de pisciculture l'étude de ce 
projet. Notre honorable confrère entre ensuite dans quelques 
détails en vue de justifier son opinion, et demande qu'à l'ave- 
nir les sections soient appelées à examiner, chacune en ce 
qui la concernera, les projets analogues que pourrait former 
la Société. Cette proposition est renvoyée au Conseil. 

— M. Leroy, d'Angers, à qui la Société avait fait part du 
désir exprimé par le gouvernement brésilien d'obtenir des 
semences et des greffes des meilleures espèces de Marronniers 
comestibles, écrit pour assurer de ses bienveillantes disposi- 
tions, et s'engage à réunir une collection de ces espèces. 

Le Secrétaire des séances^ 

L. SOUBEIRAN. 



III. BULLETIN MENSUEL DES CONFÉRENCES ET LECTURES. 



CONFÉRENCE DU 25 DÉCEMBRE 1862. 
Des oroisoments, par M. P.UFZ DE Lavison. 

La nature est lerliamp des manifcstalions do la puissance divine; l'art est 
le domaine de l'iiounne, le champ des manifeslations de l'activité humaine. 
Dieu a créé la matière, ce qui paraît être le comble de la souveraine puissance 
qu'il s'est réservée, et au delà de laquelle nous ne pouvons concevoir rien 
de plus grand. Il a concédé à l'homme la faculté de changer, de transposer, 
de modifier la matière, ce qui paraît être, après la puissance de créer, la 
plus grande concession de puissance qui put être faite en dehors de la puis- 
sance divine. Ces deux facultés de créer et de modifier la matière, quoique 
si différentes dans leur essence, lorsque nous les considérons dans la sphère 
de leurs applications, sont pour ainsi dire collatérales, se développent parallèle- 
ment, sans qu'on puisse les mesurer, et vont se perdre également dans Tin- 
fini. Car, qu'est-ce que modifier la matière? N'est-ce pas lui imprimer toutes 
les formes et toutes les dimensions que lui ont données nos industries passées, 
présentes et futures, c'est-à-dire toutes les possibilités de l'art ? Vous voyez donc 
que la puissance de modifier la matière est aussi une infinité comme celle 
de la créer. C'est donc un très grand don que Dieu a fait à l'homme, que 
celui de pouvoir modifier la matière ! 

Assurément il est beau, d'un bloc de marbre brut et informe, de tirer une 
de ces statues qui sont l'image de la force ou de la beauté ; il est beau, par 
l'assemblage et l'agencement de pierres grossières et comme dispersées au 
hasard dans la nature, de bâtir un palais qui s'appelle le Louvre, ou 
ces villes qui sont Londres ou Paris. Mais voici quelque chose de plus grand 
et de plus fort, c'est de pouvoir modifier la matière vivante, c'est la faculté 
de porter la main sur les corps organisés, de façonner à notre gré ers ma- 
chines compliquées qui semblent être l'effet d'une pensée particulière, si par- 
faites, que leur auteur seul paraîtrait devoir être capable d'y toucher, comme 
en ayant seul le secret. 

Cet art de modifier la matière vivante est cependant bien réel et bien au 
pouvoir de l'homme! Suivant qu'il s'applique au monde végétal ou animal, 
c'est l'agriculture ou le jardinage, l'éducation, ou dans un sens moins élevé, 
l'élevage et la domestication, lorsqu'il ne s'agit point de l'homme, mais des 
animaux placés au-dessous de l'homme. « Les modifications, dit M. Flourens, 
que les animaux ont subies en passant de l'état sauvage à l'état domestique 
porlent la trace manifeste de l'intervention de l'homme; il les a bien évi- 
denunent ramenées à son utilité particulière, à mesure que l'état social s'est 
développé. >> » La culture est aux plantes, dit M. deQuatrefages, ce que la do- 
mestication est aux animaux. » 

L'élevage des aniuiaux et la culture des plantes consistent en bien des 
moyens. C'est l'ensemble des modifications que nous pouvons leur imprimer. 
Nous pouvons les modifier par le climat, c'est-à-dire par la chaleur et la lu- 



58 SOCIÉTH IMPÉr.IALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 
niièie auxquelles nous les exposons ; par le sol danslecpiel ou sur lequel nous 
les plaçons, c'est-à-dire par la nourriliire et les soins que nous leur donnons, 
el par la source, c'est à-dire par les rejiroductcurs d'où nous les lirons. Cœlo, 
solo et 'parcntilnis, disait Linné. 

Les reproducteurs sont les parents naturels. C'est l'hérédité. Ou ce sont 
des parents choisis par nous, c'est alors le croisement. Le croisement est donc 
la procréation d'un nouvel être par l'union de d(>ux autres qui n'en sont 
pas ordinairenienl les auteurs naturels. « Les croisements, dit M. Isidore 
Geoffroy Saint-llilaire, sont un des exemples principaux de ce pouvoir presque 
sans limite exercé par Thonmie sur tout ce qui l'entoure. Acconqjlis sous le 
contrôle de la volonté de l'homme, ils sont depuis longtemps entrés dans la 
pratique journalière, ils constituent un des procédés les plus fréquemment 
employés pour améliorer, modiher, diversihcr les végétaux, aussi hien que 
les animaux, sur lesquels s'exerce l'industrie humaine. » « Pour obtenir, dit 
M. l'iourens, par le climat ou par la nourriture, ce que l'homme peut obtenir 
par le croisement, il faudrait une longue suite de siècles. » 

Le croisement est donc un des puissants moyens de modifier la matière 
vivante. 

El voilà comment le sujet de celte conférence commencée d'une manière 
si vague et si générale, s'est rétréci et précisé. Aiais tout restreint qu'il est, 
je crains qu'il ne soit encore disproportionné avec mon savoir et avec le peu 
de temps que nous avons aujourd'hui à lui consacrer. 

Lorsque nous jetons nos regards sur ces collections d'arbres qui s'appellent 
des forets, ou sur la diversité des animaux qui nous entourent, et que nous 
nous demandons pourquoi ces animaux et connnenl ces arbres se trouvent là 
où ils sont, nous arrivons par une 1res prompte, très sure et presque instinctive 
analyse, à reconnaître que chacun de ces arbres, chacun de ces animaux ont 
élé produits par d'aulres arbres par d'autres animaux semblables à eux, et à 
leur tour donne! ont naissance à d'aulres arhres el à d'autres animaux; que 
ce qui a lieu d'une génération à l'autre avait eu lieu de même entre les géné- 
valions précédentes, et aura lieu de même entre celles qui suivront. 

Ce rapport de descendance et de hlialion, celle similitude héréditaire des 
générations constitue l'espèce. ', 

Une espèce est donc l'ensemhle des êtres sortis d'une même souche ou de 
mêmes parents, et qui se ressemblenl entre eux : le mot espèce a donc dans 
le langage un sens absolu qui inqjlique à la fois l'idée d'une conformation 
spéciale et celle d'une origine spéciale. Le rapport de ressemblance, dans 
celte définition de l'espèce, n'est qu'accessoire ; le rapport de reproduction 
est seul un rapport fondamental. 

L'espèce esl donc (juelque chose de bien réel. C'est une abstraction, dit 
M Flourens, mais celle idée abstraite esl fondamentale. Elle a, si l'on peut 
parler ainsi, ses racines, la lilialion el la ressembliuice, dans la nature. C'est 
un axiome, une unilé, une de ces choses au delà desquelles l'espril humain 
ne va pas, maisdonl il se sert comme base de ses connaissances. 



BULLETIN MENSUEL DES CONFÉRENCES. ' '! 50 

La classification scienlilique iout entière : eml)ranchemcnls, ordres, classes, 
«enres, est en vue de l'espèce el l)àtiesur elle. L'espèce est l'axe, la base do 
l'histoire iialiirelle. ... 

Mais il n'y a pas qu'une seule espèce dans la nature; tons les êtres ne se 
ressemblent pas, et surtout ne naissent pas indiiréremmenl les uns des autres. 
Le second coupd'œil i)our ainsi dire jeté autour de nous, nous apprend que, 
conformi'iment à la délinilion que nous avons donnée de respèce,il y a plus 
d'une espèce, qu'il y a des suites d'êtres différents, coiume il y en a de sem- 
blables, p;u- conséquent des espèces différentes ; que ces espèces différentes 
sont multiples, nombreuses, inlinies même ; leur ensemble, leur réunion 
constitue l'universalité des choses. ....-• .:,■,': 

Pour nous reconnaître dans ce grand dédale des choses, et avec la multitude 
des espèces, nous les divisons suivant leui-s ressemblances et leurs dissem- 
blances, nous les rapprochons ou les écarlons les unes des autres. C'est ce 
qui s'appelle les coordonner^ les classifier. 

Ainsi, des espèces qui peuvent être rapprochées el reliées ensemble par 
([uelques points de ressendilance, nous formons des genres. Le genre n'est 
pas, à pro])rement pnrlor, un produit, un fait, un être de la nature, mais une 
composition, une abstraction de notre esprit, dans un but d'ordre et d'ar- 
rangement ; il ne repose pas sur le rapport de filiation. . . -■ ', ■ 
.. A propos de la composition du genre, pour savoir ce qui est genre et ce 
qui est espèce, la (hslinclion n'est pas toujours facile ; il y a à ce sujet, entre 
les naturalistes, bien des d('bats. Certaines espèces sont considérées par quel- 
ques-uns comme étant du même genre, et séparées par d'autres. Les uns y 
veulent voir les produits d'une même souche qui se sont modinés sous l'in- 
nuence du climat, de la nourriture et des autres circonstances qui ont pu 
agir sur eux dans le temps et dans l'espace. Les autres les considèrent comme 
des moules fixes el primitifs. Ce sont là les grandes questions qui s'agileat 
dans la science sous le titre d'unité el de nuilabilil(;' des espèces. . , 

Il y a des animaux qui sont tout à îa ibis genre el espèce, c'est lorsqu'ils 
sont uniques et assez distincts de tous les autres, pour qu'aucun ne puisse 
leur èlre rattaché. Tels sont ri'ïléphani, le llhinocéros, la (lirafo el l'ilonnue. 

De même que de plusieurs espèces nous formons des genres, par le même 
procédé, de plusieurs genres nous l'ornions des ordres, et de plusieurs ordres 
des classes, ou un règne, suivant l'étendue de notre appréciation. 

C'est là ce qui constitue la classilicalion scienlilique, disposition arlili- 
cielle au moyen de laquelle l'honnue cherche à se reconnaître et à s'orienter 
dans le dédale des choses, de la nature, qui l'environnent. ; 

Dans les divisions que nous venons de considérer nous avons suivi pour 
ainsi dire un ordre ascendant, dans lerjuel les lails ont été de plus larges 
en plus larges, de plus généraux en plus généraux. .Mais il existe un autre 
ordre que nous nommons descendant, dans lequel l'espèce n'est plus con- 
sidérée par sa face supérieure, mais, pour ainsi dire, par sa face inférieure, 
en se dédoublant et se rapetissant de plus en plus. Si semi)lables ([ne soient 
les individus qui composent une espèce, des individus frère? el so'urs, il est 



60 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'âCCLÏMATÀTION. 

facile de s'assurer qu'ils ne sont pas identiques, qu'on les peut distinguer les 
uns des autres, et que cette distinction se fait au moyen de dissemblances que 
l'on peut saisir entre eux. 

Or deux individus sortis d'une même espèce, et qui néanmoins laissent 
voir entre eux une dissemblance, si légère qu'elle soit, sont deux variétés. 

La tendance à varier est incontestable. Nous voyons deux frères différer 
par la taille, par la coloration des clieveux, etc. Ce sont là des touches ac- 
cessoires, dit Bullbn. Aucun individu ne ressemble parfaitement à un autre. 
Aucune espèce n'existe sans un grand nombre de variétés. 

Alaintenant, suivant que la variété est indi\iduelle, mobile, susceptible de 
ne se produire qu'une fois; ou suivant que les caractères qui la constituent 
sont lixes, transmissibles par la génération , c'est-à-dire susceptibles de se 
reproduire dans la lilialion, suivant une même lignée à laquelle elle impri- 
mera son cachet, nous avons la variété simple ou la race. 

La variété implique toujours l'idée d'une descendance comnume, mais 
sans transmission héréditaire. La race est une variété confirmée, stéi'éotypée, 
fixe. INous entendons par fixité la perpétuation spontanée d'une race, soit 
naturelle, soit artiliciellement créée par l'homme. 

Lorsque la race est assez importante, assez étendue par le nombre des 
individus qui la représentent, on lui donne le nom de sous-espèce. En 
réalité, les races, comme les variétés, sont toujours des émanations de l'es- 
pèce. Une origine accidentelle est toujours le caractère de la race et des 
variétés, l'origine primitive celui de l'espèce. 

Au-dessous des variétés la science ne reconnaît que des individus, et bien 
qu'il existe encore entre individus des diflérences légères qu'on peut 
appeler différences individuelles, les classifications n'en tiennent pas compte, 
et ne vont pas au delà. 

Ainsi le règne en haut et l'individu en bas sont les deux termes de tout 
classification scientifique, dont l'espèce est le point central et générateur. 

J'ai l'air, ÎNIessieurs, de faire une bien longue digression et d'être bien 
loin de mon sujet, les croisements. .Mais vous reconnaîtrez bientôt, je l'es- 
père, qu'en prenant ce chemin que vous me permettrez d'appeler des éco- 
liers, je me suis bien approché du but où nous devons atteindre. N'est-il 
pas vrai que dans toutes questions il faut avant tout s'entendre sur les termes 
que l'on va employer. Le précepte en est élémentaire. Définissez les termes, 
définissez les termes, s'écrie Locke ; toute question bien définie est aux trois 
quarts résolue. Vous allez voir en effet que si j'ai pu \ous faire bien com- 
pren(he la signification de ces mots: genre, espèce, race, la question du 
croisement est aux trois quarts traitée. 

Car, qu'est-ce que le croisement? C'est l'union, c'est le mariage de deux 
êtres qui, dans l'ordre ordinaire, ne se réunissent pas ensemble pour se re- 
produire: union essentiellement accidentelle et artificielle. 

Or, dans la classification des êtres que nous venons de parcourir, quels sont 
ceux susceptibles de pareilles unions? l'.éunirons-nousdes êtres d'un règne avec 
ceux d'un autre? Est-il possible de croiser un minéral avec un végétal, ou 



BULLETIN MENSUEL DES CONFÉRENCES. 61 

bien avec un animal ! Si loin qu'ait été rinibécillité de l'esprit humain, on 
peut dire que de pareilles croyances n'ont jamais été sérieuses, et si, dans la 
première mythologie, on trouve, comme dans le poëme des Métamorphoses 
d'Ovide, que des honunes soient sortis de pierres, c'est une sorte d'inter- 
vention surnaturelle, pour suppléer à notre ij,Miorance et à l'impossibilité de 
remonter au delà : et de nos jours surtout, la fable de Déucalion et de 
Pyrrha n'est considérée que connne une fable. 

Nous pouvons certainement en dire autant des croisements des êtres pris 
entre deux ordres différents; il serait tout aussi puéril d'examiner les fables 
qui ont pu être débitées sur l'union des mammifères et des oiseaux, 
de Léda avec un cygne, ou d'Europe avec un taureau. Si sceptique que l'on 
soit, fùt-on l'yrrhon lui-même, il y a de ces choses dont on ne saurait 
douter. 

Mais en est-il de même des croisements entre des êtres de deux genres 
différents ? Est-il impossible que parmi les mammifères ou entre oiseaux 
fje choisis ces deux ordres parce que ce sont ceux qui sont le plus sous notre 
observation), cstil impossible qu'il y ait croisement entre l'Éléphant et le 
Lion, le Bœuf et le Cheval, ou bien entre un passereau et un oiseau de proie, 
ou entre un palmipède et un gallinacé! De pareilles unions n'ont-elles été 
jamais vues ou crues. Il est hors de toute contestation qu'en parcourant les 
annales de l'esprit humain, on trouve de pareils faits imprimés, affirmés et 
confirmés par des noms de lapins grande autorité ; à de certaines époques la 
croyance en a été générale, publique, arlicle de foi. Ainsi, dans cette période 
de temps désignés sous le nom de moyen âge, sans remonter plus haut, on 
trouve cette croyance presque à chaque pas, dans les mœurs, dans la religion, 
dans les lois. A Avignon, en 15Zi3, on brûla publiquement une femme dont 
l'enfant avait paru tenir du Chien par quelques traits de conformation, et 
le produit de cette union fut réuni sur le bûcher au père et à la mère. Il 
existe là -dessus un livre fort curieux, Lii.et.us de monstris, où des faits 
semblables et en grand nombre sont très doctoralenient relatés. Il n'y a pas 
si longtemps que Héaunun',oui, iîéaumur lui-même, décrivait avec complai- 
sance les amours d'un Coq et d'un Lapin, et qu'il espérait en voir naître ou 
des Toulels vêtus de poils, ou des Lapins couverts de plumes. On a cru à 
l'union féconde du Sanglier et de la Chamelle. On a admis l'existence d'hy- 
brides de Coq et de Cane, de Singe et de Chienne. Une foule de faits sem- 
blables sont contresignés, je le répète, par les noms les plus respectés, par 
Haller, le grand Ilaller lui-môme, par Blumenbacli, par ^lorton. Locke as- 
sure avoir vu un métis de Chat et de Rat. Beaucoup de ces êtres qui son 
aujourd'hui étudiés comme des êtres très normaux, sous le titre de mons- 
truosités, étude dont M. Is. Geoffroy Saint-IIilairc a fait une des belles 
branches de l'histoire naturelle, sous la désignation de tératologie, beaucoup 
de ces êtres passaient pour le résultat de ces unions extraordinaires et comme 
œuvres du démon ; leur apparition était souvent considi-rée connne le pré- 
sage de quelque grand malheur public. Ou'est-ce qui n'a pas entendu 
parler des cinq produits mixtes de solipèdes et de ruminants, connus sous 



62 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D'ACCLIMATATION. 
lo 11(1111 dcjumarts, par exemple du produit de la Jument et du Taureau. On 
a été jusqu'à prétendre qu'il n'est pas rare dans lo Piémont et dans le Dau- 
phiné, et le savant vétérinaire Bonrgelat, le fondateur de l'École d'Alfort, dit 
l'avoir disséqué. 

Aujourd'liui, après rexpérience de plusd'un siècle de recherches sévères, 
après des enquêtes qui ne se sont i)as arrêtées à des assertions, mais qui sont 
remontées à la source de ces faits extraoïdinaires, on est arrivé, d'exclusion 
en exclusion, à considérer tous ces faits comiiiC des faits mal interprétés et 
fabuleux. 

Il ne faut pas confondre le simple rapi)rochenicnt de deux animaux avec 
leur croisement véritable; il n'est pas rare que sous la contrainte et à cause 
des privations de la domesticité, des animaux les plus divers se soient rappro- 
chés pour satisfaire aux pressants besoins du sens génital. .Mais ces actes 
contre nature ne sont pas des croisements; pour qu'il y ait croisement, il 
faut qu'il y ait produit. 

« Mais, dit M. Geoffroy Saint-Hiiaire, si les anciens, les auteurs du moyen 
âge et quelquesmoderncs ont poussé jusqu'aux dernières limites la crédulité 
à l'égard du métis, n'aurait-on pas de nos jours exagéré le scepticisme? Est- 
ce à bon droit qu'après toutes les éliminations incontestables, après le rt'jet des 
métis entre les ordres et les genres dilîérents, on est.vcnu encore à rétrécir le 
champ de la génération hybride, cl à ne laisser place qu'à de rares exemples 
observésdansdescirconstances exceptionnelles? C'est Cuvier, ajoute M. G eoffroy 
Sainl-Ililaire, qui a fait préwiloir dans notre siècle ces vues nouvelles. La 
limitation du phénomène de Thybridité à un très petit nombre de cas lui a 
paru une conséquence presque nécessaire de la doctrine de la iixité et de 
l'immutabilité de l'espèce, soutenue par lui; il n'a pas hésité non-seulement 
à tirer cette conséquence, mais même à njeler en dehors de l'ordre de la 
nature les naissanceshy brides et même les unions mixtes dont elles nssortent. » 

«:Nous ignorons, disait lîonnet, quelle latitude on doit accorder à la fécon- 
dité dos unions hybrides, et l'expérience seule peut nous la faire connaître. » 

Aussi à cette question du croisement se rattachent les jjIus hautes questions 
de l'histoire naturelle. C'est le cliunq) de bataille, dit M. Floureus, de la philo- 
sophie moderne des s-xidices naturelles. 

Nous venons de voir ce qu'il faut penser des croisements entre deux ordres 
dilférenis et même entre deux genres dilîérents; mais les croisements entre 
espèces différentes d'un même genre sont-ils aussi contestés? il ne faudra 
pas chercher longtemps pour répondre à cette question, il y a un fait vulgaire 
qui la tranche : c'est l'existence du mulet. Tout le monde sait que l'on appelle 
vulgairement ainsi le produit de l'Ane et de la Jument, et bardot le produit plus 
rare de l'Anesse et du Cheval. Or l'Ane et le Cheval sont deux espèces dilfé- 
rentcs. Leur union est le type de ces sortes de croisements; en p.ucourantla 
liste des espèces, il est hors de doute cependant que l'on trouve d'autres faits 
semblables. Ainsi, dans le genre Chien, on trouve des produits du Chien avec 
la Louve et du Chacal avec le Chien. La Chèvre se croise avec la Brebis. 11 
existait chez les anciens toute une classe de produits semblables, presque aussi 



BULLETIN MENSUEL DES CONFÉRENCES. 63 

communs qiio les niulets de TAne et du Cheval, et désignés sous le nom de 
viasmons et de tityres. Ces mulets delà Chèvre et du Bélier existent encore 
au Chili, où, dit-on, on en tire une fourrure très recherciiée pour la sellerie, 
et connue dans le connnerce sous le nom de pellones. Vous n'êtes p;is sans 
avoir entendu parler de Tunioii du Lièvre et du Lapin, qui s'opère, dit-on, sur 
une grande échelle au\ environs d'Angoulèmc. Mais rinventeur, M. Houx, ne 
livre ses produits que morts, au marché, afin de ne pas divulguer le procédé 
par lequel il est parvenu à les obtenir. Je vous dirai, à ce sujet, que j'ai plu- 
sieurs fois écrit à AI. Houx , afin d'avoir un spécimen vivant de ses croise- 
ments, et de le faire voir au public dans ce jardin, mais je n'ai jamais pu 
on obtenir une réponse. iMais M. le docteur Broca, qui a été lui-même à 
Angoulème pour vérifier le lait, en a donné assez de détails pour qu'on ne 
puisse pas en douter (1). 

On cite encore un assez bon nombre de croisements obtenus entre espèces 
diliércntcs d'un même genre, soit parmi les Mammifères, les Oiseaux, et 
même parmi les Poissons et les Insectes. Tel est le produit obtenu entre la 
Truite et le Saumon, et celui du croisement des Vers à soie de l'Ailantc et 
du Ver à soie du Hicin. 

Un grand naturaliste, Pallas, a inèmebasé sur ces sortes de croisements toute 
une diéorie touchant l'origine des animaux domestiques. 11 veut que cette 
origine soit artificielle, et que tous nos animaux domestiques ne soient que 
des métis produits du croisement des espèces sauvages. Ainsi toutes nos 
variétés de Chiens seraient dues au croisement d'une espèce Chien avec ses 
congénères Loup, Henard, Chacal et Hyène, Ce serait nous engager dans une 
trop longue digression que d'examiner cette partie de la question qui nous 
occupe. ■ 

Un premier résidiat nous frappe lorsque nous nous livrons à cette recher- 
che des produits du croisement entre espèces diverses du même genre. C'est 
la rareté de ces produits entre espèces sauvages, non-seulement dans le règne 
animal, mais même dans le règne végétal ; car il est bien constaté que la loi 
qui préside aux croisements est exactement la même pour les végétaux 
connue })our les animaux. Ce qni se dit des uns est exactement applicable 
aux autres. Ainsi, dans la nature, malgré la facilité et la multiplicité des 
moyens de transport du pollen d'une fleur à une autre , malgré la facilité 
cfe rencontre des animaux sauvages dans la liberté des forêts, les unions 
entre espèces sauvages dilTérentes d'un même genre sont considérées comme 
tout aussi fabuleuses que celles entre genres différents. Tous les produits 
admis comme tels dans des temps où la critique scientifique était trop facile, 
sont aujourd'hui contestés ; ils n'ont été admis ainsi que sur des ressem- 
blances fortuites, et sans qu'on ait pu jamais remonter à leurs origines. C'est 

(Il 11 a été Jepuis duniié au Jardin, par M. .Jean Reynaud, deux paires de Lapins qu'il nous 
as^urc cire des juoduils Je la seconde généralion d'un des croisenicnls obtenus par M. P.onx. 
Ces produits ont la couleur, lo chanfrein et (pielrpie peu de la physionomie du Lièvre ; mais i's 
ressemblent beaucoup plus à des La[iins. Leur poil très long et soyeux nous fait penser qu'il doit 
y entrer du Lapin d'Angora. (Voyez, dans le mémoire de M. Bioca, les soins à prendre pour 
obtenir CCS croisements do Lièvre et de Lapin.) ■ ■ ; ■ 



64 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

ainsi que I\L do Candolle, et en général les botanistes modernes, ne voient que 
des variétés dans un grand noiuijie de plantes admises comme hybrides j)ar 
Linné et son école ; ils n'admettent Thybridité dans le monde végétal qu'à 
titre de théorie, et non à titre de fait expérimental. Et M. Valenciennes, Thommo 
qui connaît le mieux les Poissons, a rejeté comme hybrides tous ceux qu'on lui 
a présentés comme tels : ils ne sont à ses yeux que des espèces distinctes qu'on 
n'a pas su encore caractériser. 

Tous les croisements entre espèces ditlérentes d'un même genre qui ont 
été obtenus jusqu'à présent, l'ont été sous la contrainte de la captivité et de 
la domestication, entre animaux trompés, pour ainsi dire, par les artilices de 
l'homme, pressés par les privations imposées au sens génital, et se laissant 
aller à ces unions perverses pour satisfaire aux besoins impérieux de la 
nature. Tellessont ces unions entre un Tigre et une Lionne observées à Londres 
dans une ménagerie ambulante, entre la Louve et le Chien, etc., etc. La liste 
de ces sortes de croisements peut s'étendre encore. ^\. Isidore GeolFroy Saint- 
Ililaire s'est appliqué à rassembler tous les faits connus de ce genre, afin de 
les opposer à l'école de Cuvier, qui avait été peut-être trop absolu et trop 
aflirmatif en déclarant ces sortes d'unions impossibles. Mais, je le répèle, tous 
les faits semblables que l'on peut citer sont pris entre animaux captifs ou 
domestiques, et les croisements entre espèces d'un même genre, même à 
l'état de domesticité, sont exceptionnels. On ne les obtient qu'entre espèces 
les plus rapprochées, c'est-à-dire qui ont le plus de points de similitude entre 
elles, dans certaines conditions et dans certains climats. Tels sont les croi- 
sements obtenus entre l'Ane et la Jument, enire le Bouc et la Brebis. 

Même dans ces croisements obtenus par force, la nature témoigne sa répu- 
gnance à les produire, en leur refusant la fécondité, c'est-à-dire la faculté de 
se perpétuer dans les formes nouvelles que leur a imprimées le croisement. 
La fécondité bornée est leur caractère dislinctif. Si l'on a pu citer quelques 
cas où celte infécondité a pu être franchie par surprise ; si l'on parle de 
quelques cas de mulets nés de mulets, d'abord ces faits sont rares, d'une 
authenticité pour la plupart contestable, et très certainement, si une première 
génération a pu être obtenue, elle n'a point passé la troisième ni la qua- 
trième, de manière à permettre à une espèce nouvelle de se former lixement 
du produit du croisement entre espèces d'un genre différent. 

La difficulté des croisements entre espèces différentes, l'inféconditt' (le 
ces croisements, paraissent être une double précaution prise par la nature 
pour empêcher que son œuvre ne soit troublt-e. Le transport fortuit du 
pollen, ou poussière féconde, d'une plante à une autre, est un fait connu; 
le vent, les oiseaux, les insectes et la main de l'homme en sont les agents. 
On en voit le tourbillonnement dans un rayon de lumière. Les animaux qui 
habiten lies forêts, les oiseaux qui volent dans l'air, jouissent de la plus grande 
jiberlé de s'approcher et de se joindre. S'il n'y avait pas entre les espèces diffé- 
rentes, soit du monde végétal, soit du monde animal, une barrière, une 
répulsion naturelle qui les empêche de se joindre et de se croiser aux premières 
enconircs, il en résulterait dans la nature une promiscuité qui bouleverserait 



BULLETIN MEiNSUEL DES CONFÉRENCES. 05 

IViMix 10 (le Dieu, ou du moins lui imprinieniil de telles varidtiwns cl une lelle 
mobilité, que Icmoiulc changenut de face à chaque iiislani, cl qu'il n'y aurait 
pas deux générations qui se ressembleraient. 

Ceci, je le sais, est une considération de cause linaie. .l'en sens tout le dan- 
ger. Je sais combien il est dangereux de faire intervenir Dieu, et de fermer 
la bouche à la science humaine; mais la prétention de se passer de Dieu 
dans l'explication de son œuvre, la science athée, plail encore moins à mon 
esprit. C'est priver l'esprit de son i)lus grand charme, que de lui- soustraire 
ces contemplations, ces extases où nous jette l'aspect de quelques uns des 
liens qui unissent la terre au ciel : sous prétexte, sous orgueil de l'agrandir, 
c'est amoindrir et rapetisser l'humanité, c'est lui couper les ailes. 

Jusqu'à présent nous avons considéré les croisements dans les divisions 
supérieures de l'espèce ; maintenant il nous les faut considérer entre les divi- 
sions inférieures, c'est-à-dire entre les races, lîappclez-vous bien ce qu'il faut 
entendre par races. Vous avez vu que l'espèce se dédoublait en quelque sorte 
pour la formation des races. Sous l'influence de causes que nous ne pouvons 
examiner ici, mais qu'il suffit d'énoncer pour vous en faire comprendre l'ac- 
tion ; sous l'intluence du climat, de la nourriture et des diverses impres- 
sions reçues parles parents, les divers produits d'une même espèce peuvent 
être assez profondément modifiés pour que, tout en provenant de la môme 
fdiation , ils présentent entre eux de notables diflerences. Ce sont ces dis- 
semblances qui constituent les races; et je vous ai dit que la race était fixe 
lorsque les dissemblances se perpétuaient par l'hérédité. 

Donc, des races restreintes et peu nombreuses à l'origine de l'espèce ont 
pu, dans la suite des temps, en vertu de la loi de l'hérédité, se multiplier et 
devenir très diverses par les modifications qu'elles ont reçues. Or, nous avons 
vu que le croisement est une des sources de ces modifications. L'expérience 
nous apprend qu'autant le croisement entre espèces est rare et difficile à 
obtenir, autant, entre races d'une même espèce, il est conunun et facile ; pour 
reconnaître cette vérité, il suffit de porter ses regards sur l'ensemble des 
races d'espèce quelconque des animaux qui nous entourent. Que de variétés 
de Chevaux, de Chiens, de Moutons, de Bœufs, de l'ouïes et de figeons, 
dans le cercle restreint d'un pays ou même d'une province! Si bien que 
lorsque le croisement des races est abandonné à la nature, sans choix et sans 
distinction, il en résulte des mélanges confus et sans nom d'animaux sans 
valeui', qui n'offrent que la moyenne de tous les défauts des races diverses 
qui ont concouru à leur formation : tels sont ces animaux vulgaires désignés 
sous le nom de Chiens de rues ou de Chats de gouttières; tel est, il faut le 
dire, le caractère des populations d'animaux qui font aujourd'hui presque 
jjartout le fond de la plupart des animaux domestiques au service de 
riionmie. Loin donc de pousser au croisement des races comme à celui de 
espèces, nous sommes obhgés de nous y opposer par tous les empêchements 
possibles. De là la nécessité d'avoir des lieux réservés, comme le Jardin d'ac- 
climatation pour la reproduction, afin de conserver la pureté des races cl d'en 
T. X. — Janvier et Fé\rier 1803. 5 



(iO SOCIÉTÉ IMPÉIIIÂLE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

prévenir la proniiscuilé. Voyez que de peines nous prenons ponr niaiiUenir 
celte pureté clos races. ']'ransportez-vous clevanl la poulerie ou devant la ber- 
gerie. Eh bien, nialg;ré les barrières de fci-, malgré la multiplicité des gar- 
diens et la vigilance des soins, il nous est très diflicile d'empêcher des rap- 
prochements involontaires et des mariages clandeslins entre nos races. Tous 
les éleveurs savent par expérience que la diOiculté n'est pas de croiser les 
races, mais de diriger à leur gré les croisements cl de conserver les races pures. 
D(^ là donc une grande différence entre les espèces et les races. Si nous ne 
pouvons créer des espèces , iious pouvons faire des races ; si les unes sont 
l'œuvre de Dieu, les autres résultent de la part d'action laissée à Thonnue 
sur la matière animale. 

On dislingue, par les mots de mulets, hyin-idcs et métis, les produits ré- 
sultant du croisement entre deux espèces d'un même genre, ou entre les 
races d'une même esj)èce. Pendant longtemps, el même encore aujourd'hui, 
par les personnes qui ne se font pas une idée très nette des mots espèce et 
race, ces mots mulets, hybrides et métis ont été employs's indistinctement 
l'un pour l'autre ; de là une très grande confusion dans toute cette matière. 
11 a fcillu la sévérité de nos méthodes actuelles pour assigner à chacun de ces 
mots une signification lixe. C'est grâce aux écrits de MM. Flourens, Isidore 
GeolJVoy Saint-llilaire et de Ouatretages, que la lumière s'est faite dans cette 
question, et c'est une sorte d'abrégé de leurs travaux que je viens de 
vous réciter. 

Aujourd'hui, il est bien arrêté que hybride, qui vient du mot grec OSpi;, 
c'est-à-dire union illicite, adultère, est appliqué aux produits des croise- 
ments entre espèces différentes. Le produit de l'Ane et de la Jument est un 
hybride. 

Métis, qui vient de metlsso, mot espagnol qui servait dans le nouveau 
monde à désigner le prodiùt du croisement des races humaines, est étendu 
aujourd'hui à tous les produits de croisement entre races. 

Mulet est un mot générique qui coiuprcud également les hybrides et les 
métis, et s'emploie surtout lorsqu'on veut parler de leur infécondité. 

Ce sont surtout les métis j)rovenant de deux races qui sont importants à 
considérer dans Thistoire naturelle appliquée. Presque foules nos bonnes 
races actuelles sont des métis. Les Moutons de la l>eaucc sont des métis de 
Mérinos; il y a du sang hollandais dans nos Vaches normandes, et du sang 
arabe dans le Cheval anglais. C'est donc par le métissage que l'homme exerce 
sur la matière animale celte puissance de la modifier qui lui a été départie. 
Mais il ne s'agit pas de croiser les races pour le plaisir de les croiser ; vous 
avez vu que ce n'est pas là le diflicile, que la chose se fait d'elle-même, sans 
notre intervention ; que nous sommes appelés à la réprimer plutôt qu'à 
l'exciter. JNous croisons les races pour les améliorer. Ceci exige dès lors une 
certaine élude, un choix, une régiemenlation dans les croisements ; car rien 
de bon ne nous est donné sans peine et sans travail. 

Ici nous entrons dans la parlie jH-atiquede la question du ci'oisenient. Et 



BULLETIN MEiNSUEL DES CONFÉRENCES, ()7 

d'abord ramélioration n'est réelle qu'autant que les modifications de confor- 
mation, d'aptitude ol)tenues sont suilisamnient conslaiites et fixes pour se 
transmettre par la génération, c'esl-à-dire quand la race est fixée. 

Toute variation intransmissible par héritage est sans importance. 

Lorsqu'on se li^re à la pratique des croisements, c'est dans le but d'ob- 
tenir un produit plus perfectionné, que celui qui serait provenu des repro- 
ducteurs naturels. De là donc la nécessité de choisir des reproducteurs qui 
aientlesquaiitésque l'on veut reproduire, etsurloul quinc soient pas contraires 
à celles des races avec lesquelles on les croise. ^ eut-on nn Cheval de course 
qui, dans un moment vonlu, soit capable de donner la i)lus grande dépense 
de forces, il faudra chercher son reproducteur dans la race anglaise, dont les 
(jualiti's pour la vitesse sont bien reconnues. Est-ce le Cheval de guerre 
capable de supporter de longues privations et de dures fatigues que vous 
voulez faire, gardez-vous du Ciieval augl.iis, dont l'ardeur est pour ainsi 
dire un feu de paille, qui exige beaucoup de soin et d'entretien, et ne résiste 
pas ù la durée des fatigues et des privations. C'est pourquoi, dans la guerre 
de Crimée, on a vu mourir les chevaux de la cavalerie anglaise dans une 
proportion bien autre que les chevaux français. Prenons un autre exemple 
dans la basse-cour. Voulez-vous croiser des volailles, gardez-vous d'appa- 
rier la l''léchoise avec le Crèvecœm', qui tous les deux sont pourtant de 
première quaUté. La l'oule de Crèvecœur a pour mérite principal de donner 
des poulets précoces bons à manger dans l'année même qui les a vus îiaître. 
Celle de la I*'lèche, au contraire, a celui de donner des poulets tardifs que 
vous serez fort ai.'-es de trouver en hiver, ou au commencement de l'année 
suivante, avant que la ponte nouvelle ait donné des poulets nouveaux. Gar- 
dez-vous donc décroiser des Pléchoises avec des Crèvecœur; car vous n'ob- 
tiendrez qu'une moyenne de ces volailles, qui n'auront point les (jualilés de 
leurs races primitives. 

Les bénélices que nous espérons des croisements, Tari que nous devons 
niettre pour les obtenir, consistent à perpétuer les qualités propres aux i-epro- 
ducteurs que nous employons. C'est ahisi que dans !e produit de l'ilémione 
et de l'Anesse, dont vous avez sous les yeux, dans ce Jardin, de si beaux 
.spécimens, avec la patience et la rusticité de l'Ane, on a eu la vitesse et la 
force de l'ilémione. 

Aous cultivons les animaux pour leur chair, pour leurs forces et pour les 
produits qu'ils fournissent à nos industries. C'est donc toujours en vue du 
résultat que l'on veut atteindre qu'il faut diriger les croisements. Les Uœufs 
faciles à engraisser, et dont la croi.ssance précoce fournit à la boucherie une 
ciiair aijondanle et succulente, ne soiit pas également propres au trait et au 
labour, et les Moutons à belle laiiie ne sont pas toujours les plus gros. Appa- 
riez, appariez donc les aptitudes! c'est là ce qu'on appelle aujourd'hui la 
spécificalion, . ^ ,. . 

Voulez-vous de belles formes dans le Cheval, n'accouplez pas des indivi- 
dus trop disproportionnés ou trop disparates ; autrement vous n'auriez que 



(58 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOiilQUE d'aCCLIMATATION. 

des bctcs décousues cl sans harmonie dans ce que les Anglais appellenl la 
performance. 

Pour ranimai donicsliquc, la beauté, c'est* Tétat qui le met en mesure de 
répondre à sa destination, beauté essentiellement relative et variable dans 
SCS caiactères, puisque cette destination varie suivant le genre de service que 
nous attendons des animaux. 

11 faut donc, en agriculture pratique, toujours connaître ses reproducteurs 
à l'avance, et ne jamais sacrifier à l'inconnu. Celle dernière manière de pro- 
céder peut être scienlilique, elle n'est jamais pratique. Les produits que Ton 
en obtient peuvent intéresser la curiosité, mais on risque de n'en pas tirer 
les avantages qu'on ru espère. 

Le choix des reproducteurs dans une même lignée, lorsqu'on écarte toutes 
les bètes défectueuses et que l'on ne conserve que les plus beaux individus 
qui présentent les caractères de la race, ce choix s'appelle la sélection, La 
sélection est donc la reproduction par les plus beaux individus de la même 
race. C'est le hrccdinçi in and in des Anglais. C'est le procédé auquel ils 
ont (lu le perfectionnement de toutes leurs races, et ([ui a été pratiqué par 
les lîakewell, les Collins et les Jonas Webb, dont l'Angleterre s'enorgueillit 
à juste titre. Mais la sélection est un procédé essentiellement lent ; c'est, dans 
sa signilication la plus simple, une application complète di' la loi do l'héré- 
dité parla double iniluence du père et de la mère. j\iais le croisement rému- 
nère mieux l'agriculteur, parce qu'il est plus prompt, plus économique et 
non moins sûr : il est certain que la subslilulion des Bœufs Durham, des 
Moutons Dishlcy et des Porcs Yorkshire, par voie de croisement, est préfé- 
rable à la lente sélection dans nos races inférieures de Brt'ufs, de Moutons et 
de Porcs. Le terme de la sélection n'a lieu que lorsque les races d'animaux 
sont arrivées à un certain degré de perfectionnement. Voilà p(unquoi la sélec- 
tion, qui donne de si beaux résultats en Angleterre, ne réussirait point aussi 
bien en France. 

Ces deux procédés, sélection et croisement, ne sont pas contraires l'un à 
l'autre, et doivent être employés concurremment, suivant l'occurrence. Le 
croisement donne de beaux individus; la sélection peut seule maintenir les 
belles races. Les métis résultant du croisement sont de mauvais reproduc- 
teurs. Personne n'ignore combien il est diûlcile de créer une race nouvelle, 
et surtout, suivant l'expression de M. Plourens, de l'empccher de se défaire. 
Cela est surtout vrai des races croisées. (Juelquc soin qu'on apporte dans la 
sélection des races croisées, c'est-à-dire dans le choix de leurs plus beaux 
reproducteurs, les i)roduiis ne passent guère une ou deux générations ; leurs 
caractères s'ellacent, la race disparait, et ce qui renail, c'est l'espèce. Cette 
force héréditaire qui ^e conserve au fond de toutes les races, et qui, quoi 
qu'on fasse pour l'anéantir, revient toujours à la surface et triomphe de tous 
nos elfovts et de toutes nos combinaisons, celte force est désignée dans la 
science sous le nom ù'atavisme. L'atavisme est donc la tendance à rexenir au 
type primitif, à reproduire le caractère des aïeux. Son action peut être sus- 



TlULLETIN MENSIîEI; DES CONFÉRENCES. (J9 

pendue pendant quelques générations; mais elle finit, lui ou tard, par repa- 
raître et par reprendre ses droit;^. 

Dans la doctrine des causes finales, doctrine à laquelle nous aimons tou- 
jours, autant que ])ossible, à nous rallier, l'atavisme peut être considéré 
comme une sorte (riiypo!iiè([ue légale prise par la nature sur la concession 
qu'elle a laissée à riiomme de pouvoir modifier les races, comme un droit 
de répétition et de rappel à l'ordre qu'elle s'est réservi'-. 

Une autre limite imposée à la faculté de modifier les races par la sélec- 
tion, moins favorable à la doctrine de la nécessité des croisements, c'est la 
dégénérescence qui parait résulter de la perpétuation des races par la con- 
sanguinité continue. Il est aujourd'hui assez généralement admis, parmi les 
éleveurs et les vétérinaires, que lorscpie l'on s'obstine à unir ensemble les 
individus d'une même race, les frères avec les sœurs, et même les parents du 
degré dit de cousins germains, il en résulte une dégén(''rescence de la race 
qui se traduit par l'inlV'condité, par des difformités, des infirmités et des 
monstruosités, dont l'une des plus curieuses serait l'albinisme chez les races 
dont le jjelage est d'une couleur foncée. 

Cette question des inconvénients de la consanguinité est, dans la science, 
l'objet des plus vives discussions, tant dans ses applications aux familles 
humaines qu'aux races animales. Je n'ai pas besoin de beaucoup insister 
pour faire ressortir ce (|u'elle a d'opposé à la doctrine de la sélection. Il est 
certain aujourd'hui (pie la plupart des vétérinaires donnent le précei)te de 
varier les reproducteurs et de ne point unir ensemble les animaux d'une 
même bergerie ni d'une même basse-cour. (Quelques médecins vont même 
jusqu'à provoquer l'intervention de la loi pour interdire les mariages con- 
sanguins; on dit même que cette interdiction a lieu dans l'État de roiii(», en 
Amérique. 

Je ne veux pas entrer dans un e\.ameii |)lus approfondi de cette question, 
et rechercher si l'on n'a pas souvent, dans les exemples invoqués contre la 
consanguinité, attribué à s(»n intluence ce qui était ou pouvait être le fait de 
l'héréditi' morbide ; ce serait nous engager dans une trop longue digression. 

l'résentement, nous nous en tiendrons à l'opinion de liulfon. « On sait, 
dit ce grand maître, par des expériences nulle fois répétées, qu'en croisant 
les races au lieu de les réunir, soit dans les animaux, soit dans riiomme, 
on ennoblit l'espèce, ( t (pie ce moyen seul peut la maintenir belle et même 
la perfectionner. » 

il est certain aussi que le croisement des races doit être un des moyens de 
rompre le cours des prédispositions morbides et des diathèses héréditaires. 

Ce qu'il y a de certain encore, c'est que, par le croisement des races ani- 
males, on obtient d'excellents produits industriels. 

Je finis comme j'ai commencé, en vous montrant que l'inlention bienveil- 
lante qui a présidé à la concession laite à l'homme de pouvoir modifier la 
matière animale est visible dans les résultats des croisements, (jui sont l'une 
des manifesialioiis de ce pouvoir; car c'est par les cinisemeuls (pie l'Iionmie 



s 



70 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

a obtenu qdclqiies-nns des meilleurs produits qu'il a appliqués à son usasse. 
La nature ne l'ait que des tleurs simples et des fruits aij;ros. » « Tous les fruits 
supérieurs de nos jardins, dit M. 'roussenel,sont des fruits métis ou bâtards 
provenant de fabrication humaine. » La nauire n'a pas fait la Pèche de Mon- 
treuil,ni le Chasselas de Fontainebleau ;^elle n'a pas fait le Blé, cette nourri- 
turc spéciale de l'homme. Le Blé est une plante que l'homme a tellement 
changée, perfectionnée, et qu'il perfectioiine chaque jour, qu'on ne le retrouve 
nulle p9rt dans la nature. On voit bien qu'il a quelque rapport avec l'ivraie, 
avec les gramens, avec les chiendents et quelques autres herbes des prairies, 
mais on ignor»; à laquelle de ces herbes on doit le rapporter. « Avoir trans- 
formé en Blé, dit Ballon, une ivraie stérile, n'est-ce pas une espèce de créa- 
tion. » Les meilleurs animaux pour nos usages sont les animaux domestiques. 
Ce n'est pas la nature (jui nous a donnt- les Breufs Durhani, les Moutons 
Dishiey, et les beaux Chevaux de race, etc., etc. Ces animaux, dans la 
nature, sont des monstruosités ; car on ne les obtient qu'en violentant la ma- 
tière animale, en lui donnant des formes et des qualités qu'elle ne prendrait 
pas d'elle- même, des jambes basses, une tète petite, des parties plus déve- 
loppées que d'autres, un embonpoint contre nature. Dans la classe des 
Oiseaux, quels sont nos meilleurs produits alimentaires? Ne sont-ce pas les 
poulets engraissés artiliciellcment ; les chapons, produits de l'art ; le Coquard, 
croisement du Faisan et de la Poule; le niulard, croisement du Canard de 
Barbarie cl de la Cane commune ? Je pourrais vous montrer également, parmi 
les Poissons, comment les meilleurs, les Saunions, les Truites, les Sterlets, les 
Huîtres, ont besoin de la science du croisement des races et de l'engraisse- 
ment des individus pour valoir tout leur prix. L'homme a doublé et triplé 
la taille de ces espèces et perfectionné leur saveur: telle est la porl('e de son 
action sur la nature, et le croisement des races est un des principaux, instru- 
ments de cette action, lleconnaissons rintonlion manifeste de Dieu , car la 
science est aussi une révélation divine ; reconnaissons l'intention de Dieu, qui 
en nous imposant le travail, car pas une de ces belles et bonnes choses dont 
je viens de vous parler, pas une ne s'oblient sans travail, et souvent sans un 
travail obstiné ; reconnaissons, dis-je, Tinlention suprême de notre Créateur, 
qui adonné au travail humain, dans ses produits mêmes, de si magnifiques 
récompenses. Ceci est encore, je le sais, toîuber dans les considérations de 
causes finales ; mais, je le répète, je l'avoue, j'aime les considé-rations de 
causes finales, « parce que, suivant la bi'lle expression de Hollin, elles nous 
rendent attentifs à la Providence. » 



;y. FAITS DIVERS ET EXTRAITS DE CORRESPONDANCE. 



Dons d'œufs de ^'er à soie du thène (Ya-nia-Miaï) dit Japon. 

Lettre ailrrssrc par S. Eœc. M. le Ministre des affaires étrangères 
aux membres du Conseil de la Sociélé. 

Pari^, le 10 janvier 18G3. 
Messiiiurs et chers collègues , 

M. Pompe vaii Meeil lier Wûort, officier de santé au service de la marine néer- 
landaise, et récemment arrivé du Japon, a remis au chargé d'afîaircs de France 
à la llave un bocal de verre renfermant des cocons et deux petites boîtes con- 
tenant de la graine de Vers à Soie, dont l'une est destinée à la Société d'accli- 
matation. C'est ù la demande du minisire de l'Empereur à Yedo, qu'il a pris la 
peine de recueillir et d'apporter ces échantillons en Europe. 

En me faisant parvenir tous ces objets emballés avec toutes les précautions 
indiquées, et que je m'empresse de vous transmctlre ci-joints, M. le baron de la 
Villestreux m'annonce le prochain envoi d'un traité sur les Vers à soie, origi- 
nairement écrit en japonais, et que M. Pompe van Meert der Woort a l'obligeance 
d'entreprendre de "traduire en français sur la version déjà publiée en langue 
hollandaise. 

Je saisis cette occasion, etc. DnouYN de Lhdvs. 



Lettre adressée par S. Exe. iV. le Ministre de C agriculture, 

du commerce et des travaux publics. 

Paris, le 17 janvier 1SC3. 
Monsieur le Président, 
J'ai l'honneur de vous annoncer que j'ai reçu de S. Exe. M. le Ministre des af- 
faires étrangères, une boîle de graines de Vers à soie provenant du Japon, et 
destinées à être expérimentées en France. 

J'ai disposé de ces graines en faveur de la Sociélé impériale zoologique d'ac- 
(dimatation, et je les ai fait remettre à M. Guérin-Méneville, qui veut bien se 
charger de diriger l'expérimentation. 
Recevez, etc. 

Le Âlinistre de l'agriculture, dit convv.crce el des li-avnxix puLlica, 

ROULA.ND. 



Don d'un tB'OHpcaii de Lasnas et d'iiSpacas 

FAIT A S. M. l'empereur PAR LE PRÉSIDENT DE L'ÉQUATEUR. 

Lettre adressée par S. Exe. M. le Ministre des affaires étrangères 
aux membres du Conseil de la Société. 

Paris, le 23 jiunior 1803. 
Messieurs et chers collègues. 
J'ai l'honneur de vous annoncer que, le président de l'Equateur ayant mani- 
festé au consul général et chargé d'affaires de France à Quito le désir de faire 
embarquer sur quelque bâtiment de guerre prêt à retourner en France un trou- 



72 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATÂTION. 

peau lie cinquante Lamas qu'il avait oITert à l'Empereur, etilnnt l'ofifre avait été 
acceptée par Sa Majesté, je me suis empressé de faire une démarche dans ce 
sens auprès de S. Esc. M. le Ministre de la marine et des colonies. Ainsi que 
vous le verrez parla copie ci-jointe de la réponse de mon collègue. M. le comte 
de Chasseloup-Laubat a accueilli avec faveur cette demande, et a transmis des 
ordres en conséquence à l'amiral commandant l'escadre française du Pacil^iue. 

J'ai eu soin, en même temps, d'adresser à M. Fabre la lettre dont vous trou- 
verez la copie également ci-annexée, et par lai|uelle j'ai invité cet agent à faire 
en sorte que le troupeau en question lût comjiosé, eu majeure partie, d'individus 
appartenant aux espèces dont l'introduction aurait le plus d'importance aux yeux 
du gouvernement de l'Empereur. 

Je suis heureux d'avoir à ajouter que M. Antonio Florès, ministre de l'Equa- 
teur à Paris, et membre de notre Société, vient de m'informer qu'il est appelé 
à Quito ])our y prendre possession du portefeuille des finances. Dans cette cir- 
constance, il a bien voulu se mettre à ma disposition pour surveiller personnel- 
lement la réalisation des intentions du président. Il se propose, à cet elTet, de 
s'entendre avec les autorités locales pour que le choix des animaux ait lieu dans 
les meilleures conditions, pour qu'ils soient amenés au lieu d'embarquement par 
des bergers exercés, et pour que ces derniers fournissent tous les renseignements 
nécessaires sur les soins à donner aux animaux pendant le voyage par mer. Il est 
tout disposé, en outre, à envoyer à la Société les divers autres animaux, piaules 
ou graines qu'on lui signalerait comme pouvant être l'objet de tentatives d'ac- 
climatation en France. 

Je viens donc vous engager, messieurs et cliers collègues, à faire préparer les 
instructions dont M. Antonio Florès voudrait être muni, et à vouloir bien me les 
faire parvenir le plus promplement possible, afin que je puisse les lui remettre 
avant son départ. 

Veuillez agréer, etc. Drouyn ue Lhuys. 



Leitre adressée par S. Exe. M. le Ministre de la marine et des colonies 
à S. Exe. M. le Ministre des affaires étrangères. 

Pari?, !i' -15 janvier 1S03. 
Monsieur le Ministre et cher collègue, 
Par suite du désir exprimé dans la lettre que vous m'avez écrite le î) de ce 
mois, au sujet du troupeau de Lamas que le président de la république de 
l'Equateur a offert à S. M. l'Empereur, j'ai l'honneur d'informer Votre Excellence 
que j'écris à ce sujet, par le courrier anglais de ce jour, à M. le commandant 
en chef de la division navale de l'océan Pacifique. 

J'invite cet olficier général à se concerter avec notre consul généial à Quito 
pour cet envoi, et à donner des ordres pour l'embarquement des Lamas dont il 
.s'agit sur l'un des bâtiments qui doivent etfectuer leur retour en France dans 
le courant de la présente année. 
Agréez, etc. 

Le Ministre secrétaire d'Etat de la marine et des colonies, 
Signé Comte de Ciiasseloup-Laiii!AT. 



Sur le CotoBiiiirr arbre du Pérou. 

Nous .ivons insi'ré dans la ciironiqiic du n" M de nos bulletins men- 
suels (novemjjre 1862, page 9G) une note sur les ellorls tentés par M. Ken- 
dall pour l'inlroduilion aux Élals-l nis d'une espèce de Cotonnier arhre (Pc- 
rarian Cottan-tree) du l'éron. Les assertions de M. Kcndall relalivcnienl 



FAITS DIVERS. j A 

ce précieux végétal avaient vivcmonl excité l'attention de la Société, qui 
s'empressa de prendre des renseignements sur ce sujet, en s'adressant aux 
sources les plus certaines, sur le théâtre même des expériences de l'auteur 
de celte découverte. >ous nous faisons donc un devoir d'informer nos lec- 
teurs qu'il résulte d'une lettre adressée, en date du 2G novembre, par M. le 
vice-consul de France à Baltimore, à S. Exe. M. le Ministre des affaires étran- 
gères, qui a bien voulu nous en donner communication, que M. Kendall ne 
s'est jamais occupé sérieusement de la culture aux États-Unis d'une espîîce 
de Cotonnier arbre du Pérou; qu'il s'est borné à publier dans V American 
Agricuîturist de New- York, du mois d'octobre 1861 , sur l'importance de 
cette espèce, une notice qui produisit une très grande sensation, mais qu'au- 
cune expérience ne fut entreprise, et que M. Kendall disparut un jour sans 
laisser de traces de sa prétendue découverte. {Xote de la rédaction.) 



Acclimatation do l'Ënieii en Angleterre. 

^\. Bennett, de Brokam-Lodge, publie un journal très intéressant pour tout 
ce qui a rapport à la zoologie. Le Field en a extrait les faits suivants : 

L'Émeu australien est entièrement acclimaté dans sa propriété. 

La première couvée, qui eut lieu en 18G1, fut détruite par un accident. On 
suppose qu'un dimanche des maraudeurs pénétrèrent avec leurs chiens dans 
le parc où étaient les oiseaux, et causèrent la mort des petits. 

La deuxième couvée (1862) réussit parfaitement. 

Une lettre de M. Bennett annonce que le premier œuf de la troisième cou- 
vée de cette année a été pondu le 3 janvier; à ce fait sont joints des détails 
curieux. 

Le màîc seul couve et est entièrement chargé du soin de la direction des 
petits. 

La femelle non-seulement ne s'occupe pas de ce soin, mais même semble 
insensible à l'alïection maternelle qui est l'apanage de tous les animaux. 
L'espèce acclimatée est le Drowaius irroratus. 

A ces rensoignements, que M. P. R:imel a l'obligeance de nous 
faii\- parvenir de Marseille, notre zélé correspondant ajoute les 
réflexions suivantes : 

M. Florent Prévost a du devancer M. Bennett ; à P.osny, il a élevé Kan- 
gurous et Émeux. 

Par la lettre qui m'arrivedu Colombo, malle échouée aux Maldives, j'ap- 
prends qu'une paire de Gallimda tenebrosa est adressée par M. le docteur 
Mueller, de Melbourne, à M. Sclater, secrétaire du .îardin zoologiquc de 
Londres, pour le Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne. 

C'est le Uncolnshire qui apporte ces oiseaux. 

Ils sont arrivés ou vont arriver au premier jour. 



V. CHRONIQUE. 



Société régionale d'acolîmaiaiîon fomléc à Rîaney, pour la 

zoii4> fliii iiord-t'st. 

Nous venons de recevoir le Bulletin du quatrième trimestre 1862, publié 
par la Société d'acclimatation de Nancy, et nous y remarquons une Analyse 
des travaux des membres de la Société et des résultats par eux acquis 
dans le covrant de l'aimée 18GI, tjui constate les progrès de cette institu- 
tion. Des nombreux rapports qu'elle a reçus sur les essais faits sous son im- 
pulsion , i! résulte que de bons résultais ont été obtenus principalement 
dans la culture de l'Allante et l'éducation du Bomhxjx Cynthia, ainsi que dans 
la culture d'un certain nombre de végétaux alimentaires ou d'ornement. 

Les éducations de Vers de l'Ailantc purs ou métis, mentionnées dans un 
rapport spécial, ont bien réussi à j\Ietz, à Tbionvilie, ti Sarreguemines , à 
Ars-sur-!\loscl!e, et dans beaucoup d'aulres localités de cette région, par les 
soins de MM. Belbomme, Gehin, Morcau, de Rességuier. 

Parmi les végétaux signalés, nous remarquons la Pomme de terre dite 
de Sainle-^lartlie, l'Avoine géante de Ligorvo, l'Orge de i\laiidcbourie. 

I,e Bulletin contient jilus loin l'annonce d'un don de cinq Axis de Geylan 
fait à la Société régionale par M. Cazard, armateur, l'un de ses membres. 

(Note de la rédaction.) 



!i»o«?ié(é d'horticulture et «l'aeelîniatation du département 
de Tarii-et-UaroBîne. 

La Société d'horticullure et d'acclimatation de Tarn-el-Garonne nous a 
également fait parvenir l'Annuaire ([u'elle a publié pour 18G3. 

Dans le compte rendu présenté par son secrétaire général sur ses travaux 
de 18G2, les progrès de la pisciculture et les éducations précoces de Vers à 
soie dans ce département occupent le premier rang ; nous y trouvons ensuite 
l'indication du succès obtenu par la Sociélédans ses éducations en plein air, 
et sous les yeux du public, du Ver à soie de l'Ailanle. L'Annuaire renferme, 
en outre : 1" un rapport sur l'exposition de la Société d'iiorticullure de la 
Gironde en août 18G2 ; 2" un rapport sur l'exposilion borlicolc de Péri- 
gueux en septembre 18G'2 ; 3" un intéressant travail de M. A, de France 
sur les opérations de pisciculture faites par la Sociéli- en 18G2 ; sur les ten- 
tatives d'empoissonnement du Tarn, de l'Aveyron, du Viaur, du Tescou, et 
les heureux résultais qui ont pu être constatés par la prise de jeunes Saumo- 
neaux sur plusieurs points de ces rivières ; à" un second rapport du même 
auteur sur la sériciculture et les éducations précoces praticpiées en vue de 
la production de bonnes graines pour les éducations industrielles; 5" un 
mémoire de M. le docteur U. Peujade sur la viticulture. 

{.\ote do la rédaction.) 



CHRONIQUE. 75 

Cult^u'c «le l'arbre à suîf en Algérie. 

(EyilTa.il da Moniteur de l'Algérie.) 

Nous avons dt-jà parlé dernri)reùsiiif de la Chine. Au nombre des plantes 
tropicales que le gouvernement français a essayé d'acclimater en Algérie, 
Tarbre à snif est sans contredit Tune de celles qui ont le mieux réussi. 

Cet arbre, par ses propriétés, mérite de lixer raltention de nos cultivateurs. 
En le cuilivant sur une certaine échelle, il pourrait modérer et abaisser le 
prix des suifs animaux et fournir à la classe la moins aisée un éclairage 
brillant, sain et à bon marché. Dans Tlnde, un arbre de dix ans produil en 
moyenne annuellement de 1 à 2 kilogr. de suif ; à vingt- cinq ans, il en donne 
de 3 à /i. L'arbre à suif n'est point du lout.délicaî ; il pousse vigoureusement 
di;s la première année de la transplantation et ne demande aucun arrosage. 
En outre, il est très propre pour planter en avenues. Ses feuilles caduques 
ressemblent à celles du ['euplier tremble et prennent une teinte rouge foncé 
en automne. 11 a le port d'un Cerisier. Son écorce est blanche, lisse ; ses 
rameaux, longs, flexibles; ses capsules, dures, gla!)res, bi'unes, à côtes ar- 
rondies. Ses gc'iines, presque hémisphériques, sont enduites d'une substance 
cireuse. 

L'arbre à suif est très commun en Chine, notamment dans les vallées de 
Chusan, province de Tché-kiang, où il porte le nom d'Ukien-mu. 

Au dire d'un voyageur anglais, llobert Fortune, on retire de ses fruits de 
grandes quantités de suif et d'huile. Des usines sont établies pour cette pré- 
paration sur plusieurs points de l'iie. Nous allons décrire, d'après les com- 
munications qui ont été faites par le docteur Uawes, le procédé d'extraction 
en usage dans cette partie du Céleste Empire : 

« Les graines sont recueillies au commencement de l'hiver, soit en no ■ 
vembre ou décembre, époque où l'arbre t st complètement dégarni de ses 
feuilles. J'ai vu faire cette récolte un jour que j'étais en chasse à Sing-king, 
dans la vallée de Soh-IIoo, à peu de distance du lieu que j'habitais. On 
coupe les rameaux, que l'on apporte à la ferme, et c'est là seulement que l'on 
délache les graiues. On en remplit une espèce de boîte cylindrique de bois, 
ouverte à l'une de ses extrémités et percée de quelques trous à la partie op- 
posée. Cette boîle est alors introduite dans un vase de fer de 18 à 20 cen- 
timètres de profondeur, et ayant seulement un peu plus de diamètre que le 
cylindre de bois. Cet appareil, pLicé sur un fourneau, contient de l'eau qui 
est bientôt échauiïéc, de sorte que la vapeur, pénétrant dans les graines, les 
amollit et facilite la séparation du suif. 

J'ai vu un de ces fourneaux qui supportait une rangée de cinq ou six de 
ces bassines de fer : il avait environ 1 mètre de haut sur 1"',20 ou 1"',30 
de large, et 2''\50 à 3 mètres de long. Le foyer, disposé à l'une des extrémi- 
tés, était alimenté avec de la balle de riz, des broussailles et autres menus 
combusti])les produisant un feu clair, dont la chaleur se communiquait à 
toute la rangée des bassines. 



76 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

Lorsque les graines ont été exposées à l'action de la vapeur pendant dix 
ou quinze minutes, on les vide dans un mortier de pierre, afin de délaclier 
tout le suif des autres parties qui constituent la semence. On les place alors 
dans des esprces de cribles, et cette dernière opération permet en général 
d'oblenir tout le suif que la plante peut fournir. Cependant il arrive quelque- 
fois qu'on passe les graines à la vapeur une seconde fois, pour rendre l'ex- 
traction plus complète. 

Le résidu est ensuite pilé et pressé, et l'on en retire de riuiile. 

Le suif ainsi obtenu ressemlilc assez à une farine grossière de graine de lin; 
sa teinte brune est due à une enveloppe très mince qui recouvre la graine, et 
qui se brise et se détache dans roi)éralion du broyage et du criblage. On les 
met alors dans un tuyau ou cylindre, formé d'anneaux de paille iressée, au 
nombre de cinq ou six superposés. 

Lorsque ce cylindre est plein, on le met sous presse. Cette presse est un 
appareil assez simple et même grossier, mais qui, connue tous les ustensiles 
des Chinois, répond bien au but qu'on se propose. Elle est composée de deux 
grosses poutres placées longitudinalement sur une forte planche, à ZiO ou 
50 centimètres l'une de l'autre, formant ainsi une espèce d'auge reliée en 
fer. Le suif est comprimé et poussé par des coins qu'on enfonce de force à 
l'aide de maillets de piei re. Il coule alors par un trou pratiqué au fond de 
la presse et tombe dans un tube destiné à lui servir de récipient. Arrivé à ce 
point, il est parfaitement propre ei d'une belle couleur blanche. Il est à demi 
liquide, mais il ne larde pas à se solidifier, et, dans les temps froids, il est 
assez cassant. 

L'intérieur du tube qui reçoit le suif est humecté, puis saupoudré d'un peu 
de terre rouge, réduite en poussière, d'une extrême ténuité, pour empêcher la 
matière d'adhérer aux parois. La matière, dès qu'elle est de\enue solide, est 
extraite du tube et portée en cet état sur le marché. Comme les chandelles 
qu'on fabrique avec ce suif végétal sont sujettes à s'amollir cl même à se 
liquéfier dans les temps chauds, on les plonge, pour leur donner plus de 
consistance, dans de la cire de diverses couleurs, rouge, verte ou jaune. Celles 
qui sont destinées aux cérémonies religieifses sont en général de plus grande 
dimension el richement ornées de caractères d'or. 

Le tourteau ou marc restant dans la presse après l'extraction du suif sert 
comme combustible ou comme engrais. Il en est de même du marc ou résidu 
des graines dont ou a extrait l'huile. 

Connne ou le voil, l'arbre à suif rend dans l'Inde et dans la Chine de très 
utiles services. Nous nous élonnons dès lors qu'on ait craint d'essayer sa plan- 
tation en Algérie. Pour être convaincu du succès de la transplantation de 
cet arbre, on n'a qu'à aller voir les magnifiques sujets qui sont en livraison 
au jardin d'acclinialalion, au Ilannna, ainsi que la vigueur de ceux qu'un de 
nos amis, j\1. Bcsson, propriétaire à Saint-Eugène, a fait iransplanler l'année 
dernière à racines nues et sans trop grand soin. 

.Nous engageons vivemeni les propriétaires qui ont des plantations à faire, 



CHRONIQUE. // 

à essayer l'arbre à suif; il croît parfaitement sur le littoral do la mer, ainsi 
que sur les premières pentes de l'Atlas jusqu'à une élévation de li à 500 mètres. 

Nous avons sous les yeux dos ronseignomonts ])osilifs, desquels il résulte 
que les Européens élaijlisdans l'Inde ont, il y a quelques années, essayé d'en 
faire des bougies, et que les résultats obtenus ont dépassé toutes les espé- 
rances. Ce suif se détache parfaitement du inoulo. il donne une lumière aussi 
brillante que celle du suif animal, et l'emporte sur ce dernier en ce qu'il ne 
répand pas une odeur infecte quand il brûle ou qu'on l'éteint. La cire môme 
est loin d'avoir ces avantages : elle tient au moule et coule en brûlant. Mélangé 
à cette dernière, au blanc de baleine et au suif ordinaire, il donne un éclai- 
rage utile et peu coûteux. Pour connaître la combustibilité comparative du 
suif végétal, on a fait des bougies de suif végétal, do suif animal et de cire, 
fondues dans le même moule et du même poids ; on les laissa brûler dans le 
même appartement et à une température de 55 degrés. Au bout d'une 
heure, la cire avait perdu le septième de son poids, le suif animal le sixième, 
et le suif végétal seulement le neuvième. 

Cet arbre mérite donc, par ses diverses propriétés, d'attirer rallonlion de 
tous, et nous nous faisons un devoir de le signaler aux cultivateurs. 



Le journal le Jardin zooloyiquc, publié à Francfort sous l'habile cl ac- 
tive direction du docteur Weinland, contient dans les derniers numéros 
de cette année plusieurs notices et plusieurs observalions qui m'ont paru 
de nature à intéresser la Société d'acclimatation. 

Numéru cVaoïlI. — Le docteur Bodinus, directeur du jardin de Cologne, 
dunne de curieux détails sur les habitudes de VAnas tadorua. Ce superbe 
oiseau, que l'on trouve dans la plupart des jardins zoologiques, s"enfoure 
dans des terriers à renard, et par son courage il impose presque toujours 
à ces perfides animaux. Il fait son nid sur des toits ou sur des arbres élevés. 
Quand les petits sont assez grands, ils se laissent simplement tomber : leur 
duvet épais prévient les dangers de la chute. Une distance souvent assez 
considérable sépare le nid des bords do la mer. Les parents défendent éner- 
giquoment leur jeune progéniture, mais jamais, comme on l'a prétendu, 
on n'a vu les canetons sur le dos de leur père ou de leur mère. Ces canards 
sont excellents plongeurs. Pour la nourriture des jeunes canetons élevés 
en captivité, le docteur Bodinus rocoiumande les lentilles d'eau, la salade 
hachée, le frai de poisson, et enfin les œufs de fourmi. Si on ne leur donne 
que du seigle pour nourriture, au bout de pou de temps ils deviennent 
aveugles. Cette maladie, qui commence par une intlannuation d(î la cornée, 
se remarque dans les mômes conditions chez le Pinson, appelé Fringilla 
cœlcbs. Les Canards {Anus tadorna) ont besoin d'eau, mais ils restent le 
plus souvent sur terre, ils se reproduisent difficilement on captivité, cepen- 
dant le docteur Bodinus a obtenu cette année de bons résultats. 

— Le docteur Mobius, en faisant part de l'arrivée à Hambourg do nom- 



78 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

breiix animaux dostinés au jardin zoologiquc de celle ville, annonce que le 
jardin sera ouvert au mois de mai procliain. 

— A Slutlgard, un terrain vient d'être acquis près de l'Augai-len pour 
une Sociélé qui se propose d'y créer un jardin zoologique. 

Numéro de septembre. — Le docteur Folgcr l'ail part de la louable cou- 
tume qu'ont les habitants de l'Erzgebirge d'installer en haut des arbres qui 
avoisinent leurs demeures des boîtes de bois forl siuîples, avec un trou 
d'entrée à peu près grand connue une pièce de 10 centimes ou comme une 
pièce de 5 francs. Ces boîtes servent de nids aux dillerenles espèces d'oi- 
seaux. Les boîtes ne restent pas longtemps vides, el leurs intéressants petits 
hôtes s'y trouvent à l'abri dos allafpies de leius trop nombreux ennemis. 

— Des observations faites avec beaucoup de soin dans les montagnes du 
Taunus et du Spenard, près de Francfort, sur les habitudes des Cerfs et des 
Chevreuils, lelatent plusieurs faits curieux. Ainsi les Cerfs s'y étaient pen- 
dant longtemps abstenus de toucher aux écorces des l'ins. La notice du 
docteur Uolie sur ce sujet se recommande à l'allcnlion de toutes les per- 
sonnes qui s'occupent d'économie forestière. 

— Le comte de Ilenene mande de lîelgique que des l'erruches ondulées, 
s'étant échaiipées de leur volière au printem])s, se sont reproduites en liberté 
dans son parc. 

— Une Société zoologique et botanique d'acclimatation vient d'être fondée 
à la Haye sous le patronage du l'.oi. 

— Une lettre de Copenhague annonce que le jardin zoologique de celte 
ville est en pleine prospérité. On y remarque un oiseau rare, l'Oie à cuiller 
{l'iatalen zeiiiorodia), prise dans le Jutland. 

Le Bulletin mensuel du Jardin zuuloijiqiie de Francfort raconte que 

les Oiseaux fileurs {Qiielea saïujuinirosiris] ont conslruil dans leur volière 
un nid arlistement (ilé et qu'on y a trouvé trois petits morls. Ce fait permet 
d'espérer qu'on pourra oblenir la reproduction de ces oiseaux en captivité. 



Eruatuji. — Nous recevons de M. le docteur Sicard, de Marseille, la 
reclilicalioii suivante que nous nous empressons d'insérer ici : « Une grave 
erreur s'est glissée liaus la rédaction du procès-verbai de la séance du 2i) dé- 
cembre dernier {Bidletiii, 1862, p. lOAG). Les objets que j'ai envoyés à la 
Société sont exirails des graines du C(itli-i>é de Cliinr, qu'il ne faut pas 
confondre avec le Calli-sé de M'ont ignij, (pii est une autre plante. " 



VI. BULLKTIN MENSUEL DU JARDIN D'ACCLIMATATION. 



I. — Décembre a élé bien pluvieux, à peine y a-l-il eu deux belles jour- 
nées, pas une seule gelée, presque constamment dos vents du sud et de 
l'ouest. On dirait rautomne prolongé : si ce temps est favorable à la végétation 
et niainlienl les gazons verts, de toutes les conditions almospluiriques riuiini- 
dité est la plus désagréable à l'organisa lion animale. Aussi nos pauvres bêles, 
blotties sur eilcs-mcnies, la tête liasse, le cou rentré, les ailes pendantes, le 
poil ou la plume hérissés, recherchent les coins, et semblent se conformer au 
sombre état du ciel! Dans celte saison, ou les sort lard et on les rentre de 
bonne heure. 

II. — Sous l'influoncc de cette température, plusieursseniblent vouloir en- 
trer en amour plulùl que de coutume, surtout les Faisans et les Tourterelles. 
Le Lophophore poursuit sa femelle, fait la roue, porte sa queue en éven- 
tail : il est en cet appareil aussi beau que le Paon. Quelques Canards, La- 
brador et hollandais, ont déjà donné des œufs. La ponte est aussi un peu 
plus active chez les Poules, surtout chez les petites races ni'gre et Bantam. 

Les Poules sont lâchées le jour dans les parquets et renfermées la nuit. 
On leur donne pour nourriture moitié sarrasin, un quart blé et un quart 
orge, et pour verdure des choux et de la salade : l'orge est de toules les 
graines la moins mangée par elles. Malgré celte nourriture, beaucoup d'oi- 
seaux ont eu la diarrhée. 

IlL — Parmi les manuniières, les naissances ont été nombreuses. Les 
Krebis de l'Yénien ont eu 2 petits; les Lagabbe, 2; les Alauchamp, 1 ; les 
Naz, i ; les Morvans, 1; les Romains, 2; l'Axis, 1, et la Brebis du SéiK-- 
gai, 1 ; les Chèvres d'Egypte, du Sénégal, chacune 2. Trois avortcmenls ont 
eu lieu. 

Il a été remarqué que les Moulons du Sénégal, au poil ras et roide, se 
couvraient d'une laine plus frisée dès le premier hiver, et que ce phéno- 
mène était encore plus marqué chez les petits qui naissaient d'eux. 

IV. Mortalifé. — iNIalgré la mauvaise saison, la mortalité a été moins 
considérable parmi les oiseaux (pie les mois précédents. Nous avons perdu 
i Poule, o Coqs, [\7 oiseaux de volière, dont 10 Colins, 8 Tétras huppccols 
récemment arrivés, 16 Faisans, 39 oiseaux d'eau. 

Parmi les mammifères, 2 Pécaris, 1 Kangurou Derby, 1 Agneau Yémen, 
1 Manicou, 1 Lapin, i Lièvre. 

Sur un Faisan il a été trouvé un amas de calculs d'acide urique dans le 
cloaque, avec rétention d'urine dans les uretères. 

Mais la lésion la plus commune était celle de la membrane muqueuse in- 
testinale, ramollie, arborisée, et quelquefois avec inhllration sanguine de 
ses tuniques, et même épanchement hémorrhagique dans la cavité intesti- 
nale; ce qui concordait avec les diarrhées. 



80 SOCIÉTÉ IMI'ÉUIALE ZOULOGIQUE d'aCCLLMATATION. 

Toujours beaucoup de conUisions du sternum, des poumons et du crâne, 
mais pas un seul cas de la diplilliérilcsi fréquente précédemment. 

V. — VAquarima est toujours bien garni de Crustacés, Mollusques divers, 
Zoopliytes, provenant d'envois réguliers faits de Clierbourg; il est plus diffi- 
cile de faire arriver des poissons vivants. Les Squales roussettes qui s'y trou- 
vent depuis un mois se maintiennent très bien, sans prendre aucune 
nourriture, quoique, en liberté, ces poissons passent pour si voraces. ]\ous 
avons reçu de M. Carbonnier une collection de f'oissons de rivière, parmi 
lesquels se trouve un Barbillon blanc. 

o80 000 œufs de Fera reçus d'IIuningue n'ont donné aucun résultat. 
20 000 œufs de 'J'ruile et 20 000 de Saumon ont donné des éclosions en assea 
grand nombre. 

Vi. Jardin. — La températuie a été en moyenne de o degrés au-dessus 
de zéro à six lieures du matin, et de 5 degrés au-dessus de zéro après midi. 
Les extrêmes ont été de h degrés au-dessous de zéro au minimum, et de 
\h degrés au-dessus de zéro au maximum. 

Cette température exceptionnellement douce pour la saison provoque un 
mouvement de végétation dans beaucoup d'arbustes, tels que Lilas, Sureaux, 
Lauriers de la Colcbide, (Jroseilliers stériles, Corcliorus, Cbèvrefeuilles, 
Forsythia, Seringats, Spirées, iNIalionia, Cornouillers à fruits et autres, dont 
les boutons sont près de se développer. 

Les fleurs sont très rares, mais cependant nous avons en arbustes de la 
Chine et du Japon en fleur ; les Jasmins à fleurs nues, Malionia Bealii et 
japonico, (.'ahjcanthus prcecox et Cognassiers du Japon. L'Europe ne nous 
fournit que deux arbustes en fleur : ce sont le Laurier-tin et l'Ajonc marin 
à fleurs doubles. 

Dans le Jardin d'hiver, la floraison se compose de Primevères de la Chine, de 
Mimosas, et surtout de Camellias, dont le nondjrc de fleurs augmente chaque 
jour. 

Le Jardin a reçu : 

De madame la baronne Laurence, deux jeunes Roucouyers ; 
De M. de Sabrun, des graines de Palmier épineux et du IMillet de Pon- 
dichéry; 

De la Société impériale, des graines de la Coca et de YAbies reyinœ Ama- 
liœ, et des liges de Manioc ; 

De madame Canel (par l'entremise de ^L de Sainl-Oucntin), une grande 
collection de graines recueillies par M. le capitaine Canel, son lils, dans ses 
voyages en divers pays, et un échantillon de filasse de Chine, que l'on croit 
provenir de l'Ortie blanche de Chine. 
Le Jardin a donné : 

A M. Ledentu et à M. le baron Larrey des collections de graines et de 
l^ommes de terre. 
Le nombre des visiteurs a été de 9123. 

Le Directeur du Jardin d'acdimalalion, 
liUFZ DE LAVISON. 



SEPTIÈME SÉANCE PIBLIOIE 4NNIELLE 



DE 



LA SOCIÉTÉ IiMPÉIUALE ZOOLOGIQUE D'ACCLIMATATION. 



PROCÈS -VERBAL. 

Celle séance a eu lieu à l'Hôtel de ville, salle Saint-Jean, 
le mardi 10 février 1863. 

S. Exe. M. Drouyn de Lliuys , Ministre des affaires étran- 
gères, président de la Société, occupait le fauteuil de la prési- 
dence. A côté de lui siégeaient au bureau : S. Exe. M. l'ainbas- 
sadcur de la Porte Ottomane; MM. A. Passy, vice-président; 
le comte d'Eprémesnil, secrétaire général; Guérin-Ménevillc 
et le docteur L. Soubeiran, secrétaires; de Quatrefages, 
membre du Conseil, et Rufz de Lavison, directeur du Jardin 
d'acclimatation. 

Sur l'estrade se trouvaient placés MM. les membres du 
bureau et du Conseil, les présidents, vice-présidents et secré- 
taires des cinq sections et de la Commission des récompenses, 
avec un grand nombre de membres de la Société français et 
étrangers. 

La salle était occupée tout entière par une nombreuse et 
brillante assemblée. L'organisation de la séance avait été con- 
fiée, comme les années précédentes, aux soins d'une Commis- 
sion composée de MM. E. Dupin , F. .Jacquemart et le comte 
de Sinéty. M. le marquis de Selve avait bien voulu se cliarger 
d'en faire les lionncurs avec plusieurs commissaires désignés 
parmi les membres de la Société. 

— La séance a été ouverte par un discours de S. Exe. 
M. Drouyn de Lbuys , Ministre des affaires étrangères, pré- 
sident. 

T. \. — Janvier cl l'cMicr l;-iGL>. d 



il suciétl; impériale zoulogique d'acclimatation. 

— M. L. Suubciran, secrétaire des séances, a présenté 
un Rapport sur les travaux de la Société en 186"2, 

— A la suite de ce rapport, M. Drouyn de Lhuys a pris la pa- 
pour rappeler les succès obtenus par la Société à l'exposition 
universelle de Londres. Il a annoncé que trois médailles lui 
ont été décernées par le jury international pour les produits 
(qu'elle y avait présentés. M. le Président a ajouté qu'outre ces 
médailles accordées à. la Société elle-même, des récompenses 
ont également été décernées à madame la comtesse de Cor- 
neillan, à M. Davin, à M. Forgemol et à M. Guérin-Méneville, 
pour leurs produits spéciaux exposés dans ses vitrines. 

— M. Piufz de Lavison, directeur du Jardin d'acclimatation, 
a ensuite prononcé un discours sur l'aquarium du Jardin. 

M. le comte d'Éprémesnil, secrétaire général, a pris la 

parole pour présenter la liste des prix anciens et nouveaux 
proposés par la Société ou provenant de fondations particu- 
lières. Ces prix sont au nombre de vingt-cinq, et il faut y 
ajouter quinze primes spéciales pour la propagation ou le 
dressage des Yaks et des Chèvres d'Angora. 

La Société a en outre proposé des primes de 500 francs 
pour les meilleurs ouvrages théoriques sur des questions 
relatives à Facclimatation. 

La liste et le programme de ces prix sont ainsi conçus : 

pmX EXTRAORDINAIRES PROPOSÉS PAR LA SOCIÉTÉ. 

Séance publique annuelle du 10 février 1857. 
I. Domestication complète, appliciitloii à rogricnltiirc ou emploi dans les 
villes de PlléiiiionG(£'ryai/s Itcmionus) ou du Dauw (£. Burchellii). 
La domoslication suppose nccessaireineiit la reprodLiclion en caplivilc. 
Concours proroiri' jiisfiu'ou 1'^' déceiiilii'c 18G7. 
l'RIX: Une nicilaillo ilc 1000 francs. 

H. Introduction et domestication du Droméc (Casoar de la Nouvelle-Hol- 
lande , Dromaius Xovœ Hollandia') , ou du Nandou (Autruche 
dWniériquc, Hhca americana). 

On devra possédur six ir.dividus an moins, cl avoir obtenu doux générations en captivité- 
Concours ouvert jnsfin'au 1" déccnilirc 1805. 
PniX: Une médaille de 15U0 francs. 

III. Introduction et acclimatation d'un nouveau s;ibicr autre que le Colin 
de Californie, pris dans la classe des Oiseaux. 

Sont exceptées les espèces qui pourraient ravnijer les cultures. 
Concours prorogé jusqu'au l"déeendjre 18G7. 
Prax : Une médaille de 500 fr.uics. 



PROCÈS-VERBAL DE LA SÉANCE l'UBLI^UE. m 

i\. Acclimatation en Europe ou en Algérie d'un Insecte producteur de 
cire autre que l'Abeille. 

Concours proroge jusqu'au 4" décembre 18G6. 
Prix : Une médaille de 1000 francs. 

\. Création de nouvelles variétés d'Ignames de la Chine {Dioscorea 
batatas) supérieures à colles qu'on possède déjà, et notamment 
plus faciles à cultiver. 

Concours ouvert jusqu'au \" décembre 18G3, 
Prix : Une médaille de 500 francs. 

Séance publique annuelle du 17 février 1859. 

I. Propagation de la race ovine Graux de Mauchanip en dehors de la 
localité où elle a pris son origine (en France ou à l'étranger). 

On devra juslifier de la possession d'au moins 100 bêles nées chez le propriétaire, et 
présentant le type do la race de Mauchamp pour la laine, et une bonne conformation. 

Concours ouvert jus(|u'au \" décendjre \ 80-i. 

Prix : Une médaille de 1000 francs. 

Plus lUOO francs olferls par i\I. Davin (voy. page VII). 

II. Introduction et acclimatation à la MarUnique d'un animal destrucieui' 
du Bolhrops lancéolé (vulgairement appelé ^■ipère fer-dc-lance ) , 
à l'état de hberté. 

On devra avoir obtenu trois générations. 

Sont except(;cs les espèces qui pourraient ravager les cultures. 

Concours ouvert jusqu'au 1 " décembre 1 8G9. 

Prix : Une médaille de 1000 francs. ' ' 

Séance publique annuelle du ik février 1861. 

Introduction, culture et acclimatation du Quinquina dans le midi de 
l'Europe ou dans une des colonies françaises. 

Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 18G5. 
Prix : Une médaille de 1 500 francs. 







Séance publique annuelle du 20 février ISGi 

I. Métissage de l'IIémione ou de ses congénères (Dauw, Zèbre, Couagga), 
avec la jument. 

On devra avoir obtenu un ou plusieurs métis Agés au moins d'un an. 
Concoin-s ouvert jusqu'au 1" décembre 186G. 
PRIX: Une médaille de 1000 francs. 

11. Propagation des métis de l'IIémione et de ses congénères avec l'ànesse. 

Ce prix fera décerné à l'éleveur ,pii aura produit le plus de métis. (Il devra en présenter 

SIX individus au moins.) 
Concoiu-s ouvert jusqu'au 1" décemljrc 18CG. 
Prix: Une médaille de 1000 francs. 

III. Domestication de l'Autruche d'Afrique (Struthio camelus) en Europe. 

On devra justifier de la possession d'au moins douze Autruches nées chez le propriétaire 

et âgées d'un an au moins. 
Concours ouvert jus(pran i" décendjre 18G6. 
Prix : Une médaille do 1500 francs. 



IV SOCIETE IMPERIALE ZOOLOGIQUE 1) ACCLIMATATIOX. 
JV. Domeslicalioii de rAulrnche {Strulhio cainoliis) en Alric|iH'. 

On ile\r:i juslifici' île In po^jc^siiin d'an moins trcnto-six Aiilriiclics, mies clieï lo pro- 

iniolaii'C et àp^ôcs d'iiii an an ninins. 
Concours onvcri jnsrpi'an 1" (li'conibrc ISOC. 
PniX. Une niL'tl;iille île 1500 francs. 

y. InlrocUiriion en France cl rcprodiiclion en captivilc du Dindon ocellé. 
{Meleagris ocellata). 
Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1807. 
Pnix : Une nicdaillc de 1 000 francs. 

VI. Iicprodiiction en France du Tctrao cupido. 

On devra prosenlcrau moins dix snjctsvivanis, de seconde géncralioii produite en capti\ilé. 
Concours ouvert jusqu'au \" décembre 1805. 
PniX : Une médaille de 1000 francs. 

Vil. r»cproduclion en captivité du Lophopîiorc {Lophophoru$ refulgens) 
en France. 

Oii devra présenter au moins six sujets vivants, do seconde génération produite eu 

captivité. 
Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1807. 
Prix ; Une médaille de 500 francs. 

Vllt. Reproduction du Goufa {Columba coroiiain) en France. 

On devra présenter au moins denx sujets vivants, de seconde génération produite cfi 

captivité. 
Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1807. 
Paix : Une médaille de 500 fr.incs. 

IX. Introduction et acclimatation d'un nouveau Poisson alinieniaire dans 

les eau\ douces de la France, de FAIgéne, de la Alarlinique ou de la 
fiuadeloupe, ou d'un Crustacé alimentaire dans les eaux douces de 
l'Algérie. 

Concours ouvert jusqu'au 1" iléccndirc 1800. 

Prix : Une méilaille de 500 francs. 

Le prix sera doubb', si le poisson introduit et acclimaté c^l le riiunami. 

X. Acclimatation accomplie, en France ou en Algérie, (rune nouvelle 

espèce de Ver à .soie, produisant de la .soie bonir- à dévider et à 
employer industriellement. 

Concours ouvert jusqu'au 1" décond)rc 1800. 
PlUX ; Une médaille de 1000 francs. 

Séance publique annuelle du 10 février I8G3. 
Application industrielle de la soie du 5o?H?;j/a'(7(/?i//)ia, Ver àsoiedel'Ailante. 

Cbi devra présenter plusieurs cou|ics d'étoffes formant enseuibic au moins 100 mètre-, cl 
fabriquées avec la soie dévidée en tlls coulions du [iomh'j.r Cyiitliin, ou du /?. Arrintlia, 
ou de métis de ces deux espèces, et sans aucun mélange. Les tissus en boinre do soie soûl 
bors de concours. 

Concours ouvert jusqu'au 1" déccud)re 1803. 

Pmx : Une médaille de 1000 francs. 

1" Iniinaux de pur sang. 
Pour tout éleveur qui présentera avant le 1"^ décembre 18G') quatre 
Yaks de pur sang, d'un an au moins, nés cliez lui, conformes aux 
tvpc's conserv('s par la Société el reconnus de boiiiie cuut'oriiuilioii. 

1" l'uix : Vaw prime de iSOO francs. 
2' l'IllA ; Une (irime de iOOO bancs. 



PROCÈS-VERDAL DE LA SÉANCE PUBLIQUE. V 

2" Métis d'Yak et de VacJte de travail. 
Pour loiU ('îcvoiir qui préscnlcra avant le i" décembre 1865 huit sujets 
cl'iiii an au moins, nés chez lui et provenant de croisemenls d'une 
Vache de Iravail (race de montagne) et d'un Yak de pur sang : 

■l" Pnix : Une primo do 1800 fi'ancs. 
2' Pr.IX : Une primo du 1200 francs. 

B'ritite!<i iiuui- (o «Ircst^agc «los Vaks. 

i° Bêtes de labour. 

Pour tout éleveur qui présentera au concours, avant le 1" décembre 18G5, 

ini attelage d'Yaks, ou de métis d'Yak et de Vache, pouvant labourer 

\\n hectariî de terre en concurrence avec des bœufs de trait : 

\" Piu\ : Puur le meil!cnr labour fait dans le moindre temps, une prime de 800 francs. 
2' Piux : Une prime de GOO IVancs. 
n« Pr.ix : Une |"rime de 400 francs, 
•i' Pliix : Une prime de 200 francs. 

2" Bêtes de somme ou de bât. 
Pour lout élevein- ou cultivateur qui pr('sentera au concours, avant le 
:P' décembre 18G5, un ou plusieurs Yaks ou métis d'Yak et de Vache 
de motitagne, employés ordinairement comme bêtes de somme ou de 
bût, et pouvant porter des fardeaux en gravissant de fortes pentes : 

■)«'PaiX: Une prime de 500 fr.nncs. 
2" Prix : Urie prime do 300 francs. 
3' Prix : Une prime de 200 francs. 

Pi-iuies |»oHi" les ('hcvrc.4 d'Angora. 

1" Animaux de imr sang. 
Pour lout éleveur qui présentera au concours, avant le 1" décembre 18G5, 
douze sujets de pur sang âgés d'un an au moins et de trois ans au 
plus, nés chez lui, et dont les toisons seront reconnues d'une qualité 
égale à colle des types conservés au siège de la Société : 

1" Pmx : Une primo do 1 500 francs. 
2» Pr.IX : Une prime do 1000 francs. 

2° Animaux métis. 
Pour lout éleveur qui présentera au concours, avant le 1" décen)brc 1865, 
douze sujets métis 3//i de sang, nés et élevés chez lui, dont les toisons 
se rapprocheront le plus des types conservés. 

i" l'uix : Une piimo de 12U0 francs. 
2* Pmx: Une primo de 800 francs. 

I.es prix ne seront décernés qn'antant rjne les toisons seront jugées assez belles pour être cm- 
l'Iiiyées dans l'industrie. 

l>i-iiue»i pour les travaux (héoricnios relaUfH à l'acoliniatntion. 

A partir de 1803, les travaux théoriques sur des questions relatives à l'ac- 
climatation pourront être récompensés, chaque année, par des mé- 
dailles .spéciales de 500 francs au moins. 

I.cs ouvrages devront rirv inij iiu:és et remis à la ?nci('té avant le 1" juillet de cbaque année. 



VI SOCIÉTÉ IMPERIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

PRIX PROVENANT DE FONDATIONS PARTICULIÈRES. 

Séance publique annuelle du 17 février 1859. 

Fi-U fOBtUé |i>ai> Itl. !'\ Bitaviae^ siiastui'acliii'ier. 

Propagation do la race ovine Graux de Mauclianip. 

Concours ouvert jusqu'au \" décembre 1804. 

Prix : Une somme de 1000 francs à ajouter à la médaille do lOÛO francs fondée par la 
Société pour le même objet (voy. page m). 

Prix fondé isnr M. le rtocteiu* Saoe. 

Amélioration do la Chèvre d'Angora. * 

Concours ouvert jusqu'au 1" décembre 1S63. 

Prix : Une prime de 100 francs pour la toison la plus lourde do Clicvre d'Angora. 

Si la toison est on nu''me temps remarquable par ses qualités, la Société triplera cette prime. 

Séance publique annuelle du l/j féorier 1861. 

Prix fontio |iar m""" liit!«'-fiaioaM, iU-(^ a»o!alaii<lo. 

Une grande niôdaille d'or sera décernée, le 10 février 186-'i,au voyageur qui, 
en Afrique ou en Amérique, aura rendu depuis huit années le plus de 
services, dans l'ordre dos travaux de la Société, principalement au point 
de vue de l'alimenlation de l'homme. 

Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le l" décembre 
1803. 

Prix fon«l<"« par sin «iicui8»ro «îe la «^oeîétr ««iiii a voiili! a;«r<Ier 

rssnoiiiyiBH'. 

Deux primes, l'une de 200 fr. , l'autre de 100 fr. , seront décernées, chaque 

année, pour les hons soins donnés aux animaux on aux végétaux, soit 

au Jardin d'acclimatation (primo de '200 francs), soit dans les élablisse- 

ments d'acclimatation se rattachant à la Société (prhnedelOO francs). 

Les pièces relatives à ce concours devront parvenir à la Société avant le 1 " décembre de 
chaque année. 

Séance publique annuelle du 20 février 1862. 

Pi'ix foiîilé j»ar M'"" bucrsiioau^ néo Dclalaiidi*. 

Une grande médaille d'or, h l'edigio d'Isidore GeoflVoy Saint-Hilaire, sera 
décernée, le 10 février 186/i, au voyageur qui, <}n Asie ou en Océanie, 
aura rendu , depuis neuf années, le plus de services dans l'ordre des 
travaux de la Société. 

Les pièces relatives à ce concours devront être parvenues à la Société avant le 1" décembre 
18(33. 

Prix fondé r M. TSîoUlîa'^r-SSof^ijardin»!^ memJire e( déEôsnv 

dt< !a (Siofiélc. 

r.eproduclion en liberté du Colin de Californie. 

On devra fournir la preuve que l'on a obtenu, en France, deii\ générations successives de Colins 

de Californie, pondus, couvés, nés et reproduits en liberté dans la même localité. 
Concours ouvert jusipi'au 1°' décendire 1804. 
Pi'.ix : Une médaille de 500 francs. 



PROCES-VERBAL DE LA SÉANCE PUBLIQUE. VU 

Séance publique annuelle du 10 février j 863. 

I»rix ron<I«> par M. B-. AllliiiBititiof, «l'Arco (Tyr«l). 

Domcsticntioii (ruii nouveau palmipède utile. 

On devra présenler an moins dix sujets vivanls de seconde génération produite en caidivilé. 
Concours ouvert jusqu'au 1" décemljre 18GG. 
Piux : Une médaille de 1000 francs. 

— M. le Secrélairi? général a terminé la séance par le rap- 
port fait au nom de la Commission des récompenses. 

Il a été décerné cette année : 

1" Deux litres de membre honoraire ; 

^^ Trois grandes médailles d'or hors classe ; 

3° Un rappel do médaille de première classe, de vermeil; 

Zi" Treize médaihes de première classe; 

5" Treize médailles de seconde classe; 

6° Neuf mentions honorables; 

T Les deux primes annuelles de 200 et de 100 francs; 

8" Deux récompenses pécuniaires. 

Le titre de memjjre honoraire a été conféré à M. Michel 
IssAKOFF , délégué du Comité d'acclimatation de Moscou à 
Saint-Pétersbourg ; 

.Et à M. Eugène Slaion, chargé par S. M. l'Empereur tl'une 
mission agricole en Chine. 

Les trois grandes médailles d'or ont été décernées : 

A M. Victor Bataille, négociant à Cayenne (Guyane fran- 
çaise) ; 

A M. René Caillaud, naturaliste piscicuUeur, à Paris; 
A M. Brierre, recevecir des douajies à Saint-Hilaire-de-Biez 
(Vendée). 

Pour les autres récompenses, voyez ci-après le rapport de 
M. le Secrétaire général. 

Le Conseil, par décision prise le 13 février, a arrêté que les 
discours prononcés dans la séance publique du 10 février 1363 
seraient insérés in extenso dans le Bulletin do la Société et 
placés en tète du voiume en cours d'exécution. 

Le Secrétaire des séances, 

L. SOUBEIRAN. 



DISCOURS D'OUVERTUHi: 



Par Son Excellence M. DROUf I>I DE I.HUYS, 

MinistL'o lie offi.ires élrniigrrcs, 
Pi'ésidoiit de la Société. 



Mesdames, Messieurs, 

Il y a trois ans , je rappelais dans rette enceinte que nous 
avions emprunté aux pays les plus divers un grand nombre 
des plantes qui peuplent nos jardins et nos parcs, et que plus 
d'une espèce animale avait été l'objet d'une acclimatation 
heureuse, avant que notre Société se fût proposé de faire de 
cette pratique un lien permanent d'échanges entre les na- 
tions. Je voudrais aujourd'hui revenir sur ce chapitre des 
conquêtes réalisées par nos devanciers, et je me bornerai à 
quelques détails sur l'importation des espèces des deux règnes 
qui nous fournissent les principales matières de nos vête- 
ments : la laine, la soie et le coton. 

Je n'aborderai pas ici la question controversée de la patrie 
originaire du Mouton. Je ferai seulement remarquer que les 
anciens connaissaient déjà le moyen d'améliorer les bêtes 
ovines existant de temps immémorial dans une contrée, en 
les croisant avec des reproducteurs tirés d'autres localités 
mieux pourvues. Polycrate introduisit dans l'île de Samos 
les Moutons à laine fine de Milet et de l'Atticiue. Pline appelle 
Moutons grecs ou asiatiques la race précieuse que les Taren- 
tins paraissent avoir en eilet importée de l'Asie Mineure, et 
que les Romains amenèrent en Espagne. Strabon nous ap- 
prend qu'un bélier espagnol de première qualité se payait 
jusqu'à un talent. 

Dès le temps de Columelle, il y eut des essais de croisement 
entre les Moutons d'Espagne et ceux d'Afrique. Ce mode de 
régénéralion se perpétua sous la dominalion arabe; et lors- 



DISCOURS D OUVERTURE. ' IX 

qu'une loi du xiii'' siècle eul placé sous la protection de la 
couronne tous les troupeaux du royaume, les souverains in- 
tervinrent plus d'une fois en faisant directement des achats 
dans les États musulmans situés de l'autre côté du détroit de 
Gibraltar. Le cardinal Ximénès, à la suite de son expédition 
d'Oran, en 1509, ramena avec lui des animaux choisis et des 
bergers qu'il préposa, dil-on, au gouvernement des troupeaux 
de la Péninsule. La tradition attribue d'ailleurs aux Arabes 
l'usage établi en Espagne de faire voyager périodiquement les 
Moutons, afin de laisser se renouveler les pâturages. C'est du 
mot arabe désignantles pasteurs nomades chargés de leur garde 
que l'on fait dériver le nom de mérinos sous lequel chacun 
connaît cette célèbre race espagnole qui s'est répandue dans 
le monde entier. Edouard IV d'Angleterre fut le premier qui 
obtînt de Ferdinand et d'Isabelle la laveur de tirer de la Cas- 
tille 3000 bêtes à laine; son exemple fut suivi par Henri YIII 
et Elisabeth. En France, l'importation des Mérinos, conseillée 
par Sully à Henri IV, ne devait se réaliser que sous Louis XIV. 
L'Allemagne nous avait précédés dans cette voie, en créant le 
beau troupeau électoral de Saxe qui s'est propagé jusqu'en 
Autriche. L'Italie doit à la Bohème et à l'Espagne ses Méri- 
nos. La Suède en fut dotée par Jonas Alstrœmer dés 1725, et 
en :]809 M. Pictet introduisit la même race en Russie. Du cap 
de Bonne-Espérance, où elle s'était naturalisée, le capitaine 
Mac Arthur la fit passer en Australie, vers la fin du siècle der- 
nier. De nouveaux reproducteurs provenant de la France et 
de l'Allemagne y ont si bien réussi, qu^aujourd'hui cette 
colonie possède 20 miUions de moutons à laine fine, et que 
sa production s'est élevée de 50 000 kilogrammes en 1820, 
à 36 millions en 1861. Le Cap, de son côté, qui donnait 
AOO 000 kilogrammes en 18/i0, en fournissait 8 miUions en 
1860. C'est ainsi (jue l'Angleterre a importé en la même 
année , ~h millions de kilogrammes provenant en majeure 
partie de ses possessions coloniales, et que Londres tend à 
devenir pour la laine un vaste entrepôt comparable à Liver- 
pool pour les cotons. 

Ouant au colon, bien que les Crées et les Romains aient fait 



X SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOfilQUE D ACCLIMATATION. 

usage d'étoffes fabriquées dans l'Inde , ce furent encore les 
Arabes qui l'apportèrent de cette contrée d'abord dans l'Ara- 
bie, puis en Syrie, en Espagne et en Sicile. La culture du 
Cotonnier s'est maintenue en Italie depuis le xf siècle. Pen- 
dant le blocus continental, l'Europe entière s'y approvision- 
nait ; mais , au rétablissement de la paix, les producteurs ne 
purent lutter avec les cotons de l'Inde et des États-Unis, et la 
quantité recueillie n'y dépasse pas aujourd'hui liOOi) balles. 
Que vous dirai-je de l'Amérique? Les premiers essais de plan- 
tation sur les bords du Mississi{)pi datent de 16î21. Ce sont des 
Cotonniers à longue soie apportés de nos Antilles françaises 
qui ont donné naissance, dans la Géorgie, à ce magnifique 
coton dit sen-island. En 17/|7, les registres de la douane de 
Cbarleston constatent le chargement de 7 balles de coton pour 
l'Angleterre. En 1800, l'exportation est déjà de A5 000 balles, 
chiffre qui décuplait en 1820, et encore en 1860. En cette 
année , la production des 60 millions d'hectares occupés par 
le Cotonnier représentait une valeur de deux milliards de 
francs, et, sur les 850 millions de kilogrammes mis en œuvre 
par l'industrie européenne, les huit dixièmes provenaient des 
Etats-Unis. La crise qui a été le contre-coup de la guerre 
civile dans ces Etats a ouvert les yeux sur le danger de laisser 
dépendre le sort de nos populations d'un centre unique de 
production, et a stimulé les agriculteurs de toutes les contrées 
dont le sol et le climat permettent de songer à y introduire 
le coton. Au palais Kensington , dix pays ont montré des 
échantillons, depu-is la Russie jusqu'à l'Uruguay et le Pérou, 
sans parler des colonies anglaises et françaises. Le Cotonnier 
est parvenu aussi aux antipodes, et les cotons de l'Australie 
rivalisent déjà de beauté avec les longues soies de la Géorgie. 
La soie, accessible aujourd'hui aux fortunes les plus mo- 
destes, et que les Chinois se vantent d'avoir connue vingt-six 
siècles avant notre ère, était payée au poids de l'or chez les 
Romains , au point qu'on reprocha à Héliogabale de porter 
un vêtement de soie pure , et que l'empereur Aurélien ne 
voulut jamais accorder ce luxe à sa femme. Il fallut qu'au 
Yi" siècle des moines, encouragés par Justinien, se procuras- 



DISCOURS T) OUVERTURE. XI 

sent des œufs de Vers à soie et de la graine de Mûrier dans la 
contrée appelée Serinde par Procope, et que l'on croit avoir 
fait parlie de la petite Bonkliarie. Ils les apportèrent secrète- 
ment et à travers mille dangers jusqu'à Gonstantinople, où 
furent établies les premières manufactures de soieries en 
Occident. Cette industrie fut transportée en Italie, lorsqu'on 
IIZ18 le roi Roger eut emmené de la Grèce de nombreux 
ouvriers qu'il installa à Palerme. Dès le ix" siècle, les Arabes 
l'avaient introduite directement en Espagne, grâce à leurs 
relations commerciales avec la Cliine. Le pape Grégoire X, 
Français d'origine, ayant transporté en 1268 le saint-siége à 
Avignon, fit venir d'Italie des Mûriers, appela de Naples des 
filateurs et des tisseurs, et établit ainsi des fajjriques de soie 
dans le comtat Venaissin. La terrible peste de 1723 leur porta 
un coup mortel. Lyon, Nîmes et Tours profitèrent de ce dé- 
sastre. Les manufactures de la première de ces villes datent 
du XV' siècle, époque où les ouvriers de Lucques, de Florence 
et de Gènes, chassés par les querelles des Guelfes et des Gibe- 
lins, vinrent monter quelques métiers que Louis XI s'em- 
pressa d'encourager par des lettres patentes du 2/i novem- 
bre 1^66. 

Ce monarque établit à Tours, en i/i70, des fabricants 
grecs et italiens, et fit planter des Mûriers dans son parc du 
Plessis. Charles VIII ramena encore des ouvriers à la suite de 
son expédition de Naples en l/i95. Les premiers bas de soie 
furent portés en France par Henri II , à la noce de sa sœur 
en 1559. Sans poursuivre plus loin cette énumération, je dirai 
seulement que la propagation du Mûrier est due surtout au 
fameux jardinier Trancat, de Nîmes, qui s'en approvisionna 
dans le comtat Venaissin et en Italie, et en répandit li millions 
de plants dans le midi de la France. Je rappellerai encore 
qu'Henri IV créa de nomjjreuses pépinières dans les autres 
provinces, et fit planter, en 1601, 20 000 mûriers par Olivier 
de Serres, dans le jardin royal des Tuileries, auquel une vaste 
magnanerie fut annexée. De nos jours, le Ver à soie et le 
Mûrier sont acclimatés en Prusse, en Suède, en Russie, et 
non-seulement dans les deux Amériques, mais encore dans 



su SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

l'Australie, qui a exposé à Londres de beaux spécimens des 
produits qu'elle en obtient. 

Ces triomphantes pérégrinations du Mérinos, du Ver à soie 
et du Cotonnier, ne justifient-elles pas nos espérances à 
l'égard de l'Yak, dcl'Alpaca, des Vers du Ricin, de l'Ailante, du 
Chêne, et de tant d'autres espèces que notre Société aura eu 
l'honneur de signaler à l'attention de nos contemporains? Je 
m'arrête ici, messieurs, pour ne pas sortir de mon domaine. 
Le secrétaire de nos séances vous dira dans quelle mesure le 
succès a couronné les tentatives d'acclimatation poursuivies 
sur divers points du globe par nos nombreux collaborateurs, 
pendant l'année (jui s'est écoulée depuis notre dernière 
réunion. v ■ - - 



MAPPOUT 
SLR LES TIIAVAUX 



DE LA 



SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D'AGGLlM.iTATlON, 



Par m L. SOllBEIRW, 

Sccrclairc des scinccs. 



Mesdames , Messieurs, 

Acclimater et clomesliqiier les animaux et les végétaux qui 
peuvent devenir éminemment utiles, ajouter aux conquêtes 
déjà faites sur la nature celles qui pourront les égaler et 
même les surpasser, tel est le but que nous nous proposons, 
telle est la mission que nous voulons remplir. Certes, la lâche 
est noble et glorieuse; mais avant de l'avoir accomplie, que 
d'efforts n'avons-nous pas à faire, que d'obstacles n'avons- 
nous pas cà surmonter! aussi ne progresserons-nous que len- 
tement, et devrons-nous ne pas nous laisser décourager par 
les impatients qui veulent ({ue la réalisation suive inunédiate- 
m.entle désir, que la moisson se recueille au moment même 
où la semence vient d'être contiée à la terre. Si, connue l'a 
dit Montaigne (1), « il faut croire des hommes plus ma- 
» layséement la constance que tout autre chose, et rien plus 
» aysément que l'inconstance, » que la grandeur du but vers 
lequel nous tendons nous fasse persévérer dans la voie qui 
nous est tracée, et éviter l'impatience qui, bientôt suivie du 
découragement, est un des dangers les plus grands contre les- 
quels nous ayons à lutter. 

Marchons donc avec constance, et étudions successivement 
toutes les causes qui peuvent influer en bien comme en mai 

(1) Monlaii^ac, Essais, liv. Il, c.'np. l : De l"mcnnsi.m':c de ivji avions, 
p. 'iOJ. ivlilioii Ciirisliaii, 1833. 



XIV SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

sur nos tentatives ; mettons à profit, pour des expériences 
ultérieures, les enseignements de nos premiers insuccès, et un 
jour viendra où, soyons-en assurés, de précieuses conquêtes 
auront récompensé nos efforts. Mais si nous devons toujours ^ 
chercher à ajouter quelques nouvelles richesses à la liste de 
celles que nous possédons déjà, nous rappelant que a tel 
» animal ou végétal qui n'est aujourd'hui que d'un très mé- 
» diocre intérêt peut devenir d'une importance majeure 
» demain » (1), ne croyons au succès que quand l'épreuve du 
temps aura apporté sa confirmation ; nous éviterons par là 
de cruels déboires, et nous pourrons ainsi répondre par de 
nouveaux faits aux détracteurs de racclimatation. 

En effet, combien est-il de personnes qui, nous accordant 
que le but que nous nous sommes marqué est grand et digne 
d'éloges, nous ont contesté, nous contestent encore lapossibilité 
de l'atteindre. A leurs affirmations, comme l'a déjà fait, dans 
cette même enceinte notre illustre Président, qui nous prou- 
vait que nousne vivons que de choses acciunatées (2), répon- 
dons par des faits; ajoutons-en de nouveaux à ceux déjà 
connus, et rappelons que sans l'acclimatation, notre belle 
France serait encore ce qu'elle était au tcnqjsdes Celtes et des 
Gaulois (3). En eftet, nos arbres fruitiers, nos céréales, nos 
chevaux, nos moutons, nos poules, presque tous d'origine 
asiatique, et qui se rencontrent aujourd'hui dans toutes les 
parties de l'Europe, sont des preuves vivantes que l'acclima- 
tation est possible. Déjà, à une époque bien antérieure à la 
nôtre, ne voyons-nous pas les conquérants, sans être poussés 
parles mêmes idées qui nous guident aujourd'hui, faire de 
l'acclimatation, et involontairement compenser les ravages de 
leurs armes par les dons utiles qu'ils apportcntaux vaincus. Aux 
trophées de la guerre, aux dépouilles do l'ennemi, à la longue 
suite des esclaves enchaînés, le triomphateur joignait lespro- 

(1) Cosc, arliclc N ATURALisAT lOA' du NoiiceuH coarx complet d'agriculture 
théorique et pratique, etc., t. X, 1822, p. oO/|. 

(2) Drouyn de Lluiys, l)if<coars J'ouccrture de lu sédnce annuelle, 

1858, p. xxxiv. 

(3) Bosc, Thcûtre. d'atfnculïnrc d'Olivioi' de SciTCs (noies), l. II, p. 597. 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XV 

duitsdcs contrées qu'il avait mises à l'eu et à sani^, des ani- 
maux et des plantes qui, s'ils n'étaient alors que des objets do 
curiosité, restent encore maintenant pour témoigner des vic- 
toires passées. Avec les maîtres du monde, dignes apprécia- 
teurs de tous les genres de conquêtes, s'introduisirent en 
Europe, le Canard, le Lapin, le Prunier, et comme l'a dit 
Rouclier : 

Le sage clans la l'oulc aimait, voir dans ses mains 
Porter le cerisier en triomphe aux Romains. 

Les Espagnols, après la découverte de l'Amérique, enva- 
hissent ces riches contrées et payent largement l'or qu'ils ra- 
vissentaux Indiens, par l'introduction dans leur pays d'espèces 
inconnues jusqu'à eux, et c'est à ses cruels conquérants que 
l'Amérique est redevable du Cheval et du Mouton, qui y ont 
prospéré depuis cette époque. La colonisation et l'émigration 
continuent de notre temps l'œuvre des guerriers, et le voya- 
geur, ce hardi pionnier de la science, qui, grâce à nos inven- 
tions modernes, aujourd'hui en Chine, sera de retour demain, 
aide à l'échange incessant des richesses de toutes les parties 
du globe. C'est au prix de ses peines et de ses veilles que 
l'Australie, qui manquait naguère de Moutons et de Lamas, 
en possède maintenant de nombreux troupeaux dans ses pâ- 
turages. A de tels laits que répondre? il faut s'incliner, et 
reconnaître avec nous que l'acclimatation est possible. 

Mais, objecle-t-on encore, il est entre les climats elles êtres 
une harmonie sans laquelle aniinaux et végétaux ne peu- 
vent exister ; en cherchant à les porter dans d'autres contrées, 
vous détruisez leslois de cette harmonie, vous tentez l'im- 
possible. Loin de nous de contester cet accord ; mais cette loi 
n'est pas aussi inilexible que le prétendent nos adversaires, 
car nos animauxdomestiquesvivent et se perpétuent dans des 
conditions multiples de chaleur et de froid, de sécheresse et 
d'humidité, de station, etc. : parmi les animaux transportés 
dans des contrées très éloignées de leur patrie, ne voyons-nous 
pas que peu à peu des modifications s'opèrent dans leurs 
habitudes, et ({u'ils se plient aux influences nouvelles aux- 



XVI SOCIÉTÉ IMrEUI.VLE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

([uellesils sonlcxposés, dételle sorlc que leur parturlt ion, par 
exemple, se fait dans la saison la plus propice, et non plus 
exactement à l'épociue où elle avait lieu originairement (1). 
Tous ces laits nous prouvent donc que les êtres peuvent modi- 
fier leur manière de vivre, en s'accommodantaux conditions 
nouvelles que nous leur imposons; mais ce sera seulement 
en marchant progressivement et en évitant tout changement 
trop brusque; et grâce à ces précautions, prises avec un soin 
infini, nous arriverons à les acclimater, c'est-à-dire au but 
même que nous nous proposons. 

L'année qui vient de finir a, comme les précédentes, témoi- 
gné des progrès incessants que fait racclimatation (2), qui 
chaque jour trouve de nouveaux adhérents dans les diverses 
contrées du globe. C'est ainsi que nous avons salué la nais- 
sance de nouvelles sociétés, filles de la nôtre, à la Haye, à 
Hobart-town, à Auckland (Nouvelle-Zélande) , à l'ile de la 
Réunion et dans l'Australie du Sud (3), et que vous avez été 

(1) « Ln Cygne noir, qui, on raison du ronvcrseincnt de Tordre des .sai- 
sons dans Tlii'misplière austral, pond et élève ses petits duraiU notre hiver, 
ne larde pas, en Europe, à rapprocher ses époques de ponte de celles des 
espèces inditiènes. Au Muséum d'Iiistoire naturelle, il a sufli de peu d'an- 
nées pom- qut; la lîernaclie armée, dile C^ie d'Egypte, au lieu de se repro- 
duire, comme en INuhie, à la (in de décemhre ou au commencemciil de 
janvier, reportât successivement ses pontes auv mois de lévrier, de mars et 
d'avril. » (Isidore Gcoiïroy Saint-llilaire, Conférence sur quelques uhjeciiuiis 
contre racclimatation, dans le liullelin, t. Vlll, p. 'i'JI.) 

(2) De Chaudordy, Sur certains animaux de Suéde et de Norvège {Bul- 
letin, t. IX, p. lO.'i). — Kichard (du Cantal), influence des sciences natu- 
relles sur la production du sol {ibid., p. 737). — Léon Maurice, De l'ac- 
climatation dans le nord de la France {ibid., p. 751). — Duméril, Zoologie 
géographique dans ses rapports avec l'acclimatation {ibid., p. 5'iO). — 
Dupuis, De la géographie botanique au point de vue de l'acclimatation 
{ibid., p. /i3/i). — lUifz de Lavison, Sur l'acclimatation en général et 
comme école de M. Geofjrog Saint-Hilaire {ibid., p. 719). — Viennot, Sur 
les animaux accliinatés en Calédonic {ibid., p. 2/i2). — S»r racclima- 
tation en Australie {ibid., p. 726, 827). 

(3) La Société de Mcll)Ourne, par un:- lettre du 22 février 1862, nous a 
. Informé de la création d'ime nouvelle Société d'acdimalalion à llohart-lown 

(Tasmanie), et d'une autre .Société semhlable à Auckland (Xouvelle-Zélande) 
{Bulletin, 1862, t. IX, p. Zj37, 516). 



liAl'PoKT SLU LES TliAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XVII 

heureux d'apprendre (pie, par les ordres de S. M. la reine 
d'Espagne, noire dévouoi confrère M. (iraells venait d'èlro 
chargé d'organiser un nouveau jardin d'acclimalalion à Casa 
de Canij)o (J). 

L'cxposiliou universelle de Londres vous a l'ourni une oc- 
casion nouvelle de l'aire connaître vos travaux et le but que 
vous vous proposez. Votre vitrine, organisée par les soins 
(riuie Commission spéciale Ci), renl'ermaît des spécimens in- 
téressants des principales espèces sur lesquelles portent vos 
études, et des échantillons des produils (ju'eilcs peuvent four- 
nir. (Iràce aux soins oitligeants de votre dévoué confrère M. Fr. 
Davin, que vous trouvez toujours })rct dés qu'il s'agit de faire 
(pu'lipie chose d'utile pour l'industrie et pour la Société, un 
public, nomljreux a pu se rendre un compte exact de votre 
mission, <[ui, du reste, a été expliquée avec beaucoup de talent 
j)ar M. le professeur -I. Ckxjuct (:>), dans le rapjiort fait au 
jurv de fexposition. L'intérêt universel ijue vous avez excité 
se trouve confirmé par les médailles qui vous (»nt été décer- 
nées et par celles ([u'onl obtenues plusieurs de nos confrè- 
res (A), [)our des travaux particuliers qui rentrent dans le 
cadre de vos études. 

Pour initier plus sûrement à votre œuvre, pour faire con- 
naître plus sûrement votre mission, outre le Bulletin qui 
reproduit vos travaux habituels, vous avez conunencé, cette 

(1) liidlctiii, 1. IX, p. 8;)7. 

(2; L'cxpoMlioa de la Société à Lomlros, prépiiréc par les soins (l'une 
Coniniission composée de \1M. Daviu, Hébeii cl Uafz de Lavisoii, présentait 
mm série compièie des divers insectes sériciteres introduits jusqu'à ce jour, 
et des produils iiidiiNtricIs qu'ils peuveiil lo'.unir; une très belle colieclion 
des é'ioiïes que M. Davin a obtenues des liiincs d'Alpiica, de C.uanaco, et des 
,Moulo)is de .Maucliamp ; et des spécimens des principales espèces de végé- 
taux qui oui étéiniporlésen Europe par les soins delà Société. 

(3) riapparls (les ineinbrcs ilc la secliuii française du jar]) international 
sar rExpusition luiirrrscllc de Lnudrcs de lS(V2,\.\i,\\ 123.— Bulletin, 
t. 1\, p. lOGJ. 

Cl) Les niembres de l:i SociéL; qui «n; oj'.euu des médailles à l'exposition 
uniM isellede Londres sont : madunek; comtesse de Corneiilanet MM. Davin, 
Forgemo!, .X>ii'l Su(liu't Ci (iu;'Tiii-Méii;'\ille, dosU, les UM\auv sont Irop 
connus de tous nos conlVères pour que nous a\ous à les rai)i)eler ici. 
T. X. — iaiivu'i' cl Février iSG'ô. b 



XVin SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

année, la publicalion d'un Annuaire destiné à répandre, à vul- 
gariser les grandes questions d'acclimatation. Car, vous y 
avez inséré, après les documents relatifs à la formation de 
votre Société et à ses travaux jusqu'à ce jour, des notices 
spéciales sur quelques-uns des faits d'acclimatation les plus 
intéressant? et rédigés par vos plus éminents confrères (1). 
Les recherches que vous encouragez sont essentiellement 
pratiques, et la preuve en est dans les récompenses qui, celle 
année encore, vont honorer des résultats pratiques; mais vous 
ne suivez pas avec un moindre intérêt les essais théoriques 
qui doivent être le guide de toute bonne expérimentation, 
et, vous rappelant le lien indissoluble qui réunit la théorie 
à la pratique, vous avez voulu désormais encourager celle-ci 
d'une manière continue, et vous avez inauguré cette année 
une ère nouvelle de récompenses pour les études théoriques 
sur les sujets (jui nous intéressent (2). 

Non-seulement votre Société a figuré avec honneur à l'ex- 
position universelle de Londres ; mais sous son patronage, le 
Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne a fait, au prin- 
temps dernier, une exposition de volatiles (3), qui réunissait 

(1) Oulre un sommaire de M. Drouyii de Llinys sur le l)iU que se pro- 
pose la Société , V Annuaire renlerme : un Ilislorique de (a Société, paï 
M. Hébert; — un travail de i\I. le comte d'Éprémesnii,S'(f?' les récompenses 
décernées et les prix spéciaux proposés ; — une étude de I\I. Hufz de Lavison, 
Sur l'organisation et riiisturiiiue du Jardin d'acclimatation du l/ois de 
Boulogne; — i)lus, des mémoires de ÏM. A. GeoltroySaint-Ililaire, Surl'Y'ak 
et ses croisements; — de J\I. Pomme, Sur les races gallincs; — de M. Du- 
méril, Sur l'acclimatation des poissons; — de i\î. Ciaériu-Méneville, Sur les 
insectes nuisibles et les insectes utiles; — de M. Moquin- Tandon, Sur 
l'Igname patate; — de M. Cosson, C(msidérations générales sur l'Algérie 
étudiée au point de vue de ^acclimatation ; — de M. A. l'assy , Sur la domes- 
tication et l'acclimatation des animaux; — de !\I. Dupuis, Instructions 
générales pour les voyageurs et correspondants de la Société. 

(2) .Sur le nippor! lait par M. le comte d'Kprémesnil, au nom d'une Com- 
mission dont faisaient aussi partie j\IM. l\lo([nin-'i'andon, J. Cloquet, Uu- 
méril, le barcn Ségiiier cl Souijeiran, la Société a décidé d'accorder chaque 
année des récompenses, qui ne pourront être moindres de 500 francs, aux 
travaux théoriques sur des questions relatives à racclimatation {Bulletin, 
t. IX, p. ITÔ). 

(o) Drouyn de Lhuys, Exposition de volatiles au Jardin d'acclimatation 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX RE LA SOCIÉTÉ. XIX 

une collection riche et intéressante des plus belles espèces de 
nos oiseaux de basse-cour. Les éloges que vous a valus cette 
exposition, la première faite sous vos auspices, a engagé votre 
Société et celle du Jardin à en organiser de nouvelles cette 
année, non plus seulement pour les volailles , mais encore 
})Our l'apiculture et la race canine (J), et tout fait espérer 
que le succès ne sera pas moindre que celui de l'an dernier. 

Depuis notre dernière séance annuelle, la souscription que 
vous avez ouverte pour honorer la mémoire de Daubenton (2) 
a continué son cours, et le modèle de la statue confiée au 
talent de M. Godin est complètement terminé. Malgré l'écho 
qu'a trouvé votre appel, les sommes versées jusqu'à ce jour ne 
sullisent pas entièrement pour couvrir les frais que nécessite 
une pareille entreprise ; mais votre concours ne nous fera pas 
défaut, et nous fournira rapidement la ft\ible somme néces- 
saire encore pour inaugurer, dans un avenir prochain, 
l'image vénérée d'un grand acclimatatcur, au iuilieu du Jardin 
que vous avez consacré à l'acclimatation. 

Les conférences (3) (jue vous avez instituées, il y a déjà 

du bois de Boulogne {Bulletin, t. tX, p. 81). — Riifz de Lavison, Rapport 
sur l'exposition de volatiles au Jardin d'acclimatation du bois de Bou- 
logne {ibid., p. 279). 

(1) L'exposition de Cliiens, qui doit avoir Heu au mois de mai procliain, 
doit présenter des spécimens des pins l)elles races et variétés de Gliiens, et 
permettra une élude comparative du plus liant intérêt, qui sera certaine- 
ment acceptée en France avec autant d'empressement que les expositions du 
même genre qui se sont déjà faites en Angleterre. (Voyez Pierre Pichot, 
Rapport sur les expositions de Chiens en Angleterre {Bulletin, t. tX, 
p. 899). — lUil'z de Lavison, Rapport sur un projet d'exposition univer- 
selle de la race canine {ibid., i. IX, p. 1O09). 

{'}) La souscription ouverte par la Société, pour l'érection d'une statue à 
Daubenton, auquel on doit Tinlroduclion du :>,]érinos en France, a été ac- 
cueillie avec empressement, et eu tète des nombreux souscripteurs qui se 
sont inscrits, nous devons citer S. M. l'Empereur, Leurs Excellences les 
ministres, cl i.ous devons rappeler que .S. Exe. le Ministre d'État a bien 
voulu nous accorder le bloc de marbre nécessaire pour tailler la statue 
{Bulletin, t. IX, p. lJ3Zi). 

(o) Les conférences qui ont été faites cette année ont eu pour sujet divers 
poiiUs de Tbistoire des animaux et des végétaux qui oibaient un intérêt 
particulier ;ui point de vue pratique, ou qui doiuuiicnl des renseignements 



XX SOCIÉTÉ JMPÉr.lALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATinN. 

deux ans, cl qui doivent, conlrihner à n'i)arlir les connais- 
sances nécessaires pour (cnler les acclimalalions des diverses 
espèces, ont conlinué celle année, au siég'c de la Société cl au 
Jardin, à altircr un concours nombreux d'auditeurs, qui, ren- 
dant un hommage mérité au zèle et aux talents de vos dé- 
voués confrères chargés de cet enseignement, témoignent, 
parleur assiduité même, de l'intérêt qui s'attache à toutes les 
questions étudiées sous votre inspiration. 

Pour répondre aux demandes nombreuses de renseigne- 
ments (l) qui vous étaient faites par des voyageurs dési- 
reux de prolltcr de leur séjour dans les divers pays pour 
coopérer à votre œuvre, en envoyant ou en rapi)oiiant les 
espèces les plus intéressantes d'animaux et de plantes qu'ils 
pourraient rencontrer, la Société devait, chaque fois, faire pré- 
parer des instructions qui, rédigées souvent précipitamment, 
ne pouvaient qu'être incomjilètes,etqui par suite n'atteignaient 
pas entièrement votre but. H était nécessaire que des instruc- 
tions générales fussent toujours prêtes pour les répandre 
dans toutes les régions du monde, et faciliter à tous les moyens 
de connaître les espèces utiles, et de vous envoyer seulement 
celles dont vous pouvez tirer le i)arti le plus avantageux. Cette 
tâche, contiée au soin d'une Commission composée des mem- 
bres les plus compétents danscha({uc spécialité, a été remplie 
suivant vos désirs, et le rajiporl fait par M. Dupuis vous per- 
nieltra désormais de répontlre aux nombreuses olTres de ser- 
vices qui vous sont faitesjourncllement {i). 

Vous avez reçu de fréquentes comnumicati;ns sur les 

gV'iK'raux utiles à coiinnîU'c poiif ti-iUcr avec suc/ès des expûrii'iices d'aceli- 
Dialalioii. Les résumés de picsqui" toutes ces conférences ont été insérés pai' 
leurs auteurs dans le JhiUcliinK' la Société. 

(1) Outre plusieurs instructions données aux divers voyageuis qui en 
ont fait la demande, il a été inséré au IJullcliii (l. IX, p. 175) un mémoire 
vdïiUn'miml ùvs In:^lrti(iioiis relatives à une mission an l>rcsil, coudée 
à M. de Villeneuvc-t'layosc fils, cl dû à nos zélés coiii'rères .MM. le coiute 
de Villeneuvc-l''layosc et J. de Liro)i d'AIroles. 

('J) Le rapport de W. Ar. Diipnis, inséré au Bulletin. (I. IX, p. T)'!.')), a ( 
imprimé éi^aiemenl dans li! \:)lu::!e de r.l.//iH(;//x: de la S:)ciélé pjur ISGo, 
p. o.'iO. 



e 



RArPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXI 

Yaks (!) et les tllièvres d'Ani^ora, dont l'étude a été pour- 
suivie avec zèle par MM. Uichard (du Cantal) et Bouley. 

Désireux de pouvoir faciliter la propagation et l'acclimata- 
tion de ces iirécieusos espèces par des éducations laites con- 
curremment dans diverses localités, vous avez décidi!' de 
placer en cheptel, chez plusieurs de vos confrères (2), les 
animaux que vous aviez déposés jusqu'ici à la ferme de Sou- 
liard, et en même temps vous avez consacré une somme de 
15 ()()() francs à une série de [U'ix destinés à récompenser les 
succès les plus importants obtenus pour leur élevage et leur 
dressage (S). Tout porte à espérer que votre attente sera 
satisfaite, car celte année encore il vous est né de nouveaux 
produits de race pure ou métis (/l), qui témoignent delà pos- 
sibilité de voir un jour les Yaks et les Chèvres d'Angora aussi 
répandus chez nous que les autres espèces domestiques. 

L'intérêt qui s'attache à tout ce (jui a rapport à l'agriculture 
vous a fait suivre avec attention les détails contenus dans le 

(I) i'.icliard (du Gantai), Xote sur les animaux Je la Société impériale 
d'acclimatation déposés à lu ferme dcSouliard {Cmln]) {Bulletin, l. IX, \x j ). 
— Dc'bains, Rapport sur les troupeaux d'Yaks (t de Chèvres d'Angora réu- 
nis à Souliard [iUid. , I. I\, p. Zi'i9). — lîoiiloy, Sur un croisement d" Yak et de 
Vache bretonne obtenu a l'aris par M. l'aul Sefiuin {ibid., t. l-\,[). 'Jy(t). — 
Indi'jJL'iidaminent dcsClièvres dWiigora qiu> la Sociéié n placées en diepirl, 
elle a l'ail don à la Sociéré doi\Iel!)onriie de dix de ces animaux, qualrc Lîoucs 
et six ('.lièvres, dans le \n\[ de iacililcr rinlroduclion de cette précieuse espèce 
en AusUalio, et peur répondre au désir qui lui en avait élé exprimé par 
cette Société. 

('-') Bulletin, 18G3, 1. X, p. /i7. — I.e troupeau de Soujiard se composait 
d'un taureau Yak de pure race, de cin:; \ aciies de race pure, quatre Taureaux 
métis yVubrac et six Oénisses Aubrac ; plus, de dix-sept Boucs d'Angqra purs, 
de \ in[;l-!!eui' Ciiè\ res pures, de (luinze lîoucs métis, de quarante-deux Cliè- 
vres mélisses de preinii r et de deuxième croisement. Ces animaux ont élé 
confiés à H. A. 1. le prince Xapoléon, MM. de Fenouillet, Séguin, le vicomte 
de Aiortcuil, le coiiile d'Eprémcsnii, .lacquemart et Euriat. De plus, quelques 
Clièvres ont été déposées au Jardin d'acclimatation du bois de Boulogne. 
[o) Bulletin, I. X, I8G0. 

(Zi) M. lîicbard (du Gantai) nous a annoncé la naissance de deux jeunes 

taureaux de pur sang en mars cl en mai 1862, et d'un métis d'Yak et de Viiclie 

Salcrs ; d'autre i)arl, jjhisieurs naissances qui ont eu lieu au Jardin du bois 

de BotiI(i;'r:e >cu[ \u'.r.(s iupmtniei le l'ciri re d( s ai'inuux que roi.s pos- 

Sé'ddUS. 



XXIf SOCIETE IMPERIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

rapport de noire dévoué conrrôre M. Sacc(l), qui, le premier, 
nous a fait connaître les travaux de S. M. le roi de Wurtem- 
herg pour perfectionner l'agriculture de son royaume, et les 
renseignements qui vous ont été transmis par le comité d'accli- 
matation de Moscou, sur la ferme modèle et les belles vache- 
ries de madame la princesse Kotschoubey (2). 

Rappelons encore les communications intéressantes qui 
vous ont été faites sur le Buffle (3), l'Aurochs (/i), les Chevaux 
orientaux (5), le Chameau de Tartarie (G) et les Léporides (7), 
ces produits que l'on affirme avoir été obtenus du croisement 
du Lapin et du Lièvre, et que l'on vend fréquemment aujour- 
d'hui sur les marchés d'Angoulème. 

Dans le but d'enrichir notre pays de nouvelles races ovines, 
vous vous êtes' })rocuré des Moutons Romanowski (8), cette 
race que M. Ga\vrilofT met tous ses soins à conserver dans sa 
pureté, et depuis vous avez décidé l'achat en Chine d'un trou- 
peau de Moutons Ong-ti (9), si remarquables par leur fécon- 

(1) Fi'écL Debnins, Résumé dos travaux de. S. M. le roi de Wurtemberg 
pour l'amélioration des races d'animaux a(jrieoles dans son royaume 
{Bulletin, I. IX, p. /ifiO). LaSociétt? est redevable également à iM.Fr. Debains 
(rcxîrait.s nombreux un Zooloifische Gartenof Francfurt, dont les plus im- 
portants ont été insérés au Bulletin. 1\L Vrignaull a également lait connaître 
mie partie intéressante des travaux de S. M. le roi de Wurtemberg, en ce 
qui concerne spécialement les Chevaux et l'agriculture {ibid., î. IX, p. 353). 

(2) INiartiuiie la princesse Kolschoubey, dont la ferme modèle renlerme une 
ré'union nombreuse des plus belles races de Vaches connues, possède aussi 
de très riches volières, qui ont été signalées d'une manière toute spéciale à 
la Société par le comité d'acclimatation de Moscou. 

(o) Docteur Sacc, Étude sur le Buffle {Bulletin, t. IX, p. 666). 

{Il) Viennot, Sur V Aurochs ou Bison d'Europe {Bulletin, t. IX, p. 8Zio). 

(5) Piclion, Sur ciuelciues races de Chevaux orientaux {Bulletin, t. IX, 
p. 65â). 

(6) E. Simon, Sur le Chameau du désert deCobi {Bulletin, t. IX, p. 362). 

(7) Jean Ueynaud, Note sur les Lapins-lievres {Bulletin, t. IX, p. 1023). 
On peut consulter aussi sur ce sujet un mémoire très intéressant de M. le 
docteur Broca. 

(S) °M. GawriloQ' (de r.omanolï), gouverneur de Saroslav, met les plus 
grands soins à conserver purs ses troupeaux de Moutons lîoniannwski, et en 
a adressé récemnient une paire à la Société. 

(9) iM. le professeur Gloijuet, (jui a bien voulu se clru'ger de faire parvenir 
au Jardin du bois de Uoulogue les Moulons Oncj-ti olTerls à notre Société par 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXIII 

dilé, puisqu'ils doniient plusieurs portées par an. Plusieurs 
spécimens de celte espèce, dus à M. John Bush (1), et transmis 
par M""' Cloquet, figurent avec honneur dans notre Jardin, 
auprès des Romanowski, des mérinos de Naz et des Mauchamp. 

Votre attention a été vivement intéressée par l'exposé des 
travaux de l'un des acclimatateurs les ]dus zélés de l'Angle- 
terre, le vicomte Powerscourt ('2), qui a réuni chez lui une 
belle cuUection de Cerfs de différentes espèces, et en a obtenu 
de nombreux produits, parmi lesquels nous signalerons de cu- 
rieux métis. Un mémoire qui vous a été adressé par M. Bar- 
thélémy- Lapommeraye (3) sur'un hybride d'Antilopin, est 
venu confirmer toute l'importance qu'on doit attacher à l'étude 
des produits du croisement d'espèces différentes. 

Nous vous rappelions, il y a quelques instants, l'exposition 
de volatiles (Ji) qui a eu lieu, ce printemps dernier, au Jardin 
d'acclimatation du bois de Boulogne, et qui a obtenu tout le 
succès que vous étiez en droit d'en attendre. Au nombre des 

l;i Sociélé cracclimatation de Londres, a fait connaîlre' quelques-unes des 
particularités relatives à ces animaux {Bulletin, t. IX, p. 570). Il a été inséré 
également au Bulletin, t. IX, p. 929, une description des iMoutons Ong-tl 
de Chine par I\L A. D. Bartlett. 

(1) M, John Bush, trésorier de la Sociélé d'acclimatation de Londres, a 
rendu d'innombrables ser\icesà notre cause avec un zèie et un dévouement 
au-dessus de tout éloge. Non-seulement il a conservé et multiplié la race de 
Moutons Ong-ti, mais il s'est occupé avec succès d'acclimater en Angleterre, 
VAnas obscura , les Huccos , les Marails, les Dindons ocellés, et donne 
tous ses soins à coiDbattre les difliculiés de la culture de l'Igname de Chine, 
qu'il a le premier introduite en Angleterre, en la recevant de notre Société. 

(•i) M. le vicomte Powerscourt possède une belle collection de Cerfs des 
dillV'rentes espèces, qui se reproduisent en liberté chez lui, et dont il a obtenu 
de nombreux et curieux métis, entre autres deux métis du Cerf d'Aristote 
et du Cerf commun, qui ont les caractères de l'une et l'autre espèce, les oreilles 
et le pelage du premier, le port et les formes du second. Les Cerfs du Japon, 
les Cerfs tlu Canada {Wapiti) vivent elicz le vicomte Po\versco!U-t et y sont 
en pleine prospérité. 

(3) Barlbélemy-Lapommeraye, Sur un hybride de lu tribu des Antilopins 
du sous-genre Gazelle {Bulletin, t. IX, p. /iG7j. 

{!}) Drouyn de Lhuys, Sur un projet d'ej-posiiitm de volatiles au Jardin 
d'acclimatation du bois de Boulogne {liullctin, t. IX, p. S11. — iUifz de 
Lavison, Rapport sur l'exposition de volatiles {ibid., p. 27i)j. 



XXIV SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOr.IQUE D'ArCLIMATAïlO.N. 

animaux qui v figin'aiout so (rouvail luie paire d'Auiruchos (1) 
nées au Jai'din ;^oologique de Marseille. Si malheureuse- 
ment, cctle année, de fâcheuses circonstances n'ont pas 
permis à M. Noél Suquet de faire de nouvelles éducations, 
nous ne devons cependant pas arguer de cet arrêt dans ces 
études, que l'acclimatation de l'Autruche ne peut s'opérer, 
car vous avez été informés des heureux succès ohtenus au 
Sénégal sous l'inspiration immédiate de notre généreux con- 
frère M. Chagoi aîné, et, d'autre part, des naissances nou- 
velles qui ont eu lieu au parc d'acclimatation du Buen-Retiro. 

On a mené également a hien en Espagne des couvées de 
jeunes Ih'omxées (2), et, à l;i même époque, M. AVilliam 
Bennett {•^) a réussi à élever en Angleterre déjeunes Casoars, 
qui seront sans doute suivis d'une nouvelle génération, car, en 
ce moment même, la ponte de ces oiseaux s'opère encore. 
Tout nous permet donc d'espérer que la question sera com- 
plètement résolue dans un avenir prochain. 

De nouveaux documents vous ont r[r fournis sur l'Agami, 
ce curieux oiseau qu'on a nommé le (■(mm)} araire de hi hnssc- 
coitr, et les renseignements (pie vous avez reçus de MM. de 
Tarade (7i) et Bataille (5) ont ajouté, s'il était possihle, à l'in- 
térêt qui s'attache à ce précieux animal, dont de heaux indi- 
vidus ornent la volière du Jardin. 

(1) Plnsieiii's roiiitminicalion.s rclalivcs à IV'diicaiion des Aiitruchos ont ('■lé 
fniles à la SociéU-, i)ari!ii lesquelles nous ciieions le lapporl de I\I. Hardy 
{IhdleHn, t. IX, p. 855), et celui do .M. liUcy, Sur la râleur aliini^ulaire de 
IWittruchc {ihid., p. 153). 

(2) (îraells, Sur une éilucaiion ilr Drouirp'; en Espaf/ne [Bitlleliv, l. !\, 
p. <)1). — Don Froyian de Ayala, ytie les résultats île l'ineuhat'utn des 
Aulruchos cl des Druinées eu I8(i2, au^ parr roijal de Buen-Retiro, près de 
Madrid {ibid,, p. C71). — Haine!, Nnle sur l'Êineu [ibid., p. o97), 

(3) M. VMlliani l^)eMnett a oblenu en 18G1 une prcniière couvée de Casoars, 
qui, malgré ies circonslances iacheuscs qui ont acronipagné rincid)a[ion , a 
donné naissance à (piaire jeunes, dont deux ont continué à vivre et sont 
encf)ro en très bonne santé. Depuis, une autre éilucaiion a donné encore deux 
nouveaux jeunes, et en ce monieutles j)arents reconnnenceni leur iroisiènie 
ponte. 

(ù) Nu?' l'A(jami {Bulletin, I. 1\, p. '29.!^). 
(5) yi<te surrAijinui (Bull<-!in. i. I\. p. 'J!0\ 



RAPrORT SUR LES 'iTSAYAUX DE LA SOCiÉTÉ. \XV 

Les oiseaux de basse-coiir onl continué à Taire l'objeL de 
vos clndcs, el vous avez entendu, à ce sujet, les importantes 
communications de M. Granié (i) sur les Poules gasconnes 
et les Oies de Toulouse ; de MM. Uufz de Lavison etDareste ('2), 
sur les moyens de reconnaître la valeur des œufs destinés à 
l'incubalion; de M. (liol (3), sur son poulailler roulant, [lartai- 
tcment disposé pour faciliter l'éducation de ces animaux dans 
nos campagnes, et amener la destruction des insectes, ce 
lîéau de l'agriculture. Les travaux de MM. lîoppe-Hermite (/i), 
Tranquillo-Toaldi (5), Aquarone (6) et Girard Desprairies (7) 
ne vous ont pas laissés indill'é'rents, et vous avez tenu à ap- 
peler l'attenlion sur les soins tout particuliers pris par Son 
Altesse Impériale la princesse Thérèse d'Oldenbourg, qui a 
réuni dans ses propriétés une riche collection de Poules do 
toutes races, et qui n'a qu'un seul rival en Russie, Son Altesse 
Impériale le grand-duc Nicolas. 

Signalons encore les tentatives de M. Dei)lanche (8) pour 
ajouter aux richesses de la Nouvelle-Cab'donie les oiseaux 
les plus utiles manquant encore à notre colonie, et celles de 
M. Simon (9) sur la reproduction et l'acclimatation du Fran- 

(1) Biilldiii, t. IX, p. 1!)7. 

(2) ItriJûuses n ini questionnaire stir la /ccondiitinii des œufs de (lalli- 
nacés (Bulletin, t. I\, p. oGG). — Daresto, Sur Ins innyeDH de s'assurer de 
la fécondation des œufs de Gallinacés [ihid., p. Uoo). 

(o) Bulletin, t. LX, p. 1059. 

(/i) M. ]]oppc-IIennilo, qui s'osl adonuL' avec beaucoup de zèle à l'éduca- 
tion des oiseaux, et a l'ail connaître le premier, à Xajîcy, plusieurs nouvelles 
espèces, s'esl aussi occiipi' de rinU'oduction de nouveaux vé^élaux utiles. 

(5) M. Ti'anquillo-'i'oaldi a bcaucou]) contribué à Finiroduclion de pUi- 
.sienrs espèces uliles dans le l'yrol. 

(()) A!. Aquarone, dont les riches volières renièrinent nombre d'ani- 
maux intéressants, a pu, par ses soins, préserver de fâcheux accidents 
qne!qucs-!;ncs des plus précieuses espèces <lu Jardin zoologiqne de Marsi'ilii'. 

(7) M. (jiiard Desprairies a oljicnn en I''rance ])!nsieurs individus de 
l'Oie de Terre-Neuve. 

(8) M. Deplanche a aussi appelé l'attention de la Société snr le Rhino- 
celos, qui joint à une chair savoureuse les cpialités de VAjiaini, et se charge 
comme lui delà police de la basse-cour (Bullelin, I. IX, p. 'JZi2). 

(S)) .Simon [fiullelin, p. /ijC, 500). ^ous devons rappeler aussi les mé- 
moires de \L C.hwaloii, Sur la domcsticalion du Tétras [ihid., p. /iO(t); -- 



XXVI SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGFQUE d'aCCLIMATATION. 

colin d'Ail.inson, qui fonl lieureuseaient présager de l'avenir. 

Parmi les oiseaux qui sont venus enrichir votre Jardin, 
citons le Goura (1), ce beau pigeon des Moluques que vous avez 
reçu de M. Gézard ; les Laughing Jacass {Dacelo (/igantea) (2) 
que notre dévoué confrère M. Mueller vous a adressés de Mel- 
bourne en même temps qu'une collection de jolis oiseaux 
chanteurs australiens. La chasse active que fait le Dacelo aux 
serpents nous permet d'espérer que son introduction à la 
Martinique amènera, sinon la disparition complète, du moins 
la diminution des trop nnml)reux Trigonocéphales qui sont 
le fléau de celte colonie. Bientôt, sans doute, nous verrons les 
Laughing Jacass à l'œuvre, car nous avons reçu de M. Mueller 
l'assurance qu'il nous procurerait prochainement un nombre 
sutïisant de ces oiseaux pour faire l'expérience sur une grande 
échelle, et nous savons que les promesses de notre dévoué 
confrère ne tardent jamais à être réalisées. Dans le but de 
nous donner des renseignements utiles pour arriver à la 
destruction des reptiles, MM. Hayes (3) et Chabriac {h) vous 
ont fait connaître les principaux animaux qu'on ]»ourrait 
employer à cet usage. 

Nous vous disions, il y a un an, que le Pic vert (5) était cité 

celui do M. Bartliélomy-Iinpomnif raye , Sur l'éducation du Hocco de la 
Guyanp (ibid., p. 933); — de M. Vauvert de Méaii, Sur le Capercaillie 
{ibid., p. 57'2); — Deloiichc, Albinisme chez les Poules {ibid., p. 706); — 
Drouyu de Lhuys, Sur les plumes de Dindon blanc {ibid., p. hoô) ; — 
Sacc, Sur lePsittacus eximius {ibid., p. 508) ; — F.ay, Plumes de Cigogne 
blanche [ibid., p. /io3); — Olivier, Poules en Algérie {ibid., p. hoO). 

(1) Les (ionras, donnés par :\1. Cézard.dc ÎNantes (t'tn'/f^m, l. l.\, p. 337), 
ont ét(5 l'objet d'une eoniniunication intéressante de M. Davier {ibid., p. 798), 
qui a observé la ponte de ce bel oiseau. 

('J) Un (uitre, un mémoire important de M. liamel nous a fait connaître 
les particularités les plus intéressantes du Laughing Jacass {Dacelo gigan- 
iea) {Bulletin, t. IX, p. 295, et ibid., p. 137, JZ|9, 237, 3.'i9). 

(3) Sur les animaux destructeurs des serpents dans l'Inde {Bulletin, 

t. IX, p. 770). 

{Il) Sur les oiseaux destructetirs des serpents au Brésil {Bulletin, 

t. IX, I). /l73). 

(ô) Hubert Brierre, Rapport sur le Pie ccrt {Bulletin, l. !X, p. 356). La 
Société a reçu plusieurs autres conuiumications à l'occasion de la question 
du rie vert considéré comme insectivore, et de l'utilité des autres oiseaux 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXVII 

à votre barre comme coupable de méfaits envers nos bois, que 
ne pouvait balancer sa qualité d'insectivore. Si ses accusateurs 
étaient ardents, il a trouvé parmi vous de chauds défenseurs, 
et, après avoir mûrement pesé les raisons qui pouvaient l'in- 
criminer comme celles qui étaient à sa décharge, vous avez 
décidé qu'il était un insectivore utile, et que s'il ne méritait 
pas tous les éloges que lui donnaient ses partisans, il n'était 
cependant pas aussi coupable que voulaient le faire ses enne- 
mis; par votre verdict, vous avez déclaré qu'il n'avait mérité 
ni cet excès d'honneur ni celte indignité. 

Le repeuplement des eaux se poursuit avec activité, grâce 
à l'initiative, à l'impulsion et aux encouragements de votre 
Société; aussi cette année, comme les précédentes, de nom- 
breuses communications (l) vous ont-elles été faites sur la 
pisciculture et les diverses études qui s'y rattachent, et avez- 
vous pu suivre, avec tout l'intérêt qu'ils méritent, les travaux 
de pisciculture fluviale et maritime qui sont entrepris, sous 
l'inspection directe du Gouvernement, et (jui permettront de 
fournir bientôt aux populations d'énormes quantités d'aliments 
dont jusqu'à ce jour elles étaient privées. 

Une tentative toute spéciale a été faite avec votre concours 
par M. Lamiral (2), qui vous avait présenté déjà plusieurs 

insectivores : Doljeaiivoys, le Pic vcri comme ennemi des Abeilles (ibiil, 
p, 70(5); — i\Iain, Sur le Pic vert {ibicl, p. 137); — Piseaiix, Utilité des 
Oiseaux )}uisibles [ibid., p. 807); — Sacc, Sur les Moineaux [ibid., 
p. 706): — Tliomas, Sur le Pic vert (ibid., p. 173);— Sainl-Aignan, Sur 
le Pic vert {ibid., p. h'Hi); — Tiicrel {ibid., p. ^70), Comte trtlstenio 
{ibid., p. 339), — l'. r.oussia (//;/(/., p. /i'2/i). 

(1) Parmi les nombreuses commiinications faites à la Société^ nous devons 
rappeler, entre autres, les travaux de ]\I. A. Lloyd, Sur l'aquarium, du 
Jardin d'acclimatation {Bulletin, t. IX, p. 107j; — de M. A. Gillet de 
Graiidinont, Histoire de la pisciculture {ibid., p. 978);— Millet, Sur la 
pisciculture {ibid., p. G9); — Abadie, Pisciculture et ostréiculture en 
Vendée {ibid., p. 798); — Cliavannes, Pisciculture en Suisse {ibid., p. 3/i5); 
— des Nouiies de la Caeaudière {ibid., p. 513); — de la Fons, baron de 
Mélicorq, Sur les poissons au moyen âge {ibid., p. 251); — Ramel {ibid., 
p. 536); — Passard, Sur l'Unio margaritifera {ibid., p. 351). 

('2) Lamiral, Mémoire sur l'acclimatation, la pèche et le commerce des 
Cuiiuilles ùnacrc, à perles et a bjissns {Bulletin, t. IX, p. '212, 298). — 
Rapport sur un essai d'acclimatation des Éponges de Syrie dans les eaux 



XXV.'H .SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D'AHCLIMATATinN, 

mémoires sur la possibilité d'acclimaler et de cuUiver le Corail, 
les Coquilles à perles, à nacre et à byssus, et les Éponges, dans 
celles de nos eaux algériennes et méditerranéennes qui en 
sont encore privées. Chargé par vous d'aller recueillir en 
Svrie des Eponges pour les installer sur nos cotes de Provence, 
notre dévoué conirèro a pu en déposer un certain nombre 
dans des conditions (jui nous permettaient d'espérer d'heu- 
reux résultats. Malheureusement nous avons été déçus dans 
notre espoir, et, par suite des circonstances exceptionnelles 
qui se sont présentées, tout a éti'' détruit ou perdu (J) : les 
éléments et les hommes ont conspiré contre le succès de 
noire oeuvre; mais ne nous décourageons pas, et conservons 
l'assurance qu'un autre essai sera plus heureux. 
Nous avons échoué encore dans une autre tentative, celle 

frcniçaises de la Méditerranée (ibid., p. 6/il). La Socicilr, convaincue de 
l'ulilitô qu'il y aurait à tenter une pareille entreprise, après avoir pris des 
rcnseiguenienls auprès de ceux de nos confrères qui s'étaient occupés plus 
spécialement des animaux marins intérieurs, a cliarsé M. Laniiral d'une 
mission spéciale que notre dévoué confrère a accomplie au prix de nom- 
breuses peint s et avec le plus grand soin, bien que cependant toutes les con- 
ditions les plus lieureuses n'aient pu se trouver réunies pour arriver aux 
meilleurs résultats, et que rintroduclion des Éponges syriennes dans nos 
eaux n'ait pu .s'opérer qu'alors que l'essainiement de ces animaux était déjà 
trop avancé. La Société a trouvé dans celle circonstance le concours le plus 
empressé de la part de S. Exe, le Ministre de la marine et le (iouverneur 
général de l'Algérie, qui ont bien voulu nous accorder une allocation 
sur les fonds de leurs ministères, dans le but de l'a\oriser ainsi une expé- 
rience d'un très haut intérêt, et donner des ordres pour faciliter la mission 
de ^\. L;imiral. La Sociélé doit aussi ses remerciments à M. Coste, inspecteur 
général des pèches, qui lui a prêté également son plus bienveillant conc(un\s. 
Outre le mémoire de iM. Laniiral sur l'acclimalalion des i:ponges, il a éié 
aussi adressé à la Sociélé un travail 1res intéressant de i\l. Espiua, agent 
consulaire, sur les Éponges de Barbarie [liidlctin, t. X). 

(l) Dans un second rapport, lu à la lin de l'année 18G2, ^I. Lamiral a fiit 
connaîlre à la Société le compte rendu de ses recherches sur les divers points 
où il avait déposé l'été dernier ses Éponges, et atlribue en grande partie les 
résullats fâcheux de celte lentali\c aux dégradations des pécheurs du litto- 
ral, qui, guidés parles bouées qui servaient de points de repère, ont enlevé 
les Éponges des caisses où elles avaient été innnergé s, et ont ainsi sacrifié 
à l'appàl d'un lucre minime, mais inuuédiat, les sources d'une fortu;ie 
ltus!,u!' a>juré(', iiKiis réalisiibls' sciilri: cnl (k',i;s i'avcuir. [BuIlcfiiiA. \, p. B.) 



r.Arror.T suii les tuavaux dh la société. xxix 
<Io rintrodiiflioii du Gourami (I) dans nos eaux. Malgré les 
j)ius grandes précautions prises par nos confrères MM. Liénard 
(de la Réunion), les poissons qu'ils nous envoyaient ont suc- 
combé pendant le voyage; mais cet échec ne les a pas décou- 
ragés, et ils sont résolus à tenter do nouveau, jusqu'à ce qu'ils 
aient enfin réussi, cette introduction par tous les moyens 
jiossibles. En échange du Gourami, nous voulons, de notre 
côté, doter les eaux de la lléuninn de quel({ues-unes de nos 
espèces européennes, et les études nécessaires pour arriver à 
une heureuse réalisation de ce projet ont été faites avec le 
plus grand soin par notre zélé confrère M. René Caillaud {'!), 
dont vous connaissez depuis longtemps l'ardeur à propager la 
pisciculture, etauquel, en grande partie, nos cùtesdclaYendéc 
sont redevables d'élablissemeiUs nombreux pour l'éducation 
des Huîtres. Dans cette œuvre éminemment utile, il a trouvé 
le concours le plus eiupressé de la part de MM. IJelenfant (3), 

(1) Le r,our;iiiii {Ospliruincniis o'fax, Cominerson), originaire des ri • 
\ière.s (le l'Asie orieiilalc, et surloiit de la Ciiinc, ,i éh- inU'odiiil déjà de suu 
1 ;iys ()rii,d!iaire à l'Ile "\!aurice ; il a déjà été Toijjet de quelques tcnlalivcs 
d'aeelimatatio;i. et tout jiorte à penser que son inuodiiction pourr,i s'opérer 
en France, au moins dans nos provinces mi'ridioiHdes. Jîien que supposée 
l'acile [)ar Lacépède, celte iulroduction, qui demande de grands soins, n'a pas 
encore réussi, i)eut-èlre parce qu'on a cherché à l'aire p irlei' l'expi'rienc;: 
sur des indisidus adultes; mais en ce moment même nos dévoués conIVères 
de l'de de ia lléunion cherchent à réunir des individus encore très petits, 
cl espèrent qu'ils pourront supporter plus facilement les fatigues du \oyage, 
et nous faisons les vœux h's plus ardents pour que leurs elforls, couronnés 
enlin de sucrés, leur permettent de doter notre pays d'une des espèces de 
poissons les plus justement estimées [Bulletin, t. 1\, p. 898. 917). 

(2) M. l'.ené Caillaud, qui s'est adonné tout pailiculièrement à l'étude de 
la pisciculture marine et lluviatile, a été le promoteur ardent des reciierclies 
qui se sont faites dans ces dernières années en Vendée, et, par son exemple 
et ses conseils, il a déterminé un grand nombre' de personnes à se livrer à ces 
expériences, qui aujourd'hui déjà doiinent les résultats les plus avantageux. 
Ayant pu faire parvenir à l'aquarium du Jardin du bois de Boulogne un 
bloc de rocher perforé par des l'holades, !\F. René Caillaud a donni' en 
même temps d'intéressants détails sur ces animaux [Bulletin, l. i\, p, 7125). 

(3) M. jjflenfant, coimuissaire de l'inscription maritime à la llochclle, a 
présidé à l'inslallalion de toute l'organisation des établissements d'ostréicul- 
ture, d(i<. bouchât s, \iiiers à pji^s.'nis, etc., qui se sont formés depuis 18,")2 
dans les environs de la r.ochelh', et priucijialeaient à Chalelaillon. Zélé insti- 



XXX SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATÂTION. 

Dclabignc-Villeneiive (1) et Tayaii (2), commissaires de l'in- 
scription maritime, grâce auxquels des milliers d'élablisse- 
menls d'ostréiculture ont pu s'établir do|iuis quelques années 
autour de la Rochelle, à l'île de lîé et aux Sables d'Olonne. 

A côté des insuccès dont nous vous parlions il y a un instant, 
et que nous ne devions {tas vous taire, car ils nous ont apporté 
leurs enseignements pour des entreprises ultérieures, nous 
pouvons heureusement constater avec vous une série nouvelle 
de résultats salislaisants dans la culture des eaux. 

Par l'emploi des frayères artificielles, imaginées par notre 
conlVére iM. Millet (3) et généralisées dans ces dernières 

galcur do tous ces Uav;iiix, il loiir accorde une prolrctiou dévouée, et grâce 
a ses soius, près de trois mille concessionnaires out pu s'occuper à Torgani- 
sation d'une culture de la mer. 

(!) !\I. Uelabignc-Villeneuve, commissaire de llnscriptiou marilinie aux 
Sables d'Olonne, a suivi le bel exemple donné i)ar M. Belenl'anl, et grâce à 
l'élan qu'il imprime, et aux secours (pi'il ne cesse de donner à l'ostréicul- 
ture, et surtout au\ \iviers de poissons, la production se trouve notable- 
ment aidée, et en un temps très court une centaine d'élablissemenls ont 
pu être créés. 

(2) i\I. Tayau, commissaire de l'inscription marilime à l'île de Ité, (pii a 
tenu aussi à imiter ce qui s'était lait d'abord à la i'.oclielle, a vu ses elVorls 
réconq)ensés par un magnifique résultat, puisque, aujourd'bui, six mille éla- 
blisscments sont formés sur la cote do Tile de Ré, si propice à toute tentative 
de ce genre. 

(3) Notre zélé confrère .M. Millet, qui s'est adonné d'une manière toute 
spéciale à la pisciculture, et qui a payé un large tribut à la Société par de 
fréquentes communicaiions ot par les conférences qu'il a faites encore cette 
année, a rendu compie à la Société du résultat de ses rccbercbes sur l'im- 
porlance dos élud(>s tliormométriques des eaux pour guider dans toutes 
les expériences do pisciculuiro {Bulletin, I. I\, p. 10/i9). Tour étudier le 
mystérieux phénomène des migrations des poissons voyageurs, et pour con- 
stater leur rapide accroissement, en ce (pii concerne particulièrement le 
Saumon, noire confrère a ou ringénieuse idée de donner aux Saumons rete- 
nus captifs dans le premier âge dos aliments contenant de la garance en 
poiislro. Otto substance colorant on jaune rouge les arêtes du Saumon, 
comme les os dos manmiifères, il devient dès lors facile de reconnaître les 
animaux soumis à ces importantes ot curieuses expériences. C'est par ce 
moyen (pie M. Millet a ])u constater, sans nuitiler les jeunes poissons sar des 
anneaux ou des ontaillcvs aux nageoires, qu'un Saumoneau pesant, à l'époque 
de la descente à la mer, GO à 80 grauunos, revient on eau douce, au bout 
de (pulques mois, avec un ()oids do i)lusiours kilogrammes. 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXXI 

années, on a pu obtenir d'excellents résultats sans manipu- 
lations difficiles et sans dépenses considérables. De nombreux 
documents statistiques et une série variée d'expériences très 
curieuses sur le rendement des eaux douces ont amené notre 
conl'rère à reconnaître que les poissons sédentaires ne peu- 
vent fournir à la consommation générale (jue des produits 
très limités, tandis que les espèces voyageuses reviennent 
dans ces eaux par légions, et y apportent des produits en 
quebjue sorte illimités. Certainement, de toutes les espèces de 
poissons (jui fréquentent les eaux douces, le Saumon, l'Alose 
et l'Anguille sont })lus spécialement destinés à fournir à 
l'bomme d'abondants et excellents produits qui ne lui coûtent 
presque rien, puisqu'ils vont se développer et s'engraisser à 
la mer, source inépuisable d'aliments de toute sorte. 

De curieux produits de Féducation des Truites, obtenus 
par fécondation artificielle, nous ont été présentés par 
M. Tandou (1) et par M. Roger-Desgenettes (2), qui a réussi 
à faire vivre ses poissons dans les eaux de la Marne et dans 
un vivier, où ils atteii^nent rapidement de fortes dimensions; 
fait très curieux, car il démontre la possibilité pour la Truite 
de vivre et de prospérer dans des eaux moins pures que celles 
qu'elle babite ordinairement. 

Plusieurs autres observations importantes vous ont fait 
connaître les résultats des essais de MM. Cbcvallereau, des 
Nouhes de la Cacaudière et Saint-Prix (3), et tout récemment 
M. A. Gillet de Grandmont, après vous avoir exposé des 

(1) M. 'J'andou a mis sous les yeux de la Société des spécimens de ses édu- 
cations de Ti-uilcs aux environs de Corbeil, et a pu démontrer ainsi (]ui' ces 
poissons sont susceptijjles de fournir rapidement des individus remar- 
(juables par leur taille, même élevés en captivité [Bulletin, i. L\, p. lO/iS). 

(2) M. r.oger-Desgenctles, qui, à plusieurs reprises, a entretenu la Société 
des expériences de pisciculture qu'il a instituées à Saint-Maur, près de Paris 
{Bulletin, t. IX, p. 5iZi, 10/i5, l0/i9), a présenté également des spécimens 
très beaux de Truiles élevées par lui dans un vivier alimenté par les eaux de 
la Marne, et des individus péchés dans celle rivière, et provenant de produits 
de ses éducations qu'il y avait déposés. 

(3) C. de Saint-l'rix, Question de pisciculture en basse Bretagne. Bro- 
chure in-8, ISG'J, 



Nxxii socirm': jmi'éhiai.l; zooLOGinUE d'acclimatation. 
exiK'ricr.cos sur la Iccondation (](' ].i Fera (1), vous a cnli'c- 
Icmis (le Ja réussite de l'enipoissonnemenl du lac !*aviii, eu 
Auvergne cl). 

iM. Vancuu vous a soumis l'appareil ingénieux ([ui lui 
pcrmcl de tr.nnsiiorler les poissons vivants à de grandes dis- 
tances. Vous avez aussi reconnu avec salislaction les bous 
services rendus à racclinialalion marine par MM. Leprelle cl 
Heuouf. Signalons enfin le mémoire qui vous a été adressé par 
M. Vieunot (i'.) sur les parcs de Crustacés en Angleterre, et 
les travaux de M. Fruchier (/j) sur la pisciculture eiréducatiuii 
des Sangsues, dont il a doté le département des Basses-Alpes. 

Cette année encore, de nombreuses communications (5) 

(1) Vi. Anatuli' (iiliol du (Iraiulinont a coimmiuiqiK'' à la Soriéii.' un mé- 
uioirc sur la l'écuiulalion arlificieli^' ûv la Fera, cl ;,iir les meilleurs iuoyens 
de ]impat;er dans nos eaux ce poisson, qui, jusqu'à ce jour, n'a pu s'y 
développer coinenal^leinenl, faule d'avoir jusqu'ici irouvé loutes les con- 
dllioiîs les plus essentielles à son développement {Bulletin, t. \, p. l(i). 

("2) Dans une des dernières séanc s de la Société (G lévrier 18G2), M. A. 
Giliet de (Irandmont a lait connaître à la Société les lieurciix résultats de 
rempoissoiiurment du l.:c l'avin par .M. Ducros, tentative sur laquelle 
Ai. Lecoq a-.ait déjà attiré l'attention, en pn'scntani une Truite très volumi- 
neuse provenant de ce lac {Bullefiii, t. IX, p. 3/i5). 

(3) Sur les parcs (le Crustacés en Angleterre {Bulletin, t. IX, p. J02G). 
Dans ce travail, M. Viennol a l'ait connaître le développement coiisid'érablc 
de celte industrie en Aiii^leterrc, et les précautions [)rises dans ce pays poui 
approvisionner d'une manière continue et conveurible les marchés des divers 
Cruslacé's qui li^urent sur les tables. 

{Il) Hiruiliniculture dans les Basses- Alpes {Bulletin, l. L\,p. JO:!il). 

(5) Notre zélé coniVèr;' M. Guérin- Aléne\ille nous a tenus, comme les 
années précédentes, au coiiraiil de tous les faits intéressants qui se sont [né- 
sen;és durant le cours de la campagne séricicolede 18f3'2, et a résumé dans 
un rapport important, auquel nous avons emprunté presque tous les rensei- 
gncnKMils que nous avons indiqués dans notre compte rendu, toutes les com- 
muiiieationsquioni été faites, soit à la Société, soit à lui-n.ième, et ([ni étaient 
de natnrc à intéresser nos conlVères. 

Aous devons rappeler ici les importantes communications de M. le docteur 
ForgeîViol, Sur un mode parliculier et 7Uiuve(iu de décidai/e oi soie grége 
des cocons ouverts du ninnlnj.r Cijnthia <t autres {Bulletin, \. i\, p. ;308); 
— de M. C.iroîlo'.i, Bapport sur la sériricidlue dans les priivincrs russes 
(Li Caucase {il>id., \). 115); — de M. Maiiiice Girard, Sur le Sericaria Mort 
[iliid., p. '.)G2, 1050); — de M. l'ierr.' l'icliol, Sur l'introduction du Ver ci 
soie de i'Ailante en Bussie [ibid., [). T'J'i). 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. WXIII 

relatives à la séricicullure nous sont parvenues , l)ien (jue 
cependant l'influence fâcheuse de la gatline ait continué à 
s'exercer. Nous devons faire remarquer que, mali^ré l'appel 
pressant que vous avez déjà fait à plusieurs reprises, les per- 
sonnes (jui vous adressent des rapports sur leurs éducations 
se contentent trop souvent d'énoncer seulement leurs résul- 
tats, et négligent de vous faire connaître tous les détails qu'il 
vous importerait de savoir pour vous rendre un compte exact 
de ce qu'a présenté de particulier la campagne séricicole. 
Elles devraient ne pas oublier que cette négligence influe 
nécessairement sur les décisions prises lors de la distribution 
des récompenses, et que plusieurs d'entre elles eussent cer- 
tainement lîguré avec honneur sur votre liste de lauréats, si 
elles vous avaient soumis tous les documents ([ui pouvaient 
vous éclairer. Nous adjurons donc tous ceux qui s'occupent 
de sériciculture, connue tous ceux qui se présentent à vos 
concours, de prendre le soin de joindre à leurs mémoires 
toutes les pièces à l'appui. 

Comme toujours, vous avez trouvé au premier rang, parmi 
tous ceux qui s'occupent de l'éducation des Vers à soie et des 
nombreuses questions que soulève celte branche de nos étu- 
des, notre dévoué confrère M. Guérin-Méneville (1), qui, non 
content de donner l'impulsion aux nombreux sériciculteurs 
qui ont recours à ses lumières, vous tient au courant de tout 
ce (]ui se passe dans les diverses localités où l'on s'occupe 
de sériciculture, et vous fournit, par ses rapports lumineux, 
le moyen de suppléer à ce que les observations qui vous sont 
adressées ont d'incomitlet, et pai' suite d'obscur. 

l.a maladie qui a continué à sévir sur les Vers à soie a été 
l'objet d'études inqiortantes; et, sans parler ici des théories 

(1) Kntrc autres travaux, nous devons à M. Cuérin-Ménevillc : un Résumé 
iommaire des Irai'au.i: de xériciculture oxéculésen 1801, sous l'inspiration 
de la Société (Bulletin, t. IX, p. 'Jl). — Quelques faits relatifs a l'intro- 
duction de l'Ailantcà Vélrawjer et aux éducations du Ver à soie du liicin 
{ibid., p. oi)8). — Éducation du Ver à soie du Ricin en Swsse [ibid., 
p. 2138). Xouceaux documents sur le \'cr a suie de l'Ailuntc (ibid., 
p. Zi33). 

T. X. - Jan\icr cl I'c\iicr 1803. c 



XXXIV SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

I»ar lesquelles on a voulu l'expliquer, nous vous rappellerons 
les recherches remarquahles de M. le docteur Chavannes (1), 
qui vous a exposé les moyens qu'il emploie pour la combattre, 
et vous a fait connaître les heureux succès de ses éducations 
en plein air. M. Nourrigat ('^-) , auquel nous sommes redeva- 
bles d'une nouvelle espèce de Mûrier qui facilite singulière- 
ment les éducations, a continué, avec le zèle que vous aviez 
reconnu dans les précédentes années, ses recherches sur les 
moyens de guérir les maladies des Bombyx, et de remédier 
ainsi à la mortahté désastreuse qui décime nos magnaneries. 
Vous trouverez certainement aussi de précieuses indications 
dans les mémoires qui vous ont été adressés de Chine ])ar 
M. Simon (3), et qui nous apprennent les précautions intinies 
des Chinois pour se i)rocurer de la graine aussi saine que 
possible. ' 

Vous avez reçu des rapports très intéressants de madame 
veuve Boucarut {h) et de madame la comtesse de Labé- 
doyère (5) , qui ont continué avec autant de zèle que par le 
passé leurs éducations de Vers à soie, en notant scrupuleu- 
sement chacun des phénomènes qui ont accompagné les di- 

(1) INoU'e savant délrgiu' à Laiisanno a pul)lié le résnllat de ses études 
sur la gattine dans un ménioirc , couronné en 1861 par l'Inslitut lom- 
l)ard des sciences et arts, Sur les principales maladies des Vers à suie et 
leur iiuérisoii, dont il a communiqué les conclusions à la Société dans sa 
séance du 25 avril 186'2 [Bulletin, t. I\, p. UOS). Il a démontré également 
par des expériences très bien conduites qu'il y aurait de graiuls avantages, 
pour restaurer les races de Vers à soie, à faire des éducations pour graine 
en plein air. 

(2) ]\I. E. Nourrigat (de Lunel), qui se dévoue à des éludes sérieuses pour 
arriver à Tacclimatalion des Vers exotiques susceptibles d'Otre introduits en 
France, poiu'suit avec un zèle égal ses recberchcs sur les maladies des Vers 
à soie et des ^lùriers. 

(3) Sur la srriricullHre en Chine {Bulletin, t. 1\, p. 220). — Sur une 
nouvelle race de Vers à soie nommés Tien-tse, ou fils du ciel (/6«(/., p. /i75). 

(à) Le mémoire de madame veuv(> Boucarut est des ])lus remarquables, et 
sera publié dans le tome \ du Bulletin. 

(5) Madame la comtesse de Labédoyèrc a continué son précieux concours 
a la Société pour des éducations expérinieiitalcs de Vers à soie, dont elle fait 
connaître avec le pbis grand soin les résultats c]l;i(iue année. 



UAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXXV 

verses |)hases de l'évolulion de leurs insectes. Trop heureux 
serions-nous si tous les rapports qui nous sont adressés étaient 
aussi complets, et nous faisaient suivre ainsi pas à jtas toute 
la marche de la campagne séricicole. Nous devons encore une 
mention particuhère aux éludes laites par MxM. Jacquier (1), 
Gross (2) et Pinçon (3). 

Ce n'est pas seulement sur le Bombyx du iMùrier (juc se 
l)orle votre intérêt, mais vous suivez encore avec autant de 
sollicitude tout ce qui a rapport aux autres espèces exotiques 
susceptihles d'être élevées en France, et de fournir ainsi de 
nouveaux matériaux à l'industrie de la soie. Si, l'an dernier, 
vous avez exprimé un juste sentiment de gratitude à lAf. Du- 
chesne de Lîellecourt, auquel vous deviez le Ver à soie Ya-ma- 
mal {h) , dont des circonstances fâcheuses ont empêché le 
complet développement chez nous, vous n'avez pas moins de 



(1) M. le capitaine Jacquior (do Troycs) n pu conserver, depuis do nom- 
breuses années, une Ijoile race nulanaise, qu'il tenait de .M. de Boullenois, 
et qui n'a jamais montré la muindre trace de galtiiic. Il a recueilli des 
observations très curieuses sur rintlaencc que le milieu et la nourriture, 
exeicent stu' la maladie ; mais ces faits, en raison même de leur impor- 
tance, ont besoin d'être conlirrnés par de nouvelles ol)servations, et nous 
a\ons l'espoir que M. Jacquier pourra on réunir un nombre suflisanî i)onr 
établir sur les bases les plus certaines ce moyen de sauver notre industrie 
séricicole. - 

(2) M. Jean Gross (de Grunningen) rend de grands services à la sérici- 
culture par rélablis-sement d'une société qui s'est imposé la mission de 
faire convenir en graines les éducations qu'elle a suivies dans leur dévelop- 
pement, de telle sorte qu'elle peu! en garantir la boimc qualité, ftj. Gross 
s'est adonné aussi avec le plus grand zèle à la pro[)agation des éducations 
de Uoinbijx Cynthia, qu'il cherclic à établir sur des montagnes dénudées 
et jusqu'à présent improductives. 

(o) M. Jules Pinçon, agent comptable du Jardin d'acclimatation du bois de 
Boulogne et ancien magnanier, a surveillé les éducations laites dans notre ma- 
guauiM-io expérimenlalo. Il on a t'ait connaître les résultats dans un ra2)port 
intéressant, et a ontreteiui la Société d'un moyen, qu'il a counnoncé à ap- 
pliquer celle année, ])oui- diminuer de beaucoup la qiiaiilité de feuilles 
nécessaires à la nouiriture des Vers. {fJulletiii, t. 1\, j). 5Zi'2.) 

Cl) K. Simon, Sur une nouvelle rare de Vers a soie noiniiiée Yaniu-muï 
{Bulletin, t. L\, p. o7ù:. 



XXXVI SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

reconnaissance pour M. Pompe vaiiMeert der Woort (1), qui a 
rapporté derniéreuient une certaine quantité de ces précieuses 
graines dont l'exportation est, dit-on, interdite au Japon sous 
peine de mort; grâce à LL. EExc. les Ministres des atlaires 
étrangères et de l'agriculture, vous avez été mis en posses- 
sion de ces graines, et le moyen vous a été donné de tenter 
une seconde lois d'enrichir notre sériciculture d'une nouvelle 
et précieuse espèce. 

Les Vers à soie du Chêne, dont l'importance est si bien 
reconnue de vous , vont donc pouvoir èlre soumis à de nou- 
veaux essais, et nous sommes heureux de vous annoncer que, 
sous peu de jours, vous recevrez, du lond de la Chine, de 
nouveaux échantillons du liombi/x Pernyl , que vous devrez 
aux bons soins de notre zélé meuihre honoraire monseigneur 
Perny ("2). Vous pourrez reprendre ainsi, avec plus de chances 
de succès, la culture de ce Ver, sur la première éducation 
du(iuel M. Frédéric Jacquemart (^) vous a donné une relation 
détaillée. 

Un Ver à soie qui est aujourd'hui bien cerlainenient accli- 
maté chez nous, et dont la culture se répand de plus en plus, 
le Ver de l'Ailante, a été, comme parle passé, l'objet de nom- 
breuses communications. MM. le couile deLamote-Baracé (/i), 

(1) \\. Pompe van Mccrl (Ici- Woort, oflicier de sanU' de l,i maiiiie uéedaii- 
daisc, a rapporté du Japon deux boîtes contenant delà jj;raine de Bombyx Ya- 
nia-maï, ({ui ont été ollerles à la Société par Leurs l':xcellences les Alinislres 
desallaires élruni^ères et de l'agriculture (Z)'H//t'//;i, I. \, p. 2i). 11 a été pris 
innnédialcment des dispositions pour activer la foliation de quehpies pieds 
de Chcne destinés à fournir la nourriture an\ ^ ers dès leur éclosion, qui ne 
peut tarder, vu Félat avancé de développement où ils exisleiil dans Icsœuts. 

{■!) :\Ionsei!;neur l'erny, auquel la Société est redevable de la première 
tentatixe d'introduction du Ver à soie tlu Chêne de Koui-tchc-ou, vient, par 
une lettre datée du 12 octobre 1862, de nous faire connaître qu'il préparait 
un nouvel envoi de ce précieux insecte, et qu'il prenait toutes les précau- 
tions ponr que le Bombyx Peririji arrive à bon port. 

(o) Tcnlatii-cs d'éJiuation du Ver sauvage du Chcne de la Chine {Bulle- 
tin, t. 1\, p. 05). 

(/l) Malgré les mauvaises conditions climatériques de Tannée, M. le comte 
de liamote-iiar.icé a oblenii encore de beaux résultats de s( s cultures de 
Bombyx Cyiilhia. 



RArrORT SUR LES TRÂVATIX DE LA SOCIÉTÉ. XXWII 

Pravert (de Padouo), mesdames la comtesse de Beaumont (1) 
et la baronne de Castillon (2), et nombre d'autres séricicul- 
teurs, vous ont fait connaître le résultat de leurs travaux. 
Madame la comtesse de Beaumont, qui cbercbe à introduire le 
Cyntltia sur les terrains arides de la Provence , a découvert 
que cet animal peut, sans inconvénient, être nourri des 
teuilles de la Pimprenelle, observation qu'a confirmée M. le 
maréclial Vaillant (3). Vous devez à M. de Milly {h), qui veut 
doter les Landes de la culture de l'Ailante et de l'éducation 
du Cyntlna , un rapport remarquable sur ses essais, qui lui 
ont permis de recueillir près de 100 kilogrammes de cocons 
frais sur un terrain de sable jusqu'alors improductif. 

Ce n'est pas seulement en France que la sériciculture se 
développe , dans presque toutes les parties du monde de 
nouveaux établissements se créent. On doit l'introduction du 
Homhijx Cyntliia en Angleterre à lady Dorothy Nevill(5), 
dans les environs d'Odessa au général Burno(6), au Para- 

(1) Madame la comtesse de Beaumonl a reconmi, à la suite d'essais variés, 
qu'on pouvait élc\or le Jiombijx Cyntliia aver les feuilles de la Pimprenelle. 
La quantité nécessaire, assez faible dans les premiers jours, devient très con- 
sidérable après le quinzième jour, car les ^ ers s'en montrent alors très avides. 

(2) Madame la baronne de Castillon a obtenu encore cette année des ré- 
coltes aussi belles que celle de l'an dernier, à la suite de ses éducations en 
plein air. 

(3) Les expériences de M. le maréchal Vaillant ont été insérées dans la 
Revue et Magasin de zoologie de ISG'i, p. Ziiâ. 

(/i) M. de Alilly a planté d'Ailanles plus de six hectares de sables impro- 
ductifs. Va\ outre, il a établi une haie d'Ailanles de 580 mètres de long, qui 
lui a permis de nourrir 50 000 Vers, et d'en retirer 97 kilogrammes de 
corons frais. 

(5) Lady Dorothy Nevill a introduit en Angleterre le Bombyx Cynthia, 
qu'elle élève avec le plus grand soin, et dont elle obtient de fort beaux 
résultats. On lui doit im excellent ouvrage sur l'éducation des Vers à soie, 
The Ailantiis silk II or?» and the A Hantas tree, dans lequel elle a al)rég('' 
les préceptes donnés par notre confrère M. tiuérin-Méneville sur l'ailanti- 
cullurc. 

(6) Le général Burno a obtenu une rapide propagation du Bombyx Cyn- 
tliia dans ses piopriélés. et à la fin de la seconde année de ses éducations, 
il avait une quantité de graines assez cousidi'iable pour pouvoir en céder 
au\ propriétaires du midi de la lîussie. 



XXXVIII SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

guay à M. Gelut (1) , à Monlevideo à M. Meyer {'2)\ et d'autre 
part, M. Michely (3) à Cayenne, et M. Prévost en Californie, 
continuent avec persévérance leurs tentatives d'acclimatation 
des divers Bombijx. 

Rappelons encore les expériences spéciales de M. WuUschle- 
gel {h), qui lui ont démontré la possibilité de faire hiverner 
les chrysalides des Vers de l'Allante et du Ricin, découverte 
importante, puisqu'elle facilitera singulièrement les éduca- 
tions de ces insectes. 

Votre délégué cà l'île do la Réunion, M. Berg (5) , vous a 
adressé un mémoire étendu sur les divers insectes herbivores, 
et en particulier sur ceux qui attaquent la Canne à sucre, el 
causent ainsi un dommage considérable à l'une des sources 
de richesses les plus importantes de notre colonie. 

yVu nombre des insectes utiles à l'bomme, nous devons 
ranger la Cochenille (6), dont la culture s'est successivement 
étendue du Mexique à nos Antilles et à l'Espagne, et de là 
aux Canaries, h Java et à l'Algérie. Dans ces derniers temps , 
ainsi qu'il résulte d'un travail de M. \o baron Anca (7), il a 

(1) M. Gclol n comnienrr à loiiter rinU-oduclion du Vor à soie do l'Ai- 
lanie au Paraguay, et pense que lo Ver du Riciu ne peut niancjuer d'y don- 
ner les plus riclics résultats, en raison delà vé.gélaiion facile et continuelle 
de cette plante. 

(2) ^\. Meyer, qui a introduit Failanlicullure dans le gonvernenienl de la 
l'iata.y a déjà obtenu de tr^s beaux résultats, qui font augurer brillamment 
de l'avenir. 

(3) M. Michely, qui a obtenu à Texposilion de Londres deux médailles 
pour ses travaux relatifs à l'introduction de l'industrie de la soie à Cayenne, 
mérite tous nos encouragements i)our les eiïorls persévéïanls avec lesquels 
il continue ses tentatives d'acclimatation dn Ver du "Uùriei. et pour les ob- 
servations intéressantes qu'il a faites à ce snjeL 

[ix) Bulletin, t. IX. 

(5) D. Berg, 1)es insectes herhirores de l'Ile Je la Bétinion, et parlicn- 
lii'rement de eeiix qui envahissent la Canne à sucre {Bulletin, I. 1\, 

p. 938). 

(6) L. Sonbeiran, De la Cochenille et de son acclimalation {Bulletin, 

t. L\, p. Lr'ifil. 

(7) Arcliinalalion de la Co^'henille en S^ieile (UuJIeHn, t. I\. p. 970, 

1031). 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XXXIX 

inslitiié en Sicile des essais d'accliinalation de cet insecle qui 
s'annoncent sous les plus heureux auspices. 

Les malheurs de la guerre qui désole en ce moment l'Amé- 
rique ont, pour ainsi dire, annihilé la production du coton, 
cette précieuse substance qui fournissait le travail à d'innom- 
brables ouvriers, et remplissent de misère des milliers de 
manufactures florissantes autrefois. Trouver le moyen de cul- 
tiver le coton dans de nouvelles localités, pour prévenir le 
retour de calamités aussi désastreuses, telle est la préoccu- 
pation générale aujourd'hui ; aussi des diverses parties du 
monde vous est-il adressé d'importantes communications à 
ce sujet (1). Et sans parler ici d'un travail qui résume les 
documents les plus essentiels au cultivateur de coton , nous 
devons rappeler d'une manière toute spéciale à votre atten- 
tion les remarquables essais de M. le marquis de Fournès (2), 
et de son collaborateur M. Arnaud, qui ont réussi à obtenir, 
sur les bords du Gardon, une notable quantité de ce précieux 
filament, et h qui tout fait espérer que, le succès de deux 
premières années de culture se renouvelant, ils pourront 
bientôt aborder la grande culture de cette plante. 

La Vigne, dont les récoltes depuis plusieurs années ont 
tant laissé à désirer, par suite de la maladie dont elle est 
atteinte, a été aussi l'objet de plusieurs mémoires importants, 
parmi lesquels nous citerons celui de M. lîamel (o) sur la Vigne 

(1) Diipiiis, Sur les maladies du Cotonnier et les insectes qui nuisent à 
cet arbre {Bulletin, t. L\, p. S'iS). — Goiily de Chaville, Sur les feuilles 
de Raifort employées comme succédanées du coton {ibid., p. 972j, — ne 
Laccrda, Sur le coton jaune et le coton bleu du Brésil (ibid., p. 971). — 
Ramel, Sur le Cotonnier arbre du Pérou {ibid., p. 721, 996). — Soiibinran, 
iS'ote sur la culture du Cotonnier {ibid., t. X, p. lit). 

(2) AL le marquis de Fournès et >,L Arnaud, qui s'occupe exclusivement' 
d'agriculture, ont présenté à la .Société dos échantillons de leurs cultures du 
(loton dans le département du Gard, et ont fait connaître les heureux résul- 
lals (|u'ils ont déjà obtenus {Bulletin, l. IX, p. Zi87, 717, lOoJ). Des expé- 
riences de iilalure qui ont été faites en Alsace par un de nos premiers 
manufacturiers, M. Schlumberger, ont prouvé que le coton obtenu par notre 
zél'i confrère pouvait rivaliser avec les meilleures sortes américiines {ibid., 
LX.p. 55). 

(o) Bulletin, I. I\, p. 9'i8, 9j5. 



Xr, SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOrjQUE d'aCCLIMÂTÂTION. 

d'Australie, et celui de M. Elias Durand (1) sur la Vigne et les 
vins des États-Unis , travaux qui nous fourniront sans doute 
les moyens d'ajouter de nouveaux cépages aux nombreuses 
espèces que notre pays possède déjà. Si l'Australie, de même 
que les États-Unis, peut nous donner des Vignes qui nous 
manquent encore, nous avons déjà cherché à lui faire con- 
naître nos cépages si renommés à juste titre ; car, grâce au 
bienveillant concours de notre èminent confrère M. le géné- 
ral marquis d'ilautpoul, nous avons obtenu une collection 
complète des Vignes réunies dans la riche pépinière du Luxem- 
bourg, et nous avons été heureux de l'olïrir à la Société de 
Melbourne. 

Plusieurs de nos confrères ("2) vous ont transmis les résul 
tais de leurs observations sur la culture de la Pomme de terre 
et principalement des variétés de Sainte-Marthe et d'Australie 
qui, repoussées d'abord par nos cultivateurs, voient chaque 
jour augmenter le nombre de leurs partisans. 

De nouveaux renseignements sur la Coca sont venus aussi 
s'ajouter à ceux qu'avait colligés avec tant de soins et de sa- 
gacité notre zélé confrère M. Gosse, et nous ont témoigné une 
fois de plus de l'intérêt que portent à cette question MM. de 
Lesseps, Colpaert, Piaymondi et le maréchal Santa-Cruz (3). 

Le sucre et les plantes qui le fournissent nous ont valu un 

(1) Bulletin, t. IX, p. 313, 610, hll. Ce travail a été reprothiit avec dos 
observations importantes de M. GliarlesDesmoulins, dans le dernier volume 
des Actes de In Société Linnéenne de Bordeini.c. Notons encore les tra- 
vaux de M. \eidigk snr la culture de la Vi'^nQ en Crimée [Bulletin, t. I\, 
p. 3^0). 

('2) Î\T. David, qui a obtenu déjà des succès remarquables de la culture de 
la Pomme de terre, dite d'Australie, en a fourni de nouveaux tubercules celle 
année, et a publié une note intéressante à ce sujet {Bulletin, t. IX, p. C6). 
\ons devons rappeler encore les communications de MAI. Tiafliley (ihid., 
p. 61, 330), Hébert (ibid., p. 61), Dupuis (/6à/., p. 5/|l), .lomard (ilnd., 

p. 916). 

(3) Outre une nouvelle communication de ÎM. Gosse [Bulldin, t. IX, 
p. /i39), la Société a reçu d'importants détails sur la culture de Yl^rijthro.rij- 
hm coca de AIM. de Lesseps {ildd., p. 010, 6'2/i, !t71, 993), Colpaert (/7'/V/., 
p. 820, 956), r.aymondi [ihld., p. 699). et marédial Sanla-Cruz (ihid., 
1). 2 ->■-). . 



RAPPORT SUR LES TRAVArX DE LA SOCIETE. XLI 

imporlant mémoire de M. Hardy (1) sur la cnltiire de la Canne 
en Algérie, diverses notes sur le Sorgho ('2) et ses produits, 
et des détails intéressants sur la culture et l'exploitation de 
l'Érable à sucre (3), dont la Société doit une belle collection 
aux soins obligeants de nos confrères MM. de Puibusque et 
Gauldréc-Boilleau. 

Des recherches faites en Chine ont donné lieu à de nom- 
breux rapports qui ont vivement attiré votre attention et excité 
votre plus haut intérêt : il suffit de vous rappeler les fré- 
quentes notices, accompagnées de graines et d'échantillons, 
que vous devez à M. Simon (A), auquel vous allez accorder le 
titre de membre honoraire, désireux que vous êtes de récom- 
penser aussi le zèle qu'il n'a cessé de vous prouver. 

C'est de Chine également que provenaient les riches col- 
lections que vous avez reçues de Mgr Guillemin (5) et de 
M, le capitaine Dabry (6), qui vous a fait connaître dans plu- 
sieurs mémoires, que vous avez écoulés avec attention, les 
particularités les plus intéressantes de ses recherches dans le 
Céleste Empire et de ses études dans les divers ouvrages publiés 
par les Chinois. Du reste, l'accueil bienveillant que vous avez 

(1) Bulletin, t. IX, p. 580. ... 

(2) BarouAnca {Bulleh'n, t. I\, p. 99). 

(3) M. do IMibusquc (««i/e</H, t. I.\, p. 73), Gauklréc-Boillenu (/V^iU, 
p. 1060). 

f'j) iM. Kiigone Simon, depuis son déparl pour la Chine, a adressé un 
Srand nombre de communications impoilantes à la Société sur les divers 
animaux et plantes qu'il a p.i observer, et a accompagné ces mémoires de 
coileclions importantes, qui ont été distribuées aux personnes qui étaient 
dans les meilleures conditions pour en tirer parti. Outre les mémoires que 
nous avons déjà signalés dans ce compte rendu, nous devons rappeler ici les 
notes étendues qui accompagnaient un envoi d'animaux et de végétaux du 
Japon [Bulletin, t. L\, t. 59/i, GIO, 688). 

(5) Sur les graines des principales plantes alimentaires de la province 
de Qicang-tong [Bulletin, l. 1\, p. o23). — Productions végétales de lu 
Chine {ibid., p. 872). 

(G) Sur diverses plantes potagères de la Chine [Bulletin. I. IX, p. 325\ 
— Sur les plantes médicinales de Chine [ibid., p. /jOû). — La vie a bun 
nuirché en Chine (ibid., p. 673). M. Dabry a fait connaître aussi mie note 
du père Cijjoi sur le l'e-tsai [ibid., p. 2o'_'). 



XLII SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATÂTION. 

fait à ces travaux a vivement encouragé leur auteur, et c'est 
avec l'espoir de pouvoir vous procurer de nouvelles richesses, 
plus nombreuses encore, que M. Dabry a quitté la France, 
pour retourner en Chine. 

Les services éminents rendus à l'acclimatation reçoivent de 
vous des récompenses éminentes aussi. Vous allez accorder 
à M. IssakoIl(de Saint-Pétersbourg) le titre de membre hono- 
raire, en récompense de ses nombreux essais d'acclimatation 
d'une foule de végétaux utiles, des soins qu'il a donnés à la 
fondation du comité de Moscou, de ceux qu'il donne encore à 
l'organisation du jardin zoologique de cette ville, qui doit 
s'ouvrir dans le courant de l'été. C'est par un sentiment de 
juste reconnaissance, que la Société de Moscou a appelé vos 
suflVages sur M. IssakolT, auquel on doit en grande partie la 
haute protection accordée à l'acclimatation parles souverains 
de la Russie. 

Cette année, comme toujours, M. Brierre (de Saint-IIilaire 
de Riez) (1) a continué à enrichir vos archives de ses rapports 
sur la culture des plantes et graines reçues de vous, et a 
libéralement répandu dans toute la Vendée le produit de ses 
récoltes, travaillant ainsi avec un zèle infatigable à propager, 
à vulgariser les nouvelles espèces que vous cherchez à intro- 
duire. La série remarquable de dessins (pii accompagnent 
chacun des rapports de M. Brierre forme aujourd'hui une 
riche collection, qu'il augmente chaque jour, et que vous avez 
décidé de réunir en un recueil qui en permette laïacile com- 
munication à chacun de vous. 

Parmi ceux de nos confrères dont vous avez reçu des raj)- 
ports circonstanciés sur leur culture, vous avez distingué tout 
particulièrement MM. Philippe (2), Denis {^), Sicard [h), et 

(1) Bulletin, l. i\, p. 57, VIS, 13G, 236, 2/1/4, o3G, /i25, /|31, 5o8, 516, 

OU, 710, 800. 

(2) Sur le Schinusinoile{Biillrli)i, l. I\, p. /il). — Stir l'Eucalyptus 

(jlobulus {ibid., p. 228). 

(3) Bulletin, t. IX, p. 801. 

(/i) Sur le Cath-sé {liullelin, 1. l.\, p. lO/iG). M. Sic.ird a faii coniiaîlrc 
aussi W rOsiillat (Vexpôricnccs sur la i)isciciilluro cl le Vit à suie di' TAilaiile 

[ibiJ., p. 51/0- 



RAPPORT SUR LES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XLIII 

notre regretté collègue M. Delisse, dont les travaux ont été 
continués par sa veuve, qui, malgré sa trop légitime douleur, 
a voulu pieusement terminer l'œuvre commencée. 

Des mémoires sur différentes plantes vous ont été adressés 
par MM. Berthelot (1), Taverna (2), Gasparino (3), de 
Murga (/j), Chappellier (5), Kiiline (6), Anca (7), Dupuis (8), 
Rochussen (0) etBelhomme (10). De nombreuses observations 
sur tous les faits curieux qu'a présentés l'bistoire de l'acclima- 
tation en Australie vous ont été communiquées par M. Ra- 
mel (11), dont le zèle incessant s'ingénie à vous procurer des 
occasions nouvelles d'enricbir votre Société. Parmi les nom- 
breux envois de plantes qui vous ont été faits, vous avez 
particulièrement remarqué ceux de MM. Mueller (12), Gaul- 
drée-Boilleau (13), Hayes (1/i), de Lacerda (15), Loarer, 
Rosalés (16), etc. 

(I) Berthelot, Sur les essences forestières des Canaries et la réorgani- 
sation du jardin d'arclimatation d'Orotaoa {Bulletin, t. IX, p. GS'j, 
770). 

('2) Taverna, Rusticilé des arbres rerts (Bulletin, t. 1\, p. 502). 
(o) Gasparino, De la culture du Cocozzelli [Bulletin, t. L\,p. o32). 
(/l) 1)0 :\Iur2;a, Culture de la Chufa (Bulletin, t. T\, p. kh). 

(5) Chappellier, Xote sur le Sa frun {Bulletin, t. IX, p. /il8). 

(6) kiiline, Notice sur le Biz sauvage {Zizanie aquatique) de rAniériijue 
du Nord {Bulletin, t. IX, p. l'2o). 

(7) Anca (Bulletin, t. L\, p.99j. 

(8) Dupuis, Culture de l'Ailanie nlanduleux {Bulletin, t. IX, p. S77). 
— Culture du Manioc en Italie (ibid., p. hk'i)- 

(9) M. (lo Rochnssen a communiqué à la Société' {Bullflin,[. IX, p. :'|3'21, 
des renscig;nemcnts irrs inléressants sui- la culture du (Quinquina <i Java, 
sous Finspiiation du i;ouvernemont ni'orlandais, et lui a lait connaître les 
heureux, résultats obtenus déjà dans cette acclimatation. 

(10) V.dhommQ (Bulletin, \. LX, p. 2/i3). 

(II) M. r.amel a communiqué à la Société un grand nombre de faits inté- 
ressants d acclimatation des espèces soit animales, si)it végétales (Bulletin, 
t. IX, p. /i^O, Ml, /l'l2, ti'i'ô, 533, 920, 998). 

(13) Ibid., t. IX, p.55, /i'J9, 512, 896. 

(12) Ibid., p. IGO, lO/il, 1060. 

(l'i) Ibid., p. 56, 163, 3i2, /i25, 717, 972. 

(15) Ibid., p. 709, 718, 719, 971, 992. 

(16; ]l>id., p. 972, 990. .,■ 



XLTY SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

Le tableau que nous venons d'esquisser devant vous vous 
prouve, messieurs, que cette année encore n'a pas été perdue 
pour l'acclimatalion, et nous devons trouver un encourage- 
ment nouveau à persévérer dans la voie que nous nous som- 
mes tracée, en voyant les nombreuses marques de sympatbie 
qui nous arrivent de toutes les parties du monde, en consta- 
tant la générosité avec laquelle tous, membres ou non de la 
Société, s'empressent à nous faire part des produits les plus 
intéressants du règne végétal, et à nous procurer les animaux 
les plus précieux. • 

Inscrivons tout d'abord au nombre de nos plus généreux 
bienfaiteurs S. M. l'Empereur, qui n'a cessé de témoigner 
de sa haute bienveillance, et nous a donné fréquemment la 
preuve de l'intérêt qu'il porte à notre œuvre. Que S. M. l'Im- 
pératrice daigne accepter aussi l'hommage de notre respec- 
tueuse gratitude pour les espèces précieuses dont elle a 
enrichi, cette année encore, notre Jardin. 

Nous devons aussi proclamer notre reconnaissance pour 
S. M. la reine de Grèce (1), qui, à plusieurs reprises, a bien 
voulu nous faire envoyer des graines de l'espèce (Y Aines qui 

porte son nom. 

Remercions également des nombreuses marques de sym- 
pathie qu'ils nous ont données, LL. EExc. les Ministres d'État, 
des affaires étrangères, de la marine et de l'agriculture, et 
nos membres honoraires, MM. Delaporte, Bcrthelol, Duchesne 
de Bellecourt, Mueller et Wilson. 

Toutes les parties du monde ont fourni la matière des 
nombreux envois qui nous ont été faits. En Europe, il nous 
suffit de rappeler les noms de MM. Dutrone (2), GawrilofI' (3), 

(1) s. M. la reine de Grèce a l)ien voulu nous l'aire parvenir, à plusieur 
reprises, des foraines iV Aines reginœ Amctliœ {liulMin, t. IX, |). l.'iV), sur 
lesquelles M. Ueldreieli a publié un mémoire 1res intéressant. 

('J) Nous avons récenniieni encore reçu de notre généreux confrère un 
Bunil' Sarlabot, qui devra être vendu par les soins de la Société du Jardin, el 
dont le prix de \ente est attribué p,u- le donneur auv ouvriers cotonniers 
(lUillefiii, t. IX, p. 895). 

(IS) llulli'lin, t. IX, p. 1);)9. 



HArroliT SLR LES TliAVAUX DE LA SOCIÉTÉ. XLV 

Pniijadc (J), llorry Ci), Sicard (3), Cailhiiul (/i), Gluqucl (5), 
Dellsse (6), elc. En Asie, ceux de MM. Simon (7), Dabry (8), 
Guilleniinfi)), Uayes dO), Cézard(i.l), Castelnau (12 i, Rul- 
lier (13), Piclion (l/i), Diicliesne de Bellecourt (15), elc. En 
Afrique, ceux de MM. Bertlielot(lG), Bosse (17), Cliabaud(iS), 
Chagol(19),Lienard(20),Kœnig-bey(-21),Dclaporle(22),clc. 
En Amérique, MM. de Villeneuve (23), de Lesseps (2/i), Gaul- 
drée-Boilleau (25), Pereira de Mello Cardoso (26), Fré- 
bault(27), Balaille(28), etc. En Australie, missEml)ling(29), 
MM. Mueller (30), Wilson (31), Ramel(32). , : • 

Parmi tous ces généreux donateurs nous devons une nien- 
lion spéciale à MM. Mueller et ^Vilson, qui, enlièrenient dé- 
voués à l'acclimatation, clierchenl chaque jour l'occasion de 
nous adresser les espèces les plus précieuses, et de nous faire 
connaître ceux des produits de l'Australie qui ne sont point 
encore arrivés en Europe, leur générosité ne se laissant arrê- 
ter par aucun obstacle. Nous ne pouvons trouver un concours 
plus cnqii'essé dans aucune partie du monde, et cependant 
M. Bataille, de Gayenne, accumule envoi sur envoi, et son 
zèle est tel, qu'après nous avoir donné, dans le courant de 
l'année dernière, trente-deux espèces vivantes, il réunit en ce 
moment même une nouvelle collection plus riche que les 
précédentes. ■ . 

Il nous reste encore un douloureux devoir à remplir : la 
mort a frappé dans nos rangs, et nos regrets sont acquis à 
tous ceux qui, jusqu'au dernier moment, partagèrent nos 

(1) BiiUetii), t. IX, p. e/i'i. — (2) Ihid., p. 336. — (3) Ibid., p. 10.'|6. — 
(/i) 76/(7., p. 896. — (5) Ilnd., p. 10^9. — (6) Ibid., p. 1G6, 236, 250. — 
(7) Ibid., p. o9Zi, 610, 688, 795, 915. — (8) Ibid., p. 3^3. - (9) Ibid., 
p. 323. — (10) 76a/., p. 56, l/i3, 3Z|2, /|25, 717, 972. - (11) Ibid., p. 337. 

— (12] Ibid., p. /i25, 639, 716. — (13) Ibid., p. /i31. — (l/i) Ibid., p. 138. 

— (15) Ibid., p. 899, 972. — (16) Ibid., p. oàh. — (17) Ibid., p. 13!i. — 
(18) ibid., p. 1003. — (19) Ibid., p. 66, l()/i2. — (20) 76k/., p. 135, 1/i2. 

— (21) Ibid., p. 33. — (22) 76/f/., p. 256, /|31, 505. 536. — (23) 76ù/., 
p. 60./1. - (24) 76ù/., p. 57, 1046. — (25) Ibid., p. 160, lO'il, 1060. — 
(26) Ibid., p. 611. - (27) Ibid., p. 142. — (28) 76/(/., p. 130, 603. — 
(29) /6/,/., p. 511. —(30) Ibid., p. 55, 137, l/i5, 237, 24'i, 334, ^j29, 512, 
896, 972. — (31) Ibid. — (32) 76/(/., p. 590, 972. 



XLVI SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATÂTION. 

labeurs et que nous eussions aimé avoir saluer avec nous nos 
prochains succès. Nous conserverons la mémoire de S. A. Saïd- 
Paclia, vice-roi d'Egypte, qui plusieurs fois avait enrichi notre 
Jardin et avait témoigné de sa sympathie pour notre œuvre par 
la création d'un jardin d'acclimatation au Caire. Nous avons à 
regretter aussi un de nos membres honoraires, le vénérable 
M. Jomard, l'ancien collègue de Daubenton, (]ui s'était asso- 
cié avec empressement à nous, pour rendre un éclatant hom- 
mage à ce grand naturaliste. Nous déplorons également la 
perte de nos confrères : I\1M. 11. Vernet et Halévy, membres 
de l'Institut, le comte de Nesselrode, les amiraux Gasy etSuin, 
deLagrenée, le baron de Bruch, le duc do Montmorency, le 
comte Louis Archinto (de Milan), les docteurs Moreau, Godard 
et .Meynier, Lignac, Dalpiaz, (iirard, Bellet, Decan de Gha- 
touville, le comte de Montblanc, le comte de Montguyon, le 
vicomte de Gauville, Uiembault,Poriquet, Dhuicque, Bertrand 
Ponty, vicomte de Péan, de Bcsson-Desblains, Pelisse, Ferrand 
et de Boishéberl. 

Gertes, les pertes que nous venons de vous rappeler sont 
douloureuses pour nous; certes, le précieux concours qu'ils 
a|)portaient à notre œuvre nous fera défaut : mais serrons nos 
rangs, et que le sentiment du devoir qu'ils cherchaient à 
remplir avec nous continue à nous animer. Luttons contre 
les obstacles, et rappelons-nous que « si c'est surtout aux Phé- 
» niciens, aux Egyptiens, aux Perses, aux Grecs, aux Romains 
» et aux Garthaginois que nous devons les êtres déjà acclima- 
» tés, ces avantages moins éclatants mais plus solides et plus 
» réels que leurs conquêtes, ils ont transmis à nos ancêtres ces 
» biens faciles à conserver et toujours à la portée de rhoinme. 
» Augme)it())is leur hcritagej't, à leur exemple, préparuua à 
)) nos neveux une nouvelle source de riel/esscs (1). » 

(l) Tlioiiiii, CoiDs de ciillurc el de naUiralisntion des végétaux, i)iil)liL- 
par Oscar Lctlcrc, 1B27, p. 11). 



• ,,'.;•' .. SUR , 

LAQl AUIUM DU JAUDIN D'ACCLIMATATION 

P«r M. E. UHF/ l>F I,.%V180:V, 

Directeur du J.iriliii. 



, Mesdames, Messieurs, . , 

Dans CCS réunions annuelles de la Société impériale d'ac- 
climalalion, il est d'usage qu'au discours de M. le Président 
et au compte rendu de M. le Secrétaire, succède une lecture sur 
(pielqu'un des sujets d'étude qui nous ont le plus occupés pen- 
dant l'année, et que nous espérons pouvoir encore retenir 
votre attention sans la fatiguer. C'est pourquoi j'ai été chargé 
de vous parler de l'aquarium, et de vous faire connaître les 
résultats obtenus de cet appareil, dont la mise en œuvre a été, 
au Jai'din du bois de Boulogne, pendant l'année 'J862, la 
principale expérimentation. Mais l'aquarium peut être pré- 
senté sous bien des points de vue. C'est d'abord, dans son 
ensemble et dans son essence, un appareil hydraulique et 
pneumatique des plus complexes. Essayer de vous en donner 
oralement la description, ce serait manquer à l'engagement 
que je viens de prendre de ne point fatiguer votre attention. 
L'aquarium est aussi une grande composition artistique, qui 
a mérité d'être appelée un musée vivant de la mer. Je sais que 
je puis compter que toutes les personnes qui me font l'hon- 
neur de m'écoutcr ont vu l'aquarium ;je compte donc sur vos 
souvenirs, pour aider à l'insuflisancc de mes paroles. Je vous 
prie de vous rappeler l'impression que vous avez éprouvée 
la première fois que vous êtes entrés dans le bâtiment de 
ra([uarium, et que vous vous êtes trouvés en présence de cette 
représentation du fond des fleuves et de la mer exposée à vos 
regards. Ce que vous avez ressenti, n'est-ce pas quelque 
chose de semblable à cette surprise dont Virgile dit qu'on 



XLVin SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

sciait rra[ipé, si la terre cnli'uuverte laissait voir les goufircs 
iiircrDauK. et des choses inconnues aux dieux mômes? 

ISon scciis ac si qua penilùs vi lorra dohi.'ccns 
InlVrnas rcscrotscclcs, et iT^na rccludal 
!'aliida,clis iiivisa, siipcrquc iiiimaiie baralliiuin 
Cernai ur. 

Priez messieurs vos fils uu vos maris, mesdames, de vous 
traduire ces vers dont je ne saurais rendre la beauté. 

Mais à la vue de ces vallées d'un genre si nouveau, de ces 
cavernes, de ces rochers à physionomie d'écueils et de récifs, 
de ces plantes étranges, et surtout de celte population d'èlres 
plus étranges encore, immobiles ou nageant à Iravci's ce pay- 
sage sous-marin, n'avez-vous pas cru que l'abîme des eaux 
était ouvert devant vos yeux et vous montrait des choses que la 
nalure vous avait cachées jusqu'alors? Voire attente n'a-t elle 
pas été salislaile ? Permettez-moi de prendre pour l'expres- 
sion de votre opinion celle de l'un de nos plus brillants écri- 
vains, juge maître dans toutes les matières d'art, a C'est mon 
métier, me disait M. Théophile Gautier, de voir et de rendre 
compte de ce que j'ai vu. .l'ai dû voir beaucoup, et je dois être 
un peu blasé sur les curiosités. Eh bien ! je vous avoue que 
l'a([uarium m'a lait effet ; je ne m'attendais pas à une œuvre 
aussi bien réussie. » Si je rappelle ici celle approbation du 
public et ces éloges des plus fins esprits, c'est pour en ren- 
voyer la plus grande part à l'habile artiste, M. Alford Lloyd, 
(jui a construit l'aquarium, et un peu aussi à notre collègue, 
M. le Secrétaire général comte d'Éprémesnil, qui le premier 
a eu l'heureuse idée d'enrichir le Jardin d'acclimatalion de 
cet embellissement. 

Mais les beautés plastiques de l'aquarium, son succès comme 
œuvre d'art, ne sont que des mérites accessoires. Uéduit 
à cela, l'aquarium ne serait qu'une belle lanterne magique 
ou une décoration d'opéra. Mais ce n'est pas un spectacle de 
curiosité, l'amusement d'un coup d'œil, que le Jardin s'est 
proposé d'offrir à ses visiteurs. Je dois vous faire connaître la 
pensée (jui a présidé à la construction de l'aquarium. 

11 n'est pas aussi facile iju'on pourrait le croire de faire 



SUR l'aquarium du jardin d'achlimatation. \li\- 
vivre les poissons dans l'eau; el. pour clahlir un a(|uariniii, 
il ne suffit pas d'avoir un vase ou un contenant quelconque, 
de les remplir d'eau douce ou d'eau salée, et d'v placer les 
animaux habitués à vivre dans l'un ou l'autre de ces élé- 
ments. Ce pouvait être le principe de ces aquariums, ou plutôt 
de ces viviers romains dont naguère ici même vous entrete- 
nait si doctement M. Drouyn de Lliuys (1). Pour les bâtir, on 
délbnçait les montagnes, on creusait des lacs, on disposait du 
llux et du rellux de la mer, mais ce ne furent après tout que 
des monuments d'un luxe prodigieux, consacrés à une gour- 
mandise que, heureusement, nous ne connaissons jiius, et qui 
n'ont laissé d'autre souvenir que celui des extravagances qu'ils 
firent faire aux hommes d'État de la Rome de cette époque. 
Notre aquarium n'est point de cette école, et lorsque vous 
aurez connu quelles combinaisons ingénieuses, quelles appli- 
cations des plus belles découvertes de la science, quel ralïinc- 
ment de savoir sont entrés dans sa formation, vous convien- 
drez que si notre aquarium a eu l'honneur d'être construit 
sous la présidence d'un homme d'État, c'est que, par sou 
utilité, pai- les services qu'il est appelé à rendre, par sa spiri- 
tualité, Si j'ose ainsi parler, il est digne d'un tel président. 

Pendant longtemps, ceux qui voulaient étudier les poissons 
furent obligés de s'en tenir au pi'incipe des viviers romains 
c'est-à-dire d'aller prendre les poissons dans la mer, et de les 
placer non plus dans des lacs, mais dans des bocaux de verre 
dont l'eau était souvent renouvelée. Le premier qui soit connu 
pour avoir ainsi gardé en captivité, et d'une manière systé- 
matique, pour les observer, des animaux aquatiques vivants, 
et plus particulièrement ceux de la mer, est un riche baron 
écossais, sir John Graham Dalyell. De 1790 jusqu'à 1850, il a 
entretenu, dans sa maison d'Edimbourg, un grand nombre 
de poissons et d'animaux marins, (ju'il aimait à laire voir à 
ses visiteurs. Mais sir John Dalyell était riche et pouvait avoir 
tous lesjoursàsa disposition de l'eau de mer pour renouveler 
celle de ses bassins. Les personnes (jui vivaient loin de la mer, 
et (pii voulaient se donner le plaisir d'étudier les am"maux 

(!) /hillctin, t. \. p. J5. . ■ 

T. X. - J;iiivicr et Tijviici ISGo. ^i 



L SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

marins, élaienl oliligéesde l'aire de longs el coûteux voyages. 
Tel on voit, dans les Souvenirs iVwi itatiiraliste, un savant 
professeur de Paris transporter sa tente et son aquarium sur 
les côtes de la Bretagne, afin d'avoir à sa portée ces mysté- 
rieuses créatures marines qu'il ne pouvait se procurer autre- 
ment. C'est là (|u'il écrivit ce livre que vous connaissez tous, 
livre qui l'ait aimer autant ({u'admirer le lalent de l'auteur, 
et dont le charme sur l'esprit des jeunes naturalistes n'a de 
comparable que celui exercé sur la vive imagination de notre 
enlance par les émouvantes aventures de Robinson Crusoé ; 
car il donne envie d'aller habiter quelqu'une des îles de l'ar- 
chipel de Bréhat ou des Ghausey, en com])agnie de quelques 
bocaux, d'un microscope, et surtout de M. de Quatrefages. 

Mais tout le monde n'est point de la volée de M. de Quatre- 
fages, et n'a point ses ailes pour se transporter sur les bords 
de l'Océan. Son livre cependant avait vulgarisé les objels de 
ses études, et excité la curiosité de les connailre. C'est à peu 
prés vers cette époque (jue quelques savants anglais, M.Thyme 
en 18/16, M. Warrington en 18Zi9, et après eux MM. Gosse et 
Bowerbanks, cherchèrent un procédé pour conserver l'eau 
douce ou l'eau de mer, sans être obligés de les changer, et de 
manière à y maintenir longtemps les mêmes animaux dans un 
état de bonne santé qui permit de les étudier. C'est ici que la 
science apparaît dans la construction des aquariums. 

Il n'est personne qui n'ait ouï parler de la grande décou- 
verte de la décomposition de l'air atmosphérique, à laquelle 
se rattachent les grands noms de Priestley et de Lavoisier (I), 
et qui signala, vers la fin du dernier siècle, l'avènement delà 
chimie moderne. Une des premières et des plus belles appli- 
cations de celte découverte fut celle qui en fut faite à l'expli- 
cation de la respiration des animaux et des végétaux. On 

(1) I^avoisicr, lo prdiiici', déiiionira roxislcncc di' ccUo loi de compensa- 
lion entre les animaux cl les végétanx. En 1780, de Saussure signala l'action 
puritiantc des plantes, qui absorbent les gaz nuisibles aux animaux. Pricsiley 
prouva par une si'rie de bi'lles expériences queralmosplicre altérée par les 
eonibuslions du leu el par la respiralion des animaux était rétablie dans !-es 
conditions normales par raciiun de la végétalioni C'est â Daubeny que l'on doit 
rapporter la connaissance de i'aclion de la luniién' sim- les i'cuillcs des plantes. 



SUR l'aouarium du jardin d'acclimatation. li 

reconniil qu'il existait entre ces deux règnes organiques une 
loi de compensation ou de libre échange, suivant laquelle les 
végétaux, sous l'influence de la lumière solaire, exhalent 
l'oxygène nécessaire à la respiration des animaux, et tout à la 
fois absorbent et s'assimilent l'acide carbonique qui leur est 
fourni par eux. Longtemps cette admirable harmonie ne fut 

étudiée que dans les êtres qui vivent dansTatmosphère aérienne. 

On ne songeait pas qu'elle pût exister aussi entre les ani- 
maux et les végétaux qui vivent au milieu des eaux. Cet oubli 
pouvait bien tenir au peu d'intérêt qu'inspiraient ces êtres, 
et à la connaissance très imparfaite de leur organisation. Il 
est naturel que l'homme se soit d'abord occupé des animaux 
({ni l'aiiprochaient de plus prés, et dont l'organisation offrait 
avec la sienne le plus de similitude. Les poissons devaient 
donc être étudiés en dernier lieu. Ce ne fut qu'après les beaux 
travaux de Guvier sur les mollusques de la mer^ de MM. de 
Lacépède, Duméril père et Valenciennes sur les poissons, de 
M. Moquin-Tandon sur les mollusques tluviatiles de la France 
et d'une foule d'autres naturalistes, qu'on a commencé à 
prendre (juclque goût à cette élude. 

Vers l'année J8Zi"2, le docteur Johnston, dans une Histoire 
(les Epovfjes et des Litliopln/tes de la Grande-Bi'eta(jne, lit 
connaître une expérience qu'il avait faite, non ])as en vue 
d'établir un aquarium, mais pour constater la nature de la 
Coralline végétale, jolie plante très commune sur les rochers 
des bords de la mer, mais dont la nature ambiguë est pru- 
menée depuis longtemps de l'un à l'autre règne. Une toulle 
de celte plante fut mise avec plusieurs petites Moules, des 
Annélides et des Etoiles de mer, dans un vase contenant de 
l'eau de mer très pure. Au bout de huit mois, la Coralline, 
loin d'avoir dépéri, s'était développée, et les animaux, de 
leur côté, étaient bien portants et conservaient leur vivacité et 
l'éclat naturel de leurs couleurs. La conclusion de cette expé- 
rience était facile : si la CoraUine n'était pas un végétal, dit le 
docteur Johnston, elle serait morte, et les animaux aussi (1). 

■ -, - -i : 

i 

(1) Tous les Pires ori^aiii.sé.s , aiiiiiiaux cl végétaux, consoninient ainsi, et 
pcnclnnl toute la durée de leur existence, de Toxysène, en produisant de l'acide 



LU SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

Au milieu des obscui'ilés où s'agile la science luniuiine, 
une expérience de cette sorte est un de ces jets de lumière 
que la Providence fait luire quelquefois au-devant de nos 
pas, pour nous mettre dans la voie de la vérité. 

On peut dire en eflet qu'après cette expérience, le jfroblème 
de l'aquarium était résolu, puis(ju'on avait trouvé le moyen 
de faire vivre les poissons dans de l'eau, pendant un laps de 
temps considérable, sans la renouveler. Ce ne fut cependant 
((u'en 1850 qu'on donna suite à cette découverte. Le l/i mai 
1850, M. Warrington fit connaître à la Société des cliimistes 
do Londres de nouvelles expériences entre des Cyprins et 
une plante de rivière, le Vdllisnerui spiraiis, maintenus dans 
la môme eau. Ces essais furent répétés par M. Gosse, entre 
les poissons et les plantes de la mer, avec un égal succès (1). 

Le secret des aquariums était donc divulgué , car on avait 
trouvé le moyen d'assurer la respiration îles êtres qui vivent 
dans les eaux. La tliéorie passa dans la pratique : il s'établit à 

carbonique cl do la vapeur d'eau ; mais iiKlépeiKtaninicnl de celle louclion 
coiniminc au\ deux règnes organiques, les végétaux en possèdent une autre, 
en vertu de laquelle leurs parties vertes décomposent, sons rinfluence de la 
lumière, Tacide carbonique qui a pénéiré dans leur tissn. liC carbone 
devenu liljre par celle décomposition est absorbé par la plante, et l'oxNgènc 
est dégagé. !'ar conséquent, dans une eau où la végétation se développe, 
l'oxygène que le liquide lient en dissolution a deux origines bien distinctes: 
une portion de ce gaz provient directement de l'atniospbère, et l'auue por- 
tion est le résidtat de l'activité spéciale des parties vertes des planles 
aquatiques. Cette dernière portion, étant dans cet état particulier que les 
chimistes ont appelé rlat iiaùsant, possède des afiiiiilés beaucoup plus 
énergiques, et doit, par suite, brûler avec une grande facilité les détritus 
organiques d'origines diverses qui peuvent se trouver en suspension dans 
Peau et prévenir son altération. 

(1) Tous les livres que j'ai pu consulter sur l'hisloire des aquariums soiU 
anglais. Je n'avais pu remonter en France qu'aux travaux de M. de Qud- 
irefagcs, dont la première i)ublication date de 18/j'J. Après avoir entendu 
mon mémoire, dans la séance (Ui 10 lévrier, M, de Oualreliiges m'a lait ob- 
server que j'avais fait tort à mi savant français, Dujardin, à (jui doit être 
rapportée l'application première du principe fondamental des aquariums; je 
reproduis textuellement la note de M. de Onalrefages : 

« Dès 1838, ^\. Dnjardin faisait des voyages sur nos cùîes dans rinlérèt 
de SCS éludes zoologiqm's. il rapportait tous les ans à Paris de nonibreux 
llacons conlenan! des animaux \i\aiil dans l'eau de la mer, et j)our entre- 



sua l'aquarium du jardin d'acclimatation. lui 

Londres, sur ce iirinripe, dès celte époque, quelques acjua- 
riums de cabinet ; cependant il n'en parut encore aucun à la 
(grande exposition de Londres en 1851. 

C'est en 1853 que M. Mitcliell, secrétaire de la Société zoo- 
logique de Londres, eut l'idée de construire, dans le Jardin 
de Regent's Park, un aquarium, sur une échelle et avec des 
dispositions d'art qu'on n'avait pas encore imaginé de donner 
à ces appareils. Le succès de cette nouveauté dépassa toutes 
les espérances. Ce fui un succès d'enthousiasme, un succès 
populaire ! Il en sortit une littérature d'extases et de trans- 
ports d'admiration. Nos voisins, qui sont bien un peu payés 
pour aimer la mer, ne tarissaient point sur ses merveilles. 
L'aquarium de Londres , dit un écrivain anglais, M. Shirley 
Uibberd, l'aquarium de Londres eut ses dileltaniil 

Cliaque jour, dès lors, amena de nouveaux progrés dans la 
composition de l'aquarium. On n'avait pas lardé à reconnaître 
que les plantes qu'on y introduisait pour le dégagement de 
l'oxygène n'étaient pas toutes également propres à cet ofïice. 
La llore des eaux de la mer est une tlore particulière. Les 
plantes n'y sont pas les mêmes à toutes les profondeurs. Elles 
sont échelonnées par zones, et aussi variées que celles qui, 
suivant l'altitude des montagnes, distinguent les dilT('rentes 
régions de l'air. Les plantes des plus grandes profondeurs sont 
brunes, celles des régions moyennes rouges, et celles des su- 
périeures, qui sont en contact avec l'air atmosphérique, sont 
vertes. Cette dilférence a été reconnue expérimentalement 
comme élant l'effet du degré de lumière qui pénètre dans les 
diverses couches des eaux ; car le soleil est partout le grand 
maître de la vie. Pour assurer l'existence des animaux tenus 
dans l'eau, il était donc indispensable de leur ménager une 

tenir la piiiclû de reuo caii, il plaçai! dans cliaque flacon quelques frondes 
(ïUlva hichicci. Nommé professeur à 'Joulouse, il y transporta son musée 
ou son (Kiuaiiuin, qui s'accrut de nombreux flacons rapportés de Cette. 
Appelé plus tard à la cliaire de zoologie de Rennes, il se lit suivre de sa 
collection, qui s'accrut encore d'une foule d'espèces recueillies sur les côtes 
de hi Bretagne. C'est dans un de ces flacons (|u"un des premiers, il constata 
l'organisation des ^Méduses. .Uai eu le plaisir d'observer moi-même chez mon 
ancien collè^iie u'ie de ces Méduses déve'oppées en captivité. » 



LIV SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMÂTATION. 

végétation propre, non-seulement à leur nourriture naturelle, 
mais aussi au dégagement de l'oxygène nécessaire à leur res- 
piration (1). On ne pouvait espérer de faire vivre un animal 
des bas- fonds dans les conditions où sont placés ceux des 
couches supérieures, et surtout dans les aquariums, qui ont 
tout au plus un mètre de profondeur. On y est cependant par- 
venu, en imitant la nature, et en dosant la lumière, c'est-à-dire 
en ne permettant d'arriver aux végétaux et aux animaux des 
aquariums que la quantité de soleil qu'ils doivent recevoir 
naturellement. ■ 

La réglementation de la lumière est donc une des condi- 
tions indispensables pour un aquarium. On l'obtient au moyen 
de l'orientation du lieu où l'on place son aquarium, et à l'aide 
d'écrans qui permettent de modérer le nombre et la force 
des rayons solaires que l'on veut y laisser pénétrer. 

Vous vovez que l'aquarium n'est pas seulement un obser- 
vatoire de zoologie, mais aussi un vaste laboratoire de bota- 
nique, où se peuvent faire les plus belles études et les plus 
savantes expériences sur la végétation. Sans entrer dans l'his- 
toire des plantes marines de toutes les couches ('2), je dirai 

(I) Dans les premiers essais des aquariums on y plaçait des plantes loulcs 
venues; on a reconnu depuis qu'il sulfisait de laisser se développer sous 
l'action de la lumière une végétation pour ainsi dire naturelle à l'eau, et qui 
provient de la nuillitude des spores et des semences contenues dans l'eau 
naturellement, mais qui, sans l'action solaire, resteraient invisibles et ne se 
développeraient pas. C'e.st en grande partie une végétation semblable, spon- 
tanée, qui tapisse les bacs de l'aquarium du Jardin d'acclimatation; elle ten- 
drait à en envaiiir toutes les parois, si on la laissait librement exposée à 
tous les rayons du soleil; mais au moyen de stores et d'écrans, on ne la fait 
pousser que totit autant que l'on veut. C'est cette nécessité de modérer le 
degré de la lumière (lui fait qu'on ne lui permet de pénétrer dans l'eau que 
par la surface supérieure des bacs, et (lu'on maintient tous les autres côtés de 
l'aquarium dans Tobscurité ; de cette façon les animaux sont vus par le tra- 
vers, et non de haut en bas, comme cela a lieu ordinairement lorsqu'on les 
regarde dans la mer ou dans le cours d'une rivière. Autre avantage ! Celle 
disposition qui place les poissons entre la lumière et Vœ\\ du spectateur, fait 
mieux ressortir leurs formes et leurs couleurs. 

(2) Les plantes marines appelées Ali]ues, Confercos, Fu:iis, sont divisées 
par les botanistes en trois classes : les Mélanospermées on plantes de couleur 
brune, les Uliodospermées ou plantes rouges, et les Chlorospermées ou plantes 



sur. L AQUARIUM DU JARDIN d'aCCLIMATATION. LV 

que les vertes, celles des couches supérieures, qui sont les 
plus abondantes, sont aussi les plus propres à l'entretien de 
la vie animale. C'est dans les vastes pâturages qu'elles forment 
à la surface de la mer ou le long de ses côtes, qu'on trouve 
le plus grand nombre et la plus grande variété de ces êtres 
singuliers qui composent la population de l'Océan. Mais à 
cause de leur contact continuel avec le soleil, elles ont une 
exubérance de végétation si fougueuse, que l'une d'elles, 
VAnacharis canadensis, transportée, il va quelques années, 
dans la Tamise, par quelque caréné de navire, menace au- 
jourd'hui d'encombrer ce fleuve et de gêner la navigation ! 

On comprend combien celte rapidité de développement 
doit être embarrassante dans un aquarium de verre, combien 
elle doit vite en envahir le champ rétréci et le rendre impé- 
nétrable à l'œil des observateurs. C'est pourquoi on s'appliqua 
à la réprimer par tous les moyens possibles. Outre la régle- 
mentation de la lumière, M. AVarrington trouva encore, en 
consultant la nature, quelques-uns de ces auxiliaires dont elle 
aime à faire em|)loi pour l'édification de ses plus grandes œu- 
vres ; il se souvint que, dans les plantes vertes qui forment 
comme des prairies le long des cotes, il avait vu une infinité 
de petits mollusques occupés à brouter les herbes ; il imagina 
de leur confier le même office dans l'aquarium, cl vit que non- 
seulement ils mangeaient les herbes , mais aussi les détritus 
des animaux, en même temps que leurs œufs servaient de 
pâture à plus gros qu'eux. Parmi ces nombreux agents de la 
salubrité des aquariums , nous citerons le Vignot commun 
(Littorii/a Ultoi'cd), mollusque à coquille ronde et brune, qui 
abonde sur les eûtes de la Manche, et dont la langue, vue au 
microscope, est un clief-d'œuvre d'instrument tranchant, 

voriPs. Lps premioi'os ne peuvent èlic conservées dans les aquariums; connue 
les animaux qui les liahitent, ces plantes iTont l)esoin que de très peu de 
lumière. Les lîiiodospermées sont peut-tire les plus nombreuses, et viennent 
également bien au fond et à la surface de renii ; elles sont très belles, très 
vivaces et l'ont très bien dans les aquariums; mais il est dillicile de régle- 
menter la lumière qui leur est nécessaire : trop les brûle, trop peu les fane. 
Ce sont donc lesGblorosperniées, ou plantes vertes, qui s(»nl i.s vraies plantes 
des aquariums. 



LYI SnCIÉTH IMI'l'ir.IALE ZOnLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

auprès duquel uns ï\n\\ cl uos râpes paraissent de grossiers 
outils. 

Mais tous ces artifices ne suffîsaient pas à conserver à l'eau 
des aquariums les qualités nécessaires à l'entretien de la vie 
des animaux; on pensa (lu'il devait exister dans la nature 
d'autres moyens propres à obtenir ce résultat, c'est-à-dire 
une autre source d'oxygène, etl'on trouva, dans le mouvement 
incessant qu'impriment aux iïols de la merles marées et les 
vents, un mode d'aération de l'eau plus puissant que tous les 
autres. En effet, les courants ascensionnels ou horizontaux 
qui remuent la mer en tous sens, les vagues qui se brisent 
contre les rochers et s'éparpillent en écume, le ressac qui les 
ramène en arrière, l'eau de la pluie qui s'y mêle et l'agitation 
des tempêtes, tout concourt à brasser l'eau de la mer et à la 
mélanger d'air atmosphérique. Par un aérage mécanique on 
imagina d'imiter le procédé de la nature, et d'imprimer un 
mouvement continuel de va-et-vient à l'eau destinée à ali- 
menter l'aquarium : c'est ce que l'on voit très bien dans l'ap- 
pareil du Jardin (1). Au moyen de jets d'arrivée et de trop- 
pleins placés dans les bacs, et qui portent et remportent l'eau, 
on imprime à cette eau une circulation tout à fait comparable 
à celle du sang-. Grâce à ce mécanisme, M. Lloyd nous a pro- 
mis que l'eau de mer de l'aquarium pourrait être conservée 
dix ans, sans qu'il soit besoin de la renouveler, et nous com- 
mençons à prendre confiance dans sa promesse ; car, depuis 
dix-huit mois, cette eau s'est maintenue propre à l'entretien 
de la vie des animaux, et avec la pureté que vous lui voyez. 

Croyez-vous que tout soit fini et que je vous aie énuméré 
toutes les conditions d'un aquarium parfait? Oue ce serait 
mal connaître l'esprit scientifi(iue ! Car c'est bien de lui qu'on 
peut dire qu'il croit n'avoir rien fait, tant qu'il lui reste quel- 

(1) Cet iii^L'iiieiix mécanisme, qui est particulier à l'aquarium du Jardiu de 
Paris, est de rinvenlion de M. Lloyd : il consiste en une pression hydraulique, 
trèisbien décrite dans le livret de l'aquarium, qui se vend au Jardin. A Lon- 
dres, pendant longtemps . on était réduit à clianser l'eau presque cliaiiue 
semaine, ce qui entraînait une dépense considéraJ)le. Car pour avoir Peau 
aussi pure que possible, on était obligé de la puiser en pleine mer. Cette 
opération n'a eu lieu qu'une Si'ule l'ois pour le jardin de Paris. 



SUR l'aquarium du jardin d acclimatation. lvii 
(\no chose à faire. Pour vous donner une pleine connaissance 
de l'aquarium, il faudrait vous dire par quelles inventions on 
maintient la salure de l'eau que l'évaporation dérange sans 
cesse (1) ; comment on conserve le degré nécessaire de tempé- 
rature, afin que l'eau ne soit ni trop froide en hiver, ni trop 
chaude en été ('2). Il faudrait vous exphquer ces rochers (3) et 
ces cavernes qui senties imitations de la nature, pour ménager 
aux animaux les retraites dont ils ne peuvent se passer; 
comment on a suppléé aux alternatives périodiques d'immer- 
sion dans l'eau ou d'exposition à l'air, auxquelles ces animaux 
sont hahitués lors du flux et du rellux de la mer. Il fau- 
drait vous dire enlin bien d'autres précautions dont le récit 
m'entraînerait évidemment trop loin, et m'exposerait au juste 
reproche, que vous me faites peut-être déjà tout bas, de 
manquer à la promesse de ne pas abuser de votre patience. 
Ce que je vous ai dit suffit, ce me semble, pour démontrer 
ce que j'ai avancé en commençant : que l'aciuarium est le 
résultat des plus savantes recherches et des plus ingénieuses 
combinaisons, et que toutes les sciences, physique, chimie, 
botanique, histoire naturelle, se sont cotisées pour l'édifier, 

(I) La sarfiice des bacs étant assez large et roau qui y anivc conlinuclle- 
niem en niouvemint, il en résnlto une évapoialiuu conliniielle, mais c'est 
l'eau douce seule qui s'évapore, et non les parties salines. An moyen d'un 
petit aréomètre en bulle de verre, on est averti de l'excès de salure qui 
pourrait être nuisible à la vie des animaux, et l'on y remédie en y faisant 
arriver de l'eau de pluie provenant du toit du bâtiment , et qui rétablit 
l'intégrité de l'eau de mer, absolument comme cela a lieu dans la nature. 

('2) l'ourla température de l'eau , comme elle n'est point sujette dans la 
mer à d'aussi grandes variations que celles que subit l'atmospbère, pour la 
maintenir au degré convenable, il a sufli d'enfouir dans la terre le réservoir 
qui contient l'eau, et qui est un vase de fonte doublé de gutta-percba. 

(o) On obtient ces alternatives d'immersion et d'exposition à l'air pour les 
animaux qui y sont babitués, en vidant les bacs la nuit et les rempUssant le 
jour ; en effet, à de certaines époques, il y a des animaux qui ont besoin d'une 
alniosplière luimide plutôt que do l'eau elle-même. Ils trouvent ces condi- 
tions sur ou sous les rocbers, où ils restent exposés comme sur la plage. 

Les moindres dispositions de l'aquarium sont des combinaisons basées sur 
l'élude des mœurs des animaux aquatiques : ainsi les rocbers et le paysage, 
disposés en ampbitbéàtre, donnent à l'eau des épaisseurs inégales, en raison 
des profondrurs dilTérentesde la mer auxquelles les animaux sont accoutumés. 



LVIII SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

et, comme autant de bonnes fées, ont voulu lui faire leur don. 
Et comme notre aquarium est le dernier construit des appa- 
reils de ce genre, et qu'il a pu proliter de tous les perfection- 
nements obtenus avant lui, et recevoir des proportions et des 
embellissements nouveaux, on peut dire que nous avons pré- 
sentement le plus beau et le plus parfait des aquariums. 
M. Lloyd le classe ainsi dans une notice qu'il a publiée sur ce 
sujet (1), mais, en bon Anglais, il réserve à l'aquarium du 
Jardin de Regent's Park les bonneurs de l'initiative et de la 
priorité, et rappelle qu'il fut établi à une époque où l'on savait 
bien peu de ce qu'il fallait savoir pour mener à bonne lin de 
telles entreprises. 

Pour répondre à sa nature et à son origine scientiliques, 
l'aquarium devait être un instrument de découvertes, d'acquêts 
nouveaux au profit de la science; car la règle de l'intérêt des 
intérêts est bien aussi fructueuse dans l'ordre intellectuel que 
dans le monde matériel , et c'est à sa constante application 
que nous devons ce capital accumulé que l'on nomme l'état 
actuel de la science. ■- ' .■ , 

C'est, en effet, grâce à l'observation des animaux aquatiques, 
rendue facile par les aquariums, (juc l'on doit la connaissance 
d'une foule de particularités nouvelles relatives à leurs mœurs, 
à leurs babitutles et à l'exercice de leurs fonctions pbysiolo- 
giques. Un aquarium les fait poser devant nous, et permet 
de faire de leur étude un amusement. Pour cela il n'est pas 
nécessaire d'avoir à sa disposition un grand et coûteux appa- 
reil, comme celui du Jardin d'acclimatation. Le principe suffit. 
Pourvu que vous ayez un vase de cristal, de l'eau de mer ou 
de l'eau douce, quelques plantes aquatiques, quelques 
mollusques et les animaux que voulez étudier, il n'en faut 
pas davantage. C'est à ces modestes appareils de cabinet que 
nous devons tant de belles recbercbes, tant de travaux sur ces 
êtres que l'œil ni la pensée n'avaient pu suivre à travers leurs 
bumides demeures. Que de noms je pourrais signaler à votre 

(1) Le plan priinilil'do l'aquaiiiini de Taris est de M. Milclicil ; mais après 
la mon de M. .Alilcliell, il a élé Icrmiiié et pericclionné par M, Lloy<l, (|ni 
doil être cousidéré comme son vérital)lc aiileur. 



SUR L AQUARIUM DU JARDIN D ACCLIMATATION LIX 

reconnaissanci^ et à votre admiration! One de savants livres 
dont la lecture inspire le respect pour ces paisibles occupa- 
tions de la science, et ouvre à l'esprit des jterspectives nou- 
velles à travers les sphères infinies de la puissance créatrice! 
C'est à l'aquarium de M. Gosse que nous devons l'histoire des 
Actinies ou Anémones de mer, ces poissons-fleurs dont les 
marins et les pêcheurs, qui vivent pour ainsi dire avec eux, 
ne soupçonnaient pas la beauté; car j'ai vu plus d'un de ces 
vieux loups de mer, à l'aspect des Anémones dans l'aquarium 
du Jardin, témoigner un véritable étonnement. Outre la pro- 
fondeur des eaux qui les cache ordinairement aux regards, 
lorsqu'on essaye d'y porter la main, les Anémones se con- 
tractent, rentrent en elles-mêmes, et n'offrent plus au toucher 
que des masses informes et gluantes. C'est l'aquarium qui 
les a placées sous une lumière et dans des conditions qui 
leur permettent d'étaler aux yeux leurs belles couleurs et les 
merveilles de leur organisation. C'est en grande partie aux 
révélations de l'acjuarium que nous devons le dernier ouvrage 
de M. de Quatrefages, cette puissante svnthèse des métamor- 
phoses, qui nous apprend les changements de formes et de 
proportions par lesquels tout être doit passer pour, d'un 
germe rudimentaire, devenir un individu complet; de telle 
sorte que la belle loi du perfectionnement progressif, qui est 
la loi de l'individu moral, paraît être aussi celle du dévelop- 
pement corporel de la plupart des animaux. « Quel est celui, 
» dit l'auteur, (pii, ayant passé quelques heures au bord de 
» l'Océan, à l'heure du reflux, n'a pas remarqué le Ménade 
)) {Pdihnius inn'iKis), le (^rabe enragé, comme l'appellent nos 
» marins, celui (b^ tous ses congénères qui se hasarde le plus 
» volontiers au grand jour, et qui, peu recliercbé à cause de 
)) la sécheresse et de la pauvreté de sa chair, pullule à côté 
» même des cabanes des pêcheurs? 

» Avant de courir ainsi sur la plage, ce crustacé a nagé en 
j) pleine eau sous l,i forme d'une Zoé. Il avait alors la tête et 
» le thorax confondus sous une carapace presque globuleuse, 
» armée de longues pointes dirigées en avant, en arriére et 
» sur les côtés.... Il oiTrait bien d'autres dilférences d'organi- 



LX SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

» salion (voy. p. 108) Rien chez lui, en un mot, ne rappe- 

}> lait ce Crabe à corps aplati, verdàlre, qui fuit sans trop de 
» hâte devant le promeneur, et semble, dans sa marche obli- 
» que et saccadée, lui adresser le geste bien connu des gamins 
)) de Paris. » 

L'image n'est pas de moi, messieurs, elle est de M. de Qua- 
trcfages, de ce professeur qui, dans son enseignement, sait 
unir les grâces de l'esprit au plus profond savoir. 

C'est lui qu'il faudrait entendre parler de ces populations 
des eaux qu'il connaît si bien ! Mais il m'a fait, à moi la malice 
et à vous le tort de me laisser ce soin, et si je ne le savais aussi 
bon que savant, je croirais que, du haut de sa science, il se 
donne en ce moment le plaisir que l'on prend à voir un 
mauvais nageur se débattre au milieu des flots : 

Suave mari m ai] no 

Ex alto, mayniim alk-rius spcclare laborein. 

Mais inviter le directeur du Jardin d'acclimatation à parler 
de l'aquarium, c'est inviter une mère à parler de son enfant, 
un amoureux de sa maîtresse ; c'est se risquer en la compagnie 
de ce châtelain qui, faisant visiter son domaine, ne ferait pas 
grâce d'une laitue. Dussé-je donc vous tenir ici jusqu'à la nuit, 
je ne vous ferai pas grâce d'un seul des mérites de l'aquarium. 

En voici un dont il vous est sans doute arrivé de faire plus 
d'une application : l'aquarium est une école, un théâtre de 
moralités, qui ftiit en ce moment concurrence aux premières 
scènes de la capitale. 

On est autorisé à penser ainsi, d'après le nombre de ces 
esquisses, feuilletons, charges, caricatures, où la ()lume et le 
pinceau se plaisent à habiller les habitants d(^ l'aquarium de 
nos vices et de nos passions, pour nous en donner la comédie. 
Regardez, dit l'un, Bernard-l'ermile, ce Crabe en quête d'une 
position sociale, c'est-à-dire d'une coquille dont la nature ne l'a 
point pourvu. Que d'astuce ! Le voilà à l'aflùt d'un Burgaus ou 
d'unBuccin; malheur aux imprudents, s'ils quittentun moment 
leur demeure! Bernard-rcrmite s'y sera bientôt glissé à leur 
place. N'est-ce pas l'image de l'adroite et patiente hypocrisie, 
\)\us forte des Suites d'autrui que de sa propre habilct*'? 



SUR l'aquarium du jardin d acclimatation. lm 

Colui-ci inlilulc son cliapilro des Criislacés lntri</ur et 
r/iirrrc. En clïet, que d'atta(iucs, que de poursuites, (lue do 
chocs et de combats, entre ces êtres qui se dévorent et qui 
vivent les uns des autres! Malheur aux vaincus, aux blesses, 
aux faibles! La pitié, la miséricorde, le miser miser Is siiccur- 
rere, sont des sentiments inconnus au monde animal. 

Ce spectacle fait apprécier les sociétés humaines qui .sont 
d'autant plus parfaites que le faible y trouve plus de protection. 
Et l'Ecrevisse, commère l'Ecrevisse! Aujourd'hui encore n'a- 
t-ellc pas avec sa lillc, devant ceux qui la regardent, le même 
dialogue qu'au temps du bon la Fontaine : 

MÎTC I-lcroxisso iiii jour à sa fille disait : 

— Comme lu vas, bon Dieu! ne peut tu mairlier dioil? 

— Et comme vous allez vous-même! dil la (ilie. 
Puis-je autrement marclier que ne fait ma famille V 
Veut-on que j'aille droit, quand on y va tortu ! 

Poui' moi, je suis convaincu que si la Fontaine vivait de 
nos joiu's. Userait un des visiteurs les plus assidus de l'aqua- 
l'ium, et qu'au sortir du Jardin d'acclimatation, il ne manque- 
rait pas de demander à tous ceux qu'il rencontrerait : Avez- 
vous vu l'aquarium? 

Ce n'est pas tout. 11 faut, je le sais, aux inventionshumaines 
m\ genre de mérite auquel, dit-on, notre société est plus sen- 
sible qu'à tout autre, c'est leur utilité pratique; ce sont les 
applications qu'on en |)eut faire à la satisfaction des besoins 
et delà puissance de riiomme. Si l'aquarium ne réunissait pas 
ce genre de mérite, l'aquarium ne serait pas de son siècle. 
Vous en parlez, me pourrait dire quelque sévère économiste 
comme d'une tille à marier. Voilà de bien belles qualités, mais 
la dot? Cui hono? Oue peut rapporter l'aquarium? Ce que peut 
rapporter l'aquariuiiil... Demandez-le à vos souvenirs de cette 
histoire de la cultui^e des eaux dont, ici même, l'an dernier, 
vous entendiez le inagnilique programme. 

Demandez-le aux travaux de M. Coste, à ses aquariums du 
Collège de France et de Concarneau, ces bergeries aquati(jues, 
comme il les appelle lui-même, où la Truite, le Saumon, la 
Sole, le Turbot, le Darbeaii, le Homard, la Langouste, la Haie, 



LXll SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

le Congre, pour ne parler que des poissons les plus connus, 
s'accommodent du régime delà stabulalion, et se reproduisent 
et s'engraissent comme les animaux de basse-cour (i). 

Voyez-vous ce savant qui s'en va ensemençant nos ileuves 
etnos côtes de la mer, et enseignant aux populations riveraines 
tant de merveilleux secrets; qui transforme l'Océan en une 
vaste Hibrique de substances alimentaires et l'ait naiire sous ses 
pas l'ordre, le travail et la prospérité ! « Dans l'ile de Khé, 
)) dit l'un des derniers rapports à S. M. l'Empereur, trois 
» mille bommes, prolétaires la veille, sont descendus de l'inté- 
B rieur des terres sur le rivage pour y prendre possession 
» des fonds émergents. Lafoi de ces modestes ouvriers, éclairée 
y> par un rayon de la science, a créé, sur quelques kilomètres 
» d'une plage improductive, une plus abondante moisson que 
» n'en fournit annuellement tout le littoral de la France. 

)) En certaines localités, les ricbesses déjà acquises ont 
» cliangé la condition sociale des populations maritimes. » 

En effet, le Moniteur annonçait tout récemment la nécessité 
de réglementer les nouvelles conquêtes de M. Coste, tant les 
demandes de concessions se multiplient. Est- il un armateur 
ou un industriel dont les navires et les mamitactures rappor- 
tent davantage? Pour trouver une comparaison digne de ce 
savant bienfaiteur de l'bumanité, il faut remonter aux pt.'r- 
sonnages mytbologiques, à Gérés ou à Triptolcme, (jui ensei- 
gnèrent aux bommes les inventions utiles. C'est par des 
études préalables d'embryogénie comparée, faites devant son 
aquai'ium, que M. Coste a préparé ses belles découvertes, 
L'aiiuarium est l'Egérie de la pisciculture. Est-il possible de 
calculer ce que peut rapi)ortcr l'observation exacte d'un fait 
insignifiant en apparence? On lit partout que ce sont quelques 
particularités bien observées des mœurs du Hareng qui ont 

(1) Il laul aussi mellre de co iioiul)rc l'établisscmciU (riluiiingiic, dirigé 
par M. Collines, ingénieur l'ii cluf des Iravaiix du iUiiii, ('•taijlisscmc'nl tuii- 
quc dans li's annales di's nations. Créé par le gouvernement pour distri- 
buer, indi>tinclenienl et gratuitement au\ étrangers comme aux Franniis, 
les œufs fécondés des espèces de poissons les plus utiles. Magnifique lémoi- 
guage de la libéralité de la France ! 



SUR l'aquarium du jardin d'acclimatation. LXIII 

assuré à la Hollande les grands bénéfices de la })èclie de ce pois- 
son, et lait pendant quelque temps de ce pays l'une des princi- 
pales puissances maritimes du monde. De quelles grandes ex- 
ploitations industrielles, de quels vastes commerces, de ([uelles 
richesses l'aquarium ne peut-il pas être la source? Oui, j'en 
jure par les eaux de l'aquarium, ses révélations peuvent être 
plus fructueuses que les mines delà Californie, et que les opé- 
rations les plus certaines de la Bourse. 

Un dernier point sur lequel je veux tinir. L'a{jaarium porfc 
à la rêverie, aux méditations religieuses et poétiques. Une pro- 
menade à l'aquarium est uncleçon de la plus haute philosophie. 

Par un de ces jours pluvieux, comme il y en a eu trop dans 
cette saison, mais qui sont les seuls où l'aquarium soit vide, 
vous est-il arrivé d'y entrer, .et là, solitaire et libre, de vous 
[)orter devant chaque bac, et de vous laisser aller à la con- 
templation de ce spectacle? Par un effet d'optique très rcmar- 
(|uable, les objets grossissant sous le regard jusqu'à jirendrc 
leur dimension naturelle (l), n'avez-vous pas senti ce que l'on 
éprouve sur les bords de la mer, sous l'ogive des vieilles cathé- 
drales, en face de toute grande manifestation de la puissance 
divine? Votre dernière, comme votre première impression, 
n'a-t-elle pas été un sentiment d'admiration? N'avez-vous pas 
senti s'échapper de vos poitrines le cri d'un grand naturaliste, 
ce cri d'Etienne Geoffroy Saint-Hilaire : Gloire à Dieu! 

Tels sont les avantages de l'aquarium. Mais comme toutes 
les belles et bonnes compagnies, ])Our en proliter, il veut être 
fréquenté, non pas comme une curiosité agréable, mais comme 
un cal)inet d'étude ; il faut le voir et le revoir souvent. C'est la 
condition, vous le savez, de toute bonne observation. 

(1) Cet effet (ropliqiio a été décrit par M. Théophile Gantier dans le cha- 
înant article qiril a publié sur l'aquariu)!) (Moniteur du ',) lévrier 186 1). 
Tout récemment encore Al. r.iiffier, Tun des administrateurs du Jardin, me 
le signalait comme lui ayant élé indiqué par notre grand peintre de ma- 
rine, M. Gudin, que Ton voit so.ivent à l'aquarium, ainsi que M. Troyon et 
beaucoup d'autres peintres cc'lèbres. Cet ellet est comparable à celui du 
stéréoscope, où les reliefs des objets ne se dégagent qu'après un moment de 
contemolation. 



iiAi'Poirr ... 

AU NOM DE LA COMMISSION DFS RÉCOMPENSES O, 

Pat- M. le comte «ï'KPKÊ.^BFSrïIL, J 

Sccrclnire "ciil'ImI tic la SooIl'Ic. 



Mesdames, Messieurs, • ■ 

Ainsi ([uc vous avez pu en jngrr par le compte rendu des 
travaux de la Société, pendant le cours de l'année 1862, les 
progrès de notre œuvre ne se sont pas ralentis. Nous avons 
eu partout des résultats avantageux à constater, et la Société 
est heureuse de pouvoir en récompenser quelques-uns aujour- 
d'hui. Elle a cependant à regretter, cette l'ois encore , l'ah- 
sence de renseignements suffisants sur un certain nomhre de 
laits très intéressants. 

Deux nouveaux prix spéciaux sont venus s'ajouter à la liste 
déjà nombreuse de ceux qui avaient été institués successive- 
ment. L'un d'eux a été fondé par l'un de nos collègues les 
plus zélés de l'étranger, M. Louis Althammer, d'Arco (Tyrol); 
l'autre est proposé par la Société elle-même. 

Vous n'avez pas oublié qu'une médaille de 1000 Francs 
l'ut décernée, dans notre précédente séance solennelle, à 
M. Louis Althammer , pour la domestication de la grande 
Outarde. Notre dévoué collègue, dont vous avez déjà pu appré- 
cier le zèle ardent pour racclimatalion, a eu la généreuse 
pensée de provoquer directement les succès dont il avait 
donné l'exemple. Il a voulu (jue la valeur du prix (ju'il avait 
si I)ien mérité fût réservée pour la fondation d'une médaille 
destinée à récompenser la domestication d'une nouvelle espèce 

(I) La Commission des r(5compciiscs t'iait ainsi composée : 

Membres de droit : le vice-présidenl délégué, .'\1. Moqiiiu-Tandon, et le 
Secrétaire général, M. le comte d'Éprémesnil. 

Membres élus par le Conseil : IMM. Dcbaifïs, Jacquemart, le i)aron Sé- 
gviier et L. Soubeiran. 

Meml)ies élus par les ciiu| Sections : .MM. Bigot, Davin, E. Gillet de 
Grandmont, V. ^îoreau et Walltit. 



RAPrORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. L\V 

dans lu classe des Oiseaux. La Société, sur la proposition de sa 
Coounission spéciale, a donc arrêté le programme de ce prix 
dans les termes suivants : 

Piix fonde par M. L .%I.TII.«:?I.^BER. ilMrvo (Tyrol), iiicnihrc «le 
^^-- la Soricté. 

Domestication d'un nouveau Palmipède utile. 

On devra présenter au moins dix sujets vivants de seconde génération produite 
en cajitivité. 

Concours ouvert jusqu'au 1'''' décembre 186G. 

Prix : une médaille de 1000 francs. . 

Un autre prix spécial avait également été décerné l'année 
dernière pour l'acclimatation du Ver à soie de l'Ailantc. 
Cette espèce nous était, en effet, définilivcment acquise; mais 
après avoir encouragé le zèle des éleveurs, la Société, voulant 
liàter l'application pratique de cette précieuse introduction, 
a cru devoir proposer un prix pour l'emploi industriel de la 
soie du Bomhijx Cynthia , et elle en a rédigé ainsi le pro- 
gramme : 

Application industrielle de la soie du Bombyx Cynthia, Ver à soie de l'Ailaiile, 
et de ses métis ou congénères. 

On devra présenter plusieurs coupes d'étoH'es formant eusendile au moins 
100 mètres, et fabriquées avec la soie dévidée en fils continus du Bombyx 
Cynthia ou de métis du Cynthia et de VArrindia, et sans aucun mélange de 
matières étrangères. Les tissus en bourre de soie sont liors de concours. 

Concours ouvert jusqu'au 1'"' décembre l.HCô. 

Piix : une médaille de 1000 francs. 

Les mérites des lauréats dont nous allons proclamer les 
noms vous ont été exposés par notre honorable collègue 
M. le secrétaire des séances, nous nous contenterons donc de 
les signaler à vos applaudissements. 



GONCOUHS ANNLELS. ' , ■ ' 

RÉCOMPENSES HORS CLASSE. 
-^ Membres lioiioraircs. 

M. Michel Issakoff. Délégué de la Société d'acclimatation 
de Moscou, à Saint-Pétersbourg, xM. Issakofl s'est montré l'un 
des plus zélés propagateurs de noire œuvre en Russie . Après 

T. X. — Janvier et Février 18G3. e 



LXVI SOCIÉTÉ IMPÉIUALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

avoir été l'un des principaux fondateurs de la Société de 
Moscou, il a pris , tout récemment encore , une très grande 
part à l'organisation de son jardin zoologiquc, dont il a enri- 
chi les collections d'un nombre considérable d'animaux. La 
Russie doit en outre à M, Issakoff l'acclimatation de diverses 
espèces de végétaux utiles. 

M. Eugène Simon. Chargé par l'Empereur d'une mission 
agricole en Chine et au Japon, notre dévoué collègue n'a eu 
qu'une pensée, celle de doter son pays de toutes les richesses 
naturelles qu'il pourrait recueillir ; et pour atteindre ce noble 
but, il n'a reculé devant aucune des difficultés qu'il rencon- 
trait à chaque pas. La Société lui devait ce témoignage de sa 
reconnaissance. 

Grandes Médailles d'or. 

A M. Victor Bataille , à Cayenne , pour ses nombreux en- 
vois d'animaux de la Guyane et du Brésil. 

.4 M. René Caillaud, à Paris, pour ses travaux de piscicul- 
ture fluviatile et d'ostréiculture. 

A M. Brierre, de Saint-IIilaire de Riez (Vendée), pour ses 
succès remarquables dans la culture de nouvelles espèces de 
végétaux exotiques et leur propagation dans les départements 
de l'Ouest. 

Médailles de {ireiiiièrc et de seconde classe. .Mentions liono- 
rahles, et Récompenses pécuniaires. 

Première Section. -— Mammifères. 



Mcidailles do 1'" classe. Médaille de 2' classe 

(1" rappel de mrdaille.) 
M. P. Uamel. 

(Soitvellef: médailles.) 
M""" la princesse Kotschoubey (Russie). 
MM. John Bush (Anç;leteiTe). 
Gawrii.off (Russie). 



M. le vicomte Powerscourt 
(Angleterre). 



Premier faitpel de médaille de 1" classe : M. P. Ramel, à 
Paris, pour le concours tout dévoué qu'il n'a cessé d'apporter 
aux travaux de la Société. 



MM. Boppe-Hkrmite. 

T. ToALDi (Vénétie). 



MM. P. Aquarone. 

C.IHARD-DeSI'RAIRIES. 

GlUT. 



RAPPORT DE LA COMMISSIflN DES RÉCOMPENSES. LXVIP 

Médailles de V classe: Madame la princesse Kotsciiou- 
UEY, à Moscou, pour rinlroduclion en Russie des meilleures 
races bovines d'Europe. ■ : 

M. John Bush, trésorier de la Société d'acclimatation de 
Londres, pour l'inlroduclion en Angleterre d'espèces nou- 
velles de Mammifères et d'Oiseaux. 

M. Gawriloff , à Moscou , pour l'élevage et la propagation 
de la race ovine Romanowsky, en Russie. 

Médaille de 2' classe : M. le vicomte Powerscourt, en 
Irlande, pour l'introduction de races exotiques de Mammi- 
fères. 

Deuxième Section. — Oiseaux. 

MdlniUc? lie \" classe. lléiUiilIcs ilc 2^ classe. Mentions honorables. 

S. A. F. M""' la prinrcsse 
d'Oi.DEMioURG (Piussie;. 
MM. SiMdX. 

Depl ANCHE (Nouvelle- 
Calédonie). 
Chaoot aîné. 

Médailles de V classe: S. A. 1. madame la princesse 
(I'Oldenbourg, pour l'introduction en Russie des meilleures 
espèces de Gallinacés. 

M. Simon , à Paris , pour la reproduction en captivité du 
Colin d'Adanson. 

M. Deplanciie, chirurgien auxiliaire de la marine, pour 
■ 1 introduction de i»lusieurs espèces d'Oiseau.K à la Nouvelle- 
Calédonie. 

M. Ciiagot aîné, à Paris, pour des éducations d'Autruches 
cl la culture du Coton au Sénégal, et l'introduction dans cette 
colonie des meilleures espèces de végétaux alimentaires 
d'Euro})C. 

Médailles de '2' classe : M. Roppe-IIermite, pour ses édu- 
cations variées d'Oiseaux de vohère et de Gallinacés de choix, 
et pour ses cultures de végétaux exotiques. 

M. TranquilloToALDi, à Dolo (Vénélie), pour ses heureuses 
tentatives d'accli matai iuii d'espèces nouvelles d'Oiseaux en 
Italie. 



LWIII snClÉTl': IMI'ÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

Mejitmns lioiionibles : M. Paul Aquaro.ne, de Toulon, pour 
ses édacations d'Oiseaux de basse-cour el de volière. 

M. Girauu-Desprairies, à la Coquerie de Longueville, près 
de Granville (Manche), pour l'inlroduclion de l'Oie à tète noire 
et à collier de Terre-Neuve. . ^irtf? 

M. GiOT, agriculteur, à Clievry (Seine-et-Marne), pour les 
services rendus à l'élevage des Gallinacés et à l'agriculture 
par son poulailler roulant. 

Troisième Section. — Poissons, Crustacés, Annélides. 

Méilaillcs ilc 2» classe. Ucconipcnscs pocu.iiaircs. 

1' Piscicnlliire fluvialile. 



MM. Chkvallereau. 

Rocer-Dksgenettes. 



M. Wançon. 

liécompcnso ilc 100 francs. 



2° Pisciculture marine cl ostrOic(l!tur^. 



M. Renoue. 

Avec une récompense de 50 francs, oflcrlc 
par le Jardin J'acclimalalicn. 



M. LeI'REM.E. 

liccompensc do 100 francs. 



3' liiriulliiiciiliiirr. 

M. Cil. Kruchieu. 

Médailles de 2'' classe : M. G. Cfievallereau, membre du 
Gonseil général de la Vendée, à Sainle-IIerminc (Vendée), 
pour ses remarquables travaux de pisciculture. 

M. Uoger-Desgenettes, à Saint- Maur, prés de Paris, pour 
ses heureuses expériences de pisciculture. 

Prime de iOO fra?ics : M. Wançon, pêcheur à la Presse 
(Vosges), pour ses procédés avantageux de transport du pois- 
son vivant. 

Médaille de 2'' classe : M. Renoue, pêcheur à Cherbourg, 
pour ses nombreux envois d'animaux marins destinés à l'aqua- 
rium du Jardin d'acclimatation. L'administration du Jardin 
a en outre accordé à M. UenouC une réconq^ense pécuniaii'e 
de 50 francs. 

Prime de JOO francs : M. Leprelle, garde particulier des 
parcs à Huîtres de la Tranche (Charenle-Inrérieure), pour le 



RAPPORT DE LA COMMISSION DES RÉCOMPENSES. LXIX 

zèle qu'il apporte dans la surveillance et la conservation de 
ces parcs. 

Médaille de 2" classe : M, Cli. Fruchier , à Mezel (Basses- 
Alpes), pour ses travaux de pisciculture, et, en particulier, 
d'élevage des Sangsues. 

Quatrième Section. — Insectes. 

Médailles de 1'° clasfo. Médailles de 2* classe. Mentions honorables. 

MM. Jacquier. 

Gross (Suisse). 
Pravert (Véiiélie). 
Gai BuRNOD (Russie). 



{!" rappel de jni'daille.) 
M'"" veuve Boucarit. 
(Nouvelle médaille .) 
M"^ la comtesse de L.\r,É- 

DOYÈRE, 



MM. de MiLi.Y. 

Mever (Uruguay). 
.1. Pinçon. 



Premier rappel de médaille de 1" classe : Madame veuve 
BoucARUT, à Uzès (Gard), pour ses belles éducations de Vers 
à soie du Mûrier. 

Nouvelle médaille de V" classe : Madame la comtesse de 
Labédoyère , pour ses succès constants dans l'éducation des 
Vers à soie du Mûrier. 

Médailles de 2" classe : M. de Milly, au château de Canenx 
(Landes), pour ses succès dans la culture de l'Allante et 
l'éducation du Bombyx Cijnthia. 

M. Meyer , à Montevideo , pour l'introduction du Bombyx 
Cynthia dans l'Uruguay. 

M. .1. Pinçon, agent comptable de la Compagnie du Jardin 
d'acclimatation du bois de Boulogne , pour ses procédés 
d'éducation des Vers à soie du Mûrier. 

Mentions lionorables : M. le capitaine Jacquier , à Troyes, 
pour ses intéressantes expériences sur les Vers à soie du 
Mûrier. 

M. Gross , à Grunningen (Suisse) , pour ses éducations de 
Vers à soie du Mûrier et de l'Ailante. 

M. Pn.WERT, à Padoue, pour la propagation des Vers à soie 
de l'Allante. 

M. le général Burnod, à Odessa, pour l'inlroduclion du 
Bombyx Cynthia en Russie. 



LXX SOCIETE IMPEUIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 



Cinquième Section. — Végétaux. 



MéduiUos du 2'' classe. 

MM. ilAYES (Hindoust:ni\ 
lie Lacehda (liiésil), 
LoAUEU (Indes). 



Montions lionoi'aUles. 

MM. RosMi:S. 
David. 



Môdailles de 1 '* classe. 
[Rappel de médaille de vermeil.] 
M. Philippe. 

(1" rappel de mcdaille.) 
M. Denis. 

{.\ouveUes médailles.) 
MM. Daiîry (Cliiiie). 

GAULDRÉE - lîOILLEAU 

(Canada). 
Marquis de FouRNÉs. 
Arnaud. 
A. Sicard. ; 



' Bappcl de médaille de vermeil : M. Philippe, jardinier en 
chef du jardin botanique de la marine à Sainl-Mandrier, près 
de Toulon, pour ses succès très remarquables dans la culture 
des végétaux exotiques. ■ 

Premier rappel de médaille de 1' classe : M. Denis , à 
Hyères (Yar), pour ses beaux résultats dans les mômes cul- 
tures. 

Médailles de i" classe : M. Dabry , consul de France en 
Chine, pour l'introduction d'un grand nombre de végétaux 
chinois. 

M. Gauldrée-Boille.ui, consul général de France à Ouébcc, 
pour l'envoi des meilleures essences forestières et fruitières 
du Canada. 

M. le marquis de Fournès et M. Arnâid , à Remoulins 
(Gard), pour leurs heureux essais de culture du Coton en 
France. 

M. le docteur Adrien Sicard , de Marseille , pour ses inté- 
ressantes cultures de végétaux exotiques, pour les applica- 
tions industrielles qu'il a su en fiiire. et pour ses expériences 
d'éducations de Vers à soie et de pisciculture. 

Médailles de 'l' classe : M. de Lacerda, à Daliia (Brésil), 
pour ses importants envois de végétaux brésiliens. 

M. LoAiiER, à AUahaltad (Indes), pour l'introduction en 
France et en Algérie de plusieurs espèces de végétaux des 
Indes. 



RAPPORT nE LA COMMISSIOiN DES RÉCOMPENSES. LXXI 

Mentions; honornbles : M. Uosalès, ancien chargé d'affaires 
du Chili, pour ses envois de végétaux de l'Amérique du Sud. 

M. David, ancien rninislrc plénipolenliaire, pour la propa- 
gation de la Pomme de terre dite d'Australie. 

Prinïcs aniiucllcs fondées par un mcniliro nnon;^nic 

de la Société. 

Ces deux primes ont été décernées, la première, de 200 fr., 
à M. Plet ; la seconde, de 100 francs, à M. Rouard; tous 
deux faisandiers au Jardin d'acclimatation du l)ois de Bou- 
logne, pour le zèle qu'ils ont montré dans leurs fonctions. 

Une prime de 100 francs a été également accordée, par 
l'administration du Jardin d'acclimatation, à M. Wilson, 
gardien de l'aquarium , pour les soins exceptionnels qu'il 
apporte dans son service, 



RAPPORT 



DK LA 

h': 



COMMISSION DE COMPTABILITÉ 

DE LA SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D'ACCLIMATATION 
Composée de MM. Passy, Dupin, ' 

et n. Frédéric JACQUEMART, rapporteur. 



(Séance du G mars 1863.) 



Messieurs, 

Votre commission des finances vient vous soumettre le tableau des recettes et 
des dépenses de la Société pendant l'année 1802, et vous présenter la situation 
financière au 31 décembre dernier. 

De l'examen de toutes les pièces est ressortie la parfaite régularité des écri- 
tures. Nous venons, en conséquence, messieurs, vous proposer de voler des re- 
mercîmenls à M. le trésorier, dont le zèle désintéressé est toujours le même. 

Recettes en 1862. 

Au 31 décembre 1801, il y avait en caisse 2.5,687 fr. 64 

Pendant l'année 1862, les recettes se sont élevées, confor- 
mément au tableau n" 1 ci-annexé, à 93,950 7.") 

D'oîi le total des sommes qui sont entrées dans la caisse de 
la Société pendant l'année 1862 s'est élevé à 1 19,638 fr. 39 

Nous ne disons pas que ces sommes ont été à la disposition 
de la Société, parce qu'une fraction, qu'on ne saurait négliger, 
et dont nous verrons le détail plus loin, n'est entrée dans la 
caisse qu'à titre de dépôt. 

Dépenses en 1862. 

Les dépenses se sont élevées à 11 1,783 fr. ii 

y compris l'acliat, moyennant 39,974 fr. 20 c. 
de 132 obligations de cliemins de fer garanties 
par l'État, savoir : 

52 obligations du Midi... . 15,962 fr. 80 

80 obligations du Dauphiné. 24,011 40 

39,974 fr. 20 39,974 20 

Ces valeurs, qui figureront plus loin dans le 
disponible au 31 décembre 1862, ne sauraient 
être comprises parmi les dépenses proprement 

dites de la Société. Les dépenses en 1802 se 

trouvent donc réduites à 71,809 fr. 24 

Mais à ce cliiffre il convient d'ajouter ce qui 
reste dû : 

1" A l'éditeur : 

Pour l'achat de Bulletins antérieurs 156 » 



A reporter 71 ,905 fr. 24 1 1 9,638 fr. 39 



,790 


96 


,517 


52 


612 


/iô 


537 


» 


506 


55 


620 


» 



RAPPORT DE LA COMMISSION DE COMPTADILITÉ. LXXIII 

lieporl 71,905 fr. 24 119,638 fr. 39 

Pour divers 192 45 

Pour solde des frais relatifs au Bulletin de 
1862 

2° A Souliard, pour solde des frais de nour- 
riture et du transport du troupeau 2,517 

3" Le solde de la nourriture des Lamas et 
Alpacas mis en dépôt 

4° A la Société des Alpes, pour nourriture 
de 3 yaks au 4 février courant 

5" A la Société du Jardin d'acclimatation, 
son compte courant 

6° A M, Althammer, du Tyrol, le solde du 
prix que vous lui avez décerné 

Ce qui élève la dépense totale pour 1862 à 82,747 17 82,747 17 

L'excédant des recettes sur les dépenses est donc de 36,891 fr. 22 

En outre, il est dû à la Société sur les cotisations arriérées, 
savoir : 

Pour 1856 à 1859 825 

— 1860 1,379 

— 1861 2,187 

— 1862 6,111 

10,502 fr.' 
Nous ne pensons pas qu'il soit prudent d'évaluer à plus de. , 5,200 fr. a 
la somme qu'on peut espérer recouvrer sur cet arriéré. 

Ce qui porterait le disponible à ^2 091 fr '>'> 

Mais la Société doit ce qu'elle a reçu en dépôt pour : 

La famille Hemy 385 f,., 95 

La statue de Daubenton 6,737 15 

Le prix Althammer 1,000 » 

Le prix Thellier-Desjardins .ôOO « 

Le prix Dutrône /iOO » 

La médaille Guérineau 350 » 

La seconde médaille Guérineau 450 » 

Le don A. G 324 40 

Une médaille d'or 260 » 

Le prix Sacc 100 » 

Le prix Chagot, solde 20 » 

Dû à divers 130 „ 



Total dû à divers 10,656 fr. 80 10,656 fr. 80 

Ce total, déduit du précédent, donne une différence de 31,434 fr. 42 

représentant la somme à la disposition de la Société au 1"" jan- 
vier 1863, toutes ses dépenses étant payées. 

Au 1*^' janvier 1862, le disponible s'élevait à 30 C82 09 

Votre réserve pendant l'année écoulée ne s'est donc au"- — -^ . 

mentée que de 752 f^ 33 

C'est-à-dire, messieurs, que vous n'avez fait aucune économie. Ce n'est pas un 
reproche que nous vous adressons, car nous devons savoir dépenser notre argent 
chaque fois qu'une occasion favorable se présente pour faire une chose utile; 
mais c'est un avertissement que nous vous donnons pour que vous régliez votre 
zèle sur vos ressources. 



LXXIV SOCIETE IMPERIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

L'accroissement de la réserve avait clé : 

En J857, de 11,073 fr. » 

1858, de 12,323 04 

1859, de 15,01/i 70 

18G0,de — 9,1GG 01 

18G1, de 11,1G3 Zi5 

En résumé, la Société possède aujourd'luii, non compris les animaux : 
Valeurs disponibles 3i,/i34 fr. 42 

à prendre sur 132 obligations de chemins de fer garanties par 

l'État, et d'une valeur de 39,974 fr. 20. 

100 actions du Jardin d'acclimatation 25,000 » 

20 obligations des Ardennes (fondation de M. A. G.) dont le 

produit doit être distribué en récompenses annuelles 6,134 > 

Total G2,5G8 fr. 42 

On continue, en verlu des pouvoirs que vous avez donnés, de rayer des 
listes les personnes qui, en retard de deux années de leur cotisation, ne font au- 
cune réponse à un avis préalable. 

Le nombre des radiations, qui avait été de 195 en 18G1 , a été de 298 en 1862. 

Il ne figure pins sur les listes que 177 membres douteux ou en retard. 

Cette vérification des listes vous explique comment, malgré de nombreuses 
admissions annuelles (288 en 18G2), le nombre des membres croît lentement 
depuis plusieurs années. 

Au 1'"' janvier 18G3, après ces radiations, la Société comptait 2505 membres, 
dont : 43 mendires honoraires, 
18 sociétés affiliées, 
150 souscripteurs défmilifs, 
2295 membres payants, dont 49 sociétés agrégées et 177 membres douteux. 

Plus de la moitié de ces retardataires sont des étrangers. C'est pourquoi votre 
Conseil prie de nouveau, dans l'intérêt du service, MM. les membres de la So- 
ciété qui lui présenleioiit des candidats étrangers, de les inviter à se libérer par 
une cotisation définitive, toutes les fois que cette proposition pourra sans incon- 
vénient être faite aux candidats. 

Le nombre des souscriptions définitives s'est augmenté de 31 dans l'année 
18()2. Il était de 150 an 31 décembre dernier. Nous vous proposons d'élever de 
1G,000 à 20.000 IV. la réserve, dont les intérêts doivent couvrir largement les 
dépenses annuelles occasionnées par les souscripteurs définitifs et telles que l'envoi 
des P)idletins et une partie des frais géiu;ranx. 

G7 obligations du Dauphiné, à prendre sur les 80 que nous possédons, consti- 
tueraient cette réserve. 

Ikcelles de 1862. 

Vousavezvu,messieurs,que lesrecettespourl862s'élevaientà 93,950 fr. 75 
Elles se composent de : 

3,075 fr. » Dons faits à la Société : 

Par M. Dén.idoir 75 » 

Par le ministère de l'agriculture et du com- 
merce, allocations pour 1860-1861. ... 3,000 » 
292 » Intérêts de la fondation A. G. 
60,713 » Cotisations perçues, dont : 

9,161 fr. cotisations arriérées. 
48,757 cotisations 1862. 
2.795 cotisations 1863. 

60,713 fr. 



64,080 fr. » A reporter. 



RAPPORT DE LA. COMMISSION DE COMPTABILITÉ. LXXV 

Ci5,080 fr. » licport. 

8,030 » :51 colisation? définitives. • 

359 » Vente des Bulletins des années précédentes. 

170 » Vente de médailles do la Société. 

30 » Vente de trois g-ravures des Yaks. 

3G » Vente d'une collection photographique du Jardin. 

11 75 Vente de vieux papiers. 

1,000 » Vente d'un Lama à la Société zoologique des Alpes. 

7,500 « Versementdel'Empereurpoursoldedes Alpac3setLamas(1860). 

700 » Loyer de la Société protectrice pour 1802. 

379 GO Intérêts des fonds placés. • : • 

l,y"') » Allocation pour l'introduction des Éponges, savoir : 

Par le ministre de l'agriculture 070 fr. » 

Par le gouverneur général de l'Algérie 1 000 » 

'1,850 » Fondations de prix, savoir: 

l'ar M. Dutrùne pour la propagation de la race 

Sarlabot (Bœufs sans cornes) /lOO » 

Piix Delalande, par madame Ouérineau ... /jâo » 

Pur M. Altliammer, pour l'introduction etl'ac- 

cliniatation d'un nouveau palmipède 1,000 » 

7,754 AO Fonds déposés, savoir : 

Par la famille Piemy 114 /lO 

Par les souscripteurs de la statue de Daubenton 7,(540 » 
Le total des souscriptions pour celte statue re- 
çues au 1" janvier s'élevait à 10,840 » 

11 est aujourd'hui de 13,018 » 

Cette somme est encore insLilTisante pour rémunérer convenable- 
ment l'artiste et pour couvrir les trais du piédestal ; une 
somme totale de 15,000 à 17,000 fr. serait nécessaire. Nous 
• , . . ''5'suiis donc appel à toutes les personnes de bonne volonté qui 

"'auraient pas encore réalisé leurs intentions. 
, . Cependant l'œuvre s'avance ; l'artiste, M. Godin, a terminé le 

modèle en terie de grandeur définitive et l'a soumis à l'exa- 
men de votre commission. 
1 hn acceptant la slalue, votre Commission, par la bouche de son 

président, M. le comte de Nieuwerkerke, a donné à cette 
œuvre des élo-es d'autant plus llatteurs pour l'auteur, d'au- 
tant plus satisfiiisants pour vous, qu'ils étaient prononcés par 
un juge dont le talent est plus élevé, le goût plus pur. 
Aujourd'hui les praticiens sont à l'œuvre, et dégrossissent le 
marbre. 
80 » De divers. 

93,950 fr. 75 Chiffre égal à celui des recettes pour 1862 indiqué plus haut, 
et de beaucoup supérieur à celui des années précédentes. 
Cette supériorité est en très grande partie accidentelle et due 
aux causes suivantes : 
1" L'allocalion ministérielle pour 1861 n'a été touchée qu'en 1802, 

^O'I 1,500 fr. 

2" Une plus grande activité dans le service extérieur a produit 

des rentrées à valoir sur l'arriéré plus considérables de 5,657 

que pour les autres années. On ne peut plus compter sur un tel 
excédant. 

3" La régularisation de l'arriéré a. aussi amené, dans le produit 
des souscriptions définitives, un excédant de . 4 ,GS5 

A reporter 11,842 fr. 



3,635 fr 


» 


15,395 


90 


100 


» 


356 


» 


192 


fib 


1,/188 


90 


8,109 


92 



LXXYI SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

lieport Il,8/i2fr. 

li° Cotisations payées à l'avance sur 1863 2,795 

5° Prix fondés par îles tiers, pour ] ,850 

6" Les fonds qui nous ont été déposés momentanément 7,754 

7° Enfin nous avons touché sur un compte arriéré un solde de . . 7,500 

Ainsi le total des recettes qu'on peut appeler extraordinaires, 

pour l'année 1862, est de 31,7/i 1 fr. 

Ces observations nous ont paru nécessaires, afin que vous ne considériez pas 
comme trop faibles les chiffres que nous vous présenterons plus loin, lorsque nous 
établirons l'aperru des recettes pour l'année 1863. 

... Dépenses de 1802. 

Passons mamtenant à l'examen des divers chapitres des dépenses, dont l'en- 
semble s'élève à 82,747 fr. 17 

Savoir : 

Solde du Bulletin de 1861. 

Bulletin de 1862, servi à 2546 exemplaires. 

Gratification au metteur en pages du Bulletin. 

Achat à M, Masson du Bulletin antérieur pour les nouveaux 
membres. 

A M. Masson, frais divers. 

Solde de l'entretien du troupeau de Soiiliard pour 1861 . 

Troupeau de Souliard, frais d'entretien pour le troupeau en 1862, 
et transport sur des points divers des bêtes qui le composaient. 

Vous avez pensé, messieurs, que l'expérience faite à Souliard 
était suffisante, et qu'il n'y avait plus de raison pour vous 
imposer une charge annuelle de 8,000 fr. Vous avez, en 
conséquence, décidé que les animaux seraient placés par 
groupes chez des éleveurs intelligents, aux conditions du 
cheptel, de manière à intéresser les éleveurs à la propagation 
même de nos .■niimaux. 

Nous avons la conviction que, guidés par les conseils que M. Ri- 
chard a bien voulu leur donner, dans une note que le Bulle- 
tin publie , les chepteliers réussiront. Enfin, pour stimuler 
leur zèle, vous avez décidé que des primes, d'une valeur totale 
de 15,000 fr., seraient accordées : 1° pour la propagation des 
Yaks et des métis d'Yaks et de Vaches de travail; 2" pour 
leur dressage et leur emploi comme bêtes de travail ; 3" pour 
la propagation do la Clièvre d'Angora de pur sang; 4° pour le 
renouvellement de la race à l'aide de métis. 
1 Vous avez ainsi sept cheptels pour les Yaks et leurs métis, com- 
posés dans leur ensemble de 7 mâles de pur sang, 7 femelles, 
4 métis, 6 vaches d'Aubrac ; et 5 cheptels pour les Chèvres 
d'Angora et leurs métis, représentant 14 Boucs et 25 Chèvres 
V ■ lie pur sang, et 52 Chèvres mélisses. 

Nous ne voulons pas quitter ce sujet sans demander à l'assemblée 
de vouloir bien voler des remercîments à M. Richard (du 
Cantal), pour le concours qu'il a bien voulu donner aux expé- 
riences de la Société comme directeur du troupeau de Souliard. 

942 » Yaks du Tibet. Payés à la Société des Alpes pour frais de nour- 

riture des Yaks, du 10 décembre 1861 jusqu'au 4 févr. 1803. 

30,220 fr. 23 A rqwrter. 



RAPPORT DE L.\ COMMISSION DE COMPTADILITE. LXXVII 

30,220 fr. 23 Hrporl. 

La Société a proposé à la Société des Alpes de prendre cesbôtcs 
à cheptel ; cet article de dépense serait ainsi supprimé. 
C12 45 Lamas et Alpacas. Solde des frais de nourriture de G Lamas 
et Alpacas et de 4 jeunes, jusqu'au '2^ juillet 18G2. 
L'anncedcrnière, à pareille époque, nous vous disions que les 4 La- 
mas femelles de ce petit troupeau ne tarderaient pas à mettre br.s. 
bu mai au à juillet 18G3, elles nous ont donné chacune 1 jeune 
mâle. Ces animaux robustes, bien conformés, se sont élevés et 
développés de la manière la plus heureuse. Le 24 juillet, 
les 10 tètes étaient réintégrées au Jardin d'acclimatation. 
2,383 55 Zébus, nourriture et garde de 14 Zébus au Jardin de Marseille. 
Ces Zébus ont été donnés par la Société au roi d'Italie, à la 
Société de Victoria, en Algérie, à la Société de Grenoble et 
au Jardin d'acclimatation. 
(jOO 88 Ports d'animaux venant d'Australie et du Japon. 
411 95 f'.hèvres d'Angora, transport à Bayons et à Toul. 
176 « Montage d'animaux. 

82 45 Frais de voyage pour visiter les Moutons de M. Lagabbe, des 

Vosges. 
91 M Vers du Ciiène du Japon, frais divers. 

125 75 Frais de transport, de distribution et d'achat de graines diverses. 
506 55 Notre compte courant avec le Jardin d'acclimatation. 
5,563 75 Éponges. Frais de toute nature pour se procurer des Éponges vi- 
vantes sur les côtes de Syrie et les transporter sur les cotes du 
midi de la France. Cette tentative, pour laquelle nous avons 
reçu 1,970 fr. d'allocation, ne coûte réllenient que 3,593 fr. 
75 cent, à la caisse de la Société. Malgré le dévouement de 
notre confrère M. Lamiral, auquel nous nous plaisons à reii- 
die justice, la tentative a échoué. Les éléments et la méchanceté 
des hommes ont été contre nous. Leur action destructive a été 
assez rapide pour ne pas nous permettre de savoir si quelques 
F[ionges auraient bien vécu dans leurs nouvelles conditions. 
Ajoutons que cette question est tout à fait neuve, que bien peu de 
personnes y peuvent porter la lumière, et que M. Lamiral, aussi 
modeste qu'il est dévoué, avait, avant son départ, consulté les 
savants les plus compétents, et agi d'après leurs indications. 
Cette première épreuve ne vous a pas découragés, puisque vous 
avez dernièrement exprimé le désir que la question fût remise 
à l'étude, et que M. Lamiral voulût bien accepter une nou- 
velle mission. 

4,929 50 Exposition de Londres, savoir : 

Prix de Finstallation 2,500 fr. » 

Frais pour la vitrine 292 50 

Montage d'animaux et port 266 85 

Impression d'une notice 654 50 

Frais de voyage 1 ,216 15 

4,929 fr. 50 

Cette exposition nous a entraînés dans une dépense considéra- 
ble ; elle a demandé beaucoup de soins à M. Davin, qui a pré- 
sidé avec tant de goût à l'organisation de nos vitrines, et qui, 

f:our les mieux orner, s'est dépouillé, en notre faveur, de tous 

45,803 fr. 06 A reporter. 



LXXVIII SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE D ACCLIMATATION. 

/15,803 fr. OU /îc;.o)7. ■ ■ ■ • ' ' '' - 

' ' ■ ■ les magnifiques tissus qu'il avait fabriqués avec les toisons 

d'Angoras, de Chameaux, d'Alpacas. de Lamaset de Vigognes; 
clic a donne un surcroît de peine et de travail à notre agent 
général, qui a dû se rendre plusieurs fois à Londres. Néan- 
moins nous ne saurions regretter la décision de votre Conseil. 
11 était utile de faire connaître au peuple le plus positif de la 
terre, à tous ceux qui ont visité Londres, les tendances émi- 
nemment utiles de notre Société. 

Le succès, d'ailleurs, a couronné nos efforts. Jl. le président 

. , ' vous lappelail dernièrement que 3 médailles avaient été 

• ■• • :'. : accordées à la Société, et 2 médailles et 2 mentions à ses 

collaborateurs. 

3,500 » Exposition universelle de volatiles au Jardin trarclimalalion, 

subvention donnée au Jaidin. 

Vous avez voulu, avec le concours du Jardin d'acclinialalion, 
entrer dans une voie iiratiquc. 11 ^ous a paru convenable, 
pour débuter, de laire un appel à tous ceux qui élèvent, soit 
des oiseaux de basse-cour d'introduction récente, soit des 
races françaises, et de les encourager par des récompenses 
données aux éleveurs les plus habiles et pour les races les meil- 
leures. Vous avez été hciu'eux surtout de mettre en évidence et 
de propager les excellentes races françaises qui, confmées sur 
certains jioints du lerriloirc, mériteraient, dans l'intérêt de 
l'éleveur et du consommateur, d'être plus lépandues. 
, . ' Cette première tentative a eu un plein succès, et vous avez dé- 

cidé qu'elle serait renouvelée au mois d'avril prochain. 

Plufieurs de vos membres ont pensé qu'une exposition univer- 
selle de la race canine présenterait un véritable intérêt scien- 
tilupie, et serait d'une grande utilité au [loinl de vue du re- 
censement, de la conservation, cl, jiour ainsi dire, de la 
réhabilitation de nos vieilles et si bonnes races françaises. 
Celle (xposition aura lieu au .lanlin, du 3 au 10 mai 18()3. 
Votre Conseil s'est mis d'accord avec lu Jaidin d'aicliinatation 
siH' ces divers points; il a airèté le progranunc des Exposi- 
tions, et a fixé à 7,000 fr. la subvention à donner au Jardin, 
qui juend à sa chaige les frais et les risques de toute nature. 
En outre, il a été convenu que pendant les expositions l'en- 
trée du Jardin serait libre pour les membres de la Société 
imjiériale. 
7,039 95 Séance annuelle des récompenses, soit : - • 

5,S2'i fr. 90 Prix et récompenses. 
JSS 'lO Séance publique. 
70G iô Imprimés. 
Il est bon de vous rappeler que dans ces 5,S2'i fi'. i)0 de récom- 
I)cnses figuient le prix lie 2,000 Ir. donné par M. Chagot 
pour les Autruches, et le juix annuel de 300 fr. de M. A. G. 
9^625 « Trailement du jiersonnel, cmplojés cl gratifications en 1802. 

Volrc Conseil a considéré comme un acte de justice de douner à 
M. Hubert, votre agent général, une haute marque de sa sa- 
tisfaction, en élevant ses émoluments. 
Le Conseil a aussi décidé qu'on prendrait un jeune employé de 
jilus pour sulbrc à la tâche, l'ar suite de ues lucsures, les 
fiais du pcisonncl s'élèveront, en 1803, à 9,800 IV. 



05,908 fr. 01 .1 rcporicr. 



r.APPORT DE 


LA 


COMMISSION 


•. 01 


Report . 










05 


Frais généraux, 


savoir : 










l 


3,000 fr. 


» 


'- 


3,700 fr, 


.80 


1 

< 

i 


1(32 

1,701 fr, 
2,871 


05 
45 
30 
. 55 
75 


• ' 


6,527 


25 


1 


1,354 

277 
321 


!)5 
75 
25 



DE COMPTAMILITE. LXXIX 

65,968 fr. 
12,115 

Loyer. 

Impôts. 
Assurances. 
C.liauffagc. 

Ports et affrancliissements. 
Impressions, lilliographies. 
Frais divers. 
Fournitures de bureau. 
Distributions diverses. 
, iny ( Diplômes, gravures sur bois et fihotographies du 

' ' ( .lardiu, faites pour l'Exposition de Londres. 

Quelques collections sont à la disposition des ama- 
teurs. 
500 » Indemnité pour la rédaction d'instructions géné- 
rales destinées aux voyageurs. 
190 » Acliats de tliermomèlres et d'aréomètres. 
Ces instruments, vérifiés et distribués par les soins de M. Millet, 
servent , les premiers à mesurer la température des eaux 
douces ; les seconds, à faire connaître les degrés de salure les 
plus favorables pour les diverses éducations faites dans les vi- 
viers du littoral. — De l'ensemble de ces observations, faites 
sur beaucoup de points à la fois, résulteront des données pré- 
cieuses pour la pisciculture et pour la science. 
Dépense pour le mobilier. 
A M. Cbagot, riiilérèldcs 2,000 fr. déposés par lui pour le prix 

des .4utrucbes. 
Facture de 4 médailles de M. de Montigny. • ' v 

Frais de recouvrements en province et à l'étranger. 
L'élévation du cbiffre de ces frais ne vous surprendra pas, si vous 
vous rappelez les sommes importantes qu'on a fait rentrer sur 
des cotisations arriérées depuis plusieurs années, et les 298 
radiations qu'on a fiites par suite de non-payement. 
Ce sont là des circonstances extraordinaires qui ne se représen- 
teront plus, il faut l'espérer. 
1,350 )) Deux statuettes de bronze de Daubenton, dont l'une de 1,200 fr. 

Celte dernière a élé acbelée à l'artisle qui avait fait le premier 
modèle de la statue de Daubenton, et dont l'œuvre n'a pas été 
désignée, lors du concours, pour être exécutée en marbre. 
2,031 » Payements à valoir fur le prix de la statue de Daubenton. 



53 


25 


00 


» 


40 


» 


1,130 


06 



82,747 fr. 37 Total des dépenses. 

Ce cbiffre de dépenses 82,747 fr. 37, qui se réduit à 76,760 fr. 37, si nous 
eu déduisons ce que nous avons payé pour la statue de Daubenton , pour le 
prix Chagot, et les allocations reçues pour les Éponges, n'en est pas moins très 
élevé, et nous devrons, en 1863, nous maintenir notablement au-dessous. 

Néanmoins nous répéterons, en terminant ce chapitre, que l'actif net de la 
Société, au 31 décembre 1862, s'élève à 62,568 fr. 42 c. 

En outre, la Société possède de nombreux animaux dont le délai! est consigné 
au tableau n" 3. 

Nous allons vous présenter un aperçu des receltes et des dépenses pour 1863. 

Valeurs disponibles pour 1863. 

Les valeurs en caisse au l^"" janvier 1863 s'élèvent, ainsi que nous vous 
l'avons dit plus haut, à 31,434 fr. 42 c. ; mais vous avez décidé que sur celte 



LXXX SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

somme, 20,000 fr. seraient mis en réserve afin de produire un revenu suffisant 
pour le service des 150 souscripteurs définitifs. 

Il resterait donc au 1" janvier, valeurs disponibles, ll,'43i fr. 12 c. 

ReccUes pour 1863. 

Souscriptions renouvelées 2100 sur 250."^, déduction faite de A05, représentées 
par 150 souscriptions définitives, /iO membres honoraires, 18 Sociétés affiliées 
ne payantpas, eli94 membres douteux, soit 52,500 fr. 

Dont il faut déduire pour cotisations payées par avance en 18G2 2,800 

Il reste net 49,700 fr. 

Souscriptions nouvelles, 250 (au lieu de 295 en 1862), à 30 fr 7,500 
Souscriptions définitives, 20 (au lieu de 30 en 1862), à 260 fr. 

=:5,200 fr., dont moitié doit être mise à la réserve ; soit, net. 2,600 

Allocations du ministre et dons 1 ,600 

r.cvenu des capitaux 2,000 

Revenu de la dotation A. G 300 

Loyer de la Société protectrice ^'^"^ 

Produit de la vente de l'Annuaire * ^*^"Q 

Total des receltes probables en 1863 65,100 fi'. 

Dépenses pour 1863. 

Loyer, impôts, assurances, cliautfage 3,800 fr. 

Bulletin, 3000 exemplaires ; • 15,000 

Irais généraux : poste, imprimés, fournitures de bureau, dis- 
tributions, divers, etc., 10 pour 100 de plus qu'en 1862 7,200 

Recouvrements en province "^^^ 

Traitement des employés 10,000 

Séance annuelle, récompenses, imprimés et frais 2,700 

Nourriture des Yaks des Alpes 300 

Expositions au Jardin d'acclimatation 7,00() < 

Impression de l'Annuaire 3,176 

Souscription pour les ouvriers cotonniers ^" ^ 

Total des dépenses pour 1863 50,056 fr. 

Si des recettes probables pour 1863 65,100 

nous retranclioiis la dépense probable 50,0o6 

on trouve un excédant de recettes de 15,311 fr. 

Cet excédant, joint à l'encaisse du 1" janvier 1863, qui, après 

le prélèvement d'une réserve de 20,000 fr., se réduit à 11^131 fr. 12 

donne pour l'année 1863 un total disponible de 26,778 fr. 42 

C'est-à-dire, messieurs, qu'après avoir payé toutes les dépenses prévues à 
votre budget, vous pourriez, sans toucber à votre réserve, disposer d'une somme 
de 26,778 fr. 12 c. Certainement vous n'bésiteriez pas, en vue d'une œuvre du 
premier ordre par son utilité , à user de toutes vos ressources. Mais en dehors 
d'une circonstance de cette nature que nous ne prévoyons pas aujourd'hui, nous 
vous engageons fortement, et autant que les circonstances le permettront, à aug- 
menter vos réserves d'une portion notable de cet excédant. En parlant ainsi, 
nous ne sommes pas dominés par le désir mesquin de thésauriser, mais nous ne 
saurions oublier que d'ici au mois de février 1868, vous pouvez avoir à payer une 
somme totale de 31,000 fr. pour les divers prix que vous avez proposés. 

Tvous sommes aussi pénétrés de celte pensée, qu'avec une réserve sagement 
préparée, vous serez toujours en mesure de profiter des occasions favorables, et 
qu'à un jour donné, il vous scr;.it possible de tenter de plus grandes expériences, 
d'obtenir de plus grands résultats, et de rendre plus éclatants les bienfaits de li 
Société impériale zoologique d'acclimatation. 



I. TRAVAUX DES MEMBRES DE LA SOCIETE. 



■ SUR ':■-■• . 

LES YAKS DU TIBET ET LES CHÈVRES D'ANGORA 

t^}. Par M. RICHARD (du Cantal), 

Vice-président de la Société. 



(Séance du 6 février 1863.) 



Monsieur le Président, ' . 

Je viens vous communiquer les observations que j'ai pu 
faire sur les animaux que notre Société avait déposés à Sou- 
liard, par suite du peu de succès qu'elle avait obtenu dans 
leur acclimatation et dans leur élevage chez les agriculteurs 
qui en avaient été dépositaires, depuis leur arrivée en France 
jusqu'en mai 1858. Le fermier de Souliard les conserva pen- 
dant une année, en se conformant aux indications que je lui 
avais données pour les entretenir en bonne condition. M. Al- 
bert Geoffroy Saint-Ililaire fut délégué par la Société pour 
juger de la manière dont ils étaient traités. Son rapport fut 
des plus ffivorables : les toisons des Chèvres d'Angora prouvè- 
rent la vérité de ce qu'il avait avancé, et notre zélé con- 
frère M. Davin, si compétent en pareille matière, prouva, 
par les tissus qu'il fit fabriquer, que Souliard avait atteint en 
peu de temps, un but vainement attendu depuis l'arrivée des 
animaux en France. 

J'ai pris moi-même la direction de l'agriculture de Souliard 
à dater du 25 mars 1859, pour donner aux cultures une 
marche capable de répondre au but que se proposait notre 
Société, et voici ce que j'ai observé depuis cette époque : 

L'acclimatation des Yaks me paraît être aujourd'hui une 
question résolue. Animaux rusti([ues , d'un tempérament 
nervoso-sanguin, énergiques, robustes, sobres, d'une grande 
force musculaire relative, ils confirment les récits que les 
voyageurs ont fait sur leur emploi dans leur patrie originaire. 

Je ne connais pas, dans les espèces domestiques que nous 

T. X. — Mars ISG'J. G 



82 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

possédons, d'animal qui ait plus de qualilos que l'Yak pour 
le travail dans les pays inaccessibles des montagnes dépour- 
vues de routes, et dont la production végétale est peu favori- 
sée, soit par les rigueurs de l'atmosphère propres aux grandes 
altitudes, soit par une culture arriérée et dans des conditions 
délavorables à l'élevage des animaux. L'Yak peut être élevé, 
à mon avis, sur des sommets où nulle autre bête de travail ne 
peut se multiplier avec utilité, soit pour porter à dos, soit 
pour traîner la charrue ou des fardeaux. 

L'Yak communique, par le croisement, une grande partie 
de ses qualités aux métis produits par lui et par la vache 
de race Aubrac surtout. Les quatre jeunes sujets obtenus à 
Souliard depuis un an ont montré, immédiatement après 
leur naissance, une vivacité, une force, une vitalité que sont 
loin d'avoir les animaux de l'espèce bovine pure, quelle 
qu'elle soit. Les qualités qu'ils trahissent en na,issant persis- 
tent, si j'en juge par les observations que j'ai pu faire. Ces 
jeunes métis l'ont toujours emporté sur les veaux nés en 
même temps qu'eux, en vigueur, en aptitude au moins pro- 
bable au travail. L'étude de ce croisement, provoquée par 
notre collègue M. F. Jacquemart, me paraît digne d'intérêt, 
et elle ne saurait être mieux continuée que par nos honorables 
et zélés collègues MM. le comte d'Éprémesnil et Jacquemart. 

Les soins hygiéniques à donner à l'Yak sont absolument les 
mêmes que pour l'espèce bovine. Pauninant comme le Bœuf, 
rangé dans le même genre zoologique, le même régime 
alimentaire lui convient, il s'en trouve bien. Au point de vue 
physique, l'Yak peut donc être traité comme le Bœuf; mais 
il n'en est pas de même, tant s'en faut, au point de vue moral. 

L'Yak a tous les défauts de ses qualités : nerveux, irritable^ 
ombrageux, méfiant, i! a besoin d'être traité avec beaucoup 
de douceur. Ceux qui le soignent doivent avoir l'habitude 
d'approcher les animaux irritables. Si on leur parle dure- 
ment, si on les aborde brusquement, sans leur parler avec 
douceur et sans s'approcher d'eux en leur inspirant de la 
confiance par des caresses, et de temps en temps par quel- 
ques friandises, ils peuvent devenir difficiles et mme mé- 



- I YAKS DU TIDET ET CllÈVIlES d'ANGORA. 83 

chants. Pluton en a été un exemple. Il était devenu dani^ereux 
à un point tel, qu'il fut question de l'abattre comme indomp- 
(able. A Souliard, il devint aussi doux que possible. Il s'était 
si bien habitué à moi, qu'il me suivait jusque dans les appar- 
tements de la ferme. Je le fis travailler, et je le conduisis à 
Paris sans la moindre difficullé. 

11 faudra donc recommander aux dépositaires de traiter les 
Yaks toujours avec douceur, jamais autrement. Les métis me 
paraissent se rapprocher beaucoup de leur père sous ce rap- 
port ; il faudra employer les mêmes procédés pour les dresser, 
quand le moment de les soumettre au travail sera venu. 

Si l'acclimatation de l'Yak peut être considérée comme 
un fait acquis à la pratique, si son élevage a réussi comme 
la Société d'acclimatation le désirait, il n'en est pas de 
même, tant s'en faut, à mes yeux, de la Chèvre d'Angora. 
Animal d'une nature éminemment lymphatique, délicate, son 
étude a besoin d'être continuée avec soin encore chez les 
agriculteurs auxquels notre Société l'a confié. II importe 
donc de leur recommander de bien observer ces animaux. 
Daubenton étudia le Mérinos pendant dix ans de sa vie 
pour en doter la France; or, à mon avis, sauf erreur, 
l'acclimatation de la Chèvre d'Angora est plus difficile que 
celle du iMérinos. Celui-ci était élevé avec succès en Espagne. 
Les travaux d'Alstriimer en avaient doté la Suède. L'An- 
gleterre le possédait aussi d'après Thistoire, et je ne vois 
encore aucune nation qui soit parvenue à acclimater la 
Chèvre d'Angora. Des essais ont cependant été tentés sur 
ilivers points de l'Europe, il importerait donc d'en connaître 
les résultats ; ils contribueraient à éclairer les chepleliers sur 
des points encore bien obscurs pour moi, malgré tous les soins 
que j'ai mis à observer ces animaux depuis qu'ils sont à Sou- 
liard. Voici toutefois ce que m'a appris jusqu'ici l'étude que 
j'ai pu en faire. ,■; .).>.m - ■, • . - 

La Chèvre d'Angora est très disposée à contracter la cachexie 
aqueuse, il faut donc s'en défier ; son régime alimentaire doit 
être tonique, substantiel ; ses logements doivent être bi^n 
aérés, exempts d'humidité ; on doit éviter autant que possible 



8/i SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'xVCCLIMATATION. 

de l'exposer aux brouillards et de la faire pacager lorsqu'ils 
se sont condensés sur l'herbe qu'ils ont mouillée. Les pays de 
montagnes où l'air est sec et pur, l'herbe aromatique, toni- 
que des lieux élevés, offrent les conditions d'acclimatation et 
d'élevage qui lui conviennent le mieux. Je n'ai rien trouvé 
dans les auteurs que j'ai pu consulter pour me guider sur 
l'hygiène et la multiplication de ces animaux ; seulement j'ai 
lu dans des articles publiés dans le Bulletin de notre Société, 
qu'en Asie Mineure, les Chèvres d'Angora étaient quelquefois 
décimées par des maladies qui se déclaraient à la suite de 
mauvais hivers, et que l'on reformait les troupeaux par des 
croisements avec des Chèvres communes. Cette étude partielle 
a été commencée àSouliard, déjà des sujets de deuxième croi- 
sement ont été obtenus; je crois qu'il sera utile de continuer 
cette expérience, ([ui pourra avoir d'heureux résultats. Je ne 
saurais cependantl'affirmer absolument, parce que cette étude 
me paraît demander plus de temps que je n'ai pu en mettre 
pour la faire jusqu'ici. 

Je ne saurais assez le répéter, l'acclimatation de la Chèvre 
d'Angora demande à être encore étudiée avec soin et atten- 
tion. Ce n'est que par ce moyen judicieusement employé que 
notre Société parviendra à résoudre une question aussi im- 
portante pour l'agriculture que pour l'industrie. 

Après l'étude de l'acclimatation et de l'élevage de la Chèvre 
d'Angora et de l'Yak, il s'en présente naturellement une 
autre, qu'il importe de ne pas négliger. Y a-t-il avantage pour 
l'agriculture de tous les pays où l'élevage de ces animaux 
peut être fait, à les produire et à les multiplier? Là est le fond 
de la question de l'acclimatation des espèces nouvelles. 

Les chcptehers devront donc étudier ces diverses questions, 
pour bien éclairer notre Société, et la seconder dans la patrio- 
tique mission qu'elle s'est imposée dans l'intérêt de notre 
agriculture, de notre commerce et de notre industrie. 

Telles sont les courtes réflexions que j'ai cru devoir sou- 
mettre à la Société sur l'acclimatation et l'élevage de ces 
animaux. : ■ 'i 



EXPÉRIENCES D'ACCLIMATATION 

AU JARDIN ZOOLOGIQUE DE MARSEILLE, EN 1862, 

Par M. 1%'oël StQUET, 

Directeur du Jardin zoologiquD de Marseille. 



(Séance du 26 décembre 1862.) 



Si le Bulletin de la Société ne devait enregistrer que des 
succès, nous ne profiterions pas de la bienveillante invitation 
qui nous a été faite de tenir la Société au courant des travaux 
et des essais faits au jardin zoologique de Marseille en 18G2, 
car, pour cette année, nous n'avons guère qu'un insuccès à 
constater; mais, dans notre conviction, les tentatives et les 
expériences peuvent quelquefois présenter autant et même 
plus d'intérêt que les réussites en acclimatation, soit en 
ouvrant une nouvelle marche à suivre, soit en prévenant des 
erreurs et des tâtonnements pour les recherches futures. 

Après la réussite si complète de notre éducation d'Autru- 
ches, en 1861, dès que la saison fut jugée favorable, profitant 
de l'offre obligeante de M. E. Pastré de reprendre possession 
du parc de Monlredon, nous nous mîmes en mesure de com^ 
mencer nos essais. 

Ayant observé depuis plusieurs mois que, dans le parc du 
Jardin zoologique, toutes nos Autruches vivaient ensemble en 
assez bonne intelligence sans grandes difficultés, nous avons 
voulu faire cette année un essai de cohabitation d'un mâle 
et de plusieurs femelles. Nous avions en vue deux résultats à 
obtenir : d'abord vérifier le fait qui nous avait été affirmé par 
les chefs touaregs pendant leur visite au jardin, savoir, que 
plusieurs femelles s'associaient pour pondre dans le même 
nid, et surtout reconnaître si nous pouvions faire avancer la 
question de domestication de l'Autruche. 

Après les résultats obtenus dans ces dernières années, en 
Algérie, en Espagne, en Italie et à Marseille, le fait de la 
reproduction de l'Autruche en captivité était affirmé; mais 
sa domestication, son introduction dans l'économie rurale ne 
seront possibles que lorsque, comme pour les oiseaux de nos 



80 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

basses -cours, on pourra élever un troupeau d'Autruches 
femelles conduites par un seul mâle. On obtiendrait ainsi des 
pontes nombreuses, des couvées successives. La tendance du 
mâle cà garder le nid pendant l'incubation est un grand ob- 
stacle à vaincre, car si cet instinct ne peut être réformé, il 
arrivera que, dès qu'un nid sera formé avec plusieurs femelles, 
les femelles étant immédiatement délaissées pour l'incubation, 
on sera exposé à recueillir des œufs clairs pendant la saison. 
Il est donc important d'essayer de rendre aux femelles les 
soins de l'incubation, pour obtenir ainsi des pontes fruc- 
tueuses et des couvées pendant toute la saison favorable, sans 
être obligé d'entretenir un mfde pour chaque femelle. Là est 
la solution du problème de la domestication de l'Autruche. 
Notre essai, par les circonstances que nous allons marquer, a 
été infructueux; mais nous comptons bien le reprendre dans 
de meilleures conditions, quand nous aurons à notre dispo- 
sition plusieurs sujets nés en captivité et élevés en dehors de 
toute influence des auteurs, par la séquestration dans leur 
jeune âge. 

Nous n'avions à notre disposition que deux femelles 
adultes et un mâle; nous les plaçâmes dans le parc d'é- 
lève dès les premiers jours de février. Pendant plusieurs 
semaines, la cohabitation fut assez amicale ; le mâle vivait à 
l'écart et les femelles ensemble; nous observions cependant 
à plusieurs reprises les approches du mâle et des femelles. 
Dans les premiers jours de mars, la ponte commençait; elle 
s'effectuait très irrégulièrement, et les œufs étaient laissés à 
l'abandon sur différents points. Après quelques jours, la 
mésintelligence se mit dans la communauté, et le mâle ayant 
pris en affection la vieille femehe (la mère de nos jeunes), le 
couple formé se mit à pourchasser la jeune; de là des com- 
bats, des courses qui pouvaient compromettre les œufs déjà 
obtenus. Il convint alors de ramener au jardin la femelle 
délaissée. Pendant cette cohabitation, nous avions obtenu onze 
œufs, sept de la vieille femelle et quatre de la jeune. La dis- 
tinction était facile, car ils dilTéraient par la grosseur, et sur- 
tout par le poli de la coquille pour ceux de la vieille femelle. 



EXPÉRIENCES d'ACCLTMATATION AU JARDIN DE MARSEILLE. 87 

Après la séparation, la ponte devint plus fréquente, sans 
cependant arriver à la régularité de l'année passée, où qua- 
torze ou quinze œufs étaient pondus successivement avec 
alternance d'un jour. Nous croyons devoir attribuer cette 
irrégularité aux variations de température observées pendant 
le printemps et la première partie de l'été, et surtout à la 
persistance des pluies. En effet, les observations météorolo- 
giques donnent, avec dix-sept jours de pluie, une moyenne de 
J5%30 pour ces mois de 1861 , et avec trente et un jours de 
pluie, une moyenne de 13", 55 pour les mêmes mois de 1862. 

Ces conditions étaient peu favorables, cependant nous ne 
perdions pas espoir ; la ponte augmentait, et vers la fin de 
mai, malgré quelques pertes d'œufs, nous en comptions vingt- 
cinq sur un rayon de quelques mètres, car les Autrucbes 
avaient peu à peu rassemblé tous les œufs épars. Dans la 
première partie de juin, sous l'influence de quelques jours de 
chaleur, les Autruches commencèrent à donner des signes 
d'incubation; elles cherchaient avec inquiétude, grattaient le 
sable, enfin elles se mirent franchement à former le nid 
sur le même emplacement que l'année passée; les œufs, sauf 
deux, y furent déposés. i\lalgré la saison avancée (car, en 1861, 
à la même époque, la couvée était éclose), notre espoir de 
réussite, longtemps ébranlé, commençait à renaître; nous 
calculions déjà que les quarante jours d'incubation porteraient 
les naissances fin juillet, et nous comptions sur les belles jour- 
nées d'automne pour élever les jeunes. 

La saison permettait d'exécuter des travaux, depuis long- 
temps projetés, de terrassements et de percements d'allées 
dans le bois entourant le parc; une armée d'ouvriers et sur- 
tout un grand charroi s'ensuivirent. Malgré les ordres sévères 
donnés par madame Pastré, malgré la surveillance de notre 
zélé collaborateur V.Ricard, nous ne pûmes empêcher, ni l'in- 
discrète curiosité des ouvriers, ni les cris, ni le claquement 
des fouets, qui excitaient les Autruches. Sous ces influences 
perturbatrices, des œufs furent brisés sous les pieds des 
Autruches, d'autres par des pierres lancées par les coups de 
mine, et nous n'osons pas le dire, quelquefois par de stupides 



88 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

curieux. En juillet et août, le nid fut pris et altandonné à 
plusieurs reprises; mais enfin, en septembre, il fallut perdre 
tout espoir et ramener les Autruches au jardin. 

Nous avons d'autant plus regretté ces mécomptes, que, 
vérification faite des œufs, tous se sont trouvés fécondés: 
dans quelques-uns, le germe était parfaitement formé ; dans 
d'autres, le jeune était complet avec les plumes. Ces observa- 
tions nous prouveraient que les circonstances atmosphériques 
même n'ont pas fait totalement défaut pour la réussite, et 
que de la part de nos élèves rien n'est mis en question. La 
solitude, la tranquillité ont manqué: c'est une année perdue; 
mais nous comptons bien recommencer nos essais en 1863, 
et les faire même sur deux couples. 

Grâce à l'offre obligeante de M. et M'"" P. Pastré, le parc 
peut être agrandi, et, en le divisant, recevoir deux couides : 
l'un sera formé comme en 1862, l'autre par deux jeunes de 
notre couvée de 1861. Il va sans dire que nos soins et tous 
nos souhaits seront prodigués à ces derniers, dont la réussite 
nous donneraitune seconde génération d'Autruches françaises. 

Tel est l'historique de notre essai; nous n'abandonnons 
pas notre idée de faire vivre les Autruches en troupeau, car, 
pour nous, là est la solution du problème de la domestication. 

Par notre élevage d'Autruches, nous avons pu, tout en 
conservant deux paires pour nos essais futurs, livrer au jardin 
zoologique de Vienne et autres des paires nées en France, 
en oflrir à la Société impériale d'acclimatation une paire qui, 
placée au Jardin du bois de Boulogne, sera le type de notre 
reproduction. Dans nos lacs et volières, les Canards d'espèces 
différentes. Oies de Gambie, du Danube, etc., nous ont livré 
de nombreuses pontes. Dans les parcs, les Antilopes bubale, 
nilgaut, indienne ; les Gazelles dorcas, kevel, corinne; les 
Cerfs axis, les Cerfs cochons, les Kangurous de Bennett, les 
Cochons à masque de Chine, nous ont donné des produits 
qui, pour quelques-uns, représentent les troisième et qua- 
trième générations obtenues au jardin. A ce sujet, nous ferons 
observer qu'il serait peut-être utile et même nécessaire de 
créer entre les jardins zoologiques un système d'échange 



*Sv' 



EXPÉRIENCES d'aCCLIMATATION AU JARDIN DE MARSEILLE. 89 

d'animaux de même espèce, soit mâles, soit femelles, afin de 
n'avoir pas toujours des produits du même sang dans l'éta- 
blissement. Dans les volières des petits oiseaux, nous avons 
pu olfserver et faire admirer à nos visiteurs, pendant plusieurs 
mois, la confection des nids, les uns suspendus au plafond 
des volières, d'autres aux arbres, voir éclore de nombreuses 
couvées d'oiseaux du Sénégal et du Brésil. Nous pouvons 
évaluer à plus d'une centaine les jeunes obtenus dans les 
diverses espèces. Les produits de la faisanderie ont été com- 
plètement nuls cette année, par suite de son déplacement et 
de sa reconstruction. Nous regretterions encore plus cette 
lacune, si, par ce fait, nous n'avions obtenu un résultat remar- 
quable dont nous devons laisser le mérite à qui de droit. 

Ne pouvant trouver à loger convenablement les Hoccos, 
Pénélopes et Marails que possédait le jardin, nous ne crûmes 
mieux faire que de les expédier à M. Aquarone (de Toulon), 
dont le zèle et l'intelligence, en fait de soins à donner aux 
animaux, nous étaient parfaitement connus. Pendant leur 
séjour au jardin, nous obtenions des œufs de nos Hoccos; mais 
à l'essai, ils étaient trouvés clairs. Nous admettions que les con- 
ditions de leur logement n'étaient pas favorables à l'accou- 
plement, et nous hâtions de nos vœux le moment où nous 
pourrions leur livrer de grands espaces, des grands arbres, 
comme le recommandaient les personnes qui ont écrit sur 
l'acclimatation de ces oiseaux. Les résultats obtenus vont nous 
montrer que les conditions d'élevage sont plus faciles qu'on 
ne le pensait. A leur arrivée chez M. Aquarone, les Hoccos 
furent mis dans une volière très restreinte, garnie de quel- 
ques arbustes. La ponte, commencée au Jardin, continuait. 
Après une observation attentive, le couple fut isolé, et l'on 
obtint cinq œufs. La saison étant trop avancée pour retarder 
l'incubation, ces œufs furent mis à couver sous une Poule ; 
deux furent reconnus clairs, et sur les trois fécondés un seul 
est venu à bien. M. Aquarone, dans sa dernière visite, nous 
annonçait que. malgré la saison avancée (octobre), le jeune 
s'élevait bien. Nous publierons les observations sur cet éle- 
vage; elles seront d'autant plus précieuses, que jusqu'ici, 



90 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. ' 

quand on s'est occupé de racclimatation et de la domes- 
tication de cette espèce, dont la réussite serait si avanta- 
geuse, on nous a présenté, comme conditions nécessaires 
et indispensables de réussite, le libre parcours, la soli- 
tude, les grands arbres pour percher sur les cimes; enfin des 
conditions impossibles à réaliser dans un jardin ouvert au 
public, difficiles même à obtenir chez un particuher. Il serait 
aussi logique de demander la liberté tout entière, le dépôt 
de couples dans les forêts. En laissant agir le hasard et les 
heureuses influences, on suivrait ainsi la maxime du sage : 
Natura artù maghtra; mais nous ne voyons pas que l'on 
avancerait la question d'acchmatation, et surtout de domes- 
tication. Le résultat obtenu par les soins de M. Aquarone est 
bien modeste, il est vrai ; mais en considérant que, par ce 
résultat, il est constaté que les Hoccos peuvent produire en 
captivité, même très restreinte, des œufs fécondés; que l'élève 
;les jeunes peut être faite dans les mêmes conditions que celle 
des Faisans, une nouvelle marche à suivre, indépendante des 
errements passés, est ouverte à l'accHmatation de ces oiseaux, 
et nous espérons bien que de plus beaux résultats seront 
obtenus à la saison prochaine, quand nous pourrons livrer à 
nos élèves des réduits bien abrités et des parquets ombragés 
de ûO mètres de surface, en ce moment en construction au 

jardin. 

Tels sont les résultats obtenus et les essais faits h. Marseille 
en 1862. Nos desiderata et ceux de la science sont loin d'être 
accomplis; mais entre le désir et l'accomphssement, nous 
devons admettre les insuccès, les études et les expériences : 
c'est une affaire de temps et de persévérance. Nous ne pou- 
vons que prendre courage , quand nous voyons la science si 
jeune de l'acclimatation réunir déjà autour d'elle tant de 
connaissances, d'observations, et surtout de l)onne volonté, 
qui viennent se concentrer dans la Société impériale d'accli- 
matation. • ■ 



SUR UNE TENTATIVE 
D'ACCLIMATATION DU CASOAR EN ANGLETERRE 



■'■'=•■"''•''-''■■'■'■'-■■•' PAR M. W. BENNETT. ''" 
. ^ t , , Par M. Pierre PICHOT. 



i ' : I ■ ■ ) ■■)■ •^^ 



!■. 



(Séance du février 1863.) 



La Société impériale ,d'acclimatation a proposé une grande 
médaille pour l'inlroduclion et l'acclimatation du Casoar. 
Je crois donc devoir appeler son attention sur les travaux de 
M. W. Bennett, de Drockham Lodge, près de Reigate Surrey 
(Angleterre), qui depuis trois ans poursuit avec une persévé- 
rance digne de tous éloges l'acclimatation de cet utile oiseau. 

Le 23 juin 18G0, M. Bennett recevait de Sydney une paire 
de Casoars âgés de cinq ou six ans, qu'aussitôt il installa dans 
un grand enclos, bien exposé au sud et descendant par une 
pente douce jusqu'à une petite rivière (la Mole), dont il fallut 
cependant les séparer par une barrière, de crainte qu'ils ne se 
noyassent en s'y baignant. ,;,;;: ; >",,,' 

Le 9 février 1861, la femelle pondit son premier œuf; neuf 
jours après elle pondit le second, puis un autre tous les trois 
jours, jusqu'au treizième, qui fut séparé du douzième par un 
intervalle de quatre jours. Ces œufs avaient été pondus dans la 
cabane qui servait cà abriter les Casoars, mais ils ne voulurent 
pas y couver, et le mâle, qui devait se charger des soins de 
l'incubation, les transporta au grand air. à plusieurs reprises, 
en les roulant avec son bec. Lorsqu'on eut découvert l'en- 
droit qu'il affectionnait, on dressa au-dessus un abri provi- 
soire ; on y transporta les œufs, et après. que la femelle en eut 
encore pondu deux autres, le 2Zi mars le mâle se mit à cou- 
ver. Sept semaines après, au grand désespoir de M. Bennett, 
le mâle, dérangé j)ar quelque intrus, abandonna son nid. Que 
faire? Pendant vingt-quatre heures on entretint artificielle- 
ment la chaleur des œufs; puis, apprenant qu'il y avait au 
Jardin zoologique de Londres un Casoar mâle qui demandait 
à couver, M. Bennett les y transporta avec des soins minutieux 



92 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

et les y installa, à la grande joie du Casoar, tout étonné de 
sa bonne fortune. Mais son étonnement fut bien plus grand 
encore dans le courant de la semaine suivante (la huitième), 
lorsqu'il vit quatre jeunes sortir des œufs qu'on lui avait con- 
fiés. De ces quatre jeunes, le premier mourut au bout de 
six semaines; le deuxième, dans le courant de l'hiver suivant, 
mais les deux derniers parvinrent à toute leur croissance, et 
sont encore au Jardin zoologique où ils sont nés. 

Le 29 décembre 1861, les Casoars de M. Bennett recom- 
mencèrent à pondre ; le 2 janvier 1862, il y eut un second 
œuf, puis le 7 un troisième. Les autres se succédèrent de 
trois en troisjours; quatre jours s'écoulèrent du douzième au 
treizième, puis six jours du treizième au quatorzième. Le 
l/i février, le mâle se mit à couver : le 20 avril, il y eut une 
éclosion ; le 21, une seconde ; le 23, une troisième. Ce fut la 
dernière. Le Casoar couva une semaine encore, puis quitta le 
nid, où il laissait deux petits morts dans la coquille et les au- 
tres œufs clairs. Le premier petit était né faible et maladif, et 
mourut au bout de cinq semaines ; mais les deux autres lui 
survécurent et entrent aujourd'hui dans leur neuvième mois! 
Leurs parents viennent de recommencer une troisième ponte, 
et déjà six œufs sont dans leur nid de 1863, , 

Assurément, ces expériences sont dignes d'être encouragées. 
Et ce n'est pas seulement pour l'élevage de ces quatre jeunes 
que je signale M. Bennett à la Société, c'est pour le soin avec 
lequel ses expériences ont été conduites, l'exactitude et la pré- 
cision avec lesquelles il a observé les mœurs de ces oiseaux 
dans le but d'en faciliter l'élevage. Ses notes seront précieuses 
pour les acclimatateurs de tous les pays, et je m'empresserai 
de les communiquer; dès que j'en aurai terminé la rédaction. 



MEMUIUE 

ADRESSÉ A S. EXC. M. LE MINISTRE DE h\ MARINE ET DES COLONIES 

POUR SERVIR A LA DEMANDE D'AUTORISATION 

1° d'établissement de pêcheries A FILETS FIXES SUR LES CÔTES DES 
DÉPARTEMENTS DU VAR ET DES ALPES-MARITIMES ; 

2° D'ÉTABLISSEMENT DE RÉSERVOIRS A POISSONS VIVANTS; 

3" D'ÉTABLISSEMENT DE BASSINS D'aLEVINAGE POUR PRATIQUER 
LA PISCICULTURE MARITIME. 

Par nn. le D** TLRREL, de Tonlon, et E. LAMIRAL. 



(Séance du 26 décembre 1862.) 



Monsieur le Ministre, 

Le programme récemment donné par S. M. l'Empereur 
devant le Conseil municipal de la ville de Paris, sur l'amélio- 
ration du sort des classes laborieuses, comprend deux termes : 
le perfectionnement moral des ouvriers par l'instruction ; la 
diminution du malaise matériel par le travail et par l'abaisse- 
ment du prix des substances alimentaires. 

C'est pour contribuer à atteindre, au moins partiellement, 
ce dernier résultat, que nous venons vous soumettre nos obser- 
vations et vous offrir notre concours. 

L'aliment est presque toujours un produit de l'industrie 
humaine. Le gibier et le poisson ne réclament d'autres soins 
de la part de l'homme que d'être ménagés ; mais, tandis que 
le gibier proprement dit tend à disparaître de plus en plus 
par les progrès delà culture, qui détruit les abris nécessaires 
à sa multiplication, la mer, féconde nourricière, crée inces- 
samment, sans soins et sans surveillance, d'innombrables 
générations de poissons qu'il suffit de récolter pour intro- 
duire un appoint considérable dans nos ressources ahmen- 
taires. La sollicitude de l'homme n'a qu'une chose à prévoir, 
le ménagement des frayères. C'est, d'une part, le maintien 
intact des frayères naturelles que les engins de pêche pro- 
hibés par les règlements continuent à détruire; d'autre part, 



9ll SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZUOLOGKjUE d'ACCLIMATATION. 

c'cstla création dcfrayères artificielles, application ingénieuse 
et pleine d'avenir de l'art de la pisciculture. 

La nomination récente d'un savant comme inspecteur 
général des pêcheries est un acheminement à des mesures 
plus décisives et à une action plus efficace pour protéger nos 
ressources de pêche maritime, et favoriser la production de 
nouvelles richesses pour nos cours d'eau, pour nos étangs et 
surtout pour nos côtes. Le seul inconvénient de l'organisation 
actuelle des pêcheries, c'est que, productives quelquefois au 
delà des besoins immédiats, elles cessent de répondre à la 
demande par les mauvais temps ; d'où résultent des baisses 
accidentelles de prix devenant insuffisaiiimenl rémunéra- 
teurs lorsqu'il y a abondance de poisson, ou une augmen- 
tation excessive et fâcheuse do sa valeur dans les moments 
oi^i les marchés ne peuvent plus être approvisionnés. La 
régularisation des produits de la pèche ne peut être obtenue 
que par la création sur les côtes de viviers ou réservoirs 
d'étendue, de situation et d'appropriation suffisantes pour 
que l'excédant des pêches abondantes puisse être mis en 
réserve pour les mauvais jours. Les étangs salés, les pesquiers, 
les anses profondes connues en Provence sous le nom de 
calanques, sont admirablement préparés pour ce résultat, et, 
au moyen de dépenses insignifiantes, permettraient d'atteindre 
le double but à poursuivre,, de mettre en réserve le poisson 
dans un lieu où, en tout temps, il serait facile de le prendre 
pour le livrer à la consommation, et de favoriser sa multipli- 
cation naturelle et sa propagation artificielle d'après l'art 
nouveau de faquiculture. 

Le transport du poisson vivant du lieu de pêche aux réser- 
voirs se ferait facilement au moyen de bateaux viviers. Mais 
ces moyens ne s'apphqueront qu'aux j^^omo/^ô- sédentaires. 

Il existe une classe de poissons voyageurs qui, venus des 
zones profondes des mers, sillonnent régulièrement les eaux 
de nos atterrages en passant en bandes innombrables, inutiles, 
par notre incurie, pour Falimentation publique, à laquelle ils 
fourniraient un apport dont il est difficile de calculer l'énorme 
valeur. '^ ;■. ^>- - •• - -■ m'i ;-■' ■•; '■■ -■ . - ' " ■. •-""" 



DEMANDE d'ÉTAULISSEMENï DE PÊCHERIES, ETC. 95 

Nous voulons parler des Thons, des Bonites, desPalamides, 
des Maquereaux, etc., qui, dans leur passage annuel (disent les 
pêcheurs), parcoùrentde l'ouest à l'est, puis de l'est à l'ouest, 
tout le littoral de la Méditerranée, longeant successivement les 
côtes de l'Afrique septentrionale, de la Syrie, de l'Asie Mineure, 
pénétrant dans la mer Noire, et redescendant par les côtes de 
la Grèce dans l'Archipel, la mer Adriatique, le littoral italien, 
celui de la France et de l'Espagne, jMjur retourner, après ce 
vaste circuit, à leur point de départ, l'océan Atlantique. La 
hgne de voyage est constante, et ces inlatigahles voyageurs 
ont toujours la côte à leur droite ; c'est ce qui explique leur 
abondance toujours décroissante depuis les rivages de l'Afrique 
jus([u'à ceux d'Espagne, en raison des nombreux ennemis 
qu'ils rencontrent sur leur passage, et en première ligne 
doivent être comptées les pêcheries organisées sur un grand 
nombre de points, notamment à Tunis, en Italie et en Espagne. 
La France semble s'être interdit une source aussi impor- 
tante de richesse publique en limitant au seul département 
des Bouches-du-Rhône les pêcheries de Thons et autres 
})oissons de passage, connues sous le nom de madragues ; 
elles ont été supprimées dans le département du Yar depuis 
18/i5, après y avoir été autorisées pendant deux cents ans. 
Pourquoi cette suppression a-t-elle été prononcée? : 

Trois objections, à cette époque, ont été suggérées contre 
les madragues par leurs adversaires : 

1" Elles sont gênantes pour la navigation ; • . ' -, 

2" Elles font concurrence aux pêcheurs ; . ■■ 

3° Elles sont nuisibles à l'inscription maritime. - • 

1" Les madragues sont-elles gênantes pour la navigation? 

L'ordonnance de 1681, art. 3 du titre iv, livre Vj défend 
d'établir des madragues dans les heux où elles pourraient 
nuire à la navigation ; or, à celte époque, de nombreuses 
madragues furent établies sur les côtes françaises de la Mé- 
diterranée, il y en avait dix-huit ou vingt, et alors elles ne 
nuisaient pas à la navigation ; aujourd'hui, bien que le nom- 
bre des navires qui fréquentent nos ports soit plus considé- 



96 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLLMATATION. 

rable, les progrès de l'art nautique, et surtout l'emploi de la 
vapeur, qui épargne aux bâtiments la nécessité de louvoyer 
à l'entrée ou à la sortie des ports, ôtent toute portée sérieuse 
à cet argument que la marine de commerce, moins instruite, 
a abandonné, tandis que la marine de l'Etat, favorisée par tous 
les progrès des sciences et conduite par un personnel d'élite, 
semble s'y attacher avec une ténacité digne d'une meilleure 

cause. 

Des officiers de marine voulant un jour fiiire entendre 
à l'empereur Napoléon I" que certaines madragues établies 
sur certains points des côtes de la Provence pourraient gêner 
la navigation : « Si les madragues gênent sur un point, répon- 
dit l'Empereur, il faudra les transporter sur un autre, car 
on ne peut priver les populations du Midi des bienfaits 
qu'elles retirent de ces pêcheries. » Le conseil municipal de 
Toulon, dans sa séance du 7 février 18/i8, protestant contre 
la suppression des madragues dans le Var, disait que « les 
commissions nommées par l'autorité maritime, à l'eflet de 
savoir si les madragues pouvaient entraver les évolutions 
des flottes, ont reconnu que ces engins, placés sur les points 
du littoral et dans les distances prescrites par l'ordonnance 
de 1681 et l'arrêté du gouvernement du 9 germinal an IX, 
sont tout à fait iuoflensifs. » 

Le même conseil municipal prit, le li novembre 18/i8, une 
seconde délibération favorable au rétablissement des madra- 
gues dans le Var. 

Il la renouvela en 1852, lors du passage à Toulon du prince- 
}»résident. 

Le conseil municipal de Marseille, dans sa délibération 
motivée du 5 avril 1852, s'exprime dans des termes non 
moins formels : « Considérant que les pêcheries connues 
sous le nom de madragues existent depuis plusieurs siècles 
sur les côtes de la Provence, sans qu'il en soit jamais résulté 
ni préjudice ni obstacle pour la navigation », le conseil con- 
clut au rétablissement des cinq madragues qui avaient été 
supprimées récemment dans les Bouches-du-Rhône. 

La chambre de commerce de Marseille s'associe au vœu 



DEMANDE d'ÉTABLI.'^SEMENT DE PÊCHERIES, ETC. 97 

du conseil municipal, en constatant, elle aussi, que les ma- 
dragues n'offrent aucun danger pour la navigation. 

L'amiral Jurien, préfet maritime du cinquième arrondis- 
sement, reconnaissait et proclamait par son arrêté du 30. no- 
vcmbre 1839, (|uc les madragues ne sont pas nuisibles à la 
navigation. 

11 ne reste donc, des accusations tbrniulées, que de vagues 
assertions, sans un seul lait à l'appui. 

"1" Les madragues font-elles concurrence aux pêcheurs? 

Nous avons soigneusement établi la différence entre la 
\)ècheâeS' poissons sédentaires et celle des poissons voyarjeurs. 
C'est à cette dernière classe seulement que s'attaquent les 
madragues, filets placés à poste fixe sur un lieu déterminé, 
qui attendent le poisson et ne vont pas le chercher. (3r, les 
pécheurs de nos côtes ne peuvent prendre que le jioisson 
sédentaire, qu'ils capturent le plus souvent au moyen de 
filets traînants^ d'engins mobiles, avec lesquels ils labourent 
et raclent les fonds, au grand dommage des reproductions 
naturelles. Ce n'est que très accidentellement que les pécheurs 
ordinaires peuvent prendre un Thon ou quelques Palamides : 
leurs filets ne sont pas capables de résister à l'effort de ce? 
robustes poissons, qui n'ont pas de peine à les mettre en 
pièces; c'est même pour nos pêcheurs un vrai désastre que 
la présence d'un de ces puissants Scombres dans leurs filets. 

Nous alfirmons que les madragues sont utiles aux pêcheurs 
de nos côtes, et il ne nous sera pas difficile de le démontrer. 

Les migrations de Thons et de leurs analogues ont pour 
principaux motifs le frai qu'ils émettent dans des eaux et des 
fonds plus propices, et aussi la recherche d'une nourriture 
qu'il leur faut abondante. 

Ils suivent dans leurs déplacements les Maquereaux, les 
Sardines, les Séveraux, etc., et autres poissons voyageurs 
dont ils font leur proie; mais leur voracité est si bien établie, 
que leur présence effraye et disperse les poissons sédentaires: 
aussi nos pêcheurs se dispensent-ils de sortir lorsque les 
Thons battent la mer. 

r. \. — Mars 1803. ' 7 



y8 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZUULUCIQUE d'aCCLIMATATIUN. 

Dune, en aiTèlanl leurs l'uniiidables colonnes, les madra- 
gues assurent la sécurité des jioissons sédentaires; de plus, 
les têtes des colonnes ainsi brisées, les poissons poursuivis 
s'arrêtent plus longtemps dans nos parages, et les Maquereaux 
notamment peuvent alors être pris par les pêcheurs ordinaires 
en grande quantité en dehors de la zo}ie réservée. 

Car, s'il est interdit aux pêcheurs ordinaires de se livrer à 
leur industrie à nu inilte en amont de l'entrée de la madra- 
gue, ils peuvent pêcher en aval ; les mailles des lilets fixes 
l'orment un abri contre lequel viennent mourir les vagues de 
la plus grosse mer, et dans cet abri recherché du poisson 
sédentaire, les pêcheurs trouvent un aliment abondant pour 
leur industrie. 

Ce rôle protecteur des madragues, créant ainsi un brise- 
lames artificiel dans le rayon qu'elles embrassent, est bien 
connu des pêcheurs et des caboteurs; il a été étudié avec soin 
par un officier distingué de la marine impériale. 

Le seul dommage occasionné par les madragues aux pê- 
cheurs résulte de la concurrence qui alimente les marchés 
d'une masse de poisson frais et d'excellente qualité. Les six 
madragues actuelles de Marseille prennent annuellement de 
250 000 à 300 000 kilogrammes de poisson, qui, sans elles, 
seraient perdus pour la consommation ou iraient alimenter 
les marchés de nos voisins. 

Cette concurrence elle-même ne fait pas baisser sensible- 
ment le prix du poisson de luxe, qui est presque exclusivement 
le partage du pêcheur ordinaire, et que les moyens rapides 
de communication permettent de répartir sur tous les mar- 
chés français, sans qu'il y ait avilissement possil)le du prix, 
dont la limite est toujours largement rémunératrice. 

3" Ces madragues sont-elles nuisibles à l'inscription ma- 
ritime ? 

11 est facile de répondre à cette objection par ce lait que, 
depuis 18Zi5, époque de la suppression des madragues dans 
le Var, le chiffre des inscrits n'a pas augmenté, il aurait 
même sensiblement diminué. 



DEMANDE D'ÉTABLISSEMENT DE PÊCHERIES, ETC. 90 

La suppression de ces utiles pêcheries n'a donc pas en pour 
résullat d'augmenter la pêche côlière, mais elle a privé nos 
populations d'un apport considérable poui' ralimentation 
publique. 

Chaque madrague emploie quinze hommes, qui sont pour 
la plupart des marins inscrits ; quel que soit le sort de l'insti- 
tution de Colbert, qui affirmait (lettres patentes de 1701 et 1716) 
que les « madragues servaient à former un plus grand nombre 
de matelots pour le service du Roi », il est certain que les 
madragues fournissent du travail à la mer, et par consé- 
quent forment des marins, et qu'elles livrent à la consomma- 
lion une grande quantité d'un aliment sain et réparateur. 

Le rôle des madragues ne se borne pas à former des ma- 
rins, à procurer aux populations du poisson frais ; d'impor- 
tantes industries se créent dans leur voisinage, et donnent 
de nouveaux éléments de travail aux classes laborieuses et de 
nouveaux produits alimentaires et commerciaux. 

Le tissage du sparte dont sont faits les fdets, plante que 
le commerce tire de l'Algérie et de l'Espagne, occupe des 
bras nombreux de femmes, d'enfants, de vieillards. Dans la 
saison du passage des poissons, les madragues fournissent une 
partie de leur capture aux ateliers de salaison et de marinage, 
pour la préparation de ces délicates conserves si recherchées 
sur les tables des pauvres comme sur celles des riches. 

La suppression des madragues du Var a éteint bien des 
industries dans notre département, le cabotage de la sparterie, 
le tissage des filets, la fabrication du thon mariné avec les 
huiles du pat/s. Ce poisson figurait habituellement sur toutes 
les tables et dans tous les approvisionnements des navires; on 
ne l'y voit plus qu'accidentellement et à titre de luxe, etc. , etc. 

C'est le rélabhssemenl de ces florissantes industries (jue 
nous venons demander à votre justice, à votre sollicitude des 
intérêts des classes ouvrières si directement en jeu dans une' 
question d'ahmenlation et de travail. 

Depuis que nos côtes méditerranéennes se sont agrandies 
du comté de Nice, le développement des stations favoiables à 



100 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLLMATATION. 

rétablissement de madragues peniiellrait de livrer à la con- 
sommation de la France près d'un million de kilogrammes 
de poisson frais, sa7is compter le poisson salé ou mariné. 
En effet, en rétablissant dans le Var les six ou sept madragues 
qui existaient aux passes de la Baumelle, de Rouvaux, de 
Bruse, de Toulon, de Saint-Mandrier, de Giens, de Saint- 
Tropez ; en autorisant la création, dans les Alpes-Maritimes, 
d'un nombre de stations choisies dans des localités lavorables, 
l'administration revivifierait des industries éteintes, et aug- 
menterait le bien-être des populations maritimes, tout en 
permettant d'utiliser pour l'alimentation des masses consi- 
dérables de poissons qui passent annuellement le long de nos 
côtes, inutiles pour les nationaux et portant à nos voisins 
des éléments d'industrie pour lesquels nous devenons leurs 
tributaires. 

Nous nous présentons devant vous, monsieur le Ministre, 
avec l'assentiment des conseils municipaux de Toulon et de 
Marseille, des chambres de commerce de ces deux impor- 
tantes cités, avec les sympathies des po})ulations intéressées. 
Si notre requête est lavorablement accueillie par vous ; si, 
répondant aux besoins des classes ouvrières, auxquelles le 
poisson est actuellement inconnu, parce qu'il est hors de 
prix , Sa Majesté l'Empereur voit sa sollicitude cumprise 
et sa volonté secondée, une Compagnie financière est prête 
à créer à ses risques et périls les madragues du Yar et des 
Alpes-Maritimes, et à procurer des instruments de travail à 
cette intéressante population vivant de la mer, robuste pépi- 
nière de matelots, aux pêcheurs eux-mêmes, qui n'auront plus 
dès lors de motifs de jalousie étroite ou d'opposition égoïste 
aux intérêts généraux. 

De j)lus, lu Compagnie concessionnaire serait disposée à 
créer, sur des points favorables et ultérieurement désignés, des 
Oassi/is <rrfJe>:iji'/f/e et des n'scrcoirs pour /es poissons séclen- 
t a if es. 

Nous sommes -avec respect, etc. 



COMPTE RENDU SOMMAIRE 

DES 

TRAVAUX SUR L'INDUSTRIE DE LA SOiE 

El-l'ECTUES EN 1862 

par les membres et correspondants de la société impkrl\li: 
d'accllmatation, 

Par M. F. E. «UÉRI\->IÉÎ\EVILLK. 



(Séance du 12 décembre 1862), 

Comme les années précédentes, les communicalions sérici- 
coles des membres et correspondants de la Société sont nom- 
breuses(l)et d'un haut intérêt, en raisonmême de l'importance 
de celte grande industrie agricole et manufacturière, et de 
l'état de souffrance dans lequel elle se trouve depuis plus 
de dix ans. Ces travaux, lus ou présentés cala Société dans le 
courant de l'année, ont porté autant sur le Ver à soie du 
Mûrier, si gravement compromis par la déplorable épidémie 
de la gatline, que sur les espèces exotiques récemment intro- 
duites ou à introduire. 

Voilà plus de dix ans que le Ver à soie du Mûrier est sous 
l'influence de l'épidémie de la gatline, ce qui a produit une 
perturbation déplorable dans l'industrie de la soie, et des 
misères qui, pour être inconnues des heureux du siècle, n'eu 
sont pas moins vivement et péniblement senties dans nos cam- 
pagnes, et dans les villes où la soie est le principal objet de 
l'industrie. 

Les hommes de science et ceux qui se hvrent à la pratique 
ont fait leur devoir en cherchant à conjurer le fléau, et tous, 
avec une généreuse émulation, se sont voués aux travaux les 
plus pénibles pour chercher à connaître la cause du mal, et 
pour tâcher de trouver, dans celte connaissance, quelque 
moyen de le conjurer. 

(i) Je n'ai pu en mentionner ici que soix.ante-U-ois des principaux, rangés 
par ordre alplialnUique, sur plus d'un millier. 



102 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMÂTATION. 

Il fallait êlre animé d'un bien grand zèle pour se livrer à de 
tels travaux, et les savants, surtout, ont fait preuve d'un grand 
désintéressement, car, pour eux, il n'y avait rien autre chose 
à recueillir que l'honneur d'avoir cherché à se rendre utiles 
en venant en aide aux hommes pratiques, agriculteurs et in- 
dustriels, qui auraient profité seuls des succès obtenus. 

Ce n'est pas ici le lieu d'exposer les nombreux et beaux tra- 
vaux scientifiques qui ont été faits sur cette grave question. 
Je m'abstiendrai aussi de mettre sous les yeux de la Société 
les vives discussions qui se sont élevées à ce sujet parmi ces 
travailleurs ; mais je dirai que ces discussions mêmes, en mon- 
trant l'énergie qu'ils ont mise dansl'accompHssement de leurs 
travaux, témoignent de leur zèle et de leur dévouement pour 
une industrie agricole à laquelle ils ont apporté ainsi le tri- 
but de leurs études patientes et de leurs veilles. Cette lutte, 
du reste, est une garantie précieuse delà conscience, poussée 
jusqu'à la passion, avec laquelle ils ont fait leurs recherches: 
elle ne peut qu'honorer les vainqueurs et les vaincus. 

Malheureusement, jusqu'à présent, tous ces travaux n'ont 
amené aucun résultat pratique, et ils semblent seulement prou- 
ver que la cause ou les causes du mal sont hors de portée de 
la puissance humaine. Des savants, ayant aussi quelques par- 
tisans dans les hommes pratiques, déduisent de leurs recher- 
ches que l'épidémie de la gattine ne dépend pas de la maladie 
générale des végétaux. D'autres, ceux qui ont souvent quitté 
leur cabinet pour se faire hommes de pratique, non pas seule- 
ment en faisant quelques tournées, mais en séjournant plu- 
sieurs saisons de suite dans les magnaneries, déduisent des 
nombreux faits qu'ils ont observés ainsi, que cette épidémie a 
été amenée graduellement par une mauvaise alimentation des 
Versa soie, par l'usage de feuilles provenant d'arbres alteinis 
de l'épidémie végétale, si connue et si générale depuis plus 
de dix ans, et ils ont comme partisans de cette idée si ration- 
nelle presque tous les praticiens observateurs. 

J'ai fait connaître ailleurs (1) les motifs qui m'ont fait 

(1) Article Magnanerie de VAnnuaire encycloix'dique 1860, 1861 et 
18fi2. — Académie d^fi science?^, séance du 23 juin 1862, etc.. etc. 



TRAVAUX SUR l'iNDUSTRIE DE LA SOIE. 103 

annoncer cette fatale vérité dès l'origine de l'épidémie (1), et 
lespersonnes qui voudront consciencieusement étudierla ques- 
tion trouveront Là tous les documents nécessaires. Je men- 
tionnerai seulement aujourd'hui des faits récents qui vont 
être l'objet d'études sérieuses, et qui, s'ils se confirmaient, 
viendraient prouver surabondamment ce que je soutiens de- 
puis bientôt dix ans, en rendant en même temps un grand 
service à l'industrie de la soie. 

Il est reconnu aujourd'hui que des races provenant de loca- 
lités non atteintes, et qui donnent une bonne récolte la pre- 
mière année, ne peuvent se reproduire dans les contrées où 
règne l'épidémie. 

En effet, toutes les fois qu'on a voulu faire grainer des Vers 
à soie dans ces conditions, en Italie ou en France, les descen- 
dants de races saines ont été plus ou moins fortement atteints 
dès la première génération, et n'ont pu aller plus loin. 

Aussi est-on obligé, actuellement, de faire venir, chaque 
année, des graines du dehors, quand on peut en trouver de 
saines, ce qui est tous les jours plus difficile. 

Des faits assez nombreux montrent que certaines localités 
de France et d'Europe, placées sous des latitudes plus au nord, 
ou à des altitudes qui les mettent dans des conditions cHma- 
tiques analogues, possèdent encore des races demeurées jus- 
qu'à présent exemples de la gattine. 

Un fait très curieux, une expérience comparative faite à 
Troyes et à ma sollicitation, par M. le capitaine Jacquier, et 
à Saint-Hippolyte (Gard), par M, Soulier, semblerait établir 
que des graines provenant de parents gattinés peuvent donner 
de bonnes récoltes dans des pays exempts de l'épidémie. 

En effet, les Vers d'un même lot de graine partagé en 
deux portions égales sous les yeux du maire de Saint-Hippo- 
lyte, qui en a dressé procès-verbal, élevés en même temps à 
Saint-Hippolyte et à Troyes, ont donné une récolte entière 
dans ce dernier pays, et n'ont pas produit un seul cocon à 
Saint-Hippolyte, où ils ont été fortement atteints de la gattine. 

(l) Académip Jps sciences, séances îles 2i octobre et 7 novembre 1853, 



JO/l SOCn^TÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

Une si brusque guérison d'une race gattinée^e peut encore 
être considérée que comme un fait exceptionnel qui a besoin 
de confirmation; mais ce fait, rapproché d'autres observations 
analogues, devient un indice qui appelle des études sérieuses 
et de nouvelles expériences comparatives, faites dans les 
mêmes conditions. ■ 

M. le capitaine Jacquier élève chaque année, à Troyes et 
avec un plein succès, sans apercevoir la moindre trace de 
gatline, une race milanaise qui lui a été donnée, il y a plus 
de quinze ans, par M. de Boulenois, alors qu'il était secrétaire 
de la Société séricicole. Depuis trois ou quatre ans, toute la 
graine qu'il fait dans son éducation est livrée à M. Soulier 
(de Saint- Hippolyte), qui en obtient des éducations magni- 
fiques. Seulement, toutes les fois que M. Soulier a voulu faire 
de la graine avec les beaux cocons qu'il obtient ainsi, la 
gattine a envahi cette race dès la première génération. 

Il semble résulter de ce qui précède que l'on pourrait peut- 
être éviter, dans un avenir plus ou moins procliain, d'aller 
chercher fort loin des graines quelquefois exemptes de gattine, 
mais presque toujours appartenant à des races très inférieures, 
si, après avoir vérifié convenablement la réalité des faits 
énoncés plus haut, on provoquait le développement d'éduca- 
tions pour graine dans ces contrées privilégiées. 

A la suite de ces expériences préparatoires, et d'une sorte 
d'enquête dans plusieurs départements, en procédant du 
midi au nord, j'ai été engagé à adjoindre à l'école à'Ailanti- 
culture que j'ai fondée, grâce à la protection de l'Empereur, 
du maréchal Vaillant et du sénateur préfet de la Seine, dans 
une annexe de la ferme impériale de Vincennes, un labora- 
toire central de sériciculture comparée des Sociétés ayricoles 
de France, dans lequel ces expériences, faites simultanément 
parles Sociétés des départements, seront répétées, comparées 
entre elles, et centralisées. 

11 est probable que, dans un avenir plus ou moins rappro- 
ché , ces études pratiques, faites par tous au profit de tous, 
nous conduiront à diminuer graduellement l'importation si 
chanceuse et si coûteuse des graines étrangères, et nous arri- 



TRAVAUX SUR l'INDUSTRIE DE LA SOIE. 105 

verons peut-être à faire de bonne graine sur quelques points 
de la France et de la Suisse, et ensuite partout, comme cela 
avait lieu avant l'invasion de la gattine. Nous devons donc, en 
attendant, chercher et étudier pour saisir ce moment, et nous 
aflranchir, le plus tôt possible, de cette nécessité d'aller 
acheter au loin des graines de Vers à soie qui nous routent 
annuellement plus de 10 millions de francs. 

Nous devons aussi encourager, autant que possible, les 
commerçants honorables qui vont faire de la graine dans des 
contrées non encore atteintes par le fléau, car c'est à leurs 
efforts que l'on a dû, depuis l'invasion de l'épidémie, le peu 
de cocons produits dans nos contrées séricicoles. C'est à ce 
titre que, sur la demande de notre confrère M. Eugène Ro- 
bert, directeur de la magnanerie expérimentale de Sainte- 
Tulle, j'ai pris la hberté de recommander M. Mazade, quise 
rend en Chine et au Japon, à S. Exe. le Ministre des affaires 
étrangères, notre illustre président, qui a bien voulu donner 
à ce courageux négociant des lettres de recommandation pour 
nos agents diplomatiques dans ces pays. 

II n'est pas probable que les études qui vont être faites 
partout amènent la découverte d'im renmle susceptible de 
gagner le prix de /iOOOO francs fondé avec tant de générosité 
par le département de l'Isère; mais cette fondation n'en ho- 
nore pas moins à tout jamais une administration qui a si 
bien compris la grande importance des recherches qu'elle 
provoque ainsi, et peut-être jugera-t-elle convenable d'appli- 
quer quelques parties de ce fonds à encourager les recher- 
ches dont je parle plus haut. 

La mesure prise ainsi par les représentants du départe- 
ment de l'Isère sera un enseignement dont ne profiteront pas 
ceux qui affectent de n'estimer que ce qu'ils appellent la 
grande culture, ne prenant au sérieux que les questions qui 
portent sur les grands animaux, le Bœuf, le Mouton, le Pure. 
Ainsi que l'a dit avec tant de raison un des feuilletonistes 
scientifiques les plus apjtréciés du public et de l'Institut, 
M. Louis Figuier : « Ces éludes ont assurément une grande 
)) utilité; mais il ne faut pas rnéprisiT les Insocles, les Mou- 



106 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'aCCLIMATATION. 

)) cheSjles Hannetons; car, si petits qu'ils soient, ce sont là les 
» plus redoutables ennemis du Blé, de la Vigne, des Oliviers 
» de nos champs, des arbres de nos forêts, et d'une foule 
» d'autres produits agricoles qui nous sont aussi indispensa- 
» blés que la chair des animaux de boucherie. » 

Quant aux Vers à soie exotiques, on peut dire qu'ils sont 
ou seront tous, comme les autres animaux, introduits et ac- 
climatés par la Société. En effet, c'est aux travaux de ses 
membres que ces résultats sont généralement dus; c'est à elle 
qu'aboutissent toutes les tentatives d'acclimatation : il est 
donc naturel qu'elle en recueille toute la gloire. 

Comme on le verra, l'acclimatation des Vers à soie de l'Ai- 
lante se développe dans tous les pays, grâce aux efforts des 
membres de la Société. La France, la Piussie, l'Autriche, 
l'Italie, la Hollande, et môme l'Angleterre, s'en occupent avec 
la plus grande activité, et des plantations d'Allantes sont 
faites dans toutes les terres sans valeur, et sur les talus des 
chemins de fer. Effectuées dans ces conditions, ces plantations 
auront toujours leur utilité, même dans les contrées oîi des 
circonstances qu'on ne peut prévoir, empêcheraient le Ver 
à soie de réussir. 

Si le Ver à soie de l'Allante fait son chemin en Europe, il 
ne marche pas moins vhe à l'étranger, et les Indes orientales, 
l'Afrique, l'Amérique et l'Australie ne sont pas restées en 
arrière pour faire des plantations et des essais qui promet- 
tent beaucoup, ainsi qu'on l'a vu dans diverses publications 
qu'il serait trop long de citer ici . 

Le Ver à soie du Ricin commence aussi à prendre une 
place avantageuse dans ces tentatives d'acclimatation. II a 
déjà rendu un grand service en me permettant d'obtenir cette 
race de métis que j'ai pu envoyer dans l'Amérique méridio- 
nale où on la nourrit sur le Ricin. On a vu, dans les jour- 
naux (l), les magnifiques résultats obtenus de ces métis dans 
la Plata. On peut en attendre autant dans tous les pays où le 
Ricin croît spontanément. 

(1) Moniteur du 2 décembre 1862. — Le Commerce sériricole du 10 dé- 
cemljve. — Le Moniteur de. Varfricullure du \h déconi!)iv, elc. etc. 



TRAVAUX SUR l'INDUSTRIE DE LA SOIE. 107 

Aujourd'hui, après plusieurs tentatives infructueuses d'in- 
troduction des Vers à soie qui se nourrissent des feuilles du 
Chêne, j'ai l'espérance de voir réussir celle qui vient d'être 
faite, grâce à la généreuse initiative du gouvernement néerlan- 
dais, à qui j'ai eu la satisfaction de donner le Ver à soie de 
l'Ailante pour ses colonies indiennes. En effet, M. Pompe van 
Meert derVVoort, officier de santé de la marine néerlandaise, 
récemment arrivé du Japon, a remis au chargé d'affaires de 
France, à la Haye, des œufs du fameux Ver à soie Ya-ma-mm. 

Ces œufs ont été adressés à LL. EE\c. les Ministres des 
affaires étrangères et de l'agriculture, qui ont bien voulu les 
envoyer à notre Société pour être distribués à ceux de ses 
membres les plus aptes cà faire réussir cette nouvelle tentative 
d'acclimatation. J'ai été chargé par le Conseil de la distribu- 
tion de cette précieuse graine, et je vais apporter à cette grave 
affaire toute la sollicitude dont je suis capable, en envoyant 
d'abord de ces œufs à notre savant confrère M. Dnméril, à 
qui l'on doit des travaux très remarquables sur cette es- 
pèce (1) ; à M. Rufzde Lavison, qui dirige si fructueusement 
pour l'industrie de la soie la magnanerie du Jardin dn bois de 
Boulogne, et cà beaucoup d'autres confrères qui ont fait leurs 
preuves en fait de soins à donnera ces très difficiles acclima- 
tations. 

On sait, par un travail que j'ai publié en 1861, sur cette 
nouvelle espèce (2), et par des notes envoyées du Japon par 
M.Simon (^;///.5or.^'ffcr/m?.,juilletl862, p. 57/i), notes qu'il 
tenait de M. Pompe van Meert der Woort, que ce Ver à soie se 
nourrit au Japon des feuilles de plusieurs espèces de Chênes. 
La première difficulté était d'obtenir des œufs de cette espèce 
au Japon, où leur exportation est, dit-on, prohibée sous peine 
de mort. Il fallait ensuite les faire arriver vivants en Europe. 
Ces deux graves difficultés ont été surmontées par M. Pompe. 
Grâce à lui, nouspouvonsespérer d'acquérir cette remarquable 
espèce dont V Encyclopédie japonaise parle en ces termes : 

« Il existe, au sud du Japon, une île nommée Fatsi-syô, 

{\)Cotnptes rendus de l'Académie des sciences, 10 juin 1861. 
(2) Bévue et Magasin de zoologie, 1861, p. 187, 2'Jl et 228. 



lOS SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOfilOUE d'aCCLIMÂTATION. 

» ([ui sert de lieu d'exil. Il y a, dans cette île, des cocons sau- 
» vages qu'on nomme Ya-ma ?nauou , on cocous de montagne, 
» dont on fait une sorte d'étoffe extrêmement forte, qui ne 
» change jamais de couleur, mais que l'on ne peut pas teindre. 
» C'est la soierie connue sous le nom de fatsi-siô-kinou, qui 
S) fîiit partie des revenus du gouvernement et n'entre pas dans 
» le commerce. Elle est considérée comme une étoffe très 
» rare, dont on fait des contrefaçons à Miyaho. Aux îles de 
» Lieou-Kieoii, on fabrique également des soieries rayées fort 
» belles, qui approchent beaucoup du fatsi-sio-hinoii, et sont 
» de même peu connues. » 

Comme les œufs du Bombyx Ya-ma-maï sont arrivés dans 
un état très avancé d'incubation, il est à craindre que les 
chenilles ne sortent des œufs avant le moment où les Chênes 
montreront leurs premières feuilles. Alin d'essayer de conjurer 
ce danger, je me suis hâté d'écrire dans le midi de la France 
et en Algérie, pour que l'on lente de forcer le développement 
de quelques jeunes Chênes, et je me dispose à me rendre dans 
ces pays, à la première apparition des chenilles, afin de ne 
rien négliger pour essayer de les sauver. 

Espérons que la Société d'acclimatation parviendra ainsi à 
introduire ce Ver à soie du Chêne, dont les cocons sont fer- 
més et susceptibles d'être dévidés, car il y a là en perspective 
une conquête agricole aussi importante que s'il s'agissait de 
l'acclimatalion d'un animal plus grand que le Mouton, le Porc 
ou le Bœuf (1). 

(1) Depuis la lecture de cette notice, dans la séance du T6 janvier 1863, 
j'aî reçu de M. le chevalier de Bleeker (de Leyde), des œufs vivants de cette 
espèce, avec une lettre d'envoi, datée du 29 janvier et commençant ainsi : 

« Je suis assez heureux de pouvoir vous envoyer une petite hoîte d'œufs 
u de Ver à soie du Clic*ne, que je dois à M. Pompe van Aloert der Woori, qui 
« m'a permis d'en disposer pour vous. « 

An moyen de cet envoi, qui m'est loui à l'ail personnel, je pourrai donner 
quelques-uns de ces œufs à des personnes étrangères à la Société d'acclima- 
tation, qui va faire une distribution de ceuxqu'elledoità LL. KE\c. les Minis- 
tres des all'aires étrangères et de raj^ricullure, el ausmcnter ainsi les chances 
d'acclimatation de celle espèce. 



TRAVAUX SUR L INDUSTRIU DE LA SOIE. J 00 

Voici riiulication de la plus grande partie des liavaiix que je sij;iialais 
dans ma lecture du 12 décembre 1862. L,e défaut d'espace n'a pas permis 
d'insérer ici, en conservant la classification que j'avais adoptée, toutes les 
notes qui étaient jointes à ces mentions. 

;\ladame veuve Boucarut a adressé à la Société un très intéressant mé- 
moire sur ses éducations du Ver du Mûrier provenant du Japon. 

M. Chavan.nes, notre savant délégué à Lausanne, a continué ses recher- 
ches sur l'épidémie de la gattine et sur les moyens d'en préserver les édu- 
cations, et il a fait de nouvelles éducations en plein air pour essayer de 
régénérer la race, ce qui lui a donné d'excellents résultais. 

C'est à la suite de ces études savantes et consciencieuses qu'il a publié 
son beau travail intitulé : Les principales maladies des Vers à soie et leur 
guérison, ouvrage qui a été couronné par l'Institut lombard des sciences et 
des arts, le 7 août 1861. 

Si je pense que le succès obtenu par M. Chavannes est dû, en grande 
partie, au milieu dans lequel il a opéré, à la situation de la plupart des loca- 
lités de la Suisse dans lesquelles la maladie des arbres est nulle ou très peu 
intense, je n'en partage pas moins son opinion au sujet des avantages qu'il 
y aurait, pour restaurer les races de ^ ers à soie, à faire des éducations pour 
graines en plein air. 

M. Delisse, que la mort \ient d'enlever .si prématurément aux sciences 
qu'il cultivait avec tant de succès et à la Société d'acclimatation, avait en- 
trepris des essais avec différents échantillons de graines qui lui avaient été 
envoyés par la Société. Ces expériences ont été continuées par sa veuve, 
qui, malgré sa trop légitime douleur, a voulu pieusement terminer l'œuvre 
commencée. 

La Société doit à madame Camille Delisse un excellent rapport sur des 
expériences terminées dans de si douloureuses circonstances. Madame Delisse, 
après avoir rendu compte des résultats de ces travaux, annonce qu'elle va 
nous envoyer des œufs obtenus par elle, et qu'elle en gardera une portion 
pour continuer les expériences en 18G3. 

M. Dei'Rance continue avec une louable persévérance les expériences et 
les éducations hâtives de la Société d'horticulture et d'acclimatation de Tarn- 
et-r,aronne, qui a institué, à cet effet, un comité de sériciculture compose de 
.MM. A. Defrance, L. Bergis et Am. Ligounhe, et un jardin d'acclimatation 
où j'ai admiré, entre autres, l'atelier des essais précoces de graines de Vers 
à soie, qui est établi de la manière la plus rationnelle et la mieux appropriée 
à son objet. 

J'ai mentionné plus haut, page lO/i, les remarquables résultats obtenus à 
Troyes par M. le capitaine Jacquier. 

Madame la comtesse de Labédoyère a continué les éducations expéri- 
mentales qu'elle veut bien fcure, depius plusieurs années, et son rapport a 
permis d'apprécier l'importance des résultats qu'elle en a obtenus. 



110 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOULOGIOUE d'aCCELMATATIUN. 

M. Leroy (d'x\ngers) a fait uni' ('ducalion de \ ers à soie ordinaires exclu- 
sivement avec les feuilles du Macktra mirantiacu, el ces Vers n'ont montré 
aucune maladie. 11 pense que les feuilles du Maclura sont elles-mêmes 
exemptes de maladie, et il com])le, Tannée prochaine, élever les descendants 
de celte première éducation au Maclura el au Mûrier, pour voir si les pre- 
miers seront sains et les seconds malades, ce qui montrerait que rallection 
leur vient de la nourriture. 

M. E. NouRRiGAT (de Lunel) continue ses utiles recherches sur la mala- 
die des Vers à soie el des Mûriers, et il cherche à acclimater des races exo- 
tiques introduites, soit par la Société d'acclimatation, soit par le commerce, 
avec une persévérance digne des plus grands éloges. 

M. Personnat, secrétaire delà Société d'agriculture el des sciences natu- 
relles de l'Ardèche, a fait de nombreuses expériences sur les Vers à soie 
du Mûrier; il s'est occupé aussi d'expériences pratiques sur le Ver à soie de 
TAilante, et il rend tous les jours de grands services à cette question, qui est 
devenue, grâce à l'exemple qu'il donne et à la propagande qu'il fait, presque 
popidaire dans le département de l'Ardèche. 

M. DE l'LAGNOL, propriétaire à Chomérac (Ardèche), a envoyé à la Société 
un savant mémoire ayant pour titre ; Des corpuscules vibrants de la maladie 
des Vers à soie, et des moyens delà prévenir. 

M. Jean Gross, de Gruminguen (Suisse), rend des services réels à l'accli- 
matatiou eu se livrant avec un zèle digne des plus grands éloges au dévelop- 
pement de l'industrie de la soie du Mûrier et de l'Ailanle dans le Zurich. 
Avec l'aide de plusieurs savants el agriculteurs, il est parvenu à fonder une 
Société séricicole pour le canton. 

M. MicHELY (de Cayenne) n'a cessé de travailler à l'introduction de la 
riche industrie de la soie à Cayenne, et il est èi regretter que ses efforts aient 
été paralysés par des circonstances indépendantes de sa volonté et de son 
amuu» du progrès agricole de la colonie. 

Quoi qu'il en soit, ses travaux ont été juslement appréciés par le jury 
de l'Exposition universelle de 186'2, puisqu'ils lui ont valu deux des rares 
médailles qui oui été attribuées à l'agriculture française. 

M. TuBi (de Milan) a reçu de notre Société des œufs de Vers du Mûrier 
du Japon, qui lui ont donné une magnilique récolle la première année. 

M. Tubi, en son nom et au nom des éleveurs à qui il avait distribué cette 
race, m'a chargé de faire agréer ses remercîments à la Société d'acclimatation. 

Madame la comtesse de Beau MUiNT a découvert, à la suite d'essais variés, 
qu'on pouvait élever le Bombyx Cynthia avec les feuilles de la IMmpreaelle. 
Voici ce qu'elle écrivait à ce sujet : 

« J'aiprisdes chenilles ab ovo, sans qu'elles aient goutté autre chose. Elles 
se sont mises à manger la l'inqnenelle. J'ai pris des chenilles de tout âge sur 
le Vernis, elles ne se sont pas aperçues du changement de nourriture. L'édu- 
cation a été aussi prompte, je ne dirai pas plus, quoique les premières chry- 
salides me viennent des élèves de la fJimprenelle. » 



TRAVAUX SUR L'INDUSTRIE DE LA SOIE. 111 

M. Blal\ (d'Angers), à qui la question du Ver à soie dei'Aikintedoil laiil, 
n'a cessé de s'en occiqior celte annt'c, cl ses succès ne se son! pas dé- 
mentis. Il vienl d'en obtenir un éclatant au grand concours régional agricole 
d'Angers, comprenant sept déparlemcnts, car le jury des produits agricoles 
lui a décerné une nouvelle médaille pour les progrès qu'il fait faire à la cul- 
turc de l'Ailanle el de son Ver à soie. 

Aladame la baronne de Castili.on, qui avait si bien réussi ses éducations 
de Vers de l'Ailanle en plein air en 1861, a continué ses succès cette année 
encore. Outre ceux qu'elle a gardés pour la reproduction, elle a envoyé à 
Paris 108Ù cocons niagnili(|ues qui ont donné une grande quantité d'œufs. 

M. CiiOFi'iN, propriétaire du inagni(i(jue domaine du Tremblay, près de Join- 
ville-le-Ponl, a fait, comme M. lîogcr-Desgeneltes, une pépinière d'Allantes, 
et des essais d'élevage du ^ er à soie sur les arbres de son beau parc et sur 
les jeunes sujets de son semis, et il a réussi à obtenir de bons cocons, malgré 
les intempéries constantes du printemps et de l'été. 

M. DoiNZEL-LECOiNTEa obtcnu, à Mmes, les mêmes résultats que madame 
la baronne de Caslillon, près d'Aix. Il a aussi envoyé à Taris l'excédant de 
sa récolte, composé de ZiOOO à 5CO0 cocons dont on a fait aussi de la graine, 
(pii a été dislribuée, quoique un peu tardivement. 

M. Frérot, déjà bien connu de la Société pour ses essais, couronnés de 
succès, d'éducation du Bombyx Cynfhia sur le Cytise des Alpes, a continué 
avec les mêmes avantages ces intéressantes expériences. 

ÎVl. GivELET, au cbàleau de Flamboin, en est aussi aux semis et planta- 
tions et aux essais d'élevage des Vers. On ne peut rien voir de plus beau que 
les Allantes qu'il a obtenus de ses semis de deux ans, et ceux qu'il a mis en 
place au printemps dernier sont d'une vigueur remarquable. 

M. deLamote-Baracé a augmenté ses plantations d'Allantes et continué 
ses éducations du nouveau Ver à soie, devenues aujourd'luii presque indiis- 
iriclles par le développemeui qu'elles commencent à prendre. 

A la suite de l'examen qui a été encore fait, cette année, par une commis- 
sion de la Société d'agriculture d'Indre-el-Loire, des éducations de ce 
dévoué et savant expérimentateur, la Société lui a décerné une nouvelle mé- 
daille de vermeil, « la plus grande qu'elle ait donnée», ainsi que me l'écrit 
M. Iiouiilé Courbe, président de la connnission des soies. 

iM. DE Baillet a continué d'obtenir les succès que j'avais signalés dans 
mon Rapport au ministre (1861, p. Zi6). 

M. Debaize, deSaint-Marc d'Onilly (Calvados), qui a publié, l'année der- 
nière, un travail fort intéressant sur ses premières expériences de 1861, m'a 
donné des détails non moins curieux sur ses éducations de cette année. 

M. Lecler, docteur en médecine à Rouillac, a rendu compte de l'essai 
(pi'il a fait en élevant des métis de l'Ailanle et du Ricin qui lui avaient été 
envoyés le 29 mai 1861. 

M. A. Ligouxhe, secrétaire arcliiviste delà Société d'borticulUire et 
d'acclimatation de Tarn-et-Garonne, indépendannnent des utiles travaux 



]12 SOCIÉTÉ IMl'ÉlUALi: ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

qu'il poursuit sur les Vers ù soie du Millier, a f.iil de nombreuses et lemai- 

quables expériences sur Péducalion du Bombyx de l'Ailantc dès 1800. 

M. Malme>kt (de Ninies) a fait connaître à la Société, dans plusieurs 
lettres, les résultats favorables de ses essais d'élevage du Ver de l'Allante. 

M. DE MiLLY, qui avait si bien débuté l'année dernière, a donné, cette 
année, un exemple qui aura une grande intluence dans le pays qu'il liabite. 
Kn effet, ses plantations d'Allantes sur plus de six hectares de sables impro- 
ductifs, sa fameuse éducation sur le bord d'une grande route près de Monl- 
de-AIarsan, dont le Moniteur a rendu compte , ont attiré de tous côtes l'at- 
tention sur ses travaux. 

M. r.ENOUX, du Val, près de BrignoUes (Var), a rendu aussi un compte 
intéressant d'une éducation de Vers à soie du lUcin, qui lui a donné d'excel- 
lents résultats. 

iM. Rogek-Uesgenettes, si bien connu de la Société par ses succès en 
pisciculture, a fait un semis d'Ailanles qui lui a doimé, dans l'année même, 
assez de sujets pour faire une plantation sérieuse dans la plaine de la Va- 
renne-Saint-Maur. Pour s'initiera la pratique de l'élevage du nouveau Ver à 
soie, il a fait quelques essais en plein air dans son jardin de Saint-Maur, et il 
a parfaitement réussi, obtenant, dans ces conditions défavorables, sur une très 
petite échelle et au milieu d'habitations fréquentées par un grand nombre 
d'oiseaux, des Vers et des cocons magnifiques. 

M. le docteur Sicard (de Marseille), a qui l'on doit de si remarquables 
travaux sur le Sorgho à sucre, a bien voulu se livrera des expériences pra- 
tiques sur l'élevage du Ver à soie de l'Ailante. 11 nous a adressé, le 8 ma 
dernier, un excellent rapport sui- ces expériences. 

« Il résulte de nos éludes, dit M. Sicard, que le \er à soie de l'Ailante 
peut se propager dans le midi de la France, qu'il donnera de bons produits 
à bon marché ; mais nous pensons qu'il est indispensable d'obtenir la pre- 
mière éclosion avant l'époque fixée pour le nord de la l''rancc. » 

M. le maréchanAiLLA.XT continue d'accorder sa haute protection à nos 
efforts pour développer la culture de l'Ailante et de son Ver à soie, et il ne 
cesse de contribuer à cette œuvre d'utilité publique en consacrant les rares 
moments de loisir que lui laissent ses hautes fonctions à des expériences sur 
le Ver à soie de l'Ailante. 

Messieurs les ingénieurs et administrateurs de plusieurs de nos grandes 
lignes ferrées ont voulu aussi concourir au développement de la culture de 
l'Ailante, et l'on voit aujourd'hui, sur les réseaux de l'Est, de Paris à la 
Méditerrannée et du ÎNIidi , des essais de semis et plantations faits sur les 
talus, qui donnent d'excellents exemples aux populations voisines. 

Les semis faits sous la haule direction de M. l'ingénieur de la ligne de Vin- 
cennes, dans le parc de Saint-Maur, ont aussi donné un excellent résultat, et 
ce savant se dispose à en faire une plantation dans ce beau parc, qui va être 
habité par l'élite de la population de Paris, pour contribuer à la popularisa- 
tion de la nouvelle culture. 11 est certain que cette plantation sera vue avec 



TRAVAUX SUR l'iNDUSïRIE DE LA SOIE. 113 

inti'icl par les nombreux visiteurs qui viennent étudier la question de l'ai- 
lanliculture à la ferme impériale de Vincennes. 

\1. AuJiicivo:v aîné a l'ail une connnuiiication très intéressante sur la 
culture de TAilante, au comice agricole do Chàlons-sur-Marne, dans sa 
séance du 15 février 1862. il a mis ensuite gratuitement des graines de cet 
arbre à la disposition des personnes qui veulent se livrer à cette culture. 

M. Diri is, qui rend tant de services à la Société par ses travaux botani- 
ques et borticoles, a publié dans ses Bulletins une Notice sur l'Ailante 
glanduleux et sa culture. Cet utile travail vient résumer presque tout ce que 
l'on sait jusqu'à ce jour sur cet arbre, sur sa culture dans tous les pays, et 
sur son avenir au point de vue de la sylviculture. Il sera, sous tous les 
rapports, un excellent guide pour les agriculteurs et les forestiers. 

M. CiiAMBRELENT, le savant ingénieur des mines à qui l'on doit le système 
d'assainissement des Landes de Bordeaux qui a donné de si beaux résultats 
depuis dix ans, a fait une plantation d'Ailanles en procédant par voie de 
semis en place. Je n'ai jamais rien vu de plus beau que ces jeunes arbres 
végétant avec une vigueur merveilleuse dans ces sables arides. Semés en place 
en 1861, ils sont presque tous arrivés ù la hauteur des Chênes de trois ans 
et des Pins de huit à dix ans, atteignant souvent plus de 3 mètres de haut. 

M. Chardoa, fabricant de foulards à >îmes, secrétaire de la Société d'hor- 
ticulture, etc., a fait des études pratiques sur les soies sauvages du Chêne, 
du Ricin et de l'Ailante, afin de chercher des moyens de blanchiment qui 
n'aient pas l'inconvénient grave de nuire à leur force. I! m'a donné des 
échantillons susceptibles de prouver qu'il est sur la voie de la réussite. Il 
pense que la bourre de soie de l'Ailante et du Ricin, telle que nous l'obtenons 
aujourd'hui, aura un emploi immense dans la fabrique de iMmcs seulement. 

M. GuiLHEN, do la même ville, a démontré par des faits que ces soies 
prennent très bien la teinture, et qu'on peut les utiliser dans une foule de 
tissus très beaux. Il a fait beaucoup d'expériences sur la soie de l'Ailante, 
dont les cocons lui ont été fournis par MM. Maumenet et Margarot-l'auc, 
nos confrères à ]\lmes, et un ouvrier ourdisscur, en préparant un fil de chaîne 
avec cette soie, a été frappé de sa légèreté relative et de sa résistance. 

Madame la comtesse ue Corneilla^ et ;\I. le docteur Forgemol ont 
continue de mériter la haute récompense que la Société leur a décernée 
l'année dernière, en poursuivant leurs recherches pour le perfectionnement 
de leur utile découverte du dévidage des cocons naturellement ouverts ou 
percés par la sortie des Papillons. 

M. Gelot ^du Paraguay) a commencé aussi à introduire Failanticulture 
dans ce beau pays. Il a séjourné près d'un mois à Montevideo pour bien 
étudier les travaux de iM. Meyer. Il s'est assuré de l'exactitude de tout ce qui 
a été dit et publié; dans les journaux de ces localités sur celle grave question, 
et il s'est chargé d'.q)porler en France un certain nombre de kilogrannnes 
de cocons obtenus par .AI. Meyer, pour les faire convertir en filés. 

M. Meyer (de Montevideo) a introduit l'ailanticulture dans la Plata, et ne 
cesse d'y développer celte nouvelle industrie, avec l'aide du gouverneinenl 
T. X.— Mars 18G3. 8 



114 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

et des principaux habitants du pays. Tout le monde a lu, dans le Moniteur 
du 2 décembre ISd'i, IVxlrait d'un mémoire de M. Gelol sur les résultats 
merveilleux déjà obtenus par i\l. Meyer. 

Aladame la comtesse \e\vii,l, dont j'ai annoncé les preniièrcs tentatives 
dans mon rapport au ministre (1861, page 63), acontinué ses travaux avec le 
même zèle et le même succès, ^'oula^t donner plus d'activité à la propagation 
en Angleterre de l'ailanticultnre, elle a publié un petit traité qui est une tra- 
duction abrégée de mon manuel. 

En apportant un concours si eflicace à la nouvelle industrie agricole que 
je m'efforce de développer partout, lady Newiil a imité madame la comtesse 
Drouynde Llniys, quia donné, la première, le même exemple en France. 

M. Ilaymondo ToMiNZ. Personne n'a déployé plus de zèle, d'activité et de 
dévouement que î\l. Ilaymondo Tominz, à Triesle, pour cette acclimatation 
du Ver à soie de l'Allante en Autriche. ' • 

M. 'l'ominz a étendu sa propagande on Grèce, où S. ;\1. la reine avait 
daigné s'intéresser à cette culture, en Italie, en Hongrie et en Allemagne. 

Madame Troyer (de Fiume), dont j'ai parlé dans mon rapport au minis- 
tre (1861, page 58), a lait des expériences intéressantes et une propagande ■ 
active dans ces pays. 

M. Oscar Zlik, professeur aucoUégc impérial ctroyaldeTeschen,enSilésie 
autrichienne, m'a adressé, le 20 décembre 1862, un très intéressant rapport, 
d'où il résulte qu'ayant placé, le 13 juin, 100 chenilles, trois jours après leur 
naissance, sur des Ailanles , il a obtenu, le oO juillet, 85 cocons malgré ua 
temps pluvieux et défavorable. Une autre éducation commencée le 3 juillet 
avec 360 chenilles écloscs le 20 août, lui adonné 280 beaux cocons. 

Î\I. Gazes (de Barcelone) mérite les éloges des anus de l'acclimatation , 
pour le zèle qu'il a mis à faire connaître les avantages de l'ailanticulture en 
Espagne. 
. A ce sujet, le Moniteur An i2 novembre 1862 contenait la note suivante: 

« Je viens déterminer une éducation de Vers à soie ûu Bombyx Cynthia. 
Au conuuenccment de juillet, je plaçai environ 2000 chenilles sur des 
Allantes situés au bord d'une des promenades les plus fréquentées de Bar- 
celone, par conséquent les visiteurs n'ont pas manqué et les incrédules ont 
vu les chenilles vivre et travailler en plein air. Us ont admiré et touché les 
innombrables cocons que l'on voit encore suspendus aux branches des Al- 
lantes, n 

MM. DE r.oo VAN Westmaas et N. II. DE Graai', de Velp (Gueldre), ont 
publié en hollandais, dans le journal de la Société entomologique de Hol- 
lande, un rcniar(|uable mémoire de /i7 pages in-8, ayant pour litre: Rapport 
sur l'éilucntiu)i du Saturnia Cynthia en Uollandc. 

Ils sont parvenus à alimenter ces chenilles avec les feuilles du Cerasus 
pensylvanica. Elles se sont parfaitement développées et en même temps que 
celles (pi'ils avaient nourries avec l'AilanlCj et les cocons ont été de la même 
grosseur. 



TRAVAUX SUR l'iNDUSTRIE DE LA SOIE. 115 

Celte ann(îe le gouvernement hollandais a ordonné des cultures sérieuses 
de Ricin et d'Allantes à Java, et Ton a fait trois ou qualre plantations de 
près de six hectares chacune. Ces essais pratiques, faits d"al)ord aux irais du 
gouvernement, seront ensuite abandonnés à Tinduslrle privée. 

M. Carcano (de Milan) écrivait qu'ayant obtenu beaucoup de cocons en 
1861 avec la graine qui lui avait été envoyée, il aurait assez de graine pour 
ses éducations de cette année. 

M. le comte Cocastelli, de Goito (Italie), n'a pas moins fait pour l'ailan- 
licullure, ainsi que le constatent ses intéressants rapports sur ce sujet. 

M. CoRNALiA (de Milan) continue l'utile propagande que l'ailanticulture 
lui doit en Italie. Son exemple, ses conseils ont été entendus, et partout des 
essais sont failsdans celle voie. 

M. José Auguslo deSousA, conservateur adjoint du Musée royal de S. M. 
Luiz 1", roi de Portugal, a fait connaître les progrès de l'acclimatation du 
Ver à soie de l'Ailante dans ce pays, sous le patronage de Sa Majesté. 

M. le général Bruno, d'Odessa, a reçu en 1861 des œufs du nouveau 
Ver à soie. 11 en a obtenu de tels résultats, qu'il a pu , en 1862 , offrir de 
vendre des œufs de celte espèce aux propriétaires du midi de la Russie. 

M. Pierre Pichot a continué en 1862 ce que j'avais commencé en 1861, 
et je ne saurais trop le remercier, avec les Sociétés d'acclimatation de Paris et 
de Russie, pour le zèle qu'il a mis dans celle propagande. 

Je dois aussi remercier M. Bogdanoff, qui n'est pas resté inaclif dans cette 
circonstance. Ce savant distingué a montré une fois de plus un dévouement 
à racclimatalion et au développement de l'agriculture de son pays qui lui 
fait le plus grand honneur. 

.. , • ■ ■ . — ■ ■ .0'- ■■-; ■: 



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II. EXTRAITS DES PROCES-VERBAUX • , ' 

DES SÉANCES GÉNÉRALES DE LA SOCIÉTÉ, . 



SÉANCE DU 6 FÉVRIER 1863. 
Présitience de M. Moqi'IN-Tandon, vice-président. , 

M. le secrétaire donne lecture du procès-verbul de la séance 
précédente, qui est adopté. . - 

— M. le Président proclame les noms des membres nouvel- 
lement admis : 

MM. BiOLLÂY (Paul) , conseiller référendaire à la Cour des 
comptes, à Paris. 

BoGDANOFF (A.) , président de la section de pisciculture et 
d'entomologie du Comité d'acclimatation, et professeur 
-.-■-- de zoologie h la Faculté des sciences, à Moscou. 

BuHARAYE (Armand de la), au château de Calac, prés 
de Saint-Jean de Brévelay (Morbihan). 

Costa de Beauregard (le comte Josselyn), à l'hôtel de 
: . . Costa, à Cliambéry (Savoie). ;•: ;. 

DuFFiÉ (A. A.), fabricant de sucre, à Braisne (Aisne). - ■ 

DuPUY (le docteur Louis), vice-président de l'association 
locale des médecins des arrondissements de Laon et 
de Vervins, à Festieux, près de Laon (Aisne). 

Ferrand (Joseph), préfet de la Haute-Savoie, à Annecy. 

Gerertzoff (S. Exe. M. Nicolas de), vice-président du 
jardin zoologique, à Moscou. 

GiMET (Paul), commissaire de l'émigration, au Havre. 

GouscHKOFF (Jean), négociant, conseiller des manufac- 
tures, à Moscou. 

Kerzelli (Nicolas), membre du Comité d'acclimatation, 
à Moscou. 

KiUMiNE (S. Exe. M. Nicolas), président du jardin d'ac- 
climatation, à Moscou. 

KoscHELEw (Alexandre), président do la Société d'agri- 
culture, à Moscou. 

Lacroix (Jean), fabricant de papiers, à Paris. 



' PROCÈS-VERBAUX. ■ ■ • Hj 

MM. Lequin, direcleiir do la ferme-école, du déparlemcnt des 
Vosges, à Laliayevaux (Vosges). 
LoYDREAU (Edouard), maire de Chagny (Saône-et-Loire). 
/: iManrioue (le docleur Camille), consul de Venezuela, à 
~. ' Bayonne (Basses-Pyrénées). ' ... .; 

,■:. Matthieu (J.), consul de Portugal, à Bruxelles, m . 
MOiNTEBELLO (Fernand de), cà Paris. ....'..)l,:: 

Saenger, secrétaire du Comité d'acclimatation, à Moscou. 
Sghischkoff (Nicolas), président de la Société d'agri- 
culture de Lebediane (Bussie). 
; SouzA (José Auguste de), conservateur adjoint du Musée 

royal de Portugal, à Lisbonne. 
;. TscHOUGOUROFFSKY (S. ¥.\c. M.), doycu de la Faculté des 

sciences, à Moscou. 
; . Zlik (Oscar), professeur au collège impérial et royal, 
à Teschen (Silésie autrichienne). 

— M. le Président annonce que, sur la proposition de la 
Commission des récompenses, le Conseil a décidé que la no- 
mination de deux nouveaux membres honoraires serait sou- 
mise à l'approbation de l'assemblée. M. le président expose les 
titres de M. IssakofI', l'un des principaux fondateurs de la So- 
ciété d'acclimatation et du jardin zoologique de Moscou, au- 
teur de nombreuses introductions de nouvelles espèces de 
végétaux en Bussie, et de M. Eugène Simon, chargé par l'Em- 
pereur d'une mission agricole en Chine, à qui la Société doit 
des documents très intéressants et de précieux envois d'ani- 
maux et de végétaux. L'assemblée, par un vote unanime, 
ratifie la décision du Conseil, qui accorde à MM. Issakoff et 
Simon letilre de membre honoraire. 

M. le Président rappelle que la séance publique annuelle 
aura lieu le iO février, neuvième anniversaire de la Société, 
à l'Hôtel de ville, sous la présidence de M. Drouyn de Lhuys. 

— M. le Président donne ensuite lecture d'une lettre par 
laquelle Mgr Perny annonce qu'il est enfin parvenu à se pro- 
curer une certaine quantité de cocons du Ver cà soie sauvage 
du Chêne qui porte son nom, et qu'il s'est empressé de 
l'adresser à la Société. (Voy. au /yw/Ze//;?.) 



H8 SOCIÉTÉ IMPÉRIALE ZOOLOGIQUE d'ACCLIMATATION. 

— M. de Francesco Martin, chargé d'affaires de Guatemala, 
à Paris ; M. Toucliard et M. Martel (de Saint-Omer), adressent 
leurs remercîments pour leur récente admission. 

— M. Drouynde Lliuys, par une lettre adressée au Conseil, 
annonce qu'un troupeau de Lamas ayant été offert à l'Em- 
pereur par M. le président de la république de l'Equateur, 
S. Exe. M. le Ministre de la marine et des colonies a, sur sa 
demande, donné des ordres pour l'embarquement de ces 
animaux sur un bâtiment de l'État, et qu'en outre M. A. Flo- 
rès, ministre des finances de l'Equateur, a l)ien voulu se char- 
ger du soin des mesures à prendre pour que cette expédition 
se fasse dans les meilleures conditions possibles. Cette lettre 
est accompagnée d'une copie de la réponse favorable de M. le 
Ministre de la marine. (Yoy. au Bulletin.) 

, Par une seconde lettre datée du 21 janvier, M. Drouyn de 
Lhuys fait connaître le désir qui lui a été transmis par M. E. 
Kauffmann, au nom et en qualité de vice-président de la So- 
ciété d'acclimatation des États royaux de Prusse, d'obtenir 
à titre de cheptel quelques couples d'Yaks du Tibet. Cette 
demande sera soumise au Conseil. 

— Il est donné lecture d'une troisième lettre adressée par 
M. Drouyn de Lhuys, et qu'il a reçue de S. Exe. M. le maré- 
chal duc de Malakoff, gouverneur général de l'Algérie, qui 
lui annonce que nos honorables collègues MM. Mackinnon, 
Wilson et Ramel, ont été mis, sur sa recommandation, en 
mesure de visiter avec toute facilité les principaux établisse- 
ments de notre colonie africaine. . 1 ; ;. ;, ; 

— M. Pierre Pichot, délégué du jardin d'acclimatation de 
Moscou, par une lettre adressée à M. le Président, fait con- 
naître que l'ouverture de cet étabhssement, qui est l'objet de 
\di plus vive sympathie dans les classes éclairées en Russie, 
doit avoir lieu le 1" août prochain. Il ïaû ensuite ressortir 
l'importance des progrès de l'acclimatation dans cet empire. 

Cette communication intéressante est accompagnée d'une 
lettre adressée également à M. le Président par M. le profes- 
seur A. Bogdanofl', délégué du Comité de Moscou pour la 
fondation du jardin dont la prochaine ouverture vient d'être 



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annoncée, qui, au nom du